La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d'Électricité
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- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTEUR I
- Dr CORNÉLIUS HERZ
- Se«rétaire de la Rédaction : AUG. GUEROUT
- APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE LUMIÈRE ÉLECTRIQUE — TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SCIENCE ÉLECTRIQUE, ETC.
- TOME DIX-NEUVIÈME
- PARIS
- AUX BUREAUX DU JOURNAL
- 31, — BOULEVARD DES ITALIENS, — 3l
- 1886
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 8e ANNÉE (TOME XIX) SAMEDI 2 JANVIER 1886 N" 1
- SOMMAIRE. — Le bouton-téléphone; B. Marinovitch. — Études sur les machines dynamos; Cam. Rechniewski. — Notes sur l’application de l’électricité à l’évaluation du poids des corps; C. Decharme. — L’éclairage des bateaux-express ; Frank Géraldy. — Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Séance publique de l’Académie des sciences. — Sur l’aimantation des anneaux de fer doux. — A propos des fils de cuivre et de fer pour la transmission rapide, par M. G. Bracchi. — Correspondances spéciales de l’étranger : Allemagne; Dr H. Michaëlis* —• Angleterre; J. Munro.— Chronique : Système télégraphique Morse : Réceptionau toucher, parjM. L. Léonard. — L’éclairage électrique de la gare centrale de Glasgow. — A propos du chemin de fer électrique de Territet. — Convention télégraphique de Saint-Pétersbourg et Révision de Berlin. — Faits divers.
- LE BOUTON-TÉLÉPHONE
- A l’époque où la remarquable découverte de Graham Bell fit son apparition, on fut unanime, dans le monde savant, à reconnaître sa haute valeur pratique et à lui prédire un développement rapide et colossal. Il faut bien avouer que l’événement n’a pas entièrement confirmé ces prévisions. Si nous considérons en particulier la France, nous y trouvons aujourd’hui tout au plus io.oooabonnés aux différents réseaux téléphoniques de la province et de Paris. Quelques rares installations privées, dues à l’initiative des grandes administrations et c’est tout. Voilà bientôt dix ans que les premiers brevets ont été pris et l’on ne peut encore dire du téléphone qu’il est entré dans nos mœurs.
- Faut-il, de cet état de choses, conclure que l’enthousiasme de la première heure avait exagéré les côtés pratiques de l’invention et l’importance des applications multiples auxquelles elle paraissait devoir se prêter? Non, certes. J’estime bien plutôt que si l’usage du téléphone s’est aussi peu généralisé, cela tient surtout à la façon particulière dont le nouvel appareil a été, dès l’origine, présenté au public. °
- Courant au plus pressé, les possesseurs des brevets se sont trop exclusivement occupés de la création de réseaux téléphoniques. Les premiers appareils construits se ressentirent de cette direc-
- tion imprimée au mouvement : c’étaient des appareils excellents en général, mais de forme plus ou moins compliquée, souvent encombrants et, ce qui pis est, d’un prix toujours élevé. Toutes les applications si intéressantes que l’on pourrait appeler les petites applications de la téléphonie furent laissées dans l’ombre et le téléphone, cet appareil éminemment utile, devint, aux yeux d’un grand nombre de personnes, un objet de luxe. Rien d’étonnant à ce qu’il en ait été ainsi. On ne peut en effet demander au gros public de se rendre compte à priori, pour ainsi dire, du profit qu’un appareil nouveau est appelé à lui rendre ; il le juge en général au-dessous de sa valeur réelle, et ne l’achète qu’à titre d’essai.: pour peu que cet essai lui paraisse trop cher, il passe outre et se désintéresse de l’invention.
- Il semble cependant que depuis quelque temps les constiucteurs se soient aperçus qu’il y avait, à côté de la téléphonie publique, la téléphonie domestique, et que celle-ci méritait qu’on s’en occupât autant, sinon plus que de l’autre, car si la première s’adresse à une catégorie plus ou moins nombreuse d’individus, la seconde s’adresse au gros public, qui se nomme légion. On cherche de tous côtés à simplifier les appareils, à en réduire la forme et le prix. Toutes les fois que nous avons eu connaissance des efforts tentés dans ce sens, nous en avons rendu compte ici même, sans ménager aux auteurs ni les éloges ni les encouragements. Nous sommes heureux de pouvoir, avec l’année qui commence, revenir sur ce sujet si inté-
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- ressant, et signaler à nos lecteurs une tentative aussi ingénieuse que hardie, dont le succès constitue, dans l’ordre d’idées qui nous occupe, un progrès réel.
- Le bouton-téléphone n’est pas une invention, à proprement parler ; c’est une combinaison heureuse, en vue d’un but éminemment pratique, d’éléments déjà connus. Le but poursuivi est celui-ci : remplacer, dans une installation ordinaire de sonneries électriques, les boutons d’appel par des boutons-téléphones qui permettront, en même temps que l’on sonne quelqu’un, d’entrer en conversation avec la personne sonnée. En d’autres termes, c’est la transformation, obtenue à très peu de frais et sans qu’il soit nécessaire d’augmenter le nombre des fils existants, des réseaux de sonneries en téseaux téléphoniques.
- Nous allons tout d’abord décrire l’appareil lui-même, puis nous considérerons les différents cas qui peuvent se présenter dans la pratique.
- La figure i représente un bouton-téléphone en vraie grandeur; c’est le premier modèle construit; depuis on en a fabriqué d’autres de dimensions bien moindres. L’appareil se compose d’un socle fixé au mur ou sur une planchette et d’une partie mobile que l’on prend à la main quand on veut faire usage du téléphone (fig. 2). La partie fixe et la partie mobile sont reliées par un cordon souple à trois fils. 11
- La figure 4 donne le détail des différentes pièces qui constituent l’appareil ; la figure 3 indique le schéma des communications. Les lettres sur la figure schématique et sur la coupe de la figure 4 étant les mêmes, il est très facile de se reporter d une figure à l’autre et de suivre ainsi les liaisons.
- Le socle de 1 appareil est représenté à droite de la figure 4 ; il est supposé vue de dos. Ce socle est formé par une plaque métallique P4 munie d’un rebord sur lequel sont fixées quatre griffes G ; les griffes G embrassent la partie mobile lorsque l’appareil est au repos. La plaque P, se fixe sur un mur ou sur une planchette au moyen de deux vis dont on aperçoit les extrémités filetées sur la figure. Les deux bornes a et b servent à recevoir les fils qui aboutissent d’habitude à un bouton d’ap-
- pel ordinaire. De ces bornes partent deux fils 1 et 2 qui se rendent à la partie mobile de l’appareil. Un troisième fil t qui forme avec les deux premiers un cordon souple, communique avec une touche métallique m. En regard de cette touche est placée une lame élastique n reliée à la borne a et portant à son extrémité inférieure un teton S ; ce teton traverse un trou ménagé dans la plaque P4 et fait saillie sur la face antérieure de cette même plaque. Il résulte de cette disposition que lorsque l’appareil est à l’état de repos, le contact entre m et n est ouvert, tandis que ce contact se ferme, par suite de l’élasticité de la lame n, dès que l’on prend le bouton à la main et qu’on l’écarte du socle.
- La partie mobile, le bouton proprement dit, comprend essentiellement un récepteur téléphonique dont M est la membrane et T la bobine, et une lame élastique h placée en regard d’un contact g : le tout enfermé dans une enveloppe en bois ayant la forme et les dimensions d’un bouton de sonnerie ordinaire. La lame h est en communication avec la masse de l’appareil, tandis que le contact g est isolé de cette même masse.
- La figure 5 représente le détail du téléphone même : bobine et aimant.
- Par l’intermédiaire du cordon souple on relie : la masse de l’appareil avec le fil 1 etlaborneè du socle, le contact isolé g, avec le , fil 2 et la borne a du
- socle, l’une des extrémités du fil de la bobine avec le fil t, c’est-à-dire avec le contact m du socle.
- L’autre extrémité du fil de la bobine est en communication avec la masse de l’appareil. Il est facile de s’assurer que dans ces conditions on a réalisé le groupement schématique de la figure 3, les trois brins du cordon souple étant représentés par les portions de circuit bc, gu etTw.
- Nous adopterons, pour plus de simplicité, dans tout ce qui suit, cette représentation schématique du bouton-téléphone.
- Nous allons maintenant considérer successivement chacun des trois cas suivants :
- i° Transformation d’un réseau de sonnerie sans tableau indicateur, en réseau téléphonique, chaque bouton pouvant appeler le poste de service, mais ne pouvant pas être appelé par lui ;
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- 2° Transformation d’un réseau de sonnerie avec tableau indicateur en réseau téléphonique, chaque bouton pouvant appeler le poste de service, mais ne pouvant pas être appelé par lui ;
- 3° Transformation d’un réseau de sonnerie avec tableau indicateur en réseau téléphonique, chaque bouton pouvant appeler le poste de service et être appelé par lui.
- Premier cas. — C’est le cas le plus simple dans lequel on a affaire à l’installation de sonnerie représentée sur la figure 6. Il suffira, pour transfor-
- mer ce réseau en réseau téléphonique, d’enlever les boutons d’appel existants et de relier les fils qui y aboutissaient aux bornes a et b des boutons-téléphones. Pour le poste de service un bouton spécial devra être employé : la partie mobile de ce bouton ne contient qu’un récepteur téléphonique, et le socle, un commutateur à deux directions, qui se trouve représenté en détail sur la figure 7.
- La lame n, au lieu d’être isolée à l’état de repos comme dans le bouton ordinaire, appuie, lorsque le téléphone est en place, sur un deuxième contact
- FKÎ. 2
- fixe f, qui communique avec une troisième borne Ks. Le cordon souple n’a que deux brins, car il sert uniquement à relier l’une des extrémités V de la bobine du téléphone à la borne K,, et l’autre extrémité t de cette même bobine au contact m.
- Au poste de service, on détache le fil de ligne aboutissant à la pile et on l’attache à la borne k2; on relie la borne de la pile devenue libre à la boine K3, et on relie enfin la borne de gauche de la sonnerie à la borne K,. On a alors réalisé le dispositif électrique représenté schématiquement sur la figure 8. La personne placée au poste de ser vice, dès qu’elle prend son téléphone à la main, rompt la communication entre les bornes K, et
- K, et établit la communication entre les bornes Ka et K„ c’est-à-dire, qu’elle met hors du circuit la pile et la sonnerie, en même temps qu’elle introduit son téléphone dans le circuit.
- Il est presque inutile d’ajouter que l’on conviendra d'un signal différent, suivant que l’on désire faire venir la personne ou lui parler. Dans ce dernier cas, la personne qui appelle, met, dès qu’elle a donné le signal, son téléphone à l’oreille; la personne appelée doit immédiatement prendre le téléphone du poste de service et parler. La conversation uné lois engagée, on porte alternativement le téléphone à la bouche et à l’oreille : c’est une habitude facile à prendre. On peut d’ailleurs, pour plus de commodité, mettre sur une
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- même planchette, côte à côte, deux boutons dont l’un servira à par er et l’autre à écouter (fig. g).
- C’est le cas le plus simple ; ce sera sans doute aussi le plus fréquent. Il est vrai que le poste de service ne peut appeler les différents postes du réseau. Mais n’oublions pas qu’il s’agit ici surtout de relations entre maîtres et domestiques, et qu’en somme c’est la continuation d’un état de choses existant. 11 est même à supposer que bien des gens verraient d’un fâcheux œil, le téléphone établir la réciprocité des appels. Quoi qu’il en soit, si l’on désire pouvoir être appelé par le poste de service, cela est facile à obtenir, kig. 3
- comme nous le verrons plus loin, à condition, bien entendu, d’accroître légèrement les frais de l’installation.
- Deuxième cas. — Supposons maintenant qu’il y ait au poste de service un tableau indicateur, c’est-à-dire, que l’on ait affaire à l’installation de sonnerie dont la figure io indique le schéma. Nous considérerons, pour plus de simplicité, un tableau à deux directions seulement; les solutions s’appliquent évidemment à un nombre quelconque de directions.
- Pour transformer ce réseau existant en un réseau téléphonique, tel qu’il a été précédemment défini, il suffira de substituer à chacun des boutons d’ap-" fjV pel un bouton-téléphone ordinaire, et $ v de placer auprès du tableau indicateur un bouton-téléphone avec commutateur à deux directions (fig. 7).
- Les trois bornes K,, IQ, K3, de ce bouton seront reliées aux tableaux comme l’indique la figure 11.
- FIG. 4
- Le fil qui aboutissait à la dernière borne de gauche du tableau, est détaché et relié à la borne K3 ; la borne IL est reliée à la dernière borne de gauche du tableau, et la borne K, à l’avant-dernière borne de gauche de ce même tableau. Il est facile de s’assurer que dans ces conditions, le système fonctionne de la même façon que précédemment. La personne placée au poste de service, F
- en même temps qu’elle retire son appareil du socle sur lequel il est fixé, met hors du circuit la pile P
- et la sonnerie S pel mécanique,
- , Dans le cas d’un tableau à rap-il faudrait évidemment relier la borne K4 à la borne de la pile P, qui ne communique pas avec la sonnerie (la borne de droite sur la figure 11). Nous n’insisterons pas davantage sur ce cas, qui est aussi simple que le précédent.
- Troisième cas. — Lorsqu’on veut que le poste de service puisse appeler les différents postes du réseau, l’installation devient un peu plus compliquée.
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- L’appel se fait au moyen d’une bobine d’induction placée au poste de service ; les courants induits de cette bobine produisent dans les boutons-téléphones un bruit caractéristique très
- suffisant pour être entendu môme à une assez grande distance.
- FIG. 7
- Une difficulté se présentait ici : pour que l’appel pût être fait à chaque instant, il fallait évidemment
- FIG. S
- que le téléphone fût constamment en série avec les fils de ligne; or, de cette manière, la pile eût été placée dans un circuit toujours fermé, solution inadmissible. On pouvait, il est vrai, augmenter le
- nombre des fils, mais .c’était s’écarter du programme, qui consistait à transformer un réseau
- FIG. 9
- de sonnerie existant, et non pas à faire, parallèle-
- ment à unréseau de sonnerie, un réseau téléphonique.
- —r-Æ—&
- Ce problème délicat a été résolu d'une façon fort ingénieuse, grâce à un procédé dont l’idée pre-
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- mière appartient à M. le docteur A. d’Arsonval O). Le procédé réside dans l’emploi d’une force électromotrice qui équilibré celle de la pile, tout en laissant passer les courants induits dans la bobine.
- Cette force contre-électro-motrice est fournie par quatre petits éléments dont l’un est représenté en vraie grandeur sur la ligure 12. Chaque élément est constitué par un tube en ébonite b rempli avec une pâte humide à base de potasse dans laquelle plongent deux électrodes en fer a, a ayant la forme représentée sur la ligure. Le tube est hermétiquement fermé au moyen d’une rondelle en ébonite et d’une couche c de ciment dissous dans de la potasse. L’expérience enseigne que ces accumulateurs se polarisent en quelques dixièmes de seconde.
- Quatre de ces petits éléments groupés en série accompagnent chaque bouton-téléphone; ils sont encastrés au dos de la planchette qui porte le socle du bouton et les liaisons sont faites suivant le schéma de la figure i3. Les éléments a,a,a,a, sont groupés en série avec la bobine du téléphone et la ligne. Le circuit dans lequel se trouve le bouton d’appel est en dérivation sur les bornes de l’appareil. Entre la’partie mobile du bouton, figurée schématiquement à droite du dessin (fig. i3), et le socle, dans lequel sont enchâssés les accumulateurs, on voit très nettement les trois brins qui constituent le cordon souple reliant les parties mobile et fixe du bouton-téléphone.
- La figure 14 représente le schéma de l’installation
- FIG. l3
- complète, dans le cas que nous considérons,
- (l) Note présentée à l’Académie des Sciences, dans la séance du 26 janvier 1885.
- c’est-à-dire dans le cas où l’appel réciproque est possible. En bas et à droite de cette figure on a reproduit à une plus grande échelle, la clef à contact multiple qui est montée sur la même planchette que la bobine d’induction.
- Immédiatement au-dessous du tableau se trouve une planchette contenant autant de boutons d’appel qu’il y a de directions au tableau. La figure i5 donne une vue extérieure de cette planchette; la figure 14 indique le schéma des communications. Chaque bouton m est solidaire d’une lame métallique e,e', et cette lame, à l’état de repos, appuie sur le contact g, g'. Mais, lorsqu’on presse sur le bouton m, elle vient appuyer sur le contact
- FIG. I.|
- Au-dessus de chaque numéro d’ordre se trouvent deux bornes a b ou cd, dont l’une est reliée à la lame e e’, l’autre, au contact g g'; la planchette porte en outre une borne n reliée aux contacts f,f et en même temps à la borne A du socle sur lequel sont montés : la bobine d’induction, le téléphone de service, ainsi qu’une clef à contact multiple.
- La figure 16 représente une vue perspective de la bobine d’induction et des appareils accessoires qui l’accompagnent. La clef à contact multiple sert à fermer, en même temps, le gros fil de la bobine d’induction sur la pile P du poste et le fil fin, sur le téléphone récepteur. Cette clef est constituée par trois lames métalliques a, b, c, isolées les unes des autres (voir le détail de la fig. 14). A l’état de repos la lame supérieure a appuie contre
- a a
- FIG. 12
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- la touche F, la lame inférieure c est écartée de la touche G; lorsqu’on presse sur le bouton qui surmonte la clef, on ferme le contact entre a et b et en même temps le contact entre c et G, tandis qu’on ouvre le contact entre a et F. Les deux lames b
- FIG. I 5
- et c sont constamment maintenues écartées par une cale isolante placée à leur extrémité de droite.
- Pour transformer le réseau de sonnerie de la figure io, en réseau téléphonique du genre de celui qui nous occupe ici, voici comment on opère.
- MG. l6
- On substitue aux boutons d’appel des différents postes, les boutons-téléphones avec accumulateurs (fig. i3) On détache les fils qui aboutissaient aux bornes 5 et 4 du tableau et on les relie aux bornes c et a de la première planchette; les bornes d et b de cette même planchette sont reliées aux bornes 5 et 4 du tableau. Passant ensuite à la planchette qui porte la bobine d’induction on joint
- la borne A à la borne n, la borne B à la borne 2 du tableau, la borne C à la borne 3 du tableau et enfin les bornes D et R au cordon souple du téléphone de service.
- Les communications étant ainsi établies, chacun des postes 1, 2, etc., appellera le poste de service en appuyant sur la touche B de son bouton-téléphone, c’est-à-dire au moyen de la pile P et de la sonnerie S. Lorsque le poste de service voudra appeler un des postes du réseau, il devra appuyer en même temps sur la clef à contact multiple et sur le bouton m placé au-dessous du numéro correspondant à celui du poste [appelé. Pour corres-
- FIG. 17
- pondre il devra abandonner la clef à contact multiple, tout en appuyant sur le bouton m tant que dure la conversation.
- Il est facile de suivre la marche du courant dans l’un et l’autre cas. Supposons en effet d’abord que le poste de service désirant appeler le poste 2 tienne abaissés la clef à contact multiple et en même temps le bouton m placé au-dessous du numéro 2. Le circuit primaire de la bobine partant de la borne B se referme sur cette même borne en passant par le contact G, la lame c, la borne C, la borne 3 du tableau, la pile P, la borne 2 et le fil de retour 2B. Le circuit à fil fin partant de la borne C y revient en traversant la bobine, la lame b, la lame a, les bornes A 'et n, le contact fe',
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- t o
- la borne c, le téléphone T du poste 2, les accumulateurs A, la borne 3 du tableau et le fil de retour 3C. Ces deux circuits ont une partie commune entre la borne 3 du tableau, et la borne C de la planchette inférieure, ce qui, d’ailleurs, n’offre aucun inconvénient.
- En abandonnant la clef à contact multiple on ouvre le circuit de la pile entre le contact G et la lame c et le circuit à fil fin entre les lames a et b; on introduit en même temps dans la ligne le télé-
- phone du poste de service en fermant le contact entre F et a (voir le détail de la figure 14). Le circuit dans lequel se trouvent les deux téléphones partant de la borne D, par exemple, se ferme alors en passant par le contact Fa, les bornes A et n, le contact f'e' (la touche m étant toujours maintenue abaissée), la borne c, le téléphone T et les accumulateurs A du poste 2, la borne 3 du tableau, les bornes C,E de la planchette inférieure et le téléphone du poste de service.
- FIG. 18
- La figure 17 représente une vue perspective de l’ensemble des appareils placés au-dessous du tableau indicateur, dans le cas dont la figure 14 donne le schéma : planchette avec bouton d’appel à deux directions, planchette avec bobine d’induction et clef à contact multiple et enfin téléphone de service. Pour plus de commodité, on peut, au poste de service, disposer sur un socle deux téléphones magnéto, ainsi que l’indique la figure 17, un appareil de transmission et un autre de réception. Ce poste est en effet appelé à parler bien plus souvent que chacun des postes du réseau, et dans ces conditions, un téléphone de transmission, doublement articulé, comme celui de la figure est d’un emploi plus facile que le bouton de service ordinaire.
- Le bouton-téléphone dont nous avons donné une description détaillée, au commencement de cet article (lig. 1 et 2), est le plus grand modèle construit : ses dimensions dépassent celles d’un bouton de sonnerie simple. Ce fut le premier modèle fabriqué. Depuis on est arrivé à réduire consr
- dérablement la forme, et on a construit deux autres modèles, dont le plus petit n’a que 4,5 centimètres de diamètre. Le modèle moyen a exactement les dimensions d’un bouton de sonnerie commun.
- La figure 18 donne le détail de ce type, en grandeur d’exécution.
- Le socle de l’appareil a été un peu modifié ; il est constitué par une simple bague en métal blanc, diamétralement traversée par le ressort de contact «; c’est l’embouchure même du téléphone, E, en saillie sur la paroi postérieure du bouton qui fait jouer ce ressort de contact. Cette embouchure a un diamètre plus petit que celui de la partie évi-dée du socle, de telle sorte que, lorsqu’on met le bouton en place, elle appuie sur le ressort n et l’écarte du contact de repos m. L’appareil téléphonique lui-même a été modifié; il comporte deux bobines, ainsi que l’indique la figure 19, qui représente le détail du téléphone seul. Les communications intérieures sont absolument les mêmes que dans le cas de la figure 4.
- Sous cette forme réduite ou sous celle encore
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- -moindre du plus petit modèle construit (4,5 centimètres de diamètre), les appareils que nous décrivons ici, fonctionnent comme les meilleurs téléphones magnéto dont nous ayons eu occasion de nous servir; la netteté de la transmission ne laisse rien à désirer. — Dans les installations de sonneries d’appartement, certaines personnes préfèrent se servir de poires mobiles au lieu de faire usage de boutons d'appel fixés aux murs.
- La figure 20 représente la poire-téléphone qui, dans ce cas, devra être substituée aux appareils existants.
- La forme extérieure de cet appareil est, à peu de chose près, la même que celle des poires de sonnerie simple, seulementle bouton d’appel K, au lieu d’être placé à la partie inférieure de la poire, est disposé latéralement; la partie inférieure est occupée par l’embouchure du téléphone.
- La boîte en bois qui enveloppe les organes du téléphone, se compose de trois parties D, C et E; la partie intermédiaire C se visse dans le chapeau D, les pièces C et E s’assemblent au moyen d’une baguefiletée F, en laiton.
- L’aimant A du téléphone est une lame de 10 millimètres de largeur environ, recourbée en forme de V renversé. Cet aimant porte les bobines b, b au-dessous desquelles est placée la membrane M, et s’assemble de chaque côté au moyen de quatre vis v, avec deux lames de laiton B, soudées à l’intérieur de la bague F. On voit donc qu’il suffit de dévisser le couvercle inférieur E et la bague F pour retirer, en même temps que cette bague, tout l’appareil ™
- téléphonique. .
- L’appel se fait en appuyant sur le bouton Iî, lequel est solidaire d’un ressort H, relié à la masse; en regard de H se trouve un contact G, qui est isolé de la masse.
- Le coupe-courant est formé par quatre petits accumulateurs ait du modèle précédemment décrit; ces accumulateurs sont enfermés dans un cylindre en ébonite M, percé d’un trou, à travers lequel
- passe le cordon souple S. Entre le coupe-courant, que l’on peut placer à une distance plus ou moins grande de la poire, suivant les dispositions des locaux, et l’appareil lui-même, le cordon souple S est composé de trois fils x, 2 et 3; les deux fils 1 et 2 se rendent seuls au poste de service. Voici, d’ailleurs, comment sont faites les communications. Le fil 1, venant du poste de service, touche à l’une des bornes r du coupe-courant et est relié au contact isolé G; le fil 2 traverse tout simplement le cylindre M et communique avec la masse du téléphone, le fil 3 part enfin de la seconde borne r' du coupe-courant, pour aboutir à l’une des extrémités de l’enroulement des bobines b, l’autre extrémité de ce même enroulement communiquant avec la masse du téléphone. Il est facile de s’assurer que, dans ces conditions, le groupement est absolument le même que celui de la figure i3. Le téléphone et les accumulateurs a sont constamment en série avec la ligne; le circuit où se trouve le bouton d’appel, circuit normalement ouvert, est en dérivation sur les bornes r et r' du cylindre M.
- Les appareils que nous venons de décrire sont susceptibles d’une infinité d’applications : ' nous n’avons pu, dans les limites étroites d’un article, signaler que les principales. Elles suffisent néanmoins à mettre bien en relief les côtés essentiellement pratiques du nouvel engin : facilité de pose et de manipulation, combinaison sous un volume excessivement réduit de tous les organes d’un poste téléphonique. Le bouton-téléphone trouvera à être employé d’une façon utile, presque partout où la sonnerie électrique est aujourd’hui appli-" quée, et Dieu sait si le cas est fréquent! Que dire de plus? Du moment qu’un appareil est très utile, très bon (et sur ce point, on voudra bien nous faire crédit) et très peu cher, j’estime qu’il n’est pas téméraire de devancer le jugement de la pratique
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- et de lui prédire, le jour même de son apparition, le succès le plus enviable : c’est ce que nous n’hésitons pas à faire pour le bouton-téléphone.
- B. Marinovitch.
- ÉTUDES SUR
- LES MACHINES DYNAMOS
- COUPLE MOTEUR ET VITESSE DANS LES MACHINES DYNAMOS RÉCEPTRICES
- Il est important pour les questions de transport d’énergie au moyen de machines électriques, de connaître comment varie le couple moteur des machines réceptrices, lorsque leur vitesse de rotation change. Le meilleur moyen de montrer la loi de variation est de dessiner, pour les différents cas, les courbes représentant le couple moteur en fonction de la vitesse. On peut construire ces courbes graphiquement, d’une manière très simple.
- Pour pouvoir résoudre le problème d’une manière générale, il faut connaître tous les facteurs qui influent sur le couple moteur, c’est-à-dire, les constantes des deux machines et la résistance de la ligne.
- Construction graphique (fig. i). — La machine génératrice marche, en général, à une vitesse constante V. Supposons-la enroulée compound, dans des proportions quelconques, sa marche pourra alors être représentée par sa caractéristique Cg, les abscisses représentant les courants dans la ligne et les ordonnées, les forces électromotrices.
- Soient R,-, la résistance intérieure de la génératrice, R/ la résistance intérieure de la réceptrice et R/, la résistance de la ligne. Représentons la résistance intérieure R„ par l’inclinaison de la droite OF, de manière que
- tg XOP —Ri,
- la résistance de la machine et de la ligne R, R/ par la droite OE, de manière que
- tgXOE=Ri+Ri,
- enfin, la résistance de la génératrice, de la ligne et de la réceptrice R; -f- R/ -j- R,' par l’inclinaison de OD, de manière que
- tgXOD=R!+R( +Ri'.
- Alors, pour un courant I égal à OP', PP'représentera la force électromotrice totale, PA et PB les
- différences de potentiel aux bornes de la génératrice et de la réceptrice; enfin, PC, la force contre-électromotrice de la réceptrice. En effet, P'C est la force électromotrice absorbée par toutes les résistances R„R/ et R/, pour le courant considéré OP'; ce qui reste, CP, ne peut donc être que la force contre-électromotrice de la réceptrice.
- Connaissant la différence de potentiel, PB, aux bornes de cette dernière, ainsi que le courant I = OP', nous pouvons facilement trouver le champ magnétique, et, par conséquent, le couple moteur et sa vitesse.
- Pour cela, traçons la courbe C du magnétisme de la réceptrice, en portant sur l’axe des X les forces magnétisantes (nombre d’ampères-tours), et comme ordonnées, les champs magnétiques H, correspondants (‘).
- L’action magnétisante due à la dérivation est proportionnelle à la différence de potentiel AP aux bornes, de sorte que nous pourrions toujours tirer une ligne OQ\ inclinée de manière qu’en portant sur l’axe des Y une longueur OQ = BP = AP, et en menant par Q une horizontale jusqu’à la rencontre Q de la droite inclinée, le segment QQ' représente l’action magnétisante de la dérivation.
- De même, l’action magnétisante de l’enroulement en série, pour un courant OP', peut être représentée par l’ordonnée P'M' de la droite OA' au point P' :
- La force magnétisante totale dans la réceptrice sera donc
- QQ'+P'M' = OQ" + Q"K', et le champ magnétique :
- H—ICK'.
- Le courant I de la ligne se divise dans la réceptrice en deux; une partie, I</, va dans la dérivation et l’autre, I„, dans l’armature et les électros en série.
- Le couple moteur étant proportionnel au champ magnétique et au courant de l’armature, peut s’écrire :
- C=aI„H,
- où a est une constante dépendant du nombre de spires sur l’induit et des unités choisies.
- Dans la plupart des cas de la pratique, on peut négliger L par rapport à Ia et admettre que I,, = I. Alors nous aurons :
- C=aIH = aOP'KK'.
- Pour construire cette expression prenons une une longueur OT = ^ et tirons la ligne TP', nous aurons :
- OP'
- tg OTP' = ^L=:aI. (*)
- (*) Voir La Lumière Électrique, n° So, i885.
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- Faisons O'G = KK' = H, et tirons GR' parallèlement à TP'; le segment O'R' représentera le couple moteur C= alH, pour le courant I=OP'.
- Mais pour que ce courant puisse exister dans a ligne, il faut que la vitesse de rotation soit telle que la force contre-électromotrice de la réceptrice soit bien PC; cette force est proportionnelle au nombre de tours » par seconde et au champ magnétique et peut, par conséquent, s’écrire :
- AP' = p«II = p»KK' = CP ;
- donc, il faut que
- CP
- n~ p.KIC'
- Portons sur la droite OD un segment CM= KK* et tirons la ligne MP; puis, menons par le point N, situé sur OD à une distance de l'origine
- ON égale à ^ une parallèle NW à MP. Le segment ainsi déterminé, OW, sera le nombre de tours» par seconde, auquel devra marcher la réceptrice.
- En portant les deux valeurs correspondantes de » et de C : » = RR' et C = O'R' parallèlement aux axes respectifs, nous obtiendrons un point R de la courbe C' cherchée reliant le nombre de tours par seconde au couple moteur. En déterminant de la même manière une série de points, il sera facile de construire cette courbe telle qu’elle est dessinée sur la figure.
- Dans cette construction, nous avons négligé h par rapport à Ia; il est cependant facile d’en tenir compte; en effet le courant L est proportionnel à la différence de potentiel PB aux bornes de la réceptrice ; nous pouvons donc couper sur une horizontale par B au moyen d’une ligne convenablement inclinée, par P, un segment BB' égal à ld : L= I — ld= OP' — B'B = OB", et C étant égal à a, IflH=aOB"KK'. On le trouverait en menant GR" parallèlement à TB"; le point Rt serait alors le vrai point R ; mais, d’ordinaire, on
- peut négliger cette correction, L étant très petit comparativement à I.
- Un cas intéressant à étudier, c’est celui d’une distribution d’électricité sous potentiel constant ; ce genre de distribution se généralise en effet de plus en plus, à cause de la commodité qu’il offre pour l’éclairage.
- Supposons donc que la différence de potentiel AP aux bornes de la réceptrice soit constante.
- Soit Ra la résistance de l’armature, Re celle des électros en série, et R,/ celle des électros en dérivation (fig. 2).
- Supposons d’abord que l’enroulement en dérivation des électros existe seul, son action magné-sante sera :
- aNrfIfi = aN(i^,
- où a est une constante et Nj le nombre de tours de fil de la dérivation.
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- Le champ magnétique correspondant sera donné par la courbe du magnétisme comme ordonnée, AP
- pour l’abscisse aNrfj-g- ; soit Hd ce champ ma-tique.
- Le courant Ia = 'AP fi, AP où AP' est la force contre-électromotrice de la réceptrice et R; la résis-
- tance totale de la réceptrice. Nous avons AP' = fNHrf et
- C=aH,;
- AP— |3«Hrf Ri
- (I
- On voit que C est une fonction linéaire de «, et pourra être représenté par une droite AB. En portante comme abscisses et n comme ordonnées,
- ruIt
- cette droite coupera l’axe des X en B, pour
- aP
- n — o, C = [Hii-pj-r et l’axe des Y en A, pour
- Étudions maintenant ce que devient la fonction C — f(n) lorsque, au même enroulement en dérivation, s’ajoute un enroulement en série.
- Dans l’enroulement en dérivation, le champ magnétique Hj est constant, et, par conséquent, le courant est chaque fois proportionnel au couple qu’il produit.
- Cherchons quelles sont, pour le même courant I, les valeurs correspondantes de C et de n, pour le nouvel enroulement compound.
- Au point P de la droite AB correspond un courant qui est proportionnel au couple OT ; son
- action magnétisante peut être représentée par l’ordonnée TF d’une droite convenablement inclinée à l’origine; en portant cette longueur en O D, nous aurons l’action magnétisante totale des deux enroulements, égale à CO-j-OD, et le nouveau champ magnétique sera DK, Le courant étant resté le même, le couple doit avoir augmenté comme le
- rapport des champs magnétiques
- En faisant OL = DK, et menant par L une parallèle LL' à AT, le segment OL', coupé sur l’axe des X seta le nouveau couple C'.
- Il faut encore trouver la vitesse correspondante de la réceptrice.
- Le courant étant resté le même, il faut que AP—p«Hd AP—pw'H'
- Ri - R,'
- (2)
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- i5
- Nous pouvons facilement calculer n' de cette équation ou le construire graphiquement. Ayant ainsi deux valeurs correspondantes, C' et n’, nous aurons un point P' de la nouvelle courbe. En opérant de même pour d’autres points, il sera possible de la tracer d’une manière continue.
- Dans les cas ordinaires de la pratique, nous pouvons nous permettre une approximation qui simplifie beaucoup les constructions.
- La différence de potentiel aux bornes et la force contre-électromotrice, sont, eh général, grandes, par rapport à leur différence ; leur rapport donne le rendement électrique du moteur.
- C’est-à-dire que n' varie très peu en grandeur absolue, lorsque R/ varie ; et nous pourrons, en négligeant les variations de n' produites par les changements de R„ admettre que la résistance intérieure R reste constante, R, = R,'; la formule Ça) se réduit alors à
- et «' = » ÏL?. |(3)
- Pour construire cette expression, nous avons toutes les données nécessaires :
- Hrf=OA; H'=OL; >;=TP=OS.
- Donc, en portant sur l’axe des X, OL, —n, et en menant AA, parallèlement à LL,, nous couperons sur l’axe des X un segment OA, égal à nr.
- En opérant de la même manière pour une série de points P, nous obtiendrons une série de points P', et en les reliant, la courbe cherchée AB3, pour l’enroulement compound considéré.
- Les courbes AB, et AB2 ont été obtenues pour d’autres enroulements en série, représentés par les inclinaisons des droites OE, et OE2.
- Ces courbes s’abaissent d’abord au-dessous de la droite AB, pour remonter ensuite et donner un couple final, pour w = o, plus grand que l’enroulement en dérivation seul.
- On peut encore faire un enroulement en série agissant en sens contraire de l’enroulement en dérivation, les deux actions magnétisantes se soustraient et, dans le cas de l’enroulement représenté par la droite OE„, la force magnétisante pour le courant correspondant à OI sera
- OC—OD^OC' — OD=C'D;
- le champ magnétique sera donné par l’ordonnée DK' de la courbe du magnétisme C', tracée par A symétriquement à la précédente, C. Ayant le champ magnétique DK' = OL'", nous opérons comme précédemment pour avoir le couple moteur et le nombre de tours. Pour le couple moteur, nous menons par L'" une parallèle à AT ; le segment coupé sur l’axe des X, OL" est le couple cherché.
- Pour trouver le nombre de tours correspondant,
- faisons OL, = TP et menons par A une parallèle AU à SL,; le segment OU = L"P" sera lç nouveau nombre de tours n'.
- Les courbes AR,, AR2, AR'2, AR, ont été obtenues pour des enroulements croissants en série, agissant toujours de manière à affaiblir l’aimantation produite par la dérivation.
- Toutes ces courbes partent de AC; leur première partie se relève de plus en plus pour se rapprocher de l’horizontale; tandis que leur autre extrémité se rapproche de plus en plus de l’origine, pour remonter finalement le long de l’axe des Y comme la courbe AR3.
- W. Cam. Rechniewski.
- NOTES SUR
- L’APPLICATION de L’ÉLECTRICITÉ
- A L’ÉVALUATION DU POIDS DES CORPS
- De toutes les forces physiques dont l’homme peut disposer à son gré, celle qui se prête le mieux à ses besoins, à ses exigences, à ses caprices même, c’est, sans contredit, l’électricité. Elle se plie, en effet, à tous les rôles, à la petite comme à la grosse besogne, à la division d’un millimètre en 1.000 parties égales, comme à la traction des voitures sur les rails; elle mesure aussi bien le mouvement lent du mercure dans le baromètre que la vitesse d’un boulet de canon; elle entretient, avec la même facilité, les oscillations lentes d’un pendule et les vibrations rapides d’un diapason.
- Aujourd’hui, nous demandons à l’électricité de peser les corps. Provoquons sa réponse, en examinant les moyens qu’elle nous offre, dans l’état actuel de la science, pour résoudre ce problème ou tout au moins pour nous faire entrevoir la possibilité d’une solution satisfaisante.
- I
- RÉVERSIBILITÉ DES BALANCES ÉLECTRO-MAGNÉTIQUES ET ÉLECTRO-DYNAMIQUES.
- On sait que, parmi les nombreux instruments destinés à mesurer l’intensité des courants électriques, il en est plusieurs avec lesquels cette évaluation se fait à l’aide de poids.
- Me basant sur la réversibilité possible de ces appareils, j’ai eu la curiosité de rechercher avec quelle approximation il serait possible, réciproque-vient, de déterminer le poids des corps, à l'aide de courants électriques d’intensité variable à volonté
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- et susceptibles d’être évalués d’une manière absolue ou relative ; non que j’aie la prétention de vouloir substituer, en tous les cas, à la balance ordinaire, si simple et si exacte, des appareils compliqués, délicats à manier et renfermant parfois des éléments dont les variations sont difficiles à apprécier.
- Mais il m’a semblé ‘qu’au point de vue scientifique, et pour constater jusqu’à quel point la réciproque est vraie, il ne serait pas sans intérêt de faire quelques vérifications à ce sujet, en examinant les principaux appareils qui se prêtent le mieux à la réversibilité.
- Tout d’abord, je tiens à dire que je n’ai pas la pensée de présenter comme instruments nouveaux, les quelques modifications et additions que je propose d’appliquer à divers appareils, pour les rendre aptes à peser les corps. Ces changements sont basés sur des principes et des faits entrés dans le domaine de la pratique et que tous les électriciens connaissent.
- Ceci posé (et avant de passer aux instruments que j’ai employés), commençons par la balance électro-magnétique de M. Becquerel, la première en date, le type des appareils réversibles.
- Balance électro-magnétique de M. Becquerel. — Mesurer, par des poids, l’intensité des courants électriques, tel est le but de cet appareil qui se compose essentiellement, comme on sait, d'une balance de précision, sous les plateaux de laquelle sont suspendus deux petits aimants pouvant plonger, sans frottement sensible, dans des bobines que le courant à mesurer doit traverser, de telle sorte que l’attraction de l’un des deux aimants, par sa bobine, concorde avec la répulsion de l’autre, pour détruire l’équilibre. La sensibilité de l’appareil est ainsi doublée. J’omets à dessin toutes les particularités de détails. Un galvanomètre très sensible est intercalé dans le circuit.
- L’expérience directe est fort simple : on fait passer le courant dans le système ; on rétablit l’équilibre au moyen de poids P et l’on note la déviation correspondante d de l’aiguille galvano-métrique. Une nouvelle expérience sur un autre courant donne, pour le poids et la déviation, P' et d'.
- Or, les intensités I et I' des deux courants étant proportionnelles aux poids ainsi qu’aux déviations, on a la relation générale :
- I pourra être déterminé en valeur absolue, une fois pour toutes.
- Cette balance ne peut servir à mesurer que des courants de très faible intensité.
- Si les courants à comparer sont capables de
- faire dévier l’aiguille du galvanomètre au delà de.s limites de proportionnalité reconnues, il faut alors avoir recours à une graduation empirique, dresser une table, ou construire la courbe de correspondance entre les intensités et les degrés de déviation, ou mieux, faire usage d’un galvanomètre à déviations proportionnelles, comme celui de MM. Deprez et d’Arsonval (*), ou du galvanomètre gradué de W. Thomson (2).
- Quoi qu’il en soit, puisqu’ici les intensités des courants sont mesurées par des poids, on pourra donc, réciproquement, évaluer les poids par le$ intensités des courants, c’est-à-dire, par les déviations de l’aiguille galvanométrique lors de l’équilibre de la balance. L’approximation sera la même dans les deux cas, puisqu’on a :
- P, ayant été déterminé par expérience directe.
- Il n’y aura donc rien à changer à l’appareil pour le rendre réversible. Il faudra seulement pouvoir disposer d’un courant d’intensité variable à volonté, d’une manière continue, capable de faire équilibre aux poids à déterminer, et susceptible d’être évalué numériquement avec une exactitude suffisante. C’est là une difficulté. Tant qu’il ne s’agira que de courants très faibles, comme ceux qu’on mesure ordinairement avec la balance de M. Becquerel, un simple fil de zinc plongeant plus ou moins dans l’eau acidulée, permettra d’obtenir l’effet désiré; l’intensité sera évaluée par la déviation galvanométrique.
- Mais, pour des courants plus intenses, devant faire équilibre à des poids plus forts, ce moyen, lors même qu’on le pratiquerait sur des surfaces plus grandes, comme celles des plaques ou des1 cylindres de zinc des piles ordinaires, serait d’un emploi peu sûr; car il n’est pas facile d’arrêter, pour ainsi dire à point nommé, un courant croissant ou décroissant. Mieux vaut alors se servir d’un courant constant, suffisamment énergique, dont on diminuera l’effet à volonté, au moyen d’une résistance croissante, à l’aide d’un rhéostat, de bobines graduées, ou de shunts.
- Quant à la mesure de l’intensité du courant employé, on l’obtiendra,, en valeur relative ou absolue par l’un des nombreux appareils connus et le mieux approprié à la circonstance. (Voir la classification de ces appareils par M. A. Minet, dans La Lumière Electrique, t. XVI, p. 502.)
- M. Helmholtz, pour s’affranchir des variations du magnétisme terrestre et des irrégularités de torsion des fils de la balance de M. Becquerel, a substitué aux aimants et. aux fils, des spirales ver-
- (') La Lumière Électrique, t. XVIt, p. 3g3. (2) Jenkin, Électricité et Magnétisme, p. 23i.
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- ticales qui ne peuvent tourner autour de leur axe.
- Pour le mode de communication électrique entre ces éléments (voir Le Journal de Physique, 20 série, 1.1, p. 52, 1882).
- L’instrument est capable, paraît-il, de mesurer à près un courant équilibré par 1 gramme.
- On comprend qu’une telle sensibilité permet, réciproquement, d’évaluer avec une grande approximation le poids des corps à l'aide d’une balance ainsi modifiée.
- De même que la balance électro-magnétique de M. Becquerel peut servir de balance différentielle, de même aussi, réciproquement, elle peut être utilisée à constater, ou à évaluer numériquement la différence des poids de deux corps, au moyen
- fi 1
- d’un même courant, passant dans le même sens, sur les deux bobines, les poids à comparer étant placés chacun sur un des plateaux de la balance. L’approximation sera réciproque, c’est-à-dire la même dans les deux cas.
- On peut remplacer les petits aimants et leurs bobines par d’autres plus forts, quand on doit opérer avec des courants de plus grande intensité, et employer aussi un galvanomètre moins sensible, ou des dérivations appropriées.
- Balance dÿnamométrique de M. Marcel Deprez. — Parmi les balances électro-dynamiques, celle qui se prête le mieux aux expériences de réversibilité, est l'électro-dynamomètre nue M. Marcel Deprez a décrit dans La Lumière Électrique (t. XII, p. 4, hg. 1).
- « L’instrument se compose d’une balance de Roberval dans laquelle l’un des plateaux est remplacé par une bobine B (fig. 1), d’une faible épaisseur, et d'un grand diamètre... Le courant passe dans cette bobine et dans les bobines fixes B' et B',, de manière à exercer des actions concoi-
- dantes. » Lorsque le edurant électrique traverse ce système (au moyen des ressorts C et C'), on peut ramener l’équilibre à l’aide de poids. Toutes les fois qu’un courant, de source quelconque, produira le même effet sur des poids déterminés, il aura la même intensité que dans le premier cas. Réciproquement, un courant d’intensité déterminée, produira toujours le même effort sur les poids qui lui font équilibre.
- Il résulte de là, que pour rendre l’appareil réversible, il faut d’abord dresser une table, ou tracer une courbe de correspondance entre les poids marqués et les intensités des courants soumis à l’expérience. Alors, faisant intervenir un courant dont on poutra faire varier à volonté l’intensité, on établira l’équilibre du corps, dont on veut déterminer le poids. La mesure du courant, par les procédés connus, conduira à l’évaluation du poids cherché, en se basant sur ce principe, que dans ce cas, l’action pondérale est proportionnelle au carré de l’intensité du courant :
- ? i2 j72'
- Ainsi donc, on expérimente avec un courant d’intensité croissante ou décroissante, inconnue, pour obtenir sur la balance, l’équilibre d’un poids également inconnu. On fait ensuite passer ce même courant dans un appareil de mesure,-et l’on tient compte de la résistance des bobines des fils conducteurs du galvanomètre du premier instrument.
- L’évaluation de ces résistances, présente quelquefois des incertitudes, des causes d’erreur; mais elle ne porte que sur le degré d’approximation, et n’infirme pas le principe de réversibilité.
- Balance éleclro magnétique de M. du Monccl. — Pour étudier, dans les électro-aimants les dispositifs propres à donner la plus grande énergie possible, M. du Moncel s’est servi, dans ses nombreuses expériences à ce sujet, d’une balance éleclro magnétique (voir pour sa description, L'Electricité du 21 novembre i885, p. 424, fig. 87), au moyen de laquelle les attractions d’une arma-tuie, par les divers électro-aimants comparés, étaient mesurées au moyen de poids. Cet appareil (sans même y joindre les accessoires qui étaient nécessaires pour le but que se proposait l’expérimentateur) est éminemment réversible, et peut s’appliquer à des courants plus ou moins forts. Sa sensibilité pourrait être augmentée en y intro-, duisant diverses dispositions qu’on trouve dans les balances de précision.
- Galvanomètre de M. Marcel Deprez. — Le galvanomètre à aiguille multiple (dit à arêtes de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- poisson), peut être rendu réversible par une disposition facile à imaginer. M. Niaudet, qui a décrit l’instrument (Journal de Physique, t. IX, p. 227, 229), donne l’idée de cette réversibilité, quand il dit que « le galvanomètre en question, permet d’évaluer numériquement l’intensité, et de peser, pour ainsi dire, le courant. Si, en effet, on produit une déviation déterminée de l’aiguille de l’instrument, en faisant agir un poids de 10 grammes sur un rayon deom,io, on pourra affirmer qu’un courant produisant la même déviation, exerce un effort égal à celui du poids. » L’aiguille devient analogue à celle d’un fléau de balance. Il suffira donc, pour rendre l’appareil réversible, de disposer sur l’axe de rotation du système mobile, ou à une pièce s’y rattachant, un véritable balancier avec son plateau et sa tare. Le champ magnétique de cet instrument, est assez puissant pour faire mouvoir une telle charge. L’appareil, gradué par comparaison, pourra servir à évaluer le poids des corps, au moyen de courants électriques dont on déterminera l’intensité par l’un des procédés connus.
- Galvanomètre apériodique de M. le Goerant de Tromelin (*). — Ce galvanomètre à trois aimants fixes et à cadre mobile, peut, comme celui de M. Marcel Deprez, être transformé facilement en appareil réversible, apte à évaluer le poids du corps en adaptant sur l’axe du cadre disposé horizontalement, un fléau de balance et des bassins. Avec cet instrument on ne pourra évidemment opérer que sur des poids faibles, à moins de lui donner des dimensions plus grandes.
- Galvanomètres à ressort amplificateur de MM. Ayrton et Perry (2). — Ces instruments sont fondés sur une propriété des ressorts en spirale, à savoir : que si l’on fixe une des extrémités du ressort et qu’il soit sollicité’ par une force axiale, l’extrémité libre éprouve un mouvement de rotation autour de l’axe du cylindre. C’est ce mouvement que les inventeurs ont utilisé et amplifié dans leurs appareils, en donnant aux ressorts des formes spéciales. Le ressort porte un tube léger en fer doux placé dans l’intérieur d’une bobine. Quand le courant passe dans cette bobine, le fer doux attiré suivant l’axe, entraîne avec lui le ressort qui dans ce petit déplacement vertical peut tourner presque d’une circonférence. Et, chose remarquable, les déviations que marque l’aiguille entraînée par la rotation du tube, sont proportionnelles aux intensités du courant, jusqu’à 270°.
- Mettons le ressort horizontal; faisons de son
- P) La Lumière Électrique, t. X, p. 414. (2) La Lumière Électrique, t. XII, p. 498.
- axe, l’axe de suspension d’une balance légère et nous aurons un instrument réversible, apte à peser les corps par le moyen des courants électriques.
- Ampèremètre de M. Lalande (*). — Cet instrument a la disposition d’un aréomètre. Le vase est remplacé par une bobine volumineuse. La partie flottante se compose d’un aréomètre métallique dans l’axe duquel est fixé un faisceau de fils de fer doux. La tige est surmontée d’un index horizontal qui, sans l’intervention du courant, vient à une hauteur où l’on marque le zéro de l’échelle portée par la bobine. Un œil est placé dans l’eau du vase où plonge l’aréomètre et sert à guider le flotteur et supprime tout frottement contre les parois. Lorsque le courant passe dans la bobine, le faisceau est attiré, son index s’abaisse d’autant plus que le courant est plus énergique. Ce mouvement peut aller à om,io. La graduation se fait empiriquement, se marque sur l’échelle et se lit en ampères.
- Pour faire de cette espèce d’aréomètre une balance capable de peser les corps, il n’y a qu’à surmonter la tige d’un petit plateau destiné à porter les poids ou les corps à peser. Le bord horizontal de ce plateau servira d’index sur l’échelle.
- L’expérience se fera de la manière suivante :
- On met le corps à peser sur le plateau, l’appareil s’enfonce jusqu’à une divisions (en ampères); on fait passer un courant électrique qui attire le faisceau et fait descendre le flotteur jusqu’à une division N, choisie arbitrairement. Une autre expérience avec un autre corps amène l’appareil à une division n', et un nouveau courant électrique fait descendre l’index à la même division N. En sorte que l’effet des courants employés dans ces deux cas a été de faire descendre l’aréomètre de N —- n divisions dans le premier, et de N — n' dans le second.
- Soient P et x les poids correspondants (n a été déterminé directement par le poids connu P). Or, ici les attractions de la bobine sur le fer doux sont proportionnelles aux carrés des intensités, respectivement représentées par N — 11 et N' — n'\ On a donc :
- (N—rip _P (N — n'y x’
- OÙ
- •* = (N~7ij3 (N — «)2— const. X (N —«')3.
- Nota. — L’appareil peut être gradué directement en grammes, au moyen de poids marqués, mis successivement sur le plateau, et devenir une
- (‘) La Lumière Électrique, t. XVIII, p. 221 (3i octobre 1885).
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- véritable balance sans poids et sans intervention de courant électrique.
- On pourrait citer encore parmi les appareils réversibles le galvanomètre à solénoïde de M. Bœtt-cher, celui de M. Meardi à tube en U à mercure, et notamment, le galvanomètre vertical à fléau de M. Bourbouze (voir Le Journal- de Physique, I, p. 189).
- Enfin, comme moyen réciproque ou plutôt indirect de peser les corps, nous citerons l’emploi du voltamètre.
- En intercalant dans le courant un voltamètre (toutes les autres résistances demeurant constantes), on aura, par le rapport des volumes de gaz recueillis, pendant un temps déterminé, le rapport des intensités des Courants qui, dans la balance électro-magnétique, ont fait équilibre aux poids correspondants; car l’intensité des courants est proportionnelle à l’action chimique, aussi bien qu’elle l’est aux poids :
- V _ I _ P V' I' P'"
- Nous pourrions suivre la réversibilité à l’égard d’autres appareils; mais les exemples précédents suffisent pour montrer la possibilité d’évaluer le poids des corps par les courants électriques, avec des approximations très diverses.
- Nous voyons par là qu’un assez grand nombre d’instruments réversibles se prêtent à cette opération. Pour en faire usage, il faut : ou un courant variable à volonté, qu’on obtient avec :
- i° Une pile à éléments plus ou moins plongeants;
- 20 Une pile dont on fait varier le nombre des éléments actifs ;
- 3° Une machine dynamo-électrique à courants redressés tournant plus ou moins rapidement,
- Ou un courant constant dont on fait varier à volonté l’intensité avec :
- i° Un rhéostat ordinaire, ou un rhéostat à liquide ;
- 20 Une bobine de résistance avec ou sans rhéostat;
- 3° Une boîte de résistances graduées (décade) ;
- 40 Un shunt détournant ^ du courant.
- Quant aux appareils pour mesurer les courants, on n’aura que i’embarras du choix, depuis le galvanomètre à miroir de M. Thomson jusqu’aux appareils industriels de M. Marcel Deprez (voir la Classification de ces appareils, par M. Ad. Minet. La Lumière Electrique, t. XVI, p. 502, et t. XVIII, p. 214).
- En résumé, pour évaluer par les courants électriques :
- i° Des poids très faibles,
- Employer la balance électro-magnétique de
- M. Becquerel ou ses analogues, avec un galvanomètre très sensible; le rapport des poids sera donné par celui des déviations;
- 20 Des poids supérieurs à r gramme :
- Se servir de galvanomètres moins sensibles et à déviations proportionnelles, comme celui (à arêtes de poisson) de M. Marcel Deprez;
- 3° Des poids plus forts :
- Employer des bobines de résistances graduées et connues réduisant assez l’intensité du courant en expérience, pour que l’aiguille du galvanomètre ne sorte pas des limites que comporte l’instrument;
- 40 Des poids tjès forts, nécessitant l’emploi de courants très intenses : Mesurer à part les intensités de ces courants par l’un des procédés connus, et réduire au moyen de boîtes ou caisses de résistance ou de shunts, le- courant ou la portion connue de courant qui doit agir sur un galvanomètre peu sensible.
- II
- Passons maintenant aux appareils dont j’ai fait usage dans mes expériences de vérification.
- N’ayant à ma disposition ni la balance électromagnétique de M. Becquerel, ni les divers appareils dont il vient d’être question, j’y ai suppléé de plusieurs manières :
- i° J’ai d’abord remplacé les aimants, dont l’emploi présente des inconvénients bien connus, par des cylindres de fer doux de om,o3 de longueur et o“,co6 de diamètre, pouvant pénétrer, sans frottement sensible, dans les bobines de diamètre un peu plus grand. Comme on ne peut ici faire usage de la force répulsive, il a fallu disposer les bobines ou les fers doux sur des plans horizontaux différents (fig. 2), le premier cylindre étant suspendu au-dessus de l’une des bobines et le second au-dessous de l’autre. De cette façon, les deux attractions s’ajoutent quand le courant passe dans les bobines et la sensibilité de la balance, à double effet, est conservée.
- Je me suis servi aussi, par comparaison, du même appareil à simple effet, c'est-à-dire à une seule bobine. L’actioii attractive, bien que réduite de moitié, était encore suffisante pour la vérification à faire.
- Le galvanomètre dont j’ai fait usage, était une boussole des tangentes de 1, 2 ou 4 tours de fil, selon les cas, enroulé sur un cadre circulaire de om,40 de diamètre.
- La source électrique était une pile au bichromate, de 1 ou plusieurs éléments, suffisamment constante pendant la durée de deux expériences comparatives.
- L’opération s’exécute avec la balance deM. Becquerel.
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- :o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Tant que les intensités I et 1' des courants employés donnent des déviations qui restent dans les limites de proportionnalité des indications galva-nométriques (c’est-à-dire plus petites que 25°), ces intensités peuvent être évaluées par les poids cor-pondants et réciproquement.
- Remarquons que, dans ce cas, l’attraction de la bobine électro-magnétique sur le fer doux (ou le poids qui la mesure), est proportionnelle au carré de l’intensité. On a donc :
- 12 P
- • l'2 p”
- et comme I ci
- l' — rf”
- il en résulte :
- P'= P a«
- P est déterminé une fois pour toutes par expérience directe.
- L’expérience suivante donnera une idée du degré d’approximation que l’on peut obtenir par ce procédé.
- L’appareil n’a qu’une bobine : un petit cylindre de fer doux de ora,oo6 de diamètre et de om,o3 de longueur y pénètre avec très faible frottement, grâce au tube de verre qui garnit l’intérieur de la bobine.
- Première opération : Angle de déviation ou
- intensité du courant. . I = 12»,5 — Poids par rupture de
- l’équilibre............ P = ib,25o
- Deuxième opération : Angle de déviation ou
- intensité du courant. . I'=20°
- — Poids pour rupture de
- l’équilibre............P'=:3br,85
- Si l’on calcule P', on trouve
- ü __ i)
- I'*— P'
- lb',25o.
- qoo
- l5t>,25
- = 3 b', g (o.
- On voit que l’erreur absolue (entre le calcul et l’expérience), est de ob'r,oi ; l’erreur relative sera
- rï°nC 3,85 — 385’
- Le léger frottement du cylindre contre le tube de verre explique cette différence en faveur de l’expérience et en donne la mesure.
- Une condition essentielle, et quelquefois difficile à remplir dans ces sortes d’expériences, c’est de limiter l’intensité du courant de manière que la portion qui passe par le galvanomètre, ne fasse pas sortir l’aiguille indicatrice des limites de déviation que comporte l’intrument.
- La nécessité d’employer des courants assez intenses pour faire équilibre à des poids forts, rendrait impossible en effet l’usage des galvanomètres dont les aiguilles dans ce cas, seraient toujours amenées dans une position voisine de go°.
- Il faut alors avoir recours à des appareils moins sensibles, comme on se sert de balances différentes ayant une sensibilité d’autant moindre que les corps à peser ont des poids plus forts, ou employer des résistances capables de diminuer dans un rapport suffisant et connu, l’intensité du
- FIG. 2. — BALANCE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE SANS AIMANTS PERMANENTS
- courant en expérience, comme nous allons le dire.
- Pour avoir un champ magnétique suffisamment énergique, capable de maintenir en équilibre des poids assez forts, et en même temps, pour que le
- FIG. 3 ET 4. — DISPOSITIONS DU SHUNT S ET DES RÉSISTANCES E, PAR RAPPORT A LA IIALANCE BB’, AU GALVANOMÈTRE G ET A LA SOURCE ÉLECTRIQUE P
- courant employé n’ait pas une intensité trop grande dans le galvanomètre (auquel cas il ferait sortir l’aiguille du galvanomètre des limites sûres de déviation), il faudra disposer convenablement les résistances et les dérivations, avant ou après les bobines de la balance, comme le représentent les figures 3 et q, afin qu’il ne passe dans le galvanomètre qu’un courant très faible et compris dans les limites que comporte l’instrument, tandis que le courant conservera une grande partie de son énergie pour actionner les bobines.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- On pourra ainsi augmenter la sensibilité du galvanomètre dans le rapport de i à io, à ioo, à 1000,
- en prenant des shunts dont la résistance soit
- -, de la résistance employée (‘).
- 2° Au lieu d’une bobine (appareil simple), j ai employé un électro-aimant et remplacé le précédent cylindre de fer doux par un autre plus petit (du poids de 3gr,2), terminé vers le bas en pointe mousse arrondie. Ce contact est suspendu au fléau de la balance par un fil de soie qui s’enroule autour d’une cheville (à la façon des cordes à violon (tig.5). L’autre extrémité du fléau porte un plateau et une tare. L’électroaimant est fixé au dessous du cylindre, de manière que son extrémité polaire arrondie soit dans l’axe de ce cylindre.
- Pour faire une expérience, on abaisse, en tournant la cheville, le petit cylindre jusqu’au contact de l’électro. Faisant alors passer le courant, on dépose doucement des poids dans le bassin jusqu’à Varrachement du fer doux; soit P ces poids.
- Une nouvelle expérience avec un courant d’une autre intensité, donnera pareillement des poids P'. Les carrés des intensités I et F étant proportionnels aux poids, on a
- j>__P
- pi — P/ •
- Inversement, si l’on détermine I et I' par les pro-
- p
- cédés connus, on aura le rapport p ou la .valeur absolue de P', si P est donné par une expérience directe.
- Lorsque les courants sont assez intenses et nécessitent pour l’arrachement des poids dépassant les limites de charge de la balance, on interpose entre l’électro et le contact de fer doux, une lame de cuivre plus ou moins mince. A cet effet, le dessus de l’électro est disposé en plate-forme; une pièce de cuivre percée à son centre est fixée sur l’électro dont l’extrémité polaire vient affleurer la surface supérieure de la plaque de cuivre. Les lames minces qu’on y dépose ont même diamètre qu’elle, et leur centre est marqué par un point. C’est là que l’extrémité du portant doit toujours aboutir (tig. 5 bis).
- (>) Voir à cet effet: Électricité tl Magnétisme, parM. Jcn-kin, p. 235, et Exposé des applications de l’électricité, par M. du Moncel. 3e édition, 1.1, p. 448, et t. II, p. 004.
- L’expérience s’achève comme il a été dit plus haut. Seulement, il faut remarquer qu’avec l’emploi des lames, les carrés des intensités, ou les poids qui les représentent, sont en raison inverse des carrés des distances, c’est-à-dire des épaisseurs de ces lames. On a donc :
- P _e's
- P' t* ’
- Mais les pesées qui se font ainsi, par équilibre instable, par arrachement du contact de fer doux, étant assez incommodes et peu sûres, j’ai dû renoncer à ce moyen qui, néanmoins, m’a donné, dans certains cas, une approximation encore satisfaisante, surtout en ayant recours à l’appareil à ressort employé par M. Jamin (').
- 3° J’ai employé, comme troisième moyen, deux bobines de grand diamètre, l’une fixe, l’autre mobile, attachée à l’un des bras d’une balance de Roberval. Les fils y sont enroulés de manière à produire l’attraction. J’ai même fait usage de trois bobines, disposées comme dans l’appareil de M. Marcel Deprez, décrit plus haut. On sait que, dans ce cas, on a :
- P_ P
- j/o—P>-
- La mo3'enne des expériences a montré, par vérification directe, que l’erreur relative ne dépassait
- pas
- r foo.
- 40 Au lieu de trois bobines, disposées comme il vient d’être dit, on peut employer trois électro-aimants, où les fils sont enroulés de manière à faire concorder l’attraction de l’un avec la répulsion de l’autre; ou bien se servir seulement de deux électros à pôles attractifs ou répulsifs.
- L’expérience se fait dans l’un et l’autre cas, comme avec les bobines. Mais l’erreur relative est
- ici un peu plus grande, sans doute à cause du
- poids plus grand de la partie mobile, et aussi parce que l’aimantation n’est pas rigoureusement proportionnelle à l’intensité du courant électrique.
- 5° Galvanomètre-balance. — Au lieu d’avoir un galvanomètre séparé, je le réunis à la balance, ou plutôt je réunis la balance au galvanomètre. L’instrument est alors fort simple (fig. 6) : trois aiguilles verticales, aimantées à saturation, sont disposées solidairement sur le même axe, l’une en avant du cadre, la seconde au milieu et la troisième derrière. L’axe commun est horizontal; il devient l’axe de suspension de la balance auquel est fixé le fléau portant deux bassins égaux.
- Lorsque le courant passe dans le cadre, les trois
- (') Journal de Physique, t. V, p.41 (1876).
- FIG. 5. — BALANCE ÉLEC’I MAGNÉTIQUE DE CONTAC
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- aiguilles (qu'on peut remplacer par trois petits aimants prismatiques) sont sollicitées énergiquement dans le même sens. On rétablit l’équilibre au moyen de poids qui donnent la mesure de l’intensité relative du courant, ou sa valeur absolue, si l’appareil porte sur son cadran une graduation déterminée par expérience directe. Pour plus d’exactitude, le cadre et ses aiguilles seront placés dans un plan perpendiculaire au méridien magnétique.
- Réciproquement, l’évaluation des poids avec cet instrument s’obtiendra, comme avec ceux qui ont été décrits plus haut, par l’emploi de rhéomètres, boîtes de résistance ou de schunts; on a toujours:
- JP _ J[_ a
- P' — I' W
- Cet appareil, suivant la légèreté du système mobile, peut seivir à peser des corps dont le poids
- galvanomètre-bal
- varie dans des limites assez étendues. En adaptant un miroir parallèle à l’axe mobile, on amplifiera à volonté les indications du galvanomètre.
- Moyennes des approximations obtenues avec tes appareils précédents cl vérifiées à l’aide de poids marqués.
- Erreur absolu: En •eur relati
- ior cas < avec 2 bobines ce^oiasiir ce? ] ïiï>
- avec 1 bobine 0,01 sur T 0: 3ï>5
- 2* —. o,o3 sur ÎO 1 3^3
- 3* —. o,oi5 sur 10 ôfc6
- 1e -. 0,25 sur 10 4C0
- ce o,oo5 sur 2,3 I 4S5
- En résumé, l’approximation obtenue dans les différentes expériences effectuées avec des appa-
- reils divers et imparfaits, n’a pas été moindre que 3^ et s’est élevée à —- et même à dans certains cas, approximation insuffisante, je le reconnais, si on la compare à celle que donne directement la balance de précision. Mais si l’on veut bien considérer que j’expérimentais avec des appareils très imparfaits, je dirai presque rudimentaires (à part ma balance de précision), on comprendra que l’exactitude pourra être portée beaucoup plus loin, à l’aide des instruments perfectionnés que l’on construit actuellement.
- Tout en admettant que le procédé électrique d’évaluation des poids soit loin d’être aussi exact que celui de la balance ordinaire, il est néanmoins très curieux qu’on puisse réaliser, par ce moyen, une approximation déjà satisfaisante.
- De plus, si l’on emploie, comme indicateur du bruit minimum qui correspond à l’équilibre, un téléphone Ader introduit dans la résistance (ainsi que l’ont pratiqué récemment avec succès MM. Bouty et Foussereau, dans leur travail sur sur la résistance des liquides (‘), on aura évalué le poids par l’intermédiaire de l’organe de l’ouïe, ce qui n’est pas moins remarquable.
- Nous ferons observer enfin que les opérations réciproques ou inverses sont, en général, d’une démonstration ou d’une pratique plus difficile que les opérations directes. La question qui vient de nous occuper en esc une preuve.
- Comme je l’ai dit en commençant, mon but n’est pas de présenter actuellement un appareil capable de remplacer la balance dans tous les cas, mais seulement de montrer la possibilité de cette application de l’électricité, afin de constater, une fois de plus, que celle-ci se prête à des fonctions très diverses.
- Dans l’avenir, on pourra sans doute apporter à cette mesure la précision que l’on doit rechercher dans toute évaluation de cette nature.
- C. Deciiarme.
- L’ÉCLAIRAGE
- DES BATEAUX-EXPRESS
- Lorsque les inventions, en pénétrant dans la pratique, sont arrivées à un certain point, elles ne progressent plus par grands pas et par perfectionnements importants ; elles s’améliorent peu à peu par le détail ; ces progrès, pour être moins apparents
- C) La Lumière Électrique, t. XVIII, p. 72 (10 octobre i885).
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- ne sont pas quelquefois moins utiles pour le succès final. L’éclairage électrique est dans ce cas ; le temps des inventions brillantes dans cette voie semble passé ; cependant il y a peu d’années,l'éclairage n’était pas encore bien pratique ; des défauts très petits, mais assez nombreux subsistaient et, par leur réunion rendaient l’utilisation incommode et difficile. Ils se corrigent peu à peu ; chaque application nouvelle en voit diminuer ou disparaître quelques-uns.
- Nous voyons en même temps l’éclairage électrique acquérir une flexibilité qu’il n’avait pas ; sc prêter à des cas nouveaux, se plier à des sujétions spéciales ; c’est une qualité très précieuse et qui contribuera beaucoup au succès final.
- L’installation de l’éclairage à incandescence que
- L’emploi de la fonte •n’est pas, à dire le vrai, ce qu’il y a de mieux au point de vue magnétique, mais pour une machine usuelle à laquelle on ne demande qu’un service ordinaire, ce défaut est insignifiant.
- Le moteur à vapeur est ce qu’il y a de plus remarquable dans le système.
- La maison Breguet n’a pas voulu avoir recours aux machines rotatives, directement attelées à la dynamo; ces moteurs sont actuellement arrivés à un point de perfection très suffisant pour tout service; toutefois, ils sont restés peu économiques; tous dépensent de grandes quantités de vapeur. On a préféré faire usage d’une machine à un cy-
- la maison Breguet a faite sur les bateaux-express de la Seine est un exemple assez intéressant de ces petits perfectionnements. Sans doute, au point de vue électrique, il ne présente rien de très saillant; chaque bateau porte 3i lampes du système Swan, alimentées par une machine Gramme. Ces lampes sont allumées ensemble et s’éteignent à la fois ; il n'y a donc pas de difficulté de distribution, les conditions électriques sont simples ; en échange, il fallait placer la machine et son moteur dans un espace extrêmement restreint, faire en sorte qu’elle n’exigeât aucune surveillance, enfin, arriver très économiquement.
- Il n’y a rien à dire des lampes, qui présentent les dispositions connues.
- La machine est une dynamo genre Gramme, du type dit Raflard. Ce type se distingue par la simplicité de sa construction ; la carcasse est formée seulement de deux pièces fondues, qui rapprochées constituent la machine entière.
- FIG. 2
- lindre du genre ordinaire, munie d’une transmission par courroie.
- On avait fait, à ce dernier point, quelques objections; était-il bien sûr d’employer une transmission sur un bateau? Avec les trépidations, les chocs, la courroie ne serait-elle pas exposée à tomber? On crut devoir passer outre, et l’on fit bien, l’accident ne s’étant jamais produit.
- L’ensemble est installé comme on le voit, figure i. La machine à vapeur est placée, inclinée à environ 45°, contre la paroi du bateau, derrière les générateurs de vapeur de la grande machine, desquels elle reçoit également sa vapeur; la courroie traverse la largeur du navire, et va mettre en mouvement la machine dynamo placée de l’autre côté sur une tablette.
- Le petit moteur à vapeur a été très bien étudié dans toutes ses parties. Il marche à environ 3oo tours; on peut lui demander sans inconvénient.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- des,vitesses doubles. Nous n’entrerons pas dans tous les détails relatifs à ce petit moteur : ils sortiraient de notre cadre; toutefois, nous insisterons sur un point spécial : parmi les conditions imposées, on demandait, nous l’avons déjà dit, que la machine n’eût besoin d’aucune surveillance. Il fallait donc trouver un mode de graissage qui permit de mettre la machine en train au départ, et de n’avoir plus à s’en occuper.
- On y a réussi par le procédé indiqué figure 2.
- L’huile est versée dans de grands godets RR', placés sur le palier; elle passe de là par un petit canal dans le creux de la poulie A; la force centrifuge la, chasse sur la circonférence où elle rencontre un canal a; elle s’y engage, traverse un canal percé dans le vilebrequin ; trouve en face d’elle, à chaque tour, un canal percé dans la tête de bielle, où elle s’écoule. La bielle elle-même est percée dans toute sa longueur; l’huile parcourt ce tube et vient enfin lubrifier la tète du piston. Un système analogue établi sur l’autre palier fait le graissage de l’excentrique du tiroir. C’est un élégant exemple des graissages à distribution automatique, que l’on emploie actuellement assez fréquemment.
- Ce graissage fonctionne très bien et ne demande aucune surveillance.
- J’ai dit qu’il n’y avait pas à insister sur l’éclairage en lui-même; il offre cependant une particularité intéressante; les signaux de bord, d’avant et d’arrière, sont constitués par des lampes Swan, électriquement, mécaniquement, cela n’a rien de remarquable, mais administrativement, c’est un sérieux progrès. Songez donc! les signaux qui sont surveillés, réglementés, par des employés spéciaux; au lieu d’huile on a permis d’y employer l’électricité; c’est un pas, et même avec les mœurs bureaucratiques, un grand pas. L’administration pourtant, en commettant pareille hardiesse, a fait ses réserves, et a tenu à ce que des lampes à huile fussent toujours prêtes en cas d’extinction, en sorte qu’on a combiné une lanterne spéciale à deux faces pour faire rapidement celte substitution. Je n’ai pas besoin de dire qu’elle n’a jamais été faite et ne le sera probablement jamais.
- En somme, l’installation est bien étudiée, fonctionne régulièrement, et, je crois pouvoir ajouter, économiquement, ce qui n’est pas de peu d’importance.
- L’éclairage électrique fait chaque jour son petit pas. Chi va piano va sano et aussi, va lon-iano.
- Nous n’en avions jamais douté!
- Frank Géraldy.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Dirigée par B. Marinovitcii
- Séance publique de l’Académie des sciences.
- L’Académie a décerné à M. Edlund, le prix Bordin'(physique) pour l’année i885. Voici comment la Commission, composée de MM. Fizeau, Cornu, Jamin, Mascart, Ed. Becquerel, rapporteur, s’est exprimée à ce sujet :
- « La question mise au concours pour 1882 et reportée à i885 était la suivante :
- « Rechercher l'origine de Vélectricité atmosphé-« ri que et les causes du grand développement des « phénomènes électriques dans les nuages ora-« g eux ».
- « Quatorze Mémoires, dont douze manuscrits (*) et deux brochures imprimées, ont été adressés cette année. Un certain nombre d’entre eux sont des études longues et sérieuses sur la question proposée ; la plupart des auteurs de ces Mémoires commencent par passer en revue les diverses hypothèses relatives à l’électricité atmosphérique et indiquent celle qui leur paraît devoir être admise; cette partie de leur travail est en général la plus développée. Quant aux causes du grand développement des phénomènes électriques dans les nuages orageux, elles ne sont que peu ou imparfaitement étudiées, et à cet égard les réponses laissent à désirer.
- « L’auteur du travail inscrit sous le numéro i3, intitulé : Sept études sur l'électricité, etc., dans les parties qui ont trait au sujet de ce concours, admet, comme cause de l’électricité atmosphérique, l’électrisation de la glace et de quelques autres, corps par leur frottement contre l’air humide. Ses études sont très intéressantes, mais ses explications ne sont pas suffisamment complètes.
- « L’auteur du Mémoire n° 6 (en français), intitulé : Recherches sur l'électricité des orages, attribue les causes de l’électricité atmosphérique aux réactions chimiques du sol et des mers, auxquelles l’eau d’évaporation enlève de l’électricité positive, ainsi qu’au frottement de l’air humide contre la crête des vagues, contre les aspérités du sol, contre les végétaux et, peut-être, comme l’auteur du numéro i3, contre les cristaux de glace en suspension dans l’air. Cette électricité, qui s’accumulerait dans les régions atmosphériques supérieures ou régions des cirrus, fournirait aux nuages orageux les hautes tensions que ceux-ci manifestent
- C) Cinq eu français, quatre en allemand et trois en anglais.
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- lors de leur formation. Ces hypothèses, déjà anciennes, ont été contestées par divers expérimentateurs; l’auteur a entrepris de nouvelles recherches expérimentales en vue d’en démontrer l’exactitude au moyen d’appareils qui semblent bien combinés; mais ces recherches demandent à être répétées et contrôlées avant de pouvoir conduire à des conclusions certaines.
- « L’auteur du Mémoire n° 7 (en allemand), portant pour épigraphe : Fortes fort un a adjuvat, prenant pour point départ l’expérience classique d’Armstrong avec la chaudière à vapeur, admet que le frottement des masses de vapeur humide, celui de la neige, de la grêle et même des poussières est la cause du dégagement de l’électricité de l’atmosphère et rapporte aux effets de ce genre produits dans les mouvements giratoires des masses nuageuses, l’énergie des effets électriques observés dans les orages. En somme, pour l’auteur, les effets électriques de l’atmosphère ont uniquement pour causes les actions mécaniques de frottement; son travail est digne d’intérêt, mais les considérations qu’il met en avant n’ont pas paru à la Commission suffisamment justifiées par l’expérience.
- « L’auteur du Mémoire n°n (en anglais), ayant pour titre : Cœli enarrant, a fait des expériences qui, suivant lui, ne conduisent, qu’à des résultats douteux. Il expose avec détail la relation signalée déjà entre la fréquence des orages à l’île Maurice et la situation des aires de hautes et basses pressions barométriques et cherche à démontrer qu’une relation semblable se retrouve aux Etats-Unis et en Belgique.
- « L’auteur reste dans une grande réserve sur les conséquences à déduire de son travail et se borne à signaler la relation suivante : l’électricité réside principalement dans les hautes régions de l’atmosphère. Le Mémoire est l’œuvre d'un observateur précis, très au courant des études de physique expérimentale.
- « Le Mémoire n° 12 (en français), ayant pour titre : Simplex sigillum veri, est un long et intéressant travail sur la question et commence par un historique fort complet des différentes hypothèses proposées pour expliquer les effets de l’électricité atmosphérique.
- « L’auteur a institué des expériences à l’aide d’un électromètre de son invention et en se servant principalement de flammes pour mettre son appareil en équilibre de potentiel avec la couche d’air étudiée. Tl s’était proposé de résoudre deux questions : i° de reconnaître si l’air était électrique par lui-même: 20 de déterminer la variation de potentiel avec la hauteur, hors de l’influence et sous l’influence des masses nuageuses. Ses observations n’ont pu lui permettre de répondre à la première question d’une manière- positive; mais il a donné
- des valeurs numériques se rapportant à la seconde, et cela dans' diverses circonstances de sérénité plus ou moins grande de l’atmosphère.
- « Il conclut en rejetant les diverses théories proposées, sauf celle de Peltier, basée sur les expériences faites originairement par Erman et d’après laquelle on considère la Terre comme possédant une électrisation d’origine, de signe négatif, et agissant par induction électrostatique sur l’atmosphère, de façon à produire les différents effets que nous observons. Cette hypothèse est admise par plusieurs physiciens, mais il faudrait expliquer les diverses circonstances de l’accumulation d’électricité dans les nuées orageuses; néanmoins, ce travail consciencieux mérite d’être mentionné avec beaucoup d’éloges.
- « Labrochure imprimée de M. Edlund, professeur de Physique à l’Académie royale des Sciences de Suède, portant le n° 1 du Concours, et qui a pour titre : Sur l'origine de l'électricité atmosphérique du tonnerre et de l'aurore boréale, a surtout attiré l’attention de la Commission par sa nouveauté et l’originalité des vues qu’elle renferme.
- « M. Edlund rapporte le dégagement de l’électricité atmosphérique à des effets d’induction électromagnétique qu’il a nommée induction unipolaire. L’expérience fondamentale sur laquelle reposent ces effets consiste en ce que, si un cylindre creux conducteur entoure une moitié d’un aimant permanent, dont l’axe est le même que celui du cylindre, la seconde moitié de l’aimant étant en dehors, au moment où le cylindre est mis en rotation, il se produit, dans la direction de chaque génératrice de ce cyliudre, une différence de potentiel dépendant du sens du mouvement de rotation, mais qui reste la même et de même sens, que l’aimant soit fixe ou mobile en même temps que le cylindre.
- « En partant de ce fait et en assimilant la Terre et la partie supérieure de l’atmosphère à des conducteurs qui tournent sans cesse et qui sont soumis à l’influence du magnétisme terrestre agissant d’une manière constante, l’auteur en conclut que l’air tend à prendre une charge positive et la Terre une charge négative; en outre, cette électricité positive ne tarde pas à être conduite dans les régions supérieures de l’atmosphère, où elle se dirige vers les pôles par l’influence de cette même force magnétique.
- « L’air à a surface du sol n’est pas conducteur; mais, en raison de la diminution de pression, sa conductibilité devient sensible dans les hautes régions, ce qui permet aux effets précédents de se produire. Du reste, dans ces régions se montrent les aurores boréales, dont l’origine électrique est hors de doute.
- « L’électricité positive de l’atmosphère et l’électricité négative de la Terre, dans cette hypothèse, se réunissent de façon à donner lieu à un mouve-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ment incessant d’électricité, entretenu par l’action inductive du magnétisme terrestre. L’auteur examine comment les effets varient suivant les latitudes, et il montre que la résistance à la neutralisation des électricités, forte dans les régions équatoriales, diminue en s’approchant des pôles, de sorte que dans les premières il se manifeste des décharges disruptives, tandis que dans les hautes latitudes il se produit des décharges lentes plus ou moins continues.
- « M. Edlund a déterminé, par expérience, quelle peut être la grandeur de cette induction électromagnétique terrestre exercée sur la terre et sur l’atmosphère et, suivant ses évaluations, une différence de i mètre d’élévation dans l’atmosphère, sous nos latitudes, donnerait lieu à une augmen-tion de potentiel positive égale à environ oV0lt,O23, soit de 2rolt,3 pour une différence d’altitude de ioo mètres. Cette valeur est bien inférieure à celle que donne l’expérience, quand on étudie la distribution de l’électricité dans l'atmosphère par un ciel serein ; mais M. Edlund suppose qu’il se produit dans les régions supérieures une accumulation d’électricité pouvant donner lieu aux effets des orages et aux différents phénomènes que nous observons.
- « L’hypothèse, proposée par M. Edlund, estingé-nieuse et développée avec talent; mais, dans l’état actuel de la Science, on ne saurait affirmer qu’elle rende compte du grand phénomène naturel dont l’explication n’est pas encore complète. La Commission, tout en faisant des réserves à cet égard, voulant témoigner à ce savant tout l’intérêt qu’elle a pris à ses recherches et récompenser un travail original dont elle apprécie toute la valeur, propose à l’Académie de lui décerner le prix.
- « Cette proposition est acceptée. »
- Sur l’aimantation des anneaux de fer doux.
- Nous nous proposons de résumer, ici une étude récemment publiée parM. le docteur H. Hammerl, dans l’Elecktroteclmisehe Zeitschrift (numéros de septembre et d’octobre i885), et relative à l’influence qu’exerce le mode d’enroulement d'un anneau en fer doux, sur l’aimantation de ce même anneau. Le problème est très vaste. On peut en effet étudier comment varie l’intensité du champ magnétique, l’énergie dépensée dans le fil restant constante, mais les deux bobines groupées en dérivation, qui recouvrent chaque moitié de l’anneau agissant sur une portion plus ou moins étendue de ces anneaux. Les figures i et 2 représenteront alors les deux cas extrêmes. On peut encore mettre un certain nombre de bobines de part et d’autre d’un même diamètre, et faire varier soit le nombre des bobines en circuit seul, l’intensité restant
- constante, soit en même temps l’intensité et le nombre des bobines, soit enfin l’intensité seule. Ceci n’est d’ailleurs qu’un aperçu général : nous reviendrons ultérieurement sur chacun des cas étudiés parM. H. Hammerl.
- Pour déterminer la valeur du moment magnétique temporaire dans des électro-aimants du genre de ceux représentés sur les figures 1 et 2, l’auteur mesure
- la quantité totale d’électricité mise en mouvement dans une bobine d’induction, lorsqu’on fait passer rapidement, à travers cette bobine, une des moitiés de l’anneau, comprise entre les deux sections neutres. Lu figure 3, représente le dispositif de l’ap-
- FIG. 2
- pareil de mesure. A l’extrémité d’un axe de rotation a est fixé un bloc en bois bb', pourvu d’une gorge dans laquelle est assujetti l’anneau d’expérience NM, au moyen d’uns vis en laiton; une pince v, maintient la bobine d’induction i, dont les extrémités communiquent avec les bornes d’un galvanomètre balistique. De part et d’autre de la manivelle k, sont disposés deux arrêts, de telle sorte que lorsqu’on déplace cette manivelle d’un arrêt à l’autre, on imprime à l’ànneau, un déplacement angulaire de 1800. Pour tenir compte de l’influence exercée par le circuit excitateur de l’électro-aimant sur le fil de la bobine i, on avait soin de substituer
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- 27
- après chaque expérience, à l'anneau en fer doux, un anneau en bois de mêmes dimensions, et identiquement enroulé. Ceci posé nous allons successive-
- FIO. 3
- ment passer en revue les différents cas étudiés par M. Hammerl.
- i° Deux anneaux de fer doux identiques, de i3 centimètres de diamètre intérieur, et de 14 centimètres de diamètre extérieur ont été bobinés de la même façon suivant le modèle de la figure 1.
- Flü. 4
- Chacun de ces anneaux pesait 244=’r.5. La première expérience a porté sur la question de savoir si, soumis à une même force magnétisante, ces deux anneaux accusaient le même magnétisme. En appelant I l’intensité totale .qui traverse l’anneau, n le nombre des spires sur chaque moitié de l’anneau
- la force magnétisante K est égale à ^ n. Les moments magnétiques sont proportionnels aux déviations s et s' du galvanomètre balistique. Voici les résultats obtenus par une série d’expériences :
- K=32, 6.|, 96, 128, 1C0, 192, 224, 256, 288, 32C, 352, 384; 416.
- s=i3. 26,5, 39,5 53,5, 68, 81, 91, 109, 124, 139. i53, 167; 182.
- s’ = n,6, 24,9, 33, 52,5, 67,6, 8o,5, 93, 108, 123,5, 138, i52, 166, 181,2. .
- On voit que le second anneau a un magnétisme toujours plus faible que le premier, bien que les différences soient très petites.
- Fin. 5
- Ces chiffres montrent également comment varie, dans un anneau Gramme, le moment magnétique, à mesure que K augmente. La ligne GG de la figure 4 représente graphiquement ces résultats. Sur cette figure on a porté en abscisses, les valeurs de K, et en ordonnées les déviations s du galvanomètre. On voit que le moment magnétique croît d’abord un peu plus vite que l’action magnétisante; il devient bientôt proportionnel à celle-ci et ne tarderait pas à décroître, si l’on augmentait encore les valeurs de K. Cette courbe ne donne d’ailleurs pas la relation rigoureuse entre le moment magnétique et l’action magnétisante, puisqu’il aurait fallu porter en ordonnées les sinus des demi-déviations au galvanomètre balistique et qu’on a porté les déviations elles-mêmes. Au point de vue de la comparaison des valeurs relatives, cela est très suffisant.
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- 2° On laisse l’un des anneaux tel quel (G, figure i), tandis qu’on resserre les spires de l’autre (A, figure 2 ),
- de façon à ne recouvrir que ^ de la circonférence sur.chaque moitié d’anneau.
- On obtient, dans ces conditions, en appelant^ la déviation au galvanomètre, pour :
- K =36,o 54 72 90 108 126
- <xj.=26 ,S 41 57 72 ç-o 107
- La ligne A4AS de la figure 4 représente graphiquement ces résultats ; elle montre que les moments
- FIG. 6
- magnétiques sont deux fois plus grands que dans le cas précédent, le rapport — étant en moyenne égal à 2.
- 3° On augmente graduellement la largeur dés bobines cd (tout en conservant la même longueur de fil) de façon que l’ensemble des deux bobines
- occupe successivement les —, îes les et c.
- de la circonférence jusqu’à ce que l’on retombe sur l’enroulement Gramme de la figure 1.
- Les différents résultats obtenus sont représentés par les courbes A4, A8, etc., de la figure 4. L’indice de la lettre A indique le nombre de trente-sixièmes parties de la circonférence entière, recouverts par les deux bobines.
- Le moment magnétique décroît à mesure que les spires s’élargissent ou, en d’autres termes, pour obtenir une même déviation au galvanomètre balistique, il faut dépenser d’autant plus d’énergie dans le circuit, que les bobines c et d sont plus larges.
- Si l’on trace les ordonnées correspondant aux points d’intersection de l’horizontale MN avec les courbes A2, A*, A„ etc., on lit sur l’axe des X les différentes forces magnétisantes qu’il deviendra nécessaire d’employer pour obtenir la même déviation 120 au galvanomètre.
- Le même fait peut être mis en évidence par la considération des fantômes magnétiques. La figure 5 représente le fantôme magnétique obtenu dans le cas de l’anneau G (fig. 1), la figure 6, celui obtenu avec l’anneau A (fig. 2). Dans le premier cas les lignes de forces suivent des trajectoires rectilignes entre les deux pôles, tandis que dans le second cas, elles s’infléchissent à l’intérieur de l’anneau, de telle sorte que dans ce dernier cas, une bobine formant bague, coupe normalement les lignes de forces, pendant tout le temps de son déplacement d’un point neutre à l’autre. A mesure
- FIG. 7
- que l’on élargit les bobines c et d, la courbure des lignes de force à l’intérieur de l'anneau va diminuant jusqu’au moment où ces lignes deviennent des droites, ce qui est le cas extrême de la figure 1.
- 40 Sur le même anneau on dispose, de part et d’autre d’un diamètre, six bobines composées de 45 spires chacune, en sorte que l’ensemble de deux bobines est formé de 90 spires. Ce dispositif est représenté par la figure 7. Chaque bobine occupe
- les ^ de la circonférence entière; deux bobines
- conjuguées occupent les Le galvanomètre balistique ayant été rendu moins sensible pour permettre les essais suivants il fallut, tout d’abord, établir la relation entre le moment magnétique et l’action magnétisante, dans le cas d’une seule paire de bobines.
- Les résultats obtenus dans ces conditions furent les suivants :
- K =90 180,0 270,0 36o,o 450 540,0 63o
- cr,=36 76,5 n5,3 156,5 196 235,5 274
- La courbe A, de la figure 8, en est une représentation graphique. Cette courbe a été tracée dans les mêmes conditions que celles de la figure 4,
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- et les mêmes observations, au sujet de l’exactitude de la relation qu’elle donne, seraient à faire.
- On fit ensuite une série de six expériences en prenant chaque fois une paire de bobines déplus. On mettait ainsi en circuit d’abord les bobines 1 et 1 ; pris les bobines 1 et 1, 2 et 2, puis les bobines r et 1, 2 et 2, 3 et 3, et ainsi de suite; on amenait la valeur de K, c’est-à-dire celle de l’énergie dépensée, à être successivement égale aux valeurs précédentes, ce qui est facile, en diminuant convenablement l’intensité du courant, à mesure que le nombre des spires croît, en supposant bien entendu que les bobines soient groupées en série.
- Voici les résultats obtenus :
- K = go 180 270 36o 45o 540 63o
- <72 = 32,5 65 98 134 167,5 201 233
- <7 j — 28,5 57,5 88,5 120 i5o l80 210
- <74 = 25,0 5l 76 102 128 i56 178
- <7 u = 22,0 43 67 90 112 134 157
- <7G = 13,2 38 58 76 96 118 137
- résultats dont les courbes A3, A3, A4, A5, A6, de la figure 8 donnent une représentation graphique et qui mènent aux mêmes conclusions que précédemment, ce qui était d’ailleurs à prévoir.
- 5° Supposons maintenant que l’on maintienne l’intensité toujours constante, en faisant croître le nombre des bobines en circuit ; la force magnétisante augmentera évidemment comme le nombre des paires de bobines.
- On a obtenu dans ces conditions, pour une première série d’essais :
- Ki =72. Ka = M4i K3 = 216, K4 = 288, KB = 36o, K6=432; cr, =28, <T3= 5l, aa — 70, (74 = 81, <t8 = 89, <7C — g3.
- et pour une deuxième série :
- K, = 108, K2 = 216, K3 = 324, K4 = 432, KB = 540, K6=618; <T, .= 43, (72 — ?8, <73 = 107, 0-4 7=122,5,<75 = l36, C»6 = I4O.
- résultats que représentent graphiquement les courbes B et C.
- La proportionnalité approchée entre la déviation et l’action magnétisante n’existe plus; Je moment magnétique augmente d’autant plus lentement que le nombre des bobines est plus grand.
- Ces résultats peuvent aussi être déduits directement des courbes de la figure 8. Il suffit, en effet, d’élever des ordonnées aux points 72, 144, 216, etc., de l’axe des X; la longueur d’ordonnée comprise entre chacun de ces points et les courbes A,, A2, A„ etc., reproduira les valeurs o de la déviation.
- Les mêmes courbes (fig. 8), permettent de voir la variation du moment magnétique quand on augmente graduellement le nombre des bobines en laissant la valeur de K constante. On élève dans ce cas une seule ordonnée au point correspondant de l’axe des X (K= 180, dans le cas de la figure); les différentes longueurs comprises entre l’axe des X
- et les courbes A,, A3, A3,etc., donnent les déviations pour une, deux, trois, etc., paires de bobines.
- Voici les valeurs directement obtenues par l’expérience, pour K — 180 :
- ai = 72> <72—65, <t;i = 57, <tv=5i, <7^=43, <7S=38, et pour K—540 :
- t7,=234, (7, —— 202, <7;|= 180, 0-4=155, CTy = 135, <7|j=ll8.
- Les moments magnétiques vont en diminuant constamment, ce qui était évident, à priori, car l’expérience revient à augmenter graduellement la largeur d’une paire de bobines.
- Les courbes de la figure 8 donnent le moyen de déterminer la variation du moment magnétique,
- FIG. S
- lorsque la force magnétisante varie suivant une loi quelconque.
- Supposons, par exemple, que, sans rien changer au circuit extérieur et en maintenant la même force électromotrice, on groupe successivement en quantité, 2, 3, 4, 5, et 6 paires de, bobines. Soit E, la force électromotrice de la source, r, la résistance d’une paire de bobines et u>, la résistance du circuit complémentaire. On aura, dans le cas d’une seule bobine, pour l’intensité I., :
- Il=r + m»’
- et pour l’action magnétisante dans ce cas :
- E
- IC=90X—;—• v r + w
- Avec deux paires de bobines en dérivation, l’intensité devient :
- I _ E _ 2E 2 r , r-I-2H7'
- - + w '
- 2
- Mais l’intensité qui traverse chaque paire de bo-
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- bines est égale à ^ et le nombre des spires est double, d’où finalement :
- et d’une façon générale, dans le cas de n bobines groupées en dérivation :
- Kn=go x n •
- La variation de la force magnétisante dépend uniquement, comme il est facile de le voir, du rapport des résistances we.tr. ;
- Une première série d’expériences, faite dans ces conditions, donna les résultats suivants :
- K, = 277, K2=378, K3=423, Kv=455, Kb=477, Kg=488; <7,=120, <ra = i39, <13=141,!r, <7V = 129, <73=119, <70 = io5,
- et une deuxième série les résultats :
- K, = 200, K2=349,5, K3=45i,7, Kl=540, K5=5g5, Ko—1622; <7i=94, <7,= 129, <73=i5i, <7v=i53,5,<75=I48,<7G=i35,5.
- Ces résultats sont représentés graphiquement par les courbes D et E de la figure 8. On voit que le
- Fï(î, 9
- maximum a lieu dans le premier cas pour trois paires de bobines en circuit et dans le deuxième cas, pour quatre paires de bobines en circuit. •
- 6° On obtient évidemment des résultats très analogues en employant un nombre quelconque de bobines. M. Hammerl rapporte, en terminant ce compte rendu intéressant, les résultats obtenus sur ce même anneau avec trois paires de bobines d’abord, puis avec neuf paires de bobines.
- Dans le cas de trois bobines, les courbes R3 et R'3 de la figure 9, représentent la variation du moment magnétique, lorsqu’on fait varier la force magnétisante, proportionnellement au nombre des bobines. Si l’on maintient K constant, on obtient :
- K=72, <7i = 26,5, et—18, <73=i5;
- K = io8, <7,=43,5, 03 = 28, 0-3 = 21.
- Les courbes R# et R's représentent les résultats
- analogues obtenus avec neuf bobines, en faisant varier K proportionnellement au nombre de bobines.
- En maintenant K constant, on a trouvé pour K = 36:
- o, = i5, 03=14, o:)=i3,3, o-,= I2, 05 = 11, 03 = 10, 0-8 = 8, 03=7,2,
- et pour K — 5q :
- o, =23,5, o2 = 22, <73 = 20, o-,= i8, 05=16,5, o<j = 15,
- 07=13,6, 08 = 12,2, 0;,= II.
- . Dans ces dernières expériences chacune des trois bobines placées sur une moitié de l’anneau, occupait jg de la circonférence et chacune des neuf
- bobines ^ de la circonférence.
- A propos des fils de cuivre et de fer pour la transmission rapide, par M. G. Bracchi.
- L’état variable d’un courant électrique est constitué par des périodes de charge et de décharge qui précèdent l’établissement et l’extinction de ce courant; cet état variable n’a pas toujours une duree constante car celle-ci croît avec la longueur, la résistance et la capacité du conducteur.
- M. Guillemin a déduit d’une série d’expériences exécutées sur une ligne télégraphique de 5oo kilomètres de longueur que les périodes de charge et
- de décharge comprenaient ensemble jg de seconde, et que cette durée pouvait être diminuée en mettant à la terre les deux extrémités de la ligne pendant la décharge.
- Bien que la durée de l’état variable soit très courte, on peut cependant, en donnant une vitesse suffisante aux émissions de courants, dans les transmetteurs automatiques, rendre sensibles les périodes de charge et de décharge. Il est évident que les lignes télégraphiques aériennes permettent de marcher avec une transmission plus rapide que les câbles télégraphiques souterrains ou sous-marins; l’état variable durant très peu dans les lignes aériennes à cause de leur faible capacité électrostatique.
- On a cru jusqu’à présent, dans la télégraphie, que la durée des périodes variables dépendait uniquement de la longueur, de la résistance et de la capacité des lignes. Cependant les expériences, déjà anciennes de Fizeau et Gounelle indiquent, comme vitesse par seconde du courant électrique dans le cuivre, 180,000 kilomètres et dans le fer, 100,000 kilomètres seulement. La relation qui existe entre la vitesse du courant et l’état variable nous montre que, dans le fer, l’électricifé doit se propager plus lentement que dans le cuivre. La
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- qualité du conducteur influe, par conséquent, également sur la durée des périodes variables. M. Vil-lari (*) a fait également, dans cet ordre d’idées, une série d’expériences sur des fils en cuivre et en fer qui l’ont conduit à des résultats fort intéressants; je crois bon de citer parmi ces résultats ceux qui se rattachent plus particulièrement au sujet de cette note.
- M. Villari a démontré, par exemple, que le fer présentait aux courants interrompus et surtout aux courants inversés, une résistance plus forte qu’aux courants continus, que la durée de l’état variable du courant est plus longue dans le fer que dans le cuivre, et qu’enfîn la résistance dans le fer croît très rapidement avec le nombre des inversions par seconde et avec l’intensité du courant. Ces recherches ont amené M. Villari à penser qu’il existait dans le fer des phénomènes d’aimantation transversale, qu’il faut bien se garder de confondre avec l’aimantation ordinaire. D’après ce savant, un courant électrique, lorsqu’il parcourt un fil ou un cylindre en fer, magnétise celui-ci circulaire-ment, c’est-à-dire dispose tous ses éléments magnétiques ou solénoïdes élémentaires, de façon à constituer un anneau magnétique dans chaque section du fil. Il doit donc se produire dans le fer un extra-courant inverse, pendant l’orientation des molécules magnétiques et un extra-courant direct lorsque ces molécules reviennent dans leurs positions primitives. Ces extra-courants de différentes intensités, expliquent la durée plus grande de l’état variable du courant dans le fer et l’augmentation apparente de résistance, lorsqu’on interrompt et surtout, lorsqu’on inverse le courant.
- Partant de ces phénomènes, il était facile de prévoir que si l’on envoyait avec les manipulateurs automatiques des courants inversés sur des lignes télégraphiques en fer et en cuivre, on ne tarderait pas à atteindre une vitesse de transmission limite, pour laquelle l’aimantation transversale du fer deviendrait sensible. M. Preece (2) a précisément obtenu ce résultat d’un grand intérêt théorique et pratique. Ce savant a fait exécuter, au moyen de l’appareil Wheatstone, des expériences sur des lignes en cuivre et en fer posées entre Londres et Newcastle, en ayant soin de mettre dans les mêmes conditions de résistance et de capacité électro-statiques les fils de fer et de cuivre servant aux essais.
- J’emprunte au Mémoire de M. Preece les ré-
- sultats suivants : Cuivre. Fer.
- Wheatstone j ; ; ; 414 270 345 ) 23?] mots dans le même temps.
- (*) Nuovo Cimcnlo; sér.c e-, t. XI;
- (2j La Lumière Électrique-, 17 octobre i865.
- Suivant M. Preece ia supériorité théorique du cuivre sftr le fer, provient de ce que le fer parcouru par les courants se magnétise, et que le magnétisme agit sur ces courants comme une sorte de frein. Cette explication du phénomène observé par M. Preece ne m’a pas semblé assez complète, et j'ai cru qu’il n’était pas inutile de lui donner un caractère plus exact. J’ajouterai que le fil en acier doit se comporter à peu près comme le jfil de cuivre, attendu que les mouvements magnétiques résultant du passage du courant s’effectuent très difficilement dans l’acier à cause de la force coercitive des molécules de l’acier. Il serait cependant à souhaiter que des essais analogues fussent exécutés sur des lignes en acier. J’estime également que si des téléphones fonctionnent mieux sur des lignes en cuivre que sur des lignes en fer, la raison de ce fait ne doit pas être cherchée dans le phénomène de l’aimantation transversale du fer. A mon sens, l’exiguïté des courants téléphoniques est telle que ces courants sont incapables de provoquer des mouvements magnéto-moléculaires dans le fer, assez étendus pour rendre sensible ces effets secondaires des extra-courants.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER Allemagne.
- SÉANCE DE LA SOCIÉTÉ ÉLECTROTECHNIQUE DE
- Berlin. — Dans la séance du mois de novembre dernier de la Société électrotechnique de Berlin, tenue sous la présidence de S. R. M. Stéphan, conseiller intime des Postes, M. Triebel a entretenu les membres de l’assistance, de l’emploi du téléphone en Allemagne.
- Il paraît que le téléphone trouve un emploi très étendu dans le service des voies ferrées. La longueur totale les conducteurs appartenant à l’administration des chemins de fer est de 28.436 kilomètres. On s’occupe en ce moment d’expériences tendant à relier téléphoniquement les trains en marche aux stations. On emploie surtout le téléphone Siemens et Halske, mais ceux de Ader, de Bell, et de Berliner sont également en usage. On se sert presque partout des appels magnétiques.
- D’après la statistique du mois de septembre i885, il existait à cette époque 2.802 petites localités reliées entre elles par le téléphone; on comptait 96 bureaux centraux répartis entre 81 villes et 14.000 points de correspondance, avec une longueur totale des conducteurs, égale à 13,295 kilomètres.
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- La ville de Berlin et ses environs possèdent 4.076 postes avec un réseau de 8.445 kilomètres. Le nombre des communications donné pour l’année 1884 est de 17.000.000, c’est-à-dire, que l’on a donné 48.000 communications par jour ou 12 par poste et par jour.
- Hambourg possède 1.652 postes et un réseau de 2.845 kilomètres ; le nombre de communications donné pendant l’année 1884 a été de 12.600 par jour; Mannheim compte 287 postes avec 363 kilomètres de conducteurs; i.5oo communications ont été données par jour, l’an passé; on a enfin pour Breslau 3ig postes, pour Cologne 336, pour Cre-feld 277 et pour Dresde 643.
- La ligne la plus longue entre deux villes allemandes est celle qui relie Berlin à Magdebourg, elle mesure 168 kilomètres ; jusqu’à présent il n’y a que les Bourses des deux villes qui soient reliées.
- A la communication de M.'Triebel, M. Stephan a ajouté qu’on se préparait à établir une ligne téléphonique entre Berlin et Hanovre et entre Berlin et Breslau. La distance de Berlin à Hanovre est de 3oo kilomètres environ, celle de Berlin à Breslau de 320 kilomètres.
- Recherches sur le spectre de l’aigrette électrique PAR LE DOCTEUR EdM. HoPPE,DE HAMBOURG. — Dans cette même séance M. le professeur Fœrster a communiqué quelques recherches faites par le docteur Hoppe. Ce physicien a réussi à identifier, par expérience, le spectre de l’aigrette électrique avec celui de l'aurore boréale.
- Pour produire l’aigrette, M. Hoppe enroule sur elle-même une toile de cuivre jaune, puis il tire les extrémités des fils de façon à les faire sortir et à en former un balai en fil de cuivre jaune d’un centimètre de diamètre et de 4 millimètres de long. Il attache ce balai à une tige de caoutchouc durci, mobile de haut en bas et règle le dispositif de manière que les extrémités des fils se trouvent à une distance de 4 centimètres du spectroscope et dans le même plan horizontal que l’extrémité de la fente inférieure. Ce balai métallique était relié par un fil de cuivre à l’électrode négative de la machine à double action de Holz, l’électrode positive étant mise à la terre. Sitôt la machine mise en mouvement, on voyait apparaître une lumière violette intense au-dessus du balai, jusqu’à une hauteur de 3 centimètres et les extrémités du balai formaient des points incandescents rouges.
- En examinant au spectroscope cette lumière violette, M. Hoppe y a découvert des lignes identi-v ques à celles de l’aurore boréale (l’examen doit se faire dans une chambre obscure et avant de l’entreprendre, il faut rester quelque temps dans l’obscurité afin d’y habituer sa vue).
- M. Hoppe a répété la même expérience en substituant au balai métallique une petite éponge mouil-
- lée, mais sans obtenir l’intensité de lumière qu’il espérait de ce procédé. Lorsqu’on couvrait l’éponge avec une feuille de papier buvard, on obtenait la même intensité lumineuse que dans le cas d’un , balai métallique. La couleur de la lumière était un peu plus jaunâtre, mais la disposition des lignes restait toujours la même.
- M. Hoppe ne pense pas comme M. Angstrœm que l’identité des lignes spectrales de l’aurore boréale avec celle de l’aigrette électrique, soit accidentelle, l’aurore boréale n’apparaissant pas exclusivement dans des couches d’air tellement élevées que les conditions y soient tout autres que dans la salle d’expériences : la température seule n’est pas la même. Il pense plutôt, d’après des observations faites par lui sur la lumière polaire dans des régions moins élevées que la nature électrique de cette lumière expliqne l’identité que donne l’expérience.
- A PROPOS DE LA TRACTION ÉLECTRIQUE DES WAGONS
- par accumalateurs.— Dans une de mes dernières lettres, je vous ai parlé de la fabrique d’accumulateurs de M.Epstein àMoabit près Berlin.M. Epstein vient de publier quelques notes sur l’emploi des accumulateurs, notes dans lesquelles figure un calcul des frais de traction par accumulateurs. L’auteur prend comme exemple une ligne de tramways de 60 voitures à 2 chevaux et suppose que les voitures complètement chargées ont un poids total de 6.800 kilo- grammes chacune, soit 3.100 kilogrammes, poids de la voiture, 2.5oo kilogrammes poids de 35 personnes, 1.200 kilogrammes poids des accumulateurs et des moteurs.
- Si l’on admet que les voitures soient en service de 5 heures à i heure du matin, et qu’un cheval soit capable de faire, en moyenne, 26km,40 par jour, on aurait besoin, pour les 60 voitures (en admettant i/3 du temps pour les arrêts et 10 0/0 comme réserve) d’un effectif de 660 chevaux.
- Le tableau suivant prouve que, dans ce cas, (si l’on ne compte pas les frais pour terrains et bâtiments, qui sont à peu près les mêmes pour les deux modes de traction), le coût reviendrait à :
- Marks 55o.ooo avec traction par chevaux
- — 680.000 — accumulateurs;
- et les frais d’exploitation, pendant une année, à
- Marks 540.000 avec traction par chevaux;
- — 264.000 — accumulateurs.
- installation et traction par chevaux (*). a). Frais d'ins/allalion.
- 660 chevaux à Marks 7.50. . . . M. 495.000
- Harnais, attirail, etc. ............. 55.000
- Total. M. 55o.ooo
- (') Ces chiffres sont basés sur le Compte rendu de la Compagnie des tramways de Berlin, pour l’année 1884.
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- bj. Frais d'exploitation.
- Détérioration par jour et cheval. . M. 0.484 Nourriture — — . . . . 1.572
- Ferrure et entretien— — .... 0.1613
- Total. M. 2.2173
- Donc pour 660 chevaux en365 jours M. 534.140 Renouvellement du matériel, etc . . . 5.860
- Total. M. 540.000
- 20 0/0 renouvellement et entretien des
- moteurs.............................M. 205.400
- i5 0/0 détérioration de machines et chaudières de M. 23o.ooo....................34.500
- Enduit, acide sulfurique, et divers. . . 24.100
- Total. M. 264.000
- On voit par ce tableau que l’installation première avec traction par accumulateurs revient plus chère qu’avec traction par chevaux, mais que l’exploitation par accumulateurs est 5o pour cent meilleur marché que celle par chevaux.
- Un wagon mû par des accumulateurs ne se distingue guère, à première vue, d’un wagon ordinaire, et peut être parfaitement dirigé par le conducteur.
- Une épargne considérable que les Compagnies de tramways effectueront par la traction électrique, consiste en ce que le pavé entre les rails ne s’usera pas, et qu’ainsi un entretien fort coûteux sera évité.
- L’entretien des chevaux est à peu près le même, que la voiture soit pleine ou vide, qu’elle aille en montant ou en descendant, et que le nombre des voitures en service soit diminué accidentellement ou non. Dans la traction électrique, au contraire, la consommation électrique répond presque exactement au travail mécanique exigé.
- L’éclairage des voitures peut se faire au moyen delà batterie d’accumulateurs.
- A ces notes de M. Epstein, il faut encore ajouter qu’une voiture de tramway actionnée par des accumulateurs, sortie de la fabrique de M. Epstein, a fait la semaine passée, plusieurs fois (à titre d’expérience) le chemin entre le « Brandenbiirger Thor » et le parc de l’Exposition. Aucun inconvénient n’a pu être constaté, bien que le chemin parcouru se distingue par des courbes assez raides.
- A propos du galvanotropisme. — C’est un fait généralement connu parmi les botanistes, que les racines des plantes croissant dans l’eau, s’inclinent d’un côté ou de l’autre, lorsqu’on fait passer un courant électrique à travers l’eau qui les baigne.
- M. Elfving fut le premier qui, à ma connaissance, observa ce fait, en 1882. Il trouva que la plupart des racines examinées par lui se courbaient positivement, c’est-à-dire vers l’anode; quelques-unes, au contraire, se courbaient vers la cathode, d’autres, enfin, présentaient une incli-
- naison dont il était difficile de déterminer exactement le sens. M. Elfving cherchait à expliquer ce phénomène en disant que le courant agissant sur le protoplasma, produit une diminution dans la turgescence des cellules, et, par suite, un ralentis-1 sement dans la croissance; ce ralentissement étant différent aux divers points de la racine, il en résulte une courbure de cette racine.
- Un peu plus tard, M. Brunchorst crut trouver que la courbure dépendait uniquement de l’intensité du courant, c’est-à-dire qu’un courant de faible intensité produisait une courbure négative, et un courant de forte intensité, une courbure positive.
- Dans ces derniers temps, M. Rischawi a repris ces recherches. D’après la théorie dont il est partisan, les courbures seraient attribuables à l’action cataphorique. Ce savant base sa théorie sur l’expérience bien connue de du Bois-Reymond, dans laquelle deux cylindres en albumine coagulée, posés entre les électrodes, accusent une enflure à l’électrode négative, et un rétrécissement à l’électrode positive. Ce phénomène provient de ce que l’eau renfermée dans le cylindre se déplace, sous l’influence du courant, dans la direction de ce même courant. Les racines seraient un autre exemple de ce même phénomène. La turgescence des cellules augmentant sur le côté le plus voisin de la cathode, ce côté s’allonge et une courbure positive se produit. La courbure négative s’expliquerait par la diffusion du liquide extérieur dans les racines poreuses, diffusion qui se produit sur le côté voisin de l’anode, lorsqu’on fait passer un courant de faible intensité.
- Quelques autres physiciens s’occupent aussi, actuellement, de cette question. Parmi ceux-ci, M. Brunchorst, dont nous avons cité le nom plus haut, a obtenu des résultats un peu différents.
- La lumière électrique a Berlin. — L’éclairage électrique n’a pas encore pris à Berlin l’extension qu’on croyait pouvoir espérer. La Compagnie « Stædtische Elecktricitæts-Werke » n’a pas été en mesure d’ouvrir l’usine de la * Markgrafen Strasse » le ior juillet, ainsi qu’elle en avait eu l’intention, et il est probable que la station ne sera mise en exploitation qu’au commencement dé cette année-ci.
- Il est cependant certain qu’avec l’année qui vient, le nombre des installations de lumière électrique s’accroîtra sensiblement, car beaucoup de magasins, de fabriques et d’habitations privées ont notifié à la Compagnie l’intention d’être reliées au réseau.
- A la fin du mois de mars de l’an dernier, on comptait à Berlin 72 installations d'éclairage électrique (contre 47 à la même époque de l’année précédente).^ installations fonctionnent avec des lampes à arc, et le reste avec des lampes à incandescence ; 25 sont alimentées par des moteurs à gaz, 47 par
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- des machines à vapeur. L’éclairage au gaz n’est complètement écarté que dans deux de ces installations. Dans toutes les autres, le gaz est encore utilisé, soit comme force motrice, soit pour l’éclairage de certaines salles, et surtout comme garantie en cas d’accidents. Dr H. Miciiaelis.
- Angleterre.
- La pile primaire de Ross. — Je dois vous parler de la pile primaire pour éclairage électrique de M. O. C. D. Ross. Dans la figure ci-jointe, d représente un tuyau qui part du fond de chaque compartiment f et se redresse verticalement. Il vient aboutir à un tuyau horizontal g, placé à un niveau plus élevé que celui du liquide de l’élément et qui passe le long de toute la batterie. Un petit ajutage en caoutchouc e réunit le tuyau hori-
- li g
- zontal à la branche verticale ; on peut incliner celle-ci vers l’extérieur de manière à faire déborder le liquide qu’elle contient dans le tube horizontal g. Tous les tuyaux de chaque élément sont reliés à un cadre et peuvent être élevés ou abaissés ensemble pour retirer le liquide épuisé du fond de l’élément. Après avoir retiré ce liquide, on verse.du liquide nouveau dans le tuyau horizontal et l’ancien niveau est rétabli. Le réservoir c sert à l’introduction d’eau acidulée. Les électrodes de la pile sont en zinc et en charbon et plongent dans de l’acide sulfurique dilué et dans un nouveau liquide dépolarisant, dont M. Ross garde le secret.
- Pendant plus de six mois, un hôtel particulier à South Kinsington a été éclairé au moyen d’une batterie de ce genre. Cette installation comprend z3 lampes de io bougies chacune, et le courant est fourni par quatre boîtes renfermant chacune 12 cléments convenablement groupés. Chaque élément a 3o centimètres carrés de section transversale et contient deux plaques de zinc. La force électromotrice est de ivolt,89 et la résistance intérieure est de oohra,4 à oohm,6. On prétend que les frais pour
- l’éclairage, y. compris les intérêts et les salaires aux employés ne reviennent qu’à 6 centimes par lampe et par heure. Ce chiffre dépasse le prix du gaz, mais on a l’avantage d’avoir un air pur dans la maison. Les frais de première installation sont estimés à 75 francs par lampe. (La figure représente les plaques de charbon a dans le vase poreux qui contient le liquide dépolarisant.)
- Les étalons de lumière blanche. — La commission nommée par l’Association britannique a l’effet d’examiner la question d’un étalon de lumière blanche, vient de publier un rapport qui a été dressé par le professeur Forbes. Le rapport désapprouve l’emploi de la bougie étalon de spermaceti parce qu’elle n’est pas composée d’une substance chimique défit,ie et parce qu’on ne peut pas déterminer exactement les conditions dans lesquelles se trouve la mèche, de sorte que la lumière dégagée est trop sujette à variations.
- Le bec carcel français présente le même incon-nient et l’étalon de platine de Violle ne se prête pas à une application générale. L’étalon à cinq flammes de M. Vernon Harcourt doit être considéré comme le meilleur, mais le Comité pense qu’il y a lieu d’essayer de produire un étalon absolu basé sur des unités de mesure fondamentales et par conséquent acceptable pour toutes les nar tions. La radiation est mesurée en fonction du travail et pourrait être exprimée en watts. L’effet lumineux de la radiation est une certaine fonction de la radiation totale et varie de plus avec la vue de chaque personne. Cette fonction dépend des différentes longueurs d’ondes dont se compose la radiation et elle varie pour les différentes longeurs et les différentes vues ; il devient par conséquent impossible d’exprimer l’éclairage directement en mesure absolue. Mais on peut déterminer le rapport entre l’éclairage et la radiation pour un grand nombre de vues, de manière à trouver la valeur de la fonction pour l’œil humain normal. Cette fonction n’est cependant constante que pour une seule source lumineuse ou bien pour des sources de lumière à la même température. Il semble donc qu’il faudrait, en premier lieu, au moins définir un étalon comme étant fait avec une certaine matière et à une certaine température.
- La commission propose de faire des expériences avec des filaments de charbon ou de platine-iridium portés à l’incandescence par le passage d’un courant électrique, afin de mesurer l’absorption de l’énergie électrique et le total de la radiation. On va commencer des recherches pour savoir si les courbes spectrales de radiation qu’on obtient par des variations du courant sont de forme identiques pour différents filaments dont la matière sera autant que possible de la même composition. On se propose également de rechercher si le spectre de
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- la radiation est le même pour différents échantillons de la même matière quand on change sa résistance et qu’on la fait égale à x fois, ce qu’elle est à o°C. On pourra peut-être de cette manière établir un étalon ainsi défini : une unité de lumière s’obtient avec un filament de charbon droit dans la direction à angle droit sur le milieu du filament, quand la résistance de celui-ci atteint la moitié de sa résistance à o°C et quand il absorbe io* unités C. G. S. d’énergie électrique par seconde.
- Voici une autre définition d’un étalon : un filament de charbon de section circulaire avec une
- surface de ~0 de centimètre carré, par exemple, et absorbant io* unités C. G. S. d’énergie par seconde.
- J. Munro.
- CHRONIQUE
- Système télégraphique Morse : Réception au toucher, par M. L. Léonard (>).
- Tout le monde connaît l’appareil Morse, cet instrument télégraphique qui déroule une étroite bande de papier sur laquelle les télégrammes sont reproduits en signes conventionnels, points et barres.
- 11 existe depuis 1843, et, malgré les nombreuses inventions qui ont surgi depuis lors, c’est encore cet appareil qui est le plus employé pour les relations par les fils terrestres, dont le trafic n’exige pas un système rapide. Il fonctionne facilement et même dans des conditions précaires, alors que l’état des lignes ne permet pas d’utiliser d’autres appareils; les principes de son fonctionnement sont élémentaires, son mécanisme simple; enfin, la manœuvre de l’instrument ne réclame qu’un apprentissage relativement court. Toutes ces qualités expliquent la faveur constante dont jouit le système Morse.
- Il va de soi que, depuis quarante ans, cet appareil a reçu des. perfectionnements de détail et que, l’habileté des opérateurs aidant, on est parvenu à le manœuvrer dans des conditions beaucoup plus avantageuses qu’autrefois. C’est ainsi qu’en Amérique, on a supprimé la bande de papier; l’employé perçoit à l’ouïe les signaux que lui transmet son correspondant.
- On conçoit aisément les grands avantages de ce mode de travail. Dans la réception oculaire, les yeux de l’employé vont alternativement de la bande de l’appareil au papier sur lequel le télégramme doit être transcrit, tandis que dans la
- C) Bulletin de la Société belge d’électriciens.
- réception auditive, les yeux ne s'occupent plus que de suivre ce que l’employé écrit au fur et à mesure que l’oreille perçoit les signaux percutés par l’appareil. Les deux opérations étant simultanées, il y a gain de temps; d’autre part, l’organe percepteur s’occupant exclusivement de la lecture des signaux, le travail est plus exact que dans la réception oculaire, où les yeux ont un double rôle à remplir.
- En Angleterre, où le système auditif est appliqué également, en Belgique, où des essais concluants ont été faits, partout, l’expérience a démontré la supériorité de la réception à l’ouïe sur la réception oculaire et si ce progrès est lent à s’introduire en Europe, il faut sans doute en attribuer la cause à ce fait que les grandes administrations reculent généralement devant la dépense qu’entraînent les modifications à appliquer à un grand nombre d’appareils, dût-il en résulter une économie notable par la suite.
- Pour faciliter la réception auditive des signaux télégraphiques, on use de trois moyens : i° on rend plus sonore le battement de l’armature • qu’attire l’électro-aimant; 20 on dirige le son vers l’employé en entourant l’appareil récepteur d’une boîte acoustique ouverte d’un cô.té seulement; 3° on évite que le préposé ne soit troublé par des bruits autres que celui de son appareil; on l’isole autant que possible.
- Ces deux dernières mesures ne seraient pas nécessaires, si l’organe de l’employé était en communication immédiate avec l’appareil. Cette condition ne serait guère possible dans un système auditif, mais elle existerait forcément dans une réception au toucher.
- La perception des signaux né serait plus troublée par ce qui se passe aux alentours de l’agent, celui-ci ne devrait plus être isolé et il pourrait écouter ce qu’on lui dit, sans arrêt ni gêne dans son travail.
- L’application d’un système tactile; serait des plus simples. L’électro-aimant récepteur serait garni, comme maintenant, d’une armature; le prolongement de celle-ci viendrait buter contre la main gauche du télégraphiste.
- Deux dispositions pourraient être adoptées : le levier viendrait buter contre la partie supérieure de la phalangine du médius ou contre l'extrémité tactile d’un doigt quelconque; en tous cas, la main devrait pouvoir se poser commodément sur une tablette attenante au socle de l’électro-aimant.
- On obtiendrait ainsi les avantages de la réception auditive, sans en avoir les inconvénients.
- Les administrations disposées à introduire des innovations pourraient profiter des modifications que nécessiterait l’introduction du tccepteur tactile, pour adopter résolument un système à double courant, un pôle pour leç points, l’autre pour les barres.
- Dans ce cas, le transmetteur est double et.lé
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- récepteur doit être polarisé. L’armature oscille dans un sens ou dans l’autre, selon que le courant d’arrivée est positif ou négatif; elle porte une lame terminée en forme de fourche. Les deux extrémités de cette fourche se recourbent vers l’intérieur, en se terminant, l’une en pointe émoussée, l’autre en lame légèrement échancrée. Le doigt de l’employé, placé entre les deux dents de cette fourche, perçoit tous les mouvements de l’armature; d’un côté le contact de la pointe émoussée butant contre l’ongle du médius, indique les points, de l’autre côté, le contact de l’extrémité en forme de lame butant contre la pulpe de la phalangette indique les barres.
- Cette disposition présente un avantage capital sur le Morse à courant simple, où la formation régulière des points et des barres dépend de l’adresse de l’employé du poste transmetteur. Dans le système à double courant, les points et les barres ont une forme respective bien distincte; il en résulte une lecture plus facile et plus exacte. Enfin, la formation d’une barre ne réclamant pas une émission de courant plus longue que celle du point, il y a gain de temps très appréciable dans la transmission et, conséquemment, dans la lecture à la réception.
- Une autre modification pourrait être introduite ; mais celle-ci touche à la transmission.
- Dans le système de réception oculaire, on surmène l’organe de la vue qui, alternativement lit les signaux imprimés sur la bande et surveille ce qu’écrit la main. Le système auditif et le système tactile ont pour effet de décharger l’organe visuel de la moitié de son rôle, pour en charger un autre organe.
- De même, pour la transmission surmène-t-on maintenant trois doigts de la main droite, dont les nerfs sont constamment en action, soit que l’employé écrive à la réception, soit qu’il manœuvre la clef de transmission.
- Pourquoi ne pas distribuer la besogne entre les deux mains : à la main droite, l’écriture, à la main gauche la transmission?
- Il est à noter que les clefs actuelles sont trop lourdes pour leur usage. Jadis, au temps où l’appareil Morse servait aux relations internationales, il fallait une manœuvre ferme pour les transmissions à longue distance; une clef massive avait alors sa raison d’être.
- Aujourd’hui que cet appareil ne sert, en général, que pour des relations régionales, il suffit d’un manipulateur minuscule, comme on en emploie en Amérique, d’ailleurs.
- D'après ceci, on pourrait adopter un petit instrument se manœuvrant au, doigt et placé à la gauche de l’employé. La main droite serait déchargée de la transmission, qui écherrait à la main gauche; celle-ci dispose à cet effet de deux ou trois doigts qui se partageraient la fatigue.
- Dans le système de réception tactile, la clef de
- transmission serait fixée sur le socle du récepteur; transmetteur et récepteur réunis n’occuperaient ainsi qu’un espace très restreint à la gauche de l’employé.
- Il est possible que la main gauche, moins déliée que la main droite, n’acquière pas la vitesse de transmission de cette dernière. Ce n# serait pas un inconvénient; actuellement il n’y a pas équilibre entre la transmission et la réception, en ce sens que l’écriture à la réception se fait moins vite que la transmission. Il est même d’usage, dans le travail à l’ouïe, de ralentir la transmission, afin de permettre au poste récepteur de suivre; une vitesse de transmission un peu moindre ne doit donc pas être considérée comme un désavantage. Par contre, l’allègement de travail pour la main [droite, maintiendrait celle-ci dans de meilleures conditions pour écrire vite, de manière à pouvoir mieux suivre une transmission rapide.
- Ces différents changements sont des plus simples. A part une légère réserve, quant à l’emploi du double courant, ces innovations peuvent être introduites du jour au lendemain, sans exiger des exercices laborieux de la part du personnel, ni de nouvelles installations coûteuses ; elles ont l’avantage de pouvoir être réalisées petit à petit, sans gêner le fonctionnement de ce qui existe : la modification peut être faite dans un poste, sans que le poste correspondant s’en aperçoive.
- A ce titre, ces innovations méritent la sérieuse attention des offices qui utilisent l’appareil Morse.
- Afin d’initier insensiblement les agents à la réception tactile, on pourrait provisoirement maintenir l’appareil imprimeur à côté du système nouveau. On adapterait à la manette du système d’horlogerie de l’appareil imprimeur, une petite pièce métallique faisant office de commutateur, de manière que l’employé pourrait, à tout moment, se servir instantanément de l’un ou l’autre mode de réception, sans la moindre gêne. Selon que la manette serait placée sur arrêt ou non, l’annexe métallique dirigerait le courant d’arrivée du fil de ligne sur l’un ou l’autre des deux récepteurs. Il n’y aurait de la part de l’employé aucun mouvement de plus qu’aujourd’hui avec l’appareil imprimeur seul. Actuellement, pour que la bande soit mise en mouvement par le système d’horlogerie, il faut que l’employé glisse la manette ; par ce fait même le courant trouverait dans la combinaison imaginée, passage vers l’appareil imprimeur ; tandis que dans la disposition de repos de cet instrument, le courant se dirigerait vers le récepteur tactile.
- La même application pourrait être faite dans les bureaux, où l’on introduirait la réception auditive, sans recourir dans ce but, à des mesures extraordinaires, afin de supprimer les bruits étrangers et d’isoler les agents. Au lieu du récepteur tactile
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- placé près de la main gauche du préposé, on pourrait établir un sounder ou parleur, à la hauteur de l’oreille de l’employé, de manière à lui permettre de recueillir la plus grande quantité possible des vibrations sonores. Le parleur consiste dans un électro-aimant, dont le prolongement de l’armature bat sur un^etit tambour les signaux télégraphiques transmis par le poste transmetteur.
- Ces diverses propositions ne créent rien de nouveau en matière technique proprement dite ; au fond, elles modifient uniquement le mode d’opérer des télégraphistes. Toutes rationnelles qu’elles puissent paraître, elles n’auront de valeur qu’après une épreuve plus ou moins longue. Les résultats dépendront évidemment des conditions dans lesquelles les essais auront été faits et des agents qui les auront effectués. L’expérience tend à prouver que les jeunes employés conviennent généralement le mieux sous ce rapport : plus souples, ils se plient mieux aux exigences d’une initiation quelconque, tandis que, plus tard, la besogue journalière les ayant formés dans un sens, ils conviennent naturellement moins pour effectuer le même travail mais d’une autre manière.
- L’Éclairage électrique de la gare centrale de Glasgow.
- Nous avons déjà, à plusieurs reprises donné des détails au sujet de cette installation, mais comme elle est la plus vaste de ce genre dans le Royaume-Uni, nos lecteurs liront sans doute avec intérêt la description suivante que nous empruntons à notre confrère anglais Y Electrical Review.
- Au printemps de cette année, M. Dunn, le directeur des télégraphes du « Caledonian Railway »,fit faire une installation permanente de lumière électrique aux docks de la Compagnie à Grangemouth. Ce travail réussit si bien et donna des résultats tellement satisfaisants, que M. Dunn décida d’entreprendre une installation du même genre à la gare centrale.
- Le moteur est une machine horizontale de 70 chevaux indiqués ; il est muni d’un volant de 3 mètres. Ce moteur est installé à l’extrémité d’une des grandes voûtes, au-dessous des quais, et, bien que sa vitesse ne dépasse pas 44 tours par minute, les dynamos font cependant 900 tours au moyen de deux arbres de renvoi.
- Les machines électriques ont comme fondation une couche de ciment soigneusement et solidement préparée et isolée. Deux dynamos Brush n° 9, à armatures aplaties, sont actionnées au moyen de transmissions formées d’un canevas de chanvre, dont les interstices sont remplis avec de la gutta-percha. Ces courroies, qui sont aussi fortes que légères, ont une grande adhérence; elles glissent
- d’une façon absolument üniforme et ne s’allongent pas. Elles sont fabriquées par MM. R. et J. Dick, de Glasgow. Les armatures plates des machines Brush constituent un perfectionnement qui permet à une machine qui, autrefois, ne pouvait alimenter que 16 foyers de 2.000 bougies, de fournir le courant à 25 foyers de la même intensité. Les 5o foyers de la gare sont alimentés par deux dynamos de ce genre. Il y a également deux dynamos Gramme dont chacune alimente une lampe de 4.000 bougies dans la cour de la gare. Dans la gare, 42 lampes sont suspendues à une hauteur de 16 pieds au-dessus du sol et écartées d’environ 22™,75 l’une de l’autre. Le hall où a lieu la distribution des billets est éclairé avec 3 foyers, l’entrée des voitures en a 2; un foyer est placé au-dessus de la porte principale du bâtiment, tandis que le pont qui traverse l’Argyle stieet, est éclairé par deux autres foyers. Les fils sont isolés avec beaucoup de soin et attachés à des isolateurs fixés sur des supports en chêne. On a utilisé les anciens appareils du gaz, qui ont été raccourcis; les lampes y sont suspendues assez bas, pour qu’on puisse les nettoyer en montant sur une petite échelle. Les lampes sont très jolies et renfermées dans des globes opalins, entourés d’un grillage en fil de fer. Leur fixité qui a été beaucoup remarquée, provient en grande partie d’une nouvelle manière d’enrouler les bobines qui a été adoptée dernièrement par la Compagnie Brush. L’effet général de l’éclairage est extrêmement agréable, et il n’y a presque pas d’ombres portées. L’installation a fonctionné jusqu’à ce jour sans aucun accident, et ce succès exercera sans doute un effet très favorable sur l’éclairage électrique en général, car les nombreuses demandes de renseignements de toutes sortes qui ont été adressées aux constructeurs prouvent le désir du public de se servir de la lumière électrique.
- L’installation intérieure du bâtiment, comprend une dynamo Edison-Hopkinspn actionnée par un moteur horizontal de 7 chevaux indiqués. Ces machines alimentent près de 200 lampes à incandescence de 20 bougies, dont beaucoup servent à l’éclairage du rez-de-chaussée de l’hôtel pendant la journée : on se sert alors de la petite machine, car, plus tard, quand la grande dynamo est mise en marche pour l’éclairage de la gare, le soir, elle alimente également les foyers de l’hôtel.
- Il y a deux régulateurs Brush pour les dynamos et lampes de ce système, de sorte qu’une augmentation dans la production du courant par suite d’une vitesse plus grande du moteur, ou bien une extinction accidentelle d'une ou de plusieurs lampes seraient immédiatement compensées par l’intercalation d’une résistance dans les champs magnétiques des dynamos, et la production du courant se trouve ralentie. On introduit ainsi un élément de sûreté et de protection, dont on a souvent déploré
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- l’absence, absence qui a dernièrement donné lieu à des accidents terribles. Les deux machines ont été construites par MM. J. de Bennie, de Glasgow.
- A propos du chemin de fer électrique de Territet.
- Nos lecteurs ne sont pas sans avoir entendu parler delà machine Thury, bien qu’en France les installations où elle figure soient en très petit nombre. Les pays, au contraire, où elle est en honneur sont l’Italie et la Suisse. Là, elle est presque exclusivement employée tant pour l’éclairage que pour les installations de transport de force. Il est juste de dire, d'ailleurs, que ce n’est pas une machine mauvaise. Elle n’a pas, non plus, des qualités si particulières, qui puissent la mettre, sans contestation, au-dessus des autres ; mais enfin elle est de celles dont on peut recommander l’emploi dans la pratique.
- Dans le temps, notre collaborateur Auguste Gue-rout, a donné, dans La Lumière Electrique, la description des grosses machines Thury à pôles multiples, destinées plus particulièrement au transport de l’é- FI
- nergie. La vue
- extérieure rappelle la machine Gramme analogue, à contour polygonal; mais la principale différence existe en ce qui concerne l’induit. Au lieu d’un anneau, en effet, l’induit est une bobine comparable, en tous points, à la bobine Siemens, dont elle a les qualités et les défauts.
- De plus, les inducteurs ne sont pas disposés de la même manière, car toute la masse métallique participe à la production du champ magnétique.
- La figure i est la vue en perspective du plus petit modèle de la machine Thury, tel qu’il est fabriqué en Suisse, par la maison Meuron et Guenod; elle correspond à peu de chose près, à la machine Gramme, type A, et les constantes en sont à peu près les mêmes.
- C’est avec une machine identique à celle-ci, que furent faits, l’année dernière, les premiers essais pour l’établissement d’un petit tramway électrique dans les Alpes, destiné à relier deux hôtels, celui des Alpes, à Territet, avec celui du Mont-Fleuri, qui appartiennent l’un et l’autre au même propriétaire.
- La différence de niveau entre les deux stations est de 180 mètres, et, évidemment, pour établir dans ces conditions une voie ferrée, il fait ait songer à un mode de traction spécial, permettant l’emploi de voitures légères, adhérant à la voie par un engrenage.
- On étudia successivement tous les systèmes possibles, capables d’amener la résolution du problème, et ce fut l’idée d’un chemin de fer électrique à voie étroite qui prima toutes les autres. Le projet fut étudié par M. Barde, ingénieur à Genève, et celui-ci, aidé de MM. Meuron et Cuenod pour la partie électrique, fit un essai sur une longueur de 60 mètres environ. Nous avons, à cette époque, annoncé les résultats de la première expérience, au milieu des faits divers, et nous pouvons aujourd’hui, compléter les renseignements se rapportant à cette affaire, par la vue en perspective du wagon locomotive qui servit aux premiers essais (voir fig. a).
- La voie sur laquelle on opéra était de 5o centimètres de largeur, et avait environ 60 mètres de long, comme nous l’avons dit. Les rails étaient fixés sur longrines, et la pente moyenne était de 3o pour , cent. Enfin, la voie,
- munie d’une petite crémaillère fixée au milieu de son écartement, se terminait par deux courbes de 20 mètres de rayon, destinées à montrer l’un des avantages du procédé, qui, contrairement au système funiculaire, peut se plier aux exigences du terrain.
- Le wagonnet portait, comme on le voit, une dynamo, système Thury, identique à celle que représente la figure 1, qui transmettait son-mouvement, au moyen d’un engrenage, à une roue dentée calée sur l’un des essieux et engrenant dans la crémaillère de la voie. Le mouvement d’ascension était ainsi forcé dès que l’effort développé dans la machine était suffisant pour vaincre la résistance de la pesanteur et des frottements.
- Les conducteurs étaient constitués par des fils fixés sur les longrines de la voie, et des frotteurs faisaient la connexion avec la machine. Sur le wagonnet, à côté de la machine dynamo, trois jeux de résistances étaient disposés. Le premier était en tension avec la ligne, et permettait de faire progressivement arriver le courant de la génératrice
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- au moment du départ, et de diminuer l’intensité peu à peu pour l’arrêt. La génératrice, en effet, tournant sans cesse, l’addition de résistances seule permettait l’arrêt.
- Le deuxième jeu de résistances qui, en somme, faisait partie du premier, était exclusivement réservé au réglage de la vitesse et du mouvement par un commutateur spécial.
- Enfin, les troisièmes résistances servaient à faire frein. En effet, pendant la descente on laissait la machine descendre par son propre poids. La réceptrice alors faisait fonction de génératrice, et trouvait dans ces résistances une ligne artificielle, qui, variant à volonté, permettait le réglage de la vitesse et l’arrêt.
- Mais, comme un accident pouvait arriver, on avait en outre disposé sur la machine un frein circulaire, manœuvrable à la main, avec lequel le wagon pouvait être arrêté instantanément.
- Le jour de l’expérience, la force motrice était fournie par une machine Gramme, développant environ un travail de cinq chevaux-vapeur, et
- qui était menée par une locomobile. Un autre essai fut fait cependant en prenant, comme source de force motrice, la turbine qui actionnait les machines à lumière de l’Hôtel des Alpes, et c’est en effet une installation hydraulique, analogue à celle-là qui est prévue pour l’installation définitive.
- Le wagonnet chargé de deux, trois, et même quatre personnes, représentant un poids total
- variant entre 3oo et 5oo kilogrammes, s’est élevé régulièrement le long de cette forte pente, avec une vitessemoyenne de im,3o à 2 mètres par seconde, et la descente s’est, à plusieurs reprise, opérée avec la même sûreté, grâce aux dispositifs que
- nous venons d’indiquer.
- De mesures électriques, il n’en fut pas pris, pour ainsi dire, et le rendement ne fut pas mesuré. En effet, lorsqu’il s’agit d’une installation comme celle-là, qui n’est pas un cas de transport de force, à proprement parler, car la résistance de la ligne est à peu près négligeable, le coût ne compte guère, et la force motrice nécessaire, et même au delà, était disponible. Peu importent les conditions defonc-tionnement, si le transport entre les deuxhôtels est ef-fectuéavecsécurité.
- Les essais que nous venons de rappeler, ne sont pas récents, puisqu’ils datent de l’année passée, mais pourtant, malgré le succès des premières expériences, l’installation définitive n’est pas faite encore.
- Des empêchements, qui n’ont aucun rapport avec l'électricité, retardent paraît-il, et retarderont peut-être encore l’exécution de ce petit projet, qui, tout en n’étant pas d’un intérêt bien grand, constituera cependant pour l’avenir, un joujou électrique qui distraira les voyageurs.
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- ' Avant de publier la Révision de Berlin, nous croyons devoir donner, in extenso, la Convention de Saint-Pétersbourg, réglant le service télégraphique international, et qui a servi de base aux travaux de la Conférence de Berlin.
- CONVENTION
- DE SAINT-PÉTERSBOURG
- Article premier. — Les Hautes Parties contractantes reconnaissent à toutes personnes le droit de correspondre au moyen des télégraphes internationaux.
- Art. 2. — Elles s’engagent à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer le secret des correspondances et leur bonne expédition.
- Art. 3. — Toutefois, elles déclarent n’accepter, à raison du service de la télégraphie internationale, aucune responsabilité.
- Art. 4. — Chaque Gouvernement s’engage à affecter au service télégraphique ‘ international des fils spéciaux, en nombre suffisant pour assurer une rapide transmission des télégrammes.
- Ces fils seront établis et desservis dans les meilleures conditions que la pratique du service aura fait connaître.
- Art. 5. — Les télégrammes sont classés en trois catégories :
- 1® Télégrammes d’Etat : ceux qui émanent du Chef de l’État, des ministres, des commandants en chef des forces de terre et de. mer et des agents diplomatiques ou consulaires des gouvernements contractants, ainsi que les réponses à ces mêmes télégrammes;
- ' 2® Télégrammes de service : ceux qui émanent des administrations télégraphiques des Etats contractants et qui sont relatifs soit au service de la télégraphie internationale, soit à des objets d’intérêt public déterminés de concert par lesdites administrations;
- 3® Télégrammes privés.
- Dans la transmission, les télégrammes d’Etat, jouissent de la priorité sur les autres télégrammes.
- Art. 6. — Les télégrammes d’État et de service peuvent être émis en langage secret dans toutes les relations.
- Les télégrammes privés peuvent être échangés en langage secret entre deux États qui admettent ce mode de correspondance.
- . Les États qui n’admettent pas les télégrammes privés en langage secret, au départ et à l’arrivée, doivent les laisser circuler en transit, sauf le cas de suspension défini à l'article 8.
- - Art. 7. — Les Hautes Parties contractantes se réservent la faculté d’arrêter la transmission de tout télégramme privé qui paraîtrait dangereux pour la sécurité de l’État ou qui serait contraire aux lois du pays, à l’ordre public ou aux bonnes mœurs.
- Art. 8. — Chaque Gouvernement se réserve aussi la faculté de suspendre le service de la télégraphie internationale, pour un temps indéterminé, s’il le juge nécessaire, soit d’une manière générale, soit seulement sur certaines lignes et pour certaines natures de correspondances, à charge par lui d’en aviser immédiatement chacun des autres gouvernements contractants.
- Art. g, — Les Hautes Parties contractantes s’engagent à faire jouir tout expéditeur des différentes combinaisons arrêtées de concert par les administrations télégraphiques des États contractants, en vue de donner plus de garanties et de facilités à la transmission et à la remise des correspondances.
- Elles s'engagent également à le mettre à même de profiter des dispositions prises et notifiées par l’un quelconque des autres États, pour l’emploi de moyens spéciaux de transmission ou de remise.
- Art. 10. Les Hautes Parties contractantes déclarent adopter pour la formation des tarifs internationaux les bases ci-après :
- La taxe applicable à toutes les correspondances échangées par la même voie, entre les bureaux de deux quelconques des États contractants, sera uniforme. Un même Etat pourra, toutefois, en Europe être subdivisé, pour l’application de la taxe uniforme, en deux grandes divisions territoriales au plus.
- Le taux de la taxe est établi d’État à État, de concert entre les gouvernements extrêmes et les gouvernements intermédiaires.
- Les taxes des tarifs applicables aux correspondances échangées entre les États contractants pourront, à toute époque, être modifiées d'un commun accord.
- Le franc est l’unité monétaire qui sert à la composition des tarifs internationaux.
- Art. ii. — Les télégrammes relatifs aux services des télégraphes internationaux des États contractants sont transmis en franchise sur tout le réseau desdits États.
- Art. 12. — Les Hautes Parties contractantes se doivent réciproquement compte des taxes perçues par chacune d’elles.
- Art. i3. — Les dispositions de la présente Convention sont complétées par un règlement, dont les prescriptions peuvent être, à toute époque, modifiées d’un commun accord par les Administrations des États contractants.
- Art. 14. — Un organe central, placé sous la haute autorité de l’Administration supérieure de l’un des Gouvernements contractants désigné à cet effet, par le règlement, est chargé de réunir, de coordonner et de publier les renseignements de toute, nature relatifs à la télégraphie internationale, d'instruire les demandes de modification aux tarifs et au règlement de service, de faire promulguer les changements adoptés, et, en général, de procéder à toutes les études et d’exécuter tous les travaux dont il serait saisi dans l’intérêt de la télégraphie internationale.
- Les frais auxquels donne lieu cette institution sont supportés par toutes les Administrations des États contractants.
- Art. i5. — Le tarif et le règlement prévus par les articles 10 et i3 sont annexés à la présente Convention. Ils ont la même valeur et entrent en vigueur en même temps qu’elle.
- Ils seront soumis à des révisions où tous les États qui y ont pris part pourront se faire représenter.
- A cet effet, des Conférences administratives auront lieu périodiquement, chaque Conférence fixant elle-même le lieu et l’époque de la réunion suivante.
- Art. 16. — Ces Conférences sont composées des délégués représentant les Administrations des États contractants.
- Dans les délibérations, chaque Administration a droit à une voix, sous réserve, s’il s’agit d’Administrations différentes d’un même Gouvernement, que la demande en ait été faite par voie diplomatique au Gouvernement du pays où doit se réunir la Conférence, avant la date fixée pour son ouverture, et que chacune d’entre elles ait une représentation spéciale et distincte.
- Les révisions résultant dés délibérations des Conférences ne sont exécutoires qu’après avoir reçu l’approbation de tous les Gouvernements des États contractants.
- Art. 17. — Les Hautes Parties contractantes se réservent respectivement le droit de prendre séparément, entre elles des arrangements particuliers de toute nature sur les points du service qui n’intéressent pas la généralité des États.
- Art. 18. — Les États qui n’ont point pris part à la présente Convention seront admis à y adhérer sur leur demande.
- Cette adhésion sera notifiée par la voie diplomatique à celui des États contractants au sein duquel la dernière Conférence aura été tenue, et par cet État, à tous les autres.
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- Elle emportera, de plein droit, accession à toutes les clauses et admission à tous les avantages stipulés par la présente Convention.
- Art. 19. — Les relations télégraphiques avec des Etats non adhérents ou avec les exploitations privées sont réglées, dans l'intérêt général du développement progressif des communications, par le règlement prévu à l’article i3 de la présente Convention.
- Art. 20. — La présente Convention sera mise à exécution à partir du icr janvier 1876, nouveau style, et demeurera en vigueur pendant un temps indéterminé et jusqu’à l’expiration d’une année à partir du jour ou la dénonciation en sera faite.
- La dénonciation ne produit soiî effet qu’à l’égard de l’État qui l’a faite. Pour les autres Parties contractantes, la Convention reste en vigueur.
- Art. 21 et dernier. — La présente Convention sera ratifiée et les ratifications en seront échangées à Saint-Pétersbourg, dans le plus bref délai possible.
- Fait à Saint-Pétersbourg, le 10-22 juillet 1875.
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- Article 13 de la Convention.
- Les dispositions de la présente Convention sont complétées par un Règlement dont les prescriptions peuvent être, à toute époque, modifiées d’un commun accord par les Administrations des Etats contractants.
- 1. Réseau international Article 4 de la Convention.
- Chaque Gouvernement s’engage à affecter au service télégraphique international des fils spéciaux, en nombre suffisant pour assurer une rapide transmission des télégrammes.
- Ces fils seront établis et desservis dans les meilleures conditions que la pratique du service aura fait connaître.
- 1
- 1. Les bureaux entre lesquels l’échange des correspondances est continu ou très actif sont, autant que possible, reliés par des fils directs, d’un diamètre de cinq millimètres au moins, s’ils sont en fer; dans le cas contraire ils doivent présenter des garanties équivalentes, au point de vue de la solidité et de la conductibilité électrique. Le service de ces fils, dégagé du travail des bureaux intermédiaires, n’est affecté, dans la règle, qu’aux relations entre les deux bureaux désignés comme leurs points extrêmes.
- 2. Ces fils peuvent être détournés de cette affectation spéciale en cas de dérangement des lignes ; mais ils doivent y être ramenés dès que le dérangement a cessé.
- 3. Les Administrations télégraphiques indiquent, sur chaque fil, un ou plusieurs bureaux intermédiaires, obligés de prendre les correspondances en passage, si la transmission directe entre les deux bureaux extrêmes est impossible*
- 11
- 1. Les Administrations concourent, dans les limites de leur action respective, à la sauvegarde des fils internationaux et des câbles sous-marins; elles combinent, pour chacun d’eux, les dispositions qui permettent d’en tirer le meilleur parti.
- 2. Les chefs de service des circonscriptions voisines des frontières s’entendent directement pour assurer, en ce qui les concerne, l’exécution de ces mesures.
- III
- Les appareils Morse et Hughes restent concurremment adoptés pour le service deè fils internationaux, jusqu’à
- une nouvelle entente sur l’introduction d’autres appareils.
- IV
- 1. Entre les villes importantes des États contractants, le service est, autant que possible, permanent, le jour et la nuit, sans aucune interruption.
- 2. Les bureaux ordinaires, à service de jour complet, sont ouverts au public, au moins, de 8 heures du matin à 9 du soir.
- 3. Les heures d’ouverture des bureaux à service limité, sont fixées par les Administrations respectives des États contractants. Chaque État peut appliquer, le dimanche, aux bureaux à service complet, les heures du service limité; cette mesure est notifiée au Bureau international, qui en avertit les autres Administrations.
- 4. Les bureaux dont le service n’est point permanent ne peuvent prendre clôture avant d’avoir transmis tous leurs télégrammes internationaux à un bureau permanent.
- 5. Entre deux bureaux d’États differents communiquant par un fil direct, la clôture est donnée par celui qui appartient à l’État dont la capitale a la position la plus occidentale.
- 6. Cette règle s’applique à la clôture des procès-verbaux et à la division des séances dans les bureaux à service permanent.
- 7. Le même temps est adopté par tous les bureaux d’un même État. C’est généralement le temps moyen de la capitale de cet État.
- V
- Les notations suivantes sont adoptées dans les documents à l’usage du service international pour désigner les bureaux télégraphiques :
- N bureau à service permanent (de jour et de nuit);
- N
- — bureau à service de jour prolonge jusqu’à minuit;
- C bureau à service de jour complet;
- L bureau à service limité (c’est-à-dire ouvert pendant un nombre d’heures moindre que les bureaux à service de jour complet);
- F station de chemin de fer ouverte à la correspondance des particuliers;
- P bureau appartenant à une Compagnie privée; I Ces notations
- S bureau semaphorique ; r peuvent se
- E bureau ouvert seulement pendant ) combiner avec le séjour de la Cour; [ les précéden-
- B bureau ouvert seulement pendant 1 tes. la saison des bains; ]
- H bureau ouvert seulement p'endant la saison d’hiver ; j
- gjr bureau ouvert avec service complet dans la saison des bains et limité pendant le reste de l’annce;
- I" bureau ouvert avec service complet pendant l’hiver et limité pendant le reste de l’année ;
- * bureau fermé.
- 2. Dispositions générales relatives
- A LA CORRESPONDANCE Article icv de la Convention.
- Les Hautes Parties contractantes reconnaissent à toute personne le droit de correspondre au moyen des télégraphes internationaux.
- Article 2 de la Convention.
- Elles s’engagent à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer le secret des correspondances et leur bonne expédition.
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- Article 3 de la Convention,
- Toutefois, elles déclarent n’accepter, à raison du service de la télégraphie internationale, aucune responsabilité.
- Article 5 de la Convention.
- Les télégrammes sont classés en trois catégories:
- i° Télégrammes d’Etat : ceux qui émanent du Chef de l’Etat, des Ministres, des Commandants en chef des forces de terre ou de mer et des Agents diplomatiques ou consulaires des Gouvernements contractants, ainsi que les réponses à ces mêmes télégrammes.
- 2° Télégrammes de service: ceux/ qui émanent des Administrations télégraphiques des Etats contractants et qui sont relatifs, soit au service delà télégraphie internationale, soit à des objets d’intérêt public déterminés de concert par lesdites Administrations.
- 3° Télégrammes privés.
- Dans la transmission, les télégrammes d’Etat jouissent de la priorité sur les autres télégrammes.
- Article y de la Convention.
- Les Hautes Parties contractantes se réservent la faculté d’arrêter la transmission de tout télégramme privé qui paraîtrait dangereux pour la sécurité de l’Etat ou qui serait contraire aux lois du pays, à l’ordre public ou aux bonnes mœurs.
- Article 8 de la Convention.
- Chaque Gouvernement se réserve aussi la faculté de suspendre le service de la télégraphie internationale pour un temps indéterminé, s’il le juge nécessaire, soit d’une manière générale, soit seulement sur certaines lignes et pour certaines natures de correspondances, à charge par lui d’en aviser immédiatement chacun des autres Gouvernements contractants.
- 3. Rédaction et depot des télégrammes
- Article 6 de la Convention.
- Les télégrammes d’Etat et de service peuvent être émis en langage secret, dans toutes les relations.
- Les télégrammes privés peuvent être échangés en langage secret entre deux Etats qui admettent ce mode de correspondance.
- Les Etats qui n’admettent pas les télégrammes privés en langage secret, au départ et à l’arrivée, doivent les laisser circuler en transit, saut'le cas de suspension défini à l’article 8.
- YI
- 1. Les télégrammes peuvent être rédigés en langage convenu ou en langage chiffré.
- 2. Le texte des télégrammes en langage convenu ou en langage chiffré peut contenir une ou plusieurs parties en langage clair. Dans ce cas, les passages en langage convenu ou en langage chiffré doivent être placés entre parenthèses, les séparant du texte en langage clair qui précède ou qui suit.
- VII
- 1. Les télégrammes en langage clair doivent offrir un sens compréhensible en l’une ^quelconque des langues usitées sur les territoires des Etats contractants ou en langue latine.
- 2. Chaque Administration désigne, parmi les langues usitées sur les territoires de l’Etat auquel elle appartient, celles qu’elle considère comme propres à la correspondance télégraphique internationale en langage clair.
- 3. Les télégrammes de service sont rédigés en français, lorsque les Administrations en cause ne se sont pas entendues pour l’usage d’une autre langue.
- 4. Cette disposition est applicable aux indications du
- préambule et aux avis de service qui accompagnent la transmission des correspondances, ainsi que dans les cas prévus par les paragraphes 5 et 6 de l’article X.
- VIII
- 1. On entend par langage convenu l'emploi de mots qui, tout en présentant chacun un sens intrinsèque, ne formentpointdes phrases compréhensibles pour les offices en correspondance.
- 2. Ces mots sont extraits de vocabulaires admis pour la correspondance internationale en langage convenu.
- 3. Les télégrammes en langage convenu ne peuvent contenir que des mots de dix caractères au plus, appartenant aux langues allemande, anglaise, espagnole, française, italienne, néerlandaise, portugaise et latine. Tout télégramme peut contenir des mots puisés dans toutes les langues susmentionnées.
- 4. Les noms propres ne peuvent pas entrer dans la composition des vocabulaires. Il ne sont admis dans la rédaction des télégrammes, en langage convenu, qu’avec leur signification en langage clair.
- 5. Le bureau d’origine peut demander la production du vocabulaire, afin de contrôler l’exécution des dispositions qui précèdent, et de vérifier l’authenticité des mots employés.
- IX
- 1. Sont considérés comme télégrammes en langage chiffré :
- a) . Ceux qui contiennent un texte chiffre ou en lettres ayant une signification secrète;
- b) . Ceux qui renferment, soit des séries ou des groupes de chiffres ou de lettres dont la signification ne serait pas connue du bureau d’origine, soit des mots, des noms ou des assemblages de lettres, ne remplissant pas les conditions exigées pour le langage clair (art. Vil) ou convenu (art. Vil).
- 2. Le texte chiffré doit être composé exclusivement de lettres de l’alphabet ou exclusivement de chiffres arabes.
- 3. Les Offices extra-européens sont autorisés à ne pas admettre sur leurs lignes les télégrammes privés contenant des lettres ayant une signification secrète.
- X
- 1. La minute du télégramme doit être écrite lisiblement, en caractères qui aient leur équivalent dans le tableau règlementaire des signaux télégraphiques (art. XI) et qui soient en usage dans le pays où le télégramme est présenté.
- 2. Le texte doit être précédé de l’adresse, qui peut être écrite sous une forme convenue ou abrégée. Toutefois, la faculté pour un destinataire de se faire remettre un télégramme dont l’adresse est ainsi composée, est subordonnée à un arrangement entre ce destinataire et le bureau télégraphique. Toute adresse doit contenir, au moins, deux mots, le premier représentant l’adresse du destinataire, le second, indiquant le bureau télégraphique de destination.
- 3. Chacun des Offices contractants a la faculté d’admettre ou non, au départ, les télégrammes sans texte ; mais le transit de ces télégrammes et leur remise à domicile est obligatoire pour tous les Offices.
- 4. La signature peut également revêtir la forme abrégée ou être omise. Quand elle figure dans les mots à transmettre, elle doit être placée après le texte. Si elle est omise, le dernier mot du texte la remplace pour signaler les télégrammes dans les communications de service qui s’y rapportent.
- 5. L’expéditeur doit écrire sùr la minute, et immédiatement avant l’adresse, les indications éventuelles relatives à la remise à domicile, à la réponse payée, à l’accusé de réception, aux télégrammes urgents, collationnés, à faire suivre, à la remise ouverte, etc.
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- 6. Ces indications peuvent être écrites sous la forme abrégée adoptée pour les indications de service entre les bureaux. Dans ce cas, elles sont mises entre parenthèses et ne sont comptées chacune que pour un mot. Lorsqu’elles sont exprimées en langage ordinaire, elles doivent être écrites en français.
- Tout interligne, renvoi, rature ou surcharge doit être approuvé de l’expéditeur du télégramme ou de son représentant.
- XI
- Les caractères disponibles pour la rédaction des télégrammes sont les suivants :
- Lettres :
- A, B, C, D, E, É, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, U, V, W, X, Y, Z.
- Chiffres :
- 1, 2, 3, 4, 5, G, 7, 8, 9, o.
- Signes de ponctuation et antres :
- Point (.), virgule (,), point et virgule (;), deux points (:), point d’interrogation (?), point d’exclamation (!), apostrophe (’), trait d’union (-), parenthèses (), guillemet (h), barres de fraction (/), souligné.
- Signes conventionnels ;
- Télégramme privé urgent D, service taxé ST, réponse payée RP, réponse payée urgente RPD, télégramme collationné TC, accusé de réception CR, télégramme à faire suivre FS, poste payée PP, poste recommandée PR, exprès payé XP, estafette payée EP, télégramme remis ouvert RO-
- Avec Vappareil Morse seulement :
- Les lettres A, A ou A, N, O, U.
- Avec Vappareil Hugues seulement :
- Les signes : croix (-}-). double trait ( —).
- XII
- ï. L’adresse doit porter toutes les indications nécessaires pour assurer la remise du télégramme à destination. Ces indications, à l’exclusion des noms de personnes, doivent être écrites en français ou dans la langue du pays de destination.
- 2. L’adresse des télégrammes privés doit toujours être telle que la remise au destinataire puisse avoir lieu sans recherches ni demandes de renseignements.
- 3. Elle doit comprendre, pour les grandes villes, la mention de la rue et du numéro, ou, à défaut de ces indications, celle de la profession du destinataire ou autres analogues.
- 4. Pour les petites villes mêmes, le nom du destinataire doit être, autant que possible, accompagné d’une indication complémentaire capable de guider le bureau d’arrivée, en cas d’altération du nom propre.
- 5. La mention du pays de destination est essentielle dans toutes les circonstances où il peut y avoir doute sur la direction à donner au télégramme.
- 6. Les télégrammes dont l’adresse ne satisfait pas aux conditions prévues par les paragraphes précédents doivent néanmoins être transmis.
- 7. Dans tous les cas, l’expéditeur supporte les conséquences de l’insuffisance de l’adresse.
- XIII
- 1. Les télégrammes d’Etat doivent être revêtus du sceau ou du cachet de l’autorité qui les expédie. Cette formalité n'est pas exigible, lorsque l’authenticité du télégramme ne peut soulever aucun doute.
- 2. Le droit d’émettre une réponse comme télégramme
- d’Etat est établi par la production du télégramme d’État primitif.
- 3. Les télégrammes des Agents consulaires qui exercent le commerce ne sont considérés comme télégrammes d’Etat que lorsqu’ils sont adressés à un personnage officiel et qu’ils traitent d’affaires de service. Toutefois, les télégrammes qui ne remplissent pas ces dernières conditions ne sont pas refusés par le bureau de départ, mais celui-ci les signale immédiatement à l’Administration centrale.
- XIV
- 1. La signature n'est pas transmise dans les télégrammes de service; l’adresse de ces télégrammes affecte la forme suivante :
- Paris Saint-Pétersbourg,
- Directeur général à Directeur général.
- 2. Quand il s’agit d’avis de service échangés entre bureaux, au sujet des incidents de la transmission, on transmet simplement le numéro et le texte du télégramme, sans adresse ni signature.
- XV
- 1. L’expéditeur d’un télégramme privé est tenu d’établir son identité, lorsqu’il y est invité parle bureau d’origine;
- 2. Il a, de son côté, la faculté de comprendre dans son télégramme la légalisation de sa signature. II peut faire transmettre cette légalisation, soit textuellement, soit par la formule :
- Signature légalisée par...
- 3. Le bureau vérifie la sincérité de la légalisation. Hormis le cas où la signature lui est connue, il ne peut la considérer comme authentique que si elle est pourvue du sceau ou cachet de l’autorité signataire. Dans le cas contraire, il doit refuser l’acceptation et la transmission de la législation.
- 4. TAXATION.
- Article 10 de la Convention.
- Les Hautes Parties contractantes déclarent adopter, pour la formation des tarifs internationaux les bases ci-après.
- La taxe applicable à toutes les correspondances échangées, par la même voie, entre les bureaux de deux quelconques des États contractants, sera uniforme. Un même État pourra toutefois en Europe être subdivisé pour l’application de la taxe uniforme, en deux grandes divisions territoriales au plus.
- Le taux de la taxe est établi d’État à Etat, de concert entre les Gouvernements extrêmes et les Gouvernements intermédiaires.
- Les taxes des tarifs applicables aux correspondances échangées entre les Etats contractants pourront, à toute époque, être modifiées d’un commun accord.
- Le franc est l’unité monétaire qui sert à la composition des tarifs internationaux.
- Article 11 de la Convention.
- Les télégrammes relatifs au service des télégraphes internationaux des États contractants sont transmis en franchise sur tout le réseau desdits États.
- XVI
- Le tarif pour la transmission télégraphique des correspondances internationales se compose :
- a. Des taxes terminales des Offices d’origine et de destination ;
- b. Des taxes de transit des Offices intermédiaires, s’il y a lieu.
- XVII
- La taxe est établie par mot pur et simple;, toutefois
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- chaque Administration pourra percevoir la taxe dans la forme qui lui conviendra, mais sous les conditions indiquées à l’article XXI du Règlement.
- XVIII
- 1. Dans la correspondance du régime européen, une seule et môme taxe élémentaire terminale, une seule et même taxe élémentaire de transit sont adoptées pour tous les États.
- 2. La taxe élémentaire terminaleest fixée à dix centimes.
- 3. La taxe élémentaire de transit est fixée à Huit centimes.
- 4. Ces deux taxes élémentaires sont réduites respectivement à six centimes et demi et à quatre centimes pour les Etats suivants : Belgique, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Danemark, Grèce, Luxembourg, Monténégro, Pays-Bas, Portugal,. Roumanie, Serbie et Suisse.
- 5. Les autres Etats du régime européen auront également la faculté de réduire leurs taxes terminales, pour tout ou partie de leur relations.
- 6. Toutefois la Russie et la Turquie, en raison des conditions exceptionnelles dans lesquelles se trouvent Rétablissement et l’entretien de leurs réseaux, auront la faculté d’appliquer des taxes terminales et de transit supérieures aux taxes élémentaires susmentionnées.
- 7. Une taxe spéciale de transit pourra être établie dans chaque cas particulier pour le parcours des câbles sous-marins.
- XIX
- 1. La taxe à percevoir pour la correspondance entre deux pays, est toujours et par toutes les voies, la taxe de la voie existante qui, par l’application normale des taxes élémentaires, a donné le chiffre le moins élevé, sauf les exceptions qui peuvent résulter de l’application du paragraphe 7 de l’article précédent.
- 2. Le tableau A annexé au présent règlement établit les taxes de pays à pays, conformement aux dispositions ci-dessus et aux déclarations admises par la Conférence.
- XX
- Dans la correspondance du régime extra-européen, la taxe est fixée conformément au tableau B, également annexé au présent Règlement.
- XXI
- 1. Les taxes à percevoir en vertu des articles XVI à XX peuvent être arrondies, en plus ou en moins, soit après application des taxes normales par mot fixées d’après les tableaux annexés au présent Règlement, soit en augmentant ou en diminuant ces taxes normales, d’après les convenances monétaires ou autres du pays d’origine.
- 2. Les modifications opérées en exécution du paragraphe précédent ne s’appliquent qu’à la taxe perçue par le bureau d’origine et ne portent point altération à la répartition des taxes revenant aux autres Offices intéressés. Elles doivent être réglées de telle manière que l’écart entre la taxe à percevoir pour un télégramme de quinze mots et la taxe exactement calculée d’après les tableaux, au moyen des équivalents du paragraphe suivant, ne dépasse pas le quinzième de cette dernière taxe.
- 3. Il est perçu, au maximum, pour un franc :
- En Allemagne, o,85 mark;
- En Autriche et en Hongrie, 5o kreuzer (valeur autrichienne) ;
- En Bosnie-Herzégovine, 5o kreuzer(valeur autrichienne);
- En Bulgarie, 1 lèv;
- En Cochinchine, 22 centièmes de piastre;
- En Danemark, 0,80 krone;
- En Egypte, 3 piastres 3q paras, monnaie tarif;
- En Espagne, 1 peseta;
- Dans la Grande-Bretagne, 10 pence;
- En Grèce, 1,20 drachme, soit 1,08 drachme nouvelle;
- Dans l’Inde britannique, o,53 roupie;
- En Italie, 1 lira ;
- Au Japon, 0,24 yen d’argent;
- Dans le Monténégro, 5o kreuzer (valeur autrichienne);
- En Norvège, 0,80 krone;
- Dans les Pays-Bas et dans les Indes néerlandaises, o,5o florin;
- En Perse, 26 shahis;
- E11 Portugal, 200 reis ;
- En Roumanie, 1 leu;
- En Russie, o,25 rouble métallique;
- En Serbie, 1 dinar;
- En Siam, 3 fuangs;
- En Suède, 0,80 krone;
- En Turquie, 4 piastres, i3 paras, : aspre medjidié.
- 4. Le payement peut être exigé en valeur métallique.
- XXII
- 1. Les modifications du taux ou des bases d’applica-cation des tarifs qui pourront être arrêtées entre États intéressés, en vertu du paragraphe 4 de l’article 10 et de l’article 17 de la Convention, devront avoir pour but et pour effet, non point de créer une concurrence de taxes entre les voies existantes, mais bien d'ouvrir au public, à taxes égales, autant de voies que possible, et lescombi-naisons nécessaires seront réglées de telle manière que les taxes terminales des Offices d’origine et de destination restent égales, quelle que soit la voie suivie.
- 2. Toute taxe nouvelle, toute modification d’ensemble ou de détail concernant les tarifs ne seront exécutoires que 15 jours, au moins, après leur notification par le Bureau international, jour de dépôt non compris.
- XXIII
- 1. Les Administrations et les bureaux télégraphiques prennent les mesures nécessaires pour diminuer, autant que possible, le nombre et l'étendue des télégrammes de service jouissant du privilège de la gratuité qui leur est attribué par l’article 11 de la Convention.
- 2. Les renseignements qui ne présentent point un caractère d’urgence sont demandés ou donnés par la poste au moyen de lettres affranchies.
- XXIV
- 1. Tout télégramme rectificatif, complétif et toute communication échangée entre deux bureaux télégraphiques, à la demande de l’expéditeur ou du destinataire, relativement à un télégramme déjà transmis ou en cours de transmission sont des télégrammes de service, taxés conformément au tarif ordinaire.
- 2. L’expéditeur ou le destinataire de tout télégramme peut, dans le délai de 72 heures qui suit, selon le cas, le départ ou l’arrivée, demander la rectification de tous mots qui lui paraîtraient douteux. Il doit déposer les sommes suivantes :
- a) . Si la demande émane de l’expéditeur, le prix d’un télégramme contenant le nombre de mots à répéter, ainsi que le prix de la réponse, s’il en réclame une;
- b) . Si la demande émane du destinataire : i° le prix du télégramme qui la formule; 20 le prix d’un télégramme pour la réponse.
- 3. Les télégrammes expédiés dans le cas prévu sous la lettre b du paragraphe précédent, affectent la forme suivante : Calcutta de Londres (ST) (service taxé), (RP4) (le chiffre 4 comprend le nombre de mots à répéter, soit 3, plus un mot pour le nom du destinataire du télégramme à faire rectifier) vingt-six (date du télégramme à rectifier), Brown (nom du destinataire). Répété\ premier, quatrième, neuvième (mots du texte du télégramme original à rectifier) ou encore : Répétéf mot (ou... mots)7
- ** après. .. La réponse revêt la forme suivante : Londres de
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- Calcutta (ST) (service taxé), Brown (nom du destinataire)^ albatrosSy scruting, commune (les trois mots du télégramme original dont la répétition est demandée).
- 4. Ces télégrammes prennent rang parmi les télégrammes de service et portent l’indication (ST),
- 5. Les taxes perçues pour les télégrammes rectificatifs sont remboursées, si le télégramme primitif est un télégramme collationné et si la répétition montre que le mot ou les mots répétés avaient été reproduits incorrectement dans le télégramme primitif. Dans le cas où quelques-uns des mots auraient été correctement et quelques autres incorrectement reproduits dans le télégramme primitif, la part de taxe qui correspond au nombre des mots employés dans le télégramme de demande et dans le télégramme de réponse, pour obtenir la répétition des mots correctement reproduits dans le télégramme primitif, n’est pas restituée.
- 6. Toutefois, le remboursement des taxes des télégrammes rectificatifs se rapportant à des télégrammes non collationnés est facultatif pour les Administrations d’où émanent les demandes de rectification.
- . 7. Aucun remboursement n’est dû pour le télégramme primitif qui a donné lieu à la demande de rectification .
- 8. Lorsque les mots dont la répétition est demandée sont écrits d’une manière douteuse, le bureau de départ fait suivre la répétition d’un avis de service informant de cette circonstance le bureau de destination et l’invitant à surseoir au remboursement immédiat de la taxe.
- 9. Les taxes encaissées pour les télégrammes rectificatifs et pour les réponses y relatives restent entièrement acquises à l’Administration qui les a perçues et ne figurent pas dans les comptes internationaux.
- XXV
- 1. Lorsque l’expéditeur, profitant de la faculté qui lui est attribuée par l’article XLJI, a prescrit une voie détournée, il doit payer la totalité des taxes de transit normales, calculées conformément aux dispositions de l’article XVIII et des tableaux prevus par les articles XIX et XX ci-dessus.
- 2. L’indication de la voie, écrite par l’expéditeur, est transmise dans le préambule comme indication de service et n’est point taxée.
- 3. Les Administrations des Etats contractants s’engagent à éviter, autant qu’il sera possible, les variations de taxes qui pourraient résulter des interruptions de service des conducteurs sous-marins.
- (A suivre.)
- FAITS DIVERS
- Le prix Volta, qui sera décerné en 1887, est de 5o.ooo francs et il a été institué par décret du 11 juin 1882, en faveur de Fauteur de la découverte qui rendra l’électricité propre à intervenir, avec économie, dans l’une des applications suivantes : comme source de chaleur, de lumière, d’action chimique, de puissance mécanique, de moyen de transmission pour les dépêches ou de traitement pour les malades.
- Les mémoires devront être adressés à l’Académie des sciences avant le 3o juin 1887. Les savants de toutes les nations sont admis à concourir.
- Nous trouvons dans la Gazette officielle du canton du Tessin une statistique des coups de foudre qui ont frappé
- les bureaux télégraphiques du*canton pendant les 11 premiers mois de l’année courante.
- Le nombre de ces fulgurations a atteint le chiffre de 1.199, réparties inégalement comme il est inutile de le dire
- Le bureau de Locaruo a été atteint 7 fois pendant le mois de janvier, tandis que février et mars se sont passés sans accidents.
- C’est dans la première quinzaine de juillet que s’est produit le maximum des décharges électriques, et toujours à la même heure, c’est-à-dire dans l’après-midi, avant le coucher du soleil au moment où la chaleur, elle aussi, atteint son maximum.
- Il faut remarquer aussi que l’altitude des stations exerce une influence manifeste sur le nombre des fulgurations. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce ne sont pas les stations les plus élevés qui reçoivent le plus souvent les décharges électriques; on a constaté que les stations situées entre 3oo et 400 mètres d’altitude sont les plus fréquemment visitées.
- Disons en terminant que, fort heureusement, il n’y a eu pendant la période de temps désignée, aucun accident à déplorer, si ce n’est quelques dégâts matériels.
- On parle d’établir à laTiinité un chemin de fer électrique qui relierait l’intérieur de l’île à la côte; les transports se font actuellement à dos de mulet et coûtent 10 francs par tonne. On emploierait le telphérage du regretté professeur Fleeming Jenkin.
- Les accumulateurs n’ont pas joui jusqu’à ce jour d’une grande réputation en Amérique, et ils y comptent peu d’applications. D’après les journaux américains, les choses sont sur le point de changer : on annonce en effet qu’un puissant syndicat se serait formé pour favoriser leur exploitation.
- La a Compania Colombiano de Telefenos » avait obtenu de l’archevêque l’autorisation de faire passer un certain nombre de fils à travers l’une des tours de la cathédrale de Bogota, en Colombie. Mais elle avait compté sans la superstition d’un des curés de l’endroit qui, à plusieurs reprises, a coupé les fils téléphoniques sous prétexte qu’ils profanaient l’église, le téléphone étant selon lui une œuvre du diable.
- Éclairage Électrique.
- Le Salut public de Lyon nous informe, qu’une petite ville de Savoie comptant à peine 3.'5oo habitants, vient d’adopter l’éclairage électrique pour ses rues, hospices, magasins et maisons particulières.
- La Roche-sur-Foron (tel est le nom de cette ville) doit son installation électrique à l’intelligente initiative de son maire, M. Flantard, dont la préoccupation constante est de procurer le bien-être à ses administrés.
- C’est sous la direction de M. Sausoube, un mécanicien de Belfegarde, qu’a été exécuté le nouveau système d’éclairage dont les habitants de La Roche se montrent très satisfaits.
- 20 lampes à incandescence Edison sont affectées à l’éclairage public qui fonctionne, en hiver, de 4 heures du soir à 7 heures du matin ; en été, sa durée est fixée au moyen d’un tableau enregistreur.
- 3oo lampes sont actuellement employées pour l’éclairage particulier, dont la consommation se règle en prenant une durée moyenne par jour.
- Les lampes sont de 10 à 16 bougies.
- Enfin toutes les mesures ont été prises pour que les fils placés dans l’intérieur des maisons ne présentent aucun danger pour les habitants.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les essais d’éclairage électrique, commencés depuis 1882 dans les phares de Dunkerque, Calais, Gris-Nez et La Canche, vont être étudiés par une Commission spéciale. Un bâtiment de l’Etat, le Coligny, prêtera son concours aux expériences, dont les résultats ne nous paraissent pas douteux. Si les avantages du système sont absolument constatés, ce mode d’éclairage sera adopté pour toutes es côtes de France.
- Le président de cette Commission est M. le capitaine de vaisseau de Fitz-James.
- L’installation du nouveau cirque de la rue Saint*Honoré est activement poussée. Depuis quelque temps, les travaux se poursuivent la nuit, grâce à l’emploi de la lumière électrique Edison. On se sert des circuits de l’éclairage définitif qui sont déjà posés et d’une cinquantaine de lampes à incandescence.
- La Commission spéciale, chargée d’examiner les différents systèmes proposés pour éclairer la nouvelle salle des délibérations de la Chambre des représentants belges, à Bruxelles, a adopté la lumière électrique par l’incandescence.
- L’éclairage électrique du palais du Reichstag allemand a fonctionné la semaine dernière pour la première fois. L’installation, qui a été faite par la maison Siemens et Haiske, de Berlin, comprend dix foyers à arc du système Siemens. t
- L’éclairage électrique de la « Leipziger Strasse », à Berlin va bientôt être supprimé et ne sera repris que quand la Société « Stædtischen Elektricitætswerke qui a entrepris cet éclairage, sera en mesure de fournir un courant suffisant aux lampes, ce qui n’a pas lieu actuellement.
- La « Sociedad Anglo Espanola », de^Barcelone, a entrepris d’installer la lumière électrique dans la nouvelle église de San Andres de Polomar, pendant la soirée de l’inauguration. L’éclairage électrique de la Rambla de cette ville continue toujours à la grande satisfaction des habitants.
- La municipalité de Barcelone a dernièrement acheté deux modèles de lampes électriques portatives pour le corps des pompiers. Les expériences qui ont été faites jusqu’ici ont donné de bons résultats et les lampes peuvent être portées à la main ou fixées au casque des hommes.
- La galerie d’art de la ville de Manchester est maintenant éclairée à l’électricité avec 385 lampes à incandescence du système Edison,alimentées par deux dynamos Elwell-Parker, à double enroulement. La force motrice est fournie par des machines à gaz.
- Le village de Kinderdijk en Hollande va être éclairé à l’électricité avec 400 lampes à incandescence Edison alimentées par deux dynamos du même système. Les conducteurs seront placés sous terre et toute l’installation a été confiée à MM. Smit et Cic de Slikkerveer en Hollande.
- La Compagnie du chemin de fer aérien de Brooklyn a décidé d’installer l’éclairage <Jec.iV|Uc à incandescence à la station de Fulton Street. A titre d’essai, en cas de réus-
- site, le gaz'ferait place, dans toutes les gares, à la lumière électrique.
- Une exposition d’agriculture va prochainement être ouverte à Chicago. Les bâtiments seront éclairés par 5o foyers à arc du système Van Depoele alimentés par les dynamos du même inventeur.
- A Golesburgh, en Illinois, quatre différentes Sociétés de lumière électrique sont en instance auprès des autorités municipales, dans le but d’obtenir la concession pour l’éclairage de la ville.
- La municipalité de Bristol a demandé et obtenu l’autorisation d’établir, à ses risques et périls, une installation de lumière électrique. Elle vient, en conséquence, d’adresser aux habitants une circulaire par laquelle elle leur annonce qu’elle est prête à leur fournir la lumière électrique à raison de 6 centimes par lampe-heure. Les travaux ne seront commencés que s’il y a un nombre suffisant d’abonnés à ce nouveau service.
- Télégraphie et Téléphonie.
- Les communications télégraphiques se développent tous les jours, mais ce sont surtout les communications télégraphiques sous-marines qui ont pris, pendant ces dernières aunées, une extension vraiment extraordinaire.
- Il y a vingt ans, c’est à peine si l’on comptait quelques câbles télégraphiques et encore étaient-iis généralement fort courts. Aujourd’hui c’est un véritable réseau qui couvre le fond des mers et relie entre elles les contrées du monde entier.
- Entre l’Amérique du Nord et l’Europe, dix câbles fonctionnent actuellement; ils ont été posés : un en 1869, un en 1873, un en 1874, un en 1875, un en 1879, un en i88o, un en 1881, un en 1882, deux en 1884. Six de ces câbles partent de Valentia, en Irlande, deux de Brest, deux de Penzance, en Angleterre. Ces deux derniers ont été posés l’année dernière par la Compagnie Bennett; ils sont reliés au Havre par deux autres câbles partant de Penzance.
- Un autre câble, partant également de Penzance, se rend à Emden, en Allemagne et met ce dernier pays en relation avec l’Amérique du Nord.
- L’Amérique du Sud est mis en communication avec l’Europe par deux câbles, partant tous deux de Lisbonne et aboutissant à Pernambuco (Brésil).
- Les communications télégraphiques de l’Angleterre 3vec les Indes sont assurées par deux câbles, partant de Bombay, touchant à Aden et à Suez; repartant d’Alexandrie et traversant la Méditerranée, jusqu’à Marseille, en touchant à Malte et à Bône.
- Un autre câble touchant à Lisbonne et à Gibraltar, relie Malte à Falmouth.
- C’est l’Angleterre qui possède le plus de câbles : elle est en communication avec la France par huit câbles posés entre Douvres et Calais; avec le Portugal par un câble, touchant à Vigo et atterrissant à Lisbonne; avec l’Espagne par deux câbles, entre Falmouth et Bilbao; avec l’Allemagne par quatre câbles posés entre Emden et Lowestoff; avec la Norwège par deux câbles atterrissant à Arendal et Ekersund; avec la Suède par un câble atterrissant à Gothembourg; avec le Danemark par un câble allant de Newcastle à Sonderwig; avec la Hollande par deux câbles allant de Londres à la Haye;, avec la Belgique par un câble, de Londres à Ostende. (Ces derniers câbles ont plusieurs fils).
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- L’Angleterre, ou pour mieux dire les Anglais, possèdent encore des câbles : i° entre Tripoli et Malte; 2° Entre Malte et la Sicile; 3° entre Alexandrie et Otrante touchant à Candie et Zante; 40 entre Alexandrie et Alep, touchant à Chypre; 5° entre Alexandrie et Port-Saïd: 6° entre Suez et Aden, touchant à Souakim, dans la mer Rouge; 7° entre Souakim et Djedda, à travers la même mer; 8° entre Madras et l’Australie, dans la mer des Indes, reliant Penang, Singapour et Java; c’est par ce câble, relié à celui de Singapour à Saigon, à Hué et à Haïphong, posé l’année dernière, que nous avons des nouvelles du Tonkin et de la Cochinchine.
- Dans la mer de Chine, les Anglais possèdent encore des câbles reliant Saigon, Hong-Kong, Froucou et Shangai, d’une part; Haïphong, Hong-Kong, Amoy et Shangai, de l’autre.
- Les deux câbles qui relient Shangai au Japon (Nangasaki), à la Corée et à la Sibérie, leur appartiennent encore.
- Sur les côtes d’Afrique, un câble partant de Cadix et allant au Sénégal en touchant aux îles Canaries, a été posé par eux; celui qui, partant d’Aden va au Cap en touchant à Zanzibar, à Mozambique et à Saint-Laurent-Marquez, leur appartient également.
- Enfin, l’Australie est reliée à la Nouvelle-Zélande par un câble allant de Sydney à Nelson.
- Le France est reliée à l’Algérie par trois câbles, posés entre Marseille et Alger; un autre câble atterrissant à Marseille et à Barcelone, relie la France à l’Espagne.
- La Russie est reliée au Danemark, par un câble, entre Liban et Copenhague, à la Suède par trois, entre Nystad et Stockholm; avec Constantinople par un câble, allant de cette ville à Odessa. Ce câble, prolongé à travers la mer de Marmara et l’Archipel, va de Constantinople à Salo-nique.
- L’Autriche ne possède qu’un câble : il va de Trieste à Corfou et à Zante.
- Un petit câble, à travers l’Adriatique, entre Otrante et Vallona, met l’Italie en communication avec la Turquie.
- La Corse et la Sardaigne sont reliées par des câbles de peu de longueur, la première à la France, la deuxième à l’Italie.
- Les Anglais ont encore posé un câble dans les golfes Persique et d’Oman, entre Karracache, dans l’Inde, et Fao, dans la Turquie d’Asie, touchant à Bushire et Jask, en Perse.
- En Amérique, toutes les Antilles sont reliées par un câble partant de Georgetown, dans la Guyane anglaise et allant aux Etats-Unis. Un autre câble relie la Jamaïque à Colon, dans l’isthme de Panama.
- Sur la côte Est, un câble part de Para, dans le Brésil, et va jusqu’à Buenos-Ayres, dans la Republique Argentine, touchant à San Luiz, Carro, Pernambuco, Bahia, Rio-de-Janeiro, Santos, Desterro, Rio do Sul, Chuy et Montevideo.
- Sur la côte Ouest, les principales villes sont reliées par un câble partant de Tehuantepec, dans le Mexique, et finissant à Valparaiso, au Chili.
- Enfin dans le golfe du Mexique, un câble relie la Vera-Cruz et Tampico, à Galveston, aux Etats-Unis.
- La mer Caspienne a aussi son câble qui la traverse dans toute sa largeur, entre Bakoy et Krasuowodsk.
- A Preston,. en Angleterre, le propriétaire du réseau téléphonique a fait installer, dans diverses maisons de commerce de la ville, des appareils qui sont reliés au bureau central et dont on peut se servir moyennant payement de 10 centimes par conversation. Plusieurs bureaux publics ont été ouverts dans la ville, où chacun peut correspondre avec tous les abonnés du réseau, aux mômes conditions énoncées plus haut.
- Les procédés employés dans la télégraphie sous-marine pour la pose et la réparatidn des câbles sont arrivés
- aujourd’hui à un degré de perfection dont on ne se rend pas assez compte. Il y a un mois à peine, le câble qui relie ICennack-Cove, Cornwall, et Bilbao, Espagne, se trouvait rompu par une profondeur de 2.3oo brasses (environ 4.200 mètres). Le steamer I’Electra fut envoyé sur les lieux et répara l’accident en trois jours; trois sondages seulement furent nécessaires pour relever les deux extrémités du câble, et encore celui-ci fut-il ramené les trois fois, mais au début on se trouvait un peu trop loin de la rupture. C’est, à notre connaissance, le premier exemple d’un pareil trayail exécuté avec une telle rapidité à une aussi grande profondeur.
- L’« Anglo-American Telegraph C° » annonce qu’à partir du 3 décembre dernier un tarif spécial d’un franc par mot sera appliqué aux dépêches de la presse entre l’Angleterre et New-York et le Canada. Ces dépêches doivent cependant être écrites en langage ordinaire et contenir des nouvelles politiques ou autres destinées à être publiées. Les dépêches de nuit de la même nature ne seront payées qu’à raison de So centimes par mot.
- Une Société, au capital de cinq millions de francs, vient d’être formée à Albany pour l’exploitation des lignes télégraphiques et téléphoniques entre les trains de chemin de fer en marche, La nouvelle Société a pris le nom de « Railway Telegraph and Téléphoné C° », et n’opérera qu’en dehors des Etats-Unis et du Canada. Les principaux fondateurs sont MM. Edison, Gilliland, Batchelor, etc.
- Une Compagnie, au capital de 60 millions de francs, vient de se former à Albany, capitale de l’Etat de New-York. Le but que poursuit cette Société est la pose de deux câbles transatlantiques. L’un irait de Boston en Allemagne, à un point que déterminerait le gouvernement allemand; l’autre, à destination de la Grande-Bretagne.
- La Compagnie, qui a pris le titre de Compagnie allemande des câbles américains veut, avant de commencer les travaux de construction, procéder à une émission d’obligations 5 o/o, pour 10 millions de francs.
- On télégraphie de Calcutta, que les télégrammes de Birmanie adressés aux journaux anglais sont arrêtés. La cause de cette mesure est inconnue. La ligne télégraphique entre Thayetmyo et Mandalay a toujours été défectueuse et elle a peut-être été coupée par l’ennemi. Deux équipes d’ouvriers, du département des télégraphes, de l’Inde, sont occupées à poser une nouvelle ligne télégraphique, de la frontière jusqu’à Minhla.
- La grande Compagnie des Télégraphes du Nord annonce que l’administration des télégraphes en Chine vient d’établir deux nouvelles stations à Séoul, la capitale de Corée et à son port de mer Ienchuan (Chemulpo), de sorte que ces deux villes sont aujourd’hui en communication télégraphique avec le reste du monde.
- Le- réseau téléphonique du Gouvernement à Barcelone, augmente rapidement et 3ç nouveaux abonnés ont été reliés au bureau central pendant le mois dernier.
- Pendant la maladie du roi d’Espagne le palais du Pardo était en communication téléphonique directe avec l’Opéra de Madrid pour que le roi pût suivre la représentation sans se déranger.
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- ^8 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le réseau téléphonique de Wiesbaden a été inauguré le ior décembre dernier avec 65 abonnés, parmi lesquels se trouvent plusieurs administrations publiques, l'Hôtel de Ville,, l'usine à gaz et l’administration des eaux de la ville.
- La « Western Union Telegraph C° » vient de publier son rapport annuel, arrêté au 3o juin dernier. Les recettes de l’année se sont élevées à 88-534.168 francs, et les dépenses à 60.029.547 francs, ce qui laisse un bénéfice net de 28.504.621 francs. On a construit pendant l'année, 2.5oo milles de ligne» sur poteaux, avec 12.00a milles de fils. Le nombre des bureaux dépasse aujourd'hui 14.000, desservis par 23.ooo employés. La longueur des fils de la Compagnie ferait 18 fois et demie le tour de la terre.
- Le tableau suivant donnera une idée exacte du développement successif de la Compagnie depuis l'année 1866.
- Le tableau suivant donne une idée très nette de l'état de la téléphonie dans les différents phys de l'Europe.
- Réseaux Nombre Moyenne de l’abonneme ît
- téléphoniques des postes annuel
- Allemagne. . . . 8l 13.OCO 190 fr.
- Angleterre. . . . 180 12.000 125 — 5oo —
- France 20 10.000 520 —
- Italie. 18 7.000 125 — 175 —
- Suède 5i 10.000 160 — 270 —
- Suisse 3o 5.000 i5o — 25o —
- Espagne 3o 1.000 100 — 25o —
- Pays-Bas il 4.OCO 200 — 25o —
- Belgique 12 5.000 700 —
- Russie 7 3.000 225 — 375 —
- Autriche-Hongrie 10 4-5oo
- ANNÉES LONGUEUR des lignes sur poteaux et câbles en milles LONGUEUR des fils en milles NOMBRE de bureaux NOMBRE de dépêches transmises RECETTES Dollars DÉPENSES Dollars BÉNÉFICES Dollars
- 1866 37.38o 75.686 2.25o m » » »
- 1867 46.270 85.291 2.565 5.879.282 6.568-925 3.944.005 2.624.919
- 1868 5o.183 97.504 3.2 IQ 6.404.595 7.004*560 4.362.849 2.641.710
- 1869 52.099 104.584 3.607 7.934.933 7.3i6*9ï^ 4.568.UÔ 2.648.001
- 1870 54.109 11 2 . IC) I 3.972 9.157.646 7.138.737 4.910.772 2.226.265
- 1871 56.o32 12 I. I 5 I 4.606 10.646.077 7.637-44^ 5.104.787 2.632.661
- 1872 62.o33 137.190 5.237 12.444.499 8.a57-°95 5.666.063 2.790.232
- 1873 65.757 154-472. 5.740 14. j.56.832 9.333-oiS 6.575.o55 2.757.962
- 1874 71.585 175.735 6.188 16.829.256 9.262-654 6.755.733 2006.920
- 1875 72.833 170.496 6.565 17.153.710 9.564.574 6.335.414 3.22Q.Î37
- 1876 73.532 183.832 7.072 18.729067 io.o34-q83 6.635.473 3.399.509
- I§77 76.955 194.323 7.500 21.158.941 Q.8l2*352 6.672,224 ,3.140.127
- I878 81.002 206.202 §•914 2*. 918.894 9.861-355 6.309.812! • 3.551.542
- 1879 82.987 211.566 8.534 25.070.106 10.960-640 6.160.200 . 4.800.440
- 1880 85.645 233.534 9-077 29.2i5.5og 12.782-894 6.948.956 5.833.g37
- l88l 110.340 327.171 20.737 32.5oo.ooo I4.393-543 8.495.264 5.908.279
- 1882. i3 1.060 374-368 12.068 38.842.247 17.114*16D 9.996.095 7.118.070
- i883 144.2Q4 482.726 12.917 41.101.177 J9-454.902 11.794.553 7.666.3/.9
- 1884 145.037 450.571 , 13.761 42.076.226 19.632.939 i3.o22.5b3 6.610.4-
- i885 147.500 462.283 14.184 42.076.583 17.706.833 12.005.909 5.700.924
- D'après les journaux américains, il y aurait aujourd’hui 2.125 milles de fils souterrains à Chicago. La « Bankers and Merchants Telegraph C° » en possède 400 milles, la « Postal Telegraph C° » 25o, la « Western Union, » 200, la « Baltimore and Ohio », 100, la « Compagnie des Téléphones », 700, les différentes Compagnies de lumière électrique n5, etc. Il y a sept différents systèmes placés l’un à côté de l’autre, dans plusieurs rues, avec un total de i5o fils.
- La « New England Téléphoné and Telegraph C° » vient de terminer une nouvelle ligne téléphonique en cuivre entre Boston et Worcester, dans l’Etat de Massachussets, et la correspondance se fait maintenant, journellement entre les deux villes, aussi bien qu'entre Boston et Spring-field. La distance de Boston à Worcester est de 45 milles et de 100 milles entre Boston et Springfield. La même Compagnie a construit une ligne semblable entre Boston et Portland en Maine, sur une distance de iï6 milles. Les appareils employés sont le transmetteur Blake ordinaire et le téléphone Bell.
- La « Nebraska Téléphoné C° » vient de faire construire une ligne téléphonique en fil de cuivre entre Tremont et Columbus, distants l'un de l'autre de 49 milles. Le fil est supporté par ’ des poteaux répartis, au nombre de 3o par mille et la conversation se fait sans aucune difficulté.
- On annonce qu’un nouveau système téléphoniqne vient d'être inauguré à Ottawa au Canada. Grâce aux perfectionnements apportés dans les appareils, il est permis, paraît-il, de parier et d'écouter à une distance de 20 à 3o pieds de ceux-ci. Une usine va être installée à Ottawa pour la fabrication de ces instruments.
- Le Times, de Londres, a publié la semaine dernière un article sur les câbles sous-marins, et leur importance en temps de guerre. L'auteur croit que le meilleur moyen d'assurer la sécurité des communications télégraphiques, est de faire passer les lignes et câbles à travers les territoires d'un aussi grand nombre de différents pays que possible ; car, tandis qu'ufi ennemi n'hésiterait pas, en temps de guerre, à couper un câble reliant l'Angleterre directement à une de ses colonies, il n'en serait pas de même si l'interruption du câble pouvait porter préjudice au commerce d'un pays neutre. Selon l'auteur, les Compagnies « Eastern et Eastern Extension », ont eu le tort d'installer toutes leurs stations à l'exception de celles de Lisbonne et du Caire, sur le territoire anglais, et il faudrait, pour obtenir une sécurité absolue, poser un câble de San Francisco au Japon ou en Chine.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris, — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. —- 62238
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D' CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Güerout
- 8* ANNÉE (TOME XIXI
- SAMEDI 9 JANVIER 1886
- N* 2
- SOMMAIRE. — Le brevet Bell en Amérique; J. Bourdin. — Détails de construction des machines dynamos; G. Richard.
- — Note sur le calcul des conducteurs électriques, accompagnée de deux tableaux graphiques; A. van Muyden. — De l’électromégaloscopie; Em. Dieudonné. — Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Recherches sur les fonctions du nerf de Wrisberg. Note complémentaire, par M. Vulpian. — Recherches sur la provenance réelle des nerfs sécréteurs de la glande salivaire de Nuck et des glandules salivaires labiales du chien, par M. Vulpian. — Rapport sur une réclamation de priorité de M. Mestre, au sujet de l’intégraphe de MM. Napoli et Abdank-Abakanowicz, par M. Jourdan. — Sur une application du principe de la transmission de la force à distance, au moyen de l’électricité, par M. Manceron. — Recherches expérimentales sur l’influence du magnétisme sur la polarisation dans les diélectriques, par M. Edm. van Aubel. — Sur l’expression « quantité d’électricité », par le docteur D. Tommasi. — Correspondances spéciales de l’étranger : Angleterre; J. Munro. — Chronique : Éclairage électrique de la gare centrale de Strasbourg, par M. C. Delpeuch. — Révision de Berlin (suite). — Correspondance.
- — Faits divers.
- LE BREVET BELL EN AMÉRIQUE
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- On sait qu’en Amérique les brevets Bell ont produit cinq cents millions de francs ; ce succès superbe de la propriété intellectuelle n’a pas été sans faire de nombreux jaloux ; c’est d’ailleurs assez l’habitude, l’opinion publique en Amérique commence à trouver l’invention de Bell suffisamment rémunérée ; mais au-dessus de l’opinion, il y a la loi et son représentant, M. Garland, l’attorney-géné-ral, vient de repousser la demande d’annulation du brevet Bell, présentée il y a quelques mois, et dont nous avons parlé dans ce Journal.
- Cette demande est reprise par le « Globe Téléphoné Company » de New-York, la « Washington Téléphone Company » de Baltimore et la « Pan-électric Company »
- L’examen de cette nouvelle demande en nullité est soumis à l’avis préalable du département de l’intérieur et du Patent Office.
- Outre les antérioritées du professeur ElisaGray, les demandeurs comptent faire valoir un caveat d’Antonio Meucci dont nous donnons,à la page 5i, le fac-similé d’après les dessins publiés par le Scien-tific American.
- Les travaux d’Antonio Meucci seraient, non seulement antérieurs à ceux de Bell, mais même à ceux de Reis.
- Antonio Meucci est encore vivant et son long
- silence donne assez peu de vraisemblance à son long récit; le caveat,remontant à 1871 n’en est pas moins fort curieux et, vraie ou fausse, l’histoire de Meucci a de grandes; chances de passer bientôt à l’état de légende.
- Meucci serait, d’après le Journal américain, né en Italie, et aurait fait ses études à Florence comme élève ingénieur mécanicien.
- En 1844, il est engagé par le gouvernement de l’ile de Cuba pour organiser et diriger des ateliers destinés à galvaniser les armes et le matériel de guerre ; il suivait alors avec passion les travaux de Becquerel et de Mesmer et entrevoyait comme bien d’autres une révolution médicale par l’électricité.
- C’est en faisant des expériences médico-électriques qu’il crut reconnaître que l’audition acquérait une grande puissance, lorsqu’on plaçait sur la langue une sorte de spatule en cuivre reliée à un conducteur et à une batterie de piles ; le conducteur enroulé en spirale était maintenu dans un bouchon percé, figures 1 et 2 et le bouchon servait d’obturateur à un cornet de carton.
- Voilà certainement un point de départ plus original que facile à expliquer, et si peu probant que soit lé dire de Meucci, il ne faut pas se hâter de hausser les épaules, et se rappeler qu’en téléphonie il y a encore bien des mystères à éclaircir, ne seraipce que les faits d’audition téléphonique sans récepteurs, constatés, je crois, pour lapremière fois, en 1880, par un jeune électricien, M. Brown, lors des essais du câble téléphonique placé par M. Caël, entre l’avenue de l’Opéra et les Magasins-Réunis.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Ces expériences furent reproduites à l’Exposition de l’Observatoire, en avril 1884. M. Giltay en avait donné un commencement d’explication.
- C’est en 1849 que notre aventureux Meucci construisit ses premiers instruments ; il était alors machiniste en chef du Théâtre de la Havane.
- En i85i, Meucci vient se fixer près de New-York [in Staten island) et modifie ses appareils, auxquels il donne la forme cylindrique, et qui, coupe et élévation, sont représentés figures 3 et 4.
- Le cylindre est en étain ; un fil de cuivre recouvert est bobiné autour du cylindre et terminé par des languettes de cuivre. > '•
- A l’aide de ces nouveaux instruments, et sans que le journaliste américain nous en explique minu-
- FIG. 3 ET 4
- tieusement le mode d’emploi, Meucci parvint paraît-il, à causer avec sa femme malade, retenue au troisième étage de son logement, lui étant placé au sous-sol.
- Avec une persévérance bien remarquable, étant donnée la médiocrité des résultats qu’il devait obtenir, Meucci modifia encore la forme de ses instruments, le cylindre de i852 devient une petite bobine traversée par des fils d’acier, maintenus par
- un bouchon, le tout renfermé dans un tube en bois, fermé à la partie antérieure par une membrane en parchemin, légèrement entaillée pour faire soupape, et complété par un pavillon de trompette.
- FIG. 5
- On voit qu’en remplaçant cette membrane par une lamelle de fer on aurait un véritable téléphone Bell. C’est du reste ce que Meucci prétend avoir fait quelque temps après, et il se réfère, comme date, au séjour que Garibaldi fit alors aux Etats-Unis; il assure avoir communiqué ses expériences au Grand Patriote italien.
- FIG. 6
- C’est vers 1854, que Meucci pense avoir, pour la première fois, substitué le diaphragme en fer à la membrane animale ; il dit avoir dès lors, obtenu des résultats excellents. Vers i856, Meucci adopta l’aimant en fer à cheval, mais il revint à la membrane, et n’obtint qu’un résultat inférieur à ses premiers essais.
- FIG. 7
- En i858 et 60, Meucci construisit l’instrument représenté figure 7, composé d’un barreau aimanté, d’une bobine, d’un tympan en tôle et d’un pavillon qui lui donna de si bons résultats qu’il songea à exploiter son invention, et s’entendit, dans ce but, avec un de ses compatriotes, M. Bendalari, qui retournait dans son pays. Ledit Bendalari fit-il
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- Si
- naufrage ou mourut-il avant d’avoir pu remplir la mission dont il était investi? on l’ignore complètement, et Meucci n’en entendit jamais parler, malgré la réclamation qu’il fit paraître dans YÊcho d'Italie, petite feuille publiée en italien, à New-York.
- On voit, par les figures g, io et n, combien, à force de tâtonnements, les appareils de Meucci se rapprochent du type Bell et finissent par lui ressembler d’une façon absolument invraisemblable.
- L’histoire de la vie privée de Meucci ressemble par contre, d’une façon bien naturelle, au martyrologe de bien des inventeurs.
- En arrivant en Amérique, il avait une centaine de
- mille francs, qui disparure.nt assez vite dans une entreprise de brasserie et dé fabrique de bougies-En 1868 il était réduit à la plus extrême misère, et, pour comble de malheur, il fut victime d’une éxplo-sion à bord du Westfleld faisant le service entre New-York et Staten island.
- Sa vie fut longtemps en danger; quand il revint à la santé, sa femme avait été réduite à vendre tous ses vieux instruments à un brocanteur nommé John Fleming, qu’on ne put retrouver.
- Meucci essaya de prendre un brevet, et, n’ayant plus d’instruments, il s’adressa à un artiste, M. Nestori, qui fit un dessin sur ses indications, puis s’adressa à un M. Bertolino qui, à son tour,
- FIG. 8. — FAC-SIMILÉ DU caveat DE MEUCCI
- l’adres3a à un agent de brevets, M. T. D. Stetson. Malheureusement, Meucci n’avait pas assez d’argent pour prendre une patente définitive et dut se contenter d’un caveat, dont le dessin, plus pittoresque que précis, est représenté ci-dessus. Puis, Meucci passa un contrat avec les sieurs A. Z. Grandi, S. G. P. Buguglio et Ango Tremes-chin. Aux termes de ce contrat daté du 12 décembre 1871, Meucci devait recevoir les fonds nécessaires pour prendre une patente américaine et divers brevets étrangers; on devait aussi fonder une Société qui devait porter le nom de « Teletro-phone » ; mais il paraît que les commanditaires de Meucci manquèrent d’argent ou de courage et ne lui versèrent en tout que vingt dollars : ça, c’est très vraisemblable, et les commanditaires de ce genre abondent sur le pavé de toutes les grandes
- cités. Mais Meucci n’était pas au bout de ses déceptions.
- Son premier protecteur, M. Bertolino, le présente en 1872 à M. Grant, vice-président de « la New-York district Telegraph Company », pour obtenir de faire un essai téléphonique sur le réseau de cette Société.
- On,remit à M. Grant le dessin des appareils; si les expériences réussissaient, on devait donner à Meucci un concours financier. Deux ans se passèrent ainsi, et au bout de ce temps Meucci, ne voyant rien venir, réclama ses dessins. M. Grant déclara qu’il les avait égarés.
- Meucci reconstruisit un appareil semblable à celui de la figure xo.
- Ûn plongeur, nommé William Carroll, ayant entendu parler de l’invention de Meucci, vint le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- trouver, et lui proposer de construire un télétro-phone pour pouvoir, tout en restant sous l’eau communiquer acoustiquement avec le navire. Meucci se rémit à l’œuvre, et a encore sur son mémorandum des croquis de l’appareil demandé par William Carrol, appareil qui ne fut jamais exécuté. Meucci avoue qu’il a entendu parler de Bell en 1876, au moment de l’Exposition de Philadelphie, mais sa pauvreté l’a empêché de revendiquer juridiquement la priorité de son invention.
- C’est de YElectrical World que le Scientiftc Amèrican tient les détails que nous venons de ra-
- conter, et les paris doivent déjà être engagés de l’autre côté de l’Atlantique pour ou contre Meucci. Nous n’y prendrons pas part et nous laisserons volontiers la justice américaine élucider le problème qui se présente à elle. Si Meucci n’est pas
- FIG. IO
- convaincu de folie ou d’imposture, il y aura dans cette histoire les éléments d’un drame digne de la collaboration de d’Ennery et de Jules Verne. On pourra même, pour corser un peu les effets scéniques, montrer la femme de Meucci faisant disparaître rageusement les inventions de son homme qui ont eu le double tort de la réduire à la misère, et d’absorber l’attention du mari au point que son amour pour elle en paraissait complètement éteint.
- Le brocanteur disparu ne serait plus qu’une fable inventée par la femme pour se soustraire à la colère de Meucci, et comme il faut que tout drame finisse par la récompense de la vertu et la
- punition du crime, on retrouverait au cinquième acte les merveilleux téléphones ; le mari et la femme se réconcilieraient en pleurant et auraient beaucoup d’enfants que l’archi-millionnaire Alexander Graham Bell doterait richement.
- Les commanditaires qui se mettent à trois pour fournir vingt dollars de commandite, tout en supputant les millions qui doivent leur revenir, constitueraient trois excellents rôles comiques et une foule de billets de faveur seraient envoyés à l’habile journaliste américain qui a si bien inter-viéwé Meucci.
- Il est un autre procès dont le dénouement ne saurait se faire attendre bien longtemps : c’est celui que les riches acquéreurs du brevet Edison (lequel par parenthèse est presque aussi ruiné que Meucci), font aux constructeurs français de téléphones Bell ou de microphones Hughes, revendiquant pour eux-mêmes ce qu’Edison n’a pas osé revendiquer de Bell en Amérique, pour cause, et estimant que, puisqu’en France, Bell a laissé tomber ses brevets, c’est à ceux qui sont venus
- presque immédiatement après lui, qu’il appartient de s’emparer d’un monopole échappé, à tort peut-être, des mains du premier occupant. Vraie ou fausse, ce n’est toujours pas l’histoire de Meucci qui améliorera la cause de la Société générale des Téléphones.
- Le doux Racine ne dit-il pas dans les Plaideurs :
- J’ai vu que les procès ne donnaient point de peine,
- Six écus en gagnaient une demi-douzaine.
- La riche Société ne tardera pas à apprendre à ses dépens que les temps sont bien changés depuis Racine.
- J. Bourdin.
- DÉTAILS DE CONSTRUCTION
- DES MACHINES DYNAMOS O
- Le système de distribution par transformateurs de M. Marcel Deprez est fondé sur le principe suivant. (*)
- (*) Voir La Lumière Électrique du 4 avril i885.
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- Si l’on interpose en un point A (fig. i) d’un circuit d’intensité I et de force électromotrice Es, un appareil m, susceptible de développer, sous l’influence du courant I, une force contre-électromotrice e, la dérivation ANB sera parcourue par un courant de force électromotrice <; E, que l’on
- v
- n
- i i
- FIG.
- pourra régler à volonté en faisant varier la force contre-électromotrice du transformateur m.
- Si l’on introduit en AB (fig. 2) plusieurs transformateurs on peut, en groupant leurs
- Jf
- FIG. 3
- circuits dérivés, amener en ces points de groupement des courants plus intenses que le courant principal I.
- Dans le cas de courants continus, les transformateurs peuvent être constitués par des accumulateurs montés en série sur le circuit principal, et dont les bornes sont reliées aux extrémités des dérivations, de sorte que l’on dispose dans ces
- dérivations, grâce à la faible résistance dés accumulateurs, d’une différence de potentiel sensible-
- *
- é *
- FIG. 4
- ment égale à leur force électromotrice. On peut
- FIG. 5. — TURETTINI
- aussi employer (fig. 3). des dynamos dont les inducteurs i, i' sont branchés sur le circuit dérivé de
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- façon que la dynamo cesse de fonctionner si la dérivation se brise.
- Ainsi, à l’inverse de ce qui a lieu avec les autres dispositifs de transformateurs, le courant secondaire n’est pas, dans le système deM. Deprez, complètement distinct du courant principal.de sortequ’il n’est pas nécessaire d’effectuer tout d’abord la transformation totale de ce courant en énergie chimique ou mécanique, pour la reconvertir de nouveau en énergie électrique. Dans le système de
- FIG. 6. — TURETTINI. — APPAREIL DE SÛRETÉ
- M. Deprez, l’appareil non électrique ne sert tout entier qu’à modifier le courant sur la dérivation.
- Lorsque la force contre-électromotrice de la dynamo dérivatrice m devient égale et contraire à la force électromotrice que le courant principal tend à y développer en la traversant, ce courant s’annule à travers la dynamo et passe en entier dans la dérivation branchée sur ses bornes ; il n’y a pas alors de transformation proprement dite, mais une distribution en tension, sans courir le risque d’en voir paralyser tout l’ensemble par la rupture de l’un des circuits secondaires ANB... Les machines m agissent, alors, comme des appareils de sûreté très effi-
- caces. En effet, en cas de rupture du circuit ANB (fig. 3), l’anneau M, qui cesse d’être excité par les inducteurs i, se transforme en un simple conducteur en s’arrêtant progressivement, de manière à pouvoir agir comme un commutateur de sûreté par lui-même ou en laissant à d’autres appareils de sûreté le temps d’agir.
- Lorsqu’il s’agit de transformer des courants alternatifs, M. Deprez emploie des solénoïdes de préférence sans armatures en fer doux, dont la force contre-électromotrice est développée par l’induction mutuelle de leurs spires. L’appareil prend dans ce cas la forme représentée par la figure 4. Les solénoïdes groupés en cercle sont reliés comme les sections d’un anneau Gramme au commutateur C. Le courant principal arrive par PM à l’aiguille E de ce commutateur, qui l’oblige à traverser avant d’arriver en NP' un nombre d’enroulements déterminé par sa position. Les courants secondaires de ces solénoïdes sont alors ou groupés sur une seule dérivation MFN, dont la force électromotrice varie suivant le nombre
- FIG. 7. — HELIOS CO
- des solénoïdes ouverts par l’aiguille CE, ou distribués dans plusieurs dérivations BCH, HIK... commandées chacune par la position particulière de l’aiguille qui intercale dans le circuit principal les sections des transformateurs auxquelles elles sont reliées.
- En résumé, la solution proposée par M. Deprez consiste à opérer la transformation du courant principal par le groupement de dérivations obte-nuesau moyen de dynamos contre-électromotrices, d’accumulateurs ou de solénoïdes actionnés par le courant principal, et dont les bornes sont reliées au circuit dérivé, comme nous l’avons indiqué; c’est une solution générale du problème de la transformation, applicable, comme nous l’avons vu, aussi bien aux courants continus qu’aux courants alternatifs, et, dans tous les cas, le courant principal n’est jamais séparé des courants transformés, dérivés ou secondaires, de manière à augmenter le plus possible le rendement de la transformation.
- Dans le système moins ingénieux proposé par M.Turettini, les dynamos delà station centrale A, (fig.. 5) chargent chacune les accumulateurs B de
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- la station particulière qui lui est directement reliée. Les dynamos fournissent à ces accumulateurs des courants d’intensité constante.
- Les accumulateurs, groupés en tension, sont en nombre suffisant pour qu’on puisse maintenir invariable la tension de chacun des groupes, en y
- FIG. 8, g ET io. — DYNAMO whitney (Ensemble et détail d’un cadre)
- intercalant des accumulateurs supplémentaires à mesure que les batteries s’épuisent en se déchargeant.
- Chacune des dynamos du poste central est pourvue d’un appareil de sûreté coupant le circuit dès que la tension du groupe d’accumulateurs qu’elle
- ARMATURE FORBES
- charge devient supérieure à la sienne, et d’un commutateur qui, au départ, ferme au contraire le circuit dès que la tension du courant de la dynamo
- dépasse celle des accumulateurs. A cet effet, le levier L (fig. 6) retenu par le déclic F, ferme le circuit CD aussitôt que l’électro E, excité par une
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- pile locale P, attire le levier F, ce qui a lieu dès que l'aiguille V du voltmètre de la dynamo vient, au-dessous de l'aiguille V' du voltmètre des accumulateurs, faire contact avec elle et fermer ainsi le circuit de E.
- LES INDUCTEURS
- Les pièces polaires des dynamos construites par la société Hélios à Eberfield sont disposées comme l'indique la figure 7, en forme de cannelures a, enveloppant les anneaux b de l’armature, dont le
- corps est constitué, par un cylindre en papier coimprimé.
- Les inducteurs des dynamos de M. Whitney ont leur carcasse constituée (fig. 8,9 et 10) par l’assemblage d’une série de cadres A, reliés par des boulons et serrés sur des rondelles isolantes qui permettent à l’air d’y circuler librement. Les cadres extrêmes s’attachent par la cornière de leur base au massif isolant sur lequel repose la dynamo et portent les paliers de l’armature.
- D’après M. Whitney, la division des masses polaires en un grand nombre de cadres isolés aurait
- F.lfi. l3 ET 14. —, ARMATURES DE SEI.LON
- pour effet de rendre la dynamo moins sensible aux variations de vitesse, de sorte qu’on en obtiendrait un courant invariable même avec un moteur peu régulier.
- LES ARMATURES
- Nos lecteurs connaissent déjà les armatures à collecteurs périphériques, des dynamos unipolaires et à basse tension du professeur Fortes (*). Les figures 11 et 12 représentent une variété nouvelle de ces armatures. L’un des pôles est constitué par
- l’anneau en fer doux C, compris entre les disques lamellaires A, A, reliés électriquement par les barres B, chacun des anneaux de ces disques étant fixé par une équerre a à l’une des barres B, assemblées sur l’axe F par les plateaux en fer doux D. Les disques A tournent en face des anneaux inducteurs; on obtient, grâce à leur division, une force électromotrice plus élevée, comme avec la disposition représentée par la figure 5, page 609, de notre numéro du 26 septembre dernier.
- L’armature dè Sellon (fig. 13 et 14) analogue à celle deMorday (‘j.est constituée par l’enroulement d’une ou de plusieurs spirales de fer doux, encastrées
- (i) La Lumière Électrique du 26 septembre 188S, p. 608, et The Engineer, 17 juillet i885, p. 47.
- 0) La Lumière Électrique du 8 novembre 1884, p. 209.
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- entre les joues du moyeu par le serrage des boulons j, fixés à sa jante par des rivets /, et dont les spires, isolées et séparées par des bandes de papier c, laissent à l’air une liberté de circulation suffisante pour en assurer le refroidissement.
- La ventilation est également assurée dans l’armature de Jones (fig. i5 et 16), par l’écartement des plaques en forme de T qui les constituent, et qui sont alternées de façon à reproduire la section en H des bobines de Siemens. Les pièces polaires sont
- aussi laminées comme l’armature, et leurs plaques, maintenues écartées par des rondelles isolantes, sont disposées de manière à pouvoir plonger entre celles de l’armature et à constituer ainsi, avec de
- faibles masses, un champ magnétique très puissant.
- L’armature de Whitney est formée (fig. 17 et 18) par un cylindre en tôle G, armé de cercles H, au-
- FIG. I7 ET l8. — ARMATURE DE WHITNEY
- tour desquels les fils K sont enroulés en bobines L, séparées de façon à laisser à l’air une libre circulation, mais reliées électriquement entre elles par l’anneau N du collecteur F. L’armature est fixée sur son arbre par le serrage des manchons M, M, calés sur cet arbre à rainure et languette.
- L’armature extrêmement simple de Groves est constituée (fig. ig)par le serrage de deux plateaux en bronze p sur les barres b, également en bronze,
- sur lesquelles repose l’anneau A formé de disques en fér doux g, isolés par des rondelles en papier. Les plateaux p sont évidés de façon que l’on puisse enrouler les fils sur l’anneau A tout monté.
- LES COLLECTEURS
- Le collecteur très simple, de M. Nottbeck, est formé (fig. 20 et 21) par l'ensemble de deux séries
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- de lames B coincées par l’isolant d’> dans la rainure en queue d’aronde d3. Les lames sont alternées de façon que les balais puissent passer de l’une à l’autre sans interruption. Le corps du collecteur est constitué parle serrage de deux cônes isolants A et A' maintenus par un plateau d2. Le grand diamètre
- de ce collecteur lui assure une ventilation suffisante et qui peut être renforcée (fig. 22), en perçant dans le cône A des trous de ventilation aboutissant à l’intérieur de l’anneau de séparation C, considérablement élargi.
- Le commutateur réversible de MM. Houghlon
- riÇ. I(). — ARMATURE DE GROVES
- et Collet est très ingénieux (fig. 23). Dès que la dynamo est mise en marche, la courroie/, passée sur son axe'et qui supporte la tringle J, fait pivoter cette ringle qui amène par M le coulisseau N à l’extré-
- mité gauche par exemple de la coulisse r'(fig. 24), reliée parr au doùblè jeu de balais R. Lorsquelady-namo a atteint la vitesse d’amorçage, le mercure de l’un des tubes D, refoulé par la vis C, vient fermer
- FIG. 20 ET 21. — COLLECTEUR NOTTBECIC ( Icr type)
- par son] contact avec la tige E, le circuit local de l’électro G", qui attire l’extrémité G du levier H. Ce mouvement tire de haut en bas la tige M, de façon à amener au contact du collecteur S la paire de balais correspondant à la rotation de la dynamo. Si l’on change le sens de rotation de la dynamo, le coulisseau N vient d’abord se loger à l’extrémité droite de r', de sorte que le rappel du levier
- J fait basculer r' en sens inverse et met en jeu la seconde paire de balais.
- l’électromoteur scarlett
- L’électromoteur récemment proposé par M. Scarlett est fondé sur le même principe que les machines à anneau discontinu ou sectionné de Bessolo
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- Sc)
- et de Siemens, décrites et discutées par M. Géraldy dans notre numéro du 6 décembre i883.
- On reconnaît en A (fig. 25 et 26) l’anneau de fer doux ouvert en trois parties par les pièces de bronze B, qui roule à l’intérieur des solénoïdes F sur les galets guides D, et commande le commutateur ou distributeur G par le pignon C, calé sur l’arbre de l’électromoteur.
- Le distributeur G est double et disposé de façon que les bobines soient successivement reliées au circuit moteur, à mesure que les pièces B les pénètrent, toutes les autres bobines étant reliées à un accumulateur qui reçoit la décharge de leurs courants de rupture. Ainsi qu’on le voit par les
- FIG. 22. — COLLECTEUR NOTTBECK (2e type)
- FIG. 23. — COMMUTATEUR RÉVERSIBLE DE MM. HOUGHTON ET COLLET. — Ensemble
- FIG. 24. — DÉTAIL DE LA COULISSE
- figures 27 et 28 qui en représentent le détail, ce commutateur est formé d’un cylindre isolant H, dont
- les bandes métalliques I amènent le courant moteur aux bobines par leur contact avec les galets extérieurs J, tandis quelesgaleis intérieurs J' amènent les courants secondaires ou de rupture aux bandes Q, reliées aux accumulateurs.
- La couronne du commutateur, tourne dans le même sens que l’anneau A, et avec la même vitesse. Dans la position figurée du commutateur et de l’anneau, les deux bobines contiguës de part et d’autre de la séparation la plus élevée B sont reliées à l’accumulateur par le contact de leurs galets J'. Dès que le galet extérieur correspondant à la bobine de droite, F, passera sur la barre P du commutateur, cette bobine recevra le courant moteur. Ce courant admis dans la bobine par le trajet 1 P 2 en X, retourne à la pile par 7 P 8.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- En même temps, les courants secondaires excités I mulateur par des trajets divers, tels que 9*3, dans les autres bobines sont distribués à l’accu- | 10-6...
- Nous ne pensons pas que cet électromoteur, qui | plifications de détail, soit appelé à un succès pra-ne diffère de ses prédécesseurs que par des sim- j tique. Il est à craindre que son meilleur rendement
- no. 27 ET 28. — électromoteur scarlett — Détail du collecteur.
- électrique ne soit compense par sa complication pas dans les moteurs alternatifs à solénoïdes sec-mécanique et les résistances de sa transmission, tionnés. résistances et complications qui ne se rencontrent
- Gustave Richard.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ 61
- NOTE SUR LE CALCUL DES
- CONDUCTEURS ÉLECTRIQUES
- ACCOMPAGNÉE DE DEUX TABLEAUX GRAPHIQUES
- Les problèmes usuels relatifs aux conducteurs électriques à diamètre constant, portent sur cinq variables, savoir :
- a) . Le diamètre d, du conducteur, exprimé en millimètres;
- b) . La longueur L des deux branches du circuit, exprimée en kilomètres;
- c) . L'intensité I du courant, exprimée en ampères;
- d) . La résistance R' du conducteur, exprimée en ohms;
- 1i° La chute ou perte de potentiel e = (E — E ), due au courant et au conducteur, exprimée en volts;
- 2° La chute de potentiel par kilomètre de conducteur.
- Pour les conducteurs nus, en cuivre pur, à la température de i5°, ces cinq quantités sont liées par les deux relations :
- et
- (2) R'= j (loi d’Ohm);
- d’où l’on tire une troisième relation :
- L
- Ces relations renfermant chacune trois variables, le problème revient donc, dans chaque cas, à conclure le troisième terme de l’examen des deux autres; or, le plus souvent, les données ne sont ni assez impérieuses ni assez concordantes pour imposer une solution unique. Ainsi, par exemple, lorsqu’il s’agit de produire à distance un travail électrique déterminé, il y a généralement un choix à faire, au point de vue des dépenses d’installation et d’entretien, entre l’accroissement de puissance des machines génératrices et l’augmentation du diamètre de la canalisation, c’est-à-dire un moyen terme à trouver entre les deux solutions extrêmes; c’est, dès lors, par approximations successives, qu’on procède, en dressant un tableau représentant, pour une série de diamètres, la puissance demandée aux machines et le coût total de l’établissement et de l’exploitation annuelle. De là, des
- essais souvent nombreux et une marche incertaine et peu expéditive.
- En traduisant en tableaux les relations 1 et 3, on s’est proposé d’abréger ces tâtonnements; en outre, en adoptant pour ces tableaux la forme graphique, on a facilité les interpolations et fourni par là les éléments des combinaisons multiples de chiffres qui peuvent se présenter. Pour simplifier, on a anamorphosé le tracé en ramenant sur la figure les courbes des diamètres à un système de lignes droites parallèles, d’après la méthode logaritmique de M. L. Lalanne. Il sera aisé de se rendre compte par deux ou trois applications que les résultats obtenus concordent avec le calcul dans une mesure qui dépasse les exigences de la pratique.
- Ceci posé, les deux tableaux fournissent immédiatement, par une simple lecture, la solution des deux groupes de problèmes suivants : i° Deux des trois variables : diamètre, longueur et résistance du conducteur, étant données, déterminer la troisième; 20 deux des trois variables : diamètre, intensité du courant, et chute de potentiel étant données, déterminer la troisième.
- Ces problèmes peuvent s’énoncer :
- ior groupe.
- i°). Connaissant la résistances d’un conducteur et sa longueur, déterminer son diamètre;
- 20). Connaissant le diamètre et la longueur d’un conducteur, déterminer sa résistance;
- 3°). Connaissant le diamètre et la résistance d’un conducteur, déterminer sa longueur.
- 20 groupe.
- 4°). Déterminer le diamètre d’un conducteur capable de telle intensité en absorbant telle perte de potentiel par kilomètre ;
- 5°). Déterminer l’intensité dont est capable un conducteur de tel diamètre, absorbant telle perte de potentiel par kilomètre;
- 6°). Déterminer la perte kilométrique de potentiel absorbée par un conducteur de tel diamètre débitant tel courant.
- Les problèmes du second groupe sont comparables aux problèmes relatifs au calcul des conduites d’eau, sous pression, en substituant aux expressions de chute de potentiel et d'intensité, les expressions correspondantes de perte de charge et de débit. L’analogie cesse, toutefois, lorsqu’il s’agit de rechercher le diamètre d’une canalisation remplaçant plusieurs branchements par une canalisation unique équivalente; dans le cas des conducteurs électriques, en effet, les chutes de potentiel varient proportionnellement à la section du conducteur, tandis que dans le cas des conduites d’eau, les pertes de charge varient en raison de
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- Ô2
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- la 5/2 puissance de la section de la conduite. On en conclut que s’il peut être indifférent, à ce point de vue, de Fractionner un courant électrique entre plusieurs branchements, il y a, par contre, un
- énorme avantage à éviter le fractionnement des conduites d’eau, à moins d’y être forcé. Sous cette réserve, l’assimilation peut être poussée très loin.
- TABLEAU I
- Tableau représentant la relation entre le diamètre, la longueur et la résistance des conducteurs en cuivre nu.
- 140 2 00 300 400 500 600 800 W00
- longueur des deux branches du circuit.
- NOTATIONS
- La quintuple notation de l’échelle des diamètres permet de lire directement sur la figure : le diamètre du conducteur, sa section, son poids par mètre courant et son coût approximatif (au prix moyen de 2 fr. 5o le kilogr.); puis, pour des diamètres de fil de 1 millimètre, 1 1/2 millimètre,
- 2 millimètres et 3 millimètres, le nombre de brins câblés formant un toron de section égale à celle d’un conducteur simple.
- La seconde échelle de droite de la seconde planche permet de traduire rapidement en chevaux électriques, par une simple multiplication, la valeur de la perte de potentiel subie par un courant d’intensité donnée. Ainsi, à une chute de 14 volts
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- TABLEAU II
- Tableau représentant ta relation entre te diamètre des conducteurs, l'intensité du courant et la perte de potentiel kilométrique, ces conducteurs étant en cuivre nu. -s-s
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- S--Ci g «a
- 4 oo sue «oo sao ma*™. -I |
- •Sj *=-3-6
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- 2 0.00272
- îS 0.00340
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- a 0.07224 70 0.01330
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- 16 0.02180 18 O 02*50 20 0 02720
- 25 0.0340
- 50 0.0680
- 0. 07*8 60 O. 0816
- 0.088* 70 0.0952
- 0. 1020 80 Q. 1088
- 0. 1156 90 €. 122*
- „ 0. 1292
- 100y 0. 1860
- 8 9 10 72 74 16 78SO 25 30 40 50 60 70 80 90 700 725 150 775 2Ô0 250 300 400 500 600 100 800 1000**
- Intensité du courant exprimée en ampères.
- O
- C*5
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- correspond, sur la seconde échelle, la valeur : R= 0,019; ce nombre, multiplié par le nombre des ampères, représente le travail consommé par la ligne, exprimé en chevaux électriques; soit, par exemple, pour 200 ampères :
- 20OnmP- X 0,019 = 3chev-8.
- TYPE DU CALCUL
- i° Soit à résoudre le problème suivant au moyen du premier tableau :
- Déterminer le diamètre d'un conducteur devant distribuer à une distance de 25o mètres un courant de 100 ampères, au potentiel de 100 volts, en admettant une perte d'énergie de 10 ojo consommée par la ligne.
- Données
- L = 2 x okn,,25o=okiI-5oo.
- 1= 100 ampères, E'= 100 volts,
- E — E'=e=o,ioE.
- 100
- 1 volts
- 1—0,10 E —E'
- —=—=Oohm,II.
- L’intersection de la verticale cotée 5oo mètres, avec l’horizontale cotée R' = oohm,n, tombe sur la diagonale cotée d — 10 millimètres, qui résout le problème. On lit, en outre, sur cette même diagonale, le poids (ok,7oo) et le prix (ifr,75) du mètre courant de conducteur, puis le nombre et le diamètre des brins d’un toron équivalent (soit : 100 brins pour un diamètre de fil de 1 millimètre et 25 brins pour un diamètre de 2 millimètres, etc.).
- 2° Soit à résoudre le même problème au moyen du deuxième tableau :
- Déterminer le diamètre d'un conducteur devant débiter à l'extrémité d'un circuit de 2.5o mètres de longueur un courant de 100 ampères à 100 volts, et satisfaire à la condition que la perte d'énergie électrique absorbée par réchauffement de la ligne soit de 10 0/0 du travail électrique initial.
- Données
- I=ioo ampères.
- L=2 x okm,2So=oUl)1,5oo, E' = 100 volts,
- E— E'=e=o, 10E,
- 100
- = 111 v.
- i—o, 10
- —E'^_ e 11 ^ ’ r
- L L o,5 ~2 ' ‘
- Les opérations préliminaires effectuées, le problème peut s’énoncer plus simplement :
- Déterminer le diamètre d'un conducteur capable d'un débit de cent ampères moyennant une perte de potentiel de 22 volts par kilomètre (soit une perte d'énergie de 3 chevaux par kilomètre).
- On interpole, à l’œil, un trait complémentaire
- correspondant à £ = 22 volts entre les deux horizontales cotées 20 et 25 volts (ou, si l’on exprime la perte de travail en chevaux, un trait correspondant à K = = o,o3, à l’échelle de droite) —l’in-
- tersection de ce trait avec la verticale cotée I =
- 100 ampères tombe sensiblement sur la diagonale cotée d — 10 millimètres, qui résout le problème.
- Les problèmes inverses se résoudraient de même.
- On rappelle, en terminant, que, rapporté au cuivre pur pris comme étalon, le fil de cuivre du commerce généralement employé pour les distributions d’énergie électrique, a un coefficient de conductibilité compris entre 0,97 à 0,99 (fil du commerce dit de haute conductibilité). (*)
- A. van Muyden.
- DE L’ÉLECTRO-MÉGALOSCOPIE
- A la dernière séance de la Société internationale des électriciens, le docteur Boisseau du Rocher a présenté une série d’instruments pour l’examen direct, optique, des cavités profondes du corps humain, et notamment de la vessie, du rectum et de l’estomac. Ces appareils avaient déjà fait l’objet de communications à l’Académie des Sciences d’abord, et à l’Académie de médecine ensuite (27 et 28 juillet i885).
- Nous appelons sur eux l’attention particulière de nos lecteurs, car ils sont intéressants à des titres divers : comme mode et intensité d’éclairage, au moyen de lampes à incandescence minuscules; comme source d’électricité; comme mécanisme; comme système optique, et, d’une façon tout à fait générale, au point de vue médical, pour l’établissement du diagnostic.
- Ce dernier point de vue a été mis en relief avec une remarquable et éloquente sagacité par le docteur Boudet de Pâris, après la communication de son confrère.
- Les instruments actuels, appelés d’un nom générique, mégaloscope, donnent en effet la solution d’une question qui avait fait l’objet, depuis Néla-ton, de recherches nombreuses et infructueuses. Voir, dans son ensemble, la muqueuse des cavités, au moyen d’une sonde d’un diamètre de om,ooô et d’une longueur de om,5oo paraissait une utopie.
- Aussi l'insuffisance de la partie optique fit-elle rejeter successivement les instruments proposés à différentes époques. Ce n'était pas l’avis de M. Trouvé, qui, au cours de la séance, a prétendu établir une priorité pour ses polyscopes, et cela en des termes empreints d’une grande amertume. La réponse victorieuse qui fut faite à ces observations, par le docteur Boisseau du Rocher, a chassé tout doute des esprits.
- (*) Nous croyons devoir signaler il nos lecteurs que la maison Meuron et Cuenod, de Genève, s’est faite l’éditeur des tableaux graphiques que nous reproduisons pages 62 et 63. (Note de la Rédaction.)
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- Le] mégaloscope se compose essentiellement d’une sonde dont les mécanismes diffèrent avec les organes à examiner.
- L’inventeur a rendu un hommage mérité aux ouvriersfdont l’habileté manuelle a permis d’obtenir {une source de lumière aussi intense et aussi parfaite que possible, sous la forme de lampes à incandescence d’un diamètre de 4 millimètres.
- Ce faible|{diamètre était nécessaire pour pouvoir loger la lampe dans une lanterne fixée à l’extrémité viscérale de la sonde, et obtenir ainsi l’éclairage [direct des organes. Ces lampes construites pour deux éléments au bichromate sont assez solides, malgré leur petitesse, pour résister au courant fourni par trois et même quatre éléments, ce
- qui permet d’obtenir sans aucune crainte d’avarie, une intensité lumineuse remarquable.
- Pile. — La pile employée est à circulation par pression d’air. Elle avait déjà été présentée, par le docteur Boisseau du Rocher, à l’Académie de Médecine dans sa séance du 24 février i883 pour la galvanocaustique.
- Nous en donnons ci-dessus et ci-après deux vues.
- Elle est formée de deux vases communiquant par un tube qui plonge dans le vase inférieur, réservoir du liquide excitateur. L’air injecté dans ce réservoir par une poire en caoutchouc, fixé sur un autre tube, fait monter le liquide dans le vase supérieur, à une plus ou moins grande hauteur facilement réglable, de façon à l’amener au contact des zincs et des charbons. En donnant issue à l’air emmagasiné, le liquide retombe par son propre poids dans son réservoir.
- On peut associer un nombre variable d’éléments dont les tubes à air sont alors branchés sur une
- seule poire en caoutchouc. Dans ce cas, une modification à la distribution d’air est nécessaire. Pour que celle-ci se fasse dans des proportions égales aux réservoirs respectifs, de manière que le liquide monte partout avec une égale vitesse, il est indispensable que les prises d’air s’effectuent sur une boîte dans laquelle l’air est primitivement comprimé par la poire.
- Des modifications de forme et de dimensions permettent d’employer cette pile à différents usages soit médicaux, soit industriels. Pour ces derniers, ainsi que pour l’éclairage domestique, on donne aux réservoirs du liquide des dimensions en rapport avec la quantité d’heures de travail exigées. Pour les usages médicaux, la pile est d’un petit volume et parfaitement étanche: le liquide étant contenu dans un vase fermé de toutes parts quand
- FIO. 2
- la pile est au repos, ne peut s’écouler au dehors. C’est une condition essentielle d’un appareil de ce genre. Un régulateur fixé sur le couvercle de la boîte, permet de graduer facilement le courant.
- L’opérateur dispose en réalité de deux moyens de régulation : d’une part, la compression de l’air en plus ou moins grande quantité dans les réservoirs du liquide excitateur, d’autre part, le régulateur lui-même. Enfin la disposition est telle que le liquide baignant les éléments entiers, la graduation peut être obtenue au moyen du régulateur seul.
- Il était nécessaire d’employer un liquide qui fût parfaitement constant et qui ne cristallisât pas. Le liquide au bichromate de soude, remplit ces deux conditions. C’est un sel déliquescent ; sa préparation en est d’autant plus facile et il présente en outre l’avantage d’être d’un prix peu élevé.
- La pile ainsi constituée a une constance qu’on ne retrouve dans aucune autre pile. Son énergie transformée en chaleur dans le cautère, porte celui-ci à une température invariable, pendant plus d’une heure et demie, permettant ainsi de faire les opérations successives les plus délicates de la chirur-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- gie : avantage considérable sur le thermo-cautère dont on s’est servi jusqu’ici. Cette constance était d’ailleurs indispensable pour illuminer des lampes à incandescence et pour jouir d’un éclairage qui ne doit subir aucune intermittence, en un mot, un éclairage qui réclame la plus grande perfection, quand il s’agit d’explorer un organe aussi éloigné de l'œil, aussi secret et aussi profond que l’estomac, par exemple.
- Une pile de très petit volume, véritable pile de poche, basée sur le même principe est actuellement en cours de construction. Nous estimons que cette réalisation nouvelle rendra de grands services dans bien des circonstances. Une entre autres qui s’offre tout de suite à notre esprit, l’éclairement des instruments de route que les officiers de marine sont obligés de consulter la nuit à tout instant.
- Partie optique. — Les instruments faits jusqu’à ce jour pour voir les organes intérieurs, avaient tous le même défaut de ne laisser voir qu’une très faible partie de muqueuse à examiner; le champ observé était trop restreint. Or, il est bien évident qu’on ne peut judicieusement apprécier une blessure, une lésion, que si on a la faculté de la juger dans son ensemble et dans ses rapports avec les parties saines environnantes.
- Les appareils dont nous parlons, atteignent ce désidératum, en permettant d’observer un champ considérable de om,i5 de diamètre environ, bien que le diamètre intérieur de la sonde qui porte l’objectif soit réduit à om,oo65, sur une longueur d’à peu près om,6o. L’étendue observée est d’ailleurs beaucoup plus grande encore, par ce fait, que les cavités sont plus ou moins sphériques.
- L’auteur a appelé mégaloscopie, le principe optique qui lui a servi à réaliser ces instruments, d’où le nom de mégaloscope.
- Derrière la lampe et sur le côté de la sonde est placé un prisme à réflexion totale. Immédiatement derrière lui se trouvent deux lentilles de court foyer, se regardant parleur convexité. Elles ont la' mission de recueillir tous les rayons qui sortent divergents du prisme, et, de former une image microscopique réelle, dans l’espace, de l’objet observé. Cette image est alors examinée avec une lunette, appelée lunette mégaloscopique qui grossit l’image réduite, et la fait voir avec les dimensions normales de l’objet.
- Les avantages de cette disposition sont les suivants : d’abord, l’adaptation à la vue de chaque observateur se fait extérieurement, au moyen de d’oculaire, ce qui supprime tout mécanisme intérieur.
- On a, en outre, le moyen de substituer au premier oculaire mobile, un second oculaire d’un plus fort grossissement. On observe alors la
- muqueuse et les lésions qu’elle présente comme au moyen d’une loupe.
- En second lieu, la mise au point proprement dite est nulle; car, l’image réduite qui se L.rme dans l’espace, ne se déplaçant que d’une tès faible quantité, en rapport avec l’éloignement plus ou moins grand de l’objet observé, la mise au point est à ce point négligeable, que l’œil de l’observateur fait lui-même inconsciemment sa
- FIG. 3.
- propre mise au point. Les différentes parties de la muqueuse, situées sur des plans-différents sont ainsi vues dans leur ensemble avec la même netteté, ce qui était de première importance.
- Tel est le système optique de ces instruments. Les développements que nous en avons donnés montrent que le résultat obtenu est toujours le même, quelle que soit la longueur du tube dont on se sert. La muqueuse des cavités, quoique très rapprochée, est ainsi vue sur une étendue considérable, et sans déformation, en grandeur naturelle et à la loupe.
- Un rapide examen du dessin (fig. 3) fait immé-
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- diatement saisir le dispositif, la marche géométrique des rayons lumineux et la lormation des images.
- Quelques mots seulement de la partie mécanique. La sonde est droite ou coudée selon qu’elle s’adresse à la vessie de l’homme ou de la femme. La longueur totale de l'instrument (la lunette n’étant pas développée) est de om,5o. Pour des raisons d’ordre privé, la sonde pour le rectum a une longueur de om,70. Elle est munie d’un dilatateur spécial avec sonde à double courant pour le lavage de la muqueuse. Le mégaloscope pour l’estomac est formé de deux sondes rentrant l’une dans l’autre, l’une mobile, 1 autre tixe et coudée de façon à permettre l’exanren dans la position assise, sans aucune gêne' ni fatigue pour le malade. La sonde mobile est mue par des mécanismes extérieurs.
- La construction des sondes est confiée aux soins de la maison Mathieu, la pile est fabriquée et montée dans les ateliers de M. Chardin.
- De l’explication étendue que le docteur Boisseau du Rocher a donnée de son système optique, lors de sa présentation à la Société des Electriciens, il est résulté pour nous et aussi pour l’auditoire, nous le croyons, la conviction que ses instruments sont tout différents de ceux de M. Trouvé. Ceux-ci, au surplus, d’après l’avis de personnes compétentes que nous avons consultées, sont construits sans un bien grand respect des notions d’Anatomie et de Physiologie. Ses revendications nous paraissent bien stériles.
- Sur ce terrain nous ne pouvons nous contenter de l’admiration d’un ou deux docteurs Allemands pour l’ap -areillage de M. Trouvé. A la tribune, il a invoqué le témoignage du docteur Muller, qui a publié un opuscule, que M. Trouvé distribue d’ailleurs à titre de prospectus ; cela se comprend aisément. Nous y lisons la description suivante du système optique :
- « M. Trouvé avait placé d’abord un miroir plan ordinaire, incliné sous un angle de 45° ; plus tard il y avait substitué un prisme à réflexion totale. En 1878 il remplaça ce dernier pat une loupe prisme qui, outre la réflexion totale, donne encore un grossissement de 2 1/2. »
- Nous n’insisterons pas autrement sur la différence manifeste pour des yeux non prévenus, entre le principe nouveau si heureusement mis en pratique du docteur Boisseau du Rocher et celui de M. Trouvé dont les moindres inconvénients sont de ne donner qu’un champ très restreint, et de faire voir une image totalement déformée; une surface plane prenant l’aspect d’une mappemonde.
- Em. Dieudonné.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Dirigée par B. Marinovitcii
- Recherches sur les fonctions du nerf de Wrisberg.
- Note complémentaire, par M. Vulpian (*).
- J’ai relaté, dans ma communication du 23 novembre 1880 (1 2 3), les principaux traits de l'histoire clinique d’un malade qui offrait, d’une part, une hémi-parésie du côté gauche (sauf la face) avec hémi-hypesthésie de tout ce côté et, d’autre part, une paralysie faciale incomplète du côté droit. Chez ce malade, la sensibiliié gustative était diminuée dans la moitié droite de la partie antérieure de la langue, conservée dans la partie postérieure de cette même moitié et diminuée dans la moitié droite du voile du palais. J’avais conclu de cette distribution de l’hypesthésie du goût que la sensibilité gustative est conférée, du moins en grande partie, au voile du palais comme à la partie antérieure de la langue, par la corde du tympan qui est une provenance du nerf de Wrisberg.
- Le malade était, le 20 décembre, à peu près dans le même état que lorsque je l’ai observé la première fois. Il est mort dans la nuit du 20 au 21, probablement au milieu d’une attaque d’épilepsie (il n’en avait pas eu d’autres auparavant). J’avais pensé qu’il devait y avoir, dans ce cas, une lésion de la moitié droite du bulbe rachidien ou de la protubérance annulaire. Or, j’ai trouvé, à l’autopsie, une tumeur du volume d’une petite noisette, analogue, jusqu’à un certain point, comme texture, à une gomme syphilitique, siégeant dans la partie supérieure de la moitié droite du bulbe rachidien et remontant par en haut, sous le plancher du quatrième ventricule, jusqu’au voisinage immédiat de l’origine réelle du nerf facial droit. Ce néoplasme devait comprimer, en les repoussant de bas en haut, les fibres intra-bulbaires du nerf facial (ce nerf examiné au microscope ne contenait que quelques très rares fibres altérées) ; c’est sous l’influence de cette compression que s’etait produite la paralysie d’une partie du nerf facial droit et celle (incomplète d’ailleurs) de la corde du tympan du même côté. Cette tumeur avait exercé aussi une compression sur les fibres du bulbe rachidien qui servent à la transmission centrifuge des ordres de la volonté et à la transmission cen-
- (1) Note présentée à l’Académie [des Sciences, le 28 décembre 1885.
- (2) Vulpian, Recherches sur les fonctions du nerf de
- Wrisberg (Comptes rendus, t. CI, p. 1037). La Lumière Électrique, t. XVIII, p. 5oo.
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- tripète des impressions reçues à la périphérie; d’où l’hémiparésie et l’hémi-hypesthésie du côté gauche.
- Recherches sur la provenance réelle des nerfs
- secréteurs de la glande salivaire de Nuck et
- des glandules salivaires, labiales du chien, par
- M. Vulpian (').
- Le nerf buccal, rameau de là branche maxillaire inférieure du nerf trijumeau, innerve, chez le chien, la glande molaire supérieure, glande salivaire volumineuse, nommée encore gtande de Nuck, du nom de l’anatomiste qui la découvrit en 1682, glande sous-zygomatique, glande orbitaire : c’est de ce nerf que proviennent aussi les filets nerveux qui se distribuent, chez le même animal, aux glandules salivaires labiales.
- On peut facilement, en écartant et relevant la commissure des lèvres (et plus aisément encore en sectionnant la joue dans toute son étendue à partir de cette commissure), mettre à découvert l’orifice du canal de la glande de Nuck. Cet orifice se trouve sur la membrane muqueuse qui revêt la partie alvéolaire de l’os maxillaire supérieur, un peu en arrière du milieu de la seconde molaire supérieure et tvès près de la limite supérieure de la gencive. Il est là au sommet d’une petite élevure conique qui se relie, par un repli muqueux peu saillant, à une autre élevure de la membrane muqueuse, au sommet de laquelle s’ouvre le conduit de Sténon. Le repli qui va de l’un à l’autre de ces orifices offre une direction oblique de bas en haut et d’arrière en avant; sur un gros chien, il a près de 0m,02 de longueur.
- Quant aux glandules salivaires labiales, elles sont sous-muqueuses, de dimensions variables et sont situées latéralement, pour la plupart, près de la gouttière que forme la membrane muqueuse de' la lèvre inférieure en allant se continuer avec la membrane muqueuse qui revêt l’os maxillaire inférieur. Elles ont de très courts conduits excréteurs dont les orifices se voient au sommet de petites saillies qui forment deux rangées parallèles, au nombre de sept à huit, dans chaque rangée. Il y a plusieurs autres orifices présentant le même aspect et placés en dehors ou en arrière de cés rangées, orifices qui correspondent à des glandules salivaires du même genre : on en aperçoit notamment trois ou quatre au fond du cul-de-sac de la joue.
- En enlevant l'apophyse zygomatique et la partie supérieurs du maxillaire inférieur (apophyse coro-noïde et partie condylienne), on peut mettre à découvert le nerf buccal, près du point où il se sépare des autres rameaux de la branche maxillaire
- (') Note présentée à l’Académie des Sciences le 28 décembre 1885.
- inférieure du trijumeau. On lie alors le nerf çn ce point, et on le coupe en arrière de la ligature, de façon à pouvoir soumettre son bout périphérique à des excitations faradiques. La faradisation du bout périphérique du nerf buccal, pratiquée avec un assez faible courant induit et saccadé [appareil à chariot (*), bobine au fil induit séparée du point où elle recouvre entièrement la bobine au fil induit par un intervalle deom,i5] provoque une sécrétion abondante de la glande de Nuck et des glandules sous-muqueuses labiales et de celles de la joue. Cette action du nerf buccal sur la glande de Nuck est connue (2).
- Je me suis proposé de chercher si les fibres de ce nerf qui se rendent à cette glande et aux glandes labiales et qui constituent leurs nerfs sécréteurs appartiennent en réalité au nerf trijumeau, ou si elles proviennent d’autres nerfs, par voie d’anastomoses. Peur cette recherche, j’ai répété mes expériences de faradisation des nerfs crâniens dans l’intérieur du crâne.
- L’excitation faradique, faite sur des chiens cura-risés et soumis à la respiration artificielle, a porté successivement sur le nerf trijumeau, sur le nerf facial et sur le nerf glosso-pharyngien. Un excitateur était placé à demeure, sous la peau du dos, l’autre, muni d’une tige grêle, servait à faradiser les nerfs.
- La faradisation du nerf trijumeau dans le crâne, avec om,i 5 d’écartement delà bobine au fil induit, n’a pas déterminé l’issue de la moindre goutte de liquide, ni par l’orifice du conduit de la glande de Nuck, ni par les orifices des glandules labiales et autres.
- La même excitation, pratiquée sur le nerf facial (et le nerf acoustique) dans le trou auditif interne, a provoqué la formation de gouttes de salive au niveau de l’orifice de la glande de Nuck et des orifices des glandules labiales. Avec un écartement de om,i8, il y a eu encore, dans une expérience, un très faible effet. Avec un écartement de 0^,20, il ne se montrait plus la moindre goutte de liquide sur ces orifices.
- L’excitation faradique du glosso-pharyngien dans le crâne, avec un écartement de om,i8, était suivie presque aussitôt de l’apparition d’une grosse goutte de salive sur l’orifice du conduit de la glande de Nuck et, quelques instants après, de la formation de gouttelettes sur les orifices des glandules labiales. Il se produisait aussi un écou-
- (') L’appareil à chariot dont j’ai fait usage dans toutes mes expériences, a des bobines qui ont om,i2 de longueur. La bobine au fil induit a donc tout à fait abandonné la bobine au fil inducteur, lorsqu’elle a parcouru sur la coulisse un trajet de om,i2. Cet appareil est actionné par une pile de Grenet de moyen modèle.
- (s) Heidenhain, Handbuch der Physiologie, herausg. von L. Hermann, t. V, p. 38.
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- lement de salive par l'orifice du canal de Sténon. La sécrétion de toutes les glandes dont il s’agit était bien plus rapide et plus abondante que lorsqu’on excitait le nerf facial, même avec om,i5 d’écartement. Lorsque la bobine au fil induit était écartée du point où elle recouvre la bobine inductrice par un intervalle de om,20, on obtenait encore, en faradisant le nerf glosso pharyngien, une sécrétion de toutes ces glandes. La sécrétion, dans ces conditions, était d’ailleurs plus faible : c’est la salive de la glande de Nuck qui apparaissait la première; puis, deux ou trois secondes après, on voyait poindre une goutte de salive par l’orifice du canal de Sténon, et les gouttelettes données par les glandules des lèvres et de la joue, se montraient en dernier lieu, en commençant par celles qui sont à la partie postérieure de la joue. Il faut tenir compte, sans doute, dans ces résultats, du volume relatif des glandes et aussi, du moins pour la comparaison entre la glande de Nuck et la glande parotide, sous le rapport de la rapidité de la sécrétion provoquée, de la longueur différente des conduits excréteurs.
- Tandis que la membrane muqueuse de la joue et celle des lèvres et des gencives devenaient le siège d’une congestion vive sous l’influence de la faradisation du nerf trijumeau (*), ces membranes restaient pâles, lorsqu’on électrisait le nerf glosso-pharyngien. J’ai vu cependant plusieurs fois le bord des orifices des canaux excréteurs rougir sous l’influence de cette électrisation, au moment où avait lieu l’issue de la salive.
- L’effet excito-sécréteur observé lorsqu’on fara-disait le nerf facial me paraît devoir être attribué à une transmission du courant au nerf glosso-pha-
- (s) Dans la Communication que j'ai faite à l’Académie, le 16 novembre ig85 (Comptes tendus, t. Cl, p. .981), sur les effets de la faradisation du trijumeau dans le crâne, je n’ai point cité toutes les recherches de MM. Jolyet et Laffont. C’est un oubli que je tiens d’autant pius à réparer que ces expérimentateurs avaient signalé avant moi le fait principal exposé dans la Communication susdite. MM. Jolyet et Laffont, en faradisant, sur des chiens, le nerf trijumeau dans le crâne, ont constaté en effet que l’on provoque ainsi, même en agissant sur ce nerf séparé de la protubérance annulaire, une rubéfaction intense de la membrane muqueuse buccale. Ils ont donc reconnu avant moi, par la faradisation du nerf trijumeau dans le crâne, que ce nerf contient, dès son origine, des fibres vaso-dilatatrices [Du nerf trijumeau considéré comme nerf dilatateur type de la langue, des muqueuses nasales, labiales supérieures et inférieures, gingivales et géniennes (Comptes rendus de la Société de Biologie, p. 356; 1879)]. La faradisation du nerf trijumeau dans le crâne produit d’ailleurs des effets vasodilatateurs beaucoup moins étendus que ne l’admettent MM. Jolyet et Laffont, lorsqu’on fait usage de courants relativement faibles, afin d’éviter la transmission de l’excitation aux nerfs crâniens voisins. Ces physiologistes avaient vu aussi que la faradisation du nerf trijumeau dans le crâne donne naissance à une congestion de la conjonctive, principalement à la paupière inférieure, et à une dilatation de la pupille.
- ryngien par les os. Dans la plupart des expériences, j’ai constaté que l’électrisation faradique du nerf facial à l’aide de courants faibles ne produit aucune sécrétion ni de la glande de Nuck, ni des glandules des lèvres et des joues.
- Il résulte donc de ces expériences que les nerfs sécréteurs de la glande de Nuck et des glandules des lèvres et des joues proviennent du nerf glosso-pharyngien comme ceux de la glande parotide. Comme pour cette glande, ces nerfs émanent du rameau de Jacobson. Le nerf petreux profond externe, un des filets fournis par ce rameau, va s’unir, comme on le sait, au nerf petit pétreux superficiel et se rend ainsi avec lui au ganglion otique. Tandis qu’une partie des fibres de ce filet du rameau de Jacobson, après avoir traversé ce ganglion, s’unit au nerf temporal superficiel ou auriculo-temporal et s’en sépare ensuite pour former les nerfs sécréteurs de la parotide, une autre partie des fibres de ce nlet, au sortir du ganglion otique, s’anastomose avec le nerf buccal qu’elle quitte plus loin pour constituer les nerfs sécréteurs de la glande de Nuck et des glandules de la lèvre et de la joue.
- Le nerf glosso-pharyngien fournit donc des nerfs sécréteurs à une glande salivaire (la parotide) dont le produit de sécrétion est très fluide, presque complètement dépourvu de viscosité et à des glandes (glande de Nuck, glandules de la lèvre et de la joue), qui produisent un liquide salivaire très visqueux et filant.
- La faradisation des nerfs qui traversent la caisse du tympan, par le procédé que j’ai indiqué, provoque, comme on pouvait s’y attendre, la sécrétion de la glande de Nuck et des glandules labiales, en même temps que la sécrétion de la glande parotide, de la glande sous-maxillaire et de la glande sublinguale : en un mot, on met ainsi en activité toutes les glandes salivaires. Il se produit, en même temps, une vive congestion de la membrane muqueuse buccale du côté correspondant, dans toute son étendue, y compris la membrane muqueuse qui tapisse le plancher buccal et celle de la langue.
- M. Heidenhain a montré que, chez le chien, après la section du nerf vago-sympathique, la faradisation du bout supérieur de ce cordon ne provoque pas la sécrétion de la parotide, tandis que, ainsi qu’on le sait depuis longtemps, cette faradisation exerce une action sécrétoire sur la glande sous-maxillaire. J’ai examiné l’effet de l’excitation faradique du bout supérieur du nerf vago-sympathique sur la glande de Nuck et sur les glandules labiales. Cette excitation détermine la sécrétion de ces glandes. La sécrétion ainsi produite est assez active, quoique moins abondante et moins rapide que celle qui suit la faradisation du nerf glosso-pharyngien.
- L L’injection intra-veineuse (par une des veines
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- saphènes, vers le cœur) d’une solution de ogr,oi de sulfate d'atropine dans une petite quantité d’eau paralyse, nu bout de deux à trois minutes, le pouvoir excito-sécréteur du glosso-pharyngien. La faradisation de la caisse du tympan ne donne lieu à aucune sécrétion salivaire. On faradise aussitôt le bout supérieur du nerf vago-sympathique, avec un écartement de om,i2. Il ne sort pas une goutte de salive par l’orifice du canal de Sténon; on voit, au contraire, sourdre une goutte de salive par l’orifice du canal de la glande de Nuck, et des gouttelettes par les orifices des glandules labiales; mais, deux minutes plus tard, la faradisation de ce même nerf n’a plus aucune influence sur ces glandes.
- L’atropine paralyse donc les fibres nerveuses excito-sécrétoires fournies à la glande de Nuck et aux glandules labiales par le cordon cervical du grand sympathique, comme elle paralyse les filets nerveux glandulaires provenant du nerf glosso-pharyngien. Les choses se passent donc autrement pour ces glandes que pour la glande sous-maxillaire. M. Heidenhain a montré, en effet, que, chez les chiens atroptnisés, l’électrisation du bout supérieur du nerf vaso-sympathique détermine une sécrétion active de la glande sous-maxillaire, alors que les fibres excito-sécrétoires de la corde du tympan ne répondent plus aux excitations électriques.
- Rapport sur une réclamation de priorité de M. Mestre au sujet de l’intégraphe de MM. Na-poli et Abdank-Abakanowicz. Commissaires : MM. Bertrand, Jordan rapporteur (*).
- MM. Napoli et Abdank-Abakanowicz ont présenté à l’Académie, dans sa séance du 14 septembre i885, un intégraphe au sujet duquel M. Mestre a éleve, le 28 septembre, une réclamation de priorité.
- La commission chargée par l’Académie dYxa-miner cette question a entendu contradictoirement les diverses parties en cause. De leurs explications résultent les faits suivants :
- Le 16 mars 1875 (2), M. Mestre a pris un brevet pour un integ aphe de son invention reposant sur le principe cinématique suivant :
- Considérons un système de trois points mobiles, O, M, M' se déplaçant de la manière suivante : i° Le point O décrit l’axe des X ;
- (’) Nous renvoyons le lecteur, pour tout ce qui concerne cette réclamation de priorité, aux n» 42 et 43, i885, de La Lumière Électrique, t. XVIII, p. 141 et 187.
- (*) Cette date de 1875 est une erreur maté'ielle, au sujet de laquelle M. Abdank-Abakanowicz a saisi l'Acad' mie d’une réclamation ; la lettre qu’il nous adresse en même temps, et que nous avons cru devoir, en toute imi>ariiauté, insérer à la suite du rapport, précise le sens de cette réclamation. (Note de la Rédaction.)
- 2° Les projections de OM et de OM' sur l’axe des X conservent une valeur constante ;
- 3° Le déplacement infinitésimal du point M' est, à chaque instant, parallèle à OM.
- L’ordonnée de la courbe décrite par le point M' sera, à un facteur constant près, l’intégrale de la courbe décrite par le point M.
- M. Regray, ingénieur en chef de la Compagnie de l’Est, avant reçu communication de ce projet d’appareil, résolut d’en faire construire un spécimen, dont l’exécution fut confiée à M. Napoli, inspecteur principal de la Compagnie, chargé de la direction de l’atelier de précision.
- Cet appareil a été soumis à la Commission ; il présente, comparé au projet primitif, des simplifications notables. En outre, les dispositifs proposés tout d’abord par M. Mestre pour assurer le parallélisme de la droite OM à la tangente à la trajectoire du point M' ont été abandonnés. Celui qui leur a été substitué paraît être d’une efficacité plus certaine. Cette dernière modification, qui n’est pas sans importance, est due à M. Napoli ; les autres parties de l’appareil appartiennent à M. Mestre.
- Nous devons toutefois faire remarquer que ni le principe cinématique deM. Mestre, ni le dispositif de M. Napoli ne sont entièrement nouveaux. L’un et l’autre avaient déjà été employés par M. Boys dans un intégrateur qu’il a construit en 1881.
- L’appareil du chemin de fer de l’Est a été terminé dans le mois de juin i885. Peu de temps après, M. Napoli offrit à M. Abdank-Abakanowicz, de s’associer à lui pour la construction d’un nouvel intégraphe. M. Abdank accepta cette proposition, qui ne pouvait l’étonner, car, lors de l’Exposition de Vienne, en i883, il avait spontanément fait des ouvertures dans ce sens à M. Napoli ; mais ce dernier, occupé à d’autres travaux, n’avait pu y donner suite à cette époque.
- L’appareil issu de cette nouvelle association est celui qui a été présenté à l’Académie le 14 septembre; il est extrêmement soigné dans toutes ses parties et son fonctionnement ne laisse rien à desirer. M. Abdank déclare d’ailleurs que tous les détails de construction appartiennent à son collaborateur. S’il y a joint son nom, c’est qü’il se considère comme l’inventeur du principe de l’appareil.
- Il résulte en effet des pièces que M. Abdank nous a communiquées, que, dès 1879, il avait résolu le problème de construire la courbe intégrale. Il nous semble toutefois que les moyens qu’il employait pour atteindre ce résultat s’écartent très notablement de ceux qui sont mis en œuvre dans les appareils actuels.
- La disposition générale de l’intégrateur de MM. Napoli et Abdank s’éloigne beaucoup de celle de l’appareil du chemin de fer de l’Est et de celle indiquée dans le brevet de M. Mestre; mais
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- elle présente au contraire une ressemblance mar-< quée avec un plan dressé au mois de mars dernier dans les bureaux du Chemin de fer de l'Est sur les croquis de M. Mestre. Il paraît, d’ailleurs, établi que ce plan a passé sous les yeux de M. Na-polt dans les conférences où il discutait avec M. Mestre la disposition à donner à l’intégraphe.
- La réclamation de M. Mestre nous semble donc fondée dans une certaine mesure ; il p-ut, en effet, revendiquer la conception générale de l’appareil, mais on doit attiibuer à M. Napoli tous les détails de construction, et particulièrement, le dispositif desiiné à assurer le parallélisme.
- « Monsieur le Directeur,
- « La Commission nommée par l’Académie des Sciences pour examiner la réclamation de priorité de M. Mestre, au sujet de l’intégraphe Napoli et Abdank-Abakanowicz, a présenté son rapport dans la séance du 28 décembre dernier. Ce rapport contient une erreur extrêmement grave, car elle porte sur une date, et j’estime que, dans un débat de priorité, les dates sont ce qu’il y a de plus important. On lit, en effet, dans le rapport (Comptes rendus, t. CI, p. 1465) : « Le 16 mars 1875, M. Mestre a pris un brevet pour un intégraphe de son invention, etc. »; or, ce brevet de M Mestre a été pris, non en 1875, mais bien en i885, c’est-à dire dix ans plus tard que ne l’indique le rapport. Se basant sur celte date inexacte M. Mestre pourrait revendiquer la priorité de la conception générale de l’appareil ; mais de fait, ayant, « dès 187g, résolu le problème de construire la courbe intégrale » (Comptes rendus, t. CI, p. 1466), j’ai devancé M. Mestre de six ans, au lieu d’être venu quatre ans après lui : on m’accordera bien que ce n’est pas la même chose.
- « L’erreur matérielle que je signale ici, pouvant me causer un préjudice très grand, je vous prie, Monsieur le Directeur, de vouloir bien, au cas où vous inséreriez le rapport de l’Académie, donner également place à cette rectification.
- « Veuillez agréer, etc.
- « B. Abdank -Abakanowicz.
- « Paris 2 janvier, 1886. »
- Sur une application du principe de la transmis, sion de la force à distance, au moyen de l’électricité, par M. Manceron v>).
- Dès 1878, une expérience bien connue, exécutée à l’Exposition de Vienne par M. H. Fontaine,
- (*) Note présentée à l’Académie des Sciences, par M. le général Favé, le 28 décembre i885.
- avait démontré la réversibilité de la machine Gramme, et mis en lumière pour la première fois le principe de la transmission de la force à distance par l’électricité. Cette découverte a reçu déjà de nombreuses applications : l’intérêt avec lequel ont été suivis les essais faits à Munich et à Grenoble, aussi bien que ceux qui se font actuellement à Creil, montre l’importance qu’on attache aux progrès accomplis dans cette voie.
- L’expérience de 1873 avait eu un grand succès de curiosité, mais c’est en 1876 seulement que fut réalisée la première utilisation pratique de ce principe aujourd’hui si fécond. C’est dans un des établissements de l’artillerie, à l’atelier de précision de Saint-Thomas d’Aquin, placé sous les ordres du président du Comité de l’arme, que fut faite cette application.
- Cet atelier, qui est chargé spécialement d’établir les étalons de mesure et tous les instruments de vérification et de contrôle destinés aux fabrications si variées de l’artillerie, possédait une machine à diviser automatique très précise, livrée par la maison Dumoulin-Froment et mue au moyen d’un moteur électrique Froment et d’une pile. La machine ne fonctionnant qu’à des intervalles irréguliers, on était obligé, chaque fois qu’on voulait s’en servir, de procéder au montage et au démontage des piles, dont l’entretien présentait eu outre de graves inconvénients. M. le capitaine Manceron, attaché à l’atelier de précision, proposa de remplacer la pile par une machine électrique, mise en mouvement dans l’atelier même, et dont le courant viendrait actionner à distance le moteur Froment. M. Niaudet, de la maison Breguet, avec une obligeance parfaite, voulut bien mettre à la disposition de cet officier une petite machine Gramme à aimant Jamin : l’essai ayant été couronné de succès, les piles furent définitivement mises de côté.
- A quelque temps de là, une machine à diviser circulaire, conduite à la main, fut transformée et disposée comme la précédente; un second moteur devenant alors nécessaire, on fit l’acquisition d’une machine Gramme dynamo-électrique, qui devait d’ailleurs servir à d’autres applications ; la machine à aimant Jamin, de génératrice devint réceptrice.
- La seconde de ces deux machines à diviser est installée dans une pièce qui dépend de l’atelier; la première, de laquelle on réclame plus de rigueur, a été placée dans un bâtiment séparé, afin d'être autant que possible à l’abri des trépidations. Le circuit n’a guère que 200 mètres.
- Un rhéostat, à l’aide duquel on peut faire varier l’intensité du courant, accompagne chaque moteur et permet de régler à volonté sa vitesse. La force à transmettre est faible, le travail utilisé est d’environ 1 kilogrammètre, mais l’emploi de l’élec-
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- tricité a donné, dans ce cas, une solution commode d’un problème délicat.
- Cette installation n’a pas été modifiée depuis l’époque à laquelle elle a été faite. Elle a été signalée pour la première fois dans un article de M. Niaudet, inséré en 1879 dans un journal d’électricité (f) publié à Munich par le docteur Cari, professeur de physique à l’Académie militaire de cette ville. L’auteur de l’article, en demandant des renseignements à ce sujet, écrivait le 5 juillet 1879 :
- Ces renseignements ont aujourd’hui une valeur que je dirai historique. Dans peu d’années, d’innombrables et immenses applications seront faites : il est d’une importance grande, à mon avis, de constater que les officiers de l’artillerie française ont précédé le monde industriel tout entier dans cette voie féconde.
- Sans soulever ici une question de priorité, que l’Académie nous permette seulement de constater une fois encore devant elle, que l’artillerie est toujours attentive à réaliser les progrès, dès qu’elle en trouve l’occasion.
- Recherches expérimentales sur l’influence du magnétisme sur la polarisation, dans les diélectriques, par Edmond Van Aubel (2).
- (Laboratoire de physique de l’Ecole polytechnique ' d’Aix-la-Chapelle, octobre, lS85.)
- En 1879, M. Hall a observé que, sous l’action du magnétisme, il se produit dans une feuille métallique traversée par un courant électrique et placée normalement aux lignes de force magnétique, une rotation des lignes équipotentielles du courant.
- Le phénomène de Hall a été depuis étudié par un grand nombre de physiciens.
- M. Rowland (3) a traité la même question au point de vue mathématique et est arrivé à cette conclusion remarquable que la rotation électromagnétique du plan de polarisation de la lumière et le phénomène de Hall sont dus à une même cause.
- Il résulte immédiatement delà théorie de M. Rowland que l’expérieuce de Hall doit se manifester également dans les diélectriques, c’est-à-dire, que le magnétisme doit avoir une influence sur la polarisation dans les diélectriques.
- L’importance de recherches expérimentales sur ce sujet a été suffisamment indiquée dans le Mémoire de M. Rowland.
- 0) Zeitschrift für angewandte F.lektricitœtslettre, heraus-gegeben, von docteur Ph. Cari, professor der Physik an der kœnigl. ICriegs-Akademie in München.
- (2) Bulletin de l’Académie royale des Sciences de Belgique, 54e année, 3° série, t. X.
- (3) American Journal of Mathematics, vol. II et III. 1879 et 1880.
- Récemment, M. H. A Lorentz (*) a montré, par des considérations théoriques, que le phénomène de Hall ne peut exister dans les isolants tel qu’il existe dans les corps conducteurs.
- Sur les conseils de M. Rowland, Hall a fait, en 1880, une expérience, d’où il résulterait que le magnétisme est sans action sur la polarisation dans les diélectriques.
- Néanmoins, on ne pouvait pas encore considérer la question comme résolue expérimentalement (2).
- Nous nous proposons, dans une série de recherches expérimentales, entreprises en ce moment au laboratoire de physique de l’Ecole polytechnique d’Aix-la-Chapelle, de soumettre au contrôle de l’expérience la théorie de M. Rowland, et différentes conséquences que l’on peut en déduire, ainsi que d’examiner, s’il est possible, d’établir un parallèle entre la rotation électro-magnétique du plan de polarisation de la lumière, le phénomène de la réflexion de la lumière polarisée sur le pôle d’un aimant et la découverte de Hall.
- Nous faisons connaître aujourd’hui à l’Académie le résultat de nos premières expériences, qui ont porté sur l’extension du phénomène de Hall aux diélectriques.
- Nous avons d’abord cherché si le résultat négatif obtenu antérieurement ne tenait peut-être pas au faible pouvoir magnétique du verre, et nous avons employé comme diélectrique le soufre, dont le pouvoir magnétique spécifique est, d’après Faraday (s), 118,00, tandis que celui du verre est 18,20, soit plus de six fois plus faible; nous conservions d’ailleurs le dispositif de M. Hall.
- La plaque de soufre avait om,o65 de long, om,o53 de large, et environ om,oi d’épaisseur. Elle était traversée par 4 conducteurs en cuivre ; la distance des conducteurs en relation avec la pile était de om,028 tandis que celle des tiges de cuivre allant à l’électromètre atteignait om,024.
- Le soufre est un corps trop cassant pour que l’on puisse y creuser commodément quatre canaux d’une telle profondeur. Nous avons donc fait construire un petit cadre en cuivre (fig. 1), sur lequel on pouvait visser les quatre tiges en cuivre nécessaires, et que l’on enlevait ensuite aisément, si l’on avait eu soin de couler le soufre fondu dans le cadre de cuivre, après avoir enduit celui-ci d’une légère couche d’huile. La plaque de soufre était placée entre les pôles d’un fort électro-aimant de Ruhm-korff, muni de ses armatures coniques, et par-
- (*) Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles, t. XIX, 1884.
- (2) G. Wiedemann, Die Lettre von der Eleklricilæl, Band III, p. 966.
- (3) Jamin et Bouty, Cours de Physique, t. IV, fasicule 2, p. 366.
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- O
- couru par le courant d’une machine Siemens activée par un moteur à gaz du système Otto. Une des tiges a était mise en communication avec un pôle d’une pile thermo-électrique, équivalente à trois éléments Bunsen environ, l'autre, b, avec l’autre pôle de la pile.
- Nous avons préféré nous servir d’une pile et non d’une bouteille de Leyde, parce que le temps était relativement humide, et qu’il était nécessaire d’avoir une source d’électricité aussi constante que possible.
- La tige c était réunie avec l’une des deux paires de quadrants d’un électromètre à miroir de Kirch-hoff très sensible, l’autre d, était en communication avec la terre; il en était de même de la seconde paire de quadrants.
- Les deux pôles de l’électro-aimant étaient aussi rapprochés que possible de la plaque de soufre. Le courant électrique qui traversait les spirales de l’électro-aimant était assez fort pour que l’électricité libre, accumulée sur les spirales de l'électro-
- 6
- OU b
- CL
- FIG* I
- aimant, agît directement sur l’électromètre par l’intermédiaire des tiges c et d.
- Il était donc néceseaire d’éliminer celte action, pour s’assurer que l’effet observé était bien dû au magnétisme.
- Aussi les observations ont été faites de la manière suivante : on commençait par placer les quatre tiges a, b, c, d dans la plaque de soufre, dans la position qu’elles devaient avoir.
- Les deux tiges a et b n’étant pas en communication avec la pile, on activait l’électro-aimant et on lisait la déviationproduiteà l’électromètre par le champ électrique de l’électro-aimant. Ensuite, l’électro-aimant n’étant pas en activité, on réunissait les deux tiges, a et b, avec les pôles de la pile ; le soufre se trouvait alors polarisé et les deux conducteurs c et d, n’étant pas sur deux lignes équi-potentielles, on observait à l’électromètre une déviation due à la polarisation dans le soufre. Enfin, on faisait agir à la fois l’électro-aimant et la pile.
- Si le magnétisme avait une influence sur la polarisation du soufre, la lecture faite dans le dernier cas ne devait pas être égale à la somme des deux premières.
- La plaque de soufre a été successivement placée parallèlement et perpendiculairement aux lignes de
- force du champ magnétique, mais nous n’avons pu observer aucune influence du magnétisme.
- Nous avons alors employé un aimant permanent afin d’éliminer l’influence de l’électricité libre des spirales qui pouvait masquer le phénomène. L’aimant permanent était successivement approché et éloigné de la plaque de soufre, placée soit parallèlement, soit perpendiculairement aux lignes de force magnétique.
- Mais ici une autre cause d’erreur se présente (*) : l’influence d’une masse métallique sur un corps (le
- Electromètre
- Interrupteur
- soufre) chargé d’électricité. Ce procédé a donc dû être abandonné (a).
- On peut d’ailleurs se convaincre aisément que l’effet observé dans ce cas est dû à la masse métallique : il suffit, pour cela, d’approcher ou d’éloigner de la plaque de soufre un fer à cheval formé de trois masses de plomb fia déviation à l’électro-mètre sera la même, sauf la grandeur bien entendu.
- C) Il semble cependant que M. Hall ait employé un aimant permanent. Voir G. Wiedemann, ioc. cit., ou American Journal of Science, 1880, 3e série, vol. XX, p. 164.
- (2) Indépendamment de ces raisons, il est très difficile d’obtenir un aimant permanent assez fort pour ces expériences.
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- Avant d’abandonner définitivement le dispositif de M. Hall, nous avons encore constaté que le sens de la polarisation dans le soufre et celui du courant dans l’électro-aimant sont sans influence appréciable sur les phénomènes.
- A cause de l’importance de la question, nous avons encore fait de nouvelles expériences, mais d’une autre manière. Nous nous sommes de nouveau servi de l’électro-aimant de Ruhmkorff, mais nous avons remplacé la plaque de soufre par deux plaques de cuivre AB, CD, fixées à une petite dis-
- tance l’une de l’autre, et placées entre les pôles de l’électro-aimant sur un support en gomme-laque; c’est entre ces deux plaques que l’on interposait le diélectrique (fig. 2).
- La plaque AB était en communication avec un pôle d’un élément Grove,la plaque CD, avec l’autre; AB était, ën outre, relié à une paire de quadrants de l’électromètre; l’autre paire était réunie à la terre, ainsi que la plaque CD.
- Pour charger et décharger à volonté les deux plaques AB et CD, on se servait d’un interrupteur
- Tableau T. — La plaque est placée parallèlement aux lignes de force a)- Les deux plaques métalliques ne sont pas chargées.
- RIEN ENTRE LES PLAQUES GUTTA-PERCHA GOMME LAQUE VERRE
- On intervertit On intervertit On intervertit On intervertit
- les pôles les pôles les pôles les pôles
- Je l’électro- de l’électro- de l’électro- > de l’électro-
- aimant aimant aimant aimant
- Position de la lemniscate avant
- que l’électro-aimant agisse . . Position de la lemniscate lorsque 15.2 15.2 15.5 i5.5 i5.6 i5.6 i5.25 i5.25
- l’électro-aimant est eu activité. 22.41 22.08 22.67 22.55 22.43 22.21 21.76 21-47
- Différences 7.21 6.88 7-i7 7-o5 6.83 6.61 6.Si 6.22
- b). Les deux plaques métalliques sont chargées au moyen d'un élément Grove.
- RIEN ENTRE LES PLAQUES VERRE ENTRE LES PLAQUES
- On change le sens On chaiige le sens
- de l’électrisation de? plaques de rélectnsdtibn des plaques
- On intervertit On intervertit On intervertit On intervertit
- les pôles les pôles les pôles .. • les pôles
- de l’électro- de l’électro- de l’électro- de l’électro-
- aimant aimant aimant aimant
- Position de la lemniscate avant
- que l’électro-aimant agisse . . Pendant que l’électro-aimant 12.7 12.6 16.98 17.5 12.55 h.7 17.43 18.6
- agit 19.62 19. 12 23.58 23.69 18.63 17.71 23.29 24.2
- Après que l’électro-aimant a agi. Moyennes des positions nos 1 12.91 12.8 16.61 17. i5 12.72 T 2.02 17.1 18.i5
- et 3 Différences entre les nombres 12.ÜI 12.7 16.79 17.32 12.64 u.86 17.26 18.37
- n° 2 et n° 4, c’est-à-dire action de l’éleciro-aimant 6.81 6.42 6.79 6.37 6.00 5.85 6.o3 5.83
- en gomme-laque, dans lequel on avait pratiqué quatre petites fosses pour y placer du mercure.
- La pile de Grove était soigneusement isolée et placée à cet effet sur une plaque de verre vernie; les communications allant des plaques de cuivre à la pile ou à l’électromètre étaient placées dans des tubes de verre dont on avait chassé l’humidité, que l’on avait bouchés ensuite avec de la cire à cacheter et reposant sur des supports en gomme-laque. Toutes ces précautions étaient prises afin d’éviter la perte d’électricité due à l’humidité de l’air.
- Néanmoins une perte sensible se faisait encore .par l’intermédiaire des plaques de cuivre AB et CD.
- Voici comment les expériences ont été faites.
- Les deux plaques AB, CD ont été successivement chargées avec une pile, avec deux piles de Grove ou déchargées et isolées.
- On commençait par mettre les deux plaques AB, CD en communication avec la terre par l’intermédiaire des fosses a et 0. On interrompait ensuite la communication entre a et fi; de cette manière les deux plaques étaient déchargées et isolées. |
- On observait alors la position de la Lmnis(cate de l’électromètre, puis on activait l’électro aimant et on faisait une nouvelle lecture. On recommençait ensuite les mêmes opérations en plaçant cette fois le diélectrique entre les plaques.
- Si les nombres trouvés pour les divers diélectriques étaient differents, on pouvait, semble t-il, en conclure que l’électro-aimant avait une action sur le diélectrique, les deux plaques étant placées symétriquement par rapport à l’axe des spirales. Nous verrons plus loin qu’il n’en est rien et que l’on ne peut conclure de ces différences à une action directe de l’electro-aimant sur le diélectrique. Enfin, les plaques de cuivre ont été chargées
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- avec une pile, puis avec deux piles de Grove, afin d’examiner si le magnétisme a une influence sur la polarisation des diélectriques.
- Les oscillations de la lemniscate, à cause du faible amortissement dans l’électromètre, duraient trop longtemps pour que l’on pût attendre la position d’équilibre obtenue sous l’action de l’électrisa-sation.
- Nous avons donc calculé des déviations dues à l’électro-aimant par la méthode qui est toujours suivie dans ces cas (*).
- La paraffine, la gutta-percha, le soufre, la gomme-laque et le verre sont les diélectriques qui nous ont servi.
- Comme on le voit, nous avons choisi des corps dont le pouvoir magnétique et la constante diélectrique sont très différents, afin de nous placer dans les meilleures conditions possibles.
- Les tableaux I et II donnent quelques-uns des résulats que nous avons obtenus.
- Tableau I [suite)
- c). Les deux plaques métalliques sont chargées au moyen de deux éléments Grove.
- Rien Verre
- antre les plaques entre les plaques
- Position de la lemniscate n® 1. 17.2 21.55
- — — n° 2. 23.28 26.52
- — — n® 3. 17-15 20.7
- Moyennes. . . 17-17 21.12
- Différences . . 6.II 5.40
- d). Sensibilité de l’électromètre pendant ces expériences.
- Quadrants à la terre, position de la lemniscate . . . i5.3
- — réunis aux pôles d’une pile de Grove, po-
- sition de la lemniscate............... 11.6
- réunis aux pôles de deux piles de Grove,
- position de la lemniscate........... 7.9
- Tableau IL — La plaque est placée normalement AUX LIGNES DE FORCE
- a) . Les deux plaques métalliques ne sont pas chargées.
- Rien Verre
- entre les plaques entre les plaques
- Position de la leranistate n° 1. i5.6 i5.d
- — — n° 2. 21.8 21.5
- Différences................ 6.2 5.7
- b) . Les deux plaques mêlai tiques sont chargées au moyen
- d’un élément Grove.
- Rien Verre
- entre les plaques entre les plaques
- Position de la lemniscateu°î. n.85 12.00
- — — n°2. 1O.57 i8.38
- Différences............... 6.72 6.38
- c) . Les deux plaques métalliques sont chargées au moyen
- de deux éléments Grove.
- Rien Ve rre
- entre les plaques entre les plaques
- Position de la lemniscate n°i. 7.6.5 8.40
- — — n°2. 14.8 10.27
- Différences.......... 7.1S 6.87
- (') Voir E. Koiilrausch, Leiifaden der praktischen Physik, 4° édition, 1880, p. 143.
- Il résulte de ces observations et d’autres entreprises avec le soufre et la paraffine que l’électro-aimant (champ magnétique et électrique) agit sur les diélectriques de la même manière, que ceux-ci soient placés entre les deux plaques de cuivre non chargées ou en communication avec une ou deux piles de Grove. Le même phénomène se produit,
- C
- A
- D
- r~~
- B
- \
- mm.
- Terre
- Electromètre
- FIG. 3
- ‘ mais avec une intensité différente, si la plaque, au lieu d’être placée parallèlement aux lignes de force, leur est normale. Le changement dans le sens de l'électrisation des plaques de cuivre n’a aucune action; le renversement des pôles de l’élec-tro-aimant donne de très légères différences, qui doivent être attribuées au changement apporté
- “7
- B
- J+?
- 6
- Electromètre
- IMG. 4. — PLAQUE AB SEULE
- dans le champ électrique de l’électro-aimant plutôt qu’au magnétisme.
- Nous avons cherché aussi à réaliser un aimant clos, afin de voir s’il existe une action du magnétisme. A cet effet, nous avons placé sur les armatures coniques de l’électro-aimant deux pièces de fer réunies entre elles. Les différences obtenues de cette façon étaient trop faibles pour que l'on osât affirmer une action magnétique ; elles pouvaient tout aussi bien provenir de l’augmentation de la masse métallique de l’électro-aimant.
- Quoi qu’il en soit, il résulte de nos expériences
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- que le magnétisme n’a aucune action sensible sur la polarisation dans les diélectriques et que, si cette action existe, on rie peut l’observer, ni avec un électro-aimant, ni avec un aimant, permanent. Nous dirons tantôt comment nous nous proposons d'entreprendre encore quelques expériences.
- Nous avons vu (tableaux I et II) que l’on obtenait toujours une déviation plus forte à l’élec-tromètre, sous l’influence dé l’électro-aimant, alors que les plaques n’étaient pas chargées, lorsqu’au-cun diélectrique n’était interposé entre les plaques et que les déviations étaient d’autant plus petites
- Tableau III. — le système de plaques est placé horizontalement dans le voisinage
- d’une bouteille de leyde.
- a). Étude du phénomène dans les divers diélectriques, les plaques n’étant pas chargées.
- Rien entre les
- plaques
- Position de la lemniscate avant que l’électro-
- aimant soit en activité............................. 19,5
- Position de la lemniscate lorsque l’électro-ai-
- mant est en activité................................. 3o,i
- Différences.'...................... 10,6
- Gomme- laque Gutta- percha Soufre Verre Paraffine
- 19,1 19.81 19,95 19,72 19,6
- 28,65 29,09 27,16 27,8 27,85
- 9)55 9.27 9,21 8,o3 8,25
- b). Étude de l’influence de la polarisation du diélectrique sur le phénomène observé.
- ON NE CHARGE PAS LES
- PLAQUES ON C.HARGE LES PLAQUES AVEC UNE PILE DE GROVE
- Rien entre Rien entre Rien entre
- les les les
- plaques Verre plaques Verre plaques Verre
- Position de la lemniscate avant que l’électro- aimant agisse Position de la lemniscate lorsque l’électro-ai- 19,05 19,12 16,25 16,5 — 22, I
- mant agit 23,88 23,3 21,12 20,5 — 26,02
- Différences 4.83 4,18 4,87 4,0 — 3,92
- On change le sens de l’élec-tiisation dans les plaques.
- Sensibilité de l’électromètre :
- Quadrants reliés à la terre; Position de lemniscate : 18,8. — Quadrants reliés à la pile; Position de lemniscate : 21,7.
- que la constante diélectrique du corps isolant était plus grande. Nous avons répété la même expé-
- Sous/influence
- de la
- plaque CD
- Terre
- O
- Llectromètre
- FIG. 5. — LES DEUX PLAQUES AB ET CD
- rience en plaçant notre système de plaques horizontalement en face d’une bouteille de Leyde (voir le tableau ci-dessus, tableau III).
- Les corps ne sont pas ranges ici dans le même ordre qu’antérieurement, mais cela tient, sans doute,
- y\cç -c, -<j
- i
- t
- -3- eu
- Diélectrique '
- b\
- - coq - bq
- r j.
- Terre
- . Ô,
- Electromètre
- \ Sous l’influence du
- diélectrique
- FIG. 6. — LE DIÉLECTRIQUE INTERPOSÉ
- au fait que les surfaces équipotentielles sont beaucoup plus compliquées ici que dans le cas des spirales de l’électro-aimant.
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- Le phénomène que nous avions observé était dope dû en grande partie au champ électrique, et, dès lors, il devenait très facile de l’expliquer.
- Supposons d’abord (fig. 3) que l’on supprime la plaque de cuivre CD et que la- plaque AB reste seule, et étudions l’influence de l’électricité libre des spirales.
- Admettons que la force électromotrice dans le champ électrique soit par exemple -)-. Une certaine quantité -f- q d’électricité positive passera dans l’électromètre, tandis que la plaque AB se chargera d’une certaine quantité — q d'électricité négative.
- Plaçons maintenant la plaque CD reliée à la terre, les mêmes phénomènes se reproduisent. Une certaine quantité d’électricité -)- q passe à la terre et CD conserve — q d’électricité négative. Sous l’action de la plaque CD, une partie de l’électricité négative accumulée sur AB se rend dans l’électro-mètre, et par suite la déviation de la lemniscate est plus petite que si la plaque AB était restée seule.
- Si l’on interpose entre les deux plaques de cuivre un diélectrique, alors, une grande quantité d’électricité négative quitte AB pour passer dans l’électromètre, et la déviation de la lemniscate est diminuée d’autant plus que la constante diélectrique de l’isolant est plus grande. Les figures 4, 5 et 6 donnent d’ailleurs un schéma de la manière dont se présentent les phénomènes.
- Si notre explication est exacte, il faut que la déviation de la lemniscate soit encore plus grande, si on supprime la plaque CD. C’est aussi ce que nous avons observé.
- Plaques non chargées
- Les pôles de Velectro-aimant aussi rapprochés que possible et sans leurs armatures coniques. La plaque est placée perpendiculairement aux lignes de jorce du champ électrique.
- Une nés
- seule deux
- Position de la lemniscate avant que plaque plaque;
- lelectro-aimant agisse Position de la lemniscate lorsque 15,^6 1,6:
- l’électro-aimant est en activité., . . 24,00 21,75
- Différences 8,54 5,65
- Dans nos expériences ultérieures, nous nous proposons d’employer deux spirales, dans lesquelles on pourra, à volonté, placer deux cylindres de cuivre ou de fer de même volume.
- De cette façon, lorsque les deux spirales seront traversées par un courant électrique, la masse métallique restera toujours la même, ainsi que le champ électrique, et il nous sera alors possible de voir la part qui revient au magnétisme.
- J’espère pouvoir faire connaître bientôt à l’Académie le résultat de ces recherches.
- Qu’il me soit permis,en terminant, d’adresser mes
- plus sincères remercîments et l’expression de toute ma reconnaissance à M. le docteur Ad. Wüllner, professeur de physique et recteur de l’École polytechnique d’Aix-la-Chapelle, pour l’accueil qu’il m’a fait dans son laboratoire et l’amabilité avec laquelle il a bien voulu m’encûurager dans mon premier travail.
- Sur l’expression « quantité d’électricité », par le docteur D. Tommasi.
- Cette expression, qui revient à chaque instant dans l’application comme dans la théorie, n’est pas toujours bien comprise et demande à être plus, explicitement définie pour qu’aucun malentendu ne soit possible. C’est dans l’électrolyse surtout que la « quantité d’électricité » joue un rôle important, et avec elle les expressions : équivalent électrique et équivalent électro-chimique.
- Si l’on se rapporte aux tables des ouvrages spéciaux, on remarque que pour libérer 4Br,o5 d’argënt, il faut un courant d’un ampère-heure absolument comme pour libérer igr,o5 de fer, isr,i9 de cuivre, etc.
- Or, cela est parfaitement exact, à la condition que dans chaque cas, le nombre des volts qui accompagnent l’ampère, corresponde à la quantité de chaleur absorbée par l’électrolyte. Cette force électromotrice acquise, le dépôt, comme l’on sait, sera proportionnel à l’intensité du courant. J’ai démontré, par un grand nombre d’expériences (*) :
- i° Que pour qu’un courant voltaïque puisse produire une action électrolytique, il faut que la force électromotrice du courant, exprimée en calories, soit un peu supérieure à la chaleur de décomposition du corps à électrolyser ;
- 20 Que lorsqu’un courant traverse plusieurs électrolytes, pour qu’il y ait décomposition, il faut que les calories produites pàr la pile soient un peu supérieures à la somme des calories absorbées par chaque électrolyte.
- J’entends par calories produites par la pile, celles qui sont transmissibles au circuit.
- Or, quand on appelle équivalent électrique la quantité d’électricité qui est nécessaire pour décomposer une molécule d’un corps quelconque, on n’entend parler évidemment que de l’intensité du courant et non pas de sa force électromotrice.
- 11 s’ensuit que cette expression, qui ne vise qu’un des facteurs de l’énergie, semble se rapporter au produit lui-même, c’est-à-dire, à l’énergie électrique. Et c’est là l’erreur dans laquelle on est tombé souvent.
- Pour éviter cette confusion, il serait à désirer
- (*). Sur l’électrolyse (Comptes rendus de l’Académie des Sciences, du xo avril 1882).
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- que l’on complétât les tableaux par l’indication des calories de combinaison, exprimées en volts de chaque composé. De cette façon, l’on saurait, par exemple, que pour qu’un ampère-heure puisse décomposer 2sr,98 de sulfate de cuivre, 3gr,02 de sulfatedezincetc.,ilfaudra,avecuneanodeinsoluble, que le courant ait au moins une force électromotrice égale à ivolt ,40 pour le sulfate de cuivre, et 2volts,4Ô pour le sulfate de zinc.
- Dans le cas d’une anode soluble formée par le même métal que celui contenu dans le sel à élec-trolyser, on peut négliger la force électromotrice du courant et ne tenir compte que de son intensité.
- Il est à regretter que plusieurs auteurs et spécialistes aient été amenés à méconnaître l’accord qui existe entre les phéuomènes de l’électrolyse et les lois delà thermo-chimie (*). C’est ainsi, par exemple, que l’on rencontre assez souvent dans les Traités classiques, cette affirmation tout à fait inexacte que: « les équivalents des corps dégagent,en se combinant, la même quantité d’électricité ».
- Autre exemple : dans le Traité d’électricité de |V1. Baille, à la page 254, on trouve le passage suivant :
- « On peut réunir toutes les lois relatives aux « décompositions électro-chimiques en une seule,
- « et dire que le courant électrique pourrait, s'il n’y « avait pas de pertes passives, déterminer dans le < circuit qu’il traverse un travail chimique égal à « celui qui lui a donné naissance. Ainsi, lorsque «< l’acide sulfurique transforme en sulfate 33grammes •> de zinc, poids particulier qui représente l’équi-« valent chimique de ce métal, l’électricité produite « est au plus capable de décomposer l’eau et de « dégager 1 gramme d’hydrogène, ou bien de « réduire un sel de cuivre, d’argent ou de potasse « en déposant 32 grammes de cuivre, 108 grammes « d’argent ou 39 grammes de potassium, nombres « particuliers qui représentent les équivalents chi-« miques de ces corps ».
- Ce passage renferme deux erreurs qu’il convient de signaler.
- i° Un équivalent de zinc en se dissolvant dans l’acide sulfurique étendu dégage 19 calories, ou plus exactement, d’après la loi des constantes thermiques, i7oaI,i(a); or cette quantité de chaleur est tout à fait insuffisante à électrolyser un équivalent d’eau, lequel exige 34cal,5 pour se décomposer en ses éléments (3).
- 2° Ilest inexact de dire que la force électromotrice
- (') Voir mon Mémoire intitulé « Equivalents électro-chimiques, Cosmos-Ies-Mondes, 3e série, t. IV, i883.
- (*) D. Tommasi, Relations numériques entre les données thermiques (Comptes rendus de l'Académie des Sciences du 7 août 1882).
- (3) D. Tommasi, Relations entre la force électromotrice de la pile et les calories de décomposition de Veau (Cosmos-Jes-Mondes, 1880).
- produite par la formation du sulfate de zinc dissous soit capable de décomposer indifféremment n’importe quel sel de cuivre, d’argent ou de potassium, car, pour qu’il en fût ainsi, il faudrait que tous les composésmétalliques dégageassent, pour se former, la même quanti é de chaleur, ce qui est contraire aux résultats de l’expérience. Et, en effet, un couple de Smée (zinc-platine et acide sulfurique étendu) ne pourra décomposer, quelle que soit d’ailleurs l’intensité du courant, aucun composé du potassium ou du cuivre (J) mais il pourra, au contraire, électrolyser tous les, sels d’argent (2).
- On voit par cet exemple que la thermo-chimie peut, non seulement rendre compte d’une manière rationnelle de tous les phénomènes électrolytiques, mais encore arriver à les prévoir d’une manière, sinon absolue, du moins assez satisfaisante.
- Enfin, pour terminer, voici encore un exemple qui prouvera bien que l’expression « quantité d’électricité » a réellement besoin d’être mieux définie, car elle n’est pas toujours bien comprise même par des savants fort distingués.
- Voici, en effet, ce que M. Marcellin Langlois dit à propos de l’électrolyse considérée au point de vue de la thermo-chimie (3).
- « On a posé en principe, dit-il, qu’un corps, en « se décomposant, absorbe une quantité de chaleur « égale à celle qui résulte de sa formation : autre-« ment dit, il faut, pour décomposer un corps,
- « lui restituer l’énergie que ses éléments ont « dépensée lors de leur combinaison. »
- L’auteur n’est pas éloigné d’admettre ce principe dans toute son intégrité; cependant, quand il s’agit de l’appliquer à l’électrolyse, il hésite et préféré attendre encore pour savoir s’il n’est pas des circonstances encore ignorées dans la manifestation du phénomène thermo-chimique.
- « Ce qui nous porte à celte réserve, ditM. Lan-« glois, au sujet du principe dont nous avons parlé « plus haut, c’est le manque d’accord entre les « résultats thermo-chimiques proprement dits et « les résultats obtenus par l’électro-chimie. Et «, pour ne prendre que ce cas, l’énorme différence « qui existe entre la chaleur de formation de « l’acide chlorhydrique dissous et celle du chlo-« rure de potassium. Or, qu’il s’agisse de HCL ou « KCL, il faut, pour décomposer une molécule « de ces deux corps, la même somme d’énergie « électrique : c’est un fait acquis à l’expérience.
- « Et cependant, continue l’auteur, l’énergie « dépensée dans la formation est toute différente « dans les deux cas. Comment expliquer cette
- t1) D. Tommasi, Sur les calories de combinaison des composés du cuivre (Cosmos-les-Mondes, i883).
- (a) D. Tommasi, Sur les constantes thermiques (Moniteur industriel, mai 1884).
- (3) M. Langlois, Du mouvement atomique, 2« partie, p. n5. Gauthier-Villars, éditeur, 1884.
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- « différence, s’il faut adopter intégralement le « principe de l’égalité de l’énergie d’agrégation « et de désagrégation ? L’exception que nous ve-« nons de signaler n’est d’ailleurs pas la seule, « car si nous prenons les protochlorures de fer « et de cuivre, par exemple, nous savons qu’il « faut la même quantité d’électricité pour décom-« poser FeCl2 ou CuCl3. Or nous nous trouvons « là en présence de deux corps dont l’un dégage, « en se formant, 99.302 calories, l’autre 59.048 « (H=kil.) Encore une fois, comment s’expliquer « cette différence, si l’on admet le principe dont « nous avons parlé? » (‘).
- Les quelques faits que je viens de signaler prouvent suffisamment je pense, combien il est nécessaire de donner à l’expression « quantité d’électricité »,une signification plus précise et telle qu’elle ne puisse plus donner lieu à des malentendus souvent regrettables aux progrès de la science.
- Cette confusion, qui existe à l’égard de la « quantité d’électricité » doit provenir, selon moi, de ce que les deux premières lois de Faraday ont été mal interprétées, ou plutôt, que ces lois doivent être légèrement modifiées pour qu’elles puissent être d’accord avec les principes de la thermochimie.
- Je proposerai donc de changer tant soit peu l’énoncé de ces deux grandes lois en les réunissant en une seule que l’on pourrait formuler ainsi :
- Il y aura électrolyse, toutes les fois que les calories dégagées par la pile seront supérieures aux calories absorbées par un ou plusieurs électrolytes placés dans le même circuit. Dans ce cas, les poids des différents composés électrolysés seront, non seulement dans le même rapport que les poids mo léqulaires de ces composés, mais encore ils seront respectivement proportionnels à l'intensité du courant.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Angleterre.
- La lumière électrique dans les phares. — Dans son rapport sur les expériences aux phares de South-Foreland le professeur W. G. Adams donne la description suivante d’un essai de la lumière électrique à incandescence. Deux lampes à incandescence Swan, l’une de 100 bougies et l’autre moins grande, de 5o bougies seulement, ont été successivement installées au foyer d’une des len-
- (') J’ai déjà eu l’occasion decritiquer ce passade, dans un Mémoire intitulé : La thermo-chimie et P électrolyse (Cosmos-les-Mondes, 3e série, t. V, i883).
- tilles de la tour A, et les* rayons ont été comparés avec ceux d’un brûleur à gaz de 108 becs quadri-formes. Les résultats ont démontré que le filamen plus compact de la lampe de 5o bougies, donnait un éclairage plus puissant que le filament plus grand de la lampe de 100 bougies, et que le premier donnait plus des deux tiers de l’éclairage, qu’on obtenait avec le brûleur à gaz de 108 becs, derrière la même lentille. Cette expérience soulève la question de savoir si l’on ne pourrait pas obtenir un éclairage très effectif pôur les phares, en groupant des lampes à incandescence, dans une sphère d’un diamètre de six pouces. J’ai déjà dit dans une lettre antérieure, que les phares munis de foyers à arc pourraient également avoir des lampes à incandescence, mais il vaudrait peut être mieux renverser l’ordre et ne se servir des foyers à arc, que comme d’une ressource exceptionnelle qu’on pourrait employer par les temps de brouillard, qui exigent un éclairage plus puissant. Les deux lumières étant blanches au point de vue technique, la petite différence de couleur qui existe entre elles, ne présenterait aucun inconvénient, surtout, s'il était convenu d’avance qu’on se servirait de la lumière plus blanche de l’arc par les temps de brouillard. Les brouillards intenses sont si rares dans la plupart des pays, qu’il semble que ce soit une perte sèche d’énergie que de maintenir le même éclairage puissant pendant toute l’année, qu’il fasse beau ou non. Je ne donne d’ailleurs cette i lée que pour ce qu’elle vaut, et les personnes qui ont de l’expérience dans ces questions en apprécieront la valeur. Dans le même ordre d’idées on pourrait également avoir des lampes à arc plus ou moins puissantes selon le temps qu’il fait.
- Le professeur Adams donne aussi le détail de quelques expériences sur les feux à éclats réalisés au moyen de la lumière électrique. Ces expériences ont eu lieu, le 6 et le 7 mars, dans la soirée, avec une lentille qui tournait ep face de l’arc électrique. Celui-ci était placé au-dessous du plan du foyer, de manière à projeter le rayon électrique au-dessus de l’horizon, pour éclairer les nuages flottants dans l’atmosphère. Quand l’arc électrique était placé à 2, 3 et à 6 pouces au-dessous du plan du foyer, un cône fendu, brillant de lumière, s’élevait dans les nuages, et le professeur Adams fait remarquer que la lumière pourrait, de cette manière, être visible pour les navires au-dessus de leur horizon et bien au-dessus de l’horizon du phare. Si l’on place l’arc à 3 pouces au-dessous du plan du foyer et si la distance focale du foyer de la lentille est de 3 pieds, il a été prouvé que, à une distance de 12 milles, le rayon lumineux serait à un mille au- iessus de l’observateur.
- Selon l’avis du professeur Adams, il ne paraît pas y avoir un avantage particulier à projeter la lumière dans le ciel, par les temps de brouillard, car les
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- expériences sur la puissance de pénétration de la lumière dans le brouillard, ont démontré, que l’observateur ne s’aperçoit de la présence d’une source lumineuse distincte, qu’en voyant un point brillant, c’est-à-dire, l’arc électrique lui-même, ou bien si l’on se sert d’une lentille, l’image de l’arc électrique formée par la lentille.
- Quand la source lumineuse est alternativement exposée et supprimée, l’observateur s’aperçoit de sa présence, mais si le brouillard dans lequel il se trouve est d’une densité tant soit peu considérable, il lui est impossible de déterminer où se trouve la source lumineuse, car la lumière qui frappe son œil est à peu près de la même intensité de tous les côtés.
- Revue de l’année i885. — L’industrie électrique n’a fait que languir en Angleterre pendant l’année i835. Après une période d’exagération est venue une réaction encore plus accentuée, à cause des dispositions de la loi sur l’éclairage électrique.
- Cette réaction semble maintenant finie, sans qu’on puisse cependant indiquer des signes certains d’un nouvel élan dans les affaires d’éclairage électrique; mais la « Society of Telegraph Engineers » a pris des mesures pour obtenir une modification de la loi sur cette question en faveur des entrepreneurs. Si le nouveau gouvernement prête l’oreille aux réclamations de la Société, cette partie importante de l’industrie électrique profitera sans aucun doute du changement.
- Les appareils pour la production de la lumière électrique sont aujourd’hui assez perfectionnés et il faut maintenant du capital et de l’énergie. Mais l’éclairage électrique ne sera sans doute pas appliqué en grand jusqu’au moment où la loi sera modifiée en faveur des capitaliste et des entrepreneurs. Les installations de lumière électrique se sont multipliées pendant l’année, à bord de navires, dans les usines, hôtels, magasins, et dans les maisons particulières, mais on a fait peu de chose en dehors des installations industrielles. Nous avons fait quelques pas en avant dans la question du transport de la force par l’électricité et nous possédons une ligne de telphérage à Glynde en Sussex et une ou deux installations de tramways électriques.
- Dans le domaine de la télégraphie, on a posé un certain nombre de câbles sous-marins dans différentes parties du monde; le tarif télégraphique réduit a été introduit dans le Royaume-Uni, à la grande satisfaction du public et le système duplex a été appliqué sur les nouveaux câbles atlantiques de la « Commercial Cable C° ». Plusieurs longues lignes téléphoniques ont également été construites, mais jusqu’ici la question de la téléphonie interurbaine n’a pas reçu de solution dans notre pays. J. Munro.
- CHRONIQUE
- Éclairage électrique de la gare centrale de Strasbourg, par M. G. Delpeuch, inspecteur du gaz et des appareils électriques de la voie de la Compagnie de l'Est (').
- La nouvelle gare centrale de Strasbourg a été inaugurée il y a deux ans environ. Elle occupe un vaste emplacement de près de 35 hectares et les services y sont largement installés, aussi bien pour les besoins du public que pour les commodités de l’Administration.
- Le caractère architectural des bâtiments et le luxe apporté dans la décoration font de cette gare une création qui mérite de fixer l’attention des Ingénieurs.
- Les études et la construction ont coïncidé avec les progrès considérables faits par l’électricité pendant ces dernières années. On en a profité pour faire, dans la nouvelle gare, de nombreuses applications d’appareils de sécurité et de correspondance, manœuvrés électriquement.
- Mais c’est surtout au point de vue de l’éclairage, qu’on a utilisé, d’une manière remarquable, les progrès de la science ; la gare nouvelle est entièrement éclairée par l’électricité.
- Des essais préalables ont été faits dans l’ancienne gare. Ils ont commencé en 1879 et se sont prolongés sans interruption jusqu’à la mise en service de la gare actuelle. Ils portèrent d’abord uniquement sur des foyers à arc voltaïque : 28 régulateurs différentiels Siemens, dont 20 brûlant simultanément, furent installés ; ils étaient alimen-mentés par deux machines Siemens à courants alternatifs.
- Au mois de décembre 1881 on commença les essais d’éclairage par incandescence : on installa une machine Edison alimentant 60 lampes réparties dans les bureaux de la Direction et dans ceux du télégraphe.
- Ces essais furent' assez satisfaisants pour décider la Direction des Chemins de fer d’Alsace-Lorraine à appliquer exclusivement l’éclairage électrique dans la gare nouvelle.-
- Depuis deux ans que cet éclairage fonctionne, aucune interruption ne s’est produite et les résultats obtenus par cette tentative hardie, permettent d’affirmer, qu’appliqué à une grande gare, l’éclairage électrique peut coûter moins cher que l’éclairage au gaz et offrir une sécurité aussi complète.
- (f) Bien que nous ayons déjà, à maintes reprises, parlé de l’éclairage de la gare de Strasbourg, nous croyons devoir reproduire le mémoire de M. Delpeuch auquel la compétence particulière de son auteur donne un grand intérêt.
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- 81.
- Nous nous proposons dans cette étude de décrire les dispositions principales de l'installation de l’éclairage électrique de la gare centrale de Strasbourg, de déterminer le prix de cet éclairage, d’après les renseignements qui nous ont été obligeamment communiqués par la Direction des Chemins de fer d’Alsace-Lorraine, de discuter ce prix et de le comparer au prix d’un éclairage au gaz équivalent.
- L’éclairage électrique de la gare centrale de Strasbourg est assuré par deux installations absolument distinctes :
- i° Une installation principale, qui dessert, le bâtiment des voyageurs, les bureaux de la Direction, les quais, voies, halles à marchandises, cour extérieure ;
- 2° Une installation moins importante pour l’éclairage du dépôt des machines et de ses annexes.
- Chaque installation comprend des foyers à arc voltaïque et des lampes à incandescence.
- I. — Installation principale.
- Les machines sont installées dans un bâtiment construit à cet effet au nord de la gare, près les bureaux de la Direction. C’est une grande construction en bois et en briques ayant une longueur totale de 60 mètres et 20 mètres de largeur et divisée en deux salles :
- La salle des chaudières a 24 mètres sur 20 mètres ;
- La salle des machines a 36 mètres sur 20 mètres.
- Dans la salle des chaudières sont installées 4 chaudières, type locomotive, placées sur le même alignement, leurs boites à fumée communiquant par des carneaux en sous-sol avec une cheminée unique en briques ayant 2 mètres de diamètre et 25 mètres de hauteur. En avant des chaudières on a réservé un espace suffisant pour y placer l’approvisionnement de combustible.
- Les dimensions de la salle sont assez grandes pourpermettre l’installation de plusieurs chaudières supplémentaires si les besoins de la gare l’exigeaient.
- Une des quatre chaudières installées actuellement sert, en hiver, pendant le jour, au chauffage des bureaux de la Direction ; elle constitue pendant la nuit une réserve pour le cas où l’une des trois chaudières nécessaires au service de l’éclairage devrait être éteinte.
- La salle des machines contient deux batteries de 3 machines à vapeur actionnant chacune une transmission d’attaque qji porte les poulies fixes et folles de commande des machines dynamos.
- Une batterie actionne les machines dynamos pour l’éclairage par arc voltaïque. L’autre batterie, celles pour l’éclairage par incandescence.
- Les machines à vapeur sont du type compound. Elles font i5o tours par minute. A la pression de
- 8 kilogrammes à l'introduction et une admission de 0,22 dans le petit cylindre, elles développent une puissance de 32 chevaux. A o,35 d’admission, elles peuvent faire 45 chevaux.
- Les machines à vapeur et les chaudières ont été fournies parla Société de construction de machines de Carlsruhe.
- 4 machines sur six, 2 dans chaque batterie, sont simultanément en marche. Un tiers de la force est donc en réserve. Dans ces conditions, il y aurait eu, selon nous, avantage à modifier les dispositions adoptées et à employer, au lieu de 6 machines, 3 machines .de puissance double.
- Les machines sont à échappement libre. L’emploi de machines à condensation aurait été préférable, il aurait procuré une économie très sensible de vapeur, i/3 ou 1/4 au moins.
- Les transmissions d’attaque sont placées près des murs de face du bâtiment et les machines électriques, en retour, près des machines à vapeur.
- L’installation a été faite et la transmission a été calculéee pour 22 machines Siemens et 5 machines Edison. Mais ne sont actuellement en place que :
- i° 12 machines Siemens à courants continus (dont 2 de réserve) alimentant chacune 5 lampes différentielles Siemens en série ;
- 20 2 machines Siemens alimentant chacune six lampes différentielles (ces deux machines sont du même type que les précédentes, mais les circuits qu’elles desservent étant moins résistants, on a pu intercaler une lampe de plus sur chacun d’eux).
- 3° 3 machines Edison de a5o lampes de 16 bougies;
- 40 Une machine Edison de 400 lampes de 16 bougies (cette dernière est placée comme réserve).
- Les circuits des machines Siemens aboutissent à un distributeur général qui permet l’alimentation de chaque circuit par l’une quelconque des dynamos.
- Les machines Edison sont montées en quantité. Un régulateur Edison, manœuvré à la main, permet de régler l’intensité du courant suivant les besoins de l’éclairage.
- Les machines Siemens tournent à une vitesse de 1.160 tours par minute et produisent un courant de 9 ampères et de 35o volts. Elles absorbent une force de 5 chevaux.
- Le travail électrique d’une machine Siemens serait donc à peu près 4chx,2 et le rendement mécanique total de 0,84.
- Une machine Edison de 25o lampes prend une force de 3o chevaux. L’intensité du courant produit est de 187 ampères, la diflèrence de potentiel aux bornes, de 110 volts. Le travail eiecttiquo d’une telle machine serait donc de 27chx,4 environ, et le rendement mécanique total, de 0,91.
- Les machines Siemens alimentent 62 lampes à arc qui éclairent le bâtiment des voyageurs (vestibule, salle d’attente, sortie, perrons d’accès, quai
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- des voyageurs), les halles à marchandises, les voies, et la cour extérieure.
- Ces 62 lampes, intercalées sur douze circuits de distribution, sont d’un type uniforme et ne diflèreni que par leur aspect extérieur. Cet aspect varie, en effet, suivant l’emplacement des lampes.
- Les 4 lampes disposées par paires sur des consoles portées par deux mâts en fer et fonte dans la cour extérieure sont très ornementées; les deux autres lampes qui éclairent les parties extrêmes de cette cour sont placées dans des lanternes beaucoup plus simples.
- Les lampes du vestibule, celles des salles d’attente et celles des quais de voyageurs sont protégées par une enveloppe cylindrique en cuivre avec couronne dorée.
- La lumière crue de l’arc est atténuée par des globes en opale de om,55 de diamètre.
- Les lampes qui éclairent les voies sont placées dans des lanternes hexagonales à verres dépolis.
- Les différents modes de suspension employés permettent tous (à l’exception cependant des lanternes de la cour extérieure qui sont fixes) d’amener les lampes à terre pour le nettoyage, le réglage et le re nplacement des charbons.
- Les lampes placées dans les bâtiments sont suspendues à deux poulies par des chaînes à contrepoids. Le courant arrive à la lampe par une des poulies et rejoint la distribution par l’autre. Cette disposition simple et pratique est, croyons-nous, à imiter. Peut-être, cependant, présenterait-elle quelques inconvénients si les lampes étaient traversées par des courants de haute tension. Il faudrait au moins, dans ce cas, prendre des précautions spéciales pour maintenir l'isolement des axes des poulies et pour assurer un bon contact des chaînes sur ces poulies.
- Les lampes placées à l’extérieur dans les entrevoies sont portées par des poteaux en fer à bascule. Cette disposition exige une double articulation : celle du genou du poteau et celle de la lampe sur la fourche qui la supporte. La partie mobile du poteau reprend bien, après chaque manœuvre, sa position verticale, mais il n’en est pas toujours de même de la lampe qui reste quelquefois plus ou moins incliuee. Il doit en résulter une fatigue des organes de réglage et, à la longue, un moins bon fonctionnement.
- Les conducteurs en cuivre qui forment les circuits ont un diamètre calculé en raison de la longueur de ces circuits. Les diamètres varient de 4mm,i à 2m“,5. Les conducteurs sont souterrains à l’extérieur; ils constituent un câble sous guita et plomb protégé extérieurement par une armature en fil de fer. Ils sont enterrés à un mètre du sol en moyenne.
- Dans l'intérieur des bâtiments, les conducteurs sont aériens.
- Les lampes Siemens sont à une seule paire de crayons. La longueur utile de crayons qui peut être placée dans une lampe est de 58 centimètres, ce qui assure un éclairage de 10 heures.
- En hiver on est donc obligé de remplacer les crayons pendant la nuit.
- Chaque lampe à arc donne une lumière de 800 bougies, soit io5 carcels environ. Le courant qui traverse les lampes n’ayant que 9 ampères, cette intensité lumineuse ne peut correspondre qu’à l’intensité maxima prise sous l’angle le plus favorable. Encore ce chiffre est-il élevé, si on le compare à ceux du rapport de la Commission spéciale chargée des essais des lampes et machines électriques à l’Exposition d’électricité de Paris en 1881. Le rapport de cette Commission (composée de MM. Allard, Joubert, Leblanc, Pothier et Tresca) donne 72 carcels seulement comme intensité maxima d’une lampe Siemens, appartenant à un circuit de 5 lampes alimentées par une machine Siemens à courants continus, dont le courant était de 10 ampères. La lampe Siemens essayée par la Commission, se trouvait donc dans des conditions un peu plus favorables que celles de Strasbourg, et aurait dû donner plus de lumière, puisqu’elle était traversée par un courant plus intense (to ampères au lieu de 9). Malgré cela, la lumière fournie a été trouvée sensiblement inférieure.
- Le chiffre de 800 bougies qui nous a été donné à Strasbourg, ne doit donc être accepté qu’avec une certaine réserve.
- La hauteur à laquelle les lampes Siemens sont placées n’est pas uniforme : les lampes des quais de voyageurs sont à 5 ou 6 mètres au-dessus du sol; celles placées dans les entrevoies sur poteaux sont à 8m,75o.
- . La lumière fournie est très fixe, très régulière, l’éclairage est abondant sans exagération.
- L’écartement des foyers est très variable. Sur les quais de voyageurs la distance moyenne entre deux foyers est de 35 mètres. Mais les lampes qui éclairent la partie centrale du trottoir des trains se dirigeant vers Paris, ne sont placées qu’à 20 mètres l’une de l’autre. Ce rapprochement est justifié par la plus grande importance de cette partie du quai où s'arrêtent les trains express. C’est aussi en ce point que débouchent les escaliers d'accès.
- Sur les voies, les foyers sont distants de 80 à 100 mètres. Malgré cette distance entre les foyers, les voies, celles du triage par la gravité spécialement, nous ont paru suffisamment éclaiiees. Il est vrai quo ces voies sont en général peu encombrées.
- Nous devons signaler aussi comme concourant dans une certaine mesure à l’éclairage des voies, Es nombreux signaux d’aiguilles à flamme barree. Ces signaux sont constitués par de grandes lan-
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- ternes rectangulaires à verres dépolis et répandent autour d’eux une lumière très sensible.
- Les machines électriques se trouvent à peu de distance des points éclairés, les circuits ont peu de longueur; c’est ce qui a rendu possible l’emploi de machines de 5 foyers. On a pu réunir sur les mêmes circuits les lampes qui doivent toujours brûler simultanément, et quand on veutles éteindre, il suffît de débrayer les machines correspondantes. On réalise ainsi toute l’économie possible. Il n’y a qu’une exception à cette manière de procéder, elle concerne le foyer unique qui éclaire la halle des messageries, située au sud du bâtiment des voyageurs. Ce foyer doit pouvoir être éteint alors que les quatre autres foyers de son circuit doivent brûler encore. On le fait en remplaçant la lampe par une résistance équivalente qu’on lui substitue dans le circuit à l’aide d’un commutateur. La force motrice dépensée par la machine n’est pas diminuée, mais on économise l’usure des crayons polaires. Cette disposition n’est pas critiquable à Strasbourg où elle ne constitue qu’une exception ; elle le deviendrait si elle y était employée d’une manière plus générale.
- Les conducteurs principaux de l’éclairage par incandescence, sont de ceux étudiés par Edison pour les installations importantes. Ils se composent de deux barres de cuivre demi-cylindriques isolées et placées les faces planes en regard, dans un tube en fer, garni lui-même d’une substance isolante. De distance en distance, on a disposé des boîtes de sûreté rompant le circuit en cas d’échauffement exagéré des conducteurs.
- Le diamètre des lils de distribution varie de 6 millimètres pour les artères secondaires de la canalisation, à r millimètre pour les fils aboutissant aux lampes.
- Les fils de distribution sont fixés sur les murs et les cloisons à l’aide de cavaliers ; ils sont ensuite dissimulés par des baguettes en bois. Chaque baguette porte sur sa face appliquée contre le mur deux rainures parallèles où se logent les fils d’aller et de retour qui sont ainsi isolés entre eux et protégés contre les détériorations extérieures.
- On a placé des commutateurs près de chaque lampe et sur les branchements secondaires qui corrmandent les différents groupes.
- Les lampes sont, suivant les emplacements, fixées sur des supports de formes très diverses : lustres, lyres, tés, genouillères, bras, appliques, chandeliers, etc.
- Les lampes employées sont des lampes Edison. Les unes sont de 16 bougies, les autres de ro bougies. On a installé aussi, â titre d’essai, quelques lampes Bernstein, dites lampes Boston, mais elles ne paraissaient pas donner d’aussi bons résultats que les lampes Edison.
- Quatorze agents sont exclusivement attachés
- au service de l’éclairage fourni par l'installation que nous venons de décrire, savoir :
- 2 chauffeurs-mécaniciens de jour,
- 2 — de nuit,
- 3 aides pour l’entretien des chaudières, machines et
- transmissions,
- i mécanicien électricien et 3 ma- \ , . .
- nœuvres de jour Pou[ ls serv,ce des i mécanicien électricien et 2 ma- ( dynamos , lam-nœuvres de nuit ) Pes’ etc-
- Les dépenses nécessitées par cette installation se sont élevées (au 3i mars 1884) à 3o5.g52 fr, 17 (*) :
- fr.
- 204.042 81 pour les lampes à arc,
- 43.891 55 pour les 174 lampes à incandescence de 16 bougies,
- 58.017 fr., 81 pour les 23o lampes de 10 bougies.
- Ces chiffres ne comprennent pas les frais d’installation de l’éclairage dans les bureaux de la direction. Cette installation était peu avancée au 3i mars 1884, quand le prix de l’éclairage a été déterminé.
- La détermination du prix de revient de l’éclairage a été faite, en effet, en prenant pour base le nombre total des heures d’éclairage et les dépenses depuis le Ier janvier jusqu’au 3i mars 1884.
- Pendant cette période de trois mois, le nombre total des heures d’éclairage a été :
- 59.755 heures pour les lampes à arc,
- 142.104 — pour les lampes fi incandescence de 16
- bougies,
- 211.924 heures pour les lampes de 10 bougies.
- Les frais de surveillance et entretien se sont élevés à 15.974 fr. 79 repartis comme suit :
- fr.
- 11.059 12 pour les 60 lampes à arc,
- 2.412 09 pour les lam.'es de 16 bougies,
- 2.5o3 57 pour les lampes de 10 bougies.
- Ces frais doivent être augmentés des intérêts et de l’amortissement du capital de premier établissement, lesquels peuvent être fixés à J X 120/0
- de ce capital, puisque la période à laquelle s’appliquent ces calculs comprend seulement les trois premiers mois de 1884.
- On obtient, par suite, une dépense totale d’éclairage de :
- fr.
- 17.170 41 pour les lampes à arc (59-755 heures),
- 3.728 84 pour les lampes de 16 bougies (142.194 heures). 4.629 11 pour les lampes de 10 bougies (211.924 heures).
- L’éclairage a donc coûté :
- fr.
- 0.2875 par lampe à arc et par heure,
- 0.0262 par lampe à incandescence de 16 bougies et par heure,
- 0.0200 par lampe à incandescence de 10 bougies et par heure.
- (l) Nous avons pris comme valeur du mark if,25.
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- II. — Installation accessoire pour l'éclairage du dépôt.
- Les machines sont installées dans un hangar de 20 mètres de longueur sur io mètres de largeur, construit près de la remise des locomotives.
- Le matériel de cette installation est, en grande partie, celui qui a servi aux essais dans l’ancienne gare, il se compose de :
- i° 2 machines à vapeur mi-fixes développant chacune 20 chevaux;
- 20 2 machines Siemens à courants alternatifs ;
- 3° 2 machines Siemens à courants continus, excitatrices des précédentes;
- 4° 1 machine Edison, type de 60 lampes A;
- 5° 1 machine Schuckert à courants continus.
- On a réservé l’emplacement nécessaire pour l’installation d’une troisième machine à vapeur de réserve.
- Les dispositions adoptées, soit pour les conducteurs, soit pour les lampes, sont celles de l’installation principale.
- Les machines Siemens alimentent 12 lampes différentielles qui éclairent la remise des locomotives, les quais à combustibles et les voies à proximité.
- Les lampes Siemens ont un pouvoir éclairant de 35o bougies. Leur lumière nous a paru moins fixe que celle des lampes de l’installation principale et nous croyons qu’il faut attribuer les qualités de lumière des lampes de cette dernière installation à l’emploi des courants continus.
- A Strasbourg, on reconnaît d’ailleurs bien la supériorité des lampes alimentées par des courants continus, et ce n’est que pour utiliser un matériel disponible qu’on a employé des machines à courants alternatifs pour les lampes à arc du dépôt.
- La machine Edison alimente 3 lampes de 16 bougies, 91 lampes de 10 bougies et 2 lampes de 8 bougies réparties dans les bureaux du dépôt et dans quelques locaux accessoires.
- La machine Schuckert était installée depuis peu de temps et était encore à l’essai, quand nous avons visité l’installation (novembre 1884). Elle fournit un courant de 17 ampères alimentant 3 lampes Piette et Krizik montées en tension. Ces trois lampes, qui concourent à l’éclairage des voies, donnent chacune 3.000 bougies. Elles sont placées à 2om environ du sol. Cette hauteur nous a paru exagérée, car une trop grande partie des rayons lumineux atteint le sol à une distance trop considérable, pour que l’intensité lumineuse de ses ràyons puisse fournir un éclairage utile.
- Les lampes Piette et Krizik ne donnaient pas une lumière aussi fixe que les lampes Siemens, mais installées depuis très peu de temps, elles n’étaient peut-être pas mises au point quand nous
- les avons vues. Des lampes semblables étaient en très grand nombre à l’Exposition d’Électricité de Vienne et elles fournissaient un des éclairages les plus remarquables de l’Exposition.
- Le personnel employé dans l’installation électrique du dépôt est de 5 hommes :
- 1 chauffeur-mécanicien de jour,
- 1 aide —
- 1 chauffeur-mécanicieu de nuit,
- 1 manœuvre de jour j pour le service des machines 1 — de nuit ) électriques.
- L’installation du dépôt a coûté 66.146 fr. 26 répartis comme suit :
- fr.
- 40.0S6 go pour l’éclairage par arc voltaïque,
- 26.089 36 — par incandescence.
- Le nombre d’heures d’éclairage pendant les trois premiers mois de 1884 a été :
- 15.426 heures pour les lampes à arc,
- 3.857 — pour les lampes fi incandescence de 16boug.
- 52.706 — — — 10 —
- 2.571 — — — 8 —
- Pendant la même période les dépenses de l’éclairage ont atteint :
- fr.
- 4.871 75 pour les lampes à arc,
- 120 3o — de 16 bougies,
- 1.083 85 — 10 —
- 45 52 — 8 —
- Le prix moyen a donc été :
- fr.
- o 3i58 par heure et par lampe à arc, o o3i2 — — de 16 bougies,
- O 0205 — — 10 —
- o 0177 — — 8 —
- En ajoutant les intérêts et l’amortissement du capital de premier établissement, fixés comme précédemment à X 12 % pendant la période de trois mois à laquelle s’appliquent ces calculs, on obtient comme dépense totale de l'éclairage :
- fr.
- 6.073 46 pour les lampes à arc (15.426 heures),
- 2.032 35 — àincandescence (59. i34heures).
- Le prix de revient de l’éclairage du dépôt par heure et par foyer est donc :
- fr.
- o 3g3/ pour les lampes à arc,
- o 0444 — à incandescence de •>'. boug.
- o o338 — — 10 —
- o 0309 — — 8 —
- L’éclairage électrique par arc voltaïque coûte à Strasbourg :
- fr.
- o 2875 par foyer et par heure dans l’installation principale.
- ’ o 3g35 par foyer et par heure dans l’installation du dépôt.
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- L’éclairage du dépôt coûte donc o fr. 1061 de plus par foyer-heure que l’éclairage de la gare des voyageurs.
- Cette différence s’explique par l’importance de cette dernière installation qui exige un personnel relativement moins nombreux et dont les dépenses de premier établissement ont été proportionnellement moins considérables.
- III. — Prix de l'éclairage électrique à Strasbourg et à Paris.
- Il peut être intéressant de comparer le prix de l’éclairage électrique à Strasbourg avec celui de l’installation électrique qui est faite, depuis trois ans, sur une petite échelle, dans la gare de l'Est à Paris, et de déterminer les résultats qu’on obtiendrait en donnant à l’éclairage de Paris une extension analogue à celle qu’il a à Strasbourg.
- Notre installation de Paris-La-Villette comprend i5 foyers Brush montés en tension sur un seul circuit d’une longueur de 4.500 mètres. Le courant de la machine Brush qui alimente les foyers est de 9 ampères.
- La puissance des foyers Brush est donc à peu près celle des foyers Siemens de la gare de Strasbourg.
- Depuis la mise en service de l’éclairage électrique de la gare de l’Est, le prix de revient a été calculé chaque mois avec la plus grande exactitude.
- La moyenne du prix de îevient pour les deux premières années a été :
- fr.
- ! Combustible............ o 081 729
- Fournitures diverses et
- d’entretien............. o oi3 016
- Personnel................ o o5q 919
- 1 Crayons polaires......... o 077 729
- Fournitures diverses et
- d’entretien............. o 010 624
- Personnel................ o o5ç çi3
- Intérêts et amortissement du capital de premier établissement à 12 % par an............ o o83 115
- Prix par foyer et par heure............ o 386 045
- Ce prix, est à o fr. 0075 près, celui d’un foyer électrique Siemens du dépôt de Strasbourg.
- Ainsi, malgré le coût plus élevé à Paris du charbon et de la main-d’œuvre, notre installation réduite donne des résultats à peu près aussi avantageux que ceux de l’installation restreinte de Strasbourg.
- Il nous est donc permis de penser que, lorsque nous aurons développé notre installation actuelle sur une plus grande échelle, comme on l’a fait dans l’installation principale de Strasbourg, nous arriverons à des prix de revient qui seront à peu près aussi bas.
- La comparaison que nous venons de faire est en quelque sorte une vérification du prix de revient
- calculé par la direction des chemins de fer d’Alsace-Lorraine. Elle nous montre, qu’eu égard aux conditions favorables où l’on se trouve à Strasbourg pour la main-d'œuvre et le charbon, le prix de revient dont il s’<agit est plutôt fort que faible;que sur place il est susceptible dé réduction et qu’on peut l’obtenir ailleurs avec une main-d’œuvre et un Charbon plus dispendieux.
- IV. — Prix à Strasbourg d'un éclairage au gaz équivalent à l'éclairage électrique.
- Après avoir déterminé le coût de l’éclairage électrique de la gare centrale de Strasbourg, la Direction des Chemins de fer d’Alsace-Lorraine s’est rendu compte de ce qu’aurait coûté l’installation de l’éclairage au gaz et a déterminé quel aurait été le prix de revient de cet éclairage.
- Dans les calculs, il n’a été tenu compte que de l’installation principale qui, seule, doit être considérée comme définitive et comme fonctionnant dans des conditions normales d’exploitation.
- La Direction d’Alsace-Lorraine a supposé que chacun des 44 foyers à arc des voies, quais et cours, remplaçait 20 becs de gaz dépensant i5o litres par heure; que chacun des 16 foyers à arc éclairant les locaux intérieurs remplaçait 12 becs de i5o litres; que chaque lampe à incandescence (il y en avait 404 quand les calculs ont été faits) remplaçait un seul bec de i5o litres.
- Le nombre total des becs de gaz qu’il aurait fallu installer aurait donc été :
- 44 x 20 = 880 pour l’éclairage extérieur;
- 16 x 12 + 404 — 596 pour l’éclairage intérieur.
- Soit en totalité. . 1.476 becs de gaz.
- Les dépenses d’installation d’un bec de gaz ont été évaluées à :
- 243fr,75 pour l’éclairage extérieur.
- 5o » pour l’éclairage-intérieur.
- Ces dépenses comprennent la fourniture et la pose des conduites d’alimentation.
- L’installation du gaz dans la nouvelle gare de Strasbourg aurait donc coûté :
- 880 X 243,75 + 596 x 5o = 244.300 fr.
- Les 60 lampes à arc ont brûlé, depuis le icr jan-vier jusqu’au 3i mars 1884, pendant 59.755 heures, soit en moyenne çg5 h. 91 par lampe. Le nombre total des heures d’éclairage au gaz rapporté à un seul bec aurait donc été : (44X20+16X12) X 995 h. 91= 1.067.615 heures. A ce nombre il faut ajouter celui des heures d’éclairage des lampes à incandescence, 354.118, ce qui donne un total de 1.421.733 heures d’éclairage.
- Le prix du mètre cube de gaz à la gare de Strasbourg est o fr. 20, tarif de la ville.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le gaz consommé aurait donc coûté :
- 1.421.733 x o,i5o x 0,20 = En ajoutant à cette somme :
- Les frais d’entretien évalués à 3 fr. 75 par bec
- et par an...............:-----—— 3,75=
- 45o fr. pour les frais d’allumage pendant le
- ior trimestre de 1884.....................
- Les intérêts et amortissement du capital de premier établissement à 12 % par an, pendant trois mois..................................
- fr.
- 42.652 »
- 1.383 75 45o »
- 7.529 02
- On obtient pour prix total d'éclairage au gaz,
- pendant trois mois...................... 51.814 77
- Soit par bec et par heure o fr. o36.
- Le tableau ci-dessous résume leséléments du prix de revient de l’éclairage électrique et de l’éclairage au gaz à la gare de Strasbourg pendant le icr trimestre de 1884.
- ÉCLAIRAGE ÉCLAIRAGE
- électrique ait gaz
- i° Capital de premier établis- fr. fr.
- sentent 20 Frais d'éclairage et d’en- 3û5.952 5o 244.3co 00
- tretien 3" Frais d’éclairage et d’entretien et in'érê's et amortissement du capital de pre- 15.975 00 44-485 00
- tnier établissement 25.153 75 5i.8i5 00
- Le pi ix de l’éclairage de la gare de Strasbourg serait donc à peine moitié du prix d’un éclairage au gaz équivalent, payé au prix de la ville de Strasbourg. Seuls les frais de premier établissement sont un peu plus élevés dans le cas de l’éclairage électrique.
- Nous croyons devoir, au sujet de ces chiffres, présenter quelques réserves. On a supposé que chaque foyer à arc placé à l’extérieur remplaçait 20 becs de gaz. Ce chiffre nous paraît trop élevé. La cour extérieure, par exemple, est éclairée par six foyers à arc, nous ne croyons pas que l’éclairage au gaz de cette cour aurait nécessité l’installation de 120 becs de gaz; on se serait certainement contenté d’une somme de lumière moins considérable, tout en obtenant, grâce à l’emploi de nombreux petits foyers à gaz, un bon éclairage pratiquement équivalent avec moins de lumière inutile ou perdue; 60 becs de gaz auraient suffi.
- Il en est de même en ce qui concerne les foyers électriques qui éclairent les quais et les voies. Ainsi, l’espacement moyen des foyers qui éclairent les quais est de 35 mètres; dans les évaluations précéd ntes on a donc supposé que l’écartement de deux becs de gaz ne devait pas être supérieur à im,75. Cette distance peut être doublée et même triplée et on aura encore un éclairage abondant.
- Nous croyons que ce n’est pas trop de réduire
- d’un tiers le nombre des becs de gaz prévu dans i’estimation ci-dessus, comme nécessaire pour remplacer les foyers à arc.
- Avec ces réductions, on aura, comme nous l’avons déjà dit plus haut, autant de lumière utile qu’avec l’éclairage électrique actuel, tout en ayant un éclairage de beaucoup supérieur à celui qui a suffi jusqu’à présent dans les anciennes gares, mais qui bientôt ne répondra plus aux exigences du public.
- La comparaison des dépenses établies sur ces données pratiques nous conduit aux résultats ci-après :
- Nombre de becs pour l’éclairage extérieur. . . . 572
- — — — intérieur. . . . 532
- Total
- 1.104
- Dépenses de premier établissement : 166.025 francs. » Nombre d’heures d’éclairage au gaz : i.o5i.255 heures.
- Prix du gaz consommé : i.o5i.255 x o,t5o X o fr. 20=.............................. . .
- Frais d’entretien évalués à 3 fr. 75 par an et , 1104 X 3+5
- par bec :-------------=......................
- 337 fr. 5o pour les frais d’allumage pendant
- le premier trimestre de 1884..............
- Intérêts et amortissement du capital de premier établissement, à 120/0 par an, pendant trois mois..................................
- Soit pour prix total de l’éclairage pendant
- trois mois...................................
- Et par bec et par heure : o fr. o36...........
- fr.
- 31.537 65 1.035 » 3u7 5o
- 4.980 75 37.890 90
- Le tableau ci-après résume les éléments du prix de revient d’éclairage électrique et d’éclairage au gaz tels qu’ils résultent de l’application des données ci-dessus :
- ÉCLAIRAGE ÉCLAIRAGE
- électrique au gaz
- i° Capital de premier établis- fr. ' fr.
- sentent 20 Fra’S d’éclairage et d’en- 3o5.g52 5o 166.025 CO
- tretien 3° Frais d’éclairage et d’entretien et intérêts et amortissement du capital de pre- 15.975 » 32.910 l5
- rnier établissement 25.i53 75 37.890 90
- Donc, même en ramenant la comparaison à ces termes qui se rapprochent davantage de la réalité des choses, nous trouvons encore qu’une économie considérable dans le coût de l’éclairage (un tiers) a été réalisée par l’application de l’éclairage électrique.
- Pour qu’il y ait égalité entre les deux systèmes d’éclairage, il faudrait payer le gaz à o fr. 12 centimes le mètre cube. Il est bien peu de localités, surtout en France, où un prix aussi bas puisse être obtenu.
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- 8 7
- REVISION DE BERLIN
- (suite)*
- 5. COMPTE DES MOTS
- XXVI
- 1. Tout ce que l’expéditeur écrit sur la minute de son télégramme, pour être transmis, entre dans le calcul de la taxe, sauf ce qui est dit au paragraphe 9 de l’article suivant et au paragraphe 2 de l’article XXV.
- 2. Les mots, nombres ou signes ajoutes par le bureau, dans l’intérêt du service, ne sont pas taxés.
- 3. Le nom du bureau de départ, la date, l’heure et la minute du dépôt sont inscrits d’office sur la copie remise au destinataire.
- 4. L’expéditeur peut insérer ces indications, en tout ou en partie, dans le texte de son télégramme.. Elles entrent alors dans le compte des mots.
- XXVII
- 1. Le maximum de longueur d’un mot est fixé à quinze caractères selon l’alphabet Morse ; l’excédent, toujours jusqu’à concurrence de quinze caractères, est compté pour un mot.
- 2. Pour la correspondance du régime extra-européen, ce maximum est fixé à dix caractères.
- 3. Toutefois, aussi bien pour la correspondance du régime européen que pour celle du régime extra-européen, sont comptés respectivement pour un seul mot, mais seulement dans l’adresse, le nom du bureau destinataire et le nom du pays de destination, quel que soit le nombre des caractères employés, sous la condition que les noms propres soient écrits comme ils figurent dans la nomenclature officielle du Bureau international.
- 4. Les expressions réunies par un trait d’union sont comptées pour le nombre de mots qui servent à les former.
- 5. Les mots séparés par une apostrophe sont comptés comme autant de mots isolés.
- 6. Les réunions ou altérations de mots contraires à l’usage de la langue ne sont point admises. Toutefois, les noms propres de villes et de personnes, les noms de lieux, places, boulevards, rues, etc., les noms de navires, ainsi que les nombres écrits en toutes lettres, sont comptés pour le nombre de mots employés par l’expéditeur à les exprimer.
- 7. Les nombres écrits en chiffres sont comptés pour autant de mots qu’ils contiennent de fois cinq chiffres, plus un mot pour l'excédent. La même règle est applicable au calcul des groupes de lettres. Pour la correspondance du régime extra-européen, le nombre de mots auquel correspond un groupe de chiffres ou de lettres, s’obtient en divisant les chiffres par trois et ajoutant, s’il y a lieu, un mot pour le reste.
- 8. Tout caractère isolé, lettre ou chiffre, est compté pour un mot; il en est de même du souligné.
- 9. Les signes de ponctuation, traits d’union, apostrophes, guillemets, parenthèses, alinéas, ne sont pas comptés. Sur les lignes extra-européennes, la transmission de ces signes n’est pas obligatoire.
- 10. Sont toutefois comptés pour un chiffre : les points et les virgules qui entrent dans la formation des nombres, ainsi que les barres de division.
- 11. Les lettres ajoutées aux chiffres pour désigner les nombres ordinaux sont comptées chacune pour un chiffre.
- 12. Le compte des mots du bureau expéditeur est décisif, tant pour la transmission que pour les comptes
- internationaux. Toutefois, Te bureau destinataire, quand le télégramme est conçu dans sa langue et qu’il contient des réunions de mots contraires à l’usage de cette langue, a la faculté de recouvrer sur le destinataire le montant de la taxe perçue en moins, qui reste acquis à l’Office d’arrivée. S’il est fait usage de cette faculté, le télégramme n’est remis au destinataire qu’après payement de la taxe supplémentaire. L’expéditeur est informé par avis de service, quand ce payement a été refusé.
- XXVIII
- Les exemples suivants déterminent l’interprétation des règles à suivre pour compter les mots, sauf l’exception prévue au paragraphe 3 de l’article précédent.
- Correspondance du régime
- européen, extra-européen.
- Responsabilité (14 caractères)..............1 mot 2 mots
- Kriegsgeschichten (i5 caractères). ... 1 mot 2 mots
- Inconstitutionnalité (20 caractères) ... 2 mots 2 mots
- A-t-il. ....................................3 mots 3 mots
- Aujourdhui (écrit sans apostrophe). . . 1 mot 1 mot
- C’est-à-dire............................ 4 mots 4 mots
- Aix-la-Chapelle.............................3 mots 3 mots
- Aixlachapelle (12 caractères).............. 1 mot 2 mots
- Newyork.................................... 1 mot 1 mot
- New-York ...................................2 mots 2 mots
- Frankfurt am Main...........................3 mots 3 mots
- Frankfurt a/M...............................2 mots 2 mots
- Frankfurtmain (i3 caractères).............. 1 mot 2 mots
- Rio de Janeiro..............................3 mots 3 mots
- Riodejaneiro (12 caractères)................1 mot 2 mois
- New South Wales............................ 3 mots 3 mots
- Newsouthwales (i3 caractères).............. i mot 2 mots
- Van de Brande...............................3 mots 3 mots
- Vandebrande (11 caractères).................1 mot 2 mots
- Du Bois .............................. . 2 mots 2 mots
- Dubois..................................... 1 mot 1 mot
- Belgrave square.............................2 mots 2 mots
- Belgravesquare (14 caractères;..............2 mots 2 mots
- Hyde Park...................................2 mots 2 mots
- Hydepark....................................2 mots 2 mots
- Hydepark square.............................2 mots 2 mots
- Hydeparksquare (14 caractères)..............2 mots 2 mots
- St. James Street............................3 mots 3 mots
- Saintjames Street...........................2 mots 2 mots
- Portland place..............................2 mots 2 mots
- Rue de la Paix..............................4 mots 4 mots
- Hue delapaix................................2 mots 2 mots
- Princeofwales (navire)......................1 mot 2 mots
- 44V2 (5 chiffres et signes)............1 mot 2 mots
- 4447s (6 » » •> )................2 mots 2 mots
- 444,5 (5 >» » » )................1 mot 2 mots
- 444,55 (6 »> » » )................2 mots 2 mots
- 10 francs 5o centimes (ou) 10 fr. 5o c. . . 4 mots 4 mots
- 10 fr. 5o .................................3 mots 3 mots
- fr. io,5o...................................2 mots 3 mots
- 11 h. 3o.....................\ . . . 3 mots 3 mots
- n,3o....................................... 1 mot 2 mots
- Le 17111e..................................«2 mots 3 mots
- Le i529nu‘..................................3 mots 3 mots
- 44/2 . .................................... 1 mot 2 mots
- 44/ 1 mot 1 mot
- 2 % •...................................... 1 mot 2 mots
- 2 p. °/0....................................3 mots 3 mots
- huit/10.....................................2 mots 2 mots
- 5/douzièmes.................................2 mots 2 mots
- 5 bis.......................................2 mots 2 mots
- 5 ter.......................................2 mots 2 mots
- 5q-58.......................................2 mots 2 mots
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 3o exposant a (* *).................
- i5 multiplié par 6 (*)..............
- Deux cent trente quatre.............
- Deuxce.nttrentequatre (20 caractères). Two hundred and thirly four .... Twohundredandthirtyfour (23 carac
- tères) ..........................
- E...................................
- E. M................................
- Emvthf (6 lettres) tmrlz (5 lettres)
- Ch23 ADVGMY AP M
- 2
- M
- C.H.F.45 (
- (marque de commerce) . ( id. ) .
- ( id- ) •
- id. id.
- L’affaire est urgente ; partir sans retard
- (7 mots et deux soulignés) (2)
- Correspondance du régime
- européen, extra-européen.
- 3 mots 3 mots
- 4 mots 4 mots
- 4 mots 4 mots
- 2 mots 2 mots
- 5 mots 5 mots
- 2 mots 3 mots
- 1 mot 1 mot
- 2 mots 2 mots
- 2 mots 2 mots
- I mot 2 mots
- 2 mots 2 mots
- 2 mots 2 mots
- I mot 2 mots
- 2 mots 2 mots
- 4 mots 4 mots
- 9 mots 9 mots
- XXIX
- Dans les télégrammes qui contiennent un langage convenu ou un langage chiffré, les mots clairs sont comptés, conformément aux paragraphes 1 à 6 de l’article XXVII. Les mots en langage convenu sont comptés d’après les règles établies au paragraphe 3 de l'article VIII. Enfin, les groupes de chiffres ou de lettres, ainsi que les mots, noms ou assemblages de lettres non admis dans le langage clair ou convenu, sont comptés d’après les règles établies par les paragraphes 7 à 11 de l’article XXVII.
- 6. PERCEPTION DES TAXES.
- XXX
- 1. La perception des taxes a lieu au départ, sauf les exceptions prévues pouf les télégrammes à faire suivre (art. LVI, g 6), les frais d'exprès (art. LX, g 1) et les télégrammes sémaphoriques (art. LXII, g 6), qui donnent lieu à une perception par le bureau d’arrivée.
- 2. L’expéditeur d’un télégramme international a le droit d'en demander reçu avec mention de la taxe perçue.
- 3. L’Office d’origine a la faculté de percevoir, de ce chef, une rétribution à son profit, dans les limites de 25 centimes.
- 4. Dans tous les cas, il doit y avoir perception à l’arrivée; le télégramme n’est délivré au destinataire que contre payement de la taxe due.
- 5. Si la taxe à percevoir à l’arrivée n’est pas recouvrée, la perte est supportée par l’Office d'arrivée, à moins de conventions spéciales conclues conformément à l’article 17 de la Convention, sauf ce qui est prévu aux articles LVI et LXII ci-après, pour les réexpéditions des télégrammes à faire suivre et pour les télégrammes sémaphoriques.
- 6. Les Administrations télégraphiques prennent toutefois, autant que possible, les mesures nécessaires pour que les taxes à percevoir à l’arrivée et qui n’auraient pas été acquittées par le destinataire, soient recouvrées sur l’expéditeur. Quand ce recouvrement a lieu, l’Office qui fe fait en tient compte à l’Office intéressé.
- (*) Les appareils télégraphiques ne peuvent reproduire des expressions telles que 3oa, 3o X 6 (signe de la multiplication), etc. Les expéditeurs doivent être invités à leur substituer la signification explicite : 3o exposant a, i5 multiplié par 6, etc.
- (*) Le signal souligné est transmis avant et après chaque mot ou passage souligné.
- XXXI
- 1. Les taxes perçues en moins par erreur et les taxes et frais non perçus sur le destinataire par suite de refus ou de l’impossibilité de le trouver, doivent être complétés par l’expéditeur.
- 2. Les taxes perçues en plus par erreur sont de même remboursées aux intéressés. Toutefois, le montant des timbres appliqués en trop par l’expéditeur n’est remboursé que sur sa demande.
- Transmission des télégrammes. a. Signaux de transmission.
- XXXII
- Les tableaux ci-dessous indiquent les signaux employés dans le service des appareils Morse et Hughes :
- A. Signaux de l’appareil Morse.
- Lettres :
- a Espacement et longueur
- ü Ml mm des signes :
- a 1. Une barre est égale à
- b I BBB 3 points.
- c bbb mm 2. L’espace entre les
- ch wmm mm signaux d’une même
- d ^m m m lettre estégal à 1 point.
- e m 3. L’espace entre deux
- é m mm lettres est égal à 3
- f mm m points.
- g mm mm 4. L’espace entre deux
- h m m m m mots est égal à 5
- i m points.
- i mm mm mm
- k mm m mm
- 1 mm m
- m wmÊ ^bb
- n B
- n mm mm m bbb mm
- 0 mm bb b^b
- 0 BM H B
- P B BB B
- q - H^B BBB B BB
- r B BB B
- s BBB
- t
- u B B BBB
- ü B B Bi BBI
- v BBB BBI
- w B BB BBB
- X Mi B B BBI
- y bbb b mm mm
- Chiffres :
- o
- Barre de fraction...
- On peut aussi employer, pour exprimer les chiffres, les
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- 89
- signaux suivants, mais seulement dans les répétitions d’office :
- 1 BH
- 2 b b wm
- 3
- 4
- 5
- <)
- 7
- 8
- 9
- o
- Barre de fraction.
-
- Signes de ponctuation et autres :
- Point *............. (.)
- Point et virgule.... (;) BBI BBI MB
- Virgule............. (,) — — I
- Deux points......... (:) BBI i^BI flflfl I
- Point d’interrogation ou demande de répétition d'une transmission non comprise.... (?)
- Point d’exclamation (!)
- Apostrophe......... (’) |^B BBI
- Alinéa................ BBB HB
- Trait d’union...... (-) MB
- Parenthèses (avant et après les mots)... () MB BB
- Guillemets.......... (»)
- Souligné (avant et après les mots ou le membre
- de phrase)......... HB MB
- Signal séparant le préambule de l’adresse, l’adresse du texte et le texte de la signature............. BB fl Bf
- Indications de service :
- Télégramme d’État....
- — de service..
- — privé urgent....
- — privé non urgent
- Service taxé.........
- Réponse payée........
- Réponse payée urgente ......... B BB
- Télégramme collationné Accusé de réception Télégramme à faire suivre................
- Poste payée........
- Poste recommandée
- Exprès, payé......... I
- Estafette payée......
- Télégramme remis ouvert...................
- Appel (préliminaire de toute transmission)...
- Compris..............
- Erreur...............
- Fin de la transmission. Invitation à transmettre
- Attente..............
- Réception terminée
-
- B B
- Vi
- B B
- B B B B fl B B B B
- B. Signaux de l’appareil Hughes Lettres :
- A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, U, V, W, X, Y, Z.
- Chiffre* :
- \, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, o.
- Signes de ponctuation et autres :
- Point, virgule, point et virgule, deux points , poin d’interrogation, point d’exclamation, apostrophe, croix-f-, trait d’union, E accentué, barre de fraction /, double trait =, parenthèse de gauche ( ,parenthèse de droite) et guillemet ».
- L’espace entre deux nombres est marqué par deux blancs. Dans la transmission et dans le collationnement, d’un nombre fractionnaire non décimal, le nombre entier doit être séparé par un blanc du numérateur de la fraction ordinaire qui suit (t 3/4 et non 13/4.
- Les mots et passages soulignés sont précédés et suivis de deux traits d’union (exemple : — — sans retard *— —), et soulignés à la main par l’employé d’arrivée.
- Indication de service et signes conventionnels
- Télégramme d’État.................. S.
- — de service............ A.
- — privé urgent....... D.
- — — non urgent.......... P,
- Service taxé....................... ST.
- Réponse payée...................... RP.
- Réponse payée urgente................ RPD.
- Télégramme collationné............. TC.
- Accusé de réception................ CR.
- Télégramme à faire suivre.......... FS.
- Poste payée........................ PP.
- Poste recommandée.................. PR.
- Exprès payé........................ XP.
- Estaffette payée................... EP.
- Télégramme remis ouvert............ RO.
- Pour appeler le poste avec lequel on est en communication ou pour lui répondre, le blanc et l’N répétés alternativement;
- Pour régler le synchronisme et demander, dans ce but, la répétition prolongée du même signe : une combinaison composée du blanc, de l’I et du T reproduit autant de fois qu’il est nécessaire;
- Pour demander ou faciliter le réglage de l’électroaimant : une combinaison formée des quatre signaux suivants : le blanc, l’I, l’N et le T, répétée autant de fois qu’il est nécessaire;
- Pour donner attente : la combinaison ATT, suivie de la durée probable de l’attente ;
- Pour indiquer une erreur, deux omtrois N consécutifs, sans aucun signe de ponctuation;
- Pour interrompre la transmission du bureau correspondant : deux ou trois lettres quelconques, convenablement espacées.
- Les accents sur E sont tracés à la plume ou au crayon noir à la. fin des mots (avec ou sans s) et lorsqu’ils sont essentiels au sens. (Exemple : Achète, acheté.) Dans ce dernier cas, le transmetteur répète le mot après la signature, en y faisant figurer l’E accentué entre deux blancs, pour appeler l’attention du poste qui reçoit. Pour a, o et ü, on transmet respectivement ae, oe et ue.
- b. Ordre de transmission.
- XXXIII
- 1. La transmission des télégrammes a lieu dans l’ordre suivant :
- a. Télégrammes d’État.
- b. — de service.
- c. — privés urgents.
- d. — — non urgents.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 2. Tout bureau qui reçoit par un fil international un télégramme présenté comme télégramme d’Etat ou de service, le réexpédie comme tel.
- 3. Ees avis de service émanant des divers bureaux et relatifs aux incidents de transmission, circulent sur le réseau international comme télégrammes de service.
- XXXIV
- 1. Un télégramme commencé ne peut être interrompu pour faire place à une communication d’un rang supérieur, qu’en cas d'urgence absolue.
- 2. Les télégrammes de môme rang sont transmis par les bureaux de départ dans l’ordre de leur dépôt, et par les bureaux intermédiaires dans l’ordre de leur réception.
- 3. Dans les bureaux intermédiaires, les télégrammes de départ et les télégrammes de passage qui doivent emprunter les mêmes fils, sont confondus et transmis indistinctement, en suivant l’heure du dépôt ou de la réception.
- 4. Entre deux bureaux en relation directe, les télégrammes de même rang sont transmis dans l’ordre alternatif.
- 5. Il peut être toutefois dérogé à cette règle et à celle du paragraphe icr de l’article XXXIII dans l’intérêt de la célérité des transmissions, sur les lignes dont le travail est continu ou qui sont desservies par des appareils spéciaux.
- XXXV
- 1. A l’appareil Morse, les télégrammes d’État ou de service et les télégrammes privés urgents ne sont pas comptés dans l’ordre alternatif des transmissions.
- 2. La transmission des télégrammes échangés par l’appareil Hughes s’effectue par séries alternatives. Les chefs des bureaux en correspondance fixent, en tenant compte de la longueur des télégrammes et des exigences du service, le nombre des télégrammes, de quelque nature qu’ils soient, constituant chaque série. Cependant la série ne peut comprendre plus de dix télégrammes. Les télégrammes d’une même série sont considérés comme formant une seule transmission qui ne doit être interrompue que dans le cas d’urgence exceptionnelle. En général, tout télégramme de deux cents mots ou au-dessus est considéré comme formant une seule série. Ce mode de transmission peut être appliqué à l’appareil Morse sur les lignes importantes dont le travail est continu, mais dans ce cas chaque série ne peut être composée de plus de cinq télégrammes, et tout télégramme de cent mots ou plus est considéré comme formant une série.
- 3. Le bureau qui a transmis une série est en droit de continuer, lorsqu’il survient un télégramme d’État, de service ou privé urgent auquel la priorité de transmission est accordée, à moins que le bureau qui vient de recevoir n’ait déjà commencé de transmettre à son tour.
- 4. Dans les deux systèmes d’appareil, la transmission du télégramme ou de la série terminée, le bureau qui vient de recevoir transmet à son tour, s’il a un télégramme; sinon, l’autre continue. Si de part ou d’autre il n’y a rien à transmettre, les deux bureaux se donnent réciproquement le signal \éro.
- c. Mode de procéder,
- XXXVI
- 1. Toute correspondance entre deux bureaux commence par le signal d’appel ou par l’indicatif du bureau appelé, v 2. Le bureau appelé doit répondre immédiatement, en donnant son indicatif, et, s’il est empêché de recevoir, le signal d’attente, suivi d’un chiffre indiquant en minutes la durée probable de l'attente. Si la durée probable excède dix minutes, l’attente doit être motivée.
- 3. Aucun bureau appelé ne peut refuser de recevoir les télégrammes qu’on lui présente, quelle qu’en soit la
- destination. Toutefois, en cas d’erreur évidente, le bureau qui transmet est tenu de la redresser, aussitôt que le bureau correspondant la lui a signalée par avis de service.
- 4. On ne doit ni refuser ni retarder un télégramme, si les indications de service ne sont pas régulières. Il faut le recevoir et puis en demander, au besoin, la régularisation au bureau d’origine par un avis de service, conformément à l’article LXVI ci-après.
- XXXVII
- 1. Lorsque le bureau qui vient d’appeler a reçu, sans autre signal, l’indicatif du bureau qui répond, il transmet dans l’ordre suivant les indications de service, constituant le préambule du télégramme:
- rt. Nature du télégramme, au moyen d’une des lettres S, A, D, quand c’est un télégramme d’État, de service ou privé urgent;
- b. Bureau de destination (* *);
- c. Bureau d’origine précédé de la particule de (Exemple : Paris de Bruxelles) (2);
- d. Numéro du télégramme;
- e. Nombre de mots (dans les télégrammes chiffrés. On indique : i° le nombre total des mots qui sert de base à la taxe; 20 le nombre des mots écrits en langage ordinaire; 3° s’il y a lieu, le nombre des groupes de chiffres ou de lettres);
- /. Dépôt du télégramme (par trois nombres, date, heure et minute, avec l’indication m ou s [matin ou soir]);
- Dans la transmission par l’appareil Morse, les indications m ou s, ainsi que la date, peuvent être omises, quand il n’y a aucun doute;
- Dans la transmission par l’appareil Hughes, la date est donnée sous la forme d'une fraction, dont le numérateur indique le jour et le dénominateur le mois ;
- g. Voie à suivre (quand l’expéditeur l’a indiquée par écrit dans son télégramme). (Art. XXV, § 2, et XLII, §5);
- h. Indications éventuelles que l’expéditeur n’est pas tenu de comprendre dans le texte taxé, telles que ampliation, etc. (Art. XLIV, § 7); taxes à percevoir (art.LVI,
- § 8);.. adresses (art. LVIII, § 3); télégramme séma-
- phorique (art. LXII, §§ 5 et 6).
- Les indications contenues sous les lettres 6, det/ne sont pas obligatoires pour les Offices extra-européens.
- . 2. A la suite du préambule spécifié ci-dessus, on télégraphie successivement les indications éventuelles de l’expéditeur, qui sont, le cas échéant, entre parenthèses (art. X, § 6), l'adresse, le texte et la signature du télégramme.
- 3. Dans les télégrammes-transmis par l’appareil Morse,
- le signe de séparation (§ i^B) est placé entre le préambule et l’adresse, entre l’adresse et le texte, entre le texte et la signature. On termine par le signal de fin de la transmission ( ).
- 4. Dans les télégrammes transmis par l’appareil Hughes, on emploie un double trait (=) pour séparer le préambule de l’adresse, l’adresse du texte, le texte de la signature, et on termine chaque télégramme par la croix (-{-).
- 5. Les indications éventuelles exprimées en signes conventionnels, sont également précédées et suivies du signal
- pour l’appareil Morse et du signal = pour l’appareil Hughes.
- C) Lorsque le télégramme est à destination d’une localité non pourvue d’un bureau télégraphique, le préambule indique, non la résidence du destinataire, mais le bureau télégraphique par les soins duquel le télégramme doit être remis à destination ou envoyé à la poste.
- (*) Indiquer le pays ou la situation géographique du bureau d’origine:
- i° Quand il y a un autre bureau du môme nom;
- 2° Quand l’ouverture de ce bureau n’a pas encore été publiée par le Bureau international.
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- 6. Si l’employé qui transmet s’aperçoit qu’il s’est trompé, il doit s’interrompre par le signal d’erreur, répéter le dernier mot bien transmis et continuer, à partir de là, la transmission rectitiée.
- 7. De mÊme, l’employé qui reçoit, s’il rencontre un mot qu’il ne parvient pas à saisir, doit interrompre son correspondant par le môme signal et répéter le dernier mot compris, en le faisant suivre d’un point d’interrogation. Le correspondant reprend alors la transmission à partir de ce mot, en s’efforçant de rendre ses signaux aussi clairs que possible.
- 8. Hormis les cas déterminés de concert par les diverses Administrations, il est interdit d’employer une abréviation quelconque, en transmettant le texte d’un télégramme, ou de modifier ce texte de quelque manière que ce soit. Tout télégramme doit être transmis tel que l’expéditeur l’a écrit et d’après sa minute.
- d. Réception et répétition d’office.
- XXXVIII
- Aussitôt après la transmission, l’employé qui a reçu compare, pour chaque télégramme, le nombre des mots transmis au nombre annoncé, et il accuse réception du télégramme ou des télégrammes constituant la série. Cet accusé de réception prend la forme suivante : R... (nombre des télégrammes reçus avec l’indication du premier et du dernier numéro de la série). Exemple : R 10 i5y g8o.
- XXXIX
- 1. En cas de différence dans le nombre des mots, il la signale à son correspondant. Si ce dernier s’est simplement trompé dans l'annonce du nombre des mots, il répond : admis et indique en même temps le nombre réel des mots. Exemple: 18 admis; sinon, il répète la première lettre de chaque mot, jusqu’au passage omis qu’il rétablit.
- 2. Lorsque cette différence ne provient pas d’une erreur de transmission, la rectification du nombre de mots annoncé ne peut se faire que d’un commun accord entre le bureau d’origine et le bureau correspondant. Faute de cet accord, le nombre de mots annoncé par le bureau d’origine est admis.
- XL
- 1. Les employés peuvent, pour mettre leur responsabilité à couvert, donner ou exiger la répétition partielle ou intégrale des télégrammes qu’ils ont transmis ou reçus. Cette répétition se fait, à l’appareil Morse, par l’employé qui a reçu et, à l’appareil Hughes, par l’employé qui a transmis, à la fin du télégramme ou de la série. L’employé qui donne cette répétition doit, à l’appareil Morse, s’il y a rectification, reproduire les mots ou nombres rectifiés. En cas d’omission, cette seconde répétition est exigée par l’employé qui a transmis. Les télégrammes d’Etat en langage secret (chiffres ou lettres) doivent être répétés intégralement et d’office par le bureau qui a reçu, ainsi que cela se pratique pour les télégrammes collationnés.
- 2. Quand on donne la répétition des nombres suivis de fractions ou des fractions dont le numérateur est formé de deux chiffres ou plus, on doit répéter, en toutes lettres, le numérateur de la fraction, afin d’éviter toute confusion. Ainsi pour i*/,6 il faut répéter en français 1 un 16, afin qu’on ne lise pas t'/jo ; pour 13h il faut répéter treize 4, afin qu’on ne lise pas i*/4.
- 3. Cette répétition ne peut être retardée ni interrompue sous aucun prétexte. La vérification achevée, le bureau qui a reçu donne à celui qui a transmis le signal de réception terminée, suivi, s’il s’agit d’une série, du nombre des télégrammes reçus.
- XLI
- 1. Les rectifications relatives à des télégrammes d’une série précédemment transmise, sont faites par avis de service adressés aux bureaux de destination. Ces avis rappellent le nom et l’adresse des destinataires.
- 2. Les demandes de renseignements qui se produisent dans les mêmes conditions, font également l’objet d’un avis de service.
- 3. S’il arrive que, par suite d’interruption ou par une autre cause quelconque, on ne puisse recevoir la répétition, cette circonstance n’empêche pas la remise du télégramme au destinataire, sauf à lui communiquer ultérieurement la rectification, le cas échéant.
- e. Direction à donner aux télégrammes.
- XLII
- 1. Lorsque l’expéditeur n’a prescrit aucune voie à suivre chacun des Offices à partir desquels les voies se divisent reste juge de la direction à donner au télégramme.
- 2. Si, au contraire, l’expéditeur a prescrit la voie à suivre, les Offices respectifs sont tenus de se conformer à ses indications, à moins que la voie indiquée ne soit interrompue ou que la transmission par cette voie ne paraisse devoir occasionner un retard notable, auxquels cas il ne peut élever aucune réclamation.
- 3. Les différentes voies que peuvent suivre les télégrammes sont indiquées'pardes formules concises, arrêtées de commun accord par les Offices intéressés.
- 4. Lorsque l’expéditeur a demandé que son télégramme soit transmis partélégraphe jusqu’au bureau qu’il indique et, de là par poste jusqu’à destination, les bureaux doivent procéder conformément à ces indications.
- 5. L’expéditeur qui veut prescrire la voie à suivre doit écrire lui-même, en marge de sa minute, la formule correspondante. Cette indication est transmise dans le préambule (art XXV, 2 et XXXVII, § 1, g), mais seulement jusqu’au point où elle peut être utile.
- f. Interruption des communications télégraphiques.
- Transmission par ampliation.
- XLIII
- 1. Lorsqu’il se produit au cours de la transmission d’un télégramme une interruption dans les communications télégraphiques régulières, le bureau à partir duquel l’interruption s’est produite, expédie immédiatement ie télégramme parla poste (lettrerecommandée d’office ou portée par exprès) ou par un moyen de -transport plus rapide, s’il en dispose, par exemple, par une voie télégraphique détournée (art. LXXV, § 4). Les frais de poste sont supportés par le bureau qui fait cette réexpédition. La lettre expédiée par la poste doit porter l’annotation Télégramme.
- 2. Le bureau qui recourt à un mode de réexpédition autre que le télégraphe, adresse le télégramme, suivant les circonstances, soit au premier bureau télégraphique en mesure de le réexpédier, soitau bureau de destination soit au destinataire même, lorsque cette réexpédition se fait dans les limites de l’Etat de destination. Dès que la communication est rétablie, le télégramme est de nouveau transmis parla voie télégraphique, à moins qu’il n’en ait été précédemment accusé réception ou que,par suite d’encombrement exception nel, cette réexpédition ne doive être manifestement nuisible à l’ensemble du service.
- 3. Les télégrammes à destination des pays extra-européens ne sont réexpédiés par une voie plus coûteuse que dans le cas où l’expéditeur a déposé la taxe de ce parcours.
- XLIV
- 1. Les télégrammes qui, par un motif quelconque, sont adressés par la poste à un bureau télégraphique, sont
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- accompagnés d'un bordereau numéroté. En même temps le bureau qui fait cette expédition en avertit le bureau auquel il l’adresse, pourvu que les communications télégraphiques le permettent, par un télégramme de service indiquant le nombre des télégrammes expédiés et l’heure du courrier.
- 2. A l’arrivée du courrier, le bureau correspondant vérifie si le nombre des télégrammes annoncé est bien arrivé. En ce cas, il en accuse réception sur le bordereau et le renvoie immédiatement au bureau expéditeur. Après le rétablissement des communications télégraphiques, il renouvelle cet avis par un télégramme de service dans la forme suivante : Reçu 63 télégrammes, conformément au bordereau n°... du 3o mars.
- 3. Lés dispositions du paragraphe précédent s’appliquent également au cas où un bureau télégraphique reçoit par la poste un envoi de télégrammes sans en être averti.
- 4. Lorsqu’un envoi de télégrammes annoncé n’arrive pas, le bureau expéditeur en doit être averti immédiatement. Celui-ci peut, selon les circonstances, répéter l’envoi par la poste ou transmettre les télégrammes par la voie télégraphique, si les correspondances ultérieures ne doivent pas en souffrir.
- 5. Le bureau qui réexpédie par télégraphe des télégrammes déjà transmis par la poste, en informe le bureau sur lequel les télégrammes ont été dirigés, par un avis de service rédigé dans la forme suivante :
- Berlin de Gvrlitf Télégramme m0»... du bordereau il0... réexpédié par ampliation.
- 6. Quand un télégramme est envoyé directement au destinataire dans le cas prévu à l’article XLI1I, il est accompagné d’un avis indiquant l’interruption des lignes.
- 7. Lorsque, pour une cause quelconque, un télégramme transmis déjà par une autre voie, soit par poste, soit par un autre fil, est réexpédié par télégraphe, cette réexpédition par ampliation doit être signalée par une indication de service dans le préambule, par exem'ple: Ampliation, déjà expédiée à... (nom du bureau) le... (date) par le fil n°... (ou) parla voie' de... (ou) par la poste.
- g. Arrêt de transmission. Contrôle.
- XLV
- 1. Tout expéditeur peut, en justifiant de sa qualité, arrêter, s’il en est encore temps, la transmission du télégramme qu’il a déposé.
- 2. Lorsqu’un expéditeur retire ou arrête son télégramme avant que la transmission en ait été commencée la taxe lui est remboursée, sous déduction d’un droit fixe de 5o centimes au profit de l’Office d’origine.
- 3. Si le télégramme a été transmis par le bureau d’origine, l’expéditeur ne peut en demander l’annulation que . par un télégramme dont il acquitte la taxe. Autant que possible, ce télégramme est successivement transmis aux bureaux auxquels le télégramme primitif a été transmis, jusqu’à ce qu’il ait rejoint ce dernier. Si l’expéditeur a aussi payé le prix d’une réponse télégraphique, le bureau qui annule le télégramme en donne avis au bureau d’origine. Dans le cas contraire, il lui adresse ce renseignement par lettre non affranchie. Le bureau d’origine rembourse à l’expéditeur les taxes du télégramme primitif et du télégramme d’annulation, en raison du parcours non effectué.
- XLVI
- 1. Il ne doit être fait usage de la faculté réservée à T’article 7 de la Convention, d’arrêter la transmission de tout télégramme privé qui paraîtrait dangereux pour la sécurité de l’Etat ou qui serait contraire aux lois du pays, à l’ordre public ou aux bonnes moeurs, qu’à charge d’en avertir immédiatement l’Administration de laquelle dépend le bureau d’origine.
- 2. Ce contrôle est exercé par les bureaux télégraphiques extrêmes ou intermédiaires, sauf recours à l’Administration centrale, qui prononce sans appel.
- 3. La transmission des télégrammes d’État se fait de droit. Les bureaux télégraphiques n’ont aucun contrôle à exercer sur eux.
- (A suivre.)
- CORRESPONDANCE
- Gênes, Ier janvier 188G.
- , Monsieur le Directeur,
- Je viens de lire dans l’Électricien (n° i3g), un article de M. Lossier, qui a pour titre : Traitement électrolytique des mattes cuivreuses, critique du procédé Marchese.
- L’auteur de cet article fait, au procédé Marchese, des objections dont il aurait pu se dispenser, si, au lieu de considérer la question au point de vue théorique seul, il se fût donné la peine de visiter un des établissements où ce procédé est exploité sur une échelle assez considérable, pour permettre un jugement plus conforme à la vérité. Le soussigné, chargé de la direction de la Société électro-métallurgique de Gênes, n’eût fait aucune difficulté pour montrer à M. Lossier, dans tous leurs détails, les diverses opérations pratiquées aux deux usines de Casarza, près de Sestri-Levante, et de Pont-Saint-Martin, vallée d’Aoste.
- Cette visite offrirait à M. Lossier l’avantage de pouvoir, par lui-même, constater:
- i° Qu’en suivant la méthode de M. Marchese, on produit facilement, dans les établissements précités, plusieurs tonnes de cuivre électrolytique par jour;
- 20 Que ce cuivre est reconnu, à l’analyse chimique, aussi pur que les cuivres éleclrolytiques, provenant du raffinage des cuivres noirs par électrolyse;
- 3° Que les bains électrolytiques, loin de subir un accroissement de 80 fois leur résistance primitive (ce qui rendrait le procédé tout à fait impraticable), ne modifient aucunement leur résistance depuis la mise en marche ;
- 4° Qu’il n’y a aucune raison d’être surpris de ce qu’une forte partie de la roatte est grillée pour régénérer les solutions, puisque le procédé ne cesse pas d’être très économique, et de donner des résultats tout aussi excellents, si on grille la totalité de la matle pour les solutions, et qu’on se borne à fabriquer les anodes avec du sulfure de fer sans cuivre, ou avec très peu de cuivre, comme nous faisons à Pont-Saint-Martin;
- 5° Que si enfin, on a soin d’analyser les diverses opérations du procédé Marchese, moins superficiellement que ne l’a fait M. Lossier, dans son Mémoire, on se convaincra que le procédé en question offre de fortes économies en main-d’œuvre et en combustible, et des pertes en cuivre beaucoup moindres que le traitement métallurgique usuel.
- Je suis persuadé que le système de M. Marchese ne tardera pas à faire une forte concurrence au raffinage électrolytique du cuivre noir, puisque, tout en obtenant un produit de qualité aussi bonne, il peut se passer de la longue série des opérations nécessaires pour transformer la matte en cuivre noir.
- Cet examen n’ayant d’autre but qu’une simple constatation des faits, tranquillisera la conscience de M. Lossier, dont l’écrit est inspiré par le désir de ne. pas laisser se perpétuer les erreurs qui se trouvent dans les Mémoires publiés par M. Marchese.
- Mais, si l’on considère également la question au point de vue théorique, on voit que M. Lossier n’a pas très bien
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- compris où résidait l’importance du procédé Marchese.
- M. Marchese commence en effet par démontrer, dans les divers Mémoires publiés sur ce sujet, que la dissociation des sulfures métalliques demande un travail beaucoup moindre que celui qu’il faut employer pour dissocier les sulfates métalliques correspondants.
- Il constate, en second lieu, que ces dissociations peuvent être obtenues par le courant électrique. Lorsqu’on électro-lyse en effet un sulfate métallique, un sulfate de cuivre, par exemple, avec une anode insoluble, on obtient un équivalent de cuivre déposé à la cathode, avec une dépense de force électromotrice et, par conséquent, de travail, beaucoup plus grande que celle nécessaire pour avoir le même équivalent de cuivre déposé à la cathode, mais en utilisant la matte de cuivre pour anode soluble.
- Ce fait est d’une importance essentielle, puisqu’il peut rendre industriellement pratiques, grâce à l’économie de travail dépensé, des opérations électro-métallurgiques qu’on ne saurait autrement employer avec succès.
- Ainsi l’èlectrolyse du sulfate de zinc, en vue d’obtenir du zinc métallique, demanderait, pour chaque kilogramme de zinc produit, une dépense d’un demi-cheval de force motrice, avec l’emploi d’anodes insolubles, du coke, par exemple (ce qui serait une opération industrielle désastreuse) tandis que, si on pouvait utiliser des anodes solubles (des sulfures de fer, par exemple), le kilogramme de zinc produit ne demanderait plus qne 0,20 de cheval de force, ce qui pourrait aider à rendre l’industrie exploitable.
- M. Marchese fait enfin observer que l’èlectrolyse des sulfates métalliques avec anodes insolubles donne pour produits résultants du cuivre à la cathode et de l’oxygène et de l’acide sulfurique à l’anode, pendant que, si on fait la même électrolyse en employant des mattes cuivreuses pour anodes solubles,' les produits résultants seront du cuivre à la cathode et du soufre à l’anode.
- Ce fait n’est pas douteux, bien qu’on puisse expliquer différemment la production du soufre.
- J’accorderai volontiers à M. Lossier que ce soufre est dû à des actions chimiques secondaires; pourvu qu’il veuille bien reconnaître que ces mêmes actions, pendant l’électro-lyse avec l’emploi des mattes cuivreuses pour anodes, donnent les résultats suivants :
- i° Ils réduisent la force électromotrice, et, par conséquent, le travail à dépenser pour obtenir le dépôt de cuivre ;
- 2° Ils laissent, dans les résidus des anodes, une forte quantité de soufre à l’état de métalloïde.
- Mais je ne saurais être du même avis que M. Lossier lorsqu’il affirme que le soufre existant dans les résidus, ne provient que du sulfure de cuivre, tandis que le soufre du sulfure de fer se transforme en acides delà série thionique.
- Je prie M. Lossier de répéter l’expérience, en faisant l’èlectrolyse avec une anode de sulfure de fer tout seul et une différence de potentiel entre les électrodes inférieure à un volt, et il se convaincra parfaitement du contraire.
- Sa manière de voir sur la composition chimique des mattes et sur leur conductibilité électrique ne me semble pas plus exacte.
- Pour quelle raison le sulfure de cuivre, dans la matte, serait-il le Cu!S isolant et non le CuS qui est un très bon conducteur, spécialement dans les mattes riches en soufre?
- Après tout, ce n’est pas une conséquence très juste, que, ayant deux substances, dont l’une est conductrice, et l’autre isolante, leur mélange fondu ensemble, se maintienne dans les mêmes conditions de conductibilité, lorsque le courant les traverse.
- Le soufre métalloïde et le Cu*S, sont tous deux isolants, et fondus ensemble, ne devraient donner, selon la théorie de M. Lossier, aucun passage au courant électrique ; pourtant ce produit forme un excellent conducteur.
- La production d’acides thioniques, qui, selon M. Lossier, devrait avoir lieu dans les environs de l’anode, aurait besoin
- ' d’être ultérieurement démontrée par des expériences plus concluantes, puisqu’il est fort douteux que dans la zone où M. Berthelot a découvert l’acide persulfurique, puissent se former des acides moins oxygénés, que l’acide sulfurique normal.
- Enfin, dans l’impatience où il est d’imaginer des théories, M. Lossier nous présente la formule d’un acide thionique, qui n’existe pas; ceci m’engage à lui conseiller de s’abstenir un peu plus des théories, ou au moins de les mettre d’accord avec les résultats pratiques.
- Il ne risquera pas ainsi d’engendrer dans l’esprit des lecteurs, cette regrettable confusion d’idées et de mots, dont il a si peu charitablement gratifié M. Marchese.
- Je vous prie de vouloir bien, Monsieur le Directeur-publier cette lettre dans un des prochains numéros de votre excellent Journal.
- Veuillez agréer, etc.,
- Gerardo Badia.
- FAITS DIVERS
- Il existe en ce moment au Palais de l’Industrie des Champs-Elysées (pavillon de la ville Paris), une double exposition, d’un intérêt bien différent : l’exposition culinaire et l’exposition scientifique.
- Cette dernière comprend, notamment, deux nouvelles inventions ayant rapport aux transmissions télégraphiques, au gonflement et à la direction des ballons.
- Cette (double exposition s’est ouverte le 25 décembre, pour être clôturée le 25 janvier 1886.
- La Chambre syndicale des industries électriques s’est réunie en séance le i5 décembre dernier. Entre autres questions portées à l’ordre du jour, nous remarquons le compte rendu de la commission de l’enseignement et l’examen du projet de décret concernant l’établissement des conducteurs électriques.
- La réunion générale annuelle de la Société belge d’électriciens a eu lieu dernièrement au ministère des Chemins de fer à Bruxelles. M. Delarge, ingénieur en chef, directeur des télégraphes, a été élu président, à l’unanimité, en remplacement de M. Rousseau no’n rééligible. Après la lecture du rapport de M. Charles Mourlon, secrétaire, sur les travaux de la Société pendant l’année, on a procédé à l’élection des membres du conseil de la Société. Ont été élus : MM. Bède, Collard, de Cazenave, Bouquiè, Lebègue, Nothomb, Rousseau, van der Mensbrugghe et Wybauw.
- Le rapport de M. le capitaine du génie Waeffelaert, trésorier, constate que la Société est dans une situation florissante; le nombre des membres est de 253.
- Le Directeur général du chemin de fer de Kaschau Oderberger vient d’inventer un nouvel avertisseur électrique pour les salles d’attente et les buffets des chemins de fer. Au moyen d’un boulon installé dans son bureau, le chef de gare fait fonctionner une sonnerie correspondant à ces différents locaux, en même temps qu’un tableau indicateur fait connaître aux voyageurs les noms des principales stations où s’arrêtera le train en partance.
- On vient d’ouvrir un musée électrique à Berlin, sous le nom de grand théâtre électrique, où les propriétaires,
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- MM. Oeser frères se proposent de démontrer, sous une forme populaire, les merveilles de l’électricité.
- Le gouvernement italien vient de commander un bateau électrique à MM. Yarrow et Cie, à Popiar, en Angleterre. Ce bateau est destiné aux chantiers de la marine italienne à Spezzia, où l’on fera des expériences en vue de déterminer la valeur de ce système électrique pour les bateaux torpilles.
- Il serait question, paraît-il, d’ouvrir une Exposition d’E lectricité à Saint-Pétersbourg, dans les bâtiments du musée pédagogique de cette ville.
- Le nouveau chemin de fer électrique sur l’avenue Ridge à Philadelphie, a été inauguré le 28 novembre dernier en présence du président de la Compagnie des tramways. Une voiture a parcouru la ligne plusieurs fois, sans aucun accident ni interruption, et avec une vitesse de sept milles par heure.
- Un inventeur américain, M. Pond, vient d’imaginer un appareil électrique destiné â remonter les horloges automatiquement. Une petite pile fait fonctionner un moteur électrique qui remonte l’horloge et on peut se servir de la même pile pendant des années sans la renouveler, car elle ne fonctionne que pendant six secondes par heure ou quinze heures par an,
- M. Cyrus Field vient de commencer des poursuites en diffamation contre M. Gordon Bennett, parce que celui-ci a fait publier la dépêche suivante dans son journal le « New-York Herald » : On annonce qu’à la prochaine réunion des administrateurs de l’« Anglo-American Câble C° », M. Abbot demandera l’expulsion du conseil de M. Cyrus W. Field, comme étant indigne d’un poste de confiance et d’honneur. M. Field demande aux tribunaux de lui accorder 25o.ooo francs de dommages-intérêts.
- Voici une nouvelle application de l’électricité qui nous arrive d’Amérique et qui nous a paru assez curieuse pour être reproduite.
- « Les plus beaux magasins de Philadelphie, dans Chestunt Street, possèdent un appareil très ingénieux, le cash rail-way, chemin de fer de recettes, que l’on nomme la boule payante.
- « Rien de plus ingénieux que ce mode de payement employé dans toutes les grandes maisons des Etats-Unis. Pour éviter toute bousculade et la perte de temps à atteg-dre son tour de payement aux caisses, les acheteurs n’ont pas à se déranger. Il donnent le montant du prix au commis qui les a servis et s’assoient à l’aise. L’argent et la note d’achat sont remis dans une boule de bois; l’employé la place sur un petit rail spécial, qui la conduit aux bureaux de la caisse ; là, le caissier central reçoit l’argent envoyé, rend la monnaie et la note acquittée, met le tout dans la même boule numérotée, sur le rail à destination de l’employé, et le tout s’opère en deux minutes au plus ».
- L’Exposition des Nouveautés de Philadelphie n’a pas eu le même succès financier que l’Exposition d’électricité. Il y a eu environ 143.000 visiteurs qui ont rapporté près de 21S.000 francs, à peu près le montant des dépenses. Le nombre des exposants était de 4S0, environ.'
- L’assemblée législative de Pensylvanie n’a pas voté le projet de loi, forçant les entreprises d’électricité à mettre
- leurs fils sous terre, de sorte que l’ordonnance de la municipalité de Philadelphie touchant cette question se trouve par suite annulée.
- Éclairage Électrique.
- La Raffinerie Parisienne va prochainement être pourvue d’une installation de lumière électrique comprenant 45 foyers à arc du système Cance.
- La Compagnie du Chemin de fer de l’Est possède, à Paris, une installation de lumière électrique, destinée à l’éclairage des croisements de voies si nombreux aux abords de la gare des voyageurs. Cette installation, faite il y a plusieurs années par la Société lyonnaise, comporte i5 foyers Brush, mais elle n’a jamais donné de très bons résultats; aussi la Compagnie de l’Est s’est-elle adress'ée, l’année dernière, à M. Cance, et lui a-t-elle demandé de lui donner quelques-uns de ses appareils à l’essai.
- Il y avait là une difficulté à résoudre, car les lampes Cance se placent ordinairement en dérivation sur les bornes de la machine électrique, et la dynamo Brush, dont on disposait, ne pouvait alimenter que des foyers reliés en tension. M. Cance a donc dû modifier la disposition première de ses lampes, de façon qu’elles puissent fonctionner en tension sur un même circuit. Il a même fait davantage et a placé trois de ses lampes en série avec les régulateurs Brush. Malgré les conditions défavorables qui devaient résulter de cette installation toute provisoire, l’essai tenté à la gare de l’Est depuis près d’un an, a été assez concluant pour déterminer la Compagnie à augmenter son éclairage et à ajouter 3o lampes Cance aux iS régulateurs Brush employés jusqu’à ce jour.
- On se souvient, sans doute, des expériences comparatives d’éclairage au gaz et à l’électricité, faites sur la Grand’Place de Bruxelles. Ces expériences n’ont pas, paraît-il, amené de conclusion définitive, car la section du gaz du Conseil communal de la capitale, vient de décider, dans une séance toute récente, de continuer des essais analogues pendant une partie de cet hiver. On emploiera successivement, pendant un laps dè temps déterminé, les divers systèmes perfectionnés nouvellement innovés et la place servira ainsi de cadre à une sorte d’exposition permanente d’éclairage d’hiver.
- Nous apprenons que, contrairement à ce qui a été publié ces derniers temps, la salie des séances du nouveau palais de la Nation, à Bruxelles, où siège la Chambre des députés belge, sera éclairée à la lumière électrique. Toutes les dispositions sont cependant prises pour le cas où cét éclairage viendrait à faire défaut, et on pourra, en quelques heures, lui substituer le gaz. Les orifices destinés à recevoir, le cas échéant, des sun-btirners sont établis autour de la coupole et dissimulés sous des rosaces en cuivre doré.
- La maison Ganz et Cie vient de traiter avec la Compagnie du gaz à Rome pour l’éclairage électrique d’une partie de la ville à titre d’expérience. On se bornera pour le moment à éclairer le Corso de la Piazza Venezia jusqu’aux nouveaux quartiers et de la Piazza Gesù qui se terminent au pont de San Angelo.
- L’hôtel du ministère de la guerre, à Munich, vient d’être éclairé à l’électricité avec 600 lampes à incandescence dont 400 peuvent fonctionner à la fois. Il y a encore deux
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- foyers à arc établis pour l’éclairage extérieur. L’installation a été confiée à la maison Schuckert.
- Notre confrère américain V-Electrical World a reçu une lettre des autorités municipales de Moscou, demandant des renseignements au sujet de l’éclairage électrique par des stations centrales. Il parait que les autorités se proposent d’introduire ce mode d’éclairage à Moscou.
- La première fabrique de lampes électriques en Suède vient d’être établie à Sodertelge. L’usine est installée sur le modèle américain et dirigée par des électriciens qui ont travaillé en Amérique pendant plusieurs années.
- L’« Eastern Extension Telegraph C° » vient de faire construire un nouveau steamer télégraphique en remplacement du Magnéto, dont nous avons annoncé le naufrage il y a quelques mois. Le nouveau navire, qui a reçu le nom de Recorder, sera pourvu d’une installation complète de lumière électrique avant de partir de la Tamise.
- La minoterie de MM. Davidson et fils, à Newcastle on Tyne est entièrement éclairée par la lumière électrique à incandescence. L’installation comprend environ 200 lampes dont 18 de 5o et le reste de 20 bougies. Le magasin est éclairé par deux groupes de 6 lampes de 5o bougies et la chambre des machines contient i5 lampes de 20 bougies. Le courant est fourni par une dynamo du système Clarke, Chapeman et Parson, pouvant alimenter 25o lampes de 20 bougies et marchant à une vitesse de 9.000 tours par minute sans aucun échauffement.
- Plusieurs habitants des environs de la gare de Paddington à Londres ont adressé des plaintes à la police parce que la Compagnie du chemin de fer du « Great Western » a dernièrement fait installer des machines pour l’éclairage électrique de la gare, qui rendent le quartier presque inhabitable à cause de la vapeur de la fumée et du bruit continuel que font ces machines fonctionnant jour et nuit. La police a promis de s’entendre avec la Compagnie et de porter remède à cet état de choses.
- On estime qu’un million de crayons de carbone pour lampes à arc, sont consommés, chaque semaine, aux Etats-Unis; ces crayons ont environ i5 centimètres de long sur 8 millimètres de diamètre. Ils se vendaient 288 fr. 7S le mille; aujourd’hui, le prix est tombé à 78 fr. 75 et une douzaine d’établissements se livrent à cette fabrication.
- La municipalité de Dalton, en Ecosse, a décidé d’éclairer une partie de la ville à l’électricité.
- Depuis le t01, janvier, tous les vaisseaux de guerre et paquebots munis de. la lumière électrique pourront traverser le canal de Suez la nuit, comme le jour.
- La Compagnie Edison, à Fall River, dans l’Etat de Massachusetts, possède une station centrale capable d’alimenter 3.400 lampes à incandescence, dont 2.000 fonctionnent actuellement dans des hôtels, magasins, églises, etc. Des conducteurs souterrains ont été placés sur une longueur de trois milles dans les rues et il existe, en dehors de l’installation centrale, près de 4.000 lampes à incandescence fonctionnant dans 9 différentes usines.
- Télégraphie et Téléphonie.
- On annonce que le gouvernement italien a traité avec MM. Pirelli et Cie, de Milan, pour la pose d’un câble entre Massouah et Perim.
- Une dépêche de Saint-Pétersbourg, en date du 19 novembre, annonce que la construction de la ligne télégraphique,entre Merv et Penjdeh, a été terminée ce jour même.
- On annonce que le Ministre du commerce, à Belgrade, a interdit aux employés du département dos télégraphes d’accepter des dépêches du théâtre de la guerre à destination de l’étranger.
- L’administration des télégraphes, en Angleterre, n’accepte les télégrammes à destination de la Serbie et de la Bulgarie qu’aux risques de l’envoyeur.
- La commission nommée par la ville de New-York pour surveiller la mise sous terre des fils électriques, a visité Chicago, Philadelphie et Boston pendant la dernière semaine du mois de novembre. Avant de partir de New-York, les membres de la commission ont examiné cent différents systèmes souterrains, qui leur ont été soumis par une foule d’inventeurs. La commission a beaucoup admiré les installations souterraines à Chicago, qui semblent être plus complètes que partout ailleurs, et où l’on paraît avoir trouvé une solution satisfaisante de la question.
- On annonce que la « Western Union Telegraph C° », de New-York, a l’intention d’adopter un nouveau tarif uniforme de 25 sous pour toutes les dépêches de 10 mots à l’intérieur des Etats-Unis, mais rien n’est encore venu confirmer cette nouvelle.
- On télégraphie de Thyetmojo, en Birmanie, à Londres, que la communication télégraphique avec la frontière, sera probablement rétablie très prochainement.
- Ainsi que nous l’avons dit à plusieurs reprises, les fils électriques aériens, à Philadelphie, devaient disparaître à partir du 1er janvier courant. Les Compagnies télégraphiques et surtout la « Western Union », 'continuent néanmoins à placer des poteaux et des fils dans les rues, comme si de rien n’était. Il est vrai de dire que la ville elle-même se trouve dans l’impossibilité d’enlever ses propres fils, pour les mettre sous terre dans le délai fixé par la loi. Le chef du service électrique municipal, a donc demandé un crédit de 25.oco francs qui lui permettrait de se conformer à la loi en commençant à enlever les fils aériens à la date indiquée. La ville n’a accordé que 5.ooo fraucs. Or, comme le. quartier du centre possède à lui seul près de 4.000 milles de fils aériens, et que la ville est responsable de tous les dégâts résultant de l’enlèvement de ces fils, il est probable qu’on restera dans le statu quo, encore quelque temps.
- La construction des nouvelles sections du réseau télégraphique du gouvernement avance rapidement au Canada. Deux sections, d’une longueur de ç3 milles, sont déjà terminées et toutes les dispositions sont prises pour la construction immédiate de la ligne qui reliera Battleford avec la ville qui formera le nouveau centre. Une autre ligne va être construite entre Edmonton et Victoria, de sorte
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- qu’il y aura l’année prochaine une communication directe entre Pitt et Victoria.
- Nous avons déjà eu l’occasion de parler du projet de traité à intervenir entre le Gouvernement français et la « West African Telegraph C° »,pour relier télégraphiquement nos colonies du Sénégal et de la côte de Guinée. Voici de nouveaux renseignements sur ce traité soumis en ce moment à l’approbation des Chambres.
- La Compagnie concessionnaire établira, le long de la côte occidentale d’Afrique, un câble sous-marin destiné à prolonger le câble de Cadix à Saint-Louis du Sénégal.
- Ce câble desservira les possessions françaises indiquées ci-après : Rio-Nunez, Grand-Bassam, Porto-Novo et le Gabon. La Compagnie l’exploitera et l’entretiendra pendant une période qui prendra fin en même temps que la concession accordée pour le câble (de Ténériffe à ,Saint-Louis du Sénégal (12 décembre 190g).
- Le câble sera construit conformément aux types adoptés pour le câble de Ténériffe à Saint-Louis du Sénégal.
- Pour la correspondance locale, c’est-à-dire pour la correspondance échangée entre Saint-Louis du Sénégal et chacune des possessions françaises situées au sud du Sénégal et réciproquement, la part de la Compagnie ne
- pourra excéder :
- Entre le Sénégal et :
- i° Rio-Nunez, par mot........................3 75
- 2® Grand-Bassam, par mot.....................4 25
- 3° Porto-Novo, par mot.......................5 75
- 4® Le Gabon, par mot.........................6 25
- Entre Rio-Nunez et :
- 1® Grand-Bassam, par mot..................... 1 5o
- 2® Porto-Novo, par mot.......................3 »
- 3® Le Gabon, par mot.........................4 5o
- Entre Grand-Bassam et :
- 1® Porto-Novo, par mot...................... 1 5o
- 2® Le Gabon, par mot.........................3 »
- Entre Porto-Novo et le Gabon, par mot........1 5o
- Pour les correspondances échangées entre les stations de Rio-Nunez, Grand-Bassam, Porto-Novo, le Gabon, d’une part, et tout bureau télégraphique autre que ceux du Sénégal, d’autre part, les taxes comprendront, en sus des taxes indiquées au paragraphe précédent, les taxes applicables à partir du Sénégal jusqu’à destiuation, ces dernières étant calculées en conformité de l’article 12 du contrat portugais.
- La Compagnie fixe à 3 fr. 5o par mot, pour les correspondances échangées entre l’Afrique et l’Europe, la taxe applicable au transit du câble de Saint-Vincent au cap Vert au point d’atterrissement sur la côte d’Afrique.
- Ainsi que nous l’avons déjà dit, le château royal de , Laeken est relié par téléphone à l’Opéra de Bruxelles; cette installation vient de rendre de grands services depuis la mort du roi d’Espagne, car, la Cour ayant pris le deuil, la reine de Belgique n’a plus paru naturellement dans la petite loge où, chaque soir, elle venait assister aux représentations du théâtre de la Monnaie.
- Grâce au téléphone, Sa Majesté a pu ne pas changer complètement ses habitudes, et assister de loin aux représentations. 11 paraît même qu’elle a fait davantage, et l’on dit qu’elle écoute aussi les répétitions.
- Un journal bruxellois, raconte à ce propos, qu’une fois, la reine, en suivant par l’appareil téléphonique le travail N curieux d’une répétition des Templiers, eut tout à coup un tel mouvement de brusque surprise, que le téléphone lui tomba des mains. Sa Majesté venait d’entendre le chef d’orchestre interpeller les chœurs, en invoquant le nom de Dieu d’une façon absolument étrangère à l’étiquette des Cours. Depuis ce jour-là, les répétitions au théâtre de la Monnaie sont conduites avec des formes et une élégance
- de langage qui plongent dans la rêverie les choristes et les figurants. C’est un résultat auquel personne n’avait songé pour le téléphone.
- La Tribune de Chicago publie le relevé du nombre d’abonnés au Téléphone, et du prix de l’abonnement dans 33 des principales villes des Etats-Unis. Dans nombre de villes, le tarif varie suivant Ja distance ou le nombre des messagers.
- Le plus grand nombre d’abonnés, 9,000, se trouve, naturellement, à New-York, où la taxe nouvelle varie de 3i5 à 976 francs. Voici les chiffres de quelques autres villes :
- Abonnés Taxes
- Chicago......................3.5oo 525 » à 787 5o
- Buffalo......................3.200 262 5o à 577 5o
- Philadelphie.................3.ooo 63o »
- Cincinnati...................2.700 262 5o à 787 5o
- Providence...................2.25o 220 5o à 3i5 »
- Boston.......................2.100 378 » à 761 25
- Detroit......................2.025 378 »
- San-Francisco................2.017 3i5 »
- L’une des villes les mieux partagées est Providence, qui a, à peu près, la population de Liège. Dans la Nouvelle-Angleterre, les villes de plus de 20.000 habitants, à l’exception de Boston, payent de 210 francs à 3ç3 fr. 75.
- Les différents services de l’administration municipale de la ville de Boston emploient plus de 100 téléphones reliés au bureau central. En raison du nombre considérable des abonnements, et en échange de plusieurs privilèges accor. dés à la Compagnie, la ville a cru pouvoir demander une réduction du prix de l’abonnement, que la Compagnie n’a cependant pas voulu accorder, sachant parfaitement que la ville ne peut pas se passer du service téléphonique, surtout pour le département de la police. L’année dernière, la ville a ainsi payé 64.409 francs à la Compagnie des téléphones, et le maire, M. O’Brien a demandé à ses collègues d’un certain nombre de villes, de lui faire connaître le prix payé par leurs administrations pour le service téléphonique. A Cincinnati comme à Cleveland, Detroit, Portland et Worcester, la ville a le privilège de se servir des poteaux téléphoniques, pour ses propres fils. A Lawrence, le prix payé par la ville ne peut subir aucune augmentation. A Lowell le département des pompiers ne paye que 125 francs par an. A Saint-Louis, la Compagnie des Téléphones donnera à la ville une redevance de 2 1/2 0/0 sur les recettes brutes jusqu’en 1890, après quoi la redevance sera de 5 0/0.
- Depuis la fin du mois d’octobre 1884 jusqu’au i®r novembre i885, le nombre des réseaux téléphoniques en Allemagne, qui, à la première date était de 49, s’est augmenté de 37 et comprennent aujourd’hui un total de i3.527 postes téléphoniques. Les réseaux les plus importants sont ceux de Berlin, avec 4.248 abonnés, Hambourg, avec 1.951, Dresde, avec 727, Francfort-sur-le-Mein, avec 491 ; Leipzig, avec 468, Cologne, avec 387, etc. Le nombre des communications établies d’une ville à une autre était de 20, en 1884, tandis qu’il y en a aujourd’hui 48. Les lignes les plus longues de ce genre sont celles de Berlin â Magdebourg, de 178 kilomètres, de Francfort à Manheim, 86 kilomètres, de Brême à Bremerhafen, 69 kilomètres, de Hambourgà Lubeck,67 kilomètres, de Berlin à Ludwigsfelde, 40 kilomètres, de Mayence à Francfort, 37 kilomètres, de Berlin à Potsdam 28 kilomètres, de Cologne à Bonn, 26 kilomètres, de Mulhouse à Thann, en Alsace, 21 kilomètres, etc., etc.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3. quai Voltaire. — 63o6o
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 8® ANNÉE (TOME XIX) SAMEDI 16 JANVIER 1886 N* 3
- SOMMAIRE. — Sur les courants thermo-électriques; J. Moutier. — Etudes sur les machines dynamos; W. Cam. Rechmewski. — L’allumage électrique des moteurs à gaz; G. Richard. — Etude sur les galvanomètres : l’ammètre Woodhouse et Rawson; A. Minet. — Essais des câbles sous-marins; Ém. Dieudonné. — Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinqvitch : Sur la valeur actuelle des éléments magnétiques à l’observatoire du parc Saint-Maur, par M. Th. Moureaux. — La loi d’aimantation des électro-aimants et son application à la théorie de la machine dynamo-électrique; par M. S. P. Thompson. — Sur un photomètre à compensation, par le docteur Hugo Kruss. — Le dynamomètre de Tatham. — De l’acier pour les aimants. — Correspondances spéciales de l’étranger : Allemagne; H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Chronique : De la télégraphie optique, au moyen du ballon lumineux. De la direction des ballons. — Bateau torpilleur sous-marin, système Goubet. — Révision de Berlin (suite). — Faits divers.
- SUR LES COURANTS
- THERMO-ÉLECTRIQUES
- Gaugain, dans un remarquable mémoire consacré à l’étude des courants thermo-électriques, s’était proposé de déterminer la force électromotrice développée dans un circuit formé d’un nombre quelconque de métaux, lorsque les contacts sont à des températures différentes les unes des autres ('). Il a montré que la force électromotrice d’un circuit composé de n métaux, peut s’obtenir au moyen des forces électromotrices de n-i circuits binaires, de sorte que ces derniers circuits sont les seuls dont il soit nécessaire de déterminer expérimentalement les forces électromotrices.
- Gaugain attribuait l’origine des courants thermoélectriques aux seules forces électromotrices de contact. Les recherches de M. W. Thomson ont établi l’existence de forces électromotrices dans un conducteur homogène dont les diverses parties sont à des températures différentes.
- Il est nécessaire aujourd’hui.de tenir compte des forces électromotrices dues aux inégalités de température ; il y a lieu de chercher si la proposition de Gaugain est conciliable avec l’existence de forces électromotrices, autres que les forces électromotrices de contact.
- f1) Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. LXV,
- P. 12.
- i. Les forces électromotrices que l’application de la chaleur peut développer dans un circuit hétérogène, sont de deux sortes : les unes se développent au contact des divers métaux qui composent le circuit, les autres se développent sur chaque métal par suite des différences de température.
- Considérons d’abord les forces électromotrices de contact.
- Lorsque deux métaux sont en contact, il existe une différence de potentiels ou une force électro-motrice de contact qui dépend de la nature des métaux et de la température ; cette force électromotrice est indépendante de l’étendue de la surface de contact.
- Si l’on désigne par A et B deux métaux en contact à la température t, nous représenterons la force électromotrice de contact, dirigée de A vers B, par la notation :
- A, B
- t ‘
- La force électromotrice de contact dirigée en sens contraire de B vers A, est égale à la force électromotrice dirigée de A vers B, changée de signe. On a, dans la notation adoptée ici,
- A, B _ B, A i t
- Lorsque deux métaux sont en contact par leurs extrémités et sont à une même température, la somme des forces électromotrices de contact est nulle, lorsque l’on compte ces forces électromo-
- i
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- trices en parcourant le circuit dans un sens déterminé. Il en est de même pour un circuit composé d’un nombre quelconque de métaux à la même température.
- Soit, par exemple, un circuit formé de trois métaux, A., B, C à la même température t.
- On a la relation :
- ou encore
- A, B B, C C, A________
- t + t + t °’
- A, B ^ B, C_ A, C
- La force électromotrice développée au contact de deux métaux A et C à la température t, est égale à la somme des forces électromotrices qui se développent entre le premier métal A et un métal intermédiaire B, entre le métal intermédiaire B et le second métal C, à la même température.
- Une soudure qui réunit deux métaux à une même température, introduit deux forces électromotrices dont la somme est égale à la force électromotrice développée au contact des deux métaux à la même température.
- Les forces électromolrices de contact ne sont pas les seules forces électromotrices qui existent dans un circuit, dont les parties sont à différentes températures. M. W. Thomson a montré que des forces électromotrices peuvent se développer dans un métal homogène par suite des inégalités de température.
- La force électromotrice de cette espèce, qui existe en. un point d’un conducteur homogène, résulte de la différence des potentiels en ce point et en un point infiniment voisin. La somme des forces électromotrices de cette espèce, pourun conducteur homogène, est la différence des potentiels aux extrémités du conducteur.
- Si l’on désigne par T la température de l’extrémité la plus chaude du conducteur, par t la température de l’autre extrémité, la somme des forces électromotrices dues aux inégalités de température, comptée dans le sens où les températures croisr sent, peut se représenter par
- AT)
- en désignant par/une fonction qui dépend de la nature de chaque métal, et qui est d’ailleurs indépendante de la forme ou des dimensions du conducteur.
- 2. Cirmit binaire. — Considérons un circuit binaire, composé de deux métaux A et B (fig. 1), dans lequel les contacts sont aux températures T et t : (nous supposerons que la température T soit la plus élevée).
- Les forces électromotrices sont au nombre de quatre.
- Au contact chaud existe une force électromo trice
- A, B T ’
- dirigée de A vers B.
- Au contact froid existe une force électromotrice
- A, B t ’
- dirigée également de A vers B.
- La somme des forces électromo trices, provenant des inégalités de température du métal A, comptée dans le sens où les températures croissent, est
- /a(T)-/a(0-
- La somme des forces électromotrices, provenant des inégalités de température du métal B, comptée dans le sens où les températures croissent, est
- ^(T)~/bW.
- La somme algébrique des quatre forces électro
- FIG. I
- motrices est la force électromotrice du circuit binaire; nous la représenterons par :
- A, B T ,t ’
- et nous la supposerons comptée de A vers B, eh traversant le contact chaud. La force électromotrice du circuit binaire a pour valeur
- A^B = A^B _ A^B +/a (t) _/a (0 _ | /b (t) _/b (,) J _
- 3. Gaugain a mesuré les forces électromotrices d’un grand nombre de couples en maintenant dans toutes les expériences, le contact froid à une température invariable 6.
- En faisant varier la température du contact chaud, il a pu dresser, pour chaque couple thermo-électrique, une table des forces électromotrices.
- La forcé électromotrice d’un couple dont les contacts sont à des températures T et t se déduit facilement des forces électromotrices du même couple, lorsque les contacts sont aux températures T et 0, aux températures t et ô.
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- On a, en effet, la relation
- A, B_A, B A, B
- T, t T, 0 /, 0 '
- Cette relation, établie expérimentalement par Becquerel, a été démontrée par Gaugain en considérant uniquement les forces électromotrices de contact : elle n’est pas modifiée lorsque l’on tient compte des forces électromotrices dues aux inégalités de température. Si l’on remplace chacune des forces électromotrices, qui entrent dans cette relation, par l’expression précédente, on vérifie aisément l’exactitude de cette relation.
- 4. Circuit multiple. — Considérons le circuit formé par les métaux A, B, C, D,... (fig.2), dans lequel les températures des contacts sont t0,t, t',...
- La force éleçtromotrice de ce circuit, en y comprenant à la fois les forces électromotrices de contact et les forces électromotrices dues aux inégalités de température, a pour expression :
- E=n¥+2;(A«-Awj.
- FIG. 2
- La première somme s’étend à tous les points de contact; la seconde somme s’étend à tous les conducteurs.
- Imaginons une température ô, inférieure, par exemple, à toutes les températures des contacts. On a identiquement pour le conducteur A :
- 4 w-4 (to)=fA (o-/A.(o) - f 4 (M-fA (0) j.
- On a de même pour le conducteur B :
- /B(n-/B(9 =4(0-40»- |/BfO -4(°) (.
- La force électromotrice du circuit peut se mettre sous la forme
- E = Z i^r+4W-4(rj)-[4W-4(°)] J-
- Dans cette expression, la somme s’étend à tous les points de contact.
- D’ailleurs la somme des forces électromotrices de contact est nulle dans un circuit, lorsque tous les points du circuit sont à une même température 6,
- La force électromotrice du circuit peut s’écrire :
- { ^---^+4(9-4 w-[4 (9-4(0)] I-
- L’un des termes de la somme est égal à la force électromotrice du couple A, B, lorsque les contacts sont aux températures t et 6. On a donc finalement :
- L t, 0 '
- Ainsi, la force électromotrice d'un circuit multiple est égale à la somme des for ces électromotrices de circuits binaires ou découplés en nombre égal à celui des contacts : chacun des couples est formé par deux métaux contigus; la température du contact le plus chaud dans chacun de ces couples est égale à la température du contact correspondant dans le circuit multiple, la température du contact le moins chaud est une température arbitraire, commune à tous les couples.
- Lorsqu’une soudure à température uniforme réunit deux métaux, il n’y a pas lieu de compter la soudure; cela résulte immédiatement de l’expression de la force électromotrice du circuit.
- Les circuits binaires sont les seuls dont il soit nécessaire de mesurer les forces électromotrices. Gaugain avait reconnu cette propriété et, en même temps, il avait indiqué la proposition suivante : La force électromotrice d'un circuit composé de n métaux est égale à la somme des forces électro-motrices de n-i couples.
- Ce mode de réduction paraît, au premier abord, plus simple que le précédent; mais il n’en est pas ainsi en réalité. Dans la méthode de Gaugain, les températures de contact des couples sont égales aux températures des contacts des circuits multiples, toutes les mesures de Gaugain se rapportent à une température 6arbitraire; dans le mode de réduction proposé par Gaugain, il faut déduire la force élec-tromotrice de chaque couple des mesures directes en appliquant la loi de Becquerel; la force électromotrice du circuit multiple est, en réalité, la somme algébrique de 2 (n-i) forces électromotrices de circuits binaires. Le mode de réduction que l’on indique ici permet d’utiliser immédiatement les mesures des forces électromotrices des n couples formés par les métaux contigus.
- J. Moutier.
- ÉTUDES SUR
- LES MACHINES DYNAMOS
- Études sur les machines dynamos. — Nous avons déjà vu dans les deux précédents articles que le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fonctionnement d’une machine dynamo est déterminé, lorsque l’on connaît la vitesse, le nombre de tours de fil sur les électros en série et en dérivation, les résistances des différents circuits et la manière dont le champ magnétique varie avec les forces magnétisantes, c’est-à-dire la courbe du magnétisme de la machine. Nous avons ensuite traité, par des constructions graphiques, en partant de cette courbe, quelques problèmes se rapportant à l’autorégulation des machines dynamos
- pour potentiel constant, et au couple moteur des machines dynamos, employées comme réceptrices.
- Les machines dynamos en dérivation et le problème de l’autorégulation pour un courant constant peuvent aussi être traités d’une manière très simple par la méthode graphique.
- Dynamo en dérivation. — De même que pour les machines en série, le fonctionnement d’une dynamo
- en dérivation est caractérisé par la manière dont la force électromotrice (fig. i) induite varie avec le courant, et la courbe qui représente cette force électromotrice en fonction du courant peut aussi être appelée caractéristique de la machine en dérivation, et c’est cette courbe, que nous désignerons par C, qu’il s’agit de déterminer en partant de la courbe du magnétisme. Soit M la courbe du magnétisme de la machine, les abscisses représentant les forces magnétisantes (par exemple le nombre d’ampères-tours sur les électros), et les ordonnées le champ magnétique; ces ordonnées représentent donc aussi, à une certaine échelle, les forces élec-
- tromotrices induites, lorsque l’armature tournerait à une certaine vitesse de « tours par seconde dans ce champ magnétique.
- Nous nous posons le problème de trouver une courbe C représentant la différence de potentiel aux bornes, en fonction du courant total I„.
- Le courant L dans le circuit excitateur dérivé est AP
- égal à pj’ où AP est la différence de potentiel aux bornes et Rd la résistance des électros en dérivation; la force magnétisante sera = LN</; si Nd est le nombre de tours de fil sur les électros, et la force électromotrice produite dans l’armature pourra
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- alors être relevée sur la courbe du magnétisme.
- Supposons une différence de potentiel AP=05" aux bornes; portons-la sur l’axe des Y la force magnétisante correspondante pourra être représentée par une certaine longueur 05' que nous porterons sur l’axe des X ; la force électromotrice totale induite dans l’armature sera alors égale à 5'Pj., il faut par conséquent qu’une différence de potentiel AP' = 5'P'5— 05" soit dépensée dans l’armature par le passage du courant pour que la différence de potentiel aux bornes soit bien celle que nous avons admise AP = 05".
- Désignant par Ia le courant et Ra la résistance de l’armature, nous aurons :
- AP' —R„I„.
- En menant par 5" une horizontale jusqu’à la rencontre Bb avec l’ordonnée S'P^, nous aurons :
- AP'=P'Bb,
- et en faisant :
- SBb=R0,
- , P' B;; AP'
- tgP5 S Bb= -gig- = -pr- — I„.
- En menant, par un point G, situé sur l’axe des Y, à une distance de l’origine O égale à l’unité, une droite perpendiculaire à SPj, nous couperons sur l’axe des X un segment 05 égal au courant Ia. En effet l’angle :
- 5GO=p;sbb,
- donc
- 05=OG tgOG5=I„,
- c’est le courant qui correspond à la différence de potentiel aP aux bornes que nous avons admise.
- Ayant ainsi deux valeurs correspondantes aP = 05" et L = 05, nous obtenons facilement le point Ps de la courbe cherchée C ; et en cherchant de la
- même manière pour une série de valeurs aP, les valeurs correspondantes Ia, nous pourrons la tracer toute entière.
- Nous remarquons que les forces magnétisantes 05' étant toujours proportionnelles aux différences de potentiel aP = 05" = 5'BS aux bornes, tous les points B8 sont situés sur une droite, passant par l’origine et inclinée symétriquement, par rapport aux lignes 5"5', c’est-à-dire que l’inclinaison
- t»B.os'=.g5*yo=^;=â£,
- de OBb caractérise l’action magnétisante de la dérivation.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- L’intersection A' de cette droite avec la courbe du magnétisme correspond à l’intersection A de la courbe C avec l’axe des Y.
- Nous voyons que les courants I., = 05 sont pro-porportionnels aux segments P„Bb entre la droite OBb et la courbe; d’un autre côté, les segments correspondants aP = 5'B" sont proportionnels aux longueurs O Bb ; par conséquent, la courbe C n’est qu’une reproduction déformée du segment
- obba'p;q.
- De sorte qu’en changeant convenablement les échelles, on pourrait mesurer les différences de potentiel aP sur la droite OA' et les courants correspondants la comme ordonnées BbPb du segment.
- En considérant simplement la forme de ce segment OP'5A'0,nous pourrons nous faire une idée de la forme de la courbe C sans avoir besoin de la dessiner.
- Si nous changeons l’enroulement en dérivation, en augmentant ou diminuant le nombre et la résistance des spires, l’inclinaison de la droite OA' change, la tangente de son inclinaison étant toujours égale au facteur par lequel il faut multiplier la différence de potentiel aux bornes pour obtenir son action magnétisante.
- La droite OA' prendra, par exemple, les différentes positions OG', ON', etc., les segments qu’elle détermine avec la courbe M se modifient et, par conséquent aussi, d’une manière semblable, la courbe C.
- Cg et Cn sont deux courbes obtenues de cette manière.
- Le courant I dans le circuit extérieur est égal au courant total diminué du courant en dérivation.
- T__ T T _T AP
- I_I„ Irf —I«— R<{.
- En menant par l’origine une droite OK inclinée de manière que la tangente trigonométrique de son
- angle avec l’axe des Y soit , les abscisses 5"K0
- de la droite, pour une différence de potentiel aux bornes aP=05" représenteront le courant L qu'il faudra soustraire du courant total L = 05 pour avoir le courant I = KBPB dans le circuit extérieur.
- Le point d’intersection K" de la droite OK avec la courbe C correspond au courant I = o; la machine marche à circuit ouvert. Menons par l’origine O une droite OL inclinée de manière que la tangente trigonométrique de son angle £ avec l’axe des X représente la résistance intérieure R,, de la machine, tg 0 = R„.
- Les segments verticaux LBPB entre cette ligne et la courbe C représentent les forces électromotrices totales E induites dans l’anneau.
- En effet LBPB = 5PB -)- LB5 = différence de potentiel aux bornes -f- différence de potentiel dépensée dans la machine par le courant Ja; le
- courant correspondant dans le circuit extérieur est donné par la longueur PBK3 comme nous avons déjà vu précédemment.
- La courbe C détermine avec les droites OK et OL, la manière dont varie la force électromotrice induite E en fonction du courant extérieur I, et nous pourrons l’appeler la caractéristique de la machine en dérivation.
- Il serait facile de la dessiner en coordonnées rectangulaires, en portant les courants KBPB comme abscisses, et les forces électromotrices LBP8, comme ordonnées ; mais il est inutile de le faire, la courbe C, telle qu’elle est dessinée, caractérise tout aussi bien le fonctionnement de la dynamo, et permet d’en tirer les mêmes conséquences comme nous le verrons en parlant de la régulation.
- Pour étudier la marche de la machine avec différents enroulements des électros, il n’est pas nécessaire de dessiner les différentes courbes C; nous avons vu, en effet, qu’elles ne sont que la reproduction des segments compris entre la courbe du magnétisme M et les droites OA' qui caractérisent l’enroulement; pour un point quelconque P'# par exemple l’ordonnée de la droite 5'Bb représente la différence de potentiel aux bornes, et l’ordonnée du segment BbPb est proportionnelle au courant total I„.
- Ce qui caractérise chaque enroulement en dérivation au point de vue magnétique c’est le rapport de son action magnétisante à la différence de potentiel aP aux bornes, et cette action est égale au courant, multiplié parle nombre despires = Nrf L
- ,T AP Nrf , , Nrf
- = Nrf ^ aP ; c est donc le rapport
- Nous avons vu qu’il était égal à la cotangente de l’angle a, que fait la droite OA' avec l’axe des •X; lorsque ce rapport augmente, la droite OA' s’incline et lorsqu’il diminue elle se relève.
- Autorégulation pour courant constant. — En considérant la courbe C on remarque (fig. 2), qu’elle a toujours une tangente parallèle à la droite OK, c’est-à-dire une partie dans laquelle le courant extérieur Ireste constant, malgré les variations de la résistance dans le circuit; dans certaines limites une machine dynamo en dérivation peut donc être considérée comme autorégulatrice pour courant constant, la régulation sera évidemment d’autant meilleure que cette partie de la courbe est plus longue et plus droite.
- Nous allons chercher s’il est possible de rendre la régulation meilleure en modifiant l’enroulement des èlectros.
- Nous avons vu que le segment OA'PO représentait aussi le segment compris entre la courbe C et l’axe des Y ; la droite OK peut être représentée par la droite OV, qu’on trouvera en menant
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- par K" une horizontale jusqu’à la rencontre en V de la courbe M.
- La partie de la courbe C, qui est parallèle à OK, correspond à la partie de la courbe M parallèle à OV.
- En augmentant ou diminuant l’enroulement, la droite OV s’incline plus ou moins, mais en regardant le segment qu’elle détermine avec la courbe du magnétisme, on voit que la régulation ne s’améliore pas beaucoup.
- Si on admet une variation du courant de 200/0,
- par exemple, la dynamo serait auto-régulatrice pour une résistance extérieure variant dans le rapport de 1 à 3 à peu près, ce qui est suffisant pour beaucoup de cas de la pratique.
- Double enroulement. — Ajoutons à l’enroulement en dérivation un enroulement en série et voyons quelle forme prend la caractéristique C.
- Supposons d’abord l’enroulement en série agissant en sens contraire de celui en dérivation (fig. 3).
- Pour une différence de potentiel égale à 05" le
- FIG. 3
- champ magnétique est, comme nous avons vu, égal a 5'P'j. et le courant I“ = et son action
- magnétisante lui étant proportionnelle — <* Ia où « est une constante et agira de manière à affaiblir le champ magnétique.
- Faisons 5'E = a et menons par E une perpendiculaire à DP'1; le segment coupé sur l’axe des X a! 5' sera égal à l’action démagnétisante du courant L.
- L’action magnétisante totale sera donc 05' — 5' = O a' et le champ magnétique a' P et non pas 5'P',..
- Mais alors, la différence de potentiel dépensée par le courant dans la machine ne pourra être que
- a'P — a P — BP — a B- et par conséquent le courant sera plus faible ; I«, = son action démagnétisante sera aussi plus faible ; on la trouvera en menant par E une perpendiculaire à Da; nous obtenons ainsi un nouveau champ magnétique b'n et un nouveau courant Ift, qui s’approche davantage de la vérité.
- En continuant de cette manière, nous arrivons comme limite à un certain champ magnétique n'n qui est le vrai champ correspondant au double enroulement choisi.
- Pour ce champ limite, nous avons E n' perpendiculaire à Dûf, et nd = 11' 5'.
- Les deux triangles E«'5' etDiBi; sont semblables,
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- donc
- rfB8 DBr, Rg
- nd E'' a
- Comme R« et « sont déterminées pour chaque enroulement, l’inclinaison de la ligne Bsm, dont l’intersection n avec la courbe du magnétisme détermine le vrai champ magnétique n'n est aussi déterminée.
- Par conséquent, pour trouver le champ magnétique correspondant à une différence de potentiel
- aP aux; bornes représentée, par exemple, par l’ordonnée 2'B2 de la droite OA', nous n’avons qu’à mener par le point B2, une parallèle Bjn' à la droite Bsm, sm' sera le champ magnétique cherché. Connaissant le champ magnétique et les courants correspondants, on construit la caractéristique C' de l’enroulement choisi, de la même manière que, précédemment, la caractéristique C, pour l’enroulement en dérivation.
- On remarque que ici aussi, le segment compris entre la caractéristique C' et l’axe des Y peut être
- FIG. 4
- représenté par le segment compris entre la courbe G' que l’on obtient enjoignant les extrémités ddes champs magnétiques et la droite OA'.
- En augmentant l’enroulement en série on obtient
- la courbe. C", pour laquelle le rapport est représenté par l’inclinaison de la ligne Baz.
- On remarque que l’ordonnée OA reste la même pour tous les enroulements en série; elle ne dépend, , en effet, que de la dérivation; mais la caractéristique devient de plus en plus plate, à mesure que l’enroulement en série augmente. Sa tangente, à l’origine, se relève de plus en plus, c’est-à-dire que le désamorcement arrive de plus en plus vite lorsque la résistance diminue.
- Si on fait agir l’enroulement en série dans le même sens que celui en dérivation, la construction reste la même; la droite Bam passe de l’autre côté de la verticale, son inclinaison change de signe.
- Les courbes C, et C2 ont été construites pour les inclinaisons Bb<? et BSig\ et G2 sont les courbes correspondantes des champs magnétiques.
- La courbe Ci revient à l’origine en rasant l’axe des X, la courbe C2 n’y revient plus; elle coupe l’axe des X, c’est-à-dire que la machine ne se désamorce plus, même en court circuit ; le passage se fait au moment où la ligne BBg- devient tangente à la courbe du magnétisme M, à l’origine. Pour toutes les inclinaisons plus grandes, les
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- courbes C couperont l’axe des X, pour les inclinaisons plus petites elles passeront par l’origine.
- En continuant à augmenter l’enroulement en série, la ligne Bs g peut prendre l’inclinaison de la droite OA', la courbe G3 devient une droite parallèle à l’axe des X; la courbe C3 devient une droite inclinée : cela veut dire que, pour cet enroulement, le champ magnétique reste constant, la machine fonctionne comme une magnéto.
- Pour l’inclinaison Be4 nous obtenons les courbes G* et C*. Nous voyons que, dans toutes, la différence de potentiel aux bornes baisse, lorsque L augmente; mais lorsque l’inclinaison devient celle de la tangente à la courbe du magnétisme M au point A', le premier élément de la caractéristique devient parallèle à l’axe desX; le potentiel aux bornes reste constant, lorsque le courant varie nous entrons dans les caractéristiques de l’autoré-gulation pour potentiel constant.
- Comme nous avons déjà traité ce»cas dans la première étude (l) d’une manière différente, il est vrai, nous ne nous y arrêterons pas cette fois-ci. Si lat droite B^ continue à s’incliner, les caractéristiques C commencent, en partant de A, à se relever pour descendre ensuite couper l’axe des X, la dynamo se comporte alors plutôt comme une dynamo en série, ce dernier enroulement devenant prépondérant.
- Autorégulalion pour courant constant (fig. 4).— En considérant les caractéristiques C ou les courbes G des champs magnétiques, qu’il est plus facile de construire, on voit qu’on ne peut guère améliorer la régulation pour courant constant, telle qu’elle se trouve accomplie par une dynamo en dérivation , en ajoutant un enroulement en série, soit de manière à augmenter, soit de manière à diminuer le champ magnétique produit par la dérivation.
- Si on admet, par exemple, une variation du courant I égale à 10 ou 20 0/0, on voit que les longueurs des parties des caractéristiques C, parallèles à la droite OK et répondant à cette condition sont à peu près égales. En effet, menons aux courbes C"C\ C, C,,CS, des sécantes aa’, bb’, ce’, dd', de telle manière que les hauteurs des segments aa'a", bb'b", cc'c" dd'd" qu’elles déterminent avec les courbes C"C,Cl soient toujours égales à i/5 de la distance des sommets à la droite OK; dans chacun de ces segments le courant ne varie que d’un cinquième de sa valeur totale.
- La longueur aa', bb', cc', dd' de ces segments est à peu près la même, c’est-à-dire correspond à des variations égales de potentiel. Mais la distance de l’extrémité inférieure de ces segments à l’axe des X, est différente, diminuant à mesure qu’on s’avance vers la droite; c’est-à-dire que la résistance, à
- C) Voir La Lumière Électrique, n° 5o, vol. XVIII, 188S.
- partir de laquelle l’autorégulation se fait est plus faible pour les courbes C, que pour les courbes C",C',C; entre la courbe C, et C2, il doit s’en trouver une qui coupe l’axe des X, et la régulation commence à partir de l’axe des X, parallèlement à OK, c’est-à-dire de la résistance zéro.
- Dans la pratique on choisira l’enroulement qui convient le mieux pour le but qu’on se propose d’atteindre, en remarquant que la même machine, enroulée de manière à avoir les caractéristiques C* produit pour le même poids un travail bien plus considérable, tout en ne dépensant pas plus pour la formation du champ magnétique que certains enroulements correspondant aux caractéristiques C", etc., les premiers, non seulement produisent plus de travail, mais leur rendement est aussi bien meilleur.
- W. Cam. Rechniewski.
- L’ALLUMAGE ÉLECTRIQUE
- DES MOTEURS A GAZ
- Les moteurs à gaz se divisent en deux grandes classes suivant que le mélange explosif qui constitue leur élément moteur est ou non comprimé avant son allumage : en machines, avec ou sans compression.
- La compression du mélange détonant a pour principal effet de permettre en grande partie, par réchauffement préalable qui en résulte et par le rapprochement des molécules du mélange, l’emploi de mélanges moins riches qu’avec les moteurs sans compression. La chaleur communiquée au mélange par sa compression permet en effet, toutes choses égales, d’employer une proportion d’air plus considérable, te ut en conservant au mélange son caractère détonant, de manière à mitiger l’explosion, au grand avantage du mécanisme, en la faisant porter sur un volume de gaz plus étendu, agissant en quelque sorte comme un ressort amortisseur du choc et accumulateur de l’énergie calorifique. La compression augmente, à composition égale, le rendement du moteur en élevant la température initiale de son cycle, et, par conséquent, la chute de température disponible. A détente égale, elle augmente la pression moyenne et le travail de l’explosion. En outre, plus la compression est élevée, plus le piston accomplit dans les premiers temps de sa course une plus grande partie du travail total, plus la chaleur de l’explosion se transforme rapidement en travail aux températures les plus hautes du cycle, et moins elle se dissipe par la conductibilité des parois dont elle
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- restreint aussi l’influence en augmentant la masse de gaz échauffée dans un volume donné du cylindre, en même de temps qu’elle prolonge sa limite d’inflammabilité.
- Les moteurs à compression se sont donc, malgré leur complication relative, répandus très rapidement : on peut dire qu’ils sont actuellement adoptés exclusivement dès que la puissance de la machine dépasse un demi-cheval.
- Mais le problème de l’allumage devient alors plus difficile, parce qu’il s’agit, dans ce cas, de lancer la flamme d’allumage au sein d’un mélange porté à une pression de plusieurs atmosphères.
- Dans le cas des machines sans compression, le problème est beaucoup plus simple. La solution la plus fréquemment adoptée consiste à profiter de la pression atmosphérique pour pousser la flamme dans le mélange détonant vers la fin de son aspiration dans le cylindre moteur : c’est l’allumage par aspiration de flamme. On peut empêcher la flamme d’allumage de s’éteindre en la pro-
- tégeant cuntre l’explosion par un clapet de retenue disposé à l’intérieur de l’orifice ou de la lumière d’allumage; mais on préfère, en général, compliquer l’appareil et dépenser un peu plus de gaz par l’addition d’un second bec ou brûleur permanent, destiné à rallumer le bec d’allumage quand il s’éteint par hasard ou systématiquement à chaque explosion.
- Dans le cas des machines à compression, où il s’agit d’allumer au moyen d’une flamme- prise à la pression atmosphérique un mélange comprimé à plusieurs atmosphères, on a le plus souvent recours à un mode d’allumage dont le principe consiste à enflammer un petit volume d’un mélange de gaz et d’air, puis à l’isoler complètement dans une capacité mobile ou poche d’allumage, que l’on amène ensuite graduellement en communication avec le mélange comprimé dans le cylindre. Cette communication graduelle ou cette mise en équilibre de pression s’opère au moyen d’un petit conduit d’équilibre disposé de façon que le mélange comprimé dans le cylindre élève à sa propre pression le gaz chaud ou la flamme enfermée dans la poche d’allumage, mais sans qu’il puisse s’enflammer à son contact. Dès que cette pression est
- acquise, la poche d’allumage est transportée vis-à-vis de la lumière d’allumage du cylindre, et n’a aucune peine à communiquer sa flamme au mélange comprimé qu’elle y rencontre. Il se produit en même temps, dans la poche d’allumage portée à la même pression que le cylindre, et dès qu’elle communique en grand avec lui, une inflammation partielle du gaz ambiant non brûlé, qui augmente la pression de la flamme et l’injecte dans la chambre d’explosion du cylindre.
- Quelques inventeurs se sont attachés à renforcer cette injection de la flamme par un jet de mélange détonant refoulé au moyen d’une pompe
- V ________/'
- FIG. 2. — MOTEUR OTTO AVEC ALLUMAGE. — DELIEGE Vue par bout.
- d’allumage ou par l’explosion d’une charge séparée, dont la puissance s’ajoute à la compression et à l’accroissement de la flamme au moment de l’ignition. Ces dispositions ont, en général, l’inconvénient de compliquer considérablement la machine. L’allumage sans injection de flamme spéciale ou par simple transport de flamme sous pression suffît en effet, à moins que l’on ne veuille marcher à une vitesse tout à fait exagérée et compromettante par réchauffement du cylindre, et pourvu que l’on prenne la précaution d’employer dans le cylindre un mélange hétérogène, de composition moyenne pauvre, mais présentant à l’allumage sa partie la plus riche.
- C’est ce que fait M. Otto, à qui l’on doit la première solution de ce problème difficile. Dans
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- les petits moteurs Otto, l’allumage se fait par le tiroir de distribution même, qui renferme à la fois le bec mobile, la chambre ou poche d’allumage et le conduit destiné à mettre cette flamme en équilibre de pression avec le mélange du cylindre. — Dans les grands moteurs, le tiroir ne
- remplit plus que la seule'fonction de l’allumage et l’admission du mélange a lieu par des soupapes, de sorte qu’il ne présente plus, pour un moteur de 5o chevaux par exemple, qu’une surface grande comme la main. En outre, ce tiroir peut être, par des moyens fort simples mais qu’il n’y a pas lieu de
- HO. A. — MOTEUR OTTO, A ÜAZ OU AU PETROLE, AVEC ALLUMAGE ELECTRIQUE
- décrire dans ce journal, équilibré de façon à ne frotter sur sa glace que proportionnellement à la pression du cylindre ‘moteur. On voit que l’allumage par transport de flamme sous pression n’entraîne pratiquement et en principe aucune dépense de force inutile, aucune complication, aucun entretien. — J’ajoute qu’il peut, contrairement à ce que l’on en pense parfois, se prêter très bien à l’allumage des gaz pauvres, du gaz Dow-son par exemple. Il n’a donc contre lui qu’une
- seule objection: sa dépense de gaz, 100à 120litres par heure environ, pratiquement négligeable.
- L’allumage électrique ne se présente donc pas comme une nécessité, ni même avec le caractère de simplification et d’économie qu’on serait tenté de lui attribuer à priori.
- Il faut une source d’électricité : la pile a bien de la peine à n’être pas plus coûteuse, plus encombrante et plus assujettissante qu’un bec de gaz; la dynamo exige une transmission et des balais
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- qui s’usent, elle peut se brûler et il faut la graisser.
- La pile a tension renforcée par une bobine de Ruhmkorff, adoptée par Lenoir dès ses premiers moteurs, a été reprise par Haie (fig. i). On voit en L la pile, en M la bobine d’induction, en A le point où l’étincelle jaillit dans le cylindre. L’interrupteur N est actionné par un mécanisme ttn'm', dont on peut facilement varier la période en déplaçant l’anneau n" autour de l’excentique d’allumage.
- M. Marcus, dont le système d’allumage a été
- FIG. 4
- donné dans notre numéro du i5 juin i885, emploie comme source d’électricité une dynamo animée d’un mouvement de rotation continu, périodiquement varié.
- Dans le système de M. Deliège (1881), la bobine de la dynamo ne reçoit au contraire qu’un mouvement alternatif qui permet d’en simplifier singulièrement le mécanisme et la transmission, comme le montrent les figures 2 et 3, qui en représentent l’application à un moteur à gaz ou à pétrole d’Otto.
- L’arbre de distribution du moteur, D, porte une came c qui vient, en appuyant sur la branche verticale delà palette/», faire pivoter une bobine entre les pôles d’une paire d’aimants permanents. Ce mouvement s’opère malgré la résistance des ressorts R, qui ramènent rapidement la bobine au moment de l’allumage, dès que la came c lâche la
- palette p; en même temps, cette palette vient choquer la tige t et rompre ainsi le contact l a à. l’intérieur du cylindre, où jaillit l’étincelle. Cette étincelle jaillit entre l’extrémité d’une pointe a et d’un marteau mobile l, dans une cartouche de mélange riche ménagée à l’arrière du mélange hétérogène d’Otto, au-dessous de la soupape de mélange et d’admission M, qui reçoit le gaz d’éclairage ou de pétrole par le robinet G, soumis au régulateur, et l’air nécessaire à la combustion par le conduit A, qui l’amène au droit et tout autour du gaz. L’allumeur électrique de M. Deliège fonctionne avec la plus grande régularité ; il suffit d’un tour de clef pour avoir dans la main la pointe fixe a, dont le remplacement, très rare d’ailleurs, ne coûte rien. Plusieurs machines munies de cet appareil fonctionnent depuis plus de deux ans sans aucun accident, parfois dans des conditions très
- FIG. 5. — FIELDING.
- difficiles, par exemple sur des chantiers. La petite machine, représentée par la figure 3, fonctionnait à l’Exposition du travail tantôt au gaz ordinaire, tantôt au pétrole. On n’a pas eu à toucher à son allumeur pendant quatre mois de fonctionnement continu.
- L’allumeur électrique proposé en i883 par M. de Kabalh est fondé sur l’emploi d’un coup de poing de Breguet. La came k (fig. 4), montée sur l’arbre de distribution, détache brusquement par Ih l’armature d’un aimant a, ce qui engendre dans les bobines f un courant de rupture dont l'étincelle jaillit entre les pointes d et e. Le mélange d’air et de gaz arrive par aspiration en n et p, très riche entre les pointes, avec un supplément d’air à travers le reinflard q.
- L’armature est ensuite rappelée sur a par le ressort m.
- La question de l’entretien des contacts a toujours préoccupé les inventeurs d’allumeurs électriques pour moteurs à gaz. Mais nous n’avons, jusqu’à présent, éprouvé aucune difficulté sérieuse de ce fait avec les étincelles courtes et très chaudes que donne l’appareil de M. Deliège.
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- Dans l’appareil de Fielding, le courant passe (figure 5) pendant toute la durée de la révolution de la came G de I à J, par les contacts A et C, sauf au moment de l’explosion, où la canne K échappe G sous la poussée du ressort H, et sépare les contacts plongés dans le mélange moteur. La came K est disposée de manière à empêcher tout accident au cas où la machine tournerait en sens contraire de sa marche normale.
- FIG. 6
- Les figures 6 et 7 représentent l’allumeur de Daniel Regan. L’étincelle jaillit quand la tige T, solidaire
- DANIEL REGAN
- du piston moteur, vient séparer les contacts S et R, plongés dans le mélange admis par la soupape M, le gaz arrivant au droit de l’air à travers un diffuseur d.
- L’allumeur proposé par sir William Siemens, pour son moteur à gaz à récupérateur de chaleur, est fondé sur l’emploi de l’incandescence d’un fil de platine p, que le courant porte au rouge au moment de l’allumage, et devant lequel tombe goutte à goutte un hydrocarbure très enflammable. Ces gouttes sont distribuées au commencement de chaque course motrice, par un robinet /, au con-
- duit l’, de façon à enrichir le mélange au moment de son allumage. Dans la machine de Laurent (‘), l’allumage s’opère par l’incandescence d’un fil de platine enroulé en spirale; la section du fil est irrégulière et contractée en certains points, qui déterminent comme des amorces d’allumages dispersées où l’on veut, et dont on peut intensifier l’action, en les disposant vis-à-vis de petits brûleurs, alimentés par du gaz sous pression. L’allumage par incandescence ne présente d’ailleurs que des avantages plus apparents que réels sur l’allumage par étincelles; les fils se brûlent, s’encrassent, et donnent lieu à des inconvénients d’entretien au moins aussi assujettissants que la conservation des contacts.
- L’emploi de l’électricité pour l’allumage des moteurs à gaz ne présente lui-même d’avantage
- Pétrole
- FIG. 8. — WILLIAM SIEMENS
- sérieux que pour des cas particuliers, le cas d’un moteur à pétrole par exemple, dont les flammes sentent mauvais, encrassent les organes de l’allumage et présentent quelques dangers aux environs du carburateur, ou celui d’une machine de tramway dont il faudrait abriter complètement l’allumage. En dehors de ces cas et de quelques applications spéciales où la présence d’une flamme d'allumage présenterait des dangers, l’électricité ne paraît.pas offrir des avantages suffisants pour la faire préférer aux dispositifs d’allumage par le gaz très simples, absolument certains, et que tout le monde peut comprendre et réparer facilement.
- Gustave Richard.
- (*) Voir mon Traité des moteurs à gaz, p. s83, 287.
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- IIO
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ÉTUDE
- SUR LES GALVANOMÈTRES (*)
- l’ammètre woodiiouse et rawson
- L’appareil dont nous parlerons aujourd’hui, est connu depuis quelque temps en Angleterre où il est très apprécié.
- Il est fondé sur une action particulière, différente de celles qui servent de bases à la plupart des galvanomètres dont nous avons fait mention : l'action d'un aimant sur un aimant et doit occuper
- FIG. I
- par conséquent une place à part dans notre classification (s).
- L’aimant directeur, c’est-à-dire la partie fixe de l’ammètre Woodhouse et Rawson, est formé par deux électro-aimants, munis de pièces polaires, pouvant se déplacer à volonté ; la partie mobile n’est autre chose qu’une armature en fer doux, aimantée par influence lorsque la bobine des électro-aimants est traversée par un courant. Pour ce qui concerne les détails de construction et de manipulation de ce galvanomètre, il nous suffira de reproduire ici la notice des inventeurs, parue dans l'Elcctrical World. Nous ferons suivre cette notice de quelques observations résultant d’une série d’expériences que nous avons faites sur cet appareil.
- * L’ammètre Woodhouse et Rawson consiste en une armature de fer doux, dirigée par un ressort à boudin. On mesure l'angle de torsion de ce ressort au moyen d’une aiguille fixée à la tige com-
- () Voir La Lumière Électrique, n° 52, du 26 décembre i885.
- (4) Voir La Lumière Électrique, n° 25, du 20 juin i885.
- mandant le ressort. L’angle parcouru par l’aiguille se lie sur un cadran.
- « Lorsque l’appareil n’est traversé par aucun courant et que l’aiguille qui détermine l’angle de torsion est au zéro, l’armature est oblique par rapport à la ligne des pôles des électro-aimants et la position fixe et déterminée de cette armature est donnée par une seconde aiguille, faisant corps avec
- FIG. 3
- elle et placée en face d’un trait tracé sur le cadran.
- « Aussitôt que le courant passe à travers la bobine des électro-aimants, l’armature est entraînée par l’effet de la force magnétique développée par influence, dans le plan des pôles de l’aimant.
- « L’aiguille fixée à l’armature même se déplace ; on tourne alors à la main le bouton placé à l’extrémité de la tige commandant le ressort à boudin, jusqu’à ce que l’aiguille fixée à l’armature revienne à sa position primitive.
- « Alors, comme la force magnétique à laquelle est soumise l’armature varie comme le carré du courant (?) et est contrebalancée par la torsion du ressort, il s’ensuit que la tension de celui-ci est aussi équivalente au carré du courant.
- « Mais la tension du ressort dépend de l’angle de torsion auquel ori le soumet ; l’angle de torsion indiquée par l’aiguille, varie, par conséquent, pro-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- ni
- portionnellement au carré de l’intensité du courant.
- « On a donc marqué sur le cadran des divisions successives pour représenter les ampères, et l’on a donné à ces divisions des longueurs proportionnelles au carré des nombres indiqués par elles.
- « On règle facilement la force directrice, au moyen des pièces polaires mobiles.
- « Les figures i et 2, donnent les détails de l’instrument.
- * Les dimensions sont d’environ 20 centimètres sur i5.
- « Il peut se placer dans une position horizontale ou verticale.
- « Le voltmètre de ce genre, doit être placé dans une position horizontale.
- « Toujours suivant les inventeurs, cet appareil présente les avantages suivants :
- «c i° Tout en possédant l’exactitude du dynamomètre Siemens, il est très portatif, n’ayant pas de contacts à mercure, et peut se placer dans une position quelconque (la position horizontale toutefois est préférable) ;
- « 20 Ne dépendant pas de contacts à mercure, la partie du circuit qu’il occupe est continue ;
- « 3° Grâce à la force du ressort, il est sensiblement apériodique ;
- « 4° Les électro-aimants étant disposés en fer à cheval et l’armature logée au centre de l’appareil, ce dernier n’est influencé par aucun champ magnétique extérieur;
- v 5° Il n’entre pas d’aimant permanent dans sa construction. On sait que dans un aimant permanent, le magnétisme n’est rien moins que constant ;
- « 6° On lit directement les ampères sur le cadran sans avoir recours aux tables ;
- « 70 On modifie l’instrument avec facilité au moyen des pièces polaires mobiles.
- « Une comparaison avec un instrument type suffit pour le tarer. On peut, en ajustant d’une façon convenable, les pièces polaires, mesurer des courants variant du simple au double, sans shunter, l’appareil;
- « 8° On peut construire des voltmètres également avantageux, en employant pour la bobine qui entoure les électro aimants un enroulement de fil très fin. »
- Ayant eu entre les mains un'de ces ampère mètres, nous avons pu en apprécier les avantages. Comme le disent MM. Woodhouse et Rawson, cet appareil peut être rendu très sensible et présente une grande exactitude dans ses indications; il est de plus très portatif et d’une manipulation simple.
- Il présenterait toutes les qualités que l’on trouve dans les galvanomètres industriels de M. Marcel Deprez et ceux du même genre que ce dernier de sir William Thomson et de Ayrton et Perry, s’il n’était besoin, pour chaque intensité ou pour toutes
- les variations d’intensité d’amener avec la main l’aiguille indicatrice en face de la division du cadran correspondant à la position d’équilibre fixe de l’armature.
- Il nous a paru intéressant de vérifier la loi qui sert de base au tracé de l’échelle : la proportionnalité des angles de torsion aux carrés des intensités,
- A cet effet, nous avons lancé un courant dans l’ammètre, et un galvanomètre Deprez d’Arsonval, rendu rigoureusement proportionnel, établi en tension.
- Les pièces polaires étaient disposées de façon que les indications de l’ammètre fussent identiques à celles du galvanomètre de comparaison.
- Les indications de ces deux appareils sont restées sensiblement les mêmes sur tout le parcours de l’échelle, l’intensité maximum mesurée étant de 40 ampères. Quelle conséquence peut-on tirer de la vérification de cette loi?
- L’effort développé par l’aimant sur son armature et mesuré par l’angle de torsion, est proportionnel à deux quantités : 7. le magnétisme de l’aimant, K'(a, une fonction de ce magnétisme, se rapportant à l’armature.
- L’armature étant de masse constante et semblablement placée pour chaque détermination, K' est une constante. Si nous appelons / l’effort développé, nous pouvons écrire :
- f=K>2.
- Il faut dès lors admettre que dans l’instrument de MM. Woodhouse et Rawson, le magnétisme de l’électro-aimant varie proportionnellement à l’intensité du courant qui le traverse.
- Si nous posons en effet :
- n=K'i,
- K" étant considéré comme constante, nous aurons par suite :
- d’où
- IC' (K")2=K= constante,
- /= Kl2,
- et comme l’effort est proportionnel à l’angle de torsion d, il vient l’expression
- d=KI8.
- Cette loi, vérifiée expérimentalement pour le cas particulier qui nous occupe, ne doit pas être considérée comme générale.
- Le magnétisme développé dans un électro-aimant par le passage d’un courant n’est pas, à beaucoup près porportionnel aux intensités.
- Cette proportionnalité n’a lieu que lorsque la masse de fer de l’électro est très considérable par rapport à la masse du cuivre qui compose la bobine ou que la densité du courant est très faible. Il est
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- évident qu’en réunissant ces deux conditions on s’en approche davantage.
- En résumé, la loi simple du magnétisme en fonction de l’intensité, d’où découle le principe sur lequel sont fondés les ammètres Woodhouse et Rawson, n’est vraie que pour les points où le fer de l’électro-aimant est très loin de son point de saturation. Adolphe Minet.
- ESSAIS
- DES CABLES SOUS-MARINS
- Dans une séance de la Société des Ingénieurs télégraphistes et des Électriciens de Londres, M. Kingsford a présenté une nouvelle méthode de localisation d’un défaut dans un câble submergé, basée sur ùne série d’essais faits à une extrémité seulement. Notre correspondant anglais, M. Munro en a exposé le principe au cours d’une de ses récentes chroniques. En raison de l’intérêt qui s’attache à ces questions, nous croyons utile d’y revenir avec quelques développements.
- Le procédé Kingsford est destiné à combattre l’erreur due à la polarisation du défaut, laquelle accompagne l’essai ordinaire de Blavier. Celui-ci consiste à mesurer la résistance du conducteur en cuivre du câble d’abord, lorsque l'extrémité éloignée est isolée, ensuite, lorsqu’elle est mise à la terre. Ceci ne peut se faire que lorsque l’électricien placé à l’extrémité opposée peut prendre part à l’opération.
- Soient : R, la résistance mesurée par l’extrémité i, lorsque l’autre est libre ;
- r, la résistance mesurée quand la seconde extrémité 2 est mise à la terre;
- x, la résistance à partir de l’extrémité 1 jusqu’au défaut F ;
- y, la résistance de l’extrémité 2 au défaut F;
- z, la résistance du défaut à la terre;
- /, la résistance de la ligne en bonné condition.
- Nous avons alors :
- Ylz^x-^y R=..v-(-2 r~ —-L t
- et
- De ces équations nous tirons :
- De cette équation on déduit la valeur de y :
- y — l-r^.\/ri — Rr-\-lR — lr,
- = 1—r=\/(R — r) (/ — r) ohms.
- En substituant cette valeur de y dans l’équation x = l — y, nous trouvons :
- x=l—y=r—ÿ(R—r)(l—r) ohms,
- et de là :
- 2 = R— l-\-y—R— r -fV(R — r) (l — r) ohms.
- En divisant les valeurs de x ou de y par les résistances par nœud du câble, on trouvera le nombre de nœuds qui séparent le défaut des stations 1 ou 2.
- Dans le cas des câbles offrant une grande longueur ou des câbles dont la résistance à l’isolement est faible, on applique quelquefois la formule de correction de Ch. Hocken :
- /=='’1 (I+5
- dans laquelle r1 est la résistance évaluée en ohms du conducteur de cuivre, observée lorsque la ligne est en bon état, avec la correction de température, et R1, la résistance à l’isolement évaluée en mégohms dans les mêmes conditions de bon état de la ligne. Pour l’emploi de la nouvelle méthode de Kingsford, on fait d’abord l’essai ordinaire de Blavier, qui donne une résistance approximative x de la station au défaut F. Au moyen de cette donnée, on obtient des valeurs approximatives de y et z. M. Kingsford cherche alors la valeur de la résistance à intercaler à la station 1, lorsque l’essai est fait d’un seul côté, le bout éloigné étant libre. Si l’opération est faite sur le rivage, la meilleure méthode à employer est celle de la déviation reproduite. Appelons :
- r = la résistance de la pile ;
- r’ == résistance du galvanomètre convenablement shunté, ou ~t-t\
- g ~r s
- a — la force électromotrice de la pile.
- Nous avons alors :
- -------------== — = le courant traversant x,
- lorsque la ligne est mise à la terre, à l’extrémité éloignée. Si, en ce point-ci, la ligne est libre, nous aurons :
- et
- l—y=R —z ou 2=R — l+y.
- l—y—r—
- r (R—l+y)
- R —/ + 2>- ’
- Multipliant les deux membres de cette équation par le dénominateur R — / -f- iy, nous trouvons :
- y-2 — iy (l — r) = R! — n — Rr -f lr.
- d Cl
- —;—7—;---j— — - = au courant traversant le défaut.
- r + ;‘ +jM-z /
- La portion de courant de qui traverse le défaut est, pour ainsi dire, égale à ay
- g *
- y+z
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- i
- iJ
- Posons cette quantité = j alors h-f représentera une première approximation de la résistance R4 à intercaler du côté de la ligne où l’on fait l’essai. Après avoir introduit R4 dans le circuit, une nouvelle observation se fait avec l’autre bout de la ligne libre. Après quoi, on essaye encore le câble après avoir mis le bout éloigné à la terre. De même que nous avons obtenu les valeurs x, y, z et R„ de même nous trouverons les nouvelles valeurs xu y{, z{ et R2. On continuera ainsi jusqu’à atteindre une valeur R„ = R„_i. Si l’opération des essais successifs a été conduite avec soin, les résultats qu’on obtiendra, à l’aide de cette dernière résistance interférée, seront corrects.
- A bord d’un navire M. Kingsford préfère faire usage du pont de Wheatstone. En ce cas la va-valeur de R„,la résistance exacte à intercaler, est obtenue de la manière suivante :
- Appelons : a, la force électromotrice de la pile ;
- r, la résistance de la pile ;
- r", la résistance des deux bras du pont ;
- R, Rfl, R*, etc., les résistances lorsque l’équilibre est atteint avec le bout éloigné libre ;
- R1, R*, R^, etc.,les résistances lorsque l’équilibre est obtenu, le même bout étant mis à la terre ;
- R,, R2, Ra etc., la première, deuxième, troisième, etc., valeur approximative de la résistance en ohms à intercaler pendant l’essai de la ligne libre à l’extrémité éloignée; R„ sera la résistance exacte à interférer.
- Nous aurons alors, si le bout éloigné de la ligne est libre :
- -----Æ,rT~Fr — -= courant traversant le défaut.
- , r ' 4- R c
- r-1---'—
- 1 z
- Lorsque la ligne sera mise à la terre, l’expression suivante donne :
- ---^ = courant qui traverse la résistance x.
- !•+—-----
- Z
- Ainsi que tout à l’heure, nous trouvons la partie de courant de ^ affluant au défaut. Posons cette
- quantité — *, alors R4 deviendra égal à 2 (e-c).
- Après avoir obtenu R1, on procède de la même façon que plus haut pour chercher x\ y1, z1, l’essai se faisant toujours d’un côté du câble, l’autre bout étant amené à la terre. Le même procédé opératoire est continué jusqu’à ce que la résistance R soit égale à celle représentée par R.,. R« sera la véritable résistance à intercaler.
- Dans la méthode de M. Kingsford, le courant qui traverse le défaut sera le même, que la ligne soit libre à son extrémité éloignée ou qu’elle y soit
- en communication avecfla terre. Son principe est semblable à celui qui a été mis récemment en relief par Mlty. Anderson et Hennelly, ingénieurs de la « Eastern Telegraph Company ». Il y a avantage — et c’est un excellent système — de constituer le pont de Wheatstone avec des câbles en réserve que l’on aurait à sa disposition, particulièrement dans les cas où la résistance jusqu’au défaut est petite et lorsque la nature de celui-ci est telle qu’il exige l’emploi d’une puissante force électromotrice. Si le défaut est situé à une distance considérablement plus rapprochée d?une extrémité du câble que de l’autre, il est préférable de faire les essais par ce côté-là.
- Quand le défaut se manifeste vers l’extrémité éloignée de la ligne et qu’il présente une grande résistance, les valeurs R1; R2, etc., peuvent quelquefois prendre une importance telle que la sensibilité de l’essai en soit gravement contrariée. Il faut alors changer la force électromotrice. En général, les résistances additionnelles intercalées ne modifient pas les résultats que l’on peut, en toute sécurité, considérer comme exacts.
- L’auteur de cette nouvelle méthode assure que chaque fois qu’il a eu l’occasion de l’employer, elle lui a donné les plus grandes satisfactions.
- Il est à souhaiter que d’autres opérateurs y.aient recours et viennent confirmer ces assertions.
- Les défectuosités, les accidents qui se produisent sur les câbles sous-marins peuvent. parfois être suivis de conséquences si fâcheuses qu’on ne peut que désirer voir grossir le nombre des méthodes de déterminations sûres, permettant l’application de prompts remèdes.
- Ém. Dieudonné (*).
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Dirigée par B. Marinovitch
- Sur la valeur actuelle des éléments magnétiques à l’observatoire du parc Saint-Maur, par M. Th. Moureaux (2).
- Les observations magnétiques ont été poursuivies, en i885, à l’observatoire du parc Saint-Maur,
- (*-) Dans notre dernier article traitant de l’électro-méga-loscopie, nous avons omis de citer le nom de M. Duboscq, chargé de la construction de la partie optique, si délicate, de l’appareil. Nous nous empressons de réparer cet involontaire oubli.
- (9) Note présentée, par M. Mascart, à l’Acadgfcie des Sciences, le 4 janvier 1886,
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- Ü4
- la Lumière électrîqüë
- avec les mêmes appareils et d’après les mêmes méthodes que les années précédentes (‘).
- Le magnétographe de M. Mascart, qui enregistre les variations de la déclinaison et des deux composantes de la force terrestre, a continué de fonctionner très régulièrement. Les valeurs du millimètre sur l’ordonnée de chaque courbe sont vérifiées deux fois par mois; ces valeurs, sensiblement constantes dans le cours de l’année, sont actuellement i',3g pour le déclinomètre, 0,00046H pour le bifilaire, et 0,00019 Z pour la balance magnétique.
- Les indications fournies par les appareils de variations sont rapportées à des mesures absolues de la déclinaison, de l’inclinaison et de la composante horizontale, qui sont effectuées, une fois par semaine au moins, sur le pilier du jardin.
- Le paratonnerre de la mairie de Nogent-sur-Marne, qui, jusqu’à la fin de 1884, avait servi de repère pour la détermination du méridien géographique, s’est trouvé peu à peu masqué par des arbres plantés sur le bord de la Marne. On a adopté, en i885,le paratonnerre d’un pavillon bien découvert, situé également à Nogent, à 3.700 mètres au nord-nord-ouest, sensiblement dans la direction du méridien magnétique actuel de l’observatoire. L’azimut de ce nouveau repère a été déduit d’un grand nombre d’observations faites à différentes époques.
- Les valeurs des éléments magnétiques, au ier janvier 1886, déduites de la moyenne des observations horaires relevées au manétographe du 3i décembre i885,à 1 heure du matin, au ier janvier 1886, à 11 heures du soir, et rapportées aux mesures absolues, faites le 29 et le 3i décembre i885, sont les suivantes :
- Déclinaison........................... 160 3',5
- Inclinaison............................. 65°i5',7
- Composante horizontale................... 0,19433
- Composante verticale..................... 0,42175
- Force totale ............................ 0,46437
- La loi d’aimantation des électro-aimants et son application à la théorie de la machine dynamoélectrique, pat M. S, P. Thompson.
- Quoique cette étude ne renferme rien qui n’ait déjà paru, soit dans l’ouvrage de M. Thompson sur les machines dynamos, soit dans ceux de Frœ-lich et de Laütont, elle est intéressante, en ce qu’elle montre comment la théorie de l’auteur a été établie, et en ce qu’elle met en regard de la formule purement empirique, une formule théorique dont on peut la déduire, et que l’auteur a retirée d’un injuste oubli.
- « Il est remarquable, écrit M. Thompson (Pki-losophical Magazine, janvier 1886), en considérant le grand nombre de recherches faites sur ce sujet, que des autorités en physique soient si peu d’accord en ce qui concerne la loi de l’électro-ma-gnétisme. t
- Sur un sujet de première importance pour l’ingénieur électricien, le physicien se tait ou donne des symboles mathématiques qui s’écartent désespérément des faits et sont basés, dans bien des cas, sur des théories sans consistance.
- Les formules données par Weber exprimant la relation entre la force magnétisante et le magnétisme induit font exception; mais elles sont fort peu maniables et n’ont pas conduit à des résultats pratiques.
- L’expression donnée par Lamont (*) est aussi basée sur une théorie satisfaisante, mais elle paraît être absolument inconnue et on ne la trouve nulle part.
- Les deux formules que l’on donne le plus souvent dans les traités de physique sont les suivantes :
- Formules de Lenz et de Jacobi. — D’après les expériences de ces deux premiers investigateurs (1839), le magnétisme d’un électro aimant serait simplement proportionnel au courant et au nombre de tours de la bobine ; on aurait donc :
- m — KS/,
- m étant l’intensité des pôles, i le courant, S le nombre de tours et K un coefficient constant pour un noyau déterminé.
- Joule (1839) montra que cette loi était inexacte, et que m cessait d’être proportionnel à Sz quand le fer se saturait.
- Formule de Millier. — Müller donne une expression de la forme :
- , * s*
- m — b arctg — , a
- où a. et b sont des constantes dépendant de la forme du noyau et des bobines.
- Des formules similaires ont été employées par de Waltenhofen, Dub, Cazin et Breguet.
- Elles sont purement empiriques, ne représentent pas exactement la réalité, et, de plus, elles ne se prêtent pas aisément aux calculs, une fois introduites dans les équations relatives aux diverses sortes de dynamos.
- Plus récemment, une autre formule a été introduite dans la pratique ; elle est connue, pour les raisons que nous dirons, sous le nom de formule de Frœlich; elle s’exprime comme suit :
- __ i
- a + bi*
- (>) Comptes rendus, t. C, p. 134; i885.
- (*) Lamont, Magnelismus, page 41.
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- jOUkkAL UNIVÉkSÈL k'ÊLÈCTkiCITÊ
- lié
- a et b sont des constantes, b est la valeur inverse du maximum de m; cette formule est encore empirique; mais mieux qu’aucune autre, elle concorde avec les faits.
- Frœlich qui, en 1878, employait la formule de Lenz et Jacobi, semble l’avoir adoptée, en 1880, à la suite d’essais faits sur des machines dynamos.
- Une formule semblable avait été employée vingt-cinq ans auparavant par Robinson, pour exprimer la cliarge supportée par les électro-aimants, et des formules similaires ont été employées par Auerbach, Fromme, Clausius, Ayrton et Perry et Rücker.
- Les électro-aimants se rencontrent dans presque toutes les parties de l’électro-technologie, et il est évident qu’il y a un grand intérêt à en connaître les vraies lois. L’étude des machines dynamos actuelles fait de cette connaissance une véritable nécessité; leur action entière dépend de l’action magnétisante d’un courant, et la théorie des dynamos ne peut en réalité être faite qu’en faisant celle des électro-aimants.
- Il est extraordinaire que des physiciens connus, tels que Mascart et Angot, Meyer et Auerbach, Schwendler et Herwig aient cherché en vain la vraie loi reliant la force électromotrice de la dynamo à sa vitesse, à la résistance du circuit et aux constantes de sa construction.
- Hopkinson s’approche davantage du but, lorsque, en 187g, il étudie la dynamo en partant d’une certaine courbe, appelée plus tard la caractéristique de la machine; mais il ne développe pas algébriquement ses résultats, et il paraît qu’il admettait comme vraie la formule de Weber.
- Aujourd’hui, la théorie des dynamos est connue, et les formules qui en ont été déduites correspondent de la manière la plus exacte avec les faits.
- Ce résultat est entièrement dû au docteur Frœlich, et ses écrits, publiés de 1880 à i885 sont classiques dans ce domaine.
- Les résultats obtenus en premier lieu par Frœlich s’appliquent exclusivement à la dynamo en série ; ils ont été depuis étendus par l’auteur et d’autres, entre autre par Frœlich lui-même, aux autres formes de machines.
- Un résumé rapide des recherches de Frœlich montrera la méthode suivie pour arriver à sa loi.
- La théorie de la dynamo est fondée sur la loi d’induction de Faraday, sur la loi d’Ohm, et sur une relation exprimant le résultat d’expériences faites sur la machine en série.
- D’après le principe de Faraday, la force électromotrice induite E est proportionnelle au nombre de tours de la machine, et à une quantité M que Frœlich nomme le magnétislne effectif, qui est lui-même proportionnel à l’aire effective des bobines de l’armature, et à l’intensité du champ magnétique.
- Exprimons cela sous forme d’équation, nous
- aurons :
- E = «M,
- et d’après la loi d’Ohm :
- . E * R’
- OU
- «M
- ce qu’on peut écrire :
- i _ii
- M R '
- Mais M ne pouvant être fonction que de i, il en résulte que i est lui-même fonction de et [nous pourrons poser :
- 1 ... n
- Cette fonction, Frœlich la cherche directement par l’expérience, sans faire aucune hypothèse; il
- détermine les valeurs de i avec diverses valeurs de R et de n, et construit la courbe :
- Cette courbe, qu’il nomme courbe du courant, s’approche comme on le voit' (fig. 1) d’une ligne droite, ne passant pas par l’origine.
- On voit que les premiers points en sont mal déterminés, et s’écartent de la droite, mais il faut remarquer qu’ils sont fournis par des valeurs très petites de i, c’est-à-dire quand la machine peut à peine exciter ses électro-aimants ; en négligeant cet état instable, et ne nous occupant que de la partie de la courbe qui représente l’état de la dynamo réellement en action, on peut exprimer la relation entre les deux variables de la manière suivante :
- a et b étant des constantes, ce qui nous dom nera pour équation de la dynamo en série :
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 116
- En substituant pour ^ son équivalent Frœlic obtient pour le magnétisme effectif, l’expression
- M=
- a + bi ’
- Expression qu’il paraît avoir lui-même, dans ses écrits originaux, considérée comme une formule d’interpolation.
- C’est elle cependant que l’on cite généralement comme la formule de Frœlich pour es électro-aimants.
- C’est en i883 que l’auteur en travaillant à la théorie de la dynamo, donna la signification de ce résultat de Frœlich.
- Nous avons employé comme formule fondamentale, la relation :
- E=4«AH,
- pour représenter la valeur moyenne de la force électromotrice développée par la rotation dans un champ uniforme H, d’une armature dont la section effective totale est A; il fallait maintenant une formule reliant H au courant excitateur, et nous avons essayé les diverses formules de Müller, Weber et autres ; mais remarquant que l’expression de Frœlich donnait les résultats les plus approchés, et trouvant que dans le cas des machines compound, il convient d’exprimer l’excitation en fonction des ampères-tours, nous avons remanié la formule en l’écrivant :
- k
- H = GSî
- 1 “I- <y
- où Si est le nombre d’ampères-tours, G un coefficiant géométrique, k la perméabilité magnétique à l’état initial, et a, un coefficient de saturation qui dépend de la forme et de la qualité du fer des noyaux.
- En désignant d’une manière semblable par 7J, le nombre d’ampères-tours d’un enroulement en dérivation, l’expression de H devient :
- H = G Z/,
- k
- i + Z /,
- et pour une machine compound :
- H == G (S*±Z4) .
- K ' I + <r(Sî± Z?s)
- En introduisant ces valeurs dans l’équation fondamentale et après développement, on arrive aux équations suivantes, dynamo en série :
- E= - | 411 AG [A -.___ 1 ( 4» AG/e
- SR ]
- S r
- o ( SR S j’ Dynamo en dérivation :
- rn t's + B rs -|- Rr„
- E=- 4M AG/e —
- ZR
- Dynamo compound (à la vitesse critique de régulation) :
- e— - | + r”r — — I (en courte dérivation),
- O- I s (rs + >-„) Z )
- ou :
- I
- e= -
- <7
- rs{ra+rm) S(rs + >'a + rm)
- rs
- Z + S
- (en longue dérivation).
- Dans ces équations, ra,'rm,rs, et R sont les résistances de l’armature, des électros en dérivation et du circuit extérieur, et e est la différence de potentiel aux bornes de la machine.
- Ces résultats furent annoncés par l’auteur à la réunion de Montréal del'AssociationBritannique, et publiés par lui dans son ouvrage sur les machines dynamo-électriques ; il est important de remarquer
- que le facteur ^ (qu’on peut appeler le « déterminant » de la puissance de la machine), est le nombre d’ampères-tours qui réduit la perméabilité effective de l’électro-aimant ou plutôt du circuit magnétique, à la moitié de sa valeur initiale.
- Tous ces résultats synthétiques sont nouveaux, excepté l’expression du courant de la dynamo en série, qui est identique à celle déduite par Frœlich de ses recherches expérimentales.
- Depuis la publication du traité de l’auteur, Frœlich a, de nouveau,développé les équations des machines compound; elles ont été de même étudiées par le professeur Rücker, d’une manière plus générale, dans le travail magistral, présenté par lui à la Société de Physique, en mars dernier, dans lequel, cependant, il attribue à Frœlich (sans que nous sachions sur quoi il se fonde), l’expression générale de la force électromotrice de toutes les classes de dynamos.
- Frœlich a aussi vérifié l’exactitude de sa formule, en comparant les résultats calculés, avec ceux fournis par l’expérimentation d’une machine compound. Un exemple suffira :
- II R c observe c calculé i observé i calculé
- 850 0,841 127 127 l5l ,0 i5i,o
- 853 1,22 133 i33 109,0 109,0
- 855 2,34 139 140 59,9 59,4
- 85o 4,52 i38 139 3o,3 3o,5
- 85o 9,25 l36 j 38 14,7 14,7
- 85o 22, l i37 i36 6,2 6,2
- 845 222,0 l33 134 0,6 0,6
- Une telle série de résultats prouve que la loi de la dynamo est parfaitement établie; mais comme elle a été déduite de l’expression empirique de Frœlich pour les électro-aimants, il en résulte que celle-ci doit être exacte au même degré.
- Cependant, l’expression de Frœlich est empirique : quelle est donc la loi du magnétisme induit,
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- ii 7
- et comment se fait-il, qu’une formule dénuée de signification physique se rapproche ainsi de la loi réelle?
- L’auteur pense que cette question est résolue par les recherches oubliées de Lamont, publiées sans notes ni commentaires dans son Handbuch von dem Magnetismus, en 1867. A la page 41 de ce livre, il donne l’équation suivante :
- aMx
- m= ri—i---
- M-)- ax
- comme étant une première approximation d’une équation basée sur une nouvelle théorie du magnétisme induit. Dans cette équation, x est la force magnétisante, m le magnétisme induit, et M la valeur maxima de ce dernier.
- En écrivant Gk à la place de a, Si à la place de
- x, et a pour j-j il vient :
- G/e Si
- m = —|— . .
- 1 "4“ <x S1
- La théorie physique qui a conduit Lamont à ce résultat est d’un grand intérêt, et cela d’autant plus, qu’elle a été renouvelée dans le courant de cette année par Bosanquet (*), qui paraît y avoir été conduit d’une manière indépendante, et qui a été plus loin que Lamont, en introduisant les forces résistant à l’orientation des molécules. D’après la théorie de Lamont, la perméabilité du fer diminue comme le magnétisme croît, étant à chaque instant proportionnelle à la différence entre la valeur de saturation et la valeur actuelle; il suppose que pour chaque noyau, il y a un maximum d’aimantation qui ne peut être atteint que sous l’action d’une force magnétisante infiniment grande. Autrement dit, il suppose qu’à travers chaque noyau il ne peut passer qu’un nombre déterminé de lignes de force, et que, pour un certain nombre de lignes de force induites, la susceptibilité à laisser passer un plus grand nombre, est proportionnelle à la différence entre le nombre limite et le nombre actuel.
- Soit donc m, le magnétisme induit à un moment quelconque, M sa valeur maxima; la perméabilité
- — sera proportionnelle à M — m; x étant ici supposé proportionnel au nombre d’ampères-tours du courant; on aura donc :
- où Je est une constante dépendant des unités adoptées et de la valeur initiale de la perméabilité du circuit, pour m =0.
- Intégrons, il vient :*
- M — m = An~,!X,
- comme on a pour x = o, m — o, où doit avoir : A = M, ce qui donne :
- m = M.(i—e~,{x) :
- c’est la formule de Lamont. En la développant suivant les puissances croissantes de kx,
- m — A\kx (1 —
- kx
- 1.2
- A2#2
- 77273
- Lamont fait la remarque qu’on peut représenter m par l’expression simple, mais empirique :
- Mkx
- m — ;î-, » ,
- M-f-A.r ’
- qui est, comme on le voit, identique à l’expression de Frœlich.
- Développons cette expression, nous aurons :
- m=M.kx(\ — kx-\-k‘-x*—
- On voit que les deux développements diffèrent peu l’un de l’autre pour de petites valeurs de kx, et qu’ils sont identiques en s’en tenant aux 3 premiers termes, pour la valeur kx — A, qui correspond à m = 0,456 M; pour des valeurs plus grandes de kx, la valeur de m calculée par la formule empirique est un peu plus grande qu’en partant de la formule exponentielle.
- Aucune de ces formules ne rend compte cependant d’un phénomène remarqué dernièrement : la perméabilité apparente devient plus grande, lorsqu’un certain degré de magnétisme a été atteint, autrement dit, la courbe du magnétisme commence par être concave.
- Les recherches de Chwolson, et de Siemens semblent montrer que cet accroissement apparent (que l’on observe seulement pour une force magnétisante croissante) est due à la non-homogénéité du fer, et à la résistance de certaines molécules à la magnétisation.
- La théorie de Bosanquet a pu être mise d’accord avec les récentes observations de Rowland, Warburg, Ewing et Hopkinson, sur ce point.
- Il est éminemment désirable, en présence des faits, que les formules imparfaites de Lenz etjaco-bi, comme celle de Müller, disparaissent désormais des Traités de physique, et qu’on y introduise à leur place, la véritable loi des électroaimants soit, sous sa forme exponentielle, soit sous la forme plus simple que nous avons montré être aussi exacte pour l’état de saturation admis dans la pratique.
- (*) Bosanquet, Phil. Mag., février i885.
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- Ji8
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Sur un photomètre à compensation, par le docteur Hugo Kruss (‘).
- J’ai eu plus d’une fois l’occasion de signaler (2) les difficultés que l’on rencontre dans la photomé-trie des foyers électriques, difficultés qui tiennent à la diversité de coloration des lumières que l’on compare. — Le problème est particulièrement délicat lorsqu’il s’agit de déterminer l’intensité lumineuse des foyers à arc, attendu que ces foyers, relativement riches en radiations très réfrangibles, présentent, dans leur ensemble, une teinte bleue à côté de la lumière rougeâtre des étalons de comparaison généralement employés : brûleurs à gaz, lampes carcel ou lampes à pétrole. Dans une étude très récente (3), j’ai passé en revue les divers moyens proposés pour parer à cet inconvénient; ils sont en général basés sur l’emploi des substances colorées, destinées à faire disparaître ou du moins à atténuer dans une large mesure la différence de couleur des radiations émises par les deux sources. Il ressort cependant de cette étude que le procédé recommandé n’atteint qu’imparfaite-ment le but que l’on se propose, c’est-à-dire qu’il ne dispense jamais complètement de la nécessité de comparer, au point de vue de leur intensité lumineuse, deux foyers de couleur différente. Or, une comparaison de cette nature est, pour des raisons d’ordre physiologique, absolument inadmissible. Le photomètre de L. Weber (4) n’est pas plus que les autres à l’abri du reproche que nous venons de formuler. Il est vrai que dans cet appareil, la difficulté à laquelle nous faisions allusion plus haut ne se présente pas; en revanche, l’appareil sert à comparer, non pas les intensités totales de deux sources lumineuses diversement colorées, mais seulement les valeurs des éclairements qu’elle/' donnent, ce qui, au point de vue pratique, a évidemment son intérêt.
- C’est à M. J. Wybauw que revient le mérite d’avoir le premier songé à faire usage d’un procédé qui semble propre à diminuer, d’une façon-très notable, les inconvénients que présente le problème dont nous nous occupons ici. Voici ce que M. Wybauw a proposé (5) : l’une des deux faces du photomètre dont les éclairements doivent être comparés, reçoit comme de coutume, les rayons de la lampe à arc, l’autre face ne reçoit qu’une fraction connue ou facile à calculer, de ces mêmes
- (') Centralblatt fur Elektrotechnik, n° 34; i885, p. 716.
- (2) Journ. f. Gasbeleuchtung (i883), p, 49. _ Cenlral-"ïeitungf: Optik und Mechanik (i883), IV p. 124.— Comptes
- rendus de l’Exposition de Munich, 1882, 2» partie, p. 76.
- (3) Centralblatt fur Elektrotechnik (188S), VII, '384. — La Lumière Électrique, t. XVII, p. 371.
- (\) Journ. f. Gasbeleuchtung (i885), n° 11, p. 267. — Centralzeitung f. Optik und Mechanik {1883),. IV, p. 181. — Ann. de Wiedemann, XX, 326.
- (“) Bulleiin de la Société Belge d’Électriciens {i885) XII, 5,
- rayons, fraction à laquelle on ajoute autant de rayons émanés de la source de comparaison qu’il est nécessaire pour que les éclairements de deux faces du photomètre deviennent égaux.
- Supposons, par exemple, un appareil photométrique construit de telle façon que la deuxième face reçoive de la lampe à arc, un éclairement dont l’intensité soit les trois quarts de l’intensité avec laquelle est éclairée la première face ; il suffira alors d’emprunter à l’étalon, le quart de la quantité de lumière qu’il faudrait prendre dans les conditions ordinaires; on compare dans ce cas entre elles, non plus deux sources de lumière dont l’une tire sur le bleu et l’autre sur le rouge, mais deux surfaces teintées de bleu, toutes les deux, et dont la deuxième est éclairée, pour les trois quarts, par la source de lumière bleue, et pour un quart, par la source de lumière rouge. Il est évident que ce mélange de lumières se rapproche bien plus de la lumière de l’arc que la lumière de comparaison seule, de telle sorte que l’on se trouve avoir compensé, en majeure partie, la différence de coloration et que l’on a réduit dans une très large mesure, les difficultés inhérentes à ce genre de détermination.
- M. Wybauw fit une première application pratique de son idée en construisant un photomètre genre Foucault. Dans cet appareil, grâce à une disposition ingénieuse de miroirs, la trajectoire parcourue par les rayons lumineux projetés sur une des surfaces à éclairer était augmentée, dans un rapport convenable, relativement à la trajectoire des rayons lumineux projetés sur l’autre surface ; une lampe Carcel servait ensuite à égaliser la différence ainsi obtenue dans les éclairements des deux surfaces. Il songea également à appliquer le principe précédent au photomètre de Bunsen ; mais il ne tarda pas à renoncer à ce dessein, car il se voyait conduit à des relations mathématiques tellement compliquées, que l’appareil n’eût jamais pu être d’un usage pratique commode.
- Dès que le moyen proposé par M. Wybauw, pour compenser la différence de coloration entre les sources électriques de lumière et les étalons de comparaison habituels, parvint à ma connaissance, je dois dire que son idée me séduisit à un haut degré. Une chose me frappa cependant. Dans l’un et l’autre mode de construction indiqués par M. Wybauw, les deux sources de lumière que l’on compare ne se trouvent pas placées en ligne droite avec le milieu de l’écran photométrique, inconvénient qui se présente d’ailleurs toujours dans le photomètre Foucault (*), comme chacun sait. Il
- p) Je dois signaler comme exception à cette régie un modèle modifié du photomètre Foucault que j’ai construit, il y a quelque temps, sur la demande de M. D. Monnier de Paris ; l’inconvénient auquel je fais allusion ici, a été évité grâce à l’emploi de miroirs convenablement disposés,
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- résulte de cette disposition que l’écran photométrique est maintenu immobile et que, pour amener les surfaces à être également éclairées, il faut éloigner ou approcher de l’écran une des deux sources que l’on compare. Une manipulation de cette nature semble difficile à admettre, quand il s’agit d’une lampe électrique, d’une lampe à arc, s’entend ; elle est d’abord pénible à cause du poids de la lampe ; elle rendrait de plus, singulièrement délicate, sinon impossible, toute mesure photométrique par suite de trépidations auxquelles la lampe serait forcément sujette. Ces objections perdent une grande partie de leur valeur, quand il s’agit de l’étalon de comparaison ; le déplacement de cet étalon doit néanmoins ou être confié aux soins d’un aide ou pouvoir être obtenu au moyen d’une transmission de mouvement mécanique. Lorsque l’étalon de comparaison est un brûleur à gaz, on fait bien de se servir, pour l’arrivée du gaz,
- FIG. I
- de tubes rigides, attendu que les tubes souples en caoutchouc exercent sur l’intensité lumineuse de ce genre de brûleurs, une influence sans cesse variable et qui échappe à toute espèce de contrôle.
- Pour les raisons qui Viennent d’être exposées, j’estime qu’il y a lieu de considérer, comme de beaucoup plus avantageuse, la disposition dans laquelle l’écran photométrique et les deux sources de lumière sont placés sur une même droite. On peut en effet, dans ce cas, laisser les deux foyers immobiles à une distance invariable et déplacer dans un sens ou dans l’autre l’écran photométrique placé entre ces mêmes foyers.
- Après m’être un peu occupé de la question je ne tardai pas à 111e convaincre que l’idée de M. Wy-bauw se pliait facilement aux conditions du problème ainsi posé et que, même, on se trouvait conduit à une construction et à des relations mathématiques plus simples que dans les deux modes de construction indiqués par M. Wybauw lui-même.
- Imaginons que l’on ait placé en J4 et J2 (fig. 1), les deux sources de lumière à comparer, en F,
- l’écran photométrique, et en BD, un miroir dont le plan fait un angle e avec la ligne JJ2. L’écran photométrique F reçoit alors, d’une part, directement la lumière de la source J,, d’autre part, la lumière de cette même source qui vient frapper le miroir BD et se réfléchit suivant le chemin J4AF et enfin les rayons directs de la source J2.
- Soit J,F — x, la distance de la source J, à l’écran; J2F = z, celle du foyer FJ2; a, la longueur FB, et y l’angle du rayon réfléchi AF avec la droite J,Ja. La grandeur a est donnée par la construction même de l’appareil, les grandeurs x etz, par chaque expérience. Il faut donc commencer par déterminer y.
- La valeur de y se trouve facilement au moyen de la construction indiquée en pointillé sur la figure 1, construction suffisamment claire, lorsque l’on sait que J,C est perpendiculaire à BD, et que l’on a TD — DC — l. On a, dans ces conditions :
- 2 l:x= siny — cos(e—y);
- d’où l'on tire :
- COtgy =
- •2{x-\-à) 3in2e—x (x + a)sin2e
- (0
- Si l’on désigne de plus par (x-\-b), la longueur JjAF(=CAF) delà trajectoire que parcourt le rayon réfléchi, on a :
- ou bien :
- (x + b) = (x + a)
- sin2e sin y’
- COS2
- — cos(e+Y)'
- (2)
- Si l’on égalait les deux expressions de (<%~\-b), on trouverait de même l’équation 1.
- Nous pouvons maintenant considérer l’éclairement de l’écran du photomètre en désignant par J4 et J2 les intensités lumineuses des deux foyers J4 et J2.
- L’écran photométrique F est éclairé, à gauche, avec une intensité égale à I1 ; à droite, par les rayons de la source J, réfléchis sur le miroir BD,
- ... , , J. aCOSy /r i .
- avec une intensité égalé a (Li — <*] repré-
- sente ici la perte de lumière par réflexion sur le miroir) et par les crayons émanés de la source J2
- avec une intensité égale à Lorsque les deux
- côtés de l’écran sont également éclairés, on peut écrire :
- J, LaCQSSY . J8
- x2 (x + b)2 ’1’ z2 ’
- ce qui donne pour le rapport des intensités des deux foyers :
- L_x3 (x + b)2
- Je ?? acosy'
- (3)
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- I2Q
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les équations i, 2, et 3 permettent d’obtenir une valeur absolument exacte pour le rapport -jt.
- II semble pourtant que cette manière de procéder soit trop compliquée au point de vue des mesures pratiques. On peut, il est vrai, pour un écartement constant des deux sources de lumière, établir facilement une table dans laquelle on trouvera, pour chaque valeur de x le rapport de J,. Mais il suffit d’examiner d’un peu plus près les équations précédentes, pour s’assurer que si l’on veut se contenter d’une certaine approximation, les calculs se simplifient dans une mesure très notable.
- Si l’on tient compte de ce que le photomètre à compensation est principalement destiné à mesurer l’intensité de foyers très puissants, de telle sorte que ces foyers se trouvent placés à une assez grande distance de l’écran, on voit que les dimensions de l’appareil peuvent être considérées comme petites par rapport à l’éloignement-de la lampe à arc, et qu’il en est de même de la différence entre la trajectoire des rayons directs et celle des rayons réfléchis sur le miroir BD.
- Si donc on néglige a et b à côté de x, l’équation (1) devient :
- COty
- 2sin'2e — 1 Sin2e
- =— cot2e,
- y=i8o° — 2e, (• (4)
- et l’équation (3) :
- Ji= — 1 _K &
- J2 z2 l— a COS y z2
- (5)
- Se contente-t-on de l’expression (5) pour j1, l’opération devient alors très simple. Il suffit en effet de multiplier par une constante K le rap-
- %2
- port des carrés des éloignements p- que l’on considère dans les photomètres ordinaires.
- L’erreur commise, lorsqu’on emploie l’équation (5) au lieu de l’équation (3) est grande, lorsque x est petit, mais elle diminue très vite à mesure que Téloignement de la source J, augmente. Si l’on prend a = 140 millimètres, s = 6o° et a = 0,7, on reconnaît que l’emploi de la formule (5) donne les erreurs suivantes :
- 7 0/0 3,6 0/0 2,4 0/0 1,8 0/0 1,1 0/0
- pour*=:im,5 3 m. 4m,5 6 m. 10 m.
- Ces exemples permettent de voir dans quelles conditions il est convenable de se servir de la formule (3) et dans quelles autres la formule approchée^), suffit; on pourra en général employer cette dernière relation, attendu que x est presque toujours assez grand et qu’on peut rendre a sensiblement plus petit que 140 millimètres, valeur admise plus haut, à seule fin de ne pas partir d’une hypothèse trop favorable.
- La constante K est déterminée par la relation :
- dans laquelle on prendra pour valeur du rapport y, le rapportées intensités lumineuses de deux
- foyers quelconques, mesuré d’après les procédés ordinaires. Il est facile de s’assurer, lorsqu’on fait cette expérience, que K tend vers une limite finie, à mesure que x augmente, valeur limite qui correspond à x =co . Dans ce cas, on aurait exactement y = 1800 — 2e, résultat qui est d’ailleurs évident à l’inspection seule de la figure 1.
- Pour se rendre compte du rapport des éclaire-ments de l’écran photométrique, au point de vue de la compensation des couleurs, il y a lieu de remarquer que les éclairements des deux côtés de l’écran, produits parle foyer à arc, sont, entre eux, dans le rapport de :
- J, . J, «COS y.
- {x + bf ’
- d’après l’équation (3) ou, plus simplement, d’après l’équation (5), dans le rapport de :
- i:acosy.
- La valeur de a varie suivant le pouvoir réflecteur du miroir entre 0,6 et 0,9, l’angle y devra être rendu aussi petit que possible, c’est-à-dire que e sera aussi grand que possible, tout en étant limité par la grandeur qu’il faut nécessairement donner à l’écran du photomètre. Le tableau ci-dessous contient les valeurs du produit acosy pour différentes valeurs de a et de e :
- .= 6o° 65“ 70» 7i»
- a = 0,6 o,3o 0,38 0,46 0,52
- O,* o,35 0,45 0,54 0,61
- 0,8 0,40 0,5i 0,61 o,t9
- 0,9 0,45 0,58 0,69 0,78
- En réalité, il sera difficile de dépasser de beaucoup la valeur o,5. Il est cependant très désirable que l’on puisse obtenir pour a cos y une valeur supérieure à o,5, afin de rendre la couleur de la lumière mixte, lumière électrique et lumière étalon, aussi semblable que possible à celle de la lumière électrique, en faisant prédominer dans le mélange la lumière (électrique, et, en général, afin de pouvoir faire varier, à volonté, le rapport des quantités de lumière qui entrent dans ce mélange.
- Pour atteindre ce résultat, il sera utile de diminuer l’intensité des rayons de la lampe à arc qui tombent directement sur l’écran, suivant la direction JP, et le procédé le plus propre à obtenir cette
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 12.
- réduction d’intensité consiste à intercaler une lentille de dispersion, ainsi que MM. Ayrton et Perry ont proposé de faire (*).
- Supposons' que l’on ait placé à une distance GF=rf de l’écran photométrique (fig. 2) une lentille ayant une distance focale négative égale à p ; les rayons JHM, émanés du foyer électrique, sont dispersés de telle façon qu’ils semblent avoir le point K pour origine et viennent frapper l’écran en L. Si l’on désigne par h la longueur FM, et par h’ la longueur FL, les intensités des éclairements produits, sans ou avec lentille, sont entre elles dans le rapport de h? à h,2. Si nous posons GK = c,nous aurons :
- p(x —d) x — d —/>’ et
- _p(x — d)-\-d{x—d—p)
- h px
- Il faudra donc remplacer dans l’expression obtenue pour l’intensité de l’éclairement direct de l’écran par la lampe à arc, suivant la direction },F, la valeur de # par
- X=x,L=x(i+‘ïS)— ^ (2+|)—c‘*“ cs. (6)
- Les grandeurs ci et sont des constantes qui dépendent de la distance entre la lentille de dispersion et l’écran du photomètre, ainsi que de la distance focale de cette même lentille.
- On a, dans ces conditions, pour un même éclairement des deux faces de l’écran, la relation :
- J, J, acosy J.
- X~ x* ~r z, ’
- et comme rapport des intensités des deux sources, dans le cas où l’on emploie une lentille de dispersion, au lieu de la formule (5), l’expression suivante :
- iî = —. -----—-----. (7)
- Cette relation n’est évidemment pas aussi simple que la relation (5). Mais . la complication que l’on rencontre ici est inévitable dès qu’on veut faire usage de lentilles de dispersion. Il n’est d’ailleurs pas difficile de calculer une table des
- valeurs de li correspondant à différentes valeurs de J*
- x ou de z.
- Il est inutile d’ajouter que l’équation (7) es approchée au même degré que l’équation (5) ; pour avoir l’expression rigoureuse de ii il suffit de rem-
- placer dans la formule (7), x par [x-\~ b).
- Lorsqu’on se sert d’une lentille de dispersion, il faudrait encore faire entrer dans le calcul la perte
- (') Philosophical Magazine, 1882 (5), XIV, 45.
- de lumière par réflexion, et par dispersion. Si cette perte est égale à 1—fr il faut, prendre, au lieu de l’intensité totale J, une intensité égale à p J4, ce qui conduit à substituer à la formule (7) la formule suivante :
- J_1 X2
- J2 z2 [ta2 — aX2cosy '
- MM. Ayrton et Perry estiment que la perte de lumière dans les lentilles de dispersion est petite et peut être négligée, tandis que M. Voiler (*) a fait observer que cette perte pouvait aller jusqu’à 10 0/0, mais qu’elle était surtout causée par la réflexion et, pour une partie extrêmement faible, par l’absorption. Si l’on admet qu’il en est ainsi, il est facile de compenser la perte en question en disposant de l’autre côté de l’écran, un verre plan à faces parallèles; la perte par réflexion sera la même à travers ce verre et à travers la lentille
- FIG. 2
- de dispersion, en sorte qu’il n’y a pas lieu de s’en occuper.
- Il nous sera maintenant facile de déterminer les grandeurs que doivent avoir p et d pour que les éclairements des deux côtés de l’écran par le foyer électrique soient dans un rapport donné.
- Pour obtenir une approximation grossière, supposons que l’on néglige le terme c2 dans l’équation (6), ce qui d’ailleurs est parfaitement admissible, si x est grand; on a alors :
- X=c, x.
- Si l’on veut que les deux côtés de l’écran soient éclairés dans le rapport de 4 à 3, il faut que l’on ait :
- J, . J, acosy_. . ,
- ji -^--4.3,
- d’où l’on tire :
- cj a cos y =0,75.
- Admettons pour le produit acosy la valeur la plus petite du tableau précédent, c’est-à-dire o,3o, valeur qui, en réalité sera toujours dépassée; on
- (•) Abliandlungen des nalurwissenchaftlichen Vercitts. — Hambourg (1882), 40.
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- trouve dans ce cas :
- c* —2,5 c, = i,58— I+^>
- ou bien
- Le photomètre à compensation n’a pas uniquement J’avantage d’atténuer, dans une très large mesure, la différence si gênante qui existe entre la couleur des lampes à arc et celle des étalons de comparaison; il possède encore l’avantage déjà signalé par M. Wybauw de permettre que la lampe à arc soit placée bien plus près de l’écran photométrique qu’elle ne le serait dans un photomètre ordinaire. Si l’on suppose, comme dans le dernier exemple cité, que l’étalon de comparaison ne doive contribuer que pour un quart dans l’éclairement de l’écran, la lampe à arc sera placée, pour un même éloignement de l’étalon, c’est-à-dire, pour une même exactitude dans la lecture, à une distance deux fois moindre qu’elle ne le serait avec un photomètre ordinaire. L’appareil permet donc d’effectuer des mesures dans un local sensiblement plus petit, ce qui, au point de vue de l’installation des laboratoires, est un avantage qui a son prix.
- Pour ce qui concerne plus spécialement la construction extérieure du photomètre à compensation, celle-ci est nettement indiquée sur la figure i. Le miroir BD peut être placé latéralement en avant ou en arrière sur la boîte photométrique' ou même en haut. La figure 3, montre le dispositif schématique, et la figure 4, la vue perspective d’un photomètre à compensation, tel que ceux construits à l’Institut optique H. Kruss, à Hambourg.
- L’écran photométrique, avec la tache de graisse, se trouve en F ; sur le couvercle de la boîte sont disposés deux miroirs S, et S2, de sorte que la lampe à arc peut être placée à droite ou à gauche de l’appareil. L’inclinaison du miroir se lit sur une échelle. Le faisceau de rayons lumineux venant de la lampe à arc, se réfléchit à travers les ouvertures a, ou a% sur l’écran. Les deux miroirs peuvent être complètement abaissés, et ils ferment alors les ouvertures a, et a%. On peut, dans les fenêtres latérales, bt et b2, placer des lentilles de dispersion ou des verres plans à faces parallèles, et, de même, interposer entre les miroirs S4 et S2 et l’écran, des verres plans à faces parallèles. Il est donc possible d’employer l’appareil, «oit comme un photomètre ordinaire de Bunsen, soit comme un photomètre à compensation, ce qui permet de déterminer très facilement les constantes de l’appareil.
- L’écran photométrique, avec la tache de graisse, est disposé, comme de coutume, suivant la bissectrice de l’angle de deux miroirs inclinés l’un sur l’autre et qui permettent d’examiner, en se plaçant
- devant l’appareil, les deux côtés de l’écran (la figure 4 montre les deux images de la tache); on peut cependant appliquer au photomètre à compensation, la combinaison de prismes que j’ai eu occasion de décrire ailleurs (*), et grâce à laquelle les images des deux faces de l’écran se juxtaposent par des arêtes vives.
- La disposition dans laquelle les miroirs S, et S2 sont placés sur la partie supérieure de l’appareil, se recommande, parce qu’on laisse coinplètement
- FIG. 3
- libre toute la partie antérieure de la caisse devant laquelle on se met pour observer la tache de graisse et que les miroirs réfléchissants qui permettent l’observation simultanée des deux côtés de l’écran trouvent leur place à l’arrière de l’appareil. On peut objecter contre ce dispositif que les rayons
- FIG. 4
- réfléchis par les miroirs S4 ou S2 sur l’écran, ne sont pas émis par le foyer, lumineux dans la même direction que les rayons directs qui frappent normalement ce même écran. Dans les lampes à arc, l’intensité lumineuse des rayons émis dans les différentes directions d’un même plan horizontal est sensiblement constante, tandis que cette intensité varie si l’on considère les différentes directions d’un plan vertical passant par l’arc. Il y a cependant lieu de remarquer que la différence dans la direction des rayons réfléchis et des rayons nor-
- (*) Journal fur Gasbçleucht un g, 1884, p. 587.
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- maux à l’écran est petite; pour un éloignement de 6 mètres, l’angle est de 40 minutes et pour 10 mètres d’éloignement, cet angle n’est plus que de 24 minutes, en sorte qu’il n’y a aucune différence appréciable dans l’intensité des rayons qui entrent en jeu. Si, au lieu de placer à l’arrière de l’écran photométrique des miroirs, on employait des prismes à réflexion placés devant l’écran, on pourrait disposer les miroirs S, et S2 sur la face postérieure du photomètre.
- Il va de soi que si l’on ne s’astreint pas à l’emploi d’un seul miroir, on peut imaginer d’autres dispositifs pour le photomètre compensation, dispositifs dans lesquels les deux sources de lumière et le centre de l’écran se trouveront également sur une même droite. Cependant, on sera en général conduit à une construction d’appareil moins simple que celle qui vient d’être décrite ici, et les relations mathématiques donnant le rapport entre les intensités des deux foyers que l’on compare, seront naturellement beaucoup plus compliquées.
- Le dynamomètre de Tatham.
- Deux fois déjà (’) La Lumière Électrique a entretenu ses lecteurs de cet appareil; nous croyons cependant utile de reproduire la description qu’en donne son auteur dans le Journal de l'Institut de Franklin, parce qu’elle fournit de très intéressants détails du modèle définitif (déc. i885).
- Le dynamomètre de Tatham, construit pour l’Institut de Franklin, l’année dernière, et qui a servi aux essais de machines dynamos faits devant une Commission en juin dernier (voir le rapport dans le supplément de novembre i885), est capable de transmettre et de mesurer 100 chevaux, et,dans les essais cités, il a servi à enregistrer depuis o,23 à 70 chevaux. Il occupe un espace en plan de im,83 sur im,32 et a environ 2m,3o de hauteur; sa plateforme en fonte est placée sur une lourde base, et est munie de vis calantes; sur cette plate-forme s'élèvent les deux montants principaux, réunis à la partie supérieure par un couronnement en fonte auquel le fléau est suspendu. Un montant mobile en deux parties, fixé latéralement sur la plate-forme, maintient solidement quand il est en position, les coussinets extérieurs des deux poulies moyennes, et quand il est enlevé, on peut changer la poulie motrice ou enlever la courroie qui l’actionne.
- Les figures 2 et 3 donnent deux vues générales de l’appareil.
- Ce dynamomètre est fondé sur le même principe que celui décrit dans ce journal en décembre 1882 ; mais il en diffère en ce que la poulie unique, (*)
- (*) La Lumière Électrique, vol, VU et VIH,
- montéepur ; l’arbre moteur, est remplacée ici par 5 poulies ; enjse reportant au schéma'de la figure 1, on voit que ce changement a pour but :
- i° De réduire la hauteur de l’appareil;
- 20 De donner aux coussinets de l’arbre D une position fixe, les deux poulies latérales servant dans ce cas à tendre la courroie ;
- 3° De donner aux poulies B et D des vitesses égales et de même sens.
- Toutes les poulies sont en fonte; elles sont parfaitement tournées extérieurement et intérieurement et soigneusement équilibrées ; elles ont om,32 de largeur. Les arbres sont en acier fondu deora,o5i de diamètre, ils tournent dans des coussinets en bronze de om,i52 à om,2o3 de longueur.
- La poulie D à om,635 de diamètre ; elle est placée sur l’arbre moteur, qui est mis en mouvement par une courroie extérieure.
- La poulie B a om,635 de diamètre; elle est fixée sur l’arbre qui transmet le mouvement à la machine en essai (par un joint de Cardan dans les expériences citées).
- Les deux poulies S, S ont o'm,533 de diamètre, et leurs arbres sont munis de paliers mobiles dans le sens vertical, au moyen de glissières et vis de serrage ; ce mouvement sert à régler la tension de la courroie.
- Les poulies W,W ont om,533 diamètre; leurs arbres tournent dans des coussinets qui sont portés par des paliers appartenant.eux-mêmes à deux bras mobiles LF,LF, dont les centres d’oscillation sont constitués par deux paires de couteaux fixés aux montants principaux ; l’autre extrémité de ces bras est soutenue par les tirants CL,CL suspendus au fléau, à égale distance de son centre de suspension.
- Deux vis micrométriques servent à amener le centre de ces poulies dans une position telle que la ligne d’action des brins extérieurs passe exactement par les couteaux F, et la position des tirants est réglée de manière qu’on puisse peser exacte-
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- ment, au moyen du fléau, un poids fixé au brin intérieur de la courroie.
- La courroie employée en dernier lieu était en caoutchouc, large de om,3o5 et épaisse de o“,oo66 ; la traction de rupture était de 5.440 kilogrammes.
- On voit que, par suite de la construction, la
- poulie B est mue par la différence des tensions des deux brins intérieurs, et que le fléau pèse cette même différence de tensions. Comme une grande exactitude dans le pesage était requise, la construction du dynamomètre fut confiée au célèbre constructeur de balances, MM. Fairbanks et C10.
- Ce fléau a été gradué par MM. Brown et Sharpe en 600 divisions, correspondant chacune à 0^,227, avec le poids mobile employé. Ce poids, lui-même porte une petite règle graduée, sur laquelle peut glisser un petit poids ; le déplacement de ce dernier de une division, correspond au déplacement du poids principal de un centième de division; on peut donc peser jusqu’à 2ks,2Ô quand
- la machine est en mouvement. Plus la rotation est rapide et plus exacte est la mesure; il faut avoir soin que la courroie soit parfaitement lisse pour éviter que le fléau ne danse. La vitesse la plus grande à laquelle on ait soumis l’appareil a été de 1.700 tours par minute, ce qui correspond à une vitesse de 56“,67 pour la courroie, soit environ le huitième de la vitesse d’une balle. Dans les essais
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- de machines, la vitesse la plus grande était de 1.400 tours, maintenue pendant dix heures consécutives, ce qui correspond à un déroulement de courroie de 1.609 kilomètres.
- La force centrifuge résultant de cette vitesse, et tendant à briser la courroie était d’environ okg,6i3; cette force ne tend pas à se reporter sur les poulies ou les arbres : son seul effet est de relâcher la courroie ; ce qu’on corrige en abaissant les poulies S, S, au moyen de leurs vis de réglage.
- En ce qui concerne le frottement de la poulie B, on faisait, marcher l’appareil à vide avec la même vitesse qu’il avait pendant l’essai ; la force nécessaire pour courber et redresser la courroie était sensiblement affectée par la température He l’air.
- Avant les essais sur les dynamos, on observa que les courants d’air causés par la ro-tation. perturbaient les mouvements du fléau, et on y obvia en recouvrant les poulies supérieures d’une bâche en tôle.
- L’appareil est FI
- pourvu d’un
- compteur qui peut enregistrer jusqu’à i.oûo.ooo de tours; et on peut estimer jusqu’à une fraction de tours.
- Il est aussi pourvu d’un appareil permettant d’enregistrer automatiquement le travail transmis ; à l’extrémité du fléau est suspendu un cylindre en fer qui plonge dans du mercure; le fléau étant équilibré ; une force tendant à le soulever fait sortir le cylindre de fer proportionnellement ; ce mouvement, multiplié par des leviers, est transmis à un crayon qui se déplace verticalement de 3mm, 17 pour
- oke,454, sur unpapier-qui se meut horizontalement de om,o254 pour 100révolutions. Get enregistrement automatique ne s’applique qu’aux variations de poids plus petites que 22ke,68; la partie principale étant mesurée de la manière ordinaire. Le calcul du nombre de chevaux transmis est facile ; il suffit de faire le produit du nombre de tours par le poids (exprimé en demi-livres anglaises) et de diviser par 10.000; mais ceci n’est juste que pour une courroie dé-terminée de 5mm,33 d’épaisseur; pour des courroies plus épaisses, il est nécessaire d’employer un facteur de correction.
- De l’acier pour les aimants (').
- A la suite d'une longue série de recherches, faites sous les auspices du Comité géologique des États-Unis, et dont on trouvera le détail dans son Bulletin n° 14, MM. Cari Barus et Vincent Strouhal sont arrivés aux résultats suivants : i° des baguettes trempées à la dureté du verre, ne doivent pas être employées comme pièces principales d’un
- instrument magnétique; 20 si on a trempé une baguette de manière à lui donner une même dureté, celle du verre, uniforme dans le sens de sa longueur, et si on la recuit pendant un temps assez long, 20 ou 3o heures, en la soumettant à l’action de la vapeur d’eau à ioo° C., elle présentera le maximum de dureté permanente correspondant à ioo°. L’opération peut, du reste, être interrompue et reprise au gré de l’opérateur; 3° si on magnétise
- iBfll lipiii. iï,j| \m 11
- 11 j '!' il flli if II 11 illi
- (') Eleelrical World.
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- La LÜMIÈRE ÉLÈCÏRlQÜk
- tzé>
- à saturation cette baguette, qui peut avoir été ou non aimantée à l’origine, et si on l’expose pendant cinq heures environ (dans le cas de grands aimants, un temps plus considérable est préférable) à l’action de la vapeur, d’une manière continue ou non, l’aimant aura alors le maximum de magnétisme permanent et de dureté correspondant à ioo°; en outre, la rétentivité magnétique, par rapport à l’effet désaimantant de la chaleur, du temps et des chocs semble être atteinte au plus haut degré possible.
- On peut étudier l’effet de la trempe de la manière suivante : supposons que nous ayons une série d’échantillons de fers carburés, depuis le fer pur jusqu’à la fonte, contenant 6 o/o de carbone, on compare les résistances spécifiques de chaque spécimen après un refroidissement lent ou soudain ; on trouve que dans les deux cas elles croissent en même temps que la proportion de carbone ; mais cependant d’une manière différente.
- Si nous construisons une courbe ayant pour ordonnées la résistance spécifique, et pour abscisses les pour cent de carbone, on trouve qu’elle est concave vers l’axe des abscisses, dans le cas des refroidissements brusques, et convexe, pour les refroidissements lents ; les résistances spécifiques sont les mêmes dans les deux cas pour le fer pur, et les courbes se recoupent de nouveau en un point correspondant à environ 5 ou 6 o/o de carbone.
- Si on construit une autre courbe, en prenant pour ordonnées les rapports des ordonnées correspondantes des deux premières courbes, on trouve qu’elle possède un maximum correspondant à environ 2 o/o de carbone. Les auteurs proposent de définir l’acier normal au moyen de ce maximum, puisqu’il caractérise la plus grande susceptibilité à la trempe.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne.
- Sur un appareil destiné a démontrer que l’électricité ne se développe qu’a la surface des conducteurs. — M. K. L. Bauer, de Carlsruhe, vient de construire un appareil très simple et fort ingénieux qui permet de s’assurer que l’électricité ne se développe qu’à la surface des conducteurs.
- L’appareil dont il s’agit ici et qui se trouve représenté sur la figure i se compose essentiellement d’un plateau de cuivre jaune M, fixé sur un
- pied isolant F; sur la plaque M repose un gâteau concentrique en ébonite, H.
- Le gâteau H sert à recevoir un hémisphère fermé et creux en cuivre jaune, J, dont la base a un diamètre plus petit que celui de la plaque H ; de telle sorte que le bord de celle-ci dépasse de tous côtés le bord de l’hémisphère J. L’isolation de l’hémisphère J se trouve ainsi parfaitement assurée. Un autre hémisphère S, également en cuivre jaune, mais ouvert à sa partie inférieure, est assemblé avec un manche isolant G; le diamètre inférieur de ce deuxième hémisphère est tel que, lorsqu’on le place sur l’hémisphère J et le gâteau en ébonite H, il s’appuie par son rebord sur la plaque en cuivre jaune M. Ces diverses pièces étant supposées placées comme l’indique la figure i, la coupole S forme avec la plaque M un hémisphère creux et entièrement fermé, qui emprisonne l’hémisphère également fermé et creux J, mais qui est absolument isolé de ce dernier.
- La coupole S est munie à l’intérieur d’un ressort en cuivre jaune, recourbé, dont le point d’attache est en B et dont l’extrémité libre est reliée à un bouton en ébonite K, qui fait saillie sur la surface extérieure de l’hémisphère. On peut donc en appuyant sur ce bouton, établir un contact entre l’hémi- S/; sphère extérieur, constitué par les pièces S et M et l’hémi-1 sphère intérieur J. Dès qu’on abandonne le bouton à lui-même, le ressort revient s’appuyer contre la surface intérieure de S et les deux hémisphères se trouvent de nouveau fig. i.
- isolés.
- Voici comment se fait l’expérience. On enlève la coupole S et, après avoir frotté pendant quelques instants, avec une queue de renard, une plaque de stéatite fixée à l’extrémité d’un manche isolant, on approche celle-ci de l’hémisphère J, jusqu’à ce qu’une étincelle jaillisse. On saisit ensuite l’appareil par le pied F et on approche l'hémisphère J d’une boule enmoellede sureau,suspendue par un fil de lin à un support bon conducteur. La boule est vivement repoussée, mais il faut avoir soin d’éviter qu’elle ne vienne au contact de l’hémisphère J. Ceci fait, on pose l’appareil sur la table ; on saisit la coupole S par le manche isolant et on la place dans la position de la figure. On établit ensuite, en appuyant sur le bouton K, un contact momentané entre les deux hémisphères extérieur et intérieur. On soulève alors la coupole S et on touche en même temps la plaque M de l’autre main. Si, maintenant, on approche la coupole S de la boule de
- Æ M
- IffHi
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- JovkkAt ükiVÈksÉL D'Électricité
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- sureau, celle-ci est vivement repoussée, tandis qu’elle demeure immobile, si l’on approche l’hémisphère J, ce qui prouve que toute l’électricité a passé de J en S au moment du contact.
- Sur une application de l’électricité au service des pharmacies. — Quelque grand que soit le soin qu’apportent les pharmaciens dans la livraison des médicaments, les journaux ont encore enregistré, au cours de l’année dernière, plusieurs accidents provenant d’erreurs matérielles dans
- FIG. 2
- l’exécution des ordonnances. La maison Schuch et Wiegel, de Berlin, a eu l’idée d’employer un dispositif électrique permettant d’éviter à l’avenir ces méprises qui sont souvent fatales.
- Le dispositif ressemble, comme principe, aux
- FIG. 3
- avertisseurs de voleurs greffés sur les installations de sonneries d’appartement. Il se compose essentiellement, ainsi que l’indique la figure 2, d’une pile, d’une sonnerie et d’un socle muni d’un contact électrique sur lequel repose le bocal suspect.
- La figure 3 donne le détail de ce contact. Cette figure montre clairement, sans qu’il soit nécessaire d’insister davantage, que la sonnerie entre en branle sitôt que le pharmacien prend à la main un des bocaux contenant des produits dangereux : son attention se trouve ainsi éveillée.
- H. Michaelis.
- Angleterre.
- Accidents causés par les fils téléphoniques. — Le mercredi 6 janvier, une violente tourmente de
- neige s’est abattue sur Londres et a fortement endommagé les fils téléphoniques et télégraphiques, aussi bien en ville que dans les faubourgs. C’est surtout dans la matinée que les fils ont été brisés dans beaucoup d’endroits et là où les lignes téléphoniques sont très nombreuses, les fils brisés pendaient le long des maisons, tandis qu’à Ludgate Circus, au centre de la Cité, ils gisaient sur le sol.
- Heureusement le nombre des accidents sérieux n’est pas considérable, mais il s’en est fallu de peu qu’il le devînt. Un fil qui traversait le Commercial Road, dans la partie Est de Londres, est tombé dans la rue, en formant un nœud à quelques pieds du sol. L’accident ayant eu lieu vers 7 heures du matin, alors qu’il ne faisait pas encore jour, une voiture de tramway a failli s’y trouver prise. La voiture passait rapidement dans l’obscurité et le cocher ne pouvait voir le fil suspendu un peu au-dessous des têtes des chevaux. Un passant avertit fort heureusement le cocher, qui put arrêter les chevaux à temps et empêcher ainsi un accident. Au moment où un passant entrait dans un estaminet, dans le « ClerkenwellRoad » il fut frappé par un fil brisé, dont l’extrémité lui perfora la joue au-dessous de l’œil droit. Le propriétaire du café coupa le fil avec des pinces, mais il ne put extraire le morceau resté dans la plaie et l’homme a du être conduit à l’hôpital de Saint-Bartolomée pour y être opéré.
- A Camberwel Road une ligne qui traversait la rue tomba sur une voiture à deux chevaux qui stationnait devant un magasin. Le cocher venait de quitter son siège ce qui le sauva probablement d’un accident grave. Mais, coïncidence assez bizarre, ce même cocher, qui venait peut-être d’échapper à la mort, avait été témoin il y a quelques années, de la mort d’un cocher d’omnibus tué à Londres également par la chute d’un fil.
- Dans la Southampton Street, à P’eckham,la chute d’un poteau télégraphique a causé un accident sérieux à un passant. Il y a eu encore d’autres malheurs à déplorer et les communications téléphoniques et télégraphiques ont été interrompues en beaucoup d’endroits, mais le dommage sera bientôt réparé. En Bourse les valeurs téléphoniques ont immédiatement baissé. Le bureau des travaux publics à Wands-worth a décidé de dresser une liste des accidents et de porter la question des fils aériens devant le ministre de l’intérieur s’il y a lieu. Les nouveaux fils de cuivre placés dans cette localité ont été cassés les premiers, et on les croyait cependant plus solides que les fils de fer. Après tout, les accidents ne sont pas bien nombreux quand on considère l’étendue de la capitale et le réseau de fils dont elle est couverte. Nous avons eu, il y a quelques années, une tourmente de neige accompagnée d’un grand vent qui fit moins de dégâts aux fils
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- téléphoniques, probablement parce que la neige était glacée et qu’elle ne restait pas sur les fils, balayée qu’elle était par le vent. Mais la neige de l’autre jour était épaisse et il n’y avait pas de vent, de sorte qu’elle pouvait s’agglomérer librement sur les fils et les casser par son poids. Cette différence est assez curieuse à remarquer et prouve que la dernière espèce de tourmente est la plus dangereuse pour les lignes aériennes.
- Batterie auxiliaire ;r=======:========= 'T*
- / Les dispositions électriques de la récente explosion du Flood Rock. — L’explosion, récente du Flood Rock, àHell Gâte, près de New-York est la plus importante qui ait été faite jusqu’ici.
- L’électricien, M. Julius Smith, qui était chargé du service des amorces électriques, a publié les détails suivants dans \e]ouma\\'Engineering de Londres, au sujet de la pile et de ses communications.
- Le courant, qui était fourni par 60 grands élé-
- 2i conducteurs
- ments au bichromate, reliés en série, devait déterminer l’explosion de 24 amorces. Chaque élément contenait quatre plaques de charbon et trois de zinc, et chaque plaque mesurait i5 centimètres sur 22cm,5. Elles étaient séparées par 6 millimètres de solution. La force électromotrice d’un élément était de ivoIt,95 et la résistance intérieure de o°hm,oi. On s’est servi de la solution ordinaire de bichromate. Les deux pôles de la pile étaient séparés par une série de godets de mercure, ainsi qu’il est indiqué sur la figure. Les fils de communication venant des amorces aboutissaient dans deux de ces godets, construits en fonte, et le circuit était fermé par un appareil spécial qui fonctionnait au moyen d'une pile auxiliaire placée à une certaine distance. Cet appareil se composait d’un tube en verre placé à l’une de ses extrémités et renfermant du mercure. Ce tube était placé dans un des godets en fonte, b, qui contenait également du mercure. Dans le tube en verre se trouvait une tige de fer munie d’un disque à son extrémité supérieure. Sur le disque était fixée une amorce et l’explosion de celle-ci, déterminée par la pile auxiliaire, faisait descendre la tige de fer, qui brisait le tube en verre, établissant ainsi un contact entre le mercure et les fils qui y plongeaient, ce qui complétait le circuit de la pile locale qui faisait partir les amorces.
- La pile primaire de Liardet. — M. Liardet, de London Street, Fenchurch Street E. C., à Londres, a dernièrement inventé une nouvelle pile primaire pour la lumière électrique, etc. L’invention paraît être une espèce particulière de pile au bichromate de potasse, mais l’inventeur désire garder le secret 1
- sur certaines matières qui entrent dans la composition du liquide de la pile. Le modèle construit pour une petite lampe d’appartement se compose d’un groupe d’éléments de forme polygonale placés autour d’un élément circulaire qui occupe le centre de la pile. Ces éléments ont à peu près 20 centimètres de profondeur, et le groupe a environ i2cm,5o de diamètre. On y verse d’abord la solution et on introduit ensuite les plaques de charbon et de zinc en remettant le couvercle auquel elles sont attachées. Une petite lampe à incandescence est fixée sur le couvercle et donne une lumière de plusieurs bougies. J. Munro.
- CHRONIQUE
- De la télégraphie optique, au moyen du ballon lumineux. — De la direction des ballons.
- L’histoire des bâtons flottants du vieux La Fontaine est toujours vraie, et il est singulier parfois combien la distance seule suffit à fausser les idées d’hommes capables déporter un jugement sain.
- Le fait est constant. Les exemples se multiplient et se multiplieront encore: on ne peut pas changer l’humanité. Au Journal, la publication des lettres que nous recevons suffirait à en fournir la preuve, s’il en était besoin; car, s’il est vrai que lorsqu’on s’éloigne d’un objet, il nous paraît de plus en plus petit, en revanche, il devient immense, dès que la distance est suffisante pour qu’on ne puisse plus l’apercevoir.
- Ces réflexions nous sont suggérées par une missive d’un de nos abonnés qui nous demande des
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- t^çj
- détails sur la grandiose expérience, qui vient d’avoir lieu à Paris et qui, suivant lui, apporte un colossal perfectionnement à la télégraphie militaire. Notre correspondant s’étonne de ce que La Lumière Électrique soit restée muette jusqu’à ce jour et n’ait pas mentionné les tentatives auxquelles il est fait allusion; il nous prie, en terjnes fort courtois d’ailleurs, de répondre à sa lettre et de lui dire notre opinion sur la nouvelle qu’une feuille quotidienne quelconque lui a apportée. Un journal étant fait pour renseigner ses lecteurs, nous ne demandons pas mieux que de répondre aux demandes qui nous parviennent ; mais, faut-il encore que nous sachions bien de quoi l’on veut nous parler. A Paris, plus qu’ailleurs, les diseurs de boniments pullulent.Chaquejour on expérimente quelque chose de plus ou moins invraisemblable, autour de quoi l’on fait plus ou moins de bruit. Le badaud prête une oreille, s’arrête un instant, puis passe son chemin, tandis que ceux que les affaires occupent ne se dérangent guère que si ce qu’on leur montre est sérieux.
- S’il s’agit d’une farce, ils ne savent pas de quoi il retourne huit jours après.
- C’est un peu notre cas, dans l’affaire dont il s’agit : l’expérience grandiose, aux yeux seuls de notre lecteur. Nous n’avons pas l’intention de dire pour cela que ce soit une plaisanterie ou une filouterie, loin de là; mais, en réalité, le colossal perfectionnement n’est qu’une pure chimère, tout se réduit à un simple essai qui ne peut être appelé à un avenir quelconque.
- C’est donc avec intention que nous n’en avons pas parlé lors de sa naissance, et c’est pour cela que nous l’avions absolument oublié lorsqu’on est venu nous demander des explications. Puisqu’il en est ainsi, cependant, nous allons revenir en arrière et nous raconterons ce qui s’est passé.
- , A la fin du mois d’octobre dernier, à l’usine Egasse,àLa Chapelle,une expérience d’aérostation lumineuse fut entreprise avec un ballon gonflé d’hydrogène, renfermant une lampe à incandescence. Il s’agissait, à l’aide d’un appareil Morse placé dans le circuit de la lampe, de transmettre à distance les signaux ordinaires, et voici, d’après notre confrère, la Revue internationale d'Électri-cité, comment les choses se sont passées.
- « Un vent assez fort n’a permis à l’aérostat de s’élever qu’à 60 mètres environ, mais l’essai n’en a pas moins parfaitement réussi. Les signaux de l’alphabet télégraphique Morse avaient été adoptés; le courant envoyé dans la lampe au moyen d’un manipulateur Morse produisait, au gré de l’opérateur, des interruptions de lumière et des éclats lumineux servant à former les signaux. Les mots et les phrases transmis ont été lus avec la plus grande facilité, non seulement par les personnes compétentes de ,1’assistance, mais aussi
- par des observateurs placés sur la butte Montmartre.
- « L’expérience était conduite par MM. Mangin, aéronaute, et Roger, de la maison. Jablochkoff. Une lampe Swan de dix bougies, exigeant 40 volts et 1 ampère, était suspendue à la soupape, et occupait le centre du ballon; elle était réliée par deux fils de cuivre isolés, au générateur d’électricité (pile Jablochkoff) placé dans une salle de l’usine, où se trouvait également l’opérateur.
- * Celui-ci ne pouvait pas voir la reproduction des signaux ; il était exactement dans la situation du télégraphiste qui, assis dans son bureau, transmet son télégramme à son correspondant éloigné de plusieurs centaines de kilomètres.
- « Le ballon employé à l’usine Egasse était de petite dimension, la lampe n’était que de dix bougies ; par suite, le résultat obtenu, tout satisfaisant qu’il était, ne pouvait être que relatif. Mais les inventeurs doivent recommencer leurs essais avec un matériel puissant, actuellement en préparation. D’après ce qu’on a vu le 29 octobre, il ne paraît pas douteux que cette nouvelle expérience ne soit couronnée de succès et que le globe lumineux, parvenu à une hauteur convenable, ne s’aperçoive, dans l’obscurité de la nuit, à de grandes distances. j>
- Voilà tout, absolument tout. La nouvelle expérience réussira comme la première, nous n’en doutons pas un instant, malgré les dangers qu’elle présente en somme, mais franchement à quoi cela peut-il bien servir ?
- La télégraphie optique, n’est-il pas vrai, sert surtout à l’armée, en temps de guerre, qu’il s’agisse de faire communiquer un corps d’armée avec un autre, une place assiégée avec le dehors. Or le point principal, avant tout, c’est de rester inaperçu et de ne pas éveiller l’attention de l’ennemi. Plusieurs systèmes remplissant ces conditions sont utilisés déjà ; quelques-uns mêmes peuvent, le cas échéant, être mis en pratique immédiatement; alors, dans ces conditions, quel perfectionnement peut bien apporter cette nouvelle expérience? — Nous ne le voyons absolument pas.
- Le seul point intéressant qu’il y ait véritablement eu dans cette affaire, est le générateur du courant employé, qui était l’auto-accumulateur Jablochkoff, dont nous [avons déjà entretenu nos lecteurs ; mais qui, pour la première fois, était mis en service après quelques modifications apportées par l’inventeur.
- Deux séries de vingt éléments alimentaient la lampe. Chaque élément était composéd’une cuvette de charbon de cornue formant l’électrode négative, au fond de laquelle reposait, dans le sens de la longueur, une série de lames de zinc ondulées, placées parallèlement. Une double épaisseur de toile d’emballage recouvrait le zinc, et, par-dessus étaitplacée
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- une série de petits tubes de charbon très poreux, constituant à la fois un dépolarisant, et l’électrode positive. Comme toujours, enfin, le liquide excitateur était une solution de chlorure de calcium.
- Quoi qu’il en soit, notre correspondant conviendra avec nous, que ces expériences n’amèneront pas probablement une modification sérieuse dans les moyens connus de transmission de signaux à distance. A notre époque, l’attention générale est tournée très spécialement vers l’aérostation, et tout ce qui s’y rapporte, excite immédiatement la curiosité, curiosité légitime d’ailleurs. Pourtant il nefaut pas exagérer. Depuis les travaux de MM. Renard et Krebs, on ne parle plus guère que de la direction des ballons. Beaucoup de gens s’imaginent, qu’une invention surprenante vient d’éclore, et l’on se plaît véritablement à croire que le dernier, le dernier mot est dit. Au fond il en est un peu de même que pour le cas précédent. Sans rien diminuer du mérite des deux savants officiers, il faut bien reconnaître que les résultats qu’ils ont atteints ne dépassent guère ceux qu’avaient obtenus, depuis bien des années déjà, les Dupuy de Lôme, les Gififard, les Tissandier, etc., et leur grand mérite consiste surtout dans le perfectionnement apporté aux mécanismes moteurs. En effet, prenons, par exemple, l’une des ascensions les plus heureuses, celle qui eut lieu le 22 septembre i885, et citons textuellement le rapport qu'en fit M. Ch. Renard lui-même.
- « Ascension du 22 septembre. — Le 22 septembre, le vent soufflait du N.-N.-E., c’est-à-dire, de Paris, et sa vitesse dans les basses régions, variant de 3 mètres à 3m,5o par seconde, nous décidâmes le départ. Cette fois, le ballon était monté par trois aéronautes.
- « Le capitaine Paul Renard, chargé des mesures et des observations diverses ; M. Poitevin, aéro-naute civil employé à l’établissement de Chalais, et moi. (J’avais conservé la manœuvre du gouvernail et de la machine motrice.)
- « Le départ eut lieu à 4 h. 25, par un temps humide et brumeux. L’hélice fut mise en mouvement et le cap, dirigé sur Paris; nous eûmes d’abord quelques embardées, mais je réussis bientôt à les éviter et dès lors, malgré ie vent, le ballon, s’engageant au-dessus du village de Meudon, traversa le chemin de fer au-dessus de la gare à 4 h. 55 et atteignit la Seine à 5 heures, vers l’extrémité ouest de l’île de Billancourt.
- « A ce moment, nous exécutâmes une mesure de vitesse. Elle fut trouvée exactement de 6 mètres par seconde (*). Cependant le ballon, continuait
- 0) Durée du déroulement: 17" d’où :
- 100
- +0,117 = 5,882 +0,117 = 5”, 999.
- sa course contre le vent, se rapprochait des fortifications de Paris.
- « A 5hi2, après 47 minutes de voyage, il entrait dans l’enceinte, par le bastion 65.
- « Le temps, très brumeux, se chargeait de plus en plus de brouillard humide, nous alourdissait et nous forçait à sacrifier de très grandes quantités de lest. Dans ces conditions, il était imprudent de nous éloigner davantage et le retour fut décidé.
- « Le virage s’effectua facilement et, favorisé, cette fois, par le courant aérien, l’aérostat se rapprocha de son point de départ avec une rapidité surprenante.
- « Nous n’apercevions plus Chalais,complètement caché par le brouillard, et nous dûmes nous diriger, en prenant successivement comme point de direction, le pont de Billancourt et la gare de Meudon.
- « 11 minutessuffirentpournousramenerau-dessus de la plaine d’atterrissage et nous faire parcourir au retour un chemin qui nous avait coûté, à l’aller, 47 minutes d’efforts.
- « L’aérostat vira de bord pour tenir tête au vent, et, 10 minutes plus tard, la nacelle touchait le sol de la pelouse des départs.
- « Le ballon s’était élevé à 600 mètres d’altitude, seulement, pendant ce voyage ».
- Comme on le voit, l’expérience fut, en somme, de bien courte durée et ce n’est que pendant 47minutes que l’aérostat put lutter contre un vent dont la vitesse ne dépassait pas 3m,5o. La distance parcourue est bien faible, et quelque admiration que l’on puisse avoir pour ces tentatives qui font le plus grand honneur à ceux qui les ont entreprises, on ne peut pourtant pas dire que le problème de la direction soit résolu.
- Ces expériences ont permis cependant d’établir les formules fondamentales qui peuvent servir pour le calcul de résistance des ballons analogues.
- Si l’on désigne par R la résistance en kilogrammes du ballon La France se mouvant par la pointe, par v, sa vitesse en mètres, par seconde et par o,le travail moteur; si T et T'sont en kilogram-mètres,le travail de l’arbre de l’hélice et le travail aux bornes du moteur, MM. Renard et Krebs ont trouvé les relations suivantes :
- R =.1,189 v-0 =1,189 v3 T = 2,3oo v3 T'=2,800 va
- En admettant la vitesse de 10 mètres, on aurait :
- R = nS'Sg 0 =1.189 kil.
- T = 2.3oo —
- T'= 2.800 —
- Pour la mesure exacte de la vitesse pour toutes les expériences, M. Renard avait opéré de la
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- manière suivante : un ballon en baudruche de 120 litres de capacité avait été rempli en partie de gaz d’éclairage, de façon à rester exactement en équilibre dans l’air. Ce ballon avait été attaché à l’extrémité centrale d’une bobine de fil de soie ayant 100 mètres de longueur.
- Le plus léger effort suffisait pour faire dérouler cette bobine, lorsqu’on venait à tirer le fil central, tandis que l’autre extrémité de ce fil était enroulée autour du doigt de l’opérateur. Lorsqu’il voulait effectuer une mesure; on lâchait le ballon qui, naturellement, s’éloignait rapidement vers l’arrière et qui, lorsque le déroulement était complet, produisait un choc sensible sur le doigt qui retenait le fil. L’instant du départ, ainsi que celui du choc final étaient pointés à l’aide d’un chronomètre indiquant les secondes et dixièmes de seconde. Evidemment, l’effort transmis à ce petit ballon, pendant le déroulement du fil, était extrêmement faible; pourtant, il était nécessaire d’en tenir compte. Des essais répétés, dans un local fermé, montrèrent que le ballon dérivait de 7 mètres à la minute, soit de om,ii7 par seconde, sous l’influence de ce léger effort. Si, donc, t est la durée en secondes du déroulement, le chemin parcouru par l’aérostat pendant l’opération du déroulement doit être : 100 -f- 0,117^; c’est-à-dire, que la formule
- donnant la vitesse v, doit être : v = ^-f- 0,17.
- Tous ces chiffres offrent certainement une garantie suffiante. Aujourd’hui, avec dépareilles données, il est clair qu’on peut établir un projet d’aérostat, comme celui d’une locomotive; il est évident encore que c’est là un progrès qui n’est pas à dédaigner, et que MM. Renard et Krebs ont enrichi la science de travaux remarquables en tous points: mais encore une fois, est-ce bien là la solution complète?
- Nous savons bien ce que l’on va dire. Avec raison on prétendra qu’il n’est aucun progrès qui, du premier coup, ait été réalisé ; qu’il a fallu de nombreuses années et des essais sans nombre pour arriver, aux transatlantiques actuels comme aux locomotives des trains express. Entendu; mais sans parler de réalisation complète, est-il bien certain, que c’est dans la voie suivie par les aéro-nautes de Chalais, qu’on doit marcher pour atteindre le but?
- Sur ce point, les avis ne sont pas unanimes. Quoi qu’on fasse, il faudra toujours, pour diriger un ballon, emporter un moteur puissant, par suite, d’un poids considérable. Pour enlever ce poids, un volume de gaz correspondant, sera nécessaire, et avec lui croîtra de même, l’effort exercé par le vent. Probablement au contraire, c’est d’un autre côté qu’il faut regarder. On ne se meut pas dans l’air comme dans l’eau. Si l’hélice dans un cas est suffisante, elle ne l’est plus dans l’autre, et ce
- sont les oiseaux qu’il faut imiter, si l’on veut arriver à voler comme euxr
- L’état actuel de nos connaissances scientifiques ne permet pas la construction d’ailes, c’est évident; mais si l’on regarde derrière soi le chemin parcouru par l’esprit humain, et qu’on compare la science moderne à celle de nos ancêtres, il y a cinq cents ans seulement, on est en droit de tout espérer de l’avenir.
- Bateau torpilleur sous-marin, système Goubet (’).
- M. Goubet aîné, ingénieur à Paris, vient de construire un bateau destiné à la navigation sous-marine, et qui n’est, d’ailleurs, qu’un perfectionnement notable du modèle qui, après une série d’expériences poursuivies pendant une année entière, a été adopté en 1881 par la marine russe. Les perfectionnements portent principalement sur la substitution d’un moteur électrique à la force motrice fournie, dans le premier modèle, par les hommes de l’équipage, ce qui permet d’en réduire le nombre à deux et de diminuer d’une manière correspondante le poids de l’ensemble, et sur la complète solution du problème difficile de la stabilité, au moyen d’un appareil automoteur, dont le fonctionnement est encore mieux assuré que celui des bateaux précédents du même inventeur. Nous empruntons les détails descriptifs qui vont suivre aux Annales industrielles, et les dessins, au journal Engineering.
- Appareil moteur. — L’appareil électrique est calculé pour donner au bateau immergé une vitesse de cinq nœuds à l’heure, ce qui correspond à une dépense de force motrice de 42 kilogram-mètres. Il comprend 3o accumulateurs, dont 6 forment une réserve; ils ontom,3o X om,33 X om,t8, soit un volume total d’un demi-mètre cube environ.
- La réceptrice est une dynamo Siemens du type appliqué aux tramways; elle pèse 180 à 200 kilogrammes et marche avec une tension de 48 volts et un débit de 8amp,8. Dans ces conditions, le bateau se suffit aisément pendant 10 à 12 heures. Il pourrait, d’ailleurs, en cas d’exploration sous-marine, être actionné, pendant l’immersion, par le moteur du navire auquel il serait attaché, au moyen d’une transmission à distance.
- Hélice mobile. — L’hélice mobile du système Goubet peut prendre une direction oblique dans tous les sens, par rapport à l’axe du navire, sans
- () Extrait du Génie civil, t. VIII, 7e série, p. i3o. et suivantes.
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- que son mouvement de rotation continu soit altéré. Cette propriété, permet de supprimer le gouvernail et d’exécuter sur place les évolutions nécessaires, quelque faible que soit la vitesse, avantage important pour la fixation d’une torpille sous un navire ennemi.
- Pour obtenir ce résultat, M. Goubet dispose de charnières d, d'articulées sur les axes o, o' fixés,
- l’un sur le support mobile e de l’hélice-gouvernail, l’autre sur l’étambot (fig. 3 et 4). La charnière supérieure d sert seule à dévier l’hélice, l’autre n’agit que comme pièce d’articulation. La première se termine en o', par un secteur denté, commandé de l’intérieur par un engrenage à vis sans fin c, auquel un volant m (fig. 1) avec chaîne de Galle, placée sous la main du matelot, imprime le mouvement
- FIG. I
- convenable. La partie supérieure de l’étambot porte également un secteur denté /, fixe, sur lequel roule celui de la charnière d.
- L’arbre moteur est relié à celui de l’hélice par un joint universel, dû également à M. Goubet; il consiste à réunir les extrémités des arbres, termi-
- nés par des parties sphériques, au moyen d’une boîte qui est toujours également inclinée par rapport aux deux arbres.
- La combinaison de ce manchon d’accouplement avec le système de commande de l’hélice mobile ci-dessus décrit, permet donc d’obtenir pour la
- charnière et le manchon un parallélisme parfait à tous les angles, et les axes de ces deux pièces sont toujours situés dans le même plan, condition qui assure la régularité du mouvement.
- Le manchon d’accouplement a est renfermé dans une enveloppe, à l’abri du contact de l’eau.
- Rames. — Pour assurer, en cas d’accident du moteur, la sécurité de l’équipage, le constructeur a établi des rames (fig. 1, 2, 5 et 6) qui peuvent être actionnées de l’intérieur et suffisent, en. raison de l’immersion, à développer une vitesse de
- 3 noeuds à l’heure, par l’application du travail des deux hommes de l’équipage.
- La rame comprend deux parties : la palette proprement dite, composée de volets mobiles qui se replient pendant le travail et s’étalent au retour, et la poignée-levier a. Celle-ci, placée à l’intérieur, embrasse un axe e, aux extrémités duquel sont clavetés les bras d’une fourche b qui porte la palette. L’arbre c et son joint avec la tige a sont renfermés dans une boîte en bronze d fixée aux flancs du bateau, et des écrous en bronze, avec garniture de caoutchouc, arrêtent les infiltrations
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- d’eau qui pourraient se produire le long de l’arbre c. Lorsqu’on fait fonctionner le moteur, les rames s’appliquent le long des flancs, et n’opposent aucun obstacle à la marche.
- Manœuvre du torpilleur sous-marin. — Comme le montrent les figures i et 2, le torpilleur sous-marin présente une forme ovoïde. L’épaisseur des tôles de la coque varie suivant la profondeur que l’on veut obtenir. La longueur totale du bateau est de 5 mètres ; sa hauteur, au milieu, est de im,78o et sa largeur de 1 mètre. Ces faibles dimensions permettent de l’embarquer à bord d’un navir.e de guerre et de le mettre à la mer, ainsi qu’un canot ordinaire, au commencement du combat.
- Le bateau-torpilleur renferme les organes suivants : un réservoir d’air comprimé b, qui sert de siège aux hommes de l’équipage ; à l’avant les accumulateurs; à l’arrière, le moteur électrique; une pompe à eau c, actionnée parle moteur au moyen d'un embrayage.et servant à épuiser l’eau introduite pour l’immersion par le robinet à trois voies P, dans les réservoirs inférieurs h, h'. Ceux-ci sont disposés symétriquement par rapporté l’axe vertical, et séparés l’un de l’autre ; chacun d’eux est, en outre divisé en plusieurs compartiments qui ne communiquent que par une petite ouverture, afin de restreindre les déplacements d’eau en cas d’inclinaison du bateau. Une seconde pompe à eau, V, à double effet est destinée, comme nous l'indiquerons plus loin, à maintenir la stabilité en puisant ou en refoulant l’eau, suivant les cas, de l’un des réser-voire A dans l'autre A', et réciproquement. Enfin, une pompe à air d est constamment en marche pour extraire l’air vicié.
- Le bateau est fermé par un dôme a de om,8o sur om,4o, qui se fixe sur la coque par des charnières et un verrou à vis. Ce dôme s’encastre dans une rainure pourvue d’une bande de caoutchouc formant joint étanche, et porte 7 ouvertures fermées par des glaces de 12 millimètres d’épaisseur. Elles sont protégées par un grillage et un obturateur adapté à chaque regard, pour prévenir l’introduction de l’eau en cas de rupture des glaces.
- L’équipage peut se maintenir en communication avec le navire, dont il est détaché, soit au moyen d’un fil téléphonique, s’il évolue autour de lui, soit au moyen de fusées signaux qu’on introduit dans un tube Z formé par deux obturateurs solidaires l’un de l’autre. En ouvrant l’obturateur supérieur, la fusée, plus légère que l’eau, grâce à son volume, monte à la surface, et son mouvement d’ascension est encore augmenté par l’action de deux ailettes. Lorsqu’elle atteint la surface, les ailettes dépassent l’eau et se rabattant par leur propre poids déclenchent le percuteur. Un petit tuyau évacue l’eau introduite dans le tube Z et la conduit aux réservoirs h,h'.
- S’il est utile de remonter très rapidement, ou en cas d’accident survenu à la pompe c, l’équipage dispose d’un poids de sûreté égal comme pesanteur au poids du volume d’eau nécessaire à l’immersion complète du bateau, à une profondeur déterminée. Ce poids est fixé en dessous, par une tige en acier, g, terminée par un écrou encastré dans sa masse. La tige pénètre dans l’intérieur et est assurée par un écrou-goupille. En cas de besoin, on tourne la vis g au moyen de son écrou-goupillé formant clef. L’écrou encastré dans le poids de sûreté n ne peut pas tourner, et le poids se détache en laissant la coque libre de remonter à la surface.
- La torpille est installée à l’arrière de la coque; un déclic, manœuvrable à l’intérieur du bateau, la maintient en position. Le fil transmetteur s’enroule sur un tambour extérieur, et est relié au
- commutateur placé sous la main de l’officier. Le volume de la torpille varie, suivant qu’elle doit s’élever à la surface de l’eau ou descendre au fond.
- A l’avant, un sécateur, qui peut, au moyen d’un levier T, sortir du bateau, sur une longueur de 3 mètres, permet de couper les fils des torpilles de défense; il est éclairé par une lampe à incandescence.
- Celle-ci sert également, en connexion avec la mire n, à assurer la direction du bateau.
- Les appareils d’embrayage sont tous d’un type nouveau imaginé par l’inventeur, et ayant pour objet d’effectuer la mise en marche ou l’arrêt sans pousser sur les arbres. Ce type est représenté dans la figure 7. Il est constitué par un cône a, claveté sur l’arbre, mais pouvant coulisser, et par une boîte conique b, folle sur le même arbre et
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- servant à la transmission. Une bague-écrou c, vissée sur une seconde bague d, qui est elle-même solidement fixée sur l’arbre, sert de butée à un ressort qui pousse le cône a.
- Les clavettes du cône sont terminées par des talons P, P', qui s’encastrent dans la partie où son diamètre est le plus faible. Elles traversent la bague d et sont actionnées par le manchon e,où des talons analogues aux premiers viennent se loger. Les cliquets O et O' dépendent du manchon e, et, traversant le collier n, s’enclenchent lorsque l’on pousse le levier k sur la bague h qui fait corps avec l’arbre.
- Pour mettre en marche, on pousse le levier k : les cliquets se dégagent sous la pression du levier complémentaire r, qui actionne le collier n et par lui, les talons SS' des cliquets. Ceux-ci dégagés, le cône a vient se mettre en contact avec la boîte 6, et on modère l’embrayage au moyen du levier k. La manoeuvre inverse produit le débrayage,
- IL 5 1£T (3
- et ces opérations s’effectuent sans pousser sur les arbres, puisque c’est sur eux qu’on prend le point d’appui pour la compression des ressorts.
- L’air nécessaire à la respiration de l’équipage, est fourni par des réservoirs à air comprimé. Il suffit de 5o litres, à la pression de 5o atmosphères pour fournir, pendant 8 heures, à la pression atmosphérique,'les 8oo litres àl’heure, absorbés en moyenne par les deux hommes enfermés dans le bateau. Les produits de la respiration, sont évacués par la pompe d. L’alimentation se fait en ouvrant le robinet e, commandé par une vis sans fin, qni permet de suivre exactement les indications du manomètre, de manière à maintenir la pression intérieure à i atmosphère. L’air passe d’abord dans les réservoirs d’eau h, h' par le tuyau J, afin de se saturer d’humidité, et se répand dans l’intérieur du dôme a par le tuyau k.
- Les manœuvres d’évolution se font, comme nous l’avons dit, au moyen du volant m, qui commande le déplacement de l’hélice mobile et du lévier u de changement de marche ou d’arrêt. Quand on veut aller poser une torpille sous un navire, le ma-
- telot met en marche le bateau à la ligne de flottaison indiquée par la figure i ; l’officier prend la direction au moyen de la mire n et observe l’angle qu’elle fait avec une boussole o placée devant lui. Puis il fait immerger le bateau, en ouvrant le robinet P jusqu’à la profondeur convenable, l’établit dans cette position par la fermeture du même robinet, et se dirige sur le but à atteindre, en se guidant par les indications de la boussole. Arrivé sous le navire, qu’il peut apercevoir par le regard supérieur du dôme a, l’officier commande l’évolution jugée convenable comme distance verticale parrapport au bâtiment, ce qui s’opère au moyen du levier r d’embrayage de la pompe à eau c, puis il fait lâcher la torpille, qui montant vers la surface, vient se fixer sous le navire par sa force ascensionnelle et, par les griffes en couronne qu’elle porte à sa partie supérieure. Le bateau fait ensuite machine arrière ; le fil enroulé sur le tambour se déroule et indique en même temps la distance par-
- FIG. /. — APPAREIL D’EMBRAYAGE
- courue. Lorsqu’il la juge suffisante, l'officier détermine l’explosion de la torpille au moyen du commutatenr.
- La manœuvre est à peu près analogue, quand il s’agit de placer une torpille contre un mur fortifié; mais alors son volume est assez réduit pour qu’elle tombe au fond de l’eau. Après l’explosion, le torpilleur remonte à la surface, en vidant les réservoirs d’eau et regagne le vaisseau auquel il est attaché.
- La pose d’une torpille contre un mur fortifié ne paraît pas offrir de grandes difficultés avec un équipage exercé; mais il en est autrement pour la fixation sous un navire. Le choix du moment où il conviendra de laisser monter l’engin destructeur est fort délicat, même lorsqu’on aura affaire à un bâtiment au mouillage, car il faudra opérer sur une partie assez plate de sa coque, pour obtenir une application suffisamment solide. Cette condition est en effet rigoureusement nécessaire pour tirer d’une torpille l’effet qu’elle est destinée à produire. Si elle ne fait explosion en contact avec le navire, sa puissance est singulièrement diminuée, et, comme l’a rappelé M. Châlon, les expériences
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- faites pendant ces dernières années par les diverses marines, prouvent qu’il suffit d’une distance de 3o centimètres à 40 centimètres entre l’engin et la paroi, pour en rendre l’explosion, pour ainsi dire, sans danger. Qu’adviendra-t-il, si le bateau torpilleur a pour objectif un navire en marche? Le rejoindra-t-il avec la vitesse très faible dont il dispose, et, s’il y réussit, n’est-il pas à craindre que, sans même tenir compte d’une difficulté bien plus grande que dans le premier cas, pour saisir le moment propice au débrayage de la torpille, celle-ci ne soit repoussée ou détachée par le mouvement de l’eau?
- Stabilité du torpilleur Goubet. — Cette question, qui constitue l’un des problèmes les plus délicats de la navigation sous-marine, a été résolue d’une manière pratique par M. Goubet.
- par une lentille h, commande le manchon f qui est actionné par un moteur quelconque et est retenu par un arrêt fixé à l’enveloppe centrale.
- Les sphères sont à moitié remplies d’eau et contiennent chacune un litre de liquide. Si on ajoute au crochet de l’une d’elles un poids de 1 kilogramme, l’appareil s'incline du côté où ce poids est placé; mais l’engrenage du côté où l’appareil penche, • vient s’embrayer avec le manchon /. Celui-ci dégagé de son arrêt, et maintenu au même point par la lentille h, met en mouvement, la pompe, qui aspire dans la sphère abaissée et refoule dans l’autre. Aussitôt qu’un demi-décimètre cube d’eau aura ainsi été déplacé, l’équilibre sera rétabli. On obtiendra l’effet inverse en enlevant le poids additionnel de 1 kilogramme.
- Dans la pratique, M. Goubet a conservé la lentille que l’on voit en A, dans la figure 1 ; elle actionne, par une tige à deux doigts, des taquets fixés sur un manchon qui coulisse sur l’arbre moteur. Les engrenages mettent en mouvement la pompe à double effet Y, qui est en communication avec les réservoirs à eau A, Ar, d’égale capacité,et situés symétriquement l’un à l’avant, l’autre à l’arrière du bateau.
- Le système adopté est automoteur, et son fonctionnement est indiqué par les figures 8 et 9, qui représentent un appareil de démonstration. Il se compose d’une enveloppe centrale a et de deux tuyaux b, b' faisant corps avec elle, et terminé chacun par une sphère creuse c, c' de deux litres de capacité. Chaque sphère est équidistante de l’enveloppe a, et l’ensemble, soutenu par une corde, demeure en équilibre parfait. Une pompe à double effet e, disposée dans l’enveloppe, communique par des tuyaux d, d' avec l’intérieur des sphères, et peut être mise en mouvement par deux engrenages. Ceux-ci communiquent entre eux par une roue intermédiaire qui change le sens de rotation de la pompe suivant qu’un manchon d’embrayage f, placé entre les roues de commande, vient en contact avec l’une ou avec l’autre. Un levier i, fixé à la partie supérieure de l’enveloppe, et terminé
- 8 et y
- Dans les bateaux sous-marins fournis à la Russie, un poids intérieur, situé au centre du bateau, est déplacé au moyen d’une vis commandée par un volant à portée de la main du chef pilote ; mais ce travail n’est pas assez rapide, et les résultats sont loin d’être aussi parfaits qu’avec l’appareil que nous venons de décrire.
- Si l’on peut, commenous l’avons fait,discutercer-taines qualités du bâteau sous-marin de M. Goubet au point de vue spécial de la pose des torpilles sous un bâtiment de guerre, il n’est que juste de reconnaître ses avantages en ce qui concerne la stabilité, la grande facilité d’évolution et la sécurité de l’équipage. Ces importantes qualités peuvent, en raison de la très faible action des vagues, mêmeencasde tempête, à une certaineprofondeur, trouver une application fréquente dans l’examen et la vérification des travaux sous-marins, les observations scientifiques, la destruction des épaves par explosion, les secours au navires en détresse, auxquels un bateau de ce genre apporterait des filins qu’ils laisseraient remonter à la surface, au moyen de bouées, etc.
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- REVISION DE BERLIN
- (suite)-
- 8. REMISE A DESTINATION
- XLVII
- 1. Les télégrammes peuvent être adressés, soit à domicile soit poste restante, soit télégraphe restant.
- 2. Ils sont remis ou expédiés à destination dans l’ordre de leur réception et de leur priorité.
- 3. Les télégrammes adressés à domicile, dans la localité que le bureau télégraphique dessert, sont immédiatement portés à leur adresse.
- 4. Les télégrammes qui doivent être déposés poste restante sont remis immédiatement à la poste par le bureau télégraphique d’arrivée. Si les télégrammes portent l’indication Poste, ils sont mis à la poste comme lettres affranchies, sans frais pour l’expéditeur ni pour le destinataire. S’ils portent l’indication Poste recommandée ou (PR), ils sont mis à la poste comme lettres recommandées et ils sont alors soumis à une taxe de 5o centimes, au maximum, à percevoir au profit de l’Office d’origine.
- 5. Les télégrammes adressés aux passagers d’un navire qui fait escale dans un port, leur sont remis, autant que possible, avant le débarquement.
- XLV111
- !. Un télégramme porté à domicile peut être remis, soit au destinataire, soit aux membres adultes de sa famille, à ses employés, locataires ou hôtes, soit au concierge de l’hôtel ou de la maison, à moins que le destinataire n’ait désigné par écrit un délégué spécial ou que l’expéditeur n’ait demandé que la remise n’eût lieu qu’entre les mains du destinataire seul. L’expéditeur peut demander aussi que le télégramme soit remis ouvert. Ce dernier mode de remise n’est pas obligatoire pourJes Offices qui déclarent ne pas l’accepter.
- 2. Ces deux dernières demandes sont mentionnées avant l’adresse du télégramme et reproduites, à la suscription, par le bureau d’arrivée, qui donne au porteur les instructions nécessaires.
- 3. Lorsqu’un télégramme ne peut pas être remis, le bureau d’arrivée envoie au bureau d’origine un avis de service faisant connaître la cause de la non-remise et rédigé sous la forme suivante : «°... du (date et adresse textuellement conformes à celles qui ont été reçues) inconnu, refuse, pas arrivé, parti, etc.
- 4. Le bureau de départ vérifie l’exactitude de l’adresse, et, si elle a été dénaturée, il la rectifie sul'-le-champ, par
- avis de service affectant la forme suivante : n°.....du
- (date), pour (adresse rectifiée), transmission primitive erronée.
- 5. Sinon, il communique, autant que possible, l’avis à l’expéditeur, chaque Office ayant la faculté de frapper cette communication d’une taxe spéciale qui ne peut dépasser 5o centimes. L’expéditeur ne peut compléter, rectifier ou confirmer l’adresse, que par un télégramme payé.
- 6. Si, par suite d’adresse inexacte ou insuffisante, d’absence ou de refus du destinataire, des frais d’exprès n’ont pas été acquittés à l’arrivée, le montant de ces frais est indiqué dans l’avis, afin que l’expéditeur puisse être requis de les rembourser. S’ils ne sont pas acquittés par l’expéditeur, c’est l’Office de destination qui supporte la perte provenant du non-paiement des frais.
- 7. Si la porte n’est pas ouverte à l’adresse indiquée ou si le porteur ne trouve personne qui consente à recevoir le télégramme pour le destinataire, avis est laissé au domi-
- cile indiqué, et le télégramme est rapporté au bureau, pour être délivré au destinataire sur sa réclamation.
- 8. Lorsque le télégramme est adressé bureau restant, il n’est délivré qu’au destinataire ou à son délégué.
- g. Dans les cas prévus par les paragraphes 7 et 8 du présent article, tout télégramme qui n’a pas été réclamé au bout de six semaines, est anéanti.
- 9. TÉLÉGRAMMES SPÉCIAUX Article g de la Convention
- Les Hautes Parties contractantes s’engagent à faire jouir tout expéditeur des différentes combinaisons arrêtées de concert par les administrations télégraphiques des Etats contractants, en vue de donner plus de garanties et de facilités à la transmission et à la remise des correspondances.
- Elles s’engagent également à le mettre à même de profiter des dispositions prises et notifiées par l’un quelconque des autres États, pour l’emploi de moyens spéciaux de transmission ou de remise.
- a. Télégrammes privés urgents.
- XLIX
- 1. L'expéditeur d’un télégramme privé peut obtenir la priorité de transmission, en inscrivant le mot urgent ou (Z)) avant l’adresse et en payant le triple de la taxe d’un télégramme ordinaire de même longueur pour le même parcours.
- 2. Les télégrammes privés urgents ont la priorité sur les autres télégrammes privés et leur priorité entre eux est réglée dans les conditions prévues par le paragraphe 2 de l’article XXXIV.
- 3. Les dispositions des paragraphes précédents ne sont pas obligatoires pour les administrations qui déclarent ne pas pouvoir les appliquer, soit à une partie, soit à la totalité des télégrammes qui empruntent leurs lignes.
- 4. Les administrations qui n’acceptent les télégrammes urgents qu’en transit, doivent les admettre, soit sur les fils où la transmission est directe à travers leurs territoires, soit dans leurs bureaux de réexpédition, entre les télégrammmes de même provenance et de même destination. La taxe de transit qui leur revient est triplée comme pour les autres parties du trajet.
- b. Réponses payées.
- L
- 1. Tout expéditeur peut affranchir la réponse qu’il demande à son correspondant; toutefois, l’affranchissement ne peut dépasser la taxe d’un télégramme quelconque de 3o mots pour le même parcours, à moins qu’il ne s’agisse de demander la répétition d’un télégramme précédemment transmis, conformément aux termes de l’article XXIV.
- 2. Si l’expéditeur n’a pas indiqué le nombre de mots pour la réponse, il est perçu la taxe d’un télégramme ordinaire de dix mots, transmis par la même voie.
- 3. Dans le cas contraire, l’expéditeur doit compléter la mention Réponse payée ou (RP) par l’indication du nombre de mots payés pour la réponse et acquitter la somme correspondante, dans les limites autorisées par le paragraphe ier du présent article.
- 4. L’expéditeur d’un télégramme multiple qui veut affranchir la réponse qu’il demande aux destinataires de son télégramme doit inscrire la mention Réponse payée ou (RP) avant l’adresse de chaque destinataire dont il affranchit la réponse.
- 5. Si l’expéditeur veut affranchir une réponse urgente, il doit inscrire avant l’adresse l’indication Réponse payée
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- urgente ou (RPD), et il est perçu la taxe d’un télégramme urgent de dix mots pour la môme voie. L’expéditeur peut, d’ailleurs, compléter la mention par l’indication du nombre des mots payés pour la réponse et acquitter la somme correspondante dans la limite établie au paragraphe Ier.
- LI
- r. Au lieu de destination, le bureau d’arrivée remet au destinataire un bon qui lui donne la faculté d’expédier gratuitement et dans les limites de la taxe payée d’avance, un télégramme à une destination quelconque. Ce bon n’est valable que pendant six semaines, à dater du jour où il a été établi. Passé ce délai, il est considéré comme nul et non avenu, et la taxe perçue reste acquise à l’Office qui l’a délivré.
- 2. Lorsque le destinataire n’a pas fait usage du bon, la somme versée pour la réponse n’est jamais remboursée dans la correspondance du régime européen, tandis qu’elle peut l’être lorsqu’il s’agit du régime extra-européen.
- 3. Dans ce dernier cas, le destinataire doit, avant l’expiration du délai de six semaines fixé par le paragraphe Ier du présent article, déposer le bon au bureau qui l’a délivré, en l’accompagnant d’une demande de remboursement au profit de l’expéditeur.
- 4. Il est procédé alors comme en matière de remboursement de taxe.
- 5. Si le destinataire refuse la formule affectée à la réponse, le bureau d’arrivée en informe immédiatement l’expéditeur par un avis de service, tenant lieu de réponse,
- 6. Cet avis de service est émis, comme télégramme privé, dans la forme suivante : réponse à n°... de... Le destinataire a refusé.
- 7. Lorsque le télégramme ne peut être remis dès l’arrivée, dans les circonstances prévues par le paragraphe 3 de l’article XLVII1, un avis de service est transmis dans la forme prescrite par ce paragraphe.
- 8. S’il n’y a pas de rectification, la réponse d’office est émise, dans la môme forme que ci-dessus, au bout de huit jours ou môme dans un délai plus rapproché, lorsque les recherches fa'ites pour trouver le destinataire sont restées infructueuses.
- lii
- 1. Les dispositions des deux articles précédents ne sont pas obligatoires pour les Offices extra-européens qui déclarent ne point pouvoir les appliquer.
- 2. Dans les relations avec ces Offices, la taxe déposée pour la réponse est portée en compte à l’Office d’arrivée, qui adopte tel moyen qu’il juge convenable pour mettre le destinataire en mesure d’en profiter.
- c. Télégrammes collationnés.
- LUI
- 1. L’expéditeur de tout télégramme a la faculté d’en demander le collationnement. Dans ce cas, il écrit, avant l’adresse, la mention collationnement ou {TC), et les divers bureaux qui concourent à la transmission en donnent le collationnement intégral.
- 2. Ce collationnement est donné, à tous appareils, par le bureau qui a reçu et immédiatement après la transmission du télégramme à collationner.
- 3. La taxe du collationnement est égale au quart de celle d’un télégramme ordinaire de môme longueur pour le môme parcours.
- d. Accusés de réception.
- LIV
- 1. L’expéditeur de tout télégramme peut demander que l’indication de l’heure à laquelle son télégramme sera
- remis à son correspondant,*lui soit notifiée par télégraphe aussitôt après la remise. Il inscrit alors avant l’adresse, la mention : accusé réception ou (C R).
- 2. La taxe de l’accusé de réception est égale à celle d’un télégramme ordinaire do dix mots par la môme voie.
- LV
- 1. L’accusé de réception est annoncé par l’abréviation (C R) et transmis dans la forme suivante (C R), Paris de Berne. Télégramme w°... à... (adresse du destinataire) le... (date, heure et minute) (ou motif de non-remise).
- 2. Les accusés de réception reçoivent un numéro d’ordre au bureau qui les envoie. Ils jouissent de la priorité sur les télégrammes privés.
- 3. Dans le cas prévu par le paragraphe 3 de l’article XLVIII, l’accusé de réception est précédé de l’avis de service prescrit par ce paragraphe. L’accusé de réception est transmis ensuite, soit après la remise du télégramme, si elle est devenue possible, soit après vingt-quatre heures, si elle n’a pu avoir lieu.
- e. Télégrammes à faire suivre.
- LVI
- 1. Tout expéditeur peut demander, en inscrivant avant l’adresse la mention faire suivre ou {FS), que le bureau d’arrivée fasse suivre son télégramme dans les limites de l’Europe.
- 2. Lorsqu’un télégramme porte la mention faire suivre ou {FS) sans autre indication, le bureau de destination, après l’avoir présenté à l’adresse indiquée, le réexpédie immédiatement, s’il y a lieu, à la nouvelle adresse qui lui est désignée au domicile du destinataire. Cette nouvelle adresse est inscrite dans le télégramme, à la suite de la première.
- 3. Si aucune indication ne lui est fournie, il garde le télégramme en dépôt, en observant les dispositions des paragraphes 3 et 7 de l’article XLVIII. Si le télégramme est réexpédié et que le second bureau ne trouve pas le destinataire à l’adresse nouvelle, le télégramme est conservé par ce bureau.
- 4. Si la mention faire suivre ou {FS) est accompagnée d’adresses successives, le télégramme est successivement transmis à chacune des destinations indiquées jusqu’à la dernière, s’il y a lieu, etle dernier bureau se conforme aux dispositions du paragraphe précédent.
- 5. Le texte primitif du télégramme à faire suivre doit être intégralement transmis aux bureaux de destination successifs et reproduit sur la copie adressée au destinataire; mais, dans le préambule, chaque bureau ne reproduit, comme lieu de destination (art. XXXVII, §icr, lettre £, que celui de la première adresse à laquelle le télégramme doit être expédié.
- 6. La taxe internationale à percevoir au départ pour les télégrammes à faire suivre est simplement la taxe afférente au premier parcours, l’adresse complète entrant dans le nombre des mots. La taxe complémentaire est perçue sur le destinataire. Dans le cas prévu par le paragraphe 2, le nombre total des mots formant le texte primitif, augmenté du nombre des mots de la nouvelle adresse, sert de base à la taxe de la nouvelle transmission.
- 7. A partir du premier bureau indiqué dans l’adresse, les taxes à percevoir sur le destinataire, pour les parcours ultérieurs, doivent, à chaque réexpédition, ôtre indiquées d’office dans le préambule.
- 8. Cette indication est formulée comme il suit: taxes à percevoir... francs... centimes. Si les réexpéditions ont lieu dans les limites de l’État auquel appartient le bureau d’arrivée,la taxe complémentaire à percevoir sur le destinataire est calculée, pçur chaque réexpédition, suivant le tarif intérieur de cet État. Si les réexpéditions ont lieu hors
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- de ces limites, la taxe complémentaire est calculée en considérant comme autant de télégrammes séparés, chaque réexpédition internationale. Le tarif pour chaque réexpédition estle tarif applicableaux correspondances échangées entre l’État qui réexpédie et celui auquel le télégramme est réexpédié.
- 9. Si la taxe de réexpédition n’est pas recouvrée par l’Office d’arrivée, l’Administration dont ce bureau relève est remboursée du montant des taxes dues aux Administrations, moyennant bulletin de remboursement.
- LVtl
- 1. Toute personne peut demander, en fournissant les justifications nécessaires, que les télégrammes qui arriveraient à un bureau télégraphique, pour lui être remis dans le rayon de distribution de ce bureau, lui soient réexpédiés, dans les conditions de l’article précédent, à l’adresse qu’elle aura indiquée.
- 2. Les demandes de réexpédition doivent être faites par écrit.
- 3. Chaque Administration se réserve la faculté de faire suivre, quand il y aura lieu, d’après les indications données au domicile du destinataire, les télégrammes pour lesquels aucune indication spéciale n’aurait d’ailleurs été fournie.
- f. Télégrammes multiples.
- LVI1I
- 1. Un télégramme multiple peut être adressé soit à plusieurs destinataires dans une même localité, soit à un même destinataire à plusieurs domiciles dans la même localité.
- 2. Les télégrammes adressés dans une même localité à plusieurs destinataires ou à un même destinataire à plusieurs domiciles, avec ou sans réexpédition par la poste, sont taxés comme un seul télégramme; mais il est perçu, à titre de droit de copie, autant de fois 5ocentimes, par télégramme ne dépassant pas cent mots, qu’il y a de destinations, moins une. Au delà de cent mots, ce droit est augmenté de 5o centimes parsérie ou fraction de série de cent mots. Dans ce compte figure la totalité des mots du texte, de la signature et de l’adresse, la taxe pour chaque copie étant établie séparément.
- 3. En transmettant un télégramme adressé dans une même localité ou dans des localités différentes, mais, desservies par un même bureau télégraphique, à plusieurs destinataires ou à un même destinataire à plusieurs domiciles, avec ou sans réexpédition par la poste ou par exprès, il faut indiquer dans le préambule le nombre des adresses.
- 4. Dans le premier cas prévu par le paragraphe ior du présent article, chaque exemplaire du télégramme ne doit porter que l’adresse qui lui est propre, à moins que l’expéditeur n’ait demandé le contraire. Cette demande, doit entrer dans le corps de l’adresse et, par conséquent, dans le nombre des mots taxés.
- g. Télégrammes à destination de localités non desservies par le réseau international.
- LIX
- 1. Les télégrammes adressés à des localités non desservies par les télégraphes internationaux peuvent être remis à destination, suivant la demande de l’expéditeur, soit par exprès, soit par la poste; toutefois l’envoi par exprès ne peut être demandé que pour les États qui, conformément à l’article 9 delà Convention, ont organisé pour la remise des télégrammes, un mode de transport plus rapide que la poste et ont notifié aux autres États les dispositions prises à cet égard.
- 2. L’adresse des télégrammes à transporter au delà des lignes télégraphiques, est formulée ainsi qu’il suit : exprès (ou poste) M. Millier, Johannisthal, Berlin, le nom du bureau télégraphique d’arrivée étant exprimé le dernier.
- LX
- 1. Les frais de transport au delà des bureaux télégraphiques, par un moyen plus rapide que la poste, dans les États où un service de cette nature est, organisé, sont perçus sur le destinataire.
- 2. Toutefois, l’expéditeur d’un télégramme avec accusé de réception peut affranchir ce transport, moyennant le dépôt d’une somme qui est déterminée par le bureau d’origine, sauf liquidation ultérieure. L’accusé de réception fait connaître le montant des frais déboursés.
- 3. Il n’est fait exception à cette règle que dans les relations extra-européennes pour des transports cjont l’Office d’arrivée a prévu et notifié les frais, qui sont alors perçus par le bureau d’origine, sans exiger ni accusé de réception ni règlement ultérieur,
- 4. Dans tous les cas prévus par les paragraphes 2 et 3 qui précèdent, les mots Exprès payé ou P), Estafette payée ou (E P), sont inscrits avant l’adresse et sont taxés. Sauf l’exception prévue au paragraphe 3, ces mentions comportent l'accusé de réception, sans qu’il soit nécessaire d’inscrire le signe (C R).
- LXI
- 1. Le bureau télégraphique d’arrivée est en droit d’employer la poste :
- a. A défaut d’indication, dans le télégramme, du moyen de transport à employer;
- b. Lorsque le moyen indiqué diffère du mode adopté et notifié par l’État d’arrivée conformément à l’article 9 de la Convention;
- c. Lorsqu’il s’agit d’un transport à payer par un destinataire qui aurait refusé antérieurement d’acquitter des frais de même nature. Dans ce dernier cas, le télégramme peut être déposé à la boîte, comme lettre non affranchie.
- 2. Dans tous les cas, l’emploi de la poste est obligatoire pour le bureau d’arrivée, lorsqu’il n’use pas d’un moyen plus rapide.
- 3. Les télégrammes de toute nature qui' doivent être transmis à destination, par voie postale, sont remis à la poste, par le bureau télégraphique d’arrivée, sans frais pour l’expéditeur ni pour le destinataire, sauf dans les trois cas suivants :
- 4. Les correspondances qui doivent être misés à la poste comme lettres recommandées, sont soumises à la taxe de 5o centimes, au maximum, à percevoir au profit de l’Office d’origine.
- 5. Les correspondances, qui doivent traverser la mer, sont soumises à une taxe variable, à percevoir par le bureau d’origine. Le montant de cette taxe est fixé par l’administration qui se charge de l’expédition et notifié à toutes les autres administrations.
- 6. Les télégrammes transmis à un bureau télégraphique situé près d’une frontière pour être expédiés, par poste, sur le territoire voisin, sont déposées à la boîte, comme lettres non affranchies, et le port est à la charge du destinataire.
- 7. Toutefois, si la communication télégraphique, franchissant la frontière, est matériellement interrompue, il est procédé conformément à l’article XL1II. .
- 8. Lorsqu’un télégramme à expédier, par lettre recommandée, ne peut être soumis immédiatement à la formalité de la recommandation, tout en pouvant profiter d’un départ postal, il est mis d’abord à la poste par lettre ordinaire; une ampliation est adressée par lettre recommandée, aussitôt qu’il est possible.
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- h. Télégrammes sémaphoriqttes.
- LXII
- 1. Les télégrammes sémaphoriques sont les télégrammes échangés avec les navires en mer, par l’intermédiaire des Sémaphores établis ou à établir sur le littoral de l’un quelconque des Etats contractants.
- 2. Ils doivent être rédigés, soit dans la langue du pays où est situé le sémaphore chargé de les signaler, soit en signaux du code commercial universel. Dans ce dernier cas, ils sont considérés comme des télégrammes chiffrés.
- 3. Quand ils sont à destination des navires en mer, l’adresse doit comprendre, outre les indications ordinaires, le nom ou le numéro officiel du bâtiment destinataire et sa nationalité.
- 4. Pour les télégrammes d’Etat sémaphoriques expédiés d’un navire en mer, le sceau est remplacé par le signe distinctif du commandement. Le nom du bâtiment doit être désigné.
- 5. Tout télégramme sémaphorique doit porter dans le préambule l’indication sémaphorique.
- 6. La taxe des télégrammes à échanger avec les navires, en mer, par l’intermédiaire des sémaphores, est fixée à 2 francs par télégramme. Cette taxe s’ajoute au prix du parcours électrique calculé d’après les règles générales. La totalité est perçue sur l’expéditeur, pour les télégrammes adressés aux navires en mer, et sur le destinataire, pour les télégrammes provenant des bâtiments (art. XXX,§ 1). Dans ce dernier cas, le préambule doit contenir l’indication : taxe à percevoir.... francs.... centimes. Si cette taxe ne peut pas être perçue, l’Office d’arrivée est remboursé du montant des taxes dues, moyennant bulletin de remboursement.
- LXIII
- 1. Les télégrammes provenant d’un navire en mer sont transmis à destination en signaux du code commercial, lorsque le navire expéditeur l’a demandé.
- 2. Dans le cas où cette demande n’a pas été faite, ils sont traduits en langage ordinaire par le préposé du poste sémaphorique et transmis à destination.
- 3. Les télégrammes qui, dans les 3o jours du dépôt (jour de dépôt non compris), n’ont pu être signalés par les postes sémaphoriques aux bâtiments destinataires, sont mis au rebut.
- 4. Dans le cas où le bâtiment auquel est destiné un télégramme sémaphorique n’est pas arrivé dans le terme de 28 jours, le sémaphore en donne avis à l’expéditeur le 290 jour au matin. L’expéditeur a la faculté, en acquittant le prix ordinaire d’un télégramme terrestre de 10 mots, de demander que le sémaphore continue à présenter son télégramme, pendant une nouvelle période de 3o jours, et ainsi de suite; à défaut de cette demande, le télégramme sera mis au rebut le 3o° jour.
- i. Dispositions générales applicables aux télégrammes spéciaux.
- LXIV
- Dans l’application des articles précédents, on combinera les facilités données au public pour les télégrammes urgents, les réponses payées, les télégrammes collationnés, les accusés de réception, les télégrammes à faire suivre, les télégrammes multiples et les télégrammes à remettre au delà des lignes, en se conformant aux prescriptions des paragraphes 5 et 6 de l’article X.
- IO. TÉLÉGRAMMES DE SERVICE
- Article 5 de la Convention.
- Les télégrammes sont classés en trois catégories:
- i° Télégrammes d’Étât : ceux'qui, etc.
- 20 Télégrammes de service : ceux qui émanent des Administrations télégraphiques des États contractants et qui sont relatifs soit au service de la télégraphie internationale, soit à des objets d’intérêt public déterminés de concert par lesdites Administrations.
- Article 11 de la Convention.
- Les télégrammes relatifs au service des télégraphes internationaux des Etats contractants sont transmis en franchise sur tout le'réseau desdits États.
- LXV "
- 1. Les télégrammes de service se distinguent en télégrammes de service proprement dits, dont la forme est donnée par le paragraphe ior de l’article XIV, et en avis de service, dont il est traité au paragraphe 2 du même article.
- 2. Les télégrammes de service doivent être limités aux cas qui présentent un caractère d’urgence (art. XXIII).
- 3. Ils peuvent être émis en langage secret dans toute? les relations (art. 6 de la Convention) et doivent, en règle générale, être rédigés en français (art. VII, § 3).
- LXVI
- 1. Les avis de service sont échangés, de bureau à bureau, toutes les fois que les incidents de la transmission le nécessitent, notamment, lorsque les indications de service d’un télégramme déjà transmis ne sont pas régulières (art. XXXVI, § 4), lors de rectifications ou de renseignements relatifs à des télégrammes d’une série précédemment transmise (art. XLI, §§ 1 et 2), en cas d’interruption dans les communications télégraphiques, lorsque les télégrammes ont été adressés par poste à un bureau télégraphique (art. XLIV), lorsqu’un télégramme ne peut pas être remis au destinataire (art. XLV1II), lorsque le bâtiment auquel est destiné un télégramme sémaphorique n’est pas arrivé dans le terme de 28 jours (art.LXIII §4).
- 2. Les avis de service relatifs à un télégramme, précé~ demment transmis, sont dirigés, autant que possible, sur les bureaux par où le télégramme primitif a transité. Ces avis doivent reproduire toutes les indications propres à faciliter les recherches des télégrammes primitifs, telles que la date de l’expédition, l’adresse et la signature de ces télégrammes.
- 3. Lorsque les bureaux de passage ont tous les éléments nécessaires pour donner suite aux avis de service, il-s prennent les mesures propres à en éviter une réexpédition inutile.
- I I . SERVICE TÉLÉPHONIQUE LXVII
- 1. Les administrations des Etats contractants peuvent constituer, au fur et à mesure des besoins, des communications téléphoniques internationales, soit en établissant des fils spéciaux, soit en appropriant à ce service des fils déjà existants.
- 2. Sauf arrangements spéciaux entre lesdites administrations, ces fils sont introduits dans un bureau central de chacune d’elles, et peuvent, par cet intermédiaire, être mis en communication, soit avec les cabines téléphoniques établies pour l’usage public, soit avec les habitations particulières, les comptoirs, les ateliers.
- 3. Les administrations s’entendent sur le choix desappareils et sur les détails du service; elles établissent, d’un commun accord, la taxe à prélever sur chacune des lignes téléphoniques.
- 4. L’unité adoptée, tant pour la perception des taxes que pour la durée des communications, est la conversation de 5 minutes.
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- 5. L’emploi du téléphone est réglé d’après l’ordre des demandes. Il ne peut être accordé, entre les mômes correspondants, plus de deux conversations consécutives, de 5 minutes chacune, que lorsqu’il ne s’est produit aucune autre demande, avant ou pendant la durée de ces deux conversations.
- 12. ARCHIVES LXVI1I
- 1. Les originaux des télégrammes et les documents y relatifs, retenus par les administrations, sont conservés au moins pendant six mois, à compter de leur date, avec toutes les précautions nécessaires au point de vue du secret.
- 2. Ce délai est porté à dix-huit mois pour les télégrammes du régime extra-européen.
- LXIX
- x. Les originaux ou les copies des télégrammes ne peuvent être communiqués qu’à l’expéditeur ou au destinataire, après constatation de son identité, ou bien au fondé de pouvoirs de l’un d’eux.
- 2. L’expéditeur et le destinataire d’un télégramme ou leurs fondés de pouvoirs ont le droit de se faire délivrer des copies certifiées conformes de ce télégramme ou de la copie remise à l’arrivée, si cette copie a été conservée par l’Office de destination. Ce droit expire après le délai fixé pour la conservation des archives.
- 3. Il est perçu, pour toute copie délivrée conformément au présent article, un droit fixe de 5o centimes par télégramme ne dépassant pas cent mots. Au delà de cent mots, ce droit est augmenté de 5o centimes par série ou fraction de série de cent mots.
- 4. Les administrations télégraphiques ne sont tenues de donner communication ou copie des pièces désignées ci-dessus, que si les expéditeurs, les destinataires ou leurs ayants droit fournissent les indications nécessaires pour trouver les télégrammes auxquels se rapportent leurs demandes.
- l3. DÉTAXES ET REMBOURSEMENTS LXX
- 1. Est remboursée à l’expéditeur par l’administration qui l*a perçue, sauf recours contre les autres administrations, s’il y a lieu :
- a. La taxe intégrale de tout télégramme qui a éprouvé un retard notable ou qui n’est pas parvenu à destination, par le fait du service télégraphique;
- b. La taxe intégrale de tout télégramme collationné qui, par suite d’erreurs de transmission, n’a pu manifes-ment remplir son objet;
- c. Dans la correspondance du régime extra-européen, la taxe de tout mot omis dans la transmission d’un télégramme ordinaire, par le fait du service télégraphique. Cette disposition, toutefois, n’est pas applicable, lorsque le destinataire s’est aperçu de l’omission et l’a fait rectifier conformément à l’articléXXI V, §§ 1 et 2.
- 2. En cas d’interruption d’une ligne sous-marine, l’expéditeur de tout télégramme a droit au remboursement de la partie de la taxe afférente au parcours non effectué, déduction faite des frais déboursés, le cas échéant, pour remplacer la voie télégraphique par un mode de transport quelconque.
- 3. Ces dispositions ne sont pas applicables aux télégrammes empruntant les lignes d’un Office non adhérent qui refuserait de se soumettre à l’obligation du remboursement.
- 4. Dans les cas prévus par les paragraphes précédents, le remboursement ne peut s’appliquer qu’aux taxes des télégrammes mômes qui ont été omis, retardés ou dénaturés, y compris les taxes accessoires, et aux taxes des télégrammes prévus à l’article XXIV, mais non aux correspondances qui auraient été motivées ou rendues inutiles par l’omission, l’erreur ou le retard.
- LXXI
- 1. Toute réclamation en remboursement de taxe doit être formée, sous peine de déchéance, dans les deux mois de la perception. Ce délai est porté à six mois pour les télégrammes du .régime extra-européen.
- 2. Toute réclamation doit être présentée à l’Office d’origine et être accompagnée des pièces probantes, savoir : une déclaration écrite du bureau de destination ou du destinataire, si le télégramme n’est point parvenu, et la copie qui lui a été remise, s’il s’agit d’erreur ou de retard. Toutefois, la réclamation peut être présentée par le destinataire à l’Office de destination, qui juge s’il doit y donner suite ou la faire présenter à l’Office d’origine.
- 3. Lorsqu’une réclamation a été reconnue fondée par les Administrations intéressés, le remboursement est effectué par l’Office d’origine.
- 4. L’expéditeur qui ne réside pas dans le pays où il a déposé son télégramme, peut faire présenter sa réclamation à l’Office d’origine, par l’intermédiaire d’un autre Office. Dans ce cas, l’Office qui l’a reçue est, s’il y a lieu, chargé d’effectuer le remboursement.
- 5. Les réclamations communiquées d’Office à Office sont transmises avec un dossier complet, c’est-à-dire qu’elles contiennent (en original, en extrait ou en copie) toutes les pièces ou lettres qui les concernent. Ces pièces doivent être analysées en français, lorsqu’elles ne sont pas rédigées dans cette langue ou dans une langue comprise de tous les Offices intéressés.
- 6. Les réclamations ne sont point transmises d’Office à Office :
- a. Lorsque le fait signalé ne donne point droit au remboursement;
- b. Lorsqu’il s’agit d’un télégramme qui, n’étant pas conforme aux conditions réglémentaires imposées au public, en ce qui concerne la rédaction, la langue, la clarté de l’écriture, l’adresse et les indications relatives au transport au delà des lignes, etc., a été accepté aux risques et périls des intéressés.
- LXXII
- 1. Pour tout télégramme non remis à destination, le remboursement est supporté par les Offices sur les lignes desquels ont été commises les irrégularités qui ont empêché le télégramme de parvenir au destinataire.
- 2. Si la réclamation de non-remise est repoussée, la remise du télégramme doit être constatée par un reçu ou par une déclaration de l’Administration destinataire.
- 3. En cas de retard, le droit au remboursement est absolu, lorsque le télégramme n’est point arrivé à destination plus tôt qu’il n’y serait parvenu par la poste ou lorsque le retard dépasse deux fois vingt-quatre heures pour un télégramme européen et six fois vingt-quatre heures pour un télégramme sortant des limites de l’Europe.
- 4. Le remboursement intégral de la taxe est effectué aux frais des Offices par le fait desquels le retard s’est produit et dans la proportion des retards imputables à chaque Office.
- 5. En cas d’altération d’un télégramme collationné, l’Office d’origine détermine les erreurs qui ont empêché le télégramme de remplir son objet, et la part contributive des diverses Administrations est réglée d’après le nombre des fautes ainsi déterminées, un mot omis ou ajouté comptant pour une erreur.
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- 6. La part contributive pour l’altération d’un mot dénaturé successivement sur les lignes de plusieurs Administrations, est supportée par la première de ces Administrations.
- 7. Les erreurs ou omissions sont imputables :
- a. Aux deux bureaux : lorsque des mots, nombres ou caractères ayant été omis ou ajoutés, le bureau qui a reçu n’a pas vérifié le compte des mots; lorsque le collationnement payé a été omis ou incomplet; lorsqu’à l’appareil Hughes, il y a eu un défaut non rectifie;
- b. Au bureau qui a reçu, lorsqu’il n’a pas tenu compte de la rectification faite à son collationnement par son correspondant; lorsqu’en cas de répétition d’office, il n’a pas rectifié la première, transmission, d’après cette répétition;
- c. Au bureau qui a transmis : dans tous les autres cas.
- 8. Dans le cas de remboursement partiel d’un télégramme avec une ou plusieurs copies, le quotient obtenu en divisant la taxe totale perçue par le nombre de copies, détermine l’indemnité à accorder pour chaque copie, le télégramme comptant, à cet égard, également pour une copie.
- 9. Lorsque, par suite de l'absence ou de l’insuffisance des documents, le bureau responsable d’une erreur ou omission ne peut être désigné, le remboursement est mis à la charge de l’administration où la preuve fait défaut.
- 10. Lorsqu’une réclamation a été présentée et mise en circulation dans les délais fixés par le paragraphe Ier de l’article LXXI et que la solution n’a point été notifiée dans les délais fixés par l’article LXVIII pour la conservation des archives, l’Office, qui a reçu la réclamation, rembourse la taxe réclamée, et le remboursement est mis à la charge de l’administration quia retardé l’instruction.
- 11. Pour les correspondances du régime extra-européen, le remboursement est supporté par les différentes administrations d’État ou de Compagnies privées, par les lignes desquelles le télégramme a été transmis, chaque administration abandonnant sa part de taxe.
- LXX1I1
- 1. La taxe d’un télégramme arrêté, en vertu des articles 7 et 8 de la Convention, est remboursée à l’expéditeur, s’il en fait la demande, et le remboursement est à la charge de l’administration qui a arrêté le télégramme.
- 2. Toutefois, lorsque cette administration a notifié, conformément à l’article 8, la suspension de certaines correspondances déterminées, le remboursement des taxes des télégrammes de cette catégorie qui seraient arrêtés ultérieurement, doit être supporté par l'Office d’origine, à partir de la date à laquelle la notification lui est parvenue.
- 14. COMPTABILITÉ
- Article 12 de la Convention.
- Les Hautes Parties contractantes se doivent réciproquement compte des taxes perçues par chacune d’elles.
- LXXIV
- 1. Le franc sert d’unité monétaire dans l’établissement des comptes internationaux.
- 2. Chaque État crédite l’État limitrophe du montant des taxes de tous les télégrammes qu’il lui, a transmis, calculées depuis la frontière de ces deux Etats jusqu’à destination.
- 3. Par exeption à la disposition précédente, l’Etat qui transmet un télégramme sémaphorique venant de la mer ou qui réexpédie un télégramme à faire suivre, débite l’État limitrophe de la part de taxe afférente au parcours entre le point de départ du télégramme sémaphorique ou le point de départ de la première réexpédition du télé-
- gramme à faire suivre et la frontière commune des deux États (art. LVJ, §§ 6 à 9 et LXII, § 6).
- 4. Les taxes terminales peuvent être liquidées directement entre États extrêmes, après une entente entre ces États et les États intermédiaires.
- 5. Les taxes peuvent être réglées d’un commun accord, d’après le nombre des télégrammes qui ont franchi la frontière, abstraction faite du nombre des mots et des frais accessoires. Dans ce cas, les parts de l’État limitrophe et de chacun des États suivants, s’il y a lieu, sont déterminées par des moyennes établies contradictoirement (art. LXXVI, § 3).
- 6. Dans le cas d’application de l’article LXXXV1I, l’Administration contractante en relation directe avec l’Office non adhérent est chargée de régler les comptes entre cet Office et les autres Offices contractants auxquels elle a servi d’intermédiaire pour la transmission.
- LXXV
- 1. Les taxes afférentes aux droits de copie et de transport au delà des lignes, sont dévolues à l’État qui a délivré les copies ou effectué le transport.
- 2. Les taxes normales pour réponses payées et accusés de réception sont acquises à l’Office destinataire, soit dans les comptes, soit dans l’établissement des moyennes mentionnées au paragraphe 5 de l’article précédent. Toutefois, lorsque le remboursement de la taxe de la réponse a été affectué, conformément aux paragraphes 2, 3 et 4 de l’article LT, la taxe normale est déduite du compte mensuel suivant de l’Office expéditeur qui a remboursé.
- 3. Les réponses et les accusés de réception sont traités, dans la transmission et dans les comptes, comme des télégrammes ordinaires.
- 4. Dans la correspondance du régime européen, lorsque la transmission s’écarte de la voie qui a servi de base à l’établissement du tarif, la taxe de transit perçue est répartie à partir du point où la voie normale a été abandonnée, entre les Offices qui ont concouru à la transmission, au prorata de leurs taxes de transit normales. Pour les correspondances entre pays limitrophes qui empruntent une voie détournée, l’Office expéditeur bonifie les taxes de transit normales, sauf arrangements spéciaux.
- 5. Dans la correspondance du régime extra-européen, lorsqu’un télégramme, quel qu’il soit, a été transmis par une voie différente de celle qui a servi de base à la taxe, la différence de taxe est supportée par l’Office qui a détourné le télégramme, sauf recours contre l’Office à qui ce détournement est imputable.
- LXXVI
- 1. La taxe qui sert de base à la répartition entre États et, le cas échéant, à la détermination des moyennes mentionnées au paragraphe 5 de l’article LXXVI, est celle qui résulte de l’application régulière des tarifs établis entre les États intéressés, sans qu’il soit tenu compte des erreurs de taxation qui ont pu se produire.
- 2. Toutefois, le nombre des mots annoncé par le bureau d’origine sert de base à l’application de la taxe, sauf le cas où, à cause d’une erreur de transmission, il aurait été rectifié d’un commun accord entre le bureau d’origine et le bureau correspondant.
- •3. Pour déterminer les taxes moyennes, on dresse un compte mensuel comprenant, par télégramme traité individuellement, toutes les taxes accessoires, de quelque nature qu’elles soient (art. LXXV). La part totale, calculée pour chaque État pendant le mois entier, est divisée par le nombre des télégrammes; le quotient constitue la taxe moyenne applicable à chaque télégramme dans les comptes ultérieurs, jusqu’à révision. Cette révision, sauf circonstances exceptionnelles, ne doit pas être faite avant une année.
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- -, LXXV1I
- 1. Le règlement réciproque des comptes a lieu à l’expiration de chaque mois.
- 2. Le décompte et la liquidation du solde se font à la
- fin de chaque trimestre. ,
- 3. Le solde résultant de la liquidation est payé à l’Etat créditeur en francs d’or effectifs, à moins que les deux Administrations en cause ne se soient entendues pour l’emploi d’une autre monnaie.
- 4. Les frais de déplacement sont à la charge de l’Office créditeur.
- LXXVIII
- 1. L’échange des comptes mensuels a lieu avant l’expiration du trimestre qui suit le mois auquel ils se rapportent.
- 2. La révision de ces comptes a lieu dans un délai maximum de six mois à dater de leur envoi. L’Office qui n’a reçu, dans cet intervalle, aucune observation rectificative, considère le compte comme admis de plein droit. Cette disposition est aussi applicable aux observations faites par un Office, sur les comptes rédigés par un autre.
- 3. Les comptes mensuels sont admis sans révision, quand la différence des sommes finales établies par les deux Administrations intéressées ne dépasse pas 1 °/0 du débet de l’Administration qui l’a établie. Dans le cas d’une révision commencée, elle doit être arrêtée, lorsque, par Suite d’un échange d’observations entre les Offices intéressés, la différence qui a donné lieu à la révision se trouve renfermée dans les limites de 1 »/0.
- 4. Il n’est pas admis de réclamation, dans les comptes, au sujet de télégrammes du régime européen ayant plus de six mois de date et de télégrammes du régime extra-eùropéen ayant plus de dix-huit mois de date.
- (A suivre.)
- FAITS DIVERS
- • Dans sa dernière séance du i5 courant, la Chambre syndicale des industries électriques s’est occupée de plusieurs questions importantes. On a renoncé à établir à l’école Diderot une section destinée à préparer des contremaîtres et des ouvriers électriciens ; mais l’idée n’est pas complètement abandonnée, et elle sera reprise pour l’une des écoles professionnelles que la Ville de Paris doit créer prochainement.
- L’Exposition de 1889, le projet de décret sur l’installation des conducteurs électriques, la canalisation électrique et les obstacles qu’elle peut rencontrer, ont aussi été exa-minés par la Chambre syndicale. Enfin, on a dit quelques mots du procès de M. Jarriant, dont nous avons parlé dernièrement, et l’on a protesté vivement contre les attendus inexplicables du jugement prononcé par le Tribunal de la Seine.
- On va construire un chemin de fer électrique, destiné à transporter les touristes sur le sommet du Salève, en Savoie. Le contrat a, dit-on, été signé cette semaine, et s’élève à environ un million. On se servirait de l’Arve pour produire la force motrice.
- On lit dans l'Étoile belge :
- « Le 7 janvier à Anvers, pendànt toute l’après-midi, il est tombé de grandes quantités de neige. C’était une véritable
- tourmente. Les rues étaient pleines d’infortunés piétons, dont le parapluie s’était retourné, et qui ne savaient comment faire pour lutter contre le vent. Pendant un certain temps la circulation des tramways a été interrompue, tout le personnel ayant dû être employé à déblayer les rails. Quant aux voitures, on ne pouvait s’en procurer qu’à prix d’or, les cochers, inquiets pour leurs chevaux, refusaient généralement de conduire.
- « Malgré les rafales, bon nombre de badauds s’étaient rassemblés à la place de Meir, où ils assistaient, avec une vive curiosité, à la rupture successive de tous les fils téléphoniques. Ceux-ci, en effet, devenus gros comme le bras par suite de la neige qui s’agglomérait sur toute leur étendue, ne tardaient pas à céder et à pendre mélancoliquement dans l’espace. Rue de l’Hôpital, un échafaudage établi par la Compagnie des téléphones sur le toit d’une maison, s’est renversé, entraînant dans sa chute tout l’écheveau de fils qui s’y rattachait.
- « Cette journée a été une catastrophe pour la susdite Compagnie. On peut hardiment évaluerà 100.000 francs les pertes qu’elle a éprouvées. Et les abonnés? Ont-ils assez pesté hier! Comme il faisait un temps à ne pas mettre un chien dehors, chacun s’était empressé de courir à son téléphone pour faire ses petites affaires, et en particulier pour se mettre en communication avec ses fournisseurs. Mais on avait beau sonner, resonner et vociférer dans le cornet, on ne recevait pas la moindre réponse. Et c’était partout un émoi que partageait, du reste, le personnel des bureaux du téléphone.
- « De même, de graves interruptions sont signalées danS le service télégraphique. Certaines dépêches urgentes ont dû faire des tours incroyables et n’ont pu arriver, par conséquent, à leurs destinations qu’avec un retard considérable. A Vieux-Dieu, six poteaux du télégraphe se sont abattus. Par contre, le service des chemins de fer a pu continuer à se faire jusqu’ici d’une manière satisfaisante.
- « Au Jardin Botanique, un chêne séculaire, qui était l’orgueil de ce jardin, s’est rompu sous le poids de la neige.
- « Enfin, un accident curieux a eu lieu au Rempart Sainte-Catherine. Une dame, en passant le long d’une maison, a eu le cou pris dans un fil téléphonique qui s’était brisé et qui a failli l’étrangler. »
- Les expériences de traction électrique qui ont eu lieu dernièrement à Berlin (système Reckenzaun) ont donné de si heureux résultats, que les autorités ont consenti à l’application de ce système à toutes les lignes de la grande Compagnie des tramways de Berlin. Les habitants de Berlin ont pris un vif intérêt à ces expériences qui ont donné lieu, à des transactions nombreuses à la Bourse, sur les actions de la Compagnie des tramways, lesquelles ont monté de plus d’un pour cent.
- On annonce que le gouvernement italien s’est décidé à expérimenter la propulsion des chaloupes par l’électricité ; dans ce but, il vient de commander une embarcation à MM. Yarrow et Ci0, les constructeurs anglais bien connus.
- Un incendie, qui, fort heureusement, n’a pas eu de suites graves s’est déclaré la semaine dernière dans le bureau télégraphique de Truro en Angleterre.
- Le microphone, dont on a caractérisé la sensibilité, en disant qu’il rendait la marche d’une mouche semblable au galop d’un éléphant, semble destiné à jouer un certain rôle dans la diagnose médicale.
- Le docteur Eve décrit dans le Journal médical et chirurgical d’Atlanta, une intéressante série d’expériences, faites avec cet appareil; il lui a été permis de déterminer la nature
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- des fractures par le caractère du son rendu, et il a pu diffé rencier une tumeur d’un ancarisme par le son différent des pulsations.
- Le microphone lui a permis d’entendre très distinctement des sons intercraniaux et musculaires, et dans le diagnostic de la pierre, il opère avec une certitude mathématique.
- Le docteur suggère, en outre, l’idée qu’un audiphone constriut sur le principe du microphone, rendrait d’inestimables services aux malheureux affligés de surdité.
- Un ingénieur de la maison Ganz et C‘°, M.M. de Bernd, vient de trouver un moyen de réparer les charbons cassés des lampes à incandescence, de manière à pouvoir les faire servir de nouveau. La valeur de cette invention dépend naturellement du prix de revient des nouveaux charbons et du temps que ceux-ci peuvent durer.
- Éclairage Électrique.
- Les journaux quotidiens ont parlé cette semaine, dans leurs chroniques du sport, de la fête donnée par M. Oller dans la grande piscine de la rue Rochechouart. Us sont unanimes pour constater le bel effet produit par l’éclairage électrique, dont nous avons parlé il y a six semaines.
- Les ateliers d’artillerie de Saint-Thomas d’Aquin vont être éclairés à la lumière électrique : les lampes employées seront des régulateurs Gramme et des lampes à incandescence de 12 bougies.
- L’ « Acliengesellschaft iür Feilenfabrikation », à Berlin, vient de livrer au public une uouvelle lampe à incandescence, à laquelle la Société a donné le nom de lampe berlinoise. Cetie lampe se distingue des autres par la composition du charbon, et la manière dont celui-ci est relié aux fils. D’une forme particulière, sa durée est égale à celle des anciens modèles et l’économie est la même. La Société construit ces lampes pour différentes tensions et pour des intensités lumineuses, variant de 10 à 3o bougies.
- Le nombre des villes éclairées à la lumière électrique aux Etats-Unis, prouve que les progrès de l’éclairage électrique dans ce pays ont été beaucoup plus rapides que ceux du gaz. Une seule Compagnie a installé la lumière électrique dans plus de 100 villes, et cela dans l’espace de quelques années seulement.
- Le conseil municipal de San Francisco a autorisé la « Caiifornia Electric Light C° » à placer un poteau de i5o pieds de haut, sur lequel seront installés quatre foyers électriques de 4.000 bougies chacun, au coin des rues San Bruno et Ténériffe. La ville payera de ce chef 26 fr. 40 par soirée à la Compagnie. Il a également été décidé de placer quelques foyers dans le quartier chinois de San Francisco.
- Un des plus longs circuits de lumière électrique qui existent actuellement, se trouve à Lynchburg en Virginia. Le circuit est d’une longueur de 21 milles et comprend quatre dynamos reliées en série, et alimentant 5o foyers à arc de 1.000 bougies.
- La bibliothèque publique, ainsi qu’une grande partie du nouvel Hôtel de Ville, à Leeds, sont éclairées depuis deux mois à la lumière électrique. L’installation comprend deux machines dynamos, pouvant alimenter 284 lampes à incandescence de 20 bougies. Chacune des machines donue
- 9.000 watts, et peut marchar pendant 12 heures de suite sans échauffement. La force motrice est fournie par deux machines à gaz de 12 chevaux, installées dans les sous-sols Les moteursfont i8otourspar minute, et les dynamos i.o5o. Depuis deux mois, ou n’a eu à remplacer que 8 lampes, et l’installation qui a été faite par MM. Paterson et Cooper, est beaucoup appréciée, surtout par les visiteurs de la bibliothèque.
- Beaucoup de personnes, peu scrupuleuses, disent les journaux de New-York, ont, clandestinement, établi des communications avec les fils de lumière électrique, rayonnant de la station centrale de la Compagnie Edison, à New-York. Elles ont ainsi obtenu, sans frais, l’énergie nécessaire pour actionner divers appareils aux dépens de la Compagnie. Pour se débarrasser de ces parasites, le directeur de la station fait parfois passer dans le système, pendant une seconde, un courant aussi puissant que possible, mais qui, cependant, ne peut endommager les lampes. Ces dernières donnent alors une intensité lumineuse plus grande, mais les appareils intercalés sont brûlés.
- Nous lisons dans VEleclrical World :
- « Ces jours derniers, une des grandes tours construites à Savannah en Géorgie, pour l’éclairage électrique, a été renversée par un mulet, qui, ayant pris le mors aux dents est venu se jeter dessus. C'est le troisième accident de ce genre qui se produit dans cette ville. Cependant, ces tours dont l’érection ne date que de trois ans, avaient été construites avec beaucoup de précautions?. Plusieurs d’entre elles ont55m5ode hauteur, et on arrive aux lampes électriques au moyen d’un ascenseur, qui, généralement, est maintenu à quelques pieds du sol, quand on ne s’en sert pas. On raconte même à ce sujet qu’un peintre qui venait de travailler au haut de la tour, après avoir opéré sa descente au moyen de l'ascenseur, oublia de fixer ce dernier au moment où il le quittait. L’ascenseur reprit alors sa course ascensionnelle, mais avec une telle vitesse qu’arrivé au but, il fit voler en éclats toute la toiture de la tour. »
- Le prix payé par les différentes villes aux Etats-Unis pour l’éclairage électrique des rues, est loin d’être uniforme; la ville de Boston paye 3 fr. o5 par foyer et par soirée tandis que New-York paye 3 fr. t5; à Philadelphie, le prix est de 3 francs, et à Baltimore de 3 fr. o5. Rochester ne paye que 2 fr. o5, Buffalo 2 fr. 55, et Cleveland 3o centimes par heure. La ville de Detroit a traité pour 400 foyers au prix de 450.000 francs par an, Minneapolis et ia Nouvelle-Orléans donnent 1000 francs par an-et par lampe.
- L’installation de lumière électrique dans l’hôtel des Postes à Chicago, va être augmentée de 25o lampes à incandescence de 16 bougies et de 25 foyers de 125 bougies. Les nouvelles lampes seront installées par 1’ « United States C° » qui a fait la première installation.
- Trois différentes Sociétés de lumière électrique ont demandé des concessions pour le placement de leurs fils et poteaux dans les rues de San Francisco en Californie. Ce sont : la « Pacific Coast Electrical Construction C» », la « San Francisco Conduit Electric Light C° », qui propose de mettre tous ces fils sous terre, et la « Pacific Thomson-Houston Electric Light and Power C° ». Aucune décision n’a été prise encore par le conseil municipal.
- Télégraphie et Téléphonie.
- L’administration des télégraphes en Espagne vient de fixer l’abonnement au téléphone pour les réseaux mention-
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- nés dans les articles 7 d 8 de la loi du 12 août 1884, à 3oo francs par an. Cette mesure est entrée en vigueur depuis le icr janvier courant.
- Le gouvernement italien a dernièrement soumis aux chambres un projet de loi pour la pose et l’entretien de douze nouveaux câbles sous-marins. Ce projet était accompagné de deux contrats par lesquels MM. Pirelli et Cic de Naples se chargent de la pose et de l’entretien de ces câbles en bon état pendant vingt années, moyennant une subvention de 222.144 francs par an. Naples sera mis en communication avec Palerme au moyen d’un câble qui passera par l’île d’Ustica. Les lies Eoliennes et Lipari seront reliées entre elles et avec le continent par un autre réseau de câbles. Un navire spécial sera construit aux frais de MM. Pirelli, mais entretenu en bon état par le gouvernement italien auquel il appartiendra à l’expiration des contrats.
- La chambre de commerce de Southampton vient de demander au gouvernement anglais de réduire le coût des adresses des dépêches télégraphiques de 21 schillings à 5.
- On raconte que, pendant un récent incendie à Londres, la chaleur des flammes était tellement intense que les fils télégraphiques fondaient sur place et tombaient dans la rue.
- On annonce de Téhéran, qu’en vertu d’une convention intervenue entre les gouvernements perse et anglais, la direction et l’entretien du télégraphe à Mesher, regarderont provisoirement le gouvernement anglais. Il paraît que la ligne qui est en très mauvais état va être réparée sur-le-champ.
- Nous avons annoncé dernièrement que de3 capitalistes américains avaient eu le projet de relier l’Amérique à l’Allemagne au moyen d’un nouveau câble transatlantique. Nous apprenons que ce projet a dû être abandonné par suite du refus du gouvernement allemand, de laisser créer une station sur le sol de l’Empire.
- La « Baltimore and Ohio Telegraph C° » vient de réduire le tarif des dépêches de 25 sous pour 10 mots à 10 sous entre New-York et Boston, Providence, Hartford, New Haven et toutes les villes importantes de la Nouvelle Angleterre. Le tarif de la Compagnie « Western Union » reste toujours à 25 sous pour io mots.
- On télégraphie de Wady Halfa que la communication télégraphique est rétablie avec Koshah. La ligne télégraphique, au sud d’Akasheh est coupée; mais on a établi une communication héliographique.
- La cour d’appel de Douai vient de rendre un jugement très intéressant pour tous les pays de code civil où le téléphone est en usage. Il s’agissait de savoir si l’administration des télégraphes et téléphones avait le droit d’établir sur les maisons des supports et consoles pour le soutien des fils télégraphiques ou téléphoniques des lignes de l’État ou des lignes établies dans l’intérêt des particuliers.
- Voici les faits qui faisaient l’objet de la cause : l’administration avait appliqué des supports sur une maison située Grande-Rue, à Boulogne-sur-Mer. Les propriétaires s’étaient plaints et une ordonnance en référé du président du tribunal de Boulogne avait ordonné l’enlèvement des
- supports dans les vingt-quatre heures. Appel de cette décision fut interjeté devant la cour de Douai par l’administration et un déclinatoire d’incompétence fut déposé par le ministère public sur le bureau de la cour, au nom de M. Vel-Durand, préfet du Pas-de-Calais, qui demandait le renvoi de l’affatre devant les tribunaux administratifs. Mais la cour, — adoptant les conclusions de l’avocat du propriétaire de Boulogne, qui avait fait valoir que les travaux contestés constituaient des servitudes d’utilité publique, lesquelles, d’après les articles 64g et suivants du code civil, ne peuvent être établies qu’en vertu d’une loi, — la cour a rejeté purement et simplement le déclinatoire d’incompétence déposé par le préfet du Pas-de-Calais et a confirmé l’ordonnance du président du tribunal de Boulogne. Cet arrêt est d’une grande importance et crée un précédent.
- L’histoire de la téléphonie, à Portsmouth, est assez intéressante. Le premier réseau fut commencé au mois d’août 1881, mais la Compagnie, qui n’avait pas une concession régulière du gouvernement, dut bientôt suspendre ses opérations. Après la nouvelle législation introduite par feu M. Fawcett, un nouveau bureau central fut ouvert à Plymouth au mois de décembre 1884 par l’« United Téléphoné C» ». En avril i885 le réseau passa entre les mains d’une nouvelle Société, la « Western Counties and South Wales Téléphoné C° », qui, depuis, a fait une concurrence très vive au réseau téléphonique établi par le gouvernement. La nouvelle Compagnie se charge de la pose gratuite des appareils chez tous les abonnés du réseau gouvernemental, à condition que ces abonnés s’engagent à contracter un abonnement de trois ans, à l’époque de l’expiration de leur contrat avec le gouvernement. Dès que le nombre des abonnés aura atteint le nombre de 200, le bureau central de la Compagnie restera ouvert toute la nuit.
- La « Western Counties Téléphoné C® » se propose de construire un réseau téléphonique aérien à Batts en Angleterre et de relier cette ville avec Bristol.
- MM. Tasker et fils, de Londres, viennent de terminer une installation téléphonique très complète au château de Sau-dringbam appartenant au prince de Galles. Grâce à des câbles fabriqués spécialement pour cette installation on est arrivé à supprimer tout effet d’induction. Onze de ces câbles sont placés sous terre et vont d’un grand commutateur à la station du chemin de fer de Wolferton et aux maisons de plusieurs dignitaires de la suite du prince.
- Des expériences téléphoniques ont eu lieu depuis quelque temps sur une ligne construite à côté du chemin de fer entre Paw-Paw et Lawton en Michigan. Il s’agissait de téléphoner d’un train en marche avec les différen tes sta tions, et surtout de savoir si le contact d’une tige, se déplaçant rapidement sur un fil, était suffisant pour une conversation suivie.
- Le résultat de ces expériences, a dépassé toute attente, et on a pu maintenir la conversation entre les voyageurs dans le train en marche, et les gares des deux côtés du train. Des employés supérieurs du chemin de fer 1’ « Union Pacific », vont prochainement examiner le système, en vue de l’adopter sur leurs routes.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3. quai Voltaire. — 63218
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- (
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Gubrout
- 8® ANNÉE (TOME XIX) SAMEDI 23 JANVIER 1886 N’ 4
- SOMMAIRE. — Sur la loi de Faraday; J. Moutier. — Sur les effets de la machine rhéostatique de quantité; Gaston Planté. — Nouvelles analogies entre les phénomènes électriques et les effets hydrodynamiques; G. Decharme. — De la communication télégraphique entre les trains en marche; P. Clemenceau. — Le régulateur électrique Porte-Manville; E.-H. Cadiot. — Sur une nouvelle expérience démontrant qu’il y a développement d’électricité, lors de la résolution .des vapeurs en eau; L. Palmieri.— Sur la production des hypochlorites par l’électrolyse; E. Gimé. — Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Perturbation magnétique du g janvier 1886. par M. Mas-cart. — Applications faites dans l’artillerie, du transport de la force ,>ar l’électricité, par M. Favé. — Des propriétés magnétiques du cristal de roche, par M. O. Tumlirz. — De l’application de l’électricité à la dorure et à l’argentage, par G. Zinin. — La dynamo, comme générateur et comme moteur; quelques analogies et contrastes, par M. W. Morde.y. — De l’application des ressorts aux appareils télégraphiques polarisés. — Appareil pour téléphoner et télégraphier au moyen de courants d’induction, par M. Harvez Brown. — Avertisseur d’incendie de Hill. —A propos de l’indicateur à suie. — Correspondances spéciales de l’étranger : Autriche; J. Kareis. — Chronique : Utilisation de la force motrice de l’eau pour l’éclairage électrique. — Des espèces d’arbres qui produisent la gutta-percha : Rapport du docteur W. Burck. — Révision de Berlin {suite et fin). — Correspondance. — Faits divers.
- SUR LA LOI DE FARADAY
- Les lois fondamentales qui régissent les courants électriques ne peuvent plus être considérées comme un résultat de l’observation seule; la théorie des courants électriques a pris une certaine importance. Ohm a rattaché le mouvement de l’électricité dans les conducteurs à la propagation de la chaleur; M. Clausius a expliqué la loi de Joule au moyen du travail effectué dans une décharge électrique; M. Helmholtz a montré que la chaleur voltaïque a pour origine une variation de l’énergie libre. La loi des équivalents électro-chimiques, découverte par Faraday, semble jusqu’ici échapper à toute interprétation théorique; il y a lieu de rechercher si la considération de l’énergie libre peut fournir une explication de la loi de Faraday.
- 1. — Lorsqu’un circuit renferme plusieurs forces électromotrices, la quantité de chaleur dégagée dans le circuit pendant l’unité de temps, ou la chaleur voltaïque, est égale, d’après la loi de Joule, à :
- ASE/,
- en désignant par A l’équivalent calorifique du travail, par i l'intensité du courant, par E l’une des forces électromotrices des couples voltaïques qui, agissant seuls, produiraient des courants de même sens que le courant traversant le circuit ; on doit compter négativement les forces électromotrices
- des couples voltaïques ou des électrolytes, qui agissent dans un sens opposé.
- La chaleur voltaïque a une autre expression dans la théorie de M. Helmholtz, fondée sur la considération de l’énergie libre (').
- La chaleur dégagée dans toute transformation isothermique et irréversible se compose de deux parties : la chaleur compensée et la chaleur non compensée; la chaleur non compensée estpositive. M. Helmholtz a montré que la chaleur voltaïque est égale à la chaleur non compensée qui accompagne la réaction chimique accomplie dans le couple voltaïque.
- A la chaleur non compensée correspond un travail non compensé, nécessairement positif. Le travail non compensé est la variation, changée de signe, de la fonction désignée par M. Helmholtz sous le nom d’énergie libre. Dans toute transformation isothermique, la variation de l’énergie libre ne peut être que négative ou nulle ; elle ne peut jamais être positive. La variation de l’énergie libre est nulle, lorsque la transformation est réversible; la variation de l’énergie libre est négative, lorsque la transformation est irréversible.
- Si l’on désigne par L la diminution qu’éprouve l’énergie libre d’un couple voltaïque au bout d’un certain temps, par E la force électromotrice du couple, par Q la quantité d’électricité mise en jeu pendant le même temps, on a, d’après la théorie
- (') La Lumière Électrique, t. XIII, p. 281 et 33i.
- 1
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de M. Helmholtz, la relation :
- L = eq.
- La diminution de l’énergie libre est un produit de deux facteurs : la force électromotrice, qui est indépendante des dimensions du couple voltaïque, et la quantité d’électricité, qui dépend de la modification éprouvée par le couple. Lorsqu’une même réaction chimique s’accomplit dans le couple, la diminution de l’énergie libre est porportionnelle au poids du système qui éprouve la transformation, ou au poids de l’un des éléments qui participent à la réaction chimique.
- Si, par exemple, du zinc se dissout dans le couple voltaïque, la quantité d’électricité produite pendant un certain temps est proportionnelle au poids du zinc dissous dans le même temps.
- Lorsque plusieurs couples voltaïques sont intercalés dans le même circuit, l’intensité du courant est la même; il existe par suite, un rapport constant entre les poids des éléments qui interviennent dans les réactions chimiques, accomplies dans le même temps au sein des différents couples. Dans le cas le plus simple, où plusieurs couples identiques sont disposés en série, le poids du métal dissous pendant le même temps est le même dans chacun des couples.
- Lorsque le circuit renferme, outre des couples voltaïques identiques et disposés en série, un électrolyte, le poids de l’électrolyte décomposé pendant l’unité de temps est dans un rapport constant avec le poids de métal dissous dans chacun des couples voltaïques. La valeur de ce rapport constant est déterminée par la loi de Faraday ou des équivalents électro-chimiques.
- Est-il possible de trouver une explication de cette loi dans la considération de l’énergie libre?'
- 2. — Examinons d’abord, à ce point de vue, la dissolution du zinc dans l’acide sulfurique et supposons un couple zinc-acide sulfurique placé seul dans le circuit.
- Lorsqu’un équivalent de zinc sé dissout dans l’acide sulfurique, la réaction est représentée par l’équation :
- (1) Zn + SO3, HO = ZnO, SO3 -J- H.
- En appelant L la diminution qu’éprouve l’énergie libre du système, E la force électromotrice "du couple et Q, la quantité d’électricité produite par la dissolution d’un équivalent de zinc, on a la relation :
- L = EQ.
- A l’état initial le système, dont on considère l’énergie libre, est composé de zinc et d’acide sulfurique; à l’état final, le système se compose du
- sulfate de zinc et de l’hydrogène mis en liberté. On peut passer de l’état initial à l’état final, en imaginant des réactions intermédiaires.
- Par exemple, on peut imaginer que l’acide sulfurique ait d’abord perdu son eau, que cette eau se soit ensuite décomposée et que finalement le zinc se soit combiné avec l’oxygène et SO3 pour former du sulfate de zinc. Ces réactions intermédiaires sont représentées par les équations :
- (2) S0",II0 = S03 + H0,
- (3) HO = H + O,
- (4) Zn + O + SO;1 = ZnO, SO».
- En ajoutant terme à terme les trois dernières équations, on retrouve la première équation (1).
- Désignons par l la diminution de l'énergie libre qu’éprouve le système représenté par l’équation (2), par e la force électromotrice de ce système, par q la quantité d’électricité produite par la mise en liberté d’un équivalent d’eau.
- On a, d’après ce qui précède, la relation :
- l — e.j.
- De même, si l’on appelle V, l" les diminutions qu’éprouve l’énergie libre de chacun des systèmes (3) et (4), pare', e" les forces électromotrices correspondantes, par q', q" les quantités d’électricité produites par la décomposition d’un équivalent d’eau et par la formatiou d’un équivalent de sulfate de zinc, on a les relations :
- l’ = c'q', l" = a"q".
- La variation qu’éprouve l’énergie libre du système (1), est égale à la somme des variations qu’éprouvent les énergies libres des systèmes (2), (3) et (4). Cela est facile à voir.
- Convenons de représenter par (Zn) l’énergie libre du zinc, par (SO3, HO) l’énergie libre de l’acide sulfurique et ainsi de suite. Les variations de l’énergie libre ont pour valeurs respectives :
- L = (Zn) + (SO», HO) - (ZnO, SO^) — (H).
- I = (SO3, HO) — (SO;l) — (HO), i'=(H0)-(H)-(0),
- 1" — (Zn) + (0).+ (SOS) — (ZnO, SO^).
- Ces quatre équations donnent immédiatement la relation :
- L = l + V -F l",
- on a, par suite, la relation :
- EQ = cq + c’q' + e"q".
- Parmi les forces électromotrices e, e' e", les unes sont positives , d’autres peuvent être négatives.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 147
- Le couple (1) équivaut à une série de trois couples juxtaposés (2), (3) et (4) : parmi ces trois derniers couples, ceux qui correspondent à des forces électromotrices positives sont en série, ceux qui correspondent à des forces électromotrices négatives sont en opposition. Mais la quantité d’électricité qui traverse le circuit pendant le même temps est la même pour tous les couples :
- Q = q = q' = q1'.
- On a finalement, pour la relation entre les forces électromotrices :
- E = e + e' + e".
- La quantité d’électricité produite par la dissolution d’un équivalent de zinc (1) est égale à la quantité d’électricité produite, soit par la déshydratation d’un équivalent d’acide sulfurique (2), soit par la décomposition d’un équivalent d’eau (3), soit par la formation d’un équivalent de sulfate de zinc, aux dépens du zinc, de l’oxygène et de l’acide sulfurique anhydre (4).
- Lorsqu’il est question ici de l’électricité produite par une réaction chimique, il est entendu que la réaction s’accomplit avec une diminution de l’énergie libre, auquel cas la force électromotrice est positive. Au contraire, lorsqu’une réaction chimique s’accomplit avec un accroissement de l’énergie libre, la réaction, pour s’accomplir, exige l’intervention d’une énergie étrangère, telle que l’énergie voltaïque : c’est le cas d’un électrolyte; la force électromotrice correspondante est alors négative.
- 3. — Supposons maintenant que le circuit renferme un couple zinc-acide sulfurique et un voltamètre.
- La quantité d’électricité nécessaire pour décomposer un équivalent d’eau, ou pour mettre en liberté un équivalent d’hydrogène dans le voltamètre, a été désignée précédemment par q'; elle est égale à la quantité d’électricité Q, qui se dégage dans le couple voltaïque par la dissolution d’un équivalent de zinc, ou par le dégagement d’un équivalent d’hydrogène.
- Les quantités d’hydrogène mises en liberté pendant le même temps dans le voltamètre et dans le couple voltaïque, sont égales entre elles ; ces quantités sont d’ailleurs proportionnelles à l’intensité du courant.
- Des considérations analogues s’appliquent à l'é-lectrolyse des composés binaires : prenons pour exemple les chlorures.
- 4. — Considérons d’abord l’électrolyse de l’acide chlorhydrique,
- La décomposition d’un équivalent d’acide chlorhydrique est représentée par l’équation :
- (5) HCl = Il + CI.
- On peut passer de l’état initial à l’état final, en imaginant des réactions intermédiaires. On peut imaginer que l’acide chlorhydrique et l’oxygène réagissent d’abord pour former de l’eau et du chlore, que l’eau soit ensuite décomposée. Ces réactions intermédiaires sont représentées par les équations :
- (6) HCl + O = HO + Cl,
- (7) H0 = H + 0.
- On peut répéter les raisonnements qui précèdent : la quantité d’électricité qui détermine la décomposition d’un équivalent d’acide chlorhydrique (5) est égale à la quantité d’électricité qui détermine la décomposition d’un équivalent d’eau (7). Si l’on intercale dans le même circuit un voltamètre à acide chlorhydrique et un voltamètre à eau, les quantités d’hydrogène mises en liberté pendant le même temps dans les deux voltamètres sont égales entre elles.
- Au lieu de l’acide chlorhydrique, prenons un chlorure métallique MCI.
- La décomposition de ce chlorure est représen^ tée par l’équation :
- (8) MCI = M + Cl.
- On peut passer de l’état initial à l’état final, au moyen de réactions intermédiaires. On peut imaginer que le chlorure soit d’abord décomposé par l’hydrogène, et que l’acide chlorhydrique soit ensuite décomposé. Ces réactions intermédiaires sont représentées par les équations :
- (9) MCI + H = HCl + M,
- (10) HCl = H + Cl.
- On peut répéter les raisonnements qui précèdent : la quantité d’électricité qui détermine la décomposition d’un équivalent de chlorure métallique (8) est égale à la quantité d’électricité qui détermine la décomposition d’un équivalent d’-acide chlorhydrique (10). Si l’on intercale dans le même circuit un voltamètre contenant le chlorure et un second voltamètre contenant l’acide chlorhydrique, un équivalent du métal est mis en liberté dans le premier voltamètre, pendant le temps nécessaire pour qu’un équivalent d’hydrogène devienne libre dans le second voltamètre.
- Une difficulté se présente dans le cas où le chlore peut contracter deux combinaisons avec le même métal. Le cuivre, par exemple, forme deux combinaisons avec le chlore : Cu2Cl et CuCl. Si l’on intercale ces deux chlorures dans le même circuit, quelles seront les quantités de ces chlorures décomposées pendant le même temps?
- La décomposition du chlorure de cuivre Cu2Cl est représentée par l’équation :
- 00
- Cu3CI = 2 Cu + Cl.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- On peut passer de l’état initial à l’état final, en imaginant des réactions intermédiaires. Ainsi, on peut imaginer que le chlorure Cu2Cl se décompose en cuivre et en chlorure CuCl, que ce dernier chlorure soit ensuite décomposé. Ces réactions intermédiaires sont représentées par les équations :
- (12) Cu2 Cl = CuCl -f- Cu,
- (13) CuCl — Cu CI.
- On peut répéter les raisonnements qui précèdent : la quantité d’électricité qui détermine la décomposition d’un équivalent de chlorure Cu2Cl (n) est égale à la quantité d’électricité qui détermine la décomposition d’un équivalent de chlorure CuCl (i3). Si l’on intercale dans le même circuit, un voltamètre contenant le chlorure de cuivre Cu2Cl, et un second voltamètre contenant le chlorure CuCl, les poids de chlore mis en liberté pendant le même temps dans les deux voltamètres, sont égaux entre eux.
- Sans qu’il soit nécessaire de multiplier les exemples, il semble permis d’espérer que la considération de l’énergie libre, introduite par M. Helmholtz dans la théorie de la pile, pourra fournir une interprétation de la loi de Faraday, qui joue un rôle important dans l’électrolyse et dans le fonctionnement des piles voltaïques.
- J. Moutier.
- SUR LES EFFETS
- DE LA MACHINE RHÉOSTAT!QUE
- DE QUANTITÉ
- L’appareil que nous avons désigné sous le nom de machine rhéostatique (*) peut être disposé de deux manières, soit pour produire' des effets de tension, soit pour obtenir des effets de quantité.
- Dans la machine rhéostatique de tension, des condensateurs à lame de mica sont successivement associés en quantité pendant la charge, et réunis en tension pendant la décharge. Dans la machine rhéostatique de quantité (v. fig. 1), ces condensateurs restent associés en quantité pendant la charge et la décharge. Séparés par des plaques minces d’ébonitè, ils forment une pile verticale, disposée au-dessous d’un commutateur qui peut être animé d’un mouvement rapide de rotation, et réunit alternativement ces condensateurs, soit, à
- (l) Voir La Lumière Électrique,'3« année, 6 août 1881, p. 161, et i3 août 1881, p. ig3.
- l’aide des ressorts C et B, avec la batterie secondaire de huit cents couples, employée pour les charger, soit, à l’aide des ressorts C et E, avec les branches d’un excitateur ou de tout autre appareil destiné à être traversé par les décharges.
- Nous avons déjà signalé quelques-uns des effets particuliers produits par le courant sui generis qui
- . FIG. I
- résulte de cette série , continue de décharges de condensateurs, rechargés sans cesse avec une
- +
- FIfi. 2 ET 3
- grande rapidité par une source d’électricité voltaïque de haute tension. Ces effets sont à la fois mécaniques et calorifiques; mais l’action mécanique est beaucoup plus importante que l’action calorifique.
- Si l’on introduit, par exemple, un fil de platine, en relation avec l’un des pôles de la machine rhéostatique de quantité, dans un tube capillaire ouvert à ses deux extrémités, et si l’on fait plonger l’une de ses extrémités dans un vase d’eau salée,
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- l’autre pôle étant en communication avec le liquide (fig. 2), des étincelles accompagnées d’un bruit sec particulier, apparaissent à l’extrémité du tube; en même temps, à chacune d’elles correspond un saut brusque du liquide dans le tube, et comme ces étincelles se succèdent avec une extrême rapidité, le liquide, n’ayant point le temps de redescendre, est sans cesse élevé par saccades jusqu’à une hauteur de om,25 à om,3o, suivant la force èlectromotricé du courant. On obtient ainsi une sorte de bélier hydro-électrique dont les effets
- +
- |; . y- ...,y
- FIG. 4
- sont produits par une action mécanique due à l’électricité.
- Lorsque le tube capillaire est réduit à une hauteur de om,2o, le liquide apparaît, sous forme de gouttes lumineuses, à l'extrémité supérieure, et retombe en nappe le long du tube, tant que dure le passage du courant (fig. 3).
- Si on ne donne au tube qu’une Iongueur .de om,o3 seulement, et si le fil de platine introduit à 1 intérieur s’arrête à 2 ou 3 millimètres de l’extrémité du tube plongée dans le liquide, de manière à limiter ainsi, dans un espace exigu, la quantité de matière soumise à l’action directe du courant, il se produit un véritable jet d’eau continu, formé
- de gouttelettes extrêmement, fines qui s’élèvent à plus d’un mètre de hauteur (fig. 4.)
- Le passage des étincelles par le tube, immergé dans le liquide, est accompagné de chocs violents et d’un bruit très intense; l’eau devient trouble, en se pulvérisant, et la force mécanique en jeu dans cet étroit espace est si considérable qu’elle détermine quelquefois la rupture du bassin en verre, dans lequel se fait l’expérience.
- Si le pôle qui débouche dans le tube est positif, l’autre électrode étant entièrement plongée dans le liquide, le jet d’eau se produit également, mais s’élève à une hauteur moindre que si ce pôle est négatif.
- Lorsque l’électrode aboutit simplement à la surface du liquide, sans que son extrémité soit renfermée dans un tube de verre qui l’isole partielle-
- F1G. 5
- ment, le liquide n’est projeté qu’à une hauteur de om,5o environ, mais , forme une gerbe de gouttelettes plus grosses, et le vase, dans lequel se fait l’expérience, se trouve bientôt presque entièrement vidé par cette projection, au dehors, du liquide qu’il contenait.
- Enfin, si, renversant la disposition de l’appareil, l’extrémité du petit tube capillaire, près de laquelle se termine le fil, est tournée vers le haut, au lieu de plonger dans le liquide, et maintenue simplement humectée par de l’eau salée, l’autre électrode touchant d’ailleurs la partie supétieure du tube, l’étincelle produite et constamment renouvelée affecte la forme d’une flamme irrégulière, accompagnée d’une bruyante crépitaiion, due à la fois à la pulvérisation mécanique de l’eau, à la détonation des gaz provenant de sa décomposition et à la combustion du sodium mis en liberté (fig. 5). ,
- L’expérience, représentée (fig. 4), imite, d’une manière frappante,l’effet du coup de foudre extraor-
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- iSo
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dinaire de Ribnitz (*) pendant lequel un jet d’eau, partant du sol inondé par la pluie, s’est élancé sur le trajet même d’un éclair, et a pénétré dans une habitation par le trou étoilé que cet éclair avait percé dans la vitre d’une fenêtre.
- Ces expériences expliquent aussi comment, lorsqu’une trombe, fortement chargée d’électricité au point de manifester des effets lumineux ou des globes de feu à son extrémité, vient à atteindre la surface de la mer, il peut se produire tout autour uue abondante gerbe d’eau pulvérisée, et quelquefois une ascension de l’eau, le long du corps nuageux ou dans l’intérieur même du canal vaporeux de la trombe.
- Gaston Planté.
- NOUVELLES ANALOGIES ENTRE
- LES PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES
- ET LES EFFETS HYDRODYNAMIQUES (*)
- III
- Outre les analogies que nous avons déjà signalées (3) entre les effets physiques de l’électricité et les effets hydrodynamiques (analogies qui deviennent de plus en plus frappantes à mesure que les phénomènes sont étudiés plus étroitement jusque dans leurs détails), il en est un assez grand nombre d’autres que nous avons eu occasion de constater. Nous allons, pour compléter ces recherches, en citer quelques-unes.
- Imitations hydrodynamiques diverses de l'aigrette électrique. — L’aigrette électrique est un des phénomènes physiques de l’électricité qui est le plus susceptible d’imitation hydrodynamique.
- Parmi ces moyens d’imitation, je citerai le suivant. Lorsqu’on adapte à un tuyau de concession d’eau de la ville, un petit tube fin en caoutchouc, de om,o8 à om,iode longueur et de o”,ooi d’épaisseur, ce tube se met à vibrer spontanément avec une vitesse et une amplitude d’autant plus grandes que le courant liquide est plus fort. Le jet produit une sorte d’éventail composé d’une multitude de filets rayonnants, bien distincts équidistants, com-
- (') Voir la note du professeur Léonhard Weber {Zeitschrift fiir Elektrotechnik), par J. Kareis, i5 mai i885,3“° année, p. 32.
- (*) La Lumière Électrique, t. XVIII, p. 497 p) La Lumière Electrique, t. IX, p. 462 et 498.
- posé de gouttelettes très apparentes (‘). Ce phénomène est analogue à celui de l’aigrette électrique
- FIG. I. — AIGRETTK ÉLECTRIQUE
- s’échappant par une pointe disposée sur la machine
- FIG. I his. — AIGRETTE HYDRAULIQUE
- (‘) Cet effet vibratoire est dû à la réaction du courant contre la paroi flexible du tube, c’est-à-dire à la répulsion des différentes parties du courant liquide sur lui-même, comme en électricité.
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- i5i
- électrique ordinaire, comme le montrent les deux figures comparatives (fig. i et i bis).
- Une autre forme de l'aigrette ou plutôt de la nappe électrique est celle de la figure 2 (De la Rive, Électricité, II, 206), imitée hydrauliquement par la nappe liquide (fig. 2 bis); Pouillet (Physique, I, i5g, pl. 6, fig. 3o, n° 1), produite par l’épanouissement d’une veine horizontale lorsqu’elle vient
- k IG. 2. — NAPPE ÉLECTRIQUE
- frapper, avec une certaine vitesse, un plan résistant. (Expérience de Savart : Annales de Chim. et de Phys., I, série LIV.) On voit que ces deux
- FIG. 2 bis. — NAl'PE HYDRAULIQUE
- formes ont une analogie frappante. On pourrait en citer diverses autres du même genre.
- La nappe aiiréolée (fig. 2 ter) produite par un jet liquide vertical contre un petit plan horizontal {Physique de Pouillet, I, pl. VI, fig. 20, n° 2), trouve son analogue dans celle que produit un jet électrique où la décharge rejaillit contre un pian de verre; ou encore dans l'expérience de la cascade lumineuse de Gassiot. (Th. du Moncel. — Notice sur la machine de Ruhmkorff, p. 67.)
- L’aigrette électrique peut encore être imitée par
- Je soufflé, à l’aide d’un tube, d’une colonne liquide (fig. 3 : a) ou d’une colonne d’air (fig. 3 : b) sur la plaque recouverte de son dépôt de minium aqueux, ou par le soufflé d’une poudre légère (lycopode), sur une lame de verre bien sèche.
- L’espèce d’aigrette qui constitue l’étincelle électrique dite composée et formée d’un grand nombre de filets lumineux, est analogue au courant liquide s’échappant par une pomme d’arrosoir.
- Je citerai encore, comme se rattachant à la question présente, V étincelle étoilée et l'étincelle sinueuse, dont les formes bien connues sont imitées en aspirant, par un tube fixe, ou qu’on déplace le minium à demi desséché sur la plaque de verre (fig. 4 et 5).
- Les hérissés. — On connaît cette expérience intéressante qui consiste à faire dresser les cheveux sur la tête d’une personne placée sur un
- FIG. 2 ter. — NAPPE AURÉOLÉE
- tabouret isolant et mise en rapport avec une machine électrique en action. Le même effet se produit sur des poupées qu’on nomme les hérissées.
- On imitera hydrauliquement cette dernière expérience en remplaçant les cheveux de ces poupées par des tubes fins en caoutchouc communiquant par un tube unique (traversant le corps de la poupée) avec un tuyau de conduite des eaux de la Ville. Dès que le courant d’eau passera, ces petits tubes se dresseront vivement et même entreront en vibration, Il faut, pour que l’expérience réussisse bien, que les tubes soient flexibles et d’un diamètre intérieur de 2 millimètres environ, sur une longueur de 8 à 10 centimètres.
- Figures électriques. — En produisant la décharge d’une bouteille de Leyde sur un ballon de verre isolé, puis en jetant immédiatement sur la surface électrisée le mélange classique de soufre et de minium (de Villarsy), M. Antolik produit des figures (V. La Lumière Electrique, XI, 3i5) parmi
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- lesquelles je remarque la suivante : Une pointe métallique est mise en regard du ballon et reçoit par son autre extrémité terminée en boule, la décharge électrique. La figure résultante est circulaire et ses bords sont rayonnés; si la pointe est inclinée, la figure annulaire a une forme elliptique ou ovoïde.
- On imite facilement ces effets, par voie hydrodynamique, en aspirant fortement à l’aide d’un tube de 6 à 8 millimètres de diamètre, en contact
- 1IG. 3 : a. — aigrette par soufflé d’eau
- avec la plaque recouverte d’une très mince couche de minium aqueux. Si le tube est oblique à la plaque, la tache rayonnante est de forme ovoïde plus ou moins allongée.
- Imitation hydraulique des ombres électriques. — Le phénomène des ombres électriqties, étudié par M. Crookes, par M. Holtz, a été reproduit d’une, manière assez simple par M. Righi (*) en ^plaçant sur le trajet de l’étincelle d’une batterie électrique un corps non conducteur et étroit qui
- laisse sur la plaque d’ébonite qu’elle atteint, des traces qu’on décèle par la projection du classique mélange de minium et de soufre. Ces traces sont l’image positive ou négative de la forme plus ou moins diminuée de l’obstacle intermédiaire.
- On imite facilement ce résultat par voie hydrodynamique, en plaçant, entre le courant liquide et la plaque de verre, un objet étroit, comme un fil métallique rigide, rectiligne, curviligne, simple ou double, dont la forme se projette comme l’ombre de l’objet sur cette plaque.
- La figure 6 : a représente l’anneau hydraulique projeté sans obstacle sur la plaque de verre recou-
- FIG. 3 : b. — AIGRETTE PAR SOUFFLÉ D’AIR
- verte de sa couche de minium aqueux. Dans la figure 6 : b, obtenue avec le même tube, avec une égale colonne d’eau, tombant de la même hauteur que dans l’expérience précédente, le fil métallique qui fait obstacle ou ombre, est placé dans la direction ab. L’allongement de la figure se fait dans le même sens.
- L’interposition de l'arête d’une lame de verre, dans la situation abcd, a pour effet d’allonger la figure perpendiculairement à la direction de cette arête en diminuant sa largeur, comme le montre la figure 6 : c.
- Dans la figure 6 : d, c’est l’angle abc de la plaque qui fait obstacle à la chute de la colonne liquide. Il y a encore allongement en sens inverse du sommet de cet angle et diminution de la largeur de la figure.
- (*) La Lumière Électrique, t. XI, p. 423 (18 mars 1884).
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- On obtiendrait des résultats analogues en employant un jet liquide pulvérisé , ou un jet de poudre fine, soufflée sur l’obstacle disposé près de la plaque de projection.
- Ombres électriques sur les anneaux colorés de Nobili. — J’ai poussé plus loin l’observation des
- FIG. 4 : a. — IMITATION HYDRODYNAMIQUE DE L’ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE ETOILEE
- ombres électriques en recherchant leurs effets sur les anneaux électro-chimiques. On sait que, pour
- FIG. 4 : b. — IMITATION HYDRODYNAMIQUE DE L’ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE ÉTOILÉE
- la production de ces anneaux, on amène la pointe négative à quelques millimètres en regard de la plaque métallique communiquant avec le pôle positif d’une pile ou d’un appareil d’induction. Lorsqu’on dispose sur le trajet du courant électrique, entre la pointe et la plaque, ou sur la plaque même, un ou plusieurs fils de verre, ou une aiguille métallique ou une petite plaque de quelques millimètres carrés, les anneaux se produisent en laissant sur leurs figures un vide qui
- représente la projection du* corps intermédiaire sur la plaque (fig. 6 bis : a, b, c, d, e, f). Si la pointe négative venait à toucher le conducteur, celui-ci agirait alors comme faisant partie de l’électrode, et les anneaux correspondraient à la forme totale de cette anode.
- Imitation par voie hydrodynamique des étin-
- If IG. i>. — iMITATlON HYDRODYNAMIQUE DE L'ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE SINUEUSE
- celles de la machine électrique à haute tension. — De l’eau est renfermée dans un cylindre vertical dont le fond est percé d’une ou plusieurs ouvertures plus ou moins fines. Un piston qui touche l’eau reçoit un choc du marteau. La pression subite fait jaillir le liquide avec force. On reçoit cette eau sur une plaque recouverte de minium aqueux qui conserve les empreintes du jet.
- L’eau peut encore être lancée en un jet assez intense quand on souffle brusquement et fortement
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- le liquide sur la plaque. L’effet serait plus prononcé avec de l’air comprimé.
- Fig. 6 : a. — anneau hydraulique
- Imitation de diverses sortes de décharges électriques. — M. Feddersen (de Leipsig), dans ses
- (.Annales de Chini. et de^Phys3° série, t. LXIX,
- FIG. b : C. — IMITATION HYDRODYNAMIQUE DES OMBRES ÉLECTRIQUES a, b, c, d : LAME DE VERRE
- recherches relatives aux étincelles qui se produisent par la décharge des batteries électriques
- La décharge intermittente, dans laquelle l’élec' tricité s’échappe successivement par étincelles
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- isolées et comme goutte à goutte, effet qu'il est facile d’imiter en transportant horizontalement et avec rapidité le tube qui contient le liquide, pendant que celuFci s’écoule sur le dépôt pulvérulent. La charge du liquide doit être faible et la hauteur de chute assez élevée.
- La décharge continue, dans laquelle l’électricité
- & r rt.
- fig. 6 bis : a, b, c, d. — ombres électriques sur les anneaux
- COLORÉS DE NOBILI
- s’écoule par le circuit conducteur, en formant un courant non interrompu jusqu’à son complet épuisement. L’imitation en est facile, car il suffit de
- FIG. 6 bis : e, /. — OMBRES électriques sur les anneaux colorés DE NOBILI
- transporter le tube à liquide parallèlement à la plaque et assez bas; le sillon est continu, si la hauteur de chute est telle que le filet d'eau atteigne la plaque avant les solutions de continuité de la veine;
- La décharge oscillante, qui a lieu quand la décharge oscille d’une armature à l’autre de la batterie, avec une intermittence graduellement décroissante, par exemple, à travers un fil métallique. Les figures obtenues par M. Feddersen sont
- nombreuses et varient avec la nature du métal employé; on en trouve en forme de W multiples ou de bandes longitudinales que nos expériences hydrauliques peuvent imiter assez bien.
- Tl serait facile d’imiter, par voie hydraulique, l’expérience de la cascade de feu (*) produite par l’écoulement de l’électricité sur un verre drurane
- FIG. 7 : tl. — IMITATION DES FORMES DES TROMBES.
- et une soucoupe enduite de sulfate de quinine, le tout étant recouvert d’une cloche pneumatique traversée par une tige métallique communiquant avec un des pôles de l’appareil d’induction, tandis que le plateau est en rapport avec l’autre pôle.
- Quand l’étincelle d’induction, issue du pôle positif, arrive sur une surface liquide, elle sè ra-
- (i) Du Moncel, Appareil de Ruhmkorff : cascade de Gas-siot, p. 67, fig. 28 et p. 327, fig. 80.
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- mifie dans la niasse de ce liquide en filets déliés comme les racines d’un arbre, et le centre de ces ramifications a la forme d’un disque.
- Une goutte d’encre, qu’on laisse tomber d’une hauteur de om,o5 à la surface de l’eau d’un vase,
- FIG. 7 : b. — IMITATION DES FORMES DES TROMBES
- imite bien ces effets d’arborisation dans la masse liquide.
- On imite encore assez facilement ces effets, en aspirant avec une pipette, sur la plaque de verre, le liquide qui tient en suspension du minium.
- Effets mécaniques de l'électricité ; imitation par voie hydrodynamique. — Les effets mécaniques, produits par l’électricité statique ou dynamique, sont faciles à imiter par voie hydrodynamique, car ils se rapprochent des effets mécaniques ordi-
- naires, dans notre manière de considérer le flux électrique comme un flux liquide ou matériel. C’est ainsi qu’on imite, par exemple, l’effet du thermomètre de Kinnerley, en remplaçant le choc de l’étincelle électrique par le choc d’une colonne d’eau tombantsur le liquide de l’appareil, ou en employant le choc de l’air soufflé brusquement, à l’aide d’un tube.
- Expérience du brise-tube— Lorsqu’on fait éclater la décharge d’une batterie de Leyde dans un
- FIG. 7 : C. — IMITATION DES FORMES DES TROMBES
- tube de verre plein d’eau, fermé par deux bouchons que traversent deux tiges métalliques terminées en boules à l’intérieur du tube, celui-ci est brisé en un grand nombre de morceaux, par la soudaineté et la force du choc. Pareille décharge produite dans un verre à pied plein d’eau (et non fermé) les deux boules métalliques étant près dçs parois du vase, celui-ci est également brisé; j’ai fait maintes fois cette expérience.
- Un effet analogue est produit mécaniquement par le passage d’une balle de tir à travers un tube plein d’eau ('). Ce tube, de o,m04 à o,mo8 de diamètre (une cheminée de lampe ou de bec de gaz), est exactement rempli et fermé à ses extrémités par de simples membranes (vessies) solidement fixées.
- (') Le Guide scientifique, juillet, 1885.
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- Par l’effet disruptif de la balle traversant le tube dans sa longueur, sans toucher les parois, celui-ci est brisé et souvent fragmenté dans le sens longitudinal et transversal par une foule de fentes, (Expérience de M. Parize.)
- Effets du passage d'un courant électrique dans tin fil métallique fin. Imitationhydrodynamique.— Lorsqu’un courant électrique suffisamment fort passe d’un conducteur dans un autre plus étroit, ou de conductibilité moindre, par exemple, dans un fil métallique fin, il le fait rougir, le fond ou le volatilise, selon le diamètre, la longueur et la nature de ce fil.
- Un effet analogue se produit quand un fort courant liquide passe d’un tube dans un autre plus étroit Si ce dernier-est en caoutchouc mince et court; si, de plus, il est libre à une extrémité, il se tord et vibre énergiquement; s’il, est fixé aux deux bouts et peu tendu, il ondule, se gonfle et finit par éclater.
- Si le courant électrique est insuffisant pour faire fondre le fil ; s’il est seulement capable de le porter à l’incandescence, il se forme, en différents points de sa longueur, des plis, des angles vifs, d’autant plus nombreux que le fil est moins tendu. M. G. Planté, qui a obtenu ces plis au moyen du courant de sa machine rhéostatique disposée en quantité, et avec des fils d’un vingtième de millimètre de diamètre et de om,4t de longueur, les compare aux nœuds de vibration d’une corde (*).
- ^ Il me semble que cette flexion en angles peut s’expliquer par ce fait que les diverses parties d’un même courant électrique se repoussent. L’effet est d’autant plus sensible que le fil est moins tendu.
- (') Recherches sur VElectricilé, par G. Planté, p, 2q3.
- FIG. 8 : a ET b.
- - IMITATION DES QUEUES
- Si le fil était libre par une extrémité l’autre touchant le mercure ou l’eau acidulée (communiquant avec la pile, ou pouvant glisser le long d’une tige métallique, ce fil aurait des mouvements de recul analogues à ceux du petit tube en caoutchouc de mon expérience sur les courants liquides résultats analogue à celui qu’on obtient quand un fil métallique en hélice, suspendu, touche, par son extrémité inférieure, une large goutte de mercure couverte d’eau acidulée. Il se produit un mouvement de recul dans le mercure et dans l’hélice toutes les fois que celle-ci vient à toucher le mercure (qui communique métalliquement avec la partie supérieure de l’hélice), mouvement alternatif qui s’explique par l’action répulsive sur elles-mêmes des diverses parties du courant.
- L’étincelle étant la route suivie par l’électricité à travers l’air ou les gaz, doit se comporter comme un courant ; elle présente, en effet, des zigzags analogues aux plis du fil fin traversé par un courant électrique. Sans doute, il y a lieu de tenir compte ici de la présence des parcelles plus ou moins conductrices qui sont disséminées irrégulièrement dans les milieux gazeux traversés par l’étincelle; mais ces mi-lieùx ne sont peut-être pas plus hétérogènes que les milieux moléculaires des corps solides. Imitation, par voie hydrodynamique, de la polarisation des liquides par les courants électriques. — Faraday a fait, à ce sujet, 1 expérience suivante : deux tiges métalliques, terminées en pointe, traversent les parois opposées d un vase de verre, contenant de l’huile de térébenthine rectifiée, jusqu’au niveau, un peu supérieur aux ppintèéhori-zontales. Des filaments de soie sont'jetés sur le liquide. ,
- L’une des tiges est en rapport a\ec le conducteur d’une machine électrique, l’autre, en commu-
- HYDRODYNAMIQUE DES FORMES DE COMÈTES
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- nication avec le sol. Dès que la machine fonctionne, la décharge traverse le liquide d’une façon continue ; on voit les filaments accourir de toutes les parties de la surface de l’huile, se réunir bout à bout et former une véritable chaîne entre les points métalliques. Tant que dure le passage de l’électricité, cet arrangement persiste, et les fragments opposent même une assez grande résistance, lorsqu’à l’aide d’une baguette de verre, on cherche à
- Pour imiter, par voie hydraulique, cette orientation, cette polarisation des liquides, il y aura peu à changer aux dispositions de l’expérience précédente. Il suffira de remplacer les pointes métalliques par des tubes effilés, dont l’un amènera le liquide (l’eau si l’on veut au lieu de l’huile) et dont l’autre lui donnera issue, en jouant le rôle de déversoir, ou mieux, en fonctionnant comme siphon.
- Nous aurons ainsi un courant liquide entre les
- FIG. 8 : C, d, e, f. — IMITATION MÉCANIQUE DES FORMES DES BOLIDES
- fig. g : a, b. — imitation des perforations cratériformes SOLAIRES
- deux extrémités de tubes disposés à fleur d’eau. Si l’on répand sur le liquide une poudre flottante ou des filaments de soie, on verra, dès que l’appareil fonctionnera, les parcelles flottantes accourir de toutes parts et suivre la direction du courant. Mais
- ^ ' U
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- FIG. 9 : C, d. — IMITATION DES PERFORATIONS CRATERIFORMES SOLAIRES
- les séparer. Mais, dès que la machine cesse de fonctionner, la chaîne se rompt d’elle-même et les filaments flottants se dispersent.
- Faraday en a conclu que les fils de soie sont dans la même condition que les particules de fils qui se disposent en série linéaire entre les deux pôles d’un aimant en fer à cheval, et que leur polarité représente l’état des molécules de l’huile elle-même pendant le passage de l’électricité. M. Mat-teucci a répété cette expérience en remplaçant les fils de soie par des poudres tenues en suspension dans le liquide; et, toujours, il a vu prendre cette disposition linéaire entre les deux pointes.
- elles ne resteront pas fixes; elles seront entraînées par lui et sans cesse remplacées par d’autres, arrivant à la file de tous les points de la surface. Il y aura, néanmoins, orientation, polarisation des parcelles flottantes, et, par conséquent, du liquide leur servant de véhicule. Pour mieux montrer l’effet, le courant pourrait être produit par intermittence.
- Je pourrais multiplier encore les expériences d’imitation, par voie hydrodynamique, des phénomènes électriques; celles qui précèdent me paraissent suffisantes [pour le but que je me suis proposé.
- Je n’ajouterai que quelques mots sur l’imitation
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- hydrodynamique de divers phénomènes naturels, où l’électricité joue un rôle plus ou moins proba-bable, tels que les trombes (fig. 7 : a, b, c), les queues de comètes et de bolides (fig. 8 : a,b, c, d,c), les perforations cratériformes solaires (fig. 9 : a, b, c, d), imitées électriquement par M. G. Planté (').
- La conclusion finale qui se dégage de tous ces résultats variés, c’est qu’il est possible, par des moyens purement mécaniques, hydrauliques ou autres, d’imiter, non seulement les anneaux électrochimiques, mais encore un très grand nombre de phénomènes électriques et magnétiques, fondamentaux ou secondaires, et que les faits d’analogie, spécialement entre les deux ordres de phénomènes électriques et hydrodynamiques, se multiplient de plus en plus, à mesure qu’on se donne la peine de les rechercher; et tous ces faits viennent à l’appui de cette opinion que j’ai énoncée précédemment, à savoir que : l’électricité peut être regardée comme un mouvement de transport ondulatoire ou vibratoire, soit de l’éther universel, soit de la matière pondérable, soit des deux en même temps.
- J’ajouterai enfin que cette distinction entre la matière pondérable et la matière regardée comme impondérable aujourd'hui, ne tient sans doute qu’à l’état imparfait de nos connaissances et que l’on finira tôt ou tard par la supprimer.
- C. Decharme.
- DE LA
- COMMUNICATION TÉLÉGRAPHIQUE
- ENTRE LES TRAINS EN MARCHE
- On s’occupe beaucoup en Amérique, depuis quelque temps, d’essais intéressants que. nous ne serions pas étonné de voir prochainement réussir.
- Nous voulons parler des dispositifs à employer pour relier télégraphiquement les trains en marche, soit entre eux, soit avec une station quelconque.
- Il est inutile de développer les avantages qu’amènerait dans l’exploitation des voies ferrées, la résolution complète de ce problème. Il est évident, en effet, que malgré tous les systèmes perfectionnés de signaux, qu’on emploie couramment dans tous les pays, il est certains accidents, qui, ne pouvant être évités aujourd’hui, pourraient l’ètre demain, (*)
- (*) V. Recherches sur l’électricité, p. 173-174.
- si les trains avaient la possibilité de communiquer entre eux, ou avec les stations les plus voi-sines.
- Le service de la voie serait simplifié; la sécurité des voyageurs serait aussi complète que possible et les frais d’installation seraient vraiment minimes d’autant qu’il y aurait peu de modifications à apporter aux engins établis sur les voies.
- Actuellement, deux idées sont en présence : l’une due à M. Phelps, l’autre à MM. Edison et Gililand.
- Le premier de ces systèmes a été décrit dans le numéro de La Lumière Électrique, portant la date du 19 septembre i885. Nos lecteurs se rappellent qu’il consiste essentiellement dans l’emploi d’un conducteur isolé, placé sur la voie entre les deux rails, et dans lequel on développe des courants d’induction, à l’aide d’une grande bobine de fil de cuivre, placée sous la voiture, dont les spires inférieures parallèles au conducteur de la voie, sont aussi voisines que possible de celui-ci, tandis que les spires supérieures passent par-dessus le toit du wagon, pour que l’action du courant qui les traverse soit négligeable. Dans le circuit de cette bobine, est placée une batterie de quatre à six éléments, dont le courant est alternativement changé de sens au moyen d’une clef spéciale, de manière à faire naître des courants induits, dans le fil de la voie, à chaque inversion. Ces courants, à l’arrivée, traversent un relais spécial, qui actionne un parleur télégraphique, ou encore, ce qui est préférable, agissent directement sur un téléphone.
- Les essais tentés avec ce système, sur le chemin de fer de Harlem Bridge et New Rochelle, N.Y., ont, paraît-il, donné de bons résultats. Nous ne faisons certes aucune difficulté pour le croire.
- Avec un récepteur aussi sensible que lé téléphone, il est certain qu’à -l’oreille on peut percevoir distinctement les alternatives des bourdonnements dus à l’induction, et comprendre une dépêche, lorsqu’on est habitué à lire, avec l’oreille, l’alphabet Morse.
- La réussite de ces premières tentatives permet d’accueillir, avec faveur, le perfectionnement qu’apportent aujourd’hui MM. Edison et Gililand.
- Leur système a, en effet, quelques points de commun avec le précédent.
- Au point de vue de la transmission et de la réception des dépêches, il ne diffère que par le moyen de communication des trains entre eux.
- Les deux électriciens américains ont eu, en effet, l’originale idée d’utiliser, dans ce but, les lignes télégraphiques établies le long de la voie. Avec raison, ils ont remarqué que l’ensemble de ces
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- lignes, toutes reliées à la terre, constituait une des surfaces métalliques, d’un vaste condensateur.
- Dans ces conditions, l’on pouvait, avec un train, former le deuxième conducteur et employer, comme diélectrique, la couche d’air intermédiaire entre les lignes et les wagons.
- Dans ce but, voici le dispositif qu’ils ont imaginé.
- Sur les côtés du wagon (fig. i), se trouve fixée une bande de tôle de cuivre, MN, de3o centimètres de largeur, que des plaques en ébonite, s,s, isolent parfaitement. Cette plaque, lors de la formation d’un train, est reliée métalliquement par des conducteurs flexibles aux bandes analogues que portent les parois extérieures de tous les wagons, et il ne reste plus qu’à relier l’ensemble à la terre pour avoir le condensateur complet.
- Cette relation, comme le montre la figure, est établie de la manière suivante :
- En a est fixée l’une des extrémités du circuit secondaire d’une bobine d'induction B, placée dans l’intérieur de la voiture, dont l’autre bout, après avoir traversé un téléphone T, va à la terre en t, par l’intermédiaire des roues. Aux bornes de ce circuit, est établie une dérivation qu’on peut ouvrir ou fermer au moyen d’un commutateur A, de manière à mettre la bobine en court circuit, lorsque cela est nécessaire. Sur le circuit primaire de la bobine B, est montée une pile P de cinq ou six éléments, dont le courant peut être alternativement rompu par la roue R et le frotteur /. Cette roue, est en effet construite d’une manière analogue à celle de Masson et se compose d‘un disque isolant sur le pourtour duquel sont fixées des lames métalliques à intervalles égaux, toutes reliées à l’axe de la roue. Enfin, une sorte de clef Morse, C, back point key, montée en dérivation, entre le frotteur/ et l’axe de R, permet à volonté, de constituer un court circuit entre ces deux points. Tel est l’agencement d’un poste dans chaque train.
- Lorsque avec ce dispositif l’on veut transmettre, voici alors comment on opère. Au moyen d’une transmission quelconque on met en mouvement la roue R. Les coupures successives de courant qu’elle fait dans le circuit de la pile P déterminent des inductions successives dans le circuit secondaire de la bobine B, et la dérivation de A étant ouverte, les condensateurs de départ et d’arrivée se chargent et se déchargent de telle sorte que l’aiguille A' étant abaissée au poste de réception, le téléphone T' fait entendre un bourdonnement continu. Si alors avec la clef C on transmet comme avec un Morse ordinaire, le téléphone T' reproduira évidemment toutes les alternances et transmettra par suite les lettres de la dépêche, qu’un employé suffisamment habitué pourra comprendre.
- Comme on le voit, la manœuvre est des plus
- simples, le nombre des organes très restreint, et, en dehors du maniement de la clef C, il n’y a qu’à ouvrir et fermer la dérivation de A suivant que l’on veut parler ou écouter.
- Aux postes des gares, une installation analogue établit la communication entre celles-ci et les trains ; exactement comme ces derniers sont reliés entre eux.
- La seule différence qu’il y ait, consiste dans le mode spécial des réunions des fils du télégraphe avec le bureau.
- Comme le montre la figure 2, tous les fils sont réunis métalliquement avec les plaque C, C, C, de condensateurs ordinaires, en regard desquels sont les deuxièmes plaques, toutes reliées entre elles, et mises en communication avec la terre par un dispositif identique à celui que nous avons décrit.
- Si, pour une raison quelconque, on ne veut pas toucher aux fils de ligne, une disposition diffé-
- rente peut être employée. Il est facile en effet de disposer en regard des fils une vaste surface conductrice montée sur des poteaux isolants et de relier celle-ci à la bobine B' comme il vient d’être dit. On le voit, le système Edison et Gililand, est d’une extrême simplicité et en somme ne modifie en rien l’installation télégraphique, tout en utilisant les lignes pour ses transmissions.
- Cependant, comme il est nécessaire qu’il n’y ait pas de solution de continuité dans les fils, et qu’aux stations un fil au moins est coupé pour le service des télégraphes, on remédie à cette difficulté par l’addition d’un dernier condensateur à petite surface.
- La figure 2 montre à droite cette légère modification.
- C',qui est la clef Morse du télégraphe est shun-tée par le condensateur i, qui assure une communication suffisante pour la transmission des signaux d’induction sans rien changer au récepteur, et aux trembleurs ordinaires indiqués en P et Q.
- Nous ne savons pas si, jusqu’à présent, des
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- expériences sérieuses ont été faites avec le système Edison et Gililand. Quoi qu’il en soit, on ne peut à priori douter des résultats. Le téléphone est en effet un récepteur d’une sensibilité suffisante pour parler dans ces conditions, si sa résistance, ainsi que celle de la bobine B, ont été choisies convenablement.
- D’ailleurs, les essais de M. Phelps peuvent servir de garantie, puisque les deux inventions ont ce point de commun.
- En ce qui concerne le mode de relation des trains et des stations, au moyen des condensateurs constitués comme on l’a vu, il n’est pas moins certain qu’on peut établir une communication suffisante, en dépit de l’épaisseur relativement grande, qu’on est forcé de donner à la couche d’air qui constitue le diélectrique. L’expérience seule,
- FIG. 2
- d’ailleurs, peut indiquer les côtés défectueux, s’il y en a, comme les remèdes à apporter, et nous ne manquerons pas de tenir nos lecteurs au courant de cette question si intéressante, lorsque de nouveaux détails nous seront parvenus.
- P. Clemenceau.
- LE RÉGULATEUR ÉLECTRIQUE
- PORTE-MANVILLE
- Depuis que les installations d’éclairage électrique ont pris, un peu partout, l’extension que l’on sait, on a breveté, sous le nom assez vague de régulateurs électriques, une foule d’appareils plus ou moins ingénieux. Le but à atteindre est toujours le même : maintenir constante soit la différence
- de potentiel entre deux points du circuit, soit l’intensité du courant, lorsque la résistance du circuit extérieur varie entre certaines limites. Mais les appareils imaginés, quoique rangés sous une dénomination commune, s’écartent sensiblement les uns des autres. Certains d’entre eux sont en effet destinés à assurer l’allure régulière du moteur, et, dans ce cas, ce sont presque toujours des régulateurs de vitesse mécaniques, à proprement parler, avec déclenchement électrique; d’autres agis-, sent sur les éléments électriques de la dynamo, champ magnétique ou résistance de la ligne et constituent seuls de véritables régulateurs électriques.
- Le régulateur électrique Porte Manville peut, selon le besoin, être rangé, dans l’une ou l’autre catégorie.
- C’est un appareil très original qui diffère sensiblement des types publiés jusqu’à ce jour, et les bons résultats qu’il a fournis aux essais pratiques nous engagent à en donner ici une description complète.
- L’appareil, dont les figures i et 2 représentent une vue de face ou une vue en bout, se compose d’un pignon denté B, dont le moyeu est taraudé et dont la denture conique engrène avec une roue d’angle F, solidaire de deux roues à rochets G,G'.
- Le pignon B est maintenu entre deux colliers D',D, et son moyen sert d’écrou à une tige filetée C.
- L’extrémité supérieure de cette tige C a une section rectangulaire et peut coulisser dans le collier D formant guide ; l’extrémité inférieure de cette même tige commande la valve d’admission. Il résulte de ce dispositif que la tige C s’abaisse ou s’élève, suivant que le pignon-écrou B tourne dans un sens ou dans l’autre.
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- La roue d’angle, F, solidaire des roues à rochets, G, G', est montée folle sur le même axe que celle-ci.
- Les roues à rochets G et G' sont juxtaposées et solidaires l’une de l’autre, mais les dents qu’elles portent sur leur circonférence sont inclinées en
- sens contraire, ainsi qu’il est facile de voir, en se reportant à la figure i.
- Devant le système des roues G, G', et également folle sur le même axe, est montée une sorte de came triangulaire H, qui sert à supporter une paire
- FIG. D
- d’électro-aimants J, J', disposés, de part et d’autre d’un plan vertical passant par l’axe de rotation.
- Au moyen d’une tige, articulée en I au bras supérieur de la came H, celle-ci est animée d’un mouvement continu de va-et-vient. Ce mouvement peut être pris, soit sur un excentrique spécial, soit directement sur la tige du piston, ainsi que l’indique la figure 3. Un indicateur quelconque de vitesse accompagne l’appareil qui vient d’être décrit, et
- lance un courant électrique dans l’uu ou l’autre des deux électro-aimants J et J', suivant que la vitesse du moteur s’élève au-dessus ou s’abaisse au-dessous de sa valeur de régime. Dès que l’un des électro-aimants est excité par le passage d’un courant électrique, il attire son armature, et celle-ci, entrant en prise avec la denture placée en regard, imprime à la roue dentée correspondante une série de déplacements angulaires qui, se succédant rapidement et toujours dans le même sens, équivalent à un mouvement de rotation continu.
- Ce mouvement se transmet à la valve, par l’intermédiaire des roues dentées F,B et de la tige filetée C.
- Sitôt que l’allure de régime est rétablie, l’indicateur de vitesse rompt le circuit excitateur de l’é-lectro-aimant; l’armature de ce dernier est arrachée par l’action d’un ressort antagoniste et reprend la
- FIG. 4
- position indiquée sur la figure i : la came continue seule son mouvement de va-et-vient.
- Lorsqu’on veut maintenir constante la différence de potentiel ou l’intensité du courant, on se sert d’un relais à solénoïde, représenté sur la figure 4, que l’on place en dérivation ou en série dans le circuit. On règle l’appareil de façon que, pour le régime normal, la tige occupe une position intermédiaire entre les contacts P et P'. Si le courant vient à augmenter dans le solénoïde, le noyau s’enfonce et ferme le contact DP' : le courant est ‘ alors lancé dans l’un des électro-aimants J ou J'; si le courant diminue, c’est le contact DP qui se ferme, et c’est l’autre électro-aimant qui est excité.
- Le mouvement de rotation des roues à rochets peut être utilisé pour agir, soit sur la valve de la machine à vapeur, soit sur le champ magnétique de ! la dynamo.
- E.-H. Cadiot.
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- SUR
- UNE NOUVELLE EXPÉRIENCE
- DÉMONTRANT QU’iL Y A DÉVELOPPEMENT D'ÉLECTRICITÉ LORS DE LA RÉSOLUTION DES VAPEURS EN EAU
- (Académie royale des Sciences physiques de Naples, séance du 5 décembre i885. — Note présentée par M. L. Palmieri. — Extrait et traduit par M. P. Marcillac.)
- Au cours des recherches que je poursuis depuis i85o sur l’électricité atmosphérique, je me suis surtout efforcé :
- . i° De n’employer que des méthodes et des instruments capables de fournir des résultats n’exigeant pas de corrections et susceptibles de comparaison;
- 2° De simplifier les appareils de telle façon qu’on puisse les confier même à des obserteurs d’une instruction très ordinaire.
- J’ai pu reconnaître de bonne heure, que l’électricité de l’air croît avec l’humidité relative ; que les fortes tensions (pendant la durée desquelles les conducteurs exposés à l’air libre, fournissent des étincelles) annoncent d’une façon certaine, l’apparition prochaine des nuages, des brouillards et des brumes, et avec beaucoup de probabilité, les chutes de pluie, de neige ou de grêle, soit au point que l’on occupe soit à des distances de ce lieu, capables d’atteindre plusieurs dizaines de kilomètres.
- Il est à remarquer que ces tensions exceptionnelles (correspondant à des milliers de degrés électrométriques), suivent les phases de la pluie : elles commencent avec elle, durent autant qu’elle et cessent en même temps qu’elle, suivant les lois que j’ai formulées en 1854. En raison de ceci, je crois que l’on peut, sans erreur, attribuer l’origine de l’électricité atmosphérique à la condensation des vapeurs, ce que Volta semblait d’ailleurs avoir soupçonné.
- Désireux d’appuyer ces théories (que je n’avais émises toutefois qu’en me basant sur une longue et minutieuse série d’observations directes), par des faits, j’entrepris en 1862 tout un ensemble d’expériences.
- Elles furent probantes ; mais faute de publicité, elles restèrent à peu près ignorées ; nul ne les répéta.
- D’autres essais furent tentés sans amener de conclusions précises, et finalement, nombre de théories dépourvues souvent de toute sanction expérimentale, se succédèrent, repoussées parfois aussitôt qu’acceptées.
- Les analyses que MM. Kalischer, Gerland, Faye, Edlund, etc., ont bien voulu faire, tout récemment, du Mémoire dans lequel j'ai résumé mes travaux sur l’électricité atmosphérique, ont ramené l’attention des météorologistes sur ce point. Mais on m’a objecté les difficultés et le prix de revient de mes expériences de 1862. Il a même été imprimé en France (par erreur, il est vrai), que les signes d’électricité que j'avais pu constater étaient insignifiants.
- Dès lors, je me suis appliqué à simplifier, le plus possible, mes précédents dispositifs, de façon à ce qu’il fût facile et peu coûteux de répéter, dans tout cabinet de physique, mes propres essais.
- J’y suis parvenu, en disposant l’expérience comme il suit :
- Sur un support bien isolant, on place une coupe de platine de 12 centimètres de diamètre environ, et on la fait communiquer par un fil, également en platine, avec le plateau inférieur du condensateur d’un électroscope de Bohnenberger. En opérant comme d’habitude, on voit la feuille d’or rester immobile, et le résultat est le même, si l’on verse dans la coupe, de l’eau, à la température de l’air ambiant.
- On remplit alors la coupe avec de la glace pilée et l’on élève le plateau supérieur, après l’avoir mis momentanément en communication avec le sol, comme à l’ordinaire. On voit la feuille d’or de l’électroscope accuser nettement de l’électricité positive.
- Pour faire mieux ressortir l’expérience, il convient de rompre la communication du plateau inférieur avec la coupe de platine, en même temps que l’on élève le disque supérieur.
- En présence de ce résultat, j’ai cru superflu d’employer des mélanges réfrigérants pour obtenir de plus forts abaissements de température, estimant qu’il vaut mieux ne pas ôter à l’expérience ce caractère de simplicité qui la met à l’abri de toute contestation.
- Comme détails complémentaires, j’ajouterai que l’électroscope de Bohnenberger (que j’ai modifié pour la circonstance) était muni d’un condensateur à plateaux de cuivre doré, et de piles sèches constantes ; que la tige, supportant la feuille d’or, se trouvait isolée par un manchon de « pécite » (3), et enfin que les essais ont été faits avec des températures sensiblement constantes, qui n’ont oscillé, qu’entre 28 et 24 degrés centigrades, pendant les derniers jours d’août et les premiers jours de septembre i885.
- On le voit, rien n’est plus aisé que de répéter cette expérience, beaucoup plus simple que celle que j’avais imaginée en 1862. Il est permis d’espé-
- (i) Voir La Lumière Électrique, 10 octobre i885. (-) Voir La Lumière Électrique, 29 août i885.
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- rer que, lorsque la plupart des physiciens auront reconnu son exactitude, il ne sera plus nécessaire de chercher de nouvelles hypoihèses sur l’origine de l’électricité atmosphérique. J’insiste sur ce dernier point : « l’hypothèse précédente ne vise que l’origine directe de l’électricité atmosphérique » et non les mouvements de celle-ci.
- Dans l’ouvrage que M. Edlund, de l’Académie royale des Sciences de Stockholm, a récemment publié et qu’il a bien voulu m’adresser, l’auteur soutient, il est vrai, que l’électricité de la Terre s’élève dans l’atmosphère, sous l’influence de l’induction unipolaire du magnétisme de notre planète, mais, d’autre part, il reconnaît que les manifestations électriques dans l’air ou le retour de l’électricité vers la terre, dérivent de la condensation des vapeurs, et surtout de leur résolution en eau.
- Je souhaite beaucoup que les météorologistes se prononcent définitivement sur ce point délicat « la cause première de l’électricité atmosphérique *.
- Je suis convaincu, pour ma part, que l’origine immédiate de cette dernière réside dans la condensation des vapeurs de l’atmosphère et si, au point de vue des mouvements ascendants ou descendants, je ne suis pas absolument d’accord avec M. Edlund, je suis heureux de voir que l’éminent physicien suédois est entièrement du même avis que moi sur les faits et les expériences qui semblent prouver, d’une façon indéniable, que la résolution des vapeurs en eau, ou leur condensation, est bien la cause directe du développement de l’électricité atmosphérique.
- L. Palmieri.
- SUR LA
- PRODUCTION DES HYPOCHLORITES
- PAR L’ÉLECTROLYSE
- Devant l’adoption générale du procédé Solvay pour la fabrication de la soude, on sera nécessairement forcé d’abandonner l’emploi du chlorure de chaux comme agent décolorant, car cette substance étant un produit de fabrication secondaire dans l’industrie de la soude, traitée par les procédés Leblanc, aura, au fur et à mesure de l’abandon de ce procédé, une tendance à monter en prix. Le chlorure de chaux étant presque exclusivement employé dans les manufactures, pour le blanchi-
- ment des fibres végétales, tissus, etc., on comprend que sa consommation soit énorme. Ainsi, l’Angleterre en produit annuellement environ 200.000 tonnes, la France, i3.ooo, et l’Allemagne, 6.000. Je puis donc affirmer que le prix du blanchiment par les hypochlorites de chaux ne fera que hausser.
- Depuis longtemps déjà, on a proposé le blanchiment et la décoloration au moyen des hypochlorites produits par l’électrolyse. En Europe, cette question n’a pas encore fait un grand pas, mais en Amérique, ce traitement est généralement admis, et les hypochlorites de sodium y sont produits à un tel prix, qu'aucun autre produit ne peut entrer en ligne de comparaison pour le blanchiment.
- Sur certains points, des usines possédant déjà des forces hydrauliques, immense avantage, utilisent encore pour produire les hypochlorites décolorants, la saumure naturelle des lacs, puits et l’eau de la mer.
- La théorie de la formation des hypochlorites par le courant électrique est très simple; prenons par exemple le chlorure de sodium. Le courant agissant sur une solution de ce sel, décompose celui-ci en sodium métallique et en chlore ; le sodium métallique mis en contact avec l’eau, se transforme en hydrate de sodium avec élimination de l’hydrogène. Le chlore et l’hydrate de sodium dans l’eau entrent en réaction, et il se forme de l’hypochlorite de sodium, du chlorure de sodium et de l’eau.
- Pendant la durée active du courant, cette réaction est spontanée, et en laissant agir, un temps déterminé, une demi-heure par exemple, le courant d’une machine dynamo d’une intensité de 25 ampères, avec une force électromotrice de 6 volts, sur une quantité de 100 litres de la solution, on obtient un liquide, qui a des propriétés décolorantes plus prononcées que la solution de chlorure de chaux à un demi-degré Baumé, ordinairement employée dans les manufactures. La quantité d’hy-pochlorite n’est pas fixe pour tous les cas; elle est la fonction de plusieurs variables : intensité du courant, forme et matière des électrodes, température et degré de concentration de la solution, nature chimique du chlorure employé, du temps de l’électrolyse et de la distance entre les électrodes.
- L’intensité a une très grande influence sur la quantité des hypochlorites qui se forment. En laissant agir un courant d’une intensité quelconque, sur une solution mesurée et saturée de chlorure de sodium, il se forme presque le double d’hypo-chlorites, que si l’on divise ce courant en quatre parties, et si on laisse chacune de ces parties sur des quantités quatre fois moindres de la solution.
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- Les métaux, sauf le platine, ne peuvent servir d’électrodes. Le chlore libre agit même sur ce métal. La matière la plus convenable est le charbon de cornue. La superficie des électrodes influe, naturellement, sur la solubilité des gaz qui s’échappent pendant la réaction. Comme pour former l’hypochlorite, il est avantageux qu’une quantité aussi grande que possible du chlore reste en solution, et que la même quantité de chlore se dissolve mieux, quand elle entre en liquide non en masse, mais divisée sur une grande superficie, on voit que la grandeur des électrodes a de l’influence sur la productibilité de l’electrolyse. La température de la solution aussi, est un facteur des plus importants. Si le courant passe dans des solutions de chlorures chauffées à 60 et 80 degrés centigrades, on remarque que la quantité des hypochlorites, qui doivent se former, n’augmente pas; je vais en expliquer la cause : c’est pour la raison bien simple, que la température agit sur les hypochlorites formés en les décomposant en chlorates et en chlorures.
- Si la température ne baisse pas, et que le courant continue à agir sur le chlorure formé, il se décompose en ozone, qui oxyde l’électrode de charbon, en mellogène et en chlorure, d’où on voit qu’au lieu de l’oxydation du bain, se produit l’oxydation de l’anode et de la cathode.
- Ainsi, avec l’élévation de la température, le produit valable de l’électrolyse est annulé; la température la plus favorable à la formation des hypochlorites, ne doit en aucun cas dépasser io degrés centigrades.
- En ce qui concerne le degré déconcentration, je dirai que le courant éprouve moins de résistance dans les solutions concentrées que dans les solutions faibles, de là, si une certaine quantité de courant dans ces dernières, surpassant la résistance, se transforme en chaleur, cetie quantité de courant, transformée en chaleur, est, non seulement une perte pour le travail chimique du courant, mais encore, ainsi que je l’ai dit plus haut, un obstacle à la formation des hypochlorites.
- Les solutions saturées ont aussi un désavan-age assez considérable. Le chlore est moins soluble dans les solutions concentrées que dans les solutions faibles, et comme la formation des hypochlorites dépend de la solubilité du chlore, il se formera, par conséquent, proportionnellement plus d’hypochlorites en solution faible.
- La quantité des hypochlorites dépend de la nature des sels employés.
- Des trois sels expérimentés : chlorure de sodium, de kalium et de calcium, le meilleur résultat, par rappoit à la quantité d’hypochlorites foimés, est donné parle chlorure de sodium. La différence est même si grande, que quand sodium donne 100 parties, kalium donne 80 et calcium 20, avec les
- mêmes données en temps, intensité, conductibilité et température.
- La quantité des hypochlorites formés est en proportion directe avec le temps d’action du courant, toutes autres conditions égales et convenables. La distance des électrodes influe sensiblement.
- L’électrolyse, au moyen de ce que l’on appelle, bien improprement, l’arc voltaïque, donne une quantité d’hypochlorites, plus petite que l’électro-lyse par la décharge calme. Aussi, l’on sait que l’on peut éloigner la cathode de l’anode, si loin que même dans un liquide bon conducteur, le courant ne passera pas. La distance entre les électrodes, la plus convenable pour la formation des hypochlorites, ne doit pas dépasser om,5o.
- Ainsi, si la quantité d’hypochlorites qui se forme est une fonction de plusieurs variables, ces variables elles-mêmes (intensité, température, quantité, etc.), peuvent être régularisées par la volonté de l’expérimentateur.
- Le mode de blanchiment par les solutions de chlorure électrolysées, comme le blanchiment au moyen du chlorure de chaux, consiste dans l’immersion du tissu dégraissé dans le liquide décolorant formé par le courant; ensuite, après l’avoir laissé quelque temps exposé à l’air, on le fait passer par une faible solution d’acide sulfurique ou chlorhydrique. Après ce passage à l’acide, et le lavage à grande eau, le blanchiment est fini.
- Au lieu d’employer le chlorure de chaux, on-prépare une composition analogue de chlorure à meilleur marché : voilà toute la différence qui existe entre ces deux sortes de blanchiment.
- Théoriquement, on peut considérer le blanchiment électrique, comme un travail transformé en énergie chimique, produisant sur les tissus un effet décolorant.
- En Amérique, le blanchiment s’opère ordinairement de la manière suivante.
- On fait réduire à un plus fort degré de concentration, de l’eau de mer, soit par l’évaporation par le feu, soit par l’évaporation produite par l’air et le soleil.
- Ce liquide, qui n’est que du chlorure de sodium en dissolution, mêlé, il est vrai, à plusieurs substances étrangères, qui ne peuvent influer en aucune manière sur la formation des hypochlorites, si ce n’est toutefois en faisant varier la conductibilité de la solution, ce liquide, ai-je dit, est amené dans d’énormes cuves, possédant au milieu, des agitateurs montés sur un axe vertical, passant par l’axe même de la cuve. (Le même modèle est employé pour malaxer ensemble la pâte à papier avec les produits colorants.) Ces agitateurs sont eux-mêmes formés de plaques de charbon de cornue, isolées les unes des autres, et dont la moitié forme anode, et l’autre moitié cathode. Un courant d’eau froide circule dans un serpentin, faisant tout le
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- tour, intérieurement, de la cuve. Une pompe est montée sur la cuve, pour élever la solution qui a atteint la quantité de chlore active, nécessaire pour le blanchiment dans les clapots.
- Sans augmenter la conductibilité des électrodes, on les métallisé quelquefois ; mais cette opération, qui ne peut être faite rationnellement qu’au moyen du platine est, vu son prix de revient, peu appliquée.
- Je parlerai pour mémoire, de la préparation des chlorates de sodium et de kalium, de leurs chlorures par l’électrolyse. La différence entre les prix des chlorures et des chlorates est très grande, et il serait préférable de les préparer par l’électro-lyse, car, en admettant seulement un rendement de 45 0/0 de chlorates, des chlorures employés, le bénéfice serait encore sensible. Et d’après des expériences certaines, on peut, en employant des électrodes de charbon métallisées, transformer plus de 75 0/0 de chlorure de sodium, et 57 0/0 de kalium en chlorates; seulement par des procédés encore inconnus en Europe on est arrivé à empêcher la décomposition de ces chlorates en arrivant à une certaine concentration et par là, à éloigner l’ozone qui naît de cette décomposition et provoque l’oxydation spontanée des chlorates.
- J’ai trouvé le détail de plusieurs expériences analogues à celles précitées, mais différant complètement par les résultats, dans les annexes des Annales de Wiedemann, et des expériences faites dans le même sens, par A. Lidoff et W. Ticho-miroff, me prouvent qu’il y a déjà un certain nombre d’années que la production des hypochlorites par l’électrolyse a été étudiée en Europe.
- E. Gimé.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Dirigée par B. Marinovitch
- Perturbation magnétique du 9 janvier 1886, par M. Mascart. (')
- Une perturbation magnétique, de grandeur exceptionnelle s’est produite le 9 janvier 1886. D’après les renseignements que M. Moureaux a relevés sur les courbes données par l'enregistreur magnétique de l’observatoire du parc Saint-Maur, l’agitation a commencé à 8hi5 du matin; les mouvements des aimants étaient précipités, mais faibles,
- (*) Note présentée à l’Académie des Sciences, le 11 janvier 1886.
- et la première oscillation importante a eu lieu de 9 heures à io'1 3o. De n heures à midi et de i heure à 2 heures, les boussoles ont été encore très troublées, mais avec des oscillations de faible amplitude.
- A partir de q1'45, la composante horizontale a commencé à diminuer rapidement, tandis que la composante verticale augmentait; le mouvement de baisse de la déclinaison s’est accentué seulement à 5h5o. Le point extrême de cette oscillation a eu lieu à 7'‘i5 ; dans l’intervalle, la déclinaison avait diminué de 38 minutes, et la composante horizontale
- de ^ de sa valeur; la composante verticale avait
- augmenté de ^ Un mouvement en sens inverse
- s’est ensuite produit, puis les barreaux ont eu une seconde oscillation, d’amplitude plus grande encore que la précédente, entre 8'1 i5 et 9 heures.
- Les écarts extrêmes des éléments magnétiques pendant la perturbation ont été :
- Déclinaison.............53’, de 5'>5ora à 8"35m du soir;
- Composante horizontale. . -A, de 7'*i5m à 8h40m du soir;
- Composante verticale. . . -3-J-u-, de 7hi5m à S'^o110 du soir.
- Il est à remarquer que, pendant la première des deux oscillations principales, les variations de la déclinaison et de la composante horizontale étaient de même sens, tandis qu’elles étaient de sens contraire dans la seconde.
- Les courbes obtenues par M. le docteur Fines, à l’observatoire de Perpignan, donnent les mêmes résultats et exactement aux mêmes heures, du moins autant qu’on peut l’estimer par les enregistreurs. Pour la composante horizontale, en particulier, les courbes des deux instruments de Perpignan et de Saint-Maur sont presque superposables dans tous leurs détails.
- . Ces grandes perturbations magnétiques semblent donc se produire en même temps sur toute la surface du globe, comme on l’a constaté déjà plusieurs fois et comme je l’ai fait remarquer aussi pour la perturbation du 17 novembre 1882, qui a été observée par la Mission du cap Horn. Il paraît important d’introduire dans les enregistreurs des moyens de constater le temps avec une plus grande exactitude, pour déterminer avec quel degré d’approximation les phénomènes observés en différents points de la surface du globe peuvent être considérés comme simultanés.
- Applications faites dans l’artillerie, du transport de la force par l’électricité, par M. Favé (J).
- La fonderie de canons de Bourges emploie, depuis l’année 1879, deux machines Gramme, l’une,
- C1). Note présentée à l’Académie des Sciences, le u janvier 1886.
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- comme génératrice, l’autre comme réceptrice, pour l’essai des métaux au moyen d’une machine à traction. On a dû renoncer à opérer des arrêts brusques avec des courants énergiques pour ne pas altérer les isolants de la bobine.
- Le même établissement fait usage, pour le maniement des très gros canons, de deux grues roulantes de 20 tonnes, actionnées chacune par une réceptrice particulière, avec un courant provenant d’une seule génératrice. Le travail transmis à la distance de 120 mètres est de i3 chevaux environ sur 25. Le fonctionnement s’est toujours opéré sans accident.
- Des propriétés magnétiques du cristal de roche, par M. O. Tumlirz (').
- Plücker étudia le premier (1847) les propriétés magnétiques des cristaux, et il chercha d’abord à expliquer les phénomènes, en supposant qu’aux forces magnétiques et diamagnétiques, s’en ajoutaient d’autres qui, dans les cristaux négatifs, produisaient une répulsion sur l’axe optique, et dans les cristaux positifs, une attraction, et que ces forces étaient absolument indépendantes des propriétés magnétiques ou diamagnétiques de la substance.
- Le cristal de roche qui est un cristal positif comme on sait, entra aussi dans la série de ses recherches, et dans les premières expériences, il trouva que, diamagnétique comme le spath d’Islande, il présentait comme celui ci, mais plus faiblement, une répulsion de l’axe optique, lorsqu’il était placé entre les pôles d’un fort électro-aimant; dans un essai ultérieur, Plücker observa le phénomène contraire, c’est-à-dire que l’axe optique, au lieu de se placer transversalement, tendait à prendre la position axiale par rapport aux pôles, en conformité avec la loi donnée ci-dessus.
- Cette contradiction engagea Plücker, à l’occasion de nouvelles recherches, à examiner encore une fois soigneusement le cristal; le résultat fut de nouveau différent des deux précédents ; il n’y avait plus aucune action. « Le cristal de roche, dit Plücker, ne subit, même avec l'emploi de dix éléments Grove, aucune action. Comme j’avais obtenu auparavant avec le quartz, une faible action axiale, et cela dans les deux sens différents, il est probable qu’il y a des causes d’erreur ».
- Comme source d’erreur, il indiquait le fait de particules de fer provenant du travail du cristal.
- Presqu’en même temps, MM. Knoblauch et Tyndall étudièrent le cristal de roche, et ils trouvèrent d’abord, par l’essai d’un grand nombre d’exemplaires, des résultats contradictoires, mais après avoir pris les plus grandes précautions, quant
- à la propreté des cristaux, ils trouvèrent des résultats concordants ; l’axe tend à se détourner de la ligne des pôles, quoique, la dimension dans ce sens eût été diminuée, de manière à ce que les propriétés diamagnétiques de la substance ne pussent pas ajouter à cette action.
- Dans nos essais, nous avons employé deux plaques de cristal, taillées perpendiculairement à l’axe optique, l’une lévogyre, l’autre dextrogyre. Leur épaisseur était de 4 millimètres; et la longueur des axes binaires, en moyenne, de 25 millimètres.
- Les deux plaques furent nettoyées mécaniquement et avec de l’alcool, aussi bien que possible, et plongées pendant 3o heures dans de l’acide chlorhydrique dilué. .Elles étaient suspendues à des fils de cocon, en prenant les plus grands soins de propreté.
- Les bobines de l’électro-aimant employé, étaient en fil de cuivre de 4 millimètres qui faisait 200 tours autour des noyaux de fer cylindriques, de 32 centimètres de hauteur, et 6cm,3 d’épaisseur; placées en série, elles avaient une résistance de Oo,im,173. Le courant était produit par 6 daniells accouplés trois à trois en surface.
- I. — La plaque dextrogyre fût d’abord mise en présence d’une des pointes polaires comme on le voit figure 1. Le fil de cocon est dans la direction d’un axe binaire (') et, par suite, l’axe principal et un autre axe binaire (2) sont dans le plan horizontal ; la distance du pôle était d’environ 1 à 2 millimètres, dans la position d’équilibre.
- Dans ce premier essai, une des branches seule porte sa pièce polaire, et le courant ne passe que par la bobine correspondante.
- Lorsqu’on ferme le courant, la partie de, la plaque voisine du pôle était repoussée, et elle prenait la position d’équilibre indiquée figure 2.
- En coupant le courant, la plaque oscillait autour de sa position primitive d’équilibre, et choquait le pôle; en fermant brusquement le courant, lorsque la distance n’était plus que d’environ 1/2 millimètre, non seulement le mouvement était arrêté, mais encore elle était repoussée immédiatement.
- Le phénomène était le même en changeant de plaque, et, ce qui est important, le même, quels que fussent le sens du courant et la nature du pôle. Il s’ensuit, que la substance du cristal de roche est diamagnétique.
- II. — Après ce premier essai, je plaçai les deux pièces polaires à pointes dans une position telle que, la plaque de quartz pouvait juste osciller entre elles; mais sans qu’il y eût contact, ce qui aurait pu détacher par frottement de petites particules de fer. La suspension restait la même.
- Lorsque le courant qui passait successivement
- (') Annales de Wiedemann, 1836, n° 1.
- (1) Correspondant aux sommets de l’hexagone.
- (2) Correspondant aux centres des faces,-
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- dans les deux bobines fut fermé, l’axe principal ne se plaça ni dans la ligne des pôles, ni transversalement, mais il faisait avec la ligne des pôles un angle de 20°. En renvérsant le courant, la plaque prenait une position d’équilibre symétrique de la première, par rapport à la ligne des pôles; ces phénomènes se so'nt reproduits à chaque essai; il est a remarquer que cette expérience eut lieu immédiatement après la première.
- III. — Cette dernière propriété du cristal se montrait encore plus nettement dans un champ homogène; les dimensions de celui-ci étaient de n centimètres de hauteur, 6 "centimètres de largeur et sa profondeur de 3,7 à 4 centimètres. Pour arriver plus rapidement à la position d’équilibre dans le cas du circuit ouvert, la suspension fut changée, et remplacée par une suspension bifilaire de très faible moment directeur; la plaque fut d’abord placée axialement (axe principal transversal). Le courant étant fermé, l’axe principal faisait dans la position d’équilibre, un angle de 6o° avec la ligne
- FIG. I ET 2
- es pôles; et avec un courant inverse, elle prenait une position symétrique par rapport à cette dernière ligne.
- Cet essai, plusieurs fois répété, donna les mêmes résultats; ce fait de position d’équilibre symétrique relativement à la ligne des pôles, pour des .polarités inverses, ne peut être que la conséquence d’une polarité propre et permanente. Au premier abord, il me parut que le cristal possédait naturellement cette polarité permanente, mais .je dus me convaincre qu’elle provenait de l’influence des forces magnétiques.
- En laissant en particulier, et cela sans intention déterminée, le quartz suspendu librement pendant plusieurs jours, en dehors des masses de fer, reporté de nouveau dans le champ uniforme, la polarité propre se montre beaucoup plus faible ; et dans ce cas, j’obtins les mêmes résultats que Plücker dans ses premiers essais, et que ceux obtenus parM. Knoblauch et Tyndall; l’axe principal se plaçait presque transversalement; les changements de position produits par les renversements de courants étaient insignifiants.
- IV. — Si la polarité permanente est la conséquence d’une magnétisation, on doit pouvoir déterminer
- les phénomènes à l’avance, d’après le sens de cette magnétisation. La plaque de quartz fut placée transversalement (axe principal dans la ligne des pôles), les surfaces pôlaires (planes) furent rapprochées autant que possible et le cristal magnétisé dans la direction de l’axe optique. Si la polarité se maintient après la rupture du courant, il faut que, placée, l’axe principal transversal dans le champ homogène, elle se comporte comme une aiguille aimantée, placée transversalement.
- Soit A la face de la plaque qui était, pendant la magnétisation, opposée au pôle nord; alors, en vertu des propriétés diamagnétiques de la substance, la surface A doit être repoussée par le pôle nord et attirée par le pôle sud.
- L’expérience montra exactement le contraire : la rotation eut lieu de la même manière que si le quartz eût été paramagnétique, et cela, pour les deux directions du courant.
- Les déviations de la plaque, de la position Ion gitudinale (ligne des pôles), symétriques pour des polarités inverses du champ, dépendaient essentiellement de l’intensité de la magnétisation et du champ; en moyenne elles étaient de 5o°.
- Si la plaque ne se place pas transversalement comme un corps diamagnétique ordinaire, cela tient au moment directeur de la suspension et à un moment de même sens dans ce cas, qui provient de la magnétisation inverse (permanente) qui tend à maintenir l’axe principal, transversal.
- Si, placée de la même manière, 011 magnétise la plaque dans le sens opposé, elle doit se comporter d’une manière inverse dans le cas où cette magnétisation remplace la précédente; l’expérience confirme cette supposition.
- V. — La plaque fut placée transversalement, et on donna au champ la même polarité que pendant la magnétisation. La plaque ne fut pas déviée.
- Mais, si, au contraire, la plaque était placée longitudinalement, fixée et magnétisée (la direction de la magnétisation correspondait à un axe binaire), alors, lorsqu’on la plaçait transversalement, elle était déviée, et cela, de telle sorte que la partie qui était, pendantlamagnétisation,enfacedupôlenord, était attirée par lui, et, vice-versa, la déviation était naturellement renversée par un renversement du courant.
- Les phénomènes étaient semblables lorsqu’on changeait la suspension et que la direction du fil de cocon était la même que celle d’un axe binaire, joignant les faces de l’hexagone.
- Nous pouvons donc dire : les deux sortes de cristal de roche peuvent acquérir un magnétisme permanent, soit dans la direction de l’axe principal, soit suivant toute autre direction perpendiculaire. Le cristal de roche est ainsi le premier corps diamagnétique qui présente un magnétisme permanent.
- VI. — Les relations précédentes entre les dévia-
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- tions et les polarités du champ, si contradictoires qu’elles puissent paraître, sont en concordance avec l’idée émise en i85o, par E. Becquerel, d’après laquelle, tous les corps seraient magnétiques, les corps diamagnétiques étant ceux pour lesquels la susceptibilité magnétique (coefficient de magnétisme induit) est plus petite que celle du milieu environnant.
- Montrons cela d’une manière plus claire : comme l’état magnétique dans le cristal est, en tout cas, très faible, nous pouvons déterminer le moment magnétique par unité de volume, comme s’il ne provenait que des forces du champ magnétique. Or, celui-ci étant homogène, la force est partout la même en grandeur et direction ; par suite, le magnétisme libre en tout point intérieur du cristal et du milieu est nul, et on a, sur la surface seulement, une couche magnétique de densité :
- a — (0, — 0') Etf cos« + (02 — 0') E£> sin a,
- où E est la force magnétique inductrice, a, l’angle formé par cette force (elle est horizontale) et l’axe principal, 0, et 02 les susceptibilités magnétiques correspondant à la direction de l’axe principal et aux directions normales, 0' la même constante relative au milieu, et a, b, c, les cosinus directeurs de la normale extérieure à l’élément de surface pris par rapport à l’axe principal, la verticale et la perpendiculaire à ces deux directions.
- Si a est différent de o, les forces magnétiques se réduiront à un moment d’axe vertical :
- M = (0,— 0j)VE2sin acosa,
- où Y est le volume total dn cristal. On peut obtenir cette valeur de deux manières, en considérant le moment magnétique par unité de volume, pour tous les points intérieurs, ou au moyen de la charge superficielle seule. Dans ce derniermode de calcul, la quantité 0' disparaît d’elle-même, ce qui prouve que le moment de rotation est indépendant du milieu isotrope environnant.
- Si 0j > 02 on a un équilibre stable pour a = o, il est instable, pour a=90° ; c’est le contraire pour
- <C L’expérience indiquée en III, montre que la plaque de cristal, lorsqu’elle ne possède pasdepolarité propre, se place de manière à amener l’axe principal transversalement ; nous en concluons que O, < 02, la susceptibilité magnétique est plus petite dans la direction de l'axe principal.
- D’après les recherches de M. le professeur Mardi, sur l’influence de la pression sur la vitesse de la lumière dans le quartz, on peut considérer le quartz comme une matière isotrope, mais qui est devenue bi-réfringente, perpendiculairement à l’axe, par suite des énormes pressions développées par la cristallisation. En rapprochant ces deux résultats, ori peut dire que la susceptibilité magnétique du quartz
- a été augmentée par ces pressions dans leur direction.
- En ce qui concerne les expériences V, dans lesquelles la plaque magnétisée se comportait comme un corps paramagnétique, nous devons remarquer que pour la direction du magnétisme permanent, on a a — o°, ou 01=90°, et par suite, le moment de rotation M est nul. En faisant donc abstraction du ma gnétisme libre, et en ne considérant que la polarisation induite, on en déduit, sans autre, la relation du sens de la rotation au sens du champ.
- L’auteur se propose de poursuivre ses recherches dans une autre communication, en particulier sur la question de savoir si on ne pourrait pas reconnaître la polarité permanente du cristal de roche par une rotation résiduelle qu’elle ferait subir au plan de polarisation de la lumière.
- De l’application de l’électricité à la dorure et à l’argentage, par G. Zinin (*).
- Le procédé le plus employé aujourd’hui, sinon l’unique pour argenter les objets métalliques, est celui du dépôt galvanique de l’argent contenu à l’état de dissolution saline dans un bain.
- Le bain que l’on emploie depuis plus de quarante ans, est formé par du cyanure double d’argent et de potassium AgK (CN)2 (2) contenant un excès de cyanure de potassium.
- La première application des cyanures doubles, pour l’argentage galvanique, fut faite en Angleterre par le chirurgien John Wright qui vendit son invention à la maison bien connue d’Elkington, à Birmingham.
- Dès lors, ce bain a été presque seul employé, et c’est le seul qu’on trouve, soit dans les fabriques, soit dans les ateliers qui s’occupent de ce travail, ce qui s’explique par les grands avantages qu’il présente sur les autres combinaisons de l’argent. Le principal de ces avantages, c’est un coût peu élevé, puisque, en dehors du cyanure de potassium, qui est un produit relativement bon marché, il n’exige, pour ainsi dire, rien d’autre. Quant aux anodes d’argent, leur coût reste naturellement le même pour tous les bains.
- Le bain au cyanure peut se préparer très facilement en plongeant dans une solution à 10 0/0 de cyanure de potassium, une plaque d’argent comme anode, et une plaque de platine comme cathode; après quelques heures, le bain est assez saturé d’argent, et prêt pour le travail.
- Que le bain ait été préparé de la sorte, ou, di-
- (•) Journal de Diitgler, 6 janv. 1880.
- (2) Tous les symboles chimiques sont notés dans le système des poids atomiques.
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- rectement, par l’adjonction de chlorure ou de cyanure d’argent à la solution de cyanure de potassium, le résultat de l’argentage est le même, à la seule condition d’un nettoyage préalable et suffisant de l’objet, et la couche d’argent est assez adhérente pour qu’elle supporte un polissage au tour, à l’acier ou à l’émeri; son épaisseur ne dépendant d’ailleurs que du temps pendant lequel le courant a agi.
- Cette épaisseur cependant ne peut pas, dans l’emploi pratique du bain au cyanure, dépasser une certaine limite, de 0,1 à 2 millimètres, ce qui correspond à un dépôt de 16 à 320 milligrammes par centimètre carré.
- Mais à côté de ces avantages, le bain au cyanure présente, par ses propriétés vénéneuses, un grand inconvénient, d’autant plus grand qu’il suffit que la substance soit introduite dans la circulation, d’une manière quelconque, et que l’on ne connaît aucun contrepoison efficace, que la rapidité de l’intoxication rendrait inutile, d’ailleurs.
- Un autre inconvénient, qui augmente encore le danger, provient du dépôt fréquent sur la cathode d’un cyanure d’argent basique peu soluble, qu’il faut enlever de temps en temps pour ne pas troubler le dépôt d’argent. On doit donc sortir l’objet toutes les 2 ou 3 minutes, et le nettoyer avec une brosse humectée avec une solution de tartre.
- Ces propriétés fâcheuses du bain au cyanure ont déjà, depuis longtemps, attiré l’attention des chimistes, sans que les nombreux essais tentés aient donné un résultat satisfaisant.
- Ni le sulfite double de sodium et d’argent, Na Ag SO3 ni l’hyposulfite double Na Ag S203 n’ont donné le résultat qu’on en attendait.
- Le motif en est, que ces combinaisons ont la propriété de déposer l’argent au seul contact du cuivre de sorte que le cuivre de l’objet est remplacé, équivalent pour équivalent, par l’argent; il en résulte que l’argent déposé n’adhère jamais fortement à la surface du cuivre, et que, de plus, le cuivre qui a passé dans le bain finit par le modifier avec le temps.
- De plus, l’hyposulfite est très instable en solution, et dépose soit à la lumière, soit dans l’obscurité, du sulfure d’argent sous forme de précipité noir.
- Depuis quelques années, l’auteur a cherché à remplacer le bain au cyanure par du tartrate d’argent et d’ammonium, C2 H2 (HO)2 (CO NH* O) (COAgO). Les résultats furent meilleurs qu’avec les sels précités, surtout en ayant soin de fermer x le circuit, en plongeant l’objet dans le bain. Dans ce cas, il n’y avait aucune dissolution de la cathode et le dépôt était assez adhérent. Cependant, la solubilité insuffisante de l’anode dans cette solution, et la transformation de l’acide tartrique dans
- la solution alcaline, amenant un dépôt d’argent sous forme d’une fine poudre cristalline, l’empêchèrent de faire connaître la composition de ce bain.
- Plus tard, il est arrivé à trouver un bain, pouvant se conserver intact des mois et des années, inaltérable à la lumière, et qui n’est pas plus poison qu’un sel quelconque inorganique de l’argent.
- Le bain consiste en une solution d’iodure de potassium et d’argent, Ag KP, avec excès d’iodure de potassium ; pour le préparer, on dissout 6er,66 de nitrate d’argent dans 1 litre d’eau et 011 ajoute 5oo grammes d’iodure de potassium.
- Par suite de la double décomposition des deux sels, on obtient du salpêtre qui reste dans la solution, et de l’iodure d’argent qui se dissout dans l’excès d’iodure de potassium. La préparation préalable des objets de cuivre est la même que pour le le bain du cyanure, et nous n’avons pas besoin de la décrire ; après le dernier lavage à l’eau, ils sont plongés dans le bain d’iodure.
- Comme anode, on peut employer soit de l’argent pur, soit même de l’argent allié au cuivre ; il en résultera peu à peu une formation d’iodure de cuivre. En ce qui concerne le dépôt de ce cuivre sur la cathode, on doit supposer qu’il n’a pas lieu, et que l’argent seul se dépose, du moins aussi longtemps que la quantité de cuivre ne dépasse pas celle de l’argent; aussitôt qu’on constatera un dépôt de cuivre, accompagnant le dépôt normal d’argent, on ajoutera au bain une solution de potasse caustique, aussi longtemps qu’il se formera des flocons blancs d’hydrate de cuivre dont on débarrassera le bain par filtration : l’excès de potasse donnera lieu à un dépôt brun d’oxyde d’argent, AgaO.
- Des essais répétés ont montré que les choses se passent réellement ainsi; la potasse précipite des quantités considérables d’hydrate de cuivre d’un bain employé avec une anode d’argent impur. Le courant que l’on doit employer pour la décomposition du bain à l’iodure doit être très faible; il ne doit jamais y avoir de dégagement d’iode libre à l’anode, ce qui amènerait une usure du bain.
- Le courant d’un élément Meidinger :
- Zn | SOMg | SO’* Cu | Cu,
- est trop fort pour ce bain. Pour diminuer l’action de cet élément, on peut mettre le zinc dans l’eau pure, et prendre une solution plus ou moins concentrée de sulfate de cuivre. Le dégagement de l’iode ne gâte pas le bain, si on a soin d’y ajouter goutte à goutte une solution concentrée de potasse caustique, jusqu’à décoloration complète; ce qui a pour effet de transformer tout l’iode libre en iodure et iodate de potassium. Après 10 ou 3o minutes l’objet est fortement argenté; l’argent déposé est toujours blanc et mat; il suffit de le polir à la manière ordi-
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- naire, pour le rendre tout à fait brillant; l’adhérence est si forte qu’on peut employer si l'on veut l’acier à polir.
- Quoiqu’on n’ait pas à craindre un dépôt d’iodure d’argent, avec la proportion d’iodure de potassium donnée, il est bon cependant, au sortir du bain, et avant le lavage à l’eau froide, de rincer l’objet dans une solution contenant une partie d’iodure de potassium et quatre parties d’eau; solution qui pourra du reste être utilisée dans le bain.
- Pour maintenir la proportion d’argent dans le bain, il suffit d’employer des anodes de surface égale ou un peu supérieure à celle de l’objet à argenter.
- Les praticiens savent bien quelle difficulté il y a avec le bain au cyanure à reproduire en moule la forme d’un objet; avec le bain d’iodure, ces difficultés disparaissent.
- Dans notre cas, la forme en cuivre sur laquelle doit se déposer l’argent est d’abord plongée dans le bain d’iodure déjà décrit; puis, quand on a obtenu une couche d’une certaine épaisseur, on la plonge dans,, un autre bain contenant la même quantité d’iodure de potassium, mais saturé d’argent.
- On ne doit pas, pour augmenter la rapidité du dépôt, augmenter le courant en prenant un plus grand nombre d’éléments ; il serait préférable d’augmenter la surface de ceux-ci en les couplant en en quantité; si au contraire on augmente la force électromotrice ; la composition chimique du bain change, et de l’iode libre apparaît à l’anode. Après que l’on a obtenu une couche suffisante d’argent, on dissout la forme en cuivre au moyen de chlorure de fer.
- De plus, avec des courants trop forts, le dépôt d’argent se présente fréquemment sous forme granuleuse, et même il peut arriver que le dépôt d’argent se fasse sur des corps non conducteurs, comme la vernis d’asphalte qui sert à préserver les parties des objets qui ne doivent pas être recouvertes d’un dépôt ; aussi après quelques heures de travail avec un fort courant, le moule entier paraît recouvert de fines granulations, même sur les parties vernies ; on peut cependant l’en débarrasser avec un pinceau.
- Quoique le bain à l’iodure, par suite du prix élevé de l’iodure de potassium, soit plus cher que celui au cyanure, il rachète ce désavantage, en permettant d’obtenir des dépôts d’une épaisseur quelconque, aussi adhérents avec un gain considérable de temps ; et par la simplicité des manipulations.
- On sait que les objets en zinc, étain, plomb, fer, etc., doivent être cuivrés avant l’argenture ; les objets ainsi préparés peuvent être portés directement du bain de cuivre dans le bain d’argent, sans nettoyage préalable ; quant aux objets en maille-chort, il faut d’abord les nickeler, puis les cuivrer,
- et enfin les argenter, sixrn veut obtenir une couche solide.
- On peut aussi, comme on le sait, augmenter la solidité de la couche d’argent par une amalgamation préalable des objets ; pour cela on dissout dans 1 litre d’eau de osr,5 à 1 gramme de nitrate de mercure, suivant qu’il s’agit d’objets plus on moins grands et on ajoute autant d’acide nitrique qu’il en faut pour que la solution devienne parfaitement claire ; on y plonge alors les objets en cuivre, et de là on les porte dans le bain d’argent, lorsque leur surface s’est recouverte d’une couche blanche et brillante de mercure.
- Une fois le dépôt fait, on chauffe fortement l’objet sur du charbon pour volatiliser le mercure, et enfin on le polit.
- En ce qui concerne la dorure galvanique, on emploie aussi malheureusement un bain au cyanure quoique celui au ferrocyanure ne soit pas dangereux; mais ce dernier à l’inconvénient de ne presque pas dissoudre l’anode d’or; même avec le bain au cyanure, qui pourtant dissout cèlle-ci plus rapidement, on doit ajouter du chlorure d’or de temps en temps pour maintenir le bain.
- Il y a du reste des fabriques qui emploient le ferrocyanure, à cause de l’éclat particulier de l’or obtenu.
- On peut à peine espérer qu’on arrivera bientôt à trouver un bain inoffensif qui satisfasse aux exigences minutieuses de la pratique, le prix de l’or rendant les essais encore plus difficiles.
- En définitive quoique le remplacement des bains au cyanure par ceux à l’iodure nécessitent une certaine dépense supplémentaire, on n’en doit pas s’en effrayer, car cette dépense sera couverte et au delà par le gain de temps et de peines qu’il procurera.
- La dynamo comme générateur et comme moteur;
- quelques analogies et contrastes, par M. W. Mor-
- dey. (')
- Durant ces dernières années, une grande attention a été donnée à tout ce qui concerne la théorie et la construction des machines dynamos; leur étude a été faite d’une manière si complète qu’il n’y a plus maintenant de difficultés à donner le s lois de leur action et les principes après lesquels elles doivent être construites.
- Mais pour les moteurs électriques, le cas est tout différent, et il est difficile de trouver des explications bien définies et correctes sur les conditions de leur bon ou mauvais fonctionnement.
- Par exemple, il est maintenant admis, sans contestation que, pour être dans de bonnes conditions avec nne dynamo, il faut employer des champs magnétiques très intenses, avec des armatures rela-
- (•) Philosophical Magazine, ior janvier i885.
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- . l7z
- tivement faiblement magnétiques; tandis que les seuls auteurs qui aient donné une règle définie à ce sujet, affirment que, pour les moteurs, il faut se mettre dans les conditions exactement contraires.
- De plus, qu’y a-t-il de plus remarquable que la différence bien connue entre les moteurs et les générateurs, au point de vue si important du rendement? Presque tous les générateurs actuels donnent jusqu’à go o/o en travail électrique du travail mécanique transmis, et environ 80 o/o en travail utilisable dans le circuit extérieur. Pour les moteurs, au contraire, on se contente de rendements bien inférieurs; on en rencontre qui ne donnent pas plus de 3o o/o du travail électrique dépensé et rarement en trouverait-on qui donnent plus de 60 o/o.
- La réversibilité de la machine dynamo, ou son aptitude à travailler, soit comme générateur, soit comme moteur, a été présentée comme une des plus grandes découvertes de ces dernières années
- (le grand physicien à qui on prête cette opinion, a vraisemblablement oublié que la première machine de Paccinoti était un moteur) ; quoi qu’il en soit, le fait qu’une machine donnée travaille d’une manière plus économique dans le premier cas que dans le second, prouve que la réversibilité est accompagnée d’un changement radical dans le mode d’action.
- Ce fait, connu de chacun, s’explique généralement par la supposition que la machine construite dans un but, ne se prête pas bien à un autre usage.
- Si l’auteur est bien renseigné, aucune explication satisfaisante n’a été donnée de ce fait, ni de la manière dont l’énergie disponible a été dissipée.
- L’auteur, ainsique son assistant, M. T. Watson, ont cherché les principes sur lesquels on devait se baser dans la construction des moteurs; leurs recherches les ont amenés à abandonner les diverses manières de voir, d’après lesquelles on considère les actions, comme provenant de pôles magnétiques dans l’armature, et leur conclusion est, que l’armature ne doit avoir aucune action polaire, et que son noyau n’a d’autre but que de jouer le rôle de conducteur de lignes de force, et que toute l’action
- du moteur est due au courant de l’armature, coupant à angle droit les lignes de force du champ. Cette manière d’envisager les actions est commode, et si elle est correcte, elle fournit de suite des bases pour la construction pratique.
- En partant de cette manière de voir, on conclut que le champ magnétique doit être fort; de plus, la puissance maxima sera obtenue lorsque les balais occuperont une position absolument neutre, ou en d’autres termes, lorsqu’ils ne seront pas « calés », et que le champ ne sera pas entraîné ou tordu. Ces conditions permettront de se débarrasser complètement des étincelles aux balais, cet inconvénient que l’on rencontre si souvent dans les moteurs.
- En suivant ces vues, nous sommes arrivés à reconnaître les analogies suivantes, entre les moteurs et les générateurs :
- i° Le champ magnétique doit être puissant, et l’armature doit former un faible électro-aimant ;
- 2° Dans les deux cas, un « calage » ou un déplacement des balais, provenant d’une torsion du champ est mauvais, et on l’évite en observant la condition (i).
- S’il y avait cependant un calage, celui-ci serait différent dans les deux cas.; avec une génératrice, il doit y avoir avance de calage dans le sens du mouvement, et retard, dans le cas de la réceptrice, parce que le sens du courant est renversé dans l’armature, tandis que le champ reste le même;
- 3° Soit dans les générateurs, soit dans les moteurs, l’absence d’étincelles dépend principalement de la condition (i);
- 4° Dans le cas de renversement de la rotation, aucun mouvement des balais n’est nécessaire, ni dans les générateurs, ni dans les moteurs.
- Ceci posé, une audition simple, nous suggère l’idée d’une autre analogie. Puisque unè dynamo, ayant un champ constant, produit une force électromotrice constante, lorsqu’elle tourne à une vitesse constante, quel que soit le courant engendré ou le travail transmis, un moteur construit d’après les mêmes principes, ayant un champ constant, et travaillant avec une différence de potentiel constante, doit tourner à une vitesse constante, quel que soit le courant ou la charge.
- Avec la permission de 1’ « Anglo-Américan Brush Electric Light Corporation », des expériences furent faites dans le laboratoire de son usine avec une dynamo Victoria.
- Les résultats contenus dans le tableau ci-joint, prouvent que l’analogie supposée est aussi juste que les précédentes; une vitesse constante était obtenue avec des charges croissantes, et ceia est d’autant plus remarquable que le courant entier traversait l’armature, ce qui ne se présente pas dans l’emploi ordinaire des moteurs.
- Deux séries d’expériences furent faites, pour
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- deux valeurs de la différence de potentiel aux bornes, constante pour chaque série, et le champ restait le même pour chaque série, puisqu’on avait affaire à une machine à enroulement en dérivation.
- La génératrice consistait en une autre dynamo Victoria, à laquelle le travail était transmis par l’intermédiaire d’un dynamomètre de transmission de White modifié; le travail variant en même temps que le circuit extérieur de la dynamo.
- Expériences faites sur une dynamo Victoria, montée en dérivation, fonctionnant comme moteur, avec différence constante de potentiel aux bornes.
- Différence
- Vitesses Courant de poten- tiel Travail dépensé
- — — — —
- 975 36,3 I40 i,8 chevaux \ Courbe A.
- 965 66,5 6,6 — f Variation
- 948 97,i » 12,87 - l maxima de
- 945 i3o,8 16,3 — 1 vitesse, 3 0/0.
- 680 29,0 100 1,0 — \ Courbe B.
- 677 61,4 » 4,8 - Variation
- 675 102,0 » 9,14 — ( maxima de
- 660 125,0 » ii,7 “ > vitesse, 3 0/0.
- Au premier abord, il semblait que la force contre-électromotrice ne variait ni avec la vitesse, ni avec le champ; mais le calcul montre qu’il n’en est pas ainsi. Soit e la force contre-électromotrice et soit et, la différence de potentiel produisant le courant dans l’armature, et E, la différence de potentiel aux bornes, on a :
- e + e, = E,
- Soit maintenant C, le courant, et R, la résistance nterne de l’armature :
- e =CR.
- La résistance R du moteur en question, est d’environ oohm,027; nous prendrons o,o3 pour tenir compte de réchauffement.
- En considérant le premier et le dernier essai de la 2e série, nous aurons :
- Vitesses e, c = E — e,
- 680 0,87 99,13
- 660 3,75 96,25
- et on voit que l’on a :
- 680__99, i3
- 680 98,25’
- c’est-à-dire que la force contre-électromotrice est proportionnelle à la vitesse, comme cela doit être, lorsque le champ est constant, et la torsion du champ nulle.
- On peut déduire encore un autre fait de ces résultats; dans le cas d’une dynamo travaillant avec un champ et un courant constant, la dépense d’énergie est proportionnelle à la vitesse, parce que la force électromotrice est simplement proportionnelle à la vitesse; de même, avec les moteurs, la vitesse est proportionnelle à la force électromotrice fournie, et le travail avec le même courant, est simplement proportionnel à la vitesse et par suite à la force électromotrice.
- En revenant maintenant à la question du rendement, il est évident qu’il doit y avoir dans les moteurs une cause importante de dépense d’énergie, qui n’a pas lieu avec les générateurs. Dans le but de localiser et de déterminer cette cause de perte, examinons soigneusement toutes les sources de pertes d’énergie ; elles peuvent se ranger sous les divers chefs suivants :
- a. Frottements aux paliers, résistance de l’air, et frottement des balais sur le collecteur;
- b. Perte d’énergie due à réchauffement des bobines de l’armature et des électro-aimants, et une certaine perte due à la self-induction;
- e. Pertes d’énergie provenant de la production de courants parasites dans le fer de l’armature.
- Il est évident, que, pour un générateur et un moteur semblables, tournant à la même vitesse, et avec le même courant, les pertes a et b sont identiques; et, puisque le rendement est plus faible dans le second cas que dans le premier, cela doit provenir d’une différence, dans la perte c.
- L’auteur et M. Watson ont trouvé la cause probable de cette différence dans les deux cas.
- Dans une dynamo, la rotation de l’armature produit des courants parasites dans le fer, dans le même sens que celui qui parcourt le fil de l’armature; comme le noyau est généralement subdivisé perpendiculairement à la direction des lignes de force, il ne peut y avoir circulation de ces courants tout autour du noyau, mais seulement production de courants locaux, et, à la partie extérieure du noyau, ils ont la même direction que dans le fil.
- Dans un moteur, au contraire, le courant principal et les courants parasites sont de sens opposés, et en se rapportant aux lois de l’induction, on voit que ces deux sortes de courants agissent de manière à s’affaiblir mutuellement, tandis que dans le moteur, ils tendent à se renforcer. De là, on conclut que dans le moteur, les courants pa-rasiteset, par suite, la perte d’énergie provenant de réchauffement sera plus grande qu’avec un générateur. On ne peut guère douter que ce ne soit là, la cause de leur mauvais rendement, et on doit chercher à y parer en appliquant avec le plus grand soin, les dispositions bien connnes pout éviter ou réduire les courants parasites.
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- De l’application des ressorts aux appareils télégraphiques polarisés.
- M. Gulstad publie dans Electrical Review (8 janvier 1886), ses recherches théoriques à ce sujet, et les résultats de leur application pratique.
- L’armature d’un appareil polarisé tend toujours à s’appliquer contre un de ses deux arrêts ou points de contact, même lorsqu’aucun courant ne passe à travers les bobines des électro-aimants, il faut une certaine force, quelquefois considérable, pour la ramener; et si on la ramène trop loin, l’armature se colle contre l’autre arrêt.
- La cause de ce phénomène n’est généralement pas comprise, quoique bien simple : elle réside dans l’attraction mutuelle du magnétisme de l’armature et de celui induit dans les pôles des électroaimants par le premier (J).
- On supposera dans tout ce qui suit, que les frottements sont insignifiants, et que le système polarisé a un plan de symétrie passant par l’axe de l’armature.
- On observe que le courant limite, capable de mouvoir l’armature, ne le peut plus lorsqu’on approche les pôles de l’électro-aimant.
- Ce résultat est en opposition avec ceux que l’on déduirait de la loi de l’action magnétique :
- J rf3 >
- où m représente le magnétisme de l’armature, p, celui produit par le courant dans les électros, et d, la demi-distance des pôles.
- D’après cette formule, l’etfet du courant sur l’armature doit croître rapidement, quand d diminue.
- Cette discordance s’explique par le fait que l’action inductrice de l’armature croît plus rapidement que l’effet du courant, lorsque les pôles sont rapprochés.
- Les calculs qui suivent montreront l’exactitude de cette explication ; ils sont fixés sur la loi précé
- dente et sur la formule : f— c-^ exprimant l’action
- mutuelle d’un pôle m sur une masse de fer doux, à la distance d, c" étant une constante.
- Soient E,E, (fig. 1), les pôles de l’électro-aimant, ab, l’armature, x, la distance de l’armature à sa position moyenne et d la demi-distance polaire.
- L’atraction de l’armature dans le sens de E, quand il ne passe pas de courant sera dans cette position :
- (1) A. — c"m-(—~—,—
- ' U d-x? (J+xY'l’
- (') Dans le relais polarisé Siemens, il y a encore un effet causé par le magnétisme permanent du noyau de l’électro-aimant, mais cela n’influe pas sur le résultat comme nous le constaterons plus loin.
- ou en développant :
- A=z~lpr (8 a 1 ^ d» 1 "‘d*
- Si x est petit par rapport à <I, on pourra écrire
- r8 ^ + 40^ +najj...).
- (2)
- A=8
- c"m2.v
- ~dï~"
- L’efFet du magnétisme dû au courant, et qui tend à ramener l’armature de E vers E, peut s’exprimer par :
- ® B=?(péîii+ijTïii).
- ou :
- r. ntt’ / , , a-- . .rl , \
- B”2W + 6d5+10rf4+-"j;
- ou enfin, approximativement :
- (4) *=%
- Il est évident que le mouvement de. l’armature auralieu seulement pour B > A, c’est-à-dire, si on a:
- (5)
- .. 8 c"m
- P> -d~ *•
- On voit que cette tendance vers les contacts, par suite de l’induction magnétique, rênd moins aisé le mouvement de l’armature, et.empêche d’utiliser l’effet entier du courant ; de plus, ni une augmentation de m, ni une diminution de d ne seraient avantageuses ; dans certains cas on a trouvé avantageux de diminuer m et augmenter d, mais alors on a évidemment une diminution de l’effet du courant.
- Il faut ajouter qu’en appliquant la loi d’action mutuelle de deux pôles, on a commis une erreur parce qu’on n’a considéré que la force magnétique seule, ce qui ne peut se faire que quand la 'masse magnétisée, l’est à saturation ; sinon l’induction magnétique entre en jeu.
- Le résultat serait cependant le même si, au lieu de d2 et de d'" dans les formules
- /
- __ mp
- ~¥ ’
- f.=
- on avait d“ ou 4 7> n >- 1, puisque cela ne ferait que changer les puissances'de d dans (a), (4), (5).
- De ce qui précède, il est évident qu’il y aurait un grand avantage à neutraliser l’effet de l’attraction entre l’armature et les pôles, produite indépendamment du courant, ce qui ne contribuerait pas seulement à augmenter la sensibilité de l’appareil, mais encore et spécialement, sa capacité (rapidité) de travail, car c’est seulement dans ce cas, qu’on peut choisir les constantes m et d (de la
- formule/= de manière à obtenir le plus
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- grand effet du courant. Nous avons obtenu cette neutralisation en employant des ressorts fixés à l’armature, et tels que dans toute position de celle-ci, ils exercent sur elle une action égale et contraire à l’attraction naturelle.
- Par exemple soient (fig. 2) n, nr, deux ressorts dont la ligne d’action commune est normale au plan de symétrie, et qui sont fixés aux points n,n', dont la position peut varier.
- Lorsque l’armature est dans sa position moyenne, ils sont tendus avec une certaine force qui produit des allongements S, 8^
- Les tensions peuvent donc s’écrire, d’après la loi de Hooke :
- c et cx étant des constantes dépendant de la nature et du diamètre des ressorts et l, et les longueurs
- accroissement considérable de la sensibilité, même avec un jeu très faible.
- On peut remarquer qu’il y a déjà des instruments polarisés où les ressorts sont fixés comme dans la figure 2, mais la tension des ressorts est beaucoup plus forte que celle nécessaire pour la neutralisation, il en résulte que l’armature garde toujours une position centrale, ce qui était le but poursuivi dans ce cas.
- On voit facilement que l’on peut trouver d’autres positions des ressorts; par exemple, le résultat serait le même si l’axe de rotation de l’armature était formé d’un fil de torsion déterminé.
- On s’assure que la neutralisation est atteinte, lorsque l’armature suit dans son mouvement une petite pièce de fer doux. Les ressorts convenables, une fois réglés, ils n’ont pas besoin d’être réajustés,
- FIG. 1
- naturelles des ressorts. Dans la position ab, l’armature sera actionnée par les ressorts dans le sens 11’n, par une force :
- (6)
- R = c
- 4-;v
- Mais comme dans la position médiane, les seules forces qui agissent sur l’armature sont les tensions des ressorts, on doit avoir :
- K=K,.
- De là :
- w «-H:)-
- R est donc indépendant des allongements initiaux et ne dépend que des constantes des ressorts.
- En faisant en sorte que les coefficients de .v en (2) et en (7), soient égaux, soit en changeant l ou soit en faisant varier la distance des pôles, la neutralisation sera obtenue pour toutes les positions de l’armature. C’est en appliquant les ressorts de cette manière que nous avons obtenu un
- FIG. 2
- si ce n’est au cours du temps, lorsque les constantes des ressorts et le magnétisme de l’armature ont varié et alors on peut le. faire en rapprochant les pôles.
- En ce qui concerne les courants terrestres, reportons-nous à (4); on voit que l’effet sur l’armature d’un courant terrestre constant est à peu près le même dans toutes les positions; on peut donc le neutraliser par une force antagoniste constante.
- On peut, dans notre cas, produire cette force, en tendant un des ressorts, de manière à avoir déjà une action dans la position moyenne ; cette force dont la valeur est:
- se conservera dans toutes les positions.
- Le même résultat peut être obtenu aussi, soit en déplaçant les points de contact, soit en déplaçant les pôles (relais Siemens et récepteur Wheatstone).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- A côté de cet avantage, l’application des ressorts permet de réduire l’effet des extra-courants d’une manière purement mécanique.
- Soit A, l’effet du courant sur l’armature, B, celui de l’extra-courant, C, celui de l’attraction mutuelle par induction et D, l’effet des ressorts; toutes ces forces agissant simultanément; chaque fois que i le courant change de direction, l’effet total sera :
- A — B — C lorsqu’aucune neutralisation n’est produite ;
- A — B quand la neutralisation est complète ;
- A — B -f- (D — C) ou D — C > o quand la tension des ressorts; est plus grande que l’attraction par iuduction.
- Il se peut ! que ce soit cette raison qui ait fait employer pour le travail rapide, des ressorts plus forts. Nous ferons.remarquer, qu’avec l’application de ces ressorts, nous avons pu obtenir, suivant le cas, des sensibilités dépassant de quatre à dix fois celle de l’instrument original, et obtenir, avec un ajustement qui n’a rien de spécialement délicat, une sensibilité approchant de celle du siphon recorder de S. W. Thomson (*).
- En ce qui concerne ce dernier appareil, nous ferons remarquer qu’il est inexact d'attribuer sa supériorité sur les instruments polarisés à l’absence de magnétisme rémanent, et cela, entre autres raisons, parce que l’avantage principal du « recorder » n’est pas d’être capable d’un travail très rapide, mais sa sensibilité, qui a pour cause principale l’absence d’induction mutuelle entre la partie mobile et les électro-aimants, à l’état naturel.
- Appareil pour téléphoner et télégraphier au moyen de courants d’induction, par M. F. Har-vez Brown, E. U. (2)
- La Revue viennoise donne la description suivante d’un' nouvel appareil permettant de télégraphier et téléphoner sans pile. Cette description est assez obscure, surtout en ce qui concerne la marche de l’appareil, et semble plutôt se rapporter à un brevet qu’à un appareil entré dans la pratique.
- Le système comporte un transmetteur et un récepteur.
- Le transmetteur (fig. 1) consiste en un aimant permanent en fer à cheval, dont les branches portent deux bobines B, B, garnie d’un seul fil isolé ; un levier C, muni d’un bouton D, est articulé sur l’un des pôles.
- La vis en fer E, mobile dans son écrou e, permet de prendre le contact avec le pôle S; sur la bobine
- P) Nous avons réussi à produire une déviation de l’armature d’un relais Siemens, à travers 70.000 ohms, avec un Leclanché.
- p) Zeitschrift fiir Electrotechnick, janvier 188S.
- de ce pôle, est une vis en laiton F, qui maintient un petit ressort à boudin f tendant à rompre le contact ; le mouvement est limité par la vis g, p or-tée par le bras G également en laiton.
- Un disque H en mince tôle d’acier est fixé au levier près de l’articulation.
- L’appareil récepteur (fig. 2 et 3), est renfermé dans une boîte I munie d’une embouchure ; il com-
- porte également un aimant NS dont l’une des branches est au centre de la boîte et est munie d’une bobine L, dont le fil es1; en commmunica-tion avec celui des bobines du transmetteur.
- Un anneau métallique N, fixé à la boîte, sert à maintenir un disque mince O en acier, tout en permettant à l’air de circuler.
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- Le pôle S de l’aimant est en communication avec le disque, tandis que le pôle N est isolé.
- L’emploi de l’appareil est le suivant : si on presse sur le bouton D, l’aimant se trouve fermé sur lui-même, et le choc résultant a pour effet de faire entrer le disque en vibration, de manière à produire un son.
- Les vibrations du disque induisent immédiatement des courants à haute tension et de faible durée, ce qui reproduira dans le disque du récepteur les vibrations du transmetteur ; ces vibrations sont transmises à l’air, et, par l’embouchure, on entendra le signal donné ; les dépêches pourront être télégraphiées, soit dans le système de Morse, soit dans tout autre.
- On peut aussi faire l'installation de telle sorte que les deux disques soient placés dans des boîtes
- FIG. 3
- à embouchures, et alors une communication téléphonique pourra s’établir.
- Dans les figures données, on a supposé que les deux appareils étaient séparés dans leurs fonctions, mais on peut naturellement s’arranger pour que le même appareil serve comme récepteur et comme transmetteur.
- Avertisseur d’incendie, de Hill (•).
- Nos lecteurs ont déjà été souvent entretenus {La Lumière Électrique, III, p. 62 ; IV, 289 ; VI, 572) de ces petits appareils dont le principe est presque toujours le même et qui ne varient que par la manière plus ou moins heureuse dont ils sont combinés ou construits; celui que nous présentons ici (fig. 1, 2 et 3), nous vient d’Amérique et serait, d'après son inventeur, le meilleur, naturellement.
- La boîte, très solide et hermétique, est en bois; B est une plaque de cuivre, percée d’une petite ouverture, et A, une goutte de soudure maintenant ouvert le circuit, en retenant le petit cylindre C et le ressort F; les contacts D sont en platine.
- Ces appareils peuvent être employés soit isolés
- FIG. I
- soit réunis avec un bouton d’appel ordinaire. Dans le premier cas, la fermeture du circuit mettra en
- FIG. 3
- action la sonnerie du bouton, et dans l'autre cas, une sonnerie spéciale.
- FIG. 3
- Cet avertisseur se recommande par sa solidité et son inaltérabilité ; de plus, il résulte du fait de la plaque sensible A et de la faible quantité de soudure employée, que la fusion de celle-ci a lieu
- (') Electrical Review, 19 déc. i885.
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- à la température la plus basse possible avec l’alliage employé ; elle aurait lieu à environ 70° C.
- A propos de l’indicateur à suie.
- Notre correspondant de Berlin, M. Michaëlis, a
- décrit dernièrement l’enregistreur à noir de fumée, installé par MM. Siemens au bureau météorologique de cette ville. A l’Exposition de Vienne, en i883, figurait un modèle de cet appareil un peu différent de celui qui a été décrit.
- L’ensemble de l’appareil est représenté dans la figure ci-dessous.
- Sa partie essentielle consiste en un solénoïde léger, A, suspendu dans un champ magnétique à l’aide de fils horizontaux disposés en croix, et d’un fil vertical, accroché à un ressort réglable. Un index, R, vient tracer la courbe sur une bande de papier noirci. Celle-ci se dévide d’un rouleau télégraphique ordinaire et passe dans une boîte M., où elle s’enfume. Après avoir reçu les traces de l’index, elle traverse, en C, un bain de vernis léger et se trouve séchée en D, en passant sur une plaque métallique que chauffe une lampe à alcool. La courbe est ainsi fixée sur le papier d’une manière durable.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Autriche.
- La télégraphie a peu progressé en Autriche pendant ces dernières années. On a fait usage de l’appareil Estienne à titre d’essai, entre Vienne et Sardubitz, mais on attend le rapport sur un modèle perfectionné de cet appareil qui a été construit tout dernièrement en France, avant de l’adop-
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- ter d’une manière définitive. D’autres expériences ont été faites également, avec de nouveaux appareils télégraphiques et, notamment, avec celui de M. Luchesini, ingénieur italien, mais aucune décision n’a encore été prise à leur égard.
- Le développement de la télégraphie a relativement pris une plus grande extension en Hongrie, tant au point de vue technique, qu’au point de vue administratif. La jeune administration des télégraphes hongrois, a su évidemment, communiquer de son ardeur à tout son personnel. A la tête de cette administration, se trouve le Ministre des Communications, un homme instruit et distingué, qui s’est adjoint, pour les questions techniques, un homme extrêmement capable et énergique, M. le directeur général de Koller, dont les efforts constants ne tendent qu’au développement de son service. C’est en 1867 que l’administration des télégraphes de Hongrie, est passée entre les mains des fonctionnaires hongrois. Le réseau ne comprenait à cette époque, que 6.730 kilomètres de lignes avec 17.480 kilomètres de fil, tandis qu’à la fin de 1884, il était de 16.542 kilomètres de lignes, et 61.619 kilomètres de fil. Le nombre total des bureaux était, en 1857, de 299, et en 1884, il dépassait 1387, une augmentation vraiment surprenante. Le nombre des appareils télégraphiques a suivi la même progression, et il s’est élevé dans la même période de 368 à 1.899. La valeur du matériel appartenant à l’administration des télégraphes, est estimée à huit millions quatre cent soixante-quatorze mille sept cent quarante-deux francs.
- On s’est occupé d’une manière sérieuse de l’éducation technique et administrative des employés. La direction générale hongroise, a suffisamment prouvé le haut intérêt qu’elle porte à la science télégraphique et son vif désir d’en constater les progrès, en créant une collection relativement très riche d’appareils de mesure de la meilleure construction, et un musée de télégraphie.
- On encourage beaucoup en Hongrie, les efforts des inventeurs.
- Mais les produits indigènes occupent toujours le premier rang, sans qu’il en résulte cependant le refus de la part de l’administration d’accepter les inventions étrangères. Les systèmes duplex pour l’appareil Morse, de Kovacevic, un haut fonctionnaire de l’administration des télégraphes à Agram, et ceux de Teufelhart, un contrôleur des télégraphes autrichiens pour l’appareil de Hughes, ont trouvé auprès du gouvernement hongrois l’accueil qu’ils méritent. Nous pouvons encore ajouter que ces progrès ont été accompagnés d’une augmentation de recettes qui est la meilleure preuve de la bonne administration des télégraphes; car, tandis que l’année 1867 n’a donné qu’une recette de 387.663 florins, l’exercice de 1884 a produit 2.062.2.31.
- Le public hongrois a profité des avantages de la transmission téléphonique des dépêches télégraphiques ; dès que la téléphonie à grande distance sera chose faite, il n’est pas douteux que son succès ne soit très grand.
- La téléphonie à grande distance sera d’ailleurs soumise à un essai décisif en Autriche. La ligne de Vienne à Brunn sera munie sous peu des appareils du système Van Rysselberghe.
- Enfin nous ne devons pas oublier de mentionner ce qui a été fait pour l’unification et la simplification du système des commutateurs dans les stations télégraphiques en Hongrie. Les progrès ont été constants et nous aurons bientôt l’occasion de revenir sur ce sujet.
- Laissez-moi vous parler d’un des plus remarquables coup de foudre qui ait été encore enregistré dans les annales de la télégraphie, et qui a fondu une ligne télégraphique, en Dalmatie, d’une longueur de 80 kilomètres, de sorte qu’on trouvait, tout le long du parcours, le métal fondu du fil.
- Les îles Morter et Zlarin sont reliées par une ligne, en partie terrestre et en partie sous-marine, qui traverse trois petits bras de mer étroits, lesquels séparent les îles du littoral dalmatique. La ligne va de Stretto à la première de ces îles, traverse la mer, et après avoir touché la station Vodizze, arrive à la maison du câble Kamincjak, puis elle traverse de nouveau la mer et atterrit à Smirincjak, pour arriver à Sebenico et ensuite, retraverser la mer une dernière fois et aboutir à Zlarin.
- La ligne terrestre entre Vodizze et Kamincjak a 9 kilomètre de long. Le 29 octobre dernier, un orage violent éclata à 5 kilomètres, au sud-est de Vodizze, à peu près au milieu de la ligne, qui fut frappée par la foudre ; de sorte que 80 mètres de fil de fer de 5 millimètres furent fondus, six poteaux télégraphiques ont été brisés et des fils couverts de gutta-percha, dans, le bureau de Vodizze, ainsi que les boussoles et les relais ont été détruits.
- Dans la maison du câble à Kamincjak, le paratonnerre a été fondu et la décharge a passé à la terre sans endommager le câble. Le fil de fer fondu présente des surfaces polies et brillantes avec de rares taches de rouille provenant de la combustion ; la forme des morceaux fondus, qui avaient, en général, de 25à 3o millimètres de long rappelait celle des cristaux de glace en train de fondre.
- La décision du Congrès international de Paris, adoptée par les administrations télégraphiques, d’enregistrer le nombre et la nature des orages, trouvera son application dans les déserts dü Karste. Les orages sont en effet très fréquents dans ces contrées et d’autant plus dangereux qu’il y a impossibilité matérielle de se protéger, d’une manière efficace, contre la foudre.
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- Le terrain rocheux et sans eau ne permet souvent pas, en effet, d’installer des paratonnerres.
- Les hommes placés en sentinelle sur le goli voh, en Dalmatie, ont été tués ou engourdis par la foudre, ce qui a engagé l’administration militaire à entreprendre des essais pour l’établissement d’abris en cas d’orage. Comme il était impossible d’expérimenter, avec la foudre même, le capitaine du génie, Philip Hess, s’est servi, pour ces essais, d’une grande machine à influence et d’une bouteille de Leyde, avec des amorces très inflammables qu’il exposait, de la manière la plus pratique, aux décharges électriques, à l’intérieur et à l’extérieur de treillis de fil de fer etd’autres couvertures métalliques.
- Les essais ont donné les résultats suivants, d’une grande importance :
- i L’intérieur des constructions métalliques en treillis de fil de fer ou en tôle, offre une protection complète, que l’appareil soit isolé ou non ;
- 2° La protection est aussi grande, si la construction est isolée en partie ou en partie exposée à la décharge; mais dans le premier cas, l’objet qu’on désire protéger ne doit pas être un meilleur conducteur, pour la décharge, que la construction même.
- On prépare, en ce moment, des expériences dans lesquelles l’électricité atmosphérique entrera en jeu.
- Ces essais seront naturellement longs et difficiles, et nous y reviendrons à l’occasion.
- J. Kareis.
- CHRONIQUE
- Utilisation de la iorce motrice de l’eau pour l’éclairage électrique.
- La chute de Montmorency, à environ n kilomètres de Québec, a une hauteur verticale de 80 mètres, elle avait été utilisée, depuis quelques années, comme force motrice pour quelques scieries placées à la partie inférieure.
- Elle va maintenant être utilisée pour l’éclairage à la lumière électrique de Québec.
- L’eau, prise en amont de la chute, est conduite par un aqueduc jusqu’au bord d’un précipice, où elle est recueillie dans un réservoir; celui-ci porte
- deux ouvertures, l’une donne dans un tuyau qui amène l’eau à l’usine, à la partie inférieure, et l’autre est une écluse de trop-plein; celle-ci correspond au niveau du tube, et tant que l’eau y passe, on est sûr que le tube est rempli.
- Ce tube mesure intérieurement im,37 à la partie supérieure, et diminue graduellement jusqu’à n’avoir que om,6i à la base ; il est en bois, de om,07Ô d’épaisseur, pour le premier quart, et les trois quarts inférieurs sont en tôle de fer de om,oo6 ; on admet qu’il pourra durer cinquante ans.
- La pression est si forte, que l’eau suinte le long de la partie en bois, à la partie inférieure, la pression est de 49“, i, et le débit est suffisant pour fournir de 800 à 900 chevaux.
- La conduite d’eau pénètre dans la partie inférieure du bâtiment, et l’eau est introduite dans une turbine de om,6io de rayon; la vitesse de la turbine est de 610 tours par minute; elle est réglée par un régulateur actionnant une vanne, qui augmente ou diminue le débit.
- L’arbre de la turbine en acier porte deux lourdes roues dentées, actionnant un arbre horizontal, faisant 900 tours à la minute ; il porte huit poulies qui mettent en mouvement les huit dynamos placées à l’étage supérieur; elles donneront un courant suffisant pour actionner 800 lampes à arc, réparties dans la ville. Pour prévenir la prise de l’eau par le gel, pendant le jour, alors que la turbine ne marche pas, on maintient une circulation continue, au moyen d’une vanne. Tout, dans l’usine, est construit d’une manière très durable; on n’y a admis aucune courroie. L’arbre horizontal porte sur des coussinets en métal de Babbit, et, pour éviter réchauffement, les supports sont creux et parcourus par une circulation d’eau froide.
- Au mois d’août dernier, l’usine n’était pas encore en exploitation, mais les scieries étaient éclairées, depuis quelque temps, à la lumière électrique; le travail était fourni par une turbine de om,2o3 (probablement la plus petite qui existe), donnant 60 chevaux, et actionnant une dynamo pouvant alimenter 20 lampes. 9 de celles-ci étaient en activité, et elles étaient plus satisfaisantes que celles employées actuellement à Québec.
- Des espèces d’arbres qui produisent la gutta-percha, rapport du docteur W. Burck.
- Dans notre numéro du 27 août i885, nous avons donné le résumé d’un travail de M. Seligman Lui, sur la gutta-percha, traitant de l’origine de ce produit, et de son mode de préparation. Au commencement de ce travail, l’auteur déclarait que les botanistes n’étaient pas d’accord sur l’espèce exacte de l’arbre donnant la gutta; que, vu le grand
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- nombre d’arbres guttifères que l’on rencontre en Malaisie, à Bornéo, à Sumatra, etc., le doute existait encore et que l’enquête entreprise après le Congrès de 1881, n’avait eu d’autre résultat que la découverte de huit variétés nouvelles.
- La question ne présente pas, à notre point de vue strict d’électricien, un intérêt bien considérable. Au fond, peu nous importe l’arbre qui la produit, si la gutta qu’on nous procure possède les qualités que nous lui demandons, c’est vrai; mais au point de vue scientifique pur, on conçoit qu’il y ait lieu d’éclaircir la question, ne fût-ce que pour assurer une exploitation raisonnée des arbres guttifères, et entretenir, par suite, les marchés européens. Les Annales télégraphiques ont publié sur ce sujet la première partie d’un rapport que le docteur W. Burck, directeur adjoint du Jardin botanique de Buitenzorg, a présenté après son exploration dans le Padangsche Bovenlanden. Ce rapport est naturellement très long et nous ne pouvons le publier en entier. Toutefois, comme il renferme quelques documents authentiques tendant à prouver que, jusqu’à ce jour, les botanistes se sont trompés dans leurs classifications, nous avons cru devoir le résumer en partie, et donner les raisons qui font dire à l’auteur que le Dichopsis gutta, Benth, ou Isonandra gutta, Hook, loin d’être', le vrai producteur de gutta-percha, n’existe pour ainsi dire plus, et que le véritable arbre gutti-fère est le Dichopsis oblongifolia.
- « L’état actuel de cette importante question, écrit-il, peut se résumer de la manière suivante. Les échantillons de gutta-percha sont répandus dans le commerce en quantités considérables. Quelle que soit cette quantité, il est impossible, à l’heure présente de déterminer l’origine botanique d’un seul de ces échantillons. Le Dichopsis gutta, Benth, lui-même, la seule espèce d’arbre produisant la gutta-percha, dont on avait envoyé en Europe des spécimens botaniques, en même temps que le produit, n’a pu être, jusqu’à présent, exactement et complètement décrit, parce qu’aucun savant n’en a vu ni les fruits, ni les graines, ni leur maturité. De même, personne ne peut affirmer en ce moment, avec certitude, l’origine de tel ou tel produit livré au commerce.
- « J’irai plus loin en osant soutenir (je le prouverai plus tard) que cet arbre n’a été, jusqu’à présent, trouvé nulle part qu’à Singapore, et que depuis qu’il a disparu des forêts de .Singapore, par suite de l’exploitation insensée faite par les indigènes, personne n’est en état de répondre affirmativement à la question : Pourrait-on trouver le Dichopsis gutta, quelque part, à l'état sauvage ? »
- Comme on le voit, cela commence bien. Suivant le docteur Burck, alors, personne ne peut affirmer que l’arbre reconnu partout comme le principal guttifère existe encore. Autant nous dire qu’il
- n’existe plus. Pourtant l’arbre qui donne la gutta, ou les arbres, pour mieux dire, ne peuvent pas être une abstraction pure. La gutta existe, n’est-il pas vrai? C’est un produit végétal, personne ne le nie : donc l’arbre producteur existe :
- Eh bien, quel est-il?
- Le rapport en question donne une liste fort longue d’arbres existant à Sumatra, et qui portent tous le nom générique de Njatoeh balam. Mais, paraît-il, ce n’est pas de la gutta-percha qu'ils donnent tous. Dans le tas, il y a des caoutchoucs, et si l’on met hors de cause les espèces qui produisent de la glu, il ne reste pour la gutta-percha proprement dite, que la liste des quatorze espèces suivantes :
- 1. Njatoehbalam tembaga. (Soesoeen, sirah, merat).
- 2. — — bringin. . . (Pipit, sondai, soendai).
- 3. — — dcerian. . . (District L. Kota’s).
- 4* — — — . . . — Soepayang).
- 5. — — — . . . — Kajoe Tonom).
- 6. — - tembaga. . — Soepayang).
- 7. — — bindaioe. (Njato et balam pisangj.
- 8. — — seiiudit. . . — — —
- 9. — • — pipit.... — — —
- 10. — — ........... (District Poear datar).
- 11. — — (Distr. Pangkalan (Glœ-
- gœer).
- 12. -- — (Distr. Pangkalan (Glœ-
- gœr).
- 13. — — (Distr. Pangkalan Glœ-
- gœr).
- 14. — — (Distr. Pangkalan (Glœ-
- gœr).
- Tous ces noms-là ne sont pas faciles à prononcer; mais comme nous les écrivons, la difficulté est moins grande, et nous laissons à nos lecteurs le soin de les loger dans leur mémoire, s’ils en sentent le besoin.
- Toutefois, de ces quatorze espèces de producteurs de la gutta-percha, rencontrés, paraît-il sur les plateaux supérieurs de Padang, les deux premières seules méritent l’attention, car ce sont elles qui produisent les meilleures qualités.
- Le Njatoeh balam tembaga, dont ni vous, ni nous n’avons entendu parler jusqu’à ce jour, est une plante fort peu connue des botanistes, qui, paraît-il n’en ont jamais vu ni les fleurs, ni les fruits, ni la graine.
- Le docteur Burck affirme qu’il est certain que c’est la même plante que celle que le professeur de Vriese a regardée comme une variété de l'Isonandra gutta, se basant sur ce que la feuille seule s’écartait, pour la forme, du spécimen de Singapore.
- Dans son exploration, il rencontra l’arbre en question dans les localités les plus diverses des plateaux supérieurs de Padang; il en inspecta les fleurs avec un soin minutieux, et en établissant, pour la détermination scientifique, une comparai-
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- son des principaux organes avec ceux de l’arbre de Singapore, il reconnut que ce n’était pas du tout une variété du Dichopsis gutta (Isonandra gutta, Hook), mais une tout autre espèce, jusqu’ici inconnue et appartenant au même genre.
- Voici la liste qu’il donne des diverses localités où il a trouvé la plante et les noms que les indigènes lui ont donnés :
- Njatoeh tembaga. Ampaloo (Halaban) — Kajœ tanam Glœgœr — Tandjœeng batik — Kapœr nan IX — Pœar datar — Priaman — Mœrak labœh.
- . jatoeh balam sirah. . Tandjœng batik.
- — — merah. — —
- — — sœsœn. Ampaloo (Halaban Lœebœk —'
- Kilangan (?).
- — — pisang.. District Painan, sous-district,
- Balei selassi.
- — — dœrian. Herbier, n° 14600 (Bornéo),
- 14608 (Bornéo).
- — — abaug.. Palembang.
- Une plante indigène, sans nom, apportée de Riouw, par Tcysmann.
- Comprenant sans doute, que cette série de noms baroques, était difficile à retenir, le docteur Burk proposa le nom générique plus simple de Dichopsis oblongifolia. Pour notre part, nous acceptons volontiers cette dénomination, et c’est celle que nous garderons pour l’arbre, dont voici la description que fait sont parrain :
- « Arbre à suc laiteux, variant entre 60 et 70 pieds de hauteur; les plus jeunes rameaux sont ronds et couverts de petits poils fins. Feuilles alternes, coriaces, oblongues, entières, se terminant en une longue pointe aiguë, se rétrécissant vers la base en un long pétiole, penni-nerviées, à plus de 20 nervures parallèles, horizontales; nervures fines, peu proéminentes. Les feuilles des jeunes arbres, et celles des branches inférieures des troncs plus âgés sont considérablement plus grandes, longues jusqu’à om,22 et larges de om,o75, à forme régulièrement oblongue, se rétrécissant petit à petit, tant vers le sommet que vers la base, et se terminant à l’extrémité en une pointe plus longue, les feuilles d’arbres plus âgées se rétrécissant plus rapidement vers la base, à partir du milieu; chez toutes ces feuilles, la face supérieure est verte, et la face inférieure est munie de petits poils courts et fins, formant un duvet doré persistant. Fleurs pédoncu-lées aux aisselles des feuilles, en cymes dichotomiques comprenant chacune six fleurs. Ces pédoncules sont très courts; calice cupuliforme; pédoncule se rattachant au calice par un élargissement subit. Le calice est profondément divisé en six parties, trois divisions externes triangulaires, obtuses, pubescentes, d’un brun rougeâtre, et trois divisions internes plus petites, alternes avec les précédentes. Corolle étoilée, à tube plus long que le calice, limbe à six divisions ovales, obtuses
- horizontales, blanches. Étamines au nombre de 12, insérées sur le tube de la corolle, filets tous de la môme longueur, filiformes, plus courts que les divisions de la corolle; anthères ovoïdes, atténuées vers le haut; ovaire à six loges, chaque loge renferme une ovule; style plus long que les étamines et les divisions de la corolle, filiforme, s’élevant au-dessus de la corolle avant l’épanouissement de la fleur; stigmate obtus. Fruit garni du calice persistant.
- « LeNjatoeh balam tembagose rencontre en assez grand nombre, et à diverses altitudes, dans les plateaux de Padang. On le trouve dans les forêts vierges toujours humides, où le sol est riche en humus, et sur les terrains en pente. Les arbres à gutta-percha se rencontrent rarement en nombre, dans un voisinage immédiat; la plupart sont à de grandes distances l’un de l’autre, et disséminés parmi d’autres arbres de la forêt. Les exemplaires adultes sont devenus très rares, dans les bois d’Andoering, district Kajoe, Tanam, d’Ampaloo dans les laros, Halaban, de Poear dator, de Kapser nan Sambilan, près de Kota, Toa et de Loeboeq alei, ainsi qu’en Pangkalan, où l’on trouve partout le Njatoeh balam tembaga ; j’ai cherché en vain, un pied assez âgé pour porter des fleurs et des fruits. On voyait de tous côtés d’énormes troncs abattus, et l’on m’a certifié que dans les laros Sidjoengjoeng, où la population indigène se livre à l’exploitation de la gutta-percha, on ne trouverait plus un seul arbre adulte.
- « Ce n’est que dans les bois étendus, situés entre Sialang et Glœgœr, et dans cette partie peu peuplée des plateaux supérieurs de Padang, soumise récemment à l’autorité néerlandaise, que j’ai réussi, après six journées d’exploration, à rencontrer un unique exemplaire adulte, en pleine floraison, dont j’ai pu recueillir les fleurs et les boutons. »
- La gutta-percha fournie par 1 e. Dichopsis oblongifolia, que vous connaissez maintenant, est excellente sous le rapport de l’homogénéité et de la solidité. Débarrassée des parcelles d’écorce et de bois, elle devient très élastique ; plongée dans l’eau chaude, elle se laisse pétrir, et reprend, en refroidissant, sa solidité ordinaire. Sa couleur est rouge brun, avec toutes les variations de cette teinte. Comme dans toutes les sortes de gutta-percha, le suc est d’un blanc laiteux, et sa couleur brune n’est due qu’au mélange des parties corticales qui, par la cuisson et l’épuration, communiquent leur matière tinctoriale au suc laiteux figé. D’après le docteur Burclc, cette gutta serait exactement celle qui se trouve dans le commerce, sous les noms de gutta-merah, gutta-taban, gutta-taban-merah, gutta-taban-puteh. Seulement, tous ces produits, au lieu de provenir du Dichopsis gutta, comme nous le croyions, puisqu’on nous l’avait dit, seraient le suc du Dichopsis oblongifolia.
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- D’ailleurs, comme nous le disions en commençant, le Dichopsis gutta n’existe plus nulle part, outre Singapore. Si c’est exact, et nous le croyons volontiers, cette raison en vaut une autre.
- « Dès le temps de sa découverte, en 1847 (lisons-nous dans le rapport du savant botaniste), tous les grands arbres furent abattus; dix ans après, le dernier arbre producteur avait disparu... La plupart des rapports et des communications sur ce sujet, mentionnent que l’arbre à gutta-percha : Dichopsis gutta, Benth, se trouve, non seulement à Singapore, mais à Sumatra, à Bornéo, à Malacca, à Ponka, et peut être aussi dans plusieurs autres îles de l’archipel indien. Avant toute discussion, je me permettrai de répéter ce que j’ai dit, que le Dichopsis gutta manque absolument dans notre herbier. Si cette assertion peut déjà démontrer que le végétal en question n’est point partout répandu, elle a encore plus de valeur, en ce qui concerne Sumatra, par le fait qu’on ne le trouve pas dans cette longue série de végétaux producteurs de la gutta-percha, que j’ai recueillis moi-même sur la côte occidentale de l’île. L’opinion que cet arbre se trouverait à Sumatra n’a, selon moi, d’autre base qu’une communication, faite par le professeur Miquel, qui pensait avoir découvert, parmi les spécimens recueillis parTeysmann,à Sumatra, aussi bien l’espèce véritable que la variété B. Suma-trena.
- « Nous possédons les exemplaires authentiques de ces deux plantes et l’inspection m’en a démontré que celle trouvée par Teysmann près de Loebœ along, laquelle prouverait la présence du Dichopsis gutta à Sumatra, est tout à fait semblable à la plante que j’ai décrite plus haut sous le nom de Dichopsis oblongifolia.
- 1 Le professeur Miquel doit s’être trompé dans la détermination de cette plante.
- * Quant à Bornéo, il ne me sera pas difficile de prouver que le végétal en question n’y a réellement pas encore été rencontré. Bien que Montgomery prétende qu’il existe à la côte méridionale et que sir James Brooke affirme qu’on le trouve partout dans les forêts de Sarawak, ses assertions, comme je l’ai dit au commencement, reposent sur de très faibles fondements. On a aussi revendiqué l’opi-pinion de James Motley, mais celui-ci a pertinemment avoué qu'il n’a pas vu de spécimen à Bornéo, si ce n’est une seule feuille provenant de Sampit, que sir William Hooker assurait appartenir à l’espèce décrite par lui. De tout ce qui précède, on peut conclure que de ces prétendus Dichopsis gutta, de Bornéo, personne n’a vu, tout au plus, qu’une ou deux feuilles, et, comme en botanique, il est impossible de conclure à l’espèce, en se basant sur la forme d’une feuille, rien ne peut justifier l’opinion que la plante en question se trouve réellement à Bornéo.
- « Il y a d’autres arguments plus forts pour démontrer que l’arbre de Bornéo, que l’on a regardé comme VIsonandra gutta, n’est autre chose que le Dichopsis oblongifolia, précédemment décrit.
- « Disons un mot maintenant des îles de Banka et de Riouw, rangées abusivement parmi celles où l’on trouverait la gutta. Dans notre collection de l’herbier, où I on trouve, pour ce qui concerne Banka, des produits de plusieurs arbres à gutta, il n’y a ni Dichopsis gutta, ni Dichopsià oblongifolia. La supposition de l’existence de cet arbre à Banka repose, si j’ai bien compris, sur une communication faite par Teysmann et Binnen-dyk dans le Tijdschrift von de Natuurkundige Verecniging, Batavia i853, d’après laquelle, ladite société aurait reçu quelques plantes à gutta-percha provenant des diverses parties de l’archipel.
- « Dans cette liste, les auteurs citent deux sortes venant de Banka, l’une portant le nom deDadauw, deuxième sorte, l’autre de Dadauw, première sorte ou saroja, que Teysmann et Binnendyck ne rangent, qu’avec la plus grande réserve, sous Ylsonan-dra gutta. Ils ajoutent n’avoir vu de la première sorte, ni spécimen, ni gutta, et, que de toute la collection, le Balam tandoek seul, provenant de Pa-lembang, pouvait être déterminé avec certitude.
- « Quant à Riouw, enfin, notre herbier ne possède de cette provenance qu’un spécimen desséché, sans désignation indigène, lequel est sans doute le Dichopsis oblongifolia... Je crois avoir suffisamment démontré que nulle part n’existe le Dichopsis gutta, si ce n’est à Singapore, où, à l’heure présente, l’arbre ne se trouve plus, et j’ai par conséquent le droit de protester contre l’opinion générale admettant que la gutta-percha du commerce est, en grande partie, le produit du Dichopsis gutta. J’ose prétendre le contraire et soutenir que le produit de cette espèce n’existe plus dans le commerce. »
- Il est évident que si l’arbre n’existe plus, le produit doit commencer à se faire rare, et si vous le voulez-bien, nous n’en parlerons plus.
- Njatoeh balam tembaga, c’est autre chose: voilà le véritable arbre-guttifère, c’est celui-là seul qu’il faut citer. Il est vrai de dire qu’il y a aussi le Njatoeh balam bringin (arbor alla, succo lacteo, dein indurato, elastico, getahpestjah appellato, foeto-Romi tentes, tenues, stipulée nullæ, folia alterna ovalia ont ovali-oblonga etc., etc.). Mais la gutta-percha qu’il produit n’est que de seconde qualité, et,pourne pasembrouillerles choses(noussommes moins botaniste qu’électricien), nous en resterons au Dichopsis oblongifolia, et c’est tout au plus si, pour paraître très forts, nous dirons quelquefois devant le monde : Njatoeh balam tembaga. Oh! que c’est difficile à prononcer!
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- REVISION DE BERLIN
- (suite et fin)
- l5. RÉSERVES
- Article 17 de la Convention.
- Les Hautes Parties contractantes se réservent respectivement le droit de prendre séparément, entre elles, des arrangements particuliers de toute nature sur les, points du service qui n’intéressent pas la généralité des Etats.
- LXXIX
- Les points du service sur lesquels porte la réserve prévue à l’article 17 de la Convention, sont, notamment :
- L'établissement des tarifs d’État à Etat;
- Le règlement des comptes;
- L’adoption d’appareils ou de vocabulaires spéciaux, entre des points et dans des cas déterminés;
- L’application du système des timbres-télégraphes;
- La transmission des mandats de poste par le télé-graphe;
- La perception des taxes à l’arrivée;
- Le service de la remise des télégrammes à destination ;
- La faculté de transmettre, à prix réduit, des correspondances à l’usage de la presse, à des heures et à des conditions déterminées, sans préjudice pour le service général, ou de louer, à cet effet, des fils spéciaux moyennant abonnement;
- L’extension du droit de franchise aux télégrammes de service qui concernent la météorologie et tous autres objets d’intérêt public.
- l6. BUREAU INTERNATIONAL. ------ COMMUNICATIONS
- RÉCIPROQUES.
- Article 14 de la Convention.
- Un organe central placé sous la haute autorité de l’Administration supérieure de l’un des Gouvernements contractants désigné à cet effet par le règlement, est chargé de réunir, de coordonner et de publier les renseignements de toute nature relatifs à la télégraphie internationale, d’instruire les demandes de modification aux tarifs et au règlement de service, de faire promulguer les changements adoptés et, en général, de procéder à toutes les études et d’exécuter tous les travaux dont il serait saisi dans l’intérêt de la télégraphie internationale.
- Les frais auxquels donne lieu cette institution, sont supportés par toutes les Administrations des Etats contractants.
- LXXX
- t. L’organe central prévu par l’article 14 de la Convention reçoit le titre de Bureau international des Administrations télégraphiques.
- 2. L’administration supérieure delà Confédération suisse est désignée pour organiser le Bureau international dans les conditions déterminées par les articles LXXXI àLXXXLII suivants.
- LXXXI
- 1. Les frais communs du Bureau international des Administrations télégraphiques ne doivent pas dépasser,
- spar année, la somme de 70.000 francs, non compris les frais spéciaux auxquels donne lieu la réunion d’une Conférence internationale. Cette somme pourraêtreaugmentée ultérieurement du consentement de toutes les Parties contractantes.
- 2. L’Administration désignée, en vertu de l’article 14
- de la Convention, pour la direction du Bureau international, en surveille les dépenses, fait les avances nécessaires et établit le compte annuel, qui est communiqué â toutes les autres Administrations intéressées.
- Pour la répartition des frais, les États contractants ou adhérents sont divisés en six classes contribuant chacune, dans la proportion d’un certain nombre d’unités, savoir :
- jclasse 25 unités;
- 2° )) 20 »
- 3ü » 15 »
- 4« » 10 a
- 5e » 5 »
- 6° w 3 »
- 4. Ces coefficients sont multipliés par lenombred’Etats de chaque classe et la somme des produits ainsi obtenus fournit le nombre d’unités par lequel la dépense totale doit être divisée. Le quotient donne le montant de l’unité de dépense.
- Les administrations des États contractants sont, pour la contribution aux frais, réparties, ainsi qu’il suit, dans les six classes dont il est fait mention au paragraphe précédent :
- irc classe : Allemagne, Brésil, France, Grande-Bretagne, Indes britanniques, Italie, Russie, Turquie;
- 2e classe: Autriche, Espagne, Hongrie;
- 3e classe : Belgique, Indes néerlandaises, Norvège, Pays-Bas, Roumanie, Suède;
- 4e classe : Australie du Sud, Cap de Bonne-Espérance, Danemark, Égypte, Japon, Nouvelle-Galles du Sud, Nouvelle-Zélande, Suisse, Tasmanie, Victoria;
- 5e classe : Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Cochinchine, Grèce, Portugal, Sénégal, Serbie, Siam, Tunisie;
- 6e classe : Luxembourg, Monténégro, Natal, Perse.
- LXXXII
- 1- Les Offices des États contractants se transmettent réciproquement tous les documents relatifs à leur administration intérieure et se communiquent tout perfectionnement qu’ils viendraient à y introduire.
- 2. En règle générale, le Bureau international sert d’intermédiaire à ces notifications.
- 3. Lesdits Offices envoient par la poste, par lettre affranchie, au Bureau international,la notification de toutes les mesures relatives à la composition et aux changements de tarifs, tant intérieurs qu’inlernationaux: à l’ouverture de lignes nouvelles et à la suppression de lignes existantes, en tant que ces lignes intéressent le service international; enfin, aux ouvertures, suppressions et modifications de service des bureaux. Les documents imprimés ou autographiés, à ce sujet, par les administrations, sont expédiés au Bureau international, soit à la date de leur distribution, soit, au plus tard, le premier jour du mois qui suit cette date.
- 4. Lesdites administrations lui envoient, en outre, par télégraphe, avis de toutes les interruptions ou rétablissements des communications qui affectent la correspondance internationale.
- 5. Elles lui font parvenir, au commencement de chaque année et aussi complètement qu’il leur est possible, des tableaux statistiques du mouvement des correspondances, de la situation des lignes, du nombre des bureaux et des appareils, etc. Ces tableaux sont dressés d’après les indications du Bureau international, qui distribue, à cet effet, les formules toutes préparées.
- 6. Elles adressent également à ce Bureau deux exemplaires des publications diverses qu’elles font paraître.
- 7. Le Bureau international reçoit, en.outre, communication de tous les renseignements relatifs aux expériences auxquelles chaque Administration a pu procéder sur les différentes parties du service.
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- LXXXIII
- 1. Le Bureau international coordonne et publie le tarif. 11 communique aux Administrations, en temps utile, tous les renseignements y relatifs, en particulier ceux qui sont spécifiés au paragraphe 3 de l’article précédent. S’il y a urgence, ces communications,sont transmises par la voie télégraphique, notamment dans les cas prévus par le paragraphe 4 du même article. Dans les notification relatives aux changements de tarifs, il donne à ces communications la forme voulue pour que ces changements puissent être immédiatement introduits dans le texte des taxes annexés à la Convention.
- 2. Le Bureau international dresse une statistique générale.
- 3. 11 rédige, à l’aide des documents qui sont mis à sa disposition, un Journal télégraphique en langue française.
- 4. Il dresse, publie et revise périodiquement une carte officielle des relations télégraphiques.
- 5. J1 doit, d’ailleurs, se tenir çn tout temps à la disposition des Administrations des États contractants, pour leur fournir, sur les questions qui intéressent la télégraphie internationale, les renseignements spéciaux de tous .genres dont elles pourraient avoir besoin.
- 6. Les documents imprimés par le Bureau international sont distribués aux Administrations des États contractants dans la proportion du nombre d’unités contributives, d’après l’article LXXX1. Les documents supplémentaires que réclameraient ces Administrations, sont payés à part, d’après leur prix de revient. Il en est de même des documents demandés par les exploitations privées.
- 7. Les demandes de cette nature doivent être formulées une fois pour toutes, jusqu’à nouvel avis, et de manière à donner au Bureau international, le temps de régler le tirage en conséquence.
- 8. Le Bureau international instruit, lorsqu’il en est chargé par un ou plusieurs des. Offices intéressés, les demandes de modifications au Tarif et au Règlement, prévues par les articles 10 et i3 de la Convention. Après avoir obtenu l’assentiment unanime des Administrations en cause et, le cas échéant, l’adhésion des autres Offices intéressés, il fait promulguer, en temps utile, les changements adoptés. Il est, d’ailleurs, chargé de notifier toutes les modifications du Tarif et du Règlement, quelle que soit la forme suivie pour leur adoption. Cette notification ne sera exécutoire qü’après un delai de deux mois, au moins, pour les modifications apportées au Règlement, et de i5 jours, au moins, pour les changements de tarifs, et, en cas de réclamation, après que l’accord se sera établi sur le point en litige..
- g. Dans les questions à résoudre par l’assentiment des Administrations contractantes, celles qui n’ont point fait parvenir leur réponse dans le délai maximum de quatre mois, sont considérées comme consentantes.
- 10. Le Bureau international prépare les travaux des Conférences télégraphiques. 11 pourvoit aux copies et impressions nécessaires, à la rédaction'et à la distribution des amendements, procès-verbaux et autres renseignements.
- 11. Le Directeur de ce Bureau assiste aux séances de la Conférence et prend part aux discussions, sans voix délibérative.
- 12. Le Bureau international fait sur sa gestion un rapport annuel, qui est communiqué à toutes les Administrations des États contractants. ,
- 13. Sa gestion est également soumise à l’examen et à l’appréciation des Conférences prévues par l’article i5 de la Convention.
- 17. CONFÉRENCES Article i5 de la Convention.
- Le tarif et le règlement prévus par les articles 10 et i3
- sont annexés à la présente Convention. Ils ont la même valeur et entrent en vigueur en même temps qu’elle.
- Ils seront soumis à des révisions où tous les Etats qui y ont pris part, pourront se faire représenter.
- A cet effet, des Conférences administratives auront lieu périodiquement; chaque Conférence fixant elle-même le lieu et l’époque de la réunion suivante.
- Article 16 de la Convention.
- Ces Conférences sont composées des délégués représentant les Administrations des États contractants.
- Dans les délibérations, chaque Administration a droit à une voix, sous réserve, s’il s’agit d’Administrations différentes d’un même Gouvernement, que la demande en ait été faite par voie diplomatique au Gouvernement du pays où doit se réunir la Conférence, avant la date fixée pour son ouverture, et que chacune d'entre elles ait une représentation spéciale et distincte.
- Les révisions résultant des délibérations des Conférences ne sont exécutoires qü’après avoir reçu l’approbation de tous les Gouvernements des États contractants.
- LXXXIV
- L’époque fixée pour la réunion des Conférences prévues par le paragraphe 3 de l’article 15 de la Convention, est avancée, si 1 g demande en est faite par dix au moins des États contractants.
- l8. ADHÉSION. RELATIONS AVEC LES OFFICES NON ADHÉRENTS
- Article 18 de la Convention.
- Les Etats, qui n’ont point pris part à la présente Convention seront admis à y adhérer, sur leur demande.
- Cette adhésion sera notifiée par la voie diplomatique à celui des États contractants, au sein duquel la dernière conférence aura été tenue et, par cet État, à tous les autres.
- Elle emportera, de plein droit, accession à toutes les clauses et admission à tous les avantages stipulés par la présente Convention.
- Article ig de la Convention..
- Les relations télégraphiques avec des États non adhérents ou avec les exploitations privées sont réglées, dans l’intérêt général du développement progressif des communications, par le règlement prévu à l’article 13 de la présente Convention,
- LXXXV
- 1. Dans le cas des adhésions prévues par l’article 18 de la Convention, les administrations des États contractants peuvent refuser le bénéfice de leurs tarifs conventionnels aux Offices qui demanderaient à adhérer, sans conformer eux-mêmes leurs tarifs à ceux des États intéressés.
- 2. Les Offices qui ont, en dehors de l’Europe, des lignes pour lesquelles ils ont adhéré à la Convention, déclarent quel est, du régime européen ou extra-européen, celui qu’ils entendent leur appliquer. Cette déclaration résulte de l’inscription dans les tableaux des taxes ou est notifiée ultérieurement par l’intermédiaire du Bureau international.
- LXXXVI
- 1. Les exploitations télégraphiques privées qui fonctionnent dans les limites d’un ou de plusieurs États contractants, avec participation au service international, sont considérées, au point de vue de ce service, comme faisant partie intégrante du réseau télégraphique de ces États.
- 2. Les autres exploitations télégraphiques privées sont admises aux avantages stipulés par la Convention et par
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- le présent règlement, moyennant accession à toutes leurs clauses obligatoires et sur la notification de l’Etat qui a concédé ou autorisé l’exploitation. Cette notification a lieu conformément au second paragraphe de l’article 18 de la Convention.
- 3. Cette accession doit être imposée aux exploitations qui relient entre eux, deux ou plusieurs des Etats contractants, pour autant qu’elles soient engagées par leur contrat de concession à se soumettre, sous ce rapport, aux obligations prescrites par l’État qui a accordé la concession.
- 4. Les exploitations télégraphiques privées qui demandent à l’un quelconque des États contractants l’autorisation de réunir leurs câbles au réseau de cet État, ne l’obtiennent que sur l’engagement formel de soumettre le taux de leurs tarifs à l’approbation de l’État accordant la concession et de n’appliquer aucune modification ni du tarif ni des dispositions réglementaires, qu’à la suite d’une notification du Bureau international, laquelle n’est exécutoire qu’après le délai prévu au paragraphe 8 de l’article LXXXIII. Il peut être dérogé à cette disposition en faveur des exploitations qui se trouveraient en concurrence avec d’autres, non soumises auxdites formalités.
- 5. La réserve qui fait l’objet du paragraphe premier de l’article précédent est applicable aussi aux exploitations susmentionnées.
- LXXXVH
- 1. Lorsque des relations télégraphiques sont ouvertes avec des Éiats non adhérents ou avec des exploitations privées qui n’auraient point accédé aux dispositions obligatoires du présent règlement, ces dispositions sont invariablement appliquées aux correspondances, dans la partie de leur parcours qui emprunte le territoire des États contractants ou adhérents.
- 2. Les administrations intéressées fixent la taxe applicable à cette partie du parcours. Cette taxe, déterminée dans les limites des articles XIX et XX, est ajoutée à celle des Offices non participants.
- Ainsi arrêté à Berlin, le 17 septembre, i885, par les délégués soussignés, conformément aux articles i5 et 16 de la Convention de Saint-Pétersbourg, pour entrer en vigueur le ier juillet 1886.
- Ont signe :
- Pour l’Allemagne :
- Dr v. Stepjiax.
- Hake Scheffler Fritsch, le Sage.
- Pour l’Australie du Sud :
- Charles Todd.
- Pour l’Autriche :
- Brunner.
- Wolsciutz.
- Pour la Hongrie :
- L. de Koli.er.
- Pour la Belgique :
- F. Dklarge.
- Pour la Bosnie-Herzégovine :
- Parmann.
- Pour le Brésil :
- Baron de Capanema.
- Pour la Bulgarie :
- R. Ivanoff.
- Pour la Cochinchine :
- R. DuVIVIER.
- Pour l’Égypte :
- Ernest Ayscophe Floyhii.
- Skander Faximi.
- Pour l’Espagne :
- Y. Coromina.
- Pour la France :
- Fribourg.
- E. Lorin.
- Pour la Grande-Bretagne :
- C. H. B. Patey.
- H. C. Fischer.
- P. Benton.
- Pour la Grèce :
- M. A. Durutti.
- Pour les Indes britanniques :
- Bateman Champain.
- C. H. Reynolds.
- Pour Tltalie :
- d’Amico.
- Pour le Japon :
- T. Ishie.
- Pour le Luxembourg :
- Mongenast.
- Pour le Monténégro :
- Brunner.
- Wolschitz.
- Pour la Norvège :
- C. Nielsen.
- F. Bugge.
- Pour la Nouvelle-Galles du Sud :
- E. C. Cracknell.
- Pour les Pays-Bas et les Indes néerlandaises :
- Hofstede.
- Pour le Portugal :
- Guilhermino Augusto de Bakros. Pour la Roumanie :
- Colonel PASTia.
- J. Jacovesco.
- Pour la Russie :
- N. de Besack.
- E. Oussof.
- Pour le Sénégal :
- R. Duvivier.
- Pour la Serbie :
- St. Jowanowitcu.
- Pour Siam :
- Prisdang.
- Pour la Suède :
- C. Nordlander.
- Hermann Uddenberg.
- Pour la Suisse :
- Fret.
- Pour la Tasmanie :
- J. Henniker Heato.v.
- Pour la Tunisie :
- E. Lorin.
- Pour la Turquie :
- Ohan Bagdàlian.
- Pour le Danemark :
- Hœncke Luxd.
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- CORRESPONDANCE
- i(> janvier i88(>.
- Monsieur le Secrétaire de la Rédaction,
- Dans la dernière partie des « Etudes sur les machines dynamos » que vous avez bien voulu admettre dans votre Journal, il s’est malheureusement glissé une erreur pour laquelle je vous prie d’insérer la rectification suivante- Elle concerne la construction de la droite OV correspondant à la droite OK. (La Lumière Électrique, vol. IX, page 101, fi g- 2*)
- Pour trouver cette ligne OV, il faut mener par K" une horizontale jusqu’à la rencontre en B de la ligne ÙA', et
- mener par le point B, une verticale jusqu’à la rencontre en V de la courbe du magnétisme M.
- La ligne OV est la ligne cherchée. La construction, indiquée dans la figure 2, page 101, doit donc être remplacée par celle de la figure ci-dessus.
- Veuillez agréer, etc.
- W. Cam. Rechniewski.
- 17 janvier 1886.
- A Monsieur le Secrétaire de la Rédaction.
- Mon cher collègue,
- Un jeune confrère, dont la haute courtoisie trahit l’anonymat, m’engage à rectifier l’erreur que j’ai dû commettre, en parlant, il y a quinze jours, des brevets Bell, en Amérique. J’ai en effet commis un lapsus en écrivant que les brevets Bell avaient produit cinq cents raillions, j’aurais dû dire que les brevets Bell fournissaient des dividendes à des actions représentant cinq cents millions de francs.
- J’ai eu l’occasion de contrôler ces jours-ci, les chiffres ci-dessus; ils sont déjà dépassés, et, comme en Amérique, le monopole gouvernemental s’incline respectueusement devant celui de l’inventeur, les actionnaires de Bell ont pour de longues années encore, de beaux dividendes à encaisser, et il n’y a aucune exagération à supposer qu’avant l’expiration des brevets, ils auront plus que doublé leur capital.
- Jules Bourdin.
- FAITS DIVERS
- Le Gouvernement avait présenté, le 9 février i885, à la Chambre des députés, un projet de loi relatif à l’établissement, l’entretien et le fonctionnement des lignes télégraphiques, téléphoniques ou autres.
- Nous avions reproduit ce document in extenso, dans notre numéro du 21 février de la même année.
- Aujourd’hui, ce projet de loi est déposé au Sénat, avec les modifications suivantes, apportées par la Chambre des députés, dans sa séance du 26 mars i885 :
- « L’article 3 est ainsi conçu :
- « Cet arrêté déterminera les travaux à effectuer; il sera notifié par voie d’affiches, et individuellement aux intéressés, dans le cas où il s’agirait de propriétés closes; il sera exécutoire quand il s’agira des travaux de premier établissement, six jours après la notification. Quand il s’agira de travaux d’entretien ou de réparation, ce délai sera réduit à 24 heures.
- « L’article 4 a été augmenté du paragraphe suivant :
- « Quand les appuis, attaches ou potelets seront placés sur les toits ou terrasses, les agents de l’administration ne pourront, pour procéder à l’entretien ou aux réparations, pénétrer dans l’intérieur des édifices que si l’accès extérieur est impossible ».
- Le 3o décembre dernier a eu lieu l’adjudication pour l’éclairage pendant dix ans, des trois gares d’Anvers; nous trouvons à ce sujet dans la Chronique des Travaux publics des renseignements intéressants sur les propositions des différents concessionnaires.
- L’Etat laissait les concessionnaires libres de répartir la lumière à leur volonté; il exigeait seulement i/5o de carcel sur tous les points du sol. Les soumissions ont eu lieu sur la garantie d’un minimum de 2.000 heures d’éclairage par an pour la gare d’Anvers-Sud, et de 2.800 heures pour chacune des deux autres gares.
- La Société l’Électrique, de Bruxelles, a offert 29 foyers Brush, d’une intensité totale de 4.455 carcels pour 48.280 francs par an, soit à raison de 0.438 centime par carcel-heure. Devis d’installation : 117.000 francs.
- Une troisième proposition consiste en 43 foyers Thomson-Houston, d’une intensité totale de 3.440 carcels pour 49.048 francs par an, soit à raison de o.58/ centime par carcel-heure. Devis d’installation': i3i.733 francs.
- Enfin la Société continentale d’Anvers offre l’éclairage par 146 becs de gaz de 12e,7 consommant 906 litres à l’heure, à raison de i5 centimes le mètre cube. L’intensité totale est de 1.854 carcels pour 48.380 francs par an, soit à raison de 1.07 centime par carcel-heure. Le devis d’installation s’élève à 6o.i5o francs; mais il ne comprend naturellement que les dépenses relatives aux conduites et aux candélabres.
- L’électricité offre donc, dans ces conditions, une grande supériorité, la Société l’Électrique donnant pour le même prix 2,4 fois plus de lumière que la Société Continentale.
- La Société des Tramways bruxellois, se propose d’établir la traction électrique, sur la partie de son réseau, qui dessert le bois de la Cambre. Dès maintenant, elle va former un corps d’agents électriciens, qui seront, pour l’été prochain, bien au courant de ce nouveau service.
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- On lit dans VÈtoile belge :
- « Bruxelles vient, à son tour, d’être visité par la neige. Pendant plusieurs heures les blancs flocons sont tombés avec une abondance qui nous rappelait les plus mauvais jours du triste hiver de 1880. Et, malheureusement, s’il faut ajouter foi aux prévisions des météorologues, nous devons nous attendre à de nouvelles avalanches.
- . « Les nouvelles qui nous arrivent de province et de l’étranger ne sont pas bonnes. La neige a fait son apparition partout. Les communications téléphoniques et télégraphiques sont entièrement interrompues avec Anvers.
- Les communications télégraphiques avec l’Angleterre et avec la Hollande sont totalement interrompues.
- « A Gand, les dégâts occasionnés par la neige, d’abord humide puis gelée, sont réellement un désastre pour la Compagnie du Téléphone. Plusieurs chevalets se sont couchés sur les toits et la plus grande partie des lignes est brisée.
- « On peut dire que la moitié du réseau est à refaire et à revoir,de sorte que le service ne pourra être rétabli avant un bon mois, minimum ».
- Le journal l’Elektrotechnischer Anzeiger, de Berlin, a pris l’initiative pour la formation d’un musée électrotechnique, soit à Berlin, soit à Munich ou ailleurs en-Allemagne.
- Notre confrère s’est déjà assuré le concours de plusieurs des plus importantes entreprises d’électricité allemandes, et le dernier numéro du journal contient un appel chaleureux à tous les électriciens allemands qni sont invités à s’inscrire comme membres d’une association, ayant pour but la réalisation du projet en question.
- C’est là une excellente idée et que nous devrions nous hâter de mettre en pratique chez nous, également; mais il faudrait se presser, car, pour qu’un musée de ce genre soit bien complet, il faut s’occuper de la collection des appareils, dès à présent où l’industrie électrique commence à prendre de grands développements. En effet, comme le dit notre confrère, il serait fort difficile de créer aujourd’hui un musée historique des machines à vapeur, et, cependant, une telle collection serait de la plus haute importance pour le développement futur de l’industrie.
- MM. A. Naccari et G. Gughelmo viennent de démontrer dans le Nuovo Cimento que lorsque l’on diminue progressivement la pression des gaz, on arrive à un degré de raréfaction où l’électrode négative s’échauffe plus que la positive, par le passage d’un courant voltaïque; à mesure que la raréfaction progresse, l’élévation de température devient de plus en plus sensible. Ce fait doit être rapproché de la démonstration faite par M. Heltorf qui a .trouvé qu’à de faibles pressions intérieures, le transfert de matière a lieu en sens inverse de ce qu’il est à la pression ordinaire.
- La troisième Exposition d’électricité de la ville de Saint-Pétersbourg a été ouverte officiellement le samedi (2 janvier (20 décembre, vieux style), par le grand duc Michel Nicolaïevitch, en présence d’une grande affluence de notabilités.
- x L’Exposition, qui est installée, comme nous l’avons déjà dit, dans les vastes galeries du musée pédagogique, se distingue par la nouveauté, la variété et le nombre des objets exposés. Tous les systèmes d’éclairage par l’électricité, connus jusqu’à ce jour, ont été appliqués à l’éclairage de l’Exposition.
- Les auditions théâtrales téléphoniques obtiennent un immense succès.
- Nous apprenons avec regret la mort de sir Frédérick Evans, hydrographe de l’Amirauté britannique, qui vient de décéder a l’âge de soixante et onze ans.
- Le docteur Evans est un des deux auteurs du célèbre Manuel de l’Amirauté anglaise pour les déviations de la boussole. Il était, depuis i855, chef du Département des boussoles. On lui doit des cartes d’égale déclinaison et des rapports nombreux sur l’influence du fer des armures des vaisseaux sur les déviations de la boussole, ainsi que des travaux nautiques, sur les observations que ces divers objets nécessitent.
- Le nombre des brevets, pris en Angleterre pendant l’année i885, s’est élevé à 16.101, ce qui représente une diminution de 1.009, sur nombre des brevets pris en 1884.
- Le 4 décembre dernier, un violent orage ra causé beaucoup de dégâts à Chicago, où 700 fils téléphoniques ont été mis hors de service. Les communications télégraphiques entre Buffalo et New-York ont été interrompues.
- On annonce de source officielle, que les frais de procédure qu’à eu à payer jusqu’à ce jour 1’ « American Bell Téléphoné C° « dans les procès engagés par elle en vue d’affirmer la validité du brevet Bell aux États-Unis, s’élèvent déjà à plus de 2.S00.OCO francs.
- Une ligne de telphérage va prochainement être construite à Spencer, dans l’Etat de Massachusetts, pour le transport des marchandises, du quartier des fabriques à la gare du chemin de fer.
- Éclairage Électrique.
- On vient d’inaugurer à Tours l’usine centrale de la Compagnie internationale d’éclairage électrique. M. Ernest Mazereau, imprimeur à Tours, président du Conseil d’administration de la Compagnie, avait invité à cette solennité scientifique, les autorités de la ville, la Presse de Tours.
- Un grand nombre de notabilités avaient répondu à cet appel. On remarquait la présence de Mer Meignan, le vénérable archevêque de Tours, assisté de M. l’abbé Deschamps, vicaire-général, de M. le préfet Daunassans, accompagné de son chef de cabinet; de MM. les présidents du tribunal civil et de la chambre de commerce, du Conseil municipal de Tours, de M. le proviseur du lycée, de MM. les ingénieurs des mines, des ponts et chaussées et des chemins de fer, d’un grand nombre de membres de l’enseignement et des principaux négociants de la ville.
- M. Mazereau, en quelques paroles, a remercié l’assistance de la sympathie qu’elle avait bien voulu témoigner pour l’entreprise. M. Naze, directeur de l’usine, a donné des explications techniques sur le fonctionnement des divers appareils et machines. Après lui, M. Gaulard, l’ingénieur
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- auquel on doit l’invention des générateurs secondaires, a fait une conférence des plus intéressantes.
- Avant de donner, au point de vue technique, des expl -cations sur le fonctionnement de ses appareils, M. Gau-lard a exprimé toute sa gratitude à M. Naze dont l’énergique persévérance a largement contribué à l’établissement en France de ce système de distribution de la force électrique. Il explique alors la production industrielle de l’électricité et sa distribution à grande distance.
- Il a terminé par quelques paroles chaleureuses, montrant l’avenir brillant auquel est’ appelée cette nouvelle force, objet des recherches et des travaux de plusieurs générations de savants illustres et qui est acquise désormais au domaine de la pratique. Quand la puissante machine a été mise en mouvement par l’une des dynamos Siemens, une lumière blanche d’un éclat incomparable, d’une fixité parfaite, absolue, a jailli tout à coup et a provoqué une exclamation unanime de surprise et d’admiration.
- Msr Meignan, M. le préfet et les autorités qui les accompagnaient ont visité les différentes parties de l’usine. M. Gaulard leur a donné des exp.ications techniques qui ont été écoutées avec le plus grand iutérêt.
- Msr Meignan, sur la demande qui lui en a été faite par le président du Conseil d’administration, a béni l’usine et a formé des vœux pour sa prospérité.
- Chacun s’est retiré et a pu admirer, dans la ville, les effets merveilleux de cette lumière, qui donnait aux plus riches magasins un éclat inaccoutumé.
- Les deux stations centrales de lumière électrique, installées en France avec le système Edison, ne comptent que quelques semaines de fonctionnement, et déjà elles donnent d’excellents résultats, dépassant tous ceux que l’on pouvait espérer.
- A Saint-Etienne, on vient d’être obligé de doubler la canalisation afin de satisfaire aux demandes du public, qui s’élèvent aujourd’hui à 2.000 lampes à incandescence. La consommation prévue par les premiers devis se trouve donc atteinte et, pour accepter de nouveaux abonnements, il va falloir augmenter le nombre des machines électriques C’est un succès magnifique.
- La station de Dijon fournit des résultats analogues; de 375, le nombre des : lampes en service vient d’ètre porté à 5oo par la création d’un troisième circuit électrique; là aussi, on est arrivé à la capacité maximum de l’usine.
- L’installation' de lumière électrique qui vient d’être faite à Villesseneux', département de la Marne, est destinée à être imitée'dans bien des cas, car elle indique les différents services que celte application de l’électricité peut rendre à la campagne. Elle sert principalement à l’éclairage d’un moulin, mais le propriétaire de- ce-dernier, M. Duval, a pensé avec raison qu’ii aurait tout intérêt à augmenter un peu son matériel et à placer aussi des lampes dans son habitation et dans sa ferme.
- L’installation comporte 3o lampes à incandescence Swan, dont 14 de 16-bougies (5o volts et 1 ampère), i5 de 8 bougies (5o volts, et oan>P,7) et 1 de 25 bougies (5o volts et 2 ampères). 12 de ces lampes sont distribuées dans les quatre etages, du moulin; t5 sont dans la maison d’habitation située à 5o mètres du moulin; elles reçoivent le courant par des fils aériens ; parmi celles-ci est le foyer de 25 bougies, placé sur un balcon d’où il éclaire la cour et ses abords. Enfin 3 lampes fonctionnent dans la ferme, à 175 mètres du moulin; l une d’elles sert à l’éclairage des fermiers et les deux autres, munies de commutateurs au moyen desquels on peut les allumer du dehors, donnent de
- la lumière dans les écurres. Grâce à cette disposition, les dangers d’incendie sont considérablement diminués.
- Les lampes sont alimentées par le courant d’une machine. Gramme octogonale, à enroulement compound; cette dynamo peut débiter 25 ampères et 5o volts, à la vitesse de 1.600 tours par minute, et est actionnée par une turbine indépendante. Les foyers n’étant pas tous allumés en même temps, le débit normal de la machine n’est jamais dépassé. L’installation, fort bien réussie, a été exécutée par MM. Buchin, Tricoche et Cie, de Paris.
- L’Akhbar nous apprend que les importantes distilleries situées à Maison-Carrée (près d’Alger), sont éclairées à la lumière électrique avec des lampes Edison.
- La petite ville de Bourganeuf, dans la Creuse (3.700 habitants), va prochainement être éclairée à la lumière électrique.
- Notre confrère belge, la Chronique des Ti avaux publics, annonce qu’il est question d’éclairer à la lumière électrique tout le pâté de constructions qui est compris, à Bruxelles, entre les rues de l’Ecuyer, d’Arenberg, de la Montagne et du Marché-aux-Herbes d’une part, et les rues des Bouchers et des Dominicains d’autre part. La tentative serait très intéressante, car ce quartier comprend les galeries Saint-Hubert avec ses deux théâtres, l’Alcazar, le futur café-concert qui doit être installé dans les anciens locaux du Petit Rentier, et de nombreux cafés et établissements publics, où la lumière électrique serait d’un usage très avantageux.
- Le Bulletin international de l’Électricité nous apprend que si le nouveau théâtre de la Bourse, ouvert à Bruxelles, le 3o du mois dernier, est éclairé au gaz, il s’en est fallu de peu qu’il ne possédât la lumière électrique. Le propriétaire du théâtre, M. J. de Luyck, s’élait en effet entendu à ce sujet, avec une Compagnie d’électricité; le prix était convenu lorsque l’affaire a été abandonnée, M de Luyck exigeant que la Société s’engageât à n’avoir jamais aucun accident dans son éclairage.
- Le restaurant Schulzeitlis’l, à Berlin, est éclairé, depuis plus d’une année, à la lumière électrique. L’installation comprend 48 lampes, de 20 bougies, avec un moteur Altmann-IIoffmeister. Les frais d’exploitation se sont élevés à iè 0/0 du capital engagé, y compris les intérêts et l’amortissement. Les frais, par lampe et par heure, ont été de 3 fr. 44, ce qui donne environ S.Sgz francs pour 3.382 heures d’éclairage, tandis que le gaz aurait coûté environ 8.123 francs. La lumière électrique coûte donc, en moyenne, 17 fr. 36 par jour, contre 22 fr. 55 pour le gaz.
- M. Holdevv, membre du Farlement anglais, vient de faire installer la lumière électrique dans son château à Oakworth, en Yorkshire. Cette installation comprend i5o lampes à incandescence, alimentées par une dynamo, pouvant fournir un courant pour 100 lampes de 20 bougies, et spécialement construite, soit pour le service direct des lampes, soit pour charger des accumulateurs, dont 110 éléments divisés en deux sériés de 55, existent au château. C’est une ma-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- chine à gaz de 8 chevaux (type Crossley), qui 'fournit la force motrice. Les travaux ont été exécutés par MM. Misir et Mavor de Glasgow, auxquels on doit déjà l’établissement de 400 lampes à incandescence, et 10 foyers à arc, pour le compte du Gouvernement, dans le bureau central des Postes, à Glasgow.
- La commission des égouts et de la voie publique à Londres a reçu dernièrement de l’« Anelo-American Brush Electric Light O », les propositions suivantes pour l’éclairage d’une partie de la Cité. La Compagnie propose de remplacer les becs de gaz existants par des foyers électriques de 2.000 bougies, espacés de 60 yards (5.460 mètres) au maximum et de les faire fonctionner depuis la tombée de la nuit jusqu’au jour, moyennant 65o francs par foyer et par an. L’installation actuelle du gaz restera telle quelle et pourra fonctionner dans le cas où la lumière électrique viendrait à manquer. Toute dépense provenant de réparations quelconques à exécuter dans le réseau électrique, sera supportée par la Compagnie. Le contrat aura une durée de sept ans, mais la commission se réserve la faculté de le proroger pour une nouvelle période de sept ans aux mêmes conditions. La Compagnie pourra (sans monopole) fournir la lumière électrique à toutes les maisons et bâtiments publics du quartier en question et la commission leur facilitera autant que possible les travaux nécessités par l’installation des conducteurs. Malgré l’opposition de l’ingénieur de la ville, les propositions de la Compagnie, ont, à ce qu’il paraît, beaucoup de chance d’être accueillies favorablement.
- La station centrale de lumière électrique établie il y a quatre ans à Brigbton, par la Compagnie. Hammond, vient d’être achetée par une Société locale, qui s’engage à fournir la lumière à ses clients absolument comme les Compagnies du gaz fournissent le gaz: c’est-à-dire que le consommateur a le contrôle absolu des foyers installés dans sa maison et ne paye que la quantité d’électricité employée et enregistrée par un compteur spécial.
- Le Ministre de la marine, en Angleterre, vient de donner ordre de faire insta.ier quatre foyers électriques de projection, à bord de tous les cuirassés de la marine anglaise.
- L’église de Saint-Georges, à Hanover square, Londres, où se célèbrent la plupart des mariages du high life, est maintenant éclairée à la lumière électrique. Les lampes sont du type Swan, et chacun des trois lustres suspendus au plafond en porte 3o, tandis que d’autres sont distribuées dans toute l’église. Cette installation fait partie de tout un réseau, dont la station centrale se trouve derrière la galerie de tableaux Grosvenor, dans la Board Street. Cette station est pourvue oe machines à vapeur, d’une force de 600 chevaux, et alimente les lampes de la galerie Grosvenor, du Café Royal, dans la Regent Street, de l’église Saint-Georges, et d’un grand nombre de magasins du voisinage. Cette entreprise, nous écrit notre correspondant, mérite de réussir, car c’est un des rares essais, en Angleterre, d’introduire l’usage de la lumière électrique sur une grande échelle,
- MM. Colwille et fils, ont décidé de faire installer la lumière électrique dans leur aciérie, à Motherwell, en Écosse
- et ils ont chargé MM. Norman et Cie de Glasgow d’y placer 200 lampes à incandescence, et 32 foyers à arc. Ces derniers doivent pouvoir fournir 18 heures consécutives d’éclairage.
- Le conseil municipal de la ville de Burlington, dans l’Etat d’Iowa, a nommé une commission de trois membres, qui ont été chargés de visiter les villes ayant adopté l’éclairage électrique. Si le rapport de la commission est en faveur de la lumière électrique, celle-ci sera, sans doute, adoptée pour l’éclairage de cette ville.
- La Compagnie Brush, à Pittsburg, possède une des installations les plus importantes de lumière à arc, qui existe actuellement. Il n’y a pas moins de 1.800 foyers en usage dans cette ville.
- D’après VElectrical Review, de New-York, une machine dynamo Bell a marché pendant 36 jours et 36 nuits sans s’arrêter un seul instant; cette dynamo servait à l’éclairage des travaux du tunnel de Croton. Les électriciens américains considèrent ce fait comme un tour de force extraordinaire.
- La lumière électrique va prochainement être introduite à Singapore, où une concession a été accordée 4 M. Wills pour l’éclairage électrique d’un quartier de la ville. Le capital sera fourni par une Société en voie de formation, qui prendra le nom de « Singapore and Straits Electric Light C° ».
- Télégraphie et Téléphonie.
- Voici quelques renseignements que nous croyons intéressants, sur les télégraphes en Europe ;
- Longueur des ligues aériennes actuelles du
- réseau..................................I7.489lim
- Longueur des lignes de câbles souterrains . 129
- — sous-marins . 236
- Développement des fils aériens............ . 42.874k111
- — câbles souterrains. . . . 337
- — — sous-marins . . . 236
- Les bureaux téléphoniques de l’Etat sont au
- nombre de................................. 527
- Les bureaux sémaphoriques de l’Etat .... 8
- — municipaux . — iG
- — des Compagnies de Chemins de
- fer ouverts au service......................323
- Les bureaux des particuliers................ r
- Total. . 875
- Appareils en service du système Morse . . . 867
- — — Hughes 18
- — — duplex 10
- — — translateur 90
- Nombre total d’appareils de l’État 985
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Pendant l’année i885, dit le Mouvement industriel belge. 282,903 télégrammes ont été échangés par téléphone, entre les abonnés de concessions téléphoniques, et les bureaux télégraphiques de raccordement. Le mouvement, pour l’année 1884, avait été de 168.7*1/ télégrammes. Il y a donc une différence, en faveur de i885, de 124.156 télégrammes.
- Les câbles souterrains adoptés par l’Administration des Télégraphes, en Allemagne, sont généralement composés de 7 conducteurs en cuivre, isolés avec de la gutta-percha. Le cuivre pèse 90 livres par mille et la gutta-percha 76 livres. Les fils isolés sont protégés par 24 fils de fer galvanisé qui pèsent environ 4.080 livres par mille. Tout le câble pèse à peu près 6.100 livres par mille et on le place dans le sol tel quel, sans aucune autre protection.
- Les recettes du Département des Télégraphes, en Angleterre, pendant l’année qui vient de finir, ont dépassé celles de l’année 1884, de i25.ooo francs. Il est cependant àremar-quer que, malgré cette augmentation, le dernier trimestre de l’année i885 présente une diminution de 100 000 francs sur la même période de 1884, ce qui provient de la réduction récente du tarif télégraphique.
- Les recettes du département des télégraphes en Angleterre, du 1er avril au 12 décembre dernier, ont été de 3o.25o.ooo francs contre 3o millions 1/2 de francs, pour la même période de l’année précédente.
- * r
- Le conseil municipal d’Edimbourg, a décidé de remplacer la communication télégraphique qui existe entre les bureaux de la police à Édimbourg et à Leith par une ligne téléphonique.
- longueur totale de toutes lès lignes du (monde était à cette même époque, de 1.194.000 milles. Ce chiffre a probablement subi, depuis, une augmentation d’un cinquième.
- Le système télégraphique duplex fonctionne maintenant entre les villes de Mexico et Vera-Cruz, ainsi qu’entre Quere-taro et San Luis Potosi. Dans celte dernière ville, les lignes télégraphiques locales ont été cédées, par le gouvernement, â l’administration municipale.
- Le câble entre Trinidad et Demerara, vient d’être rompu. On annonce, par contre, que la pose du nouveau câble entre Nantucket et Martha’s Vineyard, aux États-Unis, est chose faite.
- La reprise des hostilités dans le Soudan, a donné une nouvelle importance aux communications télégraphiques. La ligne de Korosko,qui était interrompue, le 3i décembre dernier, a été réparée et la communication avec le Caire est maintenant rétablie.
- L’ « Eastern Telegraph C° » nous informe de l’ouverture de deux nouvelles stations télégraphiques en Chine, à Kaiping et àShaoking. Le prix des dépêches, à destination de ces deux villes, a été fixé à 12 fr. 5o par mot, à partir de Londres.
- Il n’y a eu que peu d’interruptions dans les communications télégraphiques pendant le mois qui vient de s’écouler. Les principales sont :
- Câble Hongkong-Macao, interrompu 8 xI)re, rétabli, 10 xbrc;
- — Trinidad-Demerara — i5 — toujours interr.; Ligne de Tavoy à Bangkok — 17 — —
- La chambre de commerce de Liverpool vient d’adresser une plainte au directeur général des Télégraphes en Angleterre au sujet du retard que subissent les dépêches envoyées de Liverpool à Hambourg, Berlin, Paris, Francfort, Vienne, Milan, Moscou et Saint-Pétersbourg. La chambre est d’avis que le seul moyen de remédier à cet état de choses, serait d’établir des communications directes entre Liverpool et les villes en question.
- On télégraphie de La Haye, que probablement une nouvelle Conférence spéciale sera convoquée avant la ratification de la convention internationale, pour la protection des câbles sous-marins, à l’effet d’examiner les mesures qui ont été prises par les signataires de la convention, pour l’exécution des décisions prises.
- A l’occasion du nouvel an, le gouvernement néerlandais avait créé des télégrammes à prix réduits, destinés à remplacer la carte de visite traditionnelle. L’envoyeur inscrivait son nom, celui du destinataire et l’adresse de ce dernier.
- En 1848, la longueur totale des lignes télégraphique ne dépassait pas 2.000 milles aux États-Unis, tandis qu’en 1880, il n’y avait pas moins de 142.364 milles de lignes. La
- Le nombre des bureaux téléphoniques, à Madrid, s’élève actuellement à 277, répartis de la manière suivante :
- Bureaux officiels au service de l’État seulement. . . 5q
- — — au service public.......................... 5
- — de la Municipalité.............................. 62
- — de la Députation provinciale. . ............... 6
- — des particuliers................................i5o
- Total égal
- 277
- A Barcelone, il n’y a, en tout, que 60 bureaux téléphoniques. Valence n’en compte que 14.
- Nous lisons dans le Bulletin international de VElectricitè à la date du 11 janvier :
- On s’occupe beaucoup en Italie, à l’heure actuelle, des modifications à introduire dans le régime de la téléphonie. C’est au mois de septembre de l’année courante qu’expirent les concessions accordées aux différentes Sociétés locales. Le gouvernement est décidé à régler par une loi la situation qui sera faite ultérieurement à cette industrie. Dans ce but, il constitue une commission chargée de l’élaboration du projet de loi. Dès maintenant, le Ministre est décidé à ne pas user du droit de rachat que l’État s’est réservé, et à se faire donner l’autorisation d’accorder des concessions de i5 ans; les autres points seront réglés par les travaux de la commission.
- De leur côté, les représentants des différentes Sociétés vont se réunir en conférence à Rome, le i3 courant, pour
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- nommer des délégués chargés de suivre les travaux de la commission.
- Un groupe de spéculateurs romains, cherche depuis quelque temps, à former à Rome une Société coopérative de téléphones. Les renseignements que notre correspondant d’Italie nous envoie à ce sujet, sont assez curieux. La nouvelle Société n’a obtenu du gouvernement qu’une concession de huit mois, qui lui a paru cependant suffisantè pouf se constituer. Quant au capital, les promoteurs auraient décidé de le former exclusivement par voie d’emprunt, c’est-à-dire, que Je capital nominal ne serait représenté que par des actions d’apport sur lesquelles il n’y aurait rien de versé, tandis que le capital effectif serait obtenu au moyen d’une émission d’obligations.
- Les fondateurs nous paraissent avoir imité naïvement le système appliqué aux États-Unis à la constitution des Compagnies de chemins de fer, sans avoir tenu compte de la différence de leur situation. Nous serions bien étonnés, s’ils trouvaient à négocier une seule obligation.
- Nos lecteurs se rappellent sans doute que le brevet canadien de Bell fut annulé, l’année dernière, par une décision du Ministre du Commerce de ce pays. La validité du brevet pour le téléphone Edison n’avait pas encore été contestée. La « Téléphoné Manufacturé* C°», de Toronto, s’avise, maintenant, de demander au ministre d’en proclam er la déchéance, sous prétexte que la Compagnie Bell, propriétaire dudit brevet, négligeant de faire fabriquer dans le pays même les instruments nécessaires à son industrie, les avait importés des Etats-Unis et refusait de les vendre. Cette requête a été adressée au Ministre, à la suite d’un procès en contrefaçon que la Compagnie Bell vient d’intenter à la « Téléphoné Manufacturing C° ».
- Le nouveau bureau central téléphonique, construit à Keighley, en Angleterre, par la « National Téléphoné C° », a été officiellement inauguré* le 3o décembre dernier, par le maire de la ville, qui, à cette occasion, a adressé la première communication au maire de la ville de Bradford, en se félicitant de l’ouverture d’une communication directe entre'les deux villes.
- La„« Central .Union yeleph,ope O qui exploite l’Etat d’Indiana, a prouvé que la réduction de prix de l’abonnement téléphonique imposée par une loi récente et dont nous avons déjà parlé, fait perdre à la Compagnie, .pour la ville. d’Indianapolis, une somme de 69 fr. 25 par abonné et par an, tandis que la perte moyenne, pour les autres réseaux, n’est que de 45 francs par abonné. II est donc certain que, si le procès actuellement engagé devant la Cour supérieure est gagné par l’Etat, la Compagnie des Téléphones sera forcée de suspendre tout à fait ses opérations.
- Le réseau téléphonique de Kansas City a été augmenté de 48 lignes pendant le mois de novembre dernier, ce qui porte le nombre des abonnés à i.25o.
- Nous avons reproduit, d’après le Journal télégraphique, les conditions fixées dans la Nouvelle-Zélande pour l’usage des lignes téléphoniques. Depuis lors, ces conditions ont subi les diverses modifications suivantes :
- Le prix de l’abonnement à tout nouveau « bureau central », s’élève maintenant :
- Pour tout abonné de la première série de 100 souscripteurs, par chaque fil et jusqu'à la fin de la première année, commençant à partir du ior janvier, ier avril, icr juillet ou Ier octobre après la date de l’établissement de la communication, 225 francs;
- Pour chaque année suivante, 200 francs;
- Pour tout abonné en sus de cette première série de 100 et pour tout abonné nouveau des bureaux déjà existants : pour un seul fil, jusqu'à la fin de la première année commençant le Ier janvier, le iop avril, le ier juillet ou le iCP octobre après la date de l’établissement de la communication, 25o francs.
- Pour chaque année suivante, 200 francs.
- Pour tout fil additionnel demandé par un abonné et à dater de l’établissement de la communication, 175 francs.
- Ces prix se rapportent aux communications'établies avec des entrepôts, des magasins, des bureaux situés à une distance n’excédant pas un demi-mille et avec des maisons particulières qui ne sont pas situées à plus d’un mille du bureau téléphonique central.
- Pour toute distance additionnelle d’un quart ou fraction d’un quart de mille : jusqu’à la fin de la première année, à partir du ieP janvier, avril, juillet ou octobre, à dater de l’établissement de la communication, 25 francs;
- Pour chaque année .subséquente, 18 fr. 75.
- Quant à l’usage par le public des cabines téléphoniques installées dans les bureaux télégraphiques, et mises en communication avec le bureau central téléphonique, les conditions en sont fixées ainsi qu’il suit :
- Quand la li*ne employée n’a pas plus de 6 milles de longueur, la taxe est fixée uniformément à 6 deniers (7ocentimes) par conversation de 5 minutes, avec une taxe additionnelle s’élevant au même chiffre, pour chaque période ou fraction de période de 5 minutes en sus des 5 premières.
- Si la longueur de la ligne dépasse 6 milles, la taxe est fixée à 1 fr. 25 pour une conversation de 5 minutes avec une augmentation de la même somme pour toute prolongation de 5 minutes ou d’une fraction de 5 minutes.
- Pour les conver>ations échangées entre un abonné et une cabine téléphonique par l’mtermédiaire d’un bureau central ou entre deux abonnés par l’intermédiaire d’une cabine téléphonique, il est perçu la moitié des taxes précédentes.
- En ce qui concerne enfin la remise à domicile des messages par les cabines téléphoniques, la taxe applicable pour ce service est de 3o centimes, quand Je destinataire réside dans le rayon ordinaire delà distribution des télégrammes. Au delà de ce rayon, la remise est effectuée dans des conditions de taxes spé :iaies et à raison des frais supplémentaires, auxquelles elle adonné lieu.
- ERRATUM
- Dans le numéro du 19 décembre i885, page 557, irc colonne, ligne i3, il faut lire « un travail disponible de 27 chevaux environ », au lieu de « un travail disponible de 2,7 chevaux environ. » *
- Le Gérant : Dp C.-C. Soulages.
- La Compagnie téléphonique de la ville de Mexico paye à la municipalité une redevance mensuelle de 75 centimes par poteau placé dans les rues.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 63218
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D* CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guiîrout
- 8« ANNÉE (TOME XIX) SAMEDI 30 JANVIER 1886 N» 5
- SOMMAIRE. — Les méthodes de mesures absolues ; Andrew Gray. — La condensation des fumées par [l’électricité statique; E. Dieudonné. — Description de quelques appareils téléphoniques récents; G. Richard. — Sur un coup de foudre remarquable, observé à Ribnitz (Mecklembourg); P. Samuel. — Appareils de photomicrographie; J. Bourdin. — Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Sur un spectre électrique particulier aux terres rares du groupe terbique, par M. Lecoqde Boisbaudran. — Considérations relatives à l’éclairage électrique des phares, par M. Félix Lucas. — Sur la loi d’Ampère, par M. P. Duhem. — De l’influence de la pression sur la conductibilité des électrolytes. — Observations continues de l’électricité atmosphérique, par M. L. Pasqualini et A. Roiti. — Correspondances spéciales de l’étranger : Allemagne; Dr H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Chronique : Le Tramway électrique de Blackpool. — Correspondance. — Faits divers.
- LES MÉTHODES DE
- MESURES ABSOLUES
- AYANT-PROPOS
- La science électrique a fait, au cours de ces dernières années, des progrès si rapides et si multiples qu’il semble utile de coordonner systématiquement, de temps à autre, les connaissances nouvellement acquises, afin de pouvoir se rendre compte de l’ensemble. Cette récapitulation est un besoin de l’esprit, qu’elle repose et laisse satisfait.
- Après nous être attachés à suivre pas à pas les progrès réalisés, au fur et à mesure que ces progrès se sont manifestés, et les avoir signalés en temps et lieu à nos lecteurs, nous publions aujourd’hui une série d’articles qui résument l’état actuel de la science électrique. Ces articles portent la signature de M. Andrew Gray, le savant professeur anglais. Le nom seul de M. Gray suffirait à justifier notre choix; nous ajouterons que l’Angleterre ayant été le berceau des unités électriques, et les méthodes de mesure formant dans ce pays l’objet d’un culte particulier, nous avons cru ne pouvoir puiser nos renseignements à meilleure source.
- M. Andrew Gray a pris comme première base de cette étude un Traité publié récemment par lui sous le titre de : Les mesures absolues en électricité et magnétisme, mais il a bien voulu remanier au point de vue de notre Journal et enrichir de notes les chapitres déjà existants, en même temps qu’il leur a ajouté certains chapitres qui ne figurent pas dans l’ouvrage anglais.
- LA RÉDACTION.
- CHAPITRE I
- MESURE DE LA COMPOSANTE HORIZONTALE DU CHAMP MAGNÉTIQUE DE LA TERRE.
- Toutes les méthodes pour étalonner des galvanomètres de manière à mesurer les courants et les potentiels en unités absolues, supposent une comparaison soit directe, soit indirecte des indications de l’instrument à étalonner avec celles d’un instrument étalon pour lequel les constantes sont parfaitement connues à l’endroit où ia comparaison a lieu.
- Il y a différentes formes d’instruments étalons : la boussole des tangentes de Joule en est une. Elle consiste en une bobine de grand rayon avec une petite aiguille suspendue au centre; Helmholtz l’a modifiée en remplaçant la bobine unique par deux grandes bobines égales, placées
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- à côté l’une de l’autre et séparées par un intervalle égal à leur rayon commun. r ^ ,t
- Il y a encore certaines formes de dynamomètre étalon, instrument dans lequel l’aiguille du galvanomètre est remplacée par une bobine mobile, laissant passer, soit le courant entier, soit une partie déterminée de celui qui passe dans la bobine fixe.
- Les mesures consistent essentiellement dans la détermination du couple exercé par la force magnétique de la terre sur une aiguille ou une bobine suspendue, lorsque ce couple fait équilibre à celui produit par le courant.
- Mais ce couple dépend de la valeur, désignée ordinairement par H, de la composante horizontale de la force magnétique de la terre ; il est donc toujours nécessaire, excepté dans la méthode de
- Lampe
- FIG.
- Kohlrausch, que nous décrirons plus bas, de connaître la valeur de cette quantité en unités absolues.
- La valeur de H peut se déterminer de différentes manières ; je me contenterai ici de décrire la méthode la plus commode dans la pratique. Elle consiste: i° dans la mesure de l’angle de déviation de l’aiguille d’un magnétomètre causée par la présence d’un aimant placé dans une position déterminée et à une distance donnée ; 2° dans la mesure de la période d’oscillation de l’aimant, lorsque celui-ci est suspendu horizontalement dans le champ magnétique terrestre, de manière à pouvoir librement tourner autour d’un axe vertical.
- La première opération nous donne une équation contenant le rapport du moment magnétique de l’aimant à la composante horizontale H de la force
- I
- magnétique de la terre, la seconde, une équation contenant le produit de ces deux quantités.
- Décrivons en détail cette méthode qui est due à Gauss (f).
- Le magnétomètre de M. J.T. Bottomley (M, fig. i ), se présente sous une forme très commode. Il consiste en un de ces miroirs avec aimants employés dans le galvanomètre à miroir de Thomson, suspendu par un simple fil de cocon de 6 à io centimètres de longueur dans une boite fermée. La fibre est attachée au dos du miroir de manière que l’aimant soit suspendu horizontalement et que la surface réfléchissante du miroir reste verticale.
- (') Tout dernièrement, le Philosophical Magazine a publié un article sur une détermination de H exécutée dans le laboratoire de sir William Thomson, à Glasgow. Comme 'ce travail contient la description de quelques importantes améliorations dans la manière d’employer la méthode de Gauss ainsi que des données intéressantes sur l’aimantation des aimants d’acier, nous le donnerons comme supplément à ce chapitre.
- • On prépare facilement la boîte de l’instrument en creusant dans une pièce de bois d’acajou, d’environ io centimètres de longueur, une rainure se prolongeant jusqu’à une petite distance des extrémités de la pièce de bois. Cette rainure est élargie à un bout, de manière a former un évidement circulaire d’un diamètre un peu plus grand que celui du miroir. On fixe enfin cette boîte sur une planchette munie de trois vis calantes, de manière que l’espace circulaire soit en bas.
- La rainure est alors placée verticalement et le fil de cocon suspendu au milieu de l’espace libre ; ceci se fait en introduisant l’extrémité libre du fil dans un trou ménagé à la partie supérieure de la rainure et en l’y fixant avec de la cire.
- On ferme ensuite la chambre par une plaque de verre placée à la surface de la pièce de bois et maintenue par du ciment ou par un mode d’attache quelconque.
- En diminuant la distance entre la face et le fond
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- de l’évidement circulaire, et en faisant son diamètre à peine plus grand que celui du miroir, l’instrument peut être rendu à peu près apériodique, c’est-à-dire que, lorsque l’aiguille aimantée est déviée d’un certain angle, elle prend sa position d’équilibre presque sans oscillations.
- Un magnétomètre peut être ainsi construit à peu de frais, tout en étant bien plus exact et plus commode que les magnétomètres à longs aimants fréquemment employés pour mesurer H, et comme dans la pratique on peut toujours admettre que les pôles du petit aimant sont situés au centre du miroir, les calculs deviennent beaucoup plus simples.
- L’instrument est placé de manière que sa face recouverte de verre soit dans le méridien magnétique et réglé par les vis de façon à ce que le miroir pende librement à l’intérieur de la chambre.
- Le pied de l’une des trois vis de calage de la planchette p doit rester dans un petit trou conique de la table ou plate-forme supportant l’instrument, le pied de la seconde vis doit se trouver dans une rainure en V dont l’axe passe parle petit trou conique; le pied de la troisième repose librement sur la table ou plate-forme. Lorsque celle-ci est orientée l’instrument est parfaitement stable et s’il venait à être dérangé de sa position, on peut facilement l’y replacer. Un rayon de lumière provenant d’une lampe placée devant l'instrument et passant à travers une fente munie d’un fil métallique vertical ou réticule est réfléchi par le miroir, comme dans l’instrument de Thomson, sur une échelle (C, fig. i) attachée au socle de la lampe et faisant face à l’instrument. La lampe avec l’échelle peut être rapprochée ou éloignée de l’instrument jusqu’à ce que l’image du réticule soit aperçue le plus distinctement possible.
- Le support de la lampe doit aussi avoir trois vis de calage pour lesquelles on adoptera également le trou conique et la rainure en V.
- L’échelle doit être droite et placée dans le méridien magnétique. La lampe doit être placée de manière que les rayons incidents et réfléchis soient dans un plan vertical, dans la direction est-ouest, et que le trait lumineux tombe près du milieu de l’échelle.
- Pour éviter les erreurs dues à la variation de la longueur de l’échelle, celle-ci doit être collée sur la barre en bois qui la supporte; il ne faudrait pas se contenter de la fixer par des punaises, comme on le fait souvent.
- Le magnétomètre étant placé et orienté, on passe à la fabrication de 4 ou 5 aimants longs de 10 centimètres et de ocm,i d’épaisseur, en acier trempé à la dureté du verre. Cette opération se fait de la manière suivante : on prépare dix à vingt pièces de fil d’acier, toutes parfaitement droites et limées soigneusement aux extrémités, à angle droit ; on les réunit en paquet par du fil de fer, on les chauffe jusqu’au rouge, puis ou les trempe verticalement
- dans de l’eau froide. De c^tte manière, les fils se trempent à la dureté du verre, sans beaucoup se déformer; ces fils sont ensuite aimantés jusqu’à saturation, dans un solénoïde, par un fort courant électrique.
- On dessine alors sur une planche ou plateforme préparée à cet effet (faite en bois, sans emploi de fer et s’étendant des deux côtés du magnétomètre), une ligne horizontale passant parle centre du miroir, et dirigée de l’est à l’ouest, ce qui se fait en traçant par le point donné une perpendiculaire à un long et mince aimant suspendu librement par un fil de cocon (’).
- Nous plaçons un de nos aimants (fig. 2) sur la ligne dessinée et à une distance du galvanomètre telle qu’une déviation convenable soit produite ; nous notons la déviation du galvanomètre, retournons l’aimant, de manière que la position de son centre reste la même, et notons la nouvelle déviation. Nous observons de la même manière les déviations produites par l’aimant placé à la même distance, de l’autre côté du magnétomètre, et nous
- prenons la moyenne de toutes les observations.
- Ces déviations mesurées à partir du zéro, doivent être à peu près égales, et si les positions de l’aimant étaient exactement les mêmes, les déviations seraient rigoureusement égales.
- Mais une légère erreur dans la position de l’aimant se trouve éliminée en prenant la moyenne des observations. On mesure en centimètres la distance entre les deux positions symétriques de l’aimant, et on admet qu’elle est le double- de la distance entre le centre de l’aimant et le centre de l’aiguille du magnétomètre. Les mêmes opérations se répètent pour chacun des aimants qui sont soigneusement séparés les uns des autres pendant les expériences.
- Le résultat de chacune de ces expériences est de fournir une équation contenant le rapport du moment magnétique de l’aimant à la valeur de la composante horizontale H du magnétisme terrestre.
- Soit m le moment magnétique de l’aimant, m' celui de l’aiguille, r la distance du centre de l’aimant au centre de l’aiguille, il la distance entre les pôles de l’aimant, qui, pour une barre de la dimension de nos aimants, et aimantée jusqu’à saturation dans une longue hélice, est à peu près égale à sa
- C) Voir aussi le supplément à ce chapitre.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- longueur; 2/' la distance des pôles de l’aiguille (*) ; r, l et V étant exprimés en centimètres ; nous avons comme expression de la force répulsive (désignée par F sur la figure 2) exercée sur le pôle bleu (2) de l’aiguille par le pôle bleu de l’aimant, supposé le plus rapproché de l’aiguille (voir fig. 2) :
- m m' t 2/ ‘ il' {r— /)2’
- en admettant que la valeur de l' est petite par rapport à L
- De même la valeur de l’attraction exercée sur le même pôle de l’aiguille par le pôle rouge de l’aimant sera :
- m m' j
- il'ïî' (r+l)2'
- Donc la force totale de répulsion exercée par l’aimant sur le pôle bleu de l’aiguille sera :
- mm' (1 1 ) mm’ r
- ~4Ïlr l(r — l)2 ~ (r+7)*i °U V (r2 — /ap
- Nous trouvons de même que la force d’attraction exercée par l’aimant sur le pôle rouge de l’aiguille est
- égale à. m’y 'Çfr~ jïÿ l’aiguille est donc soumise à un couple tendant à la faire tourner autour de la fibre de suspension comme axe ; la valeur du couple, lorsque l’angle de déviation est ô, se trouve égale à
- mm'2 r (r2 — l2)2
- cos 6.
- Dans l’état d’équilibre, ce couple doit être égal à celui produit par H, c’est-à-dire à m' H sinô ; nous aurons donc
- m___(r2—Z2)2
- II ir
- tan g 0
- (>)
- En adoptant la disposition du magnétomètre et de l’échelle droite décrite plus haut, nous obtenons facilement la valeur de tang 0, car le nombre de divisions de l’échelle qui mesurent la déviation, divisé par le nombre de ces divisions contenues dans la distance de l’échelle au miroir est égal à tang2«.
- Au lieu d’être phÆé sur la ligne est-ouest passant par le centre de l’aiguille, l’aimant peut être transporté parallèlement à lui-même, de manière que son centre vienne se placer sur la ligne nord-sud passant par le centre de l’aiguille, l’orientation de l’aimant restant toujours est-ouest (fig. 3). En donnant à m, m', l, V et r la même signification qu’au -
- (9 Voir supplément. L’aiguille peut être considérée comme un très court aimant uniformément aimanté dont les pôles vse trouvent par conséquent aux extrémités.
- (2) Nous conviendrons d’appeler pôle bleu un pôle semblable au pôle nord terrestre, et pôle rouge un pôle semblable ad pôle nord.
- Les lettres B, R, b et r désignent les pôles bleus et rouges dans les diagrammes.
- paravant, la distance de chaque pôle de l’aimant à l’aiguille seraVr* + /2-Considérons la force qui agit sur le pôle rouge de l’aiguille, par exemple. Le pôle rouge de l’aimant le repousse, et le pôle bleu l’attire, chacun
- avec une force égale à jp Mais la figure
- montre que la résultante F de ces efforts est parallèle à l’aimant et dirigée vers la gauche. Cette résultante est égale à
- m m’ l il il’ (r2 + p) 1
- ou bien à
- m mr
- ii’^A-n) f
- On trouve de même que la force agissant sur le pôle bleu est égale à la première, et dirigée en sens contraire, c’est-à-dire vers la droite. L’aiguille est donc soumise ici aussi à un couple, et non pas à une force tendant à produire un mouvement de translation.
- La grandeur de ce couple pour une déviation 0 de l’aiguille est :
- mm’ Vcos Q 2l’ (r2 + /2)f
- mm9 (r2 + /2) I
- cos 0.
- Pour la position d’équilibre de l’aiguille, ce couple doit-être égal à m’H sin 0, d’où
- JH i
- — =(r2 + /2)ïr tange. (2)
- Il y a encore une position, de l’aimant qui pourrait être commodément employée : l’aimant étant orienté de l’est à l’ouest, mais son centre se trouvant placé verticalement au-dessus du centre de l’aiguille.
- Le couple produit dans cette position est justement égal à celui donné par la formule (2), en conservant les mêmes notations que dans le cas précédent.
- Dans ces expériences, et dans toutes celles qu i suivent, il est indispensable de s’assurer avec le plus grand soin s’il n’y a pas, dans le voisinage de l’instrument, des masses de fer mobiles ; l’instrument et les aimants doivent être tenus éloignés des clous ou vis en fer qui pourraient se trouver dans les tables sur lesquelles ils sont placés.
- Considérons maintenant la seconde opération : la mesure de la période d’oscillation de 1 aimant déviateur, soumis à la seule action de la composante H du magnétisme terrestre.
- L’aimant est suspendu horizontalement par une double bride à la partie inférieure d’un simple fil de cocon, lequel est fixé à sa partie supérieure au couvercle d’une boîte fermée.
- On peut très bien employer une boîte d’environ 3o centimètres de hauteur sur i5 de largeur,
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- ayant deux faces opposées, la base et le couvercle en bois, et les deux autres faces en verre. Une de ces faces devra être à coulisse, pour donner accès à l’intérieur de la boîte.
- La fibre doit être attachée au sommet, à un axe horizontal, que l’on pourra tourner de l’extérieur, afin d’élever ou d’abaisser le fil, s’il est nécessaire.
- Le fil de suspension est placé de telle manière que deux raies verticales tracées sur les parois du verre soient dans le même plan que l’aimant lorsque celui-ci est placé dans sa bride, et que la boîte est tournée de manière que l’aimant devienne perpendiculaire aux parois du verre. Un écran de papier avec une petite ouverture est placé à peu de distance, dans une position telle, que l’ouverture soit en ligne droite avec l’aimant, et par conséquent dans le même plan que les raies tracées sur le verre.
- Ceci fait, on ôte le magné-tomètre de sa plate-forme et on le remplace par la boîte contenant l’aimant suspendu. Si l’aimant, une fois dévié de sa position d’équilibre, est abandonné à lui-même, il oscille autour de son axe vertical, et un observateur le verra par le petit trou de l’écran passer et repasser devant la raie la plus rapprochée; l’observateur placé dans le plan des raies peut indiquer, sans erreur sensible, le moment où l’aimant passe par sa position d’équilibre; on pourrait aussi tracer sur le fond de la boîte un trait joignant les deux raies, et un observateur placé dans le plan des raies, mais au-dessus de l’aimant, peut noter l’instant ou l’aimant devient parallèle au trait horizontal.
- La déviation de l’aimant est produite par l’approche d’un petit aimant, qu’on a soin de maintenir toujours dans la direction est-ouest, et sur une ligne passant par le centre de l’aimant suspendu. Si on néglige cette précaution, on imprime à l’aimant, outre l’oscillation dans le plan horizontal, une oscillation autour du point de suspension de la fibre qui viendrait se superposer au mouvement d’oscillation dans le plan.
- Lorsque l’aimant a été convenablement dévié et abandonné à lui-même, on laisse le mouvement diminuer jusqu’à ce que là déviation de chaque côté de la position d’équilibre soit de 3° environ; on commence alors à observer. Au moment où l’observateur voit le pôle le plus rapproché passer à travers le plan des raies, il donne un signe bref, et un autre observateur muni d’une montre à secondes note le temps. Avec une bonne montre, munie
- FIG. 3
- d’une grande aiguille à secondes, indiquant les quarts de seconde, le temps peut être déterminé plus exactement qu’au moyen des autres procédés généralement employés, consistant, soit à mettre en marche et à arrêter des montres, soit à enregistrer la position de l’aiguille des secondes, en pressant un ressort (’).
- Lorsque l’aimant a accompli 10 oscillations complètes, l’observateur donne un nouveau signe; de même, après 20 oscillations, et si l’amplitude des oscillations n’est pas devenue trop petite, après 3o oscillations également ; le second observateur note chaque fois le temps.
- On entend par oscillation complète le mouvement de l’aimant depuis l’instant ou il passe par sa position d’équilibre, allant dans une certaine direction, jusqu’au moment où il repasse par cette position, allant dans la même direction. Les observateurs changent ensuite de place et répètent les mêmes opérations. De cette manière, on obtient un résultat très approché de la vérité, en prenant la moyenne des résultats d’un nombre suffisanl d’opérations.
- Pour une petite déviation angulaire, 9, de l’aiguille, l’équation du mouvement est
- où [/. est le moment d’inertie de l’aimant oscillant. En intégrant deux fois, et résolvant l’équation, nous trouvons :
- 0 = Asin
- t — B
- Donc la période de l’oscillation sera :
- T = 271
- et nous aurons :
- m H
- 4h2|j.
- T5-'
- Mais la section de l’aimant étant faible par rapport à sa longueur, nous aurons, en désignant par W la masse
- ,=2W.
- et par conséquent
- m H =
- 4 tz2 l2 W 3T2 '
- (3)
- (') Dans une détermination très exacte de H, il vaut mieux observer le passage de l’aimant à travers le réticule d’un télescope, placé à une distance convenable. Un seut observateur peut déterminer la période très exactement, s’il est muni d’un chronomètre battant les secondes et les demi-secondes. Il compte les battements entre le premier et le dernier passage de l’aimant en estimant le temps écoulé entre le passage et le battement le plus rapproché. Une autre méthode pour déterminer la période est indiquée'dans le supplément à ce chapitre.
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- En combinant cette équation avec l’équation (1) précédemment trouvée, nous aurons, dans le cas de la figure 2 :
- 2 7t2(r2—/2)2 /2WtangO
- 3 T*r
- 8 »^fW ~ 3 t2 — /2p tang O"
- Ml
- (5)
- Et si nous comparons la formule (3) à la formule (2) correspondant à l’une des deux dernières
- dispositions, pour déterminer jj nous aurons :
- , 4 rc2
- 7 2 — - -----
- 3 T2
- (,-2 + 72)2 w tango,
- ir
- 4 w
- (r2-(-/2;*T2tangO
- (7)
- Différentes corrections que nous n’avons pas introduites ici sont cependant nécessaires pour une mesure bien exacte de H. Le moment magnétique de l’aimant déviateur doit être corrigé relativement à la différence de température(‘).
- La longueur approximative, 2/, de l’aimant, peut être déterminée de la manière suivante, en admettant que cette longueur 21 est petite, comparativement à la distance entre l’aimant et l’aiguille du magnétomètre.
- On observe deux déviations O et Q' de l’aiguille, produites par l’aimant, placé comme dans la figure 2, et à une distance r et r’ du centre de l’aiguille. Nous aurons alors l’équation :
- d’où
- m (r2—Z2)2
- ÏÏ~" ïr~
- tr'i—nf
- tangO—--------- tango',
- r'\/ r tangO'—r(/r'tango
- y/r tango' — \/ r'tango
- (8)
- Il faudrait encore ajouter une correction dépendant de l’amplitude d’oscillation ; une autre, due à la rigidité du fil de suspension, soit dans le magnéto-mètre mesurant les déviations de l’aiguille, soit dans l’instrument mesurant les périodes d’oscillation; des corrections relatives au frottement de l’air sur l’aimant, et à l’augmentation virtuelle du moment d’inertie de l’aimant, due au mouvement de l’air dans la chambre ; enfin à l’effet d’induction altérant le moment magnétique de l’aimant.
- La correction, pour une amplitude de 6°, correspondrait à une diminution delà valeur observée, T, de 1/60 % et pour un arc de io°, de 1/20 %.
- Parmi les autres corrections, la dernière est sans contredit la plus importante; mais avec un aimant d’acier trempé à la dureté du verre, aimanté jusqu’à saturation, et placé dans un champ magnétique aussi faible que celui de la terre, elle peut aussi
- être négligée, à moins qu’une précision extrême ne soit nécessaire.
- Cette dernière correction provient de ce que, dans les expériences avec le magnétomètre, l’aimant est placé dans la direction est-ouest, pendant que dans l’expérience des oscillations, il est orienté du nord au sud ; il est donc soumis, dans ce dernier cas, a une augmentation de son aimantation longitudinale par l’action du champ magnétique de la terre. L’augmentation du moment magnétique peut être déterminée par la méthode suivante, due à M. Thomas Gray.
- Plaçons l’aimant à l’intérieur, et vers le milieu d’un solénoïde en fil de cuivre beaucoup plus long que l’aimant et plaçons le solénoïde avec l’aimant dans la position 2 ou 3 pour faire dévier l’aiguille du magnétomètre. Nous notons la déviation, et après avoir fait passer par le solénoïde un courant qui crée un champ magnétique à l’intérieur du solénoïde, à peu près égal à la composante horizontale du champ magnétique delà terre, nous notons de nouveau la déviation de l’aiguille.
- L’intensité du champ magnétique produit par le courant à l’intérieur de l’hélice, et loin des bouts est égale, en unités C. G. S., à 4r»C, où n est le nombre de tours de l’hélice par centimètre de longueur, et C est la force du courant en unités C. G. S.
- On répète cette expérience avec différentes forces de courant, et on résume les résultats en traçant une courbe qui donne d’un seul coup la correction, lorsque l’intensité de la composante H, du champ magnétique terrestre a été approximativement déterminée par la méthode de déviation et oscillation décrite plus haut.
- Il faut encore prendre soin dans cette observation d’éliminer la déviation de l’aiguille du magnétomètre causée par le courant héliçoïdal de la bobine. Il est facile de le faire en observant la déviation produite par le courant lorsque l’aimant n’est pas à l’intérieur, et en la soustrayant de la déviation totale. La variation du moment magnétique produite dans une barre d’acier telle que celles que nous employons, de 12 centimètres de longueur, sur 2 centimètres de diamètre est environ de 1/20 %, d’après les expériences de M. Thomas Gray.
- Comme nous l’avons dit précédemment, les expériences de déviation doivent être faites avec plusieurs aimants, et chaque fois après qu’on a déterminé pour chacun d’eux la durée d’oscillation, il faut recommencer les opérations avec le magnétomètre afin de s’assurer que le moment magnétique des aimants n’a pàs varié dans l’intervalle.
- La longueur de chaque aimant doit être mesurée exactement en centimètres et son poids en grammes.
- Grâce à ces données, et aux résultats des expériences, les valeurs de H et de m pourront être calculées pour chaque aimant par les formules
- (’) Voir le supplément à ce chapitre.
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- précédentes; l’équation (5) servira dans le cas où l’expérience a été faite comme l’indique la figure 2 et l’équation (7), si l’on s’est placé dans le cas de la figure 3.
- Le but que l’on se propose en répétant les observations avec plusieurs aimants, est d’éliminer autant que possible les erreurs dans les mesures de longueur et de poids.
- La valeur moyenne de H trouvée pour les différents aimants peut être admise comme la valeur de H à l’endroit de l’observation.
- On peut facilement trouver la valeur de la composante horizontale, dans le voisinage d’un endroit où H a été déterminé, eu observant la période d’oscillation d’un des aimants employés dans les expériences de déviation. Connaissant la valeur de m d’après les expériences précédentes, on peut calculer H au moyen de l’équation (3).
- Lorsque le magnétomètre est installé avec sa lampe et son échelle, on peut trouver très exactement le moment magnétique de grands aimants, en les plaçant dans des positions déterminées, à grande distance de l’aiguille et en observant la déviation.
- Ayant une série de positions pour lesquelles la
- (r:>H
- — ou r3H suivant les cas) par laquelle
- il faut multiplier tg 0 pour avoir M a été calculée, on peut obtenir rapidement M.
- Le moment magnétique de forts aimants en acier trempé et bien aimantés peut être obtenu commodément et avec une grande exactitude en les suspendant horizontalement dans le champ terrestre et en déterminant les périodes de petites oscillations autour de la position d’équilibre. La suspension doit avoir au moins six pieds de longueur et consister en un nombre aussi faible que possible de fils de cocon, afin que les effets de la torsion soient négligeables. Les fibres de suspension doivent être munies d’un petit équipage ou d’une double boucle en fil de cuivre dans laquelle on puisse déposer l’aimant pour lui donner de la stabilité et permettre de le placer en position et de l’enlever rapidement. Deux marques verticales placées dans le plan méridien passant parles fibres de suspension, permettent à l’observateur d’observer exactement le passage de l’aimant par sa position d’équilibre et de déterminerainsila période. On peut aussi dessiner une ligne nord-sud sur la tablette placée sous l’aimant et observer en regardant d’en haut l’instant où l’aimant devient parallèle à cette ligne. La valeur de M est alors donnée par l’équation (3), connaissant H.
- Il faut naturellement prendre soin d’éviter les perturbations produites par les courants d’air, et empêcher l’aimant, lorsqu’il a été dévié de sa position d’équilibre, de prendre un mouvement de pendule sous l’action de la pesanteur. Les déviations en dehors du méridien doivent être produites par
- un autre aimant couché suivant la ligne est-ouest passant par le centre de l’aimant suspendu, et approché de celui-ci jusqu’à ce que la déviation ait atteint la valeur voulue, puis retiré le long de la même ligne.
- SUPPLÉMENT.
- Sur les mesures de l'intensité de la composante horizontale du champ magnétique terrestre, exécutées au laboratoire de Physique de VUniversité de Glasgow (*).
- Pendant les mesures de la composante horizontale du champ magnétique terrestre, exécutées à l’Université de Glasgow, on a introduit différentes améliorations dans les appareils et dans la marche des expériences. Voici la description de ces mesures :
- La méthode adoptée a été, en principe, celle de Gauss, c’est-à-dire qu’on déterminait par une
- déviation le rapport -g, et par les oscillations, le produit MH, en désignant par M le moment magnétique de l’aimant déviateur, et par H, l’intensité horizontale du champ magnétique de la terre, au lieu où se faisait l’expérience.
- Les mesures préalables, dont les résultats sont indiqués, plus loin furent exécutées, à l’exception de la mesure de la longueur effective du déviateur, par les méthodes employées dans le laboratoire de sir William Thomson, et qui ont déjà été publiées.
- L'expérience de déviation, consiste à chercher la déviation produite par le déviateur sur une seconde aiguille appelée aiguille du magnétomètre suspendue à une distance connue, ce qui donne une équation de la forme :
- où /(2a,, r) est une fonction de aa„ la longueur effective du déviateur, et de r, la distance entre le centre du déviateur et de l’aiguille du magnétomètre, et 0 est l’angle de déviation. La fonction /(2a,, r) dépend de la direction relative de la ligne, joignant le centre de l’aimant déviateur et le centre de l’aiguille du magnétomètre, de la direction de l’axe du déviateur, de la direction des lignes de force dans le champ magnétique, et delà distribution du magnétisme sur l’aimant déviateur et sur l’aiguille.du magnétomètre. Pour être rigoureux, il faudrait écrire au lieu de f(p.a„ r) /{aa,, br) où b est la longueur de l’aiguille du magnétomètre ; mais c’est justement un des grands avantages de la méthode, que l’aiguille du magnétomètre peut être si courte que sa longueur magnétique peut être né-
- (') Phil. Mctg., nov. 1882; Electrician, Jul., 1882, et Na-| titre, nov. 1882.
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- gligée, et par cela, les équations de beaucoup simplifiées.
- Dans ces expériences, on avait donné à la ligne joignant le centre du déyiateur et le centre de l’aiguille du magnétomètre, la direction du méridien magnétique et une direction perpendiculaire à celui-ci ; l’axe magnétique du déviateur était dirigé perpendiculairement au méridien magnétique. Nous avons alors pour la première de ces positions :
- f(2a„r)
- (2)
- et pour l’autre position
- f(a«„r)=(rï + a})ï. (3
- Ces équations combinées avec l’équation (i) nous donnent
- — a?)* H~ ir
- tang 0„,
- (4)
- et
- g = (rf + <*?^ tangO,. (5)
- Dans le rapport -g, on ne connaît pas at; mais si O0 et 0,, ont été déterminés à peu près en même temps, nous pouvons calculer at de ces équations. Nous avons évidemment :
- ai)a ___tangO,
- 2 r{r\ +«?)2 — tangOo'
- Lampe
- En développant le numérateur et le dénominateur du côté gauche du signe d’égalité, nous obtenons, en négligeant quelques petits termes, avec une approximation suffisante :
- Il y a une différence entre la méthode décrite ici et la manière d’opérer ordinaire, qui consiste dans la mesure des longueurs du déviateur et de l’aiguille, au moyen de deux ou trois expériences avec le déviateur placé à différentes distances le long d’une ligne passant par le centre de l’aiguille D’abord, la troisième expérience est rendue inutile en faisant l’aiguille suffisamment courte pour que sa longueur magnétique puisse être négligée; «1, en second lieu, l’effet de la longueur du déviateur se trouve en prenant deux positions pour lesquelles la longueur entre dans les équations (4) et (5) avec le signe contraire. Par cette méthode, on peut obtenir suffisamment bien les longueurs effectives de différents déviateurs, ce qui fournit d’utiles |
- enseignements, même en dehors de l’objet particulier de ces expériences.
- L’arrangement définitif des appareils est indiqué sur l’ensemble des figures 4, 5, 6 et 7, où T est la table sur laquelle sont placés les appareils, M, le magnétomètre, A et B, les positions du déviateur et C l’échelle sur laquelle on lit les déviations. Le magnétomètre M consiste en un léger miroir d’environ ocm,8 de diamètre, sur le dos duquel sont fixés deux aimants de 1 centimètre de long et ocm,8 de diamètre. Sir William Thomson a indiqué une meilleure forme de l’aiguille qui consisterait à prendre deux minces disques d’acier montés parallèlement. à une distance un peu inférieure à leur diamètre.
- Le miroir, avec ses aimants, est suspendu par une simple fibre de cocon dans une rainure creusée dans un bloc de bois, W. Deux trous disposés perpendiculairement l’un à l’autre et passant par la position du miroir et de ses aimants, permettent l’ajustage exact, lorsqu’on met l’appareil | en état. Les trous, à l’exception de celui placé
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- devant le miroir, sont bouchés pendant que l’instrument est observé ; le miroir et la fibre sont garantis contre les courants d’air par une plaque de verre plane. La plaque-support est munie de trois pieds en laiton, qui se placent dans le trou rainure et sur le plan; le trou et la rainure sont gravés sur le dessus de la plaque en verre p, fixée à la table. Les supports du déviateur A et B consistent en un socle en acajou muni de trois vis qui se placent dans le trou rainure et sur le plan de la plaque en verre p.
- Un pivot Central c est fixé sur le socle et passe à travers un trou très bien ajusté de la plaque en verre, g, laquelle repose sur trois minces blocs en
- bois dur et est libre de tourner dans l’azimuth. Une bande de bois munie d’une rainure en Y, sur sa face supérieure et portant une vis d’ajustage s, est cimentée à la partie supérieure de la plaque g-, de telle manière que le fond de la rainure en V se trouve verticalement au-dessus du centre du pivot c. La vis s permet d’ajuster le centre des aimants, ce qui est nécessaire lorsqu’ils diffèrent un peu en longueur; le centre des aimants est rarement au milieu de leur longueur, mais on peut facilement les ajuster en tournant la vis s, jusqu’à ce que des déviations égales soient obtenues des deux côtés du zéro lorsqu’on retourne l’aimant.
- Les déviateurs sont dessinés dans leurs posi-
- tions est et ouest par rapport au magnétomètre, la distance entre leurs centres étant de 70 centimètres. Deux autres plaques semblables, p, sont placées l’une au nord et l’autre au sud du magnétomètre, de telle manière que lorsque les supports des déviateurs sont en place, la distance entre les centres des déviateurs est de 60 centimètres, et que la ligne joignant ces centres se trouve dans le méridien magnétique. Les pieds sur lesquels sont fixés les supports des déviateurs sont disposés de manière que les déviateurs restent équidistants du magnétomètre et à la même distance l’un de l’autre, lorsque les supports sont changés de place. L’échelle C est graduée en millimètres, sur verre, et est placée de manière à avoir son centre en face et au foyer du miroir du magnétomètre. La distance entre l’échelle et le miroir est de 129 centimètres.
- Une lampe à paraffine, avec un écran en cuivre, portant une fente verticale traversée par un fil très fin au centre et recouverte d’une plaque en verre est placée derrière l’échelle et produit un
- trait lumineux réfléchi par le miroir du magnétomètre sur l’échelle en verre. L’échelle étant transparente, les déviations peuvent être lues des deux côtés de l’échelle. Lorsqu’on lit les déviations sur le dos de l’échelle, on t-rouve commode, bien que ce ne soit pas absolument nécessaire, de rendre l’échelle, en partie opaque; on y arrive par un procédé dû à M. Bottomley, en répandant de la poudre de lycopode sur l’échelle. La lecture des déviations se faisait de la manière suivante :
- On avait placé d’abord la table de manière que la ligne joignant les centres de A et de B fût exactement perpendiculaire au méridien magnétique, ce qui pouvait se faire de deux manières : .
- i° On faisait passer sous le magnétomètre un fil tendu joignant les centres de A et B qu’on faisait revenir ensuite, soit par-dessus le magnétomètre, soit à une grande distance au-dessous, de manière à former un circuit dans un plan vertical.
- On envoyait alors dans ce circuit un courant électrique, et l’on tournait la table jusqu’à ce que
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- le courant ne déviât plus l’aiguille du magnéto-mètre.
- 2° On plaçait un des déviateurs dans sa position nord ou sud, par rapport au magnétomètre, et on le soulevait de son appui par la fibre de suspension. Ensuite, on tournait la table jusqu’à ce que le dé-viateur ne déviât plus l’aiguille du magnétomètre. Les axes magnétiques des deux aimants se trouvent alors dans la même ligne, et si l’aiguille du magnétomètre est bien placée, cette ligne doit aussi passer par le centre du déviateur, lorsqu’on transporte celui-ci dans sa position, de l’autre côté du magnétomètre. Pour y arriver, on plaçait le déviateur de l’autre côté, et on observait la position de la table pour la déviation zéro. On ajustait alors l’aiguille du magnétomètre, au moyen des vis de calage, jusqu’à ce que les deux positions coïncidassent. Une combinaison des deux méthodes (i) et (2), nous donne le moyen de nous assurer si les plaques p ont été convenablement placées sur la table. Supposons que A soit à l’est, et B à l’ouest du magnétomètre. On avait fait tourner les déviateurs au moyen de la plaque g-, jusqu’à ce que leur grand axe fût exactement dans la ligne est-ouest magnétique; leurs pôles devaient être placés de manière à produire une déviation du même côté du zéro. On lisait alors la déviation. Ensuite on retournait les plaques g de 1800, et on lisait de nouveau la déviation de l’autre côté du zéro. Les plaques g-étaient de nouveau ramenées à leur première position, et la déviation de nouveau lue. La différence entre la moyenne de la première et de la troisième lecture et la seconde, donne le double de la déviation. On répétait la même opération en mettant A au nord et B au sud; A à l’ouest et B à l’est ; A au sud et B au nord.
- On calculait alors les déviations moyennes pour les positions est et ouest, sud et nord, et de ces déviations, on calculait la longueur moyenne effective des deux déviateurs.
- Cette longueur substituée dans l’équation (1) ou (2), permettait de trouver H (•).
- Avant l’adoption de ces appareils, on n’employait qu’un seul déviateur, qu’on plaçait à la main pour une série d’opérations semblables à celles que nous venons de décrire. L’idée d’employer deux déviateurs placés symétriquement par rapport au magnétomètre, est due à sir William Thomson, ainsi que l’arrangement indiqué sur nos figures. Il a l’avantage d’une plus grande symétrie, il permet de placer les déviateurs à une plus grande distance du magnétomètre, et ce qui est plus important, il n’est pas nécessaire de manier l'aimant pendant l’expérience.
- Les expériences d'oscillation consistent à cher-
- f1) Tous les détails sur les aimants employés comme déviateurs sont donnés dans le tableau I.
- cher la période d’oscillation du déviateur lorsqu’il est suspendu horizontalement de manière à pouvoir librement osciller dans le plan horizontal, sous l’influence du champ magnétique terrestre. Cette expérience fournit la valeur de MH par l’équation :
- MH+*=Ç. (8)
- La quantité x provient de la torsion de la suspension, elle était pratiquement nulle dans ces expériences; p. est le moment d’inertie du système oscillant, et P la période d’oscillation. Nous allons
- FIG. 8
- décrire la disposition de l’expérience et la manière d’observer.
- On avait pris un bout de fil de cocon, et fait un étrier comme celui qui est représenté sur la figure 8 en pliant deux fois l’extrémité du fil de manière à former quatre brins et en faisant un nœud à environ 3 centimètres du bout. On avait passé l’autre extrémité du fil à travers un petit trou de la pièce en laiton b (fig. 5 et 6) et on l’avait fixé à une petite lame de plomb, simplement posée sur la plaque de base et servant à maintenir le déviateur dans sa position. On plaçait alors le déviateur dans l’étrier et on ajustait les brides de manière à le rendre horizontal. L’aimant se trouvait ainsi suspendu dans un étrier dépourvu d’inertie, et au moyen d’une fibre dont le moment de torsion était négligeable. Ceci permet de déterminer le moment d’inertie \j. du déviateur, et sa période P d’oscillation. Le moment d’inertie peut être calculé très exactement, connaissant la masse, la longueur et
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- l’épaisseur de la barre, lorsque, comme c’était ici le cas, les déviateurs sont formés par une barre exactement cylindrique et de petit diamètre. Un aimant de cette forme est préférable à un tube mince, à cause de la plus grande exactitude dans les calculs du moment d’inertie et de l’avantage que présente le petit diamètre pour les expériences de déviation. On obtenait la période d’oscillation P dans les expériences précédentes, soit en observant à l’œil, à travers une fente étroite, les temps de passages successifs de l’extrémité de la barre, par un repère fixe (ordinairement un fil noir tendu verticalement près de l’extrémité de l’aimant dans le même méridien magnétique), ou en observant les temps de passages successifs à travers le réticule d’une lunette. Dans
- ces dernières expériences on avait poli l’extrémité du déviateur afin de l’employer comme miroir pour refléter le trait lumineux sur une échelle placée à distance. La méthode n’ayant pas donné de bons résultats à cause de la défectuosité d’un tel miroir on le remplaça par un léger miroir en verre argenté m (fig. 8), d’environ ocm,3 de diamètre et d’un poids de oer,oi, attaché à l’étrier, parallèlement à l'aimant. Ainsi la lampe et l’échelle pouvaient servir pour les expériences d’oscillation comme pour celles de déviation. De cette manière l’amplitude des oscillations n’avait pas besoin d’excéder i degré, et par conséquent la correction de l’arc n’était plus nécessaire.
- Pour ce qui est de l'effet de l’inertie du miroir sur
- [j., on remarque que le moment d’inertie du miroir est environ 0,001, pendant que celui du déviateur est environ 40; donc, même en négligeant le moment d’inertie du miroir, l’erreur, ne dépasserait pas 1/400 pour cent.
- Lorsqu’un second observateur était disponible, on déterminait le temps au moyen d’une montre dont l’aiguille à secondes, placée au centre, se mouvait sur un cadran divisé en quarts de seconde.
- Un observateur comptait les oscillations de l’aimant en donnant un signe, au bout de 4 à 5 périodes, pendant que l’autre observateur notait le temps. Les erreurs personnelles, étaient éliminées dans.cette méthode en prenant les différences des temps. Lorsque la même personne devait observer les temps et les oscillations, on se servait d’un chronomètre frappantles demi-secondes.
- L’observateur prenait le temps par exemple au commencement d’une minute et comptait les battements jusqu’au passage de l’aimant. En comptant simplement le nombre de battements entre deux passages successifs on pouvait estimer le nombre total de périodes pendant une minute; et le temps du premier passage après chaque minute était noté aussi longtemps que les amplitudes étaient suffisantes pour estimer exactement le temps.. Les fractions de demi-seconde pouvaient être estimées d’après la position de l’aimant au moment du battement le plus rapproché du passage.
- Les résultats des différentes observations du temps furent combinés de la manière suivante. Supposons d’abord que 2n observations aient été faites. La somme des intervalles entre la n'ima et la (n -f- i)iime, la (n— i)ièm« et la (•«-)-2)ième> etc.,
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- jusqu’à celui entre la i5" et la 2»iême, divisée par »2, donne la période moyenne aussi approchée qu’il est possible de l’obtenir de cette série d’observations. Supposons ensuite qu’un nombre impair de in -J- i d’observations aient été faites. La somme des intervalles entra la ière et la (n -f- i)ième, la 2ième et la (»-|-2)ième, etc., jusqu’à la »ième. et la (2«-f-i)ième, chacune divisée par le nombre correspondant de périodes, et la somme divisée par le nombre des intervalles, donne la période moyenne. On prenait généralement deux séries d’observations, et si les résultats concordaient bien, on admettait la moyenne des deux pour la valeur de la période.
- Nous obtenons alors les équations suivantes pour la détermination de H
- M (r3-*?)3 tang0o, (4)
- H 2 r
- M g = (rï+«ï); ! tango,, (5)
- p3 3 P3 \ (8)
- où 2at est la longueur du déviateur et w son poids. De (4) et (8) nous obtenons :
- rW
- 3 P- (r- — a'fr tan 0„ ’
- (9)
- de (5) et (8)
- H3 =
- tc2 (a2, 4- — jv 4 V 1 32 J
- 3P-(r2+ar)2tangO,
- (10)
- Les équations (9) et (10) doivent naturellement donner la même valeur pour H, si a, a été bien déterminé. On calcule chaque fois la valeur de M
- -, car elle donne une idée de la qualité de l’acier employée pour le déviateur. Les résultats en sont donnés plus bas dans la table avec les valeurs de H.
- Si on emploie deux déviateurs comme il a été décrit, les équations (9) et (10) prennent la forme, :
- d2) (Pf j^+Pj'w,)
- ^ (r3 —a;)3P; PH tangO ’
- et
- 3 (r'H-tfï)2P'f Pü tango,
- où P, et P2 sont les périodes d’oscillations res-x pectives des deux déviateurs et ;p, et w2, les masses en grammes.
- Les valeurs de H, trouvées pour les équations (9) et (10) doivent être corrigées dans les expériences d’oscillation pour l’amplitude, pour l’augmentation virtuelle du moment d’inertie, à cause
- de l’air mis en mouvement, et pour le changement du moment d’inertie dû au changement des dimensions du déviateur, si la température à laquelle ses dimensions ont été déterminées est différente de celle à laquelle on l’a fait osciller. Ces corrections, ne produisant pas de différence sen-ble, ont été négligées. A côté de cela, il y a une correction provenant du changement du moment magnétique du déviateur par la température, et une correction à cause du changement du moment magnétique du déviateur, dans les expériences de déviation et d’oscillation due à ce que le déviateur est placé dans le méridien magnétique, dans les expériences d’oscillation, et à angle droit sur celui-ci, dans les expériences de déviation.
- INFLUENCE DU RAPPORT DE LA LONGUEUR AU DIAMETRE SUR LE COEFFICIENT D’INDUCTION.
- Rapport de la longueur au diamètre. FIG. IO
- On trouva que les aimants changeaient de de leur valeur, par degré centigrade ; mais, comme le changement de température n’excédait jamais 2 ou 3 degrés, on négligea cette correction.
- La correction, causée par l’induction, fut trouvée, dans quelques cas, considérable, et les résultats indiqués dans les tables ont tous été corrigés.
- Le coefficient de température a été obtenu en plaçant le déviateur derrière le magnétomètre dans une position telle qu’il produise une déviation de 1.000 divisions de l’échelle, et en observant le changement de déviation, pour un accroissement de température de 40° centigrades.
- Le coefficient d’induction fut obtenu en plaçant le déviateur entouré d’un solénoïde dans le voisinage de l’aiguille du magnétomètre et en observant le changement de déviation produit, en lançant un courant connu dans le solénoïde. L’arrangement, pour ces mesures, est représenté dans la figure 9, et les résultats de quelques expériences sur l'effet de la dureté et de la longueur de l’aimant sur cette correction sont donnés dans la table II, ainsi que dans la courbe ci-dessus.
- Dans la figure 9, m est l’aiguille du magnétomètre,
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- C et C,, deux bobines, consistant en une couche de fil n° 3o, B.W.G., enroulé sur un tube de verre de 5 millimètres de diamètre extérieur; S est une échelle divisée en millimètres, sur laquelle on observe les déviations de l’aiguille du magnéto-mètre, de la manière précédemment décrite; R est une boîte de résistance, et G, un galvanomètre d’intensité.
- La ligne DE est le méridien magnétique, et AF passe par le centre de m, et est perpendiculaire à DE.
- La bobine C fut placée avec son axe parallèle à AF, et son centre sur DE. La bobine C, fut placée
- sur AF, et à une distance de m telle qu’un courant passant à travers les deux bobines dans une direction convenable, ne produisit pas de déviation. Pour obtenir cet ajustage des bobines, on employait un courant environ 3o fois plus fort que le plus fort courant employé plus tard dans les observations.
- L’aimant à essayer était alors introduit dans une des deux bobines, et la déviation de m notée. On lança ensuite dans la bobine un courant produisant un champ magnétique d’environ i/io unités C. G. S., et on nota le changement de déviation. On renversa le courant, et on nota de nouveau
- TABLEAU I
- V [d
- P P a 6)3 !rt P (d (d p
- W g > 'U Û (d H < S > Z 'td ,<u « 6 U1 5s > h 'td X a E P (d H M < s • > E 'td g os 3 .. « y hflU (A 3 S Z u- S a -a 2 g - g 3 0 3 s>-»3 e g P W «> X ü U U E H O u g 3 U. 3 p o* a H-3 'td «> u Z e g P ? 2 S C/3 Z . O O N W g (J g td <3 z «0 2 0) U P O*
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- les déviations. Cette opération fut répétée avec des courants de plus en plus forts, jusqu’à ce qu’un champ de une ou deux unités C. G. S. fut atteint.
- On introduisait alors l’aimant dans l’autre bobine, en faisant la même série d’opérations. Les résultats rapportés sur une feuille de papier, montrent qu’il faudrait un champ magnétique bien plus fort que ceux qu’on employait pour altérer d’une manière permanente, le moment magnétique des aimants s’ils sont bien trempés.
- Les changements dans la déviation produite lorsque l’aimant est dans la bobine C, sont toujours une plus petite fraction de la déviation totale, que lorsqu’il est dans la bobine C4. Cela est dû évidemment à un changement dans la distribution magnétique. Les équations des déviations dans les
- deux cas sont :
- e=_£_
- H(r*+a?)}
- pour la bobine C et
- — 2,'M H (r*—a\y2
- pour la bobine C,.
- On voit par ces deux équations, que les déviations dépendent des variations de et de M ; mais que l’effet de la variation de al est de signe contraire dans les deux cas. Cette méthode permet donc de déterminer les variations du moment, et de la longueur effective at des aimants. Si l’on ne cherche que la variation du moment, cette méthode a encore l’avantage, que l’erreur provenant d’un
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- défaut de compensation des deux bobines, est éliminée lorsque les déviations totales sont égales.
- On obtient une sensibilité suffisante dans beaucoup de cas, en prenant la déviation dans les limites de l'échelle, mais on peut augmenter la sensibilité dans une proportion quelconque en prenant un autre zéro. Il n’est pas bon de placer les aimants trop près de m, parce que, lorsqu’on adopte la méthode des tangentes, la compensation des bobines ne sera exacte que lorsqu’on ramène m à sa position initiale de zéro ; et si on obvie à cet in-
- convénient en employant la méthode des sinus, dan laquelle l’appareil entier, y compris le magnéto-mètre, peut être tourné autour d’un axe vertical, l’effet de la distribution devient très prononcé. En essayant des petits aimants, il faudra donc dimi-minuer artificiellement l’intensité du champ en m. Mais ce procédé ne doit pas être poussé trop loin à cause des variations très incommodes dans la position du zéro, qui se produisent alors, et sont dues aux changements dans la déclinaison du champ terrestre, combinés aux changements de l’in-
- TABLEAU II
- Montrant l’effet de la longueur et de la dureté sur le coefficient d’induction des aimants.
- LONGUEUR de la barre en centimètres RAPPORT de la longueur au diamètre CHAMP UNITÉ MOYENNE des nombres dans les colonnes 3 et 4 MOMENT magnétique par gramme REMARQUES
- Accroissement apparent en tant pour cent du moment pour le champ unité : position latérale Accroissement apparent en tant pourcent du moment pour le champ unité ; position terminale
- 3 10 0,80 0,90 0,85 27 Dureté du verre
- 4 16 0.67 0,73 0,70 32 —
- 4 16 0.67 0,70 0,69 35 —
- 6 20 0,5l 0,67 0,59 36 —
- 7 3l o,5l o,58 0,54 39 —
- 8 32 o,5i o,58 0,54 54 —
- 8 32 o,5i o,58 0,54 52 —
- 10 34 0,46 o,56 o,5i 40 —
- 10 44 0,40 o,56 0,48 43 —
- 7 47 0,46 o,5i o,49 57 —
- IO 67 0,41 o,5i 0,46 65 —
- 10 5o 0,44 0,58 0,5i 67 —
- 10 5o 0,48 0,54 o,5i 60 —
- 10 5o 0,46 0,55 o,5i 53 —
- 10 5o 0,46 0,52 0,49 7i —
- 10 5o 0,46 o,56 0,51 60 —
- 7 73 0,41 o,5o o,47 64 —
- 10 io5 0,42 0,45 0,43 66 —
- 10 34 0,47 0,53 o,5o 41,5 —
- 10 34 0,63 0,67 o,65 44,5 Jaune
- 10 34 0,84 0,98 0,91 54,1 Bleu
- 10 48 o,3a 0,40 o,36 45 Dureté du verre
- 10 48 o,43 0,55 0 49 46 Jaune
- 10 48 o,53 0,67 o,bo 71 Bleu
- tensité de H, se superposant à un champ dont l’in- La force relative des aimants resta la même, un
- tensité n’est plus très considérable comparée a ces effets.
- peu augmentée simplement ; ce qui montre que les aimants étaient aimantés presque jusqu’à satura-
- Les résultats de ces expériences, réunis dans le tableau II, montrent qu’il est très important, à cause de l’induction, de prendre la longueur des aimants égale au moins à quarante fois leur diamètre, et de les tremper aussi secs que possible. Il semble qu’on obtienne, avec l’acier employé, un aimant plus fort, en le trempant au bleu, qu’à la dureté du verre. On aimantait d’abord les aimants,
- tion.
- La plus grande difficulté dans la détermination du champ magnétique de la terre provient des variations de ce champ même : variations dans la déclinaison changeant le zéro, et variations de l’intensité pendant la durée des différentes observations produisant une apparente inexactitude de résultats.
- Cette dernière difficulté fut écartée dans les
- en les plaçant entre les pôles d’un grand aimant de Ruhmkorff excité par 24 éléments à auge. Ils furent de nouveau aimantés en excitant l’électro par une dynamo de faible résistance et donnant 100 volts.
- dernières expériences, au moyen d’un oscillateur magnétique, dont la période d’oscillation permet de comparer les intensités du champ à différentes époques. Afin de rendre les résultats de chaque
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- expérience indépendants de la variation diurne du champ, on observe la période de l’oscillateur en commençant l’expérience, entre l’expérience de déviation et celle d’oscillation et à la fin de celle-ci. Si les périodes concordent et que les résultats concordent aussi entre eux, la valeur est considérée comme bonne, sinon, toute l’expérience est rayée. Cet oscillateur n’a été adopté que dernièrement et par conséquent les résultats jusqu’au 11 juin ne sont pas corrigés pour la variation diurne. Les résultats sont enregistrés dans les tables dans l’ordre où ils étaient obtenus chaque jour; on voit que les premiers résultats sont généralement les plus petits. Ceci est dû à la variation diurne. Dans les trois derniers résultats donnés dans la table, la correction diurne est introduite.
- Dans plusieurs occasions il a été impossible d’obtenir de bons résultats, à cause de variations extraordinaires, ainsi notamment le icr septembre. Il est intéressant d’observer avec quelle rapidité l’oscillateur montre les variations extraordinaires qui surviennent. L’observateur n’a qu’à faire attention aux brusques changements d’amplitude. Ces changements d’amplitude sont quelquefois très marqués, l’oscillateur s’arrêtant presque, dans quelques occasions, dans d’autres, au contraire, prenant une plus grande amplitude.
- Le tableau I donne les résultats des différentes déterminations. La signification des nombres de chaque colonne est clairement indiquée par les titres.
- Andrew Gray.
- LA
- CONDENSATION DES FUMÉES
- PAR L’ÉLECTRICITÉ STATIQUE
- Nous avons assisté à la manifestation d’une série de phénomènes extrêmement curieux.
- Des expériences réalisées à l’aide des appareils de démonstration construits par M. Hempel, fabricant d’instruments de physique à Paris, nous ont montré les effets inattendus d’une décharge électrique de haute tension, produite sur des poussières et des fumées de toute nature en suspension dans un récipient.
- L’importance de ces démonstrations scientifiques se fera sentir dans le domaine de la pratique ; elles sont, dès à présent, susceptibles d’un très grand nombre d’applications industrielles.
- Avant de passer à la description des instruments qui ont servi à la production des faits sur une
- échelle réduite, il n’est pas inutile, croyons-nous* de revenir sur l’historique de la question.
- Les personnes qui ont eu l’occasion de se trouver à Londres à l’époque des brouillards épais qui ensevelissent cette ville, comprendront aisément l’intérêt attaché à l’étude de la nature des poussières et fumées de l’atmosphère.
- Ce sujet a sollicité l’attention de plusieurs physiciens Anglais. Le professeur Lodge en a poursuivi l’étude à un point de vue tout à fait original.
- A Paris, nous ne nous faisons pas une idée bien exacte de ce que peut coûter un brouillard à Londres.
- Le jeudi 22 janvier de l’année dernière, de minuit à minuit, 2.880.000 mètres cubes furent livrés par la Compagnie du gai. Le brouillard était très fort à cette date; aussi la consommation de gaz fut-elle de 37 % supérieure à la quantité normale pour le même jour de l’année. Le prix du mètre cube étant de o fr. 12 environ, le public a dû payer en plus, à cause du brouillard, i3o,ooo francs, ainsi qu’en fait foi une communication du Gouverneur de la Compagnie.
- On sait, d’après les expériences de M. Aitken, que la vapeur d’eau qui forme les nuages et les brouillards ne peut se condenser à l’état vésiculaire qu’autour d’une particule solide de poussière atmosphérique. A l’appui de son opinion, il institua l’expérience suivante : deux récipients en verre sont remplis, l’un, d’air ordinaire pris au milieu ambiant directement, l’autre, d’air purifié avec grand soin et tamisé au travers d’une couche de ouate. Par le refroidissement, la vapeur de l’air du premier récipient se condensait sous forme de brouillard; le second récipient, malgré la sursatu-ration de l’air y contenu, conservait sa transparence.
- Cet expérimentateur en arrive à des conclusions, à noire sens, par trop exclusives. Il prétend que, sans la présence de poussières dans l’air, il ne se formerait ni brouillard ni nuage, ni même probablement de pluie.
- Dans les grandes villes industrielles, où l’atmosphère est continuellement inondée de fumée d’usines, chaque particule aqueuse du brouillard est enduite d’une pellicule goudronneuse, huileuse, qui l’alourdit davantage et la maintient dans les régions basses, où son caractère spécial la préserve d’une dispersion immédiate sous l’action de la chaleur solaire. Il en résulte des brumes épaisses et persistantes.
- Au sujet des poussières en suspension dans l’atmosphère, il n’est pas sans intérêt de rappeler l’elegante expérience du savant professeur Tyndall.
- Une boîte en verre placée dans une pièce complètement plongée dans l’obscurité, est traversée par un puissant faisceau lumineux. Une traînée brillante due, on le sait, à l’action réfléchissante
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- des particules solides ainsi éclairées, marquait le passage des rayons de lumière. Dans ces conditions, l’introduction dans la boîte d’un corps échauffé, déterminait l’apparition d’une bande obscure au-dessus du corps chaud. Ce phénomène indiquait l’absence complète de poussières, immédiatement au-dessus de l’objet échauffé.
- Clark et Lodge, en étudiant ensemble le phénomène, ont trouvé qu’autour de tous les corps plus chauds que l’atmosphère, il existe une mince zone d'air pratiquement débarrassée de poussières.
- L’hypothèse que ces expérimentateurs admettaient pour l’explication de ce fait, était fondée sur les mouvements vibratoires calorifiques.
- Mais l’électricité est aussi un mode particulier de mouvement vibratoire. Par une pente toute naturelle, on devait avoir recours à ces effets, surtout à ceux qui sont caractérisés par une haute
- FIG. I
- tension. M. Lodge imagina, il y a quelques mois, une série de mémorables expériences où il arriva, au moyen des charges de machines statiques, à provoquer une véritable action de conglomération des particules de poussières et fumées de l’atmosphère.
- Un nouveau champ de recherches s’ouvre devant les expérimentateurs persévérants. On ne saurait trop les engager à répéter et varier les conditions de démonstration; les appareils que nous allons décrire le permettent ; ils sont simples, robustes et facilement démontables en vue des transports.
- L’appareil, représenté (tig. i), est destiné aux essais des fumées, à l'état de repos.
- Un récipient cylindrique en verre, percé latéralement de deux tubulures pour le passage des peignes A et B, qui laissent s’écouler l’électricité, est placé sur un socle en bois à trois pieds et muni d’une ouverture centrale. Le récipient est surmonté d’un petit ajutage pour activer le tirage après que l’on a mis, dans le fourneau C, placé
- sous le socle, les matières nécessaires à la production de la fumée.
- Les peignes A et B sont reliés, par des fils conducteurs aux tiges excitatrices d’une petite machine de Toepler-Voss, ou bien d’une machine de Holtz, de Wimshurt, ou même d’une machine de Ramsden ordinaire.
- Dès que le récipient est rempli de nuages opaques de fumées, résultant de l’incinération dans la cheminée C, soit de papier nitré, soit d’amadou, soit de tabac, ou bien encore provenant des vapeurs de composés chimiques, tels que l’action de l’acide chlorhydrique sur l’ammoniaque, on met la machine électrique en mouvement. Aussitôt, une agitation très grande s’y développe, les fumées se tordent en volutes, se condensent progressivement et finissent par disparaître complètement après quelques secondes.
- Pour faciliter l’expérience, il fait chauffer légèrement le récipient.
- Au bout d’un certain temps d’action, les peignes deviennent collants à la main, par suite des dépôts de cpndensation. Il est facile de les retirer, par l’intérieur du récipient et de les nettoyer, ainsi que ce dernier, avec une éponge.
- Pour procéder aux essais sur les fumées enmou-vement, l’appareil disposé différemment, présente la forme de la figure 2, qui en est une vue en perspective ; la figure 3 est une section transversale de la boîte des peignes.
- Dans le fourneau M sont brûlées les matières propres à la production d’abondantes fumées. La cheminée de ce fourneau débouche dans la base inférieure d’une boîte parallélipipédique verticale, dont deux parois opposées sont constituées par des planches en bois, les deux autres par des plaques de verre, permettant d’observer les actions qui se passent à l’intérieur. Dans cette boîte, se trouvent une série de peignes P, P, P, placés deux à deux en regard l’un de l’autre, dont les manches aboutissent à l’extérieur, à travers les côtés en bois.
- Nous remarquerons incidemment, que les positions relatives des peignes sont arbitraires; on peut adopter le dispositif en croix, en cercle, ou tout autre jugé convenable. Dans le cas actuel, ils sont fixés de façon à donner la faculté d’observer les phénomènes à la partie inférieure du récipient, à la partie médiane et à la partie supérieure. En ce dernier endroit, les produits de la combustion rencontrent un canal horizontal, formé par un tube de verre T, d’une longueur de im,3o environ, et d’un diamètre intérieur de ora,o6. Ce tube pénètre dans une boîte analogue à la première, couchée horizontalement, contenant seulement une paire de peignes ; elle est surmontée d’un tuyau d’évacuation, dont un registre R fait varier la section de tirage à sa base. Pour activer l'ascension des
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- fumées, un brûleur à gaz est introduit latéralement dans le tuyau.
- Pour les essais, on réunit les peignes aux machines électriques.
- L’obturateur R, à la naissance de la cheminée, permet de régler le tirage et de maintenir l’écoulement du courant gazeux, entre des limites déterminées. La marche des phénomènes est facile à suivre avec cette disposition d’appareil.
- Nous avons expérimenté avec des fumées de diverses natures, notamment avec celles provenant de la réaction de l’acide chlorhydrique sur l’ammoniaque. Dès que la boîte verticale au-dessus
- FIG. 2
- du fourneau M en est remplie, on met les machines électriques en mouvement. Aprèsquelques secondes de fonctionnement, des flocons de chlorhydrate d’ammoniaque agglomérés se déposent sur les peignes; les parois de la boîte en sont aussitôt tapissées.
- Une partie des vapeurs qui n’a pas subi, d’une façon apparente, l’effet électrique, est entraînée par le canal horizontal T, dans la seconde boîte où elles sont encore soumises à l’influence d’une autre machine électrique.
- Des dépôts s’y produisent également, mais en moins grande abondance, comme on devait s y attendre, une faible fraction se répand jusque dans la cheminée.
- A l’orifice extérieur de celle-ci, au lieu du panache blanc ordinaire, à peine aperçoit-on encore quelques légers filets qui disparaîtraient complètement ep combinant, dans de justes proportions, la puis-
- sance des machines électriques avec l’activité du tirage.
- Le professeur Lodge eut l’heureuse fortune de voir ses saisissantes expériences de science pure, trouver leur application immédiate dans l’industrie métallurgique en Angleterre ; c’est un fait remarquable, assez rare à signaler.
- En présence des résultats encourageants de cette découverte, M. Walker s’est décidé à l’appliquer industriellement dans ses usines à plomb où la condensation des fumées a un double but: supprimer l’influence malsaine qui en résulte pour l’homme, les animaux et les. végétaux, influence qui, chez l’homme, peut se traduire par de graves maladies, et re cueillir la quantité de plomb souvent considérable — jusqu’à 12 et i5 0/0 — qui se trouve ainsi entraînée. Les matières plombeuses ainsi emportées, se composent, non seulement de schlichs pulvérulents qui se déposent assez facilement, mais de matières oxydées à un état de di-
- a -,
- A ~ ~ u, -° O Hjp
- ' a 1
- FIG. 3
- vision extrême et tel qu’il est difficile de les faire déposer.
- Diverses méthodes ont été employées en vue d’obtenir des résultats proportionnés à l’augmentation des frais qui, de ce chef, grevaient la production. Dans les usines suffisamment importantes, le procédé généralement adopté, consiste à faire passer les fumées dans des canaux d’une section assez grande et d’une longueur considérable, atteignant souvent plusieurs kilomètres, aboutissant à une cheminée de tirage.
- On se représente aisément les'difficultés et l’augmentation sensible des frais que comportent un tel traitement ; et, quel que soit le procédé, la condensation est toujours imparfaite.
- D’après les estimations du promoteur du nouveau procédé, l’emploi de. puissantes machines d’influence permettra d’atteindre un rendement bien supérieur à celui des anciens systèmes de condensation.
- Ce que l’on a tenté pour le plomb peut également être essayé, dans d’autres opérations métallurgiques, pour le blanc de zinc, l’arsenic, etc., etc.
- Obtenir la purification artificielle de l’atmosphère des ateliers où l’on met en œuvre des matières délétères ou insalubres, débarrasser des odeurs et des poussières les endroits où elles s’accumulent, opérer le. traitement des fumées opaques et des produits goudronneux des usines
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- à gaz, assainir l’air vicié des tunnels des chemins de fer, constituent un vaste champ d’expérimentation pour les chercheurs qui ont la bonne fortune de disposer de laboratoires et d’instruments divers.
- Il est une question d’un haut intérêt humanitaire, sur laquelle nous appelons également l’attention. Nous voulons parler des accidents dits « coups de poussière » dans les mines à grisou.
- Pour les conjurer, on a eu jusqu’ici recours à de multiples moyens plus ou moins efficaces, préconisés par les ingénieurs des mines, attachés aux sièges d’exploitation. L’ozone doit coopérer, dans une certaine mesure, à l’aggravation des accidents de poussière. Il brûle à froid les substances organiques, et ces combustions lentes, latentes pour ainsi dire, se passent probablement au sein des poussières déposées sur les boisages. Eh bien, nè pourrait-on pas tenter le balayage de la sole des galeries par des procédés analogues à ceux que nous venons de décrire pour les poussières de plomb? Qui le sait?
- Il est vrai, l’expérience se présente dans des , conditions de réalisation particulièrement difficile, nous le reconnaissons.
- Nous ne désespérons pas de la voir se faire et ceux qui y consacreront leurs efforts mériteront d’être rangés parmi les bienfaiteurs de l’humanité,
- A quelles causes faut-il rattacher l’explication de ces phénomènes de condensation?
- Pour le moment, cette question n’a pas encore reçu de solution satisfaisante; on en est réduit aux conjectures. Une deshypothèses les plus admissibles consiste à admettre que, par suite des forces mises enjeu dans le développement de l’électricité, il se forme des couples de rotation, sous les actions réciproques de celles-ci, déterminant une orientation spéciale des corpuscules. Ceux-ci se précipiteraient les uns sur les autres, s’agglutineraient en de petites masses dont la pesanteur hâterait le dépôt.
- Em. Dieudonné.
- DESCRIPTION DE QUELQUES
- APPAREILS TÉLÉPHONIQUES
- RÉCENTS (‘)
- ' Les téléphones à charbon de W. Burnley présentent quelques particularités intéressantes. Dans
- (') Voir La Lumière Électrique des 5 septembre et 13 décembre i885.
- l’appareil représenté par la figure i, les variations du contact entre les deux électrodes de charbon c et c' s’opèrent par les vibrations des deux membranes ni et m- également influencées par le son
- TIC. I. — BURNLEY. — TÉLÉPHONÉ A DOUBLE MEMBRANE
- émis à l’embouchure A. L’intensité du contact des deux électrodes est déterminée par la tension du ressort R, que l’on peut régler à volonté. On rem-
- I-li;. 2 ET 3. — BUllNLEÏ. — TÉLÉPHONE A RESSORT
- plit quelquefois l’espace compris entre les diaphragmes d’une sorte de matelas en bourre de coton destiné à amortir les vibrations anormales de leurs faces en regard, sans nuire à l’eflet des sons qui frappent plus directement leurs faces extérieures. Ce téléphone à membranes conjuguées est, d’après ML Burnley, extrêmement sensible,
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- 21 I
- comme le téléphone double de Stevens, décrit dans notre numéro du 12 décembre dernier. La sensibilité est assurée, dans le dispositif très
- TELEPHONE A PLAN INCLIN
- FIG. 4. — BURNLEY.
- simple des figures 3 et 4, par la longueur des contacts des électrodes c,c' appuyées parleur géné-
- ratrice avec une force déterminée par le réglage du ressort R au moyen de la vis v ou par TiuclL naison du plan p (fig. 4) qui supporte l’une des électrodes.
- M. Burnley propose en outre d’employer pour la téléphonie multiple une sorte de transformateur représenté schématiquement par la figure 5, composé d’une série de bobines, dont chacun des fils primaires p, très gros, reçoit directement le circuit de la pile téléphonique P, qu’il transforme en courant de haute tension à travers les fils secondaires très fins s, reliés entre eux et à la ligne par les fils d. Les membranes des divers téléphones branchés sur le même transformateur doivent être groupés de façon à être identiquement impressionnés par les sons qu’ils transmettent.
- Le transmetteur micro phonique de M. Dejongh, est remarquable par sa simplicité, plus que que par la nouveauté de son principe. Le courant passe (fig. 6) de la plaque c', aux supports c" à travers le rouleau de charbon très léger c, dont les contacts varient avec les vibrations de la plaque m, devant laquelle on parle. M. Dejongh réclame en
- FIG. 5. — BURNLEY. — TRANSFORMATEUR MULTIH.E
- faveur de son appareil, outre sa rusticité, la facilité qu’il présente de monter sur une seule plaque m, un grand nombre de transmetteurs.
- M.Hibbert Johnson préfère employer, dans son téléphone à piston, représenté par les figures 7,8 et 9, deux contacts en platine b et c, dont l’électrode mobile, b, est reliée à une armature E qui se déplace devant l’électro-aimant C, lorsqu’on parle en F. Cette armature entraîne avec elle un piston creux
- très léger, D, soigneusement guidé, et fermé à sa partie supérieure de façon à emprisonner au-dessus de l’électro-aimant, une petite masse d’air qui l’équilibre et amortit les mouvements de l’armature sans les dénaturer, grâce à leur très faible amplitude. Les fils de l’électro-aimant, C, sont, comme on le voit, reliés au circuit par les vis d et e, et cette dernière est aussi reliée directement au contact c, par le moyen de l’électro, tandis que la vis d
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- aboutit, par les anneaux f,g, et par la tige h, à la douille l et au fil i de l’armature E. La bobine
- FIG. G. — TRANSMETTEUR MICROPHONIQUE DEJONGH
- de l’électro-aimant est donc mise en court circuit, par le contact même des électrodes de platine, de
- manière à les empêcher de se séparer trop facilement, et cette séparation introduit dans le courant, par le fil /, une résistance déterminée. Lorsque les électrodes se séparent, il se développe dans les fils de l’électro-aimant une force contre-électromotrice qui diminue l’intensité du courant de la ligne et augmente la sensibilité de ses variations. Les ouvertures a ont pour but d’aiténuer les pulsations des ondes sonores sur le piston D.
- Le téléphone de M. Johnson est certainement digne d’attirer l’attention, mais il est à craindre que les frottements du piston D, si faibles qu’ils soient, n’interviennent pour en troubler le fonctionnement.
- Les bobines du téléphone à membrane de Burn-ley présentent (fig. io), un enroulement particulier : les fils rebroussent brusquement en b, à la fin de chaque enroulement, de sorte que tous les enroulements commencent au même bout de la bobine. Vers le milieu du bobinage, on intercale une série de faisceaux de fils /(fig. 11), parallèles à l’axe de la bobine et qui se terminent tout auprès de la membrane m. L’aimant permanent A est constitué parla juxtaposition de trois lames, celle du milieu dépassant nn peu les deux autres; il porte en outre deux branches polarisées A', sur lesquelles appuient les extrémités du diaphragme et les faisceaux /. L’en-
- ITG. 7, 8 ET 9. — TÉLÉPHONE A PISTON DE HIBBERT JOHNSON
- roulement des bobines de fil est tel que le sens des courants soit toujours le même dans l’aimant A et dans les faisceaux /, de sorte que leur polarité est toujours opposée à celle du diaphragme.
- M. A. Price a proposé, pour augmenter la sen-
- sibilité du téléphone, de réserver derrière leur membrane m (fig. 12 et i3), une chambre C, dans laquelle on aurait établi un vide qui empêche la pression atmosphérique de s’exercer sur le revers de la membrane ; mais il est difficile de s’expliquer la raison
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- 2l3 •
- de ce procédé, qui ne paraît avoir à priori d’autre
- I'IÜ. 10. — BOBINE DU TÉLÉPHONE DE UURNLEV
- avantage que de protéger les contacts micropho-
- FIG. 11. — TÉLÉPHONE A MEMBRANE DE BURNLEV
- niques m' contre tout accès de la poussière.
- Le relais téléphonique; de M. Gerrish Farmer, est remarquable par quelques détails de construc-truction bien étudiés.
- L’appareil transmetteur est constitué (fig. 14), par un levier A, oscillant autour de l’axe b, et divisé en
- j FIG. 12 ET l3. — TÉLÉPHONES RENFORCÉS DE PRICE
- ! deux moitiés isolées l’une de l’autre, qui portent à | chacune de leurs extrémités des jeux de bielles B' et C', dont les contacts avec a' varient suivant les amplitudes des oscillations imprimées au levier A par les vibrations de la membrane D'. Les bielles B' et C' sont reliées au circuit local E', dont les branches s’enroulent en sens opposés autour de la bobine d’induction I. Le fil primaire de celte bobine est relié par F' à l’électro-aimant B du relais, auquel
- FUI. I4. — RELAIS TÉLÉPHONIQUE DE GERRISH FARMER (ensemble du circuit)
- il transmet ainsi des courants ondulatoires, fonction de la membrane D'.
- L’électro B fait alors osciller l’armature pola-
- risée CD (fig. i5 et 16) et les bielles K,K', reliées au circuit H' du relais, et dans lequel elles agissent comme les bielles B' et C' du circuit E'IF' du
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- transmetteur, dont elles transmettent ainsi les courants considérablement renforcés.
- Comme on le voit en détail sur les figures 15 et 16, l’amplilude des vibrations de l’armature CD est limitée par l’écart des vis e, et le ressort m permet d’en régler la sensibilité, tandis que la vis a
- permet de rapprocher plus ou moins de C, les pôles c del’électro B. Les petites bielles K',K, très légères, en aluminium, sont plus ou moins tirées par la crosse isolée M, suivant que l’armature CD les fait osciller autour de leurs articulations hk' et f.
- L’aimant permanent E a pour objet de mainte-
- FIG. l5. — RELAIS TÉLÉPHONIQUE CERRISH FARMER (clcVtUlOn)
- nir une certaine pression des lames sur les couteaux h,k' par son attraction, que l’on peut régler, en le déplaçant au moyen de la vis F. Chacune des
- lames porte à cet effet un petit retour d’équerre en fer f, au droit des pôles de l’aimant E.
- Le relais représentés par les figures i5 et 16 est
- J.SIGOT
- FIG. U). —. RELAIS TÉLÉPHONIQUE DE GERRISH F ARMER (plan)
- muni de six bornes. Les bornes 1 et 2 sont reliées à l’électro B et au transmetteur; la borne 3 est reliée par n au bouton G, et la borne 4, parle fil o, au pivot / des lames K, isolé de G, de sorte que le courant passe de « à o, à travers /, les lames K, M, les lames K, et le bouton G. Les poupées 4 et 6 sont reliées de même au bouton H.
- L’emploi d’un double jeu de six lames K permet, grâce à la multiplicité des contacts d’en assurer
- l’efficacité et présente en outre l’avantage de dédoubler les variations de leurs contacts, simultanément sur deux points de chacun des circuits du relais.
- L’interrupteur de M. Ballard, représenté par les figures 17 à 20, fait passer le courant par cc2, F dans le téléphone, lorsqu’on retire l’anneau E d’entre les mâchoires C et B. Le courant passe, au contraire, directement à la sonnerie, par CG, quand on
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- 2 lï>
- introduit l’anneau entre les pinces de l’interrupteur. C’est un dispositif fort simple, mais qui ne paraît
- ^ mjtmJ tnaaAJ
- FIG. 17 ET 18.—INTERRUPTEUR BALLARD FERMÉ ET OUVERT
- guère présenter de grands avantages sur ceux qui
- PU',. IC) ET 20. — COUPES CORRESPONDANT AUX POSITIONS INDIQUÉES PAR LES FIGURES l8 ET UJ
- agissent par le poids du téléphone au lieu du ressort H.
- Gustave Richard.
- sur UN
- COUP DE FOUDRE REMARQUABLE
- OISSERVlî A RIRNITZ (mECKLEMBOURC.)
- Nous donnons ici la relation du coup de foudre de Ribnitz, cité précédemment par M. Gaston Planté (*), d’après une Note de M. le professeur Léonard Weber, publiée dans l’excellent recueil de M. J. Kareis : Zeitschrift fiir Elektrotechnik.
- Le 3o juillet 1884, à 5 heures et demie du matin, pendant un violent orage accompagné de grêle (dont les grêlons atteignirent la grosseur d’une noisette), la vitre inférieure d’une fenêtre du premier étage d’une maison située en face de l’église, fut soudainement percée par la foudre. Un jet d’eau, venant d’en bas, fit irruption dans la chambre, s’élança jusqu’au plafond, et arracha un grand morceau de plâtre. L’eau et le plâtre, en tombant sur une petite table à cigares, la brisèrent La chambre fut inondée, au point qu’on enleva, paraît il, trois seaux d’eau.
- Plusieurs raisons portent à croire, qu’en même temps, un éclair pénétra dans la chambre. En effet, le trou percé dans la vitre, d’où des fentes rayonnaient en tous sens, présentait la même apparence que s’il eût été produit par une balle. Au-dessous du trou, la vitre était mouillée. Il n’est pas admissible qu’un jet d’eau seul eût pu pratiquer une ouverture semblable. Quelques cigares qui se trouvaient placées dans uue coupe sur la petite table, prirent feu.
- Les habitants de la maison déclarèrent avoir perçu, un instant avant l’irruption de l’eau, un éclair avec coup de tonnerre simultané.
- Le procès-verbal suivant de ces déclarations a été dressé, officiellement, en présence du bourgmestre, M. R. Nizze.
- 1). Déclaration du propriétaire de la maison, M. A. D. Freiburg, fumiste,
- « Hier matin, vers cinq heures, je me trouvais au rez-de-chaussée de mon habitation, lorsqu’un éclair, avec coup de tonnerre, éclata avec tant de violence que, ma femme de ménage et moi, nous reculâmes de saisissement. Au même instant, j’entendis mon locataire, M. le professeur Paul Schrœder, s’écrier d’en haut que la foudre était tombée sur la maison. Je montai l’escalier, et, dans la chambre en question, une forte ondée
- {>) Voir La Lumière Électrique, 23 janvier 1886, page i5o.
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- 2i6 la lumière électrique
- semblait sortir du plafond. Tout le plancher était couvert d’eau; je crus d’abord que la toiture avait été déchirée par la foudre, et que la pluie, qui était torrentielle en ce moment, pénétrait par l’ouverture.
- « Je montai immédiatement au grenier, et, à mon grand étonnement, je ne trouvai pas la moindre trace de dégât.
- « Je n’ai donc pas vu, et je ne puis certifier de quelle manière toute cette eau est entrée dans la chambre. Toutce que j’ai pu constater, c’est qu’une des vitres était brisée, et que des morceaux de plâtre mouillé tombaient du plafond.
- « Il n’y a pas de doute qu’un éclair a pénétré dans la chambre, par la fenêtre, car dans les environs de celle-ci, du plâtre a été arraché- à la cloison et au plafond. Comme preuve du passage d’un éclair, on peut citer également ce fait que l’on a trouvé, disséminés dans la chambre, partiellement déchirés et brûlés, des cigares qui se trouvaient sur une petite table près de la fenêtre. »
- 2) Déclaration du professeur Paul Schrœdcr.
- « Nous nous étions levés de bonne heure, hier matin, ma femme et moi, à cause de la violence de l’orage, et nous nous trouvions dans notre petit salon qui est exposé à l’ouest, lorsque nous fûmes surpris par un violent coup de tonnerre ; en même temps, nous entendîmes une fenêtre voler en éclats.
- « Immédiatement, par la porte ouverte, je me
- précipitai dans l’antichambre, qui est à l’est du petit salon, puis dans la chambre de devant, et, à mon grand étonnement, je vis un fort jet d’eau, venant d’en bas, jaillir au travers de la fenêtre sur le plafond (').
- « Quelques instants après, un grand morceau du plafond se détacha et brisa une petite table à cigares qui se trouvait au-dessous. La chambre fut rapidement remplie d’eau.
- « J’appelai mon hôte, qui parut aussitôt, et je vis alors que les rideaux de la fenêtre étaient arrachés, et que l’une des vitres de celle-ci était brisée-
- « La petite table à cigares, qui était près de la fenêtre portait, dans une coupe, 12 cigares; ceux-ci se trouvaient dispersés par terre dans la chambre, en partie déchirés et carbonisés ».
- Il a été constaté que, dans le plafond endommagé, on ne s’était pas servi, comme c’est le cas généralement, de clous ou de lattes en fer pour fixer le plâtre, et que, du reste, il n’existait en fait, de grosses pièces métalliques, telles que tuyaux à gaz, etc., qu’un seul tuyau d’écoulement pour les eaux, situé à un mètre environ de la fenêtre; qu’il n’y avait pas de paratonnerre à l’église; que l’on n’a pas constaté de dégâts, à la suite du coup de foudre, ni à l’église, ni à la cheminée de la maison atteinte. Par contre, en certains endroits, dans la chambre en question, la tapisserie a été arrachée, et une poutrelle en bois, située à côté de la fenêtre, dans la cloison, a été dénudée de plâtre jusqu’au plafond, mais est restée parfaitement sèche.
- A l’endroit du plafond qui a été endommagé, se trouvaient clouées deux petites planchettes provenant d’une ancienne réparation; ces planchettes ont été mises à nu, mais sans subir de détérioration.
- De ces rapports, il résulte, d’une manière évidente, que le phénomène que l’on a observé a été accompagné d’un éclair.
- S’il y a quelques difficultés à reconstituer avec certitude le chemin suivi par l'éclair, toutefois les traces qu’il a laissées sont assez caractéristiques pour prouver que la foudre a éclaté.
- On peut supposer que la décharge a passé parla cheminée et la fenêtre, en tombant dans la rue inondée par l’averse ; ou bien que la décharge principale n’a fait qu’effleurer la maison, et que les légers dégâts observés ont été causés par des décharges latérales. S’il ne s’agit que d’expliquer le chemin suivi par la foudre, on peut considérer ce cas comme très curieux, bien qu’il ne soit pas absolument inexplicable.
- Mais s’il s’agit de la singulière apparition d’eau, on se trouve en présence d’une véritable énigme,
- (>)Nous avons cherché à représenter le phénomène dans la figure (col. iro), d’après ces diverses relations.
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- et les tentatives d’explication qui suivent ne sont en réalité que des conjectures.
- Le rapporteur suppose que l’eau a été projetée en haut par suite de la production spontanée de vapeur, celle-ci ayant été déterminée par la chute de la foudre à la surface de l’eau inondant la rue. Cette supposition, ainsi que le fait remarquer le professeur L. Weber, ne permet pas toutefois d’expliquer la grande quantité d’eau qui est entrée dans la chambre, ni la durée relativement longue du jet d’eau.
- On pourrait encore admettre que l’eau de la rue a été soulevée le long de l’éclair par des répulsions directes de l’électricité. Cette hypothèse cependant ne pourrait pas être soutenue en tenant compte, d’une part, de la quantité d’eau soulevée, et en considérant, d’autre part, que, d’après le rapport, le jet d’eau semble ne s’être produit qu’après l’éclair. Il nous paraît donc plus naturel de supposer que l’éclair, en passant par la fenêtre, et tombant dans la rue, a déterminé, le long de son chemin, un tourbillon d’air d’une certaine durée, transformant le sillon de l’éclair en un canal ou tube vide d’air, dans lequel l’eau s’est précipitée avec une grande rapidité. Enfin, on pourrait encore admettre que le jet d’eau n’a pas été déterminé par l’éclair, mais qu’il constitue une sorte de trombe d’une forme spéciale, qui n’avait pas encore été observée.
- Les trombes, comme on l’a souvent remarqué, se terminent à la partie inférieure par un tourbillon affectant la forme tubulaire ou conique et renfermant une grande quantité d’eau. On pourrait admettre qu’un de ces appendices de la trombe peut se détacher et tomber avec une grande vitesse.
- On se trouverait alors ici dans un de ces cas, et il est possible qu’en tombant à la surface du sol, l’eau par une sorte de rebondissement, ait été projetée d’en bas au travers de la fenêtre. L’éclair, alors, n’aurait fait que précéder ou accompagner la trombe.
- M. le professeur Léonard Weber ajoute qu’il n’attache pas une grande valeur à ces hypothèses, et qu’il verrait, avec un vif intérêt, toute autre explication qui rendrait mieux compte du phénomène.
- Nous pensons que le phénomène du jet d’eau, observé par M. Gaston Planté et qui coïncide avec la production de chacune des étincelles de la machine rhéostalique de quantité (’), explique d’une manière frappante les effets du coup de foudre extraordinaire de Ribnitz, relaté par M. le professeur Léonard Weber.
- Paul Samuel.
- (') Voir La Lumière Électrique, t. XIX, p. 4g, fig. 4.
- APPAREILS DE
- P H OTOMIC ROGR A PH IF.
- Le 25 octobre 1884, le docteur Stein a décrit, dans La Lumière Electrique, divers appareils de son invention, destinés aux études microscopiques et il concluait de la facilité avec laquelle fonctionneront bientôt les lampes à incandescence, qu’on les préférerait un jour à tout autre mode d’éclairage, sans en excepter la lumière du soleil pour l’emploi du microscope.
- Le docteur Stein a été prophète pour les laboratoires modèles, comme l’est celui de la ville de Paris, installé dans les bâtiments de la Préfecture de police, mais il s’en faut encore de beaucoup que la lumière électrique' ait remplacé le soleil ou le gaz dans la plupart des autres laboratoires.
- Grâce à la courtoisie de M. Girard et de son adjoint, M. Dupré, nous avons pu visiter l’installation photomicrographique du laboratoire municipal, et nous donnons ci joint le dessin du microscope employé par ces messieurs, et construit par M. Duboscq, un des doyens de l’optique en France, et un des premiers vulgarisateurs de la lumière à arc.
- C’est dans un sous-sol obscur que l’appareil est installé, très luxueusement d’ailleurs, et MM. les falsificateurs sont prévenus que, non seulement leurs trop savants produits sont analysés chimiquement, mais que, le cas échéant, on en fait ,1a photomicrographte, comme à quelques pas plus loin, on fait gratis le portrait des gens arrêtés, dont les antécédents sont au moins douteux.
- Un moteur à gaz de 6 à 8 chevaux actionne une dynamo au moyen de laquelle on charge une puissante batterie d’accumulateurs Planté, et M. Padé, qui semble être l’électricien en chef du laboratoire, n’a qu’à manœuvrer le commutateur pour allumer une lampe-soleil du genre de celle qui a été décrite dans La Lumière Electrique, tome XVI, pages 471 et 472.
- Cette lampe-soleil, placée devant le miroir du microscope donne un pinceau lumineux ascendant, d’une grande puissance, susceptible de fournir, par conséquent, une photomicrographie extrêmement rapide.
- Si les accumulateurs causent une déperdition d’électricité, ils permettent, par contre, pendant les expériences, d’arrêter le moteur dont les trépidations empêchent la bonne mise au point de l’appareil.
- La chambre noire photographique peut être enlevée à volonté, et l’on aperçoit en ponctué, sur le dessin, la partie supérieure du microscope garni de son oculaire ordinaire.
- L’objet à photographier donne au foyer de la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- lentille une image aérienne, dont les dimensions sont dans le rapport des distances focales conjuguées; l’oculaire, fait, à son tour, fonction d’objectif, et l’image aérienne est reportée par lui sur la glace sensible agrandie et redressée.
- Si l’on veut avoir des clichés rapides, l’emploi
- FIG. I
- de la lampe-soleil n’est pas un luxe, en raison du grossissement formidable obtenu, qui- va jusqu’à 1.200 diamètres, et diminue l’intensité lumineuse, proportionnellement au carré de ce nombre.
- On emploie cependant aussi quelquefois, au laboratoire municipal, une lampe à incandescence de 8 à io volts, comme celle recommandée par le docteur Stein, actionnée par une pile à treuil de Gaiffe ; mais alors la pose dure quelquefois dix minutes.
- En micrographie, il importe de pouvoir arriver à l’instantanéité, lorsqu’on se livre à l’étude des microzoaires, dont les mouvements rendraient la photographie impossible.
- Un phénomène, non encore expliqué par l’Académie, et appelé mouvement brownien, rend déjà bien assez difficile la photographie des particules en suspension dans un liquide, puisqu’il donne souvent lieu à des confusions entre les microbes et certaines poussières réputées inertes, quoiqu’elles remuent comme des êtres trop nerveux.
- Nous pensons donc, pour notre compte, que les micrographes feront bien de ne pas abandonner la méthode qui consiste à retirer simplement l’ocu-
- FIG. 2
- laire de leur microscope, et à le remplacer par une toute petite chambre photographique, pouvant contenir des petites glaces carrées de 3 centimètres de côté; la durée de la pose est beaucoup moindre, mais le grossissement étant plus faible, on devra employer, en outre, une chambre d’agrandissement automatique, on peut ainsi très facilement obtenir des épreuves positives transparentes, aussi grandes et aussi nettes qu’on le veut, surtout en se servant des glaces au chloro-bromure de Cowan, qu’on développe avec une dissolution dé 3o grammes d’acide citrique et de 20 grammes de carbonate d’ammoniaque, dans 100 grammes d’eau distillée chaude.
- Nous donnons ci-joint une vue de la petite chambre adaptable immédiatement à un microscope ordinaire et qu’emploie de préférence notre collaborateur et amiM. Luiz de Andrade Corvo, qui fait en ce moment à la légende si invraisemblable du phil-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- loxera, une guerre dont il sortira certainement victorieux.
- Cette petite chambre, dessinée en grandeur naturelle, est surmontée d’une loupe de mise au point, construite par Stassnie, le successeur deVerrick.
- On commence par régler la loupe en collant sous une glace transparente, une portion d’aile de mouche, puis on règle le microscope à la manière ordinaire ; on enlève alors la loupe et la glace portant l’aile de mouche est remplacée par une petite glace au gélatino-bromure ; on place sur l’appareil un petit couvercle, qui ne figure pas sur le dessin, mais dont chacun comprendra la forme, et on illumine la petite lampe a incandescence avec une pile à treuil ou une batterie quelconque; il faut bien entendu quand on manipule la glace pour la pose ou le développement, recouvrir les lampes du laboratoire d’un bon globe rouge, à cause de l’extrême sensibilité que les fabricants sont arrivés à donner aux glaces sèches, sensibilité déjà tellement grande, qu’elle a, comme on le sait, permis au docteur Marey, de photographier les différentes phases du vol des oiseaux.
- J. Bourdin.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Dirigée par B. Marinovitch
- Sur un spectre électrique particulier aux terres
- rares du groupe terbique, par M. Lecoq de
- Boisbaudran (')•
- Il y a quelques années, j’avais observé et dessiné un spectre particulier qui se montrait avec divers oxydes terbiques, lorsque l’étincelle d’induction jaillissait à la surface de leurs solutions chlorhydriques. Ces oxydes (mélanges complexes confondus sous le nom de terbine) contenaient des proportions très variables de Yt(*) (i) 2 CF, HO3 CF, Ycr CF , Sm2 CP, Er2 O3, et de terre jaune; les spectres de leurs solutions chlorhydriques comprenaient donc tout au moins les raies de Yt et Ya, ce dernier corps étant toujours très abondant dans ces mélanges). Il était toutefois possible de constater que le spectre spécial qui nous occupe ne pouvait être attribué à aucun des métaux terreux connus, sauf l’holmium et le terbium (celui-ci étant supposé défini par la coloration jaune de son oxyde).
- (*) Note présentée à l’Académie des Sciences, le 18 janvier 1886.
- Les nombreux fractionnements que j’ai opérés depuis cette époque ont mis entre mes mains quelques séries de produits renfermant encore plusieurs éléments, mais pratiquement privés des corps anciennement connus qui fournissent des spectres avec leurs solutions chlorhydriques et l’étincelle d’induction ordinaire. Le spectre spécial se voit ainsi très bien, en l’absence des raies de Yt, La, Tu, Ya, Sc, Yb et au moyen de liqueurs qui ne montrent, par absorption, que très peu, ou point, de Di, Sm, Er, Tu. Dans les conditions de l’expérience, Ce, Th et Zr ne donnent pas de raies, de façon que notre spectre ne peut être attribué qu’à l’holmium, au terbium, à un corps nouveau, ou enfin aux terres productrices des fluorescencee Za et Zp.
- La teinte jaune de son oxyde, calciné à l’air, a toujours été considérée comme propre au terbium et le caractérisant; il me paraît donc assez naturel de conserver le nom de terbine pour la terre la plus colorée du groupe. Ceci admis, le spectre spécial n’est pas attribuable au terbium, puisqu’il se montre un peu plus brillant avec les oxydes faiblement colorés qu’avec ceux, beaucoup plus foncés, qui proviennent du fractionnement d’une même terre jaune (') par le sulfate de potasse. Ce sont les sulfates doubles les moins solubles qui fournissent la terre la plus colorée.
- Admettant, jusqu’à preuve du contraire, la non-identité de Za et de Z(3, le spectre en question ne semble pas non plus appartenir à ZS dont la fluorescence est la plus belle, avec les terres les plus foncées.
- Le spectre électrique spécial suit, dans ses intensités, une marche de même sens que le spectre d’absorption de l’holmium, si l’on considère les numéros successifs de chacun de mes fractionnements par le K20, SCP. Les variations d’intensité ne paraissent pas cependant être tout à fait proportionnelles. Mais, en comparant des matières provenant de fractionnements différents (toujours par ICO, SCP), on observe des écarts si marqués entre les intensités du spectre d’absorption de l’holmium et du spectre électrique qu’il me parait difficile d’attribuer ce dernier à l’hol-mium.
- L’incertitude qui règne encore en ce qui concerne le mode de production des fluorescences Sm, Za et Z[3, incertitude qui peut jeter un doute sur les conclusions tirées de la comparaison des intensités de ces fluorescences, n’existe pas au même degré, lorsqu’il s’agit d’un spectre électrique; aussi, mon impression est-elle que l’holmium n’est pas la cause de notre spectre d’étincelle.
- Quant à la fluorescence Za, il est remarquable
- (i) Cette terre était elle-même le résultat de très nom-
- breux fractionnements par l’ammoniaque.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de la voir suivre les variations du spectre électrique spécial, non seulement dans l’intérieur d’un même fonctionnement, mais aussi lorsque l’on compare des produits d’origines diverses. Les intensités relatives du spectre électrique et de la fluorescence Zx semblent bien varier un peu, mais, en présence de l’étude, encore si incomplète, des fluorescences, je ne me sens pas autorisé à conclure que ces variations indiquent clairement l’existence de deux éléments distincts.
- Cependant, afin d’éviter de futures confusions de nomenclature, je désignerai provisoirement par Zy le corps producteur du spectre électrique, lequel se compose de plusieurs bandes et raies, ayant toujours très sensiblement conservé leurs éclats relatifs et devant, par suite, être considérées, jusqu’à plus ample informé, comme appartenant à un seul élément.
- Voici les positions approchées des principales raies et bandes de Zy :
- Positions
- sur
- mon micromètre /. Observation-»
- ; ioï 5 583,5 Raie nébuleuse; assez bien mar-
- quée. Se détache sur une petite bande très nébuleuse et
- portant d’autres maxima moins accentués.
- | i02| euviron .. Commencement indécis de la
- bande.
- lI04Î 5-5.0 Raie nébuleuse. Assez grosse.
- j Très bien marquée. Notable-
- ment plus forte que 101 f.
- j 105-1’- 570,0 Raie très nébuleuse. Assez large. Très facilement visible, mais
- 1106 beaucoup plus faible que 104-',. Termine la bande.
- - Fin très nébuleuse de la bande. Commencement nébuleux d'une
- < 121 , environ
- petite bande croissant de gau-
- che à droite dans son ensemble. Cette bande porte plusieurs raies fines, quoique légèrement nébuleuses t,1), qui, partant de son bord gauche, vont en augmentant d’intensité jusqu’à la raie 122,15, la plus brillante de toutes. De cette raie 122,15 à la fin de la bande, la lumière est assez faible.
- Milieu apparent de l’ensemble de la bande. C’est la position qu’on mesure quand la feute est un peu large.
- Raie la plus forte. Forme le bord droit de la partie principale de la bande. Très bien marquée. Fin nébuleuse de la bande.
- « N. B. — Dans son ensemble, cette bande est légèrement plus faible que la bande a, 1021— 106
- 121,q5
- environ, \ milieu j 526,9 | apparent )
- 122, i5
- 122?, environ
- 525,9
- Considérations relatives à l’éclairage électrique' des phares, par M. Félix Lucas (<).
- La haute utilité de l’éclairage des côtes, au double point de vue de la sécurité des navigateurs et du développement de la puissance maritime du pays, a, depuis longtemps, attiré l’attention des ingénieurs et des physiciens et excité, à juste titre, leur émulation pour la recherche du progrès. La France a, plus que toute autre nation, contribué aux perfectionnements successifs des appareils d’éclairage des phares. Depuis vingt-cinq ans, les découvertes faites, dans le domaine de l’électricité, ont ouvert un nouveau champ de recherches.
- Les phares actuellement éclairés par l’arc voltaïque sur les côtes de France sont ceux de Dunkerque, Calais, Gris-Nez, la Canche, la Hêve, les Baleines et la Palmyre; un grand nombre d’autres phares de premier ordre, éclairés à l’huile minérale, doivent être transformés en phares électriques.
- J’ai indiqué, dans un Mémoire sur les machines magnéto-électriques et l'arc voltaïque des phares, inséré en juillet i885, dans les Annales des Ponts et Chaussées, les lois et les conditions du fonctionnement des appareils. On emploie en tout 4 chevaux-vapeur de force pour produire q5o becs Carcel, en sorte qu’on obtient 112 becs par cheval-vapeur; comme le courant électrique est de 55 ampères et la résistance de l’arc de oohm,43, la tension entre les deux pointes de charbon est de 23volts,65 et l'énergie électrique est de i.3oo watts; il en résulte que sur les 4 chevaux employés, l’arc voltaïque n’absorbe que icheval,76; le reste est consacré à la transmission par courroies, à la rotation dé la machine magnéto-électrique, à l’énergie intérieure de cette machine et à l’énergie extérieure correspondant au transport de la machine à l’arc.
- . En somme, l’arc voltaïque présente, comparativement aux lampes à huile minérale, deux avantages de premier ordre pour l’éclairage des phares, savoir: la puissance lumineuse et la diminution du prix de l’unité de lumière; mais on peut malheureusement lui adresser quelques critiques dont la principale concerne l’instabilité capricieuse de sa lumière. Lorsqu’on observe avec attention un de ces puissants foyers, on reconnaît de suite que la grande lumière ne provient pas de cette flamme bleuâtre qui constitue à proprément parler l’arc voltaïque : elle provient des pointes de charbon portées à l’incandescence par l’énorme élévation de leur température. La flamme de Tare constitue plutôt un écran qu’un foyer; elle absorbe plus de lumière qu’elle n’en donne : c’est le déplacement continuel de cet écran autour du charbon, c’est aussi la rotation capricieuse et continuelle des
- (•' Visibles avec une fente étroite.
- (’) Note présentée à l’Acadénve des Sciences, le 18 janvier 1886.
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- zones incandescentes autour des pointes qui constitue, bien plus que les variations de l’écartement moyen des pointes, les vacillations de la lumière observée. Cet inconvénient esttellement inhérent àla nature même de l’arc voltaïque, qu’il paraît impossible d’arriver à le faire complètement disparaître.
- Mais du moment que c’est l’incandescence, et non la combustion ou le transport des particules du charbon d’un pôle à un autre, qui constitue la vraie cause de la lumière, ne peut-on pas demander à l’incandescence dans le vide de fournir un foyer aussi puissant que l’arc voltaïque? Il m’a paru que c’est dans cette voie qu’il convient de rechercher la future solution du problème de l’éclairage électrique des phares et j’ai depuis plusieurs mois entrepris des études dans ce sens.
- Les conditions que je me suis imposées, en raison de la nature même du but poursuivi, sont les suivantes :
- i° Le foyer lumineux doit présenter la forme d’une surface de révolution ayant un axe vertical, car il faut que la lumière soit également distribuée dans tous les azimuts;
- 2° Il faut recourir à des courants de quantité, c’est-à-dire, donner beaucoup d’ampères au courant électrique et peu de résistance au corps incandescent, obtenir beaucoup de watts avec peu de volts, pour donner de la puissance au foyer, sans produire en même temps une tension foudroyante ou simplement dangereuse ;
- 3° Le corps incandescent ne peut être que le charbon, parce que ce corps est le seul qui puisse supporter, sans se fondre ou se volatiliser, des températures excessives.
- Dans une Note insérée aux Comptes rendus de la séance du 8 juin i885, j’ai fait connaître la loi qui unit les intensités lumineuses à celles des courants qui traversent un charbon incandescent. On peut obtenir 400 becs Carcel avec un courant de 170 ampères, et une résistance de oullm,o4 (résistance du corps incandescent) ; soit, en d’autres termes, avec une tension de 7 volts et une énergie de 1.200 watts. Dans ces conditions, l’unité lumineuse n’exige pas, pour la partie incandescente du circuit, un travail mécanique supérieur à celui qu’elle exige aujourd’hui avec l’emploi de l’arc voltaïque. J’ai évalué à environ 4.000° C., la température du charbon lumineux, et j’ai constaté que ce charbon n’est ni fondu, ni volatilisé.
- On sait que, dans les lampes à incandescence, il se produit à la longue un dépôt charbonneux sur la surface intérieure de l’enveloppe de verre. Cette diminution graduelle de la transparence serait surtout nuisible pour les grands foyers lumineux par incandescence. Je me suis efforcé d’en déterminer la véritable cause, et mes expériences démontrent qu’elle réside dans la présence de molécules d’oxygène à l’intérieur de la lampe. On
- constate, en effet, que la rapidité du dépôt est en relation directe avec la pression du gaz intérieur ; on arriverait à une lenteur infinie, ou. en d’autres termes, à la cessation du dépôt, si l’on obtenait et conservait le vide absolu à l’intérieur du globe de verre. Une molécule d’oxygène non enlevée se combine avec le charbon, près de sa réunion au conducteur métallique, région dans laquelle la température ne peut pas atteindre celle de la fusion du conducteur; il se forme ainsi une molécule d’oxyde de carbone; puis cette molécule, venant frapper la partie incandescente dont la température est assez élevée pour produire la dissociation, projette le carbone contre la surface intérieure de l’enveloppe de verre et rend J’oxygène disponible pour se combiner à nouveau.
- La réalisation du vide absolu dans un appareil à incandescence est rendue particulièrement difficile par la ténacité avec laquelle les charbons et les métaux retiennent les gaz qu’ils ont emmagasinés dans leurs pores. Sous l’influence de l’élévation de température que fait naître le passage du courant électrique, ces gaz se dégagent d’abord en grande partie ; mais le dégagement devient bientôt d’une telle lenteur qu’il semble qu’on soit en présence d’un phénomène obéissant à une loi asymptotique. Ce fait, que j’ai pu nettement constater, montre que tout appareil destiné à produire, sur une grande échelle, la lumière incandescente devrait être muni d'un absorbeur susceptible d’emmagasiner constamment, à toute époque du fonctionnement de la lampe, les gaz dégagés en faible quantité par les charbons et les métaux chauffés.
- Il est à remarquer, d’autre part, que les gaz dégagés pendant le passage du courant et non enlevés de l’appareil sont réabsorbés ensuite par les charbons pendant la période du refroidissement. Par conséquent, la présence d’une faible quantité de gaz, dans une lampe à incandescence, a pour conséquence d’obliger le charbon à des dégagements et à des réabsorptions périodiques ; de là un travail mécanique imposé à ses molécules et, par suite, une des causes principales de la destruction plus ou moins prochaine de la lampe. Pour donner à un grand foyer d’incandescence des conditions sérieuses de durée, il faut s’affranchir de la dangereuse influence des gaz, même les plus raréfiés ; j’ai reconnu que cette difficulté peut se résoudre en recourant à l’emploi d’appareils absorbants.
- Sur la loi d’Ampère, par M. P. Duhem (').
- Gauss a énoncé le premier la proposition sui-, vante :
- « Il existe une infinité de lois pour l’action d’un
- (>) Journal de Physique, t. V, p. 26.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- élément de courant sur un autre élément de courant, telles que l’action d’un courant fermé sur un élément de courant soit identique à l'action déterminée par la loi d’Ampère; mais, parmi toutes ces lois, une seule, la loi d’Ampère, est telle que l’action d’un élément de courant sur un autre élément de courant se réduise à une force unique dirigée suivant la droite qui joint les deux éléments. *
- Depuis l’époque où Gauss a découvert cette proposition, on en a donné plusieurs démonstrations. La suivante nous paraît particulièrement simple.
- La proposition en question résulte immédiatement de celle-ci :
- L'action d'un élément de courant sur un autre élément de courant est complètement déterminée, lorsqu'on connaît l'action d'un courant fermé et uniforme sur un élément de courant, et lorsqu'on sait, de plus, que l'action élémentaire est dirigée suivant la droite qui joint les éléments.
- D’après les propriétés connues des intégrales curvilignes, ces égalités peuvent être remplacées par les suivantes :
- ( (X— X,)ds — dv(x,r,z).
- (0 (Y-Yt)ds = d-r(x,r,zj.
- ( (Z — Z,) ds = dlj (x,y, s),
- ®, y, 0 étant des fonctions quelconques des coordonnées x, y, z, d’un point de l’élément ds.
- Si les deux actions considérées sont dirigées suivant la droite qui joint les deux éléments ds, ds', on devra avoir, en désignant par x', y', z', les coordonnées d’un point de l’élément ds',
- ( >•' — r)Z — (z'—z)Y—0,
- (:•' —s)X — (.y'—x)Z=o,
- (-v' — x)Y — \y'—y)X —o;
- et aussi :
- (r'-.r)Z,-(z'-z)Y1=o,
- (z' — z,X,—(.T'— x)Z,=o.
- (.v'—A-)Yi— (.)•'—r) Xi—o.
- On déduit alors des égalités (i) les relations suivantes :
- Soient ds, ds', les deux éléments de courant; soient i, i', les intensités des courants qui les traversent. Supposons que l’on puisse admettre pour l’action de l’elément ds sur l’élément ds’ deux expressions distinctes, soumises toutes deux aux restrictions indiquées dans l’énoncé précédent. D’après la première expression, les composantes de l’action de ds sur ds' auraient pour valeur :
- ii'Xdsds’. ii'Ydsds’. ii’7.dsds'.
- D’après la seconde expression, ces mêmes composantes auront pour valeur :
- ii’Xidsds'. ii'Yidsds', ii'Zidsds'.
- Supposons que l’élément ds fasse partie d’un courant fermé et uniforme quelconque. L’action de ce courant sur l’élément ds' doit être la même, que l’on accepte l’une ou l’autre des deux lois élémentaires.
- On doit donc avoir :
- i 0" —.r) c/0 (at, r, z)—(z' — z) dy {x,y, z) =o, (2) j Çz' —z)dy(x.y,z) — (.v’—x)dtl{x,y,z =0, [ (x’—x) dy (a-, r. s) — {yt—y) df(x,y, z)=o.
- Posons :
- F (a-.v, z)=(y’ —y) 0 (x, 1 ,z) — (z’ — z)y (x,y, z),
- G {x,y, z)—{z' — z) 9 (a-, .r, z) — (x’ — a;) ü (x.r, z).
- H (a-, r, z) = (.r' — a-) y (a:,y, z) — (r' — y) 9[x,y, z).
- Les égalités (2) permettront d’écrire :
- / 0 (x,y, z) dy—y (x,y, z) dz=—dF (a-,y, z),
- (3) ! cp(A',.r,z)rfz — f)(A',r, z)dx= — d , (x,y.z),
- ( r (-V, y i z)dx — 9 (x,y, z)dy=—d H (a, r, z).
- Examinons la première égalité : la différentielle totale de F (x, y, z) ne renfermant pas de terme en dx, la fonction F (x, y, z) est indépendante de x; il en est de même de ses dérivées partielles y (x, y> z) et 0 [x, y, z). En raisonnant de même sur les deux autres égalités, on arrive à la conclusion suivante :
- ç est une fonction de la seule variable a-, y est une fonction de la seule variable y,
- 0 est une fonction de la seule variable z.
- J“Xds— j Xids,
- f Yds=fYlds,
- frlds — J Z ids,
- Mais les égalités (3) nous donnent également, en exprimant que les premiers membres sont des différentielles totales ,
- dO . dy dz ^ ày °’
- àx àz
- ày d;p
- —b u— — u*
- ày ‘ d.v
- les intégrales étant des intégrales curvilignes étendues à un contour fermé quelconque.
- (4)
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 223 •
- De là on déduit :
- Si l’on joint ces résultats à ceux qui viennent d’être obtenus, on voit que les quantités <p, y, û sont de simples constantes. En se reportant aux égalités (i), on trouve :
- x = x„ y = y„ y- = zl;
- ce qui démontre la proposition énoncée.
- De l'influence de la pression sur la conductibilité électrique des électrolytes.
- M. I. Fink a publie dans les Annales de Wiede-mann, un assez long travail sur ce sujet. Sans vouloir suivre l’auteur dans le détail des expériences nous croyons qu’un résumé rapide des méthodes employées et des résultats obtenus peut présenter quelque intérêt.
- Cette question s’était déjà présentée à Colladon et Sturm (l) à l’occasion de leurs recherches sur la compressibilité des liquides ; ils ont étudié à ce point de vue, l’eau, l’ammoniaque et l’acide azotique, en employant un courant constant, et sans tenir compte delà polarisation de leurs électrodes de platine. En portant la pression de i à 3o atmosphères, le dernier des liquides cités présenta un léger accroissement de la résistance.
- Plus récemment, Herwig (3) ne trouva aucune variation sensible de la résistance de l’eau distillée, du nitrate d’argent et du sulfate de cuivre, pour des pressions variant de i à 18 atmosphères. Leriz(3), au contraire, a trouvé pour le mercure une variation de la résistance avec la pression, soit une diminution à peu près constante de 0,02 0/0 par atmosphère, les essais étant poussés jusqu’à 60 atmosphères.
- Ces faits, de même que la variation connue de la viscosité des liquides avec la pression, permettaient de supposer, qu’en employant des pressions plus considérables, on pourrait reconnaître une variation de la conductibilité.
- L’emploi de la méthode de Kohlrausch pour la mesure des résistances des liquides, et l’usage de
- (') C. et S., Ann. de Phys, et de Chim., 36, p. 281. (-) Herwig, Ann. dePogg., 160, p. 110.
- (;‘) Len?, Beibl., 6, p. 802, 1882.
- la pompe de compression de Caillet et nous donnaient de sérieux avantages sur nos prédécesseurs, qui nous faisaient espérer d’obtenir de meilleurs résultats.
- a. Mesure des résistances. — Nous avons employé dans ce but, le pont de Kohlrausch, avec bobine d’induction et téléphone; le fil fut calibré au moyen d’une boîte de résistance de Siemens, dont les corrections étaient exactement connues. Pour ce calibrage, on employa les courants alternatifs et le téléphone, les corrections correspondant à neuf positions du contact mobile, étant portées en ordonnées, sur du papier quadrillé, déterminaient une courbe, qui permettait d’estimer les corrections pour une position quelconque du contact.
- Pour s’assurer de la constance de ces corrections, on déterminait de temps en temps celle qui correspond à la position moyenne du contact, par la mesure directe de deux résistances à peu près égales, et dont on intervertissait les positions ; il se trouva que cette correction variait avec le temps,parsuite, sans doute, de variations dans l’état des contacts ; il était facile de tenir compte de ces variations dans les corrections.
- Les autres parties du pont furent vérifiées au moyen de la mêfne boîte de résistance, ce qui démontra, en outre de faibles erreurs, une différence de quelques pour cent dans la bobine 10, différence qui disparut après démontage de l’appareil. Ce n’est que dans la suite des expériences, que l’auteur retrouva une erreur, et dut remplacer cette bobine.
- Cette erreur explique, en partie au moins, les différences existant entre les diverses séries d’expériences; elle fausse les valeurs des résistances données dans les essais avec l’acide chlorhydrique à o°C., de même que ceux avec le chlorure de sodium, pour les solutions dont la teneur est supérieure à 5 0/0, à o° C. et à 180 C. ; mais l’erreur disparaît dans les chiffres, concernant la variation de résistance (coordonnée #des courbes) puisque cette dernière est exprimée en pour cent, de la résis-
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- tance à la pression' atmosphérique, et que la même erreur se retrouve dans celle-ci, l’expérience montrant que le pont n’a pas varié dans l’intervalle d’une série.
- b. Mesure des pressions. — L’appareil employé pour obtenir les pressions, était le dernier modèle de la pompe de Cailletet, dont la disposition est bien connue; pour la mesure de ces pressions, nous avons employé le manomètre de Bourdon, qui accompagne la pompe ; il permet des lectures à 2 atmosphères près; son exactitude n’a pas été
- FIÜ. 2
- contrôlée, de même que sa variation possible avec la température, etc.
- Presque tous les essais faits sur les liquides, ayant montré des variations de conductibilité plus
- Fl»,. .>
- grandes de i à too atmosphères, que de iooà20o,. ou de 200 à 3oo, cela laisserait supposer que les indications du manomètre n’étaient pas proportionnelles aux pressions réelles.
- Pour s’en assurer, l’auteur étudia la compression de l’air dans un tube de Cailletet, et il trouva que, pour des pressions de too et de 200 atmosphères (mesurées au manomètre), les volumes correspondant de l’air étaient entre eux comme 2 : 1,09, au lieu de 2 : 1.
- En admettant l’exactitude du manomètre pour aoo atmosphères, il s’ensuit que l'indication de 100 atmosphères correspond, en réalité, à 109 atmosphères.
- La marche régulière des courbes (fig. 2-7), justifie cette supposition.
- c.— Les résistances étaient mesurées dans le récipient de la pompe de Cailletet (fig. 1, échelle égale i/3).
- a est un vase cylindrique en verre, qui se continue à la partie supérieure par le tube capillaire C, à travers lequel passe un fil de platine, rivé à l’électrode e, qui est constituée par une feuille de platine enroulée.
- Ce tube capillaire est fixé à la garniture en laiton m, au moyen de mastic.
- La seconde électrode de platine est rivée à un fil de même métal qui traverse la paroi, et est en communication métallique avec l’enveloppe h en laiton qui recouvre le tube de verre ; h est relié à la garniture m, au moyen des deux fils de laiton q, q' ; les fils de communication du pont sont fixés l'un sur />, l’autre sur .v.
- L’enveloppe h présente deux ouvertures, per-
- FIG. 4
- mettant à l’eau remplissant l’espace libre du corps de pompe en fer de pénétrer entre h et a.
- Dans l’anneau s en laiton, est fixé un tube rem-.pli de mercure, séparant le liquide intérieur de a, de l’eau environnante.
- Les deux électrodes sont en platine platiné, et leur surface intérieure est de iocm,7, surface que les expériences de Kohlrausch, ont montrée être suffisante pour prévenir toute polarisation.
- Dans la plupart des séries d’expériences, on a ajouté à la résistance liquide des bobines de fil de cuivre, enroulé sur des noyaux de fer, et cela, dans le but d’obtenir un minimum de son plus accentué dans le téléphone ; leurs résistances étaient de 0,088 et 0,046 U. S.
- La résistance des parties métalliques de l’appareil fut déterminée directement sur l’un d’eux, cassé, pendant les expériences, et par comparaison, pour les autres, au moyen de liquides de résistance déjà connue ; elle était de 0,224 U. S. pour le premier et de 0,377 pour le second.
- d. Mesure des températures. — Afin d’obtenir une température constante, à l’intérieur du corps de pompe, celui-ci était placé dans .un bain d’en-
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- viron 40 litres d’eau; dans le cas des essais à o°, elle était remplacée par de la neige ou de la glace pulvérisée.
- Pour les températures voisines de i8nC., la constance de la température du bain était obtenue en maintenant constante celle du local, qu’indiquait un thermomètre placé près du bain.
- Essais préliminaires. — Après avoir constaté une influence de la pression sur la conductibilité, dans le cas du chlorure de sodium, nous avons recherché quels phénomènes secondaires pouvaient influer sur les résultats ; ils sont de trois sortes : variation du volume du liquide par suite de la pression ; chaleur développée par la compression et polarisation possible des électrodes.
- Soit 8 la variation de l’unité de volume par atmosphère, l’unité de longueur variera de soit / la longueur de la colonne liquide, s sa section, et p
- FIG. 5
- la résistance spécifique ; on a pour la résistance à la pression atmosphérique :
- /
- r=p -.
- r JÇ
- Sous l’action de 5oo atmosphères, elle deviendra :
- (1-3. 500)
- En introduisant pour 8 la valeur donnée par Wertheim, 8 — o,ooooo33 :
- r’ = p ^ ^1+0,00055^.
- considérables ; mais il stlffit de faire l’observation i5 minutes après la compression, pour éliminer cette cause d’erreur.
- Pour étudier l’influence de la polarisation, l’auteur a fait varier, soit l’intensité des courants d’in* duotion, soit la rapidité des renversements de cou-
- FIG. 6
- rants ; les plus grandes différences obtenues ne dépassaient pas o,o5 0/0.
- Conduite d'une expérience.— L’appareil, préalablement nettoyé et les contacts assurés, est rempli
- La variation de résistance de ce chef, n’étant que de o,o55 0/0, est inférieure aux erreurs d’observations ; il n’y a pas lieu de s’en occuper.
- En ce qui concerne l’influence de la chaleur de compression sur la résistance, on peut s’en rendre compte en mesurant la résistance immédiatement après la compression, et après des intervalles de temps déterminés, jusqu’à ce qu’elle ne varie plus, l’expérience montre en effet des variations assez
- avec le liquide à étudier et placé dans le corps de pompe; on attend que sa température se soit mise en équilibre avec celle de l’eau et du local, ce que l’on reconnaît à l’invariabilité de la résistance sous la pression atmosphérique.
- La pression est portée, de la pression atmosphérique, jusqu’à 5oo atmosphères, et on note la résistance aux différentes pressions, 10 minutes après qu’elle a été atteinte, ainsi que les températures;
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- on répète l’opération pour les pressions décroissantes, et on a ainsi deux séries de mesures; en prenant la moyenne on est sûr d’éliminer, s’il y avait lieu, l’influence de la chaleur de compression ; du reste leur différence est plus faible en général que la limite des erreurs d’observation.
- Dans chaque mesure de résistance, on répète quatre fois la mise au point du contact mobile, et la moyenne des lectures sert pour le calcul.
- Il est à remarquer que le passage des courants d’induction pendant un certain temps a pour effet de diminuer légèrement la résistance, variation qui disparait après une interruption suffisante des courants; on doit, admettre que cette variation est due à réchauffement du liquide.
- spécifiques elles-mêmes, que l’on peut calculer avec les résultats obtenus; elles s’écartent quelquefois de 20 o/o des nombres donnés par Freund et Kohlrausch; la raison doit en être dans la mobilité des électrodes de platine, qui, d’après leur mode de fixation, ont pu facilement se déplacer à chaque démontage de l’appareil. Du reste, cela n’infirme en rien les nombres q qui représentent des variations proportionnelles; et il est bien évident du reste que l’instrument employé ne pouvait pas avoir pour but la détermination des résistances spécifiques absolues, mais bien de leurs variations.
- Les essais poussés sur l’eau distillée, légèrement acidulée, jusqu’à 782 atmosphères, ont montré que les variations observées avaient encore lieu.
- D’après les résultats obtenus, avec toutes les sub-
- FIG. Q
- FIG. 8
- Il n’entre pas dans le cadre de ce Journal de donner ici les nombreux tableaux contenant les résultats numériques obtenus par l’auteur : nous nous contenterons de donner les graphiques représentant ces résultats.
- Les figures 2, 3, 4, 5, 6, 7. donnent la relation entre l’accroissement q, exprimé en pour cent de la résistance à la pression atmosphérique, et la pression correspondante, pour les trois corps HCl, Na Cl, So4 Zn à o° et 180 C. et cela, pour un certain nombre Je solution différentes; les nombres de droite indiquent les teneurs en poids des solutions.
- Les figures 8,9 donnent, au contraire, la relation entre l’accroissement q, correspondant à une pression de 5oo atmosphères, et le titre de la solution, pôür les mêmes corps.
- L’erreur qui peut entacher les quantités q n’atteint certainement pas deux unités de la première décimale. Mais il n’en est pas ainsi des résistances
- stances essayées, la pression a une influence sur la conductibilité.
- Les courbes données montrent que la variation de condîictibilité varie presque linéairement avec la press ion, jusqu'à 3oo atmosphères ; elles sont toutes concaves vers l’axe des abscisses; il est possible que cela provienne d’une erreur dans les indications du manomètre; mais il est impossible de s’en assurer, vu le manque d’appareils propres à vérifier le manomètre pour des pressions aussi élevées.
- Observations continues de l’électricité atmosphérique, par MM. L. Pasqualini et A. Roiti.
- I. — Depuis le mois de juillet i883, il a été établi, à l’Institut des études supérieures de Florence, un petit observatoire pour enregistrer, d’une manière continue, l’électricité de l’atmosphère. La description des appareils et leur disposition ont formé
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- l’objet de notre précédent Mémoire (*) qui a été discuté à la Conférence internationale pour la détermination des unités électriques, réunie à Paris dans le courant de l’année 1884 (2). Nous nous bornerons à faire remarquer ici que le système d’enregistrement est le même que celui employé par M. Mascart au parc de Saint-Maur et adopté également par le Bureau central de Météorologie de Rome. L’ensemble des appareils se compose donc de l’égalisateur à chute d’eau de sir W. Thomson, de l’électromètre à cadran tel qui a été modifié par M. Mascart et de l’horloge à enregistrement de M. Duboscq.
- Les expériences que nous avons faites dans le second semestre de l’année 1884, avaient spécialement pour but de se conformer au vœu émis par la Conférence de Paris. Avant d’en parler nous croyons utile de dire quelques mots sur l’égalisateur Thomson.
- II. — Dès les premiers mois d’observation, c’est-à-dire, vers la fin de i883, nous avons fait un grand nombre d’expériences pour déterminer l’influence que pouvait exercer la vitesse d’écoulement de l’eau sur les indications données par l’électromètre. On entourait le point exploré (c’est-à-dire le point ou le filet d’eau se décompose en gouttelettes), au moyen d’un cylindre métallique qu’on amenait à un potentiel donné en se servant d’une pile, et on lisait, à des intervalles de temps égaux, les indications fournies par l’électromètre relié avec l’égalisateur.
- Le temps nécessaire pour que ce dernier prenne à peu près le même potentiel que le cylindre inducteur, peut être assez long. Il dépend de la quantité d’eau émise, de la forme du jet et aussi, comme cela était facile à prévoir, de la capacité électrique des conducteurs qui sont en communication avec l’électromètre (3). En se plaçant dans des conditions identiques à celles qu’on suit d’habitude pour l’enregistrement continu, et avec un débit de 6 litres d’eau par heure, l’égalisateur prenait :
- Après 1 minute les 0,937
- — 2 minutes les 0,954
- — 3 — 0,957
- — 4 — 0,959
- du potentiel qu’avait le cylindre inducteur.
- (*) Observations continues de l’électricité atmophérique faites à Florence par le professeur A. Roiti. Publications de l'Institut royal d’études supérieures. Florence, 1884. — La Lumière Électrique, t. XII, p. 462.
- (2) Conférence internationale pour la détermination des unités électriques, deuxième session. Paris, Imprimerie nationale, 1884, p. 68. — Sur la Conférence internationale pour la dètei mination des unités électriques, qui s’est réunie à Paris, dans le courant de l’année 1884. Rapport du professeur A. Roiti au Ministre de l’Instruction publique du royaume d’Italie. Nnovo Cimento, III. s. t. XVI.
- (8) H. Peliat, Étude des moyens employés pour prendre le potentiel de l’air. Journal de Physique, i885, p. 254.
- Pour mettre en lumière l’influence de la forme du jet et de la quantité d’eau émise, nous ferons observer qu’en consommant la même quantité de 6 litres d’eau, par ce seul fait que l’ouverture d’émission était plus large, le potentiel de l’egalisateur n’a atteint, dans une minute, queo,84, et que, en consommant i5 litres à l’heure, il est arrivé jusqu’à 0,98.
- En nous tenant au premier cas qui est le plus conforme aux conditions ordinaires des expériences, nous ferons remarquer que 4 ou 5 minutes après le moment où se produit une variation de potentiel, l’électromètre en donne seulement les 24/25. Cette erreur est encore appréciable dans nos courbes.
- Pour des variations lentes, le retard d’enregistrement ne produit pas d’effet appréciable ; il est, au contraire, très sensible pour des variations brusques qui, mè ne dans des conditions atmosphériques normales, peuvent atteindre de 200 à 3oo volts pour des intervalles de temps de quelques minutes. Lorsque la variation est dans le sens positif, la courbe indiquera des potentiels inférieurs aux vrais, tandis que si la variation a lieu dans le sens négatif, on aura des potentiels plus élevés; la courbe se trouvera donc plus ramassée que ce qu’elle devrait être par rapport à une ligne représentant l’allure moyenne du potentiel de l’air.
- Nous dirons donc pour conclure, que nos courbes, tout en représentant très bien l’allure moyenne ou générale, si l’on veut, du potentiel électrique de l’atmosphère, et en donnant avec toute l’exactitude qu’on peut désirer, le moment où une variation change de sens, ne donnent jamais la vraie valeur du potentiel à un instant déterminé, et leurs indications s’éloignent d’autant plus des indications vraies, que les variations sont plus rapides et plus fortes.
- III. — Les conclusions auxquelles ont conduit deux années d’observations continues du potentiel en un point exposé à l’air libre, sont celles qui ont déjà été rapportées dans le Mém ure précité, et qui se sont toujours confirmées dans la suite. Elles se résument en ceci : Que le potentiel à l'air libre présente des variations lentes et des variations rapides.
- Les variations rapides sort parfois si intenses, qu’elles arrivent à masquer, même par un temps serein et tranquille, l’allure générale de la courbe. Il ne nous a pas été possible de constater dans celles-ci de périodicité bien distincte.
- Les variations lentes présentent, au contraire, une périodicité diurne avec deux maxima, entre 8 et 9 heures du matin et du soir, et deux minima, entre 3 et 4 heures du matin et du soir.
- Les maxima et les minima, bien accusés pour un grand nombre de jours, où le temps a été serein et tranquille, ne ’ se rencontrent plus
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- lorsque le ciel est couvert et à la pluie. Il sont très peu accentués, et disparaissent tout à fait lorsqu’il souffle un vent très fort.
- Pendant la pluie, le potentiel est soumis à des oscillations très grandes ; il change fréquemment de signe, devenant tantôt positif et tantôt négatif.
- On pourrait encore déduire d’autres conclusions en faisant un relevé systématique des courbes. Nous nous proposons d’entreprendre ultérieurement cette besogne, qui exige beaucoup de patience. Pour le moment, nous nous bornerons à appeler l’attention sur la grande ressemblance qui existe entre la courbe qui représente les variations moyennes diurnes du potentiel électrique, et celle de la pression barométrique.
- Cette ressemblance a déjà été remarquée par MM. Everett et Whipple, à Kew, et par M. Ellis à Greenwich. Nous l’avons trouvée confirmée ici, à Florence (*).
- IV. — A la Conférence de Paris, on a beaucoup discuté la question de savoir si le potentiel en deux points voisins, mais placés dans des conditions différentes, par rapport à la hauteur au-dessus du sol, à la distance et à la forme des bâtiments environnants, est toujours dans le même rapport. Ou, en d’autres termes, si les courbes obtenues en observant les deux points, présentent toujours des ordonnées proportionnelles entre elles.
- La Conférence s’est montrée favorable à cette opinion, quoique les expériences faites antérieurement à l’Institut de Florence aient prouvé le contraire.
- La question est importante parce qu’elle en implique une autre, celle de savoir si on doit ou non prendre certaines précautions dans le choix du pointa observer. Ceci nous a engagés a poursuivre nos études dans ce sens. Deux électromètres mis en communication avec deux égalisateurs, enregistraient sur la même feuille de papier, la courbe du potentiel aux deux points considérés. Un de ceux-ci était placé à 4 mètres au-dessus du plan d’une terrasse située sur le toit du bâtiment de l’Institut, et se trouvait à environ i3 mètres du sol. Le bâtiment est constitué de telle façon qu’à cette hauteur l’air est libre de circuler tout autour à une grande distance. L’autre point exploré se trouvait dans une cour à peu près à un mètre du sol et éloigné de deux mètres environ du mur du bâtiment exposé au nord-est. La cour est très vaste, et les murs qui la séparent des jardins environnants sont très bas, de sorte que l’air y circule sans gêne.
- Dans ces conditions on a continué l’enregistrement pendant plusieurs jours, et si l’on étudie attentivement les courbes ainsi obtenues, on peut en
- (*) Observations of 'Almospheric Electricity at the Kew Observatory during 1880, by G. M. Whipple, Superinten-dent. — Report ofthe British Association, 1881.
- déduire que les maxima et les minima ont lieu aux deux points, à la même heure, et que les variations brusques commencent au même moment pour tous les deux, pour avoir une même durée. Mais pour ce qui est de la proportionnalité, il ne nous a jamais été donné de pouvoir la constater. D’après l’examen des tableaux où se trouvent enregistrés les potentiels qui se rapportent simultanément à ces deux points, il semblerait au contraire que le rapport entre le potentiel du point placé en haut et celui du point inférieur présente un certain caractère de périodicité, en atteignant une valeur maxima dans les heures des maxima et une valeur minima dans les heures des minima. Ainsi, par exemple, dans les courbes du 4 au 5 février 1884, à g heures du soir, le 4 février, le potentiel était sur le toit environ 33 fois plus grand que dans la cour; à 3 heures du matin du 5 février, il ne l’était que 16 fois. Agheures du matin du même jour, il était 22 fois plus fort et il est tombé de nouveau jusqu’à 14 vers les 3 heures du soir. Il n’est pas à supposer que ces différences dans les valeurs du rapport puissent être dues à un retard différent des appareils, dans l’enregistrement simultané des variations, d’abord, parce que les différences sont trop considérables et ensuite, parce qu’elles ont lieu même à la suite de faibles variations qui se produisent dans un temps relativement long.
- V. — Une autre série d’expériences que nous croyons d’un ordre tout aussi important, a été faite en enregistrant simultanément le potentiel du point situé comme d’habitude à l’air libre, à 4 mètres du sol de la terrasse placée sur le toit de l’Institut, et d’un second point pris à l’intérieur d’une petite chambre de 5o mètres cubes environ. Cette chambrette se trouve au niveau de la terrasse, juste au-dessous de la petite tourelle où est placé le premier collecteur. Elle présente quatre fenêtres mesurant un mètre carré d’ouverture qui donnent : deux sur la terrasse, une au nord-est et une au nord-ouest.
- Pendant les expériences, cette chambre ne renfermait aucun objet en dehors du second collecteur, qui était adossé à un angle des murs et, moyennant un long tuyau, faisait tomber l’eau goutte à goutte au milieu de la pièce. On explorait, en somme, deux points placés l’un presque au-dessous de l’autre, à une différence de hauteur de 2 mètres ou à peu près. La seule différence, c’est que l’un se trouvait à l’air libre et que l’autre était enfermé dans une enveloppe conductrice, communiquant avec le sol.
- En tenant les persiennes et les carreaux des quatre fenêtres ouverts, l’air pouvait circuler facilement, d’autant plus qu’il y avait tirage par le haut de l’escalier qui mène à la tourelle. Ces expériences ont duré quelques mois et on a changé
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- parfois les conditions, en fermant pendant un certain temps les carreaux d’une des fenêtres ou en ouvrant les persiennes.
- Les deux électromètres, qui se trouvaient à des potentiels très différents, étaient parfaitement séparés l’un de l’autre au moyen d’un écran métallique fixé au sol ; de même tous les fils conducteurs d'un des systèmes avaient été renfermés dans des longs tuyaux en métal, de sorte qu’on peut dire qu’on avait pris le plus grand soin pour éviter toute cause d’erreur.
- Le point placé à l’intérieur de la chambre s’est maintenu, naturellement, à un potentiel très bas, compris entre un et deux volts; c’est seulement dans les jours de pluie qu’il a subi de fortes variations.
- En examinant les courbes, on voit que toutes ou presque toutes les variations rapides indiquées dans la courbe du point extérieur se trouvent reproduites sur celle du point intérieur; mais on ne peut pas dire, comme dans le cas précédent, qu’elles commencent toutes au même moment et qu’elles aient la même durée.
- La variation se produit à l’intérieur avec un petit retard, et a toujours une durée un peu plus longue, comme si l’air électrisé avait besoin d’un certain temps pour pénétrer dans la chambre et venir influencer l’électromètre. Ce temps est comparable à la durée d’une de ces variations, que nous avons appelées rapides.
- Le caractère spécifique de toutes les courbes de l’intérieur, est l’absence des maxima et des minima qu’on observe à l’air libre. Leur allure générale est celle d’une droite parallèle à la ligne des zéros; et, si parfois on y rencontre des sinuosités, celles-ci n’ont pas lieu à des heures fixes et coïncident rarement avec les maxima et les minima caractéristiques.
- Il nous semble donc pouvoir admettre, avec quelque fondement que les variations rapides sont produites par l'air électrisé qui passe à proximité du point exploré; mais les variations lentes sont dues à une cause différente qui n'agit point ou très peu sur un point protégé par une enveloppe conductrice.
- VI.— On a procédé à une autre série d’expériences en enregistrant, sur la même feuille, le potentiel du point placé à l’intérieur de la susdite chambre et celui d’un point situé dans une cave. La cave, où se trouvait ce point à explorer, cubait environ i5o mètres cubes et se trouvait de moitié en sous-sol. Elle est munie de deux fenêtres donnant au nord-ouest, placées au ras du sol, dans la cour de l’Institut.
- On a rencontré beaucoup de difficultés pour arriver à enregistrer, dans une mansarde, les indications données par l’égalisateur qui se trouvait dans la cave. Il a fallu isoler et maintenir isolé un
- conducteur très long, traversant un grand nombre d’endroits et de murs. On en vérifiait l’isolation au moins deux fois par jour. Les expériences ont duré, dans ces conditions, pendant quinze jours. Pendant certains jours, tels que les 3, 4, 14, i5 novembre 1884, les deux courbes se sont maintenues très concordantes entre elles, ou, pour mieux dire, elles présentaient toutes les deux les mêmes variations rapides. En d’autres jours, la concordance est si incertaine qu’il a été difficile de le constater. Nous croyons probable qu’on l’aurait toujours rencontrée si la cave eût été mieux ventilée, ou si l’égalisateur, au lieu de se trouver dans une cave, eût pu être placé au rez-de-chaussée, dans une chambre munie de persiennes et exposée à tous les vents, comme cela avait lieu pour la petite mansarde. Il est certain que le fait de ne pouvoir changer que difficilement l’air, doit avoir retardé, plus qu’à l’ordinaire, l’enregistrement des variations, en faisant disparaître de la sorte, la concordance entre les deux courbes.
- Les courbes qui se rapportent au point situé dans la cave, ainsi qu’à celui qui se trouvait dans la mansarde, n’ont pas de maximum.
- Elles présentent, à la simple inspection, la particularité intéressante de passer souvent au-dessous delà ligne des zéros, tandis que les courbes de la mansarde se maintiennent toujours positives, lorsque le ciel est serein.
- De plus, le potentiel était, dans la cave, constamment moins élevé que dans la mansarde, et la différence était considérable, quoique le volume d’air y fût triple. Il faut donc en déduire que la densité cubique de l’électricité était de beaucoup inférieure dans l’endroit placé sous le sol.
- Ces expériences ne sont certainement ni assez nombreuses ni assez variées pour démontrer, d’une manière générale ce fait, qu’en même temps que le potentiel électrique, l’électrisation de l’air va en augmentant du bas vers le haut. Elles le donnent néanmoins comme probable. Et, d’un autre côté, ce fait se trouve justifié par les considérations de M. Sohncke (') qui, se basant sur l’expérience de Faraday, que la glace frottée avec de l’eau en gouttelettes s’électrise positivement, assigne une électrisation positive aux cristaux qui forment les cirrhus et qui, toujours, même le ciel étant serein, se trouvent dispersés dans l’atmosphère, au delà de 3oo mètres de latitude. Il ne faut pas non plus oublier de mentionner à ce propos la déduction très importante à laquelle est arrivé M. Blavier (a) en comparant les courbes données
- (q Nous n’avons connaissance, jusqu’à présent, que d’un résumé très court et incomplet de l’ouvrage de M. L. Sohncke : Der Ursprung der Gewitter-Elektricitæt, und der gewœhnlichen Eleklricitset der Atmosphsére. Iéna.
- (2) E. Blavier, Étude des courants telluriques. Paris, Gauthier-Villars, i83q.
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- par les magnétomètres avec les courbes qu’il a obtenues en enregistrant, d’une manière continue les courants telluriques. Il a établi que les variations magnétiques sont produites par des courants électriques qui circulent, non pas à l’intérieur du globe, mais dans les régions supérieures de l’atmosphère, et il admet comme probable que les variations journalières, à peu près régulières, du magnétisme terrestre, sont produites par l’électricité atmosphérique qui a été transportée dans ces régions par les vents qui vont du sud-est au nord-ouest, et dont la marche est modifiée par la chaleur du soleil.
- VII. — En résumant, nous conclurons par quelques considérations générales.
- Les faits les plus importants sont les suivants :
- x° Le potentiel en un point de l’air libre, subit des variations lentes qui ont une double périodicité par jour, et des variations rapides qui ne présentent, à ce qu’il semble, aucune périodicité;
- 2° Les variations rapides sont dues aux masses d’air en proximité du point exploré ;
- 3° Cette électrisation de l’air est généralement positive partout, et elle est probablement supérieure dans les points placés en haut plutôt qu’en bas;
- 4° Il semble en résulter, qu’on ne doit pas attri buer aux masses d’air voisines les variations périodiques lentes qui concordent avec les variations régulières de la pression barométrique.
- Où réside donc là cause qui produit les maxima et les minima du potentiel, à la même heure, dans toutes les stations où on a jusqu’à présent observé l’électricité atmosphérique ?
- D’après ce que nous avons dit, il semblerait que cette cause est due à une électrisation positive intense des régions supérieures. Mais ces grandes quantités d’électricité se déplacent sans cesse; et, en laissant de côté les perturbations qui ont lieu dans les jours de bourrasque, il est à observer que dans les jours calmes et sereins, cet air électrisé est soumis à des mouvements périodiques produits par des variations de température, et, quoique cet' air agisse à distance, néanmoins en se déplaçant, il ne peut qu’influencer nos électromètres.
- De tous ces déplacements, ceux qui ont le plus d’influence sont ceux qui tendent à éloigner ou à rapprocher du point exploré ces grandes masses d’air.
- Les courants ascendants doivent produire une diminution, et les descendants une augmentation du potentiel électrique du point exploré à l’air libre.
- Et si on pense que les variations barométriques doivent dépendre en grande partie de la composante verticale du vent, on s’explique de suite la concordance qui existe entre la courbe donnée par l’électrographe et celle du barographe.
- Nous sommes donc amenés à considérer comme probable la proposition suivante :
- Les variations lentes et périodiques du potentiel électrique à l'air libre, sont dues à des mouvements qui influencent toute l'atmosphère, spécialement, les régions supérietires. Lesvariations rapides sont produites par des mouvements locaux qui agissent seulement sur les masses d'air qui se trouvent près du point exploré. Il s'ensuit que sur ces dernières viennent agir, d'une manière énergique, toutes les causes que présentent les objets environnants.
- Nous tenons à remercier vivemertt le Ministre de l’instruction publique d’Italie, qui nous a fourni les moyens nécessaires pour ces recherches sur l’électricité atmosphérique, recommandées par la Conférence de Paris. Grâce à lui, nous sdjnmes à même de faire maintenant quelques essais préliminaires, et nous disposons du matériel nécessaire pour une expérience à laquelle nous attribuons beaucoup de valeur. Cette expérience consiste à enregistrer simultanément le potentiel de trois points placés sur une même verticale, à des distances considérables, tout en étant dans les mêmés conditions. Nous espérons que l’on voudra biën pour cette expérience mettre à notre disposition la tour de Giotto.
- CORRESPONDANCES SPÈCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne.
- A PROPOS DE l’origine DE l’ÉLECTrIcITÉ ATMOSPHERIQUE. — J’ai déjà eu l’occasiofi, dans une lettre antérieure, de vous parler plusieurs fois des recherches entreprises, un peu partout, à l’effet d’établir l’origine de l’électricité atniosphérique. Ces recherches ont été, tout récemihent, l’objet d’un examen critique, de la part de M. F. Jordan, de Berlin. Cette critique a paru dans la « Revue de météorologie » allemande.
- D’après l’opinion de M. Jordan, l’expérience en petit n’aurait qu’une importance de second ordre, au point de vue de l’explication de ce qui se passe dans la nature. Les phénomènes grandioses dont la nature nous rend témoins, sont souvent presque imperceptibles, mais de longue durée. Ce rapport n’existe nullement dans les expériences des laboratoires où, cause et effet, ont une yàleur à peu près égale.
- On a cru, en général, devoir rechercltqr la source de l’électricité atmosphérique dans djes phéno-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 231
- mènes de frottement d’ordre quelconque. M. Jordan pense qui le plus grand frottement provient du mouvement ascensionnel et des changements de direction des particules de vapeur d’eau qui se meuvent au milieu de l’air sec.
- On sait que M. Hoppe a émis l’opinion que l’électricité atmosphérique prenait naissance, par suite du frottement de la vapeur d’eau contre les parties solides de la surface terrestre. M. J >rdan combat cette théorie en faisant remarquer que ce frottement n’a qu’une faible importance et ne peut se produire qu’au bord de l’eau ou sur le flanc des montagnes, ou là, enfin, où des vents chargés d’hu nidité glissent le long de la surface des terres.
- Il est vrai que les phénomènes dus à l’électricité atmosphérique peuvent être expliqués aussi bien par l’hypothèse de M. Hoppe que par celle de M. Jordan. Il existe, néanmoins, un point qui pourrait servir de critérium pour la plus ou moins .grande exactitude des théories, s’il n’avait besoin lui-même d’être d’abord établi d’une façon absolument certaine.
- Bien que l’air soit presque toujours chargé d’électricité positive, l’électricité atmosphérique est parfois négative, et il peut même arriver, par un ciel serein, que l’électricité négative soit, en moyenne, beaucoup plus grande que l’électricité positive.
- Si l’hypothèse de M. Palmieri est vraie, cette électricité n’appartient pas à l’air, mais provient de la résolution en eau des vapeurs contenues dans l’atmosphère et de la chute plus ou moins grande de cette eau.
- Ce point admis, l’une et l’autre hypothèse peuvent se soutenir.
- M. Jordan pense cependant qu’il est difficile d’admettre que, même par un ciel parfaitement et constamment serein, cette électricité qui, eu moyenne, est beaucoup plus grande que l’électricité positive généralement régnante, puisse se développer par influence.
- L’eau précipitée, devrait en effet, dans ce cas, tomber à une distance considérable, ce qui aurait pour effet d’affaiblir l’électricité d’influence. Pour que l’électricité par influence fût en état de vaincre l’électricité positive de l’air, il faudrait que la quantité d’eau précipitée fût assez considérable, et que, d'autre part, l’évaporation et l’humidité de l’atmosphère, fussent très peu importantes. Sans cela, il serait impossible que l’électricité positive, appartenant à l’eau, pût être neutralisée, au point que l’électricité négative devînt même en moyenne, supérieure à l’électricité positive. Il pourrait, de plus, très bien se faire que l’électricité d’influence prît naissance dans un nuage entouré d’air saturé de vapeur puisque l’électricité repoussée, pourrait être prise par l’air ambiant. Mais, dit M. Jordan, il est difficile d’imaginer comment l’electricité d'in-
- fluence peut naître dans un espace vaste et homogène ; aussi trouve-t-il plus simple et plus claire, son explication à lui, d’après laquelle l’air s’électrise négativement, par suite du frottement contre les particules d’eau, animées d’un mouvement ascensionnel.
- M. P. Andries attribue, au contraire, l’origine de l’électricité au frottement des globules d’eau contre l’air humide, et non pas contre l’air sec. Pour que cette théorie fût exacte, il faudrait que ce frottement eût pour effet d’électriser positivement la vapeur d’eau et négativement les globules d’eau. Les nuages composés de globules d’eau, devraient donc accuser de l’électricité négative. L’observation prouve le contraire. L’hypothèse que la vapeur se transforme par condensation en nuages, avec développement d’électricité positive, n’expliquerait toujours que l’électrisation positive des nuages.
- M Sohnke pense que la source de l’électricité atmosphérique, doit être attribuée au frottement de l’eau qui se trouve à l’état liquide dans l’atmosphère contre l’eau à l’état de glace, qui se trouve dans les couches supérieures de l'air. M. Jordan soulève contre cette théorie, l’objection que l’électricité positive prédomine considérablement, aussi bien dans l’atmosphère que dans les nuages. D’après certaines expériences que M. Sohnke a entreprises pour déterminer la nature de l’électricité qui se développe par frottement de l’eau contre la glace, la glace s’électriserait positivement et l’eau négativement. D’après l’auteur, l’air étant, par beau temps, continuellement occupé à descendre des hauteurs vers la surface de la terre, les particules d'air chargées d’électricité négative arrivent à la terre, tandis que l’air des couches plus élevées, positivement électrisé, demeure en haut. L’hypothèse de M. Sohnke ne rend pas du tout compte de l’électrisation des nuages.
- Bobines sans induction pour électro-aimants. — M. le docteur Aron a déjà, dans la construction de la pendule électrique, dont je vous ai entretenu dernièrement, fait usage d’une bobine sans induction, afin d’éviter la production d’étincelles qui auraient pu compromettre l’isolant. A l’époque où je vous ai parlé de cet appareil, M. Aron tenait son dispositif secret; aujourd’hui que l’invention fait l’objet d’un brevet allemand il m’est possible et je crois intéressant de vous en dire quelques mots.
- Afin de réduire à un minimum les effets dus aux courants d’induction qui sont d’une tension très élevée, M. Aron place entre les différentes couches de spires de la bobine une matière conductrice, telle que du cuivre, du plomb ou de l’étain ou bien encore, il enroule à côté du fil isolé un fil de cuivre nu. Pour diminuer, autant que possible, les actions exercées par la désaimantation du noyau, l’inven-
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- teur fabrique les boîtes qui renferment les bobines, avec une matière conductrice. Ces boîtes sont fermées et à fortes parois.
- Dans les électro-aimants construits de cette façon, les enveloppes de cuivre et les couches métalliques placées entre les spires absorbent tellement l’énergie de l’induction mutuelle qui s’exerce entre les différentes parties de la bobine, qu’aucun mouvement perceptible d’électricité n’a lieu dans le circuit isolé.
- M. le docteur Aron pense pouvoir appliquer ces bobines sans induction à la conservation des commutateurs dans les machines dynamo, puisque les interruptions intermittentes de courant provenant du contact imparfait des balais ne seront pas accompagnés d’une aussi forte production d’étincelles.
- La durée des lampes deviendrait également plus longue, par l’emploi de bobines de ce genre, puisque les défauts d’isolation, fréquemment causés par les extra-courants se produiraient bien plus rarement.
- M. Aron pense enfin que l’emploi de ces bobines serait à recommander au point de vue de la sécurité du personnel chargé de la surveillance des machines dynamos.
- Dr H. Miciiaelis.
- Angleterre.
- La force électromotrice de certains éléments a l’étain. — M. E, F. Herroun de King’s College, à Londres, a construitune série d’éléments contenant des sels d’étain en dissolution et il en a mesuré la force électromotrice au moyen d’un élément étalon Daniell contenant des solutions de zinc et de sulfate de cuivre, d’après la méthode indiquée par M. le docteur C. R. A. Wright. La force électromotrice de cet élément était de iv0lt,o8 .et le degré de concentration des sulfates de 1,8 pour cent.
- Les éléments contenant du zinc dans une solution de sulfate de zinc (o,5Zn SO4, iooH20), et de l’étain dans une solution de sulfate d’étain (o,5SnS04, iooH20) donnaient une force électromotrice deovolt,5ig à ovolt,535; la variation provenait d’une faible différence de la quantité de H2 SO4 libre, ainsi que de l’état de la surface de la plaque d’étain. M. Herroun indique ovolt,525 comme une bonne moyenne de la valeur de la force électromotrice de ce genre d’éléments.
- Un élément dans lequel l’étain plongeait dans une solution de o,5SnS04, iooHaO et le cuivre dans une solution de o,5 Cu SO4, 100 H20 donnait une force électromotrice d’environ ovolt,56.
- Un élément contenant du cadmium dans une solution de o,5 Cd SO4, 100 H20 et de l’étain dans
- une solution de o,5SnS04, iooH20 donnait une force électromotrice de ovolt,i8ç).
- Un élément, monté avec du zinc amalgamé dans une solution de o,5 Zn Cl2, ioo HaO avec de l’étain dans une solution de SnCl* iooH20 donnait une force électromotrice de o volt,549.
- Un autre élément contenant un dépôt électrolytique de cadmium dans une solution de o,5 Cd Cl2, ioo H20 avec de l’étain dans une solution de o,5 Sn Cl2, iooHaO, donnait une force électromotrice de ovolt,28c).
- Enfin, un élément monté avec du zinc amalgamé dans une solution de o,25Zn I2, iooH20 et avec de l’étain, dans une solution de o,25 Sn I2, ioo H20, les deux solutions étant acidulées avec i o/o de HI, donnait une force électromotrice d’environ ovolt,485.
- Une station télégraphique flottante. — M. Moodley a construit une station télégraphique flottante, dont un modèle a dernièrement été essayé, dans le canal de Wolney. Ce modèle a 5 pieds de long sur 5 de large ; sa profondeur est de 14 pouces, et son tirant d’eau de 2 pouces; du niveau d’eau au sommet de la chambre des lanternes il y a 3 pieds. Le modèle représente une station télégraphique, et un phare flottant, d’une longueur et d’une largeur de 80 pieds, portant une lumière à 60 pieds de hauteur. Le tirant d’eau du navire, est très faible, mais comme protection contre l’effet des grosses vagues, il est divisé en plusieurs compartiments étanches, et muni de grandes ouvertures autour du pont pour l’écoulement de l’eau de mer. En pleine mer, on a l’intention d'amarrer le navire à des bouées submergées à une certaine profondeur. Le câble télégraphique part d’une cabine au centre, et ne peut être pris par la chaîne d’amarrage.
- La lumière électrique dans la représentation de « Faust. * — La nouvelle adaptation du Faust de Goethe, par M. Wills, constitue une des plus belles représentations dramatique qui aient jamais été produites sur la scène anglaise. L’auteur a suivi l’original avec beaucoup de fidélité et sa pièce comprend la Walpurgisnacht suite Brocken. M. Irving joue le rôle de Méphisto-phélès, et, comme l’élément magique et diabolique entre largement dans ce rôle les ressources ordinaires de l’éclairage scénique ont été augmentées par l’emploi de l’électricité. Ainsi, au moment où Méphistophélès s’interpose dans le duel entre Faust et Valentin, des étincelles électriques partent de son épée, chaque fois qu’elle touche celle de son adversaire. Ces étincelles sont produites par des piles secondaires portatives. La pointe de l’épée de Méphistophélès va, paraît-il, être munie d’une lampe à incandescence au moyen de laquelle il pourra éclairer la figure du cadavre de Valentin,
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- rien qu’en étendant l’épée. Des lampes colorées seront attachées au bonnet de Méphistophélès, qui pourra les .faire fonctionner à volonté et éclairer sa propre figure. Actuellement on fait changer la couleur de sa figure par des projections de lumière Drummond. Sir Francis Bolton, qui a pu se familiariser avec ces jeux de lumière, pendant les récentes Expositions internationales à South Ken-sington, a prêté le concours de son expérience à ces nouveaux effets de scène, et j’espère pouvoir bientôt vous en donner le détail.
- Etalonnage des galvanomètres au moyen d’un courant constant. — M. J. Mather, assistant au « Physical Departement of the City and Guilds of London Central Institution », a donné la méthode suivante, pour l’étalonnage des galvanomètres. ^
- Elle consiste à mesurer le moment de rotation exercé sur l’aiguille aimantée de l’instrument, par un courant constant, lorsque l’aiguille et les bobines ont des positions relatives différentes.
- FIG. I
- Un galvanomètre étant placé dans un champ magnétique uniforme (champ terrestre), et un courant convenable passant dans les bobines, ce courant étant pris comme unité de l’étalonnage, l’aiguille prendra une certaine position d'équilibre, en faisant un angle D (fig. 1) avec la direction du méridien magnétique, et un angle 6 avec la position zéro de la graduation.
- Comme dans cette position, le moment directeur est proportionnel à sin D, et comme il est en équilibre avec le couple provenant du courant unité, on voit que ce couple est proportionnel à sin D quand l’aiguille est dirigée sur la division 6°.
- Mais, dans l’usage ordinaire de l’instrument, la ligne du zéro est dans le méridien magnétique, et, lorsque l’aiguille est sur o°, le couple directeur est proportionnel à sinô; par suite, le courant nécessaire pour produire cette dérivation 6, si le galvanomètre était employé de la manière ordinaire
- serait proportionnel à 44g. Or, le courant est proportionnel au couple de déviation, lorsque les positions relatives de l’aiguille et des bobines sont les mêmes (voir fig. 2). Ceci étant juste pour toutes les déviations, la courbe d’étalonnage est don-
- née, en portant comme coordonnées, ô et . ja courbe ainsi tracée est celle qui relie les courants aux déviations, pour l’instrument considéré.
- Le même courant peut, par suite, être employé pour déterminer les diverses valeurs de D.
- Pour mesurer l’angle D, correspondant à une certaine valeur de ô, il suffit de noter les positions de l’aiguille, lorsque le courant passe, et lorsqu’il est interrompu. En choisissant le courant, de telle' sorte que la plus grande valeur de D soit voisine de go°, la méthode est d’une grande sensibilité et on voit qu’elle réduit les appareils d’étalonnage à leur minimum, puisqu’elle n’exige qu’une pile constante et l’instrument lui-même.
- Nous avons dit que l’on mesure l’angle D en laissant revenir l’aiguille dans le méridien magnétique; ceci demande un certain temps, si l’aiguille n’est pas apériodique ; l’opération peut être grandement facilitée par l’emploi d’un second cercle divisé, de position fixe, sur lequel on lit chaque fois l’angle D.
- Cette méthode peut être utilisée comme un
- FIG. 2
- moyen de vérifier si un galvanomètre dont la loi est supposée connue, la suit réellement.
- Soit par exemple :
- i=m
- la loi reliant l’intensité du courant à la déviation ; alors, en construisant une courbe avec /(e) et
- |44, comme coordonnées, on devra obtenir une ligne droite.
- Dans le cas de la boussole des tangentes, on a :
- /(e) = Ktang6.
- Si nous portotfs comme coordonnées tang 6 et ou, puisque sin0entre dans les deux
- expressions, sin D et cos 0, on devra obtenir une ligne droite, si le galvanomètre est réellement une boussole des tangentes. Pour un galvanomètre
- proportionnel, il faudra porter 0 et ^°D, comme coordonnées, et on devra aussi obtenir une ligne
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- droite* ou bien, si on veut employer le calcul, on devra avoir :
- sine
- OsitiD
- = constante.
- J. Münro.
- CHRONIQUE
- Le tramway électrique de Blackpool.
- Le journal anglais « The Engeneer » (icr janvier 1886) donne les détails suivants sur les essais qui ont précédé la construction de cet ouvrage, ainsi que sur les dispositions qui y ont été ap-
- FTO. I
- pliquées définitivement, en y joignant quelques réflexions sur l’état actuel de l’électro technologie en Angleterre.
- * Le développement de la traction électrique a été très lent en Angleterre; il y a deux ans déjà que M. Trailla mené à bien le railway de Portrush, et, à part une courte ligne à voie étroite construite par M. Volk à Brighton, mais ayant un caractère privé, c’était, avant l’ouverture du tramway de Blackpool le seul ouvrage de ce genre.
- Il est difficile d’assigner une cause à ce fait ;
- se peut que l’abondance des moyens de locomotion que l’on a actuellement sous la main, reporte au second rang, toute nouvelle entreprise dans ce sens, où bien, il est possible que l’échec éprouvé par l’industrie de l’éclairage électrique a réagi sur
- FIG. 2
- les autres applications de l’électricité, et que des difficultés financières se mettent en travers de tout ce qui s’y rapporte. Quoi qu’il en soit, nous sommes
- A A
- (en Angleterre), sur ce point, en arrière, non seulement de l’Amérique, mais même du continent. Vers la fin des travaux du railway de Portrush, il
- FIG. J
- y avait déjà en Allemagne et en Autriche seulement, les lignes suivantes en exploitation : i° Lichterfelde, près Berlin 2km,4; 20 Mœdling, près Vienne, 3km,2; 3° Frankfort-Offenbach, 6km,Ô4 ; 40 mines de Zau-kerode, ikm,2; 5° mines de Hohenzollern, okm,8; 6° mines de Neu-Stassfurt, ikm,2.
- A notre dernière Exposition des inventions, il
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- y avait deux systèmes différents de tramway, qui peuvent être considérés comme typiques.
- Dans l’un de ces systèmes, chaque voiture transporte sa propre réserve de force motrice ; il était représenté par un petit modèle de tramcar, construit sur le principe de M. Reckenzaun, et muni
- de deux de ses moteurs et d’accumulateurs. Dans l’autre système, l’énergie électrique est conduite à la voiture par un conducteur placé tout le long de la ligne ; M. Holroyd Smith a installé à l’Exposition, des voitures de son système, qui transportaient des passagers, le long de la promenade du Sud.
- Fin. ?
- M. Holroyd Smith a décrit ses expériences dans les communications faites par lui, de temps à autre, devant l’Association Britannique, la première datant de septembre i883.
- Les dernières expériences furent faites sur une ligne de too mètres de long et d’une largeur de
- im,42 avec un tramway du type ordinaire ; pour parer aux courbes de court crayon, l’essieu moteur était pourvu d’un engrenage différentiel, comme on peut voir (tig. i). M est un moteur Siemens faisant 65o tours à la minute ; E représente la combinaison d’un manchon à friction, et d’un pignon à chaîne ;
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- celle-ci est en acier, elle passe sur la roue H qui est folle, et qui porte un pignon conique, engrenant avec B, et B3 ; B, est clavetée sur l’essieu, tandis que B2 est solidaire de la seconde roue T3 qui peut tourner librement sur l’essieu.
- Le courant passe d'un conducteur souterrain central au moteur, au moyen d’un collecteur, et retourne de là, par une pince spéciale (fîg. 2) à l’essieu, et par les roues, aux rails qui complètent le circuit.
- Le conducteur central unique avait l’inconvénient de n’être pas garanti contre les pierres et la boue qui peuvent tomber dans le conduit où il est placé, par l’ouverture longitudinale étroite, nécessaire au passage du collecteur; aussi l’a-t-on remplacé par deux conducteurs semi-circulaires indépendants, et tout ce qui pourrait tomber, passe entre eux et va au fond du conduit.
- La figure 3 montre l’arrangement du centre de la voie ; C,C sont des chaises en fonte, et S,S, leurs
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- supports en bois. Ces chaises servent de points d’attache aux fers cornières A, A et aux conducteurs
- FIG. 7
- semi-circulaires en cuivre qui sont isolés par les blocs I, I.
- Les divers segments du conducteur sont naturellement joints de manière à permettre le jeu des dilatations.
- On peut curer l’espace compris entre les chaises et, pour cela, de distance en distance, des chambres sont en communication avec l’égout principal de la rue.
- Le collecteur mobile est entraîné par la voiture, au moyen de deux cordes en cuir, assez faibles, pour, qu’en cas d’obstruction du conducteur, elles cassent, sans endommager d’autres parties de l’appareil, le courant étant amené au moteur par une pince qui se détachera dans ce cas.
- Toutes les parties essentielles de cette voiture d’essai se retrouvent dans le tramway de Blackpool, mais considéra-fi -, o blement simplifiées ; on a abandonné l’engrenage différentiel, et les deux roues sont calées sur l’esssieu moteur.
- Nous donnons les coupes et le plan de la voi-
- ture et les détails du collecteur et des conducteurs et une perspective de la voie.
- Le conducteur consiste en deux tubes elliptiques en cuivre ; ils sont portés par des tenons en fer fixés à des isolateurs en porcelaine, qui sont attachés eux-mêmes à des blocs de bois créosote placés des deux côtés ; les tenons sont serrés dans
- FIG. 10
- les tubes par des coins de bois, et les divers segments des tubes reliés par des coins en métal.
- A chaque extrémité de la voiture sont placées des boîtes de résistance à manettes, au moyen desquelles
- FIG. II ET 13
- on peut régulariser la marche en variant le courant.
- Pour renverser le sens de propulsion de, la voiture, on renverse le courant dans l’armature par un dis-
- FIG. l3
- positif spécial, tandis que le champ reste le même, le moteur étant enroulé en dérivation ; de cette manière il n’y a pas besoin de changer la position des balais, qui consistent en deux séries de bandes, tangentes au commutateur, et pressées contre lui par des ressorts en spirale.
- Le courant est engendré par des dynamos Elwell-Parker à quatre pôles.
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- CORRESPONDANCE
- Grenoble, le 24 janvier 1886.
- Monsieur le Directeur,
- Nous venons vous prier de vouloir bien rectifier une erreur, sans doute involontaire, commise dans un article du numéro du ai mars i885, signé Paul Samuel. Il y est dit que l’installation téléphonique de la papeterie de M. A. Fredet, à Brignoud (Isère), a été faite par MM. Grassi et Beux et qu’ils y ont installé leur rappel à inversion de courant.
- Cela n’est pas. Cette installation a été faite, par notre maison et nous n’avons pas employé des rappels. Chaque poste téléphonique est desservi par un fil spécial le reliant à un poste central.
- Nous comptons sur votre impartialité pour insérer cette petite rectification dans un des prochains numéros de votre estimable journal.
- Dans cet espoir, veuillez agréer, etc.
- J. Badier et Paulin.
- FAITS DIVERS
- C’est le 26 février prochain que tombe le centième anniversaire de la naissance d’Arago, ancien secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences et Directeur de l’Observatoire de Paris.
- 11 nous a paru intéressant, à l’occasion de cette date, de rappeler, en quelques lignes, les remarquables travaux de l’illustre savant sur l’électricité.
- C’est à lui que nous devons l’invention de l’électro-aimant à laquelle il coopéra avec Ampère, ainsi que la découverte du magnétisme de rotation, qu’il fit dans un voyage en Angleterre, où il remarqua le retard produit par une boîte métallique sur les oscillations d’une aiguille aimantée, et les observations delà corrélation des oscillations extraordinaires de l’aiguille aimantée, et des courants polaires.
- Arago écrivit le premier Traité qui ait paru en France sur les effets de la foudre, sur l’établissement des premières lignes télégraphiques, le premier rapport fait sur la galvanoplastie, ainsi que celui traitant de l’emploi de la télégraphie éléctrique pour rapporter la longitude des divers lieux de la terre à celle de l’Observatoire de Paris.
- Il serait trop long de rapporter ici tous les progrès réalisés dans les différentes inventions patronnées, perfectionnées ou imaginées par Arago.
- Nous sommes heureux d’apprendre que notre collaborateur, M. Dieudonné, a été invité, par le Comité de l’Association polytechnique de Neuilly, à donner une Conférence scientifique sur un sujet d’actualité. Il parlera des accumulateurs électriques et de leurs applications industrielles.
- La Conférence aura lieu le lundi 22 février prochain.
- Leprixannuel de 25.oûofrancs, qui fut fondéeni874 parle Roi des Belges, pour les progrès des travaux scientifiques, sera décerné, pour l’année 1889 à l’auteur du meilleur ouvrage sur les progrès de l’électricité comme force motrice
- et éclairage, sur les applications possibles de l’électricité et sur les avantages pratiques de celle-ci. Les étrangers qui désirent concourir doivent envoyer leur travail imprimé ou en manuscrit, au ministre des travaux publics à Bruxelles, avant le 1er janvier 1889. Les nouvelles éditions d’un ouvrage déjà publié ne seront admises au concours qu’à condition d’être considérablement modifiées et augmentées, même si l’ouvrage a paru pendant les années i885-1888. Les ouvrages peuvent être écrits en Français, en allemand, .flamand, anglais, italien ou espagnol, et le travail couronné doit être publié dans 'l’année qui suivra. Le jury sera nommé par le Roi des Belges et se composera de 7 membres dont 3 Belges et 4 étrangers.
- Le Journal de Liège annonce que M. le sénateur Montefiore 'a fait de nouveaux dons en faveur des élèves de l’Institut électrotechnique, qu’il a créé à l’Université de Liège.
- Il met à la disposition de l’Institut, pendant cinq ans, deux bourses de 5oo francs chacune, pour faciliter aux deux meilleurs élèves de l’Institut, un voyage d’instruction dans le but de visiter les établissements étrangers les plus perfectionnés.
- Il institue, pour cette année, un prix de 2.000 francs, en faveur de l’étudiant qui obtiendra le diplôme d’ingénieur-électricien avec la plus grande distinction.
- Le Conseil de perfectionnement des écoles spéciales a chargé son bureau de porter à M. Montefiore, l’expression de toute sa gratitude pour cette nouvelle et généreuse marque de munificence en faveur d’une institution qui fait tant d’honneur à son fondateur et à l’Université de Liège.
- Exposition universelle d’Anvers (188S.) — Le Moniteur d’hier a publié le résultat du Concours international de traction mécanique et de matériel de tramways.
- Voici les décisions du jury spécial en ce qui concerne la Belgique :
- ire série. — Ier groupe. (Moteurs ou voitures automatrices). — La Société l'Électrique de Bruxelles a obtenu le diplôme d’honneur.
- 2e groupe. (Moteurs pour tramways ou chemins de fer vicinaux). La Société la Métallurgique, de Bruxelles, a obtenu le diplôme d’honneur.
- 2° série. Ier groupe. — Voitures à voyageurs. (Voitures pour tramways vicinaux.) La Société la Métallurgique, à Bruxelles, et la Société internationale de construction et d’entreprise de travaux publics, diplôme de médaille d’or.
- La Société anonyme des ateliers de-construction de Malines et Mmc A. Verhaghen (établissement Rhageno) à Malines, diplôme de médaille d’argent.
- MM. Nicaise et Delcuve à La Louvière, et MM. A. et V. Halo, à Louvain, diplôme de médaille de bronze.
- 20 groupe. (Voitures pour tramways de ville.)
- La Société anonyme Franco-Belge de construction de matériel, diplôme de médaille d’or.
- Le Comité nommé à l’effet de procéder à une enquête sur l’administration du bureau des brevets en Angleterre, a tenu une réunion préliminaire le 14 janvier dernier. Ce Comité, dont le baron H. de Worms a été nommé président, doit examiner, non seulement les lois sur les brevets, mais aussi le fonctionnement et l’organisation du bureau des brevets.
- Le Conseil municipal de Birmingham a décidé de faire installer un certain nombre d’horloges dans les rues de la ville. Ces horloges seront synchronisées au moyen de l’électricité, et éclairées la nuit par le même moyen. Les frais d’in-
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- stallation s’élèveront pour 20 horloges à 67.500 francs, et l’entretien reviendra à 5.000 francs par an.
- Une Exposition américaine doit avoir lieu à Londres, le 2 mai 1887. Les organisateurs s'occupent déjà de son installation. On compte établir un pavillon pour la presse, un bureau télégraphique,un chemin de fer électrique aérien, etc. L’éclairage électrique des bâtiments, des jardins et des jets d’eau sera, paraît-il, particulièrement brillant. Il y aura 7 portes d’entrée qui, le soir, seront naturellement éclairées à la lumière électrique. Les demandes d’emplacement doivent être adressées au secrétaire de l’Exposition américaine n° 7, Poultry, à Londres ou nc 32 Narsan Street à New-York.
- On a entouré le tombeau de M. Vanderbitt, à New-York, d’une barrière munie d’un système de sonnerie électrique qui, à la moindre tentative d’effraction serait mis en mouvement et avertirait la police. De cette façon, il n’y a pas à craindre que des voleurs pénètrent dans le caveau pour enlever le corps du défunt millionnaire, dans le but d’exercer ensuite un chantage sur la famille, comme cela a eu lieu en maintes circonstances en Amérique.
- Une Exposition industrielle et artistique vient d’être ouverte dans le Gleveland Hall à Middlesboroug. Le hall est éclairé, le soir, à la lumière électrique, avec sept foyers à arc de 1.000 bougies, alimentés par une dynamo Brush et une machine à gaz de 8 chevaux.
- On se propose de construire et d’exploiter à Boston un chemin de fer aérien, semblable à celui de New-York. On emploiera des moteurs électriques, mais le choix du système n’a pas encore été arrêté.
- M. Benjamin N. Deblieux, de Bay Saint-Louis, dans l’État de Missouri, vient de breveter un nouvel isolateur, qui se compose de deux pièces longitudinales, disposées de manière à former un joint, et à serrer le fil entre elles deux.
- Éclairage Électrique.
- Le nouveau paquebot transatlantique, la Gascogne, qui vient d’être lancé à la Seyne, près de Toulon, sera éclairé entièrement à l’électricité.
- 11 paraît que les contrats pour l’éclairage électrique de l’Exposition des Indes et des Colonies, qui aura lieu à Londres, l’année prochaine, ont été conclus avec 1’ « Anglo-American Brush C° », la Compagnie Pilsen-Joel, et MM. Crompton. On se servira des lampes à incandescence du système Swan.
- L’ « Anglo-American Brush Electric Light C° », de Londres, a commencé à louer des dynamos, lampes, et autres accessoires pour l’éclairage électrique. La Compagnie se charge de l’installation des appareils, et, dans le cas où l’abonné viendrait à les acheter, la Compagnie ferait bénéficier l’acheteur des sommes que ce dernier aurait versé jusqu’alors comme locataire.
- Il y a déjà plusieurs années que la « North British Railway C° » a fait installer la lumière électrique dans la principale gare d’Edimbourg. Le nouveau système d’éclairage a donné de si bons résultats, que la Compagnie
- a étendu l’installation au restaurant de la gare, aux salles d’attente, etc. i35 lampes à incandescencé de 20 à 3o bougies, vont être réparties dans les différents bâtiments. Elles seront alimentées par les mêmes machines que les anciens foyers à arc, de sorte que l’augmentation des frais ne portera que sur la plus grande quantité de charbon consommé. Dans ces conditions, on a calculé que l’éclairage électrique ne coûtera que la moitié du prix du gaz.
- Le conseil municipal de Hanley, en Angleterre, vient de nommer un Comité chargé d’examiner les avantages qu’il pourrait y avoir pour la ville, à éclairer les rues et les bâtiments publics avec la lumière électrique.
- Le 0 janvier courant, à l’occasion d’un grand bal, le château de Hatfield House, appartenant au marquis de Salisbury était éclàiré à la lumière électrique. L’installation comprenait près de 900 lampes Swan de 20 bougies, éclairant les principales salles et galeries ainsi que le grand escalier. La force motrice était fournie par deux turbines établies sur le fleuve Lea, à 2 kilomètres du château. Les dynamos étaient au nombrd de quatre, dont deux (système Siemens), à courants alternatifs, une (système Brush), et une (système Siemens) à courant direct, actionnée par une machine à gaz de 16 chevaux. Les parcs et les jardins étaient éclairés par six foyers à arc Clark-Bowmann qu’alimentait une machine Gramme, H. Les appareils ont fonctionné, sans aucune interruption, pendant 16 heures.
- VWWVA^VWW'A
- Le chateau de M. U. Tatt, à Streatham, en Angleterre, est entièrement éclairé à l’électricité avec 200 lampes a incandescence du système Woodhouse et Rawson de différentes intensités lumineuses. Le courant est fourni par une dynamo Goolden-Trotter, actionnée par une machine à gaz de 8 chevaux. Au moyen d’un commutateur magnétique inventé par MM. Goolden et Trotter, chargés de l’installa-lation, toutes les lampes peuvent être allumées et éteintes aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de chaque appartement, de façon à ce qu’on n’ait jamais à entrerdans une pièce obscure.
- Les nouveaux bâtiments municipaux, actuellement en construction, à Glasgow, vont être éclairés, en partie, avec la lumière électrique, et, notamment, la salle du Conseil, la grande salle à manger et les salons, ainsi qu’une partie des bureaux, et le grand escalier.
- Un groupe de foyers électriques puissants a étéétabli au haut de la tour qui fait partie du nouveau bâtiment de la Chambre de commerce, à Chicago, à plus de 90 mètres au-dessus du sol. Vingt foyers de 2.000 boueies chacun sont installés sur un anneau d’un diamètre de 8m,70, formé d’un tuyau de gaz de 10 centimètres. Le courant est fourni par une dynamo placée dans les sous-sols et les charbons peuvent donner i5 heures d’éclairage. On prétend que ces foyers sont visibles à Michigan City, à une distance de 60 milles de Chicago!
- Les expériences d’éclairage électrique de la gare centrale de Glasgow, dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs, ont donné de si bons résultats qu’on s’est décidé à augmenter l’installation de cinq ou six foyers.
- Nous avions annoncé que plusieurs lignes de chemins de fer américains, avaient fait procéder à des expériences tendant à l’installation d’un fanal électrique sur la traverse
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- d’avant des locomotives. Mais il paraît que, malgré les bons résultats obtenus, au point de vue de l’éclairage de la voie, ces expériences ont dù être abandonnées. La trop grande clarté produite par l’électricité, empêchait le mécanicien d'apercevoir les autres signaux, et les frais d’installation de chaque fanal ne s’élevaient pas à moins de 2.000 francs.
- Malgré les protestations des habitants d’Utica, dans l’Etat de New-York, le Conseil municipal a notifié à la Compagnie locale de lumière électrique, son intention de renoncer à l’éclairage électrique.
- Le palais du roi de Corée a été pourvu d’une installation complète de lumière électrique, opérée par des entrepreneurs américains.
- Télégraphie et Téléphonie.
- La vitesse ordinaire des distributeurs Baudot varie de 1S0 â 180 tours par minute, mais on obtient, sur certaines lignes, jusqu’à 210 tours. En admettant i65 tours comme moyenne, l’appareil ordinaire peut transmettre i65 lettres ou 25 mots par minute, c’est-à-dire, i.5oo mots par heure. L’appareil sextuple transmet çoo mots par minute, ou un total de 400 à 45o dépêches de 20 mots par heure.
- Le Ministre des Postes et Télégraphes, en Allemagne, M. Stephan, vient de présenter à l’Empereur un rapport constatant l’accroissement des communications internationales en Allemagne, pendant les quatre dernières années. Le nombre des bureaux télégraphiques s’est accru, pendant cette période, de 1.639, de sorte qu’on en compte aujourd’hui 7.535, soit un bureau par 5.000 habitants. Le rapport reste muet sur le chapitre des recettes et dépenses, de sorte qu’on ignore la situation financière de l’administration.
- La longueur des lignes télégraphiques, en Allemagne, était, à la fin du mois de mars 1882, de 56.587 kilomètres, avec 184.379 kilomètres de fils, et à la même époque de l’année i885, il y avait 64.987 kilomètres de lignes avec 223.947 kilomètres de fils, soit une augmentation, pour les trois années, de 8.400 kilomètres de lignes, et de 39.668 kilomètres de fil. L’administration a employé pour ces travaux, 123.000poteaux en bois, et 10.000 en fer; 6i5.oooiso-lateurs en porcelaine, et autant de supports pour ceux-ci, ainsi que 3.400.000 kilogrammes de fil de fer et d’acier. Tous les matériaux employés sont de provenance allemande. Les dépenses de construction, y compris les frais d’installation des lignes téléphoniques et l’achat des appareils, se sont élevées, pendant les trois années, à 9.453.623 francs, qui ont été pris sur les recettes ordinaires. L’entretien et la réparation du réseau ont entraîné une dépense de 6.727.770 francs, pour les trois années.
- Un arrangement est intervenu entre les autorités de Philippopoli et d’AndrinopIe, pour la réouverture des communications télégraphiques interrompues depuis le commencement de la révolution en Roumélie.
- Le Ministère de la guerre, en Angleterre, a reçu la dépêche suivante du général Prendergast, le commandant en chef des troupes en Birmanie, datée de Bhamo, le 29 décembre i885 ; « L’eau est si basse que les steamers ne peuvent arriver qu’à deux milles de Bhamo. La ligue télégraphique est eu désordre sur tout le parcours. J’ai pris des dispo-
- sitions pour le rétablissement des communications télégraphiques entre Mandalay et Fsengo, et je ferai prolonger la ligne jusqu’à Bhamo. dès que les employés et les appareils seront arrivés. »
- ~ 'VVN.".
- Le réseau télégraphique du gouvernement, en Angleterre, comprend aujourd’hui iSo.coo milles de fil?, desservis par 17.000 appareils. Les dépêches de la presse seules contiennent, en moyenne, un million de mots par jour.
- Le samedi 9 janvier dernier, les fonctionnaires de 1’ « Eas-tern Telepraph C° » ont observé des courants terrestres d’une intensité remarquable, dans presque tous les câbles de la Société. De 3 heures à 5 heures, de forts courants se manifestaient sur les câbles de la côte chinoise, des îles Philippines et de la Cochinchine, et de 4 heures jusqu’à une heure avancée de la soirée, sur les câbles de Java et de l’Australie. A Corfou, les courants se sont fait sentir, toute la journée, sur les câbles de Malte, de Lisbonne et de Villa Reale. Le même phénomène a également eu lieu le lendemain, mais d’une façon beaucoup moins marquée que le samedi.
- Le Directeur général des télégraphes, en Angleterre, a promis de recevoir une députation de la Chambre de Commerce de Liverpool, à l’effet de s’entendre sur la proposition d’établir une communication télégraphique directe entre cette ville et le continent, dont la nécessité se fait sentir de jour en jour.
- Le journal, le Financial News, de Londres, dit que le réseau de T « United Téléphoné C° », de Londres, a été complètement endommagé, par un récent orage. De tous les côtés, les abonnés se plaignent de ne pouvoir communiquer entre eux, et de l’ennui d’être appelés à chaque instant par le bureau central, par suite des nombreux contacts entre les lignes.
- MM. Baylirs Jones et Baylirs, de Wolverhampton, en Angleterre, viennent de signer un contrat avec la Compagnie des Télégraphes, aux Indes, pour la fourniture de fils télégraphiques, etc., s’élevant à une somme de 1.250.000 francs. ____
- Des capitalistes de Londres viennent de fonder une nouvelle Société sous le nom de l’« International Cable C°»,au capital de 26 millions de francs, divisé en 100.000 actions de 25o francs. Le but de la Société est d’établir et d’exploiter des lignes de communications télégraphiques: d’une part, entre les Indes anglaises, les Açores, le Canada et les États-Unis et certains points de la Grande-Bretagne, de l’Irlande et du continent européen, qui seroüt choisis ultérieurement; d’autre part, entre la côte canadienne, les îles Bermudes, l’Amérique Centrale et la côte du Pacifique du Sud ainsi que du Canada ou de l’Amérique du Nord au Japon et au continent Asiatique. La Compagnie se propose de relier ses câbles au réseau télégraphique du gouvernement canadien. Le nombre des administrateurs ne pourra être inférieur à 7, ni supérieur à i5, et ils se partageront la somme de 137.5oo francs par an, en rémunération de leurs services. Le gouvernement anglais accordera pendant vingt années une subvention dont le chiffre n’a pas encore été fixé, elle sera payable à la fin de chaque année, pourvu que les câbles soient maintenus en bon état et que la compagnie fournisse un bon service entre le Royaume-Uni et les îles Bermudes. Le gouvernement n’accepte aucune autre responsabilité et les communications devront être établies et fonctionner, un an au plus tard après la date de la concession.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Une dépêche de Flinders annonce que le deuxième câble entre Victoria et Tasmania vient d’être immergé sans accident.
- L’École de télégraphie du gouvernement, à Bogota, dans les Etats-Unis de Colombie, qui est restée fermée pendant plus d’une année, à cause de la guerre, vient d’être ouverte de nouveau sous la direction deM. E. Dauvers, le directeur général des télégraphes. Il a été créé une classe spéciale pour femmes.
- Des dépêches de New-York annoncent que le Ministre de l’Intérieur, à Washington, a autorisé l’Attorney général à entamer un procès, au nom des Etats-Unis, pour contester la validité des brevets de Bell. Le texte de l’autorisation ministérielle n’a pas encore été livré à la publicité, mais on en cite déjà le passage suivant : « La spécification du brevet de Bell est muette sur la capacité de l’appareil pour la transmission de la parole articulée et ne revendique que la faculté de transmettre des sons vocaux, qui ne constitue pas un téléphone parlant. » En effet, Bell ne semble avoir inventé un téléphone parlant qu’après avoir obtenu son brevet. __________
- Le chef du service de la Presse, à la Compagnie « Western Union », de New-York, a publié quelques statistiques fort intéressantes, au sujet du développement de ce service, et des modifications qu’il a subies, par suite des réductions de tarif, imposées par la concurrence. Le nombre total des dépêches de la Presse, transmises, s’élève maintenant à 1.000 millions de mots par an. L’année sociale de la Compagnie finit le 3o juillet et, en 1879, les dépêches de ce service se chiffraient par 32 millions de mots ; en 1880 on a transmis 55 millions; en 1884, 182 millions, et en i885, 120 millions de mots. Le tarif a subi beaucoup de modifications. En 1879, le prix moyen était de9 fr. 35 par ioomots, aujourd’hui il n’est que de 2 fr. 85 pour le même nombre de mots. Le prix pour les dépêches, à destination de San Francisco, qui, en 1879, était de o fr. 5o par mot, est aujourd’hui réduit à o fr. 10, au plus. L’ancien prix, entre New-York et Chicago, était de o fr. i5 par mot ; il est aujourd’hui réduit à ofr.025. On payait autrefois, de New-York à Washington, o fr. o5 par mot; aujourd’hui, le tarif n’est que de o fr. 01.
- Le mois dernier, deux sénateurs des États-Unis ont déposé des projets de loi, tendant au rachat par l’État des lignes télégraphiques existantes, et à leur exploitation par le gouvernement des Etats-Unis. L’achat du réseau de la « Western Union Telegraph C° », coûterait à l’État une somme de 5oomillions, en calculant la valeur à 5 pourcent d’après les bénéfices annuels, payables en bons du trésor, remboursables en 33 années.
- Le commissaire des crédits, aux ELals-Unis, a, dernièrement, déclaré que la priorité d’invention du télégraphe quadruple, revient à M. le docteur Nicholson, qui a cédé son brevet à la «Western Union C° ». Si le droit.d’Edison avait été maintenu, l’invention serait tombée dans le domaine publique, car Edison a pris un brevet de 5 ans au Canada, en 1875, ce qui l’empêche, selon la loi américaine, d’obtenir un brevet aux États-Unis, pour la dernière invention. La question sera encore jugée en dernier ressort, mais si la décision du commissaire est confirmée, la «Western Union » aura le monopole, pendant 17 ans, d’une des inventions les plus productives de nos jours.
- graph C° » a l’intention de faire poser deux nouveaux fils transatlantiqnes. Nous publions cependant cette nouvelle sous toutes réserves, car la situation financière de toutes les Compagnies transatlantiques nous semble actuellement trop compromise pour qu’elles songent à faire de nouvelles dépenses qui ne pourraient être justifiées que par un accroissement de trafic.
- Dernièrement, un des membres du Conseil municipal de la ville de Harrisburg, aux États-Unis, a saisi ses collègues d’un projet visant la mise sous terre des fils électriques qui traversent la ville. Le directeur de la Compagnie des Téléphones qui assistait à la séance, fit ressortir toutes les difficultés pratiques d’une telle entreprise et cita à l’appui de son dire, un extrait du rapport de la Commission de Brooklyn, sur la matière,'d’où il ressort qu’après avoir examiné plus de 600 différents systèmes proposés pour la mise sous terre des fils électriques, la Commission a reconnu que, jusqu’à présent, il n’y en avait pas de pratique à employer.
- Le câble, entre Trinidad et Demerara, a été réparé et fonctionne de nouveau.
- Le président de la Commission des fils aériens, à Philadelphie, a proposé de reculer la date à laquelle tous les fils électriques devaient être placés sous terre, jusqu’au i«r janvier 1887.
- Les communications télégraphiques ont été rétablies entre les villes de Mexico et Mazatlan. Le bureau de cette dernière ville a été réorganisé par le Directeur général des Télégraphes, M. Islas, en vue de donner toutes les facilités possibles au public.
- Le rapport du Directeur des télégraphes, à Victoria, en Australie, pour la période des onze années de l’exploitation (1874-1834), expose que le nombre des bureaux ouverts, en 1874, était de 148, et le réseau comprenait 4.293 milles de fils. Le nombre des dépêches transmises était de 705.108 dont 121.285 non payées; les recettes se sont élevées à 1.070.625 francs. En 1884, le nombre des bureaux a atteint le chiffre de 404; la longueur du fil 8.o55 milles et le nombre des dépêches 1.594.296 dont 473.670 non payées, et les recettes 2.226.925 francs. C’est l’Angleterre qui a fourni la plus grande partie du matériel. Celui qu’elle a expédié en 1884, seulement, représente une valeur de 3oo.5o5 francs, tandis que la valeur totale de tout le matériel employé, pendant la même année n’atteint que 382.600 francs.
- ERRATUM
- Dans les faits divers de notre dernier numéro, il faut lire, page 190 : « Voici quelques renseignements que nous croyons intéressants sur les télégraphes en Espagne, » au lieu de « sur les télégraphes en Europe. »
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- On annonce de Glasgow que 1’ « Anglo American Tele-
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, l3. quai Voltaire. — 63622
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dl CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 8e. ANNÉE (TOME XIX) SAMEDI 6 FÉVRIER 1886 N» 6
- SOMMAIRE. — Usine centrale pour l’éclairage électrique à Milan; G. Colombo. — Quelques réflexions sur la théorie du téléphone; Frank Geraldy.— Le canon électrique de MM. Syrnon et Maxim ; G. Richard.— Perfectionnements dans la fabrication des lampes à incandescence; J. Bourdin. — Revue des travaux récents en électricité dirigée par B. Marinovitch : Sur les systèmes téléphoniques, par le professeur Dolbear. — Quelques mots sur l’article de M. Mordey :« La dynamo comme générateur et comme moteur». — Correspondances spéciales de l’étranger : Allemagne ; Dp H. Michaëlis. — Angleterre : Influence de la nature et de la forme des conducteurs sur la self-induction d’un courant électrique ; Dp E. Hughes. — Chronique : Notice sur un nouveau « Block System électrique » partiellement automatique ; L. Van Overstraeten. — Lettre de M. Alexander Graham Bell à l’Attorney Général des Etats-Unis. — Correspondance. — Faits divers.
- USINE CENTRALE POUR
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- A MILAN
- La Lumière Electrique, dans son numéro du 28 février 1885, a publié une description de l’installation d’éclairage électrique de Milan, telle qu’elle était à la fin de 1884, avec les plans de l’usine de Sainte-Radégonde et le plan détaillé du réseau des conducteurs.
- Depuis cette éqoque, l’éclairage électrique des quartiers du centre de Milan a pris un très-grand développement, malgré la réduction du prix du gaz que V Union des Ga% a faite dans les quartiers servis par la Société générale italienne d’électri~ cité; le courant de l’usine, limité d’abord au service des particuliers, a commencé à envahir le champ de l’éclairage public ; et cela a donné lieu à un procès intenté par la Compagnie du gaz à l’Administration de la ville.
- Nous avons cru, en conséquence, qu’on lirait avec intérêt quelques détails sur le développement de l’éclairage électrique à Milan, comme complément de la notice détaillée publiée au commencement de 1885 ; d’autant plus que par les proportions qu’elle a atteintes aujourd’hui et à cause de la nature bien plus générale de son ser-
- vice, l’installation de Milan a au moins égalé celle de New-York qui lui a servi de modèle, et reste, jusqu’à présent, la plus grande installation existante en Europe d’éclairage à l’électricité par une usine unique.
- Nous croyons inutile de reproduire ici les plans de l’usine électrique de Sainte-Radégonde à Milan, avec l’indication de l’agrandissement qu’elle a subi depuis 1885.
- A cette époque, il y avait à l’usine 5 chaudières de 164 chevaux chacune, et 6 dynamos'à vapeur du type dit C d’Edison, de la capacité dé 1,000 lampes Edison de 16 bougies à 100 — 110 volts chacune.
- Dans les plans publiés alors on avait indiqué en traits pointillés l’emplacement futur des autres chaudières et dynamos à vapeur que l’usine peut contenir, les dimensions étant telles qu’elle peut contenir jusqu’à 10 dynamos de 1,000 lampes, et suffire au service de 10,000 lampes assorties de 10 et de 16 bougies, généralement employées aujourd’hui à Milan.
- Il nous suffira donc de dire que, au moment où nous écrivons, c’est-à-dire dans les premiers jours de janvier, la salle des chaudières de l’usine de Saint-Radegonde contient 6 chaudières, type Babcock et Wilcox, de 164 chevaux cha» cune, et un économisateur Green pour réchauffement de l’eau d’alimentation ; et que la batterie!
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- des dynamos à vapeur a été accrue de deux nouvelles dynamos, de sorte qu’à présent, il y a huit dynamos C à vapeur , sans compter une dynamo de 400 lampes pour le service de nuit et de jour, depuis la fermeture des théâtres jusqu’à l’après-midi du jour suivant, bien entendu quand le nombre des lampes allumées reste inférieur à la portée de la dynamo : ce qui n’est pas le cas dans la saison actuelle.
- On a aussi en vue l’installation dans l’usine de Sainte-Radégonde d’autres dynamos pour des services spéciaux ; mais le moment n’est pas encore venu d’en parler : nous nous réservons de le faire après l’essai auquel elles donneront lieu prochainement. Nous donnons dans la figure ci-jointe le plan de la partie centrale de Milan dans les limites auxquelles s’est jusqu’à présent étendu l’éclairage électrique par l’usine de Sainte-Radégonde, qui est marquée sur le plan par le numéro 1.
- Au commencement de 1885, l’éclairage électrique s’étendait spécialement dans l’aire comprise entre la place du Dôme, le théâtre de la Scala et la rue Manzoni; dans le cours de 1885 l’éclairage a été étendu au cours Victor-Emmanuel, en prolongeant le réseau des conducteurs en conséquence, de sorte que le réseau est à présent tel que la figure le représente avec des lignes pointillées.
- Naturellement il peut s’agrandir, et. il doit s’agrandir en effet dans l’avenir du côté opposé au cours Victor-Emmanuel.
- Il ne sera pas inutile d’observer que, tandis que dans le plan du réseau publié en 1885 011 a indiqué exactement avec les conventions employées en électricité, les conducteurs d’alimentation, en déformant exagérément la largeur des rues pour faire place au réseau schématique des conducteurs, dans la figure ci-jointe, au contraire, on a maintenu le plan du centre de la ville tel qu’il est à l’échelle de i/5ooo, seulement avec une légère augmentation de la largeur des rues ; et on a figuré simplement le réseau des conducteurs par des lignes qui n’en donnent que l’étendue, sans aucune réprésentation réelle des conducteurs tels qu’ils sont.
- Le système de la conduite du courant est toujours celui qui a été décrit dans La Lumière Élec-- trique du 28 février 1885.
- Le réseau proprement dit est formé par des conducteurs de q3 millimètres carrés de section, qui s’étendent sous le pavé de chaque côté des rues servies par l’usine.
- Le courant est distribué à ce réseau par des conducteurs d’alimentation,également souterrains, dont la section varie de a5o à 600 millimètres carrés; ils partent de l’usine, en y recueillant le courant des dynamos après qu’il est passé par des régulateurs séparés de chaque conducteur, et en le portant à des points du réseau choisis de façon à égaliser, à 2 0/0 près, la force électro-motrice chez les consommateurs.
- Celle-ci peut être réglée à l’usine selon le besoin, autant au moyen des régulateurs du champ magnétique des dynamos, que par les régulateurs des conducteurs d’alimentation.
- Depuis janvier 1885, il y a eu 3 progrès essentiels dans l’installation de Milan : l’introduction des lampes à arc en dérivation pour l’éclairage public et chez les particuliers; l’adoption, devenue générale, du compteur et l’accroissement rapide de la consommation de lumière, combiné avec une réduction notable dans les frais de production.
- On a commencé l’essai de l’éclairage à arc dans l’été de 1885 avec quelques lampes Siemens placées en dérivation sur le réseau au moyen d’une boîte de résistance pour l’éclairage de plusieurs cafés et brasseries.
- L’essai réussit si bien que, en quelques semaines, on avait déjà installé une trentaine de lampes de 9 et de 11 Ampères.
- On commença alors à mettre les lampes à arc deux à deux en dérivation, et c’est avec ce système aussi que l’on fit un premier essai d’éclairage public sur la place du Dôme, que suivirent à peu de distance l’éclairage complet de cette place, puis celui de la grande galerie Victor-Emmanuel et enfin celui de la place du théâtre de la Scala.
- En meme temps on faisait d’autres essais avec des petites lampes à arc de 4, 5 et 6 ampères, placées également en dérivation deux à deux sur le réseau.
- Ces lampes, qui tiennent le juste milieu entre la lumière modérée de l’incandescence et la grande intensité des arcs ordinaires, rencontrèrent la faveur du public, de telle façon que quelques grands magasins les ont adoptées tout de suite, et on put étendre l’éclairage de la place du Dôme aux portiques qui l’environnent.
- En définitive il y eut, en 1885, 71 lampes à arc installées sur le réseau de l’usine de Sainte-Radégonde sans rien changer ni aux machines, ni au service, auxquelles il faut ajouter 3o autres
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- PLAN DU CENTRE DE LA VILLE DE MILAN
- AVEC L’INDICATION DES INSTALLATIONS DE LUMIERE ÉLECTRIQUE
- Servies par l’usine de Sainte-Radégonde de la Société Générale Italienne d’Électricité
- système Édison.
- 150 Consommateurs, 8032 Lampes.
- LEGENDE :
- 1. Usine de Sainte-Radégonde.
- 2. Théâtre de la Scala.
- 3. Théâtre Manzoni.
- 4. Théâtre des Philodramatiques.
- 5. Hôtel de Ville.
- 6. Hôtel Continental.
- 7. Hôtel Milan.
- 8. Cercle de l’Union; café Cova.
- 9. Cercle des artistes.
- 10. Cercle industriel.
- 11. Cercle des négociants.
- 12. Caisse d’épargne.
- 13. Magasin aux Villes d’Italie.
- 14. Banque générale.
- 15. Imprimerie du Secolo.
- échelle a u
- DESSIN
- I mill. pour 5 mctres
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- lampes de 4 1/2 et de 6 ampères déjà commandées autant pour l’éclairage public que pour des magasins qu’on est en train d’installer; de sorte que dans le cours de février 1886 l’usine de Sainte-Radégonde alimentera une centaine de lampes à arc.
- Le développement inattendu que cette branche du l’usine a eu, déterminera probablement l’installation de machines spécialement affectées à ce service, pour pouvoir étendre l’éclairage à arc dans les rues principales jusqu’aux barrières.
- Les essais d’éclairage public n’ont pu se faire sans éveiller l’opposition de la Compagnie du gaz l'Union des Ga\, qui a un contrat avec l’administration de la ville.
- La concurrence de la Compagnie s’était déjà manifestée dans toute sa force dès la fin de 1884, par un rabais du prix du gaz de 36 à 25 et même à 20 centimes le mètre cube, offert à tous les consommateurs situés dans un rayon de 800 mètres de l’usine de Sainte-Radégonde, qui se seraient engagés à ne pas se servir pendant trois ans de la lumière électrique.
- Cette concurrence, non seulement n’a pas ôté un consommateur à la Société générale d’électricité., mais au contraire, celle-ci a vu ses consommateurs augmenter toujours, parmi ceux qui n’avaient pas voulu s’engager avec la Compagnie du gaz, ou bien n’ont accepté l’engagement demandé que pour un an.
- Cette différence de traitement entre les consommateurs situés dans le rayon de l’usine électrique et ceux du reste de la ville, maintenus à 36 centimes n’a pas manqué, du reste, de créer des vives réclamations qui ont donné lieu à des pourparlers entre la Compagnie du gaz, l’administration delà Ville et un comité des consommateurs extérieurs au rayon de l’usine, pour baisser le prix du gaz à une mesure uniforme.
- Ces pourparlers n’ont pas encore abouti à une conclusion définitive.
- Mais, quand l’éclairage électrique fut adopté, du moins à titre d’essai, par l’administration de la Ville pour l’éclairage public, la Compagnie du gaz a cru pouvoir soutenir que la Ville n’en avait pas le droit; et cela a donné lieu à un procès que la Compagnie a intenté à la Ville et qui s’ouvrira prochainement.
- La question est assez compliquée ; toutefois l’opinion générale est que le droit est du côté de l’administration de la Ville.
- Dans le numéro du 28 février 1885, on a com-
- muniqué le tarif adopté à Milan par la Société générale italienne d’électricité, qui est de 4 centimes par heure pour une lampe de 16 bougies, plus une somme constante de 35 francs par an, en proportion pour les lampes de 8, 10 et 32 bougies.
- On a ajouté cependant qu’une grande partie des premiers contrats a été faite sur la base de ce tarif, mais par une somme à forfait par lampe et par an, calculée d’après le tarif précédent.
- A présent, on a adopté le compteur Edison à électrolyse sur une grande échelle, de façon que plus de la moitié des consommateurs est au régime du compteur ; et au fur et à mesure que les anciens contrats arrivent à leur terme, on les renouvelle sur la base du compteur.
- Des essais faits pendant longtemps ont démontré la précision absolue du compteur Edison quand on sait s’en servir ; et, comme on a laissé aux consommateurs mêmes le soin de vérifier ses résultats, il inspire à présent la plus grande confiance. Ceci permettra l’abolition de la constante annuelle et la réduction du tarif à un tant par heure, quand le compteur sera appliqué à tous les consommateurs.
- Le développement de l’éclairage électrique à Milan, en 1885, a été très grand. Au premier janvier 1885, le nombre des lampes installées était de 5,53o; au premier janvier 1886, les lampes installées étaient de 7596 et celles en cours d’installation de 325 , ce qui fait -un total de 7921 lampes à incandescence, auxquelles il faut ajouter 71 lampes à arc installées et 3o en cours d’installation: en tout 101 lampes à arc.
- Ces lampes sont distribuées dans les quartiers du centre de la ville, représentés par la figure qui accompagne cette note, dans laquelle on a figuré en noir les installations de lumière électrique, soit séparées, soit réunies par groupes, de façon que l’étendue des surfaces noires représente à peu près l’importance de l’installation ou du groupe, d’installations.
- Les surfaces à simples traits indiquent les installations en cours d’exécution. Les lampes à arc pour l’éclairage publierait î01-janvier, sont marquées par des points noirs, et les phares de 20-40 ampères par des petits cercles renfermant un point noir.
- La légende qui accompagne la figure ne fait qu’indiquer les installations plus importantes, sauf les cafés, les restaurants et les principaux magasins, trop nombreux pour être indiqués séparément. .
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- Il sera peut-être intéressant de lire la liste suivante, qui donne la distribution des lampes installées et en cours d’installation en janvier 1886 :
- CONSOMMATEURS LAMPES à incandescence LAMPES à arc
- Éclairage public )> 57
- Hôtel de ville 1 qG »
- Théâtre de la Seal a 2.5(36 1 ?.
- Théâtre Manzoni S?' »
- Théâtre des Philodramatiques. 263 .r
- Hôtel Continental 47-3 »
- Hôtel Milan 2 38 »
- Cercles 331 »
- Cafés, brasseries, restaurants.. 85g 11
- Magasins 1340 20
- Imprimeries 405 »
- Banques 610 »
- Appartements IOI »
- Usine électrique 118 »
- Total 7921 IOI
- Le total des lampes installées comme ci-dessus équivaut environ à 6,400 lampes normales de j 6 bougies pour ce qui regarde le courant consommé.
- On remarquera peut-être l’exiguité du nombre des lampes installées dans les appartements.
- Gela dépend de ce que ce genre d’installations étant peu rémunérateur pour la société à cause de la petite consommation de lumière en comparaison du nombre des lampes engagées, on n’accorde qu’avec beaucoup de difficulté la lumière électrique pour l’intérieur des maisons.
- On donnera plus de développement à ce service quand l’usine.sera à son complet.
- La figure étant à l’échelle de i/5ooo, donne aisément les longueurs des conducteurs du réseau et son rayon.
- On pourra relever que la plus grande distance de l’usine à laquelle le courant est distribué est de 55o mètres en ligne droite et de 720 mètres en suivant les conducteurs.
- On fait cependant des études pour étendre le réseau à l’aide de conduites spéciales à haute tension autant pour l’éclairage public à arc et à incandescence que pour les établissements publics et les particuliers. Les essais commenceront par l’éclairage du théâtre Dal Verme, éloigné de io5o mètres de l’usine, qui aura lieu au printemps, et, après constatation des résultats, seront suivis par une application générale en dehors du rayon actuel.
- L’usine de Saintc-Radégondc, depuis la fonda-
- tion, fonctionne nuit et jour. A chaque demi-heure on relève par des ampérémètres le courant envoyé dans le réseau, que l’on traduit en lampes heures, en prenant pour unité la lampe de 16 bougies à 102 volts et 0,75 ampères.
- Comme le nombre des lampes réellement installées est près de 25 0/0 supérieur au nombre des lampes équivalentes de 16 bougies, on a aussi à chaque relevé le nombre des lampes allumées (').
- Pour donner une idée de la marche de l’usine de Sainte-Radégonde, nous donnerons ici le relevé d’une journée entière d’heure en heure :
- HEURE LAMPES allumées réduites à iG bougies HEURE LAMPES allumées réduites à 1G bougies
- 2 h. jour G 70 I 2 h. nuit 17G0
- I — G75 I — ()20
- 0 — 710 2 — G 20
- 3 97° 3 — 55o
- 4 — 1 2DO 4 — 520
- D — 2800 5 — 480
- G — 3430 G — 4.30
- 7 — 334° 7 — 520
- O — D20O 8 — G80
- 9 ~~ 5180 9 77°
- IO — 4 J 7° IO — 720
- I I 356o ! I ~ 680
- Total des lampes de 16 bougies —heures... 40960
- Total des lampes réelles— heures, environ... 31200 Nombre maximum des lampes réellement
- allumées.................................. G5Go
- Nombre des dynamos C en action pendant la
- plus forte consommation de lumière........... G
- Charbon brûlé par lampe de iG bougies— heure kil........................................ 0,295
- On verra par ce dernier chiffre, jusqu’à quel point on a réussi à réduire les frais de production; puisque la consommation de charbon par lampe de 16 bougies et par heure, qui était de kil. o,5o en 1883 et de kil. o,35 en moyenne en 1884, est descendue en 1885 à moins de kil. o,3o.
- La réduction des autres éléments du prix de revient de la lampe-heure a marché de pair avec l’économie dans la consommation du charbon, de façon que pendant toute l’année i885, la station de Sainte-Radégonde a été active ; et le béné-
- (') Le nombre total des lampes de iG bougies-heures en 1885 a été de G,289,840, chiffres ronds 7,860,000 lampes réelles-heures. Le nombre d’heures d’allumage par lampe et par an a été en moyenne de 1,600. Le nombre maximum des lampes simultanément allumées a varié entre 85 et go 0/0 des lampes installées.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fice a augmente de mois en mois avec l’accroissement de la production, comme il était facile de prévoif.
- Telle qu’elle est à présent, l’installation d’éclairage électrique de Milan donne donc des résultats qui sont encourageants pour des entreprises de meme nature, d’autant plus qu’elle a dû se constituer au milieu des mille difficultés qu’une installation de ce genre devait présenter à ses débuts; puisque à l’époque où l’usine fût fondée, c’est-à-dire en i883, il n’y avait'que l’exemple de l’usine de New-York, et on ne songeait pas encore en Europe, à créer des installations centrales de cette importance.
- G. Colombo.
- QUELQUES RÉFLEXIONS SUR
- LA THÉORIE DU TÉLÉPHONE
- Lorsqu’on est parvenu à établir la théorie d’un phénomène par l’expérience et le raisonnement, l’exposer est l’œuvre scientifique par excellence : lorsqu’on ne peut rien faire d’analogue, lorsqu’on n’a sur un sujet que des idées incertaines, contradictoires, il n’est cependant pas certain qu’on doive s’abstenir. L’exposé de doutes logiques, peut avoir son utilité en précisant mieux les points nuageux de la question, en appelant l’attention sur des difficultés qui auraient pu n’être pas aperçues d’abord.
- Je voudrais proposer quelques réflexions de ce genre sur la théorie du téléphone : elle reste pour moi embarrassée d’obscurités et de doutes graves. A vrai dire il n’est pas venu à ma connaissance beaucoup d’études réellement méthodiques sur ce point délicat, dont la frappante difficulté à peut-être effrayé les expérimentateurs.
- Les plus récentes, les plus sérieuses aussi, ont été faites par M. Mercadier.
- J’en rappelle très sommairement la conclusion. M. Mercadier à établi que dans le téléphone magnétique employé soit comme transmetteur, soit comme récepteur, le diaphragme de fer n’agit jamais comme un corps sonore vibrant dans son ensemble : il vibre comme une réunion de parcelles animées de mouvements indépendants; la forme extérieure, la cohésion de cet ensemble de parcelles n’ont pas d’influence directe; leur nombre, leur masse considérés au point de vue des modifications que leurs mouvements peuvent
- faire naître dans le champ magnétique sont seuls en jeu dans le résultat téléphonique.
- Ces conclusions, mises d’ailleurs par M. Mercadier au-dessus de toute discussion, n’ont rien qui doive étonner; néanmoins elles appellent encore la réflexion.
- Elles veulent dire en somme que dans un téléphone ordinaire toutes les parties reçoivent des mouvements distincts, qui ne peuvent être que très petits. Il y a pour cela un mot fort en usage, et ces sortes de vibrations sont dites moléculaires; j’admets volontiers le mot pourvu qu’on n’en presse pas trop le sens et qu’on n’exige pas de lui une trop grande précision.
- Au fond, qui peut affirmer absolument que la molécule existe? quel besoin de se servir de cette expression, qui représente une hypothèse chimique lorsqu’elle n’est pas forcément amenée par la conception du phénomène ; ne suffira-t-il pas de dire qu’il s’agit de mouvements très petits affectant indépendamment les parties très petites du corps considéré : moléculaires, soit, si on l’entend ainsi; mais n’en demandons pas davantage.
- D’abord, tout en admettant que les diverses molécules du diaphragme sont animées de mouvements indépendants, nous ne pouvons supposer que ces mouvements soient tous semblables.
- Bien que la continuité de la plaque n’exerce pas d’influence immédiate, elle subsiste cependant; les portions de diaphragme qui sont encastrées vibrent peu et mal ; il est bien vrai que l’enveloppe du téléphone vibre aussi, mais on sait que c’est d’une façon peu active et confuse, d’ailleurs oh n’ignore pas que si la grandeur et l’épaisseur de la plaque n’ont pas d’influence sur la production du phénomène téléphonique elles en ont sur ses qualités; les grandès plaques sont plus sonores, les petites plus nettes, cela est universellement reconnu.
- Nous devons donc penser que le diaphragme, tout en ne vibrant pas comme un corps sonore, vibre cependant comme un corps solide. Théoriquement, il constitue simplement un ensemble de parcelles susceptibles d’agir individuellement sur le champ magnétique ; pratiquement, sa continuité et sa cohésion jouent un rôle qui a son importance pour le résultat.
- Certains faits que l’étude pratique du téléphone a démontrés restent encore inexpliqués malgré les clartés apportées dans la théorie. On sait à n’en pouvoir douter que les téléphones multipolaires, c’est-à-dire ceux où le diaphragme vibrant est en
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- présence de plusieurs pôles d’aimant, n’ont pas de supériorité nécessaire sur les téléphones unipolaires; il y en a de fort bons dans les deux catégories.
- Les téléphones où les deux pôles d’un meme aimant entrent en jeu sont actuellement très répandus, mais cela ne contredit nullement l’assertion ; beaucoup de téléphones à un pôle sont aussi en usage, quelquefois préférés ; et d’ailleurs, si Je nombre des pôles avait une influence réelle, on ne s’arrêterait pas à deux.
- Cependant, si toutes les parcelles du diaphragme sont en mouvement ; si chacune d’elles reproduit pour sa part la vibration articulée de la parole, il y a un intérêt à utiliser tous ces mouvements, à employer tous ces molécules comme modificateurs de champs magnétiques; à défaut d’un seul pôle assez large, l’emploi de plusieurs pôles semble indiqué : j’ai dit qu’il ne réussissait pas mieux que celui d’un seul pôle; quelle en est la raison? De même, pourquoi plusieurs téléphones, recevant en même temps la voix et agissant sur la même ligne ne donnent-ils pas de résultats sensiblement meilleurs qu’un seul?
- Doit-on, attribuer cela au récepteur qui ne serait pas susceptible, quelle que soit sa forme, de donner plus qu’une certaine intensité? Mais non, puisque les mêmes récepteurs, sous l’influence de transmetteurs spéciaux, arrivent à parler à voix presque haute, toujours, il est vrai, un peu aux dépens de la netteté de l’articulation. En somme, ce point ne paraît pas complètement éclairé.
- Remarquons du reste que cette particularité existe dans tons les genres de téléphones ; les transmetteurs microphoniqnes, qui ne sont pas compris dans l’étude de notre collaborateur Mer-cadier, ne trouvent pas une supériorité nécessaire dans la multiplication des charbons mis en contact; il semblerait cependant que les vibrations de la plaque seront bien mieux utilisées si on les recueille sur tous les points de ce diaphragme.
- En fait, cela n’a pas lieu. La multiplicité des contacts a seulement un intérêt pour la qualité du son; on sait que plusieurs instruments de musique jouant très doucement à l’unisson donnent une sonorité plus agréable qu’un seul instrument jouant fort, il semble qu’il en soit de même pour plusieurs contacts ; cela ne surprend point, mais pourquoi ces contacts réunis ne donnent-ils pas une intensité plus grande? C’est ce qui ne s’explique pas bien.
- Et pourtant, en examinant de plus près le phénomène, peut-être peut-on entrevoir l’ombre d’un motif.
- Les expériences de MM. Heaviside et Shell-ford Bidwcll nous ont appris que le contact microphonique se comporte d’une façon spéciale, sa résistance n’es; pas constante, elle dépend de l’intensité du courant qui le traverse, ce qui a lieu aussi pour la variation de cette résistance avec les variations de la pression.
- Or, si l'on multiplie des contacts, dans les cas habituels, on ferait à coup sûr varier l’intensité générale; avec les contacts microphoniques, cela n’est pas certain, ou du moins elle varie d’une façon qui ne dépend pas des modes ordinaires de calcul, on ne saurait dire à priori ce que devient le courant qui passe par chacun des contacts microphoniques, et comment chacun d’eux varie sous l’influence combinée des vibrations de la plaque et de l’intensité nouvelle qui le traverse : des expériences seraient nécessaires et n’ont pas été faites. Je propose d’ailleurs cette apparence d’hypothèse pour ce qu’elle vaut, en ajoutant sans délai qu’elle ne s’applique pas aux transmetteurs magnétiques pour lesquels l’obscurité semble subsister tout entière.
- Mais voici une autre difficulté qui, pour moi, se présente comme sans aucune explication depuis l’origine même du téléphone et depuis qu’on a essuyé les premiers rudiments de théorie sur cet étrange et admirable appareil. Comment se fait-il que les courants électriques engendrés puissent transmettre et reproduire la parole?
- Je connais l’explication de Bell : « Les vibrations du diaphragme engendrent par induction des courants semblables aux* ondulations de la parole, c’est-à-dire qui seraient représentés par des courbes semblables à celles qui enregistreraient ces ondulations sonores. »
- Cela est bien dit, et quoique la théorie du cou-, rant continu ondulé de Bell ait été quelque peu attaquée dernièrement, on peut admettre que cela donne quelque idée du phénomène quant à la-transmission, mais la réception n’est pas aussi bien- expliquée.
- Il faudrait admettre que ces courants ainsi figurés à l’image de la parole, feraient naître à leur tour dans l’aimant récepteur des modifications du champ magnétique semblables à eux-mêmes ; cela est contraire à ce que nous savons. Le champ magnétique est fonction de l’intensité magnétisante, mais non semblable à elle; on pourra diminuer la
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- difficulté en remarquant que les modifications téléphoniques sont extrêmement petites et peuvent conserver une proportionalité suffisante qui ne se maintiendrait pas avec des variations plus fortes. Cela se présente dans divers cas et l’explication est en somme admissible, mais le fait est bien plus grave pour le microphone.
- Ici, nous concevons bien que les vibrations de la plaque des contacts peuvent modeler le courant à l’image de la parole; mais ce n’est pas ce courant-là qui va au récepteur, il passe par une bobine d’induction ; à ce passage le courant va se transformer complètement, le courant induit n’est pas du tout semblable au courant inducteur ; si celui-ci est représenté par une certaine fonction, l’autre le sera par la fonction dérivée ; le lien mathématique est défini, mais la forme est tout à fait différente ; comment le récepteur fait-il pour intégrer cette fonction et reproduire la parole malgré cette transformation absolue dans le véhicule intermédiaire! Or, dans certains cas, la relation est encore plus compliquée ; dans des expériences de Maiche, si je ne me trompe, le microphone est placé sur le circuit primaire d’une bobine, les courants induits du courant secondaire passent sur la ligne, sont reçus dans le secondaire d’une autre bobine, et c’est sur le circuit primaire de celle-ci qu’est placé le récepteur : double induction, le courant reçu au récepteur représente la seconde dérivée de la fonction qui représentait le courant engendré par la parole et néanmoins celle-ci est reproduite, le récepteur donne l’intégrale double : il y a beaucoup d’exemples de réceptions ainsi opérées par double et même triple induction.
- Je ne connais point, pour moi, d’explication rigoureuse de ces faits. Je ne cherche pas à en proposer ; je dirai seulement que bien- des consi- ' dérations mènent à penser que ces transformations sont possibles seulement avec des mouvements très petits.
- Dans ces régions très restreintes, il peut subsister des proportionalités approchées, l’influence retardatrice du noyau de fer des bobines, de celui des aimants, peut être utile et faciliter les relations; cela évidemment ne saurait être, je le répète, que pour des variations d’une extrême petitesse, et cela mènerait à croire que le téléphone, au moins avec ses procédés actuels, n’est pas en état de parler haut, parce que s’il l’essayait, il perdrait toute netteté, ce qui semble assez bien d’accord avec les expériences. Toutefois je donne cette
- considération pour sa valeur; j’ai fait, ainsi que j’en ai prévenu, cet article non pour expliquer des faits, mais au contraire pour signaler des obscurités, exposer des doutes et appeler les recherches.
- Frank Geraldy.
- LE CANON ÉLECTRIQUE
- DE MM. SYMON ET MAXIM
- On effectue presque toujours la manœuvre des grosses pièces d’artillerie à l’aide d’appareils hydrauliques qui trouvent en cette occasion une application toute naturelle de la puissance, de la docilité et de la précision de leur action. C’est aussi aux forces hydrauliques que l’on a le plus souvent recours pour amortir l’effet du recul des pièces.
- L’électricité n’a pas encore reçu d’application très importante pour le tir et le pointage des canons. L’un des essais les plus intéressants de ce genre, tenté en 1871 par M. Bessemer, n’a pas été couronné de succès, mais les applications de l’électricité comme force motrice ont fait depuis de tels progrès qu’il ne paraît pas impossible de remplacer les appareils actuels par des mécanismes actionnés au moyen de dynamos. C’est à ce titre que nous n’avons pas hésité à signaler à nos lecteurs le système de canon desservi par l’électricité récemment proposé par MM. Symon et Maxim, dans lequel toutes les manœuvres du canon : avancement, pointage et tir sont commandés électriquement au moyen d’un manipulateur unique, placé à telle distance que l’on veut de la pièce, d’un fonctionnement des plus aisés et des plus précis.
- Grâce à la facilité avec laquelle on peut transmettre et distribuer par l’électricité de très grandes puissances, on parviendra sans doute bientôt à manœuvrer électriquement les canons avec au moins autant de précision, plus de rapidité et de sûreté qu’à l’aide des moyens très coûteux actuellement usités; la description du système de MM. Symon et Maxim, bien qu’il ne soit qu’au premier essai, suffira, nous l’espérons, pour démontré la probabilité de cette hypothèse.
- Le pivotement ou pointage horizontal du canon s’obtient (fig. 1 et 2), au moyen de la dynamo h, qui commande la plaque tournante F au moyen
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ H9
- du train L.J I H G, dont le pignon J est rendu de l’embrayage à friction K., commandé par
- solidaire de son axe ou déclanché par le jeu le levier K' et la vis sans fin K2.
- La dynamo h opère aussi l’avancement du canon sur son affût par le train N.O./>. dont le
- pignon p. engrène avec la crémaillère C', et dont la roue N. est entraînée par un embrayage à
- — CANON KIÆCTRIQUK DC SYMOX liT MAXIM. PLAN.
- friction qui lui permet de céder au recul du canon. L£ pointage du canon dans un plan vertical est
- commandé par la dynamo /z, à Taide du train V2 et V, U3 IL U, T. S. R. Q, facile à saisir sur
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- les figures, dont le pignon U2 est relevé ou détaché de son axe par l’embrayage à friction Vv On peut aussi pointer à la main par le volant W.
- L’appareil de commande ou le manipulateur des dynamos h et R est représenté par les figures 3 et 4.
- La manipulation s’opère au moyen du levier /?, mobile autour du joint universel b' dans le cylindre isolé a, auquel aboutissent, er
- les conducteurs//, les barres fz fh étant
- reliées par les fils 1. 2. 3. 4. à l’un des pôles de la génératrice g\ la borne/- est reliée par 5 avec Tune des extrémités du fil inducteur de la dynamo h et la borne par le fil 6, avec l’autre pôle de l’inducteur.
- Les conducteurs H aboutissent, de l’intérieur du levier b, aux touches iK ix ....iH correspondant aux bornes /, f.> et reliées, avec le
- a
- v
- kJ
- -N
- FIG. 3 K T /|. — CANON ÉLECTRIQUE DE SYMON'ET MAXIM. DETAIL DU MANIPULATEUR A CROSSE.
- fil 7 par 5, :\} avec 6 par le fil 8, z3 par 9 avec l’un des balais de la dynamo /z, et z,(, par 10, avec le fil 9. Le second balai est relié par 11 à la pile g.
- Les inducteurs de la dynamo k sont reliés aux touches/’- et iCt par les fils 12 et i3, reliés respectivement aux fils 14 et i5 par les touches i:. et z8. .Les balais de la dynamo h sont reliés par les fils 16 et 18 à la touche fH et au fil de retour 1 1, avec interposition d’une faible résistance de 3 ohms par exemple. Le fil 16 est relié par i7 au fil 17.
- Enfin, le cylindre a porte, tout autour du levier
- Z», huit groupes de trois ressorts ce,........, reliés
- aux différentes bornes fs fx......f% et pourvus de
- résistait-ces ef e.x..e8. '
- Lorsqu’on veut faire pivoter le canon à gauche par exemple, 011 appuie le levier b h droite, comme l’indique la flèche de la fig. 3., jusqu’à ce que les touches f, i,t soient mises au contact des ressorts du groupe e. Le courant de la pile g passe alors par 1 les résistance e <?2, le ressort e et le fil z à la borne zî? d’où il va, par 10 et 9, dans l’armature de la dynamo, pour revenir à la pile par le fil 11. La dynamo commence alors à
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- tourner, et avec de plus en plus de puissance h mesure que l’on appuie le levier b vers la droite,
- en supprimant ainsi des résistances e <?, e0....
- par la mise en contact successive des ressorts e e, e......
- Lorsqu’on appuie le levier à droite, le courant de la génératrice g est amené par le fil 2 à la borne qui le Conduit, par des ressorts de contact correspondants, à la borne L, puis, par les fils 8 et g, à l’induit hi h de la dynamo, d’où il passe, par 5, i f;î g, h travers l’inducteur et au fil de retour 1 1.
- On voit que, dans ce cas, le courant traverse les fils de l’induit h en sens contraire de la direction qu’il y suit lorsque le levier est appuyé à gauche, de sorte que la dynamo se met à tourner en sens contraire.
- De même, il suffit d’abaisser ou de soulever le levier b pour renverser le courant dans la dynamo h et commander aussi le pointage vertical, au moyen de circuits dont la marche est facile à suivre sur la fig. 4, d’après la description que nous venons de donner de la commande du pointage horizontal.
- On peut en outre, en pressant obliquement le levier b, animer le canon d’un mouvement résultant de la composante de deux rotations simultanées dans un plan vertical et dans un plan horizontal, et lui faire prendre ainsi toutes les orientations nécessaires, avec une rapidité variable suivant la pression du levier b.
- L’allumage électrique du canon s’opère au moyen d’une gâchette m (fig. 4), reliée à une pile par le fil 19, a travers l’électro h, et qui fait contact, lorsqu’on la tire, avec le bouton 0, relié par le fil 20 avec l’autre pôle de la pile. L’électroaimant n attire alors son armature ri p p\ qui actionne le marteau ou l’étoupille d’allumage, comme on le voit (fig. 2).
- Les figures 5 et 6 représentent une modification du manipulateur.
- Les barreaux isolés f et t2 se promènent, lorsque l’on fait tourner leur tige t, sur les touches
- rr.... séparées par des résistances s s'.,-... et sur
- les segments u ri.... isolés et reliés chacun à
- l’un des pôles de la pile. Les touches H r1 r2..
- communiquent comme précédemment avec les circuits des dynamos. Le tout est renfermé dans un récipient plein d’eau, afin d’éviter les étincelles au passage des contacts.
- . : L’ingénicux.appareil de MM. Symon et Maxim constitue, comme on le voit, un changement
- radical, par la substitution complète de l’élcctri-
- cité aux forces motrices habituellement employées pour commander la manœuvre des canons, mais
- S?*ASi
- 5 ET 6.
- — CANON ÉLECTRIQUE DE SYMON ET MAXIM, MANIPULATEUR A MANIVELLE.
- l’utilisation de l’électricité n'exige pas forcément une substitution aussi générale ; rien n’cmpOchc
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- en effet de l’employer non pas comme agent moteur principal, mais simplement comme distributeur de la force motrice, par exemple pour actionner à distance les valves et soupapes qui distribuent l’eau sous pression aux divers appareils hydrauliques des affûts actuels.
- Il y aurait peut-être, dans cette direction matière à d’intéressantes applications et à d’utiles recherches pour les ingénieurs spéciaux qui, sans être ennemis de la nouteauté, redouteraient, pour le moment du moins, de s’engager aussi avant que MM. Symon et Maxim dans la voie des innovations.
- Gustave Richard.
- PERFECTIONNEMENTS DANS LA FABRICATION DES
- LAMPES A INCANDESCENCE
- Tous nos lecteurs savent que c’est à M. de Changy que sont dus les premiers essais de lampes électriques à incandescence. Ce que tout le monde ne sait pas, c’est que M. de Changy n’a pas cessé, lui aussi, de travailler au perfectionnement de ses premières lampes. Les fils fins de platine et les petits crayons de graphite avaient été les éléments essentiels des premiers débuts.
- Le platine est aujourd’hui complètement abandonné, comme étant une matière trop conductrice ; le graphite taillé était dans le même cas, à cause du diamètre qu’on était, alors, obligé de lui donner ; Edison vint ensuite avec son brin de bambou qui fit révolution.
- D’un autre côté, MM. Carré et E. Lévy arrivèrent à produire des crayons d’une finesse inespérée et cela a permis à M. Gérard, comme il le dit lui-même très-loyalement, de revenir au crayon original de la lampe Changy; il a construit ainsi, avec un certain succès, un type de lampe très éclatant et très durable, dont le seul défaut est encore l’excès de conductibilité, et par conséquent la dépense électrique. Nul n’oserait dire cependant que le charbon artificiel tiré à la filière ne remplacera pas un jour les fibres de bambou d’Edison ou les fils de coton ou de papier parcheminé des Maxim ou des Swan.
- La fibre adoptée par M. de Changy, et à laquelle je le vois se consacrer depuis cinq ans, semble
- avoir atteint aujourd’hui le desideratum industriel, c’est-à-dire : finesse extrême, résistance électrique considérable et solidité incroyable, malgré la carbonisation.
- La matière première est sans valeur, c’est le brin de piazava, sorte de roseau indien employé en Europe, à la fabrication des balais communs.
- Les deux lampes représentées fig. i et 2, et dessinées par nous, d’après nature, donneront une idée des qualités électriques du piazava passé à la filière, plié et carbonisé ensuite.
- Dans la lampe n. 1, on aperçoit un double brin noué de cinq en cinq millimètres et formant une série continue de petits anneaux; dans la lampe n. 2, le brin est coudé de façon à former une étoile.
- Ces deux lampes ne sont, bien entendu, que des tours de force, et ne font pas partie des lampes commerciales que la petite fabrique de Levallois-Perret livre à des prix qui varient entre 8 francs et 2 fr. 5o.
- La durée des lampes est, bien entendu, toutes choses égales d’ailleurs, directement proportionnelle à la solidité du brin carbonisé, et c’est pourquoi le piazava a si fortement tenté les efforts de M. de Changy, qui a maintenant pour
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- .. ;>
- le seconder un grand fils, déjà père de famille, et
- qui n’était pas au monde lors de ses premières tentatives d’éclairage par incandescence.
- FIG. 3.
- Les lampes Edison, Maxim et Swan, si justement remarquées à l’Exposition de 1881, faisaient dire à mon regretté et excellent ami, l’ingénieur Servier, directeur du Journal des Usines à ga\ :
- « Aïe! Aïe! Nous en avons dans l’aile. »
- Que dirait-il aujourd’hui s’il voyait les progrès incessants de la fabrication des lampes auxquelles
- FIG. 4
- alors déjà on ne reprochait que leur fragilité et leur coût électrique trente fois plus considérable que celui de la lumière à arc?
- FIG. 5
- Fou qui ne voit pas qu’avant peu le gaz sera exclu de tous les théâtres, ça devrait même déjà être fait, et de toutes les demeures où l’on veut conserver à l’air respirable sa fraîcheur et sa
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- pureté. La lumière électrique à incandescence est déjà moins coûteuse que l’huile et la bougie.
- Dès que les intéressés sauront se grouper en nombre suffisant, le gaz dans les maisons, bou-
- FIG. (> ET 7
- tiques, cafés, etc., etc., disparaîtra avec une rapidité vertigineuse.
- C’est tout au plus si le gaz, ce produit mortel, axphyxiant, délétère et explosif, continuera jusqu’à la fin de ce siècle à éclairer les rues., suf-
- fisamment aérées.
- M. de Changy, tout en attendant avec une patience digne d’éloges l’heure de développer sa fabrication, comme l’a déjà si courageusement fait la Société Edison, s’est amusé à construire surtout des petites lampes de 2 à 20 bougies et à leur donner des formes appropriées à divers usages.
- Voici d’abord, figure 3, la lampe à tube strié; chaque brin vertical de l’U lumineux est enveloppé dans un petit tube donnant à l’image produite sur le fond de la rétine une surface plus considérable, sans diminuer notablement la quantité de lumière, ce qui soulage la sensibilité nerveuse de beaucoup de personnes.
- Une autre solution, plus pratique'selon nous:,
- FIG. 8 ET <)
- consiste à employer pour souffler les lampes du gros tube strié. L’effet est le meme et la lampe ne revient qu’à un franc de plus que les lampes ordinaires.
- Des exemples de cette modification plus importante que ne le supposent les gens dont l’œil s’est
- petit à petit habitué aux lumières de 5o càrcels, sont représentés fig. 4 et 5.
- La photo-micrographie, la médecine et la chirurgie réclamaient des sources lumineuses puissantes sans chaleur; MM. de Changy, père et fils, ont créé des types représentés figures 6, 7, 8 et 9, la fig. 6 est une lampe-phare dont l’ampoule renforcée en forme de loupe par l’habileté du souffleur rend parallèles les rayons lumineux, la lampe 7 beaucoup plus petite, construite dans un meme ordre d’idées, peut facilement s’introduire dans la bouche pour en explorer la muqueuse ou les dents, les lampes figures 8 et 9 re-
- présentées en grandeur naturelle, ont été faites pour les sondes du genre de celle eu docteur Boisseau du Rocher, décrite récemment dans la lumière électrique par mon collègue M. Dieu-donné.
- Les joailliers emploient avec un réel succès ces toutes petites lampes à faire des bijoüx lumineux, mais le type industriel .important, est celui qui est représenté fig. 10 dont le prix n’est que 3 fr. 5o ; cette lampe donne une lumière de 8 à 10 bougies, c’est-à-dire, autant qu’une lampe à huile de dimensions courantes, il suffit, pour la mettre au blanc, de lui fournir 20 à 25 volts et huit dixièmes d'ampère, soit au plus 20 vatts, soit 2 kilogram-mètres; c’est dire qu’un cheval électrique en peut actionner 3y. En supposant 5o 0/0 de perte pour la dynamo et le réseau des conducteurs, il suffit d’un cheval-vapeur dont le prix dépasse
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- rarement soixante centimes l'heure, pour entretenir 18 lampes comme celles de la fig. 9.
- Bien qu'en 1881 ces résultats fussent loin d'être atteints, mon pauvre ami Scrvier avait donc bien raison de s'écrier :
- « Nous en avons dans l'aile ! »
- Jules Bourdin.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉGENTS EN ÉLECTRICITÉ Dirigée par B. Marinovitch
- Sur les systèmes téléphoniques, par le professeur Dolbear (l)
- Dans une conférence faite h l’Institut de Franklin, le professeur Dolbear, après avoir examiné quel rôle jouent nos appareils, en présence des lois immuables de la matière et des transformations de l’énergie, a étudié spécialement les conditions sous lesquelles une série d’ondes sonores peut être propagée ou reproduite ; en particulier par une série correspondante d’ondes électriques. L’auteur détermine ce qui, selon lui, caractérise un ce système » en téléphonie. Tant que les séries de transformation sont les mêmes du commencement à la fin, dans le transmetteur ou le récepteur, ce n’est pas le fait d’une nouvelle forme d’un aimant, ou un changement dans les détails mécaniques, qui peuvent prétendre à constituer un nouveau système.
- Pour mériter ce nom, il faut mettre en jeu une série differente de phénomènes, correspondant à des transformations différentes de l’énergie ; des lois différentes exigeant des appareils appropriés, déterminent seules des systèmes différents.
- En conformité avec cette définition, cherchons quelles sont les méthodes possibles de transmettre électriquement un son quelconque et de le reproduire à une autre place.
- En ce qui concerce le transmetteur, ou l’appareil qui permet de mettre en œuvre l’énergie électrique, il y a deux manières différentes de régler l’énergie électrique dans un circuit.
- I. Par une variation de la résistance;
- II. Par une variatiou de la force électro-motrice. (*)
- Si, par suite, l’énergie d’une onde sonore peu être employée à faire variér la résistance d’un circuit, conformément aux phases de l'onde sonore, nous avons une première méthode de transmission des ondes sonores.
- Si l’énergie de l’onde se transforme en produisant une variation des f . e. m. du circuit, nous aurons un second système de transmetteur.
- La découverte de l’induction magnéto-électrique permet de le faire, et on peut mettre en jeu un quelconque des phénomènes qui s’y rattachent.
- En ce qui concerne le récepteur, le nombre des combinaisons possibles n’est pas aussi restreint, aussi a-t-on inventé un grand nombre de manière d’utiliser l’énergie électrique fournie par le transmetteur.
- Rappelons ici les divers effets que peut produire l’électricité :
- I. L’électricité agit sur un aimant, tendant à le placer à angle droit sur le conducteur (galvanomètres) ;
- IL L’électricité est capable de produire des aimantations (enregistreur télégraphique).
- III. Elle peut produire des décompositions chimiques (télégraphe de Bain).
- IV. L’électricité peut produire de la chaleur; l’arc électrique fournit la plus haute température connue.
- V. L’électricité peut développer de la lumière.
- VI. Elle diminue le frottement entre deux corps (télégraphe d'Edison).
- VIL L’électricité peut échauffer ou refroidir la soudure de deux métaux (phénomène de Peltier).
- VIII. Elle produit des effets physiologiques variés.
- IX. L’électricité est capable de donner une torsion à un conducteur parcouru par un courant. (Cette propriété a été employée dans un type de galvanomètre.)
- X. L’électricité peut produire des phénomènes divers sur la matière radiante.
- XL L’électricité est capable de tordre un rayon de lumière, dans l'air et dans un autre milieu transparent.
- XII. L’électricité peut déterminer dans l'éther un état particulier connu sous le nom de champ électrique, et dans lequel peuvent se produire des phénomènes variés et intéressants.
- XIII. L'électricité peut produire du bruit et des sons par scs décharges (bouteille de Leydeh
- XIV. Enfin l’électricité peut donner lieu à des
- (*) Journal de VInstitut de Franklin, Janvier 1886, nD 1.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- attractions, phénomène connu depuis longtemps, mais peu utilisé jusqu’à présent.
- Il est possible d’utiliser l’un quelconque de ces phénomènes dans un récepteur téléphonique.
- Farrar ('), de Heene, trouva en i85i, en employant des anches vibrantes, qui fermaient et ouvraient le circuit d’un électro-aimant, que celui-ci était capable de répondre à des séries distinctes de
- FIG. I. — FARRAR
- ces vibrations, et cela lui suggéra l’idée qu’il polirait transmettre électriquement la voix humaine, en faisant varier le courant électrique par les vibrations de la voix, ou, comme il le dit, par les vibrations d’anches. Mais il ne fut pas capable de trouver un transmetteur approprié, et il fut découragé par l’opinion émise par le professeur Sil— limann, concluant à l’impossibilité d’y arriver.
- Il avait cependant trouvé un récepteur, aussi indiquons-nous (fig. i) cet essai de Farrar comme un système incomplet.
- Système de Reis. — L’Allemand Reis, environ dix mois après, inventa le mécanisme qui manquait à Farrar, c’est-à-dire un appareil capable de répondre automatiquement aux moindres vibrations acoustiques, et faisant partie d’un circuit électrique.
- Reis (fig. 2) a fait un certain nombre de transmetteurs, en variant les détails mécaniques, mais tous comportaient une membrane tendue devant une ouverture et, frappée par les ondes sonores,
- -—lifilr-—
- FIG. 2. — UIC1S
- cette membrane portait en son milieu un mince disque de platine en communication avec une des bornes, et l’autre borne était reliée avec une pièce métallique à laquelle était fixée un fil de platine venant toucher le disque à angle droit; le circuit comprenait en outre un électro-aimant domine récepteur et une pile.
- (l) Il est entendu que l'auteur n’entend pas ici juger les questions de priorité, les noms désignant les divers systèmes sont donnés comme le meilleur moyen de diviser le sujet.
- L’inventeur espérait que, à un changement dans les ondes sonores, correspondrait un changement dans l’énergie électrique; il est certain qu’il avait l’intention de reproduire dans son récepteur toutes les caractéristiques du son produit au transmetteur. Il explique l’action de celui-ci, en supposant qu’il y ait rupture et fermeture du circuit à chaque vibration de la membrane, ce qui a donné lieu pendant ces dernières années à un grand nombre d’ingénieuses dissertations sur « l’intention de Reis. »
- Les uns déclarent que son intention était de transmettre tous les sons possibles avec leurs caractéristiques, et ils font remarquer la déclaration de Reis, qui dit avoir transmis et reproduit les sons du piano, de l’accordéon, de la clarinette, du cornet, de l’orgue, et la voix humaine.
- Les autres, au contraire, affirment que Reis voulant fermer et rompre le circuit à chaque vibration; il ne pouvait avoir l’intention de reproduire la voix, pour laquelle un circuit continu et des courants ondulatoires sont nécessaires, et que si Reis obtenait d’autres résultats, c’était accidentellement, et que son appareil ne travaillait pas de la manière dont il devait travailler.
- On peut faire remarquer que si l’appareil reproduit le son des instruments déjà cités, il devait être capable*de la même continuité dans les effets et qu’il aurait été par cela capable de reproduire la voix.
- Mais, de plus, Reis dit expressément qu’il était capable de reproduire la voix humaine, quoiqu’il ajoute que toute les voix n’étaient pas reproduites assez distinctement, ce qu’il explique en supposant que les sons les plus hauts étaient trop faibles pour être entendus au récepteur.
- Mais cette même objection du manque de clarté, a été faite au sujet de tous les téléphones, et il est de fait, qu’une certaine expérience est nécessaire dans leur emploi, expérience qui manquait pour les premiers essais de Reis.
- Prenez un transmetteur de Reis, une pile et un récepteur quelconque, et parlez devant le premier, le courant sera-t-il varié par les ondes sonores d’une manière correspondante, et ne constituera-t-il pas ce que nous appelons maintenant un courant ondulatoire, propre à reproduire la parole? 11 ne peut y avoir qu’une réponse à cette question.
- Tout autre est la question de savoir si le son transmis sera entendu, cela dépend de l’appareil employé pour la transformation de l’énergie élec-
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- trique, et de sa sensibilité ; ainsi que de l’ouïe de celui qui écoute.
- Placez le récepteur le plus sensible dans le circuit du téléphone de Reis, et vous trouverez que le courant transmis par celui-ci est identique à ceux employés aujourd’hui dans la téléphonie.
- Ceci étant donné, les détracteurs de Reis déclarent cependant, que le transmetteur n’a travaillé d’une manière certaine que depuis 1876; ils savent cependant bien ce qui en est, et ils ne parlent ainsi que dans un but commercial.
- Nous croyons pouvoir ajouter ici, que nous en avons conféré avec un grand nombre d’électriciens américains, et que l’opinion unanime, est que Reis a inventé le téléphone, qu’il l’a employé dans ce but et que son principe est le meme que celui des téléphones actuels. Ceux-là ne l’admettent.pas qui ont un intérêt pécuniaire à le nier (!).
- Le système de transmission téléphonique de Reis consiste donc à employer les vibrations sonores pour faire varier la résistance au contact des électrodes. Son récepteur était un électroaimant monté sur une boîte de résonnance; il y
- I#---
- FIG. 3. —
- YATES
- en a deux types : dans l’un, l’électro-aimant n’a pas d’armature; le courant fait varier l’intensité magnétique, ce qui détermine un réarangement moléculaire, d’où résulte le son, renforcé par le résonnateur; dans l’autre type l’aimant est pourvu d’une armature munie d’un ressort antagoniste, et la source principale du son est due à l’nduction magnétique de l’armature. Le tout est aussi monté sur une boîte de* résonnance.
- Yates de Dublin (fig. 3) plaçait une goutte d’eau entre les électrodes de Reis pour prévenir la rupture complète du circuit; il monta l’électro-ai-mant récepteur d’une manière plus favorable, et obtint ainsi de meilleurs résultats; mais le DrMe-nel de Londres, un des élèves de Reis, m’a appris que ce dernier employait aussi différentes solutions dans le même but et à la même place.
- Cette expérience de Yates est assez connue, pour qu’elle réponde à ceux qui repoussent l’invention de Reis à cause du peu de bruit qu’elle ht à son apparition. Ce silence ne condamne pas Reis, mais ses contemporains et ceux de Yates.
- Elisha Gray, de CKicago (fig. 4), présenta un téléphone parlant et fit sa demande de brevet au « Patent Office » en 1876. La seule différence avec celui dont nous avons déjà parlé consiste dans la structure du transmetteur, consistant en un vase métallique contenant un liquide conducteur; ce vase est couvert d’un diaphragme, supportant
- FIG. 4.
- GRAY
- en son milieu un fil plongeant dans le liquide. Chaque vibration fait varier la portion de fil immergée, et par suite la résistance du circuit. L’électro-aimant récepteur était monté sur un tube, ce qui empêchait la trop grande dispersion du son; on voit que le principe en est le même que celui de Reis.
- Mac Donough, également de Chicago, a aussi modifié le transmetteur de Reis, en multipliant les contacts de platine.
- Drawbaugh, de Pensylvanie, et l’Italien Meucci réclament aussi l’invention de ce système.
- Système de Bell (fig. 5). — Bell s’écarte du système que nous venons de décrire, en ce qu’il n’emploie pas les contâtes mobiles à résistance variable. Il emploie un électro-aimant avec son armature; les vibrations sonores transmises à celle-ci la font vibrer d’une manière semblable; l’armature réagit sur les pôles de l’électro et celui-ci sur les bobines faisant partie du circuit, en produisant sur le courant de la pile des variations correspondantes aux ondes sonores.
- Le récepteur était un autre électro-aimant placé d’une manière semblable; et en ce qui concerne
- FIG. 5 — BEU..
- celui-ci, son action est identique à celle du récepteur de Reis, ce qu’il y a de nouveau, et ce qui justifie le nom de système différent, c’est l’application d’un récepteur comme transmetteur, dans le but de faire varier la f. e. m. dans le circuit, et par suite l’intensité du courant.
- L’action est donc une transformation de l’énergie, et la source de toutes les variations de f. él. m. est dans l’énergie des vibrations sonores; c’est en cela que ce transmetteur se distingue de celui
- 3
- (l) Nous n’engageons nullement notre responsabilité dans ces appréciations.
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- de Reis qui était une régulateur de l’énergie fournie par une source étrangère, de plus les deux systèmes présentent encore cette différence, que dans l’un on a des variations d’un courant continu
- FIG. 6. — DOLBEAR
- et dans l’autre des changements de direction des courants.
- Au récepteur, la succession des transformations est semblable dans les deux cas, les variations du champ magnétique, produisent des variations dans l’attraction de l’armature, qui vibre et transmet son énergie à l’air adjacent.
- Dans la même année 1876, et avant de connaître les appareils employés par Bell, nous avons proposé d’employer deux aimants permanents, ce qui dispense de la batterie ; c’est la première fois qu’on a employé un aimant droit avec la bobine enroulée seulement .â une extrémité (fig.6).
- Le système employé maintenant dans le téléphone « légal » est une transformation de celui de
- 5-------
- FIG. 7. — PRESENT BELL SYSTEM
- Reis, consistant dans la substitution du charbon au platine, et dans l’emploi de nos aimants permanents.
- Système Berliner (fig. 8). — Ce système consiste en un transmetteur basé sur le même principe que celui de Reis, et en un récepteur identique; les deux appareils semblables étaient placés dans le circuit d’une batterie.
- Les variations de courant dans le circuit pro-
- FIG. 8. — BERLINER
- Viennent des variations de températures aux contact du récepteur, ce qui produit un son, par ün effet que l’on peut appeler un effet Tra-vellian modifié.
- De même que dans le système Bell, chaque appareil peut fonctionner comme transmetteur et comme récepteur.
- Le système Berliner consiste donc dans la transformation d’électricité en chaleur, celle-ci développant des mouvements du diaphragme.
- Ce même priucipe a été appliqué par d’autres, et par nous même en 1878. Preece a aussi décrit des expériences semblable, en 1880 ou 1881, et Cross a obtenu dernièrement des effets surprenants en employant un fil de platine d’environ i5 centimètres de longueur fixé au milieu d’un diaphragme, et en employant un courant assez fort pour le porter au rouge ; le son peut-être entendu à quelques centimètres.
- Système Edison (fig. 9). — Il y a environ 12 ans
- FIG. 9. — EDISON
- qu’Edison a découvert que l’électricité diminuait le frottement entre deux surfaces, et il appliqua sa découverte à un récepteur télégraphique (Moto-graphe). Dernièrement, il a inventé un transmetteur téléphonique, dans lequel le courant traverse une masse de noir de fumée placée entre une cloison épaisse et un diaphragme, devant lequel les vibrations sonores sont produites, vibrations qui changent la résistance du noir de fumé et font varier le courant. Edison appliqua son moto-graphe et en en faisant un motophone il obtint un système téléphonique dont la force ne laissait rien à désirer comme récepteur, après avoir changé quelques détails mécanique dans le transmetteur.
- Dans mon opinion, le système d’Edison est parfaitement distinct.
- Système Dolbeur n° 1.— En 1878, nous avons
- FIG. 10. — DOLBEAR (l)
- présenté l’appareil appelé par nous le transmetteur-pile (fig. 10) ; l’une des électrodes de la pile fait office de membrane.
- Lorsqu’on parle devant cette pile, les vibrations sont suffisantes pour communiquer aux courants toutes ses caractérisques ; la voix était reproduite dans un récepteur ordinaire, distinctement pour qui que ce soit. Ce transmetteur était relié à un récepteur, mettant en action la variation du
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- frottement entre un électro et son armature fixée à un diaphragme.
- L’armature repose sur les pôles d’un aimant droit animé d’un mouvement de rotation, les variations de l’intensité du courant produisent des variations correspondantes dans l’état magnétique de l’aimant et de son armature, et par suite, une pression et un frottement variables.
- Système Dolbeur n° 2 (fig. 11).—Nous avons employé d’abord un récepteur formé de deux plaques réunies par quelques gouttes de chlorure d’ammonium, de sorte que les courants variables qui les traversaient dégageait des produits gazeux faisant
- FIG. II. — DOLBEAR («“
- varier la pression entre les plaques; en travaillant avec un de ces appareils dont le liquide s’était échappé, il reproduisait encore parfaitement la parole.
- Comme transmetteur, on dut employer une disposition donnant les plus grandes f. e. m. possibles, et pour cela on fit usage d’un transmetteur Reis à charbon, et d’une bobine d’induction.
- Le récepteur était alors formé d’un condensateur à air formé de deux plaques d’étain recouvertes d’un fort vernis; celui-ci augmente la sensibilité, en agissant d’abord comme dialectique, et par son pouvoir absorbant.
- Le mode d’opération de ce système est absolument différent de tout autre; il n’est pas actionné par des courants; les deux plaques sont chargées différemment, et les différences de churgc produisent des attractions différentes capables de donner lieu à un mouvement vibratoire.
- Le professeur Cross, qui a mesuré l’intensité des courants téléphoniques obtenus avec divers transmetteurs, a constaté qu’aucun courant mesurable ne le traversait; en conformité avec mon opinion à ce sujet, et à l’encontre des vues de quelques électriciens soutenant que la ligne était, dans ce cas comme dans les autres, parcourue par des courants (').
- P) La nomenclature ne semble pas effrayer le professeur Dolbear, ; nous serions curieux tic savoir comment il désignerait l'ensemble des phénomènes qui ont pour siège le circuit secondaire de la bobine d’induction, y compris le condensateur R.
- Si l’on réunit deux récepteurs semblables (fig. 12 et que la ligne 11e soit pas chargée, les vibrations d’une plaque ne seront pas transmises; mais si, d’une manière ou d’une autre la ligne est chargée,
- -—>
- FIG. 12. — DOLBEAR III
- on pourra employer les deux appareils conime transmetteur ou comme récepteur; nous avons communiqué avec succès sur une ligne d’isolation ordinaire et d’une longueur d’environ 800 mètres.
- En 1878 nous avons trouvé qu’un circuit électrique avec pile, complété pour la pression du doigt sur le fond d’une coupe d’étain, était parcouru par un courant variable, lorsque des vibrations sonores atteignant le fond de la coupe faisaient varier la pression.
- Dans la fig. 1 3 nous avons représenté ce trans-
- FIG. l3. — DOLBEAR (IV)
- metteur, en relation avec un récepteur « hypothétique » basé sur l’expérience de Galvani.
- Système Bréguet (fig. 14). — Le professeur Lippmann a montré que la surface du mercure était déformée visiblement par le passage d’un courant électrique, et Bréguet employa ce phénomène dans la construction d’un téléphone ; le transmetteur et le récepteur sont semblables; ils consistent en des tubes effilés pleins de mercure, et dont l’extrémité est à quelque distance au-
- i
- FIG. 14. — IJREGtJ ET-LIPPMANN
- dessus de la surface du mercure contenu dans un vase, et recouvert d’eau acidulée.
- Les deux tubes étant réunis, de meme que les deux vases de mercure, un mouvement du mercure dans l’un des tubes, causé par les vibrations, se reproduira dans l’autre tube et reproduira les vibrations.
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- Indépendamment de ces systèmes, on connaît encore un certain- nombre de perfectionnements permettant d'augmenter la sensibilité du récepteur ou du transmetteur ; quelques-uns ont seulement un intérêt scientifique.
- Parmi les transmetteurs comportant une différence de principe, nous citerons la pile thermoélectrique. Dans une expérience faite en 1873 devant l’Association américaine pour l’avancement des sciences, nous avons produit des courants électriques par les vibrations d’un diapason vibrant sur une pile thermo-électrique; la chaleur était la cause du phénomène. Avec un téléphone magnétique placé dans le circuit, on entendait le son à 800 mètres.
- L’arc électrique (fîg. 1 51 est très sensible aux courants d’air, et comme on peut l’agiter au moyen de l’haleine, il nous sembla possible de transformer les vibrations sonores en un chargement d’intensités du courant produisant l’arc. Ce courant traversait le circuit d’une bobine d’induction, dont le circuit secandaire renfermait un récepteur, qui était nécessairement le récepteur magnétique ou le récepteur statique, on pouvait alors percevoir un son faible; nous avons pourtant obtenu quelques sons, en particulier les sifflements, mais non la voix humaine.
- On trouve que l’interruption la plus soudaine d’un circuit pareil (contenant son are) ne produit sur un téléphone qu’un effet beaucoup plus faible que celui produit par la ruptures d’un seul Leclan-ché, et il n’était pas possible d’obtenir une étincelle (avec la bobine d’induction) d’une longueur appréciable, tandis que six piles au bicromate permettraient d’en obtenir d’une longueur de 10 à 12 centimètres ; du reste, avec un transmetteur-Blake ou un autre semblable, une f. él. m. dans le circuit primaire dépassant 3 ou 4 voltes diminue l’effet, ce qui doit être dû à la formation d’une étincelle, et on a alors à faire à un courant à arc qui n’est que faiblement varié.
- Elisha Gray a découvert, il y a quelques années, un curieux phénomène électro-physiologique, qu’il a utilisé dans un récepteur téléphonique.
- Lorsque des courants ondulatoires à hautes tensions passent à travers le contact du doigt (fîg. 16) sur une surface métallique, une augmentation apparente de l’adhésion était produite, et la plaque rend un son correspondant aux interruptions des courants.
- Enfin, on peut citer trois récepteurs téléphoniques,qui n’ont de remarquable que leur nouveauté.
- Une lampe à incandescence est un récepteur téléphonique. Le courant n’a pas besoin d’être très fort, il suffit que lefiliment soit rougi légèrement, le phénomène doit être semblable à ce qui se passe dans le système Berliner.
- Un tube de Crooke (fig. 17), peut aussi être employé, mais seulement avec une bobine d’induction de grande résistance.
- Une bouteille de Leyde dont les deux armatures sont reliées aux bornes du circuit secondaire d’une bobine d’induction, dont le circuit primaire renferme un transmetteur quelconque, peut tenir lieu de récepteur.
- FIG. l6 ET
- L’Anglais Hughes a découvert la grande sensibilité du charbon, et fait remarquer son adaptation possible à la téléphonie ; c'était une découverte d’une telle importance, que s’il avait pris un brevet à ce sujet, comme il le pouvait, il aurait eu la haute main sur le développement commercial du téléphone.
- La Société royale l’a justement honoré pour cela, mais par d’autres distinctions.
- Pour conclure, nous ne pouvons pas dire quel fut le premier inventeur de la téléphonie, mais nous croyons avoir montré qu’il y a différents modes de téléphonie, parfaitement distincts, et en laissant de côté tout ce qui a été fait avant 1876, nous maintenons que l’invention de cette année là, ne doit pas porter préjudice à des systèmes inventés depuis, et qui en sont absolument indépendants.
- Nous protestons entre cette manière de voir au nom de la loi, qui a été interprétée à faux ; au nom de l’équité, et au nom de la science.
- Quiconque a des yeux et qui n’est pas aveugle comme la justice, est lui meme un juge, une cour suprême d’appel, et il pourra écrire à la suite de chaque signature d’un jugement pareil, « compétent » ou «incompétent ».
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- Quelques mots sur l’article de M. Mordey : « La
- dynamo comme générateur et comme moteur. »
- Le dernier article de M. Mordey publié dans le Philosophical Magazine et reproduit dans La Lumière Electrique (*) semble avoir fait quelque bruit dans la presse industrielle; surtout de l’autre côté de la Manche; VElectrician du 22 janvier publie à ce sujet, une lettre de M. Sydney F. Walker.
- M Walker fait remarquer que la conclusion de M.,Mordey, que la construction des moteurs et des générateurs doit être identique, étant en opposition complète avec celle de MM. Ayrton et Perry, il eût été bon de donner un résumé des expériences faites, ou des arguments sur lesquels cette opinion est basée.
- Il lui paraît que M. Mordey, entraîné par un point de vue discutable, n'a pas été heureux dans les conclusions qu’il tire des expériences citées, dont la conséquence rigoureuse est la négation du résultat auquel l’auteur arrive.
- M. Mordey dit : Une simple considération nous a suggéré l’existence probable d’une autre analogie, puisqu’une dynamo ayant un champ constant, produira une f. e. m. constante, si elle tourne à une vitesse constante, quel que soit le courant, un moteur construit sur le même principe, et ayant un champ constant, et actionné avec une différence constante de potentiel tournera à une vitesse constante, indépendante du courant. Et plus loin : « Les résultats obtenus en dernier lieu et donnés dans le tableau, et rendant compte des expériences, montrent qu’une constance de vitesse remarquable a été obtenue. »
- M. Walker attire l’attention sur les mots en italique; personne mieux que M. Mordey ne sait que dans les machines dynamo cotnpound fournissant une/, e. m. constante, à une vitesse constante et avec des courants variables, le champ n’est pas constant
- La f. e. m. de la dynamo elle-même, ne peut pas être constante, si la différence de potentiel en deux points du circuit, les bornes, est constante, à moins que la résistance du circuit ne soit nulle.
- La chute de potentiel due au courant croît avec celui-ci, et par suite, la f. e. m. doit croître aussi,et si la vitesse est constante, il faut augmenter le champ magnétique.
- Revenons aux expériences ; après avoir constaté
- (*) La Lumière Electrique, 2 3 janvier 1886.
- que le moteur en essai a conservé une vitesse constante avec une f, e. m. constante et un champ constant quel que soit le travail fourni ; il prouve par les figures données que la vitesse n’est pas constante mais varie plus ou moins régulièrement, et inversement à la charge ; puis il ajoute que dans le cas de moteurs travaillant avec un champ constant, le travail fourni sera proportionnel à la vitesse.
- M. Walker confesse que, d’après les données de l’expérience, il serait curieux de savoir comment le travail fourni peut varier, toutes choses restant égales.
- Prenant l’expérience telle qu’elle est décrite, le courant dans l’armature est donné par la formule
- Or, E est supposé constant, aussi, donc L ne peut varier que parce que E, varie, et cela ne peut avoir lieu que si la vitesse varie, comme l’expérience le montre.
- Il n’est certainement pas correct de poser en même temps une constance de la vitesse avec des charges variables, et sous les mêmes conditions, une variation de vitesse avec des charges variables.
- Il nous semble que ce qui ressort des expériences de M. Mordey, c’est qu’on peut, avec des dynamos construites comme il l’indique, obtenir de très grandes variations de courant ou de charge, avec de très faibles variations de vitesse.
- Un autre point intéressant, c’est la variation du rendement, plus fort avec de fortes charges qu’avec de petites ; en remarquant que le travail dépensé dans l’armature est proportionnel au carré du courant, et que la résistance et l’induction croissent encore avec celui-ci, il semble qu’on aurait dû avoir l’inverse.
- Enfin M. Walker, tout en étant d’accord avec M.Mordey au sujet des courants parasites, au moins qualitativement, croit cependant que la perte de travail est dûe surtout à la réaction de l’armature, déplaçant le champ.
- D’un autre côté, M. T. Blauch Brain dans une lettre adressée à YElectricial Revieyp du 22 janvier, en remerciant M. Mordey de son tra-travail, fait remarquer que depuis deux ans il emploie des moteurs électriques pour actionner des pompes souterraines, et qu’après de nombreuses expériences avec diverses machines, il a obtenu d’excellents résultats avec des moteurs
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Elwell Parker construits sur les mentes principes que pose M. Mordey.
- Enfin, dans le même journal, une note constate que, à l’encontre de ce que dit M. Mordey au sujet du rendement des moteurs, les moteurs Reckenzaun de 3/2 chevaux, ont un rendement de 55 o/o, ceux de i à 2 chevaux, de 60 à 70 0/0 et que les grands moteurs atteignent un rendement de y5 0/0 du travail électrique absorbé.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne.
- La dernière séance de la société électrotechnique de derlin. Dans la séance de la société électro-technique de Berlin qui a eu lieu le 26 janvier, le président, M. le professeur Fœrster a passé en revue les travaux de la société pendant l’année qui vient de finir,
- La sous-commission qui s’est formée sous la présidence du professeur von Betzold à l’effet d’étudier les dangers que -présente la foudre, a publié dans une petite brochure les résultats les plus importants de ses recherches. On donnera à cette publication un caractère de périodicité. Etant donné l’autorité scientifique dont jouissent les membres de la sous-commission, cette publication avait évidemment une grande importance, au point de vue de la question mise à l’étude.
- M. Léonhard Weber qui fait partie de la sous-çommission se propose de recueillir un matériel nouveau pour étudier la question des dangers résultant de la foudre ; il se propose d’entreprendre à cet effet une série d’expériences dans la province de Silésie.
- La sous-commission a exprimé le vœu que dans les nouvelles colonies de l’Empire allemand des recherches fussent faites relativement aux dangers que peuvent présenter les coups de foudre, ainsi qu’aux phénomènes électriques en général, dont le caractère est souvent altéré dans une large mesure, par les influences climatériques.
- La compagnie de New-Guinéa a déclaré qu’elle prêterait volontiers son concours à des travaux de cette nature.
- La nouvelle expédition qui doit prochainement
- partir pour New-Guinéa emportera donc des instruction très-exactes pour l’observation des phénomènes électriques; M. le docteur Schreder de Hambourg sera chargé de la direction de ces expériences.
- Au cours de la séance dont nous rendons compte, M. le docteur Weinstein a exposé l’état actuel des recherches relatives aux courants telluriques. On possède aujourd’hui un nombre considérable de courbes se rapportant aux courants telluriques et à la déclinaison magnétique, courbes qui permettent de constater une similitude extraordinaire entre les deux courbes.
- Les fig. 2 et 3 représentent les oscillations du courant tellurique observées entre Berlin et Dresde et delà déclinaison magnétique à l’observatoire de Wilhclmshafcn.
- FIG. 1
- La fig. 1 donne un aperçu général de l’ensemble des lignes sur lesquelles les courants telluriques ont été observés ;usqu’à ce jour. Parmi ces lignes, celle de Berlin, Stettin, Danzig, Thorn, Berlin ne communique pas avec la terre, c’est-à-dire qu’elle forme un circuit métallique fermé. On a pu constater l’accord que présentaient les résultats des observations faites sur les conducteurs aériens et sur les conducteurs souterrains.
- La fig. 4 montre l’accord entre les oscillations du courant terrestre, les courbes de cette figure ayant été faites sur les. lignes Berlin-Dresde et Berlin-Thorn. Le professeur Fœrster pense qu’il y aurait grand intérêt à continuer ces observations à des points plus éloignés bien que les documents que l’on possède déjà soient assez importants. Les observations pourraient être collationnées et publiées dans l’organe créé par la conférence télégraphique internationale.
- Au cours de la séance, M. le professeur Fœrster présente à la société une communication
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLEC TRICITÉ
- 263
- adressée par M. Scholz de Introschin qui a pour titre : « Feu follet ou phénomène électrique ».
- Il paraît que M. Scholz a observé, par une nuit très obscure de fortes lignes blanches lumineuses
- Oscillations correspondantes des courants telluriques (Berlin-Dresde) et de la déclination magnétique
- (Observatoire Wilhclmshaven, ~ j -j 2 janvieri§g3)
- au dessus d’un champ sillonné de fossés humides. Ces traînées lumineuses étaient animées d’un
- mouvement rapide. Le phénomène avait commencé par l’apparition d’une lueur subite sem-
- Oscillations correspondantes des courants telluriques (Berlin-Dresde) et de la déclinaison magnétique
- (Observatoire NVilhelmshavcn 2-3 novembre i883)
- blable à l’étincelle d’une bobine de Ruhmkorf. I aucune trace d’hydrogène phosphoré, M. Fœrs-L’examen des lieux n’ayant permis de constater | ter estime que l’origine du phénomène doit être
- Enregistrement simultané des courants telluriques sur deux lignes, situées normalement l'une à Vautre (Berlin-Dresde, direction N.-S., et Berlin-Thorn, direction Ouest-Est, 24-26 février 1884)
- attribuée, sans doute à une décharge électrique. Vers la fin de la séance, on a procédé à l’élec-
- tion du président pour l’année 1886. Le choix de la société s’est porté sur le colonel Golz et
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- M. Werner Siemens a ensuite remercié en termes chaleureux M. le professeur Fœrster des services qu’il a rendus à la société au cours de l’année 1885,
- Dr H. Michaelis.
- Angleterre.
- A la séance du jeudi 28 janvier de la Society of Telegraph Engineers and Electricians, le nouveau président de la Société, le professeur D. E. Hughes F. R. S. a prononcé son discours d’inauguration, que nous croyons devoir reproduire in extenso à cause des nombreuses et importantes découvertes dont il fait mention. Voici comment s’est exprimé le professeur Hughes :
- « Le sujet que j’ai choisi est : influence de la
- NATURE ET DE LA FORME DES CONDUCTEURS SUR LA SELF-INDUCTION D’UN COURANT ÉLECTRIQUE.
- « Faraday a découvert en 1831 la présence de courants induits ou secondaires dans un circuit voisin mais indépendant, et le phénomène de la self-induction d’un courant électrique sur lui-même a été observé par Henry en i832. La cause de ce phénomène fut indiquée en 1834 par Faraday, qui ht voir que lorsqu’un courant s’établit, il donne lieu à un courant induit momentané en sens contraire dans ce même hl, et que, d’autre part, lorsque le courant primaire cesse, un courant secondaire induit (extra-courant) se manifeste dans le même sens que le courant primaire. L’effet est beaucoup plus énergique quand le hl forme une bobine, car la réaction des courants superposés s’ajoute dans ce cas, mais le phénomène existe même lorsque le hl ne forme qu’une seule spire ou sur un hl droit relié à la terre, laquelle constitue alors l’autre partie de la spire comme c’est le cas des lignes télégraphiques. On a généralement admis que la nature ou l’état moléculaire du métal traversé par le courant primaire n’avaient aucune influence sur les extracourants en dehors de celle causée par la résistance du conducteur.
- « J’ai déjà fait remarquer que pour les courants induits, la rapidité de la décharge n’avait aucun rapport direct avec la conductibilité électrique du métal, car le cuivre est bien plus lent que le zinc, et tous les deux sont supérieurs au fer.
- « Ces considérations m’ont amené à étudier les
- extra-courants, et j’ai construit à cet effet un pont d’induction spécial permettant de mesurer les courants primaires et les extra-courants séparément, et au moment même où se produit l’action.
- LE PONT D’iNDUCTION
- « Cet appareil est une combinaison dans laquelle entrent le pont de Wheahstone et en partie ma balance d’induction. Le pont sert à mesurer et à équilibrer la résistance du hl au moyen de la balance d’induction, les courants induits ou extra-courants sont mesurés et réduits à zéro par des courants induits, de sens contraire et d’intensité égale.
- « La figure 1 indique les communications électriques de l’appareil. Le pont est formé par un hl en maillechort de o,25 millimètre de diamètre, d’une longueur d’un mètre et d’une résis-
- tance de 4 ohms. Ce hl va de A en K, et revient en B; il est tendu et maintenu par deux bras en bois articulés au point K au moyen desquels on peut à volonté séparer ou rapprocher les bornes A et B. Le hl à essayer X est relié à A et B et complète le circuit du pont.
- « Les communications extérieures sont représentées sur la figure, car A est relié à la bobine primaire du sonomètre E, et à travers celle-ci au ressort de l’interrupteur ou rhéotome G, la roue interruptrice étant reliée à la pile H, et de là au pont en C. Le hl partant de B traverse le téléphone I, passe par la bobine secondaire F et retourne à D.
- « On s’est attaché avec le plus grand soin à construire le pont de façon qu’il fût aussi libre que possible de tout courant induit, et c’est pourquoi on n’a pu employer de bobines de résistance.
- « La résistance du hl X est équilibrée en déplaçant les points de communication D et C. Il va sans dire que si tous les bras de ce pont sont égaux comme résistance et comme capacité in-
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- ductive, on n’entend aucun bruit dans le téléphone; mais si la capacité inductive de AB est un peu plus forte ou plus faible, on peut bien équilibrer sa résistance, mais non pas son induction et Ton a un son continu, faible ou fort, qui provient des extra-courants différentiels dans le bras AB. Ceux-ci sont compensés par l’introduction dans le circuit téléphonique d’un courant induit équivalent mais de sens contraire emprunté à la bobine secondaire du sonomètre F, et l’angle dont cette bobine aura tourné pour réduire le téléphone au silence, pourra servir à mesurer la valeur de l’extra-courant.
- Le sonomètre d’induction ne se compose que de deux bobines : l’une, la bobine intérieure, est plus petite et tourne librement au centre de la bobine extérieure. La bobine extérieure est fixe; la seconde bobine tourne autour d’un axe, et entraîne dans son mouvement un bras de 20 centimètres de longueur, dont l’extrémité, taillée en pointe se déplace sur un limbe gradué.
- « Chaque fois que l’axe de la bobine intérieure est perpendiculaire à celui de la bobine extérieure, il n’y a pas d’induction et l’on est rigoureusement sur zéro; en faisant tourner la bobine intérieure d’un angle quelconque, on obtient un courant proportionnel à cet angle et dont le sens est celui de la rotation.
- « La valeur du courant d’induction par degré sonométrique était égale à i/25oo du courant qui traversait le fil primaire, et que l’on pouvait faire varier à volonté de 0,001 à o,25o ampère.
- « L’appareil comporte encore une clef d’inversion (qui ne figure pas sur notre dessin) permettant de placer l’interrupteur sur le circuit téléphonique et de fermer le circuit de la pile entre H et A; les conditions sont alors celles d’un essai ordinaire, si ce n’est qu’on substitue un téléphone au galvanomètre, dispositif bien connu.
- « Le téléphone, à cause de sa grande sensibilité et de la rapidité de ses indications, se prête très bien à ce genre de recherches pour lesquelles un galvanomètre est trop paresseux, et par ce fait absolument impropre.
- « Dans un croquis schématique tel que celui de la figure 1, il est impossible de mentionner tous les détails de l’appareil. Il nous suffira de dire que cet appareil convient parfaitement à la recherche et à la mesure de la self-induction dans toute espèce de fils.
- « Dans les méthodes usitées jusqu’à ce jour on mesure toujours la résistance d’un fil après
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- que le courant a déjà agi pendant quelque temps, ou pour employer une expression de M. Gau-gain, lorsque l’électricité est arrivée à sa période stable. Dans la télégraphie, dans l’éclairage électrique et dans toutes les applications de l’électricité où il est fait usage de variations électriques rapides, il faut considérer une autre période, c’est-à-dire celle pendant laquelle il y a augmentation et chute de courant. C’est ce qu’011 appelle la période variable et c’est pendant celle-ci que tous les phénomènes d’induction ont lieu.
- « Lorsqu’on observe la période stable, on fait constamment passer le courant dans le pont, et par conséquent aussi dans le fil qu’on observe, et l’interrupteur qui est placé sur le circuit téléphonique, nous permet de trouver la résistance exacte de ce fil. libre de toute induction et de toute variation de courant.
- « Pour observer la période variable, on place l’interrupteur ou le rhéotome (qui fait à volonté de 10 à 100 contacts par seconde) sur le circuit de la pile, et le téléphone est relié ainsi que l’indique la figure.
- « Ces changements peuvent se faire aussi rapidement et aussi souvent qu’on le désire par le jeu d’un commutateur ou d’une clef d’inversion.
- « Les deux périodes conduiraient au même résultat s’il n’y avait ni induction statique ou self-induction, ni perte de temps ou variation de résistance, mais ceci n’est jamais le cas, car on trouve que la résistance une fois équilibrée jusqu’à un zéro parfait pour la période stable, on obtient toujours des sons très forts pour la période variable et qu’il faut, pour équilibrer la self-induction, recourir à un nouveau réglage des résistances et faire agir un courant de compensation induit et de sens opposé, courant qu’engendre le sonomètre.
- « Si l’on se contente d’équilibrer la résistance seule ou les extra-courants seuls, il est impossible de jamais arriver au zéro, mais dès qu’on emploie la double compensation, on ne tarde pas à trouver un zéro parfait pour la résistance du fil et pour ses extra-courants.
- LA CAPACITÉ INDUCTIVE DES METAUX
- « Les résultats des expériences qui suivent démontrent que la force et la durée des extra-courants dépendent du métal employé comme conducteur, de son état moléculaire et de la forme du conducteur, et sont indépendantes de sa résis-
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- tance et de la force électro-motrice du courant primaire.
- « Lorsqu’on augmente la longueur du fil conducteur, la force des extra-courants croit proportionnellement à la longueur du fil, déduction faite de l’accroissement de sa résistance, mais une augmentation du diamètre ou une diminution de la résistance dans des fils de longueur constante ne produisent pas une augmentation analogue delà force électro-motrice des extra-courants.
- « La durée delà charge et de la décharge du fil est indépendante de la force électro-motrice des extra-courants, car, si l’on compare des courants de même force électro-motrice obtenus avec du cuivre et du fer, on trouve que la durée de ces courants dans un fil d’un millimètre de diamètre, est 7 fois plus longue pour le fer que pour le cuivre, et la différence est encore plus marquée avec des fils d’un diamètre plus grand. Les charges et les décharges les plus longues ou les plus lentes ont lieu dans le fer doux le plus pur et leur durée croît proportionnellement à l'aug-
- mentation du diamètre du fil. D’après mes expériences, les fils de 2 millimètres de diamètre, c’est-à-dire les fils ayant une résistance quatre fois moindre que ceux d’un millimètre de diamètre, présentent une augmentation moyenne de durée égale à trois fois leur ancienne durée.
- « Le tableau suivant contient la force éleclro-inotrice des extra-courants dans le cas de différents métaux, pour rendre plus claires les valeurs obtenus avec le sonomètre; j’ai reproduit dans ce tableau les résultats relatifs seulement.
- « Les valeurs du tableau ci-joint ont été obtenues avec des fils ayant sensiblement la même longueur; les expériences ont d’ailleurs été répétées sur une série de longueurs variant de 10 centimètres à 5 mètres. L’appareil est suffisamment sensible pour des pièces de 10 centimètres de longueur seulement et les résultats avec les petites longueur sont aussi précis et aussi exacts qu’avec de grandes longueurs. Je dois ajouter que l'appareil n’accuse aucune charge statique pour les longueurs précitées.
- TABLEAU N° 1
- FI LS D’UN MILLIMÈTRE DE DIAMETRE ET DE 3ü CENTIMETRES DE LONGUEUR
- Fer doux de Suède.......................... 100
- Fer doux puddlé.............................. 78
- Fer de Suède..........*.............•... d5
- Acier fondu doux........................• 41
- Nickel *..................................... 34
- Acier fondu dur............................. 28
- Cobalt*..................................... 24
- Cuivre...................................... 20
- Laiton...................................... i3
- Zinc *...................................... 12
- Plomb....................................... 10
- Maillcchort.................................. 7
- Mercure *................................... 2
- Charbon *.................................... 1
- * Dans l’impossibilité où j'étais de me procurer ces métaux, je les ai essayés sous forme de lames en les comparant à des lames identiques en cuivre. Le mercure était enfermé dans un tube en verre de deux millimètres de diamètre, le charbon a été essayé sous la forme de charbon à lumière do 3 à 10 millimètres.
- « Le tableau ci-dessus n’est exact que pour des fils d’un millimètre, puisque l’effet dépend de la dimension du fil ainsi que de la nature du métal. Dans le fer doux de Suède, la force électro-motrice des extra-courants diminue quand on augmente la section, ce que Maxwell a partiellement prévu en partie lorsqu’il a dit : « La force électro-« motrice qui provient de l’induction du courant « sur lui-même varie dans différentes parties de « la section du fil; elle est en général une fonc-« tion de la distance de l’axe du fil aussi bien que du temps. »
- « Ces faits m’avaient porté à conclure que l’augmentation de force électro-motrice résultant d’un acccroissement de section du fil ne devait pas être directement proportionnelle à l’augmentation de
- section, mais j’ai été surpris en constatant par mes expériences qu’après un certain diamètre maximum du fil, il se produit pour chaque augmentation une diminution sensible delà force électromotrice, et que le maximum varie avec chaque métal.
- « Le diagramme de la figure 2 laisse voir une augmentation rapide de force électro-motrice, dans les fils de fer doux depuis 10 millimètres de diamètre jusqu’à un maximum de 1 centimètre ; à partir de ce point il y a une diminution lente mais continuelle de la force électro-motrice pour chaque accroissement donné aux dimensions du fil jusqu’à ce que cëlle-ci, pour le diamètre relativement gros de 10 millimètres, ne soit plus inférieure que d’une fraction à la force électromotrice du fil le plus fin.
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- « La force électro-motrice initiale du fer de Suède dur est, dans le cas du fil fin, plus faible et n’atteint son maximum qu’à 3 millimètres de diamètre; elle est alors à peu près la meme que celle du fer doux ayant le même diamètre; à partir de ce point la diminution est sensiblement la même, mais plus faible que dans le fer doux jusqu’à 8 ou 10 millimètres, où le fer dur présente. absolument les mêmes valeurs que le fer doux.
- « Le cuivre et le laiton montrent des variations de valeurs curieuses pour différents diamètres. Le cuivre qui, pour un faible diamètre, présente deux fois la force initiale du laiton, arrive à son maximum à 4 millimètres; mais la courbe du laiton s’élève lentement, dépasse celle du cuivre à
- FIG. 2
- 5 millimètres, atteint son maximum à 6 et possède enfin à 10 millimètres une force plus grande que le cuivre. En d’autres termes les positions relatives ont été complètement renversées.
- « Il ne m’a pas été possible d’obtenir des fils de différents diamètres pour d’autres métaux que ceux-ci, mais la force électro-motrice pour les tiges de zinc de 10 millimètres était plus grande que celle pour le laiton, tandis qu’elle était moindre dans le cas de petits diamètres.
- « Pour les métaux non magnétiques, il est probable que plus la résistance spécifique du métal est grande, plus le diamètre du fil devra être grand avant que la diminution commence.
- « Le charbon présente une absence remarquable de self-induction et l’augmentation qui a lieu dans des tiges variant de 3 à 10 millimètres est à peine sensible.
- « Le maillechort augmente avec une rapidité relative indiquant que sa force électro-motrice, pour des fils de 20 millimètres', serait égale à celle du cuivre.
- « Le charbon paraît donc particulièrement propre à servir de résistance pour la période variable des courants électriques.
- l’influence des courants parallèles
- « L’appareil précédemment décrit convient très bien à l’étude des plus faibles variations apportées à la self-induction par la réaction d’une partie du circuit sur l’autre, que les courants soient de même sens comme dans une bobine, ou de sens contraire, comme cela est le cas d’un fil de retour parallèle. J’ai profité de cette circonstance pour exécuter une série d’expériences à l’effet de reconnaître l’influence qu’exerçaient sous ce rapport différents conducteurs métalliques.
- « J’ai pris un fil de fer et un fil de de cuivre recouverts de soie et ayant le même diamètre et la même longueur (1 millimètre de diamètre et 2 mètres de longueur), et, avec chacun de ces fils, j’ai formé une spire de 66 centimètres de diamètre. Les extra-courants du fer étaient, comme d’habitude, six fois plus forts que ceux du cuivre. J’ai fermé la boucle en rapprochant les côtés opposés de manière à avoir deux fils parallèles (le courant montait d’un côté et descendait de l’autre) et j’ai constaté que la réaction des courants de sens contraire était très différente pour les différents métaux et que les résultats dépendaient plutôt de la nature du métal que de la distance plus ou moins grande des fils.
- a Quand la spire de fil de fer était ainsi disposée, il y avait une réduction de i5 0/0 de l’ancienne force des extra-courants, tandis que pour le cuivre la réduction était de 80 0/0. Les courants sont donc plus influencés par un fil extérieur dans le cuivre que dahs le fer; il suit de là qu’un fil téléphonique très rapproché de son fil de retour devrait invariablement être en cuivre, car non-seulement sa capacité inductive spécifique est moindre, mais elle est encore réduite par le fil de retour, de sorte que sa self-induction est bien au-dessous de celle du fer.
- « Pour pouvoir observer l’influence des courants de même sens, j’ai transformé les fils précédents en une bobine serrée de 12 spires, d’un diamètre de 2 centimètres chacune ; et, d’après ce qui nous est connu sur l’action des courants parallèles et de même sens, il fallait s’attendre à un effet beaucoup plus considérable. C’est ce qui se produisit pour le cuivre, mais le fer fut beaucoup moins influencé par un courant parallèle exté-
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- rieur; la force du courant dans la bobine de fer était supérieure de 5/ o/o à celle de la boucle. Tandis que l’augmentation pour le cuivre était de 404 0/0 ou sept fois plus grande que celle de fer, et bien que le fil de fer en boucle eut six fois la force du cuivre, la comparaison se trouvait renversée pour les bobines, car les extra-courants de la bobine de cuivre présentaient une force supérieure de 14 0/0 à ceux de la bobine de fer, et cette différence serait encore plus marquée pour des fils plus longs.
- « En résumé, le cuivre est, au point de vue des extra-courants, beaucoup plus sensible à Fin-fluence de courants extérieurs que le fer, et la véritable self-induction ne s’obtient qu’avec un fil droit, quand le fil de retour est à une assez grande distance pour que son influence ne se fasse sentir. »
- RÉACTIONS DE PARTIES CONTIGUËS ü’UN MÊME COURANT.
- « C’est un fait bien connu que le courant réagit sur lui-même dans les diverses parties d’un même fil (c’est le cas d’une bobine, par exemple) et l’expérience précédente m’avait donné la conviction que la self-induction provient entièrement de réactions électro-magnétiques semblables entre des parties contiguës d’un même courant.
- « Admettons, par exemple, qu’un courant électrique soit formé d’un faisceau ou d’un nombre presque infini de courants parallèles, la limite étant une seule ligne de molécules consécutives ; dans ce cas, chacune de ces lignes devrait
- réagir par son action électro - magnétique sur chacune des lignes voisines, à peu près comme réagissent les uns sur les autres des fils qui servent de conducteurs à des parties séparées du courant, et la self-induction devrait atteindre son maximum quand les lignes seraient aussi rapprochées que possible, comme dans un conducteur circulaire; tandis qu’elle serait beaucoup plus faible si les lignes étaient séparées comme dans un conducteur en forme de ruban où les bords sont séparés par une distance relativement grande ; il y aurait toujours, dans ce dernier cas, réaction entre les parties qui se touchent ; mais ces réactions pourraient encore être réduites en découpant le ruban en un grand nombre de bandes étroites assez éloignées l’une de l’autre, excepté à leur point de jonction, pour empêcher une réaction marquée.
- « Mes expériences prouvent que cette hypothèse est un fait expérimental. On peut, en effet, réduire la self-induction d’un courant sur lui-même à une fraction de son ancienne valeur rien qu’en séparant les parties contiguës du courant, comme cela a été indiqué. Les résultats prouvent qu’une séparation relativement faible comme celle obtenue en employant des conducteurs en forme de rubans au lieu de fils ayant le même poids, réduit la self-induction de 80 0/0 dans le fer et de 35 0/0 dans le cuivre. Si nous divisons encore le courant en découpant le ruban en 16 bandes, par exemple (elles doivent être séparées de 1 centimètre au moins Fun de l’autre), alors la réduction
- TABLEAU N- H
- BANDES PLATES COMPARÉES AVEC DpS FILS RONDS <1 une longueur «le trente centimètre* CUIVRE FEU FILS PARALLÈLES trente centimètre* «le longueur CUIVRE FER
- Fil d’un millimètre de diamètre 20 IOO Fil d’un millimètre de diamètre 20 I OO
- BANDES *. o,25 d’épaisseur, 2 millim. de largeur.... 1 5 35 UN SEUL FIL : o,25 millimètres de diamètre Deux fils semblables • 1G 48
- — 5 — .... 1 3 20 1 2 TT .'•O
- — 10 — .... 11 15 Quatre — q 18
- — 20 — .... 10 H Huit — 8 IO
- — 40 — Q i3 Seize — .1 G
- La même bande roulée comme du fil ï7 i 5 Les mêmes 16 fils, liés fortement ensemble 1 2
- des bandes combinées mais séparées est encore plus grande et s’élève à 94 0/0 dans le fer et à 75 0/0 dans le cuivre.
- « Le tableau comparatif n° II établi plus haut donne la réduction relative de la self-induction
- par l’emploi de rubans et de fils parallèles séparés.
- « La résistance d’un conducteur, ou même la nature du métal qui le compose, a moins d’influence sur la self-induction que la forme ; le fil de 1 centimètre, dans le tableau ci-dessus, a moins
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- de résistance que la bande de 2 millimètres de largeur et plus dé résistance que n’importe laquelle des bandes plus larges ; mais dans toutes ces modifications on observe une diminution graduelle depuis le fil jusqu’à la bande ou le ruban le plus large, avec une tendance marquée vers le retour à l’ancienne force électro-motrice, dès que le ruban est roulé en forme de fil.
- « La réduction est plus grande dans le fer que dans le cuivre, tandis que l’augmentation est moindre dans le fer roulé, ce qui correspond bien aux observations antérieures relativement à la différence du fer et du cuivre au point de vue des réactions antérieures.
- « La réduction devient encore plus grande si l’on sépare un courant en employant des fils parallèles à une distance de 2 centimètres l’un de l’autre, ainsi que l’indique le tableau. On a alors une réduction pareille à celle qu’on obtient en découpant les bandes en plusieurs conducteurs séparés, et Ton observe encore que, quand les fils sont rapprochés (de manière à former un conducteur à plusieurs fils), le cuivre augmente dans une proportion bien plus grande que le fer, car les 16 fils de fer tordus ensemble en un seul faisceau ont 88 0/0 moins d’induction qu’un seul fil plein du même poids.
- « C’est un fait remarquable que, tandis qu’un fil de fer plein possède une capacité inductive 80 0/0 plus grande qu’un fil de cuivre plein, ce rapport est complètement renversé quand chaque métal forme un conducteur composé, du même poids que le fil plein, car le fer a dans ce cas 33 0/0 moins de self-induction que le cuivre.
- Il n’est pas nécessaire d’employer des fils extrêmement fins pour réduire la capacité inductive du fera celle du cuivre; c’est ainsi que j’ai formé un câble de fils tordus composé de 16 conducteurs, dans lequel chaque fil avait 1 millimètre de diamètre et qui donnait j5 0/0 moins d’induction' qu’un fil plein de même résistance.
- « J’ai acheté un câble en fil de fer ordinaire, d’un diamètre de 6 millimètres, composé de 6 torons de fix ayant o,5 millimètre de diamètre chaque, et ce câble m’a donné les meilleurs résultats, car en comparant 3 mètres de celui-ci avec la même longueur d’un fil de fer plein de la même résistance, j’ai constaté que le câble ne présentait que les 5 centièmes de l’induction auquel était sujet le fil plein.
- « L’acier sous forme de ruban se comporte de la même façon que le fer. C’est un fait remar-
- quable que tandis que les extra-courants d’un fil d’acier ou de fer de 4 millimètres de diamètre sont extrêmement lents et ne peuvent être équilibrés, à moins de réduire le temps du courant sonométrique (par l’introduction d’un noyau en fer, le ruban ou le fil composé ne demande aucune compensation de ce genre, car dans ce cas l’extra-courant, quoique faible, est extrêmement rapide et peut être équilibré à un zéro parfait; il est en effet plus rapide que celui d’un fil de cuivre plein de même résistance. Je considère ce fait comme étant d’une grande importance pour les lignes télégraphiques et les paratonnerres.
- « L’emploi de conducteurs mixtes comme ceux composés de fils de cuivre et de fer par exemple, donne lieu à des effets curieux. L’induction dans un fil de fer plein est réduite d’une façon remarquable par une mince couche de cuivre. Ceci provient de la différence entre les forces électromotrices des extra-courants dans les deux métaux; c’est ainsi que j’ai réduit l’extra-courant de 60 0/0 en employant un fil de cuivre fin parallèlement avec un fil de fer et en contact avec celui-ci aux extrémités. Le fil de cuivre agit probablement comme une dérivation, à cause de sa plus faible force electro-motrice, mais si la capacité du fer a déjà été réduite, comme c’est le cas pour les rubans ou les fils composés, alors un seul fil de cuivre ajouté augmente la force, parce que la force électro-motrice des extra-courants du cuivre est supérieure à celle du fer.
- On a discuté pendant beaucoup d’années les mérites comparatifs de la forme ronde et de la forme de ruban pour les paratonnerres. Ceux qui sont partisans de la première forme basent leur appréciations sur des expériences qui n’ont donné aucune différence entre les deux formes de conducteur. Ceux qui préconisent les conducteurs en ruban, comme Sir W. Suow Harris, le professeur Guillemin et beaucoup d’autres, se basent sur la différence très grande constatée par l’emploi de hautes charges d’électricité statique.
- « Ce dernier supposait, qu’il y avait une différence entre des décharges d’électricité statique et des courants voltaïques de faible tension, et que l’avantage reconnu par des expériences presque concluantes, était attribuable en grande partie à la conduction par surface.
- « En 1864, le professeur Guillemin et moi, nous eûmes pour mission, comme membres de la commission de perfectionnement des télégraphes en France, d’essayer les mérites comparatifs des
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- paratonnerres employés sur les lignes à cette époque.
- « Notre mode d’opérer consistait a joindre un conducteur isolé à un fil de fer fin et court relié directement au fil de retour à la terre. Nous déchargions une batterie de bouteilles de Leyde chargés par une bobine Ruhmkorff à travers ce conducteur et le fil de fer fin brûlait. Ce fil représentait l’appareil télégraphique qu’il fallait protéger et en plaçant le paratonnerre relié à la terre en avant du fil de fer fin, nous pouvions observer le degré de protection obtenu. Les résultats étaient très satisfaisants pour les décharges faibles, mais le fil fin était invariablemant détruit par la décharge de toute notre batterie, même avec les meilleurs des paratonnerres, parmi ceux employés jusqu’à ce jour. Voyant qu’on ne pouvait protéger d’une manière absolue le fil fin avec les paratonnerres, nous essayâmes de joindre directement le conducteur à un fil de terre spécial situé en avant du fil fin, et, avec des décharges puissantes, le fil situé au-delà du point protégé était invariablement détruit, bien que le conducteur fut relié directement à la terre par un cable de fil de cuivre d’un centimètre de diamètre.
- « Après mon départ pour la Russie, le professeur Guillemin continua ces expériences et il trouva qu’en employant une feuille mince de cuivre comme conducteur à la terre au lieu du câble de fil de cuivre placé en avant du fil de fer fin, il pouvait parfaitemement protéger celui-ci. La théorie de ce phénomène ne fut pas comprise à l’époque, et cette expérience n’attira pas toute l’attention qu’elle méritait, mais les réactions mutuelles de courants contigus que nous avons montrées plus haut, expliquent complètement le phénomène, car nous voyons qu’un conducteur en forme de feuille ou de ruban a beaucoup moins de self-induction qu’un fil ou qu’une tige du même métal.
- « Mes expériences m’ont donné la conviction qu’un retard ou qu’une résistance énorme se manifeste dans tous les conducteurs, à la première partie de la période variable et que ceci est dû à la self-induction, le courant produisant sur son propre parcours un courant antagoniste assez puissant pour consumer le fil ou le réduire à ses molécules constituantes, lorsque le courant primaire a une force électro-motrice suffisante, comme il a été démontré par docteur Warren de la Rue.
- « Mes expériences, qui sont faciles à repro-
- duire avec des résultats invariables, prouvent également qu’un conducteur plat a beaucoup moins de self-induction pendant la période variable qu’un conducteur plein et circulaire; de même avec un courant constant, comme dans la période stable, cette forme de conducteur donnerait passage, comme le professeur George Forbes l’a démontré le premier, à plus de courant avec moins d’échauffement qu’un fil ou qu’une tige de meme résistance, puisqu’elle rayonne davantage.
- « Les paratonnerres sont destinés à servir de passage à des courants d’une haute intensité dans un temps extrêmement court et doivent être construits de manière à ce que le courant rencontre le moins d’opposition possible de la part de la self-induction.
- « Aussi je considère une tige de fer solide comme la plus mauvaise forme de paratonnerre possible. Si le conducteur est en cuivre, il doit avoir la forme d’un ruban de i millimètre sur
- 10 centimètres de large, ou bien s’il est en fer,
- 11 doit se composer de nombreux fils tordus ou d’un ruban large de la même conductibilité que celle du ruban de cuivre.
- LA SELF-INDUCTION SUR UNE LIGNE TELEGRAPHIQUE
- « On peut considérer une ligne télégraphique comme une spire unique; la terre qui remplace le fil de retour ne peut que diminuer les effets de la self-induction comme un fil de retour parallèle.
- « M. W. H. Preece a dernièrement fait une communication très intéressante sur les mérites relatifs de fils de fer et de cuivre pour les lignes télégraphiques dans laquelle, en comparant la vitesse de transmission d’un même appareil sur deux lignes, l'une de cuivre et l’autre de fer, d’une longueur de 278 milles, entre Londres et Newcastle, et dont la résistance et la capacité statistique avaient été égalisées, il a démontré qu’il y avait une augmentation de vitesse sur la ligne de cuivre de 12,9 0/0 relativement à la vitesse sur le fil de fer.
- « Je n’ai pas eu l’occasion d’essayer les vitesses de transmission obtenues avec des appareils télégraphiques sur des fils de différents métaux. Les résultats dépendraient beaucoup des appareils employés; mais j’ai examiné la question à un point de vue indépendant des appareils.
- « Il y a une différence remarquable dans la
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- résistance d’un fil, suivant que l’on considère la période stable ou la période variable; les mesures faites pendant la période stable, ne donnent aucune idée réelle ni même approchée de la véritable résistance pendant l’augmentation du courant dans le fil.
- « Il est assez curieux de remarquer qu’en télégraphie toutes les mesures se font pendant que le fil est le siège d’un courant constant, alors que tous les appareils et en particulier ceux qui demandent des variations brusques de courant ne fonctionnent que pendant l'augmentation et la diminution du courant, comme cela a lieu dans la période variable. Les ingénieurs des télégraphes n’ont cependant pas commis l’erreur de croire qu’il n’y avait aucune différence dans la résistance d’un fil pendant ces deux périodes, puisque tout le monde sait que les électro-aimants et les bobines ont une résistance beaucoup plus grande pendant la période d'augmentation et de diminution d’un courant, et que les bobines augmentent simplement l’effet qu’on obtient avec un fil droit d’une certaine longueur.
- « Le procédé actuel qui consiste à employer pour les essais un pont de Wheatstone, a été adopté parce qu’on ne possédait aucun moyen pratique de mesurer la résistance pendant la période variable, et je ne crois pas que ce résultat puisse être atteint, si ce 11’est par une méthode pareille à celle dont j’ai fait usage et dans laquelle la résistance et la self-induction sont mesurées et équilibrées séparément et par l’emploi d'un instrument d’observation très rapide et très sensible comme le téléphone, en place des galvanomètres toujours trop paresseux, quelle que soit leur construction.
- « La vitesse des appareils télégraphiques dépend beaucoup de la résistance du fil. J’ai dit en i883, qu’on trouverait des valeurs très différentes pour la résistance d’un conducteur électrique suivant qu’on mesurerait celle-ci pendant la période variable ou pendant la période stable, et j’ai effectué de nombreuses expériences pour déterminer jusqu’à quel point cette différence se ferait sentir'sur les lignes télégraphiques.
- « J’ai déjà fait observer que la durée des extracourants augmentait rapidement avec le diamètre du conducteur, on ne peut par conséquent entreprendre de comparaisons de vitesse que sur des fils de même diamètre et des comparaisons portant sur les différences dans les périodes variables que sur des fils de même résistance.
- (f J’ai constaté que* pour mesurer la résistance d’un fil pendant les deux périodes, il vaut mieux éviter l'emploi de bobines de résistance ; la méthode la plus simple consiste à mesurer et à équilibrer une certaine longueur de fil, pendant l’une des deux périodes, et à voir ensuite de combien il faut allonger ou racourcir le fil pour revenir au zéro pendant l’autre période. Supposons qu’on ait commencé par équilibrer la résistance pendant la période variable, et qu’on ait fixé à demeure les communications mobiles au point qui correspond à un zéro parfait; on passe alors à la période stable au moyen du commutateur et l’on allonge le fil graduellement jusqu’à ce qu’on obtienne de nouveau un zéro parfait.
- « La quantité de fil qu’il a fallu ajouter à la première longueur donne la mesure de la différence de résistance entre un conducteur dans lequel il y a des variations électriques rapides et un conducteur dans lequel le courant passe d’une manière continue.
- « Je me bornerai à citer un seul exemple parmi un grand nombre d’expériences. J’ai mesuré et équilibré, pendant la période variable, la résistance d’un fil ordinaire en fer doux de 1 mètre de long et de 4 millimètres de diamètre, et j’ai trouvé qu’il fallait pour équilibrer cette résistance pendant la période stable exactement 2m,58 de fil.
- « Des essais analogues avec un échantillon du meilleur fil de fer employé sur nos lignes télégraphiques donnaient des résultats encore plus remarquables, comportant une différence de 225 0/0 entre les deux périodes, car 1 mètre de ce fil avait, pendant l’augmentation et la diminution du courant, exactement la même résistance que S1",25 de fil pendant la période stable.
- « Ceci prouve qu’un fil télégraphique en fer possède, pendant le travail avec des courants rapides, une résistance plus de trois fois supérieure à celle qu’on lui suppose.
- « Il était difficile de trouver une différence de résistance appréciable dans les deux périodes, avec de si petites longueurs, lorsqu’on employait du cuivre ou des fils de fer tordus ensemble, la durée de la décharge étant extrêmement courte; j’ai pu seulement me rendre compte de la résistance par la force électro-motrice des extra-courants ou bien en enroulant des fils en bobines (et dans ce cas la différence est très-grande) et en estimant ensuite la valeur de la réaction du fil sur lui-même. J’ai constaté de cette manière une différence de 10 0/0 pour un fil de cuivre plein et
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- de 8 o/o seulement pour un faisceau de 36 fils de fer. La différence que présentent, au point de vue des extra-courants, des fils pleins de cuivre et de fer, ainsi que les fils de fer pleins et les faisceaux de fils de fer, est si considérable qu’on peut considérer un fil de fer solide comme appartenant à la catégorie des conducteurs relativement lents, tandis que le cuivre et les fils de fer tordus doivent être rangés parmi les conducteurs rapides.
- « J’ai démontré qu’il y avait dans la période variable une différence d’au moins 200 0/0 entre le cuivre et le fer, différence sensible dans les appareils qui emploient des variations de courant rapides comme le téléphone ; et il est évident que plus les contacts d’un appareil télégraphique seront rapides, plus la différence sera grande entre le cuivre et le fer.
- « Il suit de là que les instruments qui ne demandent qu’une seule émission de courant pour chaque lettre, présentent un grand avantage au point de vue électrique, puisque l’économie d’impulsions électriques leur permet de fonctionner à une vitesse relativement grande ; la durée des extra-courants étant plus courte que la durée des contacts, ils n’éprouvent qu’une différence très faible entre les deux périodes ou bien entre le cuivre et le fer. Si l’on emploie trois ou cinq courants pour chaque lettre, il faut nécessairement les envoyer plus vite ou à des intervalles plus rapprochés et la difficulté augmente rapidement avec la vitesse des courants intermittents ou renversés, jusqu’à ce qu’on arrive à un point où tout en ayant l’air de travaillera travers une résistance de 5oo milles, on travaille en réalité avec une résistance égale à i,5oo milles au moins et cela sans tenir compte de la charge statique, qui, à cause de la lenteur relativement grande de charge et de décharge, augmenterait encore la résistance du fil dans la période variable.
- « Les expériences de M. Preece ont donné une différence de vitesse de 12.9 0/0 entre le fer et le cuivre, valeur bien inférieure à la différence de résistance pendant la période variable que j’ai obtenue moi-même ; et ceci s’explique si l’on admet que la vitesse des courants renversés qu’il employait était voisine seulement de la limite où naissent les extra-courants. Je suis persuadé que si v M. Preece avait pu augmenter la vitesse des appareils, il aurait trouvé une différence bien plus grande entre le cuivre et le fer et en ne tenant compte que des résultats du fil de fer plein, je considérerais le fer comité peu favorable aux appareils té-
- légraphiques demandant des courants très rapides. Le cuivre serait le meilleur conducteur, n’était ce fait, découvert par moi, que les fils de fer tordus ensemble, ont une rapidité d’action encore plus grande que le cuivre.
- CHANGEMENTS PHYSIQUES DANS LE CONDUCTEUR
- « La self-induction ne dépend pas seulement de la nature et de la forme du conducteur, mais aussi de l’état physique du métal comme nous l’avons déjà constaté pour le fer doux et dur. J’étais persuadé que la plus grande force électromotrice dans le fer provenait de sa capacité magnétique et pour voir s’il en était réellement ainsi, j’ai voulu voir comment se comporterait le fil porté à la température rouge de iooo° C, Il est bien connu qu’à cette température le fer perd ses propriétés magnétiques et j’ai trouvé que sa self-induction tombait au-dessous de celle du cuivre.
- « Ce résultat serait concluant s’il ne se trouvait être différent lorsque la capacité du fer, au point de vue de la self-induction, a déjà été réduite, comme c’est le cas pour les feuilles de fer minces ; pour celles-ci, l’induction ne disparaît pas et ne diminue pas, si ce n’est à cause de la résistance extraordinaire causée par l’augmentation de la température de la bande. Mais comme la bande était très magnétique à froid et perdait cette propriété à la chaleur rouge, on aurait dû constater une modification dans sa self-induction, s’il est vrai que celle-ci dépende seulement de la nature magnétique du fer. Avant qu’il me soit possible d’assigner à ce fait une explication probable, j’ai besoin de l’étudier davantage.
- « Le fer est particulièrement sensible à tous les changements physiques. Une tension mécanique quelconque rend le fil plus dur et agit sur sa self-induction comme il est facile de s’en assurer.
- « Un fil de fer soumis à une tension longitudinale modérée subit une perte de 40 0/0 et sa capacité se trouve alors au-dessous de celle de l’acier fondu non soumis à la tension.
- « Le fer bien recuit a une résistance beaucoup moindre que le fer dur et le fer doux est généralement employé pour les lignes télégraphiques, mais pendant la période variable, il se produit un renversement curieux à observer, car à ce moment, le fer doux a une résistance plus élevée que le fer dur. Cette anomalie apparente s’explique facilement si l’on songe que la self-induction est bien plus considérable dans le fer doux. Il y a
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- roduction de travail aux dépens de l’énergie électrique et la résistance apparente plus élevée provient de la plus grande action magncto-élec-trique dans le fer doux.
- « Lorsqu’un fil de fer a été traversé par un courant continu, il laisse voir les traces d’un magnétisme circulaire rémanent qui, dans la suite, réduit les extra-courants de 10 0/0.
- « On ne produit en apparence aucune modification dans la capacité inductive du fil lorsqu’on l’aimante ou qu’on le soumet à des vibrations mécaniques; dès qu’on ajoute à l’un ou l’autre de ces effets l’action d’un courant constant, on donne lieu à un changement remarquable. Faisons passer un courant constant et portons le fil à une chaleur rouge, puis laissons-le refroidir pendant le passage du courant, ou bien, au lieu de chauffer le fil, aimantons-le, ou bien encore, au lieu de l’aimanter, soumettons-le à des vibrations mécaniques.
- « L’un quelconque de ces traitements provoquera une forte aimantation intérieure et circulaire qui me semble provenir de ce que les molécules magnétiques se détachent et tournent avec plus de liberté sous l’influence de la chaleur, des vibrations mécaniques ou du magnétisme. Un fil traité de cette manière perd son ancienne self-induction, qui tombe de 40 0/0, et comme le magnétisme circulaire devient fixe lorsque les vibrations cessent, cette construction moléculaire se conserve tant que nous employons des courants intermittents dirigés dans le meme sens, mais elle disparaît sitôt que l’on fait passer un courant inverse.
- « Ceci explique pourquoi l’on a une self-induction plus de deux fois plus considérable avec des courants renversés puisqu’à chaque inversion, tout le magnétisme rémanent causé par le passage antérieur du courant est détruit.
- « Si nous comparons la force électro-motrice de la self-induction sur un fil de longueur donnée aux courants secondaires engendrés dans un deuxième circuit indépendant, nous trouvons que c'est la self-induction qui l’emporte, les courants secondaires créés dans un fil de cuivre indépendant étant inférieurs de 20 0/0 à ceux induits dans le fil meme. Il n’y a aucune différence entre la self-induction d’un courant et la production des courants secondaires ; ce sont là les diverses parties d’un même phénomène, ainsi qu’il a été prouvé par Faradey. La self-induction est évidemment due aux réactions électro-magnétiques
- du courant primaire, *et, comme le magnétisme s’exerce à travers l’espace, la séparation des fils ne fait qu’isoler le courant primaire sans porter atteinte à son influence magnétique; ainsi que. je l’ai démontré pour les réactions de parties contiguës d’un même courant, les réactions magnétiques perpendiculaires à l’axe du courant continuent à s’exercer à travers le fil sur tous les autres fils environnants; et, si nous désignons sous le nom de secondaires les courants dans le fil indépendant, ces courants, bien qu’enfermés dans le fil primaire, seront encore des courants secondaires.
- « Comme la réaction est la plus forte dans l’axe du courant, ces courants seront nécessairement plus forts que ceux induits dans les fils indépendants. C’est pour cette raison que l’on doit pouvoir obtenir des extra-courants ayant force électro-motrice bien plus élevée que les courants induits dans un fil secondaire de même longueur.
- « J’avais l’intention de démontrer par des expériences pratiques quelques-unes des propriétés remarquables des extra-courants de force électromotrice élevée, mais le sujet et l’appareil employé nécessitaient une description pour laquelle le temps me fait défaut. Je suis également forcé de laisser de côté, pour le moment, mes expériences sur des bobines de différentes formes avec des noyaux en différents métaux. Ces expériences, ainsi que les résultats obtenus, indiquent qu’il y a là un vaste champ de recherches utiles dans bien des directions dont chacune, cependant, demande des études spéciales suivant l’objet qu’on poursuit.
- « Mes nombreuses expériences prouvent que la nature du métal aussi'bien que son état physique, ont une influence importante sur la self-induction d'un courant électrique et nous pourrons peut-être, par l’étude des réactions produites par les parties contigties d’un courant et par l’application de ces résultats, comme pour le fer, transformer un conducteur lent en un fil de la plus grande rapidité.
- « J’espère que ces recherches seront non seulement d’un intérêt scientifique, mais que les résultats obtenus auront une valeur pratique pour quelques-unes des nombreuses applications de l’électricité. »
- J. Munuo.
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- CHRONIQUE
- Sur un nouveau « Block System Électrique » partiellement automatique, par L. van Overs-traeten (i).
- Dans ce Block System les différentes lignes des chemins de fer sont divisées en sections d’une certaine étendue. L’entrée de chacune d’elles est commandée par un signal sémaphorique. Le train, en entrant dans une de ces sections, débloque automatiquement le signal commandant la section qu’il a franchie et qui est devenue libre en même temps qu’il ferme et bloque de la même manière derrière lui le signal défendant la section dans laquelle il s’engage.
- Les manœuvres essentielles et régulières des signaux se font par les trains eux-mèmes, les agents ne sont maintenus que pour la surveillance des appareils et pour l’exécution de certains travaux accessoires très simples, exigeant leur présence et leur attention, mais dont l’oubli ne saurait donner lieu à un accident.
- L’agent garde la faculté d’agir sur le signal si un obstacle autre que la présence d’un train existe sur la section. Les appareils réalisent le block à sections dépendantes et l’agent se trouve dans l’impossibilité absolue de changer l’indication d’un signal à partir du moment où ce signal couvre un train engagé dans la section. Ils établissent le block de l’appareil tète de ligne comme celui des appareils intermédiaires sans le concours de l’agent ; ils réalisent le block absolu dans tous les cas particuliers de l’exploitation des chemins de fer et s’appliquent avec les mêmes avantages à la voie unique comme à la voie double, comme aussi à celles de bifurcation et d’évitement.. S’il y avait négligence dans la surveillance des appareils et si ceux-ci ne fonctionnaient pas sans que les conducteurs des trains ou les agents de la route en soient informés, les signaux se mettent d’eux-mêmes à l’arrêt.
- Les signaleurs sont avertis par des signaux optiques et par des signaux acoustiques (sonneries continues) de la présence des trains dans les sections placées sous leur surveillance; il existe une dépendance complète entre ces signaux et ceux xde la route. Chaque poste est muni d’un certain nombre d’indicateurs ou annonciateurs et de deux
- (!) Bulletin de la Société belge d’électriciens, décembre i885i
- sonneries à timbres différents ; l’une d’elles annonce l’arrivée des trains, l’autre leur départ. Enfin les signaleurs reçoivent automatiquement des instructions et des avertissements spéciaux qui leur permettent d’éveiller l’attention des machinistes d’une manière particulière dans les cas de dangers imminents.
- Ce système est à pédale et se compose dans son ensemble de trois appareils distincts, qui sont :
- i° Le signal placé sur la voie ;
- 20 La pédale placée également sur la voie;
- 3° L’appareil de block. Ce dernier peut s’installer dans le cabines ou bien à l’extérieur contre les poteaux des signaux.
- Le signal est actionné uniquement par l’électri-
- cité ; il se compose d’une boîte circulaire métallique de 1 mètre de diamètre et d’environ 10 centimètres d’épaisseur, dont la devanture est percée de deux fenêtres en forme de secteurs ayant un angle au centre de 75-80°. Les ordres sont donnés aux trains, le jour par la couleur des secteurs (rouge, arrêt; blanc, passage) ; la nuit* par le "feu rouge ou par le feu blanc. Le jeu du signal repose sur l’admission et l’interruption alternatives d’un courant électrique.
- On comprend dès lors que pour bloquer le signal, il suffit d’y rendre impossible le passage de l’électricité. Cet effet s’obtient par l’appareil de block. Celui-ci, d’une construction très simple, se trouve renfermé dans une botte d’environ 25 centimètres de côté, présentant au milieu de la face antérieure un index commutateur M (fîg. 1), qu’il suffit de tourner pour manœuvrer le signal.
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- JO URNAL UNIVERSEL D’ÉLEC TRICITÉ
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- La partie supérieure de la boîte porte une petite caisse percée d’un certain nombre d’ouvertures a. e..., devant lesquelles se meuvent les indicateurs. Le nombre des indicateurs varie d’après la destination de l’appareil. Ainsi, un appareil à simple voie en aura plus que celui s’appliquant à la double voie. L’appareil tête de ligne a moins d’indicateurs que l’appareil intermédiaire, etc. Sauf le nombre des indicateurs, les appareils présentent le même aspect. L’appareil intermédiaire à simple voie est muni de cinq indicateurs. L’indicateur central a correspond au signal de la voie, il est rouge ou blanc selon que ce signal est'fermé ou ouvert. Les indicateurs b et c dépendent respectivement des signaux d’amont et d’aval. Ils sont blancs dans les conditions ordinaires, mais l’un d’eux se met au rouge selon qu’un train pénètre dans la section de droite ou dans celle dé
- gauche. Les indicateurs d et e correspondent respectivement au block des signaux, ils restent blancs tant que les disques ne sont pas bloqués.
- Le mécanisme de l’appareil de block se compose d’un certain nombre de balanciers présentant un bras horizontal et un bras vertical. Le nombre des balanciers est variable suivant la destination de l’appareil. Le bras horizontal est muni à ses extrémités de pointes isolées du corps du balancier par un anneau en ébonite. Le bras vertical porte une pièce de fer doux qui se place en regard d’un électro-aimant et en forme l’armature. Lorsque le courant ne passe pas dans les aimants les balanciers sont horizontaux, mais ils s’inclinent dès que l’électricité est admise dans les bobines.
- En s’inclinant ils buttent contre de petites tiges qui commandent les indicateurs fixés au dessus
- bac ?
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- lé ¥1 \m 01
- —O Pn
- B*—O Fl
- a
- Cl-O
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- Pi
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- Pt
- Double voie
- O-^B'
- O—LV
- de l’appareil et les pointes des extrémités établissent ou interrompent les courants sur la combinaison desquels repose tout le jeu de l’appareil. Le commutateur M, placé au centre, permet d’après sa position d’établir ou d’interrompre certains circuits.
- Afin de rendre plus claires ces considérations gérales, nous exposerons les effets produits aux différents postes d'une ligne à mesure que le train effectue son parcours. Nous ne nous arrêterons qu’à trois cas principaux : la double voie, la voie unique et le garage à simple voie.
- Le premier cas (fig. 2) n’exigera que l’étude de la marche du train sur la voie montante, la meme série d’opérations se répétant pour la voie descendante. Le train, avant de quitter la gare, demande par un nombre convenu de coups de sifflet le signal A, ou bien on peut, si on le préfère, laisser au chef de gare le soin de demander électriquement ce signal, comme cela se pratique pour la voie unique ainsi que nous le verrons plus loin. Si la section AB est libre, le signaleur du poste tête de ligne tourne le commutateur M. Cette
- opération, éminemment simple et facile, met le signal voie libre et l'indicateur a au blanc. Après avoir franchi le signal, le train, en passant sur la pédalep9 ferme et bloque ce signal. Les indicateurs a et e se mettent immédiatement au rouge, accusant ainsi que le train a dépassé le signal A et que celui-ci est fermé et bloqué. En même temps, la sonnerie 5 se met en mouvement et sonne pendant tout le temps que le train occupe la section AB. L’agent ramène alors le commutateur à la position initiale. D’autre part, la sonnerie i'- et l’indicateur b du poste 2 préviennent le signaleur de ce poste de l’arrivée du train. Si la section BC n’est pas occupée, celui-ci ouvrira le signal B par la simple manœuvre du commutateur Le train, en passant sur la pédale j?, ferme et bloque la section dans laquelle il pénètre. Les indicateurs a et e du poste 2 prennent la couleur rouge ; la sonnerie s1 cesse tandis que s~' se fait entendre. Au poste 1, le signal A est débloqué , en même temps que l’indicateur e se remet au blanc et que la sonnerie s cesse de trembler; le train est couvert par le poste 2. Au
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- poste 3, le train s’annonce par l’indicateur b et par la sonnerie s:K
- La même série d’opérations se répétera de poste en poste jusqu’à la gare d’arrivée où le chef de gare a la faculté de fermer et de bloquer le signal terminus indépendamment de l’action du signa-
- leur. Ce signal sert ainsi de couverture de gare. Quand l’obstacle éventuel a disparu, le chef de gare débloque le signal tout en avertissant automatiquement le signaleur qui lui effacera le signal, autorisant ainsi le passage du train.
- L’unique manœuvre à exécuter par l’agent con-
- FIG. 3
- siste]donc à tourner le commutateur M à l’approche des trains et à le remettre dans la position primitive après leur passage. Tout changement ' dans la position du commutateur pendant que le train occupe la section reste sans effet, aussi bien sur les sonneries et les indicateurs que sur la position du signal lui-même.
- Les appareils que nous décrivons appliqués à l’exploitation par voie unique donnent également de précieuses garanties de sécurité. Dans ce cas particulier un premier appareil (a%) plus petit que les autres est confié au chef de la gare (fig. 3). Ce dernier est averti par la sonnerie continue s et par la couleur de l’indicatenr [a) ou par l’inscription qu’il porte, de ce qui se passe dans la section AB.
- L’appareil indiquant section libre, ce qui correspond au repos de la sonnerie et à la couleur blanche de l’indicateur a, supposons que le chef de gare veuille lancer un train allant de gauche à droite. Il appuie sur le bouton ce qui a pour effet de fermer et de bloquer le signal C' et de faire marcher la sonnerie s, ainsi que l’indica teur e du premier poste. S’il n’existe pas d’obstacle sur la section AB, le signaleur effacera le signal A en tournant le commutateur de façon à ce que la pointe en soit dirigée du côté du signal demandé. La mise à voie libre de ce signal entraîne la fermeture et le block du signal B’ donnant accès de droite à gauche ; réciproquement le signal A sera fermé et bloqué dès que B' indi-
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- GâCdge è simple voie
- fig. 4
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- quera voie libre. Ces deux signaux ne pourront donc s’ouvrir simultanément. En passant sur la pédalep> le train, tout en maintenant à l'arrêt le signal B', ferme et bloque le signal A comme dans le cas précédent, il débloquera ensuite A et B' en franchissant la pédale p{. Le jeu des indicateurs et des sonneries annonçant l’arrivée des trains et leur passage est analogue à celui que nous avons exposé pour la voie double. La même série d’opérations se répète de poste en poste jusqu’à ce que le train ait atteint, soit la voie de garage, soit la gare d’arrivée. Il esta; noter que le train, en péné-
- trant dans la section précédant la gare d’arrivée, prévient non seulement le signaleur du dernier poste mais encore le chef de cette gare. A cet effet, comme nous le faisions remarquer plus haut pour la gare de départ, le train met en mouvement la sonnerie s'* et l’indicateur ah. Si un obstacle s'opposant à l’entrée du train existe dans la gare, le chef appuie sur le bouton Z'. Cette simple action a pour résultat non seulement de bloquer le signal c s’il est fermé, mais même de le fermer s’il est ouvert à ce moment. De plus, le signaleur du dernier poste reçoit l’ordre d’arrêt
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- par sonnerie et par indicateur. Lorsqu’il conviendra de laisser passer le train, le chef tournera le petit commutateur M'1 et le signal c se remettra à voie libre, en même temps que la sonnerie et l’indicateur transmettront ce nouvel ordre au signa-leur. Il paraît superflu d’ajouter que les mêmes opérations se reproduisent pour les trains allant de droite à gauche.
- Supposons maintenant que par suite d’une irrégularité de service deux trains allant en sens inverse s’engagent respectivement dans deux sections AB et A'B' qui se touchent. En vertu des principes du block, réalisés pour les deux sens dans lesquels les trains peuvent se présenter les signaux B et B' seront fermés et bloqués, les indicateurs et les sonneries accuseront l’approche des trains, mais par surcroît de précaution le si-gnaleur entend dans ce cas une grosse sonnerie d’alarme X appelant toute son attention sur le danger. Il pourra au besoin se porter au-devant des trains en péril et leur faire les signaux conventionnels d’arrêt indépendamment de ceux de la voie. D’autre part, les machinistes des trains seront également avertis du danger par des sonneries placées sur la voie.
- Après pareille irrégularité l’appareil 3 se trouve bloqué, de telle sorte qu’un train en passant sur n’importe quelle pédale de la voie est impuissant à le débloquer. Pour remettre le poste en fonction il faut agir sur le bouton F qu’il suffit de relever. Mais ce bouton est scellé; il en résulte que le signaleur devra, ou bien laisser son appareil dans l’inaction, ou bien rompre le cachet appliqué sur le bouton. L’irrégularité qui s’est produite sur la ligne se trahira donc par l’un ou par l’autre de ces indices.
- Comme autres particularités de ce système, nous ferons observer que chaque poste de voie unique n’est muni que d’un appareil de block et d’une seule pédale pour les deux sens. La pédale unique bloque exclusivement dans la direction voulue par le sens de la marche du train. Nous ajouterons que tous les effets décrits s’obtiennent par deux fils conducteurs placés le long de la voie.
- Nous ne donnerons qu’un résumé très court de la solution du problème relatif à la voie d’évitement à simple voie (fig. 4). Nous ne parlerons plus du jeu des sonneries et des indicateurs. Ce jeu comme dans les cas précédents correspond toujours à ce qui se passe sur les voies. Nous nous arrêterons à l’exposé des conditions de sécurité réalisées et qui sont les suivantes :
- Lorsqu’un train, allant de gauche à droite, se présente dans la section QA le signal C' est bloqué. Le signaleur en ouvrant le signal A ferme et bloque automatiquement le signal B'. En passant sur la pédale jj, le train ferme et bloque derrière lui le disque A tout en débloquant C' et en maintenant le signal B’ à « l’arrêt ».
- Ce n’est qu’après le garrage sur la partie de voie pK B que le sémaphore B' est libre. Le signal A de son côté reste fermé tant que le train n’est pas couvert par le signal B. Mais ce dernier sera bloqué lui-même si la section A'B' est occupée par un train allant de droite à gauche, et cessera de l’être du moment où ce train aura franchi la pédale 4»'2. Les trains occupant respectivement les parties de voies p{ B et jj'2B' se trouveront alors en face de signaux libres et l’on pourra autoriser le départ, soit du premier, soit du second.
- Supposons que le train arrêté devant B parte le premier, le signaleur en ouvrant le signal B bloquerait A’ s’il ne l’était déjà par suite de la présence du second train. Le passage sur la pédale p2 débloque A, tandis qu’il bloque B, et enfin l’action sur la pédale p3 a pour effet de débloquer B en même temps que de bloquer C. Le second train, se dirigeant vers le point p, sera couvert dans sa marche par des manœuvres analogues.
- A partir des points p et j?3 tout se passe comme dans le cas de la voie unique étudié plus haut.
- Les problèmes relatifs aux bifurcations à double ou à simple voie — la voie de garage, double voie, etc., — se résolvent tout aussi facilement au moyen des mêmes appareils et avec les mêmes garanties de sécurité.
- Il est vrai que dans le système décrit toute la sécurité dépend encore de la ponctuelle observation des signaux par les conducteurs des trains. Si un machiniste, par suite d’une négligence coupable ou malheureuse, dépasse un signal à Yarrêt, la sécurité est compromise.
- Hâtons-nous de dire que cette lacune a été comblée en complétant le « Block-System » par un appareil automatique des trains devant les signaux fermés. Celui-ci arrête les trains en serrant les freins en même temps qu’il empêche l’accès de la vapeur dans les cylindres moteurs. Il est à remarquer que la combinaison est purement mécanique, mais elle présente sur les autres du même genre l’énorme avantage de produire ses effets sans le moindre choc entre l’appareil placé sur la voie et celui fixé sur la locomotive. Le bris
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- des organes de l’appareil et autres inconvénients résultant de ce choc sont donc évités.
- Les appareils en question sont très simples, ils s’adaptent très facilement sur les machines et peuvent s’utiliser avec tous les systèmes de signaux.
- Notre système s’appliquant avec les memes avantages à tous les cas qui peuvent se présenter dans l’exploitation des chemins de fer ne manquera pas, nous l’espérons, de fixer l’attention des hommes compétents. Il se recommande à l’examen sérieux de tous les spécialistes et notamment des compagnies ne disposant pas encore, pour l’exploitation de leurs lignes, des appareils de sécurité qu’exige le trafic actuel.
- Lettre de M. Alexander Graham Bell à l’Attorney
- Général des États-Unis p).
- Washington D. G., Ic 26 octobre i885.
- M. A, H. Garland, Attorney Général des Etats-Unis.
- Monsieur,
- Depuis plusieurs années j’habite Washington, à quelques minutes de vos bureaux, ce que vous ignorez sans doute.
- Mon nom a été rendu célèbre par la découverte d’un appareil dont j’ai doté la science et l’industrie.
- J’ai juré et je jure encore que j’en suis le premier inventeur. J’ai etc comblé d’honneurs qu'on ne m’aurait certainement pas accordés si j’en avais été jugé indigne, et chaque fois que mes droits ont été contestés, les tribunaux des Etats-Unis m’ont donné gain de cause tant au point de vue de mon serment qu’à celui de la validité de mon brevet.
- En revenant, il y trois semaines, d’un long voyage, j’ai constaté que tous les journaux annonçaient urbï et orbi. sous le couvert de votre
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- autorité, qu’en affirmant être le premier inventeur de l’appareil en question, je savais parfaitement faire un faux serment; enfin que je n’avais obtenu mon brevet des Etats-Unis que par des moyens frauduleux. Je suis donc accusé de parjure et de faux par votre Département.
- J’apprends par les journaux que cette accusation a été portée contre moi dans un procès entamé, non à Washington, où je demeure, comme vous le savez, ni dans l’Etat de Massachusetts où la Compagnie propriétaire de mon brevet est domiciliée,
- (l) Traduit de l’anglais d’après une copie adressée à la rédaction du journal.
- mais en Tennessee où je n’ai jamais mis les pieds et où les propriétaires de mon brevet n’ont pas meme un bureau ni un représentant.
- Le procès auquel je fais allusion, est l’œuvre de gens qui ont déjà été condamnés comme contrefacteurs de mon brevet et c’est leur avocat qui a été chargé de la procédure.
- Un District Attorney des Etats-Unis à Baltimore s'est meme servi de l’existence de ce procès pour décider que le tribunal de cette ville ne devait pas laisser plaider le procès que j’ai intenté avant que l’autre ne fut jugé.
- Le coupable qui a ainsi essayé de se servir de l’attitude prise par votre Département pour éviter un jugement, est une Société dont vous étiez un des fondateurs, un actionnaire des plus importants, un administrateur et conseil.
- Je cherche une explication et je trouve que celle donnée par vous est si loin d’être suffisante que le procès a été immédiatement abandonné.
- Mais dans la même lettre où l’avocat général annonçait l’abandon des poursuites parce que les griefs mis en avant n’avaient pas été suffisamment examinés, il ordonnait aussi qu’on en fit, de nouveau, un plus sérieux examen.
- Je donne un démenti formel à toutes ces accusations que contredisent absolument les documents officiels sur lesquels je désire appeler votre attention.
- La plainte, autorisée par votre Département, portait sur ce que (p. 21) « le professeur Philippe Reis, un savant allemand, était en effet le premier et le véritable inventeur de la transmission électrique du son, de la parole et de la conversation », et que (p. 17) « il avait dès 1862, au moyen d’instruments, d’appareils, et d’après la méthode inventée par lui, mis en pratique la transmission électrique de la parole articulée et des sons musicaux; que de plus, cette transmission avait été pratiquée publiquement longtemps avant l’invention prétendue de Bell par le nommé Reis comme par d’autres, par les méthodes et appareils inventés et décrits par Reis, ou bien au moyen d’appareils décrits qui avaient été vendus par Reis ; et que enfin ce but avait été atteint par la même espèce de courants et par la même application de l’électricité que celles exposées dans mon brevet ».
- Le bill de votre District Attorney prétend (p. 18; que « depuis l’année 1862 cette industrie était non seulement connue du public et pratiquée par d’autres que Bell, mais que le principe, "la mé-
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- thode et les appareils nécessaires ainsi que les indications pratiques pour la transmission électrique des sons et de la parole, ont été publiés et décrits avec un si grand nombre de détails dans beaucoup de publications imprimées tant aux Etats-Unis qu'à l'étranger, que toute personne tant soit peu au courant des applications de l'électricité, pourrait, en suivant ces indications, construire elle-même les instruments et appareils nécessaires à la transmission électrique des sons et de la parole et se servir des courants électriques de manière à appliquer la méthode des inventions antérieures et transmettre électriquement aussi bien les sons que la parole articulée. »
- Le document énumère 75 publications , et brevets dont chacun à ce qu’il paraît, contient ces renseignements et déclare encore (p. 16), « que tout ce qui a été démontré ou revendiqué dans mon brevet, était de fait et depuis longtemps connu des savants et des physiciens, et en général de tous ceux qui s’occupaient de la science électrique », et qu’enfin(p. 15), « cet état de choses était si bien connu qu’il est impossible que Bell l’ait ignoré. » Là-dessus votre District Attorney m’accuse de parjure et de faux, parce que j’ai juré que ce qu’il appelle une invention bien connue était la mienne et parce que, selon lui, j’ai « de propos délibéré et frauduleusement caché la vérité en cette question à l’examinateur et aux fonctionnaires du bureau des brevets des Etats-Unis, chargés d’examiner mon invention, « jusqu’au moment 011 mon brevet a été accordé. »
- On m’accuse d’avoir « omis de parler au bureau des brevets », de l’existence d’une invention qui était, à ce qu’on prétend, connue du monde entier et publiquement mise en pratique depuis longtemps. Vous, Monsieur, vous n’auriez pas fait une déclaration pareille ; vous savez personnellement qu’avant mon brevet, aucune invention de ce genre n’existait.
- Vos associés de l’entreprise Pan Electric C° ont publié l’année dernière, au nom de la Washington Téléphoné C° , une circulaire imprimée, portant en tête les noms de Messieurs le général Bradley T. Johnson et Casey Young, dans laquelle vous disiez :
- « La rapidité surprenante avec laquelle le téléphone à été adopté comme moyen de communication entre des points éloignés, dépasse toutes les merveilles de cet âge merveilleux. C’est en 1876 que le téléphone fut présenté au pubfic pour la première fois à l’Exposition du Centenaire; et la première ligne mise en pratique
- fut construite à Bosto*h en 1877. Aujourd’hui, sept ans plus tard seulement, il y a plus de 25oooo appareils en fonctionnement et leur nombre augmente de plus de 5oooo par an. »
- Ce premier téléphone était le mien, et cette première ligne était la mienne. Chacun de ces appareils avait été fabriqué selon les indications de mon brevet, ils en portaient la date et ils étaient fournis par le propriétaire du brevet.
- Voilà le commencement de la téléphonie.
- En déposant une demande de brevet j’ai déclaré que j’en étais le premier inventeur. Je le croyais à cette époque, aujourd’hui j’en suis sur.
- En 1876, le gouvernement des Etats-Unis nomma un jury international chargé d’examiner les inventions électriques qui figuraient à l’Exposition du Centenaire; les membres en étaient certainement « des savants et des physiciens au courant de la science électrique ». M. Joseph Henry en était le président. J’ai montré à ces Messieurs mon téléphone le 25 juin 1876, et ils ont entendu la reproduction électrique de la parole. Ils ont emporté mon appareil dans leur chambre des délibérations où ils ont fait des expériences entre eux. Après avoir fait allusion à la transmission des sons musicaux par des interrupteurs de courant, le rapport officiel dressé par le professeur Henry continue ainsi :
- « Le téléphone de M. Bell vise un but encore plus remarquable, la transmission de la parole sur de longue lignes télégraphiques. Pour bien comprendre ce résultat merveilleux, etc., etc. Ce téléphone a fonctionné à l’Exposition du Centenaire et les membres du jury l’ont considéré comme le résultat le plus merveilleux du télégraphe électrique. L’invention est encore dans son enfance et susceptible de beaucoup de perfectionnements. » (Aff. Dowd, vol. II, p. 32.)
- Les plus importantes publications de Reis se trouvaient dans la bibliothèque Smithsonian. Le professeur Henry possédait, depuis deux ans, un appareil de Reis dans son cabinet. Néanmoins, un téléphone parlant faiblement était au mois de juin 1876, pour lui comme pour ses collègues, « la plus grande merveille obtenue jusqu’ici au moyen du télégraphe électrique. »
- Malgré cela, votre District Attorney déclare que les téléphones parlants étaient, depuis de nombreuses années, tellement connus qu’il n’est pas admissible que je n’en aie pas entendu parler.
- Votre département m’accuse de parjure volontaire et « d’avoir caché » aux membres du bureau desbrevets l’existence d’appareil sou d’instruments
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- que M. le professeur Henry et les autres membres du jury de l’Exposition du centenaire ne connaissaient pas plus' que moi.
- Après avoir longuement considère toutes les publications de Reis mentionnées par votre District Attorney ^ le bureau des brevets et les tribunaux ont déclaré que dans beaucoup de cas contestés, la transmission électrique de la parole n’y était pas indiquée et qu’elle n’existait pas avant la date de mon invention.
- On m’accuse néanmoins de duplicité et de fraude pour ne pas avoir dit au bureau des brevets, en 1876, ce que ce bureau meme et tous les tribunaux ont déclaré être faux après des recherches minutieuses.
- Comment était-il possible au gouvernement des Etats-Unis de porter une telle accusation contre moi? Comment la Washington Téléphoné C°, l’auteur de la circulaire en question, peut-elle aujourd'hui vous demander de répéter cette accusation?
- Dans tous les cas contestés, le bureau des brevets comme les tribunaux ont reconnu que j’étais le premier inventeur du téléphone électrique parlant.
- Après sept jours de plaidoirie, le commissaire des brevets conclut en ces termes :
- « Bell a inventé l’art ou la méthode, ainsi qu’un appareil pour rendre celte méthode pratique. Il revendique d’ailleurs cette invention comme étant entièrement et complètement sienne. A l’Exposition du centenaire, le monde a reconnu Bell comme le premier inventeur d’un téléphone parlant. Tout semble indiquer que ce n’est qu’au moment où la récompense promise pour un service aussi important allait être reçue que son droit de priorité a été contesté (3o Of Ga\. 1091) ».
- Votre District Attorney m’accuse d’une autre fraude en prétendant que non-seulement je n’ai pas inventé le téléphone parlant, mais encore que j’ai eu connaissance d’une manière illégale d’un caveat de M. Elisha Gray contenant la description d’un téléphone, et que plus tard, en modifiant ma demande à ce moment en suspens, j’ai ajouté l’invention de Gray à ma spécification et obtenu ainsi un brevet pour un appareil que je n’avais pas inventé, mais bien volé.
- Votre District Attorney prétend (p. 8) que l’examinateur du bureau des brevets « m’a communiqué le 19 février 1876 d’une façon illégale le caveat de Gray » et (p. 9),«que connaissant parfaitement l’existence de l’invention de Gray décrite dans le caveat, j’ai profité de l’indiscrétion dudit examinateur pour m’approprier la découverte de
- Gray,» et qu’enfinj’ai ajouté un amendement à ma spécification le 29 février, sachant parfaitement qu’il était inspiré parla lecture du caveat de Gray.
- Je nie formellement que cette lecture m’ait fait modifier en quoi que ce soit l’invention décrite dans mon brevet.
- Les archives du bureau des brevets, où se trouvent les originaux, prouvent que la description du téléphone parlant relatée dans mon brevet est aujourd’hui telle que je l’ai faite dans ma demande écrite et déposée avant l’existence du caveat de M. Gray.
- Les livres du bureau des brevets constatent les faits suivants :
- f) Le 20 janvier 1876, j’ai fait ma demande sous serment à Boston, où je demeurais alors.
- 2) Dans la matinée du 14 février suivant, mes avocats à Washington, MM. Pollok et Bailey, ont déposé ma demande au bureau des brevets.
- 3) Dans l’après-midi du même jour, M. Gray déposa sous serment un caveat renfermant l’idée d’un téléphone et jura qu’il se livrait encore à de nouvelles expériences en vue de perfectionner celui-ci avant de prendre un brevet définitif.
- 4) Le 19 février, le bureau a envoyé aux intéressés les avis que généralement l’on donne dans le cas où il y a un caveat antérieurement enregistré. L’un à M. Gray chez son avocat à Washington, l’informant qu’une demande avait été déposée sur le même sujet que celui traité dans son caveat et l’autre à MM. Pollok et Bailey,pour nous faire savoir que les clauses 1, 4 et 5 de ma revendication avaient trait à des questions décrites dans un caveat déposé au bureau, et que, par conséquent, ma demande ne serait examinée qu’au bout de 90 jours, comme le veut la loi.
- Rien de tout ceci n’était contraire à la loi ou en désaccord avec la manière de procéder ordinaire du bureau.
- J’apprends que d’après le réglement du bureau des brevets, l’avis qui m’était adressé devait me faire connaître les revendications que l’on me contestait afin de pouvoir les abandonner si je le jugeais bon. C’est en effet ainsi que cela se pratique dans les bureaux d’après la déclaration écrite de l’examinateur M. Wilbur, et que mes adversaires ont déposée dans vos bureaux.
- J’ai également appris qu’un caveat n’a de valeur qu’à partir du moment où il a été déposé. Sur la demande écrite de mes avocats, le commissaire répondit que le caveat avait été déposé quelques heures après ma demande et décida par un ordre motivé et écrit que Lavis qui m’avait été
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- envoyé serait retiré. Ceci se passait le 25 février 1876 et le brevet fut accordé le 7 mars 1876.
- Mais M. Gray avait été avisé, le 19 février, ce qu’il ne conteste pas. Il est donc bien évident que s’il l’avait voulu, rien ne l’empêchait de déposer une demande en contestation de mes droits, mais il a décidé, d’accord avec son conseil, de n’en rien faire.
- Je n’étais pas présent à Washington et j’ignorais toutes ces démarches, jusqu’au moment où l’avis avait été retiré, mais on m’a dit et je crois qu’elles étaient toutes parfaitement conformes à la loi. En tous cas ce n’était pas une fraude ni de ma part ni de la part de mes avocats de recevoir et de lire la communication officiellle qui leur avait été envoyée par le commissaire, ni de lui demander d’examiner lui-même, et avec soin, la question sous son jour véritable, déclarant d’avance se conformer à sa décision formelle et officielle.
- Où l’accusation devient sérieuse, c’est quand on prétend qu’à la suite de renseignements obtenus d’une façon illégale, qui m’auraient été fournis par l’examinateur, j’aurais modifié ma demande de manière à faire figurer l’invention de Gray et à lui voler ainsi son invention du téléphone parlant. Les documents officiels et originaux du bureau des brevets prouvent l’impossibilité absolue d’une action pareille.
- i° Aucun changement de ce genre n’a été fait. Toute la partie qui a trait à la description du téléphone parlant existe aujourd’hui dans mon brevet, telle que je l’ai écrite dans ma demande originale qui se trouve actuellement dans les archives et qui fut déposée dans la matinée du 14 février 1876, avant le caveat de M. Gray.
- 20 Le bureau des brevets a déclaré, que la description déposée comprenait l’invention décrite dans le caveat de M. Gray. C’est pour cette seule raison que l’avis me fut envoyé.
- La seule modification que j’aie jamais apportée à ma spécification est celle-ci :
- Le 29 février, sur une proposition de l’examinateur qui me fut adressée personnellement, et dans le but d’être encore plus explicite, j’ai ajouté une explication de la différence qui existe entre les changements électriques décrits dans un de mes brevets qui date de l’année dernière, et ceux déjà décrits dans ma spécification pour le téléphone. Naturellement je n’ai pas encore prêté serment à cette occasion, car je n’avais rien ajouté de nouveau, et d’ailleurs le Département ne me l’a pas demandé.
- Le seul amendement qui ait jamais été fait,
- consiste dans les mots suivants imprimés en caractère romain ; les mots en italique existaient déjà dans ma demande.
- « Dans une demande de brevet pendante déposée au bureau des brevets des Etats-Unis, le 25 février 1875, j’ai décrit deux manières différentes de produire un courant intermittent; l’une en établissant et en rompant le contact, l’autre en augmentant et en diminuant alternativement l’intensité du courant sans rompre le circuit; pour plus de clarté, j’appellerai le courant produit par cette dernière méthode : un courant pulsatoire.
- « Ma récente invention consiste à employer un courant électrique vibratoire ou ondulatoire en opposition à un courant simplement intermittent ou pulsatoire, en même temps qu’une méthode et un appareil nouveaux pour produire des ondulations électriques sur le fil de ligne. »
- « On saisit facilement la différence qui existe entre un courant ondulatoire et un courant pulsatoire, quand on considère que les pulsations électriques sont provoquées par des changements subits et instantanés d’intensité, et que les ondulations électriques résultent de modifications graduelles d’intensité exactement analogues aux changements de la densité de l’air occasionnés par de simples vibrations de pendule. Le mouvement électrique comme le mouvement de l’air peut être représenté ipar une courbe sinusoïdàle, ou bien par la résultante de plusieurs courbes sinusoïdales.
- « Les courants pulsatoires et les courants ondulatoires peuvent être de deux espèces, selon la polarité des impulsions successives qui peuvent être toutes de même polarité ou alternativement positives et négatives. »
- Mais le téléphone parlant" est décrit et revendiqué dans mon brevet exactement dans les mêmes termes que dans ma demande originale et je n’y ai pas changé un seul mot. Après avoir décrit l’appareil (fig. 5) qui n’est autre qu’un télégraphe multiple, je passe à la description suivante de la fig. 7 qui est un téléphone parlant :
- « L’armature c (fig. 7) est attachée à une de ses extrémités à la branche découverte d de l’électro-aimant b, tandis que l’autre extrémité est attachée au centre d’un diaphragme tendu a. Je me sers d’un cône A pour concentrer les vibrations sonores sqr le diaphragme. Quand on parle ou chante dans le cône, le diaphragme a est mis en vibration, l’armature c est forcée de suivre ces mouvements et de cette manière des courants électriques ondulatoires sont créés sur le circuit
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- E, b, <?,/, £*, Ces ondulations sont de forme analogue aux vibrations de Pair causées par les sons, c’est-à-dire qu’elles sont représentées graphiquement par des courbes analogues.
- Le courant ondulatoire qui traverse l’élcctro-aimantl’agit sur l’armature h et lui fait reproduire le mouvement de l’armature c, et L rend un son analogue à celui prononce devant A.
- Revendication 5. — Je revendique comme mon invention la méthode de transmission décrite, ainsi que l’appareil pour transmettre télégraphiquement des sons vocaux ou autres en créant des ondulations électriques de forme analogue aux vibrations de l’air qui accompagne lesdits sons.
- FIG. 7.
- Le transmetteur à résistance variable est également décrit dans mon brevet dans les mêmes termes que dans ma demande originale. Je dis :
- « Lesondulations électriques peuvent également être provoquées en augmentant et en diminuant alternativement l’intensité de la pile... On peut aussi varier la résistance intérieure. Dans un circuit voltaïque formé en partie par du mercure ou par tout autre liquide, ce dernier offre d’autant moins de résistance au passage du couraut que le fil conducteur plonge plus profondément dans le mercure ou dans le liquide. Par conséquent la vibration du fil conducteur dans du mercure ou dans tout autre liquide compris dans le circuit donne lieu à des ondulations de courant. »
- Quand mon brevet fut accordé et le téléphone parlant présenté au public, M. Gray a été un des premiers à le savoir et à reconnaître mes droits. Dans l’affaire Dowd il a déclaré qu’en recevant l’avis du bureau des brevets il avait deviné que la demande en question avait été faite par moi (nous avions déjà été et nous étions encore à cette époque en désaccord au sujet d’autres inventions électriques), et il en a été certain quand, peu de temps N après, il a reçu une copie de mon brevet par l’entremise de ses avocats. (Alf. Dowd, vol. 1, p. 156.)
- J’ai montré mon téléphone parlant le 2 5 juin 1876 aux juges de l’exposition du Centenaire qui, en présence de M. Gray, qui écoutait lui-même à l’appareil, répétait aux personnes présentes ce
- qu’il avait entendu, et déclarait que c’était la première fois qu’il se servait d’un téléphone parlant. (Affaire Dowd, vol. I, p. 138.) Il a même avoué qu’il avait reçu, vers la même époque, le compterendu de ma conférence du 10 mai 1876, dans laquelle je décrivais de nouveau plusieurs formes de téléphones, et entre autres quelques transmetteurs à liquide (Affaire Dowd, vol. I, p, 125.)
- Dès que mon deuxième brevet (1867 87) fut accordé (le 3o janvier 1877), M. Gray en reçut une copie. Il m’informait par lettre, à la date du 21 février 1877, qu’il allait faire une conférence sur un télégraphe harmonique, qu’il avait une copie de mon brevet, et il me demandait la permission de construire et de montrer mon appareil en ajoutant :
- « Je l’expliquerai d’après votre méthode et non d’après la mienne, bien que les registres du bureau des brevets contiennent une description du téléphone parlant déposée par moi le même jour que la vôtre. La description est essentiellement la même que la vôtre, mais j’ai eu le malheur d’arriver quelques heures après vous. »
- « Rien ne prouve que l’un de nous sût que l’autre travaillait dans le même but. »
- M. Gray a donc reconnu à ce moment que le télégraphe parlant était décrit aussi bien dans ma spécification écrite en janvier que dans son caveat écrit au mois de février et déposé quelques heures après ma demande et que tout ce que contenait mes deux brevets était bien à moi et non à lui.
- Le 5 mars 1877, U m’a encore écrit comme suit :
- « Dans ma conférence du 27 février 1877, je -vous ai laissé tout le mérite d’avoir inventé le téléphone parlant, comme vous le verrez par le compte rendu de F Association de la Presse, qui a été envoyé à tous les journaux... J'ai décrit tous les détails de votre appareil, etc, »
- Dans une réunion publique à New-York, au mois d'avril 1877, M. Gray a montré son télégraphe harmonique, qu’il appelait à ce moment un téléphone.
- Le journal la New-York Tribune du 3 avril 1877 contenait la note suivante :
- « Après la première partie du programme, M. Elisha Gray a fait une conférence. Il connaissait, a-t-il dit, les doutes qui existaient dans le public au sujet des services que son téléphone était capable de rendre. On l’avait surtout confondu avec le téléphone parlant inventé par M. le professeur Graham Bell, de Boston. Le professeur Bell, a dit M. Gray, était présent à cette réunion. »
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- J’y étais, en effet, et j’ai entendu la déclaration de M. Gray. Du reste, dans l’affaire Dowd, il fut prouvé qu’il l’avait faite.
- Mon deuxième brevet du mois de janvier 1877 portait sur des perfectionnements d’appareils magnétiques. M. Gray a déclaré dans l’affaire Dowd (vol. I, p. 127) qu’il considérait mon transmetteur magnétique comme absolument original.
- Tous les détails de cette question ont été plus d’une fois examinés par les tribunaux comme par le bureau des brevets, et la décision a toujours été rendue en ma faveur. En 1877, alors que la Western Union Telegraph G° était poursuivie pour contrefaçon de mon brevet, cette Compagnie acheta les droits de M. Gray et fit une demande de brevet basée sur son caveat. Cette demande fut déclarée en conflit avec d’autres applications de Gray et avec mes deux brevets.
- Après de longues plaidoiries, l’Administration décida que Gray n’avait aucun droit au téléphone parlant dont j’étais le premier inventeur. Elle décida également que le transmetteur à liquide et le récepteur décrits dans le caveat de M. Gray étaient décrits «dansma demande antérieurement déposée et que j’en étais le premier inventeur. »
- Votre District Attorney prétend que mon brevet ne donne pas la description d’un téléphone parlant et ne le revendique pas.
- Je n’ai pas besoin de discuter cette question. Mon brevet est actuellement en contestation devant la cour suprême dans l’affaire Dolbear et dans l’affaire du téléphone moléculaire où figurent également toutes les publications depuis mentionnées dans la plainte. Vous n’avez pas besoin d’entamer de nouvelles poursuites à Memphis à ce sujet; mais la question a été jugée souvent. En effet, votre plainte le reconnaît.
- Le dit brevet m’a été accordé le -7-mars 1876 et portait le n. 174.465. Maintenant la plainte même reconnaît que le 19 du mois précédent ma demande avait été déclarée en conflit avec le caveat de M. Elisha Gray. Les registres du bureau des brevets prouvent que ce caveat ne renfermait qu’une seule revendication, c’cst-à-dire pour l’invention de l’art de transmettre des sons vocaux ou des conversations télégraphiquement à travers un circuit électrique.
- Il paraît donc, d’après les registres et d’après la plainte même, que le bureau des brevets savait même avant la date de mon brevet que mes revendications comprenaient et étaient destinées à comprendre un téléphone parlant, et que c’est la seule raison qui motive la déclaration du conflit.
- M. Gray a également constaté par écrit qu’il l’avait trouvée dans mon brevet.
- La première contestation qui se produisit fut jugée dans ce sens par le Commissaire des brevets. En parlant des passages déjà cités de ma spécification, il dit :
- « La cinquième revendication du brevet Bell n. 174.465 n’est pas limitée à la transmission d’autres sons que la parole articulée, car si le mot vocal, dans la description même, pouvait laisser des doutes, la description de l’application ne laisse aucun doute à ce sujet. »
- Le but et la portée de mon brevet ont été complètement déterminés par cette décision et par celle de M. le juge Gray dans l’affaire Dolbear.
- Mon brevet a aujourd'hui neuf ans et demi d’existence. J’ai parlé des honneurs qui m’avaient été rendus et des jugements qui ont affirmé mes droits. Toute cette procédure a été complétée par trente volumes de témoignages et de plaidoiries (plus de cinquante jours de plaidoiries), et plus de trente avocats et vingt-cinq experts ont mis leurs lumières à la disposition de mes adversaires. Chaque contestation a eu pour résultat un jugement rendu en ma faveur.
- Comment le gouvernement des Etats-Unis a-t-il été amené à renouveler contre moi des accusations tant de fois reconnues fausses par ses tribunaux et en contradiction flagrante avec les documents officiels de son bureau de brevets ?
- A l’époque où mon brevet atteignait ses sept ans d’existence non sans avoir été attaqué plusieurs fois, mais toujours maintenu par les jugements des tribunaux, alors que déjà 25o,ooo de mes appareils fonctionnaient, un groupe de sénateurs et de membres du Congrès créait la Pan Electric Téléphoné C° qui se "proposait d’émettre des actions pour un capital de cinq millions de dollars (2 5 millions de francs) afin d’exploiter des téléphones identiques à ceux qui avaient été déclarés une contrefaçon de mon brevet. (Consultez leurs contrats enregistrés au bureau des brevets, le 21 mai 1884 et le 17 septembre 1884.)
- La succursale de Philadelphie que cette Société s’était engagée à défendre, fut condamnée à cesser ses opérations d’une manière définitive le 26 juin 1885. A l’époque où la demande d’autorisation nous fut accordée, un procès en contrefaçon de mon brevet avait été entamé à Baltimore contre la Pan Electric C° sa succursale, et la Washington Téléphoné C", dont le général Bradley T. Jonhson était le président. M. Casey Young était administrateur des deux Sociétés.
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- L’affaire devait être plaidée le 15 septembre 1885.
- Vers 1883-1884, la National Improved Téléphoné Cu fut fondée par des personnes intéressées dans la Compagnie Pan Electric. Le but des deux Sociétés était à peu près le même et le capital de la même importance. La succursale à Pittsbourg défendue par la Compagnie mère, fut suppriméependente lite le 8 juillet i885. Ce procès est sur le point d’être plaidé à fond.
- Les raisons mises en avant par votre District Attorney pour m’attaquer, pouvaient être exposées dans l’un ou l’autre de ces procès, ce qui aurait eu le grand avantage d’édifier immédiatement sur leur valeur réelle.
- •Mais les contrefacteurs aimaient mieux éviter ou reculer les plaidoiries, si c’était possible.
- Votre lettre à M. le Président de la République, indique la manière de procéder dé ces messieurs :
- « Un jour de l’été dernier, je ne me souviens pas de la date exacte, plusieurs personnes sont venues me trouver pour m’informer qu’elles désiraient faire une demande, au nom de cette Société dont j’étais actionnaire et conseil, pour pouvoir se servir du nom des Etats-Unis afin de contester devant les tribunaux la validité des brevets du téléphone Bell. Ces personnes étaient MM. Casey Young, le colonel George W. Gantt, van Ben-thuysen et une autre personne dont le nom m’échappe. »
- M. Casey Young était directeur, secrétaire et conseil de la Compagnie Pan Electric, et directeur de la Washington Téléphoné Cn et personel-lement impliqué dans le procès de Baltimore ; M. Gantt avait déjà plaidé comme avocat de la Compagnie Pan Electric dans un procès antérieur engagé entre celle-ci et les propriétaires de mon brevet.
- Vous n’avez pris aucune mesure officielle, mais vous leur avez fait comprendre que la demandé devait être renouvellée, car dans votre lettre au Président vous dites :
- « Après la visite des personnes dont j’ai déjà parlé, je m’attendais, d’après ce que je leur avais dit, à les voir m’apporter une demande pour que je renvoie l’affaire à l’avocat général ou que je la soumette au chef du pouvoir exécutif du gouvernement. »
- Ils sont donc revenus à votre Département pour emprunter le nom des Etats-Unis.
- Le 27 août, vous avez quitté Washington pour prendre vos vacances.
- Le samedi, 29 août, une demande fut adressée au district attorney de Memphis (le domicile de
- la Compagnie Pan Electric), le priant d’y enta-entamer des poursuites pour l’annulation de mon brevet.
- Le lundi, 31 août, la décision du District était déjà prise et on écrivait à votre département pour demander l’autorisation nécessaire.
- Cette lettre parvint à votre département le 2 septembre et fut reçue par le fonctionnaire faisant fonctions d'Attorney Général (l’honorable John Goode) qui reçut en même temps la visite du sénateur Isham G. Harris et de Ch. Casey Young vice-président, secrétaire et conseil de votre Compagnie la Pan Electric.
- En revenant le lendemain matin, ces messieurs apprirent que votre remplaçant avait déjà envoyé l’autorisation demandée : la justice avait frappé comme ,1a foudre. Il avait également ordonné la nomination d’avocats spéciaux qui devaient suivre le procès et ceux-ci étaient, MM. Young, Gantt et Wright, avocats de la Compagnie Pan Electric et M. Beckwith, l’avocat de la National Improved Téléphoné C° Convaincu de ce fait que les Etats-Unis n’avaient aucun intérêt spécial dans l’affaire il avait posé comme conditions, que le trésor n’aurait aucune responsabilité pour les honoraires de ces avocats.
- En temps ordinaire, cet ordre serait parvenu à Memphis le 5 septembre. Mais, le 9 du même mois, l’acte comprenant quarante pages d’impression fût enregistré, imprimé par les soins d’un imprimeur de la Nouvelle-Orléans dont le manuscrit portait le nom.
- Ces dates et cette activité remarquable ne prouvent-elles pas que les demandeurs avaient préparé ces documents d’avance et regardaient la requête adressée à votre administration comme une pure formalité dont le résultat ne pouvait être douteux, convaincus, du reste, qu’il ne pouvait et ne devait y avoir aucun examen sérieux de votre part.
- Mais pourquoi tant de hâte?
- Le jour même de l’enregistrement de ce document une dépêche fût envoyée de Memphis au journal YInter-Ocean à Chicago, qui la publia le 10 septembre.Cette dépêche était ainsi conçue:
- « Les avocats d’ici prétendent que l’enregistrement du document aura pour effet de suspendre les poursuites entamées par la Western-Union et par la Compagnie Bell contre les autres Sociétés téléphoniques. »
- Là-dessus, ceux qui avaient imaginé le bill commençaient à s’en servir dans un procès au cours duquel la compagnie Pan Electric et ses associés, ainsi que l'un de ces mêmes avocats,
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- figuraient comme défendeurs. Le i5 septembre, à à l'époque où le procès de la compagnie Bell contre la compagnie Pan Electric et la Washington Téléphoné C° fut plaidé à Baltimore, M. Stirling (qui est un District Attorney des Etats-Unis,) s’adressa à la Cour dans ces termes :
- « Quant à une saisie-gagerie comme la compagnie Bell la demande, je trouve qu’il y aurait un inconvénient sérieux à l’accorder, du moment que le gouvernement des Etats-Unis, malgré les décisions antérieures, a déposé une plainte dans laquelle il prétend que le brevet de Bell doit être considéré comme nul, ayant été obtenu par des moyens frauduleux, et demande au tribunal d’en prononcer la déchéance.
- « En accordant une saisie-gagerie, le tribunal me semble attaquer la validité de ce brevet de telle sorte que l’exercice de la justice pourrait se trouver considérablement restreint. »
- Le temps employé par les meneurs de cette affaire, non-seulement pour dire que l’autorisation avait été donnée pendant votre absence mais pour s’en servir à Baltimore, n’aurait certes pas suffi pour le renvoi dans un délai normal de la demande au Département de l’intérieur qui, du reste, n’a jamais rien reçu ayant trait à la question.
- J’ai appris que dans toute l’histoire de notre pays, il ne se trouve que quatre procès de ce genre, et dans l’un, les Etats-Unis contre Fraser, la Cour a conclu ainsi :
- « Ce n’est que sur la prière de personnes spécialement et directement intéressées dans la déchéance de ces deux brevets, et qui, selon la plainte, ont des arguments concluants contre tous les deux, que le nom des Etats-Unis a été prêté pour attaquer, les brevets, et encore à la condition expresse que le gouvernementpn’aurait à supporter aucune dépense de ce chef...
- « Ne vaudrait-il pas mieux, comme on l’a fait jusqu’ici, laisser l’attaque des brevets qui ont été obtenus par des moyens frauuleux, à l’initiative des personnes intéressées à attaquer la validité des brevets. »
- La Cour a ensuite décidé de ne pas admettre une plainte faite dans ces conditions, et les plaignants ont été déboutés des fins de la plainte.
- Dans l’affaire des Etats-Unis contre Throck-morton, où il s’agissait d’une concession de terrain, la Cour suprême a conclu ainsi :
- « Ce serait une doctrine très dangereuse et qui porterait atteinte aux titres de propriété de plusieurs millions d’acres concédés par le gouverne-
- ment, que de permettre à un homme ayant une vengeance à satisfaire ou une créance contre son voisin, de commencer un pirocès au nom des Etats-Unis pour faire annuler la concession en indemnisant simplement le gouvernement de tous frais et en fournissant l’encouragement nécessaire au District Attorney. »
- Là-dessus la Cour a décidé ne pas accepter un procès de ce genre.
- Je suis loin d’ignorer la vraie nature des mesures prises par votre Département. Ce n’est pias un acte émanant personnellement de vous, il n’est p>as même dû à l’initiative de votre Département. C’est l’œuvre de contrefacteurs déjà condamnés. Il y a des raisons de soupçonner qu’ils espiéraient bien que sous le couvert de vos intérêts ils pourraient dans cette affaire, agir librement, et que, partant, la surveillance serait moins sévère.
- Je sais que l’ordre officiel émane de l’avocat général faisant fonction $ Attorney général pendant votre absence de Washington. Mais il est certain que vous connaissiez la première demande et que vous vous attendiez à la voir se renouveler ; il est certain que vous saviez que la mesure prise était extraordinaire, qu’on a agi avec une activité exceptionnelle, sans pirendre le temps d’examiner sérieusement la question et sans consulter per-sonnne. Malgré les nombreuses décisions des tribunaux et malgré le démenti formel que vous donnent les documents officiels, on avait choisi un tribunal illégal ; l’autorisation était accordée, au moins en partie, sur la demande d’une Société dans laquelle le chef de votre Département avait un intérêt très considérable et sous la pression personnelle de vos co-administrateurs ; enfin cette autorisation a été immédiatement employée p>our éviter à cette société un débat dans lequel chaque allégation, reconnue vraie, eût servi de défense.
- Je n’ai aucune crainte de voir, piar suite des attaques dont j’ai été l’objet, diminuer dans le monde des savants et dans le pmblic en général, la répiutation que j’ai acquise comme inventeur du téléphone parlant ; mais j’avoue ne pias avoir assez de philososophie pour supporter en silence d’être accusé de fraude et de piarjure par le département de la justice des États-Unis, même dans le cas où le bureau des brevets qui m’a accordé le mien, et les tribunaux qui l’ont reconnu valide, partageraient le même sort que moi.
- C’est pourquoi j’ai fait cet exposé des faits qui sera enregistré parmi vos actes.
- Agréez, Monsieur, etc.
- Alexandek Guaham Bell.
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- CORRESPONDANCE
- Nous remettons au prochain numéro la publication d’une lettre que le président du « Franklin Institute » nous adresse en réponse à la réclamation de MM. Woodhouse et Rawson publiée dans notre numéro du 19 novembre dernier. Cette lettre nous est parvenue trop tard pour qu’il nous fût possible de l’insérer dans le numéro d’aujourd’hui.
- (N. D. L. R.)
- FAITS DIVERS
- Par suite d’un changement d’organisation intérieure, dont nos lecteurs apprécieront l’avantage, la composition et le tirage du journal se feront, à partir d’aujourd’hui, à l'Imprimerie de La Lumière Electrique, 3i, boulevard des Italiens.
- Nous lisons dans le Génie civil :
- Le 26 novembre dernier, une cérémonie solennelle réunissait dans l'enceinte de l’abbaye de Westminster, à Londres, une assemblée imposante.
- Depuis longtemps les murs de cet antique édifice étaient témoins de semblables solennités, chaque fois qu’il s’agissait de rendre un dernier hommage à l’un des grands hommes de la vieille Angleterre.
- Législateurs, philosophes, hommes de- guerre, poètes, explorateurs et tant d’autres catégories d’hommes illustres, ont là leurs représentants : les monuments, grands ou petits, qui remplissent le temple sont la formule de l’hommage suprême rendu au mérite, sans distinction de religion d’ailleurs.
- Cette fois, pourtant, l’assemblée ne comprenait que des hommes d’une catégorie spéciale, et n’avait pas attiré la foule.
- Le grand public ne Connaissait que par le nom Siemens. Il ne s’agissait d’honorer ni un homme d’État, ni un conquérant; la foule eut été sans doute immense dans ce cas. Il s’agissait de perpétuer la mémoire, en l’hono-rant, d’un homme qui depuis deux ans reposait dans un cimetière de village, et dont les mérites avaient frappés l'esprit des classes Instruites seulement, de ceux qui, à défaut de ce que la foule appelle là gloire, savent apprécier les mérites intimes, les travaux scientifiques d’un travailleur. Iis l’avaient Signalé ttüx gardiens de la chose publique, aux conservateurs de cette vieille abbaye, et ils avaient demandé pour lui Une place au Panthéon national.
- ÂUcUne hésitation île se manifesta à Cet appel. On jugea que l’hoinme dont les travaux, les inventions avaient contribué si puissamment à développer les relations internationales, à favoriser là navigation, à faire circuler la parole autour du globe, avait sa place parmi les bienfaiteurs de l’Angleterre et du monde.
- Il n’était pas né sur le sol anglais, cela importait peu. Il avait trouvé §a place parmi les Anglais, et par eux il
- avait travaillé pour tous. Cela suffisait, et pour la quatrième fois seulement depuis la fondation de ce mausolée du génie, les portes de Westminster s’ouvrirent devant un ingénieur civil.
- Stcphenson, Watt et Telford y avaient trouvé leur place Sir Williams Siemens y fut accueilli comme leur égal, en compagnie des rois, de Palmcrston et des Shakespeare.
- L’initiative de cette entreprise fut l’œuvre commune de cinq grandes sociétés dont le défunt avait été membre. La société des Ingénieurs’civils, celle des Ingénieurs mécaniciens, celle des Ingénieurs maritimes (appelés architectes en Angleterre) VIron and Steel Institute, enfin la Société des Ingénieurs télégraphistes et électriciens, s’étaient réunies pour provoquer l’admission du monument, et pour faire les fonds nécessaires.
- La souscription, bien que limitée à une guinée par tête, fut rapidement couverte. Pour le monument, qui pouvait être soit une statue, soit un tombeau, soit une simple plaque commémorative, on s’arrêta à l’idée d’une fenêtre en vitraux de couleur.
- Elle représente, par une série de groupes allégoriques, les ouvriers de la science, de l’art et du travail manuel La pensée dominante est celle de la sainteté du travail et la devise qui s’y reproduit plusieurs fois « Laborare est orare » est ainsi exemplifiée par la peinture. La rosace qui couronne la fenêtre représente le soleil comme source de toute lumière; il est entouré par l’inscription : « Dixit autem Deus fiant luminaria in firmamento ca?/t», et a pour ornements secondaires les divers corps célestes qui réfléchissent ou d’ou émane la lumière.
- Dans une section de vitrail, un groupe d’élèves entoure le professeur, dont les traits reproduisent ceux de sir Williams Siemens, et l’inscription qui se trouve au pied rappelle que ce mémorial lui a été consacré par scs confrères, ingénieurs comme lui.
- A propos de cette inauguration, on a rappelé qu’il y a peu d’années encore, un ingénieur civil ne pouvait pas, en Angleterre, prendre place et rang à côté d’un homme de loi ou d’un médecin. Sa carrière ne passait point pour être libérale.
- Les temps changent rapidement et on admet aujourd’hui aux honneurs ceux qui par le travail et la science dans scs applications ont tant contribué à la puissance et à la grandeur de l’Angleterre. Parce que leur activité est moins bruyante que des discours ou des actions d’éclat, ils n’en sont pas moins enfant de la grande famille nationale, et ont comme tels les mêmes droits à la reconnaissance publique.
- Il est curieux et instructif de voir que pour manifester ce sentiment si équitable, 011 n’ait pas reculé, chez le peuple le plus exclusif dans son sentiment national, u se grouper autour d’un nom qui ne pouvait que trahir d’Une façon constante son origine étrangère.
- William Siemens a, par son travail, fidèlement servi le pays avec ses intérêts; cela suffit pour le faire asseoir à la place d’honneur parmi les siens.
- Éclairage Électrique
- Une station centrale de lumière électrique va être installée dans le courant de l’année à Tivoli près de Rome. On se servira d’une force hydraulique de 2.000 chevaux
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- dont une faible partie sera utilisée pour l'éclairage électrique de la ville, tandis que le reste sera employé à Rome à fournir la lumière électrique à plusieurs quartiers de la ville.
- L’usine déjà très considérable de la Compagnie Thomson-Houston, à Lynn, dans l’Etat de Massachusetts, va être agrandie de manière à pouvoir doubler sa production actuelle. Les nombreuses commandes que reçoit chaque jour la Compagnie ont rendu ce changement indispensable.
- Dans le courant de l’année dernière, cette Compagnie n’a pas ouvert moins de 5i succursales, tant aux Etats-Unis qu’ailleurs. Le nombre total des lampes installées par ces succursales s’élève aujourd’hui au chiffre respectable de 6,900.
- Le conseil municipal de Sacramento en Californie a reçu les propositions suivantes pour l’éclairage de rues de la ville à la lumière électrique.
- La Sacramento Electric Light C° offre d’installer des foyers à arc de 3,000 bougies chaque, à raison d’environ 115 fr. par foyer et par mois.
- Les lampes seront placées sur des poteaux ayant 18 mètres de hauteur ou sur des colonnes de 45 mètres. Chaque poteau supportera 4 foyers et la Compagnie s’engage à fournir l’éclairage à toute la ville avec 12 poteaux ou colonnes, à raison de 5,5oo îrancs l’un.
- La Pacific Thomson-Houston Electric Light C° propose également d’installer des foyers à arc, mais de 2,000 bougies seulement, disposés par groupes de quatre sur des colonnes de 45 mètres, à raison de 5,000 francs par colonne et par an ou bien au prix de 416.65 fr. par mois. Elle offic également de placer des poteaux de 18 mètres portant une seule lampe et le prix serait alors de 1,260 francs par poteau et par an, ou bien de io5 francs par mois. Toutes les lampes seront placées aux endroits désignés par le Conseil et devront fonctionner chaque soir sauf les nuits où la lune se montrera.
- Quoique la proposition de la Sacramento Electric Light C° fut apostillée par plus de 400 des notables commerçants de la ville qui demandaient au Conseil de traiter pour une année avec la Compagnie, le Conseil municipal a néanmoins accepté l’offre de la CompagnV Thomson Houston.
- Télégraphie et Téléphonie
- Il parait que la commission des fils souterrains à New-York vient enfin de fixer son choix sur un système de canalisation souterraine, et ce, après avoir examiné plus d’une centaine de différentes inventions du même genre. Le choix de la commission sera rendu public d’ici très peu de temps.
- Le gouvernement de l’ouest de l’Australie demande des soumissionnaires pour la construction d’environ 900 milles de fils télégraphiques.
- Presque toutes les Compagnies de chemins de fer au Canada ont eu pour principe de céder leurs concessions télégraphiques à une Compagnie de télégraphe, abandonnant ainsi une source de revenu certain.
- La « Canadian Pacific Railway C°. » n’a cependant jamais voulu se dessaisir de ce privilège, dont elle appréciait toute l’importance, et après bien des années de travaux de construction, cette Société possède aujourd’hui un réseau télégraphique, allant de Montréal jusqu’à l’Océan Pacifique, une distance de 2.8q5 milles. Indépendamment des fils affectés au service de la Compagnie, il y aura bientôt deux nouvelles lignes que l’on construit actuellement entre Winnipeg et Montréal, une distance de 1.450 milles. Ces fils seront affectés à la correspondance publique, et, dès que le réseau de la Compagnie sera ouvert au public, il comprendra une communication directe entre Montréal et la côte du Pacifique. II suffira alors de construire quelques centaines de milles de lignes d’embranchement pour relier toutes les villes du Canada entre elles, tandis que la communication avec les réseaux télégraphiques des États-Unis, se fera sans difficulté par Détroit et Buffalo.
- On télégraphie de Téhéran, à la date du 17 janvier, que la communication télégraphique a été rétablie entre cette ville et Mesched, où le bureau télégraphique avait été à moitié détruit, et le fil coupé en trois endroits par les insurgés.
- Au commencement de l’année 1886, le réseau téléphonique de Berlin ne comprenait pas moins de 4'3oo abonnés reliés aux différents bureaux centraux.
- Nous avons, à plusieurs reprises, entretenu nos lecteurs de nombreuses expériences faites dans ces derniers temps pour l’emploi du téléphone dans le service des chemins de fer allcmnads.
- M. A. Gérard résume en ces termes, dans la Revue internationale de l'Electricité et des applications, les divers rapports adressés à la Direction des voies férrées sur les expériences en question :
- Le téléphone est employé dans la plus grande partie des chemins de fer allemands, soit à titre d’essai, soit à titre définitif, par 33 Compagnies, sur un parcours total de 28,436 kilom.
- Les résultats les plus favorables ont été obtenus sur les lignes secondaires où cet appareil sert de moyen presque exclusif de correspondance tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des gares.
- C’est le cas notamment sur les lignes peu étendues où l’exploitation est facile et où il n’y a généralement pas de croisements de trains.
- Sur certaines lignes plus importantes où la sécurité du service a exigé l’emploi simultané du Télégraphe-élcctro-magnétique et du téléphone, on a constaté également des résultats si satisfaisants que l’on a quelquefois supprimé le télégraphe.
- Sur les lignes principales où il est nécessaire de faire exclusivement usage de communications télégraphiques, on a affecté le téléphone au service intérieur et notant-
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- ment à la correspondance entre les différents bureaux. Les quelques inconvénients résultant du passage des trains, du bruit des morses, ont été supprimés par suite de l’affectation d’autres locaux au service téléphonique.
- Les communications extérieures ont été limitées à celles qui relient le bureau du chef de gare aux postes centraux d’aiguilles et de signaux et aux baraques des aiguilleurs commandant l’entrée en gare. Outre les dérangements mentionnés ci-dessus, on a constaté l'influence nuisible des courants d’induction provenant d’autres fils fixés aux mêmes poteaux que les lignes téléphoniques.
- Pour y remédier, on fait usage, pour ces dernières, de poteaux spéciaux ou de lignes souterraines, ou encore de lignes aériennes doubles. Ce système a surtout été très utile pour supprimer le retour par le fil de terre des courants de fil servant au Morse.
- Pour le moment, on ne peut pas appliquer le téléphone dans de plus vastes proportions à l’exploitation des lignes principales, parce que les essais de correspondance n’ont pas encore été assez nombreux. Il y a un inconvénient qui entre notablement en ligne de compte, c’est qu’au cas d’irrégularité ou d’accident, il est difficile de trouver le le coupable et que l’on n’a quelquefois aucun moyen de contrôler et de modifier une fausse manœuvre. On a essayé d’y remédier par la tenue de procès-verbaux sur lesquels les dépêches sont inscrites au départ et à l’arrivée et doivent être collationnées par l’employé qui les reçoit.
- Ce système un peu long devra encore être continué pendant un certain temps avant que l’on puisse le considérer comme extrêmement sûr.
- Nous mentionnerons encore tout spécialement les essais d’emploi du téléphone en pleine voie. II y a plusieurs années qu’on a intercalé des téléphones sur les lignes destinées aux signaux de cloches, ce qui a permis aux gardes-barrières de correspondre entre eux, ainsi qu’avec les gares voisines.
- On a récemment essayé de remplacer les Moi'scs des trains par des téléphones dont on s’est servi, notamment pendant les tempêtes de neige, avec beaucoup plus de facilité et de rapidité qu’avec les appareils autrefois en usage dans les mêmes cas.
- Les résultats obtenus sur les grandes lignes ne sont donc pas suffisants pour qu’on adopte exclusivement le téléphone, mais avec les éminents progrès accomplis tous les jours par l’électricité, on est en droit d’espérer que l’on trouvera une solution permettant de l’appliquer sur une plus large échelle. La publication faite par la direction des chemins de fer contribuera certainement à accélérer le développement de ce moyen de communication.
- Le Conseil municipal de Vienne a décidé de consacrer un million de florins à l’installation et l’exploitation d’une ou de plusieurs stations centrales d’électricité. La ville ne désire pas avoir le monopole de ce genre d’entreprise et accordera également des concessions semblables aux particuliers qui en feront la demande.
- Une communication téléphonique directe vient d’être établie en Bohême, entre les villes de Gleichenbcrg et Gablonz, une distance d’environ 20 kilomètres.
- Une communication téléphonique directe fonctionne depuis environ deux semaines entre Lucerne et Zurich et plus loin jusqu’à Bida, Wintcrthür, Thahveil, Horgcn, etc. Le service est très bien fait et la communication s’établit dans une demi-minute. La voix arrive parfaitement bien mais il paraîtrait que le son serait meilleur à Lucerne qu’à Zurich ou un grand nombre des appareils ont déjà fourni un long service et sont moins bons que ceux de Lucerne. Le tarif est de 20 centimes pour 5 minutes de conversation pour les abonnés aux deux réseaux et de 3o centimes pour le public en général.
- Au cours d’une Conférence à Londres, M. Lockwood, le conférencier, a déclaré qu’au mois d’août 1877, le nombre des appareils téléphoniques, employés aux Etats-Unis, ne dépassait pas 780, tandis qu’il y en avait 60.800 en service, au mois de février 1881; en i883, il y en avait 249.700, en 1884, 307.100, et enfin au mois de février 1884, on comptait 325.574 appareils téléphoniques, installés dans les différents états. Il y en a environ 18.000 au Canada, et i3.ooo en Angleterre. Le nombre des réseaux s’est accru, en Amérique de 100 (en 1880), à 782 en i885, et au mois de janvier de cette année, la longueur des fils téléphoniques atteignait, aux États-Unis, à 137.223 milles. Ces différents réseaux occupent un personnel de 5.168 personnes. Le nombre des brevets téléphoniques, pris en Amérique, depuis 10 ans, est de i52i.
- Le tableau suivant indique approximativement le nombre des fils télégraphiques et téléphoniques, dans les villes de New-York et Brooklyn.
- New-York Brooklyn
- Western Union Telcgraph C......... 4*986 246
- Gold and Stock Telcgraph G0....... 415 i5
- Metropolitan Téléphone and Tcle-
- graph C°.......................... 7.900 420
- New-York and New-Jersey Téléphone C°......................... 3.i5o
- United Lines Telcgraph G°......... 25o
- United Lines District Telcgraph.... 175
- Baltimore and Ohio Telcgraph C°.. 5oo 120
- Baltimore and Ohio District Tclc-
- 8raph..................... (240
- American Distritct Telcgraph C°... 555 200
- Autres installations.................. 5oo . 290
- Commercial Telegram C°...... 100
- Département des Pompiers........... 1.000 240
- Département de la Police.... .......... 60 100
- Soit un total de...... 16.681 4.781
- Nos lecteurs remarqueront qu’aucun compte n’a été tenu dans ce tableau, des fils de la lumière électrique, qui ont pris une extension très considérable dans l’une et l’autre des deux villes, mais on pourra déjà se faire une idée des difficultés immenses que présente la mise sous terre d’une telle quantité de fils.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages. Imprimerie de La Lumière Electrique, 3i bout, des Italiens, Paris.
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- La
- Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D‘ CORNELIUS HERZ
- Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- \|¥
- 8' ANNÉE (TOME XIX) SAMEDI I 3 FÉVRIER 1886
- N° 7
- SOMMAIRE. — Application de l’Électricité à l’étude du mouvement spontané des liquides dans les tubes capillaires ; C. Decharme. — Les méthodes de mesures absolues ; A. Gray. — Les tramways électriques à l’exposition d’Anvers ; G. Richard.— Courants de terre dans les câbles sous-marins ; E. Dieudonné. — Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Détermination de l’équivalent électro-chimique de l’argent. — Sur l’application des lois de l’électro-magnétisme à la pratique, par le docteur A, de Waltenhofen. — Procédé électro-métallurgique de Cowles. — Trieuses électro-magnétiques pour la séparation des rognures métalliques. Trieuse Hilder et Scott. — Régulateur solénoïdal double pour les machines dynamos. — Une nouvelle note de M. O. Frœlich. — Sur la détermination de l’affinité chimique en fonction de la force électro-motrice, par C. R. Aider Wright.— Correspondances spéciales de l’étranger : Angleterre ; J. Munro. — Chronique : Les brevets Bell en Amérique. — Sur l’emploi des moteurs électriques Daft à Baltimore. — Quelques commutateurs pour les installations d’éclairage électrique. — Le support H. Pieper pour lampes à incandescence.— Correspondance : Lettre de M. W. T.Tatham, président du Franklin Institute. — Faits divers.
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ a l’étude du
- MOUVEMENT SPONTANÉ DES LIQUIDES
- DANS LES TUBES CAPILLAIRES
- Lorsqu’on plonge dans un liquide bien fluide (l’eau pure par exemple), l’extrémité d’un tube capillaire ouvert à ses deux bouts, et préalablement mouillé par le liquide, celui-ci s’élance dans le tube avec une grande vitesse ; l’ascension se ralentit à mesure que le liquide approche de son niveau final, qu’il atteint avec une excessive lenteur dans les tubes très étroits.
- C’est' ce mouvement ascensionnel spontané que je me suis proposé d’étudier, en appliquant aux expériences qui le font connaître un procédé électrique qui m’a servi à contrôler et à fixer définitivement les résultats obtenus par d’autres moyens que j’ai décrits précédemment (1).
- Les analystes et les physiciens nombreux qui ont traité des phénomènes capillaires, se sont attachés : les uns, à rendre compte théorique-
- (') Annales de chimie et de physique, 4“ série, t. XXVII, p. 228 (1872}; série, t. I, p. 14.S (1874).
- ment de la déformation des surfaces liquides au contact des solides et de l’ascension ou de la dépression de ces liquides, dans des espaces étroits; les autres, à mesurer expérimentalement, avec exactitude, les hauteurs des divers liquides correspondant à des intervalles déterminés et pour des températures connues, c’est-à-dire à exposer les conditions générales et les résultats de ce phénomène, arrivé à son terme, lorsque l’équilibre est rétabli (*).
- Mais aucun d’eux ne s’est occupé de la vitesse dans le mouvement ascendant spontané des liquides dans les espaces très étroits, sous la seule action des forces moléculaires qui s’exercent entre le solide et le liquide, sans employer aucune pression extérieure artificielle. En un mot, sous ce rapport, la capillarité n’a été envisagée qu’au point de vue statique (-).
- (') Parmi ces savants, nous citerons : Newton, Hauks-bée, Musschcnbroeck, Fabry, Abat, Taylor, Jurin, Clai-rant, LaplaCe, Haüy, Gay-Lussac, Poisson, Gauss, Œrs-tcd, Simon, Girard, Poiseuille, Wolff, Brünncr, Ed. De-sains, Dltpré, Quincke, Drion, Wertheim; MM. Artuf, Bertrand, .Tamin, Quct, Valson, Plateau, Bèdc, Roger, Duclaux, Roiti, Violle, Em. Mathieu, Lippmann, etc.
- (-) La capillarité, sous le rapport de la théorie, est sans contredit la partie la plus avancée de la physique. Les phénomènes en ont été soumis à l’analyse mathéma-
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- 2()C)
- Je me suis proposé d’étudier la question au point de vue dynamique, c’est-à-dire de déterminer la nature du mouvement dans les diverses circonstances du phénomène, ou, en d’autres termes, de trouver expérimentalement et théoriquement, pour ce mouvement, les relations qui existent entre l’espace et le temps, ainsi qu’entre la vitesse et le temps, de tracer les courbes représentatives de ce mouvement, pour divers liquides s’élevant dans des tubes de différents diamètres, sous différentes inclinaisons, ainsi qu’à diverses températures.
- Il m’a donc semblé que la considération de .la vitesse, en introduisant dans la question de la capillarité un nouvel élément, pourrait jeter quelque lumière sur les conditions générales du phénomène.
- I
- Dans un mémoire relatif aux expériences que j’ai faites en 1872, sur le mouvement spontané des liquides dans les tubes capillaires, je disais qu’on pourrait demander à l’électricité un moyen d’occlusion instantanée du tube, procédé auquel je n’avais pas eu recours alors. C’est ce moyen, que. j’ai employé récemment, que je veux aujourd’hui décrire en faisant connaître les principaux résultats qu’il est venu confirmer et préciser d’une façon très nette et très sûre.
- Je ferai remarquer d’abord, que dans toutes les expériences relatives à l’ascension spontanée des liquides dans les tubes capillaires, il n’y a, en réalité, qu’une seule mesure délicate à effectuer (') : c’est celle de la longueur de la colonne liquide soulevée par la force capillaire, au bout d’un temps déterminé. Mais cette mesure est d’une grande difficulté, eu égard aux circonstances dans lesquelles il faut la prendre.
- tique, qui a rendu compte de tous les faits observés et en a saisi toutes les particularités; mais à l'état statique seulement, c’est-à-dire quand le mouvement a pris fin.
- (1) La mesure du diamètre des tubes par la méthode de Gay-Lussac, Celle du temps au moyen d’un chronomètre ou d’un métronome bien réglé, battant la seconde, celle de la température, de l’inclinaison des tubes, de la proportion des substances en dissolution, et de la densité des liquides, ainsi qitc la représentation graphique des.résultats numériques d’expériences, toutes ces évaluations, tous ces tracés ne présentent pas de difficulté et n’exigent que des soins faciles à prendre.
- En effet, s’il est déjà difficile d’évaluer avec précision la hauteur du niveau fixe d’un liquide dans un tube capillaire, on comprend que la difficulté est bien autrement grande lorsqu’il s’agit de saisir la hauteur du niveau mobile d’un liquide qui fuit avec rapidité, surtout à l’origine du mouvement, sous l’œil de l’observateur. Il est même presque impossible, quelque soin que l’on apporte à cette détermination, de l’obtenir ainsi avec une exactitude rigoureuse.
- Bien que je n’ai pas à m’arrêter à la description détaillée de l’appareil qui m’a servi précédemment, je dois néanmoins en donner un aperçu, pour lui appliquer Vobturateur électrique qui va être employé dans tout ce qui suit.
- Description de l’appareil. — L’appareil qui m’a servi dans toutes mes expériences sur les tubes capillaires, se compose simplement de deux planchettes en bois, A, B, rectangulaires (fig. 1), assemblées perpendiculairement l’une au milieu de l’autre, la première servant de pied, et la seconde portant le cadran, ou quart de cercle divisé, qui permet de placer les tubes sous des inclinaisons déterminées.
- Des aiguilles sont fixées au centre de la graduation et sur la circonférence aux points correspondants à ces diverses inclinaisons.
- Le tube T, en expérience, est maintenu en position invariable sur la planchette verticale, au moyen de cordons en caoutchouc.
- Le vase V contenant le liquide en expérience est placé sous la planchette verticale, à la partie inférieure de laquelle une échancrure est pratiquée à cet effet.
- Un niveau N à bulle d’air (sphérique) est posé sur la tablette horizontale; un autre N', cylindrique, est fixé sur une tringle parallèle à la ligne horizontale, point de départ de la graduation angulaire.
- Deux thermomètres sont attachés à la planchette verticale ; l’un donne la température du liquide et l’autre celle de l’air ambiant.
- Chaque tube capillaire (en cristal ou en verre, émaillé d’un côté) est effilé à ses deux bouts cl porte une échelle divisée en millimètres, échelle dont le zéro correspond à l’extrémité même du tube qui vient affleurer le liquide au moment de l’expérience.
- Un tube en caoutchouc h adapté à la partie supérieure du tube capillaire, permet, par une compression convenablement ménagée, dans un sens
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- ou dans l’autre, de faire monter,à volonté et facilement le liquide dans le tube de verre ou de l’en faire sortir complètement.
- La pièce importante du système est celle I, au moyen de laquelle on détermine automatiquement par l’électricité l’occlusion du tube ou son ouverture en temps utile, fixé par l’expérimentateur (<)
- L’appareil se compose :
- i° D’un électro-aimant E (fig. 1 et 2) à faible résistance ;
- 2" D’une palette à ressort p, mue par l’électro actif et dont l’extrémité recourbée deux fois à angle droit, porte un tampon en caoutchouc destiné à l’occlusion hermétique du tube en expérience ;
- 3Ü D’un balancier d’horloge ou d’un métronome (fig. 1, 3 et 4) réglé pour battre la seconde (ou tout autre intervalle de temps) ;
- 4° D’une aiguille métallique ab*{fig. 3 et 3 bis) jouant le rôle é? interrupteur, mobile sur ùn pivot c (fig. 1 et 3 bis) ; quand elle est dans le voisinage
- FIG. I
- delà position moyenne 2 ou 2 (fig. 3"). Son extrémité b peut être atteinte par le balancier lors de son passage dans la verticale, puis abandonnée à peu de distance de là, comme dans les portions 3 et 3'. Selon le sens du mouvement du balancier, l’aiguille est poussée par lui à droite ou à gauche. Son extrémité a, recourbée à angle droit, glisse à frottement doux (2) sur une zone circu-
- C) Parmi les combinaisons d'interrupteurs automatiques que j’ai imaginées, la suivante m’a paru la plus facile à réaliser et la plus commode, ainsi que la plus exacte dans la pratique. Je ne décrirai que celle-ci.
- {2) Ce frottetnent doit cependant être assez fort pour tiue l’aiguille interruptrice ne soit pas projetée par le thoc dii balancier, mais pour qu’elle reste en contact avec lui jüsqu’à la position géométrique où il doit l’aban-
- laire horizontale sut (fig. 3" et 3 bis), dont la partie tu est formée ou revêtue d’une substance isolante (ébonite) et dont l’autre su est métallique, communiquant avec une borne r. L’axe vertical qui porte l’aiguille sur son pivot est lui-même métallique et en rapport avec la borne r.
- Des fils conducteurs, dont l’un passe par l’élec -tro, partent des pôles de la pile P (au bichromate C), pour aboutir aux bornes r et r.
- Mode d’expérimentation. — La tablette qui porte le tube capillaire en expérience ayant été
- donner. La tablette qui supporte l’aiguille est fixée à la table d’expérience.
- (>) Dont on règle l’ituensité en faisant plonger plus ou moins le zinc dans le liquide.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- disposée bien horizontalement au moyen des deux niveaux N'et,N' (fig. 1), on fixe solidement le tube dans sa position (verticale, je suppose) après avoir amené son extrémité inférieure, effilée en pointe, jusqu’au niveau du liquide qui s’élance
- FIG. 3. — OBTURATEUR ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE
- aussitôt dans l’espace capillaire. A l’aide du tube en caoutchouc adapté au tube de verre et que l’on presse entre les doigts, on fait sortir tout le liquide du tube de verre, lequel reste ainsi mouillé
- L’appareil est alors prêt pour une expérience.
- Il s’agit maintenant de faire ouvrir le tube au commencement d’une unité de temps (la seconde). A cet effet, on déplace à la main l’aigiiille, en ramenant à une position où son extrémité b (fig. y position 1) peut être atteinte par le balancier lorsqu’il passera dans la verticale et quand il ira de droite à gauche.
- L’aiguille sera ainsi poussée dans le même
- AVANT LA FERMETURE DU COURANT
- PENDANT LA FERMETURE PERMANENTE
- AU MOMENT DE LA FERMETURE
- AVANT LOUVERTURE
- DU COURANT
- FIG. 3. — PENDULE, COUPE VERTICALE
- jusqu’au dessus de la hauteur qu’il doit atteindre spontanément (*).
- Le balancier étant en mouvement, on amène l’aiguille dans la position 3 (fig. 3"), qui corres-
- a
- JtV
- FIG. 3'. — MÉTRONOME, COUTE VERTICALE
- pond à la fermeture du circuit électrique ; le courant passe dans l’électro qui devient actif et attire la palette dont le tampon vient fermer le tube vide (fig. 1 et 2).
- AU MOMENT DE L’OUVERTURE
- PENDANT L’OUVERTURE PERMANENTE
- fig. y
- sens. Quand elle arrivera dans la, position 2', son appendice a quittera la partie métallique et le courant sera interrompu, l’électro laissera échapper instantanément :(*) la palette. qui, sollicitée par son ressort, abaissera le tampon et laissera libre l’ouverture du tube.
- Le liquide s’y élancera aussitôt. Le balancier, qui a poussé l’aiguille hors de sa portée eri 3',
- (*) Une opération essentielle qui doit précéder toute expérience est celle du lavage du tube, d'abord aux acides azotique, chlorhydrique ou sulfurique, puis à la potasse et à l’eau pure, opération qui s’exécute facilement à l’aide du tube en caoutchouc adapté au tube à laver.
- P) Pour éviter l’effet du magnétisme rémanent, il faut faire en sorte que la palette n’arrive pas au contact de l’élcctro-aimant. Il suffit pour cela, comme on le fait habituellement, de coller un morceau de papier sur la face polaire de l’électro ou sous la palette.
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- 293
- pourra passer et repasser pendant une ou plusieurs secondes, sans déterminer la fermeture du courant et par suite, celle du tube où le liquide continue à monter.
- Si l’on veut arrêter son ascension au bout de
- FIO. 3 ils. — PROJECTION HORIZONTALE DE LA TRAJECTOIRE DU PENDULE.
- 1, 2, 3, etc. secondes, on amène l’aiguille inter-ruptrice dans la position d’attente 1, après que le balancier a dépassé cette position en allant vers la gauche. Quand il redescendra, il entraînera l’aiguille à la position 2 où s’établira instantanément la communication électrique. Lorsque le balancier aura poussé l’aiguille dans la position 3, le courant restera fermé, ainsi que le tube. C’est alors qu’on lit et qu’on note la hauteur à laquelle le liquide est parvenu au bout du temps que l’on a compté.
- Si l’on emploie une horloge dont l’aiguille marque les secondes, on n’aura qu’à en lire le nombre, toutefois en ayant eu soin de noter les moments correspondants à l’ouverture et à ia fermeture du tube dans cette expérience.
- FÎG. 4. — INTERRUPTEUR ÉLECTRIQUE APPLIQUÉ AU MÉTRONOME.
- On répète l’expérience pour le même temps, jusqu’à ce qu’on obtienne des résultats numériques concordants. S’il existait entre eux de légères différences, on prendrait la moyenne des résultats.
- On agit de même pour toutes les autres expériences.
- Pour appliquer l’appareil précédent au métro-
- nome, il n’y a rien à changer à Y inter rupteur. On pourra seulement adapter à la tige oscillante qui est un peu large, une pointe métallique recourbée (fig. 4)qui produira le contact avec l’aiguille inter-ruptrice, quand le balancier passera dans la verti-
- 1.
- FIO. 5. — DISPOSITION DE L’INTERRUPTEUR ÉLECTRIQUE A LA PARTIE SUPÉRIEURE DU TUBE.
- cale, ce qui n’aurait pas lieu avec la même exactitude, si c’était la tige qui poussât l’aiguille.
- Il eût été commode pour compter les secondes, de placer l’interrupteur à la limite d’excursion du balancier, soit à droite soit à gauche, position qui correspond au bruit d’échappement du pendule.
- Mais, avec un peu d’habitude, il sera facile de compter à contre-temps, comme on le fait fréquemment en musique, ou de retrancher une demi-seconde sur le nombre des secondes marquées ou battues par le pendule ou par le métronome depuis l’origine du temps.
- Si l’on veut néanmoins placer l’interrupteur à la fin de l’excursion du balancier, à droite, par exemple, pour produire le passage du courant, il faudra le transporter à gauche, pour opérer la rupture de ce courant.
- FIü. 5 bis.— PLAN COUPE HORIZONTALE DE LA PALETTE SOULEVANT LE TUBE A LA PARTIE INFÉRIEURE.
- Dans ce cas, des coulisses ou des repères-arrêts permettront d’amener, sans hésitation, l’interrupteur à la place qu’il devra occuper, pour que l’effet voulu se produise.
- Ce procédé, par déplacement de l’appareil, est moins pratique que le précédent.
- D’ailleurs, il vaut mieux utiliser la force du pendule lorsqu’elle est à son maximum, c’est-à-dire quand il passe dans la verticale, que quand
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- LA L UM 1ÈRE ÉLEC TRIQ UE
- elle est à son minimum ou presque nulle, c’est-à-dire lorsque le balancier arrive à la limite de son excursion, car, dans le premier cas, le pendule ayant alors sa plus grande vitesse et par suite sa plus grande quantité de mouvement, peut vaincre facilement la résistance que lui oppose l’aiguille interruptrice, par ses frottements sur le pivot et sur la pièce métallique ou isolante sur laquelle glisse son appendice.
- D’autre part, avec le métronome, une autre difficulté se présenterait, dans le second cas, c’est-à-dire si l’on voulait faire coïncider le commencement de chaque unité de temps avec le bruit de l’échappement du balancier ; car les oscillations de l’appareil, quoiqu’étant sensiblement isochrones, n’ont pas la même amplitude ; celle-ci est un peu plus grande lorsque le métronome vient d’être remonté, que quand le ressort çst déjà beaucoup détendu ; par suite, l’instant du contact métallique qui déterminerait le passage ou la rupture du courant électrique, ne serait pas toujours le même que la fin ou le commencement d’une oscillation.
- C’est pour ce motif que j’ai dû renoncer à ce moyen.
- . L’essentiel est que ce soit l’appareil marquant le temps (pendule ou métromone) qui détermine automatiquement l’occlusion ou l’ouverture du tube.
- Ce résultat est obtenu sans difficulté par le moyen que j’ai indiqué plus haut.
- Lorsque l’interrupteur a été bien réglé, on le fixe solidement dans sa position normale pour éviter tout déplacement accidentel.
- L’électro-aimant doit être également fixé en position invariable.
- Lorsque les liquides en expérience sont de nature à attaquer l’obturateur (tels que : les acides azotique, sltlfurique, chlorhydrique, • la potasse,' le sulfure de carbone, etc.), on a recours à une autre dispostition de l’auxiliaire électrique qui consiste à le placer à la partie sunérieure du tube, non plus pour fermer celui-ci, mais pour le soulever ..hors du liquide, ou y faire plonger son extrémité inférieure.
- Le tube peut alors glisser à frottement doux entre des arrêts directeurs.
- Il est attaché à l’appendice de la palette, comme le montrent les Fig. 5 et 5 bis.
- Le jeu de l’appareil est analogue à ce qu’il était précédemment ; La fermeture du courant électrique soulève le tube au-dessus du niveau du
- Jiquidç dans le vase (d’environ 3 millimètres), ce :qui équivaut à-l’occlusion (1), . •
- La rupture du courant laisse arriver le tube à la surface du liquide, précisément à. la hauteur correspondant au zéro de l’échelle graduée fixée sur le tube,
- Le reste de l’opération s’achève comme précédemment.
- Ce procédé peut s’appliquer à tous les liquides et sert aussi de contrôle au premier.
- Lorsqu’on applique au mouvement des liquides dans les tubes capillaires le procédé de la photographie instantanée, l’emploi de l’électricité est avantageux.
- FIG. — MOUVEMENT CAPILLAIRE ASCENDANT REPRODUIT’ PAR LA PHOTOGRAPHIE RAPIDE.
- En effet, on peut, par ce moyen, arrêter l’ascension du liquide subitement, à la fin d’une unité de temps.
- La feuille de papier sensible continuant à se déplacer d’un mouvement uniforme, le sommet de la colonne liquide tracera, pendant le repos du liquide, une ligne horizontale ad.
- En ouvrant le tube de nouveau, au commencement d’une unité de temps et fermant, au bout de ce temps, le sommet de la colonne mobile décrira la courbe db correspondante à ce temps.
- (') Quant à l’erreur que peut produire la goutte adhérente à l’extrémité inférieure du tube, laquelle peut faire élever le niveau de quelques dixièmes de millimètre, il est facile d’en estimer la valeur une fois pour toutes à l’égard de chaque liquide et de chaque tube.
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- Puis on fermera le tube, et ainsi de suite.
- La succession de ces effets sera représentée par la série des lignes brisées ad bb' cc dd ee ff g (fig-6).
- En rapprochant ensuite les courbes successives, parallèlement à elles-mêmes, on formera une courbe unique, continue, abedefg qui représentera les déplacements du sommet de la colonne mobile pour les diverses unités de temps correspondantes.
- (A suivre)
- C. Decharme.
- LES MÉTHODES
- DE
- MESURES ABSOLUES O
- CHAPITRE II
- UNITÉS ABSOLUES DE POLE MAGNÉTIQUE DE CHAMP MAGNÉTIQUE ET DE COURANT ÉLECTRIQUE
- Dans tout ce qui précède, il n’a pas encore été question des unités employées pour mesurer les quantités m et H. Il serait utile, avant d’aller plus loin, de montrer comment on définit l’unité absolue de courant dans le système absolu électromagnétique, employé maintenant pour la plupart des mesures électriques. Cette définition étant basée sur les unités absolues de pôle et de champ magnétiques, celles-ci doivent être définies en premier lieu.
- Dans le système électro-magnétique de mesures, toutes les quantités magnétiques et électriques sont exprimées en unités dérivées de la grandeur d’un pôle magnétique choisi comme unité ; ce pôle unité peut être défini de bien des façons, mais afin d’éviter les variations auxquelles sont sujets presque tous les étalons arbitraires, et pour trouver un système commode, dans lequel le travail effectué par le déplacement d’aimants ou de conducteurs, par rapport à d’autres aimants ou à d’autres conducteurs traversés par un courant, puisse être exprimé sans introduction de constantes arbitraires et souvent gênantes, on relie
- par définition l’unité de pôle à l’unité absolue de force. f
- Un pôle unité est un pôle qui, placé à l’unité de distance d’un autre pôle égal et semblable, est repoussé avec une force égale à l’unité (').
- Dans cette définition, les deux pôles sont purement fictifs puisqu’il est impossible de séparer un des pôles d’un aimant du pôle de nom contraire ; on peut cependant, grâce à des dispositions spéciales, réaliser approximativement les conditions de la définition précédente.
- Considérons deux barres d’acier longues, minces, droites et aimantées uniformément dans le sens de la longueur ; on peut admettre que leurs pôles se trouvent placés aux extrémités ; la distribution du magnétisme, à l’intérieur de ces barres, est en effet telle que l’action magnétique de chaque barre par rapport à tous les points qui lui sont extérieurs peut être représentée parfaitement par une certaine quantité d’une substance magnétique imaginaire, placée à un bout de la barre, et par une quantité égale, mais de signe contraire de cette même substance, placée à l’autre bout.
- Nous pouvons nous figurer ces barres placées sur une même droite avec leurs pôles bleus l’un en face de l’autre et séparés par une distance égale à l’unité.
- Si la longueur des barres est grande par rapport îi cette distance, si elle est par exemple 100 ou 1000 fois plus grande, leurs pôles rouges n’auront plus un effet comparable à l’action répulsive qui s’exerce entre les pôles bleus. Mais les deux pôles bleus s’influencent réciproquement par induction, cc qui diminue leur force répulsive, et c’est là un effet que l’on ne peut éliminer.
- La grandeur de cette induction est cependant plus faible pour l’acier trempé que pour l’acier doux ; rien n’empêche donc d’imaginer que l’on ait des aimants suffisamment trempés pour que leur action mutuelle n’affecte plus d’une manière appréciable la distribution du magnétisme à leur intérieur.
- Si donc deux pôles bleus égaux se repoussent avec une force égale à l’unité, chacun d’eux est, d’après la définition, égal à l’unité.
- La grandeur du pôle unité dépend, d’après cette définition, de l’unité de force. L’unité de force est définie, d’après le système de mesures
- (') L’intervalle entre les pôles étant supposé rempli d’air.
- (') Voir La Lumière Electrique du 3o janvier 1886.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fondé sur la deuxième loi du mouvement de Newton, système le plus commode, comme la force qui, agissant pendant l’unité de temps sur l’unité de masse, lui communique une vitesse égale à l’unité.
- Le pôle unité est donc basé sur les trois unités fondamentales de longueur, de masse et de temps.
- Conformément aux recommandations du Comité de l’Association Britannique et aux résolutions du Congrès de Paris, on a adopté pour mesurer les quantités dynamiques, électriques et magnétiques, les trois unités déjà fréquemment employées, qui sont le centimètre comme unité de longueur, le gramme comme unité de masse, et la seconde comme unité de temps. Ces unités sont désignées par les lettres C. G. S.
- Lorsqu’on fait choix de ces unités, l’unité de force est la force qui, agissant pendant une seconde sur une masse égale à un gramme, lui communique une vitesse égale à un centimètre par seconde.
- L’unité de force a été nommée dyne.
- Le pôle magnétique est donc le pôle qui, placé ii une distance de 1. c. m. d’un pôle égal et semblable, est repoussé avec une force égale à une dyne.
- Chacun des pôles des aimants pris précédemment comme exemple, est donc égal au pôle unité C. G. S., si la force qui s’exerce entre les pôles est égale à une dyne.
- Le moment magnétique m de l’un quelconque des aimants que nous avons considérés dans le premier chapitre est égal à la force du pôle multipliée par la distance entre les pôles, distance qui, pour les aimants d’une grande longueur par rapport à leur section, peut être regardée 3tyec suffisamment d’exactitude comme égale à leur longueur.
- La force de chaque pôle est donc égale à unités.
- Si l’on mesure l et r en centimètres et W en grammes, l’intensité du pôle magnétique déduite des équations (4) ou (6) sera exprimée en unités
- C. G. S.
- Un champ magnétique est l’espace qui environne un aimant, un système d’aimants, ou un système de conducteurs traversés par des courants; un pôle magnétique placé en un point quelconque d’un tel champ sera soumis à l’action d’une force magnétique. L’intensité d’un champ
- magnétique produit par un système d’aimants, de courants ou par une combinaison des deux est mesurée, en chaque point, par la force qui agirait sur un pôle magnétique placé en ce point : l’intensité et la direction de cette force peuvent être théoriquement calculées, si la distribution magnétique est connue.
- La définition de l’unité de pôle magnétique permet de définir immédiatement le champ magnétique dont l’intensité est égale à un. Le champ magnétique égal à l’unité est un champ dans lequel le pôle unité se trouve soumis à l’unité de force, et dans le système G. G. S. c’est un champ où le pôle magnétique unité est soumis à une force égale à une dyne.
- Dans la théorie de la détermination de H précédemment exposée , la force horizontale qui agit sur chaque pôle de l’aiguille du ma-gnétomètre et qui est due à la composante horizontale du champ magnétique, de la terre était 112
- égale à yy- H, et de même la force qui agit sur
- chaque pôle des aimants produisant la déviation 112
- éait égale à H. H mesure donc en unités de
- champ magnétique la composante horizontale du champ terrestre.
- En exprimant dans les formules (5) et (7) r et / en centimètres et W en grammes, H sera donnée en dynes. Ceci veut dire que H représente le nombre de dynes poussant horizontalement le pôle unité rouge vers le nord ou le pôle unité bleu vers le sud, en admettant que ces pôles soient uniquement soumis à l’action du magnétisme terrestre.
- Dans un champ magnétique produit par un seul pôle, la résultante des forces magnétiques en un point est dirigée vers le pôle produisant le champ, et la grandeur de cette force, indiquant l’intensité du champ en ce point, est la force qui agirait sur le pôle unité placé en ce point; cette force est égale à l’intensité du pôle produisant le champ divisée par le carré de la distance du pôle au point considéré.
- D’après la théorie des actions électro-magnétiques donnée par Ampère, un circuit plan, fermé, parcouru par un courant et placé dans un champ magnétique, toutes ses dimensions étant petites par rapport à la distance qui le sépare du système magnétique produisant le champ, est équivalent, en ce qui concerne ses propriétés magnétiques, à un petit aimant dont le moment serait
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- directement proportionnel à l’intensité du courant dans le circuit, qui serait placé à angle droit sur le plan du courant en un point à l’intérieur du circuit et orienté de manière que, pour un observateur placé au-dessus du pôle rouge, le courant tourne dans la direction opposée à celle des aiguilles d’une montre.
- Si nous mesurons le courant avec des unités telles que le moment magnétique de l’aimant équivalent soit numériquement égal à la force du courant multipliée par la surface du circuit ('), nous définissons l’unité de courant comme le courant qui passant par un petit circuit plan est équivalent comme action magnétique à un petit aimant dont le moment magnétique serait numériquement égal à la surface du circuit.
- D’après ces résultats, nous voyons que l’action d’un champ magnétique sur un circuit fermé de forme quelconque parcouru par un courant est la même que celle qui aurait lieu, si le circuit était remplacé par un mince feuillet magnétisé dont la surface serait formée par le contour du circuit, qui ne couperait pas le système magnétique produisant le champ, qui serait aimanté de manière à avoir d’un côté du magnétisme rouge et de l’autre du magnétisme bleu (ou vice versa suivant la direction du courant) et dont, enfin, chacun des éléments aurait un moment magnétique numériquement égal à sa surface.
- Si l’on considère le travail accompli par un déplacement infiniment petit d’un des éléments du feuillet équivalent au circuit (Ch. IV), situé sur le pourtour de celui-ci, on peut montrer que sur chaque élément du circuit agit une force dirigée à angle droit sur le plan passant par l’élément du circuit et par la direction de la force magnétique du champ, au centre de l’élément.
- La grandeur de cette force s’obtient en prenant la longueur de la projection de l’élément du circuit sur un plan perpendiculaire à la ligne de force du champ au centre de l’élément, et en mul-
- (1) Un circuit équivalent à un aimant dans un milieu, ne lui est pas nécessairement équivalent dans un autre. J’ai supposé ici comme partout ailleurs que le milieu était le vide.
- tipliant cette longueur par l’intensité I de la force magnétique du champ, au centre de l’élément, et par l’intensité G du courant.
- Soit ainsi AB (fig. 1) la direction de la force magnétique du champ au centre de l’élément ds^
- 0 l’angle entre les directions ds et AB, et dF la résultante des forces qui agissent sur l’élément, résultante dirigée normalement au plan du papier, nous aurons :
- d¥ = CI ds . sin <:)
- En prenant © = go° et I=i, nous aurons dF — Gds, d’où la définition suivante :
- Le courant unité est un courant qui, passant par un conducteur placé à angle droit sur les lignes de force dfun champ magnétique d'intensité un, est soumis à une force électro-magnétique égale à V unité par unité de longueur du conducteur,.
- Si l’on imagine un observateur placé dans le courant de telle manière que celui-ci lui entre par les pieds et sorte par la tête, et regardant dans la direction suivant laquelle la force magnétique du champ pousserait un pôle bleu, l’élément du circuit se déplacerait, s’il était libre de se mouvoir, dans la direction de la main droite de l’observateur.
- Si nous supposons le système magnétique formé uniquement par un pôle magnétique et que nous désignions par r la distance entre ce pôle et l’élément de circuit, par p. la force du pôle, nous aurons alors :
- I = L et <2 F — ^ ds sin 0
- ?*- r- '
- Réciproquement, si l’on considère l’action de chaque élément du circuit sur le pôle, on sait, d’après la loi de Newton, qui établit que l’action et la réaction sont égales et opposées, que cette action est égale à d F, c’est-à-dire à une force d F agissant en sens contraire,' mais suivant une même ligne droite. Mais ceci est équivalent à une force-égale et parallèle agissant sur le pôle et à un couple égal à ni F. Pour un circuit fermé, ce couple est égal à zéro, et l’action est la même que si les forces seules agissaient sur le pôle. Ces considérations nous permettent de définir le courant unité comme le courant qui passant par un fil mince disposé suivant un cercle de rayon un, agit sur le pôle unité placé au centre avec une
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- force égale à V unité par unité de longueur de la circonférence, .c’est-à-dire avec une force totale égale à 2 7r unités, ou qui produit au centre du cercle un champ magnétique d’une intensité égale à 2 TT unités.
- Dans le système C.G. S. le courant unité est donc un courant qui parcourant un cercle d’un centimètre de rayon, agit sur l’imité de pôle magnétique avec une force de 2 tt dynes. Cette force est dirigée dans un sens ou dans l’autre, suivant la nature du pôle et la direction du courant, et sa direction est facile à trouver dans chaque cas, en ayant présent à la mémoire que la terre peut être considérée comme un aimant orienté dans sa position par l’action d’un courant qui tourne autour de l’équateur magnétique dans le sens du mouvement apparent du soleil.
- Ces trois définitions de l’unité de courant sont équivalentes, et dans les applications qui suivent nous emploierons chaque fois celle qui sera la plus commode pour le cas particulier considéré.
- CHAPITRE III.
- MESURE D’UN COURANT EN UNITÉS ABSOLUES ET CONSTRUCTION PRATIQUE D’UN GALVANOMETRE ÉTALON
- Considérons le cas très simple où l’on a un fil unique, courbé en cercle et fixé dans le plan du méridien magnétique et un aimant, de dimensions très petites relativement au rayon du cercle suspendu par une fibre sans torsion, de manière à rester dans une position horizontale et à avoir son centre au centre même du cercle. On peut, dans ces conditions, admettre que chaque pôle de l’aimant est à égale distance de tous les éléments du fil circulaire. Un courant passant par ce fil agit, suivant la loi d’Ampère, avec une certaine force sur un des pôles de l’aimant qu’elle pousse1 en dehors du plan du méridien et sur l’autre pôle avec une force égale et dirigée en sens contraire; de là, résulte un couple qui tend à faire tourner l’aiguille jusqu’à ce que le couple provenant de H lui fasse équilibre.
- Soit m la force de chacun des pôles de l’aiguille, r le rayon du cercle et G la force du courant. D’après la loi d’Ampère, l’effort exercé par le courant sur l’un des pôles, abstraction faite du
- signe, est égal à C ni-- ou bien à Cm Si l est
- la longueur de l’aiguille, le couple produit sera
- Cm 2^ au moment où la déviation est encore r
- zéro ; lorsque la déviation est devenue 0, le
- couple est devenu égal à Cm cos 0, tandis que
- le couple contraire du magnétisme terrestre est m H / sin 0.
- Lorsqu’il y a équilibre, nous aurons :
- C m --- - cos 0 = m H /sin 0 r
- et de là
- (1) C = —--tang0
- où 0 est l’angle de déviation de l’aiguille dans la nouvelle position d’équilibre que l’aiguille prend lorsqu’elle est soumise à l’action du courant circulaire.
- Lorsqu’au lieu d’un seul tour, le fil conducteur en fait un nombre N et occupe un espace annulaire de rayon moyen r et dont la section droite est de petites dimension, comparée à r, nous aurons :
- r_Hr tang 0
- W ^ 2UN
- Dans la pratique, l’ensemble des spires de fil d’un galvanomètre des tangentes n’est pas contenu dans un espace annulaire aussi étroit. Il y a donc lieu de considérer l’effet produit par un espace annulaire plus considérable. Pour une bobine faite avec du fil de faible section, nous pouvons admettre que le courant qui passe à travers l’unité de surface de la section est partout le même.
- Si donc C est le courant dans chaque tour et n le nombre d e fils contenu dans l’unité de surface de la section normale de la bobine, nous aurons pour le courant traversant une surface A d’un élément E l’expression ?zCA. Faisons une section de la bobine par un plan passant par son centre
- B
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- ihsæ- Rlllii—^
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 299
- et perpendiculaire au plan de la bobine (fïg. 1), et supposons que l’espace occupé par le fil soit rectangulaire.
- Soit BC le rayon mené dans un plan qui partage la bobine en deux moitiés égales; posons CD = y et DE = x, nous aurons A = dx dy et CE2 = x2 -f-y'K
- La force exercée par une bobine dont la section serait dx dy sur un pôle égal à l’unité, placé en C, est égale à
- 2n n Cy dx dy y
- +ri
- soit
- dF =
- 2 nti Cy2 dx dy
- (x2 +y2)
- Cette force est dirigée suivant l’axe de la bobine, perpendiculairement à son plan.
- La force totale produite par la bobine sera donc
- F = 2 u n C
- expression dans laquelle r désigne le rayon moyen de la bobine, 2 J sa largeur et 2 c son épaisseur.
- Intégrant et désignant par N le nombre total de tours, nous aurons N = 4 nbc et
- (3)
- F = irNC ^ log
- r + c + y'(r + c)2 + b2 r — c + vV" — c)- + b~
- Si nous appelons 6 la déviation de l’aiguille pour laquelle l’équilibre a lieu, nous aurons comme précédemment
- F = H tang 0
- Substituant à F sa valeur et résolvant, nous obtenons
- ____________H tang 0__________
- (4) «Ni log >• + c + y'(r + c)--'+ 6---
- c r —c-F v (r —c)-’6-’
- Si r est grand par rapport à b et à c, la formule se réduit à
- C =
- H r tang 0
- 2TtN
- expression précédemment trouvée en supposant que toutes les spires pouvaient être contenues dans un petit espace annulaire de rayon r. Dans la pratique, les galvanomètres employés comme étalons pour des mesures absolues, n’ont généralement, ni pour b ni pour c, des valeurs dépassant o, 1 de r; d’autre part l’aiguille aimantée ne peut jamais être faite infiniment petite, par conséquent, dans beaucoup de cas, la différence des valeurs deC calculées d’après les équations (4) et (5) est comprise dans les limites des erreurs expérimentales; il est donc inutile de faire la correction et la valeur de C donnée par l’équation (5) peut leur être employée.
- On peut aussi employer comme galvanomètre, un système de deux bobines égales dont les rayons sont très grands par rapport aux dimensions transversales, et qui sont placées parallèlement l’une à l’autre, de manière que la ligne des centres soit normale à leurs plans moyens. Une aiguille courte est placée symétriquement par rapport aux bobines, et sur la ligne des centres. Soit N le nombre de tours de fil de chaque bobine, r le rayon moyen des bobines, 2 a leur distance moyenne; si le courant C parcourt les bobines, on aura, au lieu de l’équation (5) :
- (5 bis) c = £.+ *?)*Htan*?
- 4 7t r- N
- Helmholtz a démontré que, pour un appareil semblable dans lequel on aurait de plus r — 2a, l’expression mathémathique complète de l’action des bobines sur l’aiguille se simplifiait beaucoup; mais dans la pratique ordinaire, une seule bobine avec l’aiguille au centre, donne des résultats suffisamment exacts, et elle est bien plus facile à construire.
- Lorsque les dimensions de la bobine sont mesurées en centimètres et que H est exprimé en unités C. G. S., la valeur de C est donnée aussi dans les mêmes unités, par les équations (4) et (5).
- Nous avons admis dans ce qui précède, que le moment de torsion de la libre de suspension était égala zéro; si l’on emploie une simple libre de soie non filée, d’une longueur considérable, comme nous l’avons indiqué plus haut, sa torsion peut être parfaitement négligée dans la plupart des mesures pratiques.
- L’erreur produite est cependant calculable et s’obtient en faisant d’abord tourner une ou plusieurs fois sur elle-même l’aiguille supposée.dans
- (5)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- le méridien magnétique; celle-ci prend une nouvelle position d’équilibre et l’on note la déviation qui s’est produite. La grandeur de cette déviation peut être facilement observée au moyen d’un index et d’un cercle gradué, ou par un trait de lumière réfléchi sur une échelle, moyens que nous avons employés dans nos précédentes observations pour mesurer la déviation de l’aiguille.
- Les résultats de cette expérience, permettent de calculer l’effet de la torsion pour une déviation quelconque 0 de l’aiguille, et cela, de la manière suivante.
- Soit a l’arc de déviation de l’aimant, exprimé en mesure circulaire, qui a lieu après que l’aiguille a été tournée sur elle-même. La torsion de la fibre de suspension sera alors (2 tt—a) et le couple produit par cette torsion est égal à (HIm sin a), d’après la loi de Coulomb établissant la proportionnalité entre l’angle de torsion et le moment correspondant du à la résistance du fil, nous aurons
- ------H ml sin a
- 2 7r— a
- comme couple de torsion pour un angle 0.
- Si maintenant le courant de la bobine produit unè déviation 0, l’équation exprimant l’équilibre sera
- N Cm Lül cos ) = m |-{ l (sin 0 -|------------------— sin a)
- 1* ' 1 O _ ____ ym !
- et par conséquent au lieu de (5), nous aurons
- (6)
- 0 sin à 2 7t — a sin 6,
- Hr
- 27tN
- tang 0
- Si, par exemple, a est égal à i° et 0 à 45°,
- 0
- 2 TT — a
- 1 sin a
- est a peu près = 5 et -r—-7 r 8 sin 0
- 1 1
- 5?,3 °>7°7
- 1
- ’ 4Ô^’
- Ce qui donne pour C :
- C =
- (
- j_\ Hr_ 324/ 2 ti N
- L’erreur est donc un peu plus petite que 1 /3 pour cent.
- On peut mesurer simultanément H et la force du courant en unités absolues par la méthode de
- Kohlrausch décrite dans le Philosophical Magazine, vol. XXXIX, 1870.
- Cette méthode consiste à envoyer le courant à travers deux bobines dont toutes les constantes sont exactement connues.
- L’une d’elles est la bobine d’un galvanomètre étalon, l’autre bobine est attachée à une suspension bifilaire dont les fils donnent passage au courant qui traverse la bobine.
- Le plan de cette dernière, lorsqu’elle occupe sa position d’équilibre et n’est traversée par aucun courant, est parallèle au méridien magnétique. Si l’on envoie un courant dans la bobine, la composante horizontale du magnétisme terrestre tendra à faire tourner celle-ci de manière à placer son plan à angle droit sur le méridien magnétique ; le couple provenant de la suspension bifilaire agit en sens inverse et s’oppose à cette rotation.
- Il s’ensuit que la bobine reste en équilibre après une certaine déviation et si le couple produit par la suspension bifilaire est déterminé expérimentalement pour chaque angle de déviation, on obtient ainsi une relation entre H et l’intensité du courant C.
- Mais lorsque le même courant est envoyé dans la bobine du galvanomètre étalon, la déviation de l’aiguille nous donne une deuxième relation entre H et C.
- Ces deux relations permettent de calculer la valeur de H et de C.
- On trouvera d’ailleurs des détails complets concernant la construction de l’appareil Kohlrausch dans le journal cité plus haut.
- Dans cette méthode, on admet que la valeur de H est la même pour les deux instruments, ce qui ne saurait être considéré comme exact, à moins d’opérer dans une chambre spécialement disposée pour des mesures électriques.
- Il faudra donc répéter l’expérience en intervertissant la place des appareils. Sir William Thomson a proposé un instrument qui dispense de cette hypothèse et dont Maxwell a donné la théorie dans son ouvrage « Electricity and Ma-gnetism », vol. II, p. 328.
- L’exactitude des mesures de courant faites d’après la méthode dont nous venons d’indiquer la théorie, dépend naturellement du soin qu’on apporte à ces mesures.
- Le galvanomètre étalon doit être de forme telle que les valeurs de ses indications puissent être facilement calculées d’après les dimensions et le nombre de tours de fil de la bobine. Un galvano-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- mètre de ce genre peut être fabriqué par quiconque sait tourner un anneau en bois ou en laiton (il vaut mieux faire usage de bois dur, ainsi qu’on le verra dans le supplément à ce chapitre), portant sur son bord extérieur une rainure rectangulaire pour recevoir le fil.
- Il est certainement préférable que ce soit l’observateur qui lui-même enroule le fil et ajuste l’aiguille de l’instrument, car c’est la seule façon d’être certain qu’aucune erreur n’a été commise dans le dénombrement des tours de fil, dans la mesure de la longueur du fil ou dans l’ajustage de l’aiguille au centre de l’anneau.
- La profondeur et la largeur de la rainure qui contient le fil doivent être faibles comparativement au rayon, et ne doivent pas dépasser KfK0 du rayon moyen de la bobine qui lui-même peut être fait égal à i5 centimètres.
- La section du fil employé dans la bobine dépend de la nature des observations auxquelles on destine l’instrument ; ce doit être du fil de cuivre bien isolé, très bon conducteur et de dimensions suffisantes pour ne pas être détérioré par le courant maximum qu’on se propose de faire passer par l’instrument.
- Pour l’étalonnage exact, au moyen de l’instrument étalon, des galvanomètres d’intensité ou de potentiel, il convient d’avoir deux bobines, l’une de grande et l’autre de faible résistance. Cette dernière peut être formée dans beaucoup de cas d’un ruban de cuivre de i5 centimètres de rayon, d’un centimètre de largeur et d’un millimètre d’épaisseur.
- Pour former les électrodes qui serviront à attacher les fils conducteurs amenant le courant, les deux bouts de ruban, séparés par une mince plaque d’ébonite ou par du papier, seront dirigés côte à côte vers l’extérieur ; à ces bouts on attachera les deux fils conducteurs, isolés et tordus l’un autour de l’autre, pour que le courant qui les traverse n’exerce pas une influence perturbatrice sur l’aiguille.
- Il est préférable cependant d’employer un petit nombre de tours de fil de cuivre au lieu d’un simple ruban, et de conduire les fils de la bobine, bien isolés et tordus ensemble, à l’endroit où les communications avec le circuit sont faites, et cela à une certaine distance des bobines.
- On peut aussi prévenir une action directe des fils de communication, en employant pour l’un de ceux-ci un tube de cuivre, et en faisant courir l’autre à l’intérieur.
- «
- Avant de fabriquer l’autre bobine, l’opérateur doit soumettre le fil à un faible effort de tension et mesurer exactement sa longueur et sa résistance. Il enroulera ensuite ce fil sur une bobine de taille moyenne et mesurera de nouveau sa résistance. Si les deux mesures différent d’une manière sensible, le fil est défectueux et doit être soigneusement examiné. Si l’on ne trouve pas de défaut apparent qui, une fois corrigé, fasse disparaître le désaccord, le fil ne peut être employé et doit être remplacé.
- Si les deux mesures concordent, le fil est bon et peut être enroulé sur la bobine du galvanomètre.
- Cette opération se fait en tournant l’anneau lentement sur un axe de manière à tirer le fil de la bobine, qui est montée de façon à pouvoir tourner librement.
- Le fil doit être enroulé soigneusement en couches. Le nombre de tours doit être compté avec un soin très grand.
- Le bobinage terminé, on mesure encore une fois la résistance et si le résultat concorde avec ceux des deux premières mesures, la bobine peut être considérée comme bonne.
- Ceci fait, le cercle qui porte la bobine doit être fixé sur un support spécial, mais de manière à pouvoir être facilement enlevé en cas de besoin.
- Le support est muni d vis de réglage qui permettent de placer la bobine dans une position rigoureusement verticale.
- A la hauteur du centre de la bobine, le support porte une boîte horizontale de peu de profondeur dont le fond est formé par un miroir et le couvercle par une plaque de verre.
- A l’intérieur de cette boîte on suspend l’aiguille aimantée avec son index.
- L’aiguille doit consister en un simple petit aimant d’environ un centimètre de long, qui est suspendu par une fibre de soie non filée d’environ io centimètres de long, au sommet d’un tube fixé au couvercle de la boîte de manière que le centre de l’aiguille coïncide exactement avec le centre de la bobine lorsque celle-ci est dans sa position verticale.
- Pour permettre d’ajuster la position de l’aiguille dans le sens vertical, la fibre est attachée à l’extrémité inférieure d’une vis que l’on peut abaisser ou élever en faisant tourner un écrou autour du sommet du tube, sans que la vis elle-même tourne.
- L’aiguille porte un mince index en verre de
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- 6 pouces de longueur environ, qu’on fabrique en étirant au chalumeau un tube en verre.
- Afin que la position de l’index au zéro ne se trouve pas sous l’anneau du galvanomètre, l’index est fixé horizontalement à angle droit sur l’aiguille, de manière à ressortir également des deux côtés.
- Pour s’assurer si cet angle est réellement droit, on trace sur une feuille de papier deux traits perpendiculaires l’un à l’autre et l’on tourne celle-ci de manière à rendre un de ces traits exactement parallèle à un aimant long et mince suspendu au dessus de la feuille.
- On remplace alors l’aimant par l’aiguille avec son index, et, si celui-ci se place parallèlement à l’autre trait, l’angle qu’il forme avec l’aiguille est bien droit.
- L’aiguille peut alors être suspendue dans sa position à l’intérieur de la boîte et celle-ci fermée pour éviter les courants d’air.
- Une échelle circulaire divisée en degrés est placée horizontalement, de telle façon que son centre se trouve juste sous le centre de la bobine et que son zéro coïncide avec un trait dessiné sur le miroir qui forme le fond de la boîte perpendiculairement au plan de la bobine : pour que cet ajustage soit bien fait, il faut que l’index montre le zéro de l’échelle lorsque la bobine et l’aimant sont orientés dans le plan du méridien magnétique.
- L’exactitude de la position du zéro de l’échelle peut être contrôlée en observant si deux courants égaux et de sens contraires produisent deux déviations égales et symétriques de l’index par rapport au zéro.
- Pour voir si le cadran se trouve bien sous le centre de l’aiguille, supposée elle-même au centre de la bobine, on dessine sur le miroir formant le fond de la boîte deux rayons inclinés à 45 degrés de chaque côté du zéro de l’échelle, et on fait tourner l’aiguille sans lui communiquer de mouvement de translation. Si l’index couvre ces traits au moment où il arrive sur les divisions correspondantes de l’échelle, la position de celle-ci est exacte.
- Pour faire une lecture, l’observateur place son œil de façon à ce que l’aiguille couvre son image dans le miroir et lit le nombre de divisions et fractions de divisions indiqués sur l’échelle par la position de l’index. De cette manière toute erreur de parallaxe est évitée.
- L’aiguille avec son index peut être remplacée,
- comme dans le magnétomètre, par un miroir attaché à un aimant.
- Lorsqu’on adopte cette dernière disposition, on reconnaît que la bobine est dans le méridien magnétique si deux déviations égales du trait lumineux se produisent de chaque côté du zéro quand on renverse le courant.
- Ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer précédemment, les échelles doivent être soigneusement collées sur une pièce en bois et non simplement fixées par des punaises.
- SUPPLÉMENT
- J’ai fait dernièrement un galvanomètre étalon dont l’idée première m’a été suggérée par Sir William Thomson. Cet appareil est constitué par un cylindre de 5o centimètres de diamètre, et de 25 centimètres de longueur garni d’une seule couche de fil fin. L’aiguille est supendue au centre du cylindre et se trouve, par suite de la longueur de celui-ci, dans un champ magnétique à peu près uniforme.
- La distribution du fil, réparti sur une seule couche ne peut donner lieu à aucune incertitude, et la constante de l’appareil se laisse calculer très exactement. La longueur du cylindre se prête à la disposition de M. Helmholtz pour la mesure de forts courants : il suffit, en effet, de mettre deux bobines de gros fil de cuivre, une à chaque extrémité du cylindre.
- Au moment où j’établissais le projet de cet appareil, il me vint à l’esprit qu’il pouvait fort bien se faire que le laiton, fréquemment employé dans la construction des galvanomètres et des électro-dynamomètres, cont/nt des substances magnétiques en quantité suffisante pour altérer d’une façon appréciable l’exactitude des mesures. Cette crainte m’engagea à construire un cylindre en bois et voici comment je m’y pris. '
- Je commençai par préparer une grande quantité de lattes d’acajou ayant 1 centimètre d’épaisseur, 12 a i5 centimètres de longueur et 5 centimètres de largeur. Ces lattes furent disposées par couches successives, de telle façon que leurs arrêtes extérieures formassent une surface à peu près cylindrique, les plans des lattes passant par l’axe du cylindre, et les joints étant chevauchés d’une couche à l’autre. Une première couche posée, on la collait sous une forte pression à la précédente et l’on recommençait jusqu’à ce que le cylindre fût entièrement terminé. Ceci
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- fait, le cylindre fût soigneusement tourné à la grandeur voulue et enduit de vernis pour prévenir l’absorption de l’humidité. On avait alors une bobine aussi solide que si elle eût été taillée dans une seule pièce, et de plus garantie contre le travail du bois.
- La crainte que j’exprimais précédemment au sujet du magnétisme possible des bobines en laiton, a été trouvée bien fondée par mon frère, M. Thomas Gray, à l’occasion d’un nouveau galvanomètre étalon construit dans le laboratoire de Sir William Thomson. L’emploi du laiton était la cause de perturbations tellement grandes que l’appareil dut subir des modifications considérables avant d’ètre rendu pratique.
- Andrew Gray.
- LES TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- a l’exposition d’anvers
- Nous avons souvent entretenu nos lecteurs des progrès réalisés dans l’application de l’électricité comme force motrice aux appareils de locomotion (*), mais ces appareils n’ont été que très rarement l’objet d’expériences comparatives avec les locomotives à vapeur ou à air comprimé ; nous croyons donc utile de donner aujourd’hui le résumé du mémoire présenté, le 20 janvier dernier, par le capitaine Douglas Galton, à la « Société des arts de Londres » sur les expériences exécutées à l’Exposition d’Anvers, avec des locomoteurs électriques à vapeur à air comprimé. Ce mémoire, d’une impartialité indiscutable, se recommande en outre par la compétence toute spéciale de son auteur et des expérimentateurs dont il relate les travaux (2).
- (') Numéros des i"r et 7 juin 1884 (systèmes Edison, Dafl Recken^aun, Ward, Smith, Trait, Iiopkinson), 27 septembre 1884. (Danchell, Lartigue), 23 février 1884. (Perry et Ayrton), iG mai, i3 juin, 3i octobre et 7 novembre i885. (Fleëming Jenkin et Campbell, Adams, Ellieson, Da/t, Kuight et Bentley, Smith).
- (2) Le jury était composé de MM. Huberti, Béliard, Dou-glass Galton, Gunthcr, Dery, Dupuich, Belleroche, Vin-çotte et Laurent.
- « Journal of the Society of Arts », 22 janvier 188G. « Re-sults of Experimentson Mechanical Motors for Tramways made by the Jury on Raihvay Appliances at the Antwerp Exhibition. »
- La voie qui servit aux essais presque entièrement en palier, avait 2 800 mètres de long, dont 2 3oo en allignement droit, 190 mètres eu courbes de 35 mètres de rayon, et 310 mètres en courbes de 20 mètres.
- Locomoteurs à vapeur. — La machine de Krauss (') tient toute entière dans un rectangle de 2m20 X 3m, l’empâtement de ses deux essieux accouplés est de i’"5o, l’axe de sa chaudière est à i'"20 du sol. Le condenseur à surfaces, installé sur le toit de l’abri, est formé par 108 tubes de cuivre de 60 millimètres de diamètre extérieur.
- L’eau d’alimentation est renfermée dans des réservoirs logés entre les longerons, et qui consolident le châssis.
- Le poids suspendu est réparti sur trois points seulement, condition essentielle à la stabilité. La porte du foyer est parallèle à la voie, et le mécanicien se tient au milieu de la machine, d’où il commande tous les organes.
- La locomotive de Wilkinson (2) construite par Black Hawtorn, a sa chaudière et son mécanisme disposés verticalement. Les pistons des cylindres montés indépendamment à droite et à gauche de la porte du foyer transmettent leur mouvement à l’essieu moteur par une vis sans fin. La chaudière est munie de tubes de Field; les deux essieux sont accouplés. La machine porte à chaque bout un injecteur, un régulateur et un frein à main, de manière que le mécanicien puisse la commander facilement en se tenant toujours à l’avant, quelque soit le sens de sa marche. L’échappement est rendu invisible par la surchauffe de sa vapeur, qui passe, à cet effet, d’abord dans une boîte en fonte destinée à en séparer l’eau, puis dans un récipient suspendu au-dessus de la grille, et enfin dans une poche renfermée à l’intérieur de cette chambre, ouverte au bas, et communiquant par le haut avec un tube débouchant à l’air libre.
- On évite ainsi l’emploi d’un condenseur, mais la température de la vapeur qui s’échappe dans l’atmosphère à l’état surchauffé étant, d’après M. D. Galton, de 3oo degrés environ, elle emporte en pure perte une chaleur supérieure de près de 12 0/0 à celle qu’il aurait fallu lui communiquer pour la porter à une pression de 10 atmosphères.
- (•) « Glaser’s Annalen », Band IV, p. 43.
- (-) La Chaudière-Locomotive et son outillage, par M. G Richard, p. 578 (1).
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- La machine tient dans un rectangle de 3m3o X ini75o, l’empâtement des essieux couplés est de i,n58o.
- La voiture à vapeur de Roman (') consiste en un véhicule de gm,45 X 2™, 10, porté à l’arrière par un truck à deux roues et à Pavant par un bogis â deux essieux moteurs, le tout présentant l’aspect d’un omnibus dont la plateforme d’avant serait occupée par le locomoteur. La chaudière tubulaire, c’est-à-dire à tubes remplis d’eau, analogue à celle des pompes à incendies de Shand et Mason, ne donne pas de fumée, et a toutes ses parties parfaitement accessibles.
- On peut détacher le locomoteur et le remplacer en cinq ou six minutes. La machine du locomoteur, à deux cylindres horizontaux, occupe un rectangle de 2"*70 X 2m4o.
- Les chaudières verticales, au nombre de deux, ont om53o de diamètre et sont écartées d’autant, de façon à permettre de loger entre elles le mécanisme moteur et la pompe alimentaire. Les leviers de distribution et de l’injecteur, la pédale du frein du locomoteur et la manœuvre à vis du frein de la voiture sont à Pavant du locomoteur.
- Les freins agissent sur toutes les roues, à la volonté du mécanicien qui peut arrêter presque instantanément. Les roues motrices portent les 2/3 de la charge, de sorte que l’adhérence ne fait jamais défaut, même sur les rampes.
- La chaudière est en deux parties qu’il suffit de séparer pour avoir accès aux tubes. Le tirage est naturel, sans le concours de l’échappement; la cheminée, qui commence à un mètre de la grille, a im6o de haut.
- La vapeur des cylindres passe directement dans un condenseur installé en haut de la voiture, et composé d’une vingtaine de chambres formées par des lames de cuivre de om4ooX 4m6o, réliées l’une à l’autre par des tuyaux à leurs extrémités, de façon que la vapeur les traverse toutes successivement avant de s’échapper dans le réservoir de condensation. La surface de ces chambres est de 74 mètres carrés. La vapeur non condensée s’échappe sous la grille dont elle active le feu. La voiture porte, attachés aux longerons, quatre réservoirs de 100 litres environ, dont deux servent comme réservoirs d’eau froide pour l’alimentation et deux comme réservoirs de vapeur condensée.
- La consommation d’eau froide est de 3 kilo-
- grammes par kilomètre, ou du i/3de la dépense totale avec une vaporisation de 6 kilog. 6 par kilogramme de charbon. La voiture proprement dite, de 6m5o de long, admet 45 voyageurs. Les trucks sont écartés de 5 mètres.
- Le tableau ci-dessous résume les principales caractéristiques des appareils à vapeur :
- KRAUSS. WILKINSON. ROWAN.
- Diamètre des cylindres. d = I40m/„ i65 13o
- Course b s=s 3oo 23o 25o
- Diamètre des roues.... D = 800 700 740
- Timbre de la chaudière. P =s l5k iok i4k
- Effort de traction. Ma- dn
- ximum E — p TL = 545 680 36o
- Surface de chauffe totale s = Qm2,270 () '”-,270 6m-,2QO
- — de grille G = 0 25 c 0 O Ow c
- — du condenseur. G = 25 2G nulle. 80
- Poids en marche, mo-
- teur seul P' = 7,oook 7,oook 4,oook
- Poids en marche, total. P* = » » 7,000
- Approvis. d’eau = 8ool 3701 1201
- — ' de charbon . 4ook 35ok IOOk
- P'
- E — 12,7 10,2 11,2
- P"
- TT » » 19,12
- P'
- =5 70 7° 40
- Rapports principaux p.
- _L. 28,000 14,000 13,3oo
- c
- s 2,6 i3,4
- C
- G 102 275
- Air comprimé. - Le tramway de M. Beau-
- mont (*) fonctionnait au moyen d’air comprimé d’abord à 63 atmosphères, par une machine fixe, dans des cylindres accumulateurs, puis enmaga-nisé dans les réservoirs du locomoteur.
- La compression de l’air s’opérait au moyen de quatre pompes entourées d’eau, mues par une machine compound à cylindres juxtaposés, de om,20o.et de om,35o de diamètre et de om,33o de course.
- Les pompes, disposées en cascade, avaient respectivement om,200, o'n, 120,.om,09 et oni,o5 de diamètre; l’air passait d’une pompe à l’autre à travers des serpentins entourés d’eau et présentant une surface refroidissante de 5 mètres carrés.
- La voiture, de 9 mètres de long, pouvait transporter 56 voyageurs, dont 18 à l’intérieur; elle reposait sur deux bogies écartés de 5m, 10, et dont
- (*) Brevet anglais, i5i5, 29 mars 1882.
- 0) The Engineer, 1880, iüp vol, p. 445.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- les essieux étaient espacés à l’avant de i"',34, et à l’arrière, de im, 14.
- La machine motrice à air comprimé, du type compound, avait deux cylindres de i3o millimètres et de 5o millimètres de diamètre et de 3oo millimètres de course.
- L’avant de la voiture portait une petite chaudière, dont la vapeur entourait les cylindres du moteur et le tuyau qui leur amenait l’air comprimé.
- Le diamètre des roues motrices et porteuses était de 710 millimètres.
- La capacité des réservoirs d’air comprimé était de 2 mètres cubes.
- Dans l’une des expériences, la pression de l’air comprimé dans les réservoirs de la station motrice étant de 63,8 atmosphères à 20°, on perdit une atmosphère au passage dans le tuyau amenant l’air de la station au locomoteur, puis la pression tomba dans les réservoirs de la station, après le chargement du locomoteur, à 42,6 atmosphères, à la température de 13 degrés.
- La pression dans les réservoirs du locomoteur, qui était de 42,6 atmosphères à la température de 29 degrés et au départ, descendit, au retour, à 20,9 atmosphère, à 22 degrés, après un parcours de 5 kilomètres, effectué en quarante-six minutes. On avait dépensé environ 5o kilogram-mètres d’air, ou .10 kilogrammes par kilomètre.
- La dépense de charbon, pour comprimer l’air à la station, s’élevait, par kilomètre, à 1 i,5o kilogrammes, auxquels il faut ajouter 0,900 de coke pour la chaudière du locomoteur, soit une dépense totale de 12,40 kilogrammes par kilomètre.
- Pendant le voyage du locomoteur, la machine-fixe était employée à rétablir la pression de 60 atmosphères dans les réservoirs de la station. Elle travaillait ainsi environ cinquante minutes par heure, et restait inactive pendant le reste du voyage.
- Cette machine était donc employée d’une manière intermittente à comprimer l’air des réservoirs à une pression plus élevée que celle du locomoteur, c’est-à-dire qu’elle fonctionnait dans des conditions très défavorables, dont il faut tenir compte pour l’appréciation du système.
- Tramway électrique. — La.traction s’opérait au moyen d’accumulateurs Faure, modifiés par M. Julien, directeur de la Compagnie électrique, et placés sous les banquettes.
- Dans ces appareils, les lames de plomb sont
- remplacées par un métal inoxydable, de sorte que la résistance des accumulateurs diminue ainsi que leur poids. La force électro-motrice atteignait 2 volts 40.
- Les accumulateurs employés avaient été fabriqués en août 1884; ils avaient fonctionné sur ce même locomoteur à Bruxelles, depuis le mois d’octobre 1884, et ils étaient encore en bon état à la fin de l’Exposition d’Anvers, en octobre 1885, après plus d’une année de service.
- La batterie se composait de 40 éléments divisés en quatre séries reliées chacune aux accumulateurs de la dynamo locomotrice. Après un parcours de sept voyages, on remplaçait les accumulateurs épuisés par des accumulateurs chargés à la station, ce qui demandait une dizaine de minutes, de sorte qu’il eut suffit de deux batteries pour accomplir en 16 heures un trajet de 60 kilomètres environ.
- Chacun des éléments était composé de 19 plaques, dont 9 positives, de 4 millimètres d’épaisseur, et 10 négatives, de 3 millimètres seulement; les lames positives pesaient 600 grammes, dont 25 0/0 en métal actif, et les négatives 450 grammes, dont le i/3 actif.
- Le poids total du métal de la batterie s’élevait donc à 835 kilogrammes; elle pesait, avec son liquide et ses boîtes, 1120 kilogrammes, dont 225 kilogrammes, ou 20,25 0/0 de matière active.
- Les accumulateurs étaient divisés en quatre séries de 10 éléments doubles que l’on pouvait grouper, au moyen des commutateurs, dans les quatre combinaisons suivantes :
- i° 4 séries en quantité, i en tension
- 4° — 4 —
- Au repos, on groupait les quatre séries en quantité, en même temps que l’on rompait le circuit de la dynamo.
- Pour le chargement, on groupait les accumulateurs en deux séries reliés en quantité ; chacune de ces séries était chargée pendant 7 heures pour le service ordinaire et pendant 9 heures en service accéléré, au moyen d’une machine Gramme, actionnée par une locomobilc.
- La dynamo du locomoteur, du type ordinaire de Siemens, faisait r,ooo tours par minute ; elle transmettait son mouvement par des poulies à un arbre intermédiaire à paliers mobiles, pour
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- permettre de régler la tension des courroies, et qui commandait les essieux par une chaîne en bronze phosphoreux.
- On avait adopté pour la marche du train la vitesse de 4 mètres par seconde, que l’on régularisait en faisant varier le nombre des éléments en activité, méthode plus économique que celle qui consiste à faire varier la résistance au circuit.
- L’éclairage s’opérait au moyen de deux lampes à incandescence de 1 ampère 5 chacune. Les freins étaient aussi actionnés par les accumula-teurs.
- La voiture pesait 2,56o kilogrammes, les accumulateurs 1,120 kilogrammes, la machine et la dynamo 56o kilogrammes, soit un total de 4,240 kilogrammes. La voiture pouvait recevoir 14 voyageurs et remorquera l’occasion un second véhicule.
- Le jury opéra plus spécialement ses essais du 20 septembre au i5 novembre, en prenant toutes les précautions pour que l’on ne pût ni toucher aux accumulateurs ni les charger sans qu’il en fût averti.
- On employa comme appareils de mesure les ampèremètres d’Ayrton et les voltmètres de Deprez, soigneusement essayés à l’avance et contrôlés par leur comparaison avec un électro-dynamomètre de Siemens et un voltmètre d’Ayrton.
- On mesurait l’intensité et la force électro-motrice du courant tous les quurts-d’heure pendant le chargement des accumulateurs, et l’on en déduisait l’énergie transmise aux accumulateurs.
- Le 21 octobre, on fit une expérience pour déterminer la puissance absorbée par la machine Gramme pendant le chargement des accumulateurs en mesurant ce travail au moyen d’un dyna-nomètre de Siemens, en même temps que la force électro-motrice de la dynamo.
- Lorsque la machine à vapeur développait un travail de 4 chevaux, les accumulateurs emmagasinaient 2 chevaux 28 ; c’est donc un rendement de 5j 0/0. L’intensité du courant variait de 25,o3 à 23,5 1 ampères pendant toute la durée du chargement.
- L’énergie emmagasinée ne se transmettant pas intégralement des accumulateurs à la dynamo du locomoteur, on ne put compter que sur un rendement de 3o à 40 0/0 aux roues motrices ou sur vlc rail.
- On estima qu’il fallait, en palier, une force de 0,714 chevaux pour remorquer la voiture seule* et de o cheval 847 pour la remorquer avec utie
- seconde voiture, de sorte que la machine fixe dépensait environ 2 chevaux pour produire l’électricité nécessaire à la marche du locomoteur.
- Le locomoteur électrique allait aussi vite que les autres, dont il se distinguait par sa marche silencieuse et par le soin avec lequel 011 le manipulait.
- En admettant que la voiture proprement dite coûte le même prix que celles des appareils à vapeur ou à air comprimé, on trouve, pour le tram-électrique, les dépenses d’établissement spéciales suivantes :
- Machine Gramme.............. 1200 iV.
- Dynamo-motrice à vapeur..... 5200 fr.
- Accumulateurs.. 2 fr. 25 le kilogramme.
- auxquelles il faut ajouter la machine à vapeur fixe et les commutateurs.
- Les essais ont porte sur l'accomplissement d’une vingtaine de conditions particulières auxquelles doivent plus ou moins satisfaire les machines de tramways, et sur les conditions générales suivantes :
- a Défauts et inconvénients signalés pendant les essais.
- b Nécessité de tourner le moteur avec ou sans la voiture aux extrémités du parcours.
- c Faut-il un ou deux mécaniciens pour conduire Ja machine ?
- Le moteur à air comprimé et la locomotive à vapeur de Rowan devaient être tournés h chaque extrémité du parcours ; les autres marchaient indifféremment dans les deux sens.
- Le tramway électrique, très facilement réversible, présentait en outre l’avantage unique de n’exiger aucun foyer.
- Les conditions du programme des expériences peuvent sc classer en trois groupes, que nous désignerons par les lettres A, B et C.
- A. Conditions accessoires de sécurité et de police, essentiellement variables suivant les localités ; telles sont ;
- i° L’abscncc de vapeur*
- 20 L’abscncc de fumée et de cendres;
- 3° L’abscncc plus ou moins complète de bruit;
- 40 L’élégance de l’aspect;
- 5° La puissance des freins* qüi doivent agir sur le plus grand nombre de roues possible;
- 6° L’enveloppement du mécanisme, de façon h le dérober à la vue du public, tout en le laissant accessible au mécanicien.
- 70 La facilité de Communication entre le mécanicien cl le conducteur.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITE
- 307
- Le tramway électrique satisfait évidemment mieux que tous les autres a ces conditions.
- L’air comprimé vient ensuite pour les trois premières conditions : absence de vapeur, de bruit et de fumée ; la machine de Rowan l’emporte pour les autres conditions.
- B. Entretien et construction.
- 8° Protection du mécanisme contre la poussière et la bouc ;
- 0° Régularité et douceur de la marche;
- io° Facilité de passage des courbes de petit rayon;
- 1 i° Simplicité et logique de la construction;
- 12° Facilité d’examen et de nettoyage de la chaudière;
- 1 3° Rapport du poids mort au poids transporté;
- 140 Puissance effective de traction en pleine charge;
- i5° Rapidité avec laquelle on peut retirer le moteur du dépôt et le mettre en bon ordre de marche;
- 16° Durée maxima de marche sans arrêts autres que ceux nécessités par le service;
- 170 Dépense d’entretien par kilomètre, en admettant que la locomotive qui satisferait la mieux aux conditions 9, 10, 12 et i*3 serait la moins coûteuse à réparer.
- En ce qui concerne la poussière et la boue, le tramway électrique n’avait aucun moyen spécial de s’en préserver; il n’en résulta, à Anvers, aucun inconvénient, mais il 11’en serait peut-être pas de même sur une voie chargée de poussières métalliques.
- La douceur de la marche, un peu plus accentuée sur les tramways à moteur solidaire de la voiture, était à peu près la même pour tous les appareils.
- En matière de simplicité de construction, il est évident que. la construction la plus simple et la plus rationnelle est celle d’un locomoteur complètement maître de ses mouvements, pouvant marcher avec la même facilité en avant ou en arrière, s’adapter aux chemins ordinaires sans en modifier la voie et sans exiger le retrait des anciens véhicules; la locomotive électrique remplit mieux que les autres toutes ces conditions. En ce qui concerne la condition i3, elle n’a pas de chaudière.
- En ce qui concerne la condition 14, on trouve, en adoptant 70 kilogrammes comme poids moyen d’un voyageur, les chiffres suivants, pour le rapport du poids mort au poids transporté :
- Tramway électrique............... 1.78
- — Rowan..................... 2.3q
- — à air comprimé............. 2.55
- La locomotive électrique échangeait ses accumulateurs en moins de temps qu’il n’en fallait
- pour mettre en pressfon la petite chaudière du locomoteur à air comprimé. La mise en pression exigeait :
- Avec la chaudière Wilkinson :
- Four monter à 3 atmosphères 3q minutes.
- — 4 — 3ô —
- (Cette pression suffisait pour mettre la machine en mouvement.)
- Pour monter à 8 atmosphères 40 minutes.
- Avec la machine Wilkinson :
- Four monter à 2 atmosphères 35 minutes.
- 4 — 40 —
- (> — 44 —
- (S — 47 —
- La machine de Krauss exigeait 6 heures pour monter à 6 atmosphères, pression indispensable pour son démarrage.
- En ce qui concerne la condition 17,— minimum d’interruptions en service courant, — les moteurs se rangeaient comme il suit : i° Krauss, 2° Tram électrique, 3° Rowan, Wilkinson, 5° Tram à air comprimé. Mais l’infériorité du tram à air comprimé provenait surtout de la négligence du mécanicien, qui laissa brûler sa petite chaudière.
- C. Economie. — On comprend sous ce titre les économies suivantes :
- 19. Economie de combustible.
- La dépense par voyageur-kilomètre a été la suivante :
- Tramway électrique............
- Rowan......................
- Wilkinson..................
- Krauss........................
- Air comprimé...............
- 20. Dépense de graisse et d’huile.
- o kil. 070 o — o3o o — 070
- O --- 075
- O ---- 200
- Les dépenses de graisse et d'huile par kilomètre ont été les suivantes :
- Tramway électrique............. o kil. om
- Rowan.................*........ <> — 010
- Krauss..................... o — 020
- Wilkinson...................... o — o3o
- Air comprimé .................... o — 07?
- La dépense d'eaü s'est élevée, mètre, à :
- par train-kilo-
- Pour Rowan........................ 2 litres »
- Air comprimé ... »........... 2 — 7
- Wilkinsou.................... i3 — ô
- Krauss i . . . t . . i .... 1 . ; ; . 17 — h
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de sorte que, grâce à la perfection de son condenseur, la locomotive à vapeur dépensait moins d’eau que le tram à air comprimé.
- Il résulterait, de ces expériences, d’après M. Gal-ton, que le tram électrique mériterait incontestablement la préférence, si on pouvait en assurer complètement le fonctionnement, parce qu’il se suffit entièrement à lui-même, que tous ses mécanismes sont enfermés, et qu’il est très avantageux, pour le service des villes, d’avoir un grand nombre de locomoteurs occupant le moins de place, pouvant recevoir le plus grand nombre de voyageurs possible, et se succédant à des intervalles très-rapprochés.
- Malheureusement, la possibilité de pouvoir utiliser pratiquement les locomoteurs électriques est encore à démontrer, surtout en ce qui concerne la durée des accumulateurs, de leur dynamo, et de ses transmissions exposées à la poussière.
- Après le tram électrique, vient la locomotive à vapeur de Rowan, très économique, sans fumée, sans vapeur visible, et très maniable. L’économie de ce moteur provient principalement de la perfection de son condenseur, qui diminue la dépense et la masse d’eau à transporter, en même temps que la consommation de charbon.
- Les expériences du jury d’Anvers présentent, comme nous l’avons dit, un grand intérêt. Elles ont abouti à décerner au tramway électrique le premier prix et la médaille d’or au locomoteur de Rowan, mais il faudrait se garder d’en généraliser par trop les résultats.
- Les appareils à vapeur et à air comprimé étaient, en effet, très incomplètement représentés au concours, et l’on n’a pu mesurer qu’approximative-ment le rendement du locomoteur électrique,, parce que la machine qui lui fournissait l'électricité la fournissait aussi à des lampes électriques et à un deuxième électro-moteur qui n’a pas concouru, bien qu’il circulât sur les voies.
- Les locomoteurs électriques n’étaient représentés que par un seul type à accumulateurs, qui n’offre, comme on le sait, d’autre avantage que de n’exiger aucune modification de la voie, mais dont le rendement est inférieur à celui des locomo-x leurs actionnés directement par la génératrice au moyen des rails mêmes ou d’un conducteur auxiliaire.
- Enfin, la voie était loin de présenter les difficultés de tracé, de circulation et d’entretien que
- l’on rencontre dans la plupart des grandes villes.
- Et il faut encore ajouter à ces conditions très favorables que les locomoteurs ne marchaient que quatre jours sur six, circonstance qui en facilitait singulièrement l’entretien.
- Gustave Richard.
- COURANTS DE TERRE
- DANS LES
- CABLES SOUS-MARINS.
- Quand on fait l’essai d’un cable sous-marin pour déterminer sa résistance absolue à l’isolement, sa conductibilité ou sa capacité électrostatique, il y a lieu de prendre en considération certains phénomènes subsidiaires, afin d’atteindre des résultats corrects dans le calcul.
- Parmi les plus importants de ces phénomènes sont rangés ceux que produisent les courants extérieurs ou courants terrestres traversant le cable, quand une de ses extrémités est isolée ou quand elles sont toutes deux reliées, directement ou indirectement, à la terre.
- Lorsqu’un câble est isolé à son extrémité éloignée et qu’on fait un essai, à son autre bout, de la résistance que sa couverture de gutta-percha ou de caoutchouc oppose au passage du courant à travers l’eau qui l’entoure, on est amené à observer les déviations galvanométriques du courant de la pile en usage à travers cette enveloppe.
- Si ces déviations ne représentent pas exactement la valeur d’une force électro-motrice connue E à travers une résistance inconnue x, les calculs ne reposeront sur aucune base correcte.
- C’est-à-dire, si E est variable et si son degré de variation n’est pas établi, la valeur de x ne peut être déterminée, attendu que E est inconnu.
- Ainsi, par exemple, on peut admettre que la force électro-motrice de la pile E est constante et que, pour le moment, la terre est douée d’une force électro-motrice E, variable, dont le signe, positif ou négatif, peut être le même que celui de la pile employée.
- Pour ce motif, il devient nécessaire d’observer le signe et de calculer la valeur de E^ pour être édifié sur la mesure de l’erreur qui se glisse dans l’essai.
- On connaît fort peu de choses sur l’origine de
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- JOURNAL UNIVERSEL D9ÉLECTRICITÉ
- 3og
- ces courants étrangers. Chaque électricien en fait une théorie à sa façon. Fort probablement se rattachent-ils à des causes multiples. Considérons-les au point de vue de leurs effets.
- Lorsque deux fils isolés (fig. 2) dont les bouts sont mis en communication avec la terre sont établis parallèlement dans le voisinage l’un de l’autre et qu’un courant d’une pile E est envoyé sur l’un des circuits dans le sens indiqué par la flèche ; au moment meme de la fermeture du circuit , son courant de sens contraire parcourt l’autre ligne.
- Si donc un courant positif est transmis sur l’une des lignes, il donnera naissance à un courant négatif sur l’autre et réciproquement. Ce sont là des phénomènes d’induction.
- Les principes et les lois des courants induits pourraient être succinctement exposés en ces termes :
- Un courant qui commence a pour effet à" in-
- FlCr. I.
- duire un courant inverse dans un circuit fermé voisin.
- Un courant qui finit produit un courant direct.
- Un courant dont l’intensité diminue engendre aussi un courant induit direct; si au contraire elle augmente, le courant induit résultant est inverse.
- On ria pas observé de propriétés inductives d’un courant constant et continu.
- Un courant induit sur une ligne dépend donc des variations d’un autre courant qui lui donne naissance.
- Les courants qui sillonnent la terre ne peuvent être constants.
- Leur intensité est altérée à diverses périodes et ils induiront dans tout circuit voisin des courants inverses et directs respectivement à chaque augmentation ou diminution de force.
- La force électro-motrice des derniers est proportionnelle à la force électro-motrice des courants primaires.
- Soit le cas d’un cable sous-marin reliant deux
- stations A et B éloignées d’environ 1,000 nœuds
- (fig. 2).
- De toute manière, la terre est envisagée comme un conducteur électrique traversé à chaque instant par des courants de force électro-motrice, d’intensité et de signes variables.
- En outre, elle constitue un conducteur électrique parallèle au circuit du câble.
- Celui-ci, bien qu’isolé à son extrémité B, a une fuite due à ce fait, qu’on ne connaît aucune substance qui soit non conductrice d’une façon absolue.
- Cette fuite ou plutôt cet écoulement du courant à travers l’enveloppe de gutta-percha se propage de A vers B.
- Les courants propres à la terre ne sont pas affectés par ce lait.
- FIG. 2.
- Si donc un ou plusieurs , courants variables émanant de cette source, traversent la terre dans la direction de A à B, un courant induit ou une succession de courants induits se manifestera dans le câble dans le sens de B vers A ou réciproquement.
- Le courant du câble en sera par là-même affecté. Sa puissance, sa force électro-motrice et le sens de sa propagation varieront avec ces mêmes qualités du courant de terre, dont l’effet final concourra à l’accroissement ou à l’affaiblissement de l’énergie apparente du courant de la pile placée sur lé câble.
- En fait, les déviations galvanométriques accusées au passage du courant de la pile E seront dues à l’intervention des forces électro-motrices (E + E,), ou (E — E^), en appelant E,, la force
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 3io
- électro-motrice du courant induit. Dans l’un et l’autre exemple, il est nécessaire d’éliminer la valeur de E0 dans l’essai. La fig. 2 indique de quelle manière on y arrive.
- Une courte expérience permettra à l’opérateur de découvrir et d’éliminer les valeurs des courants induits terrestres en division de l’échelle, déduites des déviations galvanométriqucs par la formule :
- dans laquelle d est la lecture des divisions du câble, G la résistance en ohms du galvanomètre, et S celle du shunt obtenue avec le câble et la pile.
- Ainsi, par exemple, si on trouve que E, varie entre plus 5o et plus 100 avec le courant négatif à la ligne pour l’essai, il sera suffisant pour toutes
- d’*.
- V.
- C B-
- /----
- X Câhto.
- Isol (*
- .S7l 11 nf 1
- _^7V/ / o
- n<; ->.
- galvanométriques sont en raison inverse des résistances.
- La fig. 3 est le schéma des connexions à établir à la station A avant l’essai d’isolation. On fait, autant que possible, usage du même shunt pendant toute la durée d’électrisation du câble, afin de simplifier les calculs.
- Pendant que la clef K est soulevée on fait les lectures des déviations dues au courant induit traversant le câble, jusqu’à ce que l’opérateur soit bien édifié sur sa force et sa nature.
- Appelons :
- d la déviation obtenue par le passage sur le câble d’un courant négatif venant de la pile E, soit 25o divisions.
- d{ la déviation moyenne obtenue avec le cable et un courant terrestre E(, positif, soit divisions.
- G la résistance du galvanomètre = 6.000 ohms.
- s la résistance du shunt = 1.000 ohms.
- Alors la véritable déviation due au seul courant de la pile sur le câble sera :
- d x
- s
- )
- /
- En substituant aux lettres leurs valeurs numériques on aura :
- les conditions pratiques, de soustraire des lectures du câble entier une movenne de t5
- ' .V
- Dans ce cas-ci, il faut soustraire, parce qu'un courant positif venant de la ligne est équivalent à un courant négatif la traversant. Si les courants sont de meme signe, on ajoute les déviations supplémentaires dues à E,.
- Dans l’exemple ci-dessus, la moyenne de E, (5 volts) est supposée constante ;E est négatif. La ligne verticale à gauche marquée en trait plein, représente la vraie force de E, et avec la ligne pointillée qui en est la continuation, on aura la somme E-j-E^, qui indiquera la force apparente dans le cas où E^ est de signe positif. La ligne verticale en trait plein à droite, montre la réduction opérée dans la valeur de E sous l'intervention de E0 aussi négatif (ou de même signe que E) comme l’indique la ligne pointillée en dessous.
- Dans le premier cas, il en résulte une diminution apparente de R, tandis que dans le second, la quantité R semble plus grande qu’elle ne l’est en réalité, par ce motif que les déviations
- 1 7 5<> — ?'2D = 1225
- qui est la vraie déviation donnée par une force électro-motrice connue à travers la résistance a\
- Le procédé le meilleur, mais il exige une certaine habitude, consiste à éliminer le nombre exact de divisions afférent à E0 toutes les i5 secondes ou à chaque minute d’électrisation du câble au lieu de prendre une moyenne approximative. En pratique, il est vrai, E1 est peu souvent pris en considératisn dans les essais d’isolation; on admet comme suffisamment exactes les lectures après une moyenne de cinq minutes d’électrisation pour le . courant ou positif ou né-gatif.
- L’objection qu’on peut faire à cette méthode, c’est qu’elle suppose que le signe de E^ reste constant pendant dix minutes, ce qui arrive très rarement.
- Il est plus sûr d’observer E< avant l’application du pôle zinc à la ligne, et ensuite après la décharge du courant à la terre et avant d’envoyer un courant positif.
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- De cette façon, on acquiert une connaissance plus exacte de la variation de Er
- Examinons maintenant ce qui arrive quand l’une et l’autre extrémité du cable sont mises à la terre, soit directement, soit qu’un galvanomètre soit interféré.
- On remarque alors un phénomène quelque peu différent. Un courant de terre parcourt le cable, mais il n’a pas plus de durée qu’un simple courant induit terrestre ordinaire; son origine réside probablement dans la différence de potentiel existant entre les points A et B qui lui permet de traverser la ligne d’un de ces points à l’autre.
- Des causes multiples peuvent aussi contribuer h la production de cet extra-courant. Il apporte des perturbations sans nombre dans les essais de résistance du cuivre conducteur. L’électricien est contraint de le suivre dans toutes ses variations et de tenir compte de ses effets. Sa valeur peut être aisément calculée.
- Appelons :
- R la résistance du conducteur en cuivre du câble, r la résistance du shunt employé pour l’observation de E, ;
- R, bobines de grande résistance placées dans le circuit du galvanomètre;
- D déviation accusée au galvanomètre pour celte résistance;
- dK déviation due à E, ;
- E force électro-motrice de la pile usitée dans l’essai ;
- M pouvoir multiplicateur d’une dérivation constante dont la formule est :
- AT G 4 S M = !—
- D égale à 5oo divisions de l’échelle obtenue à l’aide d’une pile d’une force électro-motrice de 20 volts, dont le courant traverse un galvanomètre de 6000 ohms de résistance muni d’un shunt de 5o ohms et une résistance R, équivalente a ï00.000 ohms.
- ^__ôooo 4- 5o__^ ^
- 5o
- et
- 100000 x 1 21 X 5oo = R | M 1)
- En subtituant le câble à la résistance R,, le shunt restant le même, on trouve une déviation dx de 75 divisions à travers la résistance de 10.000 ohms du câble, le shunt étant de 5o ohms; dans ce cas m est aussi égal à 121.
- 75 X 121 x 10000 -|-3ox2o=] 824075000 = fR 4 r) md\ E et
- T, 1824.075000 „
- K, = ----= o, oï volt
- (>o:>0000000
- Dans cet exemple on a adopté pour E, une valeur exceptionnellement faible si Ton en juge d’après la longueur d’un tel câble. Le simple courant de terre varie entre une fraction de volt et 5 volts, rarement davantage. Toutefois, dans les câbles orientés nord-sud, le courant induit E, ne dépasse presque jamais i5 ou 20 volts.
- Em. Dieudonné.
- REVUE DES TRAVAUX
- m pouvoir multiplicateur du shunt, employé pour E, dont la formule est également :
- RÉCENTSEN ÉLECTRICITÉ Dirigée par B. Marinovitcii
- G 4 S
- Alors si E, est plus faible que E,
- Et =
- (R 4 r) mdx E
- rTmd ‘
- volts
- Cette méthode de calculs, dont nous venons de donner les développements, d’après des renseignements puisés dans « The Electrician « est duc à M. Baines.
- Prenons comme exemple le cas d’une déviation
- Détermination de l’équivalent électro-chimique de l’argent.
- MM. F. et W. Kohlrausch ont publié dans les annales de Wiedemann de 1886, vol. XXVII n° 1, le détail de deux séries de mesures faites en 188 r et 1883, par des méthodes indépendantes, et qui les ont conduits, après les corrections les plus minutieuses, à admettre pour l’équivalent électrochimique de l’argent, la valeur :
- E= 0,01 1 i83 (cm ' gr J
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- ce qui correspondraitpourun ampère-seconde aux valeurs suivantes correspondant aux divers produits de décomposition: 1,1183 mg Ag\ 0,328 mg Cu ; o,oro386 H; 0,09327 mg HaO, ou enfin 0,174 cm3 de gaz détonnant à 0° et 76o”‘/„, de pression.
- La valeur trouvée pour l’argent se rapproche beaucoup de celle donnée par lord Rayleigh et M. Sedgwick, 1,1179 mg; M. Mascart a donné la valeur 1,1156.
- Sur l’application des lois de l’électro-magnétisme à, la pratique, par le docteur A. de Walten-hofen (').
- Quoique nous possédions un certain nombre de formules empiriques représentant entre certaines limites le rapport entre la force magnétisante et le magnétisme résultant, dans le cas des électro-aimants cylindriques, ces formules n’ont trouvé aucun emploi dans l’étude pratique des électro-aimants par exemple dans les projets de machines dynamos. C’est ainsi que jamais, on n’a déterminé le degré de saturation que peuvent prendre les électros d’une machine dynamo, sous l’action d’un courant déterminé.
- Pour pouvoir traiter numériquement ces questions, il est nécessaire d’avoir des données qui ne sont pas encore entrées dans le domaine de la pratique.
- Ainsi, si l’on a un cylindre de fer de dimensions connues et muni d’un nombre donné de tours de fil et qu’on demande d’exprimer numériquement en pour cent le degré de saturation ou le moment magnétique en unités absolues correspondant à un courant donné, le praticien ne pourra rien tirer d’une formule telle que :
- y — Cx ou
- y = Bd'1 arcte _A_
- où y est le moment cherché, * le nombre de tours-ampère, et d le diamètre, tant qu’il ne connaît pas numériquement les coefficients A, B, C.
- Pour trouver ces coefficients, le praticien devrait entreprendre une série d’expériences, ce qui ne lui est guère possible ; ce qu’il désire, ce sont des résultats numériques déduits immédiatement d’une formule simple, sinon il plante là tout l’ap-
- (*) Zeitschrift fiir Elektrotechnik, icr janvier 188G.
- pareil scientifique et cherche à atteindre le but par d’heureux essais.
- Il y a lieu, d’après cela, de chercher à rendre plus profitables à l’électro-technique les lois empiriques de l’électro-magnétisme obtenues par les expériences nombreuses des Lenz, des Jacobi, des Müller, Dub, etc.
- L’auteur a rattaché ses recherches à une dis-, cussion de la formule de Müller.
- Cette formule exprime, comme on le sait, le magnétisme induit (soit le moment magnétique) dans un noyau de fer de diamètre d, de longueur /, soumis à la force magnétisante x, lorsqu’il est placé symétriquement dans un solénoïde de longueur à peu près égale.
- D’après les expériences de Müller, cette relation est de la forme :
- (0 YArfftangjj^
- ou A et B sont constants pour une spirale déterminée, avec un meme noyau (*).
- En ce qui concerne ces constantes, Müller a prouvé qu’elles dépendaient de la longueur du noyau ou de la spirale, et il a fait une série d’expériences qui s’accordent avec une variation inversement proportionnelle de A et de la longueur du solénoïde ; quant au coefficient B, on ne peut admettre sa proportionnalité à la longueur du noyau que comme une première et grossière approximation.
- Dans son premier mémoire sur ses recherches électro-magnétiques (2), M. de Waltenhofen avait déjà contesté la relation donnée pour A, et montré que la proportionnalité pour B est inadmissible.
- Dans un travail ultérieur (3), l’auteur est arrivé à un tout autre résultat; ses recherches sur la limite de magnétisation l’ont conduit à reconnaître que le coefficient B doit être proportionnel à la longueur l du noyau, cette proportionnalité étant une conséquence nécessaire de l’indé-
- (>) Comme la valeur des constantes dépend du choix des unités pour x, y, d, on peut naturellement les déterminer de manière à ce que x soit non pas la force magnétisante (tours-ampères), mais seulement l'intensité du courant; dans ce qui suit, nous supposerons au contraire que x représente le nombre de tours-ampères.
- (2) Sit^ungsbcriche der Wiener Akademie, 1865, vol. 52,
- p. ni.
- (3) Uber die Grcn^cn der magnetisirbarkeit des Eisens un des Stables. Sitz, b. der W. A., vol. 5g, p. 783.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ 3*3
- pendance entre le maximum de magnétisation de l'unité de poids de fer et sa forme.
- Pour démontrer cette relation, écrivons d’après l’auteur la formule de Müller de la manière suivante :
- (7) y = 45 £ y k x
- ou sous une autre forme
- (8) y = ^d\x
- (2) y = ft r arctg —-,
- «TT
- où y est le poids du noyau et a, [5 des constantes remplaçant A B.
- Désignons par Y le maximum de y, qui est évidemment égal à 90 (3y. on aura donc :
- préférable à celle que l’on déduirait du développement direct de la formule de Muller, et valable pour des valeurs de y comprises entre les limites :
- y = o y = - (1)
- 90 p
- et l’on voit que (3 est une constante physique dépendant seulement de la nature du fer; sa valeur dépend des unités employées pourj-' et y (')•
- En comparant la formule (1), mise sous la forme :
- (3) y = Bd2 arctg
- w J A dr,
- et la formule (2), on doit avoir :
- En combinant l’équation (8) avec une équation déduite de lois données par Dub et W. Thomson (a)
- (9) y = k JWd . x
- et en tenant compte de la formule 6, on arrive à la relation :
- (10) Al ~ = ÉLÈ. = Constante
- k
- et en posant :
- 44*=*
- k
- Bd* = py = a . / . — . (T 4
- G étant la densité du fer.
- D’où il suit :
- (4) B=ï£.p./.
- 4
- ce qui détermine la proportionnalité indiquée :
- B
- (5) j = Constante OU
- (G) B = bl
- en posant :
- —.p=6 4
- Pour établir la relation relative à A ; l’auteur, se rattachant à un travail antérieur (2), part de la formule :
- (') La formule de dimensions de cette quantité est lim~ â t~'
- {-) Zeitschrift filr Elektrotechnik, 1884, p. 1G r, et Cen-tralbatt fUr Elektrotechnik, 1884, p. 460.
- (') D’après les recherches de l’auteur, la loi de propor tionnalité de Lenz et Jacobi s’étend jusqu’à la demi-saturation :
- On a V — 90 p y; désignons pary2 le magnétisme correspondant à la demi-saturation : y2 — 4SpY soit Xo la valeur correspondante,
- x.2 = ayj
- et par suite :
- yj = 45 ftr
- •*2 «ïï
- fi
- et, comme dans les limites de la loi de proportionnalité, ce rapport est le même pour toutes les valeurs dy et d\v on aura :
- y — 45 Pyÿ
- x a
- ce qui est la îormulc 7); 8) se déduit de la même ma nière, tandis que le développement de la formule de Müller donnerait :
- Y
- 180
- 7t
- ou
- y =
- I80 A .,
- dv A it B
- (2) La première est la « loi du diamètre » bien connu de Dub, et l’autre, une loi moins connue de Dub à laquelle il a été conduit par un théorème de W. Thomson cité dans le journal Zeitschrift filr Elektrotechnik, 1884, p. 162.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- On aura : 00
- En prenant la valeur moyenne c=i3y2 on obtient :
- a = 3,886 . 1372 = 5 332
- En tenant compte de (6) et de (1 1) la formule de Muller peut s’écrire :
- 112) y — bld- arctg .v
- ad ~
- En introduisant le nombre rond 53oo dans la formule (ra) on aura en définitive :
- (22) y= '44 là? arctfi 53,)o ^
- Pour le système C. G. S.
- (1 3) b = 14,4
- on peut aussi calculer cette constante d’après la relation :
- (14) <> = — ?
- et au moyen de la valeur calculée de [3 que l’auteur a donnée dans une de ses études précédentes (•).
- Le calcul de la constante a de l’équation (12) se déduit d’expériences donnant des couples de valeurs de x et dey.
- En comparant les équations 2 et 12 on doit avoir
- d’où
- (17) ali, = — C • constante'
- le tableau suivant donne les valeurs de / et c déduits d’expériences faites sur trois électro-aimants.
- ÉLECTROS 1 a C
- r (2) 10,3 8 i,8(i i5io
- IV 57 8,60 I 347
- X 18,1 33,75 1200
- (U Sitf. b. der Wiener Academie, vol. 5<1, p. 180.
- L’auteur ayant calculé le moment magn. max. d’un gramme de fer, soit 212,5 C. G. S.; d'après la formule trouvée pour le maximum :
- Y = 90 pion tire :
- (-) I est un électro gros et court avec six couches de fil tandis que A"est relativement long et étroit et porte une seule couche de fil.
- formule dans laquelle^ est le moment magnétique en unités C. G. S., / et d les dimensions du noyau, n le nombre de tours de fil et i le courant en ampères (').
- D’après l’équation 22, les coefficients de la formule de Müller sont donc :
- B = 14,4 /
- (2 3) ^ _53oo
- “ ~Ü~
- Avant d’aller plus loin, disons quelques mots des objections faites à cette formule ; elle est comme on sait, en contradiction avec les expériences antérieures de Jaeobi et Lenz établissant la proportionnalité, ainsi qu’avec celles faites postérieurement par Buff et Zamminer qui avec d’autres auteurs (•) ont admis la loi de proportionnalité ; mais il faut remarquer que tous ces essais ne tiennent pas compte d’un maximum de la magnétisation, fait qui peut être depuis longtemps considéré comme acquis.
- Müller d’après ses expériences prétend que sa formule satisfait aussi à la proportionnalité entre certaines limites ; mais de nombreuses expériences • ont montré, que la proportionnalité a lieu pour des limites bien plus éloignées. D’après M. de Waltenhofen la proportionnalité peut être admise jusqu’à une magnétisation égale à la moitié de celle dont l’électro-aimant est capable (3).
- Ce n’est que depuis cet état de magnétisation que la formule de Müller serait valable (elle serait encore juste d’une manière approchée pour des noyaux placés dans des bobines beaucoup plus larges).
- (') Les arcs sont, d’après ce qui précède, exprimés en degrés et fractions de degrés.
- (-’) Comparez : Profeseur S. Thompson, Dynamo-Elcc-tric Machinery, p. 3qo.
- (3) En faisant abstraction de l’accroissement rapide du magnétisme pour de très faibles courants, cette anomalie étant en dehors des limites de la pratique.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Comme dans la pratique, on a toujours à faire à des noyaux remplissant complètement les spires de fil; on voit qu’il est necessaire de déterminer numériquement les coefficients des formules :
- ou
- y
- y — C X
- K s'dï''
- afin de combler la lacune laissée par la formule de Müller.
- Mais il est facile de voir qu’une telle détermination ne peut avoir lieu qu’entre certaines limites ; la valeur de k trouvée pour de petits noyaux ne s’applique plus à de gros électroaimants.
- D’après les expériences de l’auteur, la valeur de k est plus grande pour des noyaux épais, variant entre o, i et 0,2 quand on prend des noyaux de quelques millimètres jusqu’à des noyaux de 10 centimètres.
- En partant de la formule 18
- - B ,,
- r = -P x d~- ' -v
- et en remplaçant B et A par leurs valeurs, on arrive à :
- (2?)
- Y = 0,12 . X
- cette formule est de la meme forme que la formule 0)
- X
- K vfdt*
- ce qui détermine k numériquement.
- Cette valeur s’applique pour les noyaux de quelques millimètres.
- Pour une épaisseur de 1 à 3 centimètres, on a A* voisin de o, 14.
- Dans le cas de noyaux voisins de 10 centimètres, ce qui comprend les électros des machines dynamos, le plus important de tous, l’auteur a trouvé k = 0,2, d’ou la formule :
- y = 0,2 \dï'* . >1 i
- La variabilité de k entraîne aussi celle de «, de la formule
- A =
- .7
- et cela entre des limites que l’on peut admettre égales à 55oo et 35oo; et pour
- k = o, 14
- on a la valeur admise jusqu’ici :
- (T = 5 3on
- On aura donc pour de gros novaux, pour lesquels on peut admettre :
- k = 0,2
- a = .->700
- la formule :
- (28)
- y = J4’4 W2 arctg -
- fi
- 3700 di
- rr . X
- Après avoir ainsi déterminé complètement les coefficients, permettant l’emploi pratique de la formule de Muller, M. de Waltenhofcn ajoute quelques considérations sur l’état de saturation magnétique.
- Du fait que la force électro-motrice d’une machine en série s’approche d’un maximum, même pour des courants que la machine peut très bien supporter, Frœlich a donné la formule suivante :
- v I a -{- b\
- ou v est le nombre de tours et I le courant, d’où il suit que le champ magnétique peut aussi s’exprimer de la manière suivante
- M = -
- a 4- b\
- tendant lui-meme vers une certaine limite.
- On n’a pas jusqu’à présent expliqué autrement ce fait qu’en admettant que réellement les aimants de la machine approchent de leur état de saturation.
- Mais cette supposition, paraît fortement invraisemblable; car, d’un côté, les courants des dynamos sont eu regard à la grande section des électros, plutôt faibles, si on les, compare aux courants qui, dans le cas de très petits noyaux, permettent d’atteindre le maximum de magnétisation; et, d’un autre côté, la réaction du noyau de l’armature tendant à augmenter la saturation, n’est pas comparable à celle qui aurait lieu par l’applicatiou d’une masse de fer doux sur les sur-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- faces polaires d’un électro-aimant à deux branches.
- Du reste, du fait que l’intensité du champ magnétique s’approche déjà dans la pratique d’une limite supérieure, il ne s’en suit nullement que cet état limite soit la saturation. Le fait que les noyaux sont loin d’être en fer doux et qu’ils n’ont guère la forme la plus profitable, engage l’auteur à croire que le magnétisme atteint dans nos machines n’est guère plus de la moitié du maximum de magnétisation correspondant au poids du fer, c’est-à-dire, qu’il reste entre les limites oû il serait proportionnel à l’intensité des courants, si les aimants étaient construits d’une manière plus avantageuse.
- D’où il suit que si l’accroissement du magnétisme dans les dynamos reste en deçà de la proportionnalité, même pour des courants moyens, cela tient non pas à la saturation absolue, mais bien plutôt à la mauvaise construction des électroaimants ('*).
- Les exemples numériques donnés à la fin de ce travail, feront déjà juger peut-être, si cette manière de considérer l’état de saturation des machines est fondée ou non.
- D’après les notations déjà employées ; le rapport Y
- est le degré de saturation, et le nombre p
- y
- — ioo — la saturation en pour cent.
- On obtient Y dans la formule de Muller cr. faisant
- Introduisons la valeur de A donnée par la formule (28) et désignons plus explicitement x par xp
- / \ 3700 ...
- (20) x„ = dr, tang 0,9 p
- n \U
- et, en considérant que xp — p ip, cela nous donne pour le courant en ampères :
- (3o) i — d U tang o,qp
- n y/
- et, pour exprimer le degré de saturation :
- (30
- P =
- 10
- — arc te 9
- n i \J7 3700 rff
- Une valeur importante, est celle du courant correspondant à la demi-saturation.
- Dans ce cas,
- et :
- P — 5o
- (32)
- 5700
- lT
- d?,
- Pour les états de saturation en deçà de cette limite, on peut donner plusieurs formules; par exemple, dans l’équation :
- y = 90 Bd- = 0,9 p bld'2
- J 100 * -
- d’où suit :
- et
- AT = 00
- Y = 90 Bd2
- introduisons pourj/- la valeur tirée de (27), on aura :
- 0,2 \ldlx x = 0,9 p bld3
- y = —jJK = 0,9 p B d2 = Bd2 arctg x
- Adï
- ou enfin :
- x = Ad 5 tang 0,9 p
- formule déjà donné par Muller, mais que la détermination de A rend seule applicable dans la pratique.
- (') Avec cette supposition, une formule de la forme
- M = ÜT+TÎ
- peut Être admise comme juste en fait.
- ou, en réduisant et introduisant par b sa valeur :
- dl
- x = 64,8^
- V’7
- et
- (33)
- ou inversement :
- ip = 64,8 - il » y, t
- , r.jï . y!i
- (M) P= 0,01 5o — A- p = o, 15 a tu —,
- Si l’on cherche par exemple le degré de satura-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- tion d’un électro-aimant dont le noyau a 13,5 ç.m. de longueur et 7 c. ni. d’épaisseur, couvert de 192 spires de fil, et parcouru par un courant de 10 ampères (noyau d’un électro d’une machine Schuckert EL). (1)
- D’après (3i), on obtient :
- P =
- 10
- — arctg 9
- 192 . 10 . v 1 -ki i7°o 7T
- La formule (34) eut donné 5,9 %
- Cette faible magnétisation est d’autant plus surprenante, que dans les essais faits avec cette machine, son champ magnétique :
- 90,(3 + 1 <),«<_) I
- s’approche déjà avec un courant de 10 ampères de son maximum.
- Il est vrai que la réunion par la culasse avec l’autre branche, magnétisée en sens contraire, et la réaction des pièces polaires et du noyau de l’armature, augmenteraient la saturation, mais sans qu’on puisse supposer qu’elle dépasse la demi-saturation, ce qui serait déjà une amplification de huit fois.
- Une autre expérience plus décisive est celle faite sur le même électro, mais muni de sa pièce polaire, il fut soumis à un courant de 20,4 ampères, et le moment magnétique mesuré au moyen d’une courte aiguille de déclinaison, placée à une distance de 309 cms de la spirale magnétisante, et on obtint en retranchant le moment provenant des spires elles-mêmes un moment de 197,838, tandis que suivant le poids total du fer, l’électro pourrait prendre à saturation un moment de 1,261,780; la saturation n’était donc pour 20 ampères que de 16 0/0.
- En terminant, l’auteur donne une formule remplaçant la formule (9) que la variabilité du coefficient k avec la grandeur du noyau rend peu pratique, cette formule s’exprime comme suit :
- y = 0,0q /1 >u du’7 ni
- Le coefficient reste constant dans de très-grandes limites, comme le montrera le tableau
- ci-joint, dans lequel y est le moment calculé, et y' le moment observé.
- KI.F.CTROS
- Procédé électro-métallurgique de Gowles
- Un des derniers numéros du journal américain « Engineering and Mining Journals » contenait une communication à propos d’un nouveau procédé de fusion électrique ; et dernièrement, le DrT. Sterry Hunt de l’Institut mécanique ayant eu l’occasion d’étudier ce procédé de plus près, a fait une conférence à ce sujet.
- Ce procédé consiste, à faire passer un courant électrique à travers une masse très résistante contenue dans le creuset, et dans ce cas, on a employé du charbon pulvérisé, qui en même temps sert de masse réductrice.
- Si l’on mélange de l’aluminium sous forme de corindon en grains, au charbon, on obtiendra par le passage du courant la réduction de l’aluminium. Celui-ci sera en partie entraîné avec lesgaz, le reste se trouvant sous forme d’aluminium métallique dans les couches supérieures du charbon, ou d’une combinaison cristalline avec ce dernier.
- Si l’on ajoute au charbon et au corindon des grenailles de cuivre, on obtient un alliage de cuivre et d’aluminium, dont la formation a lieu évidemment dans les couches supérieures, mais que l’on retrouve en masse fondue sous le charbon.
- De cette manière, on pouvait, dans le four employé jusqn’à présent, obtenir en une heure et demie, de 2 à 2,5 kilog. d’un alliage contenant 15 à 20 0/0 d’aluminium, et libre de fer ; on peut enrichir encore cet alliage jusqu’à 3o 0/0 d’aluminium, en remplaçant le cuivre par le premier alliage déjà obtenu.
- Des précautions doivent être prises, pour empêcher que les grains de cuivre ne s’agglomèrent par la fusion, ce qui mettrait le courant en court circuit.
- Une petite installation d’essai, avec une machine dynamo réduit journellement 2,5 kilog. d’alu-
- (>) On suppose ici qu’il n’y a pas de pièces polaires.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- minium, sous forme d’alliage riche ; qui est vendu au prix de 23 francs pour 5oo gr. d’aluminium.
- La réduction du silicium est encore plus facile que celle de l’aluminium ; en mélangeant du sable siliceux au charbon; le silicium formera pour une partie un verre transparent, tandis que le reste sera réduit en silicium cristallisé, dont une partie se volatilise et est de nouveau oxydée. En ajoutant du cuivre, on obtient un alliage contenant 6 à 7 0/0 de silicium, et qui peut être employé dans la fabrication du bronze siliceux.
- Par la réduction de l’argile, on obtient un mélange d’aluminium et de silicium, et avec l’addition de cuivre, un alliage qui semble doué de propriétés précieuses.
- Une addition de 2 à 3 0/0 d’aluminium au laiton augmente sa ténacité et diminue la tendance à l’oxydation.
- Il paraît y avoir jus qu’à présent une certaine difficulté à obtenir la réduction de l’alu-mi nium pur, sans emploi de cuivre; on espère cependant arriver à produire en grand Taluminium pur.
- L’emploi du courant électrique, pour porter à de hautes températures des masses de grande résistance est connu depuis longtemps, et a déjà été employé par Siemens pour la fonte deTacier. Mais Cowles a eu le premier l’idée .heureuse de combiner l'emploi de cette haute température, avec l'action réductrice du charbon.
- Trieuses électro-magnétiques pour la séparation des rognures métalliques. — Trieuse Hilder et Scott (i).
- Cet appareil, exposé en 1885, à l’Exposition des inventions de Londres, est basé sur l’emploi
- (’) Exposé par la maison E. Scott cl C.., à Newcastle on Tyne. (Journal de Dinglcv,J
- TRlIîrSK l!I!,DER liT SCOTT.
- des électro-aimants périodiquement excités, pour la séparation des rognures de fer et d'acier, d’autres rognures métalliques. La ligure 1 montre la disposition générale de l'appareil.
- Les rognures mélangées sont jetées dans un large entonnoir et arrivent en couche mince, au moyen d’un agitateur automatique, sur une toile sans fin. Celle-ci les conduit sous un disque horizontal animé d’un mouvement de rotation, qui porte un grand nombre d’électro-aimants, dont les surfaces polaires inférieures rasent la toile sans fin. Celle-ci a une largeur égale à la moitié du diamètre du disque, et les électroaimants qui se trouvent au-dessus sont excités à ce moment-là par le courant d'une dynamo, qui passe toujours à travers la moitié des bobines des électros ; par suite, les ribblons de fer sont attirés sur les pièces polaires, tandis que les autres, entraînés par la toile sans fin, viennent tomber dans un récipient placé à gauche. Sur la seconde moitié du disque, les électros cessent d’être excités, et les rognures de fer tombent sur une seconde toile sans fin qui les entraîne.
- Les passages et interruptions de courant sont réglés par un commutateur placé sur l'arbre du disque, et sur lequel frottent les brosses en communication avec les conducteurs de la dynamo;
- Un appareil semblable, avec un disque de im,37 est capable de trier 2 tonnes de ribblons ou de minerais. Dans la trieuse inventée et exposée par H. Kessler à Oberlahnstein, un tambour rotatif en fonte, forme un électroaimant permanent, excité au moyen d’une ou deux bobines enroulées sur son pourtour, et dont le fil est en communication avec une dynamo. Le tambour est porté par des bras en laiton.
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- On jette les ribblons mêlés sur l’agitateur, qui les conduit contre la surface du tambour; les parties en fer y restent attachées, tandis que le reste tombe au-dessous. Les fragments de fer sont ensuite détachés par une feuille de tôle frottant contre le tambour.
- Régulateur solénoïdal double pour les machines dynamos.
- L’emploi spécial des machines à vapeur pour la mise en activité des machines dynamos a exigé la transformation et le remplacement des anciens
- §F“
- FIG. I
- régulateurs par des appareils soumis à l’influence des phénomènes électriques produits; agissant sur le moteur sous l’influence de variations des facteurs de l’énergie électrique, soit le courant, soit la différence de potentiel, et maintenant ces variations dans des limites données.
- Le régulateur (') de P. W. William (Thames Ditton, Surrey Angleterre) a pour but d’agir sur la vitesse du moteur actionnant des dynamos, de manière que la différence de potentiel aux bornes de chaque machine ait la valeur voulue, et que les moteurs fournissent, de plus, à chaque dynamo une fraction convenable du travail.
- Pour cela, l’inventeur munit chaque moteur d’un régulateur composé de deux solénoïdes séparés S et Sj (fig. 1); S est relié électriquement
- 9) Journal de Dmg/er, i3 janvier 1886*
- aux deux points entre lesquels une différence constante de potentiel doit être maintenue; par exemple aux bornes d’une machine dynamo.
- S0 au contraire, est intercalé dans le circuit parcouru par le courant de la dynamo ; il peut être placé en arc multiple ou en série.
- On voit donc que les deux solénoïdes sont traversés par des courants proportionnels, l’un à la différence de potentiel, l’autre au courant total.
- Les deux noyaux de fer doux K K,, mobiles dansées solénoïdes, sont reliés par un bras A articulé avec chacun d’eux. Une tige B, en relation avec l’appareil distributeur de la machine, est articulée elle-même au milieu du bras A.
- La course du noyau K est limitée par une butée a et le ressort F, dont la tension est réglée de manière qu’elle contrebalance l’action du courant normal sur le solénoïde.
- Tant que le courant de la dynamo se maintient dans les limites admises, la régulation a lieu entièrement par l’action de S ; suivant que la différence de potentiel augmente ou diminue, le noyau K descend ou monte, et, par l’intermédiaire de B, actionne un papillon ou une soupape, de manière à ralentir ou a accélérer la vitesse du moteur.
- Si, au contraire, le courant de la dynamo s’écarte de la limite supérieure admise, le noyau K, s’abaisse, ce qui correspond à un ralentissement de la vitesse, quelle que soit à ce moment la position de K.
- La tige B n’actionne pas directement le papillon, mais seulement au moyen d’un appareil intermédiaire; celui-ci est, ou bien un relais électrique fermant un circuit, dans lequel un courant local actionnera le papillon par l’intermédiaire d’un électro-moteur, et cela dans le sens convenable, ou bien un appareil mécanique, agissant sur la distribution du petit cylindre auxiliaire actionnant le papillon. Lorsque le moteur actionne deux ou plusieurs dynamos, on peut faire traverser le solénoïde S par le courant total ou une fraction de celui-ci.
- Une nouvelle Note de M. O. Frœlich <*).
- La Lumière Électrique a publié la polémique engagée entre MM. Clausius et Frœlich, au sujet des travaux de ce dernier; la publication récente
- (') Elektrutcchnischc Zeitschrift) m janvier \ 88é.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- du livre « Die dynamoelektrische Maschine », qui renferme l’ensemble des recherches de M. O. Frœlich, donnera sans doute lieu à de nouveaux sujets de discussion.
- Voici, en attendant, ce que M. Frœlich répond à la dernière note de M. Clausius, publiée dans notre numéro du 26 décembre 188 5 :
- « M. Clausius maintient, dans sa seconde lettre, que le magnétisme d’une dynamo ne peut pas être représenté par la formule
- dans laquelle les indices 1 et 2 correspondent aux deux enroulements. Cette loi est vraie, même quand l’action magnétique de l’un des enroulements dépasse de beaucoup l’action de l’autre.
- « Or, en ce qui concerne l’influence du courant de l’armature, on peut admettre, parce que cette influence est petite, qu’elle agit d’une manière semblable à un faible enroulement des électros, dont l’action serait contraire à celle de l’enroulement principal.
- « Nous pouvons donc poser pour des machines à enroulement simple, en série ou en dérivation, dans lesquelles l’armature a une influence :
- et cela parce que l’influence du courant dans l’armature ne peut pas être introduite dans la constante m.
- « Si M. Clausius considère toutes les valeurs possibles du courant et du magnétisme, cette affirmation ne peut nous atteindre, puisque nous n’avons jamais donné cette expression que comme la représentation des faits dans les limites des applications possibles.
- « Si, au contraire, notre contradicteur se maintient aussi dans les limites pratiques, toutes les expériences faites sur les machines dynamo en série, vont à l’encontre de son affirmation.
- « Parmi ces observations, rappelons en particulier celles de Meyer et Auerbach sur une machine Gramme (') ; celles de Siemens et Halske sur une machine de Hefner-Alteneck (2) ; les expériences de Stern sur une petite machine Gramme, et enfin celles du professeur v. Waltenhofen sur une machine Schuckertj3).
- « Ces expériences comprenant tous les types principaux de machines dynamos ont montré que le magnétisme, c’est-à-dire le rapport de la f. e. m. à la vitesse, peut être représenté, dans les limites pratiques, par la formule ci-dessus.
- « On peut montrer que cette formule est exacte, malgré l’influence du courant de l’armature, de la manière suivante :
- « 11 résulte de mes études sur les enroulements compounds que le magnétisme d’une machine de ce genre peut être représenté par la formule
- M = mi Ji + nh J 2 I -|- 1H, J, + Mo J,
- (') Annales de Wiedemann, vol. 8, p. 494, et El. Zeitschrift .1881, p. i38.
- (-) Elcktroteclinischc Zeitschrift 1881.
- (;!) Zeitschrift f tir Elektrotechnik, 1885, p. 549.
- 1 mg Js — ma Ja
- où l’indice s se rapporte aux électros et a à l’armature.
- « Pour une machine en série, on a :
- - - Js = J
- et, par suite :
- « Le magnétisme a donc la même forme, que l’on considère ou non l’action du courant dans l’armature.
- « C’est l’expérience seule qui donne la preuve de cette loi ; les considérations qui précèdent en rendent néanmoins nettement compte.
- « Pour les machines en dérivation cette loi n’est plus valable ; mais comme M. Clausius n’a pas, jusqu’à présent, étudié ces machines, je suppose que son observation se rapporte seulement aux machines en série.
- « Dans mon ouvrage, qui vient de paraître : Die dynamoelektrische Maschine (p. 71 ), j’ai traité de cette question, et j’ai montré comment la courbe des potentiels aux bornes doit changer lorsque l’influence de l’armature est considérable.
- « Mais, d’autre part, les expériences faites sur une machine Siemens et Halske ont montré que, pour cette machine-là, mes formules étaient exactes, sans correction.
- « Il est possible que ce résultat tienne à la faible influence magnétique de l’induit dans les nouvelles machines, et je ne conteste pas que dans certains cas, comme ceux traités par M. Wein-
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- 32 1
- hold (1) par exemple, mes formules doivent êtie corrigées relativement à cette influence, mais, dans le cas où une correction serait nécessaire, elle pourrait facilement être calculée d’après ce que nous avons dit plus haut, et sans qu’il soit nécessaire d’employer les formules compliquées de M. Clausius.
- « De ces considérations il résulte également que mes études théoriques n’ont pas le caractère d’un cas particulier, que M. Clausius leur attribue encore aujourd’hui ; pour démontrer le bien fondé d’un tel reproche, je ne pense pas qu’il suffise de comparer simplement une tlîéorie à celle de M. Clausius, car cette dernière renferme quelque chose d’arbitraire, attendu que le procédé émployé par l’auteur pour introduire dans le calcul l’influence du courant de l’induit n’est pas nécessairement celui qu’il faut employer ; de plus cette théorie n’est pas complète, car elle ne tient pas compte des ondulations du courant.
- « Mes formules reposent presque entièrement sur l’observation et les déductions théoriques y entrent pour une part très faible, c’est donc l’observation seule qui peut leur servir de pierre de touche.
- « Qu’il me soit permis, en terminant, de remarquer que ma théorie n’a pas été faite uniquement pour le plaisir d’avoir des formules simples, mais en vue des besoins pressants de la pratique ; je l’emploie depuis cinq ans dans tous les cas qui se sont présentés, je connais sa valeur pratique, et j’espère qu’on ne trouvera pas mauvais que, dans l’avenir encore, je continue à la défendre.
- Sur la détermination de l’affinité chimique en fonction de la force électro-motrice, par C.-R. Aider Wrigh (2).
- Les considérations suivantes sont le résultat de nombreuses expériences faites par l’auteur et MM. Rennie et T. Thompson.
- Quoique ces expériences aient donné lieu à un grand nombre de remarques intéressantes et qu’elles aient permis de déterminer aussi exactement que possible un grand nombre de données numériques, l’objet principal des recherches n’a
- (') Communiqué à la « Société des ingénieurs télégraphistes et des électriciens » et publié dans le n° 5q, vol.XIV, du Journal de la Société.
- (2) Elektrotechnische Zeitschrift. — 1885, p. 51G.
- pas été atteint, et ces expériences prouvent que les déterminations électriques seules ne sont pas suffisantes pour conduire à des mesures exactes de l’énergie développée dans les réactions chimiques.
- L’idée d’une pareille détermination a été mise en avant en i85i, par S.-W. Thomson [Phil. magazine, vol. Il, p. 429), dans son remarquable travail sur la « Théorie mécanique de l’électrolyse. »
- Il résulte des expériences de Faraday que, dans l’électrolyse, le poids 10 de chaque corps mis en liberté est proportionnel à l’équivalant a du corps et à la quantité totale d’électricité déplacée q, de sorte qu’on peut décrire :
- tû = aqx F
- F étant une constante numérique que l’on pourrait appeler le coefficient de Faraday.
- Si f représente le travail produit par l’affinité chimique dans la combinaison de l’unité de poids des corps considéré dans un certain composé, le travail accompli dans l’opération précédente sera :
- co/= aq F./
- Si nous supposons maintenant que le passage du courant ne produit pas d’autres travaux que la décomposition, ou si nous soustrayons du travail total celui qui correspond au développement de chaleur, etc., et soit e, la chute du potentiel (après cette correction) à travers la masse de ce corps, on aura :
- cq = aqŸ .f
- d’où l’on tire :
- af^exl
- Ainsi donc, l’affinité d’un équivalent du composé est égale à uney. e. m., à une constante près.
- Une partie de la chaleur développée par le passage du courant est due à la résistance du milieu ; elle est égale à RI2f.
- Si une décomposition est effectuée sans être modifiée par une altération secondaire des électrodes (par exemple, dans le cas de l’eau acidulée et électrodes en platine), la quantité de chaleur absorbée par la décomposition de l’électrolyte en ses produits libres (oxygène et hydrogène à la tempé-
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- rature et pression ordinaires), peut être calculée en observant la chûte moyenne de potentiel, et en soustrayant la f e. m. correspondant à la chaleur dégagée (mesurée au calorimètre).
- Inversement, si on connaît la chaleur dégagée dans la synthèse, l’observation de la chûte de potentiel conduira, soit à une détermination de J (coefficient de Joule), soit à celle de la f. e. m. étalon employée (ce qui, en pratique, revient à déterminer l’unité de résistance).
- Quelques-unes des premières recherches, faites avec le D1' Rennie, nous ont conduit au résultat suivant. Tandis que les expériences les plus exactes au calorimètre donnent pour la chaleur développée dans la synthèse de 8,98 gr. d’eau (provenant de 1 gr. H et 7,95 gr. O à la pression et température ordinaires) 34,200 calories ('), ce qui correspondrait à une f. e. m. de i,5o38 X io8 C. G. S, en partant des valeurs les plus probables de F et J ; la différence de potentiel observée, en tenant compte de la chaleur développée, mesurée au calorimètre, était i,5oo3 X io8 avec une erreur probable de 0,0048 X io8.
- Si nous corrigeons ces valeurs d’après les dernières recherches et particulièrement d’après celle de Lord Rayleigh, on trouve que l’unité de résistance BA est fausse de plus de 1 0/0.
- On peut exprimer par eq] la chaleur RPfdueàla résistance, e{ étant une certaine force électro-motrice ; si E est la chûte de potentiel entre les électrodes, alors E—e1 représente la f. e. m. correspondant au travail de décomposition de l’électrolyte en ses produits à l’état naissant ; c’est la force contre électro-motrice.
- Si la chaleur développée diffère de e'q, cela tient aux actions secondaires, soit des éléments à l’état naissant sur les électrodes, soit par une altération spontanée de ceux-ci, donnant naissance aux produits permanents ( condensation possible des atomes libres en molécules).
- Un grand nombre d’observations ont été faites pour obtenir la valeur réelle de E — eK dans différents cas ; elles conduisent aussi bien à supposer un réarrangement des produits naissants qu’une action physique ou chimique de ceux-ci sur les électrodes.
- Dans certains cas cette action adjuvante, due aux effets secondaires, est assez forte pour qu’on ait, en somme, un accroissement de potentiel dans le sens du courant.
- Des cellules électrolytiques pareilles, qui n’ont pas besoin d’un courant ab externo pour donner lieu à des chutes de potentiel, constituent des éléments voltaïques ou des électro-moteurs, mais elles sont soumises aux mêmes influences que les cellules de décomposition, les actions étant opposées.
- Ainsi, la valeur de la force contre-électromotrice E — e1 d’une cellule de décomposition croit toujours avec la densité du courant, tandis que dans une pile, pour laquelle E —e1 est de signe opposé (force contre-électromotrice négative), la valeur numérique de cette quantité (c’est-à-dire la f. e. m. de la pile, considérée comme générateur d’électricité) décroît quand la densité du courant croît.
- Dans les deux cas, la variation est due à la même cause, soit à ce que l’énergie adjuvante décroît, et l’énergie non adjuvante croît avec la densité du courant.
- En ce qui regarde les cellules de décomposition, un certain nombre d’expériences furent faites sur l’adhérence physique des produits d’é-lectrolyse sur les électrodes, adhérence qui donne à la cellule le caractère d’un électro-moteur, donnant un courant de durée plus ou moins longue. Ces expériences semblent démontrer que la prétendue possibilité du passage de l’électricité à travers un électrolyte, sans qu’il y ait décomposition, est une erreur; l’électrolysc a toujours lieu, quoique les produits n’en soient pas visibles, soit à cause de leur adhérence avec les électrodes, soit à cause de leur disparition par diffusion.
- En d’autres termes, la loi de Faraday est toujours juste.
- Les expériences faites sur l’eau acidulée, avec électrodes de platine, montrent que l’électrolyse peut avoir lieu avec des différences de potentiel bien plus faibles que i.5 volt, la f. e. m. qui correspond à la chaleur de formation de l’eau liquide, en partant de ses composés gazeux.
- Ceci semble montrer que l’énergie adjuvante provenant de l’attraction physique entre les électrodes et les produits développés est très grande, s’approchant de 1,5 dans certaines conditions, ou autrement dit, la chaleur de condensation de l’hydrogène et de l’oxygène peut atteindre au maximum, si elle ne l’excède pas, 3q 100 calories pour un équivalent de chaque corps.
- Avec des courants produisant une électrolyse visible, la valeur de E — e1 est toujours plus grande que 1,5 volt pour l’eau.
- (') Rapportée au gramme.
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- Un grand nombre d’expériences ont été faites pour obtenir la relation entre la force contre-électro-motrice et la densité du courant avec diverses électrodes (platine, or, charbon, etc.), elles montrent que E— e1 tend vers une limite finie; pour l’eau, cette limite est supérieure à 4 volts, c’est-à-dire que la chaleur développée pendant le réarrangement des gaz naissants sous la forme d’hydrogène et d’oxygène gazeux ordinaire, est près du double de celle qui correspond à la combinaison de ceux-ci en eau liquide.
- Les détails de [ces expériences ne sont, pour la plupart, pas encore publiés.
- Avec des électrodes attaquables, l’énergie non adjuvante, due aux actions secondaires sur les électrodes, croît également avec la densité du courant, mais varie avec la température et l’état de concentration de l’électrolyte.
- De plus, dans des conditions identiques de température, concentration, etc., cette énergie est influencée par la nature des électrodes, étant d’autant plus petite que l’électrode positive est plus oxydable. Ainsi, pour les quatre métaux Z n, C d, Cm et A g, (les chaleurs d’oxydation étant dans le même ordre), au premier correspondra une énergie non adjuvante plus faible que pour le second, dans l’électrolyse d’un sulfate, donnant lieu à la formation de sulfate, soit de zinc, soit de cadmium, les autres conditions étant identiques, etc.
- Dans le cas des électro-moteurs, l’étude la plus considérable a porté sur des éléments propres à fournir des étalons pratiques dtf. e. m. et, parmi ceux-ci, les plus convenables sont celui de Clark (Hg- | So4 H g- | So4 Z n \ Z n), et le Da-niell formé de solutions d’égale densité (zinc pur fraîchement amalgamé et cuivre électrolytique).
- Nous avons obtenu des résultats intéressants sur la variation de la f. e. m. avec l’état des surfaces et la densité des solutions ; ainsi un accroissement de la densité du sulfate de zinc dans le Danieli diminue la f. e. m. ; le contraire a lieu par le sulfate de cuivre.
- Le degré de variation dépend de la nature de la lame métallique : fondue, laminée, recouverte de dépôt électrolytique, amalgamée, etc.
- Tous ces résultats, ainsi que la variation de l’énergie adjuvante avec la densité du courant, montrent que le siège primaire des différences de potentiel est aux surfaces de contact, et que l’action voltaïque est étroitement unie à une action thermo-électrique.
- Des variations considérables de f. e. m. sont produites avec de faibles variations de densité du courant. Ainsi avec des densités de quelques milliampères par cm3, des variations de quelques décivolts étaient produites.
- Toutes choses égales, la diminution de la f. e. m. pour un accroissement donné de la densité du courant est d’autant plus grande que le métal non attaqué est moins oxydable.
- Ainsi, lorsque le zinc est opposé, successivement ^u cadmium, au cuivre ou à l’argent, la courbe représentant dans lé premier cas la variation de f. e. m. en fonction du courant, est au dessous de celle qui se rapporte au deuxième, etc. ; et cette diminution varie entre certaines limites avec l’état des surfaces, et la densité de la solution.
- Quelques résultats remarquables ont été obtenus en étudiant la f. e. ni. maximum engendrée par grand nombre de combinaisons, lorsque le courant produit avait une densité trop faible pour causer une chute notable de f. e. m., et en comparant ces valeurs avec le développement des chaleurs dues aux décompositions chimiques.
- Pour exprimer la f. e. m. correspondant à une certaine combinaison de métaux etc., il convient d’assigner à chaque métal immergé dans un de ses sels d’une densité donnée, une constante numérique ou constante voltaïque, représentant la f. e. m. produite, lorsque chaque métal et sel correspiondant sont introduits dans une combinaison semblable à celle de Danieli, c. à d. avec une électrode de zinc dans le sel correspondant, à la même densité.
- Un grand nombre d’expériences ont montré que l’effet du changement de la densité d’une solution est indépendant de la nature du reste de la combinaison, et qu’ainsi, la loi de Voila est rigoureusement exacte, et par suite la f. e. m. d’une pareille combinaison est donnée par la différence algébrique entre les constantes voltaïques particulières des métaux et de leurs sels.
- D’une manière semblable, on peut calculer une série de constantes thermo-voltaïques telles que la f. e. m. d’une combinaison (qu’on pourrait exprimer par — C2 ; C, et C2 étant les constantes voltaïques), soit donnée par la formule
- Eh + K, — Ko
- où EH est la f. e. m. correspondant au développement de chaleur correspondant au phénomène chimique net et K( et K2 les constantes thermo-
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- voltaïques correspondant à C, et à C2. C’est-à-dire que la f. e. m. engendrée peut être regardée comme provenant de deux causes superposées ; le développement de chaleur dû au phénomène chimique et une action thermo-voltaïque semblable à celle qui a lieu dans un couple thermoélectrique ordinaire, cette dernière étant variable entre certaines limites avec les modifications des surfaces ou des liquides.
- On peut diviser les métaux en deux classes, suivant qu’ils ont une constante thermo-électrique positive ou négative.
- En général, le signe est le même par un métal donné en contact avec n’importe lequel de ses sels, mais dans quelques cas, où sa valeur est petite (cuivre cadmium par exemple), le signe varie ; pour l’argent et le plomb, il est négatif et il est positif avec le fer, le mercure, le magnésium et l’aluminium.
- De plus, on peut aussi diviser les cellules en deux classes ; dans l’une, la valeur K, — K2 est positive, tandis qu’elle est négative dans l’autre.
- La première classe est remarquable en ce que la f. e. m. engendrée excède nécessairement celle provenant du changement chimique ; de sorte que si un courant la traverse, l’énergie extérieure que l’on peut obtenir dans un circuit extérieur de grande résistance est plus grande que celle due à l’action chimique, elle provient par suite d’une dépense de chaleur possible, et par suite, la cellule est refroidie.
- Dans la seconde classe l’inverse a lieu, tant que : EH > K, — K2, le travail extérieur fourni était en tout cas inférieur à celui correspondant aux effets chimiques ; si cependant K, — K2 > EH , il s’en suit ce résultat remarquable, que le courant a lieu en sens inverse de celui assignable par le calcul des chaleurs de formation des deux sels employés, et, dans ce cas, une double absorption de chaleur doit avoir lieu, par suite du travail extérieur fourni et de la réaction chimique opérée.
- L’auteur a aussi examiné une classe d’éléments pour lequel le changement chimique est nul ; ce sont ceux qui consistent en deux électrodes identiques dans des solutions de densités différentes.
- Dans une combinaison pareille, la seule source d’énergie est le développement possible de chaleur dû au mélange des deux solutions; mais, dans plusieurs cas cependant, la f. e. m, est plus grande que celles provenant de cette seule cause,
- ce qui indique une transformation de chaleur sensible en énergie électrique.
- Dans le cas des sulfates de zinc, cadmium, cuivre, des comparaisons furent faites entre les f. e. m, engendrées avec des solutions de densités différentes par interdiffusion, les quantités de chaleur dévaloppées par le mélange, et la dimi-tion de volume qui s’en suit.
- La f. e. m. produite, ne varie pas seulement avec la différence de densité des solutions, mais .elle est aussi fonction de l’état des surfaces des électrodes.
- En résumé, le résultat que l’on peut déduire de l’examen d’un grand nombre d’éléments, est qu’une concordance à ±o volt i près entre la f. e. m. calculée par les transformations chimiques., et celle qui résulte de l’expérience n’a lieu que dans peu de cas* même avec de très faibles courants, et comme de beaucoup plus grandes divergences ont lieu avec des courants un peu forts, il s’en suit que la f. e. m. développée par un grand nombre de combinaisons voltaïques, ne peut être en aucune manière calculée au moyen des diverses affinités chimiques mises en jeu.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Angleterre
- Une explication simple de la théorie électromagnétique DE LA LUMIÈRE DE MAXWELL. ---- M1,c J.
- M. Chambers, bachelière ès-sciences, a dernièrement indiqué un procédé graphique qui explique bien la théorie électro-magnétique de la lumière établie par feu Clerk Maxwell.. Sur la figure ci-après, AB représente un conducteur droit dans lequel passe un courant électrique ondulatoire. Les lignes de force magnétique résultant de ce courant, formeront des cercles ayant tous le conducteur pour axe.
- Imaginons une série de ces conducteurs parallèles l’un à l’autre, tels que AB, ba, a b', etc. Quand les lignes de force de AB coupent le conducteur voisin ba, il se produit, d’après la loi de Lenz, une force électro-motrice de signe contraire à celle dont AB est le siège ; ab est traversé par un courant qui, à son tour, est entouré par dés lignes de force magnétique.
- Si l’on renverse le courant en AB, le courant
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- induit en ba sera également renversé. L’action de ba sur a b’ sera la meme que celle de AB sur ba et l’effet se propagera sur toute la ligne de molécules.
- Les forces électro-motrices et les forces magnétiques agissent donc dans des directions perpen-
- diculaires, non seulement l’une à l’autre, mais également à la ligne de propagation OX, ce qui est conforme à la théorie.
- Cette explication s’applique à la lumière polarisée dans un plan et donne une image très claire de la manière dont se produisent les « séries d’aimantations et de forces électro-motrices dirigées en sens contraires » que Ton rencontre dans la théorie de Clerk Maxwell.
- Une nouvelle solution pour la galvanoplastie. — Le Dr George Gore F. R. S. a découvert qu’on peut se servir, pour faire des dépôts électrolytiques d’une solution d’asparagine composée d’environ o,88 grammes de cristaux d’asparagine dissous dans 18 centimètres cubes d’eau distillée. La solution était légèrement acide et M. Gore l’employait à la température de 70° c.
- Des oxydes métalliques y ont été dissous et électrolysés avec le courant d’une pilé comprenant de 1 à 6 éléments, zinc et platine avec acide sulfurique dilué. Les électrodes employées présentaient généralement une surface de 2 c. m. 2. Avec o,2 3 grammes d’oxyde de cadmium hydraté dissous dans 20 centimètres cubes du liquide et avec des électrodes de cadmium et de cuivre, on a obtenu des dépôts blancs et réguliers de cadmium. Aucun gaz ne fut libéré aux électrodes et l’anode demeura propre et brillante.
- On a obtenu un assez bon dépôt de zinc sans aucune production de gaz, en employant 0,28 grammes d’oxyde de zinc dissous dans 2 3 centimètres cubes de solution, des électrodes de zinz et de cuivre et le courant de 6 éléments de pile.
- En remplaçant l’oxyde de zinc par de la ma-
- gnésie et en employant du magnésium au lieu de zinc pour l’une des électrodes, on pouvait déposer une mince couche de magnésium sur l’électrode de cuivre.
- On constata une grande production de gaz aux deux électrodes et le dépôt ne fut pas amélioré par l’emploi d’une anode plus grande, d’une cathode plus petite ou d’une solution plus concentrée.
- On obtenait également un faible dépôt de cuivre avec o,g grammes d’oxyde de cuivre dissous dans 2 3 centimètres cubes de la solution, une anode en cuivre, une cathode en platine et le courant de six éléments.
- En ajoutant un peu d’ammoniaque à la solution, on diminuait la résistance du bain, mais il se produisait alors du gaz à la cathode et le métal déposé devenait mou et d’une couleur foncée.
- On obtenait également un faible dépôt de mercure sans aucune production de gaz, avec o, 1 gramme d’oxyde de mercure rouge (ou jaune) dissous dans 20 centimètres cubes de liquide et le courant de six éléments.
- On obtenait un dépôt d’argent blanc et régulier avec o,33 grammes d’oxyde d’argent dissous dans 20 centimètres cubes de liquide et avec le courant d’un seul, de deux et de quatre éléments.
- Les électrodes étaient en argent et en platine. Aucune production de gaz.
- Le cyanure d’argent fut trouvé insoluble à chaud dans une solution d’asparagine.
- L’éclairage électrique. — La commission sur la loi réglant l’éclairage électrique, a rédigé un projet d’amendement que lord Rayleigh, le physicien célèbre, a promis de déposer à la Chambre des Lords.
- Les sections de physique et de génie aizsYork-shire College of Science, ont été éclairées à la lumière électrique, en partie à cause de la valeur intrinsèque de cette lumière, et en partie parce que les appareils nécessaires à l’installation fournissent aux élèves une occasion d’études pratiques sur ce sujet.
- Dans un procès récemment plaidé devant le tribunal de police correctionnelle, un négociant de la cité a révélé l’usage ingénieux qu’il avait imaginé de faire de l’éclairage électrique pour surprendre les filous.
- Caché dans un coin du magasin où il avait sous la main une sorte de régulateur de lumière, il
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- surveillait les allées et venues des acheteurs, et sitôt qu’il voyait un de ceux-ci soustraire un objet de vente, il en informait la police en faisant varier l’intensité lumineuse d’un foyer électrique placé devant le magasin.
- J. Mlnro
- C H R O NIdU E
- Les brevets Bell en Amérique.
- Nous croyons intéressant de reproduire in extenso la lettre adressée le 14 janvier dernier par le Ministre de l’Intérieur, à Washington, à Y Attorney-Général des Etats-Unis et relative à l’affaire Bell.
- Nos lecteurs savent qu’il s’agit dans cette affaire de la validité du brevet Bell en date du 7 mars 1876.
- « Monsieur,
- « J’ai examiné le dossier des brevets téléphoniques de Bell que m’a remis le Ministère de la Justice.
- « Dans le but de réunir sur cette affaire les renseignements les plus précis et les plus complets, j’ai consulté les Secrétaires-adjoints de mon Ministère et le commissaire des brevets, j’ai invité les personnes qui ont déposé des pétitions contre le brevet Bell ainsi que celles qui sont intéressées au maintien du brevet attaqué, à comparaître devant moi, munies des preuves et arguments qu’elles pouvaient désirer me fournir.
- « Il en est résulté un dossier volumineux ainsi qu’une discussion prolongée et approfondie. Je vous envoie ci-joint ce dossier, qui comprend tous les documents qui m’ont été adressés par votre Ministère, ainsi que les conclusions écrites des avocats.
- « Se basant sur les raisons exposées dans leur pétition, les demandeurs prient le Ministète de la Justice de faire commencer ou d’autoriser des poursuites légales devant les tribunaux compétents par le gouvernement même ou en son nom, dans le but de faire annuler et révoquer le brevet du téléphone Bell, en date du 7 mars 1876.
- « Vous m’avez prié de vous communiquer tous les renseignements que les archives de mon Ministère pourraient fournir sur cette question, et de vous donner aussi mon avis au sujet de
- l’initiative à prendre par votre Ministère dans cette affaire, le bureau des brevets étant une dépendance de mon propre département.
- « J’ai tout particulièrement cherché à me rendre un compte bien exact des raisons mises en avant par les demandeurs et surtout du rôle joué par le Bureau des brevets dans cette affaire.
- « Et je crois pouvoir vous donner l’assurance que le dossier ci-joint contient tous les renseignements que peuvent fournir les archives de ce bureau. Je vous adresse également les rapports du Commissaire et de chacun des Secrétaires-adjoints, MM. Muldrow et Jenks.
- « Afin de pouvoir vous donner un avis motivé et de reconnaître dans quelle mesure les pétitions qui vous ont été remises étaient du ressort de votre département, je me suis fait exposer l’affaire verbalement, et l’ai envisagée de nouveau d’après les preuves et les arguments très sérieux fournis par les avocats des deux parties, entendus en particulier.
- « Je pensais que mon attention devait être principalement dirigée sur deux points, que j’ai cherché à dégager en priant les avocats de donner à leurs conclusions une forme précise.
- « Ces deux points sont les suivants :
- « i° Le gouvernement a-t-il le droit d’intenter une action dans le but qui nous occupe;
- « 20 Ce droit lui étant reconnu, fallait-il entamer le procès au nom des différents pétitionnaires ou au nom d’un seul d’entr’eux.
- « La première de ces questions qui est spécialement du ressort de votre département, trouve précisément dans votre département de nombreux précédents et elle a aussi été jugée dans le même sens par les tribunaux des Etats-Unis. Mais, alors même que la question ne se fut pas trouvée résolue en fait par les autorités compétentes, nous serions arrivés en droit aux mêmes conclusions.
- . « On requiert en effet le gouvernement d’ordonner une enquête judiciaire en alléguant que le titulaire a obtenu son brevet par fraude, avec la complicité ou tout au moins par la négligence et l’erreur d’un employé du gouvernement.
- « Si ces allégations sont exactes, un dommage grave pour la nation entière a été causé par le gouvernement des Etats-Unis et se trouve main" tenu par le fait de son autorité.
- « Dire que c’est le gouvernement qui commet cette injustice, c’est dire implicitement que parmi ses moyens d’action, il possède celui de réparer le mal. L’argumentation de la défense ne
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- conteste pas ce point, mais clic part de ce principe que le gouvernement a déjà indiqué une procédure qui en exclut toute autre, et s’oppose à toute nouvelle ingérence de sa part.
- « En passant en revue la législation sur les brevets, on croit reconnaître que la loi de 1790, légèrement modifiée en 1793, permet à un citoyen, pour sa défense dans un procès en contrefaçon, de se prévaloir d’objections légales qu’il croit pouvoir élever contre le brevet, et dans certains cas le tribunal se trouvait alors autorisé à procéder à une enquête et à annuler le brevet s’il y avait lieu.
- « On prétend que la loi de i836, qui seule a de l’importance au point de vue de la question, a modifié la législation sur les brevets en créant un département spécial à la tête duquel se trouve un fonctionnaire qui est chargé d’examiner les demandes de brevets et qui a le droit, possédé autrefois par deux fonctionnaires quelconques du cabinet, d’en accorder.
- « On prétend encore que dans cette loi, les articles ayant trait à l’enquête et au droit que pouvaient avoir les tribunaux d’annuler un brevet ont été supprimés. On soutient, en conséquence, que la loi de i836 a anéanti tout pouvoir d’annuler un brevet et que, si un brevet a été accordé à tort, il ne reste plus à la défense, dans un procès en contrefaçon, qu’à établir les défauts du brevet.
- « Sans les jugements qui ont été rendus par différents tribunaux, il semblerait que la législation modifiée de 1836 n’ait eu d’autre résultat que de priver les tribunaux du droit d’annuler un brevet incidemment au cours d’un procès civil.
- « Le droit qu’avait le gouvernement d’annuler des brevets qu’il avait accordés à tort est mis en évidence par le fait qu’il en confiait l’exécution aux tribunaux dans une action civile. Le retrait de ce privilège ne dénote nullement, de la part du gouvernement, l’intention d’abdiquer ses droits, mais bien le désir à exercer un contrôle plus immédiat.
- « L’existence d’un droit implique des occasions de l’exercer. La législation qui permettait autrefois aux tribunaux d’exercer ce droit, stipulait également les circonstances dans lesquelles, d’après l’opinion du Congrès, ce droit pouvait être exercé, mais les modifications de 1836 semblent seulement indiquer que les occasions qui se présentent doivent être portées à la connaissance du
- département compétent et que le gouvernement doit être invité à exercer son droit.
- <( Si ce droit d’annuler un brevet accordé à tort existe, il n’est assurément pas nécessaire de faire une loi pour en régler l’application, puisque l’application existe sans une loi spéciale. Une concession de terrain peut être retirée à la suite d’un procès entamé par le gouvernement sans une loi spéciale et en principe il n’y a aucune différence entre une concession de terrain et un brevet concédé pour une invention.
- « Le domaine public est sous le contrôle du gouvernement et confié à ses soins. Le gouvernement a le devoir et le droit de le protéger contre toute transgression, de même qu’il peut, dans certains cas, conférer à un seul individu, par une concession, avec les droits y attachés, tout ce qui, autrefois, appartenait à tous les citoyens.
- <( Si deux concessions avaient été accordées à différents individus pour le même terrain, l’une d’elles aurait été accordée à tort. La mise en possession ayant eu lieu légalement, il n’y a aucun inconvénient à laisser aux individus eux-mêmes le soin de faire trancher par les tribunaux une question de droit dans laquelle ils sont les seuls intéressés.
- « L’une des concessions doit être nulle et la reconnaissance par les triqunaux de la validité de l’une d’elles doit nécessairement déterminer la nature de l’autre.
- « Mais s’il était porté à la connaissance du gouvernement qu’une concession ait été obtenue par des moyens frauduleux, et si cette concession était la seule accordée pour le terrain en question, il y aurait là une occasion qui imposerait au gouvernement le devoir d’exercer son droit pour retirer cette concession, car alors aucune contestation particulière ne pourrait se produire et les droits de tout le peuple se trouveraient lésés sans retour.
- « L’inventeur est seul propriétaire de son invention. Mais s’il la rend publique en s’en servant ou de toute autre manière, il la donne au public. Les droits qu’une telle publicité donnerait au public sont confiés au gouvernement avec pouvoir de conférer à l’inventeur, par un brevet, le monopole de la mise en pratique de son invention.
- « Ce brevet de même qu'une concession de terrain, prive tout autre individu que le titulaire de la propriété et de l’exploitation de l’objet breveté.
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- « Si deux brevets ont été délivrés pour la même invention, l’un d’eux a certainement été accordé à tort.
- « Si l’autre a été acquis légalement, il n’y a que les deux titulaires qui aient intérêt à être éclairés sur ce point, et la question de savoir lequel des deux a droit au brevet ne peut être tranchée que par un procès engagé entre les deux parties intéressées.
- « Mais, s’il n’y a qu’un seul brevet et s’il a été obtenu par des moyens frauduleux, à l’exclusion et aux dépens de la personne qui, en réalité, était en droit de l’obtenir, ou bien si un brevet a été accordé pour une chose non susceptible d’être brevetée, comme par exemple une invention déjà tombée dans le domaine public; alors le gouvernement a le devoir aussi bien que le droit, dans le cas où l’intérêt public serait sérieusement en jeu, d’user de son pouvoir pour faire annuler le brevet en question, un procès engagé entre particuliers ne pouvant pas, en cette circonstance, apporter un remède efficace et sauvegarder les intérêts de chacun.
- « Tant que la Cour d’équité sera maintenue aux Etats-Unis, la fraude, en tant qu’affaires industrielles ou commerciales, ne restera jamais impunie.
- « En Angleterre, ce tribunal représente la personne du souverain et chez nous, il représente le principe de souveraineté d’une manière bien plus complète que ne le font tous les autres corps constitués. Tous les autres agents sont responsables devant certains conseils et leurs actes peuvent être désapprouvés et annulés.
- « Mais la Cour d’équité spécialement adaptée par sa juridiction et ses méthodes à compléter la jurisprudence écrite, est le dépositaire du pouvoir judiciaire dont l’exercice n’a pas déjà été confié à des tribunaux définis ; elle a, en particulier, pour mission d’annuler tout ce qui a été obtenu par fraude, accident ou erreur, et de porter remède à tout abus de confiance.
- « Si un brevet doit être annulé, c’est là qu’il faut en faire la demande, mais le brevet portant le sceau du gouvernement, le gouvernement seul a le droit de demander sa suppression.
- « Le deuxième point de mon enquête était de savoir, le droit du gouvernement étant établi, s’il fallait engager la procédure au nom de tous les demandeurs ou de l’un d’eux. Les raisons mises en avant pour obtenir la nullité du brevet du téléphone Bell peuvent être résumées ainsi :
- « i° Le brevet a été obtenu par fraude de la part du titulaire, avec complicité des fonctionnaires du bureau des brevets ou par suite d’erreurs commises par ces derniers et en violation des droits du dépositaire d’un caveat, M. Elisha Gray.
- « 2° L’invention n’était pas susceptible d’être brevetée, étant déjà dans le domaine public.
- « D’après ce que j’ai déjà dit sur le premier point de l’enquête, il est évident que ces accusations sont formulées de telle sorte qu’elles rentrent bien dans le cas où, à mon avis, il est du devoir du gouvernement d’intervenir activement, pour l’annulation d’un brevet. Il est bien certain que vous ne désirez pas avoir mon opinion sur la question de la validité même du brevet. La décision que j’ai à rendre ne peut en aucune façon entraver l’action juridique.
- « Quant au jugement définitif, je n’ai pas cru devoir me faire une opinion à son sujet, et quand bien même mon opinion serait faite, je ne saurais l’exprimer.
- « La question est de savoir si les témoignages déjà recueillis suffisent pour soumettre l’affaire à la cour, au nom du gouvernement. Les arguments mis en avant des deux côtés forment un dossier volumineux et sont souvent contradictoires. L’affaire nécessitera beaucoup de recherches scientifiques minutieuses et soulèvera peut-être quelques questions de droit compliquées.
- « Le demandeur et le défendeur ont fourni, au sujet des circonstances dans lesquelles le brevet fut accordé, des allégations d’une nature tellement sérieuse et présentées avec tant d’autorité qu’il est impossible, selon moi, de les ignorer. Je crois que l’affaire, telle qu’elle est présentée, doit être soumise à un examen judiciaire approfondi.
- « Il paraît qu’il existe un grand nombre de procès, tant plaidés qu’à plaider, entre la société propriétaire de ce brevet et d’autres personnes qui l’attaquent.
- « A mon avis, il n’y a pas eu et il ne peut y avoir, dans aucune de ces affaires, un examen aussi approfondi et une appréciation aussi complète des prétendues fraudes ou erreurs commises par le bureau des brevets, que dans un procès entamé et poursuivi par le gouvernement même.
- « Dans une affaire qui soulève des questions aussi graves, il me semble que le gouvernement, doive impérieusement à ses fonctionnaires d’absoudre ou de condamner, et au public, de commencer et de poursuivre une enquête complète.
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- « D’après moi, les poursuites doivent avoir lieu au nom du gouvernement et être faites entièrement par lui, non pas au profit des demandeurs, mais dans l’intérêt du gouvernement lui-même et du public, et entièrement aux frais et sous le contrôle du gouvernement, et je pense qu’il faut choisir l’endroit où le tribunal offrira les plus grandes commodités pour une enquête complète. En agissant de la sorte, les débats seront en rapport avec la dignité du gouvernement et la gravité de l’affaire. Il en résultera, dès lors, un jugement qui édifiera le public sur la valeur du procès.
- « Veuillez agréer, etc.
- « L.-G.-A. Lamar. »
- Sur l’emploi des moteurs électriques Daft à. Baltimore.
- M. Robert L. Harris a donné dernièrement, dans une réunion de la Société américaine des Ingénieurs civils, quelques détails sur l’emploi à Baltimore des moteurs électriques Daft, les mêmes moteurs que l’on a essayés aussi sur la ligne de la Neuvième Avenue du chemin de fer aérien de New-York.
- Malgré le caractère un peu général de ces renseignements, nous croyons qu’ils pourront intéresser quelques-uns de nos lecteurs.
- La ligne ferrée suburbaine,Baltimore-Hampden, a une longueur d’environ 3 kilom. 2 avec une largeur de 1 '”,75 3, elle dépend de la ligne principale des tramways de Baltimore ; la traction avait eu lieu jusqu’à présent par des chevaux, que l’on a remplacés par des moteurs Daft, depuis le ier septembre 1885.
- La voie est en rails de fer pesant 11 kilog. 3 par mètre, et reposent sur des traverses en bois ; la ligne est placée à côté de la chaussée. La contrée est ondulée et la voie fait de nombreux détours, les courbes ont de I2m,2 à 27 mètres de rayon et la plus forte rampe est de 6,2 0/0, le palier continu le plus long est de 91 mètres. Au milieu de l’entre-voie, on à placé un rail identique à ceux la ligne, et protégé par des madriers et des solives ; ce rail forme un des conducteurs, et les diverses parties en sont reliées par des fils de cuivre, de même que ceux de la voie, qui forment ligne de retour ; les connexions avec la dynamo principale sont faites en fil de cuivre isolé de 3mm,2 de diamètre.
- L’énergie est fournie' par un moteur à vapeur (cylindre om,4o6 sur om,6io), faisant 110 tours à la minute, et fournissant 75 chevaux, avec une dépense de vapeur de 13 kilog. 6 par minute, la vapeur est fournie par une chaudière de 4’", 27 de longueur et ira,52 de diamètre, munie de 60 tubes de
- 9 centimètres. La dépense moyenne est de 1 kilog. 5 de charbon pour 18 heures de travail. La machine actionne deux dynamos Dalt de 5o chevaux nominaux qui envoient le courant dans le circuit. D’après l’ingénieur, lorsque deux voitures chargées, actionnées chacune par un moteur se trouvaient sur la plus forte rampe, le travail entier de la machine était absorbé ; au contraire, en palier,
- 10 chevaux suffisaient.
- On a employé deux moteurs, pesant chacun 2.040 kilogrammes et estimés à 10 chevaux. La vitesse des armatures était réglée à 1.200 tours par minute, et le mouvement communiqué à l’axe moteur par un jeu d’engrenage, de manière à réduire la vitesse dans le rapport de 1 à 12, ce qui donne à la voiture une vitesse de 19.3, 3 à l’heure.
- On n’a fait usage d’aucun frein électrique.
- La voiture employée est un car ordinaire à 2 chevaux, la charge moyenne est d’environ 18 passagers, l’arrêt se fait très facilement, même au milieu d’une rampe de 6.1 0/0, et le démarrage s’opère sans difficulté. Les engrenages donnent lieu à un certain bruit, mois insuffisant pour effrayer les chevaux; on espère cependant les remplacer par des roues à friction.
- Avec une seule voiture, le temps employé pour la course simple est d’environ une heure, le passage d’une ligne à l’autre, a lieu par une voie transversale. D’après le directeur de la Compagnie, une voiture aurait fait 1.609 kilomètres, sans exiger aucune réparation à son moteur, et sans autre entretien que le graissage ; le parcours moyen est de 120 kilomètres par jour.
- Ces moteurs n’exigent pas un personnel spécial, et le directeur en est si satisfait, qu’il espère que la Compagnie les adoptera pour les autres lignes suburbaines (9 kilog. 6) qu’elle doit encore ouvrir.
- Il estime qu’avec la force motrice actuelle, on pourrait faire marcher cinq moteurs actionnant chacun une voiture, et si les rampes étaient réduites à 2,8 0/0, un moteur suffirait pour la traction de 3 voitures.
- Les deux moteurs actuels font le service de 3o chevaux, et aussi économiquement.
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- Les quelques chiffres suivants, donneront une
- idée des conditions d’exploitation.
- Poids d’une des plus lourdes voitures..,. 2.3oo kilog. Charge utile, 81 passagers (8ix5y kil.).. 4.617 —
- Poids du moteur........................ 2.040 —
- Coût de la chaudière et de la machine.. 12.000 francs Goût d’un moteur (i5.ooo fr.), soit pour
- les deux..............0.............. 3o.ooo —
- Dépense en charbon (i,5 tonnes prr jour). 24 —
- ingénelur et chauffeur................ 23
- La recette journalière moyenne des voitures mues par les deux moteurs est de 90 francs, et elle s'est élevée un dimanche à 430 francs.
- Quelques commutateurs pour les installations d’éclairage électrique.
- La maison Woodhouse et Rawson a créé, dernièrement, une série de types de commutateurs applicables aux diverses installations d’éclairage électrique ; nous empruntons à VÉlèc-trical Review du i5 janvier la description de quelques-uns d’entre eux.
- La figure 1 représente une clef d’ouverture et de fermeture ; le contact est obtenu par une langue de métal fixée à la fiche, et frottant entre deux bandes de métal ; on peut, si l’on veut, intercaler dans les communications un contact fusible de sûreté. Un arrêt, au moyen d’un ressort raide, prévient un mauvais contact ; il y en a deux types, l’un pour 3, l’autre pour 10 ampères.
- La figure 2 montre un commutateur, composé
- FIG. I
- d’un bras mobile, formé de bandes minces de laiton, et frottant sur une série de plaques de contact, de manière à établir une communication entre la borne principale, qui fait partie de l’axe du bras, et l’une quelconque des plaques de contact; les bandes de laiton, réunies seulement sur l’axe font ressort, et assurent un bon contact ; ce type est construit pour 3o, 60 et 100 ampères.
- Il est particulièrement utile pour insérer des résistances dans le circuit d’une dynamo et pour les en retirer, ou dans l’emploi des batteries
- secondaires, lorsqu’on a besoin d’un commutateur bon marché.
- L’interrupteur de la figure 3, très solide, sert à établir ou à rompre la communication entre deux bornes ; les trois modèles, de grandeurs diffé-
- FIG.2
- rentes, peuvent servir respectivement pour des courants de 60, joo, 300 et 5oo ampères,
- La figure 4 représente un commutateur destiné à régler le nombre d’accumulateurs dans un circuit ; il consiste aussi en une série de contacts, sur lesquels un bras mobile se meut, comme dans le type de la figure 2; mais, avec ce dernier, les éléments correspondants à deux contacts successifs sont mis en court circuit, chaque fois que le bras mobile passe de l’un à l’autre ; avec le type de la figure 4, on prévient cet inconvénient, ainsi que la production d’étincelles.
- FIG. 3
- Dans ce type, nous avons deux bras mobiles pouvant venir en contact avec les divers blocs qui sont en communication avec les éléments; les deux bras sont réunis, l’un à l’autre, au moyen de bobines de résistance, et sont placés de telle sorte que l’un d’eux a complètement abandonné l’une des plaques de contact, avant d’en toucher une autre; lorsqu’un des bras touche une
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- plaque, les éléments compris entre deux contacts successifs sont fermés sur la bobine de résistance intermédiaire, jusqu’à ce que le mouvement soit complet et qu’ils soient mis directement dans le circuit principal.
- FIG. 4
- C’est le seul commutateur qui donne ce résultat sans interrompre le circuit principal, et il est, par suite, applicable aux batteries primaires et secondaires, et son emploi diminue fortement, la perte d’énergie résultant de la mise en court circuit.
- Dans la plupart, des installations, il est nécessaire de subdiviser le courant principal en diverses sections.
- Le type de la figure 5 est spécialement construit dans ce but. Il comporte une barre transversale, en communication avec la borne du circuit principal ; sous cette barre s’engagent des lames de
- FIG. 5
- métal exactement ajustées, et portant, d’un côté, un manche, et de l’autre un ressort en V qui s’engage dans une mâchoire en laiton, qui communique, par un contact fusible de sûreté, avec lu borne du circuit secondaire. Le nombre de ces lames et des mâchoires correspondantes est aussi grand qu’on le veut. On a ainsi un nombre quelconque de lignes indépendantes, ayant chacune leur contact de sûreté.
- Le support H. iPieper pour lampès à, incandescence (').
- Comme on peut le voir par les figures i, 3 et 3, ce support se compose principalement d’une pièce a en verre, en bois, en ébonite, qui se fixe au candélabre ou au lustre au moyen de la partie filetée ; cette pièce est reliée à la lampe d, au moyen de la spirale métallique b, qui est vissée d’abord sur a, et dont les spires inférieures, maintenues à une distance invariable par la petite boucle soudée c, servant d’écrou pour la garniture métallique e de la lampe.
- Dans l’axe dé la partie a est une vis /en côm-
- FIG. I, 2 ET 3
- munication avec l’un des fils conducteurs g. En vissant la lampe, la spirale fait ressort et appuie le bouton m où aboutit une des extrémités l du filament, contre la vis f ; l’autre extrémité k est en connexion avec e, et par suite avec la spirale. Celle-ci se termine par un manche o qui permet de placer le contact n soit dans l’encoche p, sôit dans l’encoche q ; dans ce dernier cas, lè ressort, plus tendu, le presse contre le contact z où se termine le second conducteur h ; on peut donc, par le petit mouvement de rotation de la spirale, mettre la lampe dans le circuit et l’en retirer. Si l’on ne tient pas à pouvoir retirer quelques lampes du circuit, on peut naturellement Supprimer la poignée o et fixer à demeure la spirale b et le contact i.
- (') Journal de Dingler, janv. 1886.
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- CORRESPONDANCE
- MM. Woodhouse et Rawson nous informent que l’ammètre et voltmètre dont nous avons donné une description très complète dans notre numéro du 16 janvier dernier (p. 11 o), est dû comme principe à M. Cunynghame, et qu’il a été breveté sous les noms de MM. Cunynghame, Woodhouse et Rawson. Les détails de l’appareil ont été étudiés par M. Cunynghame, avec le concours de MM. Woodhouse et Rawson. C’est à cette triple collaboration que l’appareil doit sa forme'actuelle.
- (N. D. L. R.)
- r
- Philadelphie, le 19 janvier 1886.
- Monsieur le Directeur,
- Nous vous serions obligé de bien vouloir insérer la lettre suivante de notre Président, en réponse à celle de MM. Woodhouse et Rawson qui a paru dans votre numéro du 19 décembre dernier.
- Veuillez agréer, etc.
- William H. Wahl,
- Secrétaire du ic Franklin Institute »,
- Monsieur le Directeur,
- Mon attention a été appelée sur une lettre de MM. Woodhouse et Rawson, de Londres, qui a paru dans le numéro du 19 décembre de votre journal et dans laquelle ces messieurs rééditent une calomnie publiée par un journal de New-York, à la date du i3 juin i885, sans toutefois mentionner la réponse du Secrétaire du Franklin Institute, qui fut imprimée dans le numéro suivant du môme journal à la date du 20 juin. On peut en effet lire dans VElec-trical Review, de New-York, portant la date précitée, la lettre suivante :
- « Cher Monsieur,
- « Je vous serais obligé de bien vouloir reçtifier dans votre « prochain numéro l’erreur, sans doute involontaire, que « vous avez commise dans la reproduction de mes remar-« ques au sujet des essais électriques publiée dans votre « numéro de la semaine dernière, et dont je ne puis accep-« ter la responsabilité.
- « J’ai dit à votre représentant, comme à beaucoup d’au-« très personnes, que je ne pouvais guère le renseigner à ce « sujet et que M. Tatham seul était en mesure de fournir « les renseignements demandés. En dehors de ceci, je ne « puis accepter la responsabilité des autres déclarations « que vous avez publiées.
- « Veuillez agréer, etc.
- « William H. Wahl,
- « Secrétaire du (1 Franklin Institute ».
- Philadelphie, le 16 juin 1886.
- Personne ne s’occupa davantage, à ma connaissance,, de cet article, et l’affaire fut étouffée par sa propre absurdité-
- La raison qui a poussé MM. Woodhouse et Rawson à rééditer cette ancienne calomnie, provient de ce que d’autres fabricants de lampes à incandescence cherchent à se faire une arme contre eux du rapport du jury nommé par le Franklin Institute pour essayer le rendement et la durée des lampes à incandescence.
- Il est vrai que différents motifs ont empêché les Compagnies Swan, Maxim et autres de faire inscrire leurs lampes pour ces essais; personne n’avait le droit, ni môme le motif, de craindre que ces essais ne fussent pas correctement exécutés, et personne n’a aujourd’hui aucune raison pour dire qu’ils ne l’ont pas été avec équité.
- Le principe fondamental auquel on s’est conformé pendant ces essais a été de faire ce qui était juste et d’éviter jusqu’à une apparence d’injustice.
- A cet effet, un règlement fut adopté et des juges choisis avec le plein consentement des exposants, et rien ne fut caché aux personnes intéressées. Les exposants ont été invités à examiner, et ils ont en effet suivi les essais pas à pas. Des experts ont comparé les instruments de mesures photométriques du jury avec les leurs.
- Je crois qu’il serait impossible de trouver , quatre hommes mieux préparés à leur mission que les quatre juges de ces essais, dont la moralité est incontestable.
- J’ai été témoin de leur travail jour par jour et des rapports ont été adressés chaque semaine au Franklin Institute constatant le degré d’avancement des essais.
- Voyons maintenant de quoi ces messieurs se plaignent.
- Ils disent : En premier lieu, que leurs lampes ont été essayées à leur insu et sans leur consentement, et, en second lieu, qu’on a fait fonctionner les lampes avec 5 volts de plus que la force électro-motrice indiquée.
- On a essayé deux lots de ces lampes. Le premier était choisi parmi un grand nombre de lampes appartenant à la Compagnie Van Dcpoële et marquées 20 bougies, 55 volts. A l’essai elles ont fonctionné avec 55 volts. Le numéro 9, dont la résistance à froid était de 106 ohms a duré le plus lontemps, c’est-à-dire 715 heures et demie, le numéro 2, dont la résistance à froid était de 102 ohms, offrait un éclat extraordinaire.
- A la vérité, ces messieurs ont peut-être raison de dire qu’en ce qui concerne ces lampes, elles ont été essayées à leur insu et sans leur consentement.
- Nous avons reçu la deuxième série de lampes par l’entremise de la Compagnie. Edison. On m’a communiqué les renseignements suivants %ur l’origine de cette intervention.
- A la réunion du 3 décembre 1884 de la Society 0/Arts de Londres, M. W. H. Preece F. R. S. fit une conférence sur l’éclairage électrique (l *) au cours de laquelle il dit :
- « Le rendement des lampes à incandescence a également été considérablement amélioré grâce aux perfection-
- (1) Voir le « Journal of the Society of Arts » du 5 décembre 1884,
- page 73-
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- ncmcnts apportés dans leur construction par MM. Woo-dhouse et Rawson et M. Bernstein entre autres. »
- « Les lampes Edison ont une consommation d’énergie de cinq watts par bougie, mais on fait aujourd’hui des lampes qui ont un rendement de deux et demi watts par bougie sans aucune diminution de la durée de la lampe ce qui équivaut à une réduction directe de 5o o/o de la quantité d’énergie nécessaire à l’alimentation du système et par conséquent du prix de production. »
- Partant de là, la Compagnie Edison a demandé à M.Preece de produire des lampes de ce genre et de les faire essayer par le Franklin Institute, dont la commission préparait à ce moment les essais qui ont eu lieu plus tard.
- M. Preece s’est procuré les lampes et les a envoyées à la Compagnie Edison.
- Une lettre de cette Compagnie, adressée à la date du j 3 avril i885 à M. le professeur Marks, membre de la Commission, s’exprime ainsi :
- « M. Preece, l’électricien en chef de l’Administration anglaise des Télégraphes, a envoyé à M. Edison un certain nombre de lampes Woodhouse et Rawson qui sont aujourd’hui consignées à la douane de New-York. Nous avons donné ordre de vous les faire expédier à l’Exposition d’électricité sans les déballer dès que les formalités de la douane auront été rempliés. »
- A ce moment, toutes nos cases pour essais étaient occupées et tout notre Courant utilisé.
- A l’intérieur de la caisse nous avons trouvé une grande étiquette avec ces mots: « Pour M. W. H. Preece, 20 bougies, 5o volts ». Chaque lampe portait l’étiquette ordinaire de MM. Woodhouse et Rawson qui avait cependant été modifiée et le zéro dans le chiffre 5o était écrit au-dessus d’une rature.
- La résistance à froid de toutes les lampes essayées était presque uniforme, pour 5, elle était de 100 ohms, pour 2, de 9g de 101 ohms et enfin pour 1, de 102 ohms.
- Ces circonstances nous ont convaincu que les lampes n’avaient pas été choisies au hasard.
- A la date du 7 mai, elles ont été essayées à 5o et à 55 volts et leur intensité lumineuse horizontale et sphérique a été mesurée.
- Le tableau suivant, dressé d’après les documents officiels du Franklin Institute, indique les résultats de ces essais.
- En discutant ces résultats préliminaires, les juges ont constaté qu’il était impossible de suivre les indications de l’étiquette. On ne pouvait pas obtenir un éclairage de 20 bougies avec 5o volts et ils se sont décidés à augmenter la force électro-motrice. Il y a trois points importants dont il faut tenir compte dans les lampes à incandescence : l’éclat, la durée et l’économie. On prétend que ces lampes sont d’un éclat très-vif et d’un prix modique. Leur réputation ne pourrait pas gagner par un essai avec 5o volts, car les expériences préliminaires avaient démontré
- qu’avec cette force électro-motrice les lampes étaient sans éclat et d’un prix élevé ; on pourrait tout au plus augmenter la durée par ce moyen, mais comme il ne restait, à ce moment, que 3oo heures du temps fixé pour les essais, aucune preuve ne pouvait être fournie sur ce point.
- LAMPES WOODHOUSE ET RAWSON
- {Deuxième série)
- MESURES COMPARÉES DU POUVOIR ÉCLAIRANT HORIZONTAL ET SPHÉRIQUE A 50 ET A 55 VOLTS Exécutées le 7 mai 1885.
- NUMERO <3o lu lampe VOLTS AMPÈRES WATTS MOYENNE des bougies WATTS par bougie spliér. WATTS par bougie lioriz.
- Horlz. Splrôr.
- 30 31 32 33 34 35 36. 37 38 3g Moyenne Moyenne 5o. 55. 5o. 55'o5 5o.o3 55. 5o. 55.o5 5o.o3 55. 49.95 54.95 nf 5o. 55. 5o.o5 55. 56. 55. 5o. 55. 1.071 1.167 1.084 1.182 1.084 i.io5 i.oSq 1.188 i.o5o '•HZ 1.04b 1.109 1.088 1. iqi 1.086 1.185 1.097 1.197 1.089 1.186 1.0784 1.1777 53.75 64.18 54.20 60.07 54.23 60.72 04.45 60.40 52.53 63.08 52.25 62.58 04.35 65.5o 54.33 60.17 54.90 îili 65.23 53.944 64.770 •4-'9 22.73 12.38 20.93 12.43 21.28 14.07 22.67 I 2.52 20.78 ;«? 15.68 25.98 13.88 22.93 12.24 20.70 11.88 I 3.575 22.127 11.48 18.52 9-9l 17.28 IO-4Z 17.36 ii.75 ig.oi 10.34 16.91 11.73 ig.56 i3.o5 21.41 11.01 18.74 10.o5 17.84 9.73 16.33 11.004 i8.2g0 4.68 3.46 5.46 3.76 5.18 3.78 4-63 3.44 5.o8 3.73 4.45 5.20 4.16 3.o5 4.72 3.47 5.46 3.09 5.59 3-99 tMi 3.79 2.82 4-38 0.11 4-36 0.09 3.87 2.88 4.20 0.04 3.61 2.66 lu 2 $4 !:$ 4-58 0.41 4.066 2.955
- La décision des juges a été dictée par le désir d’agir comme ils croyaient que les fabricants l’auraient fait eux-mêmes, s’ils avaient été présents et au courant de tout ce qui s’était passé. Les juges n’ont fait aucun secret de leurs agissements, ni des raisons qui les avaient guidés. Ils ont publié les résultats des essais avec 5o volts, mais sans leur donner de l’importance.
- Les juges ont augmenté la force électro-motrice par égard pour les fabricants des lampes, et c’est ce même sentiment qui les a empêchés de publier le tableau ci-dessus.
- MM. Woodhouse et Rawson n’ont pas apprécié ce procédé, et ils en ont fait un reproche à la commission.
- Je ne vois pas dans la conduite des juges l’ombre d'une injustice, et je prie tous les journaux qui ont publié la lettre de MM. Woodhouse et Rawson d’accorder la même hospitalité à cette réponse.
- Veuillez agréer, etc.
- W. T. Tatham,
- Président du « Franklin Institute ».
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- FAITS DIVERS
- Nous avons le plaisir d’annoncer qu’un de nos collabo-teurs etramis, M. Lippmann, vient d’être élu. membre de l’Institut dans la dernière séance de l’Académie des sciences.
- À la séance du 27 janvier de la Chambre des Représentants à Bruxelles, M. Somzé a fait la motion d’ordre suivante : ;
- Les applications industrielles de l’électricité ont pris en Belgique une extension considérable.
- * Un immense réseau de fils télégraphiques et téléphoniques enserre les villes. En temps ordinaire cette situation est d’une inocuité parfaite, mais en cas d’incendie, il en est tout autrement.
- C’est vous dire qu’un danger réel menace les abonnés de tout service public qui fonctionne au moyen de l’électricité.
- Je crois faire chose utile en signalant à mes collègues les moyens de précaution mis en œuvre en Angleterre et eh Amérique. On mesure à l’aide d’appareils spéciaux l’intensité des courants; il faut aussi éviter l’humidité et l’emploi de la terre dans les circuits.
- Le Board Office de New-York a prévu des mesures spéciales pour parer aux dangers causés par ce développement des applications électriques.
- Il en est de môme en Angleterre. Les fils électriques doivent i notamment être placés assez haut pour que les échelles de secours puissent passer par dessous sans encombre.
- Les applications de l’électricité ont été la cause de nombreux accidents. C’est ainsi qu’un pompier américain a été foudroyé et tué net. Il est vrai que les tensions ne sont pas aussi puissantes en Belgique, mais il n’en est pas moins certain que les installations électriques deviennent chaque jour plus fréquentes.
- Le gouvernement ne peut pas se borner à laisser faire : la pose des câbles et des fils électriques doit être inspectée et surveillée. Outre cette mission, il convient aussi que l’on s’occupe de la priorité du placement des fils téléphoniques et'des câbles utilisés par l’éclairage.
- Le dimanche .24 janvier, un.incendie assez violent s’est déclaré dans l’usine de l'India Rubber, Gutta Percha and Telegraph Co à Silvertown près de Londres. Le feu avait pris dans deux chambres au rez-de-chaussée qui servaient au dépôt d’appareils. Les employés de la Compagnie ont heureusement pii empêcher le feu de gagner les étages supérieurs. Néanmoins, les dégâts sont assez importants.
- Éclairage Électrique
- Grâce à la lumière électrique, les travaux que M. de Rothschild fait exécuter dans son hôtel de la rue Saint-Florentin, peuvent être poursuivis pendant la soirée. Les lampes installées à Cet effet par la Société Édisort sont mobiles; chaque ouvrier en a une à sa disposition qu’il peut placer où bon lui semble. Cette mesure permet d’activer singulièrement les réparations.
- La gare de l’Est à Paris- a inauguré ces jours-ci l’éclairage électrique au moyen des lampes Cancc. Trois lampes sont placées dans l’étroit couloir qui forme la salle des pas-perdus, et six ou sept autres dans les salles d’attente de la ligne d’Avricourt. La substitution de l’électricité au gaz est d’autant plus appréciée des voyageurs que la compagnie de l’Est a toujours été d’une grande parcimonie au point de vue de l’éclairage des salles d’attente.
- Le. café de Paris, avenue de. l’Opéra vient d’adopter l’éclairage électrique.
- La salle du restaurant du. rez-de-chaussée se trouve, depuis plusieurs jours, éclairée par 40 lampes à incandescence Woodhouse et Rawson [de i5 bougies alimentées directement par une machine Gramme actionnée au moyen d’un moteur à air comprimé.
- Malgré la petite vitesse de ce moteur, dont la poulie ne fait que 100 tours à la minute, la lumière est absolument fixe.
- L’inauguration a eu lieu samedi dernier, premier jour de bal à l’Opéra, et comme premier essai, l’éclairage à fonctionné sans arrêt de 5 heures du soir à 7 heures du matin.
- L’éclairage complet comprendra 200 lampes à incandescence et 12 régulateurs à arc. Cette installation a été faite par M. Georges Fournier.
- MM. Bennett et C° de Glasgow, ont dernièrement installé la lumière électrique dans les mines de Calânos, en Espagne, appartenant à la Compagnie Tharsis de soufre et de cuivre.
- La dynamo du type Crompton fournit le courant à 6 foyers à arc Crompton de 3,000 bougies chaque ; elle est actionnée par une machine Marschali de 8 chevaux.
- La Compagnie a adopté la lumière électrique afin de pouvoir continuer les travaux pendant la nuit.
- Il paraît que M. Stanhope, membre du Parlement anglais, va prochainement déposer un projet de loi à la Chambre des communes modifiant la loi sur l’éclairage-électrique en Angleterre.
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- Une ville suédoise, Hernosand, va être entièrement éclairée à la lumière électrique. On y a utilisé la force motrice d'une chute d'eau située à 3 ou 4 kilomètres de la ville. Le nouveau système d'éclairage doit coûter 2 5 0/0 meilleur marché que la lumière au pétrole. On a fait pendant un mois, avant d’organiser définitivement le système à Hernosand, des expériences complètes qui ont parfaitement réussi.
- 11 résulte d’un tableau comprenant 96 villes en Amérique et le prix du gaz par 1.000 pieds cubes dans chaque ville, que celui-ci revient en moyenne à 9 fr. 40 par mille pieds cubes, c’est-à-dire deux ou trois fois plus cher qu'en Angleterre par exemple. Ce fait explique en grande partie le succès et les progrès énormes de l’éclairage électrique aux États-Unis.
- Télégraphie et Téléphonie
- On télégraphie de Saint-Pétersbourg, à la date du 23 janvier, que des ordres ont été donnés pour la création d’un nouveau dépôt de matériel télégraphique militaire au Caucase.
- M. E. de Malan publie dans la Nature du 28 janvier, une lettre fort curieuse sur la vibration des fils télégraphiques soumis à l’action du vent.
- Les poteaux entre lesquels avaient lieu les observations étaient éloignés d’environ 80 mètres Dans chaque intervalle, plusieurs noeuds de vibration s’étaient spontanément déterminés. Dans un seul intervalle, M. de Malan n’a pas compté moins de 7 noeuds, ce qui démontre que le fil s’était subitement partagé en huit segments différents.
- Tous les fils ne participaient pas à ce mouvement; quelques-uns restaient immobiles, mais ils étaient indistinctement recouverts d’une gaine de glace qui augmentait sensiblement leur poids.
- L’auteur pense que l’amplitude transversale des vibrations mesurées aux centres, était de 4 centimètres. Mais il n’a pas essayé ni de compter leur nombre ni de déterminer la hauteur de son produit.
- Ainsi que nous l’avons déjà annoncé, la Chambre de commerce de Liverpool a envoyé une députation au Directeur général des Postes et Télégraphes, à Londres, à l’effet d’insister auprès de ce dernier pour obtenir une communication télégraphique directe avec le continent. La députation a été reçue le 25 janvier, par le Directeur général qui, tout d’abord, lui rit observer que la solution de la question dépendait en grande partie des Compagnies de câbles, mais que le gouvernement de son côté, était disposé à faciliter l’établissement d’une communication directe* Il espérait même voir bientôt le projet réalisé par
- la construction d’une ligne directe entre le Hâvrc et Liverpool, promettant de faire tout son possible polir arriver à ce but.
- Le lendemain de l’incendie de Pusiiie à Silvcrtown dont nous avons entretenu nos lecteurs, une.autre.fabrique de fils et câbles électriques, celle de MM. Glow et Cle à Salpord, près de Manchester, a également été incendiée. Heureusement le feu a été vite, éteint .et les dégâts ne dépasseront pas une somme de 7 à.8.000 francs. .
- Il ressort du rapport de la Direct Cable Co de New-York que les recettes du dernier semestre accusent une diminution de 750.000 francs sur le semestre précédent. Le rapport attribue cette perte à la réduction du tarif et à la concurrence des nouveaux câbles de la Commercial Cable Co.
- Le budget de la colonie de Queensland comprend un chapitre relatant une somme de 6.25o.ooo francs affectée au service des lignes télégraphiques du pays.
- O11 parle en ce moment beaucoup de l’établissement d’une communication télégraphique directe par câble entre San Francisco et l’Australie.
- Une dépêche de Constantinople, en date du 20 janvier, annonce que les communications télégraphiques entre Philippopoli et Andrinople seront définitivement rétablies dans peu de jours.
- Il a été ouvert au service télégraphique international, en i885, plus de 2,5oo bureaux parmi lesquels nous citerons notamment 6 bureaux en Bolivie,' 10 en Chine, 4 dans la Corée, 6 dans le Paraguay, 4 en Perse, etc.
- Ce sont là des conquêtes dont l’Union télégraphique doit être fière, car elle porte son action sur des points jusqu’alors fermés aux relations du commerce- et de .l’industrie.
- Le réseau télégraphique aux Indes comprenait en i883, 21,740 milles de lignes, 62,83o milles de fils, 1 3o milles de câbles, 324 bureaux avec un trafic de 1 $810,906 dépêches par an, donnant 13,632, 875 franCË de recettes.
- On annonce que le service téléphonique, projeté depuis l’annce dernière entre Rouen, Elbcuf et Louvicrs, sera ouvert à partir dit icr février.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La population lilloise n’a pas toujours à se louer de l’exploitation du réseau téléphonique par l’Etat.
- Nous avons déjà parlé du mauvais fonctionnement du service.
- Récemment, un vif mécontentement s’est produit parmi les habitués des cabines publiques, qu’on ne voulait plus autoriser à payer en argent, mais seulement avec des tickets ; or, ces derniers ne se vendaient qu’au bureau de poste.
- On comprend les réclamations qui se sont élevées et devant lesquelles l’administration s’est décidée à munir de tickets les préposés aux cabines.
- Il aurait été trop simple de commencer par là.
- La France compte actuellement vingt réseaux téléphoniques urbains, dont onze organisés par la Société générale des Téléphones et neuf par le Ministère des Postes et Télégraphes.
- Le nombre total des abonnés est de 7.175. Les communications interurbaines n’existent qu’entre Paris et Reims, Rouen et le Hâvre, Lille et Roubaix-Tourcoing.
- L’Italie possède seize réseaux urbains, avec 8.346 abonnés; mais, sauf entre Gênes et Sampierdarena, il n’y a pas de communications interurbaines.
- L’Espagne est encore moins avancée; les réseaux, établis seulement dans trois villes, comptent 594 abonnés.
- A ces résultats peu encourageants, nous avons à opposer les progrès accomplis dans les pays du Nord.
- L’Allemagne a près de i5.ooo abonnés au service des téléphones. A Berlin, à Francfort-sur-Mein, la proportion est de 3,5 0/00 de la population; à Hambourg et aux environs de 4,75 0/00, à Dresde de 3,3 0/00, à Leipzig de 3,2 0/00, pour ne citer que les villes importantes.
- En outre, les lignes interurbaines sont au nombre de 48 et relient entre eux les centres importants, ainsi Berlin et Magdebourg, Lubeck et Francfort, sans compter les réseaux secondaires de moindre développement.
- ’ Depuis le 1" janvier 1883, c’est-à-dire en trois ans, les abonnements ont triplé, de 3.613 à 14.733, et l’emploi combiné du téléphone et du télégraphe s’est singulièrement développé dans toute l’étendue de l’empire, d’après les rapports de l’administration des télégraphes.
- En Belgique, trois compagnies ont organisé les services téléphoniques dans sept villes, avec 3.365 abonnés : Charleroi tient la tête avec une proportion d’abonnés de 12,5 0/00 de sa population; puis Verviers avec 9 0/00, Mons avec 8 0/00, Anvers avec 4 0/00, Bruxelles, Gand et Liège avec 2 et et 3 0/00.
- Cette différence marquée entre les centres industriels et les villes montre combien les premiers apprécient les services de la téléphonie.
- D’ailleurs, en Belgique, les divers réseaux sont reliés entre eux-et avec le télégraphe, ce qui offre de grandes facilités au point de vue commercial.
- En Angleterre, le nombre des abonnés a doublé depuis le 1" janvier 1883, en passànt de 7.287 à 15.114, et les
- communications interurbaines ont pris un développement considérable.
- Nous lisons dans l'Etoile belge :
- Les accidents causés aux lignes téléphoniques aériennes de Belgique par les mauvais temps de ces dernières semaines ont remis en discussion le remplacement de ces lignes par des câbles souterrains. La question vient d’être agitée dans la commission du budget du Parlement allemand et l’opinion exprimée à ce sujet par le secrétaire d’État mérite d’être rapportée.
- Suivant M. de Stephan le jour n’est pas éloigné où l’on reconnaîtra l’absolue nécessité de remplacer les fils aériens par des fils souterrains; l’opération est d’autant plus possible qu’on est enfin parvenu à construire des câbles faciles à déplacer et renfermant un nombre considérable de fils. Mais comme ces changements entraînent à de grandes dépenses, ils ne pourront se faire que lentement et d’une manière progressive.
- On annonce que les dégâts causés au réseau de VUnited Téléphoné de Londres par la récente tourmente de neige, s’élèveront au chiffre respectable de 25o.ooo francs. Cette nouvelle n’est nullement conforme à la déclaration faite par le secrétaire de la Compagnie, le lendemain du désastre, où il était dit que les dégâts étaient « comparativement insignifiants ».
- La « Western Counties and South Wales Téléphoné Co 1) vient d’ouvrir un nouveau réseau téléphonique à Cardiff. Il y a deux séries d’abonnements : 1° l’abonnement « commercial » qui aura droit au service de nuit et à la communication directe avec les bureaux de la Poste et du Télégraphe; le prix de cet abonnement varie de 3oo à 35o francs, selon la durée de l’engagement souscrit par l’abonné; 2° l’abonnement ordinaire qui ne coûtera que de 25o à 3oo francs, et donnera droit aux communications de 9 heures du matin à 6 heures du soir seulement (les dimanches exceptés). Les abonnés pourront être mis en communication directe avec la ville de Newport moyennant un supplément d’abonnement s’élevant à i5o francs par an.
- Les communications téléphoniques qui furent établies l’année dernière entre 19 stations de sauvetage sur la Côte de New-Jersey, en Amérique, ont rendu de si grands scrj vices qu’on se propose de les étendre à 7 nouvelles sta* tions sur la même côte et à 14 autres sur la côte de Norlu-Datura.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Électrique, 31, boulevard des Italiens. Paris. — L. Barbier.
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- La Lumière Électrique
- Journal universel iïÉlectricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dl CORNELIUS HERZ
- Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout
- 8e ANNÉE (TOME XIX)
- SAMEDI 20 FÉVRIER 1886
- No 8
- SOMMAIRE. — Éclairage électrique des trains ; G. Richard. — Application de l’Électricité à l’étude du mouvement spontané des liquides dans les tubes capillaires (20 article); G. Decharme. — A propos de la téléphonie à grande distance; B. Marinovitch.— De la fusion par l’électricité; A. Tanner,— « Qu’cst-ce que l’électricité?»; P. Clemenceau. — Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Essais comparatifs de machines dynamo-électriques exécutés par le Comité du « Franklin Institute ». — Correspondances spéciales de l’étranger : Allemagne; Dr H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Chronique : Nouveau système de communications téléphoniques de la maison Naglo frères, à Berlin. — Nécrologie : M. Jules Jamin. — Bibliographie : « Handbuch der Electrotechnik », par M. E. Kittler. —- « Traité élémentaire des mesures absolues, mécaniques, électrostatiques et électromagnétiques avec applications à de nombreux problèmes », par A. Serpieri (Édition-française).— «Annuaire du bureaudes Longitudes pour 1886 ».— Correspondance : Lettre de M. Dubois.— Faits divers.
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DES TRAINS
- Système de la maschinenfabrik d’Esslingen et de l’Electrotechnische eabrik de Cannstatt
- Le système d’éclairage électrique des trains que nous allons décrire présente quelques détails ingénieux, dont la description complétera celles des appareils analogues que nous avons données dans nos articles précédents sur l’éclairage des trains par Pélectricité (1).
- Les principales conditions que doit remplir un système d’éclairage électrique de train actionné par Pessieu d’une des voitures peuvent, comme l’indiquent les inventeurs des appareils que nous allons décrire, se ramener aux suivantes :
- [à] Vitesse constante de la dynamo, indépendamment des variations de la vitesse du train , tant que cette vitesse ne tombe pas au-dessous d'une certaine limite, à partir de laquelle on
- (l) N° du y février 1884 (Stroudley et Hougton), 7 et 14 juin 1884, Rogers Tommasi ; Starr ; Prcecc et James; Stcrn et Billingsby ; Magnus Wolk ; de Kabath.
- coupe le circuit de la dynamo aux accumulateurs.
- [b) La dynamo doit tourner toujours dans le meme sens, et ne pas tourner quand le train recule après un arrêt, au moment où on lâche les freins.
- [c) Le circuit doit être commandé par un commutateur dont l’action instantanée empêche immédiatement toute interversion nuisible du courant.
- [d) Le fonctionnement des lampes doit être mis à l’abri de tout dérangement pendant le voyage.
- La première condition, vitesse constante limitée, est accomplie (fig. i, 2 et 3) parce que la courroie G, à tendance E, qui transmet le mouvement du cône moteur B à la dynamo M par le cône D, reçoit sur ces cônes, par le régulateur R et les guides un mouvement transversal fonction de la vitesse du train.
- A cet effet, le régulateur R met en prise (fig. 5 et 7), par son manchon h et par le levier /, l’un ou l’autre des pignons n ou 11 avec celui de l’arbre r, qui tourne ainsi à droite ou à gauche, suivant que la vitesse est trop grande ou trop faible.
- Cet arbre commande d’une part, en r xx y, le mouvement du guide courroie \ conjugué de G et, d’autre part, au moyen de la vis sans fin l’écrou q, qui ramène, par un mécanisme de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- servo-moteur u, le manchon h à sa position neutre, dès que la vitesse a repris son allure normale.
- Le régulateur commande en outre un indicateur de vitesse v.
- Ainsi qu’on le voit par les ûg. i, 2, 3, 5, 6 et 7, le circuit de la dynamo et des lampes comprend :
- Un commutateur instantané U ;
- Un manipulateur K;
- Une résistance variable W ;
- Une batterie d’accumulateurs.
- Le courant passe, suivant la position du manipulateur K :
- {a) Dans le jour, à travers la résistance W, seule, ou à travers les accumulateurs en chargement ;
- FIG. 4
- FIG. I. 2 ET 3. —
- ENSEMBLE DU SVSTEME. — COUPE LONGITUDINALE ET TRANSVERSALE ET CHASSIS DU FOURGON * ÉLECTRIQUE
- (b) La nuit, à travers la résistance W ou par les accumulateurs dans les lampes.
- Dans les deux cas, le commutateur U rompt automatiquement le circuit de la dynamo, dès que la vitesse du train tombe au-dessous de sa limite inférieure ; la nuit, ce commutateur met alors les accumulateurs dans le circuit des lampes.
- Le Commutateur instantané U, destiné à satisfaire à la troisième condition est commandé (fig. 5 et 8) par une butée a, solidaire du guide qui vient, en temps normal, passer sous le levier b'b", le faire tourner) tendre ainsi le ressort f et le
- maintenir tendu en s’engageant dans l’encoche (5 du bras b'. Dèsquela vitesse tombe au-dessous de sa limite inférieure, le taquet a' repousse le bras b', et fait ainsi osciller la tige d'vers la droite, de manière que la butée S, dégagée du crochet came y, laisse le ressort f' soulever brusquement la tige d'et le commutateur U qui lui est attaché.
- Le guide ^ ramène ensuite automatiquement l’appareil dans sa position primitive, dès que le train reprend sa vitesse.
- La troisième condition est satisfaite par l’env«
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- FIG. 7
- DÉTAIL DU RÉGULATEUR
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DES TRAINS
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- 34o la lumière électrique
- ploi d’un appareil de sûreté représenté par les ligures 8 et 9 et destiné à prévenir toute interversion du courant de la dynamo par les accumulateurs, la destruction ou l’extinction des lampes, en cas d’arrêt par accident, chute d’une courroie, perte d’une vis de contact, etc.
- Dans ces cas l’électro-aimant S lâche son arma-
- ture Il, qui déclanche par /, le fourneau rs de la tige diy de sorte que le fonrneau r(, brusquement entraîné par le contrepoids p.> soulève le commutateur u'\ qui dérive le courant de la dynamo sur la résistance W et relie les accumulateurs en série au circuit des lampes. L’appareil de sûreté est relié à une sonnerie avertisseuse.
- FlÜ. 8 ET 9. — DÉTAIL/ DU COMMUTATEUR DE SURETE
- Le changement de marche qui a pour objet de faire tourner la dynamo toujours dans le même sens est représenté par la figure io. L’arbre r du cône D (fig. 1 et 2), commande à cet effet l’arbre G par deux pignons R, R2, calés sur un manchon fileté sur l’arbre r (fig. 10) et muni à scs extrémités d’embrayages G, G*, qui l’entraînent chacun dans un sens seulement.
- Dans la position figurée, l’arbre r tourne à gauche, dans le sens de la flèche supérieure, et entraîne le manchon par l’embrayage G4 ; si le monvement de r change de sens, comme celui du
- train, l’embrayage de G‘ se déclanche, et la résistance de l’arbre G fait tourner le manchon sur sa vis jusqu’à ce que la roue R( lâche le pignon de G, qui vient en prise avec la roue R2 entraînée par l’embrayage Gâ, de sorte que l’arbre G tourne toujours dans le même sens. L’interversion des pignons s’opère en trois quarts de tours de l’arbre r.
- Les conditions du programme sont donc bien remplies, théoriquement du moins, mais nous croyons qu’il n’en serait pas de même de la ques-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 341
- tion de l’entretien, qui a bien son importance en pratique.
- Nous pensons que les mécanismes de transmission et de commutation installés sous la voiture ne résisteraient pas longtemps à la poussière des trains, et que l’on aurait tout avantage à les placer à l’intérieur du fourgon, et, même dans ce cas, nous ne voyons, dans les appareils que nous ve-
- l
- F JO. 10. — DÉTAIL DU CHANGEMENT DE MARCHE
- nons de décrire, rien qui puisse, malgré leur ingéniosité, modifier notre opinion : que la solution la plus pratique consisterait à commander la dynamo par un moteur indépendant, installé sur la locomotive ou dans un fourgon (') et régularisé au moyen d’un modérateur électrique (2).
- Gustave Richard.
- (') La Lumière Electrique, 7 juin 1884, p. 37?.
- (2) La Lumière Electrique des 24 niai 1884, .17 janvier et 21 novembre i885.
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ a l’étude du
- MOUVEMENT SPONTANÉ DES LIQUIDES
- DANS LES TUBES CAPILLAIRES
- Deuxième article. (Voir le numéro du /.? février 1886).
- II
- REPRESENTATION GRAPHIQUE DES RESULTATS NUMÉRIQUES D’EXPÉRIENCES.
- Des expériences analogues à celles indiquées dans le précédent article, ont été faites avec des tubes de différents diamètres, sur des liquides de nature diverse et à des températures variées.
- Temps (en secondes)
- FIG. 7
- Dans cet exposé sommaire, nous ne pouvons ici que donner un aperçu de la marche du phénomène.
- Au lieu des tableaux numériques nombreux portant sur plus de 200 liquides, nous nous contenterons d’exposer les résultats relatifs aux liquides types représentés par les courbes correspondantes, dont l’allure, le développement, l’élévation donnent immédiatement une idée nette du mouvement observé.
- Ce mode de représentation graphique, outre l’avantage de présenter clairement et d’un trait d’ensemble des résultats numériques où il serait
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- difficile, sans un examen attentif, de saisir les rapports qui existent entre les divers éléments de la question, a aussi celui de corriger les petites erreurs inévitables d’expériences, de régulariser pour ainsi dire la marche du phénomène et d’en rétablir la continuité.
- Niveau du liquide dans le-vasc
- FIG, 7 bis. *— MOUVEMENT ASCENDANT SPONTANE DES LTOUIDES DANS LES TUBES CAPILLAIRES
- Diamètre du tube = o,335 m.m a = 45° 0 — iq*
- Le tracé des courbes a d’abord été fait sur une très grande échelle; celles qui sont relatives à l’eau n’avaient pas moins de 2 mètres de développement.
- C’est sur ces modèles que l’étude théorique a été faite.
- On a pu alors décrire les diverses courbes sur une échelle plus petite, comme celles que représentent les figures 7 et 7 bis.
- Celles-ci ont été réalisées en donnant au tube
- une inclinaison de 45 degrés, comme présentant à l’observation des longueurs plus grandes, plus faciles à mesurer que dans la verticale.
- On verra plus loin l’emploi général des tubes inclinés.
- On pourrait aussi représenter graphiquement, d’une manière très simple, les résultats d’expériences, en portant sur des droites parallèles entre elles des longueurs égales (ou proportionnelles) aux hauteurs ou longueurs capillaires absolues, successivement atteintes par le niveau ascendant de chaque liquide au bout des différentes secondes (fig. 7 bis).
- On aurait ainsi, dans un petit espace, un tableau synoptique donnant immédiatement une idée de la longueur capillaire et de la vitesse des liquides comparés, ainsi que de la durée de leur ascension.
- Mais ce procédé a l’inconvénient de ne pas se prêter à la correction des résultats.
- Influence de la température. — Il résulte d’expériences nombreuses faites à diverses températures sur les liquides qui diffèrent le plus par leur nature chimique et leurs propriétés physiques, que pour tous, sans en excepter l’eau dans le voisinage de son maximum de densité (fig. 9), il y a, relativement au mouvement ascensionnel dans les tubes capillaires, accroissement de vitesse avec l’élévation de température; cet accroissement n’est pas proportionnel à l’augmentation de la température ; il varie avec la nature des liquides ; et, pour certains d’entre eux, la vitesse peut doubler en passant de la température o degré à 5o degrés.
- Quant à la hauteur finale, elle diminue pour tous les liquides à mesure que la température s’élève. Pour l’eau, les courbes prolongées indiquent, à défaut d’expériences directes, que la hauteur capillaire finale, à 100 degrés, serait inférieure à 120 millimètres, avec un tube de diamètre égal à o, 1863 m.m., tandis qu’à o degré, elle est de 164,3 m.m. avec le même tube. De o degré à 25 degrés, la différence est de 8,1 m.m. dans ces conditions.
- Ces résultats ne s’expliquent pas par l’augmentation de diamètre du tube, effet provenant de la dilatation.
- Ondes capillaires thermiques. — En prenant pour abscisses les températures et pour ordonnées les hauteurs atteintes par le liquide au bout des mêmes temps et aux températures observées,
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- Hauteurs capillaires (en millimètres)
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- MOUVEMENI ASCENDANT SPONTANÉ DES LIQUIDES (TYPES) DANS LES TUBES CAPILLAIRES
- Diamètre du tube = 0,3554 m.111. — Inclinaison a = 45°. — Température = iy-5
- Lit îiu
- Chic ru
- 15')?
- S + 5 6 7 »1 g to
- Temps (en] secondes)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- on a pu, avec les résultats numériques, construier des courbes continues, sortes d'ondes thermiques donnant les hauteurs capillaires correspondantes à toùtes les températures intermédiaires (fig. io).
- Propriétés capillaires comparatives de l’eau et des chlorures d’ammonium et de lithium. —Jusqu’à présent, on n’a trouvé que deux substances, le chlorhydrate d’ammoniaque et le chlorure de lithium dont les dissolutions aqueuses s’élèvent capillairement plus haut que l’eau pure, dans le
- même tube et à la même température, en un mot dans des conditions identiques; et cette élévation est d’autant plus grande que la dissolution est plus concentrée, à l’inverse de toutes les autres dissolutions aqueuses qui s’élèvent, au contraire, d’autant moins haut qu’elles sont plus concentrées.
- La dissolution aqueuse de sel ammoniac a une vitesse constamment supérieure à celle de l’eau; tandis que celle de chlorure de lithium est toujours inférieure à celle de l’eau ; et comme elle s’élève un peu plus haut que cette dernière, la
- Temps (en secondes)
- FIG. Q. — MOUVRAIENT ASCENDANT DE L’EAU A DIVERSES TEMPÉRATURES
- Tube 1Tf (diamètre = 0,18629 ni*ni*ï ce = 90°)
- durée de son mouvement est, par conséquent, plus grande que celle de l’eau.
- La dissolution de sel ammoniac dans l’acide chlorhydrique ou dans l’acide azotique, dans l’ammoniaque, dans l’alcool, éther, etc., s’élève toujours plus haut et moins rapidement que son dissolvant.
- Il en est de même du chlorure de lithium ; mais les différences de hauteurs sont très faibles.
- J’ai cherché, par des considérations théoriques, par des analogies chimiques, une autre substance jouissant de la même propriété que le sel ammoniac, en me basant, par exemple, sur la remarque suivante :
- Les hauteurs capillaires et les modules capillaires (') décroissent généralement (quoiqu’il y ait ici des exceptions) à mesure que s’élève le chiffre de l’équivalent métallique. Or, le glucinium ayant un équivalent faible, et précisément égal à celui du lithium, j’avais l’espoir de trouver dans le chlorure de glucinium, une troisième substance à joindre aux deux précédentes.
- Cette espérance a été déçue.
- En opérant sur près de 200 liquides, je n’ai pu
- (') Etudes sur les actions moléculaires, fondées sur la théorie de l’action capillaire, par M. Valson.— Comptes rendus de l’Acad. des sc., 9 mai 1870, p. 1040.
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- rencontrer dans aucun d’eux la propriété de s’élever capillairement plus haut que l’eau pure.
- Ainsi, cette propriété, inexpliquée jusqu’à présent, reste exclusivement en partage au chlo-
- Températures
- FtG. 10. — COURBE FIGURATIVE DE L’ONDE THERMO-CAPILLAIRE DE SECONDE EN SECONDE
- 1*0111' l’eau avec le tube Uï (diamètre = 0,18629 m.m.)
- a = 90°
- rhydrate d’ammoniaque et au chlorure de lithium. Les observateurs qui ont trouvé que certaines dissolutions salines d’ammoniaque et de potasse s’élevaient plus haut que l’eau, dans les memes conditions physiques, ont été induits en erreur par suite de différences dans les températures des liquides mis en comparaison, car on sait que des liquides de nature différente exposés à l’air, ne
- sont presque jamais à la même température par suite de la vitesse d’évaporation plus ou moins-grande, selon leur volatilité respective.
- D’autre part, une dissolution récente peu concentrée d’un sel peut encore conserver une température plus basse que celle de l’eau et, par suite, s’élever capillairement plus haut qu’elle.
- GROUPES ISOMORPHES Premier groupe
- Chlorure, bromure, iodure d'ammonium. — Les hauteurs et les vitesses capillaires de ces sels, en dissolution aqueuse, vont en diminuant du premier au troisième, qu’on prenne, soit des dissolutions renfermant des poids égaux des substances dans des quantités d’eau égales, soit
- ^ GROUPES ISOMORPHES
- 2egroupe
- 15 20 25 3o
- 35 4.0
- FIG. i1 B
- FIG. I l G
- FIG. I I A
- des poids proportionnels à leurs équivalents chimiques, en opérant avec le meme tube et à des températures égales (fig. i i AL
- Deuxième groupe
- Chlorure, bromure, iodure de lithium. — Pour ces sels, les hauteurs capillaires vont en diminuant du premier au troisième; les vitesses, vers l’origine, vont au contraire en augmentant et les durées totales en diminuant (fig. n BV
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- Troisième groupe
- Chlorure, bromure, iodure de potassium. — Mêmes remarques que pour le premier groupe (fig. 1 1 C).
- Ainsi, sous le rapport de la capillarité, les trois substances isomorphes : chlore, brome, iode, présentent constamment cette gradation de propriétés si remarquables déjà en chimie.
- Classement des liquides relativement à la capillarité. — On peut classer les liquides, sous le rapport de la capillarité, en divers groupes, soit d’après la hauteur ou la longueur de la colonne soulevée spontanément, soit d’après la vitesse ou l’espace parcouru au bout de la première seconde, soit enfin d’après la durée totale du mouvement.
- Comme il n’est pas possible de comparer ainsi tous les liquides qui ont été soumis à l’expérience, parce qu’011 a opéré à des températures trop différentes, on se contentera de classer quelques-uns d’entre eux, comme types, sur lesquels on a expérimenté dans des conditions que l’on peut regarder comme sensiblement identiques.
- Ces petits tableaux comparatifs suffiront pour mettre en évidence ce fait important : qu’il n’y a pas de rapports connus entre les trois éléments en question, la hauteur capillaire d’un liquide, sa vitesse et la durée totale de son mouvement ascendant spontané.
- LIQUIDES RANGÉS PAR ORDRE DE
- LONGUEUR CAPILLAIRE DÉCROISSANTE
- / Diamètre = o,3554 m.m Tube L j Inclinaison a = 45°
- ( Température 0 = 20" environ.
- 1. Chlorhydrate d’ammoniaque (en
- dissolution aqueuse saturée). 118 m.m.
- 2. Eau distillée.................. 117 —
- 3. Potasse (en dissolution aqueuse —
- très concentrée)............... 112,3 —
- 4. Acide chlorhydrique pur........ 96,1
- 5. Acide formique................... 84,0 —
- '6. Acide azotique pur................ 68,2 —
- 7. Acide lactique................... 67,4 —
- 8. Acide sulfurique pur............. 53,7 —•
- 9. Alcool anhydre................. 45,o —
- 10. Ether sulfurique.................. 37,2 —
- LIQUIDES RANGÉS PAR ORDRE DE
- VITESSE CAPILLAIRE DÉCROISSANTE
- 1. Chlorhydrate d’ammoniaque (en
- dissolution aqueuse saturée).. 70,0 m.m.
- 2. Eau distillée.................... 62,0 —
- 3. Acide formique.................. 4-3,6 —
- 4. Acide chlorhydrique pur......... 4-3,4 —
- 5. Ether sulfurique................. 35,o —-
- 6. Acide azotique pur................33,4 —•
- 7. Potasse (en dissolution aqueuse
- très concentrée)............... 27,3
- 8. Alcool anhydre................... 26,3
- 9. Acide lactique................... 22,7 —
- 10. Acide sulfurique pur......... 1 5,3 —
- LIQUIDES RANGÉS PAR ORDRE DE
- DUREE TOTALE (croissante) de leur mouvement
- 1. Ether sulfurique.............. 3,5 m.m
- 2. Chlorhydrate d’ammoniaque.. . 17,5 —
- 3. Alcool anhydre............... 18,0 —
- 4. Eau distillée................ 20,0 —
- 5. Acide formique............... 20,0 —
- 6. Acide azotique............... 26,0 —
- 7. Acide chlorhydrique.......... 3o,o —
- 8. Acide lactique............... 60 —
- 9. Potasse...................... i5o —
- 10. Acide sulfurique............ 160 —
- Si l’on voulait avoir les vitesses moyennes V des divers liquides pour des conditions identiques, il faudrait comparer l'espace total E, parcouru par chaque liquide au temps total T employé à le parcourir. Ainsi on aurait,
- Pour l’eau :
- E
- T
- 117. 20
- ‘ 5.85
- Pour l’éther :
- Pour le chloroforme :
- = ^-= i3.66
- L’éther aurait donc une vitesse moyenne presque double de celle de l’eau.
- Le sulfure de carbone, qui accomplit son mouvement ascensionnel dans le temps le plus court, serait le plus rapide des liquides.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- -H?
- Le rapport pourrait exprimer la fluidité du liquide.
- CLASSEMENT DES LIQUIDES TAR CROUTES CHIMIQUES POUR LES
- HAUTEURS CAPILLAIRES
- Neuvième groupe
- Chloroforme.
- Sulfure de carbone.
- III
- - ' A
- Premier groupe. — ( Hauteur maxima I
- Chlorhydrate d’ammoniaque i en dissolution Chlorure de lithium j aqueuse.
- Eau.
- Dissolutions aqueuses de quelques sels d’am-' moniaque et de potasse ou de substances très peu solubles.
- Deuxième groupe. — Alcalis
- Ammoniaque.
- Potasse.
- Soude.
- EORMELE GÉNÉRALE DE MOUVEMENT ASCENDANT SPONTANÉ DES LIQUIDES DANS LES TUBES CAPILLAIRES.
- Après avoir étudié expérimentalement ce mouvement, j’ai cherché à en établir la théorie sur les données les plus exactes, c’est-à-dire à le représenter par une formule générale.
- L’établissement de cette formule a été exposé, avec tous les détails que comporte la question, dons les Annales de chimie et de physique, 5e série, t. I, p. 3 18 et 320 ( 1874), et a conduit à l’expression suivante :
- Troisième groupe. — Acides
- Acide chlorhydrique.
- — azotique.
- — sulfurique.
- — oxalique.
- — formique.
- — lactique.
- ffsin«| + A t = J + B J + const.
- d’où, en intégrant et simplifiant :
- (1) t*+ at = b. log nép —Cy......
- Quatrième groupe. — Sels Dissolutions métalliques nombreuses.
- Cinquième groupe. — Corps gras
- Glycérine. Acide oléique. Huiles grasses
- Huile d’olives.
- Huile d’amandes douces.
- Sixième groupe. — Huiles volatiles
- Essence de térébenthine.
- — d’amandes amères.
- Naphte, benzine, pétrole.
- Septième groupe. — Alcools
- Alcool vinique.
- — méthylique.
- Huitième groupe. — Éthers
- Ether azotique.
- — chlorhydrique, sulfurique.
- formule dans laquelle on représente par : t, le temps (ordinairement exprimé en secondes) ;
- h, la hauteur, on généralement, la longueur finale de la colonne liquide soulevée par capillarité ;
- y, la longueur de la colonne liquide soulevée au bout du temps t;
- a, b, c, des constantes dépendant des conditions expérimentales : diamètre et inclinaison du tube, nature et température du liquide, frottement, etc.
- Cette formule (L a été vérifiée pour diverses conditions et avec différents liquides (eau, alcool, etc.), après la détermination des constantes, a, b, c, obtenue en prenant sur le tableau des résultats numériques d’expérience ou sur la courbe représentative du phénomène, trois points partageant rationnellement la courbe, c’est-à-dire convenablement éloignés les uns des autres et correspondant à des temps qui embrassent la presque totalité de la durée d’ascension du liquide-en expérience.
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- 34§
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- C’est ainsi qu’on a trouvé, avec le tube III, (diamètre = 0,18639 m.m.) a = 90° et 0 = 190 :
- Pour l’eau
- Pour l’alcool
- a = —r I 5o,9533
- b = — 3 1505,779
- c = — 181,77748
- a —— 282,6878
- b = — 5019,73
- c = — 2 5,11128
- En substituant ces valeurs dans la formule (11, on trouve entre la théorie et l’expérience un accord très satisfaisant, eu égard aux difficultés et aux causes d’erreur que présente la question, le phénomène étant d’ailleurs, dans ses particularités, peu saisissable par l’analyse mathématique. Les erreurs relatives n’ont pas dépassé, pour
- l’eau et, pour l’alcool, —et se sont
- abaissées, pour le premier liquide à —^QQ et
- pour le second.à -a—-— en certains cas. La coïn-39000
- cidence a meme été parfaite en plusieurs circonstances.
- Cycle. — Après avoir expérimenté dans diverses conditions, en faisant varier le diamètre et l’inclinaison des tubes, la nature du liquide et la température, après avoir rectifié les résultats numériques au moyen de courbes, j’ai pu alors établir théoriquement, sur des données exactes, la formule du mouvement ascensionnel des liquides dans les tubes capillaires; puis, j’ai vérifié expérimentalement cette formule théorique, au moyen des données expérimentales et cette vérification a été très satisfaisante.
- Le cycle est donc complet, comme il doit l’être pour tout phénomène physique scrupuleusement étudié.
- (A suivre).
- C. Dechahme.
- A PROPOS
- DE LA TÉLÉPHONIE
- A GRANDE DISTANCE
- tlne société récemment fondée à Paris sous le ’nom de Société des Téléphones à grande dis-
- tance procède en ce moment-ci à des expériences de télégraphie et de téléphonie simultanées sur un seul fil. Invités, il y a quinze jours environ, à assister à une expérience faite entre la gare Saint-Lazare et Mantes, nous croyons intéressant de rendre compte ici de notre visite et d’exposer dans ce qu’il a d’essentiel le système employé.
- Tout le monde sait que la grande difficulté qui se présente, dès qu’on veut faire usage des poteaux télégraphiques pour téléphoner à distance, provient des courants induits dans le téléphone par le passage des courants télégraphiques.
- Sans vouloir refaire l’historique des divers procédés qui ont été proposés pour remédier aux effets nuisibles de l’induction, rappelons seulement qu’il en existe un grand nombre. Celui dont nous voulons spécialement parler aujourd’hui consiste à diminuer l’intensité des courants télégraphiques : on a cherché à diminuer l’effet en diminuant la cause.qui le produit.
- L’idée est très simple, je ne jurerais pas qu’elle soit bien neuve : reste a savoir jusqu’à quel point elle est pratique. En téléphonie plus qu’ailleurs il est sage de se méfier des spéculations purement théoriques, lorsqu’on tient à ne pas s’exposer à de fâcheux mécomptes.
- La ligure 2 représente la réalisation pratique du principe que nous venons d’indiquer. Les postes télégraphiques et téléphoniques sont en
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 349
- dérivation sur la ligne dont la résistance est supposée égale à 2 5oo ohms. Une résistance de 10000 ohms est placée entre chaque poste télégraphique et la ligne ; les postes téléphoniques sont de même séparés de la ligne par un ou plusieurs condensateurs. A la partie supérieure de chacun des postes téléphoniques, on a figuré une forte bobine d’induction, une clef Morse ainsi que deux commutateurs à deux directions. Lorsque les commutateurs occupent la position de la figure, le poste téléphonique est prêt à recevoir
- un appel ; cet appel est envoyé au moyen de la grosse bobine d’induction, et il est reçu dans les deux téléphones placés aux extrémités de droite et de gauche de notre figure. Pour correspondre, on manœuvre les deux commutateurs, ce qui a pour effet de fermer sur le microphone et sur la pile, le circuit primaire de la bobine d’induction qui occupe le centre de la figure et de fermer le circuit secondaire de cette même bobine sur la ligne et les téléphones récepteurs.
- Il est facile de s’assurer que dans ces condi-
- Poste téléphonique
- R-2,500
- (Rutooo)
- Morse
- Relais
- Morse
- Relais
- Poste télégr aphique
- fions.la presque totalité des courants induits dans le téléphone d'un des postes passera par la ligne et le deuxième poste; une très faible partie de ces courants se rend, d’après la loi des circuits dérivés, aux postes télégraphiques. D’autre part les courants continus, employés pour la télégraphie, ne peuvent traverser les condensateurs qui forment barrage devant les postes téléphoniques. Les téléphones seront uniquement affectés par les extra-courants de fermeture et de rupture qui accompagnent la transmission d’une dépêche et par les courants induits.
- Pour diminuer l’effet de la self-induction et de l’induction mutuelle, et pouvoir en même temps intercaler des résistances considérables dans la
- ligne sans être obligé d’augmenter en proportion le nombre des piles à chaque poste, la Société des Téléphones à grande distance emploie un nouveau relais extrêmement sensible capable de fonctionner avec 10 éléments Callaud sur une ligne dont la résistance n’excède pas 3ooo ohms.
- La figure 1 représente une vue en plan de cet appareil ; la figure 2 indique les connexions à établir avec la pile locale, le récepteur et le manipulateur Morse. Le relais se compose essentiellement d’une aiguille en fer doux C, qui pivote autour d’un axe vertical, et se trouve dirigée par l’action d’un aimant permanent en fer à cheval E, dont les pôles DD peuvent être approchés plus ou moins du barreau C. Ce barreau mobile
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 35 b
- est placé entre les pôles de deux électro-aimants; l’enroulement des électros est fait de telle façon que deux pôles disposés d’un même côté du plan vertical, passant par l’axe du barreau, ont le même signe, et que deux pôles en regard ont des signes contraires. Il résulte de ce dispositif que lorsque les électros-aimants sont animés par le passage d’un courant électrique, les actions des quatre pôles s’ajoutent pour déplacer le barreau autour de son axe : l’appareil est donc extrêmement sensible.
- Nous ferons remarquer incidemment que ce relais est à double emploi, c’est-à-dire qu’il peut fonctionner à volonté, soit sur les fils aériens, soit sur les câbles souterrains. Il possède à cet effet cinq chevilles (i, 2, 3, 4, 5) que l’on a soin d’enfoncer dans les trous marqués LA, lorsqu’on marche sur une ligne aérienne, et dans les trous CS lorsqu’on transmet sur un câble souterrain. Dans ce dernier cas le relais met le câble à la terre àprès chaque émission de courant.
- C’est dans les conditions que nous venons d’indiquer qu’à été faite l’expérience à laquelle M. E. Gellerat, président de la nouvelle société, a bien voulu nous convier.
- L’expérience fut faite à 9 heures du soir, et la ligne entre Mantes et la gare Saint-Lazare est de 80 kilomètres. Le fil en expérience était seul muni du relais de la figure 2, c’est-à-dire que l’induction produite par les autres fils n’était nullement diminuée. On enténdait dans les téléphones un bruit de friture constant, mais on pouvait néanmoins causer fort bien. L’impression est absolument celle que l’on éprouve lorsque dans une pièce pleine de monde on poursuit, au milieu du brouhaha de la conversation générale, un entretien particulier ; l’oreille s’habitue très-vite à rester indifférente aux bruits qui ne l’intéressent pas.
- C’est en somme une bonne expérience, mais elle n’est pas encore suffisante pour permettre à qui que ce soit de se prononcer sur la valeur pratique du système. La société semble d’ailleurs l’avoir compris elle-même, puisqu’elle prépare une nouvelle expérience sur une plus grande ligne (Paris-Laon; distance de 140 kilomètres) : attendons pour émettre une opinion définitive que ces expériences aient été faites.
- B. Maiunovitcm.
- DK LA
- FUSION PAR L’ÉLECTRICITÉ
- Depuis la remarquable découverte de Davy qui le premier réussit à fondre une substance réfractaire en la plaçant entre deux électrodes de char-
- FIG. I
- M. — Métal.
- C. — Creuset en charbon.
- 1). — Plaque de charbon.
- H. — Mercure.
- A. H. — Conducteurs reliés aux bornes de la batterie.
- bon, un grand nombre d’inventeurs et de savants ont cherché à appliquer à la fusion des métaux la chaleur qu’on peut obtenir par le passage d’un courant électrique.
- M. — Garniture métallique.
- A. — Electrodes.
- V. — Vis de réglage.
- F. — Maçonnerie.
- R. — Réservoir.
- G. — Foyer pour maintenir le métal en fusion.
- Un physicien anglais, M. Grove, a proposé d’employer pour la fusion des métaux, le courant d’une batterie composée d’un grand nombre d’éléments (Gilbert's-Annalen der Pjrsik, vol. 55, p. 1 55).
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 351
- Il avait imaginé le dispositif représenté sur la figure i : le métal était placé dans un creuset de charbon plongeant dans un godet rempli de mercure et recouvert par une plaque de charbon ; le mercure communiquait avec l’une des bornes de la batterie, le couvercle du creuset avec l’autre.
- Dans ce procédé, le creuset ainsi que le couvercle se trouvaient bientôt portés à l’incandescence et c’est ce qui amenait la fusion du métal ; il est même probable' que c’est là la première application qui ait été faite de l’incandescence à la fusion des métaux par l’électricité.
- M. le comte du Moncel, dans son traité des Applications de l’électricité (vol. 3, p. 3 16-1857), mentionne l’emploi des effets calorifiques que l’on peut produire avec le courant électrique pour la fusion du platine, de l’irridium, de l’osmium,etc.;
- FIG. 3
- A. — Fils conducteurs reliés à la batterie de piles.
- B. — Tube en verre.
- C. — Couyèrçlo en verre.
- M. — CKarbori de bois.
- F. — Faisceau de fils de fer.
- l’opération a lieu dans un creuset de charbon de cornue.
- L’appareil qui se rapproche le plus du creuset électrique bien connu de Siemens est probablement celui qui fut breveté en France par Pichon, à la date du 16 mars 185 3, et dont on trouve une description dans le Journal de Dingler (vol. 131, p. 415).
- La figure 2 représente le principe de cet appareil.
- M. Pichon proposait de faire tomber continuellement le minerai mélangé à des fragments de charbon entre des électrodes placées à l’intérieur d’un creuset et reliées à une batterie de piles.
- Le métal fondu était recueilli dans un réservoir chauffé à une température élevée, de façon à maintenir celui-ci en fusion.
- Chaque électrode était pourvue d’une vis de réglage.
- Parmi les savants et physiciens français, Becquerel, Despretz et Dumas se sont plus spécialement occupés des études des effets calorifiques
- des courants électriques et ont cherché à déterminer les lois qui régissaient ces actions.
- Ils ont été moins heureux dans ces recherches que le professeur Joule, qui a attaché son nom à l’une des lois les plus importantes de cette branche de la physique.
- Tout le monde connaît la loi de Joule ; ce que l’on sait moins, c’est que le professeur Joule s’est livré, de concert avec le professeur Thomson, à un grand nombre d’expériences dans le-but de découvx-ir un procédé industriel pour Ta fusion électrique des métaux.
- Dans un article publié en i856 par les Procee~ dings of the litterary and Philosophical Society of Manchester (vol. 14, p. 49), Sir William Thôm-
- FIG. 4
- A. — Conducteurs amenant le courant.
- B. — Creuset.
- C. — Plombagine et argile réfractaire.
- D. — Maçonnerie.
- F. — Couvercle.
- son déclarait qu’en faisant passer un fort courant électrique à travers un faisceau de fils de fer entouré de charbon de bois, il avait obtenu la fusion d’une partie du faisceau.
- Joule a fait plus tard une série d’expériences analogues, dans lesquelles il plaçait les fils au centre de tubes en verre remplis de charbon de bois ou de toute autre matière mauvaise conductrice de la chaleur (fig. 3).
- Dans l’article que nous venons de citer, Sir William Thomson déclarait encore qu’avec une pile de six éléments Daniell, il avait réussi à fondre ensemble des fils d’acier et de laiton, de platine et de fer, etc.; il faisait observer d’ailleurs que le procédé de fusion le plus économique consisterait à employer le courant d’une machine dynamo-électrique.
- Joule a étudié sous tous les rapports et d’une façon très approfondie la question de la fusion par l’électricité, et il est arrivé à cette conclusion que la double transformation de la chaleur en
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- 332
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- électricité et de l’électricité en chaleur ne serait pas trop dispendieuse, eu égard aux résultats que l’on pouvait espérer obtenir. En raisonnant ainsi, Joule s’est placé sur le même terrain que les inventeurs et les écrivains modernes qui ont traité
- de la matière.
- Il faut cependant reconnaître qu’au point de vue industriel, il n’a pas fait faire un pas en avant à la question.
- L’honneur du premier progrès sérieux réalisé
- dans cette voie revient à Sir W. Siemens et date de 1878, époque à laquelle il exposa son premier creuset électrique.
- Cet appareil a été si souvent décrit et est tellement connu de tout le monde que je crois inutile d’en donner ici une nouvelle description (').
- Je crois néanmoins intéressant de rappeler que M. C.-A. Faure fit breveter, presque en même temps que Sir W. Siemens, un creuset électrique de son invention. Il revendiquait dans son brevet l’application industrielle de la chaleur développée par l’arc voltaique ou par le passage d’un courant électrique pour obtenir la réduction des métaux alcalins ou la combinaison de ces métaux.
- Un certain M. Fox a également pris, eh 1878, un brevet anglais pour un appareil du même genre.
- M. Fox employait un creuset circulaire (fig. 4) dont la garniture intérieure était constituée par un corps mauvais conducteur, tel que du charbon (sous forme de graphite de préférence) mélangé à de l’argile réfractaire ou à une matière analogue. En portant cette garniture intérieure à l’incandescence par le passage d'un courant intérieur, on obtient dans le creuset une température apsez élevée pour faire fondre les métaux qu’il renferme.
- A cette même époque (1878), MM. Lontin et Bertin ont aussi imaginé un appareil pour la fusion des corps réfractaires.
- Ils se servent d’une série d’électrodes disposées
- en cercle et venant buter contre un bloc de charbon au centre duquel sont placées les matières à fondre. On obtient ainsi une température très élevée.
- En 1881, la Compagnie générale belge de Lumière électrique a construit un creuset électrique en employant comme substance réfractaire
- (’) Voir La Lumière Éleçtrique, T. IF, p. 282.
- un mélange de magnésie et d’oxyde de fer ; le creuset est revêtu d’une garniture métallique laissant passer des électrodes mobiles entre lesquelles jaillit l’arc électrique.
- On a beaucoup parlé du creuset électrique de la Compagnie Confies, à Cleveland, en Ohio, et il y a tout lieu de croire que ce système est le meilleur de tous ceux qui, jusqu’à présent, ont été présentés au public.
- Dans le procédé qu’emploie cette Compagnie, on mélange du charbon avec le minerai à réduire; ce dernier est enfermé dans une enveloppe non conductrice.
- Le procédé est principalement applique à la fabrication du bronze d’aluminium et pour la fusion des métaux précieux ; il est peu probable que ce système soit jamais appliqué aux métaux communs.
- En somme, on peut dire que la question de la fusion par l’électricité est encore dans son enfance, mais elle attire l’attention des ingénieurs et le temps n’est probablement pas éloigné où les dynamos et les machines motrices seront assez perfectionnées pour faire du creuset électrique un agent précieux et même indispensable poulies opérations métallurgiques.
- \ Â.-M. Tanner.
- Q’UEST-CE QUE L’ÉLECTRICITÉ?
- Je ne peux pas dissimuler que cette question, Jorsque je l’entends formuler, a toujours le don de m’égayer. On a, en effet, dit tant de choses curieuses sur ce sujet, on a fait tant d’hypothèses qui, sous prétexte d’être savantes, n’étaient que drôles, que je considère toujours comme une bonne fortune la rencontre d’un monsieur qui sérieusement demande ; « Qu’est-ce que l’électricité ?»
- Il va sans dire que jamais la demande n’est franche et que la forme interrogative n’est là que pour masquer l’exposé d’une théorie spéciale, prête à éclore.
- La question n’est qu’un prétexte, une amorce, et, quelque surpris qu’on puisse être en entendant ces cinq mots, il est inutile de chercher à répondre, si ce n’est par .un^signe approbatif voulant dire : « Je vous écoute. »
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ 353
- C’est alors -que le plaisir commence.
- C’est que l’homme qui vous parle est convaincu. Le sceptique qui, dans un intérêt quelconque, raconte ce qu’on lui a appris, ne recherche pas les occasions de faire le prophète ; il fait le sincère quand il y est forcé, et, en temps normal, évite les occasions de formuler des théories dont il n’a cure.
- Au contraire, le chercheur d’absolu, l’homme qui a su se bien persuader que derrière un mot il y a forcément une chose, que les grandes abstractions avec lesquelles nous vivons sont des réalités, celui-là est sincère, et il faut lui prêter une oreille attentive, comme on ne manque pas de faire lorsqu’on rencontre un vieux curé de campagne qui, naïvement, vous démontre l’existence
- de^HE-
- Pour toutes ces raisons, c’est sans défiance que je viens d’ouvrir la petite maquette qu’un professeur nommé Toussaint Le Corguillé a fait parvenir au bureau et sur la couverture de laquelle on lit : Qu’est-ce que Vélectricité.
- Comme vous voyez, pas.de point d’interrogation.
- Ce n’est pas un problème qu’on pose. On peut ouvrir; la théorie toute faite vous attend.
- Lisons :
- « Quelle est la nature de cet agent puissant que l’on désigne sous le nom d’électricité?
- « Etant donné sa nature, comment peuvent se produire les attractions, les répulsions et les autres phénomènes par lesquelles il se manifeste? »
- « Tel est le double problème dont nous nous proposons de donner la solution..... »
- « Deux hypothèses principales se sont partagé l’opinion des savants à ce sujet :
- « L’une, celle de Symmer, admet l’existence de deux fluides, agissant chacun par répulsion sur lui-même et par attraction sur l’autre.
- « Ces fluides existeraient dans tous les corps à . l’état de combinaison, formant ce qu’on nomme le fluide neutre.
- « Cette théorie, acceptée par un grand nombre de physiciens, semble assez conforme aux résultats de l’expérience pour la plupart des phénomènes de l’électricité statique ; mais elle est tout à fait impuissante à donner une explication supportable de la production des courants et de'leurs effets.
- « Elle est, d’ailleurs, en contradiction formelle avec la loi de la mécanique, et admet l’existence
- de fluides impondérables que la science tend à rejeter complètement.
- « L’autre hypothèse, celle de Franklin, n’admet l’existence que d’un seul fluide. C’est, nous semble-t-il, la seule qui soit admissible ; mais la théorie qui en a été donnée jusqu’ici a toujours été très incomplète et souvent fausse dans ses détails.
- « Nous allons tacher de l’exposer d’une manière plus satisfaisante.
- « Pour expliquer la propagation de la chaleur et de la lumière à travers l’espace, on a , été forcé d’admettre l’existence d’un fluide aériforme, extrêmement subtil, mais pesant, qui remplit non seulement les espaces interplanétaires, mais encore les vides intermoléculaires des corps.
- « Ce fluide, auquel on a donné le nom d’éther, est éminemment élastique et expansible comme tous les gaz, c’est-à-dire que ses molécules se repoussent.
- « En vertu des lois de la gravitation, les molécules de ce gaz sont attirées par les corps et s’accumulent en plus grande quantité à leur surface.
- « Pour certains savants, ce sont les variations des quantités d’éther accumulées à la surface des corps qui produisent les phénomènes électriques ; la condensation produirait de l’électricité en plus, tandis-que la raréfaction produirait de l’électricité en moins.
- « Dans le premier cas un corps est dit électrisé positivement, et dans le second négativement.
- « Si l’éther qui enveloppe et pénètre un, corps a la même tension que celui du milieu ambiant, le corps est à l’état neutre ; c’est le cas ordinaire.
- « Nous adoptons pleinement ces idées. »
- Comme vous le voyez, je ne m’étais pas trompé. L’auteur de la brochure ne demande rien ; il explique ce qu’il croit être vrai avec le sérieux d’un esprit convaincu ; et il faut lui rendre cette justice, que ses explications sont claires, et que dès les premiers mots, il vous montre ou il en veut venir.
- Le fluide pour lui, en tant que fluide, n’est pas sérieux; il lui faut de la matière, de la vraie matière, ayant des dimensions finies, une masse, un poids, pour raisonner ; c’est parfait.— Mais si cette aspiration vers la réalité est louable, il ne faut pas oublier que pour construire même une théorie, il faut toujours être assuré d’une base solide, sans quoi l’échafaudage a quelque chance de dégringoler.
- Vous avez en effet oublié, M. Toussaint Le
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- "354
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Corguillé, que Vélectricité n’a jamais été qu’un mot, un simple mot, c’est-à-dire une abstraction pure, n’ayant aucune espèce de réalité.
- Lorsqu’on s’est trouvé en présence de phénomènes physiques qu’on ne connaissait pas, on les a]d’abord considérés avec juste raison, comme une manifestation du diable, et pour pouvoir en parler, on a fait ce qu’il est toujours bon de faire quand on découvre ou qu’on crée quelque chose : on a fait un mot : Electricité.
- On a pris ce mot, vous savez pourquoi, à cause du bout d’ambre du vieux Thalès de Milet; mais soyez bien convaincu que, si au lieu de frotter de l’ambre, le premier électricien avait frotté un morceau de verre ou un pain de cire à cacheter, le mot électricité aurait bien pu ne jamais exister, et c’est derrière un autre signe que vous auriez dû abriter toutes vos théories.
- Mais, direz-vous, le mot importe peu, ce n’est pas sur le mot que je discute. — Pardon, vous commencez, et vous avez raison, par repousser l’idée du fluide impondérable; vous nous dites : L’éther est un gaz, c’est-à-dire une matière comparable à toutes les autres, ayant plus ou moins toutes les propriétés des gaz, et vous terminez par cette conclusion : l’électricité, c’est l’éther.
- Il est donc bien clair que pour vous l’électricité est une matière, ayant son existence propre, puisque dans le cours de votre ouvrage, vous essayez d’en déterminer la densité et que vous écrivez ceci :
- « La propagation de l’électricité différé donc de « celle de la lumière et de la chaleur, en ce que « pour ces dernières, il n’y a qu’ondulation de « l’éther, tandis que pour l’électricité, il y a de « plus le transport du même fluide. »
- Eh bien, que voulez-vous, il n’y a pas à le nier ; vous avez cédé à une tentation générale de l’esprit humain, vous avez réalisé une abstraction sous une forme assez agréable d’ailleurs ; mais c’est un poëme et non un ouvrage scientifique que vous avez écrit.
- Vous n’ètes pas d’ailleurs le premier qui soyez tombé dans cette erreur. L’histoire du langage est pleine d’exemples analogues à votre cas, et je puis vous citer, si vous le permettez, l’histoire des Barnacles, que Muller raconte dans le second volume de La Science du langage et qui est un des exemples les plus topiques de ce que forme le cerveau des hommes, quand il matérialise une abstraction.
- LaBarnaclc est, tout le monde le sait, une sorte
- de coquillage analogue à la moule et son nom dérive du mot latin perna (gigot), à cause de la forme de la coquille.
- La description de l’animal, je n’ai pas à la faire, on la trouve dans Pline (Perna), ou si l’on aime mieux, dans Linné (Barnacles ou Barnaches).
- La Barnacle est aussi une espèce d’oie que l’on trouve dans le nord en Irlande et dans les Orcades et qui a quelques points de communs avec la macreuse française. L’éthymologie, cette fois, est différente. Il faut la chercher dans le vieux nom de l’Irlande (Hiberna), et dans ce cas, Barnacle veut simplement dire « oie d’Irlande ».
- Eh bien, ce même mot appliqué à deux animaux parfaitement différents, a été la cause d’une légende qui, pendant des siècles, fut accréditée et que tous les savants accueillirent à une époque qui n’est pas bien éloignée de la nôtre.
- En effet, John Gérard, de Londres, maître en chirurgie, à la fin d’un Herbier qu’il publia en 1597, donne le dessin et la description d’un arbre ayant un tronc, des racines, des branches, comme tous les autres, mais dont les feuilles sont des coquilles desquelles s’échappent, au moment de la maturité, des petits oiseaux, parfaitement conformés, qui ressemblent à des oiseaux de mer, blancs, tachetés de noir, devant être des barnacles, et qui à leur naissance, tombent les uns morts au pied de l’arbre, d’autres s’envolent dans les airs ou nagent à la surface de la mer.
- Ces oiseaux, il n’affirme pas absolument les avoir vus, pas plus d’ailleurs que l’arbre; mais il a vu des gens qui les avaient vus.
- Il seretranehe derrière Boes' qui, dans son Histoire d-Ecosse y parue en 1527, affirme le même fait, et cite enfin la relation de marins du Groenland qui avaient rencontré des oiseaux ainsi produits, en avaient mangé et les avaient entendu pousser de petits cris en s’envolant : Rot! Rot! Rot!
- L’histoire de cette légende est très compréhensible, et l’on en trouve là clef dans les relations qui suivirent et qui modifièrent peu à peu l’in-vraiscmblance primitive.
- Les coquillages Barnacles, comme les oies, étaient connus; les uns et les autres existaient.
- Des voyageurs, sur les côtes d’Irlande, ont trouvé des troncs d’arbres amenés par la mer et qui étaient couverts de coquillages desséchés dans l’intérieur desquels le tissu du molusque affectait plus ou moins la forme d’un oiseau* et simple-
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- ment sur ce fait, qui n’a rien de surnaturel, et la similitude des deux mots, l’histoire de l’arbre avec ses feuilles de coquilles et des petits oiseaux s’est forgée toute seule.
- En cherchant à créer quelque chose de matériel derrière un simple mot, vous voyez, M. Le Corguillé, où l’on arrive.
- L’histoire que je viens de vous raconter n’est pas une simple légende, acceptée par le peuple ; les savants du seizième siècle, et meme quelques-uns du dix-septième, y ont cru. Ils l’ont enseignée, et nous risquons fort de les imiter en cherchant, à notre tour à donner une forme, une couleur, à quelque chose qui n’existe pas.
- Ne m’en veuillez pas, mais votre théorie sur l’électricité de l’éther me semble comparable en tous points à l’arbre de John Gérard. Comme le maître en chirurgie de 1527, vous nous décrivez votre rêve, vous le dessinez. Vous expliquez tout: la distribution de l’électricité à la surface des corps, l’induction électro-statique, les courants hydro-électriques, les actions des courants sur les courants, tout y est ; mais, comme je vous le disais, cela n’a qu’un malheur, c’est de n’exister pas.
- Le monde est supporté par un éléphant ; soit, c’est parfait. L’élephant est monté sur une tortue, mieux encore. Mais sur quoi repose la tortue? Voilà le point délicat.
- Au fond, pourquoi ne pas se contenter du mot électricité. Il suffit parfaitement. Quant à l’école on vous a dit que ce qui avait créé le monde c’était vous n’avez pas cherché plus loin, vous
- n’avez pas demandé ce qui avait fait JIHË
- Et bien, gardez doncjvis-à-vis de l'électricité le même respect quejpour ie#j0k, car si vous voulez approfondir,! soyez sûr c’est à l’arbre des Barnacles que vous arriverez.
- Pardonnez-moi, s’il vous plaît, mes innocentes critiques; que voulez-vous, je suis un peu démon siècle, c’est-à-dire affreusement sceptique.
- ’ r. ^ C-h AcaVpice W
- Tout en passant mon temps a faire de la phy-<h sique, en somme,, je ne fais guère de la philosophie qu’en riant, et, à l’encontre de mes compatriotes, qui sont les vôtres, je suis un a-t+réT: qui croit que la lumière, le son, l^chaleur, l’électricité, la pensée sont, commcwHpi lui-même, un mot! \ 1LH-V0
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- P. CïSEljlïrçGÉiMj/'^' 1 = CULf mfer- $ x-f-y
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- REVUE DES TRAVAUX
- récents|en ÉLECTRICITÉ
- Dirigée par B. Marinovitcii
- Essais comparatifs de machines dynamo-électriques exécutés par le Comité désigné par l’Institut de Franklin.
- En suite de la décision de la Direction de l’Institut de Franklin, du 12 novembre 1884, un Comité spécial fut désigné pour conduire les essais comparatifs demandés par la Compagnie Edison d’éclairage électrique et la Compagnie United States.
- Nous donnons ici, en même temps que les conditions des essais, un résumé des travaux du Comité et des résultats obtenus (').
- CONDITIONS PROPOSÉES POUR L’ESSAI DES MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- SECTION I
- Conditions et clauses générales
- (I.) Les parties soussignées déclarent accepter les examinateurs dont les noms suivent et s’en rapporter à leur décision sans appel.
- Liste des examinateurs parmi lesquels cinq devront être
- choisis
- (II.) Professeur W. M. A. ANTHONY, Université de Cor-nell, Ithaca, N. Y.
- Professeur W. M. D. MARKS, Université de Pensyl-vanic, Philadelphie.
- Professeur J. E. DENTON, Institut de Stevens, Hobo* ken, N. Y.
- Professeur W. E. GEYER, Institut de Steverls, Hobo ken, N. Y.
- Lieutenant J. B. MURDOCK, U. S. N. Philadelphie, Pa. seigne Louis DUNCAN, Ü. S. N., "Université dé
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- ^O^çar^BUSSMANN, Assistant.
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- (III.) L’Institut de Franklin procurera les instruments et payera les dépenses des observateurs. Les Compagnies payeront les frais occasionnés par la mise en activité dès
- (') Voir le Rapport du Comité spécial publié dans le Supplément de Novembre 1885 du Journal de l’Institut dé Franklin.
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- machines, par l’installation des lampes et l’entretien des machines durant les essais.
- SECTION II
- Construction des machines
- (IV.) Les dimensions et constantes suivantes sont données :
- Le diamètre de l’armature;
- Le poids des machines;
- Le nombre des lames du collecteur;
- Le nombre de tours et la longueur du fil des bobines de l’armature;
- Les balais pourront être rendus ou non automatiques pour courants variables;
- Le diamètre et la longueur des tourillons ;
- Le nombre de tours par minute;
- Le nombre de volts correspondant au meilleures conditions de travail.
- Le nombre d’ampères correspondant dans le même cas.
- SECTION III Essais préliminaires
- (V.) Les résistances des bobines et de l’armature seront déterminées par la méthode des différences de potentiel, en faisant passer un fort courant de batterie secondaire.
- Par précaution, on mesurera de la même manière, avec les mêmes instruments, un fil de maillechort de résis. tance connue.
- Ces mesures auront lieu avant et après les essais, avec la machine à chaud et à froid.
- Résistance d'isolation
- (VI.) On fera des essais sur l’isolation entre les bornes delà machine et sa base métallique, et entre le commutateur et Taxe.
- (VII.) Il est admis entre les parties que, si un défaut de construction est observé, la machine pourra être remplacée, si le Comité l’admet.
- Les compétiteurs auront connaissance, en temps opportun, des résultats des essais, afin de pouvoir réclamer utilement, s’il y a lieu.
- Étalonnage des instruments
- (VIII.) Les constantes des instruments seront déterminées âu moins par deux méthodes indépendantes. Les Compagnies auront le droit d’observer les méthodes, et on leur fournira les valeurs des constantes, sitôt qu’elles seront déterminées. Toutes les objections à ce sujet seront reçues et traitées comme l’indique l’article 17, section IV.
- SECTION IV Essais quantitatifs
- (IX.) Lcfc dynamos essayées marcheront pendant dix heures consécutives, à pleine charge, afin de s’assure,.
- qu’elles marchent convenablement, avant de commencer les esais.
- (X.) Pour l’essai proprement dit, la machine doit marcher jusqu’à ce que les pièces polaires et l’armature aient pris une température invariable.
- (XI.) Lorsque cette température pour chaque charge est atteinte, la mesure du travail doit commencer.
- (XII.) Les machines seront essayées avec résistances inertes et résistances utiles.
- (XIII.) Les machines seront essayées à un quart, à la moitié, aux trois quarts de la charge, et à leur pleine charge.
- Dans ce dernier cas, elles doivent marcher au moins cinq heures depuis l’établissement de la température de régime.
- (XIV.) Des mesures complètes des frottements et de l'énergie dépensée dans le champ magnétique seront faites dans chaque cas.
- Mesures dynamométriques
- (XV.) L’arbre de la dynamo sera relié directement, au moyen d’un joint universel, à l’extrémité de l’arbre du dynamomètre de Tatham, et le travail fourni déterminé par ce dernier, à moins que le Comité n’en décide autrement.
- Observations
- (XVI.) Les observations au dynamomètre, au voltmètre et à l’ampèremètre, seront faites à des intervalles égaux.
- La température du local des essais .sera prise aussi souvent que possible et servira aux corrections nécessaires.
- L’arrangement et le graissage des machines relèvent de L’expert accrédité par les Compagnies.
- (XVII.) En cas de dissentiments entre le Comité et les Compagnies, le vote du premier sera requis, et, au cas où il serait impossible de s’entendre, la majorité et la minorité désigneront chacune un arbitre; ceux-ci en désigneront un troisième, et leur majorité fera loi.
- Dans toutes les déterminations de rendement, des mesures du potentiel seront faites, en même temps que celles de l’intensité du courant, aux bornes de la machine et en des points tels qu’elles déterminent la chute totale de potentiel due à la résistance extérieure, aux communications et commutateurs compris dans le circuit.
- La perte sera calculée et portée à l’actif de la machine.
- Signé :
- Francis R. Upton,
- Compagnie d'éclairage électrique Unjted States, Edward Weston, électricien.
- La fi gure 1 montre la disposition générale des appareils.
- Le circuit des dynamos, ainsi que celui de la batterie d'accumulateurs, étaient formés d’un fort câble de cuivre isolé, et, dans les parties voisines d'un instrument, les deux parties du circuit
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- étaient tordues ensemble et recouvertes d’un tuyau de caoutchouc.
- Même avec le plus fort courant (400 ampères), les conducteurs n’avaient aucun effet sur les instruments.
- Avant de faire les mesures proprement dites, l’isolation des conducteurs fut soigneusement essayée; elle était en général supérieure à 5o mé-ghoms, et elle est restée à peu près invariable.
- Le travail transmis à la dynamo était mesuré au dynamomètre de Tatham, et l’énergie électrique, calculée au moyen de la chute de potentiel aux bornes, de l'intensité et de la résistance de l’armature.
- APPAREILS
- Accumulateurs. — On les employait pour les étalonnages, les mesures de résistance, etc.; en général on en employait 17 couples en série, ils étaient placés sur des planches séparées du sol par des isolateurs en porcelaine.
- Galvanomètre des tangentes (W).— On l’a employé pour l’étalonagc de l’ampèremètre; il consistait en un seul tour de gros fil calibré, fixé sur le bord d’un disque en bois. Son diamètre était d’environ 2 mètres; au centre se trouvait l’aiguille et le cercle gradué; l’aiguille, une fois pla-
- iâ Lampes
- Lampes Edison
- Cable Weston simple
- Cable Weston à quatre brins
- Tube acoustique
- cée cl nivelée, était repérée de manière à pouvoir reconnaître un déplacement. La valeur de H a été déterminée et trouvée égale à 0,1938.
- Résistances extérieures des dynamos \h).— Les résistances inertes pour le circuit extérieur des dynamos, consistaient en rubans de maillechort larges de 32 millimètres et épais de 25 millimètres, roulés sur des châssis de bois d’environ 3 mètres de hauteur; de forts fils de cuivre étaient soudés aux extrémités. Dans le même local se trouvaient les conducteurs principaux pour les lampes à incandescence (ij).
- Commutateur (g). — Il consistait en un bloc de bois dans lequel étaient creusés deux augets, et entre ceux-ci deux rangées de godets; les uns
- et les autres étaient remplis de'mercure, le courant de la dynamo était amené à l’un des augets au moyen d’une clef d’Edison (edef) fermant ou ouvrant le circuit ; les résistances étaient intercalées entre les godets opposés.
- Calorimètre (fig. 2, 3) (T). — Il a servi pour l’étalonnage des galvanomètres de potentiel et de courant ; c’est un cylindre en cuivre tenant environ 9 litres d’eau, qui y est maintenue en agitation continuelle par le mouvement de palettes fixées à l'arbre. Il renferme, roulé sur des baguettes de verre, une résistance; c’était, dans les premières expériences, du fil de cuivre de i,3 ohms, et, dans les autres, dii fil platine-argent de 1,1 ohms; les extrémités du fil aboutissent dans des godets à mercure placés sur le
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- circuit, où se fixe également le thermomètre. Le tout est porté sur un petit châssis en fer isolé.
- Pont de Wheatstone — Les résistances ont été mesurées en général à l’Université de John Hopkins; les autres l’ont été au moyen d’un pont d’Elliot, de Londres, à galvanomètre astatique et à miroir de Thomson (FGLMNOP).
- FIG. 2, 3, 3 bis i:t 4
- Galvanomètre pour les mesures de champs magnétiques. — Le courant produisant le champ des dynamos était mesuré par une boussole des tangentes du type d’Helmholtz, à deux bobines, ' formées chacune d’un seul tour de gros fil calibré (YZ).
- Galvanomètres de potentiel (BDIJH) et de courant (ACK). — Ces instruments, placés dans la chambre des mesures, de même que le pont de Wheatstone et le calorimètre, sont décrits plus loin.
- MÉTHODES DE MESURES
- Mesure des résistances. — Comme résistance étalon, on a employé une bobine d’Elliot de io unités, BA, comparée au laboratoire de Ca-
- vendish. Pour réduire les résistanct^en ohms de Paris, on les divisait.par r,oii2.
- Le pont employé pour les comparaisons provenait des ateliers de l’Université anglaise de Cambridge; ses branches fixes égales étaient reliées à un fil de platine-argent en forme de cercle, et leur rapport pouvait être changé en déplaçant le contact du galvanomètre le long du fil.
- Les diverses bobines à comparer étaient mises en regard de comparateurs consistant en io bobines égales, pouvant être placées une à une ou en série. L’un des comparateurs était de io ohms, l’autre de ioo, et le troisième de i,ooo ohms.
- FIG. 4
- Les bobines comparées à l’Université de John Hopkins, sont les boîtes de résistances pour les mesures de courants, les bobines du pont, pour la mesure des résistances, et la bobine pour les mesures de potentiel.
- Mesure des potentiels. — L’appareil employé était un galvanomètre de Hartmann muni d’un aimant de Siemens et presque apériodique. La suspension était un fil de soie d’environ 15 centimètres de long.
- La bobine avait une résistance d’environ 2 ohms; le galvanomètre était naturellement mis en circuit avec des résistances auxiliaires, variant de i,ooo à i5o,ooo ohms ; les déviations étaient lues au moyen d’une échelle et d’une lunette, à une distance de 2,5 m.
- Etalonnages.— Le galvanomètre était étalonné, soit en mesurant la différence de potentiel aux bornes d’une résistance connue parcourue par un courant mesuré au voltamètre, soit en prenant la
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- différence de potentiel aux bornes d’un calorimètre à résistance.
- Après chaque essai, la constante était comparée avec celle du galvanomètre à courant, en mesurant le courant et la différence de potentiel aux bornes de la résistance de fils de maillechort formant le circuit externe des dynamos.
- Durant les essais, quarante étalonnages furent faits, 56 au voltamètre et 4 au calorimètre ; les résultats concordant parfaitement, on se dispensa de continuer avec cette dernière méthode, beaucoup plus pénible.
- Étalonnage au voltamètre. — Le courant employé variait de 1 à i,5 ampères fournissant des différences de potentiels aux bornes de la résistance de 20 à 3o volts.
- La bobine (voir fig. 4) était en maillechort n° 22 ; elle était immergée dans de l’huile ; sa résistance était de 21,161 ohms à i4°C.
- Le voltamètre employé se composait d’une capsule de platine formant la cathode, remplie d’une solution à 40 0/0 de nitrate d’argent ; l’anode était formée d’un fil d’argent en spirale.
- Une double lecture au galvanomètre était faite chaque minute, et la constante calculée avec la moyenne.
- Soit K50 la constante correspondant à une résistance auxiliaire de 5o,ooo ohms R la résistance de la bobine étalon à 140 et tc sa température; Mc le coefficient de variation de résistance de cette bobine Mb celui correspondant aux résistances et tb leur température ; 2d la déviation double ; les résistances étant étalonnées pour une température de 25°, on aura pour la constante du galvanomètre.
- K;’°=S i1+M‘('°-,4°)! i1 — m6 (f/.—2 5°) 1
- Si on emploie d’autres résistances auxiliaires, la nouvelle constante se déduira facilement de celle-ci.
- Étalonnage au calorimètre. — L’instrument a déjà été décrit; pour calculer l’équivalent en eau du calorimètre, le poids de l’arbre était multiplié parla chaleur spécifique de l’acier, 0,11 10, et celui du cylindre par la chaleur du cuivre 0,094.
- La correction principale est celle due à la radiation ; le coefficient de radiation donné par l’expérience avarié de 0,00154a 0,00149 pour des
- différences de température entre l’air et le calorimètre variant de io°C à i° G.
- L’agitation continuelle de l’eau entraîne aussi une correction ; avec 3 tours de l’arbre par sé-
- rie. 5 ET 6
- conde, la température montait de 0,02° C en cinq minutes ; et pour les vitesses plus faibles employées, on admettait que réchauffement était proportionnel au cube de la vitesse.
- Une autre correction est due à la température de la tige du thermomètre qui se trouve à l’air.
- On a trouvé, pour l’accroissement de température par minute, 0,54994, toutes corrections faites, et de l’équation
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- RI2 =3 Travail on pouvait calculer I.
- La valeur de la constante du galvanomètre de potentiel K50 a varie du ri au 23 juin, de 1,843 à 1,847.
- Mesure du courant. — Les courants étaient déterminés par le rapport des différences de potentiels aux extrémités d’une résistance fixe, parcourue une fois par un courant connu et la seconde fois par le courant à mesurer.
- Pour cela un circuit permanent était formé, avec la résistance fixe (fig. 5,6,8), une boîte de et un galvanomètre; un courant, mesuré avec le voltamètre, le calorimètre ou la boussole des tangentes, était envoyé à travers la résistance fixe, et au moyen de la boîte, on s’arrangeait de manière à obtenir une déviation convenable.
- Le courant inconnu était envoyé ensuite dans la résistance fixe, et la boîte modifiée de manière à obtenir a peu près la meme déviation ; on notait dans les deux cas les résistances, les déviations et les températures.
- Soient : C' le courant d’étalonnage, r\ d\ U ', tb ', tg ' respectivement la résistance de la boîte, les déviations, la température de la résistance fixe,, celle de la boîte et celle du galvanomètre dans l’expérience d’étalonnage,et soient : r" d" t s " t b" f g '' les quantités correspondantes dans le cas du courant inconnu et tQ la température étalon, soit 25° Wg et z/s les coefficients de variation de résistance pour le circuit du galvanomètre et pour les résistances de la boîte et de la résistance fixe, soit G la résistance du galvanomètre, on aura pour la constante K à la température de 2 5° :
- K= Cl_____________*+«. (L-fo)____________
- 21* [G i1 + «B (ra - f0 ) I + 11 + ». (*’, -'„)!]
- et le courant à mesurer , sera donné par la formule
- C" = /r2rf’ti-iMfWo)]
- + r'\i+«a (*Wo)]|
- les calculs étaient facilités au moyen de tables pour les quantités:
- Gi,+w»(V-f«)i ' I1 +
- et
- 1-
- Le galvanomètre employé était un appareil d’Edelmann, de Munich, à aimant annulaire ; la résistance des bobines, en y comprenant la résistance fixe était de : 0,3973 ohms à 25° ; c’est la valeur G des formules.
- Résistance fixe (fig. 5, 6, 8). — Ëlle consiste en trois bandes de maillechort soudées à de forts blocs de cuivre, l’un de ceux-ci porte une pièce recourbée qui plonge dans une coupe de mercure où aboutit aussi l’un des conducteurs principaux, tandis que de l’autre partent deux tiges de cuivre connectées de la même manière avec l’autre conducteur principal.
- Les fils des galvanomètres étaient soudés aux deux blocs de cuivre, et le tout était plongé dans un bain d’huile.
- L’étalonnage durait environ 10 minutes; le courant était mesuré soit avec le voltamètre à argent, soit avec la boussole des tangentes ou le calorimètre.
- Avec le voltamètre, on employait une grande capsule de platine comme cathode, avec une solution à 40 ou 5o° de nitrate d’argent ; le courant employé était d’environ 4 ampères, tandis qu’il était de 20 à 3o avec la boussole des tangentes.
- Avec le calorimètre, on obtient les valeurs de RI2, et R étant connu, on en déduit I.
- Les essais au voltamètre ont donné pour la constante des résultats variant de : 0,02448 à 0,02455.
- Avec la boussole des tangentes de : 0,02444 à 0,02459.
- Avec le calorimètre de : 0,024477 à 0,0245 3.
- Le principe de la méthode de mesure du courant a déjà été employé, notamment à Munich et à Vienne, mais la substitution des bandes de maillechort plongées dans l’huile aux barres de cuivre dans l’air, en accroît l’exactitude dans une grande mesure.
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- Comme cette méthode n’est pas communément employée et qu’elle pourrait n’être pas comprise, nous indiquerons les principales sources d’erreurs et leurs valeurs probables.
- 1. Erreur de lecture des déviations. — Elle entre directement dans le résultat; on peut lire avec exactitude le dixième de millimètre ; et les déviations doubles étaient en général de 20 à 3o centimètres, le bon amortissement du galvanomètre permettant de s’assurer facilement de la constance du courant.
- 2. Une erreur de la constante. — Les résultats de l’observation obtenus avec diverses résistances dans le circuit, et avec des températures, courants et déviations différentes, et en mesurant les courants par 3 méthodes indépendantes, concordent assez entre eux pour que la moyenne soit très approchée de la vraie constante ; la plus grande différence entre les valeurs séparées et la moyenne est de o,33 0/0; une importance double a été donnée aux valeurs obtenues par le voltamètre.
- 3. Erreur provenant de la correction de température de la résistance fixe. — Elle doit être très petite ; le coefficient étant lui-même petit, et l’équilibre des températures facilité par la disposition en larges bandes.
- 4. Une erreur semblable pour la boite de résistance. — La boîte était ouverte à l’air et les bobines non paraffinées ; la boule du thermomètre était placée près des bobines en circuit.
- Le coefficient adopté était 0,0004, et les essais faits à diverses températures montrent qu’il s’écartait peu de la réalité.
- Toutes ces erreurs entrent directement dans les résultats.
- 5. Une même erreur relative aux bobines des galvanomètres.. — A cause de la faible valeur de la résistance des bobines, cette erreur n’entrerait que pour un 2511,0 dans le résultat.
- 6. Erreur dans l'étalonnage des bobines de résistance. — Leur valeur était connue à moins de 2 ou 3 millièmes; l’erreur entacherait directement le résultat.
- galvanomètre. — Elle est probablement faible et n’entre que pour un a5,no.
- 8. Manque de proportionnalité du galvanomètre. — Cette erreur était petite, et éliminée en prenant des déviations peu dissemblables.
- Les seules erreurs appréciables, sont celles provenant des lectures; de la correction de température de la boîte ; de la constante et de la résistance des bobines ; on peut estimer que cette dernière erreur peut atteindre o,o5 0/0, et l’erreur de la correction provenant de la température peut s’élever à o, 1 0/0.
- FIG. 8 ET 9
- Cette méthode a l’avantage d’avoir des limites très étendues; on pourrait mesurer depuis 2 à 3 ampères jusqu’à 400 ampères avec la même exactitude.
- Dans les mesures du potentiel et des courants, une variation de H affecte directement les résultats; mais comme on a fait chaque jour deux ou plusieurs étalonnages au voltamètre, et qu’on a vérifié les constantes après chaque mesure, il n’est pas probable qu’une erreur ait eu lieu de ce côté.
- Mesure du travail transmis. —= Toutes les mesures à ce sujet ont été faites au moyen du dynamomètre de Tatham. Pour la description de cet instrument, nous renvoyons nos lecteurs à l’article que La Lumière Électrique a publié à ce sujet.
- Contrôle du dynamomètre. — Pour des essais absolus et non pas seulement comparatifs (*), il était
- (') Nous ne craignons pas de nous, étendre un peu sur cette partie des essais, de nombreuses critiques ayant été faites en Amérique, surtout en ce qui concerne les mesures faites au dynamomètre.
- 7. Erreur dans la mesure de la résistance du
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- nécessaire de contrôler le travail transmis par le dynamomètre, et, dans ce but, on utilisa le travail transmis à une détermination en grand de l’équivalent mécanique de la chaleur.
- Le calorimètre employé dans ce but est représenté (fig. 7, 9) ; il était en tôle, 0,9'" de long et 0,9"' de diamètre et muni à l’intérieur d’arêtes en U.
- L’arbre du calorimètre étant couplé avec celui du dynamomètre, le travail absorbé était d’environ 45 chevaux à une vitesse de 700 tours.
- Deux méthodes différentes furent employées ; en premier lieu, en élevant la température d’un poids donné d’eau, et ensuite, avec un courant continuel, à une température constante,
- Première méthode. — Le calorimètre étant rempli et son équivalent en eau déterminé, l’appareil était mis en train et on observait l’accroissement de température.
- L’équivalent mécanique de la chaleur pourrait ainsi être obtenu en lisant le travail au dynamomètre.
- L’équivalent en eau du calorimètre était obtenu au moyen de son poids et de la chaleur spécifique du fer admise égale à o, 112 à 3o degrés, d’après les déterminations de Régnault, Byztrom, Wein-hold et Bell.
- Les diverses valeurs données s’accordent assez, et il est probable que l’erreur ne dépasse pas 1 à 2 0/0, erreur qui n’entre que pour un dixième dans le résultat.
- Les résultats suivants furent obtenus :
- Poids du calorimètre seul. . . .. 1228,75 liv.
- Poids du calorimètre rempli
- d’eau...................... 2431,75 »
- Poids de l’eau............... 1223,0 »
- Equivalent en eau du calorimètre........................... 137,62 »
- Equivalent total en eau...... i36o,Ô2 »
- Correction des pesées (ramenés
- au vide)........................ i,38 »
- Equivalent exact en eau...... 1362 »
- Les observations au thermomètre étaient faites de demi-degrés en demi-degrés, et les temps notés ; pour le dynamomètre, les lectures étaient faites toutes les minutes.
- Les corrections pour les températures proviennent de la radiation et du fait que la tige du thermomètre est à l’air libre; cette dernière correction est mal définie, la tige étant échauffée en partie par conductibilité.
- La correction totale serait seulement de o,33 0/0, valeur correcte à 20 ou 3o 0/0, d’où il suit que l’erreur serait au plus de o, 1 0/0.
- Mais la correction la plus importante et la moins certaine est celle du coefficient de radiation, et des expériences complètes durent être faites à ce sujet.
- Les résultats obtenus sont :
- Coefficient de radiation pour une différence de température de................... 4° C = o,oo258
- Coefficient de radiation pour une différence de température de................... 8° C = 0,00262
- Accroissement moyen de la température par minute (sans correction) ..................... 0,809814
- Correction moyenne pour la radiation....................... -(-0,017790
- Correction moyenne relative à
- la tige du thermomètre...... -j- o,oo3o34
- Correction des températures (réduction en températures vraies) — 0,00135o
- Accroissement moyen corrigé.. 0,822288
- Equivalent en eau du calorimètre. i362 liv.
- Chaleur développée par
- minute...... 1119,9562 unités anglaises (1)
- Travail fourni pendant
- une minute......... 15489048 livres pieds.
- Equivalent mécanique pour i°C............. 1383,oi livres pieds.
- Malheureusement, la construction du calorimètre fausse ce résultat, une masse d’.eau de 2,5 litres n’étant pas en circulation avec la masse totale ; aussi le chiffre donnant la chaleur développée est trop grand et l’équivalent mécanique trop petit.
- Deuxième méthode. — Dans cette méthode, un courant continu traversait l’appareil. Les observations furent commencées au moment où la température de l’eau cessait de croître à la sortie ; les observations thermométriques à l’entrée et à la sortie et celles du dynamomètre étaient faites chaque minute, et l’eau pesée à la sortie toute les quatre minutes ; l’expérience dura 1 1/2 heure.
- (') Chaleur nécessaire pour élever de i°C la température d’une livre d’eau.
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- Travail absorbé. . 225.585.395 livres pieds.
- Unîtes de chaleur.
- Chaleur développée pendant le
- passage de l’eau............... 157735,96
- Chaleur de radiation.............. 4045,89
- Correction relative à la tige des
- thermomètres..................... +647,12
- Correction des températures (réduction en températures réelles) — 169,63
- Quantité totale de chaleur développée......................... 162169,34
- Equivalent mécanique
- pour i°C.......... i39,io5 livres pieds.
- Dans cette méthode l’erreur due à la chaleur spécifique du fer et à sa température est éliminée.
- Les erreurs possibles sont celles relatives à la température du calorimètre et à la correction relatives aux tiges des thermomètres; ceux-ci étant dans l’eau pendant plusieurs heures, les températures ont pu s’équilibrer par conductibilité. On voit par les deux chiffres donnés pour l’équivalent, que le dynamomètre est correct, dans les limites des erreurs de ces expériences.
- ESSAIS
- Pour les essais en pleine charge, les machines fonctionnaient au moins dix heures avant le commencement des mesures, et celles-ci duraient de une à deux heures.
- La méthode suivie dans chaque essai était la suivante :
- A partir du signal donné, une double lecture des galvanomètres de courant et de potentiel était faite chaque minute, et le dynamomètre observé. Le galvanomètre du champ magnétique était observé aussi souvent que possible, généralement on faisait quatre ou cinq doubles lectures.
- Au bout de dix minutes, le signal d’arrêt était donné, les dynamo arrêtés, et les résistances des armatures mesurées au moyen du courant d’une batterie d’accumulateurs.
- Les balais étaient enlevés, et on mesurait la résistance de l’inducteur.
- Enfin, les constantes du galvanomètre de courant et de potentiel étaient comparées.
- Lorsque les essais de la journée étaient terminées, les frottements de l’armature et celui du dynanomètre étaient déterminés et ce dernier soustrait du travail absorbé.
- On a fait usage des notations et des formules suivantes dans tous les tableaux ci-après :
- e différence de potentiel aux bornes ;
- E force électro-motrice totale engendrée dans l’armature;
- i courant dans le circuit extérieur;
- i„ courant dans l’inducteur;
- R résistance extérieure ;
- ra résistance de l’armature;
- r8 résistance de l’inducteur avec les boîtes ;
- S résistance de l’inducteur seul;
- W travail dépensé en chevaux;
- W, énergie électrique totale en chevaux;
- Wc énergie dans le circuit extérieur en chevaux ;
- W(( énergie en chevaux dépensée dans l’armature ;
- W, énergie en chevaux dépensée dans l’inducteur;
- Eft rendement électrique total;
- E fe rendement utile commercial ;
- E fc
- 7] rapport des deux précédents y, =
- pa fraction du travail dépensée dans l’armature ; ps fraction du travail dépensée dans l’inducteur ;
- n nombre de tours par minute ;
- F,. travail correspondant aux frottements de l’armature ;
- ta température de l’air en G0;
- tp température des pièces polaires;
- Parmi ces éléments, e; i; is; ra S, W, n, ta et tfS étaient mesurés directement.
- E était calculé par la formule : E = e + [i + h) l'a ;
- R était calculé au moyen de la notation :
- R
- e
- i
- rs était calculé connaissante et is, rs — —, et il
- i.V
- était vérifié par l’observation après chaque essai.
- Les autres formules employées sont les suivantes :
- W
- 1
- ( f -r Q ) g + (‘ + i,)2ra 745, 3
- W =
- \e
- 7+73
- w
- u
- (' + 6 12G
- 745,3
- p.363 - vue 367/640
-
-
-
- 364
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- w,
- h e 74573
- Nombre de tours par minute.. 1400 Nombre de volts correspondant au meilleur travail. .. . 125
- Nombre d’ampères correspondant........................ 100
- K/,
- " = */•
- W,
- P“='W
- _w8
- P* — \v
- Tableau I. — Dynamo Edison n0 5.
- Diamètre de l’armature, inter.. 7 i/i6pouc.
- Diamètre de l’armature, extér.. 7 7/8
- Poids de la machine......... 24,75 livres.
- Nombre de lames du collecteur 5o —
- Tours de fil d’une bobine.... 2 —
- Longueur utile du fil d’une bobine...................... 52 pouces.
- TABLEAU I. — (Dynamo Edison n° 5).
- 26 MAI
- Temps I 2.40 I .4O 3.00
- Charge pleine pleine
- e I 25.2 121.59
- E 131.5 I 28.00
- i I OO.Q2 98.06 U
- is 2.385 2.296 £3
- R 1.241.1 (h 1 .240,1 g
- Va 0.0O13 o.o(>38
- Va 5 2.5<) 53.o8 rt
- s 0
- w 18.80 18.o5
- Wi 18.23 17.24 0
- w. i6.q5 1(1.00
- \v„ O cc 00 o.863 t/3 te 3
- w» 0.401 q6.53 0.374
- • E/i . t/3
- E/c 8Q.7G 8().o5
- n P“ 1)2.Qt) *4.65 92.82 4.78 G .0
- P* 2.12 2.08
- n 1400.8 1389.7 O t/3
- lH n 26.4°c 27.00 c
- t, 44,o°C 4a.40 C
- (1) L’indice ci indique une résistance passive.
- Les balais doivent être réglés
- Diamètre des coussinets....... 1 5/i6 pouc.
- Longueur des coussinets....... 5 5/8 pouces.
- Les balais doivent être régle's
- Diamètre des coussinets....... 1 5/i6 pouc.
- Longueur des coussinets....... 5 5/8 pouces.
- Comme c’était la première machine essayée, les mesures devaient servir aussi comme essai des méthodes employées.
- Les deux séries d’expériences montrèrent que les rendements ne diffèrent que de 1 0/0; la correspondance des mesures de potentiel et de courant, comme on peut le voir par les résistances calculées est parfaite.
- Après le deuxième essai, l’isolation de l’armature n’étant plus satisfaisante, il était imposible de continuer les expériences.
- Tableau IL — Dynamo Edison n° 10
- Diamètre de l’armature, intérieur . . 911/16" » » extérieur. 10 5/8"
- Poids de la machine............... 4710
- Nombre de lames du collecteur .... 64
- Tours de fil utile d’une bobine... 33"
- Les balais doivent être réglés.
- Diamètre des coussinets........... 2 3/8"
- Longueur des coussinets........... 9 5/8"
- Nombre de tours par minute............ 1200
- Volts correspondant au meilleur travail.............................. 125
- Ampères correspondant au meilleur
- travail.............................. 200
- La dynamo fut essayée deux fois avec charges partielles, le premier essai étant fait le même jour que l’essai à pleine charge, après avoir fait marcher la dynamo à circuit ouvert pendant deux heures.
- Le second essai, fait le jour suivant, montra que la machine n’avait pas été suffisamment refroidie pour le premier essai.
- Tableau III. — Dynamo Weston n° 7 M.
- Diamètre de l’armature....... 9 3/8
- Poids de la machine.......... 33oo liv.
- Nombre de lames du commutateur 64
- Nombre de tours total dans les
- bobines.........;........... 128
- Nombre de tours correspondant à
- un segment de commutateur. . . 2
- Longueur moyenne d’un tour. . . 6 pieds 8"
- Les balais doivent être légèrement ajustés.
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 365
- Diamètre des coussinets du côte
- de la poulie................ 2
- Diamètre du commutateur....... 1 1 /z
- Longueur des coussinets du côté
- de la poulie................ 7 1/2'
- Longueur du commutateur....... 61/2'
- TABLEAU II. — (Dynamo Edison n° 10,)
- 1e' JUIN 1 JUIN 4 JUIN
- Temps 12.33 2.00 3.i 5 4.i5 6.56 7.45 8.3o 11.15 2.35 4.00
- Charge pleine pleine pleine pleine >/4 1J1 3/4 */4 1/2 3/4
- e 1 25.08 122.67 1 2 1.58 122.87 I 25.4I 126.09 1 22.89 I 27.8l 1 28.83 I 2 3.6
- E 129.35 127.18 126.05 I 27.27 1 26.81 1 28.74 1 26.85 1 28.73 1 30.67 1 28.33
- i 20 î .48 1 (>6.51 194.56 196.48 52.07 107.05 15o.6o 5i .81 io3-79 14*J-12
- i* 4.0 2 1 3.9 I84 3.93 3.46 3.69 3.74 3.47 3.8i 3.8l
- R C) 0.6208,. 0.6243» 0.5249» 0.6254» 2-4.o8rf 1.177,1 O.Sl ()Orf 2.467,1 1.213rf 0.8378
- Va 0.0208 . 0.225 0.02 31 0.0220 0.0253 0.02 -K) 0.02.56 O.OI67 0.0171 O.OI78
- r» s 31.10 31.46 31.6 3 31.27 36.24 34.14 33.83 36.82 33.83 33.01
- w 37.69 35.98 35.53 36.19 11.556 2 I ,3o 28.46 11.459 20.83 28.64
- w< 53.67 34.20 33.58 34.2 2 9-44*1 19.13 26.27 9.548 18.86 26.47
- w. 33.81 32.34 31.74 32.66 8.762 18.11 24.83 8.884 '7-94, 25.27
- w, 1.178 I .2 I 2 1.218 1.182 0. i o5 0.343 0.820 0.0686 0.269 0.564
- w. 0.675 0.642 0.627 0.648 0.582 0.62.5 0.617 o.5q5 0.658 O.64I
- 94.61 qS.oÀ 04.52 94-56 81.77 89.80 92.3o 83.35 f)O.D5 92.44
- E.fe 89.70 89.89 89.34 8q.52 75.82 85,02 87.25 86.12 88.29
- 94.80 94.58 94.51 94-65 92.73 94.68 94..->3 9I05 cp.io 93.49
- P* 3.i 2 '3.36 I43 '3.26 o.gob 1.85 ‘2.88 0.598 1.28 1.97
- P‘ 1.80 1.79 1.76 1.78 5.04 2.q3 2.16 5.20 3.16 2.24
- n 1208.6 1197.6 1193.3 1199.3 I 207.6 ! 207.7 1 2o3.6 I 2 t 1.7 1211.1 1209.3
- Fr 0.437 0.4.37 0.437 0.4.17 0.437 0.437 0.437 0.285 0.285 6.285
- ta 3o.5° C 3o.50C 5o.5° C 28.0° C 26.50C 27.50 c 27.o° C 25.50 c 28.50 c 31.o° C
- tp 5o.5° C 5o.50C 5i.5oC 56.50 C 3 5.5 o C 44.50 c 44.0O C 38.0° C 4.56°C 46.7° C
- (5) L’indice c se rapporte à une résistance formée par les lampes, d à une résistance inerte.
- TABLEAU III. —(Dynamo Weston n° 7.)
- 8 J U I N 12 JUIN
- Temps 11 .j 5 1 2.26 2.27 3.45 1 2.00 2.00 3.45 4-3o
- Charge pleine pleine pleine pleine j J 4. -V2 3/4, pleine
- e 156:07 I 5zl.84 I 5 I .42 1 51.2 2 163.66 i63.4i i63.()9 166.48
- E i65.58 163.99 160.71) i6o.3i 166.07 i68.20 172.65 176.50
- i 125.78 124.86 12 3.19 1 23-57 33.2(5 66.27 ' 99.23 i33.82
- U 2.378 2A40 2.341 2.332 1.738 1.872 2.1.63 . 2.439
- R 1.24U T .240,/ I .230c 1 .2 24c 4-Q2I d 2.466,/ 1.6 52rf 1.244,*
- Ta 0.0742 O.O720 0.747 0.0722 0.0689 0.0716 o.o683 0.0720
- r* c 69.62 66.18 64.70 64.86 94.16 87.31 75.78 68.23
- w 2Q.2Q 2q.o 1 28.07 28.17 ' 8.658 I 6.223 24.I 2 3 33.257
- Wi 28.47 27.98 27-°7 27.08 7.798 15.387 25.25 32.25
- w » 26.34 25.94 2 3.02 25.07 7.304 14.53 21.83 29.89
- w. 1.635 1.502 1.578 1.5 oO O. I I 5 I 0.446 0.943 1.796
- w» 0.498 0.486 0.476 0.473 0.382 0.410 0.476 0.545
- Fft 97.21 96.48 96.43 96.12 90.08 94.84 ()6.38 96.92
- Ffi 89.92 89.42 89.14 89.00 H-n 89.57 90.49 89.87
- •<1 92.31 92.(18 92.41 92.58 9 9.6 3 94.41 93.90 92.73
- Pa 5.5q 5.3q '5.63 3.43 i .31 2.7 5 3.91 5.40
- Pa I .yÔ i .68 1.6i) 1.68 4.41 2.53 1.98 1.6 3
- n 1043.3 1030.0 1045.6 I 05 I .7 1641 -4 . . 1 o38.8 IO24. 1 io58.8
- Fr o.3115 0.3115 0.311 5 0.311 5 0.1956 0.1 c)56 0.1956 0.1936
- 3o,o° C 3o.o° C 3o.o°C 3o.on C 29.50 C 3i.o«C 30.50 c 29.oô C
- b 42.o° C 42.5° C 42.8» C 47.8° C 33.30C 35.o0 C 36.50 c 36.0» C
- G.00
- ’/?
- 1G7.60
- 172-77 67.68 1 .çpq 2.476,7 0.0742 85.54
- i7-°8 1 (>. 144 I 5.22
- 0.483
- 0.441 94.52 89.12 94.28 " 2.82 2.58 io5i.3 o. 1966 28.où C 35.5° G
- Nombre de tours par minute..... io5o
- Volts correspondant au meilleur
- travail...................... 160
- Ampères correspondant au meilleur travail.................... 123
- Un changement assez considérable des con-
- p.365 - vue 369/640
-
-
-
- 366
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- stantes du galvanomètre de potentiel a eu lieu entre le deuxième et le troisième essai. Le rendement décroît graduellement d'environ i o/o, la cause semble devoir en être le calage différent donné aux balais.
- Un essai à charge pleine et à demi charge a été fait après les essais prévus dans le réglement.
- Tableau IV. — Dynamo Weston n° 0 M.
- Diamètre de l’armature.......... 81/32"
- Poids de la machine............. 2000 liv.
- Nombre de lames du collecteur... 72
- Nombre total de tours de fil.... 144
- Nombre de tours correspondant k
- un segment............................ 2
- Longueur moyenne d’un tour. ... 6 pieds 5" Les balais doivent être légèrement ajustés. Diamètre des coussinets du côté
- de la poulie.................. 1 5/8"
- Diamètre des coussinets du côté
- du collecteur................. 1 3/8"
- Longueur du côté de la poulie ... 6 3/4"
- Longueur du côté du collecteur . . 5"
- Nombre de tours par minute...... 115o
- Nombre de volts correspondant au
- meilleur travail.................... 120
- Nombre d’ampères correspondant
- au meilleur travail.................. 80
- TABLEAU IV. — (Dynamo Weston >t° 6 M.j
- i 3 JUIN 14 JUIN
- Temps I I .52 i .5o 2 ..2 5 3-55 I 2.15 2.20 ^f.OO 4.39
- Charge pleine pleine pleine pleine 3/4 1/2 3/4 pleine
- c 117.4 115.4 118.89 119.86 1 IQ.70 I 22.41 119-19 I 24.41
- E i 24.5q 122.37 126.26 127.17 121.70 126.28 I 2 5.1 2 13i .76
- i 71.85 70.62 72.40 71 06 2o.r>3.T 39.878 60.705 75.65
- U 1.277 1.2D4 1.280 1.286 1.2 36 1 .214 1.246 i.3i8
- R i.6W 1.6344 1.641,/ 1.675, 5,827, 3.070, 1 .qo3ri 1.645,1
- /*rt o.oqoj 0.0969 O.OQQQ 0.100 3 O.OQ2 1 O.O940 O.Ô937 o.oq56
- f'g g 91.<j ? 02.00 92.91 <p.20 96.79 I OO.q 93.69 94.42
- w 'la.'Sq ‘2.48 13.15 13.17 HV9 7.341 10.774 >4-390
- W ( 12.23 11.80 12.49 12.429 3 DD4 6.q62 IO.4O 1 3.6o6
- w, 11.32 10. q3 1 i.5o 1 i.5o8 3.2q7 6.55 9.708 12.627
- w, ().7o5 0.672 O.729 0.714 o.o585 0.213 0.493 0.759
- w. 0.201 0.194 0.204 0.207 o.iq85 0.1993 0.1992 0.2199
- Ef, 04.82 94.53 94.98 94-37 89.33 94.84 96.53 94.55
- E/r S7.70 87.59 87.88 87.38 82.87 89.2I ' 90.10 87.75
- n 92.:>8 92.66 92.53 92.59 92.77 04.08 93.34 92.OO
- P« 0.48 5.38 5,56 5.43 1.47 2.90 4.5g '5.28
- p, I .06 1.56 i .56 1.57 4.99 2.71 i.85 i.53
- n 1099.0 IIOI .<) • 117.8 1114-9 „ 1 I IO.7 I i oq.D 1113.7 1154.2
- I’r 0.298 0.298 0.298 0.298 0.1672 0.1672 0.1672 0.1672
- ta 30.40 C 3i.o"C 3o.5uC 3o.5»C 34.0° C 33.59 c .
- 6> 37.7° C 41 ,o° C 41.6° C 4i.5°C 36.7“C 39.50 c
- Les mesures à pleine charge rentrent parfaitement dans les conditions des essais, cependant on avait un grand nombre d’étincelles aux balais et la machine était évidemment surchargée.
- Dans les essais à charges partielles, le rendement total-croissait jusqu’à la charge trois quart, et il y avait peu d’étincelles au collecteur.
- Tableau V. — Dynamo Edison n" 4
- Diamètre de l’armature, intérieur... 6 1/4"
- » » extérieur.. 7 1/16"
- Poids de la machine............. 1470 livres
- Nombre de lames du collecteur.... 5o
- Nombre de tours d’une bobine...... 2
- Longueur du fil utile d’une bobine. 48"
- Les balais doivent être ajustés.
- Diamètres des coussinets.......... 1 1/2"
- Longueur des coussinets........... 6 1/4"
- Tours par minute...................... 1600
- Nombre de volts correspondant au
- meilleur travail................ 135
- Nombre d’ampères correspondant au meilleur travail................ 80
- Cette machine n’était pas couplée directement sur le dynamomètre, à cause de la grande vitesse; mais elle était mue par l’intermédiaire d’une
- p.366 - vue 370/640
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ELECTRICITE
- 36 7
- courroie. Pour déterminer la perte de travail due à la transmission, on supposait que le travail absorbé par le frottement de l’armature à pleine charge était le même que pour la dynamo n° 5.
- Tableau VI. — Dynamo Edison n° 20
- Diamètre de l’armature, intérieur.. 9 11/16" » » extérieur.. 10 5/8"
- TABLEAU V (Dynamo Edison n° 4.)
- Temps
- Charge
- e
- E
- i
- i»
- R
- t'a
- r,
- S
- W
- W,
- w„
- w„
- w,
- E/i
- V/c
- V
- Pa
- P*
- n
- Fr
- ta
- 1 (3 JUIN
- 2.16 pleine 120.05 1 24.64 72.910 1.915
- 1.646,1 0.0614 62.68 44-17 1 3.284 1 2.5l 11.746 0.461 0.309 94.21 88.42 93.85
- ’î-tl
- 0.14 35.o" C 45.8» c
- 3.3o
- pleine
- 124.93
- 129.61 7^9'3
- 2.244
- 1.646,1 0.0596 55.68'
- 44.46 14-383 1 3.6o 1 2.73 0.488 0.376 <14.53 88.52 93.64 3.40
- 2.61
- 0.14 36.50 C 45.3<> c
- 4.2:1 pleine I 25.20 129.97 76.î 2 2.211 1.647,1. 0.0610 56.63 44.69
- \nr
- 12.77
- O.DOl
- 0.371
- mi
- 93.61
- •3.47
- 2.57
- 0.14 36.2° G 46.i° C
- 3.20 pleine 126.75 1 31.91 82.10 2.32 1 1.543,, 0.611
- 54.58
- 44.59
- 1 3.786
- 14.93 13.9D 0.284 0.394 94.58 88.38
- 93.45
- 3.70
- 2.49
- o. 14 36.o0 G 45.50 g
- 17 JUIN
- 1 1.00
- 128^6
- 1 3o.oo
- 2 2.36
- 1.940 5.755* o.o55 66.33 40.42 5.o5o 4.237 3.859. 0.0436 o.3?5 83.89
- 76.46 91.07 0.86 6.63
- 0.16 21 .o° C 27.2° C
- '/2
- 128.77 1 31.09 39.55 2.082 3.256,1 o.o556 61.85 41.21 8.168 7.332 6.833 o. 1 29 o.366
- 89.65
- 83.65
- 93.32
- i •’<) 4.41
- o. Il)
- 23.0" C 29.5° C
- 2.1 5
- 3/4
- 128.39 I 32.22 63.58 2.222 2.019* 0.0582 57.78 42.29 12.517 11.67
- 10.93 0.338 0.382 93.26 87.50 93.82 2,70 3.o6
- 0.16 2.5.0° C
- 33.30C
- 2.40 pleine 131.17 137.08 90.68 '2.647 1.446. 0.634 49-55
- i8.o53
- 17.!7
- 13.96 0.741 0.466 9.3.09
- 88.46 <J2-97 4. I o 2.58
- 0.16 24.8° C 34.6° C
- TABLEAU VI. — (Dynamo Edison n° 20.)
- l8 JUIN '9 JUIN
- Temps I .00 2,25 3.5o 9.4.5 i .3o 2.45 4.00
- Charge AL 1/2 V4 pleine pleine pleine
- e 126.16 1 2 2.0 1 2 3-99 io5.q5 I.25.O4 123.4
- E 127.46 I24.IO 127.33 110.00 129.60 129. qr>
- i 100.22 192.46 2qi.l6 33o.88 379.00 HJ U
- ta 4.942 5.12^, 2..I97 3.1 36 5.124 H
- s I .2 38,1 0.6338,1 0.41(11 ,1 0.3202 a 0.3229,1 o.33o8,i
- t'a 0.01 24 0.0106 0.01 20 0.0 I 2 I 0.01 16 O.ttI19 U
- t'a s w 2.5.53 24.82 24.20 24.1 O 24.35 24.47 -
- 20.254 35.43' 53.i 1 5i .06 70.72 69.39 0 TJ
- W t 17.983 32.86 50.71 49.48 68.2 5 6(1.97 O C/3
- w, 16.965 3i .5o 48.44 47.04 64.99 63.76 O
- w» O.Ï838 o,556 1.416 I .82 2.2.0 2.55
- w, o.837 0.809 0.852 0.62.5 0.862 0.8(12 O 1)
- -E/,. 88.80 <12.77 95.46 96.91 96.51 96.52 LM 'HJ
- Efc r, 83.76 94.33 88.93 9.5.86 91.19 9.5.53 ()2.I ! <)5.o6 91.90 9 5.2 2 91.89 (>5.2 I TJ
- P» O.qi 1.37 2.66 3-57 3.39 3.38
- Pi 4.1 3 2.27 1.6 r 1.2 3 1.22 1.25 TS
- n 1008.9 1 o32.<) 1008.8 1022.3 1092.1 1090.2 O (A
- Fr . , . o.‘5q3 0.393 o.3()3
- ta 28.50 C 28.50 c 28.5° G 31.5°G 33.0Ô g 35.5» C
- 35.0° C 37.80 c 38.3oC 44.50C 45.o°C 47-8» C
- Poids de la machine............ 833 1 liv.
- Nombre de lames du collecteur ... 44
- Nombre de tours de fil d’une bobine ......................... 1
- Longueur utile du fil d’une bobine. 5q"
- Les balais doivent être déplacés.
- Diamètre des coussinets........... 2 5/8"
- Longueur des coussinets........... 10 7/8"
- p.367 - vue 371/640
-
-
-
- 368'
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Nombre de tours par minute..... 1000
- Nombre de volts correspondant au
- meilleur travail............. 125
- Nombre d’ampères correspondant
- au meilleur travail............. 400
- Les essais à pleine charge ne rentrent pas dans
- TABLEAU VII. — (Dynamo Weston n° 6 \V. J.)
- 22 ru in 23 JUIN
- Temps 2.00 I 2.40 2.20 3.35 4-35 5.35
- Charge 1/4 1/2 pleine pleine pleine pleine JJ 4
- e 125.oü 1 24.20 1 28.45 I 2Q.OO 124.8 I 3 I .8 I 33-7
- E 12G.I7 12G.34 i33.i2 133.87 129.89 I 36.22 137.19
- i 26.5i 46-19 108.04 109.29 1 14.2 98.33 81.99
- tu 2.05 1 2.144 2.2J9 2.21 3 2.171 2.272 2.242
- R 4.901Æ 2.6g I d 1.180,1 1.180 ii 1 .oq3» 1 .340 a i .03o 0
- Va V* 0.0404 60.90 O.Oij.24 57.0b 0.0420 57.37 0.0437 58.28 0.04*38 57.51 O.O439 58.oi 0.0441 59.62
- j w 5.0Q2 ‘ 8^820 20.08 20.71 21.01 19.28 16.48
- W| 4,666 8.kj3 10.8G 20.o3 20.20 18.39 1 5.30
- w„ 4.281 7.703 18.78 18.92 19.13 I7'c-L 14.70
- w „ 0.041 2 o.i32() 0.G07 0.720 «•79 5 O.596 0.394
- w„ 0.344 0.358 o.38G 0.383 0.364 0.A02 0.4Ô2
- E/. 914)4 92.8g ()4-G8 96. G9 OG.53 95.3g 94.06
- E/c 84.07 8702 89.5i 91.32 91.02 90.21 89.22
- fa. 9'oiï 94.01 i .51 '-Ï3Î 9^.43 3.0 2 94.29 I78 94.57 3.09 04.86 ’ 2.3g
- P» G.76 4.05 I .84 i .85 J-7-1 2 3 2.0Q 2.44
- n 11G7.2 11G8.3 1258.5 12G7.G 1 2 30.0 1257,6 1 202.0
- Fr 0.13 0.13 0. i 3 0.13
- ta 31 .o° C 3i .0° C 27.5° C 27.5° c 25.0» C 25.7° C
- P» 35.o0 C 3 7. o11 C 3a.50C 33.5» c 3G-70 C 36.70 c
- TABLEAU VIII. — (Rendements).
- VOLTS AMPERES POIDS en livres RENDEMENTS T 0 T A U X R E N DEMENTS C 0 M -M E n C1 A U X
- Pleine charge (3) 3/4 charge i,/2 charge i/.|. charge Pleine charge (3) 3/4 charge ,I/2 charge 1/4 charge
- Edison n* 4 . . 125 So 1.470 94.45 93.26 89.65 83.89 88.44 87.40 83.65 76.40
- Edison n" 5 ('). 1 2 5 100 2.475 96.01 89.19
- Edison n” 10.. 125 200 4.71° 94.68 92.44 90.55. 83.32 89.61 88.2 3 86.12 77.53
- Edison 11" 20 (') 1 25 400 8.331 96.65c-) 95.46 92.77 88.80 91.96C-I 91.19 88.93 83.76
- Weston 6 M. . I 2 0 80 2.000 94.67 96.53 94.84 89.33 87.66 90.10 89.23 82.87
- Weston 7 M. . 160 1 25 3.3oo 96.56 96.38 94.84 90.08 89.37 90.49 89.57 84.37
- Weston 6 W. 1. i 3o 100 2.100 96.20 94.06 92.89 91.64 90.85 89.22 87.32 84.07
- (1) Isolation de l’armature insuffisante après les premiers essais.
- (2) Essais ne satisfaisant pas aux conditions.
- (3) Moyenne des mesures à pleine charge.
- les conditions du règlement, les io heures de marche préliminaire n’ayant pas eu lieu à pleine charge.
- Les essais devaient être repris le jour suivant, mais malheureusement l’isolation de l’armature devenue défectueuse ne l’a pas permis.
- Tableau VII. — Dynamo Weston n° 6 W. I.
- Diamètre de l’armature........... 81/4"
- Poids de la machine.............. 1100 liv.
- Nombre de lames du collecteur. . 56
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 369
- Nombre total de tours de fils de
- l’armature........................... 42
- Nombre de tours correspondant à
- un segment de l’armature...... 2
- Longueur moyenne........... 6 pieds 3 1/2"
- Les balais doivent être légèrement ajustés. Diamètre des coussinets du côté
- de la pouilc.................. 6 3/4"
- Diamètre des coussinets du côté
- du collecteur................. 1 3/8"
- Longueur du côté de la poulie. . . 6 3/4"
- Longueur du côté du collecteur.. 5"
- Nombre de tours par minute...... 1200
- Nombre de volts correspondant au
- meilleur travail.................... i3o
- Nombre d’ampères correspondant
- au meilleur travail................. 100
- Les valeurs du rendement total diffèrent fortement; le premier essai donna une valeur plus petite, il a été mis de côté, l’erreur provenant soit de l’ajustage de la machine, soit des mesures.
- Le Tableau VIII donne le résumé de tous les essais ; le rendement de la dynamo Edison n° 20 marqué d’un appel ne rentre pas dans les conditions de l’expérience, sans que cependant il y ait lieu de douter des résultats.
- Parmi les cinquante-quatre mesures faites, quatre furent jugées impropres au calcul pour diverses causes, et des cinquante mesures restantes, une seule a été rejetée, la mesure à pleine charge de la dynamo Weston n° 6 W. I.
- En considérant le soin pris dans l’étalonnage de tous les instruments, et la correspondance des essais faits sur une même machine, il est probable que les résultats donnés représentent d’une manière très approchée les rendements dans les conditions des essais.
- Le fait du couplage direct des dynamos sur l’arbre de transmission était très favorable à celles-ci, et l'on peut voir dans les tables que le travail absorbé par le frottement était très petit.
- Dans les mesures, l’ohm était supposé égal à une colonne de 106 centimètres, donc pour avoir les résultats en mesure absolue, il faut réduire les potentiels, et par suite les rendements d’environ 0,2 5 0/0.
- Louis Duncan, président.
- Geo L. Anderson, secrétaire. Wm. D. Marks,
- J.-B. Murdock,
- A.-B. Wyckoff.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne.
- A propos de l’étalon de lumière électrique. — Dans le journal Y Eclairage au ga\, M. v. Hefner-Alteneck publie une discussion au sujet de l’étalon de lumière proposé par M. Violle, et ceci lui fournit l’occasion de revenir sur la lampe à acétate d’amyle dont il a lui-même recommandé l’usage.
- M. v. Hefner-Alteneck estime que l’étalon proposé par M. Violle ne pourra être généralement admis dans la pratique. Il trouve que l’on n’a pas démontré que la quantité de lumière émise par du platine fondu était toujours constante d’une façon assez nette, pour que cette quantité pût servir d’unité de lumière internationale. D’après les communications mêmes de M. Violle (1), il est difficile de savoir si l’on a comparé entre elles deux unités de platine; il semble plutôt qu’on se soit borné à comparer une unité de platine avec un bec Garcel ou avec une lampe à incandescence dont l’intensité était dans un rapport connu avec celle du bec Garcel.
- On manque également de détails sur la question de savoir si l’unité de platine a été refaite à nouveau pour chaque mesure, ou si c’est la même matière qui a servi à toutes les mesures, et dans ce dernier cas, comment on a opéré.
- Déjà le congrès des électriciens, à Paris, n’avait pas considéré comme assez précis, « le point de fusion » et a préféré prendre comme base de détermination, le point de solidification de la masse de platine fondu. Mais tout le monde sait que les liquides peuvent être amenés à une température inférieure à celle qui correspond à leur point de solidification, sans que pour cela il y ait solidification, et rien n’empêche de dire à priori, qu’un phénomène de ce genre ne peut se produire pour les métaux.
- En second lieu, le point de fusion est altéré par les impuretés que renferme le platine, ce qui a pour effet de modifier l’émission de lumière ; ces influences sont d’ailleurs extrêmement sensibles, puisqu’on opère à une température très-élevée, température à laquelle la quantité de lumière émise varie beaucoup plus rapidement (*)
- (*) Comptes-rendus, T. XCVIIf.
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-
- 370
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- que si l’on opérait à une température relativement basse.
- Mais meme dans la photométrie pratique il est impossible de se servir de l’étalon Violle.
- Si, lorsqu’il s’agit de mesurer des longueurs ou des poids, on n’est pas habitué à rechercher par quels procédés les grandeurs dont on se sert ont été déterminées, c’est qu’on n’a pas besoin de les établir soi-même, puisque l’industrie nous fournit d’excellents étalons de poids et de mesure.
- On est toujours en état de reconstruire la même longueur ou le même poids au moyen d’une échelle-étalon ou d’une balance de précision. Mais lorsqu’il s’agit de mesurer des quantités de lumière, la chose se présente tout autrement. Ici on ne peut porter avec soi l’étalon-unité, mais on est obligé de le reconstruire à chaque nouvelle mesure. Il est donc indispensable de connaître exactement le procédé qui a servi a établir l’étalon lui-même et dont on doit faire usage pour reconstruire ce même étalon.
- On ne peut donc recommander comme étalon de lumière international, qu’un étalon facile à établir à chaque instant et d’après un procédé commode et certain. Le procédé de M. Violle ne .satisfait pas à ces conditions, car il est beaucoup trop compliqué et trop coûteux.
- On a proposé de déterminer une fois pour toutes les rapports entre les diverses unités de lumière anciennement employées et l’unité de Violle, et d’exprimer toujours en unité Violle les résultats des mesures.
- Cette proposition ne satisfait pas M. v. Hefner-Alteneck par cette raison que, du moment qu’on n’a pu encore, malgré les efforts les plus persévérants, déterminer les rapports qui lient les unes aux autres les anciennes unités,.il serait impossible d’établir d’une façon précise le rapport entre l’unité Violle et ces mêmes unités.
- Le rapport en question serait toujours incertain, les unités à comparer étant elles-mêmes incertaines. Il faudrait donc, en admettant que l’on exprime les intensités lumineuses en unités Violle, se demander chaque fois, non seulement qu’elle était l’unité avec laquelle les mesures ont été faites, mais encore quelle est la valeur du rapport .entre cette unité et l’étalon Violle, que l’observateur a cru devoir adopter.
- Chaque unité étant variable entre certaines limites, l’incertitude du résultat se trouverait par le fait doublée.
- En ce qui concerne la lampe à acétate d’amyle
- proposée par M. v. Hefner-Alteneck comme étalon de lumière, des expériences faites dans plusieurs usines à gaz démontrent, paraît-il, que cette lampe possède, à un haut degré, des qualités qui la rendent propre à servir d’étalon.
- Dans une conférence faite à Munich, M. le Dr Bunte a signalé cependant quelques inconvénients constatés dans l’emploi de cette lampe, inconvénients auxquels on se propose de remédier de la manière suivante.
- Pour éviter la carbonisation de la mèche on prendra de l’amiante pour fabriquer la partie supérieure.
- Pour rendre possible un réglage exact de la hauteur de flamme, on a proposé de protéger la partie centrale au moyen d’un abat-jour, ce qui aurait encore l’avantage de mettre l’œil de l’observateur à l’abri de l’éclat éblouissant que possède cette région de la flamme. Cet abat-jour une fois posé, on pourrait observer avec beaucoup d’exactitude la pointe saillante de la flamme qui ne présente qu’un faible éclat.
- La lampe à acétate d’amyle est d’une grande simplicité de construction ; c’est là un avantage qui n’est point à dédaigner. M. v. Hefner-Alteneck reconnaît cependant que la valeur relativement faible de cette unité est un inconvénient ; il faut dire, par contre, que l’on se rapproche de l’unité la plus usitée qui est la bougie.
- La couleur de la lumière émise par la lampe ressemble beaucoup à celle du gaz et de la lumière à incandescence, et n’est guère propre à servir comme étalon pour les lampes à arc.
- . M. v. Hefner-Alteneck recommande de ventiler la salle pendant que l’on emploie la lampe, car l’intensité lumineuse de celle-ci est considérablement altérée par la corruption de l’atmosphère.
- Lorsqu’on compare directement la lampe-étalon avec une bougie normale, cette influence échappe à l’observation, puisque la corruption de l’atmosphère agit de la même façon sur les deux sources de lumière. Mais si l’on substitue à la bougie une lampe à incandescence, on s’aperçoit aussitôt de l’influence nuisible exercée par la corruption de l’air. Ceci résulte d’expériences antérieures faites par M. v. Hefner-Alteneck; de nouvelles expériences entreprises par M. le Dr. Bunte, montrent que la flamme s’éteint lorsque l’atmosphère contient 5 0/0 d’acide carbonique.
- Mentionnant une lampe à benzine recommandée
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-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ $7 r
- par M. Eitner, M. v. Hefner-Alteneck estime qu’elle ne saurait être employée comme étalon, à cause de la composition incertaine de la benzine ; elle pourrait être avantageusement employée comme lampe de comparaison.
- La définition donnée par M. v. Hefner-Alteneck (définition qu’il a un peu modifiée dernièrement), pour l’unité de lumière que représente sa lampe, est la suivante :
- L’imité de lumière et l’intensité lumineuse d’une flamme qui brûle librement dans un air pur et sans mouvement, et s’élève de la section transversale d’une mèche saturée d’acétate d’amylc; cette mèche remplit parfaitement un canal circulaire en maillechort d’un diamètre intérieur de 8 millimètres ; d’un diamètre extérieur de S,3 m. m. et d’une longueur sans appui de 25 millimètres ; la hauteur de la flamme doit être de 40 millimètres, comptés à partir du bord du tuyau et mesurés au moins dix minutes après l’allumage.
- Dr H. Michaelis.
- Angleterre
- Sur le couplage des accumulateurs.— MM. Ayr-tron et Perry ont adopté la disposition suivante pour leurs accumulateurs. Pendant la plus grande partie de la journée, la dynamo D est reliée aux accumulateurs ainsi que l’indique la figure 1 dans laquelle AB représente les accumulateurs pendant la charge.
- Environ trois heures avant de commencer l’é-
- \ Il B’
- H H
- i n
- r -:Oi l2. *
- FIC. I
- clairage, le fil n° 2 est graduellement déplacé d’un élément à l’autre jusqu’au point B' à peu près au moment où l’éclairage commence ; les fils de la dynamo sont alors en 1 et 2 (fig. 2) et ceux qui vont aux lampes en 3 et 4.
- Les éléments de A à B sont, par conséquent, en pleine décharge, ceux de B à B' sont en charge et les lampes se trouvent alimentées par les deux courants.
- Au fur et à mesure que les éléments AB s’affai-
- blissent, le fil 4 est déplacé graduellement de B à B1 de manière à arriver à B1 vers la fin de l’éclairage.
- Le déplacement du fil 4 de B à B' a pour effet
- u \
- FIG. 2
- d’augmenter le nombre d’éléments en décharge et de diminuer le nombre d’éléments en charge, et en réglant convenablement le mouvement en
- FIG. 3 ET 4
- avant de B à B' du fil 2 (fig. 2), avant le commencement de l’éclairage, ainsi que celui du fil 4 allant aux lampes pendant la durée de l’éclairage.
- FIG. 5
- on arrive à établir un rapport entre l’énergie emmagasinée dans chaque élément avant et pendant l’éclairage et la quantité d’énergie absorbée dans l’élément pendant la durée de l’éclairage.
- Pour éviter de mettre successivement chaque élément en court circuit au fur et h mesure qu’on
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-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- déplace les fils 2 et 4, on peut se servir de la disposition suivante.
- La distance entre les blocs de contact C, C2 C3, qui font partie de l’élément, peut être supérieure à la largeur du contact mobile M (fig. 3), de sorte que celui-ci ne pourra reposer sur deux blocs à la fois.
- Cette disposition empêche les étincelles de sc produire.
- Mais, en général, elle est inapplicable, parce que le circuit est rompu pendant le déplacement d’un bloc à un autre.
- On peut aussi avoir des blocs de contact doubles dont on sépare les deux parties par une bobine de résistance, ainsi que sir William Thomson l’a proposé.
- Dans ce cas, le contact mobile touche toujours au moins à l’un des blocs de contact, et, quand il en touche deux en même temps, l’élément prochain n’est pas mis en court circuit, mais son circuit est momentanément fermé à travers une résistance qui, quoique faible comparée à la résistance totale en circuit, est cependant grande, comparée à celle d’un seul élément.
- Cette disposition donne de bons résultats, mais nécessite l’emploi d’un accumulateur très compliqué et très coûteux, car on doit avoir autant de ces petites bobines de résistances, toutes en gros fil de de maillechort, qu’il y a d’accumulateurs à ajouter ou à retirer du circuit.
- Mais on peut, au lieu de doubler les blocs de contact stationnaires, doubler le contact mobile seul et relier les deux parties de ce dernier au moyen d’un petit bout de fil gros en maillechort comme dans la figure 4, où le contact mobile est composé de deux parties M, M2 reliées par le fil r4 et construit de sorte que la pièce antérieure M2 touche le deuxième bloc de contact C2 avant que l’autre partie M, ait quitté le bloc ; il n’y a par conséquent aucune interruption de courant, et, comme la distance entre C, et C2 est plus grande que la largeur de M^ ou de M2 pris isolément, il en résulte que ni M4 ni M2 ne peuvent reposer simultanément sur deux blocs de contact et qu’un élément ne petit être mis en court circuit.
- Enfin, la disposition suivante ne comporte aucune bobine de résistance. Les fils, dans la chambre ou dans le batiment éclairé par les lampes, sont installées comme dans la figure 5, où Ct C2 C3 représentent les blocs de contact et M., M2 les deux parties du contact mobile. Il est facile de voir, en se reportant à la figure 5, que la
- bobine de résistance reliant My et'M, est remplacée par l’un des fils allant aux lampes.
- Un ballon a signaux. — L’école des signaux militaires à Aldershot vient d’entreprendre des expériences avec le ballon lumineux imaginé par M. Eric Bruce et destiné à la transmission des signaux.
- Le ballon contient de 4 à 5.000 pieds cubes de gaz et 6 lampes à incandescence donnant, dans des circonstances ordinaires, environ 15 bougies chacune mais capables de fournir au besoin une intensité lumineuse plus grande.
- Les lampes sont alimentées par une batterie de 25 éléments, et l’on se sert d’une clef télégraphique pour ouvrir et fermer le circuit afin d’allumer ou d’éteindre les lampes et ainsi reproduire les signaux Morse.
- A Aldershot, le ballon s’est élevé à une hauteur de 3oo mètres et les observateurs lisaient les dépêches envoyées à une distance de plusieurs milles.
- La réponse fut envoyée au moyen de la lumière Drummond.
- Une lampe électrique pour mineurs. — Une petite lampe électrique pour mineurs est exposée en ce moment au n° iode YOld Jewry Chambers, à Londres. Cette lampe est alimentée par une pile au chlorure d’argent de 3 éléments de 15 centimètres sur 7,5o centimètres chacun.
- La pile est enfermée dans une boîte métallique ayant 17 centimètres de hauteur, 8,75 centimètres de largeur et 7,5o centimètres de profondeur.
- Une lampe à incandescence avec un réflecteur fixé à l’extérieur de la boîte donne, à ce qu’on dit, une lumière de 3 bougies pendant 9 heures.
- Un plus petit modèle, n’ayant que 7,5o cent de diamètre, donne 2 bougies pendant 5 heures, enfin un troisième modèle entre les deux premiers et mesurant i5 centimètres de hauteur, donne 3 bougies pendant 7 heures et demie.
- Ces piles sont hermétiquement fermées, et le mineur ne peut toucher ni à la pile ni à la lampe; il peut cependant allumer et éteindre la lampe au moyen d’une clef, mais, celle-ci peut être enlevée au besoin.
- J. Munro
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 373
- CHRONIQUE
- Nouveau système de communications téléphoniques de la maison Naglo frères, à Berlin (')
- Ce système comprend naturellement un poste central, avec annonciateurs et commutateurs ; chaque abonné a à sa disposition un transmetteur et un double récepteur, ainsi qu’un appareil (commutateur et pile), permettant d’envoyer des courants de sens alternés au poste central.
- Les figures i, 2, 3, montrent la disposition d’un des disques annonciateurs ; l’axe mobile, a, est placé parallèlement aux noyaux des électro-ai-
- mants m m ; il porte le disque b et un aimant c, permettant à ce dernier de s’approcher de l’une des pièces polaires.
- Le disque est équilibré au moyen du poids e et du bras d, de manière à pouvoir prendre l’une ou l’autre position.
- Dans la position figure 2, le disque a été amené par le courant d’appel en face de l’ouverture, et il conserve cette position, en sorte qu’il sera maintenant visible pour l’employé.
- Un courant en sens contraire ramène le disque dans la position 3. Afin que les signaux soient bien visibles, le disque est blanc et le fond noir.
- Pour éviter les oublis ou les pertes de temps,
- FIG. I, 2 ET 3
- quand plusieurs abonnés demandent à la fois à être mis en communication, on a disposé derrière l’ouverture de la clef, un appareil qui indique à l’employé les communications déjà faites ; dès que la clef a été introduite dans l’ouverture g, le levier articulé n est soulevé, et le signal s coloré en rouge vient masquer le tiers du disque#.
- En retirant la clef, le signal 5 disparaît de nouveau. L’employé a ainsi les signaux : Champ noir : Position de repos ; Champ blanc : Appel ; Champ rouge et blanc : Communications faites ; Champ noir et rouge : Communications à rompre.
- Les obligations de l’employé se réduisent donc à établir les communications.
- (') Elektrotcchnische Zeitschrift, i"r janvier 1886.
- La chûte répétée des numéros qui est si fatigante dans la plupart des autres systèmes, et qui arrive chaque fois qu’un abonné est obligé d’appeler plusieurs fois l’autre station, disparaît totalement ici.
- Le mécanisme qui est fixé à la plaque P peut être enlevé séparément pour chaque ligne, tandis que la partie du mécanisme qui est fixée au bloc H demeure en place.
- La communication de l’électro-aimant m m avec la ligne est faite au moyen des ressorts en laiton/(fig. 1).
- La figure 5 montre le poste de chaque abonné ; l’embouchure en métal u est en relation avec le transmetteur ; le poste comporte en outre deux téléphones récepteurs, un commutateur, une sonnerie et un paratonnerre.
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- 374 LA LUMIÈRE ELÈC TRIQUE
- L’appel se fait en tournant à droite la poignée /c; la lettre A disparaît et S apparaît ; au poste central, alors, apparaît le disque blanc.
- Lorsque la conversation est terminée, le mou -veinent inverse est donné à k ; la lettre A redevient visible, tandis qu’au contraire le disque disparaît au bureau central.
- Les deux lettres A (Anruf) et S (Schluss) montrent aux abonnés si les signaux sont bien faits.
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- FIG. 4
- Le commutateur de courant est représenté (fig. 6 et 7).
- Le disque /, en matière isolante, porte deux parties en laiton, isolées Tune de l’autre, r et o. Les ressorts f2f2 sont en communication avec le pôle positif et fK fA avec le pôle négatif ; si par exemple on tourne k à gauche (fig. 6), le courant négatif va de /, à r, et de là par h4 h.2 et a; x9 h la ligne L, et à la terre qui est en communication avec E et par suite par^ et o avec le pôle -|-.
- En même temps, fh a quitté la petite saillie sur laquelle il repose, et frotte sur le bord même de o, ce qui coupe la communication entre et
- et interrompt la communication de la sonne-
- FIG. 5
- rie avec la terre; ainsi on ne sonne qu’au poste
- FIG. 6
- appelé, la sonnerie étant intercalée entre L et W.
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- ‘ijo
- Le disque-signal U (fig. 6) est entraîné par le doigt i, ce qui masque la lettre A.
- Les ressorts x x ramènent toujours le commutateur dans sa position primitive, ce qui met tou-
- FIG. 7
- jours en circuit ouvert Tunique pile dont on ait besoin.
- L’annonciateur du poste central pour 5o lignes (fig. 4), porte encore autant de trous à fiche qu’il y a de lignes, de manière à pouvoir mettre les bobines des électros en court circuit, en reliant directement les lignes.
- NÉCROLOGIE
- M. Jules JAMIN
- Nous avons le regret d’annoncer la mort de M. Jules Jamin, l’un des secrétaires perpétuels de l’Académie des Sciences, membre de la section des sciences physiques et naturelles. Il était âgé de soixante-freiz^ ans, et c’est à une maladie de cœur, dont il était atteint depuis longtemps, qu’il vient de succomber.
- Bien qu’il ne soit point appelé à laisser dans la science un nom considérable, M. Jamin n’en était pas moins un physicien distingué, dont l’existence a été toute de travail, et la carrière en somme bien remplie.
- Né le 3o mai 1818, à Termes, dans les Ardennes, M. Jamin avait débuté dans la vie par des études fort brillantes. Se destinant au professorat, il était entré dans les premiers à l’Ecole normale en 1843, et trois années plus tard, il était reçu à l’agrégation de physique, avec le numéro 1. Il débuta dans la carrière de l’enseignement au collège Bourbon, aujourd’hui Lycée Condorcet. Les succès qu’il obtint dans sa chaire le mirent rapidement en lumière, et le cours de Physique de l’Ecole polytechnique ne tarda pas à lui être confié.
- A partir de cette époque, son nom vint prendre place à côté de ceux des savants distingués de son époque.
- En 1863, il fut nommé professeur de physique de la Faculté des Sciences de Paris, et chargé presqu’en même temps de l’organisation des laboratoires de l’Ecole pratique des hautes études, laboratoires disséminés un peu partout dans les grands établissements de Paris et de la province, sous forme de subventions nouvelles à des laboratoires déjà existants dont on voulait élargir les travaux et faciliter les recherches.
- En 1868, M. Jamin entrait à l’Académie des Sciences dans la section de physique en remplacement de Pouillet. Il était déjà officier de la Légion d’honneur depuis i865.
- Les ouvrages de M. Jamin ne sont pas très nombreux, et l’on peut dire en somme qu’il a peu produit. C’est surtout comme professeur à l’Ecole polytechnique qu’il s’était fait connaître, et c’est son cours dont il commença la publication en 1868, en collaboration avec M. Bouty qui est son seul grand ouvrage. Il a depuis remanié, aggrandi, perfectionné ce travail au fur et à mesure des progrès de la science. Il avait enfin rédigé un appendice, en même temps qu’il publiait un petit traité de physique.
- Il faut également ajouter aux travaux de M. Ja-; min une série assez volumineuse de mémoires scientifiques parus dans la Revue des Deux-Mondes et le Temps ainsi que ses travaux sur le magnétisme qui furent l’objet d’un grand nombre-de communications à l’Académie des Sciences.
- Cherchant à s’éclaircir les points encore obscurs de la théorie, ils n’acceptait pas complètement la théorie du diamagnétisme et celle d’Ampère; il étudia tout d’abord théoriquement et expérimentalement la distribution du magnétisme sur les aimants, la force portative de ceux-ci, ainsi que le rôle des armatures appliquées sur les
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- faisceaux magnétiques, et en tira un certain nombre de conclusions particulières.
- Il montra notamment que lorsqu’un faisceau magnétique atteint son aimantation maxima, c’est-à-dire lorsqu’il constitue ce qu’on appelle un aimant normal, la courbe qui représente la force est une parabole de la forme
- F = A x-
- dans laquelle x est la distance au centre de la lame et A un coefficient qui varie avec la longueur.
- Il reconnut d’un autre côté : i° que le nombre de lames nécessaires pour faire arriver un faisceau à son maximum de force est d’autant plus grand que la longueur du faisceau est plus considérable; 2° que la force d’arrachement à l’extrémité du faisceau normal augmente avec la longueur 2 /, et peut être par conséquent représentée par l’équation
- F = /c21
- laquelle combinée avec la précédente donne pour valeur de F
- k étant un coefficient qui dépend uniquement de l’épaisseur de la lame élémentaire et de l’acier employé.
- Etablissant que la force F est proportionnelle au carré de l’intensité magnétique I, ainsi que d’ailleurs Coulomb l’avait admis, M. Jamin arrive à admettre une équation qui montre que dans le cas d’un faisceau normal, la courbe d’intensité magnétique se réduit à une droite, d’où il résulte que le pôle est au tiers de la demi-longueur du barreau. Il put alors déterminer la formule permettant de calculer la totalité M du magnétisme d’un faisceau
- M = 2 (a + ne) kl-.
- dans laquelle a représente la largeur des lames, e leur épaisseur et 7i leur nombre, et donna comme formule représentant le rapport de la force portative P à celle du poids t: de l’aimant, l’équation suivante :
- p 2 (* + nef /f, L tz S maed
- Partant de là, il put étudier avec exactitude les conditions que doit remplir un faisceau aimanté pour avoir la plus grande force possible. Il montra que cette force dépendait d’un grand nombre de circonstances, et en premier lieu de la masse de contact ou armature, ainsi que de la bonne adhérence de celle-ci avec les extrémités polaires de l’aimant. Expérimentant les effets de la superposition de plusieurs lames, il admit qu’il se produisait entre les lames qui se trouvent nécessairement réunies deux actions contraires, l’une qui a pour effet de provoquer une condensation magnétique à la surface de jonction en développant une aimantation contraire, l’autre qui a pour résultat de repousser à l’intérieur des lames le magnétisme de même nom ; et ce serait alors la différence de ces deux actions qui représenterait les gains que les lames successives ajoutées apportent au faisceau. Ce gain, d’abord considérable, diminue à mesure que le nombre des lames augmente et il arrive un instant ou il serait nul; c’est lorsque l’aimant atteint ses conditions de maximum.
- De ses différentes expériences, M. Jamin a déduit des considérations qui l’ont amené aux conclusions suivantes :
- i° Pour placer un aimant dans ses meilleurs conditions de force, il faut d’abord que son contact soit de masse suffisant pour dissimuler totalement le magnétisme répandu sur la surface extérieure de l’aimant.
- 2° Cette masse étant donnée, il faudra réduire la surface d’adhérence jusqu’au moment où l’on verra augmenter la force du magnétisme libre que l’application du contact laisse sur l’aimant.
- 3U Quand la longueur et la largeur des lames sont déterminées, il faut que leur nombre soit suffisant pour faire apparaître un peu de magnétisme libre sur l’aimant, lorsque le contact est placé.
- Si ce nombre est moindre, la limite de force permanente n’est point atteinte, si on ht dépasse on ne gagne plus rien.
- 4° Les armatures doivent être fortes, bien appliquées, très rapprochées, sans toutefois exagérer leur poids.
- C’est sur ce principe que M. Jamin construisit ses plus gros aimants, dont le développement était de 1,20 m. Le nombre des lames était de 55 et elles étaient munies de deux armatures pesant chacune 16 kilogrammes. Cet aimant pesait 495 kilogrammes.
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- Comme conclusion generale de ces travaux sur le magnétisme, M. Jamin termine ses études par une solution analytique originale du problème de la distribution dans un aimant.
- Il justifia ses formules par une théorie nouvelle qui fut et est encore admise avec une certaine réserve.
- S’appuyant sur ce que, pour établir la loi de la conductibilité calorimétrique, Fournier 11’avait eu besoin de faire aucune hypothèse sur la nature de la chaleur et s’était contenté d’admettre que la quantité de chaleur qui traverse une tranche extra-moléculaire était proportionnelle à la différence de température des molécules que cette tranche séparait ; que plus tard Ohm n’avait fait que reproduire la même idée pour découvrir les célèbres lois qui portent son nom; il appliqua ce même principe au magnétisme pour déterminer les lois de sa distribution dans un barreau.
- Il admit, contrairement à ce qu’on croyait avant lui, que lorsqu’on place une armature de fer à l’extrémité d’un barreau de même section, une portion de ce magnétisme quitte le barreau pour se transporter sur le fer, qu’un état d’équilibre s’établit entre l’acier et le fer, et qu’il n’y a qu’une différence de tension infiniment petite.
- Il soumit cette conception au calcul et posa la formule
- y — Me + Ne
- C’est en somme l’équation de Fournier, et, de même que d’après ce dernier elle représente la température dans une barre chauffée, de même elle sert, d’après ce que nous venons de dire, à exprimer l’intensité magnétique dans un barreau.
- C’est en somme la conclusion générale des travaux de M. Jamin sur le magnétisme.
- Quoique partant d’une hypothèse qui n’est pas généralement admise, ils sont toutefois d’un grand intérêt et peuvent être mis en parallèle avec ceux de Gaugain sur le meme sujet.
- Pour terminer enfin le résumé des travaux de M. Jamin, il faut parler de ses tentatives dans le domaine de l’éclairage électrique. Là, quelque soit la réserve qu’il faille apporter, 011 ne peut nier que les résultats ne furent pas heureux et ne furent pas de nature à ajouter quelque chose à la gloire du savant.
- La bougie Jamin est suffisamment connue pour que nous n’ayons pas à en refaire ici une description, même sommaire.
- Tous les principes qui avaient présidé à son enfantement avaient été pris un peu partout.
- L’emploi pour la combustion de deux charbons disposés parallèlement l’un près de l’autre appartenait à Staitc et à Werdermann ; l’idée de deux charbons se touchant au repos par la pointe et se séparant au moment du passage du courant sous l’action d’un électro-aimant, avait été inventée par Wilde dès 1878.
- De même la construction particulière de cet électro-aimant, composé d’une plaque de tôle posée à cheval sur le cadre directeur que parcourait le courant était la propriété de Pulver Mâcher, et le seul point original consistait dansle renversement de la bougie la pointe en bas et la fixation de la flamme au moyen d’un cadre de fils que le courant traversait avant d’arriver à la bougie.
- Malheureusement rien n'est venu prouver que l’efficacité de ce dispositif fut sérieuse. Au contraire même, les résultats furent plus que médiocres et l’affaire fut déplorable, malgré la réclame qui fut faite et l’argent qui fut dépensé.
- Lors de l’apparition de cette affaire, notre journal a dit ce qu’il en pensait et exposé les raisons qui ne permettaient pas d’espérer le succès. Le temps nous a en tous points donné raison, aussi est-il inutile d’insister aujourd’hui; la bougie s’est éteinte avant même d’avoir été allumée, et l’inventeur vient de disparaître.
- En somme, ce n’est pas comme inventeur, ni même à proprement parler, comme grand savant, ayant fait progresser la science, que le nom de M. Jamin passera à la postérité. Il laissera le souvenir d’un professeur de grand mérite, exposant les théories avec une netteté parfaite, expérimentant avec habileté. Après tout ces titres en valent bien d’autres.
- L’Académie des Sciences, considérant avec raison le savoir, le talent et le caractère de M. Jules Jamin, le choisit il y a deux ans comme secrétaire perpétuel, en remplacement de M. J,-B. Dumas.
- Il se distinguait par une grande élégance, jointe à une. remarquable facilité d’élocution, et l’on put surtout apprécier l’une et l’autre de ces qualités dans le discours émouvant qu’il fit à l’occasion de l’entrée à l’Académie de M. J.-B. Dumas, auquel il présentait la médaille commémorative frappée à son effigie.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- BIBLIOGRAPHIE
- handbugïi dru RLEKTiiOTECHNiK. — (Manuel d’électricité industrielle), par M. E. Kittlcr. — Stuttgart, F. Enke,
- éditeur.
- Nous nous étions propose d’attendre, pour parler du livre du Dr Kittler, que l’ouvrage entier fut publié. Les livraisons devaient se succéder rapidement et la deuxième partie du premier volume, notamment, devait paraître au mois de novembre dernier.
- Semblable à sœur Anne, nous ne voyons rien venir, aussi nous décidons-nous à rendre compte dès maintenant du premier fascicule que nous avons sous les yeux.
- Voici, d’après le prospectus, le sommaire des matières qui doivent être traitées dans l’ouvrage complet.
- Premier volume. — Théorie de l’induction basée sur la considération des lignes de force ; Principes des machines à courants continus ; Electrométrie envisagée plus spécialement au point de vue des mesures à exécuter sur les machines à courants continus ; Description des différents systèmes ; Théorie des machines à courants continus ; Machines à courants alternatifs et recherches qu’elles comportent.
- Deuxième volume. — Lampes à arc ; Lampes à incandescence ; Photométrie ; Installations d’éclairage ; Transport électrique de la force ; Générateurs secondaires ; Accumulateurs ; Applications dés machines électriques à l’industrie électro-chimique (Galvanoplastie, Métallurgie, etc.)
- Dans un avis, l’auteur avertit qu’il omettra provisoirement la télégraphie, la téléphonie, l'es signaux de chemins de fer et les applications qui s’y rattachent.
- Nous espérons qu’il comblera plus tard cette lacune, car, à en juger d’après le premier fascicule, le manuel de M. Kittler promet d’étre incontestablement un des meilleurs traités qui aient encore paru sur la matière.
- Sa première qualité est de répondre exactement aux besoins actuels et de présenter sous une forme didactique les théories électriques telles que les conçoivent les électriciens de profession.
- Qui n’a entendu des personnes à qui leur instruction mathémathique et physique aurait dû
- permettre de se mettre rapidement au courant de l’état de la science électrique, se plaindre de n’y pouvoir arriver et de ne rien comprendre aux théories nouvelles ?
- Il est assez curieux de remarquer que ces théories soi-disant nouvelles, remontent en réalité à Faraday, qui publia tous ses mémoires entre les années 1831 et 1854; mais tandis que les traités parus jusqu’à ce jour, principalement en France, mettaient une persévérance réellement digne d’un meilleur sort, à les ignorer ou à les considérer comme nulles et non avenues, les idées nouvelles s’infiltraient petit à petit dans l’esprit des électriciens par les mille travaux disséminés dans les revues spéciales.
- Il s’est produit ce phénomène que les électriciens ont en effet des conceptions toutes différentes de celles qui sont enseignées dans les écoles, ou qui y étaient encore enseignées hier, pour ne froisser personne.
- Le grand public (et je veux parler ici des ingénieurs) est donc en retard et il ne trouve pas le moyen de se rattraper, faute d’un manuel qui lui permette de combler aisément les lacunes de l’enseignement.
- Quelques tentatives ont bien été faites, et il faut citer en première ligne le traité du regretté Fleeming Jenking, intitulé : Electricity and Ma-gnetism. Malheureusement, cet ouvrage destiné spécialement à servir d’introduction à l’étude de la télégraphie, a été composé avant la révolution causée par la machine Gramme et il est devenu tout à fait insuffisant.
- L’électricité tend à devenir véritablement industrielle depuis que le développement des machines dynamo permet de produire mécaniquement des courants très puissants, qui rendent possibles l’éclairage électrique en grand et le transport à distance de forces considérables.
- M. Kittler a donc entrepris une étude des machines électriques et plus particulièrement des machines à courants continus qui tiennent la tête en ce moment. .
- Il a adopté [la méthode qui nous paraît la plus rationnelle et qui consiste à commencer par l’étude du champ magnétique, à définir les lignes de force et à étudier les courants qui prennent naissance dans des conducteurs rectilignes se mouvant dans un champ uniforme. On établit ainsi les lois générales de l’induction, et en procédant du simple au composé on arrive insensiblement aux phénomènes les plus complexes :
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- circuits de formes quelconques, extra-courants, self-induction, etc.
- La première partie sc termine par un chapitre consacre à la bobine de Ruhmkorff.
- Dans la deuxième partie, celle intitulée : Principes des MachineSy l’auteur passe en revue l’anneau Paccinotti-Gramme, le tambour Siemens, puis quelques induits spéciaux tels que la bobine de Lontin. Il étudie les effets provenant de la mise en court circuit d’une section de l’anneau Gramme, donne quelques indications pratiques relatives à la construction des anneaux, et traite du collecteur et des balais.
- L’auteur aborde ensuite l’étude des inducteurs, en considérant séparément l’influence de l’enroulement et de l’intensité du courant inducteur, celle des dimensions des noyaux de fer, enfin celle de la nature même du fer.
- Le chapitre suivant traite de la réaction du champ propre de l’induit sur celui de l’inducteur ainsi que du calage des balais. Nous signalerons en passant à l’auteur l’assertion suivante qui a besoin d’être complétée : « L’expérience montre, dit-il, que les balais doivent être déplacés dans le sens de la rotation de l’induit, si l’on veut obtenir le maximum d’effet pour une vitesse donnée. » En premier lieu le déplacement des balais ne doit se faire dans le sens de la rotation que lorsque la machine fonctionne comme génératrice. Dans une réceptrice, il doit, au contraire, y avoir retard des balais. En second lieu, il faut remarquer que le déplacement des balais a généralement pour but de supprimer les étincelles, et nous avons montré que la position des balais par laquelle les étincelles disparaissent, n’est pas nécessairement celle pour laquelle on obtient l’effet maximum.
- Le dernier chapitre de la deuxième partie, contient un historique rapide des machines à courants continus.
- Nous arrivons à l’électrométrie. C’est la dernière partie du fascicule paru.
- Elle renferme un aperçu du système C. G. S. une description des appareils de mesure, ainsi que leur théorie. Enfin les principales méthodes de mesure.
- Nous reparlerons des livraisons suivantes, au fur et à mesure de leur publication.
- G. Szarvady.
- TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DES MESURES ABSOLUES, MÉCANIQUES, ÉLECTROSTATIQUES ET ÉLECTROMAGNÉTIQUES, AVEC APPLICATIONS a dk nombreux puoblemes, par Alessandro Ser-pieri. — Traduit de l'Italien et annoté, par Paul Mar-cillac. — Paris, Gauthier-Villars, éditeur. 1886.
- Nous avons dit dans notre numéro du 14 février 1885 tout le bien que nous pensions de l’ouvrage italien dont M. Gauthier-Villars vient de publier la traduction française.
- Nous n’y reviendrons pas et nous nous borne; rons à faire remarquer que l’édition française présente sur l’édition italienne cet avantage qu’elle forme un tout complet.
- Serpieri avait, en effet, écrit l’ouvrage que nous avons sous les yeux pour faire suite à son Traite' dit potentiel électrique.
- La traduction de cette première partie n’ayant pas encore paru en français, M. P. Marcillac a substitué aux renvois par lesquels l’auteur rappelait certains passages de son traité, des notes résumant les passages désignés ou complétant le texte italien.
- Nous félicitons vivement notre collaborateur de cette initiative heureuse qui augmente le prix de l’ouvrage ; nous le félicitons également de nous avoir donné une traduction aisée, facile à lire et où l’effort du traducteur ne perce jamais. C’est, en somme, un excellent ouvrage dont s’enrichit la littérature électrique.
- B. M.
- ANNUAIRE DU BUREAU DES LONGITUDES, POUR 1886. — GaU-
- thier-Villars, Paris.
- Nous recevons Y Annuaire du Bureau des Longitudes, pour 1886. Cette excellente publication dont l’éloge n’est plus à faire, renferme cette année le rapport de M. Janssen sur sa mission à Washington où il représentait la France au congrès chargé de fixer le méridien central; on y trouve aussi une intéressante notice de M. Faye sur le curieux phénomènes des tornados.
- L’électricité est un peu maigrement représentée dans l’Annuaire par des observations sur la déclinaison et l’inclinaison magnétiques en France, par une courte notice sur les unités électriques, enfin par des tableaux donnant la résistance de quelques métaux et alliages, et les forces électromotrices de quelques piles et couples thermoélectriques.
- G. S.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CORRESPONDANCE
- Arras, 12 février 1886.
- Monsieur le Directeur,
- J’ai rhonneur de vous soumettre les réflexions suivantes que m’a suggérées la lecture, dans un des derniers numéros de La Lumière Électrique, de l’analyse d’un travail de M. W. Mordey au sujet de.la dynamo considérée comme générateur et comme moteur.
- > M. Mordey pense avec raison que, dans un moteur, l’armature ne doit avoir aucune action polaire, son noyau n’ayant d’autre but que de jouer le rôle de conducteur des lignes de force, et que toute l’action du moteur est due au courant de l’armaturc coupant à angle droit les lignes de force du champ. Cette manière de voir est celle de tous les bons auteurs, et M. Marcel Deprez, dans les remarquables articles qu’il a écrits à différentes reprises dans La Lumière Électrique, a toujours admis implicitement que le couple qui sollicite un anneau parcouru par un courant, et situé dans un champ magnétique, résultait des actions dynamiques exercées sur le hl seul de l’anneau. Il a, d’ailleurs, donné une démonstration de ce fait dans le numéro du 3i octobre i885, page 207.
- Cherchant à se rendre compte pourquoi le coefficient de transformation d’une dynamo est plus élevé quand elle travaille comme génératrice que lorsqu’elle travaille omme réceptrice, M. Mordey rem arque que les corants parasites dans le noyau de l’induit, sont de même sens que le courant principal dans le premier cas * qu’ils sont de sens contraire dans le second, et que, pai une, pour une génératrice, ces deux sortes de courants, d’a rès les lois d’induction, agissent de manière à s’affaiblir tandis que, pour une réceptrice, ils tendent à se renforcer.
- Donc, dans ce dernier cas, les pertes d’énergie provenant de réchauffement du noyau doivent être plus grandes.
- J’ai pensé qu’il n’était pas inutile de préciser, à cause de l’importance du sujet et voici comment je me suis rendu compte de la manière dont se comportaient les courants parasites.
- Dans une génératrice, quand on augmente progressivement la vitesse, le courant va en augmentant, il induit, par suite, dans le fer de l’anneau un courant inverse du courant parasite et qui tend à diminuer l’augmentation de ce courant provenant de l’accélération de vitesse; lorsque la vitesse atteint une valeur déterminée, le courant parasite a une certaine intensité, et, il est facile de voir qu’i conserve cette intensité tant que la vitesse reste constante.
- En effet, dans ce cas, l’action inductrice contraire du courant principal cessant, l’intensité du courant parasite pourrait augmenter puisque la vitesse a été en augmentant, mais, si ce courant augmentait, il induirait un courant inverse qui diminuerait le courant de l’anneau et par suite, la vitesse de l’anneau irait en s’accélérant;
- donc, pour que cette vitesse reste constante, il est nécessaire que le courant parasite garde l’intensité ju’il avait au moment où la vitesse devient uniforme.
- En résumé, dans une génératrice, l’intensité du courant parasite augmente peu avec la vitesse. Il n’en est plus de même dans une réceptrice. Car, l’intensité de circulation augmentant, la vitesse augmente; et, d’une part, le courant, en augmentant, induit un courant dans le noyau de l’induit qui est de même sens que les courants parasites, ce qui augmente leur intensité; d’autre part, cette intensité est encore augmentée par l’accélération de vitesse.
- L’intensité des courants parasites augmente donc considérablement avec la vitesse
- Le même raisonna lient que ci-dessus montrerait que, lorsque la vitesse devient constante, cette intensité conserve la même valeur qu’au moment où la vitesse commence à être uniforme.
- D’après ce qui précède, on se rend bien compte de l’importance qu’il y a à diminuer l’intensité des courants parasites, surtout dans le cas d’une r îceptrice.
- On y arrive, comme on le sait, en parcellant le fer de l’induit par des plans isolants tris nombreux perpendiculaires à l’axe de rotation et en isolan* srigneusement les différentes parties ; on empêche ainsi la formation des courants p rasites dans toute la '^asse. de l’indait et l’on diminue alors la perte d’énergie due à Réchauffement des masses de 1er.
- En effet, lorsqu’on ne divise pas la masse de l’induit, la perte d’énergie est égale à T El, en appelant E 1? force électromotrice d’un de ces cou-ints et l ^on intensité.
- Si on a n plans isolants, la force électro-motrice d’in-
- p
- duction, sur la tranche d’un de ces plans, sera — et l’in-
- n
- tensDé du courant qui en résulte puisque la résistance
- d’une parcelle est n rcis plus grande; la perte d’énergie
- sera onc L — x = —7- , u est-a-dire n2 fois moindre. n n* 7:a
- Dans un des essais faits arec une réceptrice destinée aux expériences de Creil, M. Marcel Deprez a trouvé que la perte d’énergie correspondait aux courants parasites attei nait 14 chevaux à une vitesse de 100 tours de l’anneau.
- La masse de fer de l’arreau était bien parcellée, mais des boulons insuffisamment isolés reliaient les differentes rondelles qui composaient l’induit et établissaient entre elles une communication qui diminuait la résistance du métal de l’anneau et augmentait dans une proportion considérable l’intensité dés courants parasites.
- Les anneaux ayant été démontés et les diverses pièces du noyau sectionné soigneusement isolées les unes des autres, le coefficient de transformation a repris une valeur admissible comparable à celle qu’il atteint dans une génératrice.
- Ce fait montre l’importance capitale qu'il y a à diviser la masse de l’induit dans un moteur et à en isoler soigneusement les différentes parties pour diminuer autant
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- que possible la perte d’énergie provenant de leur échauf-fement.
- J’ai pensé que, vu l’importance du sujet, les considérations ci-deSsus pourraient peut-être avoir quelque intérêt pour vos lecteurs, et c’est ce qui m’a décidé à vous écrire.
- Veuillez agréer, etc.
- E. Dubois,
- Capitaine du génie.
- FAITS DIVERS
- M. l’amiral Mouchez a accepté la présidence du Centenaire d’Arago, qui sera célébré le 26 février courant, à THôtel-dc-Villc et à l’Observatoire.
- Les instruments dont s’est servi Arago pour ses travaux et dont plusieurs ont trait à l’électricité, seront mis sous les yeux des délégations, qui pourront, à cette occasion, visiter l’Observatoire.
- A propos du centenaire d’Arago, il n’est pas sans intérêt de rappeler que c’est lui qui prit la parole à la Chambre des députés, pour obtenir que le gouvernement accordât aux particuliers, moyennant finances, le droit d’user du télégraphe électrique comme ils se servaient de la poste.
- Rien n’est plus amusant que la lecture des sophismes dont Arago dut triompher pour obtenir une faculté aussi précieuse qu’inoftensive et fructueuse pour le Trésor.
- On établit actuellement à la Tour Saint-Jacques un laboratoire de physique dans lequel figureront un grand nombre d’appareils électriques usuels, tels que accumulateurs, photophores Trouvé, électromètres, électro-scopcs, etc., etc.
- Il est même question d’installer au haut de la tour un ianal électrique pour des expériences sur la lumière, et qui serait en correspondance avec Montlhcry.
- Le courant serait fourni par les dynamos qui servent à l’éclairage de THôtel-de-Villc.
- Une condamnation à plusieurs jours de prison vient d’être prononcée par le tribunal de police correctionnelle, contre un mauvais plaisant qui avait abusé de l’appel d’incendie de la Chambre de commerce.
- Cet individu, pris en flagrant délit, avait été livré à la police par les témoins de son délit.
- On prête au nouveau ministre de la guerre Te projet d’employer les aérostats dans la pacification et l’exploration scientifique du Tonkin.
- Grâce à l’électricité, les aéfostats captifs peuvent servir â plusieurs usages :
- i° Communication téléphonique avec la terre des observations aériennes ;
- 20 Signaux nocturnes à l’aide d’une lampe intérieure (système Triboulct);
- 3° Photographie du paysage â l’aide d’une lanterne photographique suspendue au-dessous de la nacelle, afin de procéder au lever instantané de la carte du pays protégé.
- Les diverses stations télégraphiques étant reliées par un réseau, on peut échanger des signaux et déterminer leur longitude en même temps qu’on fixe leur tracé photographique.
- Les latitudes seraient déterminées avec un théodolite.
- On ne saurait trop, dans une installation électrique, apporter de soins à l’isolement des fils.
- Un de nos abonnés, joaillier au Palais-Royal, possède Un avertisseur électrique contre les voleurs.
- L’hiver dernier, à deux heures du matin, il est réveillé par une sonnerie prolongée. Saisir son revolver et sans prendre le temps de se vêtir, descendre dans son magasin fut pour lui l’affaire de quelques minutes. Mais quelle ne fut pas sa surprise en se trouvant absolument seul là où il croyait avoir affaire au moins à un voleur.
- Le bruit avait été tout simplement produit par le contact fortuit de deux fils.
- Une autre cause d’accidents qui est également à signaler dans les sonneries et à laquelle il est aisé de remédier, est le manque de résistance des boutons d’appel, qui sonnent d’une façon continue lorsque le ressort antagoniste est faussé et refuse de jouer pour mettre un terme au contact.
- Dans sa séance du vendredi, 5 février, le Conseil d'administration de la Société internationale des électriciens, présidé par M. Berger, a approuvé le rapport rédigé par M. l’ingénieur E. Sartiaux, au nom de la Commission chargée d’étudier et de présenter à M. le Ministre des Postes et Télégraphes, un projet pour la fondation d’un laboratoire central d’électricité avec les fonds provenant de l’Exposition de 1881.
- La fabrication des pièces d’acier .obtenues par moulage, est une industrie qui a pris naissance en France, grâce aux recherches persévérantes des ingénieurs de la Compagnie de Terrenoirc; bien qu’elle soit encore récente, elle rend aujourd’hui de grands services à la construction.
- A la suite de nombreuses expériences comparatives exécutées dans les circonstances les plus difficiles f MM. V. Bietrix et C° ont fait breveter, au commencement de l’année dernière, une application nouvelle de ce métal; il s’agit de son emploi dans la confection des électroaimants.
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- Dans la plupart des machines dynamo-électriques actuelles, les électro-aimants ont une forme compliquée, et leur prix atteindrait un chiffre trop élevé avec l’emploi du fer doux; la fonte permet, à la vérité, de rendre leur abrication moins coûteuse, mais, par contre, leur puissance est plus réduite.
- L’emploi de l’acier moulé remplit les deux conditions de puissance et de prix réduit; il est donc, pensons-nous, appelé à se généraliser.
- Des essais faits sur des barreaux divers, dans les mêmes conditions de forme et d’aimentation avec des courants de i à 6 ampères, ont donné, comme moyenne, les résultats suivants :
- La puissance attractive de la fonte étant représentée par I, celle de l’acier moulé est de i,35 et celle du fer tin de 1,67.
- MM. V. Bietrix et C® ont aussi reconnu que la capacité magnétique de l’acier moulé, est à peu près la même que celle du fer doux; tandis que le magnétisme rémanent est légèrement supérieur.
- Ces propriétés remarquables du métal moulé, comme son prix, assez voisin de celui de la fonte, et très inférieur à celui du fer doux, méritaient d’être mises en lumière.
- Dans une note présentée à l’Académie des sciences de Belgique, M. F. Tcrby, de Louvain, rend compte d’un phénomène lumineux singulier dont il a été témoin le soir du 28 novembre dernier.
- « Une forte tempête sévissait, la pluie tombait abon“ damment, le ciel était totalement couvert, lorsque, vers sept heures cinquante minutes, je remarquai, avec la plus grande surprise, dans le sud, à une hauteur de 60 degrés environ, une région très lumineuse, brillante même, arrondie, d’un diamètre de 5 à 8 degrés à peu près.
- « Évidemment, cette clarté avait son siège derrière les nuages, car on apercevait devant elle le mouvnment de ceux-ci; ils l’obscurcissaient plus ou moins par moments et la laissaient parfaitement iixe; on eut expliqué assez bien cette clarté par la présence de la lune derrière ces nuages.
- «Le vent amenant par moments un voilç nuageux mais épais àu-dessuB ou au-dessous de la lueur principale, on remarquait que celle-ci se prolongeait dans le sens vertical du Côté du zénith et du côté de l’horizon, car, à la faveur de l’épaisseur moindre de ces nuages, on voyait le Ciel illuminé également suivant ces deux directions.
- « Par moments, la lumière revêtait une teinte rosée très légère. À huit heures cinq minutes, le phénomène se manifestait encore. Le ciel devint ensuite trop couvert. J’ai examiné avec la plus grande attention le ciel dans d’autres directions, notamment du côté du nord, sans rien remarquer de particulier pendant la manifestation singulière de cette clarté; il est vrai que la voûte céleste était partout nuageuse; plus tard, pourtant, lorsque le ciel se fut notablement éclairci, il fut impossible de retrouver trace du phénomène et le nord avait son aspect normal.
- « La hauteur de cette clarté et son orientation semblent la relier à la direction de l’aiguille d’inclinaison magnétique.
- « Ce phénomène se rattachait-il à une aurore boréale ? Ai-je été témoin de la formation d’une coupole ou couronne boréale et les nuages m’ont-ils dérobé le restant de l’aurore ? »
- Éclairage Électrique
- La coquette ville de Salon, voulant imiter sa grande voisine Marseille, vient d’être, en partie, éclairée à la lumière électrique. Depuis quelque temps, un véritable phare a été installé sur la place de l’Hôtcl-de-Ville et illumine, presque comme en plein jour, la Grand’-Rue et autres voies avoisinantes; bientôt, d’autres appareils seront établis dans divers quartiers et partout cette vive lumière sera distribuée à la grande satisfaction des habitants.
- Depuis huit jours déjà, la façade et plusieurs sailcs de la mairie sont éclairées de cette façon.
- Salon est le premier chef-lieu de canton des Bouches-du-Rhône et même du Midi qui soit doté de lampes électriques; ce mode d’éclairage est, depuis deux ans environ, employé avec succès à Bellegardc, modeste commune du département de l’Ain, qui compte à peine un millier d’âmes.
- Depuis quelque temps, on se préoccupe beaucoup à St-Pétersbourg, de savoir ce qui est préférable, du gaz perfectionné comme éclairage des rues de la ville ou de la lumière électrique.
- Quoique l’admirable clarté que donne l’électricité pendant toute la nuit, dans la Newski, réponde suffisamment à la question et semble faite pour la résoudre en faveur de cette dernière, on parle cependant de lui substituer 121 réverbères dits de Westminster, représentant près de 3o.ooo bougies pouvant brûler pendant 3,264 heures par an et coûtant i6,i3o roubles. Une bagatelle!!!
- Une société locale a été formée à Taunton, en Angleterre, dans le but d’éclairer les rues de la ville à l’électricité.
- Les expériences faites en Angleterre, dans le but d’installer la lumière électrique à bord des navires, ont, parait-il, été des plus satisfaisantes.
- Nous n’insisterons pas ici sur les avantages qu’offre cc genre d’éclairage sur tous les autres systèmes mis en pratique jusqu’à ce jour.
- II serait superflu, en effet, de répéter que la lumière électrique est plus éclatante et donne une chaleur moins forte que celle du gaz ou de l’huile, et que sous le rapport de l’hygiène on n’a pas à redouter, avec" la lumière électrique, l’air vicié que produit à la longue, dans un
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- endroit clos, la combustion du gaz ou de l’huile; enfin que ce mode d’éclairage supprime pour ainsi dire complètement les craintes d’incendie.
- Le seul obstacle qui se soit opposé et qui s’oppose encore à la vulgarisation de l’éclairage électrique, est le prix de revient qui paraît trop élevé.
- Mais, il résulte des informations de la Revista maritima, que l’amirauté anglaise a voulu sc rendre un compte exact de la différence de prix qui résulterait, pour le service d’éclairage des navires de la flotte, de l’emploi de l’éclairage usuel avec la lumière électrique, et que tout l’avantage est resté à cette dernière.
- Les deux cuirassés anglais Crocodile et Colossus avaient été désignés pour servir de champ aux expériences en question, et voici les résultats obtenus.
- L’éclairage du Colossus à l'huile de colza et aux bougies, pendant sept jours entiers, a coûté 1,425 francs pour les sept jours; tandis que la lumière électrique, pendant Je même laps de temps, 11’a occasionné qu’une dépense de 535 francs, soit 890 francs d’économie.
- Sur le Crocodile, quoique l’économie n’ait pas atteint un chiffre aussi élevé, elle n’en est pas moins très satisfaisante. Les expériences ont duré quatre-vingt-dix jours et l’éclairage ordinaire est revenu à 5,531 francs pour ces trois mois, tandis que l’éclairage électrique n’a coûté que 2,997 francs. Différence pour toute l’année, en faveur de l'électricité : 9,425 francs.
- L’écart entre la somme représentant l’économie faite sur le Colossus et celle du Crocodile ne peut s’expliquer que par le type des lampes employées ou celui du moteur,.
- Le 3i décembre dernier, la compagnie Edison a inauguré une nouvelle usine centrale de lumière électrique à incandescence dans la ville de Rockford en Illinois. L’installation comprend 1,000 lampes qui se trouvent a une distance moyenne d’environ 700 mètres des dynamos qui les alimentent. Le prix de la lumière est de 5 centimes par heure pour les lampes de 16 bougies.
- A Minonk, dans le même état, la Compagnie va faire établir sun système d’éclairage dans une des plus importantes mines de charbon du pays.
- Les différentes installations faites par la compagnie Ldison, dans l’Illinois et dans l’état de Wisconsin-, comprennent aujourd’hui plus de 4,000 lampes.
- bans les intéressantes notes de voyage d’un ingénieur a travers les États-Unis (M. Paul Traseuster), nous trouvons, à propos de l’éclairage, le résume suivant :
- « On peut conclure de ce qui précède, que la lutte des lumières n’est nulle part aussi vive qu’aux États-Unis. Le pétrole, l’électricité, le gaz à ht houille, à l’eau, à l’air, sans compter le gaz naturel, se disputent les préférences du consommateur.
- Les innovateurs ont les coüdécs beaucoup plus franches
- qu’en Europe. On laisse circuler librement dans les rues et pénétrer dans les maisons des liis dont le contact peut foudroyer un homme, et des tuyaux dont une fuite suffit pour empoisonner une famille entière. Les consommateurs, d’autre part, sont habitués à dépenser plus largement; dans un pays où l’on paie 5o centimes pour faire décrotter les souliers, les économies de bouts de dellcs sont peu pratiquées. »
- American ElectricIltuminating C° vient de fonder dans différentes villes, les sociétés suivantes, pour l’exploitation de son système d’éclairage électrique :
- American Electric Illuminating C° de ;
- New-York, au capital de.. 1.5oo.ooo fr.
- Brooklyn — 5oo.ooo
- Haarlem — 5oo.ooo
- Yonkers — 15o.ooo
- Long Island City — i5o.ooo
- Newburgh — 15o.ooo
- Cohoes — 15o.ooo
- Syracuse — i5o.ooo
- Watcrtown — iSo.ooo
- Ogdcnsburg — 15o.ooo
- Télégraphie et Téléphonie
- L’Akhbar nous informe, dans sa correspondance du Sénégal, que la ligne télégraphique de Bakel à Matam sera complètement terminée dans quelque jours et livrée au public.
- Comme celle de Saint-Louis à Bakel fonctionne déjà depuis quelque temps, on voit que les points les plus éloignés de notre colonie vont bientôt être reliés à Saint-Louis et par Saint-Louis à la France.
- Dans quelques jours, un télégramme parti des bords de la Seine, n’aura besoin que de peu d’heures pour être transmis à Bamakan, sur les bords du'Niger.
- Dans son assemblée du 6 février courant, tentie aü City Terminus Hôtel, à Londres, le conseil d’administration de l’Anglo American Tclcgraph C° a annoncé aux actionnaires qu’il serait distribué un dividende de 2 1/2 sur le pre^ereed et 1 1/4 sur le ordinary stock.
- Le fonds de réserve s’élève à 25,000,000 de francs.
- Le rapport annuel du chef des pompiers à Londres pour l’année i885, constate un développement sensible des moyens de communications. Des ordres ont été donnés' pour compléter le système de telle sorte que d’ici peu de mois le réseau sera composé de 28 lignes télégraphiques et 38 lignes téléphoniques mettant en communication les' différentes stations, 42 circuits d’avertisseurs d’incendie avec 260 points d’appel, 3 lignes' télégraphiques et 18 té-
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- léphoniques reliant les bureaux de police, 13 lignes télégraphiques et 20 téléphoniques affectées â des bâtiments publics et autres, et enfin i3 lignes directes d’avertisseurs d’incendie desservant des bâtiments publics.
- Le Ministère des Postes et Télégraphes en Belgique, fait connaître qu’il sera procédé, sous réserve d’approbation, le mercredi, 3 mars 1886, à onze heures du matin, à la Bourse du commerce à Bruxelles, par devant M. l’ingénieur en chef Directeur des Télégraphes, ou son délégué, assisté d’un fonctionnaire de l’Administration, à l’adjudication publique de la concession de l’établissement et de l’exploitation d’un réseau téléphonique dans la ville de Malines et dans les villes et communes environnantes.
- Une autre adjudication aura lieu le mercredi, 24 février 1886, à la môme heure et au meme endroit, pour la concession de l’établissement et de l’exploitation d’un réseau téléphonique dans la ville de Termondc et dans les villes et communes environnantes.
- Ces adjudications auront lieu aux clauses du cahier des charges annexé à la loi du 11 juin 1883 et aux conditions complémentaires dont nous reproduisons les plus importantes :
- Art. icr. — L’établissement d’un bureau d’échange au centre de chaque agglomération (Malines et Termondc), est obligatoire, mais il est facultatif aux concessionnaires, d’en établir également sur d’autres points de la concession.
- Les prix d’abonnements sont calculés d’après la distance entre l’établissement à relier et le bureau central le plus rapproché.
- Art. 2. — La taxe pour les correspondances dans les bureaux publics est fixée à 25 centimes par période indivisible de 10 minutes.
- Art. 3. — Un bureau central, avec dix abonnés au moins, doit être ouvert dans chaque concession dans le délai de six mois â partir de la date de l’arrôté de concession.
- Art. 5. — Chaque poste téléphonique du réseau concédé sera pourvu de deux téléphones récepteurs.
- Les installations de ces postes devront être capables de transmettre la parole, d’une façon satisfaisante, â une distance de 200 kilomètres, dans les conditions suivantes :
- A. A travers une ligne aérienne composée :
- i° D’un circuit de 180 kilomètres de longueur, formé de deux fils de fer de 4 millimètres de diamètre, et approprié à l’échange simultané des dépêches télégraphiques et des correspondances téléphoniques;
- 20 De deux fils simples, de 10 kilomètres de longueur chacun se raccordant aux deux extrémités de la ligne précédente, par rintermédiaire de deux translateurs téléphoniques et de deux annonciateurs conformes aux types admis par l’administration des télégraphes.
- B. A l’intervention d’un poste de réception du système Biake-Bcll muni de deux téléphones.
- Postérieurement à la séance d’adjudication, les soumissionnaires désignés par le Ministre des chemins de fer, postes et télégraphes auront à partir de la date de l’invitation qui leur en sera adressée, à fournir la preuve expérimentale que les appareils à mettre en œuvre dans le réseau concédé satisfont à la condition spécifiée ci-dessus. L’administration se charge, à cet effet, de fournir la ligne ainsi que le poste Blake-Bell destiné à la réception.
- Les soumissionnaires qui n’auraient pas observé ce délai pourront être considérés comme renonçant à concourir pour l’obtention de la concession; ceux qui n’auraient pas satisfait à l’épreuve expérimentale pourront être forclos.
- Art, 6. —- Le cautionnement exigé par l’Etat est de 10,000 francs pour chaque concession.
- Art. 8. — Tout particulier concessionnaire doit faire élection de domicile en Belgique.
- Toute société concessionnaire est tenue d’avoir son siège social en Belgique.
- Des exemplaires du cahier des charges et du présent avis sont à la disposition des amateurs au ministère des chemins de fer, postes et télégraphes (direction des télégraphes, 20 bureau, station du Nord, à Bruxelles) et au bureau central des renseignements, rue des Augustins, 17, à Bruxelles.
- ERRA TUM
- Dans l’article intitulé : Nouvelle expérience sur le développement de l'Electricité atmosphère que, etc., publié dans le n° 4 de janvier, une erreur de copie réunissant deux portions de phrases distinctes, a fait dire : « Les fortes tensions (pendant la durée desquelles les conducteurs exposés à l’air libre fournissent des étincelles) annoncent d’une façon certaine l’apparition prochaine des nuages, des chutes de pluie, de grele, de neige, etc. »
- Il y aurait là une erreur de fait et il convient de rétablir comme il suit le passage tronqué :
- « Les fortes tensions annoncent d’une façon
- certaine l’apparition prochaine, etc...; ces fortes
- tensions, par lesquelles les conducteurs exposés à l’air libre fournissent des étincelles, se produisent seulement lors des fortes chutes de pluie, de
- grêle, de neige... (pendant la durée desquelles
- on les constate), soit au point que l’on occupe, soit à des distances de ce lieu, capables d’atteindre plusieurs dizaines de kilomètres. »
- (Note de M, P. Marcillac).
- Le Gérant : Dr G.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumikims Électrique, 3i, boulevard des Italiens.
- Paris. — !.. Barbier.
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- La
- Lumière Électrique
- Journal universel d’Electricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- ^ s,
- directeur : D1' CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : Aug. Guerout V
- 8e ANNÉE (TOME XIX) SAMEDI 27 FÉVRIER 1836 No 9
- SOMMAIRE. — Les méthodes de mesures absolues; A. Gray. — Application de l'Électricité à l’étude du mouvement spontané des liquides dans les tubes capillaires, (3® article); C. Decharme.— Détails de construction des machines dynamos; G. Richard. — Emploi du téléphone dans la recherche des dérangements des lignes télégraphiques; E. Gérard. — L’électricité appliquée à la désincrustation des chaudières; B. Marinovitch. — Revue des travaux récents en électricité, dirigée par B. Marinovitch : Sur la déviation des lignes équipotentielles et la variation de résistance du bismuth dans un champ magnétique ; par M. Leduc. — Sur l’électrolyse des sels ; par M. A. Renard. — Observations relatives à une note de M. A. Millot, sur les « Produits d’oxydation du charbon par l’électrolyse d’une solution ammoniacale »; par MM. A. Bartoli et G. Papasogli. — Sur le calcul des électro-aimants à enroulements composés; par W. Peukert. — Appareil pour l’essai des paratonnerres de Weinhold. — Télégraphe de Denison. — Le sensophone ou récepteur tactile. — Correspondances spéciales de l’étranger : Allemagne; Dr H. Michaelis. — Angleterre ; J. Munro. — Chronique : Le procès Bell en Amérique. — Correspondance : Lettres de M. Hubert et de M. G. Richard. — Faits divers.
- LES MÉTHODES DE
- MESURES ABSOLUES O
- CHAPITE -IV
- DÉFINITION DES UNITÉS ABSOLUES DE* POTENTIEL ET DE
- RÉSISTANCE,-- UNITES PRATIQUES DÉRIVÉES .* VOLT,
- OHM, AMPÈRE, COULOMB. --EXPRESSION DU TRAVAIL
- DANS UN CIRCUIT ÉLECTRIQUE (2).
- On dit que deux conducteurs de même substance sont à des potentiels différents lorsque, étant mis en contact, l’électricité tend à passer de l’un à l’autre. Une différence de potentiel peut aussi exister entre deux substances différentes mises en contact, ou bien être maintenue dans deux parties d’un même conducteur par des forces électriques.
- (r) Voir La Lumière Electrique des 3o janvier et i3 février 1886.
- (2) Le Supplément au chapitre I est dû à M. Thomas Gray. C’est la reproduction d’un article paru au Philoso-phical Magazine en décembre iS83. Nous tenons à réparer l’oubli bien involontaire qui a été fait du nom de M. Thomas Gray. (N. D. L. R.).
- Dans tous les cas une différence de potentiel a pour mesure le travail accompli par les forces électriques pour transporter une quantité égale à l’unité d’électricité bleue du point où le potentiel est le plus élevé au point où il est le plus bas, en admettant que la différence de potentiel reste constante pendant cette opération.
- Deux corps à des potentiels différents s’attirent; si donc l’un deux est mis en contact avec une plaque isolée, suspendue au fléau.d’une balanee sensible, et l’autre avec une deuxième plaque isolée faisant face à la première, et placée à une petite distance de celle-ci, cès deux plaques, mises préalablement au même potentiel au moyen d’une communication momentanée, s’attireront avec une force qui pourra être mesurée par la balance. En prenant certaines dispositions nécessaires pour l’exactitude des mesures, on peut construire une. balance permettant de mesurer la différence de potentiel entre les corps. Un appareil de ce genre a été réalisé par sir William Thomson, qui lui a donné le nom d’électromètre absolu.
- L’expérience montre que si l’on mesure avec un instrument délicat le potentiel de deux sections quelconques d’un fil homogène parcouru par un courant, 011 trouve une différence qui, pour un fil dont la section est invariable, est proportionnelle à la distance qui sépare les deux sections. On
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- reconnaît de plus que, si la différence de potentiel entre deux points A et B est maintenue constante, mais que la longueur de fil joignant ces points varie, l’intensité du courant qui le parcourt varie en raison inverse de cette longueur.
- L’intensité du courant diminue lorsque la longueur du fil augmente ; c’est ce que l’on exprime en disant que le fil oppose une résistance au passage du courant; cette résistance entre deux sections du fil est proportionnelle à la longueur du fil entre ces sections. Si, tout en maintenant entre les deux points A et B une différence de potentiel et une longueur de fil constantes, on augmente ou diminue la section du fil, le courant augmente ou diminue dans le même rapport ce, qui s’exprime en disant que la résistance d’un fil est inversement proportionnelle à sa section droite. Si, de même, on mesure l’intensité du courant dans un fil donné en faisant varier la différence de potentiel entre ses extrémités, on reconnaît que cette intensité dépend uniquement de la différence de potentiel et qu’elle est proportionnelle à cette différence aussi longtemps qu’il n’y a pas d’échauffement sensible du fil. Ces faits nous amènent à la loi d’Ohm, qui donne l’intensité C du courant parcourant un fil dont la résistance est R et entre les extrémités duquel on maintient une différence de potentiel V.
- L’expression algébrique de la loi d’Ohm (') est :
- Dans cette équation, les unités au moyen desquelles l’une quelconque de ces quantités est exprimée dépendent des unités choisies pour exprimer les deux autres.
- Nous avons défini l’unité de courant et montré comment on la mesure en unités absolues ; il nous reste maintenant à faire voir comment on peut définir les unités absolues des quantités V et R, et la manière dont les unités pratiques, le Volt, VAmpère, le Coulomb et VOhm dérivent de ces unités absolues.
- Nous allons définir les unités absolues de potentiel et de résistance en considérant l’action d’une machine magnetoélectrique imaginaire, très simple, mais dont nos dynamos modernes ne sont quf1 la réalisation pratique.
- (*) On trouvera dans le Chapitre VIT une discussion plus complète de cette loi et de la distribution des potentiels dans les diftérentes variétés de courants électriques.
- Imaginons d’abord un champ magnétique d’intensité i.
- Les lignes de force de ce champ sont parallèles entre elles ; pour fixer les idées* admettons qu’elles soient verticales. Imaginons maintenant deux rails horizontaux placés parallèlement et reliés par une barre pouvant glisser sur les rails, tout en restant en. contact avec eux; nous relions encore les rails par un fil, de manière à compléter le circuit.
- Nous supposerons les rails, la barre et le fil faits d’une même substance, et, pour la longueur et la section du fil, nous admettrons des dimensions telles que sa résistance soit très grande comparativement à celle du reste du circuit, de manière que lorsque la barre glisse sur les rails avec une rapidité quelconque, la résistance du circuit puisse être regardée comme constante.
- Lorsqu’on fait glisser la barre le long des rails, elle coupe normalement les lignes de force et aussi longtemps que la barre se meut uniformément, une différence constante de potentiel est maintenue par induction entre ses extrémités, et un courant uniforme passe à travers le fil allant du rail qui a le potentiel le plus élevé vers le rail qui a le plus petit potentiel.
- Si la direction des lignes de force est la même que celle de la composante verticale du champ magnétique terrestre dans l’hémisphère nord, c’est-à-dire qu’un pôle bleu placé dans le champ soit poussé vers le zénith, si de plus les rails sont dirigés suivant la ligne nord-sud, le courant passera du rail est vers le rail ouest à travers la barre, et du rail ouest au rail est, à travers le fil, lorsqu’on fera glisser la barre du sud au nord.
- Si la rapidité du mouvement de la barre augmente, la différence de potentiel entre les rails ou, en d’autres termes, la force électromotrice produisant le courant, augmente dans la même proportion ; il en est de même pour le courant, d’après la loi d’Ohm.
- La différence de potentiel' produite par le mouvement d’une barre, dans les conditions décrites, varie comme la longueur de la barre, l’intensité du champ et la rapidité avec laquelle la barre coupe les lignes de force du champ.
- La différence de potentiel varie donc comme le produit de ces trois quantités, et si chacune d’elle est égale à l’unité, la différence de potentiel correspondante est aussi prise comme unité. Nous pouvons donc écrire V = IL)», où I est l’intensité du champ, L la longueur de la barre et v sa vitesse.
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- Si donc l’intensité du champ est égale à une unité C. G. S, la distance entre les rails égale à i centimètre et la vitesse de la barre à i centimètre par seconde, la différence de potentiel produite sera égale à une unité C. G. S.
- Cette différence de potentiel est si faible qu’elle est incommode pour les usages pratiques, et c’est pourquoi on prend, pour unité pratique, la différence de potentiel produite par une vitesse de la barre de ioo millions de centimètres par seconde, toutes les autres conditions restant les mêmes, et on l’appelle un Volt. C’est un peu moins que la différence de potentiel qui existe entre deux pôles isolés d’un élément Danicll.
- Nous avons supposé que les rails étaient réunis par un fil d’une grande résistance relativement à celle du reste du circuit, et que sa longueur restait constante.
- L’effet produit par une augmentation de longueur du fil, la vitesse de la barre restant la même, serait de diminuer le courant dans le rapport où la résistance augmenterait ; et, une augmentation correspondante de vitesse serait nécessaire pour conserver au courant la même intensité.
- Nous pouvons donc considérer la vitesse de la barre comme une mesure de la résistance du fil.
- Supposons maintenant que lorsque la barre de i centimètre de longueur se meut avec une vitesse de i centimètre par seconde, le courant produit soit égal à i unité C. G. S, la résistance du fil sera alors d’une unité C. G. S.
- L'unité de i ésistançc correspondrait donc à une vitesse de i centimètre par seconde. Cette résistance est cependant trop petite pour les usages pratiques, c’est pourquoi on a choisi comme unité pratique et désigné sous le nom d'Ohm une résistance 1,000,000,000 de fois plus grande ; c’est la résistance d’un fil tel que pour faire passer à travers un courant égal à une unité C. G. S., il faudrait faire mouvoir la petite barre avec une vitesse de 1,000,000,000 de centimètres (à peu près la longueur du quart du méridien terrestre ou la longueur comptée sur un méridien du pôle à l’équateur) par seconde.
- Pour réduire les expressions numériques des quantités physiques, lorsqu’on veut passer d’un système d’unités à un autre, par exemple du système pied-grain-secondc, précédemment employé en Angleterre pour mesurer les quantités magnétiques, au système C. G. S., il est nécessaire de déterminer pour chaque quantité le facteur de
- réduction. Ceci se fait d’après la théorie des « dimensions » donnée d’abord par Fouricr et étendue aux quantités magnétiques et électriques par Maxwell.
- On obtient le facteur de réduction en remplaçant dans la formule de dimensions qui nous indique la manière dont les unités fondamentales entrent dans l’expression des quantités physiques, les unités fondamentales anciennes par leurs valeurs en unités nouvelles. Pour réduire, par exemple, la vitesse exprimée en milles par heure, en centimètres par seconde, il faudra multiplier le nombre exprimant la vitesse dans les unités mille-heure par le nombre de centimètres contenu dans un mille et diviser par le nombre de secondes contenu dans une heure.
- Le facteur ou rapport de changement (change ratio), comme il a été appelé par le professeur James Thomson, est simplement le nombre de nouvelles unités de vitesse équivalent à l’unité
- ancienne et peut être exprimé par la formule
- L
- T
- où L est le nombre de nouvelles unités de longueur contenu dans une unité ancienne et T le nombre correspondant pour les unités de temps. De même le facteur pour l’expression de l’accélération ou du changement de vitesse est et le,
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- facteur pour l’expression d’une autre quantité physique quelconque peut être déterminé de sa définition en considérant la manière dont les unités fondamentales de masse, de longueur et de temps entrent dans son expression.
- La théorie des dimensions des quantités électriques et magnétiques (chap. XI) dans le système des unités magneto-électriques montre que la formule de dimension pour la résistance est la même que celle pour la vitesse ; donc, de fait, une résistance, en mesure électro-magnétique, peut être exprimée comme une vitesse et nous pouvons parler d’une résistance de un ohm comme d’une vitesse de io!> centimètres par seconde.
- Les premières expériences tendant à réaliser la valeur d’un ohm ont été faites par le Comité de l’Association Britannique et ensuite, avec des résultats variables, par différents observateurs, un peu partout.
- La méthode employée par le Comité a été proposée par sir William Thomson. Dans cette méthode on mesure le courant induit dans une bobine qui tourne autour d’un diamètre vortical dans un champ magnétique, par la déviation d’une ai-
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- guille aimantée suspendue au centre de la bobine.
- Le principe de la méthode est exactement le même que celui de l’expérience imaginaire que nous avons décrite plus haut, c’est-à-dire celle des rails et de la barre glissant le long de ces rails.
- Le Comité trouva à la suite de ses mesures qu’un ohm est représenté approximativement par la résistance d’une colonne de mercure chimiquement pur d’une section égale à un millimètre carré et d’une longueur de i,o5 c. m. à la température de o degré centigrade.
- Des bobines formées d’un alliage composé de deux parties d’argent et d’une partie de platine, et ayant une résistance de un ohm, à une certaine température, furent fournies par le Comité comme étalons pour les expérimentateurs.
- Des expériences récentes de lord Rayleigh et de MM. Glazebrook, à Cambridge, ont montré que l’unité du B. A. Committee est probablement de i, 3 o/o trop faible. Enfin des mesures encore plus récentes et faites avec beaucoup de soin par lord Rayleigh et Mme H. Sidgwick ont donné pour sa valeur 0,98677 de quadrant terrestre par seconde.
- De nouvelles mesures se font en ce moment par un Comité d’Électriciens, délégué par le Congrès de Paris (’). L’équation de la page 386 montre clai-rament que si V et R, égaux à l’origine chacun à l’unité augmentent dans le même rapport, C restera égal à l’unité de courant, mais si, par exemple, 011 prend V égal a io8 unités de potentiel ou à un volt, et pour R une résistance de io° c. 111. par seconde ou un ohm, C sera égala 1/10 de l’unité C. G. S. de courant.
- Un courant de cette intensité, c’est-à-dire le courant qui prend naissance dans un fil d’une résistance de 1 ohm lorsqu’une différence'de potentiel égale à 1 volt est maintenue entre ses extrémités, a été adopté comme unité pratique de courant et a reçu le nom d"ampère. Un ampère est donc un dixième de l’unité C. G. S. de courant.
- La quantité d’électricité transportée par seconde par un courant d’un ampère est appelée un coulomb.
- (') L’ohm légal adopté par le Congrès de Paris, en avril 1884, est la résistance d’une colonne de mercure d’un millimètre carré de section et d’une longueur de ijo6 c.ni. à la température o degré centigrade. Il est égal à 1,0112 unités B. A. (N. D. L. R).
- Cette unité, quoique moins répandue que les précédentes, s’emploie souvent pour exprimer la quantité d’électricité qu’une pile secondaire peut emmagasiner dans différentes circonstances.
- Lorsqu’on compare, par exemple, différents éléments entre eux, leurs capacités ou la quantité d’électricité qu’ils peuvent emmagasiner lorsqu’ils sont complètement chargés, s’expriment d’une manière commode en coulombs par centimètre carré de la surface à travers laquelle l’action électrolytique se produit.
- La machine magneto-électrique que nous avons considérée plus haut montre, d’une façon très simple, la relation qui existe entre le travail nécessaire pour maintenir le courant, la force électro-motrice et l’intensité du courant.
- En dynamique, on dit qu’une force produit un travail lorsque le mouvement de son point d’application a une composante dans la direction de la force, et ce travail est égal à la force multipliée par le chemin parcouru par son point d’application dans la direction de la force.
- La rapidité avec laquelle le travail est produit, a donc pour expression à chaque instant, le produit de la force par la composante de la vitesse du point d’application dans la direction de la force.
- Le travail nécessaire pour vaincre une résistance sur une certaine longueur est égal à cette résistance multipliée par la longueur.
- En Angleterre, les ingénieurs emploient géné-, râlement comme unité de travail, le pied-livre [foot-pound) : c’est le travail nécessaire pour élever une livre à la hauteur d’un pied. Et l’unité exprimant la rapidité de production du travail est le cheval-vapeur anglais (') égal à 33,000 pieds-livres par minute.
- Comme le poids d’une livre de matière est variable dans les différents endroits, cette unité de travail est aussi variable et n’est pas employée, dans la dynamique théorique.
- Dans le système absolu d’unités C. G. S., l’unité de travail est le travail qu’il laut dépenser pour vaincre une force d’une dyne sur 1 centimètre de longueur; cette unité est appelée erg ou centimètre-dyne. Le mot d’activité a été employé par sir William Thomson pour l’expression « rapidité de production de travail »; c’est la quantité de travail
- (U Un cheval-vapeur anglais (horse-power) est égal 1175,9 kilogrammètrcs par seconde ou à 1,0139 cheval-vapeur français (N. D. L. R.).
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- ou d’énergie .produite par unité de temps, et nous emploierons souvent ce terme dans la suite pour éviter des circonlocutions.
- Nous avons vu précédemment que dans un champ magnétique chaque élément d’un conducteur parcouru par un courant est soumis à une force qui tend à le mouvoir dans une direction normale au plan passant par l’élément et par la direction de la résultante des forces magnétiques du champ, au point où est situé l’élément. Il résulte de ces considérations qu’un conducteur placé dans un champ magnétique perpendiculairement aux lignes de force et traversé par l’unité de courant est soumis à une force qui tend à le mouvoir perpendiculairement à sa longueur; l’in-sité de cette force par unité de longueur du conducteur dans un champ d’intensité i est égale à l’unité d’après la définition même de l’unité de courant.
- En appliquant ceci à notre barre qui glisse sur deux rails nous pouvons supposer qu’un courant d’intensité C, produit par exemple par une batterie, traverse le circuit; soit de plus Lia longueur de la barre, v la vitesse de déplacement de celle-ci et I l’intensité du champ. La force qui agit sur la barre aura pour valeur I L G et la rapidité avec laquelle le travail est produit par l'action électro-magnétique entre le courant et *e
- doc
- champ magnétique ou activité est égale à I L C ^
- ou bien à I L G v. Si la barre, en se déplaçant avec une vitesse v, produit dans le circuit un courant C, Vactivité nécessaire sera encore égale à I L C v ; mais I L v est la force électro-motrice produite par ce mouvement; si nous la désignons par le symbole E, généralement employé pour représenter la force électro-motrice, nous aurons E G comme expression de l’activité électrique : c’est la quantité totale d’activité dépensée dans le circuit par le courant.
- La loi d’Ohm permet de mettre cette expression de l’activité électrique sous les deux autres
- formes et C2 R.
- Cette loi a été découverte par Joule en mesurant la quantité de chaleur produite dans des fils de résistances différentes par le passage de courants électriques. Elle se vérifie pour tous les circuits électriques, circuits de piles électro-chimiques ou thermo-électriques, ou circuits de machines dynamo.
- Nous avons supposé précédemment que la ré-
- sistance de la barre mobile était négligeable comparée au reste du circuit. Si la résistance de la barre est r et la résistance du reste du circuit R, la différence de potentiel entre les deux extrémités
- de la barre ne sera nas E mais bien E
- r
- La quantité de travail accomplie par unité de temps dans tout le circuit reste égale à E C; une
- partie de ce travail égale à E C — est accom-
- R -\~ r
- R
- plie dans la barre, et l’autre partie E G —-------
- dans le reste du circuit. En un mot, si V est la différence de potentiel, mesurée par un électromètre, entre deux points d’un fil métallique faisant partie d’un circuit contenant une pile ou une dynamo, et G le courant dans le circuit, la rapidité de production du travail entre les deux points est égale à V G ou, si R est la résistance entre les deux points, à R C2.
- Un des grands avantages du système dont je viens de donner un aperçu est d’exprimer le travail produit par le courant par seconde, sans avoir besoin d’introduire un coefficient comme cela eût été nécessaire si les unités avaient été arbitrairement choisies.
- Lorsque toutes les quantités sont mesurées en unités G. G. S., on obtient la valeur de E C en centimètres-dynes par seconde, 1 c’est-à-dire en ergs par seconde.
- Les résultats obtenus de cette manière peuvent être réduits en chevaux-vapeur anglais en les divisant par 7,46 X ioIJ si E est mesurée en volts et G en ampères il faudra diviser E G par 746 pour obtenir des chevaux-vapeur anglais (*) Si, par exemple, on maintient une différence de potentiel de 90 volts entre les bornes de deux lampes à incandescence reliées en série et que le courant soit égal à 1,3 ampère, le travail absorbé par les lampes sera égal à peu près à 0,157 chevaux-vapeur anglais. Si la rapidité avec laquelle le travail est produit en maintenant le courant d’un ampère à travers une résistance d’un ohm^ était prise comme unité de production du travail ou d’activité et que E fût mesuré en volts et G en ampères, l’intensité du travail dans un circuit serait mesurée simplement par E C, et les calculs de travail électrique seraient considérablement simplifiés.
- (*) Pour avoir des chevaux-vapeur français, il faudra diviser le produit par 736 (N. D. L. R).
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- Cette idée a été mise en avant par M. William Siemens [Britisch Association Address 1882), qui proposa de donner le nom de watt à cette nouvelle unité d’intensité de travail. L’énergie dépensée dans l’exemple précédent serait de ;
- 90X 1,3 = 117 watts.
- Un watt est donc égal à io7 ergs par seconde, Sir William Siemens proposa aussi d’appeler un joule le travail accompli par seconde lorsque l’activité est d’un watt. C’est le travail absorbé par seconde en maintenant un courant d’un ampère à travers une résistance d’un ohm, ou le travail produit en écoulant un coulomb d’électricité ù travers un conducteur ayantà ses extrémités une différence de potentiel d’un volt. Un joule est donc égal à io7 ergs, et le travail produit par seconde dans l’exemple précédent est égal à 11 j joules (').
- CHAPITRE V
- DESCRIPTION DES GALVANOMETRES DE SIR WILLIAM THOMSON
- ‘ Nous conformant à l’objectif principal de cette série d’articles, qui est de fournir des notions claires sur le système des unités absolues électriques et magnétiques, et sur les mesures faites avec ces unités , nous allons montrer comment 011 peut graduer des galvanomètres pour les mesures absolues des potentiels et des courants dans
- (l) On a proposé de n’employer le ternie joule que pour désigner une unité de chaleur, c’est-à-dire la quantité de chaleur engendrée par le passage d’un coulomb à travers un ohm, ou la chaleur engendrée en une seconde lorsque l’activité est de 1 watt.
- Cet usage restreint de ce terme ne serait que.désavan. tageux et incommode.
- Dans un circuit électrique, l’énergie électrique est transformée de différentes manières, entre autres en chaleur, et on pourrait aussi bien prétendre que chaque forme de l’énergie soit exprimée en fonction d’unités spéciales auxquelles on donnerait des noms particuliers.
- Par exemple, dans le circuit d’une dynamo fournissant du travail à distance à un moteur, une partie de l’énergie électrique est dépensée par réchauffement des bobines de la machine, du moteur et des cables, et le reste fournit le travail utile.
- La première partie seulement serait exprimée on joules, et la dernière en fonction de l’erg ou de quelque autre unité analogue.
- Une manière semblable de procéder entraînerait une complication ' inutile de nomenclature, et le joule aurait uniquement la fonction ingrate de désigner dans ce cas et les cas similaires, la perte d’énergie dans le circuit.
- les circuits parcourus par des courants continus de machines ou de piles,
- La manière la plus claire de procéder consiste à décrire la graduation d’un instrument particulier, car il sera facile, une fois la méthode comprise, de l’appliquer a d’autres instruments.
- Pour fixer les idées, nous prendrons comme exemple les deux instruments imaginés par Sir W, Thomson et nommés par lui : galvanomètre de potentiel et galvanomètre d’intensité,
- La description de ces appareils fera l’objet du présent chapitre.
- I. — Galvanomètre de potentiel.
- Le galvanomètre employé pour mesurer des différences de potentiel dans les circuits électriques est représenté par la figure 1.
- FIG. I
- La bobine est généralement faite avec du fil d'e maillechort n° 32 B. W. G, recouvert de soie. Elle contient environ 2,2000 yards de fil enroulé en 7,000 tours sur la bobine et possède une résistance égale à 6,000 ohms. Elle a la forme d’un anneau dont le diamètre extérieur égale 14, et le diamètre intérieur 6 centimètres; le diamètre de la section est donc de 4 centimètres.
- La bobine est enroulée dans un moule de forme et de dimensions convenables et est imprégnée avec de la paraffine fondue sous le récipient d’une pompe à air. On obtient de cette manière un anneau solide et compact, n’ayant plus besoin d’une carcasse en bois ; on l’entoure encore d’une couche de ruban de soie pour lui donner un meilleur aspect.
- La bobine qui vient d’être décrite est attachée à l’une des extrémités d’une plate-forme horizontale en bois P, et maintenue solidement en place par une paire de pinces en bois adaptées à la partie inférieure de la bobine et vissées solidement au bout de la planchette P.
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- Dans la position normale, le plan de la bobine est vertical et placé perpendiculairement à une rainure en Y creusée au milieu de la planchette dans le sens de sa longueur. Le centre de la bobine est en face de cette rainure, à une hauteur égale à un centimètre et demi au-dessus du fond.
- Sur la planchette P est placé un magnétomètre (dont la figure 2 donne une vue en plan) qui consiste essentiellement en un système d’aimants supporté de manière à pouvoir tourner librement autour d’un axe vertical.
- Afin de protéger le système des aimants contre les courants d’air, 011 l’enferme dans une boîte de faible profondeur, recouverte de verre et ayant la forme d’un quadrant.
- Chaque aimant a 1 centimètre de longueur et est formé par un bout de fil d’acier n° 18, B. W. G., trempé à la dureté du verre.
- Quatre de ces aimants montés sur un châssis, avec leurs pôles tournés dans la même direction, constituent l’aiguille de l’instrument.
- Le châssis qui porte les aimants consiste en deux minces barres d’aluminium placées l’une en face de l’autre à un centimètre de distance, avec leurs plans dans une position verticale et reliées par une feuille d’aluminium.
- Les extrémités des aimants passent par des trous ménagés sur les côtés verticaux du châssis, de manière à former les quatre arêtes d’un prisme rectangulaire. Dans la feuille qui relie les deux côtés du châssis est fixée une chape en saphir qui se pose sur l’extrémité d’une pointe fixée au fond de la boîte. Les deux côtés du châssis ont une longueur suffisante pour former un index d’en-
- viron 0,09 m. de long, en joignant leurs extrémités libres, et en leur donnant la forme indiquée sur la figure 2.
- La pointe de l’index se meut au-dessus d’une échelle des tangentes placée au fond de la boîte, le long de la paroi circulaire. Pour prévenir les erreurs de parallaxe, le fond de la boîte, à l’exception de la bande occupée par l’échelle, est couvert par un miroir en verre argenté.
- L’observateur, pour faire une lecture, place son œil de manière à ce que la pointe de l’index se confonde avec son image dans le miroir, et lit le nombre indiqué par la pointe sur l’échelle des tangentes.
- L’échelle est gravée sur du papier et solidement fixée sur le fond de la boîte avec de la colle de photographe. Par ce procédé, les changements de longueur, dus aux variations d’humidité de l’air, se trouvent évités.
- La boîte du magnétomètre est supportée par trois pieds et un ressort plat.
- Deux de ces pieds, placés dans un plan vertical passant par l’axe de rotation du système des aimants, et par le zéro de l’échelle, glissent dans la rainure, en V creusée le long de la ligne médiane de la planchette ; la troisième vis reste sur la surface de la planchette d’un côté de la rainure et le ressort de l’autre côté.
- Grâce à cet arrangement, le magnétomètre est parfaitement stable et peut être déplacé librement le long de la planchette, mais seulement dans la direction longitudinale.
- Un petit niveau circulaire, fixé à la boîte, montre quand celleœi est dans une position horizontale.
- Le réglage se fait au moyen des deux vis qui supportent la planchette et sont placées à l’extrémité opposée à celle occupée par la bobine.
- Pour ne pas fatiguer la pointe qui supporte le système des aimants lorsque l’instrument n’est pas employé ou lorsqu’il est transporté d’un endroit à un autre, on peut soulever le système au moyen d’un collet circulaire disposé autour de la pointe, et qu’on peut élever ou abaisser à volonté en tournant une vis horizontale disposée à l’extérieur de la boîte du magnétomètre.
- Le collet circulaire porte une plate-forme qui supporte les aiguilles et empêche tout mouvement susceptible de détériorer le système.
- Pour augmenter la force directrice qui agit sur les aiguilles, on emploie, lorsqu’il est nécessaire, un aimant en demi-cercle indiqué sur la figure 1.
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- Cet aimant fabriqué avec du meilleur acier est trempé à la dureté du verre. Pour l'aimanter on le place à l’intérieur d’une bobine courbée en demi-cercle et parcourue par un courant.
- Lorsqu’il est en position sur l’instrument, il est supporté par deux bras en laiton faisant partie de la boîte du magnétomètre. L’aimant est terminé d’un côté par une pièce transversale de laiton munie à une extrémité de sa surface inférieure d’un petit bouton qui entre dans un trou ménagé dans un des bras de laiton constituant le support ; l’extrémité opposée de la pièce transversale repose simplement sur la surface plane du bras. L’autre bout del’aimant, coupé enpointearrondie,pénètre dans une rainure taillée dans la surface cylindrique [d’une pièce fixée sur l’axe d’une vis (voir le bras de droite de la figure 2), qui tourne dans un écrou, solidaire, du deuxième bras qui supporte l’aimant.
- Grâce à cette disposition, l’axe magnétique de l’aimant reste à peu près dans le plan horizontal passant par l’axe de l’aiguille,'et à peu près à angle droit sur la ligne joignant le centre de l’aiguille au zéro de l’échelle. Cette position peut être rigoureusement atteinte en tournant la vis jusqu’à ce que l’index indique très exactement le zéro.
- L’aimant ainsi disposé reste toujours dans la même position par rapport au magnétomètre. La bobine est ajustée de manière que son centre se trouve au même niveau que l’axe magnétique de l’aiguille du magnétomètre, lorsque celui-ci est en position. Le centre de l’axe [magnétique, le zéro, de l’échelle et le centre de la bobine doivent être dans le même plan vertical passant par la rainure en V de la planchette.
- Si donc on fait mouvoir le magnétomètre le long de la planchette, celui-ci, guidé -par les pieds placés dans la rainure, entraînera toujours l’aimant avec lui sans détruire l’ajustement du zéro de l’échelle, et les aimants de l’aiguille resteront dans un champ magnétique de force invariable pour toutes les positions du magnétomètre.
- Sur la plate-forme de bois, qui fait partie de la planchette dans laquelle est creusée la rainure médiane, sont marqués différents traits ; ces traits .correspondent aux positions du bord circulaire de la boîte du magnétomètre, pour lesquelles les nombres de divisions dont dévie l’index, lorsque la différence de potentiel est de 1 volt, et le champ magnétique dans lequel se trouve l’ai-
- guille d’intensitc 1, forment les termes d’une série géométrique : 8. 4. 2. 1. 1/2, etc. Ces nombres sont gravés sur la plate-forme, en face des traits qui indiquent les positions correspondantes.
- Le nombre de divisions dont est dévié l’index, lorsque le centre de l’aiguille se trouve aussi près que possible du centre de la bobine, n’est pas en général un terme de la série géométrique, mais il est déterminé dans chaque cas et gravé également sur la planchette.
- L’instrument est employé avec l’aimant semi-circulaire en position, pour mesurer de forts potentiels; mais pour des potentiels faibles, l’aimant est enlevé, et l’aiguille soumise à la seule action du magnétisme terrestre. L’intensité du champ produit par l’aimant directeur est déterminée pour chaque instrument avant qu’il 11e soit expédié et est inscrite sur l'aimant.
- L’intensité du champ terrestre, à l’endroit où l’instrument doit être employé peut être déterminée, s’il est nécessaire. Dans la pratique, il sera généralement commode de donner au magnétomètre une position telle que le nombre de divisions dont l’index dévie par volt, et avec le champ employé, soit un nombre commode.
- Cette position doit être déterminée par l’observateur, qui la fixe en traçant sur les côtés de la planchette deux traits verticaux dans le prolongement de deux lignes blanches marquées sur les côtés du magnétomètre.
- L’instrument ainsi construit est sensible entre des limites très étendues. En faisant varier la distance entre le magnétomètre et la bobine du maximum au minimum, la sensibilité de l’instrument peut être augmentée 5o fois, et en enlevant l’aimant directeur, de manière à laisser l’aiguille soumise à la seule action du champ terrestre, une sensibilité encore 5o fois plus grande peut être obtenue.
- Pour les observations auxquelles ces instruments sont destinés, la suspension de l’aiguille sur une pointe est celle qui convient le mieux. Mais il y a toujours, lorsque la force directrice est faible, une petite erreur due au frottement; il 11c faut donc pas essayer de rendre l’instrument encore plus sensible, en diminuant la force directrice du champ magnétique de la terre.
- Cependant un instrument de cette espèce, fabriqué en vue d’une utilisation spéciale, et dans lequel l’aiguille est suspendue par une fibre de soie, peut être rendu de plus en plus sensible.
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- jusqu’à l’instabilité, lorsqu’on place un ou plusieurs aimants de manière que, sans détruire l’homogénéité du champ magnétique dans lequel se trouve l’aiguille, on diminue son intensité de plus en plus.
- Un détail important dans cet instrument, au point de vue de son emploi pour la mesure des potentiels élevés, est l’arrangement des communications.
- Lorsque les extrémités de la bobine d’un galvanomètre de potentiel communiquent avec des bornes pourvues de vis de serrage, il est commode de mettre le galvanomètre en contact avec le circuit, en attachant simplement les conducteurs aux bornes.
- Mais dans le cas d’un circuit de machine dynamo pouvant donner entre les bornes de la bobine une différence de potentiel de 80 à ioo volts et au-dessus, cet arrangement des contacts est très dangereux.
- Lorsque les fils sont tordus l’un autour de l’autre et sont des fils ordinaires recouverts de gutta-percha, ils sont toujours sujets aux accidents qui peuvent amener un contact entre les deux fils et causer leur destruction.
- En deuxième lieu, lorsqu’on éloigne les fils de l’instrument, on risque de leur donner un mouvement d’oscillation qui peut facilement les mettre en contact; la même chose peut arriver par l’inadvertance d’un passant, ce qui causerait, si la machine dynamo est en marche, une fusion immédiate des fils.
- Pour prévenir un accident de ce genre, sir William Thomson emploie, en place des bornes, deux fortes bandes de cuivre d’environ i, 5 c. m. de largeur, disposées verticalement face à face dans une cavité verticale de la pièce de bois, derrière la bobine, et séparées par une distance d’environ i centimètre.
- Pour empêcher un courant de passer à travers la bobine lorsqu’on n’observe pas, un petit contact à ressort, indiqué sur notre figure, est intercalé entre une de ces bandes et l’extrémité de la bobine.
- Les extrémités des conducteurs qui mettent l’instrument en contact avec le circuit, sont constituées par deux fortes bandes de cuivre rapprochées de manière à former deux lames parallèles, séparées par une pièce en bois et maintenues en position par une bonne garniture de forte corde cirée.
- Les deux bandes de cuivre sont courbées à l’ex-
- trémité à l’angle droit sur leur direction primitive, et enfoncées dans la cavité entre les deux barres auxquelles sont fixées les extrémités de la bobine. Ces barres sont placées assez près l’une de l’autre pour être un peu forcées par ce contact, et ceci produit un contact à ressort tout à fait sûr.
- Les conducteurs consistent en une corde tressée avec du fil de cuivre mince et protégée par une épaisse couverture de coton tissée; ils sont très flexibles.
- Les conducteurs se terminent par deux pinces à ressort formées chacune par une forte lame de cuivre, solidement maintenue contre le côté plat d’une pièce de bois de section semi-circulaire, au moyen d’un ruban de gomme élastique qui se loge dans une rainure ménagée sur une pièce en demi-cercle en laiton, soudée à la lame de cuivre.
- La lame de cuivre est placée dans une rainure de la pièce en bois, ce qui l’empêche de tourner par rapport à celle-ci, et de cette façon un bon contect est obtenu entre le cuivre et le conduc— leur auquel on applique la pince.
- Ces pinces sont aussi efficaces que les vis de pression et bien plus commodes. Elles peuvent être attachées en un instant à un fil ou à un conducteur, de forme et dimensions quelconques et dans une position quelconque et enlevées avec la même rapidité.
- Pour rendre le maniement de l’instrument encore plus commode, la couverture de l’un des conducteurs est peinte en rouge et l’autre en bleu,
- II. — Galvanomètre d'intensité.
- Cet instrument ne diffère du précédent que par la bobine et par les communications (voy. fig. 3). La bobine est formée par un gros ruban en cuivre de 1,2 c. m. de largeur et de i,i5 m. m. d’épaisseur, enroulé en 6 tours isolés les uns des autres par des feuilles d’asbeste.
- Le diamètre extérieur de la bobine est de
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- io centimètres environ et le diamètre intérieur de 6 centimètres. La bobine est recouverte, comme dans le cas précédent, avec un ruban de soie et attachée de la même manière à la planchette P.
- Un magnétomètre exactement semblable au précédent fait partie de l’instrument, et tout ce qui a été dit de la graduation du galvanomètre de potentiel s’applique au nouvel instrument, avec la différence que ce ne sont plus les volts mais les ampères qui sont mesurés.
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- L’instrument ne peut mesurer que des courants continus, mais à cause de la faible résistance de la bobine, il peut être placé, sans courir de risques, dans un circuit parcouru par un courant continu de ioo ampères, tout en étant assez sensible pour mesurer exactement un courant de o, i à 0,01 ampère, lorsque l’aiguille du magnéto-mètre est soumise à la seule action de la force directrice de la terre.
- Dans les instruments construits spécialement pour mesurer de très forts courants, la bobine consiste en un seul anneau d’une barre massive en cuivre, pourvue de bornes spéciales pour éviter réchauffement des points de contacts. De cette manière, on peut faire un instrument capa-
- FfG. 3
- ble de mesurer exactement des courants de o. i ampère à iooo ampères.
- Une paire de conducteurs bien isolés, de plusieurs yards de longueur, faits avec un câble contenant 133 fils de cuivre de o,32 m. m. de diamètre (n° 3o, B. W. G.) et par conséquent très flexibles et d’une résistance inappréciable, sont envoyés avec chaque instrument. Sur la figure 3 on les voit enroulés à côté de l’instrument.
- Les bornes de l’appareil et la manière de le mettre en circuit au moyen de ces conducteurs, méritent une mention spéciale. Pour que l’instrument puisse mesurer les courants de différents circuits, il faut qu’il puisse être intercalé dans chaque circuit, en modifiant aussi peu que possible le courant qui y circule.
- On évite d’employer des combinaisons plus ou moins compliquées de vis de serrage et de ressorts,
- en adoptant la disposition indiquée sur la figure 3. Les extrémités de la lame de cuivre qui constitue la bobine font saillie hoiizontalement derrière l’instrument, l’une au-dessus de l’autre, et sont séparées par une pièce de bois en guise d’isolateur.
- L’extrémité des conducteurs destinée à être mise en contact avec la bobine consiste en une pince à ressort, formée de deux fortes lames de cuivre, qui sont attachées chacune à l’un des conducteurs; ces lames sont séparées par une pièce de bois, et maintenues en place par de la corde cirée. Les extrémités des lames de cuivre dépassent de 2 ou 3 pouces la pièce de bois qui les sépare, et sont courbées de la même façon, de manière à avoir leurs faces convexes en regard.
- Elles ont assez d’élasticité pour se mettre en contact par leurs côtés convexes, mais elles sont, de plus, maintenues dans cette position par une forte bande de gomme élastique passée dans la rainure extérieure de deux pièces demi-circulaires de laiton, soudées au dos des lames de cuivre.
- Les pointes de ces lames s’écartent cependant toujours un petit peu l’une de l’autre. Lorsque la pince ainsi décrite est poussée vers les bouts extrêmes de la bobine, les mâchoires de la pince sont séparées; mais avant que cette séparation se produise, chacune d’elles est déjà en contact avec l’extrémité correspondante de la bobine.
- Si donc les conducteurs forment partie d’un circuit électrique, le courant passe d’abord d’une des mâchoires de la pince à l’autre, par leur point de contact, et, après leur séparation, par la bobine du galvanomètre.
- On ne produit, en introduisant le galvanomètre dans le circuit, aucune interruption du courant; à peine produit-on une irrégularité absolument insignifiante au point de vue pratique.
- Les étincelles sont évitées de cette manière, et une seule opération suffit à intercaler le galvanomètre dans le circuit.
- Lorsque le galvanomètre est retiré du circuit, l’opération inverse a lieu, c’est-à-dire que les mâchoires de la pince se rejoignent par leurs parties convexes avant de perdre le contact avec les extrémités de la bobine.
- Dans la pratique, on intercale dans chaque circuit dont on veut mesurer l’intensité par le galvanomètre deux gros fils en cuivre ayant l’une de leurs extrémités attachée à une pince à ressort de ce genre.
- L’instrument, avec ses conducteurs fixés aux
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- JOURNAL UNIVERSEL 17 ÉLECTRICITÉ
- 395
- extrémités de la bobine, est placé de manière à pouvoir être mis facilement en contact au moyen de l’extrémité libre de ceux-ci, avec les pinces à ressort de tous les circuits.
- Les extrémités des conducteurs sont tout à fait semblables aux bornes de la bobine du galvanomètre.
- On peut donc les glisser entre les mâchoires de chaque pince pour permettre au courant de passer et faire une lecture sans interrompre le courant dans le circuit.
- Sur la figure 3 on a supposé les conducteurs attachés au galvanomètre par leur pince à ressort et fixés par l’autre extrémité à une autre pince intercalée dans un circuit au moyen de deux fils de cuivre.
- Ce dispositif est employé dans un grand nombre de cas, lorsqu’il s’agit par exemple de mesurer le courant qui charge une batterie secondaire, ou l’intensité dans les différentes parties d’un circuit électrique d’éclairage, ou bien encore le courant entier envoyé dans le circuit par les dynamos.
- Andrew Gray (').
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ
- A I.’ÉTUDE DU
- naisons, est en réalité le cas général de la question qui nous occupe. Mais, outre l’intérêt que présente cette recherche, au point de vue théorique, l’emploi des tubes obliques s’offre naturellement comme moyen pratique d’observer,
- . FIG, 12. — TUBE INCLINÉ
- plus facilement qu’avec les tubes verticaux, le phé-nomène de l’ascension capillaire.
- En effet, la durée du mouvement y est considérablement augmentée, et pour ainsi dire à volonté; la marche du liquide plus longtemps soumise à l’observation, par conséquent mieux suivie ; la couche mouillante (adhérente ou amorçante) restant plus facilement et plus longtemps
- MOUVEMENT SPONTANE DES LIQUIDES
- DANS LES TUBES CAPILLAIRES
- Troisème article. (Voir les >r' des 1.1 et 20 février 1886).
- IV
- MOUVEMENT ASCENSIONNEL DES LIQUIDES s DANS LES TUBES INCLINÉS,
- L’étude du mouvement ascendant des liquides dans les tubes capillaires, sous différentes incli-
- (>) Dans le Supplément au chapitre III, p. 3o2 (deuxième phrase du quatrième alinéa), la phrase qui commence ainsi : « Ces lattes furent disposées etc. » doit être corrigée comme suit : « Ces lattes, ayant leurs tranchants disposés en arcs de cercle concentriques, furent placées de façon à former, avec leurs arêtes extérieures, une surface à peu près cylindrique, les plans des lattes étant perpendiculaires à l’axe du cylindre et les joints chevauchés d’une couche à l’autre ».
- en place, les relais peuvent être plus éloignés les uns des autres.
- Il faut dire toutefois, que ces avantages sont contrebalancés par un inconvénient grave, à savoir : que la plus minime malpropreté du tube, le plus léger dépôt (cristallin ou autre) laissé par la couche mouillante, surtout quand la dissolution est concentrée et le liquide assez volatil, suffit pour ralentir considérablement et même
- (N. D. L. R.)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- .396
- pour en arrêter le mouvement dans le voisinage de la hauteur finale, notamment avec les tubes très fins et très inclinés.
- Lorsqu’on applique l’appareil électro-magnétique aux expériences sur les tubes inclinés, la palette mobile de l’obturateur, c’est-à-dire la partie plongeante, doit subir une légère modification. Elle est recourbée à angles droits pour les tubes verticaux, tandis que pour les tubes inclinés elle fait, avec la première partie horizontale du levier, un angle d’autant plus ouvert que l’inclinaison du tube est plus grande par rapport à la verticale (fig. 1 2). En un mot il faut, dans tous les cas, que le tampon soit poussé autant que possible perpendiculairement à l’axe du tube.
- On peut aussi, sans rien changer à la forme de la palette et de l’obturateur, incliner l’électro-aimant avec son système de palette, de manière à satisfaire à la condition précédemment énoncée. Pour cela, l’électro-aimant est à charnière, des coins ou des vis le maintiennent sous les diverses inclinaisons dont on a besoin pour ces expériences (fig. 12 bis).
- Lorsque le tube est dans la position horizontale, il est encore facile d’opérer la prise du liquide à la surface de niveau ; car, bien que l’axe du tube (à cause de l’épaisseur de celui-ci) se trouve, par le fait au-dessus du niveau, néanmoins, la capillarité amène le liquide jusqu’à l’ouverture du tube.
- On pourrait d’ailleurs garnir de cire molle les bords du vase et faire monter ie niveau du liquide jusqu’à l’ouverture.
- Enfin, on peut prendre un vase dont le tube traverse horizontalement la paroi latérale (fig. 13).
- L’expérience constatant que la hauteur verticale reste à peu près constante pour un même liquide, dans un même tube, toutes circonstances égales d’ailleurs, quelle que soit l’inclinaison de ce tube, on pourrait penser que le liquide parcourra, dans le même temps, tout l’espace variable qu’il a à franchir dans tous les cas, c’est-à-dire que la vitesse absolue du liquide sera d’autant plus grande que le tube sera plus incliné; mais cela n’a pas lieu.
- Si les hauteurs finales d’un liquide, dans un tube capillaire, sont théoriquement les mêmes (en projection verticale) pour les diverses inclinaisons, les hauteurs correspondantes à un temps déterminé diffèrent d’autant plus que l’inclinaison est plus grande et le diamètre plus petit.
- Nous nous contenterons de donner ici, dans
- leur généralité, les conclusions des expériences relatives au mouvement ascendant spontané des liquides dans les tubes inclinés.
- En comparant les longueurs absolues des colonnes d’un même liquide spontanément soulevées, par capillarité, dans un même tube, à la même température, mais sous des inclinaisons différentes, on trouve que :
- i° Ces longueurs absolues, au bout d’une seconde, vont en croissant avec l’inclinaison du tube ;
- 20 Ces longueurs, projetées verticalement, vont au contraire en diminuant avec l’inclinaison ;
- 3° Si, du sommet d’un angle droit, dont un côté est vertical, on mène dans le plan de cet angle, des droites sous des inclinaisons de 67°, 3o', 45°, 220,3o' et de ii°, 15', par rapport à l’horizon
- TUBE HORIZONTAL
- (angles sous lesquels les expériences ont été faites ainsi qu’à o° et à 90°), et qu’on prenne sur les directions de ces droites, à partir du sommet de l’angle, des distances égales aux longueurs absolues des colonnes liquides soulevées par capillarité, au bout d’une seconde, sous les inclinaisons respectives, on aura une première courbe s’éloignant peu de la forme d’un arc de cercle, ayant son centre au sommet de l’angle (fig. 14).
- La courbe correspondante au temps deux secondes s’éloigne déjà sensiblement de la figure circulaire, surtout vers le côté horizontal de l’angle droit.
- Les courbes relatives aux temps trois secondes, quatre secondes, etc., vont en se rapprochant de plus en plus de l’horizontalité ; les distances comptées sur le coté vertical de l’angle droit croissant très peu avec le temps, et les autres augmentant d’autant plus en grandeur absolue qu’elles sont comptées sur des lignes plus inclinées à l’horizon.
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- Longueurs capillaires/e/? millimètres)
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3o;:
- Par cet ensemble de courbes successives, tracées de seconde en seconde, on a, pour ainsi dire, le mouvement simultané d’une sorte d'onde capillaire, se développant, d’abord avec une lenteur relative dans la verticale, plus vite sous l’angle de 45°, et de plus en plus rapidement à mesure que le niveau mobile approche de l’axe horizontal. Quand le mouvement cesse dans la verticale, il continue à se propager dans les autres inclinaisons, et persiste théoriquement jusqu’à l’infini, pour l’acheminement dans le sens horizontal, c’est-à-dire pour a = o, mais s’arrête effectivement au bout d’un temps déterminé expérimentalement.
- a Fm du mouvement t6secpcur d.*go
- FIG. 14. — ONDE CAPILLAIRE DE l’ëAU
- Tube L (diamètre = 0,35545 m.m.; température = 19“)
- 40 Enfin les durées d’ascension augmentant avec les inclinaisons, les colonnes liquides spontanément élevées par capillarité finissent, avec le temps, par atteindre à peu près le même niveau final (c’est-à-dire la même hauteur projetée verticalement).
- Je dis à peu près, car si, en théorie, ces projections doivent être égales, il n’en est pas de même expérimentalement, car un frottement, quoique faible, s’oppose à ce qu’elles atteignent,^/* ascension, cette hauteur limite.
- Avec les courbes tracées au moyen des données fournies par les inclinaisons go°, 67°3o', 45°, 22°3o', 1101 5' et o°, il est possible de construire les courbes relatives à toutes inclinaisons intermédiaires et de rétablir ainsi la loi de continuité.
- On peut donc conclure de ce qui précède qu’avec l’ensemble des courbes tracées de seconde en seconde, au moyen des longueurs absolues des colonnes d’un même liquide soulevées par capillarité dans un même tube, sous les diverses incli-
- naisons précitées, on voit, pour ainsi dire, mar-. cher l'onde capillaire, comme le ferait une nappe liquide entre deux lames verticales parallèles ayant entre elles un intervalle égal au rayon du tube employé, le liquide ne pouvant pénétrer que par une ouverture pratiquée au sommet de l’angle inférieur plongeant dans le liquide.
- On peut continuer l’observation du mouvement au-dessous de l’horizontale, obtenir l'onde capillaire complète, ce que nous verrons plus loin.
- Ajoutons enfin, comme complément aux résultats précédents, que pour un même tube, conservant la meme inclinaison et, pour un même liquide, les hauteurs ou longueurs totales vont en diminuant assez lentement à mesure que la température s’élève, tandis que les vitesses, dans les mêmes conditions, vont, au contraire, en augmentant assez rapidement avec l’élévation de température.
- Relations géométriques entre les éléments capillaires. — Lorsqu’on opère sur un même liquide, avec des tubes capillaires de différents diamètres, placés sous la même inclinaison, la température demeurant constante, on trouve que la vitesse, vers l’origine du mouvement, augmente avec le diamètre du tube, suivant une loi qui paraît complexe et que les courbes figuratives des mouvements correspondants peuvent seules jusqu’alors représenter fidèlement.
- Comme d’un autre côté les hauteurs finales du liquide dans ces tubes sont en raison inverse des diamètres correspondants, il en résulte que ces courbes se coupent les unes les autres, à des distances d’autant plus rapprochées de l’origine que les diamètres sont relativement plus grands, les uns par rapport aux autres.
- C’est ce que font ressortir le tableau numérique des résultats d’expériences et les courbes (fig. 1 5) qui les représentent.
- Ces expériences ont été faites sur l’eau pure, avec quatre tubes verticaux dont les diamètres sont compris entre 0,186 m.m. et o,53 m.m.
- Autre loi :
- Si l’on joint les points extrêmes des courbes correspondantes à un même liquide, dans un même tube, mais sous des inclinaisons différentes, on trouve que la ligne de jonction est sensiblement droite.
- Voilà donc une relation géométrique entre les hauteurs capillaires, les durées d’ascension d’un
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- Longueurs (en millimètres)
- 398 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- liquide et l’inclinaison du tube, la température étant égale dans tous les cas (fig. i5).
- Cette relation étant sans doute une conséquence de ce fait qu’un liquide s’élève sensiblement à la même hauteur dans un tube capillaire, quelle que soit l’inclinaison de ce tube, on conçoit que les
- Tubes Diamètres
- 22 °3o
- Tube l
- 11 >e L tl-
- Tcmps (en secondes)
- FIG. l5. — MOUVEMENT ASCENDANT DE L’EAU DANS LES TUBES CAPILLAIRES SOUS DIFFÉRENTES INCLINAISONS A LA TEMPERATURE DE IÇ)0
- d’être remarqué résulte du développement des courbes relatives aux quatre tubes mis en expérience avec l’eau pure, et dans les mêmes conditions : c’est qu’en joignant les extrémités de ces lignes (fig. 16) on en obtient une autre, sorte de courbe enveloppe intérieure, très régulière, qui établit ainsi une relation géométrique entre les diamètres des tubes, les hauteurs capillaires et les durées d’ascension d’un même liquide dans ces tubes, lorsqu’ils conservent une inclinaison constante.
- HAUTEUR CAPILLAIRE. i° Chaque liquide a une hauteur capillaire
- 10 2o So 40 So 60 jt> 80 ÿO
- Temps (en secondes)
- FIG. l6. — RELATION GÉOMÉTRIQUE ENTRE LE DIAMETRE DES TUBES, LES HAUTEURS CAPILLAIRES ET LES DURÉES D'ASCENSION DES LIQUIDES.
- Tube III. Diamètre — 0,24091 m.m.
- Tnbe R. Diamètre = 0,24091 m.m.
- Tube L. Diamètre = 0,35545 m.m.
- Tube A. Diamètre = 0,52270 m.m.
- qui lui est propre, dans des conditions déterminées.
- Ordre ^ des '1 hauteurs ;
- Dissolution aqueuse de chlorure d’ammonium; — de chlorure de lithium ;
- Eau, etc.
- extrémités des courbes se présentent en ligne droite.
- Mais ce qu’il est utile de noter, c’est que les temps d’ascension sont très différents et que la connaissance des hauteurs finales ne donne pas la durée totale du mouvement et encore moins la vitesse, tandis que la construction graphique établit une corrélation entre ces trois éléments.
- Un autre fait non moins explicite et digne
- 20 La hauteur capillaire d’un liquide diminue à j mesure que la température s'élève.
- | 3° Les hauteurs capillaires, pour un même li-
- quide, sont en raison inverse du diamètre des tubes, (Loi de Jurin.)
- 40 Les hauteurs capillaires d’un liquide, mesurées verticalement, dans un même tube, sous diverses inclinaisons, sont sensiblement égales entre elles.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 3 99
- VITESSE CA PILLA IRE.
- i° Chaque liquide a une vitesse capillaire qui lui est propre, dans des conditions déterminées.
- Ordre / Dissolution aqueuse de chlorure d’ammonium;
- des | Eau;
- vitesses v Ether, chloroforme, sulfure de carbone, etc.
- 2° La vitesse capillaire de chaque liquide augmente quand la température s*élève.
- 3° Les vitesses capillaires, au départ, d’un même liquide augmentent avec le diamètre des tubes.
- 4° Les vitesses capillaires, au départ, d’un liquide dans un même tube diversement incliné, croissent en longueur absolue, avec l’inclinaison du tube, mais les espaces parcourus au bout de temps égaux ne sont pas verticalement les mêmes, et diminuent avec l’inclinaison du tube.
- DURÉE DU MOUVEMENT.
- i° Chaque liquide a une durée totale du mouvement qui lui est propre, dans des conditions déterminées.
- Ordre < Sulfure de carbone, chloroforme et éther suides . furique;
- durées ' Dissolution aqueuse de Kc7, Kl etc. — Eau.
- 2° La durée totale du mouvement d’un même liquide diminue avec la température.
- 3° Les durées d’ascension d’un même liquide diminuent quand le diamètre du tube augmente.
- 4° Les durées totales du mouvement augmentent avec l’inclinaison du tube, pour un même liquide, toutes conditions égales d’ailleurs.
- V.
- mouvement sous-horizontal COMPARÉ au mouvement
- ASCENDANT SPONTANÉ DES LIQUIDES DANS LES TUBES
- capillaires.
- On a vu précédemment que les courbes successives qui représentent le mouvement de l’onde capillaire avaient été tracées chacune en réunissant, par un trait continu, les points du niveau ascendant qui correspondent à des temps égaux, pour les diverses inclinaisons : 90°; 67° 3o'; 45°; 220 3o' ; io° 15' et o°.
- En continuant à observer le mouvement au-dessous de l’horizontale, on obtient la suite de l’onde, c’est-à-dire une seconde nappe, mais com-
- plètement différente de la précédente et qui va s’abaissant d’autant plus sous l’horizon, que le tube en expérience se rapproche davantage de la verticale, nappe qui, par conséquent, n’est point symétrique de la première. Cela se conçoit, puisque la pesanteur vient ici s’ajouter à la capillarité, au lieu d’agir en sens contraire, comme dans le cas du mouvement ascendant.
- Le mouvement sous-horizontal (b dont nous parlons, peut être facilement observé. Il suffit de retourner le tube capillaire bout pour bout, et de faire la prise du liquide par la partie supérieure introduite dans le vase à travers un bouchon, l’ouverture du tube capillaire affleurant le niveau du liquide (fïg. 17 et 17 bis).
- D’après les détails donnés précédemment sur le mouvement ascenscionnel, il est facile de con-
- K1G. 17 ET 17
- cevoir comment on peut appliquer Yinterrupteur et Y obturateur électro-magnétique à l’étude du mouvement sous-hori^ontal. ^ Nous ajouterons seulement que la prise du liquide à la partie supérieure du tube nécessite une inversion dans la disposition de la palette, si l’on veut que l’occlusion se fasse toujours quand l’électro-aimant est actif, dans le cas contraire, il n’y aurait rien à changer.
- Pour cela, il suffit de placer Taxe de palette* c’est-à-dire son support (avec son ressort antagoniste*, de l’autre côté de l’électro, de manière que celui-ci soit entre le support et l’obturateur.
- Ce sera un levier du troisième genre, tandis que, dans le cas précédent, on avait affaire à un levier du premier genre.
- r) J’emploie cette expression pour distinguer ce mouvement de celui que j’apellemi plus loin mouvement desevn-danti
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- 400
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pour le reste, l’expérience se fait comme pour le mouvement ascendant.
- Ce qui vient d’être dit s’applique à un tube vertical; mais si le tube est plus ou moins oblique, il faudra, ou fixer l’électro selon la même inclinaison, ou donner à la seconde partie de la palette l’inclinaison voulue p o u r J que dans tous les eas, le
- tampon placé à son extrémité libre vienne fermer le tube perpendiculairement à l’axe.
- En opérant comme il a été dit pour la première partie de l’onde capillaire, c’est-à-dire en réunissant par des courbes
- continues, les extrémités des longueurs corres-à des
- temps
- * capillaires pondantes
- égaux, on obtient
- , lès di-3 o
- verses portions de l’on-
- Tube R (diamètre
- secondes, etc.
- Cet ensemble de courbes formera une véritable nappe plane que l’on peut imaginer reproduite symétriquement de l’autre côté
- de la verticale; ce qui constituera l’onde capillaire complète (fig. 18). laquelle représentera le mouvement que produit, en tout sens, an liquide arrivant par une ouverture centrale dans l’espace compris entre deux lames parallèles verticales indéfinies, distantes l’une de l’autre d’une quantité
- CV--JO'
- l8. — ONDE CAP1U.AIRE COMPLETE DE I.’eAIT
- i rayon capillaire mis en expérience.
- En jetant les yeux sur ces courbes, on voit qu’elles rencon' trent la ligne horizontale d’autant plus obliquement qu’elles correspondent à des temps plus éloignés de l’origine. Elles se continuent au-dessous de l’horizontale pour revenir ensuite couper normalement la verticale, à des distances, au-dessous de l’origine, beaucoup plus grandes que celles qui se rapportent au mouvement ascendant.
- 0,240 m.m.
- 0 = 20°)
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- fcwfftut ü9j^\ 11 d eo s j ns n B uc*i
- JOURNAL UNIVERSEL D'ELEC TRICTTÉ
- 40 r
- — •
- Ainsi, avec le tube L (diamètre = 0,35545 m.m.), au bout de 10 secondes, l’espace parcouru par le niveau descendant est de 400 m. m., presque cinq fois plus grand que celui du mouvement ascendant spontané (83,4 m. m.), pour le meme temps et dans les mêmes conditions. Les deux portions
- 120 i5û
- — ONDE CAPILLAIRE DE L'EAU
- FIC. 19.
- Tube L. (Diamètre = o,355 m. m. Température — 190).
- de chaque onde sont donc loin d’être symétriques l’une de l’autre (fig. 19).
- Avec un tube R d’un diamètre plus petit (fig. 18) les courbes sont moins ouvertes et plus rapprochées les unes des autres. Avec un tube A plus large (fig. 20), les ondes synchrones sont, au contraire, plus développées, s’allongent et occupent un espace d’autant plus étendu que ce diamètre augmente davantage.
- En un mot, la "vitesse d’ascension ou celle de chute plus ou moins oblique, diminue à mesure
- 'mouvement
- FIG. 20. — ONDE CAPILLAIRE DE L’EAU
- Tube A. (Diamètre = 0,527 m* Température = 190).
- suffit pour cela de changer le signe de la force motrice. On arrive, simplifications faites, à une expression de la forme :
- p — Af = Dy2 + Ey.... (a)
- Equation beaucoup plus simple que celle du mouvement ascendant, qui est
- t- +at = b log nép (j~~) — C-T
- et avec laquelle l’équation fa) n’a qu’une analogie
- Temps (en secondes)
- FIG. 21. — MOUVEMENT DESCENDANT COMPARÉ AU MOUVEMENT ASCENDANT 1>’UN LIQUIDE DANS UN TUDE CAPILLAIRE.
- éloignée ; ce qui montre pourquoi la seconde partie de la nappe sous-horizontale de l’onde complète n’est pas symétrique de la première.
- L’équation (a) se prête facilement à une vérification expérimentale.
- que le diamètre du tube devient plus petit, sans qu’il y ait proportionnalité entre ces deux éléments.
- On peut voir, par la forme de Vonde capillaire de Veau, ce que peuvent être les ondes correspondantes pour d’autres liquides.
- En suivant la même marche que pour le mouvement ascendant, on établit facilement la formule générale du mouvement sous-horizontal. Il
- VI
- mouvement descendant des liquides comparé a leur mouvement ascendant spontané dans
- LES TUBES CAPILLAIRES,
- Je nomme mouvement descendant le mouvement que prend un liquide qui, aspiré dans un tube capillaire jusqu’à hauteur double de celle
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- 402
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- qu’il atteint par ascension spontanée, est ensuite abandonné à lui-même, l’extrémité inférieure du tube affleurant toujours le liquide du vase. Alors il redescend avec une vitesse décroissante jusqu’à la hauteur d’ascension ; de sorte qu’en représentant par h cette dernière, on pourra dire que la hauteur de chute dans le mouvement descendant est 2h.
- J’ai employé, dans l’étude de ce mouvement, les mêmes dispositions expérimentales que pour le mouvement ascendant; je me bornerai à citer les principaux résultats qui ressortent des tableaux numériques d’expériences :
- i° Le mouvement descendant, tel qu’il vient d’être défini, n’est pas uniformément retardé ; les ordonnées de la courbe qui représente ce mouvement (fig. 21) ne sont pas entre elles comme les carrés des temps de chute ; en un mot, cette courbe n’est pas une parabole ; elle s’éloigne même notablement de cette forme ;
- 2° Le mouvement descendant n’est pas symétrique du mouvement ascendant, pour un même liquide, les autres circonstances étant d’ailleurs égales dans les deux cas. Les courbes figuratives de ces mouvements diffèrent essentiellement l’une de l’autre, surtout vers l’origine ;
- 3° La courbe du mouvement descendant rabattue sur celle du mouvement ascendant, met en en évidence la différence essentielle des deux figures et, par suite, celle des deux espèces de mouvement (fig. 21);
- 40 La durée totale du mouvement descendant (de hauteur 2 h) diffère peu de celle du mouvement ascendant ; elle est généralement moindre (1);
- 5° Les vitesses correspondantes à des temps égaux dans les deux mouvements, présentent, au contraire, des différences très grandes, surtout vers l’origine ;
- 6° La température a, sur la vitesse d’un liquide dans le mouvement descendant, une influence analogue à celle qu’elle exerce sur le même liquide dans le mouvement ascendant.
- En appliquant au mouvement descendant (de hauteur 2 h) les considérations théoriques invoquées pour l’établissement de la formule du mou-
- (’) La différence de durée totale entre les deux mouvements est d’autant plus grande, pour les divers liquides, que leur fluidité est plus faible et, pour un même liquide, d’autant plus faible qüe le diamètre du tltbe est plus large, son inclinaison moins grande et la température du liquide plus élevée.
- ventent ascendant spontané (de hauteur h), on arrive à une relation analogue à la précédente et dans laquelle il n’y a de changé que le signe d’une constante et où h et [h —jr) sont remplacés par 2 h et (2h —jy).
- La formule du mouvement descendant est donc :
- t2----- £t'f = f>' log
- + c'y
- Elle se prête aux mêmes vérifications que celle du mouvement ascendant.
- C. Decharme.
- (A suivre).
- DETAILS DE CONSTRUCTION
- DES
- MACHINES DYNAMOS C1)
- L’armature de la dynamo de M. R.-H. Mather est supportée (fig. 1 et 2) par deux tiges r r entretoisées par les paliers y y', et calées sur les pièces
- FIG. I. — DYNAMO MATHER. — ENSEMBLE
- polaires qu’elles traversent par le serrage des écrous n n sur le palier y et sur les épaulements ss'.
- Le palier y est fixé par les vis de pression b b'.
- () La Lumière Electrique des 8 et i5 novembre 1884.— 4, 11, 18 avril, 2 et 9 mai, i 5 août i885 et 9 janvier 188O.
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-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 40 3
- Cette construction empêche tout déplacement anormal de l’armature par rapport aux pièces polaires rigoureusement reliées à ses coussinets, en même temps qu’elle facilite l’accès du collecteur et des balais.
- M. Mather a aussi proposé,, .pour éviter la production des étincelles aux balais, un dispositif très simple et fort ingénieux représenté schématL. qucment par la figure 4, et consistant à ncutrali-,; ser par le pôle nord N’, par exemple, d’un électro
- CHASSIS DE L’ARMATURE
- DYNAMO MATHER.
- auxiliaire N’ S' le pôle de premier nom n de l’armature A.
- Le fil de l’électro neutralisateur est greffé sur le circuit de l’armature, et son action s’accommode ainsi d’elle-même aux variations de ce circuit, de
- sorte qu’elle dispense de changer l’orientation des balais b b'.
- Les balais de M.. Georges Ockham sont doubles et formés (fig. 3) d’une lamelle de cuivre c, appuyée sur le collecteur d par les ressorts en fils
- sissssssssssîït:
- BALAIS
- KIG. y. — OCKHAM.
- d’acier a, qui constituent les balais proprement dits.
- La lame de cuivre, qui se déroule indéfiniment à l’usure d’un rouleau c2, permet d’entretenir plus facilement le contact sur toute sa largeur.
- On peut aussi, comme l’indique la figure 5, supprimer les pinceaux a et ne plus employer que deux bandes de cuivre G tendues et se déroulant sur les galets h /t', de chaque côté du commutateur
- MM. Mather et Hopkinson ont récemment étendu aux dynamos du type Gramme les perfectionnements apportés par M. Hopkinson, suivant les voies de M. Deprez, aux machines d’Edison, Ces perfectionnements consistent, comme le savent nos lecteurs (•) à augmenter la puissance du (*)
- (*) Voir aussi VEngineer du 27 février i885, p. 178, et S. P. Thompson) Dynamo-Electric Machineiy, p. 145.
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- LA lumière électrique
- 4'°4
- champ magnétique par un accroissement des
- .'nui-.,_______o___________ima.
- //\x
- FIG. 4. — MATHER. — PARE-ÉTINCELLES
- noyaux en fer doux des machines f (fig. 6) et en
- que leurs surfaces coïncident presque avec l’enveloppe des lignes de force du champ.
- j
- I
- Flüè 0. — MATHER ET HOPKINSON
- — OCKHAM» — BALAIJ CONTINUS
- donnant aux masses polaires e une forme telle
- L’armature est montée sur un croisillon évidé qui permet à l’air de circuler librement à l’inté-
- FIG. 7. — MATHER ET HOPKINSON. — DYNAMO COMPOUND
- rieur — la section de son anneau est suffisante pour qu’il ne soit jamais saturé.
- Les figures 7 et 8 représentent l’application de ces principes à une dynamo compound dont les pièces polaires e se prolongent (fig. 8) autour de
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ 4<>5
- l’armature par des extrémitées e.2 amincies de façon à développer aux environs du plan de commutation un faible champ magnétique compensateur évitant les étincelles.
- La base B de la dynamo est séparée des induc-
- FIG. 8. — MATHER ET HOPK1NSON. — PIÈCES POLAIRES
- teurs I par des feuilles de bronze, et l’armature est actionnée par le volant même du moteur, au moyen d’une courroie tendue par un galet G à vis sans fin.
- FIG. 9. — ANDREWS. — ARMATURE A QUÀTRÜ POLES
- Une dynamo de ce type, exhibée par MM. Ma-ther et Platt a la dernière exposition des inventeurs de Londres, présentait les caractéristiques suivantes :
- Inducteurs j Diamètre du noyau 0,190 m. ni. compound ( Long, des bobines excitatrices, 0,320 m. m.
- Qi ( Nombre des enroulements n = 1680 de fil de o,o65. 1Un (Résistance r = 19 ohms. 36.
- ( Nombre des enroulements «' = 42.
- Fil principal ] Tours de câbles à trois torons de o,2o3. ( Résistance 0,13 ohm.
- FIG. 10. — ANDREWS. — ARMATURE A SIX POLES
- Armature
- Résistance 0,023 ohm. 120 tours de fil de o.2o3, longueur 100 mètres.
- Diamètre o,3oo m.
- Longueur o,3oo m.
- FIG. II. — ANDREWS. — ARMATURE A HUIT POLES
- {Forces électromotrices aux bornes E — 110,9; 111,7; 111,1; 1 io,5; 112,6 volts. Intensités dans le circuit extérieur :
- I = 60; 120; 180; 2o3; 220 am-
- pères.
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- 4°6
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ! Armature 19 kil. Inducteur shunt 45 — Fil principal 45 —
- Total 109 kil.
- Puissance excitatrice à 2i3 ampères. M
- »F. , 112.6 ,
- ----u n'i = 1680 x-----57= + 42 x 220
- r 19.36 ^
- = 10.700 ampèretours (>).
- Intensité ( dans le shunt : 1750 ampères, aux inducteurs i dans lç fil principal : 2270.
- 24.200 wats,
- ou 24.200 x 0,00136 = 32 chevaux,
- 32
- ou 5= o cheval 3 par kilog. de cuivre.
- Énergie
- :du
- circuit extérieur
- - Machine motrice Glindres
- diamètre o m. 200,
- course o m. 25o.
- nombre de tours par minute 175.
- Rendement électrique : 0,906 (-).
- Cette dynamo fonctionnait, malgré sa grande activité, sans aucun échauffement.
- bobines 10 et 11, dont les fils aboutissent aux lames 2 et 11 du collecteur, et ainsi de suite, chaque bobine étant reliée aux deux qui lui sont diamétralement opposées.
- Fia, 14
- FIG. I 2
- Andrews. — L’enroulement des armatures de la dynamo multipolaire de M. F. Andrews est disposé de façon à augmenter considérablement là \force électromotrice du courant, tout en conservant un anneau très-léger.
- Ainsiqu’onlevoitparlesschémas (fig. g, ioet 11), qui représentent les enroulements correspondant à 4, 6 et 8 pôles, N. S, l’armature R et le collecteur portent un même nombre impair de bobines et de lames — 17 aux cas figurés.
- La bobine n° 1 (fig. 9) a ses extrémités reliées . respectivement à celles des bobines n° 9 et 10, diamétralement opposées, et aux lames 1 et 1 o du collecteur; de même, la bobine 2, est reliée aux
- . (>} Voir La Lumière Electrique du i5 août 1885, p. 3o6. (2) The Engineer, 7 août.1885, p. 111.
- Dans le cas d’une armature à six pôles (fig. 10), la bobine n° 1 est reliée aux nos 7 et 12, la bobine n° 2 aux nos 8 et 13, et ainsi de suite. La
- FIG. l5. — «PRAGUE. — COMMUTATEUR SIMPLE
- bobine n° 1 de la dynamo à huit pôles (fig. 11), aboutit aux boomes 5 et 14 et la bobine n° 2 aux bobines 6 et 15, de sorte que la bobine 12, par exemple, passe dans un champ N en même temps que les bobines 4, 8 et 16 qui lui sont reliées.
- La dynamo de ce système exposée à Londres
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ 407
- par M. Andrews présentait les particularités suivantes :
- Armature : diamètre o m. 540,
- — longueur o m. 200,
- — épaisseur de l’anneau o m. o65,
- — nombre de bobines 5p.
- — longueur effective du fil 210 mètres,
- — — des liaisons 18 —
- totale 228 mètres.
- Nombre de tours, 5oo.
- Intensité du courant principal, ioo ampères,
- — — excitateur, 10 —
- Force électromotrice, 110 volts.
- Puissance du champ, 11000 ampèretours.
- FIG. 17. — SPRAGUE. — COMMUTATEUR AUTOMATIQUE
- FIG. l6. — SPRAGUE. — COMMUTATEUR DOUBLE
- Chacune des bobines comportait 6 tours de 14 torons d’un fil de 0,06 5. La résistance totale de l’armature, de balai à balai, était de 0,034 ohm.
- Nous avons donné dans notre numéro du 12 avril 1884 le mode de régularisation des électro-moteurs proposé par M. Sprague qui consiste essentiellement à faire varier le circuit exci-
- s IV
- COMMUTATEUR AUTOMATIQUE. — ENSEMBLE DU CIRCUIT
- SAYERS ET HOOKHAM.
- teur en modifiant le nombre des enroulements de l’inducteur mis en dérivation.
- Si l’on représente par C C (fîg. 12) les conducteurs principaux reliés à la génératrice, et par a a et par a a" à les enroulements excitateur et principal de la réceptice, il est évident que la puissance
- de la réceptrice diminuera si on réduit, comme l’indique la figure 13, le nombre des éléments excitateurs en dérivation sur le circuit principal
- 0 Cl •
- L’objet du perfectionnement récemment apporté par M. Sprague à ce mode de régularisation
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- 408
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- est de permettre de faire varier le circuit excitateur sans toucher aux pôles de l’armature.
- A cet effet, le circuit excitateur est interrompu en pp'{üg. 14) par un commutateur qui permet d’en grouper en quantité un nombre d’enroulements sectionnés variable à volonté.
- La figure 15 représente shcématiquement un commutateur formé d’une aiguille isolée en B, dont les extrémités se promènent sur deux arcs e c, de manière à dériver sur le courant principal C G un nombre de bobines excitatrices c variable suivant la position de l’aiguille.
- Dans le cas figuré, le courant amené de C en h s’y bifurque partie en d"felïd'f et partie par c d'" e'f d'h', de sorte que les bobines excitatrices ce comprises entre les points h h' corres-
- pondant aux touches recouvertes par l’aiguille B sont reliées en quantité.
- Il suffit, ainsique l’indique la figure 16, d’ajouter à l’aiguille B une aiguille auxiliaire conjuguée ou indépendante D D' et de la relier aux balais de l’armature M, pour faire concourir à la régularisation, comme dans la disposition décrite dans notre article d’avril 1884, le courant même de l’armature réceptrice.
- Enfin, rien ne s’oppose à ce que les mouvements de l’aiguille B soient déterminés automatiquement par une petite dynamo auxiliaire G (fig. 17), qui tourne à droite ou à gauche suivant que le régulateur F la met en rapport avec le circuit C G' par mnn'm ou par mriri'm.
- Le commutateur automatique de MM. Sayers et Hookham a pour objet d’éviter les interversions de courants dans les dynamos qui chargent lés accmulateurs.
- A cet effet, l’un des pôles de la dynamo d (fig. 18)
- est relié à la fois au fil f d’une bobine B, représentée en détail par la figure 19, et au gros fil m, qui l’entoure et fait partie du circuit principal sur lequel se trouve interposé l’interrupteur à mercure pp'. De chaque côté de la bobine B, se trouvent deux bobines à fils fins ss, en dérivation sur le circuit principal, et qui font osciller l’armature c à droite ou à gauche suivant la polarité que lui communique la bobine B qui entoure sa branche verticale ; ce mouvement se communique par e à la fourche d, qui ouvre ou ferme le circuit en pp.
- Dans le cas figuré par le schéma fig. 18, le courant passe de la dynamo à l’accumulateur et communique les polarités indiquées par les lettres ns à l’armature qui fait alors plonger la fourche d dans le mercure pp', de façon à fermer le circuit par la petite résistance m.
- Si l’accumulateur l’emporte, le courant change de sens en B, le circuit se coupe en pp et interpose aussitôt, entre la dynamo et l’accumulateur, l’enroulement/, très résistant.
- Gustave Richard.
- EMPLOI DU TÉLÉPHONE DANS LA
- RECHERCHE DES DÉRANGEMENTS
- des lignes télégraphiques
- Objet de la note. — Les méthodes employées pour localiser les dérangements des câbles électriques soustraits à la vue par l’enfouissement sous terre ou sous l’eau, nécessitent en général des électriciens exercés, et il est rare qu’elles permettent de marquer avec précision l’endroit où le défaut s’est produit. Mon expérience personnelle m’a appris qu’il est difficile de déterminer un contact à la terre, dans un câble télégraphique urbain, avec une approximation supérieure au centième; de sorte que, si la ligne a un kilomètre de long, il est nécessaire de creuser des tranchées sur un espace d’une dizaine de mètres, pour arriver avec certitude à la partie défectueuse. Les mesures sont plus difficiles, et les résultats moins précis encore, lorsque les conducteurs ont de fortes sections, comme ceux qui servent à l’éclai-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÊLEC TR ICI TÊ
- 4°9
- rage électrique. On n’arrive alors à localiser les défauts qu’en ménageant dans la ligne de nombreux regards, permettant de vérifier les conducteurs par sections.
- Ayant eu récemment à rechercher une perte à la terre dans un câble à lumière isolé, l’idée m’est venue de recourir à l’induction téléphonique pour localiser le défaut. On sait avec quelle facilité une audition téléphonique peut être troublée, lorsque le circuit du téléphone est voisin d’un circuit parcouru par des courants intermittents.
- Ce phénomène qui constitue un des principaux obstacles à l’extension de la téléphonie sur les longues lignes, m’a paru pouvoir être utilisé dans la recherche du dérangement.
- Description de la méthode. — Dans ce but l’une des extrémités du câble fut isolée; par l’autre extrémité, j’envoyai un courant, fourni par une pile dont l’un des pôles communiquait au sol, et rendu intermittent au moyen d’un interrupteur. Cela fait, je suivis le câble à partir de l’interrupteur, en tenant d’une main une bobine dont le noyau de fer doux conservait une direction normale à celle du câble; de l’autre main, je fixai à mon oreille un téléphone relié au fil delà bobine. Les courants intermittents parcourant le câble entre la pile et la section défectueuse, provoquaient dans la bobine des courants induits qu’accusait très nettement le téléphone. Au moment où j’atteignis cette section, le bruit cessa brusquement. Je pus ainsi déterminer, avec une rapidité et une netteté qui me surprirent, la cause du dérangement.
- Description des appareils. — L’interrupteur employé était un mécanisme d’horlogerie dont le massif métallique communiquait avec le câble; une lame élastique, reliée à la pile, appuyait sur les dents d’un des rouages et provoquait des interruptions au passage d’une dent à la suivante.
- Un moyen plus simple consiste à intercaler, entre la pile et la ligne, un trembleur électrique, par exemple une sonnerie dont on a enlevé le timbre.
- Enfin, si le défaut est très résistant, et si l’on ne possède pas une pile capable de provoquer des courants d’intensité suffisante, on peut envoyer sur la ligne les courants secondaires d’une bobine d’induction convenablement étudiée. J’ai fait des expériences dans le but de déterminer la forme la plus commode et la plus efficace à don-
- ner à la bobine accusatrice, qui doit être déplacée parallèlement à la ligne.
- La théorie indique que la force électromotrice d’induction qui prend naissance dans la bobine, est proportionnelle au nombre de spires ainsi qu’à la variation, rapportée au temps, du flux de force qui traverse la bobine.
- Un peu de réflexion montre que les règles qui président à la construction des bobines d’induction peuvent être appliquées par analogie. Le noyau de fer doux destiné à concentrer dans la bobine les lignes de force engendrées par le courant inducteur, doit être formé d’un faisceau de fils de fer recuits et isolés. La bobine doit présenter le plus de spires possible et sa résistance doit être en rapport avec celle du téléphone employé.
- Je me suis servi dans mes essais de téléphones dont la résistance variait entre ioo et 200 ohms. Les bobines employées appartenaient à la collection de l’Institut Electro-Technique Montéfiore, sauf celle désignée sous le n° 5 dans le tableau ci-dessous, et qui avait été construite spécialement pour ces expériences. Le courant inducteur moyen était observé dans un galvanomètre apériodique.
- Le tableau de la page 410 résume quelques-uns des résultats obtenus.
- Conclusions des expériences. — La comparaison des expériences I, II et III, montre que les noyaux formés de faisceaux de fils de fer, sont plus avantageux que les noyaux d’une pièce, et que les noyaux en fer sont préférables aux noyaux en fonte.
- Des expériences I et II, il paraît résulter que pour des noyaux de même forme, les intensités des sons perçus au téléphone sont sensiblement proportionnelles aux volumes de noyaux, lorsque ces volumes sont peu considérables. D’autres expériences ont fait voir que ces intensités sont proportionnelles au courant moyen qui parcourt le fil inducteur.
- Le rapprochement des expériences IV et V prouve que l’on ne gagne rien, en allongeant la bobine dans le sens du fil inducteur.
- Applications et avantages de la méthode. — Les résultats ci-après montrent que la méthode décrite est applicable à la localisation des défauts des câbles isolés enfouis dans le sol ou sous l’eau, particulièrement les contacts à la terre, sans qu'il
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- 4io
- LA L UM 1ÈRE ÉLEC TRIQ UE
- soit nécessaire de creuser des tranchées ou de ramener le conducteur à la surface.
- Ainsi, dans le cas d’un conducteur souterrain, il suffira de conduire la bobine accusatrice sur le sol de la chaussée à l’heure où le roulage cesse.
- Dans le cas d’un cable sous-fluvial, on pourra immerger la bobine dans l’eau et suivre en bateau la ligne du cable.
- Cette méthode n’exige que des appareils robustes, qui peuvent être confiés à des mains peu exercées.
- Enfin, elle est d’autant plus rigoureuse que les
- conducteurs sont plus forts, puisque les courants que l’on peut envoyer dans la ligne sont én rapport avec le diamètre des conducteurs.
- Le moyen est donc particulièrement utilisable ddns le cas de canalisations d’éclairage électrique, pour lesquelles il n’existait pas, à ma connaissance, de méthodes de recherches satisfaisantes.
- La même combinaison peut être utilisée pour retrouver le tracé exact d’un câble soustrait à la vue.
- Il suffit de lancer dans la ligne des courants interrompus, pour que le téléphone
- DIMENSIONS DES BOBINES ACCUSATRICES
- DESCRIPTION DU NOYAU 8ECTIOX au noyau VOLUME du noyau NOM11KE flo nplroB SUItFACK de la Rjili'o moy. SUItFACK totale des spireH KESISTANCE do la boblno DISTANCE maximu(l)
- Noyau cylindrique de io c.m. de long formé par un faisceau de fils de fer de 0,2 c. m. c. m. ^ c. m. c. m. 2 c. in. 2 ohms c. m.
- de diamètre 4 9 49 5oo 10 5 000 0 8 3o
- Le noyau précédent est remplacé par un noyau
- plein en ter de mômes dimensions 4 9 49 5oo IO 5ooo Ô 8 25
- Le noyau précédent est remplacé par un noyau
- plein en fonte de mômes dimensions Noyau cylindrique de 40 c.m. de long formé par un faisceau de fils de fer de 0,2 c.m. 4 9 49 5oo IO 5ooo 0 8 20
- de diamètre Noyau de section rectangulaire de i35/o,8c.m. dont le long côté est placé parallèlement au fil inducteur. La dimension perpendieu- 12 5fi 5o3 5oo 13 G5oo 0 3 3oo
- laire est fi c.m 108 (148 40 108 4320 i5 180
- (i) Distance maxima à laquelle on peut écarter la bobine accusatrice d’un conducteur indéfini, parcouru par des courants intermittents d'une intensité moyenne de o,o3 ampère, pour que l’induction reste perceptible dans un téléphone de 190 ohms de résistance.
- serve de guide le long du tracé inconnu ou perdu.
- Pour que le procédé que je viens de décrire soit applicable, il faut non-seulement que le courant intermittent ait l’intensité voulue, mais les ondulations du courant doivent être assez accusées pour influencer par induction le téléphone. On sait qu’en traversant les longs câbles, les courants intermittents se fondent les uns dans les autres et qu’ils perdent la propriété d’agir sur le téléphone.
- 'Toutefois, je ne vois ancune impossibilité à appliquer la méthode aux câbles sous-marins de peu de longueur ou à relever les défauts qu’on soupçonne être situés non loin des points d’atterrissement.
- J’ai réalisé au moyen d’un condensateur Muirhead, de divers condensateurs et bobines de résistance, un câble artificiel équivalent à un câble sous-marin de 35 kilomètres, au moyen duquel j’ai pu répéter les expériences décrites.
- L’immersion, dans les profondeurs de la mer, de la bobine accusatrice présenterait des difficultés particulières, mais les ingénieurs chargés des réparations des câbles sous-marins, ont vaincu des obstacles autrement considérables. Je laisse aux spécialistes le soin d’étudier les détails de cette application, dans laquelle on peut trouver le principe d’un procédé de sondage.
- • ' Eric GIcrard. '
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 4M
- L’ÉLECTRICITÉ APPLIQUÉE
- A LA
- DÉSINCRUSTATION DES CHAUDIÈRES
- La question du nettoyage des chaudières à vapeur est certainement une de celles qui ont le plus contribué à exercer l’imagination des inventeurs. L’importance industrielle de cette question justifie le nombre considérable de brevets pris un peu partout, car le tartre qui se dépose à l’intérieur des chaudières est une source constante d’ennuis et même de dangers.
- Le tartre étant en effet un corps mauvais conducteur, son accumulation sur la paroi de fer empêche la transmission de la chaleur à l’eau et expose par conséquent la chaudière à brûler.
- On a proposé de faire usage de différents dissolvants. Malheureusement, presque tous ces dissolvants agissent non-seulement sur la chaux, mais encore sur le fer, ce qui rend le remède pire que le mal.
- Des précipitants, tels que l’extrait de campèche ou d’autres substances astringeantes, ont été également recommandés.
- Ce procédé présente le même inconvénient que le précédent, car il introduit dans la chaudière des acides organiques très propres à déterminer une rapide usure et finalement la corrosion du métal.
- En somme, de tous les moyens, plus ou moins ingénieux, proposés jusqu’à ce jour, aucun n’a été trouvé assez pratique pour supplanter l’opération primitive et coûteuse du piquage des chau-dièies.
- Nous devons faire exception, jusqu’à plus ample information, pour un procédé breveté par M. J.-B. Hannay, de Glasgow, et qui, tranchant par son originalité sur les procédés antérieurs, mérite une mention spéciale.
- Le principe de cette invention est basé sur la pile de Volta.
- Tout le monde sait que lorsqu’on plonge deux métaux dans un liquide qui peut agir sur les deux, et qu’on les relie métalliquement, les substances électro-positives se portent sur l’un des métaux et les substances électro-négatives sur l’autre.
- Si l’on acidulé légèrement l’eau d’une chaudière, qu’on place dans cette eau acidulée un métal capable d’être facilement attaqué et qu’on le relie à la paroi de la chaudière, on aura ainsi formé un
- couple voltaïque dans lequel l’oxygène se portera sur le métal introduit dans la chaudière et l’hydrogène sur la paroi de fer.
- C’est là tout le procédé de M. J.-B. Hannay. On ajoute à l’eau de la chaudière 4 grammes de sel marin par litre d’eau, ce qui ne saurait détériorer la chaudière, car il est reconnu qu’avec une proportion d’au-dessous de 14 grammes par litre, ce sel ne peut avoir d’effet sur le fer. On place ensuite dans l’eau, suivant les dimensions de la chaudière, une ou deux boules métalliques, dont l’aspect extérieur rappelle absolument celui du zinc et on relie ces boules, au moyen de conducteurs en cuivre soudés, à la paroi de la chaudière.
- Il se produit dans ces conditions un dégagement très lent d’hydrogène sur la paroi' de fer, dégagement qui empêche le tartre d’adhérer.
- Il y a toujours formation de tartre, mais au fur et à mesure qu’il s’en forme une couche assez épaisse, elle est détachée et il suffit de vider la chaudière pour la retirer.
- L’action de l’hydrogène est ici purement mécanique : ce dernier ne fait que déplacer le dépôt.
- Toute la valeur pratique du procédé, dont l’idée première n’est pas, je crois, absolument nouvelle, consiste dans la préparation des boules métalliques que l’on introduit dans la chaudière.
- Ces boules ont l’aspect extérieur du zinc, mais il est certain qu’en employant du zinc ordinaire, on obtient des résultats qui sont loin d’être satisfaisants.
- C’est à la suite d’une série d’expériences poursuivies pendant cinq années et au cours desquelles un grand nombre de compositions chimiques ont été essayées, que M. J.-B. Hannay s’est arrêté à celle dont il fait actuellement usage pour ses électrodes.
- Cette composition chimique est naturellement tenue secrète par l’inventeur.
- D’après les renseignements que notre camarade Delattre a bien voulu nous fournir, les expériences faites en France avec YÈlectrogen d’Han-nay (c’est ainsi que l’inventeur a dénommé son appareil; l’étymologie de ce nom nous échappe d’ailleurs) ont donné les meilleurs résultats.
- Des locomotives dont les chaudières portaient une couche de tartre énorme ont pu être absolu ment nettoyées et remises à neuf, pour ainsi dire, après avoir été soumises pendant deux mois à l’action du procédé précédemment décrit.
- Il suffisait, au bout de deux nit^s, de vider la
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- 412
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- chaudière et d’y faire passer un jet d’eau puissant pour voir de gros morceaux de tartre entraînés avec l’eau.
- Une fois la chaudière nettoyée, il n’y a qu’à laisser l’appareil en place pour prévenir les incrustations futures.
- La boule métallique n’a besoin d’être renouvelée que tous les ans; quant au sel, n’étant pas volatil, il ne doit être remplacé que lorsqu’on vide la chaudière.
- Lorsqu’il s’agit de chaudières marines, l’eau de mer est naturellement assez acide pour rendre toute addition de sel inutile.
- Il paraît que l’appareil de M. Hannay a été appliqué avec succès en Angleterre sur un grand nombre de bâtiments.
- En France, le ministère de la marine en a fait mettre plusieurs en essai sur les bâtiments de l’Etat et dans l’arsenal de Toulon.
- Si tout ce qu’on dit est vrai, cette nouvelle application de l’électricité ne sera pas une des moins utiles.
- B. Marinovitch.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ Dirigée par B. Marinovitch
- Sur la déviation des lignes équipotentielles et la variation de résistance du bismuth dans un champ magnétique ('); par M. Leduc (2).
- Variations de la résistance du bismuth. — J’ai opéré sur une lame de bismuth de 55 m. m. de longueur, de 32 m. m. de largeur et dont l’épaisseur moyenne, calculée d’après sa résistance, serait de 23,3 m. m.
- J’ai d’abord étudié les variations de la résistance de cette lame avec la température t, et aussi avec l’intensité M du champ.
- Diverses expériences où j’ai fait varier séparément M et t ont été bien représentées par des formules paraboliques de la forme
- pu — pa (i + a M -f- b M2 — c M3) pt — Po (ï — Pt +qt'2)
- (') Voir Comptes rendus, t. XCVIII, p. 673.
- (2) Note présentée par M. Mascart, à l’Académie des sciences, dans la séance du i5 février 188G.
- dans lesquelles p0 désigne la résistance de la lame par centimètre de longueur à o degrés hors du champ magnétique.
- J’ai trouvé, pour les coefficients a, b, c, p, q, les valeurs moyennes suivantes :
- a = 227 x 10—8 b — 228 x 11—" c = io5 x 10—13 p — 3o3 x 10—3 q = 188 x 1 o —7
- et
- Po = 0,0183
- Phénomène de Hall. — Soient A, B, G, H les milieux des côtés de la lame. Deux pinces fixées en A et B servent d’électrodes au courant qui traverse le métal dans le sens de la longueur. Deux autres pinces fixées en G et H, mais isolées du métal au moyen de mica, portent de petits ressorts dont les extrémités, munies de têtes arrondies, viennent s’appuyer en deux points E et F de la ligne GP.
- Désignons par
- D la déviation que subit la ligne équipotentielle passant par E dans un champ magnétique d’intensité M, à la température t° ; p la résistance de la lame par centimètre de longueur dans ces mêmes conditions ;
- I l’intensité du courant qui la traverse; d la distance EF.
- Il s’établira entre les deux points E et F une différence de potentiel e donnée par la formule
- e = 1 p d tang D
- L’angle D ne dépasse pas 5 degrés dans ces expériences; on peut donc remplacer la tangente par l’angle lui-même.
- Admettons que les variations de résistance étudiées plus haut soient indépendantes l’une de l’autre, et posons
- 9 (M,f) = (1 + — cM3) (1 — pt 4 qt-)
- puis
- 1 po^
- nous pourrons écrire
- D = -J— =______î.__. =. s
- Ip d lp0d<p(M,t)
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 4*3
- Il ne reste plus qu’à étudier la fonction 8.
- Trois séries d’expériences ont été faites, afin d’établir l’influence de l’intensité M du champ magnétique, de la température t et de l’intensité I du courant qui traverse la lame.
- Les valeurs de y sont liées à l’intensité magnétique M par la relation suivante
- y = (j,M(i — a M + |5M-)
- dans laquelle
- a = 91 X io —0 p = 3xGx io—11
- Remarque. — On a vu plus haut que la résistance du bismuth augmente de plus de 15 pour ioo de sa valeur dans un champ magnétique de io ooo G.G.S. Je me propose d'utiliser cette variation une fois bien connue pour la mesure des intensités magnétiques.
- Cette augmentation de résistance est due, en partie, à la déviation des lignes équipotentielles ;
- la résistance doit être multipliée par —ï— Mais
- cosU-
- il est facile de voir que ce coefficient ne dépasse pas i,oo5. Il faut donc chercher l’explication de ce phénomène dans le changement de structure du métal, qui produit aussi la déformation du champ électrique de la lame (*).
- Dans une expérience où j’ai maintenu constantes, autant que possible, l’intensité du champ et la température, j’ai constaté que la déviation D est absolument indépendante de l’intensité du courant qui traverse la lame.
- Enfin j’ai fait varier la température entre o degrés et 70 degrés.
- La variation de 8 avec la température est représentée par la formule
- 6 = 80 (1 J- mt— nt-)
- dans laquelle
- m = 0,00541 n — 0,000093
- Sur l’électrolyse des sels ; par M. Adolphe Renard
- Influence de la température. — Les expériences ont été faites, à l’aide de l’appareil précédemment décrit, sur des solutions renfermant, pour 100, des poids atomiques équivalents de métal variant de 2/10000 à 64/10000.
- Les conditions constantes étant : surface des électrodes, 226 m. m.2; distance des électrodes, 2 centimètres ; force électromotrice du courant, 3,65 volts, j’ai obtenu les résultats suivants, exprimés en milligrammes et rapportés à une durée d’une heure :
- Conclusion. — On peut donc représenter 8 par la formule suivante
- 8 = KM (1 — otM + (3M2) (1 4- mt — nt2)
- et, par suite,
- D = K M ( 1 — AM -f BM2 + C M3) ( 1 + P t — Q t2)
- formule dans laquelle les constantes ont les valeurs suivantes :
- K = i58 x io-7 A = a + a = 882 x io—7 B = (3 — b aA= 112 x 10—11 C = c + éA — aB = 3o3 x 10—15 P = m + p = 844 x 10—6 Q_=n + q —£>P = 862 x 10 —7
- Il est facile de voir que D atteint 5 degrés environ dans un champ égal à 10 000 C.G.S. La déviation est maxima à la température de 49 degrés:
- (Az Q3)2Cu
- Cd Cl2
- SO4 Cd....
- SOZn....
- Températures
- Conccn- _ K
- tration 10° 3o° 5o°
- 2 5 0 8 3 1 2 O 0 o56
- 4 9 5 16 0 22 5 O 052
- 16 40 3 61 0 80 0 O 032
- 64 144 0 194 0 246 0 O 021
- 2 9 ° 14 8 21 O 0 o5i
- 4 18 0 29 3 42 O 0 064
- 16 58 5 86 0 112 0 0 029
- 64 15o 0 214 O 276 0 0 026
- 2 8 7 44 7 20 5 0 o5i
- 4 >7 4 29 0 40 5 O 049
- ni 58 3 78 8 97 0 O OI9
- 64 i58 0 204 O 248 0 0 016
- 2 5 0 8 5 I 2 O 0 o5i
- 4 9 « 16 8 24 0 0 0 Ln M
- l() 3o 4 46 0 62 0 0 o35
- 64 » 128 0 168 0 0 029
- ail a été exécuté au laboratoire des recher-
- ches physiques de la Sorbonne.
- (2) Note présentée à l’Académie séance du i5 février 1886.
- des sciences dans la
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- 4H
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ( 2 17 0 28 4 4° 0 U"} O O
- (Az03Ag)2. 4 34 0 5 g 0 80 0 O O4Q
- ( 16 • i32 0 223 0 3i5 0 0 o53
- 2 4 G 8 3 11 0 0 c t_n O
- SO1 Cu.... j 4 9 G 16 0 21 5 0 043
- 2 5 4 9 0 13 0 0 o56
- (Az O3)2 Zn j 4 10 5 18 0 25 5 0 o55
- Conclusions. — Dans les solutions étendues, la quantité de métal précipité croît proportionnellement à la température, d’après la formule
- P*=*Po(i +Kf)
- dans laquelle K augmente à mesure que la concentration diminue. Lorsque les solutions sont suffisamment étendues pour que la quantité de métal précipité à une même température soit proportionnelle à la concentration, K atteint une valeur maxima voisine de o,o52.
- Influence de la distance des électrodes. — Les expériences ont été faites comme précédemment, à la température de io degrés, sur des solutions renfermants des poids atomiques équivalents de métal de 32/10000 pour 100.
- En désignant par r le rapport des quantités de métal précipité lorsqu’on double successivement la distance des électrodes, j’ai obtenu les résultats suivants, exprimés en milligrammes et rapportés à une durée d’une heure :
- Distance des électrodes
- l0,n........
- 2 ..........
- 4 ..........
- 8 ..........
- 16 ..........
- 02 ........
- Moyenne. .
- (Az03)=Cu r SO’Cu r (AyO V\g)- r
- 92 76 GO 5o 1 21 52 4 3 336 1 20 280 1 20
- 5 I 25 1 21 34 28 1 26 2 9 2 I 21 ‘ IOO 1 20 1 28
- 41 32 5 1 20 1 29. 1 27 ' I44 I 20 ^ J I I 2 I 2 5 1 28
- 713 I 24 1 24
- Conclusions. — Lorsqu’on double successivement la distance des élèctrodes, la quantité de métal précipité décroît en progression géométrique de r= 1,237. Pour des distances supérieures à 32 centimètres, la loi n’est plus applicable, les valeurs de r augmentant assez rapidement.
- vInfluence de la surface des électrodes. — Les expériences ont été faites, à la température de 10 degrés, sur des solutions de nitrate et de sulfate de cuivre renfermant des poids atomiques équivalents de métal de 32/10000 p. 100. Les élec-
- trodes employées étaient des disques de cuivre, d’un diamèttre de 1, 2 et 3 décimètres, maintenus à une distance fixe de 2 centimètres. Des résultats obtenus, 011 conclut que, lorsque les deux électrodes sont identiques, les quantités de métal précipité sont proportionnelles à leurs diamètres et par conséquent, à la racine carrée de leur surface. »
- Observations relatives à. une note deM. A. Millot, sur les « Produits d’oxydation du charbon par l’électrolyse d’une solution ammoniacale » ; par MM. A. Bartoli et G. Papasogli ().
- Dans sa Note insérée aux Comptes rendus (t. CI, p. 432, 10 août 1885) (2), M. A. Millot affirme que, dans la solution ammoniacale élec-trolysée, on ne trouve pas l’acide mellique et ses dérivés, comme nous l’avions annoncé, et que la matière noire, oxydée par l’hypochlorite de soude, donne naissance à la substance azotée, etc., sans donner d’acide mellique.
- Si M. A. Millot n’a pas trouvé l’acide mellique dans le liquide ammoniacal, et le mellogène dans la matière noire, cela dépend sans doute de ce qu’il n’a pas expérimenté dans les mêmes conditions que nous.
- Quand nous avons électrisé l’ammoniaque (voir Nuovo Cimenta, sérié terza, vol. VIII, 1880, et Ga^.chimica italiana, t. XIII, 1883), nous ajoutions du chlorure de sodium à la solution alcaline pour la rendre facilement électrolysable, parce que, comme un de nous l’a expérimentalement démontré, l’ammoniaque pure est par elle-même très peu conductrice. Avec cette solution, nous avons toujours trouvé, dans le liquide électrolysé pendant plusieurs jours, l’acide mellique et le mellogène.
- » Nous ferons observer que, dans ce genre d’expériences, où interviennent un grand nombre de facteurs, le temps, l’intensité du courant, la nature de l’électrolyte et celle des électrodes, si l’on ne se place pas dans des conditions identiques, on peut facilement arriver à des résultats différents. »
- (') Noie présentée par M. Berthelot, à l’Académie des sciences, dans la séance, du i5 février 1886.
- (-) Voir la Lumière Electrique-, tome XVII p. 362;
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- Sur le calcul des électro-aimants à enroulements composés, par W. Peukert (‘J.
- Nous avons déjà souvent entretenu nos lecteurs sur ce sujet; nous espérons qu’ils ne se plaindront pas, si chaque fois que des vues nouvelles ou mieux encore des déterminations exactes à ce sujet se font à l’étranger, nous leur donnions une' place ici.
- Comme on le sait, dans la machine Compound, ou à enroulement multiple, les électro-aimants sont soumis à deux forces magnétisantes, et il y a intérêt à savoir quel sera le magnétisme résultant.
- Le Dr O. Frœlich a donné dans un de ses derniers travaux, une formule permettant d’obtenir le degré de saturation d’un électro-aimant dans ces conditions, quand on connaît les saturations qui résulteraient de l’action séparée de chacun des enroulements; soient M., et M2 ces saturations partielles ; on aura, d’après M. Frœlich pour la saturation résultante, la relation :
- Relation qu’on déduit aisément de la formule fondamentale
- COURANT en ampères MOMENTS MAGNÉTIQUES correspondant à cliuquc enroulement SATURATIONS LES DEUX ACTIONS s’ajoutant LES DEUX ACTIONS sc soustrayant
- MOMENTS SATURATIONS MOMENTS SATURATIONS
- altos FIL FIL FIN M, m2
- déterminées par l'expérience calculées déterminées par l'expérience calculées
- 0 436 17 620 168 864 0 00 38 0 0364 189 522 O 0409 0 o'igg 151 53o O ü327 0 0328
- 1 243 51 886 467 534 O OII2 0 io3i 527 945 0 113 g 0 1127 4?6 673 0 0943 O 0935
- 1 492 63 626 584 5l2 O ()I A7 0 1262 625 3g3 O I 349 0 1366 518 684 0 iug 0 1157
- 1 617 74 200 691 991 0 016 O 1494 75I 996 0 1623 0 1611 629 671 0 1 358 0 1377
- 2 498 104 ï52 890 122 O 0225 O 192 I 985 324 O 2 127 0 2069 827 871 0 1786 0 1775
- 3 133 129 186 i 067 3g5 O 0281 0 2304 1 179 994 0 2547 0 2471 970 096 0 2090 0 2139
- 3 768 154 442 0 o333
- 4 349 177 633 0 o383
- où m dépend de l’enroulement et I est l’intensité du courant.
- L’auteur a entrepris une série de recherches qui ont confirmé d’une manière très satisfaisante la formule ci-dessus.
- Les essais ont été faits sur une branche d’un électro-aimant d’une machine de la maison Kremcnezky et Meyer ; le noyau avait dix centimètres de diamètre et 35,6 c.m de longueur et il était muni de deux enroulements : le premier composé de 540 tours de gros fil de 3,64 m.m (y compris l’isolant) et le second de 2800 tours de fil de 1,66 m.m.
- (’) Zeitschrift filr Elcktrotcchnik, 1886, 1" févrieri
- Les saturations données ici sont calculées en prenant chaque fois le rapport du moment magnétique obtenu au moment magnétique maximum 4,63.3ooo correspondant au poids du noyau, en partant de la valeur donnée par M. de Waltenhofen, 212,5 unités par gramme de fer La valeur des moments magnétiques a été déterminée par la mesure des déviations produites sur une petite aiguille aimantée, en déduisant de la formule bien connue qui donne le moment magnétique en fonction de H, le moment magnétique du solénoïde lui-même : I E F, ou 2 F exprime la mesure des surfaces des spires.
- Le courant était engendré par une machine Compound Schuckert et mesuré avec une boussole des tangentes de Gaugain.
- Le tableuu ci-dessus donne le résultat des expé-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 416
- riences ; les moments calculés l’ont été au moyen des formules de Frœlich ; à partir de trois ampères, le fil fin commençait à s’échauffer et l’expérience n’a pas pu être poussée plus loin. Il est
- regrettable que l’auteur ait toujours fait passer le même courant à travers les deux enroulements; ce n’est pas le cas de la pratique, et en prenant des
- MOMENT MAGNÉTIQUE
- GltOS FIL FIL FIN
- Observé Calculé Observé Calculé
- 17 620 iô 270 168 864 168 723
- 5i 886 45 925 477 534 476 641
- 63 626 56 169 584 512 572 123
- 74 200 67 i5o 691 991 696 747
- 104 i52 92 367 840 12 2 957 884
- 129 186 115 810 1 067 3g5 1 201 38o
- 154 442 13g 327
- 177 633 160 774
- courants convenables, l’expérience eut pu être poussée beaucoup plus loin.
- Le diagramme ci-joint montre l’ensemble des résultats obtenus ; les ampères sont portés en abscisses, et les degrés de saturation en ordonnées.
- La concavité prononcée des courbes montre que la proportionnalité entre les saturations et les forces magnétisantes s’étend beaucoup moins
- loin dans le cas de gros noyaux que dans le cas étudié par M. de Waltenhofen, où elle s’étendait jusqu’à 40 à 5o 0/0.
- L’auteur a profité des résultats obtenus pour vérifier dans quelles limites s’appliquait la nouvelle formule donnée par M. de Waltenhofen :
- y = 0,09 . ni
- oùj^ est le moment magnétique, / la longueur et d le diamètre du noyau et ni le nombre de tours ampères.
- On voit par le tableau ci-contre que l’accord est très bon pour l’enroulement en fil fin ou la plus grande différence est de 2 0/0, tandis qu’elle atteint 13 0/0 avec l’autre enroulement, ce qui peut provenir du peu de régularité de celui-ci.
- Appareil pour l’essai des paratonnerres, de Weinhold (').
- L’appareil que nous présentons aujourd’hui à nos lecteurs est une simple modification du pont de Kohlrausch avec bobine d’induction et téléphone ; il s’en distingue d’abord par sa construction et sa forme très différentes ; de plus, au lieu
- d’avoir un contact continu du curseur mobile, l’inventeur préfère employer un contact discontinu, et enfin il remplace l’interrupteur ordinaire de la bobine d’induction par un diapason.
- Cet appareil est spécialement destiné à la rae-
- (>) Electratechnische Zeitschrift, 1886, 1" janvier.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- sure des résistances des paratonnerres ; et comme dans ce cas on ne peut pas, même dans les meilleures installations, arriver à réduire le téléphone
- au silence, l’inventeur prétend que d’après son expérience, il est plus facile d’arriver à la position
- o\ »
- O 32,9
- o/ *e?j
- 1 / ttr !
- s" \0„
- Ohm. S °
- FIG, 3
- de son minimum avec un contact discontinu ; nous le croyons aussi, mais il nous paraît que c’est plutôt en dissimulant la difficulté qu’en la résolvant.
- La figure i donne un schéma de l’appareil et les figures 2 et 3 la coupe et le plan en demi-grandeur.
- Les résistances variables du pont sont formées par un fil d’argent neuf aussi bien calibré que possible, d’une résistance d’environ 20 ohms et fixé à l’extérieur de l’appareil, passant des crochets supérieurs, au nombre de 61, vissés dans le couvercle R en ébonite, aux crochets inférieurs D, fixés sur le fond en bois H de la boîte.
- Les contacts variables s’effectuent au moyen du bras mobile Z dont l’extrémité vient frotter sur les têtes arrondies des crochets supérieurs.
- La partie fixe du pont est formée par une bobine W, dont la résistance est de 10 ohms, tandis que la résistance à mesurer se fixe aux bornes K4 K2.
- Les lectures se font sur l’échelle circulaire,
- dont les chiffres donnent les valeurs successives :
- o 10 20 3o 58 x 10 5q 60
- 5-. 10; -F- ; ; r-.... .......; — x 10;—.10.
- 60 59 38 ’ 57 2 ’ 1 o
- La bobine d’induction J est munie d’un noyau formé d’un faisceau de fils de fer; dont l’extrémité est placée entre les branches d’un diapason S donnant environ 5oo vibrations par seconde ; celui-ci porte vers le milieu d’une des branches, un léger ressort en U, en argent fortement battu, qui appuie au repos contre la vis de réglage U.
- La batterie B formée par exemple de deux Leclanché est reliée par l’un de ses pôles avec l’une des extrémités du circuit primaire de la bobine, et par l’autre pôle avec la vis U ; tandis que le corps du diapason est en communication avec l’autre extrémité du circuit primaire.
- Afin de diminuer autant que possible les étincelles entre la vis et le ressort, l’inventeur introduit un condensateur C, en arc parallèle avec le diapason.
- Télégraphe de Denison (>).
- L’Auto Telegraph Company de New-York essaye actuellement d’introduire un nouveau système télégraphique, dû à M. Sylvestre P. Denison, au moyen duquel des télégrammes en écriture ordinaire peuvent être transmis, reproduisant identiquement l’original.
- Ce dernier est écrit à l’encre ordinaire (renfermant une petite quantité de verre soluble) sur des bandes de papier bronzé ou étanié qui se trouvent déjà dans le commerce pour d’autres usages.
- Le télégramme est reproduit, par voie électro-
- () Elektrotechnische Zeitschrift, 1" janvier 1886, d’après le Scientific American, vol. 53, p. 127.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 4-T 8
- chimique, sous forme d’une série de petits traits rapprochés sur une bande de papier recouverte d’une préparation chimique convenable.
- Ce système a ce ci de remarquable que le mouvement des deux pointes ou stylets mobiles, dont l’un se promène sur l’original et dont l’autre donne naissance aux traits colorés, ne sont pas mus par des systèmes synchroniques à mouvements continus; le mouvement des pinceaux comme celui des bandes de papier est produit par les courants électriques.
- Chaque bande de papier se meut d’un mouvement entretenu par deux électro-aimants dans un
- circuit local, tandis que les stylets sont solidaires de l’armature polarisée d’électro-aimants parcourus par les courants télégraphiques.
- Cette armature joue en même temps le rôle de relais introduisant alternativement dans le circuit local l’un ou l’autre des deux électros dont nous avons parlé.
- Le courant local intervertit en outre, a chaque jeu des électros, les pôles de la batterie de ligne du poste transmetteur et par suite, produit dans les deux bureaux le mouvement de va-et-vient dès armatures polarisées portant les stylets.
- La figure en perspective (fig. i) montre l’ensemble d’un transmetteur (à droite) etd’un récepteur (à gauche), à peu près identiques, sauf en ce qui concerne les bandes de papier.
- La boîte C renferme les électro-aimants du circuit local qui mettent en mouvement l’arbre N portant deux rouleaux sur lesquels passent les bandes de papier; rune ou l’autre sera entraînée, suivant que, par le moyen du levier H, on aura abaissé l’un ou l’autre des petits rouleaux supé-
- FtG. 2
- rieurs, qui en pressant sur le papier l’obligera a suivre le mouvement du rouleau principal.
- La figure 2 donne le plan du récepteur.
- La boîte C renferme les deux électros en fer a cheval M, M2 (fig. 2 et 3), qui communiquent h
- FIG. 3 '
- l’axe N son mouvement et en même temps produisent le renversement des courants de ligne, qui a lieu au moyen du commutateur automatique (fig. 4, vue intérieure de la paroi gauche ue
- L’armature aK a2 des électros est montée sur l’axe x qui porte encore le levier coudé S.
- Le mouvement alternatif de l’armature aK lï> donne à la roue dentée R et à l’axe N, par l’inter-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLEC TRICITÉ
- 4i9
- médiaire des griffes K2 K4 un mouvement continu de rotation, régularisé pour l’échappement à ancre V,i\
- Le récepteur est formé d’une paire d’électroaimants droits E2 E2 garnis du même fil.
- L’armature mobile IC2 peut osciller entre les extrémités des noyaux des électros et les pôles d’un aimant permanent en fer à cheval D2 D2, le mouvement étant adouci par le ressort d2 d2 et transmis au long bras isolé J2, dont l’extrémité porte la pointe u2 qui se promène sur la bande P2.
- L’armature K2 porte en outre une languette isolée C2 qui, par son contact avec k2 ou g21 envoie le courant local à travers ou M2.
- Sur l’axe x de l’armature a2 aK est encore fixé
- FIG. 4
- un bras j '^fig. 4) portant le commutateur W, par le jeu duquel le courant de ligne entrera successivement par les contacts^ ou f2.
- Le levier H, en même temps qu’il permet le mouvement de l’une ou de l’autre des bandes, sert en outre à établir la communication de la ligne avec le récepteur ou avec le transmetteur.
- Le système étant ainsi constitué, il suffirait de faire passer les courants de la batterie de ligne à travers les bobines E4 E, du transmetteur, la pointe 2/ j, le papier bronzé, et de là par un balai à la ligne, enfin par le stylet du bureau récepteur à la terre à travers la bande de papier préparée chimiquement.
- En réalité, les communications sont telles que, tant que la pointe se trouve sur la partie métallisée de la bande de papier, elle ferme la batterie de ligne en court circuit, de sorte que le courant télégraphique ne passe au récepteur que lorsque la pointe, en se mouvant sur une partie couverte
- d’encre, rompt le court circuit; par suite, les lettres de la dépêche sont formées de traits colores sur fond blanc.
- Lorsqu’un courant traverse la ligne, l’électro E2 du poste récepteur et l’électro E., du transmetteur dans chaque bureau, les armatures K, et K2 se meuvent, entraînant les pointes correspondantes sur les bandes ; à la fin du mouvement de l’armature, les languettes C, et C2 ferment dans chaque bureau le circuit local (qui l’instant d’avant contenait M, M.t), sur M2 Ma ; l’armature a2 est attirée et la roue R avance d’une dent ; mais en même temps la direction du courant de ligne est renversée par W ; ce qui renverse tous les mouvements précédents, sauf celui des bandes.
- Le sensophone ou récepteur tactile
- Les lecteurs de La Lumière Électrique se rappelleront sans doute avoir vu dans le premier numéro de cette année, la reproduction de l’article M. Léonard sur la réception au toucher; il paraîtrait que les Américains ont réalisé depuis peu les vues émises par M. Léonard.
- Les derniers journaux américains appellent l’attention sur un nouvel appareil le « sensophone » construit et vendu par V United States E lectrical j Company de New-York, et breveté en Amérique j et à l’étranger.
- La figure ci-dessus représente cet instrument dont il est inutile de décrire le fonctionnement; d’après sa construction il permet le double emploi, soit comme « sounder » soit comme récepteur tactile.
- UÉlectrical World (') fait remarquer qu’il y a, aux Etats-Unis seulement, 100 000 sourds-muets, auxquels cet appareil ouvrirait un nouveau champ de travail, pour lequel la délicatesse bien connue de leur toucher les rendrait éminemment propres.
- (l) Numéro du 3o janvier 1886.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les avantages que le journal américain réclame en faveur du sensophone sont :
- i° Le secret qu’il assure dans les communications;
- 2° Le double emploi possible de l’instrument;
- 3° La possibilité de sa manœuvre par les sourds-muets ;
- 4° Une plus grande rapidité dans les signaux;
- 5° Les bruits étrangers ne troublent plus son fonctionnement.
- Les télégraphistes de notre vieux continent n’ont pas voulu adopter le « sounder » ; que feront-ils en face du « sensophone »?
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne.
- Perfectionnement dans la fabrication des lampes a incandescence.— MM. Siemens frères etCIe, de Charlottenbourg, près Berlin, ont obtenu un brevet en Allemagne pour une lampe à incandescence dont le globe est rempli d’hydrogène. D’après les inventeurs, la grande vitesse moléculaire de l’hydrogène aurait pour effet de nettoyer le globe de verre et de prévenir l’usure du filament.
- Ayant observé que même des globes noircis par un long usage pouvaient être rendus brillants lorsqu’on avait soin de remplir le globe d’hydrogène, ces messieurs ont eu l’idée d’employer l’hydrogène comme moyen préventif.
- Comme du reste il estimpossibled’obtenir le vide absolu, il serait bon de remplir d’hydrogène même les globes des lampes ordinaires avant de procéder à l’évacuation.
- Au dire des inventeurs, le filament des lampes à incandescence fabriqué d’après le nouveau procédé peut supporter un courant deux fois plus intense et une température beaucoup plus élevée que le filament de la lampe à incandescence ordinaire.
- A PROPOS DE LA QUESTION DES MOTEURS A GAZ. --
- Le Reichsgericht, à Leipsig, a prononcé le 3o janvier dernier un jugement très important relatif aux moteurs à gaz Otto.
- Cette décision met fin à un procès qui depuis trois ans tient en éveil l’attention d’un grand nombre d’industriels.
- Etant donné l’emploi étendu des moteurs à gaz dans les installations d’éclairage électrique, je crois devoir vous mettre au courant de cette question.
- Jusqu’à présent, la fabrique des moteurs à gaz de Deutz a été possesseur de deux brevets allemands portant les numéros 532 et 2y35.
- i“ Le brevet n° 532 est un brevet originaire d’Alsace-Lorraine en date du 6 mai 1876 ; il a été converti en brevet allemand en 1877, après la création du Reichspatentamt ;
- 20 Le brevet n° 2735 est un brevet d’origine prussienne en date du ior juin 1877, converti également en brevet allemand.
- Le n° 532 revendique (avec quelques modifications ultérieures) :
- « i° Le fait et le mode d’unir, dans un espace clos, et avant leur combustion, des gaz inflammables mélangés à l’air ou à un autre gaz, de telle manière que la combustion provoquée en un point déterminé se propage en se ralentissant de molécule en molécule ; que les produits de la combustion ainsi que l’autre gaz qui les entoure, se dilatent par la chaleur produite et créent par leur détente une force motrice ;
- « 20 La production des effets énoncés ci-dessus au moyen de gaz qui, jusqu’au moment de leur combustion, ont une tension égale à celle de l’atmosphère ;
- « 3° La production des effets énoncés ci-dessus au moyen de gaz qui, avant leur combustion, ont une tension supérieure à celle de l’atmosphère ;
- .« 40 (') Le fait d’établir l’action du piston dans le cylindre d’un moteur à gaz, à manivelle, de telle façon que pour deux révolutions de la manivelle, les phénomènes suivants se produisent d’un seul côté du piston :
- [a) Aspiration des gaz dans le cylindre ;
- [b) Compression de ces gaz ;
- [c) Combustion de ces gaz et travail;
- [d) Évacuation de ces gaz hors du cylindre. »
- Le n° 2735 revendique : '
- « i° Le moyen de produire la combustion des mélanges étendus de gaz par l’explosion, en faisant pénétrer la flamme d’un mélange explosif plus fort dans un espace rempli d’un mélange étendu à l’effet et dans ses parties essentielles, etc., etc. »
- Les maisons Kœrting frères, de Hanovre, et Buss Sombarth et C°, de Magdebourg, affirmaient
- (’) Déclaré nul par le Patentamt, le 26 juin,
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 421 '
- cation de leurs moteurs à gaz pour « unir dans un espace clos, et avant leur combustion, des gaz inflammables mélangés à l’air ou à un autre gaz » différait de celui décrit dans le brevet n° 532.
- On a de plus constaté que le procédé décrit dans ce même brevet avait déjà été publié dans un brevet américain de 1869.
- On a constaté encore que, d’après la décision du Landgericht, de Munich, en date du 13 décembre 1884, M. le D1' Otto, de la Compagnie des moteurs à ga\ de Deut\, n’avait pas le droit de. se dire le premier inventeur de toute construction de moteurs à gaz dans laquelle est employé soit le procédé attaqué, soit le procédé qui forme l’objet de la revendication 4 du brevet 532.
- En vertu de la décision du Reichsgericht en date du 3o janvier dernier, les revendications 1 et 4 du brevet 532 ont été déclarées milles et la revendication 5, relative à la combinaison des parties de la machine est seule restée intacte.
- Dans le brevet 2735 la revendication I a été maintenue, ainsi que la revendication 2 qui, d’ailleurs, n’avait pas été attaquée et dans laquelle on revendique le moyen « d’amener avec plus de certitude l’inflammation du mélange explosif au moyen d’une flamme en équilibrant les différentes tensions contenues dans le cylindre et dans les canaux du tiroir de distribution qui servent à amener l’explosion. »
- La Compagnie de Deutz reste donc possesseur du brevet pour son tiroir, ainsi que pour le dispositif d’un long canal qui, au moyen d’une flamme pénétrant dans un mélange homogène est destiné à amener l’inflammation de ce dernier.
- Enfin le dispositif concernant la construction de la machine, qui se trouve décrit dans le brevet n° 14 254 a été maintenu.
- Mais ce qu’il y a de certain, c’est que le monopole des grands principes contenus dans les brevets de la Compagnie de Deutz vient de disparaître, ce qui donne pleine liberté à la concurrence pour la fabrication des moteurs à gaz.
- Nous sommes les premiers à reconnaître que M. Otto a rendu un grand service à l’industrie par l’introduction de ses moteurs à gaz, mais je crois être dans le vrai en disant qu’un succès financier des plus importants a couronné ses efforts.
- L’issue du procès dont je viens de vous entretenir aura pour première conséquence de baisser
- les prix des moteurs à gaz, résultat que toutes les industries, et principalement l’industrie électrique, accueilleront avec plaisir.
- L’électrolyse appliquée a la fabrication des pièces damasquinées. — A l’une des dernières séances de la Société industrielle d’Aix-la-Chapelle, une note a été présentée, dans laquelle il est rendu compte d’un procédé permettant d’obtenir, par voie d’électrolyse, des plaques de métal damasquinées.
- Le procédé est basé sur le phénomène suivant :
- Si l’on place dans un bain de sulfate de cuivre deux plaques de cuivre et que l’on relie l’une des plaques au pôle positif et l’autre plaque au pôle négatif d’une batterie de piles, il y a transport de métal de la première plaque sur la seconde.
- Ceci posé, voici comment on procède :
- On étend sur une plaque de cuivre une mince couche isolante, (de la cire par exemple), et on grave avec une pointe le dessin que l’on désire reproduire, de façon à mettre le cuivre à nu aux points correspondants du dessin.
- La plaque ainsi préparée est suspendue dans le bain de sulfate de cuivre et reliée au pôle positif de la batterie.
- Au bout de quelque temps la plaque est attaquée partout où la cire a été enlevée, c’est-à-dire sur les lignes du dessin.
- Il suffit d’une batterie de deux éléments pour obtenir des creux d’un millimètre de profondeur.
- Quand la morsure est suffisante, on enlève la plaque du bain et on la traite avec quelques gouttes d’acide chlorhydrique, afin de faire disparaître les traces d’oxyde de cuivre qui pourraient se trouver dans les lignes du dessin.
- On lave ensuite la plaque avec de l’eau et on la suspend dans un bain d’argent ou de nickel en la reliant au pôle négatif de la batterie ; le pôle positif est constitué maintenant par une plaque de platine.
- L’argent ou le nickel se dépose alors partout où le cuivre'a été attaqué, et, au bout d’un certain temps, les creux sont complètement remplis par le nouveau métal.
- Ceci fait, il n’y a plus qu’à polir la plaque, et il est impossible de la distinguer d’une plaque damasquinée à la main.
- D1' H. Michaelis.
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- Angleterre
- UNE INSTALLATION DE LUMIÈRE ÉLECTRIQUE. --J’ai
- dernièrement eu le plaisir d’examiner l’installation de lumière électrique qui a été faite au château de Broomhill près de Tunbridge Wells dans le Kent et appartenant à sir David Salomons, Baronet.
- Sir David Salomons est un homme de goûts scientifiques; c’est, en même temps, un mécanicien habile et un ingénieur électricien de talent.
- Dans une lettre antérieure, j’ai déjà parlé de sa communication originale à la Society of Tele-graph Engineers and Electricians, au sujet de la manière de maintenir une force électro-motrice constante dans un circuit de lumière électrique. A Broomhill, il a à sa disposition des appareils électriques qui feraient honneur à n’importe quelle université; en effet, à l’heure qu’il est, il n’y a probablement pas un seul collège qui possède autant de dynamos, d’accumulateurs, de moteurs et d’autres engins électriques.
- Le château est entièrement éclairé avec des lampes à incandescence suspendues aux plafonds de façon à ne pas blesser le regard. Les lampes dans les chambres à coucher, sont allumées et éteintes au moyen de commutateurs placés sur le chambranle des portes et fonctionnant automatiquement quand on entre dans les pièces ou qu’on en sort.
- La cour, derrière la maison, est éclairée par un fover à arc fixé au sommet d’une tour. C’est dans cette cour que se trouve un abri pour les dynamos et les moteurs, un atelier et un laboratoire.
- Il y a deux puissantes machines à vapeur construites par la maison Hayes, de Londres, ainsi que plusieurs dynamos des systèmes Elwell-Par-ker, Siemens et Crompton.
- Les dynamos sont actionnées au moyen de courroies de transmission. Le circuit comprend une série de 5q accumulateurs du système de VElectrical Power and Storage C° qui fonctionnent comme régulateurs, c’est-à-dire en dérivation sur le circuit des lampes et des dynamos.
- Chaque élément est monté sur des supports en porcelaine en forme de godets et remplis d’huile isolante pour empêcher toute perte par la surface.
- Le fonctionnement régulier du système est assuré par un grand nombre de commutateurs et d’instruments decontrôle; le charbon même est
- pesé avant d’être brûlé, et en tout, il est procédé avec méthode.
- Une dynamo mobile mérite une mention spéciale à cause de la facilité avec laquelle un appareil aussi lourd peut être déplacé. La machine est montée sur un truc bas, portant 5 roues, une à chaque angle et une cinquième plus grande au milieu.
- De ce que le diamètre de la roue centrale est plus grand, il résulte que le poids de la dynamo est toujours supporté par 3 roues : la roue du centre et deux roues latérales.
- Il devient ainsi facile de guider et de déplacer la dynamo dans la direction voulue.
- L’emploi des accumulateurs n'assure pas seulement la fixité de la lumière; il a encore pour effet de faire disparaître ce sentiment d’inquiétude nerveuse que produit souvent la lumière électrique dans les maisons particulières et qui provient d’une association d’idées chez les habitants de la maison, entre la lumière des lampes et l’action rapide des machines placées à côté.
- Les accumulateurs constituent une sorte de trait-d’union entre les machines en mouvement et les lampes, et combattent ainsi les appréhensions auxquelles sont sujettes certaines personnes sensibles.
- L’atelier de sir David contient un grand nombre de tours et d’autres machines-outils; toutes ces machines sont actionnées par des moteurs électriques installés sur le plancher même.
- L’atelier est également éclairé par des lampes électriques à incandescence suspendues au plafond et munies de réflecteurs et de manches, au moyen desquels l’ouvrier peut diriger la lumière sur son travail sans avoir la vue fatiguée.
- Il y a aussi des chambres d’essais et de photo-métrie ainsi qu’un laboratoire de manipulations chimiques.
- En résumé, l’installation est très complète, tant au point de vue de la lumière qu’au point de vue de la distribution de l’énergie, et sir David Salomons mérite certainement toutes nos félicitations et les remerciements de tous les électriciens pour le travail qu’il a fait à Broomhill.
- Les régulateurs a charbon. — M. Sydney Walker, de Cardiff, a inventé un régulateur pour maintenir l’intensité constante dans un circuit de lumière électrique et pour remplacer les interrupteurs fusibles employés jusqu’ici en ouvrant un nouveau passage à l’excès de courant.
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- L’appareil se compose d’un électro-aimant ou d’un soleno'ide qui peut être placé, soit en tension, soit en dérivation, sur le circuit des lampes; en face du noyau de l’électro-aimant se trouve un levier qui pivote autour d’un axe et porte l’armature de l’électro-aimant.
- L’une des extrémités de ce levier est munie d’un ressort de réglage, tandis que l’autre porte une pointe de charbon. En face de cette dernière se trouve une autre pointe de charbon à laquelle est reliée une résistance variable telle qu’une lampe à incandescence. Dès que la force électro-motrice dépasse un peu sa valeur normale, l’électroaimant attire le charbon mobile et le met en contact avec le charbon fixe, créant ainsi une dérivation à haute résistance au circuit, parce que les pointes de charbon ne forment qu’un contact imparfait, et, comme le courant est faible, le filament de la lampe reste presque froid.
- Pour une intensité plus grande, les pointes de charbon se rapprochent davantage et comme un courant plus énergique traverse le filament de la lampe la résistance de celle-.ci devient moindre.
- L’action contraire a lieu quand l’excès de courant diminue.
- Dans un autre régulateur de M. Walker, les charbons forment un contact parfait au moyen de la pression d’un ressort, et l’électro-aimant a pour fonction de réagir contre le ressort et de rompre le contact, entre les charbons, ce qui introduit une résistance dans le circuit.
- Ces régulateurs peuvent être intercalés en différents points d’un circuit.
- Les recherches de M. le professeur Hughes. — A la séance de la Society of Telegrapli Engi-neers, le 11 février dernier, lord Rayleigh a commencé une discussion intéressante relative aux expériences du professeur Hughes sur la self-induction, et il a fait remarquer que plusieurs des résultats obtenus étaient d’accord avec les formules indiquées par Clerk Maxwell.
- Lord Rayleigh a ensuite parlé de récentes expériences auxquelles il s’est livré afin d’étudier la puissance d’aimantation de faibles forces magnétiques sur le fer.
- Ces essais ont démontré que cette puissance était proportionnelle à la force tant que celle-ci restait dans les limites de i/5 à i/iooo de l’intensité horizontale du magnétisme terreste. Au-delà de ces limites, l’action se complique.
- Ce fait est d’une certaine importance pour le fonctionnement du téléphone.
- Le Dl‘ J. Hopkinson croit également que le bon fonctionnement du téléphone Bell provient de ce que le fer possède une grande perméabilité magnétique.
- Le professeur Georges Forbcs a appelé l’attention sur ce fait que l’armature eh fer des câbles télégraphiques augmente leur self-induction, tandis que l’emploi du métal de canon ou de tout alliage semblable la réduit sans nuire à la résistance mécanique du cable.
- Il a également cherché à expliquer le changement de résistance d’un conducteur pendant la période variable du courant.
- Il est possible, dit-il, que ce phénomène ne soit pas une augmentation réelle de la résistance, mais qu’il provienne de l’action de courants de self-induction qui circulent dans le fil même entre son axe et ses parois.
- M. Frank L. Pope, l'électricien américain bien connu, qui assistait à la séance, a dit que la communication du professeur Hughes lui avait fourni l’explication de plusieurs faits qu’il n’avait,jamais compris jusque-là.
- Il avait en effet constaté en Amérique, depuis des années, qu’un appareil télégraphique à transmission rapide fonctionnait mieux sur un câble formé de fils de fer tordus que sur un fil plein du même métal, et l’essai du télégraphe chimique de Bain, en 1876, qui avait donné une vitesse de transmission de 1 000 mots par minute sur une ligne d’acier couverte de cuivre entre Philadelphie et New-York, sur une distance de 100 milles, ne donnait cette vitesse qu’avec le fil composé, et non pas avec les fils télégraphiques ordinaires,
- Un nouvel indicateur de grisou. — La Commission royale sur les accidents dans les mines a dernièrement examiné un nouvel appareil inventé par M. N.-G. Carleton, de New-York.
- Cet appareil se compose de deux balances reliées ensemble par des fils isolés et placées, l’une dans une galerie de la mine exploitée, et l’autre dans une chambre d’essais.
- Chaque balance porte un réservoir en verre mince, hermétiquement fermé, d’une capacité d’environ 3oo centimètres cubes.
- Ces réservoirs sont équilibrés au moyen de poids placés dans l’autre plateau de la balance.
- Une aiguille en fer doux doré est attachée à
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- l’aiguille de la balance, qui descend du milieu du fléau.
- Les extrémités de l’aiguille dorée pénètrent dans des bobines en fer isolé.
- La bobine de droite d’une des balances est reliée en circuit avec la bobine de droite de l’autre, ainsi qu’avec une pile.
- La bobine de gauche communique de la même façon avec l’autre bobine de gauche et avec une pile indépendante.
- Comme les deux réservoirs en verre sont équilibrés et de dimensions égales, leur poids est modifié par une augmentation ou une diminution de la pression atmosphérique.
- Les bobines de droite et de gauche des deux appareils exercent la même influence sur l’aiguille et tendent à la maintenir en place.
- Les deux balances doivent être placées dans une atmosphère où la température soit constante et les conditions hygrométriques égales, et, à cet effet, la balance, dans la mine, est entourée d’une boîte en marbre contenant du chlorure de chaux qui absorbe l’humidité de l’air.
- Ces précautions sont prises pour que les balances ne soient influencées que par une modification de la pression de l’atmosphère ou du poids atomique de celle-ci.
- Les réservoirs sont remplis d’hydrogène pur, ce qui diminue leur poids et rend, paraît-il, la balance capable de peser jusqu’à i/io de milligramme et d’indiquer la quantité de gaz des marais contenu dans l’atmosphère à un pour cent près.
- Le bout libre de l’aiguille verticale est muni d’une pointe en platine qui fait contact avec une vis isolée et maintient un relais formé dans la chambre d’essais au moyen du courant d’une autre pile.
- Lorsque le grisou s’accumule dans la mine en quantité suffisante pour déranger l’équilibre de la balance qui y est placée, le contact est rompu entre l’aiguille et la vis, et le relais fait marcher une sonnerie.
- Cette sonnerie est arrêtée par l’employé dans la chambre d’essais, qui rétablit l’équilibre de la balance dérangée en modifiant le courant dans l’un au l’autre couple de bobines et en déplaçant les poids mobiles sur le bras de sa propre balance.
- Ces poids servent à indiquer la quantité de gaz qui se trouve dans la mine. Cette disposition sert également à indiquer les vacations barométriques.
- Sur la précipitation du cuivre par l’électrolyse . — Afin d’empêcher la polarisation de l’électrolyte lorsqu’on précipite le cuivre d’une solution de sulfate de cuivre avec des anodes insolubles, M. W.-E.-A. Hartmann, de Swansea, fait passer de l’acide sulfureux dans le liquide qu’il chauffe en même temps, soit par la combustion du gaz lui-même, soit par une circulation de vapeur.
- Les bacs sont munis de couvercles traversés par des tuyaux qui permettent à l’excès d’acide sulfureux de s’échapper.
- L’acide sulfureux se combine avec l’oxygène libéré aux anodes et forme de l'acide sulfurique qui maintient la conductibilité du bain jusqu’à la réduction presque complète du cuivre. Enfin, quand il ne reste plus que très peu de cuivre dans le bain, on retire le liquide qui peut encore être utilisé pour l’extraction du cuivre des minerais.
- J. Munro.
- CHRONIQUE
- Le procès Bell en Amérique
- Nier l’utilité de la téléphonie, serait de nos jours une entreprise folle, aussi tous les bons esprits se plaisent-ils à reconnaître qu’on n’en saurait trop encourager le développement.
- Quelques hommes dévoués aux intérêts de leur patrie ayant observé avec chagrin, vers l’an de grâce 1883, que les Etats-Unis ne possédaient pas le nombre de téléphones nécessaire au bien-être et à la prospérité de leurs habitants, se réunirent dans le but éminemment louable de re-, médier à cet état de choses.
- C’est ainsi que naquit la Pan Electric Téléphoné Company.
- Les noms des philanthropes, à qui cette compagnie, au capital de 25.ooo.ooo de francs, dut le jour,méritent de passer à la postérité. Nous les lui livrons.
- Nous citerons en premier lieu — à tout seigneur tout honneur — l’Attorney général ou ministre de la justice, M. A. H. Garland, dont la part était de 2,5oo,ooo francs.
- En second lieu, l’auteur des merveilleuses inventions qu’on allait exploiter pour le plus grand bien du public, l’illustre M. P. Harris Rogers, qui occupe un rang honorable dans la galerie des
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- célèbres inconnus de M. Pailleron de l’Académie française, et qui voulut bien se contenter d’une part de 10.000.000 francs.
- Viennent ensuite, chacun pour 2.5oo.000 francs, MM. J. E. Johnston, commissaire des chemins de fer, Tsham G. Harris, sénateur de l’Etat de Tennessee, le colonel Casey Young, ex-député, et J. D. C. Atkins, commissaire indien.
- Enfin, on réserva une part de 2.5oo.ooo francs à distribuer ultérieurement d’une manière gratuite ou moyennant finance, entre quelques sujets de moindre importance, qui pourraient un jour être appelés par la nature. de leurs fonctions ou l’étendue de leurs connaissances, à participer d’une manière fructueuse au grand œuvre.
- Jugeant, avec raison, que leurs intérêts ne sauraient être mieux défendus que par eux-même, les fondateurs se nommèrent administrateurs de la Compagnie et s’en partagèrent les emplois.
- Désireux, en administrateurs avisés, de ne pas grever leur jeune société de dépenses trop considérables, et de ne pas exposer inutilement les fonds qu’ils se confiaient mutuellement, ils prirent la résolution de ne pas verser un centime du capital.
- A cet effet, ils transportèrent leurs pénates dans l’Etat de Tennessee, dont l’intelligente législation ne les contraignait à aucun versement, et ne leur imposait comme frais de constitution qu’une taxe pour l’usage du sceau du Secrétaire d’État, dont le montant fut dans l’espèce de 22 fr. 5o.
- On établit donc le siège social à Memphis, et on créa une succursale à Washington.
- Personne n’ignore que les Etats-Unis occupent, d’après les computations les plus récentes, une superficie de 9.345.000 kilomètres carrés, et qu’ils s’honorent décompter 50.436.000 habitants, y compris les 179.000 Indiens, derniers survivants des Peaux-Rouges, Comanches et autres aborigènes qui constituent le faubourg Saint-Germain de l’endroit.
- Répandre les bienfaits de la téléphonie sur un aussi grand nombre de têtes était une tache au-dessus des forces de la Pan Electric Téléphoné Company ; aussi les directeurs conçurent-t-ils l’idée éminemment ingénieuse de déléguer cette tâche à des compagnies locales.
- On était au mois de novembre 1883. On se mit aussitôt en campagne et l’on déploya une activité si dévorante—quaerensqitem devoret—qu’au printemps suivant, les membres de l’œuvre pouvaient s’annoncer les uns aux autres — parlant en tant
- qu’administrateurs et écoutant en tant qu’action-naires — que huit compagnies avaient été formées aux conditions générales suivantes :
- Chaque compagnie locale versait une certaine somme en espèces, et remettait 40 0/0 de son capital-actions à la Pan Electric Téléphoné Company. Elle s’engageait à ne pas se fournir d’appareils chez d’autres que ladite compagnie et à payer en outre un droit annuel de 5o francs par appareil posé.
- Les territoires et villes concédés furent les suivants :
- i° La Pensylvanie;
- 2° Baltimore avec Maryland, la Virginie et le district de Columbia;
- 3° Saint-Louis avec tout le Missouri ;
- 40 Le Wisconsin ;
- 5° Le Tennessee;
- 6° Le Texas ;
- 70 La Louisiane ;
- 8° L’état d’Alabama.
- Presque partout, d’anciens membres du Parlement et de hauts fonctionnaires gouvernementaux, avaient été convertis à la grande mission que s’était imposée la Pan Electric Téléphoné Company, et avaient consenti à se mettre à la tête des compagnnies locales par dévouement pour leurs administrés.
- Nous avons vu que les gros actionnaires, tels que M. le Ministre de la justice, possédaient chacun un dixième du capital-actions, soit 2.5oo.ooo francs.
- Les versements effectués se bornèrent à couvrir les frais d’exploitation antérieurs à la création de la première compagnie locale, soit 6,775 francs en tout, ou 1,375 francs pour chacun.
- Le remboursement en fut prélevé avant tout sur les premiers bénéfices.
- Quant aux dividendes réalisés jusqu’ici (en dix' huit mois), par chacun des principaux actionnaires, ils ne sont que de i5,ooo francs.
- Supposons maintenant que les éminents fondateurs de la Pan Electric Téléphoné Company aient poursuivi leur œuvre avec autant de bonheur que les débuts semblaient le promettre.
- Ne pouvaient-ils créer cinquante, soixante, que sais-je? cent compagnies locales dans tous les Etats-Unis, grâce à leur haute influence et leur incontestable sagacité?
- Admettons simplement le chiffre de cinquante et voyons quelle serait la part de M. l’Attorney général.
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- . Sans tenir compte du versement en espèces de chaque compagnie, n’envisageons que la part du capital-actions qui lui reviendrait.
- Cinquante compagnies, à vingt-cinq millions de francs de capital en moyenne, formeraient un total de un milliard vingt-cinq millions de francs.
- La compagnie-mère en posséderait 40 0/0, soit cinq cent millions de francs, et M. le Ministre aurait un dixième de cette somme, soit cinquante millions de francs.
- En tablant seulement sur un dividende de 5 0/0, cela constituerait un modeste revenu de deux millions cinq cent mille francs pour un capital engagé de dix-linit cent soixante-quinze francs.
- Les enfants de Son Excellence n’avaient pas à craindre de mourir sur la paille, à moins qu’une vocation toute spéciale ne les y poussât.
- Tout aurait donc été pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, si un imposteur du nom d’Alexandre Graham Bell ne s’était prétendu l’inventeur du téléphone et n’avait émis la singulière prétention de bénéficier des fruits de sa découverte, ou du moins d’en faire profiter la compagnie à qui il en avait confié l’exploitation.
- Cet homme peu scrupuleux avait réussi, lors de l’Exposition de Philadelphie, en 1876, à faire croire à quelques jobards, tels que sir William Thomson, qu’il avait trouvé le moyen de transmettre électriquement la parole.
- L’illustre savant anglais avait proclamé le téléphone Bell la merveille des merveilles et le monde entier avait acclamé ce qu’il considérait comme la plus admirable découverte du dix-neuvième siècle.
- Pour comble de malheur, les tribunaux, partageant l’incompréhensible aveuglement du public, condamnaient impitoyablement les nombreux contrefacteurs de Bell.
- Un tel état de choses ne pouvait durer. Les habiles fondateurs de la Pan Electric Téléphoné Company le comprirent aisément.
- Un député, frère de l’un des sénateurs actionnaires de la Compagnie, présenta à la Chambre un projet de loi tendant à investir le Ministre de la justice du pouvoir d’intenter des poursuites en vue d’annuler les brevets défectueux, lorsque la v demande lui en serait faite.
- Le projet fut adopté par la Chambre, mais au Sénat, quelques grincheux faisant pai 1 i<* delà Commission des brevets, le firent rejeter avec tous les égards qui lui étaient dus.
- Le mérite, on le voit, n’est pas toujours récompensé et les pauvres fondateurs en furent pour leurs frais d’imagination.
- Je laisse à penser leur juste indignation, lorsque, par un retour des choses d’ici bas, la Compagnie Dell poussa à son tour l’audace jusqu’à poursuivre en contrefaçon les fameuses Compagnies locales patronnées par Son Excellence le Ministre de la justice lui-même, et que ladite Compagnie fut sur le point d’obtenir une fois de plus gain de cause.
- C’en était trop.
- Le monde était renversé.
- 11 fallait une décision prompte et énergique pour que l’imposture fut dévoilée.
- Nos lecteurs ne feront pas aux administrateurs de la Pan Electric Téléphoné Company l’injure de douter qu’ils fussent capables d’une semblable décision.
- Ils n’hésitèrent pas à entreprendre pour leur plus grande gloire la tache ingrate de faire tomber les écailles des yeux de leurs concitoyens, et ils associèrent à leur pieuse mission le District Attorney des Etats-Unis à Baltimore.
- Ces hommes de bien démontrent dans un document à jamais mémorable, que la découverte et l’usage du téléphone sont bien antérieurs à 1876.
- Ainsi que le fait excellemment remarquer M. le District Attorney de Baltimore, en parlant de l’industrie téléphonique.
- «Depuis l’année 1862, elle était non-seulement connue du public et pratiquée par d’autres que Bell, mais le principe, la méthode et les appareils nécessaires, ainsi que les indications pratiques pour la transmission électrique des sons et de la parole ont été publiés et décrits avec un si grand nombre de détails dans beaucoup de publications imprimées, tant aux Etats-Unis qu’à l’étranger, que toute personne tant soit peu au courant des applications de l’électricité pourrait, en suivant ces indications, construire elle-même les instruments et appareils nécessaires à la transmission électrique des sons et de la parole, et se servir des courants électriques, de manière à appliquer la méthode des inventions antérieures et transmettre électriquement aussi bien les sons que la parole articulée. »
- Nous demandons la permission de compléter les souvenirs historiques de M. le District Attorney et de lui rappeler qu’en réalité le téléphone remonte à la plus haute antiquité.
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- Chacun sait que la pythie de Delphes communiquait avec les dieux logés dans les sous-sols par un téléphone.
- On trouve même une intéressante application des instruments audacieusement revendiqués par M. Bell dans l’Ancien Testament.
- Il paraît prouvé aujourd’hui que les lois de Moïse lui furent dictées par le Très-Haut sur le mont Sinaï au moyen d’un photophone , et les travaux récents des successeurs de Champollion ont permis de reconnaître de nombreuses traces de l’emploi des téléphones sur les obélisques des Egyptiens.
- D’ailleurs, en admettant même que le téléphone fut momentanément tombé en désuétude depuis cette époque lointaine, il est reconnu aujourd’hui, grâce à M. le District Attorney, que le téléphone Bell ne contient qu’un aimant, une bobine et un diaphragme, que tous ces appareils étaient connus depuis 1862, qu’ils avaient été amplement décrits dans les journaux et qu’il suffirait à toute personne tant soit peu au courant des applications de l’électricité, d’assembler ces éléments dans un support convenable pour transmettre aussitôt et avec la plus grande facilité la parole au moyen de l’électricité.
- On ne peut s’empêcher de regretter que les études de droit de M. le District Attorney l’aient absorbé au point de l’empêcher de se mettre tant soit peu au courant des applications électriques, car il aurait pu, dès 1862, doter le monde du téléphone.
- Il est certain qu’il est temps d’en finir avec tous ces imposteurs qui prétendent avoir fait tant d’admirables découvertes.
- N’enseigne-t-on pas encore dans lçs écoles que Christophe Colomb a découvert l’Amérique? quand il est de toute évidence que les simples sauvages qui l’habitaient l’avaient découverte bien avant lui, sans s’en targuer comme d’un haut fait.
- Pour n’en citer qu’un autre exemple entre mille, il suffit de rappeler qu’on a fait une grande réputation à Galilée, on n’a jamais bien su pourquoi, puisqu’il est de notoriété publique que la terre ne l’avait pas attendu pour tourner avec persévérance sur elle-même.
- On ne saurait donc trop louer les fondateurs de la Pan Electric Téléphoné Company de la campagne qu’ils viennent d’entreprendre.
- Pour donner plus de solennité à la condamnation des coupables, ils s’adressèrent au gouver-
- nement en la personne de M. le Ministre de la justice et le prièrent de bien vouloir faire annuler purement et simplement le brevet Bell, attendu qu’il n’avait pu être obtenu que frauduleusement.
- Nous avons déjà montré que l’invention du téléphone remontait en effet à la plus haute antiquité.
- M. Alexandre Graham Bell devait donc être poursuivi :
- i° Comme parjure, attendu qu’il a juré être le premier inventeur ;
- 20 Pour abus de confiance, attendu qu’il a dissimulé aux naï fs fonctionnaires du Bureau des Brevets que sa prétendue invention fonctionnait couramment depuis quatorze ans, ou du moins, qu’elle aurait pu fonctionner, si M. le District-Attorney de Baltimore avait consacré quelques heures d’étude aux applications de l’électricité ;
- 3° Pour escroquerie, attendu qu’il avait fondé une puissante compagnie pour l’exploitation d’une découverte qui ne lui appartenait pas.
- La délicatesse de M. l’Attorney général ne lui permettant pas d’être à la fois juge et partie, il alla demander à une douce villégiature, le repos impérieusement réclamé par les travaux absorbants de l’année.
- Aussitôt, et en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, les administrateurs de la Pan Electric Téléphoné Company réitérèrent-t-ils leur demande de poursuites contre l’infamc Bell, et l’obtinrent.
- Admirez les scrupules délicats de M. le Ministre de la justice.
- Ne s’en fiant pas suffisamment à ses propres lumières, il fit appel à celles de son excellent collègue le Ministre de l’intérieur, l’honorable M. L. G. A. Larnar, dont nous- avons reproduit la foudroyante réponse qui démontre une fois de plus que :
- On ne badine pas avec Lainar.
- Il ne reste plus qu’à attendre avec confiance l’issue du gigantesque procès qui se prépare. Espérons que l’imposture sera confondue et que l’Attorney général :
- Ce soleil d’équité qui n’est jamais terni,
- sortira vainqueur des débats, à moins, toutefois, qu’il n’ait poussé le dévouement jusqu’à se sacrifier à une cause qu’il savait mauvaise.
- Victrix causa diis plaçait sed victa Catoni.
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- CORRESPONDANCE
- Bruxelles, le 22 février 188O.
- Monsieur le Directeur,
- Je lis dans le n® 7 de La Lumière Électrique un article relatif au concours de traction mécanique des tramways, etc., qui a eu lieu à Anvers lors de l’Exposition universelle de i885. Je prends la liberté de vous faire -remarquer que le rapport officiel du Jury international chargé de juger ce concours n’est pas encore déposé ; le dépôt ne se fera que dans quelques jours, en même temps que le rapport sera livré à la publicité.
- Je constate d’un autre côté que l’article précité de votre estimable journal contient un grand nombre d’erreurs, de chiffres de consommation inexacts, etc.
- Je pense donc — et je ne doute pas que vous ne me fassiez l'honneur de partager ma manière de voir à ce sujet — qu’il y aurait lieu d’informer les lecteurs de La Lumière Électrique de cette circonstance, tout en corrigeant les données fausses. Cette mesure serait conforme à l’équité et irait au-devant des justes réclamations des intéressés qui ne manqueraient pas de protester.
- Veuillez agréer, etc.
- E. Hubert,
- Ingénieur en chef au chemin de fer de l’Etat-Président du jury du Concours internatio, nal de traction mécanique, etc.
- Paris, le 24 février 1886.
- Monsieur le Secrétaire de la Rédaction,
- En réponse à la lettre que vous venez de me communiquer, je crois devoir faire remarquer que les erreurs signalées par M. Hubert ne sont pas imputables à ma rédaction, mais à M. Douglas Galton, collègue de M. Hubert, au jury d'Anvers, dont j’ai reproduit exactement les chiffres et les appréciations, d’après son mémoire à la Society of Arts.
- Je pense que le meilleur moyen de corriger les erreurs sera de publier un extrait du rapport officiel.
- Veuillez agréer, etc.
- G. Richard.
- FAITS DIVERS
- Aujourd’hui, à 8 h. 1/2 du soir, M. Pellat, maître de conférence à la Faculté des Sciences, pariera à la Sorbonne sur les machines électriques anciennes et actuelles.
- Nous lisons dans Y Etoile belge ;
- La Société belge d’électriciens a décidé de donner une série d’entretiens, suivis de discussions, sur les principales branches de l’électricité.
- Le programme de ces conférences élémentaires a été arrêté comme suit :
- i° Principes fondamentaux de la science électrique;
- 2® Mesures électriquos;
- 3® Des piles ;
- 4® Dynamos ;
- 5° Transformateurs d’électricité;
- 6° Accumulateurs ;
- 7® Lampes électriques;
- 8” Eclairage électrique ;
- 9® Distribution de l’énergie électrique ;
- io° Télégraphie;
- 11° Téléphonie.
- La première de ces conférences a été donnée au local ordinaire des séances, 16, rue Ducale, le mardi 16 courant, à 8 heures du soir, par M. E. Bède, ingénieur, ancien professeur de physique à l’Université de Liège.
- Les journaux des Etats-Unis annoncent le prochain mariage de M. Thomas Edison, l’électricien bien connu, avec miss Mina Miller, d’Àkron (Ohio), âgée de vingt ans, dont le père, président de l’Assemblée de Chautanqua, possède une fortune de près de 2 millions de dollars. Le mariage a eu lieu â la résidence de M. Miller, à Akron, le 24 courant.
- Dans bien des circonstances on a pu malheureusement constater l’impuissance de la médecine dans les cas de léthargie cataleptique.
- S’il faut en croire un journal américain, une jeune •femme de la Nebraska qui était restée en léthargie cataleptique pendant soixante-dix jours a été réveillée au moyen d’une violente décharge d’une batterie électrique!
- Le remède était peut-être un peu violent, mais la fin justifie les moyens.
- Éclairage Électrique
- Il est question d’installer la lumière électrique à Saint-Tropez, petite ville bien connue des personnes qui vont passer l’hiver sur les bords de la Méditerranée. La municipalité a parait-il, adopté en principe le nouvel éclairage et des pourparlers sont engagés avec différentes sociétés d’électricité.
- Les mines de Meurchin, Pas-de-Calais, éclairent leurs ateliers de criblage et une partie de leurs chantiers au moyen de lampes à arc et à incandescence convenablement réparties. L’installation, faite par la maison Sauttcr
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- Lemonnier et C% comprend 11 lampes à arc de i5o car-cels et n lampes à incandescence.
- Il n’est pas d’application plus rationnelle de la lumière électrique que celle de Meurcliin, étant donnés les bas prix du charbon sur le carreau de la mine, et la grande quantité de lumière nécessaire pour séparer les schistes et les charbons si analogues par leurs couleurs.
- Les mines de Blanzy, Saône-et-Loire, ont une installation semblable qui fonctionne depuis trois mois déjà. Il y a lieu de penser que cette application de l’électricité ne fera que s’étendre : elle rend d’immenses services dans les exploitations de ce genre.
- L’cclairage électrique fonctionne à la gare de Courtrai depuis quelques jours. L'Avenir de Courtrai croît que ce sera un succès, quand le jeu des divers appareils sera définitivement réglé.
- Les phares, disséminés sur toute l’étendue de la gare, projettent une lumière suffisante; les bureaux et les salles d’attente sont parfaitement éclairés.
- Nous n’avons sur ce dernier point, ajoute VAvenir, que quelques réserves à formuler en ce qui concerne le manque de régularité dans l’intensité du courant, qui détermine périodiquement de quasi-éclipses des lampes à incandescence, Mais ceci est, pensons-nous, affaire d’expérience. Il y a là un défaut auquel il sera facile de remédier.
- Quant à l’éclairage de la halle, il est décidément insuffisant. L’immense voûte reste obscure, ainsi qu’elle l’était quand elle était éclairée au gaz. Il sera nécessaire, pour obtenir un résultat satisfaisant, ou bien d’installer de nouvelles lampes à incandescence, ou bien de placer sous la voûte quelques foyers d’une grande intensité.
- Nous espérons que le gouvernement ne fera pas les choses à demi, et dotera enfin notre gare d’un éclairage convenable, assurant aux voyageurs la sécurité à laquelle ils ont droit.
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- MM. Siemens et Halskc, de Berlin, vont faire une installation de lumière électrique, avec usine centrale à Brcslau.
- L’installation comprendra 5 000 foyers, tant à arc qu’à incandescence, et qui pourrout être portés à 8000.
- Ces Messieurs ont égalemeut éclairé une salle de concert dans la même ville, avec 10 foyers à arc d’une intensité lumineuse moyenne.
- La Compagnie allemande Edison a commencé l’installation de la lumière électrique au théâtre de la Cour, à Schwcrin.
- On espère que les travaux seront tetminér au printemps prochain.
- Une grande station centrale <îe lumière électrique va prochainement être installée à Hanovre, sous la direction de M. Zcrcnner.
- Télégraphie et Téléphonie
- On sait que depuis la promulgation de la loi de juillet i885 les fils télégraphiques et téléphoniques d’intérêt privé ne peuvent être établis dans les égouts qu’avec le consentement du conseil municipal, et moyennant redevance.
- Cette dispo sition intéresse au premier chef la ville de Paris. En effet, il n’y a pas moins de 185 sociétés, maisons de banque, compagnies d’assurances, théâtres, journaux, etc., qui soient concessionnaires de lignes télégraphiques posées dans les égouts pour leur service particulier. Ces lignes représentent une longueur de fils de 745 kilomètres.
- L’administration a donc étudié un projet tendant à réglementer ces concessions. Le taux de la redevance à exiger serait établi d’après un tarif décroissant avec la longueur de chaque ligne, soit : 5o francs pour le premier kilomètre, 40 îrancs pour le deuxième, 3o francs pour le troisième, 20 francs pour le quatrième, 10 francs pour chacun des suivants.
- M. Granet, le nouveau ministre des postes et télégraphes, après s’être entendu avec le gouvernement belge, se propose d’inaugurer, à bref délai les communications téléphoniques entre Paris et Bruxelles.
- Il vient de décider l’appropriation à la téléphonie de la ligne de Paris-Rouen, et, comme les communications téléphoniques existent déjà entre Rouen et le Havre, il s’en suit que l’on pourra correspondre de Paris au Havre.
- De même pour la ligne de Paris-Lille. Seulement, pour cette dernière, M. Granet n’en a décidé l’appropriation qu’après avoir obtenu l’assurance formelle que le gouvernement belge fera le nécessaire sur scs lignes et donnera toutes les facilités pour opérer la jonction des réseaux de Bruxelles et de Paris.
- A bientôt donc l’inauguration du téléphone franco-belge.
- Le Livre jaune, récemment publié par le gouvernement italien, traite du progrès de la télégraphie dans le royaume pendant l’année 1884.
- Dans le courant de cette année, 179 nouveaux bureaux ont été ouverts au public, dont 80 par le gouvernement et 99 par les différents chemins de fer.
- Le réseau a été augmenté de 3,693 milles de fils ce qui, avec les lignes existantes en i883, donne un développement total de 18,132 milles de lignes avec 6,|,o52 milles de fils.
- Le nombre des bureaux où travaillent les employés du gouvernement s’élève à 1,927, tandis que 988 stations de chemin de fer acceptent et transmettent les dépêches du
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- public. Il y a donc un total de 2,915 bureaux dans tout le royaume.
- Le trafic a naturellement suivi la meme progression, et l'administration a transmis en 1884, 7,738.227 dépêches, une augmentation de 561,704 sur l’année précédente.
- Les télégrammes à l'intérieur se chiffrent par 6,260,853 ou 441,843 do plus qu’en i883.
- Les recettes de l’année se sont élevées à 12,398,875 francs contre 9,998,900 francs de dépenses laissant un bénéfice net de 2,394,975 francs.
- Le rapport ne contient cependant aucune évaluation du prix de transmission des dépêches du gouvernement ; il est signé par M. E, d’Amico, le Directeur général des télégraphes du royaume d’Italie.
- La partie du monde sur laquelle se sont portés les efforts les plus sérieux, au point de vue du développement des communications télégraphiques pendant ces derniers temps, est sans contredit l’Afrique, dont la côte occidentale a été pourvue déjà d’un grand nombre de lignes sous-marines et sera prochainement entourée jusqu’au Gap d’un réseau de cables qui constituera l’une des plus vastes entreprises de l’époque.
- Les communications qui relient l’Europe avec le Sénégal, par Cadix et les Canaries, et avec les îles du Cap Vert, par Lisbonne, ont été ou seront incessamment prolongées jusqu’à Saint-Paul-dc-Loanda et iront rejoindre probablement au Cap les lignes de la côte orientale, établissant ainsi un double débouché aux deux côtés de l’Afrique.
- Les principaux points d’atterrisement nouveaux des cables de la côte occidentale sont ou semblent devoir être Dakar, Bathurst, Gambia, Bissao, Bolama, Rio Nunez, Sierra Leone, Grand Bassani, Accra, Conakry, Porto-Novo, Lagos, Niger, l’île de Fernando Pô, Cameron, l'ile Principe, Pile San Thomc, le Gabon (Libreville), le Congo, Saint-Paul-dc-Loanda, Nova Redondo, Bcnguela, Mossomedes, Angra Pequena, Wallfishbay et la frontière Nord-Ouest de la colonie du Cap.
- Adjudication publique de la concession de rétablissement et de l'exploitation d'un réseau téléphonique dans la ville de Tennonde et les villes et communes environnantes.
- Le Ministre des Chemins de fer, Postes et Télégraphes fait connaître qu’il sera procédé, sous réserve d'approbation, le mercredi 24 mars 1886, à onze heures du matin, à la Bourse de commerce (salle de PUnion syndicale), à Bruxelles, pardcvnnt M. l’Ingénieur en chef Directeur des Télégraphes, ou son délégué, assisté d’un fonctionnaire de l’Administration, à l’adjudication publique de la concession de Pétablisscmcm et de l’exploitation d’un réseau téléphonique dans la ville de Tennonde et les villes et communes d’Alost, Appels, Audegem, Bacr-degem, Baesrode, Dclcclc, Berlacrc, Bornhem, Buggen-
- hout, Calcken, Cherscamp, Daccknamj Dendcrbellc, Docl, Elverselc, Erembodegem, Erondegem, Erpe, Esschcnc-lez-Assche, Exacrdc, Grcmbcrgen-lcz-Tcrmondc, Gysc-gem, Haesdonk, Hamme-sur-Durme, Hckclghem, Her* dersem, Hofstade (fl. orientale), Impe, Kemseke, Kicl-drecht, La-Clinge, Lebekke, Lede, Lippeloo, Lokeren, Maldcrcn, Mariakerke, Massemen-Westrem, Maxcnzccl, Mecrdonck, Mcire, Mcldcrt, Mcrchtem, Mcspclaerc, Mocr-beke, Moerseke, Molhem, Moorscl-lez-Alost, Nieukerken-Waes, Nieuwerkerken - les - Alost, Oordegem, Opdorp, Oppuers, Opwyck, Ottergem, Overmeire, Saffclaerc, Saint-Amand, Saint-Gillcs-lez-Terinonde, Saint-Gilles-Waes, Saint-Nicolas, Saint - Paul, Schellcbcllc, Schoonacrdc, Scvenccken, Sinay, Smctlcde, Stecnhuftel, Stekcnc, Tamise, Thielrodc, Uytbcrgcn, Verrcbroèck, Vleckem, Vracenc, Waesmunster, Wanzcle, Weert-sur-Escaut, Wichclen, Wicze, Zèle.
- Cette adjudication aura lieu aux clauses et conditions du Cahier des charges annexé à la loi du 11 juin i883 {Moniteur belge du 12 juin 1883, n° i63)et aux conditions complémentaires suivantes :
- Article premier
- L’établissement d’un bureau d’échange au centre de la ville de Tennonde est obligatoire.
- II est facultatif au concessionnaire de créer d’autres bureaux semblables au centre des villes d’Alost, St-Nicolas et Lokeren ou dans d’autres localités de la concession.
- Les taux des abonnements sont calculés d’après la distance, mesurée en ligne droite, entre l’établissement à relier et celui des quatre centres ci-dessus, qui en est le plus rapproché^ même s’il n’y a pas de bureau facultatif.
- Art. 2.
- La taxe des correspondances dans les bureaux publics est fixée à 25 centimes par période indivisible de dix minutes.
- Art. 3.
- Le concessionnaire est passible des mesures édictées par l’article 21 du Cahier des charges susmentionné si, dans le délai de six mois, à partir de la date de l’arrêté de concession, il n’a pas ouvert un bureau d’échange à Ter-monde avec au moins dix abonnés.
- Art. 4.
- Le concessionnaire est tenu de relier au réseau, par une ligne à deux fils, les établissements de toute personne qui en fait la demande, en vue de la correspondance téléphonique à grande distance.
- Dans ce cas, le montant de l’abonnement est égal à celui qui s’applique au relicmcnt normal à fil simple (appareils compris), augmenté de cinquante pour cent.
- Art. 5.
- Chaque poste téléphonique du réseau concédé sera pourvu de deux téléphones récepteurs.
- Les installations de ces postes devront être capables de
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- transmettre la parole, d’une façon satisfaisante, à une distance de deux cents kilomètres,- dans les conditions suivantes :
- A. A travers une ligne aérienne composée :
- i° D’un circuit de 180 kilomètres de longueur, formé de deux fils de fer de 4 millimètres de diamètre et approprié, à l’échange simultané des dépêches télégraphiques et des correspondances téléphoniques ;
- 20 De deux fils simples, de dix kilomètres de longueur chacun se raccordant aux deux extrémités de la ligne précédente, par l’intermédiaire de deux translateurs téléphoniques et de deux annonciateurs conformes aux types admis par l’Administration des Télégraphes.
- B. A l’intervention d’un poste de réception du système Blake-Bell muni de deux téléphones.
- Postérieurement à la séance d’adjudication, les soumissionnaires désignés par le Ministre des Chemins de fer, Postes et Télégraphes auront, dans les quatre semaines à partir de la date de l’invitation qui leur en sera adressée, à administrer la preuve expérimentale que les appareils à mettre en œuvre dans le réseau concédé satisfont à la condition spécifiée ci-dessus. L’Administration se charge, à cet effet,'de fournir la ligne ainsi que le poste Blake-Bell destiné à la réception.
- Les soumissionnaires qui n’auraient pas observé ce délai pourront être considérés comme renonçant à concourir pour l’obtention de la concession; ceux qui n’auraient pas satisfait à l’épreuve expérimentale pourront être forclos.
- Art. f>.
- Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il n’a, au préalable, déposé entre les mains de l’un des agents du Caissier de l’Etat, placés dans les chefs-lieux d’arrondissement et à La Louvière, un cautionnement de dix mille francs, soit en numéraire, soit en fonds nationaux.
- Le dépôt du cautionnement devra être accompagné, au moment du versement, d’un bordereau détaillé distinct pour les valeurs en numéraire et pour les valeurs en fonds publics. Ce bordereau devra être revêtu de la signature du déposant et indiquer : i° la nature de l’entreprise en vue de laquelle le dépôt s’opère; 20 le nom et le domicile du concurrent à l’adjudication ; 3° la nature des valeurs déposées; 40 le bailleur, le cas échéant; 5° le propriétaire des valeurs, si elles appartiennent à un tiers.
- Chaque soumissionnaire annexera à sa soumission la reconnaissance de dépôt qui lui aura été délivrée par l’agent du Caissier de l’Etat, après avoir fait détacher le talon de cette reconnaissance par l’agent du Trésor.
- Si le cautionnement déposé est en numéraire, il portera intérêt à 3 0/0 l’an à partir du icr du mois qui suit celui de la régularisation du versement au Trésor; cet intérêt cessera le dernier jour du mois qui précède le remboursement.
- Les fonds nationaux seront reçus aux taux suivants :
- Le 4 0/0 et les bons du Trésor au pair;
- Le 3 0/0 à raison de 80 0/0;
- Le 2 1/2 0/0 à raison de 65 0/0.
- Les obligations à 4 1/2 p. o/o et à 4 0/0, émises salis primes ou lots par la Société du Crédit Communal, instituée en vertu de l’arrêté royal du 8 décembre 1860, sont admises au pair.
- Les obligations émises avec le visa de l’Administration de la Trésorerie et de la Dette publique par la Société anonyme dite : « Caisse d’Annuités ducs par l’Etat », seront admises respectivement au pair, pour celles qui portent intérêt à 4 0/0 et 4 1/2 0/0, et à 75 0/0, quant à celles dont l’intérêt est de 3 0/0.
- Ne sont pas admises, les obligations au porteur dont il aurait été détaché des coupons d’intérêts non échus à la date du dépôt.
- Les valeurs déposées ne pourront être échangées contre d’autres valeurs, si ce n’est en vertu d’une autorisation spéciale de M. le Ministre des Finances, délivrée à la demande de M. le Ministre des Chemins de fer, Postes et Télégraphes, et dans les limites des conditions de l’entreprise.
- Art. 7.
- L’adjudication aura lieu par soumissions sur timbre, rédigées d’après l’un des modèles annexés au présent Avis.
- Ces soumissions pourront être remises en séance publique ou adressées au fonctionnaire appelé à procéder à l’adjudication, par lettres recommandées, remises à la poste en temps utile.
- Dans'le premier cas, elles seront émises sous enveloppe cachetée, portant pour suscription :
- Soumission pour Vcntreprise de rétablissement et de Vex-»
- ploitation d'un réseau téléphonique dans la ville de Ter-
- monde et les villes et communes environnantes.
- Dans le deuxième cas, les soumissions devront être renfermées dans une enveloppe cachetée, avec suscription conforme à la précédente. Une seconde enveloppe devra recouvrir la première et porter l’adresse suivante :
- A Monsieur l'Ingénieur en Chef Directeur des Télégraphes', station du Nord, à Bruxelles.
- Les concurrents qui feront usage 'de la soumission du modèle A indiqueront exactement, en toutes lettres, le tantième pour cent de rabais qu’ils offrent sur les chiffres maxima fixés par l’art, g du Cahier des charges annexé à la loi du 11 juin 1883.
- Ceux qui soumissionneront dans la forme du modèle B, détailleront la combinaison particulière de péages qu’ils proposent, dans les limites maxima stipulées audit article 9.
- Chaque soumission ne pourra comprendre qu’une seule proposition ou combinaison (>).
- (1) L'appréciation comparative des olTres suivant le modèle B, sera fondée sur la population des diverses communes de la concession-au 3i décembre 1884 et sur la distance du centre de l’agglomération de chacune d’elles au bureau d’échange le plus rapproché; 011 admettra aussi, le cas échéant, un nombre moyen de deux appels quotidiens pat-habitant.
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- Toutes les soumissions qui ne seraient point dans la forme d’un des modèles annexés ou qui renfermeraient des conditions contraires à celles stipulées au Cahier des charges et au présent avis, pourront être rejetées. Il en sera de môme des offres auxquelles les soumissionnaires auraient négligé de joindre la reconnaissance de dépôt du cautionnement préalable, ou auxquelles il serait annexé des valeurs destinées à tenir lieu de cette reconnaissance.
- Au jour et à l’heure fixés par M. le Ministre des Chemins de fer, Postes et Télégraphes, le Conseil se réunira dans la salle d’adjudication, qui sera ouverte au public. Lorsque tous les concurrents présents à la séance d’adjudication auront déposé leurs soumissions dans la boîte à ce destinée, le Directeur des Télégraphes, ou son délégué, chargé de présider à l’adjudication, assisté d’un autre fonctionnaire de l’Administration, déposera également dans la boîte les soumissions qui lui auraient été adressées directement.
- Après ce dernier dépôt, nul ne sera plus admis à déposer de. soumission et il sera procédé immédiatement au dépouillement des plis renfermés dans la boîte.
- Le Président du Conseil d’adjudication rompra le cachet de chacun de ces plis et proclamera, à mesure de leur ouverture, les noms des concurrents et les prix auxquels ils s’engagent à exploiter.
- S’il arrive qus plusieurs soumissionnaires aient stipulé le même rabais, et que ce rabais soit le plus fort, ils seront invités, s’ils sont présents, à déposer immédiatement par écrit de nouvelles offres.
- Si cette seconde épreuve laisse subsister une parité de prix, ou si les deux plus bas soumissionnaires ne sont pas présents, il sera procédé, séance tenante, à un tirage au sort.
- Le Ministre aura, dans tous les cas, la faculté d’ordonner une réadjudication, ou de déclarer adjudicataire celui que le sort aura désigné.
- Les nouvelles offres de rabais pourront être rédigées sur papier libre, sauf à être visées pour timbre, dans les 24 heures, aux frais des concurrents.
- Le Ministre des Chemins de fer, Postes et Télégraphes se réserve le droit, si les offres ne lui paraissent pas acceptables, de ne donner aucune suite à l’adjudication, d’en ordonner une nouvelle ou de prendre telle autre mesure qu’il jugerait convenable. Il statuera dans les six semaines qui suivront la date de l’adjudication.
- Art. 8.
- Tout particulier concessionnaire doit faire élection de domicile en Belgique,
- Toute société concessionnaire est tenue d’avoir son siège social en Belgique.
- Des exemplaires du Cahier des charges et du présent Avis sont à la disposition des amateurs au Ministère des Chemins de fer, Postes et Télégraphes (Direction des Télégraphes, 20 bureau, station du Nord, à Bruxelles) et
- au Bureau central des Renseignements, rue des Augus-tins, 17, à Bruxelles.
- Bruxelles, le i5 janvier 1886.
- Le Ministre des Chemins de fer, Postes et Télégraphes,
- J. Vandenpeereboom.
- Au cours de la séance du 25 janvier de la Chambre des communes, sir H. Fyler a parlé des accidents arrivés aux fils télégraphiques et téléphoniques pendant la dernière tourmente de neige, ainsi que des dégâts qui en étaient résultés.
- Il désirait savoir si le gouvernement présenterait bientôt un rapport à ce sujet et si on avait pris des mesures pour empêcher le renouvellement d’accidents de ce genre qui constituent un danger pour tous ceux qui passent dans les rues.
- Lord J. Manners a. répondu qu’il s’était déjà occupé de la question et qu’il était heureux: de pouvoir déclarer, tout d’abord, que personne n’avait été blessé par les fils de l’administration des télégraphes.
- Depuis plusieurs années, le gouvernement s’occupe de remplacer les fils aériens du département par d'es fils souterrains tant à Londres que dans les autres grandes villes. L’orateur ajoute, que la longueur des fils du département dans la capitale était de 9,832 milles dont g,oo5 ou à peu près 11/12, étaient sous terre.
- Dans les quartiers est et ouest du centre qui comprennent la moitié de la ville, il n’y a que 44 milles de fils aériens appartenant au gouvernement; une Commission a été nommée pour étudier un projet de loi sur le contrôle des fils télégraphiques, téléphoniques et autres, cette Commission a fait un rapport dont les conclusions n’ont cependant pas été adoptées, jusqu’ici.
- Au Canada, où cependant les arbres ne manquent pas, les poteaux en bois des lignes télégraphiques sont, en ce moment, remplacés par des poteaux en fer.
- L’Allemagne vient d’adopter cette mesure.
- Quant à la Suisse, il y a longtemps que cette substitution a eu lieu.
- Que diraient les vieux ingénieurs de notre administration, si on leur faisait pareille proposition pour nos lignes télégraphiques ?
- La Corée qui, en 1884, ne possédait qu’un seul bureau télégraphique desservi par un câble aboutissant à Nagasaki a été pourvue en i885 d’un réseau intérieur relié aux lignes terrestres de la Chine et ayant une longueur de plus de 400 milles.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Électrique, 3i, boulevard des Italiens. Paris. — I.. Barbier.
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d}Electricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- Secrétaire de la Rédaction : B. Marinovitch
- 8« ANNÉE (TOME XIX) SAMEDI 6 MARS 1886 N» 10
- Auguste GUEROUT
- Nous avons la douleur d’annoncer la mort de notre Secrétaire de la Rédaction, Auguste Guerout, décédé au hameau de Sainte-Croix-Montivil-liers (Seine-Inférieure), le 28 février, après une longue et cruelle maladie.
- Bien que notre pauvre ami ait été enlevé à un âge où, pour la plupart des hommes, l’avenir s’ouvre encore plein de promesses, on peut dire de sa vie qu’elle-a été bien remplie.
- Après avoir brillamment terminé en France ses études universitaires, un goût prononcé pour les sciences physiques le conduisit d’abord à Gœt-tingue, où il suivit les cours du professeur Wœhler, puis à Manchester, où il fit un stage pratique dans la grande usine de produits chimiques de M. Grâce Calvert.
- Ce séjour à l’étranger eut le double avantage d’asseoir sur une base solide ses connaissances techniques et de le familiariser avec l’usage des langues allemande et anglaise.
- De retour à Paris, il entrait comme préparateur au laboratoire d’Antoine-César Becquerel, et il ne quittait cette excellente école que pour prendre un emploi dans la maison Ruhmkorf.
- Entre temps il collaborait à La Lumière Électrique, et bientôt ses articles justement remarqués engagèrent notre Directeur à lui offrir la place de Secrétaire à la Rédaction du Journal.
- Cette situation, qu’il acceptait à la fin de l’année 1880, il l’a conservée jusqu’à sa mort; elle lui plaisait, et, par le caractère particulier de son érudition, il était certes, plus que tout-autre, propre à dignement l’occuper.
- Son esprit et môme sa personne étaient marqués, tous deux, au coin d’une originalité bien tranchée. Nature d’amateur, il aimait surtout à s’enquérir du détail des choses, et cette curiosité, jointe à une grande puissance de travail, avait fait de lui l’historien anecdotique par excellence des inventions de ce siècle.
- Sa mémoire était un livre précieux que tous nous nous plaisions à consulter et que toujours nous consultions avec profit.
- Il en a détaché quelques pages charmantes pour les donner à ce Journal, auquel il s’était entièrement consacré. Mais, hélas! la mort a fait son œuvre et ne lui a pas laissé le temps d’aller jusqu’au bout.
- Caractère droit et bienveillant, prodiguant dans une causerie aimable les richesses de son érudition, comme s’il eût senti que sa vie serait trop courte pour qu’il en pût faire un monument durable, enjoué, même parmi les souffrances d’une lente agonie, Guerout avait su se concilier l’estime et l’affection de tous ceux qui l’approchaient.
- Sa mort est une véritable perte pour le journal La Lumière Électrique ; elle laisse, dans nos cœurs, un vide difficile à combler.
- LA RÉDACTION.
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- SOMMAIRE
- Auguste'Guerout; La Rédaction.
- Marcel Deprez à l’Institut; Cornélius Her\.
- La Sténo-Télégraphie; E. Meylan.
- Du rôle de la tension superficielle dans les phénomènes physiologiques ; M. Leblanc.
- Application de l’électricité à l’étude du mouvement spontané des liquides dans les tubes capillaires (4e article) ; C. Decharme.
- REVUE DES TRAVAUX RECENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Vérification expérimentale de la loi de Verdct, dans les directions voisines des normales aux lignes de force magnétiques. — Note présentée à l’Académie des Sciences, par MM. A. Cornu et A. Potier.
- Sur l’emploi fait, à la fonderie de Ruelle, des machines dynamo-électriques au transport de la force. — Note présentée à l’Académie des Sciences par M. Jurien de la Gravière.
- Le téléphone mécanique.
- Relations entre la force électro-motrice directe et la force contre-électro-motrice ; par H. S. Carliart.
- Galvanomètre pour la mesure des faibles courants, par M. F. Kohlrausch.
- De la production électro-métallurgique de l’aluminium et de ses alliages, par E.-H. Confies.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES DE L'ÉTRANGER
- Allemagne ; D1' H. Michaëlis. — Angleterre ; J. Munro. — Autriche ; ./. Kareis.
- CHRONIQUE
- François Arago ; P. Clemenceau.
- L’éclairage électrique des phares.
- BIBLIOGRAPHIE
- Kalender für Elektrotechniker. — Formulaire de l’ingénieur électricien, par MM. V.-A. Nip-poldt et F. Uppenborn ; O. Kern.
- FAITS DIVERS
- Eclairage électrique. *— Télégraphie et Téléphonie.
- MARCEL DEPREZ A L’INSTITUT
- Le icr mars 1886, notre collaborateur Marcel Deprez a été nommé membre de l’Académie des Sciences,
- Les remarquables travaux de Marcel Deprez sur le transport et la distribution de l’énergie électrique, poursuivis depuis plusieurs années avec une constance qui devait en assurer le succès, créaient au nouvel académicien des titres d'une valeur exceptionnelle.
- On doit également à Marcel Deprez de nombreuses inventions en mécanique, parmi lesquelles il faut surtout citer :
- Un appareil de distribution à un seul tiroir, sans excentrique, à coulisse droite ; un mécanisme de distribution (dit système elliptique), qui, essayé au chemin de fer du Nord sur une locomotive, permit de réaliser 20 0/0 d’économie; un indicateur de pression fondé sur un principe nouveau; un instrument permettant d’obtenir par une simple lecture l’aire, le centre de gravité, le moment d’inertie d’une figure plane ; un appareil destiné à enregistrer la loi de la pression des gaz de la poudre dans les bouches à feu ; plusieurs indicateurs de vitesse ; un dynamomètre de traction ; un appareil permettant de composer plusieurs mouvements sur un point, etc., etc.
- La consécration que l’Académie des Sciences vient d’accorder à l’œuvre de Marcel Deprez, nous donne une satisfaction des plus légitimes.
- Comme nos amis, Adrien Hébrard, Jules Bapst, .Paul Dalloz, Jacques de Reinach, Léon Chabert, associés dès la première heure aux efforts ét aux luttes, nous avions toujours été convaincu que les nouvelles vérités scientifiques proclamées par Marcel Deprez s’affirmeraient un jour d’une manière victorieuse; aujourd’hui nos prévisions se sont réalisées et nous sommes heureux d’avoir pu, dans la mesure de nos forces, contribuer à en assurer le succès.
- A l’illustre savant Bertrand l’honneur d’avoir, le premier, reconnu la valeur scientifique de Marcel Deprez.
- A Alphonse de Rothschild le mérite d’avoir entrepris les grandioses expériences de Creil-Paris, avançant ainsi la réalisation pratique du transport et de la distribution de l’énergie électrique, qui modifieront d’une façon absolue l’in-1 lustrie dans le monde entier.
- Cornélius HERZ
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ 4*5
- LA
- STÉNO-TÉLÉGRAPHIE
- M. G.-A. Cassagnes désigne sous ce nom de Sténo-Télégraphie, un système télégraphique nouveau basé sur la combinaison de la sténographie mécanique et de la télégraphie; on peut dire si Ton veut, que ce système est à la télégraphie ordinaire ce que la sténographie est à l’écriture.
- Il y a longtemps déjà que son inventeur, frappé des résultats fournis par la machine Michela chercha à ajouter aux avantages de le sténogra-
- phie mécanique, ceux de la transmission électrique à distance.
- Après des tentatives diverses, M. Cassagnes est arrivé à combiner, au moyen d’une série d’appareils appropriés, la sténographie’mécanique et la télégraphie, en un système complet, visant à augmenter dans une large mesure le rendement des fils, tout en n’exigeant qu’un personnel restreint.
- Scs appareils ont déjà subi l’épreuve de l’expér rience en ligne, et les résultats de celle-ci sont assez concluants, nous semble-t-il, pour que le public soit mis aujourd’hui au courant d’un système dont il peut avoir à se servir demain.
- Nous nous proposons de donner ici, grâce à l’obligeance de M. Cassagnes, qui a bien voulu
- FIG. 3. — A, roue phonique; i, 2, 3, contacts isolés, en communication avec les bornes a, a, a, et avec les touches correspondantes. — F, axe de la roue, mobile avec clic et sur lequel est fixé le frotteur. — Q, cuvette en bois faisant partie de la roue et remplie de mercure forman t volant. — T, borne faisant communiquer le frotteur à la ligne. — E,E, élcctro de la roue. — H,H, élcctro du diapason B. — SS, réglage des pôles de l’électro. — c, contact (invisible).
- nous communiquer les notes et dessins nécessaires, une idée sommaire du principe de la sténographie mécanique Michela/ la description des appareils employés pour la transmission et la réception des signes sténographiques, ainsi que les résultats auxquels l’emploi de cette méthode permet d’arriver.
- Le système sténographique de Michela, ainsi que la machine qui s’y rattache sont déjà connus par diverses communications (-); nous dirons seulement qu’il décompose les mots en leurs sons phonétiques, représentés graphiquement par les combinaisons d’un très petit nombre de signes différents.
- La machine qui sert à noter, à l’audition di-
- (') Adoptée officiellement depuis 1880, par le Sénat Italien.
- (2) Voir en particulier la communication de M. Cassagnes à la Société d’Encouragemcnt du u mars 1881.
- recte ou à la lecture, la parole ou l’écriture ordinaire en caractères sténographiques, se compose principalement d’un clavier, formé de vingt touches, et de vingt poinçons correspondants.
- Chaque fois qu’on abaisse une touche ou une combinaison de touches, les poinçons correspondants, portant en relief les caractères, sont soulevés et impriment ces derniers sur une bande de papier; au moment où les touches abaissées se relèvent, la bande de papier avance de la longueur d’un interligne.
- On obtient donc ainsi la représentation graphique des syllabes, dans n’importe quelle langue, sous forme d’une série de caractères groupés en lignés horizontales sur une bande de papier.
- Il paraîtrait que la lecture de ces bandes sténographiques n’exige qu’un apprentissage assez courte une quinzaine de jours ; quant au maniement du clavier, l’apprentissage est nécessaire-
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- •ment plus long à cause de la dextérité manuelle à acquérir; on peut arriver déjà à sténographier i5omots par minute après quatre à cinq mois, et 200 mots après huit mois (*).
- Pour réaliser maintenant la sténo-télégraphie, il suffirait de se représenter cette machine séparée en deux parties; l’une comprenant l’organe de - anipulation, le clavier, resterait à la station de •départ, tandis que les 20 poinçons imprimeurs, actionnés électromagnétiquement, se trouveraient à la station de réception.
- En réalité ce n’est pas aussi simple; une condition essentielle, l’emploi d’un seul fil de ligne, oblige à ne laisser au clavier que le simple rôle de clef multiple de contacts, et à faire usage d’appareils spéciaux pour distribiier et recevoir les courants électriques.
- Le problème ainsi posé : faire parvenir, des courants provenant du jeu de divers contacts à des appareils correspondant à chacun d’eux, au moyen d’un seul fil de ligne, ne comporte actuellement que fort peu de solutions. L’une des plus
- -l'I'M'K-
- Pile locale
- Courants correcteurs
- satifaisantes consiste dans l’emploi d’un système quelconque de distributeur et dé récepteur à mouvements synchroniques.
- M. Cassagnes a fait usage dans l’appareil actuel, de l’un des plus remarquables, la roue phonique de M. Paul la Cour, de Copenhague, un appareil décrit déjà plusieurs fois dans ce Journal.
- Nous indiquerons d’abord la disposition tout à fait schématique du système sténo-télégraphique, et nous aurons l’occasion de revenir plus loin au sujet des dessins des appareils et de la question
- (') La machine sténographique Michela a été, du reste, expérimentée avec succès devant les Bureaux des deux Chambres et du Conseil Municipal de Paris.
- du rendement, sur certains points particuliers-
- Les figures 2 et 3 représentent les postes de transmission et de réception.
- Les 20 touches du clavier GC du poste de transmission servent à établir la communication des deux pôles des piles de ligne PP' alternativement avec chacun des 20 contacts isolés du distributeur D.
- Le frotteur F, en communication avec le fil de ligne, est monté sur l’axe de la roue phonique A, dont le mouvement uniforme est entretenu par les attractions périodiques de l’électro E; ce dernier étant parcouru à chaque -vibration de l’électro-diapason B par un courant provenant de la vile locale P„.
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- Les vibrations du diapason sont entretenues parles aimantations et désaimantations successives de l’électro-aimant H , produites par la pile P,t Le circuit pointillé SS représente un shunt de grande résistance, empêchant toute rupture complète des circuits des piles, et évitant ainsi la production d’étincelles désastreuses pour les contacts ce; ces shunts ont été remplacés par un dispositif spécial qui donne les meilleurs résultats. - Le poste récepteur '(fig. 3) comporte également une roue phonique A', entraînant un frotteur F',
- sur une série de 20 contacts isolés correspondant à ceux de la roue A, le maintenant dans un mouvement parfaitement synchronique avec celui du frotteur F.
- Les défauts de synchronisme qui pourraient se produire sont corrigés à chaque tour (et en réalité plusieurs fois par tour) au moyen de courants correcteurs fournis également par les piles de ligne.
- Ces courants ont pour but d’introduire ou de supprimer, au moyen du relais correcteur r, une résistance extérieure dans le circuit de l’élec-
- & & £>4. & IL ü.èL& JLS»
- Courant correcteur
- Reh/s correcteur
- Rhéostat
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- Pile locale
- tro H', ce qui augmentera ou diminuera la rapi- ; dité de vibration du diapason B'.
- 'Comme on le voit, le distributeur porte deux contacts correcteurs en relation run avec le pôle +, l’autre avec le pôle — de la pile de ligne PP', tandis que le récepteur n’en a qu’un, en connexion avec le relais r et placé dans la position symétrique, par rapport aux deux premiers.
- Dans le cas du synchronisme parfait, deux courants successifs ont lieu, produisant un battement rapide du relais correcteur,sans aucun effet durable.
- Au contraire, dans le cas d’une légère différence angulaire dans la position des frotteurs, un seul courant a lieu, corrigeant la vitesse du diapason B' dans le sens voulu.
- Chacun des contacts de D' est en communication avec les bobines d’un relais polarisé, de polarité différente, suivant le sens du courant qui doit le traverser, et tel que celui-ci fasse appuyer l’armature contre le butoir v, de manière à fermer le circuit local de la pile P'3.
- L’imprimeur I comprend 20 poinçons portant les- signes sténographiques et correspondant aux 20 touches du clavier; chacun de ces poinçons peut être pressé contre la bande de papier, par l’action de l’armature de l’électro-aimant correspondant; les bobines des 20 électro-aimants e, e, e, se terminent d’une part à la borne V, et, d’autre part, aux butoirs v4, v2, v3, vA des relais.
- Le système décrit ainsi dans ses parties princi-
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- pales, voyons maintenant quelles seront les séries de courants et de mouvements correspondants qui vont suivre l'abaissement d’une combinaison quelconque des touches du clavier.
- Une ligne sténographique correspond à rabaissement d’un certain nombre de touches, 12 au maximum. Supposons, par exemple, que les trois touches, 3, 4, 6, soient abaissées; au moment où le frotteur F arrive sur le contact 3, F'est sur 3'; -un; courant traverse la ligne et amène l’armature du relais R;t sur le butoir v.t; la pile F3 est fermée à travers l’électro <?., et le poinçon p:i vient imprimer son caractère contre la bande de papier enroulée autour de G, et passant au-dessus des poinçons.
- L'instant d’après, les frotteurs atteignent les contacts 4, 4'; 6, 6'. La pile P'3 est de nouveau fermée à travers eA, efi, ce qui amène le soulèvement des poinçons p/t, p(i, la bande de papier restant fixe pendant l’impression de la ligne sténo-télégraphique.
- En ce moment l’impression de la ligne est terminée; on a reproduit sur le papier la combinaison des touches abaissées.
- Ces relais sont rappelés à l’aide de courants locaux; quand le dernier des relais de la combinaison est rappelé, aucun courant ne traverse plus le circuit de P':i, et, à ce moment, l’armature d'un électro M, également contenu dans ce circuit, est abandonnée, et, sous l'action d’un ressort antagoniste, imprime à une roue dentée un mouvement de une dent, ce qui fait avancer le papier de l’intervalle correspondant à l'interligne (’).
- Le système se retrouve donc au point de départ, et une nouvelle combinaison de touches abaissées donnera lieu, au second tour des frotteurs, à une deuxième ligne sténographique.
- Il est bien entendu qu’après chaque émission de courant la ligne se trouve mise à la terre par le mouvement meme des frotteurs.
- Tel serait le jeu de l'appareil le plus simple possible; mais, dans sa réalisation pratique, l’inventeur a été conduit à de nombreuses modifications permettant surtout d’accroître le rendement.
- Au lieu d’avoir les 20 contacts répartis sur la circonférence entière des roues, on peut les supposer groupés en secteurs, la meme roue en portant un certain nombre, 2 ou 3.
- De cette manière, la formation et l’expédition d’une ligne sténographique pourra se répéter deux
- ou trois fois pendant un tour, soit ali moyen d’un seul clavier dont les touches seraient réunies chacune à deux ou trois contacts, soit en ayant plusieurs claviers indépendants réunis chacun aux contacts de leurs secteurs respectifs.
- Une autre modification résulte de l’observation que, certaines combinaisons de touches n’ayant jamais lieu, certains couples de touches consécutives peuvent avoir un contact commun.
- Gomme ce sont toujours des touches consécutives que l'on n’a pas à combiner entr’elles par le jeu du clavier, elles transmettent à leur contact commun tantôt des courants positifs, tantôt des courants négatifs, et il suffira qu’au récepteur les contacts correspondants soient reliés à deux relais de polarités différentes (').
- On peut ainsi réduire les contacts à 12 par secteur, ce qui permet, pour une meme vitesse angu-
- fig. 4. — relais polarisé. — v butoir de travail, v' butoir de repos
- laire des frotteurs et un même nombre de secteurs, d’augmenter la durée des émissions.
- En fait, ces deux quantités, d’où dépend seul le rendement théorique de l’appareil, sont, pour les grandes lignes, absolument dépendantes des conditions physiques de celles-ci.
- Or, les expériences faites en lignes ont montré que jusqu’à 5oo kilomètres la limite était de (*)
- (l) Ce système d’avancement de la bande de papier n’est plus utilisé dans les derniers appareils.
- (*) C’est-à-dire fermant le circuit local de la pile P'3, l’un pour un courant positif, l’autre pour un courant négatif.
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- 3 tours par seconde, avec des roues à 3 secteurs ; pour de plus grandes distances (1), on doit réduire à 2 le nombre des secteurs, ou bien prendre,une roue à 3 secteurs avec une vitesse de 2 tours.
- Le rendement théorique maximum du système est déterminé par ces. conditions; on aura donc, pour les lignes ordinaires, la possibilité de transmettre 9 lignes sténographiques par seconde, soit
- ' 540 par minute, et, pour les grandes distances, 36o.
- Dans le système Michela, le rapport entre le nombre de lignes sténographiques et celui des mots qu’elles représentent, est de 80/100 environ; donc, le système sténo-télégraphique permettra, d’envoyer au maximum 0,8x540, soit 432 mots par minute sur les lignes ordinaires, et 288 mots sur lés grandes lignes.
- FIG. 5. — c, c, e, électro-aimants des poinçons/1,/?, (cachés par la partie centrale). — fifé* armature soulevant les poinçons* et les appliquant contre la bande de papier .K,K par 1 intermédiaire du ruban L,, imbibé d’encre. —• bornes et fils reliant le butoir de travail de chaque relais à
- 1 une des extrémités des électros c. —— M, électro-aimant insère également dans le circuit des élcctros e et produisant par l’abandon de I armature a 1 avancement d une dent de X, et par suite du papier à la fin de la réception d’une ligne sténo-télégraphique. —* V, borne à laquelle aboutissent les extrémités des fils de tous les électros e, et en communication avec la pile locale P3', — Y, Z, engrenage assurant un déplacement lent du ruban imbibé L. *
- Les expériences ont été faites au Ministère des Postes et Télégraphes. Dans une première série, les deux postes étaient dans la même salle, mais avec des terres différentes, et, les fils d’aller et de retour n’étant pas sur les mêmes poteaux; nous relevons les expériences suivantes :
- Cinquième expérience. — Paris-Le Havre et
- (i) Paris-Toulouse, 690 kilomètres ; Paris-Montpellier, 753 kilomètres; Paris-Marseille, 8G3 kilomètres.
- retour, circuit de 468 kilomètres, dont 28 souterrains ; résistance, 3,5oo ohms. — Pile 100 Cal-laud.
- Neuvième expérience. — Paris-Dijon et retour, 63o kilomètres, dont 35 souterrains. — Pile 100 Callaud.
- Dans la seconde série d’expériences, l’appareil transmetteur était à Lille et le récepteur à Paris.
- Deuxième expérience. — Paris-Lille par Mantes, Rouen, Amiens, Béthune, 410 kilomètres; résistance, 4, ïoo ohms.
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- Quatrième expérience. — Paris-Lille, fil souterrain de 282 kilomètres; résistance, i,5oo à 1,600 ohms.
- Dans cette dernière expérience, la vitesse était réduite de moitié.
- Cinquième expérience. — Paris-Lille par Châ-lons, Bar-le-Duc, Nancy, Longuyon, Mézières, 770 kilomètres, dont 210 en fil de 5 millimètres et 56o en fil de 4 millimètres ; résistance, 6,900 ohms environ (plus grande que celle de Paris-Marseille en fil de 5 millimètres).
- Les résultats de ces expériences ont été très satisfaisants au point de vue du synchronisme et de la netteté des signaux ; quant au rendement, il n’était pas possible, dans les conditions de la manipulation, d’obtenir dans ces circonstances les chiffres donnés plus haut.
- Nous avons dit que, à chaque tour, la roue à 2 secteurs, par exemple, permettait l’expédition de 2 lignes sténographiques par tour correspondant à environ 280 mots par minute ; mais, d’un autre côté, un employé au clavier ne peut produire que 200 mots à la minute ; il faudrait donc 2 claviers, et il faudrait que les deux employés ne laissent passer aucun contact, c’est-à-dire suivent exactement la cadence.
- En réalité ce n’est guère possible, et l’employé capable, avec ' un clavier ordinaire, de sténographier 200 mots à la minute, ne peut, gêné par la cadence, en transmettre qu’un nombre moins élevé.
- Ceci nous amène naturellement au dernier perfectionnement, ou complément, que M. Cassagnes a apporté à son appareil, et qui doit permettre de réaliser les rendements indiqués ci-dessus.
- Ce nouvel organe, c’est le perforateur auto matique; le jeu des touches, au lieu d’établir simplement les contacts, produit mécaniquement une bande où tous les signes, à leurs places respectives, sont représentés par des trous.
- Cette bande entraînée par un mouvement réglé électriquement par la rotation même du frotteur de la roue, produit alors aux moments voulus les émissions de courants.
- Par l’emploi du système ainsi complété, et avec la roue à 3 secteurs et à 3 tours par seconde, on arrive alors à ce rendement énorme de 400 mots à la minute, en nombre rond, soit 24.000 mots à l’heure; pour donner une idée de cette rapidité de transmission nous dirons seulement que 24.000 mots correspondent, en moyenne, à 18 colonnes du Figaro et à 10 colonnes du Times.
- Il est bien entendu que chaque secteur peut servir aussi bien à la réception qu’à la transmission, et que le rendement représente le nombre total des mots envoyés dans l’un ou l’autre sens ; on peut, par exemple, transmettre sur deux secteurs et recevoir sur le troisième, suivant les besoins des deux stations.
- Enfin le système comporte naturellement la disposition en « duplex ».
- Avant de laisser de côté cette question du rendement, nous voudrions encore la présenter sous un point de vue spécial, qui montre bien à quelles causes tient la supériorité de la sténo-télégraphie.
- Il va sans dire que les chiffres que nous donnerons ici ne représentent qu’un côté de la question, et ne suffisent pas pour déterminer la valeur comparative des systèmes visés.
- Comparons la sténo-télégraphie, le système Baudot et le système Morse (à distribution automatique si l’on veut), uniquement au point de vue de la surcharge de la ligne par les courants successifs; nous admettons que dans les trois cas, on se place au moment de la combinaison la plus défavorable à cet égard, puisque c’est celle-là qui en définitive limite la rapidité de transmission (1).
- i° Sténo-Télégraphie. — Le maximum du nombre de courants envoyés (positifs et négatifs) correspondant à une ligne sténographique est de 12, et une ligne correspond en moyenne à 0,8 mot; donc, dans ce cas, un courant correspond à 0,067 mot-
- 20 Baudot. — 12 émissions de courants correspondent à 2,5 lettres (puisque chaque lettre correspond aux combinaisons de cinq courants) soit à 0,4 mot (3) (sans compter une fraction pour les blancs), donc un courant correspond à o,o33 mot.
- 3° Pour le Morse, il n'y a pas de maximum à considérer; on trouve qu’en moyenne, un courant (trait ou point) correspond à 0,06 mot; cette grande valeur tient à ce qu’on dispose de deux sortes de courants, mais dans ce cas ce chiffre est trompeur, parce qu’il faut nécessairement une durée d’émission moyenne plus longue pour n
- (>) La question comme nous la traitons ici, suppose que dans tous les systèmes, les mises à la terre sont telles qu’une décharge complète a toujours lieu, sinon ce seraient plutôt les combinaisons qui donnent lieu au plus grand nombre de courants successifs de même sens qui limiteraient la rapidité de transmission.
- ('-) En comptant G,5 lettres par mot.
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- courants Morse inégaux que pour n courants égaux en durée.'
- Si d’un autre côté nous calculons la manipulation moyenne des claviers (ou avec transmission automatique la moyenne des contacts à établir) nous avons trouvé que pour io lignes du Matin, on avait :
- Sténo-télegraphie :+5o signes sur la bande sté-nographique, correspondant à +5o abaissements de touches (ou établissements de contacts automatiques).
- Baudot ; Les io lignes correspondent à l’émission de 1200 courants positifs (les seuls qui demandent un abaissement de touches).
- Morse : Les mêmes io lignes, traduites en alphabet, correspondent à i ooo traits et points.
- On voit immédiatement que l’avantage de la sténo-télégraphie résulte du petit nombre d’émissions nécessaires pour la transmission des signaux.
- Nous ne croyons pas nécessaire d’insister beaucoup sur les services que la sténo-télégraphie peut rendre dans le cas des transmissions rapides, soit dans les transmissions télégraphiques ordinaires, sur les lignes à grand trafic, soit dans certains cas spéciaux, comme par exemple pour la transmission in extenso des délibérations des assemblées politiques et financières, et des articles de journaux, des ordres de bourse, etc.
- Son emploi sur les lignes très chargées permettrait probablement de réaliser des économies sur le service, et, par suite, un abaissement des tarifs.
- Il convient d’ajouter que la sténo-télégraphie ne donne pas lieu (sans réduction de vitesse) à des bandes orthographiées correctement, mais il est certain que l’inconvénient n’est guère à redouter que pour les dépêches laconiques.
- Mais, avec un tarif moins élevé, les dépêches pourraient être moins condensées, et, en tout cas, cet inconvénient disparaît pour les articles de journaux, discours, etc.
- ’ Dans le cas d’un service de presse, la transcription des dépêches en caractères ordinaires n’est même pas indispensable, et les journaux et administrations qui feront usage de la sténo-télégraphie pourront avoir à leur service des compositeurs capables d’employer les bandes connue manuscrit.
- * La télégraphie a été établie en premier lieu en Angleterre et développée aux Etats-Unis; la sténo-télégraphie est une invention française :
- espérons que la première application en sera faite sur nos lignes.
- Tout en reconnaissant combien, en cette matière surtout, les droits acquis ont de valeur, et. combien il est difficile de modifier un état de choses existant, nous voulons espérer cependant que des essais d’exploitation seront tentés, une fois que les résultats définitifs auront été acquis.
- Eug. Meylan.
- DU ROLE DE LA
- TENSION SUPERFICIELLE
- DANS LES PHÉNOMÈNES PHYSIOLOGIQUES
- AVANT-PROPOS
- Ayant eu à discuter certaines expériences sur le rendement des animaux considérés comme machines, j’ai été conduit à rechercher de quelle façon s’opérait chez eux la transformation de chaleur en travail. Tel a été le but de l’étude que je publie aujourd’hui. Dans ce qui suit, j’ai tâché de résumer les principaux faits acquis jusqu’à présent, et de les grouper, autant que possible, en un corps de doctrine.
- N’étant pas physiologiste moi-même, je me suis adressé aux sources les plus sûres ('), pour arriver à la connaissance de ces faits. Je dois remercier ici M. d’Arsonval des renseignements personnels qu’il a bien voulu me communiquer et qui m’ont été du plus grand secours dans le travail de synthèse que j’ai entrepris. Je conserve néanmoins la responsabilité des opinions que je vais exprimer.
- I
- DU PROTOPLASMA
- La vie se manifeste indépendamment de toutè forme et réside dans une substance spéciale à laquelle on a donné le nom de protoplasma.
- Il est établi aujourd’hui que la vie peut se ma-
- (') Les Sciences physiques en Biologie, série d’articles publiés dans ce journal par M. d’Arsonval. — Traités de Physiologie de Béclart, Kuss et Matias Duval. — Leçons >ur le système musculaire, d « Ranvier.;...
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- LA L UM 1ÈRE ËLEC TRIQ UE
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- nifester indépendamment de toute forme, et qu’elle réside dans une matière spéciale analogue à l’albumine, à laquelle on a donné le nom de protoplasma.
- Cette substance est complètement amorphe, et on peut s’en procurer d’aussi grandes quantités que l’on veut. M. d’Arsonval indique en particulier la fleur du tan, sorte de mucilage renfermant des grumeaux de protoplasma. D'un autre côté, MM. Berthelot et Schutzemberger pensent être à la veille de pouvoir reproduire directement par synthèse l’albumine, c’est-à-dire la substance vitale.
- Si l’on considère un de ces grumeaux de protoplasma, on voit que :
- i° Il est susceptible de se déformer spontanément sous l’influence des excitations extérieures, et de se mouvoir. Ainsi il marche vers la lumière. Si on examine un liquide renfermant un grand nombre de grumeaux, et si on le fait traverser par un courant électrique, ils s’orientent tous suivant la direction du courant.
- En un mot, toute action physique ou chimique exercée sur le milieu qui le contient détermine : soit des variations de forme, soit des mouvements chez ces globules.
- 2° Le protoplasma mange, digère et se développe, au détriment de ses aliments : on constate, en effet, que si un globule de protoplasma rencontre un grain d’amidon, il se creuse une cavité au point de contact; le globule entoure le grain et celui-ci disparaît. Si le grain renferme des substances non susceptibles d’être assimilées, elles sont rejetées par un mécanisme inverse du précèdent. En même temps le volume du globule augmente.
- 3° Le protoplasma se reproduit. On voit le globule primitif s’accroître constamment, puis se sectionner en d’autres globules.
- 4" Le protoplasma meurt et se décompose en matières grasses et en une matière azotée soluble douée à son tour de propriétés très-remarquables et que nous signalerons à propos des fermentations.
- Examen successif des differentes propriétés du protoplasma.
- Voici les principales propriétés qu’on peut considérer comme caractérisant la vie et qui appartiennent au protoplasma.
- Sans prétendre les expliquer, on peut cepen-
- dant les comparer à certains phénomènes physiques.
- i° Les variations de forme et les mouvements observés dans les globules du protoplasma paraissent dus à de simples variations de tension superficielle.
- Il y a une dizaine d’années que M. Lippmann a
- FIG. I
- découvert une nouvelle classe de phénomènes renfermés dans les deux lois suivantes.
- Si l’on considère un fluide quelconque limité par une surface déterminée :
- i° On ne pourra pas déformer sa surface, sans dépenser un certain travail mécanique.
- 2° Réciproquement, toute action physique
- FIG. 3
- exercée sur le milieu ambiant amènera une variation de la forme de cette surface.
- On peut aisément vérifier ces lois, comme l’a fait M. Lippmann, par l’expérience suivante :
- a est un entonnoir à extrémité effilée; il est rempli de mercure que retient la capillarité.
- L’entonnoir plonge dans une cuve d’eau acidulée b, qui s’élève par la pointe jusqu’au contact du mercure.
- Enfin, la surface supérieure du mercure est aussi recouverte d’eau acidulée.
- i° Si on vient à mettre en relation avec les
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- pôles d’une pilep l’eau de la cuve et celle qui recouvre le mercure de l’entonnoir, on voit immédiatement le ménisque inférieur changer de forme et s’élever ou s’abaisser dans la pointe.
- 2° Si l’on substitue à la pile p un galvanomètre et si l’on vient à déformer mécaniquement la surface libre du mercure, on constate la production d’un courant électrique lors de chaque déformation.
- L’explication de ces phénomènes est très simple et a été donnée complètement par M. Lipmann.
- En voici le principe :
- On sait depuis Yolta qu’il y a toujours établissement d’une différence de potentiels électriques le long de la surface de contact de deux corps hétérogènes.
- L’électricité libre répandue par suite, à la surface de tout corps de la nature, emmagasine une certaine énergie de position et détermine de nouvelles forces dont on doit tenir compte, en même temps que des autres forces intérieures ou extérieures qui agissent sur les points du corps, si l’on veut déterminer sa figure d’équilibre.
- On a donné à la cause de ces forces le nom de « tension superficielle ».
- Ces expériences peuvent être reproduites d’une manière moins commode mais plus significative pour le cas qui nous occupe, avec des globules formés d’un mélange d’huile et d’essence de lavande, de même densité que l’eau.
- Ces globules peuvent flotter, en équilibre indifférent au sein de l’eau, puisqu’ils sont soustraits à l’action de la pesanteur, et que leur substance n’est pas miscible avec l’eau.
- M. Plateau a fait de nombreuses expériences avec eux.
- Avec ces globules, on peut constater les mêmes changements de forme et de mouvements qu’avec des globules de protoplasma.
- Etant donnée l’existence de la tension superficielle, le principe de la conservation de l’énergie rend nécessaire la production des mouvements. En effet, l’énergie potentielle ou de position tend toujours à se convertir en force vive. Chaque globule tendra donc à se rendre dans le point de l’espace où la forme qu’il devra affecter, à l’état d’équilibre, correspondra à la moindre énergie de tension superficielle.
- L’identité de ces phénomènes avec les variations de forme et les déplacements que nous constatons avec les globules de protoplasma, est généralement admise aujourd’hui.
- 2° De la nutrition et du développement du protoplasma. — Les actes de préhension des aliments et de rejet du résidu non assimilable rentrent dans la classe des mouvements que nous venons d’étudier.
- Nous n’avons donc à nous occuper que des phénomènes chimiques qui accompagnent ces ictes.
- Le protoplasma se nourrit et se développe aux iépens du milieu qui l’entoure. Il n’est pas nécessaire que ce milieu soit organique, comme le prouve l’expérience suivante de Pasteur.
- Dans un liquide composé de :
- Alcool,
- Ammoniaque,
- Acide phosphorique,
- Potasse, Magnésie, Eau pure,
- Oxygène gazeux,
- en proportions déterminées, on dépose un germe de mycoderma aceti d’un poids insignifiant.
- Dans l’obscurité, ce mycoderme se multiplie à tel point qu’on pourra s’en procurer autant de kilos que l’on voudra.
- Si l’on soumet la nouvelle substance obtenue à l’analyse immédiate, on trouve qu’elle est composée de :
- Matières protéiques, j Matières grasses.
- Cellulose, I Matières colorantes.
- Acide succinique.
- Cette expérience est très importante, car les composés immédiats, décélés par l’analyse, renferment plus de chaleur interne que les composés initiaux.
- Il en résulte que :
- En se développant, le protoplasma est capable d’emprunter de l’énergie sous forme de chaleur au milieu ambiant.
- Cette proposition est vérifiée par l’expérience suivante de M. d’Arsonval :
- On place un œuf dans un calorimètre en le maintenant à la température nécessaire à son incubation. On constate ainsi que le développement de l’embryon absorbe une énorme quantité de calories.
- Dans les végétaux, il s’opère des réactions analogues. Mais ici le protoplasma sc trouve imprégné d’une substance spéciale appelée chlorophyle et qui lui donne la propriété d’emprunter, pendant le jour, le supplément d’énergie nécessaire aux radiations solaires.
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- Cette substance agit sans doute comme le verre d’urane qui transforme les rayons violets en rayons visibles. La chlorophyle transformerait de même les radiations jaunes qui dominent dans la lumière solaire en radiations infra-rouges. Tout semble démontrer, en effet, l’identité absolue des actions qui s’opèrent dans les règnes végétal et animal.
- Nous devons faire ici une remarque importante :
- • L’analyse immédiate que nous faisons des produits d’une opération, où il y a eu création de protoplasma nous montre qu’il y a eu synthèse.
- Suivant les cas, cette analyse nous indiquera qu’il y a eu production, avec absorption de chaleur, de tel ou tel composé organique.
- Claude Bernard pensait qu’il ne s’opérait, en réalité, qu’une seule synthèse, celle du protoplasma. Mais cette substance, par cela même qu’elle est formée avec une grande absorption de chaleur, est certainement très instable au point de vue chimique et doit tendre à se décomposer en produits immédiats renfermant moins de chaleur, dès que les conditions d’équilibre sont légèrement troublées.
- Dès lors, l’analyse immédiate ne nous indiquerait que les produits résultant d’une première décomposition du protoplasma.
- Cette opinion est rendue très probable par l’étude des phénomènes qui se passent dans la cellule, comme nous le verrons plus loin.
- Aussi dirons-nous, en résumant ce qui précède :
- Un globule de protoplasma, placé dans un milieu convenablement choisi, mais qui peut être complètement inorganique, grossit de plus en plus.
- Cela faisant, il emprunte de la chaleur au milieu environnant.
- Bien que l’on espère, aujourd’hui, arriver à la synthèse des matières albuminoïdes, cette opération ne paraît pas se faire spontanément dans la nature, tout au moins dans les conditions physiques actuelles.
- Nous assistons, il est vrai, à une création continuelle de protoplasma, mais celle-ci est toujours occasionnée par la présence d’un premier globule de cette substance.
- Or, il se passe quelque chose d’analogue dans les phénomènes de cristallisation. M. Cernez a démontré qu’une solution sursaturée ne se solidifiait pas d’elle-même, à moins qu’elle ne fut soumise à un violent mouvement vibratoire.
- Pour provoquer la cristallisation immédiate, il faut et il suffit qu’un petit cristal tombe dans la liqueur. Celui-ci se développe aussitôt aux dépens du milieu ambiant et l’envahit tout entier.
- Les expériences que fit M. Gernez à ce sujet, semblent calquées sur celles que fit Pasteur à propos de la génération spontanée. Il y a, effectivement, une grande analogie entre le mode de multiplication des cristaux et le développement du protoplasma.
- Cette analogie a été signalée, pour la première fois, par Raspail.
- Ce qu’il y a de plus remarquable dans le développement du protoplasma, c’est qu’il s’opère avec absorption de chaleur. On peut se rendre compte de ce phénomène de la manière suivante :
- On admet généralement, aujourd’hui, qu’au sein d’un fluide, tous les atomes sont dans un état continuel d’agitation et, qu’à chaque instant, les combinaisons existantes sont détruites pour faire place à de nouvelles.
- Il y a donc transformation incessante de l’énergie de position des molécules en force vive, ou chaleur sensible, et réciproquement. Mais, si le milieu extérieur est capable d’absorber de la chaleur par conductibilité directe, les combinaisons qui représentent une grande quantité d’énergie de position et doivent absorber, pour se produire, une grande quantité de force vive, en chaleur sensible, deviendront de plus en plus rares.
- Aussi, en général, la combinaison qui dominera dans le mélange, sera celle qui se sera formée avec le plus grand dégagement de chaleur (loi du travail maximum de Berthelot).
- Que faut-il, pour qu’une réaction s’opère avec absorption de chaleur ? que son produit, une fois formé, ce qui arrivera toujours, de temps eil temps, puisse être soustrait immédiatement à l’agitation du milieu. C’est ce qui arrive lorsque ce produit est insoluble ou volatil (lois de Ber-thollet). Il nous semble logique d’admettre que, dans un liquide renfermant les éléments nécessaires à la formation du protoplasma, celui-ci se forme spontanément, mais qu’il n’échappe à une destruction immédiate, que si la présence d’un premier globule, agissant comme un cristal dans une dissolution sursaturée, le force à se souder à lui, et, l’empêchant d’être redissouts à nouveau par la liqqeur, le soustrait à l’agitation du milieu.
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- 3“ De la multiplication des globules du protoplasma. — Cette multiplication que l’on peut observer facilement chez les êtres purement proto-plasmitiques, tels que les amides d’eau douce, s’opère par fisciparité.
- Ce dernier phénomène doit être rapporté, sans doute, à la tension superficielle du globule. En effet nous pouvons dire, comme cas particulier de la loi générale énoncée plus haut :
- Toutes les fois qu’un globule pourra, en se divisant en deux, former deux nouveaux globules tels que la somme de leurs énergies de tension superficielle soit plus petite que l’énergie minima que pourrait comporter le premier globule, en affectant une forme quelconque, cette scission s’opérera nécessairement.
- 40 De la mort du protoplasma. Produits de sa décomposition. — Le fait que le protoplasma se forme en absorbant de la chaleur, montre que son existence est nécessairement éphémère et correspond à un cas d’équilibre instable.
- Tout trouble physique ou chimique qui sera apporté dans le milieu ambiant doit donc amener sa résolution en produits renfermant moins de chaleur, et c’est ce qui arrive.
- Ces produits peuvent varier, suivant la nature des substances qui imprégnaient l’albumine constitutive du protoplasma, mais peuvent toujours se distinguer en deux parties :
- i° Les substances non azotées ;
- 20 Les substances azotées.
- Celles-ci sont solubles et peuvent être séparées du reste de la liqueur par filtration à travers un diaphragme en porcelaine non vernie.
- Ces dernières substances ont reçu le nom de ferments solubles. Leurs propriétés sont très remarquables, aussi nous arrêterons-nous sur ce sujet.
- II
- PROPRIETES DES FERMENTS SOLUBLES
- Les ferments solubles ne sont pas doués de vie comme le protoplasma. Ils ne se reproduisent pas et sont insensibles à l’action de l’éther et de tous les anesthésiques qui coagulent l’albumine et suspendent immédiatement la vie.
- Mais ils jouissent de la propriété suivante : laissés au contact des autres substances qui proviennent de la destruction du protoplasma, ou de substances analogues, ils déterminent par leur
- seule présence de nouvelles réactions entre elles et les diverses matières que peut renfermer le liquide ambiant, même à l’état de combinaisons minérales.
- Cette action de présence est analogue à celle du
- noir de fumée, de la mousse de platine.... Elle
- détermine une foule de réactions qui peuvent être prévues à l’avance. C’est la cause des fermentations.
- Ces réactions s’opèrent toujours avec dégagement de chaleur.
- Suivant Claude Bernard et Berthelot, il n’y aurait pas d’autres ferments que ces ferments solubles.
- Ce sont des corps inanimés, mais qui résultent de la décomposition d’un être vivant, et que nous ne saurions produire autrement.
- Mécanisme des fermentations
- Le mécanisme des fermentations est donc le suivant :
- Dans le liquide fermentescible, où l’on introduit un globule de protoplasma, il y a en premier lieu synthèse. Le protoplasma se développe en absorbant de la chaleur.
- Il se décompose ensuite en ferments solubles et substances non azotées. Celles-ci, par suite de l’action de présence des ferments solubles, forment de nouvelles combinaisons avec les substances non encore attaquées de la liqueur. Ces combinaisons se forment avec dégagement de chaleur. En général,, il faudrait leur rendre trop d’énergie pour qu’il puisse y avoir reformation de protoplasma à leurs dépens. Elles ne sont donc plus détruites. -
- Mais le protoplasma se reformera aux dépens des matières azotées solubles et des substances non encore combinéçs ; la même opération se reproduira indéfiniment tant qu’il restera de ces substances dans la liqueur.
- Finalement, la masse liquide ne contiendra plus que des ferments solubles et les produits des combinaisons qui se seront opérées avec dégagement de chaleur, sous leur influence.
- Si alors on filtre la liqueur, on pourra recueillir les ferments solubles à l’état de pureté. Portés dans un liquide frais, ils détermineront les mêmes réactions, sans qu’il y ait production de protoplasma.
- Cette expérience ne s’est trouvée en défaut jusqu'ici que dans un cas : celui de la fermentation
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- alcoolique. Suivant Berthelot, le ferment soluble se détruirait au fur et à mesure que la réaction aurait lieu.
- Celle-ci s’arrêterait alors d’elle-même, à moins qu’il n’y ait développement simultané de protoplasma, qui reproduirait les ferments solubles d’une manière continue.
- III
- DE LA CELLULE
- Nous avons dit que la vie pouvait se manifester indépendamment de toute forme et résidait dans une matière albuminoïde appelée protoplasma.
- Or, sauf dans des cas particuliers, tels que ceux que nous avons signalés (myxomicètes, amibes...), le protoplasma ne se rencontre pas, dans la nature, à l’état que nous avons décrit.
- D’ordinaire, ses grumeaux, au lieu de flotter librement dans un milieu indéfini, sont renfermés dans une sorte d’outre, à laquelle on a donné le nom de « cellule » qui renferme elle-même un liquide différent par sa composition du milieu ambiant, et, comme nous le verrons, plus favorable au développement du protoplasma.
- La cellule n’est donc pas une substance organique, mais bien un organisme, c’est-à-dire un être constitué en vue d’une fin, qui est de favoriser le développement de la matière vivante. Nous pourrions même dire que la cellule est le seul être organisé qui existe, car l’animal supérieur lui-même n’est formé, en dernière analyse, que par la réunion d’un nombre immense de cellules.
- Propriétés générales de la cellule
- Si l’on examine une cellule au microscope, on voit qu’elle est composée d’une enveloppe renfermant un liquide où nagent des grumeaux de protoplasma.
- Au centre, l’on constate la présence d’un noyau solide, qui en renferme souvent un plus petit appelé nucléole. Ces diverses parties étant teintes diversement par les réactifs colorés, peuvent être facilement distinguées.
- Le noyau et la nucléole ne se trouvent pas dans toutes les cellules. On croit que cela tient à leurs différences d’âge. Voici comment les choses se passeraient :
- i° Par suite de la diffusion qui s’opère à travers l’enveloppe de la cellule, la composition du
- milieu intérieur doit différer nécessairement de celle du milieu extérieur.
- Ce genre de phénomènes a été complètement étudié, surtout par Graharn. Dans le cas qui nous occupe, la diffusion à lieu à travers une enveloppe de nature colloïdale, analogue à une membrane de caoutchouc.
- La diffusion ne s’opère pas alors comme au travers d’un diaphragme inorganique, la porcelaine, par exemple. Il s’opère une véritable combinaison entre la substance de la paroi et les substances extérieures qui ont le plus d’affinité pour elle. Les produits de cette combinaison se propagent de l’extérieur vers l’intérieur et viennent se dissocier le long de la paroi interne.
- La nature de la paroi de la cellule et les phénomènes de diffusion ou d’endosmose qui résultent de sa constitution physique, lui permettent donc de faire un véritable choix parmi les composés
- Nucléole
- Liquide renfermant des globules de proloplasma.
- no. 3
- que renferme le milieu extérieur, et de ne laisser passer que les aliments les plus favorables au développement du protoplasma qu’elle renferme.
- 2° Le protoplâsma se développe dans le milieu intérieur comme précédemment, et la cellule grossit.
- 3° Mais le protoplasma se décompose encore, sous l’influence de toute rupture d’équilibre, en ferments solubles et substances non azotées.
- Les ferments sont éliminés à l’extérieur, tandis que les autres produits non solubles, demeurent dans la cellule et constituent le noyau et le nucléole.
- Ces derniers finissent par envahir toute la capacité de la cellule, aux dépens du protoplasma. Alors, la cellule ne renfermant plus de matière vivante, est morte comme organisme et n’est plus qu’un globule de substance organique.
- Ainsi, la cellule se transforme successivement avec le. temps et meurt. Elle possède, d’ailleurs, toutes les autres propriétés qui constituent la vie :
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- elle peut se reproduire, changer de forme et se mouvoir.
- i° De la reproduction de la cellule
- Les êtres unicellulaires, autrement dit : les microbes ou bactéries, ont été étudiés par Pasteur, surtout au point de vue de leur mode de reproduction. Voici, à ce sujet, le résumé d’un mémoire de M. A. Henninger.
- Deux modes de reproduction sont bien constatés aujourd’hui : multiplication par fisciparité et reproduction par sporulation.
- i° Dans le développement par sectionnement, on voit la cellule grandir en longueur, son protoplasma s’éclaircir snivant une ligne perpendiculaire au grand axe. L’enveloppe s’étrangle le long de cette ligne et finalement se sépare en deux parties, dont l’une ne renferme qu’un simple globule de protoplasma et forme une jeune cellule.
- FIG. .J
- Souvent la séparation n’est pas complète et l'on constate l’existence d’êtres composés de cellules disposées en chaîne et juxtaposés bout à bout.
- Ce mode de développement est évidemment dû aux phénomènes de tension superficielle que nous avons signalés à propos du protoplasma.
- 2° Le développement des spores n’a lieu que vers la fin des fermentations ou, en général, lorsque la constitution du milieu ambiant n’est pas ou n’est plus favorable au développement du protoplasma. Si l’on observe alors une cellule, on voit se former, dans le protoplasma homogène, un corpuscule très réfringent, qui se transforme rapidement en une spore oblongue réfractant fortement la lumière et présentant des contours très foncés. La cellule se détruit ensuite, mettant la spore en liberté dans le liquide. Celles-ci ne peuvent germer que dans un milieu nouveau.
- « Si on vient à introduire une spore dans un « milieu favorable, elle entre en germination, « pourvu qu’on lui offre en même temps de « l’oxygène libre (Pasteur). Elle se gonfle, atteint, « au bout de deux heures environ, un volume « double et perd son éclat et ses contours foncés.
- « Enfin, au bout de uné’oudeux nouvelles heures,
- « on voit apparaître le germe sous la forme d’une « voussure, sorte de papille qui, en s’allongeant « rapidement, constitue la jeune bactérie. Celle-ci « reste enchâssée pendant peu de temps dans la « spore; elle s’en dégage à la fin, chassée au « dehors, probablement par la contraction de.la « membrane, et se propage par cloisonnement « transversal » (A. Henninger).
- La spore ne peut pas être considérée comme un simple globule de protoplasma. Elle se distingue nettement de cette substance, non seulement par son aspect, mais aussi par sa résistance aux actions physiques et chimiques. Ainsi le protoplasma des moisissures et des levures perd toutes ses propriétés lorsqu’il a été porté à 55 degrés, les spores, au contraire, supportent des températures de i3o degrés et au-delà sans mourir, lorsqu’elles sont parfaitement sèches. En présence de l’eau, elles succombent plus rapidement, il est vrai, mais à des températures toujours supérieures à celle qui tueraient les cellules qui les ont fournies.
- Remarquons que les spores ne prennent naissance qu’à la fin des fermentations, lorsque la liqueur fcrmentiscible est épuisée. Les globules de protoplasma qui sont renfermés dans la cellule peuvent se reproduire encore aux dépens, des matières azotées solubles et des noyaux cellulaires. Mais le protoplasma ne peut plus disposer, pour opérer sa synthèse, de la chaleur qui était dégagée à chaque instant par l’acte de la fermentation. 11 ne peut plus prendre l’énergie nécessaire qu’à la chaleur sensible du milieu ambiant et à celle qui résulte du dédoublement des autres globules.
- La source d’énergie disponible ayant diminué d’intensité, il est logique d’admettre que les produits de la synthèse opérée subiront une modification correspondante, et que, tout en ayant une composition chimique analogue, ils contiendront moins de chaleur.
- On se rend compte ainsi du mode de formation des spores, de leur résistance plus grande aux agents chimiques et physiques, et enfin de ce qu’elles ne reprennent leurs propriétés vitales qu’à la suite d’une combustion partielle opérée par de l’oxygène libre, qui peut leur rendre la quantité de chaleur qui leur manquait.
- Voici les deux modes de reproduction des cellules constatés jusqu’ici. Peuvent-elles s’engendrer spontanément dans un milieu convenable ?
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- On ne pourra probablement jamais élucider cette question. Pasteur reconnaît lui-même que ses expériences sont purement négatives et établissent seulement qu’il n’y a pas génération spontanée, dans les conditions où il a opéré. D’un autre côté, on aurait, parait-il observé des phénomènes de vie dans des globules obtenus de la manière suivante :
- On projetait de l’albumine au moyen d’un pulvérisateur dans du bouillon de poule. L’albumine au contact de l’air se coagulait légèrement à la surface et l’on obtenait des globules semblables aux cellules. Mais les phénomènes ainsi manifestés, ne tenaient-ils pas à la présence de spores contenues dans l’air et qui auraient été entraînées par le pulvérisateur?
- Cette question n’a d’ailleurs aucune importance, ni portée philosophique, comme on l’a vu depuis la grande querelle qui s’est élevée à son propos.
- 2° Changements de formes et mouvements.
- Ceux-ci sont toujours dus à la plasticité de la cellule et aux phénomènes de tension superficielle.
- De même que le protoplasma qu’elle contient, la cellule est douée d'irritabilité, c’est-à-dire de la propriété de pouvoir subir une modification de forme ou un déplacement, à la suite de toute excitation physique ou chimmique extérieure.
- Seulement, tandis que le protoplasma ne peut que transformer l’énergie extérieure qui lui est communiquée par l’excitation, la cellule est capable de fournir, à ses propres dépens, l’énergie nécessaire à ses mouvements. De sorte que l’excitation ne joue plus le rôle de force motrice, mais de simple déclanchement.
- Pour bien faire voir en quoi consiste cette différence et à quoi tient cette nouvelle jjropriété de la cellule, nous allons citer une curieuse expérience de M. d’Arsonval.
- Il prend un tube de caoutchouc A B, fig. 5, et le sépare en une série de compartiments, par des disques en bambous sur lesquelsjiljficelle le caoutchouc ; dans chacun de ses compartiments, il introduit un globule de mercure et achève de remplir avec de l’eau acidulée.
- Au point de vue des phénomènes de tension superficielle, les choses se passeront de la même manière qu’avec une chaîne de cellules dont les parois seraient soudés les uns aux autres.
- Le globule de mercure représente le noyau
- de la cellule, et l’eau acidulée le liquide où nage la protoplasma.
- Si maintenant, on suspend ee tube par la partie supérieure et accroche un poids à son extrémité inférieure, et si l’on vient à mettre les deux extrémités en relation avec les pôles d’une pile, on voit le muscle se contracter, en soulevant le poids et prendre la forme A'B',
- «ou irvira 0
- ii*vsinr#Tnf(Trv
- Fiq. 5
- Réciproquement, si prenant une extrémité du tube dans chaque main, nous le distendons brusquement, nous recevons une décharge.
- Khune a fait une expérience identique, avec une cellule artificielle, qu’il formait en remplissant de protoplasma un intestin d’hydrophile.
- Mais, dans ces deux expériences, qui montrent si bien le rôle des phénomènes de tension superficielle dans les phénomènes de contraction cellulaire, c’est nous qui fournissons l’énergie nécessaire au moyen d’un courant électrique, ou pat-une action mécanique.
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- Avec la cellule au contraire, les choses se passent comme si le tube de M. d’Arsonval était placé dans un liquide oxydant, capable d’attaquer le mercure et de traverser la paroi de caoutchouc par endosmose, et comme si nous étions libres de provoquer ou de suspendre à volonté la réaction.
- Pour compléter l’analogie, il faudrait que cette réaction fut déterminée par Faction de présence d’un corps, tel que la mousse de platine.
- Toutes les fois qu’on approcherait ce dernier corps, le mercure serait attaqué, la nature des surfaces de contact serait altérée, la tension superficielle varierait, et l’on observerait un changement de forme du globule. Cette action serait suspendue dès que l’on éloignerait la mousse de platine, et les produits de la réaction étant rapidement entraînés à l’extérieur par diffusion, les surfaces de contact reviendraient à leur état premier. Le globule reprendrait alors sa forme initiale, et la contraction cesserait.
- C’est ainsi que se passent les choses dans la cellule : elle baigne dans un liquide renfermant de l’oxygène libre ou combiné (chez les animaux supérieurs, ce liquide est le sang qui renferme de l’oxygène combiné avec une substance spéciale : « l’hémoglobine ».
- Une excitation quelconque (action purement mécanique, action d’un acide, action électrique...! aura pour effet d’activer la décomposition de son protoplasma en matières non-azotées et ferments solubles.
- Mais ces derniers agissent immédiatement par leur présence sur le noyau intérieur et déterminent la combustion de ces substances, aux dépens de l’oxygène du milieu ambiant.
- Nous avons donc altération des surfaces de contact occasionnée par l’action chimique, variation de tension superficielle, et, par suite déformation de la cellule.
- Si l’excitation extérieure vient à cesser, les ferments sont entraînés ou servent à la reconstitution du protoplasma ; les produits de la réaction s’éliminent aussi par diffusion et la cellule reprend sa forme primitive.
- Mais nous voyons que l’énergie nécessaire aux mouvements de la cellule est due à l’oxydation d’une partie de la substance du noyau.
- Donc :
- Toute excitation extérieure agit sur la cellule en provoquant la naissance des ferments qui peuvent altérer la substance de son noyau, et cela en
- détruisant les conditions d'équilibre nécessaires à l'existence de son protoplasma.
- La cause mécanique qui détermine les déformations de la cellule et ses mouvements, est due aux phénomènes de tension superficielle; mais Vénergie nécessaire est formée par Voxydation de la substance du noyau, provoquée par la présence des ferments.
- (A suivre.) Maurice Leblanc
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ a l’étude du
- MOUVEMENT SPONTANÉ DES LIQUIDES
- DANS LES TUBES CAPILLAIRES
- Quatrième article. — ( Voir les nos des i3, 20 et 27 février 1886)*
- Pour compléter cette étude, nous allons comparer les effets précédents à plusieurs autres qui ont avec eux quelques analogies et indiquer diverses applications du mouvement spontané des liquides dans les tubes capillaires.
- VII
- MOUVEMENT ASCENDANT SPONTANE DES LIQUIDES DANS LES TUBES CAPILLAIRES, COMPARÉ A LEUR ÉCOULEMENT SOUS PRESSION ARTIFICIELLE CONSTANTE DANS LES MÊMES TUBES.
- Il m’a semblé qu’il y aurait quelque intérêt à rapprocher les résultats que j’ai obtenus relativement à l’ascension des liquides dans les tubes capillaires, de ceux que M. de Poiseuille a trouvés pour l’écoulement des liquides, sous pression constante (') ; car le phénomène que cet observateur a étudié et décrit est le plus voisin de celui qui fait l’objet de mes recherches. Aussi n’est-ce pas sans étonnement qu’on remarque entre ces deux sortes de mouvements des différences capitales qui montrent clairement que ces deux ordres de phénomènes sont bien distincts et qu’il n’existe entre eux, jusqu’alors, aucune relation connue.
- Remarquons d’abord que dans 1 écoulement des liquides sous pression constante, le mouvement
- (!) Annales de chimie et de physique, 3Ü série, t. Vil, p. 73 (1843); t. VII, p. 5o, ci t. XXI, p. 76 (1847).
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- est régulier, c'est-à-dire que la vitesse est constante pour un meme liquide, toutes choses égales d’ailleurs, et que le volume écoulé est identique, avec tous les liquides soumis à l’expérience; en sorte que pour M. de Poisseuille, la seule chose à observer, à mesurer, était la durée de l’écoulement, temps qui variait avec l’espèce et la température du liquide, ainsi qu’avec le diamètre du tube.
- Dans mes expériences, le mouvement est spontané, sans pression artificielle; la force dite capillarité est la seule mise en jeu, laquelle agit en sens contraire de la pesanteur; de sorte que le mouvement est irrégulier, la vitesse est décroissante avec le temps pour un même liquide, et le volume total du liquide soulevé varie avec la nature de ce liquide, avec sa température, ainsi qu’avec le diamètre et l’inclinaison du tube.
- La durée totale du mouvement ascensionnel d’un liquide change avec les éléments précités. Ce mouvement peut être représenté par une courbe logarithmique, tandis que l’écoulement régulier ne donne qu’une ligne droite.
- Après ces différences dans la nature des deux ordres de phénomènes, comparons les résultats correspondants aux mêmes liquides dans l’un et l’autre cas.
- Dans l’écoulement des liquides, sous pression constante, les substances suivantes : Iodure de potassium, azotate d’ammoniaque, azotate de potasse, chlorhydrate d’amoniaque, acétate d’ammoniaque, cyanure de potassium, chlorure de potassium, acide azotique et sulfhydrique, etc., accélèrent la vitesse de l’eau. Plus la dissolution est concentrée, plus la vitesse de l’eau en est augmentée.
- Dans le mouvement ascensionnel, au contraire, toutes ces substances, à l’exception du chlorhydrate d’ammoniaque, diminuent la vitesse capillaire de l’eau qui les dissout. Plus la dissolution est concentrée, plus la vitesse est ralentie.
- Dans les expériences de M. de Poiseuille, les dissolutions aqueuses d’iodure de potassium, d’azotate d’ammoniaque et d’azotate de potasse sont plus rapides que celle de chlorhydrate d’ammoniaque.
- Dans les miennes, cette dernière substance est la seule, jusqu’alors, qui accélère la vitesse de l’eau, surtout par élévation de température.
- La dissolution aqueuse d’iodure de potassium, la plus rapide dans l’écoulement, a, au contraire, dans l’ascension spontanée, une vitesse non-seu-
- lement moindre que celle du chlorhydrate d’ammoniaque, de l’azote d’ammoniaque, de l’azotate de potasse, mais moindre encore que celle du chlorure de potassium, de l’iodure et du bromure d’ammonium, et de beaucoup d’autres dissolutions aqueuses.
- Enfin, en comparant mes résultats avec ceux de M. de Poiseuille, j’ai constaté ce fait assez curieux, à savoir : que, dans des conditions identiques, la vitesse d’écoulement de l’eau pure dans les tubes capillaires, sous la pression de i mètre d’eau, est moins rapide, au bout de la première seconde, que la vitesse d’ascension spontanée du même liquide, dans un tube de même diamètre, au bout du même temps.
- Le seul résultat commun aux deux sortes d’expériences est relatif à l’influence de la température. En effet, l’élévation de température des liquides produit, dans les deux cas, un accroissement de vitesse qui n’est pas sans analogie. Toutefois, cette influence est moins grande pour le mouvement ascensionnel que pour l’écoulement constant : ainsi, d’après les expériences de M. de Poiseuille, la vitesse d’écoulement de l’eau à 45 degrés est deux fois et demi plus grande qu’à 5 degrés; tandis que dans le mouvement spontané, cette vitesse, au bout de la première seconde, n'est guère qu’une fois et demie plus grande, pour la même variation de température.
- VIII
- .Comparaison ne mouvement ascendant des mêmes
- LIQUIDES DANS LES TUBES CAPILLAIRES ET DANS LES
- PAPIERS SPONGIEUX.
- Avec les tubes capillaires, on ne connaît, jusqu’à présent, que deux liquides : les dissolutions aqueuses de chlorhydrate d’ammoniaque et de lithium, dont la hauteur capillaire soit supérieure à celle de l’eau pure ; encore ces différences sont-elles très minimes.
- Tandis qu’avec les papiers spongieux, j’ai trouvé plus de t 00 liquides qui s’élèvent capillairement plus haut que l’eau distillée, dans les mêmes conditions expérimentales.
- Parmi ces liquides, figurent en première ligne les acides chlorhydrique, azotique, sulfurique, etc., divers composés ammoniques, potassiques, so-diques, calciques, des corps gras, etc. De plus, ces différences sont considérables; elles atteignent le double* le triple de la hauteur de l’eau.
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- 4 ï'i
- Pour la vitesse ascensionnelle (chemin parcouru au bout d’une seconde), je n’ai trouvé, avec les tubes capillaires, qu’un seul liquide, la dissolution aqueuse de chlorhydrate d’ammoniaque, qui fut constamment plus rapide que l’eau pure.
- Dans mes expériences faites avec les papiers spongieux, sur 200 liquides, j’en ai reconnu 40, dont la vitesse est supérieure à celle de l’eau ; les acides chlorhydrique, azotique demi-étendus, occupent le premier rang ; puis viennent divers composés d’ammoniaque, de potassium, de sodium, etc., plusieurs chlorures métalliques.
- Les petits tableaux suivants feront ressortir les différences qui existent entre les deux ordres de phénomènes comparés.
- Liquides rangés par ordre de hauteur capillaire décroissante
- Dans un même tube (diamètre = o/iâSq); inclinaison a = 45”
- i° Chlorhydrate d’ammoniaque en dissolution aqueuse saturée
- 2" Eau pure....................
- 3° Potasse en dissolution aqueuse
- très concentrée...................
- 40 Acide chlorhydrique pur......
- 5° Acide azotique pur...........
- 6° Acide sulfurique pur.........
- 70 Alcool anhydre...............
- 8° Ether sulfurique.............
- hauteur totale
- 118,5 m.m. 117,0
- 112,3
- 91.6 b7>4
- 53.7 45,0
- Dans des bandelettes identiques de papier spongieux de largeur = i5 m.m.; température = iG“ à 24°.
- i° Acide chlorhydrique \ demi étendu.
- 2° — azotique • > q5o m.m.
- 3° — sulfurique ) bout du papier.
- 40 Potasse en dissolut.'concentrée. 354
- 5° Acide azotique pur............... 267
- 6° — chlorhydrique pur.......... 233
- 7U — lactique....................... i5o
- 8° Chlorhydrate d’ammoniaque en
- dissoltion aqueuse saturée............ 124
- 90 Eau pure......................... 109
- io° Alcool anhydre................... 43
- ii° Ether sufurique................... 42
- Mêmes liquides rangés par ordre de vitesse décroissante.
- Espace parcouru
- Tubes. en I seconde.
- i° Chlorhydrate d’ammoniaque... 70 m.m. 20 Eau pure........................ 62
- 3° Acide chlorhydrique pur
- 40 Ether .................
- 5" Acide azotique pur.....
- 6° Potasse................
- 7° Alcool.................
- 8° Acide lactique.........
- 9° Acide sulfurique.......
- 43.3 35
- 33.4
- 27.3
- 26.3
- 22.5
- 1 5,8
- Espace parcouru
- Papiers spongieux. en i minute.
- i° Acide chlorhydr. demi étendu. . 119 m.m.
- 20 — azotique — ..
- 3° —• chlorhydrique pur...... 1 14,6
- 40 Chlorhydrate d’ammoniaque... 110
- 5° Eau.......................... 102
- 6° Acide azotique pur............ 92
- 70 — lactique.................... 91,2
- 8" — sulfurique demi étendu. . 70,5
- 90 Potasse........................ 61
- io° Alcool........................... 42,6
- 11° Ether.......................... 41
- Mêmes liquides par ordre de durée totale (décroissante)
- du mouvement.
- Tubes.
- i° Acide sulfurique pur.......... i6osecol,dc8
- 20 Potasse.......................... i5o
- 3° Acide lactique.................... 60
- 40 Acide chlorhydrique pur........ 3o
- 5° — azotique.................... 26
- 6” Eau............................... 20
- 70 Alcool anhydre.................... 18
- 8° Chlorhydrate d’ammoniaque.... 17,5
- 9° Ether............................... 3,5
- Papier spongieux.
- i° Potasse........................ 177 hcurcs>
- 20 Acide chlorhydr. demi étendu. . > 90 3° — sulfurique — .. > 70
- 4" — azotique — . . > 70
- 5° — azotique pur................ i5
- 6° —- chlorhydrique pur........... 24
- 70 — lactique.................... 12
- 8° Eau................................ 8
- 90 Chlorhydrate d’ammoniaque.... 3
- io° Ether.............................. 3
- 11° Alcool............................. 1
- NOTE
- Mesure de l’énergie capillaire considérée comme force mécanique ~
- La capillarité, cette force si souvent en jeu dans la nature, force qui fait monter les liquides, non
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-
-
-
- 452
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- seulement dans les végétaux, mais dans les pierres des édifices à des hauteurs quelquefois surprenantes, n’a cependant qu’une bien faible énergie au point de vue mécanique. Une expérience très simple va nous en fournir la preuve.
- Prenons un tube capillaire mouillé par un liquide et possédant encore cette couche adhérente, à la faveur de laquelle le liquide s’élèverait dans ce tube si nous plongions son extrémité inférieure dans le liquide.
- Au lieu d’opérer ainsi, fermons avec le doigt l’un des bouts du tube et amenons alors l’autre bout affleurer le liquide.
- Celui-ci, au lieu de s’élever dans le tube à la hauteur ordinaire, n’y monte que d’une quantité très minime de i ou 2 millimètres, ou moins encore, que le tube soit large ou étroit.
- Précisons l’expérience. Prenons un tube de o,3o c. ni. de longueur et de 2 à 3 millimètres de diamètre. Dans ces conditions, le liquide ne s’y élève que de 1 à 1,5 m.m.
- La force élastique de l’air refoulé n’en est pas
- augmentée de ——- à d’atmosphère.
- 0 3oo 200
- IV
- APPLICATIONS DU MOUVEMENT ASCENDANT SPONTANÉ DES LIQUIDES DANS LES TUBES CAPILLAIRES
- i° La hauteur, la vitesse et la durée d’ascension d’un liquide dans un tube capillaire variant avec la nature du liquide et sa température, on conçoit que si l’on gradue préalablement un tube capillaire à l’aide de liqueurs titrées, on puisse avoir un instrument capable de donner la quantité d’alcool, de sucre, d’acide, d’alcali, de sel ou de chlore, etc., que contient une dissolution donnée de nature connue.
- Des expériences faites à diverses températures permettraient de construire des tables de correction pour des essais réalisés à des températures quelconques.
- On peut d’ailleurs faire concourir à cette recherche analytique, soit la hauteur capillaire (c’est le principe du liquomètre), soit la vitesse, soit la durée d’ascension, isolément ou simultanément deux à deux, ou trois à trois, en faisant intervenir l’inclinaison du tube.
- On aurait ainsi, à volonté, des alcoomètres, al-calimètres, halomètres, chloromètres, etc., capillaires de hauteur, ou des appareils à évaluation
- angulaires, à cadran, ou enfin des appareils dans la graduation desquels le temps entrerait en ligne de compte.
- On pourrait alors faire usage de notre interrupteur électrique.
- 20 Chaque huile ayant non seulement une hauteur capillaire qui lui est propre, mais une vitesse, une durée d’ascension particulière, on conçoit qu’il est possible de trouver, dans cet ensemble de propriétés corrélatives, des moyens de contrôler la pureté d’une huile de nature déterminée.
- On pourrait, comme pour les liquides précédents, faire intervenir l’inclinaison du tube et avoir des oléomètres d’inclinaison, ou angulaires ou à cadran.
- Enfin, il y aurait lieu peut-être de substituer le mouvement descendant de hauteur 2 h (h étant la hauteur capillaire normale) au mouvement ascendant à la hauteur h, comme étant d’observation plus facile et plus sûre, et comme ayant avec le mouvement ascendant une relation intime.
- Ce qui vient d'être dit des huiles peut s’appliquer à d’autres liquides et à la recherche des fraudes commerciales.
- Mais c’est surtout à Y alcoométrie et à la sac-charimétric que l’on peut appliquer avec avantage la méthode des tubes capillaires.
- J’ai déjà fait, à ce sujet, quelques expériences que je me propose de continuer.
- 3° L’emploi judicieux de ces tubes peut se généraliser et servir à reconnaître, par exemple, l’addition de l’eau au lait, au vin et autres liquides.
- 40 Les tubes capillaires peuvent même servir à constater des réactions chimiques dans des cas où l’analyse ordinaire est impuissante.
- 5° La hauteur capillaire d’qn liquide dans un tube de très petit diamètre, peut déceler la présence de quantités très faibles d’une substance connue en dissolution dans l’eau pure ou dans un liquide de composition constante.
- Citons-en quelques exemples : on sait que le chlorure de plomb est à peine soluble dans l’eau froide; une partie de ce sel exige pour se dissoudre x 35 parties d’eau (').
- La différence de hauteur capillaire de l’eau
- (') Chimie de Pelouse et Frémy, t. III, p. 929.
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 45-3
- pure et de la dissolution de chlorure de plomb est appréciable avec un tube de diamètre = 0,2409 m.m. à la température t = 9°,8, car on trouve :
- Eau pure........... 174,9 m.m.
- Chlorure de plomb. 173,7 —
- Différence... 1,2 m.m.
- Le carbonate de baryte est réputé presque insoluble dans l’eau pure, qui n’en dissout en effet
- que —-— de son poids('). Cependant l’expérience
- donne, avec le tube / (diamètre = 0,35545 m.m.) à la température i7°,5, sous l’inclinaison de 45 degrés.
- Hauteur capillaire.
- Eau pure........... 117.8 m.m.
- Carbonate de baryte. 117,1 —
- Différence... 0,7 m.m.
- Ces exemples suffisent pour montrer qu’il n’y a, pour ainsi dire, pas de corps insoluble pour les tubes capillaires, lesquels deviennent ainsi de véritables balances dont la chimie et l’industrie pourront tirer parti.
- 6° Enfin, pour donner une idée de la sensibilité des tubes capillaires dans les recherches dont nous parlons, il suffira de dire qu’il est possible, par leur emploi, de constater le degré de pureté d’une eau potable comparée à l’eau pure, et que l’eau distillée présente elle-même, avec les tubes fins, des variations appréciables, suivant qu’elle provient du commencement ou de la fin d’une distillation prolongée (2).
- Il est bien entendu que, dans ces comparaisons, la température doit être exactement la même en tous les cas. On pourrait construire des tables de corrections pour diverses températures.
- Nous ne faisons qu’indiquer actuellement ces applications, sauf à y revenir plus tard.
- C. Dechakme.
- (]) Pelouze et Frémy, Chimie t. Il, p. 523.
- (2) On sait que, dans ce cas, l’eau est alcaline au commencement de la distillation, neutre au milieu, et acide à îa fin.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Vérification expérimentale de la loi de Verdet,
- dans les directions voisines des normales aux
- lignes de force magnétiques ; par MM. A.
- Cornu et A. Potier (').
- L’existence d’une double réfraction particulière que présenteraient les corps isotropes, placés dans un champ magnétique, suivant les directions normales aux lignes de force, a été établie théoriquement par l’un de nous (2) en supposant rigoureuse la loi de Verdet.
- Comme cette loi n’a été vérifiée que dans les directions où le pouvoir rotatoire magnétique est encore notable et que l’exactitude rigoureuse de cette loi a même été contestée (:i), il nous a paru nécessaire de pousser la vérification aussi loin que possible, c’est-à-dire jusqu’aux directions où la rotation s’annule.
- Le but de cette vérification, outre l’intérêt qui s’attache à cette loi physique, était de démontrer implicitement que les deux nappes de la surface d’onde magnétique se coupent sous un angle fini, et qu’elles possèdent une forme rigoureusement sphérique.
- Faraday ayant découvert que la rotation magnétique to s’annule dans la direction normale aux lignes de force, et change de signe lorsque le faisceau lumineux passe d’un côté à l’autre de cette direction, il en résulte que l’angle 10 est nécessairement une fonction impaire de l’angle [5 que fait le faisceau avec la direction normale aux lignes de force :
- (t) ù) = 6(3 -R C|33 -j- . . . .
- La question à résoudre est de savoir si le terme en (3 existe réellement: l’existence de ce terme entraîne en effet (comme on le démontre
- (]) Note présentée à l’Académie des Sciences dans la séance du 22 février 1886.
- (-) Comptes rendus, t. XGIX, p. 1045.
- (:ï) Sit^ungsberichte der k. Acad, der Wissensch., XC Band; Dccembcr-Heft, 1884. La déformation delà surface d'onde dans le champ magnétique; par M. le Dr Ernst von Fleischl. Les chiffres des expériences de Verdet ont conduit l’auteur à ne considérer la loi du cosinus que comme une première approximation et à ajouter à l’expression de cette loi un terme correctif.
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-
-
-
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- aH
- aisément) la conséquence que les deux nappes se coupent sous un angle fini proportionnel à b.
- Si la loi de Verdet est rigoureuse, ce terme existe, car on peut écrire l’expression de cette loi
- (a) w a cos = a sin p = a —-- + . . .
- On voit meme, par identification, que le coefficient b n’est autre que a ou celui qui figure dans la loi du cosinus : c’est donc sur la vérification de cette égalité que doivent porter les recherches.
- On voit aussi que, dans les directions voisines de p — o, la loi du cosinus tend vers la loi de proportionnalité à l’angle p; l’erreur relative de cette
- S2
- approximation est représentée par quantité très petite, inférieure à en deçà de p =
- ± 4°27'.
- Les difficultés expérimentales à résoudre sont les suivantes :
- i° Réaliser un champ magnétique assez intense pour conserver, malgré les conditions si défavorables d’obliquité, des rotations mesurables avec une suffisante approximation. Pour y parvenir, on doit évidemment donner au champ magnétique des dimensions transversales assez grandes, afin de multiplier la rotation par la longueur du trajet parcouru.
- 2° Faire en sorte que, dans la portion utilisée, le champ magnétique soit sensiblement uniforme.
- Ces deux conditions sont presque contradictoires lorsqu’on dispose de ressources limitées comme les nôtres : nous avons néanmoins cherché à les réaliser avec une source d’électricité peu intense (machine Gramme, type d’atelier, et 3o accumulateurs) et un appareil électromagnétique de dimensions restreintes.
- La première condition a été remplie par la construction d’un type particulier d’électroaimants de forme très allongée, à culasses très-épaisses, repliées autour du noyau central et rappelant les électro-aimants creux de Nicklès; ils en diffèrent par la forme de la capacité où s’enroule le fil, laquelle a été calculée en vue d’obtenir, avec le poids de cuivre employé, le maximum d’effet magnétique sur la face externe du noyau. Deux électro-aimants semblables étaient placés vis-à-vis l’un de l’autre à une petite distance ; la surface libre des noyaux de fer doux
- offrant une longueur d’environ o,32 m. sur o,o3 m. de hauteur, l’espace compris entre les surfaces en regard formait un champ dont l’intensité moyenne (() atteignait 6000 unités G.G.S., pour une distance de 0,013 m. Avec des écartements plus grands, l’intensité était sensiblement en raison inverse de la distance des noyaux.
- Dans ce champ magnétique de o,32 m. de longueur horizontale était disposé un tube rempli d’une solution saturée d’iodure rouge de mercure et d’iodure de potassium (liqueur de M. Thoulet), dont le pouvoir rotatoire est triple de celui du sulfure de carbone (3) ; ce tube était mobile autour d’un axe vertical et susceptible de prendre des inclinaisons de 5 degrés de part et d’autre de la ligne médiane du champ : avec une longueur de o,3o m. on obtenait aux inclinaisons extrêmes une rotation simple de ± g0, qu’on mesurait
- environ à —près (:i).
- La seconde condition relative à l’uniformité du champ est difficile à remplir : effectivement, les premiers essais nous montrèrent que la loi de Verdet ne se vérifiait que grossièrement (voir la note finale); les divergences devaient-elles être attribuées à l'inexactitude de la loi physique ou à l’insuffisance de la réalisation des conditions théoriques? Evidemment, avec leur faible épaisseur, les noyaux ne permettaient pas d’atteindre runiformité approximative du champ : on pouvait, il est vrai, leur appliquer deux larges armatures ; mais, lorsqu’on accroît les surfaces en regard, l’intensité du champ décroît à peu près en raison inverse de l’aire des armatures ; insuffisance (*)
- (*) On l’évaluait par l’impulsion galvanométriquc 0 du courant induit maximum développé par une bobine ayant une surface totale s (exprimée en centimètres carrés) et tournant autour d’un axe perpendiculaire aux lignes de force. L’intensité M est donnée par
- Le galvanomètre est taré en ' observant l’impulsion Si causée par la décharge d’un condensateur de capacité C microfarads, chargé par un couple de force élcctromotricc E volts, la résistance du galvanomètre étant R ohms.
- (2) La solution de borotungstate de cadmium que M. Klein a bien voulu nous procurer n’a un pouvoir rotatoire que de 10 pour 100 supérieur à celui de l’eau, malgré sa grande densité (3,4) et son fort indice (1,67).
- (3) Cette colonne de o,3o m., placée dans ce champ magnétique suivant la direction médiane où le pouvoir rotatoire est nul, n’a pas montré trace de biréfringence.
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-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 455.
- d’uniformité ou insuffisance d’intensité du champ, telle était l’alternative dans laquelle nous étions placés.
- Heureusement il n’est pas nécessaire que le champ magnétique soit réellement uniforme pour opérer les vérifications que nous avions en vue : c’est ce qui résulte du théorème suivant (Maxwell, Électr. and Magn., t. II, 808) :
- D’après la loi de Verdet, l’angle dont le plan de polarisation d’un faisceau lumineux tourne entre deux points d’un trajet rectiligne effectué dans Un champ magnétique ne dépend que des valeurs du potentiel magnétique aux deux extrémités de la trajectoire.
- Cet angle de rotation est égal au produit de la différence de potentiel aux deux extrémités de la trajectoire par la constante électro-optique du milieu (').
- Il suffit donc, pour vérifier la loi, de démontrer l’égalité des rotations produites dans deux colonnes de longueur inégale, mais dont les extrémités sont respectivement situées sur les deux mêmes surfaces équipotentielles.
- Si, dans un plan convenablement choisi, les lignes équipotentielles sont rectilignes et parallèles, la relation entre les longueurs e, et des deux colonnes aboutissant respectivement aux deux mêmes lignes équipotentielles sera (3) e sin 8 = ex sin
- (fi et [5, étant les angles des deux colonnes avec la direction commune de ces lignes), comme si le champ était réellement uniforme.
- Or, cette condition peut être réalisée dans le plan horizontal de symétrie des noyaux lorsque leur écartement est petit par rapport à leur longueur. On le démontre d’ailleurs expérimentalement par l’examen A'un fantôme magnétique : la limaille de fer projetée sur un carton en coïncidence avec ce plan trace les lignes de force ou trajectoires orthogonales des lignes équipotentielles; on reconnaît que les filets sont rectilignes jusqu’au voisinage des extrémités des noyaux.
- L’expérience a été faite en plaçant dans le plan horizontal de symétrie des électro-aimants un tube rempli de la solution iodomercurique présentant en son milieu une branche transversale dix fois moins longue : on observait la rotation à travers la longue branche e sous diverses inclinaisons p par rapporta la ligne médiane du champ et de même à travers la petite branche et, ramenée parallèlement aux lignes de force tp — 90°), La vérification se réduit alors à constater que l’inclinaison particulière p qui produit la même rotation dans les deux branches satisfait à la relation (3).
- Nous donnons ici notre dernière série d’observations, dans laquelle non-seulement la relation ci-dessus est vérifiée, mais encore où la portion utilisée du champ magnétique était si près d’être uniforme que l’angle de rotation est sensiblement proportionnel à l’inclinaison p. Il a fallu, pour obtenir ce résultat, réduire la grande branche aux deux tiers de la longueur du champ.
- J O N N E K S
- RESULTATS
- Double déviation
- Courant : Double déviation grulvunoniétrique Lecture du l'alidade du tube du plan do polarisation du faisceau franpvcrsul longitudinal Correction do l'ollct des glaces
- 2 6 X 2 (i), 2 (1) 2 £
- 8 32 g®53 — oûo'i
- 8 3o Oc 35 9°77 0 02
- 8 i7 I OO 7 08 O 02
- 8 09 2 OO 3 2O — 0 01
- 7 99 3 OO — 0 36 O OO
- 7 98 9 0( O 22
- 7 70 4 OO — 4 01 f n ni
- 7 63 5 00 — 7 55 -{- 0 02
- 7 38 8 Go — 0 21
- Sinus do Vuli'i 1rs réduites » Valeur
- l'inclinaison calculée
- K In ,8 2(,>’i 2(i)’ 2ü>' Oli» . — Cale.
- 8(lg6 9n58
- O J0O4 9040 7 12 — o^i 8
- O 079 J 6 gi 3 32 — 0 21
- r- c c 3 21 — 0 45 — 0 12
- — 0 oo.3o 8 81 — 0 36 — 4 24 + o 09
- — 0 0471 — 4 16 — 8 02 + 0 08
- — 0 0892 8 83 - 7 87 -L 0 i5
- (') En effet, la rotation do> produite dans le parcours de l’élément ds est proportionnelle à la composante de l’action magnétique du> = A ds M cos a.
- Mais M ds cos a est aussi le travail élémentaire dV des forces électromagnétiques sur l’unité de masse magnétique parcourant ds.
- La rotation totale est donc :
- ,„ = A / = ds M cos a = A f dV = A (V, — Vn)
- ^«0 *'v,.
- le potentiel magnétique en un point étant le travail des forces magnétiques sur la masse un venant de l’infini à ce point et ce travail ne dépendant que des deux extrémités de la trajectoire, le théorème ci-dessus est démontré.
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-
-
-
- 456
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Lumière monochromatique du gaz salé. — Polariseur à pénombres. — Nicol analyseur. — On observait 2oq par des trous percés dans les noyaux.
- Longueur du tube longitudinale == 20,3g c. m. ; du tube transversal et — 2,01 c. m.
- Longueur de l’alidade du tube h — 23,77 c-m.; zéro des inclinaisons x0 = 2,88.
- L’inclinaison (3 de l’axe du tube longitudinal est donnée par h sin [3 = je,, —- x.
- Les valeurs réduites des rotations sont proportionnellement ramenées à la déviation 28,, = 8,00.
- Les valeurs calculées 210' sont déduites de la formule 2oj'e sin (3 = 2to'(<?0 où 2w'( = 8,87, moyenne des valeurs 210',.
- La vérification proposée e sin (3 = e, s’obtient deux fois avec les résultats du tableau ; des valeurs réduites 2co' on déduit, par interpolation, l’inclinaison (3 de la colonne longitudinale e qui aurait donné la rotation moyenne 2oj, = 8",87 produite par la colonne transversale e,. On trouve pour sin (3 (par simple proportionnalité) les deux valeurs
- 0,1006 Ct — o,ioo5
- d’où l’on tire
- | Moy. e, (calculé). 2°,o5i et (observé) 2 ,01 Obs.— Cale. — o >04
- La vérification a donc lieu à 2 pour 100 par excès.
- La colonne des valeurs réduites 2to' présente
- C) Voici l’une de ces séries faite avec un tube de o,3oin.;
- e — 'Sov"\no C| = .'i™',o6
- une proportionnalité très-satisfaisante entre l’angle de rotation et le sinus de l’inclinaison ; le champ magnétique était donc à peu près uniforme dans la région utilisée. Mais, comme les valeurs calculées 2<o' sont toujours grandes en valeur absolue que les valeurs observées, on en conclut que l’uniformité du champ n’était pas encore complètement atteinte dans toute son étendue; c’est ce qui ressort de la comparaison de ces résultats avec ceux des séries antérieures où une trop grande longueur de champ avait été utilisée (').
- En résumé, la loi de Yerdet est satisfaite avec toute la précision que comportent nos appareils, et les petites divergences qui subsistent doivent être attribuées surtout au défaut d’uniformité du champ magnétique.
- Sur l’emploi fait à, la fonderie de Ruelle des machines dynamo-électriques au transport de la force, par M. Jurien de la Gravière (2).
- Depuis l’année 187g, on fait usage, à la fonderie de canons de la Marine, à Ruelle, des machines Gramme pour le transport de la force. Dans une première application de ce mode de transmission, on mettait en mouvement le treuil d’un pont roulant, dont la distance à la force motrice était variable jusqu’à 5o m. Le mouvement du treuil était fort régulier, et la force transmise s’élevait de 45 à 5o pour 100 de la force motrice.
- On fit mouvoir de la même manière le com-
- e sin p = 2o,3g x 0,1006 = = 20,3g x o,ioo3 =
- DONNÉES
- 20),
- 8 95 3' 3 OO '7n7= — o'>34
- 8 85 0 38 19^6 — 0 o3
- 8 ?5 1 00 12 2Ü — 0 02
- 8 55 2 00 5 57 — 1 01
- 8 55 3 00 16 82 — O 32
- 8 45 3 00 O 06 0 00
- 8 40 4 00 — G 00 0 01
- 8 40 5 00 — 12 3o 0 02
- 8 38 5 35 - — m «o 0 o3
- 8 3o 3 00 iG 54 — 0 3i
- On en déduit
- Sin | 3 = 3oc X 0, 3oc X 0, : 1097 = 3” 1115 = 3C1 %29 ) "',35 j Moy. e, (calculé) 31'1»,
- e, (obscrv 0 3 ,
- sin P
- o°io8i o 0820 o 0400
- — o 0021
- — o 0442
- — o 0862
- — o 1010
- RÉSULTATS
- 20) ,
- 20)’
- obs.
- :jUc. O’is. — Cnlc.
- rG»53
- 16O26 11 8g 5 53
- 16 40
- — o 06 — G 06
- — 12 43
- — 14 87
- 16 62
- I7°ôi — in25
- 3 28 — 1 3g
- G 47 — 0 94
- 0 33 -1- 0 27
- 7 i5 + > 09
- i3 97 + 1 54
- iG 35 + 1 48
- On voit, par la grandeur ct le signe des différences Obs. — Cale, comment sc manifeste un défaut grave d’uniformité du champ.
- (-) Note présentée à l’Académie des Sciences dans la séance du 22 février 188G.
- Obs. — Cale.. —o ,26
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 45 7'
- presseur d’une machine à traction pour l’épreuve des métaux à canon. L’intervalle des deux machines était de 180 m.
- Une application de ce mode de transmission de la force, dont la fonderie fait avec avantage un fréquent usage, permet d’exécuter des travaux de perçage et autres, sur des canons , plaques ou diverses pièces très pesantes, sans les déplacer pour les transporter à l’atelier. Dans ce cas, un arbre flexible du système Stow et Burnham est fixé par une de ses extrémités sur l’arbre mobile de la machine réceptrice, et transmet, par son autre extrémité, le mouvement de rotation à une machine à percer ou à une autre machine-outil.
- En 1882, on fit mouvoir pendant trois semaines des ventilateurs placés à quatre-vingt dix mètres de la force motrice, qui était de dix chevaux.
- En 188 3, on mit en mouvement de la même façon, pendant un mois, des pompes d’épuisement.
- La force motrice disponible était de six chevaux.
- L’intervalle des deux machines Gramme était de deux cents mètres.
- Le téléphone mécanique.
- L’Electrical World donne quelques détails sur une installation téléphonique dans laquelle on aurait remplacé le téléphone magnétique par un appareil rappelant d’assez près le vieux jouet bien
- connu, deux membranes reliées par un cordon et permettant la conversation à distance; ce n’est pas le premier essai de ce genre, mais celui-ci paraît, au dire du journal américain, avoir réalisé des perfectionnements suffisants pour permettre une application pratique.
- Jusqu’ici, ce téléphone mécanique n’avait été employé que pour des lignes privées, pour les c o m m u n i c a -tions individuelles ; mais aujourd’hui M. G. F. Shaver, président de la compagnie des téléphones de Jersey City N. J., a expérimenté un système de poste central 'l'aiment ingénieux, et tel que chaque abonné peut être mis en communication avec un autre, dans un court espace de temps.
- Le téléphone lui-même (fig. 2) consiste en un diaphragme qui est tendu sur l’arête extérieure d’un treillis de fils métalliques formant un cône derrière le diaphragme.
- Le fil de ligne est attaché au sommet et arrangé de manière à prévenir le bourdonnement, prove-
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-
- 458
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- liant des vibrations du fil sous l’action du vent.
- Le poste central est représenté (fig. i); il est placé dans un bâtiment élevé représenté en plan et coupe (fig. 3 et 4).
- FIG. 2
- Chaque ligne entrant dans la tour est pourvue d’un petit diaphragme en cuir D et d’un bouton E prévenant l’arrachement, et d’où partent deux fils
- FIG. 3
- lâches B et C; le second est amené à un téléphone ^(mécanique) mobile le long d’une glissière circulaire, et au moyen duquel l’employé se met en communication avec un abonné quelconque. L’autre fil B a pour but de relier un abonné à un autre, comme on le voit fig. 5.
- Les différentes lignes sont reliées par des fils portés par des supports convenables H2 et
- FIG. 4
- pourvus de crochets O permettant un couplage rapide.
- \
- \
- *' C;
- FIG. 5
- Ces fils sont tendus par des poulies qui s’attachent aux divers points d’une spirale en fer (fig, 1)
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-
- JO URNAL UNI VERSEL D’ÉLEC TRICITÉ
- 459 '
- de manière à prévoir une rencontre de ces fils, en les fixant à différentes hauteurs, de manière que six corrections peuvent être faites à la fois.
- La figure i montre remployé en train de mettre son téléphone en communication avec la ligne d’un abonné; ce téléphone est arrangé de telle sorte que, quand la ligne est accrochée, le téléphone est légèrement tendu et remployé peut parler et entendre.
- L’abonné appelle le poste central au moyen d’un annonciateur ordinaire et d’un appel magnétique, et ils sont appelés de la meme manière que dans les systèmes actuels de communications téléphoniques
- On peut facilement, dans ce système, mettre plusieurs abonnés en ligne.
- La question se pose naturellement de savoir si ce système peut fonctionner ; d’après le journaliste américain qui l’a expérimenté, il est praticable, et il n’y a pas de doute qu’il ne trouve des applications.
- Quoique les lignes des abonnés fassent de nombreux coudes, l’articulation, bien que moins nette que dans un téléphone ordinaire, est suffisamment bonne pour la pratique.
- La longueur des lignes variait d’une centaine de mètres à environ 800 mètres.
- Des résultats pareils étant déjà obtenus, nous devons ajouter que de nombreux perfectionnements sont encore en voie, qui augmenteront beaucoup la commodité et l’efficacité du système.
- On ne nous dit pas quels sont ces perfectionnements, mais il faudrait qu’ils soient bien grands pour que l’appareil que nous avons présenté à nos lecteurs supplante les téléphones magnétiques, et les porteurs d’actions de compagnies téléphoniques peuvent longtemps encore être sans crainte, du moins de ce côté-là.
- Galvanomètre pour la mesure des faibles courants, par M. F. Kolilrausch f1).
- Il a paru à l’auteur que, dans beaucoup de cas de la pratique, et particulièrement pour les usages médicaux, on avait besoin d’un appareil simple pour la mesure des faibles courants.
- En employant une ancienne disposition déjà
- indiquée par lui, il a construit (') un instrument simple, facile à manier, et dont la sensibilité ne varie pas trop avec le temps, permettant de faire des mesures avec une exactitude de 1/10.
- L’appareil peut être disposé pour divers courants, depuis 0,001 ampères.
- Comme on le sait, un aimant pénétrant en partie dans un solénoïde et maintenu par un ressort prendra une position déterminée pour chaque courant.
- L’élasticité d’un ressort d’argent neuf ou d’acier peut être admise comme passablement invariable avec le temps; il est vrai que le magnétisme de l’aimant varie beaucoup, surtout quand l’appareil n’a pas servi de longtemps ; mais il est bien simple d’y obvier en magnétisant chaque fois l’aimant.
- Le courant qui tend à attirer l’aimant renforce en même temps son aimantation; il suffira donc de temps en temps de faire passer dans la bobine un courant assez fort pour ramener son magnétisme à sa valeur originelle; les variations possibles atteindront à peine ainsi le 1/10.
- Une pareille balance de courants, permettant de mesurer de 1 à 10 milli-ampères, ce qui est par exemple le cas dans l’électrothérapie, est facile à construire.
- La bobine a environ 0,60 m.m. de longueur et les diamètres intérieurs et extérieurs de 0,6 et o,35 m.m.
- L’ouverture dans laquelle se meut l’aimant n’a que o,3 m.m. de diamètre; de plus grandes dimensions seraient mauvaises, à cause de la tendance de l’aimant à s’appliquer contre les bords.
- L’enroulement consiste en 1 000 tours de fin fil de cuivre.
- L’aiguille aimantée de 0,90 m.m. delongpénètre de 0,20 m.m. dans la bobine, et elle est suspendue à un fin ressort d’argent neuf; elle se meut dans un tube de verre, portant la graduation, et comme index l’aiguille porte un disque en corne qui a pour but en outre d’amortir rapidement les oscillations de l’aiguille.
- Naturellement les courants devront toujours être de même sens, ce qu’indiquent les bornes de l’instrument; et si l’installation comporte un commutateur, il doit être placé à la suite du galvanomètre; et si par erreur 011 envoyait un fort courant en sens contraire, il faudrait détruire son action
- (]) Construit par Marstaller, mécanicien de l’Institut de physique de Würzburg.
- (ij Elektrotechnische Zeitschrift. — 1886, ior février.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- par un courant plus fort dans le sens ordinaire.
- La résistance de la bobine avec le fil fin est d’environ 1000 U.S; et l’échelle est telle qu’on peut lire 0,0001 ampère.
- On peut facilement, au moyen d’une clef, shun-ter le galvanomètre, de manière à ne faire passer que le 1/10 ou le 1/000 du courant à travers la bobine; dans ce cas, les lectures doivent être multpliées par 10 ou 100, et l’appareil peut servir de 0,001 à 1 ampère; une autre position de la clef permet de sortir l’appareil du circuit.
- Les variations du zéro peuvent être corrigées par la suspension.
- Comme on l’a vu, la constance de l’appareil n’est qu’approchée ; c’est un désavantage qu’il partage avec la plupart des galvanomètres, mais, d’après l’auteur, elle serait en général meilleure que pour d’autres.
- Le plus grand nombre de ceux-ci employant le multiplicateur avec aiguille mobile, ceux de ces instruments qui ne dépendent pas du magnétisme terrestre supposent que l’aiguille possède une aimantation constante, et, en effet, en général, il n’y a pas à craindre qu’elle change par l’effet des courants eux-mêmes, cela n’aura lieu que pour les appareils astatiques, mais malgré cela le magnétisme n’en sera pas plus constant.
- Dans l’appareil qu’on vient de décrire, le temps n’a plus d’influence, puisqu’on peut, quand on le veut, ramener l’aiguille à son magnétisme primitif.
- La graduation de l’instrument se fait naturellement par comparaison avec un autre, ou au moyen d’une pile-étalon.
- Généralement, dans la discussion de ce problème, on suppose constante la force électromotrice du générateur E, et on trouve le maximum du travail produit par le moteur, en annulant la dérivée de W, tirée de l’équation :
- E r = R I* + w,
- Où W, est l’énergie absorbée par le moteur et E la force électro-motrice totale produite par le générateur :
- rfw,
- ~dï
- 2RI
- ce qui donne pour la valeur du courant correspondant au travail maximum :
- c’est-a-dirc que la force électro-motrice est égale . E
- a —.
- 2
- Si, au contraire, on exprime le travail absorbé par le moteur, et qu’on le considère comme une constante, on peut chercher le minimum de E. On a :
- (0
- __ E, (E — Ej) Wl"--------R------
- d’où il suit que le minimum de E correspond à :
- E
- E
- et par substitution :
- Relations entre la force électro-motrice directe et la force contre-électro-motrice par H. S. Carhart.
- L’auteur a publié dans Y American journal of Science (*) un article sur la relation qui relie la force électro-motrice d’un générateur et la force contr-eélectro-motrice d’un moteur placé dans le même circuit, lorsqu’on suppose la constance de l’une ou de l’autre des quantités qui entrent dans l’équation fondamentale.
- Quoique les principaux résultats en soient connus, ils nous paraissent présentés d’une manière assez originale pour que nous reproduisions en partie ledit article.
- E, = yRW^
- Ainsi : Pour un travail donné, absorbé par le moteur, et une résistance fixe R, E a une valeur minimum égale au double de Er
- C’est l’inverse ou le correspondant du théorème de Jacobi sur le travail maximum.
- L’équation (1) donne :
- (2) EJ — EE ! = — RW x
- Cette équation du deuxième degré en E et E^ représente une hyperbole dont l’axe des E est l’une des asymptotes et la droite E = E., l’autre.
- La courbe donnée, I représente l’équation (2) pour une valeur de la constante R W, égale
- P) Voirie numéro de février 18S6.
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- à 225, ce qui donne pour le minimum de E la valeur 3o.
- Comme on le voit par l’équation, à chaque valeur de E (considéré naturellement connue essentiellement positif) correspond deux valeurs positives de E^
- On peut tirer directement de la courbe un certain nombre de conséquences.
- Le rendement électrique correspondant à un point quelconque de la courbe étant exprimé
- g
- par -g1 , il est représenté par la tangente de l’inclinaison de la droite joignant ce point à O; ainsi au point T le rendement est o,5.
- Le rendement croît donc de o à 1 quand E^ croît de o à l’oo .
- On voit de plus par le diagramme, que C et passent par des séries de valeurs correspondantes mais inverses ; en effet, R étant constant, I peut être représenté par E —E,, et par suite de la propriété bien connue des sécantes de l’hyperbole, on a, par exemple, AH = DR et comme RH = E; AR = E— E^ ; et, par suite, l’ordonnée AR représente le courant correspondant au point D.
- Avec un travail utile constant, le courant va en croissant de o a l’oo quand la force contre électro-motrice croit de o à l’oo et que le rendement croit de o à 1.
- Supposons maintenant que l’on prenne comme constante le travail total fourni par le générateur, nous aurons alors l’équation :
- W = El = î^—ïîil)
- ou :
- (3)
- E2 —EK1 «WR
- Dans ce cas, la variation de E( par rapport à E est représenté par l’hyperbole II, dont les asymptotes sont l’axe des E^ et la bissectrice OG.
- Puisque dans ce cas, la seule condition donnée est la constance du travail dépensé par le générateur, on peut considérer aussi le cas d’une force contre électro-motrice négative, c’est-à-dire le cas où le moteur agit aussi comme générateur.
- Dans le cas ordinaire, le minimum (non analytique) de E correspond à E, = O; tandis que si on considère le cas tout à fait général, avec les valeurs négatives de E,, E peut diminuer jusqu’à o; la partie de l’hyperbole II située en dessous de l’une des E représenterait la relation entre E et E, dans le cas où la seconde machine ajoute son action à la première.
- De plus, comme dans l’équation (3), à chaque valeur de E^ correspondent deux valeurs de E ; la seconde série des valeurs formerait la deuxième branche de l’hyperbole II qui se rapporterait au cas où les rôles des deux machines sont intervertis.
- Pour la courbe II, le rendement est encore
- mesuré par le rapport -W qui a la même significa-
- tion géométrique que celle déjà indiquée pour I.
- Le rendement croît en même temps que la force contre électro-motrice.
- Le courant représenté par les segments compris entre II et la bissection OG décroît quand le rendement croît.
- Nous avons vu que l’énergie absorbée par le moteur est proportionnelle à :
- Ei (E —Ej
- L’énergie fournie par la génératrice est proportionnelle à :
- E (E — E,)
- Le premier de ces produits est représenté par le rectangle construit avec l’ordonnée E, de la courbe I et le segment correspondant compris entre le point de la courbe et la bissectrice et d’asymptote OG (par exemple : rectangles BKx BQ ou CKxCQ.) et ce rectangle est égal à la constante R de l’équation de la courbe I.
- De la même manière, le rectangle variable de l’ordonnée de OG et du segment correspondant
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- 462 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- représente l’énergie totale fournie, (par exemple : rectangle KQxKB = KQxKL) et, par suite, la différence entre les deux surfaces représente l’énergie dépensée en chaleur par seconde (rectangle KLMB).
- Or, comme la surface de la première série de ces rectangles est constante et que la surface des autres diminue en même temps que croît, on voit ainsi que le rendement croît quand on se déplace sur la courbe dans le sens DCTBA.
- De la même manière, avec la courbe II on verrait que le rectangle représentant le total du travail dépensé est constant; celui qui correspond au travail utile et par suite le rendement croissent avec E et Et.
- En résumé, le problème mathématique de l’accouplement de deux machines agissant Tune comme générateur et l’autre comme moteur, comportera trois cas, R étant considéré comme constante.
- Premièrement :
- E = Constante
- E
- Alors W, est un maximum pour E, =y (loi de Jacobi.).
- Le rendement électrique croît avec E,
- Le courant diminue quand E, croît.
- W diminue depuis son maximum jusqu’à zéro, lorsque le rendement est devenu l’unité. Deuxièmement :
- Wi = Constante
- Alors E est minimum quand on a :
- Le rendement électrique croît avec E,.
- Le courant diminue quand E, croît.
- W diminue de l’infini à W(.
- Troisièmement :
- W = Constante
- W, est un maximum quand le rendement est un, auquel cas E et E, sont infinis.
- E aura une valeur minimtim ( \/RW) quand E, = O.
- Le rendement électrique croît avec E^
- Le courant décroît quand Ê, croît.
- La loi de Jacobi du maximum du travail produit ne s’applique qu’au premier cas.
- De la production électro-métallurgique de l’aluminium et de ses alliages, par E.-H. Cowles.
- Nous avons déjà parlé dans un des derniers numéros de La Lumière Electrique, de la nouvelle invention de M. E.-H. Cowles; aujourd’hui, nous avons des documents plus précis sur le procédé, l’auteur ayant fait à ce sujet une lecture à l’Institut de Franklin (').
- L’installation de la Comtes Electric Smelting and Aluminium Company, se trouve pour le moment à l’usine de la Compagnie Brush & Cleve-land; et les expériences qui s’y font ont pour but la réduction des minerais réfractaires, permettant d’obtenir à l’état métallique, le calcium, le magnésium, le potassium, le sodium, le silicium, le titane, et enfin l’aluminium et ses alliages, avec lesquels des résultats définitifs ont été obtenus.
- Cette installation comprend deux grandes dynamos Brush, un séchoir, huit fours réfractaires, et les accessoires, tels que boîtes de résistances, commutateurs, ampèremètres, etc,
- La plus grande des dynamos est de beaucoup la plus puissante machine construite par la Compagnie Brush ; elle pèse 3qoo livres et fournit à une vitesse de 907 tours par minute, 1575 ampères et 46,7 volts; l’enroulement est en dérivation.
- Le courant est conduit de la dynamo à la chambre des fours par un câble formé de i3 fils de cuivre de 8 millimètres de diamètre; le circuit renferme un ampèremètre, dont les indications sont de la plus grande importance pour la conduite de l’opération.
- De plus, le circuit comporte un grand rhéostat en maillechort, immergé dans l’eau et muni d’un contact mobile; il sert à diminuer l’intensité du courant, lorsqu’on veut changer de four, ou avant de couper le courant au moyen d’une clef, pour éviter une forte étincelle; en outre, il tient lieu de dispositif de sûreté, dans le cas où le four formerait court circuit.
- Le four électrique, en relation avec la grande dynamo, la partie la plus importante de l’installation (fig. 1, 2, 3) consiste en une boîte rectan-
- (l) Journal de VInstitut de Franklin. Février 1886.
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- gulaire en briques réfractaires, dont les parois ont 23 centimètres d’épaisseur.
- L’espace intérieur a i,5om. de long, o,3o m. de large et o,3o m. de profondeur; il est formé par un couvercle mobile en fonte N, portant des ouvertures n, n pour Péchappement des gaz.
- Les extrémités du four sont munies de deux trous permettant d’introduire deux grosses électrodes de charbon MM', semblables à celles des lampes et ayant 7,6 c.m. de longueur sur 7,6 c.m. de diamètre; les deux électrodes sont en communication avec le câble de la dynamo mm.
- Pour charger le four* il faut commencer par le garnir, pour prévenir sa destruction; pour cela, on couvre le fond avec une couche d’une dizaine de centimètres , de houille finement pulvérisée, lavée à l’eau de chaux et séchée.
- Les électrodes sont alors introduites, de manière
- FIG. I
- à ce que leurs extrémités soient distantes de quelque dix centimètres; elles reposent sur la couche de houille; à l’aide d’écrans provisoires en tôle, on garnit les parties extérieures, contre les parois, avec de la houille chaulée, jusqu’à quelques centimètres du couvercle.
- Le four est maintenant complètement rempli de houille lavée à Peau de chaux, excepté un espace de 23 centimètres de larg., 3o cent, de long et i5 centimètres de profondeur, au centre du four et entourant les électrodes.
- Dans le cas où l’on veut produire du bronze d’aluminium, on mélange 7 à 8 kilogrammes de cuivre en grains, 5 à 6 kilogrammes d’oxyde d’aluminium (corindon pulvérisée), et quelques kilogrammes de charbon de terre grossièrement pulvérisé ; le tout est placé dans l’espace vide (P) à l’intérieur des écrans de tôles, qui sont alors enlevés , et le tout est recouvert de houille plus grossière, le couvercle mis en place et les joints
- Au commencement de l’opération, la masse étant froide, la résistance est plus grande que durant la chauffe; mais malgré cela, et par le fait que les pointes de charbon sont proches, une étincelle pourrait avoir lieu, et brûler, ou du moins détériorer sérieusement la dynamo, on remédie à ce danger au moyen du rhéostat, de sorte que même si les charbons se touchaient, le
- FIG. 2
- courant ne dépasserait pas 1600 ampères, la charge maximum.
- A la mise en train, il est nécessaire pour éviter des variations trop brusques de courant d’introduire une certaine proportion de résistances artificielles; mais au bout de dix minutes, l’aiguille de l’ampèremètre reste plus ou moins stable, indiquant 1000 ampères; dans les premières opéra-, tions, il se produisait à ce moment une sorte de détonation, accompagnée de flammes jaune-verdâtre passant par les évents; pour éviter cet accident qui pourrait soulever le couvercle, on a disposé près des ouvertures un bec de gaz, ce qui donne lieu à une série de petites explosions.
- Lorsqu’une flamme caractéristique jaune-blanc apparait, le courant étant d’environ 1200 ampères,
- FIG. 3
- toutes les résistances extérieures sont retirées; à ce moment la réduction de l’aluminium et son alliage avec le cuivre a lieu; lorsque l’aiguille marque 1400 à i5oo ampères, il est nécessaire de diminuer un peu le courant et d’augmenter la masse de minerais à réduire; pour cela, il suffit d’écarter les électrodes, le courant redescend à 1200 ampères et les fumées blanches qui sortent des évents indiquent une forte réduction.
- Cet écartement est répété de temps en temps ; au bout d’une heure, la « chauffe » est termi-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le courant est envoyé dans un autre four après, bien entendu, qu’il a été suffisamment modéré par le rhéostat.
- Le four n° 2 travaille alors, pendant que le n° 1 se refroidit; au bout d’une heure on passe au n° 3, et le n° 1 est déchargé; on trouve alors sur la couche de fin charbon, une masse oblon-gue cristallinée d’un métal blanc; elle est formée de cuivre avec 35 à 5o 0/0 d’aluminium et un peu de silicium.
- Au dessus de cette masse, se trouve une quantité considérable de carbure d’aluminium contenant de 3o à 60 0/0 d’aluminium.
- Le bronze riche est recueilli et fondu dans des creusets ordinaires en graphite, en lingots de 25 à 3o kilogrammes.
- Ils sont soigneusement analysés et on les refond avec du cuivre, pour les transformer en bronze d’aluminium à 100/0; chaque lingot de ce dernier est essayé et doit fournir une résistance à la traction de 63 kilogrammes par millimètre carré.
- L’inventeur espère arriver dans les circonstances ordinaires à une production journalière de i5o kilogrammes de bronze à 10 0/0 pour 20 heures de travail de chaque dynamo semblable ; et, en plus des i5 kilogrammes d’aluminium correspondants, 011 obtient encore 3o kilogrammes d’aluminium dans les produits secondaires, dont une grande partie pourra être extraite économiquement.
- On aura ainsi une production de 2 kilogrammes par heure, ce qui correspond à 26,6 chevaux pendant une heure pour réduire 0,45 k.g. d’aluminum.
- En ce moment, ces résultats ont été dépassés de beaucoup, car pour deux chauffes le travail dépensé pour la réduction de 0,45 k.g. a été de 12,5 chevaux pendant une heure.
- Théoriquement, il ne faudrait que 4,5 chevaux, aussi, avec la nouvelle forme de fours complexes, qui seront mis en œuvre à la nouvelle usine de Lockport, et qui exigeront 1,000 chevaux, l’inventeur espère arriver à produire 0,45 k.g. de bronze avec i5 à 20 chevaux-heure.
- Pour faire juger de réconomic du procédé, l’inventeur prétend avoir vendu exceptionnellement et sanspertcà 2 fr. 25 la livre (') de bronze àN 10 0/0 d’aluminium, qu’on ne peut jusqu’à présent se procurer à moins de 6 li\5o la livre ; le
- (!) Livre anglaise, 0,45 k.g.
- prix ordinaire du nouveau produit est de 3 francs la livre.
- Par l’addition de zinc, on arrive à un laiton alumineux malléable, trois fois moins résistant que le laiton ordinaire, et moins oxydable.
- La Compagnie Cowles estime que d’ici à cinq ou dix années, son procédé est destiné à faire dans l’industrie du laiton et du bronze, une révé-lution semblable à celle que le procédé Bessemer à produit pour le fer et l'acier.
- En particulier, l’inventeur se fait fort de ramener l’humanité à l'age du bronze, au moins en ce qui concerne les canons de gros calibre, les plaques de blindage et les petites armes à feu !!.
- Dans les expériences faites, on a réussi à produire les alliages du fer, du manganèse, de l’étain, du cuivre, du nickel et du cobalt avec l’aluminium, et sans ajouter de métal, on peut saturer le charbon d’aluminium dont une grande partie à l’état de mélange mécanique.
- En ajoutant que, de plus, on a réussi à produire de différentes manières de l’aluminium à 99 0/0, on peut considérer le problème de la production de l’aluminium comme résolu.
- La Compagnie compte arriver à fournir au marché, l'aluminium à raison de 2,5o à 3 francs la livre.
- D’après M. Cowles, la tension la plus forte obtenue avec le bronze d’aluminium ordinaire était de 66 kilogrammes par millimètre carré, tandis qu’un essai fait par le lieutenant Hall au laboratoire de la marine à Washington, sur un échantillon de son produit, a montré une résistance de 77 kilogrammes par millimètre carré, et tous les lingots sortis de l’usine ont une résistance d’au moins 63 kilogrammes, il attribue cette supériorité à la petite proportion de silicium que les alliages contiennent.
- Dans une note, M. Cowles ajoute que dans de nouveaux essais, on a réussi à prolonger la chauffe pendant 5 heures et à accroître la charge jusqu’à 45 kilogrammes.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- La DERNIÈRE SÉANCE DE LA SOCIETE ÉLECTROTECHNIQUE de Berlin. — Dans la séance du mois
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- de février de la Société électrotechnique de Berlin, M. le Dr Aron a exposé un nouveau mode de réglage électrique des horloges dans le cas d’un réseau distribuant l’heure.
- Le principe de ce mode de réglage, en ce qui concerne l’influence du courant électrique sur le pendule, rappelle celui déjà employé par M. le Dr Aron dans son compteur d’électricité, appareil que j’ai eu occasion de décrire antérieurement.
- Le réglage a lieu automatiquement par suite de l’influence uniforme qu’exerce un courant constant sur un pendule armé d’un aimant.
- Comme il s’agit ici de l’intensité plus encore que de l’uniformité de l’action exercée, l’extrémité du pendule porte une bobine qui suit le pendule dans ses oscillations. Pour renforcer l’effet de l’aimant, celui-ci est construit et disposé de manière que la bobine oscille entre ses deux
- pôles pendant que la région neutre de l’aimant se trouve en dehors de la bobine.
- Ce dispositif est représenté par la figure 1 ; on pourrait obtenir le même résultat avec l’arrangement de la figure 2. Suivant la direction du courant qui circule à travers la bobine, les pôles de celle-ci sont de même nom ou de nom contraire eu égard aux pôles de l’aimant qui leur font face. Dans le premier cas, les pôles voisins se repoussent et la marche du pendule est accélérée ; dans le deuxième cas, c’est l’inverse qui se produit et la marche du pendule est retardée.
- Le courant est renversé une fois par heure dans les différentes horloges et le mécanisme de réglage est facile à comprendre. Supposons, en effet, qu’une horloge ait avancé pendant une heure ; un courant est alors lancé automatiquement dans la bobine de telle façon, que les pôles de celle-ci deviennent de nom contraire aux pôles placés en regard ; l’horloge se trouve alors retardée dans sa marche jusqu’à ce qu’elle soit redevenue d’accord avec l’horloge centrale. La manœuvre inverse se produira pour une horloge qui
- aura retardé durant touf le cours d’une heure. Les horloges qui marquent l’heure juste .sont mises automatiquement hors circuit et leurs bobines restent sans action.
- Voici, dans ses parties essentielles, la disposition du système.
- L’horloge centrale ainsi que chacune des horloges du réseau porte un commutateur qui a la forme d’un disque. Sur ces commutateurs, qui tournent tous avec la même vitesse, glissent de petits leviers qui, grâce à la forme particulière des disques, peuvent fermer des contacts et envoyer dans les bobines des courants de sens opposés.
- Dans la figure 3, H représente l’horloge cen-traleNj, N2, N3, etc., les horloges locales, et oc, a,, a2, a3, etc., les commutateurs dont il vient d’être question qui sont montés isolés sur leurs axes. La surface du disque a de l’horloge centrale se compose de trois cercles concentriques dont les rayons vont en augmentant.
- Lorsque le levier a glisse sur le cercle de rayon moyen, les deux contacts b et c sont ouverts tous deux ; le contact b se ferme lorsque le levier a glisse sur le cercle de plus grand rayon, et le contact c se ferme lorsque ce même levier glisse sur le cercle de plus petit rayon.
- Lorsque le levier a est dans sa position la plus élevée, il est facile de voir que c’est le pôle positif de la pile B, qui est mis à la ligne L,, tandis que le pôle négatif de cette même pile est mis à la ligne L2. Dans ces conditions, toutes les horloges intercalées dans ce circuit ont leur marche retardée. Si le contact se produit entre a et c, le courant est renversé dans la ligne et la marche de toutes les horloges du circuit se trouve accélérée.
- Mais il ne suffit pas que le disque commutateur de l’horloge centrale ferme le circuit dans un sens ou dans l’autre pour qu’un courant soit lancé dans les horloges locales; il faut, en effet, pour que le courant puisse traverser ces horloges que le commutateur de chacune d’elles occupe une position spéciale.
- Les commutateurs des horloges locales a,,a3, a3 etc., sont des disques munis d’une encoche sur une faible étendue de leur circonférence. Si les horloges du réseau marchent d’accord avec l’horloge centrale, les leviers de contacta,, a2, a3, etc., passent sur l’encoche de chacun des disques oq,a2,a3, etc., en même temps que le levier de contact a de l’horloge centrale passe sur le cercle moyen du disque a. Comme dans ce cas, le le-
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- .LA. LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- vier a ne fait contact ni à droite ni à gauche, I aucun courant ne passe dans la ligne. Mais si ; l’une quelconque des horloges locales n’est pas d’accord avec l’horloge centrale, il n’en sera plus ainsi. Supposons, par exemple, que le levier ait quitté l’encoche du disque a, lorsque le levier de l’horloge centale se trouve sur le cercle moyen, le circuit se trouvera fermé dès que ce dernier levier aura abandonné le cercle moyen et une action correctrice s’exercera sur l’horloge Nr Le sens du courant dépend évidemment du sens de la variation de l’horloge considérée : le courant traversera l’horloge dans une direction ou dans l’autre suivant que le levier a se trouvera sur le cercle moyen du disque a avant ou après le passage du levier at sur l’encoche du disque a,.
- I De cette façon, chacune des horloges du réseau j peut être mise d’accord avec l’horloge centrale une fois par heure, indépendamment de toutes les autres.
- Toutes les horloges locales sont montées en dérivation sur un même circuit, la terre servant de retour commun, système qui a l’avantage de rendre la pose beaucoup plus économique.
- Une horloge à balancier quelconque peut être intercalée dans le circuit; il suffit pour cela d’apporter à l’appareil quelques modifications dont-le coût est très faible.
- Le nombre des horloges qu’il est possible de relier à une même horloge centrale aussi bien que la distance à laquelle le réglage peut s’opérer, sont sans bornes pour ainsi dire; il n’y a, en effet.
- qu’à employer des relais, comme pour la télégraphie.
- Il faut enfin mentionner cette circonstance importante que l’électricité atmosphérique reste sans action sur le système. Nous devons également faire remarquer que pour éviter l’usure des contacts, le Dr Aron emploie pour ces horloges la bobine sans induction dont il est l’inventeur et que j’ai eu dernièrement occasion de décrire dans ce journal.
- Sur la proposition du professeur Fœrster, la municipalité de Berlin s’apprête à entreprendre des expériences avec les différents systèmes de réglage électrique des horloges; je suis convaincu que le système ingénieux et intéressant du Dr Aron, système qui fonctionne avec une exactitude très grande tout en n’employant que des moyens extrêmement simples, donnera d’excellents résultats. Jusqu’ici, la ville de Berlin ne
- possède que six horloges normales qui sont réglées par l’observatoire.
- Après la conférence du Dr Aron, M. Ruhlmann, un des rédacteurs de 1 'Elektrotechnische Zeitschrift., a proposé à la Société de présenter au prince de Bismarck une pétition qui aurait pour objet de réglementer, d’une façon légale et immédiate, les unités électriques.
- M. Ruhlmann a fait observer à l’appui de sa proposition que, bien quç les unités électriques aient été définies à Paris et acceptées par toutes les nations, 011 ne pouvait, néanmoins, avoir aucune garantie dans la fabrication et la vérification des étalons tant que l’État n’aurait aucun contrôle dans cette question. Il y aurait lieu, a-t-il dit, de créer une Commission pour les étalons électriques, Commission semblable à celle qui existe déjà pour les étalons de poids et de mesure.
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- - Chaque jour des contrats sont passés pour des sommes considérables. Ces contrats reposent sur des mesures électriques sans qu’il existe, dans le cas d’un désaccord, aucune base légale qui puisse guider les tribunaux, et il est à souhaiter que l’on mette fin le plus tôt possible à cet état de choses qui peut devenir l’origine des plus grands embarras.
- M. le professeur Fœrster et M. Werner Siemens ont appuyé cette proposition. M. W. Siemens a fait observer que déjà depuis longtemps, on avait reconnu en Prusse la nécessité d’une institution de ce genre et que l’initiative de cette mesure appartenait actuellement à l’empire allemand.
- La proposition de M. Ruhlmann a été acceptée à l’unanimité et la rédaction de la pétition a été confiée à une Commission qui se compose de MM. Ruhlmann, le professeur Fœrster, W. Siemens, le colonel Goltz (Président de la Société pour j 886) et le Directeur Hake.
- Dr H. Michaelis.
- Angleterre
- L’Elément étalon de Clark.. — Lord Rayleigh a constaté que la plus grande cause de variation de la force électro-motrice dans l’élément étalon de Clark, provient de la manière dont on le prépare, et surtout de ce que liquide n’est pas assez saturé de sulfate de zinc, ce qui rend la force électro-motrice trop élevée.
- On constate quelquefois l’inverse par suite d’une trop grande saturation, surtout quand les éléments ont été chauffés pendant ou après le montage. Si l’on a soin d’éviter ces défauts de préparation, si le mercure est pur (de préférence distillé dans un vide), et si la pâte est neutralisée avec du carbonate de zinc, ou par un repos de quelques semaines, la force électro-motrice semble être exacte jusqu’à 1/1000 près.
- Aucune variation importante du coefficient de température n’a été observée dans les éléments saturés préparés par l’auteur ou par d’autres personnes. Dans tous les cas, la correction suivante est assez exacte pour les applications ordinaires :
- E = i,435 j 1 — 0,00077 (f — x5°) }
- formule dans laquelle E représente la force électro-motrice de l’élément à la température de t degrés centigrades. Pour des opérations très-délicates il vaut mieux protéger l’élément contre
- S
- de grandes variations de température. Dans de circonstances favorables deux éléments garderont leurs valeurs relatives à 1/10.000 près pendant des semaines et des mois.
- Si les éléments ne sont pas soigneusement fermés, il se produit une perte du liquide par l’évaporation et la force électro-motrice tombe graduellement. La glue-marine semble offrir une meilleure protection dans ces cas que la cire de paraffine, et il n’y a pas de raison apparente pour empêcher ces éléments de se maintenir pendant plusieurs années.
- La force électro-motrice des éléments se modifie légèrement avec le temps. Un des éléments de lord Rayleigh donnait ainsi au mois d’octobre 1883, une force électro-motrice de 1,4542 volts, au mois de novembre 1884, 1,4540 volts et 1,4537 volts au mois d’août 1885. Cette constance est cependant suffisante pour la plupart des opérations pratiques.
- Les courants telluriques sur une montagne.— Un observatoire ‘météorologique a été établi il y a quelque temps au sommet de Ben-Nevis, la plus haute montagne de l’Ecosse et du Royaume-Uni. Il a été relié télégraphiquement avec la ville la plus proche, le fort William, et les observateurs n’ont pas tardé à constater la présence de courants terrestres périodiques dans le fil de ligne.
- On intercala un galvanomètre dans le circuit et on fit des observations régulières pendant les mois de septembre et octobre derniers. Les résultats qui sont d’une nature fort intéressante ont été communiqués à la Royal Society d’Edimbourg.
- Les observations faites d’heure en heure démontrent que de minuit à 4 heures du matin un courant terrestre monte vers le sommet de la montagne et arrive à son maximum de force vers 2 heures du matin. Il s’établit ensuite un faible courant en sens inverse jusque vers 5 heures du matin, et à ce moment un fort courant remonte la ligne et passe par son maximum vers 10 heures et par son minimum vers une heure de l’après-midi. On constatait ensuite une augmentation assez rapide d’un courant descendant, jusqu’à 3 heures de l’après-midi suivie d’une période incertaine de cinq heures. Un courant ascendant se produisait alors d’une façon continue jusqu’à 9 heures, atteignant son minimum à 11 heures du soir.
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- Pendant toute la durée de ces observations, le sommet du Ben-Nevis était continuellement enveloppé de brouillard, ce qui n’a pas été sans influencer les résultats. Quand l’atmosphère au sommet de la montagne était libre et claire, un fort courant remontait le cable, tandis qu’on observait le phénomène contraire pendant un temps de neige. Ces faits demandent à être étudiés avec soin pour qu’on puisse déterminer la cause des courants et en tirer des conclusions définitives.
- J. Munro
- Autriche
- Une invention qui, à vrai dire, n’est pas tout-à-fait du domaine de l’électricité mais qui y touche de très près, est en ce moment l’objet de nombreux commentaires à Vienne.
- Il s’agit d’une innovation ou plutôt d’un perfectionnement à apporter dans l’éclairage au gaz.
- Un jeune chimiste qui a été l’élève du professeur Bunsen, à Heidelberg, a modifié le brûleur bien connu de ce savant en vue de l’appliquer à l’éclairage au gaz. Le perfectionnement consiste principalement en une petite calotte oblongue, faite d’un tissu organique préparé, qui, placée au-dessus de la flamme du brûleur devient immédiatement incandescente et transforme cette source de chaleur en un foyer lumineux d’une intensité d’environ 16 à 18 bougies.
- La lumière produite ressemble, comme couleur, à celle des lampes à arc alimentées par des courants alternatifs. La quantité de gaz nécessaire pour produire cette intensité ne s’élève, prétend-t-on, qu’à 60 0/0 de celle employée pour un bec papillon ordinaire, et comme l’intensité lumineuse est beaucoup plus forte, l’économie qu’on retire, de ce système est considérable.
- Nous nous trouvons donc en présence d’un progrès réel auquel les ingénieurs du gaz, forts de leur monopole, n’auraient certes pas pensé. La petite calotte oblongue est, comme nous l’avons dit, faite d’un tissu organique qui a passé par des solutions de diverses substances — erbium, strontium et autres terres ; la durée est paraît-il de 800 à 1000 heures d’éclairage.
- Il ne nous est pas possible de nous prononcer sur la valeur technique de ce nouveau système, qui n’est évidemment encore que dans la période des expériences, et il faudrait être bien naïf pour croire que cette innovation puisse être de nature
- a entraver le développement de l’éclairage électrique.
- Même dans le cas où le côté économique serait reconnu d’une importance aussi grande qu’on le prétend, et en admettant que la nouvelle invention fût déclarée parfaite, au point de vue technique, il n’en serait pas moins vrai que malgré l’excellente idée de notre compatriote le Dr Auer, la lumière ainsi obtenue n’aurait jamais que la faible intensité que peut produire le gaz comparé à l’électricité.
- Deux faits me suffiront pour montrer les inconvénients de ce système. Et d’abord je ferai remarquer qu’on n’a jamais pu introduire l’éclairage au gaz dans les palais de la Famille Impériale, probablement parceque la direction de la maison de l’Empereur a toujours été opposée au gaz, tout comme nos principales autorités médicales. L’aversion bien naturelle de ces messieurs, et c’est là le deuxième fait à mettre en avant, repose sur les deux dangers que présente l’éclairage au gaz : celui qui provient de l’installation de grandes usines à gaz, et celui qu’entraine l’éclairage même.
- Le D1' E. Kammerer le président de notre conseil de santé, et un excellent médecin le D1' Hofmann, directeur d’un des principaux hôpitaux le Wiener Allgemeines Kraukenhaus, enfin le conseiller municipal le professeur Drasche se sont, presque en même temps, prononcés en faveur de l’adoption de la lumière électrique. Le 20 janvier dernier, ,M. Kammerer a fait une conférence sur les inconvénients sanitaires de l’éclairage an ga% comparé à la lumière électrique, qui mérite d’être traduite dans toutes les langues civilisées, car c’est un résumé de toutes les idées émises par ses deux collègues, dans un rapport à la ville, dressé par l’un de ces messieurs et dans un discours prononcé par l’autre au conseil municipal. M. Kammerer n’a rien oublié dans son résumé, ni les arguments puisés à bonne source, ni les noms des auteurs ayant déjà traité ce sujet, tels que : Pettenkofer, Biefel, Poleck, Renkh, Cohn.
- Le bureau technique de la ville ou le Stadt-bauamt comme on l’appelle, s’est aussi prononcé comme je vous l’ai déjà dit, en faveur de l’installation par la ville d’une usine centrale de lumière électrique.
- Mais le conseil municipal ne veut pas entendre parler d’une entreprise commerciale de ce genre; il vient de paraître une brochure, il y a quelques
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- jours, qui recommande à la ville de laisser toutes les entreprises similaires à l’initiative privée et de ne pas y engager de capitaux.
- La même brochure propose de passer un traité avec la maison Siemens et Halske, qui va procéder à une installation électrique au centre de la ville comme je vous ai déjà dit, à ses frais et risques. Comme ces messieurs vont prochainement entreprendre la construction d’un chemin de fer électrique, nous pouvons nous attendre à des travaux électriques considérables. La maison Egger et C'° construit une petite usine centrale dans le faubourg de Wieden, et quand MM. Ganz et C'e, Kemenetzsky, Mayer et Cie et M. Fischer auront réalisé leurs projets, nous n’aurons qu’à nous féliciter des progrès de l’industrie électrique à Vienne.
- Je vous entretiendrai bientôt des raisons qui rendent probable la réalisation de cet idéal.
- J. Kareis.
- CHRONIQUE
- François ARAGO
- Pendant que toute la France (ou pour mieux dire presque toute la France, puisque malheureusement les conseillers municipaux de Paris ont cru devoir s’abstenir), célèbre le centenaire de François-Dominique Arago, nous croyons devoir également rendre hommage à l’illustre savant, qui compte parmi nos gloires en rappelant en quelques mots, les traits particuliers de sa vie et les points saillants de ses si multiples travaux.
- C’est qu’il est en effet, peu de régions scientifiques, qu’Arago n’ait explorées en savant véritable. Mathématicien, astronome, physicien, électricien, il fut tout à la fois, avec le même bonheur; et il attacha son nom à toutes les grandes découvertes du siècle.
- Tout ce qu’il savait en outre il sut l’exposer avec une clarté et une simplicité telles, qu’il fut le premier vulgarisateur véritable de la science, et ce titre seul indépendamment des autres eut suffi à classer son nom parmi les grands du siècle.
- Comme on le sait, Arago naquit le 26 février 1786, à Estagel, dans les Pyrénées-Orientales.
- C’est au collège de Perpignan qu’il fit ses premières études, et à l’âge de 17 ans, il fut reçu, après un brillant examen, à l’Ecole Polytech-
- nique, où il fut le premier élève qui donna un vote négatif pour le Consulat à vie.
- Au sortir de cette école, il fut immédiatement attaché, en qualité de secrétaire, au Bureau des Longitudes, et c’est en 1806 que, sur la recommandation de Monge, il fut adjoint à Biot et aux commissaires espagnols Chaix et Rodriguez pour achever la mesure de l’arc du méridien terrestre.
- Cette opération géodésique, qui a servi de base au système métrique, avait été commencée par Delambrc et Méchain et ce furent les deux jeunes savants qui la continuèrent jusqu’auxîles Baléares.
- Elle fut pour eux, et pour Arago surtout, une longue odyssée de fatigues, de dangers et de vicissitudes.
- Au mois d’août 1807, en effet, les plus importantes opérations étant terminées, Biot repartit pour Paris laissant à son jeune associé le soin d’achever les travaux qu’il restait à faire. Mais à ce moment la guerre éclata entre la France et l’Espagne.
- Cest alors que les aventures les plus extraordinaires commencèrent. Poursuivi par les Major-quaires, qui le prenaient pour un espion, Arago se déguisa en paysan, et c’est ainsi qu’il parvint à préserver ses instruments et ses précieux papiers.
- Recueilli par un navire espagnol, dont le capitaine le sauva de la fureur populaire en l’enfermant dans la citadelle de Belvar, il continua tranquillement en prison ses calculs jusqu’au mo* ment où il obtint de se rendre à Alger.
- Il pouvait se croire alors sauvé; mais il n’était cependant pas au bout de ses peines. A son retour il tomba aux mains d’un corsaire espagnol qui l’enferma au fort de Rosos d’abord, et sur les pontons de Palamos, d’où il put enfin regagner la France, non sans avoir à subir une nouvelle série d’aventures et d’infortunes.
- Comme cela se conçoit de nobles sympathies l’accueillireht à son retour. L’Académie des Sciences, contrairement à ses règlements, le reçut dans son sein, malgré ses 2 3 ans, et l’empereur le nomma immédiatement pro fesseur d’analyse et de géodésie à l’Ecole Polytechnique.
- Pendant vingt ans, il conserva ses fonctions tout en continuant dans sa retraite ses études fécondes pour la science, et sans qu’il eût à abandonner sa chaire, il fut nommé directeur de l’Observatoire de Paris.
- C’est à ce moment que sa renommée commença à devenir universelle.
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- Ses cours d’astronomie, restés célèbres par leur admirable clarté avaient pour auditeurs assidus les savants les plus distingués, français et étrangers, en même temps que des gens du monde peu versés dans les choses de la science.
- On sait, en effet, qu’Arago avait frappé l’Europe d’étonnement en parvenant à démontrer l’astronomie à des auditeurs qui n’avaient aucune notion des mathématiques. Cette puissance de vulgarisation scientifique que personne n’a possédée à un plus haut degré, est, après ses découvertes, son plus beau titre de gloire.
- C’était un rare mérite de démocratiser ainsi la science, surtout à une époque où les savants officiels n’étaient que trop disposés à l’envelopper de nuages pour la dérober au vulgaire.
- En i83o, Arago remplaça Fourier comme secrétaire perpétuel de l’Académie. Il prononça en cette qualité l’éloge de savants tels que Bailly, Condorcet, Fourier, Ampère, etc. Ces éloges sont presque tous restés comme des chefs-d’œuvre de style et d’exposition scientifique.
- Nous n’avons pas ici à parler de sa vie politique. Arago, y fut ce qu’il était en tout, franc et sincère, soutenant envers et contre tous, la cause de la liberté et de la justice.
- Comme savant, Arago a fait une foule de découvertes utiles et ingénieuses dans toutes les branches de la science. Pourtant, l’optique, qui sert de base à toutes les observations astronomiques, fut son étude de prédilection.
- Il fut un des premiers à propager la Théorie des ondulations, théorie qui compare les phénomènes lumineux à ceux du son, et qui les explique par'la transmission des mouvements vibratoires dont sont animées les molécules des corps lumineux.
- On lui doit la construction d’un photomètre qui permet de mesurer les intensités lumineuses des astres, et qui donne des résultats photométriques plus certains que ceux tirés des lumières artificielles.
- A l’aide de ce bel appareil, dontArago dut, à cause de l’affaiblissement de sa vue, confier l’emploi à des mains étrangères, Laugier et Petit purent vérifier ce principe de Fresnel, que : la lumière polarisée réfractée est complémentaire de la lumière réfléchie.
- v La lumière atmosphérique joue en effet un rôle important dans l’observation des globes célestes.
- Depuis Tyho-Brahé, bien des tentatives
- avaient été faites pour en corriger les effets, mais toujours avec un succès médiocre.
- Il fallait mesurer l’indice de réfraction de l’air. C’est ce que firent Arago et Biot, au moyen du prisme de Borda.
- Ils trouvèrent, comme on sait, pour cet indice, à la température de zéro degré et à la pression de 760 le nombre 1,000294. Ils opérèrent de même sur plusieurs autres gaz.
- Les résultats déduits des magnifiques calculs de hVesnel sur la polarisation furent, pour la plupart, vérifiés par Arago, à l’aide de son ingénieux polariscopc, qui lui fit découvrir que la lumière renvoyée par l’atmosphère, quand le temps est serein, est fortement polarisée.
- En 1811, ayant aussi, un jour, regardé à travers un spath d’Islande, une lame de mica exposée à un ciel très pur, il distingua deux images de la lame, toutes deux colorées de nuances différentes.
- Frappé par ce phénomène, il entreprit aussitôt de nombreuses expériences sur les rayons polarisés directement, et parvinr à découvrir ainsi les phénomènes fondamentaux de la polarisation chromatique, dont la théorie complète est dûe à Fresnel.
- C’est aussi à Arago qu’on doit l’explication la plus généralement admise de la scintillation des étoiles, tirée du principe des interférences de Yung.
- En astronomie pure, il parvint à déterminer avec une plus grande exactitude le diamètre des planètes, en détruisant l’effet de l’irradiation.
- Nous disions en commençant qu’Arago avait également été électricien.
- Sans parler de ses longues et savantes notices sur le tonnerre et la construction des paratonnerres, la science de Vélectro-magnétisme, née en 1819 d’une observation d’Oersted, est en partie redevable à Arago de la rapidité de ses progrès.
- C’est le hasard d’ailleurs qui dirigea ses recherches de ce côté.
- S’étant trouvé à Genève, au retour d’un voyage qu’il fit en Italie, il fut à même de voir Delarive répéter dans son laboratoire les fameuses expériences d’Oerstedt.
- De retour à Paris, au mois d’août 1820, il raconta à l’Académie des Sciences, dans la séance du 4 septembre, ce qu’il avait vu en Suisse, et la Compagnie le chargea immédiatement de refaire devant l’Institut ces remarquables expériences.
- - C’est alors qu’il découvrit que le fil conjonctif
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- des pôles d’une pile de Volta jouissait de la propriété d’attirer la limaille de fer. Il reconnut que l’aimantation communiquée ainsi au fer n’était que passagère, mais qu’elle devenait durable si l’on se servait de la limaille d’acier.
- Vers le 20 septembre il communiqua à Ampère le phénomène qu’il avait observé, et, quelques jours plus tard, l’électro-aimant était inventé.
- De même, ayant fait osciller une aiguille aimantée, d’abord sur une plaque de cuivre, puis sur des plaques de différentes substances, il remarqua que l’amplitude des oscillations décroissait très rapidement sur la plaque de cuivre, et plus rapidement encore sur les plaques métalliques que sur toutes les autres.
- Il en conclut naturellement que, si une plaque métallique en repos finissait par arrêter les oscillations d’un aimant, elle devait fatalement l’entraîner et le faire tourner lorsqu’elle-même serait mise en mouvement.
- Les nombreuses expériences d’Arago répondirent affirmativement à sa conclusion et donnèrent naissance à ce qu’on appelle le magnétisme de rotation, qui valut plus tard à Gopley une médaille d’or que lui décerna la Société troyale de Londres.
- Enfin, de concert avec Dulong, Arago entreprit sur les tensions de la vapeur d’eau une série d’expériences qui le conduisirent à soumettre à une vérification complète la loi de Mariotte sur la compression des gaz.
- Cette loi fut trouvée exacte pour l’air jusqu’à une pression de 27 atmosphères, et les deux savants allaient l’éprouver sur d’autres gaz, lorsque l’Administration des Bâtiments leur retira la jouissance du local (la tour du lycée Napoléon) dans lequel ils avaient installé leurs appareils.
- . S’il fallait aussi résumer l’histoire des travaux et des découvertes d’Arago, cet article non seulement ne suffirait pas, mais il faudrait y consacrer une longue série de volumes.
- Ses œuvres complètes sont disséminées un peu partout, dans les Mémoires de l’Académie des Sciences, dans les Mémoires de la Société d’Ar-cueil, dans les Annales de Physique et de Chimie, dont il fut un des fondateurs, et dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes, et, depuis 1857, elles sont réunies en volumes.
- Quoi qu’il en soit, la revue rapide que nous venons de faire suffit à donner une idée du rôle colossal rempli dans la science par Arago jusqu’en i853, époque de sa mort.
- Plus d’ailleurs on approfondit les sciences, plus on apprend, plus on cherche, plus on se rend compte de ce que nous sommes redevables au génie d’Arago, une des gloires les plus pures de notre patrie.
- P. Clemenceau.
- L’Éclairage électrique des Phares
- La direction des phares, aux Etats-Unis, a publié dans son rapport pour l’année 1885, un travail de M. le lieutenant John Mills sur l’éclairage électrique des côtes, que nous avons cru intéressant de reproduire dans ses parties essentielles.
- Le rapport de M. Mills débute par une description de l’installation à Hell Gâte et un résumé des travaux qui y ont été faits jusqu’à ce jour. Ce feu, établi sur Hallets Point, dans le village (YAstoria, sur Long Island, a pour but principal de faciliter aux navires le passage de Hell Gâte pendant la nuit.
- C’est le 20 octobre qu’il fonctionna pour la première fois. La tour est en fer et quadriforme elle a 25o pieds de hauteur et mesure à sa base 55 pieds carrés.
- Le défaut d’espace a rendu nécessaire l’établissement de bâtiments et de citernes dans la partie inférieure même de la tour. Les chaudières sont cylindriques. Comme il n’y a pas d’eau douce dans le voisinage, on a creusé deux citernes pour recueillir l’eau de pluie qui tombe sur la toiture du bâtiment ; mais la quantité d’eau ainsi récoltée étant insuffisante, il a fallu avoir recours à l’eau de mer, qu’on prend la plupart du temps à l’embouchure du fleuve.
- L’auteur dit que cette circonstance, combinée avec la forte pression de vapeur qu’on employait au commencement (80 livres), a donné lieu à des difficultés provenant de l’incrustation dans les chaudières. La première disposition des appareils comprenait deux pompes à vapeur pour l’alimentation des chaudières et l’eau traversait un réchauffeur. Les pompes étaient trop grandes pour une alimentation continue, et 011 s’en servait dans l’intervalle pour faire circuler l’eau de mer à travers le réchauffeur, à l’effet de condenser la vapeur de la machine.
- Les changements fréquents d’eau de mer et d’eau douce, et vice versa, occasionnaient une perte considérable de l’eau douce des citernes et introduisaient de l’eau de mer dans les chau-
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- dières. Sur la proposition du gardien en chef, on a installé une plus petite pompe qui alimente continuellement et directement les chaudières d’eau des citernes, n’utilisant les grandes pompes que pour faire circuler l’eau de mer à travers le réchauffeur, qui.fonctionne ainsi comme un condensateur à surface.
- L’eau condensée va directement dans les citernes et l’eau d’alimentation est maintenue chaude. Cette modification et la réduction à 70 livres de la pression ont considérablement diminué les difficultés résultant de l’incrustation, tout en donnant une économie notable d’eau douce.
- Au sommet de la tour sont installés 9 foyers Brush auxquels on a accès au moyen d’un ascenseur fonctionnant par un contrepoids. L’intensité lumineuse maxima de chacune de ces lampes est de 3 114 bougies étalons. Le courant est fourni par deux dynamos du système Brüsh, donnant environ 343 volts aux bornes avec 33 ampères. L’inexpérience des gardiens a occasionné à plusieurs reprises l’extinction des feux, mais il fallait s’attendre à des accidents de ce genre avec une nouvelle installation; cependant, depuis le 24 mars 1885, il n’y a pas eu d’interruptions, et le lieutenant Mills affirme que l’expérience acquise par les gardiens et l’installation de nouveaux appareils rendent presque impossible tout danger d’extinction, à moins cependant d’un accident à la machine. Une seule fois un dépôt de glace s’est formé sur les cordes de l’ascenseur, de sorte qu’il était impossible d’arriver aux lampes.
- Au moyen de réflecteurs convenablement disposés, les rayons lumineux émanant d’une source relativement petite peuvent être dirigés dans n’importe quelle direction. Tous ces appareils sont cependant très coûteux et peu comnïodes à manier; ils entraînent aussi une perte de lumière proportionnée au changement plus ou moins grand qu’on fait subir à la direction des rayons.
- Pour réduire à un minimum les dimensions et les frais des appareils optiqües nécessaires et assurer en même temps le rendement le plus élevé, il faut établir la source lumineuse même de telle façon que la plus grande quantité de lumière possible soit limitée dans un espace angulaire très restreint et dirigée sur l’endroit où l’on désire rendre la lumière visible, ce qui nécessite des rayons d’une très grande intensité et d’une puissance de pénétration considérable.
- Comme la source lumineuse est toujours, dans la pratique, de dimensions appréciables par rapport à sa distance des surfaces les plus proches de l’appareil optique, les rayons dévient nécessairement un peu de la direction qu’on veut leur donner ; cette déviation est, en général, en rapport avec l’angle formé par les surfaces de l’appareil optique et le rayon lumineux.
- Il faut donc pour avoir un rendement élevé avec un appareil économique, que la source lumineuse soit de dimensions relativement restreintes.
- D’autres qualités sont également nécessaires : l’intensité lumineuse, par exemple, doit être constante, la forme de la source lumineuse ne doit pas varier, sa position doit être fixe, et si les circonstances ne permettent pas de remplir ces conditions, il faut au moins que les variations soient parfaitement réglées.
- En dernier lieu, les frais d’entretien doivent être modiques.
- Il reste maintenant à examiner jusqu’à quel point la lumière électrique remplit ces conditions, et l’on peut alors juger si elle se prête ou non, à l’éclairage des phares.
- De toutes celles connues actuellement, c’est sans contredit la lampe à arc qui produit la lumière la plus intense et la plus concentrée. Bien qu’elle ait été tout d’abord utilisée pour l’éclairage des phares, le développement de cette première application n’a pas été en rapport avec celui des autres.
- La lumière à arc possède une intensité lumineuse qui n’a jamais été surpassée, et quoique l’expérience ait démontré que sa puissance de pénétration est inférieure à celle d’une lumière où prédominent les ondes plus longues, il a cependant été reconnu que l’arc électrique produit une lumière qui, par tous les temps, est visible beaucoup plus loin que toute autre.
- La surface éclairante de l’arc électrique est extrêmement petite comparée à l’intensité de sa lumière, mais comme la fixité absolue fait souvent défaut, la faible dimension de la surface lumineuse est plutôt un inconvénient sérieux qu’un avantage.
- Il faut des appareils optiques beaucoup plus grands que si la lumière était fixe, afin de diminuer le mauvais effet d’un grand nombre de petits mouvements qui nécessitent des réglages souvent répétés.
- Quant à l’éclat, il existe une différence notable
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- entre les lampes qui fonctionnent avec des courants continus et celles à courants alternatifs.
- M. J. Mills déclare que la position verticale des charbons est la plus avantageuse dans les lampes de la première catégorie, mais meme dans ces conditions, la direction du maximufn d’intensité s’écarte de l’angle de 45° avec l’horizontale.
- Pour cette raison, et aussi à cause de la plus grande difficulté qu’il y a à maintenir la lumière au foyer de la lentille, toutes les formes de lampes à arc inventées jusqu’ici et fonctionnant avec des courants continus ne conviennent pas à l’éclairage des phares et sont, pour ainsi dire, abandonnées dans la pratique.
- La lampe à courants alternatifs de Méritens, munie d’une lentille spéciale, et la machine magnéto-électrique à courants alternifs du même inventeur, constituent l’appareil le plus pratique et, en réalité, le seul actuellement employé dans les phares.
- Comme certaines qualités de la lampe électrique à incandescence semblaient la désigner pour l’éclairage des phares, un travail expérimental considérable a été fait dans ce sens.
- On a construit des lampes à incandescence d’une intensité lumineuse bien au-dessus de l’ordinaire, et on vient de terminer une lampe qui doit être employée avec une lentille de premier ordre.
- Les expériences préliminaires ont démontré que cette lampe pouvait donner continuellement et avec sécurité environ 450 bougies.
- La facilité avec laquelle cette forme de lampe peut être éteinte et rallumée semble la désigner tout spécialement pour les foyers intermittents, où elle présente le grand avantage de simplifier l’appareil optique et de rendre tout à fait inutile l’emploi du mécanisme tournant.
- Il est à regretter, dit l’auteur, qu’il n’ait pas été possible de soumettre les puissances de pénétration relatives des sources lumineuses de différentes qualités à une étude plus approfondie au moyen d’observations à distance, car c’est là un des côtés les plus importants de toute la question.
- Les observations qu’on a pu faire indiquent cependant que la puissance de pénétration de la lumière à incandescence n’est pas inférieure à celle des brûleurs ordinaires, et qu’elle est sans aucun doute supérieure à celle de l’arc électrique.
- La lampe à incandescence convient donc mieux que la lampe à arc pour les feux rouges,
- puisqu’elle contient unê proportion moins grande de rayons de faible longueur d’onde.
- La simplicité de la lampe, son réglage facile, le fait qu’elle ne demande aucune surveillance pendant le fonctionnement et la facilité avec laquelle on peut l’appliquer à une lentille quelconque de premier ordre sans déranger un appareil existant, autrement qu’en enlevant le bruleur, tous ces avantages semblent militer en faveur de recherches plus amples et plus complètes.
- La courbe de la lampe électrique prouve qu’une grande partie de la lumière frappe le tambour de la lentille qui est de beaucoup la partie la plus efficace.
- La quantité de lumière qui émane du foyer de la lentille à un angle au-dessus de 45 degrés est si faible qu’on pourrait supprimer les anneaux ca-tadioptriques de la lentille au-delà de cette limite sans aucun inconvénient.
- La supériorité de la lampe électrique sur la lampe à huile se manifeste encore sous un autre rapport. La plus grande dimension de la flamme donne lieu à une plus grande perte de lumière et la forme de la flamme est de plus très variable.
- L’état de l’atmosphère exerce une influence considérable sur la hauteur de la flamme et malheureusement, la lampe fonctionne toujours moins bien par un temps gris, même en y apportant le plus grand soin.
- En dehors de la diminution d’intensité lumineuse qui en résulte, la partie la plus brillante de la flamme perd de son éclat, et si le bruleur est placé de façon à produire son meilleur effet pendant le mauvais temps, la lumière en temps normal sera non seulement moins brillante, mais projetée trop haut au-dessus de l’horizon.On peut aujourd’hui se procurer un grand nombre de différents systèmes de générateurs électriques de bonne construction, d’un maniement facile et satisfaisant à toutes les conditions qui peuvent se présenter dans la pratique.
- Les moteurs à vapeur spécialement construits pour ce genre de travail, ont également été beaucoup perfectionnés, et la seule partie du problème de l’éclairage électrique des phares qu’il reste à résoudre, ou plutôt la partie la moins bien résolue est celle qui a trait à la lampe même. C’est donc vers ce but que doivent être dirigées les études et les expériences.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Kalender fur elektrotechniker. — Formulaire de VIngénieur-Électricien, par MM. W.-A. Nippoldt et F. Up-
- penborn. — Munich et Leipzig, 1886.
- Bien qu’un formulaire ne soit en réalité qu’un simple ouvrage de compilation, et qu’il n’y ait vraiment qu’à prendre à droite et à gauche des documents et à les grouper en chapitres pour faire déjà un dictionnaire de renseignements utiles, je ne crois pas qu’il soit si facile de réussir du premier coup.
- La question de savoir mise de côté, tout le monde n’est pas absolument apte à faire un bon formulaire.
- L’ouvrage s’adressant surtout aux ingénieurs ou contre-maîtres qui mettent directement la main aux machines, qui font des projets, construisent ou dirigent des installations mécaniques, il est absolument nécessaire, pour qu’on puisse trouver dans le livre les documents dont on a besoin, que l’auteur lui-même soit un homme technique, et non pas seulement un savant de laboratoire ou un publiciste ; en général, ce n’est pas ce qui arrive.
- La plupart du temps, et il n’y a pour s’en convaincre qu’à consulter les formulaires en circulation, ce ne sont guère que les ingénieurs conseils ou les journalistes, c’est-à-dire ceux qui le plus facilement ont des documents à portée de la main qui nous donnent ce genre d’ouvrages.
- Il s’en suit alors que, si les formules y sont nombreuses, les tableaux de chiffres abondants, il y manque souvent les renseignements techniques qui sont les plus précieux pour le constructeur.
- A côté de documents inutiles, on ne trouve pas ceux que l’on voudrait y voir, et le but de l’auteur n’est pas atteint.
- Dans cet ordre d’idées, un formulaire à l'utage des électriciens est particulièrement délicat à construire, si l’on peut s’exprimer ainsi.
- Les matériaux qui sont nécessaires à sa formation doivent être les plus divers.
- Indépendamment de la partie purement mathématique, et des formules générales qu’on ne peut jamais toutes retenir de mémoire, il faut que le côté mécanique ne soit pas négligé.
- Les notions de la physique théorique doivent s’y rencontrer avec des résultats d’expériences, et enfin tout ce qui touche plus directement à la partie électrique demande à être résumé d’une
- façon toute spéciale, pour que l’ensemble puisse satisfaire l’électricien technique qui à la fois est physicien et mécanicien.
- Toutes ces conditions rendent alors plus délicat qu’on ne croit, le travail de l’auteur ; mais en revanche, elles assurent le succès, quand elles sont complètement remplies.
- Jusqu’à ce jour, de tous les formulaires existants, le Pocket-Book de MM. Munro et Jamies-son était celui qui généralement était considéré comme le meilleur.
- L’ouvrage est en effet assez complet à tous les points de vue ; il a été fait par deux hommes de valeur dont le nom est depuis longtemps connu ; mais pourtant, bien qu’il soit aujourd’hui dans toutes les mains, il faut reconnaître qu’il présente encore quelques lafcunes.
- En ce qui concerne notamment la construction des machines dynamos, les renseignements qu’il apporte, ne sont pas absolument ce qu’ils pourraient être.
- Aujourd’hui, la machine dynamo est sans contredit la partie la plus importante de l’industrie, qu’il s’agisse d’éclairage, d’électrolyse ou de transport de force.
- Elle constitue le sujet d’étude le plus varié, et, bien que, sur la théorie, on ne se soit pas encore complètement mis d’accord, il est cependant des points principaux qui ont été suffisamment élucidés pour qu’un formulaire puisse indiquer en chiffres certains une sorte de guide de construction.
- Eh bien, cette critique ne peut réellement pas être faite au livre de MM. W.-A. Nippoldt et F. Uppenborn.
- Le formulaire qu’ils viennent de faire paraître est incontestablement la documentation la plus complète et la plus judicieusement faite, qui ait encore été éditée.
- Le format n’est cependant pas plus volumineux qu’il ne convient, le livre est de ceux qui peuvent tenir dans la poche, mais le texte étant très serré, tout ce qu’on pouvait y mettre y est.
- La matière y est classée en six chapitres principaux.
- I. Notions mathématiques.
- II. Notoins mécaniques.
- III. Physique.
- IV. Mécanique technique.
- V. Electricité technique.
- VI. Renseignements divers.
- Ce que chaque chapitre contient, le titre l’in-
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- clique. Çependant il est certaines parties qu’il faut signaler à cause du développement qui leur a été donné. Notamment, la partie purement mathématique, outre la table de logarithme et les formules de trigonométrie qu’on retrouve partout, renferme des notions algébriques et analytiques assez étendues.
- On y trouve toutes les formules d’interpolation les plus usuelles, ainsi que les formes principales de différentielles et d’intégrales qu’on est amené à rechercher dans le calcul.
- De même, au chapitre consacré à la mécanique, toutes les notions sur le travail, la force, ainsi que les mesures sur les freins ou les dynamomètres y sont présentées presque comme elles pourraient l’être dans un traité spécial.
- Dans le chapitre suivant, une série de renseignements bien choisis relatifs à l’acoustique d’abord, à la chaleur ensuite, et enfin à l’électricité atmosphérique et au magnétisme.
- Egalement, les notions purement mécaniques, c’est-à-dire les formules de résistances relatives aux transmissions, calcul des arbres, des poulies, des paliers, etc., sont résumées en quelques pages, et cet ensemble ne constitue de . fait qu’une sorte d’introduction au chapitre V : Electricité technique, qui constitue véritablement le corps de l’ouvrage.
- Comme nous le disions plus haut, c’est cette partie du formulaire qui en fait toute la valeur, non seulement par l’abondance des données qu’elle renferme, mais encore par le choix judicieux que les auteurs ont su faire dans les matériaux qu’ils avaient à leur disposition.
- On sent très bien, en parcourant l’ouvrage, qn’on y peut trouver à coup sûr tous les éléments nécessaires à l’ingénieur qui a un projet quelconque à étudier.
- L’éclairage avec des régulateurs et par incandescence, l’électrométrie, l’électrochimie, le transport de force, la télégraphie, sont autant de paragraphes spéciaux où non seulement les formules sont données, mais aussi où les méthodes de calcul sont développées.
- Grâce à une classification bien ordonnée, la clarté la plus grande règne dans toutes les parties, les figures nécessaires, indiquant soit les types des câbles avec leurs dimensions, soit les schémas des installations, complètent tout ce qu’il est vraiment possible de condenser dans un volume aussi restreint.
- Evidemment la note personnelle domine et l’on
- peut faire le reproché au formulaire deM.Uppen-born de ne renfermer, relativement aux machines, que les méthodes de calcul et les règles de construction qui lui sont propres.
- Ce reproche, s’il est fait, n’a pas à notre avis une portée bien grande.
- Quand on écrit un ouvrage quelconque, c’est qu’en l’écrivant on a en vue autre chose qu’un intérêt mesquin, on cherche avant tout à combler les lacunes de ses prédécesseurs et à présenter les choses comme on les sait, comme on les comprend et de la manière qui semble la meilleure.
- L’originalité est une qualité et ne peut, même dans un livre comme celui dont nous parlons, être considérée comme un défaut.
- M. Uppenborn, qui est aussi connu comme praticien que comme journaliste, a eu l’occasion d’expérimenter les procédés qu’il préconise.
- Les méthodes de calcul dont il s’est servi, l’expérience les a sans doute consacrées, puisqu’il les donne, par conséquent, ceux qui le consultent ont une garantie suffisante pour accepter, le cas échéant, les données de son formulaire.
- D’ailleurs il est actuellement impossible d’apporter sur les machines dynamo-électriques des méthodes de calcul que tout le monde puisse accepter sans réserve.
- Suivant ce que l’on veut faire, comme selon les éléments particuliers qu’on peut avoir acquis en expérimentant soi-même, le point de départ variera du tout au tout pour le calcul, et l’on ne peut demander à un auteur de nous donner toutes les clés à la fois.
- La notion générale apportée, s’il nous offre sa propre connaissance et que les garanties soient complètes, il n’y a rien de plus à lui demander.
- De même, reprocher à l’ouvrage d’être conçu à un point de vue allemand, ne signifie pas davantage.
- MM. Nippoldt et Uppenborn ont avant tout songé à leurs compatriotes, c’est pour eux qu’ils ont écrit, et franchement on ne peut leur en vouloir.
- D’ailleurs, rien n’est commode comme de porter remède à ce défaut. Un traducteur intelligent peut sans grande difficulté donner le cachet français à ce formulaire.
- Espérons que nous n’aurons pas à attendre longtemps cette utile traduction.
- O. Kern.
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- FAITS DIVERS
- Bien des inventeurs ont cherché vainement, jusqu'à ce jour, à utiliser le mouvemeut perpétuel des vagues de l’Océan comme force motrice. M. Le Dantée vient d’imaginer, en vue de l’éclairage des phares, un appareil très simple destiné :à-utiliser, dans ce but, les fluctuations du niveau de la mer. -
- Cet appareil n’est, en quelque sorte, qu’une transformation du mouvement rectiligne alternatif de l’eau en un mouvement circulaire continu.
- Il consiste essentiellement en un flotteur en forme de double cône, relié à une crémaillère verticale qui transmet lui-même le mouvement à un système d’engrenage et, de là, à un arbre sur lequel est monté un volant qui tourne toujours dans le même sens.
- Dans son dernier voyage en Amérique M. de Jousselin, capitaine du Saint-Laurent, a observé une magnifique aurore boréale en pleine mer par 440 21' nord, 58 longitude ouest du méridien de Paris.
- Le phénomène s’étendait de l’O.-N.-O au N.-E.
- Les rayons lumineux étaient blancs et rouges.
- Ils montaient depuis l’horizon jusqu’à 700; à travers les espaces on voyait la lumière des étoiles.
- Cette observation a été faite quelque temps après le passage d’un cyclone qui avait atteint le navire.
- Si le capitaine de Jousselin n’avait profité d’une éclaircie, elle lui échappait complètemont.
- Mais ces phénomènes étant toujours accompagnés de troubles électriques ne peuvent passer inaperçus, et les observations météorologiques signalent ces perturbations.
- Dans une pharmacie, à Berlin, les flacons contenant des poisons sont placés sur un rayon spécial qui communique, d’un côté, avec une pile, et, d’autre part, avec une sonnerie. Dès que l’employé enlève un flacon, un contact s'établit automatiquement et la sonnerie fonctionne. On espère ainsi éviter des erreurs en attirant l’attention de l’employé sur la nature du médicament qu’il prépare.
- On ne saurait trop recommander à qui de droit, la mesure éminemment humanitaire qui vient d’être prise dans certains hôpitaux des Etats-Unis pour améliorer le sort des malheureux atteints de maladies contagieuses et qui, séparés des autres malades, passent leurs journées dans la solitude en proie à leurs souffrances et livrés a leurs tristes pensées.
- On a donc fait installer, dans la chambre de chacun d’eux un téléphone, au moyen duquel ils peuvent commu-
- niquer avec leurs parents et leurs amis sans porter préjudice à qui que ce soit. Et mtnc crudminL .
- La longueur totale des chemins de fer électriques en exploitation dans les cinq parties du monde, ne s’élève qu’à 66 kilom., répartis sur i3 installations. L’Amérique possède 13,8 kilom. et la Suisse 20,8 kilom. La plus longue ligne a 16 kilomètres et va de Genève à Saint-Julien.
- On signale un phénomène orageux, fort heureusement assez rare, qui s’est produit dernièrement dans l’Australie du sud et dont les conséquences ont été funestes.
- Un orage épouvantable accompagné de chutes d’eau torrentielles s’est abattu sur les monts Hummock. Puis, la pluie cessant tout à coup, le nuage a poursuivi sa route, laissant échapper par instant des éclairs formidables. Arrivé au-dessus de pâturages complètement secs, la foudre tomba et y mit le feu. 15o hectares furent entièrement dévastés et plusieurs centaines de moutons y périrent sans avoir eu ni le temps ni l’instinct de fuir.
- Le gouvernement américain vient d’acheter et de donner l’ordre de construire un certain nombre de torpilles du système Sims, ce qui tendrait à prouver qu’on les a reconnues réellement pratiques. Nous en donnerons une rapide description.
- La torpille se compose d’une coque cylindrique en cuivre de 2 millimètres d’épaisseur; elle a 8,5o m. de long et 53 centimètres de diamètre; scs extrémités sont coniques, et armées d’une couverte en acier; elles sont faites de quatre parties réunies par des verroux. Son poids total est de 1,816 kilogrammes; elle coulerait donc, mais elle est maintenue à i,5o m. de la surface par un flotteur en cuivre auquel elle est reliée par des tirants en acier. Celui-ci est rempli de coton, de façon que, fût-il percé par des balles, il flotterait encore soutenant toujours la torpille.
- Au-dessus du flotteur, deux tiges portent des boules qu i permettent de surveiller à distance la marche du système . Une forte lame de fer, faisant un angle de 60 degrés avec la verticale, forme une étrave. Elle a pour objet d’ouvrir un chemin à la torpille à travers les défenses, et, au cas où elle ne pourrait les diviser, de la faire plonger en raison de son inclinaison; son poids spécifique devant le ramener à la surface, l’obstacle franchi.
- - Cette torpille est manœuvrée du rivage ; elle reçoit le mouvement, est gouvernée, et son explosion est produite au moyen de l’électricité. Dans ce but, elle porte emmagasiné dans le compartiment de l’arrière un câble de 3,200 mètres, pesant 635 kilogrammes, contenant les conducteurs; l’un d’eux commande l’appareil de propulsion, d’autres le gouvernail. Deux puissants électro-aimants servent à manœuvrer ce dernier.
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- Dans la situation normale, il est maintenu au milieu; mais de terre, on peut faire passer le courant dans l’un ou l’autre électro-aimant et ramener la torpille dans la direction voulue. Elle marche à une vitesse d’environ 20 kilomètres à l’heure, qu’on se propose d’augmenter.
- La charge se compose de 180 kilogrammes de dynamite. Dans les essais, ces torpilles ont été mouillées devant un fort et criblées de projectiles; après plusieurs heures, elles étaient encore en état d’agir.
- Éclairage Électrique
- A l’occasion de l’inauguration publique du laboratoire qui vient d’y être installé, la Tour Saint-Jacques a été illuminée avec la lumière électrique, comme nous l’avions annoncé.
- L’intérieur de la Tour par des lampes à incandescence et l’extérieur par des lampes à arc.
- La Société Edison a installé, il y a près de deux ans, j5o de scs lampes dans la filature dcM. Lefebvre, à Pont-Authon (Eure).
- Le courant est produit par une dynamo qu’actionne l’arbre qui commande les cardes. La force motrice est fournie par deux roues hydrauliques. Jusqu’à présent cette installation ne laisse rien à dssircr. La durée des lampes surtout, a été remarquable; il ressort d’une lettre de M. Lefebvre, que la moyenne est de 2,5oo à 3,ooo heures, que plusieurs lampes ont fourni jusqu’à 6,ooo heures d’éclairage et que deux ont meme duré 10,000 heures. •
- Le nauveau cuirassé français le Courbet vient d’ètre pourvu d’une installation complète de lumière électrique comprenant 35o lampes à incandescence à l’intérieur du navire, 12 feux de route et de position de 3o,bougies chacun et 2 projecteurs de 1,600 becs Garccl. Cette installation est dûe à MM. Sauttcr, Lemonnicr et C‘e.
- La fabrique de poudre, à Darmstadt, est maintenant éclairée avec des lampes électriques à incandescence.
- La Compagnie d’assurances contre l’incendie a, par suite de ce changement, réduit la prime payée par la fabrique d’une façon assez considérable pour que la différence puisse en peu d’années couvrir les frais de l’installation.
- L’Administration municipale de Lubcch a été saisie, par un de ses membres, d'une proposition tendant à l’installation d’une station centrale d’électricité aux frais de la ville. •
- Les dépenses nécessaires, qui sont évaluées à une somme de 385,ooo francs, seront couvertes par un emprunt.
- Cette proposition a été renvoyée à une commission de sept membres.
- Le conseil municipal de Francfort-sur-le-Mein a refusé à la compagnie allemande Edison la permission de placer des conducteurs électriques dans les rues de la ville.
- Il paraît cependant que la compagnie locale du Gaz a l’intention d’éclairer plusieurs rue.s à l’électricité au moyen de machines installées dans le bâtiment où se trouvent les bureaux de la Société.
- On sait que, depuis près de deux ans, la société Stœd-tischen Electricitœts-Wevke, à Berlin, a obtenu de la municipalité l’autorisation d’établir une station centrale dans le voisinage de la Friedrich-Strasse. Cette station fournit la lumière à plusieurs grands établissements du quartier : la Banque impériale, la Comédie, le Concert; mais les particuliers en sont encore à attendre qu’on veuille bien s’occuper d’eux.
- On leur avait cependant annoncé, au début de l’entreprise, que l’éclairage leur serait procuré au plus tard pour l’été dernier.
- A toutes les réclamations, la société répond que, n’ayant pas encore les machines nécessaires, elle n’est pas en situation de fournir l’éclairage à tous les souscripteurs et qu’elle ne peut les satisfaire que dans l’ordre de leurs adhésions. Elle n'indique pas d’époque pour le commen-:ement du service et ne veut même pas s’engager pour l’hiver prochain.
- Ne pouvant rien obtenir de la Compagnie, les habitants ont résolu de s’adresser à la municipalité en la priant d’établir si l’insuffisance de la force motrice, donnée comme excuse, est due ou non à la faute de ceux qui ont construit l’usine. Ils prétendent en outre que, loin de remplir ses promesses, la Société s’occupe seulement des gros consommateurs et néglige complètement les abonnés peu importants.
- On assure en effet que la Comédie aurait reçu un nombre de lampes à incandescence beaucoup plus considérable que celui prévu à l’origine, et cette augmentation n’a pu être faite qu’aux dépens des particuliers.
- Telle est la situation sur laquelle la municipalité de Berlin va avoir à se prononcer. Elle est d’ailleurs directement intéressée dans l’affaire, par suite de l’interruption de l’éclairage électrique de la Leipziger-Strassc.
- Cet éclairage, installé par la maison Siemens et Halske, devait être repris au ivt octobre dernier par la société des Usines électriques. Trouvant l’opération peu fructueuse, celle-ci a demandé des sursis, et la rue, qui possédait l’électricité depuis plusieurs années déjà, se trouve, au grand mécontentement de la population, rendue à l’éclairage modeste mais insuffisant du gaz.
- L’installation de lumière électrique, à Milan, a été considérablement augmentée cette année.
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- Tandis qu’il n’existait, à la fin de i885, que 5 chaudières de 164 chevaux chaque et 6 dynamos Edison du type G alimentant chacune 1,000 lampes Édison de 16 bougies, il y a aujourd’hui 6 chaudières de 164 chevaux, 2 nouvelles dynamos de 1,000 lampes et une de 400.
- Le nombre total des lampes à incandescence employées s’élève maintenant à près de 8,000 et l’installation comprend en outre 70 foyers à arc qui vont bientôt être augmentés de 3o nouveaux foyers qu’on s’occupe activement d’établir.
- Le Conseil municipal de Salzbourg vient d’accorder une concession provisoire de lumière électrique à un Syndicat local, aux conditions suivantes :
- i° Il sera soumis à l’approbation du Conseil un plan détaillé de toute l’installation;
- 20 La ville se réserve le droit de fixer ultérieurement les redevances à payer par le syndicat;
- 3° Le 'syndicat s’engage à remettre le pavage des rues en bon état et à déplacer ses conducteurs au besoin, sans aucune indemnité; la ville ne sera responsable d’aucun accident qui pourrait arriver aux câbles par suite de travaux de voirie ;
- 4® La ville se réserve le droit d’utiliser les rues pour des canalisations analogues, ou bien de concéder à d’autres personnes le même privilège que possède le syndicat;
- 5° La durée de la concession et le droit de propriété à l’installation, après l’expiration de celle-ci, feront l’objet d’une convention spéciale.
- La lumière électrique à arc vient d’étre installée dans quatre grandes filatures, à Augsbourg.
- La ville dispose d’une force hydraulique très considérable dont on n’a jusqu’ici tiré aucun parti la nuit; mais on pense prochainement s’eri servir comme force motrice pour l’éclairage à l’électricité, avec des accumulateurs, de toute la ville, qui dans ces conditions, reviendrait à mcil-eur marché que le gaz.
- A la dernière assemblée générale de Y Anglo-American Brush Electric Light C°, le président lord Thurlow a déclaré, à cette occasion, qu’il avait calculé que le vote des modifications proposées de la loi de 1882 sur l’éclairage électrique donnerait, à Londres seulement, du travail pour 10,000 personnes pendant près de trois ans et occasionnerait une dépense de i5o millions de francs.
- Les compatriotes de lord Thurlow sont cependant loin de s’attendre à ce que la nouvelle législation produise un résultat aussi immédiat et aussi important.
- L’éclairage électrique de la prochaine exposition d’Edimbourg sera organisé en grande partie par MM. Andrews et C'°, de Glasgow, qui fourniront 34 foyers à arc Andrews alimentés par deux dynamos du même système. Une autre
- lampe d’une puissante intensité sera placée au sommet d’un poteau de 80 pieds.
- Télégraphie et Téléphonie
- La discussion qui vient d’avoir lieu à la Chambre des Député^ au sujet du traité avec Madagascar, attire forcément l’attention sur l’importance réelle qu’il y aurait à réunir les îles Mascareignes à Zanzibar, par une ligne télégraphique passant par Madagascar.
- En effet, Bourbon et Maurice représentent une population de 600,000 habitants, constamment en rapports suivis avec l’Europe et avec la grande île africaine qui les sépare du continent européen.
- La ligne de Bourbon devrait nécessairement aboutir à l’ile Sainte-Marie, se diriger ensuite vers le nord et aboutir à la baie Diego-Juarès qui appartient toute entière à la France.
- Elle pourrait môme toucher Mayotte avant de franchir le canal de Mozambique.
- Une autre solution, serait d’établir une ligne terrestre qui passerait par Tananarivc et contribuerait puissamment à la conquête de Madagascar par la civilisation européenne.
- Dans tous les cas, ce réseau serait un de ceux dont l’exploitation offrirait le plus d'avantages.
- Dans le dix-neuvième volume de Y Encyclopédie britannique qui vient de paraître à Londres, on trouve à l’article Post-office, un résumé complet des chiffres et documents relatifs à la Télégraphie postale.
- Avant la réforme qui donna, en 1868, le monopole des télégraphes au gouvernement, il n’y avait dans le Royaume-Uni que 1,000 bureaux télégraphiques. Le prix d’un schclling pour 20 mots n’était adopi£ que pour des distances moindres que 160 kilomètres (100 milles). Pour les distances plus grandes, il était de 2 schclling. Pour l’Irlande, il variait de 3 à 6, pour Guerncscy et Jersey, de 7 à 8. Des taxes additionnelles augmentaient le prix de 5o 0/0 et quelquefois de 100 0/0.
- Le prix d’acquisition du réseau s’est élevé à 25o,ooo,ooo.
- C’est en 1843, que fut ouverte la première ligne publique de Paddington à Glough, sur le Great Western.
- C’est le 20 décembre 1880, que M. Justice Stephen, juge à la cour de l’Échiquier, déclara que le téléphone ne transmettait pas directement la voix humaine, mais des vibrations électriques. La raison qu’en donne ce juge est la rapidité de la transmission qui dépasse celle de la propagation des ondes sonores.
- Enfin, en 1870, le nombre moyen des télégrammes remis à domicile à Londres, par jour, était de 450; en i883, il était de 6,000. Dans l’année 1883-1884, Ie nombre des télégrammes anglais était de 32,843,000.
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- Conformément à un vote de la Chambre des Communes, le département des Postes et Télégraphes, en Angleterre, a fait dresser la statistique des recettes et des dépenses du service télégraphique depuis là reprise des lignes par l’État, en 1870, jusqu’au 3r mars i885.
- Il ressort de ce travail que l’année 1885 a laissé un déficit de 908,750 francs, et, pendant l’année 1884, les dépenses ont également dépassé les recettes de 492,425 fr. Ce sont d’ailleurs les deux seules années, depuis 1870, qui ont laissé un déficit au Gouvernement.
- Les fils télégraphiques et les appareils exportés d’Angleterre en Chine, pendant l’année i885, avaient une valeur totale de 822.400 francs.
- L’administration du télégraphe, en Angleterre, a récemment publié l’avis suivant :
- « Nous croyons utile de rappeler à l’attention du public certaines facilités qui lui sont accordées pour la correspondance télégraphique et qui, bien qu’elles soient insérées dans le Post-Office Guide, ne paraissent cependant pas être généralement connues.
- « Si un expéditeur désire que son nom ou de certaines • indications telles que privé, confidentiel, à ouvrir, etc., soient écrites sur la face extérieure de l’enveloppe de son 1 télégramme, il peut, en payant la taxe correspondante au nombre de mots employés, insérer dans son télégramme, immédiatement après l’adresse du destinataire, les instructions nécessaires à cet effet.
- « Quand un expéditeur ne veut pas consigner son télégramme au bureau télégraphique, il peut le remettre à un bureau de poste ou le jeter dans une boîte à lettres publique, en le mettant sous une enveloppe portant la : suscription « Télégramme, remise immédiate. »
- « Les télégrammes ainsi consignés sont envoyés p'ar la : première distribution au bureau télégraphique qui les ; transmet et les remet au destinataire sans surtaxe, pourvu ; que les taxes aient été exactement acquittées par des timbres appliqués sur les télégrammes.
- « Les télégrammes peuvent être aussi remis aux bu- ' reaux de poste, ouverts et sans enveloppe et sont alors traités de la même manière que les précédents.
- « Les expéditeurs peuvent enfin aussi remettre les télégrammes aux facteurs ruraux qui se rendent à un bureau télégraphique. »
- Un journal américain raconte qu’un négociant de New- ; York, ayant une affaire à proposer à l’un de ses confrères ; de Londres, adressa un télégramme à ce dernier par le cable télégraphique; six minutes après l’expédition de sa dépêche, l’américain recevait l’acceptation de ses propositions!!.
- Parmi les employés des bureaux de télégraphie, à New-York, on compte quelques jeunes médecins qui n’ont point encore trouvé à se faire une clientèle.
- Dernièrement, une dépêche passait sous les yeux de l’un d’eux; on demandait à la hâte un médecin d’une résidence éloignée pour donner des soins à une jeune fille qui avait absorbé une trop forte dose de laudanum.
- L’employé-docteur, tout en transmettant la dépêche au médecin désigné jugea que tout délai pouvait être fatal à la malade et envoya sur-le-champ une autre dépêche au pharmacien le plus proche de la demeure de la malade, lui prescrivant un traitement, avec l’ordre forme) d’aller l’appliquer sans délai à qui de droit.
- Que l’on juge de l’étonnement de la famille voyant arriver subitement le droguiste qui, fidèle à son mandat, se mit à exécuter immédiatement et consciencieusement l’ordonnance reçue.
- La jeune fille fut sauvée, et l’on affirme que le docteur en titre ne garda pas rancune à son jeune collègue.
- Nous lisons dans le New-York-Herald :
- « La communication télégraphique entre l’Europe et notre pays a faillie être interrompue hier pendant plusieurs heures, car tous les câbles, excepté celui de la Commercial Cable C°, fonctionnaient très mal.
- Une interruption complète aurait entraîné une perte pour le monde de la finance et des affaires qu’il serait impossible d’évaluer. »
- On annonce que MM. Edison et Gilliland ont modifié l’invention de M. W. Smith pour communiquer télégraphiquement entre deux trains en marche, au moyen de l’induction statique entre les toitures métalliques des voitures et une ligne télégraphique parallèle à la voie.
- L’appareil employé sur le train et dans les stations se compose, paraît-il, d’une clef Morse ordinaire, d’un téléphone comme récepteur et d’une bobine d’induction. Une anche vibrante intercalée dans le circuit rend un son musical dans le téléphone, et les interruptions faites avec la clef Morse forment les signaux télégraphiques ordinaires.
- Là Chine, qui, au début de la guerre contre la France, n’avait que quelques embryons-de lignes télégraphiques, entre résolument dans le mouvement moderne.
- Actuellement, une équipe chinoise, dirigée par un européen, construit une ligne qui doit aller de Nanking dans les provinces du nord et mesurer plus de 1 000 kilomètres de longueur.
- On affirme que l’équipe militaire formée pendant la guerre a posé, dans certaines occasions, jasqu’à 56 kilo*-mètres de fil par jour.
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- On annonce que l’Administration des Postes et Télégraphes de la Confédération helvétique, vient de décider l’appropriation au téléphone de la ligne télégraphique de Bâle à Zurich.
- Si, comme on l’espère, l’expérience obtient le même succès pue celle faite sur la ligne de Genève à Lausanne, on installera le téléphone sur tout le réseau de la Suisse.
- D’après les renseignements que nous recevons de la Edison Gower Bell Téléphoné C° of Europe, les réseaux •téléphoniques de Lisbonne et d’Oporto comptaient respectivement à la fin d’octobre 32g et 232 abonnés. La Compagnie avait en outre installé 168 lignes particulières à Lisbonne et 97 à Oporto, ce qui faisait à cette époque un total de 826 téléphones en service.
- Le réseau téléphonique de Stockholm continue à se développer d’une façon remarquable. Au i5 janvier dernier, la Stockholms Almanna Telefonaktiebolag comptait 3^164 abonnés contre 2,335 au i5 janvier i885 et 865 au i5 janvier 1884. L’augmentation est considérable.
- Dans le courant de l’année dernière, les communications ont atteint le nombre de 4.772.760; sur ce chiffre, 85.3o8 ont été données pendant la nuit, c’est-à-dire de 10 heures du soir à 8 heures du matin. L’augmentation pour l’année est de 2.440.670 communications ; elle représente plus de 100 0/0. Nous donnons ci-dessous quelques renseignements sur l’exploitation du réseau de Stockholm en i885 :
- Nombre total des communient. Moyenne de communient. par jour Nombres d'abonnés au 15 Communient. par jour et par abonné
- Janvier 3ig 73i 12 032 2 335 5 i5
- Février 307 665 12 282 2 430 5 o5
- Mars 342 494 12 855 2 521 5 09
- Avril 382 6i3 i5 018 2 570 5 84
- Mai. 397 962 15 473 2 678 5 78
- Juin 416 922 16 io3 2 750 5 85
- Juillet 431 286 i5 620 2 796 5 59
- Août 402 73o 14 969 2 83g 5 27
- Septembre . 442 534 16 43g 2 878 5 71
- Octobre 455 945 16 35g 2 933 5 58
- Novembre.. 432 328 16 5Gg 3 034 5 46
- Décembre.. 440 55o 16 2X5 3 141 5 16
- Le prix de l’abonnement est de 174 francs par an. Il s’abaisse à 111 francs pour les abonnés qui font installer leurs postes sur une même ligne; chaque ligne peut desservir cinq postes différents.
- La ville de Stockholm se trouve reliée par le téléphone à plusieurs cités environantes, parmi lesquelles nous trouvons : Sodertelje, Monlbo, Trosa, Dalaro, Vaxholm, Rotebro et Upsala. La distance maximum est d’environ 80 kilomètres entre Stochholm et Trosa.
- La Chambre des députés du Grand-Duché de Luxembourg a décidé, à la date du 2 décembre dernier, d’étendre le réseau téléphonique qui fut ouvert dans la capitale le iBr octobre, à tout le pays de manière à relier toutes les villes et villages avec la capitale. Le nombre des abonnés s’élève aujourd’hui à 120, mais on espère bientôt en avoir 200.
- Les appareils employés ont été fournis par une maison de Francfort-sur-le-Mein. Ils se composent d'un transmetteur et d’un accepteur magnéto-électriques et d’une sonnerie de même genre, de sorte qu’il n’y a pas un seul élément de pile dans tout le réseau. Les lignes sont en bronze phosphoreux et supportées par des poteaux en fer.
- Un réseau téléphonique va prochainement être construit à Stirling, en Ecosse, par les soins de la « National Téléphoné C° ». Les premières lignes s’étendront dans un rayon de 6 milles autour de la ville. On se propose ensuite d’établir des communications directes avec Glasgow, Dundee, Perth, etc.
- La Compagnie des téléphones, à Kansas City, comptait, en 1884, 404 nouveaux abonnés et une augmentation de 405 pour i885; on espère en avoir 406 en 1886.
- Le réseau téléphonique, à Providence in Rhode Island, 2,200 abonnés sur une population de 120,000 habitants; soit un téléphone par 5o habitants.
- La décision du Ministre de l’Intérieur à Washington, reconnaissant l’opportunité d’une action judiciaire au nom du gouvernement pour déterminer la validité du brevet Bell, n’a guère causé beaucoup de surprise à Washington, où on s’y attendait depuis une semaine déjà. Il est difficile d’anticiper sur les résultats de ce procès dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs, mais pour le moment il paraît donner une nouvelle activité aux affaires téléphoniques, et le professeur Gray a déjà fondé une nouvelle société de téléphone à Chicago, au capital de 10 millions de francs.
- En attendant la Compagnie Bell semble tranquille et certaine de sortir victorieuse de cette nouvelle bataille. Le cours des actions a faibli un peu, mais sans subir une dépréciation très notable.
- Le Gérant ; Dp C.-C. Soulages.
- Imprimerie cU La Lumière Electrique, 3i, boulevard des Italiens. Paris. — I.. Barbier.
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 3i, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D’ CORNELIUS HERZ Secrétaire de la Rédaction : B. Marinovitcii
- 8* ANNÉE (TOME XIX) SAMEDI 13 MARS 1886 No 1 1
- SOMMAIRE. — L’organisation du service des pompiers à Chicago; B. Marinovitch. — Sur les machines dynamoélectriques actuelles à courants continus ; G. Kapp. — Du rôle de la tension superficielle dans les phénomènes physiologiques(2" article); M. Leblanc.— Sur un nouveau moyen d’annuler les effets de l’induction dans un circuit téléphonique; E. Gimé. — Revue des travaux récents en électricité : Sur le galvanomètre apériodique Deprez-d’Arsonval, employé comme galvanomètre balistique, par M. Ledeboer. — Sur les relations entre les variations du magnétisme terrestre et les phénomènes observés sur le soleil, par M. H. Wild.— Sur la conductibilité électrique de quelques alliages fusibles, par C.-L. Weber. — Un nouvel ampèremètre. — De la conductibilité électrique des sels doubles, par E. Klein. —-De la résistance de transport dans les phénomènes électrolytiques; relations entre la résistance à la surface des électrodes, et divers phénomènes électriques, par G. Gore F. R. S. —- Correspondances spéciales de l’étranger : Angleterre; J. Munro. — Chronique : Nouvelles américaines, J. Wetzler. —Faits divers.
- L’ORGANISATION
- DU
- SERVICE DES POMPIERS
- A CHICAGO
- Les américains disent volontiers du feu que s’il est un auxiliaire utile, il est aussi un maître redoutable (Fire is a good servant but a bad master). Ils le craignent par dessus tout et ils ont raison de le craindre car, le moindre incendie, peut rapidement prendre les proportions d’un désastre dans ces cités nouvelles qui sortent de terre comme par enchantement, et sont presque exclusivement construites en bois.
- Tout le monde a encore présent à la mémoire le terrible incendie de Chicago, qui détruisit en quelques jours une ville de 3oo,ooo habitants. La menace d’un sort pareil plane sans cesse sur un grand nombre de cités de l’ouest, et cet état de choses a eu pour première conséquence de développer, dans les villes américaines plusqu’ail-leurs, l’ensemble des mesures destinées à signaler le feu et à le combattre.
- C’est certainement en Amérique que l’on rencontre les systèmes d’avertisseurs d’incendiè et
- de secours contre le feu, les plus parfaitement organisés.
- Nous n’avons jamais eu occasion de décrire d’une façon complète, l’organisation du service d’incendie dans une ville américaine, et pourtant le sujet d’intérêt général, mérite une description spéciale.
- Grâce à des renseignements très-détaillés que notre correspondant aux Etats-Unis, M. C, C. Haskins, a bien voulu collationner pour nous, et à des documents empruntés à la collection des brevets américains, nous sommes aujourd’hui en mesure de combler, cette lacune.
- Les renseignements que notre collaborateur nous envoie et qu’il doit à l’obligeance de MM. le professeur Barrett et L. Mehren, électriciens au Fire-Alarm-Departement, portent surtout sur l’organisation actuellement en vigueur dans la ville de Chicago. C’est donc cette organisation qui fera l’objet principal du présent article au cours duquel nous nous réservons d’ailleurs de décrire quelques appareils intéressants dont il est fait usage dans d’autres villes des États-Unis.
- Avant le grand incendie de Chicago, la ville était presque entièrement construite en bois. Depuis, la municipalité a établi certaines limites (fire-limits) en dedans desquelles l’emploi exclusif du bois pour les constructions est absolument interdit; ces limites embrassent tout le centre de
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- la ville et même une grande partie des faubourgs. Inutile de faire ressortir les avantages de cette mesure.
- La ville est divisée en un certain nombre de quartiers dans lesquels sont distribués les postes de pompiers. Chaque poste comprend une compagnie commandée par un capitaine (captain); à la tête du service se trouve le chief-marshal secondé par plusieurs assistant-marshals.
- Les différents postes sont reliés à un bureau central qui communique d’autre part avec les avertisseurs d’incendie placés dans les rues et avec la police. Ce bureau communique également avec le chief-marshal qui est informé dès qu’un incendie se déclare et qui, suivant l’importance du quartier ou du sinistre, envoi sur les lieux un de ses adjoints ou s’y transporte lui-même.
- Le service du feu dispose en tout temps de :
- 34 machines à vapeur desservies par g hommes chacune ;
- 6 extincteurs à acide carbonique desservis par 6 hommes chacun;
- 10 voitures avec tout le matériel ordinaire de secours montée chacune par une équipe de 9 hommes ;
- 1 tour portative manœuvrée par 6 hommes.
- Tout ce personnel est organisé militairement et soumis à la discipline la plus sévère. A moins de permission spéciale, les hommes doivent être constamment présents au poste de jour comme de nuit. Dans chaque poste et bien en vue se trouve affiché un tableau qui représente la distribution générale des postes dans les différents quartiers. Un simple coup d’œil suffit à rendre compte des. secours immédiats qui peuvent se porter sur un point quelconque de la ville.
- Les postes faisant partie du quartier où l’incendie s’est déclaré sont automatiquement avertis et se rendent de suite au point menacé. Le bureau central informe en même temps tout les autres postes de la ville et le chief-marshal peut, par l’intermédiaire de ce bureau, augmenter les secours dans la mesure qu’il juge nécessaire et au besoin faire venir le personnel de tous les postes.
- Dès que le danger est conjuré le bureau central en donne avis aux différents postes.
- Le personnel du bureau central ainsi que tout le personnel chargé de la partie électrique du feu forment une brigade spéciale. Cette brigade, bien que placée sous la dépendance du chief-marshal, jouit d’une certaine autonomie et possède son organisation propre. Elle est sous les
- ordres d’un Superintendant et a pour mission d’assurer la sécurité des communications électriques ; c’est dire qu’elle s’occupe de l’entretien, de la réparation et de la construction des lignes, qui appartiennent à la municipalité, ainsi que de tout le matériel de télégraphie.
- Le personnel dont dispose le Superintendant, se compose : d’un chef opérateur, de six opérateurs qui se partagent la journée, en travaillant par groupe de deux pendant huit heures consécutives, de deux hommes chargés spécialement de l’entretien des piles, de trois électriciens, et enfin, de quatre manœuvres. La brigade possède quatre voitures et un outillage très complet.
- Cet aperçu de l’organisation générale terminé nous allons décrire avec quelque détail, les dispositions électriques du système.
- Le système d’avertisseurs d’incendie employé à Chicago est connu en Amérique sous le nom de système Gamewell. Il a été appliqué pour la première fois à Boston en i85i,et, constamment amélioré depuis cette époque, on peut dire qu’il est arrivé aujourd’hui à un degré de perfection presque absolue.
- Le système est basé sur l’emploi d’un bureau central relié par une série de circuits :
- i° A des avertisseurs d’incendie distribués dans les rues et sur les places publiques;
- 20 Aux postes de pompiers ;
- 3° A un certain nombre de tours armées de cloches et réparties sur la superficie entière de la ville.
- Ces différents circuits ont des dénominations spéciales : les premiers s’appellent des Signal-Lines, les seconds des Joker-Lines et les troisièmes des Alarm-Lines. C’est ainsi que nous les désignerons dans la suite, ces dénominations ayant l’avantage de spécifier la fonction de chaque circuit.
- Signal-Lines.— Les signal-lines, ainsi appelées parce qu’elles apportent au bureau central le premier signal d’un incendie, comprennent une série de circuits dont chacun part d’un des pôles d’une batterie de piles placée au bureau et revient à l’autre pôle après avoir traversé un certain nombre de boîtes d’appel distribuées dans les rues.
- Nous décrirons bientôt en détail ces boîtes ; il nous suffit, pour le moment de savoir que toutes les boîtes d’un même circuit sont montées en série et que normalement le circuit est fermé. La figure 1 représente le schéma des connexions
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- établies au bureau central pour chaque signal-line, depuis son entrée L dans le bureau jusqu’à sa sortie Lr La ligne passe par un parafoudre P, (T indique une plaque de terre, a et £>, deux bornes que l’on peut mettre à la terre), un commutateur à chevilles C, un galvanomètre G, un relais R, une clef télégraphique M, une batterie de piles B, (m et tri sont deux bornes permettant de remplacer facilement la pile ou de la mettre hors circuit) et sort par G, P, et L,.
- La clef M sert à télégraphier à chacune des boîtes d’appel, ces boîtes d’appel étant munies de
- FIG I
- parleurs ; le relais R transmet les signaux soit au bureau, soit directement au poste de pompiers.
- Joker-Lines. — Ces lignes relient, comme nous l’avons indiqué précédemment, les postes de pompiers au bureau central. Elles doivent leur nom à un relais particulier disposé dans chaque poste; ce relais, breveté par M. le professeur J.-P. Barrett, ingénieur-électricien de la ville de Chicago et chef du service télégraphique municipal, est connu sous le nom de Joker.
- La figure 2 donne le schéma des communications d’une joker-line au bureau central, et la figure 3 les communications au poste de pompiers.
- Au bureau central nous retrouvons les memes appareils que dans le cas précédent (galvanomètre
- G, relais R et clef M) mais à côté de ces appareils une ciel multiple K, un commutateur (H) avec spring-jack (F) et un inverseur de courant I.
- En temps normal les joker-lines sont fermées comme les signal-lines
- Le relais R fait fonction de parleur ; la clef M sert à communiquer télégraphiquement avec un
- FIG. 2
- poste et la clef multiple K permet de transmettre simultanément une même dépêche à tous les postes du réseau.
- La figure 4 donne le détail de cette clef. Elle se compose d’un levier mobile autour de Taxe O et terminé à gauche par une touche M et à .droite par une barre transversale en ébonite E. Sur cette barre sont fixées autant de lames métalliques m qu’il y a de joker-lines et chaque lame appuie, en temps normal, grâce à l’action du ressort à boudin R, sur un contact placé en regard.
- 11 est facile de voir, sans qu’il soit nécessaire
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- d’insister davantage, qu’en même temps que l’on appuie sur la touche M on rompt le circuit de toutes les joker-lines.
- FIG. 3
- Pour comprendre le rôle de l’inverseur de courant I, nous devons nous reporter à la station de
- pompiers représentée schématiquement par la ligure 3.
- Sur cette figure, L et L, indiquent l’entrée et la sortie de la ligne; celle-ci traverse tout simplement les bobines E du Joker et une clef télégraphique M.
- Le Joker est un relais à double armature ; l’une de ces armatures est polarisée et l’autre est une armature ordinaire. Dans la figure NS est la première de ces armatures et R la seconde.
- ha joker-line est normalement fermée et le sens du courant est tel que l’attraction électro-magnétique entre la pièce mobile NS et les épanouissements polaires A, agit dans la même direction que le ressort h et maintient NS dans la position de la figure. Le circuit local S, O, n P, D, F, H, b est ouvert.
- Dès que l’électro-aimant E de la figure 2 est excité le courant sc trouve renversé dans la ligne,
- FIG. 5
- l'armature NS pivote autour du point O et ferme entre S et b le circuit local dans lequel sont intercalés un enregistreur Morse D, une sonnerie à un coup F et à déclanchement électrique, un réveil-matin H et divers appareils accesssoires sur lesquels nous reviendrons plus en détail.
- L’armature non polarisée R ferme pour chaque interruption du courant de ligne le circuit local de la pile C et du parleur B.
- Alarm-Lines.— Les alarm-lines servent à informer le public en général dès qu’un incendie éclate.
- 11 y a huit lignes de ce genre à Chicago ; chacune d’elles passe par une grosse cloche, à coups répétés, placée au sommet d’une tour. Les circuits,
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- contrairement aux precedents, sont des circuits ouverts en temps normal.
- La figure 5 donne le shéma des communications au bureau central d’une alarm-line. La ligne LL, passe par un parafoudre P, un commutateur à chevilles C, un commutateur b', et une boîte à résonnance R.
- Les touches 2 et 4 du commutateur à chevilles sont reliées à un circuit local comprenant une clef Morse M, une pile H, un galvanomètre G et un interrupteur N. Ce circuit sert uniquement pour les essais, la pile H étant trop faible pour produire le déclanchement des sonneries d’alarme.
- FIG. fi
- La grande batterie de piles destinée à mettre ces memes sonneries en branle n’est pas représentée sur notre dessin.
- Nous avons cherché à indiquer sur la figure 6 le principe du commutateur F. C’est un cylindre isolé C qui porte sur sa surface deux demi-hélices H H* métalliques, reliées aux pôles d’une batterie de piles B d’une façon permanente au moyen de deux frotteurs,//*' qui glissent sur les colliers métalliques c c du cylindre.
- De part et d’autre du cylindre se trouve disposée une série de contacts à ressort tn{ m2 m3 etc. m K m\2 m';j, etc. qui communiquent, dans l’ordre indiqué sur la figure avec les deux extrémités de chaque alarm-line.
- Il est facile de voir que pour un tour complet
- du cylindre toutes les lignes auront été fermées une fois, et si le cylindre est supposé se mouvoir dans le sens des aiguilles d’une montre les fermetures successives se produiront dans l’ordre des huit premiers chiffres. Ce cylindre est mû mécaniquement par un système d’horlogerie dont nous dirons quelques mots plus loin.
- La boîte de résonnance (music-box) R (fig. 5) est un appareil de contrôle imaginé et breveté par le professeur Barrett. Elle se compose de huit électro-aimants dont les armatures mettent en vibration un nombre égal de diapasons. Chacune des alarm-lines traverse un de ces électro-aimants et comme chaque diapason donne une note différente la boîte de résonnance fait entendre une gamme de huit notes lorsque, tout étant en règle, le cylindre C (fig. 6) accomplit une révolution.
- Avant d’aller plus loin et d’indiquer le groupement de ces différentes lignes au bureau central, il est indispensable de décrire le système des avertisseurs placés dans les rues.
- Avertisseurs. — Il existe en Amérique un grand nombre de types d’avertisseurs [street-box] ; le principe de ces appareils est d’ailleurs toujours le même et les différences ne portent guère que sur les détails.
- L’avertissement s’opère toujours en déclanchant un mouvement d’horlogerie dont le dernier mobile est une roue à cames qui fait office d’interrupteur et envoie au bureau central, en signaux Morse, le numéro de la boîte.
- L’avertisseur employé à Chicago est connu sous le nom d’avertisseur Tooker,
- C’est une boite en fonte à double porte. La porte extérieure est fermée au pêne seulement et ne peut être ouverte qu’en tournant une poignée qui ressemble aux poignées des portières de voitures.
- Ce mouvement a pour effet de bander un fort ressort à boudin qui, en se détendant, met en vibration, par l’intermédiaire d’un système de roues dentées, deux marteaux, lesquels frappent à coups répétés sur un fort timbre.
- Le système de roues satellites, les marteaux et le timbre constituent un mécanisme purement mécanique fixé au dos de la première porte.
- Le bruit qu’on fait, dès qu’on touche à la poignée, éveille l’attention des passants et attire les agents de police qui peuvent se trouver dans le voisinage.
- Dès que cette porte est ouverte, on aperçoit une
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- <:S;.
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- deuxième porte percée d’une ouverture à travers laquelle fait saillie un levier.
- Sur cette porte est inscrit en gros caractères l’avis suivant :
- FIG. 7
- '< Tire\ le crochet en bas une fois et lâche^-le. » La figure 7 représente la face intérieure de cette
- FIG. 8
- deuxième porte; la figure 81e mouvement d’horlogerie avec la roue interruptrice et le système de déclanchement.
- En même temps que l’on a tiré sur le crochet extérieur, on a abaissé la pièce A (fig. 7) qui coulisse dans dans un cadre fixe et entraîne avec elle la tige O (fig, 8).
- Cette tige fait descendre la came a (fig. 8) et. tend ainsi le ressort en spirale B jusqu’au moment où la lame élastique s vient agir sur le loquet B
- (fig- ?)•
- A ce moment la tige O abandonne la came a et le ressort, en se détendant, fait faire plusieurs tours à la roue A, jusqu’à ce que la came a revienne en prise avec la tige O.
- Celle-ci est d’ailleurs ramenée à sa position de> repos par l’action de deux ressorts à boudin que l’on aperçoit à droite et à gauche de la figure 7.
- Chaque fois que les deux frotteurs ce (fig. 8) qui glissent sur la circonférence de la roue A passent sur une dent de cette roue, le circuit est inter-
- FIG. 9
- rompu et l’enregistreur placé au bureau central inscrit un trait. Chaque trait compte pour un, un intervalle un peu plus grand séparant les unités des dizaines et les dizaines des centaines.
- Dans le cas de la figure 8, l’appareil enregistreur donnerait le signal suivant :
- ce qui indique que le signal part de la boîte n°53.
- La clef de la porte intérieure est gardée dans une maison très voisine de la boîte; elle n’est d’ailleurs pas indispensable, comme nous venons de le voir, pour que la première alarme puisse être donnée.
- La boite renferme en outre une sonnerie dont l’électro fait office de parleur, une clef télégraphique avec parafoudre, ainsi qu’un commutateur
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- .'3;
- à chevilles permettant de mettre la ligne à la terre pour les essais. Le réseau comprend 531 avertisseurs de ce genre.
- Il nous a été impossiblee de nous procurer une vue complète de la boîte Tooker, de sorte que nous ne pouvons indiquer le groupement exact des différents appareils dont elle se compose.
- Nous considérerons pour cette description un autre modèle d’avertisseur, très répandu aux États-Unis, l’avertisseur Gamewell, dont les fignres 9, 10 et 11 donnent trois vues perspectives.
- La boîte a deux portes comme la précédente. La porte extérieure présente ce détail particulier
- FIG. IO
- que la clef qui sert à l’ouvrir ne peut être retirée que lorsqu'on introduit une deuxième clef dans une ouverture correspondante placée au dos de la serrure.
- C’est un moyen de contrôle qui empêche les fausses alarmes, les premières clefs étant toutes enregistrées aux noms de leurs possesseurs à la préfecture de police, et les deuxièmes clefs se trouvant d’autre part toutes aux mains des agents de l’autorité.
- Le mouvement d’horlogerie que l’on aperçoit au haut de la figure 11 est mu par un ressort en spirale que les employés chargés de l’entretien des avertisseurs ont soin de remonter après chaque alarme.
- L’une des roues de ce mécanisme porte sur sa circonférence un taquet qui, à l’état de repos, est en prise avec un creux ménagé à la partie inférieure du levier n.
- FIG. I I
- En même temps qu’on tire de bas en haut la tige qui fait saillie i\ travers la deuxième porte,
- FIG. 12
- (fig. 10) on soulève le levier a et déclanche le mécanisme d’horlogerie.
- La roue interruptrice b fait alors quatre tours avant que *’enclenchement se produise de nouveau et que le mouvement soit arrêté.
- Chaque fois que la languette de platine c passe
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- sur l’une des saillies de la roue b, le courant est rompu et un trait marqué sur l’enregistreur du bureau central.
- La languette c est isolée et communique avec l’une des extrémités du circuit; l’autre extrémité est reliée au mécanisme d’horlogerie.
- En bas et à gauche de la figure 11, on aperçoit un commutateur automatique d, un pa-rafoudre e, avec commutateur à cheville, ainsi qu’une clef télégraphique/.
- La figure 1 2 représente le détail de ces trois pièces.
- Le commutateur automatique d est formé par une tige à ressort, munie d’un bouton saillant sur lequel la porte intérieure vient appuyer lorsque la boîte est fermée et qui met alors hors circuit les bobines de l’électro-aimant, afin de diminuer la résistance de la ligne.
- L’électro-aimant placé au-dessus du timbre, en bas et à droite de la figure, fait fonction de parleur.
- Le commutateur à cheville sert enfin à mettre la ligne à la terre pour les essais.
- Nous avons dit que tous les avertisseurs d’un meme circuit étaient groupés en série.
- Cette disposition peut donner lieu aux inconvénients les plus graves, si l’on admet le cas où deux avertisseurs, faisant partie d’un même circuit envoient simultanément un signal au bureau cen-' irai. . .
- Les deux signaux se superposeraient au bureau central et il serait bien difficile de mettre fin à la confusion quLen-résulterait.
- MM. Crâne et Rogers ont proposé l’emploi d’un avertisseur spécial (Non-interfering-signal-box) dans lequel cet inconvénient est écarté.
- La figure 13 représente les organes essentiels de
- cet appareil.
- Son fonctionnement est basé sur l’emploi d’un relais polarisé A dont l’ar mature, est constituée par l’accouplement de deux aimants en fer à cheval, NS.
- Cette armature pivote autour d’un axe parallèle aux noyaux de l’élec-tro-aimant A et est solidaire d’une pièce d' qui coulisse le long d’une tige e (fig. i3 bis).
- Le levier sur lequel on tire pour donner le signal et dont on aperçoit la coupe en b- (fig. 13) aü lieu d’agir directement.sur la tige de déclanchement o agit sur cette tige par l’intermédiaire de la pièce d'.
- En temps normal, le sens du courant dans le circuit est tel que a' soit un pôle sud et b' un pôle nord.
- Dans ces conditions la tige e est verticale et son extrémité venant se placer entre 3 et b2, il suffit de tirer sur le levier b- pour déclancher le mécanisme d’horlogerie.
- Mais la première rupture du circuit déclanche également au bureau central un mécanisme d’horlogerie qui renverse le courant sur toute la ligne et le maintient renversé pendant le temps que la roue interruptrice de la boîte, d’où le signal est parti, accomplit ses quatre révolutions.
- La polarité des électro-aimants A étant renversée sur le circuit entier, la tige d'prend aussitôt dans toutes les boîtes la position indiquée sur la
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- figure i3; il suit de là que, tant que l’appel transmis pai* l’une quelconque des boîtes dure, les leviers de toutes les autres boîtes du circuit peuvent être anaissées sans que pour cela le mécanisme d’horlogerie soit déclanché.
- I Le fonctionnement général du système est facile à comprendre en se reportant à la figure 15 qui représente la façon dont s’opère, au bureau deptral, sur le tableau 2, la liaison entre une kgnal-line (1) et une joker-line (3).
- \ Le poste des pompiers est schématiquement êguré en 4.
- ..Dès que le circuit LL| (1) est romptly.rél^çtrq-
- aimant r (2) abandonne son armature qui, obéis^ sant à l’action d’un ressort antagoniste, ferme un' circuit local à travers l’annonciateur a et la trem-bleuse S; l’employé du bureau central met immédiatement le commutateur R sur la touche 2, ce qut introduit dans le circuit le parleur P.
- Sitôt qu’il a appris le numéro de la boîte d’où, le signal est parti, il place la manette R sur le contact 4.
- La boîte répète quatre fois le signal, et, à chaque interruption du courant, l’électro-aimant
- y
- £ •, S. Sonneries.
- \ P. Parleurs.
- £ M* Enregistreurs.
- j C. Clefs ordinaires.
- .4
- FU». « 5
- C'. Clef multiple. I. Inverseur.
- A. Relais Joker.
- H. Piles.
- L (3) est excité, et le courant se trouve rompu, |üis renversé, dans la joker-line.
- ? Au poste de pompiers (4) tout ce qui reste de Signaux est répété par le parleur P en même témps qu’inscrit par l’enregistreur M.
- ’ A la premièie inversion du courant dans la joker-line, tous les appareils d’alarme du poste entrent en fonctionnement.
- Ces appareils se composent d’une sonnerie à Coups simples et à déclanchement mécanique qui répète constamment le numéro de la boîte (fig. 16), ainsi que d’une forte sonnerie réveille-matin (SS ).
- Les pompiers connaissent admirablement bien lia place de tous les avertisseurs, et il leur suffit
- d’entendre le numéro pour savoir immédiatement sur quel point ils doivent se porter.
- Une série d’appareils mécaniques et électriques, dont la description allongerait outre mesure cet article, complète l’installation de chaque poste et fait qu’il ne.s’écoule pas plus de i5 à 20 secondes entre le moment où le premier coup de timbre retentit au poste et celui où la voiture se met en route.
- Les habitants de Chicago sont à juste titre très fiers de cette manœuvre ; ils la montrent volontiers aux étrangers et elle constitue certainement une des curiosités de la ville.
- La voiture dans laquelle montent les pompiers
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- stationne tonte prête en face de la porte d’entrée, et au-dessus du siège du cocher est suspendu un cordon qu’il suffit de tirer pour que cette porte s’ouvre à deux battants.
- Les chevaux sont admirablement dresse's ; au premier coup de cloche, ils quittent leurs boxes et se précipitent devant la voiture.
- Dans certains postes les chevaux sont constamment harnachés ; dans certains autres le harnais de chaque cheval est suspendu au-dessus de lui, et, en même temps, que le premier coup de timbre retentit, un déclanchement électrique fait tomber le harnais sur le dos du cheval pendant
- FIG. l6
- que,, grâce à un déclic également électrique, il reçoit un léger coup de fouet qui stimule son zèle.
- Lorsqu’il fait nuit, les couvertures des pompiers sont violemment arrachées et projetées jusqu’au plafond ; les hommes saisissent leurs habits et se précipitent dans la voiture, où ils s’habillent pendant le trajet.
- La figure 14 donne le schéma des tableaux, auxquels viennent aboutir au bureau central le Signal-Lines. Notre dessin représente deux de ces tableaux ainsi qu’un tableau de réserve auquel on peut relier en cas de réparation et au moyen de commutateurs convenablement disposés l’une quelconque dès Signal-Lines.
- Nous avons supposé, pour plus de simplicité,, que chaque tableau ne comportait que trois relais. r (ces relais sont placés en circuit avec les avertisseurs) et trois annonciateurs a\ en réa-:
- FIG. 17
- lité ces relais et ces annonciateurs sont disposés par groupes de cinq sur un même tableau. Il' suffit, pour se rendre compte des manœuvres qui-s’exécutent sur ces tableaux, de se reporter à la. figure 1 5 et à la description qui en a été donnée ; S, S représentent, sur la figure 14, des trem-bleuses, M,M des parleurs, R, R des enregistreurs
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- et I, I les inverseurs du courant dans les Joker-Lïnes.
- Lorsque l’employé du bureau central a notifié à tous les postes l’incendie qui lui a été signalé, il doit immédiatement en donner avis au public en général ce qui se fait, au moyen des Alarm-Lines et des sonneries des tours.
- La figure 17 représente une de ces sonneries. La fermeture du circuit à travers l’électro-aimant, figuré à la droite de notre dessin, déclanche un poids qui, par un système de roues d’engrenages et de leviers, frappe un coup sur la cloche placée au sommet de la tour.
- Le bureau central envoie successivement sur les diverses Alarm-Lines le nombre voulu de si-
- gnaux au moyen du commutateur à hélice précédemment décrit (fig. 6), mû par un mécanisme d’horlogerie trop compliqué, pour que nous puissions le décrire ici.
- La figure 18 donne une vue extérieure de ce dernier appareil connu sous le nom de Manual-Repeater. L’appareil porte sur sa face antérieure trois ou même quatre cadrans ; dans le premier cas, tous les nombres de 1 à 999 (excepté toutes fois ceux dans lesquels entre un ou plusieurs zéros) peuvent être transmis ; dans le deuxième cas la transmission s’étend à la série de chiffres compris entre o et 10,000 avec la même réserve bien entendu.
- Supposons qu'il s’agisse de transmettre aqx
- riG.
- cloches d’alarme le numéro 253 ; l’employé met la première aiguille sur le chiffre 2, la deuxième sur le chiffre 5 et la troisième sur le chiffre 3, puis appuie sur un bouton qui déclanche les rouages de l’appareil. Chaque Alarm-Line est alors reliée, pendant un intervalle de temps très-court, aux pôles de la batterie locale et les différentes tours de la ville, répètent ie signal
- Pour chaque coup les aiguilles se déplacent d’une division vers la droite, et l’appel terminé, elles reviennent automatiquement au zéro de la graduation.
- Ce signal peut d’ailleurs être renouvelé autant de fois que l’on le désire, la caisse sonore placée au bureau permettant de suivre la transmission du signal et de se rendre compte si tout marche bien.
- iS
- Le répétiteur manuel offre cet inconvénient qu’il nécessite l’ingérence d’un employé, et rend ainsi une erreur possible; aussi fait-t-on usage, dans un grand nombre de villes en Amérique, du répétiteur automatique. Avec cet appareil plus parfait que le précédent, toutes les communications au bureau central s’opèrent automatiquement ce qui est tout bénéfice au point de vue de l’économie de temps et de la sécurité. Nous réservons pour un prochain article la description du répétiteur automatique qui n’est d’ailleurs pas employé à Chicago.
- L’extinction de l’incendie est annoncée par un coup unique frappé sur toutes les tours de la ville.
- Avant de terminer cet article, disons quelques mots de la surveillance du réseau.
- Au bureau central toutes les lignes passent par
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- un tableau spécial portant une série de contacts rangés circulairement et sur lesquels glisse un levier relié à la terre; chaque contact communique avec l’un des circuits et pour un tour complet du levier chaque ligne a été mise une fois à la terre. Un galvanomètre convenablement placé indique immédiatement s’il existe une deuxième terre sur le circuit. Dans ce cas le défaut est aussitôt réparé.
- Chaque jour un ouvrier spécial examine les avertisseurs distribués dans la ville. II ouvre les deux portes de la boîte et rompt le circuit avec la clef télégraphique; l’employé au bureau central se met de suite sur le parleur pour voir d’où vient l’appel et l’ouvrier à la boîte demande aussitôt : « Dois-je tirer le crochet? »
- On évite ainsi l’envoi d’une fausse alarme aux postes des pompiers, fausse alarme qui coûterait au moins 25o francs à la ville.
- B. Marinovitch.
- SUR LES MACHINES
- DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- ACTUELLES A COURANTS CONTINUS (*).
- (Traduit de l'anglais par MM. F.Goidsmith et A. Hillairet)
- I
- MARCHE GÉNÉRALE DU PROGRES.
- L’histoire de l’origine des machines dynamos diffère de celle des autres grandes inventions mécaniques en ce sens que, l’ordre naturel des
- (t) Nous nous disposions à donner à nos lecteurs une revue des différentes machines dynamos réunies l’année dernière à l’expositions des Inventions du South Ken-sington, lorsque M. Kapp, fit à la « Institution of civil Engineers », la lecture publiée ci-dessus et dont il a bien voulu autoriser la traduction.
- Ce mémoire se termine par un examen critique des principales dynamos employées surtout en Angleterre. Les appréciations autorisées de l’auteur ont donné lieu à une intéressante discussion dont nous publierons, dans la suite, les passages les plus remarquables.
- (N. D. L. R.).
- développements de l’invention y a été jusqu’à un certain point interverti.
- En général, les applications mécaniques nom-velles ont été réalisées par de véritables praticiens qui s’efforçaient de perfectionner les procédés déjà existants, et très répandus, quoique imparfaits, ou qui cherchaient à créer un système entièrement nouveau, destiné à servir d’outil pour exécuter un travail, qui, jusque là, était dû à la main de l’homme.
- De ce que les recherches étaient dirigées dans un but parfaitement déterminé, il s’en suivait que l’inventeur était obligé de donner du premier coup à ses idées une forme pratique, et, bien que cette manière de procéder pût être défectueuse au point de vue scientifique, elle avait au moins ce grand mérite de ne pas éloigner le but auquel on tendait.
- Plus tard, les perfectionnements suivaient comme conséquence naturelle de l’expérience que l’on pouvait avoir de la classe particulière de systèmes en question, et aussi, de l’application des principes scientifiques.
- Mais tel n’a pas été l’ordre du développement de la machine dynamo. Dans ce cas, la science précéda la pratique et même ce n’est qu’après de nombreuses années qu’on vit surgir celle-ci.
- Le moteur inventé par le professeur Paccinotti avait donné des résultats parfaitement satisfaisants, et ne présentait pas seulement dans son ensemble les formes seules d’une machine magnéto à courants continus, mais encore était parfaitement propre, d’après la description qu’en donnait son inventeur, à la génération de ces courants.
- Et pourtant comme à cette époque le besoin de courants puissants ne se faisait pas sentir, ce moteur resta sans applications et pour ainsi dire oublié, jusqu’à ce que, sept ans plus tard, M. Gramme réinventa le principe de l’armature Paccinotti.
- L’extension de la machine dynamo moderne date de cette époque, c’est-à-dire de 1871 environ.
- La tendance générale de ce développement a été tout d’abord relative à la transformation d’un jouet scientifique en une véritable machine ; tel a été l’effet de l’expérience, du sens pratique et de l’habilité de l’exécution.
- En second lieu on se préoccupa d’améliorer les proportions des différentes parties par l’application des connaissances scientifiques, dans le but
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de diminuer le poids de la matière et d’augmén-ter l’effet utile.
- - Les premières machines Gramme et leurs imitations furent mécaniquement très imparfaites.
- Il semblerait que les constructeurs n’aient pu se résoudre à faire entrer en ligne de compte la grandeur réelle des forces mécaniques qui devaient être en jeu.
- Etait-çé qu’un système de mesure basé sur des unités si petites qu’il en fallait des millions et des centaines de millions pour représenter les quantités que l’on rencontre dans la pratique, ou bien l’absence de tout système défini qui tendait à empêcher'que ces machines fussent étudiées sur des bases rationnelles?
- . : C’est là une question peu importante.
- Il est très probable que les inventeurs ne se donnaient pas la peine de soumettre au calcul les valeurs des différents éléments, jusqu’à ce que, après des insuccès répétés, ils arrivassent enfin à comprendre qu’au lieu d’avoir affaire à quelques dynes et à quelques ergs, il s’agissait en réalité de plusieurs kilogrammes et de plusieurs chevaux-vapeur.
- •. La construction primitive de l’armature Gramme est si connue qu’il serait oiseux d’en donner une description détaillée.
- Qu’il suffise de rappeler que l’âme, après avoir été enroulée de fil de cuivre isolé, était emmanchée sur un moyeu conique par lequel on la fixait à l’arbre.
- . Toute l’énergie était transformée par la portion extérieure du fil maintenu à la surface de l’arbre par le seul frottement.
- L’effort moteur devait par conséquent être transmis aux fils induits par une série de liaisons à frottements, à savoir :
- Entre le moyeu en bois et les brins intérieurs; entre les brins intérieurs et Pâme, et enfin entre l’âme et les brins extérieurs.
- On verra évidemment que, de cette façon, on ne pouvait transmettre que de faibles moments de rotation, eu égard à la faiblesse des moments de torsion dont on disposait, car il n’est pas nécessaire de produire une pression considérable des surfaces en contact pour avarier l’isolement du cuivre.
- Les premières machines cependant étaient robustes, eu égard à la puissance qu’elles devaient transformer, et l’armature présentait une surface assez considérable pour qu’on ne fût pas obligé d’exagérer la pression sur le fil, afin d’obtenir une
- fixation par simple frottement, ‘ et cela explique comment on n’eût pas des insuccès plus nombreux.
- Comme à la suite de l’accroissement de la valeur des inducteurs et des proportions en général, la puissance des dynamos, comparée à leur masse, augmentait de plus en plus, l’ancienne liaison par frottement devint impossible, et dans toutes les bonnes machines actuelles, des moyens plus sûrs ont été employés.
- On ne saurait exagérer l’importance d’une fixation assurée des fils extérieurs ou actifs sur l’armature.
- Il n’est pas seulement nécessaire de prévoir les efforts dûs au travail normal, mais encore les réactions développées par un court circuit à travers les conducteurs principaux, ainsi qu’il s’en produit quelquefois accidentellement,' comme par exemple ceux auxquels peuvent donner lieu les arcs souvent développés dans la manœuvre des commutateurs.
- La résistance des dynamos actuelles est si faible que l’accroissement de courant qui résulte d’un court-circuit est très considérable (de 5 à i5 fois le courant normal), et si l’on songé que l’effort mécanique agissant sur les brins actifs est approximativement proportionnel à l’intensité du courant, on verra évidemment qu’il est nécessaire de fixer ces fils d’une manière inamovible.
- D’autres perfectionnements pourraient être classés de la manière suivante :
- i° Inducteurs. — Choix de la matière de l’âme et des masses polaires, détermination de leurs proportions générales, de leurs dispositions et du nombre des pôles.
- 2° Armatures. -— Différents modes de fixation de l’âme, détermination de ses formes et proportions, de ses divisions, étude de la ventilation des parties intérieures, de la disposition du conduc-r teur en cuivre permettant d’atteindre la plus grande intensité possible, sans échauffement dangereux et des moyens adoptés pour diminuer la vitesse ;
- . 3° Enfin suivent les autres perfectionnements relatifs à l’isolation, à la constructiou des commutateurs et des balais.
- En ce qui concerne les inducteurs, la substitution du fer doux bien affiné à la fonte, produit un accroissement de force électro-motrice de 20 à 3o 0/0.
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- Les inducteurs forgés, faits avec de bonnes mises bien martelées (non suédoises) peuvent être maintenant obtenus à 16 ou 17 livres la tonne (4), tandis que les inducteurs en fonte coûtent environ 11 livres la tonne (2).
- La différence des deux prix vaut bien le bénéfice que l’on fait en énergie électrique et probablement à l’avenir toutes les dynamos à basse tension auront des inducteurs en fer doux.
- Dans les machines à très haute tension employées pour l’éclairage à arc, les inducteurs en fonte ont été jusqu’à présent presque exclusivement employés, mais, dans ce cas, on s’est moins préoccupé de développer la quantité d’énergie électrique disponible que d’obtenir une source de courant qui soit propre à l’alimentation d’un grand nombre de foyers à arc groupés en série. Le point peu élevé de saturation de la fonte, qui en fait précisément un métal impropre aux machines à basse tension, se réglant elles-mêmes, la rend particulièrement propre aux machines à arc, où la constance de l’intensité, bien plus que celle de la force électro-motrice, est nécessaire.
- En ce qui concerne les proportions des inducteurs et le nombre des pôles, on tend, généralement, pour les machines à armatures cylindriques, à employer une seule paire de pôles ; dans ce cas, on accroît la puissance de la machine en développant les dimensions de ceux-ci, tandis que dans les machines à disques, on emploie généralement des paires de pôles multiples et de dimensions plus restreintes.
- L’âme de l’armature, dans toutes les machines actuelles du type Gramme, est supportée par des bras métalliques d’une manière rigide, rendant le glissement des fils impossible.
- L’air est admis entre les bras sur la surface interne de l’anneau et quelquefois même sur la surface interne de l’âme, à travers les conduits de ventilation pratiqués dans celle-ci, et allant vers sa périphérie, refroidissant ainsi l’âme et le fil.
- Par suite de ce dispositif, il a été possible d’augmenter la densité de courant dans l’anneau, sans accroître sa température au-delà des limites pratiques.
- Au commencement de la construction des dynamos, on avait l’habitude de fixer la densité de 1200 à 2000 (8) ampères par pouce carré, selon la
- y
- () De 400 à /55o fr. la tonne
- ((i) 2) 275 fr. la tonne.
- (3) Soit de 1“ ,83 à 3* ,06 par millimètre carré.
- section du fil mais sans tenir compte des conditions de refroidissement de l’armature. ' '
- La construction de celle-ci procédait donc d’une manière peu scientifique. Si cette méthode était suivie pour une armature qui n’aurait qüè deux couches de fil, il est très probable que la température, après deux heures de travail, resterait pratiquement constante et dans de bonneé limites; mais si on opérait de même dans là construction d’une armature ayant dix couches de fil, la température s’élèverait bien davantage, puisque dans l’unité de temps, la quantité de chaleur produite serait cinq fois plus grande, tandis que la surface refroidissante n’aurait pas été matériellement augmentée.
- La seule manière rationnelle de fixer la densité de courant dans les fils de l’armature doit procéder de la quantité de chaleur émise pendant que le courant maximum passe, quantité qui est proportionnelle à la surface totale du fil exposé à l’action refroidissante de l’air ambiant.
- La détermination des proportions exactes est purement expérimentale. Eu égard à la grande différence qui existe entre les vitesses superficielles des armatures et entre les différents dispositifs destinés à favoriser plus ou moins le renouvellement fréquent de l’air ambiant, il est difficile de donner des formules applicables à tous les cas.
- D’après un certain nombre de machines provenant de differents constructeurs et que nous avons examinées, et d’après de longs essais faits sur nos propres dynamos, nous avons trouvé qu’avec une vitesse superficielle de 2 à 3ooô pieds (4) par minute, et pour une armature où l’air est admis librement, la surface refroidissante ne devrait pas être moindre que 0,8 pouce carré (2), et non supérieure à 1 pouce carré (3) pouf chaque watt transformé en chaleur dans l’induit.
- Une règle semblable est applicable à la surface extérieure des bobines des électros. Seulement, étant donné que, en ce cas, l’air environnant les brins est relativement au repos, il est nécessaire de disposer d’une surface légèrement plus grande, à savoir 1,5 pouce carré (*) à 1,8 pouce carré par watt dépensé à exciter le champ magnétique (3). ,
- (i) Soit de 10 m. 10 à i5 m. 20 par seconde.
- (-) 522 millimètres carrés.
- (;t) 653 millimètres carrés.
- (t) 979 à 1175 millimètres carrés.
- (") La formule du professeur Forbes donnerait une élévation de température de 82 et 88 degrés centigrades dans
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- La densité moyenne du courant admise dans les fils induits des machines actuelles est d’environ 25oo ampères par pouce carré (*) de la section du fil, mais elle atteint quelquefois des valeurs bien plus élevées.
- Dans certaines dynamos que nous avons examinées, la densité atteignait 6000 ampères par pouce carré (2). Le fil de l’armature ne formait qu’une seule couche, mais on n’avait rien prévu pour admettre l’air jusqu’à l’âme. La surface refroidissante prévue dans ces dynamos est seulement de 0,22 à o,3o pouce carré (3), par watt transformé en chaleur dans les fils induits.
- Mais nous n’avons pas eu l’occasion de voir ces machines essayées en pleine charge, et pendant un long fonctionnement ; par conséquent, il nous est impossible de dire si la surface refroidissante de o,3 pouce carré par watt a été suffisante dans ce cas. il est évident que plus sera grande la densité de courant qu’on peut atteindre sans danger d’échauffement nuisible, plus sera grande l’énergie qu’un poids donné du cuivre de l’armature pourra transformer. Le résultat pratique immédiat d’une bonne ventilation est donc qu’avec les dynamos actuelles on obtient un plus grand nombre d’ampères par livre de cuivre employée dans la construction de l’armature.
- D’autre part, on a trouvé la possibilité, en accroissant la puissance des inducteurs, d’augmenter la force électro-motrice du fil induit par unité de longueur. De cette façon l’intensité du courant et la force électro-motrice ayant été accrues simultanément, leur produit ou énergie mesurée en watts par livre de cuivre est maintenant deux à trois fois plus grande que dans les machines construites il y a quelques années. La conséquence naturelle de ces résultats a été l’abaissement considérable du prix des machines dynamos.
- II
- CONSIDÉRATIONS THÉORIQUES
- Bien que, depuis un certain nombre d’années, un très grand nombre de types de machines dy-
- chacun des deux cas précédents. Or, il est certain que, en réalité, l’élévation de température n’est pas aussi considérable. Ne pourrait-t-on pas en induire qu’il y a d’autres parties que la surface extérieure qui soient propres à dissiper la chaleur?
- (') 3 a. 82 par millimètre carré.
- (2) 9 a. 18 par millimètre carré.
- 143 à ig5 millimètres cerrés.
- namos, différents en apparence, aient été essayés et brevetés, ceux qui ont réussi dans la pratique ne sont pas nombreux et en principe sont fort semblables.
- Toutes les dynamos à courants continus d’une certaine importance pratique peuvent actuellement être classées dans l’un des trois groupes suivants :
- i° Dvnamos à armature en forme de tambour, munie de l’enroulement Alteneck;
- 20 Dynamos à armature en forme d’anneau,, munie de l’enroulement Gramme ;
- 3° Dynamos à armature, munie de l’enroulement Schuckert.
- Le premier type est représenté par les machines Siemens, Weston, Edison, et, avec de légères variantes, par les machines Immisch et Houston-Thomson.
- Le second type est admis par un très grand nombre de constructeurs, tels que Elwell-Par-ker, Crompton Golden et Trotter, Mather et Platt, Allen, Jones, Patterson et Gooper, et d’autres encore.
- Le troisième type n’est pas aussi répandu en Angleterre ; il n’est guère adopté que p$r la Compagnie Brush, la Compagnie Gülcher, et d’autres constructeurs de peu d’importance.
- Au point de vue scientifique, toutes ces machines, bien que présentant en apparence un ensemble et des dispositions générales différentes, peuvent être toutes étudiées de la même façon.
- Dans tous les cas, la force électro-motrice engendrée dans les fils de l’armature peut être exprimée en volts par la formule
- Ea = Nf. n. 10
- \ représente le nombre de lignes de force passant entre l’armature et l’un des pôles magnétiques ; Nf, le nombre despires du fil, comptées sur la partie externe de l’armature, et n le nombre de tours par minute.
- Il est nécessaire de faire quelques remarques sur la quantité
- Cette formule n’est exacte que si toutes les lignes de force aboutissent complètement a l’armature, de façon à ne pas être coupées par d’autres fils que ceux de la périphérie externe, et non dés faces latérales, par exemple.
- Dans les armatures à tambour, cette condition est toujours évidemment remplie, puisqu’il n’y a que des fils extérieurs sur l’âme.
- Dans les armatures à anneaux ou à disques,
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- cette condition ne sera remplie que si l’épaisseur de l’âme est suffisamment grande pour absorber toutes les lignes qui émanent d’un pôle magnétique.
- Si tel n’est pas le cas, certaines lignes pénétreront à travers l’espace central de l’armature et seront perdues pour la production de la force électro-motrice.
- Quant au système employé pour l’expression de ce on peut voir que chacune de ces lignes est équivalente à 6 ooo lignes en valeur absolue.
- Cette base a été adoptée comme simpiication de façon à donner des formules maniables pour exprimer le nombre de lignes qui peuvent aboutir à un pouce carré de l’âme de l’armature ; ce qui n’affecte en rien le résultat final.
- Quant un courant est lancé à travers l’armature, la force électro-motrice interne est, à proprement parler, légèrement inférieure à celle que donne la formule, à cause de l’action magnétisante du courant de l’armature et de la self-induction du fil induit.
- Dans les machines modernes, le champ est tellement puissant et le nombre des spires de l’armature si faible, que cette réduction de la force électro-motrice peut être négligée dans la plupart des cas.
- Ce qu’on cherche à obtenir, dans l’établissement d’une dynamo, c’est la plus grande force électro-motrice possible. On peut arriver à ce résultat de trois manières :
- Soit en disposant d’un champ puissant^ grand.), soit en changeant l’armature d’un grand nombre de spires, soit en développant la vitesse de révolution.
- En ce qui concerne le troisième procédé, il y a évidemment une limite qu’il serait dangereux de dépasser.
- Dans les machines conduites par des courroies, cette limite résulte de la résistance des organes soumis à la réaction centrifuge et des autres inconvénients inhérents aux grandes vitesses.
- Pour ces raisons, la vitesse des dynamos est généralement telle que la vitesse à la périphérie de l’armature ne dépasse pas 3,ooo pieds par minute (1) dans le cas des machines à tambour et à anneau et 5,ooo pieds (3) dans le cas des machines à disque.
- Dans le cas de la transmission directe, sans in-
- termédiaire, la vitesse est évidemment limitée par celle du moteur.
- Le procédé qui consiste à développer le nombre de spires de l’armature présente, à partir d’une certaine limite, de sérieuses difficultés pratiques. Si toutes les dimensions de l’armature sont développées de façon à présenter à l’induction une quantité de fil suffisante, la machine devient trop coûteuse. Si le fil est enroulé sous un trog grand nombre de couches, les inconvénients de la self-induction, des étincelles aux balais, et de réchauffement des fils contre-balanceront, et au delà, ce qu’on aura gagné en force électromotrice, d’autant plus que, en outre, l’accroissement de résistance de l’armature amène une réduction du rendement.
- Remarquons aussi que, par suite de l’accroissement de distance entre l’âme et les masses polaires, il est nécessaire, pour maintenir le champ, d’une plus grande puissance d’excitation, et par conséquent, une plus grande dépense d’énergie.
- Néanmoins, dans les limites raisonnables, la multiplication des spires de l’armature est peut-être le moyen le plus économique d’augmenter la force électro-motrice, du moins au point de vue du prix de revient de la machine. Si, d’autre part, on désire atteindre un rendement très-élevé, il est nécessaire d’employer un champ très puissant.
- Cette expression de champ puissant n’implique pas l’idée de saturation, mais celle de l’emploi de champs à lignes de force très denses, développées par des inducteurs et une armature à grande masse de fer doux.
- Tel est le principe d’après lequel presque toutes les bonnes machines dynamos modernes sont établies.
- (A suivre). Gisbert Kapp.
- DU ROLE DE LA
- TENSION SUPERFICIELLE
- DANS DES PHÉNOMÈNES PHYSIOLOGIQUES
- Deuxième article. — ( Loir le numéro du 6 Mars iSSù) de l’animal
- De même que nous avons vu la cellule constituer, en quelque sorte, un être organisé dans un but qui est de faciliter la reproduction du proto-
- (') i5,20 m. par seconde. (2) 25,3o m. par seconde.
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- plasma; de même un animal peut être considéré comme un organisme supérieur, constitué dans le but de favoriser le développement de la cellule.
- Dans l’animal, en effet, la cellule est soustraite à l’influence directe du milieu extérieur. Elle se développe au sein d’un liquide spécial, le sang, qui est chargé de lui fournir tous les éléments nécessaires à son développement et à son fonctionnement, et en même temps d’éliminer les produits de réaction dont elle peut être le siège.
- Pour que ce milieu pût être considéré comme indéfini et que sa constitution ne fût pas à chaque instant troublée par la vie de la cellule, il était nécessaire qu’il fût animé d’un mouvement circulatoire et vînt traverser périodiquement des organes qui lui rendissent ce qu’il a perdu, ou lui enlevassent les matières provenant du fonctionnement des cellules. C’est ce qui est réalisé dans l’animal.
- De la Circulation
- Le sang est renfermé dans une série de canaux qui, tantôt se confondent en un seul, tantôt, au contraire, se ramifient en un nombre innombrable de petits vaisseaux capillaires, présentant une énorme surface sous un faible volume, et permettent un échange facile de matières, par endosmose ou exosmose, avec les cellules qui les entourent.
- Ces canaux capillaires s’étendent à travers tout l’organisme.
- Malgré cette ramification, le circuit est complètement fermé; le sang circule sous l’influence d’une double pompe aspirante et foulante : le cœur.
- On peut diviser les divers réseaux capillaires en cinq parties, représentées sur le schéma ci-joint.
- Les capillaires a sont en relation directe avec l’air extérieur (par les poumons). Le sang qui les parcourt abandonne au milieu ambiant l’acide carbonique dont il est chargé, et lui prend de l’oxygène qui se fixe dans son hémoglobine.
- Au sortir des poumons, le sang est refoulé par le cœur dans un vaisseau central, l’artère aorte, qui se ramifie en trois canaux principaux aboutissant aux systèmes de capillaires b c d, chargés chacun d’entretenir un groupe de cellules ayant à remplir une fonction spéciale.
- Les capillaires a servent à l’entretien des or-
- ganes de la digestion ; les capillaires b à l’entretien du système nerveux, et les capillaires c à l’entretien du système musculaire.
- Au sortir de ces réseaux, la masse totale du sang vient traverser le cinquième réseau e (les reins), où il se débarrasse des matières non susceptibles d’être éliminées par les poumons et qui sont rejetées directement à l’extérieur par un canal /'(l’urèthre).
- Mais si le sang se charge d’oxygène comburant dans les poumons, il faut qu’il st charge aussi de matières combustibles.
- Celles-ci lui sont fournies par le tube digestif qui déverse directement les matières alimentaires fournies par la digestion dans le conduit central de retour de la circulation (veine cave).
- De la Digestion
- Les aliments introduits dans le tube digestif tt' ne sauraient servir tous, en général, à la nourriture des cellules ; il faut qu’un choix soit opéré parmi eux. Ceux qui ne conviendront pas seront rejetés mécaniquement à l’extérieur.
- Or, nous avons vu que les éléments du noyau d’une cellule étaient susceptibles d’être attaqués par les ferments solubles provenant de la destruction du protoplasma.
- Si nous avions à reconnaître si un élément est convenable pour une cellule déterminée, nous serions logiquement conduits à isoler le ferment soluble qu’elle sécrète et à examiner s’il est capable de faire fermenter la substance considérée. .C’est ainsi que procède la nature. Le long du tube digestif sont disposés des organes en groupes de cellules (glandes salivaires, muqueuse de l’estomac, foie, pancréas, etc...), qui sécrètent chacun un ferment soluble spécial et le déversent dans le tube digestif.
- Ces groupes de cellules se développent aux dépens des substances contenues dans le sang par l’intermédiaire des capillaires b.
- Considérons par exemple le foie, le protoplasma de ses cellules se décompose en amidon (substance glycogène de Claude Bernard) et en ferment soluble (ferment hépathique).
- Celui-ci venant à rencontrer de l’amidon dans le tube digestif, le transforme en glycose, sub-tance qui paraît être l’aliment par excellence de la cellule animale.
- Si on force ces ferments à demeurer à l’intérieur du foie, par exemple, en liant le canal cho-
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- lédoque, ils attaqueront l’amidon du foie lui-même, et cet organe secrétera du sucre.]
- Ainsi, les organes de la digestion font d’abord un choix parmi les aliments ingérés par l’animal. Mais, de plus, ils transforment les éléments choisis de manière à les rendre solubles et leur permettre de s’éliminer de l’intestin, au moyen de la diffusion qui s’opère entre lui et un réseau de capillaires (le système veineux et, en particulier, les canaux chylifères) qui l’entourent.
- Ces capillaires se réunissent en un seul vaisseau, le canal thoracique, qui déverse directement les produits de la digestion dans la veine cave.
- On peut d’ailleurs classer les aliments ingérés par un animal de la manière suivante :
- i° Aliments azotés ;
- 2° Aliments amylacés;
- 3° Aliments sucrés ;
- 4° Aliments gras.
- Voici les transformations que subissent ces substances dans le tube digestif, avant d’être déversées dans le sang :
- i° Les substances azotées sont transformées en peptones, c’est-à-dire albumine incoagulable par la chaleur, par un ferment soluble, la pepsine, secrété par les glandes de la muqueuse stoma-chale ;
- 2° L’amidon est transformé en glycose, sous l’influence du ferment hépathique, et d’un autre ferment secrété par la muqueuse de l’intestin : la diastase.
- 3° Le sucre de canne, ou saccharose, n’est pas un aliment. Pour qu’il en devienne un, il faut qu’il se dédouble en deux glycoses. Cette opération est faite par \e ferment inversif secrété aussi par la muqueuse de l’intestin.
- 4° Les aliments gras sont émulsionnés et dédoublés, en acides gras et glycérine, par la pancréatine, ferment soluble secrété par le pancréas.
- 11 est une remarque très importante à faire au sujet de ces phénomènes de digestion.
- Ce choix fait parmi les aliments et la transformation des éléments choisis, ou substances solubles, ne peut s’effectuer qu’au prix d’une distinction des composés immédiats ingérés et de leur résolution en produits nouveaux renfermant moins de chaleur.
- A la suite de cette analyse, il doit donc s’opérer une nouvelle synthèse au sein de l’animal.
- Une expérience directe de Claude Bernard montre qu’il en est bien ainsi : Ayant inanitié un chien, jusqu’à ce qu’il eût complètement épuisé
- ses réserves, il le nourrit exclusivement avec une graisse spéciale préparée par Berthelot et dans laquelle le chlore avait été substitué à l’hydrogène.
- Lorsque le chien fut revenu à son état primitif, il le sacrifia. L’animal s’était de nouveau chargé de graisse, mais c’était toujours de la graisse de chien, ne renfermant pas trace de chlore.
- Ainsi la digestion décompose les substances ingérées et c’est le protoplasma des cellules qui choisira plus tard, parmi les produits simples mis à sa disposition, ceux qui lui conviennent et les synthétisera en produits complexes analogues à ceux qui avaient été ingérés directement.
- De l’élimination des matières usées
- Nous venons de voir comment le sang se chargeait d’aliments. Nousavonsvu aussi comment il pouvait abandonner son acide carbonique et prendre de l’oxygène dans le poumon.
- Il faut encore, pour que sa composition puisse demeurer constante, qu’il soit débarrassé des matières non volatiles provenant de la combustion des noyaux des cellules.
- Cette fonction est remplie par le rein. Cet organe est formé par la réunion de deux réseaux capillaires, l’un où circule le sang et que nous avons désigné par la lettre e, l’autre e qui se résoud en un canal F (l’urèthre).
- Il s’opère entre ces deux réseaux une véritable filtration, tous les éléments solubles du sang tendent donc à s’évacuer directement à l’extérieur.
- Mais, parmi ces derniers, il en est un : l’albumine qui a une importance particulière dans les phénomènes de vie, étant la substance mère dü protoplasma et des ferments solubles.
- Il se passe un phénomène économique très remarquable : l’albumine est résorbée à son passage par les cellules du rein. Leur protoplasma se développe à ses dépens, et les produits de sa décomposition sont reversés dans le sang. On comprend que, si cette fonction n’était pas remplie, la matière vivante étant à chaque instant excrétée, le moindre trouble dans les phénomènes digestifs entraînerait fatalement la mort de l’animal. C’est ce qui rend si redoutable la maladie connue sous le nom d’albumine où celte fonction du rein se trouve suspendue.
- Seules, les substances azotées qui, au cours des réactions accompagnant la vie des cellules, se
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- seront combinées en dégageant trop de chaleur, l’urée par exemple, et qui, ne pourraient plus servir à la reproduction du protoplasma, seront éliminées par filtration.
- Des réserves (tissus graisseux)
- Nous voyons, maintenant, comment le sang, c’est-à-dire le milieu où se développeront les cellules constitutives de l’animal, peut avoir sa composition maintenue constante, quelles que soient les variations dans l’intensité des phénomènes de vie qui se manifestent dans l’animal.
- Nous avons un filtrage à travers les reins, réglé automatiquement par la pression du sang dans les capillaires.
- Cette pression est déterminée par l’endosmose, qui aspire les liquides dans l’intestin et les refoule dans la veine cave.
- Mais il faudrait que la production de chyle dans l’intestin fût aussi proportionnelle à l’intensité des actes de vie qui se manifestent dans l’organisme.
- lien serait bien ainsi, comme nous le verrons tout à l’heure, si l’alimentation de l’animal était continue.
- Or, elle est forcément intermittente.
- Il était donc nécessaire de disposer d’une sorte de volant nutritif ou de réserves capables de compenser les variations de nourriture directe.
- Ce rôle est rempli par le tissu graisseux. Ce dernier se compose d’un amas de cellules qui se développent dans tous les organes et sont caractérisées par la matière grasse constituant leurs noyaux.
- Elles n’interviennent pas directement dans la production des phénomènes de vie proprement dits.
- Leur développement maximum a lieu lorsque l’alimentation de l’animal est plus que suffisante pour assurer sa vie.
- Elles se nourrissent du glycose en excès, charrié par le sang ou des glycérines, ou acides gras, qu’il renferme.
- Si l’alimentation vient à faire défaut, sous l’influence des ferments qu’elles secrétent, elles renferment du glycose qui sera reversé dans le sang.
- Du Système nerveux
- Mais il faut encore que le jeu des diverses
- fonctions que nous venons d’énumérer soit réglé à chaque instant.
- Ce rôle est dévolu au système nerveux.
- On a souvent comparé le système nerveux à un double réseau télégraphique, le premier reliant la périphérie du corps ou les organes intérieurs qui la constituent à des postes centraux qu’ils renseignent à chaque instant sur la nature des phénomènes qui se manifestent à l’extérieur ou dans les organes de l’animal (c’est le réseau des « nerfs centripètes »). Le second réseau au contraire sert à porter les instructions qui ont été délibérées dans les postes centraux, aux organes chargés de les exécuter (c’est le réseau des « nerfs centrifuges »).
- Cette comparaison est absolument exacte, à cela près que les instructions transmises sont toujours déduites des avis reçus, d’après des lois fatales.
- L’analogie est encore rendue plus frappante si on examine au microscope un élément nerveux.
- On voit que celui-ci se compose d’une série de conducteurs juxtaposés et renfermés dans une meme enveloppe. Chaque conducteur est formé par une chaîne de cellules allongées et soudées bout-à-bout (Ranvier), de telle manière que leurs noyaux paraissent former un conducteur continu qui serait entouré d'un liquide isolant maintenu par une enveloppe. C’est ce qu’on appelle le cylindre-axe.
- Si on observe la section d’un nerf, on voit que son image ressemble à s’y méprendre, à celle de la section d’un des faisceaux de conducteurs que nous employons journellement pour les communications télégraphiques souterraines.
- Enfin, si l’on suit un nerf dans tout son parcours, en allant du centre à la périphérie ou aux divers organes du corps, on voit qu’il se subdivise de plus en plus, et finalement s’épanouit en cylindres-axes isolés. Ceux-ci se terminent tantôt par une cellule aplatie (papille nerveuse) noyée au milieu de cellules actives, tantôt s’enroulent en spirale autour d’une fiche ou chaîne de cellules.
- Dans les postes centraux, chaque cylindre-axe se relie à l’une des branches d’une cellule étoilée dite « centre nerveux », comme celle que nous représentons ci-contre.
- Chacun des bras de cette cellule n’aboutit pas toujours à un cylindre-axe se rendant vers la périphérie ou vers un organe déterminé. En effet ces différents centres nerveux .sont en relation les
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- uns avec les autres par des « cylindres-axes » spéciaux.
- L’ensemble des réseaux centripètes et centrifuges et du réseau spécial reliant les centres nerveux forme un système enchevêtré, absolument inextricable pour nous, qui se modifie à chaque instant, car d’anciennes communications se détruisent et de nouvelles se forment.
- On conçoit néanmoins qu’une « irritation » étant exercée sur l’extrémité d’un cylindre-axe centripète, celle-ci doit se propager de proche en proche, se transmettre d’un centre-nerveux à un autre, et, enfin aboutir à un cylindre-axe centrifuge, qui la communiquera à la périphérie ou à un organe.
- Le chemin, suivant lequel se sera propagée
- Coupc d'an nc.j-f'
- FIG. 6
- cette « irritation », est déterminée à l’avance, si bien, qu’en résumé, l’ordre communiqué à un organe n’est que l’avis transmis par un autre, le long d’une ligne passant par un poste central.
- On a donné à ce genre de phénomènes le nom de réflexes. Ce sont eux qui règlent le fonctionnement de l’appareil digestif, qui déterminent la production des cellules graisseuses de réserve ou leur destruction. Les centres nerveux qui leur correspondent sont logés pour la plupart dans la colonne vertébrale ou dans les ganglions du grand sympathique. Quant aux centres nerveux du cerveau, particulièrement ceux de la substance grise qui recouvre sa surface, ils servent à la manifestation des phénomènes intellectuels qui paraissent devoir se résoudre en réflexes analogues aux précédents, mais se manifestent au travers d’un réseau d'une complication extraordinaire. Nous n'avons pas d ailleurs à examiner cette question.
- Nous avons représenté en traits pointillés sur le schéma ci-joint un ensemble de conducteurs et de centres nerveux. Toutes les cellules de ce système vivent et se développent aux dépens du sang, par l’intermédiaire des capillaires C.
- Il nous reste à savoir par quel mécanisme une « irritation » exercée sur l’extrémité d’un nerf centripète peut se propager à l’extrémité d’un nerf centrifuge. On a fait, à ce sujet, une observation très importante (Helmoltz).
- On a pu déterminer, dans quelques cas rares, !e chemin que suivait cette « irritation » et par suite sa longueur. Dès lors il était facile d’évaluer,
- no. 7
- par les méthodes chronographiques ordinaires, la vitesse de la propagation. Celle-ci s’est trouvée être de 25 à 3o mètres à la seconde.
- Il était évident que cette propagation n’était pas due à un ébranlement électrique et pas davantage à un mouvement vibratoire de la substance même du nerf.
- Le son se propage en effet au moins dix fois plus vite dans l’air et plus rapidement encore dans les liquides et dans les solides.
- Le mécanisme de cette propagation doit être cherché dans les phénomènes dont la cellule est toujours le siège.
- L’action mécanique, physique ou chimique, exercée sur la cellule initiale du nerf centripète, active la destruction de son protoplasma. 11 y a
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- donc production de ferments solubles qui attaquent son noyau. La cellule se déforme et agit sur la cellule voisine qui a son tour produit des ferments, se déforme............................
- Finalement la dernière du nerf centrifuge agit sur la cellule qu’elle doit exciter en lui faisant secréter des ferments.
- M. d’Arsonval s’exprime en ces termes : « Dans l’organisme, le système nerveux ne fait que verser des ferments sur des matières fermentis-cibles. »
- Ce mode de propagation est infiniment moins rapide que tout mode qui s’opérerait grâce à l’élasticité de la substance nerveuse ou de l’éther qu’elle renferme. Mais il présente un grand avantage, c’est que l’intensité de l’excitation transmise est indépendante du chemin parcouru puisque chaque cellule fournit à ses propres dépens, l’énergie nécessaire pour transmettre cette excitation à la cellule voisine.
- Il est hors de doute que souvent cette excitation est renforcée, et c’est à cette cause que doit être rapportée l’extrême délicatesse de la machine animale.
- Du système musculaire
- Le système musculaire se compose d’une série d’organes capables de transformer en travail l’énergie dégagée par la fermentation des noyaux des cellules qui les constituent.
- Ces organes ont reçu le nom de muscles.
- Ils se composent, en dernière analyse, de chaînes de cellules soudées bout à bout ou fibres. Ces fibres sont juxtaposées et le faisceau qu’elles forment renfermé dans une enveloppe élastique appelée « aponévrose ». En général les deux extrémités de chaque fibre se continuent par des ligaments spéciaux : les tendons, qui' les relient directement aux os.
- De ces deux points d’attache, l’un servira de point d’appui, l’autre constituera la résistance que le muscle devra déplacer en se contractant.
- Si l’on considère en particulier une fibre musculaire au microscope, on voit qu’elle présente l’aspect indiqué ci-contre. C’est un tube de dimensions longitudinales très grandes par rapport à son diamètre. Il est séparé en compartiments successifs par une série de membranes a (3.... aux-
- quelles on a donné le nom de « disques minces ». Dans chaque compartiment, on distingue un noyau central nn, « le disque épais « et de chaque côté une masse liquide transparente : ce
- sont les « disques clairs ». Chaque compartiment constitue une cellule ayant sa vie propre.
- Ces cellules se nourrissent aux dépens du sang qui leur est amené par des capillaires.
- D’un autre côté, l’on constate qu’autour de chaque fibre vient s’enrouler en vrille l’extrémité d’un « cylindre axe » du système nerveux.
- Lorsque ce cylindre axe entre en fonctions, le protoplasma des cellules de la fibre se détruit en fournissant des ferments solubles qui, à leur tour...
- Les cellules musculaires ne sont pas le lieu de phénomènes différents de ceux des autres cellules. Mais, par suite de leur disposition en chaîne, toutes les contractions élémentaires s’ajoutent. La fibre
- FIG. 8
- passe de la forme AB à la forme A' B', comme le montre d’ailleurs l’observation directe, si bien que sa longueur se trouve notablement réduite, en même temps que son diamètre moyen est augmenté.
- Les muscles ont pour fonctions :
- i° D’entretenir la circulation du sang : c’est le cœur qui remplit cet office ;
- 2° D’aspirer et de refouler l’air dans les poumons (diaphragme) ;
- 3° De prendre les aliments à l’extérieur, de les broyer avant de les introduire dans le tube diges tif, et d’éliminer ceux qui n’ont pas pu être assimilés ;
- 4° De permettre à l’animal de se déplacer à la surface du sol, afin qu’il puisse se transporter à l’endroit où le milieu extérieur présentera les conditions les plus favorables à l’entretien de son milieu intérieur.
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- En résumé nous croyons que l’animal est caractérisé par la présence d’un milieu intérieur destiné à faciliter la vie des cellules.
- Au sein de ce milieu toutes les cellules vivent et fonctionnent de la même manière que les êtres unicellulaires étudiés isolément par Pasteur.
- Mais, dans l’organisme supérieur, les fonctions
- des diverses cellules sont combinées dans le but de maintenir constante la composition du milieu intérieur.
- DE l’animal CONSIDÉRÉ COMME MACHINE Les quelques considérations qui précèdent,
- CO*el HO
- .Evacuation (Ips ^ rn atievps aznt.ees inmpaMei (lesenvivàla. synthèse thi ]fCütoplasmatde leau en exe?/
- FIG. 9. — SCHEMA DE L ORGANISME ANIMAL
- nous permettent de nous rendre compte du mode de transformation de chaleur en travail qui est réalisé chez les animaux.
- Jusque dans ces dernières années, on les avait assimilés à de simples machines thermiques, suivant les idées de MM. Dumas et Boussingault, dont la théorie peut être résumé en ces termes :
- Il y a dualisme entre les règnes végétal et animal :
- UN VÉGÉTAL
- produ.it des matières sucrées, grasses, albuminoïdes.
- Réduit avec dégagement d’oxygène
- CO2
- HO
- A 2 H4 O
- absorbe de la chaleur est immobile.
- UN ANIMAL
- consomme des matières sucrées, grasses, albuminoïdes.
- Produit une absorption d’oxygène
- CO2
- HO
- A 2 H4 O
- dégage de la chaleur se meut.
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- Boussingault ajoutait que, lorsqu’une vache produisait 60 kilogrammes de beurre, c’est qu'elle en avait trouvé au moins 80 de tout fait, dans le foin digéré.
- Cette théorie était très simple et ses auteurs l’avaient résumée dans la formule saisissante que nous venons de rappeler.
- Mais elle a été renversée par Claude Bernard qui a démontré :
- ï° Qu’il n’y avait jamais de nutrition directe;
- 2° Que toutes les substances ingérées étaient détruites, en temps que principes immédiats, par la digestion et réduites en composés plus simples;
- 3° Que les animaux aussi bien que les végétaux formaient des synthèses;
- 40 Que celles-ci se résumaient en une seule synthèse primordiale, celle du protoplasma, dont toutes les autres découlent par voie de décompositions successives.
- Il en résulte que :
- i° Dans tout animal, comme dans tout végétal, nous trouvons un transformateur d’énergie : le protoplasma ;
- 2° Celui-ci se développe en absorbant la chaleur sensible du milieu ambiant, et la transformant en chaleur latente, qui se trouve disponible pour les réactions chimiques ultérieures.
- Mais le protoplasma ne peut vivre que dans des conditions physiques et chimiques bien déterminées.
- En particulier, chez les animaux supérieurs, la température du milieu où se développe le protoplasma ne peut osciller qu’en de très faibles limites autour de 38 degrés centigrades.
- Si l’atmosphère ambiante est à une tempéture inférieure à la sienne, l’animal ne pourra prendre de la chaleur au milieu ambiant par conductibilité directe.
- Il ne pourra pas davantage s’emparer de l’énergie des radiations lumineuses, puis qu’il est dépourvu de chlorophyle.
- Il faut dès lors qu’il fournisse à ses dépens la quantité de chaleur nécessaire au développement du protoplasma.
- Ce dégagement de chaleur est dû aux fermentations dont l’organisme est le siège.
- Celles-ci n’étant en définitive qu’une combustion des matières ingérées, on peut dire que, sous nos climats, les choses se passent comme si la théorie de Dumas et Boussingault était vraie.
- CONCLUSION
- Si nous voulons maintenant comparer un animal à une machine à vapeur, nous dirons :
- UN ANIMAL
- consomme de l’amidon, prend de l’oxygène à l’atmosphère, brûle l’amidon et le transforme en acide carbonique et en eau.
- La chaleur provenant dentes est employée ;
- DANS L’ANIMAL
- à la transformation des matières, qu’il renferme, en une substance plus compliquée et renfermant plus de chaleur : le protoplasma.
- UNE MACHINE A VAPEUR
- consomme du charbon ou des hydro-carbures, prend de l’oxygène à l’atmosphère, brûle le charbon et les hydro-carbures, et les transforme en acide carbonique et en eau.
- des réactions précé-
- DANS LA MACHINE A VAPEUR
- à la transformation de l’eau, que renferme la chaudière, en vapeur qui renferme plus de chaleur.
- L’agent de transformation de la chaleur en travail développé par les phénomènes précédents est :
- DANS L’ANIMAL I DANS LA MACHINE A VAPEUR
- Le protoplasma. I La vapeur.
- L’agent de transformation rend, sous forme de travail, l’énergie qui lui a été communiquée de la manière suivante :
- DANS L’ANIMAL
- Le protoplasma renfermé dans la cellule musculaire se décompose sous l’action de l’ébranlement communiqué par le système nerveux, en matières amylacées et en ferments solubles qui provoquent la combustion de ces matières par l’oxygène renfermé dans l’hémoglobine du sang.
- Cette réaction détermine une variation de la tension superficielle de la cellule. Il y a ainsi transformation d’une partie de la chaleur dégagée par la fermentation en énergie de position.
- Mais par suite de la variation de tension superficielle, la cellule se déforme et il y a transformation en travail de cette énergie de position.
- DANS LA MACHINE A VAPEUR
- La vapeur introduite dans un cylindre de volume variable le déforme sous l’influence de sa pression.
- Elle se refroidit en môme temps par suite de la détente subie.
- De meme que dans une machine à vapeur, le rendement est le produit de trois facteurs qui sont :
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- i° Le rendement particulier de la chaudière, fonction du poids de vapeur développé par la combustion de i kilogramme de combustible;
- 2° Le rendement du cycle réalisé dans les cylindres ;
- 3° Le rendement du mécanisme.
- On pourrait penser à décomposer le rendement de l’animal en un produit de trois facteurs correspondant aux précédents.
- i° Le rendement du protoplasma, c’est-à-dire le rapport de la quantité de chaleur latente emmagasinée dans le protoplasma, à la quantité de chaleur sensible qu’il absorbe en se développant;
- 2° Le rendement de la cellule considérée comme organe moteur, ou le rapport du travail qu’elle effectue à la quantité de chaleur dégagée par les fermentations dont elle est le siège, lorsqu’elle est excitée ;
- 3° Le rendement des systèmes musculaires et osseux, c’est-à-dire le rapport du travail extérieur disponible au travail total développé par les cellules musculaires.
- Mais il est à remarquer que le premier facteur relatif au développement du protoplasma ne peut être autre que l’unité. La chaleur sensible ne pouvant pas se perdre, sauf par rayonnement, tant qu’il n’y a pas production de travail extérieur, ne peut que s’emmagasiner à l’état de chaleur latente dans le protoplasma.
- D’un autre côté, la quantité de chaleur qui ne sera pas transformée en travail dans la cellule ou qui se manifestera, par suite des résistances passives du mécanisme proprement dit pourra être de nouveau employée à la synthèse du protoplasma.
- Le rendement général de l’animal considéré comme machine devrait donc êtie l’unité, bien que les deux derniers facteurs ne lui soient pas égaux, puisqu’il finirait toujours par utiliser toute la chaleur qui se dégage en lui.
- Mais si cette production de chaleur devenait trop grande à un moment donné, le protoplasma ne se développerait plus assez rapidement pour l’emmagasiner au fur et à mesure. La température de l’animal s’élèverait, ce qui entraînerait sa mort.
- Pour y obvier, la nature, au lieu d’éliminer les produits des réactions sous forme liquide, comme elle aurait pu le faire en se servant des reins, les fait rejeter par les poumons à l’état gazeux (acide carbonique et vapeur d’eau).
- Ces produits emportent ainsi avec eux une cer-
- taine quantité ce chaleur latente. Cela abaisse le rendement du système, mais en même temps s’oppose à une élévation trop rapide de la température du corps.
- Lorsque cela ne suffit pas, une très faible élévation de température intérieure fait entrer en action les cellules de la peau ; elles secrétent un liquide, la sueur. Celle-ci se répand sur toute la surface du corps et lui prend une grande quantité de chaleur, en s’évaporant.
- Néanmoins, comme la quantité de chaleur latente de la vapeur d’eau (environ 6oo calories par kilogramme) représente à peine le dixième de la chaleur dégagée par la combustion de l’hydrogène, on peut prévoir que :
- i° Toutes les fois qu’un animal effectuera un travail modéré, son rendement sera voisin de l’unité ;
- 2° Toutes les fois qu’il effectuera un travail considérable, il ne pourra plus y avoir équilibre entre les quantités de chaleur dégagées ou absorbées par les phénomènes d’analyse ou de synthèse dont il est le siège.
- L’animal perdra alors, par évaporation directe, l’excédant de chaleur, pour que la température de son corps ne s’élève pas sensiblement. Le rendement diminuera donc, au fur et à mesure que le travail produit augmentera.
- Si nous considérons maintenant le rapport du travail que peut fournir un animal, même d’une façon continue, à son poids, nous arriverons à cette conclusion que : « le mode de transformation de chaleur en travail utilisé par la nature est bien supérieur, au point de vue de la puissance comme à celui du rendement, à ceux que nous avons employés jusqu’ici dans nos machines.
- Maurice Leblanc.
- SUR UN NOUVEAU MOYEN d’aNNULER
- LES
- EFFETS DE L’INDUCTION
- DANS UN CIRCUIT TÉLÉPHONIQUE
- Il est parfaitement inutile que j’expose en quoi consiste l’induction dans un circuit téléphonique, tout le monde connaît ses causes et plus particulièrement ses effets, que l’on désigne sous la dénomination triviale de friture téléphonique.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Depuis plusieurs années que je m’occupe de téléphonie, j’ai cherché un paliatif aux effets désastreux dont je viens de parler; après bien des déconvenues, je suis arrivé à un résultat très pratique.
- Après avoir essayé tous les systèmes anti-inducteurs que j’ai connu, la plupart d’une compli-
- contre la paroi intérieure du cylindre A. Les extrémités de ces pistons présentent un cône terminé par des pointes vives en platine.
- On voit que la tige d ajustée sur ces pistons permet au moyen de la partie filetée engagée dans la douille en cuivre armant le cylindre et portant la borne destinée à la jonction du conducteur à
- FIG. I
- cation qui les fait jeter hors de la pratique j’affirme que peu m’ont donné les résultats que j’obtiens avec le simple appareil que je vais décrire.
- Cet appareil que j’intercale en série sur le circuit téléphonique est représenté en coupe par la figure i et en vue par la figure 2.
- ' A est un cylindre en verre séparé en son milieu en deux parties par une membrane ou diaphragme en papier ou en parchemin c monté sur une armature en cuivre a,B' B3 sont des pistons ajustés hermétiquement au moyen d’une garniture b
- l’appareil, de j approcher ou d’éloigner les pointes des pistons du diaphagme en papier.
- Ce réglage se fait en considérant la longueur de la ligne soumise à l’action inductrice, la résistance entière du circuit et la force électro-motrice des courants téléphoniques ou microphoniques employés.
- L’espace libre compris entre chaque cône et la membrane est rempli d’un gaz réducteur.
- A l’inspection de la figure 1 on comprendra par faitement que seuls les courants ondulatoires, (d’un potentiel très élevé) produit par le télé-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- phone magnétique ou la bobine d’induction du transmetteur microphonique pourront passer de B1 à B2, tandis que les courants induits sur la ligne même auront un potentiel trop bas pour vaincre la résistance énorme apportée à leur passage.
- Cet appareil peut être disposé aussi pour permettre une transmission télégraphique et une communication téléphonique sur une même ligne.
- Je prends une dérivation sur une ligne télégraphique à chaque bout de cette ligne, je mets en série sur cette dérivation un appareil anti-inducteur et un appareil téléphonique (fig. 3), ensuite,
- je relie à la terre; ainsi qu’on le voit, sur une même ligne, j’ai un circuit télégraphique et un circuit téléphonique complet.
- On se rend parfaitement compte que les courants télégraphiques ne pourront traverser les dérivations établies de la ligne à la terre, et que d’autre part la faible intensité des courants téléphoniques dont une partie passe dans les appareils télégraphiques, ne peut produire dans ces derniers aucune influence nuisible.
- On peut sans préparation, à quelque point de la ligne que ce soit se mettre en communication téléphonique avec un poste fixe en établissant la dérivation que je viens d’indiquer.
- FIG. 3
- La simplicité de mon appareil permet l’appropriation facile et à peu de frais de toutes les lignes téléphoniques que l’on voudrait employer au service simultané de la téléphonie.
- E. Gimé.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur le galvanomètre apériodique Deprez-d’Ar-sonval, employé comme galvanomètre balistique ; par M. Ledeboer (').
- Lorsqu’on cherche la relation qui existe entre la déviation constante a produite par un courant permanent d’intensité i et l’impulsion S produite par le passage d’une quantité d’électricité q pour le galvanomètre Deprez-d’Arsonval, on est amené
- (*) Note présentée à l’Académie des sciences parM. Lipp-mann dans la séance du i" mars 1886.
- à résoudre l’équation différentielle qui représente le mouvement du cadre. Cette équation peut se mettre sous la forme suivante :
- d- 0 , I tr 1 ai- ,7 a dO tz -
- IV T R T* T Z m>’~ dt + T*
- •K
- T
- ~ 1 1
- lorsque le galvanomètre est traversé par un courant d’intensité I.
- Toutes les constantes qui entrent dans l’équation,
- R résistance totale du circuit ;
- ? constante du galvanomètre ;
- Emr2 moment d’inertie du cadre mobile,
- T durée d’une oscillation simple à circuit ouvert, peuvent être déterminées directement par l’expérience. On peut donc résoudre cette équation chaque fois qu’on se donne les conditions initiales.
- Le genre de mouvement dépend des racines de l’équation caractéristique. Lorsque les racines sont imaginaires, le mouvement est oscillatoire ; mais, lorsque les racines sont réelles, le galvanomètre est apériodique, et le cadre, écarté brus-
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- 5o8
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- quement par le passage de la quantité d’électricité q, revient à la position d’équilibre sans la dépasser.
- On obtient des formules simples lorsque l’on considère le cas limite pour lequel les racines de l’équation caractéristique sont égales. La résistance totale du circuit qui correspond à ce cas est donnée par la formule.
- R =
- 1 it ’ a-
- 2 7*7-
- Z mr-
- Pour trouver, dans ce cas, l’impulsion 8 due au passage de la quantité d’électricité q, il faut résoudre l’équation différentielle sans second membre avec les conditions initiales
- t = o 0„ = o
- 'd0\ _k2 a
- dt)n~T2 ~iq
- On trouve ainsi la formule
- Ce cas se réalise par la décharge d’un condensateur, le galvanomètre étant pourvu d’un shunt tel que la résistance totale de circuit est égale à R.
- En enlevant le shunt, on obtient un circuit ouvert, et la décharge du même condensateur donne, dans ces conditions, lieu à une déviation 8' donnée par l’équation
- _ « TZ
- 5=7t q
- ce qui donne pour le rapport des déviations la
- g'
- relation -r = e = 2,72, base ^es logarithmes népé-
- O
- riens.
- La vérification expérimentale de ces formules a été faite à l’aide de deux galvanomètres Deprez-d’Arsonval, l’un à aimant permanent et l’autre à électro-aimant. La résistance limite ne peut s’observer qu’avec une approximation de 5 ohms à io ohms. Le tableau suivant contient le résultat des expériences :
- Aimant
- permanent
- Résistance totale calculée....... 337 o'1™»
- » . » observée......... 337
- Rapport observé....................... 2 52
- Rapport théorique e................... 2 72
- KWctro-uiin tint
- 5,5011ms 523 2 68 2 72
- L’écart entre la théorie et l’expérience paraît provenir principalement de ce que le champ magnétique n’est pas constant. Cette constance est plus grande dans le galvanomètre à électro-aimant, et dans ce cas la concordance est aussi plus satisfaisante M).
- Sur les relations entre les variations du magnétisme terrestre et les phénomènes observés sur
- le Soleil ; par M. H. Wild(2).
- Dans une note, publiée dans le Bulletin de VAcadémie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg (octobre 1885), j’ai montré que les changements dans l’éclat et dans la grandeur d’une protubérance observée par M. Trouvelot, le 16 août 1885 (Comptes rendus, t. CI, p. 475), à Paris, coïncident parfaitement, quant au temps du début et de la fin, avec une perturbation des trois éléments magnétiques et surtout de la composante horizontale, enregistrée par le magnéto-graphe de l’observatoire météorologique et magnétique à Pawlowsk (près de Saint-Pétersbourg).
- Depuis, M. Trouvelot a bien voulu me communiquer quatre autres observations, du même genre, qu’il a faites, à différentes époques, sur des protubérances.
- L’une de ces observations, décrite dans les Comptes rendus du 6 juillet i885 (p. 5o), a été faite par M. Trouvelot le 26 juin 1885, dès ih 25m, temps moyen de Paris, ou 3h ijm de Pawlowsk. La hauteur de cette protubérance, ainsi que d’une seconde, au bord du Soleil, atteignait 10', mais leur activité était, au moment de l’observation, déjà décroissante, et l’une d’elles disparaissait déjà dix minutes plus tard. Les enregistrements du magne'tographe, à Pawlowsk, pour cette époque, accusent une forte perturbation des trois éléments magnétiques : déclinaison, intensité horizontale et intensité verticale, laquelle a commencé subitement Ile 25 juin, à oh 3om a. m., temps moyen de Pawlowsk, et a fini vers 11 heures a. m. du 26 juin, c’est-à-dire environ quatre heures avant le commencement de l’observation de M. Trouvelot. Mais, comme les protubérances se trouvaient alors déjà en décroissance,
- (1) Ce travail a été exécuté au laboratoire d’enscigne-ment de la Faculté des sciences.
- (2) Note présentée à l’Académié des sciences par M. Mas-cart dans la séance du i”r mars )88G.
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- il se pourrait bien qu’il y ait eu coïncidence entre les deux phénomènes.
- Le 23 novembre 1884, à ioh40m a. m., temps moyen de Cambridge (Etats-Unis), ou 5h 2Ôm p. m. de Pawlowsk, M. Trouvelot, à observé, à l’observatoire de Cambridge, une grande protubérance, située à 2 2 5°, qui s’élevait à 8', mais qui n’était pas très brillante. Bientôt après, le ciel se couvrait et il n’a pu la revoir qu’à 2h 3om p. m. ; alors elle était diminuée e; n’avait plus que 6'3o" d’élévation. D’après les courbes magnétiques de Pawlowsk, pour cette époque, la déclinaison et l’intensité horizontale ont été troublées, le 2 3 novembre, mais beaucoup moins fortement que le 25 juin 1885 ; la perturbation atteignait, ce jour, son maximum à 8h 37m p. m., temps moyen de Pawlowsk), ou 1h 5 1m p.jm. de Cambridge.
- Une très billante protubérance a été observée à Cambridge, en meme temps, par M. le professeur Young et par M. Trouvelot, le 7 octobre 1880, à 911 3om a. m., temps moyen de Cambridge. La protubérance, située à i55°, s’élevait de 3' au-dessus de la surface solaire ; mais à 11 heures a. m., elle était devenue très brillante et double de hauteur et, continuant à se développer, elle atteignit à midi la hauteur énorme de i3'. Une demi' heure plus tard la protubérance avait disparu. Le même jour, les courbes magnétiques, à Pawlowsk, pour la déclinaison et la force horizontale, accusent des perturbations par leur sinuosité, et les irrégularités atteignent un maximum à 7 heures p. m., temps moyen de Pawlowsk (oh i4m p. m. Cambridge), mais l’amplitude assez petite de ces perturbations ne paraît pas être en proportion avec l’éclat et la hauteur de la protubérance mentionnée.
- Enfin, le 10 avril 1880, M. Trouvelot observait de même à Cambridge une grande tache, située à 260° et très proche du limbe. Tout près de cette tache et sur le bord de la chromosphère, il remarqua un groupe protubérantiel très brillant, qui changeait rapidement et s’élevait et s’abaissait alternativement de midi à 4 heures p. m. entre les limites o'i5" et i'i5" de hauteur. Ce n’est que la courbe de déclinaison qui indique pour ce jour, à Pawlowsk de 4 heures jusqu’à 10 heures p. m. (911 14'11 a. m. jusqu’à 3h iq111 p. m. de Cambridge) de petites perturbations bien distinctes.
- Il y avait donc, pour toutes ces observations de protubérances, des perturbations magnétiques
- correspondantes, mais dans aucun de ces cas la coïncidence n’a été si marquée que pour la protubérance du t6 août 1885. En outre, pour la dernière protubérance, qui n’a atteint qu’une hauteur de 9’3o", l’amplitude de la perturbation magnétique a été au moins cinq fois plus grande que pour celle du 7 octobre 1880, qui avait i3’ de hauteur maximum.
- Pour pouvoir établir d’une manière sûre les relations entre les perturbations magnétiques et les protubérances solaires, comme on l’a déjà fait concernant les périodes des premières et les périodes du nombre des taches, il paraît donc nécessaire de poursuivre ces études et de prier à cet effet les astronomes de vouloir bien, en suivant l’exemple de M. Trouvelot, publier en détail les observations accidentelles faites par eux sur les changement» subits des protubérances. Afin de rendre ces observations moins fortuites et rares, j’aiproposé de mon côté, dans la note mentionnée, que les observatoires magnétiques soient munis des instruments nécessaires pour observer et photographier le soleil ; ainsi les observateurs, avertis de l’apparition d'une perturbation magnétique par l’observation des instruments magnétiques, pourront tout de suite observer le soleil et en prendre des photographies multiples à de courts intervalles de temps, pour constater des changements dans l’état de la photosphère. De cette manière nous arriverons probablement, dans un plus court espace de temps, à la connaissance des lois qui lient les variations magnétiques aux phénomènes sur le soleil.
- M. Mascart présente, au sujet de cette communication, les remarques suivantes :
- Pour compléter ces résultats, j’ajouterai quelques indications sur les coubes magnétiques obtenues à l’observatoire du Parc-Saint-Maur, aux dates indiquées par M. Wild, sauf celles de 1880, qui sont antérieures à l’installation de notre enregistreur magnétique. M. Moureaux m’a remis la note suivante, sur les perturbations qui correspondent aux trois dernières observations de M. Trouvelot :
- 23-24. novembre 1S84.— Faibleperturbation, qui débute le 20 à oh 3om du matin (temps moyen du Parc Saint-Maur) et persiste jusqu’à 7 heures du matin le 24. Le maximum de la perturbation s’est produit pour la composante horizontale vers ô'1 So'11, et pour la déclinaison vers io1’45w du soir. La composante verticale n’a pas été affectée d’une manière sensible.
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- •24-2Üjuin i885. — Forte perturbation accusée parles trois boussoles. Elle a débuté brusquement le 24 à io’1 40'" du soir et s’est prolongée jusque vers 9 heures du matin le 26. Cette perturbation est une des plus intenses de l’année.
- 16 août i885. — Perturbation caractérisée plutôt par l’état d'agitation des barreaux que par l’amplitude de leurs oscillations. De 711 20'" à 11 heures du matin notamment, les trois barreaux étaient animés de mouvements vibratoires. Dans leur ensemble, les courbes de la déclinaison et de la composante verticale diffèrent peu de leur allure régulière; on y retrouve assez nette l’oscillation principale. La courbe de la composante horizontale est moins régulière, et la variation diurne de cet élément a atteint ce jour-là une valeur de beaucoup supérieure à la moyenne mensuelle.
- Autant qu’on en peut juger par une courte description, l’accord des observations du Parc Saint-Maur et de Pawlowsk est tout à fait satisfaisant. Il semble donc bien démontré que les grands mouvements de l’atmosphère solaire se révèlent sur la Terre par une agitation de l’aiguille aimantée ; mais l’inverse est-il exact, et les aurores polaires qui s’accompagnent d’orages magnétiques sont-elles liées aussi aux phénomènes solaires?
- D’autre part, les grandes perturbations magnétiques se manifestent presque au même instant sur toute la surface du globe, quoique avec des modifications dans les détails, et la nature exacte du phénomène ne peut être établie que par la comparaison des observations simultanées faites aux points les plus éloignés. La multiplication des enregistreurs magnétiques et les photographies fréquentes du Soleil permettront donc de résoudre un des problèmes les plus importants pour la physique du globe.
- Sur la conductibilité électrique de quelques alliages fusibles, par C.-L. Weber ()
- Il y a déjà longtemps qu’on a reconnu l'importance de l’étude de la conductibilité électrique des électrolytes, au point de vue de la constitution chimique de ces composés, et on cherche aussi à appliquer la même méthode à l’étude des variations de constitution des corps solides.
- L’auteur a dirigé ses recherches sur une des classes de corps qui présentent les variations les plus remarquables dans leur structure moléculaire, les alliages fusibles du plomb, du cadmium,
- du bismuth et de l’étain, et spécialement sur trois alliages particuliers, étudiés dans ces dernières années, au point de vue des variations du volume avec la température, par Spring et E. Wiede-mann.
- Ce sont les alliages de Rose :
- Biq8,9; Sn 23,55 ; Pb 27,54;
- de Lipon>it\
- Bi 49,98; Sn 12,76 ; Pb 26,88 Cd io,38 ;
- et de Wood :
- Bi 55,74; Sn 1 3,73 ; Pb 1 3,73 ; Cd 16,80.
- Les alliages étudiés étaient fondus à l’hydrogène pur, pour éviter l’oxydation ; les mesures de résistance, faites au pont de Thomson, le métal étant contenu dans un tube capillaire plongé dans un bain de glycérine.
- A côté de variations de la résistance correspondant à une température déterminée, variations qui avaient lieu assez rapidement, avant d’arriver à la valeur finale déterminée, ces alliages sont encore sujets à des variations atteignant jusqu’à 3 0/0 et que l’on observe en laissant reposer le métal pendant quelques jours à la température ordinaire.
- Malgré cela, la marche générale de la variation de résistance avec la température est semblable pour chaque série d’essais.
- TABLEAU I (Fig. 1) Résistance spécifique de l’alliage de Rose
- EN REF R O I t I SS, INT EN CHAUFFANT
- t P t P t p t P
- 129 8 O 981 91 O O 810 3i Z O 725 10 0 0 698
- I 22 5 O 975 85 O O 775 28 O O 723 20 0 0 712
- 117 5 O 971 78 2 O 769 22 7 O 713 35 9 0 732
- I09 8 O 966 71 7 O 765 16 7 O 709 42 7 0 742
- 104 1 O 960 64 7 O 759 7 4 C) 6g5 48 4 0 749
- 97 2 O 958 61 T 0 756 O O 0 685 59 0 0 700
- 95 2 O 955 5o 2 0 747 69 2 0 7/2
- 93 5 0 937 42 8 0 739 85 7 0 804
- 93 0 0 923 38 O 0 7.35 89 9 0 809
- 92 6 0 912 33 7 0 726 93 5 0 828
- Les tableaux I, II et III donnent les résistances spécifiques (rapportées au mercure) aux diverses températures ; les résultats en sont consignés dans les fig. 1, 2, 3.
- (') Wied. Ann., 1886, n° 2.
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- TABLEAU II (Fig. 2) Alliage de Lipo\vit%
- E N 1 REFROIDIS ? A N T EN CHAUFF ANT
- t P t P t P
- 124 I 1 «49 66 0 O 661 —4 O 0 552
- III O 1 o38 61 2 O 658 0 O 0 558
- 108 7 1 034 57 I 0 653 7 8' 0 567
- 93 8 1 o3o 53 I O 649 10 1 0 570
- 880 1 027 5o 5 O 645 23 2 0 586
- 872 1 020 40 0 0 640 33 0 t» 600
- 83 5 1 020 38 0 0 634 39 7 0 610
- 75 9 1 021 33 8 0 625 44 0 0 616
- 71 7 1 020 76 8 0 6i3 5o 8 0 626
- 69 0 1 oi3 24 0 0 596 56 0 0 684
- 69 0 0 994 23 0 0 590 60 0 0 G40
- 68 2 0 972 99 0 0 588 66 0 0 <>49
- 68 0 0 794 i5 0 0 078 72 2 0 G70
- 67 0 0 702 i3 1 0 576 72 8 0 679
- 66 5 0 662 4 0 0 552 73 5 0 697
- TABLEAU III (Fig. 3) Alliage de Wood
- EN REFROIDISSANT
- t P t P
- 122 8 1 173 49 « 0 622
- 96 8 1 187 41 8 0 615
- 89 0 1 11 g 33 0 0 600
- 85 0 1 080 oc 0 578
- 77 4 1 010 9 8 0 55g
- 74 7 « 992 0 0 0 55o
- 69 8 « 944
- 65 2 0 706
- 0 in 0 0 646
- 57 7 0 63g
- 52 2 0 628
- EN CHAUFFANT
- t P t P
- 0 0 0 55o 73 0 0 680
- 24 n 0 077 74 5 « 920
- 34 2 0 588 75 n 0 943
- 45 7 0 6o5 75 5 0 948
- 5o 3 0 613 76 4 « 977
- 57 1 0 621 77 4 0 996
- 65 0 0 63« 78 5 1 012
- 67 3 0 640 86 2 1 087
- 68 7 0 642 88 0 1 «94
- 70 2 0 649 96 5 1 122
- 7i 4 0 666 98 5 1 i33
- L’inspection des figures montre que la résistance de ces trois alliages, h l’état liquide, ne
- varie que faiblement avec la température; par exemple, le coefficient de température pour le métal de Rose fondu est de 0,0007 et de o^ooo5 pour celui de Lipowitz.
- Au moment de la solidification, une diminution soudaine de la résistance spécifique a lieu, comme c'est aussi le cas pour les métaux purs ; mais pour les alliages, le saut est moins accentué; ainsi il est de 20 0/0 de la résistance à l’état solide pour le métal de Rose et de 540/0 pour celui de Lipowitz, tandis que d’après les recherches de
- Siemens, il est de plus de 100 0/0 pour l’étain et de 400 0/0 pour le mercure.
- Par le refroidissement subséquent du métal à l’état solide, on observe encore une diminution régulière de la résistance, mais dans le voisinage de 20—-3o°, une nouvelle variation brusque a lieu, moins accentuée que la première, mais bien visible cependant dans les deux derniers alliages.
- Si. on compare ces résultats avec ceux obtenus par Spring pour les variations de volume, on trouve que les phénomènes sont absolument différents; ainsi les courbes des volumes présentent plusieurs maxima et minima, et les variations
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- sont les plus accentuées dans le cas du métal Rose; les deux phénomènes ne sont donc pas une conséquence l’un de l’autre, mais ils dépendent l’un et l’autre d’un réarrangement moléculaire.
- Dans le cas où on chauffe le métal au lieu de le refroidir, les phénomènes sont un peu différents; les courbes sont parfaitement continues de o degré au point de fusion propre, et celui-ci est réporté à une température plus élevée.
- Wiedemann a déjà observé ce second fait et y voit un cas analogue à la sursaturation.
- Le métal de Wood présente en outre une propriété particulière; avant d’arriver par le refroidissement au point de solidification, la courbe des résistances suffisamment rectiligne s’infléchit sur un espace correspondant à 20 — 3o degrés jusqu'à la température de solidification 40 degrés. Il semble donc y avoir, entre les deux états, solide et liquide, un troisième état d’agrégation caractérisé par un coefficient spécial de température.
- D’après l’hypothèse de E. Wiedemann, à la température de 69 degrés, considérée en général comme le point de fusion, il n’y aurait qu’une partie du métal qui fondrait, le reste s’y dissolvant peu à peu, et ce n’est qu’à 90 degrés qu’on aurait à faire à un véritable liquide homogène.
- Il semble que cet état soit sans influence sur le volume spécifique et que les variations de température qui entrent en jeu pendant ce temps sont trop faibles pour ressortir dans les courbes de refroidissement données par Spring.
- Un nouvel ampèremètre
- Il faut renoncer à les compter, et se borner à admirer la constance des inventeurs à ce sujet ; les Américains surtout ont la spécialité de ne nous retourner, en les présentant comme absolument nouveaux, que des appareils dont le principe est, en général, connu depuis longtemps.
- L’appareil suivant, construit par M. H.-A. Streeter à Chicago, décrit dans VElectrical World, et qui peut être enroulé également en voltmètre, se compose d’une bobine en laiton avec noyau mobile en fer.
- A quelques centimètres au-dessus se trouve un vase cylindrique dont le fond est formé d’un diaphragme très mince, auquel est fixé une armature en fer doux de même diamètre que le noyau, et soumise à la force antagoniste d’un ressort en acier.
- Le cylindre ainsi que le tube qui le surmonte
- est rempli d’un liquide convenable, de sorte que le niveau supérieur soit au zéro de la graduation placée le long du tube.
- Par le passage d’un courant quelconque dans la bobine, l’armature est attirée avec le diaphragme,
- ce qui augmente la capacité du réservoir et fait baisser le niveau de la colonne de liquide.
- D’après le journal cité, on peut avec un tube assez fin arriver à une sensibilité convenable et l’instrument serait apériodique; le réglage se fait par le déplacement du noyau mobile.
- De la conductibilité électrique des sels doubles, par E. Klein (>).
- L’auteur a cherché, dans ses expériences, à comparer les pouvoirs conducteurs soit des sels doubles, soit des mélanges de sels, afin d’en tirer des conclusions sur l’état dans lequel se trouvent ces sels en dissolution.
- D’après l’opinion d’un grand nombre d’auteurs, les sels doubles n’existeraient réellement pas en solution, mais seraient dissociés ; cette opinion est appuyée plutôt sur des inductions que sur des preuves irrécusables (2), et il reste à décider si cette dissociation est partielle ou totale.
- (') Annales de Wiedemann, 188ô, n° 2.
- ('-) Kremkrs. Variations de volume accompagnant le mélange des solutions.
- Favre et Vai.son. Dégagement de chaleur et variation de volume des sels dans l’eau.
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- L’auteur emploie, dans la mesure des résistances, le pont de Kolhrausch, et il admet que, toutes les erreurs sommées, les mesures sont justes à o,3 ou o,5 o/o.
- Les divers sels, MgSO’*; (NH’J-SO1; K2SO '‘; FeSO»; MnSO1; Ni SO^Na-SO1; KCletNaCl ont été étudiés, ainsi que les sels doubles qu’ils peuvent former, et leurs mélanges ; toutes les solutions furent préparées, non d’après leur poids spécifique, mais d’après le nombre des molécules contenues dans un litre, méthode qui a conduit le professeur Kohlrausch à éclaircir les phénomènes si complexes de la conductibilité électrique.
- Comme on sait, M. Kohlrausch, entend par nombre de molécules (molecuRahl), le nombre de grammes du sel dissous, contenu dans un ditre de liquide à i8" centigrades divisé par le poids molé-
- 1 I ;. i
- fique à 18° et A le poids moléculaire électrochimique.
- Nous ne donnerons pas ici la table des con-r ductibilités de divers sels donnée par l’auteur, la plupart sont déjà connues et les chiffres donnés diffèrent peu de ceux de Kohlrausch.
- Conductibilité des mélanges
- Il y a deux cas a considérer, suivant qu’il y a double décomposition ou non.
- Ce dernier cas est celui des sels ayant même base où même acide, en n’y comprenant pas les mélanges qui peuvent donner lieu à des sels doubles ; ces mélanges sont donc de la forme AB + AB, ou AB + A,B.
- Le premier cas, au contraire, comprend les mélanges pouvant donner lieu à des substitutions et
- ! II. 2
- culaire du sel ; ce dernier étant égal au poids moléculaire chimique divisé par i, 2, 3, suivant le nombre des affinités en jeu.
- Dans le cas des sels doubles, cette quantité doit être définie un peu autrement ; en particulier le nombre des molécules doit être tiré de 2 litres et non d’un, si 011 mêle deux liquides contenant des molécules, le nombre correspondant pour le mélange est encore m, même dans le cas où deux molécules se sont réunies en une.
- Le nombre de molécules sera donc défini par la formule :
- où p est le poids de l’électrolyte contenu dans l’unité de poids de la solution, s le poids spéci-
- F.-M. Raoult. Abaissement du point de congélation des solutions salines.
- Rudorf. Sur la conductibilité des mélanges salins. (Voir également les recherches de Hittorf et d’Ingenhoes sur ce point.)
- avec lesquels, d’après l’idée de Bcrthollet, on peut avoir en solution quatre sels différents; cela a Heu dans le cas de bases et d’acides différents, par exemple : AB -(- AjB,, il peut se former les deux nouveaux sels : A B, et A, B.
- On peut opérer de deux manières pour faire !a comparaison des conductibilités ; on peut chercher la conductibilité d’un même volume de l’une et de l’autre solution, et ensuite la conductibilité dans le cas ou les deux sels y sont contenus en même temps, et voir si dans ce cas le pouvoir conducteur est la somme des deux conductibilités.
- Ou bien, on peut mélanger les deux liquides, et chercher si la conductibilité du mélange est la moyenne arithmétique de celles des composants; on peut montrer que la nouvelle méthode seule doit être employée.
- La conductibilité électrique des liquides n’est pas un phénomène simple; elle dépend du nombre de molécules, de leurs vitesses, "de la viscosité et de la résistance de frottement entré les molécules du sel et celles du dissolvant, etc.
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- ' On peut définir le pouvoir conducteur, comme le courant qui donne lieu à une différence de potentiel égale à l’unité dans un conducteur dont la longueur et la section sont également l’unité.
- Comme dans les électrodytes l’électricité est transportée par les molécules du sel, le courant est proportionnel au nombre de molécules qui ont traversé la section dans l’unité de temps, et ce dernier nombre est lui-même proportionnel au nombre m de molécules qui se trouvent dans le liquide, et à la vitesse avec laquelle elles traversent la section.
- Mais cette vitesse est la somme des vitesses des parties constituantes de la molécule, on aura donc la relation connue :
- m = K (u -f- v)
- la vitesse u -f- v est variable suivant le dissol-vsqit de la concentration, etc.
- Pour des solutions très diluées, pour lesquelles u -{- v est égal à 1, le pouvoir conducteur moléculaire, l’influence des diverses molécules du sel sur leur mouvement est négligeable, et on a seulement à tenir compte du frottement entre les particules du sel et le dissolvant.
- Si. on ajoute à une pareille solution, un autre sel, ayant lui-même dans le même dissolvant un pouvoir conducteur K4 = mt [ttt -f- v,) ; les deux sels se comporteront comme s’ils étaient seuls, s’ils n’ont pas d’action chimique.
- On aura par suite K' == K -f- K, ; c’est la loi qu’Arrhenius exprime de la manière suivante : « Si plusieurs sels sont dissouts dans un dissolvant non conducteur, la conductibilité de la solution est égale à la somme des conductibilités qu’auraient les solutions de chaque sel à part » (1).
- Cette loi ne sera plus valable pour des solutions un peu concentrées ; parce qu’alors il y a beaucoup plus de molécules dissoutes dans un volume donné de la solution.
- Mais si au contraire on dissout les deux sels de manière à ce que le nombre de molécules dans l’unité de volume ne change pas, et c’est le cas quand on mélange deux solutions ayant le même nombre de molécules, alors le pouvoir conducteur sera la moyenne de celui de deux solutions. vC’est donc de cette manière qu’il faut préparer les mélanges ou les sels doubles.
- On comprend que la loi de la moyenne arithmé-
- (') Arrhenius, Recherches sur la conductibilité galvanique des électrolytes, 1884. Beibl. 9, p. 437.
- tique ne puisse cependant être juste pour des solutions très concentrées, parce que, même si le nombre de molécules, par unité de volume, reste le même, le poids spécifique et la fluidité chan-gent.
- De plus, avec ces solutions, les chocs des ions entre eux ont lieu plus facilement et ne peuvent plus être négligés; enfin Hittorf a montré que, pour le iodure de cadmium au moins, dans les solutions concentrées, il s’opérait un groupement des molécules, en complexes, jouant électrolyti-quement le rôle des molécules ordinaires. Le nombre de molécules est alors plus faible qu’il ne
- Écart en 0/0
- Moyenne
- Moyenne
- - K2 SO* +KC/
- — 08
- O 0215
- — 07
- o 0228
- ( 38o 7
- 383 4
- — 07
- o 0227
- o 0224
- o 0224
- o 0215
- o 0214
- 794 9
- 38o o
- o 0225
- o 0218
- o 0215
- — 26
- 815 I
- 794 4
- 1183 6
- — 53
- o 0217
- o 021g
- le serait sans cela, et leur vitesse sans doute plus faible aussi.
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-
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- 5 i 5
- — Si cela est juste-pour tous les sels simples, la forme des courbes du pouvoir conducteur serait parfaitement expliquée.
- Le tableau précédent donne les conductibilités de quelques mélanges; la première colonne renferme le nombre de molécules, m; k est la conductibl-AK
- lité, et ~^--22 exprime le coefficient moyen de K)8
- température.
- akm K2(i — Klg
- K,;- 8K,b
- Les colonnes 3 et 6 donnent les moyennes de K et de pour les sels séparés.
- “H 8
- De l’inspection de ce tableau, on peut tirer les conclusions suivantes :
- Pour des concentrations moyennes, la conductibilité dit mélange est égale à la moyenne arithmétique des conductibilités des deux sels.
- Les deux mélanges : NaC/ -j- 1/2 K2S04 et KG/ -j- 1/2 Na2S04 peuvent donner lieu à des substitutions; on voit que les conductibilités de ces deux mélanges sont presque identiques ; on peut donc dire : deux solutions ABJ-A^B., et AB^-j-A,B sont identiques, conclusion concordant avec les expériences d’Oswald et de Rüdorff.
- Pour décider lesquels des quatre sels possibles se trouvent en excès, on peut remarquer que la différence d’avec la moyenne est la plus faible dans le cas de NaC/-j- 1/2 K2S04, d’où on peut conclure que ces deux sels se trouvent pour la plus grande part dans la solution.
- , La même loi approchée de la moyenne s’applique donc aussi dans ce cas, et les écarts peuvent servir à déterminer lesquels des quatre sels possibles se trouvent en excès dans la solution.
- Conductibilité des sels doubles
- L’auteur a étudié un certain nombre de sels doubles ou de mélanges pouvant donner lieu à leur formation soit : Mg SO4 -|- (NH4)2S04;; Mg SO4 + K2 SO4; Fe SO4 -f (NH4) 2S04; FeS04+K2 SO4 ; Ni SO4 +(NH4)2 SO4; Ni SO4 + K2S04.
- Nous n’en donnerons qu’un exemple; les notations sont les mêmes que précédemment (Tableau ci-contre).
- On voit que le pouvoir conducteur s’écarte passablement déjà moyenne, jusqu’à 11 à 12 0/0; c’est une différence essentielle entre les mélanges
- et ies sels doubles, et elle a lieu même dans des cas où on admet la dissociation complété; tnais
- lîcnrt en 0/0
- Moyenne
- Moyenne
- Ee SO4 + (NH1)2 SO
- o 0216
- 292 O
- i 418 8
- 5i6 3
- >38 3
- o 0214
- 860 8
- 979 5
- o 0213
- 1018 6
- i38 3i
- 3 Pc SO‘ + (NH4) SO
- o 0417
- o 0217
- o 0418
- O 0213
- 381 3
- 5o8 I
- 552 o
- o 0218
- o 0219
- 825 I
- elle est encore plus accentuée pour les sels doubles qui subsistent dans la solution, comme nous le verrons plus loin.
- Cette différence ne peut s’expliquer que par une dissociation partielle seulement; on doit en outre admettre que les sels doubles se comportent élec-trolytiquement comme une seule molécule.
- Le fait que l’écart de la moyenne est variable, en général proportionnel au nombre de molécules démontre la formation partielle des sels doubles, et on doit s’attendre à ce que cet écart soit bien plus considérable pour les sels doubles, qui ne sont pas décomposés comme par exemple pour le CdI2-f-2KI qui d’après Hittorf ne se décompose qu’à partir d’un certain degré de dilution; le tableau suivant est établi au moyen des données de Grotrian.
- Pour les concentrations un peu fortes l’écart est presque constant; dans le cas de solution très-étendues une dissociation complète a lieu et
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- 516 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Grotrian calcule le pouvoir conducteur moléculaire de K2CdF comme la somme des conductibilités moléculaires de Kl et 1/2 Cdl2.
- m : K18 Moyenne Écart en o/o
- 0 5' 2 , 228 221 — 21 6
- I 415 559 — 25 9
- 2 >{ 758 xo5g — 28 4
- 3 ; 107° 1484 — 27 9
- 4 1341 i83o — 26 7
- Conductibilité aux températures élevées
- En général, l’écart de la moyenne à 26° ne diffère pas beaucoup de celui à 180, dans un cas observé à la température de 40° la différence était de 9,5 0/0 tandis qu’elle était de 11 0/0 à 180; il y a du reste tout lieu de croire pour des raisons mécaniques que la température augmente la dissociation.
- L’auteur a étudié aussi le cas des mélanges de sels doubles et de sels simples, en mêlant des solutions en quantités non équivalentes. Si ses déductions sont justes on doit trouver pour ces mélanges un faible écart de la moyenne en prenant pour le sel double sa conductiblité propre ; c’est en effet ce que montrent les tableaux donnés par l’auteur.
- En résumé, on peut conclure de ce travail :
- 1) Deux sels étant contenus dans une solution, qu’il y ait ou non double décomposition, la conductibilité du mélange dans les solutions étendues est d’une manière approchée égale à la moyenne des conductibilités des deux sels dont l’existence est la plus probable.
- 2) Inversement on peut déduire de la conductibilité du mélange les sels qui s’y trouvent en majeure partie.
- 3) La conductibilité des sels doubles est dans les solutions diluées un peu plus faible que la moyenne, l’écart est plus grand avec les solutions plus concentrées.
- 4) Les sels doubles sont complètement dissociés dans les solutions diluées, et plus ou moins dans les solutions concentrées.
- 5) La chaleur favorise la dissociation.
- De la résistance de transport dans les phénomènes électrolytiques ; relations entre la résistance à. la surface des électrodes, et divers phénomènes électriques; par G. Gore F. R. S.
- A plusieurs reprises, nous avons eu à citer les travaux du Dp Gore sur les phénomènes relatifs aux piles et aux auges électrolytiques ; le Philo-sophical Magazine de février contient deux articles sur cette matière.
- Dans le premier, l’auteur décrit une expérience démontrant d’après lui l’existence de ce qu’il a appelé « résistance de transport » distincte de la résistance du liquide ou des électrodes.
- Cette résistance dont le siège est à la surface de contact mutuel des électrodes et du liquide, varie beaucoup suivant les métaux et les solutions employées, elle est généralement petite avec les
- métaux facilement attaquables formant des sels solubles H-
- L’auteur étudie cette résistance au moyen du dégagement de chaleur qui en résulte.
- Pour cela, il donne à l’une des électrodes, la forme d’un vase conique en platine (10 centimètres de hauteur, diamètre 5 et i,25 c. m.), fermé hermétiquement par un bouchon de caoutchouc, portant un tube horizontal, dans lequel une petite goutte d’eau indique par son déplacement le long de l’échelle, les variations de volume de l’air contenu dans le vase (fig. 1).
- L’autre électrode était formée par une feuille de platine enroulée cylindriquement (8 centimètres sur 15,5) ; et le tout est placé dans un vase plat, de sorte que la surface immergée du vase de platine est de 40,2 c. m2., et la surface interne de l’autre électrode de 48,5 c. m2.
- (>) Proceedings of the Royal Society, i885, n* 236, vol. XXXVIII, p. 209.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 517
- Dans quelques essais préléminaires, la câthorde était constituée par le vase de platine, tandis que l’axode était formée par une feuille de zinc; le liquide était de l’acide sulfurique dilué (1 à 100).
- Le courant était produit par 6 éléments en série, zinc, platine et acide sulfurique dilué.
- Après deux à trois secondes, l’index s’était déplacé de 1,0 m. m. et retournait à sa position primitive au bout de une minute après l’ouverture du courant.
- L’anode de zinc fut alors remplacée par celle de platine, mise en contact avec la cathode, et quoique dans ce cas il n’y eût pas de refroidissement par le dégagement d’hydrogène, le courant ne produisait aucun déplacement sensible de l’index.
- Le même phénomène, mais plus accentué avait lieu en employant comme solution l’acide nitrique dilué.
- Comme les déplacements étaient rapides, et que la masse du liquide et sa chaleur spécifique étaient grandes, cet accroissement de température ne peut pas provenir de la résistance ordinaire du liquide, ni d’une résistance quelconque à l’anode; il ne peut pas non plus provenir de la résistance propre de la cathode ; il serait dû propablement, d’après l'auteur, à une cause différente de l’action chimique, et agissant à la surface du contact.
- Pour montrer l’influence du liquide, les expé' riences ont été faites dans les mêmes conditions, soit avec de l’acide sulfurique (un volume pour dix volumes d’eau), soit avec de l’acide nitrique à la concentration ordinaire.
- Le courant était dans chaque cas de 0,454 ampères, et le circuit était rompu au bout de quelques secondes, pour éviter réchauffement du liquide.
- Dans le premier cas, l’expansion était de 3 millimètres au bout de deux secondes, et la contraction de 1 millimètre après trois secondes d’interruption du courant ; un accroissement de densité du courant accroît la rapidité de l’expansion et diminue celle de la contraction.
- Dans le second cas, l’expansion était de 1 millimètre en trois secondes et la contraction de 2 millimètres dans le même temps; aucun dégagement d’hydrogène n’avait lieu, et l’augmentation de densité du courant avait peu d’influence.
- La résistance spéciale à la surface devait donc être beaucoup plus grande dans le premier cas, ou un refroidissement a lieu par le dégagement d’hydrogène.
- Si le dégagement dé chaleur est réellement dû à quelque résistance à la surface, il doit Varier directement avec celle-ci. '
- L’auteur a trouvé une résistance de 3,41 ohms dans le premier cas, et seulement 0,17 ohiii dans le second. Comme dans les expériences citées, le liquide n’était pas agité,, les résistances mesurées comprennent les effets de polarisation.
- Des expériences séparées ont aussi été faites pour déterminer les changements de température produits dans la masse de l’électrolyte par le même courant; avec un thermomètre donnant le cinquantième de degré, aucun changement de température n’a pu être observé au bout de trois minutes.
- Des phénomènes semblables ont lieu dans le cas où on emploie le vase de platine comme anode, mais la résistance est en général plus faible.
- Cette résistance de transport est généralement diminuée dans une grande proportion par l’accroissement de température.
- L’auteur a cherché en premier lieu à déterminer comment la résistance à la surface varie aux contacts d’un couple thermo-électrique formé de deux électrodes et d’un électrolyte, et comment la direction du courant produit est influencée par les valeurs différentes de la somme de ces résistances dans les deux directions. .
- ^ appareil thermo-électrique consiste en un tube de 19 centimètres de hauteur, rempli soit d’acide nitrique, soit d’acide sulfurique (1 à 10),
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- 54 8 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- et contenant les deux électrodes dont la-surface totalç était de 24,0 c.m2 (fig. 2).
- Une des extrémités du tube pouvait être chauffée au moyen d’une circulation d’eau chaude.
- Avec des températures de 14 degrés centigrade pour la plaque inférieure, et de 95 degrés centigrades pour la plaque supérieure, et dans le cas de l’acide nitrique, le courant était de 0,00004 ampère, et avec l’acide sulfurique de 0,00001, passant de la plaque froide à la plaque chaude.
- La f. e. m. de ces couples mesurés par une méthode semblable à celle de Poggendorf était de 0,418 volt avec l’acide nitrique, et de 0,282 volt avec l’acide sulfurique.
- L’auteur a mesuré les résistances à la surface, en employant un courant auxilliaire de même intensité que le courant thermo-électFique, et, il a trouvé dans le cas de l’acide sulfurique :
- à 140 C. à g5" C.
- Anode.... 49266 ohms 531 ohms
- Cathode .. 29784 494
- Un échauffement de 81 degrés centigrades réduisait donc la résistance à la surface de la cathode (ou dans la direction du courant thermoélectrique) de 98,34 0/0 et de 98,92 0/0 à l’anode.
- La résistance totale était donc réduite de 37,o5 0/0 dans la direction du courant, tandis qu’elle l’aurait été de 61,65 0/0 dans la direction opposée.
- Ce résultat prouve de plus que à 14 degrés, le platine offre une résistance à la surface de 39,55 0/0 plus faible comme cathode que comme anode, tandis que à 95 degrés elle n’est que de 6,97 0/0 plus faible.
- Par suite, dans le cas étudié, la somme des résistances aux surfaces était de 64,14 0/0 plus grande dans la direction du courant, qu’elle ne l’aurait été dans la direction opposée.
- Dans le cas de l’acide sulfurique, on a :
- à 140 C. à g5" C.
- Anode.... 635oo ohms 3848 ohms
- Cathode.» i835o 2152
- et par suite, les résistances dans le sens du cou-
- rant était de 195,75 0/0 plus grande que dans le sens opposé.
- Çes résultats montrent la grande variation de cette résistance avec la température.
- La direction du coûtant thermo-électrique était.
- donc la même que celle indiquée, par les valeurs relatives de la résistance de transport dans le$> deux sens, à l’électrode chauffée, seule, mais c’est; le contraire, si l’on tient compte des valeurs rela-, tives de la somme de ces résistances.
- On peut en conclure que la direction du courant n’est pas déterminée par l’altération de cette résistance produite par l’accroissement de température.
- L’action thermo-électrique et la résistance à la surface sont donc des actions parfaitement distinctes.
- En ce qui regarde les piles, comme la chaleur affecte fortement les résistances aux surfaces, et l’intensité du courant dans un couple thermoélectrique composé d’un métal et d’un é.lectro-: lyte, elle influera aussi sur le courant d’une pile ordinaire, principalement en altérant les résistances de transport.
- Pour étudier ce cas, la plaque de platine inférieure de l’appareil fut remplacée par une tige de zinc amalgamé; à 14 degrés avec l’acide sulfu-rique (1 à 10), la force électro-motrice était de 0,704 volt et le courant en court circuit de 0,022 ampère.
- En chauffant la partie supérieure à g5 degrés centigrades, la force électro-motrice était de 0,763 volts et l’intensité du courant de 0,0705 ampères ; on avait donc un accroissement de 8,38 0/0 de la force électro-motrice et de 220 0/0 du cou-, rant ; cette augmentation provient bien plus des deux causes indiquées que de quelques causes secondaires, comme la diminution de la résistance propre du liquide.
- L’auteur a aussi cherché si une résistance semblable avait lieu au contact de deux métaux, dans un couple thermo-électrique.
- Les expériences faites, dans divers cas, ont montré que cette résistance, si elle existe, était probablement inférieure à 0,001 ohms.
- Dans le numéro de mars du Philosophical Ma-ga\ineK le D1' Gore reprend encore cette question ; nous avons vu que la résistance du transport était incapable de produire un courant et est essentiellement différente d’un potentiel électrique ; on pourrait cependant supposer que ce n’est réellement- pas une résistance, mais qu’elle dépend de la polarisation, donnant lieu à une différence de potentiel en sens opposé ; pour démontrer que ce, n’est pas le cas, il suffit de mon-' trer que le phénomène a lieu encore dans des cas où de telles différences de potentiel n’existent pas. •
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 519
- . Au moyen des tables données dans des travaux précédents (4), l'auteur a choisi deux métaux et un électrolyte tels qu’aucun courant voltaïque ne soit produit et tels que les résistances aux surfaces soient différentes.
- Là combinaison choisie était l’or et le nickel dans une solution de cyanure de potassium (de concentration telle qu’aucun courant n’ait lieu).
- Les deux électrodes d’or et de nickel étaient placées aux extrémités d’un vase allongé au milieu duquel plongeait une troisième électrode en nickel, en sorte que l’électrolyte constituait deux des branches d’un pont, comme le montre la figure 3.
- Le courant total était de o,ooo58 ampères, soit 0,00029 dans chaque branche ; il pouvait être renversé, de manière à ce que les électrodes Ni, Au forment tantôt l’anode, tantôt la cathode, le
- galvanomètre F étant, dans les deux cas, ramené au zéro en variant la résistance en E.
- Dans le premier cas, on devait ajouter 43 ohms en E, et, dans le second, 280 ohms du côté de l’électrode en or, ce qui démontre que les résistances à la surface sont très inégales pour les deux sens du courant, celle à la surface du nickel étant en tout cas la plus grande.
- Gomme le liquide n’était pas agité, des effets de polarisation pouvaient s’ajouter à la résistance de transport ; mais comme le courant de polarisation produit en mettant les électrodes d’or et de nickel en communication directe avec la batterie était moindre que le centième du courant total, la polarisation doit avoir été très faible et était égale aux deux électrodes. De plus, dans une communication faite le 2 mars 1885 à la Société Royale, l’auteur a constaté des résistances de transport
- dans des cas où aucune polarisation n’avait lieu.
- Ces expériences ont été répétées avec un certain nombre de combinaisons, entr’autres en prenant des électrodes de même métal mais différents de surface, et les résultats obtenus ont toujours été semblables.
- Ces expériences montrent que l’influence qui s’oppose au courant, à la surface des électrodes, existe indépendamment de la polarisation.
- La grandeur des résistances à la surface de chaque plaque fut mesurée par la méthode ordinaire, avec un condensateur.
- On a obtenu ainsi, avec un courant de 0,00029 ampères :
- Comme anode : Comme cathode :
- Au 114 ohms 1044 ohms.
- Ni 140 — 801 —
- Les résultats concordent qualitativement avec ceux de la première expérience ; il est difficile, et l’on ne pouvait pas espérer arriver à des résultats numériques égaux.
- Il résulte de ces recherches que le phénomène indiqué par l’auteur sous le nom de résistance de transport, présente un certain nombre des caractères essentiels d’une résistance ordinaire : il ne peut pas donner lieu à des courants ; cette résistance est faible avec les liquides dont la résistance propre est faible, et enfin elle est réduite considérablement par un accroissement de [température. Elle en diffère cependant en ce qu’elle varie avec l’intensité et la densité du courant.
- Comme cette résistance est généralement grande comparativement à celle des liquides, elle forme une partie importante de la résistance des piles et des auges de décomposition ; elle peut être diminuée par une augmentation des surfaces, ou, comme on l’a vu, par l’emploi de températures élevées.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Angleterre
- Le téléphone du professeur S. P. Thompson. — J’ai déjà parlé, dans une lettre récente, du télé-
- (') Proc, Royal S., 1877, n“ 200, et 1884, n° a33.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- phone à valve de -M . le professeur Silvanus P. Thompson dont la fabrication a e'té confiée à la New Téléphoné C°, 4, Great Winchester Street Buildings, à Londres. Je suis aujourd’hui à même de vous donner des détails plus amples sur le système adopté par cette Société et sur les derniers modèles de téléphones fabriqués et vendus par elle.
- La figure 1 représente une vue générale de l’appareil installé contre le mur d’un bureau ou d’une chambre. Il y a deux récepteurs magnétiques, un microphone transmetteur ou téléphone à valve avec une embouchure dans laquelle on parle; enfin, une sonnerie d’appel dont la boîte renferme une bobine d’induction de construction spéciale et les commutateurs nécessaires qui fonctionnent automatiquement quand on enlève les récepteurs de leurs crochets où qu’on les y suspend. Une pile de. six ou huit éléments Leclanché enfermés dans une boîte fournit le courant nécessaire à l’appareil.
- On prétend que'ce système ne constitue aucune contrefaçon des instruments brevetés en Angleterre, par Bell et Edison.
- Le téléphone à valve n’a pas de diaphragme comme les transmetteurs de Blake et d’Edison à pastilles de charbon, et le récepteur, est celui que les tribunaux de notre pays ont déclaré indépendant du brevet Bell.
- La figure 2 représente une coupe transversale du dernier modèle du transmetteur à valve. Dans cet appareil l’embouchure d’un tube acoustique dirige les ondes sonores contre une pièce en charbon ou en métal qui affecte la forme d’une poire, d’où cet appareil tire son nom de modèle-poire. Cette poire repose sur un anneau (fig. 3), qui communique avec trois contacts reliés par un conducteur, tandis qu’un autre conducteur communique avec la poire elle-même. '
- C’est au moyen de. ces - fils que le microphone est mis en circuit avec le reste du système à travers le circuit primaire d’une bobine d’induction. Il est évident que la pièce qui repose sur l’anneau par son propre poids seulement, forme avec celui-ci un contact microphonique, et que les ondes sonores qui, passant à travers le tube acoustique, frappent cette pièce, modifient le ^contact.
- 11 n'est pas nécessaire, pourjproduire la parole, de fermer l’espace compris entre les parois du tube et l’anneau. Les ondes sonores qui traversent le microphone, tendent à soulever ou à
- abaisser la pièce mobile sur son support, et il en résulte une variation microphonique du courant qui passe entre l’anneau et la pièce, j Le transmetteur est préservé des vibrations de socle , par des rondelles , en caoutchouc que l’on aperçoit sur la fig. 2. Quant au principe de l’invention, rien ne s’oppose à ce que le microphone soit fait en charbon, mais on obtient aussi de
- FIG. I
- bons résultats en prenant des alliages tels que le bronze silicieux, le bronze sélénieux, le bronze phosphoreux, le bronze tellureux, etc.
- La bobine d’induction employée avec le transmetteur est enroulée d’une façon spéciale dont j’ai déjà parlé dans une lettre antérieure. Cet enroulement supprime les étincelles qui, autrement, se produisent par suite des interruptions du circuit primaire et il tend à faire disparaître les sons désagréables qui se font parfois entendre si Te transmetteur reçoit un choc mécanique. Le
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 02 I
- procédé consiste à mnnir le noyau de deux enroulements en sens contraire, de sorte que, quand les deux branches du circuit sont fermées le noyau se trouve désaimanté.
- Une interruption de courant dans Tune ou l’autre branche fait passer tout le courant dans l’autre branche, et le noyau est aimanté sans qu’il y ait aucune production d’étincelles provenant de la self-induction. Le transmetteur est intercalé dans l’une des branches, tandis que l’autre branche contient une petite résistance de
- FIG.1 2
- compensation en fil de maillechort qui sert à diminuer la self-induction de manière à équilibrer les deux courants opposés. Le récepteur est naturellement relié en circuit avec la ligne et avec le fil secondaire de la bobine d’induction.
- Le récepteur est représenté dans la figure 4 et il est connu sous le nom de récepteur à membrane. Il se compose d’une enveloppe protectrice munie d’une embouchure et renfermant un électro-aimant E, en face des pôles duquel se trouve une armature mince en forme de disque attachée à une membrane tendue M. Celle-ci peut être faite de plusieurs manières en superposant, par exemple, deux ou trois couches de baudruche non préparée cimentées ensemble et portant le disque-armature au milieu. Cette armature est dorée ou couverte d’une couche de laiton ; en face de son centre, se trouve un noyau en fer doux qui fait saillie du milieu d’une bobine entourant l’un des pôles de l’électro-aimant E. L’autre pôle de l'électro-aimant est disposé de façon à couvrir en partie la bobine, ce qui a pour effet de resserrer les lignes de force.
- La bobine est mise en circuit avec la ligne au moyen des fils W, W. La membrane est tendue sur un anneau en laiton attaché à l’intérieur de l’embouchure ; on peut l’enlever à volonté ou la
- FIG. 3
- remplacer sans difficulté. Cet anneau affecte la forme d’un cône tronqué et il est maintenu en place par l’embouchure vissée sur le reste de l’appareil.
- L’aimant du récepteur étant un électro-aimant,
- Fin. 4
- la résistance de la ligne réduit la sensibilité de l’appareil en affaiblissant le courant de la pile.
- Pour remédier à cet inconvénient sans avoir recours à une forte pile, le professeur Thompson se sert de la disposition représentée par la figure 5 dans laquelle L est la ligne, R le récepteur, ZY la pile, T la communication à la terre et TP un
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- circuit dérivé comprenant un électro-aimant S et reliant la ligne à la terre en un point situé au-delà de la pile. L’électro-aimant S arrête les ondulations faibles du courant qui traversent le récepteur, tandis qu’il met en dérivation une partie du courant principal continu de la pile autour de la bobine de l’électro-aimant. Ce dernier a un coefficient de self-induction très élevé et son noyau est entouré d’un grand nombre de spires de fil; sa résistance est cependant faible car, autrement, l’intensité du courant inducteur serait par trop diminuée.
- Le transmetteur, avec sa bobine d’induction, est placé entre le récepteur R et le point T. Le fil secondaire de la bobine d’induction rejoint le circuit entre R et T et le fil primaire est relié aux
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- quelques éléments de pile nécessaires pour actionner le transmetteur.
- Dans cette disposition C est la bobine d’induction, M le transmetteur et W la résistance de compensation dans les branches respectives fil primaire.
- Le commutateur employé est celui de M. Bal-lard, qui a déjà été décrit dans La Lumière Électrique.
- Le Directeur général des Postes a autorisé la New Téléphoné C° à ouvrir des bureaux centraux. La Société vend également ses appareils. Le prix de 2 postes complets d’une ligne est de 400 francs et comprend 2 transmetteurs et 4 récepteurs avec des sonneries et commutateurs. La pile, ainsi que la ligne elle-même, se paient à part.
- Un paratonnerre pour téléphones. — Le paratonnerre à vide représenté par la figure 6 sort des
- ateliers de la Consolidated and Maintenance Téléphoné C°, 109, Farringdon Rond, à Londres. Il a été adopté par le Département des Télégraphes du Gouvernement, ainsi que par plusieurs sociétés téléphoniques à l’étranger.
- Le réservoir à vide B a environ millimètres de longueur et 8 millimètres de diamètre. Des fils de platine W, W0 noyés à travers les extrémités du tube, sont munis de pointes de décharge en cuivre c'c très rapprochées.
- Plusieurs de ces réservoirs, placés entre la ligne et la terre, en face du récepteur, c’est-à-dire à la place de l’électro-aimant S, dans la figure 5, constituent un meilleur paratonnerre qu’un seul réservoir ; c’est aussi la disposition adoptée par le Département des Télégraphes.
- On essaie ces appareils en faisant passer la décharge du fil secondaire d’une petite bobine d’induction à travers les électrodes, et en observant l’incandescence violette qui paraît autour de l’électrode positive à l’intérieur. Si cette incandescence est assez vive et si l’on voit les étincelles passer
- FIG. 6
- entre les cônes de cuivre, on peut considérer le déchargeur comme bon.
- Le prix de ces petits appareils est de deux francs cinquante centimes.
- J. Munro.
- CHRONIQUE
- Nouvelles américaines
- Dans une séance récente de la National Electric Light Association, M. le Dr Otto A. Moses, ayant proposé la nomination de MM. Marcel De-prez, Cornélius Herz et Alphonse de Rothschild comme membres honoraires de l’Association, ces messieurs ont été élus à l’unanimité.
- On a discuté dans la même séance la question de la distribution de l’énergie, et il parait certain que beaucoup d’usines de lumière électrique se-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 52?
- ront bientôt appropriées, pendant la journée, à la distribution de l’énergie.
- A New-York, un grand nombre de moteurs sont reliés aux circuits de la C‘“ Edison et employés pour actionner des ascenseurs, des ventilateurs et d’autres machines. M. Datt distribue également de l’énergie tant à New-York qu’à Boston.
- Dans cette dernière ville, on distribue plus de 100 chevaux, et les demandes sont si nombreuses qu’on pourrait facilement en employer 3oo.
- M. Daft projette d’établir une grande usine centrale à Boston, tandis qu’Edison compte en faire autant à New-York.
- Le même besoin se fait sentir également dans d’autres villes, et l’avenir semble plein de promesses pour la vulgarisation des moteurs électriques. En effet, tout semble indiquer que, d’ici très peu de temps, de nombreuses applications de l’énergie verront le jour.
- Les chemins de fer électriques, qui jusqu’ici n’ont été construits chez nous qu’à titre d’expérience, vont se multiplier rapidement, et à ceux de Baltimore, du système Daft, et de Minneapolis et South-Bend, du système Yandepoele, viendront s’en ajouter d’autres à Détroit, Montgomery et Appleton, qui seront tous du système Vande-poelc.
- On cherche également à appliquer l’électricité à, la traction du chemin de fer aérien de New-York, et l’on a mis, dans ce but, à la disposition de MM. Daft, Edison et Sprague, une section de ligne pour leurs expériences.
- Je me trouvais parmi des voyageurs du premier train d’essai de Daft; l’expérience a parfaitement réussi, mais la pratique a néanmoins démontré la nécessité de certaines modifications qu’on exécute en ce moment.
- M. Daft se propose d’employer une locomotive pour la traction de son train; tandis que MM. Edison et Sprague ont l’intention de munir chaque voiture d’un ou deux moteurs couplés directement aux roues de manière à rendre chaque voiture indépendante des autres.
- L’esprit entreprenant des Américains est bien connu et, une fois qu’ils auront entamé le problème, on peut être certain qu’ils en poursuivront la solution avec une grande énergie.
- Dans le n° 14 du Bulletin ofthe M. S. Geolo-gical Survey qui vient de paraître, MM. C. Ba-rers etV. Stronhal publient d’une façon très com-
- plète les résultats de cinq années d’études et de recherches sur les propriétés des carbures de fer.
- Ils examinent le rapport qui existe entre l’intensité de l’aimantation, la dureté, l’apparence et la carburation de l’acier.
- Ils sont arrivés à conclure que, si la même tige d’acier passe d’un état de dureté à l’état mou, on peut définir très exactement les degrés intermédiaires de dureté au moyen de l’énergie thermoélectrique ou de la résistance électrique de la tige même.
- Ils recommandent le procédé suivant pour les cas où l’on désire obtenir un aimant permanent aussi indépendant que possible des effets de la température du temps et des chocs avec un minimum de perte d’aimantation :
- i° Après avoir trempé la tige d’acier d’une façon uniforme, il faut l’exposer de 20 à 5o heures à la vapeur pour être recuite. On peut interrompre l’opération aussi souvent qu’on le désire. L’aimant donnera alors le maximum de dureté permanente à 100 degrés.
- 20 La tige est aimantée de nouveau et exposée encore une fois de 5 à 10 heures à la vapeur. L’opération peut être fréquemment interrompue. L’aimant aura alors non-seulement le maximum d’aimantation permanente, mais aussi le maximum de dureté permanente à 100 degrés. A une température ordinaire, il gardera son aimantation pendant un temps très long.
- Le premier essai du système Edison, pour communiquer télégraphiquement avec les trains en marche, a eu lieu la semaine dernière, en présence d’un grand nombre d’invités.
- J’étais dafis le train et au'moment du départ, j’ai déposé une dépêche cachetée entre les mains de l’employé du télégraphe à la gare.
- A une certaine distance de celle-ci, je reçus ma dépêche dans le train; elle avait été transmise sans aucune erreur de même que beaucoup d’autres.
- J’ai également envoyé une dépêche à mon bin reau de New-York où on l’a reçue sans perte de temps.
- Le système a déjà été décrit par M. Clemenceau dans La Lumière Electrique, mais il a été amélioré depuis par suite des modifications qu’on y a apportées.
- Il serait peut être imprudent de prononcer, dès à présent, un jugement définitif sur le fonctionnement du système, dans toutes les conditions et par tous les temps, mais l’essai auquel j’ai assisté
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- ne semblait laisser rien à désirer, tant au point de vue de la vitesse qu’au point de vue de l’exactitude de la transmission.
- A ce propos, je ferai remarquer qu’un système analogue, celui de M. Phelps, fonctionne régulièrement, depuis plus d’un an, sans aucun accident.
- Comme vos lecteurs le savent déjà, M. Phelps s’est jusqu’ici servi d’un conducteur isolé placé entre les rails.
- Au cours d’une conversation que j’ai eue avec lui dernièrement, il me fit part d’une circonstance remarquable qu’il avait remarquée et qui est d’une importance capitale pour l’économie de son système.
- M. Phelps cherchait à savoir si le conducteur bien isolé, qui coûte très cher ne pouvait pas être remplacé par un fil de fer ordinaire suspendu sur des isolateurs.
- L’inconvénient le plus sérieux était naturellement que la neige et la boue diminueraient parfois l’isolation au point de rendre la ligne inutilisable.
- M. Phelps fit donc des expériences pour s’assurer du maximum de perte qui pourrait avoir lieu sans interrompre la communication.
- A cet effet, il attacha un fil à la ligne principale, juste à l’endroit où celle-ci entre dans le bureau et un autre fil à la communication avec la terre ; les deux fils aboutissaient à une table disposée de manière à ce que l’on pût intercaler une résistance artificielle quelconque.
- Quand les fils étaient reliés ensemble ils formaient un court circuit direct autour des appareils et des piles dans le bureau, et par conséquent, la résistance intercalée dans la dérivation représentait la partie du courant perdu, tant par la réception que par la transmission.
- La ligne est d’une longueur d’environ 12 milles et d’une résistance de 1000 ohms; les récepteurs téléphoniques employés avaient une résistance de 70 ohms.
- Pendant l’expérience, on employait 3o éléments Bunsen du grand modèle à la gare et 11 petis éléments de même genre sur la voiture.
- La transmission s’opérait des deux côtés, au moyen des parleurs employés journellement sur la ligne.
- Après avoir constamment diminué la résistance dans la dérivation sans interrompre la communication, M. Phelps voulut faire un essai décisif en employant comme résistance un simple morceau
- de fil de cuivre n° 12, d’une longueur de quelques pieds seulement, puis il relia ensemble les extrémités du fil dérivé.
- L’opérateur, put quand même, recevoir les dépêches qui arrivaient du train et répondre aux signaux d’appel.
- Le fil qui formait la .dérivation donnait une résistance de 0,001 d’ohm, et selon la loi de division des courants, il ne passait par conséquent qu’une 0,001 partie du courant de la pile sur la ligne, les autres 0,9999 parties traversaient la dérivation.
- Il fut démontré par une autre expérience qu’en transmettant de la voiture, 1/7000 partie seulement traversait le récepteur.
- Ces expériences ont prouvé à M. Phelps que l’isolation ne joue pas un rôle bien important dans son système, et il se propose maintenant d’employer un fil télégraphique ordinaire suspendu sur des isolateurs fixés aux traverses, environ 3 pouces à l’extérieur et un peu au-dessous de la surface des rails.
- M. Phelps a fait tout dernièrement une autre découverte très importante, à savoir qu’un seul fil suffit pour les deux voies ; car le phénomène d’induction à lieu à une distance beaucoup plus grande qu’il ne l’avait jusqu’ici cru possible, et depuis plusieurs mois son système fonctionne avec un seul fil pour les deux voies.
- Il suffit pour arriver à ce but, d’augmenter la puissance de la pile.
- L’emploi d’un seul fil de fer réduit les frais d’installation de la ligne de i25o à 3oo francs par mille, ce qui représente une économie considérable.
- On me dit que l’installation va bientôt s’étendre sur un parcours de 12 milles du chemin de fer sur lequel il opère.
- M. Edison a épousé le 28 février Mlle Mina Miller, de la ville d’Akron en Ohio. Les nouveaux mariés sont parfis immédiatement pour la Floride où ils passeront plusieurs mois, et M. Edison travaillera dans le nouveau laboratoire qu’il a fait construire à Fort-Myer dans cet Etat.
- Il a dernièrement acheté une grande et belle maison à Orange, en New-Jersey, près de New-York, où il fera installer un grand laboratoire qui coûtera près de i,5oo,ooo francs.
- Jos. Wetzler.
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- FAITS DIVERS
- Notre ami et collaborateur Dieudonné, ingénieur civil des Mines, vient de faire à Neuilly, sous les auspices de l’Association philotechnique de cette ville, une fort intéressante conférence sur les accumulateurs électriques et leurs applications industrielles.
- Nous n’avons pas à rappeler ici les grands services que rend cette Association à l’instruction du peuple, et on ne saurait trop applaudir aux efforts désintéressés de ceux qui, comme notre confrère, consacrent leur temps et leurs connaissances à l’élévation du niveau scientifique de leurs semblables.
- Après avoir exposé, dans un langage clair et concis, le côté chimique de la question et le mode de formation des accumulateurs, M. Dieudonné a démontré les diverses transformations que peut subir l’énergie voltaïque de la pile ou de la machine dynamo-électrique en énergie chimique potentielle.
- Pendant deux heures, M. Dieudonné a su captiver l’attention de la salle entière, qui saluait de chaleureux applaudissements chacune des nombreuses expériences sur lesquelles notre confrère appuyait scs démonstrations théoriques et qui toutes ont parfaitement réussi.
- On vient de procéder aux élections pour la constitution du bureau de la Société des anciens élèves des écoles nationales d’arts et métiers, pour l’exercice 1886-87.
- Ont été élus :
- Président t
- M. Mesureur, entrepreneur de plomberie.
- Vice-Présidents,
- MM. Albert Cahen, ingénieur civil; Gautier, maître de forges et Furno, inspecteur des machines au chemin de fer d’Orléans.
- Trésorier,
- M. Bazaille, inspecteur du matériel au chemin de fer de l’Ouest.
- Secrétaires,
- MM. Cartier, ingénieur électricien; Scelle, inspecteur du matériel au chemin de fer l’Ouest; Zang, ingénieur-constructeur et Grunfeldcr, ingénieur-constructeur.
- L’Exposition d’électricité à Paris, en 1882, avait laissé un reliquat de 33i 000 francs. Il fut décidé à cette époque que cette somme serait consacrée à la création d’un laboratoire d’électricité qui permettrait, à tous, de faire les recherches que comporte cette jeune et belle science, recherches qui ne sont pas à la portée des travailleurs mo-
- destes et des débutants, en raison de la valeur des appareils en usage aujourd’hui.
- D’autres études, d'un ordre général, pourraient aussi y être entreprises utilement : contrôle des instruments de mesures électriques, étude du magnétisme terrestre et des courants telluriques, etc. Malheureusement, personne n’ayant spécialement la charge de mener cette œuvre à bonne fin, et les gens d’étude étant absorbés par leurs travaux, les choses n’ont pas été aussi vite qu’on l’avait décidé dans un premier mouvement d’enthousiasme.
- Les réclamations de tous ceux qui s’occupent des choses électriques ont donné une nouvelle impulsion au projet, et la Société des électriciens vient enfin d’arrêter un plan ; la Ville de Paris a promis un terrain, et on va, sans aucun doute, se mettre à l’œuvre avant peu.
- On veut faire une œuvre unique en son genre, qui sera par elle-même, et par les résultats qu’elle donnera, une gloire pour le pays. Aussi prévoit-on déjà que les 331 000 francs liquides que l’on possède ne suffiront guère que pour les constructions ; on compte sur le concours de tous les électriciens pour mener les projets à bonne fin, et très spécialement sur celui des constructeurs d’appareils, pour munir le laboratoire des nombreux instruments qui lui donneront toute sa valeur; il ne fera pas défaut.
- Dans ITinc des dernières séances de la Société royale, le capitaine Creak de la marine anglaise a donné lecture d’un mémoire sur les perturbations locales produites sur le magnétisme terrestre par des îles éloignées des continents, telles que Madère, Teneriffe, l’île du Cap Vert, etc.
- Sur toutes ces îles, les éléments du magnétisme offrent de très notables différences avec ceux qui sont mesurés à l’aide d’observations faites à bord des navires évoluant dans le voisinage.
- Il est bien entendu que l’auteur ne tient compte que des mesures prises après avoir adopté toutes les précautions indiquées par la théorie pour supprimer les causes d’erreur produites par la présence des pièces de fer qui se trouvent sur le navire où se fait ce genre d’observations.
- Les résultats financiers de l’Exposition de la Nouvelle-Orléans ont été si peu satisfaisants que les Administrateurs de l’entreprise ont dû adresser une demande de subvention à la ville, afin de pouvoir continuer jusqu’à la date fixée pour la fermeture.
- II.est probable que le procès contre le brevet américain de M. Bell sera commencé cette semaine à Washington.
- On avait d’abord parlé de porter l’affaire devant les tribunaux de Boston, où se trouve le siège social de la Compagnie Bell; d’autres personnes intéressées ont proposé Memphis. Mais l’avocat général, à qui appartient le droit
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- de trancher la question, a choisi Washington, où demeure M. Bell, qui représentera les intérêts de sa Société.
- Une Société vient d’être formée à Boston, pour l’établissement et l’exploitation d’une station centrale de distribution de la force par l’électricité.
- On se servira de moteurs Daft capables de fournir une force totale de 5oo chevaux.
- Éclairage Électrique
- On s’étonne souvent qu’en Angleterre, où les inventions nouvelles sont toujours fort bien accueillies et mises en pratique immédiatement, pourvu qu’elles présentent un avantage quelconque, on s’étonne, disons-nous, que l’éclairage à la lumière électrique ait fait si peu de progrès dans le Royaume-Uni pendant ces dernières années.
- Pour taire cesser cet étonnement, il suffit de lire atten. tivement le Bill de 1882 et les règlements édictés par le Board of Trade à ce sujet.
- La lecture de VAct du Parlement montre, en effet, quels obstacles de toutes sortes s’opposent au développement de la science électrique en Angleterre.
- Comment, en effet, une Compagnie d’éclairage électrique pourrait-elle lutter avec avantage contre les autres systèmes, en présence des sommes relativement considérables qu’exige la délivrance d’une concession, et de la latitude accordée au Board of Trade de fixer, comme il l’entend, le prix de ce genre déclairage.
- Mais, en admettant même qu’une Compagnie fût assez riche pour faire face à toutes ces dépenses de premier établissement, elle ne pourrait obtenir le droit d’exploitation que pour une durée de 21 ans ; les concessions pouvant, dans le courant de la vingt et unième année, être reprises par les villes, moyennant un prix dérisoire, et ce en prévenant la Compagnie six mois à l’avance.
- Les maisons particulières, de même que les théâtres, les hôtels, les banques, peuvent user de l’éclairage électrique, mais toujours à des conditions qui entraînent de grandes dépenses, par suite de l’obligation dans laquelle se trouvent les propriétaires d’avoir chacun sa machine dans la maison même et de ne faire passer les fils conducteurs que sur une propriété privée.
- Il serait grand temps que les modifications de la loi de 1882 sur l’éclairage électrique qui viennent d’être proposées au Parlement fussent enfin votées et qu’on fit disparaître le plus tôt possible tous ces obstacles, qui semblent amassés à plaisir pour entraver le développement de ce mode d’éclairage, dont nous n’avons pas à rappeler ici la supériorité sur les autres systèmes connus.
- A l'occasion d’un bal récent, les salons du Palais d’hiver, à Saint-Pétersbourg, ont été éclairés à la lumière électrique.
- Le ministère de la Marine, à Constantinople, a traité avec plusieurs maisons d’électricité pour l’installation de la lumière électrique à bord de tous les navires de la marine turque.
- On annonce que l’éclairage électrique de l’Exposition des inventions, à Londres, qui fut un si grand succès, a coûté près de 1 million de francs.
- Les liquidateurs de la compagnie Jablochkoff, de Londres, ont réuni les actionnaires de la Société le 5 de ce mois, afin de leur donner la nouvelle peu agréable que la liquidation ne rapporterait probablement que 10 centimes par 25 francs du capital social.
- Celui-ci était de 4,875,000 francs; les fondateurs ont reçu 2,5oo,ooo francs en actions entièrement libérées; on a dépensé 1,375,000 francs pour des brevets et une somme égale a été absorbée dans les opérations de la Société.
- Peu de temps avant la liquidation, tout l’avoir de la Compagnie fut donné en gage à plusieurs des administrateurs pour une somme d’environ 100,000 francs. Trois de ces messieurs sont entrés comme administrateurs dans une nouvelle Société à laquelle les brevets, l’installation et les appareils de l’ancienne Compagnie ont été vendus pour 00,000 francs. Les 5o,ooo francs qui restaient après le payement de la créance de ces administrateurs ont été absorbés par les frais de la liquidation.
- L'United States Electric Light C° va bientôt avoir terminé dans le nouveau Capitole de l’État de New-York, à Albany, une des plus importantes installations de lumière électrique qui soient actuellement aux États-Unis.
- Cette installation comprendra 4,000 lampes à incandescence représentant un total de 64,000 bougies, 100 foyers à arc de 2000 bougies chaque et 5o autres de 125 bougies. Les lampes à incandescence ne seront alimentées que par 7 dynamos tandis qu’il faudra pour les foyers à arc une dynamo de 5o et une autre de 20 chevaux.
- La Brooklyn Municipal Electric Light O a fait installer une nouvelle station centrale de lumière électrique dans cette ville. La Compagnie exploite le système Thomson-Houston et fournit de 400 à 5oo foyers pour l’éclairage des rues et pour des installations particulières.
- Les compagnies d’éclairage électrique, à New-York, se proposent de former une société d’assurance mutuelle contre l’incendie, qui prendra le nom d'Electric Light Mutual Insurance C°.
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- 02:
- La ville de Youngstown, dans l’État d’Ohio, va être éclairée à la lumière électrique au moyen de 180 foyers à arc du système Thomson-Houston.
- Ces foyers seront installés dans les rues dès que la fabrication en sera terminée.
- Le capital de la Edison Electric C°, de New-York, a été porté de 5 à j 2 1/2 millions de francs.
- Télégraphie et Téléphonie
- La réunion préparatoire des sociétaires de l’Association amicale des Postes et des Télégraphes a adopté les candidatures ci-après et présentées à l’assemblée générale du 14 mars prochain :
- i° Vice-Président : M. Guisset, sortant;
- 20 Administrateurs et administrateurs suppléants :
- Postes Télégraph es
- Bourdon de Launay, sortant Marc, sortant
- Anfray, id. Varé, id.
- Leroux, id. Videgrain, id.
- Fosse, id. Bocq, id.
- Descargues, id. Derville, id.
- Chardavoine, Cuvillier, id.
- Hugo, Versini, id
- Aubry. Beyney,
- Ecarnot.
- Nous rappelons à cette occasion que les demandes de statuts et les demandes d’admission doivent être adressées au Président de l’Association amicale des Postes et des Télégraphes, rue de Grenelle, à Paris.
- La Revue universelle des sciences de Gênes vient de décerner une médaille d’honneur à M. Deltieu, commis des Postes et Télégraphes à Nîmes, pour des perfectionnements apportés aux appareils électriques.
- Rendre possible l’emploi d’un seul mécanisme pour le récepteur et la sonnerie, tel a été le but des premières expériences de M. Delfieu.
- Au récepteur Morse, M. Delfieu ajoute un simple timbre à marteau. Une disposition aussi simple qu’ingénieuse fait ouvrir l’appareil par le courant de la ligne et la sonnerie se met en mouvement.
- Une pièce convenablement placée arrête le bruit lorsqu’on veut recevoir la dépêche, et la bande de papier ne se déroule pas pendant le fonctionnement de la sonnerie.
- M. Delfieu ne s’est pas arrêté, du reste, à ses premiers essais; des études mécaniques sur les télégraphes à cadran l’ont fait apprécier du monde savant et nous avons remarqué dans ses travaux une disposition imaginée pour les appareils de gare, qui intéresse tout le monde, car elle a trait à la sécurité même des voyageurs sur les lignes ferrées.
- Un bureau télégraphique indépendant des autorités militaires a été établi dernièrement à Lang-Son (au Tonkin), pour la tranmission des dépêches particulières ordinaires aussi bien que pour la correspodance officielle.
- Le Moniteur belge publie le texte d’une convention télégraphique entre la Belgique et l’Allemagne concernant la taxe des télégrammes ordinaires échangés directement entre les deux pays qui est fixée uniformément à douze centimes et demi par mot.
- Chaque administration conserve le montant des taxes qu’elle a encaissées, y compris les taxes des réponses payées et les autres taxes accessoires. Toutefois, l’administration belge bonifie à l’administration allemande deux centimes et demi par mot transmis en Allemagne. Cette bonification s’applique aux télégrammes de toute nature (ordinaires, urgents, collationnés, etc.).
- M. Sornzée vient de présenter à la Chambre des Représentants belge une motion d’ordre par laquelle il réclame l’adoption de mesures pour prévenir les dangers pouvant résulter de l’emploi de fils télégraphiques et téléphoniques dans les villes.
- M. Sornzée regarde en effet comme dangereux l’intensité des courants qui traversent ces fils et demande qu’on réglemente cette intensité.
- C’est une idée tout à fait extraordinaire, mais qui n’étonnera personne si l'on songe que M. Sornzée est l’un des principaux champions du gaz en Belgique.
- On annonce de Rome que le ministre des travaux publics, en Italie, va proposer aux Chambres un projet de loi pour la pose d’un câble télégraphique sous-marin dans la mer Rouge, entre Massouah et la baie d’Arsale. Le nouveau câblé serait relié au réseau de YEastern Tele-graph C°.
- Les femmes employées par l’Administration des Télégraphes, en Autriche, ont adressé une pétition à la Chambre des députés, pour demander une amélioration de leur position notamment ^ au point de vue de leur salaire et du droit à la retraite qui leur a été refusée jusqu’ici. Cette pétition sera présentée à la Chambre par M. le Dr Roser.
- Dernièrement, une violente tourmente de. neige survenue en Hongrie, a interrompu les communications entre Buda-Pest et Vienne.
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- LA L ÜMIÈRE ÈLEC TRÎQ UE
- Le nombre des télégrammes expédiés et reçus à Aberdeen en Écosse pendant l'année dernière dépasse de 8,000 celui de l’année précédente. On attribue cette augmentation a l’introduction du tarif réduit.
- Aux États-Unis, un violent ouragan vient de sévir. De nombreuses lignes télégraphiques ont été coupées.
- Les communications entre New-York et l’Europe étaient heureusement assurées par la ligne sous-marine du Commercial Cable Company.
- Les lignes télégraphiques entre la ville de Mexico et Vera Cruz et entre Queretaro et San Luis Potosi sont maintenant munies des appareils Duplex.
- 11 vient de se fonder, aux États-Unis, une société dont le but est d’utiliser la force hydraulique des chutes et des tourbillons du Niagara. La nouvelle compagnie, dont le capital est fixé provisoirement à 5oo,ooo francs, prendra le nom de Niagara Faits and Whirlpool Raihvay C°. On se servira probablement de l’électricité pour le transport de la force.
- Le correspondant du Times, à Calcutta, envoie à ce journal les renseignements suivants sur le département des Télégraphes aux Indes, dont l’administration vient de publier son rapport annuel.
- Pendant l’année dernière, le nombre des bureaux s’est accru de 25 o/o et atteint aujourd’hui le chiffre de 2,o35 y compris les bureaux télégraphiques des chemins de fer. Les lignes ont été augmentées de 2,046 milles et comprennent maintenant un total de 25,387 milles, avec 75,115 milles de pile.
- La ligne Burmah-Siam a été terminée et un nouveau câble relie Ceylan. Les recettes ont dépassé celles des autres années, les réclamations ont diminué de beaucoup . La transmission des dépêches se fait plus rapidement et les interruptions ont été moins nombreuses que les autres années.
- On vient de construire à Berlin un immeuble ou le téléphone est installé à tous les étages, absolument comme l’eau et le gaz.
- ' Le réseau téléphonique, à Wiesbade, a été inauguré le ier décembre de l’année dernière, et la Chambre de commerce de cette ville s’occupe, aujourd’hui déjà, de la question d’établir des communications téléphoniques directes avec les villes de Francfort et de Mayence.
- La plupart des abonnés, à Wisbade, ne se sont d’ailleurs engagés qu’à la condition d’avoir la correspondance avec les deux villes, et 33 d’entre eux se sont prononcés en faveur de la construction immédiate d’une ligne à Francfort, 21 désirent la communication avec Mayence et 20 avec les deux villes à la fois.
- Les administrations de plusieurs chemins de fer, en Autriche, ont dernièrement essayé de remplacer les appareils Morse dans les trains par des téléphones, et l’on a constaté, pendant les neiges de cet hiver, que la communication entre un train en détresse et les stations opposées pouvait s’établir plus facilement au moyen des téléphones qu’avec les appareils portatifs de Morse dont on s’est servi jusqu’ici.
- Un des membres de la Chambre des députés de l’état d’Oliio a déposé un projet de loi tendant à limiter l’abonnement au téléphone, dans cet état, à i5 francs par mois ou à 25 francs pour deux appareils.
- La Chambre de Commerce de New-York s'est dernièrement émue du prix excessif de l’abonnement au téléphone dans cette ville, qui depuis la fusion des différentes sociétés a été élevé de 25 francs à 62,5o francs par mois. Dans une séance récente la chambre a décidé de demander au Sénat de l’État de New-York, de nommer une commission de trois de ces membres pour examiner la question, en comparant le prix payé par les abonnés de New-York avec le tarif des autres grandes villes du pays. Un projet dans ce sens a été déposé au Sénat, le 16 janvier par le sénateur Reilly.
- ERRA TUM
- Par suite d’une erreur de mise en page, dans le dernier numéro de La Lumière Electrique, la désignation des figures de notre article sur la sténo-télégraphie, ne correspond pas au texte.
- Pour rétablir la correspondance, il suffit de lire, page 436 : Les figures 1 et 2 représentent...
- De plus, au bas de la même page, et au commencement de la page suivante, les indices des lettres P, relatifs aux piles, ont été intervertis.
- E. M.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Electrique, 3i, boulevard des Italiens. Paris. — L. Barbier.
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- La
- Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- .41
- .ië; ^
- directeur : D1 CORNELIUS HERZ
- Secrétaire de la Rédaction : B. Marinovitch
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- Xi* .y O',)
- D* ANNÉE (TOME XIX)
- SAMEDI 20 MARS 1386
- No 12
- SOMMAIRE. — Intereommunication électrique des trains dans les chemins de fer français; P. Clemenceau. — Sur les machines dynamo-électriques actuelles à courants continus ; G. Kapp. — Les machines à vapeur rapides ; G. Richard. — Sur un projet de tramway électrique; J. B. Berlier. — Revue des travaux récents en électricité : Synthèse de l’acide mellique et des autres acides benzo-carboniques en électrolysant l’eau avec des électrodes de charbon; par MM. A. Bartoli et G. Papasogli. — Appareil d’essai pour les lampes à incandescence. — Correspondances spéciales de l’étranger : Angleterre : Communication de MM. Ayrton et Perry; J. Munro. — Chronique: De la reproduction photographique des effets lumineux de l’électricité, sans l’intervention des appareils photographiques ordinaires; D*' M. Boudet de Paris.— Faits divers.
- INTERCOMMUNICATION ÉLECTRIQUE
- DES . TRAINS DANS LES
- CHEMINS DE FER FRANÇAIS
- L’assassinat étrange, d’un préfet dans un compartiment d’un train de la ligne de l’Ouest a ramené l’attention du publie sür les dispositions prises par les compagnies 'de chemins de fer, pour assurer la sécurité des voyageurs. On s’est demandé immédiatement, si les systèmes employés étaient réellement efficaces, et si l’on pouvait véritablement, en cas de danger dans n’importe qu’elle moment, prévenir le conducteur du train, et provoquer l’arrêt avec rapidité.
- On n’a pas hésité, sous la première impression de terreur, à déclarer un peu partout, que non-seulement sur la ligne de l’Ouest, mais encore dans les autres compagnies, les systèmes d’intercommunication mis à la disposition du public étaient insuffisants; quelques journaux ont demandé au gouvernement d’intervenir soit pour faire une enquête, soit pour veiller à la stricte exécution du cahier des charges, puis peu à peu l’émotion s’est calmée, et tout le monde a repris l’habitude de monter en wagon, sans faire de testament avant de partir.
- Nous qui ne sommes pas chargé de défendre les compagnies, ni de les attaquer, nous avons pensé qu’il pouvait être intéressant, pour nos lecteurs, d’exposer simplement les divers systèmes d’intercommunication, actuellement en fonction sur les principales lignes françaises, d’autant qu’à notre avis, ils ne sont pas imputables du manque de sécurité, et qu’avec les voitures en usage, on a fait à peu près partout ce qu’il était possible de faire.
- En général, les systèmes d’intercommunications sont électriques; ils reposent tous sur le principe des communications, employées pour les sonnettes d’appartement, et seules les lignes de l’Ouest et d’Orléans emploient un dispositif purement mécanique, qui permet d’agir directement sur le frein en même temps qu’il actionne deux sifflets spéciaux : l’un [fixé sur le wagon, l’autre dans le fourgon de tête.
- Le système le plus ancien, est celui de Pru-dhomme, qui dès 1869, a été pour la première fois,, appliqué sur la ligne du Nord, et qui depuis a été employé par les compagnies de Paris-Lyon-Méditerranée et du Midi.
- Il consiste essentiellement à monter sur toute la longueur du train un circuit comprenant : une pile, une sonnette, et des boutons placés en dérivation dans chaque compartiment. De plus on, place une pile, une sonnerie et un commutateur
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dans le fourgon de tête et dans le fourgon de queue du train, ce qui permet aux agents qui se trouvent dans ces fourgons de communiquer entre eux et de recevoir les appels des voyageurs.
- La figure i représente en plan, le schéma d’un train composé d’une machine, d’un fourgon de tête, de deux voitures à voyageurs et du fourgon de queue, tel que le dispose la compagnie du
- Nord. Pour plus de clarté les parois des fourgons sont supposées rabattues sur le plan de la figure en P et P'. SS sont les sifflets électro-auto-mateurs, cc des commutateurs d’appel des fourgons.
- Comme on le voit, deux fils isolés parcourent la longueur du train d’une extrémité à l’autre. Ils sont réunis dans chaque fourgon par un circuit comprenant deux piles de six éléments chacune et de deux sonneries trembleuses spéciales. Ces piles ont leurs pôles de même nom placés en regard, de sorte qu’à l’état normal les sonneries sous l’action de deux courants égaux et de sens contraire restent silencieuses; mais si l’on vient à réunir les deux conducteurs en des points intermédiaires, l’équilibre se trouve immédiatement rompu et les sonneries fonctionnent aussitôt.
- De chaque côté des wagons, se trouve sous les caisses des voitures un câble isolé formé de plusieurs fils de cuivre tordu.
- L’un de ces câbles se bifurque à l’arrière et à l’avant du véhicule; une des branches recouverte sur une certaine longueur d’une corde tressée,
- porte un anneau de bronze, et l’autre branche aboutit à une tige à crochet, qui sous l’action d’un ressort énergique, tend à venir au contact d’un butoir en métal.
- L’autre câble relie les deux butoirs placés aux extrémités des véhicules et se prolonge d’un bout à l’autre du train au moyen des barres d’attelage avec lesquelles il communique ; mais comme ce moyen de communication pourrait manquer, on relie encore le câble par des plaques de garde aux essieux et aux rails. Sur les parois extrêmes de chaque véhicule se trouvent un crochet et un câble terminé par un anneau. Ces deux engins sont disposés symétriquement de chaque côté de la barre d’attelage de sorte que, quelque soit le sens dans lequel on tourne les wagons qui doivent composer le train, il y a toujours un crochet en regard d’un anneau. Quant aux anneaux placés à l’avant de la première voiture et à l’arrière de
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- la dernière on les engage dans les crochets fixés sur la même paroi.
- On voit ainsi, que lorsque toutes les communications sont établies, il existe sur toute la longueur du train deux conducteurs isolés ; le premier aaa, qui passe d’une voiture à l’autre, au moyen du contact des anneaux et des crochets; le second xxx qui relie les butoirs de chaque voiture avec les barres d’attelage, les plaques de garde, les essieux et par suite avec la terre.
- Dans le fourgon de tête et dans le fourgon de queue du train, se trouvent une pile et une sonnerie trembleuse contenues dans une boîte que l’on suspend au moyen de deux crochets à un tasseau cloué sur la paroi du véhicule. Chaque fourgon contient en outre ün commutateur d’appel à levier, qui permet aux agents du train de réunir les deux conducteurs et de faire marcher les sonneries placées dans les fourgons.
- S’il y a rupture d’attelage, les anneaux à crochet des Voitures qui se détachent du train, sortent de leurs crochets ; ces derniers retombent alors sur
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- les butoirs, et les deux câbles conducteurs du train se trouvant ainsi réunis; le circuit des piles est fermé, et il détermine le fonctionnement des sonneries.
- En ce qui concerne les relations des voyageurs avec les agents des trains, on a disposé dans l’intérieur de la cloison séparative de deux compartiments consécutifs, une tringle métallique horizontale portant une petite manivelle. Cette manivelle permet d’imprimer à la tringle un mouvement de rotation au moyen d’une chaîne terminée par un anneau, et celui-ci placé dans une cage triangulaire à parois vitrées est visible des deux compartiments contigus.
- En cas de danger, et, c’est là ce qu’il y a d’incommode, le voyageur est obligé de briser la glace, avec une canne s’il en a une, ou son coude au risque de se blesser, pour tirer sur l’anneau.
- Ce mouvement, a pour effet d’actionner un petit commutateur placé à l’une des extrémités de la tige, et auquel aboutissent les fils conducteursen communication avec les pôles positifs ou négatifs des piles des fourgons, ce qui met aussitôt les sonnettes en action.
- Les extrémités de la tringle sont, en outre, prolongées de façon à dépasser d’une certaine longueur les parois des caisses de la voiture, et elles sont munies d’un petit voyant V. Celui-ci qu’on voit dans la figure i, des deux côtés de l’avant-dernière voiture, se tient horizontalement à l’état normal; mais dès que par l’appel la tringle a tourné d’un quart de tour, le voyant prend une position verticale et les agents savent aussitôt qu’elle est la voiture qui a appelé.
- Comme nous le disions plus haut, la compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée a adopté le
- FÎG.
- même système d’intercommunication que la compagnie du Nord, toutefois certains détails ont été modifiés. Par exemple, le bouton d’appel est analogue à celui des sonneries d’appartement. Il se compose simplementd’un bouton qui, lorsqu’on vient à le presser, force un ressort à se mettre en contact avec une lame et établit ainsi la communication entre les deux conducteurs ; mais lorsqu’on cesse d’appuyer sur le bouton, le ressort se lève et le courant est interrompu.
- Le bouton est placé dans chaque voiture au ciel du wagon; mais il n’existe pas comme au Nord de dispositions spéciales pour indiquer aux agents la voiture d’où l’appel est parti. Là encore, il n’y a pour tout le service que deux piles et deux sonneries, l’une de tête, l’autre en queue du train. Pour éviter que la sonnerie trembleuse ne tinte] pas sous l’influence des trépidations, on a substitué dans les deux compagnies à l’clectro-aimant en fer à cheval deux électro-aimants droits et l’on fait buter la partie supérieure de l’armature contre la branche horizontale d’un levier
- coudé en fer doux, mobile autour de son axe, l’autre branche étant placée devant les pôles libres de l’électro-aimant. Lorsque le circuit est fermé, la branche verticale du levier est attirée et dégage la tige du marteau qui peut alors venir frapper le timbre ; mais quand les éleetros ne sont plus parcourus par le courant, le levier revient sous l’action de son poids à sa position primitive.
- Un pareil système demande de la part des agents une surveillance active, pour s’assurer du bon état des communications.Pour la vérification il est nécessaire d’essayer chaque voiture avant le départ du train, et on se sert d’une boîte à piles portative spéciale dont la figure 2 donne deux vues.
- Elle contient trois éléments de pile et une sonnerie. Elle porte sur l’une des faces un disque à crochet identique à celui qui est placé sur les traverses des voitures.
- Le bouton b est une simple pièce métallique destinée à limiter la course du crochet, et n’est pas en communication avec l’un des pôles th la*
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- LA L UM 1ÈRE ÊLEC TRIQUE
- pile ; mais le disque communique avec le pôle positif.
- De l’autre face delà boite part un câble métallique flexible qui se termine à son extrémité par un cylindre O en cuivre, recouvert de bois sur son pourtour et sur l’une de ses bases, l’autre base étant creusée.
- Pour faire la vérification, on commence par accrocher l’anneau dans le crochet placé sur la même traverse de la voiture à essayer; on accroche ensuite l’anneau de corde fixé sur l’autre traverse de la même voiture au crochet de la boîte, et l’on touche le bouton placé sur la meme traverse avec le cylindre de cuivre, en ayant soin d’écarter le crochet que le ressort du barillet appuie sur l’enveloppe de bois de ce cylindre. Le tintement de la sonnette indique alors si oui ou non les communications sont en bon état.
- Enfin, il peut arriver qu’au dernier moment on ajoute à un train, un véhicule non muni d’appareils d’intercommunication. Dans ce cas, pour que le conducteur ne soit pas interrompu, on fixe sous le châssis de cette voiture un câble volant de 10 mètres de longueur qui est construit comme les cordes de communication des voitures et qui est terminé à chaque extrémité par un anneau. Ceux-ci sont engagés dans les crochets des traverses des voitures munies des appareils d’intercommunication, et les cordes à anneaux sont assujetties sur les faux-tampons.
- De la sorte la continuité métallique est assurée d’un bout du train à l’autre.
- Au chemin de fer de l’Est le système d’intercommunication est analogue à celui que nous' venons de décrire, et les appareils se composent toujours de deux boîtes à pile et à sonnerie placées dans le fourgon de tête et de queue du train. Les pôles de même sont réunis par deux fils de communication directs sur lesquels viennent se greffer des dérivations, et ce sont sur celles-ci que sont placés les commutateurs.
- La figure 3 représente en plan un fragment de train composé de deux fourgons et de trois voitures.
- A sont les commutateurs, B les piles et sonneries.
- Nous ne détaillerons pas ici la manière dont i'accouplement est fait entre deux wagons consécutifs, cette description ayant déjà paru dans le journal.
- Les appareils sont tous montés sur une planchette de fixation en bois de hêtre, trempé dans
- un bain d’huile de lin et recouvert d’une couche de peinture. Celle-ci présente une forme elliptique et est fixée sur le montant du milieu des panneaux de bout des véhicules.
- Les fils de communication partant d’une- des planchettes d’accouplement montent verticalement sur le panneau de la voiture, et se replient ensuite sous la corniche l’un à droite l’autre à gauche. Ils suivent chacun une face de la voiture, toujours sous la corniche pour venir se rencontrer sur le panneau opposé et redescendre verticalement jusqu’à la seconde planchette.
- Sur les panneaux des fonds des véhicules les fils sont protégés par une baguette métallique de recouvrement. Les fils de dérivation sont alors soudés sur ces fils directs vis-à-vis de chaque commutateur de voiture, et ils s’y rendent, en suivant le dessous de pavillon recouverts d’une baguette en bois.
- Dans le fourgon, le montage des fils est fait
- suivant la même méthode. Les deux piles placées l’une dans le fourgon de tête du train et l’autre dans celui de queue, étant toutes deux mises en contact avec les fils de communication, il est nécessaire, pour que les piles ne se déchargent pas l’une dans l’autre, en faisant sonner constamment les deux sonneries, que les pôles de même nom des deux piles soient tous deux en contact avec le conducteur monté d’un même côté du train.
- Pour satisfaire à cette condition, les baguettes d’agrafage fixées dans les fourgons, présentent trois mortaises successives dont les contacts des deux extrêmes sont reliés au même fil de communication.
- Comme on le voit sur la figure 4, en accrochant la boîte à piles aux mortaises de droite et du milieu C et B, on peut envoyer le long du train, un courant inverse de celui qu’on obtiendrait en l’accrochant aux mortaises du milieu et de gauche B et A.
- Dans les fourgons, des inscriptions sont placées pour indiquer aux agents dans quelle position ils doivent accrocher la boîte, suivant que la
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- vigie est tournée vers l’avant ou vers l’arriére dans le sens de la marche du train.
- Chaque fourgon possède en outre un commutateur spécial, qui permet aux agents de communiquer entre eux, soit en faisant agir d’une manière continue la sonnerie, soit en actionnant celle-ci d’une manière intermittente pour la transmission de signaux convenus.
- Dans ce but le commutateur, qui est une sorte
- FIG. 5 ET 6
- de clef Morse, peut outre son mouvement vertical, être déplacé à gauche et à droite, de manière à venir butter sur un levier ou sur un autre. Dans une des positions, il suffit d’exercer des pressions successives sur la poignée pour transmettre des signaux conventionnels par des sonneries interrompues, tandis que dans l’autre on établit le contact d’une façon permanente.
- Les figures 5 et 6 représentent une vue plane et une coupe du commutateur des voitures de voyageurs. Il se compose d’une boîte B en bronze ou en laiton, dont le fond se [fixe sur le pavillon à l’aide de trois vis.
- Le couvercle C présente une ouverture cire u laire concentrique aux bords de la boîte, et contre ce couvercle vient s’appliquer sous l’action d’un ressort à boudin r, un disque D qu’on peut faire tourner autour de son axe à l’aide d’une corde représentée par le trait pointillé ffy et d’un bouton mis à portée de la main du voyageur.
- Le disque est en communication avec un des fils tandis que le ressort R, fixé aux parois de la boite tout en en étant isolé, est en communication avec l’autre fil.
- Lorsqu’on tire sur le bouton, on amène en contact avec le ressort R une saillie S du disque tournant, ce qui ferme le circuit et fait fonctionner les sonneries de tête et de queue du train.
- Une fois le bouton fixé, il ne peut être remis en place que si l’on fait tourner en arrière le disque mobile de façon à le replacer dans sa position première. Mais ce mouvement n’étant possible que si l’on exerce une pression sur le disque afin de le dégager des arrêts fixés au couvercle, cette disposition permet de trouver le compartiment d’où est parti le signal d’arrêt.
- Tels sont les systèmes d’intercommunication électrique actuellement en usage sur les lignes françaises. Ils ne valent d’ailleurs ni plus ni moins que les systèmes où l’électricité ne joue aucun rôle: d’une façon générale, ils permettent toujours en cas d’accident à un voyageur d’obtenir l’arrêt immédiat du train; mais ils ne peuvent prévenir le public contre les trop brusques tentatives d’assassinat.
- Quant à multiplier à l’infini les boutons d’appel dans une voiture, on comprend aisément que cela ne pourrait en rien servir à une personne* qui dormirait tranquillement dans son coin. Non, le vice réside réellement dans le mode de construction des wagons.
- En France, comme presque partout en Europe on aime à voyager isolé, dans une boîte roulante.
- Au point de vue de la commodité, c’est préférable peut-être; mais la sécurité en revanche laisse trop à désirer.
- Le système américain est incontestablement préférable ; sans être l’idéal évidemment, il permet aux agents d’exercer une surveillance constante dans toutes les voitures, et c’est seulement lorsqu’on aura adopté les longs wagons communiquant par un couloir les uns avec les autres, qu’on pourra en voyage dormir en paix, sans avoir à redouter qu’un Monsieur à allure
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- distinguée, un chapeau melon sur la tête, vienne vous briller la cervelle à bout portant.
- P. Clemenceau.
- SUR LES MACHINES
- DYNAMO - ÉLECTRIQUES
- ACTUELLES A COURANTS CONTINUS (').
- (Traduit de l’anglais par MM. F.Goldsmith et A. Hillairct.
- Deuxième article. (Voirie numéro du i3 mars iSSG)
- De ce que le fer, même le plus doux, ne peut absorber qu’un nombre limité de lignes de force par pouce carré, il résulte que le champ est proportionnel à la section droite de l’armature.
- On suppose ainsi que la puissance d’excitation du champ magnétique est suffisante pour remplir toutes les parties de l’âme, de lignes de force à la même densité.
- Ceci posé, on peut se proposer de chercher quel est le type d’armature qui puisse permettre d’obtenir le maximum de force électro-motrice avec la même longueur de conducteur.
- L’importance capitale de cette recherche au point de vue pratique devient évidente si l’on considère que, moins est grand le nombre de tours du fil, plus est fort le diamètre du conducteur que l’on peut employer, et plus est élevée l’intensité du courant obtenu pour une même arma-tute.
- Pour comparer à cet égard les trois principaux types désignés plus haut, il est nécessaire de faire certaines hypothèses relatives aux proportions et aux vitesses à la circonférence, d’accord avec l’expérience acquise, et d’établir ainsi une solide base de comparaison.
- En ce qui concerne la vitesse, il est évident que les disques ont l’avantage sur les tambours et les anneaux, en ce que la force centrifuge s’exerce dans le sens de la longueur du fil et non transversalement; ce qui fait que dans bien des cas on peut se dispenser de faire usage de bandes ou frettes.
- En outre, les chaises sont relativement rappro-
- chées et les vibrations de la bobine se produisent moins facilement que dans les armatures à tambour ou à anneau qui nécessitent un écartement plus considérable des paliers; de plus, si les vibrations se produisent, elles sont moins à craindre, puisque leur direction est parallèle aux surfaces polaires.
- En somme, on constate généralement que la vitesse pratique des armatures à disque est supérieure d’environ 60 o/o à celle des autres types.
- La vitesse à la circonférence du tambour et de l’anneau peut être portée à 3ooo pieds (') par minute ; celle du disque à 5 ooo (2).
- Ces nombres sont bien d’accord avec la pratique générale.
- On peut admettre en outre que dans l’anneau et dans le disque l’épaisseur de l’âme suivant le rayon est i/5 du diamètre.
- Ce nombre est établi d’après l’usage courant et est fixé jusqu’à un certain point par la nécessité de laisser du côté de la surface interne de l’âme un espace suffisant pour les fils intérieurs.
- Dans les tambours, cette épaisseur de l’âme suivant le rayon peut être prise égale à i/3 du diamètre, la partie centrale étant occupée par le corps de l’arbre qui est en acier, à section pleine, et ne peut par conséquent contribuer en rien à la conductibilité magnétique de l’âme.
- Quant à la longueur de l’âme, mesurée parallèlement à l’arbre, elle peut varier à l’infini.
- Afin de ne pas multiplier les exemples, nous n’avons considéré qu’un nombre restreint de cas qui se rapprochent le plus des dynamos actuelles ou que l’on peut considérer comme des limites possibles.
- Ce sont les suivantes :
- i° Tambour. — Très long en comparaison du diamètre ;
- 2° 7 ambour. — Longueur égale au diamètre, âme rectcngulaire, rapport 3 sur i ;
- 3° Anneau. — Très long en comparaison du diamètre;
- 4° Anneau. — Longueur égale au diamètre, amc rectangulaire, rapport 5 sur i ;
- 5° Disque. — Longueur égale à l’épaisseur, suivant le rayon, âme carrée;
- 6° Disque. — Longueur égale à l’épaisseur suivant le rayon, âme à section circulaire.
- (') Extrait des mémoires de la Institution of Civil En-gineers, et traduit avec permission spéciale de l’auteur.
- (') i5,2o m. par seconde. (2) 25,33 m. par seconde.
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- 7° Disque. — Longueur égale à i/5 de l’épaisseur suivant le rayon, âme rectangulaire, rapport
- i/5-
- Nous avons à examiner maintenant la densité des lignes de force par pouce carré de surface d’âme dans les dynamos actuelles travaillant à leur puissance maxima.
- Cette densité est comprise entre i5 et 25,
- Dans certains cas exceptionnels, on peut obtenir des nombres plus élevés.
- Dans un cas particulier, nous avons trouvé 27,4 lignes par pouce carré de surface de fer de l’âme, mais dans ce cas le jeu entre l’armature et la surface polaire n’était que de 1/16 (4) de pouce, et nous avons jugé nécessaire, pour la sécurité de la machine, d’aléser les massses polaires de 3/32 (3) de pouce, après quoi la densité tomba à 25 lignes.
- On sait que la masse du fer de l’âme doit être considérablement divisée pour éviter réchauffement et la perte de travail qui en résulte.
- Dans le calcul de la densité des lignes, on ne devra tenir compte que de l’espace réellement occupé par le fer.
- Quand l’armature est constituée de disques ou de rubans de fer, le volume de l’isolant est environ 10 0/0 du volume total.
- Quand on se sert de fils le volume perdu est donné par l’expression
- 1 — m ,
- -----= 21 0/0
- 4
- Cependant, afin de ne pas compliquer le problème, il est nécessaire de supposer que l’épaisseur de l’isolant est négligeable.
- On admettra également que la longueur de un tour du conducteur de cuivre enroulée sur l’âme est égale au périmètre de l’âme, négligeant ainsi l’isolation externe, l’épaisseur du conducteur et la longueur du fil nécessaire pour les liaisons entre l’armature et le commutateur.
- Dans les armatures Heffner-Alteneck, la longueur des fils qui se croisent aux extrémités du tambour est prise égale à une fois et demie son diamètre.
- Supposons que dans tous les cas l’excitation des inducteurs soit réglée de façon à produire une densité de 20 lignes par pouce carré de sur-
- face de l’âme, la longueur de fil nécessaire pour produire 1 volt est facile à calculer.
- Ce calcul est simplement effectué, d’après la formule algébrique, sans difficulté, et nous ne croyons pas nécessaire de le développer.
- Les résultats sont les suivants :
- i° Tambour long 6,5 pouces par volt (164 millimètres).
- 20 Tambour court 16,41 pouces par volt (414 millimètres).
- 3° Anneau long 21,8 pouces par volt (55 1 millimètres).
- 40 Anneau court 26,1 pouces par volt (660 millimètres).
- 5° Disque âme carrée 26,3 pouces par volt (665 millimètres).
- 6° Disque âme circulaire 26,3 pouces par volt (665 millimètres).
- 70 Disque âme plate 78,8 pouces par volt (1993 millimètres).
- Ce sont des valeurs minima qui ne se rapportent qu’à la force électro-motrice totale des armatures.
- S’il s’agissait de la force électromotrice aux bornes du circuit extérieur, la longueur de conducteur nécessaire à la production de 1 volt dans ces conditions serait plus grande, puisque une certaine fraction de la force électro-motrice totale n’est pas utilisable par suite de la résistance de l’armature, et du circuit des inducteurs, si la machine est en série ou compound.
- Le tableau précédent montre la grande supériorité du tambour sur les autres types d’armature.
- L’anneau long vient ensuite; il n’est pas généralement employé dans les machines actuelles à cause des vibrations de l’âme.
- On tend plutôt à employer des âmes courtes à cause de la distance des paliers; on construit souvent des âmes de longueur égale au diamètre; elles sont, ainsi qu’on pourra le constater sur le tableau, équivalentes aux armatures à disque avec âme carrée ou circulaire.
- Si l’ârne du disque a pour section droite un rectangle dont les côtés sont dans le rapport 6/10, proportion souvent adoptée dans la pratique, il sera nécessaire de compter sur 3q (') pouces de fil pour obtenir 1 volt; dans ce cas le disque est inférieur à l’anneau court.
- (') i,5 m.m. (‘-) 2,3 m.m
- (1) 860 millimètres.
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- L’armature circulaire plate dont on s’est tant servi au début de la construction des machines à disques, est encore plus défectueuse, car elle exige trois fois autant de fil que l’anneau court.
- Les opinions se sont peu à peu complètement modifiées en ce qui concerne certains points de la construction des dynamos.
- Autrefois, on considérait que la meilleure forme à donner à l’armature Gramme était celle d’un disque étroit et à large surface annulaire, par ce que on croyait de cette façon pouvoir obtenir une grand développement de la surface polaire et amener la totalité du fil sous l’influence directe des inducteurs; cette idée se manifesta dans les premières applications de Schuckert et de Gülcher : mais l’expérience et la théorie ont montré depuis que ces considérations sont illusoires, et les dernières dynamos construites par la compagnie Gülcher ont une a me à section circulaire tandis que la compagnie Brüsh, au lieu d’employer un disque plat, a adopté une âme rectangulaire d’une épaisseur considérable.
- On a également constaté qu’un développement trop considérable des masses polaires est inutile et peut même devenir nuisible; par suite on a fait les pôles plus étroits et par conséquent on peut recueillir le courant sur le collecteur.
- De cette façon l’armature est divisée en circuits parallèles donnant chacun un courant propre.
- Il faut remarquer que l’augmentation du courant total obtenu par ce dispositif n’est pas forcément accompagnée d’une diminution de la force électromotrice.
- Si l’on peut disposer et exciter les inducteurs de façon que la densité des lignes dans l’armature soit maintenue, la force électromotrice ne variera pas.
- Au premier abord ce résultat pourrait sembler anormal puisque la multiplication des pôles entraîne une réduction proportionnelle du nombre des fils de l’armature soumise à l’induction de chaque pôle ; mais, d’autre part, le temps nécessaire au passage de chaque fil d’un pôle à l’autre est réduit dans le même rapport, et de cette façon‘ le résultat final n’est pas modifié.
- De ces considérations, il semble qu’on pourrait déduire un avantage énorme d’augmentation de puissance sur les armatures à anneau; théoriquement il en est ainsi.
- Mais il y a une difficulté pratique qui contrebalance dans une large mesure les qualités théoriques.
- D’après la construction même de la machine, on voit que les lignes de force doivent aboutir à Pâme dans toutes les directions possibles; les unes entrent parallèlement à l’axe, d’autres sous un angle plus ou moins aigu, et d’autres enfin à angle droit.
- Celles-ci pénètrent par la périphérie, et celles-là par les points les plus proches de l’axe.
- Pour empêcher réchauffement, les surfaces qui divisent la masse de fer de l’âme devraient toujours être parallèles à la direction d’entrée des lignes; mais quand les lignes entrent sous des angles différents il est pratiquement difficile de réaliser cette condition.
- Pour cette raison, dans les âmes constituées de rubans de fer plat, la section droite est un rectangle et non un carré quoique cette dernière forme soit préférable au point de vue théorique.
- En effet, si la largeur du ruban était trop considérable les couches extérieures qui sont traversées par les lignes dans le sens de la largeur s’échaufferaient d’une manière dangereuse.
- Il est donc nécessaire de faire l’âme assez étroite, et, dans certain cas même, de pousser la subdivision jusqu’à y tourner des rainures sur la surface externe.
- Si l’armature est constituée de disques de fer plat juxtaposés au lieu de rubans, elle se trouve dans une condition encore plus défavorable et réchauffement se produit sur les deux faces latérales au lieu d'être confiné à la périphérie.
- Ces difficultés peuvent jusqu’à un certain point expliquer ce fait que si peu de constructeurs ont adopté le disque comme type de leur armature et que, au contraire, les armatures en forme d’anneau sont tellement employées.
- Nous ne pouvons nous occuper des droits de brevet qui, évidemment, empêchent les constructeurs d’employer le tambour, bien que celui-ci soit la meilleure armature;
- Quant à l’anneau et au disque, ce sont simplement des formes différentes de l’armature Gramme, dont l’usage est permis à tout le monde.
- Nous avons vu précédemment que la force électro-motrice développée dans l’une quelconque de ces armatures est proportionnelle à le nombre total de lignes émanant d’un pôle pour aboutir à l’âme.
- Le nombre des lignes dépendra évidemment des dimensions et de la forme générale de la machine, de la qualité du fer dont sont constitués
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- si?
- les inducteurs et l’armature, et du travail d’excitation.
- En portant les travaux d’excitation en abscisses, et le nombre correspondant de lignes en ordonnées, on obtient une courbe de meme allure que la caractéristique ordinaire des dynamos enroulées en série.
- Dans ce dernier cas, les coordonnées sont l’intensité du courant et la force électro-motrice; dans le premier ce sont le travail d’excitation et l’intensité du champ.
- Si l’on emploie la caractéristique ordinaire, on suppose toujours que la courbe entière a été établie pour une vitesse constante de la dynamo; si cette vitesse change, il faut construire une nouvelle courbe.
- La courbe caractéristique d’excitation est indépendante de la vitesse, de sorte que la meme courbe peut servir dans tous les cas.
- Cette courbe est en outre indépendante de la manière dont on produit l’excitation, en série ou en dérivation, ou par une source indépendante, et pour ces raisons elle sera plus généralement ufile que la caractéristique ordinaire.
- La relation entre la valeur du champ \ et le travail d’excitation P, a une grande importance pratique, et s’il était possible de la déterminer pour un type et une dimension donnée de dynamos, sans passer par une série d’expériences coûteuses, le problème de l’établissement d’une dynamo d’après des données scientifiques serait résolu.
- Les formules qu’on trouve dans les livres et les mémoires relatifs à ce sujet contiennent des coefficients qui ne sont pas des constantes, mais qui varient avec chaque type de machine et qu’il faut exprimer expérimentalement dans chaque cas.
- Pour étudier une dynamo d’un type donné il est donc nécessaire d’avoir recours à des données expérimentales obtenues avec des machines du même type, et si l’on ne peut procéder ainsi, on n’arrive guère au succès que par des tâtonnements plus ou moins coûteux.
- On admettra que ce moyen est peu satisfaisant et qu’on devrait chercher à obtenir des coefficients et des formules qui seraient applicables à tous les types existants ou a créer.
- C’est sous cette seule condition qu'il sera possible de prédire à l’examen d’un projet de dynamo ce que vaudra cette machine et qu’on évitera des expériences coûteuses, ainsi que l’usage de règles fantaisistes.
- Nous ne connaissons encore rien qui ait été publié pour la construction des dynamos et qui pût être d’une valeur pratique pour le constructeur ; il ne manque pas de traités et de théories, mais les liens entre la science pure et la pratique font défaut.
- Actuellement chaque constructeur doit se faire sa théorie et ses règles de construction, et naturellement il les garde aussi secrètement que possible,
- Pour faire un pas vers la généralisation du sujet, et dans l’espoir de faire surgir des renseignements d’un caractère semblable nous donnerons ici les formules dont nous nous servons dans la construction des dynamos.
- En les établissant notre but a été de rejeter autant que possible les coefficients spéciaux à un type de machines, et de mettre les expressions sous une forme suffisamment simple pour l’usage pratique.
- Nous ne pouvons affirmer qu’elles rempliront les conditions précédemment énoncées d’être universellement applicables : nous les considérons plutôt comme une première tentative d’élimination de ces coefficients incertains et qui sont un obstacle au développement des formules générales.
- L’intensité du champ magnétique ou le nombre de lignes >£ est le rapport du travail d’excitation P à la résistance magnétique R.
- Dans une machine dynamo, cette dernière se compose de trois parties :
- Rrt résistance de l’espace libre, qui est indépendante de la résistance du champ;
- Ra résistance de l’ame de l’armature;
- Rf résistance des noyaux des inducteurs;
- Ces deux dernières quantités augmentent avec la puissance du champ.
- P
- T~R,t-f- Ra + Rk
- Pour un faible travail d’excitation cet accroissement est si faible qu’il est négligeable, et dans ce cas % et P sont simplement proportionnels, ce qui correspond à la partie rectiligne de la caractéristique près de l’origine.
- En comparant les courbes d’un grand nombre de dynamos nous avons trouvé que, jusqu’à une densité de io lignes par pouce carré, soit dans l’armature, soit dans les noyaux des inducteurs, la résistance totale du circuit magnétique peut être considérée comme constante.
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- Pour les excitations plus intenses, il convient d'ajouter un terme de saturation à Ra et Rf , terme qui a pour effet d’augmenter la résistance totale de 40 0/0 dans les dynamos se réglant elles-mêmes, pour incandescence, et de 100 0/0 dans les dynamos pour arcs.
- Le grand accroissement de résistance auquel donnent lieu ces dernières est dû à la nécessité de fonctionner avec un champ fortement saturé pour obtenir une caractéristique sensiblement horizontale, afin d’assurer le fonctionnement normal des lampes.
- Ce serait sortir du cadre de ce mémoire et le surcharger de questions secondaires, que d’entrer dans une discussion mathématique du terme de saturation.
- Ce qu’il y a de plus important à étudier est la résistance magnétique pour de faibles excitations, car de là dépend que la machine s’excite elle-même, c’est-à-dire puisse se comporter en dynamo.
- En conséquence, nous proposons d’appeler la résistance limite, résistance critique magnétique, et la valeur correspondante du travail d’excitation, travail d’excitation critique.
- Ces quantités peuvent être déterminées pour une dynamo quelconque en la faisant marcher à la vitesse la plus faible à laquelle elle s’excite elle-même, et au-dessus de laquelle elle se désamorcerait immédiatement.
- Nous avons fait un grand nombre d’expériences sur des dynamos de types et dimensions variés, et notas avons réuni des résultats qui nous ont permi de trouver des expressions de la résistance-magnétique critique.
- Armature. — Type anneau ou tambour.
- o distance entre l’âme de l’armature et la surface polaire.
- lb9 surface polaire d’où % lignes partent pour aboutir à l’armature, a étant l’arc embrassé et b la longueur de l’armature ;
- ah, surface de l’âme de l’armature occupée par le fer, a étant l’épaisseur suivant le rayon;
- AB section droite des noyaux des inducteurs;
- / et L, longueurs du circuit magnétique dans l’armature et les inducteurs.
- Pour une machine à deux pôles, avec un seu-inducteur armé en fera cheval, tel que la dynamo Edison-Hopkinson, on a
- 1.44° x 2 * 4 * * 7 5
- * >. b
- Dans une machine à double inducteur, telle que les machines Siemens, Weston, Crompton, Mathcr et Platt et autres, chaque fera cheval ne fournit que la moitié du nombre de lignes qui passent par la moitié des surfaces polaires, et d’un côté seulement de l’âme.
- Dans ce cas on a
- Ru
- I ,440 X 2_0
- Tb
- R A
- 2 / a b
- R k =
- 2 L AB
- Les modifications à apporter à ces expressions, quand on les applique aux machines à disques multipolaires, sont évidentes, et il n’est pas nécessaire de les exposer en détail (*).
- (l) L’auteur s’est servi de ces formules pendant long-
- temps sans s’occuper d’abord de savoir si elles avaient une
- base scientifique. Plus tard, avec l’aide de Sir W. Thomson et du professeur Lodgc, il en a trouvé une interprétation scientifique. C’est la formule bien connue du champ produit pour un soldnoldc. Supposons un électro-aimant courbe dont l’âme n’aurait de puissance ni pour augmenter le nombre de lignes créées par le fil, ni pour opposer de résistance à leur flux; supposons les faces extrêmes parallèles et séparées par une distance 2 6. L’intensité du champ entre les surfaces polaires est donnée en mesure absolue par
- 4 TZ P t o 1 2 0
- Si S est la surface de chaque pôle en centimètres carrés, le nombre total des lignes est
- _ P 10—1
- Expression qui peut être mise sous la forme
- . P
- 7 = 4 10— ‘ —-
- 20
- “S"
- D’autre part ~ est la longueur divisée par la surface,
- expression semblable pour la forme à celle qui sert à calculer la résistance électrique d’un conducteur quand les dimensions et la résistance spécifique de la matière sont connues.
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- Ces formules sont purement empiriques et s’appliquent à des dynamos constituées d'inducteurs en fer forgé bien affiné et d’armatures composées de fils ou disques en fer au bois.
- Car pour les machines à inducteurs en fonte, le coefficient affectant RP est 3 au lieu de 2, et dans la valeur de \ il faut prendre o,8 P au lieu de P.
- Dans les dynamos, telles qu’elles sont construites généralement, la résistance de l’espace libre est toujours beaucoup plus grande que celle des inducteurs ou celle de l’armature.
- Si on compare deux dynamos d’armatures identiques, l’une à double et l’autre à simple inducteur, la résistance magnétique de la dernière sera un peu supérieure à la moitié de la résistance de l’autre.
- Le nombre des lignes passant à travers l’inducteur simple est double du nombre des lignes de chaque fer à cheval de l’autre, et le travail d’excitation est, par suite, à peu près le meme pour les deux.
- Mais dans la machine à double inducteur, le travail d’excitation doit être dépensé dans chacun des deux fers à cheval, tandis que dans la machine à simple inducteur, la dépense ne doit être relative qu’à un fer à cheval de section double.
- Par suite, les longueurs de fil nécessaire dans les deux cas seront dans le rapport de 2 à \! z, c’est-à-dire qu’en employant un inducteur simple on peut économiser environ 25 o/o du fil, par rappoit à la machine à double conducteur.
- Cette considération nous a conduit à adopter des formes d’inducteurs que nous exposerons plus loin.
- On pourrait conserver quelques doutes sur la
- question de savoir si l’application de l’excitation à un seul côté, aurait pour effet de détruire la symétrie du champ et de produire des étincelles aux balais.
- L’expérience a prouvé qu’il n’en n’est pas ainsi, et que la^. e. m. de l’armature est pratiquement indépendante de la position du circuit excité.
- Nous avons fait des expériences en supprimant le courant dans le solénoïde supérieur ou extrême, et les solénoïdes latéraux, et en comparant les résultats avec ceux que l’on obtient dans les circonstances ordinaires quand les trois solénoïdes sont dans le circuit, on trouve ainsi que la f. e. m. dépend du travail total d’excitation, mais non de la position des solénoïdes excitateurs (*).
- Tel est aussi le cas dans d’autres machines, ainsi que le prouvent les excellents résultats obtenus par MM. Mather et Platt avec leur dynamo « Manchester ».
- Dans cette machine les solénoïdes excitateurs sont placés sur les parties du système inducteur qui dans les autres dynamos sont généralement constituées par les culasses.
- (A suivre).
- Gisbert Kapp.
- LES
- MACHINES A VAPEUR RAPIDES O
- MACHINES A SIMPLE EFFET
- Dans ce cas la résistance spécifique magnétique serait io io 2Ô , , .
- —, et représenteraient la résistance magnétique de
- l’espace libre. Dans une dynamo il y a deux espaces libres, chacun de l’épaisscu ô, la surface polaire étant ).f>, par 20
- suite-- multiplié par un coëfflcicntconstant domine la ré*
- A O
- sistancc de la portion du circuit magnétique qui est dans l'air. Il est naturel de supposer que les portions du circuit qui appartiennent au fer de l’armature et les inducteurs comportent une loi semblable, d’ou les expressions du texte. La relation entre P, R et \ a une grande analogie avec la loi de Ohm, dans laquelle on remplacerait la /. e. m. par le travail d’excitation, le courant par le nombre de lignes, et la résistance électrique par la résistance magnétique.
- M. Willans a récemment apporté à ses machines quelques perfectionnements ingénieux destinés à en augmenter l’économie et la régularité (a).
- La vapeur admise du générateur dans la chambre C (fig. i) pénètre d’abord dans lecylindre de haute pression, au-dessus du piston 6, par l’orifice c\ lorsque le piston d2, conduit par le
- (l'i line des dispositions adoptées par l'auteur présente deux inducteurs armés par une culasse portant un solé: noïde excitateur. C’est de ce troisième solénoïde dont parle l’auteur.
- (9 Voir La Lumière Electrique d’avril et mai 1884, 11 et 25 juillet i885.
- (») La Lumière Electrique du 25 avril 1884, -p. i"5.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- renvoi m. w. ou par un excentrique, découvre en montant la lumière c; puis le piston d2 s’abaisse et ferme la lumière c, en même temps que ^'laisse,
- lOJ/t(Qj©
- FIG. I. — WILLANS. COMPOUND A SIMPLE EFFET A DISTRIBUTION INTÉRIEURE
- par son mouvement de descente, la lumière c communiquer avec e2, et la vapeur passer ainsi, tout autour de la tige d3, du cylindre de hante pression au réservoir intermédiaire o, d’où elle est distribuée de même par, D2 D3 et D', au cylindre de basse pression ou de détente B.
- L’échappement s’opère du cylindre de détente dans l’atmosphère ou au condenseur par D' et par
- FIG. 2. — WILLANS. COMPOUND A SIMPLE EFFET A DISTRIBUTION INTÉRIEURE SANS RÉSERVOIR INTERMEDIAIRE
- les lumières A, lorsque legros piston les découvre vers la fin de sa course.
- FIG. 3 ET 4. — WILLANS ET ROBINSON. COMPOVKD A TROIS PAIRES DE CYLINDRES
- La distribution s’effectue donc toute entière par une série de quatre pistons d* d'D2 D', enfilés sur j une même tige et appuyés par la pression que la j vapeur exerce toujours sur le piston dz.
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- L’admission est coupe'e dans le cylindre de
- FIG. 5 ET 6
- basse pression au tiers environ de la course, et ce
- FIG. 7. — WILLÀNS. REGLAGE DE L’ADMISSION
- cylindre est environ trois fois plus grand que le cylindre de haute pression, de sorte qu’il ne se
- produit au re'servoir intermédiaire qu’une détente très faible.
- On retrouve sur ces moteurs l’amortisseur à air comprimé K, décrit à la page 181 de notre numéro du 25 avril 1884, l’emploi de cet amor-1 tisseur permet d’équilibrer les pièces animés de mouvements alternatifs, par une compression j d’air invariable à vitesse constante, quelle que j soit la puissance développée par le moteur, con-
- FIG. 8. — WILÏ.ANS. MOTEUR A ÉCIlArrEMENT INDIRECT
- dition difficile à réaliser pour la compression de la vapeur.
- Il est très facile d’ajouter au cylindre de basse pression un second réservoir, intermédiaire desservant un second cylindre de détente, de manière à marcher en triple expansion.
- On peut au contraire, si l’on ne détend que très peu au cylindre de basse pression, supprimer presque totalement le réservoir intermédiaire 0.
- La vapeur admise de C (fig. 2) au-dessus du piston b, passe alors, vers la fin de sa course, par c2, au-dessous du pistdn b, d’où elle s’en va, à
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- la seconde course descendante, agir par c;j c, au-dessus du gros piston B.
- construites par MM.Willans et Robinson, et dont
- KIG* 9- — J. PARKER.
- l’ensemble est représente' par les figures 3 et 4.
- Voici les principales dimensions des types de machines à trois paires de cylindres.compounds
- Les moteurs de M. Willans ont atteint un haut degré de perfection. Leur marche est silencieuse, régulière et très douce. Une machine de 8 à 10 chevaux sans condensation ne consomme guère plus de 12 kilogrammes de vapeur par cheval indiqué.
- Les diagrammes représentés par les figures 5 et 6 ont été relevés sur une machine à cylindres de 240 millimètres et de i5o millimètres de diamètre sur 240 millimètres de course. Le diagramme du milieu ou du réservoir intermédiaire indique combien la pression y demeure, pendant la course ascendante, invariablement égale à celle du petit cylindre.
- Les départs des courbes de détente sont nettement accusés et les contre-pressions presque nulles (<).
- On peut faire varier l’admission au petit cylindre en déplaçant sur le fourneau du petit piston un n manchon p (fig. 7) qui ferme plus ou moins vite l’orifice d’introduction de la vapeur e.
- M. Willans a aussi proposé de diminuer l’action fiuisible des parois en ne laissant pas la vapeur s’échapper directement du cylindre dans le condenseur. Sur la figure 8, qui se rapporte à une machine simple, la vapeur admise de C au-dessus du piston b par la lumière c' s’y détend jusqu’au bas de la course, où le piston d laisse, en découvrant c3, la vapeur passer en O, sous le piston b. Au commencement de la seconde course descendante, le piston D viendra occuper de nouveau la position, figurée, et laissera la vapeur contenue en O de s’échapper par c3 c,t dans la chambre P, en communication avec le condenseur.
- Diamètres ofloctif.i dos cylindre» de b u r r e p r e h s i 011 C 0 u r s 0 dos piston» T 0 u r » pur min u t 0 Puissances Indiquée.» sans condensation, aux pressions Initiales 0 11 d u c li a u d l è v e r de: D I M E N S 1 0 N S (FIG. 3 et 4)
- 4k 5<> 0k 8k5 A B c I) lï F
- O m 090 OmIOO 7C0 4e1' S G*'*1 75 9<,h 0 (>'"480 o"'33o On,Ql5 1 M,o5 o'"36o o"‘79
- 0 115 0 l3o 080 7 S J I O i5 0 0 TiOo n 405 .1 i5 I 25 0 480 I o5
- 0 140 0 i5o G20 i3 0 19 0 2G 0 O GOO 0 480 I 32 1 5<> O 540 I i5
- 0 i65 0 100 C20 l8 O 27 0 30 0 O 710 u 5oo 1 3o 143 O 58ü 1 23
- O 240 0 i5o 620 35 0 52 u 70 0 0 940 0 610 1 42 1 05 0 605 1 42
- (lj Engineering, 3 juillet 1885.
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- Machine L.ECOUTEUX et GARNIER
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les parois du cylindre moteur a conservent ainsi une température plus élevée que si la vapeur s’échappait du haut de ce cylindre dans une capacité
- directement en rapport avec le condenseur, mais il est difficile de prévoir à priori l’importance de l’économie qui pourrait en résulter.
- FIG. J 5.
- W. PORTER
- Les machines de M. Willans parfaitement équilibrées, lubrefiées et soignées dans tous leurs détails, ont mérité à leur ingénieux et persévérant auteur une médaille d’or à l’exposition des inventeurs de Londres.
- Elles se distinguent des plus honorablement iparmi les nombreuses machines à simple effet
- qui sollicitent aujourd’hui l’attention des ingénieurs électriciens.
- La distribution des machines à simple effet, de M. James Parker, analogue à celle des moteurs à gaz de Willans (') s’effectue (fig. 9) au moyen de
- (') Voir mon Traité des Moteurs à ga%, p. 21g.
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- deux soupapes a et e, l’une pour l’admission de la vapeur suivant AA', l’autre pour son échappement en E.
- Ces soupapes, solidaires du piston, sont actionnées par les talons b b' de la bielle motrice.
- MACHINES A DOUBLE EFFET
- La machine compound de M. W. Porter est caractérisée par l’emploi d’un tiroir auxiliaire g (fig. 5) qui, dans la position figurée, va fermer la lumière h dès que la vapeur atteindra, dans le réservoir intermédiaire RS et sous le gros piston M, la même pression qu’au-dessus du petit piston J,
- en interdisant ainsi toute communication entre les cylindres de haute et de basse pression.
- Le tiroir g met en même temps la vapeur qui reste encore dans le cylindre de haute pression en communication, par vY, avec le condenseur X. On évite ainsi d’avoir dans le petit cylindre, à partir du point où la pression atteint celle de l’admission au gros cylindre, une contre-pression égale.
- On peut reprocher à ce mode de distribution, analogue à celui des compounds à expansion continue de Nickolson (1) l’inconvénient d’exposer les parois du petit cylindre au refroidissement du condenseur.
- La distribution de la machine à grande vitesse-, de MM. Lecouteux et Garnier, s’effectue par deux pistons DD', (fig. 10) à segments guidés par des barreaux E disposés en lanterne autour de leur siège. ,
- Les pressions de la vapeur admise en F s’équilibrent sur ces pistons qui l’introduisent au cylindre et l’échappent par les mêmes conduites BB' en II'.
- L’excentrique L, entraîné (fig. i3 et 14) par son accouplement à rainure et languette M sur une glissière K reliée au volant J, peut, en même temps qu’il tourne, glisser sur K, suivant que son contrepoids O déprime plus ou moins le ressort N par sa force centrifuge.
- Ce déplacement de l’excentrique sur une glissière inclinée par rapport à son rayon en modifie le calage en même temps que l’excentricité de façon à maintenir l’avance à l’admission inva-
- riable pour tous les degrés de détente et de la compression, qui augmente avec la détente.
- En outre, l’action de ce régulateur est modérée par l’addition d’un amortisseur G (fig. 11 et 12) analogue à celui de la machine Ide (2) formé d’un piston relié à l’excentrique par sa tige T et se déplaçant dans un cylindre plein d’huile U, avec une résistance que l’on fait graduer au moyen de la vis Y.
- Les machines de MM. Lecouteux et Garnier, remarquables par leur bonne exécution, leur régularité et leur stabilité ont acquis en très peu de temps une excellente réputation, parfaitement justifiée.
- M. Baxter a aussi adopté un distributeur à
- (•) Inst, of Mechanical Engineers, janvier i852. — Brevet anglais 801, 2 avril i856.
- (2) La Lumière Électrique du 29 mars 1884, p. 571.
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- pistons équilibrés pour ses petites machines (fig. 18). Ainsi que l’indique la figure 16, la garniture des pispns du distributeur Baxter est formée de trois segments emboîtés C, reposant sur un large
- FIG. 22. MACHINE BALL^.ÇXCENTRIQ.'K
- segment D, conique et serré sur les premiers par l’entrée d’une bague E, réglée par les vis F.
- Le régulateur agit d’une manière analogue à celui de MM. Lecouteuxel Garnier, mais en commandant l’excentrique par un manchon qui rappelle celui de Fenby (').
- Le régulateur de la machine de la Taylor m -
- FIG. 23
- nujacturing Cu agit aussi (fig. 17 et 19) en déplaçant l’excentrique E autour du point G relié à la fente de la poulie B par l’action centrifuge des contrepoids F, ramenés par les ressorts I.
- L’excentrique porte un secteur denté K qui fait tourner dans le barillet rempli d’huile J une roue
- (l) La Lumière Électrique du 29 mars 1884, p. 566.
- à palettes dont la résistance amortit les oscillations du régulateur.
- La construction de cette machine, qui rappelle celle de la machine Ide est très simple et bien comprise, robuste et parfaitement accessible.
- On peut en dire autant de la machine de M. F.-H. Bail (fig. 20) dont le régulateur, dérivé de celui de Poncelet^) est des plus remarquables.
- FIG. 24
- Les boules PP', (fig. 21 et 22) dont les oscillations autour des points N et N' se transmettent à l’excentrique, ont leur force centrifuge équilibrée en partie par les ressorts R et R' en partie par l’efifort tangentiel de la poulie folle sur le manchon M, qui lui transmet la puissance de l’arbre moteur par le bras M', relié aux tiges des boules par les ressorts r et r.
- La régularisation s’opère donc en raison composée de la vitesse et de la charge du moteur, de
- FIG. 23
- sorte que l’on peut, par exemple, diminuer sa vitesse quand la charge s’abaisse et l’augmenter quand la charge s’accroît, ou enfin maintenir la vitesse sensiblement invariable malgré les varia-
- (l) Cours de Mécanique appliquée aux Machines. — — Edition Kretz, icr vol., p. 110.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tions simultanées de la pression de la vapeur et L’excentrique A (fig. 22) suspendu au levier B' de la charge. articulé au bras M' du régulateur est aussi en-
- 1 jj, 'Sj m £
- FIG. 2t)
- traîné avec un certain jeu autour de l’arbre moteur M, tandis que le plateau G est entraîné par
- des bielles articulées aux boules du régulateur, qui le déplacent ainsi autour de M.
- I)
- I)
- FIG. 2/, 28 KT 29
- Le disque C transmet ses déplacements à l’excentrique A par le piton F qui coulisse dans sa rainure excentrée F.
- Les machines de M. Bail fonctionnent, d’après
- M. Thurston, avec une régularité parfaite (*). Les diagrammes représentés par les figures 2 3,
- ') Stationary Stcam Engines, p. 146.
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- 24 et 2 5 ont été relevés sur une machine à cylindre de o,23o m. de diamètre sur 3oo millimètres de course.
- Le premier diagramme, ou diagramme de frottement en marche à vide (<), avec une pression d’admission de 5 kilogrammes par centimètre carré et une pression moyenne de 0,12 k.g., indique 1,86 cheval.
- Les caractéristiques des deux autres diagram-
- mes sont les suivantes :
- rig. 24 rig. 25
- Pression à la chaudière.......... 5,32 k.g. 6,10
- — moyenne effective.... 2,02 3,3o
- Puissance indiquée.............. 3i,23 54,27
- — au frein............ 3o 5o
- Le j-endement organique de la machine Bah
- Arri ire
- fig. 3o
- est donc très élevé. Sa vitesse de régime est de 3oo à 35o tours par minute (2).
- Nos lecteurs connaissent suffisamment la remarquable machine de Porter-Allen (3), pour qu’il soit inutile d’en présenter une nouvelle description à propos des expériences dont elle a été l’objet à l’exposition d’électricité de Philadelphie, et dont nous empruntons le compte rendu au journal de l’Institut de Franklin de février dernier.
- La machine soumise aux essais présentait les particularités suivantes :
- Cylindre
- diamètre
- course
- sections
- d = 290 m.m. I = 5io,
- A = 660 c.m3, /
- rf=1’76’
- rapport
- diamètre de la tige du piston
- d' = 45 m.m.
- (') Lumière Électrique du i3 décembre 1884, p. 411.
- (2) Antérican Machinist, 21 octobre 1882 et 18 août i883.
- (3) Lumière électrique, 2 septembre 1882, p. 233 et i5 mars 1884, p. 465.
- — du tuyau de prise de vapeur d“ = 13o.
- — du tuyau d’échappement d' = i3o. , d2
- rapports ^ = 42,
- dl
- dï
- 5,
- section des orifices d’admission a — 43,5 c.m2, — — d’échappement e = 70,
- A
- rapports — = 1 r»,5,
- = 9.43,
- = i,G5,
- — espace nuisible à l’avant 6,33 0/0 de la cylindrée,
- — — à l’arrière 6,61 0/0 —
- Poulie-volant : diamètre 1,67 mètres,
- — largeur o,38o mètres,
- — poids 450 kilogrammes,
- Poids de la machine : 2040 kilogrammes,
- Durée de l’essai : 9,57 heures.
- Tours par minute, moyenne : — 227,5,
- — variations en plus : ï, 18 0/0,
- — — en moins : 2,51 0/0.
- Vitesse moyenne du piston en mètres par seconde: 4 mètres. Puissance indiquée moyenne : P = 69,34 chevaux. Température moyenne de la vapeur à la machine 165 degr. Pression — — — 6,3o k.g.
- — — — à la chaudière 6,5o k.g.
- Résistance moyenne de la machine à vide R= 5,16 chev.
- Rapport
- — £=i3,3o.
- La vapeur renfermait en moyenne 7,56 0/0 d’eau entraînée, d’après les indications peu exactes d’un calorimètre de Barrus.
- Les principales circonstances de l’essai sont représentées par le graphique de la figure 26, dont la base est divisée en intervalles de dix minutes, et dont les autres indications s’expliquent d’elles-mêmes.
- La figure 3o représente le diagramme moyen des essais; les tracés pointillés représentent les courbes hyperboliques de détente et de compression.
- La dépense moyenne d’eau par cheval et par heure est de 20 kilogrammes.
- L’extrême régularité de la rotation de la machine Allen est représentée par les courbes des figures 27 à 29 obtenues en portanten ordonnées les longueurs occupées aux différents points de la circonférence de l’arbre moteur par la vibration d’un diapason vibrant parallèlement à cet arbre.
- Les ordonnées D correspondent aux points morts.
- Gustave Richaud.
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- 55o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- SUR UN PROJET
- DE
- TRAMWAY ÉLECTRIQUE
- Considérations générales
- La traction animale des tramways est un mode d’exploitation extrêmement onéreux, cela n’est mis en doute par personne. Cependant tous les essais tentés jusqu’à présent pour appliquer la puissance mécanique à cette branche particulière du transport des voyageurs sont restés infructueux et ont été presque complètement abandonnés.
- Sans vouloir ici énumérer les causes diverses de l’insuccès pratique d’une idée rationnelle, on peut cependant l’attribuer presque exclusivement aux inconvénients qui résultent de la présence continuelle de machines à vapeur sur des voies où la circulation atteint à certaines heures une intensité voisine de l’encombrement.
- L’impossibilité où l’on se trouve d’employer ces diminutifs de locomotives à foyer et à échappement, sur la voie publique, a poussé les chercheurs à supprimer ces défauts inhérents à la machine des chemins de fer et l’on a créé des types de moteurs à eau chaude et à air comprimé.
- Alors de nouvelles difficultés ont remplacé les difficultés anciennes : ces machines ne pouvaient effectuer qu’un parcours limité et les frais de traction atteignaient, sans grand profit, un chiffre aussi élevé que celui résultant de la traction animale.
- Un système qui arriverait à la fois à supprimer, la traction des chevaux, à diminuer, par ce fait même, les lourdes charges d’amortissement qui résultent des risques de maladies et d’épidémie et de l’immense emplacement occupé par les écuries, les remises et les magasins à fourrage; qui loin d’augmenter l’encombrement sur la voie publique réduirait au seul volume utile, l’espace occupé par les véhicules, en remplaçant à la fois chevaux et machines ; qui présenterait enfin une - économie sérieuse sur les frais généraux de traction et d’exploitation; un tel système, disons-nous, aurait résolu la question chaque jour plus importante des [transports à bon marché dans les grands centres.
- Traction électrique
- Au point de vue spécial de la locomotion urbaine, la traction électrique présente évidemment sur tous les autres systèmes d’immenses avantages, absence de fumée et de bruit, emplacement insignifiant occupé par les moteurs, centralisation de la force, souplesse dans l'effort à obtenir, facilité de conduite, exclusion de dangers sur la voie publique, tout semble concourir pour indiquer que c’est bien là qu’il faut chercher la solution du problème des transports de voyageurs dans les villes.
- Nous trouvons dans La Lumière Électrique des 3, io, 17, 24, 3i janvier, 14 février, 7 et 14 mar~
- FIG. I
- 1885, une Etude comparée des divers procédés de traction applicables sur les voies ferrées.
- Cette étude est complète et les conclusions des auteurs sont tout en faveur de la traction électrique.
- Restent à trouver les moyens pratiques d'une application journalière.
- Il faut bien avouer que jusqu’à présent les résultats obtenus n’ont pas été à la hauteur du but à atteindre; mais cela tient, non pas au principe qui est fécond et juste, niais à des détails d’application dont les difficultés n’ont pas été vaincues. C’est donc sur ces détails qu’il faut s’apesantir, et c’est dans la façon plus ou moins heureuse dont ils seraient étudiés et compris que l’on doit trouver la réussite.
- C’est à ce point de vue que nous nous sommes placés, heureux si la solution que nous apportons permet enfin la réalisation si importante de la traction électrique des tramways.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 55r
- Traction par accumulateurs. — Traction par transmission directe.
- Deux systèmes sont en présence : ou bien l’énergie électrique est fournie à la machine motrice par des accumulateurs portés, soit dans la voiture, soit sur un truck constituant locomobile, ou bien le moteur prend directement le courant sur les condtcteurs disposés le long de la ligne.
- Dans l’état actuel, les accumulateurs ne nous paraissent pas répondre aux conditions exigées.
- En dehors des inconvénients résultant du transport sur la voie publique de liquides corrosifs, dangereux pour les voyageurs et même pour les piétons, ce système présente le défaut considérable de surcharger les frais d’exploitation du transport continu d’un poids mort plus important que celui même des voyageurs.
- Il y a là un vice des* plus graves qui ne disparaîtrait qu’avec l’invention d’accumulateurs emmagasinant, sous un très faible poids, une grande quantité d’énergie électrique.
- Jusque là, ce mode de traction est condamné par la théorie et par l’expérience.
- Au point de vue du rendement, et toujours dans l’état actuel des choses, le chargement des accumulateurs est fort coûteux, comme toute transformation de force.
- Il semble donc indiqué que la transmission directe soit le meilleur mode de propulsion à utiliser.
- On recueille, en effet, .ur la machine réceptrice 5o o/o au minimum de l’énergie produite par la génératrice, soit en somme 36 o/o au minimum du travail de la machine à vapeur initiale.
- FIG. 3
- Même dans ces données, et incontestablement ij est facile d’obtenir plus de 36 o/o, l’emploi de la traction électrique serait encore bien plus avantageux que les autres modes actuellement en usage, ainsi que nous l’établirons plus loin.
- Malgré l’ééonomie qui résulterait de cette substitution, il n’existe cependant pas encore d’exploitation importante de tramways électriques.
- C’est qu’en effet intervient ici la question de détail, à laquelle nous faisons allusion plus haut. On sait qu’il serait avantageux de transmettre au véhicule l’énergie électrique produite à l’usine, mais les moyens de transmission connus sont trop imparfaits pour que l’on ose établir sur des bases aussi aléatoires une exploitation journalière d’une grande importance.
- Ainsi qu’il résulte de l’expérience du tramway installé aux Champs-Elysées, lors de l’Exposition d’Electricité, le fil aérien est inadmissible, et ce qui était incommode seulement sur ce petit par-
- cours deviendrait tout à fait impraticable dans les rues et ne serait certainement pas toléré par l’Administration.
- En dehors même de cette raison, il a été démontré que la prise du courant ne s’effectuait pas d’une façon suffisamment régulière pour assurer convenablement un service public.
- Reste la transmission par l’intermédiaire du rail employé comme conducteur.
- Ce dernier mode est à rejeter complètement pour plusieurs raisons :
- i° Insuffisance de contacts par interposition de la boue et des poussières entre le conducteur et les collecteurs ;
- 2° Difficultés d’isolement de la voie;
- 3° Danger de faire passer des courants électriques dans des conducteurs placés à la porée du public.
- Là cependant se trouve la solution de la question; il fallait vaincre la difficulté, et nous
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- 55s
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- croyons avoir triomphé par l’adoption des procédés que nous allons exposer.
- Exposé du système. — Éclairage public et privé.
- — Distribution de force motrice à domicile. —
- Prix de revient de la voie.
- Partant de ce principe qu’il faut éviter l’établissement de fils sur la voie publique et que la transmission par le rail lui-même est à la [fois inefficace et dangereuse, nous avons étudié une voie qui donne l’isolement complet du câble, l’indépendance du rail, et la sécurité la plus absolue pour le public.
- Comme on le voit en se reportant aux figures i, 2 et 3, notre voie se compose de rigoles en fonte formant coussinets et supports des rails.
- Leur dispssition particulière est telle que leur présencs ne modifie en rien l’aspect actuel du sol, sauf que la voie ainsi obtenue sera beaucoup plus rigide que la voie actuelle, et, par conséquent, offrira au roulement des véhicules une résistance bien moindre.
- Dans ces rigoles, à l’abri de tout contact extérieur, garanti de la boue, règne sur toute la longueur et rigoureusement isolé, un câble sur lequel les collecteurs de la voiture viennent, en pénétrant entre la rainure constituée par l’intervalle du double rail, recueillir le courant pour le transmettre à la réceptrice.
- Les rigoles sont assez larges et profondes pour faciliter leur nettoiement, qui s’effectue au moyen de râclettes en caoutchouc et de balais appropriés.
- D’espace en espace sont ménagées des communications directes avec l’égoût dans lequel viennent tomber les boues et ordures chassées par les raclettes et qui ne peuvent jamais atteindre qu’ac-cidentellement et sans inconvénient le niveau du conducteur.
- La parfaite propreté des rigoles sera aisément obtenue par quelques chasses d’eau, si on le désire.
- Enfin, sur les câbles isolés, on pourra au besoin établir des prises de courant, tant pour l’éclairage des voitures et des stations que pour l’éclairage public et privé, et la distribution de force motrice pourra se faire aussi bien dans les maisons que sur les roues du tramway, simple question de puissance des usines centrales.
- L’établissement d'une semblable voie ne serait pas très coûteux; il n’atteindrait pas cent francs le mètre courant de voie simple, tout compris, ainsi qu’il ressort des détails ci-dessous :
- 240 kilogrammes fonte à i5 francs ... 36 francs
- 60 — fer, à i5 frans.... 9 —
- 3 — cuivre, à 2 francs... 6 —
- 12 mètres cubes béton, à 20 francs.. 10 —
- Pavage, pose, imprévu............... 19 —
- Total..... 80 francs
- Partant de ces données et considérant que les frais généraux d’exploitation et l’amortissement du capital engagé sont les mêmes que ceux existants à la Compagnie générale des Omnibus il est aisé de faire ressortir l’avantage incontestable de la traction électrique sur la traction animale.
- Légende explicative et description détaillée du système
- La voie de roulement se compose de deux rails creux en fonte; chacun d’eux supporte deux rails à champignon en acier semblables, R et R' laissant entre eux un intervalle longitudinal pour le logement des boudins, des roues, et le passage des tiges du collecteur du courant B (fig. 1) et des raclettes et balais CD (fig. 2).
- Les rails RR' sont fixés à la partie supérieure, convenablement entaillée dans ce but, d’une rigole en fonte A qui règne sur toute la longueur de la voie.
- La rigole A est formée par l’assemblage d’une série de pièces de fonte assemblées bout à bout et qui reposent sur une couche de béton (1).
- Le tout constitue une voie très solide et inébranlable dans son ensemble, les rails se trouvant éclissés naturellement et sur toute leur longueur.
- C’est dans cette rigole et sous l’abri formé par une saillie a, constituant coupe-gouttes, que règne, sur toute la longueur de la voie, le conducteur F, monté sur une paroi isolante G (%• 2)-
- Les boues et immondices de la rue qui tombent par la rainure dans la rigole A sont chassées par les raclettes G et les balais D jusqu’aux conduits H ménagés de distance en distance et communiquant avec les égouts ou des fosses spéciales creusées à cet effet, par des tuyauxen poterie J (fig. 2).
- Ces dispositions ont pour but d’empêcher les
- P) Des expériences très récemment faites par la Compagnie des Omnibus, à l’occasion de l’étude d’un nouveau rail (rail Massillon) ont démontré l’inutilité des traverses, que nous avons par conséquent supprimées.
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- 5 53
- boues d’atteindre les conducteurs F et de permettre d’assurer la propreté des rigoles par des lavages ou des chasses d’eau.
- Le courant arrivera donc à la machine motrice disposée sous la voiture, par l’intermédiaire du collecteur B (fig. i) dont la tige sera montée sur un léger bâti relié aux essieux afin que sa hauteur relative ne varie pas, et que le contact soit toujours convenablement assuré.
- Cette tige portera à son extrémité inférieure,
- FIG. 3
- soit un galet b tangent à l’une des faces de la rigole de fonte, soit tout autre dispositif qui forcera le balai collecteur à toujours frotter sur le collecteur F.
- Après avoir produit son effet dynamique sur la machine réceptrice, le courant sera ramené à la génératrice, par un ensemble de dispositions symétriques.
- L’employé mécanicien aura sous la main un manipulateur lui permettant d’introduire dans le circuit les résistances nécessaires aux différents degrés d’efforts ou de vitesses à obtenir ainsi qu’un frein pour les roues.
- Cette disposition de voie permettra, au besoin, sur tout le parcours de la ligne, d’organiser des prises de courant pouvant porter dans les maisons particulières, soit l’éclairage, soit la force motrice, ou toute autre transmission électrique, sans danger pour le public.
- Etude technique. — Détermination de la puissance mécanique
- Examinons successivement, au point de vue technique, la puissance des machines nécessaires à l’exploitation d’une ligne type de 6 kilomètres par exemple.
- Supposons un départ toutes les 5 minutes, et le parcours total effectué en 40 minutes, nous aurons à la fois sur chaque ligne 8 voitures, soit 16 pour le service complet, aller et retour.
- Etant donné que le travail moyen à développer est de 4 chevaux par voiture, que l’on récupère par les pentes une partie de la force dépensée dans les rampes, que toute la ligne étant en service en même temps, le travail à fournir par l’usine reste très sensiblement constant; si l’on est en mesure d’avoir disponible sur le câble une énergie électrique correspondant à 4,5 chevaux par voiture, soit :
- 4,5 x 16 = 72 chevaux
- on pourra répondre à toutes les exigences du service.
- Or, 72 chevaux disponibles sur les roues du véhicule représentent, par suite des pertes dues aux différentes transformations, 36 0/0 de la puissance réelle à développer. Il, faudra donc que la station des machines soit en mesure de donner :
- 72 X IOO ,
- '—------= 200 chevaux
- .10
- notons que ce chiffre est un maximum, et qu’il n’y aura probablement pas lieu de l’atteindre pendant l’exploitation.
- Détermination de la puissance électrique
- Partant de la formule :
- El
- W = k. g. m.
- 9,81
- c'est-à-dire que le produit d’un volt par un am-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- père donne 9,81, soit en chiffres ronds, 1/10 de kilogrammètre, et nous interdisant de dépasser une tension de 200 volts, voyons quelle intensité correspondrait à cette tension pour développer une énergie électrique de 80 chevaux, chiffres ronds, sur les roues du véhicule.
- Si nous supposons que la machine réceptrice rend seulement 5o 0/0 de l’énergie électrique produite par la machine génératrice, il devra passer par nos conducteurs un courant correspondant à :
- 80 x 2 = 160 chevaux 160 x 75 = 1200 k. g. m.
- soit 120,000 unités d’énergie électrique qui représentent le produit des volts par les ampères.
- Étant donné que nous avons une tension de 200 volts maxima, l’intensité du courant sera :
- 200
- Comparaison de la traction électrique à la traction animale
- Des chiffres exposés dans le rapport du conseil d’administration de la Compagnie générale des Omnibus, il résulte que pendant l’année 1884, les voitures de tramways ont effectué chacune un parcours journalier moyen de 94,507 k.m. ce qui en tenant compte des rampes et des démarrages, correspond à peu près à un travail total de 9,000,000 de kilogrammètres.
- Si nous nous basons sur cette estimation que nous recueillerons au minimum 36 0/0, soit i/3 environ seulement de la force initiale, les machines à vapeur devront fournir journellement pour une voiture.
- 27.000.000 de k. g. m., soit en chevaux-heures de
- 75 x 36oo = 270.000 le. g, m.
- 27.000.000 . ,
- —L-------= 100 chevaux-heure
- 270.000
- i° Or, 100 chevaux-heure, estimés à 10 centimes y compris l'intérêt, l’entretien, l’amortissement de la machinerie et des dynamos, représen-' tentune dépense journalière de 100X0,10. 10 fr.
- 20 Part de loyer qui changera complètement en raison du peu d’espace nécessaire à l’installation des machines et que nous évaluons cependant à plus de 2 5 0/0 du
- loyer actuel................................ 3
- 3° Graissage et nettoyage des conducteurs électriques et des balais............. 3
- 40 Entretien et amortissement journalier des dynamos-transmetteuses, usure des accumulateurs placés à l’usine ainsi que ceux servant à l’éclairage des voitures
- et des stations.......................... 6
- 5° Imprévu.............................. 4
- Nous trouvons un total de............ 26 fr.
- par journée de voiture. D’autre part, une journée de voiture-tramways coûte en moyenne à la compagnie générale des Omnibus de Paris, d’après le rapport de 1884, la somme de 58,22 fr.
- Nous aurons donc une différence de 32,22 fr. par journée de voiture soit en chiffres ronds 5 5 0/0 de différence.
- Nous pensons donc que la question devient alors trop importante pour que l’on ne cherche pas à en opérer la réalisation par tous les moyens pratiques.
- J. B. Berlier.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Synthèse de l’acide mellique et des autres acides benzo-carboniques en électrolysant l’eau avec des électrodes de charbon; par MM. A. Bar-toli et G. Papasogli (').
- La synthèse la plus intéressante qu’on ait faite est celle de l’acétylène obtenue par M. Berthelot.
- Des considérations théoriques et des études précédentes sur les polarités galvaniques nous ont conduits, en 1879 (2), à la synthèse de l’acide mellique dans des conditions très simples.
- Nous avons obtenus l’acide mellique C12Hc012, ainsi que les autres acides benzocarboniques, en employant tout simplement l’eau distillée, du charbon très pur et une puissante batterie électrique à grande force électromotrice.
- Les charbons que nous employantes étaient de cornue, ils avaient la forme de longues et minces baguettes que nous purifiâmes préalablement avec les alcalis, les acides et puis avec le chlore à haute température. Brûlé avec, l'oxygène , ce charbon
- () Annales de Chimie et de Physique, Tome VII, p. 349. (2) Nuovo Cimento, 3“ série, l. VIII, p. 278 (Comptes rendus, t. XCIV, p. 1 339).
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- ne donna pas quantité appréciable d’hydrogène.
- L’eau qui nous a servi a été distillée dans le laboratoire chimique de M. le professeur E. Bechi.
- La pile était composée d’un grand nombre d’éléments Poggendorff et Bunsen; la force électromotrice de l’ensemble de ces éléments était à peu près 1200 daniells.
- La capacité du voltamètre avec lequel nous avons opéré était de 5 litres et il contenait 3 litres d’eau dans laquelle plongeaient une large lame de platine comme électrode négative et trois baguettes de charbon pour électrode positive.
- Le voltamètre, qui était refroidi avec de l’eau glacée, a été traversé pendant quarante-huit heures par le courant; le liquide prit, après les premières vingt-quatre heures, une légère coloration brune ; à la fin de l’expérience il était presque noir et avait acquis une légère réaction acide, qui réduisait de beaucoup sa résistance électrique.
- En outre, la conductibilité du liquide nous permit de diminuer le courant à ioo bunsens, qui fonctionnèrent jusqu’à quatre-vingt-quatorze heures ; après ce temps, le liquide étant devenu bon conducteur, 40 éléments bunsen suffirent alors; et après cinq jours 20 bunsens seulement pendant un mois.
- A la fin de l’expérience le charbon était entièrement désagrégé et au fond du voltamètre se trouvait un abondant dépôt, tandis que le liquide était devenu noir et fortement acide.
- La forme acquise par le charbon était celle d’un cône renversé ; on pouvait remarquer sur la surface des points très irisés.
- Pendant l’expérience, nous recueillîmes et analysâmes les gaz développés aux électrodes : au pôle négatif on a trouvé seulement de l’hydrogène en volume égal à celui qui se développa dans un voltamètre normal introduit dans le même circuit : au pôle positif (charbon), le volume gazeux développé a été moins de la moitié de celui de l’hydrogène» et il était composé d’un mélange de CO2, CO et très peu d’oxygène.
- Séparé par décantation, le liquide noir du dépôt charbonneux, réuni au fond du voltamètre et additionné de l’eau de lavage du même dépôt, a été évaporé à la concentration d’un litre; à ce degré de concentration il déposa une matière noire que nous appelâmes mellogène, parce qu’après une oxydation on peut la transformer en produits de la série des acides benzocarboniques et spécialement en acide mellique. Nous nous occuperons de cette matière dans un Mémoire ultérieur.
- La liqueur de laquelle nous séparâmes le mel-logène était fortement acide et colorée en rouge foncé; nous y avons trouvé quatre acides libres, F, <p, K, L, que nous séparâmes l’un de l’autre d’après la différente solubilité des sels.
- En neutralisant le liquide acide avec une solution d’hydrate barytique, on obtient un abondant précipité d’un mélange des sels barytiques de F, :p, K. Les sels barytiques étaient changés en sels de soude par le carbonate de cette base.
- Après les avoir acidulés avec l’acide acétique, ils furent additionnés d’une solution d’azotate calcique : il se produisit un abondant précipité qui augmenta pendant le repos (sel calcique de F). Après vingt-quatre heures, nous avons séparé le liquide acide du précipité, et ensuite, ayant neutralisé la liqueur avec l’hydrate de soude, nous avons ajouté à la solution de l’acétate de plomb.
- Le précipité obtenu fut traité par l’acide suif-hydrique, et la liqueur acide obtenue nous donna avec l’ammoniaque deux sels : l’un cristallin (cp), l’autre incristailisable (K).
- On obtient le quatrième acide L du liquide neutralisé dans lequel on a obtenu les sels barytiques F, <p, K, en le traitant avec le chlorure de fer.
- Les propriétés et les analyses de ces acides et de ces sels nous ont conduits à les regarder comme les acides mellique (F), pyromellique (cp), hydromellique (K), hydropyromellique (L).
- L’acide F, obtenu en décomposant son sel d’argent avec l’acide chlorhydrique, est blanc, pulvérulent, bien soluble dans l’eau; mais on ne le retire pas cristallisé de sa solution aqueuse. Il est soluble dans l’alcool à froid, et la solution alcoolique donne par une lente .évaporation l’acide cristallisé en aiguilles soyeuses. L’alcool bouillant le transforme en une matièie de couleur caramel. A 100 degrés centigrades, il ne perd pas de poids. A une température plus élevée, il se carbonise et une portion se sublime. Il est soluble dans l’acide sulfurique concentré et chaud sans le colorer. Il ne se dissout pas dans l’acide azotique et il se combine avec les alcalis en donnant des sels cris-tallisables. Son sel de soude chauffé avec de la chaux produit du benzol. Son sel ammoniacal est très bien cristallisé : système orthorombique. Il perd de l’eau de cristallisation facilement à la température ordinaire. Ses cristaux chauffés à 1 5 5 degrés centigrades, dans une étuve à air, sont décomposés en deux substances, l’une soluble et l’autre insoluble dans l’eau. La première est l’a-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- eide euchroïque. On peut facilement constater sa présence au moyen de la réaction caractéristique trouvée par Woehler, c’est-à-dire qu’une goutte de solution appliquée sur une lame de zinc se manifeste par une très belle tache bleue, qui passe au cramoisi avec les alcalis. La substance insoluble est la paramide.
- La solution aqueuse des sels ammoniacaux de l’acide F donne avec le sulfate de cuivre un précipité bleu-ciel, gélatineux, qui cristallise lentement.
- Avec une solution ammoniacomagnésienne, on obtient un précipité blanc cristallin (Claus et Pope); avec le chlorure de calcium un précipité blanc, cristallin, insoluble dans l’acide acétique.
- Toutes ces réactions et les analyses suivantes nous ont convaincu que l’acide F était de l’acide mellique.
- Analyse de l’acide F.
- I. o, 1B00 gr. d’acide libre, séché sur acide sul-
- furique ont donné :
- CO2. .............. 0,2800 gr.
- H20................ o,o3oo
- c’est-à-dire
- C..................... 42,42 0/0
- H...................... 1,81
- IL 0,2010 gr. d’acide libre ont donné :
- CO2................ o,3io2 gr.
- H20.................. 0,3260
- c’est-à-dire
- C.................. 42,10 0/0
- H...................... 1,80
- III. o,253o d’acide libre ont donné':
- CO2................... 0,3910 gr.
- H20................... 00,428
- pour cela nous avons
- C..................... 42,15 0/0
- H...................... 1,88
- IV. o,3oio gr. d’acide libre ont donné :
- CO2.................. 0,4638 gr.
- H20.................. 0,0488
- c’est-à-dire
- G..................... 42,02 0/0
- H...................... 1,80
- V. 0,1990 gr. d’acide libre ont donné :
- CO2.................. 0,3087 gr.
- H20.................. 0,0342
- c’est-à-dire
- C..................... 42,31 0/0
- H...................... 1,91
- VI. 0,1760 gr. d’acide libre ont donné :
- CO2.................. 0,2726 gr.
- HaO.................. 0,0290
- c’est-à-dire
- C..................... 42,24 0/0
- H...................... i,83
- L’acide mellique a pour formule C12 H® O13,
- et contient
- C.................. 42,10 0/0
- H.................. 1,75
- Analyse du sel d’argent de l’acide F.
- I. o,8o32 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés
- ont donné :
- CO2................ o,4-3o5 gr.
- c’est-à-dire
- C.................. 14,62 0/0
- IL 0,4160 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- CO2................ o,2i3ogr.
- c’est-à-dire
- C.................. 14,1 o 0/0
- III. 0,7260 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- CO2................... 0,3900 gr.
- c’est-à-dire
- C..................... i4>65 0/0
- IV. 0,4080 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- CO2................... 0,2220 gr.
- c’est-à-dire
- C.................. 14,840/0
- V. 0,7062 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- CO2/.................. 0,3780 gr.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- c’est-à-dire
- C................... 14,60 0/0
- VI. o,4o3o gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- CO2................. 0,2220 gr.
- c’est-à-dire
- G....................... 14,890/0
- VII. 0,2273 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- CO2................. o, 1209 gr.
- c’est-à-dire
- C................... 14,5 1 0/0
- VIII. o,9035 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- CO2................... 0,4823 gr.
- c’est-à-dire
- C...................... 14,56 0/0
- IX. 0,1820 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- Argent métallique, o, ii95gr. c’est-à-dire
- Ag..................... 65,48 0/0
- X. 0,2052 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- Argent.............. o, i35ogr.
- c’est-à-dire
- Ag.................. 65,80 0/0
- XI. 0,1953 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- Argent.............. o, 1284 gr.
- c’est-à-dire
- Ag.................. 65,74 0/0
- XII. 0,2163 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- Argent.............. o, 1425 gr.
- c’est-à-dire
- Ag.................. 65,87 0/0
- XIII. 0,3028 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- Argent............. o, 1991 gr.
- Ag ... .......... 65,76 0/0
- XIV. 0,3245 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- Argent............. o,2i32gr.
- soit
- Ag................... 65,69 °/°
- XV. 0,2068 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- Argent. . .'....... o, 136x gr.
- c’est-à-dire
- Ag.................. 65,81 0/0
- XVI. 0,2375 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- Argent............. 0,1565 gr.
- c’est-à-dire
- Ag................. 65,90 0/0
- Le mellate d’argent séché à 100 degrés a pour formule
- C,2Ag0O'2,
- et contient
- C ................. 14,63 0/0
- Ag................. 63,85
- Analyse du sel de calcium de l’acide F.
- I. 0,2790 gr. de sel de calcium séché à 145 degrés ont donné :
- CaO.................... o,io3ogr.
- c’est-à-dire
- Ca................. 26,36 0/0
- II. 0,3070 gr. de sel de calcium séché à i5o degrés ont donné :
- CaO................ o, n34gr.
- c’est-à-dire
- Ca.................... 26,38 0/0
- III. 0,223o gr. de sel de calcium séché à 140 degrés ont donné :
- CaO................ 0,082 1 gr.
- c’est-à-dire
- Ca................. 26,3o 0/0
- IV. 0,2101 gr.de sel de calcium séché à i5o degrés ont donné :
- CaO................... 0,0772 gr.
- c’est-à-dire
- Ca
- soit
- 26,24 0/0
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-
-
- 558
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- V. 0,2475 gr. de sel de calcium séché à i5o degrés ont donné :
- CaO................ 0,0912 gr.
- c’est-à-dire
- Ca................. 26,31 0/0
- VI. 0,3364 gr. de sel de calcium séché à 162 degrés ont donné :
- CaO................... o, i235 gr.
- c’est-à-dire
- Ca................... 26,22 0/0
- VII. o,3oi3 gr. de sel de calcium séché à 145 degrés ont donné :
- CaO................... o, 1104 gr
- c’est-à-dire
- Ca.................... 26,18 0/0
- VIII. 0,3569 gr. de sel de calcium séché à i5o degrés ont donné :
- CaO................... o, 1 312 gr.
- c’est-à-dire
- Ca.................. 26,25 0/0
- Pour ne pas être trop prolixes, nous dirons seulement que les analyses des sels de baryum, de plomb, de cuivre, ainsi que la détermination de l’eau de cristallisation confirment la présence de l’acide mellique.
- L’acide est bien cristallisé et soluble dans l’eau et dans l’alcool. Il fond à 260-280 degrés. On peut l’obtenir en décomposant son sel d’argent. Il se combine avec les alcalis et la combinaison est cristallisable ; il ne donne pas de précipité avec le sulfate ferreux et de magnésie. Le sel d’argent chauffé avec l’iodure d’éthyle à 100 degrés centigrades dans un tube fermé à la lampe nous a fourni un produit insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’alcool, qui cristallise en aiguilles incolores, fusibles au-dessous de 100 degrés centigrades.
- Tous ces caractères appartiennent à l’acide pv-romellique et les analyses suivantes confirment que <p est l’acide susdit.
- I. 0,260 gr. d’acide libre séché sur acide sulfurique ont donné :
- CO2................ 0,3920 gr.
- H20................ 0,075
- c’est-à-dire
- G................. 4L12 °/°
- H................. 3,206
- L’acide pyromellique séché à la température ordinaire a pour formule
- G1'»H«08X2 h2o,
- et contient
- C................. 41,38 0/0
- H................. 3,45
- IL 0,1117 gr. d’acide séché à 120 degrés centigrades ont donné :
- CO2............... o, 192 gr.
- H20............... 0,025
- c’est-à-dire
- C.......1......... 47,18 0/0
- H................. 2,5o
- III. 0,1915 gr. d’acide séché à 120 degrés ont donné :
- CO2............... 0,332 gr.
- HO2............... 0,043
- c’est-à-dire
- C.................... 47»28 0/0
- H.................... 2,49
- L’acide pyromellique séché à 120 degrés perd
- les deux molécules d’eau, et G10 HG08 donne
- C................. 47,24 0/0
- H.................... 2,36
- IV. 0,2115 gr. de sel d’argent séché à 120 de-
- grés centigrades ont donné :
- Argent métallique . 0,1 335 gr.
- c’est-à-dire
- Ag................. 63,12 0/0
- V. 0,317 gr. de sel séché à 120 degrés centigrades ont fourni :
- Argent métallique . 0,2005 gr.
- c'est-à-dire
- Ag.................... 63,25 0/0
- Le pyromellate d’argent G10 H2 Ag103 contient :
- Argent.......... 63,3q 0/0
- VI. 0,207 gr. de sel de plomb séché à 200 degrés centigrades donnèrent :
- PbO................ o, 135 gr.
- c’est-à-dire
- Pb................. 60,5o 0/0
- Le pyromellate de plomb séché à 200 degrés centigrades a pour formule
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-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 55g
- C<°H2Pb208 + H20.
- et contient
- Pb............... 60,70 0/0
- (Voir Gmelin, Organ. Chem. Supplément Band, Abt., S. 745-746).
- VII. 0,207 gr. de sel de plomb séché à 200 degrés ont donné :
- CO2................ o, 132 gr.
- HaO................... 0,0110
- c’est-à-dire
- C ................. 17,3g 0/0
- H.................. 0,597
- Le pyromellate de plomb séché à 200 degrés C'uH2Pb20! + H20
- contient
- C .................... 17,59 0/0
- H.................. o,586
- L’acide K est gommeux, il se combine avec les alcalis et forme des sels cristallisables.
- La solution de ses sels neutres donne des précipités avec les sels de calcium et de baryum ; ces précipités sont solubles dans l’acide acétique.
- Les propriétés susdites et les analyses suivantes prouvent que K est l’acide hydromellique.
- I. 0,207 gr. d’acide séché sur acide sulfurique ont donné :
- CO2................ o,3 121 gr.
- H202................ 0,0671
- c’est-à-dire
- C..................... 41,12 0/0
- H...................... 3,6o
- IL o, io3i d’acide ont donné :
- CO2................ o, 1558 gr.
- H20.................. o,o335
- c’est-à-dire
- C..................... 41,20 0/0
- H...................... 3,62
- L’acide hydromellique C12 H12 O12 contient
- C.................. 41,38 0/0
- H...................... 3,45
- III. 0,1017 de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- Argent métallique.. o,665 gr. c’est-à-dire
- Ag.................... 65,39 0/0
- IV. 0,253 1 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- Argent métallique.. o, i656 gr. c’est-à-dire
- Ag................. 65,44 0/0
- V. 0,2855 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés centigrades ont donné :
- CO2................ o,i55o gr.
- HaO................ 0,015o
- c’est-à-dire
- C ................. 14,80 0/0
- H.................. 0,584
- VI. o,32o gr. de sel d’argent séché à 100 degrés ont donné :
- CO2................. o, 169 gr.
- H20................. 0,0179
- c’est-à-dire
- C . ................. 14,40 0/0
- H..................... 0,62
- L’hydromellate d’argent C12 H(’Ag° O12 contient
- Ag................... 65,45 0/0
- G.................... 14,54
- H..................... 0,60
- VIL o,36g5 de sel de plomb séché à 100 degrés ont donné :
- PbO................ o,2565 gr.
- c’est-à-dire
- Pb.................... 64,44 o/o
- VIII. o,3 100 gr. du même sel ont donné :
- PbO................ 0,2 155 gr.
- c'est-à-dire
- Pb.................... 64,53 0/0
- IX. 0,3480 gr. du même sel ont donné :
- CO2................... 0,2950 gr.
- H20................... 0,0260
- c’est-à-dire
- C..................... 14,68 0/0
- H.................. o,53
- X. o,3q.7o gr. du même sel donnèrent :
- GO2................ o, 1890 gr.
- HaO................ 0,0210
- c’est-à-dire
- G..................... 14,85 0/0
- H.................. 0,673
- 65,39 °/°
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- 56ô
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- XI. o,395o gr. du même sel donnèrent :
- CO2.................... 0,2160 gr.
- H20.............. o,o23o
- c’est-à-dire
- C....................... l4i91 °l°
- H................ 0,647
- L’hydromellate de plomb contient :
- C.................. 14,94 o/'o
- H................•. 0,623
- Pb................. 64,49
- L’acide L est hygroscopique, ses sels sont presque tous solubles dans l’eau; ceux d’argent, de baryum, de plomb et de fer sont moins solubles que les autres, et on peut les obtenir par double décomposition avec une solution concentrée de sel alcalin.
- Les analyses nous conduisent à regarder L comme de l’acide hydropyromellique.
- L 0,463 gr. de sel de plomb séché à i5o degrés ont donné :
- PbO.............. o,3 100 gr.
- c’est-à-dire
- Pb............... 62,i5 0/0
- L’hydropyromellate de plomb C,0H°Pb2O8 contient :
- Pb............... 61,97 0/0
- IL 0,1800 gr. de sel de baryum séché à 100 degrés centigrades donnèrent :
- BaCO3................. o, 133o
- Ba.................. 5i,38
- L’hydropyromellate de baryum C,0HcBa3Ofi contient :
- Ba............... 5 1,89 0/0
- III. o,500 gr. de sel d’argent séché à 100 degrés centigrades ont donné :
- Argent.............. o,3i3o
- CO2................. o,3 11 o
- H3 O................ o,o3g5
- c’est-à-dire
- C................ 16,9640/0
- H_ 0 — 0
- .................. 0,-070
- Ag............... 62,60
- L’hydropyromellate d’argent C10Ag''H,!Oa contient :
- C................... i7,49 0/0
- H................... 0,875
- Ag.................. 62,97
- Nous terminerons en disant que : dans l’élec-trolyse de l’eau distillée avec des électrodes de charbon de cornue, à l’électrode positive se dégage une quantité de gaz moindre qu’un demi-volume de l’hydrogène dégagé au pôle négatif, et que ce gaz est un mélange d’acide carbonique, d’oxyde de carbone et d’un peu d’oxygène.
- Une portion du charbon de l’électrode positive entre en combinaison et le reste se désagrège; dans le dépôt on trouve le mellogène, tandis que dans l’eau restent dissous des acides benzocar-boniques, et particulièrement l’acide mellique C12 H® 0<2 en quantité remarquable et, en moindre proportion, les acides pyromellique, hydro-mellique et hydropyromellique.
- Appareil d’essai pour les lampes à. incandescence
- UElectrical World du 3o janvier 1886 donne, dans son résumé des brevets, une illustration d’un procédé pour l’essai des filaments des lampes à incandescence ; comme on le voit, ce procédé
- consiste à donner à la lampe un mouvement rapide de rotation; les défauts donnent lieu alors à des lignes brillantes sur un fond relativement sombre.
- Le brevet est pris par Edouard Weston en faveur de V United States Electric LightC0.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 561
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Angleterre
- A la séance du ii mars de la Society of Tele-graph Engitieers les professeurs Ayrton et Perry ont communiqué quelques nouvelles formules permettant de calculer les dimensions les plus économiques des conducteurs destinés à la transmission électrique de l’énergie.
- Cette communication me semble assez importante pour que je la reproduise in extenso, et je me bornerai à faire remarquer que sir William Thomson a le premier établi que pour obtenir le maximum d’économie il fallait que la perte d’énergie dans le conducteur, ajoutée aux intérêts des frais de premier établissement, fut réduite à un minimum.
- Voici la communication de MM. Ayrton et Perry :
- l’économie dans les conducteurs électriques
- « A la réunion de la Britisch Association, en 1881, Sir William Thomson a donné une solution précieuse au problème important de la meilleure section à adopter pour les conducteurs de cuivre destinés au transport de l’énergie électrique.
- « Le compte-rendu de sa communication, publié dans le rapport de la Britisch Association pour l’année 1881, s’exprime ainsi : « il fait obser-. « ver que (malgré la théorie généralement ad-« mise) les dimensions du conducteur ne doivent « pas être déterminées par la longueur de celui-« ci ou par la distance à laquelle on veut trans-« mettre l’énergie.
- « Le prix du métal ainsi que celui de l’unité « d’énergie étant supposés connus, les dimensions « du conducteur dépendent uniquement de Pinte tensité du courant qu’on désire employer. »
- « Partant de là il établit que pour un travail de douze heures par jour la section du conducteur exprimée en centimètres doit être le cinquantième environ de l’intensité du courant exprimé en Webers.
- « Il va sans dire que cette règle n’est applicable que lorsqu’on vise uniquement le maximum d’économie sans tenir compte d’aucune autre considération ; la nécessité où l’on est, dans tout système général d’éclairage électrique, de mainte-
- nir la différence de potentiel constante le long des conducteurs principaux, peut, par exemple, faire adopter un conducteur plus gros que celui indiqué par la règle précédente ; d’autre part, le désir d’obtenir une action magnétique puissante dans un électro-aimant, ou bien une grande force électro-motrice dans une dynamo* peut faire choisir un conducteur bien plus mince que celui donné par la formule.
- « Mais lorsque le prix du cuivre et celui du charbon constituent les considérations principales, la règle de S. W.Thomson devra être rigoureusement suivie, tout en tenant compte du nombre d’heures de travail, du prix du cuivre par tonne, des intérêts et de la dépréciation annuels, ainsi que du prix de revient d’un cheval électrique par an.
- « C’est en effet la conclusion à laquelle nous étions arrivés, de même que beaucoup d’autres électriciens, et ce n’est qu’à une date relativement récente, et en calculant les meilleures dimensions à donner aux conducteurs des lignes de telphé-rage que nous avons dû reconnaître que la solution de S. W. Thomson ne pouvait trouver d’application dans un grand nombre de cas de transmission électrique de la force.
- « Considérons de plus près la solution donnée par S. W. Thomson.
- « Il arrive, pour la perte totale (par mille) qui provient, dans un conducteur, de la production de chaleur et de l’intérêt du prix du cuivre, à une expression que l’on peut mettre sous la forme
- (,)
- « I représentant l’intensité en ampères, r la résistance en ohms du conducteur, par mille, et t une constante qui dépend de l’intérêt annuel sur le prix d’une tonne de cuivre (en tenant compte de la dépréciation) et du coût annuel d’un cheval électrique pour le nombre d’heures, par an, pendant lequel on utilise l’énergie.
- « L’expression (i) donne en effet la valeur totale de la perte, par mille, calculée en watts.
- La valeur de I qui rend cette expression mi-nima est donnée par la relation
- « En calculant les intérêts annuels par tonne de cuivre (y compris la dépréciation) à 37 5 francs (c’est-à-dire environ 120/0 de 3125 francs, ce qui représente le prix moyen d’une tonne de cuivre de bonne conductibilité y compris la va-
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- 562
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- leur de l’isolation nécessaire) et en estimant à 3y5 francs le prix annuel d’un cheval électrique, pour le nombre d’heures pendant lequel on besoin de l’énergie, il est facile de démontrer que
- t9- = 297,3
- de sorte que l’équation (2) devient
- « Si l’on admet par exemple
- (3)
- 17,24 _ 17 r r
- en nombres ronds, ce qui correspond à environ 60 ampères par centimètre carré ou à 3q3 ampères par pouce carré.
- « Supposons maintenant qu’on veuille appliquer ce résultat à un cas tel que le suivant, cas qui se présentera souvent dans des installations d’éclairage électrique et de transmission de la force : quelles dimensions faut-il donner à un conducteur de cuivre lorsqu’il s’agit de fournir une quantité d’énergie de P watts à l’extrémité d’une ligne d’une longueur de « milles, la plus grande différence de potentiel imposée par les règles de la prudence ou par celles de la Chambre de Commerce ne devant pas dépasser E volts.
- « Si I représente l’intensité en ampères, la différence de potentiel maxima devant être aux bornes de la dynamo, nous trouvons que la différence de potentiel à l’autre bout de la ligne sera :
- E— I n r
- à condition que n représente la résistance par mille du conducteur exprimée en ohms et qu’on utilise la terre comme fil de retour; ou bien, si r représente la résistance par mille du conducteur aller et retour.
- (4) P = I (E — I n R)
- et d’après la règle de Thomson
- i=£
- r
- « Nous avons par conséquent deux équations qui peuvent nous servir à déterminer I et r.
- « Les valeurs de I et de r qu’on obtient de cette manière sont :
- 5)
- et
- (G)
- I = :
- Il t
- t (E — 11t)
- il semble que ce soit ces valeurs de I et de r qu’il faille choisir pour avoir le maximum d’économie.
- P = 10,000 watts E = 200 volts n = 10 milles
- t= 17
- on a alors d’après les équations (5) et (6) :
- I = 333 ampères
- et
- r = o,o51 ohm
- « Mais il est facile de voir en se reportant à l’é-qualion (4) qu’avec une différence de potentiel initiale de 200 volts la même énergie de 10000 watts peut être fournie au bout d’une ligne de 10 milles ayant la même résistance par mille si au lieu de 3 33 ampères on n’en emploie que 59; et comme l’énergie perdue par réchauffement est proportionnelle au carré de l’intensité cette perte ne sera avec l’intensité plus faible que 1/26 de ce qu’elle serait avec l’intensité calculée d’après l’équation (5).
- « Il y a en effet deux valeurs de I qui correspondent à chaque valeur de r dans la relation 4, tandis qu’une seule des deux peut satisfaire à l’équation d’économie de Thomson (2).
- « Dans l’exemple précédent on réaliserait une économie de charbon 26 fois plus grande en négligeant la formule de Thomson qu’en la suivant.
- « Voyons comment ont peut expliquer ce fait.
- « La raison n’en saurait naturellement être attribuée à un vice de raisonnement quelconque de la part de Sir W. Thomson, mais elle provient de ce fait que la formule de Thomson, ne donne la plus petite valeur de l’expression
- 12
- Pr+ L
- que si l’on considère I comme une constante et r comme la seule variable.
- « Mais si, comme dans le cas qui nous occupe, I et r sont tous deux variables, de sorte que l’on a / (I r) = o
- alors la relation entre I et r qui donne le minimum de la perte totale n’est pas
- 1=1
- r
- « Si, en effet, la différence de potentiel maxima est donnée, l’intensité I ne peut être considérée comme constante que lorsque l’énergie El développée à l’extrémité de la ligne près de la dynamo
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 563
- est donnée et que la quantité d’énergie fournie à l’autre bout de la ligne est pour ainsi dire indéterminée.
- « Dans ces conditions la formule établie par Sir W. Thomson est fort utile pour déterminer les dimensions du conducteur qui correspondent au maximum d’économie, mais pour pouvoir appliquer cette formule, il est indispensable de connaître d’avance la valeur de l’intensité.
- « Mais, dans un grand nombre de cas pratiques, c’est la quantité d’énergie disponible à l’autre bout de la ligne que l’on s’impose d’avance.
- « On ne peut alors considérer I comme une constante, et il devient nécessaire d’adopter une méthode tout à fait différente pour trouver la meilleure section du conducteur, c’est-à-dire celle pour laquelle la perte d’énergie provenant de réchauffement et les intérêts sur la valeur du cuivre sont réduits à un minimum.
- « L’intensité de 333 ampères et la résistance de o,o5i ohms par mille ne donnent pas seulement lieu, ainsi qu’il a été démontré, à une perte par échauffement vingt-six fois plus grande que celle résultant de l’emploi d’une intensité tout aussi effective de 59 ampères avec le même conducteur; il y a, comme nous le verrons bientôt, une solution encore plus économique du problème.
- « Si F (I, r) représente la valeur totale de la perte qui est
- et que l’on s’impose la condition /= (I r) = o
- l’équation qui donnera le minimum sera
- rtdf
- dl X dt-
- d F df • -7— x -t4 = ° d r d I
- « Si nous prenons les différentielles partielles des deux fonctions (1) et (4) nous aurons :
- (7)
- I r X I2 » — ^1- — (2 I » )— E) =c
- « Éliminant r entre (4) et (7) il vient
- (8)
- et comme El, qui représente l’énergie développée dans la ligne, entre les bornes de la génératrice, est nécessairement plus grand que P, qui repré-
- sente l’énergie recueillie à l’autre extrémité de la ligne, il s’ensuit que le signe positif est seul admissible.
- « L’intensité qui correspond au maximum d’économie peut donc être exprimée comme suit :
- (9) ë(1+”
- « En substituant à P, E, n et t les valeurs employées dans l’exemple précédent, on trouve que l’intensité qui donne le maximum d’économie est de 82 ampères, et de la relation (4)
- El—P
- on déduit que la résistance par mille correspondant à la plus grande économie est de 0,0954 ohm et non pas de o,o5i ohm.
- « Nous pouvons maintenant introduire dans l’expression (1) les trois séries de valeurs de I et de r que nous avons obtenues et voir les valeurs que prend cette expression
- qui représente la perte totale (en watts) produite par réchauffement du conducteur et par l’intérêt et la dépréciation sur la valeur de ce même conducteur.
- « A. Les valeurs de I et de r tirées des relations (5) et (6) et obtenues par une combinaison de la formule de Thomson, pour le maximum d’économie, avec la condition de l’énergie électrique fournie, nous donnent pour l’expression précédente :
- 3332 x o,o5i + = 5,654 + 5,666= 1 i,32o watts
- « B. La valeur de r, tirée de l’équation (6) et la seconde valeur de I, tirée de l’équation (4), nous donnent pour la même expression :
- 5g2 x o,o5i + — !77 + 5,666 = 5,843 volts
- « C. Les valeurs de I et de r, tirées des formules (9) et (10), qui sont les véritables équations qu’il faut employer pour obtenir le maximum d’économie, nous donnent la valeur suivante pour la perte totale :
- Sa2 x o,oq54 -1--T- = 64ï + 3,o3o = 3,671 watts
- - ^ o 0954 Tl’ '
- « Bien que l’intensité de 82 ampères et la résistance de 0,0954 ohm par mille donnent une plus grande perte par échauffement que l’intensité de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 5g ampères et la résistance de o,o5i ohm par mille, ce sont cependant les premiers chiffres qui présentent la plus grande économie.
- « Il est facile de s’assurer qu’un conducteur dont la résistance par mille est supérieure ou inférieure à 0,954 ohm donnera lieu, dans le cas précité, à une plus grande perte que celle occasionnée par un conducteur d’une résistance de 0,0954 ohm par mille.
- « Voyons maintenant comment on pourrait dresser un tableau permettant de trouver l’intensité et la résistance par mille du conducteur qui donnent le maximum d’économie, et de déterminer également la perte par échauffement, par mille, et
- le montant des intérêts sur la valeur du cuivre, pour cette intensité et cette résistance.
- « Posons
- n t
- tang 9
- nous aurons alors
- (11) t = ~(i + sin9)
- et
- f \ __ E- sia 9
- *17 n F ' (1 4- sin 9)-
- Le tableau suivant (n° 1) a été calculé au moyen de ces valeurs pour E ~ 200 volts, qui est la limite admise par la Chambre de Commerce, et P = 20.000 watts.
- TABLEAU 1. — Transport de 20 000 watts à une distance de n milles
- I 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
- n 17 —— n 200 <I‘ sin <1* T r A D p, P2 p3
- 0 1 0 oo85 o° 29' 0 0084 100 8 0 1652 0 2651 38o 2 1679 1749 3428
- 0 5 0 0425 2° 26* 0 0425 104 3 0 1564 0 2800 372 5 1699 1847 3546
- 1 0 o85 4° 52' 0 0840 108 5 0 1441 0 3o38 357 2 1695 200a 3700
- 2 0 17 9° 39' 0 1677 ï 16 8 0 1229 0 3563 327 8 1670 235i 4036
- 4 0 34 18° 47' 0 332 132 2 0 0921 0 4753 278 1 1609 3i37 4746
- 6 0 5i 270 2' 0 4045 145 5 0 0716 0 6115 238 0 1514 40 3 6 555o
- 8 0 68 34" i3' 0 5623 i5G 2 0 0075 0 7614 205 I 1403 5026 6429
- 10 0 85 40" 22' 0 C477 i65 8 0 0477 0 9W9 179 5 1293 Go58 7353
- i5 1 275 5i° 54' 0 7869 j78 7 0 0.328 1 335 >39 9 1047 8810 9857
- 20 1 7 59° 32' 0 8619 l86 2 0 0241 1 817 102 5 835 11911 12745
- 3o 2 55 68° 35' 0 g3i 193 I 0 0166 2 637 73 2 Gï8 17530 18148
- 5o 4 25 . 76" 46' 0 9735 197 4 0 0099 4 423 44 6 385 29191 29576
- 70 5 90 8o° 27' 0 9861 198 6 0 0071 6 166 32 2 280 40704 40284
- 100 8 5 83° 18' 0 9932 199 3 0 0049 8 935 22 2 194 58979 59173
- « La première colonne donne n7 c’est-à-dire le nombre de milles qui entre dans la distance de transport si l’on fait le retour par la terre.
- « Si l’on 11e se sert pas de la terre on prendra pour n deux fois la distance entre les deux extrémités de la ligne. La deuxième colonne donne ^
- t étant = 17.
- « Les troisième et quatrième colonnes donnent cp et sin<p, les cinquième et sixième l’intensité (I) en ampères et la résistance (r) parmilleenohms lé-
- gaux du conducteur qui correspondentau maximum d’économie; la colonne sept donne la section (A) du conducteur en pouces carrés; la résistance par mille pour un fil de cuivre dont la conductibilité est 0,98 à 20 degrés centigrades et la section d’un pouce carré étant admise comme = 0,04378 ohms légaux; la colonne huit donne la densité de courant D, c’est-à-dire le nombre d’ampères par pouce carré.
- « Les colonnes neuf et dix donnent en watts et par mille l’énergie P4 perdue par réchauffement
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- et l’énergie P2, représentant les intérêts et la dépréciation sur la valeur du conducteur.
- « La dernière colonne contient les valeurs P3 de la perte totale par mille exprimée en watts.
- « La dernière partie de ce tableau a été donnée pour montrer comment l’intensité, la section du conducteur et la densité de courant qu’il faut nécessairement employer pour obtenir le maximum d’économie varient suivant la longueur de la ligne bien que personne ne puisse songer à transmettre 3o chevaux à une distance de 5o ou ioo milles avec une différence de potentiel de 200 volts seulement aux bornes de la dynamo.
- « Le problème étudié par Sir William Thomson a démontré qu’en se plaçant au point de vue de l’économie maxima, la surface du conducteur dépendait uniquement de l’intensité et qu’elle était indépendante de la longueur de la ligne, en d’autres termes que la densité du courant était une constante.
- « Mais nous voyons dans le tableau ci-dessus que s’il faut rendre disponible une certaine quantité d’énergie électrique au bout d’une ligne, avec une différence de potentiel donnée aux bornes de la dynamo on n’obtient pas le maximum d’économie en maintenant la densité de courant constante mais en la diminuant selon la longueur de la ligne.
- « Pour que ce tableau puisse servir pour le transport d’autres quantités d’énergie il faut remarquer que des relations,
- (i3) 1=^(1 +sin9)
- E2 si no n P ‘ (i + sin cp)'2
- et, en désignant par A la surface du conducteur,
- (i5)
- A =
- 0,04078 >1 P
- ~ Ë2
- (1 + sin?)2 sin 9
- il résulte qu’avec la même différence de potentiel initiale l’intensité la plus économique est directement proportionnelle à l’énergie qu’il faut fournir à l’autre bout, et la résistance la plus économique du conducteur est inversement proportionnelle tandis que la section la plus économique est directement proportionnelle à l’énergie qu’il s’agit de rendre disponible.
- « Dans la construction des lignes de telphérage nous employons des tiges d’acier, tant pour transporter la charge que pour transporter le courant. Si l’on veut se rendre compte des modifications à
- apporter aux chiffres du tableau 1 , lorsqu’on remplace le cuivre par l’acier, il faut d’abord examiner comment se modifie la valeur de t.
- « On a
- ixcxp t-’= 67,84--—
- formule dans laquelle i représente l’intérêt annuel (y compris la dépréciation) sur le prix des conducteurs; c la valeur en livres sterling d’une tonne du métal employé pour la fabrication du conducteur avec son isolation ; p est la résistance par mille d’un conducteur de même matière et ayant une section d’un pouce carré, enfin p représente le prix annuel, en livres sterling, d’un cheval électrique pour le nombre d’heures pendant lequel on a besoin de l’énergie.
- « Mais, comme le rapport des résistances spécifiques de l’acier et du cuivre est à peu près l’inverse du rapport des prix par tonne de l’acier et du cuivre, le produit cp sera presque le même pour les deux métaux et la valeur de t ne subira aucune modification importante.
- « Toutes les colonnes du tableau 1 restent donc sensiblement les mêmes pour l’acier que pour le cuivre, à l’exception de la colonne 7 qui donne les sections et de la colonne 8 donnant le nombre d’ampères par pouce carré.
- « Toutes les colonnes restent les mêmes tant i
- que—- est une constante; il n’est pas nécessaire de
- changer quoi que ce soit au tableau si l’on fixe par exemple les intérêts annuels à 10 0/0 au lieu de 15 et si l’on estime la valeur annuelle d’un cheval électrique à 10 livres sterling au lieu de 15.
- « Prenons comme exemple la transmission électrique de l’énergie établie par M. Deprez entre Creil et Paris. La distance était de 3y 1/2 milles et comme on s’est servi d’un fil de retour n était égal à 75; la différence de potentiel aux bornes de la génératrice était de 5 600 volts environ et l’on avait par conséquent :
- n t
- tang 9 = -g* = 0,2278
- ou bien
- 9 =
- I 2° 5o'
- « Comme l’énergie fournie à l’autre bout de k ligne était d’environ 3o 000 watts.
- et
- I = 6,54.9 ampères r = 2,07'j ohms
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- « Ces chiffres représentent l’intensité et la résistance, par mille, dont l’emploi assurerait le maximum d’économie, et comme la ligne a 75 milles de longueur, la résistance totale devrait s’élever à i55,5 ohms.
- « M. Deprez a employé une intensité de 7,2 ampères, et la résistance totale de la ligne est de 100 ohms.
- « Nous ignorons le principe qui l’a guidé dans le calcul du conducteur, qui était un fil de cuivre d’un diamètre de 5 millimètres, mais l’intensité était d’environ 36,6 ampères par centimètre carré,
- « Les chiffres qui précèdent prouvent cependant que l’intensité la plus économique, en prenant t — 17, eût été de 47,7 ampères par centimètre carré ; mais comme le principal objectif était bien plutôt de démontrer l’économie du transport électrique de la force, sans tenir compte des frais de premier établissement, que de faire une économie de cuivre, et comme M. Deprez n’était sans doute pas bien certain, au commencement de ses expériences, de la différence de potentiel que donnerait sa dynamo, nous pensons qu’il a sagement agi en employant un conducteur plus gros que celui qui, d’après notre calcul, aurait assuré un minimum de perte.
- « Nous avons déjà vu que, lorsqu’il s’agit de fournir une quantité donnée d’énergie électrique au bout d’une certaine ligne et avec une différence de potentiel donnée aux bornes de la dynamo, la densité du courant qui correspond au maximum d’économie diminue au fur et à mesure que la longueur de la ligne augmente.
- « La formule de Thomson pour la densité de courant est tirée de son équation pour le maximum d’économie
- et de l’équation
- « Elle est indépendante de la longueur de la ligne.
- « Si t est égal à 17, D donne à peu près 3q3 ampères par pouce carré.
- « Nous voyons donc que cette densité de courant dépasse celle indiquée dans la colonne 8 du tableau 1. pour toutes les longueurs de ligne,
- r
- A =
- V
- D =
- 0,04378
- même la plus courte, 0,1 mille ou 15 3 mètres, et ce tableau a cependant été calculé avec la même* valeur de t, c’est-à-dire qu’on a pris les mêmes valeurs pour les intérêts annuels, pour le prix, par tonne, du fil de cuivre isolé, pour le coût annuel d’un cheval électrique.
- (t Pour voir si l’emploi d’une densité de courant aussi grande que celle donnée par la formule de Thomson présente une économie réelle pour une distance quelconque et pour le transport d’une quantité d’énergie quelconque à cette distance cherchons une expression pour notre densité de de courant.
- « En divisant l’équation (i3) par l’équation (i5 nous obtenons :
- D =
- E sin 9
- 0,04378 « ’ (1 + sin 9J
- et comme
- tang 9
- n t
- E"
- F t
- (16) D -----
- 0,04078 n t _L E-
- « Cette expression est indépendante de P, le nombre de watts à fournir au bout de la ligne; par conséquent toutes les valeurs de D dans la colonne huit du tableau n° 1 étant inférieures à la densité de courant donnée par la formule de Thomson pour le maximum d’économie, n’ont rien à faire avec la quantité d’énergie qu’il s’agit de fournir.
- « On voit d’autre part que pour que la valeur
- de D en (16) soit égale à ----—- qui est la va-
- 0,04378 ^
- leur de D donnée par la formule de Thomson il faut que E soit extrêmement grand, ou bien que n soit extrêmement petit.
- « Nous pouvons donc conclure que dans tous les problèmes relatifs à la transmission électrique de Vénergie, où la différence de potentiel est limitée à un maximum par les règles de la Chambre de Commerce ou autrement il faut, pour avoir le maximum d'économie, employer une densité de courant plus faible que celle donnée par la formule de Thomson, et cette densité doit être d'autant plus faible que la ligne est plus longue; et encore que la densité de courant qu'il faut employer pour avoir 'le maximum d'économie doit être d'autant plus faible que le maximum de la différence de potentiel est plus petit.
- « Nous avons discuté longuement les condi-
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- tions du maximun d’économie quand il s’agit de fournir une certaine quantité d’énergie à une distance donnée et avec une certaine différence de potentiel aux bornes de la dynamo parce que la question est d’une grande importance pratique.
- « Il y a beaucoup d’autres casque nous n’avons pas cru nécessaire de spécifier dans lesquels il existe un rapport initial entre I et r.
- « Nous allons cependant en donner un exemple.
- « Supposons qu’il s’agisse d’un chemin de fer électrique à niveau d’une longueur de n milles dans une seule direction partant de l’emplacement des machines ; il faut un effort de P watts pour faire marcher le train à une vitesse uniforme de v milles par heure.
- « Désignons par r la résistance par mille du conducteur qui transmet l’énergie de la dynamo au train, et par E la différence de potentiel constante aux bornes de la dynamo.
- « Au bout d’un temps t le train a parcouru une distance x sur la ligne en partant du hangar des machines.
- « Nous avons donc :
- P = I (E — ix r)
- JC = V 1
- dx = v dz
- « Quand le train est à la distance x, la perte d’énergie exprimée en watts est
- t*
- I-* Jt- r + Il — r
- par conséquent la perte exprimée en joules pendant une intervalle de temps d-c est :
- ^I2 x r -J- n —^ dz
- et la perte sur toute la ligne de n milles est :
- * j (p.rr+ntydx
- «'O
- « On obtiendra le maximum d’économie en choisissant I et r de façon à faire de cette expression un minimum quand I et r satisfont à la première relation donnée ci-dessus.
- « Jusqu’ici, nous n’avons considéré qu’un conducteur transportant de l’énergie à un seul point situé, soit à son extrémité, soit comme dans le dernier problème, à un point dont la position varie avec le temps ; mais dans une installation
- de telphérage comme dans beaucoup de systèmes d’éclairage électrique et de transport de la force, on a un conducteur qui donne sur chaque mille la même quantité d’énergie électrique ce qui ne revient pas, bien entendu, à dire que le conducteur donne la même quantité de courant par mille, puisque la différence de potentiel diminue au fur et à mesure que le conducteur s’éloigne de la dynamo.
- « Nous parlerons plus amplement de ce problème dans une autre communication.
- « Mais, si nous nous figurons un conducteur indépendant, qui transporte la quantité d’énergie voulue à chaque longueur de la ligne, c’est-à-dire si l’on emploie un grand nombre de fils d’alimentation, on peut immédiatement se servir des résultats déjà obtenus pour déterminer la quantité la plus économique de cuivre qu’il faut employer.
- « Après avoir déterminé les dimensions les plus économiques pour les conducteurs séparés qui servent à transporter l’énergie en chaque point de la ligne de distribution nous pouvons nous figurer tous ces conducteurs reliés ensemble mé-talliquement de manière à former un seul conducteur conique.
- « Mais, comme dans ce cas, le courant traverserait les communications supposées établies, parce que les différents conducteurs n’auraient pas le même potentiel aux points où les communications seraient faites, il s’en suit qu’un conducteur d’une section égale à celle de l’ensemble de tous les petits conducteurs, à un point quelconque delà ligne, ne serait pas aussi économique qu’un autre dont la section serait partout déterminée indépendamment par les considérations que nous avons indiquées dans une autre communication.
- « Si nous considérons la section du conducteur conique comme égale à la somme des sections de tous les conducteurs séparés qui distribuent l’énergie avec le maximum d’économie nous arrivons au résultat suivant :
- « Désignons la section d’un conducteur destiné à transmettre avec le maximum d’économie P watts à une distance de n milles avec une différence de potentiel donnée par la relation
- P/(«)
- alors
- ,>x,
- / Pf{x)dx J x
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- représente la section totale à une distance de x milles de la dynamo si la longueur totale de la ligne est de -jc^ milles en partant de la dynamo.
- « Il est facile d’obtenir une intégrale exacte en
- se servant de l’équation (15) pour Pf[x), mais nous avons préféré intégrer, à l’aide d’une courbe donnant la valeur de A ou de Pf (jc), quand P représente 20000 dans la colonne 7 du tableau 1.
- TABLEAU II
- Longueur totale du conducteur, en milles, La densité du courant dans le conducteur en pointe est de
- en partant de la dynamo 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 milles
- 3 357 2 35 0 5 348 9 0
- 5 322 9 314 2 304 7 a8? 4 283 2 0
- 8 a79 7 269 1 2G4 1 253 1 241 8 236 3 228 8 2 ] 3 3 0
- 10 280 3 247 7 240 1 232 0 225 4 217 5 2 10 5 204 6 190 8 193 8 0
- TABLEAU III
- Longueur totale du conducteur, en milles,, en partant do la machine
- Intensité, en ampères, traversant le conducteur en pointe, au bout de
- 10 millles
- 262 9
- 236 8
- 80 3
- 207 5
- TABLEAU IV
- Longueur totale du conducteur, en milles, La densité du courant, dans le conducteur en pointe, au bout de
- en partant de la dynamo 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 milles
- 3 ei 0 0 >-» n 09 0
- 5 0 47 0 40 O 32 O 23 0 12 0
- 8 0 94 0 88 « 79 0 70 0 60 0 47 0 33 0 i3 °
- 10 1 35 I 28 1 20 1 11 1 00 0 88 0 74 0 58 0 41 0 21 0
- « Nous avons dressé de cette manière le tableau 2, qui donne en pouces carres la section la plus économique au bout de chaque mille d’un conducteur qui se termine en pointe, selon la loi dont nous venons de parler ; le tableau est calculé pour une différence de 200 volts à la dy-
- namo, et pour une énergie de 5 000 watts pour chaque mille.
- « Les quatre lignes horizontales donnent la section, en pouces carrés, au bout de chaque mille, du conducteur conique, pour des longueurs de ligne totales de 3 5, 8 et 10 milles.
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- « Le tableau 3 donne l’intensité, en ampères, qui traverse le conducteur, au bout de chaque mille, dans chacun des différents cas que nous venons d’énumérer.
- « Le tableau 4 donne la densité de courant, au bout de chaque mille, pour chacun des cas considérés.
- « Ici encore la meilleure densité de courant à employer pour avoir le maximum d’économie n’est pas constante. Non seulement elle diminue suivant la longueur du conducteur, terminé en pointe, mais elle est, en un point quelconque, d’autant plus petite que la ligne est plus longue. »
- J. Munro.
- CHRONIQUE
- De la reproduction photographique des effets lumineux de l’électricité, sans l’intervention des appareils photographiques ordinaires (').
- Messieurs,
- Vous vous rappelez peut-être qu’il y a bientôt deux ans, j’eus l’honneur de vous montrer une série d’expériences ayant trait à la « Conductibilité électrique des ga\ raréfiés » (2) ; les résultats de ces expériences confirmaient pleinement l’opinion de M. Edlund sur la conductibilité du vide. En outre, ils mettaient en évidence le lieu de formation de la « force contre-électro-motrice » qui prend naissance dans un vaisseau de verre, vide d’air, et traversé par un courant de haute tension. A ce point de vue particulier, les expériences faites devant vous, donnaient une solution un peut différente de celle indiquée théoriquement par M. Edlund. Je laisse aujourd’hui de côté la question de principe pour vous remettre en mémoire l’une de ces expériences, la seule qui présente un rapport direct avec les faits nouveaux dont je viens vous entretenir.
- Trois ballons de verre, cubant exactement le même volume et ayant des parois de même épaisseur, étaient traversés, en un point de leur surface, par une tige de platine dont l’extrémité
- (') Conférence faite par M. le Dr Roudct de Paris, à la Société Internationale des Électriciens.
- (2) Voir le Bulletin de la Société internationale des Electriciens, n“ du mois de Juin 1884,
- libre atteignait le centre du ballon, et dont la partie extérieure à lui était recouverte par une boule métallique.
- L’un de ces ballons était rempli d’eau, l’autre de feuilles de clinquant comme les bouteilles de Leyde ordinaires ; dans le troisième on avait pratiqué le vide, aussi complètement que possible. Enfin, tous trois étaient recouverts d’une feuille d’étain sur les deux tiers de leur surface extérieure.
- Nous avions ainsi trois « condensateurs » de même surface, et dont nous comparions la capacