La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- Journal universel cTÉlectricité
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- LA
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTEUR :
- Dr CORNELIUS HERZ
- Secrétaire de la Rédaction : AUG. GUEROUT
- APPLICATIONS DE l’ÉLECTRICITÉ
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE --- TELEGRAPHIE ET TELEPHONIE
- SCIENCE ÉLECTRIQUE, ETC,
- TOME SEIZIÈME
- PARIS
- AUX BUREAUX DU JOURNAL
- ?i, — Boulevard des Italiens, — 3i
- 1885
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- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug, Guerout
- 7«ANNÉE (TOME XVI) SAMEDI 4 AVRIL 1885 N® 14 .
- SOMMAIRE. — Des systèmes d’unités dits absolus; J. Boulanger. — Exposition d’électricité de Philadelphie : Les appareils de mesure; Aug. Guerout. — Détails de construction.des machines dynamos; G. Richard. —.Sur quelques phénomènes que présentent les lampes à incandescence portées à une température élevée; WML Preece. — Signaux de chemins de fer de MM. Parrish et Munn; C.-C. Haskins. — Chronique de l’étranger : Angleterre; J. Munro. —l-Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch et M. Krouchkoll. — Pile à circulation de liquide, par M. J. Carpentier. — Sur l’échauffement produit dans les conducteurs par les courants intenses, par M. Œlschlager, — A.propos de la résistance de l’arc électrique, par M. Peukert. ’— Influence du courant sur l’amincissement des lames liquides, par MM. Reinolot et Rucher. — L’électricité appliquée à la fabrication du vernis. — Galvanomètre à cadre curviligne. — L’éclairage électrique du réticule dans les telemètres. — Pièces fusibles du système Hedges. — Prôcès de la Société générale des Téléphones. — Faits divers.
- DES SYSTÈMES D’UNITÉS
- DITS ABSOLUS
- Lorsqu’on définit les différents systèmes d’unités électriques qui ont été proposés au Congrès de 1881, on a coutume de dire que ces systèmes sont au nombre de trois : le système électrostatique, le système électromagnétique et le système électrodynamique. On ajoute que les deux derniers se réduisent à un seul, attendu que l’on peut passer de l’un à l’autre* en multipliant ses unités par des facteurs «numériques convenables, c’est-à-dire qu’en réalité, il n’existe qué deux systèmes dans lesquels les unités aient des dimensions différentes.
- Les principales grandeurs que l’on a à évaluer sont au nombre de six, ce sont : la quantité d’électricité Q, la capacité C, la force électromotrice E, la résistance R, l’intensité de courant I, auxquelles il faut joindre la masse magnétique q. L’ensemble des six unités correspondantes constitue un système d’unités que l’on désigne sous le nom de système absolu. Nous nous proposons, dans cet article, de montrer que l’on peut obtenir cinq systèmes différents, à la condition d’appeler différents deux systèmes dans lesquels les unités correspondantes diffèrent, soit par les dimensions, soit par dés facteurs numériques.
- Il existe entre les six grandeurs ci-dessus les relations suivantes :
- i° La définition de l’intensité par la quantité d’électricité qui traverse une section d’un conduc-t teur pendant l’unité de temps :
- Q = If. (i)
- 2° La définition de la capacité, qui est la charge établissant entre les armatures d’un condensateur une différence de potentiel égale à l’unité :
- Q=-CE. (2)
- 3" La loi de Ohm :
- E = RI, (3)
- qui n’est autre chose que la définition de la résis-
- tance, lorsque, comme l’a fait Ohm, on applique à l’électricité les formules établies par Fourier pour la chaleur.
- 4° La loi de Joule:
- W — RI* t, (4)
- qui peut s’écrire ,W=:QE et qui, sous cette dernière forme, n’est autre chose que la définition même du potentiel.
- 5° La formule de Coulomb, relative aux actions électrostatiques qui., en supposant égales les masses situées à la distance r, peut s’écrire :
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- .6° La formule de Coulomb, relative aux actions magnétiques qui s’écrit, comme la précédente :
- '-K,g. (6)
- 7" La formule d’Ampère, relative aux actions élémentaires des courants sur les courants :
- ... îl'dsds' f 3 _
- rfs/= K2 -^5-- f cos e — jcosfl cosO J. (7)
- 8° Enfin la formule relative aux actions des courants :
- 4/-K*£7Tf»in«. (8)
- . Ces relations ne se présentent pas toutes de la même manière; en effet, les quatre premières sont de simples définitions et ne renferment aucun coefficient indéterminé; au contraire, les quatre dernières sont l’expression de lois déduites de l’expérience, et comme on ne sait pas, dans l’état actuel de la science, tenir compte de toutes les conditions des expériences, on est forcé d’introduire dans les formules des coefficients tels que K, K,....
- Ceci posé, si nous possédions six relations analogues aux relations (i), (2), (3) et (4), c’est-à-dire ne renfermant pas de coefficients indéterminés, ces six équations nous permettraient de calculer *les six grandeurs Q, I, C, E, R, g,' en fonction des quantités mécaniques W, t, r, f, et il y aurait alors un système absolu unique.
- Mais en réalité, nous avons un système de huit équations qui renferme dix inconnues, car aux grandeurs électriques que nous venons de citer, il faut joindre les quatre coefficients K, K,,*K3, K3. Il y a donc indétermination; pour tourner la difficulté, on suppose que deux de ces coefficients peuvent être égalés à l’unité, ce qui reviént à admettre qu’ils sont purement numériques.
- Tout d’abord, on est amené à se demander si on a bien le droit d’opérer ainsi; la réponse à cette question a été déjà donnée dans ce journal ('). MM. Mercadier et Yaschy ont montré que l’on n’avait pas le droit d’égalet à l’unité certains coefficients, notamment le coefficient K de la loi de Coulomb (5).
- IL nous semble que cette conclusion doit être étendue à tous les coefficients sans exception, au moins au point de vue théorique. Remarquons en effet que, parmi les huit équations que nous avons posées plus haut, les quatre dernières se rapportent 4 des actions à distance. Or on sait mainte-
- p) Voir dans je tome VIII de La Lumière Electrique les articles de MM. Mercadier et Vaschy sur les unités mécaniques et électriques.
- nant que les actions à distance ne sont qu’une illusion et qu'il faut faire intervenir le milieu intermédiaire, aussi bien pour les actions magnétiques que pour les actions électriques; les coefficients K, K,, Ka, K3 doivent donc tous dépendre des propriétés de ce milieu et on n’a le droit de supprimer aucun d’eux.
- A la vérité, les expériences de MM. Mercadier et Vaschy semblent montrer que le coefficient Kt de la formule (6) est indépendant de la nature du milieu, tandis que le facteur K seul varie avec les propriétés de ce milieu, de sorte qu’on arriverait à cette conclusion que le système électromagnétique est le seul système rationnel.
- En réalité, ce système ne vaut pas mieux que le système électrostatique, le milieu intermédiaire intervenant tout aussi bien par son pouvoir magnétique que par son pouvoir inducteur spécifique, et si les expériences ont donné le résultat que nous venons de rapporter, cela prouve seulement que les milieux expérimentés avaient un pouvoir magnétique différant peu de celui de l’air. Mais en employant d’autres milieux, tels qu’une dissolution de perchlorure de fer, on eût probablement trouvé des valeurs différentes pour le coefficient K,. La conclusion des expérieiices doit donc être simplement qu’au point de vue pratique, il y a moins d’inconvénients à employer le système électromagnétique que le système électrostatique.
- En somme, il n’y a indétermination que parce que les formules traduisent incomplètement les expériences; cette indétermination disparaîtrait si nous connaissions le mécanisme intime des actions électriques et magnétiques; car alors les coefficients pourraient s’exprimer en fonction de deux nouvelles grandeurs, telles que le pouvoir inducteur spécifique et le pouvoir magnétique. Ces grandeurs, reliées aux propriétés mécaniques des milieux, auraient des distensions déterminées et nous aurions alors huit équations pour déterminer huit inconnues, ce serait le système absolu unique.
- En attendant, nous sommes obligés de nous contenter de systèmes basés sur certaines hypothèses et qui, dès lors, ne sont exacts que dans des conditions spéciales. Il est donc nécessaire de spécifier ces conditions avec chaque système; en un mot, on aura le droit d’égaler à l’unité deux quelconques des coefficients, pourvu qu’on ne-fasse pas varier le milieu dans lequel se passent les actions. Avec cette restriction* tous les systèmes sont aussi légitimes les uns que les autres.
- Pour réaliser un système d’unités, il suffirait dès lors de former un système de six équations à six inconnues, en prenant d’abord les relations (1), (2), (3), (4) et leur adjoignant deux des relations (5), (6), (7), (8), dont les coefficients auraient été égalés à l’unité. Il y aura donc autant de systèmes qu’on pourra effectuer de ces combinaisons; on
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- voit immédiatement qu’elles sont au nombre de ] six :
- I............................ (0 (a) (3) (A) (5) (6)
- N............................. (O (2) (3) (4) (5) (?)
- III ......................... («) (2) (3) (4) (5) (8)
- IV ......................... (i) (2) (3) (4) (6) (7)
- V ......................... (i) (a) (3» (4) (6) (8)
- VI ........................ (i) (2) (3) (4) (7) (8)
- Comparons d’abord les systèmes I et III ; ori voit qu’ils ne diffèrent que par les dimensions des unités [<7,] et[^.,J. Déplus, les cinq premières unités sont données dans les deux systèmes par les mêmes équations ; elles sont donc identiques et on a :
- [Q<] = [QJ. [Il] = [hl [CJ = [C J, [E,] =[E;,]f [R,] = [RJ.
- Remarquons d’abord que le système II doit être rejeté, car il ne contient pas l’inconnue q, qui entre seulement dans les relations (6) et (8); l’une au moins de ces deux relations doit donc figurer dans le système d’équations adopté.
- Il ne reste par suite que cinq systèmes, parmi lesquels le système III- est le système électrostatique, le système IV est le système électrodynamique et le système V est le système électromagnétique.
- Voyons maintenant en quoi ces systèmes diffèrent les uns des autres, et pour cela, prenons les dimensions des unités dans chacun d’eux. Nous aurons, en employant lés notations habituelles et en affectant chaque unité d’un indice faisant recon naître à quel système elle appartient :
- Système I
- Système lit électrostatique
- Système IV électromagnétique
- ( [Q,] = [L2mSt_1]
- \ [IJ =[L*M*T-21 | [C,] = [L]
- 1 [E,] = [L^M“ T- *]
- ( [Ril=[L3 ‘t]
- V fat] =[L*M«LT_I]
- ( [Qu] — [L*M» T— '] [ [lui =rL3M5T-2]
- J [CJ = [L]
- 1 [Ea] = [LSMïT_,l ( [Ru] = [L~1T]
- ^ l.?J=[L»Ms]
- i[Qv] = [ÜM2]
- [I-.l =[LsïMÎT"'1] [C4] = [L~ 1 T'] [EJ = [LJ M* T” *] [RJ = [LT- *J [? J = [L*M* T- ']
- (
- Système V \ électromagnétique \
- V
- [Qb]=[LïM*J [IJ = [L*M*T-1] [Cs] = [L— 1 T2] [EJ=[L»M* T-2] [RJ = [LT-1] feJ-[L*M'*T *]
- I[QJ = [MMJ
- [IJ — [L^M* T— *] [CJ ~ [L— 1 T2] [EJ = [lJM>T-2] [RJ = [LT-1]
- [?*] =[[Jm^t-1]
- On voit de même, en comparant les systèmes I et V que les dimensions de l’unité de pôle [<7,] sont les mêmes que celles de [^5]; cette unité étant donnée par la même équation dans les deux systèmes, on a :
- fo.] = fosl. ;
- Quant aux trois derniers systèmes, on voit que leurs unités ont les mêmes dimensions. Nous avons
- donc à les comparer deux à deux, afin de voir si leurs unités sont identiques ou diffèrent par des facteurs numériques.
- Prenons d’abord les systèmes IV et V et rappelons brièvement la méthode que ,1’on peut suivre pour trouver le rapport des unités d’intensité dans ces deux systèmes; nous appliquerons ensuite cette méthode aux autres comparaisons.
- Soit AB un courant indéfini, vertical, dirigé de bas en haut; plaçons en un point O, dont la distance à AB est OP~ a, un pôle magnétique qui, évalué en unités du système V, sera qi; appelons I5 l’intensité du courant évaluée dans le système V, et soit I,, la mèmè intensité évaluée dans le système IV; posons enfin: I5 = hli. L’action élémentaire exercée par un élément ab — ds de AB sur le pôle, sera :
- . I -, d s .
- a 9 = —;— Sin a,
- T a2 ’
- et on sait que si on intègre pour le courant AB tout
- Système VI
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- entier, on trouve pour l’action de ce courant sur le pôle :
- ’aggl,! . • .
- cette action étant dirigée suivant une ligne OD perpendiculaire au plan OAB. Il en résulte que le courant AB produit un champ magnétique dont l’intensité M est au point O :
- h-ULk
- Si donc on place en O un élément a' b' — d s', parallèle à AB, cet élément, normal aux lignes de force du champ magnétique en ce point, sera sollicité à se mouvoir suivant O P par une force dont l’intensité sera :
- M I„ ds'=Mhl, ds' =
- i ffi I4 I, ds'
- I' z= h I', étant l’intensité du courant qui parcourt l’élément d s'.
- Or, cette action peut aussi être évaluée par la formule (7), qu’il faut alors intégrer pour le courant indéfini A B. On a, en appelant w l’angle de O a avec OP :
- J
- a ._______t d ta ad iû
- r»-------, ds =------» —-—, cos r= 1,
- cos w cos co COS^to 3 3 «
- cos 9 » cos 0' = sin w,
- d’où :
- .. . I4 ï'tds' / 3 . . \ .
- d2 f = ——i---- ( 1 sin* (o ) d (ù
- a \ 2 J
- La composante d* 'F suivant O P, sera : d2 tjt = d2/ cos w = —-^7—- ^cos 10 — ? sin* to cos to'j d <0, et si on prend le courant AB tout entier :
- t /• P j
- ds.. ^cos « — | sin8 to cos to^ d to
- 2
- ___!.. 1, d s'
- On aura donc, en égalant les deux valeurs trouvées pour l’action suivant OP :
- 2 If I4 l'4 1ds' It I, ds'
- a a
- d’où :
- Le rapport [des unités étant l’inverse de celui des nombres I5 et I4, on a :
- . [îb] = T [ta . ;
- L’unité de pôle magnétique est donnée, dans les deux systèmes comparés, par la même équàtion; on a donc : . , .
- r?r,i =
- Les autres unités étant fonctions de l’intensité, doivent différer entre elles ; on trouve facilement en effet, en partant de la valeur de h : «
- I:Q"i1 = t/r [Q[Ri;] = \ [R»I, [BJ = [B*l
- tcr>;i = 2 [Cv;i-
- Telles sont les relations qui existent entre lies unités correspondantes des systèmes électromagnétique et électrodynamique.
- Comparons maintenant les systèmes IV et VI; dans ces deux systèmes, l’unité d’intensité est définie par la même équation, de sorte que l’on a ;
- [I'J = [loi
- Les unités Q, R, E, C seront par suite identiques, et on aura de même :
- [Qv1 = [Qu], [Rtl = [R.], [Etl = [E„], LC,.] = [C0],
- Quant aux unités [<7t et q^\, elles peuvent être différentes, car elles sont données par des équations différentes. En effet, on a d’une part:
- et d’autre part :
- f
- <u.
- r2
- j Qu L ds
- sin a
- Soient qi et q& les valeurs d’un même pôle magnétique q évalué successivement dans les systèmes IV et VI; posons q& = h' q,t et proposons-nous de déterminer le rapport h'.
- Pour cela, reprenons le courant indéfini AB agissant sur le pôle /placé en O. Nous savons que cette action est :
- _ 2 gç'Ir, _ 2 h' g., If-^ a a
- Elle est d’ailleurs dirigée suivant OD; ellç est donc la même que celle d’un pôle magnétique q' placé sur le prolongement de DO à une distance aq' — a c t possédant une valeur q\ — h' q\, telle que l’on ait :
- d\ l'j _ 2I1' g,, Ic a2 — a ’
- d’OÙ
- g, = 2 h'a ID.
- Supposons maintenant qu’au lieu du pôle q on place en O un élément de courant d s' parallèle à AB; d’après ce que nous venons de voir, on peut remplacer le courant A B par le pôle q', au point de vue des actions sur ds', actions qui sont
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- dirigées suivant O P. En écrivant que cette action est la même pour les deux cas, on obtiendra une équation qui donnera h'.
- Nous avons vu plus haut que la composante suivant O P de l’action exercée par le courant AB sur ds' est :
- df--
- If, I', d s'
- L’action exercée par q’ sur le même élément ds'
- est
- d <p :
- ‘l[l[ds' ïh'q’Yds'
- a*
- en remarquant que sin « = i, puisque l’angle a est droit. Remplaçant q\ par sa valeur, il vient :
- 2 //'2 Ir> I' d S'
- d y—------------>
- T a
- d’où, en égalant les valeurs de d f et de d ® :
- on en déduit enfin, pour le rapport des unités :
- 7=[ïo]-V 2
- Les considérations que nous venons d’exposer nous montrent que si on prend l’ensemble des six grandeurs : Q, I, C, E, R, q, on peut former, pour mesurer ces grandeurs, au moins cinq systèmes d’unités différents, le mot différent étant entendu comme nous l’avons dit en commençant. On voit, en effet, que, parmi les systèmes que nous avons obtenus, il en existe qui ont certaines unités communes, ou ne diffèrent que par des facteurs numériques, mais, qu’en somme, il n’y eh a pas deux qui soient identiques.
- Au point de vue théorique, ces systèmes, comme nous l’avons dit, se valent tous, pourvu qu’en choisissant l’un d’eux on ait soin de préciser les conditions dans lesquelles se passent les actions. Au point de vue pratique, on a adopté le système Y qui, pour les applications les plus fréquentes, présente certains avantages; mais il faut bien convenir que ce système, tout en portant le nom d’absolu, est essentiellement subordonné à la nature du milieu dans lequel on l’emploie. Il est cependant permis de supposer qu’un jour viendra où on sera en possession des lois qui régissent le mécanisme intime des actions électriques et magnétiques; alors on pourra réaliser un système d’unités méritant véritablement le nom d’absolu et que l’on aura le droit d’appliquer, sans restriction, dans toutes lee circonstances, comme on le fait pour le système métrique.
- J. Boulanger.
- Paris, 28 février i885.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (')
- LES APPAREILS DE MESURE
- C’est une chose curieuse que, si l’on excepte de l’Exposition de Philadelphie les instruments importés d’Europe par MM. J. Queen and C°, les
- FIG. I, 2 ET A
- appareils de mesure s'y trouvaient en très petit nombre.
- Il semble que ces appareils ne soient guère en
- FIG» 4
- usage en Amérique, et d’ailleurs lorsqu’on visite les différents établissements industriels, on en rencontre fort peu.
- Ce sont le plus souvent de simples galvanomè-
- (>) Voir les précédents numéros depuis le. 7 janvier.
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- très de Nobili, de construction fort élémentaire, destinés purement à un ramenage au zéro; ou des galvanomètres Thomson, de construction anglaise. Les ampèremètres et voltmètres qui sont aujourd’hui si employés en Europe ont à peine passé l’Océan, et ils ne sont guère représentés dans les usines que par quelques dispositifs simples construits pour leurs besoins par les chefs d’atelier. C’est ainsi que nous avons vu dans un grand établissement électrique un ampèremètre consistant en un peson ordinaire, suspendu à une potence. A sa partie inférieure, le peson * supportait un noyau de fer doux qui pénétrait dans un solénoïde parcouru par le courant. L’échelle du peson avait été simplement transformée en échelle d’intensités.
- Il faut cependant faire une exception pour cer-
- FIG, 5
- taines maisons, pour la Compagnie Weston par exemple, qui a construit avec soin toute une série d’appareils de mesure dont nous parlerons plus loin.
- Les appareils exposés pouvaient se diviser en dynamomètres et mesureurs de vitesse, appareils pour les mesures électriques, et appareils photométriques.
- Parmi les premiers, il n’y avait guère à citer que le dynamomètre deTatham, exposé par MM. Fair-banks and C°, et qui a été déjà décrit dans La Lumière Electrique (vol. VII, p. 3i, et VIII,. p. 3o2). Un autre appareil désigné souo le nom de Brackett Dynarnomèter n’était autre chose que la machine dynamo-électrique montée sur couteaux, dont M. Marcel Deprez s’est servi il y a plusieurs
- années (La Lumière Electrique, vol. VI, p. 564).
- En ce qui concerne les appareils de mesure électrique, nous n’avons vu, comme appareils d’origine américaine, aucun galvanomètre de précision, sauf quelques boussoles des sinus et autres, construites d’après les modèles connus par la Compagnie Weston.
- La même maison exposait un galvanomètre, représenté figures 1 et 2. Entre les deux pôles d’un électro-aimant se trouve placée une palette
- Flü. 6
- en fer doux, découpée excentriquement, de sorte qu’elle est d’autant plus.attirée par l’électro-ai-mant, que le courant est plus fort. Un ressort agissant sur un fil qui s’enroule autour de l’axe de la palette constitue la force antagoniste. Quand l’aiguille que commande la palette atteint un point déterminé de la graduation, point réglable à volonté, à l’aide du petit dispositif représenté à gauche de la figure 2, elle produit un avertissement en faisant fonctionner une sonnerie (lig. 3) qui fait partie du même ensemble. Cet appareil complet
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- est généralement placé à la partie antérieure des régulateurs automatiques qui ont été décrits en même temps que la machine Weston dans un des précédents articles.
- MM. Thomson et Houston exposaient également un galvanomètre industriel que représente la figure 4. Cet appareil n’est autre qu’un galva-
- nomètre Marcel De’prez dans lequel l'aimant permanent est remplacé par un électro-aimant.
- L’élément étalon de la Compagnie Weston (figure 5) méritait aussi l’attention. C’est une modification de l’élément Clarke. Les parties en sont contenues dans un vase en verre analogue à ceux qui servent à la détermination des densités par la
- méthode du flacon. L’électrode positive est rormée par une couche de mercure occupant le fond du vase et recouverte par du sulfate de mercure. Au-dessus esç une solution de sulfate de zinc marquant 46°,5 Beaumé à la température de 270 C. Le zinc est suspendu au travers d’un bouchon creux rempli de paraffine et le flacon est introduit dans une boîte cylindrique en laiton fermée par un bouchon d’ébonite. 11 est complètement noyé dans de la paraffine fondue. En raison du volume considé-
- rable de la solution de sulfate de zinc, de petits changements survenus dans cette solution n’ont pas d’influence sensible sur la force électromotrice de l’élément.
- La même Compagnie exposait encore deux rhéostats destinés aux mesures faites sur des courants puissants. Ils sont représentés figures 6 et 7.
- Celui de la figure 6 a une forme cylindrique. Chaque résistance partielle est enroulée sur une tringle cannelée de la manière qu’indique le détail
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- placé à gauche de la figure, et les différentes tringles sont montées de manière à former la surface extérieure du cylindre. Une manette glissant sur des contacts rangés en cercle autour de la base supérieure du rhéostat, permet de faire varier la résistance introduite dans le circuit.
- L’appareil de la figure 7 est formé des bandes de maillechort AA disposées des deux côtés d’un
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- cadre roulant et%maintenues à une tension constante au moyen de ressorts S. Un contact C B P glissant sur la partie supérieure D du cadre permet d’introduire dans le circuit un nombre plus ou moins grand de ces lames, et une graduation que porte D indique en même temps la valeur de la résistance introduite.
- M. Weston exposait encore un appareil pour
- Fir. 8
- les mesures de capacité par la charge de deux condensateurs, avec une clef mixte destinée à supprimer la pile en intervertissant les condensateurs et introduisant un galvanomètre dans le circuit, et un appareil pour mesurer la résistance de ses lampes, appareil qui sera décrit plus tard. Mais le plus intéressant de ses appareils de mesure nous a paru être son explorateur des champs magnétiques (fig. 9).
- Il se compose d’une toute petite armature Weston B dont l’axe, relié à une transmission flexible
- semblable à celles qu’emploient maintenant les dentistes, reçoit son mouvement d’une petite poulie D. Les balais qui appuient sur le collecteur de la petite bobine B sont reliés aux deux fils d’un conducteur souple qui, s’enroulant autour de la transmission aboutit à un galvanomètre. On fait tourner l’armature à une vitesse constante et on la promène dans le champ magnétique. L’intensité du courant produit indique l’intensité du champ magnétique.
- C’est ici l’occasion d’indiquer un moyen très
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- simple dont se servait à Philadelphie un électricien, M. Odilon Mailloux, pour explorer le champ des machines en mouvement. Son appareil se composait d’un téléphone Bell ordinaire dont les deux fils aboutissaient à une simple petite bobine de téléphone. En mettant le téléphone à l’oreille et promenant la bobine tout autour de l’armature, on jugeait par le son produit de l’intensité du champ.
- Parmi les instruments galvanométriques, il faut encore citer l’indicateur de volts de M. Edison qui sera décrit dans l’article consacré à ses lampes.
- En ce qui concerne la photométrie elle était uniquement représentée par le photomètre de la
- FIG- O
- Compagnie Weston (fig. 8). L’appareil est divisé en plusieurs compartiments; dans le plus grand se trouve le photomètre proprement dit : la règle graduée et le photomètre à miroirs ; du côté gauche est un espace destiné à recevoir la lampe à incandescence à étudier. Elle est disposée sur un support, muni de cercles gradués qui permettent de la placer à différents angles connus avec les trois directions. Du côté droit est l’étalon de lumière consistant en un bec à gaz type Axgand placé derrière un écran spécial. Un compteur régulateur placé dans un quatrième compartiment du photomètre fait connaître avec précision la consommation de ce bec. Enfin un certain nombre de fils à plomb facilitent la mise en place des appareils.
- Atjg. Glterout.
- details' de construction
- DES
- MACHINES DYNAMOS
- Les articles qui vont suivre ont pour objet de compléter les notes que nous avons publiées sur ce même sujet dans les numéros de La Lumière Electrique des 8 et i5 novembre 1884, en insistant plus particulièrement sur la régularisation.
- L’importante question de la régularisation ' des dynamos et de leur courant a été discutée dans ce journal, tant de fois et de main de maître, qu’il serait superflu d’en exposer de nouveau la théorie. Je me contenterai donc de décrire les principaux dispositifs proposés sans faire qu’en indiquer les principes bien connus de nos lecteurs et familiers à tous les électriciens.
- Nous passerons ensuite en revue, quelques modifications et perfectionnements de détail apportés récemment aux armatures, aux commutateurs et aux collecteurs des machines dynamos.
- I.A RÉGULARISATION.
- Nos lecteurs connaissent la solution générale de la régularisation des dynamos, le double enroulement inventé par Deprez , analysé , démontré , illustré par lui dans les colonnes mêmes de ce journal (* *), et tant imité depuis; contrefaçons sans autre originalité pour la plupart que l’étrangeté des noms dont on cherche à les masquer (3).
- Il y a place néanmoins, à côté de cette grande œuvre (a), pour quelques solutions partielles, origi-
- (*) La Lumière Electrique. 3 déc. i38i.
- (*) La Lumière électrique. 7 juill. i883, 27 oct. i883. p. 276.
- (3) Voici comment le professeur John Perry s’exprimait tout récemment au sujet de la découverte de M. Deprez (Civil Engineers, de Londres, 11 nov. 1884 : Discussion du mémoire de M. Jamieson « On Electric Liglilingfor Steams-hips, p. 3o).
- « En parlant des machines à double enroulement, M. Jamie-« son et le Dr Hopkinson n’ont pas mentionné le nom de « M. Marcel Deprez, qui a véritablement découvert le prin-« cipe du double enroulement et rendu possible de dé-« velopper une force électromotrice presque exactement in-« variable, ou de maintenir constant le pouvoir de chacune « des lampes, qu’il y en ait une centaine ou qu’une seule « en activité dans le circuit, à l’aide d’une dynamo actionnée « par une machine motrice bien réglée à une vitesse sensi-« blement uniforme. Il est vrai que M. Deprez régularisait « sa dynamo par un procédé différent des méthodes d’en-« roulement mixte les plus récentes, et différant aussi « de la méthode que j'ai adoptée en commun avec le profes-« seur Ayrton; mais toutes ces méthodes sont essenticllc-« ment les mêmes en principe, et je considère la découverte « de ce principe, par Deprez, comme la plus grande dccou-« verte accomplie depuis celle de la machine dynamo. »
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- ti
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- nales et diverses, bien que fondées presque toutes sur la variation du circuit excitateur des génératrices en sens inverse de leur circuit extérieur.
- Nous espérons, en décrivant quelques-unes' de ces solutions, rendre service sinon aux praticiens qui ne s’attachent qu’aux faits acquis, du moins aux chercheurs qui ont quelque intérêt à connaître les travaux même infructueux de leurs de-
- MARCEL DEVREZ (l8«>l)
- vanciers. Parmi les dispositions que nous allons décrire, il y en a quelques-unes en effet qui pèchent par certains points : compliquées, coûteuses, confuses même, bien qu’ingénieuses et logiques en principe et dans leur ensemble. Nous nous sommes contenté de les exposer, sans blâme ni louange. La critique, toujours blessante, aurait en outre,
- PSTT
- — MARCEL DEPREZ ( 1 88 I
- dans ce cas, lésé des intérêts trop actuels... Le lecteur nous pardonnera sans doute notre réserve, pensant que l’historien du progrès doit quelque respect à ceux dont les actes constituent la marche même'du progrès.
- VARIATION DU CIRCUIT EXCITATEUR
- M. Deprez a très nettement spécifié, en 1881, la réglementation automatique du circuit extérieur
- d’une dynamo génératrice par l’interposition, dans son circuit excitateur, d’une résistance variant en sens inverse de celle du circuit extérieur. Soit, en effet, une génératrice M (fig. i) alimentant un certain nombre de réceptrices M, groupés en tension ou en quantité sur le circuit X, et une dynamo indicatrice M2, également alimentée par ce circuit et soumise à la résistance constante d’un frein F. La vitesse de l’indicatrice Ma variera comme celle des réceptrices M3, de sorte qu’il suffit de lui faire actionner, par un régulateur k, un rhéostat introduisant en xx, dans le circuit de l'excitatrice 11, une résistance variant en raison inverse de la vitesse des réceptrices M„ pour ramener immédiatement cette vitesse à son régime normal. Le rhéostat peut être constitué lui-même (fig. 2),
- FIG. 3. — EDISON (l88l)
- par une petite dynamo p, montée en dérivation zz, sur le circuit principal XX, qui alimente aussi, par y y, les électro-aimants o. Quand la résistance de XX augmente, les électros o, traversés par un courant moins puissant, lâchant leur armature q, à frein s, que le ressort r applique alors surp. La dynamo régulatrice p, se ralentissant ainsi, offre moins de résistance au courant excitateur, de sorte la machine génératrice M, plus fortement excitée, envoie dans le circuit XX un courant plus fort. L’inverse a lieu quand la résistance de X vient à diminuer.
- Dans le dispositif à'Edison (1881) le frein à frottement du mécanisme précédent (fig. 3) est remplacé par la résistance que le champ magnétique de o oppose à la rotation d’un disque de cuivre q, mu par la dynamo régulatrice p.
- Enfin, M. Deprez a proposé tout récemment
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- (1884) de faire agir la force contre-électromotrice de la dynamo p directement sur chacune des réceptrices, au moyen d’un circuit compensateur dont la figure 4 représente le schéma. Les inducteurs de la réceptrice M, sont, à cet effet, enveloppés de deux enroulements distincts. E et e. L’enroulement e, relié à la génératrice, aboutit aux balais d et d’; l’enroulement E, indépendant de l’armature B, reçoit le courant de la dynamo régulatrice p. L’enroulément e est calculé de façon qu’il induise en B, lorsque la réceptrice M tourne à sa vitesse normale et développe son travail maximum, une force contre-électromotrice égale à la moitié de la force électromotrice du circuit de la génératrice. L’enroulement E, plus puissant que e, peut, au contraire, développer dans le champ de B,
- _____J
- FIG. 4. — MARCEL DEPREZ (1S84)
- et sous l’action de la dynamo p, une force électromotrice égale à celle du circuit et double de celle de l’enroulement e.
- En temps ordinaire, toutes les réceptrices et les régulatrices p tournant à leur vitesse de régime; l’enroulement E n’agit pas.
- Si l’on retranche des réceptrices du circuit principal, les autres s’emportent, entraînant dans leur accélération les régulatrices p, dont le modérateur à force centrifuge déplace les balais de façon qu’elles excitent en B, par E, une force électromotrice qui peut s’élever jusqu’à paralyser momentanément l’action du circuit et ramène automatiquement M à sa vitesse de régime.
- Il faut remarquer, qu’avec cette disposition, le rendement de la réceptrice ne peut jamais s’abaisser au-dessous de 5o 0/0, puisque la valeur limite minima de sa force contre-électromotrice est égale à la moitié de la force électromotrice de la génératrice.
- Si la vitesse normale de M est très voisine de celle qui correspond au désamorcement de la régulatrice p (l), cette dernière machine enverra, dès que M s’emportera d’un peu, un contre-courant très puissant dans E, de façon à équilibrer presque immédiatement la force électromotrice du circuit. On peut d’ailleurs obtenir le même résultat en provoquant le désamorcement de la régulatrice à l’aide de résistances introduites dans son circuit par un modérateur à force centrifuge.
- On peut aussi supprimer la régulatrice p et faire traverser l’enroulement compensateur E par une dérivation du circuit principal, en interposant, sur cette dérivation, un rhéostat actionné par un régulateur qui en diminue la résistance dès que la vitesse s’accroît, de façon à augmenter d’autant la force contre-électromotrice de E.
- La présence d’un rhéostat dans le circuit de e est du reste nécessaire avec les hautes tensions employées dans les transmissions électriques, afin d’éviter, au démarrage, la destruction des dynamos régulatrices, dont la résistance est très faible par
- FIG. 5. — FREIN KHOTINSKY
- rapport à celle du circuit général sur lequel on les dérive.
- On obtient donc, grâce à ce nouveau système de régularisation, une vitesse des réceptrices constante, indépendamment des variations de la vitesse de la génératrice et du travail total du circuit distributeur, c’est-à-dire que l’on réalise l’une des conditions fondamentales de la distribution industrielle, l’indépendance ou l’autonomie complète de chacune des réceptrices.
- La régularisation proposée par Khotinsky, en 1882, repose aussi sur l’introduction de résistances dans le courant excitateur au moyen d’une dynamo régulatrice dérivée sur le courant principal.
- On reconnaît sur la figure 6 (A) en B la génératrice, en A son excitatrice, en D la dynamo régulatrice en déviation g h sur le courant principal E F.
- Une dérivation GH du courant de l’excitatrice aboutit en c et en d.
- Lorsque la force électromotrice augmente en gh, le couple moteur de la régulatrice D s’accroît jus-
- P) Voir La Lumière Electrique du 3 déc. 1881, p. 327 et 331.
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- qu’à faire basculer le levier fe, malgré le poids P, de manière qu’il amène le disque d au contact de l’eau acidulée c, fermant ainsi la dérivation G H et diminuant le courant de l’excitateur A, d’autant plus que d plonge davantage dans le vase conducteur c. Les mouvements du levier e/sont amortis par une pompe ou dash-pot p.
- On peut accroître considérablement la sensibilité de l’appareil régulateur en ajoutant en I (figure 6 B) un deuxième rhéostat liquide, dont la résistance augmente, ainsi que celle du circuit excitateur dont il fait partie, à mesure que la résistance de c di-
- minue, de sorte qu’il suffit, pour obtenir le même effet, d’une inclinaison bien moindre du levier fe.
- La disposition représentée par la figure 6 (c), suppose, avec les mêmes notations générales, que l’on emploie, au lieu de rhéostats à liquides, un rhéostat ordinaire à deux cylindres isolants fe t g, traversé suivant cfeb par le courant inducteur de l’excitatrice A, et, suivant adgeCb, parle courant de son armature. Le contacte du rhéostat en divise ainsi la résistance en deux parties interposées : l’une, /, dans le circuit excitateur et l’autre, g,
- FIG. 6 (A), (B) et- (C).
- KHOTINSKY
- variant en sens inverse de/, dans le circuit dérivé. Les longueurs des fils enroulés en / et en g varient, en effet, en sens contraire par la rotation que le pignon h de la dynamo G imprime à leurs cylindres.
- Si tout le fil de g est déroulé sur f, le courant induit dans l’armature de l’excitatrice A par son magnétisme rémanant passera par la dérivation ad e b, moins résistante que le circuit excitateur aceb, de sorte que le courant du circuit principal EF sera lui-même très faible. L’inverse aura lieu si le fil de f se déroule en entier sur g.
- La dynamo G tourne, à cet effet, tantôt à droite tantôt à gauche, sous l’action d’un commutateur H fixé sur l’arbre d’un dynamo régulatrice K, semblable à celle de la figure 6 (B).
- Si les résistances du circuit principal EF diminuent, l’intensité du champ magnétique de K augmente ; son armature bascule de gauche à droite ; H ferme, parw'zw, le*circuit dérivé de G sur EF, et G tourne de façon à diminuer la fésistance de la dérivation, ainsi que la force électromotrice du courant principal EF et l’intensité du champ de K. Dès que cette intensité a repris sa valeur primitive, H bascule en arrière et rompt de nouveau en mn le circuit de G qui s’arrête. Si les résistances de EF augmentent, H fait contact en Ik, et G tourne en sens inverse de manière à augmenter la résistance de la dérivation adeb.
- Les mouvements de la dynamo rhéostatique G sont atténués par un frein L (fig. 5). Les mâchoires xy serrent d’autant plus l’arbre de G que le courant
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- excite plus vivement les électros x' y' dont elles constituent les armatures.
- Edison a proposé, pour la régularisation du circuit des récepteurs — dynamos ou lampes — un
- grand nombre de systèmes fondés sur l’interposition de résistances variables en raison inverse du travail du circuit.
- Dans l’un de ses premiers appareils (1881) fi-
- gure 7, le courant passe du fil d’aller 1, au fil de retour 2 du courant principal par le trajet :
- 1 4... L... Résistances RR,..* récepteurs AtA2 et le fil de retour 2. Les inducteurs des récepteurs At A2 sont reliés par les fils 10 11... aux résistances
- R,R2...
- La dynamo régulatrice B, montée en dérivation b b sur le circuit 1 2, porte un modérateur à boules dont le manchon manœuvre le levier L, de façon à relier le fil 4 à l’un ou l’autre des fils 5, 6, 7, 8etg. Quand le circuit est en plein travail, le levier L fait contact en 9 et supprime toutes les résis-
- tances. Si le travail du circuit diminue, la dynamo B s’emporte et fait pivoter L de manière à interposer dans le circuit de chacune des réceptrices,
- les résistances suffisantes pour en ramener [la vitesse au régime. Si L fait contact en 6, il ajoute au circuit particulier de chacune des génératrices trois des résistances rltrifr3, et. ainsi de suite, de
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- sorte que les résistances des diverses réceptrices restent toujours dans un rapport constant.
- On peut, ainsi que l’indique la figure 8, remplacer la dynamo régulatrice par un solénoïde M m, en dérivation 6 sur le circuit principal 3-4 de la
- FIG. II. — EDISON (l88,’)
- génératrice G, dont les inducteurs sont excités par' la dérivation 5 R 5. A mesure que le travail du circuit principal 1234 diminue par la suppression des récepteurs 7, l’intensité du courant augmente en M m, de façon à relever L malgré le ressort s,
- FIG. 12. — EDISON (1882)
- à lui faire interposer, dans le circuit excitateur de G, les résistances équivalentes aux opérateurs supprimés et à ramener ainsi la force électromotrice de G à sa valeur normale. L’inverse a lieu quand la résistance du circuit augmente.
- Le dispositif plus récent (1882) représenté par
- la figure 9 résout le problème de l’insertion automatique des résistances à l’aide de mécanismes ingénieux mais plus compliqués.
- En temps ordinaire, c’est-à-dire quand le circuit principal 1-2, accomplit son travail normal, le courant 7-8, dérivé dans l’électro C à travers la résis-
- FIG. l3. — EDISON (1882)
- :ance D, suffit à maintenir son armature'E appuyée sur g dans sa position moyenne entre les contacts d et c, de sorte que le circuit 7-8 est rompu en c et en d.
- Lorsque la force électromotrice du circuit prin-
- FIG. I4. — EDISON (1882)
- cipal augmente, l’électro C attire E contre c et ferme ainsi la branche 9 n l x c du circuit 7-8, dont l’électro F attire l’armature G. Cette armature, qui pivote autour de h, fait en même temps basculer la fourche o de n en m, de façon à
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- rompre aussitôt, en n, la circuit gx c. Le ressorti ramène alors l’armature G, et la fourche en n, rétablissant le circuit... et ainsi de suite, de sorte que G se met à vibrer autour de h tant que l’électro C maintient le contact E c. Les vibrations de G, transmises par H au rochet r, introduisent par le bras a des résistances B, dans le circuit 3-4, excitateur de A, jusqu’à ce que sa force électromotrice ait été ramenée à sa valeur normale, et E dans sa position moyenne, entre c et d.
- Lorsque la force électromotrice du circuit 1-3 s’abaisse au contraire au-dessous de sa valeur normale, le ressort f amène, ainsi que l’indique la figure, l’armature E au contact en d, de façon à mettre, par la branche 9 x’ d du courant c', le levier G' en vibration, et à faire tourner le bras
- FIG. l5. — MARCEL DEPREZ (lSS3j
- des résistances en sens contraire, par G' H' r', jusqu’à ce qu’il ait retranché de l’excitateur 3-4, le nombre de résistances suffisant.
- Le double jeu des ressorts i et g-suffit à donner au levier E la stabilité indispensable pour éviter un vacillement perpétuel des lampes du circuit 1-3, qui se produirait si ce levier oscillait trop facilement aux environs de sa position moyenne.
- Les figures 10 à 14 représentent quelques applications plus simples des électro-aimants à la régularisation dès circuits.
- Les électros ABC sont disposés en série sur un branchement 3-4 du circuit principal 1-2 (fig. 10), à résistance R, ou en dérivation sur ce branchement (fig.n); directement sur le circuit 1, 2 (fig. 68), ou sur une ou plusieurs dérivations 7-8 de ce circuit (fig. 13 et 14).
- Les ressorts d d (fig. 10) ou les poids de rappel -ff (fig. n) des armatures sont gradués de façon à
- ne céder que successivement à l’attractiondes1 électros. ; ,
- Le circuit excitateur de la génératrice est simple, comme 5-6 (fig. 10, 12 et i3) en dérivation sur le circuit principal 1-2, avec interposition de résis-, tances successives EE. .. parles circuits régulateurs b a x des électros, ou formé d’enroulements séparés dont les électros ouvrent ou ferment les circuits 9-10, g-g, 9-h, 9-i (fig. 11 et 14).
- Lorsque le nombre des lampes augmente ainsi que l’intensité du courant dans le circuit principal 1-2 (fig. 10, 11 et 12), le courant augmente aussi dans la dérivation 3-4 et dans les électros, qui attirent successivement leurs armatures, retranchent dès résistances EE'... du circuit excitateur (fig. io et 12) ou y introduisent de nouveaux enroulements (fig. 11) de façon à augmenter d’autant la force électromotrice de D. L’inversé a lieu si l’on retranche des lampes.
- Sur les figures, on a représenté l’électro-A comme ayant fermé son courant x de façon à retrancher du circuit excitateur la résistance E (fig. 10 et 12) ou à y introduire un enroulement 9 g (fig. n).
- Avec ces dispositions, si la force électromotrice du circuit principal venait à augmenter par le fait d’un accroissement de la vitesse de D sans augmentation du nombre des lampes, l’action des électros accentuerait encore cette force électromotrice, au risque de brûler les lampes. L’électro M, placé en dérivation m m sur le circuit principal, évite cet inconvénient en ouvrant ou en fermant le circuit M N sur la résistance R (fig. 10 et 11) ou sur les electros ABC (fig. 12). Quand la dynamo D s’emporte, M ferme son circuit N N, dérivant ainsi, des électros AB C, une partie de leur courant suffisant pour leur faire lâcher leurs armatures.
- Les électros régulateurs ABC... sont, au contraire, dans les dispositions des figures i3 et 14, affectés exactement comme les lampes, et règlent l’énergie du courant principal, quelle que soit la cause des variations de sa force électromotrice, sans qu’il faille ajouter, comme dans les disposi-i tions précédentes, un électro de sûreté M.
- Dans la machine plus récente de M. Deprez (i883), la variation du champ magnétique s’obtient très simplement par le jeu d’un commutateur G (fig- .i5). _
- Les liaisons des inducteurs 1 1', 2 2', étant groupées comme l’indique la figure, le courant admis en m dans la bobine 1 arrive par m’ dans la bobine i', d’où il passe à la barre a du collecteur D. Si la glissière G se trouve en G', le courant, sort en n après avoir traversé seù-lement les bobines 1 et 1'; si elle se trouve en G, sur d, le courant traverse toutes les bobines, et le ! champ magnétique de A atteint son intensité maxi-j ma. On peut donc, en faisant varier la position de !
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- G, modifier à volonté le champ magnétique de A et sa force électromotrice.
- {A suivre.) Gustave Richard.'
- SUR QUELQUES PHÉNOMÈNES
- QUE PRÉSENTENT
- LES LAMPES A INCANDESCENCE
- PORTÉES A UNE TEMPÉRATURE TRÊ8 ÉLEVÉE
- i. Lors de mon récent voyage en Amérique M. Edison m’a montré une expérience très remarquable avec des lampes à incandescence; il n’en a pas encore trouvé le principe, mais il a essayé de l’appliquer pratiquement au réglage d’un courant traversant un circuit de lumière électrique.
- Supposons que*a£c(fig. i) représente le filament incandescent d’une lampe et de une mince et étroite plaque en platine fixée entre les branches du filament avec un fil de communication indépendant ee' scellé dans le globe en verre, on pourra alors, en plaçant un galvanomètre G entre l’électrode positive a et e, observer le passage d’un courant dérivé à travers G et à travers l’espace raréfié e c dès que le courant principal sera augmenté jusqu’à un certain point et que le filament sera porté à un certain degré d’incandescence. L’intensité de ce courant dérivé augmentera en même temps que l’éclat du filament. M. Edison a fait faire plusieurs lampes de différentes formes et caractères afin de me permettre d’étudier ce phénomène avec plus de soin en Angleterre et j’ai maintenant le plaisir de faire connaître les résultats de mes expériences.
- 2. J’ai employé 60 éléments Faure-Sellon-Volkmar dont la charge a été entièrement renouvelée pour chaque série d’expériences. Le courant traversant
- EXPÉRIENCE N° I
- FILAMENT DÉRIVATION
- Volts Ampères . Résistance calculée . à chaud Force électromotrice calculée Intensité en milli-ampères Résistance OBSERVATIONS
- 44,40 o,7r ohms 63,4 volts »
- 46,63 0,75 62,17 60,3o 59,37 .... Incandescence normale : 8 bougies
- 48,84 0,81 * » »
- 5i,o6 0,86 » m »
- 53,28 0,91 58,55 14,7 o,3o 49,000
- 55,5o o,97 57,21 • . - T Un effet bleu diffus «e fait voir
- 57.72 . 1,02 56,60 55,5o 16,6 —' 'I,i5 I4,5oo dans le globe.
- 59,94 1,08 i,i3 16,2 1,80 9,000
- 62,16 55,oi i3,5 2,70 5,000
- 64,38 1,20 53,66 11,95 3,85 3,ooo,
- 66,60 1,24 53,71 7,45 5,25 1,400 Effet bleu brillant.
- 68,82 1,24 55,5i 10,00 5,oo 2,000
- 71,04 73,26 1,3o 54,65 9,10 6,00 i,3oo
- i,35 54,28 6,5o 5,oo i,3oo
- 75,48 1,35 55,92 9,35 , 5,5o 1,700
- 77.70 1,41 55,12 9,60 6,00 1,600
- 79,92 82,14 i,47 1,60 54,38 5i,34 9,80 7,oo 1,400 Déviation trop irrégulière pour
- 84,36 86 58 88,80 1,60 1,53 i,56 52,74 ' 56,5g 57,00 5o,6 Point critique 2,20 23,oop être observée. L’effet bleu très brillant.
- 91,02 93,24 1,53 59.30 62,5 2,50 25,000
- 1,57 59,40 61,0 95,0 3,20 19,000
- 95,46 1,60 59,5i 3,80 25,000
- 97,68 . • • • T 1 Le filament se cassait. L’intérieur
- ' du globe et les surfaces de la plaque sont noircis.
- le filament a été mesuré par un ampèremètre à ressorts et à lectures directes de MM. Ayrton et Perry spécialement construit et calibré pour cet usage. Le galvanomètre dans le circuit dérivé était un galvanomètre des tangentes très sensible du modèle ordinaire de l’administration des Postes
- et Télégraphes. Le courant traversant le filament a été réglé en variant le nombre des éléments. Le courant et la force électromotrice dans la dérivation ae a été mesuré par la méthode suivante : la résistance G du galvanomètre était de i 070 ohms et on avait intercalé une résistance variable R dans
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- \9
- son circuit. Dès que le courant d’un élément Daniell (1,07 volts) passe dans le galvanomètre, on obtient une lecture de tangentes d qui représente la déviation ou la lecture de tangentes correspondant à
- une intensité de 1 milliampère puisque =0,001.
- FIG. I
- La déviation (dt) du courant dérivé a d’abord été observée sans aucune résistance intercalée.
- , Par conséquent
- C ==• milli-ampères.
- La force électrbmotrice qui donne le courant est
- E = Cc.
- Le circuit dérivé comprend l’espace raréfié c c, et c’est la résistance de cet espace que nous voulons connaître
- FIG. 3
- Toutes les observations ont été faites simultanément par différentes personnes. Tandis que l’une observait la lampe, une autre étudiait le courant traversant le filament, une troisième notait les courants dans la dérivation, une quatrième faisait varier
- FIG. 4
- Après avoir ajouté une résistance, on a fait une deuxième lecture d.2, on obtient alors la résistance a de la dérivation par la formule suivante :
- la force électromotrice et une cinquième enregistrait les résultats. La force électromotrice des éléments a été soigneusement mesurée avant et après les expériences. Aucune mesure photométrique n’a été essayée.
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- 3. ire expérience. — Les communications ont été faites comme l’indique la figure i. La lampe
- FIG. 5
- (n° 4) avait un filament court de 75mm avec une plaque de platine de 3omm de long et 5mm de large.
- La variation du çpurant et l’augmentation de résistance dans le filament, ainsi que la manière dont se comportait la dérivation étaient très remarquables. Il est évident que quand la force électromotrice s’élevait à 82 volts, on touchait à un point critique. Depuis ce moment, le courant est resté fixe dans le filament, mais la résistance augmentait graduellement. La résistance de la dérivation augmentait énormément, et le courant qui la traversait diminuait malgré l’augmentation considérable de la force électromotrice.
- La régularité de la force électromotrice dans la dérivation était remarquable jusqu’au point critique; à ce moment elle augmentait subitement et atteignait celle du courant principal au point de rupture du filament. D’autte part le courant qui avait augmenté régulièrement jusqu’au point critique diminuait à ce moment, ce qui indique une augmentation considérable de la résistance de l’espace raréfié e c. Dans une expérience, il était impossible d’obtenir un courant à travers la dérivation au delà du point critique.
- La figure indique la direction du courant.
- Vers la fin de l’expérience quand l’effet bleu diffus dans le globe si caractéristique était très marqué on observait un arc brillant en bas de la branche en e, et il était évident qu’un pont de matière conductrice s’était formé entre e et c qui: avec’ le galvanomètre formait une dérivation au filament.'
- Cette expérience a été répétée avec plusieurs lampes et les résultats étaient trop semblables pour qu’il soit nécessaire de reproduire les observations.
- EXPÉRIENCE N° 2. CENTRE DE CHARBON
- Volts \ FILAMENT Ampères Résistance calculée à chaud Force électromotrice calculée DÉRIVATION Intensité en mill-ampères Résistanee OBSERVATIONS
- 80 o,5o Ohms l6o,0 Volts
- 84 0,57 147,4 , , 0,98 »
- 88 0,60 146,7 5,44 4,7o 0,54 99,OOC J 3g', OOO
- 9l o,65 141,6 137,1 1,22
- 96 0 70 27,7 2,20 12,600
- IOO o,74 i35,1 25,4 3,42 7,420 La couleur bleue parait.
- 104 0)70 i3i,7 21,4 4,88 4,38o
- 108 0,83 i.3o, 1 17,5 7,32 2,390
- 88 0,60 o,65 146,7 08,23 0.46 179,000 Le courant traversant le filament
- 9i 141,6 04,86 0,93 52,3oo fut renversé et les expériences
- 96 0,70 •37,1 26,0 1,76 14,800 renouvelées.
- IOO o,74 i35,i 21,1 2,93 7,190 La couleur bleue paraît.
- 104 0,79 i3i,7 19,1 4,45 V 4,3oo
- 108 0,83 i3o,i • 17,5- 7,32 2,390
- % On a toujours observé une relation intime entre I 4. A Philadelphie, un des ingénieurs de M. Edi-l’effet bleu et la manifestation-du courant dérivé. | son m’a fait remarquer [que tandis que l’effet était
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ a
- très appréciable, quand les communications étaient faites comme dans la figure i où a est relié au pôle positif et e au pôle négatif, on n’observait aucun courant dérivé ou seulement un courant très faible dès que la direction du courant était renversée. Je n’ai cependant pas toujours obtenu le
- môme résultat. Une seule lampe (n° 8) à filament long (i5omm) qui donnait un courant dérivé marqué ainsi qu’un effet bleu avec les communications arrangées comme dans la figure i ne me donnait ni courant, ni effet bleu, quand je renversai le courant dans les limites de la force électromotrice à
- EXPÉRIENCE N° 3. CENTRE EN FER
- FILAMENT
- DERIVATION
- observations
- Force
- électromotrice
- calculée
- Résistance calculée à chaud
- Intensité
- en
- milli-ampères
- Résistance
- Ampères
- Ohms
- Volts
- 0,25 '
- Bleu faible.
- Le courant traversant le filament fut renversé et les expériences renouvelées.
- Bleu faible.
- ' 100
- ma disposition. Si j’avais pu augmenter la force électromotrice, j’aurais sans doute obtenu les deux effets.
- Cependant avec les communications de la figure i, les effets se manifestaient toujours plus tôt et d’une manière plus marquée que quand la
- direction du courant était renversée. En plaçant le galvanomètre entre e et c j’obtenais le même résultat qu’en renversant le courant.
- Comme il était possible d’attribuer l’effet à la matière de la plaque conductrice (de) entre les branches du filament, M. Edison m’a fait faire des
- EXPÉRIENCE N° 4, CENTRE EN CUIVRE
- FILAMENT dérivation
- Résistance Force Intensité [observations
- Volts Ampères calculée électromotrice en Résistance
- à chaud calculée milliampères
- ohms volts
- 80 0,57 140,4 134,3 .... 0,048 »
- 90 67 39, 2 1,12 3,80 35,000
- 100 79 226,6 19,0 5,000 Bleu faible.
- IIO 90 122,2 aiguille butée Bleu marqué.
- qo 0,67 i34,3 29,9 0.88 34,000 Le courant traversant le filament
- fut renversé et les expériences renouvelées.
- 100 79 126,6 17,2 3,32 5,190 Bleu faible.
- 110 90 f 22,2 * aiguille butée 1 Bleu marqué:
- lampes avec des plaques en cuivre, en fer et en charbon.
- Les expériences suivantes ont alors été faite avec le même arrangement des communications que dans la figure i.
- Qn n’observait ainsi aucune différence considé-
- rable. En examinant le courant dérivé au moment de l’apparition de la nuance bleue on trouve qu’il était pour le charbon de 3,42 milliampères, pour le fer de 5,85 et pour le cuivre de 3,80 milliampères.
- 6. Comme les dimensions de la surface de la plaque métallique pouvaient exercer une influence,
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- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- on à fait des lampes avec une plaque en fil fin et d’autres avec une surface très large sans cependan t observer une différence avec la plaque normale. •
- 7. La lampe n° 9 était faite avec une plaque double en platine (fig. 2).
- Les expériences suivantes prouvent qu’il n’y avait aucune différence appréciable. '
- 8. M. Edison a produit l’effet maximum en fixant la plaque entre les branches du filament, mais il a cependant aussi obtenu un courant en la fixant h
- EXPÉRIENCE N° 5. LAMPE N° Ç (PLATINE DOUBLE)
- DÉRIVATION
- Intensité en milli-ampères
- Force éiectromotrice calculée
- Ohms
- OBSERVATIONS
- Résistance calculée à chaud
- Ampères
- Droite
- Gauche
- Droite
- Gauche
- Gauche
- Droite
- Volts
- 5,46
- Ohms
- Volts
- 140,000
- 15,700
- Une faible nuance bleue paraît.
- Douteuse.
- Un point quelconque de l’espace raréfié. Si le résultat était attribuable à l'effet de Crookes 'Ou à la projection de molécules du filament de charbon
- sur la plaque métallique, nous aurions dû, puisque ce bombardement a lieu en lignes droites, obtenir des effets par la projection de ces lignes sur la
- EXPÉRIENCE N° 6, LAMPE N° 5
- Volts FILAMENT Ampères Résistance calculée à chaud Force électromotrice calculée DÉRIVATION Intensité en milli-ampères Ohms OBSERVATIONS
- 5o ohms volts . • ii+, , Cg. 1.
- 60 » » „ » ..
- 70 0,55 127,3 , » ..
- 80 0,65 123, I » »
- 84 0,70 0,73 120,0 » , » »
- 86 117,8 » » •»
- 88 0,75 117,3 1) » »
- 90 o,77 116,9 M » »
- 92 0,80 n5,o » >» »
- 94 0,82 114.6 » »
- 96 9» o,85 0,87 n3,o 112,6 Aucun courant . L’elfet bleu visible dans le globe*
- 100- 0,89 112,4 » » >»
- | 102 0,93 109,7 » » »
- 104 0,96 io8,3 U u » •
- 106 o,99 107,1 . . . . • , L'effet bleu prononcé dans le
- 108 1,01 106,9 >• B globe. Aucun effet dans le tube.
- IIO- l,o5 104,7 1 >• »
- 1
- plaque, mais rien quand elles ne pourraient pas frapper celle-ci. Plusieurs lampes représentées par les figures ont été construites.
- 9. Au lieu de mettre la plaque entre les branches avec du filament, on l’a placée à l’extrémité d’un tube
- une partie du filament exposée à la plaque (fig. 3).
- Les expériences ont été renouvelées en renversant le courant traversant le filament et en ramenant la force électromotrice â 90 volts. Les observations du courant dans le filament, ainsi que des
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- JOURNAL UNIVERSEL Ù'ÊLECTRICITÊ
- s3
- effets bleus restent les mêmes. A 108 volts, on aperçoit un faible effet bleu à l’extrémité ouverte du tube.
- Si j’avais pu augmenter la force électromotrice, j’aurais sans doute obtenu des résultats plus définis; mais ils suffisent pour démontrer la présence
- des effets, bien que l’espace raréfié puisse élargir de beaucoup, comme c’est le cas pour le tube attaché à la lampe n° 5.
- io. Le tube était construit de sorte qu’aucune partie du filament ne se trouvait directement en face de la plaque métallique (fig. 4).
- EXPÉRIENCE RÉPÉTÉE AVEC IOO VOLTS
- I L A M ENT
- DERIVATION
- OBSERVATIONS
- Résistance calculée à chaud
- Force
- électroraotrice
- calculée
- Volts
- Ampères
- Ohms
- ohms
- 112,4
- 109,7
- volts
- L’effet bleu entre dans le tube.
- 104,7
- Déviation trop faible pour pouvoir mesurer la résistance d’une façon certaine.
- n. On a construit une lampe avec trois branches à angles droits l’une sur l’autre, comme l’indique la figure 5, et on a essayé chaque plaque métallique successivement sans aucun résultat.
- 12. Les professeurs Liveing et Dewar ont ob-
- servé pendant une haute incandescence une espèce de flamme qui, par son spectre accuse la présence de l’oxyde de carbone. Celui-ci était plus abondant vers la jonction du filament de charbon et l’électrode positif. Selon ces messieurs, c’était l’incan-
- EXPÉRIENCE N° 7. LAMPE N° 6 (a FILAMENT LONG)
- Volts FILAMENT Ampères Résistance calculée à chaud Fôrce électromotrice calculée DÉRIVATION Intensité en milli-ampères Ohms OBSERVATIONS
- 76 80 0.57 volts 140,3 » » »
- 84 0,60 140,0 i35,4 u » •
- 88 o,65 » » *
- 92 0,71 I2y,6 0 » »
- 96 0,75 128,0 » » »
- IOO 0 80 125,0 123,8 ,. • • Faible nuance bleue dans leglobe.
- 104 0.84 049 [Déviation' trop
- 108 . 0,89 121,3 085 faible pour pou- Bleu prononcé dans le globe.
- 112 o,94 I IÇ, I 10 voir mesurer la
- 116 0,99 1,06 117,2 073 résistance d’une
- 120 113,2 20 | façon certaine. 1 Globe chaud, tube froid#
- descence du pôle positif en conséquence d’une décharge dans un gaz raréfié.
- Il arrive fréquemment dans les lampes à incandescence où les extrémités des filaments s’approchent qu’un arc se forme entre elles quand la différence de potentiels aux bornes est trop élevée.
- C’est pourquoi M. Swan a considérablement augmenté la distance entre les électrodes dans sa nouvelle lampe de ioo volts. De plus, dès que l’incandescence du filament dépasse une certaine limite l’intérieur du verre est noirci par une couche de charbon qui a été déposée par un effet de Crookes.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- • Qnand’le filament de charbon est fixé sur des .électrodes en cuivre, l’intérieur du verre se couvre quelquefois de cuivre aussi bien que de charbon avec une ligne de démarcation bien définie entre les deux, ce qui prouve que le bombardement a lieu en ligne directe. Les expériences ont démontré qu’on peut pousser la force électromotrice très loin sans casser le globe, du moment que l’augmentation se fait régulièrement et rapidement, mais la pratique prouve également que dès que l’effet bleu paraît, la destruction du filament n’est qu’une question de temps. L’effet bleu est donc une indication de désintégration et un signal de danger très utile.
- i3° Il est maintenant évident que nous avons dans l’effet d’Edison une combinaison des effets
- que nous venons de décrire. Il se forme un pont de molécules entre la jonction du filament de charbon et les plaques métalliques intercalées entre ses extrémités. On les trouve déposées sur la plaque métallique, et il se forme une dérivation dont on peut mesurer la résistance, et qui est traversée- par un courant défini. Cette dérivation est formée exactement à l’endroit où la communication métallique négative se joint à l’extrémité du filament de charbon, comme il fallait s’y attendre d’après les recherches de M. Crookes. Cependant le courant est faible et variable, et trop incertain pour être d’une utilité pratique, comme l’avait espéré son inventeur. Quand on arrive au point critique, l’incandescence bleue et la flamme semblent embrasser tout le globe, et, au lieu de se trouver autour des extré-
- EXPÉRIENCE N° 8, LAMPE N° 7
- DÉRIVATION
- OBSERVATIONS
- Intensité
- Force
- électromotrice
- calculée
- Résistance calculée à chaud
- Ohms
- Volts
- Ampères
- milli-ampères
- ohms
- Effet bleu visible dans le globe.
- 108
- 1 Appréciable ’ dans il'une ou l'autre I section
- Aucun
- courant
- mités du filament, l’arc paraît l’envelopper tout entier. Il en résulte, ainsi qu’il est démontré dans l’expérience n° i, que le courant traverse le galvanomètre et l’espace raréfié.
- 140 II est évident qu’on arrive au point critique quand le filament commence à se désagréger parla projection des molécules de sa surface. A ce moment la résistance du filament commence à augmenter, et la loi de radiation et d’émission de la lumière n’est plus applicable, ainsi que je l’ai démontré dans ma communication à la British Association lors de sa réunion à Montréal (').
- (i) Dans cette communication j’ai prouvé, par des expériences, que la lumière émise par une lampe à incandescence .varie en apparence comme la sixième puissance du courant.
- Cette loi a été vérifiée non seulement par mes propres expériences ultérieures, mais encore d’une manière bien plus satisfaisante par les expériences des autres. Le professeur Kittler, de Darmstadt,et le capitaine Abney ont fait, chacun
- i5° Il est très clair que cet effet d’Edison est pro duit par la formation d’un arc entre le filament de charbon et la plaque métallique fixée dans le globe
- de leur côté, des mesures très complètes et très exactes à ce sujet. J’en ai dressé des courbes qui confirment absolument la loi de L = KCC, mais dans de certaines limites, et que ce s limites comprennent lar capacité ordinaire d’une lampe à incandescence employée pour l’éclairage artificiel. Tant que la résistauce et le courant varient uniformément, la loi est applicable, mais au fur et à mesure que l’incandescence augmente, on arrive à un point, variable pour chaque espèce de lampe, oû la résistance cesse de diminuer ou d’augmenter dans la même proportion. A partir de ce moment, la loi n’est plus applicable, et la lumière émise augmente beaucoup plus vite que la sixième puissance du courant. Le filament se cassera bientôt.
- Le point qui signale un écart de la loi indique également un changement dans le filament de charbon. Probablement la désagrégation commence. Ce point devrait être déterminé pour chaque espèce de lampe, et on ne devrait jamais l’atteindre, car c’est à partir de ce point que commence la détérioration suivie d’une rupture du filament.
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- vide; que tet arc est formé par la projection de particules de charbon en ligne droite à travers l’espace vide d’air; et enfin qu’il paraît plus tôt et qu’il est plus prononcé quand les communications sont faites comme dans la figure i que quand elles sont renversées, parce que, comme le dit M. Crookes, la projection part du pôle négatif au pôle positif et qu’elle commencerait au point présentant le minimum de résistance. Sa présence nuit à la vie de la, lampe, et comme son apparition correspond avec l’effet bleu, ce dernier donne un avertissement de l’approche du point critique et iudique d’une manière certaine que la force électromotrice est poussée à un point dangereux.
- Il est également évident que, puisque l’effet Edison ne paraît qu’au moment du danger, on ne peut pas s’en servir dans la pratique pour régler les conditions des courants de lumière électrique, ainsi que son inventeur l’a d’abord proposé.
- W. H. Preece.
- SIGNAUX DE CHEMINS DE FER
- DE MM. PARRISH ET MUNN
- Le nombre des inventions qui ont pour but d’empêcher les accidents sur les voies ferrées est quelque chose qui dépasse le merveilleux. Elles reposent sur les principes les plus divers, électriques, mécaniques, pyrotechniques, optiques ou autres que l’ingéniosité de l’homme a pu appliquer à la question. On attend cependant encore un système qui puisse toujours protéger d’une façon parfaite la vie des voyageurs et les intérêts du public et des compagnies.
- Il est inutile de faire remarquer les défauts de ces différents systèmes. Les statistiques valent mieux que des arguments.
- , Cependant les inventeurs s’acharnent à la solution du problème, et l’on peut espérer qu’il arrivera un jour où le succès sera complet et où les compagnies d’assurances contre les accidents de chemin de fer n’auront plus raison d’être.
- Nous croyons intéressant de faire connaître aux lecteurs de La Lumière Electrique une des dernières inventions faites dans cette voie. L’appareil en question est très simple et n’exigera pas grandes explications.
- La figure i représente une section de la voie sur laquelle se trouve une locomotive. La figure 2 représente le croisement de deux voies au même niveau, ce qui se présente fréquemment en Amérique et n’a pas encore été défendu par la loi.
- Un fil P P (fig. i), tendu au-dessus des rails sur des poteaux,D, est amené par des bras F à se trouver un peu d’un côté du centre de la voie, et
- maintenu à une hauteur suffisante pour laisser passer les voitures les plus élevées. Ce fil traverse toutes les stations distribuées le long de la route, mais n’est mis au sol en aucun point de son parcours, si ce 11’est qu’à chaque bureau se trouve un commutateur permettant à l’employé de relier à volonté le fil à la terre. Un bras réglable A est monté sur toutes les locomotives circulant sur la
- Fin i
- voie, de manière que le mécanicien puisse l’amener au contact du fil en le tournant d’un côté ou de l’autre suivant la direction dans laquelle marche le train. Le bras A, appuyé par les ressorts C, établit ainsi en T un contact métalique avec le fil et met ce dernier en relation avec une petite machine magnéto mue par la vapeur et un poste téléphonique placé à portée du mécanicien. Ces derniers
- FIG, i
- appareils sont reliés à l’axe des foües et de ià ail sol par les rails. Le fil se trouve donc mis au sol d’un côté, mais d’un côté seulement.
- Maintenant supposons la locomotive en marche, le fait qu’il n’y a qu’une communication au sol em. pêche la sonnerie de fonctionner, et ce silence avertit le mécanicien qu’il peut continuer sa route. Mais dès qu’une autre locomotive se trouve sur les mêmes rails, on a immédiatement deux terres et les
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- deux sonneries fonctionnent. A ce signal de danger, les deux mécaniciens s’arrêtent et entrent en communication au moyen de leurs téléphones. •
- La figure 2 représente un dispositif ayant pour but d’empêcher les accidents aux croisements de voie. Un fil passe au-dessus de chaque voie et les deux fils sont reliés en N, de sorte que deux trains s’approchant sur les deux voies différentes du point de croisement font fonctionner les deux sonneries.
- La chute sur la voie d’un arbre, d’un pont, etc., mettra le fil au sol et avertira ainsi automatiquement tout train approchant, et le manque de réponse à son appel téléphonique lui indiquera que la seconde terre n’est pas produite par un autre train et qu’il doit s’approcher doucement de l’endroit dangereux.
- Des ouvriers travaillant sur la voie peuvent aussi, avec une bobine de fil et un poste téléphonique, aussi bien que l’employé de la station, s’entretenir avec les mécaniciens.
- Ce système a été expérimenté, dans une certaine mesure, sur le Michigan Central Railroad, et les essais ont été, paraît-il, satisfaisants; mais il lui faut encore subir l’épreuve d’un travail quotidien avant que l’on puisse se prononcer sur ses mérites.
- C. C. Haskins.
- Chicago, i5 mars i885.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales Angleterre
- COURBES CARACTÉRISTIQUES DE LAMPES A INCANDESCENCE. — Le professeur J.-A. Fleming a réuni un certain nombre de statistiques au sujet de la vie, de la résistance et du rendement de lampes à incandescence, qui confirment la loi de MM. Ayrton et Perry que j’ai indiquée dans une lettre récente et selon laquelle la différence de potentiel dans une certaine classe de lampes (celles d’Edison) moins une constante varie comme la racine cubique du rendement, la dernière valeur étant exprimée en bougies par cheval-vapeur.
- La constante qui dans les lampes examinées était d’environ 28,7, atteint presque la différence de potentiel à laquelle la lampe commence à s’allumer, la loi peut donc être exprimée ainsi : La vraie différence de potentiel varie comme la racine cubique du rendement. Le Dr Fleming a également constaté que les conditions de dépense minima par bougie concordaient parfaitement avec celles indiquées par MM. Ayrton et Pérry.
- Le Dr Fleming a également dressé des courbes caractéristiques pour illustrer les statistiques réunies et pour montrer la relation entre la durée, la force électro-motrice, la résistance et le rendement des lampes à incandescence.
- RADIATION DES LAMPES A INCANDESCENCE. — Le
- capitaine Abney a dernièrement étudié la radiation des lampes à incandescence. En général un corps chaud perd de la chaleur par la transmission, la convexion et la radiation, mais dans le cas d’une lampe à incandescence, la perte de chaleur par transmission est très insignifiante et le capitaine Abney s’est borné à mesurer la quantité de radiation ou en d’autres termes l’énergie dégagée sous forme de chaleur rayonnante par unité d’énergie électrique dépensée dans la lampe. M. Crookes a démontré que dans des vides presque parfaits et à des pressions entre 40 millionièmes et 1 millionième d’atmosphère la radiation varie comme la course moyenne des molécules. Il a obtenu ces résultats en employant des boules de thermomètres comme corps réfrigérants-. Le capitaine Abney s’est servi de lampes à incandescence à verre mince avec différents degrés de vide et il a mesuré leur radiation au moyen d’une pile thermo-électrique. Il a constaté qu’avec de 40 à 10 millionièmes d’atmosphère la radiation augmentait uniformément avec la diminution de pression, mais à ce point elle devient presque constante. Il a également obtenu la quantité de radiation d’un rayon particulier en plaçant sa pile thermo-électrique dans différentes parties du spectre. Les courbes dressées avec les résultats obtenus et dans lesquelles les watts sont représentés par les abscisses et la radiation par les ordonnées donnent presque des hyperboles avec des axes verticaux. Ces résultats permettent d’obtenir exactement la même intensité lumineuse avec deux lampes à incandescence, car si l’on trouve pour une lampe la radiation qui correspond à une certaine intensité, on peut, en examinant la courbe de la lampe étalon qui correspond au rayon en question, trouver le nombre de watts pour lequel la radiation est la même.
- alluminium, nickel. — Le procédé breveté par M. Webster permet d’extraire l’alùminium dans un état assez pur pour qu’il puisse former des alliages avec le nickel et avec quelques autres métaux d’une grande ténacité. J’ai dernièrement examiné un grand nombre de différents objets d’utilité et de luxe fabriqués par la Crown Métal C°, 34 Sr Mary Axe, à Londres, avec un alliage d’aluminium et de nickel.
- Ces objets se composaient de bijoux, de services de table, d’articles de ménage, de chaînes, chandeliers, en somme de presque tous les objets
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- que l’6n fait en métal, depuis des cure-dents jusqu’à des ancres et des hélices pour les navires. Les deux principaux avantages de cet alliage paraissent être sa grande ténacité qui parfois dépasse même celle de l’acier et l’absence de toute oxydation à l’air et dans certains acides. Le métal poli a hn éclat comme celui de l’argent et il m’a semblé qu’on pourrait l’utiliser pour des travaux électriques à cause de sa surface brillante et propre comme pour les autres qualités qu’il possède.
- L’ÉLECTROMÈTRE A QUADRANTS DE THOMSON. —
- LTèlectromètre à quadrants de Sir William Thomson est tellement utile tant pour des expériences que pour des essais pratiques, qu’une communication récente du DrJ. Hopkinson à la London Physical Society au sujet de la constante de l’appareil mérite bien d’être signalée. Selon feu M. Clerk Maxwell, la déviation de l’aiguille produite par une différence de potentiel connue entre les quadrants se trouve indiquée par là formule suivante :
- dans laquelle A et B représentent les potentiels des quadrants, C celui de l’aiguille et X la constante.
- Le Dr Hopkinson trouve cependant que cette
- constante X devrait être ^ _p ^ c„ la quantité k étant due à la position dissymétrique de l’aiguille par rapport aux cadrans et en dépendant.
- un nouveau téléphone. — MM. Bassano, Sla-ter et Hollins ont imaginé un téléphone qui présente quelques dispositions nouvelles, surtout dans la manière de transformer en paroles les ondulations des courants téléphoniques dans la bobine de l’électro-aimant. Ces messieurs ont remplacé la plaque métallique de l’instrument de Bell par des armatures en fer qui sont reliées à une tablette vibrante en bois ou en toute autre matière isolante, de manière à faire reproduire les sons par les vibrations de la tablette.
- La figure i montre une coupe de l’appareil où M représente l’aimant et A la bobine en circuit avec la ligne par les bornes J J', tandis que S est une vis qui sert à régler la position de l’aimant, o représente l’enveloppe extérieure munie d’une embouchure N à laquelle on applique l’oreille pour écouter.
- La communication entre les armatures C C et la tablette vibrante K se verra mieux dans la figure 2, où a représente un bord métallique auquel les armatures C C sont attachées, aux quatre points bbbb\ un fil d’acier d traverse les extrémités plates et circulaires des armatures C C, auxquelles il est fixé par les deux bouts. Une tige e, munie d’un pas de vis et ayant une rondelle h et un écrou i
- (fig. 1) est fixée à angle droit sur le' fil d. Entre la rondelle et l’écrou se trouve une plaque d’une matière isolante, comme de l’ébonite ou du mica. Cette plaque, qui est fixée au centre à la tige e et aux armatures, porte quelquefois autour de sa circonférence un anneau s s d’une matière flexible et imperméable à l’air, comme du caoutchouc, de la soie huilée ou du cuir maintenu par un bord en laiton pp. (fig. x).
- Par ce moyen on augmente l’effet, mais il n’est
- pas absolument nécessaire de rendre la circonférence de la tablette tout à fait impénétrable à l’air.
- Le fil de communication d dans l’appareil est soumis à une torsion sur les centres des armatures étant à des points opposés, les variations du courant dans la bobine A modifient la torsion et la tablette K vibre en harmonie avec ces variations. Les inventeurs prétendent que, grâce à leur manière de monter la tablette, chaque partie de celle-ci a la même amplitude de vibration tandis qu’ün tympan vibre au centre et non à la circonférence.
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- M. Bassano a inventé d’autres méthodes pour relier sa tablette vibrante avec l’armature ou la partie magnétique affectée par le courant. Une. de celles-ci repose sur la découverte de Page et consiste en un fil ou une tige mince en fer formant le noyau libre d’un électro-aimant creux qui se dilate et se contracte par les variations du courant téléphonique dans l’aimant. L’une des extrémités de ce noyau est fixe tandis que l’autre est attachée au centre de la tablette vibrante.
- Les transmetteurs de M. Bassano sont des microphones disposés de manière à éviter l’emploi d’un tympan compris dans le brevet Edison. L’un
- FIG. 2
- de ces appareils est un simple microphone à crayons qui se croisent à l’extrémité ouverte d’un tube acoustique.
- Les régulateurs électriques. — Le 24 mars dernier, M. P. W. Willans a fait une communication intéressante à l'Institution of Civil Engi-neers au sujet des régulateurs électriques y compris le sien. L’auteur s’est borné à parler de l’éclairage à incandescence et il a fait remarquer que même si l’on arrivait à construire des dynamos à réglage parfaitement automatique et des régulateurs isochrones, et même si l’on pouvait éliminer la résistance du fil de cuivre et le frottement du moteur, les régulateurs électriques présenteraient toujours des avantages à cause de leur simplicité de construction, de l’absence de frottement, de leur peu de volume et de leur réglage facile. En attendant qu’on arrive à avoir des machines parfaites et jusqu’au moment où le prix du cuivre permettra aux ingénieurs de l’employer librement pour lès conducteurs, les régulateurs centrifuges permettront et augmenteront même les irrégularités de l’éclairage qui disparaîtront par l’emploi des appareils électriques. Les machines dynamos -ont été si perfectionnées ces derniers temps par l’introduction d’inducteurs plus, puissants et par la
- réduction du nombre des spires sur l’armature qui en a été la conséquence, que la résistance de cette dernière ne présente plus les mêmes difficultés qu’autrefois et qu’on peut maintenant obtenir de bons résultats avec un régulateur mécanique de premier ordre quand les foyers sont placés dans le voisinage de la dynamo. La machine la plus économique, c’est-à-dire celle en dérivation, s’adapte donc de mieux en mieux pour des petites variations de la charge, et les machines à double enroulement deviennent moins nécessaires. Cependant, si les principaux conducteurs sont longs et si on a tenu compte de la valeur du cuivre, leur résistance devient un facteur qu’il est impossible de négliger; car elle pourra suffire pour déranger l’action de la meilleure machine à réglage automatique (à moins qu’elle ne soit enroulée spécialement pour le circuit) et augmenter l’erreur dans une machine en dérivation, de manière à rendre son emploi impossible avec un moteur à réglage mécanique.
- Partout où la force motrice est à bon marché comme avec des turbines, il serait avantageux, pour des raisons'économiques, de placer des conducteurs de petites dimensions et de se résigner à une perte d’énergie considérable si le réglage de la' lumière ne devenait pas dans ce cas fort difficile sans un moyen quelconque pour régler la vitesse de la dynamo de manière à maintenir une différence de potentiels constante à l’endroit où le courant est utilisé et non pas où il est produit. On peut naturellement faire des dynamos avec un enroulement spécial calculé pour la résistance du circuit, mais ce procédé serait coûteux et peu commode. De plus on ne pourrait pas faire des modifications importantes de l’installation.
- L’échauffement des machines et la réduction de la force électromotrice .à la vitesse indiquée qui en résulte présentent d’autres sources d’erreurs auxquelles les régulateurs mécaniques ne portent pas remède. L’auteur fait remarquer que la plupart de ces difficultés disparaîtraient avec les régulateurs électriques.
- L’éclairage électrique. — La ville de Gree-nock, située sur-la Clÿde, à une vingtaine de milles de Glasgow, est adossée contre un certain nombre de collines qui fournissen de l’eau en abondance. Les autorités ont pris les mesures nécessaires pour faire éclairer là ville par l’électricité produite par cette force hydraulique, et on a déjà terminé une installation expérimentale dans un quartier. Les dynamos sont du système Brush Victoria, actionnées par une turbine Günther, située sur les terrains appartenant à la Compagnie qui fournit l’eau à la ville. Les réverbères ont été pourvus de lampes Swan alimentées par des boîtes de distribution qui ont été installées en vue d’une
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- extension future du système. Les conducteurs sont couverts de plomb et fabriqués par la * Kinetic Engineering C°. », et l’essai officiel fait par le professeur Jamieson donne une. résistance d’isolation absolue de 7000 megohms. L’installation fonctionnera pendant six mois afin qu’on puisse avoir des données certaines sur le prix. Si celui-ci est satisfaisant, le système sera probablement étendu à d’autres parties de la ville. Greenock est une ville manufacturière avec de nombreuses raffineries de sucre, de sorte que la lumière électrique serait utile dans les fabriques et l’énergie électrique dans lès usines, pourvu qu’elle soit économique et que la force d’eau soit suffisante.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch et M. Krouchkoll
- Pile a circulation de liquide, par M. J. Carpentier t1).
- « La pile que j’ai l’honneur de présenter à l’Académie fonctionne avec un seul liquide bichromaté, et présente des conditions particulières de constance.
- « Pour concevoir le principe sur lequel elle est fondée, qu’on imagine un siphon dont les deux branches inégales plongent dans le même vase contenant le liquide excitateur, l’une s’arrêtant dans le voisinage de la surface et l’autre allant près du fond. Dans la branche la plus longue, sont disposées les électrodes d’un couple zinc, et charbon. L’amorçage du siphon ayant été fait d’une manière quelconque, le liquide remplit les deux branches et se tient en équilibre, s’il reste homogène. Mais qu’on vienne à réunir les deux électrodes du couple par un circuit, un courant prend naissance, le zinc se dissout et augmente la densité du liquide où il plonge. L’équilibre hydrostatique est rompu et il s’établit automatiquement une circulation, proportionnée à l’intensité du courant : le liquide chargé de zinc se dépose au fond du réservoir; le liquide frais en reste séparé suivant une surface plane absolument nette et, par ascension, remplace le liquide que la gravité a entraîné. Un régime permanent s’établit.
- « Un semblable élément peut être comparé à une cheminée dans laquelle le comburant est appelé à se renouveler par le tirage autour du combustible.
- (*) Note présentée à l’Académie des sciences, dans la séance du 23 mars t885.
- « J’ai adopté, à càuse des facilités de construc-' tion, la forme tubulaire pour mon élément. Le charbon est un tube à l’intérieur duquel est suspendu un crayon de zinc. Cette capacité intérieure constitue la branche longue du siphon. Dans mon appareil d’essai, la deuxième branche est l’espace annulaire compris entre le charbon et un tube enveloppe en verre. La communication entre les deux branches est établie par une couronne de trous, percés en haut du charbon. L’amorçage du siphon se fait par aspiration.
- « Cet amorçage pourrait également s’obtenir par refoulement, mais, pour éviter les joints rarement étanches pour l’air, le plus simple est d’amener le liquide au niveau convenable, c’est-à-dire un peu au-dessus des orifices d’alimentation, en plongeant l’élément dans le réservoir même du liquide excitateur.
- « Plusieurs éléments peuvent être plongés dans le même réservoir, à la condition de réduire au minimum les dérivations de l’un à l’autre, en les enveloppant de gaines isolantes de caoutchouc ou de verre, munies seulement des petits orifices supérieurs et inférieurs nécessaires à la circulation. Dans une pareille situation, les éléments en fonction consomment seuls du liquide, les autres ne provoquent d’autre circulation que celle qui correspond à l’usure locale du zinc, d’autant moindre que le métal est plus pur ou mieux amalgamé.
- « Avec les dimensions auxquelles je me suis arrêté, l’espacement des éléments peut être de o“,o3 d’axe en axe. Dans un carré de om,25 de côté, on en peut donc faire tenir plus de cinquante.
- « Chacun d’eux peut débiter en marche normale environ un ampère et demi, et il semble que ce modèle convienne particulièrement à l’éclairage par incandescence, dans lequel le courant ne dépasse guère cette intensité. Un groupement approprié permettrait d’ailleurs de faire toute autre application. » -
- Sur réchauffement produit dans les conducteurs par les courants intenses, par M. E. Oel -schlæger.
- Nous avons déjà signalé, au commencement de l’année passée (‘), les recherches de M. L. Weber sur les variations de la résistance dans un fil librement tendu ; le principe de la méthode employée par M. Weber était le suivant : le régime une fois établi, on rompait le courant et par le jeu d’un commutateur convenablement disposé on amenait aussitôt le fil en expérience à faire partie d’un pont de Wheatstone. On arrivait ainsi, après quelques tâtonnements, à déterminer la résistance du fil pour chaque intensité et, par suite, les variations
- (,) La Lumière Electrique, tome XI, p. i3o.
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- de cette même résistance. L’emploi d’éléments thermo-électriques très commodes pour ce genre de recherches avait été écarté pour la raison que ces éléments ne prouvent pas, rigoureusement-, la température, du fil et, qu’en outre, il peut se produire des courants dérivés à travers le circuit de ces éléments, courants dont l’influence échappe à l'observation.
- L'Elektrotechnische Zeitschrift (mars i885) publie aujourd’hui une étude de M. E. Oelschlæger, ingénieur à Cannstett, sur le même sujet, étude basée précisément sur l’emploi de couples thermoélectriques.
- L’auteur a cherché à se prémunir contre les causes d’erreur que nous venons de mentionner en faisant usage d’un élément thermo-électrique très petit (cuivre, maillechort), reposant à plat sur une réglette en cuivre et en renversant fréquemment le sens du courant dans le fil soumis à l’expérience. On peut de cette façon admettre que l’élément est à la même température que le conducteur et on en est certain du moment que le renversement du courant principal reste sans influence sur le courant thermo-électrique, qu’il n’existe aucun courant dérivé. M. Oelschlæger détermina tout d’abord l’élévation de température correspondant à des intensités variant depuis zéro jusqu’à i5 ampères pour un conducteur en cuivre, plat, de 2 mètres de longueur, de io millimètres de largeur et de o,5 millimètres d’épaisseur. C’est sur ce conducteur qu’était placé le couple thermo-électrique dont on observait le courant au moyen d’un galvanomètre à miroir Siemens et Halske. La forme donnée au conducteur est avantageuse à plusieurs points de vue : elle permet un bon contact entre le couple et le conducteur, un refroidissement énergique et enfin une température sensiblement uniforme dans toute la masse du conducteur.
- Ces expériences firent voir que l’élévation de température était proportionnelle au carré de l’intensité et pouvait être représentée par la formule
- ceci permet, connaissant le coefficient de température qui fut déterminé pour chacun des conducteurs expérimentés de calculer l’accroissement de résistance correspondant à l’intensité I; cet accroissement évalué au prorata des centaines de la résistance initiale se calcule pour la réglette de cuivre précédemment définie par la formule
- ' A W
- i oo -ÿÿ- = 0,0040212
- formule dans laquelle W est la résistance de conducteur et iW l’augmentation de cette même résistance.
- Pour déterminer ensuite les variations de résistance d’un fil quelconque, M. Oelschlæger employait le dispositif d’expérience représenté schématiquement dans la figure 1. Dans cette figure W représente le conducteur gradué pour ainsi dire par le procédé précédemment exposé, w le fil à essayer, R et R' deux rhéostats de résistance très grande, G un galvanomètre à miroir Siemens et Halske, D un électrodynamomètre et enfin E une machine dynamo-électrique mue par un moteur hydraulique.
- Les résistances R et R' furent prises très gran-
- FIG. 1
- des pour que l’on put sans erreur sensible négliger la portion du courant passant par la branche B R R' C et par suite admettre que tout le courant qui traverse Pélectrodynamomètre D passe également à travers la branche B w W C.
- On commençait par établir l’équilibre du pont avec un courant très faible, ce qui avait lieu pour une valeur donnée de R, puis on augmentait graduellement l’intensité du courant et à chaque va-
- FIG, î
- leur nouvelle de cette .intensité on attendait que le régime eût pris naissance (ceci a lieu lorsque l’aiguille du galvanomètre ne bouge plus); on rétablissait alors l’équilibre et on notait simultanément l’intensité I et la résistance R -|- A R.
- On a d’une façon générale
- ou pour une intensité quelconque I
- , A (W + AW)(R+4R) »v + Aw=------,
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- ce qui donne, en divisant membre à membre, et en négligeant le produit :
- AW. AR W.R •
- Aw AR AW w R + W
- ou encore
- iooAw_iooAR ioo AW w ~ R + W
- équation qui permet de calculer 10°|^11', et, par suite, connaissant le coefficient de température par simple division, l’élévation moyenne de tempéra* ture t.
- Ce procédé est d’une approximation très suffisante, et demande beaucoup moins de temps que celui employé par M. L. Weber.
- Pour tous les fils essayés, on constate, dit l’auteur, en portant sur deux axes coordonnés les intensités en abscisses et les élévations de température en ordonnées, que la courbe reliant les points ainsi obtenus est une parabole ; l’élévation de température est donc proportionnelle au carré de l’intensité et peut s’exprimer par la formule :
- <=CI2
- formule dans laquelle t est une température moyenne en degrés Celsius et T l’intensité en ampères.
- Voici d’ailleurs les chiffres fournis par l’expérience
- FILS RECOUVERTS DE GUTTA-PERCHA
- DIAMÈTRE EN du fil MILLIMÈTRES de la gutta-percha NU AVEC GUTTA- PERCHA
- 0.7S0 i,65 <=0,545 r2 <==0,358 I2
- o,8o5 1,80 tirs 0,431 I2 <=0,314 I2
- 0,900 i,75 <-=0,383 I2 <=0,243 I2
- 0,975 2, i5 < =0,266 I2 <=0.179 I2
- 1,180 2,48 <=0,161 1* <=o, 101 I2
- FILS RECOUVERTS DE SOIE
- DIAMÈTRE DU FIL NU AVEC SOIE
- 0,280 <=6,45 I2 <=5,34 i2
- 0,450 <=i,58 I2 <=1,08 I2
- 1,010 <=0,250 I2 <=0,l68 I2
- Les chiffres contenus dans ce tableau confirment ce fait que les fils isolés pour une même intensité
- de courant s’échauffent moins que les fils nus. Ce fait, qui est contraire à ce qu’on serait tenté de croire au premier abord, avait déjà été signalé par M. Forbes (‘), il résulte de ce que la surface radiante est plus considérable dans le premier cas que dans le second; la différence qui, pour la gutta, est de 3,5 %, s’abaisse à 2,9 % pour les fils recouverts de soie.
- Des considérations théoriques très simples permettent d’ailleurs d’établir l’équation
- , ^ / 1 T) | A
- 4C7CÎR3 \2k ^ h)
- dans laquelle on désigne par :
- t l’élévation moyenne de la température.
- s la résistance spécifique du conducteur rapporté au mercure.
- k le coefficient de conductibilité calorifique du cuivre.
- h le coefficient de radiation du cuivre.
- c une constante égale à 9,81 X 424 X 1,06.
- R le rayon du conducteur.
- Les données du tableau précédent permettent de déterminer les valeurs des constantes k et h (pour des fils de cuivre nus, on trouve k—0,0000137, et h=o,ooi65, le centimètre étant pris comme unité de longueur), ce qui conduit à la formule plus simple
- V o,i5D+o,io
- où D est le diamètre en millimètres, et au moyen de laquelle on peut calculer l’intensité limite, étant donné le diamètre du fil et réchauffement que l’on ne veut pas dépasser.
- On obtient ainsi le tableau suivant :
- Les expériences n’ayant porté que sur des dia-
- C) La Lumière Electrique, tome XII, p. 73 et 5o3.
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- mètres inférieurs à 1,2 millimètres, une partie des chiffres précédents ne peuvent être considérés que comme une approximation utile à connaître.
- Si pour une élévation de température donnée on porte sur deux axes les diamètres en abscisses et les intensités en ordonnées, on obtient la courbe représentée figure 2. A partir d’un certain diamètre, l’intensité est successivement proportionnelle au diamètre, la courbe se confondant avec une droite; au-dessous de cette limite, l’intensité croît plus vite que le diamètre.
- La formule précédente rend d’ailleurs compte de cette allure de la courbe; en effet, suivant que l’on néglige au dénominateur de la fraction le terme en D à côté du terme constant (petits diamètres), ou inversement le terme constant à côté du terme en D, on obtient l’une des deux formules :
- I==a |AD3
- Pour des fils à enveloppes de gutta-percha, M. Oelschlæger a trouvé la relation moins simple :
- *= jp ^0,037R+0,0093 jp —o,008210g. nat. jp)
- dans laquelle R' représente le rayon de l’enveloppe R, le rayon du fil et les constantes ont été déterminées par l’expérience. M.
- A propos de la résistance de l’arc électrique, par M. Wilhelm Peukert (')
- Dans un mémoire publié en i883 par VElektro-technische Zeitschrift (2), M. O. Frœlich a démontré qu’il existe entre la différence de potentiel aux deux charbons d’une lampe à arc et la longueur de ce même arc, une relation linéaire de la forme
- S = a, + £,L
- S désignant la différence de potentiel, L la longueur et l’arc et ait bt des constantes. Si, comme le fait M. Frœlich, on appelle résistance apparente de l’arc le rapport de la différence de potentiel aux deux charbons à l’intensité, cette résistance W se déduit immédiatement de l’équation précédente.
- W= f = ? + ** I
- On voit donc que pour une valeur constante de l’intensité, la résistance apparente est une fonction linéaire de la longueur de l’arc. M. W. Peukert a
- (*) Zeitschrift für Etektrotechnik, 28 février i885. (s) La Lumière Electrique, tome IX, p. 281.
- vérifié expérimentalement le fait et a obtenu ainsi les cinq courbes Tque représentent les figures ci-jointes, et [qui ont été tracées pour des intensités comprises entre 10 et 3o ampères et croissant de 5 en 5 ampères.
- Ces cinq séries d’expériences ont permis de calculer les valeurs des coefficients a et b dans les équations
- W=a + fcL (O
- représentant chacune des droites des figures précé-
- longaeur de l'tire X
- 7 8 9 10
- dentes. Si l’on exprime la différence de potentiel en volts et la longueur de l’arc en millimètres, on a, pour les constantes a et b, la série des valeurs qui suivent :
- Pour une intensité de 10 A W = 3,66 + 0,23 L J
- — i5 A W = 2,3 +o;,i5 L /
- — 20 A W=i,8 -+0,08 L > (2)
- — 25 A W = i,3 + 0,075 L A
- — 3o A W = 1,6 +0,04 L I
- Parmi ces cinq équations, les quatre premières sont seules comparables entre elles au point de
- 0 1 204 5 6789 10
- FIG. 2
- vue des valeurs numériques de a et de b; pour la dernière on avait changé les conditions de l’expérience en changeant les charbons.
- Ces équations montrent que la résistance apparente se compose de deux facteurs, dont le premier est constant pour une même intensité, tandis que le second croît proportionnellement à la longueur de l’arc. La constante a peut donc être considérée comme la résistance de passage à travers l’air, et le second terme la résistance électrique proprement dite de l’arc.
- Si nous désignons par Q la section de l’arc, par U la résistance de passage pour la section 1, et
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- enfin par a la résistance spécifique de l’arc, l’équation (i) peut s’écrire
- W=Q + ^ .
- mais, d’après les équations (2) on a, en appelant I l’intensité correspondante à la section Q, I, celle qui correspond à la section Q,, etc.,
- 1 ~ fi ’ '
- Longueur de l'arc X 0 12 3~* 5 6 T 8 5 10 11 12 13 14
- FIG. 3
- OU
- Q_Qi_Qi= „
- i i, i2
- la force contre-électromotrice serait donc égale à a I. Si l’on fait le calcul pour les quatre premières expériences de la série précédente d’équations, on trouve que cette force contre-électromotrice a une valeur moyenne de 35 volts : valeur tellement supérieure à toutes les polarisations qui nous sont connues qu’elle plaide contre l’hypothèse même dont elle dérive. Si l’on admet avec Edlund(’)que la force contre-électromotrice provient de la désagrégation mécanique des électrodes, on est encore conduit à considérer la polarisation dans l’arc comme beaucoup trop élevée, si on la compare à ce qui nous est connu relativement au développement de l’électricité résultant de la désagrégation mécanique des corps. Il faudrait d’ailleurs, pour que cette façon de juger les choses fût exacte, que la force contre-électromotrice augmentât avec l’énergie du courant, la désagrégation mécanique croissant elle-même : or les expériences attribuent plutôt à cette force contre-électromotrice une valeur constante.
- Il est également impossible de rendre compte d’une aussi forte polarisation en cherchant à la rattacher à une action thermo-électrique due à la
- Ceci confirme l’hypothèse admise par M. O. Frœlich, à savoir que la section de l’arc croît proportionnellement à l’intensité et permet d’écrire l’équation (3) sous la forme
- w -U- "_L
- a I ' a I
- (4)
- 1=30 A
- IO 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
- expression dans laquelle a représente la section qui correspond à l’unité d’intensité. On voit bien sous cette forme pourquoi le coefficient b décroît plus vite que l’intensité ne croît. En effet, lorsque
- Y ,
- I=25A -
- —» — "
- Longueur de l'arc X
- 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 10 20
- FIG. 4
- I augmente, l’élévation de température a pour conséquence de diminuer la résistance spécifique 5; il faut de plus tenir compte de ce que l’air porté à une température assez élevée devient conducteur dans une certaine mesure.
- L’auteur reprend ensuite la question de savoir si l’action de l’arc électrique doit être considérée comme une polarisation ou comme une résistance au passage. Dans la première hypothèse, la différence de potentiel mesurée aux charbons a pour expression
- FIG. 5
- différence de température de deux charbons ou à celle d’un couple résultant de dépôts d’hydrogène et d’oxygène sur les deux électrodes, dépôts provenant de la décomposition de la vapeur d’eau par le passage du courant électrique.
- « Il semble bien plus logique, dit M. W. Peu-« kert, de se figurer la résistance totale de l’arc, 1 résistance qui a pour expression le rapport de « la différence de potentiel à l’intensité du courant, « comme composée de deux facteurs, dont un seul « devra être considéré comme une résistance élec-« trique proprement dite, tandis que l’autre, nota-« blement plus grand,, se présente comme une
- * résistance mécanique qui, pour être vaincue, né-1 cessitera une certaine dépense d’énergie. D’ail-» leurs, la principale raison qui plaide en faveur « de la polarisation, à savoir que l’arc ne saurait » se produire à moins d’une différence de poten-« tiel minima s’explique parfaitement; il faudra » évidemment une certaine différence de poten-
- * tiel pour arracher et transporter d’une électrode
- * à l’autre les particules de charbon, particules
- wi=.ji + :>li,
- (*) Annales de Poggendorf, vol. i3i, p. 594.
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- « dans le transport a pour effet de relier électri-« quement l’un à l’autre les deux charbons, et « permet ainsi à l’arc de se former. *
- M.
- Influence du courant sur l’amincissement des lames liquides, par A. W. Reinolot et A. W. Rü-cher (»).
- Les auteurs se sont occupés déjà, en 1877, de la résistance des lames liquides minces ; ils ont alors remarqué que la couleur des lames changeait sous l’influence du courant et que son épaisseur diminuait.
- Les auteurs ont repris récemment leurs expériences à ce sujet : ils se sont proposé d’étudier l’effet que produit sur une lame liquide le courant qui la traverse.
- Le liquide employé était une dissolution de savon de potasse ou le liquide glycérique de Plateau, auquel on avait ajouté une certaine quantité de ni-trè pour augmenter la conductibilité. Les lames liquides avaient la forme de cylindres verticaux supportés en haut et en bas par des anneaux de platine de 33m/m de diamètre. La longueur des cylindres était de 3o à 40“/“. Qn soumettait'à l’expérience trois lames à la fois, dont deux se trouvaient dans une même auge de verre et la troisième dans une autre auge à part. Les deux cylindres qui se trouvaient dans la même auge étaient supportés par des anneaux à bords tranchants; les anneaux du troisième cylindre étaient beaucoup plus épais et bien arrondis. Les auteurs voulaient ainsi voir si la manière dont les anneaux se comportent dépend de la forme ou de l’épaisseur de leurs supports. On n’a constaté aqcune différence. Chaque auge était placée au centre d’un réservoir de verre rempli d’eau afin de prévenir les variations brusques de température. Les lames cylindriques étaient entourées d’air saturé de la vapeur du liquide dont elles étaient formées. L’état hygrométrique et la température étaient indiqués par un hygromètre à cheveu et un thermomètre. L’air qui remplissait les cylindres, préalablement desséché, avait ensuite traversé un large tube rempli d’une dissolution de savon où il s’était saturé de vapeurs de ce liquide. De cette manière, l’air était dans le même état à l’intérieur et à l’extérieur des cylindres. Dans leurs dernières expériences, les auteurs se servaient du courant d’une machine Siemens. Ce courant traverse un galvanomètre sensible dont les déviations mesurent approximativement l’intensité du courant. Celle-ci variant de 100 micro-ampères à 1 /2 microampère.
- On commence d’abord par observer un certain
- nombre de lames de 40m/m de longueur, formées avec une dissolutfon de savon de potasse sans glycérine, qu’on laisse s’amincir à la manière ordinaire, sans qu’elles soient traversées par un courant. En moins d’une minute, après la formation du cylindre, on voit apparaître des anneaux colorés étroits. Au bord supérieur on voit un anneau blanc de premier ordre bordé d’un anneau bleu foncé étroit, le bleu du second ordre, Les bandes colorées ne s’étendent pas au delà de 10m/m du sommet, le reste de la lame demeurant incolore. Cet état se maintient pendant 5 ou 6 minutes. Dans l’intervalle de 8 à 10 minutes après la formation des lames, on voit apparaître un anneau noir qui s’étend lentement vers le bas.
- Ces expériences préliminaires faites, les auteurs passent à l’examen de l’effet que produirait un courant traversant la lame.
- I.— COURANT DESCENDANT. — DISSOLUTION DE SAVON DE POTASSE.
- i° Lame de 40m/m de longueur. On a lancé le courant immédiatement après la formation de la lame. De larges bandes colorées se formèrent et s’étendirent, occupant toute la surface de la lame. Après 6 minutes, l’intensité de courant était de 2,6 micro-ampères. Après n minutes apparut un anneau noir qui, en 2 minutes, acquit la largeur de 3 millimètres. Le courant s’est alors arrêté. Il résulte de là que le courant descendant produit un amincissement de la lame. Les bandes étaient plus larges et se répandaient beaucoup plus vite que lorsqu’il n’y avait pas de courant.
- 20 Une lame de 4om/m de longueur s’était amin cie jusqu’à la formation d’une bande noire de 2m/m,5 de largeur. La bande noire était bordée d’une bande bleu foncé. On fit alors passer un courant de 5.i8 milli-ampères. Le bleu devint blanc, mais la bande noire resta inaltérable. Après 9 minutes, la bande noire n’avait pas changé de largeur, pendant qué la bande blanche s’était élargie jusqu’à 16“/“, le courant était alors .de 4,06 m. a. En 2 minutes après l’ouverture du circuit, la bande blanche était devenue noire, ayant une étendue de 19“/“, c’est-à-dire occupant environ la moitié de la lame.
- Le passage du blanc au noir dans cette expérience est très frappant : le noir ne commence pas au sommet pour s’étendre vers le bas, comme on pourrait s’y attendre', mais toute la surface blanche se transforme par degrés insensibles en noir.
- Il y a un moment où la couleur est intermédiaire entre le noir et le blanc, et on peut obtenir cet état intermédiaire en accélérant l’amincissement de la lame par un courant descendant jusqu’à l’apparition de la couleur blanche et en supprimant le courant.
- Cette expérience prouve, d’après l’auteur, que le
- (9 Philos, moy., vol. 19, p. 94. iÇ85.
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- courant descendant a pour effet d’amincir la partie de la lame qui est plus épaisse que la partie blan che, mais il n’affecte pas nécessairement cette dernière. La lame est mise dans une condition telle que, dès qu’on supprime le courant, la bande noire se développe très rapidement.
- 3° Une lame de 40m/m de longueur présente à son sommet une bande noire de 2m/m,5 de largeur. Un courant descendant de 6,2 m. a. traverse la lame. En une minute le noir disparaît complètement, et il est remplacé par du blanc pendant que le courant augmente jusqu’à 6,5 m. a. Dans ce cas les conditions paraissent approximativement être les mêmes que dans le cas précédent. Seulement dans ce cas la couleur noire disparaît et la conductibilité de la lame liquide augmente.
- L’auteur explique ces phénomènes de la manière suivante : lorsque la lame est formée entre deux supports métalliques, la portion mince de la lame n’est pas immédiatement en contact avec le métal.
- Il y a, entre cette portion et le métal, un anneau épais de liquide de longueur variable et c’est par cet anneau que la lame est suspendue. Lorque la lame s’amincit, cet anneau épais se maintient plus ou moins inaltéré.
- Lorsqu’un courant descendant traverse la lame qui présente un certain espace noir dépendant de l’anneau épais, ce courant enlève une partie du liquide de la partie épaisse pour la transporter sur la partie noire. Celle-ci en s’épaississant devient d’abord grise, puis blanche, en même temps sa conductibilité augmente. Les auteurs ont fait des supports pour attacher les lames avec des matières différentes, les supports avaient les uns des bords arrondis, les autres des bords tranchants. On a constaté que la nature et la forme du support avaient très peu d’influence sur les phénomènes.
- On peut expliquer de la même manière le fait que lorsqu’un courant descendant traverse la lame, la bande noire n’apparaît aussi vite que s’il n’y a pas de courant, quoique la lame s’amincisse. Tant qu’il y a un anneau épais de iiquide attaché au support supérieur, il y a transport de liquide vers le bas et la lame ne peut pas s’amincir au delà d’une certaine limite. Dès que le courant est interrompu, le transport du liquide cesse et le blanc de premier ordre s’amincit et devient noir. De même le fait que le courant, tantôt détruit le noir, tantôt ne le détruit pas, s’explique, d’après l’auteur, si l’on tient compte que le courant peut produire une augmentation ou une diminution d’épaisseur, suivant que la quantité de liquide apportée à une partie quelconque plus ou moins grande que celle qu’il lui enlève. Comme ces deux effets sont produits en partie par le courant, en partie par la pesanteur, et qu’il sont en même temps modifiés probablement par l’épaisseur des différentes parties de la lame, il est possible que de faibles diffé-
- rences dans les conditions expérimentales puissent faire prédominer l’un ou l’autre des effets.
- 40 Lame de 3omm de longueur. Un courant descendant de 24 m. a. la traverse depuis sa formation. Au bout de 10 minutes le blanc s’étend et occupe plus que la moitié de la longueur de la lame. L’intensité du courant est alors tombée à 2,4 m. a. Le circuit est alors interrompu. Le blanc se transforme en noir si rapidement qu’en moins d’une minute toute la transformation est effectuée.
- Dans ce cas la lame étant plus courte, la même pile fournissait un courant plus intense et les changements dus aux courants se faisaient plus rapidement.
- II. — COURANT ASCENDANT. — DISSOLUTION DE SAVON DE POTASSE.
- i° Lame de 40““ de longueur traversée par un courant de 9,2 m. a. Au bout de 24 minutes apparaît au sommet une bande blanche étroite suivie d’une bande étroite de bleu-indigo. En bas la lame présente une faible teinte uniforme. On abandonne la lame pour trois quarts d'heure, mais la couleur noire n’apparaît pas. L’intensité du courant devient alors 1,92 m. a. Ici le courant produit un retard, car la lame serait devenue noire au bout de dix ou douze minutes.
- Les auteurs firent 7 expériences différentes dans lesquelles on faisait varier la longueur des lames, le temps entre la formation de la lame et le moment de la fermeture du courant. Toutes conduisent à cette conclusion qu’un courant ascendant retarde l’amincissement de la lame. Nous citerons encore une de ces expériences comme exemple :
- 20 Lame de 3omm de longueur, traversée par un courant ascendant depuis sa formation. On mesure l’intensité du courant au bout de 5 minutes de passage et on la trouve égale à 20 m. a. Cette intensité croît et devient 28,5 m. a, reste stationnaire pendant quelques minutes et décroît ensuite lentement. La lame reste incolore. L’anneau de liquide attaché au support de platine supérieur s’épaissit et devient ondulé le long du bord inférieur. Il se produit des gouttes pendantes formant une frange liquide. Des pointes des gouttes partent de minces petits' courants descendant la lame. Le courant ascendant non seulement retarde l’amincissement de la lame, mais il la rend plus épaisse. L’intensité du courant s’était accrue, depuis le moment où on l’avait mesurée, de plus de 40 0/0 et l’épaisseur de la lame avait probablement augmenté dans la même proportion. Contrairement à l’action de la pesanteur, le courant transporte le liquide vers le sommet de la lame, où il s’accumule et d’où il descend sous forme de veines liquides.
- Cette expérience a été répétée avec un certain
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- nombre d’autres lames. Dans certains cas après la suppression du courant il se passait un temps assez long avant l’apparition de la bande noire.
- Toutes les expériences ont été faites avec une dissolution de savon de potasse sans glycérine. Il y a avantage à employer cette dissolution : la lame formée avec elle s’amincit assez rapidement, si bien qu’on peut observer plusieurs lames en une heure. Si on emploie le liquide glycérique de Plateau les lames s’amincissent trop rapidement et il se passe 3 ou 4 heures avant l’apparition de la bande noire. Mais les résultats sont identiques à ceux qu’on observe avec la dissolution de savon ; le courant descendant accélère l’amincissement pendant que le courant ascendant le retarde.
- K.
- L’électricité appliquée à la fabrication du vernis (*).
- . MM. Müthel et C. Lütcke, de Berlin, recommandent, pour la fabrication du vernis, le procédé suivant : On traite les huiles par des gaz ou des mélanges gazeux que l’on a préalablement soumis à l’action de décharges électriques. Les ..composés oxygénés fortement oxydés et facilement décom-posables qui se forment dans ces conditions donnent naissance pour une élévation convenable de la température à des composés moins riches en oxygène et l’oxygène mis en liberté vient agir sur les acides gras que l’on se propose de traiter. On peut très avantageusement employer un mélange par parties égales de chlore et de vapeur d’eau ; d’acide sulfureux anhydre et d’eau ou d’oxygène ; d’acide sulfureux anhydre et de protoxyde d’azote; d’azote, d’oxygène’et d’hydrogène; de protoxyde d’azote et d’air ou d’oxygène, et ainsi de suite.
- L’appareil, qui a déjà été indiqué par notre correspondant M. Michaélis, se trouve représenté schématiquement dans la figure 1 ; a est une conduite de vapeur qui va du générateur à la machine motrice ; sur cette conduite sont branchés des canaux b qui pénètrent dans les récipients B où se fait le traitement et serpentent à travers l’huile. A la partie inférieure du récipient B se trouve un tube enroulé en spirale plate et percé d’un grand nombre d’ouvertures excessivement fines.
- L’appareil d’oxydation est figuré en p; le mélange gazeux arrive par le tube n, traverse l’appareil/» et se rend par les tubes g et D au récipient B.
- La figure 2 donne le détail de l’appareil d’oxydation. Il se compose de deux tubes en verre A et F concentriques et soudés à leur partie haute en x; A est fermé en bas et maintenu dans un cylindre C; F est percé en bas d’une petite ouverture à travers
- laquelle passe le tube E. Le mélange gazeux arrive par ce dernier tube, parcourt l’espace annulaire compris entre les deux tubes A et *F, puis sort par H, d’où il se rend à un appareil semblable placé à côté du précédent. Les parties du dessin couvertes de hachures représentent des corps bons conducteurs de l’électricité et communiquent avec les deux pôles d’une source quelconque d’électricité.
- Voici comment on procède à une opération. On introduit dans le récipient B, en ouvrant le tube e, de l’huile de lin jusqu’à mi-hauteur, après quoi on ferme e et on laisse le serpentin S élever la température de l’huile entre 6o° et 8o° ; on ouvre alors
- le robinet du tube d. qui communique avec une pompe à air et l’on diminue la pression jusqu’à 73omm de mercure environ. A ce moment, on met en communication les appareils d’oxydation avec une bobine d’induction qui se trouve intercalée dans le circuit.d’une machine dynamo, tandis que par le tube n on fait arriver un mélange par parties égales (en volumes) d’acide sulfureux, d’oxygène et d’air atmosphérique. On ouvre en même temps le robinet du tube g, tandis que l’on met en mouvement l’agitateur T. On obtient ainsi au bout d’un temps beaucoup plus court que par les procédés ordinaires, un vernis très liquide, d’une couleur claire et qui, exposé à l’air, se prend facilement en masse solide. On peut, avec le même succès, employer un mélange en volumes de deux parties de protoxyde d’azote avec 1,5 parties d’air atmosphérique ou même du protoxyde d’azote seul.
- (') Dingler's Polylechnische Journal.
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- •V
- Lorsqu’on juge que l’opération est terminée, on ferme le tuyau g, on arrête l’agitateur et on ouvre le tuyau c après avoir fermé ci; la vapeur force alors le vernis à passer par le tube f et à traverser de . bas en haut le récipient à lavage W qui [est rempli jusqu’à mi-hauteur avec de l'eau légèrement ammoniacale et chauffée par une circulation de vapeur S,. Enfin le produit lavé et libre de toute trace d’acide est recueilli à la sortie du tube h.
- M.
- Galvanomètre à cadre curviligne.
- Nous avons reproduit dans notre dernier numéro une note présentée par M. A. Gaiffe à l’Académie des sciences, à propos d’un nouveau galvanomètre médical qu’il vient de construire.
- On a vu que dans cet appareil, qui ne comporte qu’une seule aiguille et n’a pas d’aimant directeur, la proportionnalité entre les intensités et les déviations est obtenue au moyen d’une forme spéciale donnée au cadre où s’enroule le fil.
- Nous donnons ci-dessus le dessin de la courbe à laquelle s’est arrêté M. Gaifïe après de nombreuses expériences. On voit, en l’examinant, que l’aiguille se rapproche du courant à mesure que l’action directrice de la terre augmente ; et l’expérience prouve que les deux actions se compensent et rendent les déviations très sensiblement proportionnelles aux intensités jusqu’à un angle de 65 à 70 degrés.
- Un autre fait important a été également constaté : c’est que dans ces conditions l’intensité magnétique de l’aiguille peut changer, sans que ces indications cessent d’avoir la même exactitude jusqu’à 65 degrés. On sait que M. Desains a démontré que ceci a lieu également dans les galvanomètres des sinus ou des tangentes ; mais ils ont des cadres très grands par rapport aux aiguilles. Dans les galvanomètres médicaux,les proportions ne sont plus les mêmes et l’aiguille se trouve toujours très rapprochée du cadre directeur. Si ces derniers sont carrés, ou même elliptiques, on constate qu’au delà d’un angle de i5 degrés, il y a des différences de 4 ou 5 degrés dans les indications données avec la même intensité de courant par la même aiguille suivant l’intensité de son magnétisme. Cet inconvénient est assez grave, car il arrive
- très souvent qu’une aiguille change d’intensité magnétique soit sous l’influence de courants trop forts envoyés dans l’appareil, ou d’autres aimants placés dans son voisinage, soit par suite de la mauvaise qualité de l’acier, etc... Il était donc urgent d’y remédier, et à ce titre encore le nouveau mode d’enroulement du fil est un perfectionnement important apporté aux galvanomètres médicaux.
- L’éclairage électrique du réticule dans les télémètres.
- Le Journal de Dingler signale une application de la lumière électrique qui sans être complètement nouvelle, puisqu’elle avait déjà trouvé place dans les instruments astronomiques, mérite néanmoins d’être mentionnée.
- Au cours de l’hiver i883, la marine allemande, de concert avec le comité militaire et la direction de
- 1 artillerie de forteresse, entreprirent à Pola une série d’expériences à l’effet de savoir quelle était la distance limite que le télémètre permettait de déterminer dans le cas d’un navire muni de feux électriques. Cette distance limite fut trouvée égale à 2 000 mètres, pour un éloignement plus grand, la quantité de lumière envoyée par le feu que l’on observe sur la croisée des fils n’est plus suffisante pour que l’œil puisse distinguer cette même croisée. On eut alors l'idée d’éclairer électriquement le réticule et voici, d’après la description du capitaine Ph. Hefs (*), l’appareil imaginé par le comité militaire. Cet appareil dont la figure ci-jointe représente une coupe verticale, se rapproche en principe de celui construit par Towne (2) pour les instruments d’observation astronomique, mais il en diffère par les dispositions de détail et surtout par le peu d’espace qu’occupe tout le système.
- (1) Mittheilungen über Gegenstænde des Artillerie und Geniewcsens, 1884, p. 257.
- (2) Comptes rendus, 1O84, t. 98, p. 6S9.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Il était en effet essentiel que malgré ce perfectionnement le télémètre restât un instrument précis et en même temps facile à manier.
- L’appareil d’éclairage se compose d’un tube en laiton A dont l’axe est normal à celui de la lunette et qui se place entre l’œil et la croisée des fils ; ce tube contient une lampe à incandescence e située au-dessus d’une ouverture o et communiquant par les fils dd avec les pôles d’une petite pile au bichromate de potasse, de deux éléments.
- La lampe e ainsi que la fenêtre o sont solidaires chacune d’un tube séparé ; ces deux tubes se pénètrent à frottement doux et viennent se loger dans le tube A. Une vis latérale permet de régler l’instrument. Quand ce réglage est obtenu, le plan du filament passe par le centre de la petite ouverture circulaire .o ainsi que par l’axe de la lunette. La distance de l’ouverture o par rapport aux fils doit être telle que le faisceau lumineux éclaire seulement la croisée des fils mais ne vienne pas mordre sur la monture ou la paroi intérieure de l’oculaire.
- On règle l’intensité lumineuse en plongeant plus ou moins dans le liquide les électrodes des piles.
- Il résulte des expériences faites à Pola que l’éclairage électrique de la croisée des fils augmente dans le rapport de i à 2 1a- distance exacte que le télémètre permet de déterminer; c’est donc un avantage précieux au point de vue de la défense des côtes.
- M.
- Pièces fusibles du système Hedges
- Parmi les nombreux détails d’une installation d’éclairage électrique, les pièces fusibles de sûreté ouent un rôle fort important.
- er l’extrême limite de 120 ampères, l’une des pièces sera calculée pour fondre à 100 ampères l’autre pour fondre à 120. Cette dernière sera d’abord fermée en court circuit par une manivelle. Lorsque le courant atteindra 100 ampères, la première pièce fusible entrera en fusion, il en résultera une première extinction qui servira d’avertissement, on remettra aussitôt la manette dans sa seconde position, de sorte que le courant passera de nouveau, et la pièce fusible de 120 ampères sera maintenant en circuit.
- La figure 2 représente une autre forme de coupe-circuit qui a été spécialement imaginée pour être employée dans les maisons ou appartements particuliers, ou en toute autre situation où il faut cacher les bornes. La feuille de mica se compose d’une lame mince de la feuille spéciale, reliée en chaque bout avec une lame de mica, de sorte que l’expansion de la feuille ne peut être gênée. Ces
- FIG. 2
- FIG. I
- Dans le système de M. Killingworth Hedges, qui a déjà reçu une application assez répandue, l’on se souviendra que le fil de plomb ou de ter blanc se remplace par des feuilles métalliques.
- Nous allons maintenant décrire quelques-uns des modèles les plus récents destinés à différents emplois spéciaux.
- La figure 1 représente le type double dans lequel se trouvent placées deux pièces fusibles.
- Supposant que le courant ne doive pas dépas-
- feuilles de mica sont extrêmement exactes, et elles ont été beaucoup employées pour les installations à bord des vaisseaux, par un certain nombre de maisons. On se propose de les fournir en grosses aux ingénieurs-électriciens au lieu des fils de plomb ou de fer, car elles s’appliquent très facilement. Tout ce qu’il faut, c’est de passer deux vis à bois par les œillets pour les fixer aux deux bouts des fils dérivés.
- On construit encore d’autres formes plus simples de ce coupe-circuit qui a été employé avec succès en diverses circonstances, entre autres, l’année dernière, - à l’Exposition . d’hygiène au South-Kens.ington Muséum.
- Mais ces dispositions sont toutes des moyens différents d’intercaler plus ou moins rapidement la lame fusible dans le circuit, et il nous paraît inutile de les décrire en détail. La pièce fusible est en somme la partie importante de l’appareil.
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- PROCÈS
- DE LA
- SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DES TÉLÉPHONES
- RÉPONSE DE M. DE LOCIIT-LABYE
- au Dire pour la Société générale des Téléphones, du 23 février i885.
- PAR M. E. DE LOCIIT-LABYE
- J’ai l’honneur d’adresser à MM. les Experts la réponse, que je crois devoir faire au Dire du 23 février i885 pour la Société générale des Téléphones, signé par MM. Engrand, avoué, et Armengaud jeune.
- Je commence par constater que ce document ne présente relativement aux développements donnés par MM. Armengaud et Berthon, dans les séances publiques d’expertise, aucun point nouveau.
- Comment se fait-il donc, qu’il ait fallu aux auteurs de ce Dire plus de six semaines pour élaborer sa rédaction.
- Entre le jugement décrétant l’expertise du 8 août 1884, et sa signification faite par les demandeurs le 24 novembre 1884, il y avait un intervalle de trois mois et demi.
- Je proteste de toute ma force contre ces lenteurs incroyables qui sont le fait de la Société générale des Téléphones. Le procès m’a été intenté depuis deux ans et quatre mois; l’exploitation de mes inventions est paralysée en France depuis cette époque ; et le préjudice qui m’a été causé par cette action injuste, s’aggrave de jour en jour. La Société générale des Téléphones encourt de ce chef une responsabilité dont elle aura à supporter les conséquences.
- Dans le Dire de la Société, le 6° du g V, pages 33 à 36, m’est spécialement consacré. 11 s’agissait de réfuter l’opinion que j’ai émise au sujet de la valeur réelle du brevet français d’Edison après avoir fait l’analyse de son brevet anglais et des jugements prononcés en Angleterre.
- Je suis entièrement d’accord avec M. Armengaud sur les différences, qui existent entre les lois française et anglaise ; j’ai moi-même cité les dispositions principales de ces lois à la séance du 9 janvier i885.
- J’ai dit notamment qu’en France comme en Angleterre, l'inventeur seul peut être breveté ; encore faut-il que son invention n’ait pas été préalablement divulguée.
- Il suffit que la publicité ait été faite même en pays étranger, pour qu’en France, la disposition publiée ne soit plus susceptible de revendication par l’auteur; en Angleterre, c’est dans le pays même que la divulgation doit avoir eu lieu.
- Mais tandis qu’en Angleterre, le brevet est totalement invalidé, si l’une ou l’autre de ses dispositions revendiquées est caduque, tant qu’elle n’a pas été formellement retirée par le propriétaire du brevet, en France, ce ne sont que ces dispositions particulières qui sont frappées de déchéance, le privilège demeurant acquis à l’inventeur pour les autres points.
- Voilà ce que j’ai dit, ce qui est absolument vrai, et ce que d’ailleurs M. Armengaud s’est bien gardé de contester.
- Mais il arrête son raisonnement au point même où devrait commencer sa réplique, car il omet de discuter les déductions que j’ai logiquement tirées de ces prémices.
- MM. les Experts ont entre les mains:
- i° Un exemplaire du brevet primitif d’Edisou en Angleterre du i3 juillet 1877. Le texte et les figures sont identiques au texte et aux figures du brevet français du 19 décembre 1877 et du certificat d’addition du i5 janvier 1878.
- Des traits à l’encre rouge dans le texte indiquent les passages supprimés par le premier « Disclaitner » du io février 1880.
- 20 Les exemplaires des deux « Disclaimers » du io février
- 1880 et du i3 juin 1881. — Ces deux pièces sont antérieures à tout procès.
- Voici comment s’expriment, dans le premier de ces Documents, les représentants d’Edison :
- « Et comme depuis la date de la dite convention, nous « avons été avisés et avons acquis la certitude que la dite « spécification contient des matières qui sont de nouveauté « douteuse, ou qui ne sont pas de valeur pratique ou d’uti-« lité suffisante pour justifier leur maintien.... ».
- Le second >• Disclaimer » renonce à l’électromotographe « parce qu’il y a eu publication dans un journal américain < reproduit en Angleterre antérieurement à la prise du bre-» vet ».
- C’est bien clair; les motifs de la renonciation en Angleterre sont indiqués par les représentants mêmes d’Edison.
- C’est pour cause de défaut de nouveauté, que de par la volonté même de l’inventeur, sont retranchées 27 des 30 revendications primitives formulées au brevet
- L'originalité et la nouveauté sont requises en France comme en Angleterre, et si les points auxquels on a été forcé de renoncer en Angleterre y étaient connus à l’époque de la prise du brevet anglais, le i3 juillet 1877, à plus forte raison, ne peuvent-ils être revendiqués postérieurement en France; car le brevet français est du 19 décembre 1877, et le certificat d’addition du iS janvier 1878.
- N’ai-je donc pas eu raison de conclure, que les points invalidés en Angleterre par la déclaration même des représentants d’Edison, devraient devenir caducs en France, et que le brevet français tout comme le brevet aoglais devait être restreint à la seule clause générale, (je ne parle pas du diaphragme en mica) : la combinaison « d’un diaphragme ou » tympan, d’un régulateur de tension électrique, pour faire « varier la résistance dans un circuit fermé? »
- Je ne comprends pas l’insinuation qui m’est lancée par les auteurs du Dire de la Société générale des Téléphones à la fin de ce paragraphe, page 36 : « Nous devrions par » respect pour la vérité, et pour la propre édification de « MM. les Experts, faire connaître exactement quelle a été « l’issue des procès intentés en Angleterre et d’en indiquer •• les résultats ».
- En quoi ai-je manqué de respect à la vérité?
- Toutes mes allégations sont basées sur des faits certains, indéniables.
- J’ai remis à MM. les Experts les textes des brevets anglais d’Edison et des Disclaimers. — Je leur ai communiqué le texte et la traduction des jugements anglais à Edimbourg et à Londres, et des extraits du Réquisitoire du Lord Avocat à Edimbourg.
- Je n’ai donc rien caché; au.contraire j’ai tâché de procurer à MM. les Experts tous les moyens de contrôler mes dires et de faire la lumière complète dans cette affaire.
- Les demandeurs sont-ils aussi scrupuleux à cet égard?
- L’examen de leur Dire écrit va me fournir les éléments de la réponse à cette question.
- Après l’analyse que je vais en faire, MM. les Experts seront, j’en suis convaincu, complètement édifiés par rapport au respect que les demandeurs proclament professer pour la vérité.
- Représentation fausse de l’invention d’Edison dans les croquis figurés pages i3 et 14 (565).
- Les croquis figurés pages i3 et 14 sont-ils la reproduction des illustrations données par l’inventeur, et qui accompagnent sa description?
- De laquelle en particulier?
- Je défie les demandeurs de répondre!
- i° Pourquoi notamment la substance semi-conductrice est-elle représentée par une teinte noire homogène?
- Où cela se trouve-t-il dans le brevet Edison ?
- Les demandeurs voudraient-ils faire croire ainsi, que dans le brevet Edison du 10 décembre 1877^ il est déjà question
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- d’une pastille de charbon comprimé, lea figures en donnent la représentation, si le texte n’cn fait pas mention)
- Le procédé est certainement habile! Mais quelle est stf sincérité?
- 2° Pourquoi, page i3, les demandeurs montrent-ils les deux bobines primaire et secondaire superposées dans la bobine d’induction, alors qu’Edison décrit dans son certificat d’addition et représente dans la figure 24 « les bobines pri-« maire 49 et secondaire 5i » enchâssées Vune à la suite de Vautre sur le même noyau magnétique?
- Ce sont là des faits précis, qui ont été portés à l’attention des demandeurs, par plusieurs défendeurs lors des séances d’expertise.
- Ces altérations de la vérité sont manifestes et ne peuvent être attribuées à l’ignorance ou à l’inattention de la part des auteurs du Dire de la Société des Téléphones.
- Et c’est pourtant à ces croquis, incorrects (!) que les demandeurs comparent les appareils saisis pour en conclure des faits de contrefaçon!
- Ce vice originel compromet gravement la valeur de l’argumentation des auteurs du Mémoire.
- Pourquoi, au lieu de ces croquis, ne produisent-ils pas, comme je le leur ai demandé, avec les autres défendeurs, des appareils réalisant exactement Vune ou Vautre des dispositions figurées dans le, brevet Edison?
- MM. les Experts n’ont-ils pas été chargés « de comparer * les divers appareils saisis avec ceux faisant l’objet des « brevets pour en constater les ressemblances et les dissent-« blances, et rechercher s'ils constituent des contrefaçons ? »
- Ils ont nos appareils entre les mains.
- Mettez-Ies en situation de remplir leur mission, en produisant les vôtres.
- Peuvent-ils se contenter de l’affirmation que vous énoncez page 38, à savoir « que la Société a successivement trans-« formé le transmetteur d'Edison, mais que ce transmetteur « dans sa forme d’origine, a été et est encore en usage « comme parleur dans les bureaux centraux du réseau ? »
- La preuve vous est donc bien facile à donner, si votre affirmation n’est pas hasardée!
- Mais êtes-vous bien assurés d’avoir jamais eu entre les mains un transmetteur Edison dans sa forme d'origine tel qu’il a été décrit et breveté en France, en décembre 1877 et en janvier 1878?
- Etes-vous bien convaincus qu’il puisse fonctionner)
- Votre abstention persistante ne doit-elle pas faire croire que Vous avez plus quq des doutes à ce sujet, et que la valeur pratique du téléphone Edison dans sa forme d'origine n’est pas supérieure à celle que Vous attribuez au téléphone de Reiss, page 28, lignes i3 à 16) Et quelle est, en ce cas, la valeur de vos brevets ?
- Antériorités au brevet Edison
- Quant aux antériorités et aux faits de publication, je n’ai qu’à me référer à ce que j’ai dit et communiqué avec les citations à l’appui, dans les différentes séances d’expertise. Le résumé de ces communications se trouve entre les mains de MM. les experts.
- J’ai notamment fait voir :
- (a) Que la bobine d'induction à hélices superposées est décrite par Bell dans son brevet de'1876 pris en Angleterre. MM. les experts ont un exemplaire de ce brevet et les citations avec leur traduction en regard.
- (b) Que Bell a, dans le même brevet, décrit le moyen de transmettre électriquement la parole par des variations de résistance dans le circuit d’une batterie voltaïque, — le transmetteur à membrane à pointe de platine immergée dans un liquide y est décrit et revendiqué d’une manière précise. MM. les experts ont les citations avec leur traduction en regard.
- Les demandeurs doivent connaître le brevet de Bell; en
- tout cas, ils assistaient à la séance où j’ai produit ces pièces; ils ont en leur possession une copie.du résumé que j’ai remis à MM. les experts.
- Comment peuvent-ils dire, page 26, « que l’exactitude et « la date de cette expérience de Bell sont moins que cer-« taines, qu'elle peut donc être suspectée avec raison ? »
- On ne doit pas aussi légèrement se permettre de suspecter la sincérité d'autrui lorsqu’on se fait prendre soi-même en flagrant délit d'accrocs à la vérité.
- Relativement à ces antériorités que j’ai citées, aucune n’a été réfutée dans le Dire de la Société Générale des Téléphones.
- Quant aux faits de publicité, j’ai conclu de nombreuses citations faites, notamment que l’emploi de la plombagine et d’autres substances'propres à constituer un régulateur de tension électrique, avait été divulgué avant la prise du brevet Edison en France, dans le brevet Bell et dans les journaux français, anglais, américains, etc.
- Que, par conséquent, l’emploi de la plombagine et de ces autres substances ne pouvait plus être revendiqué par Edison d'une manière générale.
- J’ai ajouté, qu'à mon avis, Edison peut réclamer le privi-' lège exclusif de l’emploi de telle ou telle combinaison particulière, dont les faits de publicité auraient rendu imparfaitement compte.
- Le Pantélépiione n'est en rien la contrefaçon du téléphone breveté par Edison en décembre 1877 et janvier
- 1878.
- Ceci étant dit, j’en viens à ce qui forme le fond du procès, et je vais répondre point par point à l’accusation de contrefaçon dont le paritéléphone que j’ai inventé a été l’objet; je prouverai qu'on n'y trouve absolument aucun des éléments de la combinaison brevetée par Edison en 1877-1878.
- Le ï)ire de la Société des Téléphones vient entièrement corroborer mes conclusions à cet égard.
- MM. les experts se demanderont certainement, à l’inspection du croquis page 18, quelle analogie on peut trouver entre cet appareil et celui même incorrect figuré aux pages i3 et 14.
- Dois-je ajouter que cet appareil a été breveté dans les principaux pays d’Europe et d’Amérique, et que notamment dans les pays où il y a examen préalable à l'obtention du brevet, en Allemagne comme aux Etats-Unis, j’ai, obtenu des patentes, le 4 septembre 1879. n° 11912 en Allemagne;
- — le 10 février 1880 n° 224460 et le 5 septembre 1882 n° 264028 aux Etats-Unis !...*
- MM. les experts auront sans doute remarqué que dans leur Dire écrit les représentants de la Société des Téléphones s’étendent au point de se répéter et de devenir prolixes sur des explications scientifiques, — qu’ils poussent l'ingéniosité jusqu’à substituer leur description, leurs dessins et leurs revendications à la description, aux dessins et aux revendications d'Edison, qui seuls sont en cause,
- — et que lorsqu’il s’agit enfin de démontrer la contrefaçon par l’analyse des appareils, ils montrent une réserve excessive et une concision telle qu'ils laissent à MM. les experts, semblc-t-il, le travail de découvrir tout ce qu'ils ne peuvent dire eux-mémes.
- Four le Pantéléphone, notamment, tout se réduit à un croquis, à une description écourtce et à la simple affirmation : « L’appareil Locht-Labye reproduit également les « points caractéristiques du système breveté par Edison : « il en est la contrefaçon. » #
- Les demandeurs ont-ils été embarrassés d’en dire davantage )
- Ce procès est d’autant plus étrange que les demandeurs ont reçu communication du Dire écrit que j’ai remis à MM. les experts, et dans lequel leur assertion est réfutée complètement. J’ai déjà prouvé qu'aucun des éléments décrits dans le brevet Edison, à savoir : le diaphragme, le circuit
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- fermé, — le régulateur de tension tel qu’il a été spécifié dans le brevet en cause au procès, — la bobine d9induction dans la disposition décrite au même brevet Edison, ne peuvent être trouvés dans le Pantéléphone.
- Je m’en réfère entièrement aux explications que j’ai données dans les séances d’expertise des 19 décembre 1884 et 9 janvier i885.
- Le Diaphragme d9Edison ne se trouve pas dans le Pantéléphone.
- Les définitions des mots diaphragme et tympan employés par Edison ont été citées in extenso, d’après les Dictionnaires de l’Académie française, de Littré et de Larousse. Elles concordent parfaitement avec la description d’Edison et avec les illustrations du brevet. Un diaphragme est une cloison hermétique séparant deux milieux. Ainsi l’ont aussi déclaré les deux jugements rendus en Angleterre.
- La plaque du Pantéléphone est suspendue librement, comme un pendule : elle n’est donc pas assimilable à un diaphragme, ni à fortiori à un tympan. C’est évident. Les auteurs du Mémoire de la Société Générale des Téléphones en ont été convaincus également, comme le montre d’uue manière frappante le procédé habile auquel ils ont eu recours pour défigurer ou travestir à ce sujet la pensée d’Edison.
- MM. les experts se rappelleront qu’à la séance du 9 janvier i885, M. Armengaud a hasardé une définition nouvelle et toute originale du mot diaphragme. Cette définition ne paraît pas d’une manière explicite dans le Dire écrit; mais, comme on y substitue des croquis de fantaisie aux dessins du brevet, de même on emploie des expressions nouvelles aux lieu et place de celles d’une signification précise dont s’est servi l’inventeur américain.
- Tandis qu’Edison n’emploie dans tout le cours de sa description que les mots diaphragme ou tympan, les représentants de la Société Générale des Téléphones préfèrent les expressions membrane et plaque, qui ont une signification toute différente.
- Voici des preuves surabondantes de mon allégation :
- Page 7, ligne 5, la citation du brevet parle * des vibra-« tions transmises à un diaphragme. »
- La iSociété interprète cette citation à la même page 7, ligne 22 ;
- « Ce transmetteur spécial comporte une Membrane aug-« mentant ou diminuant la tension électrique sur la ligne. »
- Page 8, ligne 8, il est de nouveau parlé des vibrations de la Membrane.
- Les auteurs du Mémoire feignent ensuite de s’apercevoir de la substitution d’une expression à l’autre; ils les assimilent. Page 9, lignes 3 et 4, il est parlé « des vibrations de « la Membrane ou diaphragme; »
- Après cela l’expression Diaphragme est définitivement éliminée du vocabulaire propre des interprétateurs de la pensée d’Edison.
- Page 10, ligne 29, C’est la membrane vibrante.
- Mais voici que page 11 se retrouve une citation textuelle du brevet. L’expression malheureuse diaphragme doit reparaître sous la plume des rédacteurs du Dire deux fois en dix lignes. On lit à la ligne 18 : « La figure 24 représente 1 eDia-« phragme 10 » et aux lignes 26 et 27 : « les vibrations du « diaphragme 10. »
- C’est Edison qui a parlé. Pour compenser l’effet, les représentants de la Société Générale des Téléphones vont employer une nouvelle expression. Membrane ne leur suffit pas : il faut quelque chose de plus vague et de plus général.
- L’expression plaque vaut réellement mieux; elle comprendra tout.
- Lorsqu’il s’agit de caractériser l’invention d’Edison, ce qu9 Edison avait dénommé Diaphragme ou tympan est appelé par les auteurs du Mémoire :
- Plaque vibrante (page 12, ligne 8), — Plaque ou Mem-brane (ligne 12), par le procédé de synonymie déjà employé avec succès entre Diaphragme et Membrane, — puis Membrane (lignes 20, 23 et3i).
- Dans les légendes des croquis, pages i3 et 14, c’est l’appellation Membrane vibrante du parleur qui est préférée.
- C’est ainsi que lorsqu’on arrive à la description des appareils saisis, on trouve que l’expression Membrane est appliquée à l’appareil Bréguet. A la page i5, on la trouve trois fois, lignes 7, 18 et 24.
- Pour l’appareil Maiche, on emploie, page 16, ligne 6, la dénomination Diaphragme vertical ou Membrane, puis simplement Membrane aux lignes 17 et 28.
- Membrane vibrante est appliquée page 17, ligne 7, au téléphone Bert et d’Arsonval.
- Planchette ou Membrane en bois, puis simplement Membrane à l’appareil Journaux, page 17, lignes 17 et 19 et page 18, ligne 9.
- Pour l’appareil De Locht-Labye, c’est l’expression mince plaque de liège qui est employée à la différence de tous les autres appareils.
- Le mot Membrane était évidemment impropre pour désigner une plaque librement suspendue, un vrai pendule; à plus forte raison les mots Diaphragme ou tympan delà description originelle d’Edison.
- Les demandeurs Vont senti; et voilà pourquoi dans leur description générale, puis dans l’exposé des dispositions caractéristiques de l’invention d’Edison, ils ont ingénieusement fait figurer le mot plaque aux lieu et place de l’expression diaphragme d’Edison, et même de Membrane qu’ils appliquent à tous les autres appareils.
- Ainsi, pour le téléphone de Baillehache, c’est l’expression Membrane qui réparait à la page 19, ligne 6.
- Ainsi que pour le téléphone d’Argy, page 19, ligne 16, et page 20. lignes 3 et 9.
- Et puis c’est une vraie profusion, une débauche; on ne trouve plus que cela dans le Mémoire :
- A la page 21, Membrane se trouve répété aux lignes 5, 17, 18, 20, 23, 3i.
- A la page 26, on trouve l’expression Membrane aux lignes 20 et 3i ; à la page 27, aux lignes 5, 25, 28.
- Et à la page 28, à la ligne 7.
- Je prie MM. les Experts de vouloir bien m’excuser de cette fastidieuse énumération.
- Cette répétition si fréquente est certes intentionnelle et préméditée. Il m’a paru important de la relever pour « Vèdi-« fication de MM. les Experts. >»
- L’emploi par les demandeurs du mot Plaque exclusive -ment pour le Pantéléphone, montre d’une manière évidente le caractère distinctif de cet appareil, que les auteurs du Dire de la Société des Téléphones ont dû reconnaître.
- Notons immédiatement un autre aveu aussi précieux, venant de pareille source.
- Lorsqu’ils parlent du Microphone Hughes, les représentants de la Société générale des Téléphones s’expriment ainsi, page 32, ligne 7 ;
- « Rappelons que dans le Microphone Hughes, tel qu'il « été conçu primitivement, les vibrations se transmettaicn t « sans diaphragme, et par Pair ambiant... »
- « D'une différence à Vorigine dans la conception et dans « le but des deux appareils, on a voulu déduire une diffé-« rence dans leur nature et dans leur fonctionnement. »
- Ainsi, dans la pensée des demandeurs, l’appareil Hughes primitif différait de l’Edison, parce que les vibrations se transmettaient sans diaphragme et par Pair ambiant.
- Voilà donc enfin que le mot diaphragme est compris par les demandeurs comme par tout le monde, puisque, lorsque le Microphone Hughes est frappé directement par Pair ambiant, il n’y a pas de diaphragme, et alors cet appareil diffère du téléphone Edison.
- Et, dans le Pantéléphone, les choses se passent-elles différemment? La pastille de charbon incrustée dans la plaque
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- de liège reçoit-elle oui ou non l’action directe, et sans intermédiaire d’aucun diaphragme, de Pair ambiant?
- Les demandeurs ont fait un croquis du Pantèlèphone, page 18. Il suffit d’y jeter un coup d’œil pour répondre.
- Les demandeurs devront donc convenir que le Pan téléphone, comme le Hughes primitif, est essentiellement différent dans sa conception du téléphone Edison, ou bien que leur raisonnement relatif au Microphone Hughes est absolument sans valeur.
- Je m’arrête ici sur ce premier point.
- II est évident que le Pantèlèphone n’a pas de Diaphragme ; c’est une plaque libre, un pendule et non une cloison, comme on la trouve dans tous les appareils décrits et figurés au brevet Edison.
- Le circuit fermé, breveté par, Edison, ne se trouve pas dans le Pantèlèphone pendant son fonctionnement !
- ' Les demandeurs sont d’accord avec moi pour dire que cet élément, le circuit fermé, est essentiel à la disposition d’Edison; ils répètent même dans .leur Dire l’une des citations du brevet que j’ai faite à la séance du 19 décembre 1884, et que j’ai appuyée de plusieurs autres citations et interprétations par des spécialistes dont l’autorité ne peut être mise en doute.
- Je passe rapidement en revue ce qui est dit à ce sujet dâns le Dire de la Société des Téléphones.
- Page 8. on lit à la ligne 4 : « La transmission de la pa-« rôle de l’appareil parleur à l’appareil magnétique, qui « constitue l’appareil d’audition, est le résultat des augmen-« tâtions et diminutions de la résistance que rencontre le « courant électrique par suite des vibrations Cffe la mem-« brane; c’est là un second caractère de l’invention d’Edi-« son. »
- « Comme conséquence de cette disposition, le circuit of-« fert au courant est toujours fermé. Edison en montre « l’utilité dans le passage suivant de la description de son « brevet. »
- « Je trouve qu’il n’est pas pratique d’ouvrir et de fermer « la ligne de circuit dans les instruments servant à trans-« mettre la voix humaine. Le circuit de la ligne doit être « toujours fermé, et la transmission produite par une aug-« mentàtion et une diminution de ia tension électrique « résultant de la résistance plus ou moins grande dans la « ligne. » /
- « La continuité du circuit dans lequel est placé le trans-« metteur est donc, au point de vue de la disposition gé-« nérale, un troisième caractère distinctif du système Edison. »
- Ainsi s’expriment les demandeurs. Quelle application font-ils de ces principes aux différents appareils, qui tous indistinctement sont accusés de contrefaçon ?
- Dans le téléphone Bréguet, d’après les demandeurs, on trouve : « 4° tin circuit électrique toujours fermé, » (page 16, ligne 1.
- Dans le téléphone Journaux, ils constatent également, page 18, ligne 6, « qu’il y a naturellement toujours contact « entre ces charbons. »
- Pour le téléphone Maiche, il est dit, page 16, ligne 16, « que, sous l’influence de ta Membrane M, les pressions entre « les charbons CC' sont sans cesse modifiées; de là les va-« riations de résistance que rencontre le courant élec-« trique, lorsqu’il passe dans l’appareil ».
- Poqr le téléphone d’Argy, page 20, ligne 3, on lit : « Par « suite des vibrations de la membrane sous l’influence de « la parole, cette pression de la grenaille contre les char-« bons est sans cesse modifiée. » Et ligne 11 : « Ce télé-« phone reproduit les cinq premiers points caractéristiques « du système Edison. »
- Quant au Pantèlèphone, on ne trouve rien de semblable. Les demandeurs ne précisent rien ; ils se bornent à affirmer
- que « Vappareil téléphonique Locht-Labye reproduit égale-« ment les points caractéristiques du système breveté par « Edison. »
- Lesquels ?
- Soyez assez bons pour les spécifier.
- C’est une constatation de faits qu’il devrait vous être facile de mettre en évidence dans un appareil aussi simple qui n’a que trois pièces : une plaque mobile, un butoir fixe et une pastille de charbon dur incompressible.
- On ne peut trouver de meilleure preuve de l’inanité du procès qui m’est intenté, que cette absence de précision et de preuve, sur le seul point qui en exige.
- Le Pantèlèphone fonctionne-t-il avec un circuit fermé?
- J’ai, dans la séance d’expertise du 19 décembre 1884, donné une démonstration péremptoire, en analysant le fonc. tionnement du téléphone à marteau, employé comme trans-metteur de la parole à distance.
- Le fait même de cette transmission prouve que, lorsqu’on parle devant ce téléphone, il se produit des mouvements réels du levier commutateur en fer doux, malgré l’action contraire exercée d’une manière contraire par l’aimant. — A plus forte raison, ai-je conclu, doit-il y avoir, sous faction de la parole, des mouvements sensibles et réels de la plaqtie légère essentiellement mobile dit pantèlèphone. Et si la plaque se meut, le butoir sur lequel le charbon repose, étant fixé, il y a nécessairement des interruptions du circuit.
- Veut-on savoir quelle est l’intensité de la force qui produit le contact du charbon contre la platine du butoir?
- En appelant P le poids de la plaque de liège, la pression F du charbon contre la platine du butoir sera donnée par la formule
- F = P sin a.
- a est l’angle que fait la plaque légèrement inclinée avec la verticale. Cet angle dans le Pantèlèphone peut varier, suivant le degré de sensibilité, de 1/2 degré jusqu’à 4 degrés.
- Le poids P de la plaque n’étant que de 7 1/2 grammes, la valeur de la pression F varie dans les limites de 6 centigrammes à 5 décigrammes.
- Pour a = i° /= 7,5 X 0,0175 = o gr, 1375
- Pour a — 4° f— 7,5 X 0,0698 = o gr. 5235
- Cette force, de peu d’intensité, est insuffisante pour résister aux chocs des ondes sonores, et le mouvement de la plaque, c’est-à-dire la rupture du contact, doit se produire.
- Dans le téléphone Edison, il y a une vis d’ajustement pour maintenir un contact permanent, c’est-à-dire la fermeture constante du circuit. — Les demandeurs ont bien soin de faire remarquer, page 38, que cette disposition est reproduite dans le téléphone Phelps. On lit (ligne 10) : « te diaphragme -avec lequel le charbon est tenu en contact par une vis d’ajustement. »
- Et l’on vient prétendre que la disposition que j’ai réalisée dans le Pantèlèphone est semblable à celle décrite par Edison !
- Les demandeurs constatent d’ailleurs indirectement eux-mêmes que dans le pantèlèphone les choses se passent comme je l’affirme, et qu’il y a une série d’interruptions du circuit.
- On lit page 27, ligne 24 :
- « On sait que l’appareil de Reiss consiste en une mem-« brane métallique, au-dessus de laquelle est fixée une pointe « de platine, qui constitue avec le disque l’interrupteur du « circuit électrique. Lorsqu’on fait vibrer la membrane en « faisant résonner devant elle un instrument de musique, « ces vibrations donnent lieu à une succession d’interrup-
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- « lions, du cotirant électrique, qui se traduisent à l'appareil | « récepteur par des vibrations sonores^ Ainsi que tous les '« savants le reconnaissent avec nous (!), cet appareil ne peut « en aucune, façon être assimilé au téléphone Edison.
- « En effet, il ne possède pas de régulateur de tension à « charbon, avec pression électrique, et en outre le courant « est sans cesse interrompu à chaque vibration de la mem-« brane, tandis qu’un caractère important du système Edi-« son, et sur lequel Edison insiste tout particulièrement « dans son brevet, est que le circuit électrique doit être « constamment fermé pour la transmission de la parole. »
- La membrane du téléphone Reiss a«tcertes moins de mobilité que la plaque légère et librement suspendue du pantéléphone. La résistance opposée par lamiembrane à sa propre déformation, c’est-à dire à la rupture du contact avec la pointe de platine, est évidemment plus grande que la pression de la plaque de liège du pantèléphone sur son butoir fixe.
- Et dans le téléphone Reiss, les demandeurs le proclament hautement, chaque vibration sonore produit une vibration de la membrane, et une séparation des pièces en contact.
- A moins de se contredire d'une manière formelle, les demandeurs reconnaîtront que le même effet doit se produire dans le fonctionnement du pantéléphone.
- Ainsi Se trouve confirmée une fois de plus, l'indépendance de cet appareil relativement à l’invention d’Edison.
- Quelques mots sur la « pression élastique » donnée par tes
- demandeurs comme l'un des caractères spécifiques de l'invention d'Edison.
- A la séance d’expertise du 9 janvier i885, nous avions entendu les savantes dissertations de M. Berthon, sur Yélec-trode-enclume.
- On peut regretter que cette dénomination originale ait disparu du Dire écrit.
- On s’en consolera peut-être en y voyant apparaître et reparaître à profusion la non moins originale expression de « Pression élastique », dont M. Armengaud a sans doute la paternité.
- ; Qu’est-ce que la Pression élastique ?
- Page 11, ligne 8, où l’expression se trouve pour la première fois :
- « Le corps interposé dans le circuit est solide, semi-« conducteur de l’électricité et soumis à une pression ëlas-« tique déterminée, c'est-à-dire qu'il tend à revenir à la poli sition initiale de repos. »
- Les mots pression élastique se trouvent ensuite dans les deuxième et troisième caractères distinctifs, attribués par les demandeurs à l’invention d’Edison, page 12, lignes 9 et 16.
- La pression élastique existe d’après les demandeurs :
- Dans le téléphone Bréguet (page i5, ligne 22).
- Dans le téléphone Maiche (page 16, ligne 24).
- Dans le téléphone Bert et d’Arsonval (page 17, ligne 8).
- Dans le téléphone Journaux (page 18, ligne 5).
- Dans le téléphone de Locht-Labye (page 18, ligne 23).
- Dans le téléphone d’Argy (page 20, ligne 2).
- En un mot, les demandeurs signalent d’une manière spéciale la pression élastique dans tous les appareils saisis.
- Et après en avoir tant et si souvent parlé, voilà que les demandeurs craignant sans doute de ne pas être compris, jugent utile de donner une définition développée, page 21.
- « Par pression élastique, on entendra comme nous, que « le charbon revient sans cesse à sa condition initiale, au « point de vue de la pression, de l’intimité du contact entre « les surfaces et même de l’étendue de ces surfaces en « contact, et cela aussitôt après l’extinction de chaque « vibration ; en un mot, le charbon reprend sa position « d’équilibre ou de repos.
- « Les choses se passent ainsi dans tous les transmetteurs « que nous venons d’ÉTUDiER ï « Lorsque les charbons reposent ou appuient librement « sur la membrane ou sur des supports solidaires de cette « membrane, il y a pression initiale due à la pesanteur pro-« pre du ou des charbons, sous l’influence de l’ébranlement « vibratoire de la membrane, cette pression varie sans « cesse. Enfin la pression revient à sa valeur initiale, chaque « fois que la membrane reprend sa position normale; la « pression est donc élastique. »
- Dans le téléphone Reiss, les choses se passent-elles différemment >
- Y a-t-il pression initiale du diaphragme contre la pointe de platine ?
- Sans aucun doute.
- La membrane revient-elle à sa position normale après l’extinction de chaque vibration ?
- Evidemment.
- Donc dans le téléphone Reiss, antérieur au téléphone Edison, devront, conclure, s’ils sont logiques, les demandeurs en vertu de leur propre définition, ce qu’ils ont dénommé « pression élastique <> se retrouve parfaitement.
- Mais que deviendrait leur argumentation, si cet élément h’était plus original chez Edison ?
- Ils ne sont pas embarrassés pour si peti.
- Page 28, ligne 5, ils affirment d’une manière catégorique « que l’appareil (Reiss) ne possède pas de régulateur de « tension à charbon, avec pression élastique », et se bornent d’ailleurs comme toujours à affirmer sans rien prouver.
- Je n’insisterai pas davantage sur l’expression singulière pression élastique qu'Edison s'est bien gardé d'employer, voulant sans doüte laisser le mérite et le bénéfice de l’invention de ce nouveau terme scientifique au rédacteur du Dire pour la Société générale des téléphones.
- La pastille de charbon du pantèléphone n'est pas comprise dans les différentes formes données par Edison au régulateur de tension.
- Dans les quelques extraits du brevet d’Edison cités dans le Dire de là Société des Téléphones, relatifs au régulateur de tension électrique, le mot de charbon n’est pas prononcé une seule fois.
- C’est pourquoi sans doute, dans leur interprétation (suivant ici le même procédé, que j’ai mis en lumière à propos du diaphragme ou tympan d'Edison, devenu sous la plume de ses interprétatcurs, membrane et puis plaqué), ils s’empressent de dire page 10, ligne 20, que « comme cela reste sort des extraits qui précèdent, le régulateur de tension « électrique est donc formé par une matière semi-conduc-« trice de l’électricité, et spécialement du charbon. »
- Et à partir de là, c’est le mot charbon, qui revient constamment à l’exclusion de tout autre. Nous le trouvons : Page 10, ligne 24*
- Page n, ligne 5.
- Page 12, lignes ic, 17 et 23.
- Page i3, ligne 1, puis dans la Légende, ligne 21.
- Page 14, lignes 1, 8, 10, 11 et 20.
- Et tout cela pour faire supposer qu’Edison a entendu breveter du charbon sous la forme solide qu’il présente notamment dans le pantéléphone.
- Or la pastille de charbon comprimé, telle que je l’emploie n’est pas décrite par Edison dans son brevet du 19 décembre 1877, nl dans Ie certificat d’addition du i5 janvier 1878.
- C'est la pensée de l'inventeur qui fait autorité, et non celle de ses interprêtateurs, propriétaires de ses brevets.
- Dans la séance du 9 janvier dernier, j’ai remis à Messieurs les experts le texte et la traduction du brevet pris en Angleterre par Edison le i3 juin 1878, et signé le 27 novem-
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- bre 1878, dans lequel les deux premières revendications sont ainsi conçues :
- « Premièrement. — Un régulateur de tension électrique « formé de charbon ou d’autre matière conductrice fine-« ment divisée, consolidée par pression, substantiellement « comme dit ci-dessus.
- « Deuxièmement. — Le bouton de charbon h entre les dis-« ques de platines 1 et 2 en combinaison avec la vis de ré-« glagef, le diaphragme c et Pembouchure substantielle-« ment comme dit ci-dessus. »
- (Voilà seulement l'appareil tel que l'ont dessiné les demandeurs; il est complètement différent de ceux qui sont décrits aux brevets d’invention de décembre 1877 et certificat d'addition de janvier 1878).
- Le mot de charbon n’avait pas été prononcé par Edison dans son premier brevet; il l'est 44fois dans la description du second brevet de 1878.
- Si Edison a cru devoir breveter le bouton de charbon comprimé en 1878, c'est que certainement dans sa pensée, il n’était pas compris dans le brevet antérieur, le seul qui soit en cause au procès.
- Ceci est clair et sans réplique !
- M. Armengaud, dans la séance de l’expertise où j'ai produit le brevet de 1878 d'Edison, a prétendu connaître cette pièce.
- S'il en est ainsi, comment a-t-on eu l’audace de m'intenter’ le procès ?
- Comment actuellement, n'est-il pas question de ce document dans le Dire écrit de la Société générale des Téléphones }
- M. Armengaud a d'ailleurs, dans la séance d'expertise. Messieurs les experts s'en souviendront, voulu-expliquer cette prise de brevet, — en disant « que les propriétaires « du premier brevet Edison en Angleterre avaient cru de-« voir prendre ce nouveau breveta la suite des Disclaimers, « par lesquels le premier brevet avait été gravement al-« téré. » — Or, comme je l'ai répliqué sur-le-champ, les disclaimers n'ont été déposés que postérieurement à la prise du second brevet, qui date de juin 1878, les disclaimers portant les dates de 1880 et 1881.
- Ils n'ont donc pu être la cause déterminante d'un acte posé bien antérieurement.
- Il eût mieux valu avouer de bonne foi son erreur, que de prétendre avoir une connaissance universelle de tous les documents, bien plus, une divination de la pensée, des mobiles, des inspirations d'Edison et de ses représentants dans le Royaume-Uni.
- À ce compte-là, on devient Inventeur soi-même !
- La bobine d'induction à hélices superposées, telle qu’elle est employée en combinaison avec le pantélêphone, n’est pas comprise dans le brevet d'Edison du 19 décembre 187'? ni dans le certificat d'addition du i5 janvier 1878.
- Dans le brevet de décembre, il n'est absolument pas parlé de l'emploi d’une bobine d’induction quelconque.
- Dans le certificat d'addition. Edison décrit, en figure 24, un^ bobine d’induction de forme spèciale, dans laquelle les hélices primaire et secondaire sont disposées l'une à la suite de l'autre sur le même noyau d'acier aimanté.
- Le même texte et les mêmeB figures se trouvent dans le brevet anglais du i3 juillet 1877. Cette partie du brevet a été entièrement supprimée, ainsi que la revendication qui s'y rapportait par le Disclaimer du 10 février 1880.
- Ce n’est que le i3 juin 1878 que M. Edison prend un brevet dont la description est signée par lui le 27 novembre 1878, dans lequel il est question d'une bobine d’induction à hélices superposées ; c’est le même brevet qui parle du bouton de charbon.
- Voici les revendications spéciales relatives à la bobine d’induction :
- « Quatrièmement. — En combinaison avec un téléphone, « et le circuit primaire d’une bobine d’induction, le bouton « de charbon de noir de fumée, prép'aré comme dit plus haut,
- « et disposé dans le circuit primaire, substantiellement « comme dit et pour le3 objets dits plus haut et comme « montré en figure 3,. »
- « Septièmement. — En combinaison avec le circuit princi-« pal de la ligne èt le circuit local et l'appareil téléphonique, « la bobine d’induction composée de deux fils, le plus gros « desquels est enveloppé par un fil isolé plus fin enroulé en « hélice, les deux étant donc enroulés en une hélice, de « manière à former la bobine d’induction, substantielle-« ment comme montré et décrit en connexion avec la fi* « gure 5. »
- Et la figure 5 représente en effet une bobine d’induction à hélices superposées et non plus la bobine d’induction à hélices juxtaposées. figurée au premier brevet anglais, ainsi qu'au certificat d’addition pris en France, le i5 janvier 1878.
- Je ne puis donc que répéter, à propos de la bobine d’induction, ce que je disais à la page précédente relativement au bouton de charbon :
- Si Edison a cru devoir breveter en juin-novembre 1878 la bobine d’induction à hélices superposées, c'est que bien certainement , dans la pensée de l'inventeur, elle n’était pas comprise dans le brevet antérieur, le seul qui soit en cause au procès.
- Ainsi, quand bien même les antériorités que j'ai citées pour l'emploi de la bobine d’induction, notamment dans le brevet de Bell, ne seraient pas admises, — et qu'Edison serait reconnu en droit de revendiquer en France la disposition relative à l’emploi de la bobine d’induction décrite au certificat .d'addition du i5 janvier 1878, bien que ses fondés de pouvoirs y aient renoncé en Angleterre, — il résulte à l'évidence que la bobine d’induction à hélices superposées n’a été décrite dans une combinaison et revendiquée par lui qu'en juin-novembre 1878, et qu'elle n’est en aucune manièrecomprise dans la description du certificat d’addition de janvier 1878.
- En employant la bobine d’induction à hélices superposées dans le pantélêphone. je ne contrefais donc en aucune manière le brevet d'Edison du 19 décembre 1877 ni le certificat d’addition du i5 janvier 1878.
- Je me réfère, pour le surplus, aux développements que j'ai donnés dans les différentes séances d'expertises, développements dont MM. les Experts ont le résumé entre les main».
- CONCLUSIONS
- Le travail d’analyse auquel je viens de me livrer prouve que même, s’il était possible d’admettre que le brevet d’Edison de 1877-1878 fût valide dans son intégrité, et qu’aucune des dispositions y décrites ne fût caduque, par manque D’originalité ou de nouveauté, ou pour tout atttre motif, encore il faudrait conclure à /'indépendance absolue du pan-téléphone RELATIVEMENT AU TÉLÉPHONE EDISON DÉCRIT DANS CE BREVET.
- Loin de réaliser la combinaison, seule brevetable au profit d'edison de plusieurs éléments, à savoir :
- a) Un diaphragme ou tympan.
- b) Un circuit constamment fermé.
- c) Un régulateur de tension électrique comme décrit dans ce brevet.
- d) Une bobine d'induction comme décrite en figuré dans ce brevet; le pantélêphone ne contient même AUCUN des éléments de cette combinaison.
- Il est formé :
- a) « D’une mince plaque de liège » librement suspendue et recevant l’action directe sur toute sa surface, y compris la pastille de charbon incrustée, des ondes sonores de l'air.
- b) Pendant le fonctionnement, le circuit électrique subit
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- une série d’interruptions par le mouvement de la plaque mo* bile qui se sépare du butoir fixe.
- c) Il comprend un bouton ou une pastille de charbon dur, incompressible, essentiellement diffèrent des diverses formes de régulateurs de tension électrique décrits au brevet de 1877-1878. — Cette pastille n’a été décrite par Edison que postérieurement dans un brevet pris en Angleterre en juin-novembre 1878.
- d) La bobine d’induction est à hélices superposées, comme dans le susdit brevet d’Edison de juin-novembre 1878, et non
- à HÉLICES JUXTAPOSÉES, LA SEULE FORME PRÉCISE indiquée et
- revendiquée au brevet frauçais de 1877-1878.
- Il suffirait qu’un seul des éléments essentiels de la combinaison brevetée au profit d’Edison ne se retrouvât point dans le pantéléphone pour que cette combinaison n’y existât point!
- A PLUS FORTE RAISON, LORSQUE TOUS LES ÉLÉMENTS SONT DIFFÉRENTS, NE PEUT-ON CONCLURE A UNE CONTREFAÇON!
- Léon de Lociit-Labye,
- Ingénieur honoraire des mines.
- Liège, le 12 mars 1885.
- FAITS DIVERS
- L’Exposition d’Electricité de l’Observatoire vient de finir. L’éclairage électrique en était très réussi, mais en somme elle présentait reu de nouxeautés. Nous y avons cependant rencontré quelques appareils qui méritent d’être signalés. Nous en donnerons la description dans nos prochains numéros.
- Le professeur S.-P. Thompson qui, jusqu’ici, a été professeur à Bristol, vient d’être nommé directeur du Collège technique de Finsbury.
- Jeudi, le 12 mars, le maire de Blackpool, en Angleterre, a placé le premier rail d’un tramway électrique qui doit parcourir toute la promenade de cette ville d’eau. On espère que la ligne pourra fonctionner vers la Pentecôte.
- Il a été question un moment de cesser le trafic sur le chemin de fer électrique de Lichterfelde, mais les propriétaires se sont maintenant décidés à le continuer pendant trois années encore.
- \JElektrotechnischer Anzeiger, de Berlin, décrit l’installation d’un nouveau café de cette ville où tout est fait à rélectiicltê ; non seulement l’éclairage, mais la ventilation et même la préparation du café se font au moyen de l’électricité. Au milieu de l’établissement se trouve un buffet formé de 4 tables sur l’une desquelles est installée une petite machine dynamo qui fait marcher un moulin à café. L’eau est chauffée dans de grandes bouteilles en verre contenant plusieurs litres dans lesquelles plonge un spirale en fil de platine traversé par un courant. Au bout d’un quart d’heure, la chaleur dégagée par le passage du courant suffit pour mettre l’eau en ébullition. Il n’y a pas de garçons pour servir les clients, mais chaque table est en communication avec le buffet, au moyen d’un petit chemin de fer électrique qui transporte la tasse de café commandée, au client, sur une petite voiture qui retourne au buffet. Les
- trois horloges de l’établissement marchent à l’électricité, et les consommations ont des noms électriques comme, accumulateurs. électrophones, etc.
- Au 3i décembre dernier, il y avait à Philadelphie 4631 poteaux, avec 4 490 milles de fils télégraphiques et téléphoniques, ii5 milles de conducteurs pour la lumière électrique, et 341 milles de fils souterrains. La ville elle-même possédait 3449 poteaux, avec 411 milles de fils, ce qui donnait un total de 5 025 milles de fils aériens sur 8 Q8o poteaux. Il y avait à la même date 292 boîtes de signaux, et 38 appareils divers pour le service de la police. Les dépêches transmises par les fils de la ville, pendant l’année 1884 étaient au nombre de 23o 379.
- Des expériences intéressantes ont été faites à Philadelphie, au commencement du mois de mars avec le chemin de fer électrique du système Bidwell sur un parcours de 25o pieds, avec de nombreuses courbes. La voiture était éclairée et chauffée par le courant qui servait à la traction
- Nous avons annoncé, il y a un an environ, la création à New-York d’une Bourse spéciale pour les valeurs d’électricité, sous le nom d’Electric Manufacturing and Miscella-neous Exchange.
- L’avenir de l’entreprise semblait à ce moment assez brillant, New-York ayant toujours été le principal marché pour les valeurs télégraphiques et de lumière électrique et on espérait aussi déplacer le marché des valeurs téléphoniques qui jusqu’ici avait été à Boston. La panique de l’année dernière créait des difficultés à la nouvelle entreprise qui vient maintenant de fermer ses portes.
- Éclairage électrique
- L’Université de Paris vient de se décider à introduire l’éclairage électrique dans ses établissements et à cet effet, la Société Edison a été chargée d’installer 55o lampes dans le lycée Louis-ie-Grand : la force motrice sera fournie par des moteurs à gaz.
- Comme nous l’avons annoncé il y a quelque temps, la lumière électrique à incandescence fonctionne (maintenant à l’Hippodrome. En outre des régulateurs Serrin et des bougies Jablochkoff qui y existent depuis plusieurs années, cette immense salle renferme aujourd’hui 800 lampes Swan, alimentées par deux machines Edison de 3oo ampères et de 65 volts. Ces lampes ont remplacé les becs de gaz placés au-desous des spectateurs; l’effet produit est des plus satisfaisants.
- On nous écrit que les principaux industriels et commerçants de la ville de Limoges ont nommé une commission chargée d’étudier les voies et moyens de traiter avec une entreprise d’éclairage électrique qui pourrait fournir la lumière électrique aux particuliers. II serait facile de trouver le placement de plusieurs milliers de lampes au centre de la ville, dans un petit rayon, en prenant la force motrice de la Vienne qui traverse la ville à quelques centaines de nôtres du centre. Les points principaux que la commission est chargée d’établir sont : le prix d'une lampe de 10 bougies par heure, en supposant un total de 1000, 2000 ou 3 000 lampes souscrites et la garantie de régularité et de fixité de la lumière.
- Nous lisons dans le Petit Marseillais à la date du 19 mars :
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La lumière électrique a vécu. Nous apprenons, en effet, que l’administration municipale vient de dénoncer le traité passé par la précédente municipalité avec la Compagnie du gaz pour l’éclairage électrique des rues de Noailles, Canne-bière et Beauvau et place du Grand-Théâtre. La lumière électrique cessera donc de nous éclairer à partir du i3 juillet prochain. Elle aura vécu trois ans.
- MM. Crompton et C° ont été chargés d’installer la lumière électrique dans l’hôtel de M. Fôwler, à Bremore. L’installation comprendra 3oo lampes à incandescence et la dynamo sera actionnée par une force hydraulique avec 2 grandes turbines.
- La nouvelle gare de Victoria Station, à Manchester, va être éclairée à l’électricité, dès que les travaux de construction seront terminés.
- La lumière électrique va jouer un rôle des plus importants à l’Exposition prochaine des inventeurs à Londres. Il n’y aura pas moins de 464 foyers à arc, dont les plus puissants seront 4 foyers Siemens, de 5 5co bougies chaque; les lampes Varley, au nombre de 70, n’auront que 200 bougies chacune et seront les plus faibles des foyers à arc. MM. Thompson Houston installeront 45 foyers de mille boügies, et 18 de 600 bougies, la Compagnie Jablochkoff aura 60 foyers de 400 bougies, le système Gülcher sera représenté par 5o lampes de 1 000 bougies, celui de Brush par 24 de 3 000 bougies, et la lampe-soleil par 24 à 3 000 bougies, tandis qu'il y aura 42 lampes Pilsen de 750 bougies. L’intensité lumineuse totale produite par., ces différents systèmes, s’élèvera à 424 i5o bougies. Les lampes à incandescence varieront depuis 5o bougies, mais la plupart seront de 16 à 20, le total étant estimé à 108800 bougies. Parmi les moteurs pour actionner les dynamos, il y en aura trois de MM. Goodfellow et Matthews de 1000 chevaux, la Compagnie Gülcher se servira d’une machine fabriquée par la Ce Coalbrookdale, de 120 chevaux, et la Compagnie Edison d’un des moteurs de Mather et Platt, de 190 chevaux.
- On annonce que le gouvernement anglais a commandé plusieurs installations complètes pour la lumière électrique à arc chez MM. Siemens, Brush, etc. Ces appareils seront utilisés à Souakim, avec des moteurs Brotherhood pour actionner les dynamos.
- L’usine de la Consolidated Téléphoné Maintenance and Construction C° à Londres est éclairée depuis quelque temps par six foyers à arc Thornton. Le courant est fourni par une dynamo Edison, et l’installation a donné de si bons résultats que la Compagnie a décidé d’augmenter le nombre des lampes.
- Le ministre des travaux publics en Belgique a décidé de faire installer la lumière électrique dans toutes les gares des chemins de fer de l’Etat, l’éclairage électrique de la gare du Luxembourg à Bruxelles ayant démontré que la nouvelle lumière réduit dans une proportion importante le nombre des accidents le soir.
- MM. Siemens et Halske de Berlin ont offert d’installer la lumière électrique à titre gratuit dans la section allemande de l’Exposition internationale d’Anvers.
- La Compagnie allemande Edison a proposé d’éclairer la
- ville de Munich à l’électricité. Il est probable que la forcé
- motrice sera prise du fleuve Isar.
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- Beaucoup de vitrines et de magasins à Berlin sont maintenant éclairés avec des foyers à arc de 3oo bougies seulement, qui donnent une lumière parfaitement suffisante, sans cependant fatiguer l’œil par un éclat trop intense.
- L’allée Lichtenthaler, à Baden-Baden, va être éclairée à la lumière électrique.
- La Société Die Stædlischen Elektricüætswerke, de Berlin, a demandé au Conseil municipal de cette ville de pouvoir introduire à titre d’expérience le nouveau compteur de M. Aron, en remplacement de celui de Siemens. Le Conseil a décidé de faire examiner le nouvel appareil par les experts MM. les Drs Frœlich et Hagen.
- Par suite d’un différend entre la ville de Krakau et la Compagnie du gaz, les rues de cette ville ne sont plus éclairées au gaz, mais au pétrole ; et l’on pense sérieusement à imiter l’exemple de Temesvar, en adoptant la lumière électrique.
- A l’occasion d’un concert à Leipzig, le local avait été pourvu d’une installation de lumière électrique, mais la couverture de plomb du eâble ayant été mise en court circuit, la lumière n’a pu fonctionner et on a dû se servir du gaz.
- L’éclairage électrique du théâtre royal de Stuttgard qu fonctionne depuis l’automne de i883 a été interrompu la semaine dernière pour la première fois, par suite d’un défaut dansjla grande dynamo qui, cependant, a été réparée au bout d’une heure, de sorte que la représentation a pu avoir lieu quand même.
- Depuis quelque temps déjà, le directeur de l’usine à gaz municipale de Dresde fait des expériences d’éclairage électrique dans une partie de l’usine. Le courant est fourni par une dynamo à courants alternatifs de MM. Siemens et Ilalske, de Berlin, actionnée par une machiné à gaz de la fabrique Deutz. L’installation comprend 4 foyers à arc et 56 lampes à incandescence, mais il a cependant bientôt fallu renoncer aux premiers, qui dérangeaient trop l’installation téléphonique de l’établissement. Les lampes à incandescence sont des systèmes Swan, Siemens et Edison et donnent une intensité lumineuse moyenne de 15,02 bougies. D’après le rapport du directeur de l’usine, cet éclairage revient à environ 3 fois le prix du gaz, ou presque 7,9 centimes par heure et par lampe contre 2,9 centimes pour le gaz. Sur la proposition du directeur, le conseil municipal a décidé de continuer les expériences avec une dynamo à courant continu au lieu des courants-alternatifs.
- Les ingénieurs en charge de la [construction du port de Gandak, sur le fleuve le Gange, ont adopté la lumière électrique, afin de ne pas être forcés d’interrompre les travaux pendant la nuit.
- La lumière électrique, système Gülcher, a été installée dans l’usine de l’United Gold Mining C°, dans la Nouvelle-Zélande. L’installation comprend quelques foyers à arc et une vingtaine de lampes à incandescence, alimentés par une
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÈLECTRICITL
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- dynamo qui marche à 73o tours par minute au moyen d’une turbine de 7 chevaux.
- La Fuller Electric Light O a été chargée de fournir l’éclairage à l’électricité de la ville de Dayton, en Ohio, pendant une année.
- Le salon de coiffure dans l’hôtel Palmer House, à Chicago, es^ maintenant éclairé par l’United States Electric Light C°, avec 220 lampes à incandescence.
- La Compagnie Thomson-Houston de Chicago va installer 5o foyers électriques dans les rues de la ville de Terre-Haute, en Indiana, et le même nombre à Oshkosh, eh Wisconsin.
- Le Conseil municipal de New-York a demandé à la Commission du gaz de fournir un rapport détaillé au sujet du nombre et du prix des foyers électriques employés dans les rues, ainsi qu’un état des avantages et des désavantages de la lumière électrique comparée au gaz.
- Tous les steamers employés par la Commission du gouvernement américain sur le Mississipi vont être munis de la lumière électrique des systèmes Edison et Thomson-Houston. Les machines seront du type Armington et Sims.
- L’American Electric and Illuminating Cu dans la Nouvelle-Angleterre vient de se mettre d’accord avec la Compagnie Edison pour l’emploi du système à incandescence de cette dernière dans des installations isolées mixtes de foyers à arc et à incandescence.
- Depuis le commencement de l’année, le gouvernement de Guatemala fait installer la lumière électrique dans la ville de Guatemala, sous la direction d’un ingénieur polonais, naturalisé français. Deux turbines de 100 chevaux chacune ont été établies près d’un barrage, à une distance de 4 Soo mètres du centre de la ville. ,
- La salle des séances et les couloirs du Sénat à Washington, ont été éclairés à titre d’expériences par des lampes à incandescence Edison, avec des résultats assez favorables pour faire adopter le nouvel éclairage dans toute cette partie du Capitol.
- Le Congrès des représentants des différentes entreprises d’éclairage électrique aux Etats-Unis qui s’est réuni à Chicago le 25 février dernier, a suivi le programme que nous avons publié dans notre dernier numéro et s’est ensuite organisé d’une façon permanente, sous le nom de National Electric Light Association. La nouvelle association sera administrée par un comité exécutif, composé d’un président, de 3 vice-présidents et d’un secrétaire-trésorier.
- La cotisation des membres a été fixée a 5o francs.
- Les tribunaux de Philadelphie ont dernièrement rendu une décision favorable aux fils aériens pour la lumière électrique.
- La Chambre de commerce avait intenté un procès à la Ce Brush, afin de la forcer à mettre ses fils sous terre. Le jugement est motivé par le fait que dans l’opinion du tri-
- bunal, les fils ne présentent aucun danger, et qu’aucun système souterrain n’a.jusqu’ici pu remplacer avantageusement les fils aériens.
- Télégraphie
- La Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée vient, par une récente circulaire, d’inviter son personnel des gares ouvertes à la télégraphie privée, à donner aux voyageurs toutes les facilités pour recevoir ou expédier des dépêches en cours de route, aux conditions suivantes :
- Lorsqu’une personne demandera le passage d’une dépêche devant rattraper le voyageur en route, elle devra examiner avec l’employé de la gare le moyen le plus sûr d’atteindre ce but, et s’il s’agit de faire rebrousser chemin au voyageur, la dépêche sera lancée assez loin pour qu’elle parvienne avant le départ du train.
- Les expéditeurs devront ainsi libeller leurs adresses M..., à..., dans le train n°...; afin de faciliter les recherches, ils auront aussi le soin d’indiquer, autant que faire se pourra, la classe occupée par le voyageur. Toutefois il n’est pris aucun engagement au sujet de l’heure à laquelle arrivera la dépêche.
- Toutes les gares ouvertes à la télégraphie privée accepteront aussi les dépêches que désirent expédier les voyageurs, en percevant les taxes en vigueur dans les bureaux télégraphiques de l’Etat.
- Les recettes du département des télégraphes en Angleterre depuis le i0r avril 1884 jusqu’au 7 mars dernier ont été de 41 250000 francs contre 41 125 000 francs pour la môme période de l’année précédente.
- Le 22 mars dernier, une violente tempête de neige a causé beaucoup de dégâts aux fils télégraphiques dans le voisinage de Portsmouth, en Angleterre. Toute communication télégraphique avec l’ouest fut interrompue pendant quelque temps. Presque tous les fils sortant de la ville étaient cassés, et à plusieurs endroits les potèaux en fer avaient été renversés.
- On annonce de Rome que le gouvernement italien a traité avec l’Eastern Telegraph O pour la pose d’un câble entre Massowah et Périm, via Assab.
- Par application de l’article 8 de la convention télégraphique internationale, le gouvernement égyptien a suspendu momentanément l’expédition à Souakim et l’acceptation par le bureau télégraphique de cette ville de tous les télégrammes autres que ceux qui ont un caractère purement privé ou commercial. Ces derniers doivent être rédigés en langage clair, à l’exclusion de l’emploi des chiffres et des termes conventionnels, et les seules langues admises pour leur rédaction sont l’anglais, le français et l’italien.
- Ces restrictions ne s’appliquent pas aux télégrammes d’Etat, provenant ou à l’adresse des représentants des puissances.
- Le Sénégal étant aujourd’hui relié par un câble sous-ma-rin au réseau général, le gouvernement de cette colonie a pensé que le moment était venu pour elle d’entrer dans l’Union télégraphique et, en conséquence, les démarches diplomatiques nécessaires ont été entamées, à cet effet, par le gouvernement français auprès du cabinet de Londres.
- Pour sa participation aux dépenses communes du bureau international, le Sénégal prendra rang dans la 5° classe.
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- L'administration chinoise a élevé à 2 fr. 25 par mot la taxe pour Taku à partir de Shanghaï.
- Depuis le 12 mars, des communications télégraphiques sont ouvertes avec l'Assomption, Paraguay. La taxe, par voie de Lisbonne ou de Galveston, est la même que pour la République argentine.
- Par suite des troubles politiques qui ont éclaté dans les Etats de l'Amérique centrale, les télégrammes à destination de Guatemala, de Honduras et de Salvador ne peuvent être expédiés qu'aux risques de l'expéditenr. Il en a été momentanément de même à deux reprises différentes pour les télégrammes à destination de Colon et de Panama, mais cette restriction a été promptement abrogée.
- Téléphonie
- Le nombre des cabines publiques actuellement ouvertes au public, à Paris, est de 56. Pendant la semaine du 11 au 18 courant, elles ont donné i,55o communications, soit environ 200 par jour.
- L'Etat poursuit ses installations de réseaux téléphoniques dans le Nord.
- , On sait qu'il a racheté le réseau de la Société générale des Téléphones à Lille. Les journaux de la région nous apprennent qu'il y a maintenant :
- A Lille i3i abonnés.
- A Dunkerque 70 —
- A Armentières 23 —
- A Amiens 40 — ^
- Le réseau téléphonique de Bristol compte maintenant plus de 3oo abonnés. Bien qu'un certain nombre de fils suivent la même direction sur une distance de deux ou trois milles, les effets d'induction qui en résultent sont de peu d'importance et ne donnent lieu à aucune plainte de la pari des abonnés.
- La Société des Téléphones à Birmingham a remplacé une grande partie de son réseau aérien par des câbles souterrains. Le changeaient a surtout été fait dans le quartier le plus peuplé de la ville, où se trouve le bureau central
- La National Téléphoné C° va prochainement installer un réseau téléphonique à Helensburg, où elle a déjà réuni un nombre suffisant d'abonnés.
- Le comité de l'Exposition des beaux-arts à Bath a été autorisé^ par le directeur du théâtre de la ville, à relier la scène avec l'Exposition au moyen d'appareils téléphoniques.
- On annonce que le réseau téléphonique de Buda-Pesth a été acheté par le ministre des communications pour le compte de l’Etat. L'ancien propriétaire restera à la tête de l'exploitation comme fermier de l'eDtreprise.
- Une communication téléphonique va prochainement être établie entre les villes de Mayence-Cassel et Mayence-Kos-theïra. Plusieurs maisons de commerce de Mayence ont demandé à être reliées par téléphone avec la petite ville de Biberich, sur la rive droite du Rhin.
- Le ministre de la guerre en Italie a fait envoyer sept appareils téléphoniques complets à Massowah, pour l'établissement de communications téléphoniques entre le quartier général de l’expédition et les forts avancés.
- Un réseau ^téléphonique va être établi prochainement à Puerto-Plata, à San-Domingo. On ne se servira que de fil en cuivre, le climat ne permettant pas d'employer du fil en fer ou en acier.
- Le nombre des abonnés de la New England Téléphoné C° s'élevait au Ier février dernier à 15549. Les appareils employés à la même date de l’année précédente étaient au nom-bré de 17 459.
- Le nombre des abonnés au réseau téléphonique de Kansas City a augmenté du i5 février i883 à la même date de i885 de 5g3 membres et s'élève aujourd'hui à 912.
- La Compagnie Bell, de Philadelphie, a distribué aux actionnaires 41 pour cent de dividende pendant l'année 1884. La Société possède 2 187 abonnés à raison de 600 francs par an, dans un rayon d'un mille du bureau central. Le prix de l'abonnement mensuel est de 5o francs pour les maisons de commerce et 41 fr. 65 pour les particuliers. La Compagnie a 521 milles de fils sur des poteaux qui, en grande partie, appartiennent à la ville, et 1 104 milles de fils passant sur les toitures des maisons.
- Il est à remarquer que dans les grandes villes de l'Amérique, l'établissement des réseaux téléphoniques n'a en aucune façon diminué le trafic télégraphique local, qui, au contraire, tend à se développer de jour en jour, et au fur et à mesure que les Compagnies téléphoniques poussent leurs lignes plus loin, les entreprises télégraphiques s’efforcent à concentrer leurs affaires dans les villes. Il y a aujourd'hui 25o bureaux télégraphiques à New-York, et la plus grande partie des dépêches transmises sont d'un caractère purement local.
- La crise commercialè qui règne en ce moment aux Etats-Unis a fait beaucoup de tort aux entreprises téléphoniques, et la Wisconsin Téléphoné C° a par exemple perdu tous ses abonnés à Omro. Pas un seul n'a conservé son téléphone.
- Les affaires commencent cependant à reprendre, et plusieurs commerçants demandent le rétablissement de la communication avec le bureau central, mais avec une réduction du prix de l’abonnement.
- La Rocky Mountain Bell Telephoue C°, qui exploite le pays des Mormons, avait, à la date du icr janvier dernier, 22 différents réseaux avec uu total de t 460 abonnés, ce qui constitue une augmentation de 7 réseaux et 452 abonnés pendant l'année 1884. La lumière électrique a également fait des progrès importants et il y a aujourd’hui 60 foyers à arc à Ogden et 120 à Sait Lake City, la capitale des Mormons.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 53874
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 3-i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7•ANNÉE (TOME XVI) SAMEDI 1 1 AVRIL 1885 N® 15
- SOMMAIRE. — Application de l’électricité à l’étude des formes vibratoires des corps solides et des liquides; C.Decbarme. — Exposition d’électricité de Philadelphie : Télégraphie; B. Abdank-Abakanowicz. — Détails de construction des machines dynamos (deuxième article); G. Richard. — Origine de l’électricité de l’air, des nuages orageux et des éruptions volcaniques ; Jean Luvini. — L’installation, de lampes Edison à la Banque de France ; P. Cleméncéau. — Chronique de l’étranger : Allemagne; H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch et M. Krouchkoll. — Quelques relations entre la chaleur et les actions voltaïques et thermoélectriques entre les métaux et les électrolytes, par G. Gore. — Sur les effets calorifiques des courants électriques, parjW. H. Preece. — Expérience d’hydrodynamique, par M. M.-P. Parize. — Le système téléphonique Naglo frères à Berlin. — Une nouvelle forme d’électrophore, par le Dr Bloch. — Faits divers.
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ A l’étude des formes vibratoires des
- CORPS SOLIDES ET DES LIQUIDES
- Deuxième article ('}
- Dans un précédent article, il a été question des formes vibratoires des plaques circulaires. Le sujet qui se rapproche le plus de celui-ci a trait aux formes vibratoires des vases cylindriques, que l’on peut regarder comme des plaques recourbées. Nous allons y retrouver en effet, les principales formes qui ont déjà été signalées avec les plateaux circulaires. Les lois qui régissent le phénomène sont d’ailleurs les mêmes dans les deux cas.
- (') Voir La Lumière Electrique, t. XV,tp. 433 (7 mars i885).
- ERRATA RELATIFS A CE T ARTICLE
- Page 435 ; Sans rien changer aux numéros des figures, ni aux légendes, il faut, pour l’intelligence du texte, mettre :
- La figure 6 à la place de la figure 4
- — .4 — - 7
- Page 407 : La figure ayant été mise à l’envers, il faut lire es numéros i3, 14, i5 de la légende en remontant.
- II. — VASES CYLINDRIQUES, OU DE RÉVOLUTION.
- Lorsqu’on attaque, avec un archet, le bord d’un vase cylindrique (en métal ou en verre), d’une cloche ou d’un timbre contenant de l’eau, on sait qu’il se forme, à la surface du liquide, des rides qui se rassemblent ordinairement en quatrè groupes symétriques, correspondant aux quatre secteurs vibrants selon lesquels le vase se partage spontanément, quand il rend le son fondamental.
- On a remarqué que ces rides sont de plus en plus petites à mesure que le vase rend un son plus élevé. Mais on n’a pas examiné ces ondes avec toute l’attention nécessaire, car leurs formes plis-sées, cannelées décèlent, comme nous le verrons plus loin, les subdivisions des parois mêmes du vase, dans leur état vibratoire élémentaire. On n’a pas établi de relation entre leur largeur commune et les nombres de vibrations correspondants ; on n’a pas décrit les mouvements de ces rides, leurs transformations successives, leurs évolutions.
- Par suite, on ne leur a pas assigné leur véritable cause.
- J)ai voulu, pour combler cette lacune, étudier attentivement ces ondes élémentaires, afin d’en trouver une explication plausible.
- La description de l’expérience suivante donnera une première idée du phénomène à étudier.
- Prenons un vase cylindrique en verre (vase à précipité), de om2i de hauteur sur omn de diamètre, et oraoo2 à o“oo25 d’épaisseur rempli d'eau
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- jusqu’à ômo"3 du bord et posé sur trois morceaux de liège taillés en pointe. En attaquant le vase doucement sur le bord, à l’aide d’un archet, nous entendrons ordinairement plusieurs sons. Avec un peu d’habitude, on finit par éliminer à peu près les harmoniques, pour faire dominer de beaucoup<et conserver le son fondamental, c’est-à-dire le son le plus grave que puisse rendre le vase dans ces conditions.
- Lorsqu’on l’a obtenu, on appuie un peu plus sur l’archet et l’on aperçoit, sur le pourtour du vase une sorte de collerette d’ondes juxtaposées, d’égale largeur et presque d’égale longueur, qui ne durent pas une demi-seconde après qu’on a cessé de faire mouvoir l’archet ; on compte, assez difficilement, environ cinq de ces cannelures dans un centimètre. Un coup d’archet plus fort déte.r-
- FIG, I
- mine la fondation ^simultanée, de deux.tangs de dentelures placéès bout à bout, mais s’allongeant les unes et les autres sensiblement vers les.nœuds. Si l’on appuie davantage sur l’archet, il se'produit Un troisième rang de cannelures, puis un quatrième et même un cinquième. Dans ce cas, les trois rangs supérieurs tendent à se séparer du premier et forment finalement des espèces de feuilles estompées terminées en pointes, dont les bases de chaque groupe sont à l’un des ventres de vibration, et dont les extrémités divergent plus ou moins, les cannelures correspondantes, se trouvent sensiblement sur un même arc de cercle ayant son centre au ventre correspondant (fig. 12),
- En continuant à accroître la force du coup d’ar* chet, on voit les cannelures situées près du point d’attaque (ainsi que celles qui sont aux trois autres points symétriques) se refouler mutuellement, par suite des mouvements plus prononcés de la paroi et former des réseaux symétriques. Enfin, on sait que le liquide peut être lancé en sphérules partant
- des ventrès ? dé vibration’ et se dirigeant -vers [le centre et même hors du vase. *
- Tel est, en résumé, un premier aperçu du phénomène, nous reviendrons plus loin sur les détails qu’il a fallu nécessairement omettre ici.
- Comme nous l’hvons dit, au sujet des formes vibratoires des plateaux circulaires, le phénomène de la manifestation des ondes et des réseaux est si fugitif qu’il serait extrêmement difficile de l’étudier dans ses détails, si l’on ne trouvait un moyen de le rendre plus durable, ou mieux, continu. Pour y arriver, il suffit de modifier notre appareil électromagnétique précédemment décrit et employé pour les plateaux circulaires (La Lumière Elec-
- FIG. 2
- trique, 7 mars, p. 434,| fig. 1) et de transformer l’interrupteur vertical en interruptèur horizontal. La figure 1 muntre cette disposition nouvelle, le rôle des diverses pièces restant le même :
- V vase cylindrique plein de liquide,
- E électro-aimant de faible résistance, fixé par. un écrou à un support S, dans lequel il peut se déplacer verticalement,
- d petit disque en fer doux collé à la paroi du vase,
- f fil de platine, style interrupteur, soudé au disque d,
- T fil fin de cuivre, soudé au disque d, roulé en hélice, et aboutissant au gros fil de l’élec-tro-aimant,
- e écrou métallique, en communication avec la pile,
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- p petite plaque interruptrice en platine se vissant à l’écrou e et contre laquelle vient vibrer le style,
- P pile.
- Quand, au moyen de la vis, on amène la plaque au contact du style, le courant passe de l’écrou a la plaque, au style, à la rondelle, au fil J, à l’éleo tro-aimant; celui-ci devient actif, attire le disque et le vase, le contact cesse, l’électro devient inactif, et le vase en vertu de son élasticité revient à sa forme première, un nouveau contact a lieu et ainsi de suite ; de là le mouvement vibratoire régulier.
- Quand le vase est en fer, ou fer-blanc, le disque
- FIG. 3 '
- d est inutile; le style est soudé directement au bord du vase.
- Pour l’observation des formes vibratoires, l’expérience s’effectue avec les vases comme avec les plateaux.
- En faisant varier la longueur et le diamètre du style interrupteur, on peut obtenir toutes les vitesses vibratoires, pour un vase donné.
- L’intervention de l’énergie électromagnétique a cela d’avantageux que le mouvement se fait sans choc, sans secousse brusque, dans une seule direction et que les formes vibratoires en sont, par cela même, plus exactement accusées et, si l’on peut dire, plus vraies, le vase prenant de lui-même le mouvement qui lui convient dans les conditions où on l’a placé.
- En suivant avec attention, à l’aide de l’interrupteur précédent, les diverses phases du mouvement
- : vibratoire d’un vase contenant un liquide, depuis j leur première manifestation, jusqu’à leur complet
- FIG 4
- .développement, l’expérience nous indique qu’il y a lieu de distinguer :
- FIG. 5
- i° Des courants superficiels ; 3* Des ondes concentriques;
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- 3° Des ondes rayonnantes en cannelures simples;
- 4° Des cannelures multiples;
- 5° Des cannelures composées; t
- 6° La segmentation du vase en secteurs symétriques et en subdivisions beaucoup plus petites;
- 7° Des réseaux phériphériques plus ou moins développés.
- i° Courants superficiels. — Lorsque le vase en expérience est soumis à la plus faible attraction électromagnétique capable de l’influencer, ou à un très léger coup d’archet, le premier effet qui se produit est celui du son fondamental, à peine per-
- FIG fi
- ceptible, le liquide n’étant pas encore impressionné. La force attractive croissant, il se manifeste à la surface du liquide des courants difficiles à observer; mais pour suivre leur marche, on jette sur l’eau de la poudre de lycopode. On voit alors celle-ci se déplacer, et prendre une disposition très symétrique, figure qui partage en quatre parties égales la surface du liquide (fig. 2, 3, 4,. 5).
- En observant le déplacement de la poudre à la surface de l’eau, on voit que les courants superficiels qui entraînent le liquide en différents sens, naissent du point d’attaque, de deux courants contraires qui longent les parois jusque dans le voisinage des nœuds ; là, ils en rencontrent d’autres analogues, par conséquent de sens contraire, ce qui produit un courant résultant normal à la paroi, se dirigeant des nœuds vers le centre, pour revenir vers les ventres de vibration, et accomplir un cycle fermé, sorte de circulation, dont
- le premier moteur est au point d’attaque et aux trois autres points symétriques, quand le vase rend le son fondamental (fig. 5). Si le vase se partageait en 6, 8, 10, etc., parties égales, on aurait des figures analogues. (') ,
- 2° Ondes concentriques. — Après les courants superficiels, le premier effet qui se produit à la surface libre du liquide, quand le vase n’est encore sollicité que par une faible action électromagnétique, est celui des ondes concentriques, qui sont tantôt fixes, tantôt mobiles plus ou moins, selon que leur vitesse propre (constante) correspond ou non au rythme simple ou multiple du moteur.
- FIG. 7
- Plus le vase"est, large, mince et flexible, plus les ondes sont faciles à produire (fig. 6).
- Avec un vase en fer-blanc de om2o de diamètre, de om20 de hauteur et de omooo5 d’épaisseur, presque plein d’eau, on obtient suivant l’action mécanique exercée, des ondes concentriques qui n’ont pas plus de 2mm5 de largeur, ou d’autres qui atteignent 8mm et enfin de très larges ondes de 25mm de largeur. Ces diverses ondes peuvent aussi exister simultanément et se superposer d’une manière visible.
- 3° Ondes rayonnantes, cannelures simples. —
- (*) Ces courants superficiels ne sont pas dus à la même - cause que ceux qu’on observe sur les plaques sèches vibrantes, couvertes de poudre de lycopode, car ceux-ci sont produits par les mouvements tourbillonnaires de l’air causés parles vibrations de la plaque.
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- Lorsqu’on augmente progressivement l’énergie électromagnétique de l’interrupteur, on arrive à faire naître au pourtour des plis contigus qui forment une espèce de collerette continue. Ces cannelures ou plissements, toujours dans une direction normale à la paroi, ont des largeurs qui varient avec la hauteur du son rendu par le vase, c’est-à-dire qu’elles changent selon le diamètre de ce vase et suivant que celui-ci se partage en 4, 6, 8, etc., parties égales. Ces cannelures, pour tous les vases rendant le même son présentent la même largeur, tandis que leur longueur varie avec l’énergie du mouvement vibratoire et la position qu’elles
- FIG. 8
- occupent par rapport aux nœuds ou aux ventres de vibrations.
- Avec un vase en verre de omi4 de diamètre, de om22 de hauteur et de omoo2 d'épaisseur (vase à précipité), les cannelures ont omoo27 de largeur et de onioo2 à omoo8 de longueur. La figure 7 donne une idée de leurs formes et de leurs dimensions relatives (échelle de 1/2 grandeur naturelle).
- Avec une grande cloche en verre (cloche de jardinier) de om47 de diamètre et omoo3 d’épaisseur, rendant le son fondamental (très grave) les cannelures ont omoi de largeur et offl02 à om04 de longueur, sur o“oi de hauteur au-dessus du niveau de l’eau dans le vase.
- La figure 8 montre les détails des cannelures simples vues à la loupe.
- Les cannelures peuvent se produire en mème temps que les ondes concentriques (fig. 9). 1 1
- FIG. 9
- 40 Cannelures multiples. — A peine a-t-on dépassé l’énergie électromagnétique capable de pro-
- FIG. IO
- duire des cannelures simples, qu’on voit naître un second rang de ces formes, ajouté au premier
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- (fig. io). Une action plus forte amène un troisième rang de cannelures, puis un quatrième et même un cinquième. Mais elles sont loin d’avoir la même longueur (bien qu’elles aient toujours même largeur quand elles ont leur complet développement). Vers les ventres de vibration, elles sont plus courtes que vers les nœuds et animées d’un mouvement plus vif; au contraire, vers les nœuds, elles sont très allongées et assez fixes. Les figures io et 12 montrent ces divers effets successifs. '
- 5° Cannelures composées. — Il est très rare qu’on puisse, sans précaution préalable, faire sortir un son unique d’un vase que l’on excite, soit par le choc, soit à l’aide d’un archet, soit par •attraction électro-magnétique ; on entend ordinairement deux ou trois harmoniques simultanés.
- Dans ces conditions les cannelures qui apparaissent ne sont plus simples, mais composées des
- FIG. I1
- cannelures particulières à deux ou plusieurs de ces sons simultanés (fig. n).
- Ce phénomène est analogue à celui que présente une corde vibrante, qui se divise simultanément en 2, 4, 6 etc. parties égales et fait entendre à la fois les sons correspondant à ces subdivisions (résonnance multiple).
- Nous avons comparé lec vases cylindriques aux plateaux circulaires, pour le mode de vibration. On peut aussi comparer chaque section droite d’un vase de cette forme à unp corde tendue. Chacune de ces sections prise isolément vibrerait avec une vitesse particulière, mais à cause de leur solidarité forcée, il s’établit une compensation (comme dans le pendule composé) d’où résulte un mouvement vibratoire d’ensemble. Toutefois, il y a tendance à séparation des diverses parties vibrantes, ce cjui produit la subdivision des grands secteurs en parties élémentaires relativement très petites et déterminent finalement les plissements invisibles dont les cannelures sont la conséquence et la manifestation.
- b° Partage des vases en 4, 6, 8 etc. secteurs vibrants. — Nous venons de dire qu’il est rare qu’un
- vase rende un son unique quand on le fait vibrer par un moyen quelconque. Cependant, avec un peu d’exercice, on parvient à éliminer tous les harmoniques autres que celui qu’on veut conserver ou au moins à'rendre celui-ci tout-à-fait prédominant.
- Pour cela, on a recours au moyen employé pour les plateaux circulaires ; c’est-à-dire que l’on fixe un point convenablement choisi sur les bords du vase, ou plutôt on le touche avec une pointe en bois, en caoutchouc, en liège ou même avec l’ongle ('). Ainsi, pour obtenir le partage du vase en 4, 6, 8, 10 2 n secteurs vibrants (n étant égal à 2,
- FIG. 12
- 3, -i, .. ). ce point doit être pris à des distances du point d’attaque respectivement égales à 45° ; 3o°;
- 2-,0 5 . ,Qo .
- 2. ,0, ÎO ... 2>|
- Par l’emploi de l’interrupteur électro-magnétique, on obtient ce partage plus difficilement qu’avec l’archet.
- 70 Réseaux périphériques. — Avec les plateaux circulaires vibrants, on obtient des réseaux périphériques et des réseaux excentriques (*) ; avec les vases cylindriques, on produit également les premiers, mais jamais les seconds. Nous en verrons plus loin la raison.
- Dans les vases, comme sur les plateaux, il y a
- (') On sait que pour les cordes on obtient telle segmentation voulue en touchant du doigt cette corde en un point déterminé.
- (•) La Lumière Electrique, t. XV, p. 433 (7 mars l885>.
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- nécessairement autant de réseaux périphériques que de divisions en secteurs vibrants, lesquels sont toujours en nombre pair. Ces réseaux, dansleur ensemble, ont des formes analogues à celles des mêmes figures sur les plateaux ; mais comme ils ont une origine différente, ils offrent aussi dans leur structure élémentaire une différence notable et ne présentent pas de quadrillages sensibles, du moins pour le son fondamental, ce qui sera expliqué en parlant de la cause des cannelures. Toutefois, pour le partage du vase en 6, 8, etc. parties égales, les réseaux affectent de plus en plus la forme quadrillée, par suite des courants opposés qui se produisent de plus en plus forts de chaque côté du point d’attaque et se prolongent à des distances assez gran-
- FIG. K’*
- des de part et d’autre, jusqu’aux nœuds de vibration.
- Evolution des cannelures. — Nous avons vu que les courants superficiels du liquide, sous l’influence des vibrations du vase, allaient en sens contraires aux ventres et aux nœuds ; qu’il y avait attraction du liquide vers les premiers et répulsion aux seconds. Il en résulte que les bandes entières de cannelures sont allongées vers les nœuds, c’est-à-dire tirées vers le centre comme des rayons ; tandis qu’aux ventres, ces cannelures se pressent et font flot en revenant vers les parois., Quand, sous une attraction électro-magnétique suffisamment forte, comme sous le coup d’archet, le vase vibre énergiquement, les bandes de canne-ures se séparent aux nœuds et semblent entraînées
- par un mouvement successif, circulaire, dont le centre est au ventre de vibration correspondant. Elles sont d’abord soulevées, puis elles se séparent définitivement et sont entraînées par le courant (fig. 12). Elles affectent alors la forme de feuilles lancéolées dont les bases sont dirigées vers les ventres de vibrations correspondants et dont les pointes s’élèvent peu à peu vers le centre du vase à mesure que le mouvement devient plus énergique.
- En voyant ces cannelures se produire sur un liquide par le mouvement vibratoire du vase qui le renferme, je ne serais pas éloigné de croire que les plissements, dits grains de riz ou feuilles de saule (denashmyth) qu’on observe sur la presque totalité de la surface du soleil, et dont les formes mobiles ne sont pas sans analogie avec celles des cannelures qu’on voit sur les liquides des vases vibrants, ne soient dus aux mouvements vibratoires ou ondulatoires de la matière solaire, sans cesse
- FIG. 14
- déplacée par les éruptions gigantesques qui se produisent au sein de l’astre radieux.
- Nous avons dit plus haut que les formes des plis du vase et par suite celles des cannelures qu’affecte le liquide sous l’action uniforme électromagnétique étaient plus exactes, plus vraies, que sous l’impulsion saccadée de l’archet. L’expérience suivante montre combien les effets se compliquent par l’emploi de ce dernier. Lorsqu’on examine avec attention, et sous un vif éclairage, les déplacements de ces dentelures, de ces plissements du liquide, quand on imprime de fortes vibrations à la matière du vase, on voit sur les bords, à chaque ventre de vibration, l’eau se mouvoir en forme d'hélices 'coniques, dirigées en sens inverse, à droite et à gauche du point d’attaque par l’archet. Ces hélices vont en diminuant de grandeur depuis les ventres de vibration jusqu’aux nœuds où elles s’éteignent. Elles résultent de la combinaison des divers mouvements imprimés par l’action complexe de l’archet. En effet, celui-ci produit à la fois des mouvements alternatifs d’avant en arrière, de droite à gauche et de haut en bas.
- Tous ces mouvements coexistent. Quand l’action
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- de l’archet est peu intense, les premiers effets se manifestent, le troisième s’ajoute aux autres quand la pression sur l’archet devient assez forte. De là ces vibrations tournantes hélicoïdes.
- #
- Cause des cannelures. — L’effet le plus curieux que l’on rencontre dans ces expériences est, sans contredit, la manifestation de ces cannelures dont nous venons de parler, sorte de figures acoustiques élémentaires qui ont leurs nodales et qui, par leur largeur, sont en rapport déterminé avec lés nombres de vibrations correspondant aux sons rendus par le vase (*).
- Pour les plateaux circulaires, nous avons admis et justifié par l’expérience que les réseaux liquides périphériques ou excentriques, sont la représentation fidèle des formes vibratoires des parties so-
- FIG. l5
- lides sous-jacentes {La Lumière Electrique du 7 mars i885, p. 433).
- Pour les vases, qui donnent lieu aussi à des réseaux périphériques, mais jamais à des réseaux excentriques, l’explication doit être modifiée.
- En général, le fond du vase est trop éloigné pour que son mouvement puisse se transmettre à la surface du liquide contenu. Ce sont donc seulement les parois latérales qui communiquent leurs vibrations au liquide en contact avec elles ; effet qui se traduit par la manifestation de cannelures liquides, plus ou moins allongées, mais dont la largeur commune décèle les plis correspondants du vase.
- (*) En effet, j’ai démontré ailleurs [Annales de Chimie et de Physique, 5° série, t. XVII, p. 338 (1879)], que pour les plateaux circulaires, les carrés des largeurs des stries sont inversement proportionnels aux nombres de vibrations des sons correspondants. Or, les vases cylindriques peuvent être considérés comme des plaques recourbées; les lois des plateaux leur sont donc applicables. On peut d’ailleurs , en mesurant les longueurs des cannelures, vérifier l’exactitude de cesvelations parties vases.
- Quant à \& segmentation des cannelures en 2, 3, 4, etc. parties qui s’ajoutent bout à bout, de manière à former 2, 3, 4, etc. rangs (fîg. 14), elle est due à l’énergie du mouvement vibratoire. Les cannelures en contact avec les parois leur sont toujours normales; mais quand elles se trouvent disposées sur plusieurs rangs, elles sont entraînées par les courants liquides et affectent alors des positions plus ou moins obliques à ces parois et tendent à s’arrondir en allant des nœuds aux ventres de vibrations; leur ensemble figure une sorte de voûte au-dessus des nœuds dig. 12).
- Sur les plateaux, le quadrillage des stries constitutives des réseaux s’explique par les deux mouvements simultanés, ordinairement perpendiculaires, que prennent les diverses parties vibrantes; car on sait qu’un mouvement vibratoire un peu
- FIG. |6
- énergique excité dans un corps solide ne peu exister sans en faire naître un autre de sens perpendiculaire.
- Dans les vases, le plissement des parois a pour effet de donner aux cannelures multiples, non l’aspect d’un quadrillage, mais celui d’un ensemble rectiligne animé d’un mouvement de translation et de rotation faciles à observer. Un véritable quadrillage, analogue à celui qu’on distingue sur les plateaux se voit, néanmoins sur les réseaux des vases, quand ceux-ci se partagent en 6, 8, 10, etc. parties symétriques et que le mouvement vibratoire est très fort (fig. i3).
- En définitive, les cannelures ou dentelures liquides qui se produisent contre les parois d’un vase en vibration correspondent, par leur nombre et leur largeur commune, aux plis onduleux des parois qui leur donnent naissance.
- Je n’examinerai pas avec détails l’influence des dimensions du vase sur les formes vibratoires accusées par le liquide contenu, ni celle de la nature du liquide; j’ajouterai seulement quelques remarques^générales :
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- i® Une première observation qu’on ne tarde pas à faire dans ces expériences, pour peu qu’on en varie les conditions, c’est que, avec un même vase, il y a des hauteurs de liquide pour lesquelles le son fondamental sort très facilement, spontanément, à peu près sans mélange d’harmoniques; tandis que, pour d’autres niveaux, ce son ne peut sortir, ou demeure, quoi qu’on fasse, toujours ’ mêlé d’harmoniques qu’il est très difficile de dominer ou de faire taire. Il en est de même des sons qui correspondent au partage du vase en 6, en 8, etc., secteurs vibrants.
- 2° D’autre part, et pour la même cause, la fixité ou la mobilité des cannelures dépend du rapport qui existe entre le mode vibratoire du vase et la masse du liquide, ou plutôt sa hauteur dans le vase.
- Il faut donc, pour obtenir la fixité des cannelures,
- par rapport au son qu’ils caractérisent et auxquels ils donnent un timbre particulier.
- 4° Quand un vase donne le son fondamental et qu’on le touche légèrement à l’endroit d’une no-dale, on sent qu’il vibre en ce point, moins cependant qu’ailleurs. L’expérience est plus concluante encore quand on applique la lèvre contre le vase, on sent alors, même sur une nodale, un frémissement très marqué. D’autre part, si l’on plonge la main ou seulement un doigt dans le liquide que contient un vase vibrant, on perçoit les vibrations d’une manière très sensible. Si l’on promène le doigt ou mieux, une baguette de sapin dans le vase on reconnaît facilement, a l’intensité de la sensation, l’orsqu’on passe près d’un ventre ou d’un noeud de vibration. Mais partout, au pourtour du vase, à l’intérieur comme à l’extérieur, on sent le mouvement, ce qui prouve que les lignes ou sur-
- comme pour réaliser un son simple, que le mode de vibration du liquide s’adapte à celui du vase, ce qu’on peut réaliser aisément en faisant varier convenablement le niveau du liquide quand on ajoute de l'eau en très petite quantité à la fois, on fait décroître le son d’une manière presque continue. Ce résultat s’explique en remarquant que le liquide est pour le vase vibrant une surcharge qui ralentit sa vitesse oscillatoire.
- 3® Sans aucun doute, les sons harmoniques qui accompagnent presque toujours, d’une manière sensible, le son fondamental d’un vase, sont dus aux subdivisions vibrantes de ce vase, le son fondamental étant lui-même un effet du partage en 4 grands secteurs vibrants. Mais comme les harmoniques sont toujours contenus en puissance dans le son fondamental, il est fort probable que.celui-ci doit, sinon son existence, du moins son ampleur, son intensité, son timbre caractéristique à l’ensemble de ces harmoniques, co-existant plus ou moins sourdement et qui sont, par rapport à lui, ce que les sons des tuyaux sonores (que les organistes nomment fournitures), sont
- faces nodales, soit de la matière du vase, soit du liquide, ne sont nullement en repos, quoiqu’on dise journellement le contraire.
- 5° Quand le vase vibrant est tout à fait plein d’eau, on voit distinctement les ondes cannelées s’élever au-dessus du niveau du liquide.
- 6° La capillarité n’empêche pas le phénomène des cannelures ; celles-ci, les fines surtout, montent contre le vase jusqu’à la partie la plus élevée du ménisque.
- 7° Les cannelures se manifestent également lorsqu’on imprime au liquide un mouvement de rotation. Dans ce cas, elles paraissent entraînées d’ensemble par le courant : Le liquide, en passant contre les plis de la paroi vibrante, ou par dessus les cannelures primitives fixes, en affecte successivement les formes; cette apparence de déplacement s’explique ainsi par la combinaison des deux mouvements simultanés.
- Pour les réseaux à 6, 8 secteurs, le déplacement des cannelures n’est pas apparent, à cause de leur petitesse.
- 8° La nature du liquide a une influence marquée,
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- non sur les formes générales des cannelures, mais sur leur longueur, leur mobilité et leur netteté. L’alcool, l’éther, le sulfure de carbone, plus fluides que l’eau, accusent mieux encore que ce liquide tous les fins détails de ce plissement.
- 9° Les liquides visqueux (huiles, acide sulfurique, sirops) eu égard à leur cohésion et leur peu d’élasticité, ne transmettent que très difficilement les mouvements vibratoires des vases qui les renferment.
- io° Quant aux nombreux vases cylindriques ou de révolution employés dans nos expériences, les uns étaient en tôle de fer ou en fer blanc, ou en laiton très mince (vase calorimétrique) pour l’observation des ondes concentriques et les cannelures du premier rang, les autres étaient en verre, plus ou moins larges et minces (vases à précipité, cristallisoirs, grands vases, verres à pied de différentes grandeurs) pour l’observation générale des formes des cannelures, leur évolution, leur transformation en réseaux, en ondes harmoniques. Des vases en porcelaine ont été aussi employés.
- Avec les vases on ne peut avoir recours au procédé employé à l’égard des plateaux pour fixer les cannelures et les réseaux à l’aide d’eau tenant en suspension une poudre lourde (minium). On en est réduit à dessiner les figures ou à les photographier au moment de l’expérience, ce qui n’est pas sans difficulté à cause de la transparence de l’eau et des effets de réfraction et de réflexion de la lumière sur le liquide.
- Je ne puis quitter cette question du mouvement vibratoire des vases et des liquides contenus, sans dire quelques mots d’un phénomène qui n’est pas sans rapport avec elle et où l’emploi d’un interrupteur électro-magnétique peut être utilisé avantageusement.
- Un vase à parois verticales, ou, mieux obliques, comme celles d’une cuvette, est aux deux tiers plein d’eau. A l’aide d’une petite palette on agite le liquide par un mouvement alternatif régulier le long de la paroi. On voit alors l’eau se disposer spontanément en ondes arrondies d’abord, puis anguleuses, qui s’élèvent en serpentant sur les bords du vase à mesure que le mouvement devient plus fort, et partagent ainsi la surface liquide en 3, 4, 5 6 etc. parties égales. Il faut remarquer que les formes résultantes sont alternatives et par conséquent doubles ; ce qui donne à chaque figure complète l’aspect d’un polygone étoilé (fig. i5 à 18).
- La surface apparaît comme étant celle de deux triangles croisés, de deux carrés superposés, etc., suivant le mouvement plus ou moins rapide du moteur. Les pointes correspondent au ventre de vibration.
- Quand l’amplitude des oscillations est petite, les contours de la figure liquide sont arrondis et peu accusés (fig. 15 et 17); mais à mesure que l’am-
- plitude augmente, les extrémités polygonales s’allongent en pointes contre la paroi (fig. 16 et 18) et peuvent monter au point de déborder le vase, lorsque les deux mouvements oscillatoires du moteur et du liquide sont bien concordants. A ce sujet, je ferai remarquer que quand le rythme de l’un coïncide avec le mouvement oscillatoire de l’autre, la surface de l’eau est très nettement caractérisée en polygones étoilés. Dans le cas contraire, il y a superposition, confusion partielle des ondes, ce qui produit des figures irrégulières de transition. Il est à remarquer aussi que, dans le premier cas, la résistance qu’éprouve l’agitateur à se mouvoir est très sensiblement plus faible que dans le second, ce qui s’explique facilement d’après ce qui précède.
- Relativement à la vitesse à donner au moteur pour produire la première ou la seconde division, nous dirons que, dans notre expérience, l’agitateur accomplissait environ trois oscillations par seconde pour l’une et quatre pour l’autre. En raccourcissant successivement la longueur de tige vibrante on obtiendra toutes les vitesses voulues pour ce moteur.
- Enfin, nous ferons remarquer que ces formes pour l’aspect et le mode de vibration, ont une grande analogie avec celles que prend l’eau calé-fiée dans une soupape en cuivre chauffée au rouge.
- C. Decharme.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (')
- TÉLÉGRAPHIE
- La télégraphie américaine était très médiocrement représentée à l’Exposition de Philadelphie. Non seulement cette .exposition ne donnait pas l’image complète de. l’état de cette branche de la science électrique aux Etats-Unis, mais encore les appareils exposés ne présentaient rien de bien nouveau et d’original. On voyait chez les différents exposants quelques manipulateurs du modèle bien connu, quelques sounders* commutateurs etc., mais tout cela était écrasé par la grande quantité des appareils téléphoniques et surtoüt par les accessoires de l’éclairage électrique. La télégraphie ne jouait qu’ün rôle très effacé à cette exposition.
- A ce point de vue elle différait beaucoup de l’exposition universelle de 1876, laquelle dans son département électrique était presque exclusivement
- (4) Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- composée des appareils télégraphiques. Mais depuis ce temps-là les nouvelles inventions dans la téléphonie et l’éclairage ont marché à pas rapides tandis que la télégraphie s’est uniformisée, et est restée presque à l’état stationnaire.
- L’installation la plus complète et la plus intéressante était faite par Delany, qui exposait un système de télégraphie multiple, dont on a parlé
- beaucoup dans ces derniers temps et lequel, après examen, s’est trouvé être notre vieille connaissance, le télégraphe multiple de P. Lacour, que nous avons vu dernièrement à l’exposition de Vienne (1884) et qui fonctionnait déjà en 1881 au Danemark entre Nyborg et Fredericia.
- Du reste l’application de la roue phonique à la télégraphie a été déjà décrite en général dans ce
- FIG l
- journal par le comte Du Moncel (voir vol. VIII, p. 498). M. P. Lacour a publié en français une brochure, où cette application a été décrite avec encore plus de détails, et à l’exposition d’électricité de Vienne, nous avons vu marcher synchroniquement les deux distributeurs, avec le relais qui donnait les corrections aussitôt que le balai d’un distributeur était en retard ou en avance sur l’autre.
- Nous retrouvons toutes ces parties essentielles dans le télégraphe Delany. La figure 1 représente le schéma des communications d’un bureau desservant quatre employés. R, R1, R2, R3 .sont des
- relais polarisés, S, S1, S2,'S3 des parleurs, MB la pile principale et L B la pile locale. Les quatre manipulateurs sont indiqués au bas de la figure.
- Les commutateurs p sont destinés à changer la position de réception en position de transmission. Dans la figure 1 les postes 1 et 3 transmettent, et 2 et 4 reçoivent les dépêches.
- La pile M B est mise au centre à la terre et ses deux pôles sont réunis aux deux blocs opposés des manipulateurs, de sorte que pendant ,1a transmission on envoie des courants inverses.
- La rotation du balai distributeur est tellement
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- rapide, que l’on peut considérer pratiquement que chacun des employés a continuellement la ligne à sa disposition, et pour transmettre il ne faut pas attendre le signal. On peut appuyer toujours sur le manipulateur, sans Se soucier des autres.
- On se sert alors des impulsions électriques, qui se succèdent avec une extrême rapidité, comme d’un courant continu. Seulement on ne pouvait pas faire agir ce courant intermittent sur le sounder directement, parce qü’il répétait les vibrations, et c’est pourquoi on a appliqué les relais polarisés R, et disposé la pile de manière à envoyer des courants en sens inverse. La palette de ce relais reste toujours dans la position indiquée par le sens du dernier courant qui a passé, et les intermittences n’ont, pas d’influence sur le contact.
- Ce système télégraphique a été appliqué pratiquement sur la ligne de Boston à Providence, et
- FIG. 3
- La Lumière Electrique en a déjà donné une description détaillée (voir p. 307, vol. XIV).
- ANNONCIATEURS.
- Ces appareils sont ordinairement d’une simplicité telle, qu’ils ne diffèrent le plus souvent entre eux que par de petits détails de construction. C’est toujours un électro-àimant qui attire une armature, laquelle à son tour fait déclencher le guichet portant le numéro.
- Une des formes les plus usitées aux Etats-Unis est celle qui est représentée par la figure 2. L’ar-
- Fir, 4
- mature A, qui pivote autour d’un axe, est percée à son extrémité d’un trou, dans lequel entre le crochet K, portant le disque R avec son numéro.
- La vis V sert à régler la distance entre l’armature et les pôles des électro-aimants EE\
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- Le contrepoids G est destiné au réglage de la sensibilité.
- Le tout est fixé sur un bâti métallique S.
- Beaucoup de bureaux téléphoniques, surtout les plus anciens, se servent de ce type d’annonciateur.
- Les Standard Electrical Works, de Cincinnati, remplacent les deux électro-aimants EE' par un seul, en utilisant les deux pôles d’une seule bobine, ce qui rend la construction beaucoup plus simple.
- La figure 3 représente une bobine de ce genre. Comme on le voit, un des pôles de la bobine
- iiïïiiifliiiilliiltllllliillliliiiiiiiiliiiliiiiliiiiiiiiliiiiliiiiliiiiiiiliiil
- FIG. 6
- est prolongé en forme de support servant pour fixer cette bobine au bâti de l’annonciateur.
- Presque tous les grands annonciateurs des hôtels publics se servent d’un type construit par la Western Electric C° et représenté par les figures 4 et 5. Les guichets des annonciateurs ordinaires sont remplacés ici par des aiguilles en forme de flèches, et aussitôt que le courant est envoyé à travers les spires de l’électro-aimant, la flèche prend une position oblique indiquant le numéro qui a appelé.
- La figure 6 montre la construction de ce genre d’annonciateurs. L’armature A, prolongée par un levier à crochet K, pivote autour du point O. Cette armature est attirée latéralement par les pôles N et S de l’électro-aimant. Le contrepoids R, monté
- sur le même axe que la flèche F, est accroché dans l’état de repos au levier K; mais au moment du passage du courant i! tombe, entraînant la flèche et lui donnant une position oblique, comme dans l’annonciateur supérieur.
- Pour remettre l’aiguille en place, l’employé pousse le bouton B, qui fait lever la tige G por-
- FIG. 7
- tant les traverses L. Alors les contrepoids R sont soulevés et l’aiguille remise en place.
- SONNERIES ÉLECTRIQUES
- Parmi les sonneries ordinaires, nous décrirons quatre modèles qui nous semblent empreints tout particulièrement du cachet américain. Le caractère
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- LA L U MI ÈRE ÊLEG TRIQ UE
- général qui les distingue des sonneries françaises est la suspension de l’armature sur pivots et l’em-
- F1G. 7 b:
- ploi comme ressorts antagonistes, de ressorts à boudin de longueur et de tension réglables. Les trois premiers modèles sont entièrement métalli-
- FIG. S
- ques. Les deux premiers sont des sonneries pendantes à bâthén fonte de fer émaillée sur lesquels sont montés les électro-aimants à deux bobines.
- Le troisième modèle est entièrement sous timbre ; enfin le quatrième, également sous timbre, laisse
- FIG. <1
- apercevoir tout autour de son timbre une boîte en bois tourné portant les bornes.
- Le fil des électro-aimants est enroulé directement sur le noyau en fer doux, retenu par deux joues en ébonite ou en fibre vulcanisée et couvert de toile chagrinée.
- PIG. 10
- Quelques-unes des sonneries américaines se distinguent encore des modèles français par une butée fixe limitant l’éloignement de l’armature aux pôles de l’électro-aimant sans l’intermédiaire d’aucun ressort.
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- La sonnerie représentée figure 7 se compose comme nous l’avons dit, d’un bâti en fonte de fer B avec l’appendice A portant les bobines et leur culasse c en fer doux ainsi que la tige t glissant dans un trou lisse de cet appendice et permettant au moyen de la vis de serrage v’ de tendre plus ou moins le ressort antagoniste R. Le deuxième appendice A' du bâti porte la vis v de l’interrupteur avec son contre-écrou, la butée fixe b dont nous avons parlé et une pièce en cuivre s servant de support à la vis du pivot p et h son contre-
- écrou; l’autre pivot de l’armature est sur le fond du bâti. Une pièce en cuivre m servant de marteau est montée sur les pivots, elle porte l’armature en fer doux a et le ressort r de l’interrupteur. Enfin le timbre T est monté sur une tige en fer vissée à l’extrémité d’un prolongement l du bâti. Le marteau frappe à l’intérieur du timbre. Les bobines et tous les organes sont apparents.
- La figure 8 représente un modèle de sonnerie peu différent du précédent, dont les détails s’expliquent suffisamment par la figure.
- Les bobines et les différents organes de la son-
- nerie sont apparents ; le marteau vient frapper le timbre à l’extérieur.
- Dans le troisième modèle (fig. 9), le bâti est rond avec une partie droite dans le voisinage du marteau ; il est percé à jour et porte en son centre la tige-support du timbre autour de laquelle sont symétriquement disposées les bobines, leur culasse et leur armature ; la culasse c, les pivots p et />', la vis de l’interrupteur v et la butée fixe sont portés par les appendices A A' A" A'" venus 'de fonte avec le bâtis. R et r sont l’un le ressort antagoniste, l’autre le ressort de l’interrupteur montés directement sur l’armature. Enfin le timbre couvre toute la sonnerie ; le marteau frappe sur la tranche du timbre.
- La quatrième sonnerie, beaucoup moins soignée comme construction, mais remarquable par sa sim-
- plicité se compose d’une boite en bois tourné B au fond de laquelle est placée une plaque de tôle servant de culasse aux électro-aimants ; la tige porte-timbre est vissée en son centre. L’armature découpée comme l’indique la figure 10, porte les vis des pivots qui viennent s’engager dans deux petits trous pointus percés de chaque côté de la tige porte-timbre ; l’armature porte également la vis v de l’interrupteur tandis que le ressort recourbé de l’interrupteur est fixé sur une petite colonne A vissée dans le fond de la boîte. Le ressort antagoniste est en R, on règle sa tension au moyen de la tige t glissant dans un trou lisse de l’armature où on l’arrête au moyen de la vis v' ; la boule servant de marteau m est fixée à l’extrémité du ressort en S directement vissé sur l’armature. Le timbre cache tout le mécanisme et laisse voir le tour de la boîte en bois sur laquelle il vient raccorder sa courbure.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- SONNERIE A DÉCLENCHEMENT ÉLECTRIQUE
- La maison Williams, de Boston a exposé une sonnerie mécanique à lin coup dont le déclenchement se produit par un électro-aimant.
- Un anneau en cuivre A (fig. n) fixé dans le support B, porte toutes les parties du mécanisme. Un poids P, exerce la traction par l’intermédiaire d’une poulie p, sur la corde C, dont un bout est fixé au support B au point D. L’autre bout s’enroule autour du tambour E puis de F qui porte la roue dentée G, qui engrène avec un pignon H monté sur l’anneau A, et celui qui fait marcher le battant K de la sonnerie. Le timbre T est fixé sur l’anneau A, les électro-aimants L sur le support B.
- La distance de l’armature M est réglée au moyen de la vis de réglage O qui fait soulever ou baisser le levier S portant l’armature.
- Le bout du levier Y porte un taquet, qui sert au déclenchement du battant K.
- Le battant est représenté par la figure 12. C’est un demi-cercle, A E, monté sur un levier CB, dont l’extrémité est fixée au point D à l’axe du pignon H de la figure .
- La partie AE peut pivoter autour du point F, faisant une course limitée par la butée t. La pièce A E est maintenue dans sa position d’appui contre la butée t, par un ressort r.
- Comme on le voit, tout le battant peut passer quand la rotation dans le sens de la flèche commence, sous le bord du timbre F. Mais quand le battant, après avoir fait presque une révolution complète s’approche de l’autre côté du timbre, la pièce A E est éloignée par la force centrifuge. Elle prend la position et le bout A frappe sur l’intérieur du timbre. Le battant rebondit alors, le ressort r se referme et le tout revient à la position du repos.
- B. Abdank-Abakanowicz.
- DÉTAILS DE CONSTRUCTION
- DES
- MACHINES DYNAMOS
- Lorsque a b occupe la position ppif le courant traverse cette direction avec la plus grande intensité, et cette intensité diminue à mesure que a s’approche de a,, et b de b2. Lorsque a b vient en a{ bi, le courant ne passe plus en ai bx ; puis, a b continuant à tourner, le courant qui le traverse change de sens, de sorte que le courant de la dérivation a b change progressivement de grandeur et de direction pendant une rotation de a b.
- Dans l’application représentée parla figure 17, les circuits partiels pet pi pbpx sont remplacés
- aTjSj
- l’IO. 16 ET 17. — SPRAGUE (18S4)
- par les bobines sectionnées FF et la dérivation a b par le circuit de l’armature en dérivation sur F F et en série sur l’enroulement auxiliaire FL Le courant de la génératrice amené en e se bifurque en s où deux voies lui sont ouvertes vers le point d autour des deux bobines F; mais il se dérive aussi partiellement en c, selon la différence des potentiels entre c et c2. Ce courant dérivé passe, par c c, l, en g, où il se divise suivant n A nt et h F4 A,
- _________________________c
- Te
- Deuxième article (Voir le numéro au 4 avril i885).
- LA RÉGULARISATION
- Variation du circuit excitateur
- La solution de M. J-. Spr ague (18114) est fondée sur une application du pont de Wheatstone.
- Soient CC (fig. 16) le circuit principal pap et pb jfr/deux circuits partiels reliés par une dérivation a b.
- aboutissant en d'où les deux branches du courant réunies passent de /, à c2. Les bras / et isolés l’un de l’autre, déterminent aussi, à la fois, la force électromotrice et le signe des pôles A et A,, suivant leur position sur l’arc des contacts R.
- On a supprimé sur la figure 18 la bobine auxiliaire F' ; le courant dérivé tout entier traverse l’armature suivant lnAnl et la position des aiguilles l et détermine comme précédemment la force électro-motrice et le sens de la rotation de la réceptrice.
- Les sections des bobines F F sont reliées dans
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- le dispositif représenté, par la figure 19, de la manière suivante à l’anneau de contact R. La section la plus proche du fil principal c est rattachée au contact o, et la plus éloignée, d, au contact on opposé ào; c, et c2 aboutissent aux contacts opposés o' o'... et ainsi de suite. La différence de potentiel est maxima quand les aiguilles l et /, sont sur o et o„, nulle à 90° de cette position, puis la différence change de sens sans qu’il faille changer le sens de
- FIG» 19, — Sl’RAGUE
- La sortie de a et l’entrée de b ;
- La sortie de b et l’entrée de c;
- La sortie de l\ avec l’entrée de a,.
- Supposons l’ensemble du système dans la situation indiquée par la figure 21, les balais g gt sur 1 et 7. Le courant de la pile P traversera tous les enroulements dans le même sens, de façon à engendrer, entre les pôles S et N, le champ magnétique le plus intense possible.
- P
- FIG. 21. — MARCEL DEPREZ ( IS83)
- la rotation des aiguilles. Le courant eFFd se dérive en partie en c, suivant c o, In A nl J ot c3 d.
- Si l’on veut, en outre, faire varier indépendamment l’intensité du champ magnétique, il suffit, ainsi que l’indique la figure 20 de joindre, aux enroulements sectionnés de la disposition précédente, des hélices auxiliaires//i /3... reliées au circuit excitateur d’une façon permanente en d3d3... et en J S par, des commutateurs permettant de les en séparer à volonté. '
- M. Deprez avait déjà indiqué, en i883, une so-
- FIG. 20. — SPRAGUË (1884)
- lution également fondée sur l’emploi d'inducteurs à bobines sectionnées (') réunis aux deux extrémités par des armatures semblables A et B (fig. 21) et groupées sur les contacts du collecteur C de la façon suivante.
- Le fil d’entrée du courant avec les fils d’entrée et de sortie e et s des enroulements a et a' ;
- d) Voir aussi la description de son marteau électrique, Lumière Electrique, i5 juillet 1882.
- Si l’on tourne les balais en 2 — 8, la direction du courant change en a, et en/-, diminuant d’autant l’action de la somme des enroulements en A et en B. Lorsque les balais occupent la position 4—10, les actions des sections a b eflcldi sont contrebalancées par celles des sections bl cifed, de sorte que les pôles A et B perdent leur magnétisme. Si l’on continue la rotation des balais de 90° le magnétisme des pôles repasse, mais en sens contraire, par les
- FIG. 22. — MARCEL DEPREZ (l8é>3)
- mêmes valeurs; et ainsi de suite, deux fois par tour des balais.
- La figure 22 indique l’application de ce principe par le recourbement du système précédent de façon à grouper les pôles A et B autour d’un anneau Gramme, et l’on voit, par la figure 23, comment on pourrait transformer en un type de ce
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- genre une machine Gramme ordinaire à quatre bras. Il suffirait de grouper les fils d’entrée et de sortie des sections consécutives de ses armatures sur les barres successives du collecteur, comme nous l’avons indiqué précédemment pour que l’on puisse faire varier deux fois de -|- a à — a l’inten-
- FIG. 23
- sité du champ magnétique, par un seul tour des balais f f.
- L’emploi d’un double enroulement sectionné permet d’ailleurs de régulariser l’intensité ou la force électromotrice du courant sans aucune pièce mobile. Disposons, en effet, autour de l’inducteur, deux enroulements sectionnés distincts, indiqués par les traits minces et gros de la figure 24, combinés de façon que le courant se divise en deux résultantes suivant A B et A' B' et faisons traverser ces deux séries d’enroulements, l’une (A B)
- -B
- par le courant variable induit par la machine et l’autrex (A' B') par un courant constant. La position du plan de commutation, qui dépend du rapport des intensités en (A B) et (A' B') se déplacera, suivant les variations de (AB), par rapport aux balais fixes, de façon à maintenir invariable l’intensité du courant induit résultant. Si l’on veut maintenir constante la différence de potentiel aux
- bornes de la dynamo, il faut que l’un des enroulements inducteurs soit à fils très fins et traversé par une dérivation du courant prise aux bornes de la dynamo.
- On remarquera qu’avec les dispositions représentées par les figures précédentes l’axe polaire
- FIG. 25
- mobile du champ magnétique se déplace toujours dans un plan passant par l’axe de l’induit, de sorte que ce déplacement ne fait qu’affaiblir le champ magnétique sans en modifier la distribution, et que les balais n’ont pas à se déplacer pour rester constamment dans la position la plus favorable à la réception du courant. Au contraire, avec la disposition représentée par la figure 25, l’axe polaire se déplace dans un plan perpendiculaire à l’axe de
- I’IG. 26. — DUNSTON ET PFANKUCKE (l88l)
- l’armature, de sorte que les balais doivent, pom rester toujours dans le plan de commutateur, suivre les déplacements du champ magnétique.
- Enfin, aucune de ces méthodes de régularisation par déplacement des pôles du champ magnétique n’exige, pouf sa parfaite efficacité, que le fer des inducteurs soit magnétisé à saturation, comme il
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- le faut avec les méthodes de régularisation qui ne sont pas indépendantes de ce magnétisme.
- L’action du régulateur de Dunston et Pfankuche repose sur l’emploi de deux solénoïdes A et B (fig. 26) traversés par les deux branches du courant principal, de sorte que les aiguilles H et H' se déplacent sur leurs arcs de résistance dans le sens des flèches ou dans le sens opposé, selon que le circuit de A travaille plus ou moins que celui de B.
- FIG. 27, — GRAMME (1882)
- Comme, d’après la liaison des résistances, les aiguilles en ajoutent à B autant qu’elles en retranchent de A, leur jeu suffit à maintenir constant le rapport des courants dans les deux circuits. Si le solénoïde A est relié au courant excitateur de la dynamo et B au circuit extérieur, il introduira dans le circuit excitateur un certain nombre de résistances
- — dès que le travail du circuit extérieur augmentera,
- — de manière à ramener l’intensité du courant à sa valeur primitive.
- Le rhéostat proposé par M. Gramme consiste (fig. 27) en un solénoïde M, intercalé dans le circuit extérieur, dont l’armature plonge dans les auges de
- mercure T, ou en retire un certain nombre de tiges S, d’inégales longueurs, et groupées de façon
- FIP. 28. — SYLVANUS THOMPSON (l883)
- à retrancher ou à introduire ainsi, dans le circuit extérieur, un nombre de résistances Y en raison inverse de son travail utile.
- •— SYLVANUS THOMPSON. — RÉGULATEUR DYNAMOMÉTRIQUE
- M. Sylvanus Thompson a proposé l’emploi d’un rhéostat d'Edison R (fig. 28) à disques de char-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- bon plus ou moins comprimé par des masses H, entraînés dans la rotation de la dynamo ou par un ressort D (fig. 29) actionné par l’étrier d’un dynamomètre à courroie tendue entre les poulies A et B de la dynamo-motrice et du récepteur.
- Brush avait déjà proposé, en 1881, l’emploi de ce genre de rhéostat. La dérivation du circuit excitateur suit le trajetp H éN (fig. 3oet 3i), à travers le rhéostat H et l’enroulement extérieur de la double bobine E, dont l’enroulement intérieur est placé, par P N, dans le circuit principal. Lorsque la résistance de ce circuit diminue, l’intensité du courant augmente en E, dont l’armature attirée comprime par D les charbons de H. La résistance
- PIG. 3 O ET
- BRUSH (l88l). — ET ENSEMBLE
- REGULATEUR, DÉTAIL
- de ces charbons diminue alors, de sorte qu’ils laissent dériver du circuit excitateur un courant suffisant pour abaisser le courant principal à son intensité première par l’affaiblissement du champ magnétique de la dynamo. L’inverse a lieu quand le courant principal diminue.
- La pression nécessaire à la régularisation ne peut néanmoins se maintenir sur les charbons H que par un certain accroissement dans l’intensité du courant principal ; l’enroulement extérieur e a pQur objet de limiter cet accroissement à sa moindre valeur possible en faisant contribuer à l’attraction du levier D le circuit dérivé lui-même. L’amortisseur hydraulique a son piston muni de soupapes disposées de manière à n’offrir de résistance qu’à la montée du levier D, pour éviter, lors du rallumage des lartipes par exemple, une .intervention trop rapide de la dérivation avant que
- leurs charbons ne soient complètement séparés. De plus, la conductibilité des charbons H augmentant moins vite que la pression de D, l’appareil fonctionne avec une grande stabilité ('). La
- FIG. 3S. — MARCEL DEI'REZ ( 881)
- vis d permet de régler l’amplitude de la chute du levier D ou la pression initiale, et le poids e' sa sensibilité.
- Variation du circuit principal
- Si l’on interrompt le courant excitateur de la dynamo par un régulateur à force centrifuge toutes
- FIG. 33. — EDISON (1881)
- les fois que sa vitesse augmente, jusqu’à ce que cette vitesse ait été ramenée à sa valeur normale, on obtient ainsi une régularisation du courant d’autant plus parfaite que le régulateur est plus sensible.
- M. Deprez a réalisé, en 1884, une application très ingénieuse et fort simple de ce principe. Son régulateur était constitué par un simple ressort h,
- solidaire des collecteurs (fig. 32), et transmettant le courant de l’armature à l’inducteur par une vis de contact i, à réglage variable, qui rompait ce
- (l) Voir La Lumière Electrique 21 fév. i885, p. 346.
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- courant par l’action même de sa force centrifuge.
- Vers la même époque, Edison proposait le système de régularisation moins parfait, représenté par la figure 33, consistant à faire varier la vitesse de régime de la dynamo génératrice A, menant les récepteurs B C D... suivant les indications du galva-
- FIG. 35. — EDISON ( I 88x’
- nomètre V, et cela à la main, en déplaçant le poids w (fig. 34) du régulateur G, qui commandait le moteur E par la tige. Edison ne tarda pas d’ailleurs à remplacer cette disposition par le mécanisme représenté par la figure 35 où le modérateur mu
- kio. 36. — iïdison (188*
- par la dynamo régulatrice A, en dérivation sur le circuit des réceptrices G, y introduit successivement des résistances R, en nombre décroissant avec celui des contacts c, à ressorts B, c’est-à-dire augmentant avec la vitesse de A.
- Dans une disposition postérieure (1882) Edison
- a remplacé l’interrupteur à force centrifuge par un trembleur D (fig. 36) actionné par un électro B en dérivation 5-6 sur le circuit principal 1-2, et dont les vibrations, fonctions de ce courant, le réglaient pat leur action sur les interrupteurs c du circuit excitateur 3-4, en assez grand nombre pour atténuer les étincelles réduites d’ailleurs par l’emploi
- FIG. 37. — EDISON (i88f
- d’une dérivation permanente 7-8. Les inducteurs sont ainsi toujours excités par cette dérivation.
- On peut, ainsi que l’indique la figure 37, disposer ce système d’après le principe des relais, en
- FIG, 38. — EDISON (1882)
- doublant l’électro B d’un second aimant C, également en dérivation 7-8 sur le circuit principal, et fermant par ef le circuit de B, ou l’ouvrant, suivant que la forcé électromotrice du circuit prin-
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- ?o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- cipal diminue ou s’accroît. Les mouvements de l’armature C se répercutent en B, dont les vibrations règlent comme précédemment l’intensité moyenne du courant excitateur 3-4.
- Enfin, on peut rendre cette régularisation plus sensible et plus étendu^, en faisant varier la résistance de la dérivation pare-étincelle 7-8 automatiquement, au moyen d’électros auxiliaires G
- FIG, ET 4O. AYRTON ET PERRY (1882)
- FIG, 41.
- AYRTON ET PERRY (1882)
- et H (fig. 38) supprimant de ce circuit, par l’attraction de leurs armatures, un nombre de résistances ED proportionnel au travail du circuit principal. ( __
- Le régulateur proposé par MM. Ayrton et Perry, en 1882, agit non pas en interrompant le
- Fin. 42. — FLElïMlN JENKIN (1882)
- courant excitateur, mais en y introduisant des résistances pendant des périodes plus ou moins longues de la rotation de l’armature. Le courant passe (fig. 39 et 40) de l’armature A en B par une pièce A' coulissant dans M, s’écartant du centre par sa force centrifuge d’autant plus que A tourne plus vite, et restant en contact suivant un arc d’autam plus long avec la partie K, séparée de B par une résistance. Le fonctionnement de la disposition
- analogue, représentée par la figure 41, s’explique de lui-même en suivant les lettres des figures 3g et 40.
- Dans le dispositif proposé par Fleemin Jenkin (1882), la régularisation s’opère (fig. 42) à l’aide d’un régulateur à boules w, secondé par un solénoïde 9, en dérivation sur le circuit principal. Quand la réceptrice s’emporte, R ferme, par le contact 2-3, la dérivation 3, 9-10 du solénoïde, qui rompt alors le circuit principal en attirant le levier 5 de 6 en 16, de sorte que le courant principal retourne, par H 5 la résistance 14 et le solénoïde, sans arriver à la réceptrice. On évite donc, par H et 14, de faire passer la totalité du courant dans l’interrupteur 2-3, qui s’échaufferait, pourvu que l’intensité fût considérable. On évite aussi la
- ______L
- O O
- FIG. 4^. — F. JENKIN (iS8g)
- production d’étincelles en 16 et 6, en munissant le levier 5 de ressorts venant au contact de 16 avant de quitter la borne 6. En outre, comme il ne passe dans le solénoïde qu’une faible partie du courant, l’action de ce solénoïde peut être rendue extrêmement délicate et sensible, même pour les courants les plus puissants.
- Enfin, si la vitesse s’accélère au point que R vienne appuyer sur le ressort 4, le circuit de la réceptrice se ferme sur lui-même et agit comme un frein.
- Lorsque l’intensité du courant principal est très considérable, on a recours à une dynamo régulatrice B (fig. 43) dont la rotation commandée par le levier 5 inet le levier c en contact sur c{ ou sur c,, faisant ainsi passer le courant principal entièrement par la réceptrice A, lorsque c est sur cl ; tout en dehors de A suivant c m, lorsque c est sur c2 ; ou en partie par A et par m quand c fait, comme l’indique la figure, contact à la fois sur ct et ct.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- Lorsque le levier 5, mû par un régulateur, fait contact entre 5a xa, 56 et xb, le courant traverse B seul sans A, c venant sur c2 ; lorsque le levier 5 établit le contact entre 5a 5b et yb, le courant traverse à la fois A et B, mais en sens contraire, en-changeant la rotation de B, de manière à amener c en c,.
- Lorsque le levier 5 revient dans sa position moyenne, B s'arrête et maintient c dans sa position correspondante tant que le régime du courant principal ne change pas.
- (A suivre.) ' Gustave Richard.
- ORIGINE
- ' DE
- L’ÉLECTRICITÉ DE L’AIR
- DES NUAGES ORAGEUX ET DES ÉRUPTIONS VOLCANIQUES
- i. Avant-propos. — « Votre explication de la direction des éclairs en zigzag me paraît également ingénieuse et solide. Quand nous pourrons expliquer d’une manière aussi satisfaisante comment les nuages s’électrisent, je pense que cette branche de la physique sera à peu près à son point de perfection. » C’est ainsi que, dès la fin de janvier 1762, Franklin écrivait à Baudoin (*). Il faut bien 'dire que Franklin connaissait les difficultés de cette explication. Il a fait, à ce propos, bien des conjectures et des expériences, et il a essayé d’expliquer l’origine de l’électricité atmosphérique en l’attribuant successivement à l’évaporation de l’eau, au frottement de l’eau de la mer avec les selg qu’elle contient, au frottement de l’air contre les montagnes, les arbres, les édifices et le sol, à la condensation et à la raréfaction de l’air et de tous les corps, considérés, par rapport à l’électricité, comme les éponges par rapport à l’eau, lesquelles, ayant la dose naturelle d’eau qui correspond à leur capacité actuelle, peuvent en contenir davantage lorsqu’on les dilate et moins lorsqu’on les'comprime, étant imbibées en moins dans le premier cas et en plus dans le second. Les expériences délicates et ingénieuses, qu’il a faites pour soumettre à l’épreuve toutes ces hypothèses, l’ont convaincu du défaut absolu de fondement de quelques-uneâ d’entre elles, et ont laissé dans son esprit une incertitude plus grande qu’auparavant, pour ce qui regarde les autres. Les mêmes hypothèses et les mêmes expériences ont été repro-
- (*) Œuvres de Franklin, trad. française de Barbeu Du-bourg. Paris, 1773, vol. I, p. 161.
- duites bien des fois,-plus tard, comme des choses nouvelles, et soutenues comme vraies, sans un examen aussi approfondi que celui que Franklin en a fait (*). Bien loin de les donner comme exactes, il les considérait comme de simples conjectures qui s’offraient à sa pensée. « Quand même de nouvelles découvertes (ce sont ses paroles) montreraient qu’elles ne seraient pas tout à fait justes, elles peuvent, en attendant, être de quelque utilité, en excitant les curieux à faire de nouvelles expériences et en donnant occasion à des recherches plus exactes (2). »
- Dans ce sens, je me suis décidé, moi aussi, à publier une théorie de l’origine de l’électricité de l’air, des nuages orageux et des cendres volcaniques; je l’ai méditée pendant plusieurs années et je la crois complètement nouvelle. Les expériences et les observations, qui lui servent d’appui sont peu nombreuses, mais leur caractère et l’autorité de ceux qui les ont faites en compensent le nombre. J’espère que la simplicité avec laquelle ma théorie se prête à l’explication de tous les détails des phénomènes observés jusqu’à présent, laissera dans l’esprit du lecteur la conviction que, si elle n’est pas absolument exacte dans toutes ses parties, elle a, du moins, des titres suffisants pour faire nombre parmi les autres et pour ne pas être considérée comme moins importante.
- Je soumets donc ma théorie à l’examen des savants, sans aucune intention d’exclure celles qui ont été publiées jusqu’ici (car il y a place pour toutes, plusieurs causes pouvant concourir à la production de l’électricité), mais dans l’espoir de faire connaître la principale des sources électroatmosphériques et la cause des phénomènes extraordinaires, dont la nature nous rend spectateurs. Si les savants trouvent quelque chose de bon dans mon travail, j’espère qu’ils voudront bien me faire connaître les raisons pour lesquelles ils pourront différer de ma manière de voir dans quelques-unes de ses parties, car, en faisant ainsi, ils satisferont à mon désir d’obtenir sur la question une discussion profonde.
- 2. La GLACE ET QUELQUES AUTRES CORPS s’ÉLEC-TRISENT PAR LE FROTTEMENT AVEC L’AIR HUMIDE. —
- Ce n’est pas moi, c’est Faraday, qui a fait les expériences qui démontrent cette proposition. Elles se trouvent dans le beau mémoire sur l’ori-
- (*) De toutes les causes auxquelles on a attribué l’origine de l’électricité des nuages, aucune n’a été trouvée propre à l’explication de tous les phénomènes observés. La dernière, qui était encore soutenue par des physiciens distingués, celle de la condensation des vapeurs d’eau en pluie, a été démontrée dépourvue de tout fondement par les expériences de M. S. Kalischer {Ann. de Wiedemann, n° 12, i883, et Lumière .électr. du 19 janv. 1884, p. 117),
- (2) Œuvres, p. 121.
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- 7'a:
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- gine de l’électricité dans lamachine hydro-électrique d’Armstrong ('). Le résultat, qui passa presque inaperçu pour un grand nombre de lecteurs, parce que, par rapport au but principal du mémoire, il n’était que secondaire, fojme la base de la nouvelle théorie que je -présente. Voici la description des expériences avec le texte même de l’auteur.
- « 54. Après avoir ainsi expérimenté sur la vapeur et avoir été conduit à considérer la vapeur comme n’exerçant aucun effet par elle-même, mais comme étant seulement un agent mécanique qui entraîne les particules par lesquelles, le frottement est exercé, j’ai entrepris des expériences sur l’air comprimé. Dans ce but, je me suis servi d’un fort vase en cuivre de la capacité de 46 pouces cubes (912 cmc) muni de deux robinets, l’un, servant à l’entrée de l’air et l’autre à sa sortie. Ce vase fut lavé avec le plus grand soin à la potasse caustique; on prit les plus grandes précautions pour éviter l’huile,-la cire ou la résine par des ouvertures, on y fît entrer de l’air au moyen d’une pompe à compression, et dans quelques cas, lorsqu’on eut besoin d’air sec, on y introduisit de 4 à 5 onces (ii3 à 141 gr.) de potasse fondue, et on laissa l’air condensé en contact avec elle pendant 10 ou i5 minutes. L’air sortait par bouffées de i5o pouces (2,975 cmc). Il fut très difficile de priver l’air de l’odeur d’huile qu’il prenait en traversant la pompe foulante.
- « 55. Je parlerai d’abord de l’air ordinaire qui n'a pas été desséché. Quand on laissait échapper subitement cet air contre le cône de cuivre ou de bois (n. 2), il rendait le cône négatif, exactement comme l’avait fait le courant de vapeur et d’eau (n. 22). J’attribuai cela aux particules d’eau condensées tout à coup, provenant de l’air qui se dilatait et se refroidissait en frottant contre le métal ou le bois; ces particules se voyaient dans le brouillard qui apparaissait et se montrait en mouillant la surface du bois ou du métal. Cette production d?électricité s’accorde bien avec celle qui est fournie par un courant de vapeur et d’eau; mais l’opinion qui la rapporte à l’évaporation (n. 8) est contredite par la condensation qui se fait dans le cas actuel.
- « 56. Cependant, lorsqu'on laissa échappa' l'air ordinaire contre de la glace, il la rendit positive; l'expérience fut répétée plusieurs fois, et eu alternant avec l'effet négatif produit sur le bois et sur le métal. Ce résultat s’accorde avec le caractère éminemment positif qui a déjà été assigné à l’eau (11.32).
- « 57. J’ai fait ensuite des expériences avec l’air sec (n. 54), et j’ai trouvé que, dans tous les cas, il
- P) Phil. Trans. oj the R. Soc. of London, ire partie, 1843, p. 29, et Ann. de Chim, et de Phys., 3° série, t. X, p. 101,
- i844-
- était complètement incapable de développer de l’électricité avec des cônes de bois ou de cuivre; cependant si, dans le cours de ces expériences, je laissais s’échapper de l’air aussitôt après l’avoir comprimé, sans lui donner le temps de sécher, alors il rendait négatif le bois ou le cuivre (n. 55). Cela prouve d’une manière satisfaisante que, dans le premier cas, l’effet était dû à l’eau condensée, et que ni l'air seul ni la vapeur seule ne sont capables d’électriser ces corps, le bois, le cuivre, etc.
- « 63. Ici se terminent mes recherches sur la vapeur d’eau s'échappant en jet dans l’air; ensuite je fus conduit à faire quelques expériences sur des poudres sèches entraînées par un courant d’air. Le soufre, réduit en poudre par la sublimation, rendit négatif le cône de métal, celui de bois et même celui de soufre; une fois le cône de métal devint positif... (*). »
- Je tenais à faire connaître dans leur originalité les résultats des expériences de Faraday, d’où il résulte que la glace, le bois, etc., s’électrisent par le frottement avec l’air humide et non avec l’air sec. Ces résultats sont de la plus haute importance pour mes vues et forment la base de la théorie que je vais développer.
- 3. La glace et la neige sont*de mauvais conducteurs de l’électricité. — Cette proposition a été démontrée par Achard, qui, au mois de janvier 1776, à Berlin, en faisant tourner un globe de glace dans une machine convenable, électrisa assez fortement un conducteur (s).
- La neige est si peu conductrice que les directeurs du nouvel observatoire météorologique du pic du Sentis (canton d’Appenzell), qui a été mis en communication téléphonique avec le petit village de Schwendi, au pied de la montagne, ont pu mettre tout nu sur la neige le fil conducteur, et ont de cette manière assuré le-service d’hiver, très souvent interrompu par les vents et le givre, qui cas saient le fil tendu dans l’air \p).
- 4. L’air humide est un mauvais conducteur. — Cette vérité a été mise en évidence par les expé. riences du professeur Charles Marangoni; qui démontra que la déperdition de l’électricité des conducteurs dans l’air humide n’a pas lieu à travers ce dernier, mais bien à travers le voile humide continu, qui peut se former sur les supports isolants (4). Sans ce voile, la perte de l’électricité est
- (*) Traduit par Alluart.
- (2) Cavallo, A complété Treatise of electricily. Londcm 1778. p. 40.3.
- (3) Mondes, 23 février 1884, p. 289.
- (4) Rivista Scient. Ind. de Vimercati, 1881, p. 10, et Lum.
- Elcclr., 1881. ...
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- très lente, même dans l’air commun agité ou lancé sur le corps avec un soufflet, comme faisait Mat-teucci(‘). Le professeur Jean-Jacques Agostini arriva à la même conclusion par des expériences d’un autre genre (s).
- Mais, dès le siècle dernier, Beccaria avait déjà établi ce même principe (3). Voici ses paroles : « Quelquefois on obtient une forte charge, même quand le ciel est nuageux, parce que les vapeurs, très subtiles et peu abondantes, ne forment pas sur Ta surface du verre un voile continu.... La grande somme des intervalles, quoique très petits, des particules humides, fait une somme d’une très grande résistance qui arrête la plus grande partie de l’électricité en action ».
- 5. Les brouillards et les nuages sont des
- CONDUCTEURS TRÈS IMPARFAITS J L’ÉLECTRICITÉ NE SE. PORTE PAS A LA SURFACE DES NUAGES. — BeC-
- caria avait déjà fait remarquer la lenteur de diffusion de l’électricité lumineuse dans les nuages et d’un nuage à un autre. « La conductibilité imparfaite des» nuages, dit Bellani, est la cause des éclairs fréquents qui apparaissent par intervalles à la surface des nuages, parce que le fluide électrique se transporte avec une certaine lenteur de l’intérieur à la surface de la masse vaporeuse entière. Le nuage n’est pas-un. tout conducteur: l’électricité demeure sur chaque particule de vapeur et non sur la surface du nuage, car l’espace occupé par l’air entre les particules est de beaucoup plus grand que l’espace occupé par ces dernières (4). »
- L’opinion de Peltier est presque identique à celle de Bellani : il admet que l’électricité ne se potte pas entièrement sur la surface des nuages, mais que les vésicules vaporeuses en sont individuellement chargées dans tout le nuage, ce qu'il conclut d’après les observations électroscopiques faites au passage des brouillards, et de ce que, après une décharge, le nuage est encore électrisé, et que plusieurs décharges successives peuvent se succéder les unes aux autres (6).
- Fusinieri dit plus explicitement : « Les nuages n’ont pas des surfaces unies comme celles des conducteurs de nos machines, d’où il suit que l’électricité ne peut pas résider sur de telles surfaces de la même manière que sur ces derniers, ni se décharger de la même manière en un seul point sur une.autre surface (°). »
- Cependant il n’est pas nécessaire de recourir à l’autorité des grands électriciens, car nous pou-
- (*) Ann. de Chint. et de Phys., 2e série, t. XXVIII, p. 386. (*) Rivista Scient. Ind, 1881, p. 204.
- (*) Elettricismo artificiale, Torino, 1772, p. 108.
- (*) Bellani, Mem. stilla grandine, 1834, p. 29.
- (5) De la Rive, t. III, p. n3 et 114.
- Mem. di Mettor. Padçva 1847, p. 3.
- vons établir le principe énoncé comme un simple corollaire des expériences des professeurs Maran-goni et Agostini.
- D’après cela, il n’y a plus à s’étonner si Spal-lanzani, qui, traversant un nuage orageux, a pu observer successivement le météore de bas en haut, dans l’intérieur et de haut en bas, malgré toute son attention, n’a vu aucune foudre lancée entre deux nuages. * * Je faisais surtout attention pour voir de quelle manière l’éclair se produisait, et s’il était l’effet d’une étincelle électrique s’élançant d’un nuage à un autre voisin, comme la plupart des physiciens modernes l’admettent, lorsque l’électricité abonde sur le premier et sur le second fait défaut. Mais je n’ai pu rien voir dans cela de précis, rien de bien distinct, car cet immense assemblage de vapeurs formait un tout uni et comme un seul nuage. Je voyais seulement de temps en temps sortir du sein de ces vapeurs une large étincelle, parfois simple et parfois divisée en plusieurs branches, et qui, en un instant, parcourait un espace très grand, ordinairement non en ligne droite, mais avec plusieurs angles et détours (*). »
- (A suivre.) Jean Luvini.
- L’INSTALLATION
- DES LAMPES EDISON
- A LA BANQUE DE FRANCE
- Si en général toutes les installations de lampes à incandescence ressemblent les unes aux autres, si dans tous les cas, les machines, les circuits, les lampes sont les mêmes, ce serait une erreur de croire que le problème de l’éclairage se pose toujours d’une invariable manière, et que par suite la solution est toujours prête» Suivant ce qu’il faut éclairer au contraire, les dispositions à prendre peuvent varier à l’infini. Les conditions imposées à l’ingénieur sont de nature si variée, que dans les cas même les plus simples, il y a toujours une étude à faire si l’on veut atteindre les desiderata que permettent les moyens dont on dispose. Il s’en suit qu’il y a dans toute installation d’éclairage électrique des points intéressants à examiner, des observations utiles à faire, même lorsqu’il y a lieu de critiquer.
- Dans celle de la Banque de France par exemple, dont nous voulons parler aujourd’hui, les dispositions de l’éclairage sont particulières, elles diffèrent, comme on le verra, de celles dont nous avons entretenu jusqu’ici nos lecteurs, et à ce titre,
- (») Mem. delta Spc, liai-, t, II, 2* partie, p. 892.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- nous avons tenu à lui consacrer quelques pages de notre journal.
- Il y a déjà trois ans environ qu’une première tentative fut faite à la Banque de France pour remplacer le gaz par l'électricité. Le directeur- de la fabrication des billets, AL Ermel, s’étant rendu compte depuis longtemps, que l’éclairage à l’incandescence, pouvait rendre des services pour l’impression des billets, obtint alors du gouverneur les crédits nécessaires pour une installation provi-
- soire. Il fit placer par la Société Edison une machine de : 200 lampes dans ses ateliers, et y fit mettre en service, ainsi que dans ses bureaux, 180 lampes environ. L’éclairage fonctionna ainsi d’une manière satisfaisante jusque vers la fin de l’année 1884. '
- Devant les résultats acquis, le gouverneur de la Banque résolut alors d’adopter définitivement le nouveau système et, voulant remplacer le gaz dans les services les plus importants de la Banque,
- FIG. I. — ÉCLAIRAGE DE- l'iMPIUMÉIUE A LA BANQUE
- chargea la C° Edison d’une installation de 700 lampes, de 16 bougies.
- Malheureusement la force motrice dont on disposait ne dépassait guère 3o chevaux. Il fallut disr poser tout un matériel mécanique nouveau, et comme la place manquait dans le voisinage des ateliers, on dut faire une installation spéciale dans le sous-sol à une centaine de mètres de là.
- La chambre des machines dont nous donnons une vue comprend deux machines Compound Weyher et Richemond de 5o chevaux qui actionnent deux grands dynamos Edison de 5oo lampes et une machine de 200. Cette installation a été faite
- avec tout le soin qu’elle comportait, et l’on est parvenu à faire une belle salle de machines avec une cave qui manquait de jour et que des conduites d’eau et des calorifères encombraient.
- Le service de transmission présentait des difficultés toutes spéciales. Le problème à résoudre était en effet le suivant :
- Chaque moteur devait pouvoir, suivant les cas, marcher seul ou être embrayé pendant la marche. En outre, il devait, si un accident arrivait au moteur de l’imprimerie, actionner les transmissions au moyen d’une courroie. Pour rendre possible cette double condition, on fit usage d’un nouveau sy*-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tème d’embrayage, inventé par M. Ermel et avec lequel on peut immobiliser les courroies lorsqu’elles ont été placées sur les poulies folles. L’appareil
- mouvement les poulies folles et les courroies qu’il avait préalablement arrêtées.
- Comme il convenait, les arbres de transmission
- FIG. 3. — ÉCLAIRAGE DE LA SALLE DES DEPOTS ET TITRES FIG 4. — ÉCLAIRAGE DES BUREAUX DE RECETTE
- est des plus simples et lorsqu’on veut faire passer la courroie sur la poulie de commande, une manoeuvre également facile permet de remettre en
- ainsi que les courroies de mouvement sont placés dans le sous-sol.
- Le tableau de distribution des circuits est en
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- JOURNAL UNIVERSEL Ù'ÊLECTRICITÊ
- chêne verni et identique à celui de la maison Hachette qui a déjà été décrit.
- Le courant des dynamos y est amené, et de là partent tous les circuits des lampes, des instruments de mesure, des régulateurs de courants, etc. de manière à ce qu’une seule personne puisse facilement régler tous les services de l’é.clairage.
- La salle la plus importante à éclairer au rez-de-chaussée était celle des garçons de recettes qui à elle seule possède autant de lampes que le reste de l’édifice, soit 35o lampes.
- Dans cette salle en effet, chaque garçon vient tous les jours s’enfermer dans une cabine grillée, d’où il ne sort que lorsqu’il a vérifié les comptes de sa recette. Comme il faut dans chaque cabine une lampe et qu’il y a 210 cabines en tout, c’est donc pour cela seulement 210 lampes à placer.
- KIG. 5. — DÉTAIL DU CHARIOT
- Dans ce but, chaque cabine a été munie d’une lampe, à genouillère munie d’un vaste abat-jour, et le reste de la salle et les bureaux contrôles sont éclairés par les 140 lampes qui restent.
- Dans la salle des dépôts et titres, une difficulté toute spéciale se présente. Si dans la grande salle du rez-de-chaussée chaque lampe avait pour ainsi dire sa place désignée d’avance, il n’en était plus de même ici. En effet, la salle des titres n’est qu’un immense couloir de 80 mètres de longueur bordé de chaque côté de casiers ayant tout au plus 6 mètres de largeur. Si le travail des employés au lieu d’être reporté uniformément dans toute la longueur de la salle est parfois concentré dans une ou plusieurs régions d’une dizaine de mètres, l’éclairage par suite ne doit plus être uniforme, et il faut pouvoir éclairer une quelconque de ces sections dont l’emplacement est arbitraire et qu’on ne peut d’avance déterminer. De plus il faut que l’espace reste libre, ne soit pas encombré par des appareils et qu’enfin la manœuvre soit facile. Pour résoudre cette difficulté, M. Vernes l’ingénieur de
- la Société Edison proposa un système de chariots mobiles.
- Comme le montre la figure ci-contre, dans toute la longueur de la salle, on installe deux rails légers maintenus au plafond par des supports espacés de quatre en quatre mètres.
- Sur ces rails on dispose des chariots. Chacun d’eux porte une suspension de quatre lampes munies de douilles à clef, et disposées en carré de manière à éclairer à peu près 10 personnes assises autour d’une même table. De plus au centre de l’appareil une prise de courant fut disposée de manière à ce qu’au besoin on pût adapter une lampe portative pour l’éclairage, suivant le cas, d’un des casiers des titres.
- On répartit ainsi dans la salle des titres 18 chariots montés comme nous venons de le dire. Leur déplacement peut s’effectuer avec une très grande facilité, même lorsqu’ils sont allumés, et, de la sorte, les employés eux-mêmes, avec une extrême rapidité, concentrent l’éclairage dans chaque point de la salle où leur service les appelle. Enfin, pour compléter cet éclairage et pour faciliter la surveillance des casiers des titres, une cinquantaine de lampes fixes munies de réflecteurs ont été placées de distance en distance sur les deux côtés de la salle. L’effet ainsi obtenu est très bon, et la marche des appareils n’a causé aucun ennui.
- Enfin, pour terminer, il reste à signaler une petite installation supplémentaire spécialement affectée à l’éclairage de la serre journalière des espèces. Cette salle est un véritable tombeau qui ne reçoit jamais la lumière du jour, et dans laquelle ne pénètre pas qui veut. Des conduits sinueux, des détours sans nombre y conduisent, et le trésor renfermé est dans l’antre éclairé jusqu’ici par quelques becs de gaz seulement. Mais comme la ventilation n’y peut être faite faute d’ouverture, comme la porte de fer qui mure l’entrée est toujours naturellement fermée, le gaz, -après quelques heures, viciait l’air et développait une chaleur telle que la respiration y devenait impossible. Avec raison on y a installé des lampes à incandescence. L’éclairage y fonctionne tous les jours, de 8 heures du matin à 6 heures du soir sans interruption, et une petite machine Edison est affectée à ce service. Mais comme la dynamo actionnée par la transmission de l’imprimerie ne tourne pas toute la journée, une batterie d’accumulateurs Faure-Sellon, petit modèle, a été installée. La machine, durant son fonctionnement, les charge par une dérivation tout en actionnant les lampes, et lorsqu’elle s’arrête, les accumulateurs, qui sont presque toujours à leur maximum de chargé, assurent le service.
- Comme on le voit, cette installation de la Banque de France n’est pas sans présenter un certain intérêt. Faite avec soin, elle permet de réaliser entièrement tous les avantages propres au mode
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- d’éclairage employé, et ainsi comprise elle ne peut que rendre des services à ceux qui l’utilisent comme à ceux qui l’ont faite.
- P. Clemenceau.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales Allemagne
- SUR LES CONSTANTES DE QUELQUES NOUVEAUX
- éléments galvaniques. — M. J. Kræmer à Vienne, ingénieur télégraphiste et professeur d’électro-,technique, a fait quelques recherches sur les constantes de plusieurs nouveaux éléments galvaniques
- FIG. 1
- prenant pour ses expériences des éléments inconstants aussi bien que des éléments constants. Les éléments constants examinés par lui étaient :
- i° L'élément Callaud (fig. i) qui trouve son emploi surtout en France et en Autriche pour les signaux des chemins de fer et des télégraphes. Cet élément possède l’avantage que le. pôle Zn est relié d’une façon permanente, avec lé pôle Cu de l’élément suivant, et qu’ainsi une confusion de pôles est impossible. L’élément n’a aucun diaphragme. Il exige une surveillance continuelle, puisqu’il se salit aisément. Dans la première moitié de son fonctionnement il est très peu constant, et Vers la fin il redevient tellement irrégulier, qu’un effet constant ne peut être obtenu qu’en travaillant toujours avec un excès dé force considérable. La résistance moyenne de cet élément est de
- i3,2 unités Siemens, mais elle varie entre îg et g. La force électromotrice de cet élément a été employée comme terme de comparaison dans les mesures de M. Kræmer.
- FIG* 2
- 2° L'élément Callaud avec diaphragme en parchemin (fig. 2).
- Le diaphragme est tendn sur un châssis en caoutchouc durci, puis posé sur l’étranglement du verre et couvert par le cylindre en zinc. La boue de zinc en tombant peut mettre obstacle à la diffusion des liquides et s’opposer au tonction-
- FIG. 3
- nement de l’élément. Pour cette raison la résistance est extrêmement variable (entre 3o et 6 U. S.). La moyenne est de 21 unités Siemens. La force électromotrice est de i,io3.
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- JOURNAL UNIVERSEL ' D'ÉLECTRICITÉ
- 3° L'élément Prasch (fig. 3),
- Le pôle Zn est suspendu dans un gobelet en verre ouvert au fond (E), dont l’ouverture est fermée par un disque en parchemin double (D).
- Il est vrai que la résistance de cet élément est considérable, mais en revanche elle est presque constante. Avec une distance de io5mm entre les
- électrodes la résistance était de i5 unités Siemens, avec une distance de 6omm de 14,4 unités Siemens, avec une distance de 35mm de 12,9 bnités Siemens.
- La force électromotrice de cet élément est de 1,120 Callaud.
- 4° L'élément Egger (fig.. 4) est fort employé
- DESIGNATION
- de
- l’élément
- Elément Callaud. grand format
- MATIEK E S
- Cu
- kilog.
- Avant f __
- l’expérience (
- l’exfefence (+ °’o6° Consomma- j tion 1
- Zn
- kilog.
- 0,700 0,600 o, 100
- Cu SO,
- kilog.
- 0,500
- 0,090
- 0,410
- HaO
- [c. cub. IOOO
- FORMAS DE L'ïLEMENT;
- Hau-
- teur
- 210
- Dia-
- mètre
- 100
- Notes
- Avec un rétré-cissement dans le milieu. Ouvert à 8omm. ’
- Zn
- Cylindre
- fendu
- Cu
- Bande larg. igm™ épais. 3mni
- Diaphragme
- Elément Callaud, avec diaphragme en parchemin
- I I
- Avant ( _
- l'expérience (
- 1+ °'o8°
- Consomma- ( __
- tion
- I
- (
- 0,700 o,58o o, 120
- o,5oo
- 0,010
- 0,490
- 1000
- 200
- Avec un rétré-cissemen t dans le milieu. Ouvert à 65mnl.
- Cylindre
- fendu
- Spirale en fil de cuivre
- Parchemin dans un cadre en caoutchouc durci
- Zn. — Cu. Elément avec | diaphragme en parchemin < et gobelet pour Zn (Syst. Prasch) \
- l
- Avant i ________
- l’expérience j
- l'expérience j + °'o6° Consommation
- I
- 0,620
- 0,528
- 0,092
- o,5oo
- 0,200
- o,3oo
- 1400
- 210
- n5
- Parois droites avec couvercle en zinc. Fermé.
- Cylindre
- fermé
- Spirale en fil de cuivre
- Parchemin au gobelet de verre
- Uiicuicui avec. 1
- cylindre / de j remplissage I (Syst. Egger) \
- 1
- 1 Avant j 1,020 0,700
- l’expérience (
- Apres f_i_ 0 08 5 Texpérience °* 0,820 0,000
- Consomma- ( tion { 1 0,200 0,700
- 1 Avant ( l’expérience ( 1,260 o,5oo
- ,, APr?s î-}- 0,095 l’experience 1,140 0, 120
- Consomma- ( tion ( i 0, 120 o,38o
- 2000
- 2bo
- i3o
- Parois droites avec couvercle en zinc. Fermé.
- Cylindre
- fermé
- Spirale en fil de cuivre
- Elément
- Kohlfürst,
- avec
- diaphragme horizontal en argile
- t5oo
- 205
- [40
- Rétrécissement en bas à 40mm. Dia-phragnie à 70mm. Couvercle enfer. Fermé.
- Forme
- hémisphé-
- rique
- Spirale en fil de cuivre
- Diaphragme en argile
- dans la télégraphie en Autriche, en Hongrie, en | Roumanie et en Serbie. L’élement a un cylindre ! d’approvisionnement, afin de pouvoir renouveler le cuivre dissous pendant le fonctionnement sans altérer les autres parties de l’élément, La résistance est de 7,9 unités Siemens, la force électromotrice de 1,175 Callaùd.
- 5° L'élément Kohlfürst (fig. 5). — Cet élément possède un diaphragme horizontal en argile, percé
- | de grands trous (B). Le courant est pris au pôle 4-! par une pièce de plomb, ou par une spirale en fil de cuivre. La résistance tombe de 18 unités Siemens à 9,5 unités Siemens ; la force électromotrice est de 1,202 callaud. Quant à la force électromotrice de cet élément, elle est la plus forte parmi les cinq examinés. Le tableau précédent montre le rapport entre les dimensions et la consommation de matière v>our les susdits éléments^
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- 8o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Quant à la durée des mômes éléments,, M. Kræ-mer a trouvé :
- Avec 5oo grammes de sulfate de cuivre, et fermeture en court circuit :
- *
- FIG. 4
- i Callaud i durait 48 jours,
- 1 Callaud 11 — 60 —
- 1 Egger — 3o —
- i Prasch — 80 —
- 1 Kohlfürst — 62 —
- Pendant que dans les mêmes conditions :
- 1 Daniell durait 83 jours.
- 1 Meidinger — 45 —
- Se basant sur ses essais et ses expériences, M. Kræmer tire les conclusions suivantes quant à l’utilité pratique des éléments galvaniques :
- FIG. 5
- (1) Une séparation totale des deux liquides différents par un diaphragme convenable, augmente l'effet électro-moteur de l’élément galvanique.
- (2) Pour une quantité considérable de solutions saturées autant que possible, la résistance de l’élé-
- Contenu du diaphragme
- DESIGNATION
- du diaphragme
- Char-
- Longueur du qôté de la section quadr.
- Conte-
- Contc-
- Hau-
- Désignation
- mètre
- petites
- pièces
- cubes
- particulière
- moyen
- c. cubes
- c. cubes
- c. cubes
- c. cubes
- c. cubes
- c. cubes
- c. cubes
- Charbon de -cornue
- Leclanché I . .
- Artificiel
- ; Charbon " de cornue
- 41,712
- Artificiel
- ' V . .
- Artificiel
- La composition est t. secret de l’inventeur.
- Marcus
- ment est amoindrie, mais en revanche la consommation est augmentée hors proportion.
- (3) L’entaillage des verres de batterie (très en
- usage) pour pouvoir poser le zinc, n’est pas avantageux, puisqu’il affaiblit la conductibilité de l’élément, et fait que l’élément se salit plus faci-
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-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITL
- 81
- lement. En conséquence la résistance intérieure devient variable.
- (4) Il est à recommander de donner au zinc la forme d’un cylindre. C’est un résultat pratiquement acquis; à en croire l’avis de plusieurs hommes du métier, la surface intérieure seulement du cylindre en zinc produit la force électromotrice, l’oxydation des autres surfaces du cylindre n'étant considérée que comme consommation additionnelle.
- Parmi les éléments inconstants, M. Kræmer a examiné ceux qui sont construits d’après le principe Leclanché. Quant à la réaction chimique dans l’élément Leclanché, il donne deux équations, sans toutefois décider laquelle des deux est la plus vraisemblable.
- (1) Zn + 2MnOa + C+2 AzHsHCl + H. 0 = Zn Cl2 + Mn2 03 + C -f H2 O + 2 As H3.
- (2) Zn -}- 2 Mn 02 + 2 As H4 Cl -f- H2 O = ZnCl, As H3 -f As H3+ Ha O + Mn Oa + C + 2 H.
- Il a examiné 5 différents éléments genre Leclanché, et un élément de Marcus, qui est aussi construit selon le système Leclanché, mais dont la composition est le secret de l’inventeur.
- Le tableau précédent donne les proportions exactes des éléments.
- Les éléments mettaient en action quarante minutes par jour une sonnerie électrique de 71,4 unités Siemens. Les résultats # suivants furent obtenus :
- Résistance
- , en Unités Force
- Eléments Siemens électromotricc
- 1 ..................... 3,67 I »
- 2 ....................... 2,38 0,96
- 3 ....................... 2,44 0,70
- 4 ................. 2,3i 0,80
- 5 ...................... 2,28 0,73
- Marcus. ........... 1, iS o 80
- Ces données s’accordent de très près avec les chiffres indiqués par Leclanché (*).
- D’après ces résultats, M. Kræmer conclut que le peroxyde de manganèse augmente, il est vrai, la force électromotrice des éléments, mais aussi, selon l’expérience, la consommation dans les éléments. Il a essayé aussi la substitution de 0,044 kilogrammes de A1K (S04)2 à 2 A2H4 Cl, dans la supposition que l’effet d’un tel élément serait plus constant avec une force électromotrice égale. Par cette substitution la force électromotrice monta à i,2o3. Mais il reconnut que l’alun ne peut être employé à cause de la formation abondante de Al (OR3). Pour obvier à cet inconvénient il construisit un élément, dans lequel il substitua 0,044 ki-
- (') Comptes rendus de l'Académie des sciences, 18 décembre 1876, p. 1238.
- logrammes Al (A2H4) (SO.,)2 au sel ammoniac. Cet élément actionna une sonnerie électrique de 71,4 unités Siemens pendant 1690 heures de suite, avec une résistance extérieure de 120 unités Siemens. L’intensité du courant était .parfaitement constante pendant tout ce temps. La force éléctro-motrice était de 1,201, la résistance de 2,84 unités Siemens.
- En se basant sur ces expériences, M. Kræmer conclut donc :
- « Si l’on veut employer à un travail long et continu des éléments construits d’après le principe Leclanché, on fera bien de prendre, ceteris paribus, au lieu de sel ammoniac, une quantité égale d’alun ammoniacal, mais il est à recommander de laisser toujours travailler de tels éléments sur une assez grande résistance extérieure. »
- Finalement, M. Kræmer indique un nouvel élément au chrome de Desruelles, pour lequel il augure un emploi étendu dans la pratique à cause de son effet extrêmement fort. La résistance est minime dans cet élément, mais la force électromotrice est extrêmement forte (en moyenne 1,8 Da-niell), et la polarisation est peu importante.
- Dr H. Michaelis.
- Angleterre
- LE SIÈGE DE LA FORCE ÉLECTROMOTRICE DANS
- les éléments voltaïques. — Dans un élément voltaïque, il y a au moins trois jonctions de différentes matières; dans l’élément zinc, acide et cuivre, il y a par exemple les jonctions zinc-acide, acide-cuivre et cuivre-zinc. A chacune de ces jonctions, on croit qu’il existe une force électromo-trice de contact; mais on n’est pas encore bien fixé sur la valeur de chaque force électromotrice. On ne sait pas si c’est la jonction zinc-acide, cuivre-acide ou zinc-cuivre qui fournit la plus grande partie de la force électromotrice dans la combinaison qu’on observe.
- Dans l’opinion des physiciens en général, la jonction zinc-cuivre contribuerait probablement à la plus grande partie de la force électromotrice, mais il y a cependant une minorité qui diffère de cette manière de voir et qui est portée à croire que c’est la jonction zinc-acide qui fournit la plus grande partie de la force électromotrice de l’élément. Entre autres, le docteur Oliver Lodge est de cet avis et il a réuni un grand nombre de faits ayant trait à ce sujet, qu’il a discuté avec détails devant la « Society of Telegraph Engineers and Electri-cians. »
- Voici un résumé des arguments du Dr Lodge :
- i° L’endroit où un courant gagne ou perd de l’énergie doit être le siège d’une force électromotrice et vice verset partout où il y a un siège de
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-
- 8a
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- force électromotrice un courant qui traverse cet endroit doit gagner ou perdre de l’énergie.
- 2° En passant du cuivre au zinc un courant n’augmente pas sensiblement d’énergie, par conséquent il n’y a pas là une force électromotrice appréciable.
- 3° Quand un courant passe du zinc à l’acide, l’énergie de la combinaison qui a lieu n’est nullement justifiée par la chaleur produite à cet endroit et le reste est gagné par le courant. Par conséquent il doit y avoir à une jonction zinc-acide une force électromotrice considérable, mettons 2, 3 volts au maximum.
- 40 Un morceau de zinc plongé dans de l’acide a donc un potentiel plus faible que l’acide, bien qu’il soit impossiblë de déterminer exactement la différence puisqu’il n’y a aucune véritable action chimique. Si une action chimique a lieu, elle doit être attribuée à des impuretés ou à des courants locaux.
- 5° Un morceau de zinc, dont la moitié est exposée à l’air et l’autre moitié plongée dans de l’eau, ne provoque pas une grande diflérence de potentiel entre l’air et l’eau, et par conséquent l’air doit se comporter comme l’eau.
- 6° Si un morceau de zinc rend l’air un peu positif vis-à-vis de l’eau comme M. Hànkel le prouve, la raison en est peut-être que l’énergie potentielle de la combinaison de l’air avec le zinc est un peu plus élevée que celle de l’eau, ou bien cela tient peut-être à une différence des forces de contact thermo-électriques entre le zinc et l’air et le xinc et l’eau; enfin, cela peut dépendre d’une force de contact entre l’air et l’eau. S’il existe une force de contact de ce genre entre l’air et l’eau, elle a de l’importance pour la théorie de l’électricité atmosphérique, car la chute des globules de brouillard à travers l’air les rendrait.électriques.
- 70 La manière de rechercher la force électro-motrice de contact par des condensateurs n’éloigne pas plus la nécessité de contacts inconnus que la méthode à galvanomètres ou électromètres.
- 8° Dans un cas le circuit est fermé par l’air, dans l’autre par un métal, et la force électromotrice d’un contact de l’eau avec l’air est encore plus difficile à connaître que celle d’un contact métallique.
- 90 Toutes les déterminations électrostatiques de forces de contact sont en réalité des déterminations de la somme d’au moins trois-de ces forces dont aucune ne peut être connue séparément par ce moyen.
- io° Ainsi que Clark Maxwell l’a fait remarquer, la seule manière directe de chercher la force électromotrice de contact est par le phénomène de Peltier ou ses analogies.
- xi0 Le zinc et le cuivre en contact ont des charges opposées, mais pas à des potentiels bien différents; ils étaient à des potentiels différents avant le contact, mais celui-ci les a presque égalisés.
- 12° Le: potentiel du milieu qui les entoure n’est cependant pas uniforme. Si c’est un diélectrique, il est dans un état de tension, si c’est un électrolyte, il est traversé par un courant.
- La rotation des aimants. — Faraday et Plücker ont fait une distinction entre l’action d’un aimant par rapport à son champ magnétique selon qu’il tourne autour de son propre axe ou qu’il se déplace lui-même ; Faraday s’est exprimé ainsi à ce sujet :
- « Quand on parle de lignes de force traversant un circuit conducteur, celui-ci doit être considéré comme influencé par le passage d’un aimant. La simple rotation d’un barreau aimanté sur son axe ne produit aucun effet d’induction sur un circuit à l’extérieur de son champ. Il serait aussi faux de croire que le système de force autour d’un aimant tourne avec celui-ci que de supposer une rotation autour du soleil.
- « Dans certains cas, on peut même considérer l’aimant comme tournant dans ses propres forces en produisant un effet électrique appréciable au galvanomètre. » (Philosphical Transactions i852, page 3i.) M. S. Tolver Preston a cependant dernièrement fait remarquer que cette distinction entre un mouvement de translation et un mouvement de rotation n’était pas soutenable puisque la rotation n’est qu’une translation dans un cercle.
- Quand un aimant tourne sur son axe, chaque partie ou chaque point magnétique passe dans un cercle autour de cet axe, et pour revenir à l’analogie avec le soleil, de même que les rayons suivent le mouvement de la surface du soleil tournant, les lignes de force magnétique doivent aussi tourner avec l’aimant. Cette manière de voir concorde avec celle d’Ampère et de W. Weber. Faraday avait tiré ses conclusions d’une expérience décrite dans les Philosophical Transactions de i832, page i83. Un disque en cuivre était cimenté à l’extrémité d’un barreau rond aimanté avec une couche de papier isolant entre les deux. Le disque et l'aimant tournaient ensemble tandis que le centre et la circonférence du disque étaient reliés avec des collecteurs en circuit avec un galvanomètre.
- On a trouvé que la déviation du galvanomètre était absolument identique à celle qu’on obtenait en faisant tourner le disque de cuivre seulement à travers les lignes de force de l’aimant stationnaire, et Faraday paraît en avoir conclu que le disque même attaché à l’aimant et tournant avec celui-ci coupe les lignes de force absolument comme quand l’aimant restait fixe et le disque tournait seul. Il en a déduit que les lignes de force ne suivent pas le mouvement rotatif de l’aimant, mais que celui-ci tourne parmi ses propres forces.
- I M. Preston a cependant fait remarquer que cette
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 83
- expérience est susceptible d’une double interprétation et que si les lignes de force tournent avec l’aimant, elles couperont le circuit dérivé du galvanomètre puisque l’aimant tourne sur son axe, et elles produiront un courant dans le même sens et de la même puissance que si l’interprétation de Faraday était exacte.
- L’opinion de Faraday nous force d’admettre que bien qu’un effet d’induction soit produit dans un disque en cuivre tournant parallèlement et au-dessus du pôle d’un aimant fixe, aucun effet de ce genre ne se produirait si, par contre, l’aimant tourne avec la même vitesse relative au-dessous du disque fixe, bien que le mouvement soit le même dans les deux cas. Se basant sur l’opinion de Faraday, on a supposé que la terre tournait dans son propre champ magnétique ou, en d’autres termes, parmi ses propres forces magnétiques. Mais si l’opinion contraire est exacte, le champ magnétique de la terre tourne avec elle et les eaux des fleuves, où les marées étant des conducteurs en mouvement à travers les lignes de force, seront soumis à l’induction magnéto-électrique.
- LES FILAMENTS DE CHARBON ET L’HUMIDITÉ. —
- Les expériences récentes de M. Brereton Baker B. A. prouvent que la consommation du charbon dans l’oxygène exige un certain degré d’humidité.
- On a placé un tube contenant du charbon et de l’oxygène sec au-dessus de la flamme d’un grand brûleur Bunsen, mais bien qu’il fût chauffé au rouge pendant plusieurs minutes, aucune combustion ne semblait avoir lieu. D’autre part on a placé un tube semblable renfermant du charbon et de l’oxygène humide au-dessus d’une flamme Bunsen et le charbon brûlait avec des éclats brillants. On a obtenu des résultats semblables avec du soufre dans de l’oxygène sec et humide.
- Cette expérience est d’une certaine importance pour la fabrication des lampes à incandescence et la durée du filament de charbon. M. Crookes a remarqué que quelques lampes à incandescence fonctionnaient bien moins longtemps que d’autres et il a constaté pour ces premières que l’acide phosphoreux dans les tubes attachés à la pompe à air était dans un état déliquescent. Il en a conclu que les gaz dans la lampe n’étaient pas secs. Il a également constaté qu’il est pratiquement très difficile de sécher des gaz avec de l’acide sulfurique et qu’il n’a réussi à les sécher avec de l’acide phosphoreux qu’en faisant passer le gaz à travers un tube de dessication de 6 pieds absolument rempli avec de l’acide phosphoreux.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch et M. Krouchkoll
- Quelques relations entre la chaleur et les actions voltaïques et thermo-électriques entre les métaux et les électrolytes, par G. Gore (').
- L’auteur a déjà étudié dans des mémoires publiés antérieurement les effets thermo-électriques entre certains liquides et des électrodes de platine ou de mercure (2). Dans le présent travail, l’auteur étudie les actions thermo-électriques entre une série de métaux et certains liquides ; il examine en outre les relations entre les effets thermo-électriques et les effets électrochimiques qu’on observe quand des métaux sont plongés dans des électrolytes.
- L’appareil qui lui a servi dans ses expériences
- est représenté sur la figure ci-contre. Deux petits vases de verre de 4cm de largeur et 5 de profondeur, prolongés par des tubes étroits de 6cm de longueur et de i3mm de diamètre sont fixés dans une pièce de bois et leurs, extrémités sont réunies par un tube de caoutchouc. Lorsqu’il s’agit d’observer les effets thermo-électriques entre unmétalet un liquide donnés, on ferme le tube de caoutchouc à l’aide d’une pince de serrage et on remplit l’un des vases de liquide froid et l’autre de liquide chaud, on ouvre la pince et on plonge dans les deux branches de ces vases communiquant, deux pièces du même métal, mis en communication avec un galvanomètre. L’un des vases avait la température de i5°,6 et l’autre était maintenu à la température de 7i°,i. La difficulté la plus fréquente est la polarisation, que l’auteur n’a probablemént pas évitée dans les conditions où il a opéré.
- L’auteur a examiné les propriétés thermo-élec-
- (') Proc. R. R., vol. 37, p. 25i, i885.
- 1 (2) Philosoph. Magaz., janvier 1857 5 Proc. R. S., n» 188
- I (1878) p. 513 ; n° 199 (1879) et n° 208 (1880).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 84
- triques de i3 métaux différents par rapport à 22 liquides en dissolution, en plongeant successivement les r3 métaux dans chacune des dissolutions.
- Il a d’abord trouvé que pris par rapport à l’un des liquides les uns soïit électropositifs au point de vue thermo-électrique, les autres sont électronégatifs. On a donc ainsi partagé tous les i3 métaux en deux groupes. L’auteur compare ensuite les métaux du même groupe entre eux en opposant l’un à l’autre deux appareils analogues à celui que
- nous avons décrit et contenant chacun l’un des deux métaux à comparer. L’auteur parvient ainsi à disposer les i3 métaux pris par rapport à l’une des dissolutions en une série thermo-électrique où chaque terme est positif par rapport à celui qui le suit et négatif par rapport à celui qui le précède. On a ainsi 22 séries différentes en groupant les i3 métaux par rapport à chacun des 22 liquides.
- Nous détacherons des tableaux donnés par l’auteur, comme exemples, quelques-unes des séries.
- Na Cl KHO H,SO, HCl Na„ SO3 K Ci Ks SO, HAzO,
- I . . , . . . • - + Pd Cd Al Ni Ni Ni Ni Al
- 2 Cu Fe Ni Fe Fe Zn Sn Ni
- 3 Sn Cu Fe Al Sn Al Fe Mg
- 4 Pb Ag Mg Mg Cd Cd Al Cu
- q Ni Zn Cu Cu Pb Pb Pb Fe
- 0 Fe Pt Pb Sn Au Fe Ag Pb
- ;7- • Zn Sn Pd Pb Cu Sn Cu Ag
- 8 Cd Pb Sn Ag Al Cu Mg Zn
- 9 Mg Ni Cd Zn Zn ' Ag Zn Cd
- 10 AI Al Zn Pt Ag Au Cd Sn
- II Pt Pd Au Pd Mg Mg Pd Pd
- 12 — Ag Au Ag Cd Pd Pd Pt Pt
- i3 . Au Mg Pt Au Pt Pt Au Au
- Remarque. — Les lignes horizontales séparent les métaux en 2 groupes : dans ceux qui se trouvent au-dessus de ces lignes, le courant va du métal chaud au métal froid à travers le liquide; il va en sens contraire dans ceux qui se trouvent au-dessous de ces lignes. Avec certains métaux dans certains liquides, on observait un renversement graduel du courant, à mesure qu’ils s’échauffent (Al et Pb dans l’alun de potasse).
- Dans certains cas* les métaux étaient attaqués par l’effet du courant. Dans ces cas, évidemment les mesures ne donnaient pas la valeur du courant thermo-électrique.
- Les autres liquides que l’auteur emploie sont : acide oxalique, acide formique, cyanure, fluorure, bromure, iodure, de potassium, azotate et carbonate de potasse, phosphate de soude, acide dextro-tartrique, sulfate, de magnésie, acide azotique, acide chlorique, alun de potasse et alun d’ammoniaque.
- L’auteur fit une série de mesures de force électro-motrice des différents couples thermo-électriques, entre ur métal et un liquide, et disposa ces couples en une série où chaque terme est négatif par rapport à celui qui le précède et positif par rapport à celui qui le suit.
- Nous citerons quelques termes de la série Gomme exemple :
- Métal Liquide Volts
- Al..................Na2PHO.............0,6621
- »................... Acide formique .... 0,4392
- Ni.................. HNO3.................. 0,4317
- Ni.................. Acide taririque .... 0,3447
- Al.................. HC103.............o,3o5i
- »................... KF................... . 0,2914
- »................... H2 SO-,........... 0.2778
- Ni.................. K2SO,,............0,2428
- »................... Alun d’amm. .... . 0.1972
- Sn.................. KCy................. 0,1827
- Ni.................. MgSOt.............0,1757
- Fe................... KBr.............. 0,1702
- Ni.................. KC1;.............. 0,1439
- ;............... HCl............... 0.0978
- »................... Na2 SO,,.......... 0,0975
- Cd.................. KHO............... 0,0877
- Toutes les mesures de forces électromotrices ont été faites avec un galvanomètre Thomson de 3040.7 ohms de .résistance.
- Dans les expériences que nous avons citées, les dissolutions étaient très diluées.
- L’auteur a étudié les forces électromotrices thermo-électriques des mêmes métaux dans les mêmes liquides, mais cinq fois plus concentrés. Il dispose les métaux en 22 séries thermo-électriques relatives aux 22 dissolutions concentrées. L’auteur fait ensuite une série de mesures de forces électromotrices thermo-électriques avec ces liquides concentrés et dispose les couples comme précédemment. Certains couples formés avec des liquides
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 85
- concentrés sont plus faibles qu’avec les mêmes liquides peu concentrés; d’autres, au contraire, sont plus forts quand la concentration des liquides est plus forte. L’auteur donne un tableau des variations de forces électromotrices avec la concentration pour le platine, l’argent et le cuivre dans l’acide sulfurique et pour le platine dans quelques autres liquides.
- Nous passons à la partie la plus intéressante du
- travail de M. Gore, où il étudie les relations entré les effets thermo-électriques et les effets électrochimiques entre métaux et liquides. Il groupe les treize métaux par rapport à chacun des liquides en deux séries électrochimiques : l’une correspondant à la température de i5°,6, l’autre à la température de 7i°,i. Nous citerons les séries relatives aux liquides par rapport auxquels nous avons donné les séries thermo-électriques.
- Na Cl KHO H„SO, H Cl N a 2 SO, K Cl K2SO, HAzO,
- - —~ --—- —- ——-
- Froid Chaud Fioid Chaud Froid Chaud Froid Chaud Froid Chaud Froid Chaud Froid Chaud Froid Chaud
- 1 Mg Mg Al Al Mg Mg Mg Mg Mg Mg Mg Mg Mg Mg Mg Mg
- 2 Zn Zn Zn* Za Za Zn Zn Zn Zn Zn Zn Zn Zn Zn Zn Zn
- 3 Al Al Sn Mg Cd Al Cd Cd Cd Cd Al Al Cd Cd Cd Al
- 4 Cd Cd Mg Sn Fe Cd Al Al Pb Fe Cd Cd Fe Fe Fe Cd
- 5 Pb Fe P b Cd Sn * Fe Fc Fe Fe Pb P b Pb Pb Al* Pb Fe*
- 6 Fe Pb* Fe Pb Ph Sa Sa Sn AI* Al Fe Fe Sn Pb Al Pb*
- 7 Sn Sn Cd Fe Al Pb P b Pb Sn Sn Sn * Sn Al Sn Sn Ni
- 8 Ni Cu Cu Cu Ni Ni Ni Ni Ni Ni Cu Cu Cu Ni Ni Sn
- 9 Cu Ni Ni Ni Cu Cu Cu Cu Cu Ag Ni Ni Ni Cu Cu Cu
- 10 Ag Ag Au Au Au Ag Ag Ag Ag Cu Ag Ag Au Ag Ag Au
- 11 Au Au Pd pt Pd Pt Au Au Pd Pd Ail Pd Pd Pd Pt m
- 12 Pd Pd Pt Pd Ag Au pt pt Pt Pt Pd Au Ag Au Au Pd
- : 13 Pt Pt Ag Ag Pt Pd pd Pd Au Au Pt pt Pt pt Pd Ag
- L’astérisque * indique un renversement temporaire du courant entre deux métaux, dont l’un est le métal marqué de l’astérisque et l’autre celui qui est immédiatement au-dessus, dans la même série.
- Il résulte de ces expériences, que certains métaux électropositifs dans la série électrochimique à
- i5°6, deviennent électronégatifs à 71°!. Il y a donc une température intermédiaire à laquelle le métal
- DISSOt. UTIONS
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 9
- 10
- 11
- 12
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- 18
- 19
- 20
- 21
- 22
- KCy..........
- KF...........
- KBr..........
- KAz 03.......
- K2CO.,.......
- Na2HPO,,. . . .
- Kl...........
- Na Cl........
- H Cl.........
- K Cl.........
- k2so4........
- Acide oxalique. Acide formique. Acide tartrique. KHO..........
- H* SO*............
- Na SOv............
- HAz O3............
- H Cl O-,..........
- Mg SO'v...........
- Aluu de potasse . . . Alun d’ammoniaque .
- a i5o,6 A 710,1 AUGMENTATION DIMINUTION
- Mg + Pt volts 1,48 Al + Pt. . . . • i,54 » »
- Al » Au 1.11 »> a Au. . . . . 1,80 0,69 »
- Mg » pt 1,67 Mg •* pt. . . . • i,75 0,08 »
- 11 il „ i,35 „ . I ,59 O 24 )) »
- )) D Ag 1,67 Al Ag. . . . . 1,76 ))
- " V 1 51 Mg » . i,53 0,02 „
- » » Pt i,58 » Pt ... . • 1144 . i,53 0,14
- i, 5n „ „ o,o5 0,09
- » » Pd 1,61 » )) Pd. . . . • C70
- » » Pt.... . 1.44 » » Pt ... . . 1,53 0,09 »
- ï,5o » » ,v • 1,48 v 0.02
- 1,73 1,84 1,68 » . 1,88 0, i5 0,24
- » . 2,08
- »> » Ag » 1) • 1184 0,16
- Ag 1,37 Al » Ag. . . . . 1,28 » 0,07
- Mg » Pt 1,92 1,64 Mg )) Pd. . . . . 1,95. » »
- Au » U Au. . . . . 1,61 » o,o3
- )) » Pd 1,81 » )) Ag. . . . . 1,88 >» u
- » » Pt 1,73 » » Pt. . . . . 2,l3 0,39 »
- » » Pd i,75 1,81 )) » )> » . . , , Pd. . . . • 1,64 • 1,73 )) 0,11 0,08
- )) M Pt 1,70 * Pt. . . . • 1,84 * 0,14 *
- est neutre. L’auteur a fait une série d’expériences pour déterminer la position de ce point neutre à partir duquel le courant change de sens. L’auteur
- donne pour chaque liquide les points neutres des métaux. Nous en citerons quelques-uns : Dans Na Cl: Fe et Pb à i5°6; Cu et Ni à 22°2. Dans
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- DISSOLUTIONS DISSOLUTI Métaux ON FAIBLE Volts DISSOLUTION Métaux CONCENTRÉE Volts AUGMENTATION DIMINUTION
- I KCy M g + Pt 1,48 Zn + Pt 1,32 » »
- 2 KF Al + Au I,II Al + Ag 1,09 » »
- 3 KBr Mg+Pt 1,67 Mg + Pt 1,53 » 0,14
- 4 KAz03 n » » 1,35 » » » 1,59 9,24 »
- 5 k2co3 ” +Ag 1.67 • » Ag 1,73 0,00 »
- 6 Na2 HPO; *> » » 1,51 ,) » » 1,46 » o,o5
- 7 Kl. ... : > Pt 1,58 » » Pt î ,5o )> 0,08
- 8 Na Cl 0 » » 1 (5o » » H i,75 0,25 »
- 9 HCl » » pd 1,61 » n » 1,95 » »
- 10 KC1 » „ pt i»44 i> à » 1,75 0,3i n
- 11 K2 SO; » » >> i,5o » » »> i,68 0,18 »
- 12 Acide oxalique » •> » 1,73 „ . I,6l » 0,12
- i3 Acide formique » » » 1,84 » » » 1,87 o,o3 »
- 14 Acide tartrique )> » » 1,68 » » » 1,80 0 j 12 »
- i5 KHO Al » Ag 1,37 Al « Pd 1,48 »» »
- 16 H2so4, ; Mg » Pt 1 92 Mg » Pt i,q8 0,06 »
- 17 Na2 SOt *> » Au 1.64 » » n 1,76 » »
- 18 HAz03 » » Pd 1,81 » » Pd 1,57 » 0,24
- 19 KCIOg •> •• Pt 1,73 » » Pt 2,17 0,44 »
- 20 MgSO* » » » 1,75 » >» » 1,82 0,07
- 21 Alun de potasse *> ** Pd 1.81 » » Pd 1,87 0,06 »
- 22 Alun d'ammoniaque .. » Pt 1,70 » • Pt 2,72 0,42 »
- KC1: Au et Pd à i8°3. Dans K2S04: Pb et Al à Les moindres circonstances peuvent altérer la 76*6; Ni et Cu à i7°7 ; Ag et Pd à position du point de rebroussement électrochimique
- DIFFÉRENCES DE POTENTIELS EN VOLTS DIFFÉRENCES DE POTENTIELS EN VOLTS
- A des éléments voltaïques des éléments thermo-électriques
- ÉLÉMENTS B C D E Forces
- à l5°6 Différence à i5°(5 et 7101 électromotrices
- à 71°! à l5°6 et 7101 totales
- Pos. Nég.
- Nég. Posit. Cu Dissol. Dissol. Pt
- 1 Pt et Cu dans une faible dissolu- >-
- tion de Na CI 0,1760 0,2106 0,0346 0,044 pas de courant 0,0440
- Pt et Sn dans une dissolution di- Sa Dissol. Pt
- 2 —
- luée de K Cl * 0,4769 0,6533 0,1764 0,0594 0,1244 0, i838
- Pb » »
- Pt et Pb dans H Cl 03 dilué . . . . — ! —- ^ ,
- 3 0,5648 o,585o - 0,0202 0,0201 o,o3i7 o,o5i8
- Pt et Sn dans alun d'ammoniaque Sn » » »
- 4
- dilué . . . 1 0,6008 0,6740 0,0732 o,o655 o,o5i5 c •<r O
- . Sn » Cu
- Cu et Sn même liquide -——
- 5 0,3735 0,4798 0, 1061' 0,0615 . o,o38i 0,996
- Sn » Pt
- Pt'et Sn dans HCl dilué'
- 6 0,6998 0,7726 0,0728 0,1945 0,0100 0,2045
- Sn »
- Pt et Sn dans H2 SO* dilué *—+>— • —
- 7 ^ 0,4866 o,8o5i o,3i85 0,2912 0,216 0,3128
- dans l’échelle des températures et peuvent même le faire passer au-delà des limites de l’échelle et
- des observations. Il suffit que l’échantillon du métal ou du sel ne soit pas le même pour que le point
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 87
- soit déplacé. Les résultats sont donc très variables.
- Il faut remarquer que la température du point de rebroussement est d’autant plus basse que la force électromotrice est plus faible. C’est le cas de l’aluminium par rapport au cadmium, fer, étain, et au plomb dans l’acide sulfurique dilué ; c’est encore le cas du même métal par rapport au cadmium, fer et plomb dans l’acide azotique. Ce fait est moins net dans une dissolution d’alun de potasse.
- L’auteur étudie ensuite l’influence de la température sur les forces èlectromotrices des couples voltaïques. Ces couples sont formés par les métaux extrêmes de chaque série électrochimique plongeant dans le liquide correspondant. Les températures auxquelles ces mesures sont faites sont i5°.6 et 7i°,i. Le 2d tableau de la page 85 résume les résultats des expériences.
- L’auteur étudie ensuite les forces électromotrices des couples formés par deux des métaux employés plongeant dans le même liquide et dispose ces métaux en séries analogues aux séries thermo-électriques.
- Il obtient ainsi 22 séries par rapport à chacun des 22 liquides. On peut voir, sur les tableaux que l’auteur donne, que l’ordre des séries n’est pas le même que dans les dissolutions faibles.
- Pour voir l’influence de la concentration sur la force électromotrice, l'auteur mesure les forces électromotrices des couples formés par les métaux extrêmes des séries plongeant dans la dissolution correspondante, celle-ci étant tantôt faible, tantôt concentrée. Le ior tableau de la page 86 résume les expériences.
- L’auteur a fait une série d’expériences pour voir si la variation de force électromotrice produite dans un couple par l’accroissement de température peut s’expliquer par les forces électromotrices produites par la même variation de température, les deux métaux étant examinés séparément dans le même liquide. A cet effet, l’auteur a étudié les forces électromotrices des couples A (du tableau précédent) pris à la température de i5°,6(B) et celles des mêmes couples à la température de 7i°,i (C).
- Ces mesures ont été faites en opposant à ces couples des éléments thermo-électriques, fer-mail-lechort. Il mesure en effet les forces électromotrices thermo-électriques des mêmes métaux dans le même liquide, à l’aide des deux vases communiquants en maintenant l’un des métaux à la température de i5°,6 et l’autre à la température de 71°,1 (D et F). Le 2d tableau de la page 86 résume les expériences; les flèches indiquent le sens du courant au contact chauffé.
- Il résulte de ce tableau que la variation de force électromotrice produite dans un couple voltaïque par une augmentation de température n’est pas égale à la somme des forces électtomotrices obte-
- nues en chauffant séparément chacun des métaux composant le couple. K.
- Sur les effets calorifiques des courants électriques, par W. H. Freece (*).
- L’échauflement des conducteurs par le courant présente une application très importante en télégraphie et il est essentiel de savoir comment varie réchauffement avec la nature et la dimension du conducteur.
- L’électricité atmosphérique, comme on sait, est très dangereuse pour les fils souterrains et sous-marins, et pour les appareils télégraphiques en général. Ce danger ne provient pas seulement des décharges de l’électricité atmosphérique à travers les fils, mais surtout des courants induits, très intenses qui parcourent les fils qui se trouvent dans le voisinage de ces décharges. On avait proposé plusieurs systèmes pour protéger les fils et appareils contre ces courants. Ces systèmes étaient
- 1U,. 1
- fondés sur le pouvoir des pointes, sur la facilité de décharge à travers le vide, sur la faible résistance des lames d’air minces aux potentiels élevés, sur la fusibilité des fils minces. Les observations faites pendant de longues années ont prouvé que la meilleure des dispositions est la suivante : en A se trouve une lame d’air ; elle est complétée par un fil fin bien isolé B, ayant une grande résistance et enroulé sur un cylindre dê laiton en communication avec la terre (fig. 1). La lame d’air est formée par la superposition dé deux surfaces planes bien polies de deux plaques épaisses de laiton.
- La distance entre les deux surfaces est de omm î et elles sont séparées à l’aide d’une lame mince de mica ou de papier paraffiné. D’après les recherches de MM. Warren de la Rue et Hugo Muller, il faut une différence de potentiel de 800 volts pour que l’électricité puisse traverser une lame d’air de cette épaisseur. Pour les décharges de l’électricité atmosphérique la résistance que présente une telle lame d’air est tout à fait négligeable. Mais dans les fils té^ légraphiques il se produit souvent des courants d’induction qui n’ont pas le potentiel nécessaire pouf traverser l’espace d’air qui sépare les deux lames
- (') Proc. R. S., vol. 36, page 464.
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- 88
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- du paratonnerre, et ces courants, en .pénétrant dans les appareils ou dans le câble, peuventles détériorer. C’est dans le but de protéger les appareils contre ce genre de courants qu’on a ajouté le fil fin. Celuirlà laisse passer les courants ordinaires qui servent à la transmission télégraphique, mais sous l’action de forts courants d’induction pouvant endommager les appareils, il fond. Ce fil agit donc comme une soupape de sûreté. L’auteur s’est proposé d’étudier les conditions auxquelles doit satisfaire ce fil pour donner le maximum d’effet.
- Le plus fort courant de transmission qu’on puisse lancer dans un fil possède une intensité de
- i amp. tandis que les courants atmosphériques ont
- des intensités variant de i milliamp. à 3o ou 40 ampères et même plus, il faut trouver pn fil qui ne
- fondrait pas sous l’action de \ ampère, mais qui fond lorsqu’il est traversé par un courant de 700 milliampères et au delà.
- L’auteur prend comme source d’électricité une pile Clamond qui met en relation avec un rhéostat servant à régler l’intensité du courant, un galvanomètre Thomson permettant d’apprécier les variations des courants, et un interrupteur qui permet de maintenir et d’ajuster les fils soumis à l’essai.
- Voici le résultat des expériences :
- 1. Avec un courant donné et un fil uniforme de diamètre et de substance donnés, l’effet est indépendant de la longueur : le fil, quelle qu’en soit la longueur, fond toujours quand le courant atteint une intensité donnée. Le point de fusion est irrégulier, l’uniformité du fil n’étant pas parfaite.
- 2. L’auteur .a soumis à l’essai des fils de platine de différents diamètres et de i5cm,24 de longueur ; on observait l’intensité du courant qui déterminait la fusion des fils. Le tableau suivant résume les résultats :
- DIAMÈTRE des fils en centimètres C O U R A K T produisant la fusion en ampères
- 0,00127 0,277
- 0,0190s o,356
- 0,00254 0,437
- o,oo5o8 0,790
- 0,007D2 1, i5o
- La figure 2 représente une courbe avec les moyennes d’un certain nombre d’expériences. Les abscisses sont des ampères et les ordoiinées des unités anglaises (mils) dont chacune vaut ocmoo254-D’après la loi générale, le courant capable de porter la température d’un fil à un degré déterminé devrait varier proportionnellement à la ra-
- cine carrée du cube du diamètre quand ce dernier varie, et quand la radiation extérieure peut s’effectuer librement, c’est-à-dire proportionnellement à 1i X \/d, d étant le diamètre du fil. On établit cette loi de la manière suivante :
- La chaleur H développée dans un fil cylindrique est, d’après la loi de Joule
- FIG. 2
- sité du courant et le diamètre, la quantité d’énergie consommée dans le conducteur sera la même. Mais la température du conducteur dépend de la quantité de chaleur qui s’échappe par rayonnement, et l’équilibre de température s’établit quand la chaleur apportée par le 'courant égale celle qui se perd par rayonnement et conductibilité. Mais la chaleur perdue varie avec la surface du conducteur,; la température varie donc avec le diamètre. Donc, d’une part, H varie proportionnellement.
- à (°)’ et, d’autre part, la chaleur est proportionnelle à ce diamètre ; donc
- ou
- C = kdfi
- Les résultats des expériences résumées plus haut, relatives à l’intensité du courant nécessaire pour fondre un fil d’un diamètre donné, paraissent contredire cette loi et montrer que l’intensité varie proportionnellement au diamètre. Mais cela tient à certaines causes inhérentes aux méthodes de me-
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- sure, qui tendent à modifier le diamètre du fil. Ainsi les fils de platine chauffés s’allongent sous leur propre poids, ce qui diminue leur diamètre. Cette altération est d’autant plus grande que le fil est plus lourd, c’est-à-dire plus le diamètre du fil est grand.
- 3. Dans les mesures thermométriques, on ne considère que deux points fixes : le point de congélation et le point d’ébullition, mais il y a deux autres points également bien marqués, quoique moins fixes. Ce sont les points d’émission de lumière (self-luminosity) et le point de fusion. Le premier point a été déterminé par Daniell comme égal à 52Ô°6 C, et par Draper, qui le place à 525° C. Ce dernier observateur a montré que ce point est le même pour toutes les substances.
- L’auteur a cherché à vérifier si la loi établie plus haut s’applique à la production par le courant des rayons rouges les moins visibles. Les expériences ont été faites avec des fils de même longueur et de diamètres differents, dans une chambre obscure où l’on observait l'intensité du courant qui produisait l'émission de lumière. On mesurait l’intensité en déterminant la différence de potentiel aux
- deux bouts d’un fil de*maillechort épais dont la résistance était de 0,015; ohm.
- FIG. 3
- Nous détachons des tableaux donnés par l’auteur les nombres qui montrent l’exactitude de la loi énoncée.
- Diamètre \ j millimétrés j IL DK CU1VÏ C 3 ï- 0 U ' 3 C 'o- ? J 1 1 ° § C t: 2-jS 0 o-*— 3 T3 S ^ 3 a s 3 *- G ~ -» ^ 2 S O • C Diamètre \ en ^ d millimètres j 0 Intensité du courant J g observé )> n en ampères l 2 S K OIM té C 2 ,<Û i-13 S S" 3 ^ s S £ •S => ^ £ g -j * °
- 0,7620 23,969 23,969 1,524 18,579 18,579
- 0,6096 16,832 17,i51 I;016 10,785 , 10,1i3
- o,5o'’o 13,711 13,047 o,5o8 4,283 3.575
- 0,4572 11,269 1I,140 0,2^4 1,-18 . 43
- 0,3556 7,654 7.641 » » »
- 0,2032 3,849 3,3oo )) ))
- Ë g .1
- o,635o
- o,5o8o
- 0,2032
- La figure 3 résume les résultats des expériences. Les abscisses sont des ampères et les ordonnées des mils anglais, dont chacun vaut omm0254. Il est à remarquer que les résultats observés et calculés sont assez concordants, excepté pour le platine, qui se comporte comme dans les expériences citées plus haut.
- Ces expériences ont été faites avec des fils non recouverts. L’auteur se propose de reprendre les mêmes expériences avec des fils isolés.
- K.
- Expérience d’hydrodynamique, par M. M.-F. Farize (<).
- L’expérience suivante a été faite sur une rivière qui tombe d’une hauteur d’environ 6 mètres du bassin à flot de Morlaix dans le chenal du port. Chacun des déversoirs d’écoulement est constitué par un canal rectangulaire, à coursier plan, terminé à la ligne de chute par un rebord saillant se présentant comme un tore.
- (*) Journal de physique, février, 1885.
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- frappé. Cette séparation est déterminée par de l’air entraîné avec le projectile, qui supprime, dans cette région, l’adhérence de la nappe liquide et de la paroi du coursier. La nappe s’échappe donc tangentieîlement en conservant sa vitesse, d’où l’écart observé par rapport à la verticale.
- J’ai constaté, par des expériences manométri-ques, qu’il se produit au point A une forte aspiration mesurée par une colonne d’eau qui a varié, suivant le débit de la rivière, de om,22 à im,36. Cette diminution de la pression explique la possibilité du séjour de l’air au-dessous de là nappe liquide et, par suite, la persistance du phénomène observé.
- Le système téléphonique N agio frères, & Berlin.
- Nous empruntons à YElecktrotechnische Zeitschrift les détails suivants sur les installations téléphoniques faites par la maison Naglo frères, à
- A l’état normal, le liquide s’écoule à peu près verticalement, en suivant la surface du déversoir. Vient-on à laisser tomber en un point A, voisin de la droite de contour apparent, un petit caillou ou même une simple goutte d’eàu, on aperçoit aussitôt une remarquable modification dans la forme de la nappe; à partir du point frappé, elle s’élance en une haute ondulation, et cette intumescence est d’autant plus marquée que le choc a été plus fort : en même temps, la nappe liquide s’écarte beaucoup plus de la verticale que précédemment, comme si le courant avait été rendu plus fort. La forme ainsi déterminée artificiellement se conserve jusqu’à ce qu’une cause accidentelle vienne détruire l’effet obtenu.
- Si l’on observe le point qu’a frappé la petite pierre lancée en A, on voit, si l’eau est transparente, que le contact n’existe plus entre la pierre du coursier et le liquide : il y a eu séparation sur une surface triangulaire ayant sa pointe à l’endroit
- Berlin. La figure i représente l’ensemble d’un poste dans lequel J est un inducteur mis en mouvement par l’intermédiaire d’une manivelle K et
- d’une paire de galets de friction, W une sonnerie polarisée, U un commutateur ordinaire à deux directions, B, un parafoudre, et enfin L et T, les
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- deux bornes de l’appareil dont la ptemière communique avec la ligne et la seconde avec la terre. Le point intéressant de ce système est la commutation automatique qui s’effectue lorsqu’on met l’inducteur J en mouvement. En même temps que l’on tourne la manivelle K, on déplace de droite à gauche le disque P et on l'amène au contact du ressort/3; dès qu’on abandonne la manivelle, un ressort antagoniste force le disque P à revenir au contact du ressort — Les figures 2 et 3 représentent le détail de cette commutation. — La manivelle K est calée à l’une des extrémités d’un manchon qui porte à son autre extrémité le disque P; ce manchon est fixé sur l’axe du premier galet de friction, c’est-à dire sur l’axe qui com-
- FIG. 2 ET 3
- mande le mouvement de l’inducteur et est muni en son milieu de deux rainures hélicoïdales e à angle droit l’une sur l’autre; dans ces rainures glisse un taquet n solidaire à l’axe. Sous l’influence du ressort antagoniste placé à gauche du disque P, ce disque tend constamment à occuper la position de la figure 2, qui est celle du repos. Dès qu’on imprime un mouvement de rotation à la manivelle K, quel que soit d’ailleurs le sens de ce mouvement, l’entraînement de l’axe ne peut se faire que lorsque le taquet n est venu occuper la position indiquée, figure 3, c’est-à-dire lorsque le disque s’est déplacé de droite à gauche d’une quantité correspondante à la fraction d’hélice découpée dans le manchon.
- Ceci posé, il est facile de se rendre compte de la marche des courants.
- La figure 1 représente le poste au repos. Le courant qui arrive par L passe par le parafoudre, le corps h du commutateur U, la borne v, la sonne-
- rie W se bifurque en P et vient se refermer par la terre. L’inducteur est en circuit, mais comme il est en dérivation sur une résistance très faible r, la presque totalité du courant passe par r. Quand c’est le poste qui sonne, la sonnerie W est mise en dérivation sur le circuit/3 p h en sorte que la portion du courant qui passe par# W vest excessivement faible et incapable de faire fonctionner la sonnerie du poste qui appelle.
- Quand enfin on décroche le téléphone, l’inducteur J et la sonnerie W sont mis hors circuit et le téléphone s’intercale entre d et i, c’est-à-dire entre
- Une nouvelle forme d’électrophore, par le Br Bloch.
- Bien que l’électrophore soit aujourd’hui démodé fl peut encore rendre des services dans certaines expériences ; nous avons vu, par exemple, M. G. Planté s’en servir avec avantage pour déterminer la décharge de sa glande batterie dans un tube Geïssler dont la résistance empêchait l’effet de se produire sans cet auxiliaire. Tout en répétant l’expérience, il nous faisait remarquer que l’un des ennuis de l’électrophore réside dans la peau de chat qui, si elle n’a pas été préalablement chauffée, se trouve souvent humide et dans l’impossibilité d’électriser le plateau négatif. Cet inconvénient, bien connu d’ailleurs de tous les expérimentateurs, nous engage à signaler une modification apportée à l’appareil par M. le Dr Bloch.
- Cette modification consiste tout simplement à remplacer le plateau de résine ou d’ébonite par un disque de verre et à prendre comme plateau supérieur un disque de cuivre rouge, de 1 à 2 millimètres d’épaisseur, muni comme à l’ordinaire d’un manche isolant. Pour faire fonctionner l’appareil, on frotte d’abord le disque de vèrre avec le plateau de cuivre pendant quelques instants puis on le touche du doigt, on l’enlève par le manche isolant et on peut tirer une étincelle. Le plateau de cuivre sert à la fois de frotteur et de corps influencé.
- M. le Dr Bloch assure qu’en donnant cette forme à l’électrophore, on a un appareil qui fonctionne par tous les temps.
- Les éléments de l’appareil ne sont pas absolument nouveaux, on s’est servi autrefois de plateaux d’électrophore en verre, et le frottement d’un plateau de cuivre sur un disque donné a été employé dans les cours pour montrer les électrisations contraires de deux corps frottés, mais nous ne croyons pas que l’on ait eu l’idée d’employer ce dispositif comme électrophore et de supprimer ainsi les inconvénients de la peau de chat.
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- FAITS DIVERS
- L’Etoile belge reproduit notre fait-divers au sujet du refus, de la part du gouvernement français, d’acheter le système Van Rysselberghe et le fait suivre de ces lignes :
- « Nous nous bornerons à répondre que si nous avons opposé un démenti à l’articulet du journal français, c’est parce que nous avons eu entre les mains la correspondance adressée par l’administration des télégraphes français à M. Van Rysselberghe ainsi qu’aux concessionnaires de ses brevets, MM. Mourlon et C°. Il résulte de cette correspondance que les négociations n’ont pas été un instant interrompues et que leur solution n’est retardée que par suite du départ de M. Van Rysselberghe pour l’Espagne ».
- Nous n’avons jamais nié l’existence de ces négociations, nous avons seulement dit et nous maintenons encore que la solution avait été défavorable aux intérêts de M. Van Rysselberghe. A ce sujet, nous pouvons ajouter que l’administration communale de Bruxelles, qui a été pendant longtemps en pourparlers avec M. Van Rysselberghe au sujet de l’adoption de son système, vient d’y renoncer, et que la maison Ricnez et C° de Bruxelles a été chargée de l’organisation d’un service téléphonique, avec des appareils Dejongh, sur le réseau téléphonique reliant les divers services de la ville.
- Nous avons annoncé, il y a quelque temps, l’établissement à Paris de plusieurs boîtes d’appel reliées aux postes de pompiers et permettant au public de signaler sans retard les incendies. Nous avons dit aussi que ce système était adopté depuis longtemps aux Etats-Unis, où il donnait d’excellents'résultats, la population comprenant parfaitement qu’elle a tout intérêt à ne pas déranger inutilement les pompiers.
- Le rapport du chef de la police de Philadelphie vient confirmer notre opinion par des chiffres irréfutables. Il existe dans cette ville 292 boîtes d’anpel par lesquelles, pendant l’année. 1884, on a signalé 466 incendies. Sur ce nombre, assez considérable, il n’y a eu que 2 fausses alarmes.
- Le système est donc réellement pratique, et l’on peut se demander pourquoi la préfecture de police s’en tient, à Paris, aux 10 boîtes installées à titre d’essai par la maison Bre-guet. Faudra-t-il attendre le rapport de plusieurs commissions et sous-commissions pour voir généraliser cette application si utile de l’électricité actuellement limitée au quartier de la caserne Jean-Jacques-Rousseau ?
- M. Sauveur Mazzi, de Palerme, dit dans le journal II Giorno qu’en broyant du sucre dans un mortier de cuivre avec un pilon en bois, il a obtenu des étincelles électriques d’une longueur de 3 centimètres et tirant sur le bleu et sur le jaune feu. Le même phénomène s’est répété avec des pilons en cuivre ou en fer.
- Éclairage électrique
- Voici la liste des dernières installations de la Société Edison:
- Nouveau lycée Louis-le-Grand, à Paris. . . 55o lampes.
- M. Louis Rau, à Paris..................... 4°
- Caves de Roquefort (4 installations de 25). 100 —
- MM. Gillibert et Ce, à Marseille........2GO —
- M. Schmidt, au Havre.................... 5o —
- M. Tixerant, à Nogent-sur-Seine. ..... 20 —
- M. Lombard, à Arcis-sur-Aube _. ..'.... 5o —
- La ville de Saint-Etienne sera la première en France à posséder une station centrale d’éclairage électrique. L’entreprise est absolument décidée, les projets sont, faits et les travaux seront commencés dans quelques jours. L’installation sera faite par la Compagnie électrique Edison sur le modèle de celle de New-York. Elle comprendra 3 000 lampes à incandescence de 16 et de 8 bougies et 5 dynamos Edison de 5oo lampes A, dont une de rechange; la force motrice sera 'fournie par quatre machines à vapeur de 70 chevaux chacune.
- La station centrale, placée au milieu de la ville, fournira la lumière à tout le quartier de l’Hôtel-de-Ville. Les engagements recueillis par la Compagnie, et souscrits par les futurs abonnés pour une durée de cinq ans, atteignent déjà un nombre considérable ; les cafés, les cercles et les théâtres situés dans ce quartier ont tous adopté le nouvel éclairage. On espère que les travaux seront finis pour le mois de septembre prochain.
- La ville de Tours va bientôt être éclairée à la lumière électrique. On y construit en ce moment une usine qui fournira l’électricité, non seulement pour l’éclairage des rues, mais également aux particuliers qui s'abonneront.
- Le théâtre de Mc Vicker, à Chicago, va être entièrement remis à neuf et on profitera de l’occasion pour y installer 1 000 lampes à incandescence du système Edison.
- La Badger Electric C° vient de porter le nombre des foyers installés pour l’éclairage de la Clark Street, à Chicago, de 100 à 3co. Les lampes sont du système Brush et tous les conducteurs ont été placés sous terre, selon le système de la Chicago Sectional Electric Underground Conduit C°.
- Télégraphie et Téléphonie
- Voici la liste des principales communications internationales qui ont subi des modifications pendant le mois dernier :
- Date Date
- de du
- l’interruption rétablissement
- Câble de Brest-Saint-Pierre de la C° française PQ. . . Câble St-Vincent-Grenade. . Communication Inde-Ceylan Câble Trinidad-Demerara . . Câble Para-Maranham. . . . Câble Brest-Saint-Pierre, de la Ce anglo-américaine . .
- igjanvier i885 5 février i885 9janvier i885 9 déc. 1884 12 mars i885
- 12 mars i885
- 28 février i885
- 7 mars i885
- 8 mars i885 i3- mars 1885 23 mars i885
- Touj. interr.
- Il est difficile de calculer exactement le trafic sur-les câbles transatlantiques, mais on sait cependant qu’en un seul mois il a été transmis le nombre énorme de 1100000 mots, c’est-à-dire plus de 1 5oo mots par heure sur les dix câbles. Tous les câbles, à l’exception de ceux de la Commercial Cable C° forment un syndicat et se partagent les bénéfices, dans une proportion qui varie selon le nombre de câbles fonctionnant dans chaque Compagnie. Les recettes se sont élevées pendant 6 mois à 6000000 de francs, tandis que les dépenses n’ont atteint que 900000 francs.
- Nous lisons dans le Petit Marseillais :
- Hier ont eu lieu à Marseille des maaœuvres tiès intéres-
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- santés de télégi aHliie militaire or tique et électrique : ccs manœuvres, ou miëux ces expériences, ont été faites de jour et de nuit, sous la direction de M. le général inspecteur Saget, venu tout spécialement de Paris, et à qui Ton doit le système actuellement en vigueur pour faire communiquer rapidement un corps d'armée avec un autre.
- Le service télégraphique était assuré par des sous-officiers et soldats du 3° et du 400 régiment de ligne, du 7e bataillon de chasseurs à pieds, du ior régiment de hussards et par les télégraphistes de l'armée sous la conduite d’un capitaine.
- Quatre postes avaient été établis : le poste central, où se trouvait l'état-major, était situé au pied de la chapelle St-Joseph, sur une colline merveilleusement située et dominant tout Marseille. Les autres postes étaient : l’un sur une colline, située de l'autre côté de la route et au pied d’une tour carrée, le troisième dans le vallon de Vaufrège, le dernier au chemin de l'Argile, 28, au magasin régional des télégraphes ; ce dernier point était distant d’environ 5 kilomètres, les autres postes n'ayant que 600 à 1.000 mètres environ entre eux.
- Tous ces postes étaient reliés par un appareil Morse portatif muni d’un fil télégraphique à deux fins — étant en effet téléphonique au besoin, — qui avait été placé le matin même par les voitures dérouleuses du service télégraphique mi;i-taire, et qui reposait tantôt sur les branches des arbres, tantôt sur des tiges de fer légères et portatives faisant partie du matériel. On, a pu constater avec plaisir la rapidité avec laquelle quelques hommes seulement procédaient à la pose et à l'enlèvement de ce fil, que l’on avait en totalité déroulé sur une longueur de près de 7 kilomètres et qui avait sa communication centrale à la chapelle Saint-Joseph.
- Les manœuvres opérées ont été de deux genres bien distincts : la télégraphie par signaux et la télégraphie optique.
- Pour la télégraphie par signaux on se sert Je disques en toile, blancs d’un côté, rouges de l’autre qu'un homme agite simultanément soit à droite, soit à gauche : chaque mouvement correspond à une des lettres de l’alphabet et ce système, dû à M. le général Saget, a cela de bon qu’en temps de guerre il suffit de changer une ou deux lettres pour que l’ennemi, qui pourrait apercevoir les signaux, soit dérouté et ne puisse plus rien comprendre de ce qui se transmet.
- Le vent, qui soufflait assez fort sur ces hauteurs, a empêché hier cette transmission de se faire d’une manière bien régulière, car les disques étaient souvent détournés; mais il y a un autre système de télégraphie qui consiste à faire marcher un homme un certain nombre de pas dans tel ou tel sens, nombre correspondant toujours à une lettre ou à un mot, système qui s’emploie avec un plein succès. Pour mieux apercevoir tous ces mouvements les sous-officiers chargés d'inscrire ces réponses sont munis de petites lunettes très portatives et extrêmement fortes, qui ont fait merveille dans les expériences d’hier, permettant de distinguer à longue distance jusqu’aux boutons des tuniques.
- Au surplus, la manœuvre des disques est tellement simple qu’au bout de qnelques instants nous avons pu comprendre uous-même et très distinctement la réponse faite par le poste de la tour carrée : Impossible manier, vent trop fort. Toutefois, les généraux présents ont été satisfaits des résultats obtenus et de la rapidité avec laquelle les sous-officiers obtenaient demandes et réponses.
- Ce qui a été plus spécialement intéressant, c’est la manœuvre des appareils optiques 14 et 24. Ces appareils, très puissants, se composent d’une lunette qui sert à voir les signaux au loin, et d’une chambre avec miroirs et lentilles excessivement puissants, qui fonctionnent tant avec le soleil qu’avec une lampe.
- Les premières expériences tentées avec l’aide des rayons solaires ont donné un résultat tel que, de la colline Saint-Joseph, on voyait distinctement à l’œil nu comme un foyer ardent existant au poste du chemin de l'Argile et qui n’était
- autre que lu 1-miere solaire icfljiéc par la puissante lentille de l’appareil.
- A 3 heures de l’après midi, malgré le soleil, ce même appareil fonctionnant avec sa lampe à essence allumée, a donné encore des résultats très appréciables. Ces appareils, du reste, rendent actuellement les plus grands services à l’armée expéditionnaire du Tonkin, et offrent ces précieuses qualités, qu’ils sont légers et faciles à manier après très peu d’études.
- Les signaux échangés entre les différents postes sont tous basés sur l’alphabet Morse, et les lettres sont représentées par des points et des traits. C’est grâce à ce procédé qu’au Tonkin, dont nous venons de parler, le lieute-nent Bailly a pu demander des secours et protéger ainsi la retraite de Bac-Lé.
- Le fil dont nous avons parlé, après avoir servi comme fil télégraphique, a été utilisé pour le téléphone, et l’officier commandant le poste du chemin de l’Argile a régalé, à son arrivée, M. le général de Colomb de la chanson Au clair de la Lune, qui a été très distinctement entendue et a fort égayé l’assistance.
- A 3 heures 1/2, le général Saget donnait le signal de la retraite et les postes du vallou et de la tour carrée, commandés chacun par un sous-officier, regagnaient la colline et rentraient en ville dans leurs casernements respectifs, après avoir reçu les compliments de M. le général inspecteur.
- Le soir, à 9 heures, les expériences lumineuses pratiquées au moyen des appareils optiques 14 et 24 et des lanternes pour la télégraphie optique ont eu lieu à la colline Notre-Dame de la Garde. Deux postes avaient été établis, l’un sur l’esplanade qui se trouve devant la grande entrée de la basilique, l’autre au pied de la croix de mission, située un peu avant d’arriver à l’église.
- La communication avait été organisée avec les casernes Saint-Charles, Saint-Victor et Menpenti; mais par suite du brouillard intense qui régnait, les opérations n’ont pu donner de résultat appréciable qu’avec le 3° régiment de ligne, caserné à Saint-Victor.
- Les appareils optiques, lampes allumées, ont fait de leur mieux, très habilement manœuvrés sous les ordres de M. le général Saget et du colonel du 3e dé ligne. Mais l’expérience très suffisante de ces appareils ayant été faite dans l’après-midi et la communication étant impossible avec Saint-Charles et Menpenti, l’on a eu tout de suite recours aux lanternes, qui ont réellement fait merveille.
- Ces lanternes, de dimension ordinaire, garnies de bougies, sont pourvues de forts réflecteurs et munies de lamettes de zinc poli qui donnent plus ou moius d’intensité à la lumière, suivant les besoins de la cause; selon la position de ces lamettes et leur mise en mouvement, on peut, à plus de 10 kilomètres, se rendre compte des mots télégraphiés. Il faut tout d’abord rendre cette justice au poste de la caserne Saint-Victor, qu’il a manœuvré avec une réelle habileté qui a soulevé l’admiration de toutes les personnes présentes.
- Deux nouveaux bureaux télégraphiques viennent d’être ouverts au Tonkin, à Dongson et à Lang-Son. La taxe applicable aux correspondances poiir ces destinations est la même que pour tous les autres bureaux du Tonkin, soit 9 fr. 90 par mot.
- La Chambre des communes en Angleterre vient de nommer une commission de neuf membres, à l'effet d’examiner la loi réglant le contrôle du gouvernement sur les fils téléphoniques, télégraphiques et autres.
- Le ministre de la guerre, en Angleterre, a décidé d'aug-
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- menter la réserve des télégraphistes de campagne de 5o à 70 hommes.
- L'administration des télégraphes à Glasgow fait installer en ce moment un certain nombre de bureaux locaux dans les différents quartiers de la ville. Cette mesure a été prise partiellement enft vue de l'augmentation du trafic local qu'amènera sans doute la réduction du tarif et en partie aussi pour lutter contre la Compagnie des téléphones.
- La semaine dernière, le bureau télégraphique de la petite ville de Girwan, en Ecosse, n'a pas transmis moins de 3 000 dépêches ayant trait aux opérations de pêche.
- La ligne télégraphique sous-marine qui relie la ville de Pernambouc à Lisbonne a été inaugurée en 1874, et depuis son inauguration elle a donné les revenus bruts suivants :
- 1874- 1875..................Liv. 128,461
- 1875- 187(1..................... 129 o38
- 1876- 1877......................... i3i,5o7
- 1877- 1878...................... 134,oo3
- 1878- 1879...................... 139,654
- 1879- 1880........................ 154.957
- 1880- 1881......................... 167,350
- 1881- 1882......................... 174,185
- 1882- 1883......................... 175,927
- 1883- 1884 ............. ..... 126,422
- L'échelle ascendante des recettes n’a été interrompue, ainsi que le montrent les chiffres rrécédents, que dans l'année budgétaire qui a pris fin au 3o juin dernier. Ce fait-s'explique par les interruptions du trafic télégraphique, en raison de la rupture du câble, du 22 septembre au 4 décembre i883 et du 2 au 28 mars de cette année. Ce sont les interruptions les plus prolongées dont ait souffert le service , depuis son inauguration. A l'occasion de ces réparations, on a vérifié le bon état de conservation du câble submergé depuis dix ans.
- Depuis, la Compagnie a fait Doser un double câble ent1 c Lisbonne et Pernambouc, afin de se mettre à l'abri des arrêts du trafic, par suite .de ruptures du câble.
- La dépense totale pour le second câble s'est élevée à iô 273o5o francs; i2 543o5o livres ont été prises sur le onds de réserve et Us i5oooo livres restant ont été obtenues au moyen d’obligations de préférence de 5 0/0.
- Les services des postes et des télégraphes sont fusionnée aujourd'hui dans beaucoup de pays. Aux Indes britanniques, la question de cette fusion a été étudiée, mais des difficultés spéciales au pays et d'autres considérations d’une nature très grave ont empêché d'y donner suite. Toutefois, i a paru au Gouvernement indien qu'il était possible d'obtenir, au moyen d'une entente entre les deux administrations, les principaux avantages qu'aurait donnés la fusion et, notamment, celui de vulgariser l'emploi du télégraphe en multi-pliant'le nombre des bureaux et en utilisant les bureaux de poste pour doter du bienfait du télégraphe bien des localités où l’importance du trafic ne suffirait pas à couvrir les frâis d'un personnel spécial.
- Cette entente entre les deux administrations, une résolu tion du gouverneur général, en date du 9 octobre 1883, en a déterminé les conditions conformément aux propositions du département des télégraphes,.sur les bases suivantes :
- i° Tout bureau de poste doit accepter, aux mêmes taxes que s'ils étaient directement déposés aux bureaux télégra-
- phiques, les télégrammes intérieurs, pour les faire parvenir par poste au bureau télégraphique le plus voisin;
- 20 Un certain nombre d'employés des postes doivent, par les soins et aux frais du département des télégraphes, être instruits dans le service télégraphique, de façon à permettre l'adjonction au service postal d'un service télégraphique dans les localités où il n'en existe pas encore et de transférer au bureau de poste le service télégraphique des localités secondaires ;
- 3° II sera établi économiquement et dans la mesure per-, mise par la situation financière, de courtes lignes télégraphiques pour relier au réseau les villes desservies par la poste;
- 4° L'administration des postes ne prélèvera-aucune rétribution pour le transport des plis du service télégraphique et les télégrammes du service des postes seront, par réciprocité, considérés par l'administration des télégraphes comme télégrammes de service et transmis en franchise.
- Grâce au concours empressé que le département des télégraphes a trouvé auprès de celui des postes, ces mesures n'ont pas tardé à produire des résultats importants et, au iCT décembre dernier, il y avait déjà 216 bureaux mixtes de poste et de télégraphe établis aux Indes et i3i autres dont, /ouverture était prochaine. Sur ces 216 bureaux, 56 sont des bureaux où le service télégraphique déjà établi antérieurement a été transféré au bureau de poste, et 160 sont des bureaux télégraphiques nouveaux. De ccs derniers, 861 sont reliés au réseau télégraphique de l’Etat, et 74 à celui des chemins ds fer.
- L’administration indienne voit dans le succès de ces me-suresune garantie fondée que le public indigène, pour qui elles ont, en grande partie, été prises, arrivera à apprécier et à utiliser les facilités et les avantages rais à sa disposi tion.
- La presse au Canada se plaint d’être obligée de recevoir toutes les nouvelles de l’Europe par les câbles américains et on propose maintenant de relier le Canada directement avec l'Angleterre par un nouveau câble.
- On annonce que la nouvelle ligne télégraphique de Bangkok à Tavoy, au Siam, sera terminée cette année. Une autre ligne de 600 milles va être construite de Bangkok à Chieng-mai (Zinimi), dans le nord du Siam,
- Le câble de Saint-Vincent et Grenade est maintenant réparé et la communication télégraphique se trouve donc rétablie avec les Antilles. Le câble entre Trinidad et Deme rara est cependant toujours interrompu.
- Le câble de Lundy Island a été réparé et fonctionne mai tenant de nouveau.
- Pendant la semaine dernière les 56 cabines téléphoniques ouvertes au public, à Paris, ont fourni 1448 communications.
- A Bordeaux, cinq abonnés font usage de leurs appareils téléphoniques pour la transmission des télégrammes, mais, malgré leur petit nombre, ils sont aussi actifs que tous ceux de Paris réunis, car ils ont expédié 43 dépêches et en ont reçu autant.
- Dans sa deinière séance, le comité de la Société des ambulances urbaines de Paris a décidé d'établir chez les pharmaciens des divers quartiers des postes avertisseurs télé-1 phoniques qui seront reliés aux hôpitaux. De cette manière
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- on pourra signaler les accidents sans retard et indiquer leur nature et le genre des secours nécessaires.
- On est en train de relier le bureau central des téléphones à Marseille avec les bureaux de poste et télégraphe situés rue Bavé-d’Amour, rue de la République, cours du Chapitre, boulevard Baille, la recette principale des postes, rue Gri-gnan. et le bureau central du télégraphe de la place de la Préfecture. D’ici à la fin de ce mois, tous les bureaux de poste pourront communiquer entre eux téléphoniquement, ainsi qu’avec tous les abonnés de la Compagnie des téléphones.
- Le tableau suivant indique le développement progressif de la téléphonie appliquée au réseau télégraphique de l’Allemagne depuis l’année 1870 :
- BUREAUX télégraphiques ayant une installation téléphonique BUREAUX télégraphiques auxiliaires avec installation téléphonique TOTAL
- 31 décembre 1870. 16 >j l6
- 3i — 1878. 287 » 287
- 3i — 1879. 788 » 788
- 3i — 1880. 1126 » 1 126
- 31 — 1881. 1278 » 1278
- 31 — 1883. 1462 » I 4Û2
- 3i — i883. 1670 t3o 1800
- 3i octobre 1884.. 2 170 342 2 5l2
- Des expériences téléphoniques à grande distance ont eu lieu, le i5 mars dernier, de 9 heures du soir jusqu’à minuit, entre Vienne et Budapest, une distance de plus de a£o kilomètres. On s’est servi d’un nouveau système microphonique, mais les effets d’induction ont empéché toute conversation suivie, bien que la parole arrivât parfois avec beaucoup de netteté. Ces expériences ont été faites sous la direction du directeur général des télégraphes à Budapest.
- Nous lisons dans VEloile Belge du Ier avril dernier :
- Une curieuse expérience de téléphonie et d’acpustique sera faite demain soir, au cours public de M. le professeur Bergé, à l’Université libre de Bruxelles.
- Le célèbre physicien Logosphillos, d’Athènes, vient, au moyen d’un appareil ayant beaucoup de ressemblance avec le téléphone, de décomposer les sons émis par la voix humaine. De même que l’ensemble d’un orchestre ne forme qu’une sonorité unique, de même la voix ne serait la résultante que. de divers sons produits par la vibration des divers anneaux de la trachée. Chaque anneau de la trachée a une vibration spéciale et émet un son différent, suivant sa largeur et sa position plus ou moins rapprochée de la bouche.
- II est un fait positif : il est impossible de démontrer ce fait expérientalement par la voie synthétique, car on ne peut enlever à l’homme une partie de la trachée; mais ce qu’il était impossible de démontrer directement, le docteur Logosphillos a essayé de le prouver par la voie analytique.
- On sait que la téléphonie repose sur la transmission électrique des vibrations d’une plaque devant laquelle on parle. Chaque son émis donne un certain nombre de vibrations à la plaque qui aussitôt transmises par un courant galvano-électrique à une seconde plaque permettent d’en-tendre ce qu’articule la personne placée devant la première plaque.
- Ces vibrations étant plus ou moins intenses, plus ou moins
- rapides et plus ou moins nombreuses constituent des sons, et comme elles sont égales et identiques des deux côtés, elles produisent les mêmes sons, les mêmes intonations. C’est ce qui permet non seulement d’entendre ce qui se dit à distance, mais de reconnaître la voix de la personne qui parle.
- Le docteur Logosphillos a disposé son appareil de la manière suivante : à l’appareil de réception, qui est constitué par une grande plaque métallique très mince, se trouvent adaptés un grand nombre de fils métalliques plus ou moins longs, plus ou moins épais et communiquant tous avec une source d’électricité assez puissante reliée à la plaque réceptrice.
- Cette plaque réceptrice est plongée dans un bain d’eau distillée. Le bain d’eau a la forme d’un prisme. On sait que le prisme en verre ou en eau a le pouvoir de décomposer la lumière; comme il est prouvé aujourd’hui que la lumière, le calorique, l’électricité, l’acoustique, etc., sont autant de forces similaires, le photophone démontre l’évidence de cette vérité, le prisme d’eau décompose la voix et chaque oscillation ou vibration est transmise suivant son intensité à une corde spéciale. L’ensemble de la disposition des cordes métalliques ressemble assez bien à une harpe.
- La vibration régulière des fils métalliques ressemble, à s’y méprendre, à un ensemble d’instruments à cordes et d’instruments en bois. Nous avons assisté à une expérience, faite en présence d’un grand nombre de savants et de musiciens, au conservatoire de musique, et nous sommes sortis de là émerveillés. On aurait juré entendre un orchestre supérieur de symphonie, jouant avec une précision et une netteté incroyables.
- Le réseau téléphonique de la National Téléphoné C°, Perth, compte déjà ni abonnés.
- Nous empruntons au Journal Télégraphique de Berne les détails suivants sur la téléphonie aux Indes britanniques :
- » Le rapport sur l’année financière 1883-84, que vient de publier l’administration des télégraphes des Indes britanniques, renferme, sur le service des téléphones et des lignes privées aux Indes, quelques renseignements intéressants que nous traduisons ci-après.
- « Les tableaux suivants font connaître le mouvement des transactions des Compagnies téléphoniques dans les années 1882 et«i883, ainsi que le développement des opérations des téléphones du gouvernement dans ces trois dernières années.
- COMPAGNIES TÉLÉPHONIQUES
- NOMBRE des abonnés NOMBRE des lignes d’abonnés NOMBRE des lignes privées RECETTES
- 1882 i883 1882 i883 1882 i883 1882 i883
- Roupies Roupies (')
- Calcutta. 102 ig5 IOI 178 2 l8 32,215 52,83g
- Bombay. 90 134 «7 i32 3 3 25, IQ4 38,537
- Madras.. 24 3o 28 33 » )) 6,65o 7-479
- Rangoon. >7 40 17 37 » ' i3 6, 25o 16,75c
- Karachi. 11 12 11 12 » )) 2, 700 4, 200
- Totaux. 244 411 244 392 5 34 73,009 119,865
- Ci I.a roupie vaut, nu cours actuel, un peu plus de 1 francs.
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- LA LUMlÈRË ÈLËCTRlQÜË
- TÉLÉPHONES 1)E L’,.TAT
- NOMBRE
- des
- f, IGNES publiques
- privées
- RECETTE*
- Roupies
- « La première ligne privée établie par le département des télégraphes a été construite au mois d’août 1865 entre le Fort-Office de la Compagnie Peninsular and Oriental steam navigation et l’établissement des docks de Mazagon. Les appareils employés étaient des appareils alphabétiques à aiguilles. D'autres maisons et Compagnies ont suivi l’exemple de la Peniusular and Oriental Company, et l’emploi de lignes privées desservies par des appareils alphabétiques ne tarda pas à devenir général dans toutes les grandes villes des Indes.
- « L’invention du microphone en 1877 et la rapidité avec laquelle il fut perfectionné et combiné avec le téléphone provoquèrent l’attention du département. Différentes formes d’appareils, provenant de l’Angleterre, de l’Amérique et d’ailleurs fprent mises à l’essai, tandis que l’on procédait à des expériences avec d’autres modèles, et c’est un appareil inventé par l’électricien du département des Indes, M. Johnston, qui finalement a été adopté.
- « Les appareils alphabétiques à aiguille ont été alors remplacés par des téléphones, et le département s’est trouvé tout prêt à entreprendre la mission d’établir des téléphones pour lignes privées, ainsi que pour des communications urbaines.
- « En 1881, le Gouvernement décida que les entreprises privées pour le trafic téléphonique devaient être encouragées aux Indes, et il accorda l’autorisation à l’Oriental téléphoné Company limited d’établir des communications urbaines à Calcutta, Madras, Bombay et Rangoon, ainsi qu’à la Compagnie Crossley pour Calcutta. L’autorisation accordée à cettedernière Compagnie tomba en déchéance, mais l’Oriental téléphoné Company commença de suite ses opérations et établit un réseau urbain dans chacune des vi les susmentionnées et, en 1882, la même Compagnie en ouvrit aussi un à Karachi.
- « Au mois de janvier 1883, la Compagnie Oriental fut autorisée à transférer ses concessions pour Calcutta et Bombay à des compagnies locales, la Compagnie des téléphones du Bengale et la compagnie de Bombay , cette dernière comprenant Karachi dans le cercle de ses opérations; mais la Compagniè Oriental conserva ses concessions pour Madras et Rangoon.
- „ En octobre i883, le gouvernement soumit aune révision les règles imposées aux compagnies dans le but de faciliter leurs opérations. L’on peut se faire une idée de la nature du nouveau règlement par l’extrait suivant des résolutions du gouvernement de l’Inde datées du 2S octobre i883 :
- „ Vu l’opportunité d’assurer aux intérêts publics une protection efficace, il est nécessaire de réserver au gouvernement le droit d’intervenir et d’entreprendre l’exploitation des communications téléphoniques, au cas où une compagnie viendrait à faillir, à prélever des taxes exagérées ou à faire preuve de toute autre mauvaise gestion, ainsi que dans
- toutes autres circonstances qui sembleraient rendre cette intervention désirable. Par conséquent, le gouverneur général a décidé que toutes les concessions futures ne seraient accordées qu’en réservant à cet égard les droits du gouvernement.
- » I. Le droit du gouvernement, établi dès le début, d’accorder une concession dans toute ville à plus d’une compagnie, est de nouveau affirmé.
- « La construction, l’entretien et l’exploitation de tous les réseaux téléphoniques pour les services du gouvernement et des lignes qui les relient seront dans tous les cas réservés au département des télégraphes de l’Etat. Les instructions contenues dans la lettre du département des travaux publics en date du t3 juin 1882, à l’adresse du directeur général des télégraphes, sont en conséquence abrogées.
- « II. L’établissement de communications entre les bureaux et lignes des compagnies et le réseau du gouvernement sera autorisé suivant un règlement à établir et moyennant le payement d’un certain droit.
- Quand de semblables communications auront été établies, la consignation et l’admission au bureau des téléphones de télégrammes écrits pour être transmis sur les fils de l’Etat seront autorisées suivant les dispositions d’un règle, ment à établir.
- « III. Communications hors du rayon concédé. Les compagnies téléphoniques possédant des concessions pour un réseau circonscrit dans certaines limites définies peuvent être autorisées à relier à leur réseau des abonnés isolés demeurant en dehors des limites prescrites moyennant le paye, ment d’un droit supplémentaire à l’Etat.
- « Quand des communications sont demandées entre villes qui possèdent chacune un réseau téléphonique concédé, la ligne de jonction sera, dans tous les cas, établie et entretenue par l’administration des télégraphes, qui en demeurera propriétaire et la louera à la Compagnie, moyennant une redevance annuelle. Mais il doit être bien entendu qu’aucune compagnie n’a le droit d’exiger l’établissement d’une semblable ligne de jonction, et que l’Etat conserve toute liberté pour accepter ou décliner la demande dans chaque cas particulier.
- « IV. La redevance à l’Etat pour les concessions accordées à l’Oriental Téléphoné C° est fixée au taux de 10 o/o. Pour encourager le développement des entreprises téléphoniques, les concessions futures ne comporteront qu’une redevance de 5 0/0 avec un droit additionnel de 1 0/0 pour les communications hors du rayon concédé.
- « V. Dans toutes les concessions futures, il sera expressément stipulé, conformément avec ce qui existe dans le sjr8. tème anglais, qu’en cas d’achat par le gouvernement de la propriété d’une société, il ne sera rien payé pour la clientèle de l’entreprise. »
- On annonce que la Western Electric Manufacturing C° do New-York et Chicago a dernièrement envoyé 400 sonneries magnéto-électriques en Europe, avec So tables de communications multiples pour différentes Sociétés téléphoniques en Angleterre et sur le continent.
- L’idée d’utiliser la force hydraulique des chutes du Niagara a déjà reçu un commencement d’exécution par l’installation d’une dynamo dans l’usine de MM. Quimby et Cd, près des chutes, qui fournit le courant pour 3000 téléphones dans trente villes. 1 Soo de ces appareils se trouvent à Buffalo, à une distance de 25 milles du Niagara.
- Le Gérant : Dr C.?-C. Soulages.
- Paris..— Imprimerie P. Mouillot, l3, quai Voltaire, — 36020
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- La Lumière
- Journal universel d’Électricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
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- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout —
- 7* ANNÉE (TOME XVI ) SAMEDI 18 AVRIL 1885 N° 16
- SOMMAIRE. — Signaux magnétiques. Système nouveau de communications téléphoniques; B. Marinovitch. — Sur l’enroulement des armatures genre Siemens; Aug. Guerout. — L’industrie électrique en Espagne et en Portugal; P. Clemenceau.— L’Exposition d’électricité de Philadelphie : Téléphonie; B. Abdank-Abakanowicz. —Détails de construction des machines dynamos (3e article); G. Richard. — Chronique de l’étranger : Allemagne; H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch et M. Krouchkoll. — Note sur ia théorie des appareils téléphoniques, par M. Vaschy. — Les lampes Woodhouse et Rawson à supports en vitrite. — Sur un’phénomène magnéto-électrique, par C.-V. Boys. — Faits divers.
- SIGNAUX MAGNÉTIQUES
- SYSTÈME NOUVEAU DE
- COMMUNICATIONS TÉLÉPHONIQUES
- Depuis que les sonneries et en général les appels électriques sont entrés dans le domaine des applications journalières, la pile a toujours été la principale source utilisée pour fournir le courant aux appareils employés, mais elle présente de graves inconvénients, parmi lesquels il faut mentionner surtout les soins d’entretien qu’elle exige. Aussi a-t-on cherché depuis longtemps à la remplacer par d’autres générateurs de courant.
- Ce fut principalement lors de l’apparition du téléphone Bell que le besoin d’un appel sans pile se fit vivement sentir; on imagina alors les combinaisons les plus diverses pour produire des signaux acoustiques sans avoir recours à la pile. Malheureusement, ce fut sans succès. C’est ainsi que MM. Anders et Watson construisirent, un appareil qui ne donna pas des résultats satisfaisants. Il rappelle par l’aspect extérieur les appels que nous décrirons plus loin, mais son principe, basé sur celui du télégraphe harmonique, est tout à fait différent.
- En Allemagne, MM. Siemens et Halske avaient utilisé leur machine magnéto-électrique à armature en double T; en Amérique, différents inven-
- teurs, parmi lesquels se place M. Gilliland, avaient combiné des appareils du même genre. Ces instruments entrèrent jusqu’à un certain point dans la pratique, mais leur application ne put être que limitée. Ils sont, en effet, volumineux et peu commodes à manier, par cela même, ils s’écartent du but à atteindre.
- Dans ces tentatives plus ou moins avortées, certains esprits trouvaient matière à découragement et de guerre lasse abandonnaient le problème où tant d’électriciens distingués avaient échoué; d’autres, mieux inspirés, portaient sur la question un jugement plus droit et devant le succès relatif des essais antérieurs ne voyaient que la possibilité clairement démontrée de remplacer par des courants induits ceux de la pile. M. le Dr C. Herz, très attaché aux progrès de la science électrique en général et en particulier à ceux de la téléphonie, dont le développement considérable l’avait de prime abord frappé comme une conséquence nécessaire des besoins de la vie moderne, fut un de ceux chez qui cette conviction s’affirma lé plus nettement.
- Dès l’origine, il eut foi dans le succès et ne cessa d’encourager les recherches dans la voie qui devait conduire à un appareil simple et facile à manier, c’est-à-dire à un appareil pratique. Le jour où M. B. Abdank-Abakanowicz vint lui montrer son appel électromagnétique, il reconnut de suite le grand parti qui pouvait être tiré de cette invention et vit qu’elle contenait en germe la solution du problème si imparfaitement résolu jusqu’à ce jour. Il n’eut garde de laisser échapper l’occasion qui
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- s’offrait à lui, tout en comprenant qu’il n’y avait là qu’un point de départ et qu’il restait encore beaucoup à faire. pour amener l’appareil à une forme industrielle.
- On se mit aussitôt à l’œuvre. Sous la direction du Dr Herz, une série d’études furent entreprises, une série de*modifications, les unes indiquées par lui, les autres dues à l’initiative personnelle de ses ingénieurs, effectuées, et de ces efforts combinés
- FIG. I
- sortit bientôt un appareil qui, par sa forme et ses dimensions, devenait industriellement viable et capable de satisfaire à toutes les exigences de la pratique.
- Ces transformations successives constituent l’historique de l’appel; nous allons commencer par en ciire quelques mots.
- Dans les appareils antérieurs, on produisait le courant en faisant tourner devant les pôles d’un aimant une ou plusieurs bobines et la production de ce mouvement nécessitait l’emploi de roues,
- avec engrenages ou transmissions, qui rendaient les appareils très complexes.
- Dans le nouveau système, le mouvement rotatoire était remplacé par un mouvement d’oscilla-
- FIG, 2
- tion et l’appareil réduit àjune simple bobine de fil de cuivre isolé oscillant entre les branches d’un *
- FIG. 2 bis
- aimant. Les courants alternatifs produits par ce mouvement étaient reçus à l’autre extrémité.
- Ce dispositif, transmetteur et récepteur, est représenté par les figures i et 2.
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- Le transmetteur (fig. i) se composait d’un aimant en fer à cheval monté sur un socle en fonte. Une équerre fixée au socle servait de point d’attache à un ressort portant à son autre extrémité la bobine formée d’un noyau en fer doux et d’un
- FIG. 3
- grand nombre de tours de fil fin. Un des bouts du fil communiquait avec la masse et de là à une des bornes de l’appareil; l’autre bout était relié par un ressort en spirale à une vis isolée et de là à la seconde borne.
- FIG. 3 bis
- Si on écartait la bobine de sa position de repos, dans un sens quelconque, puis qu’on lâchât le bouton servant à la manœuvre, elle se mettait à osciller en passant rapidement devant les pôles de l’aimant. Dans ce mouvement, le magnétisme du
- FIG. 4
- noyau varie d’un instant à l’autre, en même temps que les spires de la bobine coupent les lignes de force de l’aimant: de là une série de courants alternatifs. Nous remarquerons d’ailleurs, en passant, que la cause prépondérante dans la produc-
- tion des courants induits, est l’aimantation et la désaimantation du noyau, l’induction dynamique proprement dite ne jouant qu’un rôle secondaire.
- Ces courants étaient envoyés dans un appareil rappelant la construction du premier. Par le fait, il eût pu avoir la même forme que le transmetteur, car toute machine de ce genre est réversible et quand on réunit électriquement deux transmetteurs
- FIG* 4 bis
- et qu’on fait marcher l’un d’eux, l’autre se met à vibrer.
- D’une manière générale, on pouvait employer les sonneries de tous les autres systèmes, ou même de simples relais polarisés transformés en sonnette par l’adjonction d’un timbre et d’un battant.
- Le récepteur (fig. 2) fut, en réalité, construit de la manière suivante : entre deux aimants recourbés comme cela est indiqué sur la figure, pouvait osciller une bobine à noyau de fer plat. Sur cette bobine était fixé le battant de la sonnerie qui frap-
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- La lümièrè ëléctriqùë
- pait contre deux timbres placés à la partie inférieure de l’appareil.
- FIG. 5
- Le transmetteur envoyant des courants alternativement positifs et négatifs, à chaque émission du
- FIG. 6
- courant le noyau de la bobine changeait de polarité et était attiré dans un sens ou dans l’autre. Ces
- mouvements étaient assez rapides et exécutés avec assez de force pour produire sur les timbres un bruit égal à celui des sonneries électriques ordinaires.
- Le système n’était pas encore parfait, mais le progrès accompli était net, on pouvait faire marcher une sonnerie sans pile en ne demandant à la main qu’un travail analogue à celui qu 'elle fait pour
- Fi».. 7
- presser le bouton de contact d’une sonnerie ord -naire.
- Quant à la distance à laquelle l’appareil pourrait fonctionner, il était évident qu’elle serait très grande en raison de la tension des courants induits. C’est d’ailleurs ce qui fut confirmé par l’expérience.
- L’appel sonne aussi bien sur une ligne télégraphique d’une cinquantaine de kilomètres qu’en local. C’est là un avantage considérable. Dans les réseaux téléphoniques où l’on fait usage de sonnettes à piles, les abonnés les plus éloignés sont
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- quelquefois obligés d’avoir un grand nombre de piles. Avec les appels magnétiques, le même appa-
- lité de faire fonctionner safis pile les installations des sonneries domestiques, d’appliquer le système à différents autres genres de signaux tels que ceux des chemins de fer, et, chose plus im-'
- reil très simple fonctionne à toutes les ^distances d’une manière uniforme.
- On pouvait donc déjà entrevoir [la |possibi-
- FIG. I I
- portante encore, de supprimer complètement la pile en téléphonie en employant uniquement à côté de l’appel magnétique le téléphone magnétique.
- |
- |
- | :
- FIG, 12
- C’est en vue de ces applications qu’il était important de perfectionner les appareils et d’élargir le système.
- Une remarque de M. Marcel Deprez.servit de point de départ aux premières améliorations et
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- donna lieu à un brevet pris aux noms de MM. Marcel Deprez et Abdank-Abakanowicz. En observant la bobine en mouvement, on voyait que juste au moment où elle passait entre les pôles de l’aimant,
- FIG. l3
- sa vitesse était maxima; donc au moment le plus favorable à la production de la force électromotrice, celle-ci est nulle par suite de la disposition de l’appareil.
- Si, en effet, sur deux axes coordonnés OX, OY, on porte en abscisses les longueurs d’arc et en ordonnées les forces électromotrices, on obtient une courbe dont l’allure est celle de la figure 2 bis, la
- FIG. 14
- force électromotrice passe brusquement du maximum positif au maximum négatif. M. Marcel Deprez proposa de remplacer l’aimant unique par deux aimants placés côte à côte et en sens inverse l’un
- de l’autre ; le noyau en fer de la bobine dans la période de son mouvement le plus rapide devait changer brusquement de polarité et l’on devait obtenir un courant très énergique.
- FIG. l5
- Cette disposition (fig. 3) fut immédiatement construite et l’expérience confirma les prévisions. La
- FIG. 16
- courbe des forces électromotrices affecterait dans ce cas l’allure représentée figure 3 bis. On obtint un courant assez fort pour allumer le gaz, enflammer des amorces et donner des coups très forts
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- ......... .... ..................... • • "
- sur le timbre de la sonnerie. Pour cette dernière application, ' cependant, l’appareil ainsi disposé présentait un inconvénient. En jetant les yeux sur la figure 3, on voit que la course de la bobine
- FIG. 17
- s’étendait d’une quantité notable de chaque côté du système des deux aimants. Il en résultait qu’au lieu de deux courants obtenus avec le système primitif pendant le mouvement de la bobine dans un (sens, on en obtenait actuellement trois dont deux entre ab et cd faibles, et le troisième entre
- FIG. 18
- b et c très court, mais très intense (fig. 3 bis). Donc, pour la même durée d’oscillation, on avait trois impulsions électriques d'intensité différente et le battant de la sonnerie ne pouvait pas bien les
- suivre. Pour chaque mouvement à droite ou à gauche de la bobine, ce battant devait exécuter trois mouvements successifs, et le fonctionnement de la sonnette était défectuenx.
- Mais un résultat restait acquis, c’est que, par ce moyen, on obtenait plus de courant pour la même dépense, et il était indiqué de faire dé nouvelles recherches pour arriver à profiter de cet avantage.
- FIG» 19
- A cet effet on fit construire un appareil permettant de varier à volonté toutes les parties de l’instrument, la bobine, le ressort, les aimants, leur position relative, en général tout ce qu’il était possible de faire varier.
- Les résultats obtenus à la suite d’un grand nombre d’expériences exécutées par MM. Abdank et O. Kern conduisirent à un appareil qui est représenté en grandeur naturelle dans la figure 4 bis.
- On voit aisément d’après cette figure que les deux aimants avaient été notablement raccourcis et en outre écartés beaucoup plus l’un de l’autre, de sorte que les oscillations de la bobine s’effectuaient entre les deux aimants sans les dépasser d’une
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- APPLICATION DES, SIGNAUX MAGNETIQUES AU SERVICE DES CHEMINS DE FER
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- façon sensible à l’extérieur. Avec cette disposition le seul courant produit à chaque demi-oscillation était le courant énergique représenté par b c figure 3 bis.
- La forme spéciale adoptée pour la bobine con-
- FIG» 20
- tribuait encore largement à l’amélioration de l’appel.
- Son noyau central (fig. 4) était muni de grands épanouissements qui formaient les joues en fer de la bobine et étaient recourbés à angle droit pour permettre d’utiliser la plus grande
- partie possible du champ magnétique formé par les aimants.
- On parvint ainsi à doubler la puissance de l’ap-
- FIG. 21
- pareil tout en réalisant une économie sur le fil employé.
- En ouire, le support de fonte avait été réduit à de très petites dimensions.
- On était donc déjà bien loin du transmetteur primitif. Le Dr Herz’itrouva cependant’que l’appa-
- FIG. 22
- reil était encore trop volumineux pour entrer en concurrence avec les boutons de contact des sonneries ordinaires, et le fit réduire aux dimensions que représente la figure 5.
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- Le transmetteur ayant été ainsi perfectionné, on procéda de même pour le récepteur.
- ressort qui est mobile. On a ainsi l'avantage d’avoir la partie mobile beaucoup plus légère.
- La figure 6 donne le croquis schématique du dispositif; la figure 7 en représente l’aspect général.
- Les spires de la bobine réceptrice C entourent le noyau en fer doux D. Une des extrémités de ce noyau est fixée à un ressort, l’autre, qui se trouve
- FIG. 24
- mobile en même temps que son noyau. Dans le nouveau modèle, c’est le noyau seul monté sur le
- p’acée entre deux projections des pôles d’un aj_r-mant, porte le battant de la sonnerie. L’aimant est disposé, soit sous la sonnerie (fig. 7), soit au-dessous de la bobine, caché par le socle (fig. t>).
- Bien que ce réceptaur fût en tous points satisfaisant, on jugea utile d’en combiner un dont tous les organes fussent renfermés sous le timbre.
- Dans une première disposition, suggérée par M. Marcel Deprez, le battant frappait normalement
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- à la surface intérieure du timbre. Le noyau D (fig. 8), était fixé sur deux ressorts, et ses deux bouts recourbés se trouvaient placés entre les pôles de deux aimants permanents. De cette manière, les deux pôles du noyau étaient utilisés.
- La figure 9 représente en perspective ce dispositif.
- Dans un autre appareil, représenté figure 10, le battant ne frappait pas sur le timbre lui-même, mais sur un téton venu de fonte, avec le timbre. Le principe était alors le même que pour l’appareil de la figure 7, mais pour pouvoir loger tous les organes sous le timbre, on avait dû donner à l’aimant la forme d’un demi-cercle, et placer perpendiculairement au noyau D la lame élastique qui lui sert de support.
- Avec le transmetteur de la figure 5, et les récepteurs que nous venons de décrire le problème de la sonnerie magnétique d’appartement se trouvait notablement amélioré.
- Les transmetteurs étaient d’un maniement facile; le plus léger coup de doigt les mettait en mouvement, ils se fixaient aisément aux murs ; montés sur un socle lourd, ils pouvaient faire presse-papier et servir d’appels de bureau ; disposés convenablement au-dessus d’une porte, ils étaient tout prêts à fonctionner comme avertisseurs par le simple jeu de la porte, en un mot ils se prêtaient à toutes les exigences. Il ne restait plus, pour permettre de faire avec ces appareils une installation domestique complète qu’à imaginer un système de tableaux indicateurs susceptible de fonctionner sous l’influence des courants alternatifs.
- Avant cependant de combiner les tableaux, il fallait apporter aux transmetteurs une légère modification; pour pouvoir les employer comme les boutons de contact ordinaires, il fallait que leur circuit restât ouvert au repos et qu’il se trouvât automatiquement fermé au moment du fonctionnement.
- Ce résultat a été obtenu à l’aide de deux lames élastiques r r' (fig. 11), montées sur une
- pièce isolante, mais communiquant ensemble et avec une des bornes du transmetteur; le fil de la bobine communique d’une par avec le ressort qui la porte, et d’autre part avec la seconde borne. A l’état de repos, le ressort ne touche aucune des deux lames r r' et le circuit est ouvert. Quand on fait osciller la bobine, le circuit se ferme, tantôt par le ressort r, tantôt par le ressort r'.
- On peut distinguer deux espèces d’indicateurs, les annonciateurs téléphoniques et les tableaux d’appartement. Dans les premiers, un simple déclenchement fait basculer une pièce portant sur son revers un numéro d’ordre. Le numéro du poste qui appelle apparaît ainsi. Après avoir donné la communication demandée, l’employé replace l’appareil dans sa position initiale, opération qui s’exécute à la main.
- Dans les tableaux d’appartement, et plus particulièrement pour les bureaux, on emploie quelquefois des systèmes analogues aux annonciateurs dont nous venons de parler, mais le plus souvent on fait usage de palettes mobiles autour d’un axe perpendiculaire à leur direction. Elles sont munies à la partie supérieure d’une carte avec un numéro qui se trouve dissimulé dans la position normale et qui
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- vient se placer derrière une fenêtre ménagée dans le tableau, lorsque l'appareil entre en jeu (').
- Ces deux dispositions ont été conservées dans le système des appels magnétiques. L’organe qui opère le déclenchement dans un cas et le mouvement de la palette dans l’autre, est un petit marteau monté identiquement comme le battant de la sonnette (fig. 6) que nous avons décrite plus haut.
- Les figures 12 et i3 représentent un annonciateur téléphonique.
- Lorsque les courants alternatifs’ produits par l’appel circulent dans la bobine, le petit marteau se met à .vibrer et vient frapper le cliquet, qui laisse échapper le disque sur lequelest gravé un numéro.
- Dans les tableaux d’appartement, il faut une disposition spéciale pour ramener les palettes en arrière lorsqu’elles ont fonctionné. On aura donc deux bobines (fig. 14) qui commanderont deux petits marteaux agissant sur la palette en sens inverse. L’une des bobines est placée dans le circuit de l’appel qui donne le signal. Elle fait basculer la palette de manière à faire apparaître le numéro d’ordre. La deuxième bobine se trouve sur un circuit local qui traverse toutes les bobines analogues, pour aboutir à un appel placé à proximité du tableau. Lorsqu’on agit sur cet appareil, les marteaux de rappel vibrent à leur tour et font revenir à la position d’attente les palettes qui avaient joué (fig. i5).
- Ce mode de rappel, ainsi que celui dont on fait
- quelquefois usage et qui consiste à ramener les palettes mécaniquement au moyen de tiges que l’on manœuvre à la main, présentent un inconvénient. Ils ne peuvent donner des indications utiles qu’à la condition que les employés ou les domestiques chargés de répondre ne négligent jamais de faire jouer le rappel.
- C’est pourtant un oubli qui se produit constamment.
- On peut y rémédier en remplaçant la sonnette magnétique par une palette servant à fermer un circuit local qui renferme une pileetunetrem-bleuse sonnant tant que le rappel n’aura pas été opéré (fig. 16).
- M. G. Szar-vady, ingénieur en chef de la Compagnie des Signauxmagné-tiques et Communications téléphoniques, a imaginé une disposition qui possède le double avantage d’être automatique et de ne pas nécessiter de piles.
- Dans son système, les bobines de rappel portent deux enroulements en sens contraire , comme on en rencontre dans certains .télégraphes duplex (fig. 17). Si l’on vient à lancer des courants dans un seul de ces enroulements, le marteau vibrera; mais si l’on envoie un même courant dans les deux, leurs effets s’annuleront mutuellement et le marteau restera immobile. Supposons que l’on agisse sur l’appel n° 2 (fig. 17), il donnera naissance à des courants qui traverseront la bobine A, à simple enroulement, dont le marteau amènera le numéro correspondant. Ces courants parcourront aussi les deux enroulements de la bobine de rappel R, mais un seul des enroulements de toutes les au-
- ne. 27
- (•) V. les sonneries d’appartement par A. Guerout. — La Lutnière Electrique, t. XIV, p. 88.
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- très bobines semblables, en sorte que tous les marteaux de rappel se mettront en branle, sauf celui de l’appel qui doit donner un signal.
- On voit, d’après ce qui précède, que l’appel magnétique se plie à toutes les exigences et qu’il permet l'emploi des indicateurs les plus perfectionnés.
- En dehors de l’électricité domestique, le domaine des applications des sonneries est très étendu. Dans les chemins de fer, par exemple, on en emploie un grand nombre des plus diverses qui seront avantageusement remplacées parles sonneries électromagnétiques.
- Le système se prête, entre autres, particulièrement bien à l’établissement de ces grosses cloches qui servent à annoncer le départ des trains. Des sonneries de cette dimension ne peuvent être construites sur le type des sonneries à piles ordinaires; passé une certaine grandeur, leur fonctionnement devient coûteux, et pour actionner les grandes cloches on a bien 1 ,G- 27 bis
- souvent recours à des rouages d’horlogerie que l’électricité ne fait que déclencher. La sonnerie électromagnétique, au contraire, convient admirablement bien à ce genre d’applications : transmetteur et récepteur n’ont qu’à être grandis pour donner d’excellents résultats. Il est bon de remarquer ici que dès qu’on augmente dans une certaine mesure les dimensions de l’appel, il n’y a plus à se préoccuper de la distance à laquelle on veut transmettre le signal. L’expérience montre en effet qu’avec un modèle
- moyen les courants traversent sans affaiblissement sensible 10 mètres de fil de cuivre arsénieux (Mou-
- chel) de ^ de millimètre de diamètre, ce qui représente une résistance de 3oooo ohms.
- Les fig. 18 et 19 représentent la forme de ces appareils pour ce nouvel usage.
- La figure 19 bis montre l’application de l’appel magnétique à une gare de chemin de fer et permet de se
- rendre compte de la vraie grandeur de l’appareil.
- Ajoutons que l’application de ces appareils ne sera pas limitée aux chemins de fer; on pourra s’en servir avec avantage sur les navires pour communiquer de l’avant à l’arrière ; dans les grands ateliers et dans les collèges pour donner le signal de l’entrée et de la sortie; dans les stations de pompiers; dans les théâtres, pour annoncer le lever du rideau ; pour les cloches d’église et dans bien d’autres cas encore.
- Les appels magnétiques présentent encore un avantage spécial :
- celui de permettre l’emploi de plusieurs récepteurs en tension dans un même circuit.
- On peut, par exemple, faire fonctionner parfaitement vingt sonneries de petit modèle et au delà à l’aide d’un seul appel de même modèle et un nombre illimité avec un transmetteur suffisamment grand. Cette disposition est très commode pour transmettre un signal simultanément en plusieurs endroits différents. Dans un hôtel, par exemple, on pourra avertir toutes les chambres à
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- a fois d’un commencement d’incendie qui viendrait à se produire.
- Les appels magnétiques une fois rendus pratiques pour les diverses applications des signaux ordinaires, le docteur C. Herz entreprit la seconde et la plus important® partie du problème : la combinaison des appels avec les téléphones magnétiques pour supprimer la pile en téléphonie. Il ne faisait d’ailleurs, en agissant ainsi, que donner suite à une idée qu’il avait de tout temps préconisée et dont la justesse n’échappera à aucun de ceux qui se sont occupés de téléphonie.
- On sait, en effet, que c’est surtout dans cette branche des applications de l’électricité que la pile présente de grands inconvénients. Le micro-phone fatigue beaucoup la pile Leclanché, et les batteries placées chez les abonnés au téléphone ont besoin d’être changées souvent.
- Cet inconvénient est si grand qu’en certains endroits, à Berlin par exemple, on a évité l’emploi des microphones chez les abonnés, pour jes remplacer par des téléphones magnétiques Siemens, et on n’a conservé la pile que pour les sonneries et pour les transmetteurs des bureaux centraux, afin-de'moins fatiguer les employés.
- En présence de semblables antécédents, et étant donné les nouveaux éléments que l’on possédait; combiner différents postes téléphoniques uniquement composés d’appels magnétiques et de téléphones magnétiques était un problème qui s’imposait ; aussi l’aborda-t-on sans retard.
- La figure 20 représente un des premiers appareils construits. La disposition adoptée était, comme on le voit, des plus simples. L’appel et la sonnerie se trouvaient fixés l’un au-dessus de l’autre sur une planchette verticale, les téléphones, forme montre, suspendus de chaque côté à deux crochets dont l’un faisait commutateur.
- Dans la combinaison d’appareils de ce genre, les
- conditions à remplir sont les suivantes :
- A la position d’attente, il faut que le courant venant de la ligne traverse la sonnerie seule;
- Lorsqu’un poste appelle, il faut que le courant envoyé dans la ligne par son transmetteur ne traverse ni sa sonnerie ni ses téléphones ;
- Lorsque la conversation est établie entre les deux postes, il ne doit y avoir en circuit que la ligne et les télé' phones.
- On arrive à satisfaire à ces trois conditions au moyen de deux commutateurs placés à chaque poste. La figure 21 indique d’une façon schématique quelles sont alors les communications entre les différentes parties du poste. Soient A et B les deux points de la ligne entre lesquels est placé l’appareil. La sonnerie S, l’appel M, les téléphones TT, seront tous reliés à un de ces points A. De l’autre côté, la sonnerie et l’appel aboutiront à un commutateur D ; puis le fil de sortie de ce commutateur et celui des téléphones viendront à un second commutateur dont la manette sera reliée à B.
- Il est facile de voir ce qui se passera suivant les positions données aux commutateurs :
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- ni
- Si les deux manettes sont dans leur position supérieure, le courant de la ligne ne traversera que la sonnerie ;
- Si C reste dans la position supérieure, tandis que D viendra reposer sur son contact inférieur, l’appel seul sera relié à la ligne ;
- > Si G est sur son contact inférieur, quelle que soit la position de D, les téléphones seuls seront en circuit avec la ligne.
- Dans le poste que représente la figure 20, et dont la figure 22 donne les commutations, le commuta-
- FIG. 2Q
- teur C est formé par le crochet du téléphone de droite ; il conserve sa position supérieure tant que le téléphone y reste suspendu. Le commutateur D est représenté par un bouton disposé sur le côté de la planchette. C’est un commutateur à ressort qui est naturellement dans la position correspondante au contact supérieur du schéma. A l’état de repos, les deux commutateurs mettent donc en circuit la sonnerie seule. Lorsqu’on veut sonner, on appuie d’une main sur le bouton, ce qui abaisse D, et de l’autre on fait marcher l’appel qui se trouve alors en ligne. Lorsqu’enfin on décroche le téléphone pour parler, C s’abaisse sous l’influence de
- son ressort de rappel, et les téléphones restent seuls en circuit.
- Cette disposition, tout en répondant au but proposé, présente encore cet inconvénient, qu’au mo-
- r
- FIG, 30
- ment de l’appel on est obligé de se servir des deux mains; aussi chercha-t-on bientôt à remplacer le jeu du bouton D par un commutateur automatique commandé par l’appel lui-même.
- Plusieurs dispositifs ont été imaginés pour cela, nous allons en décrire un.
- En avant du ressort R de la bobine (fig. 23) se trouve fixée une pièce de bois H portant deux paires de ressorts, l’une antérieure LL, l’autre postérieure F F.
- Les ressorts F F, reliés entre eux à la partie supérieure, s'appliquent fortement sur la pièce H, dont ils épousent la forme.
- Grâce à cette disposition, ils sont constamment bandés,' ce qui les empêche de vibrer pendant le fonctionnement de l’appel. Leur vibration produirait en effet des interruptions de' courant qui affaibliraient l’action sur la sonnette.
- Les extrémités inférieures de ces ressorts sont très rapprochées de la projection [métallique P, soudée à la joue antérieure de la bobine, mais elles ne la touchent pas à l’état normal.
- FIG. 3l
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- If2
- Les ressorts LL s’appuient sur une goupille métallique E qui traverse H et établit la communication entre eux.
- Leurs extrémités sont en regard d’une partie isolée de la projection P.
- Comme on le voit dans la figure 24, à l’état d<
- F1Ü.
- repos, les ressorts FF qui sont reliés à la ligne pa; l’intermédiaire du commutateur C ne donnent aucui contact ; mais les ressorts LL et la pièce E relient h sonnerie au contact supérieur de C, de sorte que k courant venant de la ligne ne peut traverser que la sonnerie. Quand, au contraire, on fait mouvoir la
- Fin. 33
- bobine, la partie isolante de P (fig. 23) écartant tout à tour les ressorts LL, ne laisse plus subsister au cune communication avec la sonnerie, mais la partie métallique de P se trouvant toujours en contact avec l’un ou l’autre des ressorts F, envoie le courant en^C et de là dans la ligne. Le jeu du
- commutateur C reste le même que précédemment.
- Ainsi perfectionné, le poste de la figure 20 peut être considéré comme le type du poste téléphonique domestique. Son maniement est simple et facile et ne peut donner lieu à aucune erreur dans
- FIG. 34
- les manipulations. Comme il n’y a plus de liaisons à établir avec la pile, son installation se borne à relier les deux postes par deux fils de ligne; elle peut être faite avec sécurité par le premier venu ; enfin les deux téléphones que comporte chaque
- i iu. 3b
- poste sont des plus maniables, et leur portée est plus que suffisante pour les distances ordinaires.
- La portée de l’appel magnétique, nous l’avons déjà dit, est très considérable. Des expériences ont été faites à ce sujet entre Paris et Creil, à une dis-
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- i i3
- tance de 5o kilomètres, et la sonnerie a fonctionné aussi bien qu’entre deux pièces d’un même appartement ; mais il n’en serait pas de même de la portée des petits téléphones-montre employés dans les postes que nous venons de décrire, et de là est venue la nécessité de construire des postes où, tout en conservant comme récepteurs ces petits téléphones, si maniables, on a à sa disposition pour la . transmission un téléphone magnétique plus ipuissant.
- La figure 25 représente un de ces postes. L’appel
- FIG.
- Alphonse de Rothschild, à Ferrières, distance de 38 kilomètres, a donné les résultats les plus satisfaisants.' , ' ’
- Il a été construit sur le même modèle un poste à appel magnétique et à transmetteur microphonique. Ce poste est représenté dans les figures 26 et 27. Le microphone est du système Hughes et chaque poste possède deux éléments Lalande et Chaperon fixés au dos des parois latérales de la boîte. Cet appareil est d’une sensibilité excessivement grande.
- La figure 26 donne une vue extérieure du poste complet; la figure 27 montre la disposition des organes intérieurs.
- et la sonnerie y sont renfermés dans une boîte qui sert de support aux trois téléphones ; le transmetteur téléphonique est monté sur un axe à frottement dur qui permet de lui donner l’inclinaison la plus convenable pour recevoir l’impression de la parole. Les communications sont les mêmes que celles que nous avons indiquées plus haut; le téléphone ajouté est placé en dérivation entre A et le contact inférieur de. C (voir fig. 21). Ce poste expérimenté entre les bureaux de MM. de Rothschild frères, rue Laffitte, et le château du baron
- ET 37
- Cet appareil, on le voit, réunit, lorsque besoin est, les avantages dés appareils magnétiques et microphoniques.
- Il pourrait être utilisé dans le cas des auditions à très grandes distances, sans'qu’il soit besoin d’avoir recours, comme dans les appareils micro -phoniques ordinaires, à des boîtes spéciales contenant g, 12 et quelquefois bien plus de piles Le-clanché, pour pouvoir signaler le commencement de l’audition.
- L’appareil que représente la figure 27 ùrsoflre cette particularité que les aimants de l’appel ont été utilisés en même temps pour le transmetteur téléphonique. Les bobines de ce dernier sont montées
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- sur des pièces de fer doux fixées à deux de leurs pôles. On gagne ainsi beaucoup de place, sans perdre en rien de la puissance de l’appareil.
- Une combinaison du même genre a servi de base à un autre appareil (fig. 29). Dans ce dispositif on n’emploie qu’un téléphone récepteur qui au repos se trouve suspendu devant le transmetteur et le masque.
- Enfin le modèle le plus récent est représenté par la figure 28. Cet appareil fonctionne de la façon la plus remarquable.
- En parlant à cinquante centimètres du transmetteur sans élever la voix, on se fait entendre dans le récepteur avec une netteté et une intensité étonnantes.
- Ce téléphone présente quelques dispositions différentes de celles que nous avons exposées jusqu’ici.
- Ainsi le commutateur automatique n’est plus le même. Nous avons vu que le courant produit par l’appel était envoyé alternativement dans la ligne à travers deux contacts élastiques qui fonctionnaient
- FIG. 38
- chacun pendant une demi-oscillation de l’appareil.
- La commutation de l’un à l’autre se faisait précédemment quand la bobine passait par sa position moyenne, maintenant elle s’exécutera au moment où celle-ci, arrivée à l’extrémité de sa course, s’arrête pour revenir en arrière.
- En effet les deux contacts FF (fig. 23) se 'trouvent fixés sur une pièce de bois U (fig, 3o) mobile et tournant à frottement relativement dur autour de la vis V qui la maintient contre le bâti de l’appareil. Cette pièce U occupe relativement au ressort R la même position qùe la pièce de bois H
- dans les premiers commutateurs. Elle est percée d’un trou laissant passer la projection P soudée sur une bride X qui embrasse le ressort R. A l’état normal cette projection ne touche aucun des ressorts FF. Ceux-ci s’appuient tous deux sur une goupille H encastrée dans le bois U et qui sert de liaison entre elles.
- Les . deux extrémités du fil de la bobine sont isolées, aucune d’entre elles n’est reliée à la masse. Elles communiquent respectivement avec les ressorts FF, auxquels aboutissent également les fils de la ligne. On voit donc qu’à l’état de repos la bobine de l’appel sera en court circuit. Le courant
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- envoyé par le poste auquel on se trouve relié, ne la traversera pas, mais ira directement de l’un des ressorts F à l’autre par l’intermédiaire de la goupille H. Au contraire lorsqu’on fera osciller la bobine, la projection P viendra buter contre l’une des parois du trou ménagé dans la pièce U et entraînera cette pièce dans son mouvement. En même temps elle éloignera un des ressorts F de la goupille H. Le court circuit sera ainsi rompu et le courant produit ira dans la ligne. Arrivée à fond de course la pièce U s’arrête, la projection P re-
- vient en arrière et va buter sur l’autre bord de l’ouverture de la pièce U, en même temps le premier ressort F revient à sa position initiale tandis que le second est écarté de la goupille H, la pièce U se trouve de nouveau entraînée, mais en sens inverse de son mouvement précédent, et le jeu de l’appareil continue de même jusqu’à ce que l’oscillation de la bobine s’éteigne, la pièce Ü a alors repris sa position primitive.
- La sonnette S (fig. 32) est montée en série avec l’appel. A l’état normal le contact A est fermé et le
- Fie. 3g
- contact BC est ouvert. On voit que lorsque l’appel fonctionne la sonnette du poste qui appelle est actionnée aussi bien que celle du poste que 1 on appelle. Cette disposition peut présenter des avantages dans certain cas.
- La figure 33 rend compte schématiquement des connexions du poste que nous décrivons.
- En réalité, le transmetteur Tr est placé en avant de l’appel, qui lui-même se trouve en avant de la sonnette. Sur notre figure, nous les supposons placés dans le même ordre, les uns au-dessus des autres.
- Le contact BC (fig. 32) s’obtient au moyen
- d’un levier analogue à ceux décrit plus haut et qui fonctionne de manière à simplement ouvrir le circuit de B à C (fig. 33), quand les téléphones sont en place. Entre A' et G le circuit se trouve interrompu, mais en A' et en G se trouvent deux crochets isolés l’un de l’autre, destinés à recevoir un téléphone. Lorsqu’on y accroche un des récepteurs, son anneau établit la communication de l’un des crochets à l’autre.
- Le levier C est placé entre les crochets A’ G en sorte que le même téléphone, en ouvrant ou fermant le circuit de B à C au contraire fermera ou ouvrira le circuit de A' et G.
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- Deux crochets Y, Z analogues à A' G et destinés à recevoir l’autre récepteur ont simplement pour effet de le mettre en court circuit lorsqu’on ne fait usage que d’un seul récepteur.
- Pour les cas où il n’y aurait pas avantage à faire sonner son propre timbre quand on appelle, on a modifié le commutateur automatique que nous venons de décrire, de manière à lui faire remplir les mêmes conditions qu’à celui représenté par la figure 23.
- On trouvera cette nouvelle disposition figure 3i.
- La goupille H n’est plus métallique, mais isolante. Les ressorts FF communiquent entre eux. Ils sont reliés à la ligne. Les deux fils de la bobine communiquent, eux, l’un avec la masse, l’autre avec la ligne. Deux nouveaux contacts ont été disposés derrière la pièce U. A l’état de repos, ils s’appuient sur une goupille métallique E. La portion de la projection P qui se trouve en regard de L L est entourée d’un manchon isolant. Les deux ressorts LL sont reliés avec la sonnette d’une part et la ligne de l’autre. En un mot les communications sont exactement les mêmes que dans la figure 23. Les figures 34 et 35 montrent le fonctionnement du poste pourvu du nouveau commutateur.
- Nous citerons enfin une dernière forme donnée au poste téléphonique magnétique, nous voulons parler de l’appareil portatif que représentent en grandeur naturelle les figures 36 et 37. Là les organes ont été absolument condensés; le timbre, auquel on a donné la forme d’une sorte de cou vercle de boîte-, constitue la partie postérieure de l’appareil, le téléphone qui sert à la fois de transmetteur et de récepteur forme la partie antérieure. Enfin l’appel et la sonnerie sont logés dans l’espace restant.
- Ce poste est destiné à une des applications les plus importantes de la téléphonie, à la téléphonie militaire. Nous devons cependant ajouter que cet appareil, de dimensions restreintes, nécessitera encore quelques perfectionnements avant d’arriver à sa forme vraiment pratique. Le téléphoniste n’aura à porter qu’un de ces petits appareils et la bobine de fil à dérouler. Il sera déchargé du poids de la pile. Au repos l’appareil suspendu par son anneau tend par son poids un ressort qui porte cet anneau et met ainsi le poste sur sonnerie ; quand on soulève l’appareil le ressort s’abaisse et met la ligne sur téléphone. Ce ressort joue le rôle du crochet des postes ordinaires.
- Les figures 38 et 3ç représentent des applications de téléphonie militaire.
- La première nous montre un officier d’artillerie en observation dans un abri, 'pendant une école à feu. Il relève les points de chute exacts des projectiles lancés sur une batterie*fictive, que l’on peut apercevoir, et transmet, au moyen du téléphone, lês
- résultats à l’officier qui commande l’école, ' en lui signalant les coups longs ou courts, ainsi que les écarts à gauche et à droite du but.
- Sur la deuxième gravure, on voit un officier d’état-major en reconnaissance. Il s’est avancé jusqu’à la lisière d'un bois qui sert de rideau aux troupes cachées, tandis qu’un soldat marchant à sa suite déroule et pose une ligne téléphonique qui maintient l’observateur en communication constante avec ses chefs.
- La question des communications téléphoniques, qui prend chaque jour des proportions plus considérables, aura fait, grâce aux nouveaux appareils magnétiques, un progrès vraiment important. Nous venons de signaler les différents modèles qui ont été construits jusqu’ici pour satisfaire aux principales nécessités de l’industrie, et en même temps aux divers besoins de la vie privée et publique. Nous n’avons pu dans cette étude qu’indiquer les grands traits de ces applications qui doivent se multiplier à l’infini, la construction des appareils se modifiant avec la plus grande facilité, dès que des conditions spéciales se présentent.
- M. Je docteur Herz, en inaugurant dans ce journal l’année i885, exprimait la croyance qu’un service de téléphonie universelle viendrait bientôt se substituer aux vieux modes de communication, dont chacun sent l’insuffisance eu égard aux besoins commerciaux de notre époque. Il faut avouer que si l’on envisage d’une part le développement étonnant qu’a su prendre en quelques années la merveilleuse découverte de Graham Bell, et d’autre part les progrès qui sous nos yeux viennent d’être réalisés en si peu de temps, cette idée n’a rien qui doive surprendre, car ce qui reste à faire est certainement peu de chose à côté de ce qui est déjà fait,
- “ B. Marinovitcii.
- SUR
- L’ENROULEMENT DES ARMATURES
- GENRE SIEMENS
- Que l’on demande à l’improviste à un électricien comment sont reliées entre elles les bobines d’une armature Siemens, à moins qu’il n’ait fait une étude spéciale de la question, il arrivera presque toujours qu’il prendra une plume et du papier, essayera plusieurs schémas et mettra un temps plus ou moins long à retrouver l’arrangement des communications.
- Cela tient à ce que dans les principaux ouvrages traitant des machines dynamo-électriques la description de l’armature Siemens, en ce qui concerne
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- l’enroulement, se réduit toujours à peu près à ceci :
- « Les bobines, en nombre pair, sont enroulées longitudinalement sur le cylindre de fer, de façon que les deux grands côtés qui forment les parties actives de chacune d’elles se trouvent diamétralement ou à peu près diamétralement opposés. Leurs fils d’entrée et de sortie sont réunis entre eux, de sorte que l’ensemble forme un circuit sans fin et les fils de jonction sont reliés au collecteur de manière que le circuit total des bobines se trouve toujours divisé en deux moitiés dans lesquelles les courants circulent en sens contraire et qui se rejoignent à deux lames du collecteur diamétralement opposées.
- « Le schéma de la figure ci-jointe dans laquelle
- FIG. t
- on a supposé les bobines réduites à un seul fil représente ces communications. ®
- Quand on lit une description de ce genre, on suit bien les communications sur le schéma et on vérifie bien que le circuit se trouve dans les conditions indiquées. Mais comme la description ne fournit à l’esprit aucune donnée sur un principe quelconque ayant présidé à l’arrangement des fils, on oublie très vite cet arrangement et l’on se trouve foit embarrassé lorsqu’il s’agit de le reproduire.
- Il nous semble cependant qu’il est facile de rendre claires à l’esprit les différentes variétés de l’enroulement Siemens en les rapprochant de l’anneau Gramme dans lequel les communications sont si simples et si faciles à saisir et pour lequel en somme, les conditions à remplir sont les mêmes que pour l’armature Siemens, savoir la continuité du circuit et sa division en deux moitiés parcourues par des courants inverses.
- Considérons d’abord (fig. 1) un anneau Gramme, sur lequel, pour plus de simplicité, sont placées
- seulement 8 bobines, réduites chacune à une seule
- spire. Nous désignerons par i„, 2e, 3e....8e les
- fils entrants disposés extérieurement à l’anneau et par is, 2S, 3S..8S les fils sortants placés à l’inté-
- rieur de l’anneau. Comme chaque fil sortant ou intérieur est toujours parcouru par un coûtant de sens inverse de celui qui parcourt le fil entrant ou extérieur correspondant, et que l’anneau est placé entre deux pôles de noms contraires occupant chacun environ la moitié de sa circonférence, on obtient la continuité du circuit, et sa division en deux moitiés parcourues par des courants inverses, en reliant le fil sortant de chaque bobine au fil entrant de la suivante: is à 2e, 2S à 3e, 3S à 4c...8S à ie. Quant aux liaisons avec le commu-
- tateur, liaisons que nous n’avons pas jugé utile de
- FIG. 2
- représenter sur la figure 1 ni sur celles qui suivent, elles sont faites sur les fils de jonction is 2C, 2S 3e, etc., et dans l’ordre naturel de ceux-ci. Rien donc de plus facile à retenir que les communications d’un anneau Gramme.
- Pour passer maintenant à une armature Sie-rniens également à 8 bobines, nous considérerons d’abord seulement les fils entrants et nous les supposerons placés extérieurement au cylindre exactement comme ils l’étaient dans l’anneau
- Gramme en ie, 2e, 3e...8C, ainsi que le montre la
- figure 2. Puis nous chercherons la position que
- doivent occuper les fils sortants is, 2S, 3S. 8S,
- correspondant à chacun d’eux pour se trouver, en ce qui concerne le sens du courant qui les parcourt, dans les conditions où ils se trouvaient dans l’anneau Gramme. Il est évident que lorsqu’ils auront été ainsi placés, il suffira, pour établir le circuit dans les mêmes conditions que celui de l’anneau Gramme, de relier, comme dans celui-ci, is a 2c, 2s a 3e.... 8., a 1
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- u8
- Or la seule condition que doit remplir un fil sortant par rapport au fil entrant correspondant est d’être parcouru par un courant inverse de celui qui parcourt ce dernier. Dans l’anneau Gramme cela a lieu par ce fait même que les fils sortants sont à l’intérieur de l’anneau. Dans l’armature Siemens on arrivera au même résultat en plaçant chaque fil sortant dans la région diamétralement opposée à celle où se trouve le fil entrant correspondant.
- Nous ne voulons pas dire qu’un fil entrant et son fil sortant devront être absolument aux extrémités d’un même diamètre, mais ils devront au moins se trouver sur une corde peu différente du diamètre. Ils seront ainsi toujours dans des champs magnétiques opposés et seront par suite
- FIC. 3
- toujours parcourus par des courants inverses l’un de l’autre.
- Ceci posé, revenons à la figure 2 qui représente les fils entrants placés autour du cylindre en ie,
- 2c, 3e... 8e et cherchons la position que nous
- pourrons bien donner au fil sortant is correspondant à ie. Comme 5e se trouve diamétralement opposé à ie, si nous ne voulons pas superposer les fils, nous ne pourrons placer is sur le même diamètre que ie, mais il sera alors tout naturel de l’en-écarter un peu et de le placer au milieu de l’espace compris entre 5e et 4e. De même 2S se trouvera placé entre 6C et 5e, 3., entre 7e et 6e etc.; en d’autres termes chaque bobine, au lieu d’être enroulée suivant le diamètre à l’extrémité duquel se trouve son fil entrant, est reportée un peu à droite de cé diamètre et enroulée suivant une corde qui en diffère peu. Les bobines étant ainsi placées, on relie, comme le montre la figùre 2, is à 2(, 2S à 3e, etc., et l’on obtient l’enroulement symétrique de la machine Siemens, tel qu'il est pratiqué au-
- jourd’hui. Comme on le voit, le principe de la méthode consiste à numéroter d’abord les fils entrants dans leur ordre naturel comme s’ils appartenaient à un anneau Gramme, à déterminer la position des fils sortants et à relier le fil sortant de chaque bobine au fil entrant de la suivante dans l’ordre du numérotage.
- Comme les fils sortants pourront occuper différentes positions tout en se trouvant dans les conditions voulues, on voit de suite que le problème de la liaison des bobines entre elles pourra présenter plusieurs solutions et que, comme cela a lieu en effet, on aura plusieurs types d’enroulement.
- Si par exemple, dans l’arrangement précédent, au lieu de rejeter chaque bobine à droite du diamètre sur lequel se trouve son fil entrant, on
- FIG. 4
- l’avait rejetée à gauche, on aurait obtenu la disposition de la figure 3, disposition qui revient au même en somme que celle de la figure 2, mais qui a Tinconvénient d’augmenter le nombre des croisements de fils à la partie antérieure du cylindre, circonstance qui l’a fait rejeter.
- Dans la disposition indiquée dans la première description de l’armature Siemens, toutes les bobines, sans être jamais superposées l’une à l’autre, avaient été enroulées suivant des diamètres, comme le montre la figure 4.
- Si, supposant l’enroulement déjà fait de cette manière, on voulait, comme nous venons de le faire, numéroter les fils entrants suivant les huitièmes de la circonférence, cela irait bien pour ie, 2e, 3e et 4e, mais on serait arrêté au point où l’on devrait placer 5e, puisque ce point se trouve déjà occupé par i.ç. Pour sortir de la difficulté, il suffit de marquer 5c à la bobine suivante distante de te de is et à continuer de huitième en huitième la numérotation 6e, 7e et 8e.
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- En faisant ensuite les liaisons entre is et 2e, 2S et 3e, etc., on arrive à l’arrangement irrégulier connu sous le nom d’enroulement Von Hefner Alteneck, et il est probable que son auteur y est
- FIG. 5
- arrivé tout naturellement par une voie analogue à celle que nous avons suivie.
- Avant d’adopter l’arrangement symétrique que nous avons indiqué dans la figure 2, la maison Siemens s’était servie d’un autre enroulement symétrique dans lequel les bobines étaient enroulées suivant les diamètres, mais superposées deux à deux, de sorte qu’elles formaient par le fait deux couches. Pour reproduire le diagramme de cet en-
- FIG. 6
- roulement, nous représenterons (fig. 5) les deux couches par deux cercles concentriques divisés chacun en 8 parties. Sur le cercle intérieur qui représente la première couche, nous indiquons les
- fils entrants ie, 2e, 3e, 4/; comme les 4 autres divisions du même cercle seront forcément occupées par les fils sortants correspondants is, 2S, 3S, 4S, nous serons tout naturellement conduit à placer 5e, 6e, 7e, 8<. sur le cercle extérieur, qui dans son autre moitié comprendra les fils sortants correspondants. La liaison des is à 2e, de 2S à 3e, etc., nous donnera l’arrangement symétrique que représente la figure 5, mais qui est maintenant peu employé, parce qu’il superpose des fils présentant entre eux une différence de potentiel assez élevée.
- Dans un article que nous avons publié derniè-ment sur la machine Weston (*), nous avons indiqué dans les figures 52, 53 et 54 trois enroulements du genre Siemens, employés par la Compagnie Weston. Le premier n’était autre que celui de la figure 5 du présent article, le second correspondait à la figure 4,1e troisième différait de celui de la figure
- FIG. 7
- 5 en ce que les fils entrants des bobines n’étaient pas disposés d’abord 4 se suivant dans la première couche, puis 4 dans la seconde couche, mais alternaient : le premier dans la couche inférieure, le second dans la couche extérieure et ainsi de suite. Pour obtenir le diagramme de cet arrangement traçons (fig. 6) les deux cercles divisés en huitièmes et plaçons ic sur le cercle intérieur, ie sur l’extérieur, 3e sur l’intérieur, 4^ sur l’extérieur. Comme 1., occupe la position diamétralement opposée à ïe, nous serons forcés déplacer 5e sur le cercle extérieur et une fois ce changement fait nous pourrons continuer les alternances comme précédemment. En reliant 1., à 2e, 2., à 3„,
- (!) La Lumière Electrique, t. XV, p. 443.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- rso
- etc., nous aurons le diagramme de la figure 6, qui diffère peu de la figure 5, et l’on voit que le nouvel arrangement n’aura aucun avantage sur le précédent, puisqu’il amène au contact les mêmes fils;
- FIG. 8
- la seule différence est qu’il les superpose en ordre inverse.
- Dans l’article auquel nous venons de faire allusion, nous avons encore décrit (p. 447, fig. 61) un mode d'enroulement adopté par la Western Electric C° et que nous reproduisons dans la figure 7.
- En le supposant réduit à 8 bobines, comme nous l’avons fait jusqu’ici pour les autres enroulements, nous pouvons le considérer comme un arrange-
- FIG, f)
- ment dans lequel les fils entrants s.oiit superposés 2 à 2 dans leur ordre naturel et les fils sortants rejetés le premier à gauche, le second à droite du diamètre correspondant aux fils entrants. La figure
- : 8 montre le diagramme de cet arrangement qüi se comprendra de lui-même. Avec 8 bobines seüle-ment ce dispositif rejetterait les fils sortants un peu trop loin de la région diamétralement opposée à celle où se trouvent les fils entrants ; mais en multipliant le nombre des bobines par 2, 4..., la corde suivant laquelle est enroulée chaque bobine se rapprochera de plus en plus du diamètre et cet inconvénient disparaîtra.
- Si, au lieu de partir d’un nombre pair de bobines, on partait d’un nombre impair, la construction du diagramme des communications serait des plus simples. Si on divise en effet une circonférence en un nombre impair quelconque de divisions, auxquelles on place les fils entrants de l’enroulement, le point diamétralement opposé à chaque fil sera toujours inoccupé et on pourra toujours y placer le fil sortant. Prenons pour exemple l’enroulement à sept bobines indiqué dans le brevet de la machine Edison (fig. g). La circonférence du cylindre étant divisée en 7 parties égales, ie, 2e, 3e... se placeront tout naturellement aux points de division et les fils sortants aux points diamétralement opposés. La liaison entre is et 27, 2S et 3C, etc., donnera le diagramme tel qu’il est indiqué dans le brevet d’Edison.
- En somme, on voit que, si l’on établit une distinction entre les fils entrants et les fils sortants, faire le schéma d’enroulement des armatures genre Siemens devient une opération tout aussi simple que s’il s’agissait d’un anneau Gramme. En d’autres termes, cela revient à dire que, si l’on numérote convenablement les bobines, la loi de l’enroulement est la même pour une armature à cylindre que pour un anneau : relier le fil sortant de chaque bobine au fil entrant de la suivante.
- Aug. Glerout.
- L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE
- EN ESPAGNE ET AU PORTUGAL
- Je ne veux chercher à étonner personne et ne voudrais pas vis'er au paradoxe. Pourtant, je suis obligé, si je tiens à dire ce que je pense, d’avouer en tête de cet article que l’Espagne, en ce qui concerne l’industrie de l’éclairage électrique, est plus avancée que notre pays. La nation espagnole n’est pourtant pas de celles où l’industrie proprement dite soit en pleine activité ; à part quelques régions de la Catalogne ou de la Biscaye, où vivent un grand nombre d’usines, l’industrie n’existe pas. Dans le grand mouvement qui, dans ces derniers temps, s’est emparé de l’électricité, pendant que de toutes les nations civilisées les inventions arri-
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- vaient en foule, l’Espagne n’a, pour ainsi dire, rien fait, et malgré cela, pendant l’admirable voyage que mon camarade G. Szarvady et moi avons pu entreprendre grâce à la libéralité de notre directeur, le docteur Cornélius Herz, nous avons pu, sans parler des merveilles artistiques, des splendeurs de la nature, voir avec étonnement dans Madrid même des choses qu’à notre honte on ne peut voir encore à Paris. Ici l’éclairage électrique n’existe pas en effet comme il devrait être. La routine, les mauvais vouloirs de l’administration, que sais-je? n’ont pas encore permis la création d’usines centrales, et pourtant, nous avons tout ce qu’il faut chez nous pour réaliser ce desideratum qui, de l’autre côté des Pyrénées, a été facilement obtenu, A Paris, lorsqu’un magasin quelconque est éclairé à l'électricité, c’est un petit événement dans la presse, car l’installation de 4 régulateurs, de 20 lampes à incandescence, demande que l’on place un moteur à vapeur ou à gaz, une ou plusieurs machines dynamo-électriques et tous les accessoires nécessaires. Chez nous, pour qu’on puisse s’offrir le luxe de supprimer l’emploi du gaz, il faut débourser des capitaux relativement énormes, il faut avoir à sa disposition un emplacement considérable, entretenir un personnel spé cial, et c’est ce qui fait qu’en dépit de l’économie ;que dans ces conditions défectueuses on peut ‘ encore réaliser, partout on préfère garder le gaz qui, au mérite de coûter cher, ajoute celui de déga-• ger une chaleur souvent insupportable, et de noir-’ cir les peintures comme d’empoisonner l’air qu’on respire. Eh bien ! en Espagne, du moins à Madrid et à Barcelone notamment, les habitants sont plus favorisés que nous. On leur livre l’éclairage à peu près comme ici on donne le gaz, et les commerçants les plus modestes peuvent à très peu de frais i éclairer leurs demeures, leurs magasins, moyennant une redevance annuelle proportionnelle à la durée de l’éclairage.
- S’il en est ainsi en Espagne, chose curieuse, on ne trouve rien de pareil en Portugal. Dans ce petit royaume, l’éclairage électrique n’existe pas. Les cafés, les hôtels, les promenades, les usines ne possèdent que le gaz et le seul exemple que nous ayons à citer est celui de la tour de Belem. Là, en effet, un foyer Siemens, alimenté par une machine D0, projette ses rayons surl’entrée du Tage, pour que la nuit on puisse surveiller les navires en quarantaine et l’établissement sanitaire situé sur la rive gauche, en face de Lisbonne (fig. 1).
- Cette installation unique produit un merveilleux effet, tant à cause du site ravissant qu’elle éclaire, que de l’élégance et de la majesté du monument qui la renferme. A l’entrée d’un port comme celui de Lisbonne, où sans cesse arrivent des navires provenant de l’Amérique du Sud, et par suite où la quarantaine existe presque en periùanence, l’éclai-
- rage électrique s’imposait, pouvant seul permettre une surveillance qu’exigent de telles conditions ; malheureusement, de Lisbonne à Porto, l’installation de la tour de Belem est la seule que nous ayons pu rencontrer, et la seule que là-bas l’on nous ait signalée. En revanche, si en Espagne les réseaux téléphoniques n’ont pris encore aucune extension, par suite de la gérance de l’Etat, en Portugal, au contraire, la téléphonie est en honneur. Malgré les petites tracasseries que font toujours endurer les administrations locales à des Compagnies étrangères, malgré les difficultés qu’entraîne toujours l’établissement de réseaux aériens, YEdison Gower Bell Téléphoné Company n’en exploite pas moins avec succès ses brevets, et, à la fin de décembre dernier, elle comptait 343 abonnés à Lisbonne et i83 à Porto.
- Cette situation ne peut évidemment que s’améliorer encore, tandis que le réseau téléphonique espagnol, placé comme il l’est dans les mains de l’Etat, ne pourra jamais prendre l’extension qu’il devrait.
- La situation de l’éclairage est infiniment meilleure. L’Espagne n’ayant pas à elle-même des brevets suffisants pour n’avoir pas recours aux nations voisines, a créé elle-même des Sociétés exploitant des brevets français, et a laissé s’établir, en outre, sur son territoire, une Compagnie anglaise. Celle-ci a la propriété des machines et lampes Brush. Le nombre de ses installations n’est, il est vrai, pas considérable ; mais aussi ses frais sont minimes et elle peut vivre longtemps, par suite attendre son développement.
- A Saint-Sébastien, notamment, l’on compte à son acquit une installation, qui, sans grande importance, il est vrai, est cependant assez originale et mérite d’être signalée. Sur la grande et belle promenade de l’Alameda, elle a installé 16 foyers placés sur d'eux lignes parallèles qu’une seule machine, située dans un baraquement derrière le marché, suffit à alimenter. Pendant l’automne et l’hiver, les lampes ainsi placées fonctionnent de 8 heures du soir à minuit. Mais, lorsque au printemps la saison balnéaire commence, lorsque les étrangers arrivent et que les fêtes commencent, il; est nécessaire alors, suivant le cas, de changer 1a place des régulateurs et d’éclairer tantôt une avenue, tantôt une autre, suivant que les circons-. tances l’exigent. Dans ce but, la Société a disposé de par la ville tout un réseau de fils aériens. Dans les squares, dans les rues principales, sur la plage, des mâts sont fixés à demeure, et l’éclairage mobile, ainsi rendu possible, permet de suivre les baigneurs dans les fêtes qui chaque soir leur sont offertes en des points différents de cette ravissante cité.
- A Bilbao et à Santander, la -Société. Brnsh. .a 'placé encore quelques régulateurs ; mais le temps
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- . — ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DE MADRID. — PLAN DU RÉSEAU
- FIG . 2
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- • • LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ne nous ayant pas permis de visiter ces installations, je ne puis en mentionner les détails.
- A Madrid, la Sociedad Matritense de Electri-cidad est seule maîtresse de la capitale. Fondée depuis trois ans avec des capitaux espagnols et desservie par un personnel exclusivement espagnol; aussi elle a vu peu à peu étendre son importance. D’abord, comme nous en avons dans le temps entretenu nos lecteurs, elle a commencé par l’installation unique du Prado qu’elle éclairait avec des régulateurs Gramme pendant les nuits d’été, et qui étaient actionnés par la petite usine centrale du jardin du Retiro.
- Le succès ayant répondu à ces premières expériences, les installations particulières ne tardèrent pas à apparaître et aujourd’hui le réseau souterrain et aérien embrasse une grande partie de la ville. La Société, nous l’avons dit, exploite les brevets Gramme, Maxim et Swan, et tout son matériel est construit à Barcelone par la Société mère : la Sociedad Espanola de Electricidad. A titre provisoire, la Sociedad Matritense a créé à Madrid deux usines centrales dont les machines alimentent les régulateurs placés en ville. Ces deux installations sont situées l’une dans les ravissants jardins du Buen-Retiro et l’autre dans le parc même du ministère de la guerre. La station du Retiro qui est plus importante que la seconde et qui est la première créée, a une force disponible de 180 chevaux. Elle renferme cinq chaudières tubulaires, dont deux du système Root, qui alimentent quatre machines à vapeur. Deux d’entre elles sont des machines Tangye, d’une force de 35 chevaux chacune et qui font 80 tours par minute. Les deux autres qui tournent à la même vitesse sont deux machines jumelles de 55 chevaux chacune. Ces quatre machines accouplées deux à deux sur une même tiansmission actionnent des machines dynamo, travaillant à haute pression et qui sont munies depuis peu de condensateurs.
- Les machines électriques mises en mouvement sont pour la majeure partie du type Gramme à cinq foyers. A côté de ces petites machines, on a installé en outre deux grandes machines Gramme identiques à celles que la maison Sauter-Lemonnier a employées dans son installation des ateliers Cail, et dont j’ai eu dans le temps occasion de parler. Enfin, une machine Siemens de 200 lampes à incandescence est là comme une machine de rechange et c’est elle qui, pendant tout Tété, assure l’éclairage électrique du théâtre, du restaurant, et du kiosque de l’orchestre dans le jardin du Buen-Retirô.
- Cette installation, qui comportait en outre 3o ré gulateurs Gramme la première année, a subi un assez grand nombre d’accidents de toute sorte, mais finalement, grâce à l’activité et au soin de l’ingénieur, cette année, le succès fut complet; et
- notamment au théâtre où tout fut disposé pour qu’on pût obtenir les effets de scène ordinaires, la réussite fut assurée.
- Dans la station du ministère de la guerre, trois locomobiles, de 20 chevaux chacune, actionnent au moyen d’une transmission commune plusieurs dynamos Gramme, type de 5 foyers. Une machipe Maxim et une machine Siemens y fournissent la lumière aux quinze régulateurs du parc du ministère
- NUMÉROS de l'installation DÉSIGNATION des lieux RÉGULA- TEURS LAMPES à incandescence
- I Ministère de la Guerre. l3 i5o
- 2 Jardin du Retiro. . . . 3o 160
- 3 Bureau de la Société
- Matritense, Calle de Sevilla 1
- 4 Cirque de Price 10 12
- 5 Théâtre de Apolo. . . . 2 »
- 6 Maison Jinker I •
- 7 Théâtre de la Zanguela I >»
- 8 Bureau de la Comp'a gnie l’Equitation . . . I »
- 9 Cercle Gran Pena . . . » 88
- 10 Café des Colonnes. . . 3 »
- 1 Coiffeur I B
- 12 Magasin de papeterie. . I »
- i3 Café du Siècle 1 0
- 14 Confiserie I »
- i5 Bijouterie I »
- 16 Opticien 2 »
- 17 Café Hérique 1 »
- 18 Magasin de nouveautés Théâtre de la Comédie. I ))
- 19 5 »
- 20 Magasin de dentelles. . I »
- 21 Magasin de mercerie. . 2 *
- 22 Hôtel de Rome I »
- 23 Café de Madrid 9 » •
- 24 Chapellerie I »
- 25 Tailleur I »
- 26 Magasin de nouveautés 6 - B
- 27 Bijouterie I B
- 28 Café universel 2 B
- 29 Magasin d’éventails. . . 2 »
- 3o Café de Levante .... 3 B
- 3i Tailleur I B
- 32 Tailleur . . .’ Z »
- 33 Théâtre Lara 2 B
- 34 Magasin de parfumerie. 3 »
- 35 Magasin de chaussures. I B
- 36 Café Torvalba 5 “
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- et aux 200 lampes à incandescence qui sont réparties dans les bureaux, les appartements du ministre et dans le cercle militaire de la Gran Pena, situé à quelque distance, Calle de Alcala.
- De l’usine centrale du Retiro partent souterrai-nement tous les conducteurs qui alimentent une centaine de foyers répartis dans les cafés, théâtres et magasins'de Madrid. Comme pour cet éclairage, la Société n’avait à sa disposition que de petites machines Gramme, celles-ci ont été deux à deux accouplées en tension pour diminuer le nombre des circuits. Dans ces conditions 12 régulateurs scint desservis par chacun d’eux et leur nombre est
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- I2D
- de i3. Dans la figure 2 nous donnons le plan de la partie de Madrid éclairée comme nous venons de le dire, et l’on peut se rendre compte ainsi de l’étendue et de l’importance du réseau. Les numéros marqués sur le plan correspondent enfin à ceux du tableau ci-contre (p. 124) qui donne exactement le nombre de lampes en service.
- La plupart des théâtres de Madrid ont le foyer et le vestibule éclairés avec des régulateurs. Quelques-uns, comme la Comédie ou le Zarzuela, ont remplacé leur ancien lustre de gaz par quelques foyers Gramme, qu’on éteint lorsque le rideau se lève.
- Enfin, comme nous le disions plus haut, les deux stations centrales sont provisoires. Actuellement on en installe une qui doit être définitive, dans le parc du ministère de la guerre. L’édifice comprendra une surface de 900 mètres carrés, et la cheminée de briques qui s’élève au centre aura une hauteur de 46 mètres. Tout a été calculé en vue d’une force motrice de 600 chevaux. Les chaudières, qui déjà sont en place, sont du type Naeyer, et elles alimenteront deux machines Coslin, en construction actuellement à Barcelone. On le voit donc, sous peu Madrid possédera une usine centrale de la plus grande importance. Comme on peut le penser, ce résultat n’a pas été atteint sans quelques difficultés. Bien des obstacles ont dû être surmontés; mais, en somme, l’activité et l’intelligence du personnel, notamment de MM. Cazas et Quesada, l’ingénieur en chef et l’administrateur de la Société, ont permis de mener à bien l’œuvre qui leur a été confiée. Avec ces messieurs, nous avons visité la plupart des installations, et en dépit de quelques régulateurs mal réglés par ci par là, nous avons emporté une impression excellente des résultats obtenus avec des engins parfois si capricieux, et des moyens en fait assez limités.
- En Andalousie, comme on le pense, l’absence de toute industrie fait que les applications possibles de la lumière électrique manquent complètement. Quelques installations cependant, faites par la Société Edison, de Paris, se rencontrent encore, et parmi celles-ci, la seule qui mérite d’être citée est celle de l’arsenal de la Carraca, près de Cadix, où 5oo lampes à incandescence environ sont en fonctionnement.
- La Catalogne, au contraire, qui est la région la plus industrielle de toute l’Espagne, a un grand nombre de ses usines éclairées à l’électricité, des machines et des régulateurs Gramme, installés par la Societad Espanola de Electricidad. Celle-ci, dont le centre est à Barcelone, et qui, comme la Société de Madrid, exploite les brevets Gramme, Swan et Maxim, a cherché dès sa fondation à donner le plus d’extension possible à l’éclairage électrique, et dans ce but, créé immédiatement une station centrale. Tout d’abord, les choses furent assez modestement faites ; mais peu à peu le nombre
- d’abonnés augmentant,* la Société, sous la direc” tion de l’ingénieur Xifra, entreprit la' construction d’une vaste usine centrale, capable de'répondre à tous les besoins nouveaux. Cette usine était à peine installée, lors de notre passage à Barcelone. Son installation, faite d’une façon grandiose, nous parut un peu trop vaste pouf le service qu’elle doit fournir, et, bien que nous souhaitions de la voir
- VII. LUS FOYERS à arc LAMPES à incandescence
- Barcelone i85 281
- Zaragoza 6 «
- Bilbao 12 3o
- Valencia 14 »
- Guadalajara 4 •
- Malaga 12 )•
- Cordoba 9 3ô
- Oviedo I »
- Séville I »
- Manresa 8 4
- Catnprodon . . 5 5
- Badalona 5 »
- Puigreig 19 »
- Berga 12 >»
- Villanueva y Geltru 9 »
- Sabadell 38 »
- Sans. 5 54
- Roda » 88
- Ripoll 5 »
- Vicien 2 »
- Gironella 4 20
- Posit de Vilumara 5 20
- Beasin 3 ))
- Artés . . . 7 20
- Premia 3 »
- San-Martin 7 »
- Manila 2 »
- Mataro 5 18
- Monistrol 8 20
- Pobla de Lillet. 2 )>
- Mieres 6 »
- Torrello b 6
- Tarrasa 9 »
- Monsia »
- Molins de Rey 8 8
- Carthagène 5 »
- Bordeta 3 IO
- Rivas 190
- Centellas » 80
- San-Fehu 5 20
- Ile de Cuba 10 3o
- Habana )) 20
- Total 504 1,024
- répondre au développement de l’éclairage, nous craignons toutefois que la Société ne se soit créé trop tôt des frais généraux considérables.
- Quoi qu’il en soit, un grand nombre de places, de rues de la ville sont éclairées avec des régula-reurs Gramme, dont la marche nous a paru très régulière. De'grands magasins, des théâtres, des cafés, ont aussi supprimé le gaz, et entre tous il faut citer le théâtre des Novedades, où 6 foyers sont installés, le café Oriente éclairé à l’incandescence, et enfin, sans parler des essais faits sur la
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- bellè promenade de la Rombla, le magasin du Siglo dont nôtre collaborateur H.-W. Browne a donné la description complète dans un précédent numéro. Enfin, le tableau précédent (p. ia5), où sont énumérées les installations principales de la Société en Espagne, suffit à donner une idée de l’importance qu’elle a su prendre.
- Barcelone est la dernière ville que nous ayons visitée en Espagne. L’impression que nous avons rapportée, n’a fait que compléter celle que nous en avions déjà, et, rentrés en France, Szarvady et moi, nous tenons à remercier ici et les personnes qui nous ont fait un si charmant accueil et le docteur Herz, qui nous a permis d’entreprendre un voyage dont nous conserverons toujours le souvenir.
- P. Clemenceau.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (')
- TÉLÉPHONIE
- Au point de vue téléphonique, l’exposition de Philadelphie offrait un spectacle très curieux.
- Sur tous les objets de ce domaine on sentait le poids écrasant d’un de ces monopoles absolus qui étouffent toute initiative individuelle.
- Contemplant d’une manière absolument impartiale tout ce qui était exposé en téléphonie, nous n’avons pas remarqué un seul pas en avant, un seul perfectionnement sérieux et radical du merveilleux appareil inventé par Bell.
- Le téléphone est encore tel qu’il est sorti des mains de l’inventeur. Ce qui est changé, ce sont les artifices de construction, la forme des boîtes, la couleur de la peinture, les modes d’attache pour les conducteurs, mais on ne rencontre pas une seule modification essentielle.
- Il est vrai que nous avons trouvé dans les coins obscurs de l’exposition des tentatives timides d’innovation dont pas une seule n’a abouti à un résultat concluant et pratique. C’étaient plutôt des appareils d’essai que des instruments que l’on pût faire entrer dans le service quotidien. Ces embryons qui promettaient étaient étouffés avant d’avoir vu le jour par l’omnipotente Compagnie qui possède le brevet Bell et qui est sortie victorieuse d’une série épouvantable de procès.
- Cette Compagnie a exposé la longue série des appareils anciens, commençant par le premier modèle de Bell et se terminant par les téléphones différents usités maintenant en Europe; mais nous
- (,') Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
- avons cherché en vain un essai quelconque d’amélioration décisive entrepris par la Société elle-même ou par ses attachés. On ne s’est occupé que des accessoires.
- Un seul modèle a été adopté et on n’en a pas exposé d’autres. C’est le vieux téléphone Bell à long manche, et on n’en fait pas couramment d’autres. La Compagnie le trouve suffisamment bon pour l’usage de ses clients* et elle n’a pas besoin de chercher mieux, puisqu’elle n’a pas de concurrents.
- Du reste ce téléphone est suffisamment bon pou'r l’usage auquel il est employé. Il ne sert qu’à recevoir les messages d’un microphone alimenté par une pile, et comme nous le savons, tous les téléphones basés sur le principe de Bell sont bons à cet usage.
- La chose se présenterait autrement s’il fallait sé passer du microphone et de sa pile et ne se servir que de postes purement magnétiques. Mais c’est un cas, à en juger par l’exposition de Philadelphie, qui ne se rencontre que bien rarement dans les Etats-Unis.
- Nous n’y avons pas trouvé, sauf quelques essais bien anciens, un seul poste magnétique. Et pourtant c’est dans le développement des appareils de ce genre que la plupart des téléphonistes voient l’avenir. L’inventeur original est lui-même de ceite opinion, comme il l’a exposé à plusieurs reprises.
- On remarquait le même effet du monopole sur les microphones. Le vieil appareil Blake est presque exclusivement employé, et pourtant, il ne peut pas être classé parmi les meilleures inventions de ce genre, comme en général tous les microphones à un contact, qui exigent un réglage souvent répété.
- En un mot, la téléphonie en Amérique porte une livrée officielle qui est déjà bien usée, mais qui est pieusement conservée par respect pour le maître, la solide Compagnie de Bell.
- Ceci concerne le téléphone et le microphone lui-même. Nous ne pouvons pas émettre la même opinion sur les accessoires téléphoniques, sur les agencements des bureaux centraux, des postes des abonnés, des appels. Ici le génie américain d’invention a eu un vaste champ devant lui et nous avons trouvé à l'exposition de Philadelphie beaucoup de détails intéressants et essentiellement pratiques. Et cette branche téléphonique deviendrait encore plus intéressante si l’on étudiait les moyens de construction qui diffèrent en beaucoup de points de ceux qu’on emploie en Europe.
- TRANSMETTEUR DE BLAKE
- Quoique cet appareil ait été déjà mentionné, maintes fois, nous ne pouvons nous dispenser
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- de le décrire une fois en détail , vu la grànde place qu’il occupait à l’exposition de Philadelphie et son usage excessivement, presque exclusivement même, répandüen Amérique. Il suffit d’indiquer ce fait que jusqu’à ce jouir, il se trouve plus de 65 ooo transmetteurs Blake en usage quotidien aux Etats-Unis*
- L’invention de ce microphone date du mois d’août 1878, trois mois après la publication du microphone de Hughes. Nous avons vu à Philadelphie, exposé par les soins de la Compagnie américaine de Bell, le premier modèle qui ait été construit par Blake.
- L’appareil définitif qui est maintenant en usage ne diffère pas beaucoup de ce premier modèle. Les ligures 1 et 2 en donnent la coupe et la vue de derrière.
- La membrane en fer M, entourée par une gaine en caoutchouc C, repose sur une rondelle en fonte F qui a deux projections S, S'. Sur le support S est fixé un levier recourbé L, monté sur le ressort K. La partie supérieure du levier porte pincé entre deux isolants, un faible ressort r, muni au bout d’un petit morceau de platine p. Un autre ressort r’ porte le charbon C. On règle la pression du charbon sur le contact en platine et la membrane par la vis V.
- Pour éviter les vibrations trop violentes de la plaque M, on se sert d’un amortisseur G, qui est un ressort en acier couvert à son extrémité par un gant en caoutchouc G.
- L’appareil est, comme on le voit, excessivement
- Q o
- simple, mais nous ne pouvons pas le classer parmi les meilleurs microphones qui existent. Tous les microphones basés sur le principe de Hughes ont toujours un rendement supérieur.
- La figure 3 représenté l’aspect général du dernier modèle du poste !microphoniqye Blake-Bell tel qu’il sort dés (ateliers de la Western Electric Company,
- FIG. '$
- TÉLÉPHONE ET MICROPHONE SYSTÈME CL A Y
- M. Clay se sert pour son téléphone d’un aimant à trois branches genre Niklès. Un pôle A (fig. 4) est sur la branche du milieu, et les deux autres B ont la polarité contraire. La boîte K, qui sert de support à la membrane est en fer doux, et comme elle est fixée sur les deux pôles du même nom B, elle est polarisée en sens contraire au sens du pôle A.
- Une des particularités de' ce téléphone est qu’il n’y a pas de noyaux en fer doux aux pôles des aimants, et que le fil est directement enroulé sur l’aimant permanent lui-même.
- En outre, la bobine a une forme spéciale, indiquée par la figure. Au lieu de faire trois bobines, M. Clay se sert d’une seule, suffisamment grande pour envelopper les trois pôles. Il la plie d’une manière telle, que tous les courants engendrés par les vibrations de la membrane s’ajoutent, comme l’on voit sur la fig. 5.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les autres parties de l’appareil sont suffisamment bien expliquées par le dessin.
- Le poste complet, avec le microphone, dont l’aspect extérieur est donné parla figure 6, possède une bobine d’induction mobile, comme on le voit
- E
- FIG. 4
- sur la figure 7 qui représente une section verticale à travers le microphone.
- Il est composé d’une planchette en bois A, au centre delaquelle est fixée une petite plaque métallique A' qui porte un contact en platine. Sur ce point appuie le charbon B, qui est creux à l’intérieur et qui est maintenu dans sa position par une tringle en fil G, dont les deux extrémités entrent dans les trous du charbon.
- La tringle elle-même est fixée sur la bobine d’iu-
- FIG. 5
- duction, laquelle est à son tour suspendue librement par le bout de son noyau en fonte, au point
- E. L’autre extrémité du noyau se trouve guidée entre deux fils, vis-à-vis d’un morceau en fer doux
- F, monté sur un ressort.
- Entre C et le charbon, se trouve encore uh autre contact en platine, fixé à la tringle.
- Le réglage des contacts se fait par l’inclinaison plus ou moins grande de la bobine d’induction, ce qui est facile à obtenir au moyen des vis de réglage.
- Le courant de la pile qui alimente le microphone, passe, comme on le voit, par le fil primaire de la bobine d’induction, par le charbon, le contact métallique, et retourne à la pile.
- L’inventeur prétend que la disposition indiquée de la bobine mobile donne l’avantage suivant.
- FIG. (>
- Au moment où une onde sonore, frappant sur la membrane, la fait avancer vers l’intérieur de la boîte, elle transmet aussi ce mouvement à la bobine D, qui tend à s’écarter et rompre le contact. Mais juste dans ce moment, il y a maximum de pression sur le contact microphonique. L’intensité du courant qui passe par le fil primaire de la bobine se trouve ainsi augmentée, les pôles du noyau renforcés, et le pôle qui se trouve vis-à-vis de F attiré avec plus d’énergie, ce qui doit prévenir la rupture complète du contact microphonique.
- Selon l’inventeur, cette disposition évite les « crachements » que l’on rencontre si souvent, surtout dans le microphone à contact unique.
- Dans ce poste il n’y a pas d’appel spécial pour appeler le bureau central. Le crochet commutateur 1 sur lequel est suspendu le récepteur, a un contact
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- additionnel, qui permet de lancer sur la ligne pendant un, instant le courant de la pile, enfermée dans
- la même boîte ; le bruit occasionné par ce passage suffit pour éveiller l’attention de l’employé du bureau central, comme nous le verrons à la description. du : commutateur Clay, exposé par la Commercial Téléphoné C°, qui possède les brevets de l’inventeur.
- POSTE TÉLÉPHONIQUE DE DOLBEAR
- Pour faire fonctionner ses récepteurs condensateurs, que nous n’avons pas besoin de décrire ici,
- attendu qu’ils l’ont déjà été, le prof. Dolbear se , sert d’un microphone très simple, qui est repré-
- senté par la figure 8. C’est un microphone à contact unique entre deux petits morceaux arrondis de charbon C C\
- Un de ces charbons C est fixé sur la membrane métallique M, devant laquelle on parle. L’autre, C', est mobile à l’extrémité d’une tige métallique D, qui est suspendue sur deux crochets F, dont les bouts pointus plongent dans de petits godets à mercure G, pratiqués dans une traverse T.
- Le courant de la pile entre dans les godets, tra-
- verse le contact C, C' et retourne à la pile par la boîte métallique du microphone.
- Le réglage de la pression au point de contact s’opère par les vis V, en déplaçant le centre de gravité de la pièce mobile.
- Pour appeler, on se sert de la bobine d’induction, qui envoie des courants sur la ligne, quand on tourne la manivelle.
- Ces courants font marcher une sonnerie polarisée placée à l’autre station.
- Le fonctionnement de cet appareil est tout à fait satisfaisant.
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- i.3a
- , MICROPHONE ECCARD
- ‘ •! ' '
- Les charbons mobiles C du microphone de M: •Eccard, de Washington, sont posés perpendiculairement, à la1 membrane (fig?. 9)- Dans les trous coniques, percés dans les extrémités' dé baguettes en charbon entrent les’pièces coniques V, •V', dont les unes sont fixées â*la membrane^ et les autres à la.'traverse isolée T. b ' ' ’ î ••• >
- Cette disposition a l’avantage que le réglage est
- inutile; ce! qui le rapproche des'inicrophbnes usitës 'en Europe, genre Crôssley,' Adèr ét antres; m ’ i. ' -
- NOUVEL APPEL DE GILLILAND
- Comme règle générale, à très peu d’exceptions près, on ne se sert aux Etats-Unis, pour appeler, que d’appareils magnétiques. On y a bien compris, dès les débuts de la téléphonie, que c’est le seul moyen rationnel et pratique. Les courants engendrés
- FIG. JO ET 11
- par ces appels ont une tension suffisante pour tra-; verser de fortes résistances, et la faible dépense d’énergie musculaire utilisée pour les produire est largement compensée par l’avantage que l’on trouve toujours dans les applicatipns électriques quand on est à même de rejeter l’usage delà pile.
- . La société de construction Western Electric C° de Chicago a introduit nouvellement dans le commerce un nouvel appel magnétique, qui ne diffère . pas,beaucoup comme aspect général de l’ancienne:
- boîte à manivelle de Giililand, mais qui contient: '•plusieursjperfectionnempnts de construction rendant cet appareil plus solide, plus énergique dans1
- son.fonctionnement électrique et offrant plus de facilité d’inspection et de réglage.
- La figure 10 représente la vue extérieure de l’appareil. Comme on le voit, la manivelle est placée au centre du couvercle, au lieu d’être placée sur un des côtés de la boîte. Ceci provient de ce que tout le mécanisme est fixé sur ce couvercle, et quand on dévisse les trois boulons indiqués sur la figure on peut sortir tout l’appareil et arriver facilement à toutes les pièces.
- La figure 11 montre le dessous du couvercle.
- : Deux forts aimants, recourbés de manière à-eft-velôpper le mécanisme du générateur des courants
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- Ml
- .alternatifs et la sonnerie réceptrice, constituent l'inducteur de la bobine qui est mise en mouvement par lagrande roué dentelée engrenant à son tour dans un pignon en caoutchouc monté sur l’arbre de la bobine. Ceci fait que la transmission du mouvement ne fait pas de bruit et se trouve ainsi moins sujette aux dérangements, comme dans le vieil appareil où l’on appliquait l’engrenage métallique ou les toues à friction.
- La même boîte contient le crochet commutateur du microphone, qui agit par la suspension du téléphone récepteur.
- En général, la boîte de l’appel contient tout le
- poste téléphonique et il n’y a que le microphone et sa pile qui soient placés dehors.
- Comme nous aurons l’occasion de parler encore 'une fois de l’appel Gilliland, en décrivant les moyens usités aux Etats-Unis pour la construction des instruments électriques, nous nous bornons à cette place à la description sommaire de cet appareil.
- avertisseur de la fin de la conversation
- DE PAINTER.
- Quand deux abonnés d’un bureau central téléphonique sont en communication, on laisse ordi-:jfiâiréméirt &ths’ la-ligne‘qâi les réunit; ou-en déri-
- vation sur cette ligne un annonciateur'. Aussitôt qu’ils ont terminé leut conversation, ils sont obligés d’envoyer un courant, soit en appuyant sur la clé delà pile, soit en faisant marcher l’appel magnétique, et ce courant fait tomber le guichet de l’annonciateur, prévenant ainsi l’employé du bureau central qu’il doit rompre la communication. -j
- Mais il arrive très souvent que l’abonné oublie de faire cette manipulation. Pour obvier à cet inconvénient, M. Painter a ajouté à l’appel magnétique ordinaire un petit appareil qui prévient automatiquement, par l’accrochage des téléphones, que la conversation est terminée.
- Avec la roue dentée principale de l’appel magné-
- tique R (îïg. ie), que l’on tourne au moyen de ‘la manivelle pour faire marcher la bobine induite, engrène une roue additionnelle R' fixée sur un support spécial.
- Autour du point S, placé excentriquement sur la roue R', pivote un petit levier portant un doigt allongé P. Quand on fait tourner la manivelle pour appeler le bureau central, la roue R' fait un demi-tour et ne peut pas tourner plus loin, parce que,‘à l’endroit K, les dents sont éloignées, -et la roue s’appuie sur une butée.
- Pendant ce mouvement le ressort r est tendu et, comme le point P à dépassé un peu le point mort, le tout reste en place.
- Un crochet C est réuni aux fourches du commutateur, sur lesquelles on suspend les téléphones quand'la conversation est terminée, * de telle-ma-
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- nière qu'il fait un mouvement indiqué sur la figure 12 par une flèche, donne un coup au doigt p, le point S dépasse le point mort, et le ressort tendu r fait replacer la roue dans la position de repos (fig. i3).
- Ce mouvement est très rapide. La roue R' entraîne la roue R, et celle-ci à son tour la bobine, dé sorte que l’on envoie sur la ligne une série de courants alternatifs, qui suffisent à opérer le déclenchement.
- APPEL DE DOLBEAR.
- Le professeur Dolbear se sert pour appeler de la grande bobine d’induction de son poste micro -téléphonique. On sait que les courants induits font bien marcher une sonnerie réceptrice polarisée, si les interruptions du courant primaire ne sont pas trop rapides. M. Dolbear a ajouté à son poste une manivelle, qui fait tourner une roue dentée métallique sur les dents de laquelle frottent les ressorts, faisant office d’interrupteurs.
- Avec une bobine d’induction dont le fil fin avait une résistance de i ooo ohms à peu près, et avec une sonnerie réceptrice de 400 ohms, on a pu sonner de New-York à Chicago.
- L’appel est arrangé de sorte que, pendant que l’on tourne la manivelle, une partie des courants induits s’en va sur la ligne, et une autre sert à exciter les condensateurs-récepteurs.
- (A suivre.) B. Abdank-Abakanowicz.
- DÉTAILS DE CONSTRUCTION
- DES
- MACHINES DYNAMOS
- Troisième article {Voir les numéros des 4 et 11 avril i885)
- LA RÉGULARISATION
- Fil compensateur
- La disposition représentée par la figure 44, indiquée par Edison, en 1882, permet de rendre indépendants les uns des autres des groupes de lampes a a'... en dérivation sur le circuit principal de deux dynamos A reliés en série par le fil 3, sur lequel se branche le fil compensateur 4. Tant que les lampes sont en nombre égal en a et en a', de chaque côté du compensateur, aucun courant ne le traverse, ou, plus exactement, le courant d’aller, suivant P—4, y neutralise le retour suivant 4 — N. Si l’on enlève des lampes en a, l’intensité du cou-
- rant d’aller P— 4 diminue, de sorte que le com*. pensateur laisse passer aux lampes a un courant de retour équivalent, suivant 4 3. N. On évite d’ailleurs
- -j—\
- FIG. 44. — EUISUN (iSSï)
- toute variation par l’emploi de résistances R, disposées de manière que la force électromotrice reste sensiblement la même dans les deux circuits principaux, à droite et à gauche du compensateur.
- FIG. 45. — ED1SON-COMPENSATEUK (l883)
- Ces résistances permettent donc, jointes au, compensateur, de faire varier indépendamment le nom-I bre des lampes en a et a', sans: affecter l’intensité
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- dù courant dans l’un ou l’autre de ces circuits. On peut en outre employer, avec ce système économique, des courants d’aussi haute tension que si les lampes
- compensatrices a2, intercalées automatiquement en 3-4 ou en 3-5, suivant que le commutateur C fait contact en x ou en y, de manière à conserver tou-
- l'IG. .46. — FOISON
- FIG. 48. — EDISON (l88l} — CONTACTS A RESSORTS
- jours le même nombre de lampes entre chacun des conducteurs principaux et le compensateur. Les courants qui traversent le compensateur sont alors, de même que le diamètre de ce fil, réduits au minimum. Ainsi, dans la disposition représentée par la figure 46, lorsque le courant augmente en 1 l’électro E attire son armature et ferme le circuit des lampes compensatrices a2 sur le compensa teur B, par 11 12-7-8-/ et 9; lorsque le couran augmente en 2, l’électro E' introduit de même ces lampes entre B et 2 (*).
- étaient montées en dérivation comme à l’ordinaire, puisque le compensateur reçoit l'excès de courant qui passerait sans cela dans l’une des séries de lampes.
- FIG. 47-— EDISON (l88l)
- La figure 45 indique comment on peut rétablir l'équilibre du système principal 1—2 et du compensateur B à l’aide d’un certain nombre de lampes
- FIG. 4Q. — EDISON (1882). AVERTISSEUR
- Lorsqu’un circuit renferme à la fois des lampes
- C) Voir La Lumière Electrique des 21 et 28 mars, p. 55o et 5£g.
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- et des moteurs qui offrent au passage du courant une résistance beaucoup plus faible, il faut avoir recours, pour éviter le vacillement des lampes lors
- FIG. 50.— EDISON (1884) — AVERTISSEUR
- de la mise en train des moteurs,11 à des dispositifs de réglage spéciaux.
- Edison a proposé, à cet effet, en 1881, le sys-
- FIG. 5l. — EDISON (l88î)
- tème représenté par la figure 47. Lors de la mise en train de la dynamo M, alimentée par le mêmê circuit principal 1-2 que les lampes, le régulateur
- G retranche successivement du circuit de son armature les résistances R, à mesure que sa vitesse augmente ainsi graduellement, jusqu’à ce que sa
- EL
- y—atw
- ---O-
- —O
- FIG. 52. —• EDHON (l 882)
- force contre-électromotrice devienne équivalente à une résistance du même ordre que celle des lampes.
- La figure 48 indique comment on peut réaliser la suppression graduelle des résistances R par le contact successif des tiges à ressorts c, poussées par le bras D du régulateur.
- Avertisseur
- Edison a aussi proposé, en 1882, l’emploi d’avertisseurs dont le principe est représenté par la figure 49. Lorsque la force électromotrice du
- FIG. 53. — FINNEY (1882]
- circuit principal 1-2 augmente, l’électro B, à double détente b b' (voir page 17), attire son armature et ferme en G, sur la résistance R, le circuit du trem-
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- bleur gf. Lorsque la force électromotrice diminue, le ressort b fait contact du bras C en e', fermant le circuit du trembleur sur la résistance R', plus grande
- FIG. 54. — LAMKIN ( I 883)
- que R2, de sorte que sa cloche rend un son différent. Le mécanicieaaugmente alors, parr, la résistance du circuit principal, jusqu’à ce que le trembleur se taise, le levier C restant maintenu par b b’ en équilibre stable avec l’attraction normale de B. Lorsque l’intensité du courant principal augmente d’une façon excessive, le fil fusible D se rompt et le cou-
- FIG. 55. — BAIN (1884)
- rant tout entier, passant alors par 7/î'R28, fait partir l’avertisseur l.
- L’avertisseur peut aussi être constitué par un
- galvanomètre e (fig. 5o) branché sur une dérivation 5 et interrompu en b par une lame de platine logée dans la boucle du filament d’une lampe à incandescence A ('). Il passe par cette interruption, au travers du vide de la lampe, un courant d’autant plus intense que l’incandescence de la lampe est plus vive, de sorte que lé galvanomètre peut en indiquer la puissance lumineuse. La lampe de comparaison A', sert à indiquer de temps en temps si l’état de la lampe indicatrice A n’a pas changé.
- Orientation des balais
- Edison a proposé, en 1882, d’opérer le pivotement du balancier c des balais (fig. 5i) par une vis sans fin tournant à droite ou à gauche sous l’action d’un système de vibrateurs ED D', à double cliquet, analogue à celui dont nous avons décrit le fonctionnement à la page i5.
- Pour les grandes machines, la vis sans fin peut
- FIG. 56 ET 57. — AYRTON ET PERRY (1882)
- être mise en mouvement (fig. 52) par une dynamo régulatrice D, dont les inducteurs sont parcourus dans un sens ou dans l’autre par une dérivation du courant principal, suivant que l’électro E ferme cette dérivation sur KM ou sur LM.
- Les balais de la dynamo de Finney (fig. 53), ramenés par un poids p, sont actionnés par une aiguille aimantée à cadran s, dont les bobines r sont traversées par une dérivation du courant principal. La diminution du couple de l’aiguille, à mesure qu’elle s’écarte de sa position moyenne, est rachetée par l’augmentation de la longueur du bras i.
- Dans le dispositif de Lamkin le balai D (fig. 54) est sollicité, malgré le ressort F, par l’électro E, en dérivation sur le circuit principal.
- Bain a remplacé (fig. 55) l’action du ressort par celle d’un frein G, solidaire du balancier B des ba-
- (>) Voir La Lumière Electrique du 4 avril i885, p. 184
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- lais, ramené dans la verticale par le poids T, et s’én écartant d’autant plus que l’électro H, en dérivation sur le courant principal, le serre davantage sur la poulie F, qui tourne avec la dynamo. La
- -4QP
- .te
- FIG. 58. — SYLVANUS THOMPSON ( 1883)
- sensibilité du système est réglée par l’amortisseur f.
- MM. Ayrton et Perry avaient proposé antérieurement (1882) d’entraîner les balais B (fig 56 et 57) par le frottement de masses M, tournant avec la dynamo, et appliquées parla force centrifuge sur l’an-
- flexibles pour ne pas paralyser l’action des masses M.
- Le régulateur de Sylvanus Thompson dérive des précédents par inversion ; les balais restent fixes, et c’est l’orientation de l’armature A (fig. 58), qui change par son déplacement angulaire autour de l’hélice allongée s de son arbre, malgré la butée du ressort s'; déplacement d’autant plus accentué que
- FIG. 59 ET 60. — MARCEL DEPREZ (l88l)
- neau P, solidaire des balais : cet anneau était ramené dans sa position moyenne par les poids B. Le régulateur servait en même temps de commutateur, par le jeu facile à saisir de trois contacts FG H, disposés de façon que le sens du courant ne chan-
- FIG. 6|. — MARCEL DEPREZ (l881)
- geàt pas dans le circuit extérieur avec la rotation de la dynamo (*). Les lames D et E sont assez
- (i) Voir aussi La Lumière Electrique dui4juin 1884, p. 464.
- FIG. 62 ET 63. — DEPREZ (l88l) — COMMUTATEUR
- le champ magnétique oppose une plus vive résistance à la rotation. C’est une application ingénieuse des modérateurs dynamiques de Poncelet à la régularisation des dynamos.
- Orientation des armatures conjuguées
- M. Deprez avait proposé, dès 188 r, pour les dynamos à courants alternatifs, un système de régularisation fondé, comme le précédent, sur le déplacement des armatures, et dont le principe est représenté par les figures 5ç et 60. Lorsque les enroulements des armatures de la génératrice D et de la réceptrice D,, tournant à vide, restent constamment parallèles (fig. 5g), la force contre-électromotrice de la réceptrice équilibre toujours exactement la force électromotrice de la génératrice ; mais il n’en est plus ainsi lorsque les deux armatures C
-
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- / 3 '4. /5 /G
- -A.
- A a *Jl L- B b D d E~ë" F f n » * Il h
- FIG, 64. — AYRTON ET PERRY (l 882)
- et C, cessent d’occuper à chaque instant la même position par rapport à leurs inducteurs M et M, (fig. 60). Si donc on considère l’ensemble formé par deux dynamos conjuguées sur le même axe, dont les armatures, également magnétisées et montées sur le même circuit, soient parallèles, le courant engendré par cet ensemble sera le double de celui que produirait une seule des machines, et ce
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- courant s’affaiblira lorsqu’on fera tourner l’une des armatures par rapport à l’autre, jusqu’à s’annuler. Ce déplacement relatif des armatures des machines jumelles constitue donc un moyen puissant de régularisation.
- charge l'accumulateur- B tandis que . B, se décharge en f et que l’inverse a lieu sur la figure 63. La régularité du courant distribué en/esttrès grande, pourvu que le commutateur agisse dès que la décharge s’affaiblit un peu.
- Emploi des accumulateurs.
- M. Deprez avait indiqué dès 1881 l’emploi d’ac-
- FIG. 65. — AYRTON ET TERRY < 1882)
- cumulateurs alternativement chargés par une dynamo puis déchargés dans le circuit principal, de façon à en régulariser le courant.
- Le circuit de distribution XX, alimenté par la dynamo M (fig. 61) aboutit, chez chacun des abonnés, à deux accumulateurs B B,, par une dérivation a, munie d’un commutateur automatique g
- i-*-:
- Uo-
- rr'
- ÛQ
- m a
- Û p q
- FIG. 66
- chargeant alternativement B puis B, par le courant de la dynamo, en même temps qu’il relie l’accumulateur en décharge, B, ou B, au fil /, qui aboutit au circuit local de l’abonné. Les figures 62 et 63 représentent le schéma du commutateur g. Les ressorts du contact, b b' et cc', sont isolés les uns des autres; les touches dd' sont reliées aux fils de ligne XX, les touches ee' à l’accumulateur B, et e'e3 e'* e8 à l’accumulateur B,. On voit que, dans la position de la figure 62, le courant de la ligne
- MM. Ayrton et Perry ont ensuite (1882) repris
- FIG. 67 ET 68. — AYRTON ET PERRY (1882) — DÉTAIL D*UN DOUBLE CONTACT
- très en détail l’étude de la régularisation des courants par les accumulateurs.
- Nous décrirons d’abord leur commutateur à double contact, puis les divers moyens proposés pour en rendre le fonctionnement automatique.
- Supposons un certain nombre d’accumulateurs reliés en série, le pôle négatif de l’un aboutissant à la même borne que le positif du suivant, de
- àùài^àà^ààààÉjinhÿnn
- VAIsJCYWSIU. .T.'...• —|--------i.---
- FIG 69. — AYRTON ET PERRY ( 1882)
- sorte qu’il suffise de relier les extrémités d’un circuit à deux de ces bornes pour y envoyer le courant des accumulateurs compris entre elles. Il faut éviter que les contacts qui constituent les extrémités de ce circuit ne quittent complètement une touche du commutateur avant d’aborder l’autre, et ne rompent ainsi momentanément le courant ; mais, d’autre part, si le contact aborde une touche avant d’avoir complètement abandonné la précédente, le circuit n’est pas rompu, et les éléments franchis par le contact sont mis temporairement en court circuit par ce
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- Contact, ce qui donne lieu, tout au moins, à des décharges inutiles accompagnées d’étincelles.
- Considérons donc un ensemble d’accumulateurs reliés en série (fig. 64), le pôle négatif a de l’un des éléments joint au pôle positif B du suivant, puis tous deux àlatouche 2... etainsi de suite. On évitera les difficultés précédemment énoncées en faisant le
- v$i 2Î
- FIG. 70* — AïRTQN ET PERRV — RÉGULATEUR
- contact du commutateur en deux pièces, m et », reliées par une résistance, ou attachées par paires mn, p q, aux extrémités des doubles fils d’aller et de retour de la dynamo D (fig. 65). Chacune des deux pièces du double contact est en effet trop petite pour couvrir deux touches à la fois, mais elles sont espacées de façon que le contact n aborde la
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- FIG. 71. — AYRTON ET TERRY (1882)
- touche 4, par exemple, avant que m n’ait quitté la touche 3. 11 en résulte bien que le circuit principal n’est jamais rompu, que les éléments soumis aux contacts ne sont pas mis en court circuit, et enfin que, dans le premier cas, l’introduction des éléments au circuit principal, d’abord par une résistance puis directement, rend les variations du
- courant plus graduelles qu’avec les procédés ordinaires.
- Avec la seconde disposition à doubles fils, les éléments ne sont pas mis en court circuit au passage des contacts, mais seulement reliés un instant à l’un des fils d’aller ou de retour, dont la résistance est toujours plus élevée que celle d’un élément. La figure 66 représente une disposition de ce genre à doubles pôles, positif mn et négatif pq, desservant une série de lampes alimentées par des accumulateurs.
- Les figures 67 et 68 représentent le détail d’un double contact dont les boutons AA, pressés par des ressorts F, ne peuvent, grâce à l’arrêt e, descendre que très peu entre les touches t.
- Considérons maintenant une série de lampes alimentées par des accumulateurs chargés (fig. 69) par une dynamo en AB, et se déchargeant aux
- FIG. 72. — STABLER (l8S3)
- lampes par C et D. Les contacts A et B devront être reliés à des bras commandés par un régulateur disposé de manière à en augmenter l’écartement quand la vitesse de la dynamo s’accroît. Le nombre des accumulateurs en charge varie aussi en raison inverse de la vitesse de la dynamo, de sorte qu’elle ne peut jamais en recevoir un contre-courant, si faible que soit sa vitesse, et même à l’arrêt. Le mécanisme régulateur est, de plus, disposé de manière que les deux bras du collecteur en reçoivent, outre leur mouvement rotatif, un mouvement d’ensemble, de va et vient alternatif, qui leur fait parcourir périodiquement tout le clavier des touches. On réalise ainsi, aux faibles vitesses, une sorte d’uniformisation du chargement des piles.
- Ce mécanisme de régularisation est représenté par la figure 70. Lorsque la dynamo s’emporte, le régulateur abaisse le manchon W, relié par une hélice allongée au manchon N, solidaire du bras T, de sorte que les bras V et T du commutateur s’écartent de manière à augmenter le nombre des éléments compris dans le circuit de la dynamo. En outre, l’ensemble des bras V et T reçoit, de L M commandé par l’arbre de I, un mouvement de rotation qui change périodiquement de sens, et leur fait ainsi couvrir successivement toutes les touches
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- du commutateur A. La roue M fait, dans ce but, basculer à chaque tour le contre-poids s, qui met alternativement en prise avec le galet de friction J la roue motrice I ou sa symétrique I'.
- Le système de régularisation que nous venons de décrire s’applique principalement au cas où le temps disponible pour le chargement des accumulateurs est très court. Lorsque ce temps est au
- contraire comparable à celui de la décharge, comme dans le cas de l’éclairage d’un train à arrêts très rapprochés, on emploie une disposition différente, représentée en schéma par la figure 71.
- Sur cette figure, A et B, C et D représentent les pôles de deux groupes d’accumulateurs en série; G et E les pôles de la dynamo. Lorsque la dynamo s’arrête, le commutateur relie B à C, de manière à grouper tous les accumulateurs en une seule série sur le circuit des lampes MHFN, et sépare en même temps du circuit les pôles G et E. Il est facile de voir en effet que, si les arrêts de la dynamo sont presque aussi longs que sa marche, elle
- doit avoir, pour charger convenablement les séries d’accumulateurs, un potentiel plus élevé qu’elles,
- FIG. 74. — EDISON (l88l)
- sans dépasser néanmoins la tension nécessaire à l’incandescence des lampes. Il faut donc, pour
- conserver au courant son intensité normale pendant l’arrêt, grouper alors en tension les diverses
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- séries d’accumulateurs séparées pendant que la dynamo les charge. Cet appareil de transpositions suffit lorsque la vitesse de la dynamo reste sensiblement constante, mais il faut, lorsque cette vitesse varie beaucoup, ajouter au transposeur l’un des systèmes de contacts à écartement variable précédemment décrits.
- Variations des armatures ou des inducteurs.
- On peut aussi faire varier l’intensité du courant en modifiant, comme l’a proposé M. Stabler (figure 72), la longueur effective de fils ' j*q w2 de l’armature dont les boucles b b' aboutissent en e e', et les extrémités en d d', de sorte que la longueur active de l’enroulement change suivant que l’on recueille le courant en d d' on en e e'.
- Au lieu de déplacer ou de modifier l’armature, on pourrait faire varier l’intensité du champ magnétique en modifiant, comme Ta proposé M. Cha-meroy (fig. 73) l’écartement des pôles B des inducteurs pivotant autour de cc, malgré les ressorts H, sous l’attraction des masses F croissante avec l’intensité du courant.
- Enfin Edison a proposé d’agir sur le courant en modifiant la masse c (fig. 4) de la semelle des électros inducteurs en y insérant on en détachant le cône G sollicité, malgré le ressort f, par un élec-tro I, monté sur le circuit principal.
- M. Maxim a fait, sur la position la plus favorable à donner au régulateur, une remarque intéressante.
- Si le groupe des lampes est relié à la dynamo par un circuit d’une résistance de 1 ohm, par exemple, et si l’on insère successivement, en dérivation dans ce circuit, une, dix ou cent lampes, chacune d’une résistance de 100 ohms, la résistance invariable du conducteur principal sera successivement égale au centième, au dixième et à la moitié de la résistance variable des lampes, de sorte qu’un régulateur placé tout près de la dynamo sera d’autant plus alourdi par l’intervention de la résistance invariable du conducteur que les lampes seront plus nombreuses. Ou éviterait cet inconvénient en plaçant le régulateur R (fig. 75) sur un circuit cc’ relié au circuit principal B B' de la dynamo D en un point aussi voisin que possible du centre du groupe des lampes L, de sorte que l’influence de la résistance invariable de B B' disparaît. Le galvanomètre G indique à chaque instant l’état électrique du circuit.
- {A suivre.) Gustave Richard.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales
- Allemagne
- EFFET ACOUSTIQUE DU MICROPHONE ET DU TELEPHONE. — M. le professeur Oberbeck, de Halle, a publié dernièrement quelques considérations sur l’effet acoustique du téléphone et du microphone. Il se pose les questions suivantes : En quoi consiste la différence entre le son transmis et le son de la source sonore? Quels sont les moyens à employer pour réduire autant que possible la transformation que le son subit en chemin? .
- Déjà au cours de l’année 1877, M. William Siemens faisait des expériences à l’effet de découvrir la relation entre le son primaire et le son obtenu par le téléphone. Il posait une boîte à musique à une distance du premier téléphone telle qu’on n’entendît que très faiblement le son dans le second téléphone. Ensuite, il déterminait la distance à laquelle on pouvait entendre très faiblement la boîte à musique avec l’oreille seule. Puisque la force du son diminue comme le carré de la distance, les ondes sonores recueillies par le premier téléphone, et les ondes émises par le second téléphone sont comme les carrés des deux distances observées. M. Siemens trouva pour cette proportion le nombre 10000, de sorte que ce n’est que la fraction minime de de toutes les ondes arrivant au premier téléphone, qui est reproduite par le second téléphone.
- Dans une expérience faite dans ces derniers temps, M. Vierordt a trouvé un nombre plus considérable (*). Il se servait du téléphone employé dans l’administration des télégraphes de l’Empire allemand, un téléphone à aimant en fer à cheval de la maison Siemens et Halske. Le premier téléphone fut placé dans le voisinage d’un corps sonore, disposé de telle façon qu’aucun son ne fût perceptible dans le second.téléphone. Ensuite, on remplaça le premier téléphone par l’oreille et M. Vierordt trouva la proportion entre les intensités égale à 577 : 1. . .
- D’après l’opinion du professeur Obèrbeck cet affaiblissement du son est dû plutôt à la partie acoustique qu’à la partie électromagnétique de l’appareil, et principalement au point où le son se transmet de l’air à la membrane vibrante du téléphone. Comme cette membrane n’offre qu’une très petite surface au mouvement des ondes sonores, et qu’elle est attachée par toute sa circonférence, elle ne peut exécuter que des vibrations d’un amplitude
- (*) La Lumière Electrique, vol. IX, p. 42.
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- extrêmement petite, et subit un affaiblissement très marqué. Une perte a aussi lieu dans la transmission contraire de la plaque métallique du second téléphone à l’air.
- Pour donner aux plaques de fortes vibrations, on les excite vigoureusement, par exemple en faisant agir les courants alternatifs d’un petit inducteur sur le téléphone. Alors le téléphone émet un ton sonore, frappant fortement l’oreille.
- L’intercalation de grandes résistances, — par exemple de liquides — n’affaiblit que très peu le son. Donc, l’appareil de réception et la résistance de la conduite ne contribuent que très peu à l’affaiblissement du son, pourvu que le courant soit fourni par une force électromotrice considérable. Considéré à ce point de vue, le microphone est un complément tort désirable du téléphone.
- C’est un fait remarquable que dans tous les téléphones et microphones la hauteur du ton — ce qui est la caractéristique principale des ondulations — est transmise avec une exactitude surprenante, et que même le timbre du son ne subit que de très petits changements. Les changements dans la hauteur du son qu’on observe néanmoins sont dus aux sons particuliers aux parties constituantes des appareils qui résonnent pour une excitation convenable.
- On trouva par expérience qu’un microphone émettait un son fort sur les notes ré, la, la dièze; un moins fort sur le mi, le fa et le mi dièze, et un son très faible sur toutes les autres noies. Donc, dans la construction des téléphones on doit éviter autant que possible la production de tons particuliers par la résonnance.
- EXPÉRIENCES SUR L’EFFET PHOTOCHIMIQUE DE LA
- lumière électrique. — M. le professeur Vogel vient de faire des expériences dans l’atelier photo-chimique de l’école polytechnique à Charlotten-bourg sur la durée d’exposition nécessaire dans la photographie des tableaux à l'huile.
- En général les tableaux à l’huile exigent deux fois plus de temps que les aquarelles, puisqu’une grande quantité de lumière rejaillit de leur couche luisante de vernis.
- Dans ses expériences M. Vogel se servait de la lumière électrique en employant des réflecteurs d’un blanc mat, mais sans écran. La distance entre le tableau et les six lampes à arc employées était un mètre et demi. Il se trouva qu’une chromo à l’huile, qui exigea une durée d’exposition de quatre, minutes par un ciel serein de septembre, avait assez d’une minute avec la lumière électrique.
- En combinant les résultats des différentes expériences, on obtient la série suivante pour les différentes lumières au point de vue de la photographie des corps colorés :
- i° Lumière du soleil'{à. peu près quatorze fois plus forte que la lumière du ciel serein).
- 20 Lumière électrique (avec une lumière découverte d’à peu près 7000 bougies a un effet quatre fois plus fort que celui du ciel serein).
- 3° Ciel serein avec nuages blancs.
- 40 Ciel bleu.
- 5° Ciel chargé à des degrés différents
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DE LA MIRE DES FUSILS.
- — M. Ravené de Hambourg a imaginé une application assez ingénieuse de l’électricité par laquelle il est possible de viser juste avec le fusil, même quand il fait tellement sombre qu’il est impossible de distinguer la mire.
- Au-dessus de la mire il fixe une petite lampe à incandescence en forme d’un tuyau de verre courbé dans lequel deux fils de platine sont introduits. Les deux bouts des fils s’approchent presque l’un de l’autre justement au-dessus de la mire. Le vide a été fait dans le tuyau de verre.
- En pressant un ressort qui est attaché à la crosse, le courant qui est alimenté par un petit accumulateur de poche est fermé, et la mire est éclairée, de sorte qu’on peut, en toute tranquillité mettre sur la même ligne la hausse et la mire.
- Indicateur pour dérivations a la terre.
- — Cet appareil est employé dans la station centrale de la Deutsche Edison Gesellschaft, à Berlin, où il a été reconnu d’une grande utilité pratique. Il sert : i° à indiquer, par un signal perceptible même à une longue distance, des dérivations à la terre; et 20 à mesurer le défaut d’isolement à l’endroit défectueux.
- Il consiste principalement en une sonnerie, deux lampes à incandescence et un rhéostat contenant deux solénoïdes de résistance, qu’on peut employer ou séparément ou ensemble. L’arrangement de l’appareil est le suivant (fig. 1} :
- Les deux lampes à incandescence sont intercalées en série dans le circuit, de sorte qu’elles ne donnent qu’une lumière faible. Du milieu de la conduite qui relie les deux lampes un embranchement, dans lequel le rhéostat et la sonnerie sont intercalés, va à la terre. Les résistances du rhéostat et la sonnerie sont placées en dérivation.
- Si donc il se produit à un endroit quelconque, dans le circuit, un contact avec la terre, le courant passe de l’endroit défectueux à travers la terre et la sonnerie (en général le rhéostat n’est pas intercalé) à la pointe de l’embranchement entre les deux lampes à incandescence. La sonnerie est construite de manière à être mise en action pour une certaine intensité du courant (o.5 ampères). Le rhéostat sert à changer l’intensité du courant dans la sonnerie.
- Connaissant la proportion entre les résistances j du rhéostat et de la sonnerie, et sachant que la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sonnerie est mise en action à o.5 ampère, on peut déterminer l’intensité du courant qui traverse la
- Sonnerie
- à te Machine1
- FIG* 1
- terre, et se former ainsi une opinion sur la grandeur du défaut d’isolement.
- Les deux lampes à incandescence servent à indiquer celui des deux circuits dans lequel le con-
- de la Machine
- Contact
- \ Çontac 1
- Voit1-m être
- Sonnerie
- tact à la terre a lieu. Toutes les fois qu’il y a une dérivation à la terre, l’une .des lampes donnera une
- lumière plus faible que l’autre, et le contact avec la terre doit se trouver dans le circuit qui conduit de la machine à la lampe plus faible. La figure 2 représente un appareil également employé par la Deutsche Edison Gesellschaft, et qui sert à mesurer la tension aussi bien que l’intensité du courant avec signaux optiques et acoustiques.
- Jusqu’ici on s’est servi, dans la pratique, d’appareils séparés pour signaler et la tension et l’intensité du courant. Les appareils des signaux (comme ceux de Edison, Weston et autres) étaient en particulier fort compliqués et coûteux. L’appareil figuré ci-contre possède le double avantage d’être beaucoup plus simple comme construction et de signaler en même temps la tension et l’intensité du courant.
- Il consiste en un seul mesureur de l’intensité et du courant, qui sert comme relais. Ce mesureur est muni d’un indicateur, dont les mouvements sont bornés par des butées qui sont arrangées de telle manière que l’indicateur ne les touche pas pour une tension ou une intensité normales. Mais si ou la tension ou l’intensité s’écarte de la normale, dans l’un ou l’autre sens, l’indicateur s’approche, touche une des feuillures, et ferme le contact, ce qui a pour effet de rendre une des lampes incandescente et de mettre la sonnerie en action.
- Dr H. Michaelis.
- Angleterre
- la résistance des éléments voltaïques et électrolytiques. — Les expériences récentes du Dr Gore FRS tendent à prouver qu’il y a une espèce de résistance électrique en dehors de la polarisation et de la résistance de conductibilité qui existe à la surface de contact entre les métaux et le liquide dans les éléments voltaïques et électrolytiques. Cette résistance varie, pour différents métaux, dans la même solution et également, pour les mêmes métaux, dans différentes solutions. Elle est généralement faible pour les métaux qui se corrodent facilement et qui forment en peu de temps des sels solubles, mais elle est grande pour les métaux qui se corrodent difficilement. Elle est incertaine pour des métaux qui forment des sels solubles par corrosion. Non seulement les différents métaux employés comme électrodes opposaient différents degrés de résistance au passage d’un même courant voltaïque à travers un élément électrolytique, mais il en était de même pour un même métal, selon qu’il était employé comme anode ou comme cathode. La résistance variait également avec le degré de concentration et la température de l’électrolyte. En général, elle était plus faible à l’anode qu’à la cathode, mais un effet en
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- apparence contraire s’est produit dans quelques éléments, où s’était formée une sorte de membrane sur l’anode. De plus, chaque métal employé comme plaque négative dans l’élément opposait une résistance différente au courant du métal positif d’un élément voltaïque.
- Une augmentation de température dans l’élément provoquait généralement une réduction de cette résistance de transfert : on obtenait le même effet en augmentant l’intensité du courant. Toute modification de l’intensité du courant dans le circuit modifiait donc aussi la valeur de cette résistance. La modification causée par la densité du courant était moins marquée que celle produite par son intensité. On a pu réduire la résistance de transfert en diminuant la densité du courant tout en maintenant son intensité. En augmentant les dimensions de l’une des électrodes sans changer celles de l’autre, on a réduit la résistance de transfert à l’électrode agrandie tout en l’augmentant à l’autre; le changement était plus grand à l’électrode agrandie. En général, le courant rencontrait moins de résistance quand la plaque positive était petite, et la négative grande que quand l’inverse avait lieu. Les modifications des dimensions ou du métal de l’une des plaques d’un élément voltaïque ou électrolytique exerçaient une influence sur la résistance de transfert de l’autre plaque en modifiant la densité et l’intensité du courant.
- Selon M. Gore, cette résistance semble varier, non seulement pour chaque changement physique et chimique des métaux et liquides, mais aussi pour chaque modification du courant, et c’est une preuve de l’influence relativement insignifiante de la plaque négative dans la production de l’intensité du courant.
- LES EXPÉRIENCES SUR L’ÉCLAIRAGE DES PHARES A
- south foreland. — On vient maintenant de terminer les expériences qui ont été commencées au mois d’avril dernier et continuées pendant tout l’hiver dans le but de déterminer les avantages relatifs de l’huile, du gaz et de l’électricité pour l’éclairage des phares. Le rapport officiel ne sera cependant pas publié de suite, à cause du grand nombre d’observations dont il faudra tenir compte. En attendant, les résultats sont en faveur de l’électricité au point de vue de la puissance de pénétration. Les dernières observations ont principalement été faites par des marins en mer et par des particuliers qui s’intéressent à ce travail. Elles tendent à démontrer que les rayons de l’huile et du gaz se perdent à une distance de 8 milles, tandis que la lumière électrique est visible à une distance de 14 milles. Avec la plus grande puissance des foyers, la lumière du gaz et de l’huile se perdait à Une distance de 10 milles et la lumière électrique à 14 1/2 milles et au delà.
- De plus, la supériorité de la lumière électrique à arc comme pénétration n’était pas limitée au beau temps, mais elle se manifestait même par un temps de brouillard épais. Les personnes qui s’approchaient des foyers dans le brouillard ont constaté que la lumière électrique devenait visible à des distances variant de i,5oo à 1,900 pieds, selon l’état de l’atmosphère. Les rayons des foyers à gaz et à huile n’étaient visibles dans les mêmes circonstances qu’à i,25o à i,5oo pieds. Avant la publication du rapport officiel, on ne saura pas au juste de combien le brouillard réduit les intensités relatives des trois espèces de lumière. Tout ce qu’on peut dire aujourd’hui, c’est que la lumière électrique qui a été comparée aux foyers à gaz et à huile était visible à une distance environ un quart plus grande que les autres et semble, par conséquent, être d’une valeur pratique supérieure. Le rapport s’occupera encore de la question des frais respectifs de chaque système. On pourrait ajouter que les foyers à gaz ont développé une chaleur excessive. L’augmentation de température produite avec quatre brûleurs de 108 becs était de 3oo à 35o° Fahrenheit.
- Bien que les expériences soient terminées quant à présent, on a l’intention de maintenir les trois tours employées jusqu’ici, ainsi que l’usine à gaz et le local pour les essais photométriques pour le cas où on en aurait besoin à l’avenir. Le local des essais a 36o pieds de long sur 8 de large et 10 de haut. Il est pourvu de gaz pour alimenter les brûleurs et d’électricité pour les foyers électriques à essayer; il est chauffé au moyen de tuyaux à vapeur qui servent également à produire un brouillard artificiel à l’intérieur du local. Tous les appareils photométriques nécessaires pour essayer les foyers s'y trouvent aussi, y compris un photomètre de Bunsen, le brûleur argaud de M. Sugg et la flamme à cinq couronnes de M. Harcourt. On laissera également l’un des postes'd’observation situé à 6,200 pieds des tours.
- les télégrammes a prix réduit. — La proposition du directeur général des postes et télégraphes, de faire payer l’adresse et la signature des dépêches à l’introduction du nouveau tarif, a provoqué beaucoup de mécontentement. Pour le moment, le prix minimum est de 1 schilling pour une dépêche de 20 mots, sans compter l’adresse et la signature ; mais on propose maintenant d’introduire un prix de 1/2 penny par mot, y compris l’adresse avec un prix minimum de 6 pence. En supposant que l’adresse contienne en moyenne 4 mots seulement et que celle du signataire comprenne le même nombre, on aura alors un total de 8 mots, et dans une dépêche de 6 pence, il ne resterait de la place que pour quatre mots de texte, ce qui, dans la plupart des cas, serait insuffisant. Le prix, pour 10 mots,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sans compter les adresses, serait de g pence, et, pour i5 mots, i shilling, c’est-à-dire égal au prix minimum d’à présent pour 20 mots. Au delà de ce point, il n’y aura aucun avantage pour le public parce qu’une dépêche de 20 mots, qui actuellement coûte 1 shilling, coûterait 25 centimes plus cher par le nouveau tarif, et un télégramme de 25 mots coûterait 1 shilling et 5 pence, tandis que le prix actuel n’est que de 1 shilling 3 pence. On voit donc que le département des télégraphes désire développer le laconisme dans le public. Il reste à savoir si John Bull pourra s’expliquer en quatre mots afin d’économiser 6 pence, après avoir eu l’habitude de pouvoir se servir de 20 pour un shilling.
- Le nouveau tarif de 9 pence pour 10 mots est plus avantageux, car on pourrait limiter un grand nombre de dépêches à 10 mots. Mais l'avantage, dans ce cas, ne serait que de 3 pence, et le tarif de 6 pence, auquel on s’attendait, est à peu près une illusion. Le public n’est pas en faveur de la nouvelle mesure de payer les adresses, puisqu’elle entraîne la nécessité de compter ces mots et, par conséquent, une perte de temps ; un système qui trouverait probablement plus de faveur serait d’exclure les adresses, comme auparavant, et de faire payer une certaine taxe par mot pour le texte avec un minimum de mots, qui cependant devrait être au-dessous de 20, comme à présent.
- LES AURORES BOREALES ET LES CABLES. — On
- sait que les aurores boréales produisent quelquefois des courants dans les câbles sous-marins. Cet effet s’est dernièrement manifesté sur le câble entre Walters-on-the-Naze, en Essex, et le feu flottant le Sunk, dont j’ai parlé dans une lettre récente. Ce câble a presque 8 milles de long et part vers l’est pour le vaisseau établissant une communication télégraphique entre celui-ci et la terre. Le bureau, à terre, fait des essais journaliers de la condition électrique du câble, tous les matins, à 10 heures; mais le i5 mars dernier, on n’a pu faire ces essais à cause de dérangements électriques dans le câble.
- Le temps était beau, avec une faible brise, et la mer tranquille, mais le même soir, entre 9 et 10 heures, une aurore brillante a été observée au nord par l’équipage du navire. Depuis ce jour, les essais de câble ont été aussi réguliers que par le passé, et il paraît que la condition électrique de l’atmosphère a exercé une influence sur le conducteur le matin en question seulement. Le même soir, une aurore a été observée à Christiania également.]
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch et M. Krouchkoll
- Note sur la théorie des appareils téléphoniques par M. Vaschy (*).
- Je me propose de développer dans cette note un essai de théorie mathématique des appareils téléphoniques, dans le cas où les sons émis sont continus et de hauteur constante. Si le timbre d’un son transmis n’est pas altéré sensiblement, ce qui est suffisamment vrai pour une transmission ordinaire, c’est que les appareils employés n’apportent pas de timbre propre, et l’on peut supposer, par conséquent, que leurs divers organes ont un mouvement vibratoire semblable à celui de la source sonore. En particulier, si le mouvement vibratoire de la source est simple et est représenté par la formule
- a sin. m (t — /0),
- — étant la hauteur du son, le mouvement d’un
- 2 it
- point quelconque des plaques vibrantes se réduira sensiblement à une expression semblable
- b sin. m —
- b étant proportionnel à a.
- Je vais démontrer, en partant de cette hypothèse, que le rôle des divers appareils employés consiste à faire naître dans le circuit téléphonique : i° une force électromotrice induite proportionnelle à l’amplitude du mouvement vibratoire de la source ; 20 une augmentation apparente de résistance et de self-induction; de telle sorte que, si l’on désigne par Se la somme des forces électromotrices primaires ou induites, pa S / et Sr la self-induction et la résistance totales du circuit, par i l’intensité du courant téléphonique, cette intensité pourra se calculer par la formule suivante
- Y V.rf/ V .
- -y, — o
- ai
- au moins dans le cas où la capacité électrostatique de la ligne sera négligeable.
- En second lieu, l’intensité du courant étant calculée, il restera à calculer l’intensité correspondante du son émis par le récepteur et, s’il y a lieu, le rendement du système téléphonique.
- Cas d’un téléphone Bell transmetteur ou récepteur. — Si la plaque du transmetteur est soumise aux vibrations d’une source sonore, le mouvement
- (') Journal de physique, mars 188S.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITJ
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- vibratoire des couches d’air en contact étant représenté par
- /=/0 sin m (t — t0),
- la plaque entre en vibration et l’un de ses points, choisi arbitrairement, éprouve un déplacement périodique 8 proportionnel à f0 (/„ étant considéré comme un infiniment petit) et de période ^. Les
- autres points éprouvent des déplacements différents de 8 par la phase et l’amplitude, mais tous proportionnels à f0. La vitesse ^ est également proportionnelle à/0 et a pour période elle est donc de la forme
- (/) = k' ÿf=y,W+kTïmïf0 sin»i {t— tt).
- Si le déplacement 8 est produit, non par le mouvement vibratoire d’une source sonore, mais par un courant périodique d’intensité
- i=i0 sin m {t—t'),
- circulant dans la bobine de l’appareil, on aura de même, pour ^
- a t
- (9 = *i * + k\ ~ft~Yk\ + 3 >n2 >0 sin m (t —1\).
- Les deux causes précédentes réunies donnent des effets qui se superposent et est la somme des valeurs (/) et (*).
- D’autre part, la force électromotrice induite dans la bobine est due à la variation de l’intensité i du courant et à celle du déplacement S de la plaque. Elle peut donc se représenter par
- T di d5
- — L Tt ~ q dt
- tionnelle à l’amplitude* des vibrations de la source sonore; 20 une augmentation apparente p de résistance et X de self-induction. Ceci s’applique au cas d’un récepteur, sauf que dans ce cas ona/0 = o, et par suite s =0. Ainsi se trouve démontrée, pour l’appareil Bell, la proposition que j’ai émise plus haut.
- Les valeurs de 4, p et X sont trois coefficients qui déterminent la valeur électrique de l’appareil. En particulier, la considération de p et de X est très importante au point de vue du rendement de l’appareil. Supposons, par exemple, que la ligne ait une capacité négligeable et un très grand isolement, et par suite que l’intensité i soit la même dans le récepteur que dans le transmetteur. Sous l’action de la source sonore seule, en circuit ouvert, la plaque du transmetteur éprouverait un déplacement 8, qui sera donné par l’équation (/),
- Sous l’action du courant i, la plaque du récepteur aura un déplacement S2 qui sera donné par l’équation (i), en supposant les deux appareils identiques; et représente évidemment le rapport
- de l’intensité du son fourni par le récepteur à celle que ferait entendre le transmetteur en circuit ouvert si l’on pouvait éviter d’entendre directement
- la source sonore. Le rapport représente donc le rendement électrique du système. Or, 8, et 8.2 sont proportionnels aux valeurs de ^ fournies par (f) et (i). Donc
- 62 _ y'k\ + k\*m*i0 _ y p2-f-).2ffl2 j0
- 61 /** + *'*»»*/c qy V +
- D’ailleurs, r et l désignant la résistance et la self-induction du circuit en dehors des augmentations apparentes p et X qu’apporte chacun des deux appareils, on a
- L étant le coefficient de self-induction de la bobine, tel qu’on peut le mesurer lorsque la plaque reste fixe. La force électromotrice induite due aux vibrations seules de la plaque est par conséquent
- -»s—
- soit
- . di
- s-pi-X^
- en posant
- e= — q(kf + k’ — — + f0smm(t—lt)
- p = qkt \=qk\
- Le mouvement de la plaque de l’appareil détermine donc : i° une force électromotrice e propor-
- <L = — g\/k2 + k'2 T/tVosin/n (/—tt) = (r + 2p) i + {l + 2l) ^
- On en tire, au signe près
- q\/ /i2-f A'2 ;«2/0 = y (r + 2 p)* + (/ + 2 *)* m2 /„
- d’où
- £2 \/p2 —|— À2 Wï2
- °i t/(r + 2pj2.+ (/ + 2â)sOT*
- Le carré de ce rapport représente le rendement du système téléphonique, tel qu’il vient d’être défini. Le dénominateur
- y {r+2 p)2+(/+21)2 m3
- pourrait s’appeler la résistance totale apparente du circuit, puisque c’est le facteur par lequel il faut diviser la force ^lectromotrice q j /0 pour
- calculer l’intensité Le numérateur yp2 + x2/K2 se-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- rait de même la résistance apparente développée par les vibrations seules de la plaque réceptrice en supposant milles la résistance et la self-induction du reste du circuit.
- La formule précédente montre qu’on augmentera le rendement en. augmentant le plus possible p et X. Mais, dans tous les cas, ce rendement ne peut dépasser la valeur 1/4 correspondant au cas où ^/p2 + >-2 m* est infini. Il restera constant si l’on fait varier p et X proportionnellement aux valeurs de r et de l. En se reportant aux expressions de p et de X, on voit que, pour augmenter leurs valeurs, il faut accroître celles de q, ki et k\, c’est-à-dire s’arranger, d’une part, de manière que, pour un déplacement donné de la plaque de l’appareil, la variation (proportionnelle à. q) du champ magnétique dans lequel se trouve la bobine soit le plus grande possible; d’autre part, de manière que, pour un courant ondulatoire donné i, le déplacement (proportionnel à \fk\ 4-k’pm*) de la plaque réceptrice soit le plus grand possible.
- Cas d'un condensateur transmetteur ou récepteur. — Supposons un condensateur de capacité C intercalé dans un circuit téléphonique et polarisé par une pile de force électromotrice E (système de M. Dunand, etc.). A l’état de repos, la quantité d’électricité accumulée par le condensateur est
- Q = CE
- Pendant le passage du courant ondulatoire, la quantité Q varie de q — qa sin m (t—10), et la différence de potentiel E des armatures varie de y —r, sin m (t — /,). En outre, le condensateur vibrant, si 8 désigne le déplacement d’un point d’une armature, tous les 8 étant proportionnels, la variation de la capacité sera C' 8, en désignant par C' la dérivée de C par rapport à 8. On a donc
- Q + ï = (C + C'3) (E + v)
- ou, en regardant q, v et 6 comme des infiniment petits
- 1 __y |C(8
- Q E C
- Comme l'on a
- il en résulte
- I di ^ == m2 dt
- d’où
- égale à (E -f- v), rien ne sera changé dans le régime du circuit. Donc, la présence d’un condensateur équivaut à une force électromotrice égale à (—v) en négligeant la force constante (— E) qui annule celle de la pile. — La valeur de v contient 8, que nous allons calculer.
- Si le condensateur vibrait sous l’action seule des vibrations de la source sonore, dont l’amplitude est f0, on trouverait, comme dans le cas du téléphone Bell, que 8 est de la forme.
- (F) S = +
- Si, au contraire, l’appareil vibre sous l’action du courant ondulatoire seul, la force d’attraction entre les deux armatures étant proportionnelle au carré (Q-f-#)2 de la charge, les vibrations sont dues à la variation (2 Q q-\- q1), ou simplement 2 Q^. Donc 8 est proportionnel, d’une part à Q — C E, d’autre part à q0 ou, ce qui revient au même, à i0 et peut s’écrire
- ri) 3= — CE^kii + KâTt)-
- Si les deux actions précédentes se produisent en même temps, 8 sera la somme des expressions (F) et (I), et, par suite, on aura
- •-!£-.) TT
- en posant
- £ E k’y//{2 + /j'2 „t2 E/0 sin m (t — /')
- ç — Cki \ = Ck\.
- La formule de (— v) montre que le condensateur intercalé dans le circuit a toujours pour effet de
- produire une augmentation apparente de
- self-induction. En outre, les vibrations de l’appareil donnent lieu : i° à une force électromotrice e proportionnelle, non seulement à l’amplitude f0 des vibrations de la source sonore, mais encore à la force E de la pile polarisante ; 20 à une augmentation apparente p E2. de résistance et X E2 de self-
- induction du circuit. Les valeurs de p et X sont
- trois coefficients définissant la valeur électrique de l’appareil.
- Si le transmetteur et le récepteur sont des condensateurs intercalés dans un circuit unique, la force électromotrice due aux vibrations de la source sonore a pour amplitude
- £o = % E/0
- et l’intensité
- J q tf , ri
- \J(r + 2 p E2)2 + (/ + 2l E2)2 m*
- Que l’on supprime le condensateur en établissant à sa place une chute brusque de potentiel
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- r et l désignent la résistance et la self-induction du circuit en dehors de celles que font naître les vibrations des deux appareils. Enfin, l’amplitude 82 des vibrations du récepteur sera, d’après l’équation (I) :
- 8a=ce a; a»t!,/0
- t_____________ Y A2 A'2 m2
- «2 — C + k>2 mi E2 /, ^/(r + 2p E2)l + (/ + 2AE2)2 OT2
- d’où
- s2___ y/(p £2)2 + (x e2)2 ma
- s‘ Y (r r 2 p E2)2 + (/ + 2 A E2)2 m»
- en posant
- 8t == /A2 + A'* m2"/•„.
- Comme 84 est l’amplitude des vibrations du condensateur, en circuit ouvert et sous l’action seule de la source sonore, de même que dans le
- cas du téléphone Bell, représente en quelque sorte le rendement électrique du système. Son expression est la même que dans le cas de l’appareil Bell, sauf que p et A sont remplacées par p E2 et A E2. Pour accroître le rendement, qui dans tous
- les cas ne peut dépasser^, on a intérêt à augmenter
- la force électromotrice polarisante E et les valeurs de p et de A dont la signification est évidente.
- Si le condensateur n’était employé que comme transmetteur, on obtiendrait la meilleure transmission en rendant maximum l’intensité du courant ondulatoire. On trouve dans ce cas, par un calcul simple, que la force électromotrice E ne doit pas être augmentée indéfiniment, mais que sa valeur la plus favorable est
- -Y\
- r2 +1? m2 p2 + A2 m2’
- et correspond au cas où la résistance apparente
- Y (p E2)2 + (XE2)2 m2,
- dûe aux vibrations de l’appareil est égale à la résistance apparente extérieure
- y/r2 + Z2 m2.
- Ce maximum à donner à E convient également au cas où le condensateur ne sert que de récepteur.
- Enfin remarquons que, avec les condensateurs, de même qu’avec les appareils Bell, aucune énergie n’est empruntée à la pile polarisante, quoique celle-ci ait pour effet d’augmenter le rendement,
- car, pendant une période elle est traversée par des quantités d’électricité égales et de signes contraires.
- Cas d'une bobine d'induction. — Soient r et l la résistance et la self-induction d’un circuit primaire, (e — e0 sin m /) la force électromotrice développée dans ce circuit et i l’intensité du courant primaire ; I l’intensité du courant secondaire, et M Je coefficient d’induction mutuelle des deux circuits.
- La force électromotrice induite dans le circuit secondaire est M^-D’autre part, le courant I induit dans le circuit primaire une force électromotrice M^, de telle sorte que l’on a
- , di
- e-rt~ldt
- +
- Mrfl dl °‘
- En diflférentiant cette équation et remplaçant
- d* i , .. d2 I
- j-p par (— ni11) etpar (— m21) on a
- ~ — r~ +ltn2 » = M m2I=o.
- De ces deux relations on tire (r2 + p „2) dl = (r |£ + l m2 e) - M m2 (ri-1
- et, par suite, la force électromotrice induite dans le circuit secondaire est
- „. di d I
- m-dt=zz~ç>l + x Ti-
- en posant Mr
- de M/m2
- >2 ^
- Mm
- ri +12 dl^t* + l*m* Yrî~+Wm?
- M2m2
- e0 sin m (t—10)
- P=r-X = l
- r2 + /2 w2" M2 m2
- r2 + /2 m2 '
- Tout se passe donc comme si le circuit primaire étant supprimé, on introduisait dans le circuit secondaire une force éîectromotrice égale au produit de e par le facteur
- M OT
- — . ——
- Y r- + t2 m2
- et qu’en même temps on ajoutât une résistance égale à (-f- A2 r) et une self-induction (— k2 /). On trouve ainsi une grande analogie avec le cas du téléphone Bell et du condensateur transmetteur.
- Ici les quantités k, r et l sont susceptibles de mesures assez simples.
- Les lampes Woodhouse et Rawson à supports en vitrite
- Les lampes à incandescence construites par MM. Woodhouse et Rawson sont maintenant d’un emploi fréquent en Angleterre. Nous avons eu
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- IA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- souvent occasion d’en signaler des applications, mais nous n’avons jamais donné les résultats des mesures dont elles ont été l’objet.
- Le tableau suivant résume les expériences faites à l’Exposition de Vienne par le comité d’essais, en faisant fonctionner la lampe à différentes intensités croissantes :
- INTENSITÉ lumineuse normale INTENSITÉ lumineuse observée INTENSITÉ en ampères DIFFÉRENCE de potentiel en volts RÉSISTANCE à chaud en ohms WATTS absorbés WATTS II par bougie | Nombre de bougies normales par. horse-power électr.
- 20 4,64 6,85 8,98 io,85 12,18 15.58 20,32 26,27 34,24 45,81 0,779 o,838 0,869 0,905 0.926 0 q66 1,018 1,071 1,126 1,193 35,24 37,65 38,Q2 40,35 41.21 42,83 44,88 46.92 48.93 5i ,25 45,26 44.95 44,80 44 59 44.52 44,54 44,10 43.79 43*44 42.95 27,44 3i,54 33,8i 36,5l 38,14 41 38 45,67 5c, 27 55,11 61,16 5.91 4.60 3,77 3,37 3 i3 2,66 2,25 1.91 1.61 r,34 122 160 196 219 235 277 327 385 456 5i5
- Moyenne de tontes les lampes essayées
- 20 20,78 1,072 40,26 43,71 | 49,38 j 2,38 312
- On voit qu’à leur intensité normale, ces lampes ont un rendement élevé de 327 bougies par horse-power, rendement qui devient encore meilleur à de plus hautes intensités, mais aux dépens de la vie de la lampe. Lorsqu’on fait marcher les lampes au-dessous de leur intensité normale, ce qui leur assure une longue duréé, elles ont encore un très bon rendement. A huit ou neuf bougies, par exemple, elles donnent encore 196 bougies par horse-power.
- Les chiffres que nous venons de donner se rapportent à des lampes construites il y a plus d’un an; depuis, la construction du filament a été encore améliorée et, d’un autre côté, MM. Wood-house et Rawson ont adopté pour leurs lampes un nouveau système de monture, reposant sur l’emploi d’une substance spéciale, la vitrite.
- Ce corps, dont nous ne connaissons pas la composition, est un très bon isolant, dur et inattaquable par l’eau et les acides; il ne fond qu’à une température élevée, mais il peut être coulé sous différentes formes en englobant dans sa masse les pièces métalliques nécessaires aux communications.
- La figure ci-jointe montre comment cette nouvelle substance a été utilisée pour la monture des lampes.
- L’extrémité inférieure du globe est fixée au moyen d’un ciment spécial dans une capsule cylindrique en vitrite qui entre à baïonnette dans une douille en laiton et y pénètre jusqu’un peu au-des-
- sous de la déchirure figurée dans cette douille par le dessinateur. Dans la capsule sont encastrées deux pièces en laiton percées chacune d’un trou où s’engage un des fils de platine de la lampe, le contact étant assuré à l’aide d’un amalgame particulier.
- La douille en laiton est montée sur une embase en vitrite au travers de laquelle passent deux conducteurs aboutissant aux colonnettes A et B. Ces colonnettes sont à ressort, et quand la capsule est introduite dans la douille, elles font un excellent contact avec les pièces métalliques auxquelles aboutissent les fils de platine.
- Quelquefois le mouvement à baïonnette est dis-
- posé de façon que l’on puisse engager la goupille d’arrêt soit à droite, soit à gauche. Dans l’un des cas, les colonnettes arrivent sur les contacts; dans l’autre, elles viennent toucher le fond en vitrite de la capsule. On a ainsi un commutateur qui permet d’allumer ou d’éteindre une lampe à volonté.
- Sur un phénomène magnéto-électrique, par C.-V. Boys (>).
- On sait que lorsqu’un disque de cuivre tourne dans un champ magnétique intense, les courants induits par cette rotation agissent de manière à empêcher le mouvement, et celui-ci cesse rapidement. Faraday avait observé que si, au lieu de tourner, le disque est simplement suspendu entre les pôles d’un électro-aimant, il est dérangé de sa
- (') Philosop. Magaz., vol. 18, p. 216, 1884.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- position d’équilibre chaque fois que l’on lance un courant dans les électro-aimants ou qu’on le supprime une fois établi. Si le plan du disque est parallèle ou perpendiculaire aux lignes de force, on ne constate aucune perturbation dans la position du disque, si les lignes sont parallèles entre elles à l’endroit où elles traverseront le disque. Mais si le plan du disque fait un angle avec les lignes de forces parallèles, alors, chaque fois que le courant passe dans l’électro-aimant, le disque reçoit une impulsion tendant à diminuer l’angle, tandis que, lorsqu’on interrompt le courant, le disque reçoit une impulsion tendant à augmenter cet angle.
- Si l’angle a. est de 90°, on ne verra aucun mouvement au moment de l’établissement ou de la suppression du courant; mais si le disque est placé dans un champ dont les lignes de force vont en divergeant, où, par conséquent, l’intensité diminue à mesure que les lignes se séparent et si ce disque est placé de manière à contenir le plus grand nombre de lignes (c’est-à-dire de manière à couper sous un angle droit les lignes passant par son centre), il recevra une impulsion qui le force à se déplacer parallèlement à lui-même vers la partie la plus faible du champ, chaque fois que le courant passe dans les électro-aimants ; il reçoit une impulsion contraire quand on interrompt le courant. Si ce champ à lignes divergentes est produit entre un pôle pointu et un pôle plat, le disque sera repoussé ou attiré par le pôle pointu, suivant que le courant est établi ou supprimé. L’effet est tellement grand qu’un morceau de cuivre impur, généralement très magnétique, est repoussé par le pôle en pointe chaque fois qu’on ferme le circuit, et attiré par lui chaque fois qu’on l’ouvre) et le cuivre paraît ainsi au premier abord diamagriétique.
- Ces impulsions ont été observées par beaucoup d’expérimentateurs, mais aucun n’en a fait des mesures absolues. L’auteur se propose de combler cette lacune, ces mesures fournissant une des meilleures méthodes pour la détermination de la conductibilité et de l’intensité du champ magnétique.
- L’auteur considère d’abord un champ magnétique dans lequel les lignes de forces sont parallèles, le champ est alors uniforme. Il considère un anneau dont la faible section est s, la résistance spécifique p et le rayon r, placé dans un champ de manière que son plan fasse un angle a avec les lignes de forces. Soit H l’intensité du champ. Un accroissement dH du champ magnétique pendant le temps dt produit dans l’anneau un courant dont l’intensité est
- r s sin a d H 2 p d t
- Ge courant tend à produire un accroissement de l’angle a si l’intensité du champ diminue ou une diminution de cet angle, si l’intensité du ' champ
- croît et le couple produisant la rotation sera représenté par
- k r3 s II sin 2 a d II.
- 4 p TT
- Il résulte de cette formule que le couple varie en raison inverse du temps dt, mais il dure pendant le même temps dt; le moment acquis parle disque suspendu, s’il est libre de se mouvoir, sera donc indépendant de la vitesse avec laquelle un faible changement se produit dans le champ magnétique, mais dépend seulement de la valeur de ce changement, pourvu que le temps soit assez faible pour que l’angle a ne soit pas brusquement altéré pendant la variation du champ. Si ce raisonnement est vrai pour un élément, il est vrai pour tout le disque, de sorte que le moment acquis par l’anneau est une mesure directe d’un changement total quelconque de l’intensité du champ dans lequel il se trouve placé. Si, après un changement, le champ reste fixe, l’anneau s’arrête rapidement par l’effet d’amortissement produit par le champ.
- Le courant induit dans l’anneau réagit sur le champ, de manière à dévier les lignes de force et les empêche de passer par ses bords, ou bien de manière à retarder le changement d’intensité du champ. Mais l’impulsion est indépendante du temps pendant lequel le changement se produit et de la manière dont il se produit.
- Si l’impulsion imprimée au disque pendant un élément de temps dt est
- tzr2s II sin 2 a d II 4P dt'
- l’impulsion totale produite pendant que l’intensité du champ passe de O à H sera
- 7cr:1 s H2 sin 2 a
- 8p
- Soient M le moment d’inertie du disque et T la torsion du fil qui le supporte; la vitesse angulaire engendrée w s’exprimera par :
- nr3s H2 sin 2 a ~ 8 p M '
- et la déviation du disque G sera :
- Ç_____7i r3 .9 H2 sin 2 a
- yp \/mT
- L’action sur un disque peut être considérée comme la somme des actions sur plusieurs anneaux élémentaires dont il est composé, car aucun des courants n’a de tendance à sortir de son cercle élémentaire. L’impulsion imprimée à un disque de rayon r et d’épaisseur s sera par conséquent
- 7t r4 s H2 sili 2 a
- 32 p
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- LA LUMIÈRE 'ÉLECTRIQUE
- et l’impulsion imprimée à un disque de rayon r2 au centre duquel se trouve un trou concentrique de rayon rl sera
- __ 7i a- Ha sin 2 a / t_\
- 32 p \ 2 1 /
- Comme le moment d’inertie d’un disque est aussi proportionnel à la 40 puissance du rayon et à l’épaisseur, tant que celle-ci est faible, il en résulte que la vitesse imprimée à un disque de forme et d’épaisseur quelconque, ou à un anneau, sera la même. L’auteur ne peut pas dire l’importance que pourrait avoir une correction relative à la self-induction des différentes parties du disque les unes sur les autres.
- Pour comparer deux champs, on peut employer des disques ou des anneaux; mais, pour faire des mesures absolues, il est préférable d’employer une bobine, la conductibilité spécifique d’un disque étant impossible à mesurer exactement.
- On trouve qu’une bobine ayant une surface A, une résistance R, éprouvera sous la torsion T une déviation
- __ A2 H2 sin 2 a
- Si, au lieu d’un disque, on emploie une'sphère, on n’aperçoit aucun déplacement, si la conductibilité est la même dans toutes les directions.
- L’auteur a examiné les attractions et les répulsions d’un disque métallique par un pôle pointu quand l’on établit ou interrompt le courant magnétisant. Les lignes de forces partent d’un tet pôle en divergeant et ne sont pas normales au disque, excepté celles du milieu. En entrant et en sortant du disque, elles donnent lieu à des courants circulaires tendant à le déplacer normalement aux lignes de force.
- Il y a une composante longitudinale tendant à écarter le disque du pôle pendant l’accroissement du champ et produisant un effet contraire pendant la diminution du champ. Une bobine fermée est soumise aux mêmes actions. A l’aide d’une bobine faite avec du fil non couvert placée tout près d’un pôle, on peut observer l’accroissement et le décroissement du champ magnétique. En établissant le courant, le champ commence à croître d’abord rapidement, puis lentement. La bobine recevra une impulsion et s’écartera de sa position. Comme l’impulsion diminue à mesure que l’accroissement du champ s’affaiblit, la bobine revient graduellement à sa position primitive. On pourrait croire que le reéul lent est dû à l’effet amortissant du champ, mais cette cause seule est, d’après l’auteur,' insuffisante pour l’expliquer, car lorsque l’accroissement du champ a atteint sa limite, la bobine, après avoir été fortement écartée, revient à sa position première beaucoup plus vite.
- L’auteur s’est d’abord proposé de vérifier si l'impulsion est proportionnelle à sin 2 a, toutes les autres conditions restant les mêmes. Il fixe un disque de métal à une rondelle d’ébonite portant un index de verre et suspendu par un fil de platine. L’index de verre se déplace sur un cercle gradué formé par un morceau de carton. Le fil auquel est attachée l’extrémité supérieure du fil de platine porte aussi un index en verre qui peut aussi, si l’on veut, se déplacer sur un cercle gradué. Le disque est placé entre deux faces polaires parallèles. L’index supérieur est tourné de manière qu’en fermant et en ouvrant le circuit, l’index inférieur ne manifeste aucun mouvement. De cette manière a était à très peu près égal à go° ou à o°. On ajuste alors le cercle inférieur et on tourne l’index supérieur de manière que l’index inférieur fasse des angles égaux successivement à 5°, io°, i5°, etc., avec la position de qo°. On observe l’im-
- TABLEAU I
- POSITION du disque D É V I A T I O N négative D K V I A T I O N positive DÉVIATION positive calculée
- 5 I 4,5 4,6
- 10 2 9 9,1
- i5 3 i3 13,2
- 20 4-5 17 17,1
- 25 5 20 20,3
- 3o 6 22,5 23
- 35 7 24,5 25
- 40 7,3 26,2 26,2
- 45 8,8 26,5 26,5
- 5o 8,5 26,2 26,2
- 55 ' 8,2 24,5 25
- ÔO 7,3 22 23
- 65 -7.5 20 20,3
- 7° 6,5 l6 17,1
- 73 5,5 12,5 13,2
- 80 3,5 9 9,1
- 85 2 4 4.6
- pulsion négative au moment de l’établissement du courant et l’impulsion positive au moment de l’interruption. Les résultats sont résumés dans le tableau I. Dans la quatrième colonne du tableau sont des nombres proportionnels à sin 2 a, le plus grand nombre étant choisi de manière à concorder avec la déviation positive. La concordance des autres nombres montre que la déviation est proportionnelle à sin 2 a.
- L’examen de ces nombres montre que les impulsions négatives, quoique égales aux positives, paraissent être beaucoup moindres, qu’elles ne suivent aucune proportion et que les valeurs correspondantes des deux côtés de 45° ne sont pas les mêmes. Cela tient à ce que le disque est arrêté par l’amortissement du champ aussi bien que par la torsion du fil; l’amortissement est d’autant plus grand que l’angle est plus petit, l’amortissement étant proportionnel à cos2 a.
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- L’auteur a voulu voir quelle serait la déviation si la torsion n’intervenait pas. Il remplace le disque par la bobine employée dans les mesures absolues le suspend à l’aide d’un fil de soie, ét refait les mêmes expériences. La deuxième colonne du tableau II donne la division en face desquelles s’arrêtait l’index inférieur.
- TABLEAU II Chute de l’index
- lie ... . 10 à . . . 3,6 De . . . . So à . . . . 18
- 20 6 60 22
- 3o IO 70 29
- , 40 i3 80 3g
- 45 l6
- Dans ce s observations il y avait une faible cause
- d’erreur provenant du magnétisme rémanent qu’on ne détruisait pas. L’effet de cette cause d’erreur est appréciable, car dans une série d’expériences faites avec un disque le déplacement était toujours de 48° à 33°, mais pendant le premier temps après l’inversion du courant ce déplacement était de 4.5° à 35° puis peu à peu il est revenu à sa valeur primitive (de 45° à 33°). La diminution observée au premier moment après l’inversion a toujoure été la même.
- Les dernières séries d’expériences ont été faites dans le but de vérifier si l’intensité d’un champ déterminé par l’observation des déviations du disque coïncide avec l’intensité déterminée par une autre méthode connue. L’auteur a fait une petite bobine de 12 tours de fils, ayant icm ,45 de rayon et oohm,o85 de résistance. La surface de la bobine était 79,4 centimètres carrés, son moment d’inertie (y compris l’index), déduit de la comparaison avec un cylindre, était de 58,1 unités et la valeur de la torsion du fil de suspension était de 17000 unités. Le plan de la bobine d’abord ajusté par la méthode
- TABLEAU III
- NOMBRE des éléments COURANT magnétisant en ampères DÉVIATION négative DÉVIATION positive CHAMP calculé en unités absolues
- IO ii,85 10,5 27,5 16,000
- 9 11,2 , 9 2b i5,6oo
- 8 10,44 8,2 24,5 i5,ioo
- 7 9.47 7 22,5 14,500
- 6 8,63 6 21,3 14,100
- 5 7,60 4,8 19,2 13,400
- 4 6,53 3,3 16,5 12,400
- 3 5,i8 2 2 i3 11,000
- 2- 3.67 1 8 8,63o
- 1 i,83 0,2 2,8 5,070
- du zéro, a été placé ensuite à 45°. On lançait dans les bobines de l’électro-aimant et dans un électrodynamomètre de Siemens un courant de 10, 9, 8... jusqu’à un élément Grove. Le tableau ci-dessus donne
- la valeur de la déviation positive et négative, celle de l’intensité du courant magnétisant en ampères et l’intensité du champ calculé à l’aide des déviations positives par la formule
- H8 =g3noooxla déviation mesurée en degrés.
- Les extrémités des fils de la bobine soudées d’abord ensemble sont dessoudées, l’une des extrémités de la bobine reste soudée avec l’extrémité du fil de suspension, l’autre extrémité de la bobine est recourbée de manière à être plongée dans une capsule remplie de mercure, suivant la ligne axiale. De cette manière on peut lancer un courant dans la bobine et ce courant est mesuré par un second électrodynamomètre. Pendant ce changement 011 ne déplace aucune partie de l’appareil. Il était nécessaire de déterminer la position du zéro, ce qui était plus difficile à cause de ’a torsion du fil.
- La résistance due à la torsion était tellement grande que la déviation de la bobine n’était que le dixième de la valeur précédente, quelque fût l’angle de départ. Comme précédemment on lançait successivement le courant de 10, 9, 8... jusqu’à 1 Grove dans les bobines de l’électro-àimant et dans un électro-dynamomètre. Le courant d’un Daniell
- TABLEAU IV
- NOMBRE des éléments COURANT magné- tisant en ampères COURANT donnant la déviation en ampères DÉVIATION 0 DÉVIATION due au magnétisme rémanent CHAMP calculé en unités absolues
- 10 11,92 0,514 65 4 II200
- 9 n,o5 o,53o 64 4 10260
- 8 10,52 0,502 63 4 3o320
- T 9,48 0,496 62,5 4 ioi5o
- 6 8.63 0,480 6i,5 4 iooSo
- 5 7,60 0,480 6o,3 4 9470
- 4 6,45 0,480 5g 4 8g3o
- 3 £.14 0,480 57 • 4 8120
- 2 3,67 0,480 51,5 4 6470
- 1 1,98 0,480 40.5 4.5 4140
- traversait la bobine suspendue. Le tableau IY résume les expériences. Dans la quatrième colonne de ce tableau on donne les déviations a de la bobine dues aux courants dont les intensités sont données dans les colonnes 2 et 3. La sixième colonne donne l’intensité du champ magnétique mesurée en valeur absolue par la formule
- U______________3,73x la déviation en degrés_________
- ~ courant produisant la déviât. en unités absol. X cos S
- On voit que les mesures faites par les deux méthodes ne sont pas concordantes — elles ne sont mêmes pas proportionnelles, elles sont du même ordre de grandeur. L’auteur se propose de rechercher dans un travail ultérieur la cause de cette discordance. K.
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- iSa • LA LUMIÈRE
- FAITS DIVERS
- Nous empruntons au Bulletin international des Télé-phones les renseignements suivants au sujet du rôle que l’électricité est appelée à jouer à l’Exposition d’Anvers :
- D’après tous les renseignements qui nous parviennent, la part prise par l’électricité dans la prochaine Exposition d’Anvers sera considérable et le public pourra y voir les nombreux progrès réalisés depuis quelques années par les différentes branches de cette science. Non seulement la sixième section renfermera des machines et des appareils fort intéressants, mais encore la plupart des bâtiments et des jardins seront éclairés à la lumière électrique. La ville d’Anvers elle-même présentera plusieurs applications du courant électrique. Ces installations permettront aux visiteurs de se rendre compte des conditions réellement pratiques dans lesquelles on le produit aujourd’hui.
- Il est donc tout naturel que les électriciens se préoccupent d’une pareille exhibition et des résultats auxquels elle peut conduire. C’est dans cette idée que M. Somzée, commissaire international de la section d'électricité, a présenté une notice à la commission de l’Exposition. M. Somzée cherche à mettre en évidence, d’une manière réellement utile, les avantages de Lïélectricité et à la faire entrer dans l’ère des applications industrielles; il pense avec raison qu’on peut arriver à ce résultat en exécutant une série d’expériences destinées à obtenir un classement dont le défaut se fait vivement sentir.
- « Il ne suffit pas, dit-il, que l’électricité ait à Anvers le succès de curiosité qu’elle a obtenu partout. Le public ne se contentera pas toujours de voir superficiellement : il voudra connaître enfin te mérite réel de ces découvertes dont on l’entretient si fréquemment. L’Exposition qui s’annonce sera surtout intéressante, puisqu’elle marquera une ère nouvelle dans l’étape que l’on franchit actuellement. Au lieu de promesses, de dissertations théoriques, nous aurons des données industrielles dûment certifiées par des Commissions spéciales instituées par le Gouvernement. Les travaux de ces Commissions seront contrôlés par un Comité de savants étrangers, de sorte que les diplômes octroyés aux exposants constitueront l’expression fidèle de la valeur industrielle des appareils. »
- Si l’électricité ne faisait en effet que continuer son succès de curiosité, la faveur du public lui serait bientôt retirée. L’Exposition d’Anvers doit, sous ce rapport, faire plus que ses devancières et présenter la question sous son côté industriel. Nous avons eu assez d’exhibitions purement scientifiques, de conférences techniques : il est temps qu’on se mette sérieusement à l’œuvre et qu’on pense à tirer parti des nombreux avantages que les applications de l’électricité présentent dans la pratique.
- Comme le dit M. Somzée, « il faut que nous ayons nos machines à lumière, nos machines pour transport de force, nos machines pour locomotion, pour traction sur plans inclinés ou lignes aériennes,nos machines d’électrolyse, etc.; que nous connaissions quelle sorte de machine convient le mieux dans tel genre d’application. Il faut aussi que nous puissions apprécier la valeur industrielle des appareils, leur rendement, leur coût et leur durée, et que l’on dise quelles corrections il convient d’attribuer aux constantes, selon les conditions diverses dans lesquelles l’appareil est employé. Enfin, qu’il n’y ait plus d’hésitation sur le point de savoir si la solution rationnelle d’une question à l’ordye du jour peut ou non être obtenue par un mode de génération de force plutôt que par un autre. » La solution de toutes ces questions réaliserait évidemment un grand progrès dont le besoin se fait vivement sentir.
- Il y a bien dans la notice de M. Somzée quelques points sur lesquels nous ne partageons pas complètement les idées
- ÉLECTRIQUE
- de l’auteur, notamment à propos des applications des accumulateurs, que nous trouvons un peu exagérées. Les piles primaires nous paraissent aussi méconnues : le prix de revient de leur courant est assurément élevé, mais de nombreux inventeurs les travaillent en ce moment, et, d’un jour à l’autre, leurs recherches peuvent aboutir à des résultats satisfaisants et changer complètement la face la question. C’est même ce qu’il faut espérer; les progrès accomplis dans ces dernières années nous ont habitués à voir faire ce que la veille on croyait impossible, et le passé nous permet de bien augurer de l’avenir.
- Mais nous n’avons pas l’intention d’entamer une discussion oiseuse; nous ne voulons retenir de la brochure présentée à la Commission de l’Exposition que les idées générales; elles sont fort bonnes et indiquent nettement le but, à poursuivre : « Etablir une unité de prix par unité de travail, pour chaque type de machine et pour chaque genre d’application. » Si l’Exposition d’Anvers produit ce résultat, elle aura bien mérité des électriciens et aussi du public, qui ne peut que profiter de tous les progrès réalisés par la science.
- \JEtoile belge nous raille agréablement au sujet des fameuses expériences du professeur Lagosphillos, qui n’ont, paraît-il, jamais existé que dans l’imagination d’un rédacteur enclin à la facétie.
- Depuis quelque temps, il nous vient de Belgique le récit d’expériences téléphoniques tellement extraordinaires que nous en sommes doucement arrivés à ne plus nous étonner de rien. Le célèbre professeur Lagosphillos est un mythe; nous le déplorons; mais en même temps nous sommes heureux de pouvoir enregistrer à l’actif de nos excellents voisins une invention qui leur fait au moins autant d’honneur que les autres : celle du canard électrique.
- MM. Plewe et C°, de Berlin, viennent de commander un tramway électrique à Londres, d’après le système Recken-zaun. La voiture doit être livrée au commencement du mois prochain pour l’ouverture de l’exposition japonaise et servira au transport des voyageurs du Spittel-Markt, au milieu de la ville jusqu’au parc de l’exposition Bauer, environ quatre kilomètres à l’ouest de Berlin.
- A la suite de plusieurs essais qui ont été tenus rigoureusement secrets, le ministère de la marine, en Russie, a donné l’ordre d’équiper à Cronstadt plusieurs bâtiments légers à moteur électrique.
- Ce moteur sera alimenté par des accumulateurs d’un nouveau système, inventé par le lieutenant de vaisseau Tvéri-linoff.
- La chaloupe, construite par l’inventeur et soumise à l’appréciation de l’amirauté, pouvait fournir une course de 20 heures et une traversée de ioo milles.
- On espère çbtenir de sérieux avantages, surtout pour les opérations de nuit, de ces bâtiments légers, évoluant sans bruit, sans fumée et sans lumière.
- Depuis trois ans, l’importation du cuivre de l’Amérique en Angleterre a beaucoup augmenté. En 1882, l’Angleterre n’a importé que 745 tonnes; mais, en i883, 9410 tonnes, et enfin, en 1884, 17309 tonnes. Ces chiffres sont d’autant plus remarquables que déjà, en 1880, l’Amérique était forcée d’importer du cuivre du Chili pour sa propre consommation.
- La South London Tramway C° a fait des expériences de traction électrique sur ses lignes, le 3o mars dernier
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- avec le système Reckenzaun. A part quelques détails sans grande importance, les expériences ont donné de très bous résultats. __________
- L’exploitation du chemin de fer électrique qui va de Por-trush à la Chaussée des Géants (Irlande), continue à donner de bons résultats. II ressort du rapport présenté par le Conseil d'administration que, pendant les six derniers mois de l’année 1884, le nombre des voyageurs a augmenté de 1 33i sur celui de la même période de l'année précédente; en outre, le tralic des marchandises a été de 3çi tonnes. Pendant ce semestre, les recettes ont atteint le chiffre de 42 332 francs 90, présentant un accroissement de 3475 francs. L'assemblée générale des actionnaires a adopté la proposition du Conseil tendant à distribuer un dividende de 3 0/0 aux actions privilégiées et à reporter à nouveau une somme de 2 407 fr. 5o.
- La Bessbrook Spinning Company fait construire en ce moment un chemin de fer électrique entre Bessbrook et Newry, en Irlande. L’inauguration de ce nouveau chemin de fer aura lieu d'ici à. quelques semaines.
- La Franklin Institut de Philadelphie a décidé d'organiser une nouvelle exposition qui s'ouvrira le i5 septembre prochain, sous le nom de NoveUies Exhibition. La nouvelle entreprise contiendra toutes les nouvelles inventions et ne sera donc pas exclusivement électrique, comme celle de l'année dernière.
- Un inventeur américain vient de construire une machine à coudre électrique, dont les différentes parties sont actionnées par des électro-aimants. Le porte-aiguille traverse deux bobines d'induction qui, par le passage et la rupture successifs d'un courant, lui donnent un mouvement alternatif très rapide ; de même ^un électro-aimant communique à la navette un mouvement de va-et-vient parfaitement réglé sur celui de l’aiguille. O11 conçoit aisément la précision que peut atteindre le jeu d'un semblable mécanisme.
- La Compagnie Edison, de New-York, se prépare à inaugurer ce mois-ci la traction électrique sur le chemin de fer aérien de la 2e avenue. Chaque voiture sera pourvue d'un moteur spécial sans que le poids total de ces machines dépasse celui de l'ancienne locomotive. La Compagnie Daft a posé le troisième rail depuis la 140 jusqu'à la 53e rue sur la ligne de la 9e avenue. L'électricité pour ce système sera fournie par deux dynamos de 200 volts avec une force motrice de 100 chevaux.
- Éclairage électrique
- Un de nos amis nous adresse les renseignements suivants de Bellegarde-sur-Valserine (Ain) :
- Depuis près d'une année, la jolie petite ville que j'habite possède un éclairage électrique tout comme la grande capitale et les résultats obtenus jusqu’ici, ont amplement récompensé M. L. Dumont, le zéfé et intelligent industriel de Bel-legarde, des soins et de la persévérance qu'il a apportés dans sa difficile entreprise.
- C'est en aval du viaduc du chemin de fer de Mâcon à Genève, sur la jolie rivière la Yalserine que se trouve établie l'usine électrique, favorisée par une chute d'eau dont la puissance est évaluée à 2000 chevaux environ, même par les temps les plus arides.
- La machine dynamo-électrique multipolaire (type Thury) a été construite par la maison Meuron et Cuenod, de Genève.
- Ce qu'il importe de signaler, c'est que les habitants de
- Bellegarde se sont montrés^unanimes à reconnaître lesbien-faits économiques apportés par ce genre d'éclairage, et que les abonnements deviennent plus nombreux de jour enjour-
- Les abonnés ont la faculté de payer la quantité d'électricité consommée soit à l’heure, au bec ou au mois.
- Les prix sont les suivants :
- Un bec de 8 bougies .... 4 cent, à l'heure.
- — 16 — .... 8 —
- Abonnement au mois..........3 francs par 8 bougies.
- — — .......b — par 1 b —
- Les lampes adoptées sont du système Edison.
- Il va sans dire que nos honorables édiles ont tenu à honneur de ne pas rester en arrière. Et les antiques et solennels réverbères qui déparaient les rues de Bellegarde ont été remplacés, à la grande joie des habitants, par des lampes de 16 bougies.
- Malgré la décision favorable des tribunaux allemands, la Compagnie Edison ne possède cependant pas le monopole des lampes à incandescence dans ce pays, car le charbon creux de la lampe Bernstein a été déclaré indépendant du brevet Edison, de sorte que ces lampes sont vendues en Allemagne comme auparavant.
- L'administration des postes, à Bruxelles, a proposé d'éclairer le bureau central des postes qui se trouve dans l'ancien temple des Augustins avec la lumière électrique, mais le conseil communal hésite à accorder la permission nécessaire à la construction d'une annexe pour l’installation des machines.
- En attendant, les employés se plaignent beaucoup de la chaleur dégagée par le gaz.
- L'offre la plus favorable pour l’éclairage électrique du nouveau théâtre flamand, à Bruxelles, est de 74 55o francs.
- Le tribunal civil d'Anvers s'est déclaré incompétent dans le procès pendant entre la Compagnie continentale du gaz et la ville d'Anvers au sujet de l'autorisation donnée par cette dernière à la Compagnie générale d'électricité pour l'établissement de ses conducteurs de lumière électrique dans les rues. L'affaire demeure donc dans le statu quo.
- Le conseil municipal d'Anvers vient d'autoriser la Compagnie générale d'électricité à faire installer cent lampes à incandescence dans différents' établissements publics situés dans le voisinage de la gare du chemin de fer de l’Etat.
- La Compagnie d’électricité ne pourra dépasser le nombre de 100 foyers, pour lequel elle s’est obligée à verser une somme de 1 5oo francs par mois, représentant la perte causée à la Compagnie du gaz par la mise en fonction de ces lampes, et par conséquent la somme que la ville d’Anvers aurait à payer à cette dernière Société au cas d'une issue, favorable à la Compagnie, du procès intenté par elle à la ville. __________
- La Brush Electric Light Corporation, à Londres, construit en ce moment deux dynamos Victoria qui seront installées à bord de plusieurs bateaux torpilleurs .commandés en Angleterre par le gouvernement espagnol. Les dynamos seront actionnées directement par des machines Brotherhood à trois cylindres et serviront également pour l'éclairage des cabines.
- L'installation de lumière électrique de l'Alexander Palace, à Londres, a été considérablement augmentée à l'occasion
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- de la réouverture de cet établissement, qui a eu lieu la semaine dernière. Les dynamos sont au nombre de 5, dont une de réserve, pour laquelle la force motrice est fournie par une machine à vapeur du système Robey de 3o chevaux. Deux autres dynamos, actionnées par deux moteurs de 10 chevaux chacun, alimentent les foyers à l’extérieur. A l’intérieur, il y a dans chaque tour quatre foyers à arc de 3000 bougies; dans le jardin d’hiver, quatre autres de 2 000 bougies ; deux dans le jardin italien, six dans les corridors, huit dans les galeries de tableaux, etc. A l’extérieur, il y a huit foyers à arc de 2000 bougies et un de 3 000, quatre foyers de 2 000 bougies éclairent le village japonais et le nombre total s’élève à 66, tandis qu’il y a 29 lampes à incandescence. Toute]l’installation a été faite par la Giilcher Electric Light and Power C°.
- La Compagnie du chemin de fer du Great Western, en Angleterre, vient d’appliquer l’électricité à l’éclairage des signaux sur ses lignes.
- On vient de terminer tous les préparatifs pour l’installation de la lumière électrique dans les bureaux et dans l’hôtél de la gare de Paddington, à Londres, ainsi qu’à deux autres gares du chemin de fer Great-Western. On a adopté le système à incandescence avec les machines les plus perfectionnées et nous aurons l’occasion de revenir sur cette installation qui promet d’être une des plus considérables en Angleterre.
- L’Armée du Salut s’est fait construire une nouvelle salle de réunion qui va être éclairée à l’électricité. Le bâtiment se compose de deux grandes salles dont l’une, au rez-de-chaussée, servant à des conférences, sera éclairée avec des foyers à arc, tandis que l’autre, au sous-sol, sera pourvue de lampes à incandescence.
- Après une série d’expériences d’éclairage électrique dans le bureau central des Postes à Glasgow, pendant 2 ans, le gouvernement a traité en i883 pour l’installation définitive de la lumière électrique pour une période de deux années encore.
- A l’expiration de ce premier contrat, le directeur général des Postes a chargé MM. Muir et Mavor, de Glasgow, de continuer l’éclairage d’une manière plus permanente. Les machines et les moteurs sont installés entièrement en dehors du bâtiment et tous les fils, lampes, etc., ont été achetés par le département des Postes. Le courant est fourni par la dite maison et payé à un certain taux fixe par mois. L’installation comprend maintenant 460 lampes à incandescence et 10 foyers à arc.
- Les premières sont alimentées par deux dynamos Cromp ton, et les derniers par trois machines Bürgin. La force motrice est fournie par deux moteurs horizontaux Marshall de 40 chevaux. L’installation est divisée en deux circuits, l’un pour les lampes à incandescence, et l’autre pour les foyers à arc. Pendant l’hiver, la plus grande partie des lampes a souvent dû fonctionner 100 heures de suite, sans, donner lieu à aucun accident.
- La raffinerie de sucre de MM. Walker et 0“, à Greenocb, est maintenant éclairée à l’électricité. L’installation a donné de si bons résultats que plusieurs autres établissements du mégie genre ont décidé d’adopter le nouvel éclairage.
- La Pontypool Iron and Tin Plate C° a installé la lumière électrique dans ses usines, avec 9 foyers à arc de 2 000 bougies et 23 lampes à incandescence de 20 bougies, alimentés par une dynamo Giilcher nu 4.
- Les mines de charbon de New-Oaks. près de Barnsley, sont maintenant éclairées à la lumière électrique avec i5o lampes à incandescence Muller. La dynamo est actionnée par la machine du ventilateur et l’installation a été faite par la Simplex Electric Light C°, de Manchester.
- La nouvelle station centrale de lumière électrique de El-mire, dans l’Etat de New-York, vient d’être terminée. L’installation comprend 400 lampes à incandescence alimentées par deux moteurs automatiques du système Buceye de i5o chevaux chacun. Le nombre des lampes peut être augmenté jusqu’à 3700.
- Le sénateur Daly, de New-York, a proposé de nommer une commission chargée de faire exécuter la loi sur les fils souterrains dans cet Etat. Les entreprises d’éclairage électrique doivent figurer pour la somme de 5oooo francs dans les dépenses de la commission.
- La Compagnie Brush a traité avec la Nouvelle-Orléans pour n3 foyers à arc de 2000 bougies chaque qui doivent fonctionner tous les soirs jusqu’à la fin de l’année i885. Le prix a été fixé à 80 095 francs.
- La législature de l’Etat de Philadelphie a été saisie d’un projet de loi pour l’éclairage à l’électricité du Capitole. Il est probable que le projet sera adopté.
- Ou annonce que les frais pour l’éclairage électrique à l’Exposition de la Nouvelle-Orléans s’élèvent à 6 25o francs par jour.
- L’United States Electric C°, de Chicago, a fait les installations suivantes dans cette ville : dans le bâtiment de la House Insurance C°, 2 000 lampes à incandescence ; dans celui de la Royal Insurance C®, 1 200 lampes à incandescence; dans l’hôtel de la Northurstern Insurance C®, 5oo lampes et, dans l’hôtel Palmer Kouse, 600 lampes à incandescence et 80 à 90 foyers à arc.
- Il paraît qu’il existe aujourd’hui près de 600 Sociétés locales d’éclairage électrique aux Etats-Unis et au Canada. Il y en a 8 au Mexique.
- Le hangar des locomotives à Eveleigh, en Australie, est éclairé par Soo lampes à incandescence de 20 bougies.
- Les canonnières anglaises le Racer et le Mariner, à De-vonport, et le Leander; à Chatham, ont été munies de projecteurs alimentés par des dynamos Victoria. Les moteurs sont du système Brotherhood.
- Le nouveau paquebot l’Eldorado, qui vient d’être construit pour la Compagnie Wilson, en Angleterre, va être éclairé entièrement à l’électricité ainsi qu’un autre, navire du même genre, en construction à Dumbarton, pour le compte de l’Union C® of New-Zealand. Ce dernier vaisseau sera pourvu d’une dynamo capable d’alimenter Soo lampes à incandescence de 20 bougies.
- L’Anglo-American Brush Electric Light C® a été chargée, par le gouvernement anglais, de la construction de deux dynamos Victoria, qui seront installées à bord des navires de guerre le Shah et 1 ’Active.
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- Télégraphie et Téléphonie
- Voici le texte du projet de loi concernant les lignes télégraphiques, téléphoniques ou autres appartenant à l’Etat, qui a été adopté par la Chambre des Députés à la séance du 26 mars dernier.
- Article premier. — Les opérations relatives à l’établissement, à l’entretien et au fonctionnement des lignes télégraphiques, téléphoniques ou autres destinées à l’échange des correspondances, appartenant à l’Etat sont effectuées à titre de travaux d’utilité publique, dans les conditions indiquées aux articles suivants.
- Art. 2. — Lorsqu’il sera besoin d’établir sur le sol, les murs, façades, toits, terrasses, dans les cours et jardins des propriétés privées, des édifices quelconques, ou d’établir sur ou sous le sol des chemins et de leurs dépendances, notamment dans les égouts, les appuis et les conduits destinés au service des lignes télégraphiques, téléphoniques ou autres, un arrêté préfectoral prescrira les mesures nécessaires pour l’exécution de ces travaux.
- Art. 3. — Cet arrêté déterminera les travaux à effectuer ; il sera notifié par voie d’affiches, et individuellement, aux intéressés dans le cas où il s’agirait de propriétés closes, il sera exécutoire quand il s’agira des travaux de premier établissement, six jours après la notification, et quand il s’agira de travaux d’entretien ou de réparations, ce délai sera réduit à vingt-quatre heures.
- Les dispositions de l’arrêté préfectoral seront applicables de plein droit à toutes les opérations que comporteront l’établissement, Pentretien et la surveillance de toute ligne, y compris l’élagage des arbres dont les branches gêneraient son fonctionnement, et sans qu’il soit besoin d’un nouvel arrêté.
- Art. 4. — Pour l’exécution des travaux désignés à l’arrêté préfectoral mentionné à l’article 2, les propriétaires devront donner accès aux agents de l’administration et n’apporter aucun obstacle à leurs opérations.
- Quand les appuis, attaches ou potelets seront placés sur les toits ou terrasses, les agents de l’administration ne pourront, pour procéder à l’entretien ou aux réparations, pénétrer dans l’intérieur des édifices que si l’accès extérieur est impossible.
- Art. 5. — Les indemnités qui pourront être dues aux propriétaires à titre de dommages, seront réglées, à défaut d’arrangement amiable, par le Conseil de préfecture, sauf recours au Conseil d’Etat.
- S’il y a lieu à expertise, il y sera procédé par trois experts ou par un seul si les parties y consentent. Ces experts seront désignés d’office par le Conseil de préfecture, à défaut par les parties de les avoir désignés d’accord dans le délai qui leur aura été imparti à cet effet.
- Art. 6. — L’arrêté préfectoral autorisant l’établissement ou l’entretien des lignes télégraphiques, téléphoniques ou autres sera périmé de plein droit, s’il n’est pas suivi d’un commencement d’exécution dans les six mois de sa date ou dans les trois mois de sa notification.
- Art. 7. — L’action en indemnité des propriétaires ou autres ayants droit pour réparation des dommages résultant de travaux effectués dans les conditions prévues par la présente loi sera prescrite par un laps de deux ans.
- Art. 8. — Toutes les dispositions des lois, décrets et règlements antérieurs sont abrogées en ce qu’ils auraient de contraire à la présente loi.
- Le ministre des Postes et Télégraphes a dernièrement fait faire des expériences d’un système de correspondance télégraphique et téléphonique simultauée sur les câbles souterrains entre Beauvais et Paris.
- Le gouvernement autrichien vient de faire installer un nouveau bureau télégraphique à Fiirthof, dans la basse Au-
- triche. La nouvelle station^est ouverte au public depuis le
- iur avril-
- L’ouverture de la conférence télégraphique de Berlin aura lieu le 10 août.
- Le tablesu suivant donne une bonne idée du développement du réseau télégraphique de la Russie pendant les dix années de 1872 à 1882 :
- LONGUEUR DES
- ANNÉES
- PERSONNEL
- des bureaux
- en verstes
- en versles
- 1,602
- Il parait qu’on a réussi à trouver l’endroit où avaient lieu. les dérivations à la terre dans les câbles posés par la Compagnie Callender, à Anvers. On nous écrit de cette ville que les recherches, ont été interrompues depuis quelques jours.
- Les journaux techniques, en Angleterre, recommandent l’établissement d’une communication télégraphique par un câble direct entre Hong-Kong et Singapore, qui serait d’une grande utilité stratégique pour l’Angleterre en cas de guerre, les câbles existants étant entre les mains des Français ou des Russes.
- Le nombre annuel des dépêches transmises à l’intérieur en Angleterre s’élève à 24 millions, et le prix moyen est de 1 fr. 35 par dépêche. Les frais sur chaque dépêche sont estimés à 1 franc. __________
- Les journaux anglais font remarquer qu’en cas de guerre avec la Russie, les dépêches anglaises pour les Indes doivent forcément traverser un pays étranger. Les lignes de l’Eas-tern Telegraph C° passent par Vigo, Caminha et Lisbonne ; de là à Gibraltar, l’ile de Malte et l’Egypte; une autre route' va^dej-ondres à Marseille et de Berne à Malte. Enfin, les lignes de la Grande Compagnie des Télégraphes du Nord passent par le Danemark et la Russie.
- Les employés du télégraphe à Manchester ont décidé d’adresser une pétition au directeur général des postes et télégraphes, demandant d’être payés pour les heures d’extra et le travail du dimanche, afin de les mettre sur le même pied que les employés de Londres.
- Un nouveau câble de deux fils va être placé entre l’ile de Man et Saint-Bees, près de Whitehaven, en Cumberland. Le câble actuel a été placé en 1859 ét ne fonctionne qu’avec de fréquentes interruptions et réparations.
- L’administration des postes et télégraphes vient d’ouvrir un nouveau bureau central téléphonique à Workington, en Angleterre.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- Le 3i mars dernier, la 3° section du bataillon télégraphique du génie en Angleterre a subitement reçu' l’ordre de prendre le train pour Gravesend et de s’y embarquer immédiatement sur le transport le Ghoorka, pour le Soudan. __________ ,
- Le steamer Flintshire a quitté l’usine de MM. Siemens frères, à Londres, la semaine dernière, avec 70 milles de câble fort pour le Japon.
- Le steamer le Dacia, appartenant à l’India Rubber and Gutta-Percha C°, est parti le 2 de ce mois pour Key-West, en Floride, ayant à bord un câble destiné au renouvellement du câble de Key-West à la Havane, posé en 1869. __________
- Il y a des raisons pour croire qu’un accident sérieux est arrivé au nouveau steamer le Magenta appartenant à l’Eastern Extension Telegraph C°, dont on n’a pas de nouvelles depuis sou départ de Falmouth, il y a plus de six semaines.
- Le gouvernement de Tasmania a l’intention de faire placer un câble de Hobart à Bellerivie, à travers le Derwent, pour le service militaire au fort de Kangardo Point.
- L’Eastern and South African Telegraph O annonce larup ture du câble de Zanzibar à Mozambique. Les dépêches à destination au-delà de Zanzibar seront envoyées par steamer de ce dernier point. Les réparations ont commencé de suite ainsi que la fabrication d’un nouveau câble, qui sera posé prochainement.
- Le câble de Maranham à Para est réparé. A la date du 3o mars dernier, la Chambre des Députés à Lisbonne a ratifié lè contrat signé par le gouvernement portugais le 9 juillet de l’année dernière pour l’établissement d’une communication télégraphique avec la côte ouest de l’Afrique. __________
- Les employés de la Banquers and Merchants Telegraph C° dans un grand nombre de villes en Amérique, ont préféré abandonner le service de la Compagnie plutôt que d’accepter une réduction de 3o 0/0 sur leurs appointements restés impayés depuis plusieurs mois.
- La Baltimore and Ohio Telegraph Company vient de terminer la construction d’une ligne entre New-York et la Nouvelle-Orléans. Des bureaux ont été installés dans cette dernière ville, et les dépêches sont transmises à un tarif réduit. La Compagnie va prochainement ouvrir d’autres bureaux dans les Etats de Louisiana et Texas.
- Les bureaux télégraphiques du gouvernement américain à Forest City et à Fairbanks, en Dakota, ont été fermés, par suite de l’incompétence des employés, qui ont tout dérangé et rendu la communication impossible.
- L’administration communale de la ville de Détroit, dans l’Etat de Michigan, a demandé à la Western Union Telegraph C° de mettre tous ses fils sous terre.
- La ligne télégraphique entre Colon et Panama est tou-j ours interrompue. ______________
- Le nombre des communications échangées cette semaine
- au moyen des cabines téléphoniques a été de 1660, ce qui représente une augmentation de 110 communications sur la semaine précédente,
- “ La préfecture de police à Francfort va être mise en communication téléphonique directe avec la police des villes de Hanau, Offenbach et Mannheim.
- Le rapport annuel du département des pompiers de Birmingham, en Angleterre, constate une grande diminution' dans le nombre des incendies pendant l’année 1884; cette diminution est attribuée avec raison à l’emploi du téléphone, dont les avertissements instantanés, transmis au poste central des pompiers, ont permis une extinction rapide des commencements d’incendie.
- Le bureau central des ttéléphones, à Glasgow, va être pourvu de nouvelles tables à communications multiples, qui seront fournies par la Western Manufacturing C°. Ces tables sont calculées pour 800 abonnés, mais ce nombre peut être augmenté jusqu’à 2 000.
- Le Times raconte dans sa correspondance de France que le gardien de la célèbre Kouba de Kairoan est un religieux français converti à l’islamisme.
- Suivant une version dont nous laissons l’entière responsabilité à l’auteur, ce personnage aurait introduit dans la mosquée de Sidi Okba l’usage du téléphone pour communiquer de sa chambre avec le sanctuaire. Ce mode inusité de correspondance et cet instrument mystérieux, dont aucun Arabe ne comprend naturellement l’usage auraient produit une profonde impression sur les musulmans fréquentant le saint lieu et augmenté les revenus que procure au sanctuaire la dévotion des fidèles.
- La New England Téléphoné C° vient d’installer un nouveau bureau central à Boston muni de nouvelles tables à communications multiples d’une capacité totale de 4S00 abonnés, fabriquées par la Western Electric C° sur le modèle exposé à Philadelphie.
- Le bureau est éclairé le soir par des lampes à incandescence Weston suspendues au-dessus de la place de chaque employé, mais on a laissé les appareils du gaz en cas d’accident à la lumière électrique. Les transmetteurs sont suspendus par des conducteurs flexibles et pourvus d’un contre poids, de sorte que les employés pourront les fixer dans la position la plus commode.
- Toutes les lignes sont amenées dans le bureau par des câblés tant aériens que souterrains dont chaque fil traverse un nouvel appareil qui empêche un courant trop puissant de passer dans les instruments, comme par exemple par suite d’un contact d’un fil téléphonique avec un conducteur de lumière électrique. Les piles, puis les transmetteurs sont installés dans le sous-sol et le courant est amené par des câbles. Le générateur qui sert à faire marcher la sonnerie des abonnés se trouve également dans le sous-sol, où il est actionné par une force hydraulique.
- Le nombre des abonnés aux différentes entreprises téléphoniques à Chicago s’élève aujourd’hui à 3 385, dont 5o sont reliés depuis le commencement de cette année.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Parie. — Imprimerie P. Mouilloi, l3, quai Voltaire. — 56176
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D' CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7«ANNÉE (TOME XVI) SAMEDI 25 AVRIL I88S N° 1 7
- SOMMAIRE. — Sur un commutateur général pour l’essai des machines dynamo-électriques; Dr M. Th.-Edelmann. — Exposition d’électricité de Philadelphie : Téléphonie; B. Abdank-Abakanowicz. — Documents relatifs à l’histoire des moteurs électriques; C.-C. Soulages. — Origine de l’électricité de l’air, des nuages orageux et des éruptions volcaniques (2e article); Jean Luvini. — Chronique de l’étranger : Allemagne; Dr H. Michaëlis. —Angleterre; J. Munro. — Autriche; J. Kareis. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch et M. Krouchkoil : Nouveau dispositif de pile thermo-éjjbctrique, par MM. Clamraond et J. Carpentier. — Sur une pile à deux liquides, par M. A. Dupré. — Sur la variation diurne des éléments magnétiques à l’observatoire du parc Siint-Maur, par M. Th. Moureaux. — Recherches électriques, par G. Quincke. — Les lanternes dioptriques de M. A.-P. Trotter. — Procès de la Société générale des Téléphones. — Faits divers.
- SUR UN COMMUTATEUR GÉNÉRAL POUR l’essai des
- MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- On a donné en Allemagne le nom de « commutateur général * (Generalumschalter) à un tableau de communications auquel aboutissent tous les conducteurs des dynamos, des lampes et des différents instruments de mesure : galvanomètre, électro-mètre, rhéostat, pont de Wheatstone, etc. Au moyen de ce commutateur général, tous ces divers instruments peuvent être reliés entre eux et l’on peut effectuer les combinaisons les plus variées pour les mesures, l’étalonnage, les vérifications, etc. En tout cas, les fils des appareils demeurent toujours attachés à poste fixe et l’on évite ainsi la nécessité de déplacer et replacer autrement les fils conducteurs, opération compliquée et quelquefois dangereuse qui peut en outre occasionner des erreurs.
- On sait que le premier appareil de ce genre a été employé par le professeur Kittler, de Darmstadt, pour les mesures de l’exposition de Munich. Son commutateur, dont il nous avait confié la construction, a été décrit dans La Lumière Electrique, dans les comptes rendus de l’exposition de Munich et dans le projet d’expériences publié en autographie en i883 par le comité d’essais de l’exposition de Munich.
- L’appareil du professeur Kittler répond si bien
- aux principaux besoins des expériences qu’il peut sembler superflu de s’occuper de la construction d’un nouvel appareil de ce genre. Cependant il était bon de chercher à combiner un instrument de ce genre à un prix peu élevé, afin qu’il pût prendre place même dans les installations d’éclairage électrique, où il peut rendre de nombreux services, de la même façon que dans les bonnes installations de machines à vapeur on trouve toujours des manomètres de contrôle, des indicateurs pour le relevé des diagrammes, etc.
- Notre commutateur général, représenté en perspective dans la figure i, consiste en une série de io bornes disposées à la partie supérieure du tableau et dans lesquelles sont serrés une fois pour toutes les fils conducteurs allant aux appareils. Il comprend de plus 12 clefs de contact dont les vis peuvent être élevées ou abaissées au moyen d’un manche isolant de manière à toucher ou non des bandes de cuivre placées au-dessous d’elles. Ces bandes métalliques sont reliées d’autre part aux bornes, elles sont disposées dans trois plans différents au-dessus du tableau et peuvent ainsi se croiser sans se toucher.
- La forme de clefs que nous venons d’indiquer a été choisie non seulement parce qu’elle est peu coûteuse, mais encore parce qu’elle assure un bon contact, ce qui est nécessaire dans les expériences. Avec les manettes on opère plus rapidement, mais moins-sûrement, et en outre elles prennent plus de place (notre commutateur n’a que 3o centimètres sur 40). Quant au moyen d’éviter les étincelles à
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- l’ouverture des contacts et d’assurer la continuité de l’éclairage, nous ferons remarquer qu’on y arrive en ouvrant et fermant les contacts dans l’ordre convenable.
- Un électricien trouvera lui-même très facilement cet ordre; dans les laboratoires d’études, on arrêtera la machine pendant la manipulation, ce que l’on a d’ailleurs souvent à faire pour déterminer, entre les autres mesures, la résistance à chaud de la machine. Dans ces laboratoires, on pourrait d’ailleurs, pour rendre la manipulation plus facile aux élèves, placer sur les contacts à visser ou dévisser, de petits indicateurs en papier.
- Pour montrer le parti que l’on peut tirer du commutateur général, nous allons dans ce qui suit indiquer son mode d’emploi dans les déterminations les plus usuelles.
- La figure 2 donne le schéma des communications de l’appareil; les petits cercles indiquent les contacts, les flèches représentent les vis qui viennent s’appuyer sur eux. Dans les figures suivantes, les cercles ombrés représentent les contacts fermés, les cercles blancs les contacts ouverts.
- Les vis de contact sont placées sur des lignes verticales, numérotées sur les figures de 1 à 10, et quatre lignes horizontales indiquées par les lettres
- FIG. 1
- a b c d, et dans ce qui suit nous désignerons chaque contact par la lettre et le chiffre des deux lignes au croisement desquelles il se trouve. En outre, dans les figures qui suivent, les lettres auront les significations suivantes :
- O — Pont de Wheatstone.
- M = Machine dynamo-électrique.
- V = Voltmètre.
- A = Ampèremètre.
- R = Rhéostat, dans lequel on peut faire passer le courant de la machine dynamo-électrique à essayer.
- E = Un ou plusieurs éléments de pile constants qui peuvent être employés, soit avec le pont de Wheatstone, soit avec le voltamètre à cuivre ou à argent.
- g = Galvanoscope sensible, servant par exemple pour le pont de Wheatstone.
- Enfin, les lignes ponctuées indiquent des appareils ajoutés en dehors de ceux qui servent aux mesures proprement dites, par exemple des lampes ajoutées sur le circuit de la machine.
- La figure 2 indique à quelles bornes doivent être fixés les conducteurs venant des differents appareils. D’après cela on voit que l’on place en O O (1 et 3) les conducteurs aussi gros que possible du pont de Wheatstone; enM M (2 et 3) ceux de la machine dynamo-électrique ; en V V (3 et 6) les fils fins du voltmètre; en R R (4 et 5) les conducteurs du rhéostat à gros fils ; en A A (7 et 9) ceux de l’ampèremètre. En L L (8 et 10), on attache les fils allant à la chambre noire dans laquelle
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- i^9
- est placé le photomètre et qui forment le circuit des lampes à essayer. Il faut remarquer que cha-
- II va de soi que dans le circuit du voltmètre on peut placer en dérivation plusieurs de ces appa-
- M OMV R . R
- Fermeture d , en bg
- 2 3
- cune des bornes, à l’exception de la troisième, ne reçoit qu’un fil. Cette dernière en reçoit trois, et
- il sera bon d’y introduire un conducteur très gros auquel on soudera trois branchements allant au
- ! ( Fermeture
- refis pour des opérations d’étalonnage ou de contrôle et qu’on peut de même dans le circuit de l’ampèremètre en placer plusieurs en série.
- Pour l’étude de la marche du courant dans le commutateur général, fi sera bon de reproduire en grand la figure 2, en y ajoutant la représentation schématique de la dynamo, du pont de Wheatstone, du voltmètre, etc. et d’indiquer, en y plantant des punaises, les contacts fermés.
- Nous allons indiquer maintenant une série de dispositifs correspondant aux essais électro-techniques les plus usuels.
- .< Fermetures d en b2eto
- fis. 6
- pont de Wheatstone, à la machine et au voltmètre.
- 1. —Détermination de la résistance d'une ma-chine dynamo-électrique à froid ou à chaud ou de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ibo
- la résistance des conducteurs fixés en 2 et Z (cas où ces conducteurs doivent être reliés ensemble à leur extrémité). La figure 3 donne le schéma de la détermination, la figure 4, la disposition du com-
- hü. 7
- inutateur général. Du résultat trouvé pour la résistance de la machine il faut déduire la résistance des fils allant au pont déterminée dans
- voltmètre. (Conducteurs compris entre les bornes 3 et 6 en dehors du commutateur général).
- On fermera 2 b et 6 a.
- Fermetures en cl
- q:-—
- Fermetures en b
- l’essai suivant et celle des conducteurs de la machine.
- Ou bien si 2 et 3 sont réunis entre eux métalli-quement par l’intermédiaire d’une machine dynamoélectrique, on fermera 4 b, ^d et 6 d.
- Il faut naturellement déduire la résistance déterminée dans l’opération 2.
- 4. Détermination de la résistance du circuit des lampes. (En dehors des bornes 8 et 10).
- FIG. 12
- 2. — Détermination de la résistance des fils
- FIG. 9
- On fermera 4 b, 4 d et 8 c et on déduira comme précédemment la résistance des fils du pont de Wheatstone.
- 5. —Détermination de la résistance du circuit de l'ampèremètre (Entre les bornes 7 et 9).
- On fermera 4 a; 4 è; 7 a; 9 c et on déduira la résistance des fils du pont.
- conducteurs reliant le Pont de Wheatstone au commutateur général.
- La connaissance de cette résistance est néces-
- r©-|
- FIG. IG
- saire pour pouvoir la déduire des autres mesures. La figure 5 indique suffisamment la disposition.
- 3. — Détermination de la résistance du circuit du
- Fermetures en a, ;
- FIG. i3
- 6. — Détermination de la résistance du circuit du rhéostat. On déduira la résistance des fils du pont. Vérification du rhéostat principal (fig. 6).
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- 161
- Dans cette figure la marche du courant pendant la mesure de résistance est indiquée par un trait plein qui suit le trait du diagramme primitif. Mais si dans une installation d'éclairage ou ne pouvait arrêter le fonctionnement de la machine et des
- —0-—4---------L
- ---------©
- FIÜ. 14
- lampes pendant la mesure de résistance, on ne ferme pas seulement b 4 et c 5 , on ferme encore a 6, c 8 et d 6, les lignes ponctuées indiquent la marche du courant alimentant les lampes et si le voltmètre se trouve intercalé entre les bornes 3 et 6 il per-
- Fermetures en d a6.,a9b5etcg
- met de contrôler la marche de l’éclairage. Le cii-cuit de l’ampèremètre reste ouvert.
- 7. — Etalonnage de Vampèremètre A (fig. 7 et B) au moyen d'un galvanomètre absolu ou d'un
- ®—@—
- FIG IÜ
- voltamètre (par exemple d’un voltamètre à argent dans lequel un ampère dépose par minute 67,098s1' de métal) avec intercalation d’un rhéostat R permettant de régler le courant.
- A la place du pont de Wheatstone on relie aux fils allant de ce dernier au commutateur général 1
- (bornes 1 et 3) une pile E d’éléments types constants à grande surface, ordinairement des Daniell.
- Fermetures en d et d.
- 0' j ' R h
- Dans les figures S désigne un galvanomètre absolu ou un voltamètre.
- 8. — Etalonnage du voltmètre avec l'ampèremètre. On placera des éléments constants entre les bornes 2 et 3 sur les conducteurs de la machine. On fermera a 7, a 9 et d 6.
- 9. — Même opération en plaçant le rhéostat en dérivation sur le voltmètre.
- On mot de même une pile constante entre 2 et 3 et on ferme a 7 , a 9, d 6, d 4, c 5.
- jo. — Etalonnage d'un ampèremètre en même temps qu'un voltmètre ou galvanomètre absolu S'
- Fermetures en a..
- en intercalant un rhéostat pour régler le courant. Les éléments et le voltmètre sont mis à la place du
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pont de Wheatstone entre les bornes x et 3 et on ferme a g, b4, b5 , db (fig. 9).
- 11. — Pour déterminer l'effet utile d’une machine dynamo-électrique avec lampes dans son circuit. On détermine d’abord à l’aide d’un ampèremètre l’intensité du courant à la vitesse normale de l’armature, et la différence de potentiel aux bornes.
- La disposition représentée par les figures 10 et 11 permet un contrôle continu du fonctionnement
- R)(V
- des appareils. Il est indifférent que les lampes soient à arc ou à incandescence. Dans la figure 10 les lampes à incandescence sont indiquées en pointillé. •
- 12. —Pour déterminer l'effet utile d'une machine dynamo-électrique on peut ajouter l’essai suivant à celui que nous venons d’indiquer.
- Fermetures en a.
- On ne fait plus passer le courant dans les lampes, mais dans le rhéostat pour courants puissants et on règle ce rhéostat puissant de façon qu’à la vitesse normale on ait la même intensité que précédemment. La disposition est représentée par les (igures 12 et i3.
- Cette disposition permet aussi la détermination de la différence de potentiel aux bornes et de l’intensité du courant, lorsqu’on fait varier la résistance du circuit extérieur d’une dynamo.
- i3. — Détermination de la différence de poten-
- tiel aux bornes d'une dynamo ou entre deux points quelconques des conducteurs.
- Les conducteurs partant des bornes 2 et 3 sont reliés aux deux points en question. On ferme 6 a.
- 14. — Détermination de l'intensité de courant et de l'intensité lumineuse d'une lampe à arc ou à incandescence avec un rhéostat intercalé dans le circuit principal ; mesure simultanée de la différence de potentiel au commutateur général (fig. 14 et i5).
- Pendant l’opération des lampes à incandescence ou à arc peuvent être maintenues en action aux points indiqués.
- 15. — Détermination de l'intensité de courant et de l'intensité lumineuse d'une lampe à arc ou à incandescence à l’aide d’un rhéostat intercalé dans le circuit. Mesure de la différence de potentiel aux bornes de la lampe. Pendant l’opération d’autres lampes à incandescence peuvent brûler à l’endroit indiqué par des lignes pointillées (figures 16 et 17).
- 16. — Détermination de l'intensité de courant et de l'intensité lumineuse de lampes à incandescence et à arc, le rhéostat étant en dérivation sur la lampe. La différence de potentiel est mesurée sur le conducteur allant au commutateur universel (figures 18 et 19).
- 17. — Détermination de l'intensité de couran^ et de la résistance d'une lampe à incandescence chaude pendant que d’autres continuent à brûler ; essai d’une lampe à arc (figures 20 et 21).
- On voit que le commutateur général se prête aux combinaisons les plus variées entre les appareils et nous espérons qu’il pourra rendre des services dans la pratique.
- » Dr M.-Th. Edelmann.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (')
- TÉLÉPHONIE
- (Suite)
- BUREAUX CENTRAUX TÉLÉPHONIQUES. — COMMUTATEUR MULTIPLE. — MULTIPLE SWITCH-BOARD.
- Un bureau central téléphonique, basé sur l’emploi des conjoncteurs multiples, était l’objet principal exposé par la compagnie Western-Electric. Ce système, encore peu employé en Europe, se répand de plus en plus en Amérique et il est pro-
- (9 Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- bable que tous les bureaux centraux seront bientôt montés avec les conjoncteurs de ce modèle.
- Comme principe, il n’y a rien de nouveau dans ce système. Les communications sont faites comme dans les anciens bureaux, mais ces communications peuvent être données en moins de temps ; l’employé n’a pas besoin de se déranger de son tableau, la distribution des fils est très claire, quoique compliquée, et les recherches des erreurs dans les communications sont rendues très commodes.
- La figure i représente schématiquement un bureau central téléphonique. A, B, C sont trois tableaux où aboutissent les fils des différents abonnés. Sur le croquis nous avons indiqué trois abonnés pour chaque tableau, tandis qu’un tableau multiple en comporte deux cents.
- Mais, comme nous le voyons, tous les fils de tous les abonnés passent derrière chacun des tableaux, et l’employé les a tous à la portée de la main, de sorte qu’il peut réunir chacun de ses
- 4 5 6
- abonnés avec un fil quelconque sans se déranger pour aller le chercher sur un autre tableau.
- Ainsi, si l’abonné 2 demande une communication avec le n° 8, l’employé n’a pas besoin de prévenir le tableau C, où aboutit le numéro 8 ni d’y aller lui-même, ni de se servir de communications spéciales. Il réunit directement le numéro 2 avec le fil du 8 qui est à la portée de sa main, en les réunissant par un cordon conducteur comme c’est indiqué sur la figure.
- Par le même procédé, l’employé du bureau C a donné la communication de l’abonné n° 7 avec le n° 1.
- En général c’est un seul employé qui, sans bouger de sa place, donne la communication entre les deux abonnés quelconques et les sépare sans déranger personne dans le bureau.
- On comprendra encore mieux la différence entre ce système et celui qui était ordinairement appliqué jusqu’à présent en comparant la figure 1 avec la figure 2 qui représente le schéma d’un bureau téléphonique non multiple, où les fils sont distribués individuellement à chaque tableau, sans passer par tous les autres. Pour donner la communication entre 2 et 8 on réunit le 2 par un cordon avec un
- fil spécial e, qui conduit au tableau C, et là on est encore obligé de faire la communication par un cordon, entre e est le fil 8.
- Pour disjoindre les deux abonnés, il faut encore une fois répéter une opération semblable.
- En considérant la figure 1, on voit immédiatement la principale difficulté qui se présente dans la construction des tableaux multiples. Supposons qu’au lieu de 9, comme dans le croquis, il y a quelques milliers d’abonnés et que le fil de chacun doit passer par chaque tableau ; on s’imagine alors quel enchevêtrement de fils on trouvera derrière le panneau et quelle difficulté pour obtenir aisément une communication avec tous ces fils, dans un espace qui doit être assez petit pour être desservi par un seul employé.
- Dans un multiple Switch Board, c’est la disposition des fils, derrière le tableau et leur réunion aux serre-joints, qui est la partie la plus compliquée, et la plus difficile à agencer.
- 4 5 6
- 4 5 6
- La figure 3 représente la vue extérieure d’un tableau multiple, construit par la Compagnie Western Electric de Chicago, pour la ville d’Indiana-polis. Chaque employé a. un tableau pareil devant lui. Les deux cents fils des abonnés auxquels il doit donner toutes les communications demandées traversent les annonciateurs placés sur le rayon A. Tous les autres fils du bureau entier communiquent chacun individuellement avec les serre-joints (spring-jacks) placés sur le rayon C, et disposés par centaine dans un ordre tel, que l’employé puisse facilement trouver le fil demandé.
- Dans le rayon D se trouvent les annonciateurs auxiliaires, que l’on introduit entre les deux abonnés, pour servir comme avertisseurs quand la conversation est terminée.
- Les fiches, qui donnent les communications se trouvent au bout de conducteurs souples, qui tendent toujours à revenir dans leur position de repos au moyen d’une poulie et d’un contre-poids suffisant dont ils sont munis.
- Les annonciateurs employés n’ont rien de particulier, et nous n’avons pas besoin de les décrire
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- TABLEAU MULTIPLE CONSTRUIT PAR LA COMPAGNIE WESTERN ELECTRIC DE CHICAGO
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- spécialement. C’est un volet qui tombe en se décrochant, aussitôt que l’abonné envoie un courant
- fig. t n 5
- sur la ligne. Les serre-joints sont un peu modifiés. La ligne entre dans le ressort en bronze phospho
- FIG. 6
- reux R (fig. 5), qui est isolé par l’ébonite de la masse. Ce ressort repose sur une vis de contact Y,
- qui est également isolée de la masse, mais qui communique avec le prolongement de la ligne par l’intermédiaire de la lame F.
- Ainsi, dans a tte position de repos, la ligne passe directement par le spring-jacks et se rend sur un autre tableau sur le spring-jacks portant le même numéro d’ordre. Mais aussitôt que l’on enfonce dans le trou de ce serre-joints, une fiche (fig. 4), la ligne passe par le ressort R, et la boule métallique P
- abonné 750 aèomïé22 p'
- fig. 7
- dont est munie la fiche, dans le fil conducteur du cordon souple C. Dans cette position, la lame F est complètement isolée.
- La figure 6 nous donne les communications de serre-joints, portant le même numéro, mais placés sur trois tableaux distincts A, B et C.
- FIG 8
- La ligne L, venant d’un abonné quelconque traverse le paratonnerre et puis passe derrière tous
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- les tableaux par tous les serre-joints de môme nom, sans toucher à leur masse, et définitivement à travers l’électro-aimant G de l’annonciateur aboutit à la terre T.
- Mais si nous introduisons une fiche dans un des serre-joints (par exemple dans celui du tableau B, comme c’est indiqué sur la figure), la ligne passe
- alors directement dans cette fiche et dans son cordon métallique.
- La figure nous montre encore que tous les supports métalliques des serre-joints portant le môme numéro, sur les différents tableaux, sont réunis ensemble par un fil F. Cette communication est très utile, surtout pour un but spécial. Par ce
- FIG. 9
- moyen l’employé peut savoir si la ligne qu’il veut donner en communication à l’un de ses abonnés est occupée ou non. Si la ligne est libre, alors la masse du serre-joints et par conséquent son anneau métallique extérieur ne communique pas avec là terre, et l’employé, en touchant le bâti métallique du serre-joints avec la fiche de son cordon qui mène au téléphone qu’il tient à l’oreille et à la pile, n’entend aucun bruit, parce que le courant ne peut pas s’établir. Mais si l’abonné qu’il veut ap-
- peler est en communication, la masse des spring-jacks communique avec les terres des abonnés, et l’employé entend dans son téléphone un bruit sec, qui le prévient que la ligne est occupée.
- Pour voir comment on fait les communications entre deux abonnés, examinons la figure 7 qui donne le schéma des clefs d’appels, annonciateurs de la fin de conversations, et téléphone de l’employé.
- Supposons que c’est l’abonné 22 qui a appelé.
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- Aussitôt le guichet de son annonciateur au bureau tombé, l’employé enfonce la fiche F dans le serre-
- no. 10
- j oints portant le numéro 22, tourne en même temps la clef à excentrique E, de sorte qu’il y ait une com-
- FIG. I I
- munication en H, et, tenant le téléphone T à l’oreille, demande, au moyen du microphone M, ce
- que désire l’abonné. Supposons qu’il demande la communication avec l’abonné 750. Alors l’employé prend la fiche F' qui est mariée avec F, et touche le serre-joints 750, en écoutant au téléphone. S’il n’entend aucun bruit, la ligne est libre, et il enfonce complètement cette fiche, après quoi il appuie sur la clef N'. Dans ce cas le courant du générateur G (qui peut être un appel magnétique ou une pile avec inverseur du courant) est lancé par le contact D' sur la ligne 750, et l’abonné est appelé. Aussitôt la clé N' lâchée, la communication est établie entre les deux abonnés, à travers l’annonciateur A.
- La marche du courant est la suivante : de l’a-
- Tclép. ^ J'élcp Geuâ’all'/in
- bonné 22, par la corde C, le ressort de la clé N, le contact K, l’annonciateur A, le contact K', la clé N', la corde C' et la ligne 750.
- Le téléphone T de l’employé se trouve encore en dérivation au point I entre la ligne de ces deux abonnés et la terre. Mais aussitôt que l’employé entend que la conversation est entamée, il lève la clé E, et se trouve hors du circuit.
- Quand la conversation est terminée, les abonnés tournent la manivelle de leur appel magnétique, le guichet de l’annonciateur A tombe, et l’employé remet les fiches F et F' à leur place ordinaire.
- Comme nous le disions plus haut, dans ces tableaux multiples, la plus grande difficulté consiste
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- iê>8
- La lumière électrique
- dans l’arrangement commode et clair des fils derrière le tableau. La Compagnie Western-Electric arrange les conducteurs selon le croquis (fig. 8), qui représente une section du tableau. Tous les serre-joints S sont arrangés par groupes de 20, laissant une place libre pour le passage des câbles. En outre, il y a des planches perpendiculaires à la surface du tableau, perforées de trous dans lesquels passent les câbles suivant un ordre méthodique. Ces planches servent en même temps de supports, j
- De cette manière les câbles, avec les fils qui communiquent aux serre-joints se disposent en éventails que l’on peut soulever pour arriver aux serre-joints et faire les réparations.
- TABLEAU COMMUTATEUR A RESSORTS DE CH.
- WILLIAMS.
- M. Ch.. Williams, de Boston, est un des premiers qui se soient occupés de l’installation des bureaux centraux téléphoniques, aussitôt après l’invention du téléphone, et c’est pourquoi les tableaux commutateurs de son système sont extrêmement répandus en Amérique.
- La première ligne téléphonique au monde fut construite en 1877 entre la maison privée de M. Williams à Sommerville et son bureau à Boston.
- En principe le tableau de Williams ne diffère en rien d’un commutateur àbarres, connu sous le nom de commutateur suisse.
- Dans ce tableau toutes les lignes passent verticalement sous le tableau, et les barres transversales au-dessus. On voit ces barres extérieures, percées de trous pour l’introduction des fiches sur la figure 9 qui donne l’aspect général du commutateur Williams.
- Les barres horizontales servant à donner les communications sont disposées en partie sur le
- panneau vertical et en partie sur une table inclinée. En outre ils sont divisés en groupes de quatre, ce qui est indiqué par des lettres majuscules de deux côtés du panneau et de la table.
- Les 5o annonciateurs se trouvent en deux rangées au-dessous du panneau vertical. Les annonciateurs eux-mêmes n’ont rien de particulier. On trouvera leur description dans l’article sur les annonciateurs à l’exposition de Philadelphie.
- Le transmetteur Blake et le téléphone dont se sert l’employé, sont fixés sur un levier L que l’on dispose de sorte que l’employé puisse facilement
- s’en servir. La figure 10 donne la coupe à travers le tableau. On voit que les barres verticales, auxquelles aboutissent les fils dans les commutateurs suisses ordinaires, sont remplacés par une série de ressorts re-courbés d, qui s’appuient l’un sur l’autre et forment ainsi un conducteur formé du haut en bas du tableau.
- C’est l’emploi de ces ressorts qui a donné le nom de Spring switch au commutateur de Williams.
- La ligne L de l’abonné, entre au moyen du fil 1 dans le ressort R, de là (supposant que la fiche W est enlevée) dans l’é-lectro-aimant de l’annonciateur D, puis dans les ressorts d et enfin par la fiche/, à-la barre horizontale f, qui communique avec la terre.
- Les ressorts du panneau vertical communiquent par un embranchement avec la même ligne.
- Comme on le voit sur le dessin toutes les fiches p de la figure sont disposées en état de repos dans une barre verticale qui communique avec la terre.
- Aussitôt qu’un abonné a appelé, que l’annonciateur portant son numéro est tombé, on introduit dans le serre-joint correspondant R la clé spéciale W, qui introduit dans le circuit le téléphone et le microphone de l’employé. »
- FIG. 14
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- Cette clé et le serre-joint sont représentés par les figures 12 et 13. Sur un morceau de fibre vulcanisée sont fixées deux lames métalliques, r,r', isolées l’une de l’autre, mais communiquant dans la position normale avec les deux fils de l’appareil téléphonique de l’employé. Quand on enfonce cette clé dans le
- serre-joint R, entre le ressort et le support F, on introduit en boucle sur la ligne de l’abonné le téléphone et le microphone, et l’on peut correspondre avec lui. Quand il a annoncé le numéro avec lequel il veut correspondre, on introduit la clef W dans le serre-joint correspondant, et on appuie sur la clef K, qui envoie le courant du générateur sur la ligne et fait marcher la sonnerie de l’abonné appelé.
- Aussitôt qu’il répond, on met les deux en com-
- munication en enfonçant les deux fiches correspondantes sur la même barre horizontale. Les fiches entrent avec frottement parmi les ressorts d, et donnent ainsi un bon contact.
- La figure n représente les communications locales sur le tableau.
- TABLEAU COMMUTATEUR DE M. BRECKENRIDGE
- La Rhode Island téléphoné ànd electric C° a exposé un tableau commutateur qui est en usage à Providence (R. I). Comme disposition générale (Voir la figure 14) ce tableau ne diffère pas beaucoup de celui de Williams, et nous ne décrirons que quelques détails intéressants.
- Les barres qui représentent les lignes, et les
- FIG. 17
- barres perpendiculaires qui servent à donner les communications, sont faites en fil rond superposé. Pour faire la communication entre les deux couches, les fiches p (fig. i5) sont entaillées dans leur longueur.
- La clé servant à introduire le téléphone de l’employé dans la ligne, n’est pas unique et transportable comme dans le tableau de Williams. Chaque ligne a une clé séparée représentée par la figure 16. Quand on met le levier l, dans la position A,le cou-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- i?ô
- rant de la ligne passe par le levier /, le ressort r, le téléphone, la tige horizontale s, le ressort r' et va à la terre.
- Mais si Ton donne au levier le position B, la ligne est mise à la terre par le levier l et le ressort r',
- FIG. l8
- sans passer par le téléphone. Comme on le voit sur la figure, chaque tableau contient une série d’annonciateurs additionnels, qui servent à donner les communications entre les divers tableaux d’un bureau central.
- COMMUTATEUR DE CLAY
- M. Clay (Commercial Téléphoné C°) a exposé un commutateur de bureau central, qui diffère en quelques points de ceux que nous avons précédemment décrits.
- Dans ce système, il n’y a pas au bureau central des annonciateurs. Les employés doivent tenir toujours leur téléphone à l’oreille et servir les abonnés selon les ordres verbaux. L’abonné lui-même dit quel est son numéro et avec qui il veut correspondre.
- Il est évident que cet employé doit avoir une
- grande habileté pour desservir un certain nombre des abonnés qui peuvent appeler à la fois et ne pas produire de fréquentes erreurs. Mais la pratique a démontré qurun service pareil est possible et même, sous un certain rapport, avantageux. Nous trouvons à New*York des bureaux appartenant à la Société métropolitaine des Téléphones, où le Law-system est appliqué et ce système se sert du même procédé. On peut obtenir de cette manière des communications très rapides, et les abonnés de New-York payent leur abonnement plus cher s’ils veulent se servir du Law-system.
- Dans le système Clay, il y a encore une autre particularité. Une fois la communication entre les deux abonnés faite, l’employé n’a plus besoin de se soucier d’eux. Le courant qu’ils envoyent, une fois leur conversation terminée, remet tout en place dans le bureau central, et on n’a pas besoin*
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- 171
- comme dans les autres systèmes, de contrôler les annonciateurs avertisseurs, de retirer les fiches et de les remettre dans leur position de repos.
- La figure 17 représente la vue schématique d’un bureau central du système Clay, d’un annonciateur et de trois abonnés communiquant avec le tableau.
- Suivons la ligne, à partir de la terre, d’un abonné quelconque, supposons de celui qui porte le numéro 3i, Son fil aboutit à un cordon souple qui porte à son' extrémité inférieure le poids F, et à l’autre bout une fiche métallique J31, qui repose par sa base dans un trou pratiqué dans une table métallique A.
- Le poids F garantit un contact entre la fiche et la table ; cette dernière est réunie avec le téléphone de l’employé et après avec la terre.
- De cette manière, les fils de tous les abonnés sont en communication électrique avec la table et le téléphone.
- Chaque abonné peut donc demander directement, -sans se servir d’aucun appel spécial, qu’on lui donne la communication avec un des abonnés du bureau.
- Pour voir comment se font les opérations suivantes, examinons l’annonciateur, qui est la partie principale de tout le tableau-commutateur.
- L’armature C, contrôlée par l’électro-aimant B, fait monter, au moment du passage du courant, un levier qui porte à son extrémité deux crochets D D\ ’
- Devant ces crochets se tiennent debout, maintenus dans leur position par des ressorts, deux autres leviers E, E', qui sont isolés des crochets, mais qui communiquent entre eux à travers l’annonciateur, comme c’est indiqué sur les lignes pointil-lées.
- Le levier qui porte l’armature C est isolé du reste de l’annonciateur, mais il est réuni par le fil K avec un appel R, ou une autre source des courants.
- Supposons maintenant que l’abonné 33 veut correspondre avec le 36. Aussitôt que l’employé a entendu son appel et compris ce qu’il veut, il enlève de la table A la fiche J33, et' l’accroche sur le levier E, écartant le crochet D'. Mais pour l’écarter il doit le toucher avec le nœud métal-tique de la fiche et par conséquent il établit une communication entre l’abonné et le générateur du courant R, qui est toujours en marche. L’abonné 33 entend alors dans son téléphone un bruit qui le prévient qu’on s’occupe de lui.
- La même opération devra se répéter pour l’abonné 36. Seulement, commeson poste téléphonique, dans l’état de repos a le commutateur posé sur la sonnerie, le courant du générateur R la fait marcher, prévenant qu’il est appelé. Aussitôt les deux fiches accrochées sur les leviers E et E', les deux abon-
- nés se trouvent en communication à travers les bobines de l’annonciateur. Quand la conversation est terminée, les abonnés envoient un courant qui fait attirer l’armature C. Les leviers E, E' sont décrochés et le poids des fiches, des cordons et des pièces métalliques F les fait dévier et lâcher les nœuds des fiches J, qui retombent dans leur place ordinaire sur la table.
- Le modèle industriel de ce commutateur est représenté parles fig. 18 et 19 qui donnent le plan et la section de la barre représentant une des lignes aboutissant au tableau. La ligne entre dans les électro-aimants E, E' de l’annonciateur, passe par la barre métallique B, qui en état de repos est toujours appuyée sur le ressort R qui communique avec la terre à travers le téléphone de l’employé.
- La barre B est guidée par les équerres G et un ressort la fait toujours descendre et appuyer sur R, sauf dans le cas où cette barre est accrochée au levier de l’armature, comme c’est indiqué sur la figure.
- Les barres transversales sont constituées par des petits arbres tournants, de la largeur de la planchette qui sert de support à la barre mobile B. Chaque arbre porte 2 leviers à angle droit L, L', situés dans des plans différents, dont l’un passe par les trous K de la barre B, l’autre par les trous L pratiqués dans la planchette D.
- Quand on enfonce la fiche J, on appuie sur le levier L, qui fait mouvoir l’arbre et le levier L', lequel pousse en haut la barre de ligne B qui s’accroche sur l’armature de l’annonciateur.
- Quand l’employé a obtenu au téléphone l’appel de l’abonné, il enfonce la fiche à la barre correspondante, ce qui la fait accrocher à l’annonciateur et il répète la même opération pour l’autre abonné que l’on demande, en enfonçant la fiche sur la même barre horizontale.
- On voit que les communications sont les mêmes que dans la figure schématique, sauf cette différence que deux annonciateurs sont intercalés dans la ligne au lieu d’un seul.
- Pour éviter que les annonciateurs au bureau ne tombent quand on donne les communications, le trou K porte en haut un isolant en forme de croissant, sur lequel s’appuie le levier L' pendant que l’on enfonce la fiche J.
- Pour envoyer un courant d’appel sur la ligne, le ressort r fixé au-dessous de la barre B, frotte sur une pièce métallique V réunie au générateur, quand la barre est poussée vers le crochet de l’annonciateur.
- Nous nous proposons de décrire, dans un prochain article, les bureaux centraux pour un petit nombre de lignes.
- (A suivre.) B. Abdank-Abakanowicz.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- DOCUMENTS
- R E L A T I F S A
- L’HISTOIRE DES MOTEURS ÉLECTRIQUES
- L’idée d’employer les machines électriques comme moteurs a germé dans bien des esprits depuis que les applications de la science nouvelle ont commencé à se produire ; aussi nous semble-t-il intéressant de mettre sous les yeux des lecteurs quelques documents relatifs à l’histoire d’une question qui préoccupe si vivement aujourd’hui tout le monde des industriels.
- Vers l’année 1820, Œrsted découvrit à Copenhague que, lorsqu’un fil conducteur est traversé par un courant}[électrique dans une direction sud-
- FIG. I
- nord, au-dessus d’une aiguille aimantée, ce courant fait dévier l’extrémité nord de l’aiguille vers l’ouest et, si le courant a la direction nord-sud au-dessous de l’aiguille, la déviation de la même extrémité se produit encore vers l’ouest.
- A peu près à la même époque Schweiger inventait le galvanomètre après avoir fait de nombreuses séries d’expériences sur l’aiguille aimantée et les déviations qu’elle subit sous l’influence des courants diversement orientés.
- D’un autre côté, vers 1825, Sturgeon, enroulant plusieurs spires de fil métallique autour d’un barreau de fer doux et faisant passer dans ce fil un courant électrique, transformait le barreau en aimant, aussi longtemps que le courant passait. La voie était indiquée par de nombreux expérimentateurs, mais c’est à Faraday que revient L’honneur d’avoir établi dès i83i, les lois principales de l’induction électro-magnétique, ce qui permit à Pixii de combiner, presque une année après, sa machine basée sur les principes tout nouvellement déterminés.
- En i83g, Jacobi construisit à Saint-Pétersbourg un bateau avec lequel il fit des expériences sur la Néva; ce bateau était mû par une machine magnéto-électrique de la force de deux chevaux. Les piles de Daniell et de Grove venaient alors de faire leur apparition et c’est une batterie Grove contenant des plaques de platine qui fournit le courant électrique.
- Parmi les essais tentés ensuite pour l’utilisation de machines électriques comme moteurs, nous trouvons en 1840 une presse à imprimer actionnée par une machine à balancier construite par Daven-port et Cook de Vermont, le courant électrique provenant d’une pile zinc et cuivre avec solution de sulfate de cuivre comme liquide excitateur.
- La première locomotive électrique dont on retrouve la trace paraît remonter à 1842 ; son inventeur, l’écossais Davidson la fit marcher à la vitesse de 6400 mètres à l’heure en employant pour produire le courant 70 plaques de zinc et fer de grandes dimensions avec une solution d’acide sulfurique.
- Plus tard, en 1844, l’électro-aimant a été substitué à l’aimant permanent en acier dans la machine magnéto-électrique de Pixii laquelle servit alors à exciter le champ magnétique d’une seconde machine du même genre, mais beaucoup plus grande. Cette idée a du reste été adoptée bien longtemps après par Wilde, l’électricien anglais de Manchester qui a eu par la suite un grand nombre d’imitateurs.
- Vers l’année 1847, le professeur Moses G. Farmer fit construire et exhiba en public une locomo-, tive magnéto-électrique qui, avec des éléments Grove, de dimensions suffisantes, à l’acide nitrique, traînait une petite voiture sur une voie large de 45 centimètres, et pouvait transporter deux personnes.
- Une machine magnéto-électrique beaucoup plus puissante, 16 chevaux de force, fut expérimentée sur le chemin de fer Washington and Baltimore, en i85o par Page, qui se servait, dans ce cas, de 100 éléments Grove à plaques de platine.
- L’année suivante, Thomas Hall, de Boston, construisit une petite locomotive magnéto-électrique qui marchait au moyen du courant amené par les rails. Cettè tentative constitue la première applica-
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- tion d’un moteur électrique recevant le courant destiné à l’actionner d’un générateur d’électricité placé dans un lieu fixe. Ce point historique ayant une importance toute particulière, nous décrirons en détail la locomotive de Hall.
- Le courant d’une batterie ou d’une petite machine dynamo-électrique est amené aux rails, les communications étant faites comme l’indique la figure 1. Dans la figure 2, qui représente le plan horizontal de la locomotive en dessous, l’essieu principal M est formé par une portion centrale en bois qui est entaillée pour recevoir le prolongement d’une plaque de cuivre, laquelle est vissée au fond de la voiture. Une clavette relie le petit pivot avec l’essieu portant la roue R qui reçoit le courant par le 1 ail ; l’autre roue étant isolée par la partie en bois n’est pas atteinte par le courant qui traverse le rail sur lequel elle roule. Ces deux roues sont montées comme des poulies folles. Le courant passe de la roue R à travers le pivot, le prolongement de cuivre et le fil, à la plaque de cuivre G. Les deux roues de devant sont montées d’une façon rigide sur un axe qui porte à son centre un cylindre faisant saillie. L’une des roues est isolée de l’axe par un cylindre d’ivoire L. Le courant passe du rail à la roue R', à travers l’axe de support et le fil conducteur jusqu’à une tige qui porte un collier auquel le levier A est adapté. Ce levier est isolé du collier et de son bras par un morceau de bois. A la partie postérieure du levier se trouve un conducteur dont une section D est toujours en contact avec la plaque G, tandis que l’autre partie B est contournée et passe sous le levier de façon à rester en contact avec la plaque E.
- Un fil C partant du collier touche la plaque F. Au moyen du levier, les pièces B et C peuvent être amenées au contact avec les plaques E et F. De l’extrémité libre du levier, une courte tige se prolonge en avant de façon à être touchée et poussée d’un côté ou de l’autre par les pièces H 1, qui sont placées, à chaque extrémité, dans une inclinaison telle qu’elles peuvent actionner suffisamment le levier pour amener successivement les plaques au contact des points B et C.
- Sur la partie supérieure de la plate-forme se trouve une tige placée longitudinalement et qui porte une bobine tournant entre les pôles d’un aimant en fer à cheval, un pas de vis sur la tige vient s’engrener sur une roue qui, elle-même, met en mouvement la roue de devant. Les fils venant de l’aimant vont à deux pièces demi-cylindriques à l’extrémité antérieure de la tige contre laquelle pressent deux ressorts respectivement reliés avec les plaques E et F. Le chemin que le courant traverse, lorsque le levier est dans l’une de ces deux positions pour faire tourner la bobine d’abord dans une direction, puis dans l’autre, se comprendra facilement d’après la figure. Avec le courant produit
- par deux ou trois éléments Grove ou à l’acide chromique la petite locomotive donnait, comme vitesse, un résultat très satisfaisant.
- D’après le prof. G. Farmer, les quatre machines combinées par lui, par Davidson, par Page et par Hall, pouvaient marcher ou s’arrêter, avancer ou reculer sur une simple manœuvre du mécanicien.
- C.-C. Soulages.
- 6. L’électricité atmosphérique est engendrée
- PAR LE FROTTEMENT DE L’AIR HUMIDE CONTRE LES AIGUILLES DE GLACE SUSPENDUES DANS l’AIR. —
- L’air n’est jamais parfaitement calme, et les aiguilles de glace, très tenues, qui se trouvent toujours dans les régions supérieures de l’atmosphère, au-dessus des pays chauds, et même dans des couches médiocrement élevées au-dessus des pays froids et pendant l’hiver, entraînées par les courants d’air, même très petits, s’électrisent positivement par le frottement avec ce dernier. Le potentiel électrique qu’elles acquièrent dépend de la vitesse des courants et de la quantité de vapeurs contenues dans l’air.
- On ne peut nier cette théorie sans ôter toute valeur aux expériences de Faraday. On ne peut pas dire que l’air, autour des aiguilles de glace, pourrait être sec, et que," en conséquence, l’électrisation n’aura pas lieu. On sait que la glace s’évapore à toutes les températures, d’où il suit que l’air de la région des aiguilles a toujours le degré voulu d’humidité pour produire l’effet en question.
- Bon nombre de faits observés ou décrits çà et là par différents auteurs témoignent en faveur de cette doctrine. La neige fraîchement tombée fut trouvée électrisée positivement par plusieurs observateurs; on peut dire la même chose du grésil et de la grêle. Je pourrais citer l’exemple de plusieurs voyageurs, qui, marchant sous une forte chute de neige, ont tiré des étincelles électriques de leur parapluie, du chapeau et des habits.
- Le phénomène, plusieurs fois observé et décrit
- C) Extrait de l’ouvrage : Sept Études, par l’ingénieur Jean Luvini, professeur de physique à Turin. - Turin, imprimerie Raux et Favale.
- ORIGINE
- DE
- L’ÉLECTRICITÉ DE L’AIR
- DES NUAGES ORAGEUX ET DES ÉRUPTIONS VOLCANIQUES
- Deuxième article [Voir le numéro du 11 avril 1885]. (<)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- par MM. Colladon et Melsens ('), du grésil tombé sur un pavé, et dont les grêlons, après quelques instants de repos, s’élancent faisant un saut et décrivant des courbes particulières, vient aussi en appui à ma théorie. Je me souviens bien d’avoir vu, moi aussi, quelquefois ce phénomène, mais je n’y ai jamais fait attention avant la lecture de la note que M. Colladon a eu la complaisance de me communiquer. J’ai eu l’occasion de le revoir le 6 juin dernier (1884) à 3 heures 40 minutes de l’après-midi sur le pavé, devant ma maison d’Avigliana. J’ai vérifié à peu près tous les faits observés par M. Colladon, et j’ai remarqué que quelques grêlons, après un premier saut court, en faisaient un autre plus long, suivi quelquefois par une série d’autres sauts très courts en s’éloignant du point de chute.
- Je pense que ces grêlons, électrisés, dans la chute, par le frottement avec l’air, communiquent leur électricité positive au pavé, qui est semi-conducteur, et que les grêlons suivants, chargés d’électricité de la même espèce, tombant sur ce dernier et sur les grêlons déjà tombés, sont repoussés.
- J’attribue à une cause analogue les deux faits relatés par M. Faye (2), le premier observé par Lecoc, qui dit : « Un grand nombre (de grêlons) vinrent me frapper sans me faire le moindre mal, puis ils tombaient aussitôt qu’ils m’avaient touché. La majeure partie du nuage passa au-dessus de ma tête et j’entendis distinctement le sifflement des grêlons, ou plutôt un bruit confus, formé d’une infinité de bruits partiels que je ne pouvais attribuer qu’au frottement de chaque grêlon contre l’air. » L’autre a été observé par Severtzow, qui s’exprime ainsi : « La force du choc (des grêlons), quoique sensible, était bien moindre que ne comportait leur volume. »
- Mais le phénomène le plus important pour ma théorie et le plus concluant est celui qui a été observé deux fois (le 3i janvier 17O0 et le 3 mars 1762) par Winthrop et décrit par lui dans une lettre du 29 septembre 1762 à Franklin (11). Il avait fait établir des pointes métalliques au haut de sa maison, et, au point d’entrée du fil conducteur dans les chambres, il plaça des clochettes pour donner avis du passage du fluide électrique. En été, ces clochettes ne manquaient pas de sonner à l’approche d’un nuage orageux, mais elles se taisaient aussitôt qu’il commençait à. pleuvoir. En hiver, elles sonnaient quelquefois tandis qu’il neigeait. Mais voici le fait inattendu : « Quoique les clochettes n’eussent point sonné pendant qu’il neigeait, cependant, le lendemain, après que la neige
- (* *) Comptes rendus, séance du 3i janv. 1881, et Arch. des Sciences physiques de Genève, août i883.
- (*) Annuaire, 1877, p. 548 et 55o.
- (3) Franklin, Œuvres, t. I, p. 245.
- eut cessé et que le temps se fut éclairci, un grand vent d’ouest ou de nord-ouest, qui s’était élevé, emportant la neige, les sonnettes sonnèrent pendant quelques heures (quoique avec quelque peu d’interruption) avec autant de vivacité que je ne les aie jamais entendues, et je tirai pendant ce temps des étincelles considérables du fil conducteur ». L’action du frottement de la neige avec l’air ne saurait être plus évidente.
- La densité de l’électricité sur les aiguilles de glace, en comparaison de celle des corps que nous sommes habitués à électriser dans nos cabinets et à égalité de potentiel, doit être très grande, et de beaucoup plus grande la pression électrostatique contre l’air. Cela est une conséquence des dimensions extrêmement petites des aiguilles. Cette pression peut être une des causes qui concourent à maintenir les aiguilles suspendues dans l’air.
- 7. Dispersion de l’électricité négative. — Mais l’électricité positive ne peut pas se montrer sur un corps frotté sans qu’autant d’électricité négative se manifeste sur le corps qui sert de frotteur. Partant l’air humide, qui agit sur les aiguilles de glace, s’électrise négativement, et le courant d’air emporte l’électricité ainsi développée loin des aiguilles, qui se meuvent nécessairement avec une vitesse différente de celle de l’air, car, sans cela, le frottement ne pourrait pas avoir lieu.
- 8. Formation et persistance des couches d’aiguilles de glace électrisées. — Mais les choses n’arrivent pas d’une manière si simple. L’air, dans son mouvement, entraîne aussi avec lui une partie des aiguilles qu’il a électrisées. Tant que ces dernières demeurent dans une région suffisamment froide, elles se conservent électrisées; mais lorsqu’elles passent dans un milieu de température plus élevée, elles peuvent se liquéfier et même se volatiliser, et leur électricité se neutralisera de nouveau, du moins en partie, avec celle de l’air. Malgré cela, il y aura toujours des aiguilles de glace dans la région que les premières viennent d’abandonner, car le concours de nouvelles masses d’air humide et le froid persistant de cette région donnent lieu à. la formation de nouvelles aiguilles, auxquelles peuvent succéder indéfiniment d’autres, qui s’électriseront à leur tour comme les premières, et c’est de cette manière que se forment les couches ou bancs persistants d’aiguilles de glace, dont les parties constituantes peuvent se mouvoir dans toutes les directions; mais l’ensemble est dans une espèce d’équilibre mobile.
- 9. Conséquences de cette théorie. — Les corps conducteurs, sur la terre et dans l’air, quelle que soit leur hauteur, sous les bancs d’aiguilles de glace, doivent s’électriser par induction, plus ou
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- moins énergiquement, suivant la distance des bancs eux-mêmes et le degré d’électrisation des aiguilles. En conséquence :
- i° Les signes d’électricité atmosphérique, que nous pouvons recueillir dans nos appareils, la hauteur des bancs et leur potentiel étant constants, augmentent avec la hauteur des points explorés;
- 20 Dans un même point, ils augmentent ou diminuent lorsque le potentiel des bancs augmente ou diminue;
- 3° Dans un même point, ils augmentent lorsque la hauteur des bancs diminue, et vice versa.
- D’après cela, toutes les causes qui peuvent taire varier la hauteur des bancs ou leur potentiel produiront une variation dans les indications des instruments par lesquels nous mesurons l’intensité de l’électricité atmosphérique dans un point.
- En hiver, la région des aiguilles de glace est nécessairement à une hauteur moindre qu’en été; par conséquent, toutes choses égales d’ailleurs, le potentiel électro-atmosphérique dans une station quelconque doit, en moyenne, être plus petit en été et plus grand en hiver.
- Par la même raison, l’électricité atmosphérique doit être, en moyenne, plus intense dans la nuit ei l’être moins dans la journée.
- Le potentiel électro-atmosphérique doit aussi varier grandement avec la force des vents et l’humidité de l’air dans la région des aiguilles de glace. Pendant les ouragans impétueux et de grande étendue, lorsque l’air des hautes régions est fortement humide, les troubles électro-atmosphériques peuvent acquérir de tels degrés d’intensité et de mouvement qu’ils agissent comme des courants électriques, qui manifestent leur existence par des modifications d’intensité et de direction dans les courants telluriques et par des variations irrégulières dans les éléments du magnétisme terrestre.
- Maintenant toutes ces conséquences ont été vérifiées et confirmées par l’observation, et cela est une preuve de la vérité de la théorie que je viens d’exposer.
- Mais il ne faut pas oublier que, par le frottement avec les aiguilles de glace, l’air se charge d’électricité négative, laquelle, comme j’ai déjà dit, est emportée par l’air même. Une partie de cet air peut passer dans les régions supérieures à celle des aiguilles, où, lorsqu’il arrive à une hauteur suffisante, par la grande raréfaction, il peut devenir conducteur, et dans ce cas l’électricité négative se répandra dans les couches les plus élevées de l’atmosphère, dans la région des aurores polaires, comme je le démontrerai dans une autre publication, et elle ne pourra plus descendre dans les couches inférieures, à moins de circonstances particulières.
- Une autre partie de l’air électrisé négativement
- peut descendre au-dessous de la couche des aiguilles de glace, où. une portion de son électricité se neutralisera avec l’électricité contraire des aiguilles entraînées en bas et liquéfiées ou vaporisées; une autre portion se neutralisera avec l’électricité positive des vapeurs qui peuvent monter de la surface des eaux et du sol jusqu’à la hauteur de ces régions; une troisième portion descendra dans le réservoir commun, emportée par les vapeurs, qui, sous une forme quelconque, se précipitent sur la terre; une quatrième portion enfin maintiendra à l’état de tension négative l’air humide dans lequel elle se trouve.
- Maintenant on comprend facilement que, suivant la grandeur de l’espace occupé par cette dernière portion, et suivant le degré de concentration des vapeurs, la tension électrique qui en résulte peut varier grandement; mais, en moyenne, elle sera toujours moindre que la tension positive des aiguilles de glace qui se trouvent au-dessus. Par conséquent, dans les circonstances ordinaires, l’air nous apparaît toujours électrisé positivement.
- Lorsque la condensation des vapeurs ou l’abaissement de masses d’air, ou une autre cause quelconque fait augmenter la tension négative, il peut arriver que l’effet de cette dernière sur nos appareils d’observation l’emporte sur l’effet de la tension contraire des régions plus élevées. De cette manière, on donne raison des changements de signe de l’électricité atmosphérique que nous observons, ainsi que des variations irrégulières et du double maximum et du double minimum de l’intensité diurne.
- Pour l’explication complète de tous les phénomènes électroscopiques de l’air on devra, en outre, tenir compte aussi de l’électricité qui se développe par le frottement de l’air humide avec les corps solides à la surface de la terre, à cause duquel, d’après les expériences de. Faraday, l’air doit s’électriser positivement en passant sur la plupart des corps, et négativement en passant sur la glace. L’influence de cette cause peut devenir sensible, surtout quand il y a des vents très forts.
- 10. Principaux facteurs d’un orage. — Les principaux facteurs d’un orage sont : i° Une masse d’air avec une quantité suffisante de vapeurs d’eau dans la région où les orages se forment; 20 une ou plusieurs trombes à axe vertical, ou peu incliné, descendant du haut avec une quantité suffisante d’aiguilles de glace à la température de plusieurs degrés au-dessous de zéro. La rencontre de ces deux éléments, ou mieux, la pénétration du second dans le premier engendre l’orage. C’est la doctrine développée et défendue par M. Faye dans plusieurs publications, et notamment dans l'Annuaire de 1877. Je l’admets dans ses bases et je me propose d’en démontrer la vérité et de la com-
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- pléter en montrant comment elle se prête d’une manière très naturelle et très simple à l’explication de toutes les particularités qu’on observe dans les orages.
- 11. Premier facteur. — Les orages éclatent ordinairement après une ou plusieurs journées chaudes, étouffantes, dans lesquelles l’évaporation des eaux est abondante et l’élévation des masses d’air chargées de vapeur est favorisée. Ces masses arrivant dans des régions moins chaudes, leurs vapeurs peuvent se condenser en nuages, et donnent ordinairement lieu à la formation de ces cumulus qui sont les avant-coureurs des orages. Les cumulus apparaissent plus fréquemment dans l’après-midi, mais ils peuvent aussi se former à une heure quelconque de la journée.
- Ils peuvent se montrer pendant plusieurs jours à peu près à la même heure et du même côté de l’horizon sans qu’il y ait pour cela des orages, ce qui prouve qu’ils ne renferment pas dans leur sein tous les éléments qui concourent à la formation de ce météore; ils n’en sont qu’un des facteurs.
- 12. Second facteur. — Les cyclones, les typhons, les tornados, les trombes, ordinairement originaires des régions équatoriales de l’Amérique heureusement, arrivent à nous grandement affaiblis, quoique parfois, par la force vive extraordinaire qu’ils portent en eux, ils produisent même chez nous de grands dommages. Dans nos pays, leur action, qui procède des régions les plus élevées de l’atmosphère, ne s’étend pas si bas vers le sol que dans les pays qui sont plus près de leur origine. Us passent souvent presque inaperçus au-dessus de nous, produisant une dépression barométrique plus ou moins grande, qui nous fait connaître leur présence et leur direction. Le passage des tourbillons (ou trombes), qui constituent un des facteurs des orages, se manifeste, lui aussi, par une légère diminution de la pression atmosphérique, que quelques observateurs avaient déjà fait remarquer et qui a été mise hors de doute par les observations régulières que l’on fait des orages dans la Haute-Italie, dirigées d’abord parM. Schia-parelli à Milan et ensuite par M. Tecchini à Rome (*).
- Pour abréger, je supposerai que le lecteur soit au courant de la théorie de M. Faye sur les orages, ou qu’il connaisse au moins ce qu’il a exposé dans sa belle Notice de 1877 (2), et l’extrait de ma Note qu’il a publié avec quelques-unes de ses considérations (3).
- (') M. C. Ferrari, Annali délia Meteorologia ilaliana pour l’année 1881, et Lum. Electrique, t. XI, p. 77.
- (s) Ann. du Bureau des Long.
- t3) Comptes rendus, 18 février 1884. et troisième étude de l’ouvrage : Sept Etudes.
- Les tourbillons sont très fréquents dans les couches élevées de l’atmosphère, et ils se font souvent sentir dans les observatoires que nous possédons sur les hautes montagnes ('). Ces tourbillons se meuvent ordinairement, comme les cyclones, de W à E ou de SW à NE, précisément comme la plupart des orages en Italie, en France et en Allemagne, et ils sont parfois isolés, et parfois associés et distribués sur une ligne ou zone plus ou moins étendue dans le sens de leur mouvement, de sorte qu'ils peuvent employer un ou plusieurs jours pour passer au-dessus d’un pays.
- Dans leur descente du haut ils entraînent avec eux les aiguilles de glace qu’ils rencontrent sur leur chemin, et ils les portent dans les régions inférieures.
- Maintenant une masse d’air ne peut pas passer des couches supérieures de l’atmosphère aux inférieures, où la pression est plus grande, sans s’échauffer. Si l’air, descendant d’une hauteur considérable, ne contient pas des vapeurs condensées en brouillard ou des aiguilles de glace, réchauffement peut être de plusieurs degrés, et l’air arrivera dans les couches inférieures sec et chaud. Mais s’il contient des vapeurs vésiculaires, ou des vapeurs vésiculaires mêlées avec des aiguilles de glace, alors une partie de la chaleur engendrée par la condensation se consume dans la liquéfaction de la glace et l’évaporation de l’eau, et ainsi l’élévation de température sera moindre. Lorsque les aiguilles de glace sont très abondantes et leur température très basse (20, 3o ou même 40 degrés sous le zéro), la masse d’air et les aiguilles pourront descendre dans la région des orages avec une température inferieure à zéro.
- i3. Action isolée des deux facteurs. — Le premier facteur, à lui seul, peut donner lieu à la pluie, jamais à un orage. Il lui manque, pour cet effet, l’élément essentiel, qui est l’électricité. Car on ne peut pas dire que l’électricité est portée en haut par les vapeurs qui s’en sont chargées soit dans l’acte de leur formation ou par leur frottement contre les corps solides sur la terre, soit parce qu’ils recueillent l’électricité engendrée par les actions végétales. En effet, admettons pour un moment que les choses se passent ainsi et que l’électricité se porte, comme tout le monde le dit, à la surface du nuage. Alors, tout au plus, il pourrait y avoir une décharge, un coup de tonnerre, et après cela tout serait terminé, car il n’y a plus les éléments pour une nouvelle décharge.
- Le second facteur, à lui seul, engendre des effets
- (’) Dans les tables des Observ. météor. du Grand Saint-Bernard, on fait remarquer que rien n’est plus commun à cette hauteur que les tourbillons.) (Bibl. Univ. de Genève 1821.)
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- différents, suivant la quantité d’aiguilles de glace que le tourbillon entraîne avec lui, et de vapeurs qu’il rencontre dans les régions inférieures. Le tourbillon qui descend jusque près du sol sans une quantité suffisante de vapeurs, engendre des vents chauds et secs (*); si les vapeurs abondent, mais que les aiguilles de glace soient en petite quantité ou insuffisamment froides, le tourbillon peut donner lieu à la formation de nuages d'apparence orageuse ; l’agitation de l’air pourra se propager jusqu’à nous, on pourra même entendre quelques coups de tonnerre, mais tout se termine! a par un de ces orages que l’on dit de vent,
- 14. Action combinée des deux facteurs. — Le spectacle imposant des grands orages avec des averses de pluie et de grele, au milieu des vents liés impétueux et tourbillonnants, et du sein desquels sortent des éclairs et des tonnerres épouvantables, est le résultat de l’action combinée des deux facteurs. Les tourbillons descendant avec une grande quantité d’aiguilles de glace très froides et électrisées pénètrent dans les cumulus qu’ils trouvent sur leur chemin tout formés ou envoie déformation, y portent une quantité extraordinaire de force vive (2), laquelle se transforme peu à peu en énergie électrique et calorifique. Les aiguilles, faiblement électrisées dans les régions élevées, où l’action mécanique de l'air plus raréfié et la quantité de vapeurs d’eau sont moindres, entraînées dans les spires des tourbillons avec un mouvement qui s’accélère dans la descente, rencontrant un air plus dense et plus riche en poussière d’eau, s’électrisent plus énergiquement et se léélectrisent très promptement, même lorsque par une cause quelconque les électricités d’abord développées viennent à se neutraliser.
- Il est bien d’insister sur cette circonstance : la génération de l’é!cctricité dans le nuage orageux est produite par le mouvement relatif de l’eau solide, qui se trouve dans son sein, et de l’air fortement chargé d’humidité. Plus les vents et les tourbillons sont impétueux et plus le développement électrique est grand; et cette condition dure tant que de nouvelles forces vives et de nouvelles aiguilles de glace continuent à descendre des régions supérieures et rencontrent dans la descente une quantité suffisante de vapeur d’eau.
- Tel est le mécanisme de la machine électrique dont, sans la connaître, parle Spallanzani dans le mémoire cité au n° 5 (:)). « Je ne me rappelle pas d’avoir jamais entendu un nombre si grand de tonnerres comme cette nuit.... J’ai compté sept coups, et entre deux consécutifs quelconques, il
- (*) Paye, Ann., 1877, p. 538. K-) Faye, p. 523 et suiv. t3) Paye 890.
- y eut toujours un intervalle de temps qui n’était jamais moindre que 19 pulsations (du poulsj'ni plus grand que 22. Partant, il semblait qu’il y eût une machine, laquelle, pour se charger d’électricité en condition de foudroyer, exigeait toujours à peu près un temps déterminé. » Si nous voulons comparer cette machine à celle de Ramsden, nous trouvons les coussins dans l’air humide et le disque dans les aiguilles de glace; il n’y a pas de conducteur. La fluidité des parties frottantes est la cause pour laquelle les électricités développées par le frottement peuvent être transportées, par convection, çà et là à distance l’une de l’autre.
- Le cas déjà décrit par Beccaria et par Yolta, d’orages qui se succèdent pendant plusieurs jours consécutifs presque à la même heure de la journée, est très fréquent. Nous trouvons la raison de ce fait dans ce que j’ai dit au n. 12 des tourbillons orageux, qui sont parfois isolés et parfois associés et distribués sur une ligne ou zone plus ou moins étendue dans le sens de leur mouvement, de sorte qu'ils peuvent employer un ou plusieurs jours pour passer au-dessus d’un pays. Ces derniers, dans leur passage, donneront lieu à la formation de l’orage toutes les fois qu’ils rencontreront une quantité suffisante de vapeurs, ce qui a lieu ordinairement dans les heures les plus chaudes de la journée.
- La nécessité du concours des deux facteurs pour la formation des orages nous donne aussi la raison de la fréquence inégale de ce météore dans les saisons diverses. Si les apparitions du second facteur au-dessus d’un pays sont uniformément distribuées le long de l’année, dans ce pays, les orages seront plus nombreux aux mois les plus chauds, lorsque l’air contient une quantité plus grande de vapeurs; mais dans les pays où la distribution des tourbillons orageux change d’une saison à une autre, la plus grande fréquence des orages peut même correspondre à des mois moins chauds.
- i5. Décharges électriques. — Il est bon de rappeler que le nuage n’est pas un tout conducteur et que l’électricité ne se porte pas en masse à sa surface (n. 5). En conséquence, les éclairs n’éclatent pas, comme on l’admet communément, entre deux nuages ou entre un nuage et la terre sans le concours de circonstances particulières. La plus grande partie des éclairs sillonnent dans tous les sens le sein du nuage où ils sont engendrés et n’en sortent pas. Ils ne sont pas la conséquence de la réunion de deux massés distinctes d’électricités contraires accumulées à distance et s’élançant l’une sur l’autre. Une décomposition électrique continue a lieu, de la manière que j’ai expliquée, dans tout le corps du nuage: la tension électrique augmente inégalement dans les différentes parties; et lorsque, dans une de celles-ci, elle aura acquis
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- ou surpassé la limite de résistance de l’air entre les aiguilles de glace et la poussière d’eau, une décharge aura lieu qui pourra être partielle et limitée à cette région, ou, à cause de l’agitation qui en est la conséquence, s’étendra aux régions latérales et même au nuage entier. De cette manière on explique pourquoi, dans un même nuage, On observe des éclairs très différents en dimensions et en énergie, qui éclatent parfois d’un de ses côtés et parfois de l’autre. Si la tension électrique, dans l’espace où la décharge a lieu, est sensiblement uniforme, cette dernière se montrera sous la forme d’éclat sans foudre proprement dite; ce mode de manifestation constitue ce que j’appellerai décharge ou éclair de première espèce.
- Mais si cet espace a une grande étendue et la tension électrique est inégale dans ses différentes parties, la neutralisation électrique aura lieu avec plus d’énergie sur les lignes où la tension est plus grande, et on verra la foudre suivre la direction de ces lignes; on aura de cette manière la décharge ou l'éclair de deuxième espèce.
- Nous avons différents exemples de décharge, de l’espèce des précédentes, dans nos expériences de cabinet. Lorsqu’on lisse avec la main la peau d’un chat dans l’obscurité, nous voyons la lumière électrique qyi suit le mouvement de la main. Nous avons, dans cette expérience, une décomposition et une recomposition presque continue des deux électricités, comme dans le nuage. Les machines électriques communes, lorsqu’elles sont en action, font entendre un bruit particulier, dû à une cause analogue, et lorsque l’on fait l’expérience dans l’obscurité, on voit des traits de lumière et des étincelles lancés çà et là et glissant dans tous les sens. Un phénomène semblable s’observe dans la lame isolante qui sépare les armatures d’un condensateur lorsqu’on le charge dans l’obscurité.
- Le pétillement qui doit accompagner l’électri-saiion des aiguilles de glace et les petites décharges qui en sont la conséquence dans les nuages orageux, est encore une des causes du bruit de ces nuages, qui doit s’ajouter aux deux que j’ai fait connaître dans l’étude sur la grêle.
- Les décharges à distance entre deux parties d’un même nuage, entre deux nuages et entre un nuage et la terre ont aussi lieu, et il me semble qu’on peut les expliquer de la manière suivante. Une des deux électricités engendrées par le frottement des aiguilles de glace avec l’eau, peut être emportée par les matériaux qui lui servent de base, et dans l’espace d’origine il ne restera plus que l’autre. Une chute de pluie, par exemple, peut laisser la partie de nuage où la pluie a pris naissance chargée en excès d’électricité positive, tandis que la négative est entraînée en bas par les gouttes d’eau. De la même manière une chute de neige ou de grêle peut laisser la partie du nuage où la neige ou la grêle
- s’est formée électrisée négativement. De cette manière, il suffira qu’une partie d’un nuage donne de la pluie ou de la neige et qu’une autre n’en donne pas pour qu’une différence de potentiel, capable de donner lieu à une décharge, puisse être engendrée entre les deux parties.
- De la même manière, un nuage entier peut être électrisé positivement ou négativement et se trouver dans la condition de pouvoir foudroyer un autre nuage ou des objets qui sont au-dessous de lui, ou même au-dessus, sur une montagne. Ces manières de neutralisation constituent les décharges ou éclairs de troisième espèce.
- 16. Nuages négatifs et nuages positifs secondaires. — L’eau tombant ou lancée tout autour du nuage par les vents, rencontrant des masses d’air plus chaudes et plus sèches, peut s’évaporer et donner lieu à la formation de nuages négatifs. Si, au lieu de pluie, il tombait du nuage de la neige ou de la giêle, il pourrait se former de la même manière des nuages positifs. J’appelle ces nuages, positifs ou négatifs, secondaires, parce que leur électricité ne s’est pas développée directement dans leur sein, mais qu’elle est simplement de convection.
- D’après ces principes, on ne s’étonnera plus de voir, pendant les orages, les électroscopes atmosphériques dans une agitation presque continue, et la tension électrique passer, en peu de temps, même plusieurs fois du positif au négatif, et vice versa.
- 17. Différentes espèces de tonnerre. — Aux différentes manières de décharge électrique correspondent des formes ou des manifestations différentes de tonnerre. La décharge à simple éclair ou de première espèce, dans le sein du nuage, doit être suivie par un tonnerre sourd et continué comme un mugissement. Les foudres de deuxième espèce engendrent une suite de coups et, par conséquent, un tonnerre à soubresauts, qui ressemble très souvent au bruit d’une décharge forte et continuée de pierres sur d’autres pierres. Enfin les décharges en masse et à distance, ou de troisième espèce, sont suivies d’un seul coup, ordinairement très fort. La simultanéité de deux ou de plusieurs décharges différentes donnera lieu, dans le tonnerre, à des modifications qu’il serait trop long d’expliquer.
- 18. Complément de la théorie de la grêle. — Les décharges de troisième espèce, plus condensées et plus puissantes, sont probablement celles qui donnent lieu à la formation de la grêle. Dans l’agitation immense des tourbillons orageux, il peut se former des flocons de neige et des gouttes de pluie. Les premiers, plus facilement soutenus par
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- les vents, continuent à circuler dans le nuage et s’électrisent comme les aiguilles de glace, dont ils tirent leur origine; les gouttes d’eau descendent dans le sein du nuage et au-dessous de lui sous forme de pluie, et peuvent être frappées par une décharge de troisième espèce, soit dans le nuage lui-même, soit entre celui-ci et un autre, soit encore entre le nuage d’origine et la terre. Voilà les coups de foudre qui produisent la conversion des gouttes de pluie en grêle de la manière que j’ai expliquée dans mon étude relative à ce météore.
- Partant, la grêle peut être formée soit dans le nuage orageux, soit au-dessous, à une hauteur quelconque au-dessus de nos têtes, même dans un milieu dont la température est de plusieurs degrés au-dessus de zéro (4).
- 19. Électricité des éruptions volcaniques. — Après ce que j’ai dit de l’électricité de l’air et des nuages orageux, il me reste bien peu de choses à ajouter pour faire comprendre de quelle manière l’électricité et les tonnerres sont engendrés dans les éruptions volcaniques.
- Les cendres volcaniques, par leur finesse, ont été comparées au tabac d’Espagne. Les expériences de Faraday nous autorisent à conclure qu’elles s’électrisent par le frottement avec l’air humide. Il résulte, d’après plusieurs observations, que les cendres à peine tombées, sont électrisées et que les cendres tombantes ou agitées par le vent donnent des indices d’électricité. Les résultats des observations de M. L. Palmieri sont parfaitement d’accord avec ma théorie. Il a remarqué, dans son observatoire du Vésuve, « que les éclairs et ton-
- (') Je répète ici la recommandation que j’ài faite dans l’étude sur la grêle, à tous ceux qui auront l’occasion d’observer les effets de la foudre aussitôt qu’elle est tombée. Au lieu de chercher de quel côté la foudre a pénétré dans un édifice et par où elle en est sorlie, ils sont instamment priés d’examiner le plus tôt possible les liquides (et plus particulièrement ceux qui sont renfermés dans des vases conducteurs) qui ont pu se trouver sur le passage de la décharge, et de vérifier s’ils ne présentent pas quelque partie solidifiée, ou du moins si leur température n’a pas subi une diminution.
- Les observateurs, qui se préoccupent particulièrement de la détermination exacte du chemin suivi par le fluide électrique dans les édifices foudroyés, feront bien de lire les considérations suivantes de Beccaria: « Je ne puis faire à moins que d’admirer la franchise singulière avec laquelle quelques observateurs de foudres conduisent une seule et même foudre successivement par mille détours, et se font presque un plaisir de faire visiter commodément et tranquillement et les appartements et les recoins de leurs maisons, montrant où elle est descendue, où elle s’est repliée, où elle est remontée, où elle s’est perdue; car je vois bien clairement que ce n’est qu’une décharge divisée en plusieurs ramifications... qui ont frappé en un instant tous les objets différents auxquels, par mille tours et détours tortueux et très irréguliers, ils voudraient traîner successivement la foudre unique et non divisée. » (Dell’Elettricismo, lettera xiv, S 275, et Belli, Fisica sperim, t. III, p. 7S4).
- nerres ne se produisent que lorsque la vapeur d’eau est mêlée de beaucoup de cendres. Quand le vent poussait le nuage vers l’observatoire, il put constater que ce nuage était électrisé positivement quand il était formé de vapeur d’eau sans poussière, et négativement quand il était composé de cendres sèches (*). » Les foudres éclatent dans les nuages de cendres comme dans les nuages orageux. Elles parcourent ordinairement le nuage dans toutes les directions sans en sortir, comme nous en fait témoignage Sorrentino (2), qui, en décrivant l’éruption de 1707, dit : « Les habitants, dans l’obscurité la plus profonde, se trouvaient au milieu des éclairs. Les éclairs qui sortaient de la fournaise du Vésuve ne dépassaient pas, dans leur cours, le cap Pausilippe, où s’arrêtait aussi le nuage de cendres. Là, ils se repliaient et revenaient par le même chemin frapper la fournaise d’où ils étaient sortis. » Quelquefois ils sortent aussi du nuage, et ils vont foudroyer des objets distants.
- Dans les tourbillons du cône d’éruption, les cendres s’électrisent comme les aiguilles de glace dans les nuages orageux et produisent, en conséquence, tous les effets électriques qui ont été observés jusqu’ici dans ces météores. Les sillons que les foudres tracent dans le cône et dans les nuages de cendres prouvent que ces nuages ne sont pas plus conducteurs que les nuages orageux.
- 20. Conclusion. — Voilà la théorie de l’électricité de l’air, des nuages orageux et des éruptions volcaniques, exposée à grands traits et ^explication des phénomènes les plus marqués donnée. J’aurais voulu et pu entrer dans bien des détails, et j’avais déjà, dans ce but, recueilli un très grand nombre d’observations et de faits, auxquels la nouvelle théorie s’adapte fort bien, mais, pour ne pas être trop long et trop ennuyeux, je laisse à d’autres compléter l’œuvre s’ils croient qu’elle est digne de leur attention et de complément.
- Les travaux de M. Faye sur les trombes m’ont grandement aidé dans mon étude; je puis dire que j’ai brodé sur le canevas qu’il a préparé. Je n’ai pas parlé de théories d’autres auteurs parce que je crois la mienne absolument indépendante de toutes celles qui sont à ma connaissance. Il y en a pourtant une qui a un point commun avec la mienne; elle est du Dr P. Andries, astronome adjoint de Wilhelmshaven (3). Parmi fles nombreuses causes auxquelles il attribue l’électricité atmosphérique, il cite aussi le frottement des aiguilles de
- (*) Daguin, Traité élém. de Phys., 4e édition, t. III, p. 271, (2) Arago, Annuaire de i838, p. 25i.
- (:1) Ueber Gewitter-und Hagelbildung, Ann. d'hrdr., etc. xii Jahg. (1884), Heft. 1 (Berlin). Je remercie l’auteur de l’obligeance qu’il a eue de m’envoyer un exemplaire de son mémoire.
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- glace avec l’air, sans préciser s’il s’agit d’air humide ou d’air sec et sans l’appui d’expériences certaines. Il tire très bien parti de cette proposition pour expliquer les variations diurnes et annuelles de l’intensité de l’électricité atmosphérique, à peu près de la manière que j’ai indiquée au n° 9. Cette coïncidence de mes idées avec celles deM. Andries me fait espérer que, du moins à cet égard, nous sommes dans le vrai.
- D’après tout ce qui précède, je me crois autorisé à conclure que la source principale et presque unique de l’électricité de l’air, des nuages orageux et des cendres volcaniques consiste dans le frottement de l’air humide avec les aiguilles de glace ou les cendres, et, en partant de ce principe et tenant compte de toutes les circonstances qu’on observe dans la nature, on peut expliquer tous les phénomènes qui en dépendent.
- On a dit que l’électricité des éruptions volcaniques est produite par la même cause que celle des machinés hydro-électriques ; la chaudière serait dans les entrailles de la terre et les parois du cratère tiendraient la place des tuyaux. L’électricité, développée de celte manièie, serait bien peu de chose, et elle serait insuffisante et incapable de produire les grands effets que l’on observe. On dira mieux, et l’on sera dans le vrai, en affirmant que l’élec.tricité, non seulement des éruptions vob caniques, mais encore de l’air et des nuages orageux, est produite par une cause analogue à Celle qui engendre l’électricité dans la machine hydroélectrique, dans ce sens qu’elle est produite par le frottement de poussière d’eau avec des corps solides, tels que les aiguilles de glace et les cendres; dans le cas de la machine hydro-électrique, le frottement se fait dans les tuyaux; dans l’autre cas, en plein air.
- Tean Luvini.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales Allemagne
- un nouvel interrupteur. — M. Pürthner, de Vienne, vient de breveter en Allemagne un interrupteur dans lequel quatre courants induits naissent à chaque oscillation, au lieu de deux comme dans les interrupteurs généralement usités ; il en résulte un renforcement considérable des effets physiologiques que l’on peut obtenir.
- La figure 1 montre la construction de cet interrupteur.
- Le courant passe par la borne 1, traverse le
- support A et parvient au ressort a. Au repos, ce ressort est en contact avec une tige de platine c, et par cette tige le courant arrive à l’élec-tro-aimant en traversant le support B. L’électroaimant attire l’armature du ressort, le ressort se trouve arraché de la tige de platine et le courant interrompu. Dans son mouvement, le ressort établit un autre contact à d, fermant ainsi de nouveau le courant. Mais comme ici il n’y a aucune liaison avec l’électro-aimant, le ressort monte en haut, et en conséquence le courant est interrompu et puis fermé encore une fois à c, et ainsi de suite.
- D’une façon analogue on peut, sur le même principe, construire un interrupteur avec un levier à deux bras. On peut aussi très bien employer le second contact dans un interrupteur à mercure. Dans l’appareil de Foucault on n’aurait qu’à disposer un contact à mercure tout à fait analogue, de l’autre côté du levier qui est fixé à un ressort
- FIG. I
- vertical; les deux contacts servant à fermer le courant induit devraient être reliés ensemble.
- un téléphone différentiel et quelques mécanismes simples pour téléphones. — M. le professeur Fuchs, à Bonn, a construit un téléphone Bell, dans lequel — au lieu d’un seul fil — deux fils de longueur et d’épaisseur égales sont enroulés autour de l’aimant.
- On voit, sur la figure 2, en a et b, ces deux fils. Les bornes ax et a2 sont reliées aux bouts du fil a, les bornes bx et b% aux bouts du fil b.
- Selon que les courants qui traversent les conducteurs ont la même direction ou des directions contraires, il en résulte ou une addition ou une soustraction de leurs effets sur la plaque du téléphone. Donc, l’appareil peut être employé tout comme le galvanomètre différentiel, pour des déterminations de résistance. M. Fuchs donne à son appareil le nom.de téléphone différentiel.
- Pour démontrer, avec le téléphone' différentiel, les effets dus au magnétisme naissant et finissant, il s’est servi de l’arrangement dessiné sur la figure 2. Dans une bobine secondaire J, des courants alternatifs sont produits, comme à l’ordinaire, à l’aide d’un microphone placé dans un circuit
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- primaire. L’un des bouts de la bobine est mis à la terre, l’autre bout est relié par un conducteur à une chambre éloignée, dans laquelle les sons d’une boîte à musique, posée sur la tablette du microphone, ne peuvent pas être entendus, et dans laquelle se trouve le téléphone différentiel T. Ici le circuit se divise en deux branches A et B, qui sont reliées de nouveau à un conducteur mis à la terre. Donc, le courant qui part d’un bout de la bobine, passe à travers la terre (après avoir traversé les branches A et B) et revient à l’autre bout de la bobine.
- La branche A contient une bobine de fil a et le fil du téléphone a, la branche B contient une bobine semblable (3 et le fil du téléphone b. Le courant traverse les fils autour de l’aimant dans des directions contraires, et la plaque du téléphone reste
- FIG. 2
- immobile, puisque les effets des deux courants se neutralisent l’un et l’autre.
- Si ensuite on introduit une pièce de fer dans la bobine de fil a ou (3, on entend, au moment même, le son de la boîte à musique, car les courants, qui sont induits dans la bobine de fil par le magnétisme naissant et disparaissant du fer, traversent les fils du téléphone a et b dans la même direction autour de l’aimant.
- plaque de téléphone mobile. — M. le professeur Fuchs a communiqué encore un petit appareil qui se prête à l’examen de champs magnétiques intermittents.
- L’appareil consiste en un entonnoir en tôle qu’on attache avec de la cire à une plaque mince également en tôle. Sur le tuyau de l’entonnoir on pose un tuyau en caoutchouc assez long pour qu’on puisse remuer l’entonnoir de côté et d’autre, pendant qu’on tient dans l’oreille le tuyau de verre
- attaché à l’autre bout du tuyau en caoutchouc. Les vibrations de l’air dans l’intérieur de l’entonnoir qui sont causées par les vibrations de la plaque de fer, se communiquent presque sans aucun affaiblissement à l’oreille. Si l’on pose un aimant permanent au-dessous de la plaque, les sons sont considérablement renforcés. M. Fuchs croit qu’une telle plaque immobile de téléphone posée normalement à la direction de l’inclinaison du magnétisme terrestre et au-dessus d'un aimant puissant, pourrait servir à faire entendre des oscillations de courte durée du magnétisme terrestre.
- Un autre appareil que M. Fuchs appelle « télé-phone-électrophore » a l’arrangement suivant :
- Dans un circuit primaire se trouvent quelques éléments et un microphone sur la table d’harmonie duquel une boîte à musique est posée. Un bout de la bobine secondaire est conduit à la terre, l’autre bout est mis en communication avec un entonnoir en métal, sur l’ouverture duquel une feuille d’étain est tendue. Du reste l’entonnoir est muni d’un tuyau en caoutchouc, etc., tout comme celui que nous venons de décrire. L’entonnoir est posé sur le gâteau de résine frotte d’un électrophore, dont la garniture métallique inférieure est reliée à la terre. La feuille d’étain quî remplace le couvercle de l’électrophore, est chargée par la bobine d’induction positivement et négativement selon le rythme du corps sonore, et d’une manière correspondante est attirée et repoussée alternativement par le pain de résine. Si l’on place dans l’oreille, le tuyau de verre, qui est attaché au bout du tuyau de caoutchouc, on entend distinctement le son ie la boîte à musique.
- On obtient aussi des sons forts si au lieu de la feuille d’étain on étend une membrane de gutta-’ percha sur l’entonnoir de métal, la frotte avec une peau de chat, et la pose ensuite sur une plaque de métal avec communication à la terre. La membrane oscillante en gutta-percha 'correspond au gâjeau de résine, la plaque en métal et l’entonnoir correspondent aux garnitures de l’électrophore. On obtient aussi un arrangement efficace en reliant inversement l’entonnoir avec la terre, et la plaque de métal avec la bobine d’induction.
- UN NOUVEL APPAREIL POUR L’ÉLECTROLYSE VOLUMÉTRIQUE, — M. Rosenfeld de Teschena construit un appareil, à l’aide duquel les proportions volumétriques des gaz qui naissent par l’électrolyse d’acide chlorhydrique et d’eau peuvent être démontrées en n’employant que deux éléments Bunsen.
- La figure ci-jointe montre la construction de l’appareil. Un large cylindre A est fermé e.n bas par le bouchon de caoutchouc B, à travers lequel deux électrodes de charbon sont introduites à une distance de 5 millim. l’une de l’autre. Dans une troi-
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- sième ouverture du bouchon le tuyau de décharge C est fixé; il est muni d’un tuyau en caoutchouc et d'une pince de serrage. L’ouverture supérieure de A est fermée par un tuyau en liège avec quatre perforations. Dans A sont suspendus, tout près l’un de l’autre, deux tuyaux collecteurs d et e d’une largeur intérieure de i7millim., dont les bouts rétrécis sont munis d’un tuyau en caoutchouc et d’une pince de serrage. Les deux tuyaux courbés a et b débouchent dans A (fig. 3).
- L’électrolyse d’acide chlorhydrique est effectuée en chauffant à ébullition une solution saturée de sel commun, et y ajoutant 1/9 volume d’acide
- FJÜ. 3
- chlorhydrique concentré. Après avoir éloigné le bouchon C on verse ce liquide, dans lequel le sel commun est séparé par l’acide, dans le cylindre A, et ensuite on pose de nouveau le bouchon. Puis, à l’aide d’un ballon de caoutchouc ou de quelque chose de semblable, on aspire le liquide dans les deux tuyaux d et e, et on en laisse juste assez pour couvrir les ouvertures dés tuyaux; l’excès de liquide peut être éloigné par le tuyau de décharge c. Ensuite on laisse passer de la vapeur par le tuyau a, en conduisant simultanément le courant de deux éléments Bunsen à travers le liquide. Aussitôt que le liquide dans le tuyau-chlore est pressé jusqu’au bord inférieur du bouchon de liège, le courant doit être rompu. Quand, après quelque temps, le liquide] est suffisamment chauffé, et que le sel
- séparé est dissous pour la plus grande partie, on ajuste les colonnes des liquides au même niveau, en aspirant le liquide dans le tuyau-hydrogène; puis on éloigne par le petit tube c l’excès de liquide, qui résulte de la condensation de la vapeur, et l’on ferme de nouveau le courant électrique. L’électrolyse s’ensuit rapidement, et les deux tuyaux sont remplis en peu de secondes de volumes égaux de chlore et d’hydrogène.
- Quand on a coupé le circuit, il est bon de continuer néanmoins le chauffage, puisqu’un refroidissement serait cause que l’eau absorberait du chlore et en rendrait le volume moindre.
- On obtient aussi de bons résultats en ne fermant qu’une seule fois le circuit, si seulement on prend soin que la solution de sel soit encore saturée quand l’eau qui résulte de la condensation parvient dans l’appareil, et que l’électrolyse ne commence que quand le liquide dans les tuyaux est assez chauffé. Ensuite les gaz peuvent être caractérisés de la manière usitée, en les aspirant de leurs tuyaux.
- L’électrolyse de l’eau s’opère de la même manière, seulement on emploie des électrodes de platine au lieu de celles de charbon. L’électrolyse de l’ammoniaque ne peut être entreprise dans cet appareil qu’avec une température ordinaire, puisque l’ammoniaque qui naît par le chauffage chasse le liquide hors des tuyaux.
- Dr H. Miciiaelis.
- Angleterre
- LE FER DANS LES PILES VOLTAÏQUES. — Dans
- une conférence faite devant la Philosophical Society, de Glasgow, M. |.-J. Coleman, le président de la section de chimie, a proposé d’employer du fer en remplacement du zinc dans les piles voltaïques, pour réduire les frais de l’éclairage électrique. Les recherches de feu le professeur Andrews ont démontré que l’oxydation du fer produit une quantité de chaleur de 3/4 supérieure à celle produite par l’oxydaiion du zinc. Quand on emploie du fer pour précipiter une solution de sulfate de cuivre la chaleur développée est dé 677 unités contre 847 pour le zinc. On s’est souvent servi du fer comme élément électro-négatif dans les piles, surtout après l’avoir rendu passif en le mettant en contact avec de l’acide nitrique concentré. Les objections contre son emploi comme élément électro-positif proviennent sans doute de ce que les premiers expérimentateurs n’ont pas pu se rendre maîtres de l’action locale, tandis que de l’autre côté l’action locale du zinc pouvait être réduite par une amalgamation avec du mercure. M. Coleman a cependant construit un élément voltaïque du type Daniell dans lequel il
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- emploie une plaque de cuivre en contact avec une solution de sulfate de cuivre, et une plaque de fer en contact avec une solution de sulfate de protoxyde de fer. Trois éléments de ce genre placés en tension décomposent de l’eau, de sorte que la force électromotrice est probablement celle indiquée par la théorie, c’est-à-dire environ deux tiers de celle d’un élément Daniell.
- Une combinaison de ce genre donne un cycle de transformations chimiques. L’évaporation et la distillation du sulfate de fer produit par la pile donnent de l’acide sulfurique ou de l’acide sulfureux. L’acide sulfurique est prêt à être de nouveau combiné avec le cuivre déposé dans l’élément, et le peroxyde de fer peut être transformé en fer métallique dans un haut-fourneau. La meilleure forme à donner aux éléments est celle de Meidinger ou celle de sir William Thomson sans vases poreux. La plaque de cuivre doit être en haut, parce qu’une solution saturée de sulfate de cuivre contient un cinquième de son propre poids de sel et flotte sur une solution saturée de sulfate de fer qui contient un tiers de son poids du sel.
- On peut cependant placer le fer en haut si la so • lution de fer est à moitié saturée ou si le cuivre en dessous est une solution saturée de sulfate de cuivre. La solution de sulfate de fer peut être protégée contre l’action de l’atmosphère et contre la décomposition qui s’ensuit, par une couche mince d’huile minérale. De temps en temps on verse un peu de solution de sulfate de cuivre sur la plaque de cuivre au moyen d’un tube, et on retire en même temps et à un niveau plus élevé la solution de sulfate de fer.
- Il faut employer une plus grande surface de plaque avec le fer qu’avec le zin , mais le fer coûte presque quatre fois mo'ns cher que le zinc. M. Coleman a constaté que trois éléments au fer donnent à peu près deux tiers de l’action électrolytique de deux éléments semblables au zinc.
- M. Coleman a également obtenu des courants électriques assez puissants en plongeant des morceaux de fer .et de cuivre dans une solution de sel ordinaire (chlorure de sodium) mélangé avec du chlorure de chaux.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE DANS LE PRINCESS THEATRE. — Les théâtres éclairés à la lumière électrique sont certainement les plus frais et les plus agréables. Londres en possède maintenant plusieurs comme par exemple le Savoy Theatre dans le Strand où on joue les opérettes amusantes de MM. Gilbert et Sullivan, le Criterion qui est maintenant dirigé par M. Charles Wyndham, l’acteur aimé qui pour le moment joue une pièce parlementaire, le Candidat, et le Princess Theatre où Mme Langtry tient le rôle principal dans Nos In times. Ce dernier théâtre a été ouvert le 18 jan-
- vier 1884 et la lumière électrique y fonctionne depuis plus d’une année.
- M. Ernest L. Berry, l’électricien du théâtre, a fourni quelques détails au sujet des dépenses courantes de l’installation, d’où je prends les faits suivants. La force motrice est fournie par une machine à gaz Clerk de 12 chevaux qui actionne une dynamo Siemens S D, donnant une intensité moyenne de 60 ampères et une force électromo-trice de 124 volts. La machine ne s’est pas dérangée, mais il a fallu nettoyer le moteur et enlever une couche épaisse de chaux qui s’est déposée dans le cylindre. Le commutateur de la machine 5
- a été usé de de pouce pendant l’année et on a employé5 1/2 paires de balais. On s’est servi de 57 accumulateurs Faure-Sellon-Yolckmar du type de 4 chevaux qui n’ont demandé aucun soin pendant les premiers six mois, mais plus tard il a fallu en réparer 18, dont les 8 ont dû être pourvus de nouvelles plaques positives. On a constaté que les plaques enlevées avaient perdu de 35 à 40 pour cent de la pâte dans les trous. Les plaques négatives n’avaient pas souffert. Chaque boîte contient 29 plaques positives et 3o négatives avec des communications en métal à canons. Environ 5o des éléments ont été employés en tension pour alimenter les 3o6 lampes Swan de 108 volts et de 16 bougies qui éclairent le théâtre. Tous ces foyers fonctionnent avant et après la représentation mais on en éteint un certain nombre pendant la pièce. La décoration somptueuse du théâtre n’a aucunement souffert de la lumière électrique. L’année dernière le moteur a fourni 2 q85 heures de service et les lampes ont fonctionné pendant 1 340 heures. En général la dynamo a marché pendant la décharge des accumulateurs.
- Les frais courants ont été comme suit : gaz pour le moteur 4750 francs; appointements des employés 55oo francs ; g5 nouvelles lampes 5g3fr. 75 ; abat-jour 25 francs; nouveaux balais 37 fr. 5o ; huile 293 fr. 75 : acide sulfurique (pur) 25 francs ; divers 87 fr. 5o, ou un total de 11 3i2 fr. 5o pour l’année entière.
- progrès en télégraphie. — Une nouvelle ligne télégraphique a été construite à l’est de l’Angleterre, en traversant York et Newcastle, en vue de la réduction du tarit télégraphique dont j’ai parlé dans une dernière lettre; une autre ligne,avec 17 fils, part de Londres et traverse Anglesbury, War-rington, Preston et Carlisle tandis qu’une troisième de i5 fils va maintenant de Londres à Exeter par les comtés du sud-ouest et Salisbury. Le nombre des fils sera également augmenté sur plusieurs des lignes existantes et de nouveaux câbles seront placés entre l’Angleterre et les îles de la Manche, l’île de Man et les îles Shetland.
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- Dans la chambre des Lords, le vicomte Sidmouth a insisté dans la séance du 14 de ce mois, sur le fait que notre communication télégraphique avec Hong-Kong et avec plusieurs autres de nos colonies de l’Est, traverse un pays étranger, une ligne passant par la Sibérie en Chine, et une autre (de Singapour) passant par Saigon. Lord Derby a déclaré que le gouvernement étudiait en ce moment un projet pour la pose d’un câble direct de Singapour à Hong-Kong, mais le ministre de la marine l'avait autorisé à déclarer que la question n’était pas d’une importance capitale. La ligne projetée coûterait fort cher et reviendrait à 5oo 000 francs par an, mais lord Derby a ajouté qu’elle ne traverserait aucun pays étranger, bien qu’il soit nécessaire de construire une ligne télégraphique indépendante à Gibraltar et à l’île de Malte. L’Earl de Carnarvon et lord Northbrook ont parlé de l’importance des câbles sous-marins en dehors du point de vue commercial, tandis que le marquis de Salis-bury a demandé si une puissance neutre pourrait transmettre une dépêche de guerre sans violer sa neutralité; un doute sur cette question rendrait évidente la nécessité de câbles sous-marins séparés.
- Le développement de la téléphonie à Londres est encore gêné par le fait de l'absence d’une autorité centrale qui pourrait autoriser la construction de lignes aériennes ou de canalisations souterraines pour toute la ville. Les autorités de chaque paroisse et de chaque quartier possèdent ou prétendent posséder ce droit dans leurs quartiers. D’autre part il serait difficile et coûteux d'ouvrir les rues pour la pose et la réparation des fils souterrains dans une ville aussi peuplée et avec des rues aussi tortueuses que celles de Londres. Il reste alors deux voies à suivre : ou bien la construction de tunnels souterrains pour les tuyaux et les fils de lumière électrique et du télégraphe, ou le placement de ces derniers le long des murs et des toitures des maisons. A propos de questions parlementaires, je puis ajouter que M. Chamberlain, le président de la Chambre de commerce, a déclaré qu’on ne ferait aucun essai pour introduire une nouvelle loi sur l’éclairage électrique pendant la session actuelle du parlement.
- Un comité parlementaire s’occupe en ce moment d’entendre des témoins pour et contre l’emploi des fils aériens pour la télégraphie et la téléphonie. Les représentants des principales Compagnies téléphoniques ont été entendus au sujet du danget de ces fils; mais jusqu’ici aucune publicité n’a été donnée aux travaux du Comité. Les fils tombés à Loiîdres n’ont occasionné que très peu d’accidents, mais le sentiment du public leur est hostile. Le département des télégraphes a autrefois été forcé d’enlever ces fils aériens et maintenant on demande la même chose aux Compagnies de téléphones. La plupart de ces lignes sont en fer, mais les nou-
- velles sont souvent en bronze siliceux et les bureaux centraux sont reliés entre eux par des câbles placés sur poteaux. La Compagnie des téléphones a parfois beaucoup de difficultés à obtenir la permission des propriétaires pour le placement des poteaux sur les toitures. La Compagnie paie en général une petite prime ou loyer pour ce privilège quand elle peut l’obtenir.
- Les symboles pour les lampes électriques. — M. Jamieson a fait une conférence devant la Society of Telegraph Engineers au cours de laquelle il a cité un certain nombre d’exemples qui prouvent que la terminologie électrique a besoin d’être revisée et mise dans une forme plus fixe et plus claire. Il propose la formation d’un comité d’électriciens anglais pour examiner cette question, mais après les travaux individuels d’un comité de ce genre, il faudrait, j’en ai peur, former encore, un comité international pour obtenir l’adoption universelle des termes et des signes choisis. En adoptant un code universel de symboles, les électriciens de toutes les nations pourraient déchiffrer un diagramme théorique plus ou moins indépendamment du texte, quelle que soit la langiede celui-ci, les signes s’expliquant d’eux-mêmes. Ceci serait sans doute un grand avantage pratique pour les électriciens. Nous avons déjà des symboles pour plusieurs des appareils électriques les plus usités. J’ai dernièrement proposé les symboles suivants pour des lampes électriques :
- Pour une lampe à incandescence, un petit cercle traversé par un trait droit dépassant de part et d’autre. Le trait qui traverse le petit cercle représenterait le filament avec ou sans boucle comme on le voudrait.
- Pour une lampe à arc, un cercle traversé par deux traits laissant entre eux un espace au centre du cercle; le trait interrompu au milieu du cercle représenterait l’arc.
- Dans les deux cas le petit cercle représente le globe de la lampe, et on peut le rendre plus grand pour les foyers à arc que pour les lampes à incandescence, ou bien on pourrait adopter toute autre modification de détail.
- Jusqu’à présent nous 11’avons aucun moyen simple de distinguer les lampes à arc des lampes à incandescence dans un dessin. Ces dernières sont également représentées sous deux formes, c’est-à-dire par une miniature de la lampe et par un petit cercle qui pourrait aussi bien signifier autre chose.
- T. Munro.
- Autriche
- Le public commence à s’intéresser beaucoup à la question de l’éclairage électrique parles stations
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- centrales. Cet intérêt ne se manifeste pas seulement par le désir du public d’être renseigné par les journaux et les autorités au sujet de toutes les concessions de ce genre, mais aussi par le fait que les ingénieurs et les architectes de Vienne préparent la voie pour le nouvel éclairage auquel ils sont en général très favorables. On sait que la ville de Vienne possède un nombre extraordinaire de monuments tout neufs. La Ringstrasse se compose d’une série de chefs-d’œuvre d’architecture de presque tous les styles. Le nouvel Hôtel-de-Ville, l’Université, le Burg Theater, le palais du Parle, ment, les musées dont l’un est consacré à l’histoire naturelle, et l’autre aux beaux-arts, et enfin le nouveau Burg sont tous destinés à être éclairés à l’électricité. Malheureusement les circonstances
- ont forcé les architectes au moment de la cotrs-struction à faire installer le gaz, excepté dans le théâtre du Burg, pour lequel l’architecte, M. le professeur Hasenauer, a choisi l’électricité. Mais ceux qui ont assisté à la Conférence faite à la salle des ingénieurs et architectes, par M. de Grinburg, un des directeurs de l’Exposition d’électricité, sur l’éclairage électrique par les stations centrales ne pourront pas avoir des doutes sur les bonnes dispositions de ces messieurs vis-à-vis de l’extension de la lumière électrique.
- En attendant, le Conseil municipal de Vienne a accordé une nouvelle concession à Yltnperial Continental Cas Association pour l’installation à Vienne d’une deuxième station centrale qui fournira l’éc'airage aux deux théâtres royaux. La nouvelle
- station sera placée dans la Porzellangasse à 2 1/2 kilomètres des bâtiments à éclairer.
- La maison Egger et C° a terminé ces jours-ci une installation des plus importantes. L’établissement industriel de MM. Ginzkey et Mappersdorf, près de Reichenberg, en Bohême, a été pourvu de 1 200 lampes à incandescence. Cette installation mérite une description spéciale.
- A Budapest, où il y aura cet été une Exposition d’agriculture combinée avec une Exposition internationale d’électricité, les ingénieurs de la maison Ganz et C° auront l’occasion d’essayer pratiquement leurs générateurs, ou comme Mell Déri, Gippernowsld et Blathy les appellent leurs transformateurs.
- L’éclairage de l’Exposition même sera fait au moyen de ce système avec les appareils que nous avons décrits dans notre dernière lettre. Mais ces messieurs cherchent en outre, comme MM. Gau-lard et Gibbs le font à Grosvenor, à Londres, à
- établir une station centrale d’une façon permanente dans la ville de Budapest même. Le succès éphémère de l’éclairage d’une Exposition ne donne jamais une idée satisfaisante des mérites d’une invention, tandis qu’une installation dans la capitale de la Hongrie aurait un intérêt autrement puissant pour les gens du métier et serait d’une grande importance pour l’avenir de l’industrie de l’éclairage électrique; car les circonstances sont aussi favorables pour le développement de cette industrie qu’en Hongrie, où la maison Ganz a réussi à grouper autour d’elles toutes les conditions nécessaires au succès.
- A Vienne môme nous avons une nouveauté; nous voulons parler de la nouvelle machine dynamoélectrique de Bollmann. Ainsi que le prouve la description suivante, ce constructeur bien connu s’est consacré avec succès à l’électricité, et il a déjà il y a deux ans donné une preuve de son coup d’œil pratique en proîetant un système semblable
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- à celui de MM. Gaulard et Gibbs ou Zippernowski et Déri. Cependant M. Bollmann ne s’est pas servi de courants alternatifs, mais de courants continus pour les appareils de transformation des courants à haute tension en courants de basse tension. Ses succès aux Expositions de Turin et de Vienne ont encouragé l’inventeur à essayer une nouvelle construction de ses transformateurs, et nous parlerons en temps.utile des résultats de ces travaux; nous nous bornerons aujourd’hui à donner la description de sa machine dynamo.
- La figure i représente une coupe verticale suivant l’axe de la machine. La figure 2 donne, à gauche une vue de côté, et à droite une coupe partielle! suivant 1 et 2 dans la figure 1; dans cette dernière, AA représente le bâti de la machine, de
- I
- même que EE dans la figure 2. G et F sont les inducteurs placés en face de pôles de noms contraires, il y a seize paires d’électro-aimants disposés en cercle. Ils peuvent être disposés de deux manières :
- Ou bien (système A) tous les électros sont munis d’épanouissements polaires, comme GG dans la figure 1 et 2, qui s’approchent très près des disques de l’armature D, sans toutefois empêcher sa rotation.
- Ou bien (système B) les paires (EF) sont reliées de deux en deux par des pièces de communication courbées en fer, pour que le disque D puisse passer librement ; par ce moyen les pôles sont fermés et ne peuvent agir sur le disque : par contre, le magnétisme produit est transféré aux aimants GG par la masse de fer des supports EE, de sorte que le champ des pôles ouverts de ces aimants
- possède la même force que celui des deux pôles ouverts d’après la disposition a. Dans ce cas le disque D est entouré d’un côté de pôles nord seulement et de l’autre de pôles sud.
- cm______zi]
- c-----c---
- FIG. 3 ET 4
- Le disque ou armature D est construit de la manière suivante : Les figures 3 et 4 représentent séparément et sous deux vues distinctes les parties radiales P et les pièces de jonction R. Selon les cercles dans lesquels elles tournent, ces dernières sont de forme courbe, et leurs extrémités
- FIG. 5 ET 6
- sont recourbées à un angle droit. P, P„ et R, R„ sont soudés ensemble, comme on le voit par les figures 5, 6 et 7, dans lesquelles abc représentent les points de jonction. L’ensemble des pièces P, P„ et R, R„ forme une sorte de spire ou circuit. On construit alors une deuxième spire du
- W.L
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- Î'm 11! il
- 1 p
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- FIG. 7 ET 8
- même genre dont les parties R, R„ sont un peu plus courtes, aussi bien dans la longueur de l’arc que les extrémités recourbées, pour que cette pièce puisse entrer dans la première sans que les diffë-
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- rentes parties se touchent. L’extrémité d, figure 6, de la première spire est alors fixée à la partie P de la deuxième spire. De la même façon cinq spires, dont chacune est un peu plus petite que la précé-
- avec la figure g; 10b représente une autre disposition.
- Pour mieux faire voir comment les différents segments sont placés l’un dans l’autre la figure ne
- FIG. 9
- représente que les parties R de la série extérieure. Les figures 1 et 8 donnent la coupe d’un segment et la figure 9 une vue de face du disque. L’angle xy du segment (fig. 10 et 9) doit correspondre à
- dente, sont placées l’une dans l’autre et reliées ensemble ; et l’on place entre les lames des bandes isolantes étroites qui les séparent tout en permettant à l’air de circuler librement partout. Un courant entrant par la première extrémité libre P vient donc circuler dans les cinq cercles. La pièce de communication R„ du dernier cercle est supprimée.
- Une combinaison de ce genre comprenant dix
- FIG. 10 a
- parties P et neuf parties R s’appelle un segment; on en construit 3i qui sont reliés ensemble comme l’indiquent les figures 8,9 et 10 et formentle disque. La moitié des segments est plus courte radiale-ment que l’autre moitié, et l’on a ainsi deux séries R, K, et R„ R„ de chaque côté de l’anneau, de sorte que ces parties peuvent se placer l’une devant l’autre sans se toucher. Les parties radiales P sont maintenues par la pièce C (fig. 1). On peut
- l’angle formé par deux des aimants inducteurs et par conséquent être égal à 1/16 de la circonférence • chaque segment est donc simultanément induit par deux aimants.
- Les segments sont reliés ensemble en 4 circuits différents de telle sorte que 4 segments placés l’un à côté de l’autre font partie de 4 différents circuits dont chacun contient 8 segments et 80 par-
- aussi entourer le disque d’un anneau en fer T, comme dans les figures 8 et 9.
- Les figures 10a et \ob représentent le développement de la circonférence du disque ; 10a correspond
- ties radiales P. Chaque aimant agit simultanément sur 4 segments dans chaque direction. Les inductions dans les 4 circuits sa suivent de sorte que tandis que l’un deux est influencé au maximum,
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- es deux autres ne le sont que partiellement et le dernier ne l’est pas du tout.
- Les segments qui occupent la même position vis-à-vis des aimants sont reliés entre eux en circuits indépendants par des pièces de communication qui ne sont pas visibles sur le dessin parce qu’elles se trouvent à l'intérieur de la pièce C tig. i). Elles sont reliées avec les extrémités li-
- FIO. l5
- b res à l’intérieur de la première et de la dernière pièce P de chaque segment, et leur position est indiquée dans la figure 9 pour le circuit n° 1. La première et la dernière extrémité P de chaque circuit sont reliées, selon les circonstances, avec le circuit voisin ou avec le commutateur.
- Pour expliqueras inductions, nous ne nous occuperons provisoirement que d’un seul circuit et nous supposerons que les parties intérieures Ru sont dirigées vers l’aimant à droite selon la grosse ligne des figures 11, 12, i3 et 14 et pas, comme dans la figure 6, vers la gauche. Le mouvement de l’armature se fera de gauche à droite, et, pour simplifier le dessin, les aimants se suivront en ligne
- FIG. l6
- droite. Les épanouissements polaires d’une série d’aimants sont indiqués par les parties teintées, et la direction des aimants magnétiques moléculaires d’Ampère est désignée par des flèches. La direction du courant induit est représentée par de têtes de flèche qui sont placées sur les grosses lignes.
- Les diagrammes (fig. 11 et 12) ont trait à la construction des aimants dans le système a. La figure
- 15 montre les parties P4 P41 situées au milieu entre deux pôles voisins n et s. La partie P4 s’éloigne vers la gauche des courants moléculaires du pôle sud s, qui est dirigé en bas; il devrait en résulter dans P un courant de même sens ou dirigé de haut en bas. Mais en même temps P s’approche vers la droite des courants inverses du pôle nord n, ce. qui tend à induire un courant dans le sens contraire. Les deux inductions s’annulent par conséquent; cette position est donc neutre et le circuit doit être à ce moment mis bc>rs circuit par le jeu du commutateur. PH sera toujours induit exactement comme P4 mais en sens contraire.
- Dans la figure 12, P4 se trouve au milieu du pôle nord et il s’éloigne de tous les courants moléculaires descendant à gauche et s’approche de tous les courants montant à sa droite. Les deux induisent un courant montant puissant et cette position est la plus favorable. La prochaine sera encore neutre comme dans la figure 11 et dans la suivante les inductions de la figure 12 se répéteront, mais en sens contraire. Il se produit donc 16 changements de sens de courant dans chaque partie de l’armature et par chaque tour de celle-ci.
- L’explication des inductions dans les autres cas est donnée par les diagrammes (fig. i3 et 14).
- Le commutateur (fig. i5 et 16) se compose de 8 anneaux soigneusement isolés et reliés deux par deux au même circuit. Chaque anneau porte huit dents et deux anneaux correspondants au même circuit sont placés de telle façon que leurs
- 16 dents se trouvent distantes les unes des autres
- de ^ de circonférence. Les 64 dents forment la
- surface du commutateur sur lequel les balais sont placés de manière à toucher en même temps les dents de deux anneaux correspondants L. Les lignes de contact des balais peuvent donc être distantes
- l’une de l’autre de jusqu’à de la circon-
- férence.
- La liaison des circuits avec le commutateur peut se faire de différentes manières. Pour des courants de basse tension, chaque circuit est relié directement au commutateur et il se trouve exclu du circuit général au moment où sa tension est juste égale à celle dû circuit extérieur; il y est introduit de nouveau dans les mêmes conditions ; de cette façon, on n’a pas d’étincelles. Dans ce but les balais sont disposés de manière que l’on diminue ou augmente leur surface des contacts ; on arrive à ce résultat en employant au lieu de deux balais deux paires de balais mobiles l’un par rapport à l’autre. Dans ce cas il est préférable de faire les épanouissements polaires larges comme dans les figures i3 et 14.
- Quand il s’agit de produire un courant de haute tension, on peut relier tous les circuits ensemble
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- de manière à n’en former qu’un seul et nouer au commutateur des branchements comme dans l’anneau Gramme. L’armature doit alors comprendre plus de 4 circuits, ce que l’on peut obtenir par exemple avec la disposition de la figure 10b; il se produit ainsi plus de circuits dont chacun peut êtte divisé en deux. Les épanouissements polaires doivent dans ce cas être étroits afin que le champ magnétique soit concentré et que les régions neutres soient larges et qu’il n’y ait pas d’étincelles au passage des balais.
- Pour que l’on puisse aisément enlever l’axe B avec l’armature et le commutateur, les supports EE sont ouverts à leur partie supérieure. Ces ouvertures sont fermées par des segments e e que l’on y visse et auxquels sont fixés deux ou plusieurs inducteurs C ou F, qui s’enlèvent avec eux quand on veut oter l’axe.
- Nous donnerons prochainement le résultat des expériences et mesures très intéressantes faites sur cette machine.
- J. Kareis.
- REVUE DES TRAVAUX,
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Car B. Marixovitcii et M. Kroucukoll
- Nouveau dispositif de pile thermo-électrique, par MM. Clamond et J. Carpentier (>).
- « J’ai eu l’honneur de présenter à l’Académie des Sciences, en avril 1874 (2), un modèle de pile thermo-électrique chauffée au gaz. Cette pile, malgré certains défauts qui compromettaient sa durée, s’est répandue, et, dans les mains d’opérateurs soigneur, elle n’a pas été sans rendre des services.
- « J’ai récemment apporté à la construction de cette pile des perfectionnements importants qui, introduits par M. Carpentier dans la fabrication industrielle, rendent l’appareil éminemment pratique.
- « Nous venons aujourd’hui soumettre à l’Académie deux des nouveaux modèles.
- « Les couples dont ils sont formés sont constitués par des lames de fer ou de nickel et des barreaux d’alliage antimoine-zinc.
- « M. E. Becquerel a établi que cet alliage donne son maximum de pouvoir thermo-électrique lorsque les deux métaux sont mélangés dans le rapport de leurs équivalents, et que de faibles variations dans
- (1) Note présentée à l’Académie des Sciences dans la séance du i3 avril i885 par M. E. Becquerel.
- (2) Comptes rendus, t. LXXV11I, p. 102.
- ses proportions en entraînent de très grandes dans l’énergie des couples.
- » Un procédé méthodique, dans lequel réside un tour de main de la coulée, nous permet actuellement d’obtenir une composition de l’alliage aussi exacte que constante.
- « Chaque couple atteint le maximum de sa force électromotrice à la température de la fusion : ce
- maximum est de ~ de volt pour les couples fer-
- alliage et de g environ pour les couples nickel-al-liage,
- « Pour éviter les dangers auxquels la pile est exposée, quand la température arrive à cette limite, le chauffage est combiné de manière à la maintenir sensiblement au-dessous; et la force électromotrice, utilisée en marche normale, est
- intentionnellement restreinte à — de volt pour un
- couple fer-alliage et ~ pour un couple nickel-alliage.
- « La disposition qui modère le chauffage rend en même temps inoffensifs les coups de feu accidentels. Elle consiste dans l’emploi de pièces spéciales, en terre réfractaire, dont le rôle est ainsi complexe. Ces pièces sont formées d’une paroi cylindrique mince, autour de laquelle rayonnent des cloisons destinées à séparer les éléments d’une même couronne. Façonnées par compression dans des moules fort précis, elles sont, après la cuisson, pour ainsi dire identiques et, dans leur superposition, constituent un tube bien continu à l’intérieur duquel a lieu la combustion.
- « La coulée de tous les éléments d’une même couronne s’opère d’un seul coup. La pièce de terre étant placée au centre d’un moule circulaire, avec les lames de fer-blanc ou de nickel disposées convenablement, un jet de l’alliage fondu vient remplir les vicies et, par refroidissement, former la chaîne thermo-électrique. Chaque élément prend ainsi naissance dans une sorte d’alvéole d’où il ne doit plus sortir, et l’on comprend que si, d’une part, il se trouve détendu contre l’action directe de la flamme par la paroi cylindrique mince qui l’en sépare, d’autre part, sa fusion momentanée ne présenterait guère d’inconvénient, puisqu’au refroidissement il reprendrait la forme que lui a donnée tout d’abord la cellule qu’il remplit.
- « La pile se monte en superposant un certain nombre de couronnes semblables emboîtées l’une sur l’autre. Les pôles de chaque couronne viennent aboutir à une même traverse verticale sur laquelle par un jeu de bornes et de lames, il est aisé de combiner les groupements de couronnes suivant les applications qu’on a en vue.
- « Le démontage de la pile est aussi simple que son montage, et quiconque en fait usage peut, à
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- l’occasion, sans outil, opérer le remplacement d’une couronne endommagée. Le brûleur est un tube en terre réfractaire, moulé avec la même précision que les pièces dont nous avons parlé précédemment, circonstance très favorable à une bonne combustion. Il repose, par son poids, dans une crapaudine conique, et il est centré dans le conduit de combustion par un croisillon fixé à sa partie supérieure. Sa mise en place et son enlèvement n’exigent que la peine de le poser ou de le soulever.
- « Deux modèles ont été établis :
- < L’un comprend 12 couronnes de 10 éléments petit module, soit 120 éléments : ses constantes, en marche normale, sont de 8volls pour sa force électromotrice, et de 3ohms,2 pour sa résistance. L’autre comprend 6 couronnes de 10 éléments gros module, soit 60 éléments ; ses constantes, en marche normale, sont de 3volts,6 pour sa force électromotrice, et de oohm,65 pour sa résistance.
- « La dépense de gaz, la même pour les deux modèles, est de i8ont à l’heure.
- « En résumé, les progrès réalisés consistent dans :
- « i° L’amélioration du rendement, sans élévation excessive de la température, obtenu par la composition exacte et constante de l’alliage;
- « 20 La protection des éléments contre tout accident de fusion;
- « 3° Les facilités de montage, démontage et entretien. »
- Sur une pile à deux liquides, par M. A. Dupré (').
- « Dans le but d’augmenter la durée des piles à bichromate, j’ai essayé des liquides analogues à ceux en usage, dans lesquels tout ou partie de l’acide sulfurique était remplacé par une quantité équivalente d’acide azotique.
- € En faisant fonctionner les piles montées avec ces liquides, je fus surpris de ne pas voir apparaître le dégagement attendu de vapeurs nitreuses; le bioxyde d’azote ou l’acide hypoazotique étaient fixés par l’acide chromique.
- * Pour m’assurer de l’exactitude de ce fait, je fis arriver, pendant sept heures, un courant de bioxyde d’azote dans 2oocc d’une solution d’acide chromique dans l’acide nitrique : le gaz fut complètement absorbé.
- « Il n’y avait plus à douter, la suppression des vapeurs nitreuses de la pile Bunsen était possible; je cherchai immédiatement à réaliser une pile mixte à base d’acides nitrique et chromique.
- « Des mélanges plus ou moins complexes ont (*)
- (*) Note présentée à l’Académie des sciences, dans la séance du i3 avril i885, par M. Friedel.
- | été essayés en vue de diminuer la résistance inté-I rieure de l’élément; mais, ces expériences n’étant pas terminées, je me borne, pour prendre date, à indiquer les résultats obtenus avec un liquide dépolarisant, formé simplement d’acide nitrique, dans lequel on dissout 75sr de bichromate de potasse par litre ; autour du zinc, on peut employer de l’eau acidulée, du bisulfate de potasse, etc. Les résultats indiqués ci-après ont été obtenus avec une solution d’eau salée à 3o pour 100.
- « Un élément rond, genre Bunsen (diamètre intérieur du zinc, om,o86; hauteur immergée dans la solution, om,i25), chargé avec 65occ de solution salée et 35occ de liquide dépolarisant, a travaillé, sans perte notable, pendant plus de quinze heures, en donnant 8 à 9 ampères et environ 2 volts, la force électromotrice variant avec la concentration de l’acide employé.
- « L’acide nitrique étant d’un prix élevé, j’ai cherché à obtenir un liquide plus économique ; on peut le préparer de la manière suivante : on dissout 5iosr de nitrate de soude pulvérisé dans 6oocc d’eau et l’on ajoute successivement 400cc d’acide sulfurique ordinaire et 6osr de bichromate de potasse pulvérisé.
- « Ce liquide renferme tous les éléments du précédent, l’acide nitrique s’y trouve seulement à un plus grand état de dilution; cependant le mélange est bon conducteur et donne d’excellents résultats.
- « Les mêmes éléments que ci-dessus, montés avec ce liquide, ont travaillé quinze heures en donnant environ 8 ampères et ivolt,5 à ivolt,7.
- « Toutes ces mesures ont été prises à l’ampèremètre et au voltmètre Deprez-Carpentier (type d’atelier). Les constantes de la pile devront être prises plus exactement, mais les chiffres cités montrent déjà les avantages de cette pile pour l’éclairage, pour actionner les moteurs d’aérostats, etc.
- « M. Thame avait proposé autrefois une pile à acide nitrique et acide chlorochromique ; d’autre part, MM. Holmes et Burcke ont expérimenté dans les piles le mélange de nitrate de soude et d’acide sulfurique; je tiens à signaler ces essais antérieurs que j’ignorais‘complètement au commencement de mes expériences.
- « Les essais de MM. Thame, Holmes et Burcke ne paraissent pas avoir abouti pratiquement ; il eh a été de même de ceux dans lesquels les sels ferreux étaient employés pour retenir les vapeurs nitreuses.
- « Mes expériences me font espérer qu’il n’en sera pas ainsi pour l’élément que je viens de décrire, le dégagement de vapeurs nitreuses est nul; pour rendre cet élément plus pratique encore, je le fais construire sous une forme particulière, dans laquelle les liquides ne pourront pas se mélanger
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- pendant le repos; la nouvelle pile sera ainsi tou jours prête à fonctionner. »
- Sur la variation diurne des éléments magnétiques & l’observatoire du Parc Saint-Maur pendant les années 1883 et 1884, par M. Th Mou-reaux (*).
- « Dans une Note précédente (2), nous avons fait connaître les conditions d’installation du ma-gnétographe de l’observatoire du Parc Saint-Maur; nous donnons aujourd’hui le résumé du dépouillement horaire des courbes relevées pendant les années i883 et 1884. Les indications fournies par les appareils de variations ont été rapportées à des mesures absolues effectuées régulièrement une fois au moins par semaine, et les nombres relatifs aux composantes de la force terrestre ont été corrigés de la température, dont l’oscillation diurne n’atteint jamais plus de quelques dixièmes de degré. Le diagramme ci-après a été construit en utilisant toutes les observations horaires; aucune grande perturbation n’est d’ailleurs survenue pendant ces deux années.
- « Déclinaison. — La déclinaison passe chaque jour par deux minima et deux maxima; le minimum de l’oscillation principale se produit en moyenne vers 8 b. 20 m. du matin, et le maximum vers 1 h. 20 m. du soir. L’heure de ce maximum est assez constante dans le cours de l’année; le minimum, au contraire, a lieu vers 7 h. en été et vers 9 h. en hiver.
- « L’amplitude de l’oscillation principale est de 9', 9 en i883 et de 10', 9 en 1884; elle s’élève à 14' aux environs du solstice d’été et n’atteint pas 6' en hiver. Dans l’oscillation de nuit, le minimum se produit vers minuit et le maximum vers 3 h. du matin.
- * Composante horizontale. — Les courbes de la variation diurne de la composante horizontale H ne manifestent qu’une seule oscillation bien nette, dont le minimum a lieu en moyenne à 10 h. 3o m. du matin et le maximum vers 8 h. ou 9 h. du soir, plus tôt en hiver, plus tard en été. La variation diurne, en valeur relative, atteint pendant l’été 0,00221, et cette variation tombe à 0,00082 pendant l’hiver ; la moyenne annuelle en unités C. G. S, est de o,ooo3i en i883 et o,ooo32 en 1884.
- « Composante verticale. — Les courbes de la composante verticale Z montrent une double os-
- (*) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du i3 avril i885, par M. Mascart.
- (s) Comptes rendus> t.jC, p. 134; i885.
- cillation diurne. Dans l’oscillation principale, le minimum tombe à midi et le maximum entre 6h et 7h du soir. L’amplitude relative s’élève en été à 0,00076; en hiver elle est seulement de 0,00021 ; la moyenne annuelle en unités C. G. S. est de 0,00018 en i883 et 0,00022 en 1884. L’oscillation secondaire se produit le matin, le minimum a lieu vers 4h et le maximum vers 7h ou 8h ; elle est d’ailleurs extrêmement faible.
- « Inclinaison, — La variation diurne de l’incli-
- naison I a été déduite de celle des deux composantes au moyen de la relation tang I == 5. La
- courbe met en évidence une oscillation unique dont le maximum seul est nettement accusé. Ce maximum se produit en moyenne à ioh du matin ; l’inclinaison diminue ensuite très lentement jusque vers le milieu de la nuit, puis se relève jusqu’au maximum suivant. La variation diurne de l’inclinaison est d’environ 2',5 en été et seulement de i',o en hiver; la moyenne est de i',8 en i883 et i'>9 en 1884,
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- IÇ2
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- « Force totale. — La force totale T a été calculée au moyen de la formule T = . Dans l’os-
- cillation principale, le minimum tombe à uh 3ora du matin et le maximum entre 711 et 8h du soir; l’amplitude de cette oscillation est environ 0,00026 de l’intensité en hiver et atteint 0,00092 en été; la moyenne annuelle en unités C. G. S. est de 0,00025 en i883 et 0,00029 en 1884. L’oscillation secondaire est à peine sensible, surtout en 1884; toutefois l’allure de la courbe semble en montrer le minimum à 3h et le maximum à 5h du matin. »
- Recherches électriques, par G. Quincke (<).
- Dans une série de mémoires antérieurs, l’auteur s’est occupé des forces de pression qui se manifestent dans les liquides isolants lorsqu’ils sont électrisés, comme le verre d’une bouteille de Leyde. Dans le présent travail ayant pour sous-titre « Sur la mesure des forces magnétiques par la pression hydrostatique », l’auteur étudie les forces qui se développeut dans les liquides magnétiques et dia-magnétiques quand ils sont placés dans un champ magnétique.
- Dans le cas des liquides isolants placés dans un champ électrique, l’auteur a constaté l’existence d’une force de traction parallèle aux lignes de force électriques et celle d’une force de pression, de grandeur presque égale, dirigée perpendiculairement aux lignes de force, proportionnelle à la force électrique à l’endroit considéré du champ et proportionnelle à la constante diélectrique du liquide considéré.
- Si les corps polarisés par une force électrique ou magnétique se comportent d’une manière semblable, comme cela résulte des idées de Faraday, de Maxwell et de Helmholtz, il doit naître dans les liquides magnétiques, sous l’action d’une force magnétique, une pression analogue à celle qui se manifeste dans un liquide isolant sous l’effet d’une force électrique, et ayant pour valeur
- où Ht est la force magnétique à l’endroit correspondant du champ, et Kt une constante correspondant à la constante diélectrique et que l’auteur appelle pour cette raison constante dimagnétique du liquide.
- La constante dimagnétique de l’air est 1 comme sa constante dialectrique. Si un liquide magnétique est limité par l’air atmosphérique, la différence de pression magnétique dans le liquide et dans l’air peut être égalée à une pression hydrostatique et mesurée par la grandeur K, (1 2).
- (1) Annales de Wiedemann. vol. 24, p. 847, i885.
- (2) Quincke, Annales de Wiedemann, 19, p. 545-588; 70c-
- Intensité du champ magnétique de l'électro-aimant de Ruhmkorff. — L’auteur emploie dans ses mesures un électro-aimant Ruhmkorff, pareil à celui qu’employait Verdet, dans ses .recherches sur
- FIG. I
- la rotation magnétique du plan de polarisation de la lumière. L’électro-aimant était excité par une
- pile formée successivement de 1, 3, 10 ou 5o éléments Bunsen.
- 782, i883; voir aussi môme recueil, vol. 10, p. 161-202; 374-414; 5i3-553, 1880.
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- iç3
- Les deux spirales A et B (fig. 1) ayant chacune 193,3 de longueur, i5omm de diamètre extérieur et 8omni de diamètre intérieur, avaient chacune 600 tours de fils disposés en 10 couches superposées
- . &
- FIG. 3
- et avaient ensemble une résistance de 0,548 unités de mercure. Ces spirales sont enroulées sur les extrémités creuses du noyau de fer sur lesquelles on peut visser des armatures de fer doux terminées par des surfaces planes et parallèles qui peuvent se placer à des distances variant de imm,7 à ioomm. L’espace compris entre les deux pôles peut être fermé.
- Le champ magnétique entre les deux pôles était
- introduisait dans le champ et que l’on en retirait.
- Dans le circuit formé par la bobine plate et le multiplicateur on avait placé un inducteur terrestre F (fig. 3); celui-ci était formé d’une grande spirale de 11 tours de fil et de 4gomm de diamètre, et en le faisant tourner autour d’un axe vertical on développait des courants d’induction sous l’effet de la composante horizontale H du magnétisme terrestre.
- Si l’on désigne par F et F, les surfaces enveloppées par les spires, par 2 s la déviation de l’aiguille du multiplicateur lorsque l’inducteur terrestre décrit un angle de 1800 en restant, dans ses posi-
- FIG. 6
- FIG. 4 ET 5
- dans toute son étendue, à peu près constant, par suite uniforme. On avait mesuré la force magnétique à l’aide du courant d’induction produit dans une spirale plate F (fig. 2), faite avec du fil de cuivre fin, qu’on
- tions initiale et finale, perpendiculaire au méridien magnétique ; par S, la déviation produite pat la petite spirale plate, quand on la retire parallèlement à elle-même du champ magnétique, la force magnétique du champ sera donnée par la formule
- Le multiplicateur était une boussole de Wiede-mann. On avait mesuré la composante horizontale du champ magnétique à la place occupée par l’inducteur terrestre et elle avait été trouvée égale à o, ig35 C. G. S.
- Pour mesurer la surface des spires, l’auteur eut recours à la méthode de Ivohlrausch ('), qui consiste à comparer le, moment de rotation de la spirale d’induction sur une aiguille de déclinaison à celu (*)
- (*) F. Kohlrausch, Goett. Nachr., p. 655
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- que produit, sur la même aiguille, une spirale normale, les deux spirales étant parcourues en même temps par le même courant.
- Si l’on place deux bobines de rayon R„ et R, parallèlement au méridien magnétique de telle manière que le milieu d’une petite aiguille aimantée soit au milieu de la ligne réunissant les milieux des spires, cette ligne étant perpendiculaire au plan du méridien magnétique; que l’on fasse alors circuler dans les deux bobines le même courant d’un élément Bunsen et de telle sorte que les deux bobines tendent à faire tourner l’aiguille dans deux directions opposées, on pourra choisir les distances a0 et at des centres des deux bobines à l’aiguille de telle sorte que l’aiguille gardera la même position à circuit fermé qu’à ouvert. En désignant par F et F, les jsurfaces des spires dans les deux bobines on aura la relation :
- Comme aiguille de terminaison servait un petit morceau d’acier M (fig. 4) de 2mm de longueur découpé dans une scie mince; il était collé avec de la cire à la partie inférieure d’un miroir argenté concave.de i,3o8mm de rayon. Le miroir était suspendu à un fil de cocon à l’intérieur d’une auge de verre.
- Le tableau suivant donne les valeurs de l’intensité des champs magnétiques en unités C. G. S. que l’auteur pouvait obtenir avec l’électro-aimant Ruhmkorff. 1 ~
- TABLEAU I
- Intensité du champ magnétique de l’électro-aimant de Ruhmkorff muni de pôles cylindriques de 140 mm. de diamètre et de 5o mm. de longueur.
- DISTANCE entre les pôles exch 10 ATION PRODUITE - v - M— 3 PAR 1
- E léments Bunsc ,n
- millim. C. G. S. C. G. S. C. G. S.
- 1,700 2812 2148 I7i5
- 3,289 2596 1963 1649
- S,53o 2276 1763 1367
- 8,o3o 2056 1571 1194
- 12, i5 1760 1321 982
- 19,35 1335 io5i 736
- 5o 753 544 3i6
- ^ 104 372 266 139
- En prenant des pôles d’un diamètre moindre, on obtient un champ plus fort comme le montre le tableau IL
- Dans certaines expériences l’auteur s’est servi
- d’un électro-aimant appartenant à l’académie des sciences de Berlin. Cet électro-aimant estreprésenté sur la figure 5. Son noyau, sous forme de fer à cheval, pesant environ 100 kilog. est formé de deux
- TABLEAU II
- Intensité du champ de l’électro-aimant Ruhmkorff muni de pôles de 24 mm. de diamètre et de 5o mm. de longueur distance entre les pôles ~ 3œm,5.
- NOMBRE des éléments Bunsen fournissant le courant d’excitation INTENSITÉ du champ H
- C. G. S.
- 6 9758
- 4 9105
- 3 8559
- 2 7355
- I 4555
- cylindres verticaux A et B de 575mm de hauteur, et de 109,8mm de diamètre réunis par un barre Q de 538mm de longueur, de i62mm de largeur et de 5omœ d’épaisseur. La figure 5 montre les détails de l’appareil. Les surfaces polaires des armatures (de 24mm je diamètre) pouvaient être approchées l’une de l’autre jusqu’à une distance de 3,5mm. L’une des armatures cylindriques portait un anneau de cuivre (fig. 6) qui servait à maintenir constante la distance entre les surfaces polaires; celle-ci aurait pu varier sous l’effet des attractions magnétiques. Le tableau suivant donne la valeur des intensités des champs qu’on pouvait obtenir avec cet électroaimant.
- TABLEAU III
- Intensité du champ de l’électro-aimant de Berlin.
- NOMBRE des éléments DISTANCE . entre les pôles =3 3mm,5 DISTANCE entre les pôles ymm
- 8 ’ 13628
- 6 11559
- 3 12083 8575
- 2 io553 6775
- 1 6342 3726
- Pressions magnétiques observées avec une vessie plate remplie d'air et mise entre des surfaces polaires horizontales et planes dans un liquide magnétique.— On dispose l’électro-aimant de manière que les surfaces polaires soient horizontales (fig. 1); sur la face polaire inférieure, on fixe une plaque de fer plan parallèle E de 170““ de diamètre sur 7““
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITÉ
- ig5
- d’épaisseur, et sur cette plaque on fixe au moyen verre de i6omm de diamètre sur 3omm de hauteur, de cire à cacheter ou de glu marine, un anneau de Au fond de i’auge ainsi formée, on dispose trois
- TABLEAU IV
- Pressions magnétiques observées avec une vessie plate mise dans différents liquides entre des surfaces polaires
- de i40mm de diamètre
- Manomètre à sulfure de carbone <rn = 1,2591 Distance entre les surfaces polaires...........— i,7oomm
- LIQUIDES POIDS SPÉCIFIQUE <5 ASCENSION MAGNÉTIQUE PRESSION TRANSVERSALE MAGNETIQUE *80
- Eléments Bunsen Eléments Bunsen
- Chlorure de manganèse 1,3670 mm 1,498 mm 0,396 mm 1,887 mm 0,499
- — 1,2200 0,777 0,211 0,979 0,266
- Eau ... 1,0000 0,128 0,018 0,162 0,023
- Chlorure de strontium 0,080 0, i36 1)
- Térébenthine 0,8045 0,093 0,018 0,118 0,023
- Huile minérale 0,8024 0,086 0,020 0,109 o,o83 0,075 0,026
- Benzine 0,8825 0,066 » ))
- Sulfate de zinc » 0,060 » »
- Alcool 0,8000 0,7205 — 0,012 » — o.oi5 »
- Ether — 0,006 * — 0,007 ”
- TABLEAU V
- Distance entre les surfaces polaires.............. = x, 7
- Diamètre de ces surfaces.......................... = i40mln
- Manomètre à sulfure de carbone aa = 1,2591
- LIQUIDES
- Chlorure de manganèse. Sulfate de manganèse . . Chlorure de calcium. . .
- Eau ..................
- Sulfure de carbone . . .
- Alcool................
- Ether ................
- Chlorure de manganèse. Sulfate de manganèse. .
- POIDS SPECIFIQUE
- 5o
- ASCENSION MAGNÉTIQUE h AVEC
- Eléments Bunsen
- mm mm mm ' mm
- 1,3740 2,649 1,843 I,o52 0,527
- i,425o 2,089 1.407 1,711 0,431
- 1,3392 0,322 » »
- 1,0000 0, i3o » » »
- 1,2760 0,118 » » »
- 0,8000 — 0 009 » » »
- 0,7205 — o,oi3 » * »
- C. G. S.
- H, 3990 = 5,416 2812 2148 1715
- 2,690 1,569 g
- Pression magnétique relative
- 1,3740 I 5,028 3,498 1.997 1,648 I
- i,425o 1 4,844 3,260 I
- petits morceaux de glace G de même épaisseur, on approche la face polaire jusqu’au contact de ces bouts de glace et on remplit l’auge de diffé-
- rents liquides magnétiques ou diamagnétiques que l’on veut étudier.
- Par une ouverture centrale percée dans la face
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- polaire supérieure et communiquant avec le canal du noyau de fer supérieur passe un tube de cuivre mis en communication par un de ses bouts avec un manomètre à sulfure de carbone et un tube de caoutchouc muni d’un robinet et par l’autre bout avec une vessie mise dans l’auge. Par le tube de caoutchouc on insuffle de l’air à travers un tube contenant du chlorure de calcium et on la remplit de manière que ses parois s’appliquent contre les deux faces polaires. Dans l’espace interpolaire
- cette vessie présente un diamètre de 5o à ioomm. On ferme le robinet et on lit au cathétomètre les indications du manomètre.
- En faisant passer le courant dans les spires de l’électro-aimant, il s’établit une différence de niveau h dans les deux branches du manomètre. Celui-ci indique une augmentation de pression dans la vessie plongeant dans le liquide. La pression était à peu près indépendante du diamètre de la vessie et complètement indépendante de la direction du
- TABLEAU VI
- Pressions magnétiques observées avec une vessie plate dans différents liquides entre des surfaces polaires
- de 140™m de diamètre.
- Manomètre à sulfure de carbone 60= 1,2591.
- LIQUIDES
- POIDS
- spécifique
- 6
- ASCENSION MAGNÉTIQUE h AVEC
- Distance entre les surfaces polaires : iul“7oo.
- Chlorure de manganèse Sulfate .de manganèse. Sulfate de fer.....
- Chlorure de manganèse. . . Sulfate de manganèse. . . . Sulfate de fer (de protoxyde)
- 1.450 mm 1,659 mm 1 ,o85 mm 0,645 2,572 I ,682
- 1,386 1,252 0,806 O 42I 2,975 I,9l6
- 1,24.3 0,660 0,458 0,261 2,525 I ,750
- H? = 2,690 I , 569
- Distance entre les surfaces polaires = 3,289mn>.
- I ,400
- i,3Ç6
- 1,243
- mm
- 1,238
- 1,059
- 0,642
- 0,910
- 0,648
- o,386
- 0,528 ’ o,36i (o,23o)
- 2,34.3
- 2,935
- 2,791
- H? = 2,809
- i>723
- C797
- 1,679
- 1,607
- Pour les différentes distances polaires, le rapport des carrés de la force
- magnétique............................... =1,173 I 1,197 I 1,226 I » | » |
- Le rapport des ascensions magnétiques est avec du :
- Chlorure de manganèse . .
- Sulfate de manganèse . . .
- Sulfate de protoxyde de fer
- « = 1,341 1,192 1,222 » »
- » = 1,200 1,244 1,166 » »
- = 1,028 1,187 1,134 »
- 1
- 1
- 1
- 1
- courant. — Le tableau IV résume les expériences.
- Les sels étaient dissous dans l’eau. Le signe négatif devant certains nombres indique une diminution de pression dans la vessie.
- Il résulte de ces expériences que la pression magnétique transversale dans la vessie varie avec les différents liquides; elle croît avec la concentration du sel et l’intensité du champ magnétique.
- Le tableau V résume une sétie d’expériences faites avec des champs magnétiques plus intenses.
- Dans le chlorure et le sulfate de manganèse, les pressions magnétiques sont entre elles à peu près comme les carrés de la force magnétique du champ.
- En écartant les faces polaires l’une de l’autre,
- on peut diminuer la force magnétique sans faire varier l’intensité du courant.
- Avec une pile de 5o éléments Bunsen, on avait observé dans une dissolution aqueuse de chlorure de manganèse de poids spécifique 1,3740 une ascension magnétique de 2ram649 et une autre de 2mm 145 correspondant à des écarts entre les pôles de imm7oo et de 3mm285.
- Les ascensions magnétiques diminuent dans le rapport de i,23 quand le carré de la force magnétique diminue dans le rapport de 1,20. Le tableau précédent donne les résultats d’expériences analogues, faites avec des piles de 10 et de 3 éléments.
- Pour le même liquide les ascensions magnétiques sont à peu près dans le rapport du carré de la force
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- >97
- magnétique. Le plus grand écart a été constaté avec du sulfate de protoxyde de fer, lequel se modifie aussi chimiquement au contact de la surface de l’armature de fer et de l’air.
- Ce fait est en accord avec la théorie. Soit 60 le poids spécifique du liquide dans le manomètre, la différence de pression magnétique par unité de surface sur la surface de séparation du liquide magnétique et de la vessie sera d’après l’équation (i).
- Dans notre prochaine revue nous exposerons la suite du travail de M. Quincke. K.
- Les Lanternes dioptriques de M. A.-P. Trotter.
- M. G. Richard a publié dans le numéro du 18 oetobre 1884 de La Lumière Electrique une ana-
- Fil., t
- lyse très complète du système proposé par M. A.-P. Trotter, à l’effet d’obtenir la répartition uniforme de la lumière dans une installation d’éclairage électrique.
- Sans revenir sur la théorie du système Trotter
- que ceux de nos lecteurs que la question intéresserait particulièrement trouveront, avec tout le développement qu’elle comporte, dans le numéro qui vient d’être cité, nous nous bornerons à rappeler que cette théorie repose en principe sur l’emploi de verres à cannelures multiples.
- La solution rigoureuse du problème conduirait à une fabrication très complexe; aussi se
- contente-t-on, en pratique, d’une solution approchée.
- On est arrivé à donner industriellement à ces lanternes dioptriques des formes élégantes comme il est facile de s’en assurer en se reportant aux figures ci-jointes, dont la première représente une lanterne cylindrique à base hémisphérique et la deuxième une lanterne conique.
- M.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- PROCÈS
- DE LA
- SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DES TÉLÉPHONES
- RÉPONSE DE MM. MILDÉ ET D’ARGY
- Au dire déposé par la Société générale des Téléphones le 23 février 1885
- Messieurs les experts,
- Le dire déposé par M. Armengaud, au nom de la Société générale des Téléphones, dont il est administrateur depuis 1880, est une véritable plaidoirie, dans laquelle M. Armengaud n’a pas craint : i° de substituer deux dessins de son invention aux 29 dessins officiels du brevet Edison; 20 de remplacer les 3o revendications d’Edison par six revendications que, de son autorité privée, il déclare être les vérita-
- G
- blés caractéristiques du dit brevet. Il est parvenu, par ce procédé, à transformer en un brevet de principe un brevet que son auteur avait plus modestement et plus exactement ntitulé :
- Des perfectionnements aux instruments destinés à contrôler par le son, les transmissions des courants électriques et la reproduction des sons correspondants au, lointain.
- Quels sont donc ces instruments destinés, etc., etc., auxquels Edison a apporté des perfectionnements formant l’objet de son brevet?
- M. Armengaud affecte dans son dire de les connaître à peine : « On a encore parlé, dit-il, d’un essai qui aurait été tenté par Bell vers 1876 et dont il aurait fait mention incidemment dans son mémoire lu à la Société des ingénieurs télégraphistes de Londres, le 3i octobre 1877, etc., etc. »
- Or, cet instrument est classique, il est décrit et dessiné dans les mêmes ouvrages de M. du Moncel, auxquels se réfère à chaque instant M. Armengaud quand il trouve un éloge en faveur d’Edison, et, puisque la date n’en paraît pas certaine, nous avons l’honneur de déposer entre les mains de MM. les experts le recueil des procès-verbaux de la Société des ingénieurs télégraphistes de Londres.
- Nous avons, d’après le dessin ci-joint, calqué sur le pro-
- cès-verbal de la séance du 3i octobre 1877, construit un apareil que nous tenons à la disposition de MM. les experts.
- Us pourront se convaincre que, malheureusement pour l’argumentation de M. Armengaud, les 5 premières caractéristiques qu’il attribue à Edison sont précisément les caractéristiques du téléphone à pile et à charbon de Graham Bell, antériorité incontestable du brevet Edison. N’employant pas de bobine d’induction, nous n’avons pas à nous occuper de la 6° caractéristique de M. Armengaud revendiquant pour Edison la bobine Ruhmkorfif; nous avons la ferme conviction que nos co-défendeurs feront justice de ce 6° point sans aucune difficulté.
- M. Berthon, ingénieur de la Société des Téléphones, a, dans une des séances d’expertise, prétendu que la double capsule cannelée de notre téléphone forme ressort et peut, par suite, être assimilée à la vis antagoniste d’un des perfectionnements nombreux formant l’objet du brevet Edison. Nous avons construit un microphone sans cannelures, pour prouver à M, Berthon l’erreur dans laquelle son imagination l’avait entraîné; nous tenons cet appareil à la disposition de MM. les experts.
- Conclusion : l’accusation de contrefaçon portée contre nous par la Société générale des Téléphones, les saisies judiciaires qu’elle a fait pratiquer jusque dans l’intérieur de l’Hôtel-de-Ville, n’ont jamais été qu’une manoeuvre pour retarder toute concurrence à sa concession, dont le prix d’abonnement est exorbitant, comme chacun le sait. Nous entendons réclamer des dommages et intérêts pour les deux ans et demi pendant lesquels elle est parvenue processive-ment à paralyser notre industrie.
- Mildé, d’Argy.
- Paris, ce i5 avril :885.
- -RÉPONSE DE M. D’ARSONVAL
- Au dire pour la Société générale des Téléphones .du 23 février 1885.
- Dans le court travail que j’ai l’honneur d’adresser à MM. les experts, en réponse au dire de la Société générale des Téléphones, je désire rester exclusivement sur le terrain scientifique.
- En me plaçant à ce point de vue, le seul qui soit de ma compétence dans le débat actuel, j’espère démontrer qu’aucun des principes scientifiques ni aucune des combinaisons matérielles qui ont rendu la téléphonie pratique, n’est la propriété exclusive d’Edison, contrairement à ce que prétend la Société des Téléphones.
- BASES DE LA TÉLÉPHONIE ACTUELLE
- La transmission électrique de la parole a été réalisée pratiquement, pour la première fois, par Graham Bell. En inventant le téléphone magnétique qui porte son nom, ce savant a créé un appareil réversible servant indistinctement de transmetteur ou de récepteur. Dans le téléphone magnétique, l’énergie produisant le courant électrique est empruntée aux vibrations mêmes des cordes vocales de la personne qui parle. Par suite même de sou origine, ce courant est d’une faiblesse extrême, et son énergie n’est pas suffisante pour franchir la résistance et charger statiquement de longues lignes télégraphiques, malgré la sensibilité du récepteur.
- Donc, le premier perfectionnement qui s’imposait à la pratique consistait à inventer un transmetteur plus puissant que le téléphone, tout en conservant ce dernier j instrument comme récepteur.
- Pour que la téléphonie entrât dans la pratique, il fallait donc :
- i° Faire intervenir une énergie étrangère, autre que les vibrations vocales;
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 199
- 20 Diriger cette énergie par la voix elle-même, de façon à amplifier sans les déformer, les variations du courant électrique produites par la parole;
- 3° Employer le téléphone de Bell comme récepteur.
- Toute la téléphonie actuelle repose sur ces trois principes.
- Voyons à présent par qui ils ont été réalisés pour la première fois.
- Les brevets d’Edison qui ont motivé les poursuites exercées contre nous par la Société des Téléphones sont, on le sait, du 19 décembre 1877 et du i5 janvier 1878.
- Or, le 14 février 1876, Graham Bell faisait breveter l’appareil suivant (Voir la figure reproduite dans le dire précédent).
- Un fil de platine/» fixé à une membrane tendue complète, par son immersion dans l’eau, le circuit réunissant la pile au téléphone magnétique ; en parlant devant la membrane tendue, les vibrations communiquées à la pointe de platine modifient la résistance du circuit, dans des conditions telles que le courant réagit sur le récepteur par impulsions ondulatoires tout-à-fait semblables à celles des courants induits. Les sons produits devenaient plus forts quand le liquide était légèrement acidulé ou salé, et l’on obtenait encore de bons résultats au moyen d’une pointe de plombagine immergée dans du mercure, dans de l’eau acidulée ou salée, ou dans une solution de bichromate de potasse.
- Graham Bell fit construire cet appareil en mars 1876. Le 10 mai 1876 cet appareil fut l’objet d’une communication de l'auteur à l’Académie américaine de Boston. Il figura en juin 1876 à l’Exposition de Philadelphie et enfin son auteur le décrivit dans son mémoire lu à la Société des Ingénieurs télégraphistes de Londres, le 3i octobre 1877, ainsi qu’il est facile à MM. les Experts de s’en assurer en consultant les documents authentiques qu’on trouve dans la bibliothèque du journal La Lumière Electrique.
- En résumé, je concluerai avec M. du Moncel qu’il est démontré aujourd’hui que c’est bien M. Bell qui, le premier, a pu faire parler le téléphone, en lui appliquant des courants continus et ondulatoires, fonction des vibrations de la voix, et qu’il a résolu le problème, soit avec des courants induits résultant des vibrations mêmes de l’appareil transmetteur, soit par des variations de résistance d’un conducteur impartait mis en rapport avec le circuit et résultant elles-mêmes des effets vibratoires.
- C’est donc Bell, incontestablement, qui, le premier, en téléphonie :
- i° A fait intervenir une énergie étrangère aux vibrations locales (la pile voltaïque) ;
- 2° A imaginé un système directeur de cette énergie (appelé plus tard régulateur de tension par Edison);
- 3° A combiné deux appareils téléphoniques, l’un à pile et à régulateur de tension et Vautre magnétique, réunis par un fil de ligne, le premier disposé à la station de l’expédition et constituant le parleur ou transmetteur, le second placé à la station de réception, constituant• l'appareil d’audition ou récepteur ;
- 4° A réalisé la combinaison d’une plaque vibrante et d'un corps solide ou liquide, semi-conducteur de l’électricité, du charbon notamment (plombagine), ces deux éléments étant disposés de manière que la plaque ou membrane puisse transmettre ses vibrations à certains organes conducteurs liés au régulateur de tension d’une façon permanente.
- C’est également Bell qui, par l’appareil ci-dessus décrit :
- 5° A réalisé pour la première fois la transmission de la parole provenant des variations de la tension du courant, par suite des augmentations et diminutions de la résistance du circuit électrique sous l’influence des vibrations de la membrane agissant sur le régulateur de tension.
- 6° A réalisé pour la première fois la circulation du courant électrique d’une pile à travers un régulateur de tension, ce courant électrique n’étant jamais interrompu par suite de la permanence des contacts.
- Il ressort clairement de la lecture de ces documents, dont l’authenticité ne peut être mise en doute, que Bell, bien avant Edison, a inventé et publié l’instrument appelé plus tard, par Edison, régulateur de tension, même celui où il entre du charbon. MM. Engrand et Armengaud jeune affirment que dans la disposition de Bell, avec pointe de plombagine trempant dans le mercure, les vibrations de la membrane ne déterminent pas de modifications dans la pression subie par le charbon. C’est une erreur complète : En face d’une pointe animée d’une grande vitesse par suite de ses vibrations rapides, le mercure se comporte, par inertie, comme un conducteur solide à pression initiale. C’est pour la même raison qu’une pierre, animée de vitesse, fait ricochet sur l’eau ; corps encore plus mobile et moins dense que le mercure, et pourtant dans ce cas M. Armengaud niera-t-il que la pierre puisse être déformée (J) > D’ailleurs l’expérience a parlé et M. Armengaud peut s’assurer par lui-même que le dispositif indiqué par Bell fonctionne parfaitement.
- De tous ces faits, il résulte que le régulateur de tension d’Edison est une simple modification de forme de celui de Bell, et que la Société des Téléphones n’est propriétaire que de cette forme spéciale.
- Quant à la bobine d’induction, il résulte des pièces déposées par M. de Locht-Labye entre les mains de MM. les experts, que Bell l’a également décrite dans son brevet anglais de 1876, bien avant Edison (2). D’après cette discussion, résultant des documents, que reste-t-il à Edison, sinon la forme spéciale donnée au régulateur de tension ? Cette forme spéciale, l’avons-nous copiée, M. Paul Bert et moi> Evidemment non, car notre microphone se compose exclusivement d’un microphone de Hughes, auquel nous avons conservé la disposition verticale que ce savant lui a donnée à l’origine. M. Paul Bert et moi avons simplement rendu pratique cet appareil pour la transmission de la parole en exerçant sur les charbons mobiles une attraction magnétique qui supprime les crachements et permet de donner au microphone tel degré de sensibilité qu’on désire. Nous n’avons donc en rien contrefait l’appareil d’Edison.
- Au cours de la discussion qui a eu lieu devant MM. les experts, j’ai dit que je n’avais pas pu faire parler un microphone à pastille d’Edison, je n’y suis arrivé que plus tard en employant deux pastilles, dont l’une mobile sur un pivot et appuyée contre la pastille du diaphragme au moyen de l’attraction magnétique (dispositif décrit dans la note présentée à l’Institut par M. Paul Bert et moi, dans la séance du i5 mars 1880).
- MM. Engrand et Armengaud ont voulu prendre acte de mes paroles. Ce que j’ai dit, prouve uniquement : d’abord ma maladresse, puisque M. Maiche a réussi dans les mêmes circonstances, et secondement lès défauts de la disposition d’Edison, défauts encore mieux démontrés par l'abandon complet que la Société a fait des appareils d’Edison pour adopter diverses modifications du microphone de Hughes.
- Dr A. d’Arsonval.
- RÉPONSE DE M. JOURNAUX Au dire de la Société générale des Téléphones
- Le procédé employé par M. Armengaud pour établir les soi-disant droits d’Edison au monopole de la téléphonie à pile et à charbon, consiste à rechercher les points communs à tous les téléphones à pile et à charbon et à les déclarer une sélection rationnelle des points revendiqués par Edison dans son brevet du 19 décembre 1877, avec certificat d’addition du i5 janvier 1878.
- (>) On sait également qu’une balle tirée sur l’eau arrive à s’aplatir. (8) D’ailleurs la disposition indiquée par Edison n’est pas une bobine de Ruhmlcorff, à deux fils superposés.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- M. Armengaud a rédigé ainsi six points distincts ; il y a ajouté deux dossiers fantaisistes et ayant bien établi, à sa manière, cette habile substitution, il fait remarquer que les six points revendiqués par lui se retrouvent dans nos appareils. Donc : contrefaçon manifeste.
- Ce que M. Armengaud a oublié, c'est de démontrer que l’ingénieuse sélection qu’il a faite est bien la propriété d’Edison, quoique ce dernier ait, au fond, dans les trente revendications de son brevet, revendiqué tout autre chose qu'on s’est d’ailleurs bien gardé de lui prendre, et pour cause.
- Edison ne nie pas les antériorités sur lesquelles glisse si éloquemment M. Armengaud, puisque son brevet ne prétend revendiquer que des perfectionnements aux instruments des~ tinês à contrôler par le son la transmission des courants électriques et la reproduction des sons correspondants au lointain.
- Abusant de la renommée d’Edison comme inventeur de lampes électriques, M. Armengaud a, dès le début de l’expertise, posé Edison en inventeur de la téléphonie à pile. Cette légende, qui pourtant n’a plus cours nulle part, a absorbé presque toute la première séance d’expertise.
- A nos interruptions rappelant particulièrement le téléphone à pile et à charbon de Graham-Bell, M. Armengaud nous a répondu que ce n’était pas à lui d’en parler, puisque c’était une antériorité. Par contre, dans son dire écrit, il daigne mentionner l’appareil de Bell, mais en déclarant son existence absolument problématique. Aux on-dit et aux peut-être de M. Armengaud, nous répondons en déposant entre les mains de MM. les experts :
- i° Le procès-verbal officiel de la séance du 3i octobre de la Société des Ingénieurs télégraphistes de Londres, avec dessin authentique du téléphone à pile et à charbon de Graham-Bell. Cette date suffit déjà à établir l’antériorité.
- 2° Nous y joignons le compte rendu du procès fait par Bell aux Edison, B'ake, etc., et le jugement déclarant que les téléphones à pile et à charbon de ces messieurs sont des contrefaçons du téléphone Bell à pile et à charbon. Il serait par trop icontraire à l’équité qu’un brevet Bell annulé en France par suite d’une communication prématurée aux corps savants pût, après plusieurs années d’oubli, être revendiqué au nom d’un autre inventeur, obligé, en Amérique, de se désister en faveur de Bell. <
- CONCLUSION
- Les ciuq premières caractéristiques prêtées à Edison par M. Armengaud pour les besoins de la Société des Téléphones sont du domaine public comme ayant appartenu à Bell, non breveté en France. La sixième caractéristique relative à la bobine d’induction est aussi dans le domaine public : i° comme dessinée et décrite dans les brevets Elisa* Gray, etc., n° i66,og5 et n° 166,096, du 27 juillet 18y5; 2° comme suffisamment décrite dans le brevet anglais Bell n° 4765, du 9 décembre 1876; 3° comme décrite et revendiquée dans le brevet Berliner délivré le i5 janvier 1878, jour de la prise en France du certificat d’addition d’Edison.
- On retrouve avec étonnement la bobine d’induction à deux hélices superposées, telle que tout le monde l’emploie aujourd’hui, revendiquée par Edison en Amérique, dans un brevet n° 2o3,oi6 en date du 3o avril 1878, brevet que nous tenons à la disposition de MM. les experts comme preuve surabondante de la différence qui existait, dans l’esprit mêmè d’Edison, entre la bobine Ruhmkorff et l’appareil d’induction à aimant et bobines séparées de son certificat du i5 janvier 1878, appareil qui n’est que la reproduction rigoureuse de ceux qui figurent dans ses brevets américains antérieurs au 3o avril rÔ78.
- Le jugement ordonnait la comparaison de l’appareil formant l’objet du brevet avec les appareils saisis. Cette comparaison n’a pas eu lieu par suite de l’impossibilité de la
- Société de présenter un seul appareil ressemblant sérieusement aux dessins de son brevet.
- D’autre part, l’originalité de notre téléphone tient A ce que l’effet mîcrophonique est produit par le glissement des charbons mobiles dans la gaine charbonneuse, ce qui est facile à démontrer en remplaçant la gaine charbonneuse par une gaine métallique.
- L’effet téléphonique disparaît alors presque entièrement, ce qui prouve bien qu’il était dû à la friction des deux surfaces rugueuses eu charbon.
- Nous repoussons de la façon la plus absolue l’accusation portée contre nous par la Société et nous nous réservons de revendiquer devant le tribunal une indemnité proportionnelle au tort commercial qui nous a été fait volontairement.
- Journaux, constructeur.
- Bourdin, ingénieur conseil.
- FAITS DIVERS
- Les usines de Maries, près de Béthune (Pas-de-Calais), offrent un exemple des nombreuses applications que l’électricité peut trouver dans les industries de cette nature. On y voit eu effet l’éclairage électrique, un réseau téléphonique, une transmission électrique de signaux, un compteur de tours électrique pour ventilateur, toutes installations donnant d’excellents résultats.
- L’éclairage comprend 60 lampes Edison dans les bâtiments et les ateliers, et 4 lampes à arc établies aux abords des puits; des lampes de 32 bougies sont en outre placées pour éclairer les câbles de descente des cages où elles rendent de grands services, en permettant de distinguer très facilement les marques qui indiquent les différents points d’arrêt, malgré la vitesse dont ces câbles sont animés.
- Quant à la transmission électrique des signaux, elle est installée entre le fond de la mine et la recette du jour, et remplace les anciens systèmes à cordes ou à tringles dont le fonctionnement était incertain et irrégulier. C’est celle qui a été décrite dans un des précédents numéros de ce journal.
- Comme nous l’avons dit plus haut, ce système assure la régularité du service; il procure en outre une grande économie de temps : d’après ce qui nous a été dit, il permettrait d’élever par jour 10 tonnes de plus qu’avec les anciens procédés.
- Enfin, la Compagnie des mines de Maries a voulu empêcher les ouvriers de faire varier, suivant leurs désirs, la marche des ventilateurs chargés de l’aération des galeries souterraines; dans ce but, elle a établi sur l’appareil un compteur de tours électrique qui enregistre d’une façon continue la vitesse des ventilateurs et permet de constater la moindre irrégularité.
- Ces différentes installations ont été faites par la maison Brcguet, sous lu direction de M. Thiry, ingénieur en chef de la Compagnie.
- Le gouvernement anglais a fait faire des expériences avec une nouvelle torpille gouvernée au moyen de l’électricité. Il paraît que les résultats ont été très satisfaisants.
- Les journaux américains annoncent que depuis dix-huit mois M. Mackay a placé plus'de 5o millions de francs en valeurs d’électricité et surtout dans différentes entreprises de télégraphie.
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- Éclairage électrique
- Dans sa réunion de vendredi soir io avril, le syndicat du Palais-Royal a décidé de faire installer 3 ooo lampes à incandescence dans les différents magasins du Palais-Royal.
- Voici la liste des lampes à arcCance, installées en France et à l’étranger, au ier avril i885:
- Paris
- Ministère des postes et télégraphes............ 37 lampes
- Cercle des Arts libéraux....................... 10 —
- Menier, usine de câbles, à Grenelle............ 24 —
- Magasin du Gagne-Petit......................... 10 —
- Musée Grévin................................... 2 —
- Chemins de fer de l’Est..................... 3 —
- Chemins de fer du Nord........................ 10 —
- Départements et étranger
- Menier, fabrique de chocolat, à Noisiel .... 28 —
- Raffinerie parisienne, à Saint-Ouen......... 5 —
- Carion Delmotte, constructeurs, à Anzin. ... 6 —
- Schlumberger fils, tissage mécanique , à
- Mulhouse.................................... 2 5 —
- Schœffer-Lalance, imprimerie sur étoffes, à
- Mulhouse.................................... 5 —
- Heilmann, Ducommun et Steinfein, constructeurs, à Mulhouse............................. 25 —
- David, Troullier, Adhémar, dentelles, à Tarare 43 — Société industrielle pour la schappe, à Bâle . . 8 —
- A Magdebourg.................................. 10 —
- A Munich....................................... 8 —
- Total............... 252 lampes
- La fabrication actuelle des lampes à incandescence en Angleterre s’élève à 20000 lampes par semaine, dont la Compagnie Swan livre i3ooo, sans cependant pouvoir satisfaire à toutes les commandes. MM. Woodouse er Raw-son en fabriquent 4000 par semaine et la Compagnie Victoria environ 2000. Le reste est fourni par plusieurs entreprises sans importance.
- La Peninsular and Oriental Steam Navigation C° vient de faire faire des essais comparatifs d’appareils de projection de lumière électrique à bord du steamer le Balarat, en vue de la traversée nocturne du canal de Suez. Le courant était fourni par la dynamo Siemens, qui sert à l’éclairage du navire. Les projecteurs étaient au nombre de deux, dont l’un, présenté par MM. Siemens frères, de Londres, était de grande dimension avec une grosse lentille dioptri-que Fresnel et un miroir parabolique. Grâce à son volume, on a pu employer des courants d’une intensité de 60 à 65 ampères sans aucun inconvénient.
- L’autre projecteur était présenté par MM. Sautter-Le-monnier, de Paris; sa petite dimension et sa légèreté ne permettaient pas d’employer des courants dépassant de 40 à 45 ampères, et son optique comprenait un miroir aplané-tique du colonel Mangin et un poste à lentille divergente.
- C’est ce dernier appareil qui s’est montré le plus pénétrant, et à la suite de ces expériences l’amirauté anglaise vient de commander vingt projecteurs du même système pour l’armement de ses cuirassés et croiseurs. Ces appareils doivent être livrés à bref délai.
- La construction du chemin de fer de Berber à Souakim. se poursuit maintenant jour et nuit, depuis l’installation de la lumière électrique.
- Les installations d’éclairage électrique de la American Electric and llluminating Company (système Thomson Houston) continuent à augmenter d’une façon régulière. En outre des stations exploitées directement par cette Société on en compte déjà aux Etats-Unis un très grand nombre établies par ses Compagnies filiales. Ces dernières réunissent à elles seules 3524 foyers; les plus importantes sont celles de :
- Boston, à la Merchants’ C°............. . 405 foyers.
- Lowell, Mass,, à la Middlesex C°.......... 3oo —
- Worcester, Mass., à la Worcester C° . . . . 3oo —
- Hartford, Conn., à la Hartford C°....... 25o —
- Portland, Me., à la Consolidated C°..... 200 —
- Providence, R. I., à la Narragansett C°. . . 200 --
- Bridgeport, Conn., à la Bridgeport C° . . . 175 —
- La Pennsylvania Railroad C° continue à faire des expériences d’éclairage électrique des trains au moyen d’accumulateurs Brush. Les lampes fonctionnent sur les trains de la ligne entre Altona et Pitlsbourg où elles ont donné entière satisfaction. Les accumulateurs sont chargés par une dynamo Brush qui marche environ 9 heures pour charger les batteries avec assez d’électricité pour un voyage aller et retour.
- Au Ier janvier 1885, le nombre des lampes électriques employées à l’éclairage des rues de Boston était de 401. L’introduction de la lumière électrique à Boston date du i5 février 1882, quand la Brush Electric Light C° a installé 5 foyers à titre d’expérience. Le 1^ janvier i883 il y avait 114 foyers; à la même date de l’année 1884 il y en avait 38i, et enfin l’année 1884 a porté ce nombre à 401, dont 218 sont du système Brush, 141 sont du système Weston et les 42 restants appartiennent à des sociétés locales de moindre importance.
- Le grand hôtel d’été à Annisten, en Alabama, va être éclairé avec 3oo lampes à incandescence distribuées dans tout le bâtiment. Plusieurs lampes seront suspendues au-dessus du grand balcon qui fait le tour de l’hôtel. Le courant sera fourni par une dynamo Brush.
- Le grand Opéra Horm, de New-York, va être éclairé avec une nouvelle lampe à incandescence de M. Perkins alimentée par des dynamos Mather. La lampe présente cette particularité qu’elle contient quatre filaments et pourra donc donner à volonté 8, 16, 24 ou 36 bougies, selon le nombre de filaments qu’on utilise à la fois. Un accident arrivé à l’un des filaments n’empêchera donc pas les autres de fonctionner, de sorte que ces lampes pourront servir quatre fois plus longtemps que les types ordinaires à un seul filament.
- Les rues de la ville de Chillicothe, en Ohio, vont prochainement être éclairées à la lumière électrique. La Compagnie Brush y installe en ce moment 100 foyers à arc.
- La Chesapcakc and Potoraac Téléphoné Company, de Washington, a déjà remplacé 10000 milles de ses lignes par des câbles souterrains, et on se propose d’étendrè considérablement le réseau souterrain pendant l’été prochain, Une somme de i5oooo fr. a été mise de côté dans ce but.
- A l’occasion de 1 avènement du nouveau Président des Etats-Unis, i’United States Electric Light Company a fait
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- installer huit foyers à arc devant l’entrée delà maison Blanche, à Washington. Les fils sont placés sous terre et montent à l’intérieur des poteaux jusqu’aux lampes. L’installation a donné tant de satisfaction que la Compagnie a été chargée de la rendre définitive.
- On annonce qu’un procès pendant depuis plusieurs années en Amérique entre Edison et MM. Sawyer et Man au sujet de la priorité pour l’invention d’un filament de fibre carbonisée pour les lampes à incandescence a été décidé en faveur de ces derniers. Cette décision est regardée comme très importante pour l’avenir de l’éclairage électrique à incandescence dans les Etats-Unis.
- La ville de Jamestown, dans l’Etat de New-York, va être éclairée prochainement avec go foyers à arc du système Brush. La moitié de ce nombre fonctionne déjà. La Compagnie Brush a traité avec la ville d’Erie, en Pennsylvanie, pour l’éclairage des rues, et la lumière électrique commencera déj à à fonctionner la semaine prochaine.
- Depuis quelque temps on travaille au bureau principal des postes, à New-York, à l’installation de 1600 lampes à incan* -descence du système Weston qui fonctionneront dans peu de temps.
- La Providence and Stonington Steamship O vient de traiter avec la Brush Electric Light C° pour l’installation de la lumière électrique à bord de deux de ses plus grands steamers, le Massachusetts et le Rhode Island. Chaque navire sera muni d’une dynamo Brush et de 5oo lampes à incandescence Swan.
- Télégraphie
- L’administration des Postes et Télégraphes en Angleterre se propose de changer les blancs télégraphiques à partir du i«r août prochain et d’adopter le modèle généralement employé sur le continent.
- Le Comité parlementaire nommé à Londres pour examiner la question des fils télégraphiques et téléphoniques s’est réuni jeudi le 16 de ce mois. M. Johnstone, le président de la Commission des égouts, a été entendu par le Comité, et selon lui, il serait préférable d’avoir tous les fils sous terre, mais il ne croit pas ce plan réalisable, d’abord à cause des frais énormes qui finiraient par ruiner les entreprises d’électricité, et ensuite parce qu’il n’existe jusqu’à présent aucun système pratique pour empêcher les phénomènes d’induction. Il croit donc qu’il faudrait enterrer les fils télégraphiques, et conserver les lignes téléphoniques aériennes.
- Le village de Dal ou Sarkamatto, sur le Nil, a été pourvu d’une station télégraphique par les ingénieurs anglais.
- L’administration impériale des télégraphes en Chine, annonce que les télégrammes privés écrits en chiffres ou en langage convenu sont de nouveau acceptés sur les lignes de terre en Chine, en destination de Pékin, Tientsin, Han-koW, Swatow, Canton, etc.
- La guerre franco-chinoise a, comme on le sait, servi à accélérer la construction du réseau de télégraphes électriques, même dans l’intérieur de l’empire chinois.
- Les principales villes de la frontière du Yunnam ont été reliées à Canton, par des lignes improvisées que les mandarins militaires aidés par des ingénieurs étrangers ont conduites à travers d’immenses forêts, en abattant seulement quelques arbres.
- Le conflit anglo-russe a été le signal d’un progrès de même nature. En effet, on nous apprend que la ligne de la Caspienne et de l’Aral qui aboutit à Askabad, a été poussée jusqu’à Merv. Il en résulte que les nouvelles de Saint-Pétersbourg peuvent parvenir en un jour à l’armée qui occupe le territoire contesté du Pendjeh.
- En effet, il ne faut pas plus de 24 heures à des courriers partant de cette ville pour se rendre au quartier du général Komaroff, en remontant le cours du Murgab.
- Il n’est même pas impossible que la lacune ait été comblée à l’aide du télégraphe de campagne, dont les armées russes ont été toujours convenablement pourvues.
- Nous apprenons d’autre part que les habitants de Hong-Kong, la riche colonie anglaise située en face de Macao, s’inquiètent de n’être reliés à l’Angleterre que par un câble traversant des pays non soumis à la Couronne Britannique. En effet, le congrès de la neutralité des câbles a oublié de traiter une question très importante.
- Les télégrammes à destination d’un pays belligérant peuvent-ils être considérés comme étant une contrebande de guerre. Ce cas se subdivise lui-même en deux autres, suivant qu’il s’agit de télégrammes chiffrés ou de télégrammes en clair.
- La conséquence de ces inquiétudes paraît devoir être la demande de la construction d’une ligne exclusivement anglaise, et qui devra être par conséquent protégée par les croiseurs britanniques.
- La grande Compagnie des télégraphes du Nord annonce qu’une nouvelle station télégraphique vient d’être ouverte à Newchwang, en Chine. Le prix des dépêches pour cet endroit a été fixé à 12 fr. 5o par mot.
- Dans sa séance du 14 avril, la Chambre des Lords, en Angleterre, s’est occupée de la question de la protection des câbles sous-marins en temps de guerre. Un projet est actuellement à l’étude pour l’établissement d’une ligne télégraphique directe entre Singapore et Hong-Kong, mais aucune décision n’a encore été prise. La question de savoir si les puissances neutres remplissent leur devoir, en transportant à travers leurs territoires des dépêches de guerre n’a jamais été tranchée.
- Le réseau télégraphique de l’Etat, en Allemagne, va être augmenté pendant l’année 188S-86, de 2860 kilomètres de lignes, avec 6 175 kilomètres de fils, de sorte que la longueur totale sera à la.fin de l’année portée à 65600 kilomètres de lignes, avec 212 000 kilomètres de fils. On installera également 600 nouveaux bureaux télégraphiques ouverts au public. Un grand nombre d’installations téléphoniques sont projetées,'tant dans les différentes villes, que d’une ville à une autre.
- Le 5 avril dernier a eu lieu à New-York, dans le bâtiment de la Western Union Telegraph C°, un concours télégraphique, avec trois prix de 125, 75 et 5o francs chaque. Il est probable que plusieurs concours locaux de ce genre auront lieu sous peu, en attendant le grand concours national de télégraphie, qui commencera à l’automne prochain.
- Il paraît que le réseau pneumatique, récemment établi à New-York par la Western Union Telegraph O, ne donne pas entièrement satisfaction, d’abord parce que la transmission occupe environ 20 minutes, c’est-à-dire presque autant
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- de temps qu’il faudrait à un facteur pour franchir la distance par le chemin de fer aérien, et ensuite parce que plusieurs dépêches sont restées dans le tube. Sur 14 télégrammes qui se sont perdus de cette manière, on n’en a retrouvé que i3.
- La Western Union Telegraph C°, de New-York, dispose chaque année de 100 tonnes de vieux fils télégraphiques. La vie moyenne d’un fil est de cinq à sept années, un peu moins pour ceux qui se trouvent près de la mer ou près des grands lacs que pour les lignes à l’intérieur du pays. Le fil télégraphique généralement employé en Amérique est en fer galvanisé n° 8, dont 16 pieds pèsent environ 1 livre. Les premiers fils téléphoniques étaient du n° 16 n’ayant que 1/20 pouce de diamètre. Us se sont cependant bientôt rouillés et cassés par la neige et la glace, de sorte qu’on a dû les abandonner après l’expérience d’un premier hiver.
- La ville de New-York contient aujourd’hui 61 kilomètres souterrains, tandis que Boston a i5ooo pieds (en sections de 3 000 pieds) et Chicago 800 milles qui sè composent pour la grande majorité de fils téléphoniques.
- La dépêche transmise par le nouveau câble Mackay-Ben-nett, pour annoncer le résultat des régates entre les Universités d’Oxford et de Cambridge est arrivée à New-York cinq secondes, en tenant compte de la différence d’heure, après la fin de la course.
- Le 27 mars dernier, le président de la Central and South American Cable C° a télégraphié au ministre de l’intérieur à Washington, que le commandant d’une canonnière colombienne, arrivé le 26 à l’embouchure du fleuve de Buenaven-tura avait coupé le câble de la Compagnie, et interrompu toute communication avec l’Amérique du Sud. Le câble a été réparé immédiatement, mais la Société demande la protection du gouvernement américain.
- Les négociations qui se poursuivaient depuis longtemps entre la.Postal Telegraph C°, et la Bankers and Merchants Telegraph C°, ont enfin abouti par une entente d’après laquelle la dernière Société est absorbée pai la première.
- Téléphonie
- La Journal ojjiciel du S avril publie l’avis suivant :
- MINISTÈRE DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES.
- Des cabines téléphoniques publiques, permettant à toute personne de communiquer soit avec les abonnés du réseau, soit avec toute personne placée dans une autre cabine, seront ouvertes à Paris, le 6 avril, dans les salles d’attente des bureaux de poste et de télégraphe ci-après :
- Hôtel de Ville. — Rue Monge, 104. — Rue de Bourgogne, 2 (Chambre des députés). — Avenue Duquesne, 40. — Rue d’Enghien, 21.
- Par suite de l’ouverture de ces nouvelles cabines, le nombre total des bureaux pourvus d’un service téléphonique public sera pour Paris de 5g, répartis comme il suit dans les arrondissements :
- Ier Arrondissement. — Recette principale. — Avenue de l’Opéra. — Rue des Halles. — Rue Etienne-Marcel, 25.
- 20 Arr. — Palais de la Bourse. — Rue de Choiseul. — Rue de Cléry.
- 38 Arr. — Rue des Haudriettes. — Rue Réaumur.
- 4“ Arr. — Hôtel de Ville. — Tribunal de commerce. — Rue des Francs-Bourgeois.
- 5° Arr. — Rue de Poissÿ, rue Monge.
- 6« Arr. — Rue de Vaugirard. — Rue du Vieux-Colombièr.
- — Rue Bonaparte. — 104, boulevard Saint-Germain. — Rue Littré.
- 7° Arr. — Rue de Bourgogne. — Avenue Duquesne. — Rue de Grenelle. — Boulevard Saint-Germain. i83.
- 8° Arr. — Boulevard Malesherbes, 6. — Boulevard Ma-lesherbes, loi. — Avenue des Champs-Elysées. — Boulevard Haussmann, 65. — Rue d’Anjou-Saint-Honoré.
- 9° Arr. — Rue Milton. — Rue de Provence, 54. — Rue Gérando. — Boulevard de Clichy. — Grand-Hôtel. — Rue Lafayette, 42.
- io° Arr. — Rue d’Enghien. — Rue de Strasbourg. — Gare du Nord. — Boulevard Saint-Denis.
- ii« Arr. — Boulevard Beaumarchais. — Boulevard Voltaire. — Place de la République.
- 12e Arr. — Rue de Citeaux. — Rue Gallois — Rue de Lyon, 24 et 26.
- i3e Arr. — Avenue des Gobelins, 20.
- 14° Arr. — Boulevard Montparnasse. i5° Arr. — Rue Lecourbe, 123.
- 168 Arr. — Avenue Marceau. — Rue Guichard. — Place d’Eylau. — Rue de Passy, 80.
- 17° Arr. — Rue des Batignolles. — Avenue de la Grande-Armée. — Rue Logelbach, 4.
- 180 Arr. — Boulevard Ornano.
- 19° Arr. — Rue d’Allemagne, 139. — Rue d’Allemagne, 3.
- — Rue d’Allemagne, 211.
- La taxe des communications échangées par l’intermédiaire des cabines téléphoniques publiques est fixée à 5o centimes par cinq minutes de conversation.
- Le i5 avril dernier, le service de la correspondance téléphonique a été ouvert entre les réseaux concédés d’Anvers et de Gand, en Belgique. Les taxes et les diverses conditions de la correspondance, sont les mêmes que celles que nous avons publiées lors de l’ouverture de la correspondance téléphonique entre Bruxelles et Anvers.
- La direction du chemin de fer de Saint-Pétersbourg à Moscou a fait établir une communication téléphonique entre les deux villes séparées de 645 kilomètres. Il parait que, grâce à un nouveau système de microphone, la conversation est très facile.
- L’Inter-Continental Téléphoné O a obtenu une concession du gouvernement de Venezuela, pour l’établissement et le maintien de lignes téléphoniques dans et entre les différentes villes du pays. A Caracas, la Compagnie possède déjà 475 abonnés et à La Guayra 800; ces deux réseaux sont reliés par 4 fils, de sorte que les abonnés des deux villes peuvent se parler avec facilité. Un semblable système est également établi entre les villes de Valencia (i5o abonnés) et Porto-Cabello avec 125 abonnés; et on se propose d’en introduire à Maracaibo, Barquisimeto, Bolivar, Barcelone et les autres villes de Venezuela, où il sera possible de réunir au moins 5o abonnés.
- La Colombia and Panama Téléphoné and Telegraph C° a établi des réseaux téléphoniques à Bogota, Barranquilla et Cartagena. D’autres seront également installés dès qu’on aura réuni un nombre d’abonnés suffisant pour l’établissement d’un bureau central.
- Une pétition signée par 4500 personnes a été présentée à la législature de l’Etat de Massachusetts dans le but de faire régler les prix du service téléphoniqne par une loi. Les signataires se plaignent du prix trop élevé que demandent les Compagnies téléphoniques; mais on pense généralement
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- qu’il sera impossible de régler l’industrie téléphonique par une loi.
- Le tableau suivant contient une statistique, exacte de l’état de la téléphonie en Allemagne à la fin du mois d’octobre
- 1884, et pour tous les réseaux établis par le gouvernement dans les différentes villes du pays :
- Vingt de ces réseaux sont reliés entre eux par un nombre de fils variant de 1 à io, et d’une longueur totale de 1077 kilomètres.
- NUMÉROS NOMS DES VILLES NOMBRE des abonnés BUREAUX télépho- niques aux Bourses BUREAUX publics T 0 T A L des appareils installés LONGUEUR en kilo ^ ^ sur poteaux en bois DES LIGNES mètres sur poteaux en fer LONGUEUR du fil en kilomètres
- 1 Aix-la-Chapelle 60 » to 5,75 14,03 82,97
- 2 Altona 8l » 1) 8l 2,50 6,87 13,00 124,83
- 3 Barmen. 36 n » 36 9,26 Ôl, 11 .
- 4 Berlin 2178 20 9 2207 65.28 2II,96 4175,55
- 5 Beuthen 116 » » 116 i3o,6i 2,97 13,96 1259,49
- 6 Brunswick 61 11 » 6l 6,85 65 96
- 7 Brême 187 j) » 187 2,98 28,01 i65,g5
- 8 Bremerhaven 32 » » 32 0,86 6,28 43,42
- 9 Brèslau 187 2 » 189 60,99 31,86 38i,85
- :o Charlottenbourg (relié à Berlin). 17 * » 17 » » »
- 11 Chemnitz 128 » » 128 5,26 23,73 122,36
- 12 Cologne 223 2 2 227 16,59 33,38 339,35
- i3 Copenik 5 » >1 5 L»94 2,43 0,25 4,50 i63,58
- 14 Crefeld 171 » » 17* 28,41
- i5 Danzig et ses environs 99 1 I 101 40,10 15,27 310,26
- 16 Deutz 32 » 1 33 11,48 5,91 62 81
- 17 Dresde 354 i) » 354 25,2 5 44,44 25,84 525,24
- 18 Dusseldorf 84 » >1 84 8,40 179,50
- IQ Elberfeld 82 » >> 82 7,36 21,54 160,09
- 20 ’ Erflirt 23 » >1 23 3.55 6.58 34,8b ,
- 21 Francfort sur*le-Mein 366 yy 1 367 14,10 58,43 414.70
- 22 Gebweiler 2b » » 26 33.45 5,55 n7,49
- 23 Glasbach 69 » 69 4,85 19,93 116,i3
- 24 Halle 77 » 77 5,41 9.75 97,29
- 25 Hambourg. 1224 tt 1 1225 27 00 93 5o 1899,46
- 26 Hanovre 142 i) 142 * 19,63 4,81 199,60
- 27 Harbourg 35 *» » 35 3.o6 4i 20 48,31
- 28 Karlsruhe (Bade) •' 38 » » 38 6,66 11,18 53,86
- 29 Kiel 68 )! 1 69 15,09 7,35 76,16
- 3o Konigsberg (Prusse) 087 Il I 88 3,21 14 >92 97-30
- 3i Leipzig 321 •» J »> 321 24, t4 8 45 5o,65 4^8.70
- 32 Lübeck 63 *» » 63 5,46 75,98
- 33 Magdebcurg 194 n » *91 21,82 19,65 279,84
- 34 Mayence. . 65 » » 65 7.93. 37,74 11,23 65,72
- 35 Mannheim 254 1 255 32,11 825,46
- 36 Mulhouse (Alsace) 143 i> 1 144 i3,86 34,55 170.97 205.4b
- 37 Potsdam. 38 » 1 39 29.70 12,17
- 38 Rheydt 12 » » 12 1,20 3,40 23,54
- 39 Steinwærder 11 » » 11 . 7.02 2,30 56,19
- 40 Steglitz * • 5 » » 5 2,19 » 7,84
- 41 Stettin 222 » 222 12,52 24,50 3i5,55
- 42 Strasbourg (Alsace) Thann (A'sace) 112 » 2 114 i5,68 21 ,92 i5g,7I
- 43 i5 y> » i5 8,66 » 73,11
- 44 Werdingen 5 » » 5 i,63 )> 3,co
- 45 Wandsbech 11 n » 11 2,30 4,12 23,40
- 46 Westend 7 *» » n t » » »
- Total : 46 réseaux 7766 25 22 7813 : 732,37 995,36 13649,90
- Contre : 37 réseaux 58i3 25 i3 5851 518 832 10431 à la fin de i883
- La New^Eugland Téléphoné C°, de Boston, vient de com- j mehcer la construction de plusieurs longues lignes téléphoniques en fil de cuivre qui relieront Boston avec les villes de Worcester et de Springfield, dans la partie ouest de l’Etat de Massachusetts.
- Des lignes semblables seront construites par la Compagnie, cette année, dans les Etats de_ Maine. New-Hampshire et Vèrmont.
- Une communication téléphonique vient d’être établie entre Youngstown et Pittsbourg, en Pennsylvanie.
- Le Gérant ; î>r C.-C. Soulager.
- Paris. —. Imprimerie P. MouiUot, i3, quai Voltaire* — 56338
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7* ANNÉE (TOME XVI) SAMEDI 2 MAI 1885 N» 18
- SOMMAIRE. — Rapport sur l’éclairage électrique des rues de Londres; W.-H. Preece. — Le procès Edison contre Swan, en Allemagne; Dr Th. Stein. — Détails de construction des machines dynamos (40 article); G. Richard. — Exposition d’électricité de Philadelphie : Téléphonie (suite)-, B. Abdank-Abakanowicz. — L’usine de la Bell Téléphoné Manufacturing O, à Anvers; H. de Rothe. — Chronique de l’étranger : Allemagne; Dr H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch et M. Krouchkoll. — Sur la cause de l’électrisation des nuages orageux, par M. Pellat. — Recherches électriques par G. Quincke. — L’éclairage électrique appliqué à la photographie, par M. O. Volkmer. — Un nouveau support isolant pour des expériences d’électricité statique. — L’éclairage électrique des trains de chemins de fer. — Faits divers.
- RAPPORT
- suu
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DES RUES DE LONDRES (‘)
- Le 20 septembre i883 les commissaires ont accepté la proposition de faire certaines expériences afin de déterminer, par le calcul et l’expérience, la meilleure manière de distribuer des lampes à incandescence pour éclairer nos rues d’une façon efficace.
- J’avais déjà démontré les avantages et les inconvénients relatifs des lampes à arc et à incandescence pour cet emploi. La lumière de la lampe à incandescence est constante, fixe et uniforme, et s’adapte bien pour l’éclairage régulier des rues. Les lampes n’exigent aucun soin ni aucun réglage ou nettoyage. On peut les -rallumer et les éteindre dans un instant. Bien qu’on puisse utiliser les réverbères du gaz existants on pourra fixer les lampes n’importe où et on peut ainsi réaliser pratiquement la solution théorique du difficile problème de la bonne distribution de la lumière.
- Dans un rapport préliminaire j’ai déjà indiqué
- ' 1 *
- P) Ce rapport a été adressé par M. W.-H. Preece au comité des rues de la commission des égouts de la ville de Londres.
- le caractère des expériences que j’ai faites dans la Cité et à Wimbledon; je vais maintenant les examiner en détail aux points de vue suivants :
- 1. La mesure de la lumière;
- 2. La distribution de la lumière ;
- 3. La mesure de l’électricité;
- 4. La distribution de l’électricité;
- 5. Les frais de production.
- Je parlerai également des questions de l’éclairage domestique, de l’éclairage par stations centrales et de l’éclairage des rues.
- Il est très facile de mesurer l’intensité d’une source lumineuse quand on a à sa disposition une chambre noire et un bon photomètre ; mais il est bien plus difficile de mesurer la lumière dans la rue ou dans une salle quand elle émane de beaucoup de sources fixées dans beaucoup de positions et à différentes distances et quand elle tombe sous différents angles. La condition actuelle de la photométrie pratiquement appliquée à l’éclairage électrique est loin d’être satisfaisante. Pour remédier à cet inconvénient nous ne devons pas nous attacher à une comparaison directe entre la lumière émise par une sourée à mesurer, comme par exemple un bec de gaz, et un étalon de lumière connu comme la bougie anglaise ; mais nous devons plutôt prendre comme étalon de comparaison une surface éclairée à une certaine intensité, quelle que soit la source lumineuse qui l’éclaire et sa position. Ce qu’il importe de connaître ce n’est pas
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tant l’intensité de la lumière émise par une certaine lampe, que l’intensité d’éclairement de la surface d’un livre qu’on est en train de lire ou du papier sur lequel on écrit, ou des murs sur lesquels sont suspendus des tableaux, ou de la surface des rues ou du pavé sur lequel se fait la circulation; en effet, nous désirons connaître le degré d’éclairage produit par la lumière émise et non par l’intensité des rayons de la source lumineuse. Un éclairage de ce genre ne dépend en général pas d’une seule source, mais d’un grand nombre distribué de toutes les manières possibles. Pour obtenir des données certaines au sujet de l’éclairage de nos rues, j’ai donc proposé de mesurer l’éclairage de surfaces tout à fait indépendantes des sources lumineuses qui les éclairent.
- Il a d’abord été nécessaire de fixer un étalon pour la comparaison, car tous les sytèmes de mesure ne sont que des comparaisons numériques avec une unité choisie arbitrairement comme étalon. Nous mesurons les distances en mètres, les poids en kilogrammes et le temps en secondes. Nous connaissons la capacité de nos yeux en lisant au grand jour, dans le crépuscule, au clair de la lune et au gaz, comme à la lumière à l’huile ou à celle des bougies. Dans une chambre mal éclairée, il est souvent nécessaire, en lisant, d’augmenter l’éclairage de la surface des livres en allumant une deuxième bougie ou en plaçant la lampe tout près du livre. L’étalon légal de lumière en Angleterre est une bougie de spermaceti brûlant à raison de 120 gr. par heure. En France, l’étalon est représenté par la lumière émise par une lampe Carcel brûlant 42 grammes d’huile de colza pure par heure, d’une hauteur de flamme de 40““. Une seule bougie étalon placée à une distance d’un pied environ, et une lampe Carcel étalon à un mètre de la page qu’on lit donnent un éclairage très suffisant.
- Comme le système métrique tend à se généraliser dans notre pays et comme nos relations avec les fabriques et les mesures de l’étranger deviennent de plus en plus intimes, il était important d’établir un étalon applicable aux deux systèmes et dans tous les pays. J’ai pris pour étalon la quantité d’éclairement donnée par une bougie étalon britannique fixée à une distance de 12,7 polices. Il est facile de produire cet étalon qui correspond à la lampe Carcel à la distance d’un mètre. C’est le même éclairage que donne une flamme de gaz fixe brûlant 5 pieds cubes par heure à Londres et fixée à une distance de 3,g6 pieds, ou une lampe à incandescence de 20 bougies à une distance de 4,75 pieds, ou bien encore un foyer à arc de 1 000 bougies à io5,8 pieds. En termes de cet étalon, l’éclairage au pied,d’un de nos réverbères à gaz ordinaire est de 0,1, tandis qu’il est de 1,8 au pied d’une lampe à arc
- ordinaire. En donnant à cet étalon le nom de lux la lumière au pied d’une lampe à gaz serait un dixième ou un decilux, tandis que celle au ,pied d’une lampe Brusch serait de 1,8 luces.
- Après avoir établi un étalon de comparaison, il fallait trouver un appareil de mesure pour déterminer le rapport arithmétique entre cet étalon et la lumière à mesurer. Il fallait faire un instrument léger et portatif pour pouvoir le transporter dans les rues. Il fallait encore pouvoir s’en servir à tout instant et en tout lieu et l’instrument devait être absolument uniforme. Je me suis inspiré des lampes employées pour les danseuses au théâtre de Savoy dans Ylolanthe. Il y avait là quelque chose de portatif, d’uniforme, de facile à fabriqueret pouvant être réglé. Une de ces lampes a été placée dans une petite boîte ayant à son sommet un écran en papier blanc sur lequel il y avait une tache de graisse. En augmentant ou en diminuant le courant qui alimentait la lampe, j’ai pu varier l’éclairage d’un côté de la tache de graisse. Quand il s’agissait de mesurer l’éclairage d’un espace quelconque, cette boîte était simplement placée à l’endroit en question et en réglait le courant jusqu’au moment où la tache de graisse eût disparu. Le courant électrique devenait alors la mesure de l’éclairage, et un tableau très simple donnait le résultat exprimé en termes du nouvel étalon. L’appareil s’est montré si utile, si nouveau et si précieux, et il a fait ressortir une loi si nouvelle et si inattendue au sujet de la manière dont se comporte le courant, que j’ai porté la question à la 'connaissance de la Royal Society. J’ai dû construire plusieurs modèles avant d’en trouver un qui répondît entièrement à toutes les exigences de la pratique.
- Avant de donner les résultats de ces mesures je vais maintenant m’occuper d’un autre point.
- 1° LA DISTRIBUTION DE LA LUMIERE
- . La quantité d’éclairage reçue par une surface dépend de l'intensité de la source lumineuse et de l’angle d’incidence des rayons. L’intensité de la lumière diminue comme le carré de la distance augmente et aussi comme diminue le cosinus de l’angle forme par les rayons lumineux et la normale à la surface éclairée. Il s’en suit que l’éclairage pratique de nos rues présente un problème nullement facile à résoudre si l’on tient à avoir une lumière effective uniforme. Nous pouvons avoir un petit nombre de foyers intenses, comme les lampes à arc, placés à une distance considérable l’un de l’autre, ou nous pouvons avoir de nombreuses petites lampes distribuées avec des intervalles très courts. Dans le premier cas nous aurons ou bien un espace intermédiaire fort mal éclairé ou une perte de lumière énorme ; dans
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- l’autre cas nous pouvons obtenir une distribution assez uniforme de la lumière en observant les lois qui règlent cette distribution. Plus les foyers sont intenses et plus la distance entre eux est considé-
- FIGURE 1 a
- Distance entre les poteaux = la hauteur de la lumière au-dessus du sol. Variation du maximum = 4 0/0.
- Eclairage moyen ==s i,B fois le maximum d’une lampe.
- rable, plus la quantité de lumière perdue sera grande. Il fallait d’abord trouver comment la lumière
- I 1 G i; K E l b
- Distance = i,5 fois la hauteur.
- Variation de maximum = 16 0/0.
- Eclairage moyen = 1,2 fois le maximum d’une lampe.
- était distribuée pratiquement dans nos rues et ensuite déterminer la meilleure manière de le faire avec des lampes à incandescence.
- FIGURE I C .
- Distance == 2 fois la hauteur.
- Variation du maximum = 3o 0/0.
- Eclairage moyen = 0,9 fois le maximum d’une lampe.
- 2° LA DISTRIBUTION DE LA LUMIERE DANS NOS RUES
- Les lampes à arc Brush sont placées à une hauteur de i5 pieds au-dessus du niveau de la rue et à une distance moyenne de i5o pieds l’une de l’autre. Nominalement ce sont des lampes de i ooo
- bbugies, mais l’intensité moyenne de la lumière émise a été trouvée égale à 400 bougies.
- Les lampes à gaz sont placées à une hauteur de 12 pieds du sol et dans les principales rues à une distance de 66 pieds, mesure diagonale à travers
- FIGURE î J
- Distance = 3 fois la hauteur. *
- Variation du maximum = 65 0/0.
- Eclairage moyen =0,49 fois le maximum d’une lampe.
- la rue. Leur puissance lumineuse nominale est de 14 bougies, mais l’intensité moyenne ne dépasse pas 10. Les lampes à incandescence Edison sur le
- FIGURE I C
- Distance =s 5 1/2 fois la hauteur; distribution ordinaire des lampes à gaz, c’est-à-dire 12 pieds de hauteur, 66 pieds entre les réverbères.
- Variation du maximum, 9,37 0/0. Moyenne = 0,165 du maximum d’une lampe.
- Holborn viaduct ont été installées à la même hauteur et dans la même position que le gaz. Il y en avait quelques-unes de 32 et d?autres de 16 bou-
- FIGURE I /' (l)
- Distance entre les poteaux = 9 1/3 la hauteur.
- Variation du maximum 98 0/0.
- Distribution des lampes Brush à Chenpside.
- gies mais l’intensité moyenne de la lumière ne s’élevait qu’aux trois quarts de ces chiffres.
- La méthode la plus simple pour indiquer la ma-
- f1) Les lignes pleines représentent l’éclairage produit par
- chaque lampe.
- — poiutillées — l’éclairage résultant.
- —• brisées — l’éclairage moyen pour
- un certain nombre de lampes placées par groupes de cinq.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- nière dont ces lampes distribuent leurs rayons est d’avoir recours à une courbe dont la hauteur au-dessus de la ligne du sol à un endroit quelconque indique l’intensité de l’éclairage à cet endroit. Les courbes ia ib ic id îe i/sont les résultats de mesures faites et elles donnent le degré d’éclairage à différentes distances de la source lumineuse. La distribution de la lumière sur la surface diffère naturellement très sensiblement selon la manière dont la lumière est réfléchie ou brisée. Les trois quarts de la lumière émise par une lampe sous globe sont absolument perdus pour la rue ; la lumière se perd vers le haut. Quand l’intensité de la lumière ne peut pas être supportée par les yeux sans inconvénient on a l’habitude barbare de détruire 5o pour ioo du quart qui reste en entourant le foyer d’un globe opaque ou semi-transparent. Une bonne lampe à arc devrait donner une intensité de 1000 bougies par cheval-vapeur mais celles dont on se sert sont souvent réduites par absorption et obstruction, à moins de 25o bougies. On; perd ainsi de l’énergie et la dépense pour le'charbon ou le gaz devient plus grande en proportion. La distribution unifor-
- FIGURE 2. — Diagramme indiquant ,1a distribution produite par les lanternes dioptriques.
- me de la lumière sur la surface d’une rue consiste dans l’utilisation de ces rayons qui sont maintenant projetés dans l’air en pure perte, et dans leur diffusion sans une perte inutile par absorption.
- Les entreprises de gaz et de lumière électrique ont essayé, sans beaucoup de succès, plusieurs méthodes élémentaires et non scientifiques pour obtenir ce résultat. La lumière est toujours distribuée en taches brillantes avec des intervalles noirs. La lumière à gaz doit nécessairement être renfermée dans une lanterne qui empêche les courants d’air qui gêneraient la combustion tout en fournissant assez d’air pour faire brûler le gaz. Cette lumière ne s’adapte donc pas aussi bien à une distribution scientifique que la lumière électrique, qui peut être fixée partout et de toute manière. La question a été traitée d’une façon très habile et très scientifique parM. A. P. Trotter qui a'imaginé une lanterne dioptrique de beaucoup de mérite.
- Théoriquement il est tout à fait impossible de distribuer uniformément les rayons d’une lumière placée à une certaine hauteur sur une surface circulaire dont le diamètre est beaucoup de fois plus grand que la hauteur des lampes. M. Trot-
- ter a appliqué pour les lampes des rues les principes qui sont d’un effet si heureux dans les phares pour faire converger tous les rayons de lumière sur un plan horizontal. Il construit des globes ou lanternes en cristal anglais clair dont les modèles et les formes permettent de distribuer et de réfléchir la lumière selon le diagramme de la figure 2.
- L’influence de cette lanterne dioptrique pour la distribution delà lumière est démontrée parle diagramme de la fig. 2. La courbe pleine montre la diffusion naturelle des rayons lumineux, la courbe en pointillé montre l’effet des globes opaques, et la ligne droite horizontale montre l’effet du système de distribution au moyen de l’appareil dioptrique. Les surfaces couvertes par des courbes indiquent l’économie comparative de chaque méthode. On voit la perte occasionnée par le système d’obstruction ou du globe opaque.
- L’œil est affecté directement par l’intensité ou la qualité de la lumière. Il ne peut embrasser toute la quantité de lumière émise. La hauteur de la ligne verticale dans ces courbes donne l’intensité à un point quelconque et indique la manière dont l’œil est affecté en ce point. On voit par exemple que tandis que le prisme dioptrique en apparence fait baisser l’intenàité, il répand la quantité sur une surface plus grande. C’est pourquoi l’œil seul se trompe en estimant la valeur de la lanterne dioptrique, et ce n’est qu’au, moyen de mesures scientifiques avec des photomètres qu’on peut se former une idée vraie de l’efficacité du système.
- Il y a d’autres méthodes pour arriver à distribuer utilement les rayons qui sont actuellement perdus en les réfléchissant sur des surfaces blanches ou brillantes. Un grand nombre d’expériences de ce genre a été fait à Wimbledon.
- Ainsi que je viens de le démontrer, la distribution économique de la lumière est sérieusement affectée par sa diffusion, mais le problème pratique en ce qui concerne nos rues est plutôt déterminé par la quantité et le degré de lumière émise par chaque lampe, par sa hauteur au-dessus du sol et par sa position dans la rue.
- L’éclairage d’un point quelconque est la résultante de l’effet combiné de toutes les lampes avoisinantes dont les rayons tombent sur ce point. Il est très facile de calculer cette résultante quand il n’y a qu’un petit nombre de lampes, et il est encore plus simple de montrer le résultat par un diagramme.
- Les diagrammes ia ib ic id le if représentent cette distribution quand les foyers sont fixés à des distances variées l’un de l’autre et disposés en quinconce, c’est-à-dire comme le cinq de carreau ou de toute autre couleur d’un jeu de cartes.
- Quand la distance entre les lampes est égale à deux fois leur hauteur il y a une variation de 3o
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- pour cent et à trois fois la hauteur de 60 pour cent, mais avec la lanterne dioptrique la distribution est pratiquement uniforme.
- Il est très facile de démontrer qu’au point de vue économique et dans un espace illimité il revient meilleur marché dans des circonstances ordinaires d’avoir un seul foyer brillant, par exemple une lampe à arc de 1000 bougies fixée à une grande hauteur dans l’air que d’avoir par exemple 20
- lampes à incandescence de 5o bougies fixées à un niveau plus bas, mais nous ne nous occupons pas pour le moment de la question des frais, nous n’avons en vue que la distribution uniforme de la lumière afin d’éclairer nos rues de la manière la plus efficace possible.
- Le tableau suivant a été drèssé pour montrer la distribution théorique de la lumière de différentes sources.
- LAMPES A ARC sur poteaux de 30 pieds l AMPES A INCANDESCENCE sur poteaux de 12 pieds
- Intensité lumineuse nomiuale en bougies IOOO 5oo 20 50
- Energie en chevaux . . I 0.75 0,1 0,25
- Surface éclairée en acres 0.358 o,358 O, I 0,1
- Energie en chevaux par acre. 2,83 2,12 I 2,5
- Longueur de la rue en pieds 172 172 60 60
- Energie en chevaux par 100 pieds 0,58 0,435 0,167 0,41
- Eclairage maximum en becs 2 j 5 1.25 0. i3q 0,348
- — minimum — o,o55 0 0275 0,011 0.0275
- — moyen — 0.41 0,205 0,023 o,o575
- En réalité, le véritable éclairage moyen de la l lampe à arc n’est que d’un quart de la valeur calculée à cause de l’obstruction et de l’absorption et le véritable éclairage moyen de la lampe à incandescence est le double de la valeur calculée à cause de la réflexion et de la réfraction. Par conséquent, l’éclairage moyen de la lampe à incandescence de 5o bougies peut être à peu près le même que celui d’une lampe à arc.
- (A suivre.) W. H. Preece.
- LE
- PROCÈS EDISON CONTRE SWAN
- EN ALLEMAGNE
- A la date du 9 mars dernier, la deuxième chambre civile (KœniglichesLcindgericht 1) de Berlin a prononcé son jugement dans le procès intenté par Edison contre les frères Naglo, représentants de la Swan-Company, à Berlin, à l’effet de s’opposer à la vente par cette dernière maison de la lampe Swan. Bien qu’il ne s’agisse ici que d’une décision en première instance, et que le jugement 11e soit pas encore exécutoire, les considérants qui l’ont motivé se trouvent présenter une importance capitale au point de vue de l’industrie électrique en Allemagne.
- Ces considérants s’appuient en effet exclusivement sur deux dires du Patentamt allemand, de sorte que dans les procès ultérieurs, au cas où aucun arrangement n’interviendrait entre la Swan Company et la société allemande Edison, chaque
- tribunal s’en référerait à ces mêmes dires du Païen-iamt, à moins que cependant la cour d’appel (Reichsgericht) de Leipzig, dont les décisions ne sauraient être invalidées par aucun tribunal de l’empire allemand, ne rende un arrêt favorable à la Swan-Company.
- Nous avons entre les mains une copie du jugement en première instance, prononcé à Berlin, et nous croyons qu’il n’est pas sans intérêt de le porter à la connaissance des lecteurs de La Lumière Electrique, car des procès analogues peuvent se produire, non seulement en Allemagne, mais dans tous les pays où l’on prend des brevets tt les cours suprêmes trouveront parfois dans le jugement en question un guide pour leurs propres décisions. Mais avant de nous occuper de l’arrêt même, il n’est pas hors de propos de mettre le lecteur au courant de la situation exacte que présente aujourd’hui l’Allemagne au point de vue des lampes à incandescence.
- On 11e connaît sur le marché allemand que les lampes Edison, Swan, Muller et Bernstein. Il est vrai que la maison Greiner et Friedrichs, fabrique à Stiitzerbach, en Thuringe, une grande quantité de lampes à incandescence, mais par suite d’un acte sous seing privé passé avec la Société allemande Edison, ces lampes ne peuvent être vendues qu’a l’étranger. La lampe Muller fait l’objet de procès actuellement pendants à Hambourg; je me réserve d’en parler plus tard, après le prononcé du jugement, et je me bornerai à dire aujourd’hui que ce type de lampe est très peu répandu en Allemagne, et qu’en ce qui concerne la validité des, brevets, les lampes Edison, Swan et Bernstein, sont les seules dç>nt il y ait à s’occuper.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le brevet de M. Bernstein repose, comme on le sait, sur l’emploi d’un filament tubulaire obtenu par la carbonisation d’un tissu spécial; la Société allemande Edison forma opposition contre ce brevet le 26 avril 1884, mais elle fut déboutée de sa plainte en première et en deuxième instance par les tribunaux compétents. Le motivé de ce jugement tut le suivant : la section tubulaire du conducteur substituée à la section pleine ne peut être comprise dans les modifications de forme seule revendiquées à la suite du brevet Edison, car en donnant cette forme spéciale à son filament, l’inventeur a poursuivi un but déterminé, but qu’il n’a atteint que grâce à la forme en question.
- Pour ce qui est des procès Swan-Edison, il s’en plaide actuellement deux en Allemagne. Le premier a été, comme nous disions en commençant, intenté par Thomas Alva Edison, à la maison de commerce Naglo frères, de Berlin, afin de s’opposer à la vente par cette dernière maison de la lampe Swan; le deuxième procès est au contraire intenté par Joseph Wilson Swan, contre la Société allemande Edison.
- Dans ce dernier procès Swan attaque en nullité, près du Patentamt allemand, le brevet Edison n° 12 174, demandant éventuellement la modification de certaines revendications trop étendues. Il a été, en première instance, débouté des fins de sa plainte par le Patentamt allemand; aujourd’hui le procès se plaide en seconde instance (Reichsge-richt) à Leipzig, et c’est là qu’il recevra une solution définitive.
- Dans la plainte déposée par Edison contre la maison Naglo frères, il était demandé que les défendeurs fussent condamnés à supporter les frais, a), à cesser l’exploitation des lampes à incandescence exploitées par eux avant le dépôt de la plainte, b), à cesser la vente et l’offre de ces mêmes lampes, c), à s’abstenir dorénavant de l’emploi, de la vente et de l’offre des lampes à incandescence employées, vendues et offertes par eux avant le dépôt de la plainte, sous peine de se voir obligés à payer 1 000 marcs d’amende pour chaque infraction à ce jugement, d), à indemniser les plaignants des dommages résultants pour eux de ce que l’emploi, la vente et l’offre des lampes ont été continués depuis le dépôt de la plainte, e). Il était enfin demandé que jugement fût déclaré provisoirement exécutoire contre dépôt de garantie.
- La deuxième chambre civile (Kœnigliches Land-gericht I) de Berlin prononça le jugement qui suit : I). Les défendeurs s’entendent condamner à cesser l’exploitation des lampes à incandescence électriques construites d’après le brevet allemand n° i3 071, au nom de Joseph-Wilson Swan, lampes exploitées par eux avant le dépôt de la plainte et à s’abstenir dorénavant de l’emploi, de la mise en vente et de l’offre de ces mêmes lampes, II). Les
- plaignants sont déboutés du reste de la plainte, III.) Les frais judiciaires du procès incombent par moitié à chacune des parties, IV). Le jugement exposé sous la rubrique I sera déclaré provisoirement exécutoire, à condition que les plaignants déposent en garantie la somme de 5oooo marcs.
- La partie plaignante trouve que le principe de l’invention garantie parle brevet n° 12174 consiste dans la construction d’une lampe électrique où l’on pratique le vide et où l’on emploie comme conducteur un charbon mince dont la résistance au passage du courant électrique est plus grande que les résistances dont il a été fait usage jusqu’à ce jour pour les lampes électriques, et elle cherche à prouver que l’emploi d’un filament de coton ou de toute autre matière susceptible de se prêter à la fabrication des filaments, comme celles dont se sert Swan, porte atteinte aux revendications du brevet antérieurement accordé à Edison.
- Les défendeurs répondent que leurs lampes sont construites d’après le brevet allemand n° 13071 accordé à M. Swan, qu’il s’agit là d’un brevet qui ne dépend en aucune façon du brevet auquel fait appel la partie plaignante et que Swan a sans autre forme de procès le droit de s’en servir.
- Les considérants qui accompagnent le jugement et en vertu desquels la Cour s’est décidée à condamner les défendeurs, sont de la plus haute importance au point de vue du droit des brevets, surtout en ce qui concerne les lampes à incandescence, aussi crayons-nous utile d’y insister avec quelque détail.
- Voici un extrait de ces considérants: Pour ce qui regarde le dire des défendeurs, selon lequel les lampes du système Swan pourraient être vendues tant que le brevet Swan n° 13071 serait en vigueur, il y a lieu de remarquer que le droit conféré par un brevet est un droit absolu d’interdiction; il ne donne en première ligne au possesseur du brevet que la faculté d’interdire d’une façon générale l’usage, en dehors de son autorisation, de l’invention brevetée ; il résulte de là que dans le cas actuel le possesseur du brevet n° 13071 (Swan) aurait la faculté de s’opposer à l’emploi de son procédé pour la fabrication de filaments carbonisés, procédé qui consiste à traiter du coton ou du fil par l’acide sulfurique et à parcheminer ainsi ces matières. Mais il ne lui est pas permis d’exploiter industriellement son invention si, en ce faisant, il porte atteinte à des droits conférés à d’autres inventeurs par des brevets antérieurs. Or, comme il n’a été accordé à M. Swan aucun brevet relatif à des lampes électriques, mais qu’il a seulement breveté des perfectionnements dans la fabrication de filaments de charbon pour lampes électriques, il s’en suit que son invention n’est exécutable que s’il emploie en même temps les inventions brevetées antérieurement par Edison, en sorte que de
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- fait le brevet Swan dépend du brevet Edison. Le tribunal civil a à se prononcer entre deux brevets et il a acquis la conviction que la fabrication des lampes Swan porte atteinte à la revendication I du brevet de la partie plaignante dans laquelle on revendique une : « lampe électrique qui donne de la lumière par incandescence et se compose en principe d’un filament de charbon à haute résistance lequel est obtenu comme il a été décrit et relié à des fils métalliques », attendu que le brevet concédé sous le n° 12174 garantit comme partie essentielle de l’ensemble de l’invention sur laquelle porte ce brevet la fabrication d’un filament pouvant servir de corps lumineux obtenu par la carbonisation de fils de coton ou de toute autre matière filamenteuse (fils de lin, copeaux en bois, papier) ou d’une pâte formée de goudron et de noir de fumée (ou de graphite, de charbon) Les deux dires du Patentamt allemand des 5 avril et 3o décembre 1884 déclarent également que ce corps lumineux constitue une partie essentielle du brevet des plaignants. Les défendeurs soutiennent que cette prétendue invention d’Edison n’est pas nouvelle et que les lampes construites d’après le brevet 12174 ne sont pas pratiquement utilisables: ce sont là des dires qui tombent en dehors du procès actuel et qui rentrent dans la question, pendante à l’heure qu’il est, de savoir si le brevet des plaignants est valable ou non. Le tribunal n’avait qu’à voir si le brevet n° 12174, admis comme valable, garantissait aux plaignants l’esprit de l’invention tel qu’il vient d’être précisé. Or, il est indiscutable que les lampes dont les défendeurs font commerce contiennent un corps lumineux obtenu par la carbonisation d’un filament de coton et auquel on donne en le pliant la forme voulue. Ceci constituait bien certainement une atteinte aux droits du brevet de la partie plaignante. Le procédé employé par Swan c’est-à-dire la transformation en parchemin du fil de coton avant la carbonisation doit être considéré comme un perfectionnement apporté au procédé Edison, mais n’autorise pas l’inventeur à en faire usage sans la permission d’Edison.
- Là où on a jugé qu’il y avait similitude, c’est que les lampes Swan contiennent également comme conducteur un filament de charbon obtenu par la carbonisation d’un fil de coton auquel la forme voulue a étédonnéeavantla carbonisation. Cepoint a été précisément considéré, ainsi que nous l’avons exposé plus haut, comme essentiel dans le brevet Edison. Aussi les défendeurs ont-ils été condamnés en vertu de l’application du § 4 de la loi sur.les brevets.
- Au point de vue de l’industrie des lampes à incandescence en Allemagne, la décision de la Cour de Leipzig (Reichsgericht) que l’on attend aujourd’hui aura une importancë très grande. Si cétte décision confirme le jugement en première instance
- et déclare valable le brevet Edison n° 12174,1a fabrication industrielle des lampes à incandescence avec filament de charbon appartiendra à l’avenir uniquement aux maisons autorisées par la Société allemande Edison ou encore à celles qui fabriquent des filaments de charbon basés sur un principe tout à fait différent comme celui de la lampe Bernstein par exemple. Il faudrait d’ailleurs que la Société allemande Edison, avant d’arriver à posséder le monopole du filament de charbon dans les lampes à incandescence, engageât encore une série de procès analogues et en première ligne avec les autres représentants de la Swan Company en Allemagne, Spiecker et C° à Cologne, et L. A. Riedinger, à Augsbourg; bien que dans ces procès une issue favorable à la Société Edison ne soit pas douteuse, car il est certain que chaque tribunal se référera aux dires du Patentamt, il s’écoulerait encore un laps de temps considérable avant qu’une décision de ce genre fût applicable à toute l’Allemagne.
- Lorsque tous ces procès auront pris fin, on ne trouvera en Allemagne à côté de la lampe Edison que la lampe de Boston ou de Bernstein, dont le brevet allemand est aux mains de la fabrique électrotechnique Cannstatt, dans le Wurtemberg, comme lampe ayant quelque avenir industriel.
- Df Th. Stein.
- DÉTAILS DE CONSTRUCTION
- DES
- MACHINES DYNAMOS
- Quatrième article (Voir les n°* àes 4, n et 18 avril i885).
- LES ARMATURES.
- Les inventeurs se sont principalement attachés, dans ces derniers temps, à simplifier la construction des armatures en facilitant l’enroulement de leurs bobines, parla disposition des fils (Crompton, Ayr-ton et Perry), par la division du corps de l’armature (Deprez), ou par sa flexibilité (Reckenzaun) à en rendre la réparation plus facile par l’indépendance de ses divers éléments (Deprez, Leipner, Hurrell); à diminuer la longueur des fils inertes, tout en multipliant la surface active des masses polaires (Morday); à augmenter la puissance de l’armature en utilisant à la fois l’induction de son fer et celle de ses fils (Solignac) ou de ses .enroulements intérieurs {Reckenzaun) ; et enfin à simplifier le mécanisme tout entier des dynamos
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- en immobilisant leurs armatures (Sir Ch. Bright, Lever et Sylvantts Thompson), mais sans avantage bien apparent.
- Il n’y a donc à signaler, dans ces appareils, que des détails d’exécution, sans aucun aperçu théorique vraiment nouveau.
- L’armature de M. Algernon Parsons, destinée à être commandée directement, et à une très graude vitesse, par une turbine à vapeur, présente quelques particularités remarquables.
- Le corps a de l'armature est formé (fig. 76) d’une série de disques de fer séparés par des rondelles
- I-'IG. 76 ET 77. — ALGERNON PARSONS IlSK.,)
- en papier et serrés par des plateaux isolants c c2 ; ces plateaux sont maintenus par le serrage des écrous qui terminent l’armature sur les plateaux extrêmes c*.
- Les disques c3, interposés entre les plateaux c et c', sont en bronze.
- Les disques a sont traversés par des tiges ou barres conductrices f, également espacées; ces barres se recourbent, comme l’indiquent les tracés pointillés, à 45° sur les rainures des gros plateaux c-2, la moitié dans un sens et l’autre moitié en sens contraire. Les deux séries de barres vont ainsi s’implanter dans deux rangées de trous percés en couronnes concentriques dans les plateaux extrêmes c1 ; elles sont séparées par une couche isolante et les extrémités prolongées/,, de la moitié des barres aboutissent chacune séparément à l’un des segments isolés l du commutateur. Les barres sont reliées en couples à leurs extrémités //, par des fils fins ou des anneaux de cuivre disposés de façon qu’elles forment un circuit continu. L’armature représentée par la figure 76 est munie de 20 barres, donf 10 aboutissent alternativement aux 10 segments l du collecteur.
- Dans la disposition représentée par les figures 77 et 78, les barres ne sont pas rompues à l’extrémité gauche de l’armature, mais repliées de façon à tra-
- verser sans discontinuité les deux rangées de trous du plateau c',
- Afin de résister à la force centrifuge, les segments l du commutateur sont solidement pressés entre les anneaux d’acier m, taillés en queue d’aronde et serrés par l’écrou o sur le manchon n. Les seg-
- FKl. 78. — COUPE DE i/ARMATURE
- ments sont isolés entre eux, ainsi que des anneaux m, par des cartons d’amiante.
- La turbine à vapeur de M. Algernon Parsons est représentée en coupe par les figures 79 et 80. Elle se compose essentiellement de deux sériés de disques A calés sur un arbre S, et tournant avec lui dans une enveloppe cylindrique cloisonnée.
- Les disques sont pourvus de dents hélicoïdales
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- ou aubes B B, Ba... inclinées à 45°, et les cloisons ou anneaux de l’enveloppe portent des directrices fixes FF,FS... inclinées en sens contraire des
- aubes. Les deux cylindres A sont séparés par une cloison S'.
- La vapeur, admise en A1, passe de part et d’au-
- Flfi. 79. — A. TARSONS. — TURBINE A VAPEUR, DÉTAIL DU CYLINDRE, PLAN-COUPE
- tre de cette cloison le long des cylindres A, entre les aubes et les directrices, et s’échappe par E.
- La hauteur des aubes et des directrices augmente à mesure qu’on s’éloigne de part et d’autre de l’admission A, tandis que leur inclinaison dimi-
- i
- FIG. 8ü. A. PARSONS. — TURBINE A VAPEUR, COUPE TRANSVERSALE Echelle moitié de celle de la figure 7g.
- nue, de sorte que la vapeur rencontre, à mesure qu’elle se détend, des aubes plus larges et moins obliques, lui offrant un plus grand débouché et une surface plus étendue, en même temps que son volume augmente et que sa pression diminue. On
- peut arriver ainsi, par une détente prolongée, à laisser la vapeur s’échapper des derniers anneaux avec une vitesse comparable à celle de leurs aubes,
- FIG. 8l. — A. PARSONS. — TURBINE A VAPEUR, DÉTAIL DE LA BUTÉE
- condition essentielle au rendement de tous les moteurs à réaction.
- La butée des cylindres A est supportée en partie, à chaque extrémité de l’arbre s, par un anneau d’é-
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- quilibre z (fig. 81). qui réfléchit la vapeurs sur la face du dernier disque B3.
- La vapeur qui s’échappe en petite quantité des
- garnitures de l’arbre s est aspirée en o par l’éjec-teur i (fig. 80) qui la rejette à travers le tuyau purgeur g.
- ïïl tTTbTb
- Iblblblb
- 2 F> F
- G. 8î, 83 ET 84.
- ENSEMBLE D’UN GROUPE DE DEUX DYNAMOS ET DE DEUX TURBINES A VAPEUR Elévation, plan et coupe longitudinale.
- Les figures 82, 83 et 84 représentent, en élévation, en coupe et en plan, l’ensemble d’une paire ^e dynamos a c actionnées par deux turbines à vapeur CC,
- dont on reconnaît aux lettres les principaux or* ganes. Les armatures sont protégées par les gardes en laiton g, qui portent les balais b.
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- z ïS
- Les paliers dl d2 d;i sont garnis de jeux de rondelles K (fig. 85) alternativement trop grandes et trop petites, appuyant les unes sur le manchon I de l’arbre et les autres sur le palier; ces rondelles, serrées par un écrou M à ressort L, laissent à la
- portée très longue une certaine flexibilité, de sorte que la turbine et la dynamo peuvent tourner autour de leur axe de gravité au lieu de leur axe de figure, qui s’en écarte toujours un peu.
- Le graissage des paliers et le refroidissement des armatures s’opèrent au moyen d’une pompe centrifuge r3 (fig. 83). Cette pompe refoule l’huile du
- FIG. 86. — A. I'ARSONS. — RÉGULATEUR l>E VITESSE
- réservoir r,t au palier d, puis au palier d~ par le tuyau r; de ce palier, l’huile passe suivant y y (fig. 76) à travers l’arbre creux de l’armature, puis au palier intermédiaire d'. Après avoir graissé les paliers et rafraîchi l’armature, l’huile retourne, par
- les tuyaux r’, en x, d’où elle est aspirée, à travers le tuyau r3, par un ventilateur r6 qui la ramène au réservoir.
- Ce ventilateur sert en même temps, concurremment avec un modérateur électrique, à régulariser la marche du moteur. Il aspire à cet effet, par ssr (fig. 86), l’air des poches q, qui se dépriment quand la vitesse augmente et manœuvrent ainsi, par too', la valve d’admission de vapeur. En outre, l’orifice du tuyau d’aspiration d’air v est plus ou moins étranglé (fig 87) par un obturateur k, fixé à un barreau de fer doux i pivotant sous l’ac-
- no. 87 ET 88. — A. PARSONS. — REGULATEUR ELECTRIQUE,
- COUPE ET PLAN |
- tion du courant de la dynamo autour de l’axe jk monté sur la semelle a des inducteurs (fig. 82) et dont on règle la sensibilité au moyen du ressort /, à barillet o. On peut ainsi régler à volonté la vitesse du moteur, l’intensité ou la force électromotrice du courant, suivant que les inducteurs sont enroulés en dérivation ou en série.
- Si le moteur s’emporte de trop, l’aspiration que le ventilateur r6 exerce, par s' sc, sur le piston X,, fait qu’il avance vers la gauche, malgré le ressort ww, par la pression de l’atmosphère en 3. 3, de façon à dégager le tuyau s v de l’étranglement que lui impose en temps ordinaire le piston x'. Le ventilateur développe alors toute sa puissance en v et ferme brusquement l’admission de vapeur, indé* pendamment du régulateur électrique.
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- ài6
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La machine de M. Parson sera exposée par I ventions de Londres, et ne manquera pas d’attirer MM. Clark-Chapman and C° à l’exposition des in- | l’attention.
- FIG. 89 ET 90. — CROMPTON (1884)
- Les nouvelles armatures de M. Crompton sont également formées de disques enfilés sur des
- Ces disques sont réunis en groupes h, séparées par des lames isolantes i (fig, go) permettant à la
- FIG. Ç)l. — CROMPTON
- étoiles b (voir les figures 8g à g5) à bras mobiles d.
- FIG. 93. — CROMPTON
- ventilation de s’effectuer parles intervalles g gv Si l’on varie (fig. g3 etçO le sens de la courbure
- FIG. 93 ET 94. — CROMPTON. — VENTILATION MIXTE
- FIG. g5
- des ailettes i alternativement en gt g:l gs... et en I ternativement centripète et centrifuge le long de g, gig3... la direction des-courants d’air sera al- | l’armature. Lorsque la ventilation est centripète,
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- on peut, ainsi que l’indique la figure g5 ne pas réserver de jours entre les spires intérieures n des enroulements.
- l’arbre a et ses étoiles b (fig. io5à 109) sans déformer l’ensemble de la carcasse et de ses rayons d, encastrés à queue d’aronde d' dans les anneaux h.
-
- n a
-
- r
- riG. IOI ET 102. — CROMPTON. — CAPSULES ISOLANTES
- Ces rayons sont biseautés en E (fig. 89) de manière à fixer solidement l’écart des plateaux extrêmes f.
- L’enlèvement des axes a facilite beaucoup l’enroulement des fils, mais, à cause de l’épaisseur
- FIG. 96 ET 97. — CANEVAS ISOLANTS
- 11 faut au contraire assurer ce vide avec la ventilation centrifuge. M.,Crompton emploie dans ce cas, pour isoler ces spires entre elles et de l’anneau,
- FIG. 97 HT 98. — CANEVAS EN GRADINS
- des canevas découpés comme ceux des figures 96 et 97, ou en gradins//... (fig. 97 et 98) que l’on plie comme en m, m’ ;«2... entre les spires. On
- FIG. 99 ET 100. — CROMPTON. — BANDELETTES ISOLANTES
- peut aussi se contenter d’isoler les fils par des bandes d’amiante entrelacées (fig. 99 et 100) ou par des enveloppes alternées u (fig. 101, 102, io3 et 104). On peut, une fois l’armature terminée, retirer
- considérable des anneaux h, leur développement extérieur n' (fig. 91) est près de deux fois plus long que la circonférence intérieure n. M. Crompton tourne cette difficulté en employant, au lieu de fils,
- des barres de cuivre tordues (fig. 109 à u3) de manière que leur plus grand côté soit radial en n et à plat en n' (fig. io3et 104). La figure ii3 repré-i sente une méthode d’enroulement analogue obte-
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE.
- 2l'ô
- nue avec des fils, moins compacte que le système I L’épaisseur des anneaux h permet de leur donner de la figure g5, adopté pour les grandes machines. | une section comparable à celle du fer de l’arma-
- Fie. Io5 A 103. — CROMPTON. «— AXE ET CHEVALET D’ARM ATIJRS
- ture, et la compacité de l’enroulement fait qu’il suf- I tenir une force électromotrice suffisamment élevée, fit de quelques tours seulement pour arriver à ob- | M. Hurrell a modifié légèrement l’anneau de
- FIC. I0() A II — CROMPTON» — INVERSION DES DARRES
- Gramme en donnant à son âme E (fig. 114 et ii5) j se fait par le serrage des cônes BB, au moyen une section curviligne. Le montage sur l’arbre A i des boulons C goupillés en Z' sur la rondelle z.
- ~H
- — HURRELL (1884)
- Ce serrage écarte les douves en bois D, cerclées I le serrage, de sorte qu’ils résistent d’eux-mêmes à en G, et les force sur les fils F dont elles accentuent | la force centrifuge.
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- Les barres isolées du collecteur ! (fig. 116) sont solidement maintenus par l’emboîtement de la rondelle K serrée par l’écrou L au-dessus du fourreau isolant M.
- La figure 117 représente une modification de ce
- système, dans lequel les cônes de serrage B sont rapprochés par le double filetage C droit et gauche sur l’arbre A.
- M. W. M. Morday s’est principalement proposé
- \6'/
- FIG. MO. — HURRELL. — COLLECTEUR
- FIG. II7. — HURRELL. — 2^ type.
- de réduire, dans ses nouvelles armatures (1884) la longueur inerte relative des fils qui se croisent aux extrémités de l’induit. Il constitue à cet effet le corps de l’armature au moyen d’une série de disques de fer a et b (fig. 118) séparés par des cartons, et de diamètres gradués de façon à donnet à Tén-
- ia ventilation s’effectue par un appel d’air que provoquent, suivant les flèches, à l’intérieur même de l’armature, les ailettes radiales a, qui en forment le noyau, et le disque / du collecteur.
- Les armatures de quelques machines de Perry
- ARMATURE ONDULÉE
- MORDAY.
- FIG. Iig. — PARKER ET ELWELL (1884). — VENTILATION
- semble de l’armature une forme ondulée augmentant considérablement la surface active des masses polaires P. La ventilation se fait par les trous c et radialement, le long des disques.
- Dans la dynamo de Parker et Elwell (fig. 119),
- et Ayrton (1880) sont constituées par une série de bobines k (fig. 120 et 121) enroulées sur un anneau de bronze a, inclinées de 5o° sur cet anneau, et maintenues serrées entre le moyeu i et la jante l, tous deux en bois. Les électros m n des induc-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- teurs ne sont pas dans le même axe, mais écartés de façon que la ligne qui joint les centres de leurs pôles fasse un angle de 20° avec leurs axes, et que
- FIG. 120. — AYRTON ET PF.RRY (l88o)
- FIG. 131. — AYRTON ET PERllV (l88ü)
- — AYRTON ET FERRY (18S2)
- les lignes de force traversent les bobines presque à angle droit.
- Dans une modification postérieure (1882) les bobines enfilées sur un anneau en deux pièces (fig. 122), sont séparées par.des coins en fer D,
- fendus pour éviter les courants d’induction. L’enroulement mécanique de ces bobines s’exécute très rapidement. Il en est de même avec la disposition
- I
- FIG. 123, I24 ET 125. — AYRTON ET PERRV ( 1882)
- représentée par les figures 123, 124 et 125, dans laquelle le fil, enroulé en diagonale puis diamétralement sur l’anneau de bois F, est maintenu par des clous E.
- Les armatures de M. Marcel Deprez, à segments
- O
- KIG. |2Ô ET I27. — MARCEL D E P R LCii 1882). — ARM A TV>1E A SEGMENTS CONTINUS
- assemblés, comme l’indiquent les figures 126 et 128, sans aucune solution de contact, simplifient aussi de beaucoup la construction de l’induit. Les bo-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 12 t
- bines de diamètres différents alternent (fig. 128) de Les figures 129 et i3o indiquent une autre manière manière à combler les vides de l’anneau. d’atteindre cet objet par l’enroulement de groupes
- de bobines plates F E autour de lames L, séparées par des isolants et assemblées comme des vous-soirs sur le cintre en bois J de l’anneau, de sorte
- LEIPNER (1884)
- FIG. 13 ï ET l3:
- que leur construction et leur remplacement peuvent s’effectuer très facilement.
- Les fils de l’armature de Leipner (fig. i3i et 182)
- FIG. l33 ET 134. — LEirNER. — CORPS DE BOBINE
- sont enroulés sur des bobines de papier mâché b (fig. i33 et i3q), enfilées sur des charnières élastiques en fer c (fig 135 et i36), enchâssées, de part
- et d'autre d’un disque de bois d, dans les ouvertures duquel elles sont serrées par des coins c’. Les paires de bobines adjacentes de chaque côté
- c
- D
- fig. 138. —* solignac (j 883)
- ARMATURE FENDUE
- de d sont reliées, comme l’indique la figure 187, de façon à ne constituer qu’une seule bobine, et chacun des fils sortant de ces paires de bobines
- est rattaché au fil d’entrée de la bobine suivante d» façon à constituer autour de l’anneau un circuit complet.
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- 222
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- M. Solignac a cherché à utiliser à la fois l’induction des fils, comme dans l’anneau de Gramme, et l’induction des masses de fer, comme
- dans la bobine allongée de Siemens. On obtient ce résultat en faisant le corps de l’armature de deux pièces séparées A et B (fig. i38) dans lesquelles
- FIG. 13g ET 140. — RECKENZAIJN (l883). — ARMATURE A CHAINES
- les courants produits par les changements de polarité de ces pièces sont de même sens que ceux qui sont induits directement dans leurs fils, de sorte
- que ces courants s’ajoutent pour être recueillis en Cet D.
- L’armature de Reckenzaun présente (fig. 189, 140
- FIG. 14 I. — CUSHMAN ET HALL (1884)
- et 141) quelques particularités ingénieuses. Son anneau est constitué par des chaînes de Galle A, sur les maillons développés desquelles les bobines
- sont facilement enroulées. A l’intérieur de l’armature, mais ne tournant pas avec elle, et suspendu sur son arbre par des galets R et les flasques B,
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- se trouve un électro F, relié aux inducteurs, et dont les pôles N et S sont disposés de manière à utiliser l’induction des enroulements intérieurs de l’anneau. Lorsque l’armature tourne, l’électro-aimant F prend, malgré la niasse J, une inclinaison telle que l’axe de ses pôles corresponde avec celui des pôles de l’anneau.
- FIG. I42. — CUSHMAN ET HALL. — COUPE DE l'aRMATURE
- L’armature à bobines plates de Bollmann ne renferme pas de fer.
- Nous nous proposions de décrire ici ce nouveau
- type de machine; cette description ayant été publiée dans le dernier numéro de La Lumière Electrique, nous n’en parlerons qu’à titre de mémoire (‘).
- L’armature à disque de a dynamo de Cushman et Hall (fig. 141) est remarquable par la simplicité de sa construction.
- XV /)
- Le corps de l’armature est formé d’une roue en bronze C, fig. 141, dont la jante, munie de dents C1, destinées à faciliter l’enroulement, est fendue
- l’IU. 144 ET 143. — SIR CH. 1SRIUHT. — ARMATURE FIXE (1884)
- de telle sorte qu’elle forme des secteurs isolés.
- L’enroulement se fait à l’aide d’un seul fil, continu sur toute l’armature, et disposé, comme l’indique schématiquement la fig. 148, entre les pôles N. et S. des électros A. Le fil part du point 1, sur le moyeu de l’armature, radialement jusqu’en 2, puis de 2 à 3 sur un arc de la jante de i35° et de 3 à 4 suivant un rayon et une boucle v, de façon à atteindre la barre 4 du commutateur E. De cette
- barre, le fil contourne le moyeu sur un arc q-5, de 1800, qui complète son premier tour. Le second enroulement du fil commence par un rayon 5-6, se poursuit par un arc 6 7, un rayon 7-8 avec boucle 8 au commutateur, et se termine par un arc 8-9, de
- (!) Voir dans La Lumière Electrique du 25 avril i885 la chronique de M. Kareis.
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- i8o° sur le moyeu; et ainsi de suite, de manière à constituer autour du disque deux voiles de fils rayonnant du moyeu à la jante. Les parties radia-
- FIG. 146 ET I47. — CUSHMANN ET HALL. — ENVELOPPE DU MOYEU
- les sont maintenues sur la roue par deux anneaux K, fig. 141, et le moyeu est protégé par deux cages
- FIG. 148. — SIR CH. BKIGHT. — DYNAMOS ACCOUPLEES
- H, fig. 146 et 147.
- Le jeu très faible du disque entre les aimants A
- FIG. I4Q. — LEVER. — ARMATURE FIXE INTÉRIEURE
- se règle au moyen des pointes de butée c (fig. 141).
- Les figures 144 et 145 représentent l’une des dernières formes (1884) de la machine à armature fixe
- de sir Charles Bright (') dans laquelle les épanouissements N et S, séparés par le bronze f, et excités séparément par les électros c a et de, tournent autour de l’anneau fixe h. On peut, ainsi que l’indique la fig. 148, accoupler deux de ces
- FIG. l5c. — LEVER. — ARMATURE FIXE EXTÉRIEURE
- machines par un train x y z, qui fait tourner leurs deux pièces polaires e et é en sens contraire autour d’un cercle de bobines m, de manière à en obtenir le même courant avec une vitesse environ moitié moindre de la poulie p.
- L’armature C, fig. 14g, des dynamos de Lever (1884) est aussi immobile à l’intérieur de l’inducteur en fer B b. Le nombre des bras b est moitié de celui des bobines de l’induit C, dont le corps en
- FIG. 15 I. — LEVER. — DYNAMO AVEC ARMATURE FIXE EXTÉRIEURE
- bronze, métal diamagnétique, est creux et monté sur un cylindre en bois E. L’armature peut être
- (*) Voir La Lumière Electrique du 3 novembre 1884, page 210.
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- disposée, comme l’indique la figure i5o, autour de l’induit; ses bobines C sont alors fixées à des anneaux de bronze G. La figure i5i représente l’ensemble d’une dynamo établie d’après ce principe, et dont l’axe A de l’induit traverse les inducteurs H, de même polarité N. Les bobines d’ordre im-
- S
- 1 52. — LEVER. — DYNAMO A DISQUE
- pair, i, 3, 5, 7... de l'armature doivent être enroulées dans un sens, et les bobines paires, 2, 4,6,8... dans le sens opposé.
- L’application de ce principe se prête très bien, ainsique l’indiquent les figures i52et i53, à l’emploi d’un induit à disque B muni d’ailettes b tournant entre les bobines fixes des inducteurs C, de même polarité N ; les inducteurs sont excités par une dynamo M, développant des pôles nord et sud en N et S, de façon que l’armature C C fonctionne comme celle d’une dynamo unipolaire (*).
- La dynamo à armatures fixes de Sylvattus Thompson est représentée par les figures 154, i55 et i56. Les induits sont constitués par deux groupes
- no. 1 . 1, 155 ivr 156. — svi.vanus Thompson (i.8S3)
- de lames de fer r et r’, enchâssées dans un disque de bois R, et tournant devant les deux armatures AA' et les deux inducteurs M M'. Dans la position indiquée par la figure i55, l’induit r relie magnétiquement, sans les toucher, le pôle de l’armature A au pôle de l’armature M, et r' les pôles A' et M'. Comme le pôle M est nord et M' sud, le courant change de sens dans les armatures quatre fois par tour de R puisque chacun des induits r et r' relie
- successivement le pôle A puis A' aux pôles M et M'.
- M. Cuttriss actionne son électromoteur au moyen de deux armatures quadrangulaires ED, (fig. i56 et i58) dont les bobines E passent entre
- (0 Voir La Lumière Electrique du 3o septembre 1882, pape 320.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- les pôles doubles GG, figure 157, des électros F, et sont orientées de façon à fournir un couple de rotation invariable. Le courant admis par H aux
- électros F passe par le bâti c au balai K et dans l’armature, dont il sort par le balai K', et la borne H'.
- FIG. 156. — ÉLECTRO MOTEUR CUTTRISS (1884)
- On peut suivre sur la figure 159 la marche du courant dans, les bobines de l’armature. Le courant admis par le balai K au commutateur M est distribué par ab aux circuits cd, ef, des bobines oppo-
- sées. Au point de, le courant se bifurque de d à la bobine de l’armature d’avant GG et, de c, à la bobine conjuguée de l’armature d’arrière E (traits pointillés). Le courant d passe ensuite delà bobine
- verticale de l’armature G à la bobine conjuguée de EE, puis, de cette bobine, au balai K'. Le courant ef se divise de même entre les quatre bobines de gauche des deux armatures, le signe des pôles EE
- changeant à mesure qu’ils passent entre les pôles fixes des électros. Le porte-balais permet de les orienter et de changer la marche du moteur.
- (A suivre.) Gustave Richard.
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- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (')
- TÉLÉPHONIE
- (Suite)
- BUREAUX CENTRAUX POUR UN PETIT NOMBRE DE LIGNES
- Quand il s’agit d’installer une communication téléphonique entre les différentes parties d’une
- le tableau central n’a pas besoin d’être compliqué. On dispose facilement sur la même planchette le poste microtéléphonique, le commutateur, les an nonciateurs et la pile du microphone, ainsi que les ' paratonnerres pour les différentes lignes. 1
- Les figures 1 et 2 donnent des exemples des bureaux construits par la société Western electric, de Chicago, et les Standard electrical Works, de Cincinnati.
- Ces figures n’ont pas besoin d’explications.
- APPELS POUR BUREAUX CENTRAUX
- Comme tous les abonnés des bureaux centraux américains n’ont ordinairement que des sonnettes polarisées marchant seulement sous l’influence des courants alternatifs, il fallait avoir aux bureaux cen-
- FIG. 2
- traux ou des inverseurs de courant pour la pile, ou des appels magnétiques. L’emploi de ces derniers est le plus répandu.
- Mais il serait très incommode, dans les grands bureaux de faire tourner la manivelle pour chaque appel de l’abonné. On a donc installé pour obvier
- (*) Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- à cet inconvénient, de petits générateurs de courants alternatifs,.marchant au pied ou au moteur.
- La Western Electric C° emploie dans les bureaux où l’on a trouvé à proximité une force motrice, un
- FIG. 3
- banc de tour, sur lequel sont disposés les petits générateurs (fig. 3), et une courroie placée sur la poulie extérieure les fait marcher tous à la fois.
- _ FIG. 4
- Les fils conduisant le courant sont distribués sur tous les tableaux commutateurs, de sorte que l’èmployé n’a qu’à appuyer sur une clef pour appeler l’abonné. II n’y a pas plus de manipu-
- lations que s’il y avait une pile pour appeler.
- La même société vend aussi des appareils générateurs qui sont actionnés par un moteur à eau. Le moteur et le générateur de courants alternatifs
- sont montés sur le même socle en bois, et pour faire marcher l’appareil on n’a qu’à ouvrir le robinet qui amène l’eau (fig. 5).
- ool | O
- Ces accessoires sont indispensables dans les bureaux américains, parce que les abonnés n’ont que des sonneries polarisées, qui ne marchent qu’avec des courants alternatifs.
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- IVVERSEURS DE COURANTS POUR BUREAUX CENTRAUX.
- Dans beaucoup des bureaux centraux pour appeler les abonnés on emploie, au lieu d’un appel magnétique mû au moteur, une pile assez forte, dont on inverse dans des intervalles très rapides le courant au moyen d’un appareil spécial.
- Cet appareil a été déjà décrit sommairement , dans La Lumière Electrique, mais comme il pré- j sente quelques détails intéressants nous le décrirons plus complètement. ;
- On en trouvait plusieurs modèles à l’exposition | de Philadelphie. Nous décrirons celui qui est le !
- plus répandu et qui est construit par la Western Electric C°.
- La figure 4 donne l’aspect général de l’appareil et la figure 6 la coupe longitudinale.
- Un fort aimant permanent M polarise une armature en fer doux F, qui est fixée sur un ressort, et peut osciller entre deux électro-aimants E, E' (fig. 7). L’extrémité inférieure de l’armature porte une tige D, sur laquelle peut glisser une lourde boule B qui sert au réglage du nombre des oscillations.
- Cette tige frappe pendant son mouvement oscillatoire contre deux paires de leviers K et K', qui servent des commutateurs dont l’un K entretient le mouvement par une pile spéciale et l’autre opère les inversions du courant qui doit être envoyé sur la ligne.
- Avant de décrire les détails de ces commutateurs
- examinons le schéma de la distribution du courant dans l’ensemble de l’appareil, représenté par la figure 8. La pile P, qui entretient le mouvement de l’armature communique avec les bornes 1 et 2. Les leviers K reposent en position d’équilibre sur un contact commun ff. Mais aussitôt que la tige
- ^1111
- 1111 *1—
- FHÎ. <X
- est en mouvement, l’anneau en ébonite L fixé sur cette tige ouvre alternativement l’un et l’autre des contacts ce qui fait que le courant de la pile suit une fois le chemin ai b fc 2 d et l’autre a 1 g fc 2 d. De cette manière les électro-aimants E et E' sont aimantés et désaimantés alternativement, ce qui entretient le mouvement.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les oscillations de la même tige font inverser aussi le courant de la pile P' qui est envoyé sur la ligne LL'. Les deux pôles de la pile sont réunis aux bornes 3 et 6, qui sont en communication avec les deux leviers K'. La tige D qui forme commutateur est réuni à la ligne L' et par le contact H elle peut communiquer alternativement avec chacun des leviers. L’autre ligne arrive au contact central t V.
- Quand la tige se meut à gauche, le courant de la pile passe par la borne 3, le levier gauche K', la tige D, la ligne L', puis ligne L (ou terre), contact central tt', levier droit K', borne 6 et la pile.
- La même marche s’opère en sens inverse quand la tige marche à droite.
- (A suivre.) B. Abdank-Abakanowicz.
- L’USINE
- DE LA
- BÈLL TELEPHONE MANUFACTURTNG C°
- )
- A ANVERS
- Les Américains ont non seulement inventé le téléphone, ils l’ont pour ainsi dire implanté en Europe, car il est à remarquer que toute découverte, quels que soient les services qu’elle est appelée à rendre, demande à être imposée avant de trouver un accueil favorable auprès d’un public, défiant par nature.
- Les premiers réseaux téléphoniques en Europe ont été construits par une Société américaine l’International Bell Téléphoné C° ayant son siège à Anvers, mais dont les opérations s’étendaient sur tout le continent.
- C’est ainsi que la Société dont nous parlons a construit des réseaux téléphoniques dans toutes les principales villes de la Belgique d’abord et ensuite à Amsterdam, à Copenhague, à Stockholm et Gothembourg en Suède, à Christiania et Drammen en Norwège, puis en Italie, en Suisse et enfin à Saint-Pétersbourg, Moscou, Riga et Varsovie en Russie.
- Tous ces travaux ont été exécutés par des ingénieurs américains et sous la surveillance d’un ingénieur en chef américain selon le modèle des réseaux aux Etats-Unis.
- La Société mère importait à Anvers non seulement une grande quantité du matériel de construction 'pour ces différents réseaux, mais tous les appareils téléphoniques nécessaires lui venaient des meilleures fabriques de l’Amérique. Les téléphones et les transmetteurs Blake lui arrivaient directement de l’American Bell Téléphoné C° de Boston. Les sonneries magnéto-électriques étaien de la
- fabrication de l’inventeur M. Gilliland à Indiana-polis.
- Les frais de transport et de douane venant s’ajouter au prix d’achat de ces appareils la Société les payait naturellement à un prix élevé et la direction s’est donc proposé d’installer une usine en Europe sur le modèle américain pour la fabrication des instruments dont elle avait besoin. Une Société fut formée sous le nom de la Bell Téléphoné manufacturing C° et après quelques hésitations on choisit Ja ville d’Anvers où l’installation fut faite en partie sous la surveillance personnelle de M. Gilliland lui-même avec des machines et outils importés de l’Amérique.
- La nouvelle usine n’était cependant pas encore entièrement terminée quand elle fut détruite par un incendie et tout fut à recommencer. Entre temps, la direction avait été confiée à M. Willes, un ingénieur américain distingué, qui longtemps avait dirigé à New-York la fabrique de la Western Electric Manufacturing C°, et qui, par son énergie, installa en fort peu d? temps une nouvelle usine dont notre gravure représente un des ateliers.
- La fabrication principale consiste toujours en appareils téléphoniques, et grâce à l’habile direction de M. Willes, la nouvelle entreprise a su se créer des relations utiles dans tous les pays et jouit aujourd’hui d’une réputation excellente et bien méritée. Ainsi que nous l’avons déjà dit dans ce journal, l’usine est éclairée à la lumière électrique avec 12 foyers à arc pour les ateliers et un certain nombre de lampes à incandescence pour l’éclairage des bureaux et des petits ateliers. La Société fournit ses appareils à un grand nombre de réseaux téléphoniques en Angleterre, et ses affaires dans ce pays ont pris tant d’extension qu’il a fallu installer un bureau spécial et un entrepôt à Londres.
- Les appareils fabriqués sont du système Blake (transmetteurs) et Bell (récepteurs), et trop connus pour qu’<il y ait intérêt à les décrire.
- D’autres personnes ont voulu imiter l’exemple de la Compagnie d’Anvers en introduisant la fabrication américaine pour le même genre d’appareils. Une usine fut ainsi construite à Rotterdam, mais soit par manque d’expérience, soit par suite d’une construction inférieure, la nouvelle entreprise ne put soutenir la concurrence avec la fabrique d’Anvers et sombia après quelques mois d’existence.
- La prochaine exposition d’Anvers attirera, sans doute, l’attention du public spécial sur les produits de cette usine modèle que nous avons tenu à faire connaître à nos lecteurs dès aujourd’hui.
- H. de Rothe.
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- ATELIERS DE LA BELL TELEPHONE M A N U F A C T U R 1 N G C°,
- A ANVERS
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales
- Allemagne
- les nouvelles du jour. — Dans la séance du mois de mars de YElektrotechnische Verein, M. le docteur Fischer a prononcé un discours sur la protection des câbles sous-marins. D’après ses calculs la valeur de tous les câbles sous-marins qui existent à présent représenterait à peu près i 200 millions de francs : un capital assez grand pour qu’il soit désirable de le garantir par la protection des nations.
- Cette protection internationale a été accordée par la conférence de Paris en 1884 et s’étend aussi aux bâtiments porteurs de câbles dont les travaux s’exécutent sur les routes de mer les plus fréquentées. Ces bâtiments, enchaînés à un cordage de grande valeur et d’une énorme longueur sont gênés dans leurs mouvements, et ne peuvent évoluer selon les règles, que le code marin impose pour la rencontre des vaisseaux. Mais bien qu’on ait obtenu .la protection internationale des câbles sous-marins en temps de paix, on n’a pas pu réussir jusqu’ici à assurer cette protection en temps de guerre. Et ce sera, à ce qu’il semble, une œuvre presque impossible. Le télégraphe est une arme trop précieuse dans la main de l’ennemi, pour que le vœu de neutraliser la télégraphie pendant la guerre se réalise plus tôt que l’idée de l’abbé de Saint-Pierre d’une paix éternelle.
- M. le professeur Karsten a donné quelques indices sur le nombre croissant des orages. Selon es calculs la foudre fait à l’Allemagne un dommage annuel de 6 à 8 millions de marks. Par des tableaux, où les coups de foudre en Schleswig-Holstein pendant les années 1874-1883 sont notés, M. Karsten prouve l’accroissement des orages dangereux. Cet accroissement est général, et n’est nullement limité à l’Allemagne, bien qu’il attende encore une explication théorique. L’importance nationale et économique de ces études est hors de doute. En amassant des indices exacts sur les coups de foudre séparés il serait possible d’en tirer des renseignements intéressants pour la technique. Mais le statisticien n’obtient pas sans difficulté des sociétés d’assurance les dates nécessaires, puisque ces sociétés ont une certaine répugnante à publier leurs papiers d’affaires.
- l’ampèremètre de m. hesehus. — Un ampèremètre, qui est basé sur le phénomène de Peltier a été construit, il y a peu de temps par M. Hesehus. Il consiste en un thermomètre à air diffé-
- rentiel, dans les deux réservoirs duquel des bouts de fils de fer et de maillechort soudés ensemble sont introduits.
- Si un courant électrique est conduit à travers ces fils, la série des soudures dans un des réservoirs est chauffée et l’autre série refroidie, puisque d’un côté le courant va du fer au maillechort, et de l’autre côté dans une direction contraire. Ce changement de température produit un changement de pression atmosphérique dans les deux réservoirs, et par suite un déplacement du liquide dans le manomètre qui les relie ensemble. Ce déplacement est proportionnel à l’intensité du courant.
- La figure 1 explique l’arrangement de l’appareil. Douze fils de fer et de maillechort sont fixés dans
- F G. I
- deux bouchons ronds, et soudés ensemble, de manière à former une pile thermo-électrique.
- En dehors se trouvent quatre bouts de fils libres dont deux forment la conduite du courant, les deux autres étant reliés ensemble.
- Les deux bouchons sont fixés hermétiquement dans deux petits verres. Ces petits verres forment les réservoirs du thermomètre à air; à travers les bouchons passent quatre tubes de verre, courbés à angle droit, dont deux relient les deux réservoirs avec le manomètre par des tubes en caoutchouc, pendant que les deux autres (qui peuvent aussi être fermés hermétiquement) communiquent avec l’air. Le manomètre courbé en U est rempli à moitié avec du pétrole.
- L’air parvient aux réservoirs par les deux petits tubes de verre qui, — ainsi que les réservoirs — peuvent être fermés hermétiquement pendant l’expérience. Les deux réservoirs du thermomètre
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- se trouvent dans un vase rempli d’eau, par suite de quoi le liquide du manomètre se met plus vite en équilibre.
- Pour prouver la valeur pratique de l’appareil, M. Hesehus donne quelques mesures faites avec ce même appareil, qui montrent que l’effet de Pel-tier est proportionnel à l’intensité du courant.
- Un élément Grene donna une élongation de 4mm; quand on intercala une unité de résistance 2mm, et avec deux unités de résistance im“,3.
- Six éléments Bode donnaient une élongation de 6“m, six éléments avec double surface nmm. Une machine Gramme donnait une élongation de io à 20mm.
- M. Hesehus réclame pour l’appareil les avantages suivants :
- i° il indique l’intensité du courant pour chaque moment, et non seulement la moyenne comme les voltmètres ordinaires;
- 2° Il est simple et bon marché, et peut être employé dans le voisinage d’une machine dynamo, car il ne contient ancun aimant;
- 3° Il rend possible la mesure des courants alternatifs, aussi bien que des courants constants, et peut servir comme galvanomètre et comme dynamomètre.
- LAMPE ÉLECTRIQUE POUR DÉMONSTRATION ET PUO-
- jection. — M. Fein, à Stuttgard, a construit une
- FIG. 2
- lampe à incandescence à contact et une petite lampe à arc dans lesquels la pression hydrostatique d’un flotteur dans un liquide sert comme régulateur.
- La figure 2 représente une lampe à incandes-
- cence à contact. La tige de charbon se trouve dans le tube R, qui forme en même temps le support de la lampe.
- Le flotteur W s’efforce de monter en haut, presse le charbon (qui est attaché à la partie supérieure de la lampe dans un petit tube de platine), légèrement contre la roue de contact (cuivre). La grandeur du flotteur est telle que le charbon n’est nullemeut en danger d’être brisé. La roue de cuivre doit être reliée avec le pôle négatif par une vis, pendant que le charbon reçoit le courant positif par la vis de pression et par la masse de métal de la lampe.
- La lampe donne une lumière de quarante bougies normales pour dix ampères, et six à huit volts.
- La petite lampe à arc de M. Fein a déjà été décrite dans ce même journal (‘), aussi ne la citons-nous qu’à titre de mémoire.
- reconnaissances nocturnes aérostatiques a la lumière électrique. — Depuis plus d’un an, un détachement aéronautique militaire existe à Berlin (sous la direction du major Buchholz) qui a pour objet de développer l’aérostatique appliquée à la guerre.
- Dans les observations prises à vol d’oiseau, le major Buchholz se sert d’un ballon captif construit par le détachement. Il a un contenu de i 200 mètres cubes et peut porter quatre personnes. Jusqu’ici les expériences n’avaient lieu que pendant la journée; mais dans le dernier temps on a essayé des reconnaissances nocturnes à l’aide de la lumière électrique. Une expérience de ce genre a eu lieu le i3 avril à Schœneberg, près Berlin. Le foyer à arc qu’on plaça dans la nacelle était muni d’un réflecteur, de sorte que les rayons pouvaient être projetés dans toutes les directions. Une machine-dynamo Siemens fournissait le courant et communiquait avec la lampe par un câble. Un téléphone, dont le circuit avait été enfermé dans le câble, permettait l’entretien entre la nacelle et le personnel sur terre.
- Cette expérience, qui a été faite à une hauteur de 60 mètres, a donné les plus satisfaisants résultats quant à l’éclairage : de la nacelle le terrain était visible dans tous ses détails à une grande distance, et sur la terre éclairée il était possible de lire l’écriture d’une lettre sans la moindre difficulté.
- Bien que de telles reconnaissances à vol d’oiseau puissent être de la plus haute importance en temps de guerre, il ne faut pas se cacher le danger qui se trouve en ce qu’un ballon, qui répand au loin une lumière électrique, forme un but facile pour les armes ennemies.
- (') La Lumière Electrique, vol. p. -)7î.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pour sortir de cet embarras, il me semble qu’on cherchera à avoir un éclairage court et momentané qui suffirait pour observer le terrain, et qui permettrait de se cacher après dans l’obscurité de la nuit. — Mais dans un ballon qui porte un foyer à arc, il sera irès probablement possible d’employer la photographie instantanée et de fixer ainsi un tableau du terrain en question. Un ballon captif, muni d’un appareil photographique et d’un puissant foyer à arc, n’aurait pas même besoin d’équipage et pourrait être construit avec de très petites dimensions. A un moment donné, le courant (qui serait conduit à la lampe dans le ballon par le câble) serait fermé, et la photographie du terrain faite automatiquement par l’appareil.
- Afin de pouvoir reconnaître la position exacte du terrain, on suspendrait un aimant dont la position relative sur le photogramme permettrait une orientation exacte. Il va sans dire que cet aimant serait à écarter tout à fait de l’influence du courant.
- Pour le moment, il est vrai, la sensibilité des plaques photographiques n’a guère atteint la perfection nécessaire pour fixer dans un moment et à la lumière électrique de grandes étendues. Mais de nos jours la science de la photographie fait des progrès trèà rapides, et les inventions et améliorations suivent de très près les demandes faites par la technique.
- Dr H. Miciiaelis.
- Berlin, 20 avril i8'5.
- Angleterre
- CLEFS ET COMMUTATEURS POUR L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE. — Sir William Thomson a imaginé une nouvelle clef ou commutateur pour la lumière électrique qu’il destine à éviter un échauffement trop grand par un contact établi ou rompu d’une manière imparfaite, et dans cet appareil la pesanteur prend la place du ressort généralement employé jusqu’ici.
- Les figures 1 et 2 représentent l’appareil en communication avec une applique portative portant un écran de lampe. L’applique peut être déplacée et fixée à un endroit quelconque de la chambre où on aura besoin de la lumière. L’applique d est fixée au mur par une plaque isolante cc munie de deux anneaux métalliques a b isolés l’un de l’autre. (Voir le détail de la figure.) L’un des conducteurs allant' à la lampe est coupé et l’une des extrémités est reliée à l’un des anneaux a, tandis que l’autre communique avec l’anneau b. La base ou l’extrémité inférieure de l’applique d entre dans les deux anneaux a b comme dans un emboîtement. La partie e qui s’emboîte dans l’anneau a est en métal et fait partie de l’applique elle-même, mais la partie qui s’emboîte dans l’anneau b
- est composée d’un anneau métallique isolé /communiquant avec l’applique au moyen d’une tige g en matière isolante. Ces surfaces métalliques e et f sont placées de façon à faire contact entre l’anneau supérieur a et l’anneau inférieur b dès que l’applique se trouve emboîtée.
- La clef ou le commutateur pour allumer ou éteindre la lumière se compose d’un morceau de fil droit et fort ou d’une tige h pouvant se déplacer en haut ou en bas guidée par deux anneaux i et j en communication métallique avec une partie du circuit à interrompre. Le ressort k qui est relié avec l’autre partie du circuit est pressé par l’extrémité supérieure de la tige h quand cette dernière est poussée en haut. La pression mutuelle de la tige et du ressort provoque un effort hori-
- zontal sur les anneaux i et j qui, par le frottement, retient la tige en place.
- Le circuit est ainsi fermé à travers la tige et le ressort et le courant passe entre les deux anneaux a, b, à la lampe. Quand la tige h est tirée en bas au moyen du petit bouton à son extrémité inférieure le ressort cesse cependant de la pousser avec assez de force et elle tombe par son propre poids à travers les anneaux i et / jusqu’au moment où elle est arrêtée par la goupille l qui l’empêche de tomber. De cette manière le circuit est interrompu.
- Les figures 3 et 4 représentent une clef ou un commutateur à deux directions construit sur le même principe. Dans cet appareil la tige h est tubulaire et l’extrémité supérieure est ouverte ; un ressort m est fixé dans le tube et sort en haut ds celui-ci à l’extrémité supérieure de ce ressort m se trouve une boule métallique n qui communique avec les morceaux de métal 0 et p fixés de distance
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- a35
- eu distance le long de la course de la tige. Cette dernière est empêchée de sortir des anneaux r, s par un collier q. On obtient un commutateur mul-
- FIG. 2. — DÉTAIL DE l/APPLIQUE FIG. 3 ET 4
- tiple en augmentant simplement le nombre des pièces de contact sur le côté.
- FIG. 5
- La figure 5 représente un autre commutateur inventé parM. Smillie et employé à bord des navires munis de la lumière électrique. L’inventeur
- s’est proposé d’éviter les 'étincelles et la corrosion des surfaces de contact qui en résulte.
- Le bras B du commutateur qui tourne au moyen du manche A est en cuivre et fendu à une extrémité de manière à agir comme un ressort. Il établit le contact en haut et en bas avec les arcs métalliques ' C C entre lesquels il est pressé. Ces pièces de contact sont également en cuivre et celles d’en bas s’avanceut plus loin que celles d’en haut de manière à rencontrer le levier avant les autres et établir le circuit. L’étincelle se produit ainsi sur les pièces inférieures seulement et en poussant le bras plus loin on établit un bon contact avec celles d’en haut. Il est facile d’enlever la poussière produite par l’étincelle de l’espace entre les pièces. La figure représente le commutateur relié à une pièce fusible de sûreté en feuille de mica comme on en emploie à bord des navires éclairés à la lumière électrique par MM. Denny frères de Dumbarten sur la Clyde.
- la pile au chlorochrome. — Dans une lettre récente, j’ai parlé de la pile primaire de M. Thame, dans laquelle la solution dépolarisante est composée d’acide chlorochromique. Le modèle que j’ai décrit était un élément liquide double dans lequel on employait de l’acide nitrique en même temps que la solution chlorochromique. M. Thame a dernièrement construit un nouveau modèle dans lequel il emploie seulement la solution d’acide chlorochromique. Les plaques sont toujours en zinc et en charbon, mais il n’y a ni la solution d’acide nitrique, ni le vase poreux. Ce modèle de la pile convient très bien pour une lampe électrique portative qui a en effet été construite et dans laquelle le courant est fourni par quatre éléments. La lampe à incandescence est fixée sur le côté de la boîte contenant les éléments et ses rayons sont projetés au moyen d’un petit réflecteur placé derrière. La boîte est construite. de sorte que Jes plaques peuvent être montées ou baissées à volonté dans les vases qui contiennent la solution. On obtient ainsi une lumière qui dure pendant plusieurs heures.
- LA MANIÈRE DE SOUDER LE PLATINE.—M. D.-W. Pratt, membre de la Société de chimie de Lon-Jres, a indiqué une méthode pour souder les fils, feuilles et creusets de platine, qui pourra être utile à beaucoup d’électriciens. La soudure employée est du perchlorure d’or (Au Cl3) qui, après avoir été chauffé lentement jusqu’à 20o°C avec le chalumeau à gaz ordinaire, se transforme d’abord en chlorure d’or, dégage ensuite tout son chlore et fond à une température encore plus élevée en or pur. En rapprochant ensemble les deux surfaces à souder avec un peu de chlorure d’or entre les deux, le sel devient noir par un échauffement progressif
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- jusqu’à 2uo°. Il faut alors lier les deux surfaces ensemble et continuer réchauffement jusqu’à ce que l’or coule et effectue la jonction. On obtient une soudure complète en frappant les surfaces encore chaudes à coups de marteau. M. Pratt croit que cette méthode présente des avantages sur l’ancienne manière d’employer du fil d’or fin qu’on fait fondre dans un jet d’oxyhydrogène.
- Nous pouvons ajouter qu’on a trouvé de nouveaux gisements de platine dans la Nouvelle-Galles du Sud.
- FILS EN FORME DE RUBAN. — MM. Glover et Cc, de Manchester, et Adam Miller et C% de Glasgow, fabriquent maintenant du fil de cuivre isolé, d’une section oblongue pour l’enroulement des bobines des dynamos, des moteurs électriques, etc. Le fil est isolé avec du coton et sa section rectangulaire lui permet de remplir l’espace sur la bobine d’une quantité de cuivre plus grande que le fil à section ronde, donnant ainsi un rendement un peu plus élevé que ce dernier.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch et M. Krouciikoll
- C’est pour cela qu’on ne peut pas en constater directement l’existence.
- Par les temps couverts, le potentiel tantôt augmente, tantôt diminue avec l’accroissement d’altitude ; le sol est tantôt électrisé négativement, tantôt positivement. Mais, en somme, les potentiels décroissants étant le cas de beaucoup le moins fréquent, le sol est bien plus souvent électrisé négativement que positivement. Du reste, les densités positives observées par les temps couverts sont presque toujours inférieures aux densités négatives observées par le beau temps.
- De l’ensemble de ces faits, il faut conclure, avec sir W. Thomson, que si, à un moment donné, la surface de notre globe présente des régions électrisées négativement et d’autres électrisées positivement, ces dernières étant de beaucoup les moins étendues, la totalité de la surface présente un excès d’électricité négative.
- Il parait bien probable, d’après cela, que les couches d’air voisines du sol doivent être chargées aussi d’électricité négative f* 1), ne fût-ce que par suite du phénomène suivant. Il arrive assez fréquemment qu’un nuage se forme près du sol et se trouve avec lui en communication électrique assez parfaite pour que la couche électrique négative qui était primitivement sur le sol passe à la surface inférieure du nuage. Si celui-ci se détache du sol, s’élève, puis s’évapore, l’électricité négative
- Sur la cause de l’électrisation des nuages orageux, par M. Pellat f1). -
- A titre hypothétique, Peltier a admis, pour expliquer les phénomènes dont notre atmosphère est le siège, que le sol est recouvert normalement d’une couche d’électricité négative. La connaissance plus parfaite que nous avons aujourd’hui des phénomènes électriques, permet de montrer la justesse de la conception de Peltier, qui est, non une hypothèse, mais bien une réalité.
- On sait, en effet, que par le beau temps le potentiel des'couches va en croissant avec l’altitude, à partir du sol. Or, quand le potentiel du milieu isolant augmente en s’éloignant de la surface d’un conducteur, celle-ci est chargée d’électricité négative : par le beau temps, le sol est couvert d'une couche d'électricité négative.
- La densité électrique de cette couche est très faible, du reste, et il est aisé de voir, par le calcul, que la pression électrique qui en résulte est insuffisante pour soulever les corps les plus légers (2).
- (*) Journal de Physique;
- (s) Les observations de sir W. Thomson et de M. Joule,
- i Aberdeen, ont donné 0,0045 unité électrostatique pour la
- variation de potentiel par centimètre d’altitude. En vertu de la relation
- d V d U
- = ------ 4 TT [A
- ou en couclut, pour la densité électrique p. du sol P-
- ±Ç-C = _ _ o oo36
- 4 •k du 4 n
- La pression électrique étant donnée par la relation P = 2 Tt p.-2,
- P = u X (o,oo36)2 = 0,00000082 (dyne par centimètie .carré).
- Cette pression par centimètre carré est moindre que le poids d’un millionième de milligramme.
- Il est vrai que l’accroissement de potentiel par centi-timètre d’altitude étant très variable, sa valeur peut, dans certains cas, être dix fois supérieure à celle qui a été admise pour faire le calcul, ce qui centuplerait le nombre trouvé pour la valeur de la pression électrique; mais, même alors, cette pression est encore trop faible pour soulever les corps les plus légers.
- (4) Bien entendu, en disant qu’il est probable que l’air est électrisé négativement, nous ne voulons parler que de l’état moyen d’électrisation de l’air. Il est évident qu’il doit se présenter parfois des masses d’air électrisées positivement; par exemple, quand un nuage positif s’évapore, son électricité se trouve répandue dans le eourant d’air où s’est produite l’évaporation, et peut la charger positivement.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- dont il est chargé se répand dans l’air et l’électrise.
- Or, si l’air est chargé d’électricité négative, il en résulte que la valeur du champ électrique —
- augmente avec l’altitude. En effet, dès que les surfaces équipotentielles sont assez loin du sol pour que leur forme ne soit plus influencée par ses reliefs, ces surfaces sont des plans horizontaux et, par conséquent, les lignes de force sont des verticales. Alors, la somme de trois dérivées secondes du potentiel (AV) se réduit à <~a, en
- appelant du la longueur infiniment petite comptée sur la verticale et, d’après le théorème de Poisson, on a :
- di Y _
- d u- '111P •
- Si la densité électrique p est négative, la dérivée de la valeur du champ ~ par rapport à l’altitude étant positive, cette valeur est croissante.
- Ainsi, dans le cas où l’air est électrisé négativement, le champ électrique a une valeur plus considérable dans les hautes régions de l’atmosphère que celle que nous pouvons mesurer à la surface du sol. Dans les cas, probablement beaucoup plus rares, où l’air serait électrisé positivement et où les potentiels iraient encore en croissant avec l’altitude, la valeur du champ électrique dans les hautes régions serait, au contraire, moindre que près du sol.
- Nous nous proposons maintenant de montrer : i° Que si l’air n’est pas électrisé, la couche électrique négative placée sur le sol, quelque faible qu’elle puisse paraître (voir la note de la page 236), est bien suffisante pour électriser par influence les nuages et produire des orages électriques ; 2° que, si l’air est électrisé négativement, ce qui probablement doit avoir lieu le plus souvent, son influence s’ajoute à celle du sol pour produire une électrisation plus forte des nuages.
- On sait que tout conducteur placé dans un champ électrique, comme celui de l’atmosphère, pour lequel les potentiels vont en croissant avec l’altitude, est forcément électrisé par influence; car si, dans une certaine région A, le conducteur est à l’état neutre, c’est que le potentiel uniforme V de celui-ci est le même que le potentiel des couches d’air voisines de A. Alors les parties du conducteur, qui sont au-dessus de A, étant à un potentiel V inférieur à celui des couches d’air environnantes, se sont électrisées négativement, tandis que les parties qui sont au dessous de la région A, étant à un potentiel V supérieur à celui des couches d’air voisines, sont électrisées positivement. C’est là un lait qui a été constaté maintes lois par l’expérience.
- Or, si l’air n’est pas électrisé, nous avons vu que le champ électrique de l’atmosphère possède partout (ou à très peu près) la même valcnr que près du sol, et la densité électrique u de celui-ci est
- rf V
- reliée à ce champ par la formule -j~u = — 4 n y..
- Puisqu’il existe entre la valeur du champ et la densité électrique du sol une dépendance absolue, on peut considérer le champ comme créé par la présence de la couche électrique du sol et dire que c’est celle-ci qui, par influence, électrise ce conducteur. La valeur de ce champ électrique est connue du reste par l’observation : elle est très variable ; mais, pour fixer les idées, admettons, ce qui est souvent au-dessous de la vérité, que le potentiel croit d’une unité électrostatique G G S par mètre d’élévation en altitude.
- Un nuage est un corps assez conducteur pour que son potentiel soit peu différent d’un point à un autre. Si donc un nuage vient à prendre naissance dans un ciel primitivement pur, ce nuage est forcément électrisé, positivement en bas, négativement en haut. Qu’un coup de vent vienne à séparer sa partie supérieure de sa partie inférieure, et voilà deux nuages chargés d’électricité contraire.
- Cette explication de l’électrisation des nuages orageux par influence n’est certes pas nouvelle, mais nous allons la compléter en montrant que la grandeur de l’électrisation ainsi obtenue est parfaitement suffisante pour donner lieu aux phénomènes des orages électriques.
- Pour le montrer, prenons un exemple : considérons de nouveau les deux nuages électrisés, dont nous venons d’indiquer la formation. Tant qu’ils se touchaient, ils étaient à peu près au même potentiel; en s’éloignant, même sans changer d’altitude, leur potentiel devient différent ; le nuage le plus haut, qui est négatif, prend un potentiel de plus en plus inférieur à celui du nuage le plus bas, qui est positif. Mais cette différence de potentiel peut devenir considérable si le nuage supérieur s’abaisse et si le nuage inférieur s’élève. En effet, les causes lointaines qui font varier les potentiels des couches d’air, et qui, dans l’hypothèse de l’air non électrisé, se réduisent à la couche électrique du sol, éprouvent peu de modifications par la présence des deux nuages. Ceux-çi vont donc subir dans leur mouvement une variation de potentiel, à peu près égale à la différence de potentiel des couches entre lesquelles se produit le mouvement; c’est-à-dire que, avec le nombre admis plus haut, le potentiel du nuage négatif va diminuer, le potentiel du nuage positif augmenter d’une unité pat-mètre de variation d’altitude. Supposons que cette variation d’altitude soit de 5oom pour chaque nuage: c’est une différence de 1000 unités électrostatiques G G S qui, par ce seul fait, se produit entre eux.
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- Or, les nuages peuvent, par les temps d’orage, éprouver des déplacements en altitude très supérieurs à 5oom ; d’autre part, le nombre admis pour la valeur du champ (une unité par mètre) est souvent dépassé près de la surface du sol ; enfin, rappelons que si l’air est électrisé négativement, comme cela nous paraît probable, la valeur du champ magnétique, est plus grande dans les régions élevées que près du sol. (')
- Ainsi, sous l’influence des causes que nous venons de signaler, des nuages chassés par les vents violents d’un orage et enveloppés par un air isolant pourraient acquérir des différences de potentiel de plusieurs milliers d’unités électrostatiques.
- Nous allons voir maintenant qu’il n’en faut probablement pas tant pour obtenir des éclairs de quelques kilomètres de longueur.
- Reportons-nous, pour cela, à la très remarquable expérience de M. Mascart sur la différence de potentiel nécessaire pour obtenir une étincelle entre deux boules (* 2).
- Nous avons représenté sur la figure i la courbe qui résume ces expériences ; les différences de potentiel, exprimées en unités électrostatiques CG S, ont été portées en abscisses, et les longueurs d’étincelles correspondantes, exprimées en centimètres ont été portées en ordonnées.
- Cette courbe se relève rapidement et paraît présenter une asymptote correspondant à la valeur 5oo ou 600 unités de différence de potentiel, c’est-à-dire qu’en approchant de cette valeur l’étincelle électrique aurait une longueur tendant vers l’infini.
- En admettant même que la longueur de l’étincelle ne devienne de plusieurs kilomètres que pour des différences de potentiel notablement supérieures à
- (<) Nous tenons à faire remarquer que si, contrairement à ce qui nous paraît probable, l’air était normalement chargé d’électricité positive, la valeur du champ allant en diminuant avec l’altitude et d’une manière inconnue, il pourrait se faire que ce champ ne fût plus suffisant pour produire les différences de potentiel nécessaires à la longueur de l’éclair. Il faudrait alors chercher ailleurs l’explication de l’électrisation des nuages orageux. L’exactitude des considérations que nous présentons sur la cause de ces phénomènes est donc subordonnée à l’exactitude d’une proposition qu’on peut regarder comme probable, mais non comme certaine, à savoir que l’air a une charge électrique presque nulle ou une charge négative.
- Nous pensons que des recherches dirigées dans le but de déterminer l’électrisation de l’air pourront confirmer ou infirmer cette proposition; mais nous ne croyons pas que celles qui ont été tentées jusqu’à présent puissent trancher la question.
- Le moyen qui nous semblerait le plus propre à éclaircir ce point serait précisément de voir si la valeur du champ d. Y
- électrique augmente, diminue ou reste constante quand l’altitude augmente.
- (2) Mascart. Traité d’électricité statique, t. II, S 479» p. 87.
- 5oo ou 600 unités ('), on voit, malgré cela, que les causes indiquées ci-dessus pour l’électrisation des nuages, pouvant donner des différences de plusieurs milliers d’unités, sont bien suffisantes pour expliquer la grande longueur de l’éclair.
- Pour que la décharge se produise sous forme d’une étincelle brillante et sonore et non sous forme d’une aigrette silencieuse et à peine visible, il faut que les conducteurs présentent des charges électriques notables; mais la charge, pour des potentiels déterminés, ne dépend que de la capacité électrique, et il est facile de voir que la capacité électrique des nuages peut être supérieure à celle de nos plus puissantes batteries.
- Ainsi, pour expliquer les phénomènes électriques
- de l’atmosphère, il n’y a pas besoin de chercher d’autres causes que la présence certaine d’une
- (!) Le sujet même que nous traitons nous fait penser que la décharge ne peut avoir lieu à de très grandes distances que pour des différences de potentiel notablement supérieures à celles qu’on pourrait déduire par extrapolation des expériences de M. Mascart. On sait, en effet, que
- l’énergie d’une décharge est représentée par-î-QV, en dé-
- 2
- signant par V la différence de potentiel initiale entre les deux conducteurs et par Q la quantité d’électricité qui s’écoule. Or, si deux nuages se déchargeaient l’un sur l’autre dès que leur différence de potentiel V atteint 5oo ou 600 unités, il faudrait, pour trouver l’énergie d’un coup de foudre, supposer à la quantité d’électricité qui s’écoule Q, une valeur extrêmement grande et qui nécessiterait pour les nuages une capacité électrique plus considérable que celle qu’ils peuvent avoir. Nous pensons donc que l’éclair ne se produi que pour des différences de potentiel plus grandes que 600 unités, mais non pas tellement plus grandes qu’elles ne puissent très bien avoir pour origine les seules causes que nous indiquons dans le texte.
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- couche électrique négative à la surface du sol (1).
- Mais d’où vient cette couche d’électricité négative ?
- Nous pensons qu’elle a toujours existé. Si la terre, lors de sa formation, a reçu un excès d’électricité négative, elle ne peut le perdre, puisqu’elle est parfaitement isolée dans l’espace.
- Mais cet excès d’électricité négative ne doit-il pas se répandre dans l’atmosphère et disparaître du sol ?
- Nous l’avons déjà dit, nous croyons qu’il est en partie répandu dans l’atmosphère, mais en partie seulement, une cause ramenant à chaque instant au sol l’électricité négative : cette cause est la pluie. Supposons, en effet, qu’un nuage se forme au milieu d’un air chargé d’électricité négative : ce nuage recueille cette électricité et, s’il se résout complètement en pluie, les gouttelettes d’eau la ramènent au sol. Ce retour de l’électricité négative peut se produire même si le sol est déjà électrisé négativement, la pesanteur triomphant de la répulsion électrique.
- En résumé, nous pensons que tous les phénomènes électriques de l’atmosphère s’expliquent d’une manière simple, en considérant la Terre comme un globe électrisé négativement.
- Recherches électriques, par G. Quincke (2).
- Changement de forme des faces polaires par Vaimantation. Variations de pression instantanées
- pendant l'aimantation et la désaimantation.
- L’auteur fait observer que dans ces expériences on ne peut pas s’attendre à un accord complet entre la théorie et l’expérience. D’abord l’intensité du courant n’est pas identiquement la même que celle quia servi à mesurer les courants d’induction dans l’évaluation de l’intensité du champ magnétique. En outre, à cause du magnétisme rémanent l’ascension magnétique du liquide est trop faible. L’excitation répétée de l’électro-aimant, avec le même courant, ne produit pas le même champ magnétique. Enfin les armatures paraissent changer de
- (') Quelques auteurs ont pensé qu’il était nécessaire d’admettre l’existence d’une couche d’électricité positive aux limites de notre atmosphère, pour expliquer les phénomènes électriques et, en particulier, le phénomène de l'aurore boréale. Mais même en admettant, ce qui paraît probable, du reste, que l’aurore boréale est due à des décharges silencieuses entre les cristaux de glace dont[une atmosphère froide est chargée, il n’y a pas besoin, pour expliquer cet écoulement d’électricité, de supposer autre chose que ce fait bien certain de l’existence habituelle d’un excès de potentiel des régions élevées sur le sol; les régions supérieures s’électrisent négativement par ces décharges, aux dépens de l’électricité de la surface du sol.
- Si la limite de l’atmospère était conductrice, l’existence de l’électricité positive dans les hautes régions serait non probable, mais bien certaine; en effet, les tubes de force
- forme par l’aimantation. Or, une faible variation de distance entre les surfaces polaires produit un changement notable du volume de la vessie et par suite une variation dans la position du sommet du liquide du manomètre.
- On peut constater cette variation de forme et de position des surfaces polaires par un procédé optique. On dispose deux lunettes de telle sorte que l’image du réticule de l’une soit réfléchie par la face polaire et renvoyée dans l’autre lunette en coïncidence avec son propre réticule. Dès qu’on excite l’électro-aimant, cette coïncidence est dérangée.
- Le fait que les liquides diamagnétiques indiquent une augmentation de pression et non pas une diminution, comme on pouvait s’y attendre d’après l’équation (4). parle en faveur de la déformation des armatures pendant l’aimantation.
- La déformation par l’aimantation et la désaimantation des noyaux de fer et surtout des armatures peut être mise en évidence d’une autre manière.
- Si l’on introduit dans l’auge entre les deux faces polaires planes, séparées par les morceaux de glace, un liquide visqueux comme la glycérine ou l’huile de navet, et qu’on y plonge une vessie de 5omm de diamètre, on constate au manomètre une augmentation de pression passagère pendant l’aimantation et une diminution, aussi passagère et égale en grandeur, au moment de l’ouverture du circuit. Si le courant reste ouvert ou fermé pendant quelque temps on n’observe aucune variation de pression.
- Le tableau VII donne les résultats d’un certain nombre d’observations. La variation de pression instantanée était d’autant plus grande que la force électromotrice de la pile, donnant le courant d’aimantation, était plus grande et que la viscosité du liquide entre les pôles était plus grande.
- La gélatine était obtenue en dissolvant une partie de gélatine sèche dans dix parties d’eau chaude. On versait le liquide dans l’auge, on amenait la face polaire supérieure au contact avec les morceaux de glace et on y disposait la vessie pen-
- partant du sol aboutiraient à cette surface conductrice, et, comme entre deux conducteurs un tube de force renferme autant des deux électricités, et que ces tubes contiennent l’électricité négative en bas, ils contiendraient nécessairement de l’électricité positive en haut. Mais rien ne ressemble moins à un corps conducteur que l’air de plus en plus dilué qui existe dans les hautes régions de l’atmosphère; il est bien prohable que les tubes de force qui partent du sol, ou se perdent dans l’espace, ou aboutissent à des conducteurs extra terrestres sur lesquels se trouve l’électricité positive.
- Aussi l’existence d’une couche d’électricité positive aux limites de notre atmosphère nous paraît peu probable et, en tout cas, nullement prouvée.
- (2) Voir La Lumière Electrique, vol. XVI, p. 192.
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- dant que le liquide était encore chaud, et on le laissait refroidir et se prendre en gelée. La variation de pression à l’ouverture et à la fermeture du courant est d’autant plus grande que le liquide est plus froid.
- Au lieu d’employer un manomètre à sulfure de carbone on peut se servir de tubes en U. On dis-
- pose alors l’électro-aimant de manière que les faces polaires soient verticales. On place entre les pôles de l’électro-aimant la branche verticale et étroite d’un tube en U dont l’autre branche verticale de 25mm de diamètre se trouve à une distance de 200mm en dehors du champ. Ce tube est maintenu par une pince de bois, comme l’indiquent les ti-
- TABLEAU VII
- Augmentation ou diminution de pressions momentanées observées dans des vessies plates, placées entre des surfaces polaires planes, pendant l’aimantation ou la désaimantation de l’électro-aimant de Ruhmkorff.
- . Manomètre à sulfure de carbone <j0 = 1,2591.
- Distance entre les surfaces polaires imm7oo.
- NOMBRE DES ÉLÉMENTS BUNSEN fo IO 3 1
- Intensité du courant en ampèies = 12 9.6 6 12 2,95 amp.
- Force magnétique absolue H, = 3990 2812 2148 1715 C.G.S.
- - H? = .-',416 2,090 1,569 J
- — H, = 2,327 1,640 1.252 I
- LIQUIDES A S C E N .S I O N MOMENTANÉE
- mm mm
- Gomme arabique — 2,353 1,111 0,588 0,261
- Glycérine 2,614 1,601 0, i65
- Huile de .navette — 0,157 — —
- Bichromate de potasse — 0,022 — —
- Gélatine * — 9,15 5,489 3,398
- Variation de pression relative.
- Gomme arabique — 9,018 4,257 I
- Glycérine 15,83 9.7,03 3,563 I
- Gélatine * ~ 2,693 1,615 1
- * Indique une distance interpolaire de 6,7 millimètres.
- gures 7 et 8, et il est rempli d’un liquide magnétique. Quand on excite l’électro-aimant le niveau
- change d’une manière inappréciable dans la branche éloignée du tube, mais le liquide monte dans la branche étroite d’une hauteur telle, que pour des forces magnétiques égales, l’augmentation de la
- pression hydrostatique est égale à celle qu'on observe dans la vessie à l’aide du manomètre à sulfure de carbone.
- Si la partie horizontale du tube est mince et élastique, la partie du tube qui traverse le champ ma-
- gnétique effectue des oscillations intenses. D’après la vitesse avec laquelle le liquide monte et descend on peut voir, que le magnétisme s’établit plus lentement qu’il ne disparaît et que l’établissement du magnétisme est d’autant plus rapide que la force électromotrice de la pile excitatrice est plus grande, toutes les autres conditions étant égales d’ailleurs.
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- TABLEAU VIII Pressions magnétiques mesurées avec un tube en l Electro-aimant de Ruhmkorff. — Surfaces polaires de i40mm de diamètre.
- DISTANCES INTERPOLAI R ES 7 mm,2^) 10111 m, 1 5
- Poids ASCENSION MAGN1CTIQU E
- Liquides spéciliquc hi
- (ï h. L-2
- a) 10 c! léments Bunsen
- II, = 2883 C. G. S. II2 --- 1964 C. G. S.
- 1I0I =-= 366 C. G. S. II,,, = 104C. G. S.
- mm mtn
- Perchlorure de fer 1,5o83 1,373 0,654 2,100
- Chlorure de manganèse . . 1,4302 1.672 0.787 2,124
- 1,368o 1,484 0,703 2,109
- Sulfate de manganèse 1,423.? 1,184 0,c33 2,223
- Sulfate de protoxyde de fer 1,2170 o.r-di 0,260 2,080
- Sulfate de cobalt 1.2583 0,516 0,246 2, ÎOI
- Chlorure de cobalt I,1290 o,33i 0,178 1.861
- Chlorure de nickel 1,i385 0, 123 0,0(33 1,959
- Sulfate de nickel I,292i 0,209 0,093 2,2.20
- (H,)2 , -
- 'II*)*_ ’
- b) 3 éléments Bunsen
- II, = 2!IÇ)C.G.S. H, = 1422 C.G. S.
- Ho, = 3,| 1 C.G. S. Ho2 = 87 C. G. S.
- mm ium
- Perchlorure de fer 1,5o83 o,971 0,454 2,144
- Chlorure de manganèse 1,4302 1,067 0,5i5 2,071
- — 1,368o 1,000 0,464 2,i5d
- Sulfate de manganèse 1,4235 0,791 o,38o 2,080
- Sulfate de protoxyde de fer It2170 0,373 0,176 2,1 lo
- Sulfate de cobalt 1,2583 0,35t O,!?! 2,0.58
- Chlorure de cobalt I,1290 0,248 0, 123 2,010
- Chlorure de nickel 1,1385 0,108 0,049 2,213
- Sulfate de nickel • . I,2921 0,147 0,071 2,084
- (H,)a
- (H*)*-2’1'4
- c) 3 éléments Bunsen. -
- Il, = 2039 C. G. S. H2= i373 C.G. S.
- 110I— 333 C.G. S. H„,= 86 C. G. S.
- mm lum
- Chlorure de manganèse 1,0973 0,333 0,165 2,024
- Sulfate de manganèse 1,4206 0,885 0.446 1,986
- i,i537 0,33-4 0,175 1,929
- UIi)2
- (lls)- 2’’29
- n) 3 éléments Bunsen.
- 1I,= 2039 C.G. S. H, = 373 C. G. S.
- 1I0,= 333 C.G.S. Il0,= 86 C.G.S.
- m m mm
- Chlorure de manganèse 1,3697 0,Q10 0,416 2,187
- 1,0973 0,2“() 0, i3o 2,120
- Sulfate de manganèse 1,4206 0.733 • o,33.? 2,192
- 1,i537 0,022 0,144 2,237
- (H,)*
- (H,)* 2),S2
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- L’augmentation de pression produite par les forces magnétiques est encore déterminée par l’équation (4), en désignant par h l’accroissement de la différence de niveau dans les deux branches et par 80 le poids spécifique du liquide dans le tube en U.
- Soient H4 et H2 les intensités du champ magnétique pour des distances interpolaires a, et o2 quand le circuit est fermé ; soient H0) et H02 les deux valeurs correspondantes de l’intensité du champ quand le circuit est ouvert..
- A ce dernier état, produit par le magnétisme rémanent, correspond une pression hydrostatique déterminée par l'équation (4), et, en excitant l’élec-tro-aimant, on n’observera qu’une variation h, ou h2 de l’ascension magnétique qui correspond à la différence des forces magnétiques dans les deux cas. Si l’on désigne par b le poids spécifique du liquide dans le tube en U, on aura
- (HÎ-h;,);/i16=A (HÎ-HJ.) (S)
- ou en divisant membre à membre les deux égalités :
- Les quantités H,, H3, H01, H„2 se déterminent à l’aide de la bobine plate, comme on l’a indiqué plus haut.
- Le tableau VIII résume une série d’expériences faites dans le but de vérifier l’équation (6). Les nombres de la dernière colonne montrent que cette équation se vérifie d’une manière satisfaisante.
- Immédiatement après les expériences résumées dans le tableau précédent, l’auteur fit une série d’expériences avec le même liquide magnétique par la méthode du manomètre à sulfure de carbone. L’auge était en laiton avec des parois en verre de glace (fig. g) et un fond de fer. Ces expériences avaient pour but de comparer les résultats obtenus parles deux méthodes.
- Les deux méthodes ont donné la même pression magnétique pour le même liquide et la même force magnétique, comme l’indique le tableau suivant, que nous détachons d’un tableau beaucoup plus long donné par l’auteur (tableau IX).
- Dans les deux séries d’expériences, le liquide de la branche étroite du tube en U dans l’une et la périphérie de la vessie dans l’autre se trouvaient à la même place dans le champ magnétique.
- En moyenne, la pression magnétique mesurée à l’aide de la vessie et du manomètre est inférieure à celle qu’on observe avec le tube en U, parce que, dans le premier cas, la surface polaire inférieure s’est accrue de 140 à i5o millimètres à cause de la plaque de -fer formant le fond de l’auge, celle-ci avait i5o millimètres de diamètre.
- En outre, l’intensité du courant avait un peu va-
- rié pendant le déplacement de l’électro-aimant et l’arrangement des appareils. Si l’on tient encore compte de la déformation des faces polaires par l’aimantation, on comprendra qu’on ne peut pas s’attendre à un meilleur accord entre les résultats observés.
- Le tube en U donne, d’après l’auteur, des résultats plus exacts : ses indications sont indépendantes de la déformation des pôles; en outre, cette méthode, mettant en jeu moins de liquide, exige
- FIG. 9
- moins de temps, et en outre il n’y a pas à craindre les altérations chimiques des liquides parle contact avec le fer formant la surface polaire.
- L’augmentation de la pression magnétique est indépendante de la longueur du tube et de son diamètre pourvu que l’intensité du champ reste constante en tous les points du liquide.
- Elle restait invariable quand on introduisait une partie de la branche étroite du champ entre les
- TABLEAU IX
- • ASCENSION PRESSION
- POIDS magnétique magnétique
- LIQUIDE
- spécifique TubccnU Vessie TubeenU Vessie
- //, h A, C A C„
- 10 élérr ents Bun sen. (11,) = ' 2860 C. G . S.
- millim. millim. millim* millim.
- Mu Cl.,. . . 1,368o 1,484 1,541 2,o3o 1,950
- Fe SO,.. . . 1,2170 0,541 o,5o6 0.658 0,640
- Co SO,. . . 1,2584 o,5i6 0,52.3 o,65o 0,661
- CoCI,. . . I,I290 o,33i 0,295 0,373 0,373
- Ni Cl, . . . 1,1385 O, 123 0,137 O, 140 0,174
- Ni SO.,. : . 1,2921 0,209 0,255 0,270 0,322
- pôles sphériques ou plans et parallèles d’un autre électro-aimant Ruhmkorfl.
- Pression magnétique, parallèle et perpendiculaire aux lignes de forces. Aucun changement de volume pendant l'aimantation. — Jusqu’à présent on n’avait mesuré que les pressions perpendiculaires aux lignes de force. On constate les mêmes augmentations de pression pendant l’aimantation dans la direction parallèle à ces lignes, en disposant l’électro-aimant de manière que les lignes de force soient verticales et en plaçant l’une des
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- branches des tubes en U, dans le canal central du noyau de fer, on l’enfonce jusqu’à ce que le ménisque du liquide magnétique soit dans le champ. Le tableau suivant donne les résultats des observations avec un tube en U de 4mra de diamètre, chaque branche ayant une longueur de 3oomm placées à une distance de ioomm l’une de l’autre.
- TABLEAU X
- ASCENSION MAGNÉTIQUE
- interpolaire
- millim.
- millim.
- millim.
- millim. 1,700
- millim.
- Si on laisse tomber d’un vase, goutte à goutte, une dissolution de perchlorure de fer dans un champ magnétique constant, on peut constater avec une balance que le poids des gouttes reste exactement le même, que l’électro-aimant soit excité ou non. L’intensité du champ était de 1000 unités C. G. S. Les lignes de force pouvaient être horizontales ou verticales (’). Le même fait a été observé avec une dissolution de chlorure de manganèse dans un champ de 600 C. G. S.
- Des vessies plates placées dans un liquide magnétique entre les faces polaires horizontales de i40mm de largeur de l’électro-aimant Ruhmkorff, de manière qu’elles ne touchent que la face supérieure, pendant que leur côté inférieur était tout près de, la face polaire inférieure, ne changeaient pas de forme. On employait dans cette expérience des dissolutions concentrées des liquides les plus magnétiques, et l’intensité du champ était de 2000 à 4000 C. G. S. On observait les vessies à l’aide d’un microscope.
- L’auteur déduit de ces expériences que la constante capillaire du liquide au contact de l’air ne change pas d’une manière appréciable dans le champ magnétique. L’augmentation de pression subie par la vessie sous l’effet des forces magnétiques est la même dans les directions parallèle ou perpendiculaire des lignes de forces.
- La même vessie, placée dans un liquide isolant, entre les plateaux horizontaux d’un conducteur, aurait changé de forme d’une façon très notable pendant l’électrisation du condensateur; elle devient plus longue dans la direction parallèle aux
- lignes de forces électriques ét se raccourcit normalement à ces lignes.
- Cette différence entre les pressions magnétiques et électriques a été constatée d’une autre manière dans le champ magnétique beaucoup plus intense de l’électro-aimant de Berlin. L’auteur fit suspendre des gouttes d’un liquide magnétique à l’extrémité d’un fil de verre, dans le champ magnétique. Cette goutte, éclairée d’en haut par un miroir S (fig.io), était observée d’en bas à l’aide d’un prisme à réflexion totale et un microscope. Le champ magnétique avait une intensité de 12000 C. G. S. On a constaté que le diamètre horizontal de la goutte, parallèle ou perpendiculaire aux lignes de force ne changeait pas pendant l’excitation de l’électro-aimant. L’expérience a été faite avec des liquides magnétiques et de l’eau qui est diamagnétique. La même expérience a été faite avec une goutte d’amalgame de fer suspendue à l’extrémité d’un fil de cuivre.
- Mais si le champ magnétique n’a pas la même
- FIG. IO ET II
- intensité en tous ses points, les gouttes changent de forme. La différence indiquée entre les forces électriques et magnétiques se trouve en rapport avec ce fait qu’un liquide isolant placé dans un champ électrique devient biréfringènt, tandis qu’un liquide magnétique n’acquiert pas cette propriété quand il est placé dans un champ magnétique.
- Toutes ces expériences montrent qu’à la limite d’un liquide magnétique et de l’air les pressions magnétiques sont dans la direction parallèle aux lignes de force les mêmes que dans la direction perpendiculaire à ces lignes.
- A l’intérieur d’un liquide magnétique homogène placé dans un champ magnétique uniforme et d’intensité constante, les pressions magnétiques se font équilibre^). Des différences de pression ne peuvent être observées qu’à la surface de séparation de liquides hétérogènes.
- C’est ainsi qu’on ne constate aucune différence de concentration à l’intérieur d’un liquide magné-
- (')• Quincke, Annales dé Poggendorff, vol. 160, p. 586,
- !877-
- (*). Faraday, Exp. res. g. 246.-1.
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- tique placé dans un champ même non uniforme, tandis que des gouttes d’une dissolution alcoolique de chlorure deferà l’intérieur de l’huile d’olive diamagnétique, sont attirées suivant les lignes de plus grande force.
- Il résulte de là qu’un tube de verre rempli d’un liquide magnétique suspendu horizontalement dans un champ magnétique uniforme, ne doit pas se diriger avec son axe parallèlement aux lignes de forces, quand on excite l’électro-aimant.
- L’expérience confirme cette prévision de la théorie. L’aiiteur remplissait de liquide de petits tubes ouverts aux deux bouts et les suspendait dans un champ uniforme. Si l’on ferme à la lame les deux extrémités des tubes, il se forme quelquefois un dépôt solide de substance magnétique qui peut donner lieu, même dans un champ uniforme, aune force directrice.; L’auteur recommande pour des expériences de longue durée des tubes ayant la forme qui est représentée fig. n.
- Si l’on suspend les tubes dans un champ non uniforme, ils prennent une direction axiale. Il y a alors une force directrice. Si l’on suspend un tel petit tube rempli de liquide magnétique en le laissant plongé dans un autre liquide ayant une constante diamagnétique plus grande, le tout étant mis dans un champ non uniforme, le tube est. tiré par ce dernier liquide dans la direction de la ligne de force la plus courte et le tube prend une position équatoriale.
- Ce n’est qu’avec des dissolutions très concentrées de chlorure de manganèse et de perchlorure de fer que l’auteur a pu apercevoir des traces d’une force directrice dans un champ de 1000 à i5oo C. G. S. Avec des forces magnétiques moindres, de 3oo à 700 C. G. S. on ne voyait pas trace de force directrice.
- Des liquides magnétiques mis dans des vases thermométriques avec des parois plates n’accusent aucun changement de volume quand on les place dans un champ magnétique uniforme de i5oo C. G. S. De même, le sulfure de carbone, l’éther, l’eau, l’eau acidulée mis dans les mêmes conditions n’accusent aucun changement de volume.
- K.
- L’éclairage électrique appliqué à la photographie, par M, Ottomar Volkmer.
- Nous trouvons, dans la revue Zeitschrift fiir Elektrotechnik (28 février i885), une étude intéressante de M. O. Volkmer sur l’emploi de la lumière électrique dans la photographie. Il est inutile de faire ressortir l’importance que la question présente au point de vue des praticiens non seulement dans les pays peu favorisés par la lumière solaire, mais même dans tous les pays; il y a
- longtemps que les photographes ont été frappés des avantages qui résulteraient pour leur art de l’introduction dans leurs ateliers de l’éclairage électrique, et les premiers essais dirigés dans ce sens remonteraient, selon l’auteur, à l’année 1864. A cette époque le photographe Ost, de Vienne, eut l'idée d’éclairer son atelier au moyen de deux lampes à arc, alimentées par des éléments Bunsen, un premier foyer de 80 éléments servant à éclairer le sujet, et un autre foyer plus faible, de 40 à 5o éléments, destiné à adoucir les ombres portées par le foyer précèdent. Des miroirs paraboliques servaient de réflecteurs. On ne peut guère citer cet essai qu’à titre de mémoire, et il y a tout lieu de croire que les résultats obtenus ne furent pas satisfaisants, puisque le procédé n’eut pas d’imitateurs à l’époque. Ce n’est que quatorze années plus tard, en 1878, que l’on retrouve une installation complète avec lampes à arc pour les reproductions photographiques et lampes à incandescence pour l’éclairage des ateliers.
- Les lampes à incandescence se prêtent mal aux reproductions photographiques, attendu que la lumière qu’elles donnent est trop jaune. Mais cette dernière propriété les rend justement très propres à l’éclairage des ateliers. — Comme elles donnent en outre une quantité de chaleur très faible, elles peuvent être d’un emploi très avantageux dans les pays chauds et même dans les pays tempérés à la saison de l’été.
- La lumière à arc, en vertu de ses propriétés chimiques et de sa grande intensité, est au contraire éminemment propre à la photographie; on peut même dire qu elle est trop propre à cet usage, et les difficultés proviennent ici non pas d’un manque, mais bien d’un excès de lumière. On arrive facilement à des effets excessivement durs, les ombres portées étant très énergiques, et dans le choix de la disposition à adopter, tous les efforts doivent tendre à mitiger la clarté de façon à la rendre supportable à la personne placée devant l’objectif.
- Un des premiers ateliers où l’on trouve la lumière électrique employée avec succès dès l’année 1878 est celui de van der Weyde, à Londres (ce fut sans doute, comme dit l’auteur, un acte de désespoir devant les brouillards éternels de la cité). On savait par expérience que pour faire de la bonne photographie il fallait une lumière diffuse, qui seule permettait d’éclairer convenablement les objets; van der Weyde eut recours, pour obtenir un éclairage de cette nature, à un système de lentilles Fresnel et employa le dispositif représenté dans la figure ci-jointe.
- L’arc, d’une puissance de 4000 bougies normales, se trouve au centre d’un réflecteur hémisphérique R R d’un diamètre de im 75 environ et tapissé de papier blanc. Les charbons a et b
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- passent isolés à travers la paroi du réflecteur et communiquent par les fils c avec les bornés d’une machine magnéto-électrique ; ces charbons ont des diamètres différents; le charbon supérieur a 8 millimètres et le charbon inférieur 20 millimètres. Un mécanisme très simple permet de déplacer de bas en haut et de faire tourner autour du point fie charbon b; ce mécanisme est analogue à celui que l’on rencontre dans les lorgnettes ordinaires.
- Devant l’arc est disposé un petit réflecteur métallique m m ayant un diamètre de 10 centimètres supporté par les tiges S S et destiné à empêcher
- les rayons de tomber directement sur l'objet que l’on veut éclairer.
- Le système entier est suspendu à un étrier et mobile autour d’un axe horizontal dont on aperçoit la projection en O ; l'étrier peut lui-même, grâce à une suspension à contrepoids, être déplacé verticalement et latéralement, et occuper par suite diverses positions de l’espace.
- Le système donna de fort bons résultats et l’on vit successivement s’éclairer par ce procédé les ateliers Lewitzky, à Saint-Pétersbourg; Liébert à Paris; Lumière, à Lyon; madame Dupont, à Bruxelles, etc.
- L’expérience montre qu’au point de vue des actions chimiques, cette lumière estàla lumière solaire moyenne comme 2 est à 3 et même 3 1/2. Un grave inconvénient est l’absence de régulateur qui néces-
- site à de très courts intervalles de temps le réglage de l’arc à la main. Il n’en est pas moins vrai que la maison Lewitzky, de Saint-Pétersbourg, emploie depuis 1878 le système qui vient d’être décrit; près de 5 000 photographies ont été faites par ce procédé, et la collection qui figurait à l’exposition d’électricité de Vienne a permis de se rendre compte des qualités de ce procédé.
- A Berlin, J. van Ronzelen emploie depuis 187g la lumière électrique. Son installation comprend une lampe à arc Siemens de 3 000 bougies normales, un régulateur système Hefner Alteneck et une machine magnéto-électrique actionnée par un moteur à gaz de quatre chevaux. Dans ce système on peut signaler de suite un inconvénient résultant de ce fait que le régulateur est placé immédiatement au-dessous de l’arc, en sorte qu’il intercepte une notable partie des rayons lumineux. Le foyer est placé dans une caisse montée sur un support mobile et envoie ses rayons lumineux sur un réflecteur analogue au précédent de 2 mètres de diamètre et tapissé de papier blanc ; la lumière réfléchie vient ensuite éclairer l’objet que l’on se propose de photographier, en sorte que l’on obtient sur une étendue de 2 à 3 mètres un éclairage diffus très égal.
- Les frais d’installation, lampe, machines, etc., se montent à 10000 francs environ et les frais de l’éclairage peuvent être estimés à deux francs par heure.
- Comparé au système précédent, le système van Ronzelen donne une lumière beaucoup moins intense. Ainsi, dans le premier, les plaques humides demandent une durée d’exposition qui varie de 4 à 6 secondes, tandis que dans le second il est impossible d’opérer avec des plaques humides et même avec des plaques sèches le temps de l’exposition est bien plus long (10 secondes au lieu de 5 ou 6). Cette différence tient sans doute à ce que, dans le système van Ronzelen, l’arc ne se trouvant pas comme dans le système van der'Weyde, au foyer même du réflecteur, mais à une certaine distance de ce foyer, la trajectoire des rayons lumineux est bien plus considérable, et par suite l’intensité lumineuse au point où est placé l’objet bien plus faible.
- A New-York, Kurtz, pour obtenir une lumière aussi diffuse que possible, substitue au foyer unique avec réflecteur une série de lampes, généralement de 5 à 7... Ces lampes sont enfermées chacune dans un écran percé d’une ouverture sur laquelle est tendu un papier de soie; ce papier fait office de verre dépoli, tout en absorbant moins de lumière. On divise les lampes en deux groupes dont le premier est destiné à produire les effets de lumière et le second, composé d'un nombre moindre de lampes, à adoucir les ombres portées. Malgré ces précautions, les effets obtenus sont
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- généralement durs, et ce n’est que grâce à des procédés spéciaux brevetés par M. Kurtz que l’on arrive à de bons résultats.
- Sans insister sur le détail de ces procédés, nous nous bornerons à mentionner qu’ils consistent, en principe, à faire mouvoir l’objet par rapport aux sources lumineuses, tout en le maintenant dans une position invariable relativement à la chambre noire pendant la durée de l’exposition. Ceci s’obtient en plaçant la chambre noire et l’objet sur une plaque tournante, la chambre occupant le centre de la plaque et l’objet un point voisin de la circonférence.
- A l’Institut royal géographique de Lisbonne, l’installation de la section de photographie se compose d’une machine magnéto-électrique Gramme et d’un foyer à arc avec régulateur Serrin. Ce dernier type de régulateur est trop connu pour que nous croyions utile de le décrire; il se prête à un réglage facile et précis, qualités qui le rendent très propre aux opérations photographiques. Le modèle qui figure à l’Institut de Lisbonne brûle des charbons de 22 centimètres de longueur et de 7 millimètres d’épaisseur, charbons qui doivent être renouvelés tous les cinq quarts d’heure. La machine électrique donne à une vitesse de 1210 tours par minute un courant équivalent à celui de 60 éléments Bunsen. Le foyer à arc ainsi obtenu a une intensité lumineuse de 2 000 bougies normales, et le prix de l’éclairage est de 5o centimes par heure environ.
- Au département des cartes de l’état-mai or général prussien, à Berlin, on se sert pour la reproduction des originaux de deux petits foyers à arc avec régulateurs munis chacun d’un réflecteur parabo-tique peint en blanc et présentant une ouverture de 5o centimètres environ. Ces foyers montés sur des supports peuvent être déplacés verticalement et sont alimentés par deux petites machines dynamo-électriques actionnées par un moteur à gaz de quatre chevaux. Les cartes originales qui sont étalées sur les murs reçoivent de cette façon directement la lumière des lampes à arc.
- La maison Siemens et Halske emploie dans son atelier de reproduction photographique un diffuseur spécial construit par M. Himly, qui dirige ce service. Le diffuseur en question, de forme conique, est enfer-blanc et recouvert intérieurement d’une couche de peinture blanche mate. Il est monté sur une véritable grue, de sorte qu’on peut lui faire occuper toutes les positions de l’espace qu’embrasse le mouvement de la grue; on peut en même temps incliner plus ou moins l’axe du cône et augmenter ou diminuer ainsi la quantité de lumière que l’on projette sur l’objet à éclairer. A l’intérieur de ce cône se trouvent deux foyers à arc de 1 200 bougies chacun ; ces foyers sont munis de miroirs métalliques, disposés de telle façon que toute la lumière des deux arcs est d’abord projetée
- contre les parois du diffuseur et de là seulement vers l’endroit où on la dirige. Avec ce système la durée de l’exposition n’est que de 3 à 4 secondes.
- M. O. Volkmer signale enfin en terminant l’installation faite dans ces derniers temps sous la direction du professeur, M. Vogel, au laboratoire photo-chimique de la nouvelle école polytechnique à Charlottenbourg ('). L’éclairage comprend six foyers à arc Siemens de r 200 bougies chacun ; ces foyers sont distribués par groupes de 4 et de 2 sur des tréteaux mobiles sur roulettes. Le premier de ces groupes sert aux effets de lumière, le second à adoucir les ombres. Comme les lampes sont elles-mêmes mobiles de bas en haut, il en résulte que l’on peut amener les foyers lumineux à occuper l’un quelconque des points de la salle.
- Ces lampes sont naturellement munies de réflecteurs blancs mats.
- La machine dynamo-électrique qui alimente ces lampes peut également, par le jeu d’un commutateur, envoyer le courant à sept ou à quatorze lampes à incandescence Swan (suivant que l’on met hors circuit une ou deux lampes à arc) qui servent à éclairer la chambre noire. La lumière de ces dernières lampes est adoucie par des globes de couleur.
- On a souvent essayé d’employer pour l’éclairage spécial dont il s’agit des batteries primaires ou secondaires ; jamais les résultats obtenus n’ont été aussi satisfaisants que dans le cas des machines, et cela pour des raisons qui n’échapperont à personne.
- Dans les ateliers où l'éclairage se fait par réflexion et diffusion de la lumière crue, on peut admettre, pour les portraits de personnes, que la durée de l’exposition est égale ou supérieure d’un tiers au maximum à ce qu’elle serait avec la lumière diffuse du jour.
- Après avoir rappelé brièvement les applications qui peuvent être faites de la lumière électrique avec divers procédés de reproduction, applications sur lesquelles nous n’insisterons pas, car la lumière électrique est loin d’y être aussi utile que dans la photographie, l’auteur remarque avec raison que dans les conditions actuelles l’éclairage électrique est beaucoup -trop cher pour prendre place ailleurs que dans un atelier où la lumière du jour sera l’éclairage normal et habituel. Mais, lorsque dans un avenir que nous aimons à croire prochain, on pourra s’abonner au courant électrique, comme on s’abonne aujourd’hui au gaz, c’est-à-dire que les conditions de prix se trouveront être en rapport avec les avantages qui ressortent de l’éclairage électrique, il est hors de doule que la lumière artificielle se substituera totalement, dans les ateliers photographiques, à la lumière du jour et nous verrons
- (l)La Lumière Electrique, t. XIV,-p. 299.
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- enfin les photographes abandonner le voisinage des toits' pour des régions plus abordables au public,
- M.
- Un nouveau support isolant pour les expériences d’électricité statique.
- On sait que les supports en verre employés pour les expériences d’électricité statique perdent souvent leur pouvoir isolant par suite de l’humidité qui se dépose sur leur surface et y forme une couche conductrice.
- Pour obvier à cet inconvénient, on a eu l’idée de placer ces supports dans une atmosphère constamment desséchée par l’acide sulfurique et c’est sur
- ce principe que sont basés les isolateurs bien connus de Sir William Thomson et de M. Mascart.
- Précédemment, on était obligé de chauffer les tiges de verre par divers procédés jusqu’à ce qu’elles eussent atteint une température un peu supérieure à celle de l’air ambiant, de sorteque la vapeur d’eau ne pouvait plus s’y condenser. M. de Fon-vielle a pensé qu’il pourrait être avantageux dans certains cas de recourir à cet ancien procédé en remplaçant les tiges sur des tubes chauffés intérieurement, pendant toute la durée de l’expérience, par une spirale de platine incandescente.
- La figure ci-jointe représente l’application de ce système à un électroscope à balles de sureau. Une simple pile à bichromate suffit pour rendre la spirale incandescente.
- L’éclairage électrique des trains de chemins de 1er (*}.
- La direction des chemins de fer à Francfort-sur-le-Mein a dernièrement renouvelé les essais relatifs à l’éclairage électrique des trains. Le train d’expérience se composait de trois wagons de voyageurs (première, deuxième et troisième classes) et d’un fourgon à bagages. A l’une des extrémités de ce dernier wagon, un compartiment spécial est réservé à une machine dynamo-électrique du type Mœhring (Francfort-sur-le-Mein) ; à l’autre extrémité se trouve disposée une caisse renfermant des accumulateurs. Une série de poulies de renvoi transmet le mouvement des essieux à la machine dynamo et permet d’obtenir pour une vitesse de marche de 3o à 70 kilomètres à l’heure une vitesse de 700 tours à la minute pour la machine dynamo.
- Lorsque le train marche à pleine vitesse, la charge des accumulateurs se fait avec les lampes en circuit pour des vitesses inférieures à 3o kilomètres, les lampes sont alimentées par les accumulateurs, un commutateur automatique modifiant suivant le cas la marche du courant. Pendant la journée, les lampes sont mises hors circuit et la machine dynamo-électrique charge les accumulateurs dont le nombre s’élève à 26. La charge du wagon qui résulte de toute cette installation, machine, commutateur et transmission, est de 600 kilogr.; les frais de l’installation se montent à 3 125 francs environ.
- L’éclairage comporte en tout 12 lampes à incandescence : 2 dans le fourgon à bagages, 2 dans le wagon de troisième et enfin 4 dans chacun dés deux autres wagons ; les frais d’installation pour un wagon de voyageurs peuvent être évalués entre 80 et 100 francs. Il y a cependant lieu de remarquer que le même générateur pourrait très facilement alimenter deux wagons de plus.
- Les expériences effectuées avec le train ains composé ont donné des résultats très favorables. La lumière se maintenait parfaitement fixe pendant la marche à des vitesses variables aussi bien que pendant les arrêts aux stations. Ce n’est qu’au moment de l’arrêt ou de la mise en marche que l’on constatait une oscillation de très courte durée provenant de la commutation qui se produit à ce moment.
- Comme toutes les manœuvres de réglage se font automatiquement, le système ne nécessite la surveillance d’aucun agent, si ce n’est au moment du départ du train. Les expériences durèrent six semaines : l’état de conservation des accumulateurs au bout de ce laps de temps ne laissait rien à désirer et les frais d’exploitation ont pu être évalués à o fr, 10 par lampe et par heure. M.
- (') Ccntralblatt fur Elektrotechnik..
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- FAITS DIVERS
- La Préfecture de police vient de faire installer de nouveaux avertisseurs d’incendie, identiques à ceux qui fonctionnent depuis le mois de janvier dans le quartier des Halles. Comme on peut le voir sur les avis placés près de chaque appareil, il faut, en cas d’incendie, casser la glace et appuyer sur le bouton placé dans la boite. Cette opération met en mouvement deux sonneries dont l’une est au poste de pompiers et l’autre dans l’appareil même. Cette dernière s’arrête dès que les pompiers se mettent en marche.
- Le fonctionnement du système, qui a ôté imaginé et construit par la maison Bréguet. est assez facile à comprendre. La pression exercée sur le bouton d'appel produit le déclenchement d’une roue à cames, mise en mouvement par la descente d’un poids. Dans la rotation, ces cames soulèvent un petit levier qui vient établir un contact électrique et fermer le circuit de la ligne. Le nombre de contacts correspond à celui des cames et ce dernier au dernier numéro du poste transmetteur; il est indiqué au poste récepteur par une aiguille qui se meut sur un cadran ; en d’autres termes, la îéception de ce premier signal est analogue à celle du télégraphe Bréguet.
- En même temps, les deux sonneriés, placées en dérivation sur la ligne, se mettent en marche. Lorsque la dernière came vient soulever le levier, le mouvement de la roue se trouve arrêté. Le circuit électrique reste donc fermé et les sonneries continuent à fonctionner jusqu’à ce que les pompiers interrompent le circuit; ceci a lieu au moment où ils se portent au point indiqué.
- Le nombre d’avertisseurs, actuellement installés, est de 41 ; ils ne sont encore disposés que dans les quartiers du centre; mais l’extension du système ne tardera pas.
- La Cour de cassation, dans son audience du 17 avril dernier, vient de trancher une importante question, à propos du droit qu’ont les propriétaires de refuser l-’entrée de leur propriété aux ouvriers des téléphones, même lorsqu’un arrêté a été pris par le préfet.
- Des agents de l’administration des postes et télégraphes, munis d’un arrêté d’autorisation délivré par le préfet du Nord, s’introduisaient chez les particuliers, pour y faire des études sur l’établissement de poteaux ou supports nécessaires au fonctionnement du réseau téléphonique.
- Un propriétaire, ayant refusé à ces agents l’entrée de sa propriété, fut poursuivi devant le tribunal de Lille ; mais ce tribunal lui donna raison. C’est sur le pourvoi formé par le procureur de la République de Lille que la ,Cour de cassation vient de se prononcer.
- De la décision qu’elle a rendue il convient de retenir :
- I" Que l’arrêté préfectoral qui permet aux agents des postes et télégraphes de s’introduire dans les propriétés privées est entaché d’illégalité ;
- 2° Que, dans ce cas, les particuliers ont le droit de refuser à ces agents l’entrée de leur propriété.
- Dans la Gazelle des Tribunaux du 2.3 avril, on peut lire les considérants du jugement de la Cour de cassation annulant les arrêtés préfectoraux ordonnant de pénétrer dans desvpropriêtés particulières closes de murs pour établir des poteaux télégraphiques. Cette opération ne peut être faite qu’à la suite du paiement d’une indemnité préalable.
- On a pu voir depuis quelques jours, près du pont Royal, un des nouveaux bateaux express destinés à faire le service
- dans Paris. Ce modèle, qui vient d’être définitivement adopté par la Compagnie, est très élégant et présente toutes les commodités que le public peut désirer. Comme nous l’avons annoncé précédemment, chaque bateau sera éclairé à la lumière électrique et renfermera 21 lampes Swan de 16 bougies. La machine à vapeur, d’un modèle particulier construit par la ma'son Bréguet, est à grande vitesse et fait 345 tours par minute.
- Les lanternes des signaux sont électriques. Mais, pour parer aux accidents qui pourraient survenir, elles comportent aussi une lampe à pétrole. On peut donc, par une sim-p e rotation, se servir à volonté de l'un ou de ,’autre système. Cette double lanterne a été fournie par la maison Roux, Guichard et Ce.
- Enfin, la cloche au moyen de laquelle le bateau signale son arrivée aux pontons fixes est mise en mouvement par l’électricité, et cela d’une façon automatique, au moment où le conducteur du bateau saisit son porte-voix pour annoncer les noms des stations aux voyageurs des salons. Elle est aussi à la disposition du pilote, qui n’a qu’à appuyer sur un bouton pour la faire sonner lorsqu'il a à avertir d’autres embàrcations.
- L’installation électrique de ces trente-deux bateaux express est faite entièrement par la maison Bréguet.
- On doit à M. Suyers un système fort ingénieux de déclenchement électrique pour l’arrêt des trains. Chaque locomotive porte deux brosses en lames d’acier, l’une à l’avant, l’autre à quelques mètres en arrière. Si la voie n’est pas libre, la première brosse touche un appareil placé sur la voie, déclenche électriquement un débrayage qui commande les appareils d’alarme de la locomotive et indique que la voie n’est pas libre. Si, au contraire, le train peut circuler en toute sécurité, la première brosse ne touche pas l’appareil, mais la seconde l’arme pour avertir le train suivant. Une manœuvre faite à distance remet l’appareil au point mort dès que toutes les voitures ont quitté la section.
- Dans une comrrunication à la Société des ingénieurs civils, M. Eiffel a indiqué Ses services que pourrait rendre la tour métallique de 3oo pieds qu’il propose d’élever à l’occasion de l’Exposition de 1(189.
- En ce qui concerne l’électricité, il ne s’agit pas, comme dans le p ojet de M. BourJais, d’assurer l’éclairage de la capitale tout entière. M. Eiffel se contente d’installer au sommet de la tour un foyer électrique dont l’effet u.ile ne dépassera pas un cercle de 1 000 mètres de diamètre, c’est-à-dire l’enceinte de l’Exposition. Ce serait .donc un simple phare, de premier ordre, il est vrai, mais dont l’exécution n’offrirait pas des difficultés insurmontables.
- L’étude qu’ont faite MM. Sautter et Lemonnier des dispositions à adopter en est une preuve. Dané ces conditions, la question mérite d’être' sérieusement examinée; elle sera prochainement discutée à la Société des ingénieurs civils.
- A propos des expériences d’électricité faites sur le corps de Gamahut, il est intéressant de rappeler que vers 1804 des expériences analogues furent faites à Mayence sur les restes de briganJs suppliciés. On avait eu le bon esprit d’établir au-dessous de l’échafaud un laboratoire dans lequel lestâtes arrivaient au fur et à mesure qu’elles étaient détachées du tronc des suppliciés (voir la collection de VfLlectricilé).
- Exposition d'Anvers. — L’électricité qe tiendra pas, à l’Exposition d’Anvers, la place qu’elle aurait dû tenir.
- Nous remarquons, dans la description du plan de cette exposition, parmi nos premières maisons françaises :
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- Sautter-Lemonnier, Barbier et C», Menier, Société générale des Téléphonés, Mm® Bonis; ensuite viennent : Mors, Planté, Dupré, Boivin, de Moutard, Scrive-Hermite.
- Dans la seetion belge :
- Société des téléphones Bell' (Bell Téléphoné Manufac-turing C°), Société d’exploilation Bell, Mourlon et C°, Bœ-chaest, Richez, Alker, Raikem, Persvons, Bocyakevs, Jas-par, Compagnie d’électricité, Julien-Henry Tamine et C°, Tempels.
- Il est procédé aux travaux d’aménagement avec trop de lenteur; sauf l’exposition de Jaspar et l’installation de l’éclairage des travaux, qui est terminée, rien n’est encore prêt.
- Un chemin de fer électrique va être construit entré le village de Saint-Maurice et Pontresina. La force motrice sera prise de la chute de l’Inn, qui servira également pour l’éclairage électrique du village. 11 a été spécialement stipulé que le nouveau chemin de fer ne doit, en aucune façon, nuire à la beauté du paysage.
- Le ministère de la marine, en Angleterre, a décidé que tous les canons à bord dés navires sortant des chantiers de la marine à Chatham, seront munis d’une disposition de tir électrique.
- On nous apprend que les effets de la détermination électrique de la longitude de Lisbonne et de Washington ne seront pas longs à se faire a ttendre. Le lieutenant Charles S. Cornwel, qui était détaché à l’observatoire de Washington, vient d’être envoyé à Lisbonne par le secrétaire de la marine pour eonférer avec le professeur Ooin, directeur de l’observatoire de cette ville, sur le choix des étoiles qui doivent être observées simultanément de ces deux stations. Le but de ces études est de déterminer si le pôle répond constamment au même lieu de la surface terrestre, ou si ce point s’éloigne lentement de l’équateur du côté de l’Europe, comme semblent l’indiquer les dernières observations faites à Saint-Pétersbourg.
- La solution définitive d’une question d’une si haute importance n’aurait pu être fournie par l’astronomie, si l’électricité n’était venue lui prêter son concours en lui fournissant un moyen de déterminer la situation géographique des divers lieux de la terre avec une exactitude qu’il était impossible d’obtenir sans son secours, qui est indispensable pour ce genre d’études.
- Le 16 mars dernier, le conseil municipal de New-York a décidé de révoquer toutes les permissions pour le placement de fils souterrains qui n’ont pas été utilisées par les Compagnies d’éclairage électrique auxquelles on les avait accordées. Un certain nombre d’entreprises de lumière électrique ont demandé et obtenu des permissions de ce genre sans avoir pris aucune mesure pour mettre leurs fils sous terre.
- Le conseil de santé de la ville de New-York s’est prononcé contre les exécutions des travaux d’excavations dans les rues qui seraient nécessités par le placement sous terre des fils télégraphiques et autres. Dans l’opinion du conseil, ces travaux, exécutés pendant la saison chaude, seraient nuisibles à la santé publique et de nature à amener une épidémie de choléra. Il va sans dire que les nombreux adversaires de la loi sur les fils souterrains ne manquent pas de faire valoir ce nouvel argument en faveur de l’abrogation de cette mesure.
- Un chemin de fer électrique et aérien sera prochainement construit à Chicago, sur une longueur d’environ 9 milles.
- La Bidwel Railway C» a demandé à l’administration du parc de Fairmont, près de Philadelphie, de pouvoir établir un chemin de fer électrique pour les promeneurs dans le parc.
- Éclairage électrique
- Le Bulletin international des Téléphones publie la liste suivante des installations d’éclairage électrique exécutées depuis peu par la maison Breguet :
- Les chantiers de la Gironde, à Bordeaux, 20 régulateurs à arc ; les forges de Creil, 4 régulateurs ; M. Allier, au Havre, 4 régulateurs; M. Harel, à Houlm, près Rouen, 120 lampes incandescentes; M. Leroux, à Gueurres, 25 lampes incandescentes.
- Quand on veut se prononcer sur la valeur pratique d’une lampe à arc, il faut surtout porter 3on attention sur les éclairages qui durent toute la nuit.
- L’éclairage de la partie extérieure de la station de Rome par 24 lampes-soleil est dans ce cas, et, en hiver, les lampes doivent brûler jusqu’à 16 heures consécutives.
- Cette instal'ation a été faite par la Compagnie anglo-romaine du gaz de Rome, il y a près de deux ans, alors que les lampes-soleil en usage étaient toutes du type à charbons obliques qui a figuré à l’Exposition d’électricité de Paris en 1881.
- Ce modèle, quoique inférieur au nouveau modèle à charbons horizontaux avec bloc de marbre unique et rêallumage automatique que les inventeurs, Clerc et Bureau, ont combiné depuis, a néanmoins donné toute satisfaction.
- Comme qualité de lumière, la lampe-soleil a établi sa supériorité.
- Quant aux éclairages de longue durée, on comprend qu’aucune lampe ne s’y prête mieux, vu le peu d’usure des charbons et l’absence de mécanisme.
- A la station de Rome, les lampes sont alimentées par les deux machines L'chaussée qui servaient à alimenter les lampes-soleil à l’Exposition de Paris.
- Les lampes sont placées sur des mâts de i8mètresdehaut et l’éclairage sur le sol est bien uniforme.
- Comme la lampe-soleil ne se voit pas de loin et ne fatigue alors pas l’œil, on distingue admirablement à distance les objets éclairés, et les manœuvres se font avec une grandè sécurité.
- M. Pouchain, directeur de la Compagnie anglo-romaine du gaz de Rome, a récemment exprimé à M. Clerc son entière satisfaction.
- Les travaux de l’usine centrale d’électricité de Tours, dont nous avons parlé il y a huit jours, sont en pleine voie d'exécution. Nous reviendrons en détail, dans notre prochain numéro, sur cette installation, dont tous les partisans de la lumière électrique doivent désirer le succès.
- On nous écrit du Locle (Suisse) :
- Depuis deux mois, plusieurs magasins de notre ville, et l’usine des Reçues sont éclairés à l’électricité, au moyen de lampes incandescentes Edison de 10, 16 et 32 bougies.
- Cette installation faite par la maison de Meuron et Gue-nod, de Genève, a pour but de démontrer à la population les avantages pratiques de ce genre d’éclairage.
- Une machine à vapeur de 10 chevaux met en action la dynamo (type Thury) de 100 lampes.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Installation des mieux comprises. Eclairage irréprochable.
- La concession de la Compagnie du gaz touchant à sa fin, les autorités songent sérieusement à adopter la lumière à incandescence pour l’éclairage de notre ville.
- Une Commission étudie en ce moment divers projets présentés.
- Bientôt la fabrique de montres de Billodes, qui compte plus de 400 ouvriers, va aussi être éclairée par des lampes électriques. Les travaux vont commencer et tout sera prêt pour fin juillet.
- Ce sera la première fabrique d’horlogerie qui aura adopté ce nouveau système d’éclairage.
- La Société allemande Edison se propose de mettre très prochainement dans le commerce deux nouveaux types de lampes à arc qui offriront cet avantage de pouvoir être montés en dérivation dans un réseau destiné principalement à l’éclairage par incandescence. Le premier type comprendra des lampes de 3oo à 400 bougies normales et demandera une intensité de 3,5 et 4,5 ampères ; le second donnera 800 à 1 000 boggies avec 8 à 9 ampères. Ces lampes peuvent être placées d’abord en série par deux ou même par trois (deux petites et une grande), puis en dérivation sur le circuit principal, en sorte que l’indépendance des foyers se trouvera être absolue.
- La Société les Stædtischen Elektricitætswerke, à Berlin, a presque termiué la construction de la station centrale de la Markgrafenstrasse, et le montage des chaudières et moteurs est déjà commencé. La Compagnie a, dernièrement, acquis plusieurs terrains, et deux autres stations centrales vont également être installées dans les rues Mauersirasse et Wilhelmstrasse. On espère commencer l’exploitation vers le mois d’août prochain.
- La maison H. Poge, de Chemnitz, a dernièrement fait des essais d’éclairage électrique avec des foyers-à arc de la petite ville d’Olbernhan, en Saxe, qui jusqu'ici a été éclairée avec des lampes à huile. Celles-ci ont cependant remporté la victoire, car on a décidé de les garder à cause du prix trop élevé de la lumière électrique.
- La commission du budget de la deuxième Chambre, à Darmstadt, a recommandé au ministère des finances de faire installer la lumière électrique dans la gare de Darmstadt ou chemin de fer Main-Neckar. Les frais de l’installation seront pris sur les bénéfices du chemin de fer pour l’année 1884 et s’élèveront, selon le projet, à 77 5oo francs.
- On propose d’éclairer le nouveau théâtre de la ville à Halle, avec la lumière électrique à incandescence. A la date du 14 mars, le professeur Kitiler de Darmstadt a fait une conférence à ce sujet, dans laquelle l’orateur a passé en revue tous les avantages de ce système d’éclairage. Les frais de premier établissement seront, il est vrai, de cent pour cent plus élevés que pour le gaz, mais les frais d’exploitation ne seront, par contre, qu’un tiers de ceux du gaz. Aucune décision n’a encore été prise.
- Les habitants de Temesvar commencent à se plaindre des interruptions trop fréquentes de l’éclairage électrique qui plongent leur ville dans l’obscurité. Deux interruptions d’une demie-heure chacune ont eu lieu vendredi soir, le 20 mars dernier, et le samedi suivant, par un temps ora-
- geux, la ville était dans l’obscurité depuis 6 heures 3/4 jusqu’à 8 heures 1/2.
- Par suite de ces interruptions, le bourgmestre de la ville a condamné la Société à une amende d’environ 20 centimes par lampe.
- Il a cependant été décidé d’installer la lumière électrique dans les écuries et remises de la Compagnie des tramways.
- Une grande activité règne aux arsenaux de Sébastopol et d’Odessa, où les travaux se continuent la nuit comme le jour, grâce à la lumière électrique.
- A l’occasion de la visite du prince et de la princesse de Galles à Cork, les navires composant l’escadre du canal ont été brillamment éclairés à la lumière électrique le soir du i5 avril dernier.
- Le ministère de la marine, en Angleterre, vient de traiter avec l’Anglo-American Brush Electric Light Company pour la fourniture de dynamos Victoria avec des moteurs Bro-therhood à installer à bord des • canonnières suivantes : l'Inconstant, qui se trouve à Devonport; le Rupert, le Nelsen et l’invincible, à Portsmouth, et 1 ’Orion, à Dept-ford.
- MM. Barrett et Ce, à Londres, vont placer une immense bouteille, 20 pieds de haut, sur 6 de diamètre, au-dessus de leur nouvelle brasserie. La nuit, cette bouteille sera éclairée à chaque bout par des foyers électriques de 2000 bougies.
- Les vastes magasins de MM. Thorpe et Ce, à Bradfort, sont maintenant éclairés à la lumière électrique avec i5 foyers à arc de 1 200 bougies, alimentés par une dynamo de i5 foyers. La force motrice est fournie par une machine à gaz Crossley de 16 chevaux.
- A l’occasion d’une vente de charité à Downham, en Angleterre, le local a été éclairé par 5o lampes à incandescence alimentées par une dynamo Oppermann, qui, à son tour, était actionnée par un petit moteur à vapeur.
- ,Les essais d’éclairage électrique entrepris depuis quelque temps sur les trains du New-York and New England Rail-way ont donné de très bons résultats. Les appareils placés dans les voitures consistent en trois batteries Trouvé, de 6 éléments chacune, alimentant 12 lampes à incandescence de 8 bougies. L’éclairage dure environ 8 heures, et coûte un peu moins d’un dollar, ce qui met à cinq centimes le prix de la lampe-heure. Les appareils Trouvé sont exploités aux Etats-Unis par la Domestic Electric Light and Power C°.
- L’Opéra de Milwaukee va prochainement être éclairé avec 160 lampes à incandescence du système Edison alimentées par une dynamo du même inventeur. Cette installation a été décidée à la suite de plusieurs essais très satisfaisants faits avec 40 lampes.
- Le paquebot le Canada, de la Compagnie générale transatlantique, qui vient d'appareiller pour le Tonkin, a reçu avant son départ une installation d’éclairage électrique éta-
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- blie à titre d’essai par la maison Breguet. Cette installation comprend 36 lampes à incandescence Edison de 16 bougies réparties dans le grand salon, la descente des premières, le salon des dames et le fumoir. La force motrice est fournie par une machine de six chevaux à une dynamo Breguet. L’appareillage est très luxueux et entièrement nickelé.
- Télégraphie et Téléphonie
- La convention internationale pour la protection des câbles sous-marins a été signée la semaine dernière au ministère des affaires étrangères à Londres.
- L’ouverture du congrès télégraphique de Berlin aura lieu le 10 août prochain.
- Le gouvernement autrichien a ouvert un nouveau bureau télégraphique à Fürthop depuis le ier avril dernier. Un bureau télégraphique a également été ouvert à Wandiligong, dans Victoria, Australie du Sud.
- Le correspondant à La Haye du journal le Daily News télégraphie à la date du 16 avril que la première chambre a adopté la convention internationale pour la protection des câbles sous-marins. Le ministre des affaires étrangères promet de faire tout son possible pour donner la même protection aux câbles près de la côte qu’à ceux en pleine mer.
- Les lignes télégraphiques entre Madrid et Saragosse ont été coupées dimanche matin de bonne heure. Les malfaiteurs sont restés inconnus, mais on r.’attache aucune' importance à l’incident.
- Le congrès postal qui s’est réuni à Lisbonne le 4 février dernier, a terminé ses travaux le 21 mars suivant. Il y avait 87 délégués, représentant 58 Etats.
- Parmi les dispositions définitivement adoptées par le congrès, se trouve l’établissement d’un service pour les valeurs télégraphiques internationales, sous réserve des conditions imposées pour la transmission des télégrammes par la convention de Londres.
- Le prochain congrès se réunira à Vienne en 1891.
- Une dépêche de Saint-Pétersbourg en date du 23 avril annonce l’ouverture d’une nouvelle station télégraphique à Kachka, dans le territoire transcaspien. On annonce également de Saint-Pétersbourg que le câble dans la mer Caspienne est interrompu, et que les télégrammes sont expédiés par voie de la Perse.
- L’amirauté anglaise a annoncé aux autorités navales à Devonport qu’en l’état actuel des affaires politiques les fils télégraphiques du département doivent être réservés exclusivement aux communications importantes ayant trait à l’armement des navires qu’on prépare pour la mer en ce moment.
- Le colonel Heywood, l’ingénieur de la commission des égouts à Londres, a déclaré devant le comité parlementaire sur les fils télégraphiques et téléphoniques aériens que l’aug-
- mentation de ces fils était déjà dfevenu un inconvénient sérieux pour les services publics. Pour prouver son opinion, il a dit qu’il y avait 320 fils passant au-dessus de Noorgate Street, 3i2 au-dessus de Colman Street, 240 traversant Lea-denhall Street, et 160 dans la Fenohurch Street sur une longueur de 1 700 pieds. La Queen Victoria Stieet est traversée par 8 câbles, 408 fils, tandis qu’à Lurgate il y a 2 câbles et 142 fils. Six câbles et 74 fils coupent la King Street, et 7 câbles et 36ofils la Canuon Street; dans beaucoup d’autres rues de la cité, il y a jusqu’à 12 à 1 5oo fils par mille, la moyenne étant de 1000 fils par mille. Avec le temps, le nombre des fils augmenterait encore, et il en concluait qu’il serait absolument nécessaire de construire des canalisations souterraines qui, selon lui, devaient être faites aux frais des autorités locales et louées aux entreprises électriques moyennant un prix fixe par fil. Il estimait le prix de ces voies souterraines à 1 million de francs par mille.
- Un nouveau détachement de télégraphistes de campagne va être envoyé sous peu en Egypte par le gouvernement anglais. Dans le cas d’une guerre avec la Russie, ces hommes seront envoyés dans l’Inde.
- Le gouvernement australien s’est occupé de la question de la pose d’un câble entre l’ouest de l’Australie, le Natal et l’île Maurice. On a été arrêté par la crainte du mauvais temps qui règne entre la côte australienne et le cap via l’ile Maurice, et qui rendraient les réparations d’un câble extrêmement difficiles, sinon impossibles; mais un spécialiste, le Dr Meldrum, qui étudie les phénomènes atmosphériques depuis plus de trente ans, a déclaré que la route proposée serait plus sûre que celle du câble entre l’Irlande et la Terre-Neuve.
- Une dépêche de Jeddah en date du 20 avril annonce que les troupes turques, occupées à placer une ligne télégraphique entre Mecca et Taip, ont été attaquées par les habitants arabes du pays. Par suite de cette résistance, le gouvernement turc a décidé de payer un subside annuel aux tribus pour l’entretieu de la ligne télégraphique.
- UEleclrical World de New-York annonce que les deux câbles transatlantiques interrompus appartenant à la Western Union Telegraph O n’ont pas encore été réparés, malgré ce qui en a été dit il y a quelque temps, et que le travail a été abandonné en attendant une saison plus favorable.
- La Baltimore and Ohio Telegraph C° vient de mettre en vente, au prix de 5o fr. l’un, des livrets contenant des timbres télégraphiques d’une valeur totale de 56 fr. Ces timbres sont valables pour tout le réseau de la Compagnie. Cette mesure équivaut à une réduction de 10 0/0 sur le tarif, dont profiteront surtout les gros clients de la Compagnie.
- Une nouvelle Compagnie vient de se former à Topeka (Kansas) sous le nom de Western Telegraph C° pour la construction immédiate d’une nouvelle ligne télégraphique de Topeka jusqu’en Californie.
- Une nouvelle ligne télégraphique est actuellement en construction entre Kirkwall et Tankerness, et sera continuée jusqu’à Stransay, d’où elle passera aux îles Shetland. Le câble traversant le fleuve Strontay a jusqu’ici subi de fréquentes interruptions qu’on espère éviter à l’avenir.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le steamer le Monarch est arrivé lundi dernier à Ramsay avec le nouveau câble pour File de Man. La pose commencera de suite et Pile sera pendant quelques jours sans communication télégraphique. Au lieu d’un seul fil, le câble en aura trois, dont l’un servira pour communiquer avec Liver-pool, un autre pour Manchester et le troisième formera la réserve en cas de besoin. L’ancien câble sera enlevé entièrement.
- Il a été installé cette semaine à Paris, par la Société gé nérale des Téléphones, neuf nouvelles cabines téléphoniques dans les bureaux de poste et de télégraphe suivants :
- Rue de la Bastille, 2. — Rue du Rendez-vous, 114. — Rue des Pyrénées, 397. — Rue Montaigne, 26. — Rue Bayen, 76. — Rue Pierre-Guérin, 9. — Avenue d’Italie, 77. — Rue Saint-Dominique, 86.— Rue Saint-Denis, 90.
- Le nombre des cabines téléphoniques ouvertes au public se trouve maintenant porté à 68.
- Les communications échangées par cette voie se sont élevées à 1895 contre 1557 *a semaine précédente.
- Voici la statistique du réseau téléphonique des différents pays en Europe à la fin de 1884 :
- En Italie, 10 villes, avec 5 3oi abonnés ;
- En France, 11 villes, avec 5 535 abonnés;
- En Belgique. 5 villes, avec 2443 abonnés;
- En Angleterre, 5 villes, avec 6084 abonnés;
- En Suède, 5i villes, avec 7737 abonnés;
- En Hollande, 9 villes, avec 2 25o abonnés;
- En SuiSse, 27 villes, avec 3771 abonnés;
- En Russie, 7 villes, avec 2 23o abonnés;
- En Norwège, 2 villes, avec 905 abonnés;
- En Danemark. 4 villes, avec 571 abonnés;
- En Portugal, 2 villes, avec 526 abonnés.
- Déjà en i883,il avait été question de l’établissement d’une communication téléphonique entre la Suisse, le grand-duché de Bade et l’Alsace, et à la date du 28 avril 1884, l’administration des Postes et Télégraphes de Berne fit savoir que les négociations avec l’administration allemande avaient abouti à une entente, à la condition toutefois qu’il se trouve, tant à Bâle qu’en Allemagne au moins 12 personnes prêtes à s’engager pour une durée de 5 années à payer annuellement une somme de i5o marks. On installerait également un bureau public avec une taxe de 5o centimes pour 5 minutes de conversation. Pendant l’année 1884. il fut cependant impossible de trouver les 12 abonnés, et l’administration allemande n’a pas voulu changer les conditions imposées. Il paraît cependant que la question va être reprise par l’application des lignes télégraphiques à la téléphonie, et des essais de ce genre vont avoir lieu prochainement entre Genève et Lausanne. En cas de succès, la communication téléphonique entre la Suisse et l’Allemagne, sera probablement bientôt établie.
- Le réseau téléphonique de Sheflield s’est considérablement développé, et, depuis six mois, 100 nouveaux abonnés ont été reliés au bureau central; 11 bureaux ont été installés dans différents quartiers de la ville, et 5 autres sont en construction en ce moment. Le bureau central transmet et reçoit plus de i3ooo dépêches télégraphiques par semaine.
- veloppement. On espère que le bureau central pourra commencer à fonctionner d’ici peu de semaines, mais aucune communication ne sera établie pour le moment avec Londres.
- Le dernier rapport du Conseil d’administration de la American Bell Téléphoné C° montre que l’industrie téléphonique a continué à progresser aux Etats-Unis, tout en se ressentant de la crise générale qui a atteint les affaires pendant l’année 1884. Il est facile de s’en rendre compte en examinant le tableau suivant :
- Au ici* janvier i883 Au icr janvier 1884 Au ter janvier 1885 DIFFÉ-RENCÏ entre 1884 et i885
- Réseaux 7’2 5 qo6 761 — 142
- Bureaux auxiliaires... Milles de fil sur po- 345 419 481 4- 62
- teaux Milles de fil sur mai- 88.441 ...
- sons Milles de fil souter- ... 11.886 ...
- rains 1.8*5
- Total des milles 68.5*71 07*738 85.096 153.625 101.592 4- 15.696 4-10.976
- Abonnés 134.601
- Employés 3.716 4.762 5.162 H- 400
- Lignes interurbaines . Longueur des fils de 247 5g8 826 -î- 228
- ces lignes en mil'cs. 1 «.653 2p.3?q 35.63i + 4-274
- Les communications téléphoniques se sont élevées, pendant l’année 1884, au nombie de 251267760, soit une moyenne de 697966 par jour. On voit qu’en Europe nous sommes encore fort loin de pouvoir rivaliser sous ce rapport avec les Américains, et il y a bien des progrès à faire avant d’arriver au* chiffre de 134601 abonnés, déjà atteint par les Compagnies Bell.
- Pendant le dernier exercice, qui a porté sur dix mois seulement, du ior mars au 3i décembre 1884, les recettes ont été de 2 067 543,97 dollars, et les bénéfices nets de x 680 ï65,45 dollars. Après prélèvement des dividendes, il reste à reporter à nouveau une somme de 323 653,07 dollars.
- Suivant la proposition du Conseil d’administration, l’as • semblée générale des actionnaires a voté une augmentation de capital de 200000 dollars. Le capital se trouve ainsi porté à 10 millions de dollars.
- Dans un procès plaidé tout récemment, la cour du Kentucky avait à se prononcer sur la validité des traités conclus par téléphone. L’une des parties s’appuyait, pour demander la nullité du traité, sur ce que ce dernier avait été passé par l’intermédiaire de l’employé du bureau central et que, par suite, il n’y avait pas eu entente directe entre les deux contractants.
- Le tribunal a débouté le plaignant, en comparant le cas en litige à celui d’une affaire arrangée au moyen d’un interprète. L’employé du bureau central représente l’interprète, et son témoignage peut être invoqué ainsi que celui des personnes présentes à l’échange des communications. Cette décision a une grande importance; elle ne peut qu’augmenter la place déjà occupée par le téléphone dans les affaires journalières.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Portsmouth va enfin avoir un réseau téléphonique efi dehors de celui de ^administration des télégraphes dont le prix élevé et le service défectueux avaient empêché le dé-
- ParÎB. — Imprimerie P. Mouillot, |3, quai Voltaire. — 56558
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D1 CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- T ANNÉE (TOME XVI) SAMEDI 9 MAI I88S N° 19
- SOMMAIRE. — Sur le rapport entre les grands agents de la nature; R. Clausius. — Détails de construction des machines dynamos (5° article); G. Richard. - Les appareils de M. le Dr F. Kohlrausch pour les mesures électriques; F. Uppenborn. — Rapport sur l’éclairage électrique des rues de Londres (a° article); W.-H. Preece. — Exposition d’électricité de Philadelphie : Téléphonie {suite)-, B. Abdank-Abakanowicz. — Autour de l’Exposition d’électricité de l’Observatoire de Paris ; J. Bourdin. — Chronique de l’étranger : Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch et M. Krouchkoll : Sur la régulation de la vitesse des moteurs électriques, par M. M. Deprez. — Recherches électriques, par G. Quincke. — Recherches sur la neutralité magnétique, d’après un mémoire de M. Hughes. — L’accumulateur de E. Gimé. — Sur les effets thermiques des étincelles électriques, par M. Hurion. — Un nouveau système de télégraphie sous-marine. — Correspondance : Lettres de MM. A. Zellweger et W. Ehrenberg et de M. B. Marinovitch. — Faits divers.
- SUR LE RAPPORT
- ENTRE I.ES
- GRANDS AGENTS DE LA NATURE"*
- De nos jours on voit plus qu’autrefois les hommes de science s’efforcer de découvrir le rapport intime qui unit entre elles les diverses forces ou plus exactement les divers agents de la nature.
- Parmi ces agents, il faut surtout signaler la lumière, la chaleur, le magnétisme et l’électricité. Chacun d’eux ne fut d’abord considéré qu’isolément. On observait l’action d’un agent, et l’on cherchait à l’expliquer par des hypothèses qui satisfaisaient aux doctrines courantes, et cela sans considération des phénomènes du domaine des autres agents. Mais plus tard, il devint de plus en plus probable que les coïncidences que l’on constatait dans les actions de ces agents ne pouvaient être purement accidentelles ; on remarqua que ces forces agissent les unes sur les autres, et que la présence de l’une peut déterminer l’apparition de l’autre. On devait en conclure nécessairement que les agents ne sont point indépendants l’un de l’autre, bien au contraire, qu’il existe entre eux un rapport déterminé.
- L’observateur est ainsi conduit à examiner en
- (') Discours prononcé par M. R. Clausius à l’occasion de son élection à la qualité de doyen de la Faculté à Bonn.
- quoi consiste ce rapport, et comment la variété des phénomènes peut se rattacher à des causes d’une plus grande simplicité.
- On a réussi déjà à résoudre plusieurs points de ce problème ; tout récemment surtout, on a fait dans cette direction un progrès important et fertile en conséquences. Bien que ce progrès ne soit pas encore arrivé à son terme, et que pour être admis comme un fait indéniable il ait encore besoin de quelques interprétations, il est digne de l’attention générale.
- Il semble donc que le moment soit favorable pour jeter un regard sur le chemin parcouru jusqu’à présent avec succès, pour simplifier les idées sur les phénomènes de la nature". Afin de définir les différents agents, dont chacun a une manière particulière de se manifester et d’agir, on avait recours au moyen qui se trouvait sous la main, et on s’imaginait que ces agents dépendaient de l’existence de certaines substances douées de propriétés particulières. Ainsi, on admettait une substance lumineuse, le calorique, deux substances électriques, dites fluides électriques, et de même deux fluides magnétiques. A chacune de ces substances on pouvait attribuer des propriétés voulues à l’aide desquelles on cherchait à expliquer la manière d’agir de chaque agent; ainsi on arriva à une explication, du moins satisfaisante aux premières exigences, sur la nature de ces agents et sur les phénomènes dont ils sont la cause.
- Considérons d’abord la lumière. On la regardait autrefois comme une substance jaillissant de tous
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- côtés d’un corps lumineux, tel que par exemple le soleil ; et on s’imaginait cette substance comme une agglomération de très petits corpuscules lancés par le corps éclairant avec une grande force et se mouvant ensuite suivant une ligne droite. Ces corpuscules devaient être incomparablement plus petits que les atomes des corps pondérables, et par suite capables de traverser non seulement le vide, mais les matières pondérables d’une densité considérable telles que par exemple le v erre ou l’eau.
- Ces corpuscules pénétrant dans notre œil devaient y produire une impression que nous désignons par le terme « voir ».
- Déjà, au XVIII0 siècle, Huygens, un Hollandais de génie, opposa à cette opinion autrefois généralement admise, une autre théorie. Il comparait la lumière au son : lorsqu’un corps produit un son, on peut percevoir, dans la plupart des cas, par observation directe, qu’il se trouve animé d’un mouvement vibratoire très rapide. De là il ne restait qu’un pas à faire pour admettre que ces vibrations se communiquent à l’air ambiant et qu’elles s’y propagent dans toutes les directions sous forme d’ondulations par compressions et dilatations successives, qui font parvenir jusqu’à nos oreilles le mouvement du corps sonore. De même, disait Huygens', se comporte un corps lumineux ; il se trouve également en mouvement vibratoire, non qu’il vibre en toute sa masse, mais chacun de ses atomes exécute à lui seul des vibrations. Ces vibrations, nécessairement beaucoup plus petites et plus rapides que celles des corps tout entiers, doivent se communiquer également au milieu ambiant et s’y propager par un mouvement ondulatoire. Mais ni l’air, ni les autres gaz ne peuvent servir à la propagation de vibrations aussi minimes, car les gaz sont eux-mêmes constitués par des atomes pondérables ; la distribution de leur masse n’est pas suffisamment subtile. On devrait plutôt admettre l’existence d’une autre substance, beaucoup plus ténue, qui remplit tout l’univers en même temps qu’elle pénètre tous les corps pondérables; on lui a décerné le nom d’« éther ».
- Par suite, il est arrivé ce singulier résultat, qu’on a écarté la substance lumineuse admise par la théorie antérieure à Huygens, et qu’on l’a remplacée par une autre substance nécessaire pour servir de véhicule aux vibrations lumineuses. Sous ce rapport on ne pouvait donc pas dire que la nouvelle théorie fût plus simple que l’ancienne.
- Déjà Huygens déduisait de sa théorie les différentes lois fondamentales de la lumière, en outre celle de la réflexion et de la réfraction, avec une sûreté et une élégance qui ne laissaient rien à désirer. Pour un phénomène bien plus compliqué, celui de la double réfraction, il a donné la construction employée encore de nos jours pour la détermination des deux rayons réfractés. De même
- toutes les explications de la diffraction de la lumière reposent sur le principe qui a été établi par lui et qui porte son nom.
- A juger d’après la régularité des progrès qui se manifeste généralement dans les sciences exactes, où il est rare qu’un résultat, une fois obtenu, reste un temps un peu long sans être exploité, on devait s’attendre que la nouvelle théorie allait déplacer bientôt l’ancienne et devenir prédominante à elle seule. Mais l’ancienne théorie a trouvé un défenseur trop habile dans le célèbre Newton, physicien et astronome vivant à cette époque. Celui-ci, au début de ses études optiques, avait admis l’ancienne théorie et s’y cramponnait avec la ténacité propre aux Anglais. Certes, dans l’explication de certains phénomènes qu’il a découverts, elle lui présenta des difficultés plus sérieuses que celles qu’il aurait rencontrées dans la nouvelle théorie ; mais il savait aplanir ces difficultés à l’aide d’hypothèses secondaires convenables, et avec une telle adresse, que ses explications ont trouvé une approbation presque générale auprès des physiciens, d’ailleurs éblouis par son grand nom.
- La belle théorie établie par Huygens, bien que non tombée dans l’oubli, a été aussi rejetée au second plan, et les deux théories, celle de l’émission et celle des ondulations, sont restées côte à côte pendant plus d’un siècle. Même à la fin du dernier siècle et au commencement du nôtre, la théorie de l’émission a été défendue par des physi-siciens, des astronomes et des mathématiciens de premier ordre, tels que Biot, Herschel et Laplace. Ce n’est que dans notre siècle, grâce à la découverte des nouveaux phénomènes très variés et d’une grande importance, dont l’explication a soumis à une épreuve décisive les deux théories, que la supériorité de la théorie des ondulations s’est manifestée d’une manière si éclatante, qu’elle a complètement supplanté la théorie de l’émission, à ce point qu’il n’est plus question depuis lors de la substance lumineuse.
- Mais tandis que l’on avait élucidé la théorie concernant la lumière, on avait à peine ébranlé la matérialité de la chaleur. Il n’y avait que des doutes exprimés isolément et qui n’étaient pris qu’en médiocre considération.
- En effet, dans la chaleur, il faut tenir compte d’un fait qui ne se montre pas dans la lumière, et qui est éminemment propre à venir en aide à l’opinion sur la nature matérielle de la chaleur.
- Nous connaissons la chaleur sous deux aspects : celui de la chaleur rayonnante et celui de la chaleur propre des corps ; il existe entre eux un certain rapport. Lorsque les rayons calorifiques tombent sur un corps, la chaleur rayonnante disparaît comme telle, mais le corps se réchauffe, par conséquent, sa chaleur propre est augmentée. Lorsqu’au contraire un corps chaud rayonne, la pro-
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- duction de la chaleur rayonnante a lieu, mais, par suite, la chaleur propre du corps diminue, puisqu’il se refroidit par rayonnement. Ceci correspond complètement à la manière d’être d’une substance matérielle, qui peut bien passer d’une forme à l’autre, mais qui ne peut augmenter ni diminuer en quantité, de sorte qu’il y a autant de perdu sous une forme, qu’il y a de gagné sous l’autre.
- Il est vrai que dans les phénomènes d’un autre ordre, tels que les changements d’état des corps sous l’influence de la chaleur, on remarquait soit une disparition de la chaleur dont on ne retrouvait plus la présence, ou bien une apparition de chaleur dont la source n’était pas visible. Ainsi, par exemple, lorsqu’on fait fondre la glace ou qu’on vaporise l’eau, on perd de la chaleur; lorsqu’au contraire l’eau gèle, ou que la vapeur se condense, une apparition de chaleur a lieu. Mais dans ces cas, on avait recours à des hypothèses d’un autre ordre, on disait que la chaleur disparue dans certains changements d’état des corps n’est pas détruite, mais qu’elle a revêtu une autre forme que nous ne sommes pas capables de constater, et qu’on a dite « latente. » On s’imaginait ceci un peu de cette manière : la chaleur se combine chimiquement avec un corps donné, et, par suite, elle est empêchée d’agir comme à l’état libre. Ainsi lorsque la glace se combine chimiquement avec une certaine quantité de chaleur, il y a production d’eau, et lorsque l’eau se combine avec une nouvelle quantité de chaleur, la formation de vapeur a lieu. Lorsque dans des conditions opposées, une telle combinaison se décompose, le corps reprend sa forme primitive, et la chaleur est dégagée. De cette manière, on a établi une théorie chimique, qui considérait la chaleur comme tout autre élément; en vertu de quoi, dans les vieux manuels de chimie, on a inscrit l’affinité chimique des différents corps pour la chaleur, à côté de leur affinité pour l’oxygène, et pour d’autres corps semblables. On s’est tellement familiarisé avec cette conception, que toutes les opinions physiques et chimiques ont été intimement liées avec elle.
- Il restait bien des faits isolés qui ne se laissaient pas plier à cette théorie, et avant tout la production de la chaleur par frottement, qu’on ne pouvait expliquer qu'à l’aide d’hypothèses secondaires les plus forcées; cependant jusque vers le milieu de ce siècle, en général, on tenait fermement à cette théorie enracinée dans les esprits. .Mais à cette époque, des faits nouveaux, encore plus dignes d’attention, sont venus s’ajouter aux précédents..
- Après la découverte du thermomètre reposant sur la thermo-électricité, lequel est incomparablement plus sensible que les thermomètres jusqu’alors en usage, on se mit à étudier la chaleur rayonnante plus minutieusement qu’il n’avait été possi-
- ble précédemment. Depuis longtemps déjà, on connaissait certaines analogies entre la lumière et la chaleur rayonnante, et, avant tout, l’on savait que toutes les deux suivent les mêmes lois relatives à la réflexion et au calcul.
- Maintenant, on a signalé des coïncidences encore plus frappantes ; en première ligne, Melloni, qui a consacré à ce sujet toute l’activité de sa vie. Dans la lumière, il y a des différences relatives à ses qualités, différences qu’on désigne sous le nom de couleurs, lorsqu’on parle d’une lumière rouge, verte ou bleue; dans la chaleur, au contraire, on ne distinguait d’abord que la quantité, et on disait des corps qui avaient plus de chaleur, qu’ils se trouvaient à une plus haute température, et l’on attribuait aux rayons calorifiques une intensité plus ou moins grande. Alors on vit que dans la chaleur rayonnante il existe aussi des différences qualitatives, savoir différentes couleurs, qui s’écartent les unes des autres dans leur manière d’être absolument comme celles de la lumière, se distinguent par cela même et se laissent étudier isolément dans leurs manifestations. Un peu plus tard, il a été démontré par d’autres physiciens, surtout par Knoblauch, que la chaleur rayonnante se comporte tout à fait comme la lumière dans des phénomènes plus compliqués, tels que la polarisation et la double réfraction. Dans de telles circonstances, il ne pouvait plus y avoir de doute que la chaleur rayonnante coïncide complètement avec la lumière; d’autre part, on était arrivé à la conviction que la lumière consiste en vibrations se propageant par ondes, on ne pouvait donc plus considérer la chaleur rayonnante comme une substance lancée par le corps chaud, seulement on était amené à admettre qu’elle consiste également en vibrations de même ordre.
- Après avoir acquis ce résultat pour la chaleur rayonnante, on ne pouvait pas considérer comme une substance matérielle la chaleur propre des corps, laquelle peut se transformer en chaleur rayonnante, ou bien dériver d’elle; bien au contraire, on était obligé de conclure que celle-ci consiste aussi en un mouvement quelconque qui a lieu à l’intérieur du corps. Il en est sorti pour les physiciens un problème à résoudre, celui qui avait pour objet d’expliquer les diverses actions que la chaleur exerce sur les corps par des mouvements moléculaires ; et ce problème a donné lieu à la création de la théorie mécanique dé la chaleur. On peut bien dire que celle-ci, de son côté, a réussi à expliquer toutes les actions calorifiques d’une manière si concluante, qu’à* présent il n’y a probablement pas un seul physicien qui ne l’ait adoptée.
- Par conséquent, le dernier obstacle qui s’opposait à l’admission du rapport entre la lumière et la chaleur a été levé; et le résultat définitif se laisse résumer ainsi : la lumière ne doit pas être consi-
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- dérée comme un agent particulier; elle concorde complètement avec la chaleur rayonnante, dont elle n’est qu’une forme spéciale. Les vibrations produites par des vibrations des atomes du corps et se propageant par ondes, qui constituent précisément la chaleur rayonnante, exercent entre autres actions également une action sur notre œil, car une partie de ces vibrations possède la propriété d’évoquer dans l’œil une impression sur laquelle repose la vue. Dans une considération spéciale de cette action extrêmement importante pour nous, ainsi que dans la considération des quelques actions chimiques, nous désignons la chaleur rayonnante par le mot « lumière ».
- Par conséquent, des deux agents regardés primitivement comme distincts, lumière et chaleur, il ne reste qu’un seul, lequel comprend les deux, savoir la chaleur.
- Occupons-nous maintenant des deux autres agents : du magnétisme et de l’électricité. Il est étrange qu’autrefois on ait admis l’unité de ces deux agents, mais sous une forme inadmissible, dans la science qui allait en se développant. Dans l’antiquité, on savait du magnétisme seulement que certains minerais attirent le fer, et, de l’électricité, que l’ambre, étant frotté, attire les corps légers. La force de l’aimant avait été discutée plusieurs fois par les philosophes grecs et avait donné lieu à certaines considérations spéculatives, mais, de la propriété de l’ambre, on se contentait de dire qu’elle est une espèce de magnétisme.
- On en est resté là dans l’antiquité et durant tout le moyen âge, et précisément jusqu’en 1600. Cette année-là apparut une publication sur l’aimant, de l’anglais Gilbert, médecin de la reine Elisabeth. Il y mentionnait également la force attractive de l’ambre frotté qu’on a observée aussi dans l’agate et dont il démontrait la production en beaucoup d’autres corps, lorsqu’ils sont frottés. Par un examen plus attentif de cette force, il arriva à la conclusion qu’il ne fallait pas la considérer comme identique avec la force magnétique, ainsi que l’on avait fait, mais qu’on devait l’attribuer à un agent distinct, pour lequel il proposait le nom .« électricité », nom qui dérive de la dénomination grecque de l’ambre.
- Ainsi on a basé sur ces deux phénomènes deux branches scientifiques, qui se développaient parallèlement, l’une à côté de l’autre, d’abord très lentement, ensuite de plus en plus rapidement. Mais toujours on tenait ferme à l’idée que, bien qu’il n’y eût çlus identité des deux agents, il y a cependant entre eux un rapport qui restait à découvrir.
- Tant qu’on ne connaissait que l’électricité statique produite à l’aide des machines électriques, toute recherche devait rester stérile. Les brillantes découvertes de Galvani et Volta, faites à la fin du siècle dernier, d’où l’électricité voltaïque a découlé,
- ont ouvert un nouveau champ de phénomènes ; désormais on avait à faire non seulement avec les différentes variétés de l’électricité en repos et de ses modifications qui s’opéraient rapidement, mais on pouvait produire aussi des courants électriques continus et observer leurs actions. En attendant, l’attention a été longtemps captivée principalement par l’établissement de la théorie de la pile voltaïque et ensuite par les actions chimiques remarquables du courant électrique, ce qui a donné lieu à de nombreuses suppositions sur la relation entre les forces chimiques et électriques.
- Ce n’est qu’en 1820 qu’a été faite une nouvelle observation relative au magnétisme. Oersted découvrit qu’un courant électrique dévie une aiguille aimantée et tend à la mettre dans une certaine position qui dépend du sens du courant. Par cela même a été donné pour la première fois un point d’appui sûr, reposant sur un fait pour rechercher la relation entre le magnétisme et l’électricité. Ce 11’était pourtant pas l’électricité statique, mais celle qui se trotivait en mouvement qui a été prise d’abord en considération.
- De ce nouveau point de vue s’est emparé avec une énergie remarquable un physicien célèbre autant par le génie de ses conceptions que par la pénétration et la sûreté du raisonnement, Ampère. Celui-ci a dit tout de suite : Si, comme nous le savons depuis longtemps, les aimants exercent entre eux des forces, et si ensuite, comme nous le voyons à présent, les forces agissent entre les aimants et les courants, nous devons admettre comme hors de doute que les courants produisent des forces entre eux.
- A l’aide d’arrangements ingénieux, il a réussi à indiquer ces forces et à devenir ainsi l’inventeur d’une nouvelle espèce de forces, qui sont complètement distinctes des forces de l’électricité en repos, puisqu’elles ne ptennent naissance que parle mouvement et qui, par conséquent, par opposition à des forces électrostatiques, ont été appelées des forces éleclro dynamiques.
- Ensuite, Ampère a établi une comparaison entre les forces qui ont lieu èntre les courants électriques et celles où les aimants sont en jeu, aussi bien entre celles qu’exercent les aimants sur les aimants qu’entre celles qui agissent entre les aimants et les courants électriques, et il est arrivé en même temps à un résultat singulier et d’une très grande importance. Il démontrait précisément qu’un petit courant électrique circulaire se comporte vis-à-vis des forces qui ont lieu entre lui et d'autres courants ou aimants, exactement de la même manière qu'un petit aimant.
- D’autre part, il a été reconnu que toutes les propriétés magnétiques du fer et de l’acier se laissent expliquer lorsqu’on considère chaque atome du fer comme un petit aimant ; il n’était plus
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- question que d’expliquer le magnétisme des atomes du fer séparément. Ampère a pu donner cette explication, conformément à sa proposition, en faisant l’hypothèse que chaque atome du fer est parcouru par un courant électrique circulaire. Ces petits qourants circulaires doivent nécessairement exercer certaines .forces électrodynamiques et les subir, et ces forces sont celles que l’on désigne sous le nom de forces magnétiques.
- Grâce à cette explication, qui appartient aux plus grandes conquêtes de la physique, le rapport longtemps cherché entre le magnétisme et l’électricité a été trouvé,' et ceci de telle sorte que les deux agents ont été réduits en un seul, l’électricité.
- D'après cela, les-forces magnétiques ne présen tent qu’un cas spécial des forces électrodynamiques, et le mot magnétisme ne désigne plus le nom d’un agent distinct; il ne sert qu’à indiquer une conception électrodynamique.
- Ce résultat, combiné à celui acquis pour la lumière, a réduit les quatre agents admis primitivement : lumière, chaleur, magnétisme et électricité, au nombre de deux, savoir : la chaleur et l'électricité.
- Il s’agit maintenant de répondre à la questionqui est restée encore intacte,, comment se comportent ces agents l’un vis-à-vis de l’autre, s’ils sont indépendants entre eux, ou bien si entre eux aussi un rapport existe: -
- Dans les récents traités de physique, surtout dans les populaires qui tâchent de suppléer par la hardiesse des spéculations au défaut de précision et de profondeur, on trouve souvent des expressions très vagues sur l’unité des forces de la na ture, lesquelles semblent aussi contenir la réponse à la précédente question.
- On sait, en effet, depuis longtemps, qu’à l’aide des courants électriques on peut produire la^ chaleur et la lumière, et de plus la chaleur d’une très haute température et la lumière d’une très grande intensité; on sait également qu’à l’aide de la chaleur on peut produire les courants électriques, et par leur intermédiaire le magnétisme.
- Très souvent on s’explique ces procès comme s’il s’agissait d’une transformation de l’électricité en chaleur et lumière et de la chaleur en électricité et magnétisme. En disant ensuite : les agents qui se laissent transformer les uns dans les autres, doivent être nécessairement delà même nature, on arrive à la conclusion : les quatre agents, lumière, chaleur, magnétisme et électricité sont de la même nature et ne sont que les aspects différents d’un même agent.
- Mais cette conclusion est trop prompte; elle repose sur une conception erronée des procès mentionnés. En réalité, personne n’a encore transformé l’électricité en chaleur, ni la chaleur en élec-
- tricité ; il s’agit darïs ces procès de transformations d’une nature tout à fait différente.
- Le courant électrique consiste en un mouvement continu de l’électricité, mouvement qui est provoqué et entretenu par n’importe quelle force étrangère. Si à présent il y a production de chaleur par Secourant électrique, ceci vient de ce que, par le mouvement de l’électricité, les atomes du corps dans lequel circule l’électricité, sont mis en mouvement, et ce mouvement moléculaire ainsi produit n’est autre chose que la chaleur.
- Ce n’était donc pas l’électricité elle-même, mais seulement son mouvement qui s’est transformé en chaleur. De la même manière, lorsqu’un courant électrique est produit par la chaleur, ce n’est pas la formation de l’électricité qui a lieu, mais seulement la mise en mouvement de l’électricité contenue dans les conducteurs ; et de cette manière la chaleur se -transforme en mouvement d’électricité.
- On peut donc caractériser ces procès en disant que pendant leur durée il y a passage d’une espèce de mouvement dans une autre espèce de mouvement, savoir, du mouvement électrique en mouvement moléculaire et réciproquement.
- Un tel changement du mode de mouvement par suite du transport du mouvement d’un objet sur un autre est un procès si simple et si facile à comprendre qu’on peut calculer exactement même la quantité de chaleur produite par un courant électrique, dans des circonstances déterminées, et ceci sans prendre aucunement en considération la nature propre de l’électricité. On ne doit donc pas espérer pouvoir tirer de ces procès une conclusion quelconque relative à la nature de l’électricité, et la conclusion que l’électricité est de la même nature que la chaleur, est précisément tout à fait erronée.
- D’un autre côté, un fait surprenant a été signalé récemment. Ce fait permet d’entrevoir dans une autre direction le rapport de l’électricité avec la chaleur et la lumière, et il est de nature à pouvoir rendre possible la formation d’un jugement vrai sur la nature de l’électricité.
- Comme il a été déjà mentionné, il y a deux sortes de forces électriques :
- Les forces électrostatiques qui agissent une fois pour toutes et indépendamment du mouvement , et les forces électro-dynamiques qui ne prennent naissance que par le mouvement. Il importait donc de comparer entre elles ces deux forces suivant leur grandeur. Mais la réalisation de cette comparaison a rencontré d’énormes difficultés expérimentales ; aussi ce n’est que bien longtemps après la découverte des forces électro-dynamiques, que Wilhelm Weber et Kohlrausch parvinrent à conduire magistralement une recherche assez approfondie pour qu’il fût possible d’établir un rapport numérique déterminé entre les forces
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- électro-dynamiques de l’ensemble des courants électriques et les forces électrostatiques correspondantes.
- Cependant si l’on veut appliquer à des particules d’électricité, prises isolément, le résultat obtenu pour l’ensemble des courants, on se heurte à une incertitude ; mais elle est d’une importance secondaire pour notre question, car il ne s’agit pas delà grandeur moyenne de la force électro-dynamique ni de sa dépendance de la vitesse du mouvement, mais de certaines différences relatives au sens du mouvement et de la force. Aussi, sans entrer dans une discussion sur ce fait, je vais me borner à donner le résultat dans la forme que l’on obtient en appliquant la loi des forces la plus probable, suivant mon opinion.
- Imaginons deux particules électriques de la même espèce, qui se meuvent avec des vitesses égales et invariables dans des directions parallèles ; elles exercent l’une sur l’autre, comme lorce électrostatique une répulsion et comme force électrodynamique une attraction. La première est indépendante de la vitesse, la dernière, au contraire, augmente avec l’accroissement de la vitesse.
- On peut se poser, par conséquent, cette question : quelle doit être la vitesse des particules électriques, afin que les deux forces deviennent égales entre elles et qu’elles se détruisent mutuellement ? La réponse à cette question d’après la recherche de Weber et Kohlrausch est que la vitesse nécessaire des particules électriques doit être juste tout aussi grande que la vitesse avec laquelle se propage dans l'univers la lumière et la chaleur rayonnante.
- Par là on découvre un accord entre les deux grandeurs, dont l’une n’appartient qu’au domaine de l’électricité et l’autre au domaine de la chaleur et de la lumière; une telle harmonie ne saurait exister sans une raison d’être, qui affecte la nature même des deux agents.
- Il vient s’y ajouter un fait établi également dans les derniers tempsr
- On sait que la lumière sé propage moins vite dans un corps transparent que dans l’espace libre, d’où résulte la réfraction de la lumière à l’entrée dans le corps. D’un autre côté, on a observé qu’à l’intérieur d’un corps transparent l’effet produit par la force électrostatique qu’exercent mutuellement les deux particules électriques l’une sur l’autre, aune valeur plus petite. Par conséquent, la vitesse qui doit animer les particules, afin que leur force électro-dynamique puisse détruire l’effet de la force électrostatique est moindre dans le corps que dans l’espace libre; et, autant qu’on peut voir d’après les mesures obtenues jusqu’à présent, la diminution de cette dernière vitesse est aussi grande que la diminution de la vitesse de propagation de la lumière dans un même corps.
- Ces coïncidences mettent hors de doute qu’à la propagation de la. lumière et, ce qui revient au même, de la chaleur rayonnante, les forces électriques doivent prendre part.
- Il doit donc exister entre la chaleur et l’électricité un rapport intime ; afin de l’obtenir, il ne s’agit plus de spéculations vagues, basées seulement sur de suppositions, mais de recherches qui ont leur raison d’être dans les faits établis.
- Dans une certaine mesure on est parvenu déjà à trouver un rapport entre les agents basé sur le rapprochement de ces faits. Jusqu’au moment présent, dans les calculs de la propagation de la lumière, on a considéré l’éther, dans lequel cette propagation a lieu, comme une substance douée des forces élastiques ordinaires, et on s’est servi de ces forces élastiques, pour la formation des équations correspondantes.
- L’anglais Maxwell, un des plus éminents parmi les physiciens modernes, qui malheureusement est mort depuis peu, au moment de sa plus heureuse activité créatrice— ajustement montré qu’on peut aussi arriver aux mêmes équations en faisant intervenir les forces électriques. Il a fondé une théorie électro-dynamique, ou bien, suivant son expression, électro-magnétique de la lumière.
- Il est vrai qu’il était obligé d’y introduire des suppositions admises également dans ses autres développements et dont la justesse n’est pas absolument évidente ; il en parle lui-même, en disant qu’il n’a pas réussi à les fonder sur des considérations mécaniques. Ainsi il reste encore un problème, réservé à l’investigation ultérieure de la physique, et dont la solution n’est pas éloignée ; il s’agit d’acquérir une idée déterminée des propriétés de l’électricité, qui seraient propres à démontrer la justesse et la nécessité des suppositions faites dans le calcul.
- Cependant, on peut dire dès à présent ce qui suit : si l’on doit expliquer la propagation de la lumière et de la chaleur rayonnante par des forces électriques, on doit se figurer que l’univers est rempli d’électricité ; on doit admettre ensuite que la substance présente dans tout l’univers et même dans l’intérieur de tous les corps et qu’on nommait éther n’est autre chose que l'électricité elle-même. Cependant, comment doit-on s’imaginer la manière d’être de cette substance et comment doit-on expliquer les différentes forces exercées par elle et agissant sur elle ? ceci demande encore d’autres recherches.
- Faisons maintenant la comparaison entre la manière primitive d’envisager les agents naturels, et celle qui s’est formée récemment par la voie ci-dessus indiquée, et qui est engagée par un développement sûr et progressif. Nous voyons vivement par là à quel point les sciences naturelles
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- non seulement ont gagne en étendue et en intérêt pratique mais aussi à quel point elles se sont consolidées intérieurement par la perfection des conceptions théoriques et de la méthode d’investigation strictement scientifique.
- Encore au commencement de ce siècle les quatre grands agents de la nature se trouvent, en physique, côte à côte, sans aucun lien. Pour les étudier, on a recours à autant de substances ou même de paires de substances. De plus, afin d’expliquer les différentes actions des agents, on attribue à ces substances des propriétés toujours nouvelles, et par cela on arrive à proprement parler à présenter la chose sous un autre aspect, mais non à l’expliquer.
- Maintenant, bien au contraire, la manière de traiter ces agents forme un système unique, dans lequel, à côté dé la masse pondérable, on n’admet qu’une seule substance particulière : l’électricité, et tout le reste trouve son explication dans les différents mouvements. Le tout ressemble à un édifice se dressant sur une base solide, qui grandit, il est vrai, par le travail de plusieurs mains, mais selon un plan esquissé d’après une idée unique, et de telle manière que chaque pierre nouvelle y trouve sa place convenable; cet édifice, bien que non encore terminé, laisse reconnaître distinctement l’harmonie de sa structure, de sorte qu’on s’y retrouve facilement et sûrement.
- Il en résulte que l’étude de la physique, malgré l’accroissement continuel du matériel par suite des nouvelles découvertes, ne devient pas difficile, mais plus facile qu’auparavant; et par la sûreté des conclusions et par, la clarté du savoir elle fournit une satisfaction qu’on ne pouvait pas y trouver antérieurement.- '
- - R. Clausius.
- DÉTAILS DE CONSTRUCTION
- DES
- MACHINES DYNAMOS
- Cinquième article (Voir les nm des 4, 11, 18 avril et 2 mai i885).
- COMMUTATEURS ET COLLECTEURS.
- Les collecteurs les plus employés de beaucoup sont encore les balais, très simples et conservant par leur frottement même la netteté des contacts, et l’on ne peut guère citer, de ce côté, que des perfectionnements de détail permettant de supprimer le jeu des articulations, d’ajouter et de remplacer les balais facilement et sans danger.
- A mesure que l’emploi des hautes tensions se généralise, on est conduit à prendre des précautions spéciales pour éviter les étincelles des collecteurs et atténuer les effets dus aux extra-courants qui se produisent à la rupture du circuit principal. Nous exposerons le principe de quelques-unes des solutions récemment proposées, et qui n’ont pas encore été décrites dans ce journal.
- FIG. I77. — PARKER-ELWELL
- Certaines machines dynamos exigent l'emploi de collecteurs auxiliaires ou distributeurs. Nous en donnons un exemple remarquable, dû à M. Deprez.
- Les balais des dynamos de Parker et Elivelt sont serrés dans une pince/ (fig. 177) reliée par un ressort h au corps du porte-balai, qui peut pivoter
- FIG. I78 ET 179. — BOISSIER ( 1883)
- autour de a. Les balais peuvent ainsi s’incliner, sous l’action de la vis H, par la flexion du ressort h, qui agit comme une charnière sans jeu.
- M. Boissier emploie (fig. 178 et 179) pour serrer ses balais H (fig. 180 et 181) un excentrique e, manœuvré par la rotation du bouton B; le serrage s’opère en tournant l’excentrique d’un quart de tour, de la position fig. 178 à la position fig. 179. Le bouton A est en ébonite, et l’extrémité I des balais est isolée par une gaine en caoutchouc, de'
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- sorte qu’on peut les manier sans aucun danger. L’ensemble du porte-balai peut pivoter autour de L.
- Les porte-balais de ces dynamos sont en outre pourvus d’un mécanisme dçstiné à parer aux effets produits par les extra-courants de rupture, très
- FIG. l8o ET l8l. — BOISSIER
- dangereux avec les hautes tensions. Le principe de cet appareil consiste à relier, au moment de la rupture ou de l’affaiblissement du circuit principal, les pôles de la dynamo par une dérivation de faible résistance. Cette dérivation est formée (fig. 182) par deux ressorts s et s', appuyés sur les porte-balais B et B'. En temps ordinaire, ces ressorts sont séparés (fig. i83) par l’interposition d’une cale iso-
- plus générale de ce problème par l’introduction successive et rapide, dans le circuit, de résistances croissant successivement jusqu’à celle qui constitue la rupture. Ces résistances ABC... (fig. i85), disposées en série, sont reliées séparément aux
- FIG. 182 18 i ET 184. — BOISSIER. — DÉTAIL DES PARE-ÉTINCELLE
- contacts 1 b c... d’un commutateur amortisseur circulaire rattaché par ol à l’un des fils du circuit principal LL'. L’aiguille ol introduira donc successivement, en passant sur les contacts abc...k, les résistances ABC... K, dans le cir-
- FIG. 182. — BOISSIER. — PARE-ÉTINCELLES
- lante c, excentrée et manœuvrée par d (fig. 184) dans la rainùre e de s', de sorte que la dérivation s s' est ouverte. Lorsqu’on veut rompre le courant principal 3-4 (fig. 182), on tourne d de façon à écarter la cale c (fig. i83) et à fermer la dérivation par le contact des deux ressorts.
- M. Deprez avait donné, dès 1882, une solution
- FIG. l85, lS6 ET 187. — MARCEL DEPREZ. — AMORTISSEUR
- cuit principal, de sorte que la rupture n’aura lieu qu’après la fermeture du dernier contact k et l’admission d’un nombre de résistances suffisant pour éviter tout danger.
- Dans le dispositif représenté par les figures 186 et 187, la résistance est constituée par un triangle
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- é6t
- de charbon MN. En temps ordinaire, le courant principal passe directement de L en L', par les conducteurs LFm»L'; mais, à mesure que l’on glisse F vers F', on introduit entre L et L' une résistance de MN croissante jusqu'à ce que F
- vienne en F', dépasse la pointe N, et détermine la rupture du circuit principal.
- Afin d’éviter les étincelles qui se produisent aux
- FIG. l88. — VARLEY ( 188 I). — PARE-ÉTINCELLES
- balais dans les machines à courants continus, quand ils lâchent une barre des collecteurs avant d’être en. prise avec la suivante, ainsi que les mises en court circuit qui se produisent lorsque les balais recouvrent plus de deux barres à la fois, M. Varley fait porter (fig. 188) ses balais M sur les jantes COn-
- FIG. 189. — VARLEY
- fig. 190.— solignac(i883)
- COLLECTEUR A PIGNONS
- tinues de deux roues D, mues parles dents b b' du tambour B B' (fig. 189) isolées et reliées chacune à l’une des divisions de l’armature. Les roues de contact D et D', montées sur des pivots G, sont appuyées sur les balais par un ressort j et serrées par des lames isolées E, qui font frein et assurent le contact prolongé des dentures D et b. Les dents
- b b' de B sont étagées ou alternées de façon à rendre leur action plus continue (’).
- On retrouve une disposition analogue dans la dynamo plus récente de Solignac (fig. 190).
- Les touches c du commutateur plan à'Ayrton et Perry (1882), représenté sur la figure 191, sont en-
- (9 Voir aussi le commutateur de Hopkinson et Muirhead. Dredge Electric illumination. Vol. II, p. 386.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- chassées radialement dans un disque de bois z, pourvu d’un anneau métallique D, isolé des touches et relié à la borne B. Le courant, admis en B, passe, par le long balai t, de D en c, pour sortir par la touche c', diamétralement opposée, après^ avoir traversé l’anneau E. De ce point c', le courant passe, parle second balai T et l’axe creux s, aux fils de l’armature A.
- Dans la “Variante représentée par les fig. 192, u)3
- FIG." I92j 193 ET I94. — AYRTON ET BERRY. — COLLECTEUR PLAT A CONTACTS VARIABLES
- et 194, le long balai t se divise en deux branches ; l’une, t', frottant sur l’anneau D, qui a pris la forme d’un cylindre, et l’autre, t, mobile autour de R, frottant sur les touches c, mais s’écartant du centre par l’action'de la force centrifuge, à mesure que la vitesse de la dynamo s’accroît, de manière à régulariser ainsi le courant par le changement de l'orientation des contacts.
- La distribution de l’électricité , s’opère, dans la
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- FI G. 193, — MARCEL DEPREZ.
- DYNAMO A COLLECTEUR MOBILE
- dynamo à courants continus de M. Marcel Deprez, représentée shémàtiquement par la figure 195, à l’aidesd’un commutateur tournant dd'.
- Le fonctionnement de cette dynamo est fondé sur l’utilisation des actions magnétiques réciproques de fer sur fer, plus énergiques, à poids égal, que celles qui se développent entre fer et cuivre.
- Les bobines sectionnées sont enroulées dans le même sens sur les inducteurs A Ai et B B,, de ma-
- nière à exciter un pôle sud en A, et B, et un pôle nord en A et B. Les fils d’entrée et de sortie des bobines 1, 2, 3... de A et de At, de B et de B, sont reliés respectivement aux touches l et /, du collecteur D, de façon que toutes les bobines de B et de B, soient traversées par le courant \orsc\xi' aucune de celles de A et de A, ne le sont, et réciproquement.
- Supposons que la dynamo fonctionne en réceptrice.
- • Lorsque les balais d et dr, séparées par un isolant, occupent la position représentée sur la figure, les bobines 1, 2 et 3 des inducteurs sont seules traversées par le courant de la génératrice aboutissant en d et d'. Il se développe en A, et en B, des pôles sud, en A et B des pôles nord, et l’armature C prend la position à 45° indiquée sur la figure. Si l’on fait alors monter le système dd'
- '6..o
- ..o o
- FIG. 196. — MARCEL DEPREZ
- comme l’indique la flèche, le nombre des bobines actives augmente en AA, et diminue en B B,, jusqu’à s’annuler lorsque d d', faisant contact en 6-6 et en 1-1, embrasse toutes les bobines de AA,. Ce point correspond à la position verticale de l’armature C.
- Si l’on continue indéfiniment la rotation de ddr sur D, dont on a supposé le cylindre développé sur la figure 195, en suivant la rotation de l’armature, on voit que la ligne des pôles des inducteurs change successivement quatre fois par tour, de manière à solliciter sans cesse l’armature dans la même direction.
- En outre, l’armature étant toujours magnétisée de la même manière, en s’éloignant puis en se rapprochant de ses pôles variables, modifie leur champ' magnétique et y engendre de ce fait un courant auto-excitateur qui en augmente la puissance.
- Si l’on fait, au contraire, tourner mécaniquement l’armature e, ainsi que les balais distributeurs d d', figure 196, le magnétisme rémanant des armatures suffira pour amorcer la machine qui fonctionnera
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- en génératrice, les balais collecteurs e e' groupant en série l’armature et ses inducteurs.
- Gustave Richard.
- LES APPAREILS DE M. LE Dr E. KOIILRAUSCII
- POUR
- les mesures électriques")
- Pour mesurer avec précision de forts courants, M. Kohlrausch emploie le galvanomètre des tangentes que nous avons décrit dans ce même journal (tome XII, page 368). La constante de ce galvanomètre peut être déterminée par la méthode absolue, ou autrement dit par la mesure de ses dimensions et de la composante horizontale du magnétisme terrestre, ou bien par la méthode électrochimique, c’est-à-dire en observant en même
- temps la déviation sur une règle droite au moyen d’une lunette et le poids d’argent déposé sur lc-lectrode négative d’un voltamètre.
- Ceci nous fournit l’occasion d’appeler l’attention sur ce fait que l’on a conservé en Allemagne la méthode de lecture de Gauss, méthode qui consiste à observer Tang 2 a au moyen d’une lunette et d’une échelle placée à une distance de 3 à 6 mètres d’un miroir à faces parallèles.
- Les appareils de lecture de sir William Thomson, qui sont très répandus en Angleterre, ne sont pas susceptibles du même degré d’exactitude. Dans les appareils de Thomson, on place une règle courbe à une distance de un mètre seulement. Les divisions de l’échelle sont d’un demi-millimètre et l’image du fil tendu a une épaisseur supérieure à un demi-millimètre. Avec des appareils de ce genre, les mesures ne peuvent porter que sur des divisions entières et non pas sur des dixièmes de division, comme on a coutume de le faire quand on emploie des lunettes. Nous qui nous
- (') Voir Li Lumière Électrique, tome XII, p. 368, 400 ; tome XIII, p. 9; tome XIV, p. 170.
- sommes personnellement occupé de toutes ces méthodes de mesure, nous devons dire que nous ne nous servons jamais que d’une lunette ou d’une échelle transparente comme les construit M. Carpentier.
- Avec des instruments d’une sensibilité aussi grande, on a besoin de forts shunts quand on veut mesurer des courants énergiques. Il ne serait pas bon de former un shunt de ce genre en plaçant entre les bornes de l’appareil un gros fil, car il
- FIO. 2 ET 3
- faudrait pour ce but avoir une résistance trop petite, et le courant dérivé aurait une influence remarquable sur l’aiguille de l’instrument. Pour ces raisons, on adopte un arrangement tel que non seulement les conducteurs qui amènent le courant au galvanomètre, mais aussi les conducteurs de dérivation sortent de deux forts barreaux de cuivre. Ce dispositif est représenté dans la figure 1. Les fils de cuivre ont un diamètre de 2 millimètres et une longueur de 6 mètres. Si l’on désire obtenir des intensités de 0,2 dans le galvanomètre, il
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- faut avoir quatre fils de dérivation et un fil de 6 mètres pour amener le courant du galvanomètre. Dans ce dernier conducteur, M. Kohlrausch intercale un commutateur très simple.
- Pour déterminer le coefficient de réduction^xact du shunt, on fait deux observations en mettant en communication d’abord avec A et B, puis avec C et B (fig. 1) les deux pôles d’une batterie de quelques éléments Daniell groupés en quantité et dont le courant traverse une résistance connue.
- Si l’on désigne par A la distance de l'échelle, par n et N, le nombre des divisions dans l’une et
- l’autre expérience, le facteur de réduction se trouve être donné par la relation
- I = i
- 1 N3 N
- 4 A*
- 11 4 À*
- FTO. 4
- Cette méthode permet de mesurer avec un même instrument des intensités variant entre 2 et aoo ampères.
- Pour mesurer pratiquement des courants de haute intensité ou de tension élevée, M. Kohlrausch a imaginé un instrument spécial. Cet ins trument repose d’ailleurs sur le même principe que celui de M. le professeur Blyth et de M. le doc teur E. Bœttcher.
- L’ampèremètre de M. Kohlrausch se compose essentiellement d’un solénoïde dont le noyau est suspendu à un ressort. Ce noyau est un tube de fer excessivement léger. Lorsqu’un courant traverse les spires du solénoïde, le noyau pénétre à l’intérieur de ce dernier d’une certaine quantité qui correspond à l’intensité du courant ainsi qu’à la tension du ressort antagoniste.
- M. Kohrlausch fait usage d’un noyau très léger afin d’arriver vite à la saturation magnétique.
- De nombreuses expériences ont prouvé que les meilleures dimensions à donner à l’appareil sont: pour le solénoïde une longueur de 14 centimètres,
- un diamètre intérieur de 2 centimètres et un diamètre extérieur de 4,5 centimètres; pour le noyau une longueur de 20 centimètres et un diamètre de 1,4 centimètres. Le poids du noyau n’est que de 3o grammes.
- Les figures 2 et 3 représentent deux appareils de ce genre dont le premier à gros fil est destiné aux mesures de l’intensi.té et le deuxième à fil fin aux mesures de la tension. Pour amortir les oscillations verticales du noyau, M. Kohlrausch a imaginé un dispositif très simple et en même temps très efficace. Le noyau cylindrique creux est fermé à sa partie supérieure et dans l’axe du solénoïde se trouve placée une tige fixe, cylindrique également, mais dont le diamètre est de deux millimètres inférieur au diamètre intérieur du noyau. On obtient ainsi par suite des déplacements du noyau alternativement la compression et la dilatation de l’air clos dans la chambre supérieure et le frottement de cet air chassé a travers l’espace annulaire entre le noyau et le bâton cylindrique suffit à rendre l’instrument presque apériodique.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- i05
- On peut avec cet instrument arriver à la proportionnalité comme le montre la figure 4 qui représente la courbe relevée sur un voltmètre gracieusement mis à ma disposition par M. Hartmann.
- Je dois signaler en terminant que ces appareils sont construits avec beaucoup de soin par MM. Hartmann et Braun à Backenheim (Francfort-sur-le-Mein).
- F. Uppenborn.
- RAPPORT
- SUR
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DES RUES DE LONDRES
- Deuxième article [loi;- le numéro du 2 mai i885].
- 3° LA MANIÈRE DE MESURER L’ÉLECTRICITÉ.
- Il est impossible d’arriver à une conception sérieuse de la production économique de la lumière électrique sans des mesures exactes des quantités d'électricité employées. On a perfectionné les machines dynamo au point de pouvoir aujourd’hui déterminer leur rendement commercial à un pour cent près. Le rapport entre le travail utile exécuté en dehors du compartiment des machines et le travail fait par celles-ci peut donc être déterminé exactement et même garanti par les fabricants de sorte que quand on aura une fois mesuré l’intensité et la tension des courants électriques traversant le circuit on peut aussi calculer la quantité de charbon qu'il est nécessaire de brûler dans les générateurs de vapeur pour produire ces courants. Aucune quantité physique ne peut être déterminée avec une exactitude aussi merveilleuse que les effets électriques, mais il est curieux de remarquer que plus ces quantités sont faibles, plus les résultats sont exacts et plus elles sont grandes, plus la mesure devient difficile et moins l’appareil à notre disposition est sûr. Il est très facile de mesurer le gaz ou l’eau qu’on emploie. On a construit des compteurs qui enregistrent exactement la quantité de chaque fluide qui les traverse quelle que soit la pression et qui par conséquent enregistrent la vitesse avec laquelle passe le fluide, mais avec l’électricité il est necessaire de connaître la pression qui produit le mouvement et l’intensité du courant pour pouvoir déterminer l’énergie employée ouïe travail fait dans le circuit. Tout le gaz qui passe dans le compteur est utilisé, il peut se présenter des fuites, mais on s’en aperçoit bientôt. L’électricité, elle, peut être perdue d’une manière invisible et inobservée à
- moins de la surveiller de très près. Il était donc important d’avoir une mesure exacte de la pression électrique et de l’intensité des courants électriques employés. La pression est exprimée en unités appelées volts, chaque volt représentant à peu près la force électromotrice d’un élément Da-niell ordinaire et l’intensité du courant est exprimée en ampères, chaque ampère représentant à peu près le courant employé dans une lampe à incan descence ordinaire de 20 bougies. Le produit de ces deux quantités ou le volt-ampère qui est mesure de la proportion dans laquelle l'énergie est dépensée dans le circuit peut aussi être exprimé en ivatls. Le watt est l’unité d’énergie la plus importante en électricité. Un cheval-vapeur est une unité d’énergie trop grande. Le watt est 1/746 d’un cheval ou en d’autres termes un cheval équivaut à 746 watts. Un homme ramant à une régate dépense environ 100 watts tandis qu’il travaille ordinairement en tournant une manivelle par exemple à raison d’environ 60 watts. Une bougie de sper-maceti développe en brûlant environ go watts ou la force d’un homme tandis qu’une lampe à gaz ordinaire développe 67 watts par bougie. Une lampe à arc ne développe qu’un watt par bougie, tandis que la meilleure lampe à incandescence développe environ 2.5 watts par bougie. C’est là la raison du peu de chaleur produite par la lumière électrique et le vaste champ ouvert à l’économie par sa production. Peu de personnes utilisent la perte d’énergie par la lumière du gaz ou pensent à sa vraie application, c’est-à-dire à la production de chaleur et d’énergie.
- L’instrument employé dans la pratique pour mesurer la pression électrique se nomme le voltmètre, celui qui sert à la mesure de l’intensité s’appelle ampèremètre, et l’énergie absorbée se mesure avec un wattmètre. On n’a pas encore construit des instruments de ce genre absolument exacts de sorte que, quand on a besoin d’une exactitude absolue, il faut avoir recours à des expériences de laboratoire. Il y a beaucoup d’espèces d’instruments en vente, on peut dire beaucoup trop. Chaque ingénieur semble avoir l’ambition d’imaginer une nouvelle forme, et c’est là peut-être une preuve de leur inexactitude. J’ai employé les voltmètres des inventeurs suivants :
- Sir William Thomson;
- CuNYNGIIAME ;
- Cardew ;
- et les ampèremètresjde :
- MM. Siemens;
- Thomson;
- Ayrton et Perry ;
- Cunyngiiame ;
- Uppenborn.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Je n’ai jamais employé de wattmètres, car j’ai obtenu des résultats assez exacts en multipliant . les volts avec les ampères. Bien que ces instru-f ments soient pratiques et utiles au même degré il faut cependant vérifier quelques-uns d’entre eux assez souvent et les tarer dans le laboratoire. Le voltmètre de Cardew ne laisse rien à désirer comme exactitude et régularité et en dernier lieu je ne me suis servi que de celui-là. Rien ne peut surpasser celui de Thomson ou de Siemens pour des courants puissants tandis que celui d’Ayrton et Perry est admirable pour des courants plus faibles.
- Les résultats suivants peuvent servir d’example pour la manière de faire des mesures électriques :
- Wimbledon, le 20 mai 1884,
- Trois lampes Woodliouse et Rcnvson de 5o bougies groupées ensemble.
- OBSERVATIONS FORCE électromotrice en volts INTENSITÉ en ampères WATTS par lampe
- , 52 7»5 i3o
- 1 52 7.5 i3o
- 3 56 6,9 127,8
- A 4 56 6,6 128,8
- 5 48,5 7.» 126
- Moy. par lampe. 52,9 2,4 J
- 4° LA DISTRIBUTION DE l’ÉLECTRECITÉ
- Sous ce nom, on entend la disposition du générateur, des conducteurs et des lampes, de manière à obtenir une lumière fixe en dépensant le moins d’énergie et le moins de cuivre possible, et la forme de la lampe la plus économique. La fixité de la lumière dépend d’une pression constante qu’on obtient aujourd’hui, sans aucune difficulté, avec des moteurs parfaitement réguliers et des machines à double enroulement. On l’obtient également en employant des piles secondaires comme régulateurs.
- Le nœud de l’éclairage électrique consiste dans là manière de distribuer la lumière. La loi de 1882 sur l’éclairage électrique envisage trois systèmes de distribution, c’est-à-dire les dispositions en série, en dérivation et en charge. Le système à arc de Brush représente le premier type ; il est employé à Londres, dans la Cité, où il y a jusqu’à 40 lampes reliées en série ou en tension sur un seul fil continu. ^L’installation d’Edison sur le Holborn viaduct fournit un exemple du système en dérivation dans lequel deux gros fils principaux traversent tout le terrain éclairé avec des fils d’embranchement parallèles partant des gros conducteurs et allant dans chaque maison, chaque chambre et chaque lampe.
- Je ne connais aucun exemple pratique du troisième système défini par la loi de 1882, mais une modification importante dont nous parlerons plus tard a été essayée à Colchester.
- Le système en série est d’une application limitée; il présente cet inconvénient que l’extinction d’une seule lampe entraîne en même temps celle de toutes les autres, car le courant est arrêté, à moins d’avoir un appareil automatique spécial pour mettre la lampe endommagée hors du circuit et rétablir le passage du courant. Le système nécessite l’emploi de courants de haute tension, qui présentent un danger pour les personnes qui ne sont pas suffisamment protégées. Il a cependant le grand avantage de ne demander que des conducteurs légers et peu coûteux. Il ne peut être appliqué au système incandescent ordinaire, à l’exception cependant d’une nouvelle lampe, celle de Bernstein, qui, comme nous le verrons plus tard, peut fonctionner avec cette disposition.
- Le système dérivé est d’une nature illimitée, bien que le poids des conducteurs augmente avec la surface à éclairer dans une proportion qui rend le système pratique pour un petit quartier seulement. Ün électricien - conseil célèbre a dernièrement fait remarquer que pour éclairer une surface demandant 100000 foyers, il faudrait deux bandes de cuivte d’une largeur d’environ 3i yards (28 mètres environ) et d’une épaisseur de 0,4 pouce (10 m/m). Des conducteurs de ce genre pèseraient 3 g5o tonnes et reviendraient à 37 millions de francs par mille. La perte d’éftergie s’élèverait en pleine exploitation à 675o chevaux coûtant 1 625 000 francs par mille et par année. Des conducteurs de dimensions aussi énormes et des pertes aussi terribles rendentle système dérivé d’une impossibilité pure et simple au point de vue financier.
- Le système de charge est basé sur la décentralisation. Il emploie des courants de très haute tension, jusqu’à 4 000 volts, produits dans une station centrale et amenés par des conducteurs à des centres de moindre importance oû l’on s’en sert pour charger ou exciter des piles secondaires ou accumulateurs oû l’énergie'est emmagasinée pour être redistribuée à une tension plus faible dans les maisons d’après le. système en série ou en dérivation. Si ce système était pratique, il porterait remède à tous les inconvénients de la dérivation. Les courants de haute tension permettent d’employer de petits conducteurs, mais l’emploi des piles secondaires comme accumulateurs n’a malheureusement pas jusqu’ici été un succès pratique, et par conséquent le système n’a pas encore pu être essayé dans des conditions favorables. Le succès de ces piles ferait disparaître presque toutes les difficultés de l’éclairage électrique. Les conducteurs massifs qu’exige le système en dérivation seraient remplacés par un fil gros comme un crayon, et l’éclairage
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- *7
- électrique deviendrait excellent au point de vue financier.
- Certaines modifications de ces systèmes de distribution méritent d’être examinées. Le Dr Hop-kinson, en Angleterre, et M. Edison, en Amérique, ont considérablement diminué les frais du système dérivé en reliant deux dynamos ensemble en série et en introduisant un troisième fil entre elles, ce qui permet d’employer une force électromotrice double. Le poids total de cuivre employé est ainsi diminué de cinq huitièmes, c’est-à-dire que les trois huitièmes de cuivre nécessaire au système dérivé simple suffisent aujourd’hui pour cette nouvelle disposition. Toutes les stations centrales de M. Edison aux Etats-Unis sont installées de cette manière, à ce qu’on dit. Je n’en connais pas d’application en Angleterre, où d’ailleurs aucune station centrale ne fonctionne. Ce principe de conducteurs multiples est susceptible d’un développement considérable. Le Dr Flemming a démontré que l’économie réalisée est exprimée par la formule
- M
- 2 (Al — i )-
- dans laquelle M représente le nombre des conducteurs, de sorte qu’en employant 5 conducteurs il ne faudrait que 5/32 du cuivre nécessité par le système dérivé simple.
- La diminution de la pression électrique au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la source d’énergie ou que le nombre des lampes en fonction varie, présente une autre difficulté sérieuse pour la distribution pratique de l’électricité. Pour obtenir un rendement égal dans le système dérivé, il faut employer des lampes de différentes qualités dans différentes parties du circuit. C’est ainsi que, tandis qu’on employait des lampes de j io volts sur le Holborn Viaduct, on ne pouvait obtenir un effet satisfaisant au bureau central des Postes qu’avec des lampes de go volts.
- Il y a deux méthodes employées pratiquement pour distribuer les courants qui tendent à faire disparaître ces inconvénients ; l’une est employée à B’ iehton, par la Compagnie Hammond, et l’autre à Colchester, par la South Eastern Brush C°; celle de Brighton étant réglée par des dispositions magnéto-électriques, celle de Colchester par dès piles secondaires. Le système employé à Brighton est appelé le système par groupes. lia été introduit à l’Exposition de Paris, en 1881, par M. Henry Ed-munds, qui employait une dynamo Brush pour alimenter un grand nombre- de lampes à incandescence Swan dans la salle des conférences. C’est une combinaison du système en série et en dérivation. Supposons qu’une dynamo produise 2 ooo volts et io ampères pour alimenter des lampes à incandescence demandant 5o volts et i ampère
- pour les rendre incandescentes; alors on pourrait par ce système relier des groupes de io lampes en série de 40 divisions, suivant le schéma de la figure 3.
- Maintenant, si la dynamo est autorégulatrice, comme toutes les dynamos doivent l’être, alors il ne résultera aucun dommage ni inconvénient de l’extinction d’un groupe quelconque de 10 lampes, si le circuit n’est pas interrompu. D’autre part, s’il arrive un accident à l’une des lampes d’un groupe ou une extinction volontaire, les 9 lampes restantes seraient traversées par un courant trop puissant, ieur existence serait mise en danger et, si elles s’éteignaient, tout le circuit entier serait interrompu et toutes les lampes éteintes. C’est ce qui est arrivé à Wimbledon, comme nous le verrons plus loin.
- A Brighton, on se sert de dispositions magnéto-électriques très ingénieuses pour remplacer une lampe qui fait défaut par une autre ou bien par
- FIG* 3
- une résistance équivalente. Partout où on emploie des courants de haute tension, il y a naturellement du danger, si par accident il s’établit un contact entre une personne et les fils qui amènent ces courants, mais quand les fils sont isolés avec soin, et quand on évite de se servir de la terre, ce danger est réduit à un minimum. La chambre de commerce a limité la force électromotrice à l'intérieur des maisons à 200 volts, mais tandis que, dans le système des groupes, le total de la force électromotrice peut être de 2 000 volts, il serait pratiquement impossible à une personne de toucher deux fils ayant une différence de potentiel dépassant 5o volts. Dans certaines circonstances, et par l’emploi accidentel de la terre, toute la force électromotrice pourrait agir sur une personne, mais c’est une éventualité même moins probable, que celle d’une personne entrant de propos délibéré dans une chambre pleine de gaz avec une bougie allumée.
- On a employé une modification importante de ce système à Wimbledon, en se servant d’éléments secondaires simples et à bon marché, au lieu d’électro-aimants, comme à Brighton.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- En dehors de sa part de lampes, chaque groupe avait 25 éléments secondaires reliés de la façon indiquée figure 4.
- D’abord tout le courant traverserait les éléments à cause de leur faible résistance, mais il produirait bientôt une force contre-électromotrice, et dès que celle-ci atteindrait le maximum de la pile h qui est celle nécessaire à rendre la lampe incandescente, tout le courant passerait dans la lampe, et rien dans la pile. En cas d’accident à une lampe, l'excès de courant traverserait la pile, et celle-ci empêcherait aux bornes des lampes une augmentation de la force électromotrice qui .serait nécessaire, afin d’y faire passer plus de courant, et par conséquent elles seront toujours traversées par le même courant. Cette qualité des éléments secondaires est aussi précieuse que leur puissance d’em-magasinement, et on n’a qu’à la comprendre pour s’en servir.
- Le système employé à Colchester a été nommé le système B. T. K., d’après les initiales de
- FIG. 4
- MM. Beaman, Taylor et King, qui l’ont introduit. Deux grandes machines Brush (n° b), placées dans une station centrale servent à charger des piles secondaires installées à six différents centres de distribution dans la ville. Ces piles fournissent le courant directement aux maisons et magasins. Les dispositions automatiques pour arrêter la charge au moment voulu, et pour diriger le courant de charge à une autre batterie sont des plus ingénieuses.
- En effet, tout le système a été bien étudié, et c’est une expérience qui mérite d’être suivie avec soin. Te dois cependant confesser que je n’ai pas en ce moment beaucoup de confiance dans l’application commerciale des piles secondaires d’aujourd’hui pour emmagasiner l’énergie électrique comme régulateurs ; elles tendent à se perfectionner. Néanmoins, il est presque impossible de dire ce qu’on pourra en tirer.
- Un nouveau système remarquable de distribution par des générateurs secondaires, celui de MM. Gaulard et Gibbs, a dernièrement été essayé pendant peu de temps sur la ligne du chemin de fer
- métropolitain. C’est une modification du système de charge sans emmagasinement. Une puissante idynamo à courants alternatifs donnant i5 000 volts et 11 ampères, installée à la gare à'Edgware road excitait de grandes bobines d’induction ou générateurs secondaires à 5 autres gares, où les courants secondaires servaient à l’alimentation de lampes à incandescence dans et autour des gares. Des lampes à incandescence au nombre de i5i, et 9 bougies Jablochkoff étaient distribuées sur un circuit de huit milles. Les résultats obtenus étaient surprenants, et le rendement des appareils fut satisfaisant.
- En choisissant une méthode de distribution pour un essai pratique à Wimbledon, j’étais obligé de considérer avec soin tous les avantages et inconvénients de ces différents systèmes et de choisir celui qui semblait présenter le moins d’inconvénients. J’avais aussi à décider le choix de la meilleure dynamo. Je pouvais choisir entre des machines à courants alternatifs ou directs de haute ou de faible tension dont on peut aujourd’hui obtenir des échantillons admirables de chaque espèce. La dynamo Ferranti à courants alternai ifs est une des machines les plus parfaites, tant au point de vue mécanique qu’au point de vue électrique, mais elle ne produit pas des tensions assez hautes pour le but que j’avais en vue. En effet, j’hésitais entre les machines Brush et Hochhausen et j’ai choisi cette dernière parce que ses courants étaient plus uniformes et son rendement en apparence plus élevé. Cette machine, a été exposée pour la première fois, en i883, à l’Exposition des Fisheries, où elle fonctionnait d’une manière remarquable et, depuis, je n'ai jamais eu qu’à m’en louer.
- J’ai adopté le système de distribution par groupes, et chaque groupe était réglé par une pile secondaire, comme il est représenté dans la figure 4.
- Les appareils ont très bien fonctionné, les éléments secondaires maintenaient constante la force électromotrice de chaque groupe. En cas d’accident à une lampe quelconque, l’excès de courant traversait les éléments et non pas les autres lampes, dont la lumière restait fixe et constante tant qu’une seule lampe demeurait en fonction.
- J’avais encore l’avantage de pouvoir employer plusieurs espèces de lampes en même temps. J’ai employé une intensité de courant de 10 ampères qui pouvait traverser 10 lampes dans un groupe donnant un ampère à chaque ou par 5 lampes de 2 ampères chacune ou une lampe dé 10 ampères ou tout autre disposition dont l’ensemble prenait l’intensité entière, le choix des lampes pour chaque groupe étant tout à fait indépendant de la force électromotrice, tant qu’elles demandaient la même force électromotrice pour chaque groupe.
- Cette question de la meilleure distribution des courants est d’une importance capitale pour l’ave-
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- 26g
- nir de l’éclairage électrique, mais elle n’est pas encore sortie de la période des tâtonnements. La loi de 1882 définissait des méthodes qui sont aujourd’hui passées de mode. Il est très important de suivre soigneusement le résultat des expériences qui se font tant chez nous qu’à l’étranger, et je me propose, pendant ma prochaine visite en Amérique, d’examiner avec beaucoup de soin tout ce qui a été fait dans ce pays. A moins de pouvoir prouver les avantages pratiques d’un système de distribution avec des conducteurs légers, le succès financier de l’éclairage électrique en grand est impossible.
- 5U LES EXPÉRIENCES DE WlMIiLEDC N
- Les expériences à Wimbledon ont été faites afin de déterminer les frais de production et pour essayer pratiquement la question de mesurer et de distribuer la lumière et l’électricité dans les voies publiques. Les autorités locales de Wimbledon ont mis à ma disposition un hangar spacieux pour l’emplacement des moteurs et dynamos. Une machine portative à vapeur de 8 chevaux (force nominale) a été louée chez MM. Wallis et Steevens, à Basingstoke. C’était une de leurs machines spéciales munie de régulateurs sensibles, comme on en emploie pour l’éclairage électrique au Musée britannique. La machine a fonctionné admirablement et donné beaucoup de satisfaction, mais elle a été employée bien au-dessous de sa vraie capacité et par conséquent sa consommation de combustible n’était pas économique. Cette machine était reliée par une courroie de transmission à une dynamo Hochhausen n° 4, qui avait été prêtée par M. Henry Edinunds.
- Le hangar des machines était muni de tous les compteurs et indicateurs nécessaires pour pouvoir lire la pression électrique et les intensités à tout moment.
- Deux circuits, en partie en cuivre n° 8 et en partie en fil de cuivre tressé composé de sept lits n° 16 et donnant une résistance de 2 ohms par mille ont été supportés par des isolateurs fixés sur des poteaux ordinaires placés régulièrement à 100 pieds l’un de l’autre. Le fil a été prêté par MM. W. GloveretC0. Le circuit supérieur traversait Broadway et montait la colline jusqu’à High Street, descendait la Merton Road et Gladstone Road, revenant à la station centrale par la Hartfîeld Road. Chaque circuit était d’une longueur de trois quans de mille et on avait employé un total de trois milles de fil.
- Le tableau suivant indique l’ordre et le caractère des expériences qui ont été faites.
- Une cour avait été spécialement réservée pour les expériences, et chaque espèce de lampe a été
- mesurée séparément et avec soin dans différentes conditions.
- Il serait ennuyeux et inutile de décrire en détail dans ce rapport tout ce qui a été fait et les résultats qu’on a cherché à obtenir.
- Le programme a été rigoureusement suivi et il sera plus avantageux d’examiner les résultats obtenus seulement.
- On ne s’est pas préoccupé outre mesure de la question d’économie dans le hangar des machines. C’est là un but difficile à atteindre avec une installation provisoire et une machine qui n’a pas été construite spécialement en vue du travail qu’elle
- NUMÉRO de l'expérience CIRCUIT SUPÉRIEUR CIRCUIT INFÉRIEUR
- I Lampes Swan de 20 bougies à 100 pieds Lampes de 20 bougies à 100 pieds
- 2 Lampes Swan de 20 bougies à 200 pieds Lampes de 20 bougies à 100 pieds
- Lampes Swan de 10 bougies à 100 pieds Lampes de 20 bougies à 200 pieds
- t Lampes Woodhouse et Rawson de 20 bougies à 100 pieds Lampes de 10 bougies à 100 pieds
- 5 Lampes Woodhouse et : Rawson de So bougies à 3oo pieds Lampes de 10 bougies à 100 pieds
- 6 Lampes Woodhouse et Rawson de 5o bougies à 200 pieds Lampes de ro bougies à 100 pieds
- 7 Lampes Woodhouse et Rawson de 5o bougies à 100 pieds Lampes de 10 bougies à 100 pieds
- 8 Lampes Bernstein de différentes intensités lumineuses et différentes distances Lampes de 10 bougies à 100 pieds
- 9 Lampes Maxim de différentes puissances à difféientes distances Lampes de 10 bougies à 100 pieds
- doit faire. De plus, la dépense entraînée par la production de l’énergie électrique est déjà si bien connue qu’on pourra facilement en faire l’objet d’un traité à un prix fixe et raisonnable, et il n’y avait donc rien à gagner en étudiant soigneusement le rendement et l’économie des appareils fournissant la force motrice. L’énergie développée par le moteur peut être transformée en un nombre défini de watts électriques dans le circuit dont les frais de production sont connus et que des entrepreneurs responsables sont prêts à fournir.
- J’examinemles résultats obtenus aux deux points de vue du rendement et de l’économie.
- a) Rendement.
- On ne s’avance pas trop en disant qu’il n’y a pas en ce moment une seule des voies publiques dans la ville de Londres ou dans ses faubourgs pour-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- vue d’un éclairage complet et satifaisant. Wimble-don est éclairé avec des lampes à huile ayant une mèche plate d’un pouce et brûlant du pétrole. Ces lampes qui, proprement soignées et entretenues, sont très bonnes dans leur genre, sont fixées à des distances si grandes qu’elles cessent d’être des illuminateurs et deviennent seulement des guides. La négligence et le manque de soins les rendront cependant souvent inutiles et nuisibles. On les laisse brûler tant qu’elles peuvent au lieu de les éteindre comme le gaz et on trouve souvent des lampes brûlant vigoureusement en plein jour. Elles ne sont pas influencées parle temps au même degré que les beçs de gaz. En bon état elles donnent une lumière très fixe. Leur puissance lumineuse théorique est de i5 bougies, mais la moyenne n’est que de 12.
- Les lampes à gaz dans la Cité sont supposées donner une puissance lumineuse de 14 bougies en brûlant 5 pieds cubes de gaz par heure et elles le font quand elles brûlent d’une manière fixe et régulière dans le laboratoire, mais dans les rues la quantité de gaz fourni devient irrégulière avec l’air et les saletés dans les brûleurs; la flamme vacille par suite d’une combustion imparfaite et de courants d’air, les lanternes se ternissent et il en résulte que la lumière moyenne est de 10 bougies au lieu de 14.
- Une lampe à incandescence électrique évite tous les défauts de l’huile et du gaz. La lumière est absolument fixe et peut être réglée, allumée et éteinte à volonté. La température n’exerce aucune influence, mais le filament de charbon se détériore avec l’âge jusqu’à casser. Sa vie moyenne est cependant de 1 000 heures et il peut être remplacé facilement et rapidement.
- On peut faire donner la quantité de lumière qu’on^désire, dans de certaines limites, aux lampes à huile, à gaz et à l’électricité, mais, au tur et à mesure qu’on augmente la puissance lumineuse de l’huile et du gaz, il faut aussi augmenter les dimensions des lanternes et des poteaux jusqu’à ce qu’ils atteignent des proportions impratiques. Mais l’électricité possède plus que tout autre éclairage une grande puissance de concentration de la lumière. On peut obtenir de la même grandeur de lampe une lumière de 1 à 100 bougies simplement en modifiant l’intensité du courant ou les dimensions du filament. On peut la fixer n’importe où et n’importe comment, et il n’est pas nécessaire de la couvrir d’un verre ou d’un écran.
- C’est, en effet, étonnant comme la lampe à incandescence se prête bien à l’éclairage de nos rues. Sa supériorité sous ce rapport à l’huile et au gaz est incontestable. On a essayé des lampes à incandescence de 10, 20, 3o, 5o et 60 bougies. La lampe qui se prête le mieux à l’éclairage des rues et qui donne les résultats les plus
- favorables est celle de 5o bougies de MM. Wood-ùouse et Rawson. La lampe Bernstein de 60 bougies a donné les résultats les plus brillants, mais son rendement commercial était inférieur à l’autre. Le tableau A indique le rendement de ces lampes brûlant à leur intensité lumineuse nominale mais en les poussant au delà de leur puissance normale on augmente le rendement aux dépens de la durée.
- Aucune expérience n’a été faite jusqu’ici pour déterminer la vie des lampes dans ces différentes conditions de rendement, bien qu’il soit parfaitement bien connu que leur durée est d’autant plus courte que le rendement est grand. Cependant, puisque le nombre de watts dépensé par bougie diminue au fur et à mesure que le rendement augmente, il est évident qu’il doit y avoir, pour
- tableau A
- L A M P E S FORCE éleciromo- trice en volts INTENSITÉ en ampères BOUGIES DÉPENSE en watts par bougie
- Svvan Si 0,71 1,31 n.3 3,2
- Swan Woodhouse et Raw- 49 19 3,37
- son Woodhouse et Raw- 55 i. i5 20, 2 2,35
- son 60 2,33 53 2.4
- Bernstein 25 5,25 5,3 33 4
- Bernstein 39,70 66 3,8
- Maxim 80 2,16 5o 3.45
- chaque lampe une limite où ces deux éléments : peite sur la durée, économie sur le rendement, se font équilibre. Il peut être très avantageux d’obtenir 2 5oo heures de fonctionnement pour une lampe et on les a obtenues, mais peut-être avec une dépense d’énergie ridicule au point de vue commercial. On a peut-être perdu piusieurs fois la valeur de la lampe. En général les frais de la production de l’énergie dépassent ceux du renouvellement des lampes, et le rendement est béaucoüp plus important que la vie de la lampe. Une lampe à incandescence ordinaire est garantie pour 1 000 heures. A raison de 4 shillings par lampe ceci représente 0,0025 pence par bougie et par heure. Le prix d’un watt à Londres est de 0,002 pence par bougie-heure et par conséquent une lampe de 20 bougies coûte en énergie 0,006 pence par heure ; il est donc facile de démontrer qu’en réduisant le rendement de 3 à 2 watts par bougie la vie de la lampe pourrait être de 555 heures au lieu de 1000 sans aucune modification dans le coût de la bougie-heure tandis qu’en maintenant le rendement inférieur la valeur des lampes serait dépensée en énergie. Par conséquent il est cer-
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- tainement économique d’avoir un rendement élevé aux dépens de la durée des lampes et ce résultat sera obtenu avec d’autant moins de sacrifices que les fabricants fourniront les lampes à meilleur marché. Une vie brève ne serait pas un très grand inconvénient s’il n’y avait pas les renouvellements fréquents qui finissent par devenir un ennui et qui représentent le côté désavantageux des lampes à arc. Il y a donc pour chaque lampe à incandescence une valeur du rendement où ces avantages et inconvénients s’équilibrent. Le programme de mes expériences à Wimbledon ne m’a pas permis de chercher cette valeur, mais on ne saurait nier l’importance de la question.
- Le rendement pratique des foyers à arc dans la cité de Londres est à peu près de 2 watts par bougie et on les renouvelle toutes les 8 heures.
- Le rendement pratique des lampes à incandescence que j’ai employées à Wimbledon dépasse un peu 2 watts par bougie, mais je n’ai jamais eu besoin de les renouveler. Si je les avais portées à une incandescence un peu plus intense, j’aurais peut-être dû les renouveler toutes les cent heures, mais j’aurais obtenu le même rendement qu’avec des foyers à arc. Par conséquent l’économie supposée des foyers à arc sur les lampes à incandescence disparaît entièrement. Il n’est pas impossible d’arriver avec des lampes à incandescence à un rendement d’une bougie par watt, et alors l’économie sera aussi grande qu’avec un bon foyer à arc.
- b. — Quelle est la meilleure manière de distribuer les lampes à incandescence et la lumière
- émise par les lampes.
- J’ai déjà dit que la lampe à incandescence de 5o bougies se prêtait le mieux à l’éclairage des rues. Ces lampes ont été fixées à différentes distances et à différentes hauteurs au-dessus du sol. On les a placées le long des trottoirs en les distribuant de différentes manières, mais on obtenait le meilleur effet en les suspendant au centre de la rue à une hauteur de 25 pieds. En plaçant ce genre de lampes, espacées de 5o en 5o pieds, et renfermées dans des globes dioptriques on obtient une distribution égale et uniforme de la lumière. J’ai essayé un très grand nombre de réflecteurs de différents modèles dont j’ai mesuré l’action. Les figures 5 a, 5 b, 5 c, 5 d représentent quelques-unes de ces mesures. Les disques d’un diamètre de 18 pouces en fer nickelés et polis semblaient donner les meilleurs résultats.
- En traitant de la distribution de la lumière au point de vue économique, je dois nécessairement mé servir en partie d’appréciations et de calculs.
- Un cheval-vapeur peut être fourni à Londres à raison de 1 penny par heure pour une journée de six heures. En estimant le rendement net des ma-
- [ chines et des conducteurs à 67 pour cent ou à I 5oo watts par cheval, le prix d'un watt par heure j s’élève à 0,002 pence ; bien qu’il soit permis d’es-I pérer qu’on arrivera à obtenir une bougie par watt j dépensé dans les lampes à incandescence, on ne ! peut pas aujourd’hui compter moins [de 2,5 watts
- MESURES PHOTOMET 1UQUES 'FAITES A ‘.WIMBLEDON PENDANT LES MOIS
- d’avril et de MAI i8S’4.
- FIGURE 5 J
- A cl 13. — Lampes simples espacées de ioo piçds et à la hauteur de 20 pieds.
- figure 5 b
- C. — Réflecteur convexe en zinc blanc.
- D. — Lampe simple.
- Distance, 100 pieds. — Hauteir. lô^pieds.
- figure 5 c /
- L. — Réflecteur rond, plat dont le diamètre sous-tend la corde d’un arc de lb5» au centre de la lampe.
- Distance, 100 pieds. — Hauteur, 16 .pieds
- FIGURE 5'rf »
- Lanterne dioptrique et conique de Trotter, à 20 pieds de hauteur.
- La ligne pointillée représente l’éclairage résultant de deux lanternes de ce genre, espacées de i5o pieds. — Variation, 38 o/o du maximum.
- par bougie. Par conséquent une bougie coûte avec le système à incandescence o,oo5 penny par heure, et une lampe de 5o bougies coûtant o,25 pence par heure, trois lampes de 5o bougies ou l’éclairage de 5o pieds d’une rue coûteront 0,75 pence par heure. D’autre part, une bougie par watt s’obtient facilement avec la lumière à arc; bien que les mesures de la moyenne de la lumièt'e
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- utile dans la lampe Brush ne donnent qu’une bougie par 1,9 watt.
- Prenons 1,49 watt par bougie ou un cheval par lampe, alors l’éclairage des rues par i5o pieds de longueur revient à un penny par heure, tandis que le même éclairage par des lampes à incandescence ne revient qu’à 0,75 pence pour le même laps de temps.
- c. — Les frais de fonctionnement.
- Les expériences à Wimbledon ont été faites du
- 21 mars au 21 juin 1884. La nature de ces expériences nécessitait une variation considérable et beaucoup d’irrégularité dans le fonctionnement, mais j’ai pu faire fonctionner 76 lampes de 20 bougies pendant huit semaines sans interruption et réduire les frais à une moyenne de six heures par soirée.
- Le tableau B contient les résultats obtenus.
- Ces résultats donnent 0,408 pence par lampe et par heure.
- Maintenant, puisque le même nombre d’employés aurait suffi pour 400 lampes de ce genre, le ta-
- TABLEAU B Wimbledon, i88.|.
- Dépense pour 76 foyers pendant huit semaines.
- l’.VR SOIRÉE DE 6 HEURES
- £ S. J.
- Charbon.............
- Bois.................
- Huile................
- Chiffons.............
- Lampes...............
- Lampes ..............
- Balais...............
- Salaires ..........
- Intérêts et amortissement
- 7 chevaux à 4 livres par cheval-heure, et 18 shillings par tonne...................................
- 2 pence par soirée................................
- 3 % gallons à 4 shillings 6 pence.................
- 8 livres . . .....................................
- (9 76 lampes d’une durée de 1 000 heures, à 5 shillings par heure...................................
- Réparations.......................................
- Balais à trois mois par série.....................
- Employé...........................................
- Machiniste........................................
- Intérêts et amortissement sur £ 5oo à 10 pour cent.
- 3.:5.6 o. 10.6 o. 16.b o. 4.0
- 6. 8.0 o. 6.0 o. 2.0
- 9- 4.0 J I.12.0
- 7. 6.0
- y2 quintal. . . .
- J Iluileetchiffons
- Lampes.........
- Réparations . .
- j Salaires.......
- o. 1.4 o. 0.2
- o. o 4'â
- o 2.3X o. 0.1%
- o. 8.8
- o. 2.6
- (9 Durée garantie par les fabricants.
- Total. . .
- £40.4.6
- £ o. \5.S%
- bleau C indique les frais pour ce dernier nombre de lampes.
- / TABLEAU C
- Dépense par soirée pour 76 foyers, pendant 8 semaines
- Charbon .... £ s. cl.
- 40 chevaux à 4 livres pour
- Bois 6 heures — 8 1/2 quintaux 0. 7. 8
- Huile Réparations . . 2 pintes (et chiffons; .... 0. 1. 3
- Lampes Renouvellement à 1 000 h.
- Salaires à 5 shillings 0.12. O
- 0. 8. 8
- Intérêts et amor-
- tissement. . . A 10 pour cent, sur £ 1 Cou. 0. 8. 9
- Total £ 1.18.10
- c’est-à-dire o 2 pence environ par heure.
- En réalité le coût de 76 lampes n’atteignait pas 1/2 pence par lampe et par heure, le devis pour 400 lampes se monte à peu près à i/5 penny par heure, le prix d’un bec de gaz ordinaire brûlant 5 pieds cubes par heure au prix de 4 shillings
- 2 pence par 1000 pieds de gaz. Cependant il n’a pas été tenu compte du loyer qui, probablement, porterait le prix à 1/4 penny par lampe et par heure. Mettons-le à un quart de penny par lampe de 20 bougies par heure. Il s’ensuit qu’on peut avoir une lampe de 20 bougies au même prix qu’un bec de gaz de 14 bougies nominales, comme ceux employés dans les rues de la Cité. Mais aucun compte n’a été tenu dans ce calcul du capital, delà surveillance, ni d’accidents ou d’assurance, etc., tous points difficiles à déterminer, mais dont il faut cependant tenir compte. Je préfère prendre pour unité l’intensité de 10 bougies, non seulement parce que j’ai fait des expériences avec des lampes de ce genre, mais parce que c’est la moyenne des lampes à gaz existantes dans les rues et un chiffre très commode pour des lampes à incandescence.
- En tenant compte de tous ces faits, je me crois complètement fondé à fixer le total des frais de production d’une intensité de 10 bougies par des lampes à incandescence pour 6 heures par soirée à 1/4 de penny au moins par unité et par heure.
- Ce chiffre serait probablement trop élevé pour
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- des lampes de 5o bougies, car les frais de renouvellement et d’amortissement seraient diminués parce qu’il y aurait moins de lampes à renouveler, mais j’aime mieux forcer mes chiffres que de me tromper en moins.
- En fin de compte, l’éclairage de nos rues au gaz et à l’électricité reviendrait à peu près au même étant donné le prix actuel du gaz ; mais les avantages de la lumière électrique sont tellement manifestes qu’on peut difficilement justifier la continuation du système actuel. Il sera peut-être intéressant d’indiquer les accidents et mécomptes qui ont eu lieu pendant ces trois derniers mois.
- i° Le 21 mars, les coussinets de la dynamo ont beaucoup chauffé. Aucun arrêt. .
- 2° Le 22 mars, la couture de la courroie de transmission a cédé. Arrêt de 3 minutes.
- 3° Le ior avril, un groupe a fait défaut à cause d’une lampe cassée. Arrêt du circuit pendant 3g minutes. Aucune compensation automatique n’était employée à ce moment.
- 40 Le 7 avril, un autre groupe a fait défaut pendant l’expérience à cause d’un réglage imparfait.
- 5° Le 29 avril. Un autre groupe a fait défaut à cause d’un changement de dynamo.
- (N. B. Après cet accident, j’ai fait intercaler des éléments secondaires dans chaque groupe et ainsi remédié à cette cause d’accidents).
- 6° Le 12 mai. Trois lampes se sont éteintes probablement parce qu’on a lancé des pierres sur elles, mais les éléments de compensation ont empêché toute interruption.
- 70 Le 10 juin. L’anneau de la dynamo a fait défaut. Extinction générale de tous les foyers.
- Voilà tous les accidents qui se sont produits et on aurait pu les empêcher tous. Le dernier serait resté sans influence sur l’éclairage si nous avions eu une dynamo de réserve, comme il en fallait une, car le défaut nous était bien connu longtemps avant l’accident. L’installation a été faite par M. Albert H. Howard, qui a également dirigé les expériences.
- 6° l’éclairage domestique.
- Les expériences relatives à l’éclairage domestique par l’électricité sont si limitées en Angleterre à cause de la dépense et de la difficulté qu’il y a à se procurer la force motrice et à installer les appareils nécessaires dans les maisons, que je me suis décidé à faire un essai chez moi afin d’obtenir les renseignements qu’il me fallait au sujet du coût et de l’embarras qu’entraînerait une installation de ce genre. Tous les!devis et calculs de frais, même les plus honnêtes, sont discutables. Les chiffres sont si commodes et il est si facile à une personne ayant un parti pris de glisser sur tel ou tel côté de la question ! Les faits et la pratique
- sont seuls indiscutables. Mon but n’était cependant pas tant de déterminer les frais que de m’assurer de la régularité, de découvrir les défauts, les inconvénients ou la surveillance nécessaire au bon fonctionnement de la lumière et en général d’apprendre s’il serait possible de faire adopter le luxe de la lumière électrique par mes voisins. J’ai donc fait construire dans mon jardin pour les machines, un hangar de 16 pieds de long sur 10 de large. J’y ai fait installer une machine à gaz Clerk, de 2 chevaux fabriquée par MM. L. Sterne et C°, à Glasgow.
- Cette machine actionne une dynamo Gramme, fabriquée par MM. Elwell et Parker, de Wolver-hampton, dont le courant sert à charger 17 éléments secondaires de Planté, fournis par la même maison. La dynamo donne un courant régulier de 42 volts et 36 ampères qui représentent i5i2 watts ou un peu plus que 2 chevaux. Les éléments secondaires sont reliés directement avec la maison au moyen de conducteurs en cuivre isolés avec du caoutchouc, et fournis par l’India Rubber, Gutta Percha, and Telegraph Works C°. Le même fil, seulement plus mince, est employé pour tous les autres conducteurs. Ceux pour les commutateurs et les lampes sont du fil de cuivre n° 18, isolé avec de la gutta-percha et une double couche de coton, le tout bien paraffiné ; ce fil est fourni par MM. W.-T. Glover et Ce, de Manchester. Les garnitures pour les lampes ont été faites principalement par M. Tayler Smith; elles sont mobiles selon son système bien connu depuis l’Exposition internationale d’hygiène.
- Les lampes sont de 3i volts, fabriquées par MM. Woodhouse et Rawson, pour un courant d’une intensité de 092 ampères et une force électro-motrice de 33 4 volts et donnent une puissance lumineuse de 10 bougies avec un rendement de 3,5 watts par bougie. Chaque chambre a son propre circuit réglé par un commutateur dans le vestibule et protégé par un interrupteur de sûreté. Chaque lampe fixe est également munie d’un commutateur pour la mettre hors du circuit ou l’intercaler à volonté. Cette disposition n’est pas nécessaire pour les lampes mobiles. Le compartiment des machines contient un voltmètre Cardew pour déterminer la pression électrique et l’état des piles et un simple galvanomètre pour la détermination du courant qui entre dans les piles ou en sort un autre galvanomètre est fixé au-dessous du commutateur principal dans le vestibule, pour indiquer le nombre de lampes en fonction dans la maison et pour surveiller l’état des circuits. L’électricité est fournie constamment à la maison, et les lampes peuvent être allumées ou éteintes à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Les machines sont placées sous la surveillance de mon jardinier qui n’a eu aucune difficulté à se mettre au
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- courant des appareils et qui soigne tout sans préjudice de ses vraies fonctions. Il n’a qu’à allumer le gaz et à mettre la machine en marche. En cas d’ae?" cident une sonnerie électrique automatique attire son attention. Il arrête la machine quand elle a fourni le nombre d’heures nécessaire. Je n’ai pas cherché l’économie, j’ai voulu assurer un bon rendement et faire tout ce qui était nécessaire pour éclairer une petite maison comme la mienne d’une manière complète avec sûreté et simplicité, sans ostentation. Mes dépenses à présent ne fournissent pas un exemple de ce qu’elles doivent être. J’ai eu à yaincre beaucoup de difficultés et à faire beaucoup de changements pour arriver à mon but, mais je suis enfin certain d’avoir réalisé une installation pratique. J’ai également fait tant d’expériences que ma consommation de gaz est bien au delà de ce qu’elle devait être, sans cependant dépasser ma dépense pour le gaz pendant le trimestre correspondant de l’année dernière. Mon installation n’a pas fonctionné assez longtemps pour me permettre de faire un devis exact, mais j’enregistre avec soin tout ce qui se passe, et à la fin de l’année je publierai les résultats.
- . J’ai déjà tiré les conclusions suivantes:
- i° Que l’éclairage électrique fourni par une installation isolée comme la mienne est un luxe qui doit être payé comme tel. Malgré l’expérience acquise je ne pourrais pas installer une maison à moins de 3oo liv. st. ou 7 liv. st. 10 shgs par lampe; mais ce prix varierait naturellement avec le goût artistique de l’installation et la nature du travail dépensé au point de vue, décoratif.
- 2° Je ne devais pas consommer plus de gaz pour la force motrice que je n’en ai brûlé pour l’éclairage autrefois. En réalité je crois que la consommation est moindre. Je puis dire que ma maison est toujours éclairée au gaz, mais je le brûle^maintenant dans mon jardin et non dans la maison. J’en prends ce qu’il m’en faut sous forme de lumière et je rejette dans l’air extérieur ce que je ne veux pas — le poison. Par conséquent, j’ai filtré ma lumière et purifié l’air que je respire.
- 3° La fixité et le charme de la lumière, la durée des décorations dans les appartements, l’absence de chaleur et de gaz nuisibles, la pureté de l’air dans une chambre et la prolongation de vie qu’on y gagne, tout cela constitue un excellent dividende sur le capital engagé.
- 40 II serait inutile de nier les nombreuses difficultés qu’il faut vaincre et qui ne peuvent être surmontées que par l’expérience et les connaissances techniques; mais l’expérience s’acquiert vite et les connaissances techniques seront bientôt à la portée de tout le monde. Toute personne douée d’une intelligence moyenne et de goûts scientifiques se mettra sans aucune difficulté au courant de tous ces détails, mais l’éclairage électrique n’est pas
- encore arrivé à la simplicité de l’éclairage par le gaz.
- 5° Un point important dans l’économie de l’éclairage électrique consiste dans ce fait qu’il n’est pas nécessaire de dépenser de l’énergie ailleurs qu’à l’endroit et au moment même où l’on a besoin de la lumière. Avec le gaz, un domestique allume les becs et on les laisse brûler en pure perte pendant des heures, tandis qu’avec l’électricité un commutateur placé près de la porte où est la lampe permet de produire de la lumière pendant le temps où on en aura besoin seulement et sans aucune allumette. Par conséquent, si l’électricité coûte 2 et 3 fois plus cher que le gaz, on n’a pas besoin d’en dépenser plus de la moitié ou d’un tiers à la fois.
- 6° Avec une pression aussi faible que celle de 3i volts, les secousses sont impossibles et il n’y a aucune crainte d'incendie ou de dommage causé à l’isolation. Les allumettes et les bougies sont devenues inutiles et les risques d’incendies sont ainsi diminués de beaucoup.
- 70 Toutes les difficultés que j’ai rencontrées disparaîtront entièrement à partir du jour où l’électricité nous sera fournie à la porte, comme c’est le cas avec le gaz maintenant. Elles se réduiraient considérablement si l’installation était assez grande pour justifier l’emploi d’un homme du métier comme surveillant. Mais avant l’introduction générale de l’éclairage électrique, la question de la distribution de l’électricité par des stations centrales s’impose d’une façon impérieuse.
- 7° ÉCLAIRAGE PAR STATIONS CENTRALES
- Si l’électricité pouvait nous être fournie à nos portes, de la façon prescrite par la loi de 1882, de sorte que nous ayons un courant constant à une pression constante, toutes les difficultés que j’ai rencontrées pour la production des courants dans ma propre maison, disparaîtraient de suite. L’éclairage électrique deviendrait général et tout le monde pourrait l’avoir si le prix était raisonnable. Mais les difficultés et les frais qu’entraîne la distribution de l’électricité en ce moment sont si grands, qu’il n’y a pas une seule station centrale en fonction à Londres. On peut vaincre les difficultés mécaniques et électriques, mais celles d’ordre financier restent toujours.
- La loi de 1882 rend impossible de former une société qui pourrait se conformer aux prescriptions de cette loi. Les restrictions sont tellement rigides qu’elles ont absolument paralysé l'industrie privée de l’éclairage électrique. Pas une seule des 78 autorisations provisoires accordées en i883, n’a été suivie d’effet. La seule installation qui ait été faite sous le régime de la loi, est celle de Colchester,
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- qui a été entreprise par une société ayantun petit capital disponible. L’éclairage électrique en grand exige la dépense d’un capital très considérable. A l’heure qu’il est ce capital ne peut être constitué que par les administrations publiques compétentes, et sur la garantie des impôts. La loi ne répond en aucune façon au but qu’on s’est proposé, et il est douteux, qu’une autorité locale comme la commission des égouts de la cité de Londres, soit obligée d’en tenir compte dans le cas où elle se déciderait à installer un système d’éclairage électrique. Ceci est cependant une question de droit sur laquelle je n’ai pas qualité pour me prononcer.
- En supposant que l’on se décide à éclairer une partie de Londres à l’électricité, à titre d’expérience, la question si importante de la distribution de l’électricité serait fort difficile à résoudre.
- Je dois confesser que je n’ai pas'de conviction bien arrêtée au sujet du meilleur système, et j’hésiterais à recommander l’un ou l’autre des systèmes que j’ai décrits, sans avoir fait d’autres expériences et sans l’avoir examiné avec soin.
- En effet, le champ ouvert aux inventions dans cette direction est tellement vaste, qu’une nouvelle disposition plus perfectionnée et plus économique pourrait parfaitement se produire d’un jour à l’autre. Pendant un prochain voyage en Amérique, j’ai l’intention d’étudier ce sujet avec beauconp de soin, et grâce à l’expérience acquise à Colchester, j’espère, à la fin de l’année, être à même de choisir et de recommander un système défini.
- Dans un rapport adressé au comité des rues, à la date du 2 novembre 1882, j’ai fait la remarque suivante :
- « Toute la question de la distribution de l’électricité pour l’éclairage, est encore dans un état très primitif; on n’a pas encore acquis assez d’expérience pour déterminer exactement ce qu’il faut dans toutes les circonstances, ni même quelles seraient ces circonstances, et je crois que les autorités qui se sont engagées à fournir l’électricité ont assumé une responsabilité dont elles ne se sont pas bien rendu compte, et à laquelle elles ne pourront que très difficilement faire face dans l’état actuel de la question. »
- Je me permets d’insister sur ce fait et d’assurer au comité que les circonstances n’ont pas beaucoup changé depuis; sans aucun doute l’éclairage électrique est un grand succès, mais on n’a pas encore trouvé les meilleurs moyens pratiques pour le développei économiquement et en grand. Rien ne pourrait justifier l’essai de l’éclairage d’une grande surface avec l’expérience que nous avons actuellement et en présence d’une législation défavorable, tandis qu’il serait sage et prudent de prendre une petite surface à titre d’expérience, et c’est cette mesure que je recommande vivement au comité.
- 8° l’éclairage des rues
- La lampe qui, selon moi, se prête le mieux à l’éclairage des rues, est la lampe à incandescence de 5o bougies. Elle a été employée avec beaucoup de succès sur le « Holborn Yiaduct », où il y avait 16 lampes de 16 bougies (nominales) et 76 de 32 bougies (nominales). Il serait impossible de voir un échantillon plus parfait d’éclairage électrique des rues, que celui de la High Street, à Wimbledon.
- Les lampes étaient suspendues aü’-dessus du centre de la rue. Elles n’avaient pas tout l’éclat des foyers à arc, mais la lumière était distribuée uniformément et sans perte. Dans les rues de la Cité, il serait, j’ai peur, très difficile de suspendre des lampes de cette façon, à cause des échelles du service des pompiers, mais on obtiendrait toujours un effet admirable en fixant ces lampes sur des poteaux, comme on le fait maintenant, et en les espaçant de 5o en 5o pieds. J’aimerais voir le comité des rues choisir une grande voie pour faire cette expérience. Les difficultés de toute nature qui se présentent dans l’éclairage électrique domestique, disparaîtraient pour l’éclairage des rues. La distribution du courant ne présente aucune difficulté ; on pourrait éclairer l’ensemble des rues par un seul centre ; on pourrait allumer et éteindre en une seconde. En employant des machines à gaz pour fournir l’énergie aux générateurs de courant, on pourrait éclairer les rues immédiatement en cas de brouillard, sans avoir besoin d’aucun allumeur pour les lampes.
- W.-H. Preece.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (*)
- TÉLÉPHONIE
- {Suite)
- APPAREILS ACCESSOIRES DES BUREAUX CENTRAUX
- La distribution de l'heure dans les réseaux téléphoniques. — M. Orarri a exposé dans l’enceinte de l’étalage de la « Western Electric C° » un petit appareil que l’on adjoint à un bureau central téléphonique pour donner l’heure et la minute exactes aux abonnés.
- Cet appareil envoie toutes les minutes des courants interrompus sur tout le réseau, assez faibles pour ne pas gêner la conversation, mais suffisatn-
- (i) Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ment forts pour produire des bruits secs et courts très distincts et espacés par des intervalles réguliers. -V.
- L’abonné, pour savoir l’heure qu’il est, n’a qu’à décrocher son téléphone et le mettre à l’oreille. A chaque minute il entend un faible bourdonnement qui le prévient de faire attention, et aussitôt après il entend des interruptions successives qui donnent l’heure et les minutes.
- Supposons, pour fixer les idées, qu’il ait entendu deux coups, suivis d’un petit intervalle, puis trois
- coups, encore un intervalle, et enfin sept coups. Ces signaux lui indiqueront qu’au moment du signal prochain, c’est-à-dire dans une minute, il sera 2 heures et 37 minutes.
- L’appareil complet se compose d’une horloge qui donne le contact toutes les minutes et. qui fait marcher l’appareil distributeur représenté par la figure 1. V est un relais qui fait un contact à chaque minute, quand le courant lui est envoyé de l’horloge. L’établissement de ce contact fait embrayer le tambour avec l’axe du moteur élec-
- FIG. I
- trique M qui est toujours en mouvement, alimenté par une pile spéciale.
- Sur la surface du tambour sont fixées, comme sur le tambour d’une boîte à musique, plusieurs séries de pitons représentant les heures, les dizaines de minutes et les minutes.
- Ces pitons font marcher pendant la rotation du . tambour le levier qui porte le marteau Q, et ce marteau frappe pendant une révolution du tambour autant de coups qu’il y a de pitons actifs sur la circonférence.
- Ce marteau se trouve établir chaque fois un contact pour une pile spéciale, et un courant de courte durée est envoyé sur la ligne.
- Par un procédé bien simple, à chaque minute il y a une autre série de pitons agissant sur le levier, de sorte qu’il s’ajoute un coup à chaque nouvelle minute ; après neuf coups, il y a une totalisation, et les dizaines de minutes sont augmentées. La même opération se produit automatiquement pour les heures. Nous n’avons pas besoin de décrire tous ces détails, la figure les explique suffisamment bien.
- Le moteur électrique est très simple. Devant les pôles d’un aimant en fer à cheval se trouvent deux bobines portant un commutateur sur leur axe. Les mouvements de ce moteur seraient trop rapides pour actionner directement le tambour,
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- et c’est pourquoi on a intercalé entre les deux un mouvement d’horlogerie qui produit le ralentissement.
- Pour rendre la chose plus claire, nous donnons, figure 2, le schéma des communications.
- H est l’horloge qui donne le contact à chaque minute et envoie un courant dans le relais A. L’armature est attiréé et le tambour déclenché. Èn même temps, une petite plaque métallique C, montée sur un ressort au bout de l’armature, touche
- FIG. 2
- momentanément la vis B et répète ce contact plusieurs fois par suite des vibrations qui lui sont imprimées par le choc. Chaque fois qu’il y a un contact entre B et C, le courant de la pile P' passe par B, C, l’armature L, et ensuite par G et V, sur
- FIG. 3
- toutes les lignes des abonnés qui aboutissent à une terre commune. A cet effet la communication du tableau avec la terre t est détachée. Alors tous les abonnés qui ont à ce moment leur téléphone à l’oreille, entendent le bourdonnement, provenant d’une série de contacts rapides entre B et C.
- La pratique a démontré, selon l’inventeur, que
- la séparation de la terre n’a pas d’ir.convénien pour le bureau central téléphonique, et que par conséquent la terre peut être prise sur les lignes allant chez tous les abonnés.
- Le mouvement de l’armature L du relais A, met
- Cs>
- FIG. 4
- en marche le tambour dont les pitons font frapper le marteau T sur la butée de contact S, et le nombre des coups donnés correspond aux heures et aux minutes indiquées par l’horloge H. A chaque coup de marteau il s’établit un contact entre T et S, et le courant de la pile P' passe par T, S, G, V, sur toutes les lignes.
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- Chaque contact n’est que d’une très courte durée; on entend dans tous les téléphones décrochés de leurs commutateurs un bruit sec et bien déterminé, et on peut facilement compter to^s les coups de marteau.
- La Compagnie « National Time Regulating C°, de Boston », qui exploite cet appareil, se fait payer pour l’abonnement un dollar par an. La distribution du système Oram est appliquée à Lowell (Massachusetts) par la « New England téléphoné C°. Mais en pratique il s’est rencontré une difficulté, qu’on a éloignée d’une façon simple et ingénieuse. On a remarqué que quand on transmettait des signaux aux abonnés qui payaient leur redevance annuelle, beaucoup d’autres, dans tout le réseau, entendaient la transmission de l'heure, sans rien payer, et ils
- FIG. 5 ET 6
- l’entendaient -sans que leur fil fut réuni à l’appa-reil Oram. C’était l’effet bien connu de l’induction.
- Pour empêcher les gens non abonnés de connaître l’heure par le téléphone, on a ajouté encore un marteau R (fig. 2), qui donne des signaux additionnels, produisant une confusion. A cet effet, toutes les lignes s s's" etc. des abonnés qui ne payent pas la distribution de l’heure sont réunies ensemble après leur passage par le tableau annonciateur, et mises en communication à travers une pile P" avec le marteau « confusionniste » R. Le tambour fait marcher ce marteau à tort et à travers, à chaque coup un courant est envoyé sur la ligne, qui produit un bruit que l’on fait aussi semblable que possible au bruit régulier que l’on entend par induction de la vraie distribution.
- N. B. — Parmi les téléphones exposés à Philadelphie nous avons trouvé quelques appareils qni différaient un peu de la formé généralement
- usitée aux Etats-Unis. Entre autres, le téléphone Eaton (fig. 3), dont le champ magnétique est formé par une série des petits aimants, dont les pôles de même nom entrent dans l’intérieur delà bobine, tandis que les autres l’entourent à l’extérieur.
- Le téléphone Graham (fig. 4) ne diffère du précédent qu’en ce que la bobine est montée sur un ressort et par conséquent mobile entre les pôles de l’aimant.
- Dans le récepteur Baxter (fig. 5), l’extrémité F du fer à cheval porte deux bobines concentriques b et B; l’intervalle annulaire est rempli par un tube en fer doux; l’inventeur pense sans doute renforcer par ce moyen les actions magnétiques.
- Le transmetteur est représenté figure 6. Le contact variable est solidaire d’une tige T mobile autour des points O O et tendue à son extrémité inférieure par un électro-aimant B placé dans le circuit de la pile du microphone.
- B. Abdank-Abakanowicz.
- AUTOUR
- P E
- L’EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ
- DE L’OBSERVATOIRE DE PARIS
- Tout Paris électricien est allé le mois dernier dans la direction cfe l’Observatoire dans le but de visiter en détail les nouveautés électriques; l’affluence des visiteurs a été tellement considérable, que les personnes assez heureuses pour franchir la grille ont seulement pu juger l’installation très remarquable des machines dynamos et des lustres de toute espèce où l’arc voltaïque se mariait à l’incandescence pour le plus grand éblouissement du public. Quant à s’arrêter devant les très intéressants appareils de mesure exposés par les maisons Breguet, Carpentier, Ducretet, Gaïffe, etc., il n’y fallait pas songer sous peine d’être bousculés par la foule des gens qui, de parti pris, ne s’intéresse qu’aux lumières grandes ou petites.
- Les joujoux,électriques, quoique n’étant pas très nouveaux, faisaient fureur. C'eût été pourtant bien intéressant d’examiner tranquillement les jolis galvanomètres à mercure, ampèremètres ou wattmè-tres, du professeur Lippmann, la grande nouveauté de l’année. Les appareils de M. Gaston Planté que, pour ma part, j’aurais tant voulu voir fonctionner et auxquels je n’ai pu que donner un coup d’œil en passant, m’ont laissé bien des regreis. La maison Piat exposait pour la première fois les curieux aimants de M. Clemandot, en acier non trempé ; bien peu de visiteurs les ont remarqués. Un peu plus heureuse a été la maison Mouchel
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- l'éclairage électrique de la fontaine de carpeaux
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dont le grand tableau placé en pleine lumière contenait des échantillons de fils de cuivre avec des qualités de haute ou basse conductibilité électrique qui n’avaient encore jamais été obtenues en métallurgie; très ébloui, passablement bousfculé, on finissait par trouver la sortie sur les jardins qu’éclairaient comme de petites lunes les foyers intenses de la maison Sauter-Lemonnier installés soit sur la terrasse, soit dans les coupoles tournantes affectées ordinairement aux grandes lunettes astronomiques.
- L’effet des ombres portées sur le sol ou sur les façades des maisons environnantes n’était pas une des moindres curiosités de cette exposition, la coupole du centre était devenue un véritable phare faisant concurrence à ceux de M. de Meritens. Nous donnons plus loin la vue de la belle fontaine due au ciseau de Carpeaux au moment où le phare improvisé sur le haut de l’observatoire projette un faisceau lumineux sur les milliers de gouteleltes de l’eau jaillissante.
- Il semble que les organisateurs de l’exposition avaient voulu ménager cette consolante apparition fantastique aux invités dont les efforts pour franchir les grilles devaient rester sans succès. J’avoue pour ma part que le soir où il m’a été absolument imposjsible de faire usage de ma carte d’entrée, jeme suis amusé comme un enfant à contempler ce feu d'artifice sans bruit et sans fumée et puis, vous l’avouerai-je, cela m’a reporté délicieusement aux temps de ma prime jeunesse vers i85o. environ, alors que M. Archereau, simple opticien du quai des Orfèvres, lançait de son entresol, au moyen d’une forte lentille, un long pinceau de lumière électrique qui allait se perdre du côté des terrains vagues sur lesquels trente ans plus tard on a construit le palais du Trocadéro.
- On traversait le Pont-Neuf pour voir de plus près cette étonnante lumière, et arrivé près de l’humple magasin d’optique, on apprenait que pour e5 centimes on entendait à l’intérieur l’explication des appareils électriques.
- Comme je les ai peu regrettés les cinq sous que me coûta l’audition de cette conférence, bien que ce fût alors une somme pour ma poche enfantine. J’ai depuis entendu bien des leçons de physique faites par mes vénérés professeurs Quet, Boutan, de Senarmont, Babinet, je les ai certainement moins retenues que cette modeste conférence du doyen de l’éclairage électrique. Je le vois encore derrière son petit comptoir sur lequel étaient posées en travers et dépassant un peu le bord extérieur deux baguettes de laiton : c’étaient les pôles d’une batterie de quarante éléments Bunsen, placés dans l’arrière-magasin.
- Après un court préambule, M. Archereau, en se penchant, appliquait des brins de fil de fer fin sur les extrémités de ces deux baguettes, le fi] rougis-
- sait et fondait en brûlant, puis c’était la série des métaux divers donnant des arcs voltaïques assez variables de couleur et d’aspect.
- M. Archereau nous présentait une pile démontée et essayait de nous faire comprendre comment, pour atteindre des effets lumineux, il ne servait à rien d’augmenter les dimensions d’une pile. Il fallait le nombre des éléments, il fallait la batterie, et pour calmer l’étonnement bien légitime de ce phénomène, il ne parlait ni de tension ni de quantité, il nous disait :
- « Je suppose que vous ayez un litre d’eau chaude à 5o degrés, par exemple, prenez-en deux, prenez en trois, cela ne fournira jamais le verre d’eau bouillante nécessaire à faire cuire un œuf. » Et son public se retirait satisfait de cette explication par comparaison.
- Avant de commencer une nouvelle séance qui devait durer à peu près un quart d’heure, il ne manquait jamais d’inviter les personnes entrées tardivement ou oui croyaient avoir encore besoin d’explications, à assister, gratuitement naturellement, à une nouvelle audition, et je vous assure que c’est avec joie qu’en vrai gamin je profitais de l’invitation; aussi, après trente-cinq ans d’ingratitude apparente, je me sens tout heureux d’avoir l’occasion de payer ce léger tribut de reconnaissance à mon premier et si complaisant professeur, dont la minuscule exposition d’électricité méritait bien, elle aussi, un souvenir.
- J. Bourdin.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales Angleterre
- CHARDONS FLEXIDLES POUR FOYERS A ARC. - Les
- charbons flexibles pour foyers à arc introduits par M. F. H. Yarley sont préparés par un procédé spécial avec de la corde carbonisée de fibres textiles. La structure du charbon est par conséquent poreuse et on prétend qu’il brûle dans l’arc sans la désagrégation qui avec les charbons ordinaires produit tant de poussière. La flexibilité des cordes permet de faire avancer les charbons à l’arc par un rouage à peu près comme la mèche dans une lampe à huile ordinaire.
- La carbonisation se fait en soumettant les cordes ou bandes de chanvre, de coton ou d’autres fibres à l’action d’un alcali caustique, de préférence chauffé, après quoi on les lave pour les traiter de nouveau avec de l’acide sulfurique. Après un dernier nettoyage on les laisse sécher. On les plonge ensuite dans un hydrocarbure liquide comme du
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- goudron ou du pétrole chauffé qu’ils absorbent. Ils sont enfin cuits au four ou dans un creuset jusqu’au moment d’être carbonisés. Pendant la cuisson on peut laisser circuler dans le four un courant de gaz de charbon ou d’un autre gaz hydrocar-buré. On peut aussi se servir d’un courant d’azote qui n’oxyde pas le charbon. On peut répéter ces dernières phases du procédé jusqu’à ce qu’on obtienne un charbon assez compact. D’autre part on peut quelquefois se dispenser du lavage dans de l’alcali et dans l’acide.
- Les lampes à arc destinées à ces charbons se composent de deux bobines, une de chaque côté de la lampe, sur lesquelles les charbons sont enroulés. Les deux électrodes flexibles partent de ces bobines et traversent des tubes courts et horizontaux formant un arc de cercle d’un grand rayon et ayant entre eux l’arc électrique à l’endroit où se rencontrent les extrémités des deux électrodes de charbon. Un petit bloc de kaolin qui aide à réfléchir la lumière en bas, et à la rendre plus intense est suspendu exactement au-dessus de l’arc électrique de manière à être chauffé à blanc. Les tubes qui mènent les charbons jusqu’à l’arc sont attachés à la lampe par deux tiges métalliques construites de manière à ouvrir ou à fermer l’arc par un joint en forme d’anneau de chaîne agissant à peu près comme les doigts qui ouvrent ou ferment les lames d’un canif ou de ciseaux. Cette action régulatrice se fait au moyen d’une bobine en dérivation sur le circuit de l’arc faisant monter ou descendre une tige verticale qui à son tour actionne l’anneau. Le rouage qui fait avancer les charbons est également actionné parla bobine dérivée et cette tige. Si cependant les charbons s’approchent trop et si par conséquent l’arc devient trop court le courant dans le circuit de l’arc passe dans une autre bobine qui s’oppose à un rapprochement trop grand et sépare les charbons jusqu’au moment où la balance se trouve rétablie. La meilleure longueur de l’arc dans les lampes a été fixée à 3/8 pouce par des expériences faites à d’usine de Mildenay Park, Balls Pond à Londres appartenant à la Varley Electric Patents Proprietary, Limited. Un courant alternatif d’une intensité de 2,27 ampères avec 87 à 40 volts a produit une lumière dépassant 100 bougies.
- Il paraît qu’on peut faire marcher de 5 à 7 foyers donnant de 80 à près de 200 bougies chaque par cheval-vapeur. La résistance du charbon à froid est d’environ 10 ohms par pied; il devient donc nécessaire d’y faire entrer le courant près de l’arc, qui, en lui-même, a une résistance de 15 à 20 ohms Au fur et à mesure que l’arc s’élargit, le kaolin descend et aide à la fixité de la lumière.
- M. Varley a également proposé d’appliquer des charbons de ce genre autrement qu’à des foyers à arc comme, par exemple, aux plaques de
- pile et aux microphones. Il est d’avis qu’un charbon en forme de tube fait d’une matière creuse et tressée pourrait servir comme plaque de pile et éviter l’emploi d’un vase poreux.
- Nous pouvons ajouter que M. Varley a breveté un procédé pour la fabrication de filaments pour lampes à incandescence avec des fibres tressés de soie ou de coton. Ce procédé ressemble à celui employé pour la fabrication des charbons flexibles pour les foyers à arc. Après avoir été plongées dans une solution chaude d’alcali et bien lavées dans de l’eau distillée, les fibres sont séchées et ensuite plongées dans une solution chaude saturée de borax pendant une heure à peu près, jusqu’à ce que les pores soient remplis de la solution. On les trempe alors dans un acide acétique fort ou dans de l’acide sulfurique étendu (1 partie d’acide et 2 parties d’eau) jusqu’à ce que l’acide borique soit déposé dans les pores des fibres. Celles-ci sont alors lavées, séchées et plongées dans de la cire de paraffine fondue ou dans de l’huile de pétrole. Elles sont ensuite moulées et cuites au four, après quoi on les monte comme les filaments ordinaires.
- Le procédé est complété par le passage d’un courant puissant à travers le filament, ce qui réduit J’acide borique en bore conducteur. Si le filament a également été plonge dans de la paraffine fondue, réchauffement produit par ce courant dépose aussi du charbon.
- HORLOGES ET LAMPES A INCANDESCENCE.—L’idée
- de marquer les heures sur des horloges au moyen de petites lampes à incandescence va être réalisée sur la grande horloge de la tour du bureau central des Postes à Melbourne, en Australie. On y installera quatre nouvelles horloges d’un diamètre de i3 1/2 pieds et à une hauteur de i32 pieds au-dessus du sol, les cadres seront en fer forgé avec des niches hémisphériques où seront placées les lampes qui indiqueront les heures la nuit au lieu des chiffres ordinaires. Les niches seront nickelées pour réfléchir la lumière solaire le jour et celle des lampes la nuit. Les aiguilles seront également munies de lampes plus petites, afin de les rendre visibles la nuit.
- L’agence maritime bien connue du Lloyd va prochainement être éclairée à l’électricité.
- les cAiiLiîs sous-marins. — Les fréquentes interruptions du câble de la côte Est de l’Afrique ont dernièrement donné lieu à un meeting, à Londres, dans le but d’attirer l’attention du gouvernement sur la nécessité de la pose d’un nouveau câble entre l’Angleterre et l’Afrique du Sud, en passant par la côte ouest de ce continent.
- Le nouveau câble partirait probablement de l’île Saint-Vincent, où touche le câble de la Brazilian
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- Submarine C° et passerait ensuite par les principales colonies de la côte d’Ouest, y compris Câpre Coast Castle et Sierra Leone. Le fond de la mer près de la côte de l’Est n’est évidemment pas, favorable à la durée d’un câble, peut-être à cause des nombreux rochers de corail. On a fait des sondages qui semblent recommander la route à l’Ouest, et il est probable que le nouveau câble prendra ce chemin.
- M. Pender a également insisté sur la nécessité de protéger les câbles en cas de guerre et une députation a été envoyée auprès des ministres à ce sujet. Les sociétés télégraphiques doivent avoir leurs navires à un endroit d’où il sera facile de réparer tout défaut dans un câble, mais sans protection il serait très facile à un vaisseau de guerre ennemi d’empêcher le travail. Selon M. Pender, les câbles sous-marins ont autant de droits à être protégés contre une attaque de l’ennemi que les navires de commerce.
- Le nouveau steamer télégraphique le Magneta, appartenant à l’Eastern Telegraph C°, qui a quitté la Tamise le 8 mars pour Singapore, a coulé bas dans la baie de Biscaye. Une seule de ses chaloupes a été vue par un autre navire. En dehors de l’équipage, il y avait plusieurs électriciens à bord. On ignore la 'cause de ce sinistre, mais on suppose que la chaudière a fait explosion.
- }. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch et M. Krouchkoll
- Sur (,1a régulation de la vitesse des moteurs électriques, par M. M.Deprez(').
- « J’ai démontré, il y a plus de quatre ans (2), que les machines dynamo-électriques peuvent satisfaire soit à la condition d’entretenir une différence de potentiel constante entre deux conducteurs sur lesquels sont branchées des dérivations en nombre variable, soit à celle de produire un courant constant dans un circuit dont la résistance varie également d’un instant à l’autre, et qu’il suffit pour cela de munir leurs inducteurs de deux enroulements distincts parcourus dans le même sens, l’un par un courant constant, l’autre par un courant qui varie autqmatiquement sans l’intermédiaire d’aucun mécanisme, avec le nombre d’appareils desservis. Dans le cas où ces appareils sont placés en déri-
- f1) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 27 avril i885.
- (2) Cotnples rendus, t. XCIII, p. 892 et 952.
- vation, le courant variable n’est autre que le courant total égal à la somme des courants partiels qui traversent chacun d’eux, et le courant constant qui passe dans le second enroulement peut être emprunté soit à une source extérieure, soit aux bornes de la machine même, puisque la différence de potentiel y est constante.
- « Parmi les conséquences oe la méthode qui m’a permis de découvrir ce procédé de régulation au moyen d’un double enroulement, procédé qui est appliqué aujourd’hui par un grand nombre de constructeurs sous le nom de machine compound, il en est une que j’ai signalée tout particulièrement : c’est que ce procédé de régulation ne peut fonctionner qu’à la condition que la vitesse de la machine ait une valeur déterminée en deçà et au delà de laquelle la différence de potentiel aux bornes devient variable avec le nombre de dérivations. L’expérience a pleinement confirmé ces déductions théoriques.
- Il est intéressant d’étudier ce qui se passe dans une machine de ce genre lorsqu’on renverse ses fonctions, c’est-à-dire lorsqu’on lance un courant dans l’anneau en maintenant constante la différence de potentiel aux bornes de la machine,q ui devient alors réceptrice au lieu d’être génératrice.
- Il est facile de s’assurer que, dans ce cas, les courants qui parcourent chacun des enroulements sont de sens contraire, tandis qu’ils sont de même sens lorsque la machine sert de génératrice. L’aimantation des inducteurs est donc due à la différence 'es actions de ces courants au lieu d’être due à leur somme.
- Si l’on met les deux bornes de la machine en communication avec une source d’électricité capable de maintenir constante leur différence de potentiel, la machine sera parcourue par deux courants, l’un traversant l’anneau ainsi que l’enroulement qui lui est relié, enroulement que je désignerai par A, l’autre courant traversant l’enroulement B: ce dernier courant sera constant; le premier, au contraire, aura sa valeur maxima lorsque l’anneau est immobile et ne développe par suite aucune force électromotrice, et il prendra une valeur de plus en plus petite lorsque la vitesse de l’anneau ira ;n augmentant. •
- « Il y a même une vitesse de l’anneau pour laquelle la force électromotrice qu’il développe fait exactement équilibre à la différence de potentiel des bornes; dans ce cas, il n’est plus parcouru par aucun courant, l’enroulement A devient ina'ctif et le champ magnétique est uniquement dû à l’action du courant qui traverse l’enroulement B.
- L’effort moteur exercé sur l’anneau est proportionnel au produit de l’intensité du courant qui le traverse par celle du champ magnétique dans lequel il tourne; il est donc nul dans le cas que nous venons de considérer ; mais si nous appliquons à
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- l’anneau un effort dirigé en sens contraire de son mouvement, sa vitesse va diminuer, la force électromotrice qu’il développe diminue aussi et devient inférieure à la différence de potentiel des bornes: il en résulte que l’anneau, ainsi que l’enroulement A, est alors traversé par un courant. Quant à l’intensité du champ magnétique, il est facile de voir qu’elle diminue, puisque l’enroulement A agit en sens contraire de l’enroulement B.
- Le produit de l’intensité du champ par celle du courant qui traverse l’anneau ne sera donc plus égal à zéro, comme précédemment. En résumé, tout abaissement de la vitesse de l’anneau au-dessous de celle pour laquelle il développe une force électromotrice égale et contraire à la différence de potentiel aux bornes aura pour résultat le dévelop' pement d’un effort mécanique.
- Il peut paraître singulier, au premier abord, que l’on augmente l’effort moteur, en diminuant l’intensité du champ magnétique; les considérations suivantes, qui s’appliquent à une machine magnéto-électrique quelconque, vont nettement montrer la raison de cette anomalie apparente.
- Désignons par
- e les différences de potentiel aux balais de l'anneau d’une machine quelconque tournant dans un champ magnétique indépendant ;
- Ela force électromotrice;
- R la résistance totale comprise entre les bornes; I l’intensité du courant total.
- La machine étant réceptrice, on a
- Le travail moteur, développé dans’ l’unité de temps, a pour expression El ou
- Si l’on suppose la vitesse constante, la force électromotrice inverse E est proportionnelle à l’intensité du champ magnétique, et l’effort mécanique développé est lui-même proportionnel au produit E (e — E). Or ce produit est nul pour E~ e et pour E — o. Il va en croissant depuis zéro iusqu’à son maximum L, lorsque E décroît
- de sa-.
- 2
- Les forces électro-motrices étant proportionnelles aux intensités du champ magnétique, on voit qu’il suffit de faire varier ce dernier, depuis sa valeur maxima (qui correspond au cas où l’anneau développe une force électromotrice égale à e), jusqu’à la moitié de cette valeur pour que le moteur électrique développe un effort croissant de zéro jusqu’à l’effort maximum qu’il puisse développer.
- Je ferai connaître, dans une prochaine commu-
- nication, la solution rigoureuse des questions qui se rattachent à l’emploi de la machine à double enroulement (machine compound), comme réceptrice et je donnerai une construction géométrique permettant de déterminer les conditions qu’elle doit remplir, pour que sa vitesse soit sensiblement indépendante des variations du travail mécanique qu’on lui impose.
- Recherches électriques, par G. Quincke.
- Dans nos dernières revues (‘) nous avons exposé une partie du travail de M. Quicke, celle qui est relative aux pressions dans les liquides magnétiques. Nous exposerons ici la seconde partie du travail. Cette parue commence par l’étude des pressions magnétiques dans les corps solides. Ceux-ci se comportent dans un champ magnétique autrement que des liquides. On sait que les corps magnétiques prennent une position axiale en dirigeant leur longueur suivant les lignes de forces, ils possèdent une force coercitive et tendent à se mettre en contact avec les pôles.
- Des sphères de spath calcaire et de quartz, suspendues dans un champ de 5 ooo C. G. S. à des fils de cocon (normaux à leurs axes optiques) et placées dans un champ magnétique uniforme, se placent avec leur axe optique perpendiculairement aux lignes magnétiques ou équatorialement. De même une sphère d’arragonite se place équatorialement avec la bissectrice de l’angle des axes optiques.
- Même position quand on plonge le corps suspendu dans un liquide magnétique ou diamagné-tique.
- Dans un champ non uniforme les corps solides plongés dans des liquides se placent axialement ou prennent une position équatoriale suivant que la constante diamagnétique du liquide ambiant est plus petite ou plus grande que celle du corps solide.
- L’auteur a essayé de suspendre dans un champ magnétique uniforme des petits tubes fermés de flint, qui est diamagnétique, rempli de differentes substances réduites en poudre. Des poudres de cristaux de sulfate de protoxyde de fer, de sulfate de manganèse et de permanganate de potasse manifestaient une faible tendance à s’orienter axialement ; avec du perchlorure de. fer, du chlorure de cobalt ou de nickel, ce phénomène était à peine visible ou pas visible du tout.
- Sur le bord du champ toutes ces substances étaient attirées à l’intérieur du champ. Dans un champ non uniforme ces substances prenaient une position axiale très énergiquement.
- (!) Voir La Lumière Electrique du 25 avril et du 2 ma 18135.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les sels solides réduits en poudre se comportent donc comme leurs dissolutions aqueuses.
- Ces résultats concordent avec ceux de M. Wie-demann('). ^
- Deux morceaux de place de Faraday, dontTun se plaçait axialement et l’autre équatorialement dans un champ non uniforme, ne manifestaient aucune orientation dans un champ uniforme de 13oo C. G. S.
- L’auteur a observé quelques phénomènes anormaux avec l'antimoine et le bismuth. Ainsi certains barreaux de bismuth et d’antimoine s’orientaient dans un champ uniforme perpendiculairement aux lignes de force (-’).
- Sur le bord d’un champ uniforme de 7400 C.G.S. entre des surfaces polaires de 24mm de largeur le bismuth était poussé hors du champ tandis que l’antimoine était attiré dans le champ.
- Un petit barreau de bismuth, donné comme pur, de i8mm de longueur et 5",m 3 de diamètre, se plaçait équatorialement entre des surfaces polaires de i40,,im de largeur, l’intensité du champ étant de 1000 C. G. S. et la distance interpolaire de 22mm, le même bareau s’orientait axialement dans un champ de 15oo C. G. S. avec une distance interpolaire de 8mm.
- Constante dimagnétique'de différents liquides.
- TA11LEAÜ xi
- Pressions magnétiques dans un champ magnétique constant
- 1 01 OS 1 2 5 10 H,) G. G. i 10700 5. (o8a /.-. 10'" !.. io‘«
- 1.1 <> l l 1) K S spécifique -— h 1 3 inovennc
- Amalgames de fer 13,5,(6 • mm. 0,796 mm. 0,690 mm. 0,482 68.82 8:,53 l60,3
- Sulfate de manganèse 1.4165 32.464 22,334 8,309 293,4 276,0 288,9 286.1
- Chlorure de manganèse .... 1.3695 -31,914 33,6/9 24,559 9,156 279,2 324,1 293,4 317,7 293,4
- Perchlorure de fer (dans l’eau 1,5o83 25,055 9,156 329,5 .338,9 330.8
- Sulfate de fer (dans l’eau). . . 1,2217 12,662 9, 132 3,35o 98.74 97,34 ioo,5 99,89
- Chlorure de cobalt I,1290 8,723 6,352 2,368 b2,85 62,56 65,61 ' 63,67
- Chlorure de nickel 1,1.385 3,444 2,474 0,888 25,02 24.57 24 81 24,80
- Sulfate de cobalt 1,2584 11,827 8,55o 3,og6 94,67 93,85 95,63 94,82
- Sulfate de nickel 1,252 ! 5,5i7 3,925 i,386 45.50 44,24 43,96 44,57
- Phosphore 1,764 — 0,639 — 0,55l — 0 217 — 7.W4 — 8,480 — 9,397 — 8,357
- Mercure (du commerce).... 13.546 — O,lq2 — 0,09b — o.o3o “ 12,27 — 11,34 — 9,977 — 11,20
- Mercure pur i3,5 (6 — 0,1.38 — 0,116 — 0,044 — 11.93 -- 1.3,71 -- 14,63 — 13,42
- — A l’aide d’un tube en U (voir La Lumière Elec-triquedu 2 mai i885) l’auteur mesure l’ascension d’un liquide amagnétique ou la dépression s’il s’agit d’un liquide diamagnétique, on a alors
- 11, étant l’intensité du champ quand le circuit est fermé et H01, celle qui est due au magnétisme rémanant, S désigne le pdids spécifique du liquide, et A l’asèension ou la dépression observée. Si l’on vou-
- P) G. Wiedemaun, Eleclricilxlsle/ne, 3, p. 853.
- (2) D’après Faraday, exper. res. S 2,1(54. Le bismuth amorphe ne s’oriente pas dans un champ uniforme, le bismuth cristallisé s’oriente.
- lait évaluer la pression en unités C. G. S., il faudrait multiplier AS ou k par la force de la pesanteur g ou g8i.
- L’ascension magnétique h a atteint la valeur de 40““ et même plus pour les liquides magnétiques et celle de — 0,7““ pour les liquides diamagnéti-ques. Les valeurs de h pouvaient être évaluées au moyen d’un microscope à om“ooi près.
- C’est la quantité k que l’auteur appelle constante dimagnétique.
- L’auteur donne un tableau très détaillé des valeurs de k et des autres éléments des mesures relatives à un très grand nombre de liquides. Nous détachons du tableau de l’auteur quelques-unes des données numériques (tableau XI).
- Les nombres 3, 2, 1 au-dessus des colonnes in-
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- cliquent le nombre des éléments Bunsen qui ont fourni le courant d’aimantation.
- Les colonnes surmontées du symbole k io'“ donnentles augmentations de pression en grammes par centimètre carré de surface libre à l’intérieur du liquide, quand la surface libre du liquide de la branche étroite du tube se trouve dans un champ de 100000 C. G. S.
- La dernière colonne contient la moyenne arithmétique des valeurs de k pour les différentes forces magnétiques. En général ces valeurs augmentent avec la concentration et varient avec la nature de la substance dissoute.
- Avec l’amalgame de fer, k diminue quand l’intensité du champ croît d’une manière considérable, l’amalgame s’approche ainsi de l’état de saturation.
- Le mercure du commerce paraît contenir des traces d’un métal magnétique qui diminuait la dépression dans le cas des forces magnétiques faibles plus qu’avec des forces plus grandes.
- L’appareil qui contenait le phosphore était plongé dans de l’eau chaude afin que le phosphore fût liquide, sa surface libre était couverte d’une faible couche d’eau de imm d’épaisseur.
- Pour des forces magnétiques plus faibles, k est plus grand que pour des forces plus grandes. Cette différence s’observe avec des dissolutions concentrées de Fe Cl3, FeSO,(, Mn Cl8, quoiqu’elle soit, dans le cas de ces derniers liquides, moins frappante qu’avec l’amalgame de fer. La même différence s’observe avec les liquides diamagnétiques tels que le brome, le phosphore et le mercure.
- Magnétisme atomique. —• L’auteur fait voir qu’à l’aide des pressions magnétiques on peut mesurer une quantité, que M. G. Wiedemann a appelé magnétisme atomique des métaux et dont il a mesuré les valeurs relatives avec des sels ayant une composition chimique analogue.
- L’accroissement de pression A p produit par les forces magnétiques dans les dissolutions salines est composé de deux termes A/>, et Ap%. Le premier terme provient de l’eau ou du dissolvant contenu dans l’unité de volume du liquide. Le second terme A pz provient de la quantité de sel anhydre contenu dans la même unité de volume.
- Appelons G la quantité de sel anhydre dans 100 parties de dissolution :
- A le poids équivalent de sel,
- H, l’intensité du champ magnétique,
- o le poids spécifique et
- h l’ascension magnétique du liquide,
- 8.- le poids spécifique et
- he l’ascension magnétique de l’eau pour la même intensité H, du champ.
- On aura :
- A p — h K — A /> 1 + A £0 (8)
- 100 — G (9)
- A/h-^8.—-
- A/,2 = 3t.^.n’ (10)
- d’où
- <ie 100—G \ I 1
- ‘C U ' IOO Jg-h:
- La quantité 31 serait l’excès de pression en grammes, exercée par le sel anhydre, sur celle de l’air atmosphérique par centimètre carré dans un champ d’intensité égaleà i si l’unité devolumeconte-nait A grammes de sel anhydre, ou bien autant de grammes qu’il y a d’unités dans l’équivalente.
- L’auteur donne un tableau des valeurs de 31 ios pour les différentes substances qu’il a examinées. Ces valeurs de 31 sont, comme les valeurs de k un peu plus grandes pour un champ faible que pour un champ fort.
- Pour les différents sels du même métal la valeur du magnétisme atomique est à peu près la même.
- L’auteur compare ensuite ses valeurs de 31 avec les valeurs du magnétisme atomique a données par M. G. Wiedemann (') et il trouve qu’en multipliant la constante a de M. Wiedemann par le facteur 0,08 on trouve la quantité 31 io8. Voici ce tableau comparatif.
- TABLEAU XII
- KQriYAL. 3t. oc 3t. ,0’
- a
- Mn Cl». . . 8,32g 100,4 o,o85o
- Fc Cl, . . . 8,018 100,0 o.o8o5
- Fe Cl» . . . 6‘3g2 83,i 0.076g
- Co Cl, . . . 5.756 - 67,2 o,o'356
- CrC':, . . . 3,3io 4G9 0,0790
- L’auteur compare le magnétisme atomique des différents composés chlorés du même métal. Il mesure la hauteur magnétique h' d’un liquide contenant un chlorure, il transforme ce chlorure en perchlorure et mesure de nouveau la hauteur h" de l’ascension du liquide dans le même champ ; soit h° l’ascension magnétique due au dissolvant, on aura :
- — /;„ _ 31" h' — ha ~ '
- De la même manière on a déterminé les rapports
- (i) G. Wiedemann. Annales de Pogg, 126, p. 23, 1865. G. WiedemaDn, Electricitaelslehre, 3° édit. 3 p. 852, 1883,
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- des magnétismes atomiques entre les oxydes et les peroxydes.
- L’auteur a ainsi déterminé les rapports des magnétismes atomiques du chlorure et du perchlo-rure de fer, du chlorure et du perchlorufe de chrome dans différents champs magnétiques. Il trouve pour le fer un rapport moyen de 1,259. Pour le fer, son perchlorure a un magnétisme atomique plus grand que le chlorure, pour le chrome c’est le contraire qui a lieu.
- Variation de Vascension magnétique avec la température. — Pour observer l’ascension magnétique à différentes températures l’auteur faisait plonger les pôles cylindriques de l’électro-aimant RuhmkorfF dans un bain d’eau K (fig. 12), chauffé à l’aide d’une lampe. Le bain était assez grand pour contenir toute la branche horizontale du tube en U, comme le fait voir la fig. 12.
- L’auteur donne la relation suivante liant les ascensions magnétiques correspondant à deux températures t0 et t
- h—ha( 1 —x[t — ln)
- h et ho ‘étant les ascensions équatives correspondant aux deux températures t et t0 et x un coefficient de température. Cette quantité est loin d’être constante, comme l’auteur paraît l’admettre. Le tableau suivant donne pour le chlorure de fer les valeurs de l’ascension magnétique pour les différentes températures.
- TABLEAU XIII
- Variation de l’ascension magnétique avec la température. Pe Cl2 (<r = 1,2900)
- INTENSITÉ du champ TRM l'KRATUKE A S CEN SI O N ' magnétique X
- x 5430 16,70 mm. 3,099
- —• 38,t>5 2,789 0,001,562
- — 55,8o 2,646 3,734
- — 64,10 2,575 3,567
- — 84-85 2,485 2,912
- 0,003,694
- Les expériences montrent que l’ascension magnétique diminue avec la température.
- L’auteur donne une relation analogue à la précédente pour les valeurs de la constante k aux différentes températures.
- (1 A* (t to))
- si l’on néglige la variation subie par le poids spécifique à cause de la variation de température.
- Une relation analogue donne la variation du magnétisme atomique avec la température.
- 31 = 3t0 ( 1 a (t — /n)
- a étant une constante, la valeur de a donnée par l’auteur est plus faible que la valeur de cette constante donnée par M. G. Wiedemann pour tous les sels. L’auteur reconnaît, du reste, que ses mesures ne sont pas d’une très grande précision.
- Détermination de t'intensité d'un champ magnétique à l'aide de V.ascension magnétique. — On peut introduire dans le champ un manomètre magnétique, mesurer l’ascension h du liquide et à l’aide de la valeur de k calculer avec la formule (7) la valeur H de l’intensité du champ magnétique.
- TABLEAU XIV
- Pressions magnétiques. —- Electro-aimant de l’Académie de Berlin.
- Surfaces polaires de 24 mm. de diamètre. Distance intérpolaire 3m,5.
- Sulfate de nickel (5 = 1,2921) k io'° = 41,57
- DISTAN CL du milieu E I N T lî mesurée à Y 3 N S I T K M A G N LT du champ aide de Tascensio 2 I Q 1; E 1 du liquide I
- (1. G. S.
- O 12980 IIOOO 66i3
- 5 17760 11080 6659
- 11,5 12470 10230 6251
- Intensité mesurée par les courants induits
- 0 I25io 10700 6383
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- L’auteur a mesuré la valeur du champ d’un électro-aimant, excité par une machine dynamoélectrique, à l’aide d’un manomètre à sulfate de manganèse. L’ascension était de 95™“, ce qui donnait pour l’intensité du champ 20 000 C. G. S.
- Les oscillations du champ magnétique se traduisent par des oscillations du sommet de la colonne liquide. L’auteur recommande cette méthode pour les mesures en usage dans les applications techniques.
- L’auteur a appliqué cette méthode à une série de mesures d’intensité d’un champ magnétique.
- L’auteur a comparé les valeurs du champ de
- FIG. l3 bis
- l’électro-aimant de Berlin trouvées par la méthode des ascensions magnétiques des liquides et par celle des courants induits. Le tableau précédent donne quelques nombres trouvés par ces deux méthodes (Tableau XIV).
- L’auteur a encore mesuré par la même méthode l’intensité du champ de l’électro-aimant Ruhm-korff, en faisant varier la forme des pôles, tout en laissant la même distance interpolaire.
- Pour des mesures qui n’exigent pas une précision extrême, on peut se contenter de la disposition suivante: on construit une auge longue et étroite, en perçant dans une plaque déglacé quatre trous et en découpant suivant la ligne ponctuée,
- indiquée sur la fig. *i3, les bords de la plaque, qu’on transforme ensuite en auge en collant sur chaque côté de la lame découpée deux lames plus minces, comme on le voit sur les fig. i3, i3bis et 14.
- Dans cette auge remplie d’un liquide magnétique on plonge une bande de papier. Sur ce papier, le
- FIG. l5
- liquide, en le mouillant en partie, forme une trace courbe, d’après laquelle on peut juger de la distribution de l’intensité dans le champ magnétique, en tenant compte de la pression capillaire.
- Les fig. i5 et 16 représentent des courbes, ainsi obtenues, en grandeur naturelle.
- fig. ia
- Si l’on appelle a la tension superficielle, a2 la cohésion spécifique du liquide employé, et R le rayon de courbure au point P (fig. i5) à la hauteur/ au-dessus de la surface horizontale du liquide en dehors du champ magnétique, on aura d’après l’équation (4).
- k H; =// rj=r g T
- R' étant positif pour une partie de la courbe tournant sa convexité vers le haut et négatif quand sa convexité est tournée vers le bas. Comme 2 « = a2 <7, il résulte de l’équation précédente,
- L’auteur a vérifié l’exactitude de cette formule
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- en mesurant directement y et R sur une courbe obtenue dans une dissolution de perchlorure de fer dans l’alcool méthylique; il a déterminé a et a-èt calculé ensuite h. De cette valeur de h ij a déduit l’intensité du champ magnétique et il a^trouvé pour deux points de la courbe (le point culminant et le point P) les nombres 8 385 et 8919. D’autre part, une mesure directe, par la méthode des courants induits adonné ie nombre 8 Sj5. La différence s’explique facilement par une faible différence d’intensité du courant.
- K
- Recherches sur la neutralité magnétique (d’après un mémoire de M. Hughes). (')
- Toutes les variétés de fer et d'acier présentent une capacité magnétique (2) considérable aussi longtemps que le métal est soumis à une influence inductrice : celle-ci vient-elle à disparaître, on constate une diminution notable de la capacité, diminution variable avec les échantillons; le magnétisme rémanent est le résultat d’une neutralité partielle, et les aimants soi-disant permanents sont, pour la plupart, à moitié revenus à l’état neutre. L’étude de la neutralité peut donc jeter quelque lumière sbr la question de la polarité.
- Lions ensemble, avec un fît de cuivre, vingt lames feuillards (3) empilées l’une sur l’autre de manière a former une seule et même barre: portons-la sur les pôles d’un fort aimant, une des lames extrêmes étant en contact par son plat; enlevons enfin la barre après aimantation. On peut en évaluer e magnétisme rémanent avec la balance, soit 18 le nombre qui le représente. En séparant alors les lames, nous les trouverons aux extrémités correspondantes, douées les unes de polarité nord, les autres de polarité sud, et les nombres lus à la balance magnétique pour l’une et pour l’autre polarité donneront, en s’ajoutant, deux sommes égales, à une différence de 18 près. Ainsi, supposons qu’on ait pour tout le barreau 18 de magnétisme nord rémanent; la première et la seconde lame donnant à elles deux i5o de magnétisme nord, le total des déviations obtenues avec chacune des autres lames sera i32 ou i5o — 18.
- (>) Annales télégraphiques, 1884, p. ,-|33.
- (2; M. Hughes entend ici par capacité magnétique la force avec laquelle agit le corps sur un aimant déterminé; il en apprécie la grandeur à l’aide de la balance magnétique. — Pour celle-ci, voir Annales télégraphiques 1884, p. 56, et Bulletin de la Société internationale des électriciens, juin 1884, p. 238;
- (3) Les lames employées dans cette expérience par M. Hughes étaient épaisses de 1/2 millimètre, lr.ngues de 20 centimètres et larges de 3.
- Les lames avaient toutes même capacité magnétique en présence d’une force inductrice identique et même magnétisme rémanent après disparition, de celle-ci.
- Examinons de plus près le phénomène. Et d’abord que se passe-t-il pendant que le barreau est soumis à l’action de l’aimant ?
- Si nous enlevons successivement les lames pour les porter dans la balance magnétique, nous trouverons certains nombres : nous en déduirons ceux qui correspondraient aux mesures prises lorsque les lames font partie du barreau, puisqu’on a eu soin de déterminer leur coefficient commun de rémanent et le magnétisme primitif; dans une des séries d’expériences de M. Hughes, ce coefficient était égal à un quart environ.
- On peut, en prenant pour abscisses les distances à l’aimant et pour ordonnées les nombres indiqués à la balance magnétique, représenter graphiquement la loi de pénétration; les nombres correspondant à la polarité nord seront portés au-dessus et ceux correspondant à la polarité sud au-dessous de l’axe des abscisses ou ligne O. La courbe (fig. 1) n’indique jamais de renversement de polarité : celle-ci diminue régulièrement, et, pour de
- faibles forces magnétisantes, M. Hughes énonce la loi suivante : La pénétration est en raison inverse du carré de la distance à la source inductrice.
- L’emploi des lames superposées permet à M. Hughes d'opérer pendant que le barreau est soumis à l’action magnétique, ce qui est impossible avec le procédé chimique de M. Jamin, et le met, d’autre part, à l’abri des erreurs expérimentales que peut entraîner le moindre frottement lorsqu’on fait usage de tubes concentriques. Néanmoins, quand les tubes sont formés de deux demi-cylindres, il est plus facile de les séparer les uns des autres sans frottement, et l’on peut à la ligueur s’en servir pour contrôler les expériences précédentes.
- Reconstituons maintenant le barreau etplaçons-le de nouveau sur l’aimant, puis faisons disparaître la source magnétique. Le barreau, examiné en bloc, ne présente plus qu’un magnétisme apparent très faible : on peut même l’amener à peu près à l’état neutre, en frappant de quelques coups d’un maillet de bois ou lui faisant subir quelques vibrations. Mais si l’on vient à séparer les lames, on trouve,
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- en partant de la face aimantée directement, la distribution suivante (fig. 2) : une couche mince, dont la polarité a été renversée, est devenue sud, par exemple, puis une couche peu épaisse, douée d’une polarité nord intense; et enfin des couches de polarité sud croissante, puis décroissant graduellement presque jusqu’à zéro.
- Quand les deux côtés d’un barreau suffisamment épais (') sont polarisés simultanément, on obtient une courbe (fig. 3) qu’on peut considérer comme formée de deux courbes analogues à la précédente, mais symétriques par rapport au centre du barreau où elles se rejoignent. Si l’épaisseur diminue (5 millimètres), la partie médiane de la courbe ci-dessus disparait et l’aspect général est celui d’un M (fig- 4)-
- Enfin, une épaisseur de 3 millimètres donne une sorte de V renversé (fig. 5).
- Les faits précédents s’expliquent mal dans l'hypothèse de Coulomb ; ils montrent la neutralité non pas existant dans la molécule, mais résultant d'un certain agencement d’une série de molécules.
- Celte dernière manière de voir, outre qu’elle paraît s’accorder avec les expériences que nous venons d’indiquer et des expériences antérieures dues, soit à M. Hughes, soit à d’autres physiciens (2), permet en particulier d’expliquer la disparition des propriétés magnétiques du fer porté au rouge jaune (1 o5o° C.) et leur réapparition graduelle à mesure qu’il revient au rouge (700° C.). Si, en effet, la chaleur accroît les vibrations moléculaires, si elle rend les molécules assez libres pour que toute structure antérieure soit éh aillée et finisse par disparaître, la polarité apparente supposée, due à un arrangement moléculaire spécial, disparaîtra du même coup. Pendant le refroidissement, les molécules obéissent à leurs attractions mutuelles et se groupent, par exemple, deux à deux, formant pour ainsi dire une molécule double et un circuit magnétique fermé.
- Si une influence directrice, telle qu’un courant électrique, survient, les molécules lui obéissent.
- Les vibrations mécaniques ont même effet que les vibrations calorifiques; de légers coups de maillet donnent, on l’a vu, une certaine liberté aux molécules ; c’est le cas correspondant à celui de la chaleur rouge : des coups violents appliqués à l’extrémité du barreau impriment aux molécules de fortes oscillations, et la neutralité obtenue ressemble à celle que produit la chaleur rouge jaune.
- A l’appui de l’opinion que chaque molécule forme un aimant permanent, M. Hughes fait encore remarquer l’influence considérable qu’a l’épaisseur
- (’’> io millimètres environ, dans le cas cité par M. Hughes. (-) Voir Daguin, Traité élémentaire de physique, u° 2i36.
- d’un barreau sur son magnétisme rémanent. Si la neutralité se produisait dans la molécule même, cette influence s’expliquerait difficilement, tandis que, dans l’hypothèse des molécules-aimants, il est vraisemblable que la neutralité proviendra, la plupart du temps, d’un arrangement spécial des molécules, et sera imparfaite si le nombre en est trop faible.
- M. Hughes a placé dans la bobine de la balance magnétique des barres de fer, ayant même longueur et même largeur, mais d’épaisseurs différentes; pour chaque accroissement de l’épaisseur, il a constaté une augmentation marquée dans la capacité magnétique du barreau pendant que le courant passait dans la bobine, puis, quand il cessait, un retour plus complet à l’état neutre.
- Le tableau suivant renferme les résultats de quelques expériences :
- TABLEAU
- CAPACITÉ magnétique sous l’influence de la bobine 1 Elément Daniell MAGNÉTISME rémanent après cessation du courant éleetrique
- 218° O O' 0
- 960 29
- 458 m
- 1,268 142
- 160 15
- 455 10 5
- 49 16
- ( 0,95 0,94
- 23 l 109
- 401 72
- 1,075 35
- 1. Tube de fer doux mince,
- 2 centimètres de diamètre, 20 cent, de long, 1/10 de millimètre d’épaisseur . . .
- 2. Tige pleine de fer doux,
- mômes dimensions..........
- 3. Acier fondu trempé, mêmes
- dimensions................
- 4. Faisceau de fil de fer doux
- de 1 millimètre de diamètre, mêmes dimensions.
- 5. Tube de verre rempli de li-
- maille de fer, mêmes dimensions .................
- 6. Fil de imm de diamètre en
- fer doux de Suède.........
- 7. Fil de 1®“ de diamètre e'n
- acier fondu trempé sec . .
- 8. Tube de laiton re-U „pntim
- couvert, par laf Z galvanoplastie diamètrei d’une couche de( t
- fer extrêmement) , i:
- mince...........j b
- 9. Id. couche de fer de i/iolnm.
- 10. Id. Id. de imln . .
- 11. Id. Id. de 1 cent.,
- 4 cent, de di’am.
- Le tableau ci-dessus est relatif à des noyaux ronds; mais les expériences faites sur des barreaux plats ont donné des résultats analogues.
- Le magnétisme rémanent du tube même (n° 1) représente 5o p. 100 de la force polaire antérieure, et la tige massive (n° 2), de mêmes dimensions, n’en a conservé que 3 p. 100. De plus, sous l’influence du courant, elle acquiert une force
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- polaire supérieure au quadruple de celle du tube mince.
- La force coercitive de l’acier peut, grâce à l’épaisseur, tomber notablement au-dessous de celle du fer doux mince. Une tige d’acier trempé (n° 3) a, soumise à l'influence polarisante, une capacité magnétique double de celle du fer doux mince, et son magnétisme rémanent représente seulement 4 p. 100 du magnétisme antérieur. Il y a donc intérêt à former ses aimants permanents avec des lames, comme le fait M. Jamin. Pour donner au barreau d’acier un magnétisme permanent énergique, il aurait fallu employer une force inductrice cinquante fois au moins supérieure à la force nécessaire pour une lame mince.
- Les exemples 8, 9, 10 et 11 sont remarquables. Une couche de fer (n° 8) assez mince pour être transparente fut saturée par l’action d’un courant faible ; à partir de ce moment, l’accroissement de la pile n’eut plus aucun effet ; la déviation resta de o°95. La suppression du courant n’imprima à l’aiguille aucun mouvement perceptible; des vibrations et des coups de marteau, qui auraient ramené à l’état neutre un barreau massif, n’eurent aucun effet. M. Hughes a donné le nombre o°94, uniquement pour tenir compte des erreurs d’expérience. Dans l’exemple n° 9, où le laiton est recouvert d’une couche de fer de i/ioe de millimètre, on constate déjà un retour plus complet à l’état neutre; il y a 5o p. 100 de magnétisme rémanent. Quand on arrive à un millimètre d’épaisseur (n° 10) on n’a plus que 20 p. 100; enfin, avec 1 centimètre, on atteint 3 p. 100; le magnétisme rémanent est même notablement inférieur à celui que représente la couche de i/io° de millimètre, tandis que la capacité magnétique est beaucoup plus grande.
- Le magnétisme rémanent est plus grand dans un faisceau de fils (n° 4) que dans un barreau solide; mais la différence d’effet, pendant et après l’aimantation, est en faveur du premier : ce fait paraît dû à la plus grande étendue de la surface soumise à l’influence inductrice. Au point de vue de l’aimantation permanente, il y a avantage à employer des noyaux solides ou des faisceaux de fils de gros diamètre. Si l’on cherche la rapidité, il y a, la plupart du temps, intérêt à employer de petits noyaux qui s’aimantent beaucoup plus vite. On peut noter encore que l’effet de l’épaisseur est sensible, même quand le fer est très divisé (n° 5).
- On a vu plus haut comment l’hypothèse de la polarité moléculaire permettait d’expliquer la disparition des propriétés magnétiques du fer à la chaleur rouge jaune. Une remarque à ce propos n’est pas inutile : On dit généralement que la chaleur détruit l’aimantation, cela n’est pas tout à fait exact. Prenons une tige de fer doux ; elle semble neutre, bien que le magnétisme terrestre tend à développer un pôle nord à son extrémité inférieure.
- Mais communiquons mécaniquement des vibrations à la tige par quelques légers coups -de maillet ; les molécules tournent et la polarité nord apparaît nettement. Répétons l’expérience en faisant intervenir la chaleur au lieu du choc à la chaleur rouge, nous obtenons encore une polarité nord bien marquée. C’est donc la chaleur qui provoque ici l’aimantation.
- On peut aller plus loin. Laissons les coups de maillet et la chaleur et faisons passer dans le fil un courant électrique quel qu’en soit le sens, le même pôle nord apparaît.
- Les mêmes phénomènes se présentent dans l’expérience suivante. Plaçons un petit aimant à l’extrémité d’un long barreau de fer doux à l’état neutre : le pôle se déplace de 8 centimètres et fournit un point conséquent. Si nous faisons vibrer le barreau, le déplacement continue lentement et graduellement; au bout d’un instant, le pôle se trouve à 36 centimètres de sa position première. Le résultat est le même avec la chaleur rouge qui rend plus libres les molécules.
- Faisons enfin passer dans le fil un courant électrique de direction quelconque : le phénomène se répète. A ne consulter que les effets, on ne peut dire quelle a été la méthode employée. Il y a là une sorte de conductibilité qui semble indiquer que la rotation moléculaire se propage de proche en proche, pourvu qu’on donne aux molécules une liberté suffisante par un ébranlement soit mécanique, soit calorifique.
- De plus, l’identité des trois résultats obtenus dans l’une et l’autre expérience, amène à supposer l’identité des trois causes et comme, dans les cas du choc et de la chaleur, c’est au mouvement imprimé aux molécules qu’on rapporte les phénomènes magnétiques que nous venons de décrire, il en doit être de même pour l’électricité.
- En résumé, les nouvelles recherches de M. Hughes le confirment dans sa précédente manière de voir :
- i° Le magnétisme est une propriété inhérente aux molécules des différents corps, y compris l’éther.
- 20 La cause des phénomènes électriques est extérieure aux molécules du corps où ils se manifestent et l’électricité, comme le son, la lumière et la chaleur, est un mode de mouvement.
- L’accumulateur de E. Gimé.
- L’accumulateur de M. E. Gimé repose sur le principe de Faure. La construction en diffère complètement.
- Ainsi qu’on peut le voir sur la figure 1, il se compose i° d’un récipient à parois AA de chêne doublé d’une légère couche de gutta-percha.
- 20 Sur le? fond sont disposés des cônes ayant
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- pour but de maintenir les tubes de plomb CCdans une position parfaitement verticale. Un couvercle h
- AA Parois Je l'accumulateur,
- BB Broches guidant les tubes.
- (.G Tubes perforés de fenêtres longitudinales dd, ce Pinces raccordant les tubes positifs entre eux et négatifs entre eux.
- 0 Bande de cuivre courant Je long d’une paroi de l'accumulateur. y Borne à laquelle on relie le rcophore soit pour la charge, soit pour la décharge. h Couvercle supérieur de l'accumulateur.
- perforé comme il est indiqué dans la figure 2 concourt au même but. Ce couvercle repose par ses bords sur un cavalier X, faisant le tour du récipient de| l’accumulateur.
- 3° Les tubes C C, dont le nombre et les dimensions sont illimités, se trouvent perforés de fentes longitudinales d d.
- Ces tubes sont disposés en quinconce ainsi que l’indique la figure 2, de façon à former un ensemble ne présentant pas de vide. Chaque ligne de tubes est reliée soit à un conducteur placé à demeure sur un des côtés du récipient et formé d’une lame de cuivre, soit reliée par un conducteur souple ou réophore de charge ou de décharge.
- 40 On remarque que chaque ligne de tubes positifs est formée d’un tube de moins que la ligne négative; c’est la conséquence naturelle de la disposition en quinconce.
- 5° Les tubes sont reliés entre eux par des pinces sans vis d’une largeur moindre d’un milli-
- FIG. 2
- mètre que la distance séparant ces tubes ; cette pince agit donc avec un frottement qui détermine un contact excellent ; un léger déformement est aussi une conséquence de cette pince.
- 6° Les tubes sont remplis de sulfate de plomb, que l’inventeur a trouvé préférable au minium pour cet usage.
- 70 Le liquide est de l’eau acidulée au dixième.
- On voit par la disposition de cet accumulateur qu’il est toujours facile de remplacer un tube usé ; il n’y a besoin que de retirer les deux pinces l’unissant a ses voisins pour pouvoir retirer le tube et en glisser un neuf à la place.
- Voici quelques données sur sa capacité et son rendement :
- Un seul type a été construit, un type de cent kilos pour installation fixe. La formation dure 120 heures, sa force électro-motrice à la décharge est de 3 volts à 3.5 volts.
- Le rendement est d’environ ç5 0/0 de l’électricité emmagasinée, en admettant toutefois une perte de 10 0/0 du potentiel, c’est-à-dire qu’un élément ayant emmagasiné une quantité d’électricité égale à 750 5oo coulombs, rendra 712975 coulombs à la décharge, mais que le potentiel qui, à la charge,
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- était de 100 volts, ne sera que de 90 à la décharge.
- La capacité pratique de l’accumulateur est de 3 000 kilogrammètres par kilogr. de plomb • mais si l’on veut laisser dépolariser l’accumulateur et le décharger à nouveau quatre ou cinq heures après, il sera facile de porter à 3700 kilogrammètres la quantité fournie à la décharge par kilogr. de plomb de l’accumulateur.
- D’après quelque temps de pratique, on peut évaluer l’usure du tube positif à 180 grammes par cheval heure.
- L’usure des tubes négatifs n’est pas appréciable.
- D’après M. E. Gimé, l’accumulateur qui vient d’être décrit se recommanderait par:
- i° La simplicité de sa construction; 20 son rendement élevé ; 3° une usure très faible; 40 la facilité avec laquelle il peut être démonté et remonté sans mettre bas le courant de charge ou de décharge, puisque ses lignes de tubes sont indépendantes l’une de l’autre et sout réunies en quantité.
- Sur les effets thermiques des étincelles électriques, par M. Hurion (')•
- Dans'un travail assez récent (2) sur les dégagements de chaleur produits par les étincelles des batteries, M. Villari est arrivé à formuler les lois suivantes :
- i° La chaleur développée par l’étincelle électrique dans les gaz est proportionnelle à la quantité d’électricité qui la produit ;
- 20 La quantité de chaleur développée par l’étincelle électrique dans un gaz augmente en proportion de sa longueur.
- Ayant eu l’occasion de répéter ces expériences, je me suis servi pour mesurer la quantité de chaleur dégagée par l’étincelle d’un ballon à quatre tubulures soigneusement verni et isolé. L’une des tubulures était munie d’un robinet; deux autres livraient passage à deux grosses tiges de laiton terminées intérieurement par des pointes Mousses ; enfin la quatrième communiquait, par un tube incliné servant de manomètre, avec un flacon à trois tubulures à moitié rempli d’acide sulfurique. Le tube de communication avec le ballon se recourbait verticalement pour pénétrer par la tubulure du milieu jusqu’au fond du flacon. Les deux autres tubulures de ce dernier étaient munies, l’une d’un robinet, l’autre d’un long tube vertical descendant et plongeant dans une cuvette à mercure. Grâce à ce dispositif, l’appareil pouvait servir sous des pressions inférieures à la pression atmosphé-
- (') Journal de Physique, tome IV, avril i885. {-) Journal de Physique, iro série, t. IX, p. 5.
- rique, et le jeu des robinets permettait d’amener facilement l’extrémité de la colonne d’acide sulfurique au milieu du tube de communication.
- Les expériences ont été faites avec un ensemble de dix-huit jarres électriques constituant une batterie en surface bien isolée et mise en rapport avec une machine de Holtz par l’intermédiaire d’une bouteille de Lane. Quand on voulait opérer avec une charge déterminée, on commençait par mettre sur la batterie la quantité d’électricité voulue et mesurée par le nombre d’étincelles de la bouteille de Lane; on faisait passer la décharge dans le ballon, puis on rechargeait immédiatement de la même manière et l’on faisait éclater l’étincelle; c’est alors seulement que l’on relevait les indications du manomètre à acide sulfurique. On éliminait ainsi les perturbations dues aux charges résiduelles. Il est bon de remarquer qu’en opérant sous differentes pressions, les indications de l'appareil restent comparables à elles-mêmes. Si par exemple on réduit à moitié la pression initiale de la masse gazeuse, la masse se trouve réduite à moitié; dès lors une quantité de chaleur donnée déterminera une variation de température double de celle qui se serait produite sous la pression initiale. Cette variation de température produira une variation de pression qui aura doublé, si on la rapporte à la pression initiale; d’où il suit que la variation absolue, c’est-à-dire le déplacement du liquide dans le manomètre, n’aura pas changé.
- Après avoir vérifié l’exactitude de la première des lois énoncées, j’ai cherché comment variaient, avec la pression, les indications du manomètre en opérant toujours avec une même charge correspondant à 100 étincelles de la bouteille de Lane. Les tableaux suivants représentent les résultats
- obtenus avec l’air et l’hydrogène AIR
- H ci V V
- — — — d
- 75o 35 49 1.4
- 5o3 ... 33 36 1.1
- 34? . . . 3i 28 09
- 246 23 22 0,9
- 177 ... 19 20 I
- 135 ... 14 17 1,2
- 72. ...... ... 10 HYDROGÈNE 9 I
- H d r V
- —* — — d
- 75o. . . , . . ... 24 2Ô 1,1
- Soi ... 19 21 I
- 342 ... l6 i5 0,9
- 247 ... 12 i3 1
- m 9 I
- 132 7 I
- ” ... » »
- Les premières colonnes des tableaux Indiquent
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- la pression en millimètres de mercure; dans les secondes sont inscrits les déplacements en millimètres de l’extrémité de la colonne d’acide sulfurique. Ces derniers nombres ne paraissent pas reliés d’une façon simple à ceux qui mesurent la pression, mais on peut les comparer avec ceux de la troisième colonne.
- Ces derniers ont été obtenus en tournant d’une manière continue la machine électrique, et comptant le nombre d’étincelles de la bouteille de Lane qui se produisent entre deux explosions successives dans le ballon. On a ainsi une idée approximative de la différence de potentiel d’explosion. On voit que, sauf pour la première expérience, faite avec l’air, et dans laquelle on a constaté de légères fuites par le ballon pendant la détermination du nombre inscrit dans la troisième colonne, les quantités de chaleur sont proportionnelles aux différences de potentiel d’explosion : le rapport des deux quantités est le même dans l’air et dans l’hydrogène, ce qui s’explique par ce fait que les chaleurs spécifiques des gaz rapportées à l’unité de volume sont égales entre elles. D’ailleurs, si l’on compare les résultats obtenus, à une même pression, dans l’air et dans l’hydrogène, on trouve que le premier est 1,8 fois plus grand que le second, ce qui concorde avec les résultats précédemment obtenus dans des recherches analogues.
- Les expériences précédentes ont été faites avec une même distance explosive ; le tableau suivant montre les résultats obtenus avec une charge constante, correspondant à 100 étincelles de la bouteille de Lane, quand on fait varier la distance des pointes.
- T. d £
- 20mm........................ 63 iq8
- 16.......................... 53 175
- 12.......................... 41 140
- 8........................... 3o 112
- 4........................... 21 IIO
- La première colonne contient les distances explosives en millimètres, et la seconde les indications du manomètre à acide sulfurique. On peut voir, d’après ces nombres, que les quantités de chaleur dégagées sont loin d’être proportionnelles aux distances explosives ; elles paraissent plutôt varier comme la racine carrée de cette dernière quantité. En effet, la troisième colonne du tableau contient les quotients du carré de la lecture du manomètre par la longueur de l’étincelle; et l’on voit que, tout en augmentant avec cette longueur, les nombres ne varient pas énormément. Les fuites qui se produisent dans les appareils ne permettent pas d’évaluer les différences de potentiel d’explosion par le procédé signalé plus haut; mais on peut utiliser,
- dans ce but, les résultats des expériences de MM. Warren de la Rue et Hugo Muller (*).
- Ces habiles expérimentateurs ont trouvé qu’en opérant avec des pointes paraboliques, les différences de potentiel d’explosion étaient liées à la longueur de l’étincelle Comme l’indiquent les nombres du tableau suivant :
- T. V V* L
- 4,52mm 5 5,5
- 8,23 7 5,9
- 10,18 8 6,2
- iS,74 11 7.6
- La première colonne du tableau donne les longueurs d’étincelles en millimètres, et la seconde les différences de potentiel d’explosion, en prenant pour unité la différence de potentiel correspondant à 1 000 éléments au chlorure d’argent. On voit qu’en divisant le carré du nombre inscrit dans la deuxième colonne par le nombre correspondant de la première, les quotients obtenus varient comme ceux du tableau précédent. Si l’on compare les valeurs de det v correspondant à des valeurs voisines de L, on obtient les résultats suivants :
- I, d V d v
- 4,OQmm 4,50 21 U 4 20
- 8,00 8,23 . 3o 4,28
- 16,00 *5,74 53 ,;i 4,81
- Les rapports ne sont pas absolument constants, mais il faut remarquer que, pour les deux premiers cas, la valeur de v correspond à une valeur de L, plus grande que celle qui correspond à d, tandis que c’est l’inverse pour le troisième cas.
- L’ensemble des expériences précédentes semble démontrer que les effets thermiques des étincelles électriques sont déterminés par la différence de potentiel d’explosion. On peut dès lors concevoir comme il suit le phénomène de la décharge. Si l’on suppose, par exemple, que l’armature extérieure de la batterie soit au sol, la charge électrique M de l’armature intérieure se trouve portée au potentiel V.
- Lorsqu’on réunit l’armature intérieure avec l’une des branches de l’excitateur, le potentiel, d’abord nul sur cette branche, s’élève jusqu’à la valeur v qui correspond à la distance explosive ; mais il ne peut dépasser cette valeur. Dès lors l’énergie mécanique de l’étincelle est représentée par^Mr; elle est simplement proportionnelle à la
- (') Annales de chimie et de physique, 5e série, t. Xllf, p. 456, t. XIV, p. 446.
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- charge M et ne dépend nullement de la capacité de la batterie, comme l’indique l’expérience.
- Un nouveau système de télégraphie sous-marine
- M. F. von Faund-Szyll a imaginé un système de télégraphie sous-marine original, basé sur la propriété bien connue que présente le sélénium, de modifier sa résistance sous l’influence des rayons lumineux, système auquel il a donné le nom de Selen-Differenzialrecorder et que nous nous proposons de décrire ici.
- Contrairement à ce qui a lieu dans les autres systèmes employés jusqu’à ce jour, le système de M. Faund-Szyll n’utilise le courant du câble que pour déclencher en quelque sorte les appareils récepteurs qui fonctionnent au moyen de fortes batteries locales. Il en résulte que le travail mécanique qui s’impose au courant de ligne, courant
- FIG. I
- très faible comme l’on sait, est lui-même excessivement réduit.
- Le-système télégraphique basé sur l’emploi du Selen-Differenzialrecorder se compose de deux parties essentielles :
- i° Le récepteur ou appareil à déclenchement proprement dit;
- 20 Le relais ainsi que l’appareil enregistreur ou Differenzialrecorder.
- Le récepteur est constitué par une boîte bien fermée K, à l’intérieur de laquelle se trouve une source lumineuse très intense, dont les rayons peuvent s’échapper en passant à travers les ouvertures a et a', ménagées dans la paroi antérieure de la boîte (fig. 1).
- x Comme source lumineuse, on peut avantageusement employer une lampe à incandescence g, capable de donner une lumière intense et disposée de la façon indiquée figure 2, derrière la paroi dans laquelle sont percées les fentes a a'.
- L’appareil à déclenchement est formé par un petit cadre galvanométrique r, analogue au syphon
- recorder de Thomson, lequel est suspendu à un fil de cocon et susceptible de se mouvoir dans un champ magnétique N S extrêmement puissant. Le petit cadre r porte, comme on peut le voir sur les figures 1, 3 et 4, à sa partie inférieure un prolongement v, dont la forme est celle d’un prisme triangulaire, et qui se trouve disposé devant la cloison de la caisse K, de telle façon qu’il recouvre exactement les deux fentes a et a', lorsque la bobine r est au repos, et empêche dans ce dernier cas les rayons lumineux de la petite lampe g de s’échapper à l’extérieur de la caisse K.
- Mais dès que le courant lancé à travers le câble arrive par les conducteurs y y' dans les spires de la bobine r, la somme des actions électrodynamiques élémentaires qui prennent naissance fait tourner à droite ou à gauche, suivant la polarité du courant, le cadre, en même temps que celui-ci s’approche d’une faible quantité de l’un ou l’autre des deux pôles d’aimant. Le prolongement v du cadre étant solidaire de ce dernier, le suit dans son mouvement, ce qui a pour effet de permettre aux rayons lumineux de s’échapper par l’une ou l’autre des ouvertures a a', en sorte que le déclenchement du faisceau lumineux, s’il est permis d’employer cette expression, se trouve effectué.
- Afin d’éviter les oscillations, qui ne manqueraient pas de se produire après chaque émission de cou-
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- 2g5
- rant, en sorte que le cadre, au lieu de revenir à la position d’équilibre et de s’y arrêter, la dépasserait et découvrirait alternativement l’une et l’autre des ouvertures a et a', l’appareil est pourvu d’un amortisseur à liquide ; à cet effet, le prolongement v porte une palette o, qui plonge dans un godet renfermant un mélange de glycérine et d’eau.
- Nous allons maintenant décrire le Differenzial-recorder. En regard des deux fentes a et a' se trouvent deux puissantes lentilles convergentes /et/' dont les foyers coïncident avec deux sortes de rhéostat, à plaques de sélénium z et z'. Il résulte de cette disposition que sitôt que l’une des ouvertures a a' laisse, par suite d"un déplacement du cadre r, échapper un faisceau lumineux, ce faisceau vient tomber sur la lentille correspondante qui le concentre et l’envoie sur les plaques de sélénium dont il a été question. Sous l’influence des rayons lumineux, la résistance que le sélénium offre au
- FIG. 3 ET 4
- passage d’un courant électrique change, comme chacun sait, instantanément de valeur.
- En M et M' sont placés deux aimants en fer à cheval dont les pôles sont munis de pièces de fer doux servant elles-mêmes de noyaux à des bobines de fil excessivement fin d. Ces pièces polarisées sont disposées en croix de Saint-André et de telle façon que les pôles de même nom occupent les deux extrémités du même bras de la croix ; cette disposition se voit d’ailleurs très nettement sur la figure ü. Entre les pôles des deux aimants M et M/ se trouve un aimant permanent A mobile autour d’un axe vertical i. Quatre ressorts à boudin f à tension réglable permettent de centrer cette dernière pièce de telle façon que, lorsque le courant traverse l’enroulement des bobines polaires, elle se trouve également éloignée des quatre pôles n, s, s' et n\
- Dans ces conditions, il est évident qu’une différence dans la puissance d’attraction de ces quatre pôles, quelque faible que puisse être cette différence, aura pour résultat de déplacer, dans un sens ou dans l’autre, autour de son axe, l’aimant A; l’énergie et l’amplitude de ce mouvement pourront
- d’ailleurs être modifiées ên agissant convenablement sur les quatre ressorts de réglage.
- Les bobines de l’aimant M sont montées en série avec les plaques de sélénium 'z, la batterie locale B et une boîte de résistances W; celles de l’aimant M' sont en série avec z', B' et W'. Les batteries locales B et B' se composent d’un assez grand nombie d’éléments. Le courant de la batterie locale B part de B, traverse les plaques de sélénium z, les bobines de l’aimant M et retourne à B à travers le rhéostat W ; de même pour le courant de la batterie B'. Les deux courants sont donc absolument indépendants l’un de l’autre.
- Il est très facile, d’après la description qui précède, de se rendre compte du fonctionnement du système.
- Supposons en effet que le courant qui traverse l’enroulement du cadre r ait une direction telle que ce cadre, dans son déplacement, s’approche du pôle S, le plongement v découvrira l’ouverture a' qui, ainsi que l’ouverture a, était masqué jusqu’à ce moment ; un faisceau lumineux s’échappe par a', vient frapper la lentille l’ et de là converge sur les plaques de sélénium z’. C’est là tout le travail qui s'impose au courant de ligne.
- Les rayons lumineux, en tombant sur les plaques de sélénium z', modifient la résistance que cellesTci offraient au passage du courant engendré par la batterie B'. Cette résistance diminuant l’intensité du courant dans le circuit alimenté par la batterie B' augmente, l’action attractive des pièces polaires de l’aimant M' diminue, l’équilibre est détruit et la pièce A se déplace autour de l’axe i. Si la polarité du courant de ligne était différente la même succession de phénomènes prendrait naissance, seulement le sens du mouvement de rotation de A se trouverait être contraire.
- Quant aux résistances WW' elles ont pour but de ; corriger les variations de résistance du sélénium et d’équilibrer les résistances des deux circuits correspondants.
- L’aimant A sera combiné avec un appareil enregistreur de manière à actionner directement ou indirectement le levier imprimeur.
- Toute la première partie de cet appareil, qui est très sensible, peut être facilement soustraite à toute influence extérieure à condition qu’on la place dans une boîte fermée et au besoin dans un local distinct de celui où les employés travaillent; le Differenzialrecorder seul devra être dans les salles de travail.
- Le système que nous venons de décrire ne manque pas, comme on le voit, d’originalité; l’expérience seule permettra de se prononcer sur la question de savoir s’il est aussi pratique qu’ingénieux.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 2Cp
- CORRESPONDANCE
- Vsler, le 27 uvr/7ji885.
- Monsieur le Directeur,
- C’est avec un grand intérêt que nous avons lu, dans le numéro du 18 avril de votre excellent journal, la description des nouveaux appareils pour les signaux magnéto-électriques, et nous devons rendre à M. Marinovitch celte justice? qu’il a su traiter la question avec tant de clarté, que même les personnes qui n’ont jamais vu les appareils dont il s’agit, s’en peuvent faire une idée exacte.
- Il y a cependant quelques points sur lesquels nous ne saurions être d’accord avec l’auteur, et sur lesquels nous appelons votre attention, Monsieur le Directeur, en vous priant d’insérer cette lettre dans votre estimable journal.
- L’appel magnéto-électrique dans les appareils téléphoniques existe déjà depuis longtemps en Amérique, et l’admi-
- nistration des télégraphes suisses, dont le directeur est M. 'Rothen, à Berne, a tout de suite compris l’importance et les avantages de cette sorte d’appel, et l’a appliqué dans tous les réseaux suisses, à l’exception de celui de Bàle, ou, dans ce moment, on s’occupe également de transformer peu' à peu les stations téléphoniques à sonnerie à courant direct, en stations téléphoniques à sonnerie polarisée, c’est-à-dire à courants alternatifs.
- Les sonneries polarisées et les inducteurs magnéto-électriques, comme nous les fournissons à l’administration suisse des télégraphes sont, comme vous pouvez vous en convaincre, semblables aux modèles américains, et on les emploie soit avec des microphones Blake, soit avec des microphones Crossley, comme le montre la figure ci-jointe.
- Les « inducteurs magnéto » américains ne fonctionnent généralement qu’à travers une résistance de 5 000 ohms, pendant que les nôtres peuvent vaincre une résistance de 20 000 ohms, et nous doutons qu’il soit possible, à moins d’augmenter considérablement les dimensions de l’appareil, d’arriver à un meilleur résultat.
- Ce n’est qu’en employant nos inducteurs qu’il a été possible à l’administration suisse des télégraphes de joindre entre eux les réseaux téléphoniques des villes de Zurich, Win-terthour, Schaffhouse, Thalweil, Richtersweil, etc., de sorte que les abonnés des dites villes peuvent, moyennant une
- faible contribution, communiquer directement entre eux.
- Nous avons été fort surpris en lisant que les nouveaux appareils, décrits par M. Marinovitch, ont fonctionné à travers une résistance de 3oooo ohms, et nous sommes presque enclins à croire que je fil de cuivre, avec lequel on a construit la résistance, était d’un diamètre un peu supérieur à
- 2/jOorâm
- Presque toutes les installations téléphoniques particulières sont faites par nous, avec des sonneries polarisées et inducteurs magnéto, et nous pouvons vous assurer que ce n’est que grâce à ces appels qu’il nous a été possible d’appliquer les téléphones au service des signaux de chemins de fer.
- Au tir fédéral à Lugano, où nous avions installé les sonneries entre le stand et les cibles, nous n’avons employé que des sonneries polarisées et des magnéto-inducteurs, ce qui nous a coûté beaucoup moins de peine à installer et à entretenir qu’aux tirs précédents, où nous avions encore employé l’ancien mode, c’est-à-dire les sonneries à courant continu, des piles et des boutons de contact.
- Enfin l’idée d’employer le téléphone pour les opérations militaires nous a fait construire un appareil portatif, contenant l’appareil magnéto-électrique, la sonnerie polarisée, un microphone Crossley, un téléphone Bell, un commutateur automatique, et en-dessous 2 compartiments, dans le premier desquels on place 2 Leclanchê fermés, et dont le second est réservé pour y placer soit des tournevis, soit des parties en réserve, soit autre chose. En haut de l’appareil se trouve un tambour, contenant 400 à 5ocm de câble à deux brins, qu’on peut dérouler si nécessaire et poser simplement sur la terre.
- Nous avons cru nécessaire d’ajouter à l’appareil téléphonique militaire un microphone, sans lequel la conversation n’est pas assez claire ni assez forte pour être comprise, même quand il y a un peu de bruit autour, comme cela arrive, par exemple, pendant qu’on tire.
- Nous avons eu l’occasion dernièrement d’essayer les stations téléphoniques à Mulhouse, Thann, Guebwiller, où l’administration allemande a établi des réseaux téléphe niques avec le meilleur, téléphone qui existe, à notre connaissance, c’est-à-dire avec le téléphone Siemens et Halske; mais il était vraiment étonnant de voir l’unanimité avec laquelle les gens se plaignaient, en disant: l’appareil marche admirablement depuis l’installation, sans le moindre dérangement, mais dès qu’il y a ie moindre bruit, on n’entend rien du tout, et l’on dirait que le diable se met à faire du bruit juste au moment où on a le plus besoin de se servir du téléphone.
- Dans les opérations militaires, il est encore bien plus important que dans la vie privée, de se faire bien comprendre, et quoique le microphone entraîne des inconvénients, nous' avons, avant tout, cru devoir rendre la voix aussi nette et forte que possible. .
- En campagne, il n’y a ni table ni mur pour placer l’appareil, c’est pourquoi nous l’avons disposé de manière à pouvoir rabattre 3 pieds, de sorte que l’on peut aisément le placer sur ce trépied à terre.
- Après avoir fini la conversation, on accroche l’appareil sur son dos, on dévisse un des pieds et on tourne les autres de 1800 vers én haut.
- La pile, consistant en 2 éléments Leclanchê d’une construction particulière, est complètement fermée, de sorte qu’elle ne peut renverser le liquide, et elle est placée, comme nous l’avons dit, dans l’un des deux compartiments au-dessous du microphone, et ne présente, de cette manière, aucun inconvénient pour le transport, excepté l’augmenta-lion du poids total de 1 kilog., 200.
- Veuillez nous excuser, Monsieur, d’avoir peut-être un peu trop étendu le sujet, et agréer, etc.
- A. Zellweger,
- W. Ehrenberg.
- Quoi qu’en disent, avec une courtoisie à laquelle je suis très sensible, MM. A. Zellweger et W. Ehrenberg, il faut
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- croire que l’article auquel ces messieurs font allusion n’est pas suffisamment clair, puisqu’ils y ont trouvé des choses que, pour ma part, je ne pensais pas y avoir mises. Je n’ai pas prétendu un seul instant qu’il n’existât pas de poste téléphonique avec appel magnéto-électrique; le contraire est un fait de notoriété publique et une affirmation de ce genre eût été d’autant plus déplacée que le môme numéro de La Lumière Electrique contenait la description de plusieurs appels magnéto-électriques ayant figuré à l’Exposition de Philadelphie.
- Si je n’ai pas décrit ces différents postes, c’est qu’ils l’ont déjà été en majeure partie dans les colonnes de ce même journal, et que d’ailleurs le but de mon article était autre. Je me suis surtout attaché à démontrer que les constructeurs qui s’étaient pratiquement arrêtés à l’appel Gilliland ou à une forme plus ou moins approchée de cet appel étaient restés en chemin, que les avantages de l’appel magnéto n’entraînaient pas fatalement à un poste qui ressemble à un petit monument, en un mot qu’il y avait moyen de faire plus simple, aussi bon et moins cher: j’espère que sur ce terrain nous sommes d’accord.
- Pour ce qui concerne la portée de l’appel, nous ne dirons que quelques mots. II est difficile de comparer, à ce point de vue, nos appels à ceux dont parlent MM. Zellweger et W. Ehrenberg, car le type construit par ces messieurs est probablement unique, étant seulement destiné à des postes téléphoniques; nos appels, construits en vue d’applications très diverses, sont très différents comme dimensions, et par suite comme portées d’appel. Le modèle moyen, dans lequel la hauteur des aimants est de 3o centimètres environ, sonne à travers deux corps humains, résistance qui, d’après les dernières expériences faites à ce sujet, représente au moins 3oooo ohms (voir La Lumière Electrique, tome XIII, p. 35o).
- 11 est d’ailleurs évident qu’en modifiant les conditions de l’enroulement, on modifie la portée de l’appel.
- B. Marinovitch.
- FAITS DIVERS
- L’exposition d’Anvers a été solennellement inaugurée samedi, le 2 mai, par le roi et la reine de Belgique.
- Nous n’avons pas besoin de dire que les travaux ne sont pas achevés; iis le sont si peu, en effet, qu’il a été décidé qu’après la cérémonie de l’inauguration l’exposition resterait fermée jusqu’à son complet achèvement. Signalons cependant, à l’honneur de nos nationaux, que la section française, qui occupe à elle seule le cinquième des bâtiments, est de beaucoup la plus avancée; elle renferme même un grand nombre d’étalages absolument terminés.
- On sait que certaines parties de l’exposition seront ouvertes le soir au public : ce sont les galeries des machines, la galerie du travail, la galerie centrale de l’industrie et les jardins. Trois systèmes différents d’éclairage sont concurremment employés, l’électricité, le gaz et le pétrole.
- La lumière électrique sera appliquée dans la sa'le des machines, la galerie centrale de l’industrie et les jardins, le gaz dans la galerie du travail et le pétrole dans le restaurant populaire établi au milieu du jardin.
- M. Gaston Planté vient de terminer une série d’expc-rLnces démontrant la nature du transport mécanique que l’étincelle de la machine rhéostatique peut exercer. L’auteur parvient ainsi à soulever une colonne d’eau dans l’intérieur d’un tube capillaire et même à exercer de la sorte
- un courant ascendant d’une certaine énergie. L’appareil qui sert à produire les phénomènes de l’étincelle ambulante peut être employé, à condition que les condensateurs soient groupés en quantité, au lieu de l’être en tension.
- La Compagnie Edison a fait une installation de transport électrique de la force à l’exposition de meunerie actuellement ouverte aux Champs-Elysées.
- L’expérience est d’autant plus curieuse que la machine dynamo génératrice alimente à la fois la dynamo réceptrice et plusieurs lampes à incandescence.
- La machine iéceptrice, d’un modèle identique à la génératrice, met en mouvement une brosse à blé du système G. Doré, dont le fonctionnement absorbe environ 5 chevaux. La génératrice, pouvant développer jusqu’à 8 chevaux, le reste du courant est employé sur une vingtaine de lampes Edison de 16 bougies, disposées dans l’exposit.on de la Société générale meulière de la Fertè-sous-Jouarre. La fixité de la lumière et la régularité de marche de la brosse à blé démontrent une fois de plus la facilité avec laquelle le courant électrique se prête aux applications les plus différentes.
- MM. Siemens frères ont aussi installé un éclairage d’une douzaine de lampes Swan de 8 bougies, dans les expositions de MM. Rose frères, de Poissy, et de MM. Fontaine, Brault etTeisset, de Chartres. Signalons enfin les appareils d^ M. MiLié fils et de M. Redon, que nous avons déjà vus à l’Observatoire, et quelques échantillons de l’électrogène de M. Ilannay, destiné, comme on sait, à empêcher les incrustations des chaudières à vapeur.
- M. l’ingénieur Somzè vient de publier une note dont l’objet est d’appeler l’attention de la Commission de l’exposition d’Anvers sur la nécessité d’établir un classement méthodique des divers produits qui seront exposés dans la section de l’électricité. Selon lui, il ne suffit pas que l’électricité ait à Anvers un simple succès de curiosité. Le public ne se contentera pas toujours de voir superficiellement; il voudra connaître enfin le mérite réel des découvertes. L’exposition sera surtout intéressante en ce qu’elle marquera une ère nouvelle dans l’étape que Ton franchit actuellement. Au lieu de promesses, de dissertations théoriques, nous aurons des données industrielles dûment certifiées par des commissions spéciales instituées par le gouvernement. Les travaux de ces commissions seront contrôlés par un comité de savants étrangers; de sorte que les diplômes octroyés aux exposants constitueront l’expression fidèle de la valeur industrielle des appareils.
- Pour donner une idée du mode de classement qu’on pourrait adopter, M. Somzé prend pour exemple les générateurs, et il propose de les subdiviser comme suit :
- 1° Machines dynamo-électriques pour lumière; 20 machines dynamo-électriques pour galvanoplastie; 3° machines dynamo-électriques pour usages divers; 40 moteurs dynamoélectriques pour transmission d’énergie, pour petite industrie, pour récepteurs variés, etc. — Dans ces diverses catégories il conviendra, dit-il, de distinguer les principes de construction qui caractérisent chaque classe et qui indiquent Jes conditions les plus rationnelles d’emploi. Puis, les expériences entreprises par la commission fonctionnant sous la direction et le contrôle de nos électriciens les plus éminents, porteraient utilement sur : i° Le travail dépensé; 20 la détermination des caractéristiques; 3° le courant engendré ; 40 l’énergie électrique absorbée. Ensuite, sur les avantages et les défauts d’après le mode d’excitation des machines : i° Excitation séparée; 20 excitation en.-circuit 3° excitation en dérivation ; 40 excitation en combinaison. Puis encore sur l’influence des dimensions, de la grosseur du fil, du mode d’enroulement, de la relation de vitesse, celle du champ magnétique, celle qui résulte de la variation de force êlectromotrice et celle de la résistance. Enfin, on
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- déterminerait le coût du travail pour chaque type de machine : coût absolu, revient de l’unité d’énergie fournie par une machine et le prix relatif aux diverses conditions ou cas d’application du moteur.
- On calculera ses constantes électriques, mécaniques et commerciales pour les usages auxquels les machines sont plus particulièrement destinées; de sorte qu’il résultera de ces données comparatives une unité de prix par unité de travail, pour chaque type de machine et pour chaque genre d’application.
- Cette première classification conduira à celle des moteurs qui commandent les machines électriques. Il importe, en effet, d’être fixé sur le genre d’action mécanique qu’il convient d’appliquer à ces machines. Pour cela on devra chercher les meilleurs rendements et les appareils qui donnent la plus grande régularité dans le tour.
- Nous avons les machines à vapeur ordinaires, les moteurs à action directe, moteur, à trois pistons Brotherhood, moteurs de Dolgorouky, de Brehens, etc. Les moteurs à gaz type Otto, type Clerck, etc., etc.
- Le chemin de fer électrique de Modling à Brühl va prochainement être considérablement prolongé.
- La veille de son ouverture officielle, l’exposition des inventions de Londres vient de fournir une preuve de i’utilité des avertisseurs d’incendie. En effet, le village japonais est devenu la proie des flammes, malgré tous les efforts des pompiers, qui n’ont pu être appelés que quand la catastrophe est devenue inévitable, faute d’avertisseurs électriques convenablement placés.
- Nous avons remarqué avec plaisir, dans le vestibule d’entrée, une série de peintures représentant les grandes in-entions contemporaines et leurs analogues des anciens temps. La machine électrique d’Otto de Guericke est ainsi mise en rapport et comparée avec la machine Gramme.
- La. discussion au sujet du danger qu’il y aurait pour la santé publique à ouvrir les rues de New-York pour le placement des conducteurs électriques pendant l’été, continue toujours dans les journaux américains. Il paraît cependant presque certain que la loi sera modifiée avant la date fixée pour le^commencement de ces travaux; dans le cas contraire, il en Résulterait une réduction considérable des facilités télégraphiques et téléphoniques, actuellement offertes au public.
- Éclairage électrique
- Nous avons annoncé, il y a quelque temps, que la Société Edison avait été chargée d’installer la lumière électrique dans les bâtiments du lycée Louis-le-Grand, situés rue d’As-sas. Des essais préliminaires ont été faits jeudi dernier en présence du ministre de l’instruction publique, dans le but de déterminer la meilleure disposition à adopter pour les foyers lumineux dans les classes et salles d’études. On a décidé de- mettre une lampe de io bougies par banc de 4 élèves, suivant la proposition faite par les ingénieurs de la Société, cette lampe sera placée au-dessus du milieu du banc nvec un abat-jour circulaire. Nous devons ajouter que le ministre et tous les membres de l’Université présents aux expériences ont été très satisfaits du nouvel éclairage.
- Les nouveaux magasins de la maison Boudet, situés à l’angle du boulevard des Capucines et de la rue des Capucines, vont être éclairés à la lumière électrique. Les travaux d’installation sont activement poussés par la Société le
- Chrome, qui produira le courant électrique au moyen de ses batteries à acide chromique.
- Le diorama des Champs-Elysées, qui vient d’être inauguré la semaine dernière, est uniquement éclairé par la lumière électrique du système Edison. L’installation comprend deux dynamos de 100 lampes A, une machine à vapeur Weyhcr et Richmond de 25 chevaux et une chaudière Belle-ville.
- Chacun des tableaux composant le diorama est éclairé par 20 lampes dè 16 bougies, dont 12 se trouvent sur la herse devant un réflecteur et les autres sur les portants. Les couloirs, comme les escaliers et l’entrée, sont également éclairés à la lumière électrique.
- La maison Egger et C° vient de terminer une des plus grandes installations de lumière électrique à incandescence en Autriche, dans l’établissement de MM. Giaez Key à Maffersdorf, près de Reichenberg, qui a été pourvu de 1 200 lampes.
- L’Impérial and Continental Gas Association, qui a obtenu une concession pour l’éclairage électrique d’une partie de la ville de Vienne, a chargé MM. Crompton et C® de la construction des machines nécessaires, qui comprendront trois grandes dynamos capables de développer chacune 100000 watts. Ces dynamos seront actionnées par des moteurs Willans, du dernier modèle perfectionné.
- Le ministre de la guerre en Espagne a commandé à la maison Schuclcert, de Nuremberg, une voiture de campagne munie d’appareils d’éclairage électrique. La machine à vapeur qui fait partie de la voiture ressemble à celle des pompiers et peut actionner une dynamo de plusieurs foyers à arc. Les résultàts des essais ont été très satisfaisants et il est probable que cette première commande sera suivie de plusieurs autres plus importantes.
- L’ingénieur de la viiie de Barceione vient d’établir les conditions d’un essai comparatif entre la lumière électrique et le gaz pour l’éclairage de plusieurs promenades de cette ville. La Sociedad Espanola de Electricidad et la Compagnie du gaz Lebon seront les concurrents et bénéficieront d’une petite subvention de la ville. Le meilleur système sera adopté définitivement.
- La ville de Barcelone va mettre en adjudication l’éclaiiagc électrique de la Plaza de la Constitucion et du Paseo de Colon pour une période de cinq années.
- On annonce que des expériences vont être faites prochainement à Saint-Pétersbourg, avec des lampes électriques sous-marines.
- A l’occasion du bal donné à Belfast, en honneur du prince et de la princesse de Galles, à Ulster Hall, la salle de bal, les vestibules, escaliers et salles à manger ont été brillamment éclairés à la lumière électrique. La salle de bal était éclairée par 200 lampes à incandescence placées sous le balcon qui fait le tour de la salle, et six foyers à arc puissants suspendus au plafond et renfermés dans des globes opaques entourés d’une étoffe légère qui en diminuait l’éclat.. Un iceberg en miniature était éclairé à l’intérieur avec des lampes à incandescence de différentes couleurs.
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- L’éclairage du vestibule et des corridors se composait aussi de lampes à incandescence, et la salle à manger en contenait 200, suspendues au plafond en groupes de 3, avec des réflecteurs blancs. Les lampes étaient du système Victoria, de Brush, à 90 volts, et le courant était fourni par des dynamos Elwell Parker. Les foyers à arc sortaient de la fabrique d’une société locale, la Belfast Electric Appliances O, qui avait été chargée de toute l’installation.
- MM. Francis et O, à Londres, ont été chargés d’installer la lumière électrique dans le nouveau Congress Hôtel et dans l’avenue du même nom à Toronto, au Canada. Une communication téléphonique directe sera également établie entre l’hôtel et plusieurs bureaux télégraphiques du gouvernement.
- Afin de diminuer, dit l'Engineering, pour les ouvriers européens les inconvénients de la chaleur tropicale qui règne au Soudan, les entrepreneurs du chemin de fer de Souakim à Berber, MM. Lucas et And, ont décidé de ne travailler à la construction de la ligne que pendant la nuit et à la lumière électrique.
- La Firme Kitson et C°, de Leeds, vient, à cet effet, d’achever deux appareils complets d’éclairage électrique d’une exécution très commode.
- Les machines, chaudières et dynamos, ainsi que les sémaphores, sont placés sur un petit truc de chemin de fer. Pour l’éclairage, les lampes sont suspendues à des trépieds de go'ob de hauteur, placés à 27 mètres l’un de l’autre.
- Ces trépieds sont de légers tuyaux en fer qui se tiennent par un bout et qui glissent l’un dans l’autre comme les tubes d’un télescope, ce qui en permet le démontage et l’emballage.
- Le câble isolé qui conduit le courant aux lampes, se trouve sur des rouleaux.
- Les lampes, dont la puissance éclairante est de 2 000 bougies, peuvent, pendant le fonctionnement, être déplacées ; elles sont indépendantes l’une Je l’autre et, au moyen d’un simple mécanisme de pression, on parvient à les isoler.
- Les dynamos sont du système Brush, actionnées au moyen de machines rapides « Parson ». Les chaudières sont de simples chaudières de locomotives et sont alimentées par un réservoir placé en dessous des dynamos et servant en même temps de modérateur pour ces dernières.
- Les lampes peuvent brûler pendant 16 heures consécutives.
- Quatre appareils complets seront utilisés par la suite pour les susdits travaux.
- Le 17 mars dernier, le Conseil municipal de la Nouvelle-Orléans a traité avec la Louisiane Electric Light C°, pour l’installation de 34 tours é'ectriques, moyennant un prix fixe de 170000 francs par an. La ville s’est réservé le droit d’augmenter ou de diminuer le nombre des foyers.
- L’éclairage électrique à Cincinnati, en Ohio, est presque entièrement entre les mains de la Compagnie Brush, qui possède plus de 35o foyers à arc fonctionnant dans toutes les parties de la ville. Un petit nombre d’installations de lumière électrique à incandescence a été fait ces derniers temps dans quelques hôtels et la Hencks Opéra House va prochainement être éclairée par la Hauss Electric C° avec une combinaison de foyers à arc et semi-arc avec des lampes à incandescence du système Stanley. Le courant sera fourni par une dynamo Hauss.
- L’asile des aliénés à Provo, dans l’Etat d’Utah, va être entièrement éclairé avec 7S lampes à incandescence du système Brush.
- Le paquebot 1 ’Angelo, ‘appartenant à la Compagnie Wilson, entre Hull et Christiania, a été pourvu d’une installation fort complète de lumière électrique. Les 120 lampes à incandescence Edison-Swan, qui fournissent la lumière, sont distribuées partout dans le navire et alimentées par une dynamo Phénix de MM. Paterson et Cooper. Quelques lampes Bernstein sont employées comme feux de bord.
- Télégraphie et Téléphonie
- Voici, d’après le Journal télégraphique de Berne, la liste des principales communications internationales dont l’état a subi des modifications pendant le mois dernier :
- Date Date
- de du
- l’interruption rétablissement
- Câble Souakim-Perim .... 28 janvier 188S 26 mars i885
- — au sud de Buenaven-
- . tura 27 mars — 28 — —
- — Singapore, Cap Saint-
- Jacques io avril — 11 avril —
- Ligne Saïgon-Bankok .... 21 — — 22 — —
- Câble Zanzibar-Mozambique 2 — — encore inter-
- — Bakou-Krasnowsk. . . 20 — — rompu.
- — du golfe Persique. . . 21 — — —
- Par décision du ministre des postes et des télégraphes, a été autorisée la création de bureaux télégraphiques municipaux dans les communes de :
- Wimi (Aisne), Valboune (Alpes-Maritimes), Riencros (Ariège), Fraissé-des-Corbières (Aude), Soubise (Charente-Tnférieure), Beynat (Corrèze), Hénanbihen (Côtes-du-Nord), Courtine (la) (Creuse), Bannalec (Finistère), Castanet (Haute-Garonne), Arcachon-Saint-Ferdinand (Gironde), Eclose (Isère), Âutry-le-Châtel et Marcilly-en- Villette (Loiret), Saint-Romain (Lot-et-Garonne), Mouliherne (Maine-et-Loire), Reffroy (Meuse), Brassy (Nièvre), Mauléon-Barousse (Hautes-Pyrénées), Sainte-Foy-la-Mulatière (Rhône), Alfortville (Seine), Bussières (Seine-et-Marne), Camps et Saint-Maxime (Var).
- Après une absence forcée de quelques semaines pour cause de maladie, le directeur général des télégraphes en Espagne, a repris la direction de son département.
- Des expériences de téléphonie et ds télégraphie simultanée sur les mêmes fils ont été faites dernièrement entre ^Madrid et Tolède avec beaucoup de succès. Le système employé est celui de M. Reichemberg.
- L’Espagne vient de donner son adhésion à la convention internationale pour la protection, des câbles sous-marins.
- Un bureau télégraphique russe a été installé à Kahka, colonie turcomane à mi-chemin entre Askabad et Sarakho et dans la partie la plus fertile d’Attock.
- Parmi les 400 sociétés anonymes qui ont déposé leur bilan à Londres pendant la semaine dernière, se trouvent les entreprises suivantes: Albans PatentTelegraphCable C°; Antilles Telegraph Agency; Light Cable Télégraphe»; London Télégraphie News C» et la Spanish and Cuban Submarine Telegraph C».
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- L’administration des Télégraphes, en Angleterre, vient, d’adopter une nouvelle forme du transmetteur automatique de Wheatstone, permettant d’envoyer jusqu’à 400 mots par minute. L’ancien appareil ne pouvait dépasser 200 mots par minute.
- La Commercial Cable Company, qui a posé e't exploité les deux câbles transatlantiques Mackay-Bennett, ainsi qu’un câble entre le Havre et le point d’atterrissement en Irlande de ces deux câbles, a fait acte d’accession à la convention télégraphique internationale. Cette accession dont le gouvernement britannique doit faire par voie diplomatique la notitication aux autres Etats contractants, prendra date à partir du 19 février dernier.
- La pose du nouveau câble entre l’ile de Man et le Cumberland a été terminée, et la communication télégraphique a été reprise samedi soir, 2S avril.,
- On annonce de Saigon que la ligne télégraphique reliant la capitale cochinchinoise à la capitale birmane, est rétablie.
- L’Eastern Telegraph C° annonce l’ouverture de trois nouvelles stations télégraphiques en Chine : l’une sur l’ile de Hainan, nommée Kiungchou ou Hanai, et les autres à Liem-chou et Neuchang.
- La semaine dernière, une bande de Hadendowas, assistée de quelques soldats d’Osman Digma, a '.coupé les fils télégraphiques ét arraché les poteaux entre Haudoub et Souakim.
- Une Compagnie a été formée à Topka, dans l’Etat de Kansas, sous la dénomination de la Western Telegraph C°, et dans le but de construire immédiatement une nouvelle ligne télégraphique de Kansas City jusqu’en Californie.
- Le bureau de la Baltimore and Ohio Telegraph Company, à Chicago, va être relié avec la nouvelle chambre de commerce au moyen d’une canalisation souterraine actuellement en construction. Il y aura 3 tuyaux contenant chacun 19 fils galvanisés n° 8 ou 57 fils en tout.
- La nouvelle ligne télégraphique autour du rivage canadien, du lac supérieur fonctionne maintenant, et donne une communication télégraphique directe à travers le Canada par la route du chemin de fer Canadian Pacific, sans passer par les Etats-Unis.
- La communication entre Ottawa et Winnipeg, une distance des 400 milles, fonctionne parfaitement, et la communication directe entre Montreal et les Montagnes Rocheuses sera établie sous peu.
- Les lignes télégraphiques au Mexique ont été augmentées de 401 milles depuis le mois de septembre dernier et leur longueur totale atteint aujourd’hui i3 224 milles.
- Nous lisons dans Le Bulletin international des Téléphones :
- Parmi les dernières mesures prises par M. Cochery au sujet de l’usage des cabines téléphoniques publiques de Paris, il en est une qui a soulevé et soulève encore de nombreuses réclamations. On sait que la Société générale des téléphones avait mis dans chacun de ses bureaux un appareil à la disposition de ses abonnés. C’était là un complément assez naturel de l’abonnement, qui augmentait sin-
- gulièrement les services du nouveau mode de communication.
- Cependant, dès l'ouverture des cabines publiques et payantes dans les bureaux de poste et de télégraphe, est arrivée une circulaire du Ministre enjoignant à la Société de supprimer à ses abonnés l’usage gratuit des appareils des bureaux. La Sociéié n’a pu que se conformer à cet ordre. Ainsi, comme le dit la Chambre syndicale des produits chimiques, qui a pris l’initiative de convoquer les abonnés du réseau parisien, à l’effet de réclamer contre la décision de M. Cocbery « de par la volonté du Ministre, tous les abonnés des téléphones seraient, du jour au lendemain, devenus les auxiliaires nécessaires de son service. Veuillez, en effet, supposer un instant une grève générale ou même partiellè des abonnés, et les cabines publiques payantes n’ont plus raison d’être, leurs clients de cinq minutes ne trouvant plus personne pour les écouter à l’autre extrémité du fil. »
- Les intéressés ont donc de justes raisons pour se plaindre de la situation qui leur est faite; ils réclament aujourd’hui le maintien parla Société à tousses abonnés delà communication gratuite au moyen de l’appareil établi dans ses bureaux de quartier. Nous espérons que le Ministre ne pourra leur refuser cette demande.
- La réunion convoquée par la Chambre syndicale des produits chimiques aura lieu le vendredi 8 mai, à trois heures de l’après-midi, 9, place des Vosges. L’ordre du jour porte la nomination d’un Comité pour la défènse des intérêts généraux des abonnés au téléphone.
- Nous tiendrons nos lecteurs au courant des incidents qui surviendront dans cette question, très importante pour la population parisienne.
- La Société générale des téléphones publie l’avis suivant dans les journaux de Marseille :
- MM. les abonnés à la Société générale des Téléphones sont informés qu’un bureau de transmission de dépêches est ouvert, et qu’en conséquence its peuvent envoyer leurs dépêches de leur domicile moyennant une allocation supplémentaire de £0 francs par an. MM. les abonnés qui désireraient profiter de cette facilité sont instamment priés de se faire inscrire le plus tôt possible à la Société.
- L’administration hongroise des Télégraphes vient de nommer une commission chargée d’étudier les phénomènes d’induction des fils de la lumière électrique sur les conducteurs téléphoniques, à Temesvar.
- Un réseau téléphonique est actuellement en construction dans les deux villes sœurs Linz et Urfahr, sur le Danube. Plus de 60 abonnés se sont déjà fait inscrire et le succès de la nouvelle entreprise paraît assuré.
- La Societa Telefonica Ligure, à Gênes, possède deux bureaux centraux, l’un à Gênes même et l’autre dans le village de Sampierdarena et, à la fin de 1884, le nombre des abonnés s’élevait à 8o3 à Gênes et 39 à Sampierdarena. Néanmoins, l’exercice qui vient de finit a laissé une perte nette de 884 fr., ce qui provient d’un prix d’abonnement trop faible de 140 fr. par an. La situation des autres sociétés téléphoniques en Italie n’est guère meilleure et provient de la même cause, de sorte qu’il est probable qu’on cherchera sous peu à augmenter le tarif, afin de donner aux actionnaires un bénéfice quelconque.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 56708
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- La Lumière Electrique
- Journal universel cl’Electricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D' CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7« ANNÉE (TOME XVI) SAMEDI 16 MAI I88S N» ao
- SOMMAIRE. — Les appareils télégraphiques multiples; J. Munier. — A propos des téléphones; J. Munro. — Exposition d’électricité de Philadelphie : Application de l’électricité aux chemins de fer; D. Napoli. — Les transporteurs électriques de Pleeming Jenkin et de Danchell; G. Richard. — Chronique de l’étranger : Allemagne; Dr H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Autriche; 'J. Kareis. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch : Sur la régulation de la vitesse des moteurs électriques, par M. Marcel Deprez. — Sur la suppression des vapeurs nitreuses de la pile Bunsen et sur une nouvelle pile se dépolarisant par l’air, par M. A. d’Arsonval. — La sirène électrique, par M. le Dr R. Weber. — Sur la variation de résistance électrique du bismuth placé dans un champ magnétique, par M. Hurion. — Faits divers.
- LES
- APPAREILS TÉLÉGRAPHIQUES
- MULTIPLES
- Deux articles sur le télégraphe Hughes, publiés pgr La Lumière Electrique dans ses numéros 27 et 28 de l’année 1884 préparaient le lecteur à l'intelligence d’une transformation de cet appareil en télégraphe multiple.
- Nous avons vu, dans les articles que je viens de rappeler, qu’en ajoutant la division du temps au principe de l’appareil Hughes, on formerait l’appareil le plus rapide qui ait jamais existé.
- En effet, dans un article publié le 6 septembre 1884, j’ai démontré par des tableaux comparatifs qu’un télégraphe multiple, basé sur le système Hughes, produirait avec un même nombre d’émissions cinq ou six fois plus de dépêches que les appareils actuellement en usage.
- Les explications suivantes feront comprendre comment on peut ajouter la division du temps au principe de l’appareil Hughes.
- Considérons d’abord une roue des types :
- Nous savons qu’elle se compose de 28 divisions et qu’elle est placée en regard d’organes chargés de cueillir au vol une des lettres gravées en relief sur sa circonférence.
- Comment peut-on envoyer, au moment opportun, l’émission nécessaire à la mise en action des organes imprimeurs? Le moyen employé par
- M. Hughes est un clavier formé de 28 touches, commandant à 28 iamelies ou goujons disposés sur une circonférence appelée boîte des goujons, de manière à pouvoir, lorsque l’on appuie sur une touche, se présenter comme obstacles sur le passage d’un bras appelé chariot.
- Le chariot est l’indicateur de vitesse. Il est commandé par le même arbre que la roue des types et est animé de la même vitesse que cette roue.
- Ces dispositions une fois prises, si nous appuyons sur une touche quelconque, le goujon, qui correspond à cette touche, émerge de la boîte des goujons ; le chariot qui a commencé son mouvement ne tarde pas à le rencontrer et à passer par dessus. Cette opération se traduit par l’envoi d’un courant qui met en mouvement les organes imprimeurs et la lettre correspondant à la touche abaissée est imprimée. Pour obtenir l’impression d’une autre lettre, il suffit d’appuyer sur une touche voulue et d’attendre que le chariot vienne opérer comme précédemment.
- Il faut attendre, dis-je, que le chariot passe. Attendre c’est perdre du temps, et le temps est précieux en télégraphie comme ailleurs.
- Quelle est la durée de ces attentes? Elle varie suivant l’ordre des lettres qui forment les mots.
- Les quelques figures ci-dessous nous aideront à comprendre les mouvements du chariot et les pertes de temps résultant du principe même de l’appareil.
- Je place les 25 lettres de l’alphabet sur une cir-
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- conférence; la ligne c' représente les mouvements circulaires du chariot au-dessus de cet alphabet. Supposons que nous ayons à reproduire les lettres AD.
- L’espace compris entre l^i séparation des lettres au point de départ et la coupure de la ligne c' en regard de D est le chemin parcouru par le chariot pour nous donner les lettres A et D. Le chariot a donc passé au-dessus de 3t divisions pour nous donner deux lettres.
- Autre exemple : nous avons à imprimer le mot Bon.
- La ligne c' (fig. 2) commence sur la séparation des
- lettres, effectue un tour complet plus p (lettre A)
- avant de prendre la lettre B, soit 2g divisions, et continue sa route pour prendre la lettre O qu'elle rencontre à la i3° division et fait un nouveau tour complet pour venir chercher la lettre N finale ; en somme, 29 i.3 -f- 28 — 70 divisions parcourues
- pour obtenir 3 lettres.
- Dans ce cas, l’employé a du temps et pourrait prendre une prise! (Tout le monde sait que les bureaucrates prisent!...)
- Supposons que le mot Jouy-en-Josas succède au mot bon.
- Les 4 premières lettres pouvant être imprimées dans un seul tour de chariot, l’employé devra faire un effort et appuyer simultanément sur ces 4 lettres (fig. 3). Le temps perdu étant d'autant plus grand qu’une lettre qui aurait dû être prise eu combinaison ne l’a pas été, si nous admettons dans l’exemple ci-contre qu’après avoir touché le J et l’O l’employé manque la lettre U, le trajst fait par le chariot deviendra celui de la figure 4, c’est-à-dire qu’au lieu d’imprimer le mot en un seul tour, il en faudra deux.
- Au lieu de choisir les mots, si nous prenons des phrases au hasard ou même un volume quelconque, nous constaterons qu’en admettant même qu’aucun tour, aucune combinaison ne soient oubliés, la moyenne des lettres possibles au Hughes est de 1 1/2 environ par tour de roue des types. Réglons-, nous à i3o tours à la minute et nous obtiendrons en une heure i3o X 1 1/2 X bo ~ 11 700 lettres, c’est tout ce qu’un employé peut matériellement produire ; augmenter la vitesse de l’appareil ne serait donc nullement augmenter la production.
- Rappelons-nous maintenant qu’une ligne peut servir de conducteur à 3 ou 400000 (quatre cent mille) émissions à l’heure et permettre l’impression d’un même nombre de lettres et nous serons surpris de la faible production des systèmes en usage ^comparativement à une production maxima.
- Entrons plus avant et voyons à quoi lient cette différence. (Je mets de côté tous les systèmes à plusieurs émissions de courant par lettre à reproduire).
- Ces systèmes reposent sur des bases fausses en ce sens qü’elles nous éloignent forcément de la production maxima lorsqu’au contraire les systèmes à une seule émission par lettre nous permettent de nous en rapprocher).
- Dans l’appareil Hughes l’unité de temps est représentée par un tour de transmetteur et l’unité à produire est représentée par une des lettres de l’alphabet. Plus nous pourrons reproduire de fois la meme lettre pendant l’unité de temps plus la production totale en un temps donné sera considérable. En effet : Si, pendant l’unité de temps, c’est-à-dire pendant un tour de transmetteur nous ne pouvons obtenir la même lettre qu’une fois nous serons obligés d’attendre le retour de l’organe transmetteur pour obtenir une deuxième fois cette lettre.
- Supposons, au contraire, que nous puissions obtenir plusieurs fois la même lettre pendant un tour de transmetteur, dans ce cas le récepteur devra être agencé de manière à pouvoir les enregistrer : Nous voici arrivés aux appareils multiples.
- Un appareil multiple est celui qui permet d’occuper simultanément sur un seul fil un certain nombre d’employés en attribuant à chacun d’eux une fraction de la circonférence parcourue par l'organe transmetteur. Dans ces conditions chaque employé peut, lorsque son tour est venu, transmettre une lettre quelconque sans s’occuper de celle que son voisin vient de faire et la manipulation s’effectue en une cadence régulière, facile à saisir, car elle entraîne l’opérateur comme une sorte de marche au pas.
- L’appareil multiple Meyer est à signaux et peut occuper simultanément de 2 à 8 employés. Les claviers sont composés de huit touches reliées au distributeur. Chaque récepteur est représenté par une fraction d’hélice en relief chargée de l’impression.
- L’application de l’hélice à la reproduction des signaux Morse constitue le principe de l’appareil Meyer.
- L’appareil multiple Baudot est imprimeur et peut occuper simultanément six employés. Les claviers sont composés de cinq touches reliées au distributeur, chaque récepteur est représenté pat-une roue "des types plus un organe spécial appelé combinateur.
- Ce combinateur est la solution mécanique de la numération binaire de Leibnitz qui permet de faire 3a combinaisons à l’aide de cinq touches.
- Le combinateur constitue le principe de l’appareil Baudot.
- Les manipulateurs ou distributeurs de ces deux appareils ont donc l’un et l’autre un nombre de divisions égal au nombre maximum d’émissions nécessaires sur un tour, ce nombre est égal ou
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- supérieur au total des touches des différents claviers ; ceci constitue une différence capitale au point de vue de la durée des émissions comparati-
- vement avec le système multiple dont nous allons nous occuper.
- Les articles précédents et la digression ci-des-
- sus n’auront servi qu’À nous démontrer d’une manière irréfutable que de tous les télégraphes existant actuellement aucun n’est conçu sur des données satisfaisant à la fois à la théorie et à la
- pratique, puisque les uns réclament plusieurs émissions par lettre, et que le seul qui n’a besoin que d’une émission par lettre perd le temps d’une autre manière ; mais tous sont d’accord pour surcharger l’employé et multiplier les erreurs.
- Disons de suite que le nouveau système n’est
- C A fi
- FIG. 3
- basé sur l’appareil Hughes que parce qu’il ne réclame qu’une émission de courant par lettre à reproduire.
- Quant aux principes ; ils diffèrent essentiellement. En effet :
- Le principe de l’appareil Hughes est : synchro^ nisme entre deux circonférences divisées en un même nombre de parties. Lorsqu’au contraire le principe de l’appareil dont je parle est synchronisme entre deux circonférences n’ayant pas le même nombre de parties.
- Au lieu d’un manipulateur A (fig. 5) divisé en un
- même nombre de parties que le [récepteur R., formons un manipulateur comprenant par exemple quatre fois autant de parties que le récepteur R ; divisons cette nouvelle circonférence en quatre parties égales (fig. 6) et nous obtiendrons ainsi un distributeur sur lequel chaque groupe ou secteur contiendra autant de divisions que le récepteur. Relions chaque groupe à un clavier et imposons-
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- 3c>4
- nous ensuite comme condition absolument rigoureuse que les récepteurs soient des roues des types Hughes ; comment ferons-nous pour transmettre et recevoir? Tel est, dans jtoute sa simpli-
- cité, le problème que s’était posé, en 1873, l’auteur de ces lignes.
- Soient D et D' (fîg. 7) deux distributeurs divisés en 112 parties et réglés synchroniquement.
- La roue des types R n’étant divisée qu’en 28 parties, si nous mettons en mouvement les distributeurs et que nous donnions à la roue des types le signal de départ en envoyant un courant sur la
- division r du secteur afférent à cette roue, nous verrons les distributeurs et la roue des types effectuer simultanément leurs révolutions successives, c’est-à-dire que les bras porte-frotteurs FF' pas
- Pile
- l*"3-----
- Distributeur
- Récepteur
- seront sur la division 1 de chacun des secteurs considérés, en même temps que la roue des types présentera sa division 1 à l’organe enregistreur y. En envoyant régulièrement à chaque tour une
- émission sur la division r de ce secteur nous enregistrerons régulièrement le signal représenté par la division 1 de la roue des types. Il en serait de même pour chacun des secteurs qui entreraient en
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- transmission. Mais restons en face d’un seul secteur, ce qui sera vrai pour celui-ci, le sera pour les autres.
- L’harmonie que nous venons de constater subsistera-t-elle si, au lieu d’envoyer un courant sur la première division, nous en émettons un sur la
- deuxième par exemple ?1l est facile de reconnaître que non. En effet : Quel est le chemin parcouru par le distributeur lorsqu'il est en regard de la
- deuxième division. I est de ~ de circonférence.
- Le chemin parcouru pendant ce temps par la roue
- • MM
- des types est mathématiquement le même puisque nous admettons le synchronisme parfait, elle a
- donc progressé de —• de circonférence.
- Constatons soigneusement ici la différence qui s’est établie malgré l’égalité apparente de fonctionnement.
- Le distributeur en franchissant le 20, 112e de
- ne
- FUI. 7 bis
- sa circonférence a passé sur deux divisions. La roue des types a-t-elle progressé de même en faisant passer deux de ses divisions en face de 'organe enregistreur? Evidemment non puisque, marchant synchroniquement avec le distributeur,
- elle n’a progressé que de Nous en concluons
- que si le courant envoyé sur la deuxième division du distributeur agissait sur l’organe enre-
- gistreur cet organe se présenterait en regard du 2e ii2° de la roue des types. N’oublions pas que le courant envoyé est destiné à la deuxième division de cette roue c’est-à-dire au 20 28° de sa circonférence; en conséquence, l’organe enregistreur
- FIO. S
- se présenterait dans l'espace compris entre la première et la deuxième division de la roue des types, ce qui revient à dire que cette roue serait en retard.
- Calculons quel est ce retard et nous toucherons du doigt à la solution mécanique.
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- Nous venons de voir qu’au moment de l’envoi d’un courant sur la 20 division d’un secteur du distributeur, la roue des types afférente à ce secteur est en retard d’une fraction de circonférence équivalente à la fraction représentée par la 20 division de la roue des types, moins la fraction parcourue par cette roue au moment de l’envoi du courant,
- soit l'égalité suivante : ~ .
- b 28 112
- Faisons manœuvrer les fractions sur ce papier comme les organes manœuvrent eux-mêmes, et nous aurons :
- Chemin parcouru par le distributeur à chaque
- division : — ;
- 112 ’
- Chemin parcouru par la roue des types pendant le même temps : ;
- Chemin qu’aurait dû parcourir la roue des types pour présenter sa division 1 à l’organe enregis-
- treur :
- Retard de la roue des types au moment de l’émission de courant sur la ire division
- du distributeur : ^ ^ ;
- FIG. 9
- Retard sur la 20 division :
- - 3e division:
- - 4» division
- 28 28
- - 28» division: 55-—.
- Nos égalités ainsi posées, nous reconnaissons Sans peine que, pour annuler le retard, il faudrait transformer nos fractions manipulantes
- etc., en fractions réceptrices etc.
- Constatons que ces fractions, subissent une progression géométrique régulière, et nous convien-
- drons aussitôt qu’il suffît de multiplier chacune des premières par un même nombre pour obtenir successivement chacune des deuxièmes.
- Après avoir trouvé par quel nombre il faut multiplier ~ pour avoir i, nous aurons le nombre
- par lequel il faut multiplier pour obtenir i, et
- ainsi de suite pour chaque fraction :
- Ce chiffre est le quotient de 112 par 28 — 4.
- En effet, si nous multiplions par 4, nous
- aurons i.
- 28
- C’est à ce nombre que nous allons donner un équivalent dans les organes mécaniques.
- Voici de quelle manière :
- Plaçons bout à bout deux axes A et B (fig. 7 bis). Donnons à l’axe A une vitesse égale à celle de la
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- roue des types, et à l’axe B une vitesse 4 fois moindre qu’à l’axe A, de manière à représenter mécaniquement le chiffre multiplicateur commun que nous avons cherché tout à l’heure.
- Disposons maintenant un mobile c qui puisse à volonté obéir, c’est-à-dire suivre à certains moments l’un ou l’autre de nos deux axes.
- Si ce mobile tourne, entraîné par l’axe A, il fera un tour pendant que la roue des types et le distributeur en font un. Si tout à coup nous le soumettons à l’action de l’axe B, il ne fera plus que 1/4 de tour pendant le même temps.
- Abandonnons pour un instant notre démonstration et faisons un peu de mécanique dans le but de déterminer la disposition mécanique capable de
- guider notre mobile, car c’est sur lui que va reposer la fin de ma démonstration.
- Plusieurs moyens mécaniques étaient à ma disposition pour imprimer à mon mobile les changements de vitesse dont j’avais besoin.
- J’ai choisi un système d’encliquetage analogue à celui qui est utilisé dans l’appareil Hughes.
- A l’une des extrémités de l'axe A, j’ai disposé une roue de frottement T (fig. 8), que j’appellerai, dès maintenant, tambour de frottement.
- Ce tambour est monté entre deux mâchoires, comme la roue de frottement d’un appareil Hughes, de façon à pouvoir tourner librement dans un sens ou dans l’autre.
- Il porte un cliquet C qui n’est autre que le mo-
- ,0, Ptle de ligne
- bile dont je viens de parler. Ce cliquet peut, à un moment donné, embrayer avec une roue de rochet R fîrée à une des extrémités de l’axe B.
- Ces dispositions prises, nous comprenons facilement que si les axes A et B sont en mouvement et que le cliquet soit suspendu au-dessus des dents de la roue de rochet par un disque ou couronne co, autour duquel il peut tourner librement, le tambour T suivra l’axe A, en raison du frottement des mâchoires, emportant avec lui le cliquet, qui tournera ainsi autour de la roue de rochet tant que la couronne le maintiendra dans cette position.
- (Je donne au disque qui supporte le cliquet le nom de couronne parce que son centre est troué pour laisser passer l’axe B).
- Mais supposons que la couronne se dérobe tout à coup sous le cliquet. Celui-ci tombera immédiatement sur la roue de rochet de l’axe B avec la-
- quelle il embraiera. Aussitôt l’embrayage effectué, le cliquet cesse de suivre l’axe A et marche avec l’axe B en forçant le tambour T à glisser entre les mâchoires. Ramenons maintenant la couronne sous le cliquet et nous la verrons reprendre sa marche avec l’axe A.
- Nous sommes donc maître des mouvements de notre mobile.
- Deux questions se posent ici.
- Quand et comment la couronne se dérobe-t-elle ? Quand et comment est-elle ramenée?
- Les explications qui vont suivre demandent quelques instants d’attention.
- Plaçons notre couronne sur un support mobile S (fig. g) muni d’une palette P attirée par un électroaimant Plughes E, un ressort r sollicite le support en sens contraire de l'attraction. Dans cet état, la couronne est sous le cliquet. Pour la déplacer,, il
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- nous faudra envoyer un courant dans l’électro • aimant E pour annuler l’aimantation et permettre au support S de se déplacer sous l’action du ressort r. Le montent de l’envoi du courant étant déterminé par un distributeur, nous avons la réponse à notre première question : Quand et comment la couronne se déplace-t-elle?
- Avant de pouvoir expliquer utilement quand et comment elle est ramenée, je dois faire connaître une troisième position propre au mobile C : c’est son arrêt dans une position déterminée.
- En effet, il ne faut pas oublier que notre mobile a mission d’opérer une multiplication et que, de de même que, lorsque nous faisons une opération arithmétique, nous sommes supposés revenir au commencement de la table de Pythagore à chaque nouveau chiffre à multiplier, notre mobile doit venir, après chaque opération, se placer à un point
- de départ fixe. Cette position d’arrêt lui est donnée par un balancier L (fig. io), contre l’épaulement duquel il vient buter.
- Le balancier L étant commandé par un électroaimant Morse E* relié à un contact local Z placé sur le distributeur au commencement d’un secteur, il s’ensuit qu’à chaque fois que le distributeur passe sur le contact Z, le balancier s’abaisse pour laisser le cliquet se mettre en mouvement.
- En résumé, une fois cette troisième disposition prise, notre mobile peut: i° s’arrêter dans une position fixe ; 2° se mettre en mouvement au moment de l’arrivée du distributeur sur le secteur qui lui correspond et tourner autour de la couronne en suivant le mouvement de l’axe A; 3° changer de vitesse après son encliquetage avec la roue de rochet.
- Une quatrième particularité propre à notre mo-
- Ljgne
- Départ
- bile va ressortir d'elle-même en opérant mécaniquement comme nous avons opéré mathématiquement : c’est le mouvement en sens contraire et avec des vitesses différentes des deux axes A et B. En effet :
- Plaçons nos organes dans leurs positions respectives absolument comme on pose les égalités d’un problème avant d’opérer, et nous aurons : i° le mobile C arrêté dans une position fixe et prêt h partir autour de la couronne co; 2° les deux axes A et B tournant en regard l’un de l’autre avec des vitesses différentes; 3° le distributeur tournant synchroniquement avec l’axe A et la roue des types.
- Commençons l’opération en mettant en mouvement le distributeur.
- ' Lorsqu’il arrive sur le contact Z, un courant est envoyé dans l’électro-aimant E2 ; le balancier L s abaisse et le cliquet portant notre mobile se met en mouvement.
- Pour l’arrêter, nous devrons envoyer un courant dans l’électro-aimant E qui commande le support
- de la couronne. En observant les règles de la transmission créée par notre système, nous enverrons un courant sur une division quelconque du secteur r qui suit le contact Z sur le distributeur ; supposons que ce soit sur la 6e division. A ce moment,
- le distributeur a parcouru ^ de circonférence ;
- notre mobile s’est éloigné de son point de départ de la même fraction, puisque l’axe A sur lequel il est parti tourne synchroniquement avec le distributeur. Le courant envoyé ayant déplacé la couronne, le mobile s’est tout à coup trouvé entraîné par
- l’axe B afin de multiplier de manière à en faire
- ^ au moment où il arrive à son point de départ.
- Cette multiplication impose donc la nécessité de faire revenir le mobile sur ses pas afin de lui faire parcourir le même espace en quatre fois autant de temps que dans son premier mouvement. Nous obtenons donc ainsi cette quatrième particularité
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- mouvement en sens contraire et avec des vitesses différentes des deux axes A et B placés bout à bout.
- Il est évident qu’au lieu de faire tourner l’axe B en sens contraire de l’axe A et de lui donner une vitesse moins grande qu’à cet axe, j’aurais pu faire tourner les deux axes dans le même sens et leur donner des vitesses calculées de manière à obtenir les fractions voulues au moment de l’arrivée du mobile à son point de départ. Mais on reconnaîtra, sans doute, que la disposition la plus rationnelle consistait à donner à l’axe multtplicateur une vitesse trois ou quatre fois plus grande que celle de la roue des types; caries grandes vitesses dans les mouvements alternatifs d’arrêt et de marche, comme ceux dont nous nous occupons, augmenteraient les causes de dérangement et favoriseraient l’usure ou le bris des pièces.
- De la disposition adoptée, il se dégage une singulière remarque au point de vue mécanique : c’est que plus on met de secteurs sur le distributeur, plus la vitesse de l’axe du multiplicateur B est petite, la vitesse de l’axe A restant toujours égale à celle de la roue des types; autrement dit, au lieu d’augmenter la vitesse pour augmenter le travail, on la diminue ; la vitesse angulaire seule du distributeur augmente.
- Il me reste maintenant à dire comment le mobile opère en arrivant à son point d’arrêt pour déterminer l’impression du caractère manipulé et comment la couronne est ramenée.
- Notre mobile partant d’un point fixe pour commencer ses opérations successives et revenant au même point pour les terminer, si nous plaçons sur son passage un contact électrique disposé de manière à ce que la rencontre du mobile avec le
- Pt/e locale
- ii local
- ÀH o
- contact ne puisse avoir d’effet qu’au moment où le mobile ramené par l’axe B arrive à son point de départ. Nous enverrons ainsi un courant dans l’organe enregistreur au moment où l’opération est terminée, c’est-à-dire au moment où les fractions manipulantes sont devenues des fractions réceptrices.
- Si nous nous rappelons maintenant comment le courant agit sur l’organe enregistreur dans les appareils Hughes, nous n’hésiterons pas à confier à l’axe imprimeur ou arbre des cames le soin de ramener la couronne ; de cette manière, l’impression, la progression du papier, l’arrêt du mobile se feront simultanément, et tous ces organes seront prêts à opérer de nouveau au moment opportun.
- Les deux ligures théoriques n et 12 ci-contre ne laisseront aucun doute sur le jeu des nouveaux organes.
- Sur chacune d’elles, les distributeurs portent 4
- disques concentriques isolés entre eux et parcourus par des bras porte-frotteurs F F' synchrônes : les frotteurs sont conjugués deux à deux; les frotteurs 1 et 2 servent d’intermédiaires entre la pile et la ligne ; les frotteurs 3 et 4 servent à l’envoi automatique local du courant pris sur le contact Z et adressé à l’électro-aimant E2 pour commander le départ du mobile C en déplaçant le levier d’arrêt L.
- Prenons comme premier exemple, l’envoi d’un courant initial sur la division x, la roue des types étant encore à l’arrêt.
- La figute ti représente les positions respectives des différents organes récepteurs au moment de l’arrivée du porte-frotteurs sur le secteur considéré (secteur 2 par exemple). La roue des types présente sa division 1 à l’organe enregistreur. Le mobile C porté par le cliquet est à gauche du contact m de la valeur de de circonférence, car l’ar-
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- 3io
- rivée du frotteur 2 sur le contact Z, orienté à ^ d’avance, a fait partir le mobile avant l’arrivée du porte-frotteurs sur le secteur 2.
- Ceci entendu, envoyons un courant sur la division 1 en appuyant sur la clef k, et suivons le courant de la division x (distributeur D), il passe sur la ligne à travers les frotteurs 1 et 2 reliant les disques 1 et 2 et se rend à l’arrivée au distributeur D' où il entre par le disque 2 pour se rendre à la terre à travers les frotteurs 2 et 1, puis la division 1 reliée à la clef k' et l’électro-aimant E. Son passage dans l’électro-aimant E détermine le déplacement de la couronne et l’embrayage du
- mobile C avec la roue de rochet de l’arbre B. Cet embrayage ayant pour but de ramener le mobile à son point de départ, ce mobile ne tardera pas à rencontrer le contact local m puisqu’il n’en est
- éloigné que de de circonférence. Cette rencontre ayant pour but d’envoyer un courant dans l’organe enregistreur, nous obtiendrons avec ce premier courant l’impression de la division 1 et la mise en marche de la roue des types.
- Laissons nos porte-frotteurs, notre roue des types et notie mobile tourner synchroniquement et passons à la figure 12.
- Appuyons sur la ciel k reliée ici à la 28° divi-
- FIG. l3
- sion du secteur 2 e courant suivra le même chemin que précédemment, mais, jetant les yeux sur es organes récepteurs, nous voyons que la roue des types s’est déplacée dans le sens de la flèche 28
- f2 de — de circonférence, le mobile C s’est dé-
- J 112 7
- placé, entraîné par l’axe A, dans le sens de la flè-
- 23
- che de la même fraction de circonférence :--------
- 112
- Regardons maintenant où se trouve la 28° division sur la roue des types et le chemin qui lui reste à parcourir pour venir au-dessus de l’organe
- enregistreur. Il lui reste ^ qu’elle avait déjà parcourus au moment de l’arrivée du courant, ~7Ï2 à parcourir pendant que le mobile C reviendra à son point de départ. Ce mobile s’étant éloigné, comme nous venons de le voir, du con-
- tact local de — entraîné par l’axe A, doit revenir
- au même point avec l’axe B qui multiplie, nous le savons, la distance ou le temps par 4.
- Multipliant ^ par 4, nous obtenons ou j-j-ï c’est-à-dire que la roue des types, au lieu de par-
- O .
- courir les — qui restent à parcourir pendant que le mobile revient au point de contact, parcourt une circonférence complète, soiti^. En agissant
- ainsi la 28° division à enregistrer dépasserait l’organe enregistreur. La solution serait mauvaise. Il n’en est cependant rien, et c'est avec intention que j’ai laissé subsister le chiffre 4 comme vitesse de l’axe multiplicateur afin d’attirer particulièrement l’attention sur la règle suivante à appliquer dans la construction.
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- La vitesse de l’axe multiplicateur B est inférieure à celle de la roue des types d’un chiffre égal au quotient du nombre de divisions d’un distributeur par le nombre de divisions d’une roue des types moins un. En effet :
- La distance à parcourir par la roue des types étant, dans notre exemple, de ^ de circonférence et la distance à parcourir par le cliquet n’étant que de —, on comprend que, pour qu’ils arrivent simultanément au point voulu, le rapport entre la vitesse, du mobile et celle de la roue des types est égal au quotient des deux fractions de circonfé-
- rence a parcourir, soit — ; — = 3.
- En praticiens nous dirions : il faut, dans la vitesse à donner à l’axe multiplicateur, tenir compte du chemin parcouru par la roue des types pendant que le mobile va prendre sa position pour commencer à multiplier; ce chemin est évidemment égal à une unité, puisque la roue des types et le mobile sont synchrones pendant la première partie de l’opération.
- Voici comment ce problème a été réalisé pratiquement dans les ateliers Bréguet.
- Les deux axes A et B sont placés bout à bout, comme nous l’avons vu, et portés par un plateau spécial PL (fig. i3), qui s’adapte à un appareil Hughes, de manière à ce que la roue R' de l’axe A embraie avec la roue R de l’axe de la roue des types; ces deux roues ont le même diamètre. La roue R2 de l’axe multiplicateur B embraie avec une roue nouvelle R3 ajoutée à l’arbre 3 d’un appareil Hughes. Le diamètre de ces deux roues est calculé pour donner à l’axe B la vitesse voulue.
- L’électro-aimant Hughes E est disposé de manière à commander un bras B1 fixé sur un levier L1 qui porte un deuxième bras B2 chargé de l’embrayage et du débrayage du mobile. Un troisième bras B3 s’avance en regard d’une came spéciale Y adaptée à l’axe imprimeur. Le déclenchement local au lieu d’être dû à un courant envoyé par le mobile C, arrivant à son point d’arrêt est dû à un déclenchement mécanique provoqué par le même mobile et représenté sur la figure 14 par quelques organes : D, D1, D2 faciles à reconnaître.
- Lorsque le courant venant de la ligne traverse l’électro-aimant E, le bras B1 s’éloigne des pôles poussé par la palette P A et entraîne avec lui le levier L‘ qui, à son tour, déplace le bras B2 pour laisser le mobile embrayer. Celui-ci en arrivant à son point de départ rencontre les organes de déclenchement, fait basculer le levier d’échappement E et l’axe imprimeur embraye comme avec un Hughes ordinaire.
- Dans le mouvement de l’axe imprimeur, la came Y agit sur le bras B3 pour ramener la palette sur les pôles et débrayer le mobile. En orientant con-
- venablement la came Y, on peut donc pousser le mobile derrière l’épaulement e du levier L (fig. 10) au moment précis où il y arrive; la palette étant ramenée en même temps au contact des pôles, il s’ensuit que tous les organes déplacés pour l’impression d’une lettre sont remis en place à temps pour pouvoir repartir utilement à chaque tour du distributeur.
- L’assemblage des nouveaux organes forme un mécanisme spécial auquel j’ai donné le nom de « compensateur » et qui s’adapte à un Hughes comme une clef s’adapte à une serrure.
- Inutile de faire remarquer que ce système ne crée aucune complication mécanique et que, au point de vue électrique, un seul électro-aimant par secteur du distributeur est relié à la ligne. Une seule émission étant nécessaire par lettre à imprimer le rôle de l’employé est donc réduit à sa plus simple expression, puisqu’il n’a qu’une seule touche à abaisser par tour de roue des types.
- Les deux dernières questions suivantes se posent encore :
- N’y a-t-il aucun empêchement sérieux pour marcher en ligne ?
- Combien pourrait-on faire de dépêches à l’heure >
- Un simple examen comparatif me permettra de répondre rapidement à chacune de ces questions.
- Admettons en principe que les mécanismes et la ligne soient bons. Dans ce cas, un appareil Meyer octuple, par exemple, écoulerait en une heure de 220 à 25o dépêches pour lesquelles il passerait sur 5ooooo contacts environ, ce qui équivaudrait à l’envoi de cinq cent mille émissions (5ooooo).
- Mais un Meyer octuple, même sextuple, marche péniblement et irrégulièrement. Pourquoi? Parce que, par son principe même, il demande trop d’émissions à la pile et surcharge la ligne.
- La ligne et l’électricité sont, en somme, de bien bonnes filles ; seulement je crois qu’on leur demande trop!
- Si je me représente un électricien, mécanicien, observateur, pénétrant dans un de nos grands bureaux télégraphiques et s’immisçant aux différents systèmes rapides actuellement en service, je suis convaincu qu’il ne tarderait pas à reconnaître que tous, avec leurs centaines de mille d’émissions à l’heure pour produire un nombre relativement restreint de lettres, écrasent la ligne, gaspillent l’électricité, et ces deux amies qui ne demandent, en somme, qu’à nous servir, regimbent parce qu’elles n’en peuvent mais!
- Un fil de 5oo kilomètres peut facilement écouier de 100 à i5oooo émissions à l’heure; lorsqu’on dépasse ce chiffre, on éprouve des difficultés. Eh bien! nous n’avons pas besoin de ces i5oooo émissions, puisqu’une seule, dans le cas qui
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- nous occupe, étant nécessaire par lettre à reproduire, nous imprimerions en les envoyant un nombre de dépêches égal à i5oooo divisé par le nombre moyen d’émissions nécessaires pour une dépêche; 'Ce nombre étant de i5o environ,
- nous obtiendrons 15^-° — i ooo dépêches à l’heure.
- Limitons-nous à 5oo dépêches à l’heure et nous ne demanderons plus à la pile et à la ligne que 75 000 émissions. Si un fil peut facilement écouler i5oooo émissions à l’heure, à plus forte raison il en écoulerait, sans peine aucune, 75000; diminuons encore ce nombre pour 11e nous donner que 400 dépêches à l’heure par exemple, c’est-à-dire le double et le triple de ce que l’on fait actuellement et nous n’aurons plus besoin que de 60000 émissions. Ces chiffres se passent de commentaires et démontrent une fois de plus, sans le prouver davantage, l’énorme supériorité des télégraphes à une seule émission de courant par lettre à reproduire sur ceux qui en demandent plusieurs.
- L’avenir de la télégraphie est, je crois, à la meilleure application qui sera faite de ce principe.
- Je viens de faire connaître succinctement une solution dans cette voie. Outre la supériorité du principe, elle permet, au point de vue de l’exploitation, l’utilisation du matériel Hughes déjà existant. Ce dernier point paraît être un grand avantage, puisque d’un bout du monde à l’autre, il n’est question que d’économies !
- Est-ce à dire que la solution dont je viens de parler soit la seule? Non, sans doute. Il doit y en avoir d’autres. La parole est aux chercheurs.
- J. Munier.
- jP.-S. — Une description complète du mécanisme compensateur et du distributeur paraîtra ultérieurement dans les colonnes de La Lumière Electrique.
- A PROPOS DES TÉLÉPHONES
- La découverte du microphone par le professeur Hughes et la construction de microphones métalliques capables de transmettre la parole ont modifié la question de l’originalité des transmetteurs téléphoniques généralement employés. On voit maintenant que le transmetteur primitif de Reis contient nécessairement, malgré ses imperfections au point de vue pratique, le principe réel du microphone, bien que M. Reis lui-même ne s’en soit peut-être pas rendu compte. Il n’a pas inventé le microphone pur et simple fonctionnant sans membrane et par la propriété générale d’un contact imparfait entre des conducteurs traversés par un
- courant électrique, mais il a trouvé une forme de microphone combiné avec une membrane qui agit comme un régulateur de courant et peut transmettre la parole. L’invention du vrai microphone appartient toujours au professeur Hughes, malgré tout ce qui a été fait par Reis et par Edison, parce qu’il a, le premier, élucidé la question et les conditions de l’action microphonique, sans compter qu’il a inventé un appareil fonctionnant d’une manière différente, c’est-à-dire sans l’emploi de membrane et sous l'action directe de l’air ou par la vibration moléculaire d’un corps. Il a également démontré comment on pourrait faire entendre ces vibrations au moyen de ses contacts microphoniques délicats et pour ainsi dire amplifier les sons. Mais la découverte par Reis d’un microphone, même imparfait, combiné avec une membrane et destiné à la transmission de la parole est d’une importance capitale au point de vue de la revendication d’originalité par Edison d’un transmetteur à charbon qui, en réalité, est un microphone combiné avec une membrane. Si l’appareil de Reis renferme le principe pratique, il s’ensuit qu’Edison n’est pas le premier et le véritable inventeur du transmetteur microphonique combiné avec une membrane, et que son invention originale se borne à des détails de construction, à l’emploi de la plombagine, etc. Il en résulte également que d’autres inventeurs peuvent se servir librement du principe en question avec des modifications de détail originales, pourvu que ces détails ne soient pas identiques à ceux inventés et brevetés par Edison.
- Il est évident que, si le principe pratique d’une invention est dans le domaine public, ce n’est que dans la manière de réaliser ce principe qu’on peut revendiquer un perfectionnement ultérieur comme une nouvelle invention.
- Examinons maintenant soigneusement la question. La revendication du brevet Edison, qui tient ferme contre tant d’autres transmetteurs téléphoniques, est celle-ci : « La combinaison d'un diaphragme ou membrane avec un régulateur de tension conlme il a été décrit. » Dans quelques transmetteurs récents, il n’y a pas de membrane, dans le sens ordinaire du mot, mais ce point pourrait être discuté devant les tribunaux. Il semble donc que si le brevet Edison comprend toutes espèces de régulateurs de tension en charbon, aussi bien qu’en métal combinées avec un diaphragme, il doit aussi couvrir le transmetteur à platine de Reis, qui peut être considéré comme un microphone à platine combiné avec un tympan. Il est vrai que la combinaison d’Edison est spécifiée comme étant » dans un circuit fermé », et il est généralement admis que l’appareil de Reis interrompait le circuit. Mais ceci n’est vrai qu’en partie. Un coup d’œil sur l’un des instruments de Reis datant de 1860-61 suffit à démontrer l’existence d’un ressort pressant sur le contact comme pour
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- le tenir ferme, et l’appareil pouvait également fonctionner sans interruption du circuit. Le fait queReis l’a fait parler prouve qu’il agissait parfois comme un microphone ou un vrai régulateur de tension dans le sens d’Edison. Il importe peu que Reis lui-même ne se soit pas entièrement rendu compte du fonctionnement et parlât d’interruptions. L’appareil était là, et nous pouvons aujourd’hui mieux que lui comprendre sa manière de fonctionner. J’ai entendu la parole transmise par les contacts d’un transmetteur à platine qui n’était autre chose qu’une copie de l’instrument de Reis. Le transmetteur de Reis est donc un microphone, du moment que les sons ne sont pas assez forts pour interrompre son circuit, et il en résulte qu’étant antérieur au brevet d’Edison, celui-ci se trouve invalidé. C’est une façon de voir parfaitement légitime qu’on peut soutenir, et qui, après réflexion, doit s’imposer à tout électricien expert quoi qu’il en pense au premier abord.
- On peut admettre que Reis n’a pas publié le principe du microphone comme l’a fait le professeur Hughes, et que probablement il ne s’est même pas rendu compte de son existence, bien que le prin • cipe ait dû se manifester dans une certaine mesure dans son appareil, à en juger d’après les résultats obtenus et d’après la construction vraiment microphonique de l’appareil. Mais Edison lui-même ne semble pas avoir saisi ou publié l’action microphonique de son transmetteur à charbon. Au contraire, il paraît l’avoir considérée comme l’effet d’une propriété que possède la plombagine de modifier sa résistance sous pression. C’est à Hughes que revient la découverte du principe microphonique d’un contact imparfait, et ce fait ne doit jamais être oublié. Ce n’est qu’après la découverte de Hughes (qui s’applique aussi bien aux métaux qu’au charbon, et à des conducteurs comme à des semi-conducteurs) qu’on a vu que l’apppareil d’Edison fonctionnait d’après le principe microphonique ; et de même pour l’appareil de Blake.
- Il en résulte que si nous considérons l’instrument d’Edison comme une forme de microphone, nous devons aussi considérer l’appareil de Reis de 1860-61 comme une autre forme de microphone. Tous les deux se composent d’une membrane combinée avec un régulateur de tension. L’emploi du charbon dans l’un et du métal dans l’autre n’est d’aucune importance, car depuis la découverte du professeur Hughes et la construction d’appareils parlants avec des contacts en métal au lieu de charbon, il est bien connu que les métaux peuvent également constituer des régulateurs de tension. Le point faible de cette argumentation est que l’appareil de Reis ne fonctionnait pas toujours en circuit fermé; mais ceci est plutôt une question de nuance que de fond. Avec des sons forts le circuit serait interrompu, et avec des sons plus faibles il reste-
- rait fermé, dans ce sens que le courant ne serait pas tout à fait interrompu, quoique son intensité fût réglée. En parlant assez fort, on pourrait aussi interrompre le circuit d’un transmetteur de Blake. Des sons forts peuvent toujours provoquer des interruptions dans le circuit d’une disposition microphonique quelconque, et le ressort qui, dans l’appareil Blake, sert à presser les surfaces de contact l’une contre l’autre, trouve exactement son analogue dans le ressort employé par Reis pour mettre ses surfaces de platine en contact. De fait, le transmetteur Reis de 1860-61 est essentiellement un microphone, tout comme celui de Blake. Il contient tous les éléments de l’appareil Blake, membrane, points de contact et ressort de réglage. Remplacez l’un des contacts dans l’instrument de Reis par un charbon dur, et vous aurez à peu près le transmetteur Blake.
- La raison pour laquelle les contacts de Reis ouvrent le circuit plus facilement que ceux de Blake, est qu’ils sont tous les deux en platine. Si l’un avait été en charbon, cette difficulté serait disparue, et M. Reis aurait réussi complètement à construire un téléphone pratique. En effet, il aurait complètement anticipé Edison et Bell. Son insuccès provient des matériaux employés, plutôt que du principe même. Mes propres expériences ont démontré que les contacts métalliques et spécialement ceux en platine ouvrent très facilement le circuit sous l’influence des vibrations de la voix et la raison en est probablement que Yarc ou la décharge d’air qui les relie pendant la vibration sont très courts, plus courts que pour les charbons, et pour quelques autres métaux. Par conséquent, les vibrations de la voix doivent être beaucoup plus faibles qu’avec le charbon, si l’on veut garder un circuit continu. C’était là la difficulté principale de Reis, mais c’était une difficulté de détail et non de principe. Nous avons aujourd’hui des contacts métalliques qui la surmontent, sans avoir du tout recours au charbon.
- Voici maintenant un résumé des principaux points de cette argumentation :
- i° En 1860-61, Philippe Reis a construit un transmetteur téléphonique avec des contacts de platine et un appareil récepteur composé d’un électro-aimant avec une mince armature en fer, en face des pôles, mise en vibration par le courant. (Voir le travail de M. Silvanus Thompson, intitulé Philippe Reis, inventeur du téléphone, qui contient une description complète de l’appareil.)
- 20 Le récepteur de Reis est essentiellement un récepteur Bell, n’ayant avec ce dernier que des différences de détail;
- 3° Le transmetteur de Reis est essentiellement un microphone métallique d’une construction imparfaite, il est vrai, mais toujours un microphone. Le métal employé était du platine ;
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- 4° Le transmetteur d’Edison est essentiellement un microphone à charbon. Le transmetteur Blake, qui est une dérivation de celui d’Edison, est un microphone à charbon et à platine ;
- 5° Le microphone de Reis était combiné avec une membrane, tout comme ceux d’Edison et de Blake;
- 6° Le transmetteur de Reis étant un microphone est aussi un régulateur de tension de la même nature que ceux d’Edison et de Blake, dont il ne diffère principalement que par les matériaux employés ce qui constitue une question de nuance plutôt que de fond. Tous les deux peuvent fonctionner en circuit fermé, pouivu que l’intensité du son émis, soit réglée pour chaque appareil;
- 7° La revendication d’Edison, de la combinaison d'une membrane avec un régulateur de tension, dans un circuit fermé, a donc été anticipée par le transmetteur de Reis, et ne peut être soutenue.
- En effet, la revendication d’Edison est trop large.
- S’il s’était borné à revendiquer l’emploi du noir de fumée, de la plombagine, ou même des matières semi-conductrices (comme il l’a fait d’abord dans son brevet anglais, avant d’y introduire des modifications pour couvrir un plus grand nombre de points), il aurait peut-être été plus certain de garder ses droits, car nous ignorons si Reis a employé les mêmes substances. C’est en étendant ses revendications, qu’il s’est heurté contre les travaux antérieurs de Reis.
- Il est inutile d’insister sur les travaux du professeur Hughes, car c’est sa découverte qui a jeté de la lumière sur toute la question. De plus, il paraît que c’est le professeur Hughes qui a prouvé à Edison lui-même, comme à Blake, que les contacts en charbon dur valent mieux que le noir de fumée et la plombagine. Le charbon dur n’a jamais été employé avec succès dans les transmetteurs, avant l’introduction du microphone de Hughes. Ce dernier nous a également mis à même de constater que l’instrument de Reis était en réalité un microphone métallique, et a ouvert le chemin à la production de microphones métalliques qui fonctionnent comme des transmetteurs.
- Ces appareils pourraient être considérés comme des formes perfectionnées du microphone de Reis, de même que le transmetteur Edison, puisqu’ils sont tous des régulateurs de tension dans un circuit fermé. De plus, ils ont l’avantage de ne pas avoir de membrane, comme l’appareil de Reis dont ils diffèrent, sous ce rapport, encore plus que l’appafeil Edison.
- L’abandon de la membrane découle également de, l’invention du professeur Hughes, puisqu’il a trouvé cet organe inutile.
- La question de savoir ce qui constitue une membrane a été beaucoup discutée dans notre pays et
- plusieurs autorités éminentes ont été d’avis que tout constituait une membrane. Quelques-unes ont dit que la terre elle-même constitue une membrane. Si par exemple on place un microphone par terre, cette dernière devient une membrane. Certainement Edison n’a pas eu l’intention de breveter la terre ! D’ailleurs il ne le pourrait pas même s’il le voulait. La supposition est absurde mais elle sert à démontrer combien le raisonnement est faux. Ces autorités ont seulement voulu dire que la terre agirait comme un vibrateur physique. Mais nous voyons là l’origine de cette erreur, car un vibrateur dans le sens physique du mot n’est pas nécessairement une membrane en langage technique, pas plus qu’un bloc en bois n’est une table. Par le mot membrane ou diaphragme, Edison veut dire une membrane ou un diaphragme dans le sens ordinaire du mot et pas autre chose. Si le professeur Hughes n’avait pas démontré l’inutilité de ces organes bien connus, nous n’aurions jamais entendu parler d’une membrane dans un autre sens que celui qu’on y attache ordinairement, et il n’aurait pas été nécessaire de torturer le sens du mot pour l’étendre aux objets les plus différents, tels qu’un bloc de bois, une quantité d’eau ou tout autre corps capable de vibrations.
- En effet, s’il faut considérer un corps vibrant quelconque comme une membrane, les parties essentielles du microphone deviennent, par ce fait même, des membranes et par conséquent la revendication d’Edison peut être interprétée comme la combinaison d’un régulateur de tension avec lui-même, conclusion parfaitement absurde.
- T. Munro.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (l) APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ
- AUX CHEMINS DE FER
- HORLOGES ÉLECTRIQUES
- CONTROLEURS DE RONDES ET APPAREILS DIVERS
- Le matériel des appareils électriques à l’usage des chemins de fer exposé à Philadelphie ne présentait guère d’actualité ; presque tous avaient déjà été décrits dans La Lumière Electrique bien antérieurement à l’exposition américaine et nous nous contenterons de citer comme les principaux, les signaux de Hall {La Lumière Electrique, vol. IX, p. 78) et le système Westinghouse
- P) Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- exposé par l’Union Switch and Signal C° (vol. IX,
- p. 73)*
- Les horloges électriques, de leur côté, bien que largement représentées n’offraient pas non plus beaucoup de nouveau et là aussi nous avons à renvoyer le lecteur à la collection de notre journal pour les appareils de M. Spellier (vol. II, 3g8 ; — III, 159; — VII, 523 et VIII, 52i) et ceux de MM. Grau et Wagner (vol. XII, 186 et XIII, 348).
- Néanmoins quelques-uns des appareils exposés dans cette section n’ont pas encore été décrits ici et nous allons les passer en revue dans les paragraphes qui vont suivre.
- PENDULE ÉLECTRIQUE (STANDARD TIME FROM ELECTRIC SYSTEM).
- La pendule électrique représentée par les figures 1 et 2 repose sur le principe suivant :
- Le balancier régulateur, au lieu de déterminer l’échappement d’un système d’engrenages actionné par un poids ou un ressort, est au contraire chargé de communiquer le mouvement à tout le système. On y arrive au moyen d’une ancre a solidaire du balançier et qui, à chaque oscillation de celui-ci, fait avancer d’une dent une roue à rochets r.
- Dans le modèle exposé, le pendule battait la seconde. La roue r avançait donc d’une dent à la seconde, et ses mouvements étaient transmis aux aiguilles par une minuterie ordinaire.
- Pour entretenir les mouvements du pendule, on a disposé dans le voisinage de son axe de suspension une sorte de fléau de balance b b qui porte une armature R à chacune de ses extrémités, et en face de chacune d’elles est installée une paire d’électroaimants EE.
- Chacune de ces armatures est munie d’une petite tige verticale vv, sur le sommet de laquelle vient s’appuyer un léger ressort horizontal ss. Lorsque le fléau est horizontal lui-mème, les deux ressorts ont une légère bande.
- D’un autre côté l’extrémité supérieure du balancier est munie d’une fourche ^qui, à chaque oscillation viendra buter tantôt contre l’un des ressorts ss, tantôt contre l’autre. Chacun de ces contacts ferme un circuit comprenant une pile et la paire d’électro-aimants située au-dessus du ressort qui vient d’être touché.
- Cela posé, chaque fois qu’un contact a lieu, l’armature, située au-dessous, est vivement rappelée. Elle détermine le mouvement de l’ancre a, et, par suite, la roue r avance d’une dent. Mais en même temps, la tige v s’abaisse, le ressort s qui s’appuyait sur la fourche du balancier n’étant plus maintenu d’autre part, la renvoie en lui communiquant une légère impulsion. Les mouvements du balancier sont ainsi entretenus. Quant au ressort
- s, il sera rebandé par la tige v, lorsque l’autre armature s’abaissera.
- De cette façon, le pendule n’actionne pas directement la roue à ancre a ; il n’a donc pas à vaincre
- K1G I
- d’efforts qui, si faibles 1 qu’ils puissent être, pourraient troubler la régularité de sa marche.
- Cette solution est simple et ingénieuse, mais nous devons ajouter que son principe est connu depuis longtemps. Il a été décrit dans les traités de Du Moncel, et appliqué notamment par Fro-
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- ment et MM. Liais, de l’Observatoire de Paris, Vérité de Beauvais et par Robert-Houdin, etc.
- Mais, cette pendule a été appliquée à la distribution de l’heure. Telle qu’elle est représentée sur les figures i et 2, elle permet d’envoyer un courant
- dans une série de directions quelconques, soit toutes les secondes, soit toutes les minutes.
- Pour cela, sur l’un des côtés de la pendule est disposé un ressort V, sur lequel viendra s’appuyer, chaque fois que l’armature R située en face s’abaissera, une pointe portée par cette armature. On
- ferme ainsi, toutes les secondes, un circuit qui renferme un nombre quelconque de pendules analogues à celle que nous venons de décrire plus loin.
- Si l’on peut se contenter de transmettre l’heure toutes les minutes, on aura recours au dispositif suivant, que comporte aussi la pendule :
- Fl G. 3
- La roue à rochets r fait un tour sur elle-même en une minute. Elle entraîne avec elle un disque circulaire dd calé sur son axe et représenté en pointillé sur la figure. La circonférence de ce disque présente une seule encoche a, d’un autre côté un levier h, sollicité par un ressort, s’appuie constamment sur cette circonférence.
- L’extrémité supérieure de ce levier |se trouve en
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- face d’une pointe portée par la seconde des armatures RR. En général ce levier est trop éloigné pour que la pointe puisse venir la rencontrer, lorsque l’armature s’abaisse. Mais ce fait se produira, toutes les fois que l’autre extrémité du levier s’engagera dans l’encoche du disque d d.
- On aura ainsi un contact toutes les minutes.
- Quant à l’appareil récepteur des pendules qui doivent être gouvernées par celle que nous venons de décrire, il est représenté sur la figure 3.
- Soit toutes les minutes, soit toutes les secondes, suivant le degré de précision que l’on voudra obtenir, un courant presque instantané viendra parcourir l’électro-aimant que l’on aperçoit sur la figure 3.
- Son armature A, en s’abaissant, dégage un premier cliquet c engagé dans les dents d’une roue à rochets R. En même temps, elle fait basculer un petit levier / qui porte un index i. Celui-ci fait avancer la roue R d’une dent. Quand l’armature se relève, le cliquet c revient en prise, et s’oppose à tout mouvement rétrogade de la roue R. Les mouvements de cette dernière sont transmis aux aiguilles par une minuterie ordinaire.
- Ce système n’est pas susceptible d’être appli-
- qué en grand, par exemple à l’unification de l’heure dans une ville. En effet, chacune des pendules réceptrices étant directement actionnée par le courant, on serait conduit à une installation de piles énorme et à une dépense de zinc exagérée. Il est inférieur à ce point de vue au système où les horloges réceptrices sont actionnées par un poids ou par un ressort, et dont l’échappement seul est gouverné par l’horloge principale.
- Enfin, il exige un réseau spécial de conducteurs. Cette solution et toutes celles du même genre que l’on pourrait imaginer constitueront toujours des solutions bien inférieures à celles qui ont été proposées par Fénon, Collin, etc., déjà décrits dans La Lumière Electrique, qui se bornent à faire périodiquement une remise à l’heure et peuvent emprunter pour cela les réseaux télégraphiques existants.
- CONTROLEUR DE RONDES KEEPER.
- Cet appareil est très simple, mais il en existe de semblables depuis longtemps en France.
- Dans chacun des postes où doit se rendre suc-
- cessivement le veilleur, est installé un bouton de | sonnette ordinaire dont les conducteurs se ren- j dent à la station centrale, où est disposé l’appareil, j Celui-ci se compose d’un mouvement d'horlo- : gerie qui entraîne un disque de papier et fait un ! tour en 12 heures. Ce disque est divisé en une ! série de secteurs qui correspondent les uns aux ; heures, les autres aux minutes; de plus une série ; de cercles concentriques divisent la surface du pa- j pier en régions qui correspondent chacune à l’un des postes que doit visiter le veilleur (fig. 4). j
- Enfin, en face Me ce disque sont disposés des électro-aimants, reliés chacun à l’un des postes dont nous venons de parler et qui commandent chacun le mouvement d’un stylet dont la pointe est située en face la région du disque qui correspond au même poste que l’électro-aimant.
- On comprend dès lors que toutes les fois que le veilleur appuiera sur le bouton d’un poste, il actionnera l’electro-aimant correspondant dont le stylet fera un trou dans le disque en papier (fig. 5).
- La distance de ce trou au centre du disque,
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- qu’on relève immédiatement, grâce aux cercles concentriques qui sont tracés à sa surface, donnera le numéro du poste. Le secteur dans lequel il se trouvera donnera l’heure du passage du veilleur dans ce poste.
- Cet appareil permet donc de suivre la marche du veilleur. Il est simple, mais n’est susceptible d’être appliqué qu’à un petit nombre de postes. Sans cela, en effet, il faudrait donner au disque un diamètre démesuré, et le grand nombre d’électro-aimants dont il faudrait munir l'appareil deviendrait la cause d’une véritable complication. Il faut remarquer aussi que la précision des lectures des heures de passage diminue beaucoup pour les postes dont les stylets sont voisins du centre du
- 90 10 4 50 a,
- °* os 0|, ov
- disque, et l’on ne peut pas voir, d’un simple coup-d’œil, si le veilleur a suivi exactement la route qui lui était tracée.
- Nous avons donné nous-mêmes une solution du même problème (Voir La Lumière Electrique, tome oo, page oo) qui nous paraît préférable. Quel que soit le nombre des postes, il nous suffit d’un électro-aimant. Au lieu de nous servir de stylets pour enregistrer les signaux, nous avons un véritable appareil imprimeur qui inscrit une lettre déterminée au moment du passage du veilleur dans chaque^poste. La position de la lettre sur le papier divisé par une série d’ordonnées équidistantes, donne l’heure du passage dans tous les postes avec la même exactitude. Enfin, l’ensemble de ces lettres doit former un mot ou une phrase ayant un sens, si le veilleur est passé dans tous les postes en suivant l’ordre prescrit.
- CONTROLEUR DE RONDES, SYSTEME HOWARD,
- DE DOSTON.
- Dans l’appareil que nous venons de décrire, le signal correspondant à chaque poste se distingue par sa distance au centré du disque de papier. Comme nous l’avons vu, on ne peut relier un grand nombre de postes au même enregistreur, la précision des lectures diminuant rapidement avec ce nombre. De plus, il faut un électro aimant par poste.
- Ces inconvénients sont évités dans l’appareil que nous allons décrire. L’enregistreur est toujours un disque en papier qui fait une révolution en i2 heures, mais chaque fois que le veilleur tire
- (FIG. 0
- le bouton d’un poste, c'est le numéro de ce poste qui est enregistré.
- Malheureusement, dans cet appareil, l’inscription n’est pas faite en caractères ordinaires, mais en caractères analogues à ceux adoptés pour l’appareil Morse.
- Les divers points qui désignent le numéro d’un poste se trouvent disposés suivant les rayons du disque. Ils se distinguent parfaitement les uns des autres comme on le verra par le fac-similé représenté figure 6.
- La précision des lectures est toujours la même, quel que soit le nombre des postes, et il est facile de voir, par un simple coup d’œil, si le veilleur a bien suivi le chemin qui lui était tracé.
- Ces résultats sont obtenus au moyen des procédés suivants :
- i° Dans chaque poste est installé un appareil représenté figure 7.
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- 3«):'-r
- Il renferme un mouvement d’horlogerie rudimentaire composé d’un ressort renfermé dans un barillet, d’une roue à échappement et d'un petit pendule à ancre. En tournant la manivelle de l’axe du barillet de cet appareil, on bande le ressort et en même temps, on déclenche le barillet, qui se met à tourner mais ne peut faire plus d’un demi-tour si le bouton est immédiatement abandonné à lui-même, comme cela a lieu en pratique.
- Dans son mouvement, il entraîne une roue dentée sur la face de laquelle sont implantées des goupilles dont le nombre et l’ordre de succession sont en rapport avec le signal qu’il s’agit d’expédier. Un ressort de contact R ferme le courant chaque fois qu’une goupille g vient à le rencontrer, et,
- dès lors, suivant la forme de cette roue, il se pro duira, au cours de la révolution du barillet, une série de contacts dont le nombre et l’ordre de succession seront parfaitement déterminés.
- Chacun de ces contacts détermine l’envoi d’un courant instantané au poste central où se trouve un appareil (figure 8) se composant d’un mouvement d’horlogerie ordinaire faisant marcher en même temps que les aiguilles des heures un disque en papier qui fait un tour en douze heures, et qui vient d’être décrit au commencement. Le courant interrompu envoyé par l’appareil (fig. 7) attire l’armature a a' d’un électro-aimant : l’extrémité a' vient appuyer sur la face antérieure d’un petit stylet normal au papier et qui vient y percer un trou.
- D’un autre côté, ce stylet est porté par une pièce 11 mobile autour d’un axe O, et à laquelle
- un pignon u communique un mouvement de rotation dès que l’armature a a' vient à s’abaisser. Le stylet avance ainsi graduellement et se dé-
- place sensiblement suivant un rayon du disque à l’aide d’un mouvement d’horlogerie spécial placé à droite et à gauche de ce disque en papier. Ce dé-
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- placement est limité, et dès qu'il est arrivé à sa valeur maxima, le stylet est automatiquement rappelé à sa position initiale.
- On comprend dès lors comment, la position du stylet variant entre deux mouvements consécutifs de l’armature a a', à chacune des émissions de courant occasionnées par les contacts successifs qui se produisent dans les postes, peut correspondre sur le papier un point occupant un emplacement déterminé.
- Ce système, supérieur au précédent, présente cet inconvénient que tous les appareils installés dans les divers postes que doit visiter le veilleur, sont relativement compliqués, présentent des causes de dérangement et sont nécessairement d’un prix assez élevé. Aussi pensons-nous que la solution à laquelle nous avons fait allusion plus haut, et qui ne nécessite, dans les divers postes, que l’installation de simples boutons de sonnettes, est préférable, d’autant plus qu’elle inscrit ses indications en caractères usuels.
- APPAREIL AVERTISSEUR DES DEPARTS
- Cet appareil a pour but de produire des signaux acoustiques à des instants déterminés à l’avance. Son inventeur, sir John S. Bailey, en a prévu surtout l’emploi dans les gares, dans les stations d’omnibus et de bateaux, où il doit donner automatiquement le signal du départ, et amener ainsi une plus grande régularité dans le service.
- Il est d’une grande simplicité. Sur un cadran divisé en 12 heures se meut une seule aiguille. Celle-ci porte une série de balais en nombre égal à celui des sonneries que l’on veut actionner, et qui se déplacent le long d’une autre série de cercles concentriques en métal (tig. g).
- On introduit dans ces rainures qui sont percées de trous dans toute la circonférence des chevilles métalliques, aux point où elles sont rencontrées par les rayons qui correspondent aux heures où les signaux doivent être donnés. Chaque fois qu’un balai rencontrera une de ces chevilles, il fermera un circuit et déterminera ainsi la mise en marche de la sonnerie correspondante.
- Si ce système est simple, en revanche il est peu précis, à moins que l’on ne donne au cadran un diamètre démesuré. Il pourrait, il est vrai, être avantageusement modifié de la manière suivante :
- Sur le cadran non conducteur d’une horloge, disposons une rainure héliçoïdale formant vingt-quatre spires. Chacune d’elles correspond à une heure du jour ou de la nuit, et chaque spire est divisée en 60 minutes.
- Si l’on veut, par exemple, qu’un signal soit donné à 4 heures 25 minutes, et si la première
- spire représente l’heure de midi, on suivra la quatrième spire, et sur la division 25 de cette spire, on fixera un contact métallique, ce qui peut se faire immédiatement, comme tout à l’heure, au moyen de chevilles appropriées.
- Dans le cas précédent, un cercle tout entier était réservé à une seule sonnerie. Nous pourrons faire en sorte que chaque cheville commande une sonnerie distincte. On y arriverait facilement en employant des chevilles doubles réunies par un conducteur isolé, et reliant entre eux deux commutateurs séparés, comme cela se fait dans les stations téléphoniques centrales.
- D’un autre côté, l’aiguille des minutes de l’horloge porte un petit balai mobile qui se déplace automatiquement le long d’elle, en vingt-quatre heures. Il décrit donc une spirale identique à celle qui est tracée sur le cadre, et chaque fois qu’il rencontre un contact métallique, il ferme un circuit et amène ainsi le déclenchement d’une sonnerie. Chaque fois que le balai mobile arrive à l’un de ses fonds de course, il est ramené automatiquement et brusquement à l’autre fond de course. L’appareil, une fois réglé, pourrait donc servir indéfiniment dans une gare terminus de chemin de fer, tant que le service journalier ne serait pas modifié. On pourrait facilement, en augmentant le nombre des spires, et réglant en conséquence la rapidité du mouvement de translation du balai mobile le long de l’aiguille des minutes, appliquer le même appareil à la production de signaux acoustiques qui devraient se reproduire au bout de périodes plus longues que vingt-quatre heures.
- Un appareil analogue à celui qui était exposé a été appliqué dans un grand collège, où il sert à prévenir les élèves des heures de leurs différents exercices.
- Il est évident qu’on peut employer tout appareil de ce genre à transmettre des signaux acoustiques à distance. Nous avons d’ailleurs donné nous-mêmes, depuis longtemps, une solution de ce problème, actuellement en usage dans les divers etablissements de la Compagnie de l’Est français, et connu sous le nom de sonnerie d’atelier.
- PENDULE ÉLECTRIQUE, SYSTÈME TRIPPEN DRO’s.
- Cette pendule n’a d’électrique que les contacts que l’ancre d’échappement par les goupilles c‘ c établit à chaque oscillation avec les ressorts R R' (fig- 10), et qui changent alternativement de signe positif et négatif. Le reste du mouvement est une pendule ordinaire dont l’entretien du mouvement du balancier est dû à un poids moteur.
- Comme on le voit, il n’y a rien de particulier en ce qui concerne la partie mécanique servant à donner l’heure sui son ptopre cadran. Quant aux
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- contacts électriques, ils ont cela de particulier qu’ils frottent en se touchant grâce à un petit plan incliné qui termine la vis de contact.
- Ce plan incliné est destiné à opérer ce frottement qui sert à entretenir toujours dans un état de propreté suffisante les parties métalliques qui, en se touchant, ferment un courant électrique entre une pile et un certain nombre de cadrans récepteurs dont nous allons donner une description :
- La critique que l’on peut faire de cet appareil est basée sur la fréquence de la fermeture du courant qui a lieu une fois par seconde. Ces contacts si rapprochés ont pour effet de polariser la pile, à moins que l’on emploie la pile Daniell. Cette pile ne se polarise pas, comme l’on sait, mais a besoin d’être entretenue souvent, ce qui est une servitude dans l’espèce.
- Pour transmettre l’heure à l’aide de l’électricité dans des cadrans récepteurs, il est bien suffisant d’envoyer un courant toutes les minutes, car à moins de cas particuliers, comme dans le cas des horloges astronomiques, par exemple, où onabesoin d’une aiguille qui bat la seconde pour une foule d’observations, en général dans l’industrie ou chez les particuliers, l’avancement à chaque minute de la grande aiguille sur un cadran est largement ce qu’il faut.
- Et dans cette hypothèse, les piles Lecîanché, Marié Davy, etc., peuvent fournir un long service, et je connais des installations de ce genre qui, à l’aide des piles Lecîanché, ont pu marcher, sans renouvellement ni entretien, pendant deux années consécutives.
- En résumé, la pendule Trippen Bro’s nous semble bien conditionnée pour le but que son inventeur se propose.
- RÉCEPTEUR ÉLECTRIQUE A SECONDES. — SYSTÈME TRIPPEN BRO’S.
- Cet appareil, destiné à utiliser un courant électrique émis par une horloge mère à chaque seconde, et alternativement de signe contraire, se compose d’une paire d’électro-aimants EE' (fig. n), en regard des pôles desquels se trouvent deux armatures aimantées AA'. Ces deux électro-aimants EE' sont montés en tension et reçoivent conséquemment tantôt un courant dirigé dans un sens et le suivant en sens contraire. Les armatures AA' ne changeant jamais de polarité, il en résulte que le courant d’un certain sens attire, par exemple, l’armature A et repousse l’armature A', et celui de sens opposé attire A' et repousse A. Mais ces deux armatures sont fixées sur un fléau et peuvent pivoter ainsi autour de l’axe O en produisant, à chaque émission de courant alterné de signe, un mouvement d’oscillation. Les deux ex-
- trémités de ce fléau sont terminées par une dent d à face inclinée. Cette dent rencontre, à chaque os-
- cillation, une des dents d’une roue de minutes qui en porte 60, et la fait avancer ainsi d’un cran chaque fois. A chaque couteau correspond une roue ou deux roues pour les deux couteaux et calées sur le même arbre.
- PIG. 10
- On conçoit que le fléau, oscillant 60 fois par minute, puisse faire avancer d’un tour l’arbre cen-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tral qui porte sur le cadran une aiguille des secondes.
- Une minuterie ordinaire transmet ce mouvement aux aiguilles des minutes et des heures.
- L’avantage de ce système est dû à la suppression du ressort de rappel des armatures ordinaires non polarisées des appareils destinés à donner l’heure, par des courants toujours de même signe, et de la suppression également des cliquets d’arrêt destinés à empêcher le mouvement rétrograde des roues à rochets généralement employées. En effet, dans le récepteur Trippen Bro's, la dent à plan incliné, qui fait avancer la roue à rochets R, descend, à chaque oscillation, au fond de cette même dent et empêche la roue de marcher de plus d’une dent à la fois. D’ailleurs l’examen de la figure suffit pour rendre évident tout ce qui vient d’être dit.
- NEW IIAVEN CLOCK, C°. — MANUFACTUREES. — CONNECTICUT.
- APPAREILS POUR RONDES DE NUIT
- Une horloge ordinaire à poids, pouvant marcher huit jours avant d’être remontée, constitue la partie motrice de cet appareil. Elle ne présente rien de particulier et ressemble à toutes les horloges connues. La partie essentielle concernant les rondes de nuit consiste en une roue R (fig. 12), faisant un tour en 24 heures. Au centre de cette roue se trouve un pignon qui engrène avec une crémaillère. Cette crémaillère sert à faire monter un chariot sur lequel un électro-aimant pointeur EE' vient piquer un disque en papier D D' fixé sur l’axe des aiguilles de l’horloge.
- Dans les différents postes, où le veilleur de nuit
- TTTrnirii
- _LL
- II
- doit se rendre, se trouve un bouton de contact analogue aux boutons de sonnettes électriques ordinaires.
- Toutes les fois que le veilleur appuie sur un de ces boutons, il ferme le circuit d’une pile et de l’électro-aimant pointeur EE'. La palette ou armature de cet électro-aimant est terminée par une pointe qui pique ainsi un trou dans le disque en papier en regard de l’heure du moment marquée sur ce même disque. Il est facile ainsi, en compulsant le nombre et la position de ces différents trous, de savoir si la ronde de nuit a été convenablement faite.
- Nous avons dit en commençant que l’électro-aimant monte par l’intermédiaire de la crémaillère. Or, à chaque tour de la roue R, c’est-à dire toutes les 24 heures, cet électro-aimant, par le petit pignon central solidaire de la roue R, monte d une certaine quantité, et, au bout de huit jours, il arrive en décrivant une spirale vers le centre du dis-
- A ce moment, il faut remonter l’horloge, changer le disque en papier D et redescendre l’élec-tro-aimant EE' à son point de départ, qui est le bord du disque, et l’appareil se trouve de la sorte prêt à' fonctionner pendant les huit jours suivants, et ainsi de suite.
- Le côté critique de cet instrument est que le veilleur peut à la rigueur, à l’aide d’un seul bouton, sans changer de place, et en tenant compte du moment où il faut appuyer dessus, faire son service sans avoir changé de poste.
- On peut obvier à cet inconvénient en changeant souvent l’itinéraire à suivre par l’agent et en comparant deux disques faits en huit jours dans les mêmes conditions d’ordre, mais non consécutifs.
- En tout cas, cet appareil est assez simple et peut être installé assez facilement, vu qu’une seule ligne et des boutons en dérivation sont suffisants.
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- APPAREIL SERVANT A ENREGISTRER LA LIMITE DES ERREURS PERSONNELLES DANS LES OBSERVATIONS
- Voici un appareil qui peut rendre des services dans bien des cas, dans les observations astronomiques aussi bien que dans les expériences de phy-
- siologie, Il a pour but de déterminer le temps qui s’écoule entre la perception d’un phénomène quelconque et l’action réflexe qu’exécutent nos organes à sa suite.
- Il se compose d’une lunette a b mobile autour d’un axe O sous l’influence d’un mouvement d’horlogerie H. Une des extrémités de cette lunette
- porte un balai qui se déplace le long de contacts ccc... En même temps, les rayons lumineux four-| nis par un foyer F viennent se réfléchir sur le miroir m, traversent une lentille l et viennent se concentrer en un point sur une glace dépolie g (fig. i3).
- Sous l’influence des mouvements de la lunette, ce point se déplace le long de la glace. Celle-ci porte une série de divisions qui correspondent au moment précis où le balai de la lunette vient toucher l’un des contacts ccc...
- Un observateur regardant par l’œilleton o> presse un bouton de sonnette B au moment précis où il voit le point lumineux passer sur une des divisions de la glace g g.
- D’un autre côté, 'l’appareil comporte un chrono-graphe en face duquel sont placés deux stylets actionnés, l’un par la fermeture des circuits opérée par les contacts ccc... et le balai de la lunette, l’autre par les contacts que détermine l’opérateur lui-même en pressant le bouton B.
- Les indications du premier stylet notent le moment précis où l’observateur voit passer le point lumineux devant les divisions de la glace; les indications du deuxième servent à noter le moment précis où l’observateur a pressé le bouton de la sonnette. On a ainsi avec la plus grande exactitude le temps qui s’écoule entre la perception d’un phénomène optique et la production du phénomène réflexe ou volontaire qui en résulte chez l’observateur.
- Cet appareil peut être utile dans les expériences physiologiques où l’on se propose de déterminer la rapidité du flux nerveux. En Amérique, on l’emploie d’une manière courante dans les observations astronomiques, où il sert à déterminer l’équation personnelle de chaque observateur. Cette détermination pouvant être faite presqu’au même moment qu’une observation astronomique, il en résulte que l’observateur, étant nécessairement dans le même état, l’on peut légitimement se servir des indications fournies par l’appareil pour corriger les résultats dé l’observation.
- INDICATEUR A DISTANCE.
- Cet appareil a pour but : i° de traduire par les déplacements angulaires d’une aiguille le long d’un cadran gradué les indications fournies par un appareil mesureur quelconque, galvanomètre, thermomètre, baromètre, marémètre, etc. ; 2° de transmettre électriquement les indications fournies par la première aiguille à un autre poste situé à une distance quelconque du premier.
- Voici sur quel principe repose cet appareil :
- Une aiguille OA mobile autour d’un axe O est commandée directement par l’appareil de mesure. L’angle dont elle a tourné, à un moment quelcon-
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- que, à partir de sa position initiale doit être proportionnel à la grandeur de la quantité que l’on veut mesurer. Pour ne pas diminuer la sensibilité de l’appareil de mesure, il faut que cette aiguille n’ait aucun travail à effectuer.
- Voici comment on arrive à ce résultat :
- Deux autres aiguilles OC et OC', faisant entre elles un petit angle constant a, sont situées de part et d’autre de l’aiguille indicatrice O A. Cet angle peut être aussi petit que l’on veut.
- Ces deux aiguilles sont solidaires d’une roue dentée W (fig. 14), et comme nous allons le voir, les choses sont disposées de telle manière que toutes les fois que l’aiguille OA folle autour de l’axe O vient à toucher l’une des aiguilles Oc, Oc', immédiatement la roue W tourne d’une dent, l’aiguille touchée fuit devant l’aiguille OA, de façon que O A se confonde toujours avec la bissectrice de
- l’angle constant a que font entre elles Oc et Oc'.
- On voit ainsi que l’aiguille OA n’aura à exécuter aucun travail pour déterminer le mouvement de la roue dentée W.
- Or, l’aiguille OA est constamment en relation avec la terre par un conducteur métallique et un petit frotteur B qui s’appuie sur sa douille circulaire. Supposons que l’une des pointes qu’elle porte en A vienne à rencontrer l’extrémité c de l’aiguille O c : elle fermera un circuit (voir fig. i5), comprenant l’électro-aimant M. L’armature de celui-ci se soulève, et actionne un cliquet qui vient s’engager dans les dents de la roue D. Il force celle-ci à s’avancer d’uu angle égal à la moitié de celui que comprend une dent.
- (On a soin de tailler la roue de telle façon , que que lorsque le cliquet P' est complètement engagé, la pression qu’il exerce soit dirigée suivant
- un rayon. De cette manière, la roue ne peut avancer de plus d’une demi-dent chaque fois que le cli-
- A
- Mais laTroue, en [tournant, aura forcé un autre cliquet L simplement sollicité par un ressort à se dégager ; celui-ci tendra à se rengager dès que P' ne sera plus maintenu et forcera ainsi la roue W à tourner encore d’une demi-dent.
- De çette manière, chaque fois que l’aiguille O A viendra rencontrer Oc, la roue W tournera d’une dent.
- Mais pour que l’appareil, tel que nous venons de le décrire puisse fonctionner, il faudrait que le contact AO fût supprimé lorsque la roue w a avancé d’une demi-dent, et il n’en sera pas ainsi en général. Il faut nécessairement que le courant soit interrompu chaque fois que la roue a avancé d’une demi-dent. Dans l’appareil exposé, cette fonction était remplie par les appareils récepteurs des autres postes, comme nous le verrons plus loin.
- D’un autre côté, on a disposé un nouveau contact électrique en E, que vient rencontrer le levier que porte le cliquet P' chaque fois que celui-ci vient s’engager dans la roue W. Il y a alors établissement d’une dérivation au travers d’une résis-
- quet vient s’engager, quelle que soit la grandeur de son impulsion).
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- tance convenable R'. L’établissement de cette dérivation diminue les extra-courants produits par la disjonction des pièces A et O, et on évite ainsi des étincelles qui détruiraient rapidement la mise hors d’usage de ce contact qui ne peut comporter que des pièces d'une grande délicatesse.
- La roueW porte une aiguille qui se meut sur un cadran. Le travail moteur qu’elle absorbe est complètement fourni par l’électricité : sa présence ne diminuera donc en rien la sensibilité de l’appareil de mesure.
- Examinons maintenant la seconde partie de ce problème : il s’agit de transmettre les mouvements
- de cette aiguille à celle d’un autre cadran situé en un lieu quelconque.
- Pour cela, on disposera dans ce nouveau poste un jeu d’appareils presqu’identiques à ceux du premier. Nous aurons encore une roue dentée actionnée par deux cliquets mus par des électro-aimants qui pourront lai faire avancer d’une demi-dent dans un sens ou dans l’autre, et un troisième cliquet L' qni complétera toujours le mouvement d’avance d’une dent que l’on veut communiquer à la roue, quel que soit son sens.
- Chacun des électro-aimants M et M' est relié électriquement à l’un des électro-aimants N et N'.
- \ «/VWW-O
- Il L
- Par conséquent les cliquets correspondants des deux appareils s’engageront en même temps dans les roues dentées W et W'.
- Nous avons dit plus haut que c’était l’appareil récepteur qui devait rompre automatiquement le circuit au moment voulu. Pour cela il est muni d’un troisième électro-aimant o autour duquel passe le courant envoyé par le premier poste. Cet électro agit sur une armature m qui vient tomber sur l’extrémité F d’un levier à deux branches. Celui-ci exécute une petite rotation autour d’un point u* et interrompt le circuit qui était fermé par le contact K S. Il se produit alors une étincelle de rupture entre les pièces K S, mais celles-ci n’ayant besoin d’avoir aucune délicatesse, il n’en résulte aucun inconvénient.
- En réglant convenablement le ressort de rappel
- de l’armature m, on fait en sorte qu’elle n’arrive au contact de la pièce F qu’une fois les cliquets complètement engorgés dans les roues dentées.
- La roueW' entraîne une aiguille dans son mouvement de rotation, et, si notre description a -été claire, on doit comprendre comment elle reproduit exactement les déplacements de la première aiguille.
- Cet appareil est intéressant parce qu’il permet d’assurer le synchronisme d’un nombre quelconque de mouvements au moyen de deux fils seulement, et nous pensons qu’il pourrait rendre des services dans bien des cas.
- D. Napoli.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- LES
- TRANSPORTEURS ÉLECTRIQUES
- DE FLEEMING JENKIN ET DE DANCI1ELL
- M. Fleeming Jenkin a récemment apporté, en collaboration avec M. A, C. Jamieson, quelques
- perfectionnements de détail à ses appareils de tel-phérage bien connus de nos lecteurs.
- Les figures i à 9 représentent les principales particularités du locomoteur et de la voie exposée parM. Jenkin, en juillet dernier, à Shrewsbury.
- La chaîne de Galle g transmet aux plateaux D* D2, le mouvement de la dynamo D, déjà réduit par
- tube d'acki' de 5nYm d'épaii
- ENSEMBLE IAJ LOCOMOTEUR
- FLEEMING JENKIN.
- Un train de pignons et de poulies D, D3, et les pla- I far le ressort?»' enfermé dans leur axe creux?», en-teauk serrés sur les doubles galets coniques BjB, | traînent ainsi le locomoteur sur le câble de la voie.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÈLECTRICITÈ
- o 27
- On reconnaît le mécanisme de réduction dont nous trique, numéro du 5 juillet dernier. Le locomo-avons exposé le principe dans La Lumière Elec- teur, porté par une roue R, est dirigé à l’avant
- DETAILS DES GALETS LOCOMOTEURS
- \ \° :
- —>i
- ira .jt
- DÉTAIL 1)’UN POTEAU DE LA VOIE
- FIC. 6,
- 8 ET Ç),
- FLEEMING JENK1N,
- par une poulie à gorge R' qui maintient l’axe m | L’ensemble du locomoteur est à la fois d’une constamment perpendiculaire à la voie. j construction robuste et très légère.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les figures 6, 7 et 8 indiquent comment les I poteau, les extrémités -f- et — des câbles des sec-équerres e, auxquelles aboutissent, à chaque I tions adjacentes, sont fixées par des boulons mu-
- \\ r
- O ET II. — FLEEMINC. JENK1N. — TRACTION EN DESSUS
- nis d’isoloirs en porcelaine i. Sur chaque poteau, I seule le petit rail isolé r, qui sépare les sections le locomoteur doit traverser par son impulsion | de la voie.
- 110. 12 ET IÂ. — FLEEMINC. JENKJN. — TRACTION EN DESSOUS
- La figure 16 montre comment on peut terminer les équerres E par un encorbellement F, plus ou moins, prolongé suivant la distance des poteaux, et
- recourbé de façon que le rail soudé en S vienne s’y appliquer exactement par sa flexion.
- Les figures n à 15 représentent quelques-unes
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- JOURNAL UNIVERSEL Z)’ ÉLECTRICITÉ
- 82g
- des formes de véhicules adoptées par M. Jenkin.
- La traction s’opère au-dessus de la voie (flg. 10 et ii) ou au-dessous tfig. 12 et i3) par des barres d’attelages R articulées en Q à la tige de suspension du bac D, mobile autour d’un axe P (fig. 10
- et 11), on peut aussi employer des chaînes. Les roues porteuses F peuvent, dans le cas de la figure 10, pivoter autour de leurs montures de façon à s’inscrire librement dans les courbes les plus raides, au passage des poteaux.
- Avec les grandes vitesses, pour lesquelles il faut une voie rigide, M. Jenkin emploie (fig. 14 et i5)
- 1--IG. 1(). — DÉTAIL D UN SUPPORT
- deux files de rails superposées, C et D, portant "une le véhicule A et l’autre le locomoteur B,
- reliés par un ressort A B qui leur laisse, avec l’articulation P, toute liberté d’oscillation.
- Le courant passe du rail C au rail D par les galets du véhicule, par la dynamo du locomoteur et par ses roues. La dynamo attaque, dans ce cas, les roues motrices par une transmission de courroies plus directe et plus simple que le réducteur précédent.
- Nos lecteurs connaissent le transporteur de Danchell, dont les roues motrices D (fig. 17) sont actionnées directement par le frottement du galet A de la dynamo. Dans son nouveau type de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- o.)0
- locomoteur, M. Danchell rend l’adhérence des roues motrices D sur leur rail R fonction de l’effort de traction, en faisant agir la barre d’attelage K
- 6iK
- I AO
- FIG. 17. — DANCHELL. — LOCOMOTIVE A ADHÉRENCE VARIABLE
- sur un balancier mobile autour du point fixe L, de sorte qu’il allonge le losange I M, malgré le ressort N, et appuie les galets G sur le rail T,
- FIG. l8.
- DANCHELL
- MÉCANISME A FLANS INCLINÉS
- d’autant plus que l’effort de traction augmente davantage.
- Dans la disposition représentée par la figure 18
- I'IG. 19 ET 2fî. — DANCHELL. — CONTACT ÉLASTIQUE
- En outre, la brosse de contacta lames élastiques des anciens appareils a été remplacée par un galet F (fig. 19 et 20) constitué par l'enroulement continu d’un ressort.
- Gustave Richard.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales
- Allemagne
- UNE NOUVELLE LAMPE A INCANDESCENCE. — M. Max Muthel a breveté en Allemagne une lampe à incandescence qui a l’avantage de ne pas exiger qu'on fasse le vide dans le globe. Il a évité d’une manière ingénieuse le danger qu’ont présenté jusqu’à ce jour les expériences de ce genre, c’est-à-dire la fusion du fil de métal incandescent.
- Le fil employé par M. Muthel consiste en un mélange de corps conducteurs et non conducteurs de l’électricité. On prend de la magnésie, du silicate de magnésie, etc., et delà terre à porcelaine dont on fait des fils minces, chauffés jusqu’à l'incandescence et saturés d’une solution de sels de platine-irridium, après quoi on les porte encore plusieurs fois à l’incandescence; pour réduire en métal les sels absorbés. Au lieu du mélange précédent, on peut aussi prendre des fils formés de terre argileuse, les saturer d’une solution de sel métallique, et opérer la réduction en métal en les portant à l’incandescence avec de l’huile de lavande ou quelque autre substance organique, ou en employant le courant électrique. Avec des fils ainsi préparés, la fusion est absolument évitée, la présence des substances non conductrices intermédiaires empêchant que les parties de métal entrent en fusion. M. Muthel suppose que l’étincelle électrique saute pour ainsi dire d’une particule de métal à l’autre et provoque de cette manière un échauffement des autres substances qui, portées à l’incandescence, émettent une lumière plus intense.
- Pour donner une plus grande fermeté aux filaments, on peut les couvrir de chrome, dont le point de fusion est encore plus élevé que celui du platine. A cet effet, on place le filament comme anode dans un bain de chlorure de chrome.
- A PROPOS DU FIL DE DRONZE SILICIEUX. — 11
- vient de paraître un petit livre deM.J.B. Grief (4) contenant des renseignements sur l’emploi du fil de bronze silicieux de Lazare Weiller pour des
- p'. Grief. Silicium-Bronze Leileingen. — L.-W. Seidel Vienne i885.
- les galets G, sollicités par l’action des plans inclinés L sur l’étrier M, viennent s’interposer et se serrer entre les roues D et le rail supérieur.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- installations télégraphiques et téléphoniques. Vu l’emploi général qui se fait aujourd’hui du bronze silicieux de L. Weillcr (emploi qui très sûrement s’accroîtra avec le temps), ce livre, où l’on trouve ! consignées toutes les expériences faites jusqu’à présent relativement aux qualités du fil en question et décrits les arrangements nouveaux ou déjà éprouvés, sera sans doute reçu avec satisfaction par les ingénieurs aussi bien que par les fabricants.
- Les qualités du bronze silicieux sont trop bien connues aux lecteurs de ce journal pour que je les expose ici en détail. L’une des plus remarquables est la résistance du fil contre les influences destructives des gaz corrosifs, comme par exemple les vapeurs acides des fabriques chimiques, ou la fumée de charbon. Aussi le fil de bronze silicieux est-il employé dans la fabrique d'acier fondu de Krupp à Essen, où il forme le fil de conduite pour le circuit électrique qui relie les différents établissements entre eux. Ces circuits sont très exposés à la fumée qui s’échappe des nombreuses cheminées de l’usine.
- En Autriche le fil de bronze silicieux est employé dans les lignes télégraphiques des chemins de fer impériaux, et aussi pour les réseaux des villes. En Bavière la direction générale des « Ver-kehrs-Anstalten » l’emploie, et en Suisse la direction des télégraphes le déclare presque indispensable pour la téléphonie à grande distance.
- Le bronze silicieux trouve aussi un emploi très avantageux dans la télégraphie ambulante, comme par exemple la télégraphie de guerre. Jusqu’à présent on s’est généralement servi pour cette dernière application de conducteurs en fil de fer d’une épaisseur de deux millimètres. Si on remplace ce fil par du fil de bronze silicieux d’un millimètre, oo. réduit le poids des trois quarts, ou, si l’on s’astreint au même poids on se trouve en état de transporter un fil quatre fois plus long que précédemment.
- En Autriche-Hongrie, la longueur totale du réseau téléphonique construit avec du fil de bronze silicieux d’un millimètre de diamètre, est de 6,200 kilomètres.
- M. Grief mentionne comme curiosité ce fait que dans la ville de Krakau il a été impossible d’installer un réseau téléphonique étendu, les autorités municipales s’étant déclarées opposés en principe à la téléphonie.
- Le livre est plein de renseignements techniques utiles au praticien, et est orné de nombreuses planches.
- La lumière électrique a üerlin. —j’ai annoncé il y a quelques temps, comme probable une installation pour l’éclairage électrique des salles du musée et de l’école des Arts décoratifs. Cette ins-
- tallation est maintenant provisoirement faite, et bien qu’il soit nécessaire d’observer son fonctionnement pendant quelque temps avant de se former un jugement sur la valeur pratique delà lumière électrique pour cette application spéciale, j’ai l’intime conviction que les résultats seront ici aussi satisfaisants qu’ils l’ont été ailleurs dans des expériences analogues.
- Dans le musée en question, comme dans la bibliothèque royale, les machines et l’installation électriques ont été fournies par la maison Siemens et Halske. Le moteur est une machine Dolgorucki de quatorze chevaux qui fait six cents tours par minute et qui est alimentée par les calorifères de, réserve du musée. La machine actionne deux dynamos, dont l’une alimente cinquante lampes à incandescence de seize bougies normales chacune, et l’autre six foyers à arc de huit cents bougies normales.
- Dans plusieurs des salles d’études on dessine en partie à la lumière des lampes a arc, en partie à celle des lampes à incandescence, et le grand amphithéâtre est éclairé par trois lampes à arc, dont la lumière est modérée par des globes d’un blanc mat. Pour la grande cour au centre de l’édifice on a essayé plusieurs genres d’éclairage. Premièrement on avait tâché d’imiter la clarté du jour en ayant recours à six foyers à arc, situés au-dessus du toit de verre qui couvre ce vaste cairé, et en réfléchissant les rayons lumineux à l’intérieur par des réflecteurs de dimensions énormes. Puis on essayé l’effet produit par sept lampes à arc au-dessous du toit de verre, en plaçant au centre une lampe d’une intensité beaucoup plus grande que les autres. Cette lampe centrale donnait une lumière de 8-4000 bougies normales et était alimentée par un moteur distinct. Comme la grande cour du musée est employée de temps en temps pour des expositions d’objets d’art, on a eu également l’occasion de faire des expériences relatives à la valeur pratique des lampes à incandescence seules ou combinées avec des lampes à arc au point de vue de ces expositions.
- INFLUENCE DU TREMBLEMENT DE TERRE DU 25 DÉCEMBRE 1884 EN ESPAGNE SUR LES APPAREILS MAGNÉTIQUES ENREGISTREURS A WILHELMSIIAFEN. —
- M. le Dr Eschenhagen vient d’écrire à la Meteo-rologische Zeitschrift quelques notes sur l’influence que le tremblement de terre qui s’est produit en Espagne, le 28 décembre 1884, a eue sur un appareil enregistreur magnétique. Il est à remarquer que les tremblements de terre de l'année 1888 étaient restes sans influence sur ces mômes appareils. Des trois instruments qui 'servent à mesurer les -variations du magnétisme terrestre, celui destiné à la mesure de la composante vert cale, la balance magnétique Lloyd, a seul été sujet à des
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- perturbations sensibles, Cette balance consiste en un barreau magnétique long de 14 centimètres monté sur pointes, au lieu d’être monté sur couteaux, comme cela se fait généralement. La mobilité de l’aimant, dont l’axe est placé à i5° hors du méridien magnétique, vers le Nord, c’est-à-dire à peu près exactement dans le méridien astronomique de Wilhelmshafen, se trouve de cette façon accrue dans une large mesure ; comme il n’y a aucun amortisseur, l’aimant, une fois en oscillation, a besoin de quelques minutes pour reprendre sa position d’équilibre.
- Le mouvement de l’aimant au moment du tremblement de terre n’avait pas le caractère d’une perturbation magnétique : c’était tout simplement une oscillation. Comme, sur la courbe, une longueur d’abscisse de 3o millimètres correspond à une durée de deux heures, on ne peut déterminer avec exactitude des temps inférieurs à i5 secondes. La première élongation de la balance, le 25 décembre 1884, s’est produite à 9 h, 52 m. pour le temps de Wilhelmshafen; à 9 h. 56 m., la balance était de nouveau en repos; d’autres élongations eurent lieu successivement à 9 h. 5g m., 10 h. o m., 10h. 2 m., 10 h. 5 m. Il est hors de doute que la balance, qui présentait son côté le plus sensible à la secousse (qui probablement se transmettait dans la direction sud-nord) se comporte dans ce cas comme un sismographe. Le Dr Eschenhagen croit que le tremblement de terre à Grenade, qui était à peu près le centre du mouvement, se produisit à 9 h. 8 m., temps de Greenwich. Dans l’observatoire magnétique de Londres, il fut enregistré à 9 h. i5 m., et à Wilhelmshafen à 9 h. 19,4 m., temps de Greenwich également. La distance entre Londres et Grenade est à peu près de 165o kilomètres ; entre Wilhelmshafen et Grenade de 2 040 kilomètres. L’ondulation caractéristique du tremblement de terre aurait donc pris 7.0 minutes pour parcourir le premier chemin et 11.4 minutes pour le second, pendant que la différence entre les deux distances (390 kilom.) aurait été parcourue en 4.4 minutes. On aurait donc obtenu différentes vitesses de transmission, et la troisième valeur tendrait à prouver que cette vitesse diminue considérablement avec la distance. Mais il est possible aussi que le terrain poreux sur lequel Wilhelmshafen est bâti ait eu pour effet de retarder la propagation de l’onde. Il faudra attendre des renseignements exacts sur le commencement du tremblement en Espagne avant de pouvoir baser, sur le temps de l’arrivée à Wilhelmshafen, des conclusions relatives à la vitesse de transmission. La publication d’observations qui auraient pû être faites dans d’autres observatoires magnétiques le jour du tremblement, serait, dit M. Eschenhagen, d’une grande valeur au point de vue de ces recherches. — Dr H. Micuaelis.
- Angleterre
- l’éclairage électrique a l’exposition internationale des inventions. — Lundi, le 4 mai dernier, le prince Galles a officiellement inauguré l’Exposition internationale des inventions, à South-Kensington, mais l’installation est encore loin d’être terminée et ne le sera que d’ici quelques semaines. L’éclairage électrique est représenté par un grand nombre de systèmes et les jardins seront éclairés le soir comme ils l’ont été l’année dernière pendant la durée de l’Exposition d’hygiène. Le programme a cependant subi une modification cette
- FIG. I
- anpée et MM. Siemens fières fourniront l’éclairage des jardins, et l’intérieur des principaux bâtiments entourant les jardins ainsi que la bordure des chemins et des parterres seront munis de lampes à incandescence.
- Les fontaines seront éclairées de la même manière que l’année dernière, c’est-à-dire par un foyer à arc placé sous le jet d’eau comme il est indiqué dans la figure 1, où L représente la lampe et J le jet d'eau. La lampe se trouve dans un compartiment souterrain ayant un plafond en verre G G qui forme une fenêtre imperméable à travers laquelle la lumière est projetée en haut dans l’eau suivant la direction des lignes pointillées Ce compartiment souterrain est couvert de pierres et de terre R, R,, afin de lui donner l’aspect d’une petite île au milieu du bassin. Les rayons sont rendus parallèles
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- au moyen d’un holophote cata-dioptrique H d’un diamètre d’environ 23 pouces et composé de six zones de réflexion et d’une lentille centrale de Fres-nel ayant une lentille au milieu et deux anneaux à réfraction. La longueur focale de cet holophote est de i5o millimètres.
- En dehors de cette lampe à arc centrale il y en a encore d’autres plus petites destinées à projeter des rayons obliques sur la colonne d’eau montante.
- Ainsi que je l’ai déjà dit dans une lettre antérieure, le principe de la réfraction a été appliqué parM. Trotter aux globes des lampes électriques, et l’Exposition contient plusieurs de ces globes dioptriques.
- Le support en vitrite pour lampes à incandescence de MM. Woodhouse et Rawson est représenté par les figures 2 et 3. La vitrite est une composition dure et noire qui ressemble à l’ébène, mais
- Fin. 2 ET 3
- on prétend qu’elle ne peut être affectée ni par l’humidité ni par l’eau salée. Un bouton de cette substance est adapté au cou des globes en verre et traversé par deux bornes B B qui sont reliées aux électrodes de platine traversant le verre et servant de supports au filament. La lampe est ensuite introduite dans un support métallique (fig. 2) et fixée dans cette position par le joint F. Les goupilles AA (fig. 3) permettent à la lampe de rester en place dans les fentes du joint. Les contacts du filament de la lampe B B sont ainsi pressés contre deux ressorts de contact C C (fig. 2) auxquels sont reliées les extrémités des fils du circuit représenté en EE. La figure 2 fait voir les spirales qui produisent la pression nécessaire pour garantir ces contacts. En prolongeant les fentes du joint de chaque côté, on peut aussi faire servir le support comme un commutateur pour allumer ou éteindre la lampe.
- M. Cox-Walker de Darlington a également introduit un nouveau support de lampe en Angleterre. Ce support est représenté dans la figure 4
- et se compose d’un bloc en matière isolante A muni d’une vis B pour l’attacher à l’applique et de deux bornes C D pour les communications avec les fils du circuit. Le corps de ce bloc est fendu de manière à pouvoir renfermer une vis métallique qui serre les deux électrodes en platine de la lampe et les maintient ensemble. Les plus petites vis E F servent à serrer la première et à assurer un bon contact. La lampe est, en outre, maintenue par une boucle en fil de laiton G qui prend le sommet du globe par la pointe en verre laissée après la fermeture du globe et la presse en bas sur le support au moyen des ressorts en spirale H H à la base de la boucle.
- Le nombre des maisons exposant des apppareils pour l’éclairage électrique ne s’élève pas à moins de
- 2.3, mais l’installation de MM. Siemens frères sera la plus considérable à cause de leur contrat pour l’éclairage des jardins, qui comprendra jusqu’à 95oo lampes à incandescence. Celles-ci sont disposées en dérivation par groupes et demandent une force électromotrice de 25 volts. L’intensité lumineuse de ces lampes n’est que de 5 bougies, puisqu’il ne faut qu’une lumière comparativement faible pour faire de l’effet. Ces lampes remplacent, en effet, les lampes à huile en verre coloré et les lanternes chinoises dont on a fait une si grande consommation l’année dernière. Les dynamos qui les alimentent sont, du type vertical à double enroulement dont les armatures sont entourées de tiges en bandes plates en cuivre ou bien de fil. MM. Siemens frères ont adopté ce détail de construction pour leurs grandes dynamos d’éclairage.
- Trois de celles-ci du type D13 à réglage automatique fournissent le courant aux lampes dans le
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- jardin. Chacune d’elles donne une intensité de courant de 450 ampères avec 25o volts à une vitesse de 3oo tours de l’armature par minute. Chaque machine pèse environ i3 tonnes et mesure 8 pieds 9 pouces de hauteur; elle est accouplée directement à une machine triplex compound à grande vitesse de MM. Goodfellow et Mathews placée sur le même bâti et donnant une force motrice de 180 chevaux à 3oo tours par minute avec une pression de vapeur de 120 livres par pouce carré.
- L’exposition de la Compagnie Edison-Swan est également très intéressante et contient un grand nombre d’appareils élégants et utiles pour des lampes. Un de ces appareils consiste en un oranger artificiel sur lequel le fruit imité est éclairé par de petites lampes placées à l’intérieur de l’écorce.
- J. Munro.
- Autriche
- L’industrie électrique fait certainement toujours des progrès en Autriche ; cependant l’état actuel laisse chez les constructeurs, comme chez les amis de la science, l’impression que la plupart des nouvelles entreprises n’existent que sur le papier. On fait des projets, on signe des traités, et l’avenir paraît plein de promesses chez nous, mais il s’écoulera, sans doute, beaucoup de temps avant la réalisation de tous ces projets. L’éclairage électrique a presque plus de luttes à soutenir ici que dans tout autre pays, et il faut voir les choses d’une manière optimiste pour garder l’espoir d’un progrès rapide. Les incendies fréquents des théâtres prouvent mieux que toute autre chose l’importance et la nécessité de l’introduction de la lumière électrique dans les bâtiments publics. A l’incendie du Ringtheater et à celui du Stadttheater est encore venu s’ajouter ces derniers jours l’incendie du nouveau théâtre de Szegedin. Au moment où il s’agissait d’éclairer la ville reconstruite après l’inondation, la maison Ganz et C° a offert d’éclairer la ville et les théâtres à un prix extrêmement avantageux pour la ville. Au point de vue technique, le projet de cette maison ressemblait beaucoup à celui qui a été la base de l’installation de Ternesvar. Les ennemis de l’éclairage électrique, qui aujourd’hui encore ont presque partout le dessus, n’ont pas permis la réalisation de ce projet. Comme le prouve le fonctionnement ininterrompu de l’installation de Temesvar, où les lampes Lane-Fox ont fourni plus de 2000 heures, l’éclairage électrique aurait fonctionné à Szegedin aussi bien qu’à Temesvar et le théâtre existerait encore aujourd’hui.
- Grâce aux bons résultats obtenus dans les théâ-
- tres de Prague et de Brunn, on va maintenant introduire la lumière électrique dans trois autres théâtres en Autriche, ceux de Carlsbad, Fiume et Szegedin. On peut dire de la Hongrie que l’industrie et surtout l’industrie électrique trouvent un grand encouragement dans l’ardeur patriotique des habitants. Les progrès électriques se manifestent surtout dans l’exposition de Budapest qui vient d’être ouverte par l’empereur et le prince impérial. MM. Ganz et Ce, B. Egger et Fischer à Vienne, ainsi que beaucoup d’autres maisons moins importantes, ont fait des installations considérables dans l’exposition. M. Egger fournit une grande partie de l’éclairage général avec des foyers à arc. M. Fischer qui, comme nous l’avons déjà dit, a obtenu une concession pour l’installation d’une station centrale à Vienne, expose à Budapest les canalisations qui sont destinées à passer le long des trottoirs des rues éclairées. Ce système a profité de toutes les expériences qui ont été faites sur ce terrain au point de vue de l’isolation, de l’économie et de la commodité; nous en donnerons la description détaillée dès que l’installation de M. Fischer sera terminée. MM. Ganz et C° ont fait une installation centrale considérable pour démontrer les avantages de leur système de distribution au moyen des transformateurs des ingénieurs Déri, Zippernowski et Blashy dont nous avons déjà donné la description. La station peut fournir une force motrice de 180 chevaux. Les courants alternatifs partent de là pour aller aux i2 stations secondaires qui contiennent un nombre variable de lampes Swan en dérivation. La première de ces stations en contient i5o, la deuxième 100, la troisième 80, et ainsi de suite, en diminuant jusqu’à 20. Nous remarquons encore que les stations secondaires sont reliées en dérivation à la station centrale. Dans ces premières on peut éteindre un nombre quelconque de lampes, de même qu’on peut entièrement supprimer une ou plusieurs stations sans aucun inconvénient pour le reste de l’installation.
- Le courant dans les conducteurs principaux primaires est réglé selon le besoin des circuits secondaires, et l’exposition de Budapest présente ainsi le premier exemple parfaitement réussi d’une installation d’éclairage électrique avec une station centrale. Plusieurs autres installations de ce système seront faites dans le courant de l’année i885.
- Le système se distingue de celui de MM. Gau-lard et Gibbs par la construction des transformateurs, par la disposition en dérivation de ces appareils avec la station centrale et par les moyens de réglage employés.
- Aucune énergie n’est perdue par le réglage de l’intensité du courant, et la force absorbée par le moteur augmente ou diminue presque absolumen
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- en proportion avec le nombre des lampes en fonctions.
- La maison Siemens et Halske a introduit de nouveaux types de ses machines dynamos en Cisleithanie. Comme on le sait, une chaire d’électricité a été créée à l’école Polytechnique ici et M. le professeur von Waltenhofen en a été nommé titulaire. Dans un très beau laboratoire on a installé les deux nouvelles machines de Siemens ainsi que deux autres à anneaux plats de Schuckert. Dans ce laboratoire on fera presque tous les jours des mesures en présence non seulement des élèves de l’école, mais des officiers de l’armée et des employés des institutions techniques.
- L’établissement de MM. Kremenetzky et Mayer est en pleine prospérité, et les excellentes machines-outils anglaises qui ont été reprises de l’International Electric Light C° y fonctionnent sans interruption pour la fabrication de machines dynamos, de lampes à arc et à incandescence de tous les systèmes. L’usine construit aussi la lampe Lane-Fox qui peut rivaliser avec n’importe laquelle au point de vue de la solidité et de l’économie. Ces lampes ne sont construites en Europe qu’en Belgique et en Angleterre, en dehors de l’Autriche.
- Par contre, nous avons en Autriche encore une autre fabrique de lampes à incandescence, celle de M. B. Egger, qui fournit de grandes quantités de lampes Bernstein fabriquées selon les indications de l’inventeur.
- J. Kareis.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch
- Sur la régulation de la vitesse des moteurs électriques, par M. Marcel Deprez. (>)
- « Les considérations exposées dans ma Note précédente (a) ont permis de déterminer le sens et la grandeur des variations d’intensité que doit éprouver le champ magnétique d’une machine magnéto-électrique servant de réceptrice lorsque le couple résistant qui lui est appliqué vient à varier et qu’on veut cependant maintenir constante sa vitesse de rotation, la différence de potentiel aux bornes de cette machine étant rendue invariable par un procédé quelconque. Désignons par
- (’) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 4 mai 1885.
- (2) Comptes rendus de la séance du 27 avril, p. 1 128, et La Lumière Electrique du g mai i885.
- e la différence de potentiel aux bornes de la machine;
- i l’intensité du courant qui traverse le premier enroulement de l’inducteur; i' l’intensité du courant qui traverse le second enroulement et l’anneau ; n le nombre de spires du premier enroulement ;
- n1 le nombre de spires du second enroulement;
- r la résistance du premier enroulement ; r' la somme des résistances du second enroulement et de l’anneau ;
- E la force électromotrice inverse développée par la rotation de l’anneau ; v la vitesse de l’anneau exprimée en tours par seconde.
- « L’intensité i du courant qui traverse le premier enroulement a pour valeur
- et l’intensité i' du courant qui traverse l’anneau et le second enroulement est donnée par l’équation
- « Dans cette seconde équation la force électromotrice inverse E de l’anneau est proportionnelle à la vitesse v de l’anneau et à l’intensité du champ magnétique. Mais l’intensité du champ magnétique produit par une hélice de n spires, traversée par un courant i, est une fonction du produit ni ; si une seconde hélice de n' spires, traversée par un courant i', agit en même temps que la première sur le noyau de fer de l’inducteur et si les deux hélices s’enchevêtrent mutuellement de façon à occuper pour ainsi dire la même position par rapport au noyau de fer (ce qui est facile en les composant de sections appartenant alternativement à l’un et à l’autre enroulement), l’intensité du champ sera une fonction de ni + n' i'. Les courants agissant en sens contraire, comme nous l’avons vu plus haut, il faut adopter le signe —. Le binôme ni — n' i' peut s’écrire
- ou, en remplaçant i par sa valeur et en posant 11 £
- — îo’
- n'(in - i'),
- Le champ magnétique est donc le même que celui qui serait produit par une hélice de n' spires traversée par un courant dont l’intensité serait
- h —
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- « Prenons maintenant deux axes rectangulaires OX, OY. Portons sur l’axe des x l’intensité du courant i' qui traverse l’anneau et le second enroulement, et sur l’axe des / la force électromotrice inverse e correspondante développée par cet anneau lorsque v — i. Prenons 00'= i0 à partir de O', portons de droite à gauche les valeurs de i0 — i' en faisant croître i' depuis zéro jusqu’à ; la courbe O'DMC que nous obtiendrons n’est autre qu’une caractéristique dont la concavité est tournée vers les x négatives, au lieu d’être tournée vers les x positives, comme cela a lieu habituellement.
- « Proposons-nous de trouver la vitesse que prend cette machine lorsqu’on met ses bornes en communication avec une source d’électricité qui les maintient à une différence de potentiel constante et qu’on applique à l’anneau un couple résistant dé-
- terminé. Le travail mécanique exprime en watts développé par l’anneau dans l’unité de temps est égal à E i’ ou, en remarquant que E = ve, vei'; le travail par tour a donc pour expression et', c’est-à-dire le produit de l’abscisse OI' par l’ordonnée IrM de la caractéristique. Construisons une nouvelle courbe OFHO', que nous appellerons la courbe des moments, ayant pour abscisses les différentes valeurs de i', et pour ordonnée des longueur proportionnelles à OP X I'M ou et'. Il est facile de voir que cette courbe coupe l’axe des x à l’origine et en O'. Lorsque la caractéristique O'DMC est une droite, la courbe des moments est une parabole dont le sommet Ii a pour abscisse OO'
- 2
- &__E
- « Reprenons l’équation i' = —p- ; elle donne E~ e —r'i'. Portons les valeurs de E sur l’axe des y et celles des i' sur l’axe des x, nous obtenons la droite AB qui coupe l’axe des x à une distance de O égale àp, et l’axe des y au point B qui a pour ordonnée E~ e.
- « La caractéristique O'DMC, la courbe des mo-
- ments OFHO' et la droite AB, vont nous permettre de trouver la vitesse que prend la machine. En effet, le couple résistant étant représenté par FI', l’intensité OP est immédiatement donnée par la courbe des moments. Or, à cette intensité correspond une force électromotrice I'E qui est donnée par l’équation E =: e — ri' dont la droite AB est la représentation géométrique. Mais, d’autre part, cette même force électromotrice déduite de la caractéristique aurait pour valeur I'M = e.
- E
- « La relation E — ve donne v — -. La vitesse cherchée est donc donnée par le rapport de I'E à PM.
- « Pour rendre la vitesse constante, il faudrait pouvoir rendre ce rapport constant. Cela n’est rigoureusement possible que si la caractéristique est une droite et que la droite AB passe par O', ce
- qui conduit à l’équation de condition = ~r-r, d’où nr’ — n'r.
- « Si cette condition était remplie, il en résulterait une conséquence curieuse, c’est que la machine, une fois réduite au repos, ne pourrait plus en sortir, parce que le champ magnétique serait toujours nul, quelle que fût l’intensité du courant. Si, au lieu de chercher à rendre rigoureusement constante la vitesse de la machine, ce qui est impossible, on se donne les limites supérieure et inférieure qu’on entend lui assigner, la même construction permet de résoudre la question avec une grande facilité.
- « Enfin, si l’on suppose la vitesse de régime établie et le couple résistant très petit, on peut le faire croître depuis zéro jusqu’à J H ; l’intensité croîtra elle-même de zéro à O J et l’allure de la machine sera stable, mais, si l’on vient à dépasser la charge J H, l’équilibre devient instable et la machine s’arrête complètement, quand bien même on abaisserait la valeur du couple résistant au-dessous de J H lorsqu’on s’aperçoit d’une diminution dans la vitesse.
- « Cette méthode permet, d’ailleurs, de résoudre une foule d’autres questions dans le détail desquelles je ne puis entrer. »
- Sur la suppression des vapeurs nitreuses de la pile Bunsen et sur une nouvelle pile se dépolarisant par l’air, par M. A. d’Arsonval (’).
- « La suppression des vapeurs nitreuses dans l’élément Bunsen a préoccupé plusieurs inventeurs. Dans une Note récente, M. A. Dupré propose d’ajouter à l’acide azotique du bichromate de potasse pour atteindre ce but. Cette remarque avait déjà été faite par Ruhmkorff qui me l’a commu-
- C) Note présentée à l’Académie des Sciences dans la séance du 4 mai i885.
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- niquée personnellement en 1869. Le célèbre constructeur ne manquait jamais d’indiquer cette recette à ses clients, et l’un d’eux, M. Ernest Saint-Edme l’a même publiée dans les termes suivants en 1871 (') :
- « M. Ruhmkorff nous a indiqué un procédé qui « neutralise les émanations de vapeurs hyponitri-« ques. Ce procédé consiste à filtrer l’acide nitri-« que sur des cristaux de bichromate de potasse. « La force électro-motrice ne change pas et les « émanations cessent. »
- « J’ai employé maintes fois ce moyen qui réussit bien pendant les premières heures, surtout si l’on ne demande pas à la pile un courant trop intense. Les vapeurs nitreuses reparaissent, moins abondantes il est vrai, à mesure que la pile fonctionne. Cela se comprend très bien : tant qu’il existe de l’acide chromique, ce corps oxyde les vapeurs nitreuses jusqu’au moment ou il est transformé en azotate de chrome. A partir de ce moment, la pile fonctionne comme une pile à acide azotique dilué.
- * Le sel de chrome provenant de la réduction de l’acide chromique n’agit pas pour absorber le bioxyde d’azote, cette propriété appartenant seulement, comme l’a montré M. Peligot, aux sels de protoxyde. En substituant l’acide azotique à l’acide sulfurique dans le mélange de Poggendorff, on diminue le coefficient de dépolarisation du liquide. De plus, la présence de l’acide azotique présente le double inconvénient de répandre des vapeurs acides et d’attaquer le zinc à circuit ouvert, ce qui n’a pas lieu avec le liquide de Poggendorff (bichromate et acide sulfurique), surtout en adoptant la disposition de M. Füller (zinc au centre, trempant dans un peu de mercure). Ce genre de piles est absolument inodore, travaille très peu à circuit ouvert, surtout si l’on a soin de purifier l’acide sulfurique avec l’huile, comme je l’ai indiqué.
- « En 1880, au cours des recherches citées plus bas, j’ai employé, pour supprimer les vapeurs nitreuses, un moyen très efficace, mais peu pratique, et que pour cette raison je n’ai pas signalé dans mon travail.
- « Ce moyen consiste à ajouter de l’urée à l’acide azotique. En présence des vapeurs nitreuses, la décomposition de l’urée a lieu et il se dégage de l’azote et de l’acide carbonique, l’ammoniaque et l’eau se combinant avec l’acide azotique en excès. Le même effet se produit si l’on étend l’acide azotique avec de l’urine. Dans ce dernier cas, la décomposition, par suite de la présence du mucus, s’accompagne d’une grande quantité de mousse, mais la suppression des vapeurs nitreuses est absolue comme avec l’urée pure.
- (9 L’électricité appliquée aux arts mécaniques, à la marine, au théâtre, p. 14; par Ernest Saint-Edme. Paris, Gauthier-Villars, éditeur; 1871. j
- « Le principal inconvénient, au point de vue industriel, de la pile Bunsen n’est peut être pas tant dans les vapeurs nitreuses qu’elle dégage, mais plutôt dans le véritable gaspillage d’acide azotique auquel elle donne lieu. Dans une série de recherches sur les piles (*), j’ai montré que l’élément Bunsen n’utilisait pour la dépolarisation qu’envi-ron i3o gr. par kilo d’acide et que le poids d’acide dépensé s’élevait en moyenne au décuple du zinc brûlé quand on demande à la pile son travail maximum. J’ai indiqué à ce propos différents moyens, devenus industriels, d’utiliser, pour la dépolarisation, tout l’acide azotique en supprimant presque complètement les émanations nitreuses. Je renvoie pour les' détails aux publications indiquées en Note. Dans toutes les piles à dépolarisant, ce qui coûte cher, c’est surtout le dépolarisant; le zinc n’entre que pour un prix minime, relativement, dans la dépense de ces électromoteurs.
- « J’ai fait plusieurs essais pour arriver à puiser dans l’air, par un procédé indirect, un dépolarisant qui ne coûte rien : l’oxygène. Voici jusqu’à présent le procédé qui m’a donné le meilleur résultat : dans un élément Bunsen plat, je remplace l’acide azotique entourant le charbon par une solution de bichlorure de cuivre dans l’acide chlorhydrique. A circuit ouvert, l’élément a une force électromotrice de 1 volt, 5 environ. Quand on ferme le circuit, on obtient un courant de 8 à 12 ampères, avec l’élément plat modèle de Ruhmkorff. La solution cuivrique est décomposée, le cuivre se dépose sur la lame de charbon, mais il ne peut y rester. En présence de l’acide chlorhydrique et de l’air, ce cuivre se redissout presque instantanément. On rend la dissolution encore plus rapide, soit en augmentant la surface de la lame de charbon, soit en insufflant un peu d’air dans le vase poreux.
- « On voit que dans cette combinaison le chlorure de cuivre se régénère constamment et qu’en fin de compte c’est l’oxygène de l’air qui sert de dépolarisant. Je me contente de signaler aujourd’hui cette combinaison pour prendre date; je ferai connaître ultérieurement à l’Académie le dispositif qui m’aura le mieux réussi. »
- La sirène électrique, par M. le Dr R. Weber.
- La démonstration de l’origine du ton et la détermination du nombre de vibrations correspondant à chaque ton sont de la plus haute importance pour l’étude des rapports entre les différents tons, aussi bien au point de vue de l’acoustique qu’à
- (') Voir La Lumicre Electrique ; Recherches sur les piles, 1881, Hospitalier : Formulaire pratique de l’électricien Iiippolyte Fontaine : l’ElectroIrse, etc.
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- celui de la théorie de la musique. Cette étude a été faite soit par des méthodes acoustiques, soit par des méthodes optiques ; les résultats ne sont plus sujets à aucun doute.
- Un appareil tendant à constater ces résultats n’aura donc plus guère de valeur, à moins qu’il ne donne quelque chose de nouveau.
- La sirène décrite ci-après diffère des appareils analogues, essentiellement en ce que: i° le milieu mis en vibration, et le mode de le mettre en vibration, sont nouveaux; et 2° la cause et l’effet sont à une distance arbitraire. Elle fournit une preuve expérimentale des lois et de la nature des sons résultants, étudiés par M. Helmholtz. Comme les sirènes connues, celle-ci donne à volonté un ou plusieurs tons, et l’intervalle des tons peut être fixé à l’avance. Quant à l’inconvénient de toutes les sirènes de ne pas maintenir rigoureusement le même ton, cette nouvelle sirène y est moins soumise, en suite d’une modification convenable de l’appareil.
- I. DESCRIPTION DE L’APPAREIL
- i. Principe de l'appareil. — Sous sa forme la plus simple, la sirène se compose essentiellement des parties suivantes : une roue dentée R (fig. i)
- FIG. I
- est fixée sur son axe A autour duquel se fait la rotation. Sur le bord de la roue vient appuyer un ressort L, dont l’une des extrémités est fixée et en communication avec un fil métallique, et dont l’autre extrémité touche alternativement une dent et un creux rempli d’une substance isolante. Le fil, relié au ressort, va à l’un des pôles d’une pile P ; l’autre pôle est en communication avec un téléphone T. Le circuit électrique est donc fermé en partant de la pile P pour passer par le téléphone T à l’axe A, à la roue R, et au ressort L à l’autre pôle de la pile. Si la roue dentée R est en rotation, le circuit est par conséquent fermé ou ouvert, suivant que le ressort L appuie sur une dent ou sur un creux isolant; il y aura dans le téléphone une série identique a’attractions et de relâchements de la plaque vibrante. De là résulte un ton.
- La hauteur du ton, le nombre de vibrations correspondant, est donc directement proportionnelle
- i° au nombre de dents de la roue R, et 2° à la vitesse de rotation de l’axe.
- L’intensité du ton, l’amplitude des vibrations de la plaque du téléphone, est une fonction de l’intensité du courant électrique, et variable d’un téléphone à un autre.
- Le timbre, soit le nombre, la hauteur et l’intensité des tons qui s’ajoutent au ton principal, dépend de la constance de la pile, de la perfection de la roue R et du ressort L, et de la qualité du téléphone.
- 2. Sirène multiple à courants primaires. — La sirène, telle que je l’ai fait construire, se compose de quinze roues dentées, toutes fixées sur le même axe. Elles ont toutes le même diamètre de 4 cm. et se trouvent à égale distance les unes des autres, soit à 3mm. Le nombre de dents varie d’une roue à l’autre : il est de 24 pour la première roue, de 27 pour la deuxième, de 3o pour la troisième, et ainsi de suite, chacune des suivantes ayant un nombre de dents correspondant aux tons successifs d’une même gamme jusqu’au quinzième. L’espace laissé entre les différentes roues et entre les dents est rempli uniformément d’une masse très dure et isolante. La surface du cylindre ainsi formé a été soigneusement tournée, pour ne pré-
- senter aucune aspérité. La surface seule des dents des roues est visible et chacune coïncide avec la surface du cylindre.
- Une traverse, qui joint en outre les supports dans lesquels tourne l’axe de ce cylindre, porte les i5 ressorts. Chacun des ressorts est dirigé dans le plan de la roue correspondante, et appuie par suite avec une de ces extrémités alternativement sur la dent et sur le creux de cette roue. Un nombre de fils égal au nombre des ressorts établit la communication de ceux-ci avec le même nombre de serre-fils disposés sur la planchette qui porte le tout. Un ressort à balai permet de faire arriver le courant dans l’axe du cylindre; il est appuyé contre celui-ci d’une part et communique d’autre part avec le seizième serre-fil fixé sur la planchette.
- C’est à ce serre-fil qu’aboutit l’un des fils venant du téléphone, l’autre allant à la pile. La disposi-
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- tion la plus commode de la pile est la suivante: le nombre d’éléments est égal au nombre des roues (ou à l’un de ses multiples) ; leurs pôles négatifs, par exemple, sont en communication et reliés au fil venant du téléphone. Le pôle positif de chaque élément (ou de chaque série d’éléments), au contraire, est relié chacun avec un serre-fil S et par lui à un seul des ressorts L, correspondant à une seule des roues R. Suivant que l’on veut faire parler une quelconque des roues, on établit ou non par S le circuit indiqué.
- II est évident que le nombre d’éléments dont il faut disposer peut être plus petit que celui des roues, et égal au nombre maximum de roues que l’on veut faire parler à la fois. Mais une réduction de ce genre nécessite à chaque changement de roue un changement correspondant dans la communication des fils, La disposition schématique des roues, des ressorts, des éléments et du téléphone est indiquée par la figure 2.
- 3. Emploi des courants induits. — Dans certains cas, surtout si la résistance dans le circuit
- FIG, ?
- est grande, il est avantageux de faire parler le téléphone par les courants induits. Dans ce but, on place près de la sirène et de la pile une bobine d’induction, dont la bobine primaire se trouve dans un même circuit avec la batterie et avec la sirène, tandis que la bobine secondaire n’est reliée qu’au téléphone.
- Comme les courants induits de rupture sont d’une durée plus courte et d’une intensité plus grande que les courants de fermeture, ils doivent être particulièrement aptes à produire des impulsions énergiques et, par suite, des tons purs. Je n’ai pas fait d’expériences sur ces tons ; mais voici une disposition qui permettrait de les obtenir ; il faudrait fixer sur un même axe deux roues (au lieu d’une comme dans le cas précédent) tout à fait identiques. Supposons les deux roues isolées de l’axe et isolées l’une de l’autre. Sur chacune d’elles viennent s’appuyer deux ressorts, touchant tous les deux simultanément une dent ou un creux isolant. Par la première roue et ses ressorts, le cir-
- cuit, qui contient encore ia pile et la bobine primaire, est régulièrement ouvert ou fermé; dans la la bobine secondaire, on aura donc les courants induits de rupture et de fermeture. On arrive à éliminer le courant induit de fermeture en appliquant également à la seconde roue deux ressorts qui se trouvent dans le même circuit avec la bobine secondaire et le téléphone. Toutefois les deux ressorts de cette roue doivent être fixés de sorte que le second circuit soit ouvert au moment de la fermeture du premier circuit, et réciproquement. La figure 3 donne la disposition schématique de cette forme de sirène.
- 4. Le compteur. — Pour compter le nombre de vibrations qui correspondent à un certain ton dans un temps donné, on peut procéder de différentes manières. Mais il est indispensable de connaître, outre le nombre de dents de la roue respective, le nombre de tours de l’axe et le temps correspondant.
- En suivant la méthode ordinaire, on peur se servir d’un compteur de tours quelconque, facile à mettre en mouvement par l’axe de la sirène, et permettant un ajustage et un retrait instantanés. Un ton étant donné et maintenu, on ajuste alors le compteur au commencement d’une seconde, pour le faire marcher pendant un intervalle de temps convenable ; il sera retiré à la fin de la seconde voulue. C’est pour ce temps donné qu’on a déterminé le nombre de tours correspondant et inconnu. De cette manière, on aura déterminé tout ce qu’il est nécessaire de connaître pour calculer le nombre de vibrations du ton.
- J’ai choisi une méthode en quelque sorte inverse de celle que je viens de décrire. A cet effet, l’axe de la sirène porte une vis sans fin, dans laquelle vient engrener une roue portant i5o dents, par exemple. Le même axe, qui porte cette roue, en porte une autre, placée plus haut, sur laquelle sont tracés deux rayons. A côté de cette roue, à la même hauteur et la touchant presque, est fixée une petite plaque P, qui porte une marque. —Pour déterminer le nombre de tours de l’axe de la sirène, on procède comme suit : le ton voulu étant produit, le rayon indice de la roue supérieure viendra passer devant la marque sur la plaque fixe. A ce moment, je mets en marche une pendule à seconde ou les aiguilles d’un chronomètre à aiguilles indépendantes. Juste au moment où la roue supérieure passe la deuxième ou la troisième fois avec son rayon indice devant la marque, j’arrête les aiguilles. Le chronomètre me fait connaître le temps qu’il faut à la roue supérieure, à l’axe du compteur, pour faire un tour ou deux, soit le temps qu’il faut à l’axe de la sirène pour faire i5o ou deux fois i5o tours. De cette manière, et avec le nombre des dents de la roue-sirène, on a tout
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- ce qu’il faut pour calculer le nombre de vibrations correspondant au ton.
- On peut suivre une troisième méthode, si l’on complète quelque peu le compteur décrit. Dans ce but, la roue (disque) D est divisée sur son pourtour en 400 parties égaies, de sorte que deux divisions et demie correspondent à un tour de l’axe de la sirène. Les chiffres marqués sur le disque D indiquent le nombre de tours faits par cet axe. L’axe de ce disque D porte deux aiguilles indépendantes, plus longues que le rayon du disque, et f lacées l’une au-dessus de l’autre. La plaque P dépasse en hauteur le disque D; c’est donc elle qui arrêtera ordinairement les aiguilles, quand
- l’axe vertical tourne. Mais une découpure convenable, faite dans P, permettra à un mouvement très simple de libérer l’une des aiguilles, soit au commencement d’une seconde voulue. Un certain nombre de secondes s’étant écoulé, on peut ensuite faire marcher la seconde aiguille sans modifier en rien la marche du cylindre de la sirène, car une seconde découpure dans la plaque P permet facilement de dégager cette seconde aiguille. La différence des chiffres indiqués par les deux aiguilles et le nombre de secondes qu’a duré l’observation fournissent encore tout ce qu’il faut connaître pour pouvoir calculer le nombre de vibrations correspondant au ton.
- FIG. 4
- 5. Le moteur. — Le mouvement de rotation de l’axe de la sirène peut lui être imprimé par un moteur quelconque. Je me suis servi à l’ordinaire du volant d’ane machine. A cet effet, l’axe porte à l’extrémité opposée à celle du compteur une poulie sur laquelle passe la courroie venant du volant.
- Le mouvement de rotation peut s’obtenir encore par un petit moteur électro-dynamique deM. Hipp, construit sur un modèle américain, dont la force est suffisante pour faire marcher une machine à coudre. Côte à côte et l’axe de l’une sur le prolongement de l’axe de l’autre, les deux machines sont fixées sur une même planchette. Une espèce de fourchette, qui fait pièce avec l’axe du moteur, entre dans la poulie fixée sur l’axe de la sirène.
- Enfin un volant, fixé sur ce même axe, régularise le mouvement de rotation.
- Le moteur électrique accouplé à la sirène est représenté dans la figure 4.
- Celte sirène a été construite d’après mes indications par M. le Dr Hipp, directeur de la Fabrique
- de télégraphes à Neuchâtel, qui est disposé à en construire d’autres sur commande.
- II. EXPÉRIENCES ET RÉSULTATS.
- 6. Influence de la largeur des dents. — Comme il a été dit plus haut, ce sont les dents qui établissent le circuit et les creux remplis de substance isolante qui arrêtent le courant. L’espace plus on moins grand occupé par la dent ou le creux entraîne un contact ou une interruption plus ou moins longue. Ce n’est évidemment que le rapport des deux espaces qui entre en ligne de compte ; c’est pour cela que j’ai fait tailler quatre roues de même diamètre, ayant chacune le même nombre de dents, soit quarante. Les espaces occupés par la dent et par le creux isolant sont dans le rapport de 1 à 12 dans la première roue, de 3 à 12 dans la deuxième, de 6 à 12 dans la troisième et de g à 12 dans la quatrième.
- Chacune de ces roues a donné, toutes autres choses égales d’ailleurs,, le même ton quant à la
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- hauteur et quant à l’intensité, mais ces tons étaient différents quant au timbre. Pour les quatre roues, le ton était bon et agréable, mais plusieurs sons harmoniques viennent s’ajouter au son fondamental.
- Ainsi, au ton de la quatrième roue, qui produit l’impression d’un ton fort et bas, il vient s’ajouter au ton fondamental son octave et sa double octave, c’est-à-dire des tons dont les nombres de vibrations sont avec le nombre de vibrations du ton fondamental dans les rapports de 1:2:4. C’est surtout l’octave, le premier ton harmonique, qui est intense.
- Au ton produit par la troisième roue sont venus s’ajouter le premier et le deuxième ton harmonique (1:2: 3), et c’est la quinte (1 :3) qui est plus intense que l’octave (1 : 2). Le ton est plus clair que le précédent.
- Au ton fondamental produit par la deuxième roue s’ajoutent les tons harmoniques suivants : l’octave (1:2), qui est très faible; la quinte de l’octave (1: 3), qui est plus intense; l’octave (1: 4) est facilement saisie, de même que les tons harmoniques 1 : 5, et 1:6, et 1:8.
- La première roue donne un ton plus faible que les trois autres, en même temps il semble être plus haut. On n’entend pas son octave; mais, d’autre part, la double octave (1: 4) est facilement perceptible.
- J’ai pu vérifier ces résultats par la méthode optique. A cet effet, je me suis servi d’un téléphone de grandes dimensions, à aimant en forme de fer à cheval, donnant un ton inrense. Sur le bord de l’embouchure, j’ai ajusté une capsule manomé-trique semblable à celle proposée par M. Kœnig pour l’étude des vibrations de l’air. Les flammes, vues au miroir tournant, prennent des formes très caractéristiques, très marquées et tout à fait différentes pour les tons produits avec les différentes roues.
- Un groupe de dents se détachait toujours nettement, soit le groupe qui correspond au son fon-‘ damental. Ordinairement, ce groupe se composait de quatre dents moins tranchées, qui avaient des longueurs différentes suivant la roue à laquelle elles correspondent. La première roue donne des dents toutes de même hauteur, de même valeur; il n’y a donc, outre le ton fondamental, que le ton (1 : 4).
- En faisant jouer les autres roues, ces dents de se cond ordre prennent des longueurs différentes : la première et la troisième plus longues que la deuxième et la quatrième; la deuxième et la troisième plus grandes que la première et la quatrième; la quatrième est la plus grande.
- Ainsi, en résumé, les roues à dents larges donnent des tons plus forts et moins purs que les roues à petites dents*
- 7. Tons directs de la sirène. — Disposant la sirène, les piles et le téléphone comme il a été dit plus haut, le téléphone rend facilement le ton correspondant à une roue quelconque, et les tons hauts avec la même facilité que les tons bas.
- En établissant le circuit pour deux ou plusieurs roues, le téléphone donne le nombre correspondant de tons.
- 8. Sons résultants. — Si, en fermant le circuit sur deux ou plusieurs roues, on envoie dans le téléphone deux ondulations électriques de différente longueur d’onde, ces ondulations électriques interféreront comme les vibrations le font en général. Il y aura donc, à côté des ondes principales, une série d’ondulations de second ou troisième ordre, résultant justement de ces interférences. Elles agiront toutes sur la plaque de fer doux du téléphone pour donner naissance à des vibrations sonores correspondantes. On prévoit qu’on doit obtenir ainsi les tons résultants, étudiés surtout par M. Helmholtz, et divisés par lui en sons différentiels et en sons additionnels.
- En effet, avec un téléphone de grandes dimensions et un courant provenant de 3 à 4 Daniells par roue, on arrive à produire des tons fondamentaux assez intenses pour entendre facilement quelques-uns des tons résultants. La perception est plus facile encore quand on choisit les tons fondamentaux de telle manière que les tons résultants se trouvent dans la région moyenne des tons perceptibles et, qu’en outre, les tons résultants sont dissonants avec les tons fondamentaux. Avec un peu d’exercice, on acquiert la faculté de saisir également le reste des tons résultants.
- Si je désigne par un chiffre romain le numéro de la roue de la sirène et par les chiffres ordinaires, écrits au-dessous, le nombre des dents de cette roue, on aura les correspondances suivantes :
- I II III IV V VI VII VIII IX X XI
- 21 27 3o 32 36 40 45 48 54 60 64
- et les
- ut, ré. mi, fa. sol, la, si, ut2 ré2 mi2 fa3
- auront un nombre de vibrations qui sera un multiple quelconque des nombres de la série précédente. Soit p ce multiple.
- Voici quelques-uns des résultats qu’on obtient facilement :
- (1) Les roues I et III donnant les tons fondamentaux ut, = p. 24 = nt, et mi, —p. 3o — n2, donnent naissance aux tons résultants suivants :
- ut, =p. 6 =/> (n2 — m,)
- SOl0=:p. l8=/> (2 — ll3)
- ré2 =p. 54=p («, -f-Wjj) la, =p. 40
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- (2) De même, les roues I et YII donnant
- ut, = p. 24=7/, et si,=p. 45 = 7/,,, ont les sons résultants
- ==p. 21 —p (//2 — //,)
- ^sol b ^ = p. 69 =/> (11, + h2)
- (3) Les roues III et YII donnent
- mi, = p. 3o=/7, et si, = p. 45=77,
- et en outre
- mi0 = p. i5=p (m2 — «1) sol # =p. (773 + 7/,)
- 2
- (4) Les roues V et VIII donnent d’abord
- sol 1 — p. 36= n, et ut2=p. 48=;:2 et en même temps
- ut0 =p. 12 = p (il2 — //,) ut, =p. 24=p (2 n, — n2)
- ^la#J=p. 84=/(77, +;/3)
- (5) Les roues I et IX donnent
- ut, =p. 24 = //, et ré2 = p. 5| = 77,,
- et les sons résultants
- ni/', --p. 3o=p («2 —«,)
- ut, =p. 6 —p(ll2 — 2 77,)
- la b , la2^ = p. 78=4b (n, -f- ;;3)
- (6) Les roues I et X donnent
- = p. 24 — il, et mi2 = p. 60 = )/2,
- et en outre les sons
- sol, = ’o.36=^>(772—11,) uta=p. 48=
- (la^) — P-8I= +
- (7) Les roues X et XI donnent
- ut, =p.24 = 77, et fa2 = p. 64 = 77,,
- et comme sons résultants
- la, = p.40=p(/;2 —11,) ut2 = p.48
- ^si b, si=p.88=/>(//o
- (8) Les roues I et XIII donnent
- uti = p. 24 = H| et la, = p, 8o = 7/2,
- et encore
- ré2, rc#) = p. Sb=p(n2—n,)
- 2 •
- la,=p. 32=/>(/72 — 2 77,)
- Ut2=p. 48=/>|?72 — (77 2 - 2 77,) \
- la, = p. 40=
- Ut#, ré3) = p. 104=/>(772 + 77 ,)
- (9) Les roues I et XIV donnent
- ut, = p. 24 = 77, et si2 = p. 90= 7/2, et en outre
- (fa2)=p. bb=p(n2 — 11,)
- (laf) = P’ 42=/>(h2 —27/,) sol0 = p. l8=/>(7/2— 3/7,) n,i b^=p. 114=/>(7/2 +»i)
- (10) Les roues I et XVI donnent
- ut, =p. 24 = 77, et ré3 = p. 108= 7/2,
- et encore les sons résultants
- ^laî*^— p. 84=/>(77o— 77,)
- mi2=p. bo=p(n2— 211,) sol,=p. 36=/>(772 — 3//,)
- — p. i32=/>(772 + 77 ,)
- (11) Les roues I et XVII donnent d’abord
- ut, = p. 24 = 77, et mi:1 = p. 120= 11.2 et les sons résultants
- Ut„ = p. 95 =/> (« 3 — 77,)
- SOl2 = p.72=/>(772 — 2 77,)
- Ut2 = p.48=p(773 — 3 77 ,)
- (12) Les roues XIV et XVII donnent
- 1161 = 0.96 = 77, et mi:, = p. 120 — 7/2
- et le son résultant
- lit, = p. 24 =p (11-2—11,).
- Les sons fondamentaux n’ont été que faibles quand la vitesse de rotation était la même que dans les cas précédents; mais, d’autre part, le son de différence de premier ordre a été très intense, plus intense même que les sons fondamentoux.
- ' Au lieu d’étudier les sons résultants de deux tons fondamentaux, cette sirène permet d’étudier les sons résultants de trois ou plusieurs sons fondamentaux.
- Une expérience préliminaire fait connaître que les sons résultants deviennent très nombreux et très intenses, et que les sons fondamentaux, au contraire, deviennent plus faibles.
- Je reprendrai peut-être cette partie de mon étude plus tard, si je puis réaliser les conditions nécessaires pour les expériences.
- 9. Question physiologique. — Les physiologistes se sont disputés longtemps sur la question de savoir si les tons résultants ont une existence réelle, physique, en dehors de l’organe de l’ouïe, ou s’ils ne sont qu’une perception du sens de
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- l'ouïe ayant pour cause un certain trouble dans les parties de l’organe qui transmettent les vibrations.
- M. Helmholtz a donné en i856, dans les Annales de Poggendorff (*), une théorie de sons résultants, indépendante de questions physiologiques, et il a ajouté à cette théorie une preuve expérimentale de l’existence physique de ces sons résultants, en démontrant qu’une membrane convenablement tendue résonne à l’unisson avec ces sons résultants.
- Les expériences faites avec la sirène, dont nous avons donné le résumé sous le n° 8, fournissent une preuve nouvelle et meilleure de l’exactitude de l’idée de M. Helmholtz ; car, si un ton résultant est entendu au téléphone, c’est bien par la vibration réelle de la plaque du téléphone et de l’air que nous l’entendons.
- 10. Tons moléculaires. — On sait, depuis environ 5o ans, qu’un électro-aimant donne un ton quand on fait varier le magnétisme par la variation rapide de l’intensité du courant circulant dans la bobine. Ces tons étant attribués à des vibrations moléculaires du fer, ont reçu le nom de sons moléculaires. On les entend déjà facilement avec un téléphone ordinaire dépourvu de sa plaque.
- En se servant de la sirène pour interrompre un circuit dans lequel sont encore intercalés une pile de 5 à 8 Daniels et l’électro-aimant d’un relai, ces sons moléculaires deviennent particulièrement forts. L’électro-aimant, à lui seul, sans armature, donne un ton perceptible à distance ; le ton est renforcé quand on place sur le fer à cheval un morceau de fer de forme quelconque : aiguille longue, bloc cubique ou plaque large et mince. Pour avoir le maximum d’intensité, il faut séparer l’armature en fer de l’aimant par une mince feuille de papier.
- Ce sont encore les mêmes sons moléculaires qui se font entendre dans un grand électro-aimant à travers lequel on fait arriver le courant d’une machine dynamo-électrique.
- III. APPLICATIONS
- 11. Piano-sirène. — Le fait que la cause des vibrations (la roue dentée et la pile) peut se trouver à une distance quelconque de l’effet des vibrations (du ton produit dans le téléphone), donne la possibilité de faire de la musique en un grand nombre quelconque d’endroits très éloignés entre eux et du lieu où l’on fait naître la cause de cette musique.
- A cet effet, il suffit d’exécuter le principe suivant : le cylindre de la sirène doit avoir une longueur telle qu’il puisse contenir les roues correspondant aux tons de 6 à 7 gammes avec leurs
- dièzes et bémols. Entre chaque ressort qui touche sa roue et la pile correspondante, on intercale la touche d’un clavier. A l’état ordinaire de cette touche, le contact électrique entre les deux parties n’est pas fait; ce n’est qu’en abaissant la touche que le circuit est établi et que les interruptions du courant sont déterminées par la roue de la sirène, donnant au téléphone la hauteur et la durée du ton. Pour varier l’intensité du ton, il suffit d’ajouter une série de résistances différentes, dont on introduit dans le circuit électrique une quantité plus ou moins grande suivant les intentions de la personne qui fait la musique. Enfin, le tout doit être mis en communication avec un réseau téléphonique. Après cela, un pianiste pourra donner un concert à un grand nombre de personnes à la fois, éloignées de lui et réparties dans différentes maisons. Le pianiste même n’entendra pas son jeu, à moins qu’il ne se munisse, lui aussi, d’un téléphone.
- Il est possible de construire un appareil purement mécanique si l’on veut confier les contacts, non plus au pianiste, mais à un cylindre tournant, garni de talons qui viendraient faire des contacts au moyen de lames en communication avec les roues de la sirène. Ce cylindre aurait quelque ressemblance avec le cylindre des boîtes à musique; toutefois, l’appareil étant électrique, la construction en serait différente.
- La musique que donneraient ces instruments ne manquerait pas d’avoir un caractère tout particulier, grâce au nombre et à l’intensité des sons résultants; mais il est même possible que ces sons résultants rendraient cette musique peu agréable à l’oreille.
- Sur la variation de résistance électrique du bismuth placé dans un champ magnétique, par M. Hurion (*).
- Des expériences récentes de M. Righi (2) ont montré que la résistance électrique du bismuth augmente lorsque ce métal est soumis à l’action d’un électro-aimant. Cette variation dans les propriétés physiques, que j’avais moi-même observée (3) sans avoir connaissance du travail précédemment signalé, ne parait pas suivre de. lois simples. Les nombres obtenus montrent que l’augmentation de résistance croît plus vite que l’intensité du champ magnétique quand cette dernière est faible, et lu devient ensuite proportionnelle pour des valeurs plus grandes.
- Voici, comme exemple, les résultats observés avec une lame mince de bismuth collée sur verre
- (q Journal de Physique, lome IV, avril 188S.
- (2) Journal de Physique, 2° série, t. III, p. 355.
- (3) Journal de Physique, 2e série, t. III, p. 36o.
- v1). Helmholtz, Pogg. Ann. Bd. gg, p. 497 à 540.
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- et découpée comme les feuilles d’étain des carreaux étincelants. Cette lame était placée normalement aux lignes de force magnétique d’un électro-aimant de Faraday animé par un courant dont l’intensité se mesurait avec une boussole de Weber, placée en dérivation sur le circuit et à une grande distance de l’électro-aimant. Des expériences préliminaires faites par la méthode d’induction ont montré que l’intensité du champ magnétique produit était très sensiblement proportionnelle à celle du courant. Les résistances étaient évaluées à l’aide d’une boîte montée en pont de Wheatstone; on les équilibrait par une autre mille fois plus grande. Pour éviter autant que possible les perturbations dues aux variations de température, la plaque de bismuth, vernie et enduite de paraffine, était plongée dans une petite cuve pleine d’eau dont la température moyenne a peu varié pendant les expériences; dans la table qui suit, la première colonne contient les indications de la boussole et la seconde les variations de résistances observées sur une plaque dont la résistance était de 4 ohms 3.
- d AR en ohms d AR en ohm:
- — — — —
- 3o,5. . . . . . . 0,039 64,5. . . . . . . o,i3o
- 35,5. . . . . . . 0,054 68,0. . . . 73.0. . . .
- 39,0. . . . . . . o.o63 . . . 0,157
- 42,0. . . . . . . 0,070 78,2. . . . . . . 0,173
- 45,0. . . . . . . 0,081 99,5. . . . . . . 0,214
- 5i,o. . . . . . . 0,093 108,0. . . . . . . 0,24ï
- 56,2. . . . . . . o,ii3 » »
- Les expériences précédentes m’ont conduit à chercher comment variait le moment magnétique du bismuth soumis à l’expérience : et, pour étudier cette question, j’ai suspendu une même plaque de ce métal entre les pôles de l’électro-aimant par l’intermédiaire d’un fil de platine dont la partie supérieure pouvait être tordue d’un angle quelconque. Une lecture faite sur un cercle divisé permettait d’évaluer cet angle à une minute près. La lame de bi&muth était fixée à une monture de bois munie d’un petit miroir concave donnant une image de réflexion qui se déplaçait sur une règle graduée translucide; le tout se trouvait terminé par une boule de laiton destinée à tendre le fil, Le déplacement de l’image sur la règle permettait de mesurer la rotation du système.
- Pour procéder à une expérience, on lançait un courant dans l’électro-aimant, et l’on amenait par tâtonnements la plaque de bismuth à sa position d’équilibre sans torsion du fil; puis tordant le micromètre supérieur d’un certain angle, on mesurait le déplacement correspondant de l’image de réflexion sur la règle; une série d’expériences préliminaires avait montré qu’un déplacement d’une division de la règle correspondait à une rotation de i',g. Afin d’éliminer les erreurs de réglage, le fil était tordu
- successivement du même angle en sens contraire, et on lisait sur la règle la différence des positions de l’image. L’angle, ainsi obtenu et réduit en minutes, était retranché de la différence des lectures du micromètre et donnait la torsion réelle correspondant à l’écart du fil observé. Voici, comme exemple, les résultats d’une série de lectures correspondant à une intensité de courant mesurée par une déviation de 78,5 de la boussole de Weber.
- Ecart Torsion
- en minutes en minutes
- Règle Micromètre c T 1
- 247.0 27.3, IO 0,0 .. »
- 259,5 235,0 274.40 j 271.40 f 46,5 133,5 2,86
- 223,0 272,0 270.10 ï 276.10 J 93,1 267,0 tv. CO
- 284,5 211,0 277,40 j 26^,40 j 139,6 400,4 2,86
- La première ligne du tableau correspond à la position d’équilibre du système sans torsion du fil ; on peut voir que, pour de petits angles d’écart, le rapport de la torsion à l’écart est constant. Ce rapport constant peut être pris pour mesure de l’action exercée par l’électro-aimant sur la plaque de bismuth.
- Le tableau suivant montre comment cette action varie avec l’intensité du courant qui amène l’électro-aimant.
- d T d T
- — e — e
- 24.7 . o,36 78,5 . 2,86
- 36.0 0,85 88,0 3,3o
- 49-5 i,5o 96.0 3,68
- 60,0 2,05 109,0 4,50
- On peut remarquer que l’action mécanique ainsi mesurée, suit très sensiblement la même loi que les variations de résistance précédemment observées; la comparaison des résultats correspondant à une même intensité de courant, se résume dans le tableau suivant:
- d AR T e X A R
- 35,5 . 0.054 » l 15,7
- 36,0 . . 0,85 S
- 5i,0 . 0,093 : i 16,1
- 49,5 . . » i,5o j
- 78,2 . 78,5 . 0,173 2,86 | i6,5
- O11 peut donc conclure de ces expériences, que la variation de résistance électrique du bismuth, placé dans un champ magnétique, tient en grande partie à l'action mécanique exercée sur le métal. Il semble cependant que la variation de résistance croît un peu moins rapidement que cette action mécanique.
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- FAITS DIVERS
- MM. Bcrtlioud-Borel préparent une nouvelle substance isolante de la manière suivante : on chauffe de l’huile de lin et on la maintient à 3oo° jusqu’à ce qu’elle prenne une couleur brune et une consistance sirupeuse. On ajoute alors u.«e quantité de colophane convenable, et l’on brasse énergiquement le mélange pendant un certain temps. Pour recouvrir un corps d’une couche isolante, on le plonge dans la matière fondue portée à 200°.
- On sait que la perforation ou la corrosion des tubes en laiton de la surface de chauffe des appareils à triple effet employés dans les sucreries occasionne des pertes notables de jus dans les eaux de condensation. Pour éviter ces inconvénients, MM. Damé et Lacouture ont imaginé de déposer sur ces tubes, au moyen de la galvanoplastie, une couche de nickel inoxydable et protectrice qui, tout en augmentant leur conductibilité pour la chaleur, leur assure, à ce qu’il paraît, une plus longue durée.
- L’église de Paisley, à Manchester, a été frappée par la foudre dimanche dernier et considérablement endommagée, tandis que le paratonnerre fut arraché. Sans doute, la conductibilité de celui-ci était trop faible et la terre trop mauvaise.
- On se propose d’installer un chemin de fer électrique entre le pont Victoria, à Londres, et Battersea, un des faubourgs, pourvu qu’on puisse obtenir la permission nécessaire de la chambre de commerce.
- UEleclrical Review, de Londres, remarque que la perte d’énergie avec les chemins de fer électriques à conducteurs séparés est beaucoup plus grande qu’on ne le pense généralement. Notre confrère cite l’exemple du chemin de fer de Portrusle. où la force électromotrice primitive est de s5o volts et l’intensité de 100 ampères, ce qui correspond à 3q chevaux environ. La résistance des conducteurs n’est que de 2 ohms, de sorte que quand les voitures arrivent à l’autre bout de la ligne, 27 chevaux ont été perdus. La force motrice étant prise d’une chute d’eau, la perte ne présente pas un aussi grand inconvénient que s’il avait fallu installer des machines pour la produire.
- La commission spéciale chargée d’examiner les moyens de défense des Dardanelles recommande rétablissement de plusieurs stations de torpilles sur la côte et l’emploi de la lumière électrique pour empêcher les attaques de nuit.
- On propose maintenant d’accorder des brevets aux Etats-Unis à toute personne qui en demanderait, moyennant 5 francs et sans examiner si l’invention est originale ou non, en se bornant à un simple enregistrement de l’objet du brevet.
- La mesure ne paraît cependant pas avoir beaucoup de chances d’être adoptée, mais la question de la réorganisation du bureau des brevets et de la loi qui régit la matière est toujours vivement discutée.
- Le monumept de Washington a été frappé deux fois par la foudre sans avoir été endommagé, grâce aux paratonnerres.
- Le commissaire des travaux publics, à New-York, a déclaré qu’on avait beaucoup exagéré le danger cjù’il y aurait
- pour la santé publique à ouvrir les rues pour la pose des fils électriques pendant la saison d’été. Il considère comme son devoir de faire exécuter la loi et de forcer les entreprises d’électricité à faire disparaître leurs fils aériens.
- Les entreprises d'électricité, à Melbourne, sont actuellement en train de mettre leurs fils sous terre, le réseau aerien ayant donné lieu à de nombreuses réclamations.
- Éclairage électrique
- La construction en planches que l’on élève en ce moment dans le jardin du Palais-Royal est destinée à des essais provisoires de la lumière électrique, qui porteront sur 100 lampes de 16 bougies ou leur équivalent en lampes de 8 bougies, distribuées dans plusieurs établissements du Palais, notamment au Petit-Véfour, qui en contiendra 58, et chez plusieurs grands bijoutiers.
- L’éclairage sera définitif lorsqu’on aura recueilli des adhésions pour 1 5oo lampes de 1.6 bougies au prix de 10 centimes par lampe et par heure, avec un minimum de 5oo heures d’éclairage par an. Voici d’ailleurs les conditions générales de l’abonnement :
- En sus du prix d’abonnement l’abonné paiera des sommes égaies à celles que la Compagnie du gaz prélève d’après ses quittances d’abonnement pour la location et l’entretien des branchements, robinets et compteurs.
- Quoique la moyenne des heures d’éclairage soit de 1 450 heures par lampe et par au, l’abonné ne garantit qu’un nombre minimum d’heures d’éclairage égal à cinq cents par lampe et par an.
- L’installation intérieure des fils et des lampes (ces dernières étaDt placées sur les appareillages existants, de façon à se substituer sans inconvénient aux becs de gaz), resteront à la charge de l’abonné, à moins que celui-ci ne consente à contracter un engagement dont la durée sera à déterminer dans la police définitive, et auquel cas ladite installation lui sera faite gratuitement. — Ces installations seront, dans la première hypothèse, faites à des prix fixés dans la police d’abonnement, en prenant pour bases l’étage, le mètre de fil mis eu place et Je nombre de lampes.
- La fourniture des lampes et leur renouvellement seront faits gratuitement, sauf dans le cas de bris dû à la maladresse ou à la négligence de l’abonné.
- Un compteur sera établi chez chaque abonné afin de rele ver la consommation d’électricité. Le prix de l’abonnement au compteur sera payé sur quittance tous les mois.
- L’abonné participera aux bénéfices résultant de l’exploitation de l’éclairage électrique du Palais-Royal, d’après les bases suivantes : après constitution des réserves d’usage et prélèvement d’un intérêt de dix pour cent aux capitaux engagés, la moitié du bénéfice net est attribué aux abonnés et réparti à chacun d’eux, sous le contrôle du syndicat, au prorata de sa consommation pendant l’année.
- Ainsi que nous l’avons dit, les travaux seront exécutés par la maison Breguet, et l’installation définitive des machines aura lieu en dehors du Palais-Royal dans jq local spécial. La force motrice sera fournie par 3 machines à vapeur de 200 chevaux, dont une de réserve, qui alimenteront 12 dynamos, dont 3 de réserve eu cas d’accident. Il y aura en outre uue réserve de 800 lampes-heures eu accumulateurs. La machine installée dans l’abri provisoire sera de 12 chevaux.
- Le Génie Civil donne les indications suivantes, qui permettent de réaliser avec des lampes à incandescence un éclairage satisfaisant, bien entendu en dehors de cas tout à fait exceptionnels.
- Dans les pièces garnies de tentures d’un ton sobre, ni trop sombre ni trop éclatant, le nombre des lampes à incan-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- descence garnissant les lustres doit être à celui des lampes fixées aux appliques contre les murs dans le rapport de 3 à 2, soit un tiers en plus.
- On obtient un éclairage brillant avec une lampe de la puissance de 16 bougies par trente mètres cubes de capacité de la pièce éclairée. Par exemple, pour une pièce de 6 mètres de côté sur 6 et de 4 mètres de hauteur, on aura un éclairage très satisfaisant, au point de vue artistique, avec six lampes de 8 à 10 bougies placées sur applique à une hauteur de 2 mètres à 2m5o au-dessus du plancher.
- La Compagnie allemande Edison va prochainement introduire deux nouveaux types de lampes à arc qui pourront être placées en dérivation sur un circuit de lampes à incandescence. Le premier de ces deux foyers est de 3 à 400 bougies, avec une intensité de courant de 3,5 à 4,5 ampères, tandis que le deuxième est de 800 à 1 090 bougies, avec 8 ou 9 ampères.
- La maison Siemens a été chargée d’installer la lumière électrique dans le bureau central des postes à Vienne. Les machines seront installées dans la cour et les fils partiront de là jusqu’aux différents locaux à éclairer. On se servira de lampes à arc d’une intensité lumineuse de 1 000 à 1 400 bougies. ___________
- UElectrician de Londres donne sur l’éclairage des trains sur la ligne de Francfort à Ulm les détails suivants, qui compléteront les renseignements que nous avons déjà donnés sur ce sujet. La dynamo tourne à ?5o tours par minute et donne une intensité de courant de 12 ampères. Les frais j
- d’installation se montent, pour la dynamo et les accumulateurs, à 3 000 francs, et de 75 à 100 francs pour chaque voiture. ___
- Mardi, le 5 mai dernier, a eu lieu à Catania, en Italie, l’inauguration de la nouvelle station centrale pour la distribution de la lumière électrique. Plusieurs installations importantes ont été faites dans le café de l’Europe, dans l’hôtel Central et chez des particuliers. Les lampes employées sont à incandescence des systèmes Cruto et Swan, et fonctionnent parfaitement bien, à la grande joie des habitants. La lumière électrique va prochainement être installée dans l’école des Arts et Métiers de la ville également.
- Les commissaires de l’exposition des inventions qui vient d’être ouverte à Londres ont adopté le système d’accumulateurs B. T. IC. pour l’éclairage d’un souterrain où 80 éléments n° 2 fonctionnent depuis quelque temps. On se rappelle que ce système a servi pour l’installation de la lumière électrique à Colchester, où il a donné de très bons résultats. __________
- Le ministre de la marine en Angleterre a chargé MM. Crompton et C° d’installer la lumière électrique à bord de sept navires de guerre et de fournir 20 projecteurs.
- Le tableau suivant contient des renseignements intéressants au sujet de l’éclairage électrique de l’Exposition des inventeurs qui va s’ouvrir dans le voisinage du musée de Kensington, à Londres.
- CONSTRUCTEURS FOYERS
- à arc à incandescence
- Crompton et Ce 6 »
- Edison-Swan »» 1000
- Paterson et Cooper 16 25o Bernstein
- Siemens frères 4 1080 Swan
- Compagnie Brush » 1000 Victoria
- Goolden et Trotter » 25o
- Compagnie de la Lampe-Soleil. 24 »
- Elwell-Parker » 200 Swan
- 5 Lea
- Maclue » 3oo Swan
- Andrews . 16
- Clarke, Chapenau et Cc . . . . » 100
- Jablochkoff 60 ))
- Güicher » 800
- Gaulard et Gibbs 70 Varley 0
- Woodhouse et Rawson . . . . » 100
- Compagnie Pilsen Joël 42 *>
- Cordner Allen et C° 24 »
- \ 5o »
- Güicher ' 16 »
- Goolden et Trotter 6 Hochhausen >»
- Sir F. Bolten 1 12 Siemens »
- Thomson et Houston ! 46 > 18 » »
- Sennett 8 »
- Clark et Bowman 14 »
- INTENSITÉ lumineuse en bougies MOTEUR LOCAL ÉCLAIRÉ
- 2800 Willaus Promenade du Sud
- 20 Mather et Ratt Cour du Sud et vestibules
- 75o/5o — Salles à manger
- 5500/10 — Cour centrale
- 20 Parson Cour du Nord
- 20 — Cour d’Autriche
- 1100 — Bureaux et caves
- 20 Elwell-Parker Pavillon du prince de Galles
- 2500 20 Willaus Vieux Londres
- 800 — Hangar des machines
- 20 Parsons Restaurant
- 400 — Galerie centrale
- » Coalbrookdale Aquarium
- , 200 Pas encore décidé Arcades
- 20 — Pavillon du restaurant
- 750 — Galerie d’Ouest
- 750 — Annexe de la galerie d’Ouest
- 1000 3200 Westinghouse | Galerie centrale
- 3200 Restaurant chinois
- 3ooo — | Fontaine
- 1000 600 | Galerie de l’Est
- 2500
- 700 i Carré ouest .
- J^e ministre de la marine en Angleterre a décidé de faire installer la lumière électrique dans la tour sur la jetée de Douvres. Cette tour a jusqu’ici été éclairée au gaz, mais plusieurs considérations ont fait introduire la lumière à incandescence. __________
- MM. Elwel Parker, à Wolverhampton, en Angleterre, ont dernièrement construit une pile secondaire pour la nouvelle
- station centrale de Manchester, assez grande pour alimenter 3 000 lampes à incandescence. Un seul accumulateur pèse 5o tonnes et peut fournir 5oo chevaux pour l’éclairage électrique. Une autre pile capable d’alimenter 75o lampes a été faite pour une installation particulière.
- L’éclairage électrique des bâtiments municipaux à Leeds
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- a été provisoirement supprimé, à cause d’un procès pendant entre la ville et les entrepreneurs de l’éclairage.
- Il parait que les Américains ont trouvé beaucoup de raisons pour ne pas employer la statue de la Liberté comme un phare pour le port de New-York et on se bornera à placer des foyers électriques au pied de la statue pour en éclairer la ligure pendant le soir et la nuit.
- La ville de Flint, en Michigan, vient de porter le nombre des foyers électriques dans les rues à 100. dont 36 sont installés sur des tours.
- Des essais intéressants ont été faits dernièrement à Chicago avec le nouveau régulateur électrique pour machines de M. Aniet. On a éteint 23 lampes sur 29 d'un circuit de lumière électrique, et la vitesse de la machine a été automatiquement et promptement réduite de 3i5 à 107 tours par minute.
- La Compagnie locale de lumière électrique à Troy, dans l’Etat de New-York a été chargée d’éclairer cette ville avec 100 foyers à arc ou plus. Les travaux vont être commencés immédiatement, malgré l’opposition très vive de la Compagnie du gaz.
- La ville de Buffalo contient 600 foyers à arc, dont 400 appartiennent à la ville, et servent à l'éclairage des rues.
- Télégraphie et Téléphonie
- On vient de construire un appareil télégraphique destiné à être employé par les aveugles, qui interpréteront les signaux par le toucher des doigts.
- Les recettes du département des télégraphes en Algérie ont augmenté d’une façon très remarquable. L'accroissement s’est, en effet, élevé à 100/0 pour les deux premiers mois de l'année courante et à 12 0/0 pour le mois de mars dernier. Les recettes du premier trimestre ont été de 3o3ooo francs et celles du mois de mars de 107000 francs, contre 275000 et 95000 francs respectivement pour l’année dernière.
- Le câble transatlantique français est de nouveau interrompu.
- Les dépêches météorologiques qui sont échangées journellement entre Bucharest et Vienne sont maintenant transmises à titre gratuit sur les ligues télégraphiques roumaines et autrichiennes. Elles ne doivent cependant pas dépasser 00 mots et elles doivent être expédiées avant l’heure à laquelle commence le trafic de la Bourse.
- On annonce de Madère que le steamer le Chillcrn, appartenant à l'Eastcrn Telcgraph C°, vient de terminer la pose de deux nouveaux câbles de conducteurs à travers le Tage, à Belun.
- La ligne télégraphique russe vers Merv est maintenant terminée jusqu’à lvahkaha, à 120 milles à l'est d'Askobar.
- Le rapport du ministre des finances en Angleterre, déposé la semaine dernière, constate que le service télégraphique a produit, en 1884-1885, 44 600 000 francs, ou deux millions de francs environ en moins que les prévisions, qui
- étaient de 47 millionc, mais en même temps une augmentation de 370000 francs sur l’année précédente. Les frais pour l'année prochaine sont estimés à 46 millions, ou 2 725 000 fr. en plus que pour l'année passée. Les prévisions de recettes sont les mêmes que pour cette année.
- Une revue anglaise importante, le Biakwoodc Magazine^ contient un article très long sur la télégraphie à bon marché-L'auteur croit que le gouvernement a tort de céder devant les réclamations du public en établissant un tarif qui ne couvrirait pas les frais et qui ne ferait qu’augmenter la perte de 275 millions de francs qui ont été payés aux entreprises particulières lors de la reprise de la télégraphie par le gouvernement.
- Le journal anglais le Globe annonce qu'un câble va bientôt fonctionner entre le port Hamilton et la station la plus proche de l'Eastern Telegraph C°, à une distance d'environ 35o milles. La pose de ce câble a déjà été commencée, et on espère que la communication sera établie sous peu.
- Ou télégraphie de Souakim à la date du 5 mai que le fil télégraphique entre Souakim et Handoub a été coupé pendant la nuit.
- Les troubles politiques dans l’Amérique centrale ont eu pour conséquence l'occupation militaire de toutes les stations de câbles, afin d'empêcher les employés d’expédier des télégrammes qui n’ont pas reçu l'approbation des autorités. Même les représentants des nations européennes n'ont pas pu correspondre par télégraphe avec leurs gouvernements sans soumettre leurs dépêches à l'autorité militaire qui les supprime presque toujours, notamment si elles sont en chiffres.
- Les réductions successives du tarif télégraphique entre New-York et Chicago ont augmenté le nombre des dépêches entre ces deux villes d’une manière extraordinaire, et beaucoup de maisons ne correspondent que par télégraphe.
- La Western Electric C° n'euvoic pas moins de 2000 mots par jour, ainsi que plusieurs autres Compagnies.
- Le 23 avril, le nombre d’abonnés de la Société générale des Téléphones était de 5 729 contre 5 584 au Ier janvier dernier, ce qui représente une augmentation de 145 abonnés.
- Le tableau suivant indique la situation des différents réseaux et les progrès réalisés depuis,un an :
- ABONNÉS au 23 avril 84 ABONNÉS au 23 avril 85 EN PLUS
- Paris 3,460 3,792 332
- Alger 22 22 »
- Bordeaux ÎOQ 334 25
- Le Havre 107 210 i3
- Lyon 534 ÔI2 78
- Marseille 372 393 21
- Nantes 93 98 5
- Oran 44 5o 6
- Rouen 97 113 16
- Saint-Pierre-les-Calais . 101 io5 4
- Totaux 5,229 5,729 5oo
- Le nombre des lignes en service est actuellement de 5641 dont 3 722 à Paris.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le poids de fil télégraphique renouvelé annuellement dans le réseau immense de la Western Union TelegraphC0 aux Etats-Unis s’élève à i ooo tonnes. La Compagnie paie le nouveau fil à raison de 35 à 40 centimes par livre, tandis que le vieux est vendu pour un demi-centime environ par livre.
- On annonce que l’Eastern Telegraph C° est entrée en négociations avec MM. Robert Napier et fils, constructeurs de navires à Govan, pour la construction d’un nouveau steamer télégraphique destiné à prendre la place de la Ma gneta, dont Inous avons dernièrement annoncé le naufrage.
- Le ministre du commerce, en Autriche, vient de rendre sa décision dans le procès intenté au propriétaire du brevet de Bell, en Autriche. Les revendications i3 et i5 du brevet ont été déclarées inadmissibles et nulles. En voici la teneur : i3. La combinaison dans un téléphone électrique d’une plaque avec un aimant muni de bobines à ses extrémités et placé près de la plaque ; i5. L’application au téléphone électrique d’un tuyau acoustique pour augmenter l’effet de la transmission comme de la réception de la parole.
- Par contre, les revendications 11, 12, 14 et 16 ont été admises.
- Ce procès a été plaidé devant les différents tribunaux en Autriche depuis plus de 4 ans; plusieurs fabricants viennois avaient à cette époque, commencé la construction de téléphones Bell et les propriétaires du brevet, l’International Bell Téléphoné C° d’Anvers, firent saisir tous les appareils fabriqués. En revanche, les constructeurs ont demandé la déchéance du brevet se basant principalement sur une publication de l’invention antérieure à la date du brevet. Le jugement a été rendu le 1er mars dernier.
- Nous empruntons au Mouvement industriel belge les détails suivants sur les réseaux téléphoniques de Stockholm, en Suède.
- Le tableau ci-dessous indique le total des communications téléphoniques et le nombre des abonnés de la Stockholm Allmænna Telefonbolag, ou Société téléphonique mutuelle des habitants de Stockholm, la plus importante de la Suède :
- 1884 NOMBRE MOYENNE NOMBRE
- de des commu- NOMBRE de commu-
- — communica- nications nications
- MOIS tions par jour d’abonnés par jour
- par mois ouvrable et par abonné
- Janvier . . . 71,950 2,612 865 3,02
- Février . . . 76,516 2,928 925 3,16
- Mars .... 126.413 4,800 1,162 4. t3
- Avril 143.671 5,711 1,263 4,52
- Mai 177,206 6,535 1,364 4,79
- Juin 171,592 7,046 1,522 4,63
- Juillet. . . . 203,570 7,363 1,670 4-4«
- Août 209,871 7,802 1,767 4,41
- Septembre . 251,5o3 9,317 i, 866 4.99
- Octobre. . . 295,421 10,577 1,959 5 39
- Novembre . 284,566 10,869 2, IOI 5,17
- Décembre. . 319,8o3 11,938 2,297 5,38
- On remarquera que cette Compagnie, qui possédait à Stockholm, au 3i décembre 1884, 2297 abonnés, comptait
- une moyenne de communications téléphoniques de 5,38 par jour et par abonné pendant le mois de décembre de la même année. On observera aussi qu’entre le mois de janvier et le mois de décembre, il y a une augmentation de 247,853 communications téléphoniques.
- L’autre réseau qui est installé dans la ville de Stockholm appartient à la Compagnie Bell. Il comptait au 3i décembre 1884 1 450 abonnés. Mais cette Société n’a pas encore fait connaître, jusqu’ici, aucune statistique relative à ses communications téléphoniques.
- Si au nombre total des abonnés des deux Compagnies pré-citées on ajoute les 49 postes téléphoniques reliés entre eux et appartenant à la direction des télégraphes de l’Etat, on arrive au total général de 3796 abonnés sur 117000 habitants que compte la ville de Stockholm.
- Le réseau téléphonique de Stockholm comprend trois bureaux centraux : un au faubourg du Nord, un deuxième à la Cité, entre les ponts, le troisième au faubourg du Sud.
- Le bureau du Nord a été ouvert le 3i octobre i883 avec 332 abonnés; celui du Sud, le ier décembre de la môme année avec i5o abonnés et celui de la Cité, le ior mars 1884, avec 170 abonnés.
- Le nombre des abonnés a rapidement augmenté. Il était au 3i décembre 1884 de 1 464 pour le bureau du Nord, 468 pour celui de la cité de 356 pour celui du Sud, soit ensemble de 2 288. Parmi ces appareils, 179 sont placés dans les environs de la ville, et quelques-uns à une distance de 90 kilomètres. La difficulté de desservir un réseau si important a déterminé la Compagnie à faire usage d’appareils multiples Switch-boards et d’un grand bureau central pour toutes les lignes est en construction. Ce bureau unique sera monté pour 7 200 lignes.
- Depuis le Ier mai 1884, les bureaux centraux sont ouverts nuit et jour. 63 jeunes personnes y sont employées.
- Outre les 2288 appareils en fonction, il y a 92 lignes en construction, ce qui porte le nombre des lignes à 2 38o.
- Dans une discussion à la Chambre des communes, la semaine dernière, un membre a insisté auprès du directeur général des postes et télégraphes sur la nécessité qu’il y aurait, selon lui, pour le gouvernement de considérer la question de la reprise et l’exploitation du service téléphonique par l’Etat.
- La National Téléphoné C° vient de terminer la construction d’une nouvelle ligne en Ecosse, reliant le réseau de Glasgow avec les petites villes de Coatbridge et Mossend. La Compagnie compte déjà ti abonnés dans Coatbtidge, et le service fonctionnera jour et nuit.
- La législature de New-York, a été saisie d’un projet de loi pour régler le prix des abonnements téléphoniques qui ne doivent pas dépasser i5 francs par mois pour un seul appareil et 12 fr. 5o par poste pour deux ou plusieurs appareils employés par la même personne. Pour les communications entre deux réseaux, le prix sera limité à 75;çentimes pour les premières 5 minutes de conversation, et à 25 centimes pour chaque 5 minutes en plus. On croit cependant généralement que la loi ne sera pas votée. Une mesure semblable a cependant été adoptée par la législature de l’Etat d’Indiana.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouitloi, 13, quai Voltaire. — 56S78
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Eleetricitè
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D* CORNELIUS HERZ
- Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7» ANNÉE (TOME XVI)
- SAMEDI 23 MAI 1885
- N° 21
- SOMMAIRE. — Application de l’électricité à la manœuvre des signaux de chemins de fer; M. Cossmann. — Exposition d’électricité de Philadelphie : L’armée à l’Exposition d’électricité de Philadelphie; Bertrand. — Dynamomètres totaliseurs et compteurs ; G. Richard. — Notice sur une lampe électrique pour bougies Jablochkoff; L. Robenrieth. — Accumulateurs électriques; P. Nézeraux. — Chronique de l’étranger: Allemagne; Dr H. Michaelis. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch : Sur une pile nouvelle dite auto-accumulateur, par M. P. Jablochkoff. —Sur la conductibilité électrique du mercure solide et des métaux purs, aux basses températures, par MM. Cailletet et Bouty. — Sur la polarisation des tubes capillaires métalliques par l’écoulement des liquides sous hautes pressions, par M. Krouchkoll. — Sur une méthode destinée à maintenir constante la différence de potentiel aux bornes d’une machine. — Sur la décharge des accumulateurs. — Bibliographie. — Correspondance : Lettre de M. Pierre Taptikoff-Engelmeyer. — Faits divers.
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ
- A LA MANŒUVRE DES
- SIGNAUX DE CHEMINS DE FER
- Troisième série
- LES APPAREILS DE BLOCK-SYSTEM
- 1° CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
- Si la question du Block-System est l’une des plus importantes parmi celles qui intéressent la sécurité de la circulation sur les chemins de fer, elle est aussi celle sur laquelle on a le plus écrit, on pourrait même dire la plus familière au public ; car l’attention des gens du monde a été mise en éveil.,11 y a quelques années par de graves acci-dentsfdont la presse quotidienne s’est emparée pour disserter le plus souvent à tort, mais quelquefois cependant à raison, sur la solution de pro-blèmes.'dont l’étude était précédemment restée à l’état de monopole pour quelques ingénieurs. Ces tentatives de vulgarisation auront eu du moins pour effet de faciliter la tâche de ceux qui entreprennent l’étude des moyens employés pour réaliser le Block-System; dès l’instant qu’il s’agit d’un sujet à peu près connu des lecteurs, les explications qui doivent précéder ou accompagner l’aride
- description des appareils, sont nécessairement écourtées, et... l’avocat peut de suite « passer au déluge ». Nous nous bornerons donc à rappeler, en quelques mots, quel est le but du Block-System, et quelles sout les conditions générales auxquelles cet outil doit satisfaire.
- En principe, exploiter une ligne par le Block-System consiste à diviser la voie en sections successives, et à ne pas laisser circuler simultanément deux trains de même sens dans chacune de ces sections ; de cette manière, on est matériellement sûr qu’un train ne rejoindra pas le train précédent, et l’on évite une cause d’accidents assez fréquents.
- Le but qu’il s’agit d’atteindre est donc que l’entrée de chaque section soit munie d’un signal quelconque, et que ce signal soit à l’arrêt, empêchant les trains de passer, tant que la section qu’il protège n’est pas libre. Le moyen le plus simple, pour réaliser ce désideratum, parait être de placer un garde à l’entrée de chaque section, de mettre tous ces gardes en communication les uns avec les autres, de poste en poste, de leur confier la manœuvre des signaux d’arrêt et de ne les autoriser à ouvrir ces signaux, pour laisser passer les trains, que quand ils ont acquis l’assurance en s’adressant à leur voisin du poste suivant, qu’il n’y a plus aucun train dans la section. C’est en effet dans ces conditions que l’on a réalisé le Block-System dès le début, en 1844 sur le chemin Eastern Coun-ties, en 1847, sur le chemin de fer de Saint-Germain, et en i85i, sur le « South Eastern ».
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Comme, d’ailleurs, les sections ont une grande longueur, 2 ou 3 kilomètres, et même davantage, c’est à l’électricité que les premiers inventeurs ont eu recours pour mettre les gardes des postes successifs en relation mutuelle.
- Ainsi, des gardes à l’entrée des sections, des signaux visuels manœuvrés par ces gardes, et un système de correspondances électriques pour faire communiquer ces gardes entre eux, voilà les seuls éléments constitutifs du Block-System. Il reste à examiner comment, en combinant ces quelques éléments, on est progressivement parvenu à amé-iorer les conditions de la sécurité.
- Au début, il ne s’agissait que de substituer à l’intervalle de temps à ménager entre les trains se succédant sur une même voie, un intervalle de distance représenté précisément par la longueur d’une section, en d’autres termes, au lieu de charger le garde, posté en pleine ligne, d’arrêter tout train qui en suivrait un autre, à moins de dix minutes d’intervalle, Cooke le premier, et après lui Flachat, Régnault, Walker, eurent l’idée de recommander à ce même agent de ne laisser passer un train que si le train précédent avait déjà franchi un certain point de la voie situé plus loin.
- Par le fait même de cette consigne différente, donnée au même garde, on obtenait immédiatement les résultats suivants :
- i° Sécurité fondée non plus sur une base hypothétique, mais sur une base matérielle et certaine.
- 20 Espacement des trains obtenu en fonction de leur vitesse, ce qui est plus rationnel et plus favorable à leur accélération que d’appliquer à tous les trains la même formule, quelle que soit leur allure.
- 3° Augmentation de la capacité de circulation des lignes, parce qu’on peut, en faisant les sections suffisamment courtes, laisser les trains se succéder de près sans danger.
- La question de principe une fois résolue, ne varietur, tous les perfectionnements apportés aux premiers appareils de Block-System, pendant les trente années qui ont suivi la première application qui en a été faite, n’ont eu d’autre but que de garantir l’exploitation des chemins de fer des effets de la faillibilité humaine. On n’a rien ajouté au programme présenté par les hommes dont nous avons cité plus haut les noms, mais on a combiné avec leur Block-System, le principe des enclenchements qui prenaient naissance peu de temps après : c’est ce que les Anglais ont appelé le Block and inter-locking System.
- Tout d’abord, les sonneries par lesquelles les gardes s’annonçaient réciproquement le passage des trains devant leur poste, ont été complétées, je dirais presque supplantées, par des appareils optiques, moins sujets à la confusion, parlant aux
- yeux, reproduisant même en miniature la position qu’il faut donner au sémaphore pour couvrir le. train quand la voie est occupée.
- On a vécu pendant plus de quinze ans sur ces appareils qui laissaient complètement indépendante la manœuvre des signaux, et ce n’est qu’à partir des douze dernières années que le développement pris par les enclenchements, a fait naître l’idée de rendre solidaires les signaux optiques s’adressant aux mécaniciens, et les signaux électriques qui mettent en relation les gardes échelonnés sur la voie. Dès que cette nécessité d’enclenchement a été bien établie, les appareils de Siemens et Halske, de Tesse et Lartigue, de Hodgson, de Krizik, de Flamache, etc,, se sont succédé avec les qualités variées et multiples qui seront plus loin l’objet d’un examen détaillé.
- Enfin, comme il artive toujours qu’en poussant une idée jusqu’à ses conséquences extrêmes, on dépasse le but, les ingénieurs que poursuit le fantôme de la faillibilité humaine ont cru que la solution du problème consistait à faire intervenir le train dans la manœuvre des signaux, et ils ont eu franchement recours aux systèmes automatiques qui paraissent, à l’heure actuelle, représenter le dernier mot de la question.
- Telle est l’esquisse rapide des phases de l’évolution du Block-system : d’abord le Block simple, puis le Block interlocking, et enfin le Block automatique. Il convient d’examiner rapidement quelles sont les propriétés de ces trois solutions.
- 2° CONDITIONS REMPLIES PAR LES APPAREILS DE BLOCK-SYSTEM
- DISTINCTION ENTRE LES METHODES D’EXPLOITATION. — Il y a, pour les appareils de Block simple comme pour ceux dont il sera plus loin question, deux cas à considérer, selon la méthode adoptée pour l’exploitation de la ligne. Ou bien, les règlements prescrivent que la voie doit être toujours libre, et que les signaux doivent être mis à l’arrêt seulement pour couvrir le point de la voie qui est occupé ; ou bien l’on considère tout point de la voie comme un point dangereux, ce qui conduit à laisser, en permanence, à l’arrêt, tous les signaux de la ligne et à ne les effacer que quand la voie est demandée, pour autoriser le passage d’un train.
- Cette distinction paraît subtile, au premier abord, et il paraît étrange que l’on soit obligé de remonter aussi loin, à propos du block-system; mais on verra que, suivant les cas, les conditions que doivent remplir les appareils sont, si ce n’est différentes, du moins plus ou moins nombreuses.
- Les partisans des deux écoles qui patronnent chacune l’un de ces systèmes d’exploitation ont
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- entassé, pour l’attaque ou la défense des principes ci-dessus énoncés, des arguments aussi nombreux que variés, mais dont l’énumération nous entraînerait bien au delà du cadre de notre modeste étude.
- La première des deux méthodes, celle de la voie libre, est appliquée sur les chemins de fer français, en Autriche, en Belgique, en Allemagne et en Italie. En Angleterre, au contraire, c’est le principe de la voie fermée qui domine. Peut-être pour-rait-on, à la rigueur, tirer une conclusion de cette répartition, c’est que la seconde méthode convient plutôt aux lignes très chargées de trafic, et nous avouerons que c’est là notre sentiment personnel sur la question. Si, en effet, les deux règles donnent la même sécurité quand il s’agit de couvrir un point fixe de la voie, il n’en est plus de même pour la protection d’un train en marche, puisque, avec la voie normalement fermée, il faut le concours de trois postes successifs pour qu’un train passe à celui du milieu, tandis que l’on n’en fait intervenir que deux quand la voie est normalement ouverte.
- Quoi qu’il en soit, il est clair que les appareils ont à satisfaire à un programme plus ou moins complet, selon le cas, et que nous devons faire cette distinction pour éviter des lacunes.
- block simple. — i" Voie libre. — Soient deux postes A et B (fig. 1), situés en pleine voie, sur
- FIG. I
- la ligne, et un train circulant, dans le sens de la flèche, entre ces deux postes. Ce train est couvert, au poste A, par un signal d’arrêt absolu que le garde a mis à l’arrêt quand il a vu passer le train, et par un signal à distance a que le même garde a mis à l’arrêt pour empêcher qu’un second train ne franchisse le signal d’arrêt absolu. Enfin ce train a été annoncé au garde du poste B par le garde du poste A, quoique cette annonce ne constitue pas une condition essentielle du Block-system et qu’elle ait simplement l’avantage de préparer le garde B à opérer de même quand le train se présentera à son poste. A ce moment, en effet, le garde B met à l’arrêt son propre signal d’arrêt absolu et son signal à distance b, annonce le train au poste suivant par une sonnerie ou un signal optique, et enfin il débloque la section, c’est-à-dire qu’il annonce au poste A en arrière, par une sonnerie ou un signal optique, que le train a quitté la section AB. Aussitôt le garde A remet à voie libre ses A et a, de manière à laisser le passage libre à un train suivant. De ce simple énoncé des
- opérations que doit effectuer chaque garde, il est aisé de conclure quelles sont les conditions auxquelles doivent satisfaire les appareils mis à leur disposition.
- Il faut, en résumé, que chaque garde ait pour chaque sens de circulation: un signal d’arrêt absolu, disque ou sémaphore, bien visible des mécaniciens, le levier d’un signal à distance, enfin deux commutateurs, dont l’un sert à annoncer électriquement les trains au poste suivant, et dont l’autre sert à aviser le poste précédent que la voie est libre. Il faut encore que ces signaux électriques comportent des accusés de réception, automatiques ou non, pour que la sécurité ne repose pas sur l’envoi problématique d’un avis qui pourrait ne pas arriver à destination.
- 2° Voie fermée. — Soient trois postes successifs A, B, C (fig. 2), situés en pleine voie, sur la
- FIG. 2
- ligne, et un train circulant, dans le sens de la flèche, entre les postes A, B. A chacun de ces trois postes, existe un signal d’arrêt absolu normalement fermé. Dès que le poste B a reçu du poste A l’avis que le train annoncé pénétrait dans la section AB, il commence par demander la voie au poste suivant C, et il n’efface son signal d’arrêt absolu que quand il a reçu du poste C l’assurance que la section BC est libre, c’est-à-dire que le dernier train qui s’y est engagé l’a quittée. Ce n’est qu’après avoir vu passer le train et après avoir mis à l’arrêt derrière lui, pour le couvrir, son signa d’arrêt absolu, que le poste B débloque la section AB en donnant au poste A l’avis que cette section est libre. Il n’est pas absolument indispensable, quoique ce soit préférable, de doubler les signaux d’arrêt de chaque poste par des signaux à distance, car, puisque la voie est normalement fermée, le mécanicien doit être en mesure de s’arrêter, le cas échéant, au signal de chaque poste.
- En résumé, il faut qu’outre les signaux dont il vient d’être question et qui s’adressent aux mécaniciens, le garde de chaque poste ait deux ou mieux trois commutateurs électriques pour chaque sens de circulation. Il est, en effet, désirable que l’annonce des trains en avant et la demande de la voie au poste suivant se fassent par des signaux distincts et indépendants. Il est d’ailleurs, comme dans le cas précédent, fort utile que chaque signal électrique comporte un accusé de réception.
- Dans les deux systèmes d’exploitation, l’emploi de signaux optiques, doublant les signaux acous-
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- tiques faits au moyen de l’électricité, s’impose de la manière la plus absolue ; il est essentiel, en effet, qu'il reste une trace visible d’un avis ou d’une demande adressés au moyen de coups de sonnerie.
- block interlocking. — Quel que soit le système d’exploitation, on passe aisément du programme du block simple à celui du block interlocking, en se posant comme conditions de rendre matériellement obligatoire l’ordre dans lequel chaque garde doit exécuter les diverses manœuvres indiquées ci-dessus. Cela posé, nous indiquerons, sans insister davantage, les conditions nécessaires dans chacun des deux cas.
- i° Voie libre. — Les signaux s’adressant aux mécaniciens devront être enclenchés ou solidarisés avec ceux qu’échangent les gardes à l’aide de l’électricité, de manière qu’il soit impossible d’effacer le signal d’arrêt absolu placé à l’entrée d’une section, si le poste placé à l’extrémité ne l’a pas débloquée; de bloquer une section, en mettant à l’arrêt le signal absolu placé à l’entrée, sans annoncer préalablement ou en même temps le train au poste placé à l’extrémité de cette section ; de débloquer une section qu’un train vient de quitter sans avoir préalablemeut bloqué celle dans laquelle il entre; enfin, de ne pouvoir mettre à l’arrêt le signal absolu sans avoir préalablement fermé le signal à distance.
- 2° Voie fermée. — Le programme diffère très peu de celui que nous venons d’énoncer; il faut que la même solidarité existe entre les signaux visuels et les appareils électriques. Mais, comme la voie est normalement fermée, l’enclenchement est inverse, c’est-à-dire que l’on ne doit pouvoir donner la voie, en effaçant le signal, qu’avec l’autorisation du poste suivant, et ne pouvoir donner la voie libre au poste précédent que quand on a remis son propre signal à l’arrêt. Quant à la demande de la voie, elle peut évidemment se faire par un signal indépendant et non enclenché : c’est une simple question que l’on doit pouvoir poser en tout temps.
- Dans tout ce qui précède, nous n’avons considéré que des postes intermédiaires situés en pleine voie, c’est-à-dire où les trains ne peuvent que passer ou s’arrêter sans quitter la voie; mais dans les gares et les stations, il en est tout autrement, et la solution de la question de l’interlocking-system fait surgir des problèmes plus complexes.
- Cas d'une station. — Soit donc une station de passage B, encadrée de deux postes intermédiaires, situés de part et d’autre, en pleine voie, et munie par exemple de voies de garage m n, sur
- lesquelles les trains se dirigeant de A vers C peuvent être refoulés au moyen de l’aiguille n. Le cas général, celui qui se présente le plus fréquemment
- A B C
- p -r_>. r
- FIG. 3
- sur un réseau, est celui où la station est peu importante; il n’y a guère qu’une distance de 5oom entre les aiguilles m et n, et le bâtiment B, où se trouvent concentrés la surveillance et le travail des employés de la station est entre ces deux extrémités.
- La première idée qui se présente à l’esprit est de rapprocher du centre le poste sémaphorique, de le mettre près du bâtiment de manière qu’au besoin le service puisse en être assuré par un employé qui cumule d’autres fonctions avec celles de chef de poste.
- Dans ce cas, si, aux termes du programme de l’interlocking-system, que nous avons énoncé plus haut, on veut rendre dépendantes les sections AB, BC, c’est-à-dire empêcher le garde de débloquer la section AB avant qu'il ait d’abord bloqué la section BC, il faudra n’appliquer cette solidarité que s’il s’agit d’un train qui passe seulement à la station B, mais s’en abstenir quand le train devra s’arrêter et se garer sur l’une des voies m. n. Autrement, pour pouvoir débloquer A et livrer passage au train qui suit de près celui qu’on gare, on serait obligé de mettre à l’arrêt le signal B comme si le train garé avait réellement pénétré dans la section BC. Comme à son tour, le second train trouverait, à l'arrêt le signal B, il faudrait que C se bloquât sans motif pour débloquer B et ainsi de suite jusqu’au bout de la ligne.
- En résumé il y aurait en 24 heures, d’un bout de la ligne à l’autre, autant de faux blocages qu’il y aurait eu de trains garés dans les stations intermédiaires, situation qui ne supporte évidemment pas l’examen et à laquelle on a dû chercher un remède.
- Le plus simple consiste à supprimer la difficulté et à n’établir, dans chaque station, aucune dépendance entre les sections qui l’encadrent. Cette solution n’en est pas une; car, dès l’instant que l’on juge utile de réaliser la dépendance des sections aux postes de pleine voie, eile doit l’être à fortiori dans les gares où les obligations du service sont multiples et diverses et où l’employé peut, le cas échéant, perdre de vue les termes formels du règlement qui fixe l’ordre dans lequel doivent s’effectuer les opérations successives.
- En second lieu, on peut donner à la station B le moyen de supprimer, le cas échéant, la dépendance des sections AB BC. Mais comme cette suppres-
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- sion aurait les inconvénients de la solution précédente, si on la prolongeait au dekà du délai strictement nécessaire pour garer le train, il faut qu’elle soit entourée de garanties ou de précautions qui en rendent l’emploi solennel, ou l’abus impossible.
- Les uns ont placé l’enclenchement qui relie l’ap pareil servant à bloquer en avant, et celui servant à débloquer en arrière, dans une cachette dont la porte est scellée et ne peut être ouverte que par le chef de gare lui-même. On opère alors comme si le train à garer devait dépasser la station et on bloque B C pour pouvoir débloquer A B ; puis, quand le train est garé, on ouvre la boîte et avec la main ; on fait tomber le signal en B, sans avoir recours à l'intervention du poste C. Encore faut-il pour cela que la manœuvre qui bloque B ne fasse pas, du même coup, l’annonce d’un train au poste
- C(‘).
- D’autres ont cherché une combinaison qui fût à la fois plus simple et plus sûre. Quand un train doit se garer à la station B, le garde ne débloque pas immédiatement la section A B, ce qui a d’ailleurs l’avantage de protéger plus efficacement la manœuvre du garage. A l’extrémité de la section, près do l'aiguille », se trouve un appareil spécial, une sorte de désengageur qui, lorsqu’on le manœuvre supprime momentanément toute solidarité entre les deux opérations de blocage et de déblocage. Une fois le train garé, et pas avant, le chef ou le surveillant qui dirige la manœuvre, fait fonctionner ce désengageur; le garde peut aussitôt débloquer A B, sans bloquer B C, après quoi les appareils reprennent d’eux-mèmes leur position normale et la dépendance des sections se trouve rétablie. Par surcroît de précautions, on pourrait, à la rigueur, rendre la manœuvre du désengageur impossible en d’autres occasions qu’en cas de garage, par exemple en l’enclenchant avec l’aiguille n. Mais il ne faut, en matière de signaux, prévoir que les erreurs ou les oublis et laisser les cas de mal veillance à la juridiction compétente (*).
- La troisième solution, applicable aux stations de passage consiste à dédoubler les postes, à en placer un à chaque extrémité, ce qui est radical, mais peu économique s’il s’agit d’une station de peu d’importance.
- Si encore ce moyen était plus certain que ceux que nous venons de détailler, la dépense ne mériterait pas d’entrer en balance ; mais il est loin d’en être ainsi, comme on va en juger.
- On se borne à couper complètement la ligne de Block, comme s’il s’agissait d’une grande gare.
- (*) Ou verra plus loin que cette disposition est celle des appareils Siemens et Ilaiske.
- (2) La solution que nous venons d’exposer est celle qui a été appliquée aux électrosémaphores, en quelques points du réseau du chemin de fer du Nord.
- A chaque extrémité, on installe un poste terminus chargé de débloquer la station précédant la gare dans le sens de l’arrivée et de la bloquer dans le sens du départ. Ces postes ne communiquent pas entre eux et la dépendance des sections encadrant la gare est absolument supprimée de sorte que cette disposition qui est admissible dans une grande gare où tous les trains meurent sans aller au delà ne présente, dans une simple station de passage où un certain nombre de trains passent avec ou sans arrêt, pas plus de garantie que la première des solutions dont nous avons parlé plus haut. Pour atténuer un peu cet inconvénient, on a, il est vrai, fait dépendre ces postes extrêmes d’un poste central, sans l’autorisation duquel aucun d’eux ne peut ouvrir l’entrée de la gare et par suite débloquer la section précédant la gare; mais cette aggravation ne résout pas la question de la dépendance des sections ; car lorsqu’un train direct franchit une gare ainsi organisée, rien n’oblige le poste situé à la sortie de gare à bloquer la section pour couvrir ce train.
- Dans la quatrième solution, on dédouble les signaux du poste, mais on ne dédouble pas le poste lui-mème, ce qui évite au moins l’emploi d’un personnel tout-à-fait inutile. Du poste central b{fig. 4), situé dans la gare près du bâtiment des voyageurs, sont manœuvrés, pour chaque sens de circulation trois signaux : un disque avancé B et deux séma phores B, B2, à chaque extrémité de la station, en avant des aiguilles les plus éloignées (‘).
- tp > U
- FI0. 4
- Dès que le train a franchi le signal B, on le couvre avec ce disque ; puis quand il'est entré en gare, avec le sémaphore B,. C’est alors seulement qu’il est possible de rendre en arrière la voie libre au poste A qui précède la gare ; quand le train est parti, soit après le stationnement réglementaire, soit après un garage, on le couvre en mettant à l’arrêt le sémaphore B2, qui ne peut plus ensuite être effacé qu’avec l’autorisation du poste suivant. Ce n’est qu’après l’effacement de ce signal B2 que l’on peut remettre à voie libre le signal avancé Bt. On voit qu’il n’y a aucune dépendance entre les deux sections encadrant la gare, puisqu’on peut débloquer le poste précédant en se bornant à l’arrêt B et B, qu’on peut ensuite effacer sans l’intervention du poste suivant. La complication engendrée
- (*) Cette disposition vient d’être appliquée sur le réseau de P.-L.-.M., avec le nouvel appareil Tyer.
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- par le dédoublement des signaux ne parait donc pas justifiée.
- Én résumé, il nous parait établi par cette comparaison sommaire que, de toutes les solutions dont il vient d’être question, pour les postes de gare, c’est celle dans laquelle la dépendance des sections est subordonnée à la manœuvre même du garage qui présente les garanties les plus sérieuses pour le service. On ne peut guère aller au-delà sans risquer de créer plus de gêne et d’apporter plus de trouble dans la circulation des trains, que l’inconvénient à éviter n’a de gravité.
- Cas d'une bifurcation. — Il y a peu d’appareils de Block and interlocking System pour lesquels on semble avoir prévu le cas qui doit cependant se présenter fréquemment d’un poste de bifurcation. Le problème de la dépendance des sections se subdivise selon que les deux branches se détachant d’un tronc commun ne sont pas où sont toutes deux munies d’appareils de Block-system.
- Soit d’abord un poste de bifurcation B (fïg. 5)
- FIG. 5
- sur une figure A C munie du Block System, tandis que la ligne B D n’en est pas munie : il faut que la dépendance des sections A B B C soit réalisée, quand un train circule de A vers C et vice-versà, il faut qu’elle soit, au contraire, supprimée, dans le cas où c’c.st un train de l’embranchement B D qui se présente à la bifurcation. On voit immédiatement que ce cas rentre dans celui d’une gare de passage, si l’on assimile les trains de l’embranchement à des trains qui doivent se garer. Par conséquent la solution peut-être la même ; c’est-à-dire / que les appareils de Block interlocking System doivent être désolidarisés chaque fois qu’on dirige un train de A vers D, c’est-à-dire chaque fois qu’on change la position de l’aiguille en pointe m, qui est, pour ainsi dire la clef de la bifurcation.
- Dans la pratique au lieu de faire intervenir l’aiguille m, il est plus simple d’avoir recours au signal d’arrêt a qui précède cette aiguille sur le tronc commun, signal qui est généralement muni de deux leviers, servant à l’effacer, l’un pour la direction de gauche B C, l’autre pour la direction de droite B D. Dans cette hypothèse, le levier de droite qui sert à effacer le disque a pour la direction B D doit être relié aux appareils de Block-system, de manière que le renversement de ce levier ait pour effet de rompre la dépendance des sections AB BC, et
- que cette dépendance se rétablisse aussitôt après» d’elle-même.
- Il va sans dire que, dans le mouvement inverse, c’est-à-dire pour les trains qui viennent de l’embranchement D, la même condition n’est pas nécessaire, car la manœuvre du sémaphore pour bloquer la section derrière un train qui pénètre dans la section B A, est toujours possible indépendamment de l’autre section du poste C.
- Prenons maintenant le cas où les deux branches de la bifurcation sont, comme le tronc commun, exploitées par le block System. Tout se passe comme dans le cas précédent, avec cette différence que c’est le levier de gauche de a dont le renversement désolidarise AB, BD, tandis que le levier de droite désolidarise AB, B C, la dépendance des sections existant en principe entre AB et chacune des sections B C, BD. Les palettes superposées c d du sémaphore (fig. 6) sont sur un grand nombre de réseaux (Angleterre P. L. M. etc.), identifiées avec le signaux d’arrêt de la bifurcation, la palette supérieure c s’adressant à la direction
- FIG. t>
- B D. Dans ce cas, la question se réduit à obtenir une solidarité alternative de l’appareil servant à débloquer A, soit avec la manœuvre de c, soit avec la manœuvre de d.
- Suppression de l'annonce d'un train. — Lorsqu’un train se présente à l’entrée d’une section bloquée, il doit s’y arrêter, et en principe, ne passer outre, que quand la voie est devenue libre.
- En réalité, quand la section reste anormalement bloquée pendant un temps plus ou moins long, il faut bien que l’on finisse par y pénétrer, ne fût-ce que pour aller au secours d’un train qui serait tombé en détresse (l). Toute la question réside
- (') Certaines personnes s’imaginent à tort qu’on ne pénè-tre jamais dans une section bloquée, et décorent du nom de Block-system absolu la règle purement théorique en vertu de laquelle un train attend indéfiniment à l’entrée d’une section qui n’est pas libre, en réservant le nom de Permissive-syslem à la règle qui permet aux trains d’entrer dans la section.
- Dans la pratique les choses se passent autrement, même en Angleterre, dont on cite l’exemple sans le connaître à fond.
- En effet, le règlement uniforme qui sert de code de signaux à toutes les Compagnies anglaises, prescrit de ne lais ser entrer un mécanicien dans une section restée bloquée qu’après avoir constaté la nature de l’incident qui motive la
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- dans la nature des précautions que l’on prend dans ces circonstances; mais il-n’en est pas moins nécessaire de considérer ce cas qui peut se présenter, qui se présente même effectivement, et qui fait naître des problèmes non moins intéressants que ceux dont il vient d’être question.
- Soient donc trois postes consécutifs A, B, C (fig. 7) : admettons qu’un train m se trouvant dans
- FIG. 7
- la section B C qui est, par suite, bloquée en B, un second train n se présente au poste B et soit autorisé, après queles précautions rigoureuses, prescrites par le règlement, ont été observées, à franchir ce poste et à pénétrer avec prudence dans la section B C, dans les mêmes conditions que s’il s’agissait d’aller au secours du train m, en détresse présumée. Le signal du poste B étant déjà à l’arrêt pour couvrir le train m, il est impossible au garde de manœuvrer ce même signal pour couvrir le second train ; il faut attendre que le poste C ait rendu la voie libre en B pour le premier train m, puis immédiatement la fermer de nouveau pour le second train n, ce qui permet seulement alors de la rendre libre en arrière au poste A, en vertu du principe de la dépendance des sections successives. Si les sections étaient indépendantes, c’est-à-dire si le garde B pouvait rendre la voie libre en A sans fermer son propre signal, rien ne l’empêcherait de se dispenser de couvrir le second train n, ou, pour parler le langage expressif des agents de chemins de fer, de mcmger ce train.
- Bien qu’il soit absolument improbable qu’on engage plus de deux trains à la fois dans une même section, il est facile de se rendre compte que cette conclusion peut se généraliser et qu’elle s’applique à un nombre quelconque de trains.
- Soit, en effet, une série de postes P, Pâ... P,„ P„1 + I..., considérons le poste P,„ et supposons
- permanence du signal d’arrêt à l’entrée de la section, et qu’après avoir personnellement averti le mécanicien. Mais ce règlement n’interdit pas d’une manière absolue de laisser pénétrer un second train dans la section bloquée.
- Par conséquent, le block-system absolu, dans le sens grammatical du mot, n’existe pas; il arrive toujours un moment où le mécanicien doit continuer sa route, après avoir reçu des recommandations plus ou moins solennelles. La seule différence consiste dans la constatation de la cause de l’incident, que les uns prescrivent de rechercher, tandis que les autres présument, en tous cas, qu’il y a détresse d'un train dans la section bloquée et ne permettent, après un certain délai, la pénétration dans la section bloquée, qu’avec toutes les précautions qu’on imposerait à un train de reconnaissance ou de secours. Il y a donc, de part et d’autre, toutes les garanties requises pour la sécurité.
- que ce poste ait introduit, en observant le règlement, n trains successifs dans la section P,„ P,„ + I avant d’avoir reçu l’annonce que le premier de ces trains a dégagé ladite section.
- La voie doit, au moment où le »iimt train pénètre dans cette section être restée bloquée en arrière jusqu’au poste Pw_„Car, lorsque P„, a laissé pénétrer un second train, il a été obligé de
- laisser bloquée, pour ce train, la section P,„ P,„_, ;
- par suite P,,,.., n’a pu débloquer P,„_2 pour le troisième train, et ainsi de suite.
- Si donc aucun poste n’oublie de faire la double manœuvre (blocage en avant, déblocage en arrière), autant de fois qu’il y a eu de trains pénétrant dans la section bloquée, c’est-à-dire si l’on n’en a mangé aucun, le déblocage se fait successivement, de proche en proche, et la circulation finit par reprendre son cours normal, quand l’engorgement a cessé.
- Si, au contraire, le poste P„,, par exemple, a mangé p trains, il débloquera le poste Pm_t n — p fois au lieu de n fois et, si celui-ci opère régulièrement, la section restera bloquée indéfiniment à p— 1 postes en arrière (y compris P,,,..^, jusqu’à ce que P,„, rectifiant son erreur, écoule l’arriéré, d’accord avec P,„ + x en bloquant p fois de suite la section pour la débloquer aussitôt le même nombre de fois.
- Pour que ce raisonnement soit en défaut, il faut admettre que Pm_, ou les postes précédents aient commis la même erreur que P,„, sur le même nombre de trains et qu’en outre Pm + I ait fermé les yeux sur cette irrégularité, en voyant passer plus de trains que P,„ ne lui en a annoncé ; et encore il n’y aurait danger, la voie restant découverte, que si p était égal ou supérieur à n.
- Par conséquent, à moins qu’il y ait ute connivence ou une coïncidence également peu admissibles, la dépendance des sections empêche bien les gardes de manger des trains, à la condition qu’elle soit réalisée non par l’enclenchement mécanique du signal avec l’appareil servant au déblocage, mais par une liaison réciproque des appareils de blocage, disposée de manière qu’il soit toujours nécessaire de manœuvrer, autant de fois l’appareil de blocage, qne l’on veut manœuvrer l’appareil de déblocage.
- Toutefois, si l’on voulait s’affranchir absolument des deux hypothèses qui peuvent, seulement dans une circonstance bien déterminée et absolument irréalisable, mettre en défaut la garantie que nous venons d’exposer, il faudrait avoir recours à des appareils disposés de la manière suivante : à chaque passage de train, ou à chaque pénétration, que la section soit ou non bloquée, le garde n’aurait qu’à manœuvrer le levier de son signal. Si ce
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- dernier était à l’arrêt, la force mécanique ou électrique ainsi dépensée serait simplement accumulée, pour servir à remettre automatiquement le signal à l’arrêt sitôt qu’il serait déclenché par le poste suivant.
- Nous ne connaissons pas d’appareil mécanique ou électrique qui réalise ce desideratum parfaitement théorique, et il n’est pas étonnant que l’on n’ait pas cherché à réaliser une telle lacune ; car lorsqu’il arrive fréquemment, à un même poste qu’un train pénètre dans la section encore bloquée, on en conclut que la section est trop longue ou que l’itinéraire des trains est mal tracé; on dédouble la section ou on retouche le graphique de la marche des trains, suivant le cas, et l’on atteint ainsi beaucoup plus simplement le même résultat.
- En dernier lieu, il est bon de remarquer que toutes ces objections, qui peuvent, à la rigueur, être prises en considération, lorsqu’une ligne est exploitée d’après le principe de la voie toujours libre, perdent la plus grande partie de leur valeur, déjà bien théorique, lorsque la voie est normalement fermée, et quand il faut que chaque poste demande la voie au poste suivant,
- block-system automatique. — Dans une précédente étude, sur les appareils à contacts fixes (’), nous avons déjà discuté l’utilité ou les inconvénients qui sont l’apanage des appareils automatiques, quand on les applique au block-system. Les considérations qui précèdent ou accompagnent la description des installations de block-automa-tique, ont même après deux années écoulées, conservé, à nos yeux, la même valeur ; nous nous bornons, par conséquent, à les résumer ici brièvement,
- L’automaticité peut intervenir, soit pour empêcher les gardes de commettre aucune erreurdans la manœuvre de leurs signaux, soit pour réaliser, en l’absence du même garde, toutes les actions de blocage, de déblocage, d’annonce, etc., qui constituent le block-system. Dans le premier cas, le rôle de l’automaticité est prohibitif et restreint, dans le second, il est effectif et complet. Nous avons motivé nos préférences sous quelques réserves pour la première de ces deux solutions et nos répugnances pour la seconde : il nous suffira donc ici de rappeler quelles sont les conditions du programme applicable à chacune d’elles.
- BLOCK AUTOMATIQUE RESTREINT. — Considérons
- trois postes successifs ABC (fig. 8) ; il a été prouvé précédemment qu’en établissant la dépendance des
- (‘) Voir La Lumière Electrique, numéro du io mars i883 et suivants, notamment le numéro du 28 avril.
- sections successives, on obtenait à peu près complètement toutes les garanties de sécurité que l’on peut exiger dans la pratique ; en particulier on a vu qu’il était à peu près impossible de manger un train. Toutefois ce n’est pas à cette question que se bornent les objections de ceux qui proclament
- ->
- r
- P »
- FIG.
- la nécessité de tout enclencher, de mettre tous les appareils à l’abri de la faillibilité humaine ; on fait valoir notamment que, si un train a pénétré dans la section A B rien n’empêche le garde du poste B de débloquer cette section et de rendre la voie libre en A, avant que le train ait réellement atteint le poste B. Il est vrai que si B commettait cette erreur, il ne pourrait le faire qu’en mettant lui-même son signal à l’arrêt ; comme s’il bloquait la section B C et que l’irrégularité ne laisserait pas d’être décelée, quand le train arriverait à son poste.
- Il n’en est pas moins certain que pendant un certain délai, le train qui circule dans la section AB reste découvert en A, que s'il s’arrête ou s’il tombe en détresse avant d’avoir atteint le poste B, il peut être rejoint par un train qui le suit de près. L’objection n’a qu’une valeur théorique si la section est assez courte (1 5oo à 1 8oom environ) ; parce que le signal d’arrêt B est précédé à 1 200“ environ, d’un signal à distance b qu’il a fallu préalablement mettre à l’arrêt et qui peut, dans ce cas, suppléer à la rigueur le signal d’arrêt effacé en A. Mais il n’en est pas ainsi si la section a plus de 2 kilomètres, ou bien encore quand le poste B est un poste terminus, car alors, comme il n’y a plus de signal à bloquer au delà, rien n’oblige le garde B à mettre à l’arrêt son signal à distance b.
- On comprend donc que l’on ait cherché le moyen de mettre B dans l’impossibilité de débloquer A avant que le train ait réellement dégagé la section. A cet effet, on a placé en p un contact fixe relié aux appareils du poste B, qui dès lors ne peut plus rendre la voie libre au poste A, i° s’il n’a pas bloqué la section BC ; 20 si un train n’a pas franchi, en réalité, le contact p.
- Ainsi que nous l’avons fait remarquer dans notre étude sur les contacts fixes, ce problème, si simple en pleine voie, se hérisse, au contraire, de difficultés et de complications lorsqu’il s’agit de l’appliquer au cas d’une station. A quel point de la voie faut-il alors placer ce contact fixe pour qu’il ne soit pas atteint par les trains ou les machines qui exécutent les manœuvres dans la station, et pour qu’il le soit au contraire quand Ü s’agit sim-
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- plement d’un train qui passe, avec ou sans arrêt, sans quitter la voie principale?
- Si on l’installe en qt (fig. 8), bien en deçà de la gare C, le garde a la faculté de débloquer prématurément la section BC. Si on le place en q2 assez loin pour qu’il ne soit pas atteint par un train de longueur maxima qui refoule sur le garage m, on ne peut plus débloquer cette section quand le train est garé.
- Cela revient à dire que la gare doit être disposée de manière à se prêter à l’installation du contact lixe. Or, comme c’est précisément le contraire qui arrive, et que le block automatique n’est généralement qu’une amélioration qu’on réalise longtemps après qu’une ligne est construite, quand les résultats de son exploitation, modestes au début, sont brillants, quand la circulation y est devenue très active par suite de l’augmentation progressive du trafic, et que l’on sent que le moment est venu d’en augmenter la capacité sans doubler les voies, il est clair que l’on ne bouleverse pas des stations existantes pour satisfaire à la solution d’un problème qui ne répond au fond qu’à des exigences plus théoriques que réelles.
- C’est ce qui explique le peu de succès des appareils à automaticité restreinte, quand on cherche à les introduire dans le domaine de la pratique : ce sont de bons appareils en pleine voie, mais de gênants auxiliaires dans les gares. Or, comme le nombre de celles-ci tend constamment à augmenter dans les pays où le trafic est actif, que leurs intervalles sont, par conséquent déplus en plus petits, le nombre des postes intermédiaires auxquels les systèmes automatiques sont applicables tend à diminuer.
- Block automatique complet. — Dans les appareils de ce groupe, c’est au train lui-même qu’est dévolu le rôle de bloquer efficacement ou de débloquer les sections. Lorsque l’on exploite la ligne d’après le principe de la voie normalement ouverte, comme l’action produite par le passage du train a pour effet de fermer directement ou d’effacer les signaux, la mission du garde se réduit à surveiller la marche de l’appareil automatique, il est à présumer qu’il se fiera à l’appareil et qu’il ne le suppléera pas quand celui-ci sera en défaut. Il en résulte que, si ce n’est pas précisément pour faire une économie de personnel que l’on a recours aux appareils complètement automatiques, il vaut mieux, dans ce cas, exploiter avec la voie normalement fermée, car alors la présence du garde est nécessaire pour demander la voie ou effacer les signaux, et l'automaticité n’intervient que pour les remettre à l’arrêt ou pour les déclencher, c’est-à-dire pour en permettre l’effacement par le garde.
- Il serait puéril de s’attacher à démontrer que cette seconde solution présente en principe toutes les
- garanties de sécurité qui manquent à la première, mais il n’en est pas moins facile de se rendre compte que, de même que tous les systèmes où l’automaticité entre enjeu, elle n’est guère applicable qu’en pleine voie.
- En effet, soient trois postes successifs ABC
- FIG. 9
- (fig. g) et un contact fixe placé en p, à 400“ au moins au-delà du poste B. Quand un train passe sur ce contact, cela a pour effet d’effacer le signal A et de mettre à l’arrêt le signal B, qui n’est plus effacé que par le passage du même train sur le contact suivant q. Si la voie est normalement fermée et qu’il y ait des gardes à chaque poste, le passage du train sur le contact p met à l’arrêt le signal B et déclenche seulement le signal A que le garde peut désormais effacer quand il sera avisé de l’approche du train suivant. On peut même faire demander la voie au garde C par le passage du train sur le contact O situé à deux postes de distance en deçà.
- Dans une gare, c’est encore du choix d’un emplacement satisfaisant pour le contact fixe p que vient l'écueil qui fait échouer la combinaison, et il y a en outre, pour les appareils non gardés et fonctionnant automatiquement cette aggravation que, dans une gare, une manœuvre ou un train garé qui part de la section C, peut découvrir indûment, par son passage sur le contact fixe q un autre train m engagé en deçà de la station C, dans la section BC; même si le poste B est gardé, le déclenchement de son signal lui étant donné automatiquement, tout concourt à lui faire penser que le second train ni est arrivé à C, et qu’il peut immédiatement donner passage à un troisième train»; rien n’empêche alors ce dernier de rejoindre le train m arrêté en détresse dans la section BC.
- Ainsi les appareils à automaticité absolue sont encore moins susceptibles d’être installés dans une gare que les appareils à automaticité restreinte ; ils laissent la porte ouverte à des accidents qui, pour être improbables, n’en sont pas moins à redouter.
- Cependant cette conclusion n’est pas absolue et elle dépend de la nature même du contact fixe qui, ainsi qu’on l’a vu dans notre première étude, peut être composé d’une pédale mécanique ou électrique, ou bien formé par les deux files de rails eux-mêmes, coupées aux extrémités de chaque section, de manière que les signaux de l’entrée d’une section restent à l’arrêt, tant qu’une paire de roues circule dans cette section.
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- Prenons un exemple de ce dernier cas : soit une voie de garage A (fig. io) embranchée par l’aiguille z sur la voie principale (les deux lignes du croquis représentent les deux files de rails). Les
- r* '
- —h'.. > ‘B
- FIG. IO
- rails étant coupés en m dans la gare même, mais en deçà de l’aiguille, tant que le train circule sur la section n m, le signal B reste à la position d'arrêt, et il ne s’efface que quand le circuit électrique est rompu, c’est-à-dire que lorsque le train a dépassé la coupure m, c’est alors que le signal a se met à l'arrêt et occupe cette position jusqu’à ce que le train soit refoulé sur la voie A et que l’aiguille z ait repris sa position normale isolant le garage des voies principales. Quand le train quitte le garage, le circuit étant rétabli entre les deux files de rails, le signal a se remet à l’arrêt et ne s’efface de nouveau que quand le train est sorti ; il en est de même pendant tout le temps qu’une manœuvre de gare engage les voies principales.
- Par conséquent, il suffit que, dans une gare, la coupure m soit placée en deçà de tous les changements de voie embranchés sur la voie principale.
- En résumé, un système reposant sur l’emploi des rails pris comme conducteurs électriques (ou si l’on ne veut pas employer les rails, un conducteur spécial relié à la masse du train) peut théoriquement satisfaire aux divers points du programme du Block-system, à la condition: r que l’on exploite d’après le principe de la voie normalement fermée ; 2° que l’action du train ne soit pas directe sur les signaux, mais qu’elle les déclenche seulement, leur effacement et la demande de la voie étant laissés au soin du garde ; 3° que l’appareil fonctionne dans de bonnes conditions.
- Hormis ces réserves essentielles, il ne faut considérer les divers systèmes proposés par des inventeurs plus ingénieux les uns que les autres, que comme d’intéressantes récréations qui n’ont rien à faire avec la grave question de la sécurité, qui doit être le souci principal de l’ingénieur chargé d’exploiter un réseau de voies ferrées.
- BLOCK-SYSTEM SUR LES LIGNES A UNE SEULE VOIE.
- — On construit généralement à une seule voie les lignes destinées à ne desservir qu’un trafic peu important pendant un certain nombre d’années, et n’ayant aucune réalité stratégique. D’autre part, on installe généralement le Block-system sur les lignes chargées de circulation dont on veut augmenter la capacité, en serrant davantage les itiné-
- raires, sans risquer de compromettre la sécurité.
- Cela revient à dire qu’il n’y a pas besoin d’appareils de Block-system sur les lignes à voie unique, par la raison que si elles atteignent la limite à partir de laquelle le Block-system devient nécessaire, elles ont dû dépasser déjà le niveau de trafic qui peut justifier le doublement de la voie, qui supprime le délicat problème des croisements de trains.
- En dépit de ces considérations, il existe des lignes à une seule voie, munies d’appareils de Block-system, par suite de circonstances locales sur lesquelles nous n’avons pas à nous arrêter.
- Nous exposerons donc sommairement les conditions toutes spéciales auxquelles ces appareils doivent satisfaire.
- Soient A B (fig. ii) deux points de croisement sur une ligne à une seule voie; quand il s’agit
- FIG. I1
- d’expédier un train du poste A vers le poste B, il faut avoir la certitude qu’aucun train n’est engagé en sens inverse et qu’aucun train ne sera expédié du poste B jusqu'à ce que le premier ait atteint ce poste.
- Il faut, en outre, pour que ce train ne soit pas rejoint par un autre, que la voie ne soit rendue libre au poste A, que quand il a atteint soit le poste B, soit si la section A B est trop longue, un poste intermédiaire a, où il n’existe pas de voie pour le croisement. C’est dans ce second desideratum que l’on retrouve le véritable Block-system.
- La première condition, exigible sur toutes les lignes à voie unique, quelle qu’y soit l’intensité de la circulation, n’est qu’une sorte de Block-system, qui a été réalisée dès le début avec le télégraphe, de station à station, et qui ne souffre aucune exception,
- Si tous les trains s’arrêtent à chaque station et si leur départ est subordonné à l’ordre de l’agent responsable qui a demandé la voie par le télégraphe, l’emploi de signaux optiques est une superfétation. Il n’en est plus de même si l’on fait circuler les trains express sur une ligne à voie unique ; en cas de retard, il peut être nécessaire de faire des croisements à une station où le train n’aurait pas dû s’arrêter.
- Quoi qu’il en soit, l’appareil doit être disposé pour fermer normalement la voie : on n’efface le signal de chaque poste qu’au.moment du départ ou un peu avant le passage des trains.
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- Il faut donc les conditions suivantes :
- i° Quand le signal A a été effacé pour permettre à un train de pénétrer dansjla section A B, le signal B doit être enclenché dans sa position d’arrêt, de manière à empêcher un train de pénétrer en sens inverse dans la même section ;
- 2° Quand le signal A a été remis à l’arrêt pour couvrir le train, il ne doit être enclenché dans cette position jusqu’à ce que le poste intermédiaire a ait rendu la voie libre, après avoir préalablement mis son propre signal à l’arrêt;
- 3° Quand le train a atteint la station B, la voie ne doit être rendue libre en a, qu’après que l’on a fait le nécessaire pour garer le train ou le couvrir au delà, comme sur une ligne à double voie ;
- 4° Enfin le signal B ne doit pouvoir être effacé que quand le train a réellement atteint la station B.
- Pour réaliser cette dernière condition, il faut avoir recours aux contacts fixes : or, sur les lignes à une seule voie, l’addition des contacts est encore moins facile que sur la double voie, puisqu’il faut éviter, en outre, que le même contact soit actionné dans les deux sens. On y parvient, il est vrai, en ne les plaçant pas dans l’axe de la voie, de manière que les véhicules n’aient jamais d’effet que sur le contact à gauche. Toutefois, nous préférons encore le système de contact électrique par les rails eux-mêmes.
- En effet, dans cette hypothèse, tant qu’un train circule dans la section A B, les deux signaux placés aux extrémités de la section sont enclenchés à l’arrêt; mais cette disposition a l’inconvénient de ne plus permettre l’intercalation de postes intermédiaires tels que a, et de diminuer, par suite, la capacité de la ligne. Nous avons vu, un peu plus haut, combien cet inconvénieut était illusoire. Par conséquent, on peut considérer ce système comme donnant pour une ligne à une seule voie, avec des postes à chaque station, toutes les garanties désirables de sécurité.
- Ici se terminent les explications préliminaires que comportait le sujet dont nous avons entrepris l’étude.
- Il nous reste à décrire les appareils en nombre considérable qui ont été imaginés pour satisfaire plus ou moins complètement à toutes les conditions. Ce que nous venons d’exposer nous dispensera d’entrer pour chacun d’eux, dans des détails sur leur mode d’installation, et nous permettra de les classer immédiatement par un simple renvoi à cette description.
- (A suivre.) M. Cossmann.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (l)
- L'ARMÉE
- A
- L’EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE
- L’exposition internationale d’électricité ouverte à Philadelphie au mois de septembre 1884, ne comprenait qu’une seule exposition militaire, celle des Etats-Unis.
- Les Etat-Unis, grâce aux conditions particulières dans lesquelles ils sont placés, n’ayant pas de voisins dont ils aient à redouter l’invasion, escomptant la protection que leur donnent la mer et l’immense étendue de leur territoire, peuvent se contenter d’entretenir une armée permanente de vingt-cinq mille hommes, destinés a devenir, en cas de guerre, le noyau d’une nombreuse armée de volontaires.
- Le service des signaux a, en campagne, des fonctions multiples. Il est chargé de se procurer les informations les plus variées; de réunir les renseignements de toute nature et de les transmettre à qui de droit; de relier les différentes lignes et les différents corps de l’armée à l’aide des divers moyens de communication (télégraphie électrique, communications par voie aérienne, relais de courriers, etc.); d’assurer, lorsque les forces de: terre et de mer opèrent de concert, les communications entre la flotte et l’armée; et cependant, en temps de paix, le personnel ne se compose que d’un colonel, chef de service, qui porte le titre de Chief signal officier, et de quatre lieutenants en second. Les sous-officiers et soldats, au nombre de 450 (i5o sergents, 3o caporaux et 290 soldats) ne sont pas compris dans le chiffre de 25,000 hommes déterminé par le congrès comme devant constituer l’effectif maximum de l’armée.
- Pour entrer dans le corps, il faut contracter un engagement de cinq ans, savoir lire, écrire et compter, avoir des notions de géographie. Les recrues, après avoir reçu les premiers éléments d’instruction militaire sont envoyés à l’école des télégraphistes, au fort Whipple, près de Whashing-ton, poursuivre des cours théoriques et pratiques, à la suite desquels il y a un examen. Le signal-soldat, avant d’être attaché à une station, sous les ordres d’un sergent, doit être capable d’expédier ou de recevoir au minimum dix mots par minute. Au bout d’une année de stage, en qualité d'obser-ver-sergent, il revient à l'école de Whipple, et s’il passe avec succès un nouvel examen, il est nommé sergent et envoyé comme chef de poste,
- (>) Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- soit dans une station météorologique, soit dans un poste télégraphique. Le département de la guerre, en effet, a établi et exploite un certain nombre de lignes télégraphiques, destinées à relier les postes militaires de l’intérieur aux lignes des compagnies, situées principalement dans l’Arizona, le Nouveau-Mexique et le Texas; elles ont une longueur dépassant 6,000 kilomèties. D’après le rapport annuel du département de la guerre, elles ont rapporté 17,000 dollars pendant l’année budgétaire 1883-84.
- Les appareils et le matériel adoptés par la télégraphie de campagne, les voitures qui servent à établir les postes et à transporter le matériel ont été décrits dans la La Lumière Electrique (vol. VI, page 3gi), à propos de l’exposition d’électricité de Paris. Nous compléterons cette description en donnant la composition détaillée d’un train télégraphique, et en parlant d’un nouvel appareil pour le service télégraphique des avant-postes, emprunté par les Etats-Unis à l’Allemagne.
- Un train comprend une voiture à piles, quatre
- FIG I
- voitures àfils et quatre à lances, et comme personnel 5 officiers et 174 hommes. Il permet d’installer une ligne d’environ 5o milles de longueur ou quatre lignes séparées de 10 à 12 milles. Il est divisé en quatre sections comprenant chacune une voiture à fils et une voiture à lances.
- Avec la voiture à piles marchent un conducteur, douze opérateurs et un homme (battery-man) chargé de l’entretien des piles et de tout le matériel.
- Avec chaque section marchent un lieutenant et quarante hommes distribués de la façon suivante :
- Un directeur et deux marqueurs chargés d’indiquer le tracé de la ligne.
- Un Surveyor, qui désigne les places où devront être dressées les lances.
- Trois hommes pour les fiches; deux accompagnent le surveyor et plantent aux endroits indiqués les fiches qui, lorsque la ligne est dressée, sont ramassées par le troisième.
- Douze hommes, sous la conduite d’un sous-officier, préparent les trous où seront plantées les lances.
- Deux hommes déroulent le fil.
- Trois opérateurs accompagnent la voiture.
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- Douze hommes, sous la conduite d’un sous-officier, dressent la ligne ; deux marchant avec la voiture des lances fixent aux lances les crampons et isolateurs nécessaires, et les posent toutes préparées aux endroits où se trouvent des fiches ; le reste du détachement marche avec la voiture à fils.
- Deux conducteurs.
- Le dessin ci-contre indique la manière dont s'exécute la pose de la ligne.
- Appareil télégraphique pour le service des avant-postes. — Le télégraphe d’avant-postes comprend deux appareils récepteurs identiques, pesant chacun 4k25o. Ils sont mis directement en communication, l’un avec une pile et l’autre avec un sac disposé de manière à être porté sur le dos, et renfermant 5oo mètres de câble. Le câble, enroulé autour d’un tambour métallique, se compose d’une
- FIG. 2
- âme isolée par une enveloppe de soie et une couche de gutta-percha. Autour de ce noyau central, s’enroulent des fils de cuivre très fins qui assurent le retour du courant et dispensent, par suite d’établir la communication avec la terre. Les fils sont eux-mêmes enveloppés de chanvre, et le tout est imbibé d’une composition isolante qui empêche le chanvre de se décomposer. Le diamètre total du câble est de 3 millimètres ; son poids, de 6k20o pour une longueur de 5oo mètres, et il ne se rompt que sous un effort de traction équivalant à 37 kilogrammes (fig. 2).
- La pile se compose de 10 éléments du système Daniell; elle est renfermée dans une boîte facile àpor-ter et organisée de telle sorte que les liquides des éléments ne puissent pas être répandus pendant les transports. Son poids total est d’environ 11 kilogrammes.
- Un sous-officier et deux hommes suffisent pour assurer le service. L’un des hommes reste à la station initiale avec l’un des appareils et avec la pile ; l’autre est muni du sac renfermant le câble, qu’il déroule en marchant ; il porte un second tambour
- avec 5oo mètres de câble que l’on peut ajouter à la suite du câble primitivement déroulé. Les extrémités qui doivent être mises en contact présentent une disposition spéciale permettant d’effectuer facilement et sûrement cette jonction.
- Le sous-officier accompagne l’homme marchant en avant, et porte le deuxième appareil, qui est relié au sac, et par suite se trouve compris dans le circuit parcouru par le courant.
- Ce matériel permet de dérouler en 10 minutes une longueur de câble de 1 kilomètre dont le relèvement exige de i5 à 20 minutes.
- Aux appareils télégraphiques, sont joints des téléphones Siemens ; on peut correspondre à volonté, soit avec les appareils ordinaires, soit avec le téléphone.
- Chronographes. — Le département de la guerre avait exposé, pour mesurer la vitesse des projectiles, quatre appareils différents : les pendules Ben-ton et Vignotti, les chronographes Le Boulengé et Schultz.
- Pendule électro-balistique de Benton. — Le département de Yordnance s’est servi autrefois du chronographe construit par le capitaine Navez, de l’armée belge. Cet appareil fut trouvé trop délicat et trop compliqué pour un usage courant. Le colonel Benton, qui était professeur à l’académie militaire de West-Point, tout en utilisant les mêmes principes, oscillation d’un pendule et enregistrement électro-magnétique, proposa un nouvel appareil d’une construction plus simple, d’une manœuvre plus facile. Adopté par le département de l’ordnance, il a été fréquemment employé dans les expériences d’artillerie faites aux Etats-Unis.
- Deux pendules égaux et symétriques sont mis en mouvement, l’un, lors du passage du projectile dans un premier cadre ; l’autre lors du passage du même projectile dans un second cadre. Le moment de leur rencontre est enregistré, et, du point marqué, on déduit le temps que le projectile a mis à parcourir la distance séparant les deux cadres (figure 3).
- Un plateau à vis calantes supporte un arc de cercle vertical divisé en degrés et cinquièmes de degré ; la graduation part d’un zéro situé au point le plus bas de l’arc et se continue de chaque côté jusqu’à go°. Les deux pendules ont un axe commun perpendiculaire au plan du limbe et passant par son centre. Ils sont munis de pièces en fer doux par lesquelles on peut les fixer à deux électroaimants verticaux, situés aux extrémités du diamètre horizontal qui limite le limbe, et munies de vis de réglage qui permettent de rendre horizontales les tiges des pendules, et d’amener les points de repère qu’elles portent vis-à-vis des points de la graduation marqués yo°. La lentille de l’un des
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- pendules est fixe : celle de l’autre est mobile, de manière à pouvoir rendre les oscillations isochrones. Deux ressorts arrêtent les pendules à la fin de leur première oscillation, de manière à éviter une usure inutile des tourillons de l’axe de suspension.
- Sur le pendule intérieur, c’est-à-dire le plus près de l’arc, est disposée une pointe mobile qui, lorsque les deux pendules se rencontrent, est dégagée par le choc d’une pièce d’acier placée sur le pendule extérieur. Recouverte d’encre à imprimer bien fraîche, elle vient marquer une empreinte sur une lame d’ivoire portée par le limbe.
- Il faut avoir soin que la force des piles correspondant à chaque aimant soit la même, pour qu’au moment de l’interruption des courants les électro-aimants se trouvent autaut que possible dans des conditions identiques.
- Un disjoncteur, qui permet de rompre en même
- temps les deux courants, sert à vérifier l’appareil. En prenant une série de disjonctions, la position des traces laissées par la pointe ne doit pas varier de plus d’un dixième de degré; dans ce cas extrême, l’erreur est de os,oooi54. Si les deux courants sont d’égale force, si les positions de la lentille mobile et des électro-aimants ont été bien réglées, la trace doit coïncider avec le zéro de la graduation. En tous cas, elle ne doit jamais en être bien éloignée et une corection très simple permet de tenir compte de l’écart. Suivant son sens, on ajoute ou on retranche à l’angle observé lorsqu’on mesure la vitesse d’un projectile, l’arc compris entre le zéro et la marque donnée par la disjonction.
- On admet que le retard existant entre le moment, ou un projectile passe dans un cadre et le commencement de la chute du pendule correspondant est le même pour les deux pendules. Il en résulte que le temps mis par le projectile pour parcourir la distance séparant les deux cibles correspond à la différence des arcs décrits par les pendules.
- Or, le temps que met le pendule à décrire un degré est donné par la formule
- Z ;/
- / COS UJO-.VJ
- où l représente la longueur du pendule simple correspondant ; x, l’angle variable que fait le pendule avec le diamètre horizontal. Des tables construites à l’avance permettent de lire immédiatement la valeur de t correspondant à chaque observation.
- Pendule Vignotli. — Dans cet appareil, comme dans le précédent, on utilise pour mesurer le temps les lois de l’oscillation d’un pendule ; mais l’enregistrement, au lieu d’être mécanique, se fait au moyen de l’étincelle d’induction (fig. 4).
- Devant un limbe métallique, portant à sa partie
- KIG. 4
- supérieure un électro-aimant peut osciller un pendule, dont l’axe et le support sont isolés au moyen d’un cylindre d’ivoire et de deux plaques en verre dépoli. Il est muni à sa partie inférieure d’une pointe isolée, placée perpendiculairement au limbe. Cette pointe communique avec deux fils induits sortant de deux bobines distinctes dont les fils inducteurs communiquent respectivement avec les deux cadres que doit traverser le projectile dont on veut mesurer la vitesse. A chaque rupture de courant, une étincelle jaillit et perce un trou très fin sur un papier très combustible porté par le limbe. Si donc, au moment où le projectile traverse le premier cadre, le pendule primitivement maintenu par l’électro-aimant a été mis en mouvement, et il suffit pour cela de faire traverser l’électro-aimant par un courant passant à travers un fil disposé devant la bouche de la pièce, on obtiendra deux traces dont l’écart angulaire permet de déterminer le temps écoulé entre leurs productions ; c’est-à-dire le temps que le projectile a mis à parcourir la distance comprise entre les deux cibles.
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- Les angles se lisent sur un arc en argent gradué en tiers de degrés et fixé sur le métal du limbe ; la lecture est facilitée par une alidade à vernier qui permet d’évaluer le trentième de degré. Une loupe placée à demeure sur l’alidade permet d'augmenter la précision de la lecture et d’apprécier la minute.
- Une table calculée à l’avance donne le temps mis par le pendule pour arriver de sa position initiale jusqu’aux points correspondant aux traces. Une simple soustraction donne la durée du trajet du projectile.
- L’expérience a montré que la netteté des traces était augmentée quand l’étincelle se dirige de la plaque à la pointe. On doit donc avoir soin de mettre les deux pôles négatifs des fils induits en correspondance avec le pendule, et les pôles positifs en correspondance avec le limbe.
- Remarquons que des variations du moment où commence l’oscillation du pendule, ont peu d’importance, puisque la durée cherchée est calculée au moyen d’une différence.
- Le major Laidley, de l’artillerie des Etats-Unis, se basant sur ce que la précision des mesures est augmentée lorsque les étincelles jaillissent au moment de la plus grande vitesse du pendule, a supprimé le fil tendu devant la bouche de la pièce et l’a remplacé par un système de bascule qui permet de rompre le courant traversant l’électro-aimant avant l’inflammation de la charge.
- Chronographe Le Boulengé. — Le chrono-graphe proposé en 1869 par le capitaine Le Bou-lcngé, de l’artillerie belge, est l’appareil dont les Américains se servent actuellement pour les épreuves de réception de poudre (fig. 5 et 6).
- Le temps que met le projectile à parcourir la distance comprise entre deux cibles traversées par des courants distincts est mesuré par l’espace parcouru par un corps pesant tombant librement.
- Deux électro-aimants sont placés, à des hauteurs déterminées, sur une colonne verticale en laiton. A l’électro-aimant A faisant partie du premier cou rant est suspendue une longue tige cylindrique C, appelée chronomètre, garnie de deux tubes enveloppés en zinc D et E, appelés cartouches-récepteurs. A l’électro-aimant B, faisant partie du deuxième courant, est suspendue une tige cylindrique F, appelée l’enregistreur. Sur le plateau de l’instrument est une détente composée d un couteau G monté sur un ressort H, qui peut être maintenu au bandé par la griffe d’un levier dont la tète est placée au-dessous de l’enregistreur. Lorsqu’on appuie sur cette tète, le couteau est mis en liberté et imprime un trait sur l’un des récepteurs du chronomètre. Le trait que l’on obtient ainsi sur le chronomètre en repos est l’origine à partir de laquelle on compte les hauteurs de chute.
- Lorsqu’un projectile, mettant un temps T à par-
- courir la distance comprise'entre les deux cadres, rompt successivement les deux circuits qui traversent les deux cadres, le chronomètre tombe au moment de la rupture du premier courant ; puis, lorsque le deuxième circuit est rompu, c’est l’enregistreur qui tombe. Il vient frapper la tête du levier, met en liberté le couteau de la détente, qui imprime un trait sur le cartouche.
- Soit H la hauteur de ce trait au-dessus de l’origine; le chronomètre est tombé pendant un temps
- T' — y/-LÜ. D’autre part, T = T, — t, t étant le
- temps écoulé entre le moment où le second circuit
- est rompu et où le trait est enregistré sur le cartouche; le temps t se détermine au moyen d’un disjoncteur qui rompt à la fois les deux courants. Le chronomètre et l’enregistreur tombent ensemble, et le trait marqué dans ces conditions est à une
- distance h, pour laquelle on a t =
- La position relative des électro-aimants est réglée de manière que h reste constant et égal à o"i5. On a donc pu calculer à l’avance les valeurs de T pour toutes les positions du trait de tir ; les vitesses correspondantes, en supposant les cibles distantes de 5o mètres, ont été gravées sur une règle à curseur. Une simple lecture donne donc le résultat cherché.
- Si l’écartement D des cibles est différent de
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- 5o mètres, il suffit de multiplier les indications de la règle par le rapport £.
- Avant de parler du réglage de l'appareil, décri-vons le disjoncteur :
- Le disjoncteur se compose d’un grand ressort, muni d’une traverse supportant deux lamettes. Elles font communiquer deux à deux des poupées métalliques pp', pxp\. En appuyant sur un bouton, le grand ressort s’engage dans une griffe ; les lamettes reposent sur les poupées pyp\, et les courants passent. Si, au contraire, on écarte avec le doigt la queue de la griffe, le ressort se détend, soulève à la fois les deux lamettes, et les deux courants sont interrompus.
- Le réglage de l’appareil comporte trois opérations distinctes :
- i° Caler l’instrument ;
- 2° Régler la force de l’électro-aimant;
- 3Ü Régler la hauteur de la disjonction.
- La première opération se fait au moyen du chro-
- nomètre qui serf en,'quelque sorte de fil à plomb.
- Pour pouvoir régler à volonté la force des électro-aimants, on fait le noyau de deux pièces, l’une fixe et l’autre mobile qui est filetée. On suspend le chronomètre muni d’une surcharge et on détourne lentement le noyau mobile, jusqu’à ce que le chronomètre se détache et tombe. La surcharge étant ôtée, l’électro-aimant a la force suffisante pour porter le chronomètre.
- On fait la même opération pour l’électro-aimant correspondant à l’enregistreur.
- La hauteur de la disjonction doit, comme nous l’avons dit, être à une hauteur déterminée. On commence par tracer sur le cartouche inférieur du chronomètre un cercle à la hauteur voulue, et cela se fait très facilement avec la règle à curseur; puis on prend une disjonction. Si le trait obtenu est sur le cercle, l’appareil est réglé. Si le trait ne coïncide pas avec le cercle, on diminue ou augmente Ja course de l’enregistreur en remontant ou en descendant le plateau de la détente, qui est porté à cet effet sur une vis verticale.
- Si on veut mesurer des temps très courts, le trait de tir, au lieu de se produire à la partie supérieure du chronomètre, c’est-à-dire au moment
- où celui-ci est animé fde sa plus grande vitesse, se l'approchera du trait de disjonction, et la précision des mesures sera diminuée.
- Pour remédier à cet inconvénient, il suffit de rendre la disjonction plus longue; c’est-à-dire d’augmenter la distance entre l’enregistreur et le plateau de la détente. A cet effet, on place l’élec-tro-aimant portant l’enregistreur à la partie supérieure de la colonne.
- On se sert de l’appareil comme précédemment, seulement on fait passer le courant qui doit être rompu le premier sur l’électro-aimant de l’enregistreur, et celui qui doit être rompu le second sur l’électro-aimant du chronomètre. Le temps à mesurer se marque donc négativement, et le trait de tir vient se placer sous celui de la disjonction. La durée cherchée s’obtient en retranchant du temps correspondant à la disjonction, celui qui correspond au trait donné par le tir.
- L’artillerie française a adopté le çhronographe Le Boulengé ; mais l’expérience ayant paru montrer que chaque appareil était affecté d’une erreur individuelle constante, le capitaine Brégcr a apporté à ce çhronographe quelques modifications. Nous signalerons les principales.
- Les électro-aimants ont leur axe vertical; ce qu utilise mieux , leur force attractive. On peut par suite augmenter les poids de l’enregistreur et du chronomètre, et les rendre moins sensibles pendant leurs chutes aux influences extérieures.
- L’enregistreur a le même poids que le chronomètre. Les électro-aimants se trouvent donc, au moment de la rupture des courants, dans des conditions aussi semblables que possible.
- Le plateau de la détente est fixé à cette dernière pièce. Le réglage de la position du trait de disjonction se fait en modifiant la hauteur de l’élec-tro-aimant de l’enregistreur que l’on peut mouvoir, soit à la main, soit à l’aide d’une vis de rappel, devant une règle graduée.
- Çhronographe Schultz (fïg. 7). — Ce chrono-graphe se compose essentiellement d’un cylindre en laiton à surface argentée et recouverte de noir de fumée pouvant prendre au moyen d’un mécanisme d’horlogerie un mouvement de rotation autour de son axe placé horizontalement, et d’un diapason porté par un chariot monté sur une vis sans fin qui permet de le mouvoir parallèlement à l’axe du cylindre. Lorsque le cylindre et le diapason sont simultanément mis en mouvement, une pointe portée par l’une des branches du diapason trace sur le cylindre une série de zigzags qui permettent d’évaluer les temps avec une grande précision.
- Le cylindre est mis en communication avec l’une des extrémités d’un courant induit, dont l’autre extrémité se termine par un fil de platine renfermé dans un tube capillaire en verre, qui vient aboutir
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- à hauteur de la pointe du diapason et à une très petite distance du cylindre. Le circuit est rompu au moment où le projectile passe en des points déterminés à l’avance, et à chaque interruption une étincelle jaillit, laissant sur le cylindre un point blanc très fin entouré d’anneaux colorés. On compte le nombre de spires compris entre un point pris comme origine et chaque trace, et on mesure les fractions de spires au moyen d’un micromètre monté sur le chariot du diapason. On en déduit sans difficulté les temps qui se sont écoulés entre les passages successifs du projectile aux différents points où le circuit a été interrompu.
- La précision de l’appareil repose sur la lecture au micromètre et sur la mesure exacte de la durée d’une vibration du diapason. On l’obtient par le
- FIG. 7
- chronographe lui-même, en interrompant le courant inducteur au moyen d’un pendule battant la seconde.
- Pour entretenir les vibrations du diapason, deux électro-aimants activés par un élément Daniell dans le circuit duquel est interposé un interrupteur à mercure sont placés sur le chariot vis-à-vis de deux armatures en fer doux fixées sur les branches du diapason.
- Etoupille électrique. —- Signalons encore une étoupille électrique adoptée en i883 parle département de la guerre.
- Elle consiste en un long tube au bout duquel est soudé un court mais large tube de cuivre. Ce dernier renferme une pièce cylindrique de bois dur percé suivant son axe et disposé à chaque bout pour recevoir les extrémités de fils de cuivre, réunis à travers la pièce de bois par un fil de platine roulé en spirale. Lorsque les fils sont mis en communication avec les pôles d’une pile, le fil de
- platine qui est très fin est rougi par le passage du courant, et met le feu à une petite quantité de coton-poudre placée dans la partie creuse du cylindre de bois. Le coton-poudre enflamme la poudre qui se trouve dans le long tube et celle-ci met le feu à la charge.
- EXPOSITION DU DÉPARTEMENT DE LA MARINE
- En dehors de l’appareil électrique qui a été installé à bord du cuirassé américain,le Trenton, pour servir à l’inflammation de la charge des canons, l’exposition du département de la marine ne comprenait que des torpilles ou appareils relatifs aux torpilles envoyés par l’école de Newport.
- Appareil électrique du Trenton. — Une table de manipulation est installée sur le pont. A chaque canon et à chaque feu de bordée correspondent un électro-aimant et une clef d’inflammation marquée d’une lettre. A l’arrière de chaque canon est placé un galvanomètre dont l’aiguille parcourt deux cadrans peints en rouge sur une surface peinte en blanc. Il permet au chef de pièce de savoir si l’amorce et les communications sont en état. Un autre instrument appelé wire-union sert à établir ou à interrompre à volonté les communications électriques, suivant que la pièce est ou n’est pas prête à faire feu.
- L’étoupille est comprise dans le circuit d’inflammation.
- Une pile formée de douze éléments Leclanché produit le courant qui prévient le chef de pièce et l'officier chargé de mettre le feu que les communications fonctionnent et que la pièce est prête.
- Une seconde pile, également formée de douze éléments Leclanché produit le courant qui détermine l’inflammation. Un premier fil relie les deux piles aux différentes pièces dont nous avons parlé, ainsi qu’à chaque canon, et un fil commun retourne des canons aux deux piles.
- Exposition de l'école des torpilles. — L’école des torpilles a été installée en 1870, à Goat-Island dans l’arsenal de New-Port, et déjà en 1872, le secrétaire de la marine fédérale, dans son rapport annuel, signalant les progrès accomplis, appelait d’une façon toute spéciale l’attention du congrès sur l’importance extrême des torpilles pour la défense des Etats-Unis. « Notre éloignement des complications politiques de l’Europe nous donne une sécurité, dont le résultat a été de nous mettre dans l’impossibilité de faire face à une attaque soudaine et imprévue par mer, au moyen d’une marine militaire en harmonie avec notre puissance et l’étendue de nos côtes ; l’établissement d’un puis-
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- sant matériel de torpilles nous mettrait, dans une certaine mesure, à l’abri d’une telle éventualité. s
- Un crédit annuel qui s’élève à près d’un million de dollars a permis à l’école de New-Port de faire de nombreuses expériences, à la suite desquelles, les Etats-Unis ont adopté un matériel dont quelques spécimens avaient été envoyés à Philadelphie.
- Trois modèles de torpilles étaient exposés : la torpille automobile Lay, qui est mue au moyen de l’acide carbonique liquide. (Voir La Lumière Electrique, vol. X, p. 44-74-113) ; une torpille portée et une torpille de fond.
- La torpille portée consiste en un tube creux de fer forgé, terminé par un récépient tronconique pouvant contenir environ 100 livres de poudre, attaché a l’extrémité d’un espar en noyer de i3m72 de longueur. L’espar est consolidé par une chaîne et des palans fixés à la paroi du navire. Un mécanisme très simple permet de pousser ou de rentrer à volonté la torpille. Le récipient comporte un trou de charge et un trou d’amorce, qui est muni d’un bouchon étanche et soudé aux branches de l’amorce. Le feu est mis au moyen d’un courant électrique.
- La torpille de fond est une véritable mine sous-marine, employée pour défendre une passe ou l’approche d’un port. Elle consiste en un récipient métallique sphérique pouvant contenir une charge de fulmi-coton équivalent à 2000 livres de poudre ordinaire. Placée à une immersion telle que l’explosion puisse avarier gravement les navires ennemis passant à proximité, elle est enflammée par l’électricité.
- Des épreuve2 électriques permettent de s’assurer que les communications sont en bon état, et que la torpille est prête à fonctionner.
- Un appareil présenté par le lieutenant Converse permet de faire d’une manière permanente l’épreuve du circuit ; toute avarie est donc immédiatement indiquée.
- De plus, si une torpille faisant partie du circuit fermé est choquée, le courant pour la mise de feu est immédiatement lancé automatiquement, tous les autres circuits fermés se trouvant temporairement séparés de manière à ce qu’ils ne soient pas affectés par l’explosion.
- Pour terminer cette étude, il ne nous reste plus qu’à signaler l’appareil Mac-Evoy (voir La Lumière Électrique, vol. VII, p. 118) pour découvrir les torpilles fixes et un projecteur Mangin (voir La Lumière Electrique, vol. IV, p. 120), employé sur les navires pour tâcher d’apercevoir les torpilleurs ennemis.
- Bertrand.
- DYNAMOMÈTRES
- TOTALISEURS ET COMPTEURS
- La Lumière Electrique a donné, dans de nombreux articles, la description des principaux appareils destinés à mesurer la puissance développée, transmise (*) ou indiquée (a) par les moteurs, ou absorbée par les machines qu’ils mettent en mouvement; mais ce sujet, comme toutes les questions actuelles, se développe et se renouvelle sans cesse.
- Nous nous proposons de tenir nos lecteurs au courant des progrès réalisés dans la technologie des appareils dynamométriques par une série d’articles paraissant au cours de l’actualité, sans autre prétention que de les renseigner le plus tôt et le plus exactement possible. Nos descriptions se suivront donc à des intervalles incertains, et souvent sans la méthode indispensable dans un mémoire , où l’on discuterait en les classifiant un grand nombre de travaux ayant déjà subi l’épreuve décisive de la pratique.
- Le lecteur pourra d’ailleurs facilement rattacher les appareils que nous allons ainsi décrire, comme à bâtons rompus, aux classifications générales et aux critiques exposées dans les articles d’ensemble que nous avons publiés à ce sujet dans La Lumière Electrique.
- Le dynamomètre de transmission de MM. Glea-son et Srvartz est représentée par les figures 1 à 12.
- La poulie B, calée sur l’arbre moteur A, entraîne la poulie C du dynamomètre par l’appui des tocs c sur l’extrémité des leviers D et E pivotant, malgré les ressorts F, autour des axes b, fixés aux bras de C, de sorte que les flexions de ces ressorts et les pivotements des leviers D et E sont proportionnels aux efforts transmis par la courroie de C.
- Ces pivotements sont amplifiés parle levier g fi (fig. 3) sur le papier à diagramme qui se déroule de n en r (fig. 2) irrégulièrement, sous l’action du cliquet s solidaire du levier D (fig. 1).
- (') Lumière Électrique des 3, 7, 14, 17 et 24 septembre 1881, 17 juin, ier, 8, 22, 29 juillet et 5 août 1882, 10 mars i883, 4 octobre et 27 septembre 1884. Dynamomètres de Alteneck, Marcel Deprez, Raffard, Farcot, Smith, Mégy, Kretz, Easton et Anderson, Amos, Emery, Brauer, Imray, Carpentier, Bramwell, Froude, Parsons, Tatham, Briggs, Elihu Thomson, Hopkinson, Royal Agricultural Society, Bourry, Morin, Darwin, Brown, King, Bourdon, Hirn, Taurines, Perry et Ayrton, Latchinoff, Valet, Ruddick, Dudley, Thiabaud, Fétu et Deliège, Emerson, Matter, Meeze,Vernon, Boys, Silver et Gay.
- (3) Lumière Electrique des 22 et 29 novembre, 6 et i3 décembre 1884.
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- Le levier E ne sert qu’à équilibrer D.
- Lorsqu’on veut indiquer sur le papier H, non seulement la succession des efforts mais aussi leurs travaux il faut lui imprimer un déplacement pro-
- portionnel au nombre des tours au dynamomètre.
- Le rochet r est, à cet effet, commandé (fig. 3, 4 et 5) par un cliquet/ (fig. 6), entraîné avec la poulie C, ainsi que r, et qui s’abaisse à chaque tour, sous la pression que l’anneau l exerce sur son taquet n>, lorsqu’il occupe la position indiquée par la figure 4, pour se relever ensuite par l’action du ressort x. La pression de l’anneau l, en même temps qu’elle déprime le taquet n> dans l’encoche
- l'IG. 3. — GI.EASON ET SWARTZ. — DETAIL DU PAPIER A DIAGRAMMES
- v du cercle u, et fait ainsi tourner d’une dent le rochet r, entraîne d’autant, par le jeu des vis sans fin le rochet e2, dont le tambour déroule
- le papier à diagramme. Le ressort ra2 permet de
- dégager facilement la roue ê2 de sa vis d% pour enrouler le papier à la main.
- Le papier est accroché sur le tambour d’enroulement par la prise d’un ressort g2 (fig. 7) qu’il suf-
- l'IG. 3. — GLEASON ET SWARTZ. — COUPE CC. (fig. 5)
- fit de lever en pressant le bouton h2 pour insérer l’extrémité d’une nouvelle bande.
- Le tambour n, fou sur son axe, est maintenu prr
- GLEASON ET SWARTZ. — MECANISME ENREGISTREUR
- FIG. 4. —
- le frottement du ressort (fig. 8 et 9) fixé sur le couvercle de sa boîte et qui appuie, par P, sur la tête m de l’axe n, avec suffisamment de pression pour empêcher le tambour de tourner autrement
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- que par l'action du rochet r sur la bande de papier.
- Enfin, on peut graduer la sensibilité des leviers D et E en faisant porter leur axe de pivotement b (fig. 4) dans la coulisse d’une pièce mobile «2, que l’on déplace entre les encoches ma- et 0% de
- FIG. 5. — GLEASON ET SNVARTZ. — MÉCANISME ENREGISTREUR
- façon à transporter à droite ou à gauche de b son point d’appui sur D, à augmenter ou à diminue" d’autant le petit bras de ce levier.
- Le crayon traceur i est constamment appuyé sur le papier H par un ressort l (fig. 10 et n).
- Le dynamomètre de Winkle (fig. 12) est fondé
- >'
- Fig. 6
- DÉTAIL DU CLIQUET J 4)
- sur le même principe que celui de Neer (l). Le plateau B, calé sur l’arbre, entraîne la poulie P, rendue folle et reliée au plateau A par la tension des ressorts D. Les déplacements relatifs des plateaux A et B sont transmis par les chaînes f au collier G, puis amplifiés par l’aiguille a pivotée sur le collier H.
- FIG. 7
- PRISE DU PAPIER
- Le cadran sur lequel se déplace l’aiguille a peut être gradué, ainsi que le montre la figure i3, en courbes isodynamiques, permettant d’apprécier par une simple lecture le travail en chevaux, à la vitesse indiquée par la position du vernier v (').
- M. Nielsen (2) a recours à la torsion d’une tige c (fig. 14 et i5), serrée en a dans le moyeu de la poulie F et en b par celui de E, de sorte qu’elle se
- FIG. 8 ET g. — FREIN DU CYLINDRE A PAPIER
- tord de a en b en transmettant l’effort de E en F. L’amplificateur se compose d’un bras G avançant sous l’action de la coulisse oblique f, solidaire de E, entre les rails e, entraînés avec la poulie E, et transmettant ce déplacement à l’aiguille I, dont le papier reçoit de M un mouvement proportionnel à celui de E.
- Cette solution analogue à celle du pandynamomè-tre de Hirn (3), a l’avantage de n’être pas influencée
- n
- FIG. 10 ET II. — GLEASON ET SWART2. — DETAIL DU TRACEUR
- par l’action de la force centrifuge sur les leviers ou les ressorts de l’appareil, et d’en supprimer les
- (') Voir La Lumière Electrique du 29 juillet 1882, p. lu).
- (>) Voir La Lumière Electrique du 10 mars i883, p. 3oo.
- (2) Génie civil, 7 février i885.
- (3) La Lumière Electrique du 29 juillet 1882, p. io3.
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- frottements ; mais il resterait à prouver que la tige tordue conserve son électricité aussi bien que les
- WiNKLE. — DYNAMOMÈTRE DE TRANSMISSION.
- — ENSEMBLE
- longues lames employées dans les appareils si milaires, tels que celui de Mégy (').
- FIG. l3. — WINKLE. — DÉTAIL DES COLLIERS
- M. Ashton a récemment modifié le mécanisme totalisateur de son indicateur continu, décrit dans
- notre numéro du 6 décembre 1884. La tige de l’indicateur fait monter et descendre le long rouleau b (fig. 16 et 17) sur l’hyperboloïde a, qui reçoit de h, sur g g, un mouvement alternatif correspondant à celui de la crosse du moteur. Il en résulte que ce cône tourne autour de son axe e d’un mouvement proportionnel au rayon du point de contact de b et au déplacement de h, c’est-à dire au travail indiqué du moteur, et le transmet, par la vis sans fin q, au cylindre totalisateur r. Ce mécanisme ingénieux aurait ses indications légèrement faussées
- F E
- FIG. 14 ET I 5. —
- X1ELSEN
- par l'inertie des pièces mobiles reliées au rouleau b.
- Dans un autre ordre d’idées, M. Deprez a proposé tout dernièrement le mécanisme représenté par les figures 18 à 22 dans le but de totaliser les déplacements de mobiles presque dénués d’énergie, comme l’aiguille d’un galvanomètre.
- L’aiguille a oscille (fig. 18, 19 et 20) entre son cadran fixe Q et un disque C, d’inégale épaisseur, mobile autour des pivots c c, et dont la face qui regarde l’aiguille est rugueuse. Derrière ce disque tourne uniformément une roue A, munie d’une roulette G et d’un cliquet b, à palettes flexibles l et t.
- Lorsque la roulette G passe derrière la surépaisseur de G, elle repousse ce disque, qui bascule et immobilise l’aiguille a entre sa face rugueuse et le
- C) La Lumière Electrique du i5 juillet 1882, p. ïg.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- cadran Q. En même temps, la palette t, soulevée par son passage sur l’aiguille a, enclenche b avec le rochet R , qu’il entraîne jusqu’à ce que la deuxième palette t, abaissée par son passage sous la butée B, ait dégagé b de r.
- Le rochet r tourne donc, à chaque révolution de A, d’un angle égal à celui que l’aiguille a fait en ce moment avec le rayon de la butée B, de sorte qu’il
- FIG. iC. — TOTALISEUR ASHTON
- permet de totaliser la direction moyenne de l’aiguille.
- La figure 21 représente l’adaptation de ce mécanisme au totaliseur d’un dynamomètre à train épicy-cloïdal ('). Le bras mobile de ce train, L, porte un secteur S engrenant avec le pignon G, solidaire du demi-cercle B. La roue A, qui tourne avec le premier pignon du dynamomètre, porte le cliquet k,
- qui engrène à chacun de ses tours avec le rochet R depuis le moment où il quitte l’extrémité b du demi-disque B jusqu’à l’instant ou il monte sur l’extrémité f du demi-disque fixe F, c’est-à-dire
- e
- 9—
- h ,
- ----q
- FIG. 17.
- TOTALISEUR ASHTON
- pendant l’arc fb qui sépare le demi-disque fixe du demi-disque mobile, ou d’une quantité proportionnelle à la flexion moyenne des lames du dynamomètre. Le second cliquet k n’a pour objet que d’empêcher le rochet R de reculer ou de s’emporter par sa vitesse acquise au delà de l’arc b/, de façon à assurer l’exactitude rigoureuse de la totalisation.
- L’indicateur de vitesse de Farquharson et Lane fonctionne par l’électricité, mais d’une façon in-
- Mi;. iS, 19 ET JO. — MARCEL DEPREZ. — TOTALISEUR
- termittente, lorsqu’on presse le bouton de mise en train k, figure 22.
- Dès que la pièce R, montée sur l’arbre dont on veut mesurer la vitesse, fait contact en a b, le cou-
- 0) La Lumière Electrique du 27 septembre 1884
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- rant traverse — suivant aRb c K N / g H h k — les électros de l’aimant H qui attire son armature et déclenche ainsi, par G, le bras F, solidaire de l’aiguille indicatrice A, qui démarre sous l’impulsion de son ressort c.
- Un peu après le départ de l’aiguille, le ressort M
- TOTALISEUR
- MARCEL DEPRE/J,
- passe de l’isolant D, calé sur l’axe de l’aiguille, au disque métallique N, de sorte que le courant passe, au second contact de R, à travers l’électro L suivant le trajet
- jRkKNMlllLdR
- L’attraction de l’armature o arrête alors le vo • lant régulateur P, et immobilise en même temps l’aiguille A.
- Le déplacement de l’aiguille A est donc propor-
- FARQUHARSON ET LANE. — INDICATEUR DE VITESSE
- tionnel à la tension de son ressort et au temps écoulé entre deux passages de R'au contact ab, ou à la vitesse de son arbre.
- L’appareil de MM. Farquharson et Lane est ingénieux et simple, mais il ne peut donner que des indications approximatives; son principal mérite
- est d’être portatif et facile à consulter à distance.
- FIG. 23 A 28. — NATIER. — INDICATEUR DE VITESSE
- Le principe du nouvel appareil de Napier, figure 28 à 28, est le même que celui de l’indicateur de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Stroudley (‘),mais c’est l’enveloppe même E, à ailettes a, figure 24, qui tourne autour du tube fixe d et y refoule, à travers le tuyau coudé e, le mercure
- ê CO)
- FIG. 29. — NAP.KR. — TUBE D'iNVERSION
- qu’elle renferme, d’autant plus haut, avec le flotteur indicateur j, que la vitesse est plus grande. Lors-
- FIG. 3 O. — REINHARD JOHN. — INDICATEUR DE VITESSE. — ENSEMBLE
- que la vitesse diminue et que le mercure revient dans l’enveloppe, l’air s’en échappe à travers les
- I nombreuses ouvertures ménagées en i et dans le collier h, solidaire de E, comme à travers un filtre qui l’empêche d’entraîner du mercure avec lui. L’air s’échappe aussi du haut du tube c, par une entaille ménagée dans la vis qui le ferme.
- Il suffit pour éviter toute perte de mercure lors du transport de l’appareil, de relever la crapaudine filetée f, de manière à serrer l’enveloppe E contre le cuir g.
- Lorsque l’indicateur est destiné à enregistrer
- des vitesses dont la direction change, il suffit de donner au tube e la forme d’un T muni (fig. 29), en e, et en e2 de clapets s’ouvrant vers l’intérieur du tube.
- Les détails de l’appareil de M. Napier ont été, comme on le voit, étudiés de très près et considérablement modifiés depuis son apparition en 1879 0).
- L’indicateur de Reinhard John est fondé comme celui de Beauchamp Tower (2) sur le refoulement
- FIG. 32 ET 33
- de l’air, par une pompe fonction de la vitesse à mesurer; mais cet air agit sur l’aiguille k du cadran indirectement (fig. 3o) en venant, par le tuyau d, modifier plus ou moins le niveau ef , dont le flotteur g est relié à l’aiguille indicatrice. La bougie n éclaire le cadran, et le piston m permet de régler le niveau.
- (') La Lumière Electrique, 7 lévrier i885, p. 262.
- f1) la Ltimière Electrique, i5 février 1880, p. 67. {-) La Lumière Electrique, 7 janvier i885, p. 296.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Le sens de la rotation est indiqué par le jeu d’une lame v (fig. 3i) montée sur le tambour du ventilateur qui comprime l’air dans le tuyau d. Quand le ventilateur tourne dans le sens de la flèche F, la lame v fait contact en v' et les électros x (fig. 32 et 33) attirent l’aiguille indicatrice y en /. Lorsque le ventilateur tourne suivant F', le circuit est rompu et le ressort R ramène l’aiguille en /'.
- Gustave Richard.
- NOTICE
- S U R
- UNE LAMPE ÉLECTRIQUE
- POUR BOUGIES JABLOCKIIOFF
- A COMMUTATEUR AUTOMATIQUE SANS MÉCANISME, LES BOUGIES ÉTANT PLACÉES EN DÉRIVATION (Système L. Bobcnrieth)
- De tous les systèmes d’éclairage électrique par arc voltaïque, la bougie Jablochkoff est, à notre avis, le plus pratique et le plus robuste. Aucun régulateur ne peut lui être comparé pour la simplicité et la sécurité, surtout depuis la solution de ce problème, si simple en principe, qui consiste à placer sur chaque chandelier les bougies en dérivation, et à en opérer automatiquement le changement lorsqu’elles sont usées ou éteintes. De cette façon, toute surveillance devient inutile, les extinctions accidentelles impossibles, les commutateurs sont supprimés ainsi que leurs fils, les bougies sont usées jusqu’au bout et on peut obtenir un éclairage d’une durée aussi longue qu’on le voudra.
- Ce problème avait été posé depuis longtemps et de nombreux essais furent tentés de différents côtés, mais sans succès.
- Placer des bougies de résistances différentes sur un circuit électrique, et dire que le courant allumera d’abord la moinsrésistante, parut extrêmement simple et repose sur un principe d’électricité connu de longue date. Le difficile était cependant d’arriver à rendre pratique l’application de ce principe.
- On fabriqua des bougies de résistances différentes, soit en faisant varier leur diamètre, leur longueur ou leur composition, soit encore en les garnissant d’amorces différentes.
- Le résultat pratique ainsi obtenu fut loin d’être satisfaisant. Outre la confusion dans la fabrication et surtout celle résultant de l’emploi de plusieurs sortes de bougies qu’il fallait munir d’une marque spéciale pour les reconnaître, on obtint un résultat tout-à-fait inattendu : l’amorce de presque
- toutes les bougies était grillée, émiettée par le passage du premier courant électrique lancé dans le circuit, de sorte que beaucoup de ces bougies ne pouvaient plus s’allumer quand venait leur tour de brûler. Il arrivait, en outre, très fréquemment, et surtout au commencement des bougies, que celle qui brûlait s’éteignait sans raison connue ou apparente et quelabougie voisine s’allumait à sa place, de sorte qu’après trois ou quatre heures d’éclairage presque toutes les bougies restantes étaient hors de service.
- On comprend aisément que dans ces conditions le système par dérivation devint tout-à-fait impraticable, et fut abandonné par tous ceux qui l’avaient tenté, la solution du problème étant jugée impossible.
- Sans avoir eu connaissance des efforts en ce sens, nous avons étudié la question à notre tour. Nous y avons été amené par le désir de perfectionner les 48 foyers Jablochkoff employés dans l’usine des chantiers de la Buire à Lyon, où des extinctions fréquentes avaient causé quelque ennui.
- Après de longues expériences, nous avons enfin atteint le résultat le plus satisfaisant qu’on pût espérer : aucune amorce n’était grillée, pas une bougie ne se dérobait, c’est-à-dire qu’avec des chandeliers de 8 bougies nous éclairons nos ateliers pendant quatorze heures consécutives, sans aucune surveillance, avec des appareils beaucoup plus simples que précédemment.
- Ce résultat est dû à l’étude complète que nous avons faite sur les amorces des bougies et les phénomènes qui déterminent leur inflammation.
- Dans nos nombreuses expériences, nous avons constaté que :
- i° De deux amorces de même volume, la moins résistante s’enflamme la première;
- 20 De deux amorces de même résistance, la moins volumineuse s’enflamme la première;
- 3° Une amorce grillée ou surchauffée s’enflamme beaucoup plus facilement qu’une amorce intacte, quoique sa résistance soit devenue infiniment supérieure par le fait de la désagrégation de ses molécules.
- Les deux premiers cas sont tout naturels et conformes aux principes de la circulation électrique.
- Mais le troisième cas s’explique plus difficilement et paraît contredire ces principes. Voici selon nous l’explication qui nous paraît la plus plausible dans ce cas : quand une amorce a été surchauffée ou grillée, les particules qui la constituent se touchent à peine. Si la moindre étincelle vient à se manifester entre ces particules, celles-ci rougissent et s’enflamment avec la plus grande facilité, leur masse étant très faible. Or, on sait que le courant électrique éprouve certaines variations dans son passage à travers l’arc de la bougie qui brûle, une
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- sorte d’hésitations momentanées pendant lesquelles une quantité très faible du courant principal cherche à se dériver dans les autres bougies. Si, pendant une de ces dérivations, le courant produit la moindre étincelle sur une des bougies dont l’amorce aura été grillée, celle-ci s’enflamme immédiatement et l’autre s’éteint.
- C’est là le grand écueil qui a empêché jusqu’aujourd’hui la réussite du système des bougies placées en dérivation.
- Il y a donc dans ce système deux choses essentielles à observer :
- i° Employer des bougies à amorces très résistantes;
- 20 Conserver à ces amorces leur résistance et leur consistance initiales.
- Les amorces que nous employons ont une résistance moyenne d’environ 5oooo ohms; ces amorces varient entre elles de plusieurs centaines ou milliers d’ohms.
- Il paraît presque incroyable qu’un courant d’une intensité de 7 àô ampères, qui est celui qu’ont habituellement les machines Gramme à courants alternatifs, puisse vaincre des résistances aussi considérables ; ce fait est pourtant parfaitement établi. La mesure de la résistance de nos amorces a été faite avec les plus grands soins, et avec des appareils différents, ce qui nous permet d’être très affirmatif au sujet de leur exactitude.
- Pour obtenir une bonne marche dans l’éclairage, il est nécessaire que les résistances des amorces soient très différentes entre elles ; cette grande différence de résistance a cet avantage important d’obliger le premier courant lancé dans les bougies à n’attaquer franchement qu’une seule d’entre elles, et de ne pas émietter et griller l’amorce des autres par son hésitation à se fixer : en outre, aucune dérivation du courant n’a lieu par les bougies restantes.
- Nous obtenons ces différences de résistances avec la plus grande facilité, on peut même dire involontairement. La pâte charbonneuse qui sert à faire les amorces n’est jamais rigoureusement homogène, et l’on comprend aisément que si cette pâte a une résistance très considérable, soit environ 5o 000 ohms, il est matériellement impossible d’obtenir des amorces semblables, et, qu’on le veuille ou non, ces amorces varient toujours d’un grand nombre d’ohms entre elles.
- Cette pâte est formée de poussière très fine de charbon de sapin, de gomme arabique et d’une quantité de plombagine variable avec la résistance qu’on veut donner aux amorces.
- La pratique nous a démontré que les amorces d’environ 5oooo ohms donnent les meilleurs résultats. Nous avons cependant poussé nos expériences usqu’à des amorces de 900000 ohms et qui se sont parfaitement allumées.
- Nous avons dit plus haut qu’une des conditions essentielles à la bonne marche du système est de conserver aux amorces leur résistance et leur con-
- coupe AB
- sistance initiales. Pour cela il faut que les bougies soient écartées entre elles d’au moins 40 millimè-
- VUE EN] PLAN
- FIG. 2
- très à leur sommet; si cette distance était moindre, la chaleur de l’arc de la bougie qui brûle grillerait rapidement l’amorce de la bougie voisine, qui au-
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- rait alors une très grande tendance à s’allumer à la place de l’autre, comme nous l’avons démontré plus haut.
- Je n’ai encore rien dit de la façon dont nous produisons l’extinction des bougies qui sont sur le point de finir. Voici le dispositif que nous avons adopté, et qui n’a jamais été en défaut (Voir les figures i et 2) :
- A est une des deux bornes; elle est en communication avec le cercle C, sur lequel sont fixés les supports extérieurs S des bougies ;
- D supports intérieurs des bougies, isolés entre eux;
- B l’autre borne; elle est en communication avec une plaque centrale P, sur laquelle sont fixés autant de ressorts R qu’il y a de bougies ;
- b petite bague en plomb qui établit une communication temporaire entre les ressorts R et les supports D ; cette bague doit être très près de la bougie.
- Le courant ne passera à travers la bougie qui brûle qu’autant que cette bague en plomb est en place.
- Lorsque la bougie brûle dans le voisinage de cette dernière, celle-ci se ramollit, le ressort R se redresse, l’arrache, et par ce fait le courant se trouve interrompu sur cette bougie, d’où il se précipite instantanément sur la moins résistante de celles qui restent.
- Lorsqu’une bougie s’éteint parce qu’elle est défectueuse, ou par suite de tout autre accident, instantanément une autre s’allume sans qu’on s’aperçoive d’aucune interruption.
- Une particularité accessoire de notre chandelier, qui a cependant une sérieuse importance au point de vue de l’incendie et de la conservation des appareils, consiste à disposer le socle de ces foyers en gradins, c’est-à-dire de placer sur des plans horizontaux différents les supports intérieurs et extérieurs des bougies. On évite ainsi, comme il arrive fréquemment, que les débris ou poussières de charbons tombant sur ces socles établissent des communications entre les bases de ces supports de bougies, ce qui détermine souvent la destruction du chandelier en faisant jaillir l’étincelle à ces endroits.
- En somme, l’appareil que nous venons de décrire remplit au plus haut point les trois conditions capitales de tout éclairage électrique, qui sont la simplicité, la sécurité et l’économie.
- L. Rohenrietu.
- ACCUMULATEURS ÉLECTRIQUES
- SUPÉRIORITÉ DES AMALGAMES (SYSTÈME P. NÉZERAUX) SUR LES OXYDES (SYSTÈME FAURE)
- L’accumulateur électrique est, selon moi, de tous les appareils électriques un des plus importants et des plus indispensables ; sans lui pas de régularité dans l’éclairage ni dans la force motrice, il est le modérateur du courant galvanique et le réservoir qui supplée aux défections du moteur.
- Dans un avenir prochain, lorsqu’on sera parvenu à transmettre l’électricité à distance, c’est-à-dire à domicile, l’accumulateur jouera un rôle immense et servira non seulement à régulariser et emmagasiner, mais aussi a récupérer les forces perdues par les machines dynamo-électriques dans leurs fonctions principales.
- Pour qu’un accumulateur soit en parfaites conditions pratiques, il faut :
- i° Que la matière employée dans la composition des couples ait par elle-même une assez grande cohésion sans laquelle les appareils ne résistent pas longtemps à l’action du courant primaire ;
- 20 Que ladite matière soit dans un état de parfaite capillarité, à défaut duquel le travail chimique est irrégulier ou trop lent ;
- 3° Que la conductibilité électrique soit telle que la formation soit rapide ;
- 40 Que la capacité industrielle d'emmagasine-ment soit de 14000 kilogrammètres environ par kilo de matière utile, principalement au point de vue de la locomotion ;
- 5° Que le courant galvanique puisse avoir dans la charge comme dans la décharge un écart de j à 3 ampères d'intensité par kil. sans détériorer la matière spongieuse et sans nuire sensiblement à l’effet utile ;
- 6° Que les lames polaires positives ne subissent pas ou subissent peu l’action destructive du courant primaire;
- 70 Que les appareils présentent une marge assez grande au travail électro-chimique pour que, comptant avec la négligence des ouvriers qui les chargent, on ne puisse atteindre, par une action trop prolongée du courant primaire, la limite qui détruit la cohésion ;
- 8° Que le réseau capillaire de la matière agglomérée ait une structure très spongieuse, car la capacité électrique dépend de cette condition importante.
- L’accumulateur de M. Gaston Planté est peut-être le type qui se rapproche le plus des conditions sus-énoncées, en ce qui touche seulement la cohésion, la conductibilité et la grande intensité qu’il peut fournir utilement, mais sa formation est in-
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- dustriellement impraticable à cause du temps énorme qu’il faut pour obtenir des couches spongieuses d’une épaisseur satisfaisante.
- Tous les systèmes basés sur l’emploi des feuilles minces de plomb, des fils agglomérés de plomb, des poudres même de plomb, si elles n’ont pas la capillarité voulue, rentrent plus ou moins dans l’ordre du système Planté, et s’ils se rapprochent davantage du côté pratique pour ce qui est de la formation rapide, ils perdent relativement à la qualité essentielle : la cohésion ; aucun d’eux du reste n’a donné dans les essais des résultats qu’on ait pu considérer comme satisfaisants.
- Les systèmes mixtes dans lesquels on emploie des oxydes de plomb mélangés à des grenailles et qui ne sont que des contrefaçons lourdes et peu scrupuleuses du système Faure, ne donnent qu’une faible capacité.
- D’autres systèmes où le plomb est remplacé par le zinc, le cuivre, le fer, le sodium, le potassium, etc., ont donné des résultats plus que médiocres dont il est inutile de s’entretenir.
- Les oxydes de plomb (système Faure) et les amalgames de plomb (système Nézeraux) sont les éléments qui ont jusqu’à ce jour donné les résultats les plus pratiques et les plus satisfaisants; je ne décrirai donc que ces deux .systèmes qui offrent le plus d’intérêt : d’abord celui de Faure qui est le plus ancien. Dans' ce système les lames polaires en plomb fondu forment, sur toute leur étendue un quadrillage dont les petites cloisons de 2mm environ d’épaisseur sont écartées de 5 à iomm; c’est dans ces petits carrés vides qu’on place le minium ou lalitharge; ces oxydes sont gâchés avec de l’eau acidulée de façon à former une pâte qu’on introduit dans ledit quadrillage avec une petite truelle, une palette en bois, ou bien une lame bien lisse de cuivre ayant la forme d’un couteau à papier; cette pâte ne doit contenir ni trop, ni trop peu d’eau acidulée, et être employée vivement et serré, sans cela elle se boursoufle ou s’effrite pendant la formation et ne présente plus les mêmes garanties de solidité ; les oxydes ne doivent pas non plus, avant leur emploi, avoir souffert de l’humidité et contenir plus de 5 0/0 de matières étrangères; il faut aussi éviter que les couches spongieuses emprisonnent des globules d’air, ce qui se produit assez facilement si l’on n’y prend garde ; il faut gâcher peu de matière à la fois, car il se fait une réaction qui échauffe et évapore l’humidité et il arrive que les lames garnies les premières n’ont pas la même qualité que les dernières, cela dépend du temps qui sépare les opérations et de la quantité de matière préparée d’avance ; il est rare que deux ouvriers aient la même main et réussissent également. Pour peu qu’on s’écarte des conditions qui précèdent, on s’expose à de sérieux mécomptes. Ce travail, comme on le voit, exige
- des soins qu'il n’est pas toujours facile d’obtenir des ouvriers.
- Les plaques étant bien sèches, on les place dans des boîtes spéciales à la formation, d’abord une négative, puis une positive et ainsi de suite de façon à former une série de 20, 3o, 40 ou 5o plaques, en plaçant entre elles des petites baguettes de jonc, dépourvues d’écorce, des bracelets en caoutchouc, ou bien des lames de bois découpé de 5 mill. environ d’épaisseur; on réunit ensuite chacune des deux séries positive et négative par un fil collecteur en cuivre, au moyen d’un point de soudure à l’étain à la queue de chaque lame.
- Ayant immergé les couples dans une solution à i/io” environ d’acide sulfurique, on les soumet à l’action d’un courant électrique de ; à 1 ampère par kilog. de plaques durant 100 à 200 heures selon l’intensité ; après ce temps de formation on les enlève et on les accouple définitivement dans des boîtes de dimensions convenables ; les lames de chaque série sont ensuite réunies par une bande soudée munie d’une borne à connexion.
- Durant la formation, il arrive que les lames d’une même série se sulfatent ; cela tient à ce qu’il s’établit entre les éléments un court circuit qui atténue l’action principale du courant. Trois causes peuvent ensemble ou séparément concourir à ce travail défectueux; ce sont d’abord de petits blocs qui, se détachant de la matière spongieuse, restent suspendus entre les plaques dont ils réunissent les pôles et créent une dérivation au travail chimique, en rapport avec la cohésion, et le contact plus ou moins intime ; ensuite, lorsque la cohésion des couches d’oxyde est insuffisante et que la résistance du bain est trop faible, des intermittences de travail et de repos trop prolongées peuvent donner des résultats analogues.
- Pour la formation, si les plaques sont écartées de xo million obtient de meilleurs résultats que si elles ne le sont que de 5 mill. et si l’eau acidulée est à 5 0/0 d’acide au lieu de 10 ; les couches d’oxyde se désagrègent moins et résistent mieux à l’action d’un courant plus énergique ; le travail électrochimique se localise aussi moins.
- Il est très important de ne pas pousser les charges, tant pour la formation qu’autrement, au-delà d’une certaine limite que l’expérience seule permet de bien juger, car il est acquis que lorsque le peroxyde atteint la couleur brun foncé, il a déjà perdu beaucoup de sa solidité et lorsque cette couleur s’accuse davantage au point de correspondre à celle du marc de café, la cohésion à ce moment est en partie détruite, et le moindre choc suffit dans ce cas pour faire tomber la matière du quadrillage comme une pâte molle. En pratique, on juge que la charge est suffisante pour un appareil déjà formé, lorsque les lames négatives n’absorbent plus l’hydrogène et que l’on voit ce gaz se
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- dégager assez abondamment à la surface du liquide excitateur.
- Il y a avantage au point de vue de l’économie de la force motrice à charger en tension le plus grand nombre possible d’accumulateurs à la fois en donnant pour l’ensemble au courant primaire, le minimum de tension excédante.
- La capacité d’emmagasinement dans ce système n’est point proportionnelle à l’épaisseur, bien que le poids d’oxyde soit proportionnel à celui du métal polaire ; cela tient à la trop grande compacité des couches spongieuses et conséquemment à la résistance qu?une plus grande épaisseur oppose à la décharge. Des plaques de 6 mill. d’épaisseur ne restituent guère en effet à la décharge plus que celles qui n’ont que 3 à 4 millimètres.
- La capacité industrielle d’emmagasinement, c’est-à-dire le débit à peu près constant d’électricité qu’un couple bien établi peut fournir dans la décharge, sous une tension qui s’abaisse de 2 volts
- 10 à 1 volt 90, est pour un usage pratique de 5 à 6 ampère-heures par kilog. de plaques, ce qui correspond à 70 kil. environ de plomb par cheval-heure. Cette capacité toutefois peut être augmentée notablement et atteindre un maximum de 10 à
- 11 ampère-heures par kil. ; mais les lames positives qui manquent déjà et autrement de solidité, ne possèdent plus dans ce cas la consistance qui convient à la sécurité du travail.
- Dans cet accumulateur la plaque négative peut durer assez longtemps, mais à la condition qu’après un certain temps de service on démonte les appareils, et qu’on mette cette plaque sous presse pour empêcher la matière pulvérulente de se désagréger complètement. La lame positive, au contraire, s’use vite parce que la lame polaire se peroxyde et qu’elle n’offre plus bientôt au courant électrique une conductibilité suffisante ; cette usure est environ de à de mill. par chaque charge pour des plaques de 4mm d’épaisseur.
- Le peroxyde des lames positives, lorsqu’il est formé à point, est peu consistant, trop compacte, ses molécules sans masse ni enlacements ; c’est pour ces raisons qu’il ne résiste pas à l’action d’un courant un peu énergique et qu’on ne peut donner aux plaques plus de 3 à 4 mill. d’épaisseur sans perdre notablement de la capacité.
- Le métal négatif est peu consistant aussi, s’écrase facilement entre les doigts, est d’aspect cendreux, sans malléabilité et n’a pas la texture du plomb spongieux, comme dans le système Planté.
- Le rendement en quantité est de 85 à 90 °/0 de l’électricité fournie à la charge ; le rendement en travail électrique de 63 °/0 du travail électrique également fourni à la charge et le rendement en travail électrique disponible aux bornes des appareils, de 47 % du travail moteur.
- A part ces rendements, qui sont passables, et
- bien que le système Faure soit le plus pratique de tous les accumulateurs connus, on voit par ce qui précède qu’il ne possède à un degré suffisant aucune des qualités qui constituent un excellent appareil.
- Nous allons voir maintenant dans l’accumulateur Nézeraux les avantages qu’ont les amalgames de plomb sur les oxydes. Disons d’abord qu’un couple Nézeraux se compose de deux lames polaires en plomb fondu, cannelées sur les deux faces ou quadrillées comme celles du système Faure et garnies chacune d’une couche spongieuse d’amalgame dont l’épaisseur au-dessus du quadrillage ou du cannelage est limitée par un encadrement formant saillie autour des lames; c’est en chargeant ces lames comme on le fait pour tous les accumulateurs qu’on emmagasine le travail électromoteur. Voici comment je procède : je fais fondre ce qu’il faut de plomb dans un vase de fer et après fusion j’ajoute la moitié du poids de mercure, ce qui fait i/3 de mercure pour le poids total ; le mélange étant bien homogène, je le laisse cristalliser par refroidissement, l’amalgame étant sec et friable je le broie au pilon ou le mouds entre les meules d’un moulinàblé, puis je tamise; la poudre ainsi obtenue est presque impalpable, très spongieuse et conduit très bien l’électricité ; mise à sec sur les lames polaires et comprimée légèrement à la presse, elle forme des couches adhérentes qui acquièrent une notable solidité si on les expose à l’air quelques jours, après les avoir mouillées d’eau acidulée.
- Ces plaques étant ensuite disposées dans un bain acidulé par 1/10 ou 1/20 d’acide sulfurique, comme il a été expliqué pour le système Faure, et soumises à l’action d’un courant électrique de 1 à 2 ampères par kilog., se comportent comme il suit : les couches positives ne tardent pas d’abord à se couvrir de peroxyde partant de la surface apparente et pénétrant la masse au fui; et à mesure de l’action en extrayant le mercure que l’on retrouve au fond du récipient et ce jusqu’à ce que les lames soient atteintes; à ce moment le mercure a disparu des plaques peroxydées qui forment alors un réseau spongieux très solidement aggloméré; en inversant le courant primaire, les couches amalgamées des autres éléments se peroxydent à leur tour, tandis que celles déjà peroxydées se réduisent à l’état métallique. La formation terminée, on enlève les plaques et on les accouple dans d’autres boîtes appropriées comme cela se fait pour l’accumulateur Faure, en réunissant chaque série par une bande munie d’une borne à connexion.
- Le peroxyde que l’on obtient avec les amalgames est beaucoup plus solide, plus spongieux et moins friable que celui qui provient des oxydes; de plus, ses molécules s’enlacent entr’elles et ont une masse qui détend favorablement le travail
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- électro-chimique, ce qui fait qu’il résiste sans se détériorer à une intensité déplus de 5 à 6 ampères par kilog. même durant la formation, et qu’on peut sans inconvénient augmenter la capacité électrique en donnant aux plaques une plus grande épaisseur.
- Le métal négatif provenant des amalgames pe-roxydés est aussi beaucoup plus solide, plus spongieux et plus malléable que celui qui provient des oxydes, et son aspect est franchement métallique.
- La capacité industrielle d’emmagasinement du système Nézeraux peut, avec des plaques contenant 70 0/0 de plomb spongieux et une détente de 1 /10 seulement de la force électromotrice, atteindre le chiffre de 18 à 20.000 kilogrammètres par kilog. de plaques, ce qui correspond à 14 ou 15 kilog. par cheval-heure.
- Il résulte en effet dés expériences faites avenue de Wagram, aux ateliers de la Lampe-Soleil, par MM. Sarcia et Street, dont les noms sont bien connus de nos lecteurs, que des plaques du système Nézeraux contenant seulement 55 0/0 de plomb spongieux, ont fourni pour une détente de 1/10 de la force électromotrice et une intensité de 1 ampère par kilog., des décharges de 12.240 kilogrammètres par kilog., soit 22 kilog. par cheval-heure, et qu’après i3 décharges successives, les plaques ayant été démontées et visitées, il a été reconnu qu’elles étaient en parfait état de solidité et qu’elles pouvaient encore donner un excédent sérieux de capacité.
- De nouvelles expériences se feront bientôt pour connaître le maximum de capacité que peut atteindre mon accumulateur.
- La différence énorme qui existe entre la capacité des deux systèmes trouve sa raison d’être dans ce qui suit :
- i° Dans mon système, 100 kilog. de plaques peuvent contenir 75 kilog. de plomb spongieux, tandis que dans le système Faure l’expérience a démontré qu’il ne peut y en avoir au maximum que 33 kilos en raison de ce que les couches d’oxydes ne présentent plus aucune solidité si elles excèdent le quadrillage des lames polaires ;
- 20 La force électromotrice de mes couples est de i/ioà 2/10 de volt.supérieure à celle de l’autre système;
- 3° Les décharges sont plus constantes dans mon système et restituent 80 0/0 au moins du travail accumulé au lieu de 63 0/0;
- 40 La présence du mercure que l’on a le soin de ménager en petite quantité dans les lames négatives, augmente l’activité des couples, prévient la polarisation et empêche les actions locales qui proviennent de l’impureté du plomb, de se produire.
- L’usure des lames polaires positives est aussi beaucoup moins rapide par les raisons suivantes :
- i° Parce que dans la formation, c’est la surface apparente des couches amalgamées qui se peroxyde la première en pénétrant la masse au fur et à mesure de l’action et que le métal polaire n’est sensiblement atteint que lorsque la formation est presque complète, tandis que, pour les oxydes, l’action destructive du courant se produit d’abord sur les lames polaires, et pendant les i5o ou 200 heures que dure la formation, cette usure en pure perte qui est en moins pour la durée des appareils, équivaut à peu près à celle qui résulterait de i5 ou 20 charges au moins de ces appareils après formation ;
- 2° Parce que la capacité pratique étant deux à trois fois plus grande que celle des oxydes, on peut, au risque d’augmenter de quelques kilogrammes le poids du cheval-heure, donner au quadrillage des lames polaires positives une épaisseur double ou triple; ce supplément de poids, du reste, peut être compensé par une diminution correspondante des lames polaires négatives qui, en raison de la grande conductibilité des amalgames, n’ont pas besoin pour être formées d’un quadrillage aussi épais et aussi serré ;
- 3° Parce qu’enfin, dans mon système, le plomb peroxydé fait avec les lames polaires un corps beaucoup plus intime, que la résistance de la matière poreuse est moins grande par conséquent, et que l’oxygène dans ce cas tend moins à se fixer sur lesdites lames.
- D’après ce qui précède, on voit que l’accumulateur, construit comme il vient d’être dit, possède au plus haut degré toutes les qualités qui conviennent à un excellent appareil, et si ce n’était l’usure des lames polaires positives dans un temps plus ou moins long, sa durée serait presque illimitée (*).
- P. Nézeraux.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales
- Allemagne
- l’électricité atmosphérique et l’électricité des orages. — L’an dernier, dans le n® 43 de La Lumière Electrique, j’ai communiqué quelques recherches faites par M. le Dr Hoppe au cours de la même année, à l’effet de prouver que le frottement est la source de l’électricité atmosphérique. Partant de ces expériences, M. Hoppe tâche aujourd’hui d’éclaircir quelques questions non résolues et relatives à cette électricité, en tenant compte
- (*) Nous laissons à M. P. Nézeraux l’entière responsabilité de ses allégations. {Note de la rédaction.)
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITÉ
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- des observations effectuées pendant une longue série d’années et des données qui en ont été les résultats.
- On peut tout d’abord constater que l’électricité atmosphérique est toujours positive. L’électricité atmosphérique négative, qui a été observée par Neumayer à l’observatoire de Melbourne, provient d’une action par influence ou de la poussière qui remplit l’atmosphère par un vent de nord-est après une longue série de jours sans nuages. La quantité d’électricité positive dont l’air est chargé est extrêmement variable. En général elle est plus considérable en hiver qu’au printemps, et elle a une double période journalière. La relation entre la périodicité de l’électricité et la hauteur du baromètre, relation qu’Alexandre de Humboldt a observée le premier, a été implicitement confirmée par Neumayer.
- Le minimum d’électricité atmosphérique se manifeste un peu avant le lever du soleil. Aussitôt que le soleil se lève, une évaporation considérable a lieu, accompagnée de frottement. L’évaporation augmente jusqu’à ce que les couches de terre supérieures se soient séchées. L’électricité atmosphérique augmente dans la même proportion, et passe par son maximum quelques heures après le lever du soleil. Pendant la période de dessèchement qui suit, l’électricité atmosphérique diminue, et atteint un minimum un peu après le moment où la chaleur du jour est maxima, c’est-à-dire généralement vers trois heures de l’après-midi. Pendant la période de refroidissement qui succède, l’électricité atmosphérique augmente de nouveau, et passe par un second maximum avec les brouillards du soir. Ces brouillards peuvent engendrer une quantité d’électricité tellement considérable que quelquefois un éclair plat ou même un jet de feu illumine le bord du banc nuageux.
- Il est à noter qu’un affaiblissement de l’électricité positive peut être causé par la poussière négativement électrisée, et que, l’air humide servant comme conducteur d’électricité, une décharge lente se produit, si pendant l’évaporation la vapeur est devenue positive et la terre négative, et si la vapeur ne peut monter librement aux régions plus hautes de l’air.
- Dans l’explication des phénomènes électriques isolés, il faut toujours calculer avec l’état général du temps au moment de l’observation. L’humidité de l’air, le vent, la vapeur, etc., sont les éléments principaux qui entrent en jeu dans l’explication de ces irrégularités.
- Quant à l’électricité des orages, M. Hoppe distingue deux modes de formation différents, les orages locaux et les orages de dépression. Il mentionne d’abord l’observation de Palmieri, à savoir que le nuage orageux ne se distingue du nuage ordinaire que par l’intensité de l’électricité qu’il ren-
- ferme. Tous les deux sont positivement électriques.
- D’après toutes les observations, il n’y a jamais de nuage orageux sans pluie.
- Les orages locaux prennent naissance lorsqu’une région est fortement chauffée par le soleil avec une pression atmosphérique assez égale, de sorte qu’un courant d’air chaud et violent d’une grande humidité (provenant d’une forte évaporation) subit un mouvement ascensionnel. Quand un courant de ce genre pénètre dans des régions plus élevées et plus froides, il se produit une condensation, et la quantité de chaleur, mise en liberté, accélère le mouvement du courant d’air, d’où il résulte que les petites gouttes condensées sont entraînées avec violence à une grande hauteur. Le courant d’air est soumis ainsi à un fort frottement latéral qui se communique peu à peu aux parties intérieures, et le nuage naissant s’électrise positivement au centre et négativement sur les bords.
- Le courant d’air monte ainsi toujours jusqu’à ce que les gouttes, par suite de la condensation continue, aient obtenu un poids assez grand pour vaincre la pression du courant d’air qui les fait monter et pour tomber hors du nuage. Cette explication éclaircit le fait, si souvent observé, qu’une forte pluie suit généralement un éclair, même quand la pluie a presque cessé de tomber avant que l’éclair se produise.
- Le grand nombre d’éclairs qui peuvent naître d’un seul nuage s’explique par le courant d’air chaud qui monte continuellement et le frottement auquel il donne naissance. M. Hoppe trouve dans la décharge répétée d’un nuage, où des coups violents et faibles se succèdent, la preuve la plus frappante contre l’opinion qui ne voit dans l’électricité des orages que l’influence de la terre sur le nuage.
- Les orages de dépression sont du même genre que les orages locaux, pour ce qui concerne la génération de l’électricité. Seulement les conditions dans lesquelles ils naissent sont tout-à-fait autres. En général une dépression qui avance produit un orage lorsqu’un courant d’air chaud et humide vient au contact d’un courant froid. Il n’est pas nécessaire alors que le courant d’air chaud monte verticalement ; le frottement entre les deux courants peu aussi se produire à une inclinaison quelconque. M. Hoppe a démontré ce fait par des expériences. Quand il laissait un courant d’air froid pénétrer dans une atmosphère plus chaude, il se formait autour du jet d’air des nuages de brouillard concentriques, qui communiquaient leur électricité positive au conducteur; — quand un jet d’air chaud et humide se précipitait dans le récipient, un cône de brouillard se produisait qui, lui aussi, était positivement électrique. Souvent le cône avait une forme nettement marquée, souvent il se résolvait en plusieurs nuages séparés.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les théories de M. Hoppe sur la formation des orages expliquent encore plusieurs observations, dont on n’avait trouvé jusqu’ici aucune explication plausible. D’après les recherches de v. Bezold, les orages suivent des trajectoires déterminées, et quelques régions en reçoivent plus particulièrement la visite. Les forêts empêchent la formation d’un courant d’air chaud, tandis que les vallons marécageux favorisent cette même formation, v. Bezold a également trouvé qu’un maximum de fréquence dans les orages correspond toujours — bien que souvent il y ait des écarts de quelques jours — à un maximum de la courbe des températures, ce que M. Hoppe explique en disant que les couches inférieures d’air chaud prennent quelquefois une position d’équilibre qui est très voisine de l’équilibre instable, en sorte que dès que l’équilibre de la couche supérieure est rompu, il se forme des courants qui provoquent l’écoulement continu d’un courant d’air ascensionnel. Une remarque très importante est que, avant que l’orage n’éclate, la température de l’air est maxima et la pression minima.
- La relation entre les minima des taches solaires et les maxima des orages ne trouve pas, selon M. Hoppe, une explication dans l’influence directe du potentiel du soleil sur les orages, mais dans l’influence indirecte d’un échauffement plus ou moins grand.
- l’exactitude des déterminations de résistances PAR LES COURANTS ALTERNATIFS. — M. le profeS-seur Ostwald a communiqué quelques expériences faites par lui, dans lesquelles la méthode de Kohl-rausch pour la détermination des résistances électriques à l’aide de courants alternatifs a été employée. Contre ces expériences on a objecté que dans l’électrolyse des combinaisons organiques les proportions sont d’une autre nature que dans l’électrolyse des combinaisons inorganiques. Cette méthode de mesure admet en effet que les ions produits dans une direction pendant une impulsion du courant sont de nouveau parfaitement reliés dans la direction contraire par l’impulsion suivante, de sorte qu’aucune polarisation n’a lieu et que la résistance trouvée n’est jamais trop grande.
- L’acide acétique donne par l’électrolyse de l’éthal et de l’acide carbonique d’un côté, et de l’hydrogène de l’autre. Mais l’acide acétique ne se forme pas par l’union de ces corps. D’après le professeur Ostwald, il n’y a à cet égard aucune différence en principe entre acides organiques et inorganiques. Dans un cas les ions sont CH3 COO et H, dans l’autre NOa et H ou SOj et 2H. Maintenant — que 2CH3COO se transforme secondairement en C2H6 et 2C02, ou que 4N03 forme avec l’eau de solution 4N03H et 02, cela ne fait pas de différence sérieuse. Si en effet un procès se-
- condaire a lieu, la réaction correspondante ne peut plus être empêchée par le courant contraire, et la polarisation produit l’erreur mentionnée dans un cas aussi bien que dans l’autre.
- Le professeur Ostwald s’est efforcé de prouver par l’expérience que son opinion est juste et que l’erreur en question n’existe pas. Ii fit varier, dans de certaines limites, l’intensité et la durée des courants alternatifs engendrés par l’inducteur, la mise au point du contact glissant de la combinaison Wheatstone-Kirchhoff restant absolument la même. Il employa pour les mesures qu’il entreprit par exemple avec de l'acide acétique (soixante grammes dans un litre), un inducteur très petit qui était actionné d’abord par un Daniell, puis par un nombre d’éléments croissant jusqu’à six Bunsen, et également un appareil pour étincelles avec une longueur d’étincelle d’un centimètre, en changeant de la même manière le courant inducteur. Le nombre des alternances du courant variait entre 3o et 600 par seconde.
- Les chiffres suivants montrent l’égalité parfaite des mises au point du contact glissant obtenues dans des conditions si différentes :
- PETIT APPAREIL ü’iNDUCTION
- 1 Daniell, alternances rapides. . . 728,2
- 6 — — — ... 728,5
- 6 Bunsen, — — ... 728,4
- 6 — — lentes . . . 728,4
- GRAND APPAREIL D’iNDUCTION
- 1 Daniell, alternances rapides. . . 728,4
- 6 — — — . . . 728,2
- 6 Bunsen, — — ... 728,6
- 6 — — lentes . . . 728,5
- Pour avoir un second contrôle de ses chiffres, d’après une autre méthode, il se servait de la méthode un peu modifiée de Horsford dans la forme employée par Sallingcr (*). Dans chacun des deux circuits d’un galvanomètre différentiel, il plaçait un électrolyte, et d’un côté une résistance composée de fil de maillechort., de l’autre un rhéostat de 4 000 unités. A l’aide de ce dernier il ramenait l’aiguille du galvanomètre à zéro, puis déplaçait une électrode à une distance exactement mesurée, et alors rétablissait l’équilibre. La différence entre les lectures faites au rhéostat donnait la résistance de la colonne de liquide comprise entre les deux points où avaient été placées les électrodes.
- La figure 1 représente le dispositif des vases à résistance. Dans une cuvette a se trouve le tube b, ouvert en dessous, qui porte une électrode de platine en forme de baguette un peu au-dessus du bout inférieur. L’autre électrode est en spirale, et
- 0) Annales de Wiedemann, I, 5io (1877).
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- est attachée à l’autre bout du tube g; g peut être déplacé verticalement. Pour rendre possible un réglage exact, le tube g est muni de lignes gravées sur le verre, avec lesquelles le ressort glissant f est en prise pour chaque déplacement. De cette manière, la même position peut toujours être donnée à l’électrode, l.a méthode offre des difficultés sérieuses, puisque le galvanomètre différentiel ne reste pas à zéro, mais que le miroir de l’échelle oscille constamment d’un côté ou de l’autre.
- Le professeur Ostwald obtenait un résultat de bonnes valeurs moyennes, en faisant les lectures à intervalles réguliers de trois minutes après le déplacement de l’électrode, et en répétant l’observation dix fois de suite dans les deux positions. Par ce procédé, les erreurs possibles furent réduites à un pour cent, une limite dans laquelle il y a concordance entre les chiffres trouvés pour le courant constant avec ceux obtenus pour des courants alternatifs.
- Le tableau suivant, qui contient des acides organiques aussi bien qu’inorganiques, prouve que la méthode de déterminer les résistances électriques avec des courants alter natifs est applicable aux combinaisons inorganiques aussi bien qu’organiques.
- Dans la colonne i) se trouvent les résistances obtenues avec des courants alternatifs en unités Siemens; dans la colonne 2) les résistances mesurées avec un courant constant; dans la colonne 3) le rapport entre les deux.
- Voici le tableau en question :
- 1) 2) 3)
- Acide sulfurique . 28,67 IOI 4.27
- Acide phosphorique normal. 25,27 107 4.24
- Acide oxalique t),33l 3g, 6 4,24
- Acide tartrique 76,06 324 4,22
- Acide citrique io5,5 445 4,22
- Lait 166,7 7*5 4,28
- Acide formique io3,5 442 4.27
- Acide acétique 372,1 1,592 4.27
- Dr H. Miciiaelis.
- Angleterre
- UN AVERTISSEUR D’iNCENDIE A BASCULE. — La figure ci-jointe représente un appareil pour fermer le circuit d’un avertisseur électrique d’incendie au moyen de la dilatation de l’air et de l’action de la pesanteur. Il est composé d’un cylindre en verre A plein d’air et monté sur pivots grâce à un cadre métallique B de manière à pouvoir basculer dans
- un sens ou dans l’autre comme le fléau d’une balance. Un tube en verre C contenant du mercure est disposé parallèlement au cylindre dont il se trouve solidaire. L’une des extrémités D du tube en verre communique avec la chambre à air, de sorte que le mercure dans la colonne C du tube monte ou descend selon que la pression de l’air dans le cylindre A diminue ou augmente. La position du cylindre dans le cadre est variable, grâce à la vis E, en sorte que l’équilibre du système peut être réglé à volonté.
- Quand un commencement d’incendie fait augmenter la température autour de l’appareil, l’air dans le cylindre se dilate et fait descendre la colonne de mercure C, l’équilibre de la balance est rompu et un côté du système descend jusqu’à toucher les deux ressorts de contact F; le circuit électrique se trouve ainsi complété et fait fonctionner une sonnerie électrique ou un indicateur. La température à laquelle l’appareil doit fonctionner est déterminée
- d’avance, et la balance est réglée en conséquence. Les tubes descendent avec assez de force pour établir un bon contact, pourvu que les pointes de platine soient propres. L’appareil revient automatiquement à sa position normale dès que la température baisse et que la colonne de mercure remonte. L’inventeur de cet appareil est M. Prit-chelt, et les constructeurs MM. Mayfield et C% 41, Queen Victoria Street E. C., à Londres.
- LES JARDINS DE L’EXPOSITION DES INVENTIONS. —
- La décoration des arbres et arbustes dans les jardins de l’Exposition à South-Kensington, avec des lampes à incandescence de différentes couleurs présente peut-être la disposition la plus originale de l’éclairage. Ces lampes sont installées entre les feuilles des arbres et scintillent avec beaucoup d'effet quand le vent fait mouvoir les branches. Un grand marronnier, près de la terrasse, attire surtout les regards par le grand nombre de lampes rouges, vertes et blanches dont il est orné.
- On n’aurait pas pu fixer les lampes ordinaires à huile et colorées aux branches mouvantes; de plus,
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- elles demandent des soins et il faut les remplir tous les jours.
- Les lampes électriques sont également d’un très joli effet dans les arbustes. La fontaine principale se compose d’un jet central entouré par quatre autres moins grands, dont chacun est coloré par un rayon de lumière électrique pro jeté d’èn bas à travers un verre coloré, comme je l’ai dit dans ma dernière lettre. Comme on peut varier la couleur de ces verres à volonté, les combinaisons de couleurs sont fort nombreuses et toute la masse d’eau reflète la couleur, quelle qu’elle soit.
- OBTENTION D’UNE STALACTITE PAR l’ÉLECTROLYSE.
- —M. T. Brown, de Belfast, en Irlande, a dernièrement observé le phénomène curieux de la formation d’une stalactite par la vapeur libérée par l’électrolyse. Ce phénomène eut lieu pendant l’électrolyse du double chlorure d’aluminium et de sodium fondu dans un petit creuset en porcelaine muni d’une cloison poreuse. L’anode était en charbon et la cathode en feuille de platine. Une quantité considérable de vapeur fut dégagée, surtout à la tige de charbon, et finit par boucher l’ouverture du creuset avec un dépôt blanc ne laissant qu’un petit trou d’où il sortait un petit tube mince qui s’élevait à la hauteur de 1 1/2 pouce.
- Il s’allongeait en pointe depuis 1/6 pouce de diamètre à sa base jusqu’à 1/10 pouce au milieu de sa longueur, après quoi il augmentait de nouveau de diamètre. Au fur et à mesure que la quantité de vapeur dégagée diminuait, le tube se contractait jusqu’au moment où son extrémité fut presque fermée. Sa formation ressemblait à celle d’une stalactite tubulaire ordinaire créée par le dépôt de chaux d’une eau exposée à l’atmosphère.
- Dans ce cas-ci, le dépôt était cependant du chlorure d’aluminium hydraté formé parla combinaison du chlorure pur dans la vapeur avec l’humidité de l’atmosphère.
- J. Münro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch
- Sur une pile nouvelle dite auto-accumulateur, ' par M. P. Jablochkoff (').
- M’étant depuis longtemps occupé de recherche r une pile électrique simple et peu coûteuse, j’avai-
- (') Note communiquée par M. Jamin à l'Académie des Sciences, dans la séance du 11 mai i885>
- d’abord constitué une pile dont le métal combustible qui était du sodium était directement attaqué par l’oxygène de l’air. Cet appareil, qui offrait des avantages, présentait en même temps ce défaut qu’il était impossible d’arrêter son travail, à moins de le soustraire au contact de l’air.
- J’imaginai d’abord d’atténuer cet inconvénient en adjoignant à la pile un accumulateur recueillant le travail : cette combinaison obligeait à l’emploi simultané de deux appareils.
- Je suis arrivé à éliminer cette complication en formant ma pile nouvelle à trois électrodes.
- Elle comprend en effet d’abord un métal oxydable formant la première électrode, puis une lame formée soit d’un métal peu oxydable tel que le plomb, soit de charbon poreux susceptible de se polariser, cette lame formant la deuxième électrode ; enfin une autre électrode formée de lamelles ou de tubes de charbon très poreux baignant dans l’air.
- Je décrirai seulement, parmi les divers types employés, le plus récent. Il se compose d’une cuvette plate en plomb ou plombée, dans laquelle on place des morceaux du métal oxydable ; celui-ci peut-être du sodium, ou de l’amalgame de sodium, du zinc, du fer. Ce métal placé, on achève de remplir la cuvette jusqu’aux bords avec une matière spongieuse quelconque, toile d’emballage, sciure de bois, etc, etc.
- Il peut alors se présenter deux cas : si l’on a fait usage du sodium, il n’est pas nécessaire d’introduire d’eau, le sodium s’oxyde, forme de la soude caustique qui attire l’humidité ; si le métal employé est du zinc ou du fer on mouillera la masse spongieuse avec une solution renfermant soit du sel marin, soit de préférence du chlorure de calcium, lequel attire et conserve l’humidité.
- Enfin sur la masse spongieuse aplatie on place une rangée de tubes de charbon poreux.
- Pour le groupage, j’ai trouvé profitable de substituer à la cuvette en plomb une cuvette en charbon paraffiné.
- L’action qui naît dans cette pile est la suivante :
- Lorsque l’élément est formé mais reste ouvert, il s’établit des courants locaux entre le métal oxydable et l’électrode sur laquelle il est placé ; celle-ci est polarisée, et son potentiel s’élève jusqu’à ce qu’il ait atteint celui du métal ; l’action s’arrête alors et se réduit au minimum. Si l’on veut recueillir le courant extérieur utile, il suffit de relier par un conducteur l’électrode ainsi polarisée à l’autre électrode de charbon ; la décharge commence ; de leur côté les courants locaux reprennent leur action et restituent à l’électrode sa charge à mesure qu’elle la dépense.
- Les éléments de cette pile ont été relevés à plusieurs reprises et trouvés les suivants :
- La force électo-motrice dépend du métal oxydable employé.
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- Avec l'amalgame de sodium elle est de 2volts2
- Avec le zinc de................ r » 6
- Avec le fer de................. i » i
- La résistance intérieure pour un élément ayant omi de côté varie entre o,25 et o,5 ohm, suivant l’épaisseur de la couche spongieuse et son degré d'humidité.
- Les dimensions extérieures d’un élément sont de i décimètre en carré surom025 de hauteur, le poids est de 200 à 25o gr.
- Les avantages de cette pile sont les suivants :
- La simplicité de cette pile et la commodité de sa manipulation. Voici comment celle-ci s’opère. Les éléments sont rangés en pile de forme régulière. On les relie ensemble par groupes de dix ou plus qui se manient à la fois. On peut charger la pile de métaux oxydables pour plusieurs mois ; il ne reste qu’à renouveler à temps le liquide ; pour cela on prend un groupe d’éléments, on le trempe dans l’eau pure, on retire, fait écouler, puis on le trempe dans un réservoir rempli de solution de chlorure de calcium ; le corps spongieux s’imbibe; on laisse écouler l’excès et on remet en place.
- Cette opération simple ne demande à être faite que très rarement, si la pile est employée à un travail tel que sonneries, télégraphes ; si on utilise son courant pour la lumière ou la force mécanique, la manœuvre devra être opérée toutes les 24 ou toutes les 48 heures.
- Nous ferons remarquer que cette pile ne travaille pas lorsqu’on n’utilise pas son courant ; qu’elle ne donne point d’odeur ;
- Qu’elle utilise les courants locaux qui sont si nuisibles dans les piles ordinaires ;
- Enfin et surtout :
- Qu’elle donne l’énergie électrique à très bas prix. En effet, on emploie dans cette pile les métaux à l’état de déchet, limailles, rognures, etc. Si nous supposons qu’on fasse usage de fer, on sait que pour obtenir un cheval-heure électrique il faut consommer 85o gr. de métal ; car les rognures de fer valent enviro o fr. o5 le .kilo, soit donc environ o fr. 04 de ce chef ; quant au chlorure de calcium, il n’a aucune valeur.
- . On peut donc affirmer que cette pile donne une énergie de 1 cheval-heure pour une dépense de o fr. o5.
- Sur la conductibilité électrique du mercure solide et des métaux purs, aux basses températures, par MM. Gailletet et Bouty (').
- « La résistance électrique des métaux purs croît avec la température. D’après les expériences de
- t'i Note présentée à l’/Vcadémic des Sciences dans la séance du 11 mai 1885.
- M. Matthiessen (') et celles'de M. Benoît (2), le coefficient moyen d’accroissement de la résistance pour un degré de température entre o° et ioo° diffère peu d’un métal à un autre et s'écarte à peine
- de c’est-à-dire du coefficient de dilatation des gaz. Si la même loi continuait à s’appliquer aux basses températures, la résistance d’un métal, variant comme la pression d’un gaz parfait à volume constant, fournirait une mesure de la température, et s’annulerait au zéro absolu.
- « Nos expériences ont porté sur le mercure et divers autres métaux purs. Le mercure était contenu dans un tube de verre capillaire, contourné en spirale et terminé par deux tubes larges, dans lesquels plongeaient des électrodes de gros diamètre en cuivre amalgamé. Le réservoir d’un thermomètre à hydrogène (3) pénétrait à l’intérieur de la spirale ; et le tout était plongé soit dans la glace, soit dans un bain de chlorure de méthyle ou d’éthylène refroidi par un courant d’air, suivant la méthode précédemment indiquée par l’un de nous. Quand on voulait opérer sur un autre métal, du cuivre, par exemple, on remplaçait le tube en spirale par une bobine creuse de fil métallique, enroulée sur un support d’ébonite dans lequel on avait pratiqué de larges fenêtres, de manière à bien assurer le mélange de couches liquides et l’uniformité de température du bain et de la résistance métallique à mesurer.
- « Nous n’avons opéré que des mesures relatives. La résistance étudiée était comparée à une résistance invariable formée par une colonne de mercure o°, à l’aide du pont de Wheatstone et d’un galvanomètre à réflexion très sensible. Voici les résultats que nous avons obtenus :
- « i° Mercure. — La formule empirique donnée par MM. Mascart, de Nerville et Benoît, pour la résistance apparente du mercure dans le verre, au-dessus de o°, est applicable jusqu’à la température de congélation. En se solidifiant, le mercure devient subitement plus conducteur dans un rapport qui, à — 40°, se trouve égal à 4,08. La résistance du mercure solide décroît ensuite régulièrement à mesure que la température s’abaisse : elle est fidèlement représentée entre — 40° et —92°,i3 par la formule.
- I + OLt
- dans laquelle t représente la température centigrade, avec
- a = 0,00407.
- O Matthiessen und v. Bose, Pogg. Ann., CXV, p. 358 1862.
- (3) Benoit, Complcs rendus, t. LXXVI, p. 842, 1878.
- (3) Thermomètre à hydrogène à volume constant, dans lequel la pression du gaz à o° était de 5oq""n. 3.
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- « Ce coefficient de variation a, près de cinq fois plus fort que celui qui convient au mercure liquide, se rapproche beaucoup de celui des autres métaux purs considérés à l’état solide,
- « 2° Argent, aluminium, magnésium, étain. — Pour ces divers métaux, la résistance est représentée par la formule
- ri — ra (< + at)
- et les valeurs de a, déduites de nombreuses expériences opérées à diverses températures, sont les suivantes :
- • Métaux
- Argent (1).....
- Aluminium . . .'.
- Magnésium. . . .
- Etaiu..........
- « Ces valeurs de a, très voisines de celles qui conviennent aux mêmes corps au voisinage de o°, d’après les expériences de M. Matthiessen, sont presque identiques pour les trois premiers métaux ; la valeur de « correspondant au mercure solide se place entre la valeur commune au magnésium, à l’aluminium et à l’argent, et celle qui convient à l’étain.
- « 3° Cuivre. — Les expériences les plus complètes sont celles que nous avons réalisées sur le cuivre. Elles ont fourni les valeurs suivantes de a, déduites d’une trentaine de mesures que l’on a réparties en trois groupes.
- a
- ( 0,00418
- Cuivre.........J 0,00426
- > 0,00424
- « Ces valeurs de a sont un peu plus fortes que celles qui se déduisent, au voisinage de o°, des formules de M. Matthiessen et de M. Benoît (2 3) ; la variation de la résistance est d’ailleurs d’une régularité presque absolue et qui dispenserait au besoin de recourir au thermomètre à hydrogène pour la mesure des températures comprises entre — 20° et — 123°. A cette dernière température on ne constate pas encore de variation appréciable de «, ce qui semblerait indiquer que la concordance, au moins approchée, du thermomètre à hydrogène et du thermomètre à spirale de cuivre se poursuit encore beaucoup plus loin.
- « 40 Fer, platine (2). — Ces deux métaux s’écartent beaucoup des autres par la variation de leur
- Limites de température
- O0 à — 58° 22
- — 68,65 à — ioi,3o
- — ii3,o8 à —122,82
- a Limites de température
- o,oo385 2C)U97 à — ioi°75
- o,oo388 -j- 27,7 à — 90,57
- 0,00890 où — 88,3i
- 0,00424 o à — 85,08
- (>) Métal pur obligeamment prêté parM. Debray.
- (2) a = 0,00367 (Matthiessen); o,003637 (Benoît).
- (3) Métal pur que M. Debray a bien voulu nous fournir.
- résistance au-dessus de zéro ; ils s’en écartent dans le même sens aux basses températures. La formule
- (2) rt = ;-n v 1 -)-a/)
- convient encore au fer de o° à—920 avec a = 0,0049, mais elle ne s’applique pas au platine; la valeur de a déduite de la formule (2) qui, au voisinage de o°, serait environ o,oo3o, s’accroît en effet à mesure que la température s’abaisse et devient 0,00342 pour une limite inférieure égale à — 94°57; ainsi, le platine se rapproche des autres métaux purs à mesure que la température s’abaisse.
- « En résumé, nos expériences prouvent que la résistance électrique de la plupart des métaux purs décroît régulièrement quand la température s’abaisse de o° à— 123°, et que le coefficient de variation est sensiblement le même pour tous. Il paraît probable que cette résistance deviendrait extrêmement petite et, par conséquent, la conductibilité très grande aux températures inférieures à — 200°, sans que nos premières expériences permettent de se faire une idée nette de ce qui se passerait dans de telles conditions.
- « Nous continuons ces recherches en employant les froids excessifs que nous obtenons au moyen de l’évaporation rapide des gaz liquéfiés ('), »
- Sur la polarisation des tubes capillaires métalliques par l’écoulement des liquides sous hautes pressions, par M. Kroucbkoll (2).
- « Quand on chasse un liquide conducteur à travers un tube métallique capillaire sous une pression inférieure à i5atm-, le tube et le liquide qui s’écoule étant mis en communication avec les mer-cures d’un électromètre capillaire, on ne constate aucune polarisation du tube. Mais si l’on élève la pression, le tube commence à se polariser et cette polarisation croît avec la pression.
- « Voici comment j’ai disposé l’expérience : le tube de verre de l’appareil de M. Cailletet (dans lequel on liquéfie les gaz) est terminé par un tube métallique de omoi de longueur et de omm,5 de diamètre intérieur. Le tube de verre est rempli d’un liquide conducteur (une dissolution très faible de sulfate de potasse) que l’on chasse à travers le tube capillaire en le comprimant avec la pompe de l’appareil ; l’extrémité du tube métallique, par laquelle le liquide s’échappe, est aplatie et son ouverture rétrécie afin d’augmenter le frottement
- (‘) Ce travail a été exécuté au laboratoire de recherches physiques de la Sorbonne Nous avons été assistés avec beaucoup de zèle par M. Voiscnat, élève-ingénieur des télégraphes.
- (2) Note communiquée par M. Jamin, à l’Académie des sciences, dans la séance du 11 mai i885.
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- 385
- pendant l’écoulement. Ce tube est en communication avec l’un des mercures de l’électromètre. Le liquide ne commence à couler que sous une pression de 4atm- à 5atm', il vient se ramasser dans un petit flacon fixé à l’extrémité du tube métallique et c’est dans le liquide contenu dans le flacon que plonge une lame métallique en communication avec l’autre mercure de l’électromètre capillaire.
- « Quand la pression dépasse i5at,n-, la polarisation du tube métallique commence à devenir sensible à l’électromètre : un tube de platine ou de cuivre devient négatif (l’autre électrode étant une lame de platine, quand le tube est en platine, une lame de cuivre quand le tube est du même métal), le courant électrique tend à aller du tube à la lame à travers le liquide en suivant la direction du cou rant liquide.
- « On a soin, avant de commencer l’expérience, de supprimer, à l’aide d’une force électromotrice extérieure, toute différence électrique entre le tube et la lame métallique servant de seconde électrode.
- « Dans mes expériences avec le platine, la pression variait de oatm- à 20oatm-, et la force électromotrice variait de ovolt à ovolt ,06. Avec le cuivre, la pression variait de oatm- à 25oatm- et la force électromotrice de 8volt à ovolt,o63.
- « La force électromotrice qui se produit dans ces conditions entre le tube et la lame est analogue à la force électromotrice de polarisation : elle ne se produit pas lorsqu’on chasse à travers le tube une dissolution d’un sel du métal qui forme ce tube. Ainsi, une dissolution de sulfate de cuivre ne pto-duit aucun effet sur le tube de cuivre, quelle que soit la pression sous laquelle le liquide s’écoule. De même avec une dissolution de sulfate de zinc à travers un tube de zinc.
- « Dès qu’on supprime la pression, la force électromotrice disparaît et l’électromètre revient au point de départ. Toutefois, si l’on répète les séries d’expériences un certain nombre de fois successivement avec le même tube, celui-ci garde des traces de polarisation à partir de la deuxième ou troisième série et l’électromètre ne revient pas tout à fait au zéro. » (')
- Sur une méthode destinée à maintenir constante la différence de potentiel aux bornes d’une machine.
- Nous trouvons dans le Génie civil du 2 mai 1880, sous le titre alléchant d’ « Etude d’un nouveau mode de régulation », par M. P. Juppont, les considérations suivantes :
- * Soit une machine Gramme à courant continu, « ou toute autre similaire, à inducteurs électroma-
- (') Travail fait au laboratoire de M.Jamin.
- « gnétiques et double enroulement, formé de la « façon suivante (fig. 1):
- « i° Une partie en série dynamo, commençant à « l’extrémité s du circuit utile, pour finir au balai « de plus faible potentiel (balai de retour) ;
- « 2° Un deuxième enroulement encore en série « dynamo, partant du même point e, mais relié à « une paire de balais E, symétriquement placés de « chaque côté de la résultante magnétique EE2.
- « En fait, ce système équivaut à ajouter une série « dynamo à collecteur, une deuxième machine « ayant même bobine, même inducteur et même « mode d’enroulement, mais dont la bobine ma-
- < u-i-uil 11rs inilui:l<'U)--\-
- no. t
- « gnétique aboutit à une deuxième paire de bail lais.
- « Appelons :
- E, le potentiel du balai de départ du courant ; e le potentiel à l’extrémité du circuit utile;
- E le potentiel du balai de retour;
- E, le potentiel du balai de deuxième enroulement ;
- R la résistance du circuit extérieur, lampes à incandescence ou lampes à,arc;
- I l’intensité de courant qui le traverse; r et i les mêmes quantités pour le deuxième enroulement dont le nombre de spires est n' ;
- p et a les mêmes valeurs pour le premier enroulement qui possède n spires e.
- ® En joignant les points de contact des balais E, « au centre de figure du collecteur, les rayons for-« ment avec le diamètre EE2 l’angle 0.
- « Nous allons chercher de quelle façon sont liées « les quantités précédentes, sans tenir compte des « phénomènes secondaires qui se produisent au « moment des variations de vitesse ou de résis-« tance du circuit extérieur. »
- Le schéma de la figure 2 permet de suivre la marche complète des courants.
- Les deux branches E, E,, E2, représentent les Jeux moitiés de l’anneau Gramme. On voit immé-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- diatement que chaque portion E, E,, sera parcourue par un courant “, et chaque portion E,, E^, par un courant^.
- On a d’ailleurs la relation:
- ou bien
- i = « +
- OC — I -f- /
- suivant que e est plus grand ou plus petit que E,.
- Toutes les parties de l’anneau ne seront donc pas parcourues par le même courant, sauf dans le cas où l — o; mais il faut évidemment éliminer cette hypothèse, puisqu’elle correspond au cas où l’enroulement supplémentaire imaginé par l’auteur ne fonctionnerait pas.
- Ceci posé, examinons les équations posées par M. Juppont.
- F!G. 2
- Nous avons d’abord:
- (!) s = E, +rl
- (2, e = e3 — n I
- (3) £ = E +pa
- L’auteur admet donc implicitement que E>E,
- mais il ne paraît pas tenir compte de l'équation I = a + i
- Par contre, il nous dit que : t II existe une autre relation entre les données «. du problème, c’est la valeur de la force électro « motrice en fonction de la vitesse de rotation et « de l’intensité du champ magnétique. Cette loi ne « peut pas encore s’exprimer algébriquement, aussi « admettons-nous dans ce qui suit la loi de la pro-« po'rtionnalité de la force électromotrice et de la » vitesse de rotation; ce fait est loin d’être exact, m mais quelle que soit la fonction mathématique « qui lie les quantités considérées, il sera possible « de l’introduire dans le système d’équations à ré-< soudre et de voir comment le résultat final est - modifié.
- « On peut écrire approximativement:
- E2 — E — R v LT— +«'
- « Cette équation indique que la force électromo-<r trice totale est proportionnelle à un coefficient « numérique dépendant de la nature des noyaux « magnétiques, de la vitesse de rotation v, du nom-« bre de tours n et ri de chaque bobine magnéti-« santé et de l’intensité i ou a du courant qui y cir-< cule.
- « Le signe du dernier facteur entre parenthèses « peut être positif ou négatif, suivant que le cou-« rant agit pour augmenter ou diminuer le magné-» tisme, c’est-à-dire que le sens d’enroulement des « spires n est, ou de même sens ou différent de « celui de ri. »
- Nous ferons observer à M. Juppont queE2 — E est, non pas la force électromotrice totale, mais
- FIÜ. 3
- bien la différence de potentiel aux balais. La force électromotrice totale serait :
- E:, — E = E2 — E 4- / oc + (B — l') I
- B étant la résistance totale de l’anneau et b la résistance de la portion d’anneau comprise entre E, et E (fig. 2).
- Il est d’ailleurs rigoureusement exact d’écrire que la force électromotrice est proportionnelle à la vitesse angulaire et au champ magnétique, mais ce qui. n’est pas exact du tout, c’est d’admettre que le champ magnétique soit proportionnel au produit de l’intensité du courant dans les inducteurs par le nombre de spires.
- L’auteur poursuit de la sorte :
- « Comme on n’a affaire qu’à des différences de « potentiel, on peut supposer, pour simplifier les ® calculs, que E = o; on aura :
- E i-Ki- [~ ± ~r ( E1 — î) J
- « D’autre part, Sylvanus Thompson a trouvé « expérimentalement que dans un dynamo à col-« lecteur, fonctionnant dans de bonnes conditions, « le potentiel réparti autour de l’anneau, va en « augmentant de E en E2, suivant une loi très exac-« tentent sinusoïdale (fig. 3).
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- « Si l’on part de E, c’est-à-dire 0 =o, le poten-« tiel est nul; il augmente constamment avec 0 et « devient maximum pour 0 = i8p°, où il prend la « valeur E2. Entre ces deux points extrêmes on « peut admettre la relation
- T- „ . o
- E, -= E2 sin - . »
- Par des éliminations successives, on arrive à l’expression
- r^Kv” —+ sin ^
- .. n . i) i — K v - sin -P 2
- « Or Ea — e est la différence de potentiel que « l’on doit maintenir constante ; elle est exprimée « en fonction des variables r et i pour une valeur « donnée de a, 0, n et et une vitesse connue.
- FIG. 4
- « L’équation se réduit alors à la forme simple :
- « ou
- « qui représente une hyperbole équilatère (fig. 4), « dont les asymptotes sont: l’axe des y et une pa-
- « rallèle à l’axe des x, à une distance »
- En admettant tous les prolégomènes de l’auteur, on arriverait à cette conclusion, que pour que la différence de potentiel aux bornes fût constante, il faudrait que i fût lui-même constant.
- 11 s’en suit que l’enroulement supplémentaire jouerait ici exactement le même rôle que l’enroulement en dérivation dans la méthode bien connue sous le nom de double enroulement.
- Telle n’est toutefois pas la solution de l’auteur.
- « 11 existe donc, dit-il, pour x, c’est-à-dire pour « r, résistance de l’une des bobines magnétisantes, * une valeur E F telle que si y, c’est-à-dire i, varie « d’une grandeur donnée EO à -j-co, l’équation « sera sensiblement satisfaite pour la valeur choi-
- « sie de C, ce qui revient à dire que la différence « de potentiel restera constante.
- « Evidemment ce n’est pas là une solution ma-« thématique du problème.... »
- Nous croyons même que ce n’est pas une solution du tout.
- Sur la décharge des accumulateurs.
- Un étudiant de Breslau, M. C. Michalke, publie, dans 1 ' Elektrolechnische Zeitschrift, d’avril, quelques recherches sur la décharge des accumulateurs. Les résultats obtenus 11e présentent pas un gfand intérêt, mais la disposition générale de l’expérience se recommande par la simplicité des moyens mis en œuvre et par la rapidité avec laquelle les observations peuvent être effectuées.
- On place l’accumulateur E dans l’une des bran-
- ches d’un pont de Wheastone monté pour l’application de la méthode de Mance à la mesure de la résistance intérieure d’une pile.
- Les quatre sommets du quadrilatère sont représentés par les points K, D,A. F, La diagonale K A contient une clef Morse, tandis que la diagonale DCF renferme un galvanomètre apériodique, que l’on peut introduire au moment de chaque lecture dans le circuit au moyen du commutateur C. En r se trouve une résistance fixe prise arbitrairement. Elle était de 0,2 Unité Siemens dans les expériences que nous rapportons. DF est un fil de maillechort dont le diamètre est de imm, la longueur de 2m et la résistance r, de 0,64.3 U. S. Ce fil est tendu le long d’une règle divisée et porte un curseur K qui constitue l’extrémité de la diagonale KA. Les conduites a, b, d ont des résistances négligeables dont il serait d’ailleurs facile de tenir compte, si le besoin s’en faisait sentir. La diagonale K A renferme une résistance de 2 U. S., afin que la fermeture de la clef Morse ne provoque pas une décharge trop rapide de l’accumulateur. Une boîte de résistances variables à la main R, permet de maintenir constamment les déflexions galvano-métriques dans des limites commodes.
- La résistance adoptée à cet effet au début de la
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- décharge était généralement de 3 ooo U. S. L'élément E peut se placer à volonté sur le circuit de la pile ou sur le circuit de décharge abcd. Un commutateur spécial permet de passer de l’un à l’autre.
- ‘ Ceci posé, pour faire une observation pendant la décharge, on mesure à l’aide du galvanomètre le courant i, qui circule dans la branche FGD, puis on abaisse la clef M d’une main, et de l’autre on fait mouvoir à l’aide de cordons le curseur K jusqu’à ce que le jeu de la clef n’influence plus le galvanomètre. On lit alors sur l’échelle graduée la longueur
- F1C = |î
- On connaît à l’avance la longueur totale DF=a
- Toute l’opération ne demande pas plus de io à i5 secondes. Soit r0 la résistance inconnue de l’accumulateur, on aura
- ro _ « — P v a
- d’où
- . \ a
- (0 »o = 7jr — r
- Soit i0 l’intensité du courant dans DF, on a évidemment
- i i R = /0»'i
- et comme l’intensité totale fournie par l’accumu lateur est telle que :
- il s’en suit que
- I — | + ?'q
- R étant très grand par rapport à rt, l’auteur admet que :
- On calculera facilement la force électromotrice de l’acccumulateur'en remarquant que :
- E = I (r + r,i) + i’|R
- d’où
- 3, E = ''RKB + ']
- On déterminera de la sorte, à des intervalles aussi rapprochés qu’on voudra, l’état de l’accumulateur en expérience.
- L’auteur ajoute que l’on peut évaluer le rendement par la même méthode. Nous ne saurions nous ranger à son avis, car, ce qu’il importe de connaître, c’est l’intensité du courant de charge, ainsi que la différence de potentiel aux bornes
- pendant la charge, ou bien la résistance intérieure. Sa méthode permet de déterminer la résistance intérieure de l’appareil, mais elle ne donne aucune des deux autres grandeurs.
- Nous terminerons en engageant M. Michalke à lever l’ostracisme dont il a frappé Y ohm en faveur de Yunité Siemens,
- Nous nous expliquons d’autant moins la répulsion qu’il manifeste pour l’une des unités du congrès de 1881, qu’il n’hésile pas à employer le volt et l’ampère. L’introduction de l’unité Siemens dans ces conditions complique inutilement les calculs.
- Il est d’ailleurs temps d’en finir avec les unités multiples d’autrefois, pour n’employer que celles universellement admises, quelle qu’en puisse être la valeur intrinsèque.
- BIBLIOGRAPHIE
- elektroteciinisciie BiBLioTiiEK, Bibliothèqueélectrotechnique.
- Hartleben, Vienne i885.
- DAS GLÜHLICI1T, SEIN WESEN UND SEINE ERFORDERNISSE ,
- (l’Eclairage par incandescence), par Etienne de Fodor.
- Le nouveau volume de la collection Hartleben, que nous avons sous les yeux, est un guide pratique à l’usage des débutants dans l’art de monter une installation de lampes à incandescence, et plus particulièrement une installation Edison.
- Le mérite de ce petit ouvrage est qu’il est vécu. M. de Fodor a assisté aux premières installations faites par Edison en Europe, il en a fait lui-même ; il a subi les inconvénients des anciennes méthodes, il a suivi le développement des nouvelles, et il vient aujourd’hui nous apporter les fruits d’une expérience de quatre années.
- Son.livre est appelé à rendre de réels services aux apprentis monteurs, en leur indiquant la marche à suivre dans la plupart des cas, en leur signalant bien des écueils et en suppléant, autant qu’un livre le peut faire, à leur manque d’expérience.
- Nous avons pourtant constaté avec regret l’insuffisance du chapitre sur le calcul des fils d’un réseau. L’auteur pose simplement une formule empirique en fonction du nombre de lampes à alimenter et de la distance. Il donne ensuite un exemple dont il déduit un tableau contenant dans la première colonne la section théorique (celle qui est calculée par la formule empirique) ; dans la seconde, sous la rubrique sécurité double, la 'section double de la section théorique; dans la troisième colonne, sous la rubrique sécurité triple, le triple de la section théorique ; et ainsi de suite jusqu’à la cinquième colonne, intitulée sécurité quintuple, et qui indique le produit de la section théorique par
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- cinq. Un avis vous avertit d’ailleurs qu’une sécurité inférieure à la sécurité quintuple n’en est pas une. Mais alors il eût été plus simple d’introduire directement le cofticient| ou 0.2 dans la formule primitive et de se passer du tableau. Cela paraît d’autant plus logique que l’auteur nous dit que sa formule empirique correspond à une perte d’energie dans les conducteurs comprise entre 10 0/0 et i5 0/0, et que dans ces conditions les fils courent continuellement le risque de s’échauffer d’une manière dangereuse. Ajoutons que cette crainte nous paraît exagérée.
- Dans son introduction, M. de Fodor rompt quelques lances contre les théoriciens, ce qui ne l’empêche pas de parsemer son ouvrage'de théories qui lui sont personnelles et dont quelques-unes nous ont même paru étranges.
- Nous citerons en première ligne celle de la page 96, suivant laquelle un électricien de profession supporte une tension de 200 volts sans s’en apercevoir, tandis que le commun des mortels, un astronome par exemple ou un musicien, placé dans les mêmes conditions éprouve des effets désastreux dont il ressentira les suites pendant des semaines entières.
- Dans le paragraphe intitulé Electro-aimants, p. 99, l’auteur indique quelques exemples de dérivations à la terre et en donne une explication au moins singulière, en décrivant la lutte pour l’existence de courants antagonistes (une véritable Thé-baïde), et en faisant intervenir des effets de condensation qui sont tout étonnés de se trouver là.
- Voici maintenant une théorie des courants telluriques qui nous fait assister à une sorte de chasse à courre.
- Je cite textuellement : « La terre, au sein de laquelle le câble doit reposer, en est le plus cruel ennemi et cherche à le détruire par tous les moyens. Le fluide mystérieux qui sillonne la terre, et qu’on nomme ordinairement 1’ « électricité », poursuit ces câbles avec avidité et cherche à compenser les courants qui y circulent » (p. 70).
- Dans le chapitre consacré aux lampes, nous nous étonnons de ne pas voir cité une seule fois le nom de Swan; mais, par contre, nous y trouvons des théories qui, dans l’état actuel de la science, nous paraissent quelque peu osées. Exemple : <• Le courant électrique tend toujours à réduire en leurs éléments les corps qui ne sont pas des corps simples; quant aux corps simples, le courant tend à mettre leurs atomes en liberté » (p. i3o). Suit une explication du rôle de la chaleur dans les phénomènes électriques et des effets du courant dans les lampes à incandescence, qui est au moins sujette à caution.
- Enfin l’auteur expose une théorie sur la cause de la rupture des lampes, et conseille l’emploi des
- machines à courants alternatifs, qui augmenterait la durée des lampes. Cet avantage (qui nous paraît en contradiction directe avec les résultats de l’expérience) serait, ajoute-t-il, compensé par l’inconvénient que, pour un même nombre de lampes, les machines à courants alternatifs absorberaient presque le double de l’énergie absorbée par les dynamos à courant continu. Pourquoi? Mystère.
- Ces critiques théoriques faîtes, nous répéterons avant déterminer que le livre de M. de Fodor a une réelle valeur pratique.
- annuaire de l’électricité (anuée i885), par A. Révérend.
- En vente à Paris, 28, rue Chaptal.
- Nous signalons avec plaisir à nos lecteurs la publication de la troisième année de l’annuaire de M. A. Révérend. L’édition nouvelle de cet excellent recueil présente de nombreuses additions qui augmentent encore notablement la valeur de l’ouvrage. Nous citerons principalement toute la première partie, celle des notes et formules pratiques. On y trouvera tous les renseignements économiques dont on peut avoir besoin dans la pratique jour nalière.
- L’annuaire renferme l’historique de toutes les sociétés électriques, françaises et étrangères, avec l’indication du capital nominal et du capital appelé, ainsi que les noms des administrateurs ; plus loin, la liste des principaux brevets électriques pris du 3o septembre i883au ier août 1884; ensuite la liste des membres de la Société Internationale des Electriciens ; enfin, un véritable Bottin donnant les adresses de tous les ingénieurs ou industriels se rattachant de près ou de loin à l’électricité.
- A la suite de l’Annuaire français les éditeurs ont placé l’annuaire de M. Ch. Mourlon, pour la Belgique.
- aperçu pratique suit l’éclairage électrique, renseignements commerciaux, explication des principaux termes; par Maurice Simon. — Paris, imprimerie et librairie centrale des Chemins de fer.
- Franchement, il est bon à mettre au cabinet.
- Quand on songe que « la plupart des chapitres de cette étude ont paru dans les colonnes de Yln-génieur, on se demande avec effroi quelles peuvent être les conceptions électriques de ceux des lecteurs de cette estimable publication technique qui y puisent leurs connaissances en électricité.
- Ils doivent se représenter l’électricité comme « la propriété qu’ont certains corps d’en attirer ou d’en repousser d’autres et de produire des étincelles » (p. 5). Ils croient, les malheureux, « que si certains corps ont un pouvoir d’attraction, d’autres, au contraire, en ont un de répulsion » (p. 6). Nous laisseions de côté les notions sur lesunités
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- de quantité et d’intensité qu’ils auront acquises (p. io), ainsi que celle du coulomb-volt, défini page i3, comme 1’ « énergie d’un coulomb qui tombe de la hauteur électrique d’un volt ». On n’est pas plus imagé. Nous ne nous arrêterons pas davantage à la théorie suivant laquelle le couplage des piles en quantité a pour effet « d’augmenter les propriétés calorifiques du courant » (p 19), ni à celle qui enseigne que l’intensité du courant produit par 20 éléments en quantité est nécessairement 20 fois le courant produit par un seul élément (p. 20).
- Possédant ces premières notions indispensables, nous pouvons aborder sans crainte l’étude des machines électriques.
- Posons d’abord quelques définitions :
- » La cause produisant un courant, c’est-à-dire l’action du courant primaire ou de l’aimant mobile, est appelée l’inducteur. »
- a L’effet, c’est-à-dire le courant produit par l’action d’un circuit électrisé ou d’un aimant, est appelé l’induit » (p. 35).
- Avec cela nous sommes ferrés à glace, et nous n’apprenons qu’avec une stupeur relative que « lorsqu’un fil est traversé par un courant électrique, ce n’est pas son intérieur, mais bien son extérieur ou plutôt son voisinage qui est doué d’électricité » (p. 35).
- Cette page 35 abonde d’ailleurs en renseignements précieux.
- Une loi, dont la connaissance nous est assurément indispensable, est celle de Lenz. Pour les disciples de M. Maurice Simon, « cette loi est du reste bien compréhensible et rappelle le phénomène offert par deux roues en contact, dont l’une tournant dans une direction donne à l’autre un mouvement qui la fait tourner dans une direction contraire » (p. 35) ! ! !
- Cette terrible loi de Lenz a dû causer bien des insomnies à l’auteur, car il y revient à la page 36.
- « Les pôles dissemblables s’attirent, tandis que les pôles semblables se repoussent, phénomène qui nous explique la loi de Lenz ».
- Le lecteur intelligent possède maintenant deux explications de la loi de Lenz.
- Devine si tu peux, et choisis/si tu l’oses.
- Nous recommandons vivement à l’attention des constructeurs de dynamos les considérations théoriques de la page 38, qui démontrent jusqu’à l’évidence qu’une machine s'excitant elle-même ne peut fonctionner qu’à condition que le fer des inducteurs « soit arrivé à sa limite maxima de saturation ». Ces industriels apprendront également (p. 39), que « par une action et une réaction mutuelle, l’écoulement du courant n’est mesuré que par la vitesse d’évolution de l’armature et la grosseur des fils », et page 41, qu’une machine à haute tension « possède une très grande force de projection ». On
- serait tenté de s’étonner, en lisant ces lignes, pourquoi l’artillerie n’a pas encore fait usage de cette propriété balistique des machines de haute tension.
- Rappelons, en passant, qu’ « en i85i, le Dr W. Siemens avait trouvé une nouvelle armature pour remédier à la perte sensible que la friction, l’agitation de l’air, amenaient dans les machines électriques » (p. 42), et que « dans la machine Gramme, bien que toutes les parties du fil changent constamment leurs relations par rapport à l’action du champ magnétique, cependant le fil lui-même ne change pas de place dans le champ » (p. 46).
- Arrivé à de pareilles hauteurs on est pris de vertige.
- Revenons à des questions plus simples. Pour bien suivre les raisonnements de l’auteur, il faut considérer une machine électrique comme débitant d’une manière absolument distincte, d’une part la tension, d’autre part la quantité. On comprend alors aisément que, sous « le rapport de la quantité, le rendement des machines est encore assez limité » (p. 26).
- Il faudrait citer l’ouvrage presque en entier si on voulait montrer tous les aperçus réellement nouveaux qui y fourmillent. Donnons encore cette ingénieuse explication de l’extra-courant : « Sous aucun prétexte il ne faut changer le circuit du courant pendant la marche ; en effet, si on détachait subitement les fils conducteurs, on risquerait d’endommager l’isolement des fils de l’armature, et en le faisant, de se faire soi-même conducteur, ce qui pourrait procurer une sérieuse secousse » (p. 107).
- Le curieux ouvrage que nous venons d’analyser se termine par une explication des principaux termes techniques qui s’y trouvent employés. Il faut croire que cette table ne s’adresse pas à la catégorie la plus instruite des lecteurs, sans quoi on s’étonnerait d’y trouver des explications telles que :
- Centi. — Sous-multiple de l’unité, ou Zinc.. — Corps simple.
- Dans ces conditions, il est permis de mettre en doute que toutes les explications données soient suffisamment précises.
- Citons quelques exemples pour fixer les idées :
- Bobine d'induction. — Appareil dans lequel le déplacement du champ magnétique et de l’induit se produit sans mouvement mécanique.
- Rhéostat. — Résistances artificielles pour mesurer des résistances inconnues.
- Décharge. — L’effet momentané.
- Et qui diantre vous pousse à vous faire imprimer?
- Croyez-moi. Résistez à vos tentations
- Dérobez au public ces occupations.
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- CORRESPONDANCE
- Moscou, le 29 avril i885.
- Monsieur le directeur,
- Dans l'intéressant article de M. de Locht-Labye sur « la transmission téléphonique de la parole par des courants électriques discontinus » (La Lumière Electrique, i885, n° n), il se trouve des points assez difficiles à comprendre et qui, vu l'importance du sujet, par cela même nécessitent d'être mentionnés.
- Avant tout le lecteur se voit obligé à l'étude détaillée du côté mécanique du phénomène (pages S08-509); aussi semble-t-il indiscutable que le diaphragme téléphonique, étant doué d'élasticité, d'inertie, etc., autres que celles de l'air constituant l'onde sonore, le mouvement ondulatoire du diaphragme, occasionné par celui de l'air, ne peut être un strict fac-similé de ce dernier; les phases peuvent différer plus ou moins; c'est tout au plus si le nombre des impulsions se correspond de part et d'autre et si les intensités sont proportionnelles.
- Mais les autres assertions de M. de Locht-Labye ne paraissent pas aussi claires, et ne serait-il pas assez bon pour les éclaircir un peu. L'auteur part de l'assertiou de M. Bell (tirée de son brevet anglais), à savoir que « cet ac-« croissement et cette décroissance (du courant produit par « la vibration du diaphragme) ne se produisent pas avec la « soudaineté caractéristique d'un courant d'impulsion, mais « sont proportionnels à l'accroissement et à la décroissance » de la densité de l'air, pendant la vibration sonore, » (P. 5o3). D’après M. Bell, l'emploi des courants continus ondulatoires pour « la transmission simultanée, par un même « fil, de sons de différentes forces et de différentes natures, « ne peut, dans le cas qui nous occupe actuellement, altérer « le caractère des vibrations qui les ont provoqués, comme « cela a lieu avec les courants intermittents ou avec les cou-« rants d’impulsion; elle ne fait que changer la forme des « ondulations » (p. 5o3). Comme preuve de l'impossibilité de cette transmission à l'aide des courants intermittents, M. Bell donne un exemple graphique portant sur la combinaison de deux sons formant une tierce majeure (p. 504, lignes 1, 2, 3), d’où il résulte qu'un seul et même courant discontinu ne peut, en effet, transmettre plusieurs sons simultanés.
- C'est là la partie théorique de M. Bell que M. Locht-Labye combat, et il finit par dire : « Ces faits, et il serait facile de « multiplier les exemples, enlèvent toute valeur scientifique « à l'assertion de M. Bell » (p. 507). Mais, ce qui est peut-être clair pour l'auteur ne l'est pas autant pour le lecteur, à moins que M. de Locht-Labye ne veuille bien s’expliquer davantage. Voyons donc quels sont les « faits » qui annulent si terriblement la théorie du savant de Boston.
- D'abord c'est le télégraphe harmonique de E. Gray (p. 5o5-5o6), dans lequel plusieurs sons simultanés sont transmis, chaque son étant produit à part par un courant intermittent.
- Or, puisque M. Bell a parlé plus haut d'un seul et même courant intermittent pour les différents sons constituants, différence d'ailleurs remarquée par l'auteur lui-même (p. 504 et 5o5), et que le télégraphe Gray au contraire emploie autant de courants que de sons, il est difficile de comprendre le passage suivant ; « M. Bell affirme que des courants in- termittents sont inaptes à la transmission simultanée par « une seule ligne électrique de plusieurs sons musicaux. Le " télégraphe harmonique de M. Gray est la contradiction * expérimentale çomplète (!) de cette affirmation » (p. o5). 11 n’est pas bien facile de se rendre compte comment un fait réfute une théorie qui traite d'autre chose que de ce fait même ; dans notre cas, c'est la différence de l'emploi de plusieurs courants ou d'un seul. Il y a sans doute là quelque
- malentendu auquel M. de Locht-Labye seul pourra mettre fin.
- Le même malentendu persiste dans le diagramme « ligne 5, page 5o5 », et même dans la « ligne 11 », où les deux courants latéraux sont évidemment les sommes des courants correspondants dans les « lignes 9 et 10. »
- Partout il y a superposition de deux courants distincts, et non pas un seul, comme l'entend M. Bell. Il s'ensuit (à moins que M. de Locht-Labye ne nous prouve le contraire) que l'impossibilité de transmettre plusieurs sons simultanés par un seul et même courant (de, force constante et non ondulatoire), impossibilité affirmée par M. Bell, reste intacte, mais qu'il est possible de les transmettre par autant de courants distincts qu'il y a de sons. La « ligne 5 » nous rend ceci clair: c'est la superposition des deux courants « ligne x » et « ligne 2 ». Mais comparons la combinaison des courants intermittents « ligne 5 » à celle des courants continus « ligne 8 ». Nous voyons que le dessin « ligne 5 » ne reproduit qu'en laid celui de la « ligne 8 », que le second se rapporte
- FIG- I
- au premier comme le cercle au polygone inscrit, ou bien comme la limite à sa variable. C’est l'ondulation « ligne 8 » qui est le but et la « ligne 5 » n'est qu’une approximation ; ou bien encore c'est la « ligne 8 » qui est l'idéal dont la « ligne 5 » ne s'approche qu'imparfaitement. Il paraît que l'approximation plaît à M. de Locht-Labye, mieux que langueur. C'est tout au plus s'il a autant de sympathie pour l'une que pour l'autre, et il insiste en détail sur ce fait « que « des courants d'une très faible durée, qui se succèdent à « intervalles précis sur la ligne, conviennent parfaitement « pour la transmission des sons articulés (p. 507). » Cette possibilité est démontrée par le diagramme « ligne 12 » (p. 507), mais comme l'auteur dit que a le graveur en a trop rapproché les éléments », nous en donnons une qui n’a pas ce défaut (fig. 1).
- C'est le diagramme de courants discontinus transmettant
- fig. 2
- des sons musicaux composés, ou bien des sons articulés. Selon l'auteur, c'est là la réfutation de la théorie de M. Bell; ce qu'il exprime en disant immédiatement après avoir donné ce diagramme : « Les applications électriques connues, les « circonstances mêmes de la transmission téléphonique, « toutes les expériences relatives aux faits d'induction sur « les lignes télégraphiques, semblent démontrer que c'est « par une succession de courants discontinus de très faibles « durées, et non par des courants ondulatoires, que la paie rôle est transmise » (p. 5o7-5o8). Voyons la chose de plus près.
- La transmission, selon la figure 1, n'est pratiquement altérée en rien, s'il passe par la même ligne un courant continu et de force constante, ce qui est représenté par la figure 2. Or, puisque les transmissions figures 1 et 2 ne diffèrent pas pratiquement l'une de l’autre et que la figure 2 ne représente en fait qu'un courant continu ondulatoire, on conçoit que la conception Locht-Labye n'est qu'un cas particulier de la conception Bell et [que toutes deux ont
- 1
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- une parenté intime. En effet, un courant discontinu signifie un courant dont la force, en certains moments, est égale à zéro, comme dans les points a, a... (fig. 1). Et qu’est-ce qu’un courant ondulatoire, si ce n’estun courant dont la force est variable et peut aussi, en certains moments, devenir égale à zéro? Y a-t-il là une différence essentielle? Non. La différence n’est pas plus grande que celle-ci : la figureS ne représente-t-elle pas un courant ondulatoire? Oui. Et pourtant la seule différence entre cette figure et la figure 2 est que, dans cette dernière, les impulsions électriques sont plus soudaines, tandis que dans la figure 3 il y a plus de continuité.
- D’après tout ce qui précède, il nous semble que la conception Bell d’un courant ondulatoire (dont la force par moments atteint la valeur zéro) contient la conception Locht-Labye d’un courant discontinu (qui par moments aussi revient à zéro). Est-ce bien réfuter la première que de soutenir la seconde, comme le fait l’auteur? En admettant même que la théorie Locht-Labye soit mise hors de doute, est-ce là une raison pour dire que la théorie Bell « n’est qu’une conception hardie, sortie de l’imagination de M. Bell (p. 504) », que « la théorie de Bell n’a plus de bases (p. S09)? » Ce que nous avons dit des diagrammes ligne 8 et ligne 5, à savoir que « la ligne 5 n’est qu’une approximation imparfaite de la ligne 8, » nous pouvons encore le dire à propos des conceptions Bell et Locht-Labye, à savoir que la conception
- VIg. ‘i
- Locht-Labye ?t9est que la conception Bell approchée, que la dernière est plus générale et plus parfaite que la première. Pour donner encore plus de poids à cette affirmation (affirmation qu’il sera peut-être facile à M. de Locht-Labye de réfuter par quelques explications ultérieures), arrêtons-nous un instant sur la transmission des consonnes. Du texte de M. Jamin (reproduit p. 5o6) il résulte que les consonnes sont produites par un mouvement de l’air qui ne comprend qu’un * très petit nombre de vibrations », ou bien que Pon a affaire à une ondulation dont « la période correspondante est trop rapide pour impressionner l’oreille. » Donc, pour la transmission des consonnes, il s’agit d’obtenir des vibrations excessivement rapides.
- Ainsi, s’il est vrai, en vertu des explications de M. de Locht-Labye, placées à l’origine de cette lettre, que le téléphone Bell ne reproduit les nuances des consonnes qu’ap-proximativement, leur reproduction dans le téléphone à marteau de M. Locht-Labye doit être encore plus imparfaite. Voilà ce qui résulte d’après moi de l’article même de M. de Locht-Labye. Mais comme M. de Locht-Labye a eu soin de dire: « Si, par extraordinaire, mes conclusions donnaient lieu à une critique ou à une objection, je serais heureux de l’entendre formuler (p. 5o3)». Nous sommes curieux d’en entendre davantage !
- Veuillez agréer, etc.
- Pierre Taptikoff-Engelmeyer.
- FAITS DIVERS
- La Chambre syndicale d’électricité vient de se reconstituer et de mettre ses statuts en harmonie avec la loi du 21 mars 1884, qui a défini les conditions d’existence des syndicats professionnels.
- Elle a pour dénomination : Syndicat professionnel des Industries électriques. Son bureau est composé comme suit :
- Président : M. Lemonnier; vice-présidents : MM. Postel-Vinay, Sciama et L. Weiller; secrétaires: MM. Vivarez et Josse; membres : MM. Barbier, Boistel, Bouilhet, Carpentier, Delahaye, Ducretet, Geoffroy, Guichard, Lepaute, H. Menier, Mora, Mors, Picou et Récopé.
- Ajoutons que la proposition a été faite et adoptée de nommer membre correspondant M. Jablochkoff, que sa nationalité empêchait d’admettre comme membre titulaire du syndicat; cette décision, que nous sommes heureux d’enregistrer, a été prise en raison des grands services rendus par M. Jablochkoff à l’industrie électrique.
- Parmi les articles des nouveaux statuts, nous signalons les points suivants, qui nous paraissent les plus importants.
- Les conditions essentielles d’admission à la Société sont : i° d’être attaché aux industries électriques par sa fabrication, son commerce, sa profession ou ses intérêts; 20 de n’avoir été frappé d’aucune condamnation judiciaire ou déshonorante; 3° de ne pas être en état de faillite ou de suspension de paiements; 40 d’être présenté par deux membres du Syndicat et admis par la Chambre syndicale à la majorité des deux tiers des membres présents.
- La Société a pour objet : i° de se livrer à l’étude et à la défense des intérêts des industries électriques; de veiller à la considération, à la prospérité et au développement de ces industries; de régulariser les rapports et de resserrer les liens de confraternité entre tous ses membres; 20 d’examiner et de présenter toutes réformes et toutes mesures économiques ou législatives dont l’expérience aurait démontré la nécessité, et de les soutenir auprès des autorités compétentes; 3° d’augmenter la sécurité de l’industrie par des renseignements mutuels sur le personnel; 40 de donner de l’usité aux règles et usages qui existent dans chaque établissement concernant les rapports entre patrons et ouvriers, et de faciliter l’entente entre les uns et les autres; 5e de fournir des arbitres et des experts pour l’examen des questions litigieuses concernant la profession.
- Le syndicat est administré par une Chambre sydicale composée de vingt membres au moins, élus par l’assemblée générale des sociétaires, au scrutin de liste et à la majorité relative des membres présents ou des votes adressés par correspondance.
- Les membres de la Chambre syndicale doivent être Français ou naturalisés Français et en pleine possession de leurs droits civils. Ile devront être ou devenir adhérents de l’Union nationale.
- La Chambre se réunit régulièrement une fois par mois, au siège social.
- La Chambre syndicale est investie des pouvoirs les plus étendus pour l’administration de la Société.
- Une assemblée générale a lieu chaque année, dans le courant de février.
- La cotisation est fixée à 12 francs par an pour les sociétaires. Elle est due intégralement pour tout membre admis dans le courant de l’année sociale, qui commence le Ier janvier.
- Tout sociétaire pourra se retirer du syndicat quand bon lui semblera, en en donnant avis par écrit au président.
- Sont exclus de droit les membres condamnés pour peines infamantes, ceux déclarés en faillite et ceux qui ont suspendu leurs payements; ils ne peuvent être admis qu’après avoir justifié de leur réhabilitation ou de la reprise régulière de leurs opérations.
- Les statuts actuels peuvent être modifiés par l’assemblée générale, sur la proposition de la Chambre syndicale, ou de trente membres du syndicat, ayant demandé à la Chambre syndicale l’inscription de leur proposition à l’ordre du jourz de l’Assemblée générale.
- M. Bouquet, membre de l’Institut, est arrivé à San ta-Cru
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- de Ténérife, chargé par le gouvernement de corriger et de fixer la position géographique de (jette ville par rapport au Sénégal et Cadix, au moyen du câble télégraphique qui relie ces différents endroits.
- Depuis l’année i835, époque à laquelle on a commencé la statistique des accidents par la foudre en France, on compte 4 609 cas de mort, ou une moyenne de 100 par an. Le nombre le plus élevé a été constaté en 1874, il atteint 178; le nombre le moins élevé correspond à l’année 1843, et n’est que de 48* Depuis 1854, on a pris soin de faire une distinction entre les sexes. On trouve ainsi qu’en 3o années 2 222 hommes et 929 femmes ont été tués par la foudre.
- Les nombreux appareils employés dans les moulins exi* gent des transmissions nombreuses par courroies : les chaînes à godets, les monte-sacs, les épierreurs, les sas-seurs, les brosses à blé, les blutoirs, les ventilateurs, etc., sont dans ce cas. Il serait à la fois plus simple et plus économique d’adapter à chacun de ces organes un moteur électrique indépendant et de fournir le courant nécessaire au moyen d’une génératrice placée dans la salle des machines à vapeur. On pourrait en même temps, comme l’avait fait la Compagnie électrique à l’Observatoire, combiner l’éclairage et la transmission de force par l’électricité.
- Au moment où l’on ne parle que de transformer l’outillage de nos moulins, on pourrait tirer un excellent parti des facilités offertes par les machines électriques. Déjà l’on paraît s’en préoccuper, car, comme nous l’avons dit dans notre dernier numéro, nous avons vu, dans l’installation de meules de la Ferté-sous-Jouarre, une brosse à blé mue par une machine électrique Edison. Il ne s’agit pas là d’expériences dont les résultats soient incertains, et nous avons donné assez d’exempies de la transmission électrique de la force dans des établissements de Paris pour qu’on puisse procéder en toute confiance à cette amélioration du matériel.
- On vient de construire une machine à coudre électrique, dit le Moniteur industriel, non pas une machine ordinaire dont la roue motrice est actionnée par l’éleciricité comme elle pourrait l’être au moyen d’un moteur à gaz, mais une véritable machine électrique dont les différents organes sont mus par des électro-aimants.
- Le porte-aiguille traverse deux bobines d’induction qui, par les fermetures et les ruptures successives clu circuit primaire, lui donnent un mouvement alternatif très rapide. De même un électro-aimant communique à la navette un mouvement de va-et-vient parfaitement réglé sur celui de l’aiguille. On conçoit aisément la précision que peut atteindre le jeu d’un semblable mécanisme.
- Nous lisons dans Le Cosmos:
- Parmi les applications de l’électricité, une des plus intéressantes est certainement celle qui consiste à faciliter la transmission aux jeux d’un orgue des mouvements des claviers, des pédales et des registres; si peu que l’on soit initié au mécanisme de ces instruments si compliqués, si volumineux et pourtant si délicats, on comprendra quel parti pourra tirer la facture moderne d’un pareil perfectionnement et les ressources innombrables qu’elle mettra désormais à la disposition des organistes.
- L’expérience vient d’en être faite avec le plus grand succès par la maison Merkhn de Paris, sur un orgue de vingt-neuf jeux, à i’aide d’un nouveau système électro-pneumatique, invention américaine de MM. Schmocle et Mois. La précision, la rapidité, la douceur des mouvements; la variété des combinaisons, la simplicité et la solidité du mécanisme; le peu coûteux entretien des appareils électriques et surtout
- la richesse des effets ; la disposition des claviers et registres à n’importe quelle distance des sommiers et des jeux de l’instrument, la facilité pour l'organiste d’obtenir, au moyen de boutons de combinaisons et sans que les mains quittent le clavier, une variété cl’eftets de sonorité qu’aucun autre système de construction d’orgues n’a pu donner jusqu’à ce jour: tels sont les principaux avantages matériels de l’ingénieux système introduit en France par MM. Merklin et (X Du reste, une nouvelle application va en être faite par la même grande maison dans la construction d’un grand orgue destiné à la belle église de Saint-Nizier, à Lyon, et dans des conditions propres à montrer combien il va désormais être facile de vaincre les difficultés qui se présentent trop souvent à l’installation des orgues dans des emplacements défectueux, trop restreints dans Jeurs dimensions ou encombrés par les services du culte.
- La représentation du cirque Renz à Vienne, comprend en ce moment une pantomime intitulée : Arlequin électricien on Arlequin à la Edison, avec un grand nombre de trucs électriques qui ont obtenu beaucoup de succès. Le costume de Colombine est parsemé de petites lampes à incandescence.
- Des expériences fort intéressantes ont été faites mardi, le 14 avril, à Schœneberg, près de Berlin, par le détachement militaire chargé du service des ballons. Après avoir fait treize ascensions pendant la journée, le ballon captif s’est élevé à 7 heures du soir, muni d’un foyer électrique à arc au lieu d’une lampe à incandescence, dont on s’est servi pour les expériences antérieures dont nous avons rendu compte à l’époque. La lampe était pourvue d’un réflecteur afin de pouvoir envoyer les rayons lumineux dans toutes les directions voulues en les concentrant sur un endroit déterminé. Une communication téléphonique avait été établie entre la nacelle du ballon et la terre. Le ballon qui, pendant la journée, s’était élevé à une hauteur de 600 mètres, est resté à 6o mètres, mais l’effet de la lumière électrique était néanmoins des plus remarquables; même de très loin les personnes qui se trouvaient dans la nacelle pouvaient observer jusqu’aux moindres détails.du terrain. Les expériences ont été continuées jusqu’à xo heures du soir.
- Une nouvelle école de télégraphie et d’électricité en gé -néral vient d’être ouverte à Greenwich par MM. A. P. Chattock et S. T. Dattou, pour l’enseiguerùent pratique de cette science. Pendant l’été, les cours seront restreints aux exercices de laboratoire, mais, à partir du mois d’octobre, ces exercices seront accompagnés d’une série de leçons pratiques. Les salles d’étude contiennent de vastes collections d’instruments comprenant les appareils les plus répandus. Cette innovation vient fort à propos, en attendant l’extension prochaine de ia télégraphie par suite de l’introduction du nouveau tarif réduit.
- Il vient de se fonder à Londres, sous le nom de FEIectric Lodge, une nouvelle loge maçonnique, destinée à former un trait-d’union entre les électriciens maçons en Angleterre. Parmi les fondateurs, se trouvent sir Charles Bright, M. W.-H. Preece, l’électricien en chef et M. E. Graves, l’ingénieur eu chef du département des télégraphes, et M. B. Bright qui présidera. La liste des membres comprend des noms bien connus en électricité, comme ceux de M. C.-E. Spagnoletti, le président de la Society of Telegraph Engi-neers, et de M. Fletcher, l’ingénieur de l’United Téléphoné C°.
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- Le tableau suivant donne les valeurs des différents éléments de pile essayés à l’Exposition de Philadelphie.
- NOMS des éléments DÉVIATION en circuit ouvert DÉVIATION en circuit fermé VOLTS en circuit ouvert VOLTS en circuit fermé RÉSISTANCE intérieure en ohms
- Daniell (étalon) 83 » 1,10 » »
- Leclanché (aggloméré) N° i... i3o 109 1,72 1,45 1, »
- Leclanché (aggloméré) N° 2... IL 112 1.77 1,48 1, »
- Birgman IOO 88 1,33 1, if> 0,68
- Charbon Diamant N° ! 04 85 1,24 1,12 0,53
- Siemcns-Halske N° 2 83 36 I, IO 0.47 6,5
- Partz (grand modèle) N° i ... 149 135 I* 97 1,70 0,5i
- Partz (grand modèle) N° 2 ... i3/l 123 !*77 1,62 0,44
- Flemming-Leclanché (portatif). 81 3i 1,07 0,42 8, »
- JKlemming-Leclanché (portatif). I I I 47 1,47 0,62 i3, 5
- Leclanché (vase poreux) N® r.. 128 80 I.&9 1,06 i, 3
- Leclanché (vase poreux) No 2.. 122 80 1,61 1,06 i,3
- Fitch (élément au chlore) N° l 98 73 1,3o 0,97 i>7
- Fitch (élément au chlore) N® 2 y5 61 I, 25 o, 80 2,8
- Depuis le Ier avril dernier, les organisateurs de l’Exposition de la Nouvelle-Orléans ont réduit le prix d’entrée le soir à i fr. 25 au lieu de 2 fr. 5o, dans l’espoir d’attirer un plus grand nombre de visiteurs. Tout en ayant réussi sous ce rapport, l’administration est cependant toujours loin de pouvoir couvrir les frais immenses qui ont été faits surtout pour l’éclairage électrique des bâtiments et jardins de l’Exposition. ___________
- Une société vient d’être formée à Chicago pour la construction d’un chemin de fer électrique aérien sur un parcours de plus de huit milles. Les voitures seront chauffées en hiver au moyen de l’électricité également. Dès qu’on aura obtenu la permission nécessaire des propriétaires et de la ville, la construction commencera tout de suite, et on espère que le nouveau chemin de fer pourra fonctionner l’hiver prochain.
- Le professeur Barrett de Chicago vient d’introduire un nouveau perfectionnement dans l’admirable système des avertisseurs d’incendie de cette ville. Chaque fois qu’un incendie éclatait la nuit il était annoncé dans toutes les stations de pompiers à la fois, et tout le personnel était sur pied souvent sans nécessité. Le professeur a remédié à cet inconvénient par l’introduction d’un commutateur dans chaque station, qui le soir laisse l’indicateur seulement en circuit, sans les sonneries et les autres appareils. En cas d’appel, le garde de nuit voit immédiatement par le numéro annoncé si les services de sa compagnie sont nécessaires, et dans l’affirmative il tourne le commutateur et les appareils fonctionnent comme auparavant, tandis que dans le cas contraire les hommes peuvent continuer leur sommeil.
- Éclairage électrique
- La bibliothèque royale à Berlin va être éclairée à la lumière électrique, et restera alors ouverte quelques heures de plus dans la soirée pour la commodité des étudiants et pour donner au public le temps de se former une opinion sur le nouvel éclairage.
- La lumière électrique va prochainement être installée à l’Ospedale Maggiore et au Palazzo Marino à Milan.
- Il est assez curieux de remarquer que la partie de l'Ex
- position des inventions à Londres, réservée aux appareils électriques, est éclairée, le soir, avec des lampes à pétrole.
- L’amirauté anglaise a dernièrement demandé aux différents constructeurs de soumissionner pour la fourniture de machines dynamo, de moteurs, lampes et accessoires pour 52 vaisseaux de la marine. Une des conditions du cahier des charges étant une livraison rapide, lundi, le 4 mai, et mardi, le 5, des ordres ont été donnés pour l’installation de la lumière électrique sur 32 navires et plusieurs bateaux torpilleurs du nouveau type.
- La Holyoke Electric Light C° a dernièrement établi une station centrale de 125 foyers à arc du système Schuyler, dont 5o servent à l’éclairage des rues de la ville de Holyoke. Le reste est distribué dans différents établissements.
- Un nouveau cercle de patineurs, récemment ouvert à Greenville, en New-Jersey, est éclairé par douze grandes lampes à incandescence Weston de 125 bougies.
- Des expériences intéressantes ont dernièrement été faites à bord d’un steamer américain, où on a fait alimenter des foyers à arc et des lampes à incandescence par la même dynamo. Ou s’est servi d’une dynamo Edison perfectionnée avec des bobines de résistance pour régler la force électromotrice pour les deux systèmes. Les résultats semblent avoir été très satisfaisants.
- La ville de Philadelphie contient 1 000 foyers Brush, absorbant une force motrice de 1 200 chevaux. Chaque lampe revient à 1 5oo francs par an. Le nombre total des foyçrs à arc, aux Etats-Unis, est évalué à 26 000.
- Depuis le ior mai, le maire de la Nouvelle-Orléans reçoit des soumissions pour l’éclairage de la ville au gaz ou à l’électricité. Le contrat définitif sera signé le i” juin, et prendra effet le 1er janvier 1886 pour plusieurs années. Toutes les entreprises d’éclairage électrique aux Etats-Unis ont été invitées à faire des offres.
- On annonce que 35 locomotives, sur le chemin de fer Vandalia, aux Etats-Unis, vont immédiatement être munies de feux-d’avant électriques.
- Une Société locale vient d’être formée à Pine Bluff, en Arkansas, pour l’éclairage à l’électricité de cette ville. La Compagnie commencera ses opérations avec 60 foyers à arc du système Van Depoele.
- Le conseil municipal de la ville de Springfieid, en Illinois, a imposé aux différentes compagnies de chemins de fer l’obligation de placer des foyers électriques dans les principales rues traversées par leurs trains. Cette mesure, ayant été prise sous l’influence de personnes intéressées dans la Compagnie de lumière électrique, a provoqué une critique très vive.
- La Dayton Electric Light C° à Dayton, eu Ohio, va ajouter un nouveau circuit de 5o foyers de 2 000 bougies à son
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- réseau. Les nouvelles lampes sont déjà prises par des négociants et commenceront à fonctionner vers la fin du mois.
- Le principal hôtel à Ânniston, en Alabama, est éclairé à l’électricité avec le système Brush-Swan. L’installation comprend 3oo lampes Swan, alimentées par une dynamo Brush marchant à i 160 tours par minute et actionnée par une machine à vapeur de 3o chevaux. La salle à manger est éclairée par huit groupes de six lampes.
- Les rues de la ville sont éclairées avec des foyers à arc Brush, dont le nombre va prochainement être augmenté. La lumière électrique fonctionne également dans un grand nombre d’établissements de la ville.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le ministre de la marine et dès colonies s’occupe activement de l’extension du réseau télégraphique du Sénégal; c’est ainsi qu’une ligne a été ouverte, le 9 février dernier, entre Rufisque et Joal, sur une longueur de 75 kilomètres. Chose remarquable, la construction de cette ligne n’a duré que 33 jours, malgré les difficultés présentées par la traversée des forêts, assez nombreuses dans cette région, et le passage de plusieurs rivières.
- Nous apprenons aussi que, dans cette nouvelle exploitation, le service télégraphique, colonial s’est décidé à substituer la pile Lectanehé à la pile Marié-Davy, exclusivement adoptée jusqu’à ce jour au Sénégal. Cette mesure a été prise à cause des détériorations que les réserves d’oxydule de mercure, nécessaires pour l’usage de cette dernière pile, éprouvent sous l’influence du climat et des variations de température.
- Le rapport du comité pailementaire sur les fils téléphoniques et télégraphiques en Angleterre vient d’être publié à Londres. Il est entièrement favorable au développement des communications télégraphiques et téléphoniques, et, loin de condamner l’emploi des fils aériens, il propose de donner toutes facilités légales pour leur extension. Le comité pense que le département des télégraphes devrait être autorisé, dans des circonstances ordinaires, à installer des lignes télégraphiques le long de tous les chemins. Il propose d’enlever aux propriétaires ou locataires le droit de s’opposer au passage des fils au-dessus de la propriété en question et d’autoriser un locataire à permettre l’établissement de points d’attache sur la maison occupée par lui, mais seulement pour la durée de son bail. Le président avait proposé d’interdire les câbles aériens et de permettre aux autorités locales de forcer les compagnies à mettre leurs fils sous terre dès que le nombre allant dans une même direction dépassait dix; mais ces propositions n’ont pas été adoptées par le comité.
- MM. Blakey, Emmott et O, de Halifax, en Angleterre, viennent de traiter avec la Manchester et Sheffield llailway Company pour la fourniture de tous les appareils télégraphiques, piles, etc., dont la Compagnie aura besoin pendant une année.
- On annonce que la Commercial Cable C° va poser un nouveau câble transatlantique. L’installation du système duplex est maintenant terminée, et M. Muirhead est de retour à Londres.
- La question de l’établissement d’une communication télégraphique entre l’Angleterre et les îles Hébrides a été discutée dernièrement par la Chambre des Communes, en An-
- gleterre, mais le ministre de la marine n’a pas cru devoir faire en ce moment les dépenses considérables qu’un travail de ce genre entraînerait nécessairement.
- Après avoir pendant longtemps refusé au département des télégraphes la permission d’installer des fils aériens dans les rues, le conseil municipal de Brighton vient enfin d’accorder l’autorisation nécessaire, à condition que les fils soient placés à une hauteur de 40 pieds au-dessus de la rue, et avec l’obligation pour le département de mettre les fils sous terre après un avis préalable de six mois à cet effet.
- L’Eastern Tclegraph Company vient d’ouvrir une nouvelle station au u° 42 Parliament Street, Westminster, à Londres.
- Le bureau de M. Jay Gould, le plus fort actionnaire de la Western Union Telegraph C<>, contient 27 instruments télégraphiques et peut communiquer avec n’importe quel point de tout le réseau de cette Compagnie. Le bureau est également relié directement avec 25 courtiers pour faciliter les opérations de Bourse deM. Gould.
- Une nouvelle station télégraphique vient d’être installée et ouverte au public en Chine par l’Eastern Telegraph Company à Yamchow. Le prix des dépêches est de 12 fr.5o par mot à partir de l’Angleterre.
- La Commercial Cable C° est occupée à mettre ses fils sous terre, à partir du bureau de New-York jusqu’au fau bourg de Harlem, et de là à Westchester, où la communication est faite avec les lignes aériennes déjà installées.
- La Cour suprême, en Californie, vient de décider qu’une Compagnie télégraphique ne peut pas légalement limiter sa responsabilité pour des erreurs commises par sa propre faute, comme par exemple par suite d’un manque de savoir ou de soin de la part des employés de la Compagnte, ou par suite d’instruments défectueux. Le fait que la dépêche aurait été écrite en chiffres et que l’employé ne pourrait, par conséquent, la comprendre ne pourra pas servir d’excuse à la Compagnie, qui a le droit de refuser tout télégramme mal écrit; mais si les mots en chiffres sont écrits lisiblement, l'employé doit envoyer ce qui est écrit.
- Dimanche, le 26 avril dernier, la South American Cable Co et la Western Union Telegraph C° ont transmis sans frais toutes les dépêches des officiers américains de terre et de mer à Panama, qui désiraient communiquer avec leurs familles en Amérique.
- La communication télégraphique est interrompue avec le Venezuela. Le câble entre Maranham et Para est interrompu.
- Vendredi a eu lieu, place des Vosges, la réunion que nous avions annoncée d’un certain nombre d’abonnés de la Société générale des Téléphones. Deux cent cinquante personnes environ avaient répondu à l’appel de la Chambre syndicale des produits chimiques.
- On a discuté surtout la question des cabines : quelques
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- abonnés ont profité de la circonstance pour se plaindre, les uns du prix de l’abonnement, les autres des lenteurs du service. Le président de la réunion a, en quelques mots, rappelé à l’assemblée que la Société ne pouvait pas être rendue responsable de cet état de choses, et qu’il fallait tenir compte de ses efforts pour satisfaire sa clientèle.
- Après avoir nommé un comité de 12 membres, la réunion s’est ajournée à une date indéterminée.
- Nous empruntons les lignes suivantes à une correspondance de Tanger datée du 9 mai :
- L’introduction du téléphone à Tanger se heurte, comme toutes les entreprises plus ou moins utiles, aux difficultés que font naître, tantôt les autorités locales, tantôt les différentes coteries organisées autour de celles de nos légations qui font flèche de tout bois pour affermir leur influence politique au Maroc.
- Il y a bientôt six mois que le vice-consul d’Espagne a établi ici un service téléphonique, qu’il n’est pas parvenu à faire fonctionner jusqu’à présent. M. Cuinet, un Français, directeur du téléphone à Oran, ayant appris que l’entrepreneur de Tanger avait dû suspendre son travail, faute de ressources pécuniaires, lui écrivit en vue de se faire céder l’entreprise, moyennant une indemnité raisonnable, L’Espagnol parut enchanté de cette ouverture; mais, à l’arrivée de M. Cuinet, on en fit une question de nationalité : le premier entrepreneur chercha des faux-fuyants pour se soustraire à son engagement, et l’ingénieur français, irrité de ce procédé, est fermement résolu à faire, à tout prix, la concurrence à son collègue espagnol, concurrence qui, s’il faut s’en rapporter au peu d’importance que le public attache à cette innovation, ne peut que faire disparaître les deux en treprises.
- Le système de télégraphie et de téléphonie simultanées par les mêmes fils, de M. Van Rysselberghe, vient d’être inauguré en Suisse, entre Lausanne et Genève, sur une distance de i5o kilomètres. Non seulement les abonnés des compagnies téléphoniques de ces deux villes correspondent maintenant entre eux, mais ils peuvent également parler avec les abonnés de Yevey, Montreux, Glion et Aigle, qui sont reliés à Lausanne par un fil spécial.
- M. A. Neumayer vient d’introduire en Angleterre, un nouveau récepteur téléphonique dans lequel l’aimant est composé de cinq tiges munies du meilleur acier anglais. Un faisceau en fil de fer très fin communique avec le pôle le plus rapproché de la membrane. Ce faisceau est soudé vers le milieu à un support en laiton dont une partie communique avec les tiges aimantées, tandis que l’autre partie porte la bobine, qui a une résistance de 100 ohms. Pour éviter les variations de distance, qui ne sont que la conséquence des variations de température, entre le pôle et le diaphragme, une plaque en laiton est soudée au centre du faisceau et se visse sur la boite pourvue de la plaque vibrante. Cette boîte est en laiton et le diaphragme a trois millimètres d’épaisseur. -
- La chambre de commerce de Leeds vient de nommer une commission chargée d’étudier la question du prix des abonnements téléphoniques dans toute l’Europe, et surtout en Angleterre, en Ecosse et en Irlande.
- Le rapport du conseil d’administration de la Ireland Téléphoné C°, pour l’année 1834, constate une augmentation de 162 lignes pendant l’année, le nombre total au 3i décembre dernier étant de 809, contre 647 à la même date de
- l’année précédente. La Société négocie actuellement avec l’administration des Postes et Télégraphes, afin d’obtenir l’autorisation d’établir des bureaux téléphoniques ouverts au public, dans tous les bureaux de poste à Dublin, et dans les faubourgs.
- On écrit de Pittsbourg au Bulletin international des Téléphones que les lignes souterraines établies dans cette ville fonctionnent d’une façon très satisfaisante. Les câbles, du système Warring, renferment à la fois des conducteurs de téléphone et de lumière électrique; chaque fil est d’abord entouré de matière isolante, puis placé dans une enveloppe de plomb. La longueur du câble de ce modèle, déjà posé à Pittsbourg, est de 5700 mètres et coûte 10727 fr., ce qui met à environ 1870 fr. le prix du kilomètre.
- La Long Island and New-Jersey Téléphoné C° a augmenté le nombre de ses abonnés de 25o depuis le commencement de cette année. Le total s’élève aujourd’hui à 2400.
- La Continental and Tropical American Téléphoné Company a déjà expédié n 586 appareils téléphoniques aux pays suivants :
- Au Brésil............................... 2 6i3
- A Buenos-Ayres.......................... 2 483
- Au Mexique.............................. 3 197
- A la côte ouest de l’Amérique du Sud. 911
- Au Vénézuéla.............................. 635
- A Cuba.................................... 592
- Aux Antilles............................. 488
- A l’Espagne............................... 292
- Aux Etats-Unis de Colombie................ 222
- A l'Amérique Centrale . . ,............... i53
- Total............ n 586
- ** — " >
- L’électricité a fait de grands progrès dernièrement dans le sud de la Californie. Les petites villes de Los Angelos, San Bernhardino, Santa Barbara et San Diego, comptent 375 abonnés au téléphone et plus de 3oo foyers électriques. En Arizona, il y a aujourd’hui 5o réseaux téléphoniques et 43 installations importantes de lumière électrique.
- Le nombre des téléphones actuellement employés dans les Républiques Argentine et de l’Uruguay s’élève à 64CO et se compose de :
- 3210 appareils Bell-Blake.
- 2120 — Gower-Bell.
- 600 — Siemens.
- 250 — Breguet. ^
- i3o — Ader.
- 90 — de différents systèmes,
- 6400 appareils.
- En attendant la décision des tribunaux dans le procès eu contrefaçon intenté à la Clay Téléphoné C° de Philadelphie par l’American Bell Téléphoné C°, le tribunal a promis à cette dernière d’opérer une saisie provisoire et de faire fermer le bureau central de l’autre Compagnie, qui possédait près de 800 abonnés à Philadelphie.
- Le Gérant : Dr C.C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 57006
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7» ANNÉE (TOME XVI) SAMEDI 30 MAI 1885 N° 22
- SOMMAIRE. — Recherches théoriques et expérimentales sur le générateur secondaire Gaulard et Gibbs; G. Ferraris. — Application de l’électricité à la manœuvre des signaux de chemins de fer (2° article); M. Cossmann. — Exposition d’électricité de Philadelphie : Les appareils électro-médicaux; Aug. Guerout. — Lattre à M. Ciausius; J. Bourdin. ' — La locomotion électrique des voitures de chemins de fer par les accumulateurs ; P. Nézeraux. — Chronique de , l’étranger : Allemagne; Dr H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch : Sur la production d’étincelles d’induction de températures élevées et son application à la spectros-copie, par M. Eug. Demarçay. — Sur les effets électromagnétiques de l’électricité statique en mouvement. — Sur les variations de longueur de barres en fer, acier ou nickel, dûes à l’aimantation. — Sur les dimensions de la force électromotrice et du potentiel, application à la définition de la capacité, par M. Meslin. — Sur la théorie du contact, par M. A Potier. — Travaux de la conférence internationale des électriciens. — Faits divers.
- RECHERCHES THEORIQUES ET EXPÉRIMENTALES
- SUR LE
- GÉNÉRATEUR SECONDAIRE
- GAULARD ET GIBBS (’)
- Mémoire approuvé par l'Académie des Sciences de Turin, dans sa séance du il février l885
- A la section internationale d’électricité de l’Exposition générale italienne de 1884, la National Society for the distribution of electricity by secun-dary generators, de Londres, avait exposé avec une grande richesse d’installation et dans sa forme la plus nouvelle les générateurs secondaires de Gaulard et Gibbs. Ces appareils d’induction, que les inventeurs présentaient comme un moyen propre à distribuer à grande distance et sur de vastes superficies des courants élec.riaues pour l’éclairage ou pour d’autres usages industriels, ont soulevé, comme on sait, des discussions et des contestations fort sérieuses qui continuent encore.
- C’est pourquoi, ayant à ma disposition dans l’exposition une installation de générateurs secondaires, faite dans les conditions d’une véritable installation industrielle, et telle qu’on peut difficilement en réaliser dans un laboratoire scientifique, je de-
- (>) Traduit du Mémoire italien parM. César Gerlari, ingénieur électricien.
- vais l’utiliser à faire des expériences qui pussent contribuer à la solution de la question.
- Les affirmations les plus contradictoires existaient quant à la valeur du coefficient de rendement, et provenaient surtout des objections auxquelles donne lieu l’emploi de l’électromètre à quadrants et de l’électrodynamomètre comme appareils de mesure pour les courants alternatifs, ainsi qu’ont fait Hopkinson et d’autres expérimentateurs.
- A ces objections, on ne pouvait évidemment répondre d’une manière décisive qu’en démontrant la coïncidence des résultats obtenus en se servant des susdits appareils avec ceux obtenus par des expériences où ils ne fussent pas employés comme appareils de mesure. C’est pour cela que, suivant le conseil du jury international de l’Exposition, j’ai fait plusieurs déterminations dans lesquelles toutes les mesures étaient faites au moyen d’un seul appareil, contre l’emploi duquel il est impossible de rien objecter, c’est-à-dire au moyen d’un calorimètre.
- La comparaison entre mes mesures et celles qu’on avait déjà faites avec l’électromètre et l’électrodynamomètre fut, comme je l’espérais, instructive, mais la discussion des résultats me montra encore plus que je n’avais espéré et cherché.
- En effet, celte discussion m’a conduit à étudier théoriquement les phénomènes qui se produisent dans le générateur secondaire, étude théorique qui combinée avec l’expérience vient jeter sur laques tion plus de clarté que je ne pensais.
- De cette étude il résulte :
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- 3g 8
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- i° Que toutes les expériences faites pour la détermination du coefficient de rendement, même lorsqu’elles étaient vraiment bien appropriées pour servir à cette détermination, avaient été mal interprétées et faussement calculées;
- 2° Que non seulement de mes expériences calorimétriques, mais qu’aussi de celles déjà effectuées avec l’électromètre et l’électrodynamomètre, justement interprétées, on peut effectivement obtenir le coefficient de rendement ; mais que ce coefficient a une valeur différente de celle qu’on lui avait prêtée jusqu’à ce jour, et qu’il suit une loi tout à fait différente de celle à laquelle avait conduit la fausse interprétation des expériences ;
- 3° Enfin, de ces expériences on peut déduire non seulement le coefficient de rendement, mais aussi tous les autres éléments, dont la connaissance est utile pour l’étude numérique complète des phénomènes qui prennent naissance dans le générateur secondaire.
- Au cours de ce mémoire, j’ai cherché à résumer les résultats principaux de mes recherches. Il se compose, comme il est naturel, de deux parties. La première résume les recherches théoriques nécessaires pour l’interprétation des expériences. La seconde comprend les recherches expérimentales.
- PREMIERE PARTIE RECHERCHES THÉORIQUES
- § icr. — Description du générateur secondaire.
- Les générateurs secondaires Gaulard et Gibbs sont des appareils d’induction ayant pour but de produire, au moyen d’un courant alternatif d’intensité donnée, d’autres courants alternatifs représentant, avec une petite perte, la même énergie, mais ayant une intensité différente, et dont on peut faire varier la valeur selon les besoins. Ils sont essentiellement constitués de deux hélices roulées autour du même noyau de fer. Dans la première, l’hélice primaire, on fait passer les courants fournis par une machine à courants alternatifs ; dans la seconde, la secondaire, des courants alternatifs se produisent par induction. Si l’on veut que l’intensité du courant induit soit plus grande que celle du courant inducteur, ce qui arrive dans les applications auxquelles sont particulièrement destinés les générateurs secondaires, l’hélice primaire est d’une seule pièce, et on divise l’hélice secondaire en plusieurs parties égales, qu’on peut relier à volonté en un seul circuit, ou en circuit multiple, au moyen d’un commutateur. On ferait le contraire au cas où il faudrait obtenir, aux extrémités de l’hélice secondaire, une différence de potentiels plus grande que celle qu’on a entre les extrémités de l’hélice primaire.
- Dans les générateurs secondaires du dernier
- type qui ont paru pour la première fois à l’exposition de Turin, les hélices sont faites au moyen de disques minces en cuivre.
- Ces disques ont la forme d’une couronne circulaire (fig. i) coupée en A a, B b, et munie sur les bords de la coupure, vers l’extérieur, de deux languettes A, B, qui servent aux soudures. La languette B d’un disque est soudée avec la languette A d’un second disque, dont la languette B est soudée avec la languette A d’un troisième, et ainsi de suite.
- De cette manière on forme une hélice à rubans dont chaque disque représente une spire. Les deux hélices primaire et secondaire sont identiques, et les spires de l’une sont alternées avec celles de l’autre. L’isolement est obtenu au moyen de disques à couronne circulaire de carton mince et enduit de gomme laque. Les disques des deux hélices et ceux de carton destinés à les isoler sont montés sur un tube vertical en ébonite ou autre
- FIG. I
- matière isolante, dans l’intérieur duquel on introduit un noyau cylindrique de fil de fer. Quatre petites colonnes métalliques et deux plateaux carrés en bois forment le châssis de l’appareil. Sur le plateau supérieur il y a les bornes des deux hélices et un commutateur au moyen duquel on peut à volonté introduire l’appareil dans le circuit du courant primaire, ou l’ôter et y substituer un court circuit. Le commutateur peut réunir en circuit simple ou en circuit multiple, les parties dont est composée l’hélice secondaire; c’est un commutateur à fiches placé sur une planchette en ébonite qui se trouve à côté de l’appareil. Pour régler la puissance du générateur secondaire, on peut introduire plus ou moins dans so'n intérieur le noyau de fer. A cet efïet, le plateau supérieur porte une vis laté raie avec laquelle on peut fixer le noyau à toutes les hauteurs.
- Les générateurs exposés à Turin étaient de deux types, un grand modèle destiné à absorber et trans former une énergie équivalant à peu près à i,8o cheval ; et un petit modèle destiné à absorber et transformer une énergie équivalant à un cheval en-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3qq
- viron. Les deux modèles différaient l’un de l’autre seulement par le nombre des disques et par le nombre des parties concourant à former l’hélice secondaire. Dans le grand modèle l’hélice secondaire est formée de quatre parties égales qu’on peut réunir à volonté en tension ou en quantité ; dans le petit modèle l’hélice secondaire est composée de deux parties seulement.
- § a. — Intensité des courants et du magnétisme du noyau.
- Nous étudierons d’abord le cas dans lequel les hélices secondaires ainsi que les hélices primaires sont toutes réunies en tension, nous pourrons ensuite passer au cas général avec quelques considérations simples.
- Soit s la force électromotrice de la machine dynamo-électrique, i l’intensité du courant primaire, i' celle du courant secondaire, et m l’intensité du magnétisme du noyau de fer. Si s est une fonction périodique du temps t, les grandeurs i i' m seront aussi des fonctions périodiques de t, et il est évident que toute l’analyse des phénomènes qui se passent dans le générateur secondaire dépend de la détermination de ces fonctions.
- Or nous pouvons faire facilement cette détermination si, nous réservant de vérifier ensuite l’exactitude de l’hypothèse au moyen de la comparaison des résultats de la théorie avec ceux obtenus expérimentalement, nous admettons pour le moment que le magnétisme du noyau est proportionnel à l’intensité du courant qui l’a produit.
- On peut tout de suite simplifier les calculs en remarquant que, grâce à la disposition de l’appareil de M. Gaulard, les deux hélices sont identiques l’une à l’autre, elles ont des spires très voisines et alternées, et sont placées de la même manière par rapport au noyau de fer. En effet ces considérations nous permettent d’observer:
- i° Que les coefficients d’induction des deux hélices sur elles-mêmes sont égaux entre eux, et tous les deux égaux au coefficient d’induction réciproque de l’une sur l’autre;
- 2° Que les coefficients d’induction du noyau sur les deux hélices sont égaux;
- 3° Que l’intensité m du magnétisme est due à la somme des intensités des deux courants.
- Ces observations faites, si nous appelons :
- r et r' les résistances totales des circuits primaire et secondaire;
- a le coefficient d’induction du noyau de fer sur les hélices;
- b celui d’une hélice sur l’autre et sur elle-même;
- M un coefficient qui dépend de la forme et des dimensions de l’appareil ; nous avons,
- pour déterminer lés trois fonctions i, i', m, les trois équations différentielles
- l z;z = M (zz')
- De la dernière de ces équations on tire :
- et les deux premières donnent, par soustraction,
- ri — r' i' = e
- d’où
- d i di' d £
- rTt~r Ti~~d~t
- Avec ces relations, on peut éliminer les dérivées et de la première des équations (i) :
- ^ et jt de la seconde, et enfin i et i' de la troisième. De cette manière, avec de simples réductions, on obtient à la place des équations (i) les suivantes :
- di _ i d s r r' i /. _ e \ d t r + r’ d t + r + r' a M b V r + r ' /
- — ( r' V s
- \r + r'j aM + i’
- d£________i__dj. , r r' i f___________________e__ \
- d t + r + r' d t + r + r' a M + b \ + r + r'J
- ’ (r -+- r')1 aM + J
- dm. r r' TT i
- cl t T r 4- rf a M + b
- En posant
- Mf' 6
- m — 7+T' aM + b'
- (2)
- r + r' a M -f- b
- = P
- et appelant y la fonction de t qui satisfait à l’équation
- (3)
- on obtient
- (4)
- — -\-p y = - e dtJ r
- r' y + s r y
- r + r"
- r + /
- m = M y.
- L’intégrale générale de l’équation (3) est, en désignant par C une constante arbitraire,
- V — e-pi (i J*ce>,tdl + c)
- s est une fonction périodique donnée qu’on peut mettre sous la forme :
- s= 2*E»sm “f-1* +a») •
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 400
- Si on appelle T la durée de la période, c’est-à-dire le temps qui s’écoule entre deux changements consécutifs de signe de la force électromotrice de la machine dynamo-électrique.
- Or, en se rappelant que :
- /1 n 7t
- e^sin-^p (/+*„)
- 211% . xmi
- p sm -7TT (/ + an)------Tÿr cos -rp (t + an)
- __ qV t
- 4 «2 7l2
- 2 11% 211% ,
- p'+-
- T2
- et en remarquant que pour que y soit, comme il doit être, une fonction périodique, il faut faire égale à zéro la constante arbitraire, on a
- (5)
- i) e„ r 2 n %
- ' =r ü ' 4lP Sln "T_(/ + “,l)
- P* b-Ÿ*-
- 2 «u 2«ti .1 - — cos-^r-(/+«„)J.
- Gette valeur de y peut être représentée par
- (6) y~t’r'Eà Y“ sin TT W-
- En posant les conditions
- v 2 n n .
- ^'"cos T
- /2+-W
- et
- . 2 11%
- Y^sm -7TT p„ =
- 211%
- . 4w27u2 T *
- P2+ lyï-
- dont on déduit
- (7)
- y:,=
- A ft- Il £ U K
- tang -7p [1,,= ^-
- Si, [maintenant, on porte dans les expressions (4) la valeur trouvée pour y, nous avons tout de suite i, /' et m.
- La valeur (5) portée dans la première des équations (4) donne
- 1 ~ r 4- r' 2* E"
- p3 — \
- r , . 3M„ ,
- r 211%
- pv-T
- *r4 cos - r" ('+«,.)
- 411*% P'~ H—yr-
- Cette expression de i peut être écrite sous la forme
- V T • 2 « « , , ,
- ‘ = I»sin -fÿ- (/ + y»)
- Si on pose les conditions :
- , 2 K TC
- 1„ COS -=r- r»
- 2«m
- , . 2«n En *r T
- Lsin T Yn—r+r/
- /2 + “tï-
- dont on tire pour I„ et pour tang ^p y» les valeurs
- |4_«1"_2 , M,
- r2'~f2 ~ L/’2 (?'+ O2
- i:=e
- /r
- tang ^ Yn —
- , 2 « TI "T~
- />2 (r + r') -{- r
- 4 «2 TI2 "
- T2-
- Si, dans ces expressions, nous mettons pour p la valeur (2), et si nous faisons
- (9)
- nous aurons
- (10)
- _ , ., , 2 «TI
- C„= («Mt b) -p
- „s *‘'2 + c;
- »"E»r*r'*+(r+r')*C*
- (n)
- 2 «n
- r'3 C„
- tang m v„ —— •,
- T r r'2 4- (r + r') C *
- De même la valeur (5) de y portée dans la seconde des formules (4) donne :
- p* \ . 2 H TI
- —s.n-rp (/ + «„)
- . 2«TI
- P -7ÎT
- r 2 « tc
- 2 ^2 C0S y
- expression qu’on peut écrire
- V 1' • 2” tc ,, , ' \
- *^ = 2<I>‘Sln"T' (* + «" — v») à la condition de poser
- , ,r 2 « TC I E/l / pi
- (12) ]„COS-rp y;i = ppp/-
- /2 +
- --2MTC
- . 2 « Tl / E„ ^ T InSm iT Yn— ,-4-r''i0 , 4«2tc2‘
- Z2 + •
- T2
- De ces équations de conditions, on tire
- ï?=
- 4 H2 Tl2 I'2
- t 2 « TC f 1 T
- tang-rp —
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 401
- Si, comme plus haut, nous substituons à p sa valeur (2) en faisant
- les expressions de 1^* et de tg. y» se transforment dans les suivantes
- (i3)
- (Ml
- i;=e
- c*
- j-2 r'2 + (r + ry C*
- . 21171 ,
- tang— T(i:
- r r' 1 r + r' <V
- . Enfin, si 1 on porte la valeur (6) de y dans la troisième des formules (4), on obtient
- M p , ni = —— > v r ^ H
- . 2 fl TZ
- sin ~7jT (t-h ««-
- Un)
- expression qu’on peut écrire sous la forme
- ^ 2>lK
- m = 2dG»sln-^- (< + «n~ K)
- en posant simplement
- (Mpy^y Mj»2
- />2 +
- T2
- et considérant pour p„ la valeur (7), c’est-à-dire
- Si dans ces deux valeurs de G* et de tang p„ nous substituons à p la valeur (2) et que nous employions l’expression C,„ dont la valeur est donnée par l’équation (9), nous avons
- (15)
- (16)
- g,;=e
- " ,-2 r'i
- tang
- 2 «TC
- P«
- Mi r'ji____________
- _ r -f r' r r*
- C
- Ainsi dans les formules (10), (n),(i3), (14), (i5), (16), nous avons exprimé en fonction du temps t, toutes les grandeurs dont nous avons besoin pour faire un examen complet des phénomènes qui se passent lorsque le générateur secondaire fonctionne.
- Il est utile, avant de se servir de ces formules pour le calcul des potentiels et' des travaux, que nous les discutions en cherchant comment varient, dans ces mêmes formules, les intensités et les phases des deux courants et du magnétisme du noyau, lorsqu’on fait varier les conditions de l’appareil.
- Une première observation importante ressort des formules précédentes, à savoir que les valeurs des intensités i et i' des deux courants primaire et secondaire et de l’intensité m du magnétisme du noyau, sont toujours exprimées par des sommes trigonométriques dont les termes sont en
- nombre égal et correspondent à ceux de la somme trigonométrique qui exprime la valeur de la force électromotrice périodique c de la machine dynamoélectrique.
- Si la série trigonométrique avec laquelle on exprime la valeur de e, ne contient pas tous les termes correspondant à toutes les valeurs possibles de n, mais seulement les termes correspondant à des valeurs de n déterminées n„... etc., les séries qui expriment les valeurs de i, de i' et de m contiendront aussi seulement les termes correspondant à n2... etc., etc. Si la série qui donne e peut se réduire à son premier terme, c’est-à-dire si la force électromotrice de la machine dynamo-électrique est exprimée par la formule
- s — E sin ~ {t 4- a)
- les fonctions i, i' et m pourraient aussi être exprimées par un seul terme, et elles seraient de la forme
- i = I sin y V + * — r)
- = I'sin + — y') n: -- G sin {t + a — p)
- Les valeurs maximum I„, l'„ G„, de l’un des termes des expressions de i, i', m, sont proportionnelles à la valeur maximum E„ du terme correspondant de l’expression de e, et à des fonctions simples des résistances.
- Par rapport au terme de e, les termes correspondants de i, i' m, présentent un retard, c’est-à-dire une différence de phase y, y', p, fonction, elle aussi, des résistances. Nous nous ferons une idée claire de la chose, idée dont nous aurons besoin pour interpréter exactement les résultats des expériences, en examinant comment varient I„, y„, l',„ yj,, G,„ p,„ lorsque, laissant constantes toutes les autres grandeurs, on fait varier de zéro à l’infini la valeur de la résistance r' du circuit secondaire.
- Supposons d’abord que r' soit nul, c’est-à-dire que la résistance propre de l’hélice secondaire soit négligeable, et que ses deux extrémités soient directement liées ensemble au moyen d’un conducteur de résistance également négligeable.
- Pour r'~ o l’équation (10) donne
- et l’équation (ii) donne
- y n = o :
- donc l’équation (8) devient
- < = l2;E„sm =£(/
- c’est-à-dire
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- l’intensité et la phase du courant primaire sont alors celles qu’on aurait si le générateur secondaire n’existait pas.
- La relation (i3) pour r' = o donne
- la relation (14)
- t' ____________J
- ------ — hl
- 2 11 n T
- et, comme de la relation (12) on tire
- ou encore
- m — — 2^ Gin cos -rp— (t + “
- Si au lieu des phases y, y' |3, on considère les angles p, correspondants, on
- peut dire d’une façon concise, quefeti' sont à i8o° l’un de l’autre, et m est à 90° de l’un et de l’autre.
- Supposons maintenant que la résistance r'. du circuit secondaire ait une valeur finie qui diffère de zéro. Dans ce cas, l’équation (10), qu’on peut écrire
- (17) on a
- d’où
- On a donc
- 2 11’K I
- COS —y„ =— 1
- 2 n 71 t
- — Yn ==1t
- ' — _Z
- 'tn 2 n
- L sia {t + a) — itj
- =— 2] L sin (I + «)
- c’est-à-dire
- ce qui signifie que le courant secondaire est, à chaque instant, égal et opposé au courant primaire.
- Si
- i -f- i' —o
- on a encore
- m — M (i + i') — o
- Donc, dans le cas de r' — o, dont nous nous occupons, le magnétisme du noyau de fer est nul. La relation (i5), pour r' —o, donne
- = o
- La relation (16) pour r' = o
- taijg
- 2 11 TZ
- ~T~
- P„ = c°
- et par conséquent
- Pn= r-
- T
- p» = —:
- 4 H
- ce qui veut dire que si l’on fait diminuer la résistance r' du circuit secondaire jusqu’à zéro, la différence' de phase entre le magnétisme du noyau et le courant primaire tend vers une valeur égale à un quart de la durée de la période. A la limite, le magnétisme est exprimé par la formule
- * Gm Sin (/ + «)-£]
- E
- démontre que I„ est moindre que -A* et diminue à mesure que r' croît.
- Et la relation (n), qu’on peut aussi écrire
- 2 n it . Cn tang —^r- Y«----7+7V ’
- montre que l’augmentation de phase y,„ qui pour r' — o est nulle, prend une valeur différente de zéro, qui va augmentant à mesure que la valeur de r' croît.
- Donc le courant primaire se trouve avoir une intensité moindre que celle qu’il aurait si le générateur secondaire n’existait pas, ou s’il y avait une résistance nulle dans le circuit secondaire; et cependant il subit un retard y par rapport à la force électromotrice de la machine dynamo-électrique, retard qui est nul pour r' — o et va croissant à mesure que r' croît.
- L’équation (i3) montre que pour r' différent de
- E
- zéro, Ij est aussi moindre que -, et qu’il est même moindre que I„, et diminue plus rapidement que I„ lorsqu’on fait croître la résistance r'.
- La relation (14) montre que tang y', est toujours négatif, et que sa valeur numérique croît jusqu’à l’infini avec r'. Et comme on sait par la
- relation (12) que le cosinus de Y« est toujours
- négatif, on déduit que l’angle ^jr y',, qui était égal à 7t pour r' =0, diminue pendant qu’on fait croître la résistance r'. L’intensité de l’aimantation du noyau de fer, dont la valeur maxima est exprimée par la relation (i5), c’est-à-dire par la formule
- M2
- prend, pour r' différent de zéro, une valeur diffé-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 4o3
- rente de zéro, et qui augmente pendant que r' croît. Cependant, la phase donnée par la formule (16) diminue.
- Enfin, supposons que la résistance r' du circuit secondaire soit infinie, ou, ce qui revient au même, supposons le circuit secondaire coupé.
- Alors la valeur (io) de 1* se réduit à
- et c’est là le minimum correspondant à la valeur donnée de E„.
- La formule (n), qui donne la phase du courant primaire se réduit, dans ce cas, à
- . 2 11 TZ
- tang -=r- y»:
- et la valeur de y», tirée de cette formule, est la plus grande qu’on puisse obtenir pour des valeurs données de T et de r.
- Les relations (i3) et (14) donnent pourr' =co
- et
- tang
- 2111Z !
- 4
- 1
- tang
- 2 11 7t
- T~
- u
- Donc l’intensité du courant secondaire se réduit à zéro, comme il était évident, et à la limite, lorsque la résistance est sur le point de devenir infinie, l’angle
- \1lTZ / 1 \
- T" (rn-r»)
- est droit, c’est-à-dire que l’on a
- T
- r» - r» =
- 411
- Enfin, les formules (i5) et (16) donnent pour r' :co
- M»’
- G- = E«r, + C*
- MU-
- et
- d’où
- et
- 2 11 TZ a C„ , 2 11 TZ
- tang p„ = -J' = tang -=~ y»,
- G„ — MI,,
- — y »•
- Par conséquent, on a
- m ~ M £ I„ sin Hip (t + zt„ - y«) = Mt
- ce qui était à prévoir, puisque pour r' — co l’aimantation est produite uniquement par le courant primaire.
- La valeur
- gW-^ " 'V* + c:
- qu’on a pour r' — co correspond au maximum d’intensité du maguétisme qu’on peut obtenir dans le noyau avec des valeurs données de E,„ de r et de T.
- Nous avons ainsi une (idée générale du mode de variation des deux courants i et V, et de l’intensité M de l’aimantation du noyau.
- Mais nous pouvons, des expressions (10) et (11), (i3) et (14), (i5) et (16), déduire quelques relations simples entre les maxima des valeurs et les variations des termes correspondants de ces fonctions,
- En premier lieu, en divisant les relations (xo) et (i3) l’une par l’autre, membre à membre, on a
- Cette formule démontre que, comme il résulte déjà de la discussion précédente, I), est toujours plus petit que T„ ; mais il s’approche de plus en plus à la valeur limite I„, lorsqu’on fait diminuer jusqu’à zéro la résistance r’ du circuit secondaire.
- Elle est encore importante parce que, donnant une relation très simple entre des grandeurs qu’on peut aisément mesurer, elle est, comme on le verra, très utile dans les vérifications expérimentales.
- Les mêmes égalités (10) et (i3) soustraites l’une de l’autre, membre à membre, donnent
- I* —]'2=E2---------1------;
- " 11 ar*r'* + (r + r')* C~a
- Si on compare cette valeur a celle de G„ obtenue avec la formule (i5), on à
- T - ____T ~ •
- /i 1n
- d’où
- (19)
- En second lieu, des équations (11) et (14) on tire
- , s . 21lTZ ,
- (20) tang-y- (r»-r„)=-c;;
- ou encore, eu égard à la relation (18) :
- r
- . „21ITZ / , \ 1n
- tangt-_(Y(_Y(t)= -1
- Tang (y,', — y„) est toujours négatif, et ceci
- démontre, comme il résulte déjà de la discussion pré-
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-
-
-
- 404
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- cédente, que la valeur de (y'n—y„) est toujours comprise entre ^ et7r. En faisant variera' de oàco, tang (y'n—y») varie de o à — co, c'est-à-dire
- que l’angle décroît de 7t à
- Enfin, si l’on compare les formules (14) et.(16), on voit que
- 21)
- . 2 n it
- tang -?p- Pn — •
- t 2 MIC »
- tang—y„
- ce qui porte à conclure que l’angle pp (y'n—p„) est toujours droit; en d’autres termes, quelle que soit la résistance f, on a toujours
- g 3. — Différence de potentiels entre les extrémités des hélices.
- Ayant trouvé les expressions qui donnent les valeurs des intensités i et i' des courants primaire et secondaire, on peut aussi déterminer les fonctions périodiques du temps qui donnent la différence de potentiels qu’on a entre les bornes extrêmes des deux hélices.
- Hélice primaire.— Soient p la résistance de l’hélice primaire, et v la différence de poteniiels entre ses extrémités. Si l’on observe que dans la résistance r— p le courant d’intensité i est produit par la force électromotrice e —v, on peut tout de suite établir une équation de laquelle on déduit v. En effet, on a
- e-v={r-ç,)i
- d’où
- V=z — (r— P)|
- Si dans cette équation, au lieu de e et de i on met leurs valeurs
- De ces équations de conditions, on déduit — E,5j+ (r — p)s I,* — 2 E»1„ (r—p) cos
- et
- „ 2 H TC
- tang-Tfr (pn = —
- , , T . 2 n n
- (r— p)I„ siu-jr- yn
- i-» / \ r 2 n 7t
- E„ — (r — p)ï„cos -=r-r«
- Si dans ces expressions à ï„, à cos-p y„, et à
- sin y,j, on substitue leurs valeurs tirées des formules (10) et (11) on obtient, après quelques réductions et transformations, les formules suivantes :
- (24)
- „,P*r'* + (p + r')*C; = ----
- /„c\ . 2 HIC
- (25) tang-rp- ?» = —
- r'iyr — p)C„
- prr,2+(r' + r)(p-f r') C‘
- Or la valeur de tang ?» tirée de la relation (25) est toujours négative; d’autre part, la formule (23) donne pour le sinus de ?» une valeur négative; il s'ensuit que l'angle ^p?» est toujours
- compris dans le quatrième quadrant, c’est-à-dire que le temps v„ représente toujours un retard 3 T T
- compris entre - - et -, ou plus simplement une pré-cession ou une anticipation moindre que--.
- Pour r' — o, la formule (24) donne V = e £.
- v n
- et (25) donne
- . 2 H IC
- tang -^-<p„ = 0, ep» = o.
- Substituant ces valeurs de V„ et de cp„ dans la relation (22) on a
- 0 v c 2 H TC ,, . , p
- V = - 2a E" Sln ( + a")= r e-
- i=2E» sin^(/ + «„), s*a“p (* + “»^"Y»)
- on a
- (22) v=2V»sin^pt(t-(-c(„ — à la condition de faire
- v» COS UL} = E„ - (r - p) I„ cos 7n
- et
- (23) (r — p)I„ sin yn.
- Donc, lorsque r' — o, c’est-à-dire lorsque la résistance du circuit secondaire est nulle, la chute de potentiel due à la présence du générateur secondaire est tout simplement celle due à la résistance de l’hélice primaire. Sa phase est celle du courant primaire i, qui, dans ce cas, est la même que celle qu’on aurait s’iln’y avait pas de générateur secondaire.
- Lorsque r' a une valeur différente de zéro, la formule (24), qui peut être écrite sous la forme
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 40)
- donne évidemment pour V„ une valeur plus grande que E„£, puisque l’on a r) P.
- Par conséquent, on a aussi
- £ dt
- c’est-à-dire que la moyenne des différences de potentiels entre les bornes de l’hélice primaire, est plus grande que celle simplement due à sa résistance. La formule (25) peut aussi s’écrire
- tang
- 2MTC
- ~T~
- 9h =
- (r-p) C,
- *'P +
- r' r'
- et elle donne pour l’anticipation — une valeur différente de zéro, valeur qui augmente lorsqu’on augmente r'.
- Enfin, lorsque r' est infiniment grand, c’est-à-dire lorsque le circuit secondaire est ouvert, V„ prend la plus grande des valeurs qu’il puisse avoir, maximum qui est fourni par la relation
- (26)
- Vl„ = E
- ,p2+ç;.
- V2 + c;,
- La formule (25) donne pour r' = <
- . 2 H TT (r~p)C
- tang -rp- <e,t —-——y;
- 1 > p + C
- Cette déduction, tjui serait absolument exacte s’il était possible d’avoir une hélice primaire de résistance p égale à zéro, est vérifiée approximativement dans le cas pratique des générateurs secondaires de M. Gaulard, dans lesquels la résistance p est toujours très petite. Observation très importante, et elle nous servira lorsque nous considérerons le travail absorbé par le générateur secondaire, et lors de la détermination du rendement et de la puissance de l’appareil.
- Pour le moment, elle peut nous servir dans le calcul de v, dans le cas où r' — co et p = o.
- En effet, dans ce cas
- et V„ est représenté par la formule (26); substituant ces valeurs dans l’équation (22) on a :
- 21 n C,, 2 M TT ,. . .
- . E„ - COS -T- {t + an - ya) ;
- Vr'+c:
- Ou encore, en se rappelant que pour r’ = co, on a
- I
- *- = 2
- équation dans laquelle remplaçant C« par sa valeur
- et comme dans la pratique p est très petit’par rapport à r et C„, la formule précédente peut par approximation être écrite
- . 2 niz r
- tang-Tjr <P»=— g-,
- comparant cette valeur limite de tang 9» avec la
- valeur trouvée pour tang dans le cas de r’—co ,
- valeur qui est
- . 2 « TC
- tang-^ y,i=—>
- on voit que pour r'— co et p — o on a
- . 2 K TC
- tang -7^- 9,, = —
- , 2n TC 1
- tang —Tjjr Y«
- formule qui indique que dans ce cas l’angle
- 2 «TC , ,
- -Tjc- (r«—9«)
- est égal à c’est-à-dire que la différence de phases entre le courant primaire et la différence de potentiels aux deux bornes de l’hélice primaire est égale à un quart de la durée totale de la période.
- on a
- v = (a M + b) 2^ L —Tp— cos -Fp- (/ + «„ — Yn), et enfin
- Dans plusieurs des méthodes expérimentales qu’on a suivies pour déterminer le rendement pratique des générateurs secondaires, on détermine la résistance d’un conducteur sans self-induction, qui substitué au générateur secondaire dans le circuit primaire, produit entre ses extrémités une chute de potentiel moyenne égale à celle qu’on a entre les bornes de l’hélice primaire du générateur secondaire, pour la même intensité moyenne du courant. Or, comme les déterminations expérimentales sont faites, soit avec des électromètres, employés à la manière de Joubert, soit avec des électrodynamomètres ou des calorimètres, il s’en suit que les intensités moyennes, et les différences de potentiels moyennes dont on parle sont les racines carrées des moyennes des carrés.
- Pour notre étude, il est très important de déterminer la résistance dudit fil, ou ce que les pra-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ticiens appellent improprement la résistance équivalente au générateur secondaire.
- Or, cette détermination, on peut la faire très facilement, en admettant que la force électromotrice s de la machine dynamo-électrique puisse s’exprimer par un seul des termes de la série tri-gonométrique, c’est-à-dire par
- s = Esin (f + a).
- supposition qui est démontrée pratiquement admissible d’après les expériences de Joubert, du reste elle sera justifiée à posteriori par la comparaison entre les expériences et les résultats de la théorie.
- Nous avons démontré que si une telle réduction est admissible pour la fonction e, on peut aussi exprimer d’une manière analogue les autres fonctions périodiques du temps, et on peut écrire
- /=Isin^î(/-|-a —y), v = V sin^ff + a— <p).
- Les carrés des valeurs moyennes de i et de v, tels qu’ils sont donnés par les appareils de mesure, sont alors les suivants :
- i
- T
- sin3
- (/ -f a -
- I2
- y)dl=-,
- I
- T
- : (/+<*
- Donc la condition à laquelle doit satisfaire la résistance ri que nous cherchons se réduit à :
- c’est-à-dire à
- ;-, I = V,
- V2
- Si dans cette expression, qui donne la valeur de r\, on substitue à V2 et à I2 les valeurs tirées des formules (24)xet (io), on a
- (27)
- ou encore (270
- P3 r'- + (p + r')t G* r'-z +
- r. , 2P + r'
- U— P2+ r’-2+Cïr C">
- relations dans lesquelles C est la valeur correspondante à C«, dans le cas de n— 1, puisque dans ce cas, nous considérons un seul terme de la série trigonométrique.
- De ces expressions, on voit que la valeur de r\ est égale à celle de p*2 pour r* — o, ce qui était à prévoir,.car nous avons déjà vu que pour r1 =0,
- le générateur secondaire n’a aucune influence sur le circuit du courant primaire, dans lequel il est inséré. Si l’on augmente la valeur de la résistance r' du circuit secondaire r\ augmente aussi jusqu’à la valeur maximum
- (28) r\ = p2 + C2,
- qu’on a pour r' ~co, c’est-à-dire lorsque le circuit secondaire est ouvert.
- De la relation (28) on déduit
- (380 O = r2 — p2 ;
- formule qui nous permet de déterminer expérimentalement la constante C au moyen d’une simple mesure de résistance.
- La formule (27') peut encore s’écrire sous la forme
- r'-__r' (;' \- 2 p)
- ,+ C2_ >-;-pa *
- ou, en substituant au premier membre la valeur tirée de (18) encore :
- (27")
- ( IV — r'(r' + aP) U7 “ r2— p* ’
- Cette relation, qui nous permet de déterminer le rapport entre les intensités moyennes des deux courants, en nous servant seulement des résistances r' et r,, est très remarquable. Elle nous sera utile pour les calculs dont on parlera dans la seconde partie de ce mémoire, c’est-à-dire pour les déterminations expérimentales.
- Hélice secondaire. — La détermination de la différence de potentiels entre les bornes extrêmes de l’hélice secondaire, est très facile dès qu’on connaît l’intensité i' du courant secondaire, intensité que nous avons déjà calculée. En effet, dans le circuit secondaire p il n’y a d’autre force électromotrice que celle engendrée dans l’appareil, donc, si nous appelons p' la résistance de l’hélice secondaire, et si, pour faire comme dans le cas de l’hélice primaire, nous considérons comme positive la différence v' des potentiels, lorsque le potentiel plus grand se trouve à la borne correspondante à celle par laquelle entre le courant i, lorsqu’il est positif, nous pouvons écrire :
- v'==— (r’ — p') i'.
- Substituant à i' sa valeur, on a
- V' = - (r' - p') £ 1 sin (t + «„ - v;,), ou encore (29) =
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- AO?
- à la condition de poser
- = — P') É et y'n= É--------
- Substituant à tn et à y» leurs valeurs données par les relations (i3) et (14) on déduit :
- (3o)
- (30
- y = e
- v- pt c»
- r*r'* + (r + r')î cj
- . 211% , r r
- tang—<PH
- r + r' C„*
- La valeur de V’* croît de zéro jusqu’au maximum
- c„.
- v,; = e:
- '-2 + c:
- pendant que r' croît de J jusqu’à l’infini; quant à l’angle — <p|, qui représente une anticipation,
- il croît en valeur absolue de zéro jusqu’au maximum exprimé par la formule
- . 211 it , r
- tang —rp~ 9n = —cn>
- Il est bon de remarquer que si dans les équations (24) et (25), qui donnent les valeurs de V* et
- de tang-^p<p„, on fait p = o, et si, par analogie, dans les formules (3o) et (3i) qui donnent les valeurs de Y'" et de tang ^ on suppose p' = oon a :
- r'* C„
- V2 = E"------------------
- n n r2 r’ï _|_ r')-2 Qn
- . 211 it r r' i
- tang rp 9r y y.r 0*
- r'2 C„
- v'2 = Es-----------------r.
- « rirn + (r + r')2c;;
- . 2 11 n / r r’ 1
- tang 9n — — r + r> C’
- D’où l’on déduit que si les résistances internes p et p' sont nulles ou négligeables, la différence de potentiels v' qu’on a entre les bornes extrêmes de l’hélice secondaire est égale en grandeur et en phase, à celle qui existe entre les bornes extrêmes de l’hélice primaire.
- En pratique, les résistances p et p' ne sont pas nulles, mais cependant assez petites pour qu’on puisse considérer comme égales les valeurs maxi-ma et moyennes des phases et des différences de potentiels, à la condition que les résistances r et r' ne soient pas très petites.
- (A suivre.) G. Ferraris.
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ
- A LA MANŒUVRE DES
- SIGNAUX DE CHEMINS DE FER
- Troisième série
- Deuxième article (Voir le numéro du 23 mai 188S)
- I. APPAREILS DE BLOCK SIMPLE
- SYSTÈME DE COOKE
- Nous avons dit, au début de cette étude, que l’appareil le plus ancien, celui de Cooke, fut appliqué, en i8/|3, à la ligne de Yarmouth à Norwich, sur le chemin de fer Eastern Counties. C’était un simple télégraphe à aiguilles installé dans chaque station ; suivant que l’aiguille s’inclinait à gauche
- FIG. 12. — APPAREIL DE COOKE
- ou à droite, cela signifiait Voie libre ou Voie bloquée. Chaque poste, avant d’autoriser l’entrée d’un train dans la section comprise entre deux stations consécutives, demandait à la station suivante l’autorisation qui lui était donnée par l’inclinaison de l’aiguille vers l’inscription Voie bloquée. L’appareil conservait cette position jusqu’à l’arrivée du train au poste suivant. Les sémaphores indépendants de cet appareil électrique étaient d’ailleurs normalement à l’arrêt, le système ayant été appliqué, dès le début, sur des lignes exploitées d’après le principe de la voie toujours fermée, et ouverte seulement pour laisser passer les trains, principe que Cooke avait du reste posé comme base du Block System.
- Nous donnons à la fig. 12 un croquis de l’appareil primitif : en haut, le cadran avec son aiguille verticale et aimantée pouvant s’incliner quand le circuit électrique était fermé par le garde lorsque celui-ci manœuvrait la poignée placée au-dessous de cette aiguille.
- Déjà, dans l’installation du Great Eastern Rail-way, la forme extérieure de ce télégraphe avait été
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- modifiée. L’aiguijle verticale indiquait la voie libre, et quand elle était déviée, elle indiquait la voie occupée. La direction dans laquelle l’aiguille s’inclinait reproduisait, aux yeux du garde, le sens de la marche du train circulant dans la section. Nous donnons à la figure i3 une vue extérieure de l’appareil installé à la station de Yarmouth.
- Outre les inconvénients communs aux appareils de Block simple, le télégraphe à aiguilles de Cooke
- FIG. 13. — APPAREIL DE COOK MODIFIEE
- présentait le défaut de servir à d’autres usages qu’à l’annonce électrique des trains. Les indications données pour la sécurité de la circulation des trains étaient passagères; la mémoire des agents était seule en jeu, et l’obligation même de faire transcrire sur un registre,^ hoc les indications optiques données par l’appareil, n’était pas une garantie suffisante.
- SYSTÈME DE CLARK
- C’est pour répondre aux objections que l’on faisait à l’appareil primitif de Cooke, que Sir Ed-win Clark introduisit, vers 1854, sur le London and North Western Railway, un système à deux ai guilles et à courant permanent, dans lequel l’appareil électrique était exclusivement réservé au service des trains et ne devait jamais servir comme instrument de correspondance. Nous en donnons la vue extérieure-, à la figure 14 ; l’instrument se prête à la transmission de trom signaux:
- Train sur la voie.
- Voie libre.
- Voie bloquée.
- Les deux premiers se donnaient par la déviation de l’aiguille B à gauche T ou à droite C, au moyen de manettes ou poignées ordinaires H, dans lesquelles on insérait une goupille s, permettant de maintenir la poignée dans la position requise pour l’envoi d’un courant permanent qui durait pendant tout le temps que la voie était libre. Quant au troisième signal auquel correspondait la posi-
- tion verticale de l’aiguille, il pouvait être transmis non seulement par la rupture du circuit produite par la manœuvre de la poignée pour indiquer la présence d’un train sur la voie, mais encore en un point quelconque de la ligne, en coupant le fil électrique en cas d’accident. Le personnel d’un train en détresse pouvait ainsi bloquer une ou même les deux voies si elles se trouvaient obstruées toutes deux par un déraillement.
- Chaque poste était ainsi muni de deux boîtes pareilles à celle que nous venons de décrire, et chaque aiguille correspondait à un sens de circulation. Il y a cependant des cas où on a utilisé une des aiguilles pour les trains de voyageurs et l’autre pour les trains de marchandises. Enfin, on a aussi admis, pour éviter une trop grande dépense d'électricité, que l’inclinaison correspondrait à l’envoi du signal de voie libre et que la position verticale indiquerait l’absence de signal ou le repos.
- Dans tous les cas, l’annonce des trains et la demande de la voie se faisaient au moyen d’un coup de timbre, et l’annonce de-l’entrée des trains dans une section libre, au moyen de deux coups de timbre.
- Quoique un peu plus sûrs que les appareils de Cooke, ceux de Clark avaient l’inconvénient d’être très délicats; l’aimantation des aiguilles pouvait, sous l’influence des courants atmosphériques, s’affaiblir, se neutraliser, ou même agir à contre-sens.
- îliffliiMiïnifilIltiilllliifNiTiïïïïli
- DOWNLINE
- FIG. 14. — APPAREIL DE CLARK
- Ce n’est guère qu’en 1866 qu’on se mit à l’abri des effets de cette sensibilité extrême, par l’emploi des aiguilles induites de Varley.
- SYSTÈME HIGHTON.
- Il ne diffère du précédent que par la substitution à l’aiguille d’indications imprimées, plus claires et moins sujettes à produire la confusion.
- A cet effet, sur l’axe de l’aimant demi-circulaire
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- était fixé un léger cylindre en papyrus dont les inscriptions venaient se placer tour à tour devant lin guichet pratiqué dans la boite de l’appareil.
- Dans d’autres instruments de même genre, c’est simplement un petit morceau de carton attaché à
- * Voie libre t Train sur !<j voie t Voie hbre § Tram sur lu voie 11 Voie montante U Voie libre ** Vois bloquée
- HO. l5. — APPAREIL A VOYANT
- l’aiguille, et divisé en 2 cases; à gauche « voie occupée » sur fond rouge, à droite « voie libre » sur fond blanc ou vert; suivant que l’aiguille s’incline à droite ou à gauche, l’une ou l’autre de ces inscriptions vient apparaître derrière le guichet de l’appareil (fig. i5). Quand l’aiguille est verticale, on voit à la fois la moitié de chacune des deux inscriptions : l’appareil est alors au repos. La déviation de l’aiguille est obtenue au moyen de poussoirs à ressort, placés latéralement et que l’on fixe dans leur position au moyen de clavettes retenues par de petites chaînes.
- Cet appareil est aux précédents ce qu’une boussole ordinaire qui donne ses indications sur une carte fixe, est cà une boussole marine dont la carte est fixée sur l’aiguille et se meut avec elle. Mais il présente les mêmes défauts et n’est pas moins délicat.
- est établi et un coup de timbre se fait entendre. L’une des sonneries s’applique à la voie montante, l’autre à la voie descendante.
- Cela posé, on convient, d’après un code établ à l’avance, que le départ d’un train montant est annoncé par un coup de timbre, le départ d’un
- SYSTÈME YVALIŒR.
- C’est un Block System purement acoustique, que l’auteur a depuis simplifié par l’adjonction d’un appareil indicateur à cadran.
- Dans le principe, l’organisation appliquée, en
- F.G. l6. — TIMBRE YVALKEIt
- FIG. IJ. — BOUTON D’APPEL
- i852,surle South Eastern, consistait dans l’installation, à chaque poste intermédiaire, de deux timbres électriques (fig. 16) ayant chacun un son différent et de deux boutons à ressort (fig. 17) servant à interrompre ou cà rétablir le circuit électrique. A chaque pression sur le bouton, le circuit
- FIC. K). — MÉCANISME INTERIEUR DU MANIPULATEUR
- train descendant par deux coups, et l’arrivée d’un train par trois coups, quel que soit le sens de la marche du train.
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- 4io
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- En dehors de ces signaux usuels, on admet cinq coups pour le signal « voie obstruée », 6 coups pour « vérification d'appareils ». Enfin, tout signal transmis d’un poste à un autre doit être répété par celui qui le reçoit, et inscrit sur un registre spécial, avec l’indication exacte de l’heure de transmission ou de réception.
- Des sonneries répétitrices, sans bouton, sont quelquefois installées dans les guérites des gardes-barrières des passages à niveau, intéressés à connaître l’état de la circulation sur la ligne.
- Bien que ce système soit tout à fait primitif et que les nécessités du trafic exigent souvent un grand nombre de coups de timbre successifs, l’ouïe des agents est tellement exercée qu’ils ne commettent, paraît-il, que de très rares méprises.
- MANIPULATEUR DE L*APPAREIL WALKER
- FIG. 20.
- Cependant, pour éviter les erreurs, surtout quand il y a un certain nombre de directions aboutissant à un poste, comme à Cannon Street, par exemple, M. Walker a adjoint au système acoustique dont il vient d’être question, un « train describer » qui indique optiquement la provenance du train, tandis que le sens de la marche continue à être annoncé à coups de timbre.
- L’appareil se compose d’un transmetteur et d’un récepteur réunis par un seul fil aérien. Ce sont deux boîtes cylindriques munies, sur leur face supérieure, d’un cadran bleu sur lequel des disques en tôle ou en carton, portant les indications requises, se détachent en blanc d’une manière très" lisible.
- La boîte du transmetteur porte à sa périphérie autant de manettes qu’il y a de phrases à transmettre (fig. 18); quand on veut transmettre une de ces phrases, il faut d’abord lever celui des le-
- viers qui correspond à cette phrase, puis abaisser celui en face duquel l’aiguille est au repos.
- A l’intérieur de la boîte du manipulateur se trouve un mouvement d’horlogerie (fig. 19), sur l’axe duquel est monté le levier A, muni à l’une de ses extrémités d’un petit butoir a. En soulevant un des leviers dont l’axe est indiqué sur la figure en traits pointillés, on arrête le butoir a et, par suite, le mouvement d’horlogerie. La rotation se transmet à un petit disque en laiton D (fig. 20), armé de chevilles en cuivre b qui, lorsque le disque tourne de droite à gauche, frottent contre un res-
- Train De
- Charles V. | Llker F R.S
- FIG. 21. — RÉCEPTEUR WALKER
- sort l et amènent le commutateur 0 en contact, de manière à donner naissance à un courant qui se transmet au récepteur.
- La boîte du récepteur représentée à la figure 21 contient un électro-aimant (fig. 22), avec une armature./ que commande un échappement à ancre g. Chaque fois qu’il y a une émission de courant, l’armature est attirée et fait avancer d’un cran la roue dentée; en même temps, l’aiguille indicatrice montée sur le même axe, avance elle-même d’une case sur le cadran.
- Ainsi, quand tous les leviers sont abaissés, l’aiguille tourne sans s’arrêter; si au contraire, on
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- relève un de ces leviers, elle s’arrête en face de lui.
- Le fonctionnement de cet appareil, qui a été essayé au chemin de fer du Nord, comme simple appareil de correspondance, est très lent; il ne faut pas moins de 3o à 40 secondes, pour que
- FIG. 22. — MÉCANISME DU RÉCEPTEUR NVALKER
- l’aiguille fasse un tour entier du cadran ; le mouvement d’horlogerie exige un remontage fréquent : enfin la mise en relation de deux postes nécessite l’emploi de 4 appareils, soit une dépense de 1 3oo francs, non compris le fil. On s’explique donc que l’application de ce système ait été limitée à quelques points spéciaux du South Eastern.
- L’appareil primitif se compose d’une boîte oblongue (fig. 23), dans le sens de la hauteur, portant un cadran avec deux aiguilles superposées, et, au-dessous de ce crfdran, deux poussoirs.
- A chaque poste, l’aiguille supérieure qui est peinte en noir, correspond aux trains expédiés par le poste, et l’aiguille blanche aux trains reçus par lui. Sur l’axe de chacune de ces aiguilles est fixée une armature de fer doux (fig. 24) qui oscille entre les pôles d’un aimant en fer à cheval, et elle s’incline vers l’un ou vers l’autre, suivant que l’électro-ai-mant qui la polarise reçoit, du manipulateur inverseur, un courant dans un sens ou dans l’autre.
- Après le passage d’un courant dans la bobine de l’électro-aimant, l’aiguille se maintient dans la position où elle a été amenée, ou dans laquelle
- 2n2
- A A
- FIG. 25. — POUSSOIRS TYER
- SYSTÈME TYER
- C’est un appareil à aiguilles, et, parmi ses congénères, c’est peut-être celui dont l’application
- TT
- t
- ir
- $
- 11
- * Montante t Train sur la voie j Voie libre § Descendante U Voie libre T Tram sur la voie
- (•) @
- FIG. 23
- APPAREIL TYER
- FIG. 24
- ÉLECTRO-AIMANT TYER
- s’est le plus répandue ; des chemins anglais où il a débuté, vers i852, il a traversé la Manche, et a été employé sur le réseau de Paris-Lyon-Méditerranée, où il est encore en usage aujourd’hui, avec quelques additions que nous indiquerons plus loin.
- elle est restée, par suite de l’adhérence de l’aimant naturel.
- Quant aux deux poussoirs, l’un sert pour la voie libre, l’autre pour ia voie occupée. Ce sont des touches A (fig. 25), munies, à l’intérieur de la boîte, de deux pièces allongées en ébonite E, sur chacune desquelles sont incrustées deux lames de contact en cuivre l, l’uue à gauche, l’autre à droite, Celles de ces lames qui sont voisines dans les deux poussoirs, sont munies de saillies disposées de manière à agir sur un ressort de contact L en communication avec le récepteur du poste correspondant; les lames extrêmes établissent la communication avec la terre T. Quatre autres lames CZ complètent l’inverseur et établissent les circuits comme l’a indiqué en détail M. le comte du Moncel, dans son traité des Applications de l'électricité (vol. IV, p. 496) (fig. 26).
- L’annonce de l’entrée du train dans la section se fait, par le poste expéditeur, au moyen d’un coup de sonnerie, qu’il donne en appuyant tantôt
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sur l’un, tantôt sur l’autre de ces poussoirs, suivant que l’aiguille rouge inférieure est inclinée dans un sens ou dans un autre.
- Quand le garde, prévenu de l’arrivée d’un train, appuie sur le bouton de gauche de son appareil, un courant négatif est envoyé et fait incliner du côté gauche l’aiguille noire du poste expéditeur et l’aiguille rouge de son appareil, ce qui indique que la voie est occupée. Pour donner la voie libre, le garde appuie, au contraire, sur le bouton de droite, ce qui a pour effet d’envoyer un courant
- 'ô. — VUE DES CONTACTS DE L’APPAREIL TVER
- positif et d’incliner les aiguilles en sens opposé, c’est-à-dire du côté droit.
- Ainsi, d’après ce système, c’est le poste récepteur qui bloque la section sur un simple avis du poste expéditeur, il ne la débloque ensuite qu’après avoir vu le train passer et après l’avoir préalablement annoncé au poste suivant.
- Ce n’est évidemment pas une bonne manière d’opérer que d’enlever à l’agent qui commande l’entrée d’une section le soin de la bloquer à l’aide des appareils électriques. Car, si le poste correspondant ne répond pas à son coup de sonnerie, l’aiguille des deux postes reste à voie libre, et quelque temps après le poste expéditeur peut donner l’entrée à un second train, croyant la section
- dégagée, tandis qu’en réalité elle ne l’est pas encore.
- En outre, pour transmettre le signal d’annonce, il faut appuyer sur le poussoir vers lequel l’aiguille inférieure est inclinée ; mais, par distraction, le garde peut se tromper de poussoir et changer alors la position des signaux, en débloquant indûment une section, ce qui enlève toute garantie de bon fonctionnement du block-system.
- Aussi, pour répondre à cette objection, a-t-on introduit, en 1867, sur le réseau de l’Ouest, une modification qui permet d’employer un poussoir spécial pour la sonnerie.
- A cet effet, on a ajouté à chacun des poussoirs de l’appareil primitif un crochet qui, lorsqu’on appuie sur l’un d’eux, peut tourner dans un sens ou dans l’autre une bascule intermédiaire, sur l’axe de laquelle est monté un commutateur circulaire, communiquant avec le manipulateur de sonnerie. Ce commutateur reste dans la position que lui a fait prendre le poussoir que l’on a pressé en dernier lieu, grâce à deux ressorts qui le serrent fortement, et sur lesquels appuie alternativement l’un ou l’autre des crochets. Dans ces conditions, on comprend, en recourant au besoin à la figure (') schématique 3q, qui indique la marche des courants, qu’en appuyant sur le poussoir spécial de la sonnerie, on envoie précisément un courant de même sens que celui du courant transmis en dernier lieu pour faire mouvoir l’aiguille inférieure. Celle-ci ne changera donc pas de position, malgré le nouveau courant transmis et on obtiendra le tintement de la sonnerie, sans modifier les signaux donnés par l’indicateur, ce qui était un point essentiel.
- La sonnerie elle-même a été modifiée, de manière que son tintement puisse s’arrêter après une certaine période de temps. C’est une trembleuse à mouvement continu et à came en double limaçon, qui se réenclenche automatiquement après un tour de roue, de manière qu’elle est prête à fonctionner quand un nouveau déclenchement est opéré par un courant de ligne.
- Système Tyer-Jousselin. — La Compagnie de Lyon a, de son côté, introduit un autre perfectionnement répondant à la même objection, et ayant pour effet de substituer à la sonnerie ordinaire un appareil spécial, appelé « Avertisseur Jousselin ».
- Cet avertisseur permet de passer télégraphiquement, d’un poste à l’autre, avec le courant même de l’appareil bloqueur, et sans toucher à son fonctionnement, une douzaine de signaux convenus,
- (’) La figure à laquelle nous renvoyons nos lecteurs se rapporte à une modification d’appareil, dont il sera question plus loin.
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- et parmi eux, celui de l’annonce d’un train, sans qu’il puisse y avoir erreur ou confusion dans l’envoi ou dans la réception de ces signaux.
- Il se compose de deux appareils, le récepteur et
- RÉCEPTEUR JOUÔSELIN
- le transmetteur. Le récepteur, dont la vue de lace est indiquée à la figure 27, et le mécanisme intérieur à la figure 28, se compose d’une boîte A por-
- VUE INTÉRIEURE DU RÉCEPTEUR'
- tant un cadran sur lequel se meut une aiguille I qui peut s’arrêter devant douze cases numérotées de 1 à 12, ou revenir à la croix. Cette aiguille est montée sur l’axe U d’un mouvement d’horlogerie,
- dont le déclenchement est commandé par la palette P d’un électro-aimant E.
- A chaque émission de courant produite par la manœuvre de l’appareil transmetteur, la palette
- 0Ol <K)
- "oo'T
- FIG. 29. — TRANSMETTEUR JOUSSELIN
- est attirée contre l’armature et, dès que le courant est interrompu, elle est ramenée à sa position primitive par un ressort antagoniste K. Dans l’inter-
- ITG. 30. — MÉCANISME DU TRANSMETTEUR
- valle de ces deux mouvements, le doigt de déclenchement N, que retenait une goupille fixée à son extrémité, fait, sous l’action du ressort d’horlogerie, une tévolution complète, en entraînant une
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- came en forme de limaçon L; celle-ci agissant à l’extrémité du levier C, du marteau M, le lance contre le timbre T, et lui fait frapper un coup.
- Le levier C est ainsi ramené, après chaque coup de timbre, à sa position normale par l’action du ressort O.
- Pendant cette révolution du limaçon, l’arbre sur lequel il est calé, et qui porte à son extrémité un pignon, fait avancer d’un intervalle de i3 dents correspondant à une division du cadran, la grande roue R commandant le déplacement angulaire de l’aiguille. Comme ce mouvement s’effectue à chaque émission de courant, l’aiguille avance chaque fois d’une division dans le même sens que les aiguilles d’une montre.
- Le ressort du mouvement d’horlogerie se détendant à chaque mouvement de l’aiguille, il suffit de ramener celle-ci à la croix pour remonter le ressort.
- L’appareil transmetteur se compose d’une boite méplate B (fig. 29), portant un guichet T devant lequel viennent successivement apparaître les cases d’un cadran K, mobile à l’intérieur de la boîte et portant une série de numéros de 1 à 12.
- Ce cadran est monté sur un axe o (fig. 3o) qui se meut à l’intérieur d’un ressort d’horlogerie, et qui porte une roue à rochet N, munie d’autant de dents qu’il y a de numéros sur le cadran. Le cliquet P, qui commande cette roue à rochet, est fixé à une manette L qui joue à la fois le rôle d’un commutateur électrique et mécanique.
- A chaque mouvement de la manette, on fait avancer la roue d’une dent et le cadran d’une division, en même temps qu’on envoie un courant électrique dans l’appareil récepteur, et que l’on bande le ressort d'horlogerie. Pour ramener le cadran à la croix, il suffit alors d’appuyer sur le levier de rappel S; on fait ainsi échapper le cli-
- FIG. 3l. — INSTALLATION DE DEUX POSTES DE BLOCK TYER-JOUSSELIN
- O ° O
- quet d’arrêt s et l’axe o, entraîné par le ressort bandé, tourne en sens inverse de la rotation qui lui avait été imprimée à la main, de sorte que le cadran revient automatiquement à la croix.
- Quand l’appareil Jousselin sert de complément au Block-System, cette manette est remplacée par le bouton de l’appareil Tyer, le transmetteur est alors installé à la base de la boîte de l’appareil Tyer, de sorte que l’installation complète pour deux postes consécutifs de double voie (l’un terminus, l’autre intermédiaire) est celle que représente schématiquement la figure 3i. A chaque poste intermédiaire, il y a deux appareils Tyer, et deux appareils Jousselin, l’un pour la correspondance avec le poste d’amont et l’autre pour celle avec le poste d’aval.
- Ainsi qu’on le voit, le mécanisme de ces appareils est simple et robuste ; il peut être manoeuvré même par des mains inexpérimentées, de même que l’indicateur Tyer. Mais il a un inconvénient, c’est d’être d’un usage assez lent, quand on veut passer un signal qui occupe l’une des dernières
- cases du cadran, parce que l’aiguille doit parcourir toutes les autres avant d’arriver à celle-là.
- Aussi a-t-on réservé les trois premières cases pour l’annonce des trains de voyageurs, de marchandises, et pour celle des machines isolées, signaux qui correspondent aux besoins ordinaires du Block System.
- Les neuf autres signaux sont relatifs à des incidents de service, dérive de wagon sur la voie, dé tresse de train, ordre de rentrer dans le circuit télégraphique, ordre d’arrêter et de visiter un train quand on s’est aperçu au passage qu’il présentait un chargement défectueux, annulation de signal, essai et vérification des appareils, enfin une série de communications qui n’ont qu’un rapport très indirect avec le Block System proprement dit.
- Appareils Tyer modifiés. — La disposition primitive de l’appareil Tyer, celle qui a été appliquée en France, sauf quelques légères modifications, s’écarte absolument des appareils plus récents que Tyer a fait breveter et établir sur plusieurs ré-
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- seaux, en Angleterre. La première modification, introduite en i863, a consisté dans la substitution aux aiguilles indicatrices d’un sémaphore à ailettes,
- FIü. 3s, — APPAREIL T VER A SÉMAFHORE-M1NIATU1U2
- en miniature, l’aile horizontale indiquant la voie fermée, l’aile inclinée à 45° indiquant la voie libre. En outre, pour répondre à la critique qui avait
- B K. ^
- l'IG. 33. — APPAREIL TYER A BOUTON D’ANNONCE SPÉCIAL
- été faite au sujet du dispositif employé pour l’annonce des trains à coup de sonnerie, critique qui, comme nous l’avons dit plus haut, portait sur ce
- que le garde pouvait se tromper de bouton et débloquer indûment une section, l’auteur a muni son appareil d’une plaque P (fig. 3c), pouvant s’abaisser ou se relever, en se fixant au crochet Q, de manière à ne jamais laisser à découvert que l’un des deux poussoirs H ou F, et toujours celui qui a servi en dernier lieu à lancer un courant pour rendre horizontale, soit l’aile supérieure s qui est noire, soit l’aile inférieure r qui est rouge.
- C’était déjà un perfectionnement, car à moins qu’il ne déplaçât intentionnellement la plaque, ou qu’il plongeât la main de manière à atteindre le poussoir masqué, le garde était naturellement porté à ne manœuvrer que celui de ces poussoirs qui était le plus apparent.
- Quoi qu’il en soit, pour éviter plus sûrement
- IhCJf
- ITG. 34. — DISPOSITION SCHÉMATIQUE DE L'APPAREIL TYER
- toute chance d’erreur, les appareils subséquents furent munis d’un bouton d’annonce spécial, actionnant la sonnerie du poste correspondant. Ce bouton est représenté en T à la figure 33, et il correspond à un commutateur spécial, dont la disposition rappelle celle dont il a été question plus haut, et qui joue le rôle d’un inverseur, de façon que le courant envoyé par le bouton de sonnerie soit toujours de même sens que celui lancé en dernier lieu, par l’un des poussoirs.
- La modification la plus radicale qu’ait subie l’appareil est celle qui a consisté dans la substitution d’électro-aimants ordinaires aux aimants primitifs.
- Les deux électro-aimants s et r (fig. 3q) sont sans cesse traversés dans le même sens par le courant de la pile B. Ils agissent donc par induction sur une pièce mobile en fer doux qui peut osciller entre les pôles des électro-aimants S et R. Cela posé, quand un courant venant du poste correspondant arrive par la ligne [L et traverse l’élee-
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- tro-aimant S avant d’aller à terre E par les bobines de relais M, s’il est de même sens que le courant émis en dernier lieu, il n’a d’autre effet que d’actionner la sonnerie W, c’est-à-dire d’annoncer un train. Dans le cas contraire, il déplace l’armature de fer doux qui va se coller contre l’autre pôle de l’électro-aimant S, et c’est l’aile noire de l’appareil qui devient horizontale.
- C’est le commutateur inverseur s qui permet d’obtenir ce résultat à l’aide du bouton T ; car si le garde appuie, par exemple dans le cas de la figure 84, sur le bouton F, cette manœuvre a pour effet de faire tourner le commutateur J au moyen du levier à bascule u v et les ressorts 8 et 16 changent leurs points de contact avec les deux segments isolés du commutateur circulaire J. Les ailes reviennent à voie libre dans les deux appareils, mais
- FIG. 35. — MODIFICATION DES ÉLECTRO-AIMANTS TYlill
- le commutateur J reste dans la position inverse de celle indiquée à la figure, grâce à la pression des ressorts p g. Dès lors, quand le garde appuie sur le bouton T pour annoncer un nouveau train, le courant qu’il lance a la même direction que s’il appuyait sur le poussoir F, c’est-à-dire que ce courant n’a absolument aucun effet sur les ailes. Cette disposition est à peu près celle à laquelle nous faisions allusion, quand nous indiquions les modifications apportées sur le réseau de l’Ouest à l’appareil Tyer.
- L’inventeur a encore apporté à la disposition des électro-aimants qui font mouvoir les ailes de son sémaphore miniature un dernier perfectionne-nement destiné à faire déceler, par l’appareil lui-même,les dérangements qui pourraient être causés par l’influence de l’électricité atmosphérique. La figure 35 indique l’addition, sur l’axe des ailes rs, de deux bagues d’acier r, c, formées de deux segments, polarisées par les sabots S,N,, S3N2 des
- noyaux d’acier de deux électro-aimants supplémentaires M,M2; ces électro-aimants ne sont intercalés dans le circuit des signaux échangés entre deux postes consécutifs, que quand le garde a appuyé sur un poussoir spécial, indiqué en v sur la figure 33, et auquel correspond un voyant placé au-dessous du sémaphore en miniature. Il en résulte que, lorsqu’on n’a pas poussé cette poignée, les courants se rendent directement au relai de la sonnerie qui ne donne qu’un coup de timbre. On est ainsi prévenu que le dérangement qui a pu se produire dans la position des ailes, n’est dû qu’à une influence étrangère à la volonté des gardes préposés à la manœuvre des appareils. Car, pour modifier la position des ailes, ceux-ci auraient eu recours à la poignée spéciale et donné deux coups de timbre au lieu d’un seul.
- Tout cela est assez compliqué et malaisé à faire comprendre. Nous ne croyons pas utile d’insister sur des dispositions qui sont de moins en moins pratiques, à mesure qu’elles deviennent plus ingénieuses. Elles se ressentent toutes du vice originel de ce système, qui n’est qu’un appareil de Block simple, et pour faire tant que de le modifier, il vaut mieux le transformer en un appareil de Block interlocking; c’est ce qu’a fait l’auteur et nous le retrouverons plus loin, lorsque nous passerons en revue d’autres catégories d’appareils plus parfaits.
- (A suivre.) M. Cossmann.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (*)
- LES
- APPAREILS ÉLECTRO - MÉDICAUX
- Les instruments destinés à l’application de l’électricité à la médecine étaient relativement en grand nombre à l’Exposition de Philadelphie. Ce genre d’appareils est, paraît-il, fort en faveur aux Etats-Unis, où l’on aime à se traiter soi-même et où l’on a volontiers dans les ménages un appareil à électrisation. C’est ce qu’indique, du reste, bien le titre de boîte de famille donné par les constructeurs à certains de leurs instruments.
- Les appareils d’électrisation médicale peuvent se diviser en deux groupes : ceux qui reposent sur l’emploi de la bobine d’induction et ceux qui utilisent le courant continu.
- Les appareils du premier groupe se composaient généralement de la simple réunion, dans une boîte à poignée, d’un élément de pile et d'une bobine
- f1) Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- d’induction, souvent dissimulée dans un compartiment de la boîte et ne présentant au dehors que ses organes essentiels.
- monter ou se descendre, à l’aide d’une manivelle qui, elle-même, commande une vis, comme on voit sur la figure.
- Dans une seconde disposition (fig. 2) établie
- FIG. 3
- Parmi les mieux construits des instruments de ce type, nous citerons deux boîtes exposées par la Western Electric Manufacluring C°.
- FIG. 2
- Le premier (fig. 1) contient, en avant, la bobine, sous laquelle se trouvent placés les accessoires, et, en arrière, un élément de pile dont le zinc peut se
- par la même maison, la pile n’est pas fermée, elle est à l’air libre, c'est une simple pile à sulfate de cuivre, de forme rectangulaire.
- Les appareils d’induction faradique ont cependant donné lieu à des combinaisons destinées à les réduire à de très petites dimensions. Dans ce genre
- FIG. 4
- il y avait à l’Exposition de Philadelphie deux appareils que nous croyons devoir citer pour leur originalité.
- La première de ces deux combinaisons désignées
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- sous le nom de Cylindre form battery (fig. 3) se compose d’un tube d’environ 20 cent, de long, lequel contient : d’un côté une pile, de l'autre une
- FIG. 5
- petite bobine d’induction représentée à part dans la figure.
- La marche de la petite bobine peut être réglée
- FIG. 6
- de l’extérieur à l’aide d’un bouton saillant. Enfin, sur les extrémités du tube se placent les deux poignées de métal destinées à l’application des 'courants.
- Le deuxième arrangement se présente sous uné forme assez bizarre (fig. 4). L’inventeur a cherché à combiner l’application de l’électricité avec lés exercices gymnastiques ; nous ne pouvons dire quelle est la valeur de cette idée ; elle a conduit M. W. T. Mac Ginnis à donner à son appareil la forme d’une haltère renfermant à l’intérieur son appareil d’induction. Le trembleur est renfermé dans l’une des boules, la pile dans l’autre. Ainsi disposé et ses poignées étant placées comme dans
- ’ FIG. 7
- les autres systèmes, l’appareil sert pour les applications ordinaires.
- Pour combiner avec l’action électrique les exercices gymnastiques, l’inventeur se sert de deux de ces haltères qu’il réunit par un fil conducteur de manière que des lames métalliques fixées sur la 'partie centrale se trouvent être les deux électrodes de l’appareil d’induction. La personne qui se sert de l’instrument reçoit ainsi des courants interrompus de force réglable en même temps qu’elle exerce ses muscles.
- Parmi les appareils à courant continu, nous mentionnerons d’abord un modèle très simple, de la construction de M. Flemming.
- Dans ce modèle (fig. 5), les zincs et char-
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- bons sont suspendus à une plaque d’ébonite, le vase rectangulaire contenant le liquide est placé au-dessous, de sorte que les éléments ne plongent pas. On élève ce vase au moyen d’une sorte de levier faisant pédale, ce qui est très pratique. Cette pile est destinée à être employée avec les galvano-cautères.
- Le plus souvent, dans les appareils exposés, la pile à courant continu était combinée dans une même boîte ou un même meuble.
- Une de ces combinaisons, construite par la
- FIG. 8
- Western Electric Manufacturing C° est représentée par la figure 7.
- Les éléments sont disposés dans le bas de l’appareil et une manette venant toucher des contacts circulaires permet d’en prendre un nombre voulu. La bobine est, comme dans les autres appareils des mêmes constructeurs, en évidence sur la partie antérieure de la boîte. Un galvanomètre et un rhéostat complètent l’appareil.
- L’appareil mixte de M. Flemnung (fig. 6) repro duit deux piles à courant continu dans le genre de celle que nous avons décrite plus haut, mais on lève les vases contenant le liquide à l’aide de tiges, ce qui est moins bon que la pédale. L’appareil
- d’induction comprend un élément de pile spécial à fermeture hermétique, et une bobine dissimulée dans un compartiment de la boîte.
- Une disposition analogue à cette dernière se retrouve dans le grand modèle de M. Flemming (fig. 8). Pour les piles à courant continu, le constructeur a de nouveau adopté la pédale et muni les deux piles de commutateurs Planté, permettant de les grouper, soit en tension, soit en quantité.
- A côté de ces principaux appareils, nous pourrons citer encore certains dispositifs tels que baignoires ou bains de siège électriques, systèmes pour combiner l’action de la vapeur avec celle de l’électricité, etc. ; ces dispositions sont peu importantes ; il nous suffira d’avoir donné, pour l’édification de nos constructeurs, les principaux types d’appareils électro-médicaux représentés à Philadelphie.
- Aug. Güerout.
- LETTRE A MONSIEUR CLAUSIUS
- A Monsieur le professeur Clausius, doyen de la faculté de Bonn.
- Monsieur et honoré maître,
- Quelques étudiants électriciens français, après avoir lu le discours que la Lumière Electrique a publié le 9 mai dernier, ont pensé que vous accueillerez avec indulgence leurs humbles doutes sur l’existence réelle de l’éther, et s’estimeront heureux si vous les honorez d’un mot de réponse..
- C’est une bonne fortuné pour nous, quand un professeur justement vénéré, ose aborder un sujet aussi délicat que celui de l’essence même des grands agents de la nature.
- Vous nous expliquez excellemment comment Huygens, un Hollandais de génie, aperçut le premier les analogies admises aujourd’hui entre les phénomènes sonores et les phénomènes lumineux, grâce à l’hypothèse d’un fluide impondérable élastique qu’on appela Y éther, et qui pénétrerait indistinctement tous les corps solides, liquides ou gazeux, et serait également présent dans ce qu’on est convenu d’appeler le vide. Les atomes matériels paraissaient, dites-vous, à Huygens trop peu subtiles, pour transmettre directement au nerf optique ce mouvement vibratoire si délicat, se transformant en une impression que nous désignons par le terme voir.
- N’y a-t-il pas là, cher maître, une accusation de grossièreté un peu téméraire à l’égard des atomes matériels?
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- Nul jusqu’à présent n’a osé mesurer ni un atome ni une distance atomique, et c’est surtout à la loi des équivalents qu’on doit la foi universelle aujourd’hui, en la réalité des atomes ayant un poids spécial pour chaque corps simple, et permettant de calculer d’avance le rapport du poids d’un certain nombre d’atomes, au poids d'un nombre correspondant de molécules, dont chacune est réputée composée d’une façon simple, par les atomes élémentaires.
- Remplacez la théorie atomique par l’hypothèse de la divisibilité indéfinie de la matière, et la chimie tout entière s’effondre sous des montagnes d’invraisemblances.
- Nous partageons certainement avec vous, cher maître, la foi atomique, mais nous n’admettons pas l’accusation de grossièreté et de manque de subtilité portée par Huygens contre la matière pondérable; nous la croyons capable de se prêter d’elle-même à la propagation des vibrations lumineuses, caloriques ou électriques, aussi facilement et mieux même, quand il s’agit de certains corps, qu’elle ne se prête à la propagation sonore.
- L’air dilaté, au point d’avoir pour force élastique un vingt millionième d’atmosphère, ce que le professeur Crookes appelait l’état radiant, ce que d’autres appellent l’état ultra-gazeux, ce que d’autres encore appellent le vide, n’étonne-t-il pas tous les jours les physiciens par sa conductibilité électrique comparable à celle des meilleurs métaux?
- Avouons que si après Huygens, Newton a pu ramener le monde savant à la théorie de l’émission, c’est que la croyance newtonienne en une certaine matière dite lumineuse, assez subtile pour traverser indifféremment le vide, l’air, les liquides purs, certains cristaux, toutes les matières dites transparentes et particulièrement le verre, n’était guère plus déraisonnable que la croyance à l’éther de Huygens, c’est-à-dire à une matière également subtile, au point d’avoir élu d’avance et indifféremment domicile, non seulement dans le vide où il ne semble pas trop déplacé, mais encore dans tout ce que l’univers- contient de solides, de liquides, de gaz ou d’ultra-gaz.
- Nous n’en sommes pas moins heureux de voir le doyen d’une des plus célèbres universités, secouer par un brillant discours, l’indifférence des prétendants à la science, beaucoup plus préoccupés, quoi qu’ils en disent, de leurs intérêts matériels que de xa recherche des grands mystères de la matière.
- Après avoir osé troubler votre recueillement, nous vous devons une confession aussi complète que possible de nos idées en physique, et nous allons humblement essayer de la faire, espérant qu’avant de nous condamner, vous daignerez quel-
- ques instants, regarder la nature avec notre lorgnette.
- Le chant, la musique et les modulations les plus délicates de la voix, se transmettent à des distances de plusieurs kilomètres grâce à la propagation le long d’une grossière ficelle, de séries de vibrations dont la variété intensive et le nombre par seconde, calculable aujourd’hui, avait donné à nos arrière grands-pères l’idée de qualifier le son de fluide-impondérable. On avait certainement songé jadis a cette hypothèse dont on retrouve des traces dans les admirables leçons de physique de l’abbé Nollet. Pour le son, c’est donc bien fini, on admet sans conteste aujourd’hui l’action unique des vibrations matérielles, elles sont du reste dans certains cas, sensibles au toucher et à la vue.
- Pour la chaleur que constate-t-on en étudiant la physique? D’abord l’accroissement de volume d’un corps à mesure qu’on élève sa température ; n’est-il pas vraisemblable d’admettre, qu’en renforçant l’étit vibratoire d’un corps dont les atomes s’éloigneraient et se rapprocheraient sans cesse, on doive augmenter 1a distance moyenne atomique et par conséquent le volume du corps. En général si la température augmente indéfiniment, le corps change d’état, de solide il devient liquide, de liquide il devient gazeux, souvent il se décompose, la distance entre les atomes hétérogènes devenant trop grande pour que le groupement qui constitue la molécule soit conservé.
- Le froid, c’est-à-dire l’absorption par les corps environnants, de l’énergie vibratoire moléculaire du corps envisagé, produit les phénomènes in- verse s. •-
- L’égalité entre les calories disparues et le travail produit est ce qu’on appelle aujourd’hui équivalence mécanique du travail et de la chaleur. Les calories représentent doitc bien la somme des énergies vibratoites de chaque atome.
- Les doutes à cet égard semblent maintenant complètement disparus des cours de physique. Quant à l’électricité dite statique, il est bien évident que c’est à l’enthousiasme produit par la découverte des acides et des bases, dont la combinaison donnait des sels plus ou moins neutres, qu’est due la supposition des trois fluides delxos grands papas; le fluide vitré, le fluide résineux leur semblaient en se combinant produire le fluide neutre dont le monde était soi-disant rempli. .Le changement de nom du fluide vitré en fluide pôsitif et du fluide résineux en fluide négatif n’a pas sauvé ces diverses entités, d’une déchéance qui sera bientôt l’oubli.
- Les phénomènes désignés sous le nom de courants, auxquels Galvani et Volta ont attaché leur nom d’une façon impérissable, furent d’âbord attribués à un fluide en mouvement ; or, du moment qu’on admet l’existence d’un fluide quelconque,
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- fût-il l’éther de Huygens, rien n’empêche plus de lui supposer des propriétés plus invraisemblables les unes que les autres.
- Certains professeurs enseignent résolument qu’un courant est une circulation à travers un tube plein, d’une certaine quantité d’électricité, et on se figure volontiers que ça n’engage à rien d’affirmer devant la jeunesse, de pareilles invraisemblances. Il faut bien, dit-on, matérialiser le raisonnement. Nous pensons, nous, que cela est très regrettable d’entendre dire : « Quelle que soit la nature de l'électricité, j'en prends une certaine quantité, que j'appelle m, » attendu que c’est affirmer que l’électricité est, en tous cas, une matière quelconque, et une fois la craie en main, on a bientôt couvert le tableau de formules qui ne satisfont généralement que celui qui les a écrites. Nous avons pensé plus admissible de supposer que le soi-disant courant électrique n’était qu'un mouvement vibratoire du fil métallique qu’on appelle le conducteur.
- Nous pensons pourtant que ce mouvement vibratoire n’est pas isochrone comme celui qui se produit dans une tige dont un des bouts est fortement chauffé ('), mais plutôt un mouvement boiteux, c'est-à-dire que des deux mouvements opposés imperceptibles constituant la vibration, l’un est beaucoup plus rapide que l’autre; la vibration dite électrique semble différer en outre de la vibration calorique en ce qu’elle exige la fermeture du circuit vibrant ou la fixation de ses deux extrémités à une masse commune, la terre, comme une corde de piano exige pour vibrer qu’elle soit tendue entre deux-points massifs.
- La figure i représente la forme très agrandie de la courbe que produirait, en prenant le temps comme abscisse et l’amplitude comme ordonnée, la projection d’un point d’un conducteur vertical réputé traversé par un courant ayant le sens de la flèche.
- L’inégalité d’usure des charbons d’un arc voltaïque s’explique naturellement dans le cas de la figure i, la quantité de poussière charbonneuse
- (‘) Si au lieif d’une barre on en prend deux parallèles, qu’on ait soudé ou rivé ensemble les bouts chauffés, il suffît de réunir les bouts froids par un conducteur pour constater dans ce conducteur tous les phénomènes électriques attribués à un courant de fluide.
- La seule explication vraisemblable de ce phénomène électrique, selon nous, est que.le soi-disant courant n’est autre chose qu’un mouvement vibratoire boiteux, résultant des deux mouvements vibratoires caloriques antagonistes, produits par réchauffement progressif particulier à chacune des barres hétérogènes ; le nombre des vibrations électriques doit être quelque chose comme le plus petit commum multiple des nombres de vibrations des deux barres.
- C’est à une combinaison arithmétique semblable que nous attribuons la fusibilité à basse température de certains alliages (métal d’Areet).
- projetée par chacun des deux charbons n’étant pas la même.
- La figure 2 représente la vibration électrique dite courant alternatif, l’égalité de dépense des poussières charbonneuses dont la vibration constitue le phénomène lumineux, s’explique alors très facilement par l’examen de la courbe.
- Comme vous le dites excellemment, c’est Ampère qui, en démontrant les lois d’attraction et de répulsion des soi-disants courants, a fait disparaître pour toujours les fluides magnétiques et diama-
- FIG. I
- gnétiques, et l’on est stupéfié quand on se rappelle que huit jours lui ont suffi pour concevoir et réaliser ses immortelles expériences.
- Un fait inexplicable pour nous et sur lequel nous appelons l’attention et l’activité savante de nos collègues du monde entier, c’est la parité constante des vibrations et des attractions ou répulsions ; il semble qu’il ne saurait y avoir attraction sans vibration et réciproquement. Les expériences du docteur Guyot (Paris, i8j5), qui attirait les pendules de sureau avec un diapason en vibration, celles du professeur Dworak, dePrague, et surtout celles du professeur Bjerknes, de Christiania, décrites dans La Lumière Electrique en 1881, sont des démonstrations irréfutables de l’équivalence du pouvoir attractif des corps et de leur état vibratoire, mais le pourquoi en est encore à trouver. Le
- FIG. 2
- jour prochain peut-être, où nous connaîtrons le poids d’un atome et le nombre des vibrations par seconde, correspondant à ce qu’aujourd'hui on nomme une tension, les mesures électriques prendront un caractère de précision absolument mécanique.
- On montrera aux élèves le joli appareil à billes' d’ivoire employé déjà à démontrer l’inertie de la matière, on fera voir la bille de droite, par exemple, provoquant par sa chute le relèvement de la bille de gauche et réciproquement, et on compa-
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- rera la série des billes, à une file d’atomes d’un conducteur électrique, on étudiera au point de vue mécanique l’énergie maxima, dont chaque bille est détentrice, à un moment donné, on montrera que cette énergie a pour mesure la fraction de kilogrammètre représentée par la hauteur verticale à laquelle a été élevée la première bille, multipliée par le poids de cette bille, cette énergie représentée, soit par P h,
- soit par^p ou passe par choc, de la première à la seconde bille, de la seconde à la troisième, et ainsi de suite, c’est un transport d’énergie qui se retrouve presque entièrement dans la fraction de kilogrammètre correspondant à la hauteur à laquelle s’élève la dernière bille. Or, si au lieu d’employer comme source d’énergie, la chute de la première bille, vous employez un petit marteau d’ivoire du même poids et ayant au moment du choc la même vitesse et que vous supposiez votre
- marteau vibrant très rapidement, vous aurez, dans un temps donné, transporté à l’extrémité de
- votre file de billes, l’énergie de votre marteau multipliée par le nombre N de coups de marteau. Il en serait de même pour la série d’atomes constituant un conducteur, seulement comme un conducteur peut être assimilé à un faisceau de lignes d’atomes, il faudra pour avoir la valeur de l’énergie transportée, prendre le poids de la somme des atomes contenus dans une tranche normale n’ayant que l’épaisseur d’un atome, si p est le poids d’un atome,2 p sera le poids de la tranche, si v est la vitesse maxima du mouvement vibratoire atomique considéré, sera l’énergie d’une tranche, et la
- “ es
- somme de l’énergie transportée électriquement sera 2^X N, le nombre des vibrations.
- Eh bien ! nous avons déjà baptisé ampère Yj t>~ et volt le nombre N. Pour avoir le watt, c’est-à-
- dire le travail réel transporté électriquement, nous n’aurons, nous aussi, qu’à multiplier les ampères par les volts, seulement comme les humbles de la science, les ingénieurs, sont plus familiarisés avec es kilogrammètres qu’avec les watts, nos watts seront dix fois plus grands que les watts de la commission des mesures, et pour ne pas courber le front sous le reproche, qu’on ne manquerait pas de nous faire, d’avoir des résultats variables .avec la latitude, nous emploierons comme coefficient de
- précision^, g étant l’accélération de la pesanteur
- dans le lieu considéré, chiffre connu d’avance pour tous les points du globe.
- Nous avons expliqué tout à l’heure en note, comment deux vibrations caloriques distinctes pouvaient produire une vibration boiteuse, c’est-à-dire électrique, réciproquement l’énergie sous forme électrique, peut devenir calorique au point de rougir et même de fondre le conducteur lui-même, lorsque le nombre d’ampères est trop considérable pour le diamètre du conducteur. Supposons en effet deux machines Gramme, une génératrice et une réceptrice, servant à transporter un cheval-vapeur, le lien matériel entre les deux machines est, non pas une courroie ('), mais un circuit vibrant formé par un fil de cuivre d’un millimètre carré de section d’aspect immobile, il faut d’après ce que nous venons de dire, qu’une tranche atomique d’un millimètre carré de surface et d’un atome d’épaisseur porte en elle par son mouvement vibratoire une énergie de 75 kilogrammètres divisés par le nombre N des vibrations par seconde (notre volt à nous), or si ce quotient était trop grand pour la section du fil, l’amplitude du mouvement vibratoire deviendrait comparable à celle des mouvements vibratoires caloriques, donc le fil s’échaufferait, c’est-à-dire que ses atomes s’écarteraient au point d’acquérir la mobilité relative produite par la fusion.
- Aussi lorsqu’on cherche à transporter électriquement une grande énergie à distance, à l’aide d’un conducteur de faible diamètre, la difficulté consiste-t-elle à exécuter des machines produisant par induction et grâce à certaines méthodes d’enroulement, un mouvement vibratoire ultra rapide d’un nombre considérable de volts, de façon à ce que les ampères c’est-à-dire la puissance vive d’une tranche moléculaire n’atteigne pas l’importance qui comme nous l’expliquions plus haut, produirait une amplitude vibratoire exagérée c’est-à-dire la fusion du conducteur. S’il suffit de quelques ampères pour désagréger la matière, le
- (>) Quand deux poulies reliées par une courroie servent • à transporter un cheval-vapeur la tensiou de la courroie en kilos mesurée au dynamomètre, et multipliée par le chemin parcouru en une seconde par un point quelconque de la courroie, donne exactement ?5 kilogrammètres.
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- nombre de vibrations par seconde dont la matière est susceptible, c’est-à-dire le volt, n’a pas de limite connue. On sait déjà que vers 5oooo par seconde les phénomènes acoustiques disparaissent, C’est évidemment bien au delà de ce nombre qu’on comptera un jour les vibrations caloriques, électriques ou lumineuses.
- Lorsque le mouvement vibratoire électrique est produit par une pile, et nous prendrons comme exemple celle de Volta, c’est le nombre d'atomes de zinc dissous par seconde sur un même point de l’électrode qui donne la cadence du mouvement; c’est pourquoi les dimensions de la pile ne modifient en rien le nombre des volts. Lorsque, au contraire, vous couplez en tension des piles de Yolta, le nombre des volts est sensiblement proportionnel au nombre des éléments, et il devait en être ainsi, puisque les vibrations peuvent sans difficulté s’ajouter les unes aux autres; les ampères sont, par contre, proportionnels aux surfaces attaquées; réciproquement, les dépôts galvaniques sont proportionnels aux ampères. Lorsque l’électricité est produite par une machine Gramme, on constate que le nombre des volts, est sensiblement proportionnel au nombre de tours par seconde de l’anneau et par le même raisonnement que nous venons d’employer pour les piles, cela était évident à priori, seulement, ici, l’induction joue un rôle prépondérant; or, qu’est-ce ciue l’induction, sinon la réversibilité du mouvement attractif ou répulsif qui se produit sur deux fils plus ou moins parallèles dont le mouvement vibratoire boite dans le même sens ou en sens opposé.
- Le mouvement vibratoire de l’inducteur produit une attraction qui, dans l’induit, devient mouvement vibratoire, et si l’attraction est involontaire, le mouvement vibratoire induit est réciproque, il boite en sens opposé.
- Si vous doublez, par la vitesse de rotation de l’anneau, le nombre de fois qu’une spire induite s’approche d’une spire inductrice, vous doublerez évidemment le nombre de vibrations par seconde. PoggendorfF, dans sa bobine plus connue sous le nom de bobine Ruhmkorff, est arrivé à multiplier le nombre des vibrations de son fil primaire en l’enveloppant de spires très nombreuses d’un fil très fin; les vibrations produites dans plusieurs spires successives par une seule spire inductrice s’ajoutent naturellement, et il est arrivé ainsi à des phénomènes électriques de haute tension comparables à ceux des machines statiques, démontrant par là l’identité des soi disant fluides statiques et dynamiques, les premiers étant des vibrations superficielles que le frottement suffit souvent à produire, les seconds des vibrations prolondes longitudinales des conducteurs dont les extrémités sont reliées solidement entre elles ou fixées à une même masse, c’est-à-dire mises à la terre.
- Nous considérons,'bien entendu, les phénomènes lumineux comme des phénomènes vibratoires dont la tension, c’est-à-dire le volt ou le nombre de vibrations par seconde, est extraordinairement grand, et dont l’intensité, c’est-à-dire l’ampère ou la puissance vive d’une tranche atomique du milieu transmetteur, est infiniment petite, tellement que le produit de ces deux quantités reste une fraction de kilogrammètre infinitésimale, suffisante cependant pour causer un choc sur le nerf optique ou produire des échauffements ou des décompositions chimiques dont est née la photographie.
- Si délicat que soit le nerf optique, il nous a paru indispensable d’admettre que le choc nécessaire pour provoquer la sensation voir, fût comme le nerf lui-même d’essence matérielle et non éthérée.
- Les artistes peintres, quand ils parlent de la gamme des nuances, de l’accord ou de la cacophonie criarde produite par la juxtaposition de certaines couleurs, nous semblent avoir eu, comme Huygens, l’intuition du mouvement vibratoire lumineux, et nous ne différons de lui que parle choix des vibrateurs.
- Vous voyez, cher Maître, quë notre foi en la matière est assez raisonnée et assez profonde pour mériter un peu d’indulgence de la part de nos savants doyens, et nous comptons absolument sur la vôtre.
- Pour le groupe d’étudiants électriciens qui ont eu l’honneur de vous être présentés en 1881, et dont le cri de ralliement est : a bas l’étiier !
- L'un d'eux: Jules Bourdin.
- la
- LOCOMOTION ÉLECTRIQUE
- DES VOITURES DE- CHEMINS DE FER PAR LES ACCUMULATEURS P. NEZERAUX
- Dans les essais de traction électrique qui se sont faits en juin i883 de la place du Trône à la place de l’Etoile, au moyen des accumulateurs Faure, le relevé des galvanomètres a fait constater que le travail électrique dépensé pour une charge traînée de 10 tonnes a été en moyenne de 10 chevaux-heure pour ce trajet de 11 kilomètres qui s’est effectué en une heure. C’est en se basant sur cette donnée expérimentale de un cheval électrique par tonne et par heure et une capacité de 3o chevaux-heure par tonne d’accumulateurs que furent établis les calculs suivants :
- i° Qu’un truck-locomoteur de 8 tonnes portant tout le mécanisme de traction et 3 tonnes d’accu-
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- mulateurs traînerait durant 5 heures une voiture du poids de 7 tonnes en plein chargement ;
- 2° Que deux trucks semblables suffiraient par jour pour le service de chaque voiture;
- 3° Qu’enfin tous frais considérés : de force motrice, d’entretien et d’amortissement du capital engagé qui serait de 25ooo francs par voiture en service, le prix de revient par journée de voiture serait de 35 francs ;
- Si l’on admet que l’on ait fait en ce qui précède une estimation à peu près exacte, il est certain que les Compagnies de tramways auraient un grand avantage à faire la traction de leurs voitures au moyen des accumulateurs Faure, mais il est un point important sur lequel nous ne sommes pas d’accord avec ces calculs et qui détruit en partie les avantages qui semblent en ressortir : c’est que la capacité électrique d’une tonne d’accumulateurs Faure, comprenant, bien entendu, la matière utile (plomb), les boîtes et le liquide, et la quelle n’est pratique industriellement que pour
- de détente dans la force électromotrice, au lieu d’être de 3o chevaux-heure, n’est que de 7 chevaux 6. Il résulte, en effet, des expériences de plusieurs électriciens, notamment de MM. Monnier et Guitton, qui étaient loin d’être hostiles à l’affaire à laquelle nous faisons allusion, que la capacité industrielle d’une tonne de ces appareils, du même type que ceux qui ont servi à la traction, comprenait :
- 385 k. 5 de lames polaires;
- 422 5 de boîtes, liquide, borne, etc. ;
- 192 » de plomb spongieux ou matière travail-
- lante, est bien pour une décharge de 14 ampères 75, de 7 chevaux 6.
- Si l’on déduit 2 chevaux de ce chiffre, en raison de ce que la décharge des accumulateurs réunis en tension a été en moyenne de 40 ampères environ, et qu’entre cette intensité et celle de i5 ampères, il se fait, si l’on s’en rapporte aux résultats obtenus par MM. Fichet et Jousselin, une perte déplus de
- ^du travail électrique disponible, chaque tonne
- d’accumulateurs n’aurait fourni dans lesdites expériences que 5 chevaux-heure 6. Si, du reste, les résultats n’ont été constatés que sur un seul trajet, c’est parce que les appareils en partie épuisés n’étaient pas en état d’en fournir un second dans les mêmes conditions de puissance.
- Les résultats obtenus dans d’autres essais faits de la place du Trône au dépôt de la Compagnie des omnibus à Versailles, dont la distance est de 24 kilomètres environ et constatés également par MM. Monnier et Guitton, prouvent aussi que la capacité utilisable d'une tonne d’accumulateurs Faure dans l’application qu’on en a faite à la locomotion
- ! n’a pas été supérieure à 5 chevaux-heure 6, car le travail électrique fourni par les 3 200 kil. d’accumulateurs employés en cette circonstance a été pour tout ce trajet qui a duré 2 heures 20 minutes de 17 chevaux-heure 6, soit 5 chevaux-heure 5 par tonne à la vitesse de 10 kilomètres à l’heure.
- Il est certain cependant que ces appareils peuvent atteindre une capacité de 10 à 12 chevaux-heure par tonne, mais, dans ce cas, les plaques les moins résistantes à l’action chimique se suroxydent à ce point qu’elles ne présentent plus aucune solidité, ce n’est plus qu’une pâte molle que l’intensité du courant peut désagréger et répandre dans le liquide excitateur ce qui a pour effet de déterminer la polarisation immédiate des couples.
- Dans les susdits essais, il eût été nécessaire, pour estimer le travail dépensé d’une manière plus exacte, de faire le trajet aller et retour afin de ramener ainsi le travail électrique comme si le double parcours eût été en palier ; on a pu néanmoins, connaissant la différence de hauteur des points extrêmes, calculer approximativement le travail moyen qui aurait pu être ainsi de 0,87 de cheval électrique par tonne traînée.
- En admettant que la machine dynamique rendait en travail mécanique 70 p. 100 du travail fourni par les accumulateurs, le travail mécanique dépensé pour la traction aurait été de 0,69 de cheval par tonne traînée, soit une tonne 4,6 traînée par cheval à la vitesse de 10 kilomètres à l’heure.
- Si l’on se reporte à la traction des locomotives de chemins de fer qui traînent en palier 3 tonnes environ par cheval à la vitesse de 3o kilomètres, on voit que les moments dynamiques pour ces deux cas sont dans le rapport de 90 : 14,6; la traction de la voiture de tramways faite dans les expériences mentionnées, a donc coûté pour un même travail utile, environ 6 fois plus de force motrice que celle des wagons de chemins de fer.
- Si l’on estime à 5o 0/0 le surcroît de résistance des lignes de tramways qui est occasionné par les courbes nombreuses et de petit rayon, les démarrages fréquents et un plus mauvais entretien de la voie, le cheval mécanique traînera 3 tonnes et le cheval-électrique disponible aux bornes des accumulateurs 2 tonnes au lieu de 1 tonne comme les essais l’ont fait constater.
- Les deux chaînes de Galles et la courroie employées dans le mécanisme de traction attenant à la voiture expérimentée, sont des organes très défectueux de transmission qui ont certainement absorbé en pure perte une grande partie du travail ; quoi qu’il en soit et mâlgré l’efficacité d’un mécanisme très bien établi permettant la remorque de 2 tonnes par cheval-électrique, les trois tonnes d’accumulateurs Faure ne fourniraient encore que 2 heures à 2 heures 1/2 de marche.
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- La traction électrique des voitures de tramways peut se faire pourtant dans le sens qu’avaient en vue les administrateurs de l’affaire, mais à la condition que la capacité pratique d’une tonne d’accumulateurs soit au moins de i5 chevaux-heure électriques disponibles sous le régime de décharge qui convient à la locomotion et que les plaques positives des appareils aient pour cette capacité toute la solidité désirable. Mon accumulateur formé d’amalgames est actuellement le seul qui me paraisse susceptible de répondre pleinement aux difficultés de cet important problème :
- i° Parce qu’une tonne d’appareils de ce système comporte 565 kilog. de plomb spongieux ou matière travaillante, au lieu de 192 kilog. pour le système Faure, ce qui lui assure déjà par ce seul fait une capacité triple.
- 20 Parce que la solidité des plaques est incomparablement plus grande et qu’on peut de ce chef pousser plus loin la formation sans détruire la cohésion de la matière.
- 3° Parce qu’enfin la rapidité des décharges a moins d’influence sur le rendement qui atteint avec un débit de 1 ampère par kilog. de matière utile, 80 0/0 et plus du travail électrique fourni par la
- charge, et que la force électromotrice est de ^ à
- j^de volt supérieure à celle de l’autre système.
- La rapport des capacités pratiques entre les deux systèmes étant de 1 : 3 au moins, il s’ensuit que 3 tonnes d’accumulateurs de mon système suffiraient largement durant la demi-journée au service régulier d’une voiture dont le poids total serait de 10 tonnes.
- L’emploi d’un truck spécial du poids de 5 tonnes portant les accumulateurs, tout le mécanisme de traction faisant office de locomoteur serait évidemment un moyen très pratique, mais dans ce cas, afin d’avoir une marge plus grande dans le travail disponible, il faudrait pour le service d’un truck-locomoteur et indépendamment de celui-ci, disposer de deux chariots à roues très basses contenant chacun une série suffisante d’accumulateurs tout agencés, de façon à ce qu’au dépôt et presque instantanément on pût retirer du truck-locomoteur le chariot contenant les appareils épuisés pour le remplacer par celui des accumulateurs chargés; de cette manière un seul truck par voiture servirait indéfiniment puisqu’il suffirait, après épuisement plus ou moins grand des couples, de le conduire au dépôt pour faire une nouvelle provision de force. Cette manière d’opérer aurait, sans augmenter le matériel de traction, le grand avantage de ne point limiter le temps de marche d’un truck et de permettre, selon les besoins du service, d’aller en temps opportun faire la provision de force-motrice. Il y a des jours où les voitures sont bondées de voyageurs; dans ce cas la dépense de force étant
- plus considérable, on ferait au dépôt de plus fréquents voyages , on pourrait aussi et sans inconvénients dans les moments de presse mettre en service un plus grand nombre de voitures, car les machines ne sont pas comme les chevaux à l’écurie, ne consommant que lorsqu’elles travaillent, on pourrait en avoir un certain nombre en réserve pour les cas urgents.
- Dans les conditions qui précèdent, le trajet d’une voiture ordinaire étant environ de 100 kilomètres par jour, exigerait pour le poids total de 12 tonnes comprenant le poids de la voiture chargée et du truck, un travail électrique de 60 chevaux-heure et un travail mécanique de 100 chevaux-vapeur-heure pour la charge des accumulateurs, estimant que le travail électrique disponible pour la traction est de 60 0/0 de celui du moteur.
- Ainsi donc, tous frais considérés : de main-
- d’œuvre, de charbon, huile, entretien,....., etc.,
- un cheval-vapeur produit en grand ne coûtant pas 5 centimes l’heure, c’est ce prix 5 francs par jour que coûterait le travail moteur, et si l’on ajoute 3 francs pour l’entretien du graissage des machines et du truck, c’est en tout à 8 francs par voiture que reviendrait la force motrice remplaçant les chevaux.
- La locomotion directe des voitures de tramways peut aussi se faire au moyen des accumulateurs, mais seulement en chargeant ceux-ci aux en-tête de ligne de façon à ce que la charge, faite dans l’espace de temps qui existe entre l’arrivée et le départ d’une voiture, suffise amplement au parcours, de cette manière le poids des appareils se réduisant à 5oo kilog. environ au lieu de 3 tonnes, se logerait très facilement sous les banquettes et sans gêner en rien les voyageurs, et là charge à traîner dans ce cas n’étant plus que de 8 tonnes
- au lieu de 12 avec le truck, il y aurait^au moins d’économie de travail.
- Dans ce but, il serait indispensable de développer considérablement l’étendue de la surface d’ac tiou des accumulateurs tout en diminuant le nom bre et le poids des éléments ; ainsi par exemple 5o éléments du poids de 10 kilog. chacun réunis en tension fourniraient les 5 chevaux électriques "nécessaires pour remorquer la voiture ; si la décharge se faisait à une moyenne de 40 ampères ; or cette décharge aussi bien que la charge ne pouvant s’effectuer en bonnes conditions, qu’à raison de 1/2 à 1 ampère au plus par décimètre carré de plaques il en résulte que chaque élément de 10 kilog. devrait contenir des plaques d’une étendue totale de 40 à 80 décimètres carrés et d’un poids de 7 kilog. environ, le surplus comprenant le poids de la boîte et celui du liquide. Des plaques de 1 mill. 1/2 d’épaisseur formées avec des amalgames répondraient largement à ces conditions.
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- La charge des accumulateurs aux têtes de ligne pourrait se faire au moyen de deux bouts de ligne de rails parfaitement isolés du sol et de la ligne principale du parcours, et communiquant avec un générateur électrique établi dans le dépôt, de manière à ce que le courant de charge se fît dans les batteries au fur et à mesure et aussitôt après l’arrivée de chaque voiture sur ces rails, par l’effet d’un simple mouvement de commutation arrêtant d’une part le moteur dynamique et fermant d’autre part le circuit de la conduite sur les appareils.
- Cette manière d’opérer dispensant le conducteur de la voiture de s’occuper en rien de la charge des accumulateurs, serait d’une incomparable commodité.
- Les chevaux 11e seront certes pas seuls à être remplacés avantageusement par la locomotion électrique, au moyen des accumulateurs ; les locomotives à vapeur le seront aussi dans un avenir plus ou moins proche, à cause de leurs nombreux inconvénients, dont les principaux sont : l’explosion en permanence, l’entretien onéreux et difficile d’un mécanisme très compliqué, l’approvisionnement d’eau et de combustible toutes les quatre ou cinq heures de marche, la consommation inutile pendant la mise en pression, la perte de chaleur par le refroidissement de la chaudière quand cesse le service, le panache de vapeur, d’eau entraînée, de fumée, de gaz infectés et de grésillons qui sortent de la cheminée, se répandent sur les trains et incommodent les voyageurs , le travail pénible qu’exige le maintien de la pression de la vapeur et la responsabilité du mécanicien, à qui incombe la consommation limitée du combustible) et la sécurité du train.
- Avec la locomotion par les accumulateurs, au contraire, tous ces désavantages disparaissent, et si l’on tient compte de ce que la locomotive est un moteur qui consomme quatre fois plus de combustible qu’une machine fixe bien établie et que le moteur électrique, tout en ne rendant dans ce cas, en travail mécanique, que 40 0/0 de la machine fixe, serait encore dé 60 0/0 .plus économique que la locomotive à vapeur, on comprendra ce que l’avenir réserve aux accumulateurs électriques dans ce vaste champ de la locomotion.
- Les compagnies-existantes de chemins de fer ne se résoudront sans doute qu’à la longue à faire de la locomotion électrique, parce qu’elles n’ont guère à gagner qu’en bien-être pour les voyageurs et qu’il faudrait réformer une partie du matériel ; les nouvelles compagnies de chemins de fer ou de tramways, au contraire, ne devraient pas hésiter à employer la locomotion électrique.
- P. Nézeraux.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales Allemagne
- FORMATION DE L’ACIER ENTRE DEUX PÔLES DE CHARBON. — M. W. Hempel vient de faire des'recherches intéressantes pour déterminer les conditions dans lesquelles la carbonisation du fera lieu. Il a cherché à voir comment les différentes formes du carbone se comportent à l’égard du fer à une température élevée,
- On avait déjà prouvé, de manière à ne laisser aucun doute, que le carbone dans ses combinaisons gazeuses, hydrogène carburé, oxyde de carbone, etc., peut transformer le fer en acier à une température relativement basse ; mais quant au carbone solide et à son influence sur le fer, 011 se trouve en présence des données les plus contradictoires.
- M. Hempel a trouvé que le diamant transforme le fer en acier à une température beaucoup moins élevée (1 160 degrés) que les autres modifications du carbone (1400 degrés). Pour observer comment le carbone se comporte vis-à-vis du fer à la température la plus élevée dans laquelle le carbone élémentaire est gazeux, — une pièce de fer battu qui, d’après l’analyse, contenait 0,021 pour cent de carbone, 0,04 pour cent de silicium, et o,336 de manganèse fut placée entre les pôles d’une forte machine dynamo et fondue dans une atmosphère d’azote sous l’influence du courant électrique. Il se servit pour cette expérience d’un appareil dont la figure ci-jointe montre le dispositif.
- La cloche en verre e est placée dans la cloche en verre d. —d est rempli jusqu’en/avec du mercure, ce qui produit une fermeture hermétique. Toutes les deux cloches sont munies de bouchons ayant chacun deux trous. Le bouchon de la cloche e est traversé par une tige de charbon représentant le pôle négatif b et par le tuyau courbé à angle droit h ; le bouchon de la cloche d est traversé par un tuyau de verre large dans lequel se trouve la tige de charbon positive (cette disposition a pour but d’éviter le contact du charbon po-
- Note de la Rédaction. — Nous laissons l’entière responsabilité de ses calculs à M. Nézeraux; nous l’engageons toute-
- fois à réaliser d'abord un bon tricycle électrique, les acquéreurs ne lui manqueront pas.
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- sitif avec le mercure), et aussi par un tuyau en verre courbé à angle droit g. La tige de charbon positive est creusée en forme de soucoupe et sert de logement au fer. Au commencement de l’expérience, un courant d’azote est envoyé à travers l’appareil par les tuyaux g et h jusqu’à ce qu’on n’aperçoive plus aucune trace d’oxygène. Ensuite une pièce de fer battu est soumise à l’influence du courant électrique pendant plusieurs minutes, et on règle à la main la distance entre les tiges de charbon. Le fer est fondu en peu de secondes et forme une petite boule dont la structure, après l’in- j terruption de l’expérience, a été reconnue être celle du fer-blanc.
- l’éclat des lampes a incandescence. — Sur une demande faite par la commission électrotechnique de la Société polytechnique de Munich à l’Institut pour l’hygiène de la même ville, M. le docteur F. Reak a été chargé d’entreprendre dans le théâtre royal (qui est éclairé partout à la lumière électrique) des recherches relatives surtout à des mesures calorimétriques et photométriques. Mais a côté de ces recherches, qui ont donné une série de résultats fort intéressants, M. Reak a porté son attention et ses observations sur la question de l’éclat excessif, et quelquefois désagréable des lampes à incandescence.
- Dans le théâtre de Munich, presque toutes les lampes à incandescence sont munies de cloches en verre dépoli, de sorte qu’on n’est pas ébloui par la vue du filament incandescent, dont on ne voit qu’une image confuse, une surface brillante. Mais cet arrangement ne paraît pas avoir été dicté par des motifs d’hygiène, puisque les lampes dans plusieurs salles, et aussi dans les corridors, ne sont pas protégées de la même manière. Selon l'opinion de M. Reak, les lampes à incandescence non couvertes par une cloche en verre mat sont bien plus désavantageuses que des flammes au gaz ou au pétrole de la même intensité, c’est-à-dire qu’elles donnent lieu à un éblouissement de la vue beaucoup plus fort. Tout le monde sait que la vue des lampes à incandescence laisse une impression intense sur la rétine, même quand on ne les a regardées qu’en passant, sans les fixer. L’explication de ce fait est que deux sources de lumière donnant la même clarté, — par exemple un bec de gaz et une lampe à incandescence, — doivent avoir des éclats différents, si la surface brillante est plus grande dans un cas que dans l’autre. Pour donner la même clarté, la surface plus petite de la lampe à incandescence doit émettre une lumière plus intense que la surface plus grande d’une flamme de pétrole ou de gaz.
- Sur la rétine de l’œil il se forme une image de la surface brillante, qui irrite d’autant plus la rétine et dure d’autant plus longtemps que la source de lumière est plus intense. A l’occasion de l’exposi-
- tion internationale électrique de Munich, le prof. Voit, de Munich, avait fait un tableau qui représentait le degré d’éclat de différentes sources de lumière. Par « éclat d’une source de lumière » on désigne la quantité de lumière émise par une unité de surface (1 millimètre carré), en supposant que chaque particule de la surface émette la même quantité. M. Voit a trouvé par millimètre carré de surface éclairante :
- Pour un bec de gaz à uu trou, une quantité
- de lumière de 0,006 bougie.
- — bec Argaud, — o.oo3
- — une lampe à incandescence, — 0,4 —
- — lampe à arc, —• 4,84 —
- Donc la lumière d’une lampe à incandescence est i33 i/3 fois plus intense que celle d’une flamme Argaud. Mais cette différence n’est pas, à beaucoup près, si grande au point de vue de l’action sur l’œil. La partie de la cloche de verre qui est entre le fil de charbon et l’œil du spectateur réfléchit de la lumière en. arrière. Cette lumière est réfléchie encore une fois par la partie de la cloche en verre derrière le fil, de sorte que, en fin de compte, toute la quantité de lumière est distribuée sur une surface beaucoup plus grande que celle du fil brillant seul, et que l’intensité de l’éclat en est diminuée dans une très foite mesure.
- Si le filament n’était pas entouré par un globe de verre, mais s’il pouvait luire exposé à l’air, — son éclat serait bien plus fort — (0,4 bougie pour un millimètre cairé). On a trouvé ce dernier chiffre en mesurant directement le filament de charbon non incandescent.
- La surface brillante de la lampe Swan est composée du fil de charbon incandescent et de la lumière réfléchie par le globe derrière le fil, formant la quantité de lumière reconnaissable par voie pho-tométrique. L’image réfléchie paraît presque aussi intense, mais plus petite- d’un tiers, que le filament incandescent. Donc il est facile de calculer combien de fois l’éclat de l’image totale est moindre que ne serait celui du fil de charbon incandescent seul. Si l’on désigne par 3 la surface brillante du charbon, l’image réfléchie sera 2 (d’après ce qui vient d’ètre dit), donc l’image totale sera 5. Si maintenant l’éclat du fil de charbon seul est de 0,4 bougie par millimètre carré (ce qu’affirme M. Voit) l’éclat pour notre œil de l’image totale ne sera que les3/5 de cette intensité, c’est-à-dire 0,24 par millimètre carré — puisque l’éclat de deux surfaces émettant la même clarté est inversement proportionnel à l’aire de ces surfaces.
- Dans la flamme Argaud employée comme terme de comparaison, l’image réfléchie par la partie du cylindre derrière la flamme coïncide avec la surface brillante, de sorte qu’on n’a pas besoin de réduction. Donc le rapport entre la flamme Argaud et la
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- lampe à incandescence est réduit ainsi de 3 : 400 à 3 : 240 — c’est-à-dire à 1 : 80.
- Mais encore une autre réduction est nécessaire pour les lampes à incandescence à cause de la dispersion des couleurs. Le filament brillant paraît beaucoup plus large que le filament non brillant. M. Realc explique ce fait par la réfrangibilité différente des rayons de différentes couleurs dont la lumière à incandescence est composée, et que notre œil ne voit que comme cercles de dispersion. Si on regarde le fil de charbon incandescent à travers un verre coloré, le fil brillant paraît beaucoup plus mince. Selon le calcul de M. Reak la surface brillante paraît 4,688 fois plus large qu’elle ne l’est en vérité, et perd juste autant en éclat. Donc l’éclat de la lampe à incandescence est réduit de 0,24 à o,o5i pour un millimètre carré, et par suite le rapport entre cette lumière et celle d’une flamme Argand tombe à 1 : 17. Des recherches poursuivies ont même donné le rapport 1 : 11,8 ou même 1:7.
- La perte de lumière, qu’on doit considérer par-dessus le marché, varie beaucoup selon le matériel employé. Le verre mat l’amoindrit jusqu’à soixante pour cent, le verre corrodé par l’acide fluorhydrique jusqu’à trente pour cent. D’après les recherches que M. Reak a faites avec les lampes du théâtre de Munich, il est probable que la perte de lumière par un globe en verre mat est de vingt-trois pour cent au minimum. Le tableau suivant contient les résultats obtenus :
- LUMIÈRE DE LA L^MPE
- Sans globe. Avec globe. Différence. Perle pour ccnl
- — — — —
- 19,5 i5,25 4,25 21,8
- 16,5 12,5 4.0 24,2
- i5,5 11,25 3,75 24.2
- i6,5 12,5 4,0 24.2
- Moyennes 17,0 i3,o 4.0 23.53
- ' 1
- SÉANCE DE LA SOCIÉTÉ ÉLECTRO -TECHNIQUE
- berlin. — La dernière séance de cette saison de la Société électro-technique a eu lieu le 19 de ce mois, sous la présidence de son Excellence M. Stephan. M. le prof. Fœrsfer a fait un discours « sur l’état de quelques recherches relatives à l’électricité tellurique et cosmique », au cours duquel il a touché entre autres questions, à l’examen des phénomènes des comètes, qui sont sous l’influence de l’électricité solaire. Suivant la distance entre les comètes et le soleil, le spectre des hydrocarbures ou la ligne double caractéristique du sodium se montre. Par une température assez élevée pour que les métaux s’évaporent, le spectre des hydrocarbures disparaît pour faire place aux spectres des métaux.
- M. Fœrster a parlé aussi sur les sources de
- l’électricité cosmique dont (et sur ce point il est d'accord avec plusieurs autres physiciens) il rapporte la cause au frottement.
- " A la fin de son discours, M. Fœrster a donné quelques communications sur les expériences toujours poursuivies de lacommission pour l’étude des courants telluriques, expériences qui se font surtout sur la ligne Berlin-Dresde. A l’aide d’un indicateur et d’un enregistreur photographique, on a obtenu une série d’observations absolument nouvelles. L’accord entre- des perturbations magnétiques (comme 011 en a observées à la station de Wilhelmshafen) et les oscillations des courants terrestres a pu être constaté de nouveau. Cet accord ne se montre pas seulement pour des perturbations soudaines, mais aussi selon les observations du docteur Weinstein, pour les changements périodiques journaliers de l’intensité du courant tellurique.
- 21 mai i885.
- Dr Miciiaelis.
- Angleterre
- un téléphone a mercure. — Feu M. Bréguet a inventé un téléphone basé sur cette découverte
- de M. Lippmann qu’une colonne de mercure et d’acide sulfurique étendu traversée par un courant électrique est soumise à des influences qui tendent à déplacer le mercure. M. Lippmann a lui-même
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITE
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- appliqué cette découverte à la construction de son électromètre capillaire. ,
- M. Charles Lever de Bowdon dans le comté de Chester a imaginé une nouvelle forme de ce téléphone dont la figure ci-jointe représente une coupe. Il se compose d’un tube étroit G en verre fixé à son extrémité inférieure à un petit cylindre en métal muni d’un pas de vis et d’un bouton métallique A portant une borne B'. On verse du mercure mm dans le tube de façon à remplir la partie creuse du bouton A et le tube G jusqu’à une petite distance de son extrémité supérieure ou ouverte. On peut régler le niveau du mercure dans le tube en vissant plus ou moins le bouton A. Un piston léger ou de préférence une tige P en aluminium flotte sur la colonne de mercure s m et s’adapte exactement au diamètre du tube. Le centre d’un diaphragme D en fer mince maintenu par le rebord métallique d’une embouchure E touche au sommet de la tige flottante. Le circuit est complété par le fil W et la borne B à travers le diaphragme D, le piston P, le mercure m, la borne B' et le fil W'.
- L’espace S entre le diaphragme et la partie supérieure du tube G est rempli d’acide sulfurique étendu. Le piston P est réglé par la vis du bouton A de façon à toucher légèrement le ménisque de la surface de mercure sm, sans entrer dans le mercure. Pour faciliter ce réglage la boîte F du téléphone doit de préférence être en verre ou en une matière transparente quelconque.
- En traversant la colonne de mercure et l’électrolyte étendu le courant de la ligne provoque une modification dans la tension de la surface du mercure en sm qui fait monter ou descendre le piston P et vibrer le diaphragme D.
- M. Lever propose d’employer cet appareil comme transmetteur et récepteur en même temps, Il a cependant également imaginé un transmetteur d’une construction semblable excepté qu’il n’emploie pas d’électrolyte et que le piston P est en métal de préférence à l’aluminium. La vibration du diaphragme fait plonger le piston plus ou moins dans le mercure, ce qui provoque des variations dans le courant traversant le fil primaire de la bobine d’induction dont le fil secondaire est en circuit avec la ligne.
- RAPPORT SUR LES FILS TÉLÉPHONIQUES AÉRIENS.
- — La Commission parlementaire nommée pour faire une enquête sur la loi réglant la surveillance des fils électriques aériens vient de déposer son rapport qui a été favorablement reçu parles parties intéressées dans l’extension du téléphone. La Commission est absolument d’avis que le danger des fils aériens a été exagéré, mais elle recommande en même temps de placer les fils sous surveillance et d’établir un règlement pour la manière de les installer.
- Ce règlement pourrait être fait par le Metropolitan Board of Works pour Londres et par les autorités locales dans les villes de province et les villages, toujours avec le consentement de la Chambre de commerce. La municipalité et les autorités de chaque quartier veilleraient à Londres sur l’exécution de ce règlement. La Commission recommande également de permettre aux Compagnies téléphoniques de faire passer leurs fils au-dessus d’une propriété sans le consentement du propriétaire ou du locataire, cependant cette facilité ne devrait pas être considérée comme un droit absolu par les Compagnies et ne les libérerait pas de l’obligation de payer les dégâts faits à la propriété et provenant de la présence de ces fils. Dans certains endroits comme au marché de Covent Garden ou dans l’Inner Temple (où demeure un certain nombre d’avoués, etc.), les Compagnies téléphoniques n’ont pas obtenu la permission de placer leurs fils, aussi la Commission recommande-t-elle de donner aux autorités locales le droit d’accorder la permis sion d’attacher les fils dans de bonnes conditions et moyennant une compensation pécuniaire fixée par elle partout où l’avantage d’une communication téléphonique peut être démontré.
- Le nombre des abonnés à Londres s’élève à bien près de 4000 et les communications échangées dépassent i5 millions par an. Le nombre total des abonnés au téléphone dans tout le pays est estimé à 12000 et le nombre des dépêches par an à 14 millions. Les Compagnies téléphoniques ont dernièrement proposé de relier tous les bureaux auxiliaires des postes à Londres avec les bureaux centraux à des conditions raisonnables qui ont été acceptées pa le directeur général des postes afin de permettre au public de parler avec les abonnés. Des offres semblables ont été faites dans d’autres villes.
- EFFETS OPTIQUES DUS À LA ROTATION DE TUBES
- vides. — Quand un tube vide éclairé par l’étincelle d’induction tourne rapidement, on peut exprimer le nombre d’images causé par les décharges successives qui frappent l’œil au moyen de la
- formule | dans laquelle n représente le nombre de
- décharges par seconde, et en supposant que chaque impression dure 1 /8 de seconde sur la rétine.
- L’effet combiné des éclats ressemble à une étoile colorée. Mais selon M. Shellford Bidwell on obtient un tout autre effet en tournant le tube lentement. Le tube qu’il a employé pour ses expériences est d’une longueur de i3 pouces. La bobine d'induction avait une résistance de 1 400 ohms et fonctionnait avec un seul grand élément au bichromate. En tournant à raison de un tour par 3 secondes, les images lumineuses étaient presque superposées et formaient un faisc eau qui s’écartait légèrement
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- aux extrémités. Derrière ce faisceau et formant un angle d’environ 40°, il y avait une image spectrale distincte du tube, mais au lieu de paraître d’un bleu violet comme dans le vrai tube, l’image était d’une couleur gris d’acier.
- Quand la rotation était arrêtée, le spectre s’avançait lentement pendant une demi-seconde et semblait alors se confondre avec le tube lumineux. L’apparition des images colorées et du spectre peut être représentée par la lettre X dans laquelle la barre épaisse représente le faisceau d’images et la barre mince le spectre.
- La direction du mouvement est supposée contraire à celle des aiguilles d’une montre, en regardant d’en haut. Si la rotation est trop lente le spectre s’approche du faisceau d’images et se perd dans l’éclat de ce dernier; dans le cas contraire, l’image devient confuse, et si le courant inducteur dans la bobine est trop fort, l’effet est le même que quand la rotation est trop lente; s’il est trop faible le spectre est vague. Mais en général on obtient les meilleurs effets avec un courant assez faible.
- M. Bidwell considère l’apparition du spectre comme un exemple des spectres optiques. Il a regardé une partie du tube vide dans une chambre faiblement éclairée pendant le passage de la décharge, et en interrompant le courant il a immédiatement aperçu une image sombre de la même partie du tube. Après une demi-seconde cette image noire devenait légèrement lumineuse ou, en d’autres termes, d’un gris d’acier comme le spectre du tube tournant.
- M. Bidwell fait remarquer qu’il n’est pas certain qu’une personne inexpérimentée puisse voir l’image spectrale même en sachant où regarder pour la trouver, et qu’il appartient à une classe de phénomènes qu’on a l’habitude de négliger. Cependant sur les douze personnes qui assistaient à l’expérience toutes ont aperçu le spectre, excepté une seule grande personne, — une dame — et son enfant, une petite fille, qui ne semblaient pas être certaines de l’avoir vu; un enfant plus jeune l’a vu distinctement. M. Bidwell dit que la vue de la dame en question était excellente en général, mais qu’elle ne peut apercevoir les images subjectives des couleurs complémentaires. Le phénomène semble être provoqué par une réaction du nerf optique, mais en poussant ce raisonnement plus loin, M. Bidwell n’a jusqu’ici pas réussi à découvrir l’existence d’un deuxième spectre derrière le premier.
- la terminologie électrique. — A la réunion du 14 mai de la Society of Telegraph Engineers and Electricians, il a été annoncé que le président et le conseil d’administration avaient résolu d’avoir une conférence dans le but d’introduire quelques réformes dans la terminologie existante
- et dans les notations de la science électrique. Des invitations pour cette conférence seront envoyées à plusieurs physiciens aussi bien qu’aux membres de la Société, et le conseil se propose de demander la présence et la coopération de plusieurs membres de la commission de notations électriques de la Société Internationale des Electriciens de Paris, entre autres celle de M. Blavier, le président de la Société.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch
- Sur la production d’étincelles d’induction de températures élevées et son application à la spectroscopie, par M. Eug. Demarçay (*).
- «J’ai montré, dans une communication antérieure, que l’on pouvait obtenir des spectres d’arc électrique, en employant l’étincelle d’induction fournie par une bobine à gros fil inducteur et induit (2). J’ai trouvé que l’on pouvait aussi les obtenir au moyen de bobines ordinaires à fil fin.
- « Il m’a semblé, en effet, que la température de l’étincelle d’induction dépendait presque uniquement de l’intensité de l’extra-courant de rupture du circuit inducteur et de la réduction plus ou moins complète de l’étincelle formée à cette rupture, par les condensateurs placés sur le circuit inducteur aux bornes de l’interrupteur, condensateurs employés, comme on sait, pour la première fois, dans ce but, par M. Fizeau. Son énergie paraît ainsi passer dans l’étincelle induite, en sorte que, pour avoir cette dernière aussi chaude qu’on le voudra avec une bobine quelconque, on n’a qu’à augmenter l’extra-courant de rupture, en faisant croître l’intensité du courant excitateur, en ayant soin d’ajouter aux bornes de l’interrupteur des condensateurs appropriés pour réduire l’étincelle à une valeur convenable.
- « J’ai estimé la température relative des étincelles en les faisant éclater sur des mèches de platine imprégnées de solutions convenables, suivant un procédé que j’ai indiqué antérieurement (3).
- P) Note communiquée par M. Cornu à l’Académie des sciences dans la séance du 18 mai i885.
- (2) La bobine à gros fil, dont j’ai donné la description Comptes rendus, t. XCIX, p. 1022) est construite en fil inducteur de 4“m et non de imm, comme cela a été indiqué par erreur dans la Note précitée.
- (®) Ainsi, avec une solution de fluorure de titane, on peut observer séparément le spectre de l’hydrogène et les bandes de l’azote, un spectre de bandes nébuleuses dû au titane, de bandes et raies simultanément, ou enfin de raies seules
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- JOURNAL UNIVERSEL D" ÉLECTRICITÉ
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- « Les bobines examinées dans ces expériences donnaient des étincelles de i8omm à 6mm. Les unes étaient montées en fil induit et inducteur de gros diamètre, les autres étaient semblables de tous points à celles dont on fait usage couramment, une enfin de petite dimension donnant 6mra d’étincelle
- était construite en fil induit de — de millimètre et en fil inducteur de 3m“ pour pouvoir supporter des courants énergiques sans s’échauffer trop. La résistance de ces bobines variait de quelques centièmes à ^ d’ohm et la force électromotrice des piles employées de 1,6 à 7, à 8 volts. La résistance des piles a été constamment très supérieure à celle des bobines (de six à dix fois plus grande), ainsi que l’expérience en a montré la nécessité. Cela provient sans doute de ce que la résistance d’une bobine et de son interrupteur en marche est supérieure à ce que l’on mesure sur l’appareil en repos. Enfin les condensateurs employés étaient formés de feuilles d’étain empilées entre des feuilles simples de papier paraffiné. La surface totale des feuilles d’étain était de 49mq.
- « Les condensateurs pouvaient être fractionnés en 64 parties, et, en outre, de petits condensateurs de i2dmq, i5dmi1 et 4odmq pouvaient s’adapter indépendamment aux bobines.
- « La marche des phénomènes s’est montrée constamment identique. Les phénomènes eux-mêmes n’ont été suivis jusqu’au bout que dans le cas de bobines donnant des étincelles relativement courtes (i8mm et au-dessous), ce qui tient à ce que les condensateurs nécessaires pour produire un effet calorifique donné croissent rapidement avec la longueur de l’étincelle et la grosseur du fil inducteur.
- « L’augmentation de température de l’étincelle ne dépend pas de l’intensité seule du courant : quand, en effet, l’étincelle induite a atteint sa longueur maximum, rien ne change plus ni dans la longueur de l’étincelle ni dans l’aspect des spectres produits quand on fait croître l’intensité du courant. Par contre l’étincelle de rupture croît énormément et se transforme en une sorte de flamme. Si même la force électromotrice dépasse une certaine limite, variable avec les bobines et les circonstances d’interruption, on voit l’étincelle induite diminuer.
- « L’accroissement d’énergie ne dépend pas non plus de l’accroissement seul des condensateurs. Si l’on actionne une bobine par un courant assez fai-
- qui correspondent à des températures de plus en plus élevées. D’autres substances ne donnent pas encore leurs raies avec une étincelle qui fournit les raies du titane et exigent pour cela une étincelle plus chaude : telles sont, par ordre, ies fluorures de zirconium, de tantale, les chlorures d’uranium et surtout de thorium.
- ble pour que l’étincelle de rupture soit peu considérable et que l’on ajoute des condensateurs aux bornes de l’interrupteur, on voit l’étincelle induite décroître de plus en plus et se réduire presque à zéro si l’on en ajoute assez (*). En même temps que ce raccourcissement se produit, on reconnaît que la température de l’étincelle, à peu près fixe d’abord, finit par diminuer de plus en plus. Ainsi une étiucelle de i8mm de long a été réduite à moins de ^ de millimètre par un condensateur de 49mq ajouté à son condensateur ordinaire de i5dmq, avec un courant de 4am|> à 5amp (sur la bobine au repos).
- « Si, au contraire, à mesure que l’on augmente les condensateurs on augmente aussi l’intensité du courant, de façon à ramener l’étincelle de rupture à son aspect ordinaire, on voit l’étincelle induite, tout en conservant sa longueur, grossir considérablement et devenir capable d’engendrer des spectres dont elle ne donnait primitivement pas la moindre trace. Ainsi une bobine donnant des étincelles de omoo6, et qui actionnée par un courant de 5amP fournit seulement les spectres les plus aisés à obtenir (Cu, Zn, Cd, Ag), fournissait déjà, avec ioamP et un condensateur convenable, les spectres de ligne du titane, du niobium et un spectre de bandes du zirconium. Avec 20amP elle donnait celui du tantale, de l’uranium et du thorium.
- « Pour la quantité de condensateurs à ajouter, on doit, comme je l’ai dit, se régler sur l’aspect de l’étincelle de rupture. Tant qu’elle est notable, on gagne du côté de la température de l’étincelle à la réduire. Si le fil inducteur est un peu long et pas trop gros, cette réduction se fait aisément. Est-il court et gros, elle se fait mal et l’on peut voir l’étincelle induite croître en température jusqu’à réduction à une très faible longueur, parce que l’étincelle garde jusque-là une intensité notable. Il est bon d’observer ici que pour chaque bobine, l’aspect de l’étincelle d'extra-courant paraît être en rapport étroit avec la longueur de l’étincelle induite, quelle que soit d’ailleurs sa température.
- « Si l’on obtient ainsi, avec de petites bobines, les mêmes spectres qu’avec des bobines à gros fil, il s’en faut de beaucoup que la quantité de lumière produite et par suite l’éclat du spectre soient aussi grands. »
- (*) Les résultats consignés dans ce travail, sur le rôle des condensateurs, s’écartent en plusieurs points de ceux qui avaient été obtenus par Poggendorff (Annales, t. XCIV); ce savant avait fait varier ses condensateurs entre des limites trop étroites pour observer les faits que je décris ici. Le fait du raccourcissement de l’étincelle induite sous l’influence d’un condensateur exagéré était bien connu surtout des constructeurs, et M. G. Gaiffe avait même observé un accroissement simultané d’énergie dans l’étincelle, ce qui tenait à ce que, obtenant la longueur maximum d’étincelle induite, l’étincelle d’extra-courant avait une valeur notable.
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- Sur les effets électromagnétiques de l’électricité statique en mouvement.
- D’après Maxwell, toute quantité d’électricité statique en mouvement est assimilable à une portion de courant électrique, quelle que soit d’ailleurs la nature ou plutôt la cause du mouvement.
- Elle doit par suite être susceptible de produire des effets électromagnétiques, aussi bien lorsqu’elle obéit à une impulsion purement mécanique que lorsqu’elle se déplace sous l’action d’une force électromotrice ou de forces moléculaires.
- Maxwell avait prédit entre autres, que si l’on pouvait faire mouvoir dans des plans parallèles et suivant la même direction deux surfaces électrisées, elles exerceraient l’une sur l’autre une attraction proportionnelle au produit de leurs vitesses. Dans le cas où elles auraient pour vitesse commune celle même de l’électricité, leur attraction dynamique compenserait exactement la répulsion statique et leur action mutuelle apparente serait nulle. (')
- A ce moment, chacune des surfaces se comporte comme un courant dont l’intensité exprimée en unités électromagnétiques est égale au produit de la densité superficielle de la charge statique supposée uniforme, et exprimée en unités électrostatiques, multipliée par la largeur delà surface mobile comptée perpendiculairement au mouvement. (-)
- Ce phénomène fut vérifié expérimentalement après la mort de Maxwell, par le professeur Row-lands. (3)
- Les prévisions de Maxwell relatives au mouvement de l’électricité dans les diélectriques, sous l’influence d’une force électromotrice extérieure, ou de forces moléculaires intérieures viennent d’être réalisées à leur tour par le professeur Rœntgen. (4)
- Une expérience élémentaire montre que lorsque l’on communique à l’un des plateaux métalliques A d’un condensateur (fig. 1) une charge positive, l’autre plateau B étant relié à la terre, celui-ci prendra une charge négative équivalente. Si on éloigne les deux plateaux de la lame isolante C, on trouve qu’ils ont perdu sensiblement toute trace d’électrisation, tandis que les deux faces du diélectrique, conservent la presque totalité de la charge primi-
- (!) Maxwell. A trcatise on Eleclricily and Magnèlism, vol. II, ch. XIX, S 7fc9-
- (2) Ce mélange d’unités des deux systèmes provient de l’emploi de l’équation inexacte Q = IT, pour définir l’unité d’intensité dans le système électrostatique et l’unité de quantité dans le système électromagnétique. Voir G. Szarvady. Sur les systèmes d’unités absolues. — La Lumière Electrique, t. XIV, p. 416.
- (s) Berliner Monatsberichte, 1876, p. 211.
- (4) Sitzungsberichte der Berliner Akademie der Wissens-chaften, 26 février 188S. Cette communication a été reproduite par le Philosophical Magazine, mai i885.
- tiveavec les signes indiqués sur la figure. On peut s’en assurer en approchant de nouveau les deux plateaux qui reprennent aussitôt leur charge initiale à peu de chose près.
- Suivant Faraday, il y a eu une polarisation du diélectrique, phénomène qu’il expliquait de la manière suivante. (')
- « 1297. On peut se représenter, dit-il, la force « d’induction directe comme s’exerçant suivant des « lignes partant de l’une des faces conductrices « chargées pour aboutir à l’autre. Elle est accom-« pagnée d’une force latérale ou transversale qui « équivaut à une expansion, ou à une répulsion « des lignes de force. En d’autres termes, la force « attractive qui existe entre les particules du diète lectrique dans la direction suivant laquelle « s’exerce l’induction, est accompagnée d’une force « répulsive ou divergente dirigée normalement « à la première. »
- « 1298. L’induction semble être un certain état
- FIG (
- « de polarisation des particules du corps électrisé, « état qui se produirait au moment où le corps est « soumis à l’électrisation. Dans cet état, chaque « particule présenterait un point ou une partie « positifs, et un point ou une partie négatifs. Tous « ces points sont disposés symétriquement par « rapport à eux-mêmes, ainsi que par rapport aux « surfaces ou aux particules inductrices. La pola-« risation est nécessairement un état de contrainte « car elle ne se produit et ne se maintient que sous 0 l’influence d’une force. Dès que cette force dis-« paraît, le corps revient à son état normal. L’état « de la polarisation ne peut d’ailleurs se soutenir « sous l’action d’une quantité fixe d’électricité que « dans des corps isolants, car eux seuls sont aptes « à conserver cet état des particules. »
- Dans les corps bons conducteurs, il faut un afflux incessant d’électricité inductrice pour que les particules puissent se maintenir polarisées. C’est le cas d’un courant permanent.
- A la notion de polarisation, Maxwell a joint celle du déplacement électrique.
- Ses idées à ce sujet sont exposées avec beau- (*)
- (*) Faraday. Experimental Rese.irelies in Eleclricily, série XI, $ 18.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- coup de lucidité dans l’ouvrage élémentaire qu’il a laissé inachevé; nous citons textuellement: (l)
- « i3o. Une troisième classe de corps (2) possède « des résistances tellement supérieures à celles des « métaux ou même des électrolytes qu’on les appelle « souvent des isolateurs de l'électricité.
- « Tous les gaz sont des isolants, il en est de « même d’un grand nombre de liquides qui ne sont « pas des électrolytes, tels que l’esprit de téré-« benthine, le naphte, etc., et de beaucoup de « solides, tels que la gutta-percha, le caoutchouc « sous ses diverses formes, l’ambre, les résines, « les électrolytes cristallisés, le verre quand il est « froid.
- « On les appelle isolateurs, parce qu’ils ne se « laissent pas traverser par un courant d’électricité. « On les appelle diélectriques, parce que certaines » actions électriques peuvent être transmises par « eux.
- « Suivant la théorie adoptée dans cet ouvrage, « une force électromotrice, en agissant sur un « diélectrique, a pour effet de déplacer l’électri-« cité à l’intérieur de ce corps dans la direction «. de la force. La grandeur du déplacement est « proportionnelle à la force électromotrice, mais « elle dépend aussi de la nature du diélectrique. « Pour une même valeur de cette force le dépla-« cernent sera plus considérable dans les diélec-« triques solides et liquides que dans l’air ou les « autres gaz.
- « Quand la force électro motrice augmente l’ac-« croissement de polarisation équivaut à un cou-« rant électrique dirigé dans le même sens que la « force. Lorsque la force électro motrice est cons-« tante, il y a toujours déplacement mais il n’y a « pas de courant. Enfin quand la force électro-« motrice diminue, la diminution du déplacement « électrique est l’équivalent d’un courant de sens « inverse au précédent. Le déplacement élec-« trique fait naître dans les diélectriques une force « électro-motrice interne de sens opposé, qui tend « à ramener ce déplacement à zéro. Le siège de « cette force électromotrice est partout où le dé-« placement se produit. »
- Le prof. Rœntgen a imaginé un dispositif qui permet d’abord de produire des déplacements continus à l’intérieur d’un diélectrique puis d’observer l’action de ces déplacements sur une aiguille aimantée.
- Son appareil, que nous représentons d’une manière schématique (fîg. 2), se compose essentiellement d’un disque en ébonite Ade5m.m. d’épaisseur sur 16 c. m. de diamètre, mobile autour d’un axe ver- (*)
- (*) Maxwell. An elementary Irealise eleclricity, ch. IX.
- (2) Les deux premières classes sont les métaux ou bons conducteurs, et les électrolytes dans lesquels le passage du courant est accompagné d’une action chimique.
- tical et susceptible de prendre des vitesses de 120 à i5o tours par seconde. Deux plateaux fixes en verre B et C sont disposés parallèlement au disque l’un au-dessus, l’autre au-dessous. Les faces internes de ces plateaux sont revêtues de feuilles d’étain et se trouvent séparées du disque par un intervalle de 1 m. m. Le plateau inférieur est perforé de manière à donner passage à l’axe du disque. Son diamètre est de 17.5c.rn. Ilne porte que deux demi-couronnes de papier d’étain, dont les diamètres intérieurs et extérieurs sont respectivement de 2.25 c.m. et 7 c. m. La partie libre entre les deux demi-couronnes forme une bande de 1.4 c. m. de large. Le plateau supérieur, entièrement recouvert d’étain, a un diamètre de 21 c.m. Il est constamment relié à la terre. Chacune des deux demi-couronnes peut être reliée à l’armature intérieure d’une grande
- bouteille de Leyde. Elle se charge alors d’électricité positive, l’autre prenant en même temps une charge négative. Un commutateur permet de passer ae l’une à l’autre de manière à changer le sens de l’électrisation.
- Lorsque le disque d’ébonite sera en mouvement la polarisation diélectrique en un point quelconque du disque changera de signe au moment où ce point traversera la bande libre comprise entre les deux demi-couronnes.
- Supposons que le sens de la rotation soit celui indiqué par la flèche. Les particules de la moitié antérieure du disque se dirigeront de la demi-couronne d’étain positive vers la négative. Il se produira donc dans cette partie du diélectrique un déplacement d’électricité positive de haut en bas, qui équivaut, suivant la théorie de Maxwell, à un courant dirigé dans le même sens. En même temps dans la partie postérieure du disque, il y aura des déplacements d’électricité positive de bas en haut. Ces déplacements se produisant d’une manière continue, tout doit se passer comme si le disque était le siège d’un courant continu circulant à la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- partie supérieure de l’arrière vers l’avant et à la partie inférieure de l’avant vers l’arrière ('). Pour le vérifier on avait disposé au-dessus du plateau de verre supérieur et dans une boîte métallique reliée à la terre, une paire astatique d’aiguilles aimantées extrêmement sensibles. L’aiguille inférieure placée à une distance d’environ 6 m.m. du disque d’ébonite, avait son centre dans le prolongement de l’axe de rotation, et elle était dirigée parallèlement à la bande neutre. Sa longueur, d’environ 4.8 c. m., était un peu supérieure au diamètre intérieur des demi-couronnes. La deuxième aiguille se trouvait à 21.5 c. m. au-dessus de la première.
- Le prof. Rœntgen a pu vérifier qu’il y avait bien déviation de l’aiguille aimantée dans le sens indiqué par la théorie que nous avons exposée, et que par suite une variation de polarisation dans un diélectrique, exerce une action magnétique, exactement comme un courant qui circulerait dans un corps conducteur, dans la même direction dans laquelle le déplacement d’électricité positive a lieu à l’intérieur du diélectrique.
- Cette expérience, on le voit, est extrêmement intéressante.
- Sur les variations de longueur de barres en fer, acier ou nickel, dûes à l’aimantation.
- M. Shellford Bidwell a exposé dans une conférence faite à la Société Royale de Londres, le 23 avril i885, le résultat d’intéressants travaux sur les variations de longueur de barres métalliques, produites par l’aimantation. Nous résumerons les parties les plus importantes de ses recherches.
- Les premières expériences sérieuses furent faites par Joule (2), sur des tiges de fer et d’acier. Elles furent reprises avec un soin particulier par le Dr A. M. Mayer, qui arriva pour le fer aux mêmes conclusions que Joule. L’acier donna lieu à quelques divergences assez légères pour pouvoir être attribuées à une différence dans les métaux employés, ainsi qu’à la diversité des méthodes adoptées. En 1882 le prof. Barrett publia dans Nature le compte rendu de ses recherches qui portèrent non seulement sur le fer mais même sur le nickel et le cobalt.
- Les connaissances acquises à ce moment peuvent se résumer de la manière suivante :
- i° L’aimantation des barres de fer produit un allongement. dont la grandeur, jusqu’à un certain point varie comme le carré de la force aimantante. 'Quand le point de saturation est atteint, l’allongement est moindre que ne l’indique la loi (*)
- (*) Le sens de ce courant pourrait être renversé instantanément au moyen du commutateur dont nous avons parlé. (s) Philos. Magaz. 1847.
- précédente. L’effet est d’autant plus considérable que le métal est plus doux.
- 20 Quand une barre ou un fil de fer est tendu par un poids, l’allongement dû à l’aimantation se trouve diminué ; et lorsque le rapport du poids à la section du fil dépasse une certaine limite, l’aimantation produit même un rétrécissement au lieu d’un allongement.
- 3° L’acier donc se comporte comme le fer, mais l’allongement en est moindre pour une même force aimantante (Joule). L’acier très dur s’allonge un peu, aussi bien lorsque le courant aimantant se produit que lorsqu’il est interrompu, pourvu que l’intensité des courants successifs augmente graduellement (Joule). L’aimantation initiale produite dans une barre d’acier donnne naissance à un allongement si le cristal a été trempé au bleu, et un raccourcissement si le métal a été trempé au jaune. L’application ultérieure de la même force aimantante externe produira toujours un raccourcissement momentané, que la trempe ait été effectuée au bleu ou au jaune (Mayer).
- 40 La longueur d’une barre de nickel subit un raccourcissement par l’aimantation. Son rétrécissement maximum est le double de l’allongement du fer. (Barrett).
- Pour rendre les résultats de Joule et de Mayer comparables aux siens, l’auteur tenta d’estimer les forces aimantantes dont ces expérimentateurs firent usage. D’après les données qu’il recueillit dans leurs notes il calcula que la force aimantante la plus considérable que Joule eût appliquée était d’environ 126 unités, tandis que celle de Mayer n’avait pu dépasser 118 unités. Dans les travaux de M. Bidwell, la force aimantante fut portée jusqu’à 3i2 unités. Les barres métalliques qu’il employa furent beaucoup plus faibles que celles mises en expérience jusqu’alors ; leur diamètre variait de i.40mm à 6.25“m. Leur longueur était uniformément de ioomm et l’appareil dont on se servait permettait d’évaluer avec une certitude suffisante une variation de longueur de un dix-million-nième de la longueur totale.
- En faisant ainsi usage de tiges plus minces et de forces aimantantes plus considérables que précédemment, M. Bidwell put reconnaître les propriétés curieuses suivantes : Lorsque l’aimantation est poussée au-delà d!un certain point critique, l’allongement obtenu, au lieu de rester stationnaire après avoir atteint son maximum, commence au contraire à diminuer, et cette diminution ne fait que grandir avec la force aimantante. Si on donne des accroissements suffisants à la force aimantante, la barre repassera par sa longueur initiale et finira même par devenir plus courte qu’au début de l’expérience. Le moment où le point critique est atteint dans l’acier paraît dépendre beaucoup de la dureté ou
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- de la trempe du métal. Ces résultats, on le voit, jettent un jour nouveau sur les apparentes anomalies auxquelles Joule et Mayer avaient été conduits. D’autres expériences donnent de fortes raisons pour croire que la valeur de la force aimantante critique d’une tige de fer mince subit un abaissement notable lorsque la tige est soumise à une traction. Cette remarque expliquerait pourquoi Joule obtenait sur des fils de fer des résultats opposés suivant que ces fils étaient tendus ou non.
- Dans l’espoir de découvrir une relation entre les points d’allongement maximum et le degré d’aimantation des barres dans lesquelles cet allongement avait été observé, M. Bidwell releva les différentes valeurs des moments magnétiques momentanés produits par des accroissements graduels de la force aimantante extérieure.
- Les expériences faites jusqu’ici ne sont pas encore assez nombreuses pour permettre d’en tirer des conclusions générales avec une certitude suffisante.
- Il est donc nécessaire de les corroborer par des expériences nouvelles.
- Pourtant les lois que nous donnons ci-après semblent se dégager dès maintenant des résultats déjà obtenus. Il est bien entendu que les allongements et les aimantations auxquelles nous ferons allusion ne sont que momentanées. Avant de commencer les expériences chaque barre recevait préalablement une aimantation permanente. On faisait circuler à cet effet dans la bobine aimantante un courant égal au plus fort courant utilisé ultérieurement. Dans le fer le plus grand allongement dû à l’aimantation permanente était généralement égal à environ un tiers de l’allongement total, tandis que dans le nickel le raccourcissement permanent n’était à peu près qu’un vingt-cinquième du rétrécissement total.
- Voici donc les lois posées par M. Bidwell.
- 1. FER.
- i° La longueur d’une barre de fer soumise à l’aimantation croît jusqu’à ce que la force aimantante ait atteint une certaine valeur critique à laquelle correspond un allongement maximum.
- 20 Lorsque l’on dépasse la valeur critique de la force aimantante la longueur de la barre diminue jusqu’à reprendre sa valeur initiale pour une valeur suffisante de cette force, et si cette dernière valeur de la force aimantante se trouve elle-même dépassée la barre subira un retrait.
- L’allongement diminue proportionnellement à l’accroissement de la force magnétisante très peu de temps après que le point critique aura été dépassé. Le plus grand retrait qui ait été observé jusqu’ici était égal à environ la moitié de l’allon-
- gement maximum, toutefois rien ne semblait indiquer une limite, et une force aimantante plus grande aurait sans doute produit un nouveau retrait.
- 3° La valeur de la force aimantante externe qu pour une barre donnée correspond à l’allongement maximum, peut être évaluée approximativement au double de sa valeur correspondant au point d'inflexion.
- Définition. — Le point d'inflexion de l’aimantation d’une barre de fer est atteint lorsque le mo ment temporaire commence à accroître moins rapidement que la force magnétisante externe.
- 4° La force externe qui correspond au point d’allongement maximum, croît pour une même qualité de fer avec le diamètre de la tige soumise à l’aimantation. Il en est de même pour la valeur correspondant au point d’inflexion.
- 5° La valeur de l’allongement maximum paraît varier en raison inverse de la racine carrée du diamètre de la barre, en supposant toujours une même qualité de fer.
- 6° Le point d’inflexion et, par suite, probablement aussi le point d’allongement total est atteint au moyen d’une force aimantante plus faible lorsque la barre est soumise à la traction que si elle est libre.
- II. ACIER.
- 7° Dans l’acier doux l’aimantation produit un allongement qui, de même que pour le fer, croît jusqu’à ce que la force aimantante ait atteint une certaine valeur, et décroît ensuite. L’allongement maximum y est moindre que dans le fer, et le retrait, lorsque le maximum a été atteint, est moindre aussi.
- 8° La valeur critique -de la force aimantante dans des barres d’acier diminue à mesure que la dureté du métal augmente, jusqu’à un certain point qui correspond à une trempe au jaune ; ensuite elle augmente jusqu’à devenir très élevée pour des aciers très durs. Il y a donc un degré critique de dureté pour lequel la force critique passe par un minimum ; c’est dans l’acier à trempe au jaune que la valeur de la force airiiantante critique est moindre que dans tout autre acier, soit plus doux soit plus dur.
- 90 Dans l’acier doux, une force aimantante puissante diminuée par degrés peut produire un allongement plus considérable que celui qu’eût provoqué la force la plus faible appliquée dès l'abord.
- io° Un allongement momentané une fois produit dans l’acier doux peut y être maintenu, à l’aide d’une force aimantante trop faible par élle-même pour produire un allongement sensible queL conque.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- III. NICKEL.
- ii° Le nickel continue à subir un retrait avec des forces aimantantes bien supérieures à celles qui produisent l’allongement maximum dans le fer. Le plus grand retrait observé jusqu’ici dans le nickel est supérieur au triple de l’allongement maximum observé dans le fer, et la limite n’en a pas encore été atteinte ;
- i2° Un fil de nickel tendu et soumis à l’aimantation subit un retrait.
- Ces résultats, on le voit, sont très curieux; nous espérons que M. Bidwell ne s’en tiendra pas là.
- Sur les dimensions de la force élcctro-motrice et du potentiel, application à la définition de la capacité, par M. Meslin (').
- Pour définir les quantités électriques et les relier aux unités fondamentales, on se sert, dans les différents systèmes, des égalités
- T = F L = r Pt (loi de Joule),
- e = ri (loi de Ohm),
- q = it (loi de Pouillet),
- Y = j- (définition);
- on définit ainsi quatre des cinq unités q, i, c, r, V, la cinquième étant définie par une autre loi (loi de Coulomb ou loi d’Ampère).
- Cherchons les dimensions de e et de V. La première égalité s’écrit
- d’ailleurs
- FL = c it = eq,e=s-
- £L_7FL2 q L q* ;
- V
- l
- L'
- Ces dimensions sont donc, en général, différentes ; pour qu’elles deviennent égales, il faut que
- F L2
- = h
- F =
- Si
- IX
- Or, c’est précisément ce qui a lieu dans le système électrostatique, où c’est cette égalité qui sert à définir la quantité d’électricité. Dans le système électrostatique, ces deux quantités ont donc les mêmes dimensions :
- .-v-3.
- UM5T'
- • L"a"M2 T~
- au contraire, dans le système électro-magnétique, on a
- V
- L
- = ÏLk ?
- M* L»
- = M3L
- Ms U
- Mi IA T
- Leurs dimensions sont différentes : il importe donc de les distinguer.
- La capacité électrique, telle qu’on la mesure en unités électromagnétiques, est le rapport de la quantité à la force électromotrice et non au potentiel. C’est donc là la définition de la capacité que l’on devrait prendre d’une manière générale.
- Sur la théorie du contact, par M. A. Potier (*).
- Un plateau de zinc est réuni par un fil de cuivre à un plateau de cuivre; ces deux plateaux forment un condensateur dont la capacité est C, et la charge e == Y C. Si on les laisse se rapprocher, les attractions électriques produisent un travail ^ d(Y2 C). Soient d q la quantité de chaleur à fournir au système pour maintenir sa température constante, malgré le passage de la quantité de à travers la soudure zinc-cuivre, et la diminution de la charge à la surface des plateaux, d\J la variation de l’énergie du système ; on aura
- ]dq = dV + y^dC
- Dans la théorie du contact tous ces phénomènes sont réversibles à toute température; on peut donc appliquer le second principe et écrire
- dC' 2 1 Î>T
- £V d T
- D’autre part, se compose de deux termes ; l’un relatif à la variation d’énergie du conducteur - V2, et un autre relatif au changement que le passage de la quantité d e = V d C d’électricité peut avoir amené dans la constitution des surfaces; si A de — AV dC représente ce changement, on aura donc
- V2 V2 d'r
- av+t +^ = VTin>0U a
- -fi.-ï-v)
- La théorie du contact suppose A = o; on devrait donc avoir Y — T et les différences de
- potentiel devraient être proportionnelles à la température absolue ; on pourrait réaliser un thermomètre parfait à toute température.
- Des expériences instituées dans ce but semblent prouver que la relation ci-dessus n’est pas vérifiée, au moins pour le couple zinc-platine ; on ne pourrait donc écrire A = o ; et il y aurait modification des surfaces, c’est-à-dire action chimique ou polarisation, comme on voudra l’appeler, dans l’expérience classique de Pfaff.
- (*) Journal de Physique, tome IV. Mai i885.
- C) Journal de Physique, tome IV. Mai i885.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- DÉTERMINATION DE LA RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE d'une COLONNE DE MERCURE EN MESURE ABSOLUE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE
- Par L. Lorenz, à Copenhague
- Les recherches expérimentales que je me propose de publier ici ont été faites dans le laboratoire de chimie de l'école militaire au château de Friedrichsberg, grâce à une subvention du gouvernement danois et pour satisfaire au vœu émis par la conférence internationale des électriciens, vœu relatif à la détermination des unités de mesures électriques. Une partie des mesures a été effectuée par M. le DrTopsoé, qui d’ailleurs m’a prêté maintes fois son aide précieux au cours de ce travail.
- Pour déterminer les unités absolues de temps, de longueur et de masse, nous nous servîmes :
- 10 D’un chronomètre à pendule dont la marche fut déterminée en prenant pour base les indications de l’observatoire astronomique.
- 20 D‘un mètre étalon, divisé en centimètres, ainsi que d’un cathétomètre, construits l’un et l’autre par la Société Genevoise. La correction du premier de ces instruments avait d’ailleurs été déterminée par comparaison avec un mètre vérifié par le bureau international de Paris et se trouvait être égale à : o.0237mm, vrai à — 1,25°.
- 3° De poids étalons de Westphal.
- 1
- I. —• MÉTHODES POUR LES MESURES DE RÉSISTANCE.
- Mesures absolues. — La méthode employée est, en principe, absolument la même que celle dont j’ai fait usage dans mes recherches anterieures (*). Mais j’ai apporté â l’exécution des expériences plusieurs modifications, modifications qui ont notamment trait à l’appareil de rotation, que j’ai rendu conforme à la proposition que j’ai faite devant la conférence internationale (2) et dont j’aurai d’ailleurs plus loin l’occasion de parler avec plus de détail.
- Mesures relatives. — Les deux résistances qu’il s’agit de comparer, A3 et CD, reliées par le conducteur BC, ainsi que deux bobines sont placées dans un circuit parcouru par un courant électrique. Ces deux bobir.es sont disposées à une distance convenable devant et derrière un galvanomètre à miroir. De deux des quatre points AB CD le courant est amené au galvanomètre, de telle façon que ce dernier courant exerce sur l’aiguille galvanométrique une action contraire à celle exercée par le courant principal qui circule à traveis les bobines. Dans la ligne allant au galvanomètre se trouve, de plus, intercalé un rhéostat qui permet de modifier la résistance dans une assez large mesure pour que l’aiguille du galvanomètre revienne au zéro.
- Soient G la résistance du galvanomètre et des conducteurs
- (*) !.. Lurent. Ann. de Poggendorf, 149, p. a5i, 1 .
- {-) L. Lorenz, Jouni. de 1, p. 477, 1882.
- y aboutissant, R, Rt et R2 les résistances mesurées au rhéostat, suivant que le courant a été pris aux deux points AB, BD ou AD, on a :
- kAG^G + K /« B D = G + R t k AD==G+R?
- expressions dans lesquelles 1) désigne le rapport constant entre l’intensité du courant principal et celle qui traverse le galvanomètre.
- On tire de là :
- C D___R 2 — R
- AB~Ra-Rt'
- On peut modifier les expériences en choisissant d’autres points AB et CD, ce qui permet de contrôler l’exactitude du résultat.
- Afin de pouvoir en même temps diminuer ou augmenter d’une façon déterminée la constante k, le fil des deux bobines avait été formé par un câble composé de onze fils isolés les uns des autres.
- Le câble était peu tourné et les deux bouts du câble, longs chacun de un mètre et tressés ensemble, venaient aboutir à un commutateur latéral qui permettait de grouper les vingt-deux fils de toutes espèces de manières. On pouvait de cette façon, sans changer la place des bobines rendre deux, trois, quatre et ainsi de suite jusqu’à onze fois plus énergique leur action sur le galvanomètre. Il est superflu d’ajouter qu’il fallait avoir soin d’éviter, en faisant usage de ces combinaisons, l’action directe que tout le circuit en dehors des bobines pouvait exercer sur le galvanomètre, résultat qu’il était aisé d’obtenir en plaçant dans le voisinage de l’observateur le fil dans une gaine.
- Le galvanomètre employé était un galvanomètre Thomson avec miroir plan et lunette. Cet instrument avait deux bobines : l’une inférieure, à gros fil, et l’autre supérieure, composée de deux fils longs et fins : ce fut cette dernière bobine qui servit à nos expériences. Les expériences furent toujours faites dans un local non chauffé. Les variations qui auraient pu se produire dans la position du zéro de l’aiguille galvanométrique, au cours d’une même série de mesures, étaient compensées au moyen d’un aimant placé dans le voisinage de l’observateur. Le rhéostat était un rhéostat Siemens nouveau modèle, allant de 1 à 10000 unités; par exception, il lui fut adjoint, de temps à autre, un rhéostat divisé en dixièmes d’unité. Le calibrage de ces appareils fit voir que le premier rhéostat était tellement exact qu’une table de correction était absolumentsuperfiue. Par contre, six mois plus tard, on pouvait constater des modifications sensibles qu’il n’eût pas été possible de négliger.
- II. — CALIBRAGE DES TUBES DE VERRE
- Tous les calibrages ont été confiés aux soins de M. le Dr Topsoé. Aune faible distance d’un cathétomètre installé sur une fondation en béton on avait disposé sur une table, à fondation de béton également, une planche d’acajou verticale. Cette planche portait le mètre-étalon et, à côté, le tube à calibrer.
- Pour le calibrage des tubes plus étroits on procédait de la façon suivante : on faisait monter petit à petit dans le tube une colonne de mercure de faible hauteur, de manière que dans chaque position nouvelle le bord inférieur de la colonne fût exactement tangent au bord supérieur de la position précédente. Cette opération se faisait très facilement et avec beaucoup de précision, grâce au dispositif que nous allons décrire. Sur la planche dont il a été question plus haut se trouvait placé horizontalement, daus un logement ménagé à cet effet, un tube de verre ayant la forme représentée sur
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- la figure i. Dans l’extrémité verticale de l’appareil on mettait le tube à calibrer, tandis qu’on fermait avec un bouchon de verre l’autre branche verticale, une fois le mercure introduit par cette branche. L’appareil était, de plus, clos au moyen d’un bouchon en fer au centre duquel passait une tige filetée longue et mince. Cette vis permettait de faire monter, dans le tube à calibrer, le mercure à telle hauteur qu’on jugeait convenable. Ce dernier tube était, à sa partie haute, deux fois recourbé et tiré en pointe. Une fois le mercure poussé jusqu’à cette pointe extrême, on retirait la colonne en s’arrangeant de façon à ce qu’une colonne de 2 centimètres de hauteur fût séparée, par une bulle d’air, du mercure formant la colonne inférieure. C’est à l’aide de cette petite colonne que l’on procédait ensuite au calibrage.
- Le calibrage terminé, on chassait la petite colonne hors du tube et, après l’avoir recueillie dans une soucoupe, on la pesait. On introduisait ensuite dans le tube une nouvelle colonne de mercure, toujours séparée par une bulle d’air, et ayant à peu près la même hauteur que la partie calibrée du tube. La hauteur et la position de cette colonne par rapport à un repère marqué sur le tube une fois déterminées, on retirait également cette colonne du tube et on la pesait. En dernier lieu, on enlevait le tube, on le cassait dans le voisinage des points limites calibrés, puis, après
- M
- m
- FIG. I
- avoir taillé coniquement les deux extrémités, on mesurait sa longueur.
- Soit Xi, >>21 les longueurs successivement mesurées
- de la petite colonne de mercure ayant servi à faire le calibrage, et soit
- L + >2 + • • • — L.
- Soit de plus L' la longueur de la colonne de mercure plus grande, introduite en second lieu, et V, avec >4 les morceaux supplémentaires de toute la longueur calibrée, en sorte que l’on a :
- L — >,' — 4 = L'
- De même, soit L" la longueur de la partie coupée du tube et V/ avec >4 les morceaux supplémentaires du tube calibré, d’où
- l - y; ~ = v
- On pourra évidemment exprimer par la formule
- R'
- Ai
- Si
- + ...
- y. — i
- 5)
- a résistance R' de ce même tube rempli de mercure, en désignant par r la résistance spécifique du mercure et par «î, s2 ... -Siles sections correspondantes aux milieux des colonnes y, >.2 ... >.)t.
- Soit w le poids, rapporté à l’espace vide, de la petite colonne ayant servi au calibrage, et W celui de la co-onne L'. Les volumes de ces deux colonnes peuvent être représentés par v — i x et V — 2 x, x étant l’espace limité par la surface convexe du mercure, par un plan tangent au milieu de cette surface, et enfin par la paroi cylindrique du tube. Si donc on désigne par p le poids du mercure rem-
- plissant l’unité d’espace, o° étant pris comme température des expériences, on a
- W — p (v —- 2 x), w = p (V — 2 x)
- d’où
- W — w = p (V — v)
- Mais comme on a de plus
- v = s, >, = s2 X2.
- v=
- \ >i A»/
- si l’on pose :
- L
- >>| — — Ôl, >2 — — — 02,
- 1 n *’ 1 n
- >n n — ®"’
- 3ï + + • • •- Sn — 32
- on peut écrire :
- R'(W - W)«rp(n — i - Jj-g)
- La correction relative à la température se faisait au moyen de la formule
- t> p /14- b(t' -\-t"—2 <n) -j-g (2 y—t")
- l+T V
- en désignant par R la résistance à o°, par t' et t" les températures auxquelles avaient été mesurées les longueurs L' et L", par /0 la température à laquelle l’étalon de mesure est vrai, par b et par g les coefficients de dilatation linéaire du laiton et du verre, et enfin par y le coefficient de dilatation cubique du mercure. Voici les valeurs numériques adoptées pour ces constantes :
- t o — — 1,25 p = 13,5952 y = 0,0001795 b =r= 0,000018 g = 0,0000084
- Quant à la valeur de la constante r, il est bon de remarquer que si l’on exprime les longueurs en millimètres, les
- poids en milligrammes, il faut faire r = si p0n veut que
- R soit exprimé en unités mercuriel'es ordinaires.
- Ces mesures donnèrent les résultats suivants :
- L — 358,119 L' = 357,042 L"= 364,61 11 = 19
- W = 1395,75 ni}
- Tube n° 1
- = 19,406 7^= 4,685 >.''= —0.87 T = io°o w = 75,40 mg
- X»
- X«
- t"
- = 19,315“®. = 6,392 », = 4,38 .
- = II°0
- 132 = 0,4714
- R = 1,26612 unités mercurielles.
- L =445,36 L' =442,32
- L" = 435,3o n — 22
- W = 351,72 m g
- Tube ni 2
- >1 == 19,965 x’, = 3,o6 >" = — i,58 T = 906 w = 16,o5 mg
- Xa =20,434“®. Xn =—0,01 » =11,66 » t" = 9°o
- 1,1714
- R = 7,42980 unités mercurielles;
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 4J9
- Le calibrage des tubes larges qui furent employés au nombre de trois pour les mesures de résistance absolues et qui avaient chacun i m. de longueur et des diamètres de i, 2 et 3 centimètres, fut effectué comme il suit : On fermait le tube à sa partie inférieure par un couvercle en fer muni d’un robinet, tandis que Ton introduisait la partie supérieure dans une garniture également en fer. Lorsqu’on voulait remplir de mercure l’un des tubes, on commençait par le placer horizontalement, par faire le vide au moyen d’un robinet en verre communiquant avec une machine pneumatique, puis on introduisait le mercure par le robinet en fer. Le remplissage une fois terminé, on disposait le tube verticalement sur la planche en acajou et l’on fixait sur la garniture supérieure l’appareil représenté figure 2. Cet appareil se composait d’une vis creuse à travers laquelle on pouvait faire passer une tige en acier, terminée haut et bas par des pointes, et que l’on fixait dans l’une quelconque de ses positions. On descendait cette tige en acier jusqu’à ce que la pointe inférieure vînt au contact de la surface du mercure, ce qui pouvait être reconnu au moyen d’une lunette, et après la mise au point on mesurait, à l’aide du cathétomètre et du mètre-étalon, la hauteur de la pointe supérieure. On écoulait ensuite petit à petit, et par quantités sensiblement égales, le mercure, en étendant ces mesures à toute la partie du tube qu’il s’agissait de calibrer.
- Le plus large des trois tubes était percé de quatre trous
- FIG. 2
- 143
- dirigés coniquement vers la paroi interne du tube; les autres tubes n’en portaient que deux.
- Chacun de ces trous se trouvait hermétiquement fermé par une petite plaque de platine maintenue en place au moyen d’un ressort de montre, qui embrassait partiellement le tube et dont les extrémités recourbées étaient fortement tendues par un fil de cuivre. Dès que le mercure avait dépassé en s’écoulant l’un de ces trous, on déplaçait tout le système obturateur, on amenait la pointe inférieure en acier au centre du trou et on mesurait la hauteur de la pointe supérieure. On détermina de plus directement la distance qui séparait les trous placés sur une même verticale.
- Comme il était impossible d’éviter, au cours de ces observations, de légères variations de température, on eut soin de ramener, par de petites corrections, toutes les mesures à une même température moyenne.
- Si l’on désigne par L la longueur calibrée à la température moyenne t, par W le poids correspondant de mercure, par L'la distance entre deux trous, la formule
- WR' = rPLL'tx
- donne la résistance R', non corrigée par rapport à la température, de la colonne de mercure comprise entre deux trous ; formule dans laquelle p. est un nombre très peu différent de i et qui tient compte de la correction nécessitée par la conicité du tube, très faible d’ailleurs et déterminée par les mesures isolées. Partant de cette formule, on calcule par le même procédé que précédemment, la résistance R réduite ào°, en ayant soin de remplacer dans ce calcul t' et /" par t et
- Voici les résultats de ces mesures :
- Tube n° 1
- L -=525,93“*™ t =12,49° YV = 2312197mg.
- L' =499,35 /' = 10,6° |x =1,000071
- d’où
- R =0,00154180 unités mercurielles.
- Tube n° 2
- Ce tube avait quatre trous A, B, C, D. Nous désignerons par AB, B C et CD les résistances à 0° des colonnes de mercure comprises entre ces trous :
- AB L = 200,45™“* t = 11,70° W = 2103229 mg'
- L' = 199,79 t' = 9,0° \X = 1,000000
- BC L =203,19 t — 10,79° YV = 1124558 mg.
- L' = 199,97 t’ = 9,00 g. = 1,000021
- CD L = 201,09 t = 11,22° W = 2082375 mg
- d’où L' = 200,45 t' = 9,0° tx = 1,000010
- AB = 0,00025836 unités mercurielles.
- BC = 0,00025964 —
- CD = 0,00026279 —
- Comme les mesures ultérieures firent voir que dans la détermination des résistances absolues les résistances les plus petites donnaient les résultats les plus exacts, le troisième tube calibré dont la résistance se trouvait égale à 0,0062215 unités mercurielles ne fut jamais employé.
- III. — COEFFICIENT THERMIQUE DE LA RÉSISTANCE DU MERCURE
- Le mercure qui servit à toutes les expériences fut préparé par M. le DpTopsoé de deux façons différentes. Une partie du mercure fut obtenue pure, par les procédés ordinaires, mais sans avoir recours à la distillation ; l’autre partie était préparée en masse plus considérable (iôkilog.) en soumettant à la distillation de l’oxyde de mercure pur. L’expérience fît voir, d’ailleurs, qu’au point de vue de la conductibilité électrique les deux préparations étaient absolument identiques.
- Pour les expériences dont nous allons parler on employa deux tubes non calibrés, avec des réservoirs cylindriques soufflés. L’un des tubes, d’une longueur de 1 mètre et d’une largeur de 1 millimètre était contourné en spirale; l’autre, d’une longueur de 260™™ et d’une épaisseur de 1 millimètre avait été courbé en U.
- Une fois les tubes pleins de mercure on commençait par les placer sous la cloche d’une machine pneumatique et l’on observait les variations de résistance au fur et à mesure que le vide allait croissant. S’il y avait eu des bulles d’air emprisonnées, le vide aurait eu pour effet de dilater ces bulles et d’augmenter ainsi la résistance de la colonne de mercure.
- Une petite augmentation de résistance eut, d’ailleurs, dû résulter du fait seul de la diminution de pression sur la surface du mercure ; je constatai, au contraire, une faible décroissance constante dans la résistance, décroissance qui, dans le tube en U n’atteignait que 0,076 0/0. Dans d’autres expériences, dont je parlerai plus loin, expériences faites avec des tubes droits et horizontaux recouverts de mercure, cette anomalie cessa de se manifester, ce qui me porte à supposer qu’elle provient de ce que la couche d’air logée à la partie supérieure du tube entre le mercure et le verre se trouve aspirée. En tout cas ces expériences permirent de s’assurer qu’aucune bulle d’air appréciable ne restait emprisonnée dans les tubes.
- On prit ensuite un des tubes que l’on plaça dans un récipient rempli d’alcool avec un thermomètre-étalon divisé en dixièmes de degré, ainsi qu’un agitateur. Le récipient d’alcool était lui-même entouré par un récipient plein d’eau.
- Les mesures de résistance furent alors effectuées suivant *
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- la méthode décrite plus haut. Soit AB la résistance de la colonne de mercure à /», BC la résistance du fil de platine qui relie le tube à un rhéostat. Dans la première série d’expériences, la résistance CD du rhéostat comportait I U. S., dans la deuxième 3o U. S.
- Tube en spirale
- = i3,28° ÆAB = G + 24Ô4,2 AAD—G-f-6671,5 ABD=G+ 743,1
- d’où
- G=34Ô4,2
- ÆBD=4207,3
- AAB=5928,4(calculé 5928,3)
- f=o° k AB = G+2392,6
- £AD = G+66oo,o ABD=G+ 741,8
- d’où
- G=3465,6 /(BD =4207,4
- k AB=5858,2 (calculé 5858,2)
- /= io,oo° ÆAB = G + 2445,9 k A D = G + 6654,0 A;BD = G+ 743,0
- d’ou
- G=3465, i Æ BD=4208,1
- A;AB=59ii,o (calculé 5911,0)
- /=27,32° /;AB=G+2537,8 k AD ==0 + 6746,0 ÆBD=G+ 743,5
- d’où
- G=3464,7
- ABD=4208,2
- k AB =6002,5 (calculé 6002,5)
- Les valeurs calculées l’ont été au moyen de la formule k A B = 5858,2 (1 + 0,0130901 3 t)
- et concordent, comme on le voit, presque absolument avec les valeurs observées.
- lube en U
- Les deux fils du galvanomètre avaient été ici réunis en un seul.
- =8,32°
- d’où
- k AD = G+8773,i k B D = G -j- 3961,2
- ÆAB=48ii,9 (calculé48n,9)
- / = 33,43» d’où
- AAD = G+8882,8 Æ BD = 0+3961,2
- /;AB=492i,6 (calculé4921,8)
- 1=35,31» k AD = G+889i,3
- k BD = G-f 3961,0
- d’où
- A: AB =4980,3 (calculé : 4930,1) Les calculs ont été faits d’après la formule
- A AB = 4775,6 (1 + 0,0009161).
- Les coefficients ainsi trouvés pour l’accroissement apparent de la résistance du mercure dans des tubes en verre, la température s’élevant de 1 degré, sont alors
- 0,000901 3 entre o» et 27,82°
- 0,000916 — 8,32° et 35,3i°
- coefficients qui ont une valeur un peu plus élevée que celle trouvée par Lenz et concordent assez avec celle donnée par Siemens, et, dans ces derniers temps, par Mascart.
- (A suivre.)
- FAITS DIVERS
- Les dernières expériences sur la vitesse de l’électricité ont prouvé qu’un signal électrique traverse 16 000 milles par seconde.
- agrandie. M. Epstein a dernièrement introduit plusieurs perfectionnements dans la fabrication de ses appareils.
- Il est question, parait-il, en Italie, d’un projet d’exposition internationale d’électricité qui se tiendrait à Milan en 1887. Ce projet serait appuyé par les chambres de commerce de cette ville, ainsi que par la commune, la province et le gouvernement italien.
- M. P. Wood, armurier à Bristol, a appliqué l’électricité à la décharge des armes à feu. L’invention se compose d’une combinaison de fils qui mènent le courant électrique d’une pile cachée dans la crosse du fusil jusqu’à la cartouche. En tirant la gâchette, on établit la communication entre les fils et la cartouche.
- Plus de 700 horloges électriques ont déjà été installées dans différents établissements à New-York, et la Compagnie a en mains des commandes pour plus de 200 en-core.
- Le ministre des finances à Washington a décidé de faire enlever tous les fils électriques qui ont été installés sur la toiture des bâtimeuts de son ministère. Le délai accordé aux différentes Compagnies expire le 3o juin prochain.
- Un inventeur américain vient de construire un appareil électrique pour l’extraction des dents sans douleur et pouvant, à ce qu’on dit, extraire 7 dents en 5 secondes.
- On vient d’expérimenter aux Etats-Unis une grue électrique destinée à la manœuvre des canons de place. Avec cet appareil, inventé par M. Maxim, il suffit d’un seul homme pour pointer et charger la plus énorme pièce et la manœuvre devient excessivement facile. Les essais ont eu lieu au fort de Garrison-Point, sur un canon de 38 tonnes.
- Le moteur électrique de la Compagnie Dapt sera essayé un de ces jours-ci sur le chemin de fer aérien de la 90 avenue, à New-York, et celui d’Edison sur la ligue de la 2e avenue. Des essais préliminaires de ce dernier système ont très bien réussi dans l’usine d’Edison, à New-York.
- L’Electrical Review annonce que le capital des entreprises d’électricité créées aux Etats-Unis pendant le mois de mars dernier s’élève à 123 855 000 fr., sans compter la formation de 7 sociétés de télégraphie, au capital de 9 millions i35ooo fr. Notre confrère ne garantit cependant pas l’exactitude de ces chiffres.
- On télégraphie de la Nouvelle-Orléans que l’Exposition sera fermée le 3i mai, et la réouverture aura lieu au mois de novembre prochain.
- La cabine des câbles, au nord d’un des tunnels de Chicago, a pris feu le 8 mars dernier, et la communication a été interrompue sur les fils télégraphiques, téléphoniques et autres. Heureusement le réseau du département des pompiers et de la police avait été mis sous terre, sans quoi ia division du nord aurait été sans communication électrique avec la station centrale des pompiers.
- La fabrique d’accumulateurs de M. Epstein, à Leipzig, va prochainement être transférée à Berlin êt considérablement
- Le différend entre la Western Union C° et ses employés à Chicago, au sujet du travail supplémentaire, a été a-
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- plani, la Compagnie ayant donne satisfaction aux réclamations de ces derniers, qui toucheront 2 francs par heure de travail supplémentaire.
- La nouvelle Chambre de commerce à Chicago contient cinq moteurs pour des dynamos alimentant Goo foyers électriques, cinq milles de câble télégraphique et trois milles de câble téléphonique.
- Le sol étant presque toujours en mouvement au Japon, il vient de se former depuis quelques années une société sismologique qui se propose dès aujourd'hui d'établir un service télégraphique universel pour prévenir de l'approche des tremblements de terre.
- Éclairage électrique
- Nous lisons dans le Bulletin international des Téléphones :
- Si dans l'industrie les accumulateurs ne peuvent rendre tous les services que l'on avait attendus d’eux il y a quelques années, ils n'en sont pas moins d’un emploi souvent utile pour l'éclairage électrique domestique. Tel particulier propriétaire de grands immeubles, qui ne peut songer à installer chez lui une machine à vapeur, se verrait sans eux obligé de renoncer à la lumière électrique: leur emploi lui permet de se procurer les avantages de cet éclairage de luxe.
- Nous citerons à ce sujet une installation très intéressante que la Société électrique Edison vient de faire dans un magnifique hôtel du quartier de l'Etoile. La force motrice, que les dispositions du local empêchent de demander à une machine à vapeur, est fournie par un moteur à gaz à deux cylindres. Ce moteur commande une dynamo Edison de 60 lampes A qui peut, si l'on veut, être mise directement sur les lampes à incandescence; mais en général, elle sert à charger une batterie d'accumulateurs Faure-Sellon-Volckmar. La raison en est facile à comprendre.
- Dans une installation semblable, les lampes n’ont pas à fonctionner simultanément, sauf pendant les grandes réceptions, et en temps normal, le nombre de lampes en service varie constamment. Avec l'alimentation directe, la machine motrice travaille presque toujours à sa charge maximum et consomme plus de force qu'il n'est nécessaire. Avec les accumulateurs, au contraire, la dépense est proportionnée aux besoins de l'éclairage, et l'économie ainsi réalisée compense amplement les pertes occasionnées par l'usage d'une batterie secondaire, bien que le rendement de celle-ci ne soit, comme on le sait, que d'environ 60 0/0.
- L'éclairage, que nous avons vu fonctionner, comprend 60 lampes à incandescence. La batterie se compose de 60 accumulateurs que l'on charge pendant la journée et qui fournissent le soir le courant électrique suivant les besoins du service. Ces éléments ont une capacité de 5oo ampères-heure; ils pèsent chacun 70 kilogrammes et leur régime de charge varie entre 27 et 3o ampères. Au début de la décharge, 56 éléments suffisent pour l'alimentation des lampes ; les 4 autres sont gardés en réserve et on les ajoute au fur et à mesure de la durée de l'éclairage.
- Enfin nous devons ajouter qu'une pareille disposition permet, au cas échéant, de doubler le nombre de lampes en service. Pour une fête, pour un grand bal par exemple, on peut mettre â la fois en circuit la machine dynamo et la batterie, et l'on se trouve en état de produire, avec une machine assez faible, une quantité de lumière déjà considérable.
- Cet éclairage présente donc toutes les conditions qui peuvent assurer, son bon fonctionnement et sa commodité ; il montre les services que rendent les accumulateurs lors-
- qu’on sait les employer judicieusement et quand on ne leur demande pas plus qu'ils ne peuvent donner. Aussi croyons-nous qu'il doit servir de modèle pour les applications analogues de la lumière électrique.
- Il nous paraît utile aussi de signaler l'avantage qu'il y aurait dans une semblable installation à se servir d'un compteur électrique. Il est en effet assez important que le domestique chargé de la marche du moteur, puisse se rendre compte chaque matin de la quantité d'électricité dépensée la veille par les accumulateurs, et cela afin qu’il sache pendant combien d’heures il doit charger sa batterie. Un compteur, tel que l'appareil de M. Cauderay, pourrait donc être utilement employé, surtout s’il était gradué en lampes-heure, opération aussi facile à faire que la graduation en coulombs. En lisant l'indication du compteur et en se reportant à un tableau dressé, à l'avance, le domestique aurait, sans aucun calcul, les renseignements qui lui sont nécessaires, et pourrait maintenir ses accumulateurs à leur charge maximum, tout en opérant avec la plus stricte économie. C'est là une petite modification au système actuel qui nous paraît indispensable pour que les particuliers profitent complètement des avantages de la lumière électrique.
- La Compagnie des hauts-fourneaux de la marine et des chemins de fer, au Boucau, possède maintenant une installation d'éclairage électrique comprenant i5 foyers à arc de 400 bougies chacun sur un seul circuit d'une longueur de 2400 mètres. On nous informe que la Compagnie vient de traiter pour une nouvelle installation d'égale étendue comprenant aussi une quarantaine de lampes à incandescence.
- On nous écrit d'Aix-les-Bains (Savoie) que le Casino va être éclairé à la lumière électrique et que l'inauguration du nouvel éclairage aura lieu au commencement du mois de juin. L'installation comprendra 20 foyers Jablochkoff, 14 régulateurs d'un nouveau système et environ 60 lampes à incandescence du système Woodhouse et Rawson. La force motrice sera fournie par une machine à vapeur de 35 chevaux.
- Les nouveaux locaux de la Chambre des représentants de Belgique et du journal le Moniteur belge devant être éclairés à la lumière électrique, il a été décidé qu'on recevrait jusqu'au i5 juin les plans et devis des électriciens qui voudraient entreprendre cet éclairage. Les offres des soumissionnaires seront admises dans' les deux hypothèses suivantes : soit de la fourniture de l’éclairage au compteur, soit de l'établissement des machines et appareils à livrer à l'administration pour être exploités par elle.
- La station centrale installée par la Berliner Elektrischen Beleuchtungs Aktien Gesellschaft pour l'éclairage électrique du parc de l’Exposition à Berlin, alimente maintenant 46 foyers à arc et 3oo lampes à incandescence, bien que sa capacité soit de 100 foyers à arc et de i5oo lampes à incandescence. Ces foyers sont alimentés par 4 dynamos Brush de 25 lampes chacune. Les dynamos pour les lampes à incandescence sont également du système Brush. Les moteurs sont des machines à vapeur du système Willans.
- Dans la soirée du 9 de ce mois, des malfaiteurs ont coupé plusieurs des conducteurs de lumière électrique appartenant à la Sociedad Espanola de Electricidad, à Barcelone. Le circuit comprenant les foyers devant le Teatro Principal avait été interrompu, et plusieurs endroits comme le Casino Mercantile, le Pasaje del Reloj, la Drogueria de Ferrer et d’autres établissements étaient plongés dans l'obscurité.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Malgré un temps pluvieux, les dégâts ont été réparés le même soir. L'auteur présumé, un ancien ouvrier de la Société, a été arrêté immédiatement par la police.
- La caserne de cavalerie située à Barceloneta, un faubourg de Barcelone, va être éclairée à la lumière électrique avec des foyers à arc puissants. L'installation sera faite par la Sociedad Espanola de Electricidad.
- Il paraît que MM. Woodhouse et Rawson, de Londres, sont arrivés à fournir des lampes à incandescence de leur système de io bougies, ne demandant qu'une force électromotrice de ioo volts avec une intensité de courant de 0,25 ampère.
- Le nouvel hôtel Métropole, à Londres, contient près de 70 milles de fils électriques. La lumière électrique sera installée dans toutes les chambres.
- La tour de la nouvelle Chambre de commerce sera pourvue de 10 foyers à arc alimentés par une dynamo Sperry. Comme nous lavons déjà dit, l'intérieur du bâtiment est éclairé par 756 lampes à incandescence Edison.
- • Le château de M. Mitchell, l’associé de sir Charles Armstrong, près de Newcastle, a été pourvu d’une installation de lumière électrique à incandescence avec des lampes Edison Swan. Les dynamos sont actionnées par une machine à gaz Crossley.
- Depuis trois ou quatre jours, le train express de Liver-pool à Manchester, en Angleterre, est éclairé à titre d’expérience avec des lampes à incandescence de 10 bougies du système Woodhouse et Rawson, qui ont donné de très bons résultats.
- La lumière électrique fonctionne maintenant depuis plus d’un an dans les bureaux du journal VIrish Times, à Dublin, où le courant est fourni par une dynamo Siemens à courants alternatifs, avec une machine à courant continu comme excitatrice. Les lampes sont au nombre de i5o, de 17 bougies et du type Swan. La force motrice est fournie par deux machines à gaz Crossley de 12 chevaux chacune et munies de trois grands volants pour assurer une marche régulière. Les lampes donnent une lumière absolument fixe et fonctionnent en moyenne 8 heures par soirée, excepté le samedi, à partir de 7 heures jusqu'à 3 ou 4 heures du matin.
- La dynamo a marché pendant 2200 heures dans l'année en absorbant 19 chevaux, et 56 lampes seulement ont été détruites. La vie moyenne d'une lampe est généralement estimée à ïooo heures, mais plusieurs de celles-ci ont duré plus de 2000 heures, ce qui provient peut-être de ce fait qu'elles n'ont pas été poussées jusqu'à l'incandescence entière, étant de 20 bougies et n'en donnant que 17. En prenant i3o lampes comme moyenne en fonction pendant les 2200 heures, le total des frais s'élève à 6953 francs, soit à peu près le prix du gaz ordinaire. Il en résulte que la lumière électrique, dans une installation assez importante, peut être produite au prix du gaz.
- Le comité du gaz de New-York vient de soumettre à la municipalité de cette ville un rapport sur les prix comparatifs de l'éclairage des voies publiques par le gaz et l'électricité.
- L'éclairage électrique de New-York comprend actuellement 647 foyers; il coûte 826542 fr. 5o par an et remplace 3 016 becs de gaz, qui revenaient à 263900 fr. En outre, la municipalité paraît décidée à en établir 2093 autres, dont la dépense annuelle sera de 2673807 fr. 5o, et qui se trouveront substitués à 5345 becs de gaz payés 467687 fr. 5o.‘L'emploi de la lumière électrique représentera donc pour la ville un surcroît de dépenses de 2 768 762 fr. 5o par an.
- Les compagnies d'électricité répondent à cette objection en mettant en avant l'augmentation considérable de lumière qu'elles ont procurée aux rues de New-York; elles s'appuient aussi sur l'avis favorable émis par l'administration de la police, d'après lequel l'établissement d'un foyer à arc produit, au point de vue de la sécurité publique, le même effet que la présence de plusieurs policemen.
- II faut aussi ajouter que la concurrence de la lumière électrique a provoqué une diminution assez sensible du prix du gaz. ______
- La ville de Dundalk va être éclairée à l'électricité, et le Conseil municipal a invité les entreprises d'électricité à envoyer des soumissions pour l'entreprise.
- On vient d'essayer sur le chemin de fer de Chicago à Saint-Louis et Pittsburg un nouveau fanal électrique qui a donné d'excellents résultats. La lumière est assez puissante pour permettre au mécanicien de distinguer la voie à plus de 1 5oo mètres en avant de la locomotive et apercevoir tout obstacle placé sur les rails assez à temps pour arrêter le train même à une vitesse de 75 kilomètres à l'heure. Ce foyer est alimenté par une dynamo actionnée par une petite machine dont la vapeur est fournie par la chaudière.
- Les dépenses nécessaires à l'installation de ce système, inventé par M. Woolley, d’Indianapolis, sont supérieures à celles qu'entraînent les autres procédés analogues employés jusqu'à ce jour; mais, d’après l'inventeur, les frais d'entretien sont moins élevés à cause de la faible quantité de vapeur nécessaire à la marche de la machine.
- La ville de Bangor, dans l'Etat du Maine, est éclairée avec 114 foyers à arc du système Thomson Houston, qui ont été installés par la Compagnie Thomson Houston, de Boston. L’installation va cependant bientôt être augmentée, et l'on se propose aussi d’introduire la lumière à incandescence du système Edison.
- L'Edison Electric Light Company a commencé, la semaine dernière, devant les tribunaux de New-York, un procès en contrefaçon contre les Sociétés suivantes d'éclairage électrique ; L'United States Electric Lighting Company, Consolidated Electric Light Company, Swan Incandescent Company, et la Remington et Schuyler Light Company.
- Le Conseil municipal de Newark, en New-Jersey, a fait installer un foyer électrique au milieu d'un ancien cimetière qui était le rendez-vous de tous les mauvais éléments de la ville. On espère qu’une lumière brillante facilitera la surveillance de la police et forcera les malfaiteurs à se disperser.
- Le vaisseau de guerre Giovanni Bausan, qui a été construit pour le compte du gouvernement italien par MM. Armstrong et Mitchell, à Newcastle ou Tyne, est entièrement éclairé à la lumière électrique. Le courant est fourni par deux dynamos Gramme actionnées par des machines Bro-therhood et 32 accumulateurs d’un cheval, spécialement construites pour ce navire par l’Electric Power Storage C°. L'installation comprend 176 lampes à incandescence Edison
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- de 8 bougies, réparties sur 9 différents circuits. Chaque cabine contient une ou plusieurs lampes avec un commutateur indépendant. Il y a également deux foyers à projection et à arc de 20000 bougies. Les dynamos seront mises en marche dans l’après-midi pour charger les accumulateurs ; elles fonctionneront jusqu’au soir, et les accumulateurs serviront à alimenter le circuit de nuit, ou bien ils pourront alimenter un certain nombre de lampes à incandescence, tandis que les dynamos serviront pour les foyers à projection. En tous cas, ces accumulateurs seront très utiles comme réserve en cas d’accident.
- Depuis le mois de novembre dernier, le paquebot Regina Margherita, appartenant à MM. Rocco, Piaggio et fils, de Gênes, est éclairé par une combinaison de 100 lampes à incandescence de 16 bougies et 4 foyers à arc placés en dérivation et réglés par une série de résistances. Toutes ces lampes sont alimentées par la même machine et d’après le système qui a déjà servi pendant l’hiver de 1884 pour l’éclairage à arc du théâtre de la Scala, à Milan.
- Dans cette dernière installation la dynamo alimentait en même temps 8 foyers à arc en dérivation et un certain nombre de lampes à incandescence de 100 volts.
- Télégraphie et Téléphonie
- Un correspondant de la Revue Scientifique vient d’adresser la lettre suivante à ce journal à propos des expériences récentes de télégraphie sans fils du professeur Graham Bell.
- « Permettez-moi de rappeler à ce sujet que ces expériences si intéressantes ont été réalisées pour la première fois en France par M. Bourbouze en 1870.
- « A cette époque, et pour remédier au défaut de communications entre Paris assiégé et la province, M. Bourbouze fit des essais de ce système sur la Seine, entre le pont Napoléon et Saint-Denis. Ces expériences, faites au moyen d’un petit nombre d’éléments et d’un galvanomètre — le téléphone n’était pas connu à cette époque — eurent un succès assez satisfaisant pour décider M. d’Almeida à partir en ballon afin de communiquer par ce moyen avec Paris; sur ces entrefaites, l’armistice fut signé, et la désorganisation qui régnait alors interrompit la suite des expériences.
- « Ce n’est qu’en 1876 que M. Bourbouze fit ouvrir à l’Académie le pli cacheté qu’il avait déposé en 1870. M. du Moncei voulut alors réclamer la priorité du système, mais les titres qu’il apporta à l’appui ne furent pas de nature à décider en sa faveur. *
- L’influence des événements politiques sur le trafic télégraphique est naturellement très grand dans tous les grands centres; c’est ainsi que la nouvelle d’un nouvel impôt sur la rente russe a fait monter, le 8 avril, le nombre des dépêches, à la Bourse de Berlin, de 4 700 à 6 573. Le jour suivant arriva la nouvelle du combat entre les Russes et les Afghans, qui fit monter le nombre des dépêches, au bureau de la Bourse, jusqu’à 9 053, chiffre qui n’avait jamais été atteint jusqu’ici. Le total des dépêches expédiées et reçues à Berlin le 9 avril s’élevait à 24 58i.
- Nous lisons dans le journal algérien VAkhbar qu’on se préoccupe à Alger de réduire à 5 centimes par mot le prix des dépêches télégraphiques entre la colonie et la France. Une demande dans ce sens aurait été adressée à M. le ministre des postes et télégraphes, mais aucune décision n’a été prise jusqu’ici. Il paraît que les trois câbles qui existent actuellement ne suffiraient pas à l’augmentation probable du
- nombre des dépêches qui résulterait d’une réduction du tarif, et que c’est la crainte d’un encombrement qui empêche la réalisation de ce projet.
- Les journaux américains nous apprennent que M. Edison vient d’inventer un nouveau système de communication télégraphique avec les trains de chemins de fer en marche. Le nouveau système ne réclame aucune installation spéciale, et on se sert des fils placés sur les poteaux le long de la voie, fussent-ils à 25 pieds de distance du train. Toute l’économie de l’invention repose sur un système d’appareils transmetteurs spéciaux pour lesquels M. Edison utilise un nouveau mode d’action de l’induction qu’il a découvert, paraît-il et dont il garde le secret.
- L’extension du réseau télégraphique en Angleterre, qui a été faite en vue de la réduction du tarif télégraphique, a été basée sur une augmentation de 3o pour cent du trafic actuel, et le total des dépenses faites s’élève à plus de 12 millions de francs, dont 11 millions 1/2 ont été affectés à la construction propre et à l’achat de nouveaux appareils, tandis que le reste a été dépensé pour de nouveaux bâtiments. On a placé de nouveaux poteaux sur une longueur de 85o milles, avec 9 200 milles de fer. Le réseau pneumatique de Londres a également été augmenté de 6075 mètres de tubes. Le personnel télégraphique sera augmenté de 1 200 télégraphistes et de 1 000 facteurs.
- Les journaux anglais annoncent que la réduction du tarif télégraphique, dont il est question depuis longtemps déjà n’aura probablement pas lieu à l’époque fixée. Cette mesure est peut-être reculée indéfiniment, à cause de la perte inévitable qui en résulterait pendant les premières années pour le gouvernement, et parce que la situation financière du département des télégraphes est déjà assez difficile pour le moment.
- Le verdict du jury prononcé, la semaine dernière, à Londres, contre les auteurs des explosions récentes a été publié à New-York 6 minutes après avoir été rendu à Londres. L’United States Cable C° n’a mis que 20 secondes à transmettre la dépêche.
- Les recettes du département des télégraphes en Angleterre, pour la période du Ier avril au 16 mai dernier ont été de 525oooo francs, ou presque exactement les mêmes que pour la même période de l’année dernière.
- Dans la Chambre des communes, en Angleterre, M Chamberlain a annoncé, en réponse à M. Vivian, qu’une communication télégraphique serait établie à titre d’expérience et pendant une année, entre les phares près des côtes et la terre. Les résultats de ces expériences seront consignés dans un rapport, à la fin de l’année.
- L’Eastern Telegraph C° annonce que le câble Zanzibar-* Mozambique est réparé et que la communication télégraphique se trouve par conséquent rétablie entre la côte est de l’Afrique, le Natal et le cap de Bonne-Espérance.
- La ligne télégraphique militaire établie par les Anglais entre le Caire et Korti a une longueur de 1 123 milles et semble fonctionner parfaitement bien. Les stations principales sont le Caire, Assiout, Assouan, Korosko, Halfa, Dal, Dongola, Debbeh et Korti, tandis que des bureaux d’embran-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- chôment sont installés à Shellal, Gemai, Serras, Mohrit, Am-bigole, Akasbra, Abu Fatmeh etMerawi.
- Le Bulletin international des Téléphones donne la description suivante du système d’appel direct entre abonnés d’un même réseau :
- L’avantage de ce système est de permettre à un abonné d’appeler à volonté et par les mêmes fils le bureau central ou tout autre poste relié à ce bureau. Si, en effet, les deux postes entre lesquels l’appareil direct est installé ont des communications très fréquentes, comme dans le cas d’une usine et d’une maison de vente appartenant à un même industriel, ils ont intérêt à correspondre directement sans être obligés de s’adresser au bureau central, dont l’intervention occasionne nécessairement une perte de temps. D’un autre côté, il faut aussi qu’ils puissent communiquer avec le bureau et les autres abonnés du réseau. Le système imaginé par M. Berthon permet d’obtenir ces deux résultats en se servant d’une seule ligne. Nous allons eu exposer rapidement le principe.
- Les deux fils reliant chaque poste au bureau central sont unis dans ce bureau de façon à former un circuit métallique complet, sur lequel les annonciateurs qui leur correspondent sont placés en dérivation. Les deux extrémités de ce circuit, placées respectivement dans chacun des postes, communiquent à la terre par un fil comprenant un relais.
- Ceci posé, examinons le fonctionnement du système. Si l’un des abonnés veut appeler directement l’autre abonné, il appuie sur un bouton spécialement affecté à ce service. Le circuit, partant de la terre du poste appelant, traverse la pile de ce poste, passe simultanément par les deux fils du circuit métallique et va de là à la terre par le relai du poste appelé. Ce dernier actionne la sonnerie et la communication s’établit sans que le bureau central ait été dérangé puisque ses annonciateurs se trouvent en dérivation sur deux points ayant la même force électromotrice et que par suite ils ne peuvent être traversés par aucun courant.
- Pour appeler le bureau central, on se sert d’un autre contact qui introduit une pile sur le circuit métallique en coupant le fil de terre. Dans ces conditions, le courant ne peut arriver au relais du second poste et traverse l’annonciateur du bureau central comme pour les appels des abonnés ordinaires.
- Enfin, lorsque le bureau central veut appeler un des deux postes, il met en circuit une pile dont l’un des pôles est à la terre.
- Le système comporte en outre plusieurs autres particularités; mais ce sont plutôt des combinaisons de détail, et leur étude offrirait peu d’intérêt.
- Voici les différents prix de l'abonnement au téléphone dans les différents pays d’Europe :
- En Russie....................................625 fr.
- A Paris. .................................. 600
- A Londres................................... Soo
- En Autriche.......................... 225 à 3y5
- En Portugal, pour les négociants............ 3/5
- — pour les particuliers. ............ 175
- En Suède............................. 160 à 270
- En Suisse............................ 100 à 25o
- En Allemagne, pour une ligne de 2 kilom. . . 25d
- En Hollande................................. 25o
- En Norwègé........................ . ico à 200
- En Italie............................. n5 à 175
- Le réseau téléphonique de Berlin a pris une extension extraordinaire et, depuis 3 ans, plus de 3 000 abonnés ont été reliés aux bureaux centraux. Le faubourg de Steglitz vient
- d’être mis en communication avec la capitale. Le nombre des abonnés ne s’élève qu’à 3 pour le moment, mais ne lardera pas à augmenter, ainsi que cela a eu lieu à Potsdam, où il y a déjà 29 abonnés.
- Pendant les fêtes de saint Isidro, le patron de Madrid, une cabine téléphonique avait été installée sur le champ de foire près de la ville, pour la commodité du public. Le prix des communications était de 3o centimes pour 20 mots.
- Le Ier avril dernier, il y avait à New-York 5 ii5 abonnés au téléphone, à Chicago 3 38o, à Boston 2626 et à Cincinnati 2 55o sur 250000 habitants. Philadelphie en avait 2 261 avec 73i lignes particulières, Brooklyn avait 2 200, Baltimore 1981, Pittsburg 1700, San-Francisco 1 700 environ, Cieve-Iand 1 685, avec 322 lignes particulières; Buffalo 1 540, Saint-Louis 1 485, Milwankee 1 38o, Washington 1 234, Kansas City 1020, et la Nouvelle-Orléans 1 000. Il y a beaucoup d’autres villes qui possèdent des réseaux téléphoniques considérables avec un total de 140 000 abonnés répartis eur 800 réseaux, avec 1.37 3oo milles de fil.
- Le Mexique possédait à la même date 17 réseaux avec 3 200 abonnés, dont 643 étaient dans la ville de Mexico et 171 à Guadalajara. Au Brésil, il n’y a que 7 réseaux, dont le plus considérable est formé par Rio de-Janeiro et ses faubourgs avec 1 675 abonnés; viennent ensuite Pernambuco avec 275 abonnés, Bahia avec 245, Para avec 7 , Santos i35, Companas 145 et San-Paulo i85. Le total des abonnés au Brésil se monte à 3 335. Au Chili, au Pérou et dans l’Equateur, cinq villes possèdent 85o abonnés. Quatre villes, au Vcuézuela, en ont 735, et les Etats unis de Colombie et de Panama en comptent 143. Aux Antilles, la Havane compte 356 abonnés, et d’autres ports de l’île de Cuba 25o, le Port of Spain 190, Bridgstown 175, Kingston (Jamaïque) 76, et Ponce (Porto-Rico) 19.
- La longueur des lignes téléphoni pics dont la construction est projetée en Amérique est de 247 720 milles, c’est-à-dire une distance plus grande que celle qui sépare la lune de la terre. _______
- On sait qu’en Amérique presque toutes les Sociétés téléphoniques dépendent de l’American Bell Téléphoné C° de Boston, propriétaire des brevets Bell, qui ne permet l’usage de ses appareils que contre une redevance fixe annuelle de 70 fr. par poste, y compris le prix d’achat. Il paraît que la Compagnie Bell s’est décidée à réduire cette redevance, •très onéreuse pour les autres Sociétés, de 70 à 45 francs par poste ; mais, au fur et à mesure que le nombre des abonnés augmentera, le prix sera également augmenté et porté à 5o, 60 et 70 francs.
- Notre coufièrc amciicain VElectrical Reviens Je New-York ne croit pas que l’American Bell Téléphoné C° sera autorisée par la législature de l’Etat de Massachusetts à augmenter son capital social. 11 est même question de rctiier la demande faite.
- On compte qu’il n’y a pas moins de 140000 postes téléphoniques en Amérique, reliés aux différents bureaux centraux, avec plus de 760000 communications par jour.
- Le Gérant ; Dr C.-C. Soulages,
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, ri quai Voltaire.— 57180
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D' CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7* ANNÉE (TOME XVI) SAMEDI 6 JUIN I88S N» 23
- SOMMAIRE. — La Téléphonie domestique; W.-H. Weber. — Exposition d’électricité de Philadelphie : Les moteurs; G. Duché. — Application de l’électricité à la manœuvre des signaux de chemins de fer (3me article); M. Cossmann. — Recherches théoriques et expérimentales sur le générateur secondaire Gaulard et Gibbs (2mo article), G. Perraris. — Notes sur le téléphone Mildé; B. Marinovitch. — Sur la manière de charger les piles secondaires; W. H. Preece. — Chronique de l’étranger : Allemagne; Dr II. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, par B. Marinovitch : Sur les propriétés particulières du courant produit par la machine rhéostatique, par M. G. Planté. — Détermination et enregistrement de la charge des accumulateurs, par MM. A. Crova et P. Garbe. — Recherches expérimentales sur la résistance électrique des substances isolantes, par M. G. Foussereau. — Une nouvelle lampe à arc. — Les instruments de mesure de MM. Kapp et Crompton. — Bibliographie. — Travaux de la Conférence internationale des électriciens (Suite). — Correspondance : Lettre de MM. Juppont et C. Decharme. — Faits divers.
- LA TÉLÉPHONIE DOMESTIQUE
- L’installation des grands réseaux téléphoniques publics a, jusqu’à présent, presque exclusivement occupé l’attention des électriciens, et dans cette direction on est arrivé à des types bien déterminés. Pour les installations privées, chaque constructeur emploie ses dispositions particulières, qui ressemblent toujours plus ou moins à celles des grands réseaux, avec les simplifications permises dans ce cas, où les distances à franchir ne sont pas grandes.
- Le téléphone commence maintenant à entrer rapidement dans l’usage quotidien, et on le voit de plus en plus souvent dans les usines, les administrations et les maisons privées.
- Cet appareil est tellement commode, et les services qu’il rend sont tellement palpables, que bientôt on le verra installé partout à côté des sonnettes électriques ordinaires, surtout si, par des procédés perfectionnés de costruction, on arrive à produire des téléphones à bon marché.
- Les installations privées ont précisément l’avantage qu’elles n’exigent pas des appareils puissants, et un simple petit téléphone magnétique, servant comme récepteur et comme transmetteur, est tout à fait suffisant. On peut se passer complètement du microphone, dont l’agencement est toujours coûteux.
- Nous avons entrepris d’indiquer systématique-
- ment quelques types des installations domestiques existantes, que nous avons vu fonctionner, que nous avons essayées nous-mêmes et dont quelques-unes sont intéressantes à cause de leur simplicité.
- Les différents cas qui peuvent se présenter dans les installations téléphoniques, peuvent être divisés en catégories suivantes :
- i° Installation de deux postes correspondants;
- 2° Application des téléphones sur un réseau de sonneries ordinaires;
- 3° Agencement d’un bureau central téléphoniquè complet.
- Nous allons indiquer les principales combinaisons des circuits, qui ont été appliquées par les constructeurs et poseurs de téléphones.
- INSTALLATION DE DEUX POSTES CORRESPONDANTS.
- Deux pontes complets, circuit à deux fils (ou fil et terre) et deux piles (fig. i). — C’est le type du poste le plus complet. Le courant de la ligne L arrive par la borne r dans le crochet mobile, traverse le contact a, passe le long du ressort de la clef B, le contact c, la borne 4 et retourne, en faisant marcher la sonnerie, à la ligne L'.
- L’appel se fait en appuyant sur le bouton B, ce qui fait introduire la pile P dans le circuit extérieur.
- Quand on décroche le téléphone T, le crochet mobile se lève et s’appuie sur le contact b, ce qui
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- éloigne la sonnerie du circuit et introduit le téléphone à sa place.
- Deux postes complets, circuit à trois fils (ou deux fils et terre) et une seule pile (fig. 2). — Comme dans les installations domestiques, la dis-tauce est ordinairement très petite, il est souvent très avantageux de réunir les deux postes correspondants par trois fils et de ne mettre alors qu’une seule pile sur un des postes, à l’endroit où la boîte à pile est le moins gênante. En général, dans les installations à petite distance, nous ne saurions trop recommander l’application de ce troisième fil, dont on voit surtout l’avantage quand on a beaucoup de postes à mettre sur le même réseau.
- La figure 2 indique clairement la combinaison des circuits de cette disposition.
- Installation à deux fils et une seule pile. Appel d'un seul côté {fig. 3). — Use présente très souvent en téléphonie domestique ou dans les administrations le cas, qu’ori a besoin d’appeler seulement d’un seul côté, comme par exemple pour la cuisine, les garçons de bureau, etc. L’installation devient alors fort simple. La pile P et la sonnerie S se trouvent au poste de réception et le poste qui appelle se compose d’un bouton B et d’un crochet commutateur du téléphone à un seul contact.
- Appel par la bobine d'induction (fig. 4). — Dès
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- les débuts de la téléphonie on a remarqué que les courants d’une bobine d’induction produisent dans le téléphone un bruit très intense et on s’en est servi beaucoup dans les différents pays comme moyen d’appeler. Cette disposition présente l’avantage que l’on élimine la sonnerie, ce qui rend les postes moins coûteux, et cet avantage est surtout remarquable dans les installations domestiques, qui doivent être à bon marché.
- La figure 4 présente le schéma de deux postes, avec des combinaisons différentes.
- Le poste I est le plus simple. En appuyant sur le bouton C on éloigne le téléphone T par l’interruption du contact a, et on ferme la pile sur le circuit primaire de la bobine d’induction en faisant le contact entre le ressort de la clef C et le point b.
- On voit que le fil secondaire de la bobine d’induction reste toujours en dérivation sur le téléphone. Ceci est un inconvénient, si les résistances ne sont pas bien choisies.
- On l’évite ordinairement en ajoutant encore un contact c à la clef d’appel, comme sur le poste droit II. Quand on appuie sur la clef, on commence par fermer le contact b (ce qui introduit le fil fin dans le circuit LL') et ce n’est qu’après cette fermeture que la clef vient s’appuyer sur le point c, introduisant la pile dans le circuit primaire.
- Pour remplacer l’interrupteur de la bobine d’induction, qui rate quelquefois, on a proposé diffé rents moyens. Entre autres, de faire des interruptions rapides par le frottement d’une pièce métallique sur une série de contacts, et on a fait sur ce
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- principe différentes dispositions qui sont généralement assez bonnes.
- Quelquefois on se contente tout simplement d’une bobine d’induction sans interrupteur, et le bruit sec, le « clic » que l’on entend dans le téléphone suffit dans des endroits silencieux pour attirer l’attention.
- APPEL DIRECT, SANS INTERMÉDIAIRES DANS LE CIRCUIT
- Les deux postes se composent dans ce cas tout simplement des deux téléphones, réunis par deux fils (ou un fil et terre). Un coup de sifflet, lancé dans l’embouchure d’un appareil, s’entend
- encore avec assez d’intensité dans le récepteur pour être entendu dans une pièce où l’on ne fait pas trop de bruit. Naturellement il faut pour cela de bons téléphones, et ce n’est pas une chose rare maintenant. On emploie beaucoup ce genre d’appel, que la maison Siemens a mis en vogue. Quand le téléphone est très bon, un simple « hallo ! » crié dans l’embouchure suffit pour appeler, et ce moyen est le plus simple que l’on puisse appliquer.
- APPLICATION DES TÉLÉPHONES SUR UN RESEAU DE SONNERIES
- C’est le problème le plus important dans
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- les applications domestiques. Il s’agit de placer des téléphones dans un réseau existant des sonnettes électriques, à côté de chaque bouton, ce qui permettrait non seulement d’appeler, mais encore de donner verbalement des ordres. Dans les pays où le téléphone est très répandu, dans les usines, administrations, hôtels et maisons privées, comme en Allemagne, Angleterre, Etats-Unis, on a introduit diverses dispositions qui se ressemblent généralement en principe et dont nous reproduisons les plus caractéristiques.
- Appel d'un seul côté. Installation sans tableau indicateur (fig. 5). — Les boutons B, B', B" sont montés en dérivation sur le circuit principal. Au poste de réception (salle des garçons, cuisine,
- concierge, etc.), les fils n’arrivent pas directement à travers la pile sur la sonnerie. Un des fils passe par le crochet commutateur portant le téléphone, et le point de contact sur lequel il est appuyé par le poids du téléphone.
- On applique à côté des boutons B des téléphones T, en les montant sur un crochet commutateur, comme c’est indiqué sur la figure. Il est convenu ordinairement que quand on appuie seulement une fois sur le bouton, il faut que la personne qui se trouve près de la sonnerie se dérange. Mais si l’on sonne deux coups, ladite personne décroche le téléphone T' et se met en correspondance téléphonique.
- C’est le cas qui se présente le plus souvent et il est le plus simple à installer. Cette disposition
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- présente l’avantage que l’on peut se dispenser du tableau annonciateur, car on peut faire savoir par le téléphone qui est la personne qui appelle.
- FIG. 3
- Même installation avec un tableau (fig. 6). —La disposition des commutateurs ressemble au cas
- précédent. Comme exemple, nous avons choisi un tableau à deux numéros, du modèle généralement
- FIG. 5
- appliqué, consistant en une aiguille aimantée, qui pivote entre deux électro-aimants. Le bouton R sert à remettre les annonciateurs à leur 'position
- de repos. La figure n’a pas besoin d’explica tions.
- Réseaux complets avec bureau central. — Dans le cas précédent, il n’est pas possible d’appeler du
- FIG. 6
- poste où se trouve la sonnerie, aux différents téléphones et boutons dispersés dans les appartements. Mais on a besoin quelquefois, comme dans les grandes usines ou dans certaines administrations, d’installer des réseaux téléphoniques complets, où l’on puisse appeler partout^ et donner les communications entre toutes les personnes qui les demandent.
- Ordinairement on copie, dans ce cas-là, l’installation des réseaux téléphoniques des villes, avec les bureaux centraux, jack-knives et tous les autres accessoires. Seulement, dans les installations domestiques, ce genre d’installation est bien coûteux, à cause de sa complication.
- C’est surtout le besoin de mettre la pile à chaque poste isolé, qui présente le plus grand inconvénient. C’est encombrant, cela a besoin de surveillance et c’est coûteux.
- Il est facile de sortir d’embarras, en appliquant trois fils, comme nous le verrons plus loin,
- c
- FIG. 7
- et une seule pile au tableau; mais on a cherché à se servir seulement de deux. Le problème est alors difficile, et voici pourquoi : les boutons d’appel se trouvent en dérivation sur les conducteurs principaux qui aboutissent de l’autre côté à la pile. En appuyant sur le bouton, on ferme le circuit de cette pile éloignée, et on sonne. Le cir-
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- cuit doit donc toujours rester ouvert, et on ne peut pas mettre en dérivation sur les mômes deux fils où se trouve le bouton, Une sonnerie ou un téléphone pour recevoir l’appel de la bobine d'induction.
- Quand on n’a que deux ou trois postes, on s’arrange quelquefois de manière à laisser les téléphones en dérivation, mais on leur donne alors une très grande résistance, ou l’on ajoute une résistance extérieure, pour que le courant soit très faible et que la pile ne puisse se pojariser. Mais, quand il y en a beaucoup, la résistance totale devient quand même trop faible.
- Varley a proposé (Proc, of the Mech. p. 1879) une élégante solution, mais qui présente quelques difficultés pratiques. Il mettait dans le circuit du téléphone un condensateur (fig. 7) C, qui évidemment ne laissait pas passer le courant de la pile. Mais on pouvait se servir du téléphone, parce que les courants développés dans cet appareil traversent très bien le condensateur, et l’appel parla bobine d’induction se fait aussi d’une manière suffisante. Les inconvénients de ce système sont que la voix est trop affaiblie, si l’on ne donne pas au condensateur des dimensions assez grandes, et que les courants de la bobine d’induction percent souvent l’isolant, et les contacts se produisent.
- On peut aussi, avec un simple commutateur automatique ordinaire, supprimer le condensateur du circuit pendant la conversation. Dans ce cas, le courant de la pile ne passe que dans le téléphone en service, qui est assez résistant pour qu’il n’y ait aucun inconvénient à y laisser passer un faible courant pendant un temps relativement court. La voix, de cette manière, n’est pas affaiblie et les courants de la bobine d’induction ont assez de tension pour impressionner le téléphone lors de l’appel.
- En somme, cette disposition n’a guère été appliquée, et tout ce que l’on a fait de mieux jusqu’à présent c’est de se servir d’un troisième fil, ce qui a peu d’inconvénient dans la téléphonie domestique, en raison de la faible distance des postes.
- W.-H. Weber.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (')
- LES MOTEURS
- La transmission et la distribution de la force par l’électricité n’étaient pas sérieusement représentées à l’exposition de Philadelphie.
- Les installations qui y figuraient se composaient ou de petits moteurs sans importance ni originalité, ou de moteurs susceptibles de fournir un travail appréciable, mais qui alors étaient reliés aux génératrices par une ligne sans résistance. Il semblait que dans ce dernier cas on eût seulement voulu prouver la possibilité de faire usage du courant comme transmetteur d’énergie, démonstration tout à fait inutile, sans s’occuper de la réalisation pratique du problème. On est loin, comme on le voit, en Amérique, des belles expériences de M. Marcel Deprez, qui, d’après les mesures précises auxquelles elles ont été soumises, ont résolu pratiquement et économiquement la question, et l’ont fait entrer dans la phase d’application industrielle. Aussi nous contentons-nous de donner une simple nomenclature des exemples de transport électrique de la force à l’exposition.
- Le plus important était celui de Y United States electric lighting C°. Le courant était fourni par une machine dynamo placée à quelques mètres de deux réceptrices identiques du système Weston disposées en dérivation. L’une d’elles actionnait une pompe centrifuge qui élevait de l’eau à une hauteur de 3 mètres environ et la laissait retomber en forme de cascade ; la seconde faisait tourner un arbre de couche sur lequel étaient montés : un tour, 2 ventilateurs, une perceuse, une raboteuse et une pompe verticale. Les deux moteurs électriques étaient des machines à basse tension, 60 à 75 volts, mais aucun appareil de mesure dans le circuit ne pouvait permettre une évaluation même approximative des données nécessaires pour porter un jugement quelconque. Il en était de même du moteur de Daft qui actionnait la presse imprimant YElectrical Work. On le voyait tourner sous l’action du courant, on pouvait même au besoin constater qu’il fournissait bien l’énergie nécessaire à l’impression dudit journal, mais à quelles conditions? avec quel rendement? Autant de questions, les seules intéressantes, sans réponses possibles.
- M. Sprague avait aussi exposé une distribution composée de 5 moteurs actionnant différentes machines-outils et fournissant un travail d’environ 10 chevaux. Ces moteurs étaient montés en dérivation sur un circuit de 3 conducteurs du système Edison, et le courant était fourni aussi par des dynamos Edison qui servaient de génératrices. La résistance de la ligne était sensiblement nulle comme dans les exemples précédents. Quant aux réceptrices, l’inventeur faisait mystère d’une disposition particulière, grâce à laquelle devaient être réalisées toutes les conditions d’une parfaite dis-Liibution. Pour des motifs que nous n’avons pas à apprécier, il se bornait à l’affirmation platonique de l’excellence de son système sans en donner l’explication. Il nous a paru cependant que le
- (') Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- principe n’en était pas absolument neuf, et qu’il n’y avait là qu’une modification du double enroulement. Les inducteurs, au nombre de quatre, sont excités au moyen de 2 circuits distincts. L’un, en gros fil, est enroulé sur deux des inducteurs placés en diagonale, et ses extrémités aboutissent aux balais. L’autre, formé de fil plus fin et en tension avec l’induit, est sectionné, et par un jeu de commutateurs, on peut faire varier le groupage ou le nombre des sections traversées par le courant. Aucune expérience sérieuse n’ayant été faite ni aucune mesure prise, il n’est guère possible d’apprécier les avantages d’un semblable dispositif.
- LES PETITS MOTEURS.
- Les petits moteurs existaient en assez grand nombre à l’exposition, les uns servant à faire tourner les tubes Geissler, et n’ayant que l’intérêt de jouets électriques, d’autres au contraire actionnant de petits ventilateurs à ailettes ou des machines à coudre. Il en est fort *peu qui présentassent des dispositifs nouveaux, et la plupart n’étaient qu’une copie servile ou des modifications souvent peu heureuses du petit moteur de M. Marcel Deprez.
- L’Electric Light C° avait cependant exposé un type créé par M. Yanderpoele, d’une construction ingénieuse.
- La figure ci-contre en représente l’élévation. Les inducteurs placés dessous l’anneau sont superposés sur une même culasse, et leurs pièces polaires sont horizontales. Ils sont excités par un circuit en dérivation aux bornes du moteur. Dans un autre modèle, tout en conservant la même disposition relative des organes, M. Yanderpoele redresse sa machine, qui repose alors sur les deux inducteurs superposés, et l’axe de l’anneau se trouve ainsi être vertical.
- L’emploi des petits moteurs pour actionner les machines à coudre est aujourd’hui si facilement réalisable, et tant d’exemples en ont déjà figuré aux différentes expositions qu’il serait fastidieux de citer ici ceux qu’on rencontrait à Philadelphie et qui tous ne se distinguaient que par un manque absolu d’originalité. Une seule installation méritait une mention spéciale par son importance. C’était un véritable atelier composé de plus de 25 machines qui fonctiônnaient du matin au soir, car l’exposant entendait que le travail y fût aussi productif que dans son établissement en ville ; aussi, afin qu’il n’y eût point de chômage pendant les heures oit les dynamos de l’exposition étaient arrêtées, le courant nécessaire à cette distribution n’était pas fourni par celles-ci, mais venait de la station centrale Brush, située en ville à plusieurs milles de là. Chaque machine à coudre était commandée par un petit moteur Cleveland enfermé dans une
- boîte ayant environ 25c/m de long, i5 de large et 10 de profondeur.
- La bobine est constituée par deux fers double T ayant un même axe et calés à angle droit. Le courant est redressé au moyen d’un commutateur à 4 lames et de 2 paires de petits galets faisant fonction de balais.
- Ce n’est en réalité que le petit moteur bien connu de M. Marcel Deprez. Dans le but de régler à volonté la vitesse, la disposition suivante avait été adoptée. Chaque moteur était monté sur un rhéostat intercalé dans le circuit générai comme l’indique la figure 2.
- La pièce A est mobile autour du point e et peut être abaissée au moyen d’une tige terminée par une pédale. Dans le déplacement qui lui est ains
- FIG. I
- imprimé elle vient passer successivement sur une série de touches correspondant à des résistances croissantes.
- Entre les deux bornes e f, entrée et sortie du courant principal a b, se trouvent disposés les deux circuits du moteur et du rhéostat, formant ainsi deux dérivations et se partageant le courant total, d’une intensité constante de 10 ampères en temps d’arrêt. La pièce A est maintenue par un ressort r en contact avec /, et ferme la ligne, en sorte qu’aucun courant ne traverse plus le moteur. Vient-on au contraire à l’abaisser, on met alors en jeu les résistances différentes du rhéostat, et par contre on fait varier l’intensité qui passe dans le moteur; d’où variations correspondantes de la vitesse. Celle-ci pourra croître par dixiènies depuis zéro jusqu’à un maximum atteint pour l’addition complète de toutes les résistances.
- Ce système de réglage ne peut guère être consi-
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- déré que comme un expédient des plus désavantageux au point de vue économique.
- En effet, au cas le plus favorable, c’est-à-dire celui où la résistance du rhéostat a été portée à sa valeur limite de 4 ohms, la résistance intérieure du 3
- moteur qui est de - d’homs, s’accroît encore de celle qui correspond à la force contre-électromotrice développée par la rotation. Il en résulte que l’intensité qui traversera le circuit du rhéostat sera
- toujours supérieure à^X^X 10 = ^ = i,5 ampère. Il y aura donc par ce fait une perte d’énergie sous forme de chaleur, et le travail utile ne sera jamais qu’une fraction du travail dépensé entre les bornes e f, fraction qui, dans certains cas, pourra
- même être inférieure à celle qui est absorbée dans le circuit inerte du rhéostat.
- Cette simple observation suffit à démontrer combien un pareil procédé était inapplicable dans le cas d’une distribution de force un peu importante.
- En résumé, non seulement on ne remarquait à Philadelphie aucune tentative de perfectionnement apporté au système du transport et de la distribution de la force par l’électricité, déjà expérimenté ailleurs, mais encore il semblait même qu’on y attachât peu d’intérêt. On s’explique difficilement qu’une des questions, dont l’importance préoccupe justement tous les électriciens en Europe, et que les prochaines expériences de M. Marcel Deprez à Creil ont mises à l’ordre du jour, jouisse de si peu de faveur dans un pays où les applications indus-
- trielles de l’électricité ont pris un développement si rapide et tout à fait unique dans le monde entier.
- G. Duché.
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ
- • A LA MANŒUVRE DES
- SIGNAUX DE CHEMINS DE FER
- Troisième série
- Troisième article (Voir les numéros des 23 et 3o mai i885).
- I. APPAREILS DE BLOCK SIMPLE
- SYSTÈME REGNAULT.
- Les indicateurs de M. Régnault ont été imaginés en 1847; ils sont donc les plus anciens après ceux de Cooke, mais ils sont certainement antérieurs à l’appareil de Tyer, quoiqu’ils présentent sur lui une réelle supériorité. La disposition qui a prévalu est celle que leur a donnée, en i858, M. Régnault, et on peut dire que depuis cette époque, c’est-à-dire pendant vingt-sept ans, ils ont donné, sans aucune modification, les résultats les plus satisfaisants comme appareils de Block simple.
- L’indicateur se compose, comme on peut le voir à la figure 36, d’une boîte en bois portant un guichet à fond blanc sur lequel peuvent s’incliner deux aiguilles noires, correspondant chacune à l’un des sens de la marche des trains qui peuvent circuler entre deux postes consécutifs. Au-dessous de ces aiguilles sont deux poussoirs DA, et sur le côté de la boîte un troisième bouton F.
- Le bouton D sert à signaler au poste correspondant le départ d’un train qui marche vers lui ; quand on appuie sur ce bouton, l’aiguille de répétition r, placée au-dessus de lui, s’incline sous l’action d’un courant électrique en retour, produit par l’appareil du poste correspondant, s’il a bien reçu le signal. C’est un contrôle qui n’existe dans aucun des appareils que nous avons décrits jusqu’ici.
- Le bouton A sert à avertir le poste correspondant que le train signalé par l’inclinaison de l’aiguille indicatrice i est arrivé, et à redresser, par conséquent, cette aiguille, en même temps que l’aiguille répétitrice du poste correspondant.
- Le bouton F permet de signaler au poste précédent que la voie est occupée et il produit les mêmes effets, lorsqu’on le pousse, que si un train était signalé par le poste précédent, c’est-à-dire que les aiguilles des deux postes s’inclinent.
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- Tous ces effets sont obtenus par l’emploi des dispositifs suivants, reproduits schématiquement à la figure 37, qui représente, pour une ligne à voie unique, deux postes en communication mutuelle. Sur une ligne à double voie, il y aurait en plus, un second fil de ligne L.
- Les aiguilles indicatrices i et répétitrices r sont
- FIG. 36. — VUE EXTÉRIEURE DE L*APPAREIL REGNAULT
- montées sur deux axes portant des pignons finement dentés s s', engrenant avec de petites crémaillères arquées fixées à l’extrémité d’un levier articulé, en fer doux//'. Chacun de ces leviers est monté sur le noyau magnétique d’une bobine ee', dont les armatures peuvent osciller entre les pôles de deux aimants persistants de fer à cheval o o,
- FIG. 37. — VUE SCHÉMATIQUE DE DEUX POSTES REGNAULT
- pour les aiguilles indicatrices i et entre un aimant perûianent d et une pièce de butée en fer doux, pour les aiguilles répétitrices.
- L’électro-aimant oscillant e des aiguilles indicatrices est en outre muni d’une tige métallique l qui constitue la godille d’un commutateur de contact pp’.
- Cela posé, supposons qu’un train soit expédié du poste X vers le poste Y. Quand le garde du poste X appuie sur le poussoir D de son transmetteur, les trois lames de ressort Y V' V" ont leur contact inversé en a a' a". Les deux premières ferment le circuit de la pile, qui lance alors un courant positif dans le fil de ligne L, tandis que le troisième isole momentanément de ce fil l’appareil indicateur. Ce courant arrivant au poste Y passe dans l’électro-aimant e de l’aiguille indicatrice, la fait dévier, ce qui établit au poste Y la communication entre la pile et la ligne, de sorte qu’un courant de retour est envoyé au poste X et fait fonctionner l’aiguille répétitrice r.
- Ainsi le poste expéditeur a bien un accusé de réception du signal d'annonce qu'il a envoyé à son correspondant.
- Il est, d’ailleurs, facile de se rendre compte que le courant de même sens qui a successivement parcouru le même fil de ligne à l’aller et au retour a dû produire : au départ du poste X et au retour du poste Y un effet nul sur les deux aiguilles ; à l’arrivée au poste Y et au retour vers le poste X un effet d’inclinaison sur ces deux mêmes aiguilles ; car, les dispositions magnétiques sont inverses aux deux stations.
- En second lieu, comme il circule un courant permanent dans le fil de ligne depuis que le poste X a appuyé sur son poussoir D, il ne peut plus annoncer un second train sans modifier la position des aiguilles tant que le poste Y ne lui a pas rendu la voie libre.
- Quand le train annoncé arrive au poste Y, le garde, après l’avoir annoncé s’il y a lieu au poste suivant dans le sens de la marche, appuie sur le poussoir d’arrivée A, ce qui a pour effet de ramener, par l’intermédiaire d’un compas articulé, l’élec-tro-aimant e de son poste et par conséquent l’aiguille i à sa position initiale, et, en outre, d’interrompre le courant qui circulait eh permanence dans le fil de ligne L. Aussitôt l’aiguille r du poste X reprend, elle aussi, sa position initiale ; les appareils sont donc prêts à fonctionner de nouveau.
- Il est clair que, sur les lignes à voie unique, où il ne doit jamais circuler qu’un seul train entre deux postes, un seul fil doit suffire, tandis que sur les lignes à double voie, chacun des deux fils sert pour un sens de circulation ; car, dans ce cas, on peut avoir deux trains circulant simultanément en sens contraire entre les deux postes, et il faut qu’il puisse y avoir en même temps deux circuits fermés par la ligne.
- A l’appareil que nous venons de décrire et qui a reçu ultérieurement plusieurs perfectionnements de détail, a été ajouté une sonnerie montée en relais.
- Sur le passage d’un courant momentané dans le
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- fil de ligne, la palette d’un premier électro-aimant, qui se trouve, dans le circuit de ce fil, est attirée, et ferme le circuit d’une pile locale qui fait fonctionner la sonnerie. Celle-ci continue à tinter, même lorsque le courant ne passe plus dans le fil de ligne, jusqu’à ce que le garde rompe le circuit en poussant une palette, de manière à remettre les choses en état.
- On voit, d’après ce qui précède, que l’indicateur Régnault réalise toutes les conditions qu’on peut requérir d’un système de Block simple : comme appareil de ce genre, il n’a été produit rien de plus complet. Le seul reproche qu’on lui ait fait, c’est que ces avantages sont obtenus, sur les lignes à deux voies, au prix de l’emploi d’un double fil de ligne. Mais c’est là une dépense minime quand on la met en regard des qualités de l’appareil.
- SYSTÈME DE MARQFOY
- Essayé en i85g, sur le réseau du Midi, cet appareil n’est qu’une forme particulière de l’indicateur Régnault et ne présente guère qu’un intérêt historique, car il a été abandonné comme étant trop compliqué. Cependant, il est juste de reconnaître qu’il constituait un premier pas dans la voie de la manœuvre directe des signaux optiques par l’électricité.
- En effet, c’est un grand disque, dont l’une des faces est rouge et l’autre blanche, et qui peut tourner de 1800 autour d’un axe vertical : on l’installe à l’intérieur de la gare, en un point où il puisse être facilement aperçu à distance par les agents sédentaires et par les mécaniciens conduisant les trains.
- Quand un train part d’un poste, le garde manœuvre un commutateur placé à la base de la boîte que surmonte le disque; ce qui a pour effet de faire passer au rouge le disque du poste correspondant, en déclenchant le rouage moteur qui s’arrête après un demi-tour. Dans ce mouvement, un commutateur change de position et envoie au poste expéditeur un courant de retour qui traverse l’électro-aimant de l’indicateur de ce poste et incline à 45° l’aiguille répétitrice située sur un cadran, au-dessus du commutateur.
- Quand le train est arrivé à destination, le garde du poste appuie sur un poussoir pour ramener son disque au blanc et en interrompant le circuit, il fait revenir l’aiguille du poste expéditeur à la position verticale. Aussitôt le garde de ce poste ramène à la position initiale le commutateur qu’il avait manœuvré au moment du départ du train.
- L’appareil est d’ailleurs construit de manière à permettre d’expédier plusieurs trains successifs dans la même section: à cet effet, au lieu d’un seul commutateur à la base de l’appareil, il y en a trois. Quand il s’agit d’expédier un second train, le garde
- manœuvre le commutateur n° 2 après l’avoir dégagé d’une planchette qui le masquait et qui vient masquer le premier commutateur. De sorte que quand la voie est rendue libre pour le premier train, le garde du poste expéditeur est obligé, avant de manœuvrer son premier commutateur, de bloquer préalablement la voie parle second. De même, avec un troisième commutateur, si l’on voulait expédier trois trains.
- Ce dernier perfectionnement est un essai rudimentaire de réalisation du principe que nous avons posé au début, pour l’accumulation de l’annonce des trains qui ont successivement pénétré dans une même section bloquée. Mais on a vu que ce cas tout à fait théorique ne devait se présenter, dans la pratique, que sous réserve de garanties qui rendent bien inutiles les complications de mécanisme inventées dans le but de satisfaire à ce desideratum.
- En résumé l’appareil Marqfoy présente, par rapport à l’indicateur Régnault, un inconvénient résultant de l’emploi d’un rouage qu’il faut remonter périodiquement.
- INDICATEUR SÉMAPHORIQUE DE WALKER.
- En i855, pour substituer aux indicateurs à aiguilles un appareil représentant un sémaphore en miniature, M. Walker imagina une disposition qui reçut un commencement d’application sur le réseau du South Eastern Railway, et qui figurait, en outre à l’exposition universelle de Paris.
- C’est une boîte portant sur sa face antérieure une glace derrière laquelle apparaît un petit sémaphore à deux bras R W (fig. 38) : il y a une boîte semblable pour chaque sens de circulation. L’aile R est peinte en rouge, à l’exception d’un petit rond blanc vers son extrémité, et l’aile W en blanc, à l’exception d’un petit rond rouge. L’aile rouge ou indicatrice Rreproduitles signaux envoyés du poste correspondant, et l’aile blanche ou répétitrice W contrôle les signaux transmis à ce poste. D’après la règle universellement admise en Angleterre, la position horizontale de chaque aile indique que la voie est occupée, et la position inclinée à 45°, qu’elle est libre.
- Derrière la plaque de fer blanc P sur laquelle se détache le sémaphore, se trouve une paire d’électro-aimants superposés M, Ma ; quand un courant est envoyé du poste voisin, il traverse l’électro-aimant inférieur M,, dont l’armature polarisée manœuvre, au moyen du renvoi de mouvement a, blt l’aile du sémaphore, tandis que l’armature en fer doux A est attirée et fait butter le marteau K contre le timbre G.
- Au départ d’un train, le courant émis par le poste expéditeur traverse, au contraire, l’électro-aimant supérieur M3, dont l’armature polarisée
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- opère le déplacement de l’aile W, grâce au renvoi de mouvement a„ b2.
- Il ne sera pas sans intérêt de donner la vue de face d’une de ces ancres pour mieux faire comprendre le jeu de l’aile A (fig. 39), dont le doigt K
- fig, 38. — INDICATEUR SÉMAPHOKIQUE DE WALKEU
- est dirigé par une tige b montée perpendiculairement à la bascule m mobile autour de l’axe a ; cette bascule porte une fourche sn, slnl à chacune de ses extrémités. On voit de suite qu’une inversion de courant fera fonctionner cette bascule et produira par conséquent le déplacement de l’aile.
- Le commutateur qui produit cette inversion se compose, à chaque poste, de deux boutons wr (fig. 40), l’un, peint en blanc, pour bloquer la voie; l’autre, peint en noir, pour la débloquer. Le diagramme de la figure permet immédiatement de se
- F1C. 39. — MANŒUVRE DE L’AILE DU SÉMAPHORE MINIATURE
- rendre compte de la marche des courants. En appuyant sur l’un de ces boutons, on change, en effet, la position de contact des lames de ressort a et d et l’on établit le contact avec les lames Ig. Il en résulte que, si l’on appuie sur le bouton supérieur, le courant qui traverse M2 au poste où l’on appuie et Mt au poste correspondant, est positif et fait apparaître les ailes, tandis que si l’on appuie sur le bouton inférieur, le courant qui traverse M4 au poste où l’on appuie et M3 au poste correspondant, est au contraire négatif et fait disparaître les ailes.
- L----------------
- FIG. 40. — COMMUTATEUR WALKEK
- Ainsi que la description précédente le fait comprendre, une fois l’aile mise à l’arrêt par un poste, c’est le poste correspondant seul qui peut l’effacer. ;
- Mais on remarquera que l’appareil ne comporte pas d’accusé de réception comme ceux que nous avons
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- décrits avant lui et qui le précédaient d’ailleurs comme ancienneté.
- SYSTÈME DE SPAGNOLETTI
- Nous avons indiqué plus haut qu’une des modifications apportées, en Angleterre, à l’appareil
- FIG. 41. — INDICATEUR SrAGNOLETTI
- primitif de Tyer (voir le système Highton) avait consisté à remplacer les aiguilles par des morceaux de carton faisant apparaître des indications imprimées devant un guichet central (fig. i5). C’est un système analogue que M. Spagnoletti introduisit, en 1862, sur le Metropolitan district Rail-way de Londres, tout en modifiant complètement
- l'IG, 42. — DÉTAIL DE L*APPAREIL SPAGNOLETTI
- la partie électrique contenue à l’intérieur de la boîte, et en remplaçant notamment l’aimant permanent par un corps métallique, composé de pièces coudées en fer doux recevant l’électricité induite de deux forts aimants en fer à cheval.
- Nous n’insisterons pas sur cette modification qui n’offrirait pas, par elle-même, un grand intérêt, si l’auteur n’y avait ajouté une disposition toute spéciale à l’effet d’empêcher que le usignal
- donné à une extrémité d’une section fût supprimé par le garde posté à l’autre extrémité.
- Les commutateurs sont formés de touches R W (fig. 41) que l’on fixe à l’aide de la goupille s. Entre les deux bobines M, M2 (fig. 43) est intercalée une troisième bobine m dont les armatures A4 A2 sont normalement écartées du noyau par le ressort j. Mais quand la bobine m est traversée par un courant circulant dans un sens ou dans l’autre, ces armatures en se collant font pénétrer les sabots K, Ka dans l’espace compris entre l’extrémité T, T2 des touches et une pièce fixe Q2 (fig. 42), de sorte que l’on ne peut plus appuyer sur aucune des deux touches. Comme la gare qui donne le signal a commencé par déplacer sa touche, pour envoyer le
- FIG. 4’^. — VUE INTÉRIEURE DE L’ArPAREII. SPAGNOLETTI
- courant qui passe dans la bobine m, il en résulte que le sabot correspondant ne peut pas enclencher cette touche, et l’effet d’enclenchement ne se produit que sur l’autre touche, qui est restée immobile, et sur les deux du poste correspondant.
- Quant à l’action des touches, elle se produit par l’intermédiaire d’un ressort F dont les extrémités reposent sur les étriers nln2, et les contacts cic2. De sorte que, quand on abaisse une touche, la pointe i qu’elle porte écarte F de l’étrier correspondant, tandis que le contact s’établit en ct ou c2, et qu’un courant positif ou négatif est lancé dans le fil de ligne.
- Il est à remarquer que cet appareil exige, outre le fil spécial à chaque direction, un troisième conducteur, pour les signaux acoustiques que les postes se transmettent en appuyant sur une touche spéciale.
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- 4.S6
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- INDICATEUR DE PREECE
- Les indicateurs sémaphoriques de M. William Henri Preece sont caractérisés par l’existence d’une seule aile au sémaphore miniature, et par la forme du commutateur servant à manœuvrer ce sémaphore ; c’est un petit levier à crans d’arrêt, analogue aux leviers des appareils Saxby et Farmer.
- Ce système fut mis en service pour la première fois en 1862, à l’occasion de l’ouverture d’un nouvel embranchement du « London and South Western Railway », sur la ligne « d’Exeter Queen Street » à Saint-David ; il comporte trois fils pour assurer l’accusé de réception des signaux, indépendamment de la volonté des agents, d’une
- FIG. 44. — SÉMAPHORE MINIATURE DE PREECE
- manière parfaitement conforme au signal réellement transmis.
- Le sémaphore miniature se compose d’une colonne creuse So (fig. 44) à l’intérieur de laquelle est un fil qui manœuvre l’aile S. La manœuvre de cette aile est obtenue par un levier x y dépendant de l’armature A de l’électro-aimant M, et mobile autour de l’axe x. L’aile se maintient normalement à l’arrêt sous l’action du contre-poids J et elle n’est abaissée à voi,e libre que par le passage dans l’électro-aimant d’un courant émis par le poste correspondant au moyen de son levier.
- Dans le mouvement d’oscillation que prend alors le levier x y, le contact est changé de C2 en C4 ; le circuit qui était antérieurement fermé entre deux des trois fils de ligne, est désormais fermé par l’un de ceux-là et par le troisième, de sorte que quand le garde accuse réception, en appuyant sur son bouton, il ne peut donner au poste expéditeur que
- l’indication de voie libre sur le cadran de contrôle de ce poste.
- Le levier au moyen duquel on manœuvre électriquement le sémaphore est indiqué à la figure 45. C’est une manette K pouvant osciller autour de l’axe o et munie latéralement de deux lames de ressort s .glissant, quand on reverse la manette, sur un curseur de manière à occuper deux positions,
- FIG. 45. — LEVIER DE PIG* 46. — BOUTON-POUSSOIR
- MANŒUVRE DE PREECE DE PREECE
- l’une correspondant à la voie libre, l’autre à la voie occupée. Ce dernier est composé de deux morceaux isolés, et en passant d’une position à l’autre, on change les contacts ; la moitié de gauche communique avec le sol, l’autre avec la pile. L’appareil est maintenu dans ses positions extrêmes, par une lame de ressort v, qui appuie sur la poulie r située à l’extrémité inférieure de la manette.
- Quant au poussoir qui sert à envoyer l’accusé .de réception, il est représenté à la figure 46 ; c’est un simple bouton D à ressort qui agit sur la lame
- ^uiiiiüiLUjmjjm Jjii'i limm; fl üti i Htitfli
- FIG- 47 FIG. 48
- VOYANT INDICATEUR DE PREECE CADRAN INDICATEUR
- de contact h, de manière à l’écarter de e pour l’amener contre la vis p.
- Enfin, le cadran indicateur servant au poste expéditeur à recevoir l’accusé de réception es t indiqué aux figures 47 et 48. L’inscription qui vient apparaître devant le cadran est portée à l’extrémité d’un levier K oscillant autour de l’axe q, et dont l’armature A' se meut entre les pôles de l’électro-aimant MM, et commande en même temps la sonnerie. Cette armature se maintient dans la dernière
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- JOURNAL UNIVERSEL IV ÉLECTRICITÉ
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- position, grâce à une petite pointe i qui se trouve tantôt à droite, tantôt à gauche, et la verrouille pour ainsi dire.
- jg_ _ J, x
- I G. 4Q. — DIAGRAMME DES COMMUNICATIONS ÉLECTRIQUES
- En se reportant à la figure 49, qui donne le diagramme des communications électriques existant entre les divers éléments que nous venons de décrire isolément, il est facile de se rendre compte
- FIG. 5<). — APPAREIL PREECE A UN SEUL FIL
- que, quand on appuie sur le poussoir D, on fait communiquer la ligne avec p, c’est-à-dire avec l’axe x du levier commandant la position de l’aile
- sémaphorique. Il en résulte que, suivant la position de cette aile, c’est-à-dire suivant que lavis C, ou C2 sera en contact avec le levier x y, le circuit sera fermé par le fil L avec le fil L, ou avec le fil L2 et que par suite le courant envoyé en retour au poste expéditeur, pour lui accuser réception, circulera dans un sens ou dans l’autre; par conséquent l’appareil indicateur à cadran donnera bien un signal concordant avec la position de l’aile.
- Cet appareil est compliqué et coûteux et ce double inconvénient n’est racheté que par un avantage, bien théorique quand il s’agit d’appareils de Block simples, celui de faire concorder l’accusé de réception avec la position réelle du signal. Ce but est atteint bien plus simplement et automatiquement par les indicateurs Régnault. La seule qualité que l’on puisse reconnaître à cet appareil, c’est
- FIG. 5l. — VUE INTÉRIEURE
- qu’il constitue un premier essai de manoeuvre des organes électriques à l’aide d’un levier semblable à ceux des véritables signaux et que, de là à l’idée d’enclencher ce levier, il n’y avait qu’un pas, qui a été franchi ultérieurement par M. Preece. Dans un brevet postérieur, il est spécifié que le signal de voie libre ne peut plus être donné que si le train a réellement dégagé la section. Mais ce perfectionnement n’est pas tombé dans le domaine de la pratique et nous n’aurons pas à y revenir quand il s’agira des appareils de Block and Interlocking.
- M. Preece a d’ailleurs apporté une tout autre modification à ses appareils, en 1866, dans le but de les faire fonctionner avec un seul fil.
- L’appareil a alors extérieurement l’aspect indiqué à la figure 5o : il y a une boîte semblable pour chaque sens de circulation : le sémaphore est placé au-dessous du répétiteur.
- L’armature A (fig. 5i) de l’électro-aimant M qui fait mouvoir l’aile S du sémaphore So, est mobile
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- autour de l’axe xx (fig. 52) et porte un petit doigt d (fig. 5i-52) qui, lorsque l’armature A est attirée, dégage le taquet i et permet à Ja pièce de fer doux A', d’osciller entre les pôles de l’électro-aimant. Cette pièce commande, par l’intermédiaire de la tige q et de la manivelle a, la bielle z qui manœuvre l’aile S.
- Mais M. Preece a ajouté un dispositif, grâce auquel le concours de deux postes est nécessaire
- FIG. 52. — DÉTAILS DE L'APPAREIL PREECE
- pour effacer l’aile. Cette aile est, en elfet, normalement dans la position horizontale où elle maintenue non seulement par le contre-poids g- (fig. 53), mais encore par un crochet R qui retient la came y. Quand la station voisine lance un courant négatif dans le fil de ligne, la pièce A' déverrouillée oscille et l’axe q se met à tourner, le contrepoids g occupe la position indiquée en pointillé à la figure 53. Mais cela n’a d’autre effet que de faire descendre l’autre extrémité du levier dans la coulisse K. Il faut, en outre, que le garde du poste
- FIG. 53. — ENCLENCHEMENT DE L’AILE MINIATURE
- réponde en envoyant un courant qui passe dans l’électro-aimant M2 ; l’armature A2 étant attirée, la tige P se relève et le crochet R dégage la came de l’aile S. Celle-ci, qui n’est plus équilibrée par le contrepoids g, peut alors s’abaisser sous l’action de son propre poids.
- Pour ramener, au contraire, l’aile à l’arrêt, il suffit que le poste correspondant lance un courant positif, l’axe q tourne en sens inverse, la coulisse remonte, l’aile revient à la position horizontale et
- sa came s’enclenche de nouveau dans la dent du crochet R.
- On a reproché à cet appareil sa sensibilité aux influences de l’électricité atmosphérique ; si, en effet, l’aile à l’arrêt se trouve dégagée par un courant accidentel négatif, le garde n’a d’autre moyen de le constater que par la réception d’un seul coup de timbre, au lieu de plusieurs : c’est alors qu’il devra se dispenser d’envoyer lui-même un courant qui abaisse l’aile.
- RÉSUMÉ.
- Après avoir décrit sommairement les appareils autrefois employés pour réaliser le Block simple, sans enclenchements avec les signaux s’adressant aux mécaniciens, sans dépendance avec les sections successives et sans intervention automatique des trains, il nous reste, avant de passer à la revue des appareils de Block and Interlocking, à résumer les caractères les plus saillants de ces premiers appareils.
- D’une manière générale, on l’a vu, les appareils de Block simple n’ont que la valeur de simples signaux de correspondance entre les gardes placés à l’entrée de chacune des sections de la ligne. Les avis qu’ils échangent, qu’ils soient transmis par l’oscillation d’une aiguille ou par la chute <le l’aile d’un sémaphore en miniature, ou encore par des coups de timbre sans aucun moyen de contrôle optique, n’ont aucune signification pour les mécaniciens qui circulent sur la ligne, et chaque poste est, en outre, muni de véritables signaux de la voie dont la manœuvre doit être assurée par les gardes, conformément aux indications de leurs appareils électriques.
- Il en résulte que ces derniers, qui sont enfermés dans des guérites ou des cabines, à l’abri des intempéries atmosphériques peuvent, sans inconvénient, avoir la délicatesse des horloges, et comporter, par suite, les dispositions fines et menues, des organes perfectionnés entrant dans la construction des systèmes qui répondent le mieux à des nécessités multiples et compliquées.
- Ce serait donc à tort qu’on reprocherait aux indicateurs de ce groupe d’être sensibles; cette délicatesse est au contraire leur qualité principale, au même titre que pour les appareils des cabinets et laboratoires de physique, dans l’agencement desquels le constructeur a dépensé toute son ingéniosité.
- Leur défaut capital ne réside donc pas dans leur mode de construction, mais dans le principe même sur lequel ils reposent.
- En effet, quand un train passe à un poste, si la voie est normalement ouverte rien n’oblige le garde à le couvrir effectivement avec un disque comman-
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- dant l’arrêt aux trains suivants ; si, au contraire, la 1 voie est normalement fermée, et que le disque ne puisse être effacé que pour le passage de chaque train, rien n’empêche cependant le garde d’effacer son signal, quand même il aurait reçu une réponse négative à la demande qu’il a adressée au poste suivant pour obtenir électriquement le signal de voie libre ; rien ne l’oblige même à demander la voie. Il peut laisser circuler le train en se dispensant absolument de manœuvrer ses appareils de correspondance. Il est vrai que, quand le train arrivera au poste suivant, le garde de ce poste rectifiera très probablement la faute, si elle n’a pas eu de conséquence fâcheuse dans le parcours de la section à l’entrée de laquelle on aura ainsi opéré.
- Il semblerait cependant qu’avec le système de la voie normalement fermée, les inconvénients des appareils du premier groupe soient moindres que si l’on exploite avec la voie toujours libre. C’est ce qui expliquerait qu’en Angleterre, où la voie est toujours fermée, beaucoup de Compagnies ont encore en service des appareils de Block simple.
- Il faut reconnaître d’ailleurs que la statistique donne tort en apparence, aux théoriciens du Block System. Car sur les lignes où fonctionnent ces appareils, on n'enregistre que bien peu d’accidents résultant d’une négligence ou d’une erreur des gardes. Aussi, quand on fait ressortir la préférence à donner aux appareils qui réalisent la solidarité entre les signaux électriques et les signaux à vue, a-t-on moins pour but de soutenir qu’il faut remplacer sur les lignes où ils donnent satisfaction, ces appareils de Block System par les autres, que de recommander, lorsqu’il s’agira d’installer le Block System sur de nouvelles lignes, l’adoption d’appareils répondant mieux aux conditions du programme que nous avons détaillé au début de cette étude.
- A l’appui de c-esi réserves, il est impossible de ne pas faire valoir que, lorsqu’on entre dans la voie du Block and interlocking System, on est tenu, en raison même du principe, de ne pas s’y arrêter aux premiers pas et d’aller jusqu’au bout, sous peine de manquer de logique. Comme l’excès en tout est un défaut, même en matière d’enclenchements, cette extension aveugle du rôle des enclenchements finit par présenter plus d’inconvénients que d’avantages au point de vue du service ; à la limite, l’exploitation elle-même se paralyse par un excès de précautions ; tout est si bien agencé, et mathématiquement coordonné, que les trains 11e peuvent plus circuler. On conçoit donc que beaucoup d’ingénieurs hésitent avant de condamner les systèmes qui ont fait leurs preuves pendant de longues années et avant d’aborder une substitution qui peut leur réserver des surprises ou des mécomptes. Pour notre part, nous serons d’autant plus porté à admettre cette prudence, de la part des partisans
- des anciens appareils* que, ainsi que l’on pourra s’en convaincre, la même question se représente quand on a épuisé la liste des appareils de Block and interlocking et quand on les compare aux appareils automatiques.
- La conclusion est donc que l’appareil le plus rudimentaire peut rendre d’excellents services, si on l’emploie dans des conditions auxquelles il s’adapte d’une manière satisfaisante. Dès lors, le choix du système devient une question d’espèce et l’Etat entre autres, dans l’exercice tutélaire du contrôle qui lui est dévolu vis-à-vis des administrations de chemins de fer, aurait mauvaise grâce à imposer, comme une condition absolue de sécurité, le remplacement des appareils de Block simple, par ceux de Block and interlocking System.
- S’il faut éviter une conclusion trop absolue, lorsqu’on veut porter un jugement général sur le groupe des appareils de Block simple, il est plus facile de signaler les qualités et les défauts des systèmes ressortissant à ce premier groupe. La comparaison de leurs organes essentiels prend un caractère de matérialité qui échappe lorsqu’on aborde les questions de principes. Il nous sera donc relativement aisé de motiver nos préférences.
- De tous les systèmes que nous venons de décrire, il n’y en a guère que trois qui parleur emploi prolongé aient affirmé leur supériorité. Ce sont ceux de Tyer, de Régnault et de Preece (disposition à trois fils).
- L’appareil Tyer est le seul qui n’exige qu’un seul fil, il en faut deux pour le système Régnault et trois pour le système Preece, qui n’évite cet inconvénient qu’au prix de certaines complications. La question de dépense est peu de chose, puisque cela représente par fil et par kilomètre, une centaine de francs environ ; mais avec un seul fil, on diminue de moitié l’entretien et les causes de dérangement par rupture, mélange de fils, etc..., ce qui n’est pas à dédaigner.
- L’appareil Tyer et celui de Preece ne comportent pas d’accusé de réception automatique comme l’indicateur Régnault, c’est à l’agent vers qui se dirige le train qu’échoit la mission de le protéger en bloquant la section; mais l’indicateur Preece est disposé de manière que le signal de contrôle soit bien conforme à la position réelle de l’aile du sémaphore en miniature.
- On accorde, par suite, à l’appareil Régnault, un avantage relativement à ses deux congénères, c’est qu’il ne nécessite pas la présence simultanée des agents, aux deux postes qui entrent en correspondance lorsqu’un train entre dans une section. Cet avantage disparaît lorsqu’on exploite avec la voie normalement fermée : la demande de la voie exige, quel que soit le système, la présence simultanée des deux agents.
- La distinction à faire, dans l’appareil Tyer entre
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- le bouton qui doit, suivant le cas, servir de poussoir, est un reproche plus sérieux, mais qui ne s’applique qu’aux anciens appareils ; l’inconvénient a été supprimé dans les diverses transformations qu’a subies l’indicateur primitif.
- Le moins compliqué des trois appareils est celui de M. Régnault, le moins simple est celui de M. Preece.
- Au point de vue de la forme extérieure, celui dont la lecture est le moins facile, est l’appareil Tyer, dont les aiguilles superposées changent de signification selon le poste où l’on se trouve, tandis que les aiguilles juxtaposées de Régnault ont invariablement la même attribution ; mais le sémaphore en miniature de Preece est certainement supérieur aux systèmes à aiguilles, parce qu’il parle aux yeux des agents et, quant au levier qui sert à manoeuvrer l’appareil, il suffirait d’une modification peu importante pour le ramener au type des appareils de Block and interlocking.
- En résumé, parmi les appareils de Block simple, celui qui nous paraît le plus à recommander, c’est celui de M. Régnault ; il a été construit de premier jet pour une exploitation où la voie est normalement ouverte, tandis que les deux autres répondent peut-être d’une manière plus exacte au programme de la voie normalement fermée. Ce serait donc une erreur, ce serait les priver de leurs qualités pour conserver seulement leurs défauts, que de chercher à les appliquer à un système d’exploitation où la voie est toujours libre.
- M. Cossmann.
- RECHERCHES THEORIQUES ET EXPÉRIMENTALES
- SUR LE
- GÉNÉRATEUR SECONDAIRE
- ( iAULARD ET GIBUS (*)
- Mémoire approuvé par l'Académie des Sciences de Turin, dans sa séance du n février 1885
- Deuxième article [Voir le numéro du 3o mai i885].
- § 4. — Energiq absorbée et énergie restituée par le générateur secondaire.
- Le calcul de la quantité d’énergie qu’il faut dépenser dans le circuit primaire pour faire fonctionner le générateur secondaire, ainsi que de celle restituée par l’appareil dans le circuit secondaire,
- (') Traduit du Mémoire italien parM. César Gerleri, ingénieur électricien.
- est très facile, si l’on suppose que la somme tri-gonométrique qui exprime la valeur de e soit réduite à son premier terme; dans ce cas, comme nous l’avons déjà démontré, toutes les autres fonctions du temps, que nous avons à considérer, peuvent aussi se réduire à leur premier terme. Dans les déterminations qui vont suivre, nous considérons seulement ce cas, sauf à vérifier jusqu’à quel point les expériences justifient l’hypothèse.
- Energie absorbée parle générateur secondaire. — Soit q la quantité moyenne d’énergie absorbée par le générateur secondaire dans chaque unité de temps. On peut calculer la valeur de q par plusieurs méthodes différentes, parmi lesquelles nous choisissons la suivante :
- Le travail absorbé par le générateur secondaire dans chaque unité de temps est égal à la différence entre l’énergie électrique produite par la machine dynamo-électrique et celle transformée en chaleur dans le circuit primaire, en dehors du générateur secondaire. Dans un élément de temps dt la machine dynamo-électrique produit la quantité d’énergie électrique sidt; dans le même temps, la quantité d’énergie électrique transformée en chaleur dans le circuit primaire, en dehors de l’appareil Gaulard, est (r — p) i* dt; on a donc :
- <7 = L j* [e — [r — p) /] idt.
- On peut avoir la même expression en considérant que, dans le temps infiniment petit d t, e travail dépensé dans le générateur secondaire est vidt, et en se rappelant la valeur de v trouvée plus haut.
- v — e — (/' — p) /.
- Si dans l’expression de q on remplace e et par leurs valeurs
- e = E sin ^ (f + a), i = I sin (t + a — y),
- on obtient
- XT
- sin -TjT (t + a) sin -7JT (t + a — y) dt — {r — p)
- sin2 — (t + a. — y) dt,
- de laquelle on déduit
- (32) ^cos^y-O-p^.
- Substituant encore dans l'expression de q à I
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- à cos^r y leurs valeurs tirées des formules (10) et
- (11), et en remarquant, avec quelques transformations et réductions faciles, que
- (C2 + r'2) |>2 r'2 + (r + r')2 C2] = |rr'2 + (r + r') C2]2 + r"> C2,
- on arrive à l’expression
- (33
- q =
- E2 p r'i + (r’ + p)C2 2 r2 r'2 + (r + r')2 C2
- valeur qu’on peut écrire sous la forme :
- _ r’ E2_______Cf________ p_E_2_____r'2 + C2
- 9 2 rt r'2 _j_ (r _)_ r')2 c2"^ 2 r2r'24-(r + r')2C2’
- et enfin, grâce aux formules (10) et i3) :
- (34) q = l (Vr'+ I2P).
- Substituant à I'* sa valeur ( 13), on a
- (35)
- E2__________r' C2_________
- 2 ;2 r'2 + (r + r')2 C2
- Le rapport entre la quantité totale d’énergie développée dans tout le circuit secondaire qui est q' et la quantité q d’énergie dépensée pour actionner le générateur secondaire, peut s’appeler le coefficient de rendement total de l’appareil. Si on représente par la lettre y. ce coefficient, grâce aux relations (33) et (35), on a :
- (36) u. = i- = —,—Ci-----------.
- K ’ * q p r 2 + (r + p) C2
- On voit que, p étant petit, on est toujours très près de l’unité. Pour p — o, on aurait exactement
- p. = !,
- Cette égalité nous montre que l’énergie absorbée par le générateur secondaire est égale à la somme de celle restituée sous forme de chaleur dans le circuit secondaire et de celle transformée en chaleur dans l’hélice primaire. On aurait pu partir de cette formule, qui n’est que l’expression du principe de la conservation de l’énergie, et déduire ensuite la (33); cependant nous avons suivi l’autre chemin, quoique moins facile, parce que, comme nous aurons occasion de le montrer plus tard, tous ceux qui ont fait des mesures sur l’appareil en question ont calculé q au moyen de v et i, mais ils se sont trompés et ils sont arrivés, sans s’en apercevoir, à des valeurs incompatibles avec le principe de la conservation de l’énergie.
- Les formules (33) et (3q) montrent comment l’énergie absorbée par l’appareil varie avec la résistance du circuit secondaire. Il faut encore remarquer que, soit pour r' — o, soit pour r' —co , les formules nous donnent
- l2
- <1=2 p;
- ce qui veut dire que, dans les deux cas, l’appareil n’absorbe que la quantité d’énergie qui, selon la loi de Joule, se transforme en chaleur dans l’hélice primaire.
- ce qui d’ailleurs est naturel, puisque, dans toute la théorie que nous venons d’exposer, on a fait abstraction complète des courants de Foucault, de la perte d’énergie due aux alternatives de magnétisation et de démagnétisation du noyau et des pertes dues à l’imperfection de l’isolement. Pour r' — o, on tire de la relation (36) \j. — o; de même pour r' — co y. - o.
- Donc il existe entre o et co une valeur de la résistance r' pour laquelle le coefficient de rendement y. est maximum.
- La valeur de r' à laquelle correspond le maximum de y. nous est fournie par l’équation
- dix _
- d rf 0
- et elle est, comme on pouvait le prévoir :
- (36') r' = C.
- Il est intéressant d’observer que la valeur de r', pour laquelle y. est maximum, est indépendante de p.
- On a le maximum de la valeur de y en mettant pour r' la valeur C dans l’équation (36) ; ce maximum est donc
- Energie restituée sous forme de chaleur dans le circuit secondaire. — L’énergie restituée par l’appareil est représentée parla chaleur développée dans le circuit secondaire. Soit q' la quantité moyenne d’énergie développée dans une unité de temps, on aura
- De la quantité totale d’énergie q' produite dans le circuit secondaire, une partie seulement est utilisée pour les applications auxquelles on veut destiner l’appareil; et celle-ci est q" la portion de q' qui se développe dans le circuit extérieur.
- Si nous appelons p' la résistance de l’hélice secondaire, nous avons :
- Le rapport y- entre l’énergie utilisable dans le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- circuit secondaire extérieur et l’énergie dépensée dans le circuit primaire est le coefficient de rendement extérieur ou utile de l’appareil. En représen -tant par v ce coefficient, on a
- (37)
- (>' —f/)C-
- ’ P r' + ('•' +p)
- v est différent de 1, à moins que l’on n’ait prz p' zr o.
- Le coefficient de rendement extérieur v représenté par la relation (37) est égal à zéro pour r' — &', de même que pour r' — co . Il y a donc entre o et 00 une valeur de r' qui rend v maximum. Cette valeur est celle qui satisfait à l’équation
- ou, comme on peut voir facilement pour (37') r' =p'+y/p'2 + L±_P.'C2.
- Cette valeur de r' dépend donc de p et de p' et elle est toujours plus grande que celle qui rend maximum le rendement u. et qui se déduit de la formule (36').
- La valeur maximum de v est
- cVp'
- (3/") '•'/» =-----------------------------------
- 2 p p'3+2 (p+p') c3+(2 p p '+c-’) y/ p'- p - c2
- et si, p et p' étant très petits, on néglige les fractions^, elle se réduit à
- (37"') % =-------7£=.
- C+2V P'P -f P')
- Si p = p' on a encore
- -(37,v) .
- C+2p(/ 2
- Une remarque importante qui se déduit des formules précédentes, c’est que, toutes autres circonstances égales, les coefficients de rendement \j. et v sont d’autant plus grands que la constante C est plus grande. Or /
- C = (aM-J-t>)
- donc, pour avoir des grands coefficients de rendement, il faut employer des machines dynamoélectriques pour lesquelles T soit petit, c’est-à-dire des machines qui donnent un grand nombre d’inversions de courant. M. Gaulard emploie actuellement des machines qui donnent 260 à 3oo inversions par minute.
- Pour juger de la puissance d’un générateur
- secondaire, il est utile de comparer les quantités d’énergie q' et q" développées dans le circuit secondaire total et dans sa partie exrérieure avec
- l’intensité moyenne^du courant primaire qu’on
- emploie pour actionner l’appareil.
- Pour cela, il convient de trouver les valeurs des résistances
- <?'
- et
- Or, des formules (10) et (35), on tire
- r' C2 . _qf _ (r'-p')C2 ’ 1 r'2-f-C’ 1 j3 r'2 + C2
- Les seconds membres de ces égalités sont les valeurs des résistances sans self-induction, qui, si on les substituait au générateur secondaire, transformeraient en chaleur des quantités d’énergie égales à celles que, avec la même intensité moyenne du courant primaire, le générateur secondaire engendre respectivement dans le circuit secondaire total et dans sa partie extérieure. Pour calculer l’énergie développée dans le circuit secondaire ou dans sa partie extérieure lorsque le générateur secondaire est actionné par un courant d’intensité moyenne déterminée, il suffit de multiplier par le carré de cette intensité, respectivement l’une ou l’autre des résistances (38).
- Les résistances déterminées par les formules (38), pourraient à bon droit être appelées équivalentes au générateur secondaire.
- Pour produire le maximum d’énergie dans le circuit secondaire total avec un courant primaire d’intensité moyenne donnée, il faut rendre maximum j—-
- 2 *
- Or, la première des équations (38) peut être écrite :
- C2
- donc on a le maximum cherche lorsque le dénomi-O
- nateur r' -f- p-est minimum ; et comme ceci est la
- O
- somme de deux grandeurs r' et —, ayant un produit C2 constant et il est .minimum lorsque ces deux
- grandeurs sont égales; ainsi, le maximum de-^-
- - I2 2
- a lieu lorsque r' c’est-à-dire lorsque
- r' = G
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICI TÉ
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- La valeur du maximum est donc-—= ^-
- -1*
- La seconde des formules (38) donne pour p— une
- 1 ^
- valeur maximum lorsque r' a la valeur
- »' = p' + \/v*+c*i
- que, par approximation, on peut exprimer par
- C- p'
- eu égard à la valeur très petite de p' par rapport à la valeur de C.
- Substituant cette valeur de r' dans l’expression
- dep— on a une valeur approximative de son rraxi-
- 2
- mum, valeur qui en négligeant
- pj
- c
- devient :
- C2
- 2(C + p')‘
- expression qui peut se transformer dans la suivante :
- 0 E* y/fp f* + (p 4- r’) o;i« + r"> cl v 2 r* r'- + {r-\-r')* O ’
- laquelle, grâce aux expressions (33), (35) et (36) s’écrit
- (40) Q = \A*+ (p
- ou encore
- (40 Q=^\/i + (^)i’
- Si m représente le rapport entre la quantité d’énergie q' dépensée dans le circuit secondaire total et la quantité Q qu’on dépenserait dans le circuit primaire si le générateur secondaire était remplacé par le conducteur de résistance r,, c’est-à-dire si l’on pose
- (42)
- m
- <?_
- 0’
- Energie absorbée par un conducteur sans self-induction, qui substitué au générateur secondaire produit la même différence de potentiels moyenne. — Supposons, comme nous l’avons fait autrefois, que l’on ôte le générateur secondaire du circuit du courant primaire et qu’on le remplace par un conducteur sans self-induction et dont la résistance soit telle qu’il produise entre ses extrémités pour une même intensité moyenne du courant, une différence de potentiels moyenne, égale à celle qu’on avait entre les bornes extrêmes de l’hélice primaire de l’appareil.
- Nous avons déjà vu le moyen de calculer la résistance ?’4 d’un tel conducteur, résistance qui nous est fournie par la formule (27) :
- on a
- (43)
- \/! + Ce v)
- De cette relation on déduit
- (14)
- v'-(ïmÿ
- Il faut observer qu'ayant posé i2
- Q = r, T,
- et calculé r, au moyen de la condition
- (27)
- p2.r'2_|_(p_|_r')2C2
- f^+C*
- Il est très important de connaître la quantité d’énergie qui se transforme en chaleur dans la résistance r, et le rapport de cette énergie à celle q' dépensée dans le générateur secondaire, pour la même intensité du courant.
- Soit Q la quantité d’énergie cherchée, qui se développe sur le conducteur de résistance r,,
- pour un courant d’intensité moyenne donnée
- on a
- Q — r
- I*
- 1 A
- d’où, remplaçant rt et I2 par leurs valeurs (27) et
- (I0) :
- , r, _ E2 y/(/-,* + C»)[p«r,«4-(p-i->-,),Cîj
- V 2 r* /-'* + (r + r'f C2
- on a
- Q-JL±
- V “ /2 /2
- c’est à-dire que Q représente aussi le"produit de la différence de potentiels moyenne entre les deux bornes extrêmes de l’hélice primaire par l’intensité moyenne du courant primaire, lorsqu’avec le mot moyenne on entend la racine carrée de la moyenne des carrés ; en d’autres termes la moyenne indiquée par les appareils de mesures employés pour les courants alternatifs.
- Les formules (40) et (41) donnent la relation qui existe entre ce produit des moyennes que les expérimentateurs qui, jusqu’à présent, se sont occupés de l’appareil Gaulard, ont ordinairement considéré comme équivalent à la quantité d’énergie dépensée pour actionner l’appareil et la vraie énergie consommée par l’appareil, qui est q>
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- D’autre part, les formules (43) et (44) donnent la relation qui existe entre le vrai coefficient de rendement total y. du générateur secondaire et le rapport m entre l’énergie q' du courant secondaire et le produit Q, rapport que, jusqu’à présent, les expérimentateurs ont considéré comme le coefficient de rendement ja lui-méme.
- Nous reviendrons sur ces relations lorsque nous nous occuperons des recherches expérimentales; cependant, il est convenable de noter dès à présent les grandes différences qui peuvent exister entre les valeurs de Q et de q et entre les valeurs de m et de ja.
- En effet, l’énergie Q calculée avec le produit de la moyenne des différences de potentiels par la moyenne des intensités du courant, r' croissant de zéro à l’infini, croît continuellement de la valeur iE* .
- - Y p jusqu au maximum
- E2 vV + Ca
- 2 + C2’
- et, comme le montre la formule (3g), elle prend cette valeur maximum pour r'= 00.
- La vraie valeur q de l’énergie absorbée par le générateur secondaire, valeur qui est exprimée par la relation (33), r' variant de zéro à l’infini, part du minimum
- 1 Es
- 2 r2 p’
- qui correspond à r' ~~o et croît jusqu’au maximum qu’elle prend pour une valeur finie de r', après quoi elle diminue de nouveau, jusqu’à devenir égale à
- E* P
- 2 r'--)-C2
- pour r' = co , c’est-à-dire presque à zéro si p est très petit, comme il arrive en pratique.
- Donc, en réalité, le travail absorbé et transformé par l’appareil est presque nul, lorsque le circuit secondaire a une faible résistance, où lorsque le circuit secondaire est ouvert, tandis que l’énergie Q calculée en multipliant les moyennes de v et de i arrive au maximum de sa valeur, lorsque l’appareil ayant son circuit secondaire interrompu, ne produit aucun effet utile.
- La cause de cette différence provient de ce que, lorsque la résistance r' n’est pas égale à zéro, il existe entre l’intensité i du courant primaire et la différence de potentiels v aux extrémités de l’hélice primaire une différence de phases y — cp qui aug-T
- mente jusqu’à —lorsque r' croît de zéro à l’infini.
- Or, l’énergie absorbée par l’appareil est
- sin (t-f- a — y) sin (t + a — ç) dt
- OU
- et elle se réduit à zéro, lorsque l’on a y — <p = —
- et y (y —- <p) — Lorsque y — <p rr ^-l’intensité
- i a le maximum de sa valeur au moment où la différence de potentiels v a la valeur zéro, et vice versa v est maximum lorsque i est nul; et la somme des travaux v i d t se compose de parties positives et de parties négatives dont la somme algébrique est égale à zéro.
- Du reste, la condition du maximum d’énergie absorbée par le génératenr secondaire, lorsque celui ci ne produit pas de courant est une absurdité incompatible avec le principe de la conservation de l’énergie.
- La relation(43) nous montre que, tandis que le vrai coefficient de rendement intérieur ja a, comme nous avons vu, un maximum pour r’ = C, le rapport m, au contraire est maximum pour une valeur de r' bien plus petite. C’est là le fait qu’ont toujours trouvé les expérimentateurs qui considéraient m comme le coefficient de rendement.
- § 5. — Cas du générateur secondaire ayant ses hélices induites reliées en arc multiple.
- Après ce qu’on a dit sur le générateur secondaire lorsque les hélices secondaires sont réunies en circuit simple, il suffit de quelques mots pour montrer comment on peut étudier aussi le cas où les hélices secondaires sont reliées entre elles en circuit multiple.
- Il nous suffira de considérer le cas où les hélices secondaires sont toutes identiques et symétriquement placées par rapport au noyau. Dans ce cas, les hélices secondaires sont parcourues par des courants ayant tous, à chaque instant, la même intensité, et leur effet total sur le noyau et sur l’hélice primaire est égal à celui que produirait un courant unique qui les parcourrait toutes lorsqu’elles sont réunies en tension. Donc, si on appelle i' l’intensité d’un des courants qu’on a dans chaque hélice secondaire, la première et la troisième des équations différentielles (1) subsistent aussi bien dans le cas actuel que dans celui qu’on a déjà considéré.
- La seconde équation seule doit être modifiée.
- En effet, si les coefficients d’induction a et b, qui se trouvent dans la première des équations différentielles se rapportent au système d’hélices tout entier, ceux qu’il faudra employer à leur place dans la seconde équation doivent se rapporter seulement à une des hélices secondaires. En désignant par N le nombre des hélices secondaires réunies en circuit multiple, ces coefficients doivent
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- être et ^-Cependant l’intensité totale du courant
- secondaire est Ni', et si on représente encore par r’ la résistance totale du circuit secondaire, on voit que la force électromotrice, nécessaire pour produire dans ce circuit le courant N i', est r’ N V. De là résulte qu’à la seconde des équations différentielles (1), il faut substituer celle-ci :
- -r, , d m , ldi di'\
- ™rt^-aTÜ-b{di + dt)-
- On voit que la seule modification à introduire dans les équations différentielles fondamentales pour passer du cas considéré plus haut au cas qui nous occupe, consiste à substituer à la résistance totale r' du circuit secondaire, la résistance plus grande N2 r'.
- En faisant la même substitution dans les expressions (10), (11), (i3), (14), (i5) et (16), on peut
- avoir tout de suite les valeurs de I*, tang^pY,,,
- I„, tang—et tang-^r- p„ valables pour le cas actuel.
- L’intensité du courant secondaire s’obtiendra en multipliant i' par N. En désignant par/' l’intensité du courant extérieur et par j), le coefficient du terme Mme de la série trigonométrique qui la représente, on a
- / = n*', j' = n r.
- Nous nous bornerons à enregistrer ici les valeurs de I* et J,*, qui sont
- , . C*H+N*r'»
- 1, = e;,---—--------------; ,
- N'* r2 r'1 + (r+N2 r';2 CM
- E.___________________
- «N4r2r'2 + (r4-N2r'j2C*
- Desquelles on déduit
- T' N
- J n -------------
- et par conséquent
- 4=<n.
- *4
- Il n’est donc pas exact de dire qu’avec les hélices secondaires reliées en quantité le générateur secondaire multiplie l’intensité du courant dans le rapport de un au nombre d’hélices secondaires. Ce rapport se vérifie seulement d’une façon approchée lorsque C est très grand, et r1, résistance totale du circuit secondaire, très petit.
- Les intensités i, i' et j' une fois calculées, en appliquant, avec de faibles modifications, les considérations développées dans les paragraphes pré-
- cédents, on peut déduite toutes les grandeurs pé“ riodiques qui interviennent dans le fonctionnement de l’appareil. Parmi elles, les grandeurs V„ et Y,', ont un intérêt spécial. La première se déduit en partant de la formule
- v = e-(r —p)/,
- or, dans cette expression, il n’y a pas d’autre grandeur qui dépende du circuit secondaire que i, donc on déduit tout de suite V* de la relation (24) en substituant N2r' à r' et on a
- N*p!r'* + (p + N*r',!C*
- Y' j?2_______________________
- " “N‘cîr'H(r-)-N*r')2Ç’'
- Quant à V', on le calcule en partant de la formule —V = (r' — p')
- dans laquelle p' représente la résistance totale des N hélices reliées en arc multiple, c’est-à-dire la Nme partie de chacune d’elles. De cette relation, on tire :
- , (r,-p')*N*C*
- v ;= e*-----------------—r.
- " ’* N'* t2 r 2 + [r + N2 r' f- Cn
- Connaissant ces valeurs de V„ et de V), on en déduit :
- v;; _ (r' —p')2N2 C*
- V* N4 p2 r'2 + (p + N2 r')2 C* ’
- formule qui pour p = p' — o donne
- Or, comme en pratique, les résistances p et p' sont très petites, la relation (45) est toujours vérifiée d’une façon approchée; on peut donc dire qu’effectivement un générateur secondaire avec ses hélicés reliées en dérivation diminue la chute de potentiels approximativement dans le rapport de N à 1.
- {A suivre.) G. Ferraris.
- NOTES
- SUR
- LE TÉLÉPHONE MILDÉ
- Les rares privilégiés qui, à la dernière Exposition de l’Observatoire, ont eu la bonne fortune d'approcher les appareils, ont certainement remarqué les postes téléphoniques exposés par M. Mildé.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Nous croyons être agréable à nos lecteurs en publiant aujourd’hui quelques notes sur ces appareils, notes que nous devons à l’obligeance de M. Mildé.
- L’originalité de ce système téléphonique repose principalement dans la disposition adoptée pour le microphone. Mais avant d’aborder le détail même du dispositif en question, rappelons succinctement les considérations qui ont déterminé le choix du type actuel.
- En i883 un officier de marine, M. d’Argy, imaginait un dispositif de transmetteur inspiré par l’appareil de M. Bourseul et qu’au premier abord on ne pouvait se défendre de trouver aussi simple qu’ingénieux. M. d’Argy n’avait guère que modifié l’idée de M. Bourseul, et la description que faisait en 1881 M. du Moncel de l’appareil Bourseul peut s’appliquer, sauf la partie relative au réglage, à l’appareil d’Argy. Nous citons textuellement cette description :
- « L’appareil de M. Bourseul était une caisse
- * sonore dans laquelle le système interrupteur « composé de deux crayons de charbon séparés « par une couche d? poudre de coke de 1 /2 mil-«. lim. d’épaisseur était enfermé dans un manchon « disposé verticalement et s’appuyant sur le fond « de la boîte par l’intermédiaire d’une rondelle de « liège... »
- Le point défectueux de cette disposition est l’emploi du caoutchouc. Le caoutchouc se modifiant constamment suivant les variations de température exerce, en effet, une pression plus ou moins grande sur les deux paillettes par l’intermédiaire de la couche de poudre de coke, par suite la transmission est irrégulière et quelquefois même se trouve supprimée, quand la pression devient trop forte et que la résistance formée par le coke n’existe plus.
- Pour remédier à ce grave inconvénient, voici la disposition qu’adopte M. Mildé : La mince couche de coke placée par Bourseul entre les deux charbons est remplacée par une certaine quantité de granules de coke, de charbon de pile ou de charbon à lumière enfermée dans une petite
- boîte de 3 à 4““ d’épaisseur et dont les fonds reçoivent les deux crayons. _
- La figure 1 représente une boîte microphonique fermée, et la figure 2 une coupe de cette même boîte. La construction de la boîte est des plus simples; elle est formée de deux parties semblables qui sont réunies soit par une sertissure, soit par une petite soudure, après que l’on a eu soin d’introduire les granules de coke, de charbon ou tout autre matière semi-conductrice et d’en remplir la boîte aux 3/5 environ de sa hauteur. On conçoit aisément que cette disposition supprime en grande partie les effets préjudiciables dus à la dilatation, puisque la poudre étant à l’état libre, conserve toujours, à peu de chose près, la même résistance, et l’on peut pratiquement admettre que les variations de résistance ne se produisent plus que par suite de l’action mécanique des vibrations
- de l’air ambiant. Les charbons se trouvent isolés par une mince couche de papier interposée entre leurs surfaces et celles du culot de la boîte.
- Cette disposition est, comme on le voit, des plus simples, et se prête avec une facilité très grande aux postes mobiles. Au point de vue économique, il est difficile de souhaiter mieux, le microphone complet revenant à o fr. i5 cent.
- M. Mildé affirme d’ailleurs que l’appareil en question fonctionne aussi bien en circuit direct, c’est-à-dire sans b obine d’induction, qu’avec une bobine; il paraît même que pour une netteté de transmission égale la tonalité est plus élevée dans le premier cas que dans le second. Nous nous bornerons à signaler ces particularités sans y insister davantage; leur importance ne saurait échapper à personne, car elles conduisent, dans le cas d'un réseau téléphonique, sinon à la suppression de toutes les piles, du moins à la suppression des piles chez les abonnés. L’appel se ferait naturellement au moyen d’un signal électromagnétique.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- M. Mildé a combiné, avec ce dispositif élémentaire, plusieurs postes téléphoniques complets.
- Le premier, par ordre de date, est le poste représenté figure 3.
- Sur un même écusson sont groupés tous les organes nécessaires au poste : paratonnerre et sonnerie. — Cette sonnerie, de forme ronde, très puissante, a été appelée « sonnerie danoise » en raison de son origine, son inventeur, M. Lund, étant Danois. Elle est d’une grande sensibilité et en même temps très robuste, c’est-à-dire peu sujette à se dérégler.
- Le poste à pied, qui se trouve représenté figure 4, est mobile et destiné à être posé sur une table ou sur un bureau ; il comporte également sa sonnerie, de telle sorte que le praticien ne doit
- Fir,. 4
- amener que trois conducteurs au poste; c’est un avantage assez important dans les installations.
- Nous devons ici mentionner quelques modifications ingénieuses apportées par M. Mildé au récepteur Bell. Ces modifications ont pour objet de porter remède au déréglage, qui, comme chacun sait, se produit assez fréquemment dans l’appareil de Bell, surtout lorsque cet appareil est enfermé dans un étui en bois.
- Le récepteur qui accompagne le poste de la figure 3 est monté dans une cuvette c que l’on apcr-çoit sur la coupe ci-jointe (fig. 5) ; la plaque vibrante V Y est soudée à cette cuvette, et le barreau b, dont l’extrémité porte un pas de vis, permet un réglage qui s’effectue une fois pour toutes; l’aimant m vient se fixer dans le pas de vis du barreau b, de telle sorte que l’ensemble de ce mécanisme étant indépendant de la boite se trouve en place avant d’être introduit dans la boite dont les dilatations n’ont, par suite, aucune influence fâcheuse.
- Dans le poste de la figure 4, le récepteur est métallique et porte un manche mobile sur le côté (fig. 6). Son aimant est de forme heliçoïdale, ce qui permet de n’avoir qu’une bobine. On place celle-ci au centre de la plaque vibrante. Il paraît que cette disposition donne, au point de vue de la netteté de la parole, les résultats les plus satisfaisants.
- Nous signalerons un dernier poste combiné par M. Marchenay, contremaître dans les ateliers de M. Mildé. En combinant ce poste, représenté figure 7, M. Marchenay n’a pas eu en vue les ré-
- seaux téléphoniques ; il a cherché à faire un poste de famille, pour ainsi dire, qui fût simple et d'un prix abordable à toutes les bourses. Au problème ainsi posé, il a su donner une solution très bonne, car l'appareil, conçu sans prétention, est fort ingénieusement combiné.
- Comme le montre la figure 7, il se place sur une console soit bronzée, soit nickelée ou cuivrée de forme décorative et qui sert de logement à un élément genre Leclanché- assez puissant pour actionner la sonnerie d’appel et ensuite le microphone. L’appareil au repos est sur sonnerie, et voici la façon dont se font les communications.
- La personne appelée soulève le poste de dessus sa console, et ce mouvement produit un déplacement automatique du commutateur et met
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- e courant sur microphone; l’embouchure est portée à l’oreille, et il suffit de parler très bas pour que les sons émis soient recueillis par la tablette vibrante qui se trouve ainsi toujours à bonne portée. En replaçant l’appareil sur sa console, le même
- FIG. 6 ET 7
- mouvement automatique remet l’appareil sur sonnerie, et l’appel est de nouveau prêt à fonctionner. La sonnerie est également sur le poste.
- Les appareils que nous venons de décrire sont, comme on le voit, essentiellement destinés à des applications domestiques; restait à chercher une dis-
- FIG. 8
- position de tableau qui fût en conformité comme forme extérieure avec ceux employés dans les sonneries électriques.
- Deux systèmes de tableaux ont été créés à cet effet, et fonctionnent entre autres installations dans celle de l’Hôtel de Ville de Paris. La figure 8, re-
- présente un de ces deux types de tableaux. L’ar-rachure faite dans le verre permet de voir le mécanisme d’un appel.
- Le signal est produit par le déclenchement d’un levier portant un indicateur forme étoile, déclenchement qui se fait par le jeu d’une palette actionnée par un électro-aimant; cette palette, en même temps qu’elle déclenche le levier au moment de l’appel, agit sur un relai qui ferme le circuit particulier de la sonnerie. La prise de courant se fait par une clef spéciale à deux lignes, car ce tableau est disposé pour supprimer le retour commun. Cette clef est établie de façon à avoir ses quatre contacts sur un même rectangle en ébonite, en sorte que l’on n’est pas obligé de relier le poste au tableau par un cordon souple, ce qui, dans la pratique, n’est jamais bon, les ruptures se produisant généralement au bout de quelque temps à la vis de serrage.
- Pour les tableaux de postes centraux, M. Mildé
- FiG. g
- propose d’employer le même système, mais dans le cas de retour commun, chaque appel d’abonné comporterait un interrupteur à cheville, de telle sorte que pour mettre en relation deux abonnés quelconques, il suffirait de placer les deux chevilles de ces abonnés sur leur interrupteur, le poste central restant toujours en dérivation, soit sur sonnerie, soit sur réception.
- La figure 9 représenterait dans ce cas un poste d’abonné.
- C’est une boîte de sonnerie magnéto-électrique du genre Gilliland, dans laquelle on a pratiqué une ouverture pouvant recevoir une plaque vibrante de 6 à 7 centim. sur laquelle le microphone est fixé.
- Ce poste ne nécessiterait que quelques accumulateurs placés au bureau central et entretenus par des éléments Calîaud.
- Nous avons tenu à dire quelques mots des efforts tentés par M. Mildé en vue de l’application
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- du microphone décrit au début de cet article à un réseau téléphonique. Nous avouons cependant que nous aimons mieux ne voir dans ces appareils que des appareils destinés surtout aux usages domestiques; ainsi considérés, ils sont le résultat d’efforts habilement dirigés et constituent un progrès que nous nous plaisons à signaler.
- B. Marinovitch.
- SUR LA MANIERE DE CHARGER
- LES PILES SECONDAIRES
- COMMUNICATION
- DE M. W.-H. PREECE F. R. S. A LA « ROYAL SOCIETY »
- Le 11 mal i885
- 1. Pendant toute une année, j’ai fait des expériences avec des piles secondaires en vue d’obtenir une source efficace, uniforme et constante d’électricité pour l’éclairage électrique de ma maison, et j’ai réussi au delà de mon attente. Au cours de ces expériences il s’est présenté quelques nouveaux faits que j’ai considérés comme assez importants pour être portés à la connaissance de la Société Royale.
- 2. Les éléments sont du type Planté et fabriqués par la Elwell Parker C°, de Wolverhampton. Quatorze plaques en feuilles de plomb de 17 pouces sur iî, sont suspendues dans des boîtes en bois bien isolées et remplies d’acide sulfurique étendu dans la proportion de 1 à 10. Ces plaques sont disposées en deux groupes de 7 et soudées à une bande de plomb qui forme alternativement le pôle positif et négatif de l’élément. Des pièces en ébo-nite (*) servent à séparer les plaques des pôles respectifs. Chaque plaque présente une surface de i,3 pied carré, de sorte que la surface totale des groupes opposés se trouve être de 9,1 pieds carrés de plomb spongieux. J’emploie chez moi 24 éléments de ce genre.
- 3. L’intensité de mon courant de charge varie de 3 à 3 1/2 ampères par pied carré, tandis que celle du courant de décharge employé pour l’éclairage de la maison varie de 1 à 1 1/2 ampère par pied carré. Le poids total de chaque élément est de 120 livres. Les plaques sont préparées par le
- P) Ces pièces en ébonite ont été introduites par M. Charles Moseley, et elles ont d’urie manière absolue remédié à une source incessante de dérangements dans ces éléments, c’est-à-dire à leur mise en court circuit à travers les pièces d’accouplement des plaques.
- procédé Parker-Planfé avant d’être placées dans l’élément; celles qui forment le pôle positif sont bien peroxydées, tandis que celles qui forment le pôle négatif ont une couche de plomb spongieux (*). Elles sont donc prêtes à être chargées dès qu’elles sont mises ensemble. Si on ne les charge pas immédiatement, il se produit une action locale et il se forme du sulfate de plomb.
- 4. J’ai enlevé une petite partie du milieu de la' plaque centrale de chaque élément, pour placer un densimètre avec un échelle graduée de i,o5o à i,i5o. Les changements dans la densité du liquide et dans la couleur des plaques donnent les indications les plus amples et les plus précises de ce qui se passe dans l’élément. On peut aussi s’assurer que la plaque est bien peroxydée en
- PS.VA.
- Heure moyenne de Greenwich. ________ Force élèctro-motrice.
- Intensité de courant. • 12 .Eléments.
- Poids spécifique.
- FIG. I
- touchant sa surface avec le doigt. Si la plaque’est d’une couleur jaune brun et inégale au toucher, c’est qu’il y a probablement un mauvais contact avec la borne de plomb ; mais, si elle est noire et dure, la densité du courant'doit être réglée; si elle est verte et grasse au toucher, elle est en bon état et tout fonctionne bien.
- 5. Pour le moment je charge ma batterie deux fois par semaine et chaque fois avec une charge
- (•) Le procédé Parker-Planté consiste à plonger les plaques de plomb pendant quelques heures dans une solution d’acides nitrique et sulfurique dans les proportions suivantes, avant de les fixer dans l’élément :
- Acide nitrique............. . i
- — sulfurique.................... 2
- Eau............................... rç
- Par ce moyen, non seulement les surfaces de piomb son chimiquement nettoyées, mais la formation de sulfate de plomb est favorisée de façon à être promptement converti en peroxyde de plomb et en plomb spongieux par le passage d’un courant puissant dans les éléments.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- d’environ 120 ampères-heure. La batterie est chargée en deux sections et, pendant l’opération, on a soin d’observer toutes les heures et parfois toutes les demi-heures : i° l’intensité du courant qui tra-
- PS. V.A.
- Heure moyenne de Greenwich.
- __________.Force électro-motrice.
- __________Intensité de courant. 13 Eléments.
- .........Poids spécifique.
- FIG. 2
- verse la pile ; 20 la force électromotrice, et 3° la densité de l’un ou de plusieurs des éléments. Le rapport entre ces trois quantités m’indique la condition de la charge. Les diagrammes ci-joints représentent des cas typiques.
- Examinons la figure 4, qui est le diagramme de la charge de i5 éléments du 28 avril, matin. En voici les détails :
- électromotrice, d’après les indications du voltmètre suffisent à eux seuls pour indiquer les progrès de la charge. Ils sont plus sûrs que l’évolution des gaz. (Ma dynamo est montée en dérivation, mon voltmètre est du système Cardew, un instrument très sûr et très simple, et mon intensimètre est un électrodynamomètre Siemens).
- 7. — Au commencement, j'ai eu beaucoup de difficultés avec des fuites électriques. Le courant s’échappait par dessus les bords de la boîte par suite de l’humidité provenant de gouttelettes de la solution projetées, quand des bulles de gaz montaient dans le liquide et éclataient à la surface. J’y ai remédié en plaçant chaque boîte sur trois supports en porcelaine, de la forme représentée par la figure 5 ; les godets étant à moitié remplis d’huile de résine, selon la méthode deMM. Johnson et Phillip. Aujourd’hui, il est tout-à-fait impossible de mesurer les fuites, excepté avec un galvanomètre sensible, et on peut dire que l’isolement est pratiquement parfait.
- 8. — La différence de potentiel, aux bornes de la batterie est :
- Pendant la charge....... 2,25 V. par élément.
- Au repos................ 2,o5 —
- Pendant la décharge..... 1,90
- La résistance intérieure par élément est :
- Force électi omoiricc Intensité Densité
- — “ —
- 9 h. m 37,7 32,24 1,115
- 10 • • 40,2 32,24 I.I19
- II — .... 42,5 3i,5o 1,121
- Midi 42,5 30,74 I , 123
- 1 h. s. . . . . . 42,5 29.95 1,124
- O — .... . . 42,5 29,95 1,124
- 6. Il est évident qu’après une charge continue de quatre heures la batterie était pleine, car la densité, la force électromotrice et l’intensité devenaient constantes. La même échelle d’ordonnées est employée pour les volts et pour les ampères. Quand chaque valeur atteint sa constante il se dégage des bulles de gaz et l’énergie se perd. La variation de la force électromotrice et de l’intensité provient évidemment de la force contre-électromotrice des éléments, qui n’arrive au maximum que quand les plaques sont entièrement formées. La force contre-électromotrice affecte le caractère d’une plus haute résistance opposée au courant de charge et augmentant la proportion du courant qui traverse la dérivation de la dynamo.
- Par conséquent les modifications de la force électromotrice sont plus prononcées que celles de l’intensité.. En effet, les changements de la force
- Pendant la charge............................ c^oût-o''’
- Pendant la décharge.......................... OjCoiy''’
- PS .VA
- 142 0 > :____-—'-----:---I ;---------:-----1----------------'
- 9 ; . 10 11 12 13 14- 15
- Heure moyenne de Greenwich.
- _________ Force éléctro-motrice.
- _____ Intensité de courant, t , 14 Eléments. .. ______Poids spécifique.
- FIG. 3
- 9. — Mais cette dernière varie d’une façon très marquée avec l’intensité du courant de décharge. Ce fait est prouvé par l’expérience suivarïfe faite avec 23 éléments d’un modèle plus p^fîf que ceux
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 47 <
- décrits plus haut et qui est employé par l’administration des postes.
- Intensité du courant de décharge en
- ampercs
- 4,39
- 7,25
- iS,«4
- 25,07
- Résistance
- inté-
- rieure
- en
- ohms
- 0,760!!
- 0,4607
- 0,2816
- 1969
- 10. Me figurant que cette diminution remarquable de la résistance intérieure pourrait provenir cie l’évolution de chaleur, j’ai mesuré la température avec un thermomètre sensible.
- La température normale de l’élément est 12 1/20 C.
- L’intensité du courant de décharge.
- 5 ampères. . . Aucune modification de la température.
- 10 — ... Une modification insignifiante.
- 16 — ... Environ h 3/4° C.
- 20 — ... A peine i3°.
- Dans chaque cas, le courant a été maintenu pendant 20 minutes et par conséquent la diminution n’est pas causée par la chaleur. Puisque la résistance intérieure varie de cette manière, je prends maintenant toujours la résistance intérieure avec la même intensité de courant, c’est-à-dire 10 ampères.
- 11. La capacité de ces éléments augmente cer-
- toujours un noyau métallique pour lui donner de la force. J’ai constaté ce fait moi-même.
- Jusqu’à présent, je n’ai pas fait de mesures exactes du rendement de ma pile. Je ne pourrais le faire sans déranger l’éclairage de ma maison, et
- je considère les observations faites avec des éléments isolés comme illusoire. Chaque semaine j’y mets 240 ampèie-heures et j’en retire 200, et je ne vois pas de changement ou de diminution dans la force électromotrice. Quand celle ci tombe dans ces éléments, elle tombe rapidement, en effet, presque subitement. De temps en temps une plaque dans un groupe devient inactive par une action locale ou par suite d’une mauvaise communication et cela se voit par la couleur. J’enlève cet élément et je le remets en ordre, soit par une plus grande densité de courant, soit par le renversement du courant.
- 12. L’inversion du courant a un très bon effet sur un élément, non seulement sa capacité est améliorée, mais aussi son fonctionnement général. Il est bon de répéter cette opération de temps en temps. J’ai deux éléments de réserve, ce qui me permet d’avoir toujours deux éléments en renversement au moyen du courant de charge. Il faut de 1 000 à 1200 ampère-heures pour renverser le courant dans un élément, de sorte qu’à cette époque de l’année, il faut un mois ou plus pour compléter l’operation, et il faut une année pour l’étendre à tome la batterie. Jusqu’à présent, j’ai renversé le courant dans 16 éléments.
- W.-H. PiîEECE.
- CHRONIQUE DE L'ETRANGER
- FUS. 4
- tainement avec le temps, et jusqu’à présent je n’ai vu aucun signe de détérioration.
- M. Planté m’a cependant dit qu’avec le temps, la plaque pe.roxydée devient très fragile, et il est impossible de la peroxyder complètement; il reste
- Correspondances spéciales
- Allemagne
- UNE LAMPE A AUC POUR PROJECTIONS. — DailS la
- séance du 19 mai de « l’Elektrotechnische Veréin »,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- M. le professeur Rühlmann a montré une lampe à arc construite par lui pour servir à des projections. Cette lampe est représentée dans la figure i* A mesure que les deux charbons s’usent, des ressorts à boudins les rapprochent l’un de l’autre.
- Le charbon supérieur a la forme d’un tube à l’intérieur duquel passe une tige de charbon mince destinée à établir le contact avec le charbon inférieur. Quand l’arc est formé, la tige mince se soulève jusqu’à ce que l’arc lumineux ait atteint le charbon supérieur L’arc brille à l’intérieur d’un bloc de minerai, muni d’un trou pour permettre la sortie de la lumière. Par suite de la haute température, ce bloc devient aussi incandescent et augmente de beaucoup la quantité de lumière émise. Au lieu du bloc de chaux généralement employé et qui par l’action de la chaleur se transforme en chaux calcinée et, absorbant de l’humidité, se gonfle et se délite, le professeur Rühlmann emploie de la magnésite, qu’il a reconnu être beaucoup plus durable. Le bloc est enfermé dans une caisse en stéatite, qui est encore cerclée par un carde en fer.
- L’absence de.tout régulateur, ainsi que l’équilibre indifférent des différentes parties, permettent qu’on emploie l’appareil dans une position quelconque.
- UN NOUVEAU DISPOSITIF DANS
- l’appareil morse. — Dans la même séance, M. v. Hefner-Alteneck a communiqué un nouveau dispositif • à l’aide duquel il est possible de raccourcir considérablement l’écriture Morse et de réduire beaucoup l’intervalle qui sépare les signes.
- M. v. Hefner-Alteneck prétend que les grands in-fervalles entre les signes de l’écriture Morse proviennent de l’adhésion du papier à la petite roue chargée d’encre. La figure 2 rend cette explication plus claire. La bande AB est retenue par la couche de liquide colorant qui se forme entre elle et la petite roue C, de sorte que la force d’adhésion doit être vaincue avant que le bandeau puisse être arraché. Ceci ne peut avoir lieu que quand le bandeau a atteint une certaine vitesse. M. v. Hefner-Alteneck a tout simplement tourné de go degrés la petite roue, de sorte que la bande de papier ne la touche plus tangentiellement, mais normalement au plan de la roue (fig- 3)- De cette modification résulte un raccourcissement considérable de 1 écri-
- ture Morse. Les figures 4 et 5 montrent des échantillons d’écriture ainsi obtenus. La longueur de cette écriture est à celle de l’écriture Morse ordinaire comme 4 est à 10, de sorte qu’il y a une économie de papier de 60 à 70 pour cent.
- Il est assez curieux de constater que ’a forme des signes varie selon la matière colorante employée. Les signes représentés figure 4 sont obtenus par une solution de couleur d’aniline (probablement dans de l’esprit de vin et de l’eau), ceux de la figure 5 avec une couleur à l’huile.
- Bien que l’économie de papier semble être très favorable à une application générale de la modification décrite, on ne peut se dissimuler que la netteté de l’écriture souffre du rapprochement des signes, et il faut attendre, avant de se prononcer, l’opinion des télégraphistes pratiques.
- INFLUENCE DU MAGNÉTISME SUR L’EMBRYON. —
- Je trouve dans le Biologisches Centralblatt quel-
- FIG. 2 ET 3
- ques données fort intéressantes relatives à l’influence du magnétisme sur l’embryon.
- Au cours d’une incubation artificielle, M. le professeur Maggiorani a soumis un certain nombre d’œufs de poule à l’influence d’aimants puissants, en ayant soin de garder en même temps loin de toute influence magnétique un nombre égal d’œufs. Il en résultait que, dans le premier groupe, quatre fois plus d’œufs étaient arrêtés dans leur développement que dans le second groupe.
- Après la naissance il mourait, parmi les produits du premier groupe, trois fois plus que parmi ceux du second groupe. Parmi les survivants, ceux du second groupe se développaient tous d’une manière normale, tandis que, sur cent quatorze du premier groupe, soixante présentaient des défauts assez considérables ou des mouvements anormaux. Six individus seulement de ce même groupe arrivaient à maturité; parmi ces six sujets, il y avait deux coqs d’une grandeur et d’un appétit remarquables. Des quatre poules qui restaient, une ne pondait jamais et les autres ne pondaient que des œufs très petits, pesant trente grammes environ, et incapables de donner naissance à des êfes vivants.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'> ÉLECTRICITÉ
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- APPLICATION DU MAGNÉTISME A LA PYROTECHNIE.
- — J’ai raconté dans une de mes lettres, il y a quelque temps déjà, que la fabrique chimique de Schering avait fait l’acquisition du brevet Graetzel pour l’obtention de l’aluminium et du magnésium par voie d’électrolyse. Il paraît maintenant qu’on a rencontré des difficultés sérieuses dans la fabrication de l’aluminium, mais qu’on a obtenu en revanche des résultats fort satisfaisants avec le magnésium, de sorte qu’on n’attend qu’une application générale de ce métal dans la pratique pour le produire en grandes quantités. A cause de son prix modéré et de sa lumière éblouissante, le magnésium se recommande dans la pyrotechnie.
- Une addition de poudre de magnésium au feu de
- Bengale en augmente' énormément la clarté. Une addition de 2 \ pour cent de poudre de magnésium à la composition de la flamme rouge du strontium donne à cette dernière un éclat surprenant, et quand on la mêle à une flamme de barium, la couleur verte en est tellement atténuée que la flamme paraît parfaitement blanche, tout comme la lumière électrique. Par une addition de poudre de magnésium l’éclat du feu de Bengale est tellement augmenté qu’on n’a besoin d’employer que la moitié de la composition o rdinaire pour produire les mêmes effets.
- Dans la procession aux flambeaux faite en l’honneur du prince Bismarck, qui a eu lieu le trente-et-
- FKi. 4 ET 5
- un mars passé, le magnésium fut employé pour la première fois en forme de flambeaux. Les flambeaux, au nombre de mille, qui émettaient une lumière blanche très semblable à la lumière électrique, con sistaient en des tubes de zinc laminé mince remplis de la composition du feu de Bengale ordinaire avec addition de poudre de magnésium. La flamme consumait le tube de zinc en même temps que son remplissage.
- Dr Miciiaelis.
- Angleterre
- LES LAMPES ARGENTÉES. — MM. WoodhoUSC et Rawson exposent à l’Exposition internationale des Inventions, plusieurs modèles de globes réflecteurs pour lampes à incandescence du système breveté par MM. Loraine et Walker.
- En argentant les globes, on cherche à réfléchir la lumière du filament dans une direction quelconque et à présenter une surface lumineuse, plutôt que la ligne intense du filament qui souvent laisse une impression désagréable sur l’œil. La figure 1 représente un de ces globes, argenté d’un seul côté, et qui par conséquent agit comme un réflecteur concave. L’argenture peut être faite en plongeant la partie du globe en question dans une solution capable de précipiter de l’argent brillant. La solution
- peut être composée de tartrate d’argent dissous dans de l’ammoniaque. En chauffant cette solution pendant quelques minutes à 18,8° C., on obtient
- FIG. I
- d’après M. Loraine, un dépôt d’argent brillant sur le verre. La partie argentée est ensuite couverte d’une couche protectrice de vernis pour ré-
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- J?4
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sister à la chaleur de la lampe. On peut aussi employer d’autres méthodes pour argenterie verre, et comme la surface argentée n’est pas exposée, il y a peu de chances pour qu’elle se ternisse, excepté par suite d’un dépôt de particules de charbon à l’intérieur du globe par l’action de la lampe.
- L’éclairage électrique des jardins de l’Exposition présente un nouvel attrait grâce à l’éclairage des étangs avec des lampes à incandescence, disposées de manière à simuler des fleurs ou des plantes aquatiques.
- Pour rompre la monotonie des rangées de lampes colorées ou non, on se propose de les allumer et de les éteindre d’après une certaine méthode qui produirait une espèce d’harmonie optique. Les Japonais sont passés maîtres dans cet art de la musique des couleurs, auquel la lumière électrique se prête fort bien par la facilité avec laquelle les différentes lampes peuvent être allumées ou éteintes. Les g 020 lampes dans les jardins sont divisées en six circuits, sous le contrôle d’une seule personne placée dans une chambre de la tour. De là, on peut non seulement éteindre ou allumer les circuits, mais aussi régler l’intensité lumineuse des lampes. Ces six circuits sont encore subdivisés en 28 circuits plus petits qui partent du même commutateur.
- LES CONDUCTEURS SOUTERRAINS. — M. J. C.
- Sellar expose un grand nombre de dispositions
- FIG. 2
- pour conduire les courants électriques sous terre, et entre autres un câble ayant la forme d’une bande plate de matière isolante, comme de la gutta-percha, traversée par un certain nombre de fils de cuivre.
- Ces conducteurs sont fabriqués en plaçant une bande plate de matière isolante sur l’autre avec les fils entre les deux.
- Plusieurs modèles sont exposés, montrant le câble dans une auge en bois, garnie de goudron et dans des tuyaux de plomb d’une section transversale rectangulaire.
- M. Sellar expose également un nouveau système pour isoler l’un de l’autre des fils de cuivre nus, au moyen d’isolateurs én porcelaine, d’une forme spéciale, placés à des intervalles le long de la ligne. Ces isolateurs sont de forme carrée, mais lès bords sont arrondis, de sorte qu’ils reposent sur le côté où ils sont placés. De chaque côté,
- se trouve cependant une rainure courbée dans laquelle on passe le fil, qui est maintenu comme par un crochet, ainsi que cela est représenté dans le dessin où W, W représentent les fils, et I l’isolateur.
- les télégrammes a 6 pence. — Le gouvernement s’est déclaré disposé à prendre en considération les différentes propositions concernant le nouveau tarif pour les télégrammes, pourvu que celles-ci n’entraînent pas un plus grand surcroît de dépenses pour les contribuables que la réforme proposée parle gouvernement et dont nous avons déjà parlé dans une lettre récente. Le gouvernement maintient cependant en principe que les pertes éventuelles du département des télégraphes ne doivent pas être couvertes par les bénéfices du département des postes. Selon M. Shaw-Lefevre, Directeur général des postes, les bénéfices du département des télégraphes ont diminué dernièrement et ne s’élèvent aujourd’hui qu’à Ô25oooo fr. On a calculé que ce bénéfice serait réduit à i "5o ooo fr. par l’introduction du nouveau tarif de 6 pence, à moins qu’on ne prenne des mesures pour compenser cette perte. Dans cet ordre d’idées le gouvernement avait proposé de faire payer l’adresse des dépêches, mais cette proposition n’avait pas reçu un accueil favorable. Il a dit qu’un grand nombre des mots qui forment les adresses était inutile.
- Nous pouvons ajouter qu’une proposition a été mise en avant tendant à soumettre à un code les adresses.
- VOITURES ÉLECTRIQUES POUR TRAMWAYS. — Dans
- une conférence récente, à Ylnventors Institute, M. Reckenzaum a fait la description des lignes de tramways électriques qui ont fonctionné à Millwall et à Battersea, près de Londres. On s’est servi des accumulateurs de l’Electrical Power Storage C°, dont les détails ont été très perfectionnés. Il faut 60 éléments, pesant i i /4 tonne pour faire marcher une voiture avec 46 voyageurs pendant deux heures environ sur une voie ordinaire et avec 60 arrêts par heure. Chaque élément se compose d’une boîte en chêne doublée de plomb et contenant 21 plaques de plomb d’un poids total de 26 livres avec les bornes, etc.
- Le moteur Reckenzaum est employé pour actionner les voitures et présente plusieurs avantages pour ce genre de travail. La vitesse des moteurs est de iooo tours par minute quand la voiture marche à sept milles par heure. Il est donc nécessaire de ralentir la vitesse entre l’arbre du moteur et l’essieu du train qui porte le moteur. On emploie une transmission par vis, sur l’arbre du moteur, et roue à denture hélicoïdale, sur l’essieu, donnant une réduction dans le rapport dé 1 à 2
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- environ. Les roues à denture hélicoïdale sont enfermées et tournent dans de l’huile.
- f O*1 obtient des variations de vitesse au moyen d un commutateur combiné qui dispose les circuits du moteur de manière à les faire fonctionner en tension, en quantité ou séparément. Quand on veut obtenir de plus grandes variations de vitesse, les circuits du moteur sont encore plus divisés en disposant les fils des inducteurs loin des armatures. Selon M. Reckenzaum le tramway à vapeur le plus économique consomme de 9 à 11 livres de charbon par mille. Le charbon employé, en chargeant les piles de la voiture électrique, se monte à 4 livres par cheval-vapeur. En mettant le prix du charbon à 18 schillings par tonne, la quantité nécessaire pour faire marcher une voiture pour un mille reviendrait à moins d’un penny.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Par B. Marinovitch
- Sur les propriétés particulières du courant produit par la machine rhéostatique, par M. Gaston Planté (').
- « Le flux d’électricité obtenu à l’aide de la machine rhéostatique, déchargée en quantité, présente des propriétés particulières et permet de produire des effets que Ton ne pourrait obtenir ni avec 1 électricité voltaïque seule, ni avec les appareils ordinaires de l’électricité statique.
- « Ces effets sont à la fois mécaniques et calorifiques ; mais l’action mécanique est beaucoup plus importante que l’action calorifique. J’ai déjà signalé les nœuds de vibration qui se forment dans un fil
- fin de platine ^ de millimètre) traversé par ce courant, et qui apparaissent à des intervalles presque réguliers, en se présentant sous la forme d’angles aigus réunis par des accolades. La distance entre ces parties plissées du fil varie avec la force électromotrice du courant ; si l’on raccourcit le fil, il se déforme conplètement, se plie et se replie sur lui-même dans tous les sens et finit bientôt, quoique non tendu, par se rompre spontanément.
- « Si l’on fait agir ce courant sur un condensa • teur mince, à lame de mica, qui peut être percé, par suite de la haute tension en jeu, les phénomènes diffèrent complètement de ceux qui se manifestent lorsqu’une batterie secondaire de 800 couples
- (') Note présentée il l’Académie des Sciences dans la séance du 20 mai i885.
- agit seule sur un tel condensateur. Ici ce n’est plus une étincelle électrique ambulante qui se produit. Il ne se forme plus un globule de feu avec l’étain et le mica fondus du condensateur; mais il se produit une série continue d’étincelles brillantes sur un même point, et le mica, au lieu d’être fondu, est pulvérisé en petits fragments lamellaires et projeté autour du condensateur, en formant comme une petite grêle artificielle de paillettes micacées. Ainsi c’est surtout un effet mécanique du courant qui se manifeste, au lieu d’un effet calorifique, et l’on a là un nouvel exemple de la variété des phénomènes que peut produire l’électricité, suivant la nature de la source d’où elle émane.
- « Si l’on introduit un fil de platine, en relation avec l’un des pôles de la machine rhéostatique de quantité, dans un tube capillaire ouvert à ses deux extrémités, et si l’on fait plonger l’une de ces extrémités dans un vase d’eau salée, l’autre pôle de la machine étant en communication avec le liquide, des étincelles accompagnées d’un bruit sec particulier, apparaissent à l’extrémité du tube ; en même temps, à chacune d’elles correspond un saut brusque du liquide dans le tube, et, comme ces étincelles se succèdent avec une extrême rapidité, le liquide n’ayant point le temps de redescendre, est sans cesse élevé par saccades jusqu’à une hauteur de om,i5àom,20, suivant la force électromotrice du courant. On a ainsi une véritable image des effets du bélier hydraulique, produits par une action mécanique due à l'électricité. Parmi les nombreuses analogies qui existent entre les phénomènes produits par des courants électriques de haute tension et les effets produits par des actions mécaniques proprement dites, celle-ci est assurément l’une des plus frappantes qu’on puisse signaler.
- « Cette expérience permet en outre d’expliquer un phénomène naturel très singulier qui s’est manifesté pendant un violent orage, accompagné de pluie et de grêle, le 3o juillet 1884, à Ribnitz,dans le Mecklembourg-Schwerin, et qui, sans précédent connu jusqu’ici, a paru absolument inexplicable ('). La foudre étant tombée sur une habitation, l’une des vitres de la fenêtre d’une pièce située au premier étage fut percée d’un trou étoilé, et, au moment de l’apparition de l’éclair, on constata l’irruption brusque d’une grande masse d’eau qui parut provenir de la surface du sol, s’éleva sous forme de jet vers le plafond et inonda toute la pièce. Ce fait, observé par plusieurs témoins, peut être considéré comme absolument hors de doute. Il nous paraît s’expliquer par un effet mécanique de l’électricité tout à fait analogue à celui qui se passe dans notre expérience.
- (') Voir la note du Professeur Leonhard Weber (Zeils-chrift fur Elcklrotcdniik, par J. Kareis, i5 mai r085, 3e année, p. 282).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- « Quelle peut être la cause de ces effets d’aspiration produits par l’électricité, quand elle provient d’une source réunissant à la lois la quantité et la tension? Il est permis de penser qu’il se produit, dans ces conditions, des phénomènes de réaction et d’entraînement, comparables à ceux qu’on observe avec des flux de gaz ou de vapeur, sous une haute pression. Lorsque cette étincelle particulière, douée d’une grande puissance mécanique, éclate dans le tube capillaire, en même temps qu’il y a compression dans un sens, il y a raréfaction à l’entour, et la mobilité du milieu, au sein duquel se produit le phénomène, fait que le liquide se précipite dans le vide formé, et peut ainsi effectuer un mouvement marqué d’ascension.
- « Quant aux propriétés particulières du flux d’électricité, tenant à la fois de celles de l’electri-cité voltaïque et de l’électricité statique, qui produit ces phénomènes, on peut les attribuer à l’origine même de ce courant et surtout au milieu qui sépare les électrodes ou armatures. Ici ce n’est pas, un électrolyte liquide qui constitue ce milieu comme dans la pile, mais une matière éminemment élastique et isolante, tel que le mica ; cependant elle est traversée ou mise en vibration sous l’action d’un courant de haute tension : car il se produit une étincelle de charge avec ces condensateurs, comme si les armatures avaient un lien quelque peu conducteur entre elles. Quand les condensateurs se déchargent, la lame de mica est également traversée, comme l’électrolyte d’une pile, et à la recomposition brusque qui se produit alors dans cette lame élastique correspond, dans le circuit extérieur aux condensateurs, un effet mécanique également brusque et instatané. De là, si cet effet est répété consécutivement un grand nombre de fois, un courant sui generis qui peut produire des phénomènes particuliers, tels que ceux que je viens de décrire. »
- Détermination et enregistrement de la charge des accumulateurs, par MM. A. Crova et P. Garbe(1).
- « L’application des accumulateurs à la mise en réserve d’une quantité considérable d’énergie électrique ou à la régularisation du débit des machines dynamo-électriques serait très pratique si l’on pouvait connaître exactement la quantité d’énergie ainsi emmagasinée et celle qui se trouve encore en réserve à une époque quelconque de leur fonctionnement. Nous sommes arrivés à la déterminer et à l’enregistrer automatiquement en nous basant sur les principes suivants. Admettons que les réactions chimiques qui se produisent sur les deux plaques de l’accumulateur se bornent, pendant la charge, à (*)
- (*) Note communiquée par M. Faye à l’Académie des sciences dans la séance du 25 mai i885.
- transformer la couche de sulfate de plomb de la lame positive en bioxyde de plomb, et celle de la la lame négative en plomb métallique ; la charge qui correspond à la décomposition de iétide sulfate de plomb sur chaque lame transformera :
- « i° Au pôle positif, Pb O, SO3 enPbO2, en libérant iéci de SO3 HO;
- « 2° Au pôle négatif, PbO, SO3 en Pb, en libérant iéci de SO3 HO.
- « L’équivalent électrochimique du plomb étant imgr,o867 et celui de l’acide omer,51445, on voit que chaque coulomb emmagasiné agira, pour chaque plaque, sur imgr,o867 de plomb, mettant en liberté imer,o28g d’acide.
- « En réalité, les actions chimiques qui se produisent dans les accumulateurs ne sont pas tout à fait aussi simples, et nous avons observé des phénomènes qui appellent de nouvelles études; cependant, en ce qui concerne la détermination que nous nous sommes proposé de faire, cette théorie peut servir de guide.
- « Nous nous sommes servis d’accumulateurs du genre Planté, modifiés par M. Faure, du type dit de 40 ampères-heure ; le poids de la matière active est de 3 kilog. ; nous les avons chargés avec 1 litre
- d’eau acidulée contenant ^ en volume d’acide. Le liquide contient donc 184 grammes d’acide sulfurique qui, s’ils entraient entièrement en combinaison, exigeraient 388 grammes de plomb. Admettons que l’accumulateur puisse recevoir 40 ampères-heure ou 144,000 coulombs; cette charge correspond à la réduction de i55 grammes 8 de plomb sur l’une des lames et à la conversion en bioxyde d’un poids égal de plomb provenant du sulfate de l’autre lame : la quantité d’acide sulfurique mise en liberté sera donc 149 grammes 25 ou bien 3 grammes 73 par ampère-heure. Pour une charge de 40 ampères-heure, la diminution de poids des lames et l’augmentation de poids du liquide seront respectivement de i5o grammes environ. Cette force motrice, proportionnelle à la charge, est largement suffisante pour indiquer ses variations et même pour les enregistrer.
- « Nous y sommes arrivés par les moyens suivants :
- « iu Accumulateur de 40 ampères-heure. Intensité initiale du courant de charge, 5 ampères 6. Densité initiale de l’acide, 1,04 à i5°. Quantité d’acide sulfurique contenue dans l’accumulateur, 62 grammes. — La charge a été prolongée vingt • quatre heures, l’intensité du courant a diminué lentement d’abord; au bout de six heures, elle était de 5 ampères; un très léger dégagement gazeux se produisait sur les deux lames; la densité était 1,10, correspondant à 108 grammes d’acide. Au bout de vingt-quatre heures de charge, la densité était devenue 1,145, accusant 200 grammes d’acide
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- dans le liquide. La variation de poids du liquide a donc été de i38 grammes, c’est-à-dire assez voisine du poids calculé.
- « En notant d’heure en heure la densité de l’acide et l’intensité en ampères, on peut donc dresser une table qui servira, pour un accumulateur donné, à déduire la charge de la densité. Dans une série d’un nombre quelconque d’accumulateurs identiques, une détermination de ce genre, faite sur un seul, permettra de calculer la charge totale du système.
- « Il est commode, pour les déterminations approchées, de se servir du densimètre de Rousseau; i c. c. de liquide prélevé dans l’accumulateur permet de se rendre compte immédiatement, au moyen de la courbe des quantités d’acide sulfurique contenues dans des solutions aqueuses de densités connues, de la charge actuelle de l’accumulateur.
- « 2° On peut se baser sur les variations de densité du liquide pour construire un indicateur de la charge. Pour cela, à un orifice percé au fond de l’accumulateur, on adapte un tube de niveau terminé à sa partie supérieure par un réservoir très large, rempli d’un liquide non miscible, de densité voisine de celle de l’acide étendu ; la surface de séparation des deux liquides dans le tube sert d’index. Dans nos expériences, nous nous sommes servis d’acide dont la densité initiale était 1,06, et d’éther benzoïque dont la densité à i5° est i,o5; le tout constitue une sorte de manomètre de Kretz d’une grande sensibilité; nous avons pu ainsi suivre la variation de charge d'un accumulateur, soit en le chargeant directement, soit en déchargeant un accumulateur chargé dans un autre déchargé, ce qui exige plusieurs jours, soit enfin pour étudier l’influence des diverses circonstances sur la charge. L’excursion a été, dans nos essais, de om, 08 à om, io pour une charge complète.
- « 3° Nous avons adapté à l’orifice précédent un tube qui fait communiquer le liquide avec une capsule manométrique fermée par une membrane en caoutchouc qui, sous l’influence de la pression du liquide, variable avec sa densité, fait marcher un levier coudé très léger. On peut ainsi faire indiquer, par une aiguille mobile sur un cadran gradué, la charge de l’accumulateur.
- « 4° Enfin, il est préférable d’utiliser la variation de poids des lames de plomb pour actionner l’indicateur. Nous suspendons l’accumulateur plongeant librement dans le liquide acide à l’un des bras d’une balance munie, sur le prolongement de l’aiguille indicatrice, d’une tige chargée d’un contrepoids qui la transforme en une sorte de peson. L’accumulateur étant équilibré par un poids mobile sur l’autre bras de levier, l’aiguille indique les variations de charge. Cette disposition est identique à celle qui a été appliquée par l’un I
- de nous (') à l’enregistrement du baromètre : elle est très commode et très précise. Dans notre appareil, l’aiguille est en bois léger et a im de longueur; on arrive facilement à lui faire parcourir plus de om, 20 pour une charge complète. Nous adaptons au sommet de l’aiguille un pointeur à encre, qui se meut entre une tringle en acier horizontale et une bande de papier qui se déroule verticalement. Une horloge électrique envoie toutes les dix minutes un courant qui, actionnant un électro-aimant, applique l’aiguille contre le papier quand celui-ci avance de imm.
- * Nous avons ainsi obtenu des courbes d’une régularité remarquable soit pour la charge, soit pour la décharge, et leur netteté permet l’étude des particularités les plus délicates de la charge des accumulateurs.
- « Nous joignons à cette Note une bande de notre enregistreur portant plusieurs courbes de charge et de déchai'ge, obtenues dans des conditions variées; avec une décharge de 3 ampères environ, la courbe est rectiligne pendant quinze heures et accuse une uniformité remarquable de débit pendant ce temps. »
- Recherches expérimentales sur la résistance
- électrique des substances isolantes, par M. G.
- Foussereau ((i) 2 3).
- INTRODUCTION
- L’effet de ce travail est la détermination des résistances spécifiques d’un certain nombre de substances isolantes ou médiocrement conductrices, et l’étude des principales circonstances capables de faire varier ces résistances. Celles que j’ai eu à mesurer sont comprises entre i ohm et io’° ohms environ. J’ai donc dû me préoccuper, avant tout, de rechercher les méthodes qui peuvent être appliquées à l’étude des résistances des divers ordres de grandeur. L’exposition de'ces méthodes, la discussion de leurs avantages et des causes d’erreur qu’elles entraînent, la détermination des limites qu’on doit assigner à leur usage, et enfin la description des appareils divers dont elles comportent l’emploi, suivant la nature des corps étudiés,feront l’objet de la première partie de cet exposé. La deuxième partie sera consacrée à l’examen des résultats et à des conclusions qu’on en peut tirer. Outre les verres qui ont déjà fait l’objet d’un premier mémoire (:|), ces résultats s’étendent au soufre
- (i) A. Crova, Description d’un nouveau baromètre-balance enregistreur (Mémoires de VAcadémie des Sciences et Lettres de Montpellier, année 1875, et Bulletin météorologique de l’Hérault, année 187S). Cet enregistreur fonctionne régulièrement à la Faculté des Sciences depuis 1872.
- (*) Journal de Physique, tome IV, mai i885.
- (3) Foussereau, Journal de Physique, 20 série, t. II, p. 254, i883; Journal de Physique, 2e série, t. IV, mai i885.
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- et au phosphore, à l’eau à l’état liquide et à l’état solide, aux sels anhydres sous les mêmes états et à la porcelaine.
- PREMIERE PARTIE
- EXPOSITION DES MÉTHODES
- j ier. — Résistances spécifiques des corps liquides comprises entre i et io4 ohms.
- Quand on a affaire à des résistances relativement faibles, il est avantageux de ramener leur mesure à une comparaison de différences de potentiel. On évite ainsi le développement de la polarisation, qui constitue le principal obstacle à l’exactitude des résultats dans les méthodes basées sur la mesure de l’intensité des courants.
- M. Lippmann (*) a fait connaître une excellente méthode électrométrique, dont j’ai appliqué le principe à l’étude des liquides de résistance faible
- FIG. I
- ou médiocre, en modifiant la disposition donnée à l’expérience, suivant la grandeur des quantités mesurées. Cette méthode consiste à introduire dans le courant d’un élément Daniell une colonne du liquide étudié AA (fig. i) et une résistance métallique graduée DD'. La différence de potentiel entre des dérivations prises en deux points du liquide B et B' peut ensuite être comparée à celle qui se développe entre deux points C et C' du fil métallique,
- Soient a et a! les différences électriques C/C' et B/B' (2), r et r' les résistances des portions de conducteurs CC' et B B' interposées entre les points de dérivation. L’intensité i du courant étant la même dans tout le circuit, on a
- ._a____cf
- r r''
- En particulier, si l’on fait en sorte que les diffé-
- C) Lippmann, Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. LXXXIII, p. 192, 1876.
- (a) Pour abréger le langage, nous représentons la différence de potentiel entre C et C' par la notation C/C', bien que cette notation ne soit usitée ordinairement que pour les forces électromotrices de contact.
- rences a et a' soient égales, on aura rendu égales les résistances r et r'. Toutes les fois que cette égalisation sera possible, c’est-à-dire quand on pourra opérer sur des colonnes liquides dont la résistance totale ne dépasse pas celle des étalons de 100 000 ohms qu’on trouve dans le commerce, il sera avantageux à tous les points de vue d’opérer sur les résistances égales. Pour constater cette égalité, on interpose entre les dérivations C et C' un circuit comprenant une force électromotrice auxiliaire b égale et contraire à a. Un électromètre introduit dans ce circuit permet de reconnaître l’exactitude de la compensation. Par le jeu d’un commutateur, on interpose ensuite le même circuit secondaire entre les dérivations B et B'. L’électromètre doit demeurer au zéro, si les différences a et a' sont égales.
- Je me suis servi dans ces expériences de l’élec-tromètre Lippmann, qui présente le double avantage de donner des indications instantanées et
- d’être sensible à 1 volt.
- 10000
- Le liquide était contenu dans des tubes en verre horizontaux communiquant par des ouvertures très étroites avec quatre branches verticales de même diamètre, dans le liquide desquelles plongeaient autant de lames de platine (*). Les branches extrêmes servaient à faire passer le courant; les branches du milieu constituaient les dérivations. La base de l’appareil était immergée, jusqu’à un niveau plus élevé que celui du liquide intérieur, dans un bain qu’enfermait ordinairement la substance même soumise à l’expérience, afin de n’être pas gêné par les changements d'état du liquide extérieur.
- La résistance mesurée était celle d’une colonne liquide cylindrique ayant pour base la section S du tube et pour hauteur la distance l des deux orifices capillaires B et B'. Je me suis assuré par l’expérience que les surfaces équipotentielles ne diffèrent pas d’une manière appréciable des sections droites du cylindre. La résistance spécifique était donc obtenue en multipliant par ~ la résistance mesurée.
- En sortant du liquide, le courant traverse des étalons de résistance atteignant jusqu’à 110000 ohms. La force électromotrice auxiliaire b destinée à tenir successivement en équilibre les différences électriques a et a', est fournie par l’interposition dans le circuit secondaire d’un condensateur chargé K K' (fig. 1).
- Les dérivations C et C' sont respectivement mises en communication avec les armatures K et K' qui prennent spontanément une différence de potentiel égale à a, puis maintiennent en équilibre
- (*) Cet appareil a été construit par M. Alvergniat.
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- électrique les conducteurs CK, C' K', constituant le circuit secondaire. On intercale alors sur l’un de ces conducteurs CK un électromètre Lippmann qui demeure au zéro, puisque ses deux mercures sont ainsi reliés aux points C et K dont le potentiel est le même. On substitue enfin les dérivations B, B' aux dérivations C, C'. L’électromètre doit rester au zéro si la différence électrique a’ est égale à la différence a. Si cette condition n’est pas réalisée, il se produit dans le circuit secondaire un courant qui modifie l’état électrique dans le condensateur et dans l’électromètre. Mais grâce à la présence du condensateur, la quantité d’électricité ainsi transmise est limitée, et l’on ne court pas le risque de produire un courant continu qui polariserait les électrodes B et B', si le pont de l’élec-tromètre était fermé.
- La figure 2 représente cette disposition.
- H U!-
- Le condensateur avait une capacité de 1 microfarad; celle de l’électromètre valait au plus om24.
- Ces deux capacités, déjà faibles par elles-mêmes, étant en outre disposées en série, il ne fallait qu’une très petite quantité d’électricité pour produire l’équilibre dans le circuit secondaire. On n’avait donc pas à craindre de communiquer aux électrodes B et B' une polarisation sensible. Les surfaces immergées de ces électrodes atteignaient en effet de 3c<i à 5C(t. Or, d’après les expériences de Blonctlot (’), la capacité initiale d’une lame de platine dans l’eau varie entre 3imf et 7mf,8 par centimètre carré. Je me suis toujours placé dans les conditions les plus favorables en faisant rougir ces lames avant chaque série d’expériences.
- En admettant cependant que la capacité des lames dans les liquides où elles plongent soit de l’ordre de grandeur du plus petit de ces nombres,
- (*) Blondlot, Journal de Physique, ire série, t. X, p. 444, 1881.
- on trouve encore pour 3C(i une capacité maxima de 23mf, c’est-à-dire plus de cent fois la capacité du système formé par le condensateur et l’électro-mètre (*).
- Pour avoir des températures plus uniformes et mieux déterminées, on opérait au moment des maxima de température apiès l’extinction du fourneau. Toutefois, pour éliminer sûrement les petites erreurs qui pouyaient encore résulter d’une légère inégalité entre les températures des électrodes B et B', on recommençait l’expérience en renversant le sens du courant, et l’on prenait la moyenne des deux résultats.
- § 2. — Résistances spécifiques de corps liquides comprises entre ior' et io% ohms.
- Quand les résistances des colonnes liquides ob-
- H L'o-
- FIG. 5
- servées dépassent notablement 100000 ohms, on ne peut plus les opposer directement aux résistances métalliques servant d’.étalons. Il faut alors opérer sur des résistances inégales et déterminer leur rapport.
- J’ai employé, dans ce cas, une disposition expérimentale représentée par la figure 3. Le courant principal suit, comme précédemment, le circuit PAA' CDP. Les points de dérivation sont pris en B, B‘ et C, C'. Aux différences de potentiel développées entre ces points, on oppose successivement à travers l’électromètre des différences égales et contraires. Pour cela, on fait passer le courant d’une seconde pile P, dans un rhéostat GN. On
- f1) La capacité de ce système est donnée par !a formule
- Sa valeur est
- X =omf,i94.
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- peut choisir sur ce nouveau circuit deux points G, G', tels que leur différence électrique soit égale à la différence C'/C = a. On détermine de même la différence B/B' — a', et l’on applique la formule
- rr__a'
- r a
- On a intercalé dans le circuit secondaire, entre rélectromètre et le point G', un interrupteur RM. Cet organe est nécessaire pour éviter le passage d’un courant continu dans les lames de dérivation B, B' avant l’ouverture du pont de l’électromètre. Sans cette précaution, ces lames pourraient être polarisées à chaque essai de compensation.
- Pour faire une expérience, on mesure la force électromotrice a, qui fait équilibre à C/C'. On mesure de même la différence B/B'— a'. Enfin, on compense de nouveau C/C' par une nouvelle force électromotrice a2, généralement un peu inférieure à à cause des progrès de la polarisation aux électrodes principales A et A'. On considère la moyenne
- gl + .f» = q
- 2
- comme comparable à la différence a'. On recommence enfin les expériences précédentes en renversant le sens des deux piles P et P,. On obtient deux nouveaux résultats b et b'. Désignons par r' et r les résistances comparées, par A la force électromotrice thermo-électrique qu’il s’agit d’éliminer, par i et j les intensités du courant principal avant et après le renversement de la pile. Les relations
- a = ir, a'™=/r'-p A b=jr, b’ =jr' — A
- donnent, pour le rapport des résistances,
- r' __ q' 4- b' r a b
- Quand la résistance de la colonne liquide observée était trop grande pour être comparée avantageusement à l’étalon métallique de 100000 ohms, on employait comme terme de comparaison la résistance d’un trait de crayon tracé sur une plaque d’ébonite.
- Cette résistance pouvait être considérée comme fixe pendant la durée d’une série d’expériences. Elle était préalablement comparée elle-même à une résistance métallique.
- J’ai employé plusieurs résistances de cette nature comprises entre 2 et 2.3 megohms. Il est facile d’en obtenir de plus grandes encore.
- g 3. — Résistances spécifiques de corps solides ou liquides inférieures à io10 ohms.
- L’étude des corps solides n’est pas générale-
- ment compatible avec l’emploi des tubes à communications capillaires. Ces appareils se rompent sous l’influence des changements de volume que prennent les corps solides quand on fait varier leur température. Il est donc nécessaire d’adopter une autre méthode de mesure. Remarquons, d’autre part, que la résistance des solides est beaucoup plus grande que celle des liquides correspondants. On peut donc faire passer à travers ces corps des courants de faible durée sans développer une électrolyse sensible. Cette circonstance permet d’employer de grandes forces électromotrices, en présence desquelles la polarisation, lente à se développer dans ces conditions, sera négligeable. La méthode dont j’ai fait usage pour ces corps repose sur le principe suivant :
- Soit PAA'BB"C'CP" (fig. 4) un circuit comprenant une pile de plusieurs éléments. Supposons qu’on relie par l’intermédiaire d’un électromètre
- FIG. 4
- deux points P et F' du circuit, pris l’un à l’intérieur, l’autre à l’extérieur de la pile. Si les potentiels de ces deux points sont égaux, l’électromètre demeurera en équilibre, au zéro. Cette condition étant réalisée, les deux branches P A A' F' et F' C' C P du circuit seront parcourues par des courants de même intensité.
- Soient :
- AA' = r' et CC' — r,
- les deux résistances à comparer que l’on a disposées respectivement dans les deux branches du circuit, les conducteurs de raccord n’ayant que des résistances négligeables.
- 11 et n' les nombres d’éléments de pile compris dans chaque branche;
- e la force électromotrice et a la résistance de chaque élément. Cette dernière quantité peut être regardée comme identique pour tous les éléments, parce qu’elle n’intervient que dans une correction très faible.
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- La différence électrique étant rendue nulle entre P et F', on aura
- .__ 11e n’ c
- r -p 11 a r‘ + «' a
- d’où
- r*__n'
- r n
- La première branche comprenait, entre la résistance AA' à mesurer, un interrupteur B B'B". Dans la seconde branche était disposée une résistance métallique C C' variable à volonté.
- L’interrupteur est destiné à empêcher le passage continu du courant dans l’électrolyte A A' et la polarisation qui en serait l’effet. Quand il est au repos, il établit une communication métallique entre les électrodes A et A'. On ne fait passer le courant dans l’électrolyte que pendant le temps nécessaire à la lecture de l’électromètre.
- La substance à étudier présentait la forme d’un cylindre creux. Elle était limitée intérieurement et extérieurement par les électrodes concentriques A et A' (fig. 6) en platine, zinc ou cuivre, en haut par la surface libre, et en bas par la surface plane d’un disque en porcelaine, qui occupait le fond de l’éprouvette de verre destinée à contenir l’électrolyte. Les bords inférieurs des électrodes reposaient sur ce disque, dont la résistance peut être regardée comme infinie, par rapport à celle des corps étudiés.
- Désignons par p, et p2 les rayons de base de l’électrode intérieure et de l’électrode extérieure, et par h la hauteur de l’électrolyte. La résistance spécifique K sera
- Pi
- log. nep. --P2
- En appliquant les formules dues à M. Blavier (') pour la résistance d’une masse comprise entre deux cylindres excentriques, je me suis assuré que dans les conditions de mes expériences l’excentricité accidentelle des électrodes ne pourrait produire que des erreurs inférieures à ^ de la quantité mesurée.
- Cette disposition présente le double avantage d’éliminer les erreurs tenant à la conductibilité des enveloppes et de ramener la mesure de la résistance spécifique à celle d’une résistance; beaucoup plus faible, en rapport simple avec la quantité cherchée, tout en faisant occuper à l’électrolyte un volume restreint compatible avec le maintien d’une température uniforme.
- La partie inférieure de l’appareil plongeait jusqu’à un niveau notablement supérieur à celui de
- l’électrolyte dans un bain d’huile ou d’un autre liquide convenablement choisi, qu’on pouvait lui-même entourer d’un bain de sable chauffé sur un fourneau à gaz. Les expériences ont été faites de préférence après l’extinction du fourneau pendant la période du refroidissement qu’on ralentissait en entourant l’appareil d’écrans métalliques.
- Quand on pouvait craindre l’altération de la substance étudiée par l’humidité atmosphérique, on bouchait l’éprouvette; on faisait passer les fils conducteurs par des tubes de verre étroits autour desquels étaient disposés des fragments de chaux vive. Enfin, l’éprouvette pouvait elle-même être contenue dans une cloche cylindrique contenant des matières desséchantes.
- Pour le phosphore solide, on opérait dans une éprouvette traversée constamment par un courant l’acide carbonique.
- Pour le phosphore liquide dont la résistance est
- FIG. 5
- assez grande pour permettre l’emploi de cette méthode et qui se prête mal à l’usage du tube à quatre branches, à cause de la difficulté de son maniement, on opérait dans un tube en U (fig. 5), dans les deux branches duquel on amenait de l’acide carbonique. On mesurait la résistance de la colonne liquide B B' comprise entre deux électrodes de platine qui occupaient des sections droites du tube. Je me suis assuré par le calcul que la résistance du fragment de tore ainsi obtenu peut être pratiquement assimilée à celle d’un cylindre de même section droite, dont l’axe aurait pour longueur celle de la ligne moyenne du tore.
- Quand les résistances à mesurer sont trop grandes pour qu’on puisse les comparer directement avec précision aux étalons métalliques, on emploie une résistance de graphite comme terme de comparaison. Mais comme cette résistance ne peut être commodément graduée, on modifie la disposition de manière à rendre variable à volonté la force électromotrice qui agit sur elle. La figure 6 représente cette disposition nouvelle.
- Le circuit P P" se forme par une résistance mé-
- (') Blavier, Journal de physique, iIC série, t. III, p. 11S.
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- allique C C'. Un point C" de ce conducteur est mis en communication avec l’électromètre par l’intermédiaire de la résistance de graphite DD'. Représentons encore par r et r' les résistances DJD' et AA' que l’on compare, soient :
- r, et r2 les résistances CC" et C'C".
- I l’intensité du courant dans le conducteur
- P P' A B F' qui est la même dans le conducteur F' D'D C".
- 4 et 4 les intensités dans les conducteurs PC'C" et PP" C' C".
- L’électromètre demeurant en équilibre, les po-
- F1G. 6
- tentiels sont égaux en F" et en P. Exprimons cette condition :
- tances avec un étalon métallique gradué. La résistance n a de la pile P P' n’a jamais atteint la centième partie du terme r, -)- r2 -f- n a. La résistance r.2 avait une valeur fixe de 5oooo ohms, et l’on faisait varier suivant les besoins de l’expérience. La pile était formée d’éléments Daniell bien isolés au moyen de supports à pieds de verre.
- g 4. — Résistances spécifiques de corps solides ou liquides supérieures à ro10 ohms.
- Quand on se propose de déterminer de très grandes résistances, on ne peut plus employer avec avantage les méthodes basées sur la comparaison des potentiels aux divers points des circuits comprenant ces résistances. Les indications de l’électromètre deviennent alors paresseuses, parce que la charge nécessaire pour que les deux mer-cures prennent une certaine différence électrique n’est fournie que très lentement à travers une grande résistance.
- Supposons, en particulier, que l’électromètre soit relié à des conducteurs tendant à développer
- entre les deux mercures une différence de1 vo1-.
- 100
- Soit io10 ohms la résistance interposée. La quantité d’électricité transmise dans le temps t à l’élec-tromètre sera en coulombs
- 100 X io1(l X *
- La capacité de l’électromètre est environ
- Cet instrument est capable d’accuser une différence de potentiel de 10—4 volts.
- Il faut pour la développer une charge
- i° Pour le conducteur P A B F' ;
- 20 Pour le conducteur PCC" DF';
- 3° Pour le conducteur P P" C' C" D F'.
- Nous aurons les trois équations :
- (1) I(r'-j-n' a)— n' e
- (2)
- (3) <2 (r2+na)-\-lr =n e
- Exprimons, d’autre part, que la somme algébrique des intensités est nulle autour du point C". On a
- 4) î — l-i /2
- En éliminant entre ces quatre équations les intensités I, 4 et 4, on obtient
- r> = 7î [4 (ri + r2+n a) + r2J
- Avant chaque série d’expériences, on déterminait es valeurs de r et de a, en comparant ces résis-
- 4
- En égalant ces deux quantités, on trouve pour le temps t nécessaire
- y o— ®
- t— IOO X io10X---X io~4 = 25
- 4
- Chaque essai de compensation entre les potentiels comparés exigerait donc un temps incompatible avec la bonne marche des expériences. On ne peut guère poursuivre l’emploi des méthodes de ce genre que jusqu’à une résistance spécifique de io10 ohms, qui permet l’emploi d’une résistance effective vingt fois plus petite.
- Pour l’étude des grandes résistances, j’ai employé une méthode qui repose sur la mesure du temps nécessaire à la transmission d’une quantité donnée d’électricité à travers la résistance étudiée, sous l’influence d’une force électromotriee connue. Pour apprécier la quantité d’électricité transmise, on la recueille dans un condensateur de capacité
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- connue, qu’on laisse se charger dans chaque expérience jusqu’à une même différence de potentiel. Le détail de cette méthode a été exposé précédemment, à propos de nos recherches sur la résistance des verres (*). Les corps étudiés étaient encore disposés en masse cylindrique creuse.
- Cette méthode ne convient elle-même qu’aux grandes résistances; avec les résistances médiocres la charge serait trop rapide pour que la durée soit mesurée avec précision.
- La limite inférieure des résistances spécifiques commodément mesurables de cette manière est environ 5 X io9 ohms. On peut alors expérimenter sur une résistance effective dix fois plus petite, soit 5 X io8 ohms. La capacité réceptrice employée ayant été i“og, on déduit aisément de ces données qu’une force électromotrice de 3 volts développera entre les armatures une différence électrique de ovolto3 au bout de 5S45, durée qui peut encore être mesurée assez exactement.
- La limite supérieure de l’emploi de cette méthode correspond sensiblement à une résistance spécifique de io17 ohms. On peut alors ramener la résistance effective de io16 ohms et la capacité réceptrice deomf3. Si dans ces conditions, on emploie une force électromotrice de 5oovolts, il faudra, pour communiquer à l’électromètre une différence de ovoit ooi, un temps égal à 6oo5 = iom. Mes expériences sont toutes demeurées notablement en deçà de cette limite.
- Une nouvelle lampe à arc.
- F. V. Hefner-Alteneck a présenté à l’une des dernières séances del'Elektrotechnische Verein (avril r885) un type de régulateur récemment construit qui, sans offrir rien de nouveau dans le principe même du réglage rappelle par certains détails de construction le régulateur Street et Maquaire dont nos lecteurs ont pu lire la description dans un des derniers numéros de la La Lumière Electrique (a).
- La figure ci-jointe donne une représentation schématique du régulateur en question. Dans cette figure D représente un électro-aimant à gros fil placé dans le circuit de l’arc, et N un électroaimant à grande résistance monté en dérivation. Le porte-charbon inférieur est fixe; le porte-charbon supérieur est solidaire de la pièce M qui, sur une partie de sa longueur, forme écrou pour la vis sans fin S. Cette même vis est terminée en haut par une roue dentée Z, en fer doux, dont les dents sont constamment en prise avec le cliquet K. Le cliquet K est relié à une tige articulée qui cons-
- (*) Foussereau, Journal de Physique, 2° série, t. II, p. 254; i883.
- (-) La Lumière Electrique, T. XV, p. 481.
- titue l’armature de l’électro-aimant N et tend, sous l’influence du ressort antagoniste F, à revenir sans cesse à la position représentée sur la figure. Le mécanisme est complété par un système interrupteur ordinaire C solidaire de l’armature de l’élec-tro-aimant N et placé dans le circuit dérivé N.
- Au repos les deux charbons sont en contact. L’allumage se fait sous l’action de l’électro-aimant D. En effet, dès que le courant passe, cet électro s’anime et attire la roue dentée Z, et avec elle le porte-charbon supérieur et la vis sans fin sans changer la position relative de ces pièces. La lar-
- geur de la roue Z est assez grande pour permettre ce déplacement vertical de Z sans que pour cela le cliquet K cesse d’être en prise. Dès que la longueur de l’arc devient trop considérable, l’électro-aimant dérivé N s’anime à son tour, et par suite de la disposition des pièces, le cliquet K prend un mouvement de va-et-vient qui a pour effet de faire tourner la tige filetée S et d’élever le porte-charbon supérieur jusqu’au moment où la longueur de l’arc est revenue à sa valeur de régime.
- Un mécanisme très simple représenté en M permet d’écarter l’écrou, qui n’embrasse la tige filetée que sur une partie de sa circonférence, de cette même tige et de soulever rapidement le porte-charbon supérieur lorsqu’il est nécessaire de remplacer les charbons. M.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les instruments de mesure de MM. Kapp et Grompton.
- Il a déjà été question dans ce journal, lors de la revue de l’exposition de Vienne, des ampèremètres de MM. Kapp et Crompton ('). Nous trouvons aujourd’hui l’occasion d’ajouter quelques détails intéressants au sujet de ces mêmes appareils, détails que nous empruntons à un article publié par M. A. Beringer dans le dernier numéro de 1 ' Elektrotechnische Zeitschrift (avril i885).
- Il est évident que lorsqu’on emploie dans les instruments de mesure comme forces directrices des aimants permanents ou des ressorts, on ne peut compter sur une constance absolue des indications, le magnétisme des pièces aimantées ou la tension des ressorts se modifiant avec le temps. Les appareils demandent à être tarés de temps à autre. De là l’idée de substituer aux aimants permanents des électro-aimants.
- Si l’on suppose (fig. i) une aiguille aimantée n s placée entre les extrémités d’un noyau en fer doux N S, et si l’on groupe le circuit de telle fa-
- FIG. I
- çon que le courant, après avoir traversé l’enroulement e e de l’électro-aimant, parcourt un cercle d d situé dans un plan normal au plan d’oscillation de l’aiguille, il est évident qu’on aura réalisé un appareil satisfaisant aux conditions précitées. Il semble au premier abord que dans cet instrument la force directrice doive être constante à partir du moment où l’électro-aimant est saturé, et qu’on puisse, à condition de faire usage de noyaux suffisamment minces, arriver à obtenir pour des intensités relativement faibles cette constance du champ magnétique directeur.
- En réalité, les actions sont plus complexes. L’aiguille n s est, en effet, sollicitée à revenir à sa position d’équilibre par deux forces dont la première, qui est l’attraction des pôles N S, croît rapidement avec l’intensité pour devenir très vite sensiblement constante, tandis que la seconde, qui est la somme des actions électrodynamiques élé-
- (’) La Lumière Electrique, tome XI, p. 288.
- mentaires qui s’exercént entre les spires e e et l’aiguille n s augmente proportionnellement à l’intensité du courant. Si l’on représente graphiquement ces deux actions en portant sur deux axes coordonnés (fig. 2), en ordonnées les moments magnétiques et en abscisses les intensités de courant, on obtient pour la première/orce la courbe O A B qui,
- FIG. 2
- à partir de A, devient sensiblement parallèle à l’axe de X, et pour la seconde la droite O D. L’action résultante se trouve représentée par la courbe O E E’F. On voit que cette action, loin d’être constante, croît assez rapidement avec l’intensité du courant, en sorte que les déviations deviendraient de plus en plus faibles pour de fortes intensités de courant, ce qui, comme chacun sait, rendrait l’appareil, au point de vue pratique, très défectueux.
- Mais on peut annuler l’action des spires sans diminuer d’une façon sensible le magnétisme du
- fig. '5
- noyau en disposant un deuxième système de spires identique au premier, mais placé dans un plan normal à ce même système, ou, plus simplement encore, on peut se borner à avoir un seul système de spires comprenant l’enroulement de l’électro-aimant, mais distribué dans un plan oblique par rapport à la position de repos de l’aiguille. Il de-! vient alors possible, en modifiant convenablement
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- cet angle d’inclinaison, d’obtenir une action directrice totale qui aille en décroissant avec l’intensité, et qui, graphiquement représentée, donnerait la courbe O G G’H, par exemple (voir la figure 2).
- Ce dispositif, adopté dans les instruments de M. ICapp, donne de très bons résultats comme il
- FIG. 4
- est facile de s’en assurer en se reportant aux figures 3 et 4 dans lesquelles les intensités de courant ou les différences de potentiel sont portées en ordonnées et les degrés de déviation de l’aiguille en abscisses. Les lignes pleines représentent les courbes obtenues avec l’appareil qui vient d’être décrit; les lignes pointillées donnent la courbe de déviation d’une boussole des tangentes ordinaire. Ces courbes font voir que pour de fortes inten-
- FIG. 5
- sites de courant, l’instrument de M. Kapp est plus avantageux que la boussole des tangentes.
- M. Crompton a construit sur le même principe un ampèremètre dont la figure 5 donne une vue perspective. M.
- BIBLIOGRAPHIE
- BALLOÛNING. A CONCISE SKETCH OF ITS II1STORY AND PRINCI-
- PLES. — FROM THE BEST SOURCES, CONTINENTAL AND EN-
- gush. (Histoire succincte des principes de la navigation
- aérienne), par G. May. Londres, Symour et C°, éditeurs.
- Cet ouvrage rentre dans la catégorie de ceux dits à l'usage des gens du monde. On y trouvera un exposé succinct des travaux des principaux aéro-nautes depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours. L’auteur fait remonter l’historique de la question jusqu’aux chevaux du char d’Apollon, aux paons de Junon et aux dragons de Médée. Il aurait pu y joindre Pégase, l’infortuné Icare, Mercure aux pieds légers et bien d’autres, sans sortir du domaine de la mythologie grecque. Envisagé d’une manière aussi large, l’exposé des premiers essais de navigation aérienne devrait d’ailleurs comprendre l’histoire du cheval enchanté du prince Fi-rouz Schah dans les Mille et une Nuits, de l’hippogriffe de Roger, dans Roland furieux, voire même de Jésus marchant sur les flots. Nous nous empressons de signaler cette lacune à l’auteur, en vue des éditions futures.
- Le livre de M. G. May se rattache à l’électricité par le récit des tentatives entreprises en vue de la direction des ballons au moyen de moteurs électriques, par MM. G. Tissandier. Renard et Krebs.
- On lira encore avec un intérêt tempéré par un certain scepticisme, qu’à une altitude très élevée le corps hnmain devient si fortement électrisé que les cheveux s’en dressent sur la tête et que les doigts laissent échapper des étincelles.
- On apprendra enfin non sans étonnement qu’un Américain a imaginé un moyen de provoquer la pluie par la simple expédition dans les nuages d’un ballon chargé d’électricité.
- ANLE1TUNG ZUR ERRICIITUNG UND INSTANDIIALTUNG OBERIRDI-SCIIER TELEGRAPHEN UND TELEPHONLINIEN AUS LAZARE
- weiller’s patent silicium — bronze — draht (Guide de la pose cl de l’entretien des lignes télégraphiques et téléphoniques, en fil de bronze silicieux, système Lazare Weiller), par J.-B. Grief. Vienne 1885, Seidel et fils, éditeurs.
- Cet ouvrage constitue un bon manuel à l’usage des monteurs de lignes télégraphiques ou téléphoniques. On y retrouve les tableaux donnés par M. H. Vivarez dans son livre traitant du même sujet. Notre collaborateur M. Michaëlis, ayant déjà appelé l’attention de nos lecteurs sur l’opuscule de M. Grief, nous les renvoyons pour plus de détails à la correspondance allemande parue dans les colonnes de ce journal.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- DÉTERMINATION DE LA RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE D’UNE COLONNE DE MERCURE EN MESURE ABSOLUE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE
- Far L. Lorenz, à Copenhague
- IV. Influence de la capillarité sur la conductibilité du mercure.
- Dans l’une des séances de la conférence internationale des électriciens de l’année 1882, Becquerel a appelé l’attention sur la cause d’erreur qui vient d’être mentionnée ; à cette occasion von Helmholtz fit observer que Siemens avait toujours trouvé la concordance la plus grande dans des mesures effectuées sur des colonnes de mercure dont le diamètre variait de 1 à 2 millimètres, tandis que Bosscha rappela que Rink s’était livré à des mesures comparatives avec divers tubes, et avait rencontré une concordance à 1/7000 près. Comme les mesures absolues de résistance que j’entreprenais devaient être faites avec des tubes de 2 et de 3 centimètres d’épaisseur, tandis que l’unité normale doit être rapportée à une colonne de de section, je jugeai indispensable d’éclairer à nouveau cette question au moyen de quelques expériences.
- Les premières expériences furent effectuées avec une auge dont les parois étaient formées par d’épaisses glaces. Deux bandes de verre de 1 centimètre de hauteur se trouvaient disposées, à une distance de 2 centimètres l’une de l'autre sur une glace formant fond et fortement maintenues par de la colle de poisson; deux lames d’acier complétaient l’auge. Cette auge fut remplie avec du mercure, et au-dessus de la surface du mercure une glace fut placée horizontalement de façon à former un joint étanche. Cette plaque était percée de quatre trous, dont deux plus grands et deux plus petits; à travers ces derniers et normalement à la glace passaient deux aiguilles à coudre. Ces deux aiguilles se trouvaient reliées au galvanomètre tandis qu’on faisait passer un fort courant à travers les deux plaques extrêmes de l’auge, ainsi qu’à travers les bobines disposées dans le voisinage du galvanomètre. La résistance de la colonne de mercure comprise entre les deux aiguilles fut déterminée de la même façon que précédemment, et les expériences avaient pour but de faire connaître la variation de la résistance lorsqu’on abaissait la plaque formant couvercle jusqu’à toucher la surface du mercure.
- On constata toujours, dans ce cas également, une légère variation de résistance, mais on ne tarda pas à reconnaître que cette variation provenait de la pression exercée sur le mercure et par suite sur les parois de l’auge. En effet, selon que dans les deux plus grands trous le mercure présentait une surface convexe ou concave,^ la résistance se trouvait ou augmentée ou diminuée. Ceci s’explique très facilement par le fléchissement des parois de l’auge. De mes mesures je pouvais conclure que, au cas où la capillarité exercerait une influence directe sur, la résistance/cette action ne compor-terait’jamais i/ioooo„de la résistance totale.
- Comme celte action devait surtout se manifester pour des ubes étroits, j’ai également effectué des mesures avec des
- tubes de cette nature, et j’ai employé à cet éffet les tubes calibrés dont il a été question plus haut, à savoir les tubes n° 1 et n° 2, ayant des diamètres de 0,606 et de 0,273 millimètres.
- Le tube était placé dans un trou pratiqué au milieu d’une plaque de bois carrée (de 2 centim. de largeur sur 1 centim. d’épaisseur) que l’ou mettait ensuite dans une auge formée au moyen de glaces et ayant 2 centimètres de hauteur et de largeur. On 1 emplissait l’auge et le tube avec du mercure. Les premières expériences consistaient à fermer hermétiquement l’auge au moyen d’un couvercle et à observer les variations de résistance qui pouvaient se produire, afin d’être exactement fixé sur la présence des bulles d’air dans le tube. On éloignait ensuite le couvercle et l’on procédait aux mesures en faisant passer le courant principal à travers les bobines précédemment mentionnées, à travers un étalon de résistance Siemens et à travers l’auge, c’est-à-dire également à travers le tube, tandis que deux points de ce circuit étaient mis en communication avec le galvanomètre.
- Ces expériences firent voir que, si les deux extrémités de la ligne conduisant au galvanomètre étaient déplacées à partir de la plaque de bois et le long des parois du tube jusqu’aux surfaces terminales de ce même tube, la différence de potentiel mesurée restait invariable, tandis qu’une variation sensible se manifestait dès que les bouts du circuit dérivé dépassaient les surfaces extrêmes du tube. Si donc ces bouts de fil se trouvaient dans le voisinage de la plaque de bois, la différence de potentiel mesurée correspondait exactement à celle de deux points pris dans les surfaces extrêmes du tube.
- Si l’on peut considérer l’épaisseur de la paroi de verre comme infiniment grande par rapport au diamètre intérieur du tube, la résistance qui correspond à la différence de potentiel ainsi mesurée est égale à la résistance de la colonne de mercure du tube augmentée des 0,82 du diamètre intérieur. Ce chiffre, calculé par lord Rayleigh, est, pour des parois d’épaisseur finie, sujet à correction. Cette correction, j’ai cherché à la déterminer par le calcul aussi bien que par l’expérience.
- Je me bornerai à parier ici de la recherche expérimentale. A cet effet, j’employai un tube de 3oomm de longueur, d’un diamètre intérieur de 2,724mm et d’un diamètre extérieur de 4,2mra. Une fois la résistance de ce tube rempli de mercure déterminée, comme il a été exposé plus haut, le tube fut coupé en deux morceaux de 200 et de ioomm de longueur, et la résistance de ces deux pièces mesurée, après quoi le plus grand morceau encore coupé en deux et la résistance de chaque fragment mesurée. Comme résultat de ces mesures, on trouva qu’au lieu du nombre 0,82, donné par Rayleigh, il convient d’employer la formule empirique
- 0,82—0,35^
- cto
- en désignant par di et dc les diamètres intérieur et extérieur.
- J’avais également le dessein de déterminer directement, de la même façon, la correction relative au tube n° 1; mais avant que les premières mesures eussent été terminées, le tube fut, à la suite d’un fâcheux accident, brisé en deux. Les deux morceaux du tube furent placés chacun dans une plaque carrée de bois et disposés dans l’auge qui se trouve ainsi partagée en trois parties. La distance entre les deux extrémités des tubes placées en regard était de 3 centimètres environ.
- Soit R la résistance du mercure contenu dans les deux tubes et dans l’espace intermédiaire; Sj laj+ésistance de mon étalon Siemens, et x celle du circuit 1 intermédiaire. Les mesures, dans lesquelles les deux fils du galvanomètre avaient été réunis, donnèrent alors :
- / = io, 10% (R + S + x) =go63,3 + G é(r4-^ =4766,8+0
- k(S+x) =355i ,o+G
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- d’où
- R= 1,28297 S.
- Les mesures directes avaient donné comme résistance de la colonne de mercure comprise entre les deux tubes la valeur 0,00009 S. En ramenant, grâce au coefficient de température 0,00090 les mesures à o°, la résistance des deux tubes se trouve être égale à
- 1,27132 Sà o°.
- Mon étalon Siemens portait les indications suivantes : Déc. 82, «° 2713, a = 0,000340, vrai à i5,5°. En effectuant les réductions que comportent ces données, la valeur précédente devient
- 1,26899. U.-S.
- En comparant mon étalon avec une unité normale B A (vérifiée par lord Rayleigh, juin 82, «°54, a = 0,00025, vrai à ii,5°), je trouvai
- 1 U.-S. =0,95411 B A,
- tandis que lord Rayleigh et Mrs. Sidgwick (l) ont trouvé en comparant des colonnes de mercure de 1 à 2mm de diamètre
- 1. Unité mercurielle = 0,95418 B A
- Le calibrage avait donné comme résistance du tube 1,26612 unités mercurielles, et la correction relative aux quatre bouts de tube, calculée par la formule précédente, comportait o,oo3i5 unités mercurielles avec dL = o,6o56mm et de = 3,2mm. La résistance des deux morceaux du tube calculée d’après le calibrage comportait donc
- 1,26927 unités mercurielles.
- Il suit de là que la résistance observée est de 0,022 ou de 0,029 p. 100 plus petite que cette dernière, suivant que l’on déduit l’unité mercurielle de mon étalon Siemens ou d’une unité normale B A.
- Dans les mesures effectuées avec le tube calibré n° 2, la plus grande résistance du tube fit modifier la méthode en ce sens que l’on employa diverses combinaisons de fils formant le câble de la bobine extérieure. Si Pon désigne par S et R les résistances de Pétalon Siemens et du tube, et par kr
- — le rapport de l’intensité du courant principal à celle du
- courant dérivé, « représentant le nombre de fils reliés à la suite les uns des autres dans la bobine (dans l'ordre 9, 5, 2 et 10), les résultats des mesures peuvent être exprimés par les équations suivantes :
- t — 9,32° k' S = 9 ( 526,5o G 4* S)
- k* S — 5 (1635,6o + G + S)
- k' S — 2 (5378,7 + G + S)
- k' S = 10 (8504,7 + G 4- R)
- On peut par approximation, dans les parenthèses, faire S = 1 et R — 7,5i, ce qui conduit à trouver
- R = 7,5io57 S.
- La résistance du tube, réduite à o°, est par suite
- 7,43243 U-S.
- La résistance du tube trouvée d'après le calibrage comportait 7,42980 unités mercurielles, tandis que la correction relative aux deux extrémités au tube (avec </* = 0,273“““, et dc — 3,3mm) était égale à o,oo369 unités mercurielles. La valeur corrigée est donc
- 7,43349 unités mercurielles.
- p) Mrs. Sîdgwiclt» P/ii/. of the Roy. Soc., 1 p. i/3,
- i883.
- d’où il ressort que, pour ce tube également, la résistance déduite de la mesure directe est un peu plus faible (0,014 0,021 p. 100) que celle trouvée par calibrage. Comme les écarts sont très petits et vont dans le même sens, toute cette recherche permet de conclure que la capillarité exerce une influence à peine appréciable sur la conductibilité du mercure.
- V. — RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE DU MERCURE EN MESURE ABSOLUE
- L’appareil de rotation se composait d’un cylindre en laiton creux, monté sur un pied, et dont le diamètre extérieur était de o,333 m., le diamètre intérieur de 0,322 rn. et la longueur de 1,068 m. La surface extérieure du cylindre portait une rainure hélicoïdale servant de logement à un câble forme de fils de cuivre d’une épaisseur de 7 1/2 m. m. ; chaque conducteur était, ainsi que le câble lui-même, isolé par une double couche de soie. Ce câble formait autour du cylindre 472 spires et ses extrémités revenaient vers le milieu du cylindre pour aboutir à 14 bornes disposées sur le socle de l’appareil. Des mesures isolées portant sur des groupes de 5o spires firent voir que l’hélice était parfaitement régulière et que 472 spires correspondaient à une hauteur de 998,70 m. m.
- A l’intérieur du cylindre se trouvait un disque en laiton ou en cuivre monté sur un axe à extrémités coniques. Cet axe se meut dans deux paliers ménagés aux deux bouts du cylindre, et peut recevoir d’une machine dynamo-électrique un mouvement de rotation très rapide. Les deux axes étaient sur une même droite et reliés l’un à l’autre au moyen d’un joint universel et d’un manchon en laiton de 4,3 m. de longueur sur 26 m. m. d’épaisseur, supporté par quatre robustes paliers. La machine dynamo fut d’abord mise en mouvement par le courant d’une deuxième machine dynamo commandée par un moteur à vapeur, dispositif qui permettait d’obtenir une vitesse de 3o tours à la seconde; mais comme on reconnut plus tard que les vitesses plus faibles se prêtaient mieux à l’expérience, on n’employa dans les recherches de la fin pour alimenter la machine dynamo, qu’une batterie d’éléments Bunsen. De cette manière, 10 à 20 éléments suffisaient pour produire une vitesse de rotation de 6 à 12 tours par seconde. Une partie du courant envoyé à la machine dynamo passait par une dérivation dans laquelle on avait intercalé un rhéostat. En faisant varier la résistance de ce dernier appareil on modifiait facilement la vitesse de rotation de la machine.
- La force électromotrice induite,dans le disque en mouvement était transmise par l'intermédiaire de deux contacts à un circuit conducteur. L’un des deux contacts avait été disposé à l’extrémité de l’axe de l’appareil de rotation et consistait en une pointe de laiton conique venant, grâce à un ressort, s’appuyer contre le milieu de l’axe où la surface inscrite mesurait à peine un millimètre carré. L’autre contact se composait d’une languette mince, de 1 c.m. de largeur et du même métal que le disque (cuivre ou laiton). Cette languette, soudée à l’extrémité d’une tige du même métal, venait se placer normalement au-dessus du disque épais de 11,8 m. m. et appuyait légèrement contre le rebord de ce même disque, tandis qu’au dos de la tige, et remplissant l’espace vide entre cette pièce et la paroi intérieure du cylindre, on avait placé une couche de feutre de l’épaisseur d’un doigt environ. La tige était solidement fixée à l’extérieur du cylindre. Un graissage soigné à l’huile empêchait que les contacts ne frottassent à sec. On était certain, de cette façon, de maintenir les forces thermo-électriques aux points de contact faibles et constantes, et d’éviter un échauf-fement sensible du disque. A l’origine des expériences, il fut assez difficile de satisfaire à ces conditions.
- Les deux contacts sont reliés à la colonne de mercure dont on se propose de mesurer la résistance et à un galvanomètre. Le mercure était enfermé dans un des tubes cali-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- brés dont il a été précédemment question, d'une longueur de i m. et d’une largeur de 2 à 3 c. m. Le tube se trouvait disposé verticalement après avoir été préalablement rempli avec du mercure, et la dérivation de tout le courant principal se rendant au galvanomètre se faisait au moyen de deux des ressorts de montre mentionnés, qui, grâce aux trous ménagés dans la paroi du tube, communiquaient avec la masse du mercure. On aurait pu, avec le même succès, employer la disposition inverse, c'est-à-dire amener le courant principal par les trous, tandis que la dérivation eût été prise aux extrémités du tube. Mais comme ce dispositif n'offrait aucun avantage pratique, il n'en fut pas fait usage.
- Il faut évidemment s'arranger de façon que les forces élec -tromotrices qui prennent naissance dans la ligne conduisant au galvanomètre soient de sens contraires, et les expériences avaient pour but, comme chacun sait, de mesurer la vitesse de rotation du disque au moment précis où les forces électromotrices contraires se font exactement équilibre.
- Le galvanomètre était le galvanomètre de Thomson mentionné plus haut, dont la bobine inférieure, d'une résistance de 0,7 ohm, fut ici seule employée. Au cours de ce6 expériences, l'aimant extérieur, l'aimant compensateur, fut ordinairement distrait de l'appareil, attendu qu'il était avantageux d'avoir des oscillations lapides. ,
- La durée d'une oscillation simple était de 3 secondes environ, Un millionième de volt correspondait à 120 millim. environ de l'échelle observée à la lunette. Dans les mesures de la résistance d'une colonne de mercure de 0,00024 ohm l'intensité du courant principal était de 2,9 ampères, et par suite la force électromotrice à mesurer de 700 millionièmes de volt, ce qui correspondrait à 84000 millimètres de longueur d'échelle. Comme pendant le court intervalle de temps où la vitesse de rotation était mesurée les écarts du zéro de l'échelle ne dépassaient pas 10 millimèt., on pouvait estimer l'erreur probable d’une mesure comme égale au maximum à 1/84 0/0.
- Le chronographe. — En dehors du disque dont il a déjà été parié, placé à l'intérieur du cylindre, il y en avait un deuxième, absolument semblable au premier, calé sur le même axe, mais extérieur au cylindre.
- De ces deux disques, l'un était en laiton, l'autre en cuivre, et l'on pouvait indifféremment les remplacer l’un par l’autre. Une bande de papier, divisée en millimètres, faisait le tour du disque extérieur, divisant sa circonférence en 940 parties environ. A une faible distance de cette bande de papier se trouvaient les extrémités de deux fils de platine d'où des étincelles électriques jaillissaient à travers le papier vers le rebord du disque toutes les deux secondes pendant le temps où la vitesse de rotation devait être mesurée. Afin de pouvoir ranger dans l'ordre des temps les traces ainsi obtenues, on avait soin, dans tous les cas ou cela était nécessaire, de changer un peu, après chaque étincelle, la position des fils de platine ; ces fils de platine étaient montés dans un tube mobile autour de son axe et de telle façon que l'un des fils coïncidât avec l'axe du tube. On pouvait de cette manière déterminer la fraction de tour, tandis que le nombre entier de tours effectués pendant deux secondes était ou directement mesuré ou admis comme connu, attendu qu'il n'y avait à ce point de vue aucune erreur à craindre.
- Les deux fils de platine communiquaient avec la bobine d'induction d'un appareil Rulimkorff. L'interruption du circuit primaire dans cet appareil se faisait, au cours des dernières expériences, de la façon suivante, qui, quoique très simple, me parut être la plus précise de toutes les méthodes que j'avais essayées. Devant le chronomètre à pendule dont il a été question au début de ce travail, on avait disposé une horloge à pendule ordinaire dont la marche fut, au cours des expériences, souvent comparée à celle du chronomètre en observant l'accord des battements des deux
- pendules. A l'extrémité inférieure du deuxième pendule se trouvait attaché un fil de soie d'une longueur de 1 mètre à 1 mèt. 1/2, tandis que l'autre extrémité du pendule était fixée à la même hauteur et dans le plan des oscillations du pendule, de telle façon que, pour chaque oscillation double du pendule, le fil était faiblement tendu. Au milieu de ce fil, un deuxième fil court portait un petit étrier formé avec du fil de cuivre. Les deux branches de cet étrier plongeaient, en passant à travers deux anneaux, dans des verres cylindriques ; l'un de ces verres était plein de mercure, l'autre était rempli à moitié avec du mercure et à moitié avec de l'alcool. Pendant la majeure partie du temps que durait une oscillation du pendule, les anneaux supportaient seuls l'étrier; ce n'est qu'au moment où le fil commençait à se tendre que l'étrier était brusquement projeté vers le haut, et tout se trouvait disposé de telle façon que juste à l'instant de la vitesse la plus grande l'une des pointes de l'étrier quittait le mercure pour entrer dans l'alcool. Ce mouvement avait pour effet de rompre le courant dans le circuit primaire de l'appareil Ruhmkorff, en même temps que des étincelles d'induction se produisaient sur le disque.
- (A suivre.)
- CORRESPONDANCE
- Asnières. le 25 mai i885.
- Monsieur.
- Veuillez me permettre de répondre à la note que vous avez eu l'obligeance d'insérer dans votre numéro du 23 mai, sur l'Etude d’un nouveau mode de régulation, publiée dans le Génie civil du 2 mai dernier.
- Les critiques adressées seraient fort justes si j’avais émis la prétention de présenter une solution rigoureuse; mais, dans l’état actuel de nos connaissances, chacun sait qu'il est inexact de soumettre au calcul les phénomènes dans lesquels intervient la valeur d'un champ magnétique, en fonction du courant qui traverse la bobine magnétisante de i'électro-aimant considéré, pour en déduire la forme, les dimensions d'un appareil ou même sa valeur pratique. Les solutions théoriques ne peuvent être que très approchées. C'est pourquoi, pénétré de cette idée, nous avons dit ; l’on peut écrire approximativement
- E2 — E = R v - ± n' îii—-?J
- Si dans cette formule approchée je n'ai pas tenu compte de la force électromotrice absorbée dans les deux sections de l'anneau, c’est que l'erreur résultante est beaucoup plus faible que celle acceptée en négligeant la saturation des inducteurs. En faisant intervenir cet élément, qui doit d'ailleurs être très faible, j’aurais introduit de nouvelles variables (qui entrent effectivement dans la solution complète), mais qui auraient conduit à un système d'équations beaucoup plus compliqué, sans intérêt, ennuyeux pour le lecteur et dont la solution n'eût pas présenté plus d’exactitude, puisque l’équation fondamentale admise est complètement fausse.
- Ce sont probablement des fautes d’impression qui font dire que j'admets implicitement E > Ed ; il s'agit certainement de e, mais rien n'implique cette idée, car dans l'équation (1), qui est :
- e 'zn E i -f- r /,
- et non :
- £ — E* -f- r J,
- comme l'a écrit M. Mariuovitch, i peut avoir sa véritable valeur, c'est-à-dire positif, s'il est de même sens que a,
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- ou négatif, s'il est de sens inverse. Le signe ± de l'équation citée indique que j'avais prévu ce cas.
- Ce qui nous a conduit à publier cette étude écrite, depuis kmgtemps, c'est l'application faite par la Société wéclairage (électrique d'un dispositif analogue qui a donné de bons résultats, M. Labour ajoute à un type d'atelier de Gramme une résistance appropriée, entre l'extrémité du circuit utile et un troisième balai convenablement placé sur le collecteur. On obtient une régulation bien suffisante en pratique. Par exemple, si la machine ainsi modifiée alimente 32 lampes montées en 16 dérivations de 2, on peut les éteindre successivement, laisser deux lampes seulement sans qu’elles augmentent sensiblement d'éclat. Remarquons, en passant, que ce procédé a l'avantage de transformer très' facilement une machine Gramme (excitée en série) en machine à régulation.
- Il est très probable que l’application à un double enroulement donnerait de bons résultats.
- Aussi persistons-nous dans notre dire et complétons la dernière phrase citée par M. Marinovitch, habilement tronquée pour la critique, et qui laisse supposer une idée bien différente de celle qui nous a guidé.
- « Evidemment, ce n’est pas là une solution mathématique du problème, et {'application seule serait capable de montrer la valeur d'un semblable dispositif. »
- Les conclusions que nous tirions (entièrement passées sous silence), sont à notre avis plus intéressante que ces calculs incomplets, car nous y trouvons des propriétés que ne présente, du moins à notre connaissance, aucune des régulations connues.
- Ce sont les suivantes :
- i° Avec une vitesse constante, il est possible de faire varier la force électromotrice aux bornes de la machine en changeant le calage des balais intermédiaires.
- 20 II est possible de conserver à la différence de potentiel une valeur déterminée, malgré les variations de vitesse, sans introduction de résistance dans aucun des circuits, il suffit pour cela de décaler les balais intermédiaires d’une quantité convenable, en adjoignant au générateur électrique un régulateur mécanique ou électrique produisant ce résultat.
- 3° On trouve même dans ce dernier moyen la possibilité d’obtenir exactement une différence de potentiel constante en ajoutant à la dynamo, un appareil corrigeant par le calage des balais le défaut de régulation électrique produite par les actions intérieures de la machine, si selon toute probabilité, elle n'était pas suffisamment exacte.
- Cette dernière phrase est suffisamment explicite pour qu’il soit inutile d’insister davantage.
- J'espère, Monsieur, que dans votre impartialité vous voudrez bien insérer ces renseignements qui donneront à cette étude son véritable sens.
- Etant praticien, il ne pouvait me venir à l'idée d’affirmer la valeur d'un dispositif non sanctionné par la pratique, lorsque d'autres théories plus complètes, secondées par des ressources financières, n'ont pas donné les résultats attendus, et surtout après l’échec récent d'expériences ayant cependant pour base des théories ingénieuses et des essais antérieurs bien étudiés.
- De plus, j'estime qu'il est du devoir de chacun de faire connaître, les dispositions personnelles imaginées fussent-elles très imparfaites, car reprises par d'autres travailleurs et complétées ou modifiées, elles peuvent trouver des applications.
- Agréez, Monsieur, mes salutations empressées.
- JüPPONT,
- Ingénieur dos Arts et Manufactures.
- Nous avons trouvé avec satisfaction, dans la lettre qu'on
- vient de lire, la confirmation des critiques que nous avions cru devoir faire au travail de M. Juppont.
- L'auteur reconnaît que son équation, qui devait donner la force électromotrice, ne contient que la différence de potentiel aux balais, mais il plaide les circonstances atténuantes. Le terme oublié est tout petit, son introduction aurait compliqué les calculs (?) et fatigué le lecteur ; d'ailleurs, l'erreur commise est plus faible que celle acceptée en négligeant la saturation des inducteurs (???), ensuite la formule n’est qu'approximative. Un peu plus loin, M. Juppont nous fait même cet aveu dépouillé d'artifice qu'après tout sa solution n'en eût pas été meilleure, l'équation en question étant, à vrai dire, complètement fausse !!!
- Sur ce point nous sommes d’accord. Nous ajouterons que si M. Juppont se contente de ce degré d’approximation-là, il peut mettre dans ses formules tout ce qu’il voudra et la critique perdra ses droits. Où nous ne sommes plus en conformité d’opinion, c’est quand M. Juppont dit que nous avons prétendu à tort qu’il ait supposé implicitement que
- Ei.
- II se fonde pour cela sur le double signe de son équation fondamentale. Reportons-nous donc à l'interprétation qu’il en donne dans son travail original.
- Nous citons textuellement : « Le signe dn dernier facteur « entre parenthèses peut être positif ou négatif, suivant que « le courant agit pour augmenter ou diminuer le magné-« tisme. c'est-à-dire que le sens d'enroulement des spires n « est ou de même sens, ou diffèrent de celui de »
- Où est-il question là-dedans du sens du courant i.
- Quant à la formule
- z E | -}* R i
- elle ne contient pas le double signe, on doit en conclure que
- E >El
- de même que l’on déduit des équations
- £=zE2 — RI et
- s= E -f pa
- la double inégalité
- E2>e>E
- qui est, en effet, toujours vraie.
- M. Juppont nous reproche avec quelque amertume d’avoir négligé d’informer nos lecteurs qu'il pensait que l'application seule serait capable de montrer la valeur de son dispositif..,, et de n’avoir point donné les conclusions auxquelles l’a conduit sa théorie.
- Nous continuons à ne pouvoir trouver aucun intérêt aux déductions tirées de considérations théoriques reconnues inexactes, et destinées à rendre compte de phénomènes qui n’ont pas encore été soumis à l’expérience.
- Il nous semble difficile de concilier cette absence d'applications que souligne l’auteur, avec sa péroraison dans laquelle il nous dit qu'il ne pouvait venir â Vidée d'un praticien tel que lui d'affirmer la valeur d'un dispositif non sanctionne par la pratique.
- M. Juppont profite de son droit de réponse pour nous entretenir de questions, dont le lien avec son étude nous échappe.
- Nous ne le suivrons pas sur le terrain des personnalités.
- Amiens, 3i mai i885.
- Monsieur le directeur.
- Je viens déliré avec un vif intérêt (dans le numéro du 3o mai de La Lumière Electrique), la lettre des étudiants électriciens français à M. Clausius.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Permettez-moi d’y relever un seul mot, en attendant la réponse du maître.
- Il est dit dans cette lettre que « nul jusqu’à présent n’a osé mesurer ni un atome, ni une distance atomique. »
- Bien que cette façon de parler signifie simplement qu’on n’a pu évaluer avec quelque exactitude un diamètre d’atome ou une distance atomique, néanmoins je ferai remarquer qu’il y a une vingtaine d’années, M. Athanase Dupré, de la Faculté des sciences de Rennes, a déduit de ses savantes études sur la désagrégation totale et les forces de réunion, les premières données que la science ait acquises sur le nombre des molécules des corps. « Dans un cube d’eau « ayant pour côté un millième de millimètre, lequel pèse « i ooo millions de fois moins qu’un milligramme, et ne peut « être aperçu qu’à l’aide d’un puissant microscope, il y a « beaucoup plus de 2i> millions de molécules. » (Physique moléculaire de l’abbé Moigno, p. 200.)
- Plus récemment, en 1873, M. Gaudin, dans son ouvrage éminemment philosophique : L’architecture des atomes, a traité cette vquestion : Distance approximative des atomes chimiques (p. 6). Il évalue cette distance à un cent millionième de millimètre.
- Quant au diamètre des atomes, l’expérience lui a indiqué que les plus gros peuvent atteindre sept ou huit fois la distance atomique.
- Veuillez agréer, etc.
- C. Decharme.
- FAITS DIVERS
- La commission spéciale d’électricité à l’exposition du travail, qui s’ouvrira le mois prochain au palais de l’Industrie, vient de nous adresser la circulaire suivante, qui s’adresse à tous les électriciens :
- Monsieur,
- Du 23 juillet au 23 novembre prochain aura lieu au palais de l’Industrie une Exposition du Travail, sous le patronage de MM. les ministres du Commerce, de l’Instruction publique et des Travaux publics.
- Les électriciens viennent de former un comité composé de MM. Le Monnier, Jarriant, Carpentier, Boistel, Cance, De-henne, de Meritens, A. Fichet, Aylmer, de Redon, Ducretet, Andréani, Mildé fils, Boivin, dans le but d’organiser une section qui comprendra l’électricité dans toutes ses applications.
- Ce comité a décidé de faire appel à votre concours, et nous venons vous prier de vouloir bien prendre part à cette exposition, qui aura un caractère à la fois scientifique, industriel et commercial.
- Dans sa séance du 21, M. de Redon a été nommé commissaire général de cette classe, et il se met, dès aujourd’hui, à votre entière disposition pour tous les renseignements dont vous pourrez avoir besoin.
- Nous joignons à la présente une feuille d’adhésion que nous vous prions de remplir et de nous retourner le plus tôt possible.
- Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.
- Le Commissaire de la section de
- l’élcctricité, Les membres du bureau,
- De Redon. Jarriant, Président.
- Aylmer, Vice-Président.
- A. Ficiiet, Vice-Président.
- Mildé, Secrétaire.
- Nota. — M. de Redon recevra tous les jours de deux à trois heures* au siège de l'Administration, 3i, boulevard Bonne-Nouvelle.
- Par décret du Président de la République, en date du 12 mai i885, rendu sur la proposition du ministre des postes et des télégraphes :
- MM. Baïhaut, député ;
- Krebs, capitaine adjudant-major au régiment des sapeurs-pompiers;
- Fribourg, directeur du personnel chargé de la direction du service central au ministère des postes et des télégraphes ;
- Brunot, chef du cabinet du ministre des postes et des télégraphes,
- ont été nommés membres de la commission spéciale constituée à l’effet de préparer et proposer un règlement pour fixer les conditions techniques à remplir dans l’intérêt de la sécurité publique pour l’installation des conducteurs affectés à la transmission de la lumière ou au transport de la force par l’électricité.
- La Commission des égouts, à Londres, a envoyé la semaine dernière quelques délégués à Paris, afin d’étudier notre système de conducteurs souterrains pour la télégraphie et la téléphonie.
- A (a suite de cette visite, un des ingénieurs délégués a rédigé un rapport dont nous extrayons le passage suivant, d’après le Bulletin international des Téléphones :
- « Les membres de la Commission des égouts de Londres ont fait une promenade des plus curieuses et des plus étonnantes et ont recueilli bien des observations pendant cette navigation et ce voyage souterrains.
- « Mais comment réaliser de pareils travaux à Londres, où les égouts ne permettent guère à un homme de passer debout ? Les maisons, beaucoup plus étroites de façade, doivent toutes être en communication avec l’égout. On comprend la difficulté de poser des fils télégraphiques et téléphoniques au milieu d’un si grand nombre d’embranchements.
- « Les fils obstrueraient les égouts, et les ruptures seraient impossibles à réparer. C’est pourquoi les télégraphes et téléphones, à Londres, se servent de fils aériens.
- « Pour adopter le système français, il faudrait bouleverser Londres entier, et dépenser des sommes qui ne seraient pas inférieures à 800000 francs par kilomètre (Oxford-street a onze kilomètres de long et ne traverse pourtant pas Londres). Les Anglais ont donc ce dilemne à résoudre : ou dépenser des millions, ou continuer à obscurcir le ciel de Londres. Dans ce cas, un jour viendra où l’emploi de l’électricité pour les messages, la force et la lumière, donnera à Londres l’air d’être captif dans un immense filet. •
- M. A. Gérard, de Courbevoie, emploie avec beaucoup de succès la méthode suivante pour vernir les fils des machines dynamo-électriques. On introduit dans un flacon d’une capacité de deux ou trois litres, 5oo grammes de gomme laque blanche en feuilles, et un litre d’alcool à 40° Baumé. On agite fortement chaque jour deux ou trois fois, en maintenant la bouteille à une douce température. Au bout de quinze jours, ou filtre sur du coton.
- Ce vernis est appliqué sur les gros fils à froid, au moyen d’un pinceau légèrement imbibé. On l’additionne d’une égale quantité d’alcool à 400, avant de l’appliquer de la même façon sur les petits fils.
- La direction de la Compagnie des tramways à Berlin a décidé de faire des essais de traction électrique au moyen d’accumulateurs sur une partie de ses lignes, de Mabit au Spittclmarkt. La station centrale dans le parc de l’exposition fournira la charge pour ces accumulateurs, qui seront installés sous les sièges des voitures, dont l’intérieur sera éclaifé le soir avec des lampes à incandescence Brush de 20 botfgies. Les accumulateurs seront chargés toutes Ie3 deux heures.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Une ligne de telphérage va être établie prochainement à l’usine de ciment de Portland, au village de Heighton, près de Newhaven, en Angleterre. La ligne sera faite avec une tige en acier d’une épaisseur de 3/4 pouce, supportée sur poteaux à une hauteur de 12 à 16 pieds au-dessus du sol, et les poteaux seront espacés de 60 en 60 pieds. Il y aura une double ligne, et la Compagnie qui exploite l’invention du professeur Fleeming est à ce point certaine de réussir qu’elle a offert d’installer la ligne à ses propres frais et d’en prendre toute la responsabilité.
- Les journaux américains parlent d’un nouveau conducteur électrique ayant des qualités tout â fait extraordinaires. Le fil de cuivre, qui est considéré par l’inventeur comme étant d’une importance secondaire, est entouré d’une poussière de charbon, et celle-ci par une couverte qui ressemble à de l’étoupe. L’Electrieal Review, de New-York, prétend que l’inventeur a découvert que le charbon annule toute induction et qu’il augmente le courant qui le traverse, de sorte qu’on reçoit à l’extrémité de la ligne plus qu’on n’a envoyé. __________
- Le nombre des brevets accordés par le bureau des brevets à Washington, pendant le mois d'avril dernier, est le plus fort qui ait jamais été atteint pendant un mois, et les sommes payées pour ces brevets dépassent Sooooo francs, pour le seul mois d’avril.
- Éclairage électrique
- L’éclairage électrique du Palais-Royal a commencé dans les conditions que nous avons déjà indiquées. Les machines ont permis d’allumer plus de lampes qu’on ne l’espérait, et plusieurs abonnés ont profité de cette circonstance pour augmenter le nombre de leurs foyers. D’autres, qui avaient souscrit pour des lampes de 16 bougies, ont désiré les remplacer par des lampes de 8 bougies. Ce n’est que dans quelques jours que cette intéressante expérience aura pris sa forme définitive, et nous aurons alors l'occasion d’en parler de nouveau.
- L’installation électrique des magasins Boudet, boulevard des Capucines, que nous avons annoncée dernièrement, comprend 72 lampes à incandescence. Ces lampes, du système Woodhouse et Rawson, exigent une différence de potentiel de 40 volts; elles sont réparties sur quatre circuits de 18 lampes et réunies trois en série et six en dérivation ; chaque circuit est alimenté par une batterie de 100 éléments du modèle employé par la Société le Chrome.
- La solution employée est de l’acide chrornique; ce dernier n’attaquant pas le zinc à circuit ouvert, il n’est pas nécessaire, comme avec les piles ordinaires à bichromate, de retirer les électrodes du liquide pendant que la batterie ne fonctionne pas. La manœuvre des appareils se trouve donc simplifiée. Quant au prix de revient de l’éclairage, on pense qu’il ne dépassera que très légèrement celui du gaz.
- Nous avons déjà parlé du projet d’éclairer le Canal de Suez à l’électricité pour permettre aux navires de passer la nuit comme le jour, et quelques expériences ont été faites entre Suez et Ismaïlia; mais on avait mal choisi le moment, car il faisait justement un beau clair de lune, de sorte qu’on n’a pu se rendre compte de l’effet de la lumière électrique. Deux propositions ont été mises en avant, l’une pour l’éclairage électrique du Canal sur toute sa longueur, qui entraînerait des dépenses considérables, et l’autre tendant à ce que chaque navire éclaire sa route par des foyers électriques installés à bord.
- La station centrale de lumière électrique de l’Easburn Electric Light C° à Easburne, en Angleterre, a été ouverte la semaine dernière. L’installation comprend quatre grandes machines, dont trois fonctionnent déjà. Les dynamos sont du système Brush, capables d’alimenter chacune 40 foyers à arc ou 600 lampes à incandescence. On a déjà posé plus de sept milles et demi de fil dans la ville, et le travail est poussé avec beaucoup d’activité.
- Les docks de Grangemouth ont été éclairés à la lumière électrique, la semaine dernière, avec 12 foyers à arc Brush suspendus sur des poteaux de So pieds de hauteur. Les dynamos sont également du système Brush.
- Depuis le mois d’octobre 1878 jusqu’au commencement de l’année actuelle, M. Edison n’a pas pris moins de 3oo brevets ayant trait à l’éclairage électrique à incandescence. Une vingtaine de ces brevets sont considérés comme très importants, et c’est en se basant sur ceux-ci qu’il a commencé le procès important en contrefaçon dont nous avons parlé dans notre dernier numéro. Le nombre de lampes Edison fonctionnant aux Etats-Unis dépasse aujourd’hui 600 000.
- A Lockport, New-York, on a tenté l’expérience d’éclairer les rues avec des lampes à incandescence, au lieu des foyers à arc, comme cela se fait généralement aux Etats-Unis. Les résultats de cette expérience sont attendus par les électriciens américains avec beaucoup d’impatience. Une expérience semblable faite à Londres réussit fort bien, ainsi que notre correspondant en Angleterre l’a constaté dans le temps.
- L’American Electric Light C® a offert à la ville de Portland, Maine, d’installer et d’entretenir 100 foyers à arc pour l’éclairage des rues, moyennant 2 fr. 5o par soirée et par foyer. La Compagnie s’engage â remplacer tous les becs de gaz et de naphte pour une somme de 91 25o francs par an. La ville étant intéressée dans l’usine à gaz, aucune décision n’a été prise encore, bien que la perte que le nouvel éclairage entraînerait pour l’usine à gaz soit en partie compensée par l’économie que présente l’offre de la Compagnie sur le prix payé actuellement pour le gaz.
- Ainsi que nous l’avons déjà dit, le nouvel hôtel de ville et les tunnels, à Chicago, doivent être éclairés à la lumière électrique à incandescence. L’hôtel de ville contiendra 1 200 lampes et les tunnels 200. Le-courant sera fourni par quatre dynamos, et l’installation doit fonctionner le i« octobre prochain, au plus tard. La ville compte dépenser 20S 000 fr. de ce chef.
- La Spary Electric Light C® construit actuellement une nouvelle station centrale de lumière électrique dans la State Street, à Chicago. On a déjà installé 7 dynamos de 20 foyers qui, pour le moment, alimentent igo lampes à arc. La nouvelle station contiendra les moteurs suivants : une machine Ide de 5o chevaux, trois Westinghouse de 5o chevaux chacune, une machine Ogden de 60 et deux machines Payne de 25 chevaux.
- La ville de Danbury, en Connecticut, va être éclairée l’électricité d’ici quelques semaines, au moyen de tours avec quatre foyers puissants chacune. D’autres foyers seront également installés sur des poteaux.
- La ville de Savannah, en Géorgie, a renouvelé pour cinq ans le contrat de la Brush Electric Light and Power C" pour l’éclairage des rues, en portant le nombre des foyers de 70 à go.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La Royal Electric Light C° vient de terminer l'installation de la lumière électrique à Ottawa, au Canada, à la grande satisfaction des habitants. C'est le système Thomson-Houston qui a été adopté par la Compagnie, dont le contrat avec a ville a été fait pour 3 ans.
- Télégraphie et Téléphonie
- Nous avons parlé dans notre dernier numéro des expériences de M. Bourbouze, sur les télégraphes sans fils pendant e siège de Paris, et nous apprenons que l’inventeur, voulant remettre en lumière ces curieuses expériences, a repris dimanche dernier une série d'études préparatoires à la suite desquelles il compte transmettre des dépêches de la rue Saint-Jacques à la rue d’Alésia, en se servant cette fois de la terre comme conducteur du courant.
- On vient de réouvrir la ligne télégraphique terrestre dite de Tavoy, fermée depuis un an, et qui est la voie normale pour le Siam, la Cochinchine, l’Annam et le Tonkin. Cette voie réalise une importante réduction du tarif dans les re-ations de la France avec ces pays, la taxe n'étant plus respectivement que de 4 fr. 40, 4 fr. 75, 5 fr. 65 et 6 fr. i5, au lieu de 8 fr. 10, 8 fr. 5o, 9 fr. 40 et 9 fr. 90.
- Le correspondant du Times à Singapour télégraphie à ce journal qu’aucune démarche n’a été faite jusqu’ici par le gouvernement anglais pour l’établissement d’un câble indépendant jusqu’à Singapour, comme on l’avait proposé.
- Le Times a publié, à la date du 26 mai dernier, une dépêche du Japon d’après laquelle la pose d’un câble anglais aboutissant à Nagasaki aurait été décidée,
- Une nouvelle station télégraphique vient d’être ouverte à Narridy, dans le midi de l’Australie.
- Nous empruntons les lignes suivantes au journal le China Mail, qui se publie à Hong-Kong. Au mois de novembre dernier, il fut décidé qu’on établirait une communication télégraphique entre le port de Pakhoï, et un point en Kwangsi, de la ligne principale de Canton à Lung Chow, sur la frontière du Tonkin, qui passe par Nanning. Cette ligne a été terminée le 4 février dernier, et on annonça que les lignes de la Compagnie chinoise seraient à la disposition gratuite du public en général pour toutes les dépêches envoyées de Pakhoi pendant 3 jours. La construction de cette ligne a été fort difficile, et tous ceux qui y ont travaillé, ont beaucoup souffert du froid. On avait calculé qu’il fallait 3 mois pour exécuter le travail, mais on a pu le mener à bonne fin, dix jours avant l’expiration des 3 mois. La construction a été faite sous la direction d’un des ingénieurs danois de la grande Compagnie des Télégraphes du Nord, qui a immédiatement été engagé par le gouvernement chinois, à l’effet de construire une nouvelle ligne télégraphique de Liemchow vers l’ouest, et la frontière de l’Annam, en passant par Chin-Chow et Yam-Chow. Ce travail a été commencé le 7 du mois de mai, et on espère terminer la ligne dans 6 semaines. Deux autres ingénieurs danois sont partis pour Liemchow, pour commencer la construction d’une ligne entre cette ville et Ilainan, qui va relier ce port avec Kiung-Chow. Le câble de Iloïkow au cap Cami, a été posé au mois de novembre dernier.
- L’American District Telegraph C° de Baltimore a dû réduire les appointements de tous ses employés à partir du i5 mai dernier, à cause de la concurrence désastreuse entre
- la Western Union et la Baltimore and Ohio Telegraph C°, qui force les autres Compagnies à réduire leur tarif également.
- La Baltimore and Ohio Telegraph C° construit en ce moment une ligne télégraphique entre Stoughton et Brockton en Massachusetts.
- Le câble entre Para et Maranham est réparé, mais les ligues terrestres au Guatemala sont interrompues.
- La ligue qui s’est formée dernièrement à Paris, n° 9, rue des Vosges, entre quelques abonnés au téléphone a pris subitement un développement considérable et compte aujourd’hui plus de 800 membres.
- Le but de cette ligue, qui d’abord se bornait à réclamer le droit d’usager des cabines téléphoniques dans les différents bureaux centraux de la Compagnie, un droit qui lui avait été retiré récemment lors de la création des cabines payantes, s’est également développé.
- Les 800 adhérents, se sentant en nombre suffisant pour former un réseau important à eux seuls, se sont mis en rapport avec le nouveau ministre des postes et télégraphes, d’une part, et d’autre part avec le conseil municipal à l’effet d’obtenir une forte réduction du prix de l’abonnement au téléphone à Paris.
- L’énergie dont le Comité a fait preuve et l’incontestable importance industrielle ou commerciale des 800 membres de la ligue rendent le succès certain, et l’on peut donc dès à présent espérer qu’avant la fin de l’année le prix du téléphone à Paris sera abaissé à 400 francs au moins.
- C’est au téléphone que l’on doit la rapide extinction d’un violent incendie qui s’est déclaré cette semaine dans les maisons de la rue Michel-le-Comte portant les nos 23 et 25.
- Cet incendie aurait, en effet, pris des proportions considérables si un des locataires, M. Parent, abonné du réseau parisien, n’avait aussitôt téléphoné pour demander des secours au bureau central de la Société générale des téléphones, place de la République, auquel il est relié. L’inspecteur de ce bureau fit immédiatement prévenir le poste de pompiers voisin et la préfecture de police, et c’est grâce à la promptitude avec laquelle le téléphone a transmis ces renseignements que les secours ont pu être organisés assez rapidement pour conjurer l’aggravation du sinistre.
- Un arrêté royal, daté du 7 mai, réduit à 5o centimes pour une période indivisible de 5 minutes de conversation effective, la taxe des communications téléphoniques échangées entre les visiteurs de l’exposition d’Anvers et un agent du concessionnaire dans un bureau public des réseaux téléphoniques en relation à grande distance.
- Cette mesure est prise en vue de faciliter l’échange des communications téléphoniques, dans un but expérimental, entre les visiteurs de l’Exposition et les bureaux publics des réseaux concédés en relation avec le réseau anversois.
- I/administration militaire au camp d’Aldershot, en Angleterre, commence à remplacer les appareils télégraphiques par des téléphones qui sont installés par le génie militaire. Des communications téléphoniques ont déjà été établies entre les bureaux de l’adjudant général du génie et les bureaux des transports.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3 quai Voltaire.— 57180
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Electricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7* ANNÉE (TOME XVI) SAMEDI 13 JUIN 1885 N® 24
- SOMMAIRE. — Application de l’électricité à l’étude des formes vibratoires des corps solides et des liquides; C. Decharme. — L’usine de. Felten et Guilleaume; O. Kern. — Les nouveaux telphérages de Fleeming Jenkin et Campbell Elliot; G. Richard. — Exposition d’électricité de Philadelphie : Les lampes électriques ; Aug. Guerout. — — Chronique de l’étranger : Allemagne; Dp H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Mesure du pouvoir rotatoire magnétique des corps en unités absolues, par M. H. Becquerel. — Sur la spectroscopie par la matière radiante, par M. W. Crookes. — Recherches expérimentales sur la résistance électrique des substances isolantes, par M. G. Foussereau. — Les allumeurs électriques dans les machines à gaz. — Nouvel avertisseur d’incendie. — Les propriétés électrochimiques du nickel, par le Prof. E. Boettcher. — Travaux de la conférence internationale des électriciens (suite) — Faits divers.
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ
- A L* ÉTUDE DES FORMES VIBRATOIRES DES
- CORPS SOLIDES ET DES LIQUIDES
- Troisième article (r)
- III. — VASES RECTANGULAIRES.
- L’étude des formes vibratoires des vases rectangulaires au point de vue où je me suis placé, ne présente pas d’effets particuliers bien dignes d’être relatés, après ce qui a été dit des vases cylindriques. Ainsi, en employant le même interrupteur électromagnétique, on obtient, au lieu des ondes concentriques, des ondes parallèles aux parois, pour des vibrations de faible amplitude. Quand le vase est carré, ces ondes offrent l’aspect de quinconce régulier. Si le vase est rectangulaire, les ondes parallèles aux côtés adjacents présentent par leur croisement des quadrillages rectangulaires. Dans les deux cas, on voit aussi, vers les angles du vase, des ondes parallèles aux diagonales
- ') La Lumière Electrique, t. XVI, p. 40 (11 avril i885).
- ERRATA DU 2e ARTICLE
- Page 55, ligne i5 : au lieu de nashmyth, lisez Nashmvth. Page 56, ligne dernière, au lieu de par les vases, lisez pour les vases.
- Page 58, ligne 28, au lieu de soupape, lisez soucoupe.
- (fig. 1), effet qui résulte de la combinaison des deux mouvements rectangulaires des parois adjacentes. Quand on attaque l’un des grands côtés du vase rectangulaire, et qu’il se produit des cannelures contre ses parois, il arrive ordinairement qu’il ne s’en montre pas sur les petits côtés et réciproquement, quoique dans chaque cas le vase rende un son unique, les deux parties vibrant à l’unisson, chacune d’elles s’accommodant au rythme de l’autre; mais les cannelures liquides observées sur l’une des parois, quand l’amplitude est assez grande, n’ont pas la même largeur que les cannelures qu’on produit sur l’autre, en l’attaquant à son tour; l’effet varie encore avec la hauteur du liquide dans le vase.
- En observant, par réflexion assez oblique, la flamme d’une bougie à la surface de l’eau dans un vase cubique en fer blanc de om,20 de côté et mis en vibration, on voit sur les ondes parallèles aux côtés des zigzags lumineux affectant la forme de côtés de carrés; mais ces traits sont des lignes continues qui ne se coupent pas mutuellement (fig. 2). Leur apparence, à cet égard, est analogue à celle des lignes nodales des figures acoustiques Chladni et de Savart, produites par le sable sur les plaques vibrantes ; ces lignes, en effet, ne se coupent pas. Elles indiquent, par leur continuité, comment se plient les différentes parties de la plaque. Dans notre expérience sur le liquide, il se passe quelque chose d’analogue.
- De plus, les carrés quadrillés 2, 4, 6, 8, vibrent alternativement avec les carrés 1, 3, 5, 7, 9, ce
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- qui fait paraître les uns brillants, tandis que les autres sont ternes et réciproquement.
- Lorsqu’on opère au soleil, avec un vase peu profond et que toute la surface du liquide reçoit cet éclairement, an voit au fond du vase la projec-
- Fie. I. — Formés vibratoires de J’eau dans un vase rectangulaire.
- tion du quadrillage en traits brillants qui correspondent aux nœuds de vibration.
- Les vases rectangulaires donnent lieu aussi à des réseaux résultant de l’extension des cannelures contre les parois. Les remarques faites à ce sujet
- FiG. 2. — Lignes lumineuses observées à la surface de l’eau d'un vase cubique vibrant, quand on y regarde bien obliquement l’image réfléchie de la flamme d’une bougie.
- pour les vases cylindriques, s’appliquent aussi aux vases rectangulaires, en ce qui concerne l’évolution des réseaux et leurs causes.
- Je ferai remarquer ici que les formes vibratoires des liquides dans les vases diffèrent suivant le mode d’excitation qui leur est imprimé : i° On
- peut produire les vibrations du liquide contenu dans un vase sans en ébranler les parois épaisses. Le mouvement est alors communiqué par une tige qui pénètre verticalement dans le liquide, et en
- fig. 3. — Interrupteur électrique appliquç aux lames vibrantes fixées par une extrémité.
- ressort périodiquement, mouvement entretenu par un électro-aimant et un interrupteur à mercure (Expérience de M. Léchât, Journal de physique, 1880, p. 189, 191). J’avais aussi employé moi-même
- fig. 4. — Interrupteur électrique appliqué aux lames vibrantes fixées par deux nodales.
- le procédé de la tige plongeante pojir étudier les formes vibratoires des surfaces liquidés et des pellicules circulaires (Annales de chimie et de physique, 5e série, t. XXII, p. 302 et t. XXV, p. 112). 2° Les vibrations des liquides dans lés vases peu-
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- vent être déterminées aussi par transmission du mouvement vibratoire d’un diapason au vase renfermant le liquide et posé sur la boîte de cet instrument. (Expérience de M. Barthélemy : Annales de chimie et de physique, 5° série, t. 1, p. 100 (1874). 3“ On obtient aussi des effets vibratoires des liquides par des chocs contre les parois du
- électromagnétique décrit dans les articles précédents. (') La disposition est ici peu différente, comme on le voit figure 3.
- Les lois des vibrations de totalité des lames sont connues et exprimées par la formule
- FIC, 5. — Courants superficiels produits sur Tenu par une lame vibrant doucement.
- FIG. 6. — Courants superficiels produits sur l’oau par une lame vibrant fortement.
- vase, ou par excitation au moyen de l’archet, ou enfin, en faisant vibrer le vase à l’aide de l’interrupteur électromagnétique, pareil à celui qui a été employé pour les vases cylindriques.
- IV.---LAMES.
- Une lame* de verre ou de métal fixée verticalement par sa partie supérieure plonge de quelques millimètres dans l’eau d’un grand vase; on la frappe vers le milieu de sa longueur avec un marteau de caoutchouc, ou bien on l’excite avec un archet de violoncelle.
- On voit aussitôt se produire sur le liquide en contact avec cette lame, des ondes cannelées perpendiculaires à chacune des faces ; cannelures analogues à celles qu’on a observées avec les vases cylindriques.
- Pour rendre l’effet permanent et facilement observable, nous employons encore l’interrupteur
- vérifiée par M. Mercadier {La Lumière Electrique, t. XII, p. 8r, 83).'
- Les formes vibratoires de totalité sont également connues.
- Nous n’avons à nous occuper ici que de la description de leurs formes vibratoires élémentaires et de l’établissement du rapport entre la largeur des stries et cannelures qui représentent ces formes et les nombres de vibrations correspondants.
- Les lames fixées par une extrémité ou par des points symétriques convenablement choisis et affleurant parla partie inférieure la surface du liquide, peuvent être assimilées, pour les formes vibratoires qu’elles présentent, aux vases cylindriques d’un rayon infini ou aux vases rectangulaires très grands contenant de l’eau. Il doit, d’après cela, se produire contre elles des cannelures per-
- (>) La Lumière Electrique du 7 mars et du 11 avril i885.
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- pendiculaires à leur surface et des réseaux quadrillés. C’est, en effet, ce que l’expérience confirme, ainsi qu’il va être indiqué.
- La nature de la lame vibrante n’ayant pas une
- MG. 8. —* Stries longitudinales sur une lame vibrant doucement.
- influence sensible sur la forme et la disposition des cannelures, il est commode de se servir de lames d’acier ou de fer doux, pour les mettre en vibration automatiquement par l’interrupteur élec-
- fig. 9. — Stries transversales.
- 1 romagnétique. Les lames qui rendent le même son donnent les mêmes plissements (à l’amplitude près), des stries et des cannelures de même largeur; nouvelle preuve que ces effets sont bien dus
- F .10. — Réseaux quadrillés simples.
- aux plis mêmes de la plaque vibrante. Les vases de nature différente qui rendent le même son donnent aussi des cannelures de même largeur.
- Les lames sont donc fixées par une extrémité ou
- par deux lignes nodales et disposées comme le montrent les figures 3 et 4, sous l’action de l’interrupteur électrique, dont on peut, à volonté, faire varier l’énergie, soit en éloignant ou rapprochant l’électro-aimant, soit en augmentant ou diminuant le nombre des éléments de la pile employée.
- Pour bien observer les formes vibratoires des lames, il faut faire l’expérience sur une surface liquide très étendue, dans un vase fort grand, afin que les ondes réfléchies par les parois ne viennent pas se mêler trop tôt aux ondes directes de la lame, celles-ci devant être nettement isolées et ac centuées.
- FIG. il. — Réseaux quadrillés complets.
- Le premier effet que l’on observe quand on fait vibrer doucement une lame d’acier ou de verre, est celui des courants superficiels analogues à ceux qui se montrent à la surface des vases cylindriques
- FIG. 12. — Stries longitudinales sur une lame vibrant assez fortement.
- vibrants, et que nous avons décrits. [La Lum. Electr., XVI, § 1.) Lorsque le mouvement vibratoire est faible, les courants sont dirigés suivant les flèches de la figure 5, vers le milieu de la lame. Quand le mouvement vibratoire est assez fort, les courants sont de sens contraire aux précédents (fig. 6).
- Il y a deux sortes de formes vibratoires à observer avec les lames électriques : i° les cannelures liquides contre la lame verticale plongeant dans l’eau de quelques millimètres; 20 les stries simples et les réseaux quadrillés sur la lame vibrante ho-
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- rizontale recouverte d’une mince couche d’eau tenant en suspension du minium.
- Les premières sont disposées perpendiculairement à la lame et s’étendent plus ou moins loin sur la surface du liquide; elles sont plus allongées aux nœuds qu’aux ventres de vibration (quand la plaque est assez large pour en présenter). (Fig. 7.)
- Les secondes sont constituées par des bandes de minium, parallèles ou perpendiculaires à la lar-
- Fie. i3. *— Stries transversales.
- eeur de la lame, équidistantes et allant en s’affai-bissant à partir de l’extrémité vibrante jusqu’à une distance assez grande, variable d’ailleurs avec l’amplitude des vibrations. Ces stries longitudinales ou transversales peuvent exister séparément ou simultanément. Dans les deux cas, elles forment des quadrillages réguliers composés de carrés ou de petits cercles tangents, comme sur les plaques circulaires. Les figures 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, i5, 16, montrent ces effets.
- Si, la lame restant toujours fixée par l’extrémité supérieure, on veut faire naître une ligne nodale vers le tiers environ de sa longueur, à partir de
- FIG. 14.. — Stries transversales.
- l’extrémité libre, on placera le point d’attaque, c’est-à-dire l’électro-aimant, vers les deux tiers environ de la longueur, et l’interrupteur en regard, de l’autre côté, ou à la partie inférieure et du même côté que l’électro, et l’on touchera légèrement un point de la ligne nodale (fig. 3).
- Si la lame vibrante doit avoir deux lignes nodales, il est avantageux de la serrer, par ces deux lignes, entre les arêtes de deux prismes de
- liège, en laissant libres les deux extrémités de la lame, d’après une disposition analogue à celle qu’a employée M. Mercadier (Lumière Électrique, XII, 02); l’électro-aimant est en E (fig. 4), l’interrupteur en i.
- Quant à la pile, deux ou trois éléments au bichromate suffisent pour produire tous les effets vibratoires d’une lame d’acier, l’électro-aimant étant d’ailleurs d’une faible résistance.
- FIG. i5. — Réseaux complets.
- Pour faire vibrer d’une manière simple et commode une lame étroite, une tige, une verge (dans le but seulement d’étudier les figures hydrauliques auxquelles elles donnent lieu), consiste à les replier en U renversé, mais à branches d’inégale longueur, comme seraient celles d’un diapason boiteux, et à les fixer par une tige ou une lame épaisse rivée ou soudée au milieu de la partie courbe, comme le bouton des pincettes ordinaires (fig. 17). On obtient par cette disposition des vibrations très amples, avec de larges cannelures fixes, quand l’extrémité inférieure plonge dans le liquide; mais, dès que la courte branche vient affleurer l’eau, la partie intermédiaire de la figure hydraulique change
- FIG. 16. — Réseaux complets.
- complètement. On y voit aussitôt des ondes parallèles fixes, correspondant aux ondes concentriques des vases cylindriques (fig. 18). Nous reviendrons sur ce point en parlant des diapasons.
- J’ai dit que les lames vibrantes pouvaient être regardées comme les parois de vases cylindriques de très grand rayon ; il était rationnel de déduire de là que la relation entre les largeurs des stries observées avec les lames doit, être la même que
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- celle des vases cylindriques. Cette induction a été justifiée par l’expérience, en prenant deux lames de même nature, de même épaisseur, de même largeur (condition non essentielle), mais de longueur double l’une de l’autre, et les faisant vibrer dans
- FIG. 17. — Disposilionjd’une lame vibrante.
- les mêmes conditions mécaniques, c’est-à-dire en provoquant deux nœuds situés chacun au quart environ de chaque extrémité, les plaques étant fixées horizontalement en ces points, entre les arêtes de deux prismes en liège, comme il a été
- FIG. 18. — Ondes liquides entre-deux lames vibrantes parallèles.
- dit précédemment. En recouvrant les extrémités d une couche d eau tenant du minium en suspension et mettant les lames en vibration, il se produit sur la première lame des stries de largeur double de celles qui se montrent sur la seconde.
- On a donc, en représentant par L, L' les longueurs des lames et par /, l' les largeurs des stries :
- Des expériences analogues répétées avec des plaques diverses ont donné le même résultat. D’autre part, on sait qn’en représentant par n, n'
- fig. IC). —* Alternances des cannelures sur les deux faces d'une lame vibrante.
- les nombres de vibrations de deux lames de longueurs L, L' et de même épaisseur, on a
- De (0 et (2) on conclut :
- (3)
- II —!ll
- l'* ~ n
- comme pour les plaques circulaires et les vases cylindriques.
- FIG. 20. — Disposition de deux lames vibrantes parallèles.
- Les carrés des largeurs des stries ou cannelures sont encore inversement proportionnels aux nombres de vibrations correspondants.
- Il est à remarquer que si les stries ou les cannelures ont deux fois moins de largeur, les stries, en
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- surface, ont quatre fois moins d'étendue. C’est là, sans doute, l’explication des formules précédentes.
- Si les cannelures résultent, comme nous l’avons dit, du plissement des lames, elles doivent être alternes les unes par rapport aux autres sur les deux faces d’une même lame. C’est en effet, ce qu’on vérifie de la manière suivante : A l’extrémité d’une lame métallique capable de donner d’amples vibrations, on colle une mince plaque de verre de 4 à 5 centimètres de largeur sur 2 de hauteur.
- Lorsque ce système vibre convenablement, on
- FM. 21. — Courants superficiels produits sur l’eau par deux lames vibrantes parallèles.
- peut constater que les cannelures produites simultanément de chaque côté de la plaque ne sont pas, malgré le léger déplacement qu’elles éprouvent, directement opposées l’une à l’autre, mais alternes (fig. 19) quand l’œil est placé verticalement au-dessus de la plaque. Ce fait s’explique par les plis alternatifs de cette plaque parallèlement à sa largeur. Cette alternance des cannelures est saisis-sable quand elles ont 5mm de largeur; ce qui se voit avec une lame d’acier de om6o de longueur munie de la petite plaque de verre précédente.
- Nous placerons ici diverses remarques :
- iü Pour faire vibrer électriquement d’une manière continue les lames de verre ou d’autres substances non magnétiques, on opérera comme avec les plaques et les vases en verre, en collant à leur
- surface, en des points convenablement choisis, de petites masses de fer doux en regard desquelles on placera l’électro-aimant excitateur.
- pin, 22. — Ondes et cnnnciures liquides produites par deux lames vibrantes parallèles.
- fig. 23. — Ondes produites par un diapason cylindrique,
- 20 En plongeant plus ou moins dans l’eau une lame vibrante, on peut reconnaître l’endroit d’une nodale ou d’un ventre de vibrations,'par la présence
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- ou l’absence de cannelures à la surface ou contre les parois du vase.
- 3° Si la largeur d’une lame vibrante n’a pas d’influence sur le nombre des vibrations qu’elle peut rendre dans un temps donné, il est à remarquer que les cannelures et les réseaux quadrillés qu’elle donne sont d’autant plus réguliers que cette lame est plus large.
- Nous nous étonnerons moins de voir dans le plissement des lames vibrantes la cause première des sons qu’elles rendent, si nous remarquons avec quelle facilité les sons, les paroles, les bruits de la rue nous arrivent distincts à l’intérieur des maisons, en faisant vibrer les vitres qui transmettent ensuite à l’air de l’appartement les vibrations reçues de l’air de dehors. Ce sont les vibrations partielles, moléculaires qui produisent les sons, tandis que les vibrations de totalité sur les grandes surfaces servent à les renforcer. Il en est de même dans le téléphone. Les vibrations partielles, constituant les harmoniques simulta-nésdonnentau son le timbre qui le caractérise.
- Si l’on doutait encore, après tout cequiprécède,que les cannelures fussent réellement produites par de véritables plissements élémentaires des plaques, vases, etc., je répondrais qu’il est possible de montrer, par une expérience directe, l’existence des cannelures sur une plaque vibrante.
- En effet, quand on met en vibration une large plaque de verre ou de métal bien poli et qu’on regarde sur elle, par réflexion très oblique, la flamme d’une bougie placée à deux ou trois mètres de distance, on voit cette flamme onduler en cannelures, denteluies, comme quand on observe une flamme vibrante au moyen du miroir tournant. Ici c’est l’inverse, la flamme est fixe et c’est le miroir qui vibre. Avec un rayon solaire pénétrant dans une chambre obscure, l’expérience est encore plus concluante. En faisant mouvoir à la main la plaque vibrante, on voit très bien les ondulations canne-
- lées, tandis que si elle ne vibre pas, le déplace ment ne montre qu’un arc lumineux continu et sans sinuosités.
- v. DIAPASONS
- Pour étudier plus facilement les formes vibratoires des diapasons, nous considérerons d’abord les effets produits p..r deux lames parallèles assez distantes l’une de l’autre, et dont le mouvement soit moins rapide que ceux des diapasons proprement dits :
- Deux lames vibrantes parallèles, distantes de omo3 à o™ io l’une de l’autre, produisent sur l’eau
- l’effet de deux parois opposéesd’un vase vibrant contenant ce liquide. Il se manifeste dans leur intervalle des ondes fixes et parallèles (si les lames sont à l’unis son), correspondant aux ondes concentriques que donnent les vases de révolution, et aux ondes rectilignes des vases rectangulaires. 11 s’y produit aussi des réseaux quadrillés, lorsque le mouvement vibratoire est suffisam-metit intense. Quand les lames ne sont pas à l’unisson , les ondes ne sont pas parallèles à leurs faces, mais prennent une direction qui résulte de la composition des deux mouvements.
- Pour réaliser le système de deux lames parallèles vibrant à l’unisson, le moyen le plus simple est de prendre une lame d’acier suffisamment longue, de la recourber en U par le milieu et de river à la partie moyenne une tige à l’aide de laquelle on peut fixer le système verticalement. Il est avantageux de prendre une lame étroite et de la terminer à chaque bout par une petite plaque de omo5 de large et de omo3 de hauteur (fig. 20). En faisant agir l’interrupteur électro-magnétique sur l’une des branches l’autre vibrera également, et l’on observera à la surface du liquide qu’elles affleurent, les phénomènes suivants, comme pour les plaques circulaires et les vases de révolution :
- Blâiglisliiiiaü
- Flü. 24. — Ondes produites par un diapason à trois nranches.
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- êot
- i* Des courants superficiels dont le son change avec l’énergie du mouvement vibratoire :
- (Fig. 21) pour une action plus intense.
- 2° Des ondes fixes parallèles aux lames, sans compter les ménisques liquides qui entourent les lames au repos (fig. 21).
- 3° Des ondes rayonnantes ou cannelures simples, multiples ou composées, toujours normales aux surfaces des deux branches (fig. 22).
- 40 De réseaux quadrillés, plus ou moins développés dans l’intervalle des lames et quelquefois à l’extérieur, pour un mouvement très fort.
- 5° Des stries transversales ou longitudinales produites isolément ou simultanément sur les lames vibrantes tenues horizontalement et recouvertes d’une mince couche d’eau tenant en suspension du minium (fig. 8 à 16).
- Il est à remar-quer qu’entre deuxlamesvi-brantes il y a toujours un nombre. pair d’ondes parallèles et une onde adhérente à chaque ménisque qui entoure la lame.
- En diminuant l’espace intermédiaire (ce qu’on obtient en pliant plus ou moins le système), le nombre des ondes diminue mais reste toujours pair; les ondes qui touchent aux ménisques tendent à rentrer. Inversement, si l’on augmente l’intervalle insensiblement, on voit les ondes terminales s’agrandir et se détacher du ménisque, pour y être bientôt remplacées par d’autres. Ce phénomène est analogue à celui que j’ai signalé pour les ondes sur les pellicules et sur les surfaces liquides circulaires (*).
- Des lames aux diapasons la transition est toute naturelle : deux lames parallèles vibrant à l’unisson produisent les mêmes effets, les mêmes formes
- (') Annales de Chimie et de Physique, 5e série, t. XXII, p. 3o2(i88i), et t. XXV, p. 112 (1882).
- vibratoires que les deux 'branches d’un diapason*
- Ce que nous venons de dire des premières s’applique donc au second.
- La figure 26 représente les formes vibratoires produites sur l’eau par un diapason dont chacune des branches a oœ35 de longueur, omoi de largeur et o,oo5 d’épaisseur. L’intervalle qui les sépare, à leurs extrémités libres, est de omo35. On compte huit ondes intermédiaires fixes, parallèles aux branches, c’est-à-dire perpendiculaires au plan de vibrations. L’étendue visible de ces ondes dépend du point où l’observateur se place. Pour la
- figure 22 l’œi était situé vis-à-vis le milieu des branches à la distance de om5o environ et regardait les ondes par réflexion delà lumière diffuse, sous une inclinaison de 45 à 5o degrés. Les extrémités de ces ondes sont très finement estompées et d’une extrême délicatesse.
- Si le diapason est formé d’une ligne cylindrique recourbée en U, les ondes intermédiaires sont courbes, sauf celles du milieu (fig. 23)..
- Quant à la relation qui existe entre les nombres de vibrations d’un diapason et les largeurs desjj cannelures ou des stries qu’il produit dans les conditions précitées, elle est comme pour les lames.
- En effet, si l’on prend deux diapasons ut, et ut3 dont les nombres de vibrations sont dans le rapport de 1 à 4 et qu’on les fasse vibrer quand leurs extrémités affleurent la surface de l’eau, on constate que les largeurs des cannelures correspondantes sont dans le rapport de 2 à 1, c’est-à-dire que les nombres de vibrations sont en raison inverse des carrés des largeurs des cannelures
- n _ n' r°-
- Il en est de même pour les stries obtenues sur
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- les branches des instruments tenus horizontalement et couverts d’une mince couche d’eau tenant en suspension du minium ou toute autre poudre lourde et insoluble.
- Je dois à l’obligeance de M. Kœnig d’avoir pu faire cette vérification sur trois de ses diapasons ut,, ut2, ut3 accomplissant respectivement 128, 256, 5i2 vibrations simples par seconde.
- J’ai trouvé, pour largeur des stries produites par l’eau de minium déposée en couche mince à la
- riG, 26. — Ondes et cannelures produites par, un diapason dont les branches touchent ia surface de l'eau.
- surface des branches de ces diapasons tenus horizontalement :
- Largeurs moyennes de 40 expériences
- Pour ut, / = 2mm,8
- — ut3 / = 2mm,0
- — ut3 / = 1mm, 3
- nombres dont les rapports diffèrent assez peu des chiffres théoriques pour qu’on puisse regarder la loi précédente comme exacte.
- En disposant deux diapasons de manière que les ondes déterminées par chacun d’eux viennent se rencontrer à distance convenable, on observe sur
- la surface liquide des figures résultant de la combinaison des mouvements vibratoires ; figures qui pourraient servir à caractériser les intervalles d’octave, de quinte, de tierce, etc., sujet sur lequel je me propose de revenir bientôt.
- Appareils à trois et à quatre branches. — J’ai fait construire un système formé de trois lames de tôle égales, de omi5 de longueur, ayant omo3 de largeur sur omo3 de hauteur. Ces lames sont soudées sur les bords d’une plate-forme en triangle équilatéral. Un support soudé au centre de ce triangle permet de fixer l’appareil verticalement. En actionnant électriquement une des lames, les deux autres entrent en vibrations et produisent à l’extérieur les cannelures ordinaires et à l’intérieur en outre des cannelures analogues, des ondes perpendiculaires aux faces et qui résultent de la composition des ondes parallèles à ces faces dont il reste encore des traces (fig. 24).
- J’ai fait également construire un système composé de quatre lames disposées en parrallélipipède non fermé, soudées sur les bords d’une plate-forme carrée. En actionnant une des lames, il n’y a que son opposée qui vibre ; mais en agissant simultanément (ou successivement à des intervalles assez courts) sur deux lames adjacentes, tout le système vibre et produit l’effet représenté, en projection sur la surface liquide, par la figure 25.
- C. Deciiarme.
- L’USINE
- DE FELTEN ET GUILLEAUME
- » La maison Felten et Guilleaume a été fondée en l’année 1824 par Johann Theodor Felten et son gendre, Franz-Cari Guilleaume.
- Johann Th. Felten descendait d’une famille, qui faisait, à Cologne, le métier de cordier; dès le commencement du dix-huitième siècle, elle habi-bitait la maison « in der Hôhle, » qui sert encore aujourd’hui comme maison de vente pour les produits de MM. Felten et Guilleaume. Dans l’ancienne ville libre de Cologne, J. Th. Felten représentait dans le Sénat de la ville la corporation des cor-diers.
- Après la mort de J.-Th. Felten en 1827, l’établissement passait entre les mains de Franz-Cari Guilleaume, dont le petit-fils, M. F.-C. Guilleaume, conseiller royal de commerce, est aujourd’hui l’unique propriétaire.
- On ne s’occupait au commencement que de la fabrication des cordes. C’est le 27 octobre i83i que fut obtenu le premier brevet pour le perfectionnement des câbles de chanvre plats.
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- MM. Felten et Guilleaume introduisirent beaucoup d’améliorations dans la fabrication des câbles de chanvre, et l’usine pour cette spécialité se trouve encore aujourd’hui dans le « Rosenthal » sur le « Carthæuser Ring. »
- Lorsque dans l’année i83i, le professeur Albert de Clausthal, dans le Harz, inventa les câbles en fil de fer, la maison en entreprit la fabrication et la perfectionna beaucoup, et, en peu de temps, ces nouveaux câbles furent généralement employés dans les mines.
- Vers 1846, MM. Felten et Guilleaume fondèrent une colonie de cordiers sur le Linderhaide, près de Wahn, qui fonctionna jusqu’à l’année 1872.
- La première installation pour le zingage du fil de fer fut faite en i853, et la maison fournit depuis cette époque des livraisons énormes de fils télégraphiques galvanisés.
- Le premier câble télégraphique fut construit sur l’ordre de la direction royale du chemin de fer de l’Est pour être posé dans la Vistule et laNogat, près Dirschau.
- En i85o, M. Theodor Guilleaume, chef de la maison à cette époque, commençait à s’occuper de la construction des câbles télégraphiques, de l’administration des télégraphes en Prusse, et l’on posa à travers le Rhin, près de Cologne, une ligne télégraphique sous l’eau; pour cela, des fils de cuivre recouverts de gutta-percha furent enfermés dans un tuyau de fer à joints flexibles, et on posa devant le tuyau une grande chaîne de 3?mm pour le protéger contre les ancres des navires. En peu de temps la chaîne s’ensabla, les ancres des navires glissèrent à travers et déchirèrent le tuyau de fer à joints flexibles et les fils de cuivre qu’il renfermait. M. Th. Guilleaume fit alors à l’administration des télégraphes prussiens la proposition de prendre un câble en fil de fer au lieu de la chaîne, et d’enfermer, dans l’âme du câble, les fils de cuivre entourés de gutta-percha ; l’invention des câbles télégraphiques se trouvait ainsi réalisée! Mais l’administration des télégraphes prussiens n’accepta pas cette proposition. L’année suivante, le 17 octobre i85i, on posait le premier câble entre Calais et Douvres, après avoir démontré, le 28 août i85o, que la télégraphie sous-marine était possible, cette première communication était constituée par un simple fil de cuivre recouvert de gutla-per-cha, il fut posé par M. Brett, mais ne resta qu’une journée, juste assez pour sauver la concession.
- En i853, la maison s’installa pour construire des câbles télégraphiques en grand, et elle obtint exclusivement la fourniture dans les télégraphes prussiens, bavarois, autrichiens, hongrois et russes.
- Dès l’année 1857, on installa, à Cologne, une tréfilerie, et, deux ans après, un laminoir sur des terrains appartenant à l’usine.
- Le 4 novembre i865, la maison passa dans les mains du propriétaire actuel, M. F. C. Guilleaume, conseiller de commerce.
- En 1867 commença, à Cologne, la transformation de l’établissement où fut installée une corde-rie mécanique avec des machines à lisser et des retordeuses. Les affaires augmentaient tellement, que la fabrique principale, aussi bien que l’établissement de Linderhaide, près Wahn, ne suffisaient plus. M. Guilleaume fonda alors, en 1872, le Carlswerk, à Mülheim-sur-Rhin, dont nous publions ci-contre une vue perspective.
- La tréfilerie, le zingage, la fabrication des câbles en acier et des câbles télégraphiques s’installèrent dans le Carlswerk, tandis que l’établissement de Cologne servait exclusivement à la fabrication des cordages de chanvre.
- Quoique les deux établissements aient été construits avec des proportions énormes, le développement des affaires obligeait à les agrandir tous les ans.
- L’usine de Cologne emploie aujourd’hui 700 ouvriers et a des machines à vapeur de 700 chevaux pour une production annuelle de 3 000 tonnes de cordages.
- Depuis i883 on a établi une seconde usine pour la fabrication des cordes en chanvre à Colmar, en Alsace, et cette nouvelle usine est en pleine prospérité.
- Le Carlswerk, à Mülheim-sur-Rhin, emploie maintenant 15oo ouvriers, avec des machines à vapeur de 1000 chevaux ; il couvre de ses bâtiments une surface de 20 hectares.
- La production annuelle est de 35ooo tonnes. Il y a aussi un grand nombre de maisons d’habitation pour les employés et les ouvriers, qui ont l’immense avantage d’une société coopérative pour les achats à prix réduits des fournitures alimentaires et autres, les profits réalisés étant ensuite partagés proportionnellement entre' les sociétaires.
- La maison Felten et Guilleaume s’est surtout acquis une haute réputation dans le monde électrique, par la construction du réseau souterrain qu’elle a construit en Allemagne, et dont une partie était établie par MM. Siemens, Halske. C’est en 1875 que le docteur Stephan, directeur général des postes, prit la direction des télégraphes allemands; il conçut l’idée du grand réseau souterrain qui relie aujourd’hui toutes les villes principales de l’Allemagne.
- Les expériences favorables exécutées avec les câbles souterrains delà maison Felten et Guilleaume, câbles qui sont dans presque toutes les villes d’Allemagne depuis l’année i853, ont donné une preuve suffisante de la réussite de l’entreprise. Ces câbles isolés avec de la gutta -percha et armés de fil de fer galvanisé, ont donné pendant 22 ans les meilleurs 1 résultats.
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- FIG. I
- LE « CARLSWERK .» DE MM. F E L T E N ET G U I L L E A U M E A M U L H E I M - S U R - R H I N
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- . — LA POSE DU CABLE SOUTERRAIN EX ALLEMAGNE, P A R M. FELTEN ET GUILLEAUME
- FIG. 2
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le D* Stephan, directeur des postes et télégraphes, institua une commission composée de M. Guilleaume, conseiller de commerce, et de MM. Hucke et Elsasser, conseillers intimes, pour examiner si l’on réalisait des expériences plus concluantes en France et en Angleterre. Malgré le grand progrès obtenu dans ce derniers pays pour les câbles sous-marins, les installations parurent encore insuffisantes et c’est alors que la maison Felten et Guilleaume fut chargée de poser la première ligne entre Berlin et Halle, distance de 170 kilomètres.
- Voici du reste le rapport établi à ce sujet :
- En mars 1876, l’administration des télégraphes allemands commença à titre d’essai la construction d’une ligne plus étendue de câble télégraphique souterrain devant mettre en communication Berlin et Halle; cette ligne fut achevée dans le mois de juillet suivant.
- Les câbles ont été fabriqués par la maison Felten et Guilleaume, de Mulheim-sur-le-Rhin, qui se chargea en même temps de leur pose et livra la ligne en parfait état au service régulier. Ce fut la même maison qui fabriqua et livra plus tard la majeure partie des câbles télégraphiques employés dans le réseau souterrain projeté.
- Le câble de Berlin à Halle, composé de 7 conducteurs, a 240 kilomètres de longueur, soit une longueur totale d’environ 1 680 kilomètres de conducteur simple.
- Après qu’il fut reconnu que la vitesse de transmission était suffisante et que l’induction qui aurait pu empêcher le travail simultané sur plusieurs fils n’occasionnait aucun embarras, un réseau complet de lignes télégraphiques souterraines fut établi dans toute l’Allemagne, au moyen de ces câbles. Il était complètement achevé en 1880 et avait absorbé une longueur totale de 5 464 kilomètres de câbles ne représentant pas moins de 37373 kilomètres de fils isolés.
- Une faible partie du réseau a été établie avec des câbles dont le conducteur se compose de 7 fils de cuivre de 0,6 millimètres chacun. Ces fils tressés ensemble et recouverts de deux couches de gulta-percha, avec des couches intermédiaires de composé Chatterton, représentent un diamètre extérieur de 5 millimètres.
- Quatre de ces conducteurs pour les lignes d’embranchement et sept pour les lignes principales sont tressés ensemble et entourés d’une couche de fils de chanvre goudronnés qui a pour but de protéger les conducteurs isolés à la gutta-percha contre le^ lésions qui pourraient se produire par le contact des fils de fer extérieurs. Le câble de conducteurs ainsi constitué est entouré de 16 fils de fer galvanisés de 4“““ et recouvert enfin d’une couche de fils de chanvre et d’un composé Clark.
- Les essais électriques pratiqués sur ces câbles
- ont donné les résultats suivants par kilomètre, à la température de i5° centigrades :
- 8.45 ohms pour la résistance du cuivre;
- 56o » megohms pour la résistance d’isolement;
- 0.22 microfarads pour la capacité électrostatique.
- Le chiffre bas de la résistance d’isolement provenait de ce fait que les conducteurs avaient été fortement entourés de goudron de Suède, ce qui, du reste, avec l’âge, améliora leur isolement.
- L’autre partie a été établie avec des conducteurs plus gros, c’est-à-dire avec des fils de cuivre de 0,7““, recouverts de deux couches de gutta-percha avec d’autres couches intermédiaires de composé Chatterton pour obtenir un diamètre extérieur de 5mm,2.
- Les essais électriques de ces gros conducteurs ont donné les résultats suivants par kilomètre à la température de i5° centigrades :
- 6.6 ohms pour la résistance du cuivre;
- 1900 » megohms pour la résistance d’isole-
- ment;
- 0.192 microfarads pour la capacité électrostatique.
- Ces derniers câbles, dont les conducteurs n’ont été que légèrement goudronnés, sont entourés de 18 fils de fer galvanisé de 3.75mm et de deux couches de chanvre et de composé Clark.
- Ces câbles ont été en grande partie livrés par fragment d’un kilomètre de longueur, ce qui a donné un joint à chaque kilomètre.
- Les joints ont été faits de la façon ordinaire par des ouvriers spéciaux, habiles, et sont protégés par des boîtes en fonte d’une construction particulière.
- Après chaque réunion d’une nouvelle portion de câble des essais électriques étaient pratiqués sur l’ensemble du câble posé afin de constater ses bonnes conditions de capacité électrique et particulièrement la bonne réussite du joint. Ces essais ont été faits par un électricien spécial que suivaient dans un véhicule convenablement disposé tous les instruments de mesures électriques et la batterie.
- Les tranchées ont été en grande partie pratiquées sur une profondeur de un mètre, sauf dans les endroits où des roches, de la maçonnerie ou d’autres obstacles se présentèrent et ne permirent que des tranchées de 0,75 centimètres de profondeur.
- Pour le transport, les câbles furent enroulés sur de grandes bobines en bois et garnies d’une couche de paille et d’un manteau de tôle. Ces précautions ont été suffisantes pour les protéger même contre les plus grandes chaleurs, de telle sorte que les qualités électriques du câble n’ont jamais eu à souffrir.
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- 5o~
- Depuis l’achèvement de leur pose, les câbles souterrains de l’Allemagne ont été soumis tous les mois à des mesures de contrôle. Le résultat de ces épreuves a démontré que même pour les câbles posés il y a près de sept années, l’état est le même qu’au premier jour, de même que les bonnes qualités électriques. L’isolement de quelques-uns s’est même trouvé amélioré.
- Depuis trente ans la maison Felten etGuilleaume a fourni une grande quantité de câbles télégraphiques à conducteurs isolés et à armatures de fils de fer galvanisé pour les lignes souterraines urbaines; leurs qualités —mécaniques et électriques n’ont présenté aucun changement après ce long espace de temps, et c’est ce qui a décidé le gouvernement à adopter ces câbles pour l’ensemble de son réseau souterrain, qui met en communication toutes les villes importantes, et dont le coût a atteint 38 millions de francs.
- Cet exemple a depuis été suivi par la France, pour mettre à l’abri des perturbations atmosphériques et autres, les communications entre ses grands centres.
- En règle générale les câbles souterrains donnent la même vitesse de transmission que les lignes aériennes, c’est-à-dire 800 à 85o mots par heure avec le Morse, et 1440 à 1450 mots par heure avec le Morse transformé (appareil Estienne); chaque mot étant évalué en moyenne à 6 lettres 1/2 et chaque lettre à 9 signes Morse.
- Le Hughes travaille avec une vitesse de 120 ré volutions par minute ; on a même obtenu i3o révolutions sur les câbles souterrains, ce qui n’a pas encore été dépassé sur les fils aériens.
- Jusqu’à ce jour il fallait sur les lignes souterraines un relai par 3oo ou 400 kilomètres; mais dans ces derniers temps on a travaillé sans relais sur des distances de 800 kilomètres au moyen des appareils Estienne. Il a été démontré aussi dans la pratique que l’emploi des relais n’occasionnait ni difficulté, ni dérangement, de même qu’il était possible de les supprimer en employant des fils conducteurs plus gros, c’est-à-dire à plus grande section et à capacité moindre.
- Le système « Duplex » employé pour le même travail sur les mêmes distances a obtenu le plus entier succès.
- Il est donc évident aujourd’hui que la télégraphie par câbles souterrains a été couronnée de succès à tous égards et la nécessité d’adopter ce système s’impose de plus en plus, surtout pour les principales lignes de communications.
- Les produits de MM. Felten et Guilleaume ont maintenant une réputation universelle, j'ai pu m’en rendre personnellement compte pendant mon dernier voyage en Amérique.
- En effet, à San Francisco, dans une des usines centrales des chemins de fer funiculaires qui longent
- presque toutes les grandes avenues, lorsque nous demandions quel était le constructeur des câbles, il nous fut répondu: Felten et Guilleaume. Dans les immenses plaines du Far West, des enclos à perte de vue sont limités par des treillis de ronces artificielles venant encore du « Carlswerk de Mül-heim. »
- Depuis l’introduction de la téléphonie et de la lumière électrique, la maison allemande a construit des quantités énormes de câbles pour ces deux branches si importantes de l’électricité. Les câbles entourés de plomb et isolés par du chanvre imprégné sont bien connus dans le monde électrique ; enfin, la plupart des réseaux téléphoniques en Europe emploient les câbles anti-inducteurs dont nous avons déjà parlé et qui sortent des grandioses usines dont nous n’avons pu donner qu’un bien faible aperçu.
- O. Kern.
- LES
- NOUVEAUX TELPHÉRAGES
- 1) E
- FLEEMING JENKIN ET CAMPBELL ELLIOT
- Nous nous sommes attachés à tenir les lecteurs de La Lumière Electrique au courant des principaux systèmes proposés ou appliqués pour la traction ou le transport des trains par l’électricité (*). Parmi ces systèmes, l’un des plus originaux est celui auquel son inventeur a donné le nom de telphérage(1 2) et dont nous décrivions tout récemment le locomoteur et les principaux véhicules (3 * (S)).
- M. Fleeming Jenkin, poursuivant son œuvre avec une rare persévérance, vient d’apporter aux locomoteurs, et surtout au système de block automatique et de régularisation de ses trains, des perfectionnements importants, concurremment, en ce qui concerne le block-system, avec M. C. Elliott. Nous en donnons aujourd’hui la description, malgré l’aridité du sujet, en engageant ceux de nos lecteurs particulièrement intéressés par ces questions à comparer la solution de MM. Jenkin et Elliott à celle de MM. Jenkin Perry et Ayrton, décrite dans notre numéro du 23 février i883.
- Le perfectionnement apporté au locomoteur con-
- (1) Numéros des 7 et i4juin, 27 septembre 1884. Appareils de Daft, Edison, Reckenzaum, Ward, Smith, Trail, Iiopkin-son, Danchell et Lartigue.
- (2) Numéros des 5 mars i883, 12 janvier i885. Brevets an-
- glais nos i83o, 3007,4548 de 1882; 1913, 4481 et 4754 de
- 1883. 3795, 3796, 5020, 8460, 8751 et 8906 de 1884;
- (S) Numéro du 16 mai i885.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- siste à remplacer (fig. i et 2) les appareils d’entraînement décrits dans notre numéro du 16 mai dernier par l’adhérence de deux roues motrices A A', pourvues déjantés en caoutchouc a (fig. 3,4 et 5), accouplées par les chaînes B B' de la dynamo M, et reliées aux poulies E E' de ces chaînes par un arbre e, à joint de Cardan glg2,ftf2, qui leur permet de suivre les inégalités de la voie ainsi que l’indique clairement la figure 4. Les passages en courbes sont facilités par le jeu de l’articulation pp,. La charge de ces roues (25 à 5o kil.) est insuffisante pour détruire le caoutchouc roulant sur un fil de telphérage, et dont l’emploi est nécessaire pour se procurer une bonne adhérence.
- L’objet principal des perfectionnements récemment apportés, par MM. Tenkin et Elliott, à la voie et au système de block du telphérage décrit à la page 23 de notre numéro du 5 mai r883, est de diminuer la dépense d’établissement en n’exigeant plus, pour chacune des voies montante et descendante, que l’emploi d’un seul gros conducteur, celui même qui supporte le train, au lieu des quatre gros conducteurs que comportait la disposition précédente. Le système de bloc automatique est en même temps étendu et considérablement simplifié.
- L’ensemble de la disposition la plus générale du nouveau système est représenté schématiquement par la figure 6.
- FIG. I ET 2. —- LOCOMOTEUR ACCOUPLÉ
- Chaque voie comporte une file de conducteurs principaux continus, Mt pour la voie montante M2 pour la voie descendante, et une file de conducteurs auxiliaires discontinus en sections A, A3 AB A,.... pour la voie montante, A2 A* A6 A,.... pour la voie descendante.
- Chacune des sections auxiliaires et isolées de la voie montante, telle que A,, est reliée par un croisement C4 au conducteur principal M2 de la voie descendante, et réciproquement, les sections A2 A4... de la voie descendante sont reliées chacune par un croisement C2 C4.... au conducteur continu M, de la voie montante.
- Les croisements sont munis chacun d un interrupteur manœuvré automatiquement par le courant de block. On a, pour simplifier, supposé, sur la
- figure 6, que les croisements impairs C, C3... étaient seuls munis de ces interrupteurs en H4 H3...-Ces interrupteurs sont manœuvrés par des électros très résistants Et E3.... qui les attirent malgré les ressorts pip3....&t rompent les croisements lorsque leurs bobines sont traversées par le courant du circuit de block B4 bu B., A,.... Ce dernier circuit est formé, comme l’indique la figure, de fils télégraphiques isolés allant d’un électro (B3) à la section auxiliaire précédente (AJ.
- Lorsque le croisement C3 est fermé, comme l’indique la figure, le courant de la dynamo génératrice D, admis à la dynamo m du locomoteur L par le contact de sa roue sur le rail principal Mt, en sort par l'autre roue G,, et retourne en D par la roue G2 de la première voiture T, le fil auxiliaire
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- Sec;
- A,, le croisement C3 et le rail principalM2 de la voie descendante. Le train marche alors dans le sens de la flèche, sur la voie montante.
- En même temps, une partie du courant de la dynamo D se dérive, par le galet W du locomoteur m, dans le fil de block bü Bb, et retourne en D par »B Mçj, de sorte que l’électro E8 ouvre le croisement CB dès que le train pénètre sur la section At, et le maintient ouvert tant que le train n’a pas dépassé cette station. Chacun des trains se trouve ainsi protégé à l’arrivée par une section où le courant ne passe pas. Dans le cas de la figure, le locomoteur isolé Lt ne reçoit pas de courant et
- Fin. 3. — DÉTAIL d’une ROtJE. — Él KVATION
- se trouve ainsi bloqué sur As tant que le train L T reste sur la section A;„ qui sera bloquée à son tour dès que le train pénétrera sur At.
- La figure 7 représente une disposition qui permet d’actionner le block System précédent par le seul passage du train, sans l’intervention d’aucun organe mécanique tel que la roue de contact w.
- Les croisements se trouvent, à cet effet, pourvus d’un second interrupteur S, S2 S...... dont l’électro
- porte deux enroulements, un fin f et un gros, et dont l’armature K est, à l’inverse de H, maintenue ouverte en temps ordinaire par le ressort q.
- L’enroulement à gros fil est relié à l’extrémité de la section auxiliaire A correspondante et à l’armature K, de façon a joindre directement la section de la voie montante Mt aux conducteurs principaux de la voie descendante Mâ, dès que H est fermé par l’attraction de l’électro R.
- L’enroulement à fils fins f a ses extrémités disposées de façon qu’elles soient mises en court circuit par la fermeture de H. Lorsque H ouvre son croisement C, le fil fin de S est au contraire traversé par le courant de la section A en même temps que l’enroulement à gros fil, de sorte que leurs actions s’ajoutent.
- Les électros R sont reliés en n à la voie descendante M2 et, d’autre part, au fil de block B, qui
- FIG. 4 ET 5. — DÉTAIL D’UNE ROUE. — TLAN ET VUE I-AR BOUT
- va rejoindre la voie montante M, en 0, par les interrupteurs K.
- Dans l’état figuré, le courant de la génératrice D, admis au premier locomoteur L, par M, /,, revient en D par ml A4, le gros enroulement de S,, par, Ht C, et par la voie descendante M2. L’électro S4 attire Kt et met ainsi la section de block B,, en communication par on avec la voie montante M,, de sorte que l’électro R3, ainsi parcouru par la dérivation o, «3, détache l’interrupteur H3 du circuit f f de Ss. Il en résulte que le croisement C3 n’est plus parcouru, en raison de la grande résistance de l’enroulemeut f, que par un courant très faible, incapable d’animer le locomoteur L3 qu’il traverse, mais suffisant, à cause du grand nombre
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- des tours dé f, pour attirer K3 et fermer ainsi la défiyàtion B3Sn5oB sur l’électro R-, qui bloque le lbcomoteur L- en ouvrant l'interrupteur Hç.
- Lé iocomôtéüf L;1 bloque de même aiitomati-qüëitiènt là sectiohÀ-, contre le train suivant L„.
- M. Jehkin donne aux appareils RR,... le nom de récepteurs du block, et celui à'émitteurs aux appareils S, S,... dont les fils fins ne sont parcoures pàr le courant que si des trains L3 L;i.., se protègent mutuellement sur la voie.
- La figure 8 représente l’application de ce système de block à un telphérage dont le rail est formé, entre les poteaux p, alternativement par le conducteur continu M, ou Ms et par des sections neutres A... Les appareils de block sont indiqués par les mêmes notations que sur le schéma précédent, et aussi pour la voie montante M, seulement.
- Dans l’état indiqué sur la ligure, le courant admis
- au locomoteur L,, par M, /„ passe par le câble du train J, à la dernière voiture T, et. de là, par E, AiC, à la voie descendante M2. En même temps,
- la dérivation K' B1:1 excite l’électro R3, qui attire son armature et bloque ainsi la section A3, sur laquelle le train suivant L3 T3, ne recevra plus de
- FIG. 7
- courant tant que la voiture T, n’aura pas quitté la section At.
- L’application de ce dernier système exige,
- comme on le voit, que les sections soient d’une même longueur, à peu près égale à celle des trains.
- La figure 9 représente un système de telphérage à deux voies, en sections Mâ Àa. Ma A... pour la ligne descendante, À, M2. A3 Ma... pour la voie
- Kz. A 9 Mz A* Mz
- Mi \. >y / v /ai*
- te. \/ : \ /
- A1 Mj A* M2 A*
- fig. g
- îhontante, le rail continu en zigzag M2 n’étant relié au fil continu intermédiaire M, que par le train, les sections isolées A et les croisements de block
- C, qui peuvent d’ailleurs faire terre directement en supprimant M,.
- Le système de traction électrique que nous allons décrire maintenant, et qui comporte les derniers perfectionnements de M. Jenkin, a pour objet, dans son ensemble le plus complet, de supprimer les longues sections isolées, d’éviter le renversement du courant dans le locomoteur au passage de chaque section, et de régulariser sa vitesse.
- On peut, avec un appareil moins complet, rca-
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- 5i i
- liser deux seulement des",fonctions précédentes, ou même une seule, la régularisation.
- L’appareil complet comporte l’emploi d’au moins trois roues de contact ou brosses, disposées sur le train de façon qu’il y en ait toujours deux en contact avec des sections de la voie de signes différents, et reliées aux bornes du locomoteur par des relais combinés de façon à maintenir le sens du courant invariable dans le locomoteur, pendant toute la durée de son parcours. Le régulateur agit en interrompant le courant, mais sans donner lieu,
- non plus que le passage des brosses d’une section à l’autre, à des étincelles nuisibles.
- Le régulateur à force centrifuge est, en outre, construit de façon qu’il soit en équilibre instable pour deux vitesses critiques; il en résulte que le régulateur interrompt brusquement le courant dès que le train s’emporte au delà de la vitesse limite supérieure, pour ne la rétablir qu’après un ralentissement au-dessus de la limite inférieure.
- Dans les systèmes incomplets et simplifiés, appliqués à des lignes interrompues ou à circuits parallèles, le nombre des brosses peut, comme nous le verrons, se réduire à deux. •
- On a désigné, sur les figures 10 à 16, par L, M et T, les roues ou brosses de contact de l’avant, du
- milieu et de l’arrière du train ou du moteur, et par les signes -f- et — les bornes de l’électromoteur qui restent constamment positive et négative.
- Les armatures l, m et t, reliées aux brosses par les gros fils des électros F,. F2, Fü sont en acier et aimantées, de façon que leur polarité reste inva-
- Moteur
- Flfi.'l3 A If)
- riable quel que soit le sens du courant en F^F, et F3. Chacune de ces armatures ou clefs relie sa brosse au pôle négatif du locomoteur quand elle est soulevée, et au pôle positif quand elle est abaissée ; c’est ce qui a lieu suivant que la brosse passe sous une section positive B2 ou négative — B3. Les électros portent, à cet effet, des enroulements à fils fins, /‘i,/’3,/3, reliés respectivement aux brosses L et M, M et T, L et T, dont l’action s’ajoute à
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- celle des circuits à gros fils F,, F3, F3. Les fils de ces enroulements fins peuvent être interrompus en G,, Ga et G3 par un régulateur, quand le train s’emporte.
- Lorsqu’il ne passe pas de courant en f ni en F, la clef correspondante l reste dans sa position moyenne, entre ses deux contacts.
- Dans l’état de la figure io, les brosses L et M sont sur une section positive et T sur une section
- Moteur.
- FIG. 17
- négative, séparées par des isolées W, et W3; le courant qui passe de en f3 abaisse m et soulève t, reliant ainsi M au pôle positif du locomoteur et T au pôle négatif. Les circuits à gros fils F2 et F3 maintiendront ensuite les contacts de m et de t, même si les circuits à fils fins, fa et f3, venaient à être interrompus par le régulateur.
- Lorsque le train amène, en se déplaçant vers la gauche, (fig. 11) la brosse L sur l’isolée Wt, le courant interrompu en F et ft lâche la clef l ; le moteur
- r Moteur
- FIG, iS
- n’est plus actionné que par le courant passant de M à T, la dérivation de M sur F,/, étant impuissante sur l.
- La brosse L passe ensuite (fig. 12), sur la section négative — B,, et la clef l se soulève.
- Lorsque T passe sur l’isolée W3 (fig. i3), la clef t, interrompant son contact, ne laisse plus en activité que les brosses M et L, jusqu’à ce que T revienne, (fig. 14), sur une section positive, abaisse /, et remette ainsi les trois brosses dans le circuit.
- Dans la position suivante, (fig. i5), M étant en W,
- la clef m ne laisse plus agir que les brosses L et T.
- La série des opérations se termine enfin par l’ar-
- . (a).
- ______________<*T g> (F ff) ,
- -B, W, ^Bj W2 -3, W,
- (b).
- ___________<5* _________
- -B, W, T5J W2 -ô3 Wj (C).
- U -
- ____________2L_âl à _____________r__
- -B, W, "FeT W, -b 3 W, ^-B+
- (d).
- -b, w, +h2 w2 -b3 w, :pEï _(e).
- ___________cC g) à> _________________________
- -b, w, bT^ w2 —b3 w3 ^-b4
- •if).
- ..F-
- . tsL—sb. _-dT—à_
- B, w, -+-b2 wz -b4 w, +Ii,,
- FIG. 19
- rivée de M sur la section négative—B,(fig. 16), la clef m montant à son contact négatif.
- Le cycle de propulsion du locomoteur se ramène donc à sept périodes, que l’on peut définir comme il suit, en représentant par -|-et O les états po-
- zp
- sitif, négatif et neutre que prennent successive-
- ment les roues de contact ou brosses L, M et T.
- (1) L + M F T — (fig. 10)
- (2) L 0 M + 'P — (fig. 11)
- (3) L — M + ’P — (fig- 12)
- (4) L — M + T 0 (fig. i3)
- (S) L — M + T + (fig- M)
- (6) L — M 0 T + (fig- i5)
- (7) L — M - T + (fig. 16)
- Ces périodes se renouvellent au tour suivant avec la permutation du signe positif en négatif, et ainsi de suite.
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- On remarquera que les clefs m, l et / prennent d’ellesmêmes, en tout point de la voie, les positions corrélatives à la période correspondante du cycle de propulsion.
- L’action du régulateur est délicate à délinir en fonction du double enroulement des électros; elle ne se fait pas sentir immédiatement dès que le régulateur interrompt, en G, G2 G.,, les circuits à fils tins, car les clefs au contact en ce moment y restent, sous l’attraction des circuits à gros fils. L’action du régulateur ne se fait sentir, sur chacune des brosses successivement, qu’après leur passage sur une isolée W..., en empêchant leur clef de refermer leur circuit tant que dure l'interruption G...
- Les étincelles de rupture se produisent ainsi
- <c!~
- ___r®J_____
- à a _
- r&a
- I HL 1*1
- sans inconvénient entre la brosse et le rail, et non pas entre la clef et son contact, et le retard qu’éprouve l’action du régulateur évite qu’il ne. se produise, en G, G2 Ga, une série continuelle d’étincelles, en l’obligeant à se manifester par de longues périodes d’interruption, au lieu de ruptures du courant très fréquentes et de courte durée.
- La figure 17 représente schématiquement une disposition plus simple, qui convient au cas où l'on n’aurait pas d’objection à changer le sens du courant dans le locomoteur; elle présente aussi l’avantage de ne jamais interrompre le courant à l’élec-tromoteur, lors même que les sections isolées seraient très longues. Les clefs l et t relient alternativement les pôles du locomoteur aux brosses L, et Tt, ou L2 et T2, suivant que le courant passe par/, ft ou par /2/4. Lorsque le courant traverse à la fois ces deux circuits, les clefs ne changent pas de
- position. Enfin, les deux clefs l et m, se mouvant toujours ensemble, peuvent être reliées mécaniquement par un ressort isolé R (fig. 18) et manœuvrées par un seul couple d’électros /, f2.
- Les figures 19(a—f) permettent de suivre, dans ce cas, les différentes phases du cycle de propulsion.
- Le courant change de sens à travers la locomotive lorsqu’il passe de la position (a) à la position (b) au passage de T2 sur l’isolée W3 où jaillit l’étincelle de rupture.
- Le dispositif de la figure 20 dérive de celui de
- r
- \Moteuj*
- C. v
- FIG. 22
- la figure 17 par la réunion des brosses intermédiaires L2 et T, en une seule M, et par l’addition de deux ressorts, S, et S2,qui relient les clefs aux brosses L et T lorsqu’il ne passe pas de courant à travers les fils fins. Le cycle de propulsion de ce système est représenté par les figures 21 (a—f); le courant n’y change de sens, comme dans la disposition précédente, qu’au passage des brosses sur un'isolement.
- La figure 22 indique, avec les mêmes notations, l’application du régulateur de vitesse à une voie non croisée. Lorsque le moteur s’emporte, le régulateur interrompt le circuit en G, mais la clef t, retenue par le gros enroulement F, n’inter-
- rompt le courant qu’au passage d’une section isolée, où l’étincelle peut jaillir sans danger. La rupture du courant se trouve ainsi, comme précédemment, retardée jusqu’à ce qu’elle devienne inoffensive, tandis que son rétablissement a lieu dès que la vitesse tombe au-dessous du régime.
- Dans le système de voies ordinaires à fils d’aller (-|-) et de retour (—) parallèles, comme l’indique la figure 28, l’étincelle jaillit au passage des brosses sur les isolées W, W2... et la clef t, ramenée par son ressort b, ne rétablit le courant, après ce passage, que si le régulateur referme en G le circuit de l’enroulement à fil fin.
- Gustave Richard.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (') LES
- LAMPES ELECTRIQUES
- Lamjtes à incandescence.
- On retrouvait à Philadelphie les lampes à incandescence qui avaient déjà figuré aux autres Expo-
- sitions. Les lampes Edison étaient en grand nombre, exposées par la Compagnie Edison et aussi par la Société Berjmann and C°, qui construit les montures de ces lampes.
- La Société Brush avait installé sur ses machines des lampes Swan du type ordinaire; enfin (*)
- (*) Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
- M. Bernstein exposait un certain nombre de ses lampes en fonctionnement.
- Ces différents systèmes sont bien connus de
- FTG. 2
- nos lecteurs, et nous n’avons guère à nous arrêter que sur la lampe à incandescence de Weston.
- La lampe Weston (fig. 1) présente à peu près le même aspect extérieur que les autres lampes à incandescence, mais elle s’en distingue par la nature et le mode de fabrication de son filament.
- Ce dernier est formé par un mélange de camphre
- FIG. 3
- et de fulmi-coton, analogue au celluloïde et que l’on traite ensuite par du sulfate d’ammoniaque. La matière ainsi obtenue est réduite en lames
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 515
- dans lesquelles on découpe à l’emporte-pièce des filaments ayant la forme indiquée par la figure.
- rit’.. 4.
- Après le découpage vient la carbonisation qui est accompagnée d’une nourriture du filament au moyen d’un carbure d’hydrogène.
- Les lampes du type ordinaire ont une résistance de 200 ohms à chaud et 400 à froid; elles donnent 16 bougies avec un courant de 1/2 ampère et jiô volts.
- La partie inférieure de la lampe renferme un commutateur qui permet de l’éteindre à volonté! Le détail de ce commutateur est représenté* dans la figure 2. •
- La lampe elle-même A est fixée à baïonnette dans la douille B et les communications sont établies de manière que les deux conducteurs éxtê-rieurs soient en communication avec les deux extrémités du filament et en même temps avec les ressorts RR.
- Quand on tourne la clef, une pièce L réunit les deux ressorts R R et met la lampe hors du circuit! Pour la position inverse de la clef, la lampe est traversée par le courant.
- La maison Weston a construit également de grandes lampes destinées à l’éclairage des rues.
- Ces lampes donnent 125 bougies avec i5o volts et un courant de 21/2 ampères. Leur filament est composé de papier carbonisé.
- Les grandes lampes dont nous venons de parler sont destinées à être placées sous de grands réflecteurs, comme celui que représente la figure 3.
- Ces réflecteurs sont, ou bien suspendus, ou bien montés sur des poteaux, comme le montre la figure 4, qui représente l’éclairage d’une rue par ce système.
- Des expériences qui ont été faites par la Compagnie Weston, il résulte que la durée maximum de ces lampes est de 4000 heures, mais la durée moyenne de 1000 heures seulement.
- Aug. Guerout.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spèciales Allemagne
- VARIATION DES ÉLÉMENTS DU MAGNETISME TERRESTRE SELON LEUR DISTANCE A LA SURFACE DE LA
- terre. — Déjà au commencement de notre siècle des recherches relatives à l’influence exercée par la hauteur au-dessus de la terre ou la profondeur au-dessous du sol sur les variations de la déclinaison magnétique ont été entreprises pat-Alexandre, v. Humboldt, Gay-Lussac, et quelques autres savants.
- Suivant Humboldt il est probable que la force du magnétisme terrestre diminue lorsque la hauteur augmente, bien que plusieurs de ses expériences semblent indiquer le contraire. Après Humboldt
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- LA L UMIK RE KL l'.C TRIO K IC
- plusieurs physiciens obtinrent des données contradictoires.
- Pour expliquer ces contradictions il faut se rappeler qu’en ce qui concerne la détermination de la composante horizontale du magnétisme terrestre il doit être très difficile, d’après Wild, d’obtenir par des observations ordinaires faites en voyage une ‘plus grande précision que ± 0,0001 (unités de Gauss). Même dans nos latitudes les variations journalières ordinaires de l’intensité normale atteignent o,oo3 de leur valeur. Des observations ont fait voir que la diminution de l’intensité horizontale dans nos latitudes est à peu près 1/1000 pour mille mètres de hauteur. Dans le cours de l’année passée M. le docteur Maurer, à Zurich, a essayé d’établir par une série d’observations simultanées avec deux déclinateurs de variations situés à des hauteurs différentes, — quelle est l’influence de la hauteur sur la marche journalière et la grandeur des oscillations journalières des déclinaisons. L’un des déclinateurs était placé sur le Sæntis à une
- hauteur de 2465 mètres. L’autre déclinateur était installéjuste à 2000 mètres plus bas, dans le laboratoire de physique de l’école polytechnique de Ziirich. Les observations sur le Sæntis furent suivies du 25 septembre jusqu’au i3 octobre 1884, et du premier novembre 1884 jusqu’au 8 janvier de cette année, d’heure en heure, de sept heures a. m. jusqu’à neuf heures p. m. Les observations correspondantes à Zurich furent faites du 27 septembre jusqu’au i3 octobre 1884cinq foisparjour: à huit et onze heures a. m., et à deux, cinq et huit heures p. m. Le docteur Maurer avait, en outre, à sa disposition les moyennes mensuelles pour novembre et décembre 1884, des enregistrements du magnétographe Adie sur la « Hohe Warte » (Autriche).
- Le tableau suivant contient, exprimés en minutes, les résultats obtenus comme déviations de la moyenne. Les déviations orientales ont le signe —, les déviations occidentales ont le signe
- En même temps le tableau donne un aperçu de :
- LA VARIATION JOURNALIERE DE LA DÉCLINAISON MAGNÉTIQUE SUR LE SÆNTIS
- 1884, Sæntis, 25 septembre, lo octobre
- Novembre, Sæntis
- Novembre, Vienne
- Décembre, Sæntis
- Dëcem bre. Vicn n e
- A1UPL. (S—<) h.
- 27 septembre - i3 octobre 1884. Sæntis,
- Comme on voit par ce tableau, les variations journalières de l’aiguillé aimantée pour les heures et les mois d’observations correspondent, à une hauteur de 2 5oo mètres, avec celles constatées à la surface de la terre. On ne peut guère tirer de conséquence du fait que, à cette hauteur l’amplitude a été trouvée à peu près une demi-minute plus grande. M. Maurer a l’intention de reprendre ses observations à 1’eflet de contrôler surtout les recherches faites par Allan Brown vers le milieu de ce siècle. M. Brown avait trouvé, en comparant
- les observations faites en deux points, dont l’un était à 700 mètres au-dessus de l’autre; que le maximum dans la courbe de la marche journalière de l’aiguille de déclinaison arrivait plus tôt pour la station la plus haute.
- Dans le même genre que ces observations au-dessus de la surface de la terre, M. J. Lizuar a fait des observations souterraines, dans un observatoire, muni d’appareils de variation du puits Adalbert de la mine d’argent à Pribram, à une profondeur de 1000 mètres. Le second observa-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- toire était à la surface de la terre dans une cave de la maison d’administration de la mine.
- Le tableau suivant donne :
- La série de chiffres intitulée « différence » ne prouve nullement une variation dans la marche journalière à une profondeur de 1 000 mètres. La
- LES VARIATIONS DE LA DÉCLINAISON A PRIBRAM LE 12 MARS 1884
- 'Différences avec la moyenne en minutes.)
- S li. 1 5™ 3 OKI 45'" Q h. <»Q i5'" 3o»i <j 5 m m H. o»‘ 15'" 3o"> |5'" I 1 11. 0">
- Sur le sol — 5,10 — 5,70 — 5.<°-6 - û,37 — 8.47 — 6,11 — 5,60 — 5,34 — 4,16 — 3,28 — * * 47 — 0,86
- 1 - 5,25 — 5.77 — 5,86 — 6,24 — 6,26 — 6,12 - 5,59 — 5,23 — 4.08 - 3,47 -1,84 — 1, »
- Différence 0.06 0.07 0:00 — 0, j3 — 0,21 0,01 — 0,01 — O, I 1 — 0,08 0,19 0,37 0.25
- 11 h. 1 5'" ;<o>» 45'" Midi I 5 m 3u"> 7» s m 1 lu OUI 15 m 3o'" 4 5'" 2 h. o">
- Sur le sol . . 0,07 I , 10 1,88 2,91 3,17 3,94 4,09 4.71 4,66 4,20 4,20 4.45
- 1ooom 0,0-1 U.77 1,91 2,96 3,11 3,84 4,00 4,52 4,36 4.16 4,16 4.42
- Différence o,o3 0,33 — o,o3 — 0,00 0,06 0,10 0,09 0,19 o,3o 0,01 0,04 o,o3
- 2 h. i 5 m 3<>ih 45'" 3 li. 0'" i5‘» 3 oui 4 5'" .] h. 0*11 1 5'K 3om 45'" 5 h. o>"
- Sur le sol 3,53 3,42 2,80 2,65 2,29 i,36 1,09 0,33 0,07 — o,i3 0,29 — 0,24
- 1 ooom 3,79 o,5c 3,06 2,75 2,17 i,5: 1 ,o3 o.5i o.3o — 0,02 — 0,02 — 0,02
- Différence 0,26 — 0.11 — 0,26 — 0,10 0,12 — 0,19 0,06 — 0,1,8 — 0.23 — 0,11 — 0,27 — 0,22
- suite de différences négatives à la fin de la série d’observations serait à expliquer (selon M. Lizuar) par des lectures non absolument simultanées des deux appareils.
- une machine a influence. — M. le professeur Fuchs, à Bonn, avait construit, au cours de l’année dernière, une machine à influence dans laquelle les électricités étaient emmagasinées dans des corps creux métalliques. Cette machine n’avait à l’origine qu’un seul disque eu verre, mais aujourd’hui, M. Fuchs l’a fait modifier en la munissant de deux disques qui tournent en sens inverses.
- Tout près l’un de l’autre se trouvent les deux disques de verre H et V (lig. i) qui tournent dans les découpures de deux globes creux /i, et h2. Ces globes creux sont munis de pointes sur les deux côtés, et chacun est relié d’un côté avec les disques de métal c, et gn et de l’autre avec c., et g,. Quatre peignes k, et k.,, </, et q., sont placés en regard des disques de métal c, et c.,, gs et g.,. ki et q{ d’un côté et k, et q., de l’autre sont reliés par un conducteur, ces deux conducteurs communiquant eux-mêmes par la pièce b. Après que le globe creux ht a reçu la charge positive, il s’écoule sur les disques de l’électricité négative des peignes k, et qif et de l’électricité positive de kâ et q.,. En conséquence, la moitié supérieure du disque de devant et la moitié inférieure du disque de derrière deviennent positives; la moitié inférieure du disque de devant et la moitié supérieure du disque
- de derrière négatives. Les parties positives des disques tournent contre le globe creux hv, les parties négatives contre h,. Donc les globes creux sont alimentés d’électricité par les deux côtés, h l d’électricité positive et hî de négative.
- L’ccoulement de l’électricité des disques de mé-
- tal aux di.-.ques de verre est amoindri, parce qu’il passe i lès de chaque disque un disque de verre chargé d’électricité du même nom. Du reste, cet écoulement ne ferait pas de mal, car toute l’électricité qui saute des disques de métal aux disques de verre est reconduite dans les globes creux cor-
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- respondants, et reçue encore une fois par les pointes qui s’y trouvent.
- Pour une distance de deux à trois centimètres entre les électrodes du circuit des globes creux (a. a.) une décharge presque continue a lieu. La distance explosive était généralement quatre à cinq centimètres, mais on pouvait l’augmenter jusqu’à huit centimètres en reliant l’une des électrodes à la garniture intérieure d’une bouteille de Leyde, dont la garniture extérieure était mise à terre. Dans le circuit interrompu des peignes (b) la distance explosive n’était que de deux centimètres.
- Dr Michaelis.
- Angleterre
- LE GÉNÉRATEUR D’ÉLECTRICITÉ DE M. KENDALL. —
- Parmi les nouveaux appareils qui figurent dans la
- FIG» I
- section d’électricité à l’Exposition des inventions, le générateur de M. J.-A- Kendall, de North-Ormesby, York, est certainement un des plus intéressants. Ainsi que je l’ai déjà dit dans une lettre récente, un courant d’électricité est produit dans cet appareil au moyen de l’hydrogène porté à une température élevée. Chaque élément se compose de deux tubes en platine, l’un renfermant l’autre, et imperméables aux liquides; entre les deux tubes, se trouve du verre fondu. Quand une pile de plusieurs éléments est en fonction les tubes intérieurs sont constamment remplis d’hydrogène tandis que tout l’appareil est maintenu à une très haute température ai? moyen d’ï?n fourneau alimenté
- avec du coke ou avec un combustible quelconque. L’hydrogène est absorbé par les tubes intérieurs et il se produit un courant d’électricité qu’on recueille par les conducteurs reliés aux tubes de platine.
- En traversant le métal du tube intérieur, l’hydrogène est séparé de tous les gaz avec lesquels il se trouve mélangé, de sorte qu’on n’a pas besoin d’employer de l’hydrogène pur. Les gaz ainsi perdus peuvent être utilisés pour le chauffage s’ils sont combustibles.
- La figure i représente un élément de ce genre. AB est une section de haut-fourneau, système Fletcher, à gaz et à air, pour chauffer les tubes.
- C est le tube intérieur en platine et D le tube extérieur.
- E est un tube en verre avec un orifice F pour que les gaz puissent s’échapper;
- G est un tube en platine servant au passage de l’hydrogène ;
- H est un tube recourbé qui amène l’hydrogène; JJ sont des conducteurs reliés aux tubes et servant à recueillir le courant produit ;
- K est le verre qui se trouve entre les tubes de platine.
- La force électromotrice d’un seul élément est de 0,7 volt. En pratique on groupe un certain nombre d’éléments que l’on chauffe par le même fourneau.
- L’inventeur prétend qu’une très grande partie de l’énergie dépensée dans la combustion peut être récupérée en énergie électrique sans aucun mécanisme compliqué. Les piles ordinaires à zinc sont coûteuses et les accumulateurs demandent à être chargés fréquemment, tandis que le nouveau généiateur ne demande que du combustible et un peu d’eau. M. Kendall 'èstime qu’une tonne de charbon employée à chauffer la pile et le générateur d’hydrogène donnera au moins trois fois autant d’énergie électrique qu’une tonne de combustible employée à faire marcher une machine à vapeur et une dynamo.
- Onpropose d’appliquer le nouvel appareil comme générateur pour actionner des bateaux électriques ou pour l’éclairage électrique.
- L’ACCUMULATEUR E. P. s. (ELECTRIC POWER STO-
- rage c°). — La figure 2 représente deux éléments de la dernière forme des accumulateurs E. P. S. exposés à l’Exposition des inventions, où ils sont appliqués à la traction électrique d’une voiture de tramway avec le moteur Reckenzaum dont nous parlerons plus loin. Les plaques qui sont visibles de l’extérieur sont renfermées dans une boîte en verre épais. Elles sont alternativement reliées aux pôles positifs et négatifs par des projections
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- 5 if)
- indiquées dans la figure; elles sont séparées dans le liquide par des cales en caoutchouc. Les éléments sont reliés ensemble de la façon qui est indiquée sur le dessin. Les éléments représentés sont connus sous le nom de type i5 L et on prétend qu’ils ont une capacité de 33o ampère-
- brante B du premier électfo-aimant E. Tout l’appareil est porté par un cadre en fer A et un socle Z muni de bornes SS. Une poulie P est solidaire de l’axe de H.
- Le courant traverse les deux électro,-aimants, et l’armature B est attirée par les pôles de E, comme l’armature X par les pôles de H, de sorte que ce dernier tourne autour de son axe sollicité par l’attache K. Mais, dès que le ressort C ne fait plus contact avec D, le courant est interrompu, et le mouvement en arrière de l’armature B fait également revenir l’armature X, tandis que la bobine H reste à sa place. Cette manœuvre se répétant constamment, l’électro-aimant H et, avec lui, la poulie P, se trouvent soumis à une série de déplacements angulaires, toujours dirigés dans le même sens et dont la succession est assez rapide pour que, pratiquement, on ait un mouvement de rotation continu.
- Pour faire fonctionner une sonnerie électrique,
- FIG. 2
- heures. La force électromotrice d’un élément est d’environ 2 volts.
- moteurs électriques. — MM. N. et E. Dale, 26, Ludgate Hill, à Londres, exposent le moteur représenté dans la figure 3. C’est une invention de M. Bayley, qui l’a nommée moteur à débrayage, à cause de sa construction qu’on comprendra facilement en se reportant au dessin dans lequel E représente un électro-aimant avec une armature B placée en face de ses pôles, qui ferme et ouvre le circuit
- FIG. 3
- au moyen de la vis de contact 1), comme dans une sonnerie électrique.
- Un deuxième électro-aimant H est monté sur un axe et tourne librement. En face des pôles de ce deuxième électro se trouve un disque en fer doux X qui, par une tige K, est attaché à l’armature vi-
- FIG. 4
- on peut placer une came sur l’axe de manière à agir sur le marteau de la sonnerie à chaque révolution.
- Dès que le circuit est fermé, le moteur marche à toute vitesse; on peut.donc s’én servira distance, par exemple, pour actionner les soufflets de l’orgue dans une église. La construction enfin est simple et la vitesse peut être réglée à volonté.
- La figure 4 représente le modèle du moteur Reckenzaum exposé à la même exposition. L’armature de ce moteur est du type Gramme, et il est employé en Angleterre pour actionner des voitures de tramway et des bateaux électriques. Le professeur Jenkin l’a également appliqué à son système de telphérage, et on s’en est servi aux Indes pour actionner des punkhas ou ventilateurs mécaniques. Un de ces moteurs construit pour le harem d’un prince indien actionne un ventilateur de 40 pouces de long sur i5 de large qui tourne à une vitesse de t8 tours par
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- minute. Le moteur fait 13oo tours par minute avec une intensité de courant de u ampères et une force électromotrice de 3o volts.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Dirigée pir B. Marinovitch
- Mesure du pouvoir rotatoire magnétique des corps en unités absolues, par M. Henri Becquerel
- « Depuis Faraday, on connaît par les recherches de divers physiciens, et notamment par celles que j’ai publiées, les rapports des pouvoirs rotatoires magnétiques d’un grand nombre de corps, solides, liquides et gazeux. Il suffit donc de mesurer, en unités absolues et dans des conditions physiques bien déterminées, le pouvoir rotatoire magnétique de l’un des corps étudiés, pour connaître celui de tous les autres. On a généralement choisi pour type le sulfure de carbone. La question à résoudre consiste à mesurer, d’une part, la rotation du plan de polarisation d’un rayon lumineux de longueur d’onde déterminée, traversant une épaisseur connue de sulfure de carbone placé dans un champ magnétique, et, d’autre part, l’intensité absolue de ce champ magnétique ; le rapport des deux grandeurs est le nombre cherché.
- c En 1877, M. Gordon avait entrepris cette détermination au moyen de calculs et de mesures assez complexes.
- « Je me suis proposé de reprendre la même question par une méthode nouvelle dont j’ai indiqué le principe (2) l’année dernière. Le théorème très simple sur lequel est fondée la méthode d’observation est le suivant r
- « Si l'on considère une bobine comprenant N tours de fil parcouru par un courant électrique d'intensité I, l'intégrale du champ magnétique total, suivant l'axe de la bobine supposé prolongé indéfiniment dans les deux sens, est indépendante des dimensions de la bobine et égale à 47:NI.
- « Disposons alors, suivant l’axe de la bobine, un tube indéfini plein de sulfure de carbone; la rotation totale du plan de polarisation d’un rayon lumineux traversant ce tube parallèlement à l’axe sera R = a. 4^ NI, a étant la constante qu’il s’agit de déterminer. J’ai montré l’année dernière que l’on n’avait pas besoin d’employer un tube très long.
- (*) Note présentée à l’Académie des sciences, dans la séance du 2 juin i885.
- V2) Comptes rendus, t. XCVII1, p. 1253; 1884.
- La longueur à laquelle il convient de s’arrêter dépend du degré d’approximation que l’on veut atteindre. On peut, du reste, calculer, dans chaque cas, la correction et en tenir compte dans le résultat.
- « L’une des conditions qu’il importe de préciser avec soin est la température du sulfure de carbone, dont le pouvoir rotatoire magnétique, dans le voisinage de o°, varie à peu près de 1 millième par degré centigrade. Aussi la plupart des déterminations ont-elles été faites en plongeant tout l’appareil dans la glace fondante. Quelques séries faites entre o° et 120 ont montré que la formule donnée par M. Bichat (*) représentait assez exactement, entre ces limites, les variations du pouvoir rotatoire magnétique du sulfure de carbone avec la température. L’appareil dont j’ai fait usage se compose d’un tube en cuivre, de 3mi75 de longueur et de omo25 de diamètre, fermé par des glaces parallèles et placé au milieu d’une cuve en bois que l’on remplissait de glace ou d’eau. Au milieu de la longueur du tube était disposée concentriquement une bobine de om7o de long, de omo6 environ de diamètre extérieur, et qui comprenait 3 256 tours de fil de cuivre de omooi2, bien isolé dans de la paraffine. Une seconde bobine de 1 o38 tours était placée à la suite de la première. Les corrections à ajouter pour tenir compte de la portion du champ magnétique négligé, depuis les extrémités du tube jusqu’à l’infini, étaient o,oooi52 du champ magnétique total pour la première bobine, et 0,000162 pour la seconde. Un polarisateur à pénombres et un analyseur monté sur un cercle divisé étaient disposés à chaque extrémité du tube; ces appareils étaient, du reste, ceux qui m’avaient servi pour l’étude des pouvoirs rotatoires magnétiques des gaz. Les rotations étaient mesurées à moins de 1' près, pour la lumière jaune d’une lampe à sodium.
- * On faisait passer un courant électrique, soit séparément dans chaque bobine, soit à la fois dans les deux, de façon à avoir la somme et la différence de leurs actions. En comparant les rotations obtenues aux nombres de tours de chaque bobine, on avait un contrôle précieux de la précision des mesures. Le courant électrique traversait un galvanomètre Deprez, qui servait de témoin pour l’intensité du courant. On mesurait chaque fois la double rotation du plan de polarisation et la double déviation du galvanomètre, obtenues en renversant le sens du courant.
- « L’intensité absolue des courants électriques était mesurée en interposant un voltamètre à lames d’argent, et déduite du poids d’argent déposé au pôle négatif, ou disparu au pôle positif, pendant un temps connu. Les nombres publiés par MM. Kohlrausch, lord Rayleigh et Mascart, pour
- (') .tourna! '"'r Physique. i1’® série, t. VIII, p. 204.
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- 031
- i’equivakilt électrochimique de l’argent, sont assez concordants pour permettre d’évaluer l’intensité absolue d’un courant à o,oot environ de sa valeur.
- « 1 ous les détails des observations sont donnés dans un Mémoire qui paraîtra prochainement ; je citerai seulement ici le résumé de résulats déduits chacun de séries nombreuses :
- GALVANOMÈTRE R„ I K„ 1
- 3(>7,5o Mes 14L70 très faites avec la bo ampère 0,3984 bine de 3256 tours. 355,69
- 33o,i5 i52,8t> 0,4300 355,5o ‘ Moyenne 55V->->
- 3i3,48 1-13.9-1 0,40.55 354,97 355.22
- 322,52 148,50 0,4185 354,83 3256 — 0 1090970
- 302,70 167,70 0,4722 355,14
- Mesures faites avec les deux bobines 3256 + 1038 = 4294 tours.
- 33o,i5 201,62 0,4300 468,88 1 Moyenne 468'16 i 468,46
- 313.4*3 189,85 0,4055 468,18
- 322,52 196,00 0,4185 468,33 î 4294 -01090964
- « On voit que l’on a en moyenne pour l’action correspondant à un seul tour de fil, parcouru par un courant de i ampère, une double rotation de o'1090967, et pour un courant égal à l’unité C.G.S., 1'090967. La rotation simple est o'54.548.3.
- « En divisant ce nombre par 4 n, on trouve a — 0*0434082 et, si l’on ajoute la correction mentionnée plus haut,
- a = o'c>434i (C.G.S.).
- « Tel est le nombre relatif au sulfure dé carbone, à la température de o°, et pour les rayons jaunes d’une lampe à sodium.
- « Depuis que j’ai entrepris cette détermination, j’ai eu connaissance de semblables mesures faites, par d’autres méthodes, l’une en Angleterre par lord Rayleigh (‘j, l’autre à Strasbourg par M. L. Arons (2).
- « Les nombres trouvés par ces observateurs, de même que le nombre donné par M. Gordon, se rapprochent beaucoup de celui qui résulte des expériences présentes. Voici ces nombres, corrigés de la température :
- Gordon............. o'o433 Déduit de l’observation de la
- raie verte du thallium à 12°. Lord Rayleigh. . 0,0430 Déduit de l’observation à r8°.
- L. Arons......... 0,0439 Calculé de l’observation avec
- l’eau à 23°.
- « Le nombre o'oqSqi, auquel j’ai été conduit par la méthode exposée plus haut, paraît exact à ^ au moins de sa valeur. »
- (*) Proc. R. Soc., juin 1884.
- (2) Wiedemann. Ann., Bd XXIV, 388.".
- Sur la spectroscopie par la matière radiante, par M. W. Crookes (*).
- « Quand l’étincelle d’une bobine d’induction traverse un tube portant des électrodes d’aluminium, les apparences varient suivant le degré de vide auquel est soumis le gaz contenu dans le tube. Vers un vide de 1 M (2), la décharge moléculaire qui part du pôle négatif commence à rendre le verre phosphorescent partout où elle vient le frapper.
- « Sous l’influence de ce genre de décharge électrique, que je me suis hasardé à appeler matière radiante, beaucoup de substances émettent de la lumière phosphorescente. En examinant au spec-troscope la lumière ainsi produite, on observe quelquefois, très rarement, que le spectre de phosphorescence est discontinu.
- ««Le spectre obtenu par le sulfate yttrique pur dans un tube à matière radiante est une des plus belles choses qu on puisse voir en spectroscopie. Ses raies ne sont pas aussi linéaires que celles des spectres d’étincelle et ressemblent davantage aux spectres de flamme des terres alcalines.
- « A partir du rouge extrême, on voit d’abord deux faibles bandes étroites à 2245 ((:) et 2275, suivies par une bande rouge plus forte et plus large, allant de 2355 à 2415. Une autre bande faible sé montre entre 2577 et 2610, suivie, après un très étroit espace noir, par une bande orangé rougeâtre et plus intense qui s’étend jusqu’à 2627. Une
- .(*) Note présentée à l’Académie des sciences dans la scance du 2 juin i885.
- ' ' --------*'-***'- v* C.
- (») Les nombres donnés se rapportent à l’échelle du carré des nombres de vibrations ou de l’inverse du carré des longueurs des ondes. acs Ion
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- La Lumière électrique
- autre faible bande orangée existe à 2600 environ. Vers 2940, on voit une faible bande jaune s’étendant jusque vers 3o25. La forte bande de couleur citron suit immédiatement et s’étend de 3028 à 3049, et un Peu P^us l°in> entrc 3100 et 3î20, on aperçoit une bande citron beaucoup plus faible. Après un intervalle sombre viennent deux bandes vertes caractéristiques; la première, très brillante, est comprise entre 3312 et 3320, mais elle s’estompe de chaque côté; la seconde, un peu plus faible, mais à bords plus nets que la première, s’étend de 3420 à 3440; il y a aussi une troisième bande verte entre 3460 et 3467 ; cette bande est faible. A 3730 est placé le centre d’une étroite et faible bande vert bleuâtre; de 4110 à 4125 s’étend une bande bleue, et à 4296 une autre bande bleue commence, puis peu à peu diminue si graduellement d’intensité qu’il est impossible de mesurer l’autre bord. Deux raies violettes se voient à 5o52 et 5351, mais elles ne sont pas assez nettes pour qu’on puisse les mesurer exactement.
- « Cette nouvelle méthode de spectroscopie, par la matière radiante, ne m’a pas seulement donné un indice spectral de la présence presque constante de l’yttrium dans un très grand nombre de minéraux, bien qu’il y soit en minime quantité: elle a aussi révélé l’existence d’un autre élément produc-tèur de spectre. Cet élément est caractérisé par une forte bande rouge, une double bande orangée et une bande verte. Je me suis récemment appliqué à résoudre le problème delà double bande orangée.
- c De longues séries d’expériences démontrèrent ce fait remarquable que la substance cherchée était une terre qui, d’elle-même, ne donnait aucun spectre de phosphorescence dans le tube à matière radiante, mais acquérait immédiatement cette propriété quand on lui ajoutait quelque autre substance, laquelle de son côté n’avait pas, isolément, le pouvoir de fournir par phosphorescence un spectre discontinu.
- « Après un très grand nombre d’expériences, il devint presque certain que le corps producteur de la bande orangée était identique avec le samarium de M. Lecoq de Boisbaudran ; il ne restait donc plus qu’à obtenir cette terre à l’état de pureté. Le plan général des opérations fut le même que celui que j’avais adopté pour obtenir du didyme exempt de samarium, seulement l’attention se porta alors sur les parties les plus riches en samarium qu’on avait d’abord mises de côté.
- « Le sulfate de samarium pur ne donne par lui-même, dans le tube à matière radiante, qu’un très faible spectre. Cependant, lorsqu’on mêle la sama-rine avec de la chaux, le spectre devient peut-être encore plus beau que celui de l’yttrium. Les bandes ne sont pas aussi nombreuses, mais les contrastes sont plus accentués. Le spectre consiste en trois bandes brillantes (rouge, orangée et verte), presque
- équidistantes; la bande orangée est la plus forte. Avec une fente plus étroite, les bandes orangée et verte se montrent doubles et, par un examen attentif, on aperçoit de faibles dégradés qui accompagnent les bandes orangée et verte.
- « Des essais préliminaires m’avaient montré que la chaux était une des meilleures substances qu’on pût ajouter à la samarine, dans le but de faire apparaître son spectre phosphorescent, mais ce n’était point le seul corps qui produisit l’effet dé siré. Des observations plus rigoureuses furen-faites depuis avec des substances pures mélangées en proportions déterminées. Les spectres du samarium modifiés par d’autres métaux peuvent être divisés en trois groupes. Le premier groupe comprend les spectres donnés par les mélanges dû samarium avec le glucinium, le magnésium, le zinc, le cadmium, le lanthane, le bismuth ou l’antimoine. Ces spectres comprennent simplement les trois bandes rouge, orangée et verte.
- « Le deuxième type spectral est constitué par deux bandes simples, une rouge, une orangée, et une double bande verte. On l’obtient quand on mêle au samarium du baryum, du strontium, du thorium ou du plomb.
- « La troisième espèce de spectre est produite par l’addition de chaux à la samarine. Ici les bandes rouge et verte sont simples, et la bande orangée est double. L’aluminium se rangerait également dans cette classe, si la bande verte, large et peu distincte qu’il produit par son mélange avec le samarium, n’était pas aussi dédoublée. »
- Recherches expérimentales sur la résistance électrique des substances isolantes, par M. G. Foussereau.
- DEUXIEME PARTIE (‘)
- EXPOSITION DES RESULTATS
- | Ier. — Soufre et phosphore.
- Aucune recherche ne paraît avoir été faite encore sur les résistances du soufre et du phosphore ordinaire.
- Matthiessen (*) a seulement étudié le phosphore rouge dont la résistance serait faible.
- î" Soufre liquide. — Pour éviter les perturbations dues à la présence du sulfure de carbone, j’ai employé du soufre octaédrique naturel que je dois à l’obligeance de M.' Munier, directeur-adjoint du laboratoire de géologie de la Sorbonne.
- (’) Voir, pour la première partie, La Lumière Electrique du 6 juin i885.
- {*) Matthiessen, Pogg. Aan., t. CIII, p. 428, i858.
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- Le soufre primitivement octaédrique se comporte d’üne manière très différente à l’ètat liquide, suivant qu’on le maintient à des températures inférieures à i5o° ou qu’on lui fait franchir cette limite.
- a. Soufre n'ayant pas dépassé i5o°. — Le soufre liquide primitivement octaédrique prend entre no0 et i5o® dés résistances décroissantes, quand la température s’élève, A une même température, ces résistances deviennent de plus en plus faibles, quand on fait cristalliser le soufre sous la forme prismatique, et qu’on le fond de nouveau. Elles tendent vers des valeurs à peu près deux fois plus faibles que les résistances {primitives, comme le montrent les nombres suivants empruntés à quatre séries d’expériences faites sur le même échantillon, qu’on a laissé cristalliser entre chacune d’elles sous la forme prismatique.
- TABLEAU I
- TEMPÉRATURES
- 1470,5 1350 1200 112o,5
- iro série aj (12 mai i883) ohms 2,27 Xio10 3,Ç)8 9,18 14,6
- 2e série a.
- (12 mai i883) 1,88 0, i5 6,25 8.71
- Ct A Rapport— 0,823 0,791 0,681 0,597
- 3° série a-s
- (14 mai 1883) 1,71 2,80 4,95 7,16
- Rapport 0,753 0,704 0,539 0,490
- 4e série av
- (i5 mai i883) 1,73 2,69 4‘81 7,06
- Rapport jj- 0,762 0,676 0,524 0,484
- . .
- Ainsi le soufre primitivement octaédrique conserve encore en cristallisant sous là forme prismatique, quelque chose de ses propriétés primitives. C’est seulement après les cristallisations répétées que ce corps prend une nouvelle constitution bien définie.
- M. Gernez (l), en étudiant la durée de solidification du soufre surfondu et la surchauffe cristalline de ce corps, a reconnu que le soufre octaédrique ne prend pas, en cristallisant, une seule fois sous la forme prismatique, son état définitif à ces deux points de vue. Ces phénomènes de nature diffé rente concourent donc à établir que la constitution moléculaire du soufre est modifiée progressivement par une série de cristallisations.
- (•) Gernez, Journal de Physique. 2e série, t. lit, p. 58 et 286, 1884.
- b. Soufre porté au-dessus de i5o°. — On sait qu’à partir de cette température, le soufre éprouve des changements de consistance et de coloration caractérisant l’apparition des variétés connues sous les noms de soufre insoluble et de soufre mou. Ces changements se manifestent par une interruption dans la marche descendante des résistances, à mesure que la température s’élève.
- La résistance passe par un minimum un peu au-dessous de i5o° et va ensuite en croissant jusqu’à une température comprise entre 1680 et 182°, à laquelle elle prend une valeur maxima de deux à quarante fois plus grande que sa valeur à i5o°. Enfin elle reprend sa marche décroissante.
- Le changement moléculaire qui produit cet accroissement de résistance s’effectue d’une manière lente et progressive, car le phénomène est d’autant plus accentué que réchauffement a été plus lent et plus prolongé. Ainsi dans deux expériences, la première faite rapidement, la seconde beaucoup plus lentement, le soufre a présenté les résistances suivantes :
- TABLEAU II
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE SECONDE EXPÉRIENCE
- Minimum . . 1,81 X ic10 à i52°,5 1,95 X 1010 à i5o°
- Maximum . . 4,94 à 170° 8,33 à 1800
- A 200°. . . . 3.12 7,3o
- A 250°. . . . 1,55
- Le soufre de la dernière expérience, maintenu à la température 200° a pris :
- AU bout de 1 heure, la résistance........... 18,4 X iolü
- Au bout de 2 heures, la résistance.......... 24,1 X io10
- Quand on laisse refroidir le soufre ainsi chauffé sa résistance repasse par les mêmes alternatives, c’est-à-dire que le soufre modifié revient à l’état primitif. Mais ce retour des propriétés primitives n’est jamais complet : il est peu sensible quand le refroidissement est rapide, plus accentuée s’il est lent.
- Le soufre chauffé au-dessus de i5o°, puis ramené au-dessous de cette température, conserve toujours, en définitive, des résistances plus grandes que celles qu’il avait avant son échauflement. Dans une des expériences qui suivent, elles sont devenues jusqu’à dix-sept fois plus grandes.
- La comparaison de ces résistances montre que le soufre modifié s’accumule de plus en plus, à mesure que l’on répète l’application des températures élevées.
- Lfe tableau suivant fait connaître les résistances prises par un échantillon de soufre chauffé successivement à dés températures de plus en plus élevées, puis ràrtlené après chaque expérience au-
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- dessous de i5o“. Cet échantillon est celui qui avait déjà servi aux expériences du tableau I. La deuxième colonne a.t reproduit les nombres de la quatrième série du tableau I.
- TABLEAU III
- 4e sérié
- (i5 mai i883). .
- 5° série a;i (i5 mai i883). .
- Rapport^ . . .
- 6° série afl (i5 mai 1883). .
- Rapport^ . . .
- 7® série a-(16 mai i883), .
- Rapport ~ •
- 8° série
- (16 mai i883). . Rapport^ . . .
- g® série a,, (19 mai 1883). .
- Rapport— . . .
- TEMPÉRATURES
- 147",5 135® 120® 115®
- i ,73xio10 2,69 4,81 6,17
- 2,37 4,16 10,9 14,3
- 1,37 1,55 2,27 2,32
- 3.89 6.81 14,5 •9.9
- 2,25 2,53 3,oi 3,23
- 18,0 22,1 36.0 43,0
- 10,4 8,22 7,48 6,97
- 26,5 33,1 53,0 66,9
- i5,3 12,3 11,0 10,8
- 29,2 44,2 73,5 92,8
- 16,9 16,4 i5,3 i5,o
- 2° Soufre solide. — Un échantillon de soufre neuf ayant été fondu, puis solidifié en prismes, j’ai observé qu’aussitôt après la solidification, la résistance devient soixante-dix-huit fois plus grande. Elle continue ensuite à croître très rapidement, quand la température s’abaisse, et au-dessous de 69°, elle devient difficile à mesurer. Les résultats de cette expérience sont consignés dans le tableau suivant :
- TABLEAU IV
- T E M Ï*É K AT TRES
- 107.0
- 1210,0
- A la température ordinaire, le soufre récemment solidifié a paru parfaitement isolant. Mais après vingt-quatre heures, le même soufre abandonné à lui-même s’était partiellement dévitrifié en quittant la forme prismatique, et il avait repris à la température ordinaire une résistance mesurable 1170X io12.
- Au bout de deux jours cette résistance était devenue 705 X io,!. Elle ne subit plus ensuite que de faibles variations.
- Cette réapparition de la conductibilité pouvant être due à une moindre résistance de la forme octaédrique, je disposai un cristal plat de cette dernière forme entre deux lames de zinc enduites de mercure pour établir le contact, et j’essayai, sans succès, de faire passer dans le cristal le courant d'une pile de 200 éléments Volta. Le soufre octaédrique, chauffé dans ces conditions, ne manifeste une conductibilité qu’à une température peu inférieure à celle de la fusion.
- La réapparition de la conductibilité dans le soufre dévitrifié paraît donc liée à la structure grenue que prend alors le soufre.
- j’ai constaté aussi dans l’étude des sels que la structure grenue, confusément cristalline, se montre plus favorable au passage de l’électricité que la disposition en cristaux massifs.
- Quand on opère sur du soufre fortement chargé de soufre mou, l’accroissement brusque de résistance dû à la solidification devient beaucoup moins sensible. Une masse de soufre non échauffée dans un cylindre de zinc, puis refroidie brusquement par immersion dans une masse d’eau froide, a donné, immédiatement après cette opération :
- i3,oX io12 à 86° et 3i4X io*2 à 47°
- Ce même soufre, fondu plusieurs fois, se rapproche peu à peu des propriétés du soufre cris-tallisable, mais sans les atteindre.
- Abandonné à lui-même à la température ordinaire, il ne manifeste pas le retour de la conductibilité que je viens de signaler dans le soufre prismatique.
- 3° Phosphore ordinaire. — Le phosphore ordinaire liquide conserve la même constitution jusqu’au-dessus de ioo°. Il ne présente pas les mêmes complications que le soufre. Sa résistance, qui est de l’ordre des cent millièmes par rapport à celle du soufre liquide, peut être observée facilement jusqu’à 25° quand on le maintient en surfusion. Les résultats sont consignés dans le tableau suivant :
- TABLEAU V
- T !•' M l‘ V. R A T l K E S R É S I S T A N C E S
- 0^0 2,30 X IO11
- 3o 2,06
- 40 '• 1.61
- 5o 1,33
- 60 1,10
- 70 0,848
- 80 , 0,652
- 90 0,489
- 100 0,346
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- L’addition d’une faible quantité d’eau a rendu la résistance soixante-cinq fois plus petite.
- Le phosphore devient environ dix mille fois plus résistant par sa solidification. Les résistances du phosphore solide sont en conséquence du même ordre que celles du soufre liquide. Elles sont données par le tableau suivant :
- TABLEAU VI
- T E M P É R A T U U E S RÉSISTANCES
- îi® io,5 X io10
- i5 8,40
- 22 5,98
- 29 4,o3
- 34 2,84
- 42 i,56
- II. — De l'eau.
- i° Historique. — La recherche de la résistance de l’eau distillée rencontre deux difficultés très graves, capables d’altérer les résultats dans une proportion quelconque.
- La première est la présence de matières étrangères qui diminuent la résistance au point d’en changer complètement l’ordre de grandeur; la seconde est le développement de la polarisation des électrodes, quand on opère avec des courants qui les traversent. Cette seconde cause d’erreut augmente en apparence la résistance mesurée. Aussi, les divers auteurs qui se sont occupés de cette question ont-ils trouvé des résultats très différents les uns des autres.
- Nous citerons parmi les travaux entrepris sur la résistance de l’eau ceux de MM. Pouillet (*), Ed. Becquerel (2), Magnus (a), Quincke (*), Nac-cari et Bellati (*), Oberbeck (°),Herwig (7), Ayrton et Perry (8). La polarisation est intervenue dans les résultats de ces diverses recherches comme cause d’erreur plus ou moins grave.
- M. Kohlrausch (9) a cherché à en atténuer les effets en employant des courants alternatifs. On
- (t) Pouillet, Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. IV, p. 785; 1837-
- (*) E. Becquerel, Annales de Chimie et de Physique, 3° série, t. XVII, p. 267 ; 1846.
- (3) Magnus, Berliner Monalsberichle, p. 72; 1861.
- P) Quincke, Pogg. Ann., t. CXLIV, p. 21; 1871.
- (6) Naccari et Beïlati. Voir Rosseti Atti del Isl. Venclo, 4° série, t. lit, p. 21:9; 1873-74.
- (6) Oberbeck, Pogg. Ann., t. CLV, p. 5g5; 1875.
- P) Herwig, Pogg. Ann., t. CL1X, p. 61 ; 1876.
- (*) Ayrton et Perry, P.'iit. Mag., t. IV, p. 114; 1877 et t. V, p. 43; 1878.
- (*) Kohlrausch, Pogg. Ann. Ergxnzungsbà, t. VIU, p. 1 ; 1878.
- peut diminuer ainsi l’action de cette cause d’erreur, mais il est certain qu’elle ne disparaît pas complètement, et il est difficile d’évaluer l'influence qu’elle conserve.
- M. Kohlrausch a constaté que l’eau prend des résistances variables avec la nature des vases où on la distille et avec les matières qu’on y ajoute même en quantité très faible avant ou après la distillation. Il a aussi reconnu que le séjour de l’eau dans le verre augmente sa conductibilité.
- Dans les expériences récentes (*) exécutées sur de l’eau distillée dans le vide, M. Kohlrausch a trouvé une résistance de 3,77 X ioG ohms à 8°. Ce chiffre est le plus élevé qui ait été obtenu. Mais cette opération a été faite dans des vases de verre où l’eau a été chauffée pendant un quart d’heure jusqu’à des températures comprises entre 3o° et 45°. A ces températures elle dissout rapidement les sels de verre et les entraîne en partie dans la distillation. D’autre part, M. Kohlrausch n’a pas employé dans ces dernières expériences la méthode des courants alternatifs, et il s’est servi de faibles forces électromotrices. La polarisation a donc apporté dans les résultats une perturbation dont on ne peut apprécier l’importance. Ajoutons que la résistance de la même eau aurait diminué au bout de cinq minutes dans le rapport de 2 à 1 environ.
- 20 Résistance de l'eau à l'état liquide. — J’a entrepris d’étudier la conductibilité de l’eau par une méthode entièrement soustraite à 1’aetion de la polarisation. Cette méthode est celle que j’a i décrite dans la première partie de ce travail au § 2 ; j’ai étudié d’abord des eaux distillées de diverses provenances. Elles m’ont donné des résultats variant dans le rapport de 1 à 6. La plus isolante a été une eau fournie par la maison Bil-lault, dont la résistance atteignait la valeur
- 7,034 X io:i ohms à i5°,5.
- Cette résistance est la plus grande que j’aie obtenue; elle ne représente, sans doute, qu’un minimum, car il résulte, tant de mes expériences que de celles de M. Bouty sur un grand nombre de substances, que l’addition à l’eau d’un corps quelconque en petite quantité augmente toujours sa conductibilité. L’eau ordinaire de la ville a une résistance plus de deux cents fois plus petite.
- 3,393 x 103 à i5®.
- J’ai entrepris, sur le conseil de M. Debray, une série de distillations lentes dans des appareils de platine, avec addition préalable de traces de réac-
- (!) Kohlrausch. Berichte der AkaJ. dcr YVissenschaften zu Berlin, 23 octobre 1884.
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- tifs divers capables de retenir les impuretés de l’eau. M. Clément, du laboratoire de l’Ecole normale, a fait pour moi ces distillations avec le plus grand soin. Les résultats ont été très peu concordants, les réactifs ajoutés paraissant être entraînés en proportion appréciable. L’eau distillée seule une ou plusieurs fois a toujours donné les résistances les plus grandes ; mais je n’ai pas atteint de nouveau les chiffres mentionnés plus haut. L’eau distillée seule plusieurs fois ne pouvant avoir entraîné des matières étrangères, son impureté ne peut être due qu’aux matières empruntées aux parois des vases ou à l’atmosphère.
- Pour étudier l’influence de la paroi des vases (*), j’ai laissé séjourner de l’eau pendant un certain temps à des températures comprises entre 140 et x8°, dans le tube de verre bouché servant aux expériences de mesure. J’ai ainsi constaté d’un jour au suivant une diminution de résistance attei
- gnant environ de la résistance primitive en
- moyenne. Le séjour de l’eau dans des vases de verre qui n’ont pas été nettoyés avec autant de soin que l’appareil de mesure produit une altération plus rapide. La résistance a diminué alors de
- quantités pouvant atteindre de sa valeur par jour.
- Cette altération s’accélère énormément quand on éléve la température. Dans une expérience du 12 juin 1884, on a porté l’appareil de 170 à 32°3 ; puis on l’a ramené à la température primitive, en observant de temps à autre la résistance et à la fin de l’expérience qui avait duré 3 heures : elle avait
- diminué de —W de sa valeur primitive. A la tem-
- pérature ?5°, elle a diminué en trois minutes dans le rapport de 44 à 27. La rapidité du changement ne permet alors que des mesures approchées.
- On a observé de même l’action du contact de 'air en faisant séjourner l’eau dans des vases de platine ouverts. La diminution de résistance a été
- de -à par jour. Elle n’a été que de ^ quand
- le vase de platine était bouché. Pendant l’opération de la distillation, l’eau présente à l’air une surface constamment renouvelée qui peut sans doute absorber une quantité appréciable des matières répandues dans l’atmosphère.
- J’ai cherché à déterminer l’importance des traces de matières étrangères capables d’amener des divergences comparables à celles qui ont été observées entre les divers échantillons étudiés. Dans ce but, j’ai ajouté à une eau de résistance déterminée des quantités connues et très faibles de chlorure de potassium. J’ai reconnu ainsi que, si l’on re-
- (1) M. Chevreul avait déjà remarqué, en 1843. que l’eau
- s’altère par son séjour dans des vases de verre.
- présente par 1 la conductibilité de l’eau distillée employée, cette conductibilité devient i,52 après l’addition de0,000001 de ce sel; 5,60 avec 0,00001, enfin 382 avec 0,001. D’après les expériences de M. Bouty (') sur les dissolutions salines et acides étendues, l’acide chlorhydrique condaitô fois mieux que le chlorure de potassium à poids égaux. En rapprochant ces divers résultats, on arrive à cette conclusion que, si l’eau pure était parfaitement
- isolante, il suffirait d’y ajouter — d’acide chlorhydrique pour lui donner la conductibilité de l’échantillon le plus isolant que j’aie observé. Il est vraisemblable que des traces d’acides, de bases ou de sels de cet ordre peuvent être fournies par l’atmosphère des laboratoires.
- M. Bouty avait, au contraire, signalé les matières organiques comme peu conductrices. J’ai constaté
- en effet que, après l’addition de ^ d’erythrite et
- de de sucre, la conductibilité de l’eau a varié seulement de 1 à 1,078 et à 1,093.
- 3° Influence de la température. — M. Gross-mann (3) en comparant les résultats de ces expériences avec ceux de MM. Grotrian et Kohlrausch, a reconnu que, pour certaines dissolutions salines prises séparément, le coefficient de frottement intérieur reste aux diverses températures proportionnel à la résistance électrique. Les expériences de Poiseuille (:i) sur l’écoulement de l’eau par des tubes capillaires conduisent à représenter le frottement intérieur de l’eau par la formule
- ______________0,00001816___________
- 1 + o,o33&7g3xt + 0,0002 209936 x/1 2
- M. Bouty, dans le travail cité plus haut, a reconnu que les conductibilités des dissolutions salines étendues varient avec la température proportionnellement au binôme
- 1 + 0,0,33695 x /
- qui reproduit les deux premiers termes du trinôme de Poiseuille, le terme en t2 demeurant nul ou très petit. Il y avait lieu d’examiner si l’eau à peu près exempte de matières étrangères, comme pouvait l’être l’eau employée par Poiseuille, ne présente pas une proportionnalité plus exacte entre le coefficient de frottement et la résistance ; le rapprochement de ces deux quantités pouvait présenter un intérêt théorique. Je n’ai pu étudier l’influence de la température sur la résistance de l’eau
- (*) Bouty, Journal de Physique, 2>' série, t. III, p. 325 : 1884.
- (2) Grossmann, Wied. Ann., t. XVIII, p. 119.
- (:i) Poiseuille, Menu des savants étrangers, t. XI, p. 433
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- qu’entre o° et 2i°, l’altération causée par le verre demeurant trop rapide aux températures plus élevées. Mais, dans ces limites, la proportionnalité entre les deux phénomènes se montre très exacte, comme on le voit par le tableau YII. Les écarts
- n’atteignent pas ^ des résistances observées. Les résistances de la troisième colonne sont calculées en divisant la résistance à o° par le trinôme de Poiseuille.
- TABLEAU VII
- TEMPÉRATURES
- 00,0 6,9 11 35 16,0 21,1
- 0,8073 0.8073 0,6487 0,649s — 0,0908 0,5736 9,5719 + 0,0017 0,5076 0,5o6o + 0,0016 0,4479 0,4403 4- 0,0016
- “ I 812 + 336 _i—L ^ 3i6 + — 279
- Résistances observées a Résistances calculées b.
- Différences d..........
- d
- Rapports -.............
- 40 Eau à l'état solide. — La résistance de la glace a été mesurée par la détermination du temps nécessaire au passage d’une quantité connue d’électricité à travers ce corps, disposé sous forme d’un cylindre creux entre les électrodes de platine. Elle a été trouvée, à o°, douze mille trois cent quarante fois plus grande que celle de l’eau distillée qui l’a fournie. Elle se multiplie par 11 entre —1° et—170. Le tableau VIII donne les résultats de cette recherche.
- TABLEAU VIII
- TEMPÉRATURES RÉSISTANCES
- JO ohms 0,4867X io10 1, i36 1.947 2,109 2,433 4,38o 5,354
- 5
- 10
- 11
- i5. .
- 17
- 1 <
- Un échantillon d’eau de la Ville, conduisant soixante-cinq fois mieux que l’eau distillée précédente, a fourni une glace de vingt-sept à quarante fois plus conductrice que la glace d’eau distillée. Les impuretés exercent donc sur la résistance de la glace une influence comparable à celle qu’elles exercent sur la résistance de l’eau.
- § III. — DES SELS ANHYDRES
- i° Historique. — L’étude de la résistance électrique des sels fondus présente un certain intérêt, en raison de la constitution simple de ces corps, puisqu’ils sont exempts de tout dissolvant étranger.
- Toutefois, comme ces substances sont incomparablement plus conductrices que l’eau, la polarisation apporte, quand on fait usage des méthodes galvanométriques, des perturbations qui rendent toute mesure incertaine. Les hautes températures qu’on doit entretenir développent aussi les forces électromotrices thermo-électriques qu’il faut atténuer et éliminer avec beaucoup de soin.
- Les plus anciennes recherches qui aient été faites sur les sels fondus sont celles de Matteucci (*).
- Les nombres qu’il a obtenus ne peuvent, en raison des causes d’erreur que nous venons d’indiquer, être regardés comme représentant la conductibilité réelle des sels.
- M. Wiedemann (2) et M. Gross (3) ont seulement constaté l’existence de la conductibilité et de la polarisation pour divers sels cristallisés, ou fondus ou solidifiés, ou enfin tassés après avoir été réduits en poudre. M. F. Braun (*), a entrepris des recherches étendues sur les sels fondus à l’état liquide, en employant une méthode galvanomé-trique. Il cherche à éliminer la force électromotrice de polarisation en la mesurant aussitôt aprèsl’expé-rience principale. Cette correction est nécessairement très imparfaite, parce que la polarisation varie rapidement avec la durée du courant. De plus, les sels ayant été chauffés à feu nu, les actions thermo-électriques ont pris un grand développement. L’auteur a été conduit par ces difficultés à prendre des moyennes entre les résultats dont les écarts dépassent parfois la proportion du simple au double.
- 20 Sels à l'état liquide. — J’ai employé, pour
- (>) Matteucci, Annales de Chimie et de Physique, 3° série t. XV ;• 1845.
- {-) Wiedemann, Pogg, Ann.; t. CLIV, p. 3i8; 1875.
- (:lj Gross, Berliner Monatsberichte, p. 5oo; 1877.
- (4) Braun, Pogg. Ann., t. CLIV, p. 161 ; 1875.
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- l’emploi des sels fondus à l’état liquide, la méthode décrite au § i de la première partie avec les précautions nécessitées par les difficultés de l’expérience et indiquées dans l’exposition de cette méthode. Les écarts entre deux résultats relatifs au même sel et à la même température n’ont
- pas dépassé ^ de la quantité mesurée. Les sels
- étudiés étaient des sels purs du commerce bien cristallisés et contrôlés au moyen des réactifs usuels. J’ai opéré sur les azotates de potasse, de soude et d’ammoniaque, sur le chlorate de potasse et sur le chlorure de zinc. J’ai étudié en outre quelques mélanges des azotates entre eux.
- Pour reconnaître s’il existe, entre la résistance
- et le frottement intérieur des sels fondus, une relation analogue à celle que j’ai signalée pourl’eau, j’ai entrepris la détermination du coefficient de frottement des sels, en opérant par la méthode de Poiseuille. Le sel étudié était fondu dans une capsule de porcelaine entourée d’un bain du même sel. On disposait au-dessus de ce bain un tube de verre vertical AC (fig. 7) terminé à sa partie inférieure par une extrémité très effilée et recourbée horizontalement, et dont l’autre extrémité communiquait par un tube de caoutchouc CP avec le récipient d’une machine pneumatique. On faisait dans le tube un vide partiel, puis on immergeait son extrémité dans le bain dont la température était connue. On mesurait ainsi les temps nécessaires au liquide pour franchir les intervalles d’une série de traits marqués à l’avance sur le tube. Quand on avait affaire à des sels capables de se décomposer
- par la diminution de pression, on procédait au contraire en introduisant à l’avance le sel dans le tube et on le faisait sortir par compression, en versant du mercure dans un manomètre MN P.
- On sait, par les expériences de Poiseuille, que la vitesse d’écoulement d’un liquide dans un tube
- capillaire est: i° proportionnelle à l'excès de pression qui détermine l'écoulement; 20 inversement proportionnelle à la longueur du tube; 3° proportionnelle à la quatrième puissance de son diamètre. Si nous désignons par 0 la durée de l’écoulement entre deux traités déterminés, par P l’excès de pression, par X le coefficient de dilatation linéaire
- TABLEAU IX
- TEMPERATURE
- COEFFICIENT de frottement
- RESISTANCE
- spécifique
- RAPPORT
- '0
- Chlorate de potasse: c — 122,64, d — 1,964 à 359°
- 3590 2,559 409 0,611
- Azotate de potasse: e = = 101,14, d=i, 862 à 340°
- 334 1,836 585 1,158
- 340 1,748 1,514 i,i55
- 358 i,5i5 1,266 1,197
- Azotate de soude: e = 85, d = 1,898 à 322°
- 3o5 2,654 2,179 1,218
- 320 2,376 1,900 1 ,25i
- 329 2,203 1,801 1,223
- 337 2,049 1,706 1,202
- 340 2,008 I ,670 1,202
- 355 1,781 i ,5i 1 M79
- i«'i Azotate de potasse: 4- ié(i Azotate de soude:
- d= 1,897 à 341°
- 232
- 242
- 2(t>
- 287
- 304 3o6 313 332 348 359
- 4.011
- 3,787
- 3,224
- 2,771
- 2,394
- 2,33o
- 2,294
- i.88l
- 1,712 1,6o3
- 2,1C0
- 1,990
- 1,623
- 1,382
- 1,264
- 1,250
- 1,191
- 1 ,o3o
- 0,8907
- o,85oo
- 1,871 1 ,ço3 1,986 2,oo5 1,894 1,868 1,926 1,826 1.922 1,886
- Azotate d'ammoniaque: e = 8o, d— 1,402 à 175°
- 162
- i85
- 2,477 1,980
- 2-794
- 2,i83
- 0,887
- 0,907
- i,!'i KO, AzOB + i^i NaO, AzOB -f 2é‘i Az IPO, AzOB ; d= 1,743 à 164°
- i38 7,25i 5,6i6 4,930 i,47i
- 172 3,690 1,522
- Chlorure de zinc: e = = 68,5, d= 2,58i à 295°
- 262 5o,9 4 259 11,95
- 3oi 34,7 3,o58 11,35
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 529
- et par d le coefficient de dilatation cubique du verre, l’expression
- A=Px;j;)+1'1‘-px»x(i+.«)
- représentera la durée d’écoulement qu’on aurait observée par un excès de pression égal à l’unité, si le tube avait conservé les dimensions qu’il avait à 0°. Désignons par A' la valeur de la quantité analogue obtenue par l’eau à i5° avec le même tube, et le même intervalle, par 4 et y les coefficients de frottement du sel et de l’eau aux mêmes températures.
- On aura
- Le tableau précédent fait connaître pour chaque sel la résistance spécifique en ohms et le coefficient de frottement rapporté à celui de l’eau à i5°,
- enfin le rapport de ces deux’quantités. On voit que ce rapport conserve pour un même sel des valeurs aussi concordantes qu’on peut l’espérer dans les conditions de l’expérience. On peut donc regarder ces deux quantités comme proportionnelles.
- J’ai indiqué pour chaque sel l’équivalent e et la densité d, que j’ai mesurée par la méthode du flacon. Mais je n’ai trouvé aucune relation simple d’un sel à l’autre entre le coefficient de frottement et la résistance rapportée soit à l’unité de volume, soit à l’équivalent.
- 3° Sels à l'état solide. — Les sels précédents ont été étudiés à l’état solide entre la température ordinaire et leur point de fusion, par les méthodes décrites dans la première partie, au § III et au g IV. Le tableau suivant fait connaître quelques-uns des nombreux résultats obtenus entre ces limites. Il permet de comparer l’ordre de grandeur de ces résistances aux mêmes températures.
- TABLEAU X
- à 100» RÉSISTANCE à 200° à 3ooo
- ohms ohms ohms
- » 3i,5oox io° 5,60 X 10°
- 50,900 X IO3 56,7 »
- 17600 9.47 0,0294
- 11,8 0,00097 »
- 0,0471 * **
- 0,021I » «
- 12,0 o,ooi38 "
- Chlorate de potasse........................
- Azotate de soude...........................
- Azotate de potasse.........................
- i*iKO, AzO3 + î^iNaO, AzO3.................
- Azotate d'ammoniaque.......................
- ié<i KO, AzO3 + ié<i NaO, AzO3 + 2L,|i Azll*0, AzO3 Chlorure de zinc...........................
- La comparaison des résultats relatifs aux divers sels sous les deux états a conduit aux remarques suivantes :
- i° Le passage de l’état liquide à l’état solide rend la résistance des sels de cinq cents à vingt mille fois plus grande. Le chlorure de zinc, qui s’épaissit avant de se solidifier entièrement, fait exception. Le changement de résistance est pour lui moins accentué.
- 2° Les résistances aux mêmes températures varient beaucoup d’un sel à l’autre. Celles du chlorate de potasse sont comparables aux résistances des verres très isolants à base de plomb. Celles de l’azotate de soude sont environ cinq cents fois plus faibles. L’azotate de potasse conduit encore de quatre à trente-quatre fois mieux que l’azotate de soude. Les résistances du chlorure de zinc sont de l’ordre des dix-millièmes et celles de l’azotate d’ammoniaque de l’ordre des millionièmes par rapport à celles de l’azotate de soude.
- 3° L’azotate de potasse subit pendant son refroi-
- dissement une variation brusque a une température comprise entre i3o° et 1060. Sa résistance devient subitement douze à quinze fois, plus grande. Le phénomène inverse a lieu pendant réchauffement et, en général, à une température un peu plus haute que dans le premier cas. Ce changement brusque doit être attribué au changement de la forme cristalline, l’azotate de potasse étant dimorphe.
- 40 Les mélanges des azotates entre eux sont beaucoup plus conducteurs que ces sels eux-mêmes. Ainsi le mélange à équivalents égaux des azotates de potasse et de soude conduit de deux cents à quinze cents fois mieux que le premier de ces sels, et de cinq mille à huit mille fois mieux que le second aux mêmes températures. De même le mélange des trois azotates conduit encore mieux que l’azotate d’ammoniaque. Or les azotates séparés forment des cristaux volumineux et parfaitement nets, tandis que leurs mélanges se solidifient, sous forme d’une masse blanche, élastique, difficile à casser, formée vraisemblablement de petits
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- éléments cristallisés des différents sels. Ainsi, pour les sels comme pour le soufre, le groupement confus de petits éléments, enchevêtrés en tous sens, paraît être plus favorable au passage de l’électricité que la disposition en cristaux volumineux.
- 5° Des mesures de résistance, exécutées sur des tubes de porcelaine, m’ont conduit pour ce corps à des résultats comparables à ceux que j’avais précédemment obtenus pour les verres très résistants. La résistance spécifique a varié entre 2,i5 X iols ohms à 5o° et 6,5i X io9 ohms à 210°.
- Représentation graphique des résultats.— Pou pouvoir figurer sur une même feuille et avec une même échelle des résistances de grandeur si différente, j’ai adopté un système de représentation graphique consistant à prendre pour abscisses les températures, et pour ordonnées les logarithmes des résistances.
- La figure 8 permet ainsi de comparer d’un seul coup d’œil les ordres de grandeur du phénomène pour toutes les substances étudiées dans ce travail.
- En résumé, j’ai cherché à déterminer les métho-
- FIG. b. — COURBES A ORDONNEES LOGARITHMIQUES.
- I. Soufre liquida, n° I. — 2. Soufre ; liquide, n° 4. — 3. Soufre liquide, n» 8. — 4. Soufre prismatique solide. — 5. Soufre solide partiellement mou/'— 6. Phosphore liquide. —„ 7. Phosphore solide. — 8. Eau distillée, la plus isolante. — q. Eau distillée, n° 2. — 10. Eau ordinaire de la ville. — il. Glace de l’eau, n<> 2. — 12. Glace de l’eau de la ville. — i3. Chlorate de potasse fondu. — 14. Azotate de soufre fondu. — l5. Azotate de potasse fondu. — 16, Azotate d’ammoniaque fondu. — 17. Chlorure de zinc fondu. — i8« 1 éq. KO, AzOn+l éq. NaO, AzO!1^ fondu. — 19. 2 éq. Az H* O, AzOr,-{-i éq. KO, AzOri H- I éq. NaO, AzOK fondu. — 20. Chlorate de potasse solide. — 21. Azotate de soude solide.^— 2 2. Azotate de potasse solide, — 23. Azotate d’ammoniaque • solide. — 24. Chlorure de zinc solide. — 25. 1 éq. KO, AzOr’ + I éq. NaO, AzO5 solide.— 26. 2 éq. Az H*0, AzOB + 1 éq. KOt AzO8-f-1 éq. NaO, AzO5 solide. — 27. Verre ordinaire à base de chaux. — 28. Verre de Bohême. — 29. Cristal à base de plomb. — 3o. Porcelaine.
- des électrométriques qui conviennent à la mesure des résistances des divers ordres de grandeur et j’ai discuté les limites de leur emploi.
- En appliquant ces méthodes à l’étude des résistances, de diverses substances solides et liquides, j’ai montré que les changements d’état, les phénomènes allotropiques, les altérations dans la structure, la forme cristalline ou la composition chimique, sont accompagnés de modifications très considérables dans la résistance électrique. L’observation de la résistance peut donc, dans beaucoup de cas, permettre de suivre les circonstances de ces phénomènes et même en faire découvrir l’existence;
- elle permet en particulier de contrôler la pureté de certains liquides avec une sensibilité que les réactifs n’atteignent pas.
- Enfin, j’ai étendu à l’eau distillée et à un certain nombre de sels fondus la loi de proportionnalité signalée par Grossmann entre les résistances de quelques dissolutions et leurs coefficients de frottement intérieur aux différentes températures (‘).
- (1) Ce travail a été fait au laboratoire de recherches physiques de la Sorbonne.
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- JOURNAL UNIVERSEL IV ÉLECTRICITÉ
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- Les allumeurs électriques dans les machines a gaz.
- Tout le monde sait que dans le moteur à gaz Lenoir on enflamme à l’aide des étincelles d'une bobine de Ruhmkorff le mélange gazeux formé de 10 parties de gaz d’éclairage pour go parties d’air. Dans les moteurs Bisschop et Otto, le mélange gazeux, dont la composition est à peu près la même, est enflammé par un bec de gaz allumé avec lequel
- il est mis en contact, grâce à un mécanisme convenable.
- Il paraît que dans ces derniers temps on tend à revenir à l’emploi de l’étincelle électrique ; c’est du moins ce qu’affirme le Journal de Dingler (6 mai i885), auquel nous empruntons la description de quelques dispositifs récemment imaginés.
- Les frères J. et C. Lassen, de Darmstadt, se servent comme générateur de courant d’une petite machine Gramme que le mécanicien chargé de conduire le moteur fait tourner à la main pour la mise
- FIG. 2 ET 3
- en tram et qui ensuite est commandée par une courroie de transmission. Le courant de la machine Gramme traverse le fil inducteur d’une bobine de Ruhmkorff dont le fil induit communique avec le système de commutation représenté figure i. Ce système se compose de quatre ressorts a juxtaposés et isolés de la paroi du cylindre; deux des ressorts a sont reliés au fil de la bobine, les deux autres communiquent chacun avec une des pointes de l’allumeur. En regard de ces ressorts se trouvent en nombre correspondant des taquets b montés sur l’arbre c et isolés de ce dernier. Toutes les
- fois que, par suite de la rotation de l’axe c, les taquets b arrivent au contact des lames élastiques a, le circuit est fermé et l’étincelle jaillit entre les deux pointes de l’allumeur.
- Ce système fort simple offre un inconvénient sérieux. Les pointes placées en regard fonctionnent très bien dans les premiers temps, mais elles ne tardent pas à s’encrasser par suite des dépôts que forment les produits de la combustion ; l’étincelle jaillit de plus en plus difficilement jusqu’au moment où l’allumeur cesse complètement de fonctionner.
- M. S. Marcus, de Vienne, a cherché à porter remède à ces inconvénients en animant les deux électrodes d’un mouvement relatif en sorte qu’elles frottent constamment l’une contre l’autre et ne s’écartent qu’à l’instant où l’étincelle doit se produire. Il est aisé de concevoir un mouvement alternatif de ce genre ou encore un mouvement par
- came. Ce dispositif a deux avantages; il entretient d’abord aux électrodes un état de propreté qui rend certain le passage de l’étincelle; en second lieu il se produit d’une façon constante un arrachement de parcelles métalliques que le passage de l’étincelle porte à une température très élevée, ce qui est une garantie de plus pour la sécurité de l’allumage.
- Les figures 2, 3, 4, 5 et 6 rèprésentent une des dispositions imaginées par M. S. Marcus, disposition que nous allons décrire. L’inducteur est constitué par une bobine de fil de cuivre g enroulée sur un noyau f à épanouissements polaires ft et /à; les mouvements de cette bobine sont solidaires de ceux de l’axe D et les deux extrémités de l’enroulement communiquent d’une part avec le corps de l’appareil et de l’autre avec le manchon h calé sur l’arbre D, mais isolé de ce dernier. Un frotteur recourbé à angle droit hl conduit le cou-
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- 53s
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- rant du manchon h à la borne k. Le champ magnétique dans lequel se meut la bobine g- est formé par deux pièces polaires B B, qui servent d’armature à une série de barreaux aimantés c distribués parallèlement à l’arbre D et de telle façon que les pièces B et B, offrent des polarités de sens contraire.
- Voici comment s’obtient le mouvement de la bobine : Sur l’arbre D est calée une manivelle à coulisse# commandée par un bouton r, lequel est solidaire d’un plateau r excentré par rapport à l’arbre D. Ce dernier plateau est mû directement au moyen d’une sorte de chaîne de galles y par l’arbre du moteur A. Cette disposition a pour effet de donner à la bobine g un mouvement périodiquement varié et dont la vitesse est maxima au moment où le noyau change de polarité (tig. 4). C’est à ce moment que le circuit est rompu entre les deux électrodes constituant l’allumeur. La figure 3 représente la façon dont se produit cette rupture. Une des tiges de l’allumeur est fixe et vient se placer à angle droit sur l’autre tige 2 ; ces tiges sont reliées chacune à l’une des extrémités du
- FIG. 5 ET 6
- fil de la bobine (borne k et corps de l'appareil). La tige 2 est animée d’un mouvement alternatif de montée et de descente au moyen d’une came it calée sur l’arbre A. L’ensemble du mécanisme esi réglé de telle façon que la vitesse maxima de la bobine corresponde au moment où le galet terminant la tige z échappe à la saillie ui de la came.
- Ce dispositif est dans son ensemble très ingénieux, comme on le voit, aussi avons-nous tenu à en dire quelques mots.
- M.
- Nouvel avertisseur d’incendie.
- Tout le monde connaît le parti qu'on peut tirer de l’électricité, appliquée aux appareils de sûreté, mais tandis que ces derniers se vulgarisent de plus en plus à l’étranger, c’est à peine si chez nous ils existent à titre d’essai. En Amérique par exemple il n’est point de grandes villes où les avertisseurs de voleur) d’incendie, etc., ne soient communément employés, et la plupart des Compagnies d’assurances en exigent par contrat la pose pour les établissements assurés. On peut certes objecter que la fréquence des vols et des incendies chez nos
- voisins d’outre-océan impose des précautions qui fort heureusement sont moins indispensables ici. Mais quand on réfléchit aux services que peuvent rendre ces appareils d’un prix très modique et d’une installation si facile, il est bien des cas où la plus simple prudence en dicte l’application. Ce ne sont pas les dispositifs qui manquent notamment pour les av rtisseurs d’incendie ; mais tous peuvent être classés en deux catégories, les avertisseurs à flammes et les avertisseurs à élévation de température. Les premiers ne préviennent du commencement de l’incendie que lorsque le circuit sur lequel ils sont placés est atteint par les flammes. Il faut donc qu’il y ait combustion en un des points où sont situés les fils pour qu’il y ait fonç-
- FIG. I ET 2
- bonnement de l’appareil. C’est là un grave inconvénient, et l’on risque fort d’ètre averti souvent un peu tard. Les seconds n’agissent au contraire que-lorsque la température de l’enceinte ou ils sont disposés vient à s’élever au-dessus d’un certain degré. Parmi ces derniers il en est même qui ne fonctionnent que dans le cas d’une élévation brusque de température, avantage, croyons-nous de peu d’intérêt. Un des dispositifs les plus récemment brevetés et particulièrement recommandable par sa grande simplicité est celui de M. Rouley. Il se compose d’un godet métallique a d’une contenance de quelques centimètres cubes et dont la surface interne est recouverte d’une matière isolante telle que cire, paraffine, etc. Le degré de fusion de cet enduit correspond à la température dangereuse pour laquelle on veut être averti. Le godet renferme en outre quelques gouttes de mercure où vient plonger une tige métallique e également enduite du même corps isolant, on conçoit facilement qu’on puisse intercaler un nombre quel-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 533
- conque de ces appareils dans le circuit électrique d’une sonnerie de telle sorte que le circuit reste toujours ouvert en temps normal, et ne se ferme qu’au moment de la fusion de la matière isolante. A ce moment la sonnerie retentit et annonce le danger.
- Les propriétés électro-chimiques du nickel, par le professeur E. Bœttcher.
- Aux propriétés physiques bien connues du nickel, s’ajoutent, au point de vue chimique, des propriétés particulières qui le placent à côté des métaux précieux.
- Le nickel jouit de la propriété de ne pas s’oxyder à l’air humide et de résister fort bien aux acides, excepté à l’acide sulfurique et au chlore à l’état libre. Bien que ces faits soient généralement connus, on trouve dans de nouveaux traités de chimie, justement estimés d’ailleurs, le nickel rangé dans le même groupe que le fer, groupe des métaux qui, en présence des acides, décomposent l’eau. On va jusqu’à affirmer qu’il se dissout dans l’acide sulfurique et dans l’acide chlorhydrique avec dégagement de gaz hydrogène. Or, ce sont là des faits qu’il est facile de démentir expérimentalement. Ainsi le nickel pur ne se dissout même pas dans l’acide sulfurique ou dans l’acide chlorhydrique chauffé. On peut même sur une feuille de nickel pur évaporer de l’acide sulfurique au-dessus de la flamme d'une lampe à alcool sans qu’il y ait décomposition. Il est vrai que le nickel se dissout en absorbant l’oxygène, lorsqu’après l’avoir préalablement arrosé d’acide sulfurique ou chlorhydrique, on l’abandonne pendant un temps plus ou moins long à l'action de l’air ; les sels correspondants prennent naissance dans ces conditions. Le nickel fondu, à cause de sa plus grande porosité, se dissout plus facilement que le nickel laminé et présente donc à ce point de vue une analogie très grande avec le cuivre. Si le nickel forme facilement des combinaisons chimiques, il est à remarquer qu’on le déplace très difficilement de ces combinaisons une fois formées : ni le zinc ni le fer ne peuvent le réduire. L’hydrogène sulfuré précipite le sulfure de nickel des dissolutions alcalines et non des dissolutions acides, et ce sulfure ne se dissout pas dans l’acide chlorhydrique même chauffé, tandis que les sulfures de zinc, de fer et de manganèse s’y dissolvent facilement à froid et donnent lieu à un dégagement d’hydrogène sulfuré.
- Les propriétés électro-chimiques du nickel sont en rapport avec ses propriétés chimiques.
- D’une solution de sulfate de cuivre il ne précipite pas le cuivre et si l’on forme un circuit en plongeant dans la même solution une lame de cuivre, aucun courant ne se manifeste. Et cependant la chaleur de combinaison du cuivre avec SCP ne comporte que
- 29500 calories. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner si le nickel plongé en même temps qu’une lame de platine ou de cuivre nu dans de l’acide sulfurique ou de l’acide chlorhydrique ne donne aucun courant. Nous signalerons à ce sujet une méprise facile à commettre. La petite quantité d’oxygène qui recouvre la surface du platine exerce tout d’abord une action dépolarisante, de sorte que l’on constate à l’origine un courant de faible durée. Le même fait se produit lorsque la lame de cuivre n’a pas une surface absolument métallique, mais qu’elle porte une couche d’oxyde qui a pour effet d’oxyder l’hydrogène de l’eau décomposée. Si l’on a soin de décaper préalablement le cuivre en le plongeant dans une solution acide, on constate qu’il ne donne plus aucun courant avec le nickel dans les solutions précédentes.
- Pour obtenir l'équivalent électro-chimique de la combinaison nickel SOS j’ai eu recours à un procédé détourné en soumettant à l’électrolyse du sulfate de nickel et en employant comme anode du plomb et comme cathode du nickel. Il se forme, comme chacun sait, de l’acide sulfurique libre et du peroxyde de plomb, tandis qu’un dépôt de nickel métallique prend naissance à la cathode. Les mesures galvanométriques ont donné pour l'élément secondaire ainsi formé une force électromotrice de 1 volt seulement; il en résultait pour l’équivalent calorifique de la combinaison nickel SO,v 213oo calories attendu que le peroxyde cède son oxygène sans influencer la chaleur de combinaison et la force électromotrice ainsi que le démontre la valeur de 2,5 volts que l’on obtient comme force électromotrice avec du zinc et du peroxyde de plomb dans l’acide sulfurique.
- Le sulfate de nickel offre à l’électrolyse une résistance très élevée. Si l’on forme un circuit avec du zinc, du cuivre pur dans une solution de sulfate de nickel, on obtient du nickel métallique réduit qui se dépose sur le cuivre. Mais le courant n’a pas une tension supérieure à 0,18 volt. Le zinc donnant avec SO4 2,5 volts en chiffres ronds, il en résulte que le nickel, en se séparant de SCP, produit une force contre-électromotrice de 2,32 volts. Ceci permet de connaître de suite la tension que doit avoir un courant lorsqu’on se propose d’opérer le nickelage de certains objets dans une solution de sulfate de nickel avec emploi d’une anode de nickel. Comme on ne îegagne avec la solution du nickel dans SCP que 1 volt, il y aura toujours à vaincre une force contre-électromotrice de 2,32 volts, de sorte que pratiquement il faudra, pour obtenir des dépôts électrolytiques de nickel employer des courants d’une tension de 2 volts(*).
- M.
- (') Centralblatt fur Eleklroteclmik, n° 3^, 1384.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- TRAVAUX
- DE LA
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- COMMISSION DES UNITÉS
- DÉTERMINATION DE LA RESISTANCE ÉLECTRIQUE d’une COLONNE DE MERCURE EN MESURE ABSOLUE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE
- Par L. Lorenz, â Copenhague
- V. “ RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE DU MERCURE EN MESURE ABSOLUE
- Dispositif des expériences. — Les appareils étaient logés dans deux pièces séparées par une troisième.
- Dans la pièce la pins grande se trouvaient l'appareil de rotation, la machine dynamo et le chronographe.
- L'axe commun à l'appareil de rotation et à la machine dynamo était à peu près orienté dans la direction est-ouest et toute masse de fer avait été écartée de l'appareil de rotation. Toutes les lignes partant de ces appareils se rendaient à l’autre pièce où était placé le galvanomètre, à une distance de io mètres de l'appareil de rotation et à 15 mètres de la machine dynamo. Dans cette pièce se trouvaient, également à proximité de l'observateur, différents commutateurs, clefs et rhéostats. A l'un des commutateurs aboutissait une ligne reliée à une batterie de 24 éléments Bunsen, batterie disposée à une autre extrémité du bâtiment. Du commutateur, le courant était conduit aux spires de l'appareil de rotation, de là, à travers un fil librement tendu, à la colonne de mercure pour revenir au commutateur. Dans le voisinage de l'observateur une clef permettait de rompre ce circuit.
- Une autre batterie de 10 à 20 éléments servait à alimenter a machine dynamo. On dérivait une partie de ce courant à travers un rhéostat à liquides, placé dans le voisinage de 'observateur. Ce rhéostat consistait en un grand vase cylindrique en verre, rempli avec une solution saturée de sul-f ate de cuivre ; une plaque de cuivre formant fond servait d’électrode négative, tandis qu’un gros fil de cuivre que l'on pouvait facilement soulever ou descendre constituait l'électrode positive. De temps à autre, on employait en outre un rhéostat à chevilles.
- En manœuvrant convenablement le rhéostat, on pouvait sans difficulté régler la vitesse de rotation de la machine et la maintenir constante.
- Pour l'appareil de Ruhmkorff, on faisait usage d'une batterie de 4 éléments dont le circuit se rendait également à la chambre des observations. En cet endroit, le circuit était interrompu au moyen d'une clef pour pouvoir être fermé pendant le temps que l'on mesurait la vitesse de rotation.
- Il y avait de plus dans la chambre des observations un élément Daniell fermé sur un rhéostat Siemens, taudis qu’une partie dérivée du courant se rendait au galvanomètre. Ce courant dérivé servait à compenser les courants the. mo-électriques engendrés aux points des contacts glissants ; au dours des dernières expériences, les forces électromotrices ainsi créées dépassaient rarement 3 millionièmes de volt. Ce courant dérivé permettait également de s'assurer que la ligne conduisant au galvanomètre était en ordre, car l'observateur ne tardait pas à acquérir assez d'expérience pour savoir quelle déviation galvanométrique devait se
- produire à la suite d'une, modification dans la résistance du rhéostat.
- En dernier lieu, il y avait également un commutateur intercalé dans la ligne conduisant au galvanomètre.
- Voici comment furent faites les expériences.
- Une fois la machine dynamo-électrique mise en mouvement on envoyait, en appuyant sur la clef correspondante, un courant dans les spires de l'appareil de rotation, après quoi on observait la déviation du galvanomètre et on ramenait l’aiguille au zéro en manœuvrant le rhéostat à liquides destiné à régler la vitesse de rotation de la machine. On interrompait alors le courant de la batterie, et, la rotation se continuant, on compensait par le procédé précédemment indiqué le courant thermo-électrique observé au galvanomètre. On fermait ensuite de nouveau le courant se rendant à l'appareil de rotation, et la vitesse était de nouveau réglée avec précision au moyen du rhéostat à liquides. Lorsqu'alors l’aiguille galvanométrique passait avec une vitesse faible par le point zéro de l'échelle, on fermait, en appuyant sur la deuxième clef, le circuit de l'appareil Ruhmkorff, et on mettait ainsi le chronographe en activité.
- Après deux et, de temps à autre, plusieurs décharges nettement entendues par l'observateur, on rompait tous les circuits, l'appareil cessait de tourner et l'on notait les empreintes laissées sur la bande de papier par les étincelles. On recommençait immédiatement après l'expérience en changeant le sens du courant envoyé par la batterie dans l’appareil de rotation, après quoi on faisait deux expériences analogues en modifiant le circuit du galvanomètre.
- En dernier lieu, on jugea nécessaire de répéter les mêmes expériences avec un mouvement de rotation de sens opposé obtenu en renversant le courant dans l'anneau de la machine dynamo. On avait donc pour chaque groupe d'expériences huit mesures se succédant immédiatement et dont on prenait la moyenne.
- Au cours des expériences, on observait fréquemment la température de la colonne de meicure; on changeait aussi souvent les pôles des différentes batteries, mais ces changements restaient sans influence sur le résultat final.
- Il convient de remarquer encore que lors de la fermeture ou de l'ouverture du courant allant à l'appareil de rotation, il se produisait très fréquemment des courants d'induction dans le circuit du galvanomètre, courants nuisibles au point de vue de l’observation. Comme ces courants provenaient de la partie du circuit galvanométrique située dans le voisinage des spires de l’appareil de rotation, il était facile de s'en débarrasser par une disposition convenable des fils.
- Calcul de la constante de Vappareil de rotation. — Si nous désignons par R la résistance de la colonne de mercure, par n le nombre de tours du disque mesuré par seconde, et par C la constante de l'appareil de rotation, on a alors
- R = n C.
- Je puis me borner à indiquer ici le calcul de cette constante, dans le cas où le disque tournant est infiniment mince, où le centre du disque coïncide avec l'axe de rotation et l'axe du cylindre et où enfin le contact central tombe également sur cet axe, attendu que les écarts entre ces hypothèses et la réalité entraînent à des corrections d'ordre tellement petit qu'un calcul plus approché peut être considéré comme absolument superflu.
- Soit à la hauteur de l'hélice qui entoure le cylindre et sert de logemeut au fil, r le rayon des spires, p le diamètre du disque, ax et a2 les distances du disque aux surfaces extrêmes de l'enroulement. La constante C se calculera d'aprcs la formule ;
- c=^ faidx _B»*»»
- -a, Jn V/^+^ + P2 — srpcosb
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Si Ton pose pour simplifier
- p =qr9 x~ + r* = a ?*2
- et d'une façon correspondante
- <*;+rü=oti »•*, a=+r2 = «2r3
- ainsi que
- o = f*** ^ a j"2n ci 0 cos 0 ^ \/a + 7*a “ 2 ^COSfj
- on obt eut
- <==^K+<kI
- Le développement en série donne
- Q« = ,.yS[,+§f+iîi(Z-a)
- (S-?•+-) + -]
- Ces termes suffisent pour le calcul uumérique, tandis que le développement complet peut être exprimé de la façon suivante :
- m =
- Qa == 2 TC y
- 7)1 = O
- I. 3... 2 m — i dm (<x — i V» *4- " 2. 4... 2 m, 1. 2... m 4- 1 ^am \ a” /
- Résultats des mesures. — Les mesures au moyen de l'appareil de rotation ne purent être commencées que vers la fin de mars (1884) et j'ai communiqué le résultat des premières mesures à la Conférence internationale réunie le 28 avril. Je n'a.i cependant indiqué ce résultat (1 unité mercurielle =0,9417 ohm) que comme provisoire, en faisant remarquer que la concordance entre les différentes mesures n'était pas satisfaisante. Les mesures qui suivirent immédiatement après montrèrent les mêmes écarts, jusqu'au jour où j'eus l'idée de renverser le sens de rotation du disque, ce qui fit voir la vraie cause des erreurs. Je me propose d'insister un peu sur ce point.
- Dans les expériences électriques, il est impossible d’arriver A un isolement parfait, cependant ce n'est qu'excep-tionnellement que les défauts d'isolement absolument inévitables exercent sur le résultatfinal une influence appréciable. Ce fut justement le cas dans mes expériences. La ligue conduisant au galvanomètre était reliée en deux de ses points A et B avec la colonne de mercure dont la résistance devait être mesurée et que traversait le courant principal. La résistance A B ne comportait que 0,00026 à o,oi5 unité mercurielle. Si un point plus éloigné C du circuit galvauométrique se trouve avoir une communication mauvaise avec un point D du circuit principal, la partie du courant principal qui s'écoulera à travers cette dérivation pourra exercer sur le galvanomètre une influence relativement grande. Soit C D la résistance de cette dérivation, et r la résistance de la partie du circuit galvanométrique qui va de C jusqu'à A ou jusqu'à B, suivant que le galvanomètre est intercalé dans la ligne CB ou CA. La force électromotrice E qui agit sur le galvanomètre et qui, pendant les expériences, doit être équilibrée par la force électromotrice induite dans le même circuit, peut alors s'exprimer d’une façon approchée par la relation
- E = /.
- BD r 1 A LJ ‘ C DJ ‘
- i désignant l'intensité du courant principal, et si l'on admet que la résistance AB est très petite en comparaison de BD et de r, ainsi que ces dernières résistances comparées à CD. Le signe supérieur correspond au cas où le galvanomètre est dans le circuit CA, le signe inférieur au cas où il est dans la ligne CB. Lorsqu'on renverse le mouvement du disque, il faut en même temps changer les fils du galvanomètre en A et B, ce qui a pour effet de modifier le signe du deuxième terme. Ceci fait voir que l'erreur provenant de la dérivation CD peut être éliminée en répétant les me sures avec des sens de rotation opposés et en prenant la moyenne de ces mesures.
- Je citerai comme exemple la première des expériences effectuées en renversant le sens de la rotation. Le courant principal faisait cinq fois le tour du cylindre de l'appareil de rotation, et la résistance de ce circuit, qui devait à peu de chose près correspondre à la résistance désignée plus haut par BD, était de ig5 U. S. On avait, de plus, AB = 0,00154 U. S. Le nombre de tours du disque pendant 2 secondes était pour la rotation à droite 14,6820 et pour la rotation à gauche 14,5751. Les '';arts de la moyenne comportaient par conséquent 0,37 p 100. On a donc, en vertu de la formule précédente :
- d’où
- o,0037
- 195 r 0,00154* CD
- CD = 34. ioer.
- Si l'on admet pour r la valeur r = o,5 U. S., ce qui correspond assez bien aux rapports réels, il en résulte qu'un défaut d'isolement de 17 millions d'unités Siemens suffit à expliquer l'erreur mise eu évidence par le renversement du sens de la rotation. Comme il fallait faire cheminer l’une à côté de l’autre les deux lignes, aussi bien dans le voisinage de l'appareil de rotation que dans la salle d'observations, il était bien difficile d'éviter des défauts d'isolement de ce genre, et l’on devait se borner à les éliminer dans les expériences mêmes.
- L'isolement des différents fils formant le câble de l'appareil de rotation fut dès l'origine reconnu comme peu. satisfaisant, surtout lorsque l'air était humide; aussi le câble fut-il plongé à plusieurs reprises dans une solution étendue de gomme laque. Une fois la couche isolante bien sèche, la résistance la plus faible mesurée entre deux fils ou entre le fil et le cylindre fut trouvée égale à 5ooooo U. S., isolement suffisant pour le cas considéré. Cependant l'un des fils faisait exception et l'on fut obligé de l'exclure du circuit ; il en fut de même plus tard pour un deuxième fil pour lequel on reconnut un défaut d'isolement, en sorte que finalement les expériences n'eurent lieu qu'avec cinq fils.
- Les mesures des différentes parties de l'appareil de rotation, prises à part, donnèrent les résultats suivants, le centimètre étant l'unité de longueur adoptée :
- Rayon des spires.......... R =16,65
- Hauteur de l'hélice .... d = 0,211589
- Distances entre le milieu du disque et les extrémités des spires de fil :
- at= 50,09 = 49,80.
- Les mesures du diamètre du disque en laiton donnèrent^ avant le commencement des expériences de rotation ;
- 2 P —29 897, 29,909, 29,901, 29,913, M = 29,905
- Après achèvement d'un grand nombre d'expériences et immédiatement avant les expériences de la fin :
- 29,889, 29,879. 29,894, M = 29,8933.
- Et, en dernier lieu, une fois toutes les expériences terminées :
- 29,889, 29,894, 29,898, M = 29,8937
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Ces deux derniers résultats presque identiques faisaient voir que, pendant les mesures finales, il n’y avait pas eu de frottement appréciable. Par contre, l’action du frottement se manifestait d’une façon très nette pour le disque en cuivre, plus mou, pièce pour laquelle on trouva, avant et après les expériences de la fin, les diamètres suivants :
- 29,867 29,871 29,872 M = 29,870 29,856 29,853 29,859 M = 29,856
- La constante C calculée au moyen de ces valeurs par la formule développée plus haut et diminuée de la correction qui ne comporte que 0,6 unités, est pour le disque en laiton
- 39656,1
- et pour le disque en cuivre avant et après les expériences de la fin
- 39594,1 et 09556,1
- valeurs limites qui permirent de calculer par interpo'ation les constantes qui convenaient à chacune des trois séries d’expériences entreprises avec ce disque.
- Ces valeurs de la constante C valables pour o° deviennent à /°
- C (1 -f bt)
- b représentant le coefficient de dilatation linéaire du laiton et étant, égal à 0,00018.
- Désignons par m -h
- ( jjle nombre de tours du disque pen-
- dant 2 secondes comptées au chronographe, m étant le nombre entier de tours, n le nombre de millimètres lu sur la bande de papier entre deux étincelles successives et p la longueur de la bande exprimée en millimètres.
- Supposons de plus une seconde vraie égaie â <7 secondes du chronographe, et appelons s le nombre de fils du câble que le courant traverse successivement, R la résistance en unités mercurielles et à o° de la colonne de mercure, et y (= 0,00090) le coefficient de température apparent de cette résistance. On a alors :
- 1. U. M.
- 1
- 2
- n
- Cs (1 +bt)
- TT(f+r7)
- ohm abs.
- Je me bornerai à rapporter ici les résultats de mes dernières mesures, qui toutes prirent place entre le 9 et le i3 juin (1884), résultats qui seuls servirent à établir la valeur la plus probable, d’après mes mesures, de l’unité mercurielle en ohms absolus.
- Tube n° /. — Disque de laiton.
- Quatre mesures, au cours desquelles ont fit tout d’abord des commutations dans le circuit conduisant à l’appareil de rotation, et on recommença ensuite les deux expériences en modifiant le circuit galvanométrique, donnèrent pour n les valeurs suivantes :
- 491,0 583,7 514,0 571,0
- et en répétant les mêmes expériences 492,6 58i,3 490,5 592,6 Moyenne 540,34
- Le mouvement de rotation du disque une fois renversé, on obtint les valeurs correspondantes :
- 651.1 <576,8 624,6 592,5
- 663.1 681,7 648,2 586,4 Moyenne 640,77
- On a donc pour ces deux cas, puisque m = 14 et p — ç39,6
- m +
- 14,5751 et 14,6820. M=i4,6285
- On avait de plus
- 5 — 5 (T = 1,01924, t = 17,06°, R = o,0015418 C = 39656,i
- d’où l’on tire
- 1. U. M = 0,94455 ohin abs.
- Les expériences suivantes furent faites avec chacune des trois parties AB, BC et CD du tube calibré n° 2.
- IL — Comme la résistance de chacune de ces colonnes de mercure était environ six fois plus petite que celle du tube n° I, on avait réuni en un seul les cinq fils du câble de l’appareil de rotation. On diminuait ainsi, dans le rapport de 1 à 25, la résistance du câble, et l’intensité du courant principal devenait douze fois plus grande. Il résulte de là que bien que dans ce cas la résistance mesurée soit six fois plus petite que celle des mesures précédentes, la force électro-motrice du courant dérivé à travers le galvanomètre est deux fois plus grande, c’est pourquoi j’attache à ces mesures une importance double. II est également évident que dans ce cas la différence entre les deux résultats obtenus avec des sens de rotation contraires, aucune modification n’ayant été apportée aux défauts d’isolement, doit être sensiblemcut plus petite.
- Tube n0 2, AB, Disque de cuivre. Valeurs de n.
- 243.5 253,0 234,1 239,8
- 25o,8 258,6 245,2 — Moyenne : 246,4
- Pour une rotation de sens contraire :
- 271.6 280,4 269,8 277,6 Moyenne : 258,9
- 260,0 269.6 270,0 271,5
- On avait de plus :
- ni = 12 /> = 93ç> , 5 a = i (7=1,01977 £ = 17,97°
- R = 0,000 258 36 C = 39 578.5
- d’où
- 1 U.M. = 0,94391 ohm abs.
- Tube nQ 2, BC, Disque de cuivre. Valeurs de n. 35i,5 325,2 341,4 324,6 Moyenne: 335,7
- Pour une rotation de sens contraire:
- 349,8 324,8 343,8 321,5 Moyenne : 335,o
- m = 12 p= 940 s=i (7 = 1,01915 / = i8,73°
- R =0,000 259 64 0=39571,0
- 1. U. M. =0,94410 ohm abs.
- Tube n° 2, CD, Disque de cuivre. Valeurs de n.
- 432,8 435,9 436,1 441,2 Moyenne: 436,5
- /= 18,32° t = 1,019.35
- Pour une rotation de sens contraire :
- 487.7 518,4 496,0 5i8,2
- 495.8 522,0 484*2 5n,6 Moyenne: 604,24
- / = i8ï36° <7 = 1,01945 /;/ = 12 /> = 941,5
- R = 0,000 262 79 C = 395 62,2 1. U. M. =0,94391 ohm abs.
- De l’ensemble de ces mesures, on déduit comme valeur finale la plus probable:
- 1. U. M. =0,9440 ohm abs.
- 1. ohm abs. = i,o593 unités mercurielles.
- Ce résultat concorde à fort peu de chose près avec les valeurs trouvées par F. Kohlrauscb et Roiti, alors que les
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- méthodes employées sont essentiellement différentes. D’ail-ieurs tous les résultats soumis à la Conférence internationale et obtenus par des méthodes diverses sont concordants, surtout depuis que Wild a corrigé récemment une erreur importante qui s’était glissée dans ses mesures.
- J’avais moi-môme quelques scrupules relatifs à l’emploi de courants variables, car il ne me paraissait pas impossible que des différences thermo-électriques à l’intérieur d’un conducteur eussent la même action que la polarisation dans les électrolytes, par exemple, et surtout ne donnassent avec un courant variable une résistance plus petite qu’avec un courant constant. Ces scrupules, je puis y renoncer complètement aujourd’hui que je suis arrivé par un autre chemin au même résultat.
- Dans mes déterminations de résistances relatives aussi bien qu’absolues, effectuées au moyen de courants constants, j’ai fréquemment répété les mêmes mesures avec des courants intermittents et n’ai jamais pu, dans le résultat, constater aucune différence.
- Voici, il me semble, une considération qui ne sera pas sans intérêt. Une différence dans la conductibilité au point de vue des courants constants et variables, devait avoir une certaine influence sur la constante d’induction. En fait, j’ai constaté également, dans des expériences antérieures ('), de faibles écarts entre les valeurs observées et celles calculées pour les constantes d’induction; les premières se trouvant être de 5 à 6 p. ioo plus petites que les dernières. Le calcul était fait de la façon ordinaire, c’est-à-dire sans que l’on tînt compte de cette condition que, pour des courants variables, la densité de courant est fonction de l’éloignement de la ligne axiale du fil.
- Un calcul plus exact me fit voir que les constantes d’induction calculées devaient être diminuées de la longueur du fil, et cette correction correspondait ainsi d’une façon aussi approchée que possible aux écarts qui avaient été constatés.
- Si l’on doit donc considérer les différences entre les valeurs de l’ohm déterminées par différents observateurs comme accidentelles, il faut évidemment voir dans la valeur de l’ohm adoptée par la conférence, à savoir :
- î ohmi,oô unités mercurielles,
- valeur qui correspond, à très peu de chose près, à la moyenne de toutes les valeurs trouvées, la valeur qui, dans ces conditions, est la plus exacte, et l’on peut espérer que le degré d’exactitude dont on se contente généralement, c’est-à-dire une exactitude à un millième près, est réellement obtenu.
- FAITS DIVERS
- La section d’électricité à l’Exposition du travail prend un si grand développement qu’on étudie le moyen d’ouvrir le palais de l’Industrie le soir.
- Le 17 juin i885, à dix heures et demie du matin, il sera procédé à Paris, rue de Grenelle-Saint-Germain, 99 (salle i3), à l’adjudication publique d’une fourniture d’âme Je câble électrique sous-murin (un lot).
- On pourra prendre connaissance du cahier des charges, rue de Grenelle-Saint-Germain, io3 (direction du matériel et de la construction, bureau), tous les jours non fériés, de onze heures à quatre heures.
- On a calculé que la vitesse de l’électricité dans un fil té-
- (') L. Lorenz. Ann. de Wicd., 7, p. t6i, 187p.
- légraphique atteint 36 millions de mètres par seconde et que le courant électrique provenant de la décharge d’une bouteille de Leyde dans un fil de cuivre de om,ooi8 de diamètre traverse 463000 kilomètres par seconde.
- On annonce l’ouverture d’une nouvelle exposition internationale d’électricité à Milan pour l’année 1887.
- Par un arrêté promulgué à la date du 29 avril dernier, M. Félix Neumann a été nommé directeur de l’administration des postes et télégraphes du grand-duché de Luxembourg, en remplacement de M. Charles Rischard, appelé aux fonctions de conseiller à la cour supérieure de justice du grand-duché.
- Le docteur Pietra Santa publie, dans \e Journal d'hygiène, le résultat de la statistique officielle d’Italie sur les fulgurations observées dans la péninsule pendant les dix années de 1O72 à i883. Il trouve une moyenne de 120 morts. En consultant les tableaux publiés pour la France pendant les mêmes années, on arrive au chiffre de 12S, qui parait légèrement en excès. Mais la population de la- France est d’environ les cinq quarts de la population du royaume italien et la superficie du pays environ les quatre tiers de celle de la péninsule. Si l’on suppose que, toutes choses égales d’ailleurs, le nombre des fulgurations doive varier en proportion composée de ces deux éléments, le nombre des fulgurations italiennes doit être considéré comme égal à 160. Il serait donc sensiblement plus élevé que celui des fulgurations françaises.
- Il viert de se former à New-York, sous le titre Electric Sugar Rejining C° et au capital de 5 millions de francs, une compagnie destinée à exploiter l’invention de M. Henry-C. Friend, pour le raffinage du sucre par l’électricité. Le procédé est encore tenu secret, cependant on dit que l’opération, qui ne dure pas plus de quatre heures, a lieu par la voie sèche et produit directement, sans cuite ni filtration, le sucre cristallisé presque chimiquement pur. On parle auss d’un système particulier de production de l’électricité qu serait très économique.
- D’après les expériences entreprises sur des sucres de qualités différentes, l’invention semblerait présenter de nombreux avantages. Elle permettrait de traiter très facilement les sucres inférieurs et d’en retirer, sans augmentation de frais, un produit aussi bon qu’avec les meilleurs sucres. La dépense ne dépasserait pas 4 francs par tonne et l’opération ne donnerait pas une perte, en poids supérieure à 1 0/0. Les promoteurs de l’entreprise estiment les bénéfices à 125 francs par tonne. Nous publions ces chiffres tels qu’ils sont donnés par les journaux américains, mais en faisant toutes nos réserves jusqu’à ce que nous ayons les résultats d’expériences publiques.
- On sait que, pendant l’exposition de Philadelphie, plusieurs commissions avaient été nommées dans le but d’étudier les appareils exposes. Le rapport publié par le comité chargé des accumulateurs nous fournit des renseignements intéres. sauts sur le reudement des éléments Brush.
- Les expériences ont été faites sur une batterie de 19 éléments, renfermant chacun environ 45 kilogrammes de plomb en trois plaques et formés d’après le procédé de M. Planté-la force électromotrice et l’intensité étaient mesurées tous les quarts d’heure.
- Pendant la charge, qui a duré 12 heures, la batterie a absorbé 562202,25 volt-ampères Déchargée sur 40 lampes Swan placées en dérivation, elle a fourni, avec une différence de potentiel aux bornes de 34 volts et pendant une période de 4 heures 3i minutes, 390454,62 volt-ampères. Le rendement a donc été de 69,45 0/0.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- C'est un chiffre un peu plus élevé qu^ celui de 600/0 auquel on s'arrête ordinairement; mais il faut penser que ces expériences ont été faites dans un laboratoire, avec toutes les précautions usitées en pareille circonstance. On se trouve donc loin des conditions d'une application industrielle où l'on ne peut utiliser aussi avantageusement les appareils : dans ce dernier cas, le chiffre de 60 0/0 nous paraît être, jusqu'à nouvel ordre, le seul sur lequel il soit sage de compter pour le rendement des accumulateurs électriques.
- Pendant un orage violent dans l'après-midi du 6 mai dernier, les trois cheminées surmontant les bâtiments des machines à l’exposition de la Nouvelle-Orléans ont été renversées par la force du vent. La chute des cheminées a enfoncé le toit et cassé les tuyaux d'eau et de vapeur, de sorte que toute la vapeur s'est échappée. Cet accident a empêché tout l'éclairage électrique de fonctionner. Les dégâts sont très considérables, et la force motrice, qui était de 3 000 chevaux, sera réduite pour toute la durée de l’exposition, à 5oo. Le même jour les dépendances de l'établissement de M. Edison, à Menlo-Park, ont été détruites par un incendie.
- Éclairage électrique
- Les journaux politiques publient les renseignements suivants au sujet de l'éclairage électrique de l’Opéra, à Paris :
- M. Goblet, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, d’une part, MM. Ritt et Gaillard, directeurs de l'Opéra, de l’autre, viennent de décider que l’Opéra serait désormais éclairé à la lumière électrique. Ils ont signé, à cet effet, un traité avec la Compagnie Edison.
- Il ne faudra pas moins de deux mille lampes à incandescence pour éclairer le vaste édifice. Elles seront réparties ainsi qu'il suit : rampe de la scène, lustre, girandoles de la salle; grand foyer, grand escalier, loges, façade, etc.
- Tous les travaux doivent être terminés dans un délai de six mois au maximum.
- Une installation provisoire permettra d'éclairer la façade avec des lampes à arc pour la première de Sigurd.
- Un des principaux avantages de ce mode d’éclairage sera la conservation et la restauration des merveilleux plafonds de Paul Baudry, que la fumée des becs de gaz avait couverts d’une couche de crasse.
- Fort heureusement, sous cette couche, les peintures sont restées intactes. On va en conséquence, dès que le nouvel éclairage sera installé, les nettoyer et profiter de cette occasion pour remettre la salle entièrement à neuf.
- Un premier essai d'éclairage de l’Opéra à la lumière électrique avait eu lieu l'année dernière pour la première représentation de Tabarin; les résultats en avaient été excellents.
- MM. Siemens et Halske viennent de terminer l'installation de la lumière électrique dans l’Hôtel Central à Berlin. Un moteur à vapeur de 40 chevaux actionne 9 dynamos qui alimentent 5 ou 6 foyers à arc, 37 régulateurs distribués dans les jardins, et un grand nombre de lampes à incandescence dans les bureaux et les chambres.
- Le conseil de santé de la basse Autriche a décidé, sur la demande de plusieurs hôpitaux, de faire faire un essai de l'éclairage électrique dans un des petits hôpitaux de Vienne. Si cette expérience donne des résultats satisfaisants, il est probable que le nouvel éclairage sera adopté à titre définitif pour tous les hôpitaux de Vienne.
- Le i5 juin prochain expire le délai qu’ont les électriciens pour présenter les plans et devis en vue de l’éclairage électrique des nouveaux locaux de la Chambre des représen-
- tants à Bruxelles et des locaux du journal le Moniteur belge. On se souvient qu'il y a deux ans, des essais d'éclairage avaient été faits au moyen de lampes à incandescence Edison et ensuite au moyen de lampes-soleil. A peine avait-on supprimé ces essais qu'éclatait le terrible incendie qui réduisait en cendres le Palais de la Nation et dont on a attribué la cause aux sun-burners placés trop près des combles. Pour l'éclairage électrique des locaux que nous venons de citer, on admet deux hypothèses :
- i° La fourniture de l’éclairage calculé d’après un compteur;
- 20 La livraison de tout le matériel d'éclairage à l’administration, qui en ferait elle-même l’exploitation.
- Notre correspondant d'Anvers nous écrit, à la date du icr juin, que l'Exposition n’est pas beaucoup plus avancée que le jour de l'ouverture. Voici cependant le tableau de i'éclairage électrique définitivement arrêté par fe comité de
- l’Exposition :
- Schuckert............................ 22 lampes
- Brush.................................. 40 —
- Compagnie générale d’électricité. ... 41 —
- Spiecker............................... 28 —
- Crompton................................ 4 —
- Pieper................................. 35 —
- Jaspar. ............................... 38 —
- Ganz et Cc............................. 20 —
- En dehors de ces foyers, il y en aura encore une cinquantaine installés par des exposants pour leurs besoins particuliers.
- L’installation de la lumière électrique au Teatro Real, à Madrid, se compose de 25o lampes à incandescence Siemens et Halske de 25 bougies, 400 accumulateurs et 6 dynamos Gramme, du type A. Les frais de cette installation se sont élevés à une somme de 43 85o francs, qui se décompose
- ainsi :
- Moteur à vapeur de 14 chevaux. ......... 7.265 francs
- Six dynamos Gramme (dont une de réserve)................................... 6.975 —
- Transmission, etc.......................... 675 —
- 400 accumulateurs....................... 15.5oo —
- 250 lampes............................. . ï.800 —
- Câbles................................... 4-85o —
- Main-d'œuvre, etc........................ 4,85o —
- Divers................................... 1.925 —
- Total................ 43.85o francs
- Les frais d’exploitation comparés à ceux du gaz sont légèrement en laveur de la lumière électrique.
- Les essais d’éclairage électrique du canal de Suez se poursuivent avec succès, comme le constate le passage suivant que nous extrayons du rapport adressé par le Conseil d'administration de la Compagnie de Suez, à l'assemblée générale du 4 juin.
- « Notre rapport du 29 mai 1884 contenait le passage suivant : Nous avons fait et nous continuons à faire, dans le Canal, des essais d'éclairage par l'électricité qui semblent pouvoir permettre prochainement, au moins pour les navires de guerre et pour les paquebots-poste, — représentant plus de 20 0/0 du trafic total, — le passage de nuit d’une mer à l'autre, ce qui améliorerait d'une façon notable les conditions générales du transit.
- « Ces essais, poursuivis avec toute la prudence voulue, ont déjà donné des résultats satisfaisants. *
- Le Peoples Theater, à New-York, va être éclairé à l’élec-
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- tricité par le système Edison, le propriétaire ayant traité vec la C° Edison pour l’installation de 400 lampes à incandescence.
- Une partie du Central Park, qui est le bois de Boulogne des habitants de New-York, va être éclairée à la lumière électrique et ouverte au public pendant la soirée.
- Le journal américain le New-York World a traité avec la Compagnie Edison de cette ville pour l’installation de 5o lampes à incandescence dans ses bureaux et dans l’imprimerie. La force motrice sera fournie par une machine à vapeur de 5o chevaux.
- 11 a maintenant été décidé que la statue de la Liberté, qui va prochainement être placée dans le port de New-York, sera éclairée par des foyers électriques installés au pied de la statue et dont les rayons seront projetés en haut au moyen de puissants réflecteurs. Un autre foyer sera installé dans la torche, mais l’idée de placer des lumières en forme de diadème a été abandonnée.
- Une partie de la ville de Chicago est, parait-il, encore éclairée avec des lampes à huile, et quelques citoyens entreprenants ayant pris la fâcheuse habitude d’emprunter les ampes des rues pour leurs besoins personnels, en les retournant vides le lendemain matin, les rues restent parfois sans aucun éclairage. Le conseil municipal s’est ému de cet état de choses, et il a été décidé d’éclairer ce quartier à la lumière électrique. Un contrat a été signé à cet effet avec la Louisiana Electric Light and Power C°, qui a été chargée d’installer 3oo foyers à arc, dont 120 seront installés sur 20 tours et le reste sur poteaux. Le prix des foyers installés sur les tours a été fixé à une somme totale de 6 000 fr. par an et par tour ; les autres lampes seront payées à raison de 730 francs par an et par lampe.
- Il paraît que l’émir d’Afghanistan a été enthousiasmé de l’éclairage électrique qu’il a vu à Rawul Pindi, et qu’il a fait venir de Bombay tous les appareils nécessaires pour éclairer son palais, à Caboul, avec la lumière électrique.
- Télégraphie et Téléphonie
- Nous lisons dans le Journal officiel du 2 de ce mois :
- Par décision du ministre des postes et des télégraphes, en date du 2 juin 1885, a été autorisée la création de bureaux télégraphiques municipaux dans les communes de :
- Quintenas (Ardèche).
- Brusque, Fayet (Aveyron).
- Chêlan (Gers).
- Saint-Aubin (Gironde).
- Meylan (Isère).
- Chaumont-sous-Tharenne (Loir-et-Cher).
- Molitg (Pyrénées-Orientales).
- Juliénas, Julii (Rhône).
- Les journaux algériens continuent à s’occuper de la réduction des taxes télégraphiques et à réclamer le mot à 5 centimes comme pour la correspondance continentale. UAkhbar, adoptant notre manière de voir, déclare que l’obstacle à cet|e réforme est l’encombrement qui en résulterait, ce qui produirait immédiatement la nécessité de la pose d’un quatrième câble. Cette opération ne pourrait être faite à moins d’une dépense de 1 600 000 francs, que l’état des finances ne permet pas en ce moment d’entreprendre.
- Une méthode abrégée de transmission, si elle était suffi-
- samment efficace, sûre et pratique, permettrait certainement de résoudre ce problème d’une façon satisfaisante, et il est’ plus que certain que le gouvernement n’hésiterait pas à avoir recours, car l’accroissement immédiat des correspondances franco-algériennes, lorsque l’on a réduit le mot de 20 centimes à 10 centimes, prouve que la réduction nouvelle serait non seulement une mesure excellente au point de vue politique et social, mais encore une excellente affaire pour le Trésor.
- Voici la liste des principales communications internationales dont l’état a subi des modifications pendant le mois dernier :
- Câble Brest-St-Pierre de l’Anglo-Amerîcan Tel. C° Date de l’interruption 12 mars 1885 Date du rétablissement 14. mai 1885
- Câble Suez-Souakim 28 avril — 8 —
- — Zanzibar-Mozambique 2 — — ib —
- Communications entre Kurrachec et les Indes Ib mai _ 17 —
- Ligne d’Amour , section de Po-krowsk à Albazine 8 20 —
- Câble Para-Maranham 5 — — 20 —
- Lignes terrestres de l’Equateur... y — — 22 —
- Câble Brest-St-Pierre de la Compagnie française 18 avril Encore interrompu
- Ligne de Saigon à Bangkok 2 3 — — Encore interrompue
- Lignes terrestres de Guatemala,. 19 mai — Encore interrompues
- L’augmentation du nombre des bureaux télégraphiques en Allemagne pendant les années 1880-1884 a été de 2415, ce qui en porte le nombre total à 7S29; la longueur du fil, qui était en 1880 de 121 520 milles, a été portée à 150040 milles pendant la même période. Les machines dynamoélectriques sont aujourd’hui fabriquées en Allemagne à un prix tellement réduit que les fabricants se plaignent de n’y trouver aucun bénéfice.
- Les recettes du département des télégraphes en Angleterre, depuis le ier avril jusqu’au 3o mai dernier, se son élevées à la somme de 7 millions de francs.
- En Angleterre, l’augmentation du nombre des dépêches télégraphiques pendant les dernières dix années a été tout à fait extraordinaire. En 1871, par. exemple, la province a expédié 5 3ooooo télégrammes et Londres 2900000; l’Ecosse a envoyé environ 1 million et l’Irlande 606000 dépêches. Mais, en 1883-84, la province en a expédié i5 millions, Londres 12700000, l’Ecosse 3 3oo 000 et l’Irlande 2 millions, soit un total de 32 millions de dépêches contre 9 millions en 1871. Ces chiffres augmentent toujours d’une manière régulière de 2 et demi pour cent environ par an.
- On annonce que la Commercial Câble C°, exploitant les câbles Mackay-Bennett, va faire placer un câble à deux conducteurs entre sa station en Irlande et Bristol.
- Le vaisseau le Persian Monarch, de la marine anglaise, va prochainement rapatrier deux sections du corps télégraphique qui ont fait du service en Egypte.
- Le réseau télégraphique dans tout le nord de l’Egypte a été placé sous la surveillance des autorités militaires anglaises.
- L’Eastern Telegraph C° annonce l’interruption du câble
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- LA LUMIÈRE
- ELECTRIQUE
- d’Aden à Bombay. Les dépêches pour l’Inde, la Chine, etc., seront transmises par l’Indo-European Telegraph C°, en attendant que les câbles soient réparés.
- Avant d'établir un câble télégraphique direct entre Hong-Kong et Singapour, la Compagnie télégraphique Eastern Extension demande une garantie nouvelle de 5ooooo fr. pendant 20 ans. Comme l’état des finances des deux villes ne leur permet pas actuellement d’entreprendre une charge aussi lourde, et il est probable que l’entreprise restera pendant longtemps encore à l’état de projet.
- L’administration chinoise a ouvert au service international un bureau télégraphique à Yamcliow, avec une taxe de 2 francs par mot à partir de Hongkong.
- Un nouveau câble va être placé dans l’Hudson pour établir une communication téléphonique entre les abonnés d’AIbany et de Greenbush. La Compagnie téléphonique d’Albany se propose de construire une ligne directe eu fil de cuivre jusqu’à New-York.
- La ligne indo-siamoise de Tavoy est réouverte depuis le 18 mai au service international, dans les anciennes conditions de taxes.
- A la date du 25 mai dernier, la Bankers and Merchants Telegraph C° a encore réduit son tarif pour les dépêches de 10 mots de la manière suivante. Entre New-York et Boston, Fall River, Hartford, Philadelphie, Washington, Baltimore, Providence et Newport, le prix ne sera que de 5o centimes, pour Chicago 75, et pour Pittsburg, Rochester et Saint-Louis, 20 sous.
- Le gouvernement de Vera-Cruz a retiré la subvention accordée à la Compagnie exploitant la ligne télégraphique entre Jalapa et Coatapec, qui par conséquent a cessé de fonctionner.
- L’assemblée générale de la Wiener Privât Telegraph Gesellschaft, qui exploite le réseau téléphonique de Vienne, en Autriche, a eu lieu le 27 mars dernier. D’après le rapport présenté aux actionnaires, le nombre des abonnés au téléphone était, à la fin de 1884. de 928, c’est-à-dire en augmentation de 124 sur l’année dernière. L’exploitation a laissé un bénéfice net de 22667 florins et le bureau public installé à la Bourse a donné 3i 076 communications et encaissé la somme de 6215 florins. Le réseau installé à Brïtun au mois de mars dernier comptait à la fin de 1884 143 abonnés, auxquels sont venus se joindre 33 nouveaux membres pendant i885. L’assemblée a ensuite voté une augmentation d’un million de florins du capital social, proposé par le conseil d’administration. Une première émission de 100000 florins aura lieu immédiatement.
- Le service des communications téléphoniques à grande distance par les fils du télégraphe a été ouvert le icr juin entie Bruxelles et Liège.
- Le rapport de la Consolidated Téléphoné Construction and Maintenance C° de Londres, pour l’année dernière, constate une augmentation considérable de la fabrication des appareils téléphoniques et autres, et les facilités accordées dernièrement aux Compagnies téléphoniques par le di-
- recteur général des postes semblent avoir donné une nouvelle vie à ces entreprises.
- Le réseau téléphonique deBrighton avance rapidement, et le nombre des abonnés s’élève déjà à i5o.
- Le nombre des téléphones installés en Islande, au ior janvier 1880, était de 809 seulement.
- Le premier téléphone, à Dundee, fut installé en 1879, et le réseau comprend aujourd’hui gi5 abonnés avec 628 milles de fils.
- Des expériences téléphoniques à grande distance ont été faites dernièrement sur un 111 télégraphique entre les villes de Port-d’Espagne et San-Fernando, une distance de plus de 75 kilomètres. Les résultats ont été aussi bons qu’en service local.
- Dans l’Etat d’Alabama, la ville de Birmingham compte 23o abonnés au téléphone, Montgomery 175, Mobile 145, et Columbus 120. Dans toutes ces villes, il y a une augmentation graduelle, mais lente du nombre des abonnés, car la plus grande partie des habitants étant des nègres, le progrès est loin d’être aussi rapide que dans les villes du nord de l’Amérique.
- L’American Bell Téléphoné, de Boston, possède aujourd’hui 329826 téléphones, dont 32442 sont dans l’Etat de Massachusetts. Le prix de revient d’un téléphone est de 8 fr. 10 et un transmetteur coûte à la Compagnie 9 fr. Ces appareils sont loués à raison de 45 fr. par an aux autres compagnies autorisées par la Société de Boston à s’en servir pour leurs réseaux, et les redevances de ce chef se sont montées pendant l’année finissant le ter mars dernier à 9847213 francs. La Compagnie de Boston possède en outre des actions de ces mêmes sociétés estimées à 110012866 fr. sur lesquelles elle a touché des dividendes s’élevant à un total de 5 108 65o francs.
- Les fils d’acier du réseau téléphonique, à Columbus, en Ohio, ont été remplacés par des câbles aériens de 100 fils chacun, qui fonctionnent parfaitement bien.
- La Western Electric C° a vendu la semaine dernière, à une seule compagnie téléphonique, 2000 milles de fil de cuivre pour les constructions de la Société pendant l’été,
- La ville d’Atlanta, en Géorgie, va prochainement être dotée d’un nouveau système de bureau central, pouvant contenir 1 200 fils. Le réseau téléphonique comprend déjà 610 abonnés, et beaucoup d’autres sont inscrits sur les livres de la Compagnie, sans avoir pu être reliés, faute de place dans le bureau central.
- La iïavaian Bell Téléphoné C°, qui est établie à Hono-loulou depuis trois ans, possède 825 railles de fils dont 700 sont à Honoloulou même; le nombre des abonnés était, au iep mars dernier, de 425. Une autre Société téléphonique, la Mutual Bell Téléphoné C°, établie depuis le mois d’avril seulement, a 3oo milles de fils sur poteaux et près de trois cents abonnés inscrits.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, 13 qaai Voltaire. — 57180
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- La Lumière Electrique
- Journal universel Électricité / /,
- 31, Boulevard des Italiens, Paris !
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 7* ANNÉE (TOME XVI) SAMEDI 20 JUIN 1885 N° 25
- SOMMAIRE. — Sur les conditions auxquelles doivent satisfaire les lampes à incandescence; G. Szarvady.— Exposition d’électricité de Philadelphie : Les lampes électriques ; Aug. Guerout. — Recherches théoriques et expérimentales sur le générateur secondaire Gaulard et Gibbs (3m°. article); G. Ferraris. — Le microphone de M. le Dr M. Hipp; Dr R. Weber. — Classification des instruments de mesure de l’intensité du courant électrique; A. Minet. — Sonneries de sûreté pour les coffres-forts; A. Rouilliard. — Les câbles Berthoud Borel dans le tunnel de l’Arleberg; Schneebeli. — Chronique de l’étranger : Allemagne; Dr II. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Sur un nouveau genre de spectres métalliques, par M. Lecoq de Boisbau-dran. — Radiations émises par les charbons incandescents, par M. Félix Lucas. — Etude thermochimique sur les accumulateurs, par M. Tscheltzovv. — Sur tes machines unipolaires. — Sur quelques appareils électro-médicaux. — Sur l’étalonnage des galvanomètres. — Correspondance : Lettre de M. S. Th. Stein. — Faits divers.
- SUR LES CONDITIONS AUXQUELLES DOIVENT SATISFAIRE
- LES
- LAMPES A INCANDESCENCE
- Depuis leur première apparition à l’Exposition de 1881, les lampes à incandescence ont été l’objet d'une suite presque ininterrompue d’observations et de mesures exécutées avec un soin minutieux.
- Pourtant aucun expérimentateur n’a encore établi les constantes qui permettraient dans des conditions parfaitement déterminées, de prévoir et de comparer avec précision les prix de revient de deux systèmes différents d’éclairage par incandescence. A plus forte raison ne saurait-on établir un parallèle exact entre le gaz et l’électricité.
- Cela tient principalement à l'extrême difficulté que présente l’évaluation du pouvoir éclairant d’un foyer électrique.
- Pour mesurer une grandeur on la compare par définition avec une autre grandeur de même nature.
- Non seulement deux sources lumineuses quelconques émettent des lumières de nature distincte mais souvent, dans les flammes par exemple, les différentes parties de la source produisent des rayons dissemblables. Enfin la composition de la lumière émise par un même foyer varie considérablement avec la température.
- On ne saurait comparer rigoureusement que des oyers produisant des spectres identiques, car il
- n’existe pas de méthode rationnelle pour passer d’une lumière quelconque à une autre de composition différente.
- On voit donc qu’à vrai dire on ne peut même pas définir exactement ce qu’est le pouvoir éclairant d’une source lumineuse de nature autre que celle qui a été choisie pour étalon ; aussi est-on forcé, pour comparer des foyers différents, d’avoir recours à des méthodes empiriques.
- Dans l’étude des lampes à incandescence, le pouvoir lumineux, étant le terme auquel on rapporte toutes les autres mesures, nous sommes bien obligés d’en admettre l'évaluation fournie par ces méthodes.
- Il est du domaine de la photométrie, science encore un peu dans l’enfance, de déterminer la confiance qu’on peut leur accorder et de rechercher continuellement tous les perfectionnements de nature à élever le degré d’approximation qu’elles permettent d’atteindre.
- Nous supposerons donc dans ce qui suit que l’on sache évaluer la quantité de lumière émise par une source quelconque, et nous définirons le pouvoir éclairant d’un foyer lumineux: la quantité de lumière recueillie par une sphère à Vintérieur de laquelle le foyer serait disposé et qui aurait pour surface l'unité.
- Remarquons maintenant qu’une même quantité totale de lumière peut-être produite par un simple point lumineux très éblouissant ou par un long filament porté au rouge sombre, seulement Y éclat sera très différent dans les deux cas.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Si la source lumineuse est homogène, c’est-à-dire si elle émet en tous ses points des rayons identiques, on peut définir son éclat comme : le rapport du pouvoir lumineux à la surface éclairante (').
- Après avoir fait la part des difficultés très grandes auxquelles on se heurte dans l’étude des lampes à incandescence, il convient d’ajouter que Ton a rarement envisagé jusqu’ici le problème tel qu’il se pose en réalité.
- Au débbt, on chercha bien l’intensité lumineuse dans tous les plans, on mesura les volts, les ampères, les résistances à chaud et à froid, l’énergie absorbée quand la lampe donnait beaucoup de lumière, puis quand elle en donnait moins, puis encore quand elle en donnait très peu, enfin même quand elle n’en donnait pas du tout. On dressa des tables, on prit des moyennes, on traça des courbes, mais finalement, lorsqu’on voulut tirer une conclusion de tant d’expériences, on fut assez étonné de n’en pouvoir rien faire.
- On savait qu’une lampe quelconque absorbait d’autant moins d’énergie qu’elle était poussée à une intensité lumineuse plus grande, mais ce résultat, qu’on aurait à la rigueur pu prévoir à priori, était à peu près le seul qu’on eût atteint. Quant à choisir entre deux lampes données, et reconnaître laquelle serait la plus avantageuse dans n’importe quel cas déterminé, on en était tout à fait incapable.
- Cela tenait à l’omission d’un élément peu scientifique au premier abord, mais d’une importance capitale en matière industrielle, nous voulons parler de la durée de la lampe.
- Cet élément, nous le verrons plus loin, joue un rôle considérable dans l’établissement du prix de revient de l’éclairage. Or le prix de revient est le véritable, nous dirons presque le seul terme de comparaison entre les différents systèmes de lampes à incandescence qui peuvent se trouver en présence.
- Quelles sont, en effet, en dehors de la modicité du prix, les qualités que l’on peut demander à un éclairage quelconque?
- Il faut évidemment, et en premier lieu, que la lumière soit agréable.
- Les lampes à incandescence que l’on fabrique actuellement sont à peu près identiques sous ce rapport. Elles ont toutes indistinctement un filament de charbon, maintenu dans une atmosphère raréfiée ou quelquefois dans un gaz inerte, et la nature de la lumière émise par elles est sensible-
- (') Dans le cas d’une source hétérogène on définira l’intensité en un point quelconque : la limite du rapport de la quantité de lumière émise par la surface d’un petit cercle décrit de ce point comme centre, dans le plan tangent, à l’aire du cercle quand son rayon tend vers zéro.
- ment la même pour toutes, pourvu qu’elles soient poussées à la même intensité, c’est-à-dire qu’elles aient le même éclat.
- Le filament de charbon d’une lampe traversé par un courant croissant d’une manière continue, commence par être rouge sombre, puis rouge cerise et jaune foncé. Il passe ensuite par une teinte dorée d’un ton chaud, puis il devient blanc éblouissant, jusqu’à ce qu’enfin il lance des rayons bleuâtres. Poussée à ce point, une lampe ne résiste que quelques secondes, le filament carbonisé ne tardant pas à se rompre.
- Toute lampe à incandescence passera par ces divers degrés, et si la lumière de l’une est jaune tandis que celle d'une autre sera blanche ; cela ne tiendra nullement à des différences de système, mais simplement à ce qu’une des lampes sera plus poussée que l’autre.
- Une deuxième qualité à exiger d’une lampe à incandescence, c’est que la forme en soit plaisante et qu’elle se prête bien à la décoration. A cet égard tous les types connus se ressemblent considérablement et le plus ou moins de beauté de l’un ou de l’autre est une question d’appréciation toute personnelle.
- Une dernière condition imposée à un mode d’éclairage quelconque, est de bien s’adapter aux exigences locales et de satisfaire à toutes les nécessités du service.
- Si les lampes à incandescence sont impropres à éclairer de grands espaces, leur emploi est excellent partout où la division de la lumière s’impose, mais rien encore ici ne fait pencher la balance en faveur d’une lampe particulière. Toutefois nous pouvons remarquer, dès maintenant, que dans la plupart des cas il est indispensable que les foyers lumineux soient indépendants les uns des autres. Il faudra donc adopter en principe, pour placer les lampes, la disposition dite en dérivation.
- Cette disposition entraînerait une grande dépense de fils conducteurs pour les lampes de très basse résistance et de très grande intensité. Aussi est-on en général, réduit, lorsqu’on fait usage de ces lampes, à en placer un certain nombre en série dans chaque dérivation.
- On s’expose alors à l’inconvénient : que l’extinction d’une lampe entraîne celle de toute la série ; sans parler des autres défauts de cette disposition.
- Aux divers points de vue que nous avons examinés, toutes les lampes à incandescence se valent, avec cette restriction que celles dont la résistance est très basse, peuvent être moins avantageuses dans certains cas.
- Quel est donc le côté de la question qu’il nous reste à étudier ? C’est le prix de revient.
- Nous avons déjà dit que la durée de la lampe était un facteur très important du prix de re-
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- vient, et que ce facteur avait longtemps été négligé à tort.
- Aujourd’hui qu’on a communément reconnu cette erreur, on tend à tomber dans l’excès opposé, et nous assistons depuis quelque temps à un déploiement étonnant de formules d'une complication étrange et de calculs poussés à un nombre invraisemblable de décimales. Dans l’esprit de leurs auteurs, ces calculs sont destinés à déterminer mathématiquement les conditions qui permettraient d’obtenir la lumière à incandescence au meilleur marché possible, et cela sans doute à une fraction infime de centime près.
- Pour montrer combien de semblables évaluations sont illusoires, nous allons examiner, avant de passer en revue les travaux auxquels nous faisons allusion, comment se détermine le prix de revient d’un éclairage par incandescence.
- PRIX DE REVIENT DE L’ÉCLAIRAGE PAR INCANDESCENCE
- CALCUL DU PRIX DE REVIENT DE LA BOUGIE HORAIRE
- Les dépenses comprendront :
- i° Le renouvellement des lampes usées;
- 2° La production de force motrice (charbon, huile, etc.);
- 3° Les frais de personnel;
- 4° Le loyer de l’emplacement des machines;
- 5° L’entretien du matériel ;
- 6° L’amortissement du matériel.
- Connaissant le nombre d’heures de fonctionnement dans l’année et le travail total absorbé, nous supposerons qu’on ait calculé à la manière ordinaire le prix de revient du cheval-vapeur en y comprenant toutes les dépenses de combustible, de graissage, de personnel, de loyer, d’entretien et d’amortissement du matériel mécanique (moteurs, chaudières, etc.).
- Soit pl le prix du cheval-vapeur ainsi obtenu.
- L’emplacement des machines électriques étant très faible par rapport à celui des moteurs et des chaudières, nous en négligerons le loyer. L’installation électrique ne nécessitant pas en général un accroissement de personnel, nous n’en supposerons pas. Il serait d’ailleurs facile de tenir compte de ces deux éléments, le cas échéant.
- Il ne nous reste donc plus à examiner que :
- i° Le renouvellement des lampes;
- 2° La production de force motrice;
- 3° L’entretien et l’amortissement du matériel électrique.
- i° Renouvellement des lampes.
- Supposons que notre installation comprenne L lampes de b bougies brûlant en moyenne H
- heures dans l’année. Supposons en outre que la durée moyenne d’une lampe soit de D heures et son prix de p francs.
- La dépense annuelle en lampes sera :
- 2° Production de force motrice.
- Appelons W le travail moyen en chevaux absorbé par lampe et par heure, ce travail étant compté sur l’arbre de la dynamo.
- La force motrice coûtera par an :
- WLHp,
- 3° Amortissement et entretien.
- Nous avons à considérer: i° les machines électriques ; 2° la canalisation, ou le réseau des gros fils conducteurs qui vont de la machine aux différents locaux à éclairer; 3° l’appareillage, comprenant les douilles destinées à recevoir les lampes ; les lustres et les appliques qui supportent les douilles; tous les accessoires, tels que commutateurs et appareils de sûreté ; erifin les petits fils qui partent du réseau principal pour aboutir aux douilles.
- Soient M le prix de la machine électrique employée, C la dépense relative à la canalisation, A celle due à l’appareillage, soient encore X, \j., v les taux d’amortissement et d’entretien correspondants; les frais généraux relatifs à l’amortissement et à l’entretien se chiffreront par :
- XM-f-(i.C + vA
- Dépense annuelle. — La dépense annuelle totale sera :
- + WL H/>, + XM.+i/. C + v A
- Dépense horaire par unité de lumière. — Le prix de revient P de la bougie horaire sera, par suite :
- p=n>+ tPi + lfü [XM+140 + vA]
- ÉTUDE DES CONDITIONS QUI INFLUENT SUR LE PRIX DE REVIENT
- Cherchons maintenant à mettre en évidence quelles sont les conditions qui peuvent faire varier d’un système à l’autre les différents termes du prix de revient.
- i° Renouvellement des lampes.
- Il n’y a rien à dire au sujet de la dépense provenant du remplacement des lampes* Le terme cor-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- respondant est suffisamment explicite. On voit qu’il faut que le prix des lampes soit faible et la durée grande; cela était évident à priori.
- On voit aussi que le prix variant peu d’une lampe à l’autre, les foyers les plus puissants sont, à durée égale,les plus avantageux.
- 2° Production de force motrice.
- L’énergie W se décompose en trois parties : W, l’énergie dépensée dans les lampes, W8 celle absorbée par la canalisation, enfin W3 celle perdue dans la machine.
- a.) Energie absorbée par les lampes. — Désignons par Si l’énergie en chevaux absorbée par bougie. Nous l’appellerons Y équivalent mécanique de l'unité de lumière (*).
- Soient encore R la résistance, et E la différence de potentiel aux bornes de la lampe quand elle donne b bougies, nous aurons :
- d’où
- ... _ , E2 36oo
- 1 R 736
- W, =Q______E2 36oo
- b — R b' 736
- b) Energie absorbée par la canalisation. — Le réseau des fils conducteurs se calcule de manière à absorber une certaine fraction maxima a, de l’énergie dépensée dans les lampes, lorsque celles-ci fonctionnent toutes à la fois. L’énergie moyenne absorbée par le réseau sera donc représentée par un coefficient a tel que :
- a < aj
- La dépense W8 correspondante sera :
- w, = «w,
- c) Energie absorbée par les machines. — Soit K le rendement moyen des machines employées. Elles absorbent une fraction (i — K) de l’énergie qu’elles débitent, soit :
- (i - K) (i + a) W,
- Prix de l'énergie absorbée par bougie et par heure. — En résumé, l’énergie totale absorbée par bougie et par heure est :
- ^=(2-K) (i + «)^i- = (a-K) (i+«)0
- Le prix en sera :
- (2-K) (1+flOQ/,
- 3° Amortissement et entretien.
- a) Machines électriques. — Le prix des machines électriques dépend de leur puissance. Plaçons-nous dans le cas le plus favorable, et supposons qu’il existe dans le commerce une machine expressément construite pour alimenter L lampes de b bougies.
- Sa force sera de
- (2 —K)(i+a,)QÉ>.
- Soit m le prix par cheval d’une machine de cette, dimension
- M=(2 — K)(i +ai )£lbm,
- ),M _a (2—K) (i -paj) û w
- LHb~ LH
- b) Canalisation. — Nous avons admis que la canalisation avait été calculée de manière à absorber une fraction a, de l’énergie consommée par les lampes, lorsqu’elles fonctionnaient toutes à a fois. La résistance rdes conduites est donc à celle des lampes dans le rapport de a, à i, d’où
- R
- En désignant par l la longueur de la conduite et par s sa section, on a
- p désignant la résistance spécifique du cuivre.
- On tire des deux équations précédentes la valeur de la section
- -P 11 R
- Le volume V du cuivre
- _ p /2 L
- ~â TT’
- est inversement proportionnel à la résistance du type de lampe employé.
- I est une donnée qui dépend des emplacements relatifs des lampes et des machines.
- Le prix de la canalisation peut être évalué approximativement de la manière suivante :
- On prend pour l’isolation et l’enveloppe extérieure un prix constant par mètre p2, ce qui donne lp2, et on ajoute ensuite le prix du cuivre calculé à raison de c francs par mètre cube.
- Le prix total C sera
- P-C _ V-1 j. i P _üü LHi“LH^s1‘ a RHZ>
- c.
- (') Ce terme est J’inverse de celui que les Anglais appellent le rendement de la lampe, qui est le nombre, de bougies émis par cheval d’énergie consommé dans la lampe.
- d’où
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- C) Appareillage. — On peut admettre que la dépense pour l’appareillage est proportionnelle au nombre des lampes ('). Soit a le prix par lampe; la dépense totale A est de
- A = La
- LH/> H b’
- Prix de Vamortissement par bougie et par heure.
- La valeur de l’amortissement et de l’entretien par bougie et par heure peut donc s’exprimer de la manière suivante
- >.(2 — K)(l + ai)Q/« , p. I t , p (a /s c , v a LH LII />' ct£ LH K ' H7>'
- En général, l’amortissement de l’appareillage variera très peu d’un système à un autre, on pourra
- donc négliger le dernier terme de plus le nombre d’heures d’éclairage LH b dans l’année étant une donnée, le terme
- jlL t>
- LH bp*’
- est une constante. On n’aura donc pas besoin d’en tenir compte. La formule donnant la valeur de l’amortissement se simplifiera alors de la manière suivante
- I7H (»(ï-K) (.+«,) n» + i vJc).
- Nouvelle forme du prix de revient de la bougie horaire.
- On peut encore admettre dans la comparaison des prix de revient de différents systèmes que
- et poser pour le prix de la bougie horaire
- p = ïïh +( :2 -K]1(11+ “) [p 1 + orû] + (t fïï) i •
- COMPARAISON DE DEUX SYSTÈMES DIFFERENTS
- Supposons que deux projets d’éclairage soient en présence : l’un proposera L lampes de b bougies, un autre proposera U lampes de b' bougies.
- (*) Il est bien évident qu’cn ne peut tenir compte de l'appareillage de luxe. La dépense visée dans ce paragraphe est principalement celle des accessoires, tels que commutateurs, etc., pour lesquels on peut sans inconvénient adopter un prix moyen par lampe.
- Chacun des concurrents indiquera le prix p de sa lampe et la durée moyenne inférieure D qu’il garantit.
- Il donnera en même temps la résistance R de la lampe, ainsi que le nombre de volts qu’elle exige en marche normale ; on en déduira ü.
- Connaissant le prix M ou D L b m de la machine, on pourra, à l’aide de la formule ci-dessus, calcule le prix de revient des deux éclairages.
- Dans le choix qu’on fera, il faudra naturellement se laisser guider aussi par les avantages ou les désavantagesparticuliers, que peut présenter chaque système. C’est ainsi que nous avons déjà signalés certains inconvénients inhérents aux lampes de basse résistance.
- Pour établir une comparaison rationnelle des prix de revient de l’éclairage au moyen de lampes de différents systèmes, il faut supposer que la quantité totale de lumière fournie est la même, ou que
- L b = L'b' et
- II = H'
- Il faut encore admettre que le prix et le rendement des machines ne varient pas, c’est-à-dire que m et k sont constants.
- L’éclairage le plus avantageux est évidemment celui pour lequel P sera minimum, mais il y a ici une distinction importante à faire.
- S’agit-il simplement, ainsi que nous le disions au début, de comparer dans des conditions parfaitement déterminées, deux ou plusieurs systèmes de lampes à incandescence? Dans ce cas, les formules que nous avons établies permettent de calculer exactement le prix de revient de chacun d’eux, et de reconnaître quel sera le système le plus économique.
- Mais supposons maintenant que le jury d’une exposition veuille porter un jugement et dire : telle lampe est plus économique que telle autre, il ne le pourra pas.
- La formule montre, en effet, que le prix de re^ vient P de la bougie horaire dépend de circonstances purement locales, telles que le prix pt du cheval vapeur, le nombre H des heures d’éclairage, la longueur l des conduites. Il dépend, en outre, de la perte d’énergie consentie dans le réseau et du prix c du cuivre. Nous ne parlons pas du prix m des machines employées, ni de leur rendement K, que l’on pourrait supposer égal à celui des meilleures machines connues.
- P, on le voit, est une fonction assez complexe, de quantités éminemment variables d’un endroit à l’autre. Il serait donc tout à fait inutile de vouloir chercher les dimensions absolues de la meilleure des lampes possibles, attendu que cette lampe ne saurait exister.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le jury dont nous parlions tout à l’heure devra simplement constater l’éclat de la lampe en marche normale, c’est-à-dire pour le régime indiqué par le fabricant. Cette mesure n’a jamais été faite (*). Il devra toujours dans les mêmes conditions, mesurer l’équivalent mécanique £2, ainsi que la résistance R, et observer la durée D. Cette dernière mesure n’a jamais été faite non plus par aucun jury.
- Tels seraient les renseignements que le public est en droit d’attendre.
- ÉTUDE DU RÉGIME DES LAMPES A INCANDESCENCE
- Nous avons jusqu’ici envisagé la question au point de vue du consommateur, et nous avons reconnu que les qualités à rechercher dans une lampe étaient une grande durée, une forte résistance et un faible équivalent mécanique.
- Plaçons-nous maintenant au point de vue du fabricant et étudions comment celui-ci pourra faire varier ces trois quantités.
- ÉQUATIONS FONDAMENTALES
- Dimensions lumineuses et calorifiques de la lampe. — Une lampe dont le filament aurait une surface rayonnante S, et qui serait poussée de manière à émettre b bougies, serait douée d’un éclat s défini par
- qui s’écoule par seconde, 6 la température du milieu (*), nous aurons :
- (3) bu> = q{t — 0)
- Les lois du rayonnement ne sont pas bien connues. Pour des températures inférieures à ioo° on a reconnu que la quantité de chaleur émise pendant l’unité de temps, était proportionnelle à la surface rayonnante et à l’excès de la température de cette surface sur celle du milieu.
- La loi ne se vérifie pas pour des températures élevées, mais on sait que la quantité de chaleur émise croît avec la différence de température qui produit le mouvement calorifique. Aussi poserons-nous :
- (4) q = KS <p (t — o)
- où le symbole (t—0) représente une fonction croissante de (t — 0). La constante K dépend de la nature de la surface rayonnante et du milieu dans lequel cette surface est plongée.
- Nous avons déjà dit que toutes les lampes à incandescence actuellement en usage sont formées d’un filament de charbon rayonnant dans le vide et quelquefois dans un gaz inerte. Il est possible, dans ces conditions, que pratiquement K ne varie pas beaucoup d’un système à l’autre ; toutefois on ne saurait se prononcer encore à cet égard.
- Eliminons q entre (3) et (4), il vient :
- KS ,t lt ^_______K (t
- tù= (t—0)tp(I—6) =-----
- - e) <p (/ — e)
- / (t)
- et en négligeant 6 devant t :
- L’éclat est une fonction inconnue de la tempéra" ture ; on sait seulement que les variations de ces deux grandeurs sont de même sens; on pourra donc poser
- (2) £ =A /)
- le symbole / (t) représentant une fonction croissant en même temps que t.
- Lorsque le régime est établi, la lampe perd par rayonnement une quantité d’énergie calorifique, égale à celle qu’elle absorbe pendant le même temps sous forme d’énergie électrique.
- Soit u l’énergie calorifique qu’elle absorbe pendant une seconde pour chaque bougie émise (* 2 *). Désignons ensuite par q la quantité de chaleur
- (‘) Il ne-faut pas confondre, nous le rappelons, l’éclat de la lampe et son pouvoir éclairant ou le nombre des bougies.
- (2) « est exprimé en unités C. G. S. — Le rapport entre
- 10 et le terme O que nous avons introduit dans le prix de
- revient, est donné parla relation «= 2^- O v 3boo
- On voit que, pour une espèce de charbon donnée et dans un milieu donné, l'équivalent mécanique et son inverse le rendement lumineux, ne sont fonction que de la température du filament ou de son éclat, puisque e est une fonction de t. On a d’ailleurs reconnu par l’expérience que to variait en sens inverse de t.
- Dimensions électriques de la lampe. — Soient E la différence de potentiel qu’il faut produire aux bornes de la lampe pour lui faire donner b bougies,
- (4) q, t et 0, sont supposés exprimés en unités C. G. S Nous rappelons que les dimensions de q et de / sont :
- _ pression X volume _ P i 2„_*
- 1 masse — L2XL X M ~ L f
- et
- travai'
- q = 7-----------= M
- température
- Voir Szarvady. « Sur les systèmes d’unités absolues ». La, Lumière Electrique, t. XIV, p. 326.
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-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ËLECTRICITÊ
- 547
- I l’intensité dn courant correspondant et R la résistance du filament à la température t. Les trois quantités E, I et R sont reliées entre-elles par les deux relations :
- (6)
- et
- (7)
- .__b m
- 1 ~ E'
- R =
- IL*
- /> fo
- Durée de la lampe. — 11 est difficile de faire entrer d’une manière scientifique la durée des lampes dans les calculs. Nous croyons cependant qu’on peut admettre que dans une fibre homogène et pour une température donnée, la durée est une fonction décroissante de la densité de courant d définie de la manière suivante :
- (3)
- d =
- I
- Si cette loi est exacte comme nous avons tout lieu de le croire, il faudra s’efforcer, pour obtenir des lampes de longue durée, de ne faire usage que de densités de courant relativement faibles.
- Section théorique la plus avantageuse. — L’équation
- peut s’écrire
- d’où
- (9)
- Désignons par s la section orthogonale du filament, par l Sa longueur et par p le périmètre de la section, on a évidemment
- lp~ s
- et comme
- R = -7 P’
- (p désignant la résistance spécifique du charbon employé, à la température t), on en déduit
- et
- b
- tlO! /-^ = rilp.
- Supposons qu’on se donne l’éclat s et le nombre de bougies b; il s’en suit que la température t et par suite <o et p seront également donnés.
- Donnons-nous encore la différence de potentiel
- d = -
- sa R
- d s
- WLf
- aux bornes, R et I seront alors déterminés (‘) et les seconds membres des équations (9) et (10) seront des constantes.
- Pour que d soit le plus petit possible, il faudra que s soit le plus grand possible et p le plus petit possible.
- Il faut donc rendre le rapport ^minimum.
- Or, la courbe qui possède le plus petit périmètre pour une section donnée est le cercle.
- La section la plus avantageuse théoriquement est par suite la section circulaire, puisque de deux lampes possédant le même éclat, le même pouvoir et le même rendement lumineux, la même résistance, et la même f. e. m., celle qui aura la section circulaire supportera une densité de courant plus faible que l’autre, et se trouvera par suite dans de meilleures conditions au point de vue delà durée.
- Si des considérations de construction conduisent à adopter une section rectangulaire comme c’est le cas pour les lampes Edison, ce sera la section carrée qui semblera préférable. Il ne faudrait pas toutefois s’exagérer l’avantage de la section théorique. Avec les dimensions usuelles des filaments, la diminution de densité qui existera entre deux lampes semblables, dont l’une aura une section rectangulaire et l’autre une section carrée, sera en réalité négligeable. Aussi se laisse-t-on guider dans la construction par des considérations purement pratiques.
- Pour la discussion des formules, il est commode de raisonner sur la section théorique. On devra seulement se rappeller qu’une fibre ronde peut toujours être remplacée par une fibre de forme quelconque donnant exactement les mêmes résultats qu’elle, avec une densité de courant légèrement supérieure.
- Soit donc A le diamètre de la fibre.
- Nous aurons
- d’où enfin
- (n)
- p-=. TC A,
- ^ _____ 7t A2
- b
- Frp’
- 4 t’
- A3= -2.---
- K2 S R
- P,
- équation qui déterminera A.
- Equations servant à la discussion du problème. Reprenons l’équation (11) sous la forme
- (') On pourrait aussi bien se douner R et en déduire E et I.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- l’équation (7) sous la forme (,3) =
- enfin l’équation (9) sous la forme :
- de courant sans faire descendre la durée au-dessous d’une limite donnée.
- L’équation (i6j
- (J4)
- 4 1
- P A
- puis éliminons A il vient
- (15)
- (16) ,
- E_/£i yj?
- \4 a) e2’
- \4 TZ/ U)J £4
- Remarquons, en passant, qu’en vertu de l’équation (5)
- e = R t <p (/)
- il s’ensuit que (o e‘ et io*e‘ sont des fonctions croissantes de la température.
- CALCUL D’UNE LAMPE
- 1) L'éclat et la force électromotrice sont donnés.
- montre que la résistance est inversement proportionnelle au pouvoir éclairant.
- En résumé :
- Si on se fixe un maximum pour d correspondant à la durée minima qu’on veut obtenir, il y aura une limite inférieure des nombres des bougies ou du pouvoir lumineux des lampes, et une limite supérieure de la résistance.
- Pour des pouvoirs lumineux croissants la densité diminue et la résistance décroît.
- Ces conclusions se vérifient parfaitement par l’expérience, mais la durée des lampes ne croît pas toujours nécessairement avec la densité et le pouvoir lumineux. Il en serait sans doute ainsi avec des filaments parfaitement homogènes, mais avec les fibres extraites par exemple d’une écorce végétale, on ne peut obtenir une grande section homogène, parce que l’épaisseur de la couche particulière de l’écorce d’où on extrait la fibre est très limitée.
- Le cas le plus ordinaire est celui où l’éclat et la force électromotrice, ou pour mieux dire, la différence de potentiel aux bornes, sont donnés. En effet, des lampes de différents modèles, destinées à fonctionner ensemble, doivent posséder le même éclat, car des variations de teintes d’une lampe à l’autre produiraient l’effet le plus fâcheux. De plus, toutes les lampes d’un même réseau sont placées isolément en dérivation sur les fils venant de la machine. Il faut donc que la différence de potentiel de régime soit la même pour toutes.
- En se donnant l’éclat e, on se donne par là même a température t, l’équivalent mécanique w et son inverse le rendement lumineux, enfin un terme <s, que nous appelons la surface unité, et qui représente la surface rayonnante de filament par bougie émise, d’où
- S_ 1
- c’est l’inverse de l’éclat.
- En fixant ensuite la force électromotrice et le pouvoir éclairant que l’on veut obtenir, le problème est entièrement déterminé.
- L’équation (i5)
- montre que pour une différence de potentiel donnée il y a un minimum pour le pouvoir éclairant b qui correspond au maximum de d, c’est-à-dire à la plus grande valeur que puisse prendre la densité
- 2) Variations de la force électromotrice.
- Lorsqu’on aura atteint pour une f. e. m. donnée la limite inférieure du pouvoir éclairant, on ne pourra abaisser le nombre de bougies sans compromettre la durée, qu’en abaissant aussi la f. e. m. et par suite la résistance de toutes les lampes. Nous supposons, bien entendu, qu’on opère toujours avec le même charbon.
- Nous avons signalé plus haut l’inconvénient des lampes à basse résistance.
- 5) Variations de l'éclat.
- Supposons maintenant que nous voulions adopter un éclat plus considérable afin d'augmenter le rendement lumineux ou de diminuer la dépense d’énergie par bougie. La température va augmenter ainsi que les fonctions (o> s) et e.
- L’équation (16)
- nous montre qu’à densité de courant égale la résistance des lampes décroît, et le minimum du pouvoir éclairant s’élève.
- Cela revient à dire que les lampes les plus économiques seront forcément des foyers puissants et de basse résistance.
- Nous avons dit qu’il était probable que pour une fibre homogène la durée était fonction de la durée seule à température constante; mais nous ne
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- JOURNAL UNIVERSEL iy ÉLECTRICITÉ
- ^ 49
- savons pas à priori si la durée à densité égale ne décroît pas avec la température, et si par suite la densité maxima ne devra pas être plus faible que précédemment, ce qui diminuerait encore plus la résistance et augmenterait le pouvoir éclairant minimum.
- On comprendra maintenant pourquoi les lampes les plus économiques possèdent en général une faible résistance avec un pouvoir lumineux relativement élevé. Si on leur donnait en effet une résistance assez considérable, leur durée deviendrait insignifiante.
- Nous ne saurions trop insister sur ce point que nous ne parlons que des lampes actuellement éprouvées, et que nous n’entendons nullement préjuger de l’avenir.
- Nous croyons au contraire que les lampes à incandescence sont susceptibles d’améliorations notables.
- On arrivera sans doute à perfectionner les méthodes de fabrication de manière à obtenir des filaments plus tenaces qui puissent, à durée égale, supporter des températures plus élevées et des densités de courant plus fortes.
- On aura alors des lampes économiques de haute résistance, et l’avenir est là.
- Nous remarquerons, pour terminer, que le régime adopté pour les lampes de haute résistance, telles que les lampes Edison, est celui de l’é clat minimum que l’on puisse admettre. La durée de ces lampes, indiquée par la Société Edison, est de 800 heures, admettons 750 heures pour la facilité du calcul. Le prix des lampes de 8 et de 16 bougies est de 7 fr. 5o. On compte 16 lampes de 8 bougies et 8 de 16 bougies par cheval. La dépense horaire de renouvellement des lampes correspondant à 1 cheval-vapeur est donc de 16 centimes pour la première et de 8 centimes pour la seconde. Ces prix sont assez élevés pour ne pas permettre de rechercher une économie de force motrice aux dépens de la durée des lampes. Si l’on construit donc avec les charbons actuels des lampes absorbant moins d’énergie, ce sera nécessairement au détriment de la résistance. Ces lampes peuvent rendre des services dans les cas particuliers où les foyers seront répartis dans le voisinage immédiat de la machine; mais elles ne peuvent pas entrer en concurrence avec les lampes de haute résistance lorsque le réseau aura quelque étendue.
- Telles sont les conclusions générales que l’on peut tirer des équations fondamentales de la théorie des lampes à incandescence.
- Dans un prochain article, nous examinerons les travaux récents qui traitent de la durée des lampes à incandescence.
- Nous étudierons ensuite les courbes que représentent nos différentes équations.
- Géza Szarvady.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (')
- LES
- LAMPES ELECTRIQUES
- Lampes à arc.
- Une des lampes les plus répandues à l’exposition d’élecfricité de Philadelphie était la lampe Brush, mais cette lampe se présentait telle qu’on
- FIG. I
- l’a vue à l’Exposition de Paris en 1881, et telle qu’elle a été décrite à cette époque dans La Lumière Electrique. Nous n’avons donc pas à y revenir.
- A côté d’elle, il faut citer la lampe Weston.
- La Compagnie Weston exposait deux types principaux de lampes. Le premier était le type très simple qui a été exposé à Paris en 1881 et dans lequel l’action est produite par des électro-aimants différentiels.
- Le second, plus compliqué, est représenté par la figure 1.
- (') Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- 55o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Dans ce type, les électro-aimants sont remplacés par deux solénoïdes à noyaux creux, ainsi que le montre le détail de la figure 2.
- Le solénoïde A est à gros fil, le solénoïde B à fil fin. Les noyaux creux a et b qui leur correspondent sont guidés par deux tiges CC, de telle sorte qu’ils se meuvent verticalement; mais leurs mouvements, qui sont commandés par la longueur de l’arc comme dans toutes les lampes différentielles, élèvent ou abaissent le levier L. Celui-ci, par l’intermédiaire du bras J, élève ou abaisse le coinçage et règle ainsi la marche du charbon.
- Ce système est, comme on le voit, beaucoup plus complexe que le premier, mais il ne paraît pas avoir sur lui d’avantage marqué, et l’ancien type est encore fort employé dans la pratique.
- FIG. 2
- Comme arrangement extérieur, la lampe est disposée ainsi que le montre la figure 3.
- Le mécanisme est placé à la partie supérieure d’un cylindre, dans lequel se trouve également la tige porte-charbon. Une porte pratiquée dans ce cylindre permet d’arriver au point d’attache du charbon. La lampe est, en outre, munie à sa partie supérieure d’une plaque d’accrochage qui permet de l’enlever aisément de sa position lorsque cela est nécessaire.
- Nous rappellerons à cette occasion que les lampes Weston sont réglées pour fonctionner avec des courants de basse tension.
- La Compagnie Thomson Houston exposait aussi-plusieurs types de lampes dont le principal est représenté schématiquement par la figure 4.
- L’électro-aimant D est traversé par le courant principal, tandis que K est en dérivation sur l’arc ; les armatures D' et K' de ces électro-aimants sont placées aux extrémités d’un levier B' pivoté
- sur le bâti au milieu de la distance qui sépare K et D mais muni d’un bras horizontal X. Les aimants D et K ont leurs pôles paraboloïdaux et entrant dans les armatnres, comme cela a déjà été indiqué pour l’aimant régulateur de la machine
- FÏG. 3
- Thomson-Houston. Le bras du levier B' porte en b une tige N reliée au coinçage C et munie d’une fente. Une goupille placée dans la fente limite la course du coinçage C et l’extrémité inférieure de la tige N s’appuie sur un ressort V fixé sur X de sorte que le coinçage C est supporté d’une façon élastique par le bras X du levier B'. M. Thomson
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- donne à ce dispositif le nom de liaison élastique entre le coïnçage et le levier des armatures. Le coinçage se compose de deux parties ; le corps ou partie principale C et un levier à came E pivoté sur C et faisant pression sur la tige porte-charbon G pour l’arrêter au moment voulu. Le ressort S maintient le levier E appuyé contre la tige G et le butoir fixe t. La tige porte-charbon G se trouve lâchée quand C s’abaisse suffisamment ; M est un
- FIG 4
- amortisseur à air qui empêche des mouvements trop brusques de B'.
- Voici maintenant comment fonctionne la lampe :
- Lorsque l’on fait passer le courant en D, l’armature D' est attirée et le coïnçage C est soulevé par le ressort Y sur lequel repose la tige N. Le porte-charbon G se trouve par suite pincé et soulevé et l’arc se forme. Quand il devient trop grand, l’attraction de K sur K' augmente, le coinçage C se trouve abaissé et E venant buter sur t la tige G peut descendre, mais sa descente serait trop rapide si la tige N n’était supportée par le ressort V. Dès que G se trouve dégagée de C son
- poids cesse d’agir sur le coinçage et le ressort V peut alors soulever N de sorte que G se trouve de nouveau arrêtée et 11e peut ainsi descendre trop brusquement. Dans le cas où le porte-charbon serait retenu par un grippement, l’arc continuant à s’agrandir l’attraction de K' atteint son maximum et un contact à ressorts H placé à l’autre extrémité de B' se trouve fermé. Ce contact lance le courant dans un électro-aimant non représenté dans la figure et qui agissant sur le butoir i permet à l’anneau r de descendre sous l’influence d’un levier L qu’abaisse un ressort. Avec l’anneau r, le levier fait descendre le manchon Ff qui est fou sur G mais solidaire du butoir t de sorte que le charbon se trouve abaissé. En outre un teton l porté par le manchon abaisse le bras X.
- (A suivre). Auo. Guerout.
- RECHERCHES THÉORIQUES ET EXPÉRIMENTALES
- SUR LE
- GÉNÉRATEUR SECONDAIRE
- GAULARD ET GIBBS (’)
- Mémoire approuvé par l’Académie des Sciences de Turin, dans sa séance du 11 février l885
- 3° article [ Voir les numéros des 3o mai et b juin i085].
- SECONDE PARTIE RECHERCHES EXPERIMENTALES.
- $6. — Notice sur les méthodes déjà essayées pour la détermination du coefficient de rendement.
- Plusieurs méthodes ont déjà été essayées pour déterminer le coefficient de rendement des générateurs secondaires.
- Dans quelques-unes on se proposait non pas de calculer exactement le coefficient de rendement, mais seulement de le déterminer avec une approximation suffisante au point de vue industriel.
- Dans ce cas on estimait la quantité d’énergie qu’on pouvait obtenir comme effet utile dans le circuit secondaire, au moyen de lampes électriques placées dans le même circuit.
- A l’effet de déterminer ensuite la valeur de l’énergie dépensée dans le circuit primaire pour faire
- (!) Traduit du Mémoire italien par M. César Gerleri, ingénieur électricien.
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-
- 55a
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fonctionner le transformateur, on employait une des méthodes suivantes :
- i° Après avoir lu, sur l’électrodynamomètre intercalé dans le circuit primaire, la dé viation produite par le courant, pendant le fonctionnement du générateur secondaire, on ôtait ce dernier du circuit, on lui substituait une simple résistance sans self induction, dont on faisait varier la valeur jusqu’à obtenir à l’électrodynamomètre la même déviation qu’on avait auparavant. On considérait alors la chaleur développée, dans la résistance qu’on avait ajoutée, comme équivalente à l’énergie consommée par le générateur secondaire.
- Une expérience de ce genre est, par exemple, celle que M. Gaulard a citée à la séance du 6 février 1884 de la Société internationale des électriciens de Paris.
- Dans cette expérience on avait placé dans le circuit secondaire des lampes qui consommaient approximativement 2710 voltampères par seconde, avec un courant de 11 ampères. Selon l’assertion de M. Gaulard on avait trouvé que, en ôtant du circuit le générateur secondaire, pour rétablir l’intensité primitive du courant on devait introduire dans le circuit une résistance de 25 ohms. D’ou on déduisit que l’énergie consommée par le générateur secondaire était de 11* X 25 c’est-à-dire 3o25 voltampères par seconde. De là on avait, suivant ladite manière d’interpréter l’expérience, un coefficient de rendement égal à
- 2710
- 3025
- c’est-à-dire 89 pour cent.
- 20 On mesurait avec un électrodynamomètre l’intensité du courant principal, quand le générateur secondaire était en action. On déterminait approximativement la différence de potentiels entre les deux bornes extrêmes de l’hélice primaire en cherchant le nombre de lampes à incandescence, placées en tension sur un circuit dérivé des mêmes bornes, qui pouvaient être portées à l’intensité lumineuse normale.
- Enfin on multipliait la différence de potentiels ainsi calculée, par l’intensité du courant, et on considérait le produit, comme équivalent de l’énergie dépensée.
- En opérant, par exemple, avec le générateur secondaire employé dans l’expérience qu’on vient de citer, on avait trouvé qu’on pouvait actionner trois lampes Swan placées sur un circuit unique dérivé des bornes de l’hélice primaire. Comme pour chacune des lampes il fallait une chute de potentiels égale à 98 volts, on considérait la différence moyenne des potentiels entre les bornes, comme égale à
- 3x98=294 volts,
- et par conséquent l’énergie dépensée était 11X294=3230 voltampères environ par seconde.
- On croyait pouvoir en conclure que le coefficient de rendement était
- 2710
- 323o
- c’est-à-dire environ 84 pour cent.
- Afin de donner aux mesures un caractère plus scientifique, et d’une plus grande exactitude, d’autres expérimentateurs ont employé l’électro-mètre, et, éliminant complètement les lampes électriques, ils firent toutes les déterminations, soit sur le circuit secondaire, soit sur le circuit primaire avec ledit appareil, ou plutôt avec lui et avec l’élec-trodynamomètre.
- La méthode suivie par ces expérimentateurs est très simple ; en résumé elle est la suivante :
- On détermine la différence moyenne de potentiels entre les bornes de l'hélice primaire et celle entre les bornes de l’hélice secondaire, avec l’élec-tromètre à quadrants de Mascart, employé suivant la méthode de Joubert (*).
- Avec le même appareil relié aux extrémités d’une résistance connue, ou encore, mais moins exactement, avec un électrodynamomètre on mesure les intensités du courant primaire et du courant secondaire.
- Pour chaque circuit, on fait le produit de l’intensité du courant par la différence de potentiels mesurée, et on considère les deux produits comme représentant l’énergie absorbée et celle restituée par l’appareil.
- Le quotient du produit correspondant au circuit secondaire par celui qui correspond au circuit primaire est considéré comme égal au coefficient de rendement.
- On connaît les résultats que M. le docteur Hop-kinson (2) a obtenus avec cette méthode de mesure, résultats qui, interprétés de la manière que nous avons dite, firent croire que le coefficient de rendement était égal à 0,86.
- Une série plus complète de ces mesures a été faite à l’Exposition de Turin par M. Uzel, électricien de la maison Sautter-Lemonnier et C°, de Paris, expérimentateur intelligent et habile. Je crois
- (') J. Joubert. Etude sur les machines magnéto-électriques. — Annales de l'Ecole normale supérieure, 2» série, tome X, mai 1881, Paris 1881.
- M. Ilopkinson a fait ses mesures, vers la moitié de mars 1884, avec un générateur petit modèle, et précisément le premier qu’on ait construit de la forme qu’avaient les appareils présentés pour la première fois, dans le mois de mai suivant, à l’Exposition de Turin. Ces appareils étaient de deux grandeurs.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- utile de rapporter ici au moins une partie des résultats qu’il a obtenus, d’abord parce que les expériences de M. Uzel sont les plus complètes qu’on avait jusqu’à présent, et ensuite parce qu’une partie
- de ces résultats fut obtenue avec un générateur secondaire peu différent de celui dont je me suis servi pour mes expériences, ce qui permet de faire des comparaisons instructives.
- EXPÉRIENCES DE M. UZEL
- PRIMAIRE
- SECONDAI RE
- Pelile colonne groupée en tension
- ii,58 14,3o
- ii,33 22
- 11,13 29,40
- 10,57 39,40
- 9 58 53,16
- 8,48 63,70
- 7,58 71
- 165,69
- 509,27
- Petite colonne groupée en quantité par deux
- 1,84 24.05 9,70
- 19,68 22,i5
- 15,46 29,60
- l3,n 35
- 10,19 39,40
- 52.10
- Grande colonne groupée en tension
- 38o.88
- 532,35
- 82.81
- 128,09
- 11.3o
- Grande colonne en quantité par deu.
- 180 74
- 1368,5
- Dans ce tableau, i et v représentent en ampères et en volts les valeurs moyennes de l’inten-sité du courant primaire et de la différence de potentiels entre les deux bornes de l’hélice primaire mesurées avec l’électromètre de Maseart, et avec l’électrody-namomètre de Siemens et Halske; i' et v' représentent les mêmes grandeurs mesurées avec la même méthode sur le circuit secondaire; r' — p’ est la résistance en ohms de la partie extérieure du circuit secondaire.
- Les considérations théoriques développées dans la première partie de ce mémoire démontrent à l’évidence que toutes les méthodes décrites, soitcelles basées sur l’emploi de l’électromètre et de l’élec-trodynamomètre, soit celles, plus grossières, que nous avons appelées méthodes industrielles, furent
- conçues en partant d’une idée inexacte et ensuite faussement interprétées.
- En effet il résulte de notre théorie que le produit de l’intensité moyenne du courant, mesurée avec l’électrodynamomètre, ou avec d’autres appareils, par la différence moyenne de potentiels, mesurée avec l’électromètre à quadrants, ou autrement, ne représente pas l’énergie employée, au moyen du courant primaire, pour faire fonctionner le générateur secondaire. Ce produit serait égal à l’énergie dépensée seulement au cas où la résistance r' du circuit secondaire serait égale à zéro; dans tous les autres cas, qui sont les cas réels, pratiques, ce produit a une valeur plus grande que celle de l’énergie qu’on veut mesurer.
- Si l’on observe que les appareils de mesure
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- 554
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- employés pour les courants alternatifs, donnent des mesures proportionnelles aux moyennes des carrés des grandeurs variables qu’on veut mesurer. on voit que le produit iv obtenu par les expériences de M. Uzel ou par celles du DrHopkinson, aussi bien que l’énergie calculée au moyen de la résistance substituée au générateur secondaire ou avec des lampes électriques placées en tension entre les bornes du générateur primaire dans les expériences industrielles représentent, au lieu de l’énergie vraiment absorbée par le générateur secondaire, l’énergie que nous avons désignée par Q dans le § 4 de la première partie de notre mémoire et que nous avons calculée avec les formules (3q), (40) et (41).
- L’erreur dépend de ce qu’on n’a pas eu égard à la différence de phase entre le courant primaire et les potentiéls sur les bornes de l’hélice primaire, différence qui existe toujours lorsque la résistance du circuit secondaire n’est pas égale à zéro, et qui croît jusqu’à un maximum très voisin d’un quart de période, si l’on fait croître cette résistance jusqu’à l’infini. Or pour des valeurs moyennes données de l’intensité du courant et de la différence de potentiels, l’énergie vraiment absorbée par l’appareil dépend de cette différence de phase ; elle diminue lorsque celle-ci augmente et elle devient nulle lorque la différence de phase prend une valeur égale à un quart de période ; tandis que le produit que les expérimentateurs considéraient comme l’énergie absorbée est celle qu’on aurait dans le cas où la différence de phase serait nulle.
- La valeur de cette énergie croît jusqu’à un maximum quand on fait croître la résistance r' jusqu’à l’infini. L’erreur due à cette substitution croîtquand on augmenter'. Le rapport entre la quantité prise comme énergie absorbée et la vraie valeur de celle-ci, croit avec r' et devient très grand pour r' infini.
- Confondant ainsi la quantité Q avec la quantité d’énergie réellement absorbée, que nous avons représentée par la lettre q dans le § 4, et qu’on calcule avec la formule (33), les expérimentateurs ont confondu avec le coefficient de rendement le rapport que nous avons représenté par m dans ledit §, rapport qui n’est égal au coefficient de rendement total \j. que dans le cas limite de r' o.
- En substituant au coefficient de rendement total \j. le rapport m, qui selon la formule (43) est égal à
- on a calculé comme coefficient de rendement exté-
- rieur ou utile non le vrai coefficient de rendement, v, mais le rapport
- vÂW
- qui, non seulement est toujours plus petit que lui mais qui varie suivant une loi tout à fait différente, lorsque r' varie.
- Ces considérations sont suffisantes pour démontrer que les expériences, que nous avons appelées expériences industrielles dans lesquelles on cherche à calculer le coefficient de rendement au moyen d’une ou de quelques déterminations faites avec des lampes électriques, non seulement sont grossières, mais encoie sont absolument sans valeur et n’ont aucune signification.
- Elles peuvent fournir une valeur approximative du rapport m, mais ne peuvent servir à déterminer, avec une sécurité suffisante, aucune des autres grandeurs qu’il faudrait connaître en même temps que m, pour passer de celle-ci à la vraie valeur de ce que l’on cherche.
- Les expériences basées sur l’emploi des instruments de mesure tels que l’électromètre etl’électro-dynamomètre, bien qu’elles aient conduit leurs auteurs et même l’inventeur du générateur secondaire à des idées fausses sur la valeur du coefficient de rendement, et sur la loi de ses variations, parce qu’elles étaient mal interprétées, pourraient néanmoins suffire à résoudre complètement le problème si elles formaient une série assez étendue pour donner avec une sécurité suffisante outre la valeur de m, celles des autres grandeurs qui figurent dans les formules théoriques, et qui avec m servent à calculer jj..
- Les expériences de M. Uzel dont nous avons rapporté les résultats, satisfont à cette condition et seraient vraiment importantes si toutes les résistances r', dont on s’est servi, étaient directement et soigneusement mesurées, au lieu d’être calculées au moyen de v' et de i'.
- Je pourrais me servir des chiffres trouvés par M. Uzel pour vérifier les conclusions de la théorie exposée ici et pour déterminer la puissance réelle du générateur secondaire. Mais comme, indépendamment des considérations théoriques dont nous avons parlé, il y a de sérieuses objections contre l’emploi de l’électrodynamomètre pour la mesure des courants alternatifs, et comme on a aussi fait des objections sur l’emploi de l’électro-mètre à quadrants pour la mesure des différences de potentiels; je trouve plus convenable de déterminer les valeurs nécessaires, avec des méthodes dans lesquelles on ne fait plus usage de ces appareils de mesure, avant de comparer la théorie avec les expériences.
- Dans ce but, je décrirai quelques-unes de mes
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- expériences calorimétriques et je me servirai des résultats qu’elles me fournissent :
- i° Pour vérifier quelle approximation on peut attendre des mesures faites avec l’électromètre ;
- 2° Pour contrôler l’exactitude des conclusions de la théorie que j’ai exposée dans la première partie de cet ouvrage;
- 3° Pour déterminer le coefficient de rendement réel du générateur secondaire.
- § 7. — Description des nouvelles expériences faites avec le calorimètre.
- J’ai fait mes expériences du 11 au 16 novembre 1884 dans les salles de l’Exposition de Turin sur les appareils exposés par la National Society for the distribution of electricity by secundary gene-rators de Londres; et, comme je viens de le dire, je les ai faites principalement à l’effet de comparer les résultats obtenus avec l’électromètre et l’électrodynamomètre à ceux déduits par une nouvelle méthode dans laquelle ces appareils n’étaient plus employés comme appareils de mesure. Suivant l’idée de mes collègues du jury international, j’ai cherché à me servir d’un calorimètre comme appareil de mesure pour les déterminations que je devais faire, parce qu’il n’existe pas contre lui les objections qu’on pouvait faire et qu’on avait faites contre l’emploi des appareils mentionnés plus haut.
- Comme il n’est pas possible d’éliminer complètement l’emploi de l’électromètre et de l’électrodyna-momètre,j’ai disposé les choses de telle sorte que ces appareils ne devaient pas servir directement pour faire les mesures, mais seulement pour reconnaître la constance d’une différence moyenne de potentiels, et de la valeur moyenne de l’intensité d’un courant.
- La particularité essentielle de la nouvelle méthode est qu’il n’y est fait usage d’aucun autre appareil de mesure que le calorimètre. Si l’on fait abstraction des modifications, que l’emploi du nouvel appareil devait nécessairement apporter dans la marche des expériences, la méthode que nous avons suivie se réduit, dans le principe, à l’une de celles dont nous avons déjà parlé.
- En résumé, elle est la suivante :
- On mesure avec un calorimètre la moyenne des carrés de l’intensité du courant secondaire, cette moyenne multipliée par la résistance mesurée du circuit secondaire donne la quantité d’énergie développée dans le circuit secondaire même, dans l’uniie de temps. Otant alors du circuit l’appareil de M. Gaulard, on y substitue une résistance sans self induction, dont on fait varier la valeur jusqu’à ce qu’on obtienne entre les deux extrémités* pour une même intensité de courant, une
- différence moyenne de potentiels égale à celle qu’on avait auparavant entre les extrémités de l’hélice primaire. On détermine alors la moyenne des carrés de l’intensité du courant primaire par une mesure calorimétrique faite à l’aide du même calorimètre employé auparavant. Cette moyenne multipliée par la résistance mesurée donne la valeur de l’énergie transformée en chaleur dans la résistance sans self induction qu’on vient de considérer. La résistance substituée au générateur secondaire dans le circuit primaire est celle que dans la théorie nous avons appelée r,, et, par conséquent, la quantité d’énergie calculée de la manière susdite est celle que nous avons désignée par Q.
- Divisant par celle-ci l’énergie mesurée dans le circuit secondaire on a m. Si on divise encore l’accroissement de température du calorimètre pendant la première expérience par l’accroissement obtenu, dans la seconde, on a le rapport des carrés des valeurs moyennes de l’intensité des deux courants. De plus, connaissant aussi la résistance r’ du circuit secondaire, et la résistance rt, qui est celle substituée au générateur secondaire dans le circuit primaire, on possède toutes les grandeurs qui figurent dans nos équations, et, par conséquent, on a tout ce qui est nécessaire pour une étude complète de l’appareil.
- Lorsque j’ai commencé mes expériences, je n’avais pas encore songé aux considérations théoriques que j’ai exposées dans cet ouvrage ; par conséquent, mon but était surtout la détermination de m. On verra néanmoins que les expériences sont capables de fournir toutes les données dont on peut avoir besoin, et je pense que les perfectionnements qu’on y pourra introduire, dont plusieurs sont importants, se rapporteront aux détails mais non au principe même.
- On aurait une méthode tout à fait différente seulement dans le cas où on mesurerait directement au dynamomètre le travail absorbé par le générateur secondaire. Or, on ne peut toujours faire une telle mesure avec l’exactitude nécessaire; dans le cas de mes expériences, par exemple, elle aurait été impossible, parce que la machine dynamo-électrique actionnant les générateurs secondaires était d’une puissance telle qu’elle pouvait absorber soixante chevaux ; et elle était mise en mouvement par une machine à vapeur de 140 chevaux, laquelle faisait fonctionner en même temps beaucoup d’autres machines.
- Description des expériences. — L’appareil calorimétrique (') était formé essentiellement d’une
- (i) Le calorimètre avait été préparé, en partie, par une commission nommée par le jury, et composée des professeurs II. E. Weber, de Zurich ; E. Voit, de Munich ; A.Roiti,
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- hélice en fil de maillechort de 0,4 millimètres de diamètre et d’environ 2m,4o de longueur, enroulée sur un disque d’ébonite, recouverte d’une couche de gomme laque, et plongée dans l’eau d’un calorimètre en cuivre argenté, fermé, de 12 centimètres de diamètre et de 20 centimètres de hauteur.
- Le calorimètre est protégé comme toujours par un récipient cylindrique en laiton, fermé, qui, à son tour, est encore protégé par une caisse en bois.
- Le thermomètre passe dans un orifice central du disque en ébonite et il est maintenu par un bouchon perforé dans un tuyau placé au centre du couvercle. Il est gradué en dixièmes de dégré et on fait les lectures au moyen d’une lunette avec laquelle on peut tenir compte des cinquièmes de division, c’est-à-dire des cinquantièmes de degrés. Deux trous pratiqués dans le couvercle et munis de petits tuyaux en caoutchouc durci laissent passer librement deux fils de cuivre de 1,1 millimètre de diamètre fixés à la partie inférieure aux extrémités de l’hélice et qui portent à la partie supérieure des bornes pour l’introduction dans les circuits. Par ces deux fils on fait passer le courant dans l’hélice. Les deux fils sont reliés extérieurement à une traverse en ébonite qui est attachée à une ficelle passant sur une poulie, et avec laquelle on peut donner à l’hélice un mouvement régulier vertical de va-et-vient, sur une longueur de deux centimètres environ; ceci sert à renouveler l’eau au contact du fil et à rendre uniforme la température dans le calorimètre.
- Employant, comme j’ai fait, le même calorimètre soit pour les mesures du circuit secondaire, soit pour celles du primaire, on évite les difficultés des mesures absolues; de plus il n’est pas nécessaire de déterminer la constante du calorimètre et la résistance de l’hélice, parce que la constante et la résistance s’éliminent dans les quotients qu’on doit calculer. On obtient la constance dans l’intensité moyenne du courant primaire au moyen du régulateur du courant excitateur de la machine dynamoélectrique, et on s'en assure avec un électrodynamomètre de Siemens inséré dans le circuit. La constance de la différence moyenne de potentiels entre les deux bornes extrêmes de l’hélice primaire du transformateur ou encore celle entre les extrémités de la résistance qu’on substitue à l’appareil dans la seconde partie de l’expérience est obtenue en taisant varier cette résistance, et on la constate avec un électromètre de Mascart employé suivant la méthode de Joubert. Lorsque la différence de potentiels est supérieure à celle qu’on peut mesurer avec l’électromètre, on relie les deux points, pour lesquels on veut vérifier la constance de la différence moyenne des potentiels,
- de Florence, et de l’auteur de ce mémoire. Il devait servir pour des expériences que le jury voulait faire, mais qu’on n’a pu entreprendre.
- à un circuit de très grande résistance fait avec des lampes à incandescence placées en tension, et on attache les fils de l’électromètre à deux points convenables de ce circuit.
- Comme on ne doit pas faire des mesures, mais qu’on veut seulement s’assurer de la constance des potentiels, il n’est pas nécessaire de connaître la résistance des lampes, ni de vérifier qu’elles sont égales. Seulement il est nécessaire que la résistance soit très grande, afin que la dérivation ne trouble pas sensiblement les phénomènes qui se passent dans le générateur secondaire. Dans mes expé-
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- riences, j’ai généralement employé douze lampes Edison.
- Pour chaque expérience on faisait varier le nombre des lampes comprises dans le circuit de l’élec-tromètre de manière à avoir une déviation comprise dans les limites de l’échelle, mais toujours très grande.
- La figure ci-dessus représente schématiquement la disposition des appareils pour l’expérience.
- Les deux conducteurs, venant de la machine dynamo-électrique, entrent dans le laboratoire (*)
- (!) Le laboratoire était dans une salle du bâtiment de l’Exposition, à 180 mètres environ de la dynamo. Le conducteur
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- par A et Z. Le conducteur A se rend à un commutateur à deux contacts B, Y, au moyen desquels, sans jamais rompre le circuit, (ce qui pourrait causer de graves accidents, la machine à courants alternatifs de Siemens pouvant atteindre une force électromotrice de 3ooo volts),on peut à volonté envoyer le courant aux appareils de mesure, parle contact B, ou encore le faire passer directement au conducteur Z par le fil XY, éliminant ainsi du circuit tout le laboratoire.
- Du contact B, par le fil M, le courant va à l’électrodynamomètre de Siemens S qui vérifie la constance de son intensité. De l’électrodynamomètre le courant se rend à un second commutateur C a b qui le fait passer au générateur secondaire G, lorsque le contact est établi en a, ou qui l’envoie à la résistance variable r et dans le calorimètre Q lorsque le contact se fait en b.
- Le générateur secondaire est représenté en projection horizontale en G ; les deux croix p, q, indiquent les deux bornes extrêmes de l’hélice primaire et les deux petites circonférences s, t représentent les deux bornes extrêmes de l’hélice secondaire. Le bout p de l’hélice primaire communique par un fil avec le contact a du commutateur C a b dont nous venons de parler. L’autre bout# communique avec deux fils D et H dont le premier vient se relier au conducteur Z et l’autre va à un commutateur à fiches à deux directions, a jB, dont nous parlerons tantôt. Une des extrémités de l’hélice secondaire communique avec une résistance sans self-induction r' dont la valeur peut être modifiée d’une expérience à l’autre, et au moyen du fil L elle communique avec le commutateur a (B que nous venons de mentionner. L’autre extrémité t, par contre, communique avec l’extrémité i d’un des fils de cuivre du calorimètre.
- Comme nous l’avons dit, Q représente le calorimètre, dans lequel i et 2 sont les bornes extrêmes des fils de cuivre qui à l’autre extrémité sont réunis au bout de l’hélice de maillechort plongée dans l’eau.
- A la borne 1 sont reliés : le fil F qui vient de la résistance variable r, le fil t 1 qui part de l’hélice secondaire du générateur secondaire G et un troisième fil V qui est relié à une résistance R,
- L’autre borne, la 2e, du calorimètre et l’autre extrémité de la résistance R communiquent avec les deux contacts m et n d’un commutateur à frottement o in 71 au moyen duquel, sans interrompre le circuit, on peut faire passer le courant à travers le calorimètre ou à travers la résistance R. La résistance Y R est sans self-induction et elle est égale à celle du calorimètre. L’égalité obtenue avec beaucoup de soin avant de commencer les expériences
- reliant la dynamo au laboratoire avait une longueur de 600 mètres environ.
- était vérifiée de temps en temps pendant les expériences mêmes. Le commutateur a p est destiné à intercaler le calorimètre, à volonté, soit dans le circuit secondaire, soit dans le circuit primaire où se trouve la résistance variable r.
- Ce commutateur est, comme nous l’avons déjà dit, à fiches et à deux directions.
- Lorsque la fiche est en a on ferme le circuit secondaire s R La oit en y insérant le calorimètre ou la résistance latérale R. Quand au contraire la fiche est en p le circuit secondaire est interrompu, mats le courant primaire peut être envoyé au calorimètre ou à la résistance R, suivant le chemin ABM SC b r F 1 o p H q D Z.
- Toutes les fois qu’au commutateur Cahilya contact en h, la fiche du commutateur a (B doit se trouver en P, sinon le circuit primaire serait interrompu. Avec la machine dynamo électrique que t’employais à l’Exposition, actionnée par un moteur de grande puissance, une rupture de circuit aurait donné lieu à des inconvénients et des dangers très graves. Pour cette raison, avant de manœuvrer les commutateurs C ah et a p, je plaçais toujours le commutateur A B Y sur le contact Y.
- L’électromètre à quadrants de Mascart est représenté schématiquement en E. Il est relié aux points C et q. Pour plus de clarté on a supposé que la liaison est faite directement avec deux fils T et U. En réalité, pour les raisons précitées, dans mes expériences, les deux points C et q étaient réunis l’un à l’autre par un conducteur de très grande résistance formé d’une série de 12 lampes Edison de 16 bougies placées en tension. Le fil T était attaché en C et le fil U était attaché à un point du conducteur susdit pris après un certain nombre de lampes, point qu’on faisait varier, à chaque expérience, suivant le besoin. Lorsque par le commutateur C a h il y airait communication entre C et a l’électromètre indiquait la chute de potentiels entre les deux extrémités p et q dè l’hélice primaire de l’appareil Gaulard. Par contre, lorsque par le même commutateur la communication avait lieu entre C et b, l’électromètre indiquait la chute de potentiels entre les extrémités b et q du conducteur b r F 1 o jB H #, qui comprenait le calorimètre ou la résistance r qu’on faisait varier à volonté pour avoir à l’extrémité une variation égale à celle due au générateur secondaire.
- La résistance r, ainsi que r', sont obtenues avec une hélice d’un double et gros fil de maillechort enroulé à grandes spires sur un châssis en bois. Afin d’éviter les effets de self-induction, l’hélice était enroulée de manière que le courant descendait par les spires d’ordre impair el remontait par celles d’ordre pair.
- L’hélice complète présentait une résistance de 16 ohms environ. Pour faire varier aisément la résistance r sans interrompre le circuit, le commutateur
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- C a b, au lieu d’avoir seulement deux contacts a et b, comme nous l’avons supposé dans la figure, pour la simplification, en avait dix.
- Le premier de ceux-ci communiquait, ainsi que le contact a de la figure avec la borne p du générateur secondaire. Les autres communiquaient par un nombre égal de fils de cuivre avec différents points de l’hélice r.
- En outre les petites variations de la résistance r on les obtenait au moyen d’un fil de cuivre d soudé en e au commencement de l’hélice r, et dont l’extrémité c pouvait glisser tout le long de l’hélice et être fixée dans une position quelconque.
- On mesurait la résistance du conducteur C b r F i o P H q immédiatement après chaque expérience, avec un pont de résistance, préparé à cet effet, qu’on reliait aux points C et q. Immédiatement après on mesurait avec le même pont la résistance du circuit secondaire complet entre les points a et o.
- Voici maintenant l’ordre qu’on suivait dans chaque expérience. Dès qu’on avait introduit dans le circuit secondaire une résistance r' mesurée, on plaçait, au commutateur a p la fiche en a et on établissait le contact en a au commutateur C a b.
- Le commutateur omn du calorimètre était disposé avec le contact en n de manière à exclure le calorimètre et à introduire à sa place dans le circuit la résistance égale VR. Après quoi on établissait le contact en B au commutateur A B Y, faisant ainsi arriver le courant dans le laboratoire.
- Le courant primaire passait alors par BMSCa p G q D X Z faisant ainsi fonctionner le générateur secondaire G, dont le courant secondaire partant de s, passait par r'Lio»RVi/. Un observateur lisait les déviations del’électrodynamomètre S et de l’électromètre E et, en vérifiant leur constance, les enregistrait. En même temps un autre observateur lisait la température du calorimètre.
- A un signal du premier observateur, le second tournait le commutateur o m n du calorimètre faisant contact sur m et envoyant ainsi le courant secondaire par m 2 dans le calorimètre.
- Après une minute, à un autre signal, l’observateur chargé du calorimètre plaçait encore le commutateur sur n et lisait de nouveau la température. Pendant l’observation un aide tenait en mouvement l’hélice du calorimètre afin de renouveler l’eau en contact avec le fil et rendre uniforme la température de tout le liquide. Tel était le procédé de la premièré partie de l’expérience.
- Après avoir placé le commutateur AB Y sur le contact Y, pour mettre le laboratoire hors du circuit et pouvoir manœuvrer sans danger les commutateurs, on ôtait la fiche du commutateur a (3 de a et on la plaçait en p. Ensuite on tournait le commutateur C a b, de sorte qu’on séparait C de a et on le mettait en contact avec b. Enfin on tournait le commutateur A B Y sur le contact B, mettant ainsi le
- laboratoire en communication avec le courant de la dynamo.
- Le courant primaire parcourait alors le circuit B M S C £ r F 1 VR»oPH jDZ sans passer par le générateur secondaire et en traversant au contraire la résistance variable r et la résistance latérale R de l’appareil calorimétrique. Les indications del’électrodynamomètre S et de l’électromètre E se trouvaient alors, en général, différentes de celles de la première partie de l’expérience. La variation de la déviation à l’électrodynamomètre S, toujours assez petite, était tout de suite corrigée par l’expérimentateur chargé de la machine dynamo-électrique. Il se servait pour cela d’un autre électrodynamomètre et du régulateur du courant excitateur. La déviation de l’électromètre, qui en général, avait varié notablement était ramenée à sa valeur primitive, trouvée lors de la première expérience, en faisant varier par tâtonnements la résistance?'. Lorsque l’électromètre et l’électrodynamomètre donnaient des indications constantes et égales à celles de la première expérience, on tournait le commutateur omn, de sorte à euvoyer le courant primaire dans le calorimètre. De même que dans la première expérience, on laissait passer une minute, après quoi, suivant le signal donné par l’observateur chargé de l’électromètre, on mettait de nouveau le calorimètre hors du circuit en lui substituant la résistance R, et on lisait sur le thermomètre l’élévation de température.
- Dès que l’expérience était achevée, on plaçait encore hors circuit le laboratoire au moyen du commutateur A B Y; on reliait le pont de résistance aux coins C et q, après avoir détaché pour plus de précaution le fil D, et on mesurait ainsi la résistance du conducteur CbrF lopq, qui, dans la seconde expérience, avait remplacé le générateur secondaire.
- Enfin, on mesurait la résistance du circuit secondaire.
- § 8. — Résultats des expériences.
- Dans ce qui suit j’ai réuni les principales données relatives au générateur secondaire, sur lequel on a fait les mesures, les résultats de celles-ci, et les observations qu’on peut en tirer.
- Données relatives au générateur secondaire. — Le générateur secondaire sur lequel on a fait les expériences est un de ceux destinés par M. Gau-lard à absorber et à transformer l’énergie de 1,8 chevaux dynamiques environ.
- Ses dimensions sont les mêmes que celles indiquées dans le tableau des expériences de M. Uze sous le nom de grande colonne; il n’en dif-
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- fère que dans la manière dont est formé le noyau de fer. Le noyau de l’appareil expérimenté par M. Uzel était complètement formé d’un faisceau de fils de fer, celui du générateur secondaire employé dans les mesures calorimétriques était constitué par un cylindre de bois recouvert d’une couche de quatre millimètres environ de fil de fer.
- Les données principales sur le générateur sont les suivantes :
- Nombre des disques de l’hélice primaire. qS5 — — secondaire. 45e)
- Diamètre des disques.................... H4mm
- — du trou central................... 54mm
- Epaisseur des disques de cuivre.........o,25mm
- Hauteur de la colonne...................6iolum
- Poids total du cuivre des disques....... 18280 grammes
- — de l’appareil................... 20 kilog. environ
- Nombre des parties égales constituant les
- divisions de l’hélice secondaire.....4
- Résistance de l’hélice primaire à la température de i3 degrés...................0,276 ohms
- Résistance de l'hélice secondaire à la même température, lorsque les quatre
- sont réunies en circuit simple.......0,285 ohms.
- Intensité du courant primaire avec laquelle l’appareil doit fonctionner habituellement, et avec laquelle il fonctionne pendant les expériences.................... 12 ampères cnv.
- Dans toutes les expériences, les quatre parties, dans lesquelles on peut diviser l’hélice secondaire, ont été reliées eu circuit simple, c’est-à-dire en tension.
- Comme le calorimètre présentait une résistance considérable, si l’on avait relié les hélices secondaires en circuit multiple, c’est-à-dire en quantité, on aurait effectué les expériences dans des conditions toujours très différentes de celles dans lesquelles M. Gaulard fait d’habitude fonctionner son appareil.
- Au cours des sept premières expériences rapportées dans le tableau qui suit, l’hélice du calorimètre avait une résistance de 4,18 ohms; dans les suivantes, on a remplacé l’hélice par une autre de résistance égale à 8,97 ohms.
- La machine dynamo-électrique Siemens, qui fournissait le courant primaire, faisait, pendant l’expérience, en moyenne 670 tours par minute. Les bobines mobiles de la machine étaient au nombre de 24; on avait donc 16080 inversions de courant par minute, c’est-à-dire 268 par seconde. La machine était commandée, comme nous avons dit plus haut, par un moteur à vapeur de 140 chevaux, actionnant en même temps d’autres machines. Ceci donnait souvent lieu à des variations sensibles dans la vitesse, variations qu’on n’a jamais pu éviter complètement. De ces variations on devra tenir compte plus tard, lorsqu’il sera question de choisir entre les différentes manières possibles de calculer les expériences, celle qui sera la plus convenable.
- Dans les mesures rapportées \ dans le tableau
- suivant, on faisait varier la valeur de la résistance r' du circuit secondaire à chaque expérience. La première expérience (n° 1) fut faite avec le circuit secondaire contenant seulement la résistance de l’hélice induite, du calorimètre et des fils de connexion. La dernière (n° 14) fut faite avec le circuit secondaire interrompu, c’est-à-dire avec une résistance r' = co.
- Les résultats de toutes ces expériences sont consignés dans le tableau suivant, où les lettres placées en haut de chaque colonne ont les significations suivantes :
- t\ et t' représentent les températures du calorimètre au commencement et à la fin de l’expérience calorimétrique sur le circuit secondaire (première partie de l’expérience) ; t0 et t sont les températures du calorimètre observées au commencement et à la fin de l’expérience calorimétrique sur le circuit primaire (seconde partie de l’expérience) ; rx est la résistance du conducteur br¥ 1 o 6H<7 (fig. 2), qui dans la seconde partie de l’expérience remplace le générateur secondaire ; enfin r' est la résistance totale du circuit secondaire aLr'sf 1 o.
- RÉSULTATS DES EXPÉRIENCES
- Faites dans les journées des u, 12, i3, 14, i5 et 16 novembre 1884.
- NUMÉROS CALORIMÊTRE dans le secondaire CALORIMÈTRE dam» le primuirc RÉSISTANCES
- -—~~~in ii __ ^—-— - - m |M
- d’ordre i'« t' h l >'i r'
- I 10, Co 16, q5 16,18 22,80 4,80 4,70
- 2 H. 90 i5,co 14,98 21,55 5,18 5,09
- 3 :5,5o 21 ,U0 19,90 26,00 6,10 6,73 6,10
- 4 14,96 20,32 24,70 30,70 6,80
- 5 11,28 17,29 16, o5 22,t)0 7,50 71
- 6 9,10 13,80 i3,Co 19,50 9,R 10,02
- 7 8,90 17,65 13,90 i3,70 19,70 9,53 10,02
- 13 22,00 21,62 27,42 10.72 12, 12
- 9 i6,^5 20,20 l3,0U 19,92 25,70 12,55 15,43
- 10 9,o5 12.75 19,00 14,70 17,70
- 11 14,20 18,35 17,98 16.68 22,26 15,14 17,73
- 12 22 02 21,70 27,90 15,35 19,80
- i3 16,64 19,92 19,48 25,42 16 17 21,5û
- 14 — i4,5o 20,20 22,36 CO
- g. 9. — Calcul des expériences. — Observations préliminaires.
- Soient p la constante du calorimètre, et
- R la résistance de l’hélice qui y est plongée.
- Représentons encore par ïm et i,~„ les moyennes des carrés des intensités des deux courants primaire et secondaire pendant les expériences, nous avons
- R hn —P d — tft)} E i'm ~P {]' hi) 1
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-
- LA LÜMÎÊÊË ÊLËCTRîQUË
- f$6o
- et par conséquent
- Cette valeur est indépendante de p, par conséquent, si nous cherchons à nous servir dans nos calculs de formules où il n’y a pas les valeurs absolues des intensités moyennes im et im des deux courants primaire et secondaire, mais seulement leur rapport, nous pouvons faire toutes les déterminations sans tomber dans les difficultés inhérentes aux mesures calorimétriques absolues. C’est dans ce but que le plan des expériences a été étudié de manière que le même calorimètre servît, soit pour les mesures qu’on doit faire sur le circuit primaire, soit pour celles du circuit secondaire.
- Il est pourtant nécessaire pour l’exactitude des déterminations, que pendant toute la durée de chaque expérience la constante du calorimètre, et sa résistance R ne varient pas., S’il est possible de s’assurer facilement de la première condition, par contre, on ne peut jamais satisfaire rigoureusement à la seconde, à cause de réchauffement inégal que subit l’hélice dans les deux parties de l’expérience. Si, comme il arrive en général, les accroissements de température t—10 et t' —1'0 qu’on obtient respectivement dans le calorimètre quand on le place dans les circuits primaire et secondaire, sont différents, cela signifie que dans le même temps, dans une minute, l’hélice cède à l’eau du calorimètre des quantités de chaleur différentes.
- Ceci démontre encore que la température de l’hélice a des valeurs différentes.
- A la différence de température de l’hélice dans les deux parties de l’expérience correspond une différence de résistance, grâce à laquelle la valeur »'m\*
- — ) calculée par la formule (46) peut êtreaffecté 1 ni I
- d’erreur. Il est nécessaire avant de commencer les calculs, de déterminer l’ordre de grandeur de cette erreur.
- Appelons, à cet effet, h le coefficient de conductibilité thermique extérieure du fil du calorimètre quand il plonge dans l’eau, F la surface du fil en mètres carrés, x la différence moyenne de température entre le fil et l’eau pendant une mesure calorimétrique dans le circuit primaire. Le nombre de calories transmises en une heure du fil à , „ . h F x
- l’eau est hFx, et eu une minute-—--
- D’autre part, ces calories font croître la température de l’eau de t0 à t ; or dans mes expériences la constante du calorimètre était en moyenne r,3 environ, la quantité des calories sera donc i,3
- {t~t 0).
- Pour déterminer x, on a donc l’équation
- dans laquelle on doit considérer h comme rapporté à la calorie par heure et par mètre carré.
- Dans mes expériences, on avait F = 2,40 X o,ooi = 0,0024.
- On manque de données pour calculer h exactement; pourtant on peut prendre pour h une valeur certainement plus petite de la vraie, avec laquelle on calculera, sinon la valeur exacte de x, au moins une valeur certainement plus grande que la vraie, ce qui permettra de déduire une limite supérieure de l’erreur qu’on fait en se servant de la formule (46).
- Les ingénieurs savent qu’un tube métallique, en cuivre par exemple, de petit diamètre qui plonge dans l’eau et est rempli de vapeur peut condenser en une heure, pour chaque mètre carré de surface, et pour chaque degré de différence de température entre la vapeur et l’eau, 2,5 kilogrammes de vapeur, si l’eau est au repos et jusqu’à 10 kilogrammes si l’eau est en ébullition.
- Le poids de vapeur condensée serait plus grand encore si l’eau au lieu de se renouveler au contact du tube, uniquement en vertu des mouvements hydrostatiques était renouvelée artificiellement avec un agitateur. Comme on sait aussi que le coefficient de conductibilité extérieure croît, si l’on diminue le diamètre du tube, ce coefficient sera certainement bien plus grand que celui qui correspond à la condensation de 10 kilogrames de vapeur , quand au lieu d’un tube, on a un simple fil mince. Nous ferons donc une erreur en moins dans la valeur de h et une erreur en plus dans le calcul de x, en faisant l’hypothèse que, pour notre fil, A a la valeur qui correspond à la condensation de 10 kilogrammes de vapeur à ioo°.
- Nous aurons par conséquent une limite de l’erreur qu’il s’agit d’évaluer, limite qui est bien supérieure à la vérité en posant h ~ 10 X 537 = 5370.
- Prenant cette valeur, nous écrirons
- * = 6,05 —
- La température du fil du calorimètre pendant
- 1 expenence sera en moyenne „r-)-----^c est-à-dire,
- avec une erreur en plus
- 6,o5(/-/0)+^±i2;
- Par conséquent la résistance sera augmentée, par rapport à celle correspondante ào° dans le rapport de 1 à
- 1 + 0,00044 [ô,o5 (t - /„) -f ‘-±h |.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- De même, pendant l’expérience avec le calorimètre dans le circuit secondaire, la résistance sera celle qui correspond à o° multipliée par
- i + o,oco.|4 6,o5 (t'
- P
- Donc il faudra multiplier la valeur de
- cal-
- culée avec la formule (46) par
- petites résistances r1, et moindre que 9 pour mille s’il s’agit de fortes résistances.
- Comme le calcul que nous avons fait est fondé sur une valeur de h très probablement bien plus petite que la vraie, il faut croire qu’en réalité l’erreur qu’on fait est bien au-dessous de la limite calculée maintenant. D’ailleurs les résultats d’expériences employés dans les calculs, comme nous verrons bientôt, ne donnent aucun indice d’une erreur systématique dans la valeur de
- 1 + 0,00044 |^6,o5 [V — i +0,00044 |^6,o5 (t —tü) + °J
- c’est-à-dire approximativement par e = 1 - 0,00044 J^6,o5 {L + /'Q - - t') +
- A cause de l’incertitude de la valeur de h dont nous avons fait usage, cette formule ne pourrait pas servir effectivement pour faire la correction dont il s’agit; mais, comme nous sommes sûrs que la correction faite avec cette formule serait certainement excessive, nous l’employons seulement pour avoir une idée des limites des erreurs qui peuvent dériver de l’emploi de la formule (46) sans aucune correction.
- A cet effet, il suffit de calculer, avec la formule que nous avons trouvée, l’erreur dans le cas de la première et dans celui de la dernière de nos expériences, puisque pour toutes les autres il aura une valeur intermédiaire.
- Or, de l’expérience n° 1 nous avons :
- t + i'a — i'
- l "b 6) —
- 2
- par conséquent
- e —0,997.
- De l’avant-dernière expérience, c’est-à-dire de la treizième, où l’erreur dont il s’agit est maxima, nous avons :
- / + /(| — /„ — l' — 2°.66,
- Ct
- et par conséquent
- ô —0,991
- O11 voit donc par là que l’erreur qu’on fait dans le calcul de (Cy , en négligeant la correction pour le
- réchauffement du fil, est, dans les limites de nos expériences, moindre que 3 pour mille s’il s’agit de
- erreur qui, étant croissante avec r' et toujours du même signe, serait facile à reconnaîtrs si elle surpassait l’ordre de grandeur des erreurs accidentelles de l’observation. Par conséquent, si on remarque que, par la nature même de nos expériences on ne peut compter avec sécurité que sur le second chiffre décimal dans les valeurs des résultats, on peut se dispenser de tenir compte du réchauffement du fil et employer sans corrections la formule (46).
- Ces observations faites, nous pouvons nous servir des résultats des expériences contenus dans le tableau que nous avons donné plus haut.
- [A suivre.) G. Ferraris.
- LE
- MICROPHONE DE M. LE Dr M. HIPP
- Parmi les microphones, qui abondent au point de vue de la variété de forme et de système, on n’en trouve guère qui diffère d’une manière aussi saillante du modèle ordinaire que le « microphone à effet double et multiple' », de M. le docteur M. I-lipp, à Neuchâtel (Suisse).
- L’appareil, dont nous allons dire quelques mots, se trouve représenté par les figures 1 et 2. La partie essentielle de cet instrument, l’organe, se compose d’une boîte cylindrique B, très aplatie, formée d’un corps mauvais conducteur. Une membrane élastique m ferme la boîte à ses deux bases. Si cette membrane n’est pas conductrice de l’électricité par sa nature, elle l’est rendue par deux feuilles de platine, très minces, collées sur la face intérieure de la base. La cavité résultante est enfin remplie, en partie, d’un corps conducteur ou semi-conducteur convenable, en forme de grains g. Des fils métalliques, soudés à la partie conductrice des membranes, permettent d’intercaler ce système de conducteurs dans le circuit d’une pile.
- Cet organe est logé dans une cavité c, en forme de cylindre ou d’une autre surface de révolution,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- en sorte que l’axe du cylindre de l'organe et l’axe de cette cavité se coupent à angle droit. En arrière, la cavité est fermée par un corps quelconque; en avant, la fermeture est faite par une membrane élastique m', du parchemin, par exemple.
- Une dernière partie vient s’ajouter à la précédente : c’est l’embouchure E, qui s’applique directement sur la membrane de la seconde cavité, en
- formant en quelque sorte le prolongement du cylindre sur lequel est logé l’organe.
- Par cette construction, les dimensions du microphone sont très réduites : la longueur n’étant que de n à i3 cm. pour une épaisseur extérieure d’environ 6 cm.
- Le fait que le microphone de M. Hipp n’a pas de bobine d’induction lui procure le réel avantage de ne pas exiger une pile pour chaque abonné, mais simplement une batterie qui, sous la surveillance de la station centrale, est facile à maintenir en parfait état. En outre, comme le microphone de M. Hipp ne demande pas de réglage, il fonctionne
- B 77?*
- presque aussi bien à la main ou placé sur une table.
- A ces avantages vient s’ajouter cet autre qu’une voix très faible, inintelligible à une personne placée à côté du microphone, peut suffire pour reproduire au téléphone distinctement la parole émise. Ainsi, ce système est préférable à tout autre pour le service militaire, pour le service des chemins de fer, pour celui des malades, etc.
- Voici le jugement porté par la commission technique-scientifique de l’Exposition de Vienne, d’après le certificat délivré par elle :
- « Monsieur M. Hipp a exposé des transmetteurs « microphoniques de son invention pour lesquels « un réglage, dans le sens propre du mot, estcom-« plètement évité. Leur fonctionnement est tout à « fait indépendant de leur mode de suspension et « ils transmettent nettement et avec force le son, « en employant une pile convenable. Ils présentent « moins que d’autres microphones les défauts qui « accompagnent ordinairement la reproduction des « lettres e, i, h, s, f, m, n.
- « Ce microphone, considéré en lui-même, est « très simple; il est monté d’une manière com-« mode et élégante avec l’inducteur, la sonnette, « deux téléphones et un parafoudre sur une même « planchette, et répond ainsi parfaitement aux exi-« gences minutieuses de nos jours. »
- Dr Robert Weber.
- CLASSIFICATION DES INSTRUMENTS DE MESURE
- DE L’INTENSITÉ DU
- GOURANT ÉLECTRIQUE
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES AVANTAGES DES MÉTHODES GALVANOMETRIQUES.
- Lorsqu’il importe de faire l’étude d’un système électrique complet, c’est-à-dire formé d’une source d’électricité, d’arcs interpolaires et d’appareils récepteurs, capables d’absorber une partie de l’énergie de la source, et de la transformer en d’autres modes de l’énergie, on dispose d’un certain nombre de méthodes classiques, distinctes les unes des autres, permettant de déterminer, en unités absolues, la valeur des éléments qui composent le système, et des constantes du courant qui le traverse.
- Les lois de Joule. Ohm, Faraday, pour ne citer que les principales, établissant les relations qui existent, soit entre les éléments du courant, soit entre ces éléments et les phénomènes qui prennent naissance au passage du courant dans les conducteurs et les appareils récepteurs, on peut, au moyen des formules simples, tirées de ces lois, vérifier le degré de précision des méthodes généralement employées et établir l’économie d’un système électrique quelconque.
- Parmi les problèmes qui se présentent fréquemment en pratique, prenons comme exemple un des cas les plus simples : imaginons deux points A B, faisant partie d’un circuit indéfini et comprenant
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- entre eux une résistance R, qui n’est le siège d’aucune force électromotrice.
- La différence de potentiel pourra être déterminée à l’aide de l’électromètre absolu ; la méthode du pont de Wheatstone nous donnera la valeur de la résistance R, la boussole des tangentes celle de l’intensité du courant.
- Nous ferons remarquer que ces différentes mesures, quelque précises qu’elles puissent être, seront insuffisantes lorsqu’on voudra étudier l’économie d’un système électrique, en plein fonctionnement.
- Malgré toutes les précautions dont on s’entoure au laboratoire, où ces méthodes sont plus spécialement adoptées, il est diflicile d’éviter que les causes d’erreur, propres à chaque appareil, ne s’ajoutent entre elles ou tout au moins n’altèrent le résultat final.
- C’est ainsi que, pour le cas particulier pris comme exemple, si nous voulons vérifier la loi de Ohm, nous trouverons le plus souvent, pour chacun des éléments du courant, déterminés en unités absolues, une valeur sensiblement différente de celle tirée du rapport des deux autres.
- A côté des causes d’erreurs inhérentes aux appareils et provenant d’un défaut dans leur construction, d’un étalonnage défectueux, d’une mauvaise lecture, etc., il en existe d’autres,indépendantes des instruments de mesure et du soin apporté à Indétermination de leur constante ou à leur manipulation.
- Ces causes d’erreur proviennent des variations que subit presque toujours un des éléments électriques au moment où le système entre en fonctionnement et même pendant toute la durée de l’expérience.
- Je veux parler de la résistance R.
- Cette résistance, qui avait été mesurée, avec un très grand degré d’exactitude, au moyen de la méthode de Wheatstone, avant l’expérience, s’échauffe au passage du courant.
- S’il est facile de calculer, d’après la loi de Joule, la quantité d’énergie calorique développée dans une résistance donnée, lorsqu’on connaît l’intensité du courant qui la traverse, on ne peut déterminer a priori, ni réchauffement des conducteurs, ni l’augmentation de résistance qui en résulte.
- La résistance que nous avions trouvée lorsque le système électrique était en repos n’est donc pas la résistance vraie ; ce n’est pas celle-ci que nous devons introduire dans les formules analysant le phénomène électrique considéré, mais bien celle que nous tirerons du rapport entre la différence de potentiel en A B et l'intensité du courant.
- La mesure de celte quantité est de beaucoup la plus importante et la plus délicate ; son importance surtout sera démontrée, lorsque nous aurons établi qu’il est possible de ramener la plupart des mé-
- thodes auxquelles nous' venons de faire allusion de simples déterminations d’intensité.
- On peut, en effet, avec un galvanomètre d’un type particulier et une boîte de résistances étalon nées, effectuer des mesures d’intensités et de différences de potentiel, d’une valeur variant entre les limites les plus écartées.
- Il nous sera facile de démontrer que les méthodes basées uniquement sur des indications galvanomé-triques, peuvent rendre de grands services, non seulement en pratique, mais encore dans un grand nombre de recherches scientifiques, particulièrement dans celles qui ont pour but l’établissement d’une loi physique, et où il importe bien plus de connaître, d’une façon précise, les variations d’une quantité que sa valeur en unités absolues.
- Le galvanomètre ne saurait évidemment remplacer l’électromètre lorsqu’il s’agit de mesurer le potentiel d’un point ou la différence des potentiels de deux points faisant partie d’un appareil statique • mais, au contraire, pour la détermination des diffél rences de potentiel de points compris dans un système où l’électricité se trouve à l’état dynamique, les méthodes galvanométriques présentent de très grands avantages comme précision et rapidité, sur les méthodes électrométriques.
- Nous aurons, du reste, l’occasion de parler plus tard des instruments qui, de près ou de loin, se rattachent à tous les procédés de mesure, indistinctement.
- Nous nous occuperons seulement aujourd’hui d’une classification des appareils propres à la détermination de l’intensité.
- Ils sont nombreux déjà comme l’indique le tableau intercalé dans le texte. On en trouvera la description complète dans la plupart des livres techniques et surtout dans la collection du journal La Lumière électrique, qui les contient tous.
- Nous nous contenterons donc de parler des principes généraux qui servent de base à leur construction et les différencient.
- CLASSIFICATION DES INSTRUMENTS DE MESURE
- d’intensité
- Les appareils de ce genre, construits jusqu’à ce jour, se présentent sous.des formes très variées et 11e sont pas tous fondés snr le même principe.
- On peut les diviser en trois grandes classes bien distinctes, selon que le phénomène électrique, servant de base à l’observation, donne lieu à des actions mécaniques, à des réactions caloriques ou chimiques.
- La première classe la plus nombreuse comprend tous les appareils qui sont basés sur la mesure d’un effort mécanique, dû à des actions à distance M deux éléments électriques,
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- Les appareils qui en font partie prennent le nom de galvanomètres.
- Dans la deuxième classe, nous comprenons les instruments capables de mesurer l’énergie calorique développée au passage du courant dans les conducteurs.
- Les phénomènes électrolytiques peuvent servir également à la mesure de l’intensité du courant ; les appareils basés sur ces phénomènes particuliers forment la troisième classe.
- Nous notons simplement dans le tableau ces deux dernières classes sans donner le détail des instruments de mesure qui en font partie.
- Le calorimètre, le voltamètre sont des appareils délicats, exigeant beaucoup de soin pour leur entretien et leur manipulation ; pour ces raisons, ils ne sauraient être appliqués couramment aux déterminations d’intensité ; mais, en revanche, ils possèdent toutes les qualités suffisantes et nécessaires pour faire de bons étalons.
- Leur étude trouvera naturellement sa place, lorsque nous passerons en revue les différentes méthodes employées pour la graduation des galvanomètres.
- PREMIÈRE CLASSE.
- Galvanomètres proprement dits.
- Tout galvanomètre est composé essentiellement de deux parties : l’une fixe, l’autre mobile, subis sant une action directrice et motrice de la partie fixe, suspendue en général assez légèrement pour qu’un faible effort modifie sa position d’équilibre.
- L’élément mobile occuperait même, dans la plupart des galvanomètres, une position limite, sous l’influence de l’effort à peine appréciable résultant du passage, dans l’appareil, d’une quantité très faible d’électricité, s’il n’existait une force agissant en sens contraire et ramenant l’élément mobile à une position d’équilibre déterminée, fonction de l’intensité du courant.
- Cette position d’équilibre donne également la valeur de l’effort résistant ou antagoniste qui en est aussi une fonction.
- L’effort résistant étant égal et de signe contraire à l’effort moteur, ce dernier pourra être exprimé en unités mécaniques absolues et au moyen de certains appareils, dits étalons construits d’une façon spéciale, comme la boussole des tangentes, on pourra déduire de l’effort moteur ainsi déterminé la valeur de l’intensité du courant en unités absolues.
- On peut diviser la classe qui comprend les galvanomètres proprement dits en trois groupes principaux.
- Dans chacun de ces groupes sont naturellement compris tous les instruments qui ont pour base le même principe moteur ou générateur.
- Le premier groupe renferme tous ceux qui sont fondés sur la mesure d’un effort mécanique dû à l’action d’un courant sur un aimant,
- Dans le deuxième groupe, l’effort mécanique est dû à l’action d’un courant sur un courant.
- Dans le troisième groupe, à l’action d’un aimant sur un courant. Chaque groupe se subdivise en plusieurs catégories d’appareils ; la nature seule de l’effort résistant différencie ces subdivisions.
- Le premier groupe est le plus important ; il renferme le plus grand nombre d’appareils et ceux-ci présentent une très grande variété dans leurs dispositions; six divisions principales se rapportant à l’effort résistant font partie de ce groupe.
- Nous y trouvons les premiers instruments construits pour la mesure des courants électriques, comme le multiplicateur de Schweigger, le galvanomètre différentiel, le galvanomètre astatique, plusieurs étalons, entre autres la boussole des tangentes et un appareil d’une extrême sensibilité, le galvanomètre à miroir de sir W. Thomson universellement adopté pour la mesure des résistances.
- Citons également le galvanomètre à miroir de Wiedemann conçu sur le modèle de celui de W. Thomson et plus spécialement adopté en Allemagne.
- Les galvanomètres dont nous venons de parler font partie des première et deuxième divisions du premier groupe.
- Avec le galvanomètre à champ magnétique puissant de M. Marcel Deprez (troisième division) nous abordons une catégorie d’appareils possédant certaines qualités particulières qui en font des instruments de mesure à indications précises et rapides.
- Le « Dead beat speaking galvanoineter » de Sir W. Thomson, le galvanomètre de MM. Ayrton et Perry sont postérieurs au galvanomètre à arête de poisson de M. Marcel Deprez et présentent beaucoup d’analogies avec ce dernier.
- Ce qui caractérise ces galvanomètres c’est surtout leur apériodicité et l’invariabilité de leurs indications ; c’est à la puissance de leur champ magnétique qu’ils doivent ces propriétés qui en font d’excellents appareils industriels.
- Ils sont aussi proportionnels mais pas sur toute la longueur de l’échelle.
- Le premier galvanomètre à arête de poisson de M. Marcel Deprez ne donnait des indications proportionnelles aux intensités de circulation que jusqu’au 25° de déviation.
- Dans les derniers temps, grâce à la modification apportée au galvanomètre Deprez-d’Arsonval (troisième groupe) M. Marcel Deprez a obtenu la proportionnalité absolue, sur toute la longueur de l’échelle, c’est-à-dire jusqu’à go° environ.
- Signalons pour finir l’électrodynamomètre de
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- magnétique
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- Pesanteur
- Torsion du fil de
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- Traction d un ressort \ à boudin f
- Torsion
- du fil de suspension
- Torsion d’un ressort
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- Pesanteur ^
- Torsion
- du fil de suspension
- Pesanleu r
- DKUX1KM12 CLASSE
- RÉACTIONS CALÜKIQ U II S
- TROISIEME CLASSE
- RÉACTIONS CHIMIQUES
- Multiplicateur rie Schweigger.
- Galvanomètres asiatique, différentiel.
- Boussoles des sinus, ries tangentes, des cosinus. Magnétomètre de Weber à amortisseur.
- Double système astatique de Goslynski.
- Galvanomètre proportionnel de Gaiffe.
- Boussole de Gaugain, méthode des oscillations* Galvanomètres de Sabine^ Edelmann, Ullricht, Mengc$> Wiedemann.
- Galvanomètre à aiguilles asiatiques de M. E. Ducretet.
- Galvanomètres à réflexion :
- — astatique, balistique, marin, de sir W.
- Thomson, de Schiff, D, Ebel, Obach, Thomas cl Andrews Gray, Roscnthal. Rhéomètre de Zenger.
- Galvanomètre à arête de poisson de M. Marcel Dcprez. Dead, beat speaking galvanometcr de sir W, Thomson. Galvanomètre de MM. Ayrton et Perry.
- Ampèremètre de Kapp et Crompton.
- Ampèremètres-voltmètres Deprez-Carpenticr.
- — — Deprcz-Breguct.
- Galvanomètre de démonstration de Bourbouze.
- — — Breguet.
- Galvanomètre-balance de Becquerel.
- — — Seymour, Ampèremètres Uppenborn, Clere
- — P telle et Krizih.
- Galvanomètre de MM. Siemens et Halske. Ammètre de MM. Ayrton et Perry. Electrodynamomètre de M. Bellati,
- Galvanomètre à solénoïde de Blyk. Kohlrausch, Egger et Kremeneski, Ayrton et Perry.
- Electrodynamomètre Weber.
- — Robert Sabine.
- Electrodynamomètre de MM. Siemens et Halske.
- Electrodynamomètre Joule.
- Galvanomètre Deprez-d'Arson val.
- — Deprez-d’Arsonval (à champ magnétique constant).
- Ampèremètre IJppmann. Machine magnéto-électrique.
- Galvanomètre Dubois. Caiorimétric.
- Voltamétrie.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- MM. Siemens et Halske (deuxième groupe) employé surtout pour la mesure des courants alternatifs et l’ampèremètre à mesure de Lippmann (troisième groupe) d’une disposition particulière et tout à fait originale.
- Dans un prochain article nous parlerons avec plus de détails de quelques-uns des galvanomètres que nous venons de citer et particulièrement du galvanomètre Deprez-d’Arsonval à champ magnétique constant.
- Adolphe Minet.
- SONNERIES DE SURETE
- POUR LES COFFRES-FORTS
- M. Chastenet, se pénétrant de l’idée qu’une simple sonnerie électrique avertissant de l’ouverture de la porte d’un coffre-fort était loin d’être une garantie suffisante, a indiqué un petit appareil dpnt le journal La Nature a donné une description sous le titre :
- APPAREIL AVERTISSEUR DU VOL DES COFFRES-FORTS
- Cet appareil se compose d’une boîte A B C D analogue aux boîtes de sonneries à trembleur. Sur la face postérieure de cette boîte (fig. i), se trouvent deux lames à ressorts R et R' dont le jeu est limité, en dessous par deux butoirs isolés i et 2, et en dessus, par deux autres butoirs 3 et 4.
- Le butoir 3 et le ressort R' sont reliés à une borne F placée en haut de l’appareil, tandis que le butoir 4 et le ressort R communiquent avec une borne E faisant pendant à la première.
- Cette boîte doit être placée verticalement, à une assez grande hauteur au-dessus du coffre-fort ou de tout autre objet précieux qu’il s’agit de préserver. A l’extrémité des ressorts R et R', elle reçoit les deux fils conducteurs GI, HJ tendus assez fortement pour amener R et R' au contact de 1 et 2. Ces fils sortent librement de la boîte ABCD et sont seulement fixés en I, J dans l’intérieur du coffre, de façon à toujours maintenir R et R' éloignés de 3 et 4.
- Les extrémités de ces fils sont reliées à un contacta feuillure ordinaire K, manœuvré par la porte du coffre. Il n’y a donc de visible que les fils conducteurs qui, émergeant du coffre, montent le long du mur, naturellement tendus par les ressorts R et R'.
- En examinant la figure 1, on voit que la sonnerie fonctionnera dans les 3 cas de vol qui peuvent se présenter :
- a. Porte du coffre-fort forcée.
- b. Coupure des fils de ligne avant de forcer la porte ou emporter le coffre.
- c. Arrachement des fils en emportant le coffre.
- Cet appareil très ingénieux rendrait service dans la plupart des cas, mais il ne faudrait pas lui accorder toute sa confiance. En effet, il a de nombreux inconvénients et je vais me borner à indiquer le plus important.
- Les fils IG, HJ étant forcément placés en évidence par la nature même de l’appareil, le voleur les verra du premier coup d’œil. Or, l’usage des sonneries électriques s’est tellement répandu depuis quelques années que presque tout le monde en
- fig. 1. — La boîte ABCD est à une échelle agrandie pour en bien montrer l’intérieur.
- connaît la pose et le fonctionnement; supposons donc que notre voleur ne soit pas étranger à ces questions, il pensera de suite que ce n’est pas une sonnerie ordinaire, car pour une telle sonnerie il sait qu’on aurait dissimulé les fils avec le plus grand soin. Et s’il connaît l’appareil Chastenet, il suspendra aux fils des poids ou fixera ces fils au mur avant de les couper. Il sera ensuite bien certain den’êtrepas inquiété.
- C’est après avoir étudié le côté pratique de la question, côté pratique très-important, que je conseillerais l’emploi de l’une des deux solutions suivantes :
- Première solution.
- On prendra deux câbles M et N composés chacun d’une vingtaine de conducteurs (fig. 2); ces
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- conducteurs seront isolés les uns des autres au moyen d’une couche de gutta-percha aussi mince que possible et placés dans un tube de plomb de 3 ou 4 millimètres d’épaisseur.
- On fera arriver ces câbles du mur au coffre en leur donnant, par la forme et par une couche de peinture convenable, l’aspect de deux crampons de scellement dont le but semblera être uniquement de maintenir et fixer le coffre.
- Deux bornes a et b se trouveront placées en dehors de la pièce où est le coffre-fort et dans un
- système, car les deux crampons ne donnant pas au voleur l’idée de fils électriques, il essaiera
- i° d’ouvrir le coffre, et alors le bouton de feuillure ferme le circuit ;
- 20 de le desceller ou de l'emporter, et dans ce cas il sera obligé de couper ou de briser les crampons, opération qu'il est absolument impossible de faire sans produire un contact métallique, si court qu’il soit, entre les conducteurs du câble.
- On peut employer comme relai l’appareil de la figure 3, par exemple. On voit que dès qu’un contact instantané a relié a et b, une attraction s’étant produite entre la palette P et le fer doux F, le circuit de l’électro-aimant sera constamment fermé par le petit ressort r que la palette P est venue toucher.
- FIG. 3
- P étant continuellement en contact avec F, F, le circuit de la sonnerie sera fermé et l’appel aura lieu tant qu’on n’aura pas coupé les circuits en retirant la cheville c de l’interrupteur.
- endroit à l’abri des voleurs (par exemple dans la chambre des intéressés).
- On installera les communications de telle façon que 10 des conducteurs de chaque câble relient la borne a avec l’un des ressorts a du bouton de feuillure ; les 10 autres conducteurs, mis d’ailleurs en communication métallique avec les gaines de plomb, relieront la borne b avec l’autre ressort p du même bouton.
- Aux bornes a et b aboutiront les extrémités d’un circuit dans lequel se trouveront une pile et un électro-aimant faisant relai pour le circuit de la sonnerie. Les choses seront arrangées de façon que pour un courant (même instantané) dansl’élec-tro, celui-ci produira un contact permanent dans le circuit d’une sonnerie.
- On comprend aisément toute la sécurité de ce
- Deuxième solution.
- Les coffres-forts sont généralement fixés au mur par un gros boulon placé à l’arrière; on fera dans ce boulon un trou suivant l’axe pour y loger les fils conducteurs et les mettre ainsi à l’abri de toute coupure. Il va de soi que sur tout leur parcours ces fils conducteurs devront être noyés dans l’épaisseur du mur.
- On choisira un coffre-fort à soubassement (fig. 4), et dans le vide laissé à la partie inférieure, on disposera une croix métallique AA soudée dans la queue inférieure d’un boulon B, boulon qui sera carré, dans la partie non filetée, pour éviter tout mouvement de rotation. En tournant l’écrou E dans un sens ou dans l’autre, on montera ou baissera le boulon. Cet écrou sera définitivement fixé par deux étriers en matière isolante /,/(fig. 5).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- L’écrou E et le boulon B devront être isolés des parties métalliques du coffre au moyen de plaques d’ébonite ou de toute autre matière isolante.
- Les branches de la croix AA traverseront sans es toucher 4 œil s R qui portent des prolongements X, X, X, X venant se terminer dans le coffre par 4 bornes [3. Le boulon B porte une
- borne a. Ces bornes a et (3 seront mises en communication avec les bornes a et b dont il a été parlé à la première solution, et c’est dans le trajet de a à a et de b à (3 que les fils conducteurs passeront par le creux du boulon de scellement.
- Il est clair qu’une dérivation devra aller au bouton de feuillure. Le système avertisseur sera à relai comme pour la première solution.
- On pourra employer l’appareil donné précédemment (fig. 3).
- On voit aisément qu’avec cette disposition, la plus petite impulsion donnée au coffre mettra en mouvement le système avertisseur.
- L’installation est d’ailleurs très simple : il suffit de passer la croix AA dans les quatre œils R et de
- <t
- fixer ceux-ci au moyen de boulons qu’on scelle dans le socle. Puis on place le coffre, en faisant passer les quatre œils et le boulon B dans les trous qui ont dû être faits à ce propos dans le fond du coffre ; on met les fils de communication et l’on ajuste l'écrou E de telle façon qu’à l’état de repos du coffre le système avertisseur ne fonctionne pas,
- c’est-à-dire de façon que la croix ne touche pas les œils. On assujettit ensuite l’écrou E au moyen des étriers ff.
- Il est évident qu’on doit mettre cet appareil à l’abri de l’humidité, sans quoi la rouille le détériorerait rapidement. On devra d’ailleurs le visiter de temps en temps pour s’assurer que tout est en bon état.
- Considérations spéciales. — Les deux systèmes que je viens d’indiquer donneront une sécurité absolue pour les coffres-forts de petites dimensions, facilement transportables. La seule chose à ajouter, c’est qu’il serait bon de mettre plusieurs boutons de feuillure. Mais s’il s’agit d’un grand coffre-
- fort, jamais les voleurs n’auront l’idée de l’emporter, et ils chercheront simplement à forcer la porte. On conçoit facilement qu’ils briseront cette porte plutôt qu’ils ne l’ouvriront ; il se pourrait même qu’ils fissent, avec des outils spéciaux, un trou dans le milieu de la porte.
- Pour être certain qu’ils ne se livreront pas impunément à cet exercice, on composera la porte comme l’indique la figure 6.
- P est la porte proprement dite que l’on met en communication avec les bornes (3.
- p est une plaque de tôle mince, communiquant avec la borne a, qui se trouve devant cette porte, à une faible distance, soutenue, de place en place par de petits isolateurs i et fixée dans un cadre isolant C. Ce cadre C est rendu solidaire de la porte par les vis v qu’on aura soin de placer à l’intérieur.
- On voit de suite que le moindre choc appliqué
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- JOURtiAL UÜIVËRSÈL D'ÊLÈCtRÏClTÉ
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- sur la plaque p pour briser la porte, donnera un contact entre p et P, et par conséquent l’appel se produira.
- Les deux solutions indiquées auxquelles on ajoutera la construction spéciale de la porte que je viens de définir constituent, comme ou peut, s’en rendre compte, deux systèmes excellents et donnant une sécurité absolue. Il est évident qu’on pourra les employer simultanément.
- A. Rouilliard.
- LES
- CABLES BERTHOUD BOREL
- DANS LE TUNNEL DE L’ARLBERG
- On a placé dans le tunnel de l’Arlberg, à côté de i câbles en gutta-percha de MM. Feltin et Guilleaume, de Cologne, un câble à 3 conducteurs, système Berthoud, Borel et C% provenant de la fabrique de Cortaillod. Il a déjà paru dans ce journal des descriptions des câbles de ce système; nous pouvons donc négliger de dépeindre leur construction. Par contre, il sera sans doute intéressant pour beaucoup de savoir comment ces câbles se comportent en pratique.
- Comme tous les câbles actuellement livrés par cette usine, celui dont il est question est recouvert d’une double armature en plomb.
- Tous les câbles placés dans le tunnel de l’Arl-berg ont été posés ensemble en juillet 1884, par longueurs de mille mètres, dans un chencau en bois, dans un fossé d’environ 3o centimètres, le long de la paroi du tunnel.
- La longueur totale du câble est de 10 327 mètres, avec 11 soudures.
- Nous avons eu l’occasion, lors de la pose des câbles, d’assister à leur essai; nous le devons à l’obligeance de M. A. Franc, ingénieur de l’administration I et R des télégraphes d’Autriche, chargé de faire les essais des câbles. Nous le remercions encore sincèrement de nous avoir fourni les chiffres qui accompagnent ces lignes.
- Les essais ont porté comme d’habitude sur la conductibilité des âmes de cuivre, sur leur isolement et sur la valeur de la capacité électrostatique de chaque âme.
- On a construit une hutte en maçonnerie à chaque extrémité du tunnel, dans laquelle se fait le raccordement des lignes aériennes avec les lignes souterraines. Les mesures sur les câbles se faisaient, pendant la pose, dans la hutte construite à l’extrémité orientale (Saint-Anton). Chaque ligne était essayée à nouveau dès qu’une nouvelle longueur de câble avait été soudée à celle déjà posée.
- Pour mesurer l’isolement, on tenait compte de la perte de charge du câble après une minute d’iso-
- NUMÉRO des conducteurs LONGUEUR en kilomètres RÉSISTANCE du diélectrique en megohms par kilomètre CAPACITÉ en microfarads RÉSISTANCE du cuivre en U. M.
- 8225 0,188 5 70
- 2 0,890 890.3 0,193 5,73
- d 822s 0,188 5,68
- 7923 0,220 6,74
- 2 1,010 8744 0,222 6.76
- 3 7943 0,218 6,72
- I 7,938 0,439 l3,11
- 2 2,030 8,747 0,439 i3,14
- 3 7,826 0,434 i3,oô
- 1 7,3oi 0,639 18,76
- 2,918 7,986 0,639 18,67
- 3 7,219 0,634 18,65
- I 6, g58 0.861 25,17
- 2 3,931 8,334 0,869 24,98
- 3 0,997 0,846 20,02
- j 6,998 I ,073 31,92
- 2 4,943 8 403 1,078 31,70
- 3 7,019 1 ,o63 3l,73
- j 6,600 1,286 38,68
- 0 5,999 7,920 1,3oi 38,40
- 3 6,660 1,2Î5 1 38,35
- I 6,716 1,532 45,11
- 2 7,024 7,332 1,537 44,77
- 3 6,78b i ,5i5 44,76
- I 6,931 1.764 5i 5o
- 2 8,o36 7,537 1,784 5i, 10
- 3 6,95i 1,764 5l, 10
- I 6,905 1,999 58,64
- 2 9, 122 7,489 2,016 58,14
- 3 6,905 1,987 58,3o
- I 6,719 2,224 65,0,1
- 2 10,i34 7,343 2,224 64,71
- 3 6,683 2,2.8 64,83
- l 6,786 2,27[ 66.61
- 2 10,327 •2,364 2,271 66,28
- 3 6,736 2,266 66,89
- lement; la capacité électrostatique était calculée par la méthode de comparaison, et la conductibi-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- lité des âmes au moyen d’un pont de Wheats-tone.
- • Tous les instruments nécessaires étaient bien aménagés et réunis sur une table. Nous avons pu nous convaincre à nouveau que la lecture des chiffres, indiqués sur l’échelle par le point lumineux d’un galvanomètre à miroir, donne des résultats suffisamment précis après quelques expériences, malgré le déplacement rapide du spot.
- Le tableau précédent donne les chiffres obtenus par les trois genres de mesure indiqués plus haut.
- On peut conclure de ces chiffres que l’isolement est pour ainsi dire parfait. Mais ce qu’il importe de constater avant tout, c'est l'homogénéité du câble, dans toute sa longueur, et la concordance des résultats donnés par chaque âme.
- La résistance de l’isolement varie, pour chaque âme, dans le câble Berthoud Borel, entre 6600 et 8900 megohms, le nombre inférieur est, croyons-nous, au-dessus du maximum atteint par les câbles d’autres systèmes.
- Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et prouvent que les procédés de fabrication de l’usine de Cor-taillod sont arrivés à un degré de perfection très remarquable.
- Les autres valeurs indiquées au tableau ci-dessus (capacité de résistance des âmes) prouvent que les produits de cette usine supportent la comparaison avec ceux des autres systèmes, s’ils 11e leur sont supérieurs.
- De nouveaux essais faits sur ce câble ont prouvé que les qualités indiquées ci-dessus n’ont pas varié. Des mesures faites dernièrement sur un câble de même provenance, posé depuis plus de quatre années, qui donnaient les mêmes valeurs d’isolement que lors de sa pose, nous autorisent à dire que la détérioration de ces conducteurs ne pourrait provenir que d’agents mécaniques extérieurs et non de l'altération des matières entrant dans la composition de leur diélectrique.
- SCHNEEBELI.
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales Allemagne
- UN NOUVEAU MODE DE GÉNÉRATION DES COURANTS
- galvaniques par le magnétisme. — Dans la séance du 28 mars de la Société de physique de Berlin, M. Gross a fait une communication relative à ses recherches sur la question de savoir si, dans un circuit constitué par des électrodes en fer reliées
- métalliquement et plongées dans une solution de sels de fer des courants de longue durée peuvent naître, et si les effets secondaires de l’aimantation sont compensés.
- Dans toutes ses recherches, M. Gross se servait d’électrodes en fil de fer doux, qui avaient été recouvertes, après avoir été chauffées, avec de la cire, de sorte qu’il n’y avait de découvert que les extrémités plongéesdans la dissolution saline. Pendant l’expérience, leur position restait toujours la même. Sur chacune des deux électrodes était placée—à cause de l’aimantation galvanique—une bobine longue de 3,5 centimères et d’un diamètre intérieur de 1,3 centimètres, formée par quatre cents spires environ de fil de cuivre d’un millimètre d’épaisseur, enroulées sur du carton.
- A l’aide d’un commutateur à mercure le courant pouvait être pris à deux éléments Bunsen, un second commutateur à mercure et un interrupteur complétaient le circuit. Les conducteurs du courant magnétisant étaient si éloignés du multiplicateur, qu’ils n’exetçaient sur lui aucune influence sensible.
- Pour une des expériences, deux fils de fer, recuits et préparés comme il vient d’étre dit, longs de huit centimètres et larges de trois millimètres étaient fixés dans les deux bobines à l’aide de deux bouchons percés, de manière à faire ressortir de un centimètre les bouts destinés à être plongés dans le liquide. Ensuite les électrodes étaient introduites dans une nacelle de porcelaine, haute de 1 centimètre, longue de 9 centimètres et large de i,5 centimètres, remplie avec une solution de chlorure de fer, et orientée de l’est à l’ouest. Les bouts des électrodes allaient presque jusqu’au fond de la nacelle, tandis que les bobines reposaient sur des points d’appui. Les extrémités libres des électrodes étaient reliées avec le multiplicateur et un élément Daniell, d’après le schéma de la méthode Poggendorf et Du Bois, et le courant provenant des inégalités des électrodes était compensé.
- Pendant que le circuit que M. Gross nomme circuit magnétisé restait fermé, l’une des électrodes fut aimantée, le courant aimantant étant lancé à travers la bobine. Il naissait alors dans le circuit magnétisé un courant qui causait une déviation constante de soixante degrés à l’aiguille du multiplicateur. Même quand le courant était renversé l’aiguille conservait la même déviation, de sorte que le courant, dans le circuit magnétisé, était indépendant de la façon dont se trouvait polarisée l'électrode.
- La direction du courant dans la solution de chlorure de fer allait toujours de l'électrode aimantée à l’autre électrode. Quand le circuit aimantant était ouvert, l’aiguille du galvanomètre revenait au zéro.
- Pour s’assurer que les courants obtenus
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- n’étaient pas des courants thermo-électriques produits par réchauffement delà bobine sur l’électrode on plaçait un thermomètre dans la bobine, pendant qu’elle était traversée par le courant. Au bout de cinq minutes le thermomètre ne marquait que cinq degrés, température qui certes était plus haute que celle des électrodes, vu la courte durée de l’expérience. Mais pour éliminer cette influence, si petite qu’elle fût, l’une des électrodes était introduite dans un tube de verre, à travers lequel coulait continuellement de l’eau, dont la température de douze degrés était moins élevée que la température de la chambre, pendant que l’autre électrode était exposée à la température de la chambre. Le courant thermo-électrique résultant delà différence entre les températures des deux électrodes fut compensé.
- Lorsque dans ces conditions l’expérience déjà décrite était répétée, un courant naissait tout à fait identique au courant obtenu auparavant, de sorte qu’il est clair que les courants thermo-électriques n’entrent pas en jeu ici. On s’arrangeait de façon à ce qu’aucun mouvement des électrodes ne pût se produire. Quand 011 les agitait à dessein, 011 constatait un courant contraire en direction à celui obtenu par l’aimantation.
- M. Gross a reconnu de plus que, pour une diminution du courant magnétique, les courants des circuits aimantés diminuaient aussi. Après l’interruption du courant magnétique, un courant en direction contraire se manifestait quelquefois.
- Pour une aimantation répétée le mouvement du courant dans le circuit magnétisé se ralentissait. On n’avait alors qu’à recuire les électrodes pour rétablir la sensibilité antérieure. Par suite de l’influence continue delà solution sur les électrodes, il arrivait que quelquefois le courant changeait momentanément de sens. Souvent il suffisait de nettoyer la surface des électrodes pour que le courant reprît son sens primitif.
- A l’aide de bouchons qui, — comme les électrodes, étaient recouverts de vernis, — les électrodes étaient introduites dans un tuyau ouvert des deux côtés, long de vingt centimètres et large de onze centimètres, de manière que leurs extrémités fussent à une distance de six à sept centimètres l’une de l’autre. Le tuyau était rempli avec la solution par un ajutage latéral. Pendant que dans la première expérience les électrodes étaient posées normalement l’une à l’autre, les axes des électrodes et des liquides étaient maintenant parallèles et (toutes choses égales d’ailleurs) le sens du courant se trouvait être contraire à ce qu’il était dans la première expérience. Quand le second appareil avait été employé pendant quelque temps, des changements de direction avaient lieu constamment, de sorte que l’aiguille oscillait sans cesse.
- Du reste les courants ne sont nullement particu-
- liers au chlorure de fer, mais naissent aussi avec d’autres solutions de sels de fer. Comme résultat de ses observations M. Gross dit que: dans un circuit de fils en fer doux reliés métalliquement, et plongés dans une solution de fer, il peut naître, par une aimantation longitudinale de chacune des deux électrodes, des courants de longue durée, dont la direction est indépendante de celle du courant dans la bobine, mais variable avec certaines positions relatives essentiellement diverses des mêmes électrodes et des mêmes électrolytes.
- UNE NOUVELLE LAMPE A ARC DESTINEE A ÊTRE MONTÉE EN DÉRIVATION AVEC DES LAMPES A INCANDESCENCE. — Depuis quelque temps on peut voir fonctionner dans l’un des magasins au-dessus de la station centrale de la « Deutsche Edison Ge-sellschaft » une petite lampe à arc, qui se distingue par son éclat tempéré, et qui, contrairement aux lampes à arc usitées, 11’émet qu’une lumière de trois cents bougies. Cette nouvelle lampe, dont la construction est encore un secret de la Société Edison, semble être destinée à combler une lacune réelle dans l’éclairage électrique, en remplissant le vide qui a toujours existé entre la lampe à incandescence de huit à cent bougies, et la lampe à arc de huit cents à mille bougies.
- Pour employer en même temps les lumières à arc et à incandescence on a toujours été obligé de recourir à des dynamos et à des circuits séparés, si toutefois 011 ne voulait pas disposer les lampes à arc en dérivation avec les lampes à incandescence. Mais ce dernier arrangement n’était pas pratique, à cause des résistances absolument nécessaires pour chaque lampe, résistances qui absorbaient presque la même force (un cheval à peu près) que la lampe à arc elle-même, et parce qu’on ne trouvait aucun autre moyen pour diminuer cette perte considérable de travail, que la réduction de tension pour les lampes à incandescence, ce qui ne pouvait entrer en considération vu l’altération du rendement et l’augmentation du prix du réseau, qui en sont les conséquences. Si, pour éviter ces inconvénients on installait la lampe à arc indépendante de la lumière à incandescence, non seulement l’installation devenait plus coûteuse mais aussi l’exploitation puisque souvent les deux dynamos devaient être mises en marche pour un nombre de lampes relativement petit, pour lequel une seule machine aurait suffi, si on n’avait employé que des courants émanant d’une seule source.
- La nouvelle lampe peut être disposée en dérivation avec les lampes à incandescence, tout comme ces dernières, ou montée par série de deux dans le même circuit sans altérer la régularité de la lumière à incandescence, et sans absorber par une dissipation de travail en résistances la tension avantageuse pour les lampes à incandescence.
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- Il est possible d’alimenter une de ces nouvelles lampes à arc avec le courant absorbé par environ trois lampes à incandescence de seize bougies chacune, de sorte qu’on obtient une lumière huit fois plus intense, la seule dépense additionnelle étant représentée par les tiges de charbon consumés. La lampe use 3,5 à 4,5 ampères avec une intensité de lumière de trois cents à quatre cents bougies normales. Une lampe plus grande de la même construction, également installée par la « Deutsche Edison Gesellschaft » donne une lumière de huit cents à mille bougies normales avec une consommation de huit à neuf ampères.
- Dr H. Miciiaelis.
- Angleterre
- LA CONDENSATION DES VAPEURS PAR LA DÉCHARGE électrique. — Dans une lettre récente, j’ai parlé des expériences du docteur Oliver Lodge sur l’application qui peut être faite de la décharge électrique pour purifier l’air et faire disparaître la poussière et la fumée en électrisant les molécules et en les rassemblant, de façon à former des masses qui tournent et se fixent sur les murs et le plancher de l’appartement. O11 se rappellera peut-être que le docteur Lodge supposait que la décharge électrique des orages aidait à purifier l’atmosphère et à éloigner la poussière par le même procédé, et qu’il proposait aussi de condenser les brouillards et de rendre les tunnels de chemins de fer plus clairs par ce .procédé. Ses recherches ont maintenant été utiii-lisées pratiquement par M. A.-O. Walker, de la maison Walker, Parker and C°, fabricants de plomb à Bagillt, dans la Galles du Nord. En lisant le compte rendu des expériences du docteur Lodge, M. Walker eut l’idée d’appliquer la décharge électrique à la condensation des vapeurs de plomb provenant de la fusion de ce métal et grâce au concours du docteur Lodge lui-même, il est parvenu à réaliser son idée d’une manière satisfaisante. Jusqu’ici les vapeurs étaient condensées, à l’usine de Bagillt, par le passage au travers de carneaux d’une longueur de plus de deux milles, mais les résultats laissaient toujours à désirer. Pour appliquer l’électricité, M. Walker a fait construire un carneau en bois placé à angle droit sur l’un des anciens et dans lequel on pouvait admettre un volume quelconque de vapeurs. Le nouveau carneau a été pourvu de fenêtres en verre, disposées l’une en face de l’autre, ce qui permettait d’observer l’action delà décharge électrique. Celle-ci est fournie par une machine Yoss avec un plateau en verre d'un diamètre de 18 pouces. La machine fonctionne dans un petit hangar, près du carneau. L’un des pôles est relié à la terre et l’autre à une série de pointes mé-
- talliques placées à l’intérieur du carneau, entre les deux fenêtres. Ces pointes sont montées sur une tige en laiton qui traverse le toit du carneau et en est isolée par un tube de verre. Les expériences ont démontré que plus il y avait de pointes de décharge, sans toutefois dépasser une limite imposée par la force de la machine, mieux cela valait et qu’il fallait distribuer ces pointes uniformément sur la section transversale du carneau. La machine don-, nait, quand on la tenait chaude et sèche, des étincelles d’une longueur de 4 pouces.
- Les premières expériences ont été faites sur des vapeurs à l’état de repos et qui, sans l’emploi de l’électricité, auraient mis beaucoup de temps à se disperser. Elles ressemblaient, vues par les fenêtres, à un brouillard épais. Dès qu’on fit passer la décharge, ces vapeurs commencèrent à tourner rapidement autour des pointes métalliques, à se rassembler en flocons et à voler contre les parois où elles adhéraient. En très peu de temps l’air devint clair et les vapeurs furent déposées.
- D’autres essais ont été effectués avec des vapeurs en mouvement comme elles se trouvent dans les carneaux actuels. On les a laissé sortir dans l’air libre à travers le carneau d’expérience et on a fait fonctionner la machine électrique. Bien que le courant continu des vapeurs empêchât d’observer l’effet à travers les fenêtres ou pouvait cependant voir se former des flocons quelques secondes après la sortie dans l’atmosphère des vapeurs. De plus, des plaques de verre placées sur le chemin des vapeurs électrisées se recouvraient en peu de temps d’un dépôt. En somme, ces expériences ont démontré que les résultats obtenus parle docteur Lodge pouvaient également être réalisés dans les carneaux de la fonderie.
- A la suite de ces essais, M. Walker s’est décidé àappliquer le procédé d’une manière permanente et il prend en ce moment les dispositions nécessaires à l’usine de Bagillt. Les machines seront du système Wimsliurst avec des plateaux de 5 pieds de diamètre. Deux machines de ce genre actuellement en construction seront actionnées par une petite machine à vapeur et installées dans un petit bâtiment près du carneau principal de l’usine qui transporte les vapeurs de 19 fourneaux.
- Le procédé peut être appliqué à d’autres industries par exemple à la condensation de l’oxyde de zinc dans la fabrication des couleurs au zinc et à la condensation de l’arsenic. On peut également s’en servir pour des applications hygiéniques. Dans les fonderies de plomb tous les autres procédés artificiels pour condenser les vapeurs ont donné de mauvais résultats. Avec le nouveau procédé M. Walker espère électriser les vapeurs dans les carneaux existants et les forcer à se déposer plus rapidement et plus complètement que maintenant; on arrivera ainsi à avoir des carneaux d’une longueur moindre
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- plus efficaces que les longs carneaux que l’on construit aujourd’hui.
- LA THÉORIE DE L’ÉCLAIRAGE DANS LE BROUILLARD.
- — Lord Rayleigh F. R. S. a dernièrement étudié la théorie de l’éclairage dans le brouillard et pour ce faire il a commencé par supposer le brouillard absolument transparent, c’est-à-dire n’absorbant aucune lumière, condition qui, cela va sans dire, ne se présente jamais dans la pratique. Imaginons, dit-il, qu’une petite source lumineuse comme par exemple le filament d’une lampe à incandescence soit entourée par un nuage sphérique d’une densité uniforme ou en tout cas disposé symétriquement autour de la source et à l’extérieur duquel l’atmosphère est claire. Puisque nous supposons qu’il n’y a pas d’absorption toute la radiation émise par la source traverse la surface extérieure du nuage. L’effet de ce dernier serait de produire une diffusion c’est-à-dire de distribuer les rayons qui traversent une partie quelconque de la surface plus ou moins uniformément sur l’hémisphère entière. Si le nuage n’existait pas, cette partie de la surface serait limitée à un petit angle solide.
- Lord Rayleigh suppose ensuite que la région considérée est enveloppée de tous côtés et à distance par un milieu doué d’un pouvoir réfléchissant parfait. Quelle que soit la densité du nuage enfermé en totalité ou en partie entre la source et cette enveloppe, nous savons par la deuxième loi de la thermodynamique qu’il y a partout à l’intérieur et dans toutes les directions la radiation totale qui correspond à la température de la source. A un certain point de vue ce raisonnement est juste même si la matière qui compose le nuage possède la faculté d’absorption. Mais dans ce cas on n’arrivera à l’équilibre qu’à partir du moment où toutes les parties du nuage auront atteint la température de la source ; tandis que si l’on suppose une transparence parfaite, la température du nuage n’est d’aucune importance, et le temps qu’il faut pour établir l’équilibre dépend de la vitesse avec laquelle la lumière traverse la partie nuageuse.
- Jusqu’ici aucune hypothèse n’a été faite au sujet de la distribution du nuage, mais lord Rayleigh suppose maintenant l'intérieur de l’enveloppe réfléchissante doublé d’un nuage ou d’une couche, assez épaisse pour ne laisser pénétrer qu’une très petite fraction de la radiation incidente. Cette couche fonctionne comme un réflecteur pratiquement parfait, et il n’est pas difficile de comprendre que l’enveloppe réfléchissante que nous avons jusqu’ici supposé former écran peut être enlevée sans que rien soit changé à l’état des choses à l’intérieur du nuage. Nous arrivons donc avec lord Rayleigh à cette conclusion qu’à toute distance
- de la source lumineuse, et quelle que soit la composition du nuage, il y a toujours et dans toutes les directions la radiation totale qui correspond à la température de la source, pourvu qu’il se trouve à l’extérieur un nuage qui l’enveloppe et qui soir assez épais pour être impénétrable. Et cet état des choses se maintient sans émission d’énergie de la part de la source.
- Même si la matière qui compose le nuage possède la faculté d’absorber certaines radiations, comme, par exemple, les radiations obscures, tout en étant parfaitement transparente aux radiations lumineuses, la théorie générale se vérifie encore en ce qui concerne ces dernières, de sorte que dans le cas que nous supposons la lumière serait en tous les points la même que dans une chambre claire dont les murs auraient partout la même intensité lumineuse que la source. Mais pour pouvoir compenser l’absorption des rayons sombres, la source doit maintenant émettre de l’énergie.
- Je puis ajouter que le professeur W. G. Adams traitera la question de l’absorption atmosphérique dans sa conférence à la prochaine réunion de la British Association for the advancement of Science.
- Le professeur américain S. P. Langley a dernièrement fait une conférence à la Royal Society, de Londres, sur l’absorption atmosphérique d’après les observations recueillies sur le Mount Whitney dans la Sierra Nevada de la Californie du Sud. Cette montagne s’élève à une hauteur de 15oo pieds dans une atmosphère extrêmement claire et sèche, et c’est là que le professeur Langley a étudié le spectre de la lumière solaire au moyen de son appareil électrique bien connu, le bolo-mètre.
- L’un de ses résultats a été de constater que le soleil est en réalité bleu, mais que l’absorption de l’atmosphère le fait paraître jaune à la surface de la terre. Les rayons bleus sont, en effet, absorbés en partie en traversant notre atmosphère. La lumière solaire se rapproche donc de la lumière électrique à arc comme richesse en rayons bleus, et les recherches du professeur Langley semblent confirmer l’hypothèse que la lumière à arc perd ses rayons bleus en traversant l’atmosphère.
- CONFÉRENCES A L’EXPOSITION DES INVENTIONS. —
- Vendredi, 5juin, sir Frédérick Bramwell F. R. S., président de Y Institution of Civil Engineers a fait une conférence à l’Exposition des inventeurs devant près de i5,ooo auditeurs invités. Les jardins de l’exposition étaient brillamment éclairés avec des lampes à incandescence ainsi que les arbres, les étangs, les parterres et les bâtiments tout autour. Les fontaines étaient colorées par la lumière à arc sous la direction de sir Francis Bol-1 ton.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- C’est la première conférence faite à cette exposition, mais la Society of Arts compte en avoir une autre dans la soirée du 3 juillet.
- J. Munro.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Dirigée par B. Marinovitch
- Sur un nouveau genre de spectres métalliques, par M. Lecoq de Boisbaudran (*).
- M. Lecoq de Boisbaudran demande l’ouverture d’un pli cacheté qu’il a déposé le 3ojuin 1884, et qui a été inscrit sous le n° 3781.
- Ce pli, ouvert en séance par M. le Secrétaire perpétuel, contient la Note suivante :
- « Quand on produit le spectre électrique d’une solution à base métallique, il est de règle que le fil de platine extérieur (d’où jaillit l’étincelle d’induction) soit positif, le liquide constituant par suite le pôle négatif (’)• Si l’on renverse, le sens du courant, les raies métalliques (dues au métal libre ou à un de ses composés) sont peu ou point visibles, à moins que le fil de platine extérieur, devenu pôle négatif, ne se soit recouvert d’un dépôt de matière, ce qui fait rentrer l’expérience dans les conditions normales.
- « Ayant repris, l’année dernière, mes recherches sur les terres rares appartenant aux familles du didyme et de l’yttrium, j’eus l’occasion d’observer, avec plusieurs de mes préparateurs, la formation de bandes spectrales, nébuleuses mais parfois assez brillantes, ayant leur origine dans une petite nappe très mince et d’un beau vert, qui se montre à la surface même du liquide (solution de chlorure) dès que celui-ci est rendu positif.
- « Voici les positions approchées des principales bandes :
- MICROMÈTRE OBSERVATIONS
- Env. milieu X. 620 .j. Petite bande un peu nébuleuse. Assez faible. Large de | div. env. (à Ca>?).
- IO£ Env. milieu apparent.... 585 J. Bande nébuleuse, un peu liée à la suivante. Large de 3 div. env. D’intensité assez modérée, mais généralement plus forte que 91 j).
- 104 ^ . . . . Env. milieu apparent. . . . 573. Bande nébuleuse. D’intensité variable avec l’état de la liqueur et la force de l’étincelle. Paraît être plus faible dans les terres retirées des sulfates très peu solubles dans K20 SO3 que dans celles extraites des sulfates doubles les plus solubles? Dans certains cas, a été vue aussi brillante que a n5 5, mais s’est presque toujours montrée de beaucoup plus faible que u5 l dans la terre retirée du sulfate double très peu soluble. Elle a même été vue plusieurs fois plus faible que 101.
- [ 111 5 à 112 . Env. commenc. Très vague. Bande nébuleuse. Dégradée de droite à gauche, dans son
- n5 4 Env. milieu du maximum ensemble. Assez forte et ordinairement de beaucoup la
- de lumière 543 l plus brillante du spectre dans la terre jaune, dont le
- ( 117 Env. fin. Assez vague. double sulfate potassique est très peu soluble.
- Vers 141 i Milieu appâtent 487. Bande très nébuleuse, paraissant un peu dégradée de droite à gauche quand le spectre est brillant. Large de 4 à 4 l div. env.; se lie nn peu à la suivante. D’intensité ordinairement assez modérée.
- Vers 147 1 à 147 5 . . Milieu apparent 476 i- Bande faible, très nébuleuse. Large de 6 div. environ.
- « En comparant, dans les divers produits, les intensités relatives de ce nouveau spectre de renversement et des raies directes déjà connues, on arrive à conclure que la substance productrice de la bande a uS -J-n’est très probablement aucune des suivantes :
- « Didyme, Erbium, Y a (de M. de Marignac), Lanthane, Samarium, Zirconium, Scandium, Thulium, Ytterbium, Yttrium.
- « Le cérium et le thorium sont, en outre, exclus par des raisons d’ordre chimique.
- « Je n’ai point encore obtenu le nouveau spectre avec une substance tout à fait privée d’holmium, mais j’ai de fortes raisons de penser que ce métal n’est pas la cause du phénomène observé.
- « Les traitements subis par les terres qui donnent le plus nettement le spectre de renversement ne permettent guère d’admettre, dans mes préparations, la présence de corps tels que les acides phosphorique, borique, etc.
- Q) Académie des sciences, séance du 8 juin 188S.
- « La bande a 11S.4- (et la plupart des autres qui, sauf peut-être la bande 104 suivent dans leurs intensités les mêmes variations que a ii5 -f) ne semble donc pouvoir être attribuée qu’à la terbine, à moins qu’elle ne soit due à quelque nouvelle terre analogue, non définie jusqu’ici (2).
- « Le traitement d’une terre jaune, provenant de la sa-marskite et ressemblant beaucoup à ce qu’on appelle aujourd’hui terbine, m'a déjà donné des résultats intéressants qu’il serait difficile de décrire dans cette courte Note préliminaire. Je dirai cependant que toutes les bandes désignées plus haut (à l’exception parfois de 104-^) sont sur. tout très marquées dans la terre le plus facilement préci-
- (!) Cette règle, jusqu’ici générale pour les solutions métalliques, ne s’applique pas toujours aux liqueurs contenant des corps métalloïdiques, ainsi que j’ai déjà eu occasion de le noter (voir mes Spectres lumineux, page 38).
- (-) Il y aurait lieu d’examiner la décipine (de M. Deiafon. taine)dont les recherches de M. Clève semblent devoir confirmer l’existence.
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- JOURNAL UNIVERSEL h'ÉLECTRICITÉ
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- pitée par l’ammoniaque, ayant le sulfate le moins soluble dans K*0 SO3 et dont le chlorure, très soluble dans l’eau pure, l’est assez peu dans l’acide chlorhydrique concentré.
- « Trouvera-t-on deux terres respectivement caractérisées par les bandes 104f0 et a ii5-£->
- « La production de mon spectre de renversement ne paraît pas être sans analogie de cause physique avec la formation des spectres de phosphorescence obtenus par M. Croo-kes au pôle positif de ses tubes de haut vide, contenant certains composés de l’yttrium. Les conditions des deux expériences sont cependant fort différentes, pratiquement parlanti.
- « Chose singulière, les positions des bandes de phosphorescence, observées par in. Crookes avec des composés d’yttrium très purs, sont assez voisines de celles que j’ai relevées, de mon côté, avec les solutions chlorhydriques de terres s’éloignant autant que possible de l’yttria, chimiquement aussi bien que spectralement. Mon spectre de renversement ne saurait, je crois, être attribué à l’yttrium, car, d’une part, il se montre brillamment avec des produits ne donnant pas trace des raies de Yt par étincelle directe, et, d’autre part, il m’a été impossible de l’obtenir nettement au moyen de certaines terres extrêmement riches en yttria.
- « Dès que mon travail sera suffisamment avancé pour que j’en puisse tirer quelque conclusion positive, j’aurai l’honneur d’en informer l’Académie. »
- M. Lecoq de Boisbaudran ajoute la note additionnelle suivante :
- « Je n’ai pas encore achevé le travail, très long, entrepris dans l’espoir de déterminer la nature du corps qui produit le spectre de phosphorescence ci-dessus décrit.
- « Ce spectre est maintenant reconnu identique avec celui qui est attribué à l’yttria pure par M. Crookes, et que ce savant obtient dans des conditions expérimentales très différentes des miennes; toutefois, mes dernières observations, de même que les anciennes, conduisent à cette conclusion que l’yttria ne serait pas la cause des bandes spectrales observées. Dans mes fractionnements, le spectre de phosphorescence s’est régulièrement affaibli à mesure qu’on marchait vers l’extrémité yttria. Avec de l’yttria presque pure, les bandes phosphorescentes se montrent peu ou point, tandis qu’elles sont brillantes avec des ter es qui ne donnent plus, par l’étincelle directe, les raies de l’yttrium d’une façon appréciable.
- « La prodigieuse sensibilité de la réaction de M. Crookes, qui reconnaît un millionième de son yttria purifiée, rend bien singulière la divergence que je suis forcé de signaler entre les conclusions de l’éminent chimiste anglais et les miennes. M. Crookes veut bien se charger d’examiner certains de mes produits dans ses tubes de haut vide; il me promet par contre l’envoi de matières préparées par lui, afin de les essayer par mon procédé. La comparaison de ces expériences croisées jettera, il faut l’espérer, quelque lumière sur la question de l’origine du spectre de phosphorescence qui nous occupe.
- « Une autre conclusion de mes recherches, conclusion que je publie avec une certaine réserve, puisque mon travail est encore inachevé, c’est que les bandes io5 et ii5 n’appartiendraient pas'à un même élément. Dans cette hypothèse, qui s’appuie sur ce que certains de mes produits donnent io5 notablement plus vive que ii5, tandis que d’autres montrent assez brillamment ii5 et faiblement io5, j’appellerai provisoirement Z x la terre caractérisée par io5 et Z p celle qui fournit ii5.
- « L’espace me manque pour décrire aujourd’hui les principales expériences, ou observations, faites pour chercher ce que sont Z a et Zp; ce sera le sujet d’une prochaine note.
- « Je dois reconnaître ici que M. Crookes a le premier vu le spectre de phosphorescence du samarium. Dans le courant de l’hiver dernier seulement, ce spectre m’a été signalé par mon savant ami M. Demarçay, à qui j’avais confié le secret de mon procédé de production des spectres phosphorescents par renversement du courant induit; c’est alors que je l’ai dessiné. »
- Radiations émises par les charbons incandescents, par M, Félix Lucas (').
- 1 Si l’on élève graduellement, au contact de l’air, la température d’un métal inoxydabe, comme le platine, les radiations calorifiques, d’abord obscures, deviennent ensuite lumineuses. M. Pouillet a évalué les températures correspondant aux couleurs successives du métal; d’après ce savant, le rouge naissant correspond à 525° C. et le blanc éblouissant à 15oo°.
- « On observe un phénomène analogue si l’on échauffe fortement le charbon, en ayant soin de le placer dans le vide pour le préserver de la combustion. A partir d’une température suffisamment élevée, on produit l’incandescence; le charbon devient un véritable foyer de lumière. Il existe évidemment une relation entre l’intensité de la lumière émise et la température du charbon; et, comme il s'agit d’un corps infusible, il n’est pas impossible de le porter à des températures considérablement plus hautes que celle de la fusion du platine. J’ai pensé que des expériences réalisées dans cet ordre d’idées offriraient un grand intérêt théorique et pratique; mes efforts ne sont pas restés stériles ; je vais indiquer aussi sommairement que possible les résultats obtenus.
- « Les charbons dont j’ai fait usage sont de même nature que les charbons artificiels actuellement employés dans nos phares pour la production des arcs voltaïques ; ilssontfabriquésparM. Carré.
- (') Note présentée à l’Académie des Sciences dans la séance du 8 juin 188S.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La surface rendue lumineuse est cylindrique et mesure 45o“m<1 ; la section droite de l’anneau est de 5mm<J, 6. Le charbon est placé dans le vide obtenu à om,ooi de pression au moyen d’une pompe pneumatique obligeamment mise à ma disposition par M. Carré. Une disposition particulière me permet de faire passer dans ce charbon, d’une manière permanente, un courant électrique dont l’intensilé peut être poussée jusqu’à 200 ampères. J’obtiens ce courant en couplant deux machines magnéto-électriques de Méritens, qui possèdent chacune deux circuits de quarante bobines formés par la réunion en quantité de dix groupes de quatre bobines attelées en tension. En prenant tout ou partie des quatre circuits et faisant varier leurs modes d’attelage, en faisant varier, d’autre part, la vitesse de rotation des induits, j’ai pu faire prendre à l’intensité du courant électrique diverses valeurs comprises entre 40 et 200 ampères.
- « Dans chaque expérience, l’intensité électrique I est donnée par un électrodynamomètre de Siemens intercalé dans le circuit extérieur. Connaissant d’ailleurs le mode d’attelage des circuits des machines magnéto-électriques et la vitesse de rotation de l’induit, je peux (au moyen des formules que j'ai précédemment établies relativement au fonctionnement de ces machines), calculer la résistance R du circuit extérieur correspondante à chaque valeur de I. En déduisant de R la partie constante relative à mes conducteurs métalliques (qui sont assez volumineux pour ne pas s’échauffer sensiblement), j’obtiens, pour chaque valeur de I, la valeur p de la résistance du charbon à lumière. J’ai pu établir empiriquement la formule
- (1)
- 0,01751 4-1 p 150 0,140X4-1
- dans laquelle p0 — oohm,2Ô est la résistance à froid du charbon. Des expériences antérieures m’ont d’ailleurs permis de constater que la résistance p est liée à la température 0 du charbon par la formule
- 0,0007 6 4-1
- ^ P Po o,oo56 0 4-1*
- * Au moyen des formules (1) et (2) je trouve
- 3) 0=251.
- « Cette relation très simple me permet d’évaluer la température du charbon dans chacune de mes expériences.
- « La détermination de l’intensité lumineuse y, correspondant à chaque valeur de I ou de ô, a été faite au moyen du photomètre Degrand.
- c Chacun des résultats obtenus représente la moyenne de trois à sept expériences; l’intensité lumineuse est évaluée en becs de carcel.
- INTENSITÉ électrique I température 9 INTENSITÉ lumineuse r INTENSITÉ électrique I TEMPÉRATURE 9 INTENSITÉ lumineuse y
- amp* 0 carcels amp. 0 carcels
- 40 1000 3 i65 4125 390
- 75 1875 1b 175 4375 390
- I IO 2750 79 180 4500 413
- ]25 3i25 106 IÇO 4730 42O
- 140 3520 212 200 5ooo 413
- i5o 3750 317
- « En prenant 1 pour abscisse et y pour ordonnée, on obtient une courbe à laquelle on peut attribuer l’équation suivante
- ^ 0,00028 I4 — 206 1- 4- 36bo8oo’
- « Au début, y croit proportionnellement à la quatrième puissance del; la courbe présente un point d’inflexion pour I = 140 et y =212; elle tourne ensuite sa concavité vers le bas, et s’élève jusqu'à ce que sa tangente devienne horizontale, ce qui a lieu pour 1= 188,52 et y = 420; la température correspondante est de 47i3°C. É11 poussant plus lom l'intensité électrique ou la température, on ne fait que diminuer l'intensité lumineuse. Il est probable que les radiations calorifiques, d’abord obscures, puis successivement lumineuses depuis ie rouge jusqu’au blanc, finissent par dépasser les rayons violets, cessant ainsi d’être lumineuses. Avec un courant de 200 ampères, auquel correspond la température de 5ooo°, on n’obtient plus que 413 becs carcel; on a perdu 7 becs à partir du maximum. »
- Etude thermochimique sur les accumulateurs, par M. Tscheltzow (').
- « D’après les lois de Joule et de Sir W. Thomson, E =0,0436 S Q (où E désigne la force électromotrice exprimée en volts, S Q la chaleur, rapportée aux équivalents en grandes calories) nous permet d’appliquer la méthode thermochimique aux études des réactions dans les piles électriques. Pour appliquer cette méthode aux éléments secondaires de M. Faure, il a fallu déterminer la chaleur de formation du peroxyde de plomb, de l’oxyde de plomb et de l’oxygène libre, ce que j’ai fait avec l’aimable concours des officiers de torpilleur Beclemischew et Canine.
- « La mesure de cette chaleur a été faite par deux procédés différents, savoir :
- (») Note présentée à l’Académie des sciences par M. Ber-thelot, dans la séance du 8 juin i885.
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- i° L'action de l'azotate de protoxyde de mercure dissous dans l'acide azotique étendu sur le peroxyde de plomb. — Les dissolutions du sel de mercure avec lesquelles on a opéré étaient préparées d’après les proportions suivantes :
- H Az O* -)- o, i5 Ilg Az 0:‘ +- 30 11*0,
- H Az O-1 + 0,3 Ilg Az O» + no H* O,
- HAzOH o,3 Ilg Az O3 4-240 II2 O.
- « La chaleur spécifique du liquide calorimétrique était adoptée comme égale à celle de l’eau contenue dans la dissolution. La réaction dure dix minutes. On obtient vers t8° :
- Pb O2 sol. + 2 Hg Az O*' diss. + 4 H Az O3 diss.
- = Pb (Az O3)2 diss. q 2 Hg (Az O3)2 diss.
- -I- 2 H2 O liquide dégagé + 3i Cal,35 (moyenne de quatre expériences).
- « 20 L'action de. l'acide sulfureux anhydre sur le peroxyde de plomb. — Pour réaliser cette réaction, on a placé a .i milieu du calorimètre de 2 5oocc de capacité une chambre en verre à minces parois, qui contenait le peroxyde de plomb mélangé avec du coton de verre, et par un tube soudé en bas on fait passer l’acide sulfureux; l’excès de gaz, avant de sortir hors du calorimètre, traverse le serpentin qui entoure la chambre. L’expérience dure de vingt à trente minutes.
- « La chaleur dégagée vers 170 a été trouvée 4- 82cal,Ô2 (moyenne de quatre expériences, ce qui répond à
- Pb O2 solide + SO2 gaz = Pb SO4 solide.
- « D’après ces chiffres, on calcule pour la réaction :
- Pb O solide (223s1') + O gaz (i6sr) = Pb O2 solide (239s1').
- cal
- Premier procédé.......... + 12,07
- Second procédé............. + 12,21
- Moyenne............... +12,14 vers 17»
- « La chaleur de formation du peroxyde de plomb nous permet d’examiner les réactions chimiques qui se produisent sur les deux plaques de l’accumulateur. On supposait autrefois que le plomb du pôle négatif contient de l’hydrogène qui sert à réduire le peroxyde du pôle positif en métal ou en oxyde, qui se transforme en sulfate. Maintenant on admet que, pendant que le pôle négatif se transforme en sulfate de plomb, le pôle positif le fait aussi, ou se réduit en plomb métallique.
- « Examinons ces quatre hypothèses :
- « 1. Soit Pb O2 réduit en Pb par l’hydrogène du pôle négatif. La réaction dégage
- + (H2,0) — £ (PbO, O) —i (Pb, O) = + 37^1,20.
- « 2. Soit PbO3 transformé en PbSO* ; le dégagement de chaleur est égal à
- + (H2. O) + (Pb O, H2 SO4 Aq.) — (PbO, O) = + 8i”i,5o.
- « 3. Soit le plomb négatif transformé en sulfate, et Pb O2 en Pb. La réaciioh dégage
- - (H2,0) + (Pb, O) + (PbO, H2 SO4 Aq.) -\ (PbO, O)
- — \ (Pb, 0) + (H2, 0;= + 4ical,3o.
- « 4. Soit la sulfatation des deux électrodes. Le dégagement de chaleur est égal à
- — (Il2, û)+(Pb, O) + (PbO, II2 SO4 Aq.) — (PbO, O) + (H2,0) + (PbO,H2 SO4 Aq.)= +88oal,6o.
- « D’après la formule de M. W. Thomson la réaction doit donner
- voit
- I- ..................................... o,8i
- ?....................................... 1,77
- 3 ..................................... 0,96
- 4 ..................................... 1,93
- « Or la mesure directe donne, pour la force électromotrice, de 2volts à ivolt,g.
- « Ainsi, l’on peut regarder comme bien établi que, dans le couple de M. Faure, la réaction fondamentale consiste dans la sulfatation des deux électrodes. L’application de la méthode thermo-chimique, que nous venons de faire, a surtout cette importance que la méthode purement chimique laisserait toujours des doutes sur la nature vraie des phénomènes. »
- Sur les machines unipolaires.
- M. Hummel ingénieur de la maison Schuckert de Nuremberg, donne dans 1 'Elektrotechnische Zeitschrift du mois de mai, une étude sur les machines unipolaires. Nous- accueillons ce travail d’autant plus volontiers que ceux publiés jusqu’ici sur la question, sont en très petit nombre.
- Nous ne pouvons toutefois nous empêcher de regretter que les recherches de M. Hummel n’aient pas été poussées plus loin, et que l’auteur n’ait cru devoir donner qu’un compte rendu aussi abrégé de ses expériences.
- M. Hummel part du principe que dans une machine unipolaire, la génératrice rectiligne qui constitue l’induit 11e peut occuper pratiquement que deux positions par rapport à la ligne des pôles de l’inducteur.
- Elle sera ou parallèle ou perpendiculaire à cette ligne. Dans le premier cas on emploiera de préférence à la génératrice unique, un cylindre de cuivre qui enveloppera en partie l’inducteur; dans le second cas, on fera usage d’un disque, tournant dans un plan parallèle à la face polaire!
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les problèmes suivants se posent alors :
- Il faudra avant tout déterminer quelle disposition est la plus rationnelle. On cherchera ensuite quelle est la meilleure situation, ainsi que la longueur la plus favorable à donner au conducteur mobile, pour un aimant donné; enfin on calcu-
- lera le travail électrique que peut engendrer une machine de dimensions connues et pour une vitesse donnée.
- L’auteur dit, que des expériences préliminaires
- lui ont démontré que l’induit cylindrique était le meilleur, que la longueur de cet induit devait être égale à celle de l’inducteur, enfin que l’on obtenait l’effet maximum lorsque l’aimant était introduit jusqu’à mi-longueur dans le cylindre, mais il ne nous dit pas quelles sont ces expériences. C’est fâcheux.
- M. Hummel a donc adopté la disposition à in-
- s
- B !
- «U ;
- ? « |
- ï
- 20
- 18
- 16
- 14
- 12
- 10
- 8
- G
- 4
- 2
- ’O
- O 1 2 3 ^ 5 6 7 Ô 0 ÎO U 12 13 14- 15 16 17 18
- Intensités en ampères
- FIG. 2
- duit cylindrique, représentée par la figure 3 ; mais avant de procéder à la construction de la machine il fit quelques essais qui devaient lui permettre d’en calculer à l’avance la puissance.
- Il se proposa principalement de mesurer l’effort que développe un seul fil placé parallèlement à l’axe
- FIG. 3
- d’un électro-aimant et parcouru par un courant.
- La disposition de l’expérience est représentée figure i.
- A est un électro-aimant, a b un équipage mobile qui plonge en a et b dans deux petits godets de mercure. Le courant après avoir traversé l’électro-aimant A pénètre par b dans l’équipage et en sort par a.
- L’équipage tend à prendre un mouvement de rotation dans le sens indiqué par la flèche. On s’oppose à ce mouvement au moyen d’un poids p suspendu à un fil très fin qui traverse un petit anneau fixé à l’équipage. Ce fil est attaché à un curseur c, mobile le long d’une règle graduée M.
- L’effort horizontal h produit par le poids p et
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- dirigé en sens inverse de l’effort dû au courant est donné par la formule
- h=pt g <x~p -~d
- a étant l’angle de la droite cd, avec la verticale do.
- On peut donc en faisant varier la position du curseur établir l’équilibre entre l'effort statique du courant et la composante horizontale h.
- On aura alors par simple lecture de la longueur oc, la valeur de l’effort statique.
- L’appareil possédait paraît-il une grande sensibilité.
- On mesura ainsi h pour différentes valeurs de l’intensité I, et on traça une courbe (fig. 2), en prenant comme abscisses les intensités évaluées en ampères, et comme ordonnées les efforts statiques évalués en grammes.
- La courbe obtenue étant sensiblement une parabole, on pouvait poser
- /z= K P
- K est une constante qui dépend des dimensions de l’appareil d’expérience.
- L’auteur cherche ensuite quelle serait la puissance d’une machine véritable, de même grandeur.
- Désignons cette fois par p l’effort tangentiel en grammes exercé par l’équipage lorsqu’il est traversé par un courant de A ampères.
- Désignons en outre par n le nombre de tours à la minute que l’on pourra faire effectuer à l’induit, par r la distance de l’équipage à l’axe de l’élec-tro aimant, enfin par V le nombre de volts développés.
- Le travail électrique en chevaux, produit par la machine sera
- V.A
- 736
- Le travail mécanique absorbé sera évidemment :
- p . „, « , 1 2 7t r
- 1000 * 2 11 r 60 ^ 75 1000 X 60 X 75 ^11
- En supposant la machine parfaite, on pourra poser :
- (1)
- 2 k r_ __VA
- 1000x60 X 75 11 736
- Mais nous ne nous expliquons pas comment M. Hummel a pu être conduit à écrire :
- A/>2j'TtJt_A.V
- "60775 736 ( '
- (4) L’omissioa du facteur 1000 au dénominateur du premier nombre n’est qu’une erreur typographique, ainsi que le montre la suite du calcul.
- E’EJàetrical Review de Londres du 3o mai i885, qui reproduit cette étude in extenso, pousse la fidélité des textes jusqu’à laisser toutes les fautes d’impression.
- L’auteur déduit de Ih formule précédente
- (3) V = 0.00)025 p. r. n et pour
- m = i5oo r=o,09
- (valeur de r dans son appareil) :
- (4) V = o. 1385 p
- « La valeur de p, dit-il, dépend des dimensions « de l’aimant.
- « Dans les conditions de l’expérience on aurait « donc V r= o.i38, lorsque Vélectro-aimant serait t parcouru par un courant de i5 ampères. »
- Or, si on fait V = o.i38 dans l’équation (4), on en tire p = 1, et la courbe donne, pour p — 1 :
- A = 3.
- Si l’on part maintenant de l’équation correcte (1), on aura :
- (4 bis) AV = 0 i385 p
- Pour V = 0.1385, il vient
- A —p
- Le point de la courbe correspondant à A — p est compris entre i5 et 16 ampères. Nous serions donc tentés de mettre l’inexactitude des formules (2), (3) et (4) sur le compte d’une erreur typographique, si l’auteur ne disait expressément en parlant de l’équation (4) : « Cette équation ne renferme pas l'intensité du courant. * Toute cette partie théorique nous semble empreinte d’une certaine légèreté, qui serait de nature à jeter quelque discrédit sur l’ensemble de l’expérience si elle devait rester sans rectification.
- Passons maintenant à la description de la machine (fig. 3):
- L’inducteur n’est autre que l’électro-aimant qui a servi aux essais que nous venons d’exposer. L’induit cylindrique a une longueur de 290 millim., un diamètre intérieur de 170 millim., enfin, une épaisseur de 3 millim.
- La résistance est donc d’environ o,ooooo3 ohm.
- M est une pièce de fonte destinée à renforcer l’aimantation du noyau.
- Voici les résultats obtenus à 1,200 tours:
- COURANT dans rinducieur F. E. M. à «ircqit ouvert CHAMP magnétique moyen
- ampères volt Unités C. G. S.
- 6,5 0, io5 328
- 9.7 0,14 437
- 10,0 0, 12 »
- 12,3 0,17 531
- 16,0 0.21 656
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- 58o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le courant est recueilli d’une part par quatre balais P fixés sur la pièce M qui frottent sur la surface extérieure du cylindre du côté où il est ouvert. A l’autre extrémité, le courant passe à travers l’axe et le palier au montant de droite du bâti. Un balai supplémentaire assure le contact de ce côté.
- La colonne du champ magnétique a été calculée par nous. C’est la valeur du champ uniforme qui produirait la même force électromotrice à la même vitesse linéaire, sur un fil de même longueur que l’induit, qui couperait à angle droit les lignes de force du champ uniforme.
- Nous connaissons des machines dont le champ moyen atteint 3 65o unités C. G. S.
- Mais dans bien des machines on se contente de champs magnétiques moitié moindres.
- Si l’onconsidère donc que la machine de M. Hum-mel est une machine unipolaire, le résultat atteint par lui ne nous paraît pas mauvais. Il est vrai qu’il ne nous dit pas quelle est la quantité d’énergie absorbée pas son inducteur.
- M. Hummel fait la remarque que la résistance de sa machine est forcément très faible. Cette machine supportera donc des courants considérables qu’il évalue à 3ooo ampères. Elle se prêterait bien à la galvanoplastie.
- Malheureusement elle présente un inconvénient très grave. La disposition des quatre balais n’a pas donné de bons résultats, les balais frottent sur une surface animée d’une grande vitesse linéaire. Ils entraînent d’abord une perte d’énergie considérable, et une usure de cuivre rapide, puis, le contact produit n’étant pas bon, ces balais constituent une résistance telle que la plus grande partie de la force électromotrice est absorbée par eux.
- Pour évaluer la perte due aux balais, l’auteur introduisit dans son circuit comme résistance extérieure un fil de io millim. de diamètre sur 47omillim. de long, et il mesura la différence de potentiel aux extrémités de ce fil dont la résistance était de o,oooi5 ohm. Voici les résultats obtenus:
- NOMDRE de tours COURANT de l’inducteur DIFFÉRENCE de potentiel aux bornes V COURANT produit A ÉNERGIE absorbée dans le circuit extérieur VA
- I2IO ampères 7 volts 0,04 ampères 266 watts 10,7
- 1220 9,8 o,o5 333 i6,è
- n 10,4 o,o55 366 20,3
- B n ,7 o,o65 434 28,1
- B i4,o 0,08 533 42,7 54,0
- * >6,4 0,09 600
- Le tableau donné précédemment indiquait la force électromotrice correspondant à différentes valeurs du courant de l’inducteur ; on peut donc
- calculer la quantité d’énergie absorbée par la machine elle-même.
- Dans la seconde expérience cette perte serait en chiffres ronds de 33 watts en évaluant à 0,1 volt la chute de potentiel à l’intérieur delà machine. Cela correspond à une résistance de o,ooo3 ohms.
- On voit que le rendement est détestable.
- M. Hummel déclare que l’obstacle créé par le mauvais contact des balais est insurmontable. Il ajoute qu’on serait tenté au premier abord d’essayer des dispositions différentes, mais que la réflexion aidant on ne tarde pas à reconnaître que ce serait complètement inutile.
- Nous avons de la peine à nous ranger à son avis.
- Sur quelques appareils ôlectro-médicaux.
- Si la lumière de l’esprit, à un moment donné, venait du Nord, celle du corps nous vient actuellement des Etats-Unis, ainsi qu’on en peut juger par les appareils que fabrique la S. S. White Deutal Manufacturing Company of Philadelphia.
- On connaît cette joie des badauds, que les inventeurs d’appareils électriques, à l’usage des gens du monde, ont lancée dans la circulation sous le nom de bijoux lumineux, et on sait que ces bijoux se composent en principe d’une lampe à incandescence minuscule habilement dissimulée derrière des verres taillés ou des verres de couleur; d’autrefois, elle est seulement agrémentée d’ornements d’un goût rarement douteux.
- Le bijou lumineux trouve indistinctement son emploi comme tête de canne ou comme épingle de cravate à l’usage des hommes, commé épingle de coiffure à l’usage des femmes, comme p omme de parapluie à l’usage des deux sexes.
- Quelques-uns des appareils de la S. S. White Dental Manufacturing Company of Philadelphia, ont un degré de parenté accentué avec ceux auxquels nous venons de faire allusion ; seulement ici, l’étincellement décoratif a fait place à un éclairage éminemment utile. En tenant compte de la nature de leurs fonctions, ces instruments mériteraient de s’intituler des bijoux indiscrets. Leur mission est, en effet, de permettre à l’homme de l’art de faire arriver la lumière dans la bouche, dans les oreilles, et d’une manière générale dans toutes les cavités obscures du corps humain où il peut éprouver le besoin de porter ses regards investigateurs.
- La figure i représente à gauche une lampe à l’usage des dentistes; à droite, une autre à l’usage des spécialistes pour la gorge.
- La lampe E est munie d’une partie en caoutchouc durci que l’on introduit dans une douille D également en caoutchouc. On l’y fixe au moyen de la vis F.
- La douille est reliée au manche A au moyen de
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- deux articulations qui donnent passage au courant et qui permettent de donner à la lampe l’inclinaison voulue. Les fils B d’arrivée du courant se rattachent également au manche par des joints articulés. L’un d’eux ne pénètre pas directement dans la lampe, mais aboutit à un fil de faible conducti-
- FIG. I
- bilité intercalé dans le circuit et enroulé autour du manche.
- L’anneau mobile I permet de faire varier la ré-, sistance ainsi introduite et de régler la lumière.
- Une vis H sert de commutateur. L’opérateur devra éteindre la lampe de temps à autre, piofi-tant des instants où elle ne lui est pas indispensa-
- ble pour éclairer son travail. Il l’empêchera ainsi de s’échauffer et de produire une discontinuité fâcheuse dans la fraîcheur des sensations que peut
- FIG. 2
- éprouver le patient dans la bouche duquel la lampe a été introduite.
- Le petit étui G sert à limiter le rayonnement et à concentrer la lumière sur le point à éclairer. Il est disposé de manière à recevoir un petit miroir k, incliné à 45°, qui facilite l’examen de la partie postérieure des dents.
- FIG. 3
- L’appareil un peu simplifié placé en regard de celui que nous venons de décrire, est un laryngoscope. Il est dépourvu de la résistance variable dont nous avons parlé.
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- L’instrument représenté dans les figures 2 et 3 a été baptisé du nom d’otoscope. On introduit lé spéculum dans la cavité à examiner ; une petite lanterne placée en avant et un jet de côté en éclairent l’intérieur.
- L'Electrical Review de New-York du 25 avril i885, à qui nous empruntons ces détails, donne encore la description d’un cautère électrique. Il a la forme d’un gros porte-mine dans lequel la partie apparente du crayon serait remplacée par une boucle en platine rendue incandescente par le passage du courant.
- Les constructeurs livrent avec ces petits appareils des boîtes portatives d’environ 20 centimètres de côté sur 22 centimètres de haut, qui renferment quatre éléments Bunsen. Nous citerons encore des lanternes électriques éclairées au moyen de lampes Edison de 5 bougies et pouvant servir à la lecture des instruments astronomiques ou aux observations microscopiques. Elles sont alimentées par 6 éléments Bunsen.
- Sur l’étalonnage des galvanomètres.
- Dans une note publiée par YElektrotechnische Zeitschrift de mai i885, M. Edelmann de Munich, rappelle qu’il a été le premier à construire des galvanomètres munis d’une graduation rationnelle.
- Dès 1872 il fabriquait une boussole médicale de poche qui outre la graduation usuelle en degrés, en portait une deuxième, indiquant par simple lecture la valeur de l’intensité du courant, évaluée en m. m. cubes de gaz détonant, produits par minute. Cette unité équivaut sensiblement au milliampère.
- Il a également exécuté des étalonnages basés sur le système de Gauss et Weber (millimètre, milligramme, seconde).
- Ces graduations rationnelles ne sont pas toujours aisées à exécuter. M. Edelmann fait parait-il usage de machines à diviser et de méthodes qui lui sont personnelles et qu’il se propose de livrer prochainement à la publicité.
- Il s’élève tout particulièrement contre l’emploi de graduations reproduites par des procédés lithographiques, d’après un instrument étalonné avec soin une fois pour toutes.
- Il est en effet impossible d’obtenir deux ou plusieurs galvanomètres exactement semblables, quelque soin qu’on y apporte.
- A l’appui de cette thèse M. Edelmann publie les courbes de la figure ci-contre. Elles proviennent d’une série de douze boussoles de poche, construites par un ouvrier habile et expert qui avait déjà fait un grand nombre de ces appareils.
- On lui avait d’ailleurs recommandé avec la plus grande insistance de s’efforcer à les rendre aussi identiques que possible.
- Pour comprendre la signification des courbes que nous reproduisons, il faut supposer que l’aiguille aimantée soit suspendue en A et que sa pointe décrive l’arc BC en s’arrêtant aux points a b c d e f g, quand on envoie successivement dans la boussole des courants de 0,1, 2, 3,4, 5 et 6 demi-milli-ampères. Ceci posé, on mène du point A les différents rayons vecteurs A a, Ab,. . . A g que l’on prolonge jusqu’à leur intersection avec la normale du rayon A a élevée en un point D, tel que AD — 100m.m. Si la tangente de l’angle de dérivation était proportionnelle à l’intensité du courant, les longueurs a'b', b'c'. . . f g' interceptées sur la normale DE seraient égales. Il n’en est pas ainsi.
- On peut imaginer une infinité de courbes partant
- du point D, telles que les longueurs comprises entre deux rayons vecteurs consécutifs soient égales.
- La plus courte de ces lignes a"b"c" . . . g" est ce que M. Edelmann appelle la courbe d'étalonnage.
- C’est une caractéristique de l’instrument.
- Si les douze galvanomètres étaient identiques, leurs caractéristiques, qui sont reproduites sur la figure les unes au-dessus des autres, le seraient également. On voit qu’il n’en est rien. Les plus grandes divergences atteignent 10 p. cent.
- • Ces courbes démontrent une fois de plus qu’il est indispensable de soumettre individuellement à l’étalonnage, tout galvanomètre dont la graduation n’est pas arbitraire.
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- CORRESPONDANCE
- jFrancfort-sur-Ie-MeiHy le 5 juin i885.
- Monsieur le Directeur,
- Je lis dans le n° 22 de La Lumière Electrique, parmi les intéressants comptes rendus que vous publiez sur l’Exposition d’électricité de Philadelphie (p. 417 et 418), la description d’un appareil d’induction cylindrique qui peut également trouver son application dans l’électrogymnastique. Cet appareil est décrit et représenté comme une invention américaine. Je vous serai obligé de vouloir bien faire connaître à vos lecteurs, que j’ai, il y a plusieurs années déjà, réalisé cette invention qui a été brevetée dans divers Etats du continent.
- Voici d’ailleurs une description sommaire de l’appareil représenté en coupe dans les figures 1 et 2. Il se compose
- FIG. I ET 2
- comme on voit, de deux poignées qui renferment l’élément et la bobine d’induction. Pour s’en servir, on dévisse le couvercle GG de la figure 1, et l’on retire le charbon p et le zinc z. On remplit alors le récipient en caoutchouc A jusqu’au tiers de sa hauteur environ avec un liquide excitateur qui est du bichromate de potasse dissous dans de l’acide sulfurique.
- Puis on referme la boîte et l’on établit les communications indiquées sur la figure. On régie l’énergie du courant induit en enfonçant plus ou moins le bouton M (fig. 2).
- Cet appareil figurait à l’Exposition internationale d’électricité de Munich (1882), où il fut l’objet d’un certificat excessivement élogieux décerné par la commission d’examen, certificat qui se trouve reproduit avec un dessin de l’appareil dans les comptes rendus officiels de l’Exposition (page 207).
- Il a, de plus, été décrit au cours de mon ouvrage sur U électrisation générale du corps humain (p. 23 et 24). Vous voyez que les preuves d’antériorité ne me font pas défaut, aussi compté-je sur votre impartialité pour mettre les choses en place.
- Messieurs les électriciens d’Amérique se plaisent d’ailleurs en général à introduire quelques petites modifications dans les inventions qui leur viennent d’Europe et à les donner ensuite comme les productions ingénieuses de leur propre initiative. Nous voyons alors ce qui s’est notamment vu à
- l’Exposition de Philadelphie : des appareils connus depuis longtemps, ou depuis longtemps oubliés, surgir comme des inventions nouvelles. Qu’il me soit permis de rappeler seulement à ce sujet que la machine à influence de Voss, qui fut jugée digne d'une médaille d’or à l’Exposition internationale d’électricité de Paris (1881), où elle paraissait pour la première fois en public, a été tout récemment décrite et dessinée dans YElectrical Engineer de New-York, comme une invention absolument originale de l’électricien américain Atkinson.
- C’est dans le même ordre d’idées que le téléphone de Reis resta, comme chacun sait, complètement ignoré, et pourtant il est une chose certaine, c’est que Reis a réussi à transporter des mots articulés avec un appareil dans lequel le transmetteur représente de toutes pièces un microphone, tandis que son récepteur correspond en principe au téléphone dont nous nous servons aujourd’hui.
- Je me souviens de ce fait que sur une distance de 3oo pieds, distance séparant deux maisons, et à laquelle il était impossible de rien entendre directement, l’appareil de Reia permit de comprendre distinctement ces mots : « DasPJerd frisst Gurkensalat » (Le cheval mange de la salade de con-
- FIG. 3
- combres). On choisit à l’insu des expérimentateurs cette phrase absurde, afin qu’il fût impossible de combiner les sons téléphonés, de façon à donner au texte un sens qui eût permis qu’on devinât les paroles transmises. Même le défenseur le plus autorisé de la priorité du téléphone Reis le professeur Silvanus P. Thompson, a, dans le jugement qu’il a porté sur l’appareil, tenu compte plutôt du transmetteur que du récepteur. Le premiçr se compose, comme on sait, d’une caisse fermée par une membrane dans laquelle un contact de platine modifie le courant électrique, tandis que l’appareil récepteur consiste en une tige de fer entourée de fil fin isolé. Dans l’appréciation, au point de vue de la valeur historique du téléphone Reis, personne n’a jusqu’à présent attaché d’importance à ce .dernier appareil, et pourtant il me semble qu’en ce qui concerne la question de priorité et de validité du brevet Bell, cette partie de l’invention doit être prise en considération, bien plus que le transmetteur Reis. Quel a été en somme jusqu’à présent le principe de ce débat? C’est que le téléphone de Reis ne peut transmettre que par des interruptions de courant les vibrations sonores, tandis que ce même téléphone de Reis est incapable de fonctionneravec les courants dits ondulatoires provenant des variations de résistance dans le circuit. On peut démontrer que cette allégation est inexacte ; il me suffira de rappeler une petite expérience que j’ai faite dans ces derniers temps, et dont personne n’avait encore, à ma connaissance, eu l’idée.
- Si l’on met en circuit, comme cela est indiqué sur la
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- figure ci-jointe (fig. 3) un nrcrophone à tiges de charbon A, une bobine simple de Reis, B, et plusieurs éléments Leclanché, C, on entend très haut et très distinctement dans la bobine B les moindres mouvements qu’un microphone et un téléphone Bell permettent de percevoir.
- Or, il est dans ce cas évident, sans qu’il soit nécessaire d’insister, que ces mouvements infiniment petits n’ont pas pour effet de rompre le contact des tiges de charbon A, mais qu’ils modifient seulement, et cela dans une mesure excessivement faible, microscopique pour ainsi dire, ce même contact et que par suite le courant qui traverse le téléphone Reis B, n’est pas un courant interrompu, mais bien un courant d’intensité variable. J’ai en ma possession un récepteur téléphonique de ce genre monté sur une boîte à cigares, et construit par Reis lui-même en 1861, c’est-à-dire treize ans avant sa mort. C’est avec cet appareil que j’ai réalisé en présence de la Société électrotechnique de Franc-fort-sur-le-Mein l’expérience dont je viens de parler; elle a pleinement réussi, car l’on pouvait de tous les points de la salle entendre les sons émis, et elle a prouvé une fois de plus oue le téléphone de Reis renfermait déjà tous les principes de la téléphonie et de la microphonie actuelles.
- Veuillez agréer, etc.
- Dr S. Tir. Stein
- FAITS DIVERS
- Nous avons le regret d’apprendre la mort de notre ami et callaborateur M. le professeur Fleeming Jenkin, brusquement décédé vendredi, 12 juin, à la suite de la rupture d'un anévrisme. Sa belle invention du telphérage électrique, ainsi que d’autres travaux importants en électricité, avaient valu à M. Fleeming Jenkin une réputation des plus méritées, et sa mort sera justement regrettée dans le monde des é'ectri-ciens.
- Dans la nuit du 7 au R juin, un orage d’un caractère tout particulier, a éclaté au-dessus de Paris. Surtout depuis minuit, jusqu’au lever du soleil des éclairs en lames très étendues ont brillé presque sans interruption.
- Ces lueurs étaient blafardes, et généralement de teinte bleuâtre.
- Le vent était presque nul, et ces phénomènes lumineux se produisaient constamment dans les mêmes points du firmament. Ces centres d’émanation que l’on peut comparer aux radiants d’étoiles filantes étaient le plus souvent élevées de 3o° au-dessus de l’horizon, dans la direction O.-N.-O. de la Butte-Montmartre, d’où nous les observions.
- Bien des fois, l’intervalle de temps qui les séparait les uns des autres n’était que d’une ou deux secondes, de sorte que l’oreille aurait entendu un roulement continu, si chacune de ces illuminations de la voûte céleste, avait été accompagnée de coups de tonnerre. L’existence des éclairs de chaleur, qu’un grand nombre de physiciens persistent à expliquer exclusivement par les reflets d’orages éloignés se trouve établie par une observation à laquelle ont pris part involontairement tous les Parisiens qui n’ont pu fermer les yeux pendant une nuit assez pénible, car l’abaissement de la température a été malheureusement très modéré.
- Quoique très vifs, puisqu’ils se représentaient comme sur des miroirs, sur la face verticale de toutes les maisons blanchies à la chaux, ils étaient loin de posséder ce que l’on pourrait appeler une intensité aveuglante, il semble donc qu’ils étaient en quelque sorte estompés et affaiblis pour
- avoir traveisé une couche d’air d’une certaine épaisseur. Ce fait paraît s’expliquer en admettant que ces déflagrations se produisent dans les régions supérieures de l’air, entre les nuages noirâtres dont ils permettaient de voir les contours noirâtres se profiler sur le fend du ciel, et le fond du ciel qui était couvert d’une brume générale. En effet, on n’apercevait aucune étoile, malgré l’absence de la lune, qui étant nouvelle ne se levait qu’à 12 h. 53 du matin. Ces nuées à contours brusques, arrêtés, nettement définis étaient stagnantes à une altitude qui ue paraissait point atteindre un millier de mètres. Il aurait été intéressant de lancer des ballons lumineux doués d’une grande force ascensionnelle, pour se rendre compte de cette altitude. Dans l’état de repos où se trouvait l’atmosphère, cette opération aurait offert un grand intérêt. On aurait également vu si l’approche de l’aérostat avait déterminé la production de quelque trait de foudre, circonstance importante à noter.
- Les nombreux concours agricoles et horticoles qui ont lieu daus nos départements devraient fournir à l’électricité autant d’occasions de montrer aux industriels les services qu’elle peut leur rendre. Sous le rapport de l’éclairage, l’expérience a déjà, il est vrai, été faité plusieurs fois, mais nous pensons qu’on aurait tout intérêt à installer dans ces expositions des transmissions de force par l’électricité. Le public, en effet, est encore peu familiarisé avec cette application; bien des gens ne la connaissent pas, et ceux qui en ont entendu parler en sont, pour la plupart, à attendre les résultats des expériences de Creil, sans se douter que la question est aujourd’hui parfaitement résolue quant aux installations industrielles, c’est-à-dire à celles que l’on rencontre dans le plus grand nombre de cas.
- La vulgarisation des résultats acquis serait donc une œuvre fort utile ; malheureusement les organisateurs des concours manquent souvent de l’initiative nécessaire et n’osent pas rompre avec les traditions adoptées. Aussi sommes-nous heureux d’avoir trouvé une exception à cette règle générale et de citer le dernier concours de Nogent-sur-Seiue, où M. Tixerant a fait monter une application simultanée de l’éclairage électrique et de la transmission de la force par l’électricité.
- L’éclairage comprenait 22 foyeis Jablochkoff et i5 lampes à incandescence, placés sur la promenade et dans la halle de la ville, où avait lieu l’exposition horticole. Le courant était produit par une machine Gramme, à courants alternatifs, de la Société VEclairage électrique. Dans l’application de transmission de force, une machine génératrice n° 6, de la Compagnie Electrique, développait sur une réceptrice Gramme, à une distance d’un kilomètre, une force effective de 4 chevaux pour la commande d’une machine à battre, exposée par M. Tixerant, et d’une pompe rotative Dumont. Les machines électriques marchaient à des vitesses de 1 200 tours pour la génératrice et de 800 tours pour la réceptrice. Le courant avait une intensité de 7 ampères avec une force électromotrice d’environ 700 volts et sur une ligue de 4 ohms de résistance.
- Péndant toute la durée du concours, l'installation a fonctionné d’une manière très satisfaisante et excité chez tous les visiteurs une vive curiosité. Il est à désirer que l’exemple intelligent et courageux donné par M. Tixerant soit suivi dans les autres expositions départementales.
- Il y a quelques années, M. Joseph Ilooker, directeur du jardin royal de Kew, annonçait que la production de la gutta-percha se trouvait menacée par la disparition imminente de l’arbre qui la fournit, le Isonandra gîitta Hooker. Depuis cette époque, la situation s’est encore aggravée par l'incapacité et l’imprévoyance des natifs qui se livrent à son exploitation, si bien qu’aujourd’hui l’on ne peut même
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- plus trouver les graines nécessaires à l’établissement de plantations nouvelles.
- En présence de la situation excessivement grave dont l’industrie européenne se trouve menacée, M. le docteur Heckel a cherché un végétal qui puisse remplacer avantageusement 1 ’lsonandra. Il l’a trouvé dans l’arbre appelé Butyrospermum Parkii Kotschy, qui, répandu sur toute la zone équatoriale africaine, se trouve aggloméré en véritables forêts sur l’immense parcours du Niger et dans la région du Nil.
- La substance que donne l’incision de ces arbres est solidifiée par évaporation et a toutes les apparences et les propriétés de la gutta-percha; un arbre de quatre ans peut donner une moyenne annuelle de 4 kilogrammes de produit, et cela sans souffrir aucunement.
- M. Heckel a déjà essayé d’acclimater ce végétal dans toutes nos colonies tropicales, et notamment à la Réunion, à Saigon et à la Martinique. Le gouvernement français, qui s’est déjà ému de cette question, puisqu’il l’a fait étudier dernièrement à Saigon par un de ses ingénieurs, ne peut manquer d’encourager cette tentative; sa réussite doit, en effet, devenir une source de bénéfices importants pour nos colonies de l’Indo-Chine et du Cambodge.
- On annonce la création à Berlin d’une grande usine pour la fabrication de machines et d’appareils électriques. Les fonds seront fournis par un groupe de capitalistes de Berlin et de Hambourg.
- Les journaux espagnols annoncent que, dans quelques vignobles près de Malaga, des vignes attaquées par le phylloxéra et abandonnées comme perdues ont commencé à donner des signes de vitalité. On attribue ce phénomène à la destruction des insectes par des gaz ou par des actions électriques survenues à la suite des tremblements de terre récents.
- Un nouveau chemin de fer électrique a été inauguré à Denver, dans l’Etat de Colarado, par l’inventeur, le Prof. Short, de l’Université de cette ville. Les résultats ont été très satisfaisants, et l’inventeur prétend que son moteur est basé sur un principe absolument indépendant de tous les systèmes brevetés jusqu’à ce jour.
- Le roi de Havaï vient de sanctionner une loi sur les brevets dans son pays. La nouvelle loi contient à peu près les mêmes dispositions que celle en vigueur aux Etats-Unis, et la durée des brevets a été fixée à dix ans.
- Éclairage électrique
- Ainsi que nous l’avons annoncé la semaine dernière, M. René Goblet, ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes, agissant au nom de l’Etat, et MM. Ritt et Gailhard, directeurs du théâtre national de l’Opéra, viennent de signer avec M. Louis Rau, agissant comme administrateur délégué au nom de la société électrique Edison, un contrat d’une durée de dix années pour l’éclairage de l’Opéra.
- Les travaux nécessaires seront achevés en septembre ; l’éclairage comportera 2 000 lampes à incandescence qui seront réparties entre : la rampe de la scène, le grand lustre, les girandoles de la salle, le grand escalier, le grand foyer, i’avant-foyet et la loggia, ainsi que quelques foyers à arc pour éclairer la façade.
- Les machines motrices à condensation, ainsi que les chaudières, seront placées dans les sous-sols de l’Opéra.
- L’installation électrique comprendra trois grandes dynamos Edison de 1000 lampes, dont une de rechange.
- M. Charles Garnier, en se décidant à remplacer le gaz par la lumière électrique, vient de sauver les plafonds de Baudry. aujourd’nui recouverts d’une couche épaisse de noir de fumée. Lorsque l’installation du nouvel éclairage sera achevée, les peintures seront débarrassées du voile épais qui les recouvre; la salle sera entièrement remise à neuf, sans qu’on ait à redouter à bref délai les mêmes inconvénients que précédemment.
- La nouvelle direction de MM. Ritt et Gailhard pourra être fière d’avoir donné à M. Charles Garnier l’appui financier qui lui était nécessaire pour mettre à exécution ce plan caressé depuis si longtemps.
- On vient de décider l’installation de la lumière électrique au café-concert de l’Eldorado, boulevard de Strasbourg. L’éclairage doit comporter de 25 à 3o lampes à arc Cance," dont les qualités commencent à être fort appréciées dans 1 industrie,et de 35 à ’jo lampes à incandescence qui seront croyons-nous, du système Edison.
- La force motrice sera fournie par une machine à vapeur Olry et Granddemange, de la force nominale de 40 chevaux alimentée par un générateur inexplosible Collet. Quant aux dynamos, construites par la maison Ducommun, de Mulhouse, elles sont du système Gramme; elles auront leurs inducteurs montés en dérivation et chacune d’elles pourra alimenter 5 lampes Cance.
- La répartition des foyers n’est pas encore décidée d’une façon définitive; elle est, quant à présent, fixée de la manière suivante : 12 ou 16 lampes Cance dans la salle de spectacle, 4 dans le café du boulevard, 4 devant la façade, du théâtre, 1 à l’entrée et les autres foyers sur la scène. Les lampes à incandescence sont destinées à l’éclairage de la rampe et de la scène.
- L’installation doit être prête au milieu du mois de juillet, les directeurs de l’El.lorado désirant supprimer le plus tôt possible l’éclairage actuel, afin d’éviter l’élévation de température du gaz, qui est si gênante pour le public, surtout pendant la période des grandes chaleurs.
- L’éclairage électrique du casino de Bougival a été inauguré la semaine dernière avec 16 foyers Jablochkoff- 20 lampes du même système vont être montées au Jardin de Paris, dans les Champs-Elysées. Ces installations sont faites par la Société l’Eclairage Electrique, qui y emploie le nouveau chandelier de M. Robenrieth.
- Cet appareil permet de réaliser pne économie assez sensible sur la dépense des bougies; la Société l’emploie aujourd’hui dans tous ses éclairages, et notamment dans celui du concours agricole de Nogent-sur-Seine, qui comprend 6 foyers de 6 millimètres et 16 foyers de 4 millimètres.
- Nous lisons, dans le Mouvement industriel belge, que plusieurs des grandes stations du chemin de fer de l’Etat belge vont être prochainement éclairées à la lumière électrique.
- Dans la gare de Schaerbeek, les travaux sont poussés avec activité; les grandes colonnes en fer destinées à supporter les régulateurs sont déjà placées. Le to juin prochain, anra lieu à Bruxelles l’adjudication publique de l’éclairage électrique de certaines parties des ateliers centraux de Mons et de Gentbrugge. Le 24 du même mois, il sera également procédé à l’adjudication publique de l’éclairage électrique de la gare de Courtrai. Pour la première installation, la force motrice sera mise à la disposition de l’adjudicataire; dans la seconde installation, l’entrepreneur aura à fournir la force motrice. L’éclairage pourra se faire au moyen de lampes à arc et de lampes à incandescence. L’administration des chemins de fer se réserve le droit de*
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- reprendre l’entreprise à l’expiration de chaque année du contrat, et ce à des conditions déterminées par le cahier des charges.
- La section japonaise, dans le parc de l’Exposition à Berlin, va être éclairée avec 25 foyers à arc et plusieurs centaines de lampes à incandescence jusqu’à onze heures du soir.
- Les préparatifs destinés à effectuer des essais comparatifs entre le gaz et la lumière électrique dans certaines rues à Barcelone, sont très activement poussés. Nous ne manquerons pas de tenir nos lecteurs au courant des résultats obtenus.
- Le chemin de fer du Nord, en Angleterre, commence maintenant à suivre l’exemple de plusieurs autres compagnies anglaises en éclairant ses trains à l’électricité, au moyen des accumulateurs de l’EIectrical Power Storage C° placés dans chaque voiture. Les éléments sont chargés par une dynamo actionnée par, l’axe des roues. Les mêmes appareils sont emnloyés sur les chemins de fer Lancashire et Yorkshire et le Great Eastern.
- Depuis le icr avril jusqu’au 22 mai dernier, la Compagnie Edison, de Ne,v-York, a traité pour 21 installations comprenant 5884 lampes. Pendant la même période de l’année dernière, la Société n’avait installé que 1 367 lampes.
- Les deux grandes salles de l’assemblée législative de Pennsylvanie sont éclairées à la lumière électrique du système Edison.
- 11 y a déjà plus de 200 foyers à arc du système Brush fonctionnant dans les rues de la ville de Valparaiso, au Chili.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le Journal officiel du 9 juin publie une loi concernant :
- i° L’ouverture au ministre de la marine et des colonies* sur l’exercice 1884, d’un crédit extraordinaire de 6i5,ooo fr. pour le câble télégraphique sous-marin du Tonkin;
- 20 L’inscription, parmi les voies et moyens du budget du même exercice, des recettes relatives à l’exploitation de ce câble, évaluées à la somme de 487,500 fr.
- Nous avons parlé récemment des travaux de M. Bour-bouze, nous y reviendrons aujourd’hui pour donner la description du système de régulateur inventé par lui, et dont il compte se servir dans une prochaine expérience.
- « L’appareil, dit régulateur électrique pour entretenir le mouvement du pendule, se compose d’un pendule à la partie supérieure duquel est fixé un barreau aimanté qui peut osciller librement à l’intérieur d'une bobine plate à deux fils semblable à celle du galvanomètre à fléau.
- « Pour entretenir le mouvement de ce pendule, il suffit de faire passer dans la bobine, à chaque oscillation simple, un courant d’intensité constante, mais de sens alternativement contraire. Pour opérer ce changement d’une manière régulière, on se sert d’un petit fléau en cuivre, dont le centre de
- gravité est très élevé au-dessus du point de suspension; ce petit fléau porte à chacune de ses extrémités un petit pont qui, en tombant alternativement dans deux godets renfermant du mercure ferme le circuit d’une pile de Daniell.
- « Le courant agit par influence sur le barreau aimanté, et lui donne une impulsion qui se transmet au balancier. Pour obtenir le mouvement de bascule du fléau interrupteur, on a fixé sur le balancier une fourchette, dont les deux branches sont perpendiculaires au plan d’oscillation.
- « Chacune d’elles est munie d’une petite vis dont l’axe «st parallèle à ce plan. On peut régler à volonté l’écartement de ces petites vis qui viennent heurter à chaque oscillation simple le fléau interrupteur.
- « Iï est facile d’obtenir sans commutateur, l’inversion du courant à chaque oscillation, en fixant deux fils aux pôles de la pile qui seront en opposition dans les deux fils de la bobine. »
- Un des inconvénients des fils aériens provient du bruit que font ces conducteurs fixés sur les toitures et qui, même en temps calme, émettent un son qui ressemble au bourdonnement d’une grosse mouche; par un vent un peu fort, ce bruit empêche souvent les locataires des étages supé rieurs de dormir la nuit. On a essayé de remédier à cet inconvénient de plusieurs manières, sans y réussir complètement. Le moyen le plus simple consiste à enrouler du fil de plomb, d’un diamètre assez fort, autour du fil d'acier, à une distance d’un mètre environ de chaque côté des isolateurs; on a également employé du caoutchouc pour réduire les vibrations des fils, mais ces différentes dispositions ont atténué le mal sans le supprimer. La question est d’une grande importance pour les Compagnies téléphoniques qui possèdent des réseaux aériens et qui sont forcées, en partant du bureau central, de placer des chevalets avec 100 ou 200 fils sur les toits des maisons près du bureau, car le bruit devient souvent insupportable, provoque des plaintes de la part des locataires, et les Compagnies se voient parfois dans la nécessité de faire déplacer toute une série de fils ou bien de payer une redevance formidable aux propriétaires, qui d’abord leur avaient accordé le passage à titre gracieux.
- M. Bardonnaut décrit, dans les Annales télégraphique*% un nouveau système de sourdines qu’il dit avoir complètement réussi. M. Bardonnaut se sert d’uu ressort à boudin en fil d’acier, du modèle employé au remontage des appareils Hughes, qu’il attache de la manière ordinaire aux isolateurs en le reliant au fil de ligne par deux manchons du modèle adopté en France pour les joints des lignes aériennes.
- Au congrès international télégraphique qui doit avoir lieu le 10 août à Berlin, la Suisse proposera un code international universel, qui doit contenir des mots de toutes les langues civilisées, dont les expéditeurs de dépêches privées chiffrées devront se servir à la place du chiffre actuellement en usage.
- On lit dans V Eleklrotechnischc Zeitschrift :
- M. le conseiller d’Etat, baron de Capanema, directeur général des télégraphes du Brésil, a récemment fourni sur les lignes terrestres brésiliennes une preuve de leur excellent fonctionnement qui mérite assurément d’attirer l’attention des gens du métier.
- Nous devons faire remarquer d’abord que le réseau télégraphique du gouvernement brésilien a déjà atteint la longueur considérable de 14000 kilomètres, et s’étend, sans lignes parallèles, dans la direction du sud au nord, entre l’équateur et le 33° degré de latitude sud, de sorte qu’il est
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- presque entièrement situé sous les tropiques. Or cette situation crée à la construction et à l’entretien des lignes des difficultés particulières dont l’ingénieur télégraphiste européen qui ne connaît pas les régions tropicales ne peut presque pas se faire une idée.
- Les poteaux des lignes télégraphiques brésiliennes sont rarement plantés, comme en Europe, le long des routes, parce qu’ils seraient trop exposés à être endommagés par les caravanes de lourds chariots de bœufs ou par les bêtes de somme pesamment chargées qui suivent la route sans conducteur. Pour une grande partie des lignes télégraphiques, on a été obligé de frayer préalablement des voies au travers de forêts vierges ou de broussailles presque impénétrables, et de faire franchir aux fils des marais d’une étendue de plusieurs lieues, des fleuves sujets à de grandes crues et des bras de mer. De plus, le pays est parfois couvert d’une atmosphère vaporeuse tropicale qui favorise extrêmement la pourriture des poteaux de bois, l’oxydation des fils et la déperdition de l’isolation; puis il survient des sécheresses, qui durent de six à huit mois, et qui ont pour effet de fendre les poteaux et d'y favoriser le développement des champignons.
- L’abaissement de température, qui se produit subitement et souvent dans une mesure très notable après le coucher du soleil, fait rompre les fils et éclater les isolateurs de porcelaine.
- En outre les lignes télégraphiques sont presque partout entourées d’une végétation tropicale tellement exubérante que ce n’est, qu’avec une peine inouïe que les surveillants des lignes réussissent à maintenir libres les étroites voies télégraphiques tracées dans les forêts.
- Toutefois ce ne sont pas seulement le climat et la végétation qui travaillent sans cesse à la destruction des lignes télégraphiques brésiliennes, le règne animal fournit, lui aussi, toute une armée d’ennemis déclarés et irréconciliables. Il se trouve là en nombre des bêtes qui minent les poteaux par la base au point de les faire tomber, s’il n’y est paré à temps : avant tout, certaine martre, Vhyrare (galera barbara), qui se rencontre dans tout le Brésil, et ensuite dans la famille des bêtes puantes, le surilho des Brésiliens (mephistis suffocans), qui évite cependant l’cpaisseur des forêts vierges.
- Les nombreuses espèces de singes sont, également, toujours prêtes à emmêler et à entortiller les fils télégraphiques.
- De même le règne des oiseaux compte un grand nombre d’espèces avec lesquelles le surveillant est continuellement en guerre. Les désagréments que les oiseaux occasionnent sont de deux différentes natures. Les uns construisent, avec une préférence très marquée, leurs nids au sommet des poteaux et les recouvrent, avec une rapidité étonnaute, d’une couche d’argile humide ou de branches d’arbres, d’herbes et de plumee.
- Une autre nature de dérangement auquel les lignes sont .exposées provient du fait que les volées d’oiseaux se déploient à tire-d’ailes un peu après le coucher et avant le lever du soleil. Les lils n’étant presque pas visibles à cause du crépuscule, ces oiseaux se précipitent alors contre eux, pénétrant entre les fils, qui s’emmêlent ou se rompent.
- Les insectes et les araignées, qui fourmillent au Brésil, sont aussi des ennemis très dangereux des ligues télégraphiques. Aux premiers appartiennent surtout les abeilles, les guêpes, les frelons et les fourmis. Plusieurs espèces de guêpes construisent leurs nids à i’intcneur et à l'extérieur des isolateurs, de la même manière que l’hirondelle applique son nid à la façade d'une maison.
- Bien que peu dangereuses en apparence, les fourmis et les termites (qu'ou appelle aussi fourmis blanches) sont cependant aussi des destructeurs très persévérants. Ils habitent en grandes masses des nids communs dans lesquels ils vivent ensemble. Ces nids communiquent ehtre eux ou avec es arbres voisins par des chemins couverts ou des con-
- duites d’argile qui atteignent jusqu’à om,3o de diamètre, Lorsqu'il se rencontre des poteaux télégraphiques, ces conduites s’élèvent aussi avec eux et recouvrent poteaux et isolateurs de coupoles arrondies d’argile atteignant jusqu’à 1 mètre de diamètre. Plus ces nids sont vieux, plus ils sont solides, et l’on est souvent obligé de recourir à la hache pour les détacher.
- Certains termites, par exemple les calotermes brésiliens, rongent des galeries entières dans le bois des arbres et sont capables de détruire ainsi, en un temps relativement très court, les poteaux de bois dur.
- Passons maintenant aux araignées. Parmi les centaines d’espèces d’arachnides du Brésil se trouve une grosse araignée porte-croix noire avec des taches rouge-rubis sur le dos, qui vit en société nombreuse, composée souvent de plusieurs centaines d’individus et dont chacun construit son nid à une distance d’environ 63 centimètres des autres, tous ces nids étant d’aileurs fixés à des fils principaux communs très longs et forts. De cette façon les arbres, les buissons et les poteaux télégraphiques sont recouverts par des réseaux réunis au point de devenir complètement invisibles.
- Lorsque les principaux de ces fils sont rendus humides par la pluie ou.même la rosée, ils occasionnent des dérivations très considérables du courant électrique.
- Mais les plus dangereuses destructions auxquelles les lignes télégraphiques sont exposées sont dues aux orages si fréquenis dans ces contrées. Les tensions et décharges électriques sont souvent si fortes que les isolateurs, les fils et les poteaux se rompent et éclatent, et c’est grâce seulement à l’emploi du meilleur et du plus solide matériel de ligne que les effets nuisibles de ces phénomènes atmosphériques peuvent être réduits à un minimum.
- Ces lignes terrestres ne servent pas seulement à la transmission régulière de la correspondance à l’intérieur de l’empire, mais aussi au transit avec les Etats de la Plata, ainsi qu’au trafic û’outre-mer avec l’Europe par l’intermédiaire du câble de la Brazilian Telegraph Company, au sujet duquel elles ont à soutenir la concurrence active de la Western et Brazilian Telegraph Company, dont les câbles côtiers courent dans une direction parallèle. Les lignes du gouvernement brésilien s’étendent de la limite méridionale de l’empire, où elles rejoignent, à jaguarao, le réseau télégraphique de l’Uruguay, et â Uruguayana les lignes de la République Argentine jusqu’à la province septentrionale de Maranhao, où elles finissent à San Luiz.
- Le baron Capanema, qui a poussé activement la construction des lignes du Nord, a parcouru à cheval, pour en prendre possession, la section achevée tout dernièrement de Fortaleza-Therezina-San Luiz, dont la longueur est de 640 kilomètres. 11 attribue principalement au choix des po teaux qui, à peu d’exceptions près, sont en fer, la grande stabilité des lignes brésiliennes, ainsi que leur force de résistance contre les effets destructeurs si divers auxquels elles sont exposées; quant au haut degré de leur isolation il est certainement dû aux isolateurs de forme toute particulière dont le directeur général est lui-même l’inventeur.
- Enfin ces poteaux offrent à i’œil un aspect très agréable, surtout quand ils sont posés en ligne droite sur de grandes distances.
- Pour le bon fonctionnement des lignes télégraphiques d’un pays tel que le Brésil, le choix des isolateurs est encore plus important que la stabilité et la durée des poteaux. Pour combattre les iuiluences qui ont au Brésil un effet si nuisible sur le maintien de l'isolation des lignes, on ne peut employer que le matériel d’isolatiou le meilleur et le plus solide, et une expérience de plusieurs années a donné depuis longtemps au directeur général la conviction qu’avec les isolateurs ordinaires en porcelaine il serait impossible d’établir une communication télégraphique directe sur de si grandes distances et dans un climat aussi humide que celui du Brésil. Le baron Capanema a, par suite, construit un isolateur particulier pour le climat humide et tropical du
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- Brésil, et c’est à cet isolateur que sont dus, en grande partie, les résultats si favorables de transmission qui ont été indiqués plus haut.
- Les isolateurs également fournis par la maison Siemens brotbers C°, de Londres, ont déjà été décrits dans 1 ’Elcctro-techitische Zeitschrift (t883, p. 34).
- Les avantages de cet isolateur consistent dans le fait que le fil conducteur ne touche pour ainsi dire l’isolateur que sur un point, et comme on n’emploie pas de fil de ligature, l’écoulement de l’électricité par l’isolateur et le poteau à la terre est réduit à un minimum, tandis qu’avec les isolateurs entourés d’une ligature les déviations peuvent se produire sur toute U surface extérieure. Les ligatures en fil de fer ont encore sous les tropiques ce désavantage qu’elles s’oxydent facilement et couvrent bientôt de rouille la face extérieure de l’isolateur, diminuant ainsi sensiblement son pouvoir isolant. En outre les fils de fer à moitié oxydés sont facilement détachés par les perroquets, ce qui occasionne assez souvent dans les lignes des contacts de dérivations accessoires.
- Les isolateurs en porcelaine, entourés d’une ligature en fil de fer, sont aussi plus sujets à se fendre sous l’action des fortes tensions d’électricité atmosphérique, parce que, eu égard à la pins grande surface de contact de fil de fer, les points faibles qui se trouvent parfois dans la porcelaine et qui peuvent donner passage à l’électricité atmosphérique se rencontrent beaucoup plus facilement que ce n’est le cas avec le système en question.
- Le développement considérable que la télégraphie a acquis en si peu d’années dans l’Amérique du Sud et les progrès constants qu’elle fait dans presque tous les Etats de cette partie du Nouveau-Monde, est une preuve des plus heureuses que ces pays encore jeunes sont en plein progrès de civilisation.
- En ce qui concerne particulièrement la télégraphie, c’est l’empire du Brésil qui occupe le premier rang, et cela d’autant plus que le personnel télégraphique brésilien a une tâche beaucoup plus difficile à remplr que celui de tout autre pays du monde.
- La Société des téléphones, à Copenhague, fait en ce moment une installation très importante des câbles sans induction de MM. Felten et Guilleaume, de Cologne. La Compagnie a commandé à ces messieurs une longueur de 20 kilomètres de leurs câbles, dont une partie est à 26 et le reste à 27 fils. Le câble sera aérien sur une partie du parcours et souterrain sur le reste. Les résultats obtenus par la maison de Cologne dans les nombreuses expériences qui ont eu lieu en Allemagne semblent prouver la supériorité de son système, qui a été adopté par l’administration des télégraphes, à Berlin, de qui la maison a reçu une commande de iS kilomètres à 27 conducteurs pour le réseau téléphonique de cette ville.
- Le téléphone fait de rapides progrès en Belgique. Bruxelles, Anvers, Liège, Gand, Charieroi, Mons, Louvain et Verviers sont déjà dotés de réseaux téléphoniques. La ville de Namur ayant à son tour sollicité l’installation d’un service téléphonique, M. le ministre des chemins de fer, postes et télégraphes a mis en adjudication la concession de l’établissement et de l’exploitation d’un réseau dans cette ville et les communes environnantes. L’adjudication a eu lieu le 8 avril, au palais de la Bourse, à Bruxelles.
- Le cahier des charges imposait comme clause principale relative aux appareils, l’obligation de transmettre la parole clairement à une distance de 200 kilomètres à travers une ligne aérienne composée :
- 1» D’un circuit de 18o kilomètres de longueur, formé de deux fils de fer de 4 millimètres de diamètre et approprié, d’après le système de M. F. Van Rysselberghe, à l’échange
- simultané des dépêches télégraphiques et des correspondances téléphoniques;
- 2» De deux fils simples de 10 kilomètres de longueur chacun, se raccordant aux deux extrémités de la ligne précédente par l’intermédiaire de deux translateurs téléphoniques et deux annonciateurs conformes aux types admis par la direction des télégraphes.
- Les prix de base de l’adjudication étaient :
- i° 25o francs pour l’abonnement dans le rayon de 3 kilomètres;
- 2° 5o francs d’augmentation d’abonnement pour chaque kilomètre supplémentaire ;
- 3° 5o centimes par correspondance de dix minutes dans les bureaux publics.
- Quatre maisons ont participé à l’adjudication, qui a donné les résultats suivants :
- SOUMISSIONNAIRES DIMINUTION SUR UES PRIX DE
- 220 fr. 5o fr. 5o cent.
- Bouckaert et Ce, de Bruxelles 28 p. c. 10 p. c. 5o p. c.
- Compagnie belge du Téléphone Bell, de Bruxelles ....... 20 p. C. Rien. 5o p. c.
- Dassonville et Balat, de Namur 40 p. C. S p. c. 5o p. c.
- Rif, de Zurich 50 p. c. 40 p. C. 5o p. c.
- C’est donc la maison suisse qui a présenté les offres les plus avantageuses. On remarquera l’importante différence entre les prix de ce soumissionnaire et ceux des soumissionnaires belges. La main-d’œuvre en Belgique n’est pourtant pas plus chère qu’en Suisse; en outre, les appareils expédiés de ce dernier pays paient non seulement des frais de transport très élevés, mais encore ils sont soumis à un droit de douane de 12 p. c.
- MM. les ingénieurs des télégraphes auront à se prononcer sous peu sur la.qualité des appareils. C’est de leur rapport que dépendra la décision de M. le ministre des chemins de fer, postes et télégraphes.
- L’American Bell Téléphoné C° de Boston a demandé à la législature de l’Etat de Massachusets de pouvoir augmenter son capital social, et une commission a été nommée pour étudier la situation de la Compagnie et faire un rapport. Il résulte des dépositions faites au cours de l’enquête qu’un réseau téléphonique fonctionnant avec bénéfice ne pourrait pas même couvrir ses frais en doublant le nombre des abonnés ; en d’autres termes, dès qu’un réseau téléphonique dépasse une certaine limite, il devient nécessaire, pour que l’exploitation laisse un bénéfice, d’augmenter le prix de l’abonnement ou bien de limiter le nombre des abonnés. Il a également été constaté que l’installation doit être amortie en quatre ou cinq années, au bout desquelles il est nécessaire de renouveler tous les appareils et fils.
- Le sénat de l’Etat d’Illinois a suivi l’exemple de la législa tion d’Indiana, en limitant le prix de l’abonnement au téléphone à i5 francs par mois. Les compagnies téléphoniques prétendent qu’il est impossible de faire face aux dépenses nécessaires avec un abonnement aussi minime, et qu’elles seront forcées de suspendre leurs opérations.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, |3 quai Voltaire.— 57682
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- Journal universel d’Électricité 31, Boulevard des Italiens, Paris • * v
- directeur : D' CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout /
- 7* ANNÉE (TOME XVI) SAMEDI 27 JUIN I8SS N° 26
- SOMMAIRE. — Application de l’électricité à l’étude des formes vibiatoires des corps solides et des liquides; C. Decharme. — Exposition d’électricité de Philadelphie : Les lampes électriques (suite). — Les appareils historiques; Au?. Guerout. — Recherches théoriques et expérimentales sur le générateur secondaire Gaulard et Gibbs (40 article);
- G. Ferraris. — Appareil de contrôle des rondes de nuit; E. Radkiewitch. — Chronique de l’étranger : Allemagne;
- H. Michaëiis. — Angleterre; J. Munro. — Autriche; J. Kareis. — Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Sur la spectroscopie par la matière radiante, par M. William Crookes. — Le voltamètre à eau appliqué à la mesure absolue des courants de haute intensité, par M. F. Kohlrausch. - Lunette monochromatique et ses applications à la photométrie, rar lord Rayleigh. — Production des courants alternatifs au moyen de machines à courants continus, par MM. J. Frowbridge et H.-V. Ilayes. — Application des procédés photographiques aux mesures électriques. — Nécrologie. — Correspondance : Lettres de MM. J. Bourdin et M. Cossmann. — Faits il.vers.
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ A l’étude des formes vibratoires des
- CORPS SOLIDES ET DES LIQUIDES
- Quatrième article (*)
- VI. — TIGES, VERGES
- Ce qui a été dit au sujet des lames peut s’appliquer aux verges rectangulaires et aux tiges cylindriques. Les lois des vibrations de totalité qui les concernent, ainsi que les formes vibratoires correspondantes, sont connues. Je n’ai pas à en faire mention. Je veux seulement m'occuper des formes vibratoires que j’ai nommées élémentaires ou moléculaires et montrer la relation qui existe entre les lois mathématiques de ces corps élastiques et les cannelures ou stries qu’ils produisent quand une de leurs extrémités est plongée dans un liquide ou couverte d’une couche d’eau tenant en suspension une poudre lourde et insoluble (minium, vermillon, etc.).
- Remarquons d’abord que quand un corps solide vibre c’est toujours suivant ses trois dimensions. Le mouvement imprimé à l’une de ses parties se communique aux autres, dans tous les sens, mais
- C) La Lumière Électrique, t. XVI, p. 6q3.
- avec plus ou moins de facilité selon la forme des corps élastiques et leurs dimensions relatives. De là des différences dans les effets perceptibles. Ainsi les vibrations se communiquent mieux dans les tiges cylindriques que dans les verges prismatiques.
- i° Pour observer les formes vibratoires d’une verge prismatique on peut opérer sur elle comme sur les lames, c’est-à-dire la fixer par une extrémité ou par deux de ses nœuds dont les positions symétriques sont connues et la faire vibrer électriquement d’une manière continue, son extrémité touchant la surface de l’eau d’un vase très large.
- Mais pour obtenir des'vibrations amples, il est commode quand la lame est métallique est suffisamment longue de la recourber en U à branches d’inégale longueur. Cette espèce de diapason boiteux est mis en vibration comme un diapason ordinaire et entretenu comme-lui électriquement la longue branche seule plongeant dans l’eau de 1 à 2 millim.
- La figure 1 montre les effets produits dans ce cas, comme dans le précédent, à la surface de l’eau que cette branche affleure.
- On voit d’abord des cannelures égales sur les deux faces perpendicalairement auxquelles le mouvement vibratoire a été provoqué ; puis, sur les deux autres faces, des stries à formes indécises, et aux angles d’assez longues rides résultant de la combinaison des deux mouvements vibratoires rectangulaires. Ces cannelures ont les mêmes formes que celles qu’on obtient avec les lames et
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- les diapasons vibrants. D’ailleurs la loi est la même dans tous les cas : Les carrés des lai'geurs des cannelures sont inversement proportionnels aux nombres de vibrations correspondants ou :
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- t'* — n ‘
- Nous avons vu plus haut que la tige excitée
- FIG. I. — CANNELURES LIQUIDES D'UNE VERGE RECTANGULAIRE
- perpendiculairement à sa largeur vibrait aussi dans le sens de son épaisseur. Mais les cannelures ou plutôt les stries sont différentes. Il se passe ici un
- FIG. I bis. — CANNELURES LIQUIDES D’uNE VERGE CARRÉE
- effet analogue à celui que nous avons remarqué au sujet des vases rectangulaires. Lorsqu’on détermine le mouvement vibratoire successivement sur chacun des côtés adjacents, les cannelures n’ont pas la même largeur, ce qui se comprend facilement puisque les dimensions de ces côtés ne sont pas les mêmes. Quand il y a des cannelures sur deux des côtés il n’y a que des stries sur les autres, ou des cannelures de largeur différente.
- D’ailleurs quand on fait vibrer une verge rectangulaire successivement suivant sa largeur et suivant son épaisseur les sons obtenus sont différents.
- Verges carrées. — Dans le cas particulier où la verge est carrée, le mouvement vibratoire excité dans un sens se produit aussi dans le sens perpendiculaire, mais avec moins d’intensité. Les cannelures se montrent, en effet, sur les quatre côtés, égales en largeur, mais non en étendue; celles qui touchent aux faces directement actionnées ont une plus grande longueur (fig. i bis).
- 2° Quand on fait vibrer une tige cylindrique (ou un tube) par notre procédé d’immersion, des cannelures ou des stries se produisent sur tout son pourtour et normalement à sa surface (fig. 2). Les cannelures très prononcées aux extrémités du diamètre suivant lequel l’action excitatrice est produite, diminuent de largeur et de longueur à mesure qu’elles s’éloignent du plan de vibration. Per-
- FIG. 2. — CANNELURES LIQUIDES D UNE TIGE CYLINDRIQUE
- pendiculairement à ce plan il ne reste que des stries de forme indécise.
- Nous ne nous arrêterons pas aux différents cas que présente le mouvement vibratoire des tiges suivant leur mode de fixation. Les cannelures sont toujours de même forme et leur largeur est liée aux nombres de vibrations par la loi précédemment énoncée.
- Les vibrations partielles des tiges et des verges élastiques peuvent être mises en évidence par un autre moyen très ingénieux imaginé par Wheat-stone, c’est une méthode optique qui s’applique aux verges métalliques fixées verticalement par une de leurs extrémités. On attache au sommet de la verge une espèce de perle en verre légère et argentée à l’intérieur, puis, faisant tomber sur cette perle la lumière d’une lampe ou d’une bougie, on fait naître par réflexion un point lumineux très brillant.
- Lorsque la verge vient à vibrer ce point met
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- pleinement en évidence le caractère propre des vibrations. (Tyndall. Le Son, p. i36). M. Tyndall perfectionnant ce procédé fait tomber sur la perle argentée un faisceau de lumière électrique qui donne un point lumineux comparable au soleil par son éclat. Recevant alors sur un écran le rayon ré-
- FIG. 3 ET 4. — DENTELURES DES VERGES VIBRANTES FIXEES PAR UNE EXTRÉMITÉ
- fléchi et concentré au moyen d’une lentille convergente, on obtient, quand la tige vibre, un ruban de lumière qui prend diverses formes, circulaire, elliptique, rectiligne, etc. ; effets qui résultent de la combinaison des deux mouvements rectangulaires qui se produisent dans cette circonstance. Quand la tige rend des sons musicaux, on observe que la perle brillante décrit des dentelures d’autant plus serrées que le mouvement est plus rapide (fig. 3 et 4). Les vibrations qui produisent les sinuosités sont, les premières à peu près six fois et quart, et les secondes 17 fois i/3 plus rapides que les vibrations de la verge entière. Ces peignes lumi-
- neux sont analogues aux dentelures que nous obtenons par notre procédé d’immersion.
- Les sons proviennent toujours de mouvements vibratoires des corps, mais surtout des vibrations rapides des petites parties qui oscillent avec des vitesses bien plus grandes que les longueurs totales.
- C’est leur ensemble, leur somme de sonorité qui produit réellement le son perçu.
- VII. — CORDES.
- Pour étudier les formes vibratoires élémentaires des cordes par notre procédé d'immersion, il faut les disposer de manière qu’elles affleurent légèrement la surface du liquide, au moins dans une partie de leur longueur.
- La corde est tendue sur un support en fer
- FIG. 6. — DENTELURES LIQUIDES PRODUITES PAR UNE CORDE VIBRANT PERPENDICULAIREMENT A LA SURFACE DE L’EAU
- (fig. 5) qui porte l’électro-aimant E, le style interrupteur / et la plaque interruptrice p.
- i° Lorqu’on veut faire vibrer une corde en fer perpendiculairement à la surface du liquide, on dispose au-dessus d’elle (par conséquent hors de l’eau) l’électro-aimant qui doit entretenir le mouvement vibratoire et près de lui le style interrupteur et la plaque interruptrice (fig. 5). Si la corde est d’une substance non magnétique, on fixe, en un de ses points choisi pour ventre de vibration, une pe-
- FIG. 7 ET^7 bis, — DISPOSITION DE 1.,’lNTERRUPTEUR POUR VIBRATIONS HORIZONTALES
- tite masse de fer doux, en regard de laquelle on dispose l’électro-aimant (*).
- (•) Les physiciens ont déjà eu recours à l’électricité pour entretenir les vibrations des cordes dans l’expérience de
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- Quand la corde est en vibration, il se produit sur une partie de sa longueur des dentelures liquides (fig. 6) perpendiculaires à sa direction ('). Elles sont analogues, pour la forme, aux cannelures que donnent les lames et les verges. Elles s’étendent jusqu’à om,io de distance de la corde, quand les vibrations sont très amples. Les mouvements lents
- FIG. S. —- CANNELURES PRODUITES PAR UNE CORDE PARTIELLEMENT IMMERGÉE
- et amples sont les plus favorables à l’observation de ces dentelures. Néanmoins, comme le mouvement est considérablement amorti par la résistance du liquide, il faut que la corde vibre assez énergiquement.
- 2° Si l’on veut faire vibrer la corde horizontalement, c’est-à-dire parallèlement à la surface du liquide, l’electro-aimant doit être immergé, du moins par sa partie polaire, qui est alors recourbée comme le montrent les figures 7 et 7 bis, son action devant s’exercer horizontalement. Le style in-terrupeur devant être immergé avec la corde, il
- # 3
- a
- FIG. 9 <3, b, c. — CANNELURES D’UNE CORDE VIBRANT VERTICALEMENT
- convient dans ce cas de prendre un liquide mauvais conducteur de l’électricité, par exemple du pé-
- Melde, à l’effet de rendre permanentes les subdivisions de la corde en fuseaux successivement au nombre de 2, 3,
- 4, etc.
- (>) Cette disposition des dentelures normales à la corde vibrant dans l’eau rappelle celle de la limaille de ferle long
- trole. Cependant avec l’eau pure l’expérience réussit.
- Dans ce cas, les dentelures ont encore les formes des précédentes et, comme elles, d’autant plus
- FIG. IO af b. — ALTERNANCE DES DENTELURES DE CHAQUE COTÉ DE LA CORDE
- étroites que le mouvement vibratoire est plus rapide.
- 3° Si la corde est oblique et ne touche l’eau que sur une faible partie de sa longueur, c’est surtout à son point de rencontre avec la surface liquide que le phénomène des dentelures est manifeste. Celles-ci sont estompées à leur extrémité et s’étei-
- FIG. II. — INTERRUPTEUR ÉLECTRIQUE POUR LES VIBRATIONS DES BULLES GLYCÉRIQUES.
- gnent doucement avec les vibrations de la corde (fig. b).
- 4° Enfin, si la corde est disposée verticalement et qu’on la fasse vibrer dans cette position, les
- d’un fil conducteur, couché sur une feuille de papier et traversé par un fort courant électrique, ou les effets de projection d’un fil métallique volatilisé par la décharge d’une batterie de Leyde.
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- dentelures sont encore pareilles à celles des cas précédents, et les stries se voient tout autour de la corde (‘); mais elles s’étendent plus dans le sens du plan de vibration que dans la direction opposée (fig. 9, a, b, c).
- Comme les dentelures sont dues à des plissements de la corde, et que ces plis sont alternatifs, sans aucun doute ceux-ci doivent également alterner pour un même point de la corde de chaque côté de celle-ci. C’est, en effet, ce que l’expérience montre en employant une corde longue, peu tendue et ne touchant l’eau que par le ménisque liquide qui lui est adhérent (fig. 10, a). L’alternance des dentelures peut encore être décelée aussi en faisant vibrer la corde dans une mince couche d’eau de minium répandue sur une lame de verre où ces dentelures restent fixées (fig.
- 10, b). On réussit parfois à la produire en faisant vibrer la corde dans une couche de poudre de lyco-pode répandue uniformément sur une lame de verre.
- Quant à la relation entre les largeurs des dentelures et les nombres de vibrations
- fia. 12 a, b..., J'. — divers systèmes de bulles
- correspondantes
- des cordes, elle est, comme on pouvait s’y attendre., la même que la loi des longueurs des cordes, c’est-à-dire que les largeurs des dentelures sont inversement proportionnelles au nombre de vibrations des sons correspondants , ou, d’après la notation adoptée :
- L—1lL
- t' n '
- Les mouvements vibratoires d’un point d’une corde peuvent être mis en évidence par le procédé du docteur Young, consistant à faire tomber un rayon solaire sur une corde de piano. On obtient ainsi un point lumineux très brillant. Quand la corde vient à vibrer, ce point décrit une ligne lumineuse dont la forme révèle les caractères du mouvement vibratoire de la corde, en montrant que ses oscillations ne s’exécutent pas dans un seul et
- même plan. Des vibrations partielles, superposées à celles de la corde entière, se révèlent sous forme de courbes fermées ou boucles lumineuses dont Young a donné de nombreux exemples. (Tyndall. Le son, p. 128.)
- On sait que quand une corde vibre dans toute sa longueur, elle se subdivise le plus souvent en parties aliquotes. Les petites vibrations, qui donnent les sons harmoniques ou hy-pertons, se superposent aux grandes et constituent la qualité ou le timbre du son. Les subdivision que nous décèlent les dentelures observées sont plus petites que ces parties aliquotes dont nous venons de parler. Les dentelures correspondent en effet aux plis élémentaires de la corde, et nous avons des raisons de croire que ce sont ces vibrations plis-sées qui produisent les sons que nous percevons, les vibrations de totalité ne servant qu’à augmenter la force du son, à le régulariser (comme un volant régularise le mouvement d’une machine industrielle) et à prolonger sa durée.
- (i) Cette disposition des dentelures rappelle celle de la limaille de fer qui entoure normalement un fil conducteur
- traversé par un fort courant électrique et perpendiculairement au plan de projection.
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- On sait aussi que les cordes de violon, de piano, de harpe, ne feraient entendre que des sons bien faibles, si elles ne communiquaient leur mouvement vibratoire aux tables d’harmonie auxquelles elles sont fixées ; ce sont ces dernières qui, par leurs larges surfaces et la multiplicité de leurs subdivisions vibrantes, impriment à l’air ambiant les vibrations sonores que nous percevons.
- VIII. — BULLES SPHÉRIQUES ET PELLICULES CIRCULAIRES DE LIQUIDE GLYCÉRIQUE. — SURFACES LIQUIDES ET FILS CIRCULAIRES.
- Dans cette étude générale dés formes vibratoires des corps élastiques, je ne puis omettre celles des bulles et des pellicules de liquide glycérique, qui
- FIG. l3. — NODALES DU SYSTÈME TERNAIRE
- sont une transition naturelle entre les corps solides et les liquides.
- J’ai décrit ailleurs, avec détails, ces deux phénomènes (l) et trouvé les lois qui y président. J’en énoncerai seulement les résultats les plus importants, en faisant remarquer ici que l’emploi de l’interrupteur électromagnétique se prête commodément à l’étude des formes vibratoires des bulles sphériques et des pellicules circulaires de liquide glycérique, auxquelles on pourrait ajouter celles des surfaces liquides circulaires (*).
- Il ne sera pas inutile de donner ici une idée du dispositif expérimental employé.
- Commençons par les bulles :
- Une lame d’acier de om25 de longueur, de o“oog de largeur et de omooi4 d’épaisseur, est fixée horizontalement par un point sur un support S très
- (!) Annales de Chimie et de Physique, 5e série, t. XVIII, p. 398 (1879); t. XXII, p. 302 (1881).
- (2) Annales de Chimie et de Physique, 5e série, t. XXV, p. 112 (1882).
- lourd, à l’aide d’une vis de pression. A son autre extrémité est collée, avec de la cire molle, une très petite capsule C en verre, de omoi de diamètre (fig. 11). Une bulle est déposée sur ce support. La lame est mise en vibration; la bulle suit toutes les oscillations en les simplifiant et laisse voir, quand les conditions sont favorables, des lignes nodales circulaires parallèles à la lame, et des fuseaux nettement dessinés (comme ceux des cordes dans l’expérience de Melde) dont le nombre varie avec le diamètre de la bulle et la vitesse de vibration.
- La bulle qui, au repos, était sphérique, prend dans le mouvement vibratoire l’apparence, en projection, de deux ellipses qui se coupent perpendiculairement, de deux triangles, de deux carrés et en général de deux polygones étoilés réguliers qui
- FIG. IJ.. — NODALE DU SYSTEME QUARTENAIRE
- se superposent symétriquement, et dont les sommets seraient arrondis et les côtés un peu courbés.
- Pour que la bulle affecte une forme bien nette, par exemple celle de deux carrés superposés, il faut que la partie vibrante de la tige ait une certaine longueur que l’expérience seule peut déterminer. En deçà et au delà, la forme tient de celle de deux triangles et de deux carrés, ou de celle de deux carrés et de deux pentagones. On reconnaîtra que la bulle vibre à l’unisson parfait de la tige, quand le plus faible mouvement vibratoire de celle-ci fera apparaître les nodales et les fuseaux d’une manière très nette (fig. 12, a,b,c,d,e,f).
- En répétant des expériences analogues à la précédente pour les systèmes de 2, 3,4,etc., nodales, et notant les longueurs de tige correspondantes ainsi que les diamètres, on formera le tableau suivant, dont les nombres ont été obtenus en employant comme moteur une tige d’acier de om25 de longueur, sur oraoo9 de largeur et omooi4 d’épaisseur.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 5ç5
- Ce tableau donne, par la comparaison des résultats numériques qu’il renferme, la relation fondamentale etconséquemmentleslois suivantes, en représentant par N, N' les nombres de nodales, par d, d’ les diamètres des bulles,,, et par l, V les longueurs de tige vibrantes et n, ri les nombres de vibrations correspondants.
- DIAMÈTRES
- des
- bulles
- NODALES N
- de tige vibrante
- 20,00
- 22,85
- i° (Pour N constant) :
- Mais on sait qu’entre les nombres de vibrations et les longueurs de tige vibrantes on a
- de (i) et (2) on conclut
- d'i
- 11' n
- c’est-à-dire que, pour un même nombre de nodales, les carrés des diamètres des bulles sont en raison inverse des nombres de vibrations correspondants. 20 (Pour d constant) :
- d’après (2), on a
- N2 __ 11
- c’est-à-dire qu&pour un même diamètre de bulles, les carrés des nodales sont proportionnels aux nombres de vibrations de la tige.
- 3° (Pour / constant) :
- N
- N' ~ d'
- En réunissant les trois formules, on a
- N dV
- N' ~ d'V
- OU 11
- ou simplement d — C.N l.
- C étant une constante dépendant de la nature et de
- FIG. l5 1î, b, c. — BULLES HEMISPHERIQUES DE DIVERS SYSTÈMES
- l’épaisseur de la lame vibrante. Cette constante peut être facilement déterminée par l’expérience. Posons donc
- et remplaçons les lettres par les nombres correspondant à une même expérience, et nous trouvons
- Pour une même longueur de tige vibrante, les nombres de nodales sont proportionnels aux diamètres des bulles.
- d’où
- 0 = 0,0875 d = 0,0875. N/.
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- 5cfb
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- relation simple qui permet d’obtenir facilement l’une des trois qualités d, N, l, quand on connaît les deux autres.
- Si l’on regarde de différents côtés une bulle en vibration présentant un système de nodales nette-
- FIG. l6. — BOULE LIQUIDE VIBRANTE.
- ment développé, on voit tout autour d’elle les mêmes fuseaux et les mêmes nœuds.
- Ce n’est donc pas seulement dans le plan d’oscillation de la tige, dans un plan perpendiculaire à celui-là, que ces apparences sont observables; c’est de tous côtés. La figure de la bulle vibrante est donc une surface de révolution symétrique par rapport à son axe vertical (fig. i3 et 14).
- Bulles hémisphériques. — Les bulles soufflées directement sur une large plaque sont toujours hé-
- FIG. IJ. — INTER RUPTEUR ÉLECTRIQUE POUR LES VIBRATIONS DTS FILS CIRCULAIRES
- misphériques lorsqu’elles ne sont pas gênées dans leur développement. Ayant nécessairement une no-dale équatoriale, elles sont moins sensibles que les bulles complètes au mouvement vibratoire. Elles offrent des formes qui sont, dans chaque cas, les
- moitiés symétriques de celles des bulles complètes qui leur correspondent (fig. i5, atb,c).
- Mais, tandis que les bulles hémisphériques présentent
- 2, 3, 4, 5... n nodales,
- les bulles complètes en ont respéctivement 3, 5, 7, 9— 1.
- Il est à remarquer que les systèmes de4,6,8... nodales des bulles complètes ne peuvent avoir leurs correspondants parmi les bulles hémisphéri-
- CL
- MG. 18 a b. — NŒUDS ET FUSEAUX DES FILS VIBRANTS DANS LElTR PLAN VERTICAL
- ques, puisque dans les premiers il n’y a pas de nodales à l’équateur (quoique la figure y soit coupée en deux parties symétriques), tandis que dans les seconds il y en a nécessairement une.
- Malgré ces différences, les bulles hémisphériques suivent, dans les manifestations de leurs formes vibratoires et dans leurs évolutions, les mêmes lois que les bulles complètes.
- Boules liquides. — Les boules liquides de omio à orai2 de diamètre, que l’on obtient en remplissant complètement d’eau de petits ballons en caoutchouc, donnent, lorsqu’on les met en vibration par différents moyens, chocs ou action électromagnétique,
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 59 V
- des apparences de nœuds et de fuseaux tout à fait analogues à celles des bulles glycériques (fig. 16). Il y a tout lieu de croire qu’elles suivent aussi les mêmes lois. J’ai vérifié seulement qu’en quadruplant la vitesse des chocs ou du mouvement vibratoire, on passait de 2 à 4 nodales.
- Les résultats précédents généralisent donc l'expérience de Melde, en l’étendant aux surfaces et aux volumes sphériques.
- Les expériences que j’ai faites sur les boules liquides sans enveloppe (gouttes d’eau, d’alcool, de mercure), ont montré un mode de vibration analogue à celui des boules précédentes, mais plus
- FIG. IQ a, b. — NODALES DES PELLI
- qui accusent nécessairement des modes de vibration divers. Il est probable que cette bille prend, comme les bulles de liquide glycérique, des formes variées que pourrait sans doute montrer l’éclairement instantané par l’étincelle électrique.
- J’ajouterai, au sujet des boules d’eau renfermées dans de minces ballons en caoutchouc, qu’elles sont très sensibles aux vibrations d’une lame élastique avec laquelle on les met en rapport. Elles pourraient, eu égard à cette grande sensibilité, remplacer les vessies de caoutchouc pleines d’air employées dans les expériences du cardiographe de M. Marey ou d’autres analogues.
- Fils circulaires. — Les formes vibratoires observées sur les bulles sphériques de liquide glycérique, m’ont amené à penser que les mêmes effets pourraient se voir aussi sur de simples fils métal-
- difficile à observer à cause de la petitesse des nodales. Ces gouttes, posées sur une plaque vibrante, présentent, dans leurs formes à peu près hémisphériques, des stries concentriques et un soulèvement du fuseau supérieur relativement considérable.
- Il est probable que les changements de forme déterminés par le choc des corps solides, sont analogues à ceux des bulles vibrantes sous le choc de la tige qui les porte.
- A l’appui de cette supposition, je ferai remarquer qu’une bille d’ivoire (bille de billard), diversement choquée par une autre, rend des sons différents
- GLYCÉRIQUES (3e ET 40 SYSTEME)
- liques très fins et élastiques, disposés en circonférences et vibrant verticalement dans leur propre plan.
- Pour le vérifier, j’ai employé des fils de fer ou de cuivre très fins, façonnés en circonférences (d’environ omio de diamètre), bien planes et bien régulières (ce qui n’est pas sans difficulté). Après les avoir fixées à l’extrémité de la tige d’acier qui a servi pour faire vibrer les bulles glycériques, à l’aide de l’interrupteur électrique (fig. 17), on fait varier successivement les longueurs de tige vibrante et l’on obtient facilement la division du fil en 2, 3, 4, etc., parties symétriques de part et d’autre delà verticale passant par le centre de la circonférence en expérience. On y distingue facilement les nœuds et les fuseaux (fig. 18, a, b), quoique moins accentués que sur les bulles savonneuses.
- En employant rfn ressort de montre très bas (de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 5ç8
- o”m8 de largeur sur o“mi4 environ d’épaisseur), il est très facile de le disposer en circonférence bien régulière. Des crins, des cheveux, des fils de verre disposés de même, donnent des résultats analogues à ceux des fils dont on vient de parler.
- Lorsqu’on a recours à des fils ou à des ressorts plus gros, plus lourds et formant des circonférences de om20 de diamètre, on les fixe sous le support.
- On peut ainsi, avec les fils circulaires, comme avec les bulles sphériques, obtenir des systèmes de 2. 3, 4, 5, etc., nodales symétriques.
- Du rapprochement des diverses expériences qui précèdent, et d’autres analogues qu’on pourrait leur ajouter, il résulte que le procédé de Melde, si ingénieusement appliqué par lui aux cordes vibrantes pour en faire voir parfaitement les nœuds et les fuseaux, peut s’étendre :
- i° Aux fils circulaires élastiques (fils métalliques lins, fils de verre, crins, cheveux, ressorts de montre, etc.) ;
- 2° Aux lames étroites de liquide glycérique ;
- 3° Aux surfaces circulaires ou rectangulaires de liquide glycérique;
- 4° Aux membranes minces ;
- 5° Aux surfaces sphériques ou bulles de liquide glycérique ;
- 6° Aux surfaces cylindriques de liquide glycérique ;
- 7° Aux boules liquides;
- b° Et probablement aux sphères solides élastiques (boules de caoutchouc, billes d’i/oire).
- Pellicules circulaires de liquide glycérique. — T’ai fait sur les formes vibratoires des pellicules circulaires (') de liquide glycérique des recherches analogues à celles des bulles. J’ai trouvé pour les premières les mêmes lois que pour les secondes. Toutefois, les pellicules circulaires sont plutôt assimilables aux bulles hémisphériques, relativement au mode vibratoire ; elles ont les mêmes systèmes de nodales ; elles offrent des difficultés de même ordre dans l’évaluation des longueurs de tige vibrante correspondant à des systèmes déterminés de nodales ; elles montrent des formes évolutives comparables à celles des bulles. Avec les pellicules on doit tenir compte de la position ou de la grandeur relative des nodales. il y a, en effet, des relations géométriques entre les longueurs de tige vibrante et la grandeur des rayons des nodales de chaque système (fig. 19, a, b). (Voir pour les détails : Annales de Chimie et de Physique, loc. cit.).
- Le mode d’excitation employé consiste en une
- (*) Annales de Chimie et de Physique, 5° série, t. XXII, p. 326(1881).
- lame horizontale vibrant électriquement, à l’extrémité de laquelle est fixé un appendice vertical plongeant au centre de la pellicule et l’entraînant par adhérence dans son mouvement.
- Surfaces liquides circulaires. — T’ai fait également le même travail sur les surfaces liquides circulaires (*) et j’ai trouvé qu’il y a entre leurs formes vibratoires et celles des pellicules glycériques de même diamètre les plus grandes analogies. Les lois sont les mêmes : Les largeurs des internoda-les sont inversement proportionnelles aux nombres de vibrations. Mais, pour une même vitesse du moteur électromagnétique, les distances de deux ondes consécutives sont environ six fois et demie plus petites pour les surfaces liquides que pour les pellicules.
- Ces expériences sur la forme des ondes multiples d’un liquide, ébranlé en un point de sa surface, peuvent donner une idée des formes sphériques vibratoires des liquides dans leur masse, ou de l’air dans les phénomènes sonores et peut-être aussi de celles de l’éther dans lès phénomènes lumineux et électriques.
- Membranes. — On fait ordinairement vibrer les membranes en produisant des sons dans leur voisinage, ce qui détermine à leur surface recouverte de sable fin, des figures acoustiques qui ont été étudiées avec soin par MM. Bourget et Bernard {Annales de Chimie et de Physique, 3° sér., t. LX, p. 449.)
- Au lieu de recourir à ce moyen, j’applique aux membranes le procédé d’excitation directe employé pour les pellicules glycériques circulaires, en collant au milieu de la membrane en expérience l’appendice excitateur fixé à l’extrémité de la tige vibrante entretenue électriquement. Les résultats obtenus ont la plus grande analogie avec ceux que donnent les pellicules.
- Flammes. — Fumées. — Enfin, les corps gazeux, fumées et flammes, soumis à des mouvements vibratoires appropriés, montrent des subdivisions qui ne sont pas sans analogie avec celles des bulles vibrantes; comme celles-ci, les flammes ne sont sensibles qu’à des excitations déterminées. Il faut que le rhythme du moteur concorde avec le mouvement vibratoire qu’elles peuvent prendre dans les conditions où elles sont placées.
- Le professeur Tyndall a fait, sur les flammes sensibles, chantantes, ainsi que sur les jets de fumée, des expériences fort remarquables, dans lesquelles les mouvements vibratoires étaient déterminés par des sons ou des bruits extérieurs. Les
- (') Annales de Chimie et de Physique, 5e série, t. XXV, p. 112 (1882).
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- effets obtenus ainsi ont montré que, dans ces circonstances, les flammes peuvent changer notablement de forme, se raccourcir, se diviser en plusieurs parties ou langues ; que les jets de fumée sont également très sensibles aux ondes sonores et que les jets d’eau eux-mêmes montrent, sous l'influence d’excitations analogues, des changements notables dans la constitution de leur veine liquide.
- Mais, au lieu de provoquer ces effets par des vibrations sonores, il faudrait, en suivant notre méthode, faire vibrer le support même de la flamme, par un procédé mécanique, pour trouver les relations qui lient leurs formes vibratoires, c’est-à-dire leurs subdivisions, ou le nombre des nodales avec le nombre des vibrations correspondant. C’est ce qui n’a pas encore été réalisé. Il est probable qu’en employant ce moyen on obtiendrait des effets analogues aux précédents. Il y aurait à tenir compte du volume et de la chaleur de la flamme, de la pression du gaz qui la produit et de la nature de l’orifice par lequel s’échappe le gaz.
- En résumé, nous avons trouvé pour les divers corps vibrants soumis à l’expérience : plateaux, vases, lames, diapasons, verges, tiges, cordes, les mêmes formes vibratoires décelées par les liquides en contact avec les surfaces en mouvement : cannelures, réseaux, dentelures, stries ont même largeur pour les corps de diverses nature, de diverses formes qui rendent le même son, c’est-à-dire qui font le même nombre de vibrations dans le même temps ; elles sont toujours normales aux surfaces et en décèlent les plissements dans lesquels se subdivisent les corps et qui sont la cause effective des sons. Le phénomène est donc général et l’on peut conclure que toutes les vibrations sont cannelées ou ondulées.
- C. Decharme.
- EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ DE PHILADELPHIE (’)
- LES
- LAMPES ÉLECTRIQ.UES
- Lampes à arc [suite).
- Parmi les lampes qui fonctionnaient le mieux, il faut citer la lampe de la Western Electric Co.
- Cette lampe est représentée par la figure 1. Elle repose, comme la plupart des lampes actuelles, sur les principes différentiels. Elle présente cette particularité qu’elle renferme deux leviers à (*)
- angle droit C et D dépendant l’un de l’autre. L’électro-aimant A est à gros fil, B à fil fin. Les deux leviers sont maintenus à leur partie iuférieure par des vis de réglage pressant sur des ressorts. Les deux charbons se touchant, quand on fait passer le courant, il traverse l’électro-aimant A qui attire son armature. Celle-ci abaisse le bras C, et, comme D reste fixe, la tige t est soulevée par E. Elle agit alors sur le coinçage et détermine l’écart des charbons.
- Quand l’arc devient trop grand, B attire à son
- mmmm mm.
- tour son armature et produit l’abaissement de t, et, par suite, la descente du charbon supérieur.
- Dans la lampe Diehl, nous avons encore affaire au système différentiel.
- Dans cette lampe (fig. 2), l’électro-aimant A A, en gros fil, est parcouru par le courant, l’électro-aimant B en fil fin est en dérivation sur l’arc. Le porte-charbon T glisse dans une douille M, articulée au bâti par deux bras, et à laquelle s’articule l’armature de l’électro-aimant A A. Cette armature, à sa partie inférieure, se recourbe autour du porte-charbon et son extrémité vient former l’armature de l’électro-aimant B.
- Le jeu de l’appareil se comprend aisément; le
- (*) Voir les précédents numéros depuis le 7 janvier.
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- 6oo
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- premier passage du courant détermine l’attraction de l’armature, qui s’élève avec le cadre en em-
- portant le porte-charbon. Quand l’arc prend une trop grande résistance, l’électro-aimant B détermine la descente de T.
- M. Van Depoele avait exposé une lampe très simple contenant un aimant boiteux F G. Le coin-
- çage, commandé par l’armature de cet aimant, consiste en deux pièces réunies par une lame flexible et reposant sur des vis de réglage K K'. La vis K' étant plus bas que l’autre, quand la partie de droite se trouve soulevée, le porte-charbon vient en pi'ise.
- Cet électro-aimant n’agit pas sous l’influence directe du courant principal, mais sous celle d’un régulateur extérieur.
- Nous mentionnerons encore pour mémoire la
- L-LECEfl^
- J ACQUET
- FIG. 4
- lampe Richter, la lampe Bail qui revient à la différentielle de Siemens, et la lampe Hochhausen, dont la base est le défilement d’un rouage d’horlogerie.
- En somme, les lampes électriques sont aujourd’hui très nombreuses, mais elles reposent toutes à peu près sur le même principe.
- APPAREILS HISTORIQUES
- On avait réuni dans un coin de l’Exposition attenant à la salle des Conférences une série de modèles d’appareils anciens empruntés à la collection
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 6b i
- du bureau des brevets de Washington. Ces modèles, assez nombreux, étaient très grossiers et il serait fastidieux de les énumérer.
- L’intérêt se portait surtout sur un petit nombre d’instruments plutôt scientifiques qu’industriels.
- FIG. 5
- C’était d’abord la machine électrique ayant servi à Benjamin Franklin pour ses recherches sur l’électricité. La figure 4, qui est une reproduction fidèle de cet appareil, nous dispensera de tout détail.
- A côté figurait un gros électro-aimant fort intéressant provenant du professeur Joseph Henry.
- Après les travaux d’Arago sur l’aimantation du fer par un courant, Sturgeon, en Angleterre, avait construit un électro-aimant, mais il s’était contenté d’enrouler sur un noyau en fer à cheval une seule couche de fil, et encore les spires en étaient-elles fort écartées par cette raison que le fil n’était pas recouvert de matière isolante.
- FIG. fi
- Un pareil électro-aimant ne pouvait être très puissant. Joseph Henry eut l’idée de se servir de fil recouvert de soie et de l’enrouler sur le noyau de manière à former plusieurs couches. Il obtint ainsi des aimants beaucoup plus puissants que tous
- ceux qui avaient été faits jusque-là. Il étudia ensuite les conditions nécessaires pour avoir des électro-aimants puissants et fut ainsi amené à construire l’appareil représenté par la figure 5.
- C’est un noyau de fer doux en fer à cheval suspendu à un fort bâti en bois. L’enroulement de ce noyau est formé par une série de bobines plates dont les fils extrêmes sont repérés de manière que l’on puisse les grouper de plusieurs façons et déterminer le groupement pour lequel l’attraction est la plus forte.
- Il est curieux de voir les électros sectionnés remonter à une époque aussi reculée (i83i).
- Dans le cours de ses recherches sur les électroaimants, Joseph Henry avait également construit le premier moteur électrique qui ait été fait.
- L’appareil était, il est vrai, très grossier, mais il
- FIG. 7
- n’en démontrait pas moins la possibilité de produire le mouvement au moyen du courant électrique.
- Il était composé (fïg. 6) d’un barreau aimanté placé dans une position fixe. Au-dessus de ce barreau se trouvait un long électro-aimant projetant au dehors deux paires de fil qui pouvaient plonger dans les godets à mercure de deux éléments de pile.
- Supposons que l’électro-aimant soit incliné de manière que les fils de ce côté plongent dans les godets de la pile de gauche. Les polarités se trouvent telles qu’il y a répulsion à gauche, attraction à droite. L’électro prend alors la position inverse qui change les polarités et ainsi de suite.
- On a ainsi un moteur à mouvement alternatif.
- Mais les appareils exposés n’étaient pas seuls intéressants. Une exploration de la bibliothèque présentait quelques ouvrages curieux.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Nous nous contenterons de citer le Traité du Galvanisme et de l'Électricité deHare( 1840). Dans cet ouvrage, nous avons trouvé (fîg. 7) la description d’un moteur formé par un aimant permanent en fer à cheval; entre les jambes se trouve un cadre galvanométrique. Un commutateur assure la continuité du mouvement. C’est, en un mot, un moteur Deprez sans fer.
- Dans ce même volume, on trouve l’indication de la réversibilité électro-magnétique. L’expérience indiquée consiste à faire tourner à la main un moteur de Richtie relié à un galvanomètre; le courant produit est indiqué par la déviation de l’aiguille aimantée.
- Sera-t-il donc toujours possible de dire : il n’y a rien de nouveau sous le soleil?
- Aug. Guerout.
- RECHERCHES THEORIQUES ET EXPÉRIMENTALES
- SUR LE
- GÉNÉRATEUR SECONDAIRE
- GAULARD ET GIBBS (')
- Mémoire approuvé par l’Académie des Sciences de Turin, dans sa séance du il février 1885
- 4° article [ Voir les wos du 3o mai et des 6 et 20 juin 1885].
- SECONDE PARTIE RECHERCHES EXPERIMENTALES.
- § 10. — Valeurs des rapports m et g.
- Avant tout, nous pouvons calculer, avec les données des expériences, les valeurs du rapport
- que tous les expérimentateurs, jusqu'à présent, ont considéré comme le coefficient de rendement total ; et l’autre rapport
- qui, jusqu’à présent, a été considéré comme le coefficient de rendement extérieur ou utile.
- (<) Traduit du Mémoire italien par M. Ccsar Gerleri, ingénieur électricien.
- En effet, nous avons :
- Q =/(/- /„)§. 9'=/>(/'- Ol-
- et par conséquent
- Dès qu’on a m on calcule tout de suite g.
- Dans le tableau suivant sont rapportées, à côté des indications du numéro d’ordre des expériences et des valeurs de r' qui leur correspondent, les valeurs de m calculées avec la relation (48) et avec les nombres enregistrés dans le tableau des résultats des expériences. Dans le même tableau, on trouve aussi les valeurs de g calculées avec la formule (47), dans laquelle on a considéré
- p'=0,285.
- Les colonnes où se trouvent inscrites les valeurs de m et de g déduites directement des expériences sont désignées par m et g. A côté de celles-ci, dans deux autres colonnes, désignées par (m) et (g), sont inscrites les valeurs de m et g calculées avec une formule empirique dont nous parlerons plus tard.
- VALEURS DE m ET DE g
- NUMÉROS d’ordre r' m (m) S g {g) 8
- I 4.70 o,94 0,93 + 0.01 0,87 0,87 0,00
- 2 5,og 0,91 0,92 — 0,01 0,86 0,87 — 0,01
- 3 6,10 0,90 0,91 — 0,01 0,86 0,87 — 0.01
- 4 6,80 0,90 0,90 0,00 0,86 0 86 0.00
- 5 7.73 0,90 0,89 0 01 0,87 0,86 + 0,01
- 6 lO, 02 0,87 0 87 0,00 0,85 0,84 + 0,01
- 7 10,02 0,88 0,87 + 0,01 o,85 0,84 + 0,01
- 8 12, 12 0.85 0,84 + 0,01 o,83 0.82 4- 0,01
- 9 15,43 0,80 0,81 — 0,01 o,79 o,79 0,00
- 10 17,70 0,76 0,78 — 0,02 0,75 o,77 - 0,02
- 11 >7.73 o,79 0 78 + 0,01 0.78 0 77 + 0,01
- 12 19,80 0 76 0,76 0,00 0,75 0 75 0 00
- 13 21 5o o,73 o,74 — 0,01 0.72 0,73 — 0 01
- Les valeurs de m et de g enregistrées dans ce tableau varient, comme on le voit, d’une manière analogue à celle qu’on avait trouvée dans le cas des mesures faites avec l’électromètre et l’électrodyna-momètre.
- Dans les limites de nos expériences, la valeur de m diminue, au fur et à mesure que r' croît. La valeur de g, après avoir été sensiblement constante pour des valeurs de r' comprises entre 4,70 et 7,73 ohms diminue aussi graduellement lorsqu’on donne à r' des valeurs plus grandes.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 6o3
- Si sur deux axes on porte comme abscisses les valeurs de r' et comme ordonnées les valeurs du rapport m, on trouve une série de points situés sensiblement sur une droite qui descend vers Taxe des abscisses pour des valeurs croissantes de r'. L’équation de cette droite, trouvée avec les données de nos expériences par la méthode des moindres carrés, est
- 49) m — 0.977 — 0,0011 r'
- Le prolongement de cette droite coupe l’axe des ordonnées au point dont l’ordonnée est 0,977, et l’axe des abscisses au point dont l’abscisse est 88,8.
- La ligne dont les ordonnées, dans la limite de nos expériences, représentent les valeurs de g, on peut la déduire de celle qui donne les valeurs de m au moyen de la formule (47). En effet, si dans la formule (47) on substitue à m la valeur tirée de la relation (49), en se rappelant que p' est égal à 0,285 ohms, on obtient l’équation
- (5o) S = 0,980 — 0,011 r' —
- C’est là l’équation de la ligne qui représente les variations des valeurs de g.
- Cette équation démontre que la valeur de g est maxima pour r' = 5,o3.
- Dans les colonnes du tableau précédent désignées par (m) et (g), on a les valeurs de m et g calculées avec les deux équations empiriques que nous venons de trouver. Les colonnes du tableau désignées par 8 contiennent les différences entre les valeurs déduites directement de chaque expérience et celles calculées.
- Il suffit maintenant de comparer les résultats précédents avec ceux trouvés au moyen de l’électro-mètre et de l’électrodynamomètre, pour s’apercevoir tout de suite que la marche des valeurs de g, et par conséquent aussi celle de m, est approximativement la même dans les deux séries d’expériences, pour des résistances comprises dans les limites de celles considérées dans nos expériences. Pour rendre plus claire la comparaison, nous pouvons calculer avec l’équation (5o) les valeurs de g, que nos expériences calorimétriques auraient données pour des valeur de e' égales à celles avec lesquelles avait expérimenté M. Uzel, et comparer les chif-res calculés à ceux trouvés par cet expérimentateur.
- Parmi les expériences de M. Uzel sur le générateur secondaire, grand modèle, disposé en tension, les cinq dernières sont comprises dans les limites des expériences calorimétriques. Nous ferons donc la comparaison pour celles-ci. Calculons avec la relation (5o) les valeurs de g correspondantes aux valeurs :
- 5,5o; 7,53; 9,00; 10*60; 12,60; de r' — p' et écri-vons-les à côté de celles trouvées par M. Uzel pour les mêmes valeurs de r' — p'. On déduit ainsi le tableau suivant:
- r' — p' g Uzel (g) calculé S
- 5,5o 0,898 0,868 o,o3o
- 7,53 0,893 o,85g 0,034
- 9 00 0,889 0,848 0,041
- 10,60 0,867 o,835 0,032
- 12,60 0,854 0,817 0,037
- Moyenne. o,o35
- Ce qui montre que, à une différence sensiblement constante et égale en moyenne ào,o35 près, les valeurs de g trouvées avec l’électromètre et l’électrodynamomètre varient de la même manière que celles trouvées par les mesures calorimétriques.
- Les mesures de M. Uzel, ainsi que toutes celles faites jusqu’à présent, s’accordent avec les mesures calorimétriques pour indiquer l’existence d’un maximum de g pour une valeur de r', comprise entre 5 et 6 ohms, ce qui avait fait croire qu’à cette valeur de r' correspondait le maximum de rendement.
- Mais des considérations théoriques que nous avons exposées, il résulte que le rapport g ne représente nullement le coefficient de rendement du générateur secondaire ; coefficient que nous avons encore à déterminer et qui varie, comme nous verrons, suivant une loi tout à fait différente.
- La différence o,o35 qui existe entre les valeurs de g, tirées des expériences de M. Uzel, et celles calculées au moyen des expériences calorimétriques, dépend surtout de la différence entre les noyaux des deux appareils sur lesquels on a fait les expériences, dont l-’un est, comme on a dit, complètement en fer, et l’autre est en bois recouvert d’une couche de fils de fer. Cette différence entre les valeurs de g n’implique pas nécessairement une différence entre es valeurs du coefficient de rendement, valeurs que nous verrons être exactement égales.
- §11. — Coefficient de rendement.
- Le calcul que nous' avons fait des valeurs de m et de g et les comparaisons qui l’ont suivi, ont pour but unique de comparer les résultats des expériences calorimétriques à ceux des expériences précédentes. Il a peu d’importance pour l’étude de l’efficacité du générateur secondaire, puisque les rapports m et g ne représentent ni le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- coefficient de rendement, ni une autre grandeur qu’il soit utile de connaître pour l’emploi pratique de l’appareil.
- La question qui nous intéresse le plus et pour la solution de laquelle il faut se servir des résultats de nos expériences, est de connaître la grandeur du rapport entre le coefficient de rendement pratique, réel, de l’appareil, et le coefficient de rendement théorique que nous avons calculé avec les formules (36) et (37) dans la première partie de ce Mémoire.
- Un moyen de résoudre cette question est de calculer avec les valeurs de m trouvées plus haut, en se servant de la formule (44), c’est-à-dire de la relation
- (44)
- les valeurs correspondantes du coefficient de rendement (/., et de comparer ensuite les valeurs ainsi déduites des expériences, à celles calculées avec la formule théorique (36).
- Pour déterminer la valeur de C, qu’il faut connaître pour employer la formule, on peut employer les formules (18), ou (27), ou encore la formule (28'), laquelle est valable lorsqu’on expérimente avec le circuit secondaire ouvert. C’est un procédé dont nous nous servirons plus tard.
- Mais ce procédé n’est pas le plus convenable pour le calcul de nos expériences, quoique, comme nous le verrons plus tard, il puisse servir parfaitement. En effet, il est bon de rappeler ici une observation que nous avons faite en décrivant les expériences. Nous avons remarqué que la machine motrice qui donnait le mouvement à la machine dynamo-électrique de Siemens, génératrice du courant primaire, donnait en même temps le mouvement à plusieurs autres machines dynamoélectriques qui fonctionnaient dans les galeries de l’Exposition. Ces machines fonctionnant devant le public étaient tantôt en mouvement, tantôt en repos, de sorte que le travail absorbé par l’ensemble de toutes les machines variait continuellement. La conséquence inévitable de ce fait était que la vitesse de la dynamo, et conséquemment les valeurs de T, de C et de im variaient soudainement et quelquefois dans des limites assez étendues. Cet inconvénient a été remarqué surtout pendant les expériences des i5 et 16 novembre, car ces jours étant les derniers de l’Exposition, on n’aurait pu obliger tous les exposants qui recevaient la force motrice de notre machine à vapeur à tenir leurs appareils au repos.
- Pendant ces journées, l’exposant des générateurs lui-même utilisait la machine dynamo-électrique qui, comme nous l’avons dit, pouvait absorber 60 chevaux, pour faire fonctionner d’autres
- générateurs secondaires, pendant qu’on faisait les expériences. Or, comme pour éviter les difficultés des mesures calorimétriques absolues, on faisait les mesures sur le circuit secondaire et sur le primaire» au moyen de deux expériences successives, il pouvait arriver que les valeurs de im et de r, mesurées ne fussent pas exactement celles qu’on aurait trouvées si on avait pu les déterminer au moment même où on faisait les mesures calorimétriques sur le circuit secondaire. Par conséquent, il n’aurait pas été possible d’éviter complètement une erreur, quoique, avec les artifices que nous avons décrits plus hauts, on cherchât à la rendre minima.
- Or, une erreur faite dans la détermination de im se reproduit, avec la même valeur relative, dans la valeur de m tirée des expériences ; par conséquent, comme le montre la formule (44), dans 1 : calcul de 11. on fait une erreur relative encore plus grande.
- A cette erreur vient s’ajouter celle qu’on fait dans la détermination de la constante C, à cause de la variation de I et de T, erreur qui, comme on verra, est ordinairement considérable.
- Il est donc bon de n’avoir recours à ladite méthode qu’après avoir résolu la question par une méthode meilleure dans le cas actuel.
- Nous pouvons résoudre la question mieux en employant une formule où figurent toutes les grandeurs nécessaires pour chaque expérience et où elles se trouvent combinées de manière que les erreurs dues à une variation accidentelle de l’intensité im soient presque complètement compensées.
- Mettons, suivant les notations adoptées : i2
- (5i) *’'Î==T-
- Si l’on n'avait aucune perte d’énergie dans l’appareil, le courant primaire im donnerait naissance à un courant secondaire dont le carré de l’intensité moyenne serait ^ , et I' aurait la valeur que,
- pôur la valeur de I, on peut déterminer avec les formules établies dans l’étude théorique que nous avons exposées. Si, au contraire, il y a une perte d’énergie, comme on peut le prévoir, alors à la valeur donnée de im ou, ce qui revient au même, à la valeur donnée de I correspond une valeur plus petite de i\n. Si nous représentons encore par I' la valeur théorique correspondant à la valeur I donnée, nous avons :
- (£2)
- dans laquelle u est une fraction.
- Notre problème se réduit à déterminer cette fraction.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 6o5
- Des égalités (5i) et (02), on tire
- Par conséquent, la formule (46) donne :
- (53> (p)'="Hv
- En outre, le rapport peut encore être repré
- senté en fonction des résistances au moyen de la formule (27") que nous rappelons ici :
- avoir une chute de potentiels moyenne vm ; il aurait fallu une résistance
- : Kr,
- si l’intensité moyenne du courant avait été i,„.
- De là, on déduit que dans ce cas pour calculer « avec la formule (54), il faut substituer dans cette
- formule à t — t0 et Kr! à r,.
- Avec ces substitutions, la formule (54) devient
- r (r'+ 2 p) t — /,
- ,1 — —j—ri ------!
- K* r ? _ P2 1—1
- ou encore
- En égalant ces deux valeurs, on obtient l’équation
- t /(| ____ Tf (f'/ -{- 2 p)
- — /« r, - —"p2 ’
- dans laquelle il n’y a plus que l’inconnue u avec les températures et les résistances mesurées dans les expériences. De cette équation on tire :
- (54)
- r' h ' + 2 p) V —l’t, ri " P' t — tf) ’
- ou encore
- (55)
- r' (r' + 2 p) I' — /' (ri+p)<ri—p) t — tf, '
- formule facile à calculer par logarithmes.
- Remarquons maintenant que la valeur de u ainsi calculée varie très peu, même lorsque l’intensité moyenne im du courant primaire varie sensiblement de l’une à l’autre partie de l’expérience.
- En effet, supposons que l’intensité moyenne du courant primaire qui, pendant la première partie de l’expérience, c’est-à-dire pendant la mesure de t'—était im, ait variée entre la première et la seconde partie de l’expérience en prenant la valeur K*„, lorsqu’on fait les mesures de t — ta et de 1\ sur le circuit primaire.
- Voyons comment on doit modifier la formule (54), dans ce cas, afin d’avoir encore la vraie valeur de u.
- Si avec un courant d’intensité moyenne Kim on a trouvé dans le calorimètre une variation de température égale à t — f0; avec un courant d’intensité moyenne égale à im, qui est celle qu’on avait pendant la première partie de l’expérience, on aurait évidemment obtenu une différence de température
- égale à •
- Et si avec un courant d’intensité moyenne Kü on a dû employer une résistance r, — pour
- (54')
- « =
- r’ Q'-f 2pW' —1'„
- r
- fl < — <,'•
- Cette formule démontre que la seule correction à faire dans la formule (54), lorsque K n’est pas égal à l’unité, consiste à diviser par K2 le terme p2 du dénominateur; or, comme dans les appareils de M. Gaulard p est très petit, la correction est excessivement faible.
- Dans le cas de nos expériences, on avait p2= 0,078, tandis que le minimum de la valeur qu’on a donné à. r] a été (4,8)*, c’est-à-dire 23,04; donc le terme sur lequel tombe la correction n’était jamais plus grand que ^ du dénominateur total, même dans le cas le plus défavorable. On en conclut que la correction est absolument négligeable, si, comme on faisait effectivement, on avait soin de rendre K aussi voisin que possible de l’unité.
- Voici les valeurs de u qu’on trouve en mettant dans la formule (55) les valeurs de r', rn t, t0, t', t\ tirées de nos expériences calorimétriques :
- NUMÉROS d'ordre r' U ô S2
- 1 4.70 i,o3 + 0,0) o,qoi6
- 2 5,09 1.00 + 0,01 0,0001
- 3 6,10 0.98 — 0,0! 0,0001
- 4 6,80 0,99 0 0,000
- 5 7.73 1,00 + 0,01 0,0001
- 6 10,02 1,00 -t- 0,01 0,0001
- 7 10,02 0,97 — 0,02 0,0004
- u 12, 12 1,01 4- 0,02 0 0004
- 9 i5,43 1,02 + o,o3 0,0000
- 10 17,70 0,95 — 0,04 0,0016
- 11 '7,73 0,96 — o,o3 0,0009
- 12 19,80 1 ,01 + 0,02 0,0004
- l3 21,50 1,00 + 0,OL 0,0001
- Moyenne = 0,99 0,0067
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La moyenne des valeurs de u inscrites dans ce tableau est :
- (56) u = 0,90.
- Pour voir quelle est l’erreur probable de cette détermination, on a calculé les différences S entre chaque valeur de u tirée des expériences, la moyenne et les carrés de ces différences.
- La somme des carrés des différences est :
- fluence sur la valeur des coefficients de rendement a et v; et par conséquent cette incertitude n’aura pas d’influence sur la détermination du rendement pratique du générateur secondaire.
- On peut procéder de trois manières différentes pour déterminer C avec les données de nos expériences :
- i° Nous pouvons nous servir de la formule (18J qui peut être écrite sous la forme
- 2 82 = 0,0067
- et, par conséquent, on déduit que l’erreur moyenne de chacune des déterminations est :
- v/'
- 0,0067_
- de laquelle on tire (58) C2 =
- celle de la moyenne :
- v/
- 0,0067
- i2Xi3
- =0,006,
- 2° On peut recourir à la formule (27) qui donne la valeur de C en fonction seulement des résistances mesurées dans les expériences. En effet de cette formule, on tire
- et, par conséquent, l’erreur probable de la moyenne est :
- 0,004.
- ou encore
- C2
- r; - p2
- V' + p)2 —r\
- 5 r'2',
- Donc nous pouvons conclure que le chiffre des centièmes, c’est-à-dire le second chiffre de la valeur (56) de u est exact (*).
- Maintenant nous pouvons calculer les coefficients de rendement pratique. A cet effet, il suffit de calculer les coefficients de rendement théoriques au moyen des formules (36) et (37), et de les multiplier ensuite par 0,99.
- Mais avant de faire ce calcul, il faut déterminer la constante C. A cause des variations dans la vitesse de la machine dynamo-électrique, et dans l’intensité du courant primaire, variations que, comme nous l’avons dit plus haut, on n’a pu éviter complètement dans nos expériences, on ne peut, avec les expériences calorimétriques, déterminer C aussi exactement que u. Mais on verra qu’une erreur dans la valeur de C a peu d’in-
- (t) A propos du rapport u, dont nous avons ainsi trouvé une valeur, il est important d’observer qu’il dépend certainement de la valeur de T. D’après quelques expériences que j’ai faites dans mon laboratoire avec une machine dynamoélectrique, qui donnait seulement 5 120 inversions par minute (pour laquelle T a donc une valeur à peu près égale à celle dont il est question dans les expériences décrites dans ce mémoire), la valeur de u serait sensiblement plus petite que celle trouvée plus haut, et serait à peu près égale à 0,94. D’autre part, quelques expériences faites par M. Gaulard à l’Exposition de Turin montrent que le rendement diminue aussi lorsqu’on fait T plus petit que celui avec lequel nous avons expérimenté. Il est probable que la valeur de T, avec laquelle on a fait toutes les expériences décrites dans ce mémoire, valeur qui est aussi celle habituellement employée par M. Gaulard, est égale ou voisine de celle à laquelle correspond le maximum de l’effet utile de l’appareil.
- (59)
- __ P'i4-p)6'i—Pri''2
- (r' + p+rjHr' + p-ri)’
- formule plus commode pour le calcul par logarithmes.
- 3° Enfin on peut employer la formule (28'), c’est-à-dire
- (28') C2 = r;-P2,
- formule qui nous donne la valeur de C au moyen de la résistance r, mesurée avec le circuit secondaire ouvert.
- Cependant les considérations que nous avons faites sur les erreurs provenant des variations accidentelles, et quelquefois très grandes, que pouvaient subir l’intensité du courant primaire et la durée T de la période, entre la première et la seconde partie de chaque expérience, nous montrent que les deux premières méthodes ne peuvent fournir une détermination sûre et exacte de la valeur de C.
- En outre la forme même des formules f58) et (59) est telle qu’une erreur d’observation faite dans
- la détermination de -77—7 ou de rl peut causer des
- erreurs très grandes dans la valeur de C. En effet, dans la première de nos expériences, on a
- -,——, — 1,043, u ?- — t =o,o32 ;
- * ^0 ^ ~L
- ce qui nous montre que pour une erreurde ^dans la valeur de *, _y on a une erreur de ^ dans la va-
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- leur du dénominateur de l’expression de C, et conséquemment dans C; pour une erreur de qui est
- égale à la moyenne de nos expériences, 011 aurait pour C une erreur égale à plus des ^ de sa valeur.
- En différentiant la formule (59) par rapport à rn on a
- d (C*) _ „ ,3 r' + 2p___
- drt 1 [(?-'+p)â—<r
- par conséquent pour une erreur A ri dans la détermination deVj, on a une erreur A(Ca) de C" qu’on calcule avec la relation
- c’est-à-dire avec l’expression
- A(02) __ 2 r\ r'(r'+2p) A r, c3 — (»'i—p2)0'-t-p)3—r* ’
- De laquelle on déduit
- A(Q2) 2r'(r' + 2p) Aq 02 •' (r' + p)2—r2' '
- Or, si dans cette formule, on met pour r', rlf p, les valeurs
- r'—4,70; >4=4,80; p=o,28
- qu’on avait dans la première expérience, on en déduit
- 25 —.
- G2 ^ r(
- Une erreur relative de ^ commise dans la mesure de r,, erreur probable dans nos expériences et non supérieure à celle due aux variations accidentelles du courant primaire, produirait par conséquent
- une erreur relative plus grande que ^ dans le calcul de la valeur de C".
- La troisième méthode, celle basée sur l’emploi de la foi mule
- (28') c*=r\ — p2,
- peut fournir C2 avec une sécurité bien plus grande.
- L’emploi de la formule (28') ne permet d’utiliser que les résultats d’un seule expérience, mais cette expérience consiste à lire les déviations de l’élec-tromètre et de l’électrodynamomètre, pendant que le générateur secondaire fonctionne avec le circuit secondaire ouvert, et à substituer ensuite au générateur secondaire la résistance rt.
- Une fois qu’on a trouvé une résistance telle que la déviation de l’électromètre est la même que celle obtenue auparavant, on peut, au moyen du
- commutateur, vérifier à nouveau avec le générateur secondaire en très peu de temps et plusieurs fois de suite, si la déviation que présente l’électromètre se maintient constante. En opérant de la sorte, il est tout à fait impossible d’avoir une mesure erronée qu’une variation accidentelle de l’intensité, du courant pourrait produire.
- Comme d’autre part la valeur de p est très petite, il s’ensuit que l’erreur relative commise en calculant C d’après la formule (28') est approximativement égale à celle qu’on fait dans la mesure de rt, et l’erreur relative dans la valeur de C2 sera tout simplement double de celle-ci.
- Cette manière de procéder est donc celle que nous emploierons pour déterminer la valeur de C dont nous avons besoin pour appliquer nos formules. En substituant dans la formule (28') la valeur 0,28 à p et à rlt la valeur ri = u2,36 trouvée dans l’expérience n° 14 faite avec le circuit secondaire ouvert, nous avons :
- (60) C2 = 5oo,i.
- Cette valeur est celle dont nous nous servirons. Il faut ici observer que cette valeur diffère un peu de la moyenne arithmétique des valeurs moyennes calculées d’une manière grossière d’après les formules (58) et (59). La moyenne des valeurs obtenues avec la formule (58) est 5i2 ; celle des valeurs données par la formule (5g) est 477. La moyenne de ces deux valeurs est 494. Il faut de plus observer qu’une erreur, quoique forte, commise dans la détermination de la constante C, occasionnerait en tout cas, une erreur très petite dans le calcul des coefficients de rendement théoriques et pratiques. Pour être bien certain qu’il en est ainsi, il suffit de noter qu’en faisant varier la valeur de C2 depuis 460 jusqu’à 5oo, les valeurs du coefficient de rendement théorique \j. calculées au moyen de ia formule (36) ne varient même pas, dans les limites de nos expériences, d’un millième.
- Comme il est absolument impossible que la valeur (60) de C2 que nous avons déterminée au moyen de la formule (28') soit affectée d’une erreur du même ordre de grandeur que celui qui existe dans la différence entre 460 et 5oo, nous pouvons considérer comme certain que si nous calculons les coefficients de rendement effectifs, en multipliant par u les coefficients de rendement théoriques, nous obtiendrons des résultats dont l’erreur relative probable sera égale à celle qui peut exister dans la valeur moyenne de u déterminée précédemment. Cette manière de procéder comporte donc, comme nous l’avons dit, une grande précision.
- Dans le tableau suivant nous rapportons les coefficients de rendement théoriques et le coeffi-I cient de rendement extérieur pratique, effectif,
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- calculé comme nous avons indiqué pour une série de valeurs de la résistance du circuit secondaire.
- Dans ce tableau se trouvent enregistrées, sous la rubrique r' les résistances totales du circuit secondaire qui varient de deux en deux ohms depuis 0,28 jusqu’à 40 :
- i° Dans la colonne intitulée g les valeurs théoriques du coefficient de rendement total calculées au moyen de la formule (36) ;
- 20 Dans la colonne intitulée v les valeurs du coefficient de rendement extérieur théorique calculées au moyen de la formule (87) ;
- 3° Dans la colonne (v), les valeurs du coefficient de rendement extérieur pratique ou effectif calculé en multipliant le coefficient théorique v par le nombre 11 que donnent nos expériences. Comme base des calculs, on a fait :
- p = p' = o,28, C2 = 5co, «=0.93.
- Les coefficients de rendement théoriques figurent avec trois décimales afin de mieux faire voir comment ces grandeurs varient dans le voisinage de leur maximum. Comme les coefficients de rendement pratiques (v), de même que le rapport u qui a servi à les calculer, peuvent présenter une erreur probable d’environ 0,004, ils figurent seulement avec deux décimales.
- COEFFICIENTS DE RENDEMENT THÉORIQUES ET PRATIQUES DU GÉNÉRATEUR SECONDAIRE GROUPÉ EN TENSION.
- r' ij- ‘J M rf V- (v)
- 0,28 o,5oo 0,000 0,00 22 0,976 0.976 0,96.3 o,9'> 0,9 5
- 2 0,87(1 0,753 0,74 24 0,964
- 4 0,933 0,867 0,86 26 0,975 0,964 o,g5
- b o,9.c6 0,962 0 911 0,90 28 0,975 0,965 0,95
- 8 0,928 0,92 3o 0,975 0,966 0,96
- 10 0,967 0,940 0,948 0,93 32 0,974 0,966 0,96
- 12 0,971 0,94 34 0,97.3 0.965 0,95
- 14 0,973 0,954 0,957 0,94 36 0,973 0,665 0,95
- ]6 0.974 0,95 38 O.972 0,966 0,95
- 18 20 0,975 0,975 0,959 0,961 0,95 0,90 40 0,971 0,964 o,gS
- Dans la partie théorique de cette étude, nous avons démontré que les coefficients de rendements total et extérieur ;y. et v ont une valeur maxima pour des valeurs déterminées de la résistance r' du circuit secondaire. Nous avons vu qu’on peut calculer ces valeurs de la résistance et les valeurs maxima qui leur correspondent, au moyen des formules (36'), (36") et (3/), {3?1V). Maintenant nous pouvons, d’après les résultats de nos expériences, trouver ces valeurs pour le cas du générateur secondaire que nous avons étudié. La formule (36') indique que la valeur de
- r qui rend maximum le coefficient de rendement total g est donnée par la condition
- r' = C.
- Pour l’appareil soumis à l’expérience, le maximum du coefficient total correspond donc à la résistance
- r' = j/Scra ,
- c’est-à-dire à
- r' == 22,36.
- La valeur du maximum sera, d’après la formule (36"), donnée par
- _ C
- C-f-ap
- qui, pour l’appareil en question, se réduit à
- 16
- 22.36
- 22,36 + 0,56
- 0,976
- De même, d’après la formule {3j'), nous voyons que le maximum du coefficient de rendement extérieur v correspond à
- r' — p' + \/ p'2 + L±_e1 c*
- et comme dans le cas qui nous occupe on a p == p' = 0,28 et C- = 5oo
- il correspondra à
- r' = 0,28 + \f 1000,08
- c’est-à-dire à
- 1 ' = 31 ,go ohms.
- La valeur du maximum qui, d’après la formule (37IV), est donnée par
- C
- ’v-c + op/y.
- sera dans notre cas
- _ 22.36
- 1 m — 22.36 + 0,79
- c’est-à-dire
- V,,, — 0,966
- qui est le maximum théorique. Le maximum pratique sera
- (v,,,) = 0,99 v,,, = 0,96.
- Le tableau des valeurs de |j- et de v fait voir que à proximité des valeurs de r' ainsi calculées, les coefficients de rendement varient lentement et restent pratiquement à peu près égaux à leurs valeurs maxima respectives.
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- 609
- § 12. — Autre détermination du coefficient de rendement pratique.
- La méthode que nous avons suivie dans le paragraphe précédent pour calculer les coefficients de rendement est, comme nous l’avons démontré, la meilleure qu’on puisse suivre en tenant compte des circonstances spéciales dans lesquelles ont été faites nos expérience?, et des causes d’erreur qui peuvent influencer ces dernières. Maintenant que nous avons déterminé la valeur la plus probable de ces coefficients, nous croyons qu’il serait utile d’appliquer l’autre méthode dont nous avons fait mention plus haut, afin de voir à quels résultats elle peut conduire. Ce sera un moyen de contrôler par Pexpérience l’exactitude des données de la théorie. La méthode que nous nous proposons d’appliquer, consiste à déduire les valeurs de y. de celles de m en employant la for-
- m
- V - (vr
- mule (44)
- (44)
- Si l’on pose, comme dans le paragraphe précédent, C2 = 5oo et que l’on substitue à r' et à m les valeurs données par le tableau du paragraphe 10, nous aurons pour chaque expérience le coefficient de rendement total effectif, coefficient que nous désignerons par (y.) pour ne pas le confondre avec le coefficient théorique. Nous déterminerons ensuite toujours pour chaque expérience la valeur théorique de y. donnée par la formule
- (36)
- r' G-
- p r'i + (/•' + p; C-‘
- En appelant y. la valeur ainsi calculée, nous calculerons le rapport
- et nous aurons pour chaque expérience le rapport entre le coefficient de rendement effectif et celui théorique. Nous pourrons ensuite faire la moyenne des valeurs de u et la comparer à celle obtenue par la méthode précédente que nous savons être la plus exacte.
- Les résultats de ce calcul sont consignés dans le tableau suivant dans lequel la première colonne contient les numéros d’ordre des expériences, la seconde les résistances r’ du circuit secondaire; la troisième les coefficients de rendement théorique y. calculés d’après (36); la quatrième les coefficients de rendement pratique (;j.) calculés
- d’après (44), la 5° les rapports u— la 6e les
- différences 8 qui existent entre chaque valeur de u et la moyenne arithmétique de ces valeurs, et la 71’ les carrés S2 de ces différences.
- COMPARAISON ENTRE LES COEFFICIENTS DE RENDEMENT PRATIQUE CALCULÉS D’APRES LA FORMULE (44) ET LES COEFFICIENTS THÉORIQUES DONNES PAR LA FORMULE (36).
- NUMKROS
- d'ordre des r' V- (ld U 0 O2
- expériences
- I 4-70 0,94 0,96 1,02 4-0,02 0,004
- 2 5.09 o,94 0,93 0,98 — 0,02 4
- 3 6,10 0,95 0,93 0,97 — o,o3 9
- 4 6,80 0,96 0,94 0 98 — 0,02 4
- 5 7.78 0,96 0,95 0,98 — 0,02 4
- 6 10,02 0,97 0,95 0,98 — 0,02 4
- 7 10,02 0,97 0,96 0,99 —0,01 1
- 8 12,12 o,97 0,96 0,99 — 0,01 1
- 9 15,43 o,97 0,96 0,99 — 0,01 I
- IO 17,70 0,97 o,g5 0.97 —o,o3 9
- 1 I 17,73 0,98 1,01 1,04 4-0,04 16
- 12 19.80 0,98 1 ,o3 1 ,o5 +0,o5 25
- i3 21,5o 0,98 1,02 i,o5 +o,o5 25
- n = i3 Moyenne = I ,00 Z 52 = 0,0107
- ~ 0,03, \f—,— ---=0,008.
- V n — 1 V n(n-i)
- Le résultat est donc u r= i, mais avec une erreur probable plus forte que o,oo5. Or, comme cette erreur est certainement en plus, ainsi la seule conclusion qu’on peut tirer de ce calcul est que u est compris entre 0,99 et 1. Mais il faut noter que même cette conclusion ne serait pas sûre. En effet, la valeur élevée de la moyenne u est due aux trois dernières expériences sur lesquelles est venue influencer une cause quelconque d’erreur. Ces expériences sont celles qu’on a faites le dernier jour, et au cours desquelles, comme nous avons fait observer, il a été impossible d’éviter des variations sensibles de l’intensité du courant primaire. Les différences 8 oùt pour ces trois expériences des valeurs beaucoup plus fortes que pour toutes les autres, et comme elles sont toutes les trois positives, c’est à cause d’elles que toutes les autres, exception faite de la première, sont négatives. Ce fait que la plus grande partie des différences sont négatives sans qu’il y ait succession de différences négatives et positives, est de nature à faire supposer que la moyenne u qui a servi au calcul des différences, est plus forte qu’elle 11e devrait être réellement, à cause d’une erreur grossière qui a pu se glisser dans les quelques expériences qui ont donné des différences positives. La valeur la plus probable de u serait donc, non pas égale, mais un peu inférieure à la moyenne telle qu’elle a été calculée plus haut. xMalgré ces discordances que d’ailleurs nous avions prévues et qui nous justifient d’avoir choisi de préférence la première méthode, les résultats ob-
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- tenus sont assez concordants pour prouver l’efficacité pratique des formules données par la théorie.
- g i3. — Calculs ayant pour base les résultats des expériences faites avec l'électromètre et l'élec-trodynamomètre.
- J’ai déjà dit que le motif principal qui m’a engagé à me servir exclusivement, dans mes expériences, du calorimètre comme instrument de mesure, a été le désir de pouvoir contrôler par une nouvelle méthode les expériences que d’autres expérimentateurs ont faites, soit avec l’électro-mètre Mascart, soit avec l’électrodynamomètre Siemens.
- Je crois donc nécessaire de refaire avec les résultats de quelques-unes des expériences électrométriques de M. Uzel, les calculs que j’ai faits, avec les résultats des expériences calorimétriques.
- Les expériences de M. Uzel qui se prêtent le mieux à ce calcul sont celles relatives au générateur secondaire qui, dans le tableau des résultats des mesures de M. Uzel, se trouvent désignées sous ce titre : grande colonne. Cet appareil ne présentait, en effet, aucune différence avec celui qui a servi à mes mesures calorimétriques, si ce n’est que le noyau était tout en fer. Dans l’étude comparative que nous nous proposons de faire les expériences qui ont été effectuées avec les bobines secondaires reliées en tension sont surtout intéressantes, ce cas étant le même que celui qui nous a servi dans l’emploi du calorimètre.
- Je prends donc dans le tableau des expériences de M. Uzel (g 6) les résultats qui se rapportent à la grande colonne groupée en tension, et je calcule au moyen de ceux-ci le rapport u entre les coefficients de rendement pratique et les coefficients de rendement théorique correspondants. Je me sers à cet effet de la formule (55).
- Pour appliquer cette formule au calcul des résultats des expériences électrométriques, il faut
- d’abord observer que jzrjf représente dans celles-ci le rapport entre les moyennes des carrés des intensités des courants primaire et secondaire. De sorte qu’en nous rapportant au tableau des expériences de M. Uzel, si nous représentons par i et par i' les intensités données par l’électrodynamo-mètre, nous devrons écrire :
- Notons en second lieu qu’en nous rapportant toujours au même tableau d’expériences si on représente par u3 la moyenne des carrés des différences de potentiels entre les deux bornes de la
- bobine primaire et par v'2 la même moyenne pour la bobine secondaire, on a
- rti = V, — —
- Si donc on fait p=p', ce qui est vrai avec une très grande approximation, la formule (55) pourra s’écrire :
- De sorte que la formule ne contient plus que les grandeurs qui se trouvent dans le tableau des expériences, et peut être calculée très facilement par logarithmes.
- La valeur de la résistance p des bobines du générateur secondaire qui a servi à M. Uzel pour ses expériences, ne se trouve pas indiquée dans le tableau des expériences. Mais comme, en faisant abstraction du noyau, le générateur secondaire soumis à l’expérience était du même type et des mêmes dimensions que celui sur lequel j’ai essayé le calorimètre, sa résistance doit correspondre à celle que j’ai trouvée en moyenne égale à 0,28. Comme, d’autre part, M. Gaulard m’a maintes fois déclaré que la résistance de chaque bobine était, pour tous
- les générateurs de ce type, égale à environ ^ d'ohm, on ne commettra certainement pas une erreur appréciable en faisant
- p = p' = o,3o.
- Une fois fixé sur cette valeur de p, j’ai porté dans la formule (55) les valeurs v, v', i, i' telles qu’elles se trouvent dans le tableau des expériences de M. Uzel (g 6), et j’ai obtenu les valeurs de u données par le tableau suivant.
- COMPARAISON ENTRE LE RENDEMENT EFFECTIF ET LE RENDEMENT THEORIQUE, D’APRES LES EXPÉRIENCES ÉLECTROMÉTRIQUES DE M. UZEL.
- r' r' — p' U 0 52
- 1,54 1,24 0,90 — 0,09 0 0081
- 2,30 2,00 0,99 0 0
- 4,10 3,80 0,0 — o,o3 0,0009
- 5,80 5,5o 1,06 + 0,07 0,0049
- 7,83 7,53 1,02 + o,o3 0,0009
- q,3o 9,00 i,o3 + 0,04 0,0016
- io, 90 10,60 0,99 0 0
- 12,90 12,60 o,99 0 0
- 11 = 8 Moy. = o,99 232= 0,0164
- ./SS* - . / 23* V = o,o5, 1/— 1 = 0,017. Y n — 1 ’ ’ y n (n — i) 11 Erreur probable de la moyenne = o,oi.
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- Pour rendre plus facile une comparaison entre les expériences dont il est question, j’ai disposé le tableau qui précède de manière à avoir sous les yeux pour chaque expérience et la valeur de la résistance extérieure r' — f du circuit secondaire et celle de la résistance totale r' du même circuit. De même à chaque valeur de u correspond et sa différence 8 par rapport à la moyenne et le carré S2 de celle-ci.
- Donc abstraction faite de la grandeur des erreurs probables de chaque observation et de la moyenne, grandeurs qui sont plus fortes dans les expériences électrométriques que dans les expériences calorimétriques, nous retrouvons exactement le résultat donné par la mesure calorimétrique : Le rapport entre les coefficients de rendement pratiques, effectifs, et les coefficients de rendement théoriques est
- u ~ o,ç9
- La valeur plus grande de l’erreur moyenne de ces mesures, comparée à celle des erreurs dans les mesures calorimétriques est très probablement due à l’emploi de l’électrodynamomètre.
- Il est à croire que si toutes les mesures avaient été faites au moyen de l’électromètre, l’erreur moyenne de chaque observation ne serait pas supérieure à celle qu’on a obtenue dans les mesures faites avec le calorimètre.
- L’emploi de l’électromètre pour cette espèce de mesures est donc justifié, et comme l’usage de cet instrument est très commode et permet d’opérer rapidement plusieurs déterminations, il y a lieu non seulement d’admettre l’électromètre, mais encore de le recommander.
- § 14. — Coefficient de rendement lorsque les bobines secondaires sont groupées en quantité.
- Le générateur secondaire sur lequel M. Uzel a fait les expériences qui ont servi au calcul précédent, a été essayé avec la bobine secondaire partagée en deux parties égales reliées en quantité. Les résultats des expériences faites avec cette disposition se trouvent consignés dans la dernière partie du tableau de M. Uzel (§ 6) et porte pour titre « grande colonne en quantité deux par deux ». Comme le générateur secondaire est destiné principalement à produire des courants secondaires d’une intensité plus grande que celle du courant primaire, et est par conséquent appelé à fonctionner en temps normal, avec les bobines reliées en quantité, il est important de nous rapporter aux expériences de M. Uzel afin de pouvoir appliquer nos formules même dans ce cas.
- Nous déterminerons, comme dans le cas étudié précédemment, le rapport u entre le coefficient de rendement effectif et le coefficient de rendement théorique.
- Nous avons démontré au paragraphe 5° que si l’on représente par I' la valeur maxima théorique de l’intensité d’un des courants induits qu’on obtient dans chaque bobine secondaire, les formules qui donnent les intensités des courants primaire et secondaire, pour le cas du générateur disposé en tension, s’appliquent aussi lorsque le générateur secondaire est pourvu de N bobines secondaires reliées en quantité, à la seule condition de changer r' en NV'. Par suite de cette remarque, la formule (27") devra, pour le cas qui nous occupe, être remplacée par celle-ci :
- , /1 \- N2 r’ + 2 p ... ,
- ' (p)=—-f"”-'-
- Désignons maintenant par i l’intensité moyenne du courant mesurée par l’électromètre ou par l’électrodynamomètre dans le circuit primaire.
- Sa valeur sera représentée par la racine carrée de la moyenne des carrés de l’intensité variable.
- Soit également i' l’intensité moyenne, mesurée de la même manière dans le circuit secondaire extérieur, nous aurons :
- I2 T'2
- î2 = - et ï*-~. 7* N2 —.
- 2 2
- Par conséquent, la formule (27"') donnera
- (S5.,
- Cette formule qui remplace, dans le cas actuel, la formule (55) comprend cette dernière comme cas particulier.
- Pour l’appliquer au calcul des expériences faites avec l’électromètre, nous pouvons éliminer les résistances r' et r,, en y faisant entrer les différences moyennes des potentiels v et v' mesurées au moyen de l’électromètre entre les deux bornes de la bobine primaire et celles de la bobine secondaire. Nous avons en effet :
- (P—{>')/'=«'; r, 7 = 71,
- ou encore, en observant que f
- En substituant cette valeur dans la relation (55"), nous aurons donc
- (N**'+3Pn L' + jlA
- {Si'") u =-----T-J—7T--------^.
- fa + P 0 — P 1)
- Dans les expériences de M. Uzel, auxquelles il
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- 8’agit d’appliquer la formule, on avait N = 2 ; d’ou
- (4 v' + 3 p i') (?>' 4- “ *')
- W “ (?’ 4- p O ^ — P i)
- et en remplaçant p par sa valeur : o,3o
- / IV\ (41/4-0.Qi') {v'+o,Q75ï)
- l55 ' (714-0,3o?) {y — o,3or)
- Au moyen des valeurs de i, v, i', v', telles qu’elles ont été trouvées par M. Uzel et enregistrées dans le tableau qui figure au § 6, cette formule donnera les valeurs de u que nous résumons ci-dessous :
- VALEURS DE U POUR LE GÉNÉRATEUR SECONDAIRE DONT LA BOBINE SECONDAIRE A ÉTÉ PARTAGÉE EN DEUX PARTIES RELIÉES EN QUANTITÉ.
- i 1) V v' u G £2
- 12, i3 43 23,5o 17 0,91 — 0,06 o,oo36
- » 88 22,47 40 0,98 4- o,ci I
- * 14 + 21,97 54 I,OI 4- 0,04 l6
- » 149 ig.65 70,4 °»97 0.98 0 0
- » 168 17,CO 80.5 4- 0,01 I
- t/S Moyenne = 0,97 o,co54
- n n3fv 4 / sa* - o,oi3
- I V «(«—1)
- Erreur probable de la moyenao = O OI
- On trouve ainsi, avec une erreur probable d’environ un centième, la valeur : u = 0,97.
- Cette valeur est à peu près inférieure de 2 pour cent à celle que nos expériences calorimétriques aussi bien que de M. Uzel, ont donné pour le générateur secondaire avec bobines secondaires reliées en circuit simple ou, autrement dit, en tension. Il est facile d’en concevoir le motif. Le fait est dû très probablement à ce que les forces électromotrices ne sont pas parfaitement égales dans les deux parties de la bobine secondaire. On peut en effet démontrer qu’étant donnée la quantité d’c-nergie développée et transformée en chaleur dans le circuit total secondaire, la rapport dans lequel cette énergie se partage entre le circuit extérieur et l’ensemble des deux bobines varie proportionnellement au rapport des deux forces électromotrices qui agissent sur ces bobines, et qu’une partie de l’énergie totale se manifeste et se transforme en chaleur dans le circuit extérieur en quantité d’àutant plus grande que ces deux forces électromotrices sont plus près de l’égalité.
- En d’autres termes, le rapport entre l’énergie développée dans le circuit extérieur et l’énergie totale développée dans l’ensemble des deux cir-
- cuits secondaires est maximum lorsque dans les deux bobines secondaires reliées en quantité, les forces électromotrices sont exactement égales entre elles. A ce rapport correspond une valeur minimum lorsqu’il existe une différence entre les deux forces électromotrices. Les phénomènes qui se présentent lorsque les forces électromotrices sont différentes dans les deux bobines secondaires, sont d’une nature très complexe. Mais on peut se rendre compte de l’influence que la différence des forces électromotrices peut exercer sur la distribution de l’énergie entre les deux parties du circuit secondaire, en considérant ce qui se produirait dans le cas plus facile à traiter de courants constants. Dans ce cas, en supposant les deux bobines secondaires parfaitement égales entre elles et en appelant :
- p leur résistance commune.
- R la résistance du circuit secondaire extérieur.
- Cj et e2 les forces électromotrices qui agissent sur les deux bobines.
- 4 et i2 les intensités dans ces mêmes bobines.
- i l’inrensité dans le circuit extérieur.
- Nous aurons
- p ù “b R i=e, p/2-(-RI=e2 h + H — i
- Si x représente le rapport entre l’énergie transformée en chaleur dans le circuit extérieur et l’énergie totale développée dans le circuit secondaire on aura
- _ R»58
- P (h 4- î’a) 4- It i-
- De ces 4 équations on tire, en éliminant 4, i :
- _ Rp ______________(fi 4-OjR
- 2R4-p‘ R(et —<y.24-p (eÏ4-c“)’
- et en faisant eî — kel nous pouvons encore écrire y = xp c + *)a
- 2 R(i — I/)1 4-p(i +A-)
- avec
- X =
- 2 R
- 2 R 4 p
- Le dérivé de x par rapport à k est
- I — /-s
- [ R 11 — /f;a -p p ( 1 -b ’
- et s’annule pour k= 1. Le rapport x est donc maximum, c’est-à-dire la fraction de l’énergie totale qui se transforme en chaleur dans le circuit exté-
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- rieur est maxima lorsque e, = ey Dans ce cas, on a .r = X ;
- et dans tous les autres cas x est égal à la valeur maxima X, multipliée par la traction
- p _____ U^-liY
- 2 ltti-A-V + pti + Ar*)’
- Pour nous faire une idée des valeurs que cette fraction peut prendre lorsque k est différent de 1, donnons successivement à k les valeurs
- 0,9g, 0,98, 0,95, 0,90;
- nous verrons que la susdite fraction devient successivement
- 0,933, 0,930, 0,908, o,83g.
- Ceci montre qu’il suffit que les deux forces élec-tromotrices qui agissent sur les deux bobines secondaires présentent, l’une par rapport à l’autre, une différence de 1, de 2, de 5, de 10 pour cent, pour que le rapport entre l’énergie extérieure utilisable et l’énergie totale s’abaisse de 6,7, de 7, de 9, de 16 pour cent au-dessous de sa valeur maxima.
- Maintenant, par analogie à ce qui a été fait pour les expériences avec l'électromètre ou avec le calorimètre, si on détermine l’énergie produite dans le circuit secondaire en la déduisant de celle développée dans le circuit extérieur, qui est la seule qu’on puisse mesurer, le coefficient de rendement doit se trouver diminué dans le rapport de X à at.
- Comme le calcul que nous avons fait se rapporte au cas des courants continus, nous ne pouvons pas affirmer que réellement la perte en effet utile qui peut avoir lieu dans le générateur secondaire à cause.de l’inégalité des conditions des bobines induites soit représentée exactement par les valeurs numériques que nous avons déterminées. Ces considérations suffisent néanmoins pour nous faire entrevoir que cette perte pourrait, dans certains cas, atteindre une valeur considérable. D’autre part les générateurs secondaires étant spécialement destinés à fonctionner avec le groupage en quantité, les considérations susdites sont de nature à attirer l’atteniion sur les soins à apporter dans la construction et- l’emploi des appareils.
- Si la différence entre les forces électromotrices qui agissent sur les bobines secondaires reliées en quantité était considérable, il pourrait aussi se faire qu’au danger qui en résulterait de la diminution du coefficient de rendement vienne s’ajouter celui encore plus grave d’une production de chaleur à l’intérieur de l’appareil, ce qui pourrait être nuisible à sa durée et à la régularité de sa marche.
- Il est probable quJon arrivera à trouver un meilleur moyen pour éviter cet inconvénient en plaçant plusieurs bobines secondaires sur une même colonne et en reliant au contraire en quantité plusieurs générateurs secondaires distincts présentant entre eux l’égalité la plus parfaite qu’on puisse atteindre pratiquement.
- % 15. — Sur la puissance du générateur secondaire.
- Dans l’étude théorique qui précède la description de ces expériences, nous avons vu comment on peut calculer l’énergie que, pour une intensité moyenne du courant primaire, un générateur secondaire peut développer soit dans tout le circuit secondaire, soit dans la partie extérieure de celui-ci. A ce calcul servent les formules (38) que nous rappelons ici :
- m jL~r'c1. JL -
- (3u) ip-r-’q-G’ ,I2+O*-
- 2 2
- Dans ces formules,-^2 représente la moyenne
- des carrés de l’intensité du courant primaire, moyenne qu’on lit directement sur les instruments de mesure employés pour les courants alternatifs ; q' et q" représentent respectivement les quantités d’éuergie développées en une seconde dans le circuit total secondaire et dans sa partie extérieure.
- Les seconds membres des formules (38) repré sentent les résistances par lesquelles il faut multiplier la moyenne du carré de l’intensité du courant primaire pour avoir les valeurs de q' et de q".
- On a en outre démontré que
- y_
- Ti*
- O
- est maximum pour r' =; C et que la valeur du
- maximum est . De la même manière 2
- ~ 12
- • est maximum pour
- )•' = p' -j- y/ p/:! -j- c-
- et tend alors vers
- 2 (G + p')
- Maintenant il peut être intéressant devoir quelles ' valeurs prennent
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- et
- g"
- -v
- 2
- pour le générateur secondaire sur lequel nous avons effectué les expériences.
- Pour cela, il suffit de porter dans les formules (38) et dans les expressions que nous en avons déduites, relativement aux conditions de maximum, la valeur
- C- = 5oo, C = 22,36
- Nous trouvons ainsi :
- g' __ 5oo r' g" _ 5oo (r' — 0.2P.)
- 1 j2~ 5ao-\-r’^ 1 j., 5oo + r'3
- 2 2
- La valeur maxima de -^-correspond à
- 2
- r' = C = 22,36 ohms
- Q
- et est - c’est-à-dire égale à 11,18 ohms.
- Si on connait l’intensité moyenne ^ du courant
- primaire qui agit sur le générateur secondaire, on peut de suite calculer la quantité maxima d’énergie que l’appareil produit dans le circuit total secondaire en multipliant simplement le carré de l’intensité donnée parla résistance 11,18. En supposant par exemple, qu’on fasse fonctionner l’appareil au moyen d’un courant primaire dont l’intensité moyenne lue sur un électromètre ou sur un calorimètre soit égale à 12 ampères, on trouve que la quantité maxima d’énergie que le générateur secondaire peut donner dans le circuit secondaire total, quantité maxima qu’il donne lorsque la résistance du générateur secondaire est de 22,36 ohms, est 122 X 11,18, c’est-à-dire 1610 volt-ampères par 1".
- Cette quantité d’énergie correspond à c’est-
- à-dire à 2,19 chevaux.
- La valeur maximum de —— correspond à dp 2
- rf = C -f- p' — 22.36-|- 0 2ft
- c’est-à-dire à
- r' = 22,64 ohms
- c’est-à-dire 11,04 ohms.
- Si donc, comme nous avons fait tout-à-l’heure, nous supposons que l’intensité moyenne du courant primaire est de 12 ampères,nous trouvons que
- la quantité maxima d’énergie développée dans la partie extérieure du circuit secondaire, c’est-à-dire l’énergie maxima théorique utilisable, est égale à 144 X 11,04. c’est-à-dire à i5go voltampères
- par 1", ou encore égale à = 2,15 chevaux.
- Ceci est la production théorique de l’appareil ; la production effective d’énergie utilisable dans le circuit secondaire est, d’après les conclusions que nous avons tirées d’expériences.
- 2,i5 X u, c'est-à-dire 2,12 chevaux en faisant u = 0,99.
- Lorsque l’appareil donne cette quantité maxima d’énergie utilisable dans le circuit secondaire extérieur, il absorbe pour pouvoir fonctionner une
- quantité d’énergie équivalente à chevaux,
- où (v) représente le coefficient de rendement extérieur effectif.
- En se rapportant au tableau donné au § n" on trouve pour le coefficient (v) la valeur 0,95. On a donc lorsque l’intensité moyenne du courant primaire lue sur un électromètre est de 12 ampères, le travail maximum que l’appareil peut absorber
- est de ^ c’est-à-dire de 2,23 chevaux.
- Lorsque r' est égal à 22,64 ohms, et que l’appareil produit l’énergie maxima utilisable, le coefficient pratique de rendement varie à peine de un centième, par rapport au maximum qu’on aurait pour r’ = 3i,9 ohms. Comme en pratique, au point de vue industriel, on sent aussi bien l’importance d’avoir de bons coefficients de rendement que l’utilité d’obtenir des effets maxima avec de petits appareils, on peut déduire des résultats précédents que, selon toute probabilité, le meilleur moyen d’employer dans les applications pratiques un générateur secondaire pareil à celui que nous avons essayé, consiste à le faire fonctionner avec une résistance r' du circuit secondaire égale à environ 22 ou 23 ohms. Il paraît, au contraire, que dans les essais d’application pratique faits jusqu’à présent par M. Gaulard, l’appareil a été chaque fois employé' avec un circuit secondaire de résistance égale à huit ou dix ohms seulement. Ceci provient de ce que les expériences ont été mal interprétées. Les expérimentateurs et l’inventeur même avaient tous commis la même faute en admettant que le coefficient de rendement de l’appareil est égal à c’est-à-dire égale à et que, par con-
- j i 1
- séquent, il a une valeur maxima pour une résistance du circuit secondaire comprise entre 5 et 6 ohms.
- Pour r' — 10 ohms la deuxième des formules (38') donne
- a"
- —— = U, 10 ohms
- i I-
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- Donc pour ^==12 ampères on a q" = 1166 voltampères par i".
- Ce qui veut dire que l’appareil donne dans la partie extérieure du circuit secondaire une énergie équivalente à L^, c’est-à-dire à i,58 cheval.
- Comme le coefficient de rendement extérieur effectif (v) est, pour r'— 10 d’après le tableau du 8 ne, égal à o,o3, il s’ensuit que l’énergie absorbée
- I 58
- par l’appareil est équivalente à c’est-à-dire à 1,70 cheval.
- L’appareil absorberait une quantité d’énergie équivalente à 1.80 cheval si on le mettait en action au moyen d’un courant primaire ayant une intensité moyenne égale à environ 12.8 ampères. Et, en effet, M. Gaulard faisait d’habitude absorber au générateur secondaire du type essayé une quantité d’énergie de 1.80 cheval environ en se servant d’un courant qui, mesuré d’une manière grossière avec un électrodynamomètre Siemens, indiquait une intensité moyenne de quelque peu supérieure à 12 ampères.
- Influence de la structure du noyau sur la puissance de l'appareil. — J’ai déjà eu l’occasion de faire observer que l’appareil sur lequel j’ai effectué les expériences calorimétriques, et celui sur lequel M. Uzel a fait ses mesures au moyen de l’électro-mètre, présentaient entre eux cette seule différence que le premier avait un noyau en bois revêtu d’une couche en fil de fer, tandis que l’autre possédait un noyau constitué entièrement d’un faisceau de fils de fer. Cette dernière disposition est celle qui a été adoptée d’abord par M. Gaulard. L’autre, au contraire, constituait une modification que l’inventeur avait adoptée afin d'affaiblir les courants de Foucault, espérant ainsi placer le générateur secondaire dans de meilleures conditions.
- Or, nous avons vu que la modification introduite dans le noyeau n’a pas eu pour conséquence de rendre meilleur le coefficient de rendement, parce que la valeur de u calculée au moyen des expériences calorimétriques faites sur le générateur à noyau en bois, se trouva être exactement égale à celle calculée au moyen des expériences faites par M. Uzel sur le générateur à noyau tout en fer. Mais on peut avoir changé, par cette modification, la puissance de l’appareil, c’est-à-dire la quantité d’énergie que, pour une certaine intensité donnée du courant primaire, l’appareil peut absorber et restituer dans ie circuit secondaire.
- Cette question est très importante au point de vue pratique et nous allons voir si vraiment cela s’est produit et de quelle nature a été la variation.
- Pour résoudre la question il faut déterminer la valeur de C pour le générateur étudié par M. Uzel.
- Malheureusement, par suite des raisons que nous avons indiquées au § 11°, cela ne peut se faire exactement au moyen des données des expériences que nous possédons.
- Néanmoins si, sans prétendre faire une détermination exacte, nous nous contentons d’établir entre les deux appareils une comparaison suffisante pour juger, au point de vue pratique, de l’opportunité de la modification introduite par l’inventeur dans la construction du noyau, nous pouvons nous servir d’une valeur approximative de C en la déduisant des expériences précitées.
- D’après les considérations que nous avons développées dans le g u0 relativement aux erreurs qu’on peut commettre en calculant C2 au moyen de la formule (58), on sait que ces erreurs sont d’autant plus petites que la résistance r' dont on s’est servi, est plus grande. Nous pouvons donc, d’une manière à peu près certaine, déterminer avec cette formule la valeur de C2 en nous servant des résultats des expériences faites avec les plus fortes valeurs des résistances r'. Comme le tableau des valeurs de u obtenues par les expériences de M. Uzel montre que les deux dernières expériences, pour lesquelles la valeur de r' est la plus grande, ont donné des valeurs de u exactement égales à la moyenne, et que par conséquent ces expériences doivent être considérées comme les meilleures, nous pourrons admettre comme bonne la valeur de C donnée par ces deux expériences.
- Or la formule (58) peut s’écrire
- ou encore, en remarquant que r' i' — v'
- En remplaçant u par sa valeur 0,99, et en substituant à 7/, à i et à i' les valeurs consignées dans le tableau des expériences de M. Uzel (% 6), nous obtenons les résultats suivants :
- v' i i' C
- lit) 12,13 11, i3 25,5
- i38 » io,g5 27,2
- On aura une valeur approximative de C avec une erreur relative probable d’environ —, en prenant
- la moyenne des deux valeurs 25,5 et. 27,2, c’est-à-dire en posant
- C — 26,3
- La substitution du noyau de bois au noyau tout
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- en fer, a donc eu pour effet de faire diminuer la valeur de C depuis environ 26,3 jusqu’à 22,36, ce qui représente une variation de i5 pour cent.
- Le fait d'avoir diminué Caeu aussi pour consé quence de rendre plus faible la quantité d’énergie que le générateur secondaire peut absorber et restituer lorsqu’il est actionné par un courant primaire d’une intensité donnée.
- Pour le générateur à noyau entièrement en fer, a"
- la valeur rnaxima de -— qui, comme nous sa-
- - P
- vons, est égale à
- C2
- 2 (C + p\
- est =
- (26.3)3
- 2X20,6
- c’est-à-dire = i3,
- Par conséquent, pour un courant primaire de 12 ampères, le travail théorique maximum que le générateur peut donner dans le circuit secondaire extérieur est de 144 i* 13 chevaux, c’est-à-dire de
- 736
- 2,54 chevaux.
- Le travail effectif maximum est 0,99 X 2,5q, c’cst-à-djre 2,51 chevaux.
- Tandis que pour le générateur secondaire avec le noyau modifié, nous avons trouvé 2,12 chevaux.
- La diminution de puissance de l’appareil est donc égale à environ 16 pour cent.
- Et, comme le coefficient de rendement théorique qui décroît avec C a lui aussi diminué un peu, tandis que le rapport de ce dernier au coefficient de rendement effectif, s’est maintenu constant, nous pouvons conclure en disant que, en substituant un noyau avec du bois au noyau entièrement en fer,M. Gaulard a détérioré sensiblement son appareil.
- Il ne sera pas inutile de noter encore, avant de finir, que lorsque le noyau est complètement en fer, la meilleure manière de se servir du générateur secondaire dans les applications de la pratique, est de le faire marcher avec une résistance r' du circuit secondaire, égale à environ 26,6 ohms.
- G. Ferraris.
- Par suite de retards dans la composition, M. César Gerieri n’ayant pu corriger les épreuves, il s’est glissé quelques erreurs dans le texte et dans les formules de l’article qu’on vient de lire.
- Page 397. — Mémoire approuvé par l’Académie des Sciences de Turin dans sa séance du 11 féviier itS85, lisez: « du 11 janvier 1B8S. «
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- APPAREIL DE CONTROLE
- DES RONDES DE NUIT
- Imaginons que perpendiculairement à l’aiguille des heures D Ê (fig. 1} soit fixée une goupille de platine F, effleurant le cadran d’une horloge ordinaire, sur lequel on a appliqué un papier collé, imbibé d’une solution aqueuse d iodure de potassium, et que C soit un contact. B représente une batterie électrique que l’un des fils conducteurs relie à l’axe de l’aiguille des heures et l’autre au cadran. Si l’on presse le bouton C, l’iodure de potassium, touché par la goupille de platine F, se décompose; dans le cas où l’aiguille resterait immobile, on obtiendrait une tache bleue; si au contraire l’aiguille est en mouvement, on aura un arc bleu, dont la longueur variera proportionnellement au temps pendant lequel le bouton C est pressé. L’horloge doit par conséquent se trouver
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- JOVliNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- dans la chambre du contrôleur des rondes, tandis que le contact est établi à l’endroit que doit visiter le veilleur : la tache formée .sur le papier par la décomposition de l’iodure de potassium indiquera exactement le moment auquelle veilleur a visité la place indiquée. Inapplication dont je donne ci-dessous la description, facilite ainsi le contrôle des rondes pour plusieurs endroits à la fois.
- a. Construction de l'appareil. L'horloge.— Une horloge ordinaire à poids, avec un cadran de bois, si possible, autant pour sa conformité naturelle que pour son bas prix, doit être préférée à tout autre. Les deux aiguilles doivent être enlevées. La partie A A de l’axe de l’aiguille des heures, qui se trouve derrière le cadran, est solidement revêtue d’un manchon B, B.2 (fig. 2) de caoutchouc durci sur lequel sont fixés quelques anneaux métalliques C, C3, qui ne doivent avoir entre eux aucun contact métallique. Le nombre d’anneaux métalliques est égal à celui des lieux que doit visiter le veilleur, moins un. A chaque anneau métallique est attaché un fil conducteur isolé F, F». Les anneaux C, C2, et l’axe
- sont effleurés par les ressorts de cuivre D,, IL, D.,, fixés sur la planchette de bois MN par des vis, et reliés aux fils I, II, ï 11. Lorsque l’axe AA est en mouvement, les ressorts D,, LL, glisseront sur la surface des anneaux B,, B2, et le ressort D., glissera sur la surface de l’axe AA lui-même. L’extrémité de l’axe qui fait saillie hors du cadran est revêtue d’une calotte B B (fig. 3), (fixée à l’axe A par une vis C) à deux anneaux D, D,, à travers lesquels passe l’axe EF, dont la tête j est pourvue d’une dent G et dont l’extrémité F est une vis à écrou ailé HH,.
- b. L'aiguille des heures, la seule employée, est construite de la manière suivante. L’anneau métallique Do D., (fig. 4) aune ouverture E. Il entre exactement dans l’interstice-qui se trouve entre I) et D, (fig. 3) ; dans l’ouverture E (lig. 4) on introduit l'ave EF (fig. 3). L’anneau D2 D., (fig. 4) est muni à gauche d’un supplément court et étroit Q qui se termine parallèlement à la surlace du cadran et perpendiculairement à la longueur de l'aiguille par un cylindre massif P qui joue le rôle de contrepoids. Au bout de l’aiguille, qui est une plaque assez épaisse en laiton d’un centimètre environ
- de largeur, effilée au bout, on dispose les parties suivantes, en raison du nombre des ressorts D,, D2, D3 (fig. 2). L’aiguille a une ouverture c, c, (fig. 4) dans laouelle peut passer librement sans la
- I II III
- FtG 2
- toucher immédiatement, une baguette a a, a, dont la partie supérieure a la forme d’une vis et la partie inférieure est évidée dans toute sa longueur; en outre le cylindre creux est scié dans sa longueur en croix. La partie inférieure de la tige aalaî a un renflement II taraudé en forme de vis,
- sur lequel se visse l’écrou conique xxt, taraudé seulement dans sa partie supérieure. On met ena3 un faisceau b de fils de platine très fins, qui, lorsque l’on visse le cône x, x,, sont pincés en a3
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- absolument comme les mines dans les porte-crayons. Au-dessus de x, xt on fixe un ressort à boudin i ii et au-dessus de celui-ci un anneau de caoutchouc durci dl dt. On introduit ensuite le tout par le bas de l’ouverture ccl. Cela fait, on revêt aaiai d’un autre anneau dd, aussi de caoutchouc durci, et d’un anneau métallique //j, auquel est attaché un fil g réuni à l’une des extrémités Cj, C, (fig. 2). L’écrou maintient immobiles ces différentes parties. En vissant ou en dévissant cet écrou, on règle la distance plus ou moins grande qui doit exister entre la partie inférieure du pinceau de fils de platine b et la surface de l’aiguille. Le cadran (fig. 5) au chiffre XII porte une découpure, où l’on fixe la vis de pression à écrou, à laquelle on attache le fil R qui communique avec le pôle négatif de la batterie (fig. 5). En M et en N se trouvent deux goupilles à têtes, sur lesquelles on établit au moyen des crochets la plaque de cuivre D E (fig. 6) qui a tout autour, outre les endroits correspondant aux lieux de passage des pinceaux de fil de platine a, b, c (fig. 5), un rebord d’environ deux millimètres de hauteur.
- On met sur cette plaque un papier imbibé
- FIG. 4
- d’une solution aqueuse d’un corps qui, décomposé par le courant électrique, donne un cathion ou un anion coloré. Comme ces corps sont très nombreux, il faut choisir parmi eux ceux qui se décomposent le plus facilement comme l’iodure de potassium qui laisse sur un papier collé une coloration bleue au pôle positif, ou bien l’azotate de manganèse qui laisse une marque brune sur le papier au pôle positif. Ce dernier sel doit être préféré aux autres, car étant déliquescent il tient toujours le papier humide, ce qui épargne la peine de recourir à d’autres moyens pour obtenir cette humidité constante.
- c. Le contact. — Un contact ordinaire comme ceux qui sont employés pour les sonneries électriques, suffit amplement. Le bouton E (fig. 7), de porcelaine ou d’os, saillant hors de la boîte de bois DD, doit être placé à l'endroit que doit visiter le veilleur, sous un petit pont, formé d’une planche AB. La partie B de celle-ci s’abaisse en tournant autour de la charnière C, lorsque le veilleur marche dessus; en outre l’élasticité d’un ressort
- puissant M est vaincue:, ce qui fait descendre le bouton E. Celui-ci presse la plaque F contre la plaque G. Une fois que le veilleur a passé, le ressort M soulève la planche AB; le bouton E reprend sa
- FI G. 5
- position primitive, et les deux plaques F et G se séparent.
- d. Etablissement de Vappareil. — La figure 8 représente l’horloge H en communication avec trois tiges de contact et avec la batterie B ; en outre, à chacune des branches du fil conducteur venant du pôle positif de la batterie ou peut, installer une sonnerie électrique Su S^S;,, plutôt à un seul coup, mais alors le timbre de chaque cloche doit être différent. Si l’on désire se borner à une seule sonnerie, on peut l’installer entre la batterie et l’horloge ou bien même entre la batterie et les ramifications du conducteur, venant du pôle positif. Les contacts T,,T2, T3, sont placés dans les endroits qui doivent être visités par le veilleur,
- FIG. (ï
- tandis que les sonneries, l’horloge et la batterie se trouvent dans la chambre du contrôleur.
- On prépare pour la nuit l’appareil de la façon suivante : un papier bien imbibé d’une solution d’azo-
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- tate de manganèse, par exemple, est appliqué exactement sur la plaque DE(fig. 6)('). En desserrant l’écrou H H, (fig. 3) on serre le contre-poids P (fig- 4 et 5), et la partie antérieure de l’aiguille se soulève un peu. On en profite pour appliquer la
- A T B
- FIG. 7
- plaque D E (fig. 5 et 6) et la fourchette C (fig. 6) est comprimée par l’écrou. On donne ensuite à l’aiguille une position parallèle au cadran et l’on régularise le contact du pinceau sur le papier au
- FIG. S
- moyen de l’écrou de la tige a al a± (fig. 4) après avoir consolidé l’écrou II II, (fig. 3). Aussitôt que
- le veilleur marche sur* le pont T, le courant est fermé, la sonnerie S sonne, et au point de conctact du pinceau de platine b (fig. 4) sur le papier humide, il se forme une tache. Une fois que le veilleur a passé, l’armature de la sonnerie S revient à sa position normale, et la formation de la tache coloriée sur le papier cesse. Le lendemain on peut voir à quel moment précis chaque station a été visitée par le veilleur et même approximativement le temps qu’il y est resté. En cas d’attaque ou d’un accident quelconque, on peut convenir à l’avance d’un signal consistant à presser plusieurs fois la planchette AB; on saura, alors même qu’il n’y a qu’une seule sonnerie, à quel endroit on doit courir au secours. Afin d’éviter la détérioration toujours rapide des lignes aériennes, il est bon que l’appareil soit muni de lignes souterraines.
- E. Radkiewitch,
- CHRONIQUE DE L’ÉTRANGER
- Correspondances spéciales Allemagne
- BALANCE POUR BOUGIES AVEC ENREGISTREMENT
- électrique. — M. le docteur Kriiss, de Hambourg, décrit, dans le journal pour l’éclairage au gaz, une balance pour bougies, qu’il a construite à l’instigation de M. le docteur Lamousky pour la commission qui contrôle l’éclairage de la ville de Saint-Pétersbourg.
- Dans cet appareil un signal acoustique se fait entendre, comme dans le photomètre de Dumas et Régnault, chaque fois que la balance passe par son point d’équilibre; la figure ci-jointe représente l’appareil.
- La longueur, des deux bras est dans le rapport de 1 à 2. Les bougies sont attachées au bras le plus court, d’où il résulte que le déplacement vertical des bougies n’est que très faible, et que, une fois bien placées, leurs rayons tombent sur le photomètre dans une direction presque normale. Le support des bougies A peut glisser le long de la tige B. Le courant part de l’élément qui se trouve dans la boite C, traverse l’électro-aimant de la sonnerie G, le corps de la balance et l’aiguille Z, l’autre pôle est relié à un petit levier H, qui peut être maintenu fixe dans deux positions différentes. Dans l’une de ces positions le levier laisse passer l’aiguille sans faire contact ; dans l’autre, l’aiguille
- (') On peut préparer à l’avance uue quantité suffisante de feuilles sur lesquelles Sont lithographiées les divisions en
- heures et les subdivisions de celles-ci, conformément au cadran, et des arcs concentriques entre lesquels se trouvent les positions des pinceaux de fils de platine.
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- C20
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- touche le levier juste au moment où elle passe par le point d’équilibre. Pour cette dernière position, la sonnerie se met en branle. Le circuit peut, d’ailleurs, être rompu à un moment quelconque. Une pile sèche de Wolff sert comme source de courant. L’expérience a prouvé que cet élément peut fonctionner pendant des années sans exiger un nouveau remplissage.
- Pour se servir de l’appareil, on met la balance en équilibre en posant des poids sur le plateau F. Ensuite on.allume les bougies, et on pose sur le plateau E, qui se trouve au-dessous du porte-bougies, un petit poids additionnel, de sorte que l’aiguille Z se déplace un peu à droite.
- Si alors on ferme le circuit, la sonnerie entre
- boîte en verre, et quand on la nettoyait, elle s’électrisait tellement, que les deux petits poids (cavaliers) quittaient le fléau.
- M. le professeur Kohlrausch engagea M. Hen-nig à poursuivre ces observations faites accidentellement.
- En frottant légèrement avec un linge un côté de la plaque de verre supérieure, le zéro de la balance se déplaçait de plusieurs lignes; un effet moins considérable fut obtenu par suite d’un léger frottement avec une étoffe de soie ou de laine.
- Dans le premier cas la charge était en état d’équilibrer un poids de six cents milligrammes sur le plateau et même après deux heures elle équilibrait encore un poids de dix milligrammes, mais après un frottement avec de la soie ou de la laine, dans les mêmes conditions atmosphériques, la charge ne pouvait équilibrer que deux cent cinquante milligrammes, et soixante-dix milligrammes.
- La décharge de la plaque de verre fut effectuée parfaitement avec une flamme de Bunsen ; et il va sans dire qu’on opérait assez vite pour qu’il ne se produisît aucun déplacement par réchauffement.
- Quelques autres balances, qui n’étaient pas munies d’une plaque de verre, ne montraient aucune trace perceptible d’électricité lorsqu'on frottait la boîte.
- Pour les balances avec boîte en verre un frottement des plaques latérales ou de devant n’avait aucune influence sensible. Pour éliminer les influences perturbatrices dues au frottement, M. Den-nig propose de disposer sur la face intérieure de la plaque de verre supérieure une grille formée de feuilles minces d’étain reliées à la terre, de sorte qu’une charge accidentelle se trouve neutralisée de suite.
- en action au moment où l’aiguille Z touche le levier H.
- A partir de cet instant, l’expérience photométrique commence, et l’on mesure la quantité de gaz nécessaire à l’alimentation du bec de gaz. Lorsque la sonnerie s’est fait entendre, l’on pose sur le plateau E un petit poids, dont la grandeur dépend de la durée qu’on veut donner à l’expérience. On rompt ainsi le contact entre Z et. H, et ce contact n’est rétabli qu’au moment où le poids des bougies a diminué d’une quantité égale au poids ajouté au plateau E.
- UNE CAUSE d’erreurs DANS LES PESÉES. — M. Hennig, de Würzburg, qui a eu l’occasion de se servir pendant quelques mois de suite d’une balance' de précision, a découvert plusieurs causes d’erreurs, en partie accidentelles, en partie régulières, qui peuvent altérer considérablement les résultats de pesées les plus exactes. La balance que M. Hennig employait était enfermée dans une
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE APPLIQUÉE A L’ART MILITAIRE. — L’installation de la lumière électrique sur les quais de Kiel et de Wilhelmshafen commencée depuis longtemps, vient d’être complétée, mais elle ne peut fonctionner que dans le cas d’une guerre, attendu qu’il existe un contrat pour trente ans entre les autorités et la Compagnie du gaz. '
- Sur les vaisseaux de la marine impériale, la lumière électrique est chaque jour plus employée. Peu à peu elle sera introduite à bord des bâtiments déjà existants; et quant aux vaisseaux à construire, les frais d’une installation électrique seront toujours compris dans l’évaluation des dépenses. Le vaisseau Mars est complètement éclairé à l’électricité, et le même éclairage est projeté pour le Oldenburg. Les deux corvettes chinoises, qui viennent d’être inspectées à Kiel par l’ambassadeur de Chine, sont munies de lampes à incandescence dans toutes les cabines.
- Une section du régiment des chemins de fer vient de faire à Berlin des expériences relatives à l’éclai-
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- rage d’un terrain au moyen d’une lampe à arc attachée à une locomotive. Il s’agissait d’éclairer — par une nuit sombre et à longue distance — la voie ferrée d’un chemin militaire entre Berlin et Marien-feld. La dynamo, qui est actionnée par la machine, est fixée au-dessus de la roue, sur le côté gauche de la locomotive. La lampe à arc avec réflecteur se trouve attachée à la cheminée et peut être facilement déplacée, dans toutes les directions, par le conducteur de la locomotive. — Les expériences ont donné des résultats très satisfaisants. On pouvait éclairer la voie ferrée à une distance de trois cents mètres.
- D1' H. Miciiaelis.
- Angleterre
- LA MANIÈRE DE LOCALISER UN CONTACT SUR LES
- lignes aériennes. — La méthode suivante qui est très commode pour localiser un contact entre deux lignes télégraphiques aériennes, intéressera sans doute vos lecteurs. Elle a été imaginée par M. le prof. W. E. Ayrton F. R. S., qui a bien voulu me communiquer les formules que je vous indique. La manœuvre se fait avec une résistance variable ou bien avec le pont ordinaire de Wheatstone, tel qu’il est représenté dans les figures 1 et 2, où P désigne la pile, G le galvanomètre, et a et R les résistances variables.
- Pour faire l’essai, il faut d’abord rendre libres les deux extrémités de l’une des lignes aériennes et appliquer la balance de Wheatstone, comme dans la première figure, à l’autre ligne dont la jauge est uniforme ou à peu près connue. On trouve ainsi sa résistance x -\-y, l’on fait ensuite les liaisons qui sont indiquées dans la figure 2, et on établit l’équilibre de nouveau.
- On a alors :
- d’où l’on tire
- ax = by
- ou a —
- x
- y
- b
- b -f a
- (x -|- y)
- En insérant la valeur trouvée par le premier essai pour x-\-y, nous déterminons la valeur de x, c’est-à-dire la résistance de la ligne jusqu’au point de contact. Cet essai présente cet avantage qu’il est indépendant de la résistance de contact et on n’a besoin de connaître que la résistance ou la jauge d’un seul des fils. Il a d’abord été introduit dans le service télégraphique des Indes.
- la society of telegraph engineers. — A l’occasion de la dernière réunion de la saison, M. Snell a fait une communication à cette Société le 11 juin, sur la manière de calculer la dimension
- des conducteurs pour la distribution de l’électricité. L’auteur s’est attaché à démontrer que dans la loi de l’économie donnée par sir William Thomson (la valeur annuelle de l’énergie perdue dans le conducteur est égale à la dépense annuelle pour les intérêts sur les frais de première installation, entretien et dépréciation des conducteurs), la valeur anruelle de l’énergie perdue prend la forme P = Ca R K for-
- (lui lll-l — Cuiilurt /\ Ouri ut
- .-f" r - -, .
- ri. -j . R.
- Ù [> '
- FIG. I
- mule dans laquelle R représente la résistance de la section du conducteur en question, C l’intensité de circulation et K est une constante. La vraie valeur de C ne peut être déterminée exactement, mais M. Snell prouve qu’on peut la trouver approximativement par la formule :
- C = N
- C
- dans laquelle c représente le courant nécessaire par lampe d’une intensité lumineuse normale et N le nombre de lampes qui, en fonctionnant continuellement pendant toute l’année, donnerait lieu à
- FIG. 2
- la même perte dans les conducteurs que la totalité des lampes généralement employées. La valeur de N doit être déterminée selon la section du conducteur principal, et M. Snell a indiqué des méthodes pour estimer cette valeur suivant les différents cas..
- M. Spagnoletti.le président de la Société, a invité les membres à visiter les grandes usines de la Great Western Railway C“ a Swindon le 3o du mois de juin.
- J. Munro.
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- Ô22
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Autriche
- Les entreprises d’électricité semblent avoir besoin d’un temps plus long pour se développer en Autriche que partout ailleurs, comme par exemple en Allemagne; nous voulons parler de sociétés qui entreprennent des installations d’éclairage public et de transport de la force, qui utilisent les nombreuses chutes d’eau des Alpes et qui élèvent l’électricité à la hauteur d’une grande industrie. La fabrique d’armes à Steyr a fait un essai dans cette voie, mais après la belle exposition de l’année dernière pendant laquelle les rues et les places de la ville étaient éclairées par des centaines de foyers à arc, la société s’est imposé un programme très restreint et se borne aujourd’hui à des petites installations; on s’est aperçu de ce fait qu’à Steyr comme ailleurs les capitalistes qui ont engagé leurs capitaux dans une industrie encore jeune s’attendent à un résultat financier aussi avantageux que pourrait donner une industrie déjà établie. L’incompatibilité d’une prétention de ce genre avec le développement d’une industrie technique explique le nombre restreint des sociétés par actions pour l’exploitation des connaissances et des expériences toujours plus nombreuses dans cette science.
- Au point de vue scientifique on s’occupe beaucoup d’électricité chez nous, et il paraît à Vienne beaucoup de travaux théoriques ainsi que de recherches sur les applications pratiques. L’enseignement de l’électricité est en général très répandu en Autriche et tout spécialement à Vienne. A l’école polytechnique de Vienne des professeurs distingués font des cours d’électricité appliquée. Le professeur Pierre fait des conférences sur la physique technique et sur l’électricité. Le professeur A. von Waltenhofen a été appelé à Vienne par le gouvernement pour occuper une chaire d’électricité spécialement créée pour lui. Le gouvernement ne pouvait faire un meilleur choix, car les études antérieures du professeur von Waltenhofen, la constance de ses efforts pour l’application pratique de la théorie sont bien connus. Des recherches sur les électro-aimants, sur le travail d’induction dans les machines magnéto-électriques, sur la démonstration de l’effet des courants de Foucault ainsi qu’un grand nombre de travaux non publiés, témoignent de la haute compétence de ce chercheur infatigable dans les recherches expérimentales et la déduction de principes généraux basés sur les faits.
- Mais avant tout M. von Waltenhofen est un professeur de premier ordre : il vient de publier le premier livre alleman 1 traitant du travail des congrès de Paris de 1881 et 1884. Ce petit volume servira non seulement à établir les unités d’une manière claire et précise, mais il contient aussi de
- nombreux exemples qui sont de nature à faciliter les calculs pratiques. Dans le petit laboratoire du professeur, qui d’ailleurs s’agrandit tous les jours, on travaille beaucoup.
- Les professeurs Exner, von Lang et d’autres s’occupent activement chez nous de recherches théoriques. Le professeur Exner s’est fait connaître par la publication de ses travaux sur la pile voltaïque, sur la polarisation, etc., il étudie pour le moment avec un jeune physicien, le Dr Lecher, les phénomènes de l’électricité atmosphérique. Samedi 6 juin, ces messieurs ont fait des mesures exactes dans le Prater de Vienne sur la différence de potentiels des couches d’air à différentes hauteurs.
- Le Prof. Exner a fait ses mesures à terre avec un électromètre portatif, tandis que le Dr Lecher est monté dans le ballon Viniobona avec l’aéro-naute très connu M. Silberet. Le ballon contenait
- III
- tous les appareils nécessaires, et les mesures ont été faites à une hauteur de quelques centaines de mètres. On doit au Dr Lecher plusieurs beaux travaux sur l’optique et de bonnes traductions d’auteurs anglais, comme le livre de Thomson sur les unités de mesures électriques, etc. Il prétend que les résultats de son ascension, qui seront publiés très prochainement, ménagent une surprise à ceux qui se sont occupés d’électricité atmosphérique.
- Le Prof. Exner a dernièrement présenté à l’Académie des sciences un travail qui permet de déterminer les dimensions d’une molécule d’après une nouvelle méthode. Celle-ci repose principalement sur le rapport comme diélectriques entre Jes corps de forme gazeuse ; ce travail intéressant donne un aperçu très clair du rapport entre ces corps au point de vue optique, électrique et thermique.
- Le Prof, von Lang a également présenté à l’Académie une méthode pour mesuter la force électromotrice de l’arc électrique.
- Edlund a constaté qu’il existe en effet une force contre-électromotrice dans l’arc galvanique agissant en opposition au courant qui produit la lumière; je
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- 623
- savant suédois a déterminé cette contre-force en mesurant la résistance de l’arc pour différentes distances entre les charbons. Il a été démontré que la résistance n’est pas proportionnelle à l’éloignement des charbons, mais qu’il y a un facteur constant dans la valeur représentée par la résistance ; Edlund considère cette partie constante eomme l’expression de la force contre-électromotrice ou de la polarisation de l’arc lumineux. Des mesures semblables ont été faites par Frœlich et Peukert, qui détermina la force contre-électromotrice de l’arc comme' étant de 35 volts. Ces mesures fournissent une preuve indirecte de l’existence d’une force contre-électromotrice dans l’arc galvanique. Le Prof, von Lang croit en avoir trouvé la preuve directe ; il donne également la valeur numérique de cette contre-force et se rapproche beaucoup des chiffres de Peukert. Une batterie B' de 58 éléments Bunsen couplés en série fut fermée aussi symétriquement que possible à travers deux lampes électriques L, LL Après quelques difficultés, on arriva à faire fonctionner les lampes régulièrement, et en même temps; la distance entre les charbons était alors de 1 /3 de millimètre.
- On a adopté la disposition suivante pour les mesures (voir la figure ci-contre) :
- Un fil reliait la pièce de communication entre le 29® et le 3o® élément avec l’une des extrémités du conducteur M dans un pont de Wheatstone, un deuxième fil partait d’un point B du fil de communication entre les deux foyers jusqu’à l’autre extrémité du conducteur L. P représente un galvanomètre de tangentes et B" la batterie de mesure. Par cette disposition on pouvait mesurer la résistance de la moitié de la pile B', plus la résistance d’une des lampes et de la moitié .vB. Treize mesures ont donné une intensité moyenne de 4,33 ampères et une résistance de 1,82 ohms.
- Quand on remplaçait les lampes par des résistances jusqu’à arriver près de la même intensité de 4,33 ampères, il fallait intercaler 6,29 ohms, c’est-à-dire 4,47 ohms de plus qu’avant. Ces 4,47 ohms représentent la résistance des branches parallèles .vB et y B, quand ce sont des fils de résistance au lieu de lampes. Un seul des deux fils a donc la résistance double, c’est-à-dire 8,94 ohms. Ceci est la valeur de la résistance qu’il faut ajouter pour réduire le courant à la même intensité qu’il avait par suite de l’action de la force contre-électromotrice de l’arc.
- D’après la loi d’Ohm nous devons donc multiplier 8,94 ohms par 4,33 ampères, et nous trouvons que 3g volts est l’expression de la force contre-électromotrice. L’auteur lui-même n’est pas absolument certain de ce chiffre, et l’application de sa méthode ne parait pas être sans inconvénients, puisque l’ir^ régularité des sources de courants galvaniques ne
- permet pas de les remplacer par des résistances passives.
- Mais revenons maintenant à la pratique. Nous sommes à la veille d’expériences d’éclairage des trains en marche. Beaucoup de nos lecteurs se souviendront des expériences du chemin de fer du Nord entre Dammartin et Paris, avec la lampe pour locomotives de M. Sedlaczek, en 1881. MM. Sar-tiaux, Banderali et d’autres membres du jury de l’Exposition d’électricité de Paris, n’ont épargné aucune peine et aucun effort pour décider l’administration à entreprendre ces essais. Il a fallu quatre années pour que la patrie de l’inventeur se décidât à suivre l’exemple de la France, et il aurait peut-être fallu plus de temps encore s’il n’y avait pas à la tête de l’administration des chemins de fer deux hommes qui savent apprécier et récompenser les efforts honnêtes. Le ministre, le baron Pino et le président de la direction des chemins de fer de l’Etat, le baron Czedik, ont fait appliquer les appareils d’éclairage à une série de locomotives par MM. Ganzet C°, de Budapest, et le système a été introduit sur certaines lignes au Steyermark.
- La direction des chemins de fer de l’Etat hongrois va également faire l’essai de cette belle invention sur ses lignes. La Hongrie a aussi pris l’initiative avec beaucoup d’énergie dans d’autres branches de l’industrie électrique. En Transylvanie, par exemple, on se sert d’une méthode électrolytique pour l’extraction de l’or des minerais inférieurs. La théorie de cette méthode est basée sur l’opinion exprimée par Becquerel sur l’origine des mines d or. Cette théorie suppose que les veines d’or ont été formées par des actions électrochimiques, et il s’ensuit qu’il faut faire agir les mêmes forces pour extraire autant que possible tout l’or des pierres. On se sert du chlore à l’état naissant, qu’on amène au pôle positif d’un liquide électrolytique dans lequel l’or se trouve ; le chlore se combine avec l’or, tandis qu’il montre moins d’affinité pour les autres métaux de la solution, comme l’antimoine, etc. Mais il s’est produit des effets secondaires qui ont de nouveau précipité l’or mélangé avec d’autres corps. Un Américain, M. Henry R. Cassel, de New-York, a enfin réussi à se débarrasser de ces effets nuisibles qui provenaient de combinaisons de fer; il a employé de la chaux, qu’il mélangeait avec des minerais cassés et avec du sel ordinaire.
- L’acide chlorhydrique développé dans les traitements antérieurs de l’extraction de l’or se combine avec la chaux, et forme du chlorure de chaux qui est décomposé par i’eau et fournit de nouveau du chlore pour l’or. Il reste encore à l'anode de la solution du chlorure de calcium, du chlorure de sodium et du chlorure d’or avec quelque minerais non décomposés, et quand on applique un diaphragme poreux, il reste à la cathode du chlorure
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- de sodium et dè la soude hydratée. Ori emploie naturellement des machines dynamo et des appareils spéciaux pour l’extraction électrolytique de l’or.
- Une dynamo de 4500 watts demande 6 chevaux et traite 5 tonnes de minerai par jour, à raison de 12 francs. D’ici peu, on fera des expériences très importantes dans les mines d’or du Siebenbiirgen dont je vous parlerai en temps utile.
- L’éclairage électrique à Temesvar, dont vous avez déjà donné la description fonctionne toujours à merveille. Les orages ont produit des phénomènes intéressants, bien qu’on ne s’en rende pas tout à fait compte encore, mais les lampes et même les conducteurs ont dépassé l’attente : les premières ont déjà fourni 2 5oo heures d’éclairage, et l’isolation des derniers a été très satisfaisante, même par des pluies violentes.
- Il en a été de même pour notre chemin de fer électrique entre Brühl et Mœdling, qui est fortement patronné \ ar le public. Cette ligne, qui jusqu’ici, n’avait que 3 kilomètres, va être prolongée de i,5 kilomètre, et on a commandé 2 nouvelles dynamos, chacune de 3o ampères et de 5oo volts. Pour toute la ligne, on se sert de 5 dynamos avec 5oo volts et i5o ampères.
- J. Kareis.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Dirigée par B. Marinovitch
- Sur la spectroscopie par la matière radiante. Extinction mutuelle des spectres d’yttrium et de samarium, par M. William Crookes (g.
- « Il était intéressant de voir quel spectre résulterait du mélange de l’yttrium avec le samarium. Un mélange de go parties de samarine et de 10 parties d'yttria fut traité par l’acide sulfurique, calciné, puis examiné dans le tube à matière radiante. Le résultat fut aussi remarquable qu’inattendu. On ne put observer la moindre trace du spectre de l’yttrium. La matière pulvérulente devint phosphorescente avec une intensité modérée, mais le spectre fut presque le fac-similé de celui qu’aurait donné le sulfate de samarium pur : il y avait toutefois cette différence que la raie orangée linéaire, qui est à peine visible dans le spectre du sulfate de samarium pur, était devenue assez vive pour être mesurée ; elle occupe sur l’échelle des
- jÿla position 2693.
- « Jusqu’à la proportion de 48 parties de sama-
- (1) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du i5 mai 188S.
- rine contre 57 parties d’yttria, le spectre était à peu près semblable au spectre plomb-samarium. Pas une des bandes du spectre de l’yttrium ne fut aperçue et la brillante raie orangée se montra nettement dans toute la série.
- « A partir de cette proposition de samarium et d’yttrium, un changement rapide se manifesta, et avec le mélange suivant : samarine 35, yttria 65; le seul indice qu’on pût trouver du spectre du samarium fut la présence des deux faibles bandes vertes proches de la bande citron de l’yttria, et la nouvelle raie orangée qui se montrait aussi nette et aussi brillante que jamais.
- « Un changement brusque de spectre a lieu entre de très étroites limites, quand on fait varier la composition des mélanges. Le spectre d’un mélange de 44 parties de samarine et de 56 parties d’yttria n’est autre que le spectre du samarium pur, la raie orangée faisant cependant exception. Le spectre de samarine 42 et yttria 58 est composé des bandes spéciales à chacune des deux terres; tandis que le spectre de samarine 39 et yttria 61 est presque un spectre d’yttria pur.
- « Délicatesse de la réaction spectrale du samarium. — Des essais furent faits dans le but d’estimer approximativement la plus petite quantité de samarium nécessaire pour donner la réaction spectrale.
- « Avec 1 partie de samarium contre 100 parties de calcium, le spectre est très brillant, et seulement un peu moins net que celui d’un mélange à 5o pour 100.
- « Pour 1 partie de samarium contre 10000 parties de calcium, les bandes deviennent plus faibles; la seconde bande verte est sur le point de s’évanouir et le spectfe continu du sulfate de chaux devient plus brillant.
- « Si l’on prend 1 partie de samarium et 100000 parties de calcium, la bande verte n’est presque plus visible, étant masquée par le spectre continu du calcium, qui s’y superpose. La bande rouge a également presque disparu dans l’éclat plus grand de l’éclairage continu de la région rouge du spectre du calcium. La double bande orangée est encore très apparente, et l’espace noir, 2942, situé entre cette bande et le vert, est très marqué.
- « 1 partie de samarium dans 1000000 de parties de calcium donne un très faible spectre du samarium ; on ne voit plus que les bandes orangées, et avec difficulté. Le caractère le plus frappant de ce spectre est l’espace noir qui tranche encore sur une bonne part du jaune.
- « Un mélange de 1 partie de samarium et 2 5ooooo parties de calcium montre un spectre dans lequel on ne voit que des traces des bandes du samarium; la présence de ce dernier corps est seulement révélée par l’assombrissement de la région
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- jaune d’un spectre qui autrement serait continu.
- « Le spectre du sulfate de calcium pur est continu sans espaces sombres, bandes ou raies.
- « Raie anormalep — 2693. — A diverses reprises, j’ai parlé d’une raie orangée 2693 qui, par son éclat et par sa netteté, frappe les yeux dans la plupart des spectres samarium-yttrium. Avec du sulfate de samarium pur, cette raie est excessivement faible. Avec de la samarine contenant 5 pour 100 d’yttria, elle n’est que très légèrement plus brillante ; avec 10 pour 100 d’yttria elle gagne un peu ; avec 15 pour 100 elle est encore plus marquée et avec un mélange de 80 parties de samarine pour 20 parties d’yttria elle présente son intensité maxima. Cette raie continue à être le trait le plus caractéristique des spectres des divers mélanges, samarine-yttria, jusqu’à la proportion samarine 3, yttria 97 : elle commence alors à pâlir et ne s’évanouit complètement que lorsqu’on arrive a l’yttria pure.
- Il est remarquable que, aussi longtemps que cette raie brillante fait partie du spectre, les autres bandes possèdent une intensité évidemment inférieure à celle qu’elles ont dans les autres spectres de phosphorescence, qui ne contiennent pas cette raie. Plusieurs des bandes, ordinairement présentes dans les spectres de la samarine et de l’yttria, sont aussi supprimées. La profonde modification des spectres de la samarine et de l’yttria, produite par le mélange de ces terres, est, je crois, un fait sans précédent en analyse spectrale. Il est difficile de concevoir la nature de la modification qui transforme des bandes diffuses et assez faibles en une seule raie verte et brillante.
- « Une importante leçon nous est donnée par les nombreuses anomalies exposées dans le présent travail : c’est que les conclusions tirées de l’analyse spectrale per se sont sujettes à de graves causes de doute, à moins qu’à chaque pas le spectros-copiste ne donne la main au chimiste. La spectro-scopie peut nous fournir de précieux renseignements, mais la chimie doit après tout être la cour suprême d’appel. »
- Le voltamètre à eau appliqué à la mesure absolue des courants de haute intensité, par M. F. Kohlrausch.
- M. F. Kohlrausch a publié récemment dans YElektrotechnische Zeitschrift (mai i885) une étude fort intéressante sur la question de savoir si le voltamètre ordinaire à gaz détonant pouvait se prêter commodément à la mesure absolue de courants d’intensité élevée. Le voltamètre qui a servi à cette étude se trouve représenté dans la figure ci-jointe à l’échelle de 1/6. Il se compose d’un tube
- de 40 m. m. de largeur gradué en volumes de 5 c. m3 et ayant une capacité totale de 200 c. m3. Ce tube effilé à sa partie inférieure se place sur un récipient à base solide et d’une capacité de 5oo c. m3 environ. Comme dans le voltamètre de De la Rive il suffit pour remplir de liquide le tube de renverser l’appareil en ayant soin de fermer bien entendu avec un bouchon à l’émeri l’ouverture latérale. Un petit thermomètre soudé à la partie haute de l’appareil facilite les lectures de la température. Les deux électrodes en platine pénètrent dans le tube à travers des bouchons de caoutchouc. L’une de ces électrodes est constituée par une simple lame de platine de 17 m. m. de largeur et 40 m. m. de longueur, l’autre électrode, formée de deux lames qui présentent les mêmes dimen-
- sions, enveloppe la première. La distance qui sépare les électrodes est de 3 m. m. environ de part et d’autre.
- On a ainsi .une couche de liquide dont la section est de 2.17.40 ” 1 400 m. m2 et la longueur de o,oo3 m. Sa résistance est pour une solution d’acide sulfurique à 20 p. 100 dont la conductibilité rapportée à celle du mercure se trouve être 0,00006.
- Q>oo3 _ 1 ,T „ _ 1 ,
- 1400.0,00006 ' 28 L • — 3o 0hm'
- Un courant de 3o ampères développe donc par unité de temps la quantité de chaleur
- 0,24.3oa ~ = 7,2 calories gr.
- Il faut environ 3o secondes pour dégager 200 centimètres cubes de gaz, ce qui donne une quantité de chaleur égale à
- 3o . 7,2 = 220 calories gr.
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- L’élévation de température, étant donnée la niasse liquide au sein de laquelle s’élèvent les bulles gazeuses, qui en résulte est de i° environ.
- Une élévation de température plus considérable aux électrodes mêmes ne peut être qu’avantageuse, car on sait que lès pertes de gaz diminuent à mesure que la température augmente.
- La solution employée par M. Kohlrausch est une solution d’acide sulfurique à 20 0/0 (poids spécifique = 1,14) dont la conductibilité est à 10 0/0 près la conductibilité maxima. La solution à 31 0/0 est celle qui conduit le mieux. Mais les avantages résultant d’une meilleure conductibilité sont moindres que les inconvénients que présentent les solutions trop acides.
- Réduction au volume de gaz mesuré à Vintensité du courant. — Les volumes observés doivent être corrigés relativement à la température et à la pression. Pour obtenir dans les mesures une approximation de 1 0/0, il faut connaître les températures à i° près, et les pressions à 4 millimètres de hauteur de mercure près.
- Soit b la pression atmosphérique au moment de l’observation. Cette pression doit être diminuée de la colonne de liquide soulevée. * Si h est la différence de niveau exprimée en millimètres, la pression réduite p sera évidemment égale à
- les poids spécifiques de la solution employée et du mercure étant respectivement représentés par les nombres 1,14 et i3,6, ce qui donne plus simplement
- La pression p est celle qu’exerce le gaz humide. Si l'on veut connaître la pression qu’exerce sous le même volume le gaz sec, il faut retrancher de p la pression de la vapeur d’eau au-dessus de la solution étendue. Avec une solution acide de 20 0/0, la force élastique de la vapeur d’eau est les 88 centièmes de ce qu’elle serait pour l’eau pure.
- Si donc nous désignons par e la force élastique de la vapeur d’eau (prise dans une table quelconque) exprimée en millimètres à la température t de l’expérience, par v le volume de gaz observé et par v0 le volume réduit à o° et à la pression de 760““, on a
- v p — 0,88e
- v° 1+o,oo3t>7760
- Comme 1 centimètre cube à o° et 760““, libéré par seconde, correspond à une intensité de courant de 5,75 ampères, il faudra diviser r0, par le nombre de secondes qu’a duré l’expérience, et multiplier le quotient ainsi obtenu par le nombre 5,75.
- Si l’on pose t — 26°,p = 726““, on ae=i7,5““ ce qui donne
- p — 0.88e 1 1
- 1+0,oo36776o"-i,i5o’
- d’où
- 5,75 _ q 1,i5o
- On peut donc dire, d’une façon suffisamment approchée, que dans les conditions de pression et de température moyennes :
- Le courant de 1 ampère dégage dans une se conde ^ de centimètre de gaz détonant, ou bien encore :
- Le nombre de centimètres cubes libérés en une seconde, multiplié par 5 donne l'intensité exprimée en ampères.
- Mais comme la simple application de cette règle peut conduire à des erreurs qui, dans le cas le plus défavorable, atteignent 10 °/0, M. Kohlrausch donne le tableau suivant, qui indique pour une pression p et une température t les millièmes de centimètres cubes dont il faut augmenter ou diminuer chaque centimètre cube lu, pour ramener le volume aux conditions dans lesquelles la règle précédente est exacte :
- / p= /OO 710 720 j3o 74° 75o 760
- m. m. m. m. m. m. m. m. m. m. m. m. m. m.
- IO° . . . + 9 24 38 53 68 82 97
- 11.. . . + 5 19 33 43 63 78 q3
- 12. . . . + i ï5 29 44 59 73 88
- i3. . — 4 + 10 24 39 54 69 83
- 14. . . — 8 + 6 20 35 49 64 78
- i5. . . . — 13 + 2 16 3o 44 59 73
- l6. . . . 17 — 3 4- h 26 40 54 68
- 17- • . • — 22 — 7 4- 7 21 35 49 63
- 18. . . . — 2Ô — 12 + 2 16 3o 45 59
- 19. • • • - 3i — 17 — 3 4- u 2Ô 40 54
- 20. . . - — 35 — 21 — 7 + 7 21 35 49
- 21. . . . — 40 — 2Ô — 12 + 2 l6 3o 44
- 22* . . . — 44 — 3i — 17 — 3 4- 11 25 39
- 23. . . . — 49 — 35 — 22 - 8 + 6 20 34
- 24 - 54 — 40 — 26 — 12 + 1 i5 H- 29
- 25. . . . — 58 - 45 — 31 - 17 — 4 + 10 + 24
- Un exemple fera bien comprendre la façon de se
- servir de ce tableau :
- Hauteur barométrique.................. 754““
- Hauteur de la solution acide........... H2mm
- P — 7S4 ~ • ...........= 745““
- Température/....................... 17.8°
- Volume de gaz observé.............. 198,0 c. m3
- Correction qabl.) +0,038.198.......=4-7,5
- Volume réduit...................... 205,5 c. m3
- Durée de l’expérience.................. 39,0 secondes
- Volume dégagé par seconde 5,27 c. m3
- 39,0
- Intensité 5 X 5,27..................... 26,3 ampères
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- Pour se rendre compte de la précision des résultats ainsi obtenus, M. Kohlrausch a effectué une série de mesures comparatives avec un voltamètre à cuivre, d’abord, puis avec une boussole des tangentes. Sans entrer dans le détail de ces mesures, nous nous bornerons à rappeler que dans l’un ou l’autre cas, les indications du voltamètre furent trouvées un peu trop faibles, comme il fallait d’ailleurs s’y attendre.
- ' Mais ces différences sont excessivement petites et ne dépassent pas, comme ordre de grandeur, les erreurs d’observation, en sorte que l’on est admis à conclure, avec M. Kohlrausch, que l’appareil précédemment décrit peut être un excellent instrument de mesure, commode surtout pour les étalonnages, lorsqu’on a affaire à des courants dont l’intensité est comprise entre 3 et 3o, ou même 5o ampères.
- M.
- Lunette monochromatique et ses applications à la photométrio, par Lord Rayleigh (’).
- Le but de cet instrument est de montrer les objets extérieurs tels qu’on les verrait soit à l’œil nu, soit à travers une lunette s’ils étaient éclairés par une lumière sensiblement monochrome. La lunette de lord Rayleigh remplira donc, mais d’une manière bien plus parfaite le même office qu’un verre coloré.
- La disposition n’en est pas nouvelle. L’auteur ‘lui-même en a fait usage en 1870 au cours de ses études sur l’absorption ; et Maxwell l’avait déjà adoptée antérieurement.
- En réalité tout l’instrument n’est qu’une légère modification de la boîte imaginée par Maxwell pour l’étude des couleurs.
- On sait que dans cet appareil, la lumière blanche qui pénètre à l’intérieur de la boîte par une fente étroite, traverse la lentille d’un collimateur. O11 a ainsi un faisceau de rayons parallèles que l’on réfracte au moyen de prismes en flint-glass, et que l’on fait ensuite converger sur un écran, où l’on obtient un spectre très pur. L’écran est percé d’une deuxième fente, derrière laquelle l’observateur met son œil.
- Il est évident que la lumière qui sort par cette fente sera sensiblement monochrome, de telle sorte qu’en plaçant l’œil convenablement on verra le prisme éclairé par exemple par une lumière rouge ou bleue suivant la position de la fente.
- Pour transformer l’appareil que nous venons de décrire en une lunette monochromatique, il suffira de disposer tout contre la première fente une lentille qui produise à la distance de la vision distincte des images réelles des objets extérieurs.
- (>) Philosophical Magazine, juin i885, p. 446.
- On peut si l’on veut adapter à la deuxième fente, une lentille supplémentaire servant d’oculaire, mais cela n’est généralement pas nécessaire.
- Dans sa lunette lord Rayleigh fait usage d’un prisme à vision directe de manière à pouvoir disposer toutes les pièces optiques dans un étui étroit d’environ un mètre de long. Les lentilles employées sont toutes des lentilles simples. Les fentes ont une épaisseur telle ,que l’une quelconque d’entre elles coïncide avec l’image de l’autre ; leur position relative a été prise de manière que la réfrangibilité moyenne de la lumière perçue fût celle qui correspond au sodium. Les objets vus à travers l’instrument paraissent donc être éclairés par une flamme de sodium.
- Le but principal que poursuivait l’auteur en construisant sa lunette, était de vérifier s’il ne pourrait pas s’en servir pour la comparaison de lumières composées, ayant des colorations diverses. Ce problème est à l’ordre du jour par suite de la difficulté qu’on rencontre à évaluer la valeur photométrique de la lumière électrique.
- Il est à peine nécessaire de faire remarquer qu’une comparaison semblable ne serait rigoureuse qu’autant qu’on l’étendrait à toutes les lumières simples, prises isolément, dont la réunion constitue la lumière complexe qu’il s’agit d’analyser. Pourtant au point de vue commercial une mesure aussi complète entraînerait des complications considérables et serait, à vrai dire, inutile.
- Il serait certainement suffisant pour les besoins ordinaires de faire deux lectures en deux points différents du spectre, ainsi que l’a proposé le capitaine Abney. Lord Rayleigh pense même que les personnes qui s’occupent pratiquement de lumière, se contenteraient de la lecture en un seul point, à cause de la grande commodité qui résulte de l’emploi d’un seul chiffre pour définir la valeur lumineuse d’un foyer donné.
- Suivant lui, il serait désirable qu’on arrivât à bref délai à faire une convention d’après laquelle deux lumières seraient considérées comme équivalentes au point de vue commercial, si elles renfermaient, par exemple, la même quantité de lumière de sodium ou de thallium.
- On sous-entendrait que les autres éléments du spectre seraient supposés varier dans la même proportion que l’élément pris pour terme de comparaison.
- Remarquons, d’ailleurs, que la lumière dite du sodium serait un mauvais étalon, parce que les rayons correspondants dominent souvent dans les bougies par suite de la présence réelle de sodium.
- Quel que soit le choix auquel on s’arrête, la lunette monochromatique pourra toujours être utilisée.
- Lord Rayleigh a fait des essais de mesures photométriques avec la méthode des ombres. Il a
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- trouvé qu’elle se prêtait bien à la comparaison des foyers intenses, fussent-ils très dissemblables en couleur.
- La seule difficulté qu’il ait rencontrée provenait de l’affaiblissement du pouvoir éclairant qui résulte nécessairement du fait même de la sélection de certains rayons; cet inconvénient ferait exclure les bougies comme termes de comparaison ; mais les becs de gaz et les lampes à incandescence en sont exempts.
- Production de courants alternatifs au moyen de machines à courants continus, par MM. Frow-bridge et H. V. Hayes.
- On a souvent besoin de faire usage de courants alternatifs pour certains travaux; par exemple quand on veut obtenir de très hautes tensions au moyen de la bobine de Ruhmkorff pour étudier les stratifications dans les tubes de Geissler. Lorsqu’on ne dispose que d’une machine à courants continus, on est obligé d’avoir recours à des dispositifs spéciaux.
- MM. Frowbridge et Hayes en ont imaginé un
- dont nous empruntons la description au Journal américain de Silliman du mois de mai.
- Si la dynamo dont on veut faire usage ne s’ex cite pas en dérivation on commence par la munir d’un shunt de résistance convenable.
- Les auteurs faisaient usage pour cela d’un mince ruban d’acier mesurant i,5um. de large sur o.oimm d’épaisseur. Les deux bouts libres du circuit principal étaient alors reliés à deux lames a et a’ d’un collecteur à quatre lames I, monté sur un arbre fixe A. Des segments a a', le courant de la machine passera aux deux autres segments b b', des collecteurs auxquels sont rattachées les extrémités du circuit primaire de la bobine de Ruhmkorff.
- Le passage des lames a a' aux lames b b', se fait par l’intermédiaire de quatre balais fixés sur la face D d’un plateau C et reliés deux à deux comme l’indique la figure. Le plateau C est monté sur un arbre commandé par une poulie B. Lorsque l’on fera tourner le plateau C le courant changera quatre fois de sens à chaque tour dans le circuit qui aboutit en b b'. — Les auteurs ont obtenu jusqu’à trois mille inversions par minute.
- Leur appareil se prêtait parfaitement à l’étude des notes musicales produites dans les électro-
- aimants par des inversions rapides de courants, ainsi qu’à celle de phénomènes calorifiques qui prennent naissance dans les mêmes conditions.
- Application de procédés photographiques aux mesures électriques.
- MM. J. Frowbridge et H.-V. Hayes décrivent, dans \& Journal américain de Silliman, une méthode photographique imaginée par eux pour enregistrer d’une manière continue les variations de f. e. m. d’une pile.
- Le courant de la pile traverse une boussole des tangentes d’un petit nombre despires dont l’aiguille est munie d’un miroir.
- Ce miroir recueille les rayons d’un bec de gaz filtrant à travers une fente verticale, pratiquée dans un écran et les reflète sur un papier sensible placé à l’intérieur d’une chambre noire.
- L’ouverture de la chambre est une fente hori-
- FIG. I ET 2
- zontale dont l’intersection avec la raie verticale de l’écran ne produit qu’un point lumineux. Le papier photographique est tendu sur un cadre à coulisse dont le déplacement uniforme de haut en bas est obtenu au moyen d’une ficelle enroulée sur un petit tambour, monté lui-même sur un mouvement d’horlogerie. Un miroir concave fixe disposé tout près de l’aiguille du galvanomètre réfléchit aussi une portion de la raie verticale de l’écran.
- Il est réglé de manière que son image et celle du miroir mobile se confondent lorsque l’aiguille est au zéro.
- On voit immédiatement que le rayon provenant du miroir fixe décrit une droite que les auteurs prennent pour l’arc des x, tandis que le rayon réfléchi par le miroir mobile décrira une courbe dont les ordonnées mesureront à chaque instant l’intensité du courant qui traverse le galvanomètre.
- La figure i représente le diagramme donné par une forme modifiée de la pile Trouvé.
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- L’expérience a duré trente minutes avec une résistance extérieure de 5 ohms.
- Le commencement de la courbe indique l’intensité du courant au moment de la fermeture du circuit; on remarquera que l'intensité «n’a atteint son maximum qu’au bout de dix à douze minutes. A partir de ce moment, elle a été en décroissant.
- La figure 2 est le diagramme correspondant à une résistance extérieure de 10 ohms. Dans ces conditions, on obtient au moment de la fermeture un courant énergique qui, pendant les cinq premières minutes, tombe rapidement à environ un sixième de sa valeur primitive.
- Connaissant la distance du galvanomètre au papier sensible, on procédera comme avec une échelle de galvanomètre ordinaire pour déduire d’une ordonnée la valeur correspondante de l'intensité.
- En se servant des deux diagrammes, on saura déterminer la force électromotrice de la pile au moyen de la loi d’ohm, en prenant les intensités correspondant à l’instant de la fermeture. Connaissant alors la force électromotrice, l’intensité et la résistance extérieure, on en déduira la résistance intérieure.
- Cette résistance ne sera celle du liquide contenu dans la pile qu’au moment de la fermeture, car aussitôt après les variations de force électromotrice dues à la polarisation et les changements de résistance provenant de l’action électrolytique seront autant de causes d’erreur qui s’ajouteront.
- Pourtant, comme les variations de force électro-motrice produites par la polarisation sont infiniment plus rapides que les changements de résistance, on ne commettra qu’une faible erreur en comparant des points très rapprochés dans les parties de la courbe où les variations d’intensité sont les plus considérables. Pendant la fraction de minute sur laquelle on opérera ainsi, les variations de résistance sont entièrement négligeables.
- Les figures que nous reproduisons ont été choisies parmi beaucoup d’autres pour montrer à quelles variations considérables certaines piles sont sujettes, et pour faire ressortir par suite l’utilité d’une méthode permettant de les contrôler.
- On pourra étudier, d’après ces diagrammes, les variations de force électromotrice et de résistance intérieure en opérant sur différentes résistances extérieures.
- Il est évident que la même méthode s’applique à l’observation des oscillations de l’aiguille d’un galvanomètre à fil court, pour l’étude de réchauffement graduel d’une pile thermo-électrique.
- On pourrait ainsi étudier la propagation de la chaleur à l’intérieur d’un bain.
- NÉCROLOGIE
- La mort depuis quelque temps semble faire choix de victimes illustres et frappe un peu partout ceux qui mériteraient le plus d’être épargnés.
- En Angleterre, le monde des électriciens a été, au cours de ces dernières années, particulièrement éprouvé; après la mort de MM. Siemens, Varley, Sabine, c’est aujourd’hui celle de M. Fleeming Jenkin que nous avons à enregistrer. Comme nous l’annoncions dans notre dernier numéro, M. Fleeming Jenkin est mort subitement par suite de la rupture d’un anévrisme, le 12 juin dernier à Edimbourg. Fils unique de Charles Jenkin, capitaine dans la mâtine anglaise, il était né en 1833 à Stowton Court, dans le comté de Kent. Son instruction se fit principalement à l’étranger ; après avoir commencé ses études dans les écoles de Jedbourg et d’Edimbourg, il les continua à Francfort-sur-le-Mein d’abord, puis à Paris où il fut témoin de la Révolution de 1848 et enfin à Gènes : c’est dans cette dernière ville qu’il obtint le diplôme de bachelier ès arts.
- Marseille fut le théâtre de ses débuts dans la Vie pratique ; il prit dans cette ville un emploi dans des ateliers de construction de locomotives, emploi qu’il quitta bientôt pour entrer comme ingénieur libre dans la maison Fairbairn, à Manchester.
- Son séjour prolongé dans les différents pays du continent lui avait permis de posséder parfaitement les principales langues modernes et cette connaissance favorisa plus tard sa nomination comme membre des jurys de plusieurs expositions internationales.
- La carrière d’électricien de Fleeming Jenkin ne commence qu’en 1867, époque à laquelle il s’occupa de la fabrication et de la vérification du premier câble transatlantique : — ce-fut également le point de départ de -son association avec sir William Thomson. En 1859, il fut choisi comme expert par la commission royale sur la télégraphie sous-marine, et c’est de cette époque que datent ses premiers écrits sur l’électricité. Six ans plus tard on lui confia la chaire de génie civil à YUniversity College de Londres, et en 1868 il fut appelé aux mêmes fonctions à l’université d’Edimbourg.
- En collaboration avec sir William Thomson, il est l’auteur de plusieurs inventions relatives à la télégraphie sous-marine; mais son nom restera surtout attaché au système de telphérage électrique qu’il a imaginé.
- Parmi les ouvrages qu’il laisse, le plus répandu est son « Traité sur le magnétisme et l’électricité ».
- Le professeur Jenkin faisait depuis i865 partie de la Royal Society.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Directeur,
- Permettez-moi de remercier publiquement M. Decharme de la très bienveillante critique qu’il a adressée au journal, à propos de notre lettre à M. le professeur Clausius.
- M. Decharme a, mieux que nous-même, défini notre pensée quand il dit que c’est seulement la précision qui a, jusqu’à présent, manqué aux mesures atomiques. Avant d’aborder les très approximatives données scientifiques sur les dimensions et les distances atomiques, nous attendrons que M. Clausius ait répondu, comme c’est son droit et notre espoir, à notre lettre ; nous comptons même bien qu’il nous parlera de ses propres travaux sur cette intéressante question des atomes.
- Voici ce que j’avais à dire en nom collectif. En mon nom personnel, je remercie particulièrement M. Decharme d’avoir rappelé le nom et les travaux de Marc-Antoine Gaudin, l’architecte des atomes, un savant trop peu connu et dont la mort a été presque inaperçue; en attendant que la postérité lui dresse une statue, je veux essayer d’esquisser e portrait d’un homme dont je m’honore grandement d’avoir été l’ami.
- Quand je le vis pour la première fois, il y a une vingtaine d’années, il avait déjà la barbe et les cheveux gris; malgré les grossières lunettes au-dessus desquelles brillait un regard jeune, un peintre religieux l’eût volontiers prié de servir de modèle pour figurer un des apôtres, et même, sur les dernières années de sa vie, on eût pu, d’après lui, peindre le Tout-Puissant prononçant le Fiat lux.
- Son gagne-pain officiel était un emploi do calculateur du Bureau des Longitudes, mais poury ajouter un peu de nourriture plus substantielle, il inventait de temps à autre un jouet scientifique; une de ses meilleures inventions en ce genre avait été son microscope à quarante sous, délices de mon enfance; le microscope Gaudin, paru vers 184g, se composait d’un petit baril en gutta-percha, défoncé des deux bouts, que je dessine de souvenir, et qui avait tout au plus le diamètre d’un bouchon ordinaire.
- Le baril portait deux fentes disposées de façon à maintenir dans le centre du fût et dans un plan perpendiculaire à l’axe les deux petites lames de verre entre lesquelles nous placions la goutte de vinaigre ensoleillé ou d’eau pourrie dont nous étions curieux d’apercevoir les vibrions.
- Dans un des bouts du baril glissait à frottement un œilleton en cuivre embouti, portant au centre une lentille sphérique de la grosseur d’une petite tête d’épingle, et c’était tout. Dam! pour 2 francs, boîte et port compris, avouez que ce n’était pas cher, d’autant plus que cette Joupe, grâce
- à l’exiguïté de son foyèr principal, donnait un grossissement merveilleux et comparable à celui des microscopes ordinaires de 5o ou ïoo francs. Gaudin fabriquait lui-même ses lentilles, qui étaient de simples gouttelettes de cristal de roche fondu au chalumeau oxhydrique.
- Que ne s’est-il contenté d’inventer son microscope, pensait son frère, négociant positif qui avait acquis une grande fortune dans l’exportation des stéréoscopes et fondé un petit journal qui s’appelait La Lumière, dont notre Gaudin, à nous, était le principal et presque unique rédacteur.
- Son microscope fut sa seule spéculation heureuse, financièrement parlan*; ce fut celle à laquelle, naturellement, il attacha la moindre importance.
- Scrutateur passionné des secrets de la nature, à la manière des savants du quinzième siècle, il rêvait de retrouver et de reproduire les phénomènes qui ont ac:ompagné la cristallisation du carbone, et que lui importaient dès lors les quelques cent mille francs qu’eût pu lui rapporter son microscope; c’était à des centaines de millions que se fût élevée sa fortune; il l’eût consacrée au bien-être de sa femme et de ses nombreux enfants pour une part, et à ses chères expériences pour le reste. S’il n’a pas réussi à faire un seul diamant, les rubis qu’il fabriqua dans son petit laboratoire sont innombrables; comme couleur, ils étaient comparables à ceux qu’Ebelmen produisit dans les fours de la manufacture de Sèvres; comme composition et comme pureté cristalline, ils étaient équivalents aux plus beaux échantillons de la haute joaillerie ; comme dureté, c’était identique. Malheureusement leurs dimensions étaient presque atomiques, et il fallait un microscope puissant pour les apprécier; tout au plus pouvait-on les utiliser à polir les pierres précieuses; leur valeur commerciale était insignifiante.
- Un jour, il me montra un petit tube de verre analogue à ceux qu’on emploie dans les pharmacies homœpathiques ; ce tube était à moitié plein d’une poudre rose étincelante :
- « Ce sont des rubis, me dit-il avec orgueil, il y en a là-dedans trois millions ; ah ! que je voudrais, s’il n’était pas si tard, vous les montrer au microscope », et sa main nerveuse faisait le geste qui accompagne la mise au point de l’instrument, « vous verriez comme ils sont parfaits de forme et d’éclat. » Un sourd-muet eût compris Gaudin, sourd lui même, et habitué à mimer tout ce qu’il racontait.
- Je les ai fait voir à Fremy, ajouta-t-il (il parlait naturellement du plus éloquent et du plus aimable des chimistes français), Fremy m’a dit : « Us sont très bien, vos rubis; malheureusement, il y en a trois millions de trop », et il était presque joyeux, le brave Gaudin, du bon mot de son pseudo-collègue, car nul ne contestera un jour que le soixante et unième fauteuil était dû à l’architecte du monde des atomes; il eût suffi de créer à l’Iustitut la section des sciences ultra-classiques; Gaudin, le dernier survivant de la grande race des alchimistes, y avait sa place toute marquée. Un jour pourtant l’Académie lui décerna le prix Thénard, mais il était de ceux qu’on oublie toujours de décorer, les ministres de l’instruction publique étant, grâce à la politique, renouvelés si souvent, qu’on leur laisse à peine le temps de s’instruire.
- Gaudin eut, par coutre, beaucoup d’amis parmi les savants. Le Verrier, son patron, peu tendre en générai vis-à-vis de ses subordonnés, le laissait toucher ses appointements, quoi qu’il fût plus qu’inexact à son bureau.
- Giffard, que son injecteur avait rendu millionnaire, et qui par tempérament était un grand seigneur, lui glissait discrètement de temps à autre quelques billets de i 000 fr.
- M. Desmazures, le grand chimiste expert, qu’il me pardonne cette indiscrétion, faisait de même, mais Gaudin était un bourreau d’argent. II y a une vingtaine d’années, il me montra les notes de son livre sur les atomes pour lequel il ne trouvait pas d’éditeur; c’était le travail de vingt-cinq ans, mais combien peu de lecteurs s’intéressent à ces recherches de l’absolu !
- En fils d’éditeur que j’étais, je lui conseillai de coramen-
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- cer par recueillir des souscriptions à son futur traité descriptif du monde des atomes, et en tête de sa liste j'inscrivis pieusement mon nom.
- Je ne dus pas avoir beaucoup d'imitateurs et je désespérais du succès des efforts de Gaudin quand un beau jour, j’appris que mon très honoré collègue et ami Gauthier-Vil-lars, qui avait été ingénieur, et tout en devenant éditeur était devenu un savant, faisait bravement la folie de publier « l’architecture des atomes,» sans souscription préalable. Je courus lui en faire mon compliment de condoléance, et soucieux de tenir ma promesse d’encouragement à l’auteur, je fis au livre une chaleureuse réclame verbale n’ayant à cette époque l’honneur d’appartenir à la rédaction d’aucun journal. Je remercie donc aujourd’hui chaleureusement M. Decharme de m’avoir procuré, par sa critique, l’occasion de réparer un peu, moi aussi, l’ingratitude de notre époque envers celui que trop familièrement on appelait le Père Gaudin.
- Il vécut pauvre au milieu de ses enfants, qui paraissaient fort instruits et admirablement élevés. Que de fois il a dû rogner sur leur nécessaire au bénéfice d’une nouvelle expérience qui, dans son esprit, les eût rendus plus riches que tous les nababs de l’Orient ! Je sais plus d’un millionnaire bien plus à plaindre que lui. Je livre à laposterité le titre de l’œuvre qui devait faire suite à « l’architecture des atomes» et dont les notes existent peut-être. Cela devait s’appeler Histoire d'un grain de poussière ou le monde tel qu'il est. (Avis aux éditeurs.)
- Iules Bourdin.
- Paris, le i? juin i835. Monsieur le Directeur,
- M. Paolo Meardi, ingénieur électricien à Turin, vient, à la suite de notre première série d’articles sur les appareils de Block-System, de nous adresser la description d’un sys-
- F1G. I
- la pile P, les deux batteries sont montées en tension et le courant circulera dans le sens de la flèche (fig. 2); au contraire, en manœuvrant le commutateur inverseur B B', le courant circulera eu sens inverse (fig. 3).
- Les commutateurs sont installés à chaque extrémité d’une
- +
- A
- L
- -B-
- FIG. 3
- section XY (fig. 5), sur un axe E (fig. 4), qui porte une rouo munie de deux buttoirs O O' et de deux chevilles CC' qui fait basculer le levier L en appliquant son armature contre la bobine B. Les quatre contacts du commutateur sont in -diqués en 1, 2, 3, 4, à la figure 5 et la bobine B en b.
- Quand un train arrive à l’entrée de la section, au poste X
- tème exposé par lui à Turin en 1884, dans la section d’électricité, et auquel le jury des récompenses a décerné une Émention honorable.
- Voici sommairement en quoi consiste ce dispositif :
- Soit un circuit (fig. 1) dont les deux piles P, P', de force
- fig. 2
- électromotrice presque égale, sont montées en opposition, et ne donnent lieu à la production d’aucun courant. Si un commutateur inverseur A A' permet de renverser les pôles de
- il trouve la voie fermée. Pour effacer le signal, le guide doit tourner une manivelle montée sur l’axe E (figfc 4); or ce mouvement de rotation n’est possible que quand les buttoirs O O' ne sont pas arrêtés par le levier L, c’est-à-dire quand la bobine B exerce une attraction (pour le premier)? une répulsion (pour le second) sur l’armature du levier L
- L
- x b _c d e f a Y
- FIG. 5
- c’est-à-dire quand les piles sont montées en opposition ou en tension par la manœuvre des commutateurs.
- Dès que le signal X est à voie libre, des interrupteurs automatiques échelonnés sur la ligne, par exemple aux pas.-sages à niveau, rendent impossible la manœuvre du signal
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Y tant que le train est dans la section, et par conséquent l’appareil est applicable aux lignes à voie unique sur lesquelles on ne doit pas engager deux trains en sens contraire.
- Ce système, comme on le voit, contient les éléments d'une solution complète du Block System; mais tel qu'il est étudié j usqu’à présent, on ne peut le considérer que comme le rudiment théorique d’un appareil applicable à une exploitation de chemin de fer. Il faudrait, pour prononcer un jugement définitif sur sa valeur, connaître les détails de l’installation du signal d’ariét, qui est laissé dans le vague, ainsi que la disposition exacte des interrupteurs automatiques, dont il a été question. C’est pourquoi nous n’avons pas cru devoir le comprendre dans la description des appareils de Block and Interlocking, dont nous donnerons prochainement la suite dans les colonnes de ce journal.
- Veuillez agréer, etc.
- M. Cossmann.
- FAITS DIVERS
- M. Tresca, membre de l’Académie des sciences, est décédé dans la soirée du 21 courant.
- En 1872, au mois d’août, une commission dont faisaient partie MM. Tresca et Laboulaye, fut chargée par M. le ministre du commerce de fixer les conditions nouvelles pour la publication des brevets.
- Cette commission reconnut que la publication des brevets était en retard de dix ans, si bien que, en 1871, on en était encore à publier les brevets pris en 1860.
- Pour remédier à ce fâcheux état de choses, il fut décidé que la publication serait poursuivie suivant deux directions :
- i° Chaque année, on publierait une année des brevets arriérés, de façon à combler la lacune au bout de dix ans;
- 20 En même temps ou publierait une année des brevets plus récents, pris, ainsi que l’exige la Joi, à deux ans de date.
- D’après ce système, on devait publier:
- En 18*73, les brevets pris en 1861 et ceux pris en 1871 ;
- En 1874, *es brevets pris en 1862, et ceux pris en 1872, et ainsi de suite, si bien que, au bout de dix ans, on publierait :
- En i883, les brevets pris en 1870 et ceux pris en 1880.
- Des retards dus à des difficultés budgétaires ont modifié quelque peu l’exécution de ce programme, si bien que ce n’est qu’en i885 que l’on a terminé la publication des brevets pris en 1870. Ma:s enfin, cetie publication qui finit avec e CXVIG volume remis aujourd’hui à la Société est complètement achevée, et la lacune signalée par la commission citée plus haut est maintenant comblée.
- Pour arriver à ce résultat, il n’a pas fallu publier moins de trente-neuf gros volumes. En même temps la publication des années courantes (de 1871 à 1880) remplissait cinquante-sept volumes aussi forts.
- Le nombre des brevets pris annuellement ayant presque doublé en dix ans, les prévisions au point de vue typographique comme au point de vue des frais de publication se sont trouvées insuffisantes. Si bien que, au moment actuel (i885;, en publie encore les brevets pris en 1880; mais la lacune de trois ans qui reste momentanément ouverte sera conîblée à son tour, et tout fait espérer que sous peu la publication sera remise au pair.
- Dans sa séance du mois de janvier 1886, la Société industrielle du Nord de la France décernera des récompenses
- I aux auteurs qui auront répondu d’une manière satisfaisante aux questions suivantes : Etude complète des applications industrielles de l’électricité soit au transport de la force, soit à la production de la lumière. Etude de la meilleure machine à vapeur à grande vitesse pouvant commander directement les dynamos. Etude sur les applications des appareils téléphoniques.
- On vient d’appliquer l’électricité à couper des tubes en verre, surtout ceux d’un gros diamètre qui sont assez difficiles à couper autrement. Un fil de fer d’un demi-millimètre de diamètre est enroulé autour du tube à l’endroit où l’on désire le couper, les extrémités de ce fil sont reliées par des conducteurs en cuivre du même diamètre à une pile puissante ou à tout autre générateur d’électricité. Le passage du courant chauffe le fil de fer, et il suffit de le refroidir subitement avec quelques gouttes d’eau pour obtenir une coupure nette. On a pu couper des tubes d’un diamètre de 4 pouces de cette manière.
- La seule installation du transport de la force à l’Exposition d’Anvers a été faite par M. Amette pour la taille des diamants. Une disposition spéciale des dynamos donne, ù ce qu’il paraît, d’excellents résultats. D’ici peu de jours, M. Amette appliquera les accumulateurs du système Ginis, sur lesquels il fonde de grandes espérances. II sera assisté dans cette expérience par l’inventeur lui-même.
- Une voie spéciale à triple rail a été établie à Anvers depuis la gare jusqu’à l’Exposition, et servira au concours international de traction mécanique. Parmi les voitures qui y prendront part se trouve aussi un tramway électrique construit par la Compagnie belge-hoîlandaise d’électricité de Bruxelles.
- Un bâtiment magnifique va être constru t à Zurich, au prix de 1 million de francs. Le rez-de-chausséc servirait de salle de conférence sur des sujets électriques.
- La Société Industrielle Franco-Italienne, de Milan, a récemment fait des essais très réussis d’un nouveau bateau électrique sur le lac Majeur, près de Meina.
- La Society of Arts de Londres vient de décerner la médaille d’argent à M. H.-W. Preece pour sa brochure sur l’éclairage électrique aux Etats-Unis.
- Voici, d’après YElectrical Review de Londres, la liste des questions préparées pour l’examen technologique de cette année au City and Guilds of London Institute.
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE ET TRANSMISSION DE LA FORCE.
- DEGRÉ ORDINAIRE
- 1. Expliquez exactement ce qu’on veut exprimer en disant que la résistance électrique d’un fil donné est constante pour la même température et indépendante de l’intensité du courant qui traverse le fil.
- 2. Un fil est traversé par un courant. Indiquez les modifications qui auront lieu pour une diminution graduelle de la longueur du fil: i°dans l’intensité du courant; 2°dans la différencs de potentiels aux bornes de la pile; 3° dans la force électromotrice de cette dernière.
- 3. Donnez la définition complète d’un ohm, d’un volt et d’un ampère. Quelle intensité de courant enverront i5 élé-
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- ments, d’une force électromotrice de 1,07 volt et d’une résistance intérieure de 0,7 ohm chaque, à travers un électro-aimant d’une résistance de 28 ohms, mis en dérivation sur un fil d’une résistance de 7 ohms?
- 4. Pourquoi est-il nécessairement plus coûteux de produire une certaine quantité de lumière avec des lampes à incandescence telles qu’on les fabrique aujourd’hui qu’avec des foyers à arc ?
- 5. Donnez la description et le croquis d’une forme quelconque de lampe à arc avec un appareil automatique pour maintenir l’arc d’une longueur déterminée.
- 6. Quel est le sens du mot Compound appliqué aux dynamos? Donnez la description avec croquis d’une machine à enroulement Compound.
- 7. Donnez la description et le croquis d’une forme commerciale d’un instrument pour la mesure des courants puissants. Quelles sont les conditions que doit «remplir un appareil de ce genre.
- 8. Des lampes à incandescence Edison demandant une différence de potentiel de 108 volts et 0,72 ampère chacune doivent être alimentées par des accumulateurs dont chaque élément a une force électromotrice de 2,1 volts et une résistance de 0,0017 ohm. Quel est le nombre minimum de ces accumulateurs en série qu’il faut pour alimenter 200 lampes de ce genre montées en dérivation.
- 9. Expliquez avec des croquis les appareils et la manière de les disposer pour mesurer le rendement d’une lampe à arc. Donnez un exemple du résultat que vous pensez obtenir.
- 10. Pourquoi ne peut-on pas renverser la rotation d’un moteur électrique en renversant la direction du courant qui le traverse? Donnez une description détaillée des méthodes par lesquelles le sens de la rotation peut être renversé.
- w. Pourquoi se sert-on de galvanomètres à faible résistance pour mesurer des courants puissants, tandis qu’on emploie des galvanomètres à haute résistance pour mesurer les grandes différences de potentiels. Si on remplace un galvanomètre à haute résistance disposé pour mesurer la différence de potentiels entre deux points A et B d’un circuit électrique par un autre à faible résistance sans faire d’autres changements, quelles seraient alors les fonctions du galvanomètre à faible résistance ?
- 12. Qu’entend-on par le calage des balais d’une dynamo? Expliquez pourquoi il se produit des étincelles aux balais si le calage est mal fait ?
- 13. Expliquez avec la courbe caractéristique de la dynamo en question pourquoi la différence de potentiels aux bornes d’une dynamo en série marchant à une vitesse constante, augmente d’abord et diminue ensuite si la résistance extérieure est d’abord grande et ensuite graduellement diminuée.
- 14. Décrivez au moyen de croquis détaillés la manière de construire et de grouper: 1° une dynamo excitée à part; 2° une dynamo en série, et 3° en dérivation.
- 15. Donnez la définition d’un watt. Donnez le dessin d’un watt-mètre.
- DEGRÉ SUPÉRIEUR
- 1. Donnez la description avec croquis de la manière de construire et de relier les fils dans un moteur électrique à courants alternatifs.
- 2. Quelle est la meilleure manière de coupler ensemble deux générateurs à courants alternatifs de manière que les courants produits par les deux machines s’unissent dans un même effort.
- 3. Quelle erreur entraînerait l’emploi d’un galvanomètre à haute résistance pour la mesure d’une différence alternative, de potentiels et comment peut-on mesurer exactement une différence de ce genre ?
- 4. On a constaté que la force électromotrice dans une machine magnéto-électrique n’est pas absolument constante
- à une vitesse donnée, mais qu’elle varie selon le courant produit. Quelle est la raison de ce phénomène et comment peut-on réduire cette variation à un minimum ?
- 5. Quels sont les avantages et les inconvénients des piles secondaires? Indiquez la meilleure manière de placer un accumulateur dans un circuit de lumière électrique afin de maintenir la fixité de la lumière.
- 6. Calculez dans ce dernier cas quelle peut être la résistance maxima de l’accumulateur comparée avec les autres parties du circuit pour que la différence de potentiels aux bornes du circuit des lampes ne varie que d’un pour cent pour une augmentation de 8 pour cent de la force électromotrice de la dynamo.
- 7. Quelles sont les expériences à faire avec une lampe à incandescence afin de déterminer sa valeur commerciale par rapport à celle des autres lampes de ce genre?
- 8. Dressez une courbe reliant la différence de potentiel aux bornes d’une dynamo dérivée avec le courant passant dans le circuit extérieur et prouvez la possibilité de construire à l’aide de cette courbe une autre reliant la force électromotrice totale dans la dynamo avec le total du courant traversant l’armature.
- 9 Quels sont les avantages et les inconvénients qu’il y a à alimenter les lampes à incandescence d'un quartier en série?
- Vendredi dernier, un incendie assez violent, qui s’est déclaré dans le South Kensington Muséum de Londres, a fait des dégâts considérables à l’Exposition des inventions.
- On annonce que MM. Mackay et Bennett ont mis leurs câbles à la disposition du célèbre savant espagnol, le Dr Ferran, pour obtenir de l’Amérique tous les renseignements dont il pourrait avoir besoin pour ses recherches sur le choléra.
- Les tribunaux américains ont rendu leur décision dans le procès entre MM. Siemens et Field, au sujet de la priorité de l’invention des chemins de fer électriques. La priorité a été accordée à M. Field.
- Les machines pour les expériences de traction électrique sur la ligne de la 2“ avenue du chemin de fer aérien à New-York, seront installées dans une ancienne raffinerie de sucre dans la 25“ rue, qui contient déjà- une machine Corliss de 2 000 chevaux.
- M. Read de Brooklyn a réussi à fabriquer du fil de platine tellement fin, qu’il est invisible à l’œil nu, et qu’on ne peut constater sa présence que par le toucher, ou bien en se servant d’une loupe, quand îe fil est placé sur une feuille de papier blanc.
- Pour arriver à ce résultat, M. Read introduit un bout de fil de platine u° 18, dans un petit tube d’argent qu’il passe à la filière, jusqu’à ce qu’il soit réduit au diamètre primitif du fil de platine. Un bout du fil ainsi obtenu est introduit dans un second tube d’argient pareil au premier, puis tréfilé jusqu’à la même limite. Ou répète cette opération jusqu’à ce que le noyau de platine ait atteint le degré de finesse voulu, en ayant soin de recuire plusieurs fois la matière que l’on doit traiter par la suite.
- Le dernier fil est alors plongé dans un bain d’acide nitrique où l’argent se dissout, et l’on possède un fil de platine qu on ne voit pas, mais qu’on peut toujours sentir.
- L’auteur se propose d’employer ce fil avec du fil d’araignée, pour les réticules des lunettes, mais le maniement
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- d’un fil de ce genre doit présenter des difficultés peu communes.
- Éclairage électrique
- La lumière électrique vient d’être installée par la Compagnie Edison au cercle de la Presse, à Paris. L’installation comprend une dynamo Edison, actionnée par une machine à gaz et 3o accumulateurs Faure, grand modèle. La machine à gaz fonctionne depuis 10 heures du matin jusqu’à 7 heures du soir pour la charge des accumulateurs, qui ensuite alimentent les lampes pendant toute la soirée. Les lampes sont au nombre de 5o, du nouveau modèle d’Edison.
- Depuis deux semaines environ, le restaurant Noël Peters dans le passage des Princes, est éclairé à la lumière électrique avec 100 à 120 lampes à incandescence Edison, montées sur des appareils spéciaux, en harmonie avec la décoration mauresque du local. Le courant est fourni par une dyuamo Edison de no volts et 45 ampères actionnée par une machine à gaz de 8 chevaux, installée dans le sous-sol.
- Il paraît que les nouvelles piles Marnon obtiennent un certain succès à l’Exposition d’Anvers. Excellentes pour une lumière intermittente d’une durée de 10 à i5 minutes, elles peuvent donner 2 heures de lumière par jour en leur laissant le temps de se dépolariser.
- Le restaurant Baumgarten, près de Vienne, a été pourvu d’un certain nombre de foyers à arc Klostermann installés par le représentant viennois de la fabrique d’armes de Steyr, M. Altschul.
- On annonce que la ville de Bergen, en Norvège, va être éclairée à l’électricité. Une Société qui s’est formée à cet effet, a déjà réussi à recueillir des adhésions pour 3 000 lampes à incandescence, et 70 foyers à arc. La construction d’une station centrale va être commencée immédiatement, et ou espère pouvoir terminer l’installation avant la fin de l’année. La Compagnie croit pouvoir payer de 5 à 6 pour cent aux actionnaires, et obtenir une concession exclusive du Conseil municipal pour un certain nombre d’années.
- La Hammond Electric Light and Power Supply Company de Londres vient d’entrer en liquidation après une existence de 3 ans.
- MM. Woodhouse et Rawson viennent de terminer une installation de lumière électrique très importante dans les bureaux de MM. lluth et Ce, de Londres. L’installation comprend un moteur Marshall de 8 chevaux, 28 éléments secondaires du système Elwell Parker, une dynamo également du type Elwell Parker, et 200 lampes à incandescence Woodhouse et Rawson de différentes intensités umineuses.
- L’installation delà lumière électrique dans le bureau central des Postes, à New-York, comprend 1 400 lampes qui fonctionnent depuis près d’un mois sans aucun accident. Ces lampes sont alimentées par 7 dynamos de 200 foyers, actionnées par une machine Porter Allen, et une autre du système Buskeye. C’est le cinquième bureau de poste qui
- été pourvu d’un éclairage électrique par la United States C°.
- L’United States Electric Light C°, a été chargée d’installer 450 lampes à incandescence de 16 bougies, du système Weston, dans l’asile des aliénés à Fulton, dans l’Etat de Minnesota.
- Le budget des travaux publics de la ville de Brooklyn pour l’année 1886 porte un crédit de 365 000 francs destinés à l’installation et à l’entretien de 400 nouveaux foyers électriques dans les rues.
- L’installation de la lumière électrique qui fut faite il y a quelque mois dans le grand Opéra House, a déjà été trouvée insuffisante et sera considérabléfnent augmentée d’ici très peu de temps.
- L’United States C° vient de terminer l’installation de la lumière électrique au cercle de Hamilton, à Brooklyn. L’installation comprend environ 25o lampes à incandescence de 16 bougies du système Weston, distribuées dans tout le bâtiment, qui est maintenant exclusivement éclairé à l’électricité.
- Le Sénat vient de décider d’éclairer le Capitole, à Détroit, avec la lumière électrique. Tout le travail doit être terminé le ier juin 1889, au plus tard. Le prix du gaz pendant l’année dernière s’est élevé à plus de 5oooo francs, et on espère réaliser une économie notable avec l’éclairage électrique.
- Télégraphie et Téléphonie
- Un des derniers paquebots de la ligne Cunard vient d’amener en Europe M. Cyrus Field, le créateur de l’immense industrie de la télégraphie sous-marine.
- Il y a trente années révolues, au commencement du mois de mai 1854, que cet entreprenant américain fonda en Amérique la Compagnie de New-York, Terre-Neuve et Londres. M. Peter Cooper en fut nommé le président; M. White Chandler le vice-président; M. Moses Taylor le trésorier, et le professeur Morse, l’électricien.
- Les travaux nécessaires pour faire traverser les forêts de Terre-Neuve par la ligne terrestre joignant Saint-John et le cap Ray, furent dirigés par M. Mathieu Field, ingénieur de la Compagnie. Pendant que 600 ouvriers s’occupaient de cette tâche, M. Cyrus Field se rendait en Angleterre pour faire fabriquer le câble qui devait réunir Terre-Neuve à la Nouvelle-Ecosse, et pour continuer ses études sur le but principal de ses travaux, la réunion télégraphique du vieux et du nouveau continent.
- Un violent ouragan, qui a duré pendant deux jours, a détruit une grande partie des réseaux aériens télégraphique et téléphonique à Saint-Pétersbourg.
- Il paraît que le gouvernement anglais n’a pas l’intention de donner suite aux propositions contenues dans le rapport suri-s fils aériens télégraphiques et téléphoniques qui lui a été adressé dernièrement par la commission parlementaire.
- Le gouvernement considère les mesures recommandées par la commission comme peu pratiques, et comme consti-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- tuant une violation des droits particuliers, pour laquelle il ne veut pas accepter la responsabilité.
- Le correspondant du Times, à Calcutta, télégraphie à ce journal que la ligne télégraphique russe est maintenant terminée jusqu’à Merv et Mahna, à 70 milles de Sarakhs.
- Les deux câbles entre Aden et Bombay, appartenant à l’Eastern Telegraph Company, sont interrompus, mais ou s’attend à une réparation très prochaine.
- La Central District Telegraph C°, de Pittsburg, a traité avec la Western Electric C°, de Chicago, et la Standard Uuderground Cable C°, de Cincinnati pour la mise sous terre de 25o milles de son réseau. Les câbles seront placés dans toutes les rues principales d’abord. Chaque câble contiendra sept ou plusieurs fils entourés de coton, et le tout sera renfermé dans un tuyau de plomb. Les frais s’élèveront à 175 000 francs.
- Quatre employés télégraphistes sont partis de San Francisco, pour le royaume de Siam, afin d’introduire le système Morse dans ce pays.
- La Baltimore and Ohio Telegraph Company vient de faire placer, le 24 mai, un cinquième câble armé dans le port de New-York.
- L’Officiel du 18 juin 188S phblie l’avis suivant ;
- MINISTÈRE DES POSTÉS ET DES TÉLÉGRAPHES
- Des cabines téléphoniques publiques permettant à toute personne de communiquer, soit avec les abonnés du réseau, soit ave c toute personne placée dans une autre cabine, seront ouvertes à Paris, le 20 avril, dans les salles d’attente des bureaux de poste et de télégraphe ci-après désignés
- Bureau du boulevard Richard-Lenoir.
- Bureau du boulevard de lTIôpital.
- Bureau de l’avenue d’Orléans.
- Bureau de la rue Boissy-d’Anglas.
- Bureau de la rue des Capucines.
- Une cabine sera également ouverte au bureau de la Société générale des Téléphones du boulevard de la Villette.
- Par suite de l’ouverture de ces nouvelles cabines, le nombre total des bureaux pourvus d’un service téléphonique public sera, pour Paris, de 74, répartis comme suit dans les divers arrondissements :
- ier arrondissement
- Rue des Capucines. — Avenue de l’Opéra. — Rue des Halles. — Rue Saint-Denis. — Avenue de l’Opéra, 27. — Rue Etienne-Marcel, 25.
- 2e arrondissement
- Palais de la Bourse. — Rue de Choiseul. Cléry.
- 3e arrondissement
- Rue des Haudriettes. — Rue Réaumur.
- Rue de
- Le rapport trimestriel des recettes télégraphiques dausla Nouvelle-Zélande constate que pour les trois premiers mois de cette année le nombre des dépêches dans toute la colonie a été de 401 412, contre 362405 pour la même période de l’année dernière. Les recettes en i885 ont été de 660400 francs, contre 585 175 francs en 1884.
- Le steamer télégraphique, le Faraday, est arrivé à Pen-zance, mercredi soir, après avoir placé un nouveau câble entre Waterville et Weston Super Marc.
- Le steamer télégraphique le Dacia, appartenant à l’India Rubber, Gutta Percha and Telegraph Works C°, est arrivé à Londres le 7 de ce mois, après avoir terminé la réparation du câble Havane-Key West, dans lequel il a fallu introduire environ quarante nœuds de câble nouveau.
- Le steamer télégraphique le Sherrard Osborne, a quitté Hong-Kong pour le nord, dans le but d’aller placer un câble entre le Port Hamilton et Nagasaki.
- M. Delauy, de New-York, l’inventeur du télégraphe synchrone, a dernièrement breveté un paratonnerre pour le corps humain. Un fil de cuivre assez fort descend derrière le dos avec des embranchements pour les bras jusqu’aux mains et le long des jambes jusqu’aux semelles métalliques des chaussures. Le porteur de ce paratonnerre peut manier des fils de lumière électrique sans aucun danger. Ou a déjà proposé d’avoir des parapluies-paratonnerres en attachant à l’extrémité métallique du manche un fil ilexible qui passerait à l’extérieur et traînerait par terre.
- 4° arrondissement
- Hôtel de Ville. — Tribunal de Commerce. — Rue des Francs-Bourgeois. — Rue de la Bastille.
- 5° arrondissement
- Rue de Poissy. — Rue Monge. — Boulevard de l’Hôpital.
- 6e arrondissement
- Rue de Vaugirard. — Rue du Vieux-Colombier. — Rue Bonaparte. — Boulevard Saint-Germain, 104. — Rue
- Littré.
- 7ü arrondissement
- Rue Saint-Dominique. — Rue de'Bourgogne. — Avenue Duquesne. — Rue'de Grenelle. — Boulevard Saint-Germain, i83.
- 8° arrondissement
- Rue Boissy-d’Anglas. — Boulevard Malesherbes, 6. — Rue Montaigne. — Boulevard Malesherbes, 101. — Avenue des Champs-Elysées. — Boulevard Haussmann. — Rue d’Anjou-Saint-Honoré, 65.
- 9U arrondissement
- Rue Milton. — Rue de Provence, 5q. — Rue Gérando. — Boulevard deClichy. — Graud-Hôtel.— Rue Lafayette, 42.
- 10e arrondissement
- Rue d’Enghien. — Rue de Strasbourg. — Gare du Nord.
- — Boulevard Saint-Denis.
- ii° arrondissement
- Boulevard Richard-Lenoir. —Boulevard Beaumarchais.
- — Boulevard Voltaire. — Place de la République, 10 (bu-
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-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- reau de poste et télégraphe). — Place de la République, io (bureau de la Société des Téléphones).
- 12° arrondissement
- Rue de Citeaux. — Rue Gallois. — Rue du Rendez-Vous.
- — Rue de Lyon, 24 et 26.
- i3c arrondissement
- Avenue d’Italie, 20. — Avenue des Gobelins.
- 1 |c arrondissement
- Avenue d’Orléans. — Boulevard Montparnasse.
- i5c arrondissement
- Rue Lecourbe, 123.
- 16e arrondissement
- Avenue Marceau. — Rue Pierre-Guérin. — Rue Guichard.
- — Place d’Eylau. — Rue de Passy, 80.
- 17e arrondissement
- Rue des BaHgnolles. — Avenue de la Grande-Armée. — Rue Bayen. — Rue Logelbach, 4.
- 18e arrondissement
- Boulevard Ornano.
- 19e arrondissement
- Rue d’Allemagne, 139. — Rue d’Allemagne, 3. — Rue d’Allemagne, 211. — Boulevard de la Villette, 204 bis.
- 20° arrondissement
- Rue des Pyrénées.
- La taxe des communications échangées par l’intermédiaire des cabines téléphoniques publiques est fixée à 5o centimes par 5 minutes de conversation.
- La liste alphabétique des abonnés du réseau téléphonique est tenue à la disposition du public dans tous les bureaux munis de cabines.
- Une instruction sommaire sur la manière de se servir des téléphones est affichée dans un endroit très apparent, à l’entrée des cabines.
- Les personnes qui désirent correspondre ont tout intérêt à prendre, au préalable, connaissance de cette instruction, afin d’éviter des fausses manœuvres et, par suite, des retards.
- Une communication téléphonique vient d’être établie .entre Carthagène, en Espagne, et les importantes mines de fer à Portman.
- Le 28 mai dernier a eu lieu, à Londres, l’assemblée générale de la South of England Téléphoné C°. Bien que cette société ne soit constituée que depuis quatre mois et que le travail n’en soit commencé que depuis six à sept semaines, son réseau de Brighton compte déjà 200 abonnés, et d’autres réseaux ont été commencés à Norwich, Ipswich, ainsi qu’à Chatham et Rochester. Prochainement les travaux seront commencés à Kings-Lynn, Hastings, Northampton et dans plusieurs autres villes. La construction des lignes de communication entre Londres et différentes villes a également été décidée.
- Le journal le Financial News, de Londres, a publié la semaine dernière le tableau suivant qui montre la différence
- extraordinaire qui existe entre les prix de l’àbonnfement au téléphone dans les différentes villes du Royaume-Uni :
- Francs Francs
- Dundee 125 Sheffield ,. 25o
- Carliste î5o Wolverhampton .. 3oo
- Belfast 320 Newcastl® on Tync... .. 3oo
- Leeds 35o Nottingham. 2t)0
- Dublin 3oc Birmingham 25o
- Aberdeen 25o Huit .. 3oo
- Leicester 3oo Edimbourg .. 375
- Bradford 3.5 Glasgow 5oo
- Brndford (deuxième année) 250 Liverpool.. .. 5oo
- Halifax 2 5o Manchester . ,.. i 5oo
- Les journaux de Liverpool se plaignent beaucoup du prix excessif de l’abonnement au téléphone dans cette ville, qui est de Soo francs par an. Le journal le Daly.Post ne comprend pas pourquoi l’abonnement serait si coûteux à Liverpool, où tout le service est centralisé, tandis qu’à Oldham, qui est exploité par la même compagnie, les abonnés, beaucoup moins nombreux et plus espacés qu’à Liverpool, ne payent pas 3oo francs par an, avec la faculté de pouvoir correspondre avec le réseau de Liverpool sanë aucune augmentation de prix.
- Ainsi que nous l’avons déjà dit, M. Gillet, l’inventeur américain, se prépare à faire des essais téléphoniques à grande distance pendant l’été, sur l’un des câbles de la Commercial Câble C°. Un électricien américain a calculé à ce propos que pour réussir, M. Gillet aurait besoin d’un conducteur en cuivre d’un diamètre de 17 pieds, protégé par une couche de gutta-percha de 5 1/2 pieds d’épaisseur; en d’autres termes, le câble servant à ces expériences devrait avoir 28 pieds de diamètre.
- Au icr janvier 188S, le capital total des Cqhpagnies téléphoniques tributaires à l’American Bell Téléphoné C°, était de 265 millions de francs. Les recettes brutes sont estimées à 47 millions 1/2, et les bénéfices nets à 17 millions de francs.
- La Cumberland Téléphoné C°, dans l’Indiana, a informé tous ses abonnés de son intention de cesser le service téléphonique à partir du i°r juillet, la loi limitant le prix de l’abonnement à i5 francs par mois ne permettant pas même de couvrir les frais d’exploitation. La question de savoir si la législature a le pouvoir de régler le pnx de l’abonnement téléphonique va prochainement être portée devant les tribunaux, dans l’Indiana.
- Le gouverneur de l’Etat de Massachusetts a signé un décret qui force les Compagnies téléphoniques à adopter un prix uniforme pour l’abonnement, au lieu d’accorder une réduction aux particuliers, comme cela a eu lieu jusqu’ici.
- On annonce qu'un arrangement est sur le point d’intervenir entre la Dundee and District Téléphoné Company et la National Téléphoné Company, aux termes duquel cette société reprendrait la suite des affaires de la Compagnie de Dundee, pour la somme de 8 5oo livres. Le capital versé de cette dernière société n’est que de 5 837 livres.
- Le Gérant : Dr C. C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouiller, i3 quai Voltaire.— 07870
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- TABLE DES MATIERES
- DU TOME XV 1
- Pages
- A
- Accumulateurs électriques Nezeraux.......... 375-423
- — (Décharge des). — Michalke............ 387
- — (Charge des). — Crova eiGarbe......... 47^>
- — (Etude IhermO'Chimique sur les).— Tschell-
- ..................................... ^76
- — de l’Electric Power Storage C°........ 518
- Actions thermo-électriques entre une série de métaux et certains liquides. — Gore.............. B3
- Agents de la nature. — Clausius................... 253
- Aimants (Rotation des) . . . ...................... B2
- Aimantation. — Son influence sur la longueur des
- barres de fer. — il/. Bidwell........* . . . . 434
- Allumeurs électriques dans les machines à gaz. —
- Lasscn. 531
- — —. Marcus. 531
- Aluminium et nickel. — Webster.................... 26
- Ampèremètre Hesehus............................... 232
- Appareils électro-médicaux. — Aug. Guerout . 416-580
- — historiques à l’Exposition de Philadelphie . 5qq
- Arc électrique (Résistance de 1’). — Penkert....... 3o
- Armatures Siemens. — Leur enroulement. — Aug.
- Guerout....................................... 116
- Aurores boréales et les câbles................... 144
- Avertisseurs pour dynamos Edison.................. 134
- — des départs Bailey...................... 020
- — d’incendie Pritchett:................... 38i
- — — Rouley............................ 532
- B
- Bell Téléphoné Maoufacturing C°. — Son usine à Anvers. — Ii. de Rothe........................ 200
- Bibliographie :
- — Eclairage par l’incandescence. — E. de
- Fodor.................................. 338
- -* Annuaire de l’Electricité. — Révérend . . . 389
- — Aperçu pratique sur l’éclairage électrique.
- — Simon................................ 389
- Bibliographie :
- Pages
- Histoire succincte des principes de la navi-
- gation aérienne. — May................. 435
- — Guide de la pose et de .l’entretien des li-
- gnes télégraphiques et téléphoniques
- en bronze silicieux. — Grief........... 485
- Block-System (Appareils de).......... 349, 407 et 441
- — Gooke....................................... 407
- — Clark . . . ................................ 408
- — Highton............................‘........ 408
- — Marqfoy............... .................. 453
- — Preece...................................... 456
- — Régnault................................. 45i
- — Spagnolettî................................. 455
- Tyer.................................... 411
- — Tyer-Jousselin.............................. 413
- — Walker.................................. 409-453
- c
- Câbles Berthoud-Borel. — Schneebeli................... 569
- —• sous-marins (Protection des).'................. 232
- — — entre l’Angleterre et l’Afrique du
- Sud........................... 281
- Champ électrique de l’électro-aimant de Ruhmkorff.
- — Quincke.......................... 192, 239 et 283
- Charbons flexibles pour foyers à arc. — Varley. s . 280
- Chronique de l’étranger :
- — . Allemagne..— H. Michaelis. 78, 140, 180,
- 232, 33o, 378, 426, 471, 5i5, 570 et 619 — Angleterre. —J. Munro. 26, 81, 142, 182,
- 234, 280, 332, 428, 5i8, 572 et 621
- — Autriche. — J. Kareis...... .84, 334 et 622
- Chrono graphe Le Rouleugé...................... 363
- — Schuliz.......................-........ 364
- Commutateur Edelmann........................... i57
- — Ch. Williams........................... 368
- — Breekenridge............................ 169
- — Clav................................. 170
- — Thomson..................................; 234
- — Smillie.................................. 235
- Conducteurs (Echauffement des) par les courants
- intenses. — Oeischlæger.............. 29
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-
-
-
- ^ 638 " - ! \ la lumière électrique
- Pages
- Conducteurs souterrains. — Sellar.................. 474
- Conductibilité électrique du mercure. — Bouty et
- Caillelet................................... . 383
- Conférence internationale des électriciens (Travaux
- de la)............................. 4^7, 486 et 53q
- Constantes des éléments galvaniques. — Kræmer. 78
- Contact (Théorie du). — Potier..................... 436
- Contrôleur de rondes. — Keeper..................... 3i7
- — Howard................................ 3i8
- — E. Radkiewtlch........................ 616
- Correspondance (Voir Lettres).
- Courants alternatifs produits par une machine à courants continus. — J. Frowbridge et II.-V. Ilayes................................ 628
- — galvaniques. Génération par le magné-
- tisme. — Gross.................... 570
- —. Influence sur ^amincissement des lames liquides. — Iieinoiot 84
- — Effets calorifiques. — Preece.......... 87
- — produits par la machine rhéostatique. —
- G. Planté......................... 4?5
- — électrique (Instruments des mesures de l'in-
- tensité du). — Minet.............. 562
- D
- Décharge électrique fCondensation des vapeurs par
- la). — Walker............................. 872
- Dynamomètre Ashton........................... 36g
- — Deprez................................ 369
- — Hirn.................................. 368
- — Gleason et Swartz..................... 366
- — Nielsen............................... 368
- — Farquharson et Lane................... 370
- — Napier................................ 371
- — Reinhard.............................. 372
- — Richard............................... 366
- — Winckle............................... 368
- E
- Eclairage électrique dans le brouillard. — Rayleigh ................................................ 573
- — au moyen des ballons ...................... 233
- — appliqué à la photographie. — Volkmer. . . 244
- — à Berlin................................... 33i
- — à Londres. — Preece................ 205-265
- — de Greenock................................. 28
- — de la Banque de France (Système Edison).
- — Clemenceau............................ 73
- — à l’Exposition des inventions ...... 332-38j
- —de la mire des fusils. — Raveni........... 141
- — du phare de South-Forcland................. 142
- — du réticule dans les télémètres............. 36
- — des théâtres............................... 183
- — des trains de chemin de fer. . ............ 247
- — (Station centrale d') en Autriche . ...... 184
- Effet photochimique de la lumière électrique.— Vogel 141 Effets optiques dus à la rotation de tubes vides. ---
- Bidwell........................................... 429
- Electricité appliquée à l’étude des formes vibratoires des corps solides et des liquides.
- — C, Decharme............ 49, 493 et 589
- atmosphérique. — Luvini................. 71-173
- Pages
- Electricité atmosphérique Hoppe................ . 378
- Electrisation des nuages orageux. — Pellat , . . . 236
- Electrochimie du nickel. — Bœttcher ........... 533
- Electromètre à quadrants. — Thomson . ......... 27
- Electromagnétiques (Effets) de l’électricité statique en mouvement. —Maxwell................. 432
- Electrolyse volumétrique. — Rosenfeld................ 181
- — (Obtention d’une stalactite par 1’). — Brown 382
- Electrophore Block................................... 91
- Elément étalon. — Weston............................... 9
- Enregistreur de la limite des erreurs personnelles. 323 Etincelles électriques. Leurs effets thermiques. —
- Hurion............................ 292
- — d’induction de températures élevées. —
- Demarçay......................... 430
- Etoupille électrique........................... . 365
- Explorateur des champs magnétiques................... 10
- Exposition d© Philadelphie. Aug. Guerout.
- 7, 416, 514, 549 et 599
- — — Abdank-Abakanowicz. 58, 126,
- 162, 227 et 275
- — Napoli......................... 314
- — — Duché.............................. 449
- — — Bertrand........................... 35g
- — de l’Observatoire. — J. Bourdin...... 278
- — des Inventions....................... 573
- F
- Faits divers :
- Acrostation électrique....................... 3q3
- Accumulateurs Epstein........................ 440
- — Brush.................................... 537
- Avertisseurs dHncendie à Philadelphie......... 92
- — à Paris ............................... 248
- *— à Chicago.............................. 394
- Bateau électrique................................ 632
- Bourse de valeurs électriques à New-York. .... 45
- Brevets aux Ecats-Unis........................ 345-491
- — à Havaï............................... 585
- — en France.............................. 632
- Câbles sous-marins entre:
- l’Australie, Natal et l’ile Maurice .... 251
- Albany et Greenbush.................. . S40
- Belun................................. 347
- de la Commercial Cable C°.......... 3g5
- flobart à Bcllerivie............... i56
- à la Havaue....................... 156-635
- à lianiilton........................ 347-635
- Hong-Kong et Singapoorc............ 540
- Irlande et Bristol................. 53o
- au Japon........................... i56
- Massouah et Perim................... 47
- Man et Saint-Bees .... 155, 252 et 3oo
- Mackay-Bennett.......... 203, 3oo et 633
- à Magazaki......................... 492
- de Pernambouc à Lisbonne............ 94
- à Singapoore....................... 492
- du Toukin.......................... 586
- transatlantiques français.......... 347
- transatlantiques.....................; 92
- (Protection des) en cas de guerre.
- 202, 251 et 299
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL DsÉLECTRICITÉ
- Câbles sous-marins (Interruption des):
- Pages
- — Aden-Bombay........................ 539-635
- — Bakou-Krasnowsk................... 299
- — Brest-Saint-Pierre.................. 92-539
- — Buenaventura...................... 299
- — du golfe Persique................. 299
- — Inde-Ceylan........................ 92
- — Lundy-Island........................... 94
- — Para-Maranham . 52, i56, 395, 492 et 53g
- — Souakim-Perim..................... 299
- — Singapoore, cap Saint-Jacques..... 299
- — Suez-Sou akira.................... 539
- — Saint-Vincent-Grenade............ 92-94
- — Trinidad-Demerara.................. 92
- — Zanzibar-Mozambique. 156. 299, 443 et 539
- Café avec appareils électriques à Berlin..... 45
- Chambre syndicale d'électricité.................. 392
- Chemin de fer électrique à, Anvers.............. 632
- — à Berlin.......................... 152-490
- — Bidwell h Philadelphie............. 45
- — de Bessbrook à Newry.............. i53
- — à Blackpool............................ 45
- — à Chicago........................ 249-394
- — à Denver.............................. 585
- — à Lichterfeld.......................... 45
- — à Londres............................. i53
- — de Londres à Battersea............ 3q5
- — à Modling........................... 298
- — à New-York...................... j 53-633
- — au parc de Fairmont............... 249
- — à Portland. . . ...................... 491
- à Portrush......................... 153-345
- — à Saint-Maurice et Pontresina......... 249
- Concours ouvert par la Société industrielle du
- Nord de la France............................ 632
- Conducteurs électriques.................... 491 633
- — souterrains dans les égouts . ......... 490
- Déclenchement électrique pour l’arrêt des trains. . 248
- Détermination électrique de la longitude......... 249
- Eclairage électrique........................ 345
- — au moyen des accumulateurs........ 441
- — à Anvers.......................... i53
- — en Australie......................... 154
- — à Baden-Baden...................... 46
- — à Bangor............................... 442
- — à Barcelone....................... 298-441
- — à Bellegarde........................ . i53
- — à Belfast............................. 298
- — à Bergen. ............................ 63q
- — à Berlin .............................. 46
- — à Boston........................... 201
- à Brooklyn........................ 634
- — à Buffalo......................... 347
- — au Canada.......................... 154-299
- — à Caboul.............................. 539
- — à Cincinnati.......................... 299
- — à Chicago. . . 46, 92, 154, 04/, 491 et 53g
- — à Ckillicothe......................... 201
- — à Cork................................ 25o
- à Danbury......................... 491
- — à Dayton........................... 47-394
- — à Détroit. ........................... 63q
- — à Dornham............................. 25o
- — à Douvres............................ 3.46
- — à Dundalk............................. 442
- — aux Etats-Unis..................... 154-632
- — à Eveleigh............................ i5q
- — à Flint.............................. 347
- — à Fulton.............................. 63j
- — à Gandak............................... 46
- — au Guatemala....................... 47
- Pages
- Eclairage électrique à Indiana............... 47
- — à Jamestown........................... 202
- — à Krakau............................... 46
- — à Leeds............................... 346
- — à Leipzig.............................. 46
- — à Limoges............................. 45
- — à Lockport.......................... 491
- — au Locle........................... 249
- — à Manchester......................... 346
- — à Marseille............................ 46
- -- à Milan............................... 394
- — à Munich............................... 46
- — à Newark.............................. 442
- — à New-York......................... 47-442
- — à Nouvelle-Angleterre.................. 47
- — à Nouvelle-Orléans . ... i5j, 299 et 394
- — à Nouvelle-Zélande..................... 46
- — à Odessa.............................. 25o
- — à Ohio................................. 46
- - — à Olbernham........................... 250
- — à Ottawa.............................. 492
- — à Pine-Bluff.......................... 394
- — à Philadelphie..................... 47*394
- — à Portland. .......................... 491
- — à Provo............................... 299
- — à Rome.............................. . 249
- — à Souakim.............................. 46
- — à Savannah............................ 491
- — à Sébastopol.......................... 25o
- — à Saint-Etienne...................... 92
- — à Saint-Pétersbourg................... 298
- à Springheld.......................... 394
- — à Temesvar........................... 25o
- — à Terre-Haute.......................... 47
- — à Tours................................ 92
- — à Troy................................ 347
- — à Valparaiso.......................... 586
- — à Vienne . ........................... 298
- à Washington........................... 47
- Eclairage électrique à bord des vaisseaux :
- — Y Active.............................. i54
- — YAngelo............................... 299
- — Balarat............................... 201
- — Canada................................ 25o
- — Eldorado.............................. i54
- — Giovanni-Baussan...................... 442
- — Massachusetts............^............. 202
- — Regina-Margherita..................... 442
- — Rhode-Island.......................... 202
- — Shah............................... 164
- — canonnières anglaises :
- — YInconstant........................... 25o
- — Y Invincible........................ 25o
- — le Mariner........................... i54
- — le Leander......................... i54
- — le Raur................................ ^4
- — le Nelsen.........*................ 25o
- — Y Or ion.............................. 25o
- — le Rupert............................. 25o
- — des bateaux-torpilleurs............... i53
- — des bateaux-mouches................... 248
- — des navires de guerre en Angleterre. 346-394
- — des steamers sur le Mississipi......♦ 47
- Eclairage électrique. — Breguet. ............ 249
- — Cance.........................•........ 20*
- — Edison .... 92, i53, 250, 346, 491 et 586
- — Swau................................* • . 201
- — Thomson-Houston....................... 201
- — L'Alexander Palace à Londres.......... i53
- L'Assemblée législative de Pennsylvanie 586
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-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages
- Eclairage électrique de la Bibliothèque royale à
- Berlin........*.................. 394
- — de la brasserie Barrett à Londres . . . 25o
- — du bureau central des postes à Bruxelles i53
- — — à Glascow............... i^4
- — — à New-York............ 202-634
- — — à Vienne................ 346
- — des bureaux du journal Le Monitetir
- Belge . ................... 44i
- — — Ylrish Times à Dublin .... 442
- — — le New •York World...... 538
- — du Capitole à Philadelphie ....... 164
- — de la caserne de cavalerie à Barcelone. 442
- — du Canal de Suez. . ................ 451-538
- — du café-concert l’Eldorado.............. 585
- — du casino de Bougival................... 585
- — — d’Aix-les-Bains......... 441
- — du Central-Park à New-York. ..... 538
- — du Cercle des Patineurs-à Greenville. . 3q4
- — du Cercle de la Presse à Paris; . . . . 634
- — du château de M. Mittchell ....... 442
- — de la Chambre de commerce............... 412
- — — des représentants de Belgi-
- que ................... 441-538
- — des concours régionaux.................. 584
- — du Diorama des Champs-Elysées .... 298
- — des Docks de Grangemouth . ...... 491
- ' — de l’Exposition d’Anvers. ... ... 46-538
- — — de Berlin.................. 586
- __ — des Inventeurs à Londres.
- 46, 346 et 394
- _ — de la Nouvelle-Orléans. ... x5q
- — de la gare de Darmstadt................. 25o
- — — de Courtrai............. 585
- — — de Manchester............ 46
- — — de Paddington........... 154
- — — de Schaerbeck. ................ 585
- — des gares en Belgique.................... 46
- — des Hauts-Fourneaux..................... 441
- — de l’Hippodrome.......................... 45
- — de l’hôtel Fowler........................ 46
- — — Central à Berlin........ 538
- — — d’Eté à Annisten...... 20i-3g5
- — — Métropole à Londres..... 442
- des hôpitaux de Vienne............... 538
- — des lycées de Paris.................. 45-298
- — de la Maison-Blanche à Washington. . 201
- des magasins Thorpe et Ce à Bradfort. 25o
- — Boudet à Paris................ 298-491
- militaire en Espagne................. 298
- — des mines de charbon de New-York. . 154
- — du Palais-Royal. ...... 201, 345 et 491
- — de la raffinerie de sucre de Greenock . 154
- du restaurant Baumgarten, à Vienne. . 634
- — du restaurant Noel-Peters............... 634
- — de la salle de réunion de l’Armée du
- Salut............................... 154
- — des signaux de chemin de fer en Angle-
- ~~" terre............................... 154
- — de la statue de la Liberté à New-York. 538
- — du théâtre à Bruxelles.................. i53
- — — à Chicago..................... 92
- — — à Halle........................ 25o
- — — de l’Opéra House, à New-
- York ... * 20Ï-634
- s— — — de Milwaukee . c . 25o
- — — — de Paris....... 538-585
- — — People’s Theatre à New-
- York ...................... 538
- — — Real à Madrid.................. 538
- — — Royal de Stuttgart.............. 46
- Pages
- Eclairage électrique des trains de chemin de fer
- de Berber à Soüakim 201-299
- — — d’Altona à Pittsburg.......... 201
- — en Angleterre.............. 586
- — — de Chicago à Pittsburg. . . . 442
- — — de Francfort à Ulm............ 346
- — — de Liverpool à Manchester . 442
- — — aux Etats-Unis................ 394
- — — de New-York and New-En-
- gland Railway............. 252
- — de l’usine de la Consolidated Téléphoné
- Maintenance ....... 46
- — — à gaz de Dresde. ....... 46
- — — United Gold Mining C°. ... 46
- — — Pontypool Iron and Tin
- Plate C°................. *54
- — — de Maries..................... 200
- —- (Congrès d’) à Chicago.........* * * * *54
- — (Fils souterrains pour P) à New-York.
- 154-248
- — — à Washington................ . 201
- — (Procès d’) entre la Compagnie du gaz
- et la ville d’Anvers. ... i53
- — — Edison et Sawyer............. • 202
- — (Société d’) National Electric Light As-
- sociation ........................... 47
- — (Station centrale d’) à Berlin...... 44*
- — à Catania................. 346
- — — à Chicago.................... 40*
- — — à Elmire .................... *54
- — — à Easburne................... 49*
- — à Holyoke................. 394
- — — à Markgrafenstrasse.......... 25o
- — — à Saint-Etienne............... 92
- — — à Tours...................... 249
- École de télégraphie et d’électricité......... 3g3
- Electric Locîge.................................. 3g3
- Electricité et phylloxéra..................... 585
- — appliquée à la fabrication des tubes de
- verre...............,............ 632
- Entreprises d’électricité aux Etats-Uuis...... 440
- Etincelles de la machine rhéostatique......... 297
- Exposition d’Anvers............... *52, 248 et 297
- — d’électricité à Milan en 1887 .... 440-537
- — des Inventions ..................... 298-633
- — de la Nouvelle-Orléans.............. 394-440
- — de l’Observatoire........................ 45
- — de Philadelphie......................... *53
- — du travail......................... 490-537
- Extracteur de dents électrique................ 440
- Foudre..................... 345, 393, 537, 538 et 584
- Fusil électrique................................ 44°
- Galvanoplastie................................ 345
- Grue électrique............................... 44°
- Gùtta-percha.................................. 584
- Horloge électrique............................ 440
- Isolateur..................................... ^45
- Lampes électriques............................ 634
- Machine à coudre électrique................. 153-393
- Moteur électrique Dapt........................ 440
- Navires à moteur électrique................... i52
- Orgue électrique.............................. 393
- Paratonnerre portatif......................... 635
- Piles à l’Exposition de Philadelphie.......... 394
- — — d’Anvers.......................... 634
- Questionnaire électrique......................=,632
- Raffinage du sucre par l’électricité.......... 53?
- Réseau pneumatique à New-York.................... 202
- Télégraphie sur les lignes de chemins de fer.. . . 47
- — sans fils, système Bourbouze. 443, 492 586
- — militaire en Angleterre........... 93-156
- p.640 - vue 644/652
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- • V-
- 641
- Télégraphie militaire en Egypte — — à Marseille..
- Pages
- 2SI
- 92
- 634
- — sous-marine........................
- — et téléphonie simultanées entre Beauvais
- et Paris...................... i55
- — Madrid et Tolède...................... 299
- — à Alger............................... 443
- — en Algérie........................ 347-539
- — en Allemagne...................... 202-539
- en Amérique Centrale............... 48-347
- — en Angleterre. . 47, 93, 155, 202, 347,
- 3g5, 443, 539 et 634
- — à Anvers.............................. i55
- — à Baltimore........................... 492
- — à Berlin.............................. 443
- — au Brésil............................. 586
- — à Brighton............................ 3g5
- — à Bucharest........................... 347
- — au Canada.......................... 94-3oo
- — en Californie......................... 395
- '— à Chicago................ 203, 3oo et 347
- — en Chine........ 48, 202, 3oo, 395 et 492
- — à Dakota.......................... i56
- — à Dal............................. 202
- — à Detroit......................... i56
- — à Devonport....................... 25i
- — en Egypte............................ 53g
- en Espagne............................ 299
- — en France.............. 155, 299 et 53g
- — à Furthoff...................... 155-251
- — à Girwan........................... 94
- — à Glascow.......................... 94
- — aux Indes Anglaises................ 94-155
- — à Kachka.......................... 251-299
- à Londres............................. 395
- — à Manchester......................... i55
- — à Merv............................ 347
- — au Mexique............................ 3oo
- — à Narridy......................... 492
- — à Nürchwang....................... 202
- — à New-York........................ 347-635
- — à Panama.......................... 3g5
- — à Paraguay......................... 48
- — à Philadelphie...........................: 45
- — en Russie............................. i55
- — au Sénégal......................... 47-395
- à Siam............................. 94-635
- — à Souakim................. 47, 3oo et 347
- — à Tavoy........................... 492-540
- — au Tonkin............................ g3
- — à Topeka.......................... 25i-3oo
- — à Yera-Cruz....................... 540
- — à Vienne.......................... 347
- — à Zamchow............................ 540
- Télégraphique. — Appareil pour les aveugles. . . 347
- — Communication avec les chemins de
- fer. — Procédé Edison............. 443
- — Communication entre les phares et !a
- terre en Angleterre............... 443
- — Conférence à Berlin................... 155
- — Concours à New-York................... 202
- — Cungrès à Berlin.................. 25i-586
- — à Lisbonne..................... 2.5i
- — Fils à New-York....................... 203
- — — à Londres........................ 251
- — (Bruits des fils)..................... 586
- — Interruption à Portsmouth. ............ 47
- — — à Colon et Panama........... 47
- — Ligne entre l’Angleterre et les Iles Hébrides..................................... 395
- — Ligne entre le Caire et Korti......... 443
- Pages
- Télégraphique. Ligne entre Hong-Kong et Singa-
- poore................. 255
- — — Kirkwall et Tankerness. . 25i
- — — Meeca et Taip......... 25i
- — — Merv et Mahna................ 635
- — — New-York et la Nouvelle-
- Orléans............... i56
- — — Stougnton et Brockton.. . 492
- — (Etablissement de poteaux)........... 248
- — (Recettes) en Angleterre......... 443-539
- — Tarif en Amérique.................... 540
- — — en Angleterre..................... 443
- — Transmetteur automatique............. 3oo
- Téléphonie militaire :
- — en Allemagne...................... 95-204
- — en Amérique....................... 48-444
- — en Angleterre.................... 348-492
- à Anvers............... 203, 492 et 588
- — à Atlanta............................ 540
- — à Bath................................ 48
- — à Barranquilla....................... 203
- — à Berlin............................. 444
- — en Belgique............ 92, 203 et 588
- — à Birmingham...................... 48-540
- — à Bogota,............................ 203
- — à Boston. ....................... 156-588
- — à Brighton.......................... 5qo
- — à Bristol............................. 48
- — à Bruxelles....................... 95-588
- — à Buda-Pestli......................... 48
- — à Buffalo............................. 96
- — en Californie........................ 3g6
- — à Cartagena.......................... 203
- — à Charleroi.......................... 588
- — à Chicago............................ i56
- — à Columbus........................... 540
- — à Copenhague......................... 588
- — à la Couba de Kairoan................ i56
- — à Dublin............................. 396
- — à Dundee............................. 540
- — en Ecosse............................ 348
- — aux Etats-Unis....................... 252
- — en Europe............................ 252
- — en France............................ 347
- — à Gand........................... 203-588
- — à Gênes.............................. 3oo
- — à Glascow..........'................ i56
- — à Helensbury.......................... 48
- à Honoloulou......................... 540
- — en Illinois.......................... 588
- — aux Indes anglaises................... 95
- — en Islande........................... 540
- — à Kan sas-Cil y...................... 48
- — à Leeds............................. 3g6
- à Liège.............................. 588
- — à Londres.......................... 540
- — à Louvaiu............................ 588
- — à Marseille....................... 95-3oo
- — à Massouah............................ 48
- — en Masachussetts..................... 203
- — à Mobile............................. 540
- — à Mons.............................. 588
- — à Montgommery....................... 540
- — à Omrio............................... 48
- — à Oyden............................. 418
- — à Paris.......................... 48-492
- — à Perth............................... g5
- — à Pittsburg........................."2396
- à Philadelphie........................ 48
- — à Portsmouth......................... 252
- p.641 - vue 645/652
-
-
-
- plp LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- —------—------------------—---------
- Pages
- Téléphonie militaire à Puerto-Plata.......... 48
- — dans la République Argentine..... 396
- — à Salt-Lake-City.................. 48
- — à Sheffield...................... 252
- — à Stockholm...................... 348
- — à Tanger............................. 396
- — à Temesvar........................... 3oo
- ' — en Uruguay....................... 396
- — au Vénézuela..................... 203
- — à Yerviers........................... 588
- — à Vienne............................. 540
- — à Workington.................... 155
- Téléphonique (Appel)......................... 444
- — (Avertisseur)........... 94, 156 et 492
- — (Cabines) 48, 94, i56, 203, 252, 3oo,
- 3g5 et 635
- — — à Madrid...................... 444
- — Communication entre :
- — Boston, Worcester et Springfield . . . 204
- — Bruxelles et Liège............... 540
- — Cartbagène et Portmann........... 636
- Expériences...................... 636
- — Francfort, Hanau, Offenbach et Man-
- heim.......................... i56
- — Lausanne et Genève............... 396
- — ' Linz et Urfar.................... 3oo
- — ' Mayence, Cassel................... 48
- — Saint-Pétersbourg et Moscou...... 203
- — Suisse, grand-duché de Bade et l’Alsace 252
- — Ports d’Espagne et San-Fernando . . . 540
- — Youngstown et Pittsburg.......... 204
- — Procès à Kentucky................ 252
- — Bell, en Autriche........... 348
- — — Claye Téléphoné C° et Ame-
- rican Bell Téléphoné C° . . 396
- — Récepteur Neumayer............... 396
- — Société générale des Téléphones. . . . 395
- — — South of England Téléphoné
- C°.................. 636
- — — Tropical and Continental
- American Téléphoné C°. 3g6
- American Bell Téléphoné C° 540-636 Cumberland Téléphoné C°. . 636
- — Statistique. . . ...................... 444
- — Tarif.............................. 444-636
- Torpille électrique.............................. 200
- — au détroit des Dardanelles............. 345
- Transport électrique de la force . . 297, 3;3 et 632
- Vernis pour fils électriques..................... 490
- Vitesse électrique........................... 440-537
- Fabrication électrique du vernis. — Muthel......... 36
- Filaments de charbon et l’humidité. — Baker . . 83
- Fils téléphoniques aériens.......................... 429
- — de bronze siliceux. — Weiller.............. 33o
- — Glover. .................................. 2.36
- Force élêctromotrice des éléments voltaïques. —
- Lodge................................... 81
- — Meslin..................................... 436
- Formation de l’acier entre deux pôles de charbon.
- — Hempel........................................ 426
- G
- Galvanomètre Gailïe...................... 35
- — Thomson-Houston.................... 9
- Pages
- Galvanomètre Weston........................... 8
- Galvanomètres (Etalonnage des). — Edelmann . . 582
- Générateurs secondaires Gaillard et Gibbs. —
- Ferraris.........397, 460, 551 et 602
- — d’électricité. — Kendall.............. 5i8
- H
- Horloges électriques à l’Exposition de Philadelphie. — Napoli................................. 314
- — de la New-Haven Clock C°............. 322
- — Trippen Bro’s........................ 320
- — et lampes à incandescence............ 281
- Hydrodynamique (Eypérieuces d’). — Parize. . . 89
- I
- Indicateur pour dérivations....................... 141
- — à distance.................................. 323
- Industrie électrique en Espagne et en Portugal.
- — Clemenceau. . .............................. 120
- Interrupteur Purhner.............................. 180
- L
- Lampes à incandescence Preece................... 18
- — — Szarvady....................... £41
- — — Fleming........................... . 26
- — — Abney............................ 26
- — — Aîuthel......................... 33o
- — — Reak............................ 427
- — à arc. — He/ner-Alleneck............. 483
- — — pour piojections. — Ruhlmann . 471
- Lampes électriques à l’Exposition de Philadelphie. — Aug. Guerout. . 514, 549 et 599
- — Woodhouse et Rawson.................. 147
- — Jamieson................................. 184
- — Edison............................... 571
- — Fein................................. 233
- — Robenrieth................. .'............ 3?3
- — Thomson-Houston.................... 55o
- — Weston............................... 514-549
- — argentées. — Loraine et Watker....... 473
- Lanternes dioptriques. — Trotter................ 197
- Lettre à M. Clausius. — Bourdin................ 419
- — de M. Decharme sur la précédente..... 480
- — de M. Bourdin en réponse à M. Decharme. 63o
- — de M. Cossmann....................... 631
- — de M. Juppont sur un nouveau mode de
- régulation....................... 488
- — de M. Taptikoff sur le téléphone de Locht-
- Labye............................ 891
- — de MM. Zellweger et Ehrenberg, à propos
- des appels magnétiques........... 296
- — de M. Marinovitch, en réponse à la précé-
- dente............................. 297
- Lunette monochromatique. — Lord Rayleigh. ... 627
- p.642 - vue 646/652
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 643
- Pages
- M
- Machines dynamos (Détails de construction des).—
- G. Richard........ 11, 64, ï32, 21 i et e5ç)
- — unipolaires. — Hummel................. 577
- — à influence. — Fuchs.................. 517
- Machine dynamo. — Bain........................... i35
- — Ayrton et Perry................ i35, 219 et 261
- — Bollmann.............................. i85
- — Bright. *............................. 223
- — Boissier.............................. 259
- — Crompton.............................. 217
- — Cushmann et Hall...................... 222
- — Cuttriss.............................. 225
- — Deprez...................... . i36, 220, 260 et 262
- — Edison............................... 134-139
- — Edelmann.............................. i57
- — Finney................................ 134
- — Hurrel................................ 218
- — Latnkin............................... 135
- — Leipner............................... 221
- — Lever................................. 224
- — Maxim................................. 139
- — Morday.................................. 219
- — Parsons............................... 212
- — Parker et Elwell..................... 219-259
- Reckenzaum............................ 222
- — Solignac............................. 221-261
- — Thomson.............................. i36-225
- — Varley................................ 261
- Magnétisme Boys.................................. 148
- — Influence sur l’embryon. — Maggiorani . . 472
- — Observations au Parc Saint-Maur. — Mou-
- vaux.............................. 191
- — terrestre. — Maurer................... 5i5
- Magnétique (Recherches sur la neutralité).—Hughes 288
- — (Mesure du pouvoir rotatoire) des corps
- en unités absolues. — Becquerel... 5?o
- Magnétiques (Effets des tremblements de terre sur les appareils enregistreurs). — Eschcn•
- hagen..............................' 331
- Mesure (Appareils de) à l’Exposition de Philadelphie.
- A. Guerout..................... 7
- —- — Kohlrausch. — Uppenborn .... 263
- Microphone Eccard................................. i3o
- — Hipp. — Weber . . ....................... 56i
- — et téléphone. — Oberbeck ................ 140
- Moteurs électriques. — C.-C. Soulages.............. 172
- — (Régulation de la vitesse des)....... 282-335
- — Duché................................. 449
- Van Depoele............................. 450
- — Dale.................................. 519
- N
- Nécrologie)
- O29
- P
- Page»
- Photographie appliquée aux mesures électriques . 628
- Photomètre Weston................................... 11
- Pièces fusibles. — ïledges.......................... 38
- Pile Bunsen. — D’Arsonvat......................... 336
- — Carpentier................................ 29
- — Clamond et Carpentier.................... 189
- — Dupré.................................... 190
- Jablochkoff.............................. 382
- Piles voltaïques (Le fer dans les). — Colemann.. . . 182
- — secondaires (Manière de charger les). —
- Preece............................. 469
- — au chlorochrome. — Thame................. 235
- Polarisation des tubes capillaires. — Krouchkoll.. 384 Potentiel (Régulation de la différence de . — Jnp-
- pont........................................... 385
- — Meslin................................... 436
- Procès de la Société générale des Téléphones. . 39-198
- — Edison-Swan en Allemagne. — Slein..... 209
- R
- Radiation des charbons incandescents. — Lucas. . 575
- Régulateurs Ayrton et Perry................ . 7*>i38
- — Brush.................................... . 168
- — Deprez...................... 12, 65 et 68
- — Dunkston et Pfanckucke................. 66
- — Edison.. .................. 12, 69 et 182
- — Jenkin.................................. 70
- — Sprague................................. 64
- Thomson................................. 67
- — Willans................................. 28
- Résistance électrique des substances isolantes.
- — Foussereau................... 477-522
- — des éléments voltaïques et électrolytiques
- Gore..................................
- — du bismuth. — Hurion.......................
- — (Détermination de la) par les courants alter-
- natifs. — Qstwald......................
- Revue des travaux récents en électricité. — Marino-vitch et Krouchkoll. 29, 83, 144, 189, 335, 430, 475, 520, 574 et
- Rhéostat Gramme. . . ...............................
- — Weston........................„...............
- s
- Signaux de chemins de fer. — Parrish et Mun. —
- C.-C. Haskins. ... !..................
- — de chemins de fer (Application de l’électri-
- cité à la manœuvre des). — Cossmann.
- 349, 407» 45ï et
- — magnétiques pour Léléphones. — Marino-
- vilch....................'............
- Sirène électrique. — Weber..........................
- Sonneries de sûreté pour coffres-forts. — Rouil-
- liard.. .....................................
- Soudure pour platine. — Pratt.......................
- Spectres métalliques. — Lecoq de Boisbaudran. . . Spectroscopie par la matière radiante. — Crookes.
- 521-624 - 247
- 142
- 343
- 38o
- 624
- 67
- 9
- 25
- 63i
- 97
- 337
- 566
- 235
- 574
- Pendule Benton. — Vignotti
- 361
- 362
- Support isolant. —\De\Fonvielle.
- p.643 - vue 647/652
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ii
- : : 644
- Pages
- T
- Télégraphe multiple Hughes. — Munier.......... 3oi
- — Morse. — Modifié par Hefner-Alteneck. . . 472
- Télégraphie à l’Exposition de Philadelphie. — Ab-
- dank-Abakanowicz...................... 58
- — en Angleterre........................... 234
- — sous-marine. — Faund-Szyll. . . ........ 294
- — militaire aux Etats-Unis................. 36i
- Télégraphique. — Tarif en Angleterre . . . . 143-474
- Téléphone Fuchs.................................. 38o
- — Clay.................................... 127
- — Naglo..................................... 91
- — Bassano................................... 27
- — Mildé. — Marinovilch. . .•.............. 465
- — Lever...................................'.. 428
- Téléphones. —J. Munro............................ 3i2
- Téléphonie à l’Exposition de Philadelphie. — Ab-
- dank-Abakanowicz.. . 126, 162, 237 et 275
- — domestique. — Weber...................... 445
- Téléphonique. — Appel Gililand................... )3o
- — Appel Dolbear............................ i3e
- — Avertisseur Painter.................... i3i
- — Transmetteur Blake....................... 127
- Pages
- Téléphoniques (Appareils). —. Vaschy.............. 144
- Telphérage électrique. — Jcnkin et Elliot. — Richard............................................. 507
- — électrique Jenkin et Danchell. — Richard. . 326
- Terminologie électrique.......................... 4.3o
- Torpilles à l’Exposition de Philadelphie.......... 365
- U
- Unités. — Systèmes dits absolus. — Boulanger. . . 3
- Usine de Fclten et Guilleaume. — O. Kern......... 5o2
- V
- Voitures électriques pour tramways. — Recken-
- ................................................. 474
- Voltamètre appliqué à la mesure des courants de haute intensité. — F. Iiohlrausch..................... 625
- p.644 - vue 648/652
-
-
-
- TABLE DES NOMS D’AUTEURS
- Pngcs
- A
- Abdank-Abakanowicz. — Télégraphie à l'Exposition de Philadelphie........................ 58
- — Téléphonie............. 126, 162, 227 et 275
- Abney. — Radiation des lampes à incandescence. . 26
- Arsonval (d'). — Pile Bunsen................. 336
- Ashton. — Dynamomètre........................ 369
- Ayrton et Perry.. — Machine dynamo. i35, 219 et 261 — Régulateur............................ 70-133
- B
- Bailey. — Avertisseur des départs................. 320
- Bain. — Dynamo.................................... i35
- Baker. — Les filaments de charbon et Thumidité. . 83
- Bassano. — Téléphone............................... 27
- Becquerel (H.). — Mesure du pouvoir rofatoire magnétique ......................................... 520
- Benton. — Pendule................................. 36i
- Bertrand. — Exposition de Philadelphie............ 359
- Berthoud Borel. — Câbles.......................... 569
- Bidwell. — Effets optiques dus à la rotation de
- tubes vides......................... 429
- — Variation de longueur des barres de fer due
- à l'aimantation...................... 434
- Blake. — Transmetteur téléphonique................ 127
- Bloch. — Electrophore............................. 91
- Boettcher. — Electrochimie du nickel.............. 533
- Boissier. — Dynamo................................ 259
- Bollmann. — Dynamo................................ i85
- Boulanger. — Systèmes d'unités dites abolues. . . 3
- Bourdin. — Exposition de l'Observatoire . , . . . . 278
- — Lettre à M. Clausius........................ 419
- — Lettre à M. Decharme........................ 63o
- Bouty et Cailletet. — Conductibilité électrique du
- mercure.............................. 383
- Boys, — Phénomènes magnétiques.................... 148
- Breckenridge. — Commutateur....................... 169
- Bright. — Dynamo................................ 22 ^
- Brown. — Obtention d'un stalactite par Télectro-
- lyse............................... 38 2
- Brush. — Régulateur................................ 68
- Pages
- G
- Carpentier. — Pile............................. . 29
- Chastenet. — Sonnerie de sûreté pour coffres-
- forts............................... 566
- Clamond et Carpentier. — Pile................... 189
- Clausius. — Les grands agents de la nature. . . . 253
- Clark. — Block-System............................ 408
- Clay. — Téléphone.............................. 127
- — Commutateur................................ 170
- Clemenceau. — Eclairage électrique Edison à la
- Banque de France..................... 73
- — Industrie électrique en Espagne et en Portugal ....................................... 120
- Colemann. — Le fer dans les piles voltaïques. . . 182
- Cooke. — Block-System............................ 407
- Cossmann. — Application de l’électricité à la manœuvre des signaux des chemins de
- fer.................... 349, 407 et 4S1
- — Lettre.................................. 631
- Crompton. — Dynamo............................... 217
- Crookes. — Spectroscopie par la matière radiante 521-624 Crova et Garbe. — Charge des accumulateurs. . . . 476
- Cushmann et Hall. — Dynamo....................... 222
- Cuttriss. — Dynamo............................... 225
- D
- Dale. — Moteurs électriques........................ 519
- Decharme. — Application de l'électricité â l'étude des formes vibratoires des corps solides
- et des liquides........... 49^ 493 et 58g.
- — Lettre sur le discours de M. Clausius . . . 489
- Demarçay.— Production d'étincelles d'induction de températures élevées. — Application à la spectroscopie ............................................ 430
- Deprez. — Dynamo........................ i36, 220 et 262
- — Dynamomètre.......................-............. 369
- — Frein..................................... 17
- — Moteurs électriques ........... 282-335
- — Régulateur........................ 12,65 et 68
- Dolbear. — Poste téléphonique......................... 129
- — Appel...................................... . i32
- Duché. — Exposition de Philadelphie. — Les moteurs ............................................. 449
- p.645 - vue 649/652
-
-
-
- mmmj
- f- 646
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages
- Dunkston et Ffanckucke...................... 66
- Dupré. — Pile à deux liquides............... 190
- E
- Eccard. — Microphone.............................. i3o
- Edelmann. — Commutateur......................... 157
- — Etalonnage des galvanomètres......... 582
- Edison. — Eclairage électrique de la Banque de
- France................................. 7 3
- — Dynamo............................... 134-139
- — Frein.................................. >5
- — Lampe.................................. S71
- — Régulateur...................... 12, 69 et i32
- Eschenhagen. — Effets des tremblements de terre
- sur les appareils enregistreurs magnétiques. ... 33i
- F
- Farquharson et Lane. — Dynamomètre............ 370
- Faund-Szyll. — Télégraphie sous-marine......... 294
- Fein. — Lampe.................................. 233
- Finney. — Dynamo............................... i3q
- Fleming. — Les lampes à incandescence........... 26
- Fodor (E. de). — Eclairage par l’incandescence. . . 388
- Fonvielle (de). — Support isolant.............. 247
- Foussereau — Résistance électrique des substances
- isolantes.............................. 477"522
- Frowbridge. — Production de courants alternatifs
- au moyen de machines à courants continus. . 628
- Fuchs. — Téléphone . .......................... 180
- — Machine à influence..................... Si7
- G
- Gaiffe. — Galvanomètre............................... 87
- Gaulard et Gibbs. — Générateurs secondaires.
- 399, 460, 551 et 602
- Gililand. — Appel.................................... l3°
- Gimé. — Accumulateur................................. 29°
- Gleason et Swartz. — Dynamomètre.................... 366
- Glover. — Fils métalliques........................ 2 ’6
- Gore.—Relations entre la chaleur et les actions voltaïques et thermo-électriques entre
- les métaux et les électrolytes ........ 83
- — Résistance des éléments voltaïques et électrolytiques ..................................... *42
- Gramme. — Rhéostat............................_ • • • ^7
- Grief. — Guide de la pose et de l’entretien des lignes télégraphiques et téléphoniques en bronze sili-cieux............................................ 485
- Gross. — Génération de courants galvaniques par le
- magnétisme................................; * 37
- Guerout (Aug.). — Exposition de Philadelphie.
- 7, 416, 514, 549 et 599 — Enroulement des armatures Siemens. ... 116
- Page*
- H
- Haskins (C.-C.). — Signaux des chemins de fer. —
- Parrish et Man.......................................
- Hayes. — Production de courants alternatifs au
- moyen de machines à courants continus....... 628
- Hefner-Alteneck. — Modification à l’appareil
- Morse.............................. 472
- — Lampe à arc.............................. 483
- Hempel. — Formation de l’acier entre deux pôles de
- charbon.................................... 428
- Hedges. — Pièces fusibles....................... 38
- Hesehus. — Ampèremètres........................ 232
- Highton. — Block-systcm ............... 408
- Hipp. — Microphone............................. 56i
- Hirn. — Dynamomètre............................ 368
- Hoppe. — Electricité atmosphérique............. 378
- Howard. — Contrôleur de rondes............... 3i8
- Hughes. — Recherches sur la neutralité magnétique 288
- Hummel. — Machines unipolaires................. 577
- Hurion. — Effets thermiques des étincelles électriques ........................................... 292
- — Résistance électrique du bismuth......... 343
- Hurrel. — Dynamo............................... 218
- J
- Jablochkoff. — Pile.............................. 302
- Jamieson. — Lampes électriques................... 184
- Jenkin. -- Régulateur.......................• • 1°
- Jenkin et Danchell. — Transporteurs électriques 3e6
- Jenkin et Elliot. — Telphérage................... 507
- Juppont. — Lettre................................ 488
- Régulation de la différence du potentiel. . 385
- K
- Kapp et Crompton. — Instruments de mesure. . . 4a4
- Kareis. — Chronique de l’étranger. Autriche. 184,
- 334 et 622
- Keeper. — Contrôleur de rondes.................... 3i7
- Kendall. — Générateurs d’électricité.............. 518
- Kern. — Usine de Felten et Guilleaume............. 502
- Khotmsky.— Frein..................................^ Q
- Kohlrausch. — Appareils de mesure électrique 203-625 Kraemer. — Constantes des éléments galvaniques. 78 KrouchkolL — Polarisation des tubes capillaires. . 384
- L
- Lamkin. — Dynamo......................... l35
- Lassen. — Allumeurs électriques dans les machines
- à gaz.................................... 531
- Le Bonlengé. — Chronographe................... 363
- Lecog de Boisbaüdran. — Spectres métalliques. . 574
- Leipner. — Dynamo........................... 224
- p.646 - vue 650/652
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- Pages
- Lever. — Dynamo....................................... 224
- — Téléphone à mercure............................ 428
- Lodge. — Force électromotrice des éléments voltaïques .......................................... 81
- Loraine. — Lampes argentées........................... 473
- Lorenz. — Travaux de la conférence internationale
- des électriciens................... 437, 486 et SSq
- Lucas — Radiations émises par les charbons incandescents ........................................ 575
- Luvini. — Electricité atmosphérique................ 71-173
- M
- Maggiorani. — Influence du magnétisme sur l’em
- bryon...................................... 472
- Marinovitch. — Téléphone Mildé................. 465
- — Signaux magnétiques................... 97-297
- — et Krouchkoll. — Revue des travaux récents en électricité. 29, 83, 144, 189,
- 236, 282, 335, 382, 430, 475, 520, 574 et 624 Marcus. — Allumeurs électriques dans les machines
- à gaz............................................. 531
- Marqfoy. — Block-System............................... 453
- Maurer. — Magnétisme terrestre. . ................. 5i5
- Maxim. — Dynamo...................................... i3g
- Maxwell. — Effets électromagnétiques de l’électricité statique en mouvement....................... 482
- May. — Histoire succincte de la navigation aérienne 485
- Meslin. — Force électromotrice et potentiel........ 436
- Michalke. — Décharge des accumulateurs................ 387
- Michaelis. — Chronique de l’étranger. Allemagne.
- 78, 140, 170, 232, 33o, 378, 426, 471, 5i5, 570 et 619
- Mildé. — Téléphone................................... 465
- Minet. (Ad.). — Instruments de mesure de l’intensité
- du courant électrique............................ 562
- Morday. — Dynamo...................................... 219
- Mouraux. — Observations magnétiques................... 191
- Munier. — Télégraphe multiple de Hughes............... Soi
- Munro. — Chronique de l’étranger. 26, 81, 142,
- 182, 234, 280, 332, 38i, 428, 473, 5i8, 572 et 621
- Muthel. — Fabrication électrique du vernis............ 36
- — Lampes à incandescence.......................... 33o
- N
- Naglo. — Téléphone................................ go
- Napier. — Dynamomètre............................ 371
- Napoli. —Exposition de Philadelphie. ............ 314
- Nezeraux. — Accumulateurs.................... 3"5-423
- Nielsen. — Dynamomètre........................... 368
- O
- Oberbeck. — Effets acoustiques du microphone et
- du téléphone.................................... 140
- Oelschlaeger. — Echauffement produit dans les
- conducteurs par les courants intenses............ 29
- Ostwald. — Déterminations de résistance par les
- courants alternatifs............................. 33o
- Pages
- P
- Painter. — Avertisseur téléphonique ................. i3i
- Parker et Elwell. — Dynamo..................... 219-259
- Parsons. — Dynamo.................................... 212
- Parize. — Expériences d’hydrodynamique................ 89
- Parrish et Mun. — Signaux de chemin de fer. ... 25
- Pellat. — Cause de l’électrisation des nuages orageux ........................................... 236
- Penkert. — Résistance de l’arc électrique............. 3o
- Planté. — Courant produit par la machine rhéosta-
- tique............................................ 475
- Potier. — Théorie du contact......................... 436
- Pratt. — Soudure pour ie platine................... 235“
- Preece (W). — Phénomènes que présentent les lampes à incandescence portées à une
- forte température....................... 18
- — Effets calorifiques des courants électriques. 87 — Eclairage électrique de Londres .... 205-265
- — Block-System................................... 456
- — Manière de charger les piles secondaires. . 469
- Pritchett. — Avertisseurs d’incendie................. 381
- Purthner. — Interrupteur............................. 180
- Q
- Quincke. — Recherches électriques. . 192, 239 et 283
- R
- Radkiewitch (E.). — Appareil de contrôle des
- rondes de nuit............................. 616
- Raveni. — Eclairage électrique de la mire des fusils 141 Rayleigh. — Eclairage électrique, du brouillard. . . 573
- — Lunette monochromatique . . . . ......... 627
- Reak. — Eclat des lampes à incandescence.
- Reckenzaum. — Dynamo..................
- Voitures électriques pour tramways. Régnault. — Block-system...............
- Reinhart. — Dynamomètre............................. 372
- Reinolot. — Influence du courant sur l’amincissement des lames liquides.......................... 34
- Révérend. — Annuaire de l’électricité............... 289
- Richard. — Machines dynamos' : Détails de construction ....................... 11.64, i32, 211 et 25g
- — Les dynamomètres.............................. 366
- — Telphérage Jenkin et Elliot................... 507
- — — Jenkin et Danchell................ 326
- Robenrieth. — Lampe électrique. .'.................. 375
- Rosenfeld. — Electrolyse........................ . jRx
- Rotne (K. de). — Usine de la Bell Téléphoné Manu-
- facturing O............................... 23
- Rouilliard. — Sonneries de sûreté pour coffres-
- forts.......................................... 568
- Rouley. — Avertisseurs d’incendie................... 532
- Ruhlman. — Lampe pour projections................... 471
- p.647 - vue 651/652
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- Pages
- Pages
- £ ~
- S
- Sellar. — Conducteurs souterrains................. 474
- Schneebeli. — Câbles Berthoud-Borel............... 56g
- Schultz. — Chronographe........................... 364
- Simon. — Aperçu pratique sur l’éclairage électrique. 38g
- Smillie. — Commutateur............................ 235
- Solignac. — Dynamo....................... • 221-261
- Soulages (C.-C.). — Moteurs électriques........... 172
- Spagnoletti. — Block-system....................... 455
- Sprague. — Régulateur............................ 64
- Stein. — Procès Edison-Swan en Allemagne........ 209
- Szarvady. — Lampes à incandescence................ 541
- T
- Taptikoff. — Lettre sur le téléphone de Locht-Labye 3gi
- Thame. — Pile au chlorochrome................... 235
- Thomson. — Electromètre â quadrants.............. 27
- . — Commutateur.............................. 23q
- — Dynamo................................ i36-225
- — Régulateur................................. 67
- Thomson-Houston. — Galvanomètre................... 9
- — Lampe.................................... 55 o
- Trippen Bro’s. — Horloge électrique............ .220
- Trotter. — Lanternes dioptriques................ 197
- Tscheltzow. — Etude thermochimique sur les accumulateurs ................................. 576
- Tyer. — Block-system............................ 4>>
- Tyer-Jousselin. — Block-system................. 41.1
- V
- Van Depoele. — Moteur............................. 45o
- Varley. — Dynamo............................. . . 261
- — Charbons flexibles pour foyers à arc .... 280
- Vaschy. — Appareils téléphoniques................. 144
- Vignotti. — Pendule............................... 362
- Vogel. — Effet photochimique de la lumière électrique........................................ 141
- Volkmer. —Eclairage électrique appliqué à la photographie..................................... 244
- w
- Walker. — Block-system.........................409-453
- — Condensation des vapeurs par la décharge
- électrique...................... 572
- Weber. — Sirène électrique........................ 337
- — Téléphonie domestique............... 445
- — Microphone Hipp..................... 56i
- Webster. — Aluminium et nickel..................... 26
- Weiller. — Fils de bronze silicieux............... 33o
- Weston, — Elément-étalon............................ 9
- — Galvanomètre......................... 8
- — Explorateur des champs magnétiques ... 10
- — Photomètre........................... 11
- — Rhéostat............................. 9
- — Lampe............................. . . . . 514-549
- Williams. — Commutateur........................... 168
- Willans. — Régulateur électrique................... 28
- Winckle. — Dynamomètre............................ 368
- Woodhouse et Rawson. — Lampes..................... 147
- U
- Uppenborn. — Appareils de mesure électrique Kohlrausch............................
- 263
- Zellweger et Ehrenberg.
- appe s.............
- Lettre à propos des
- 297
- p.648 - vue 652/652
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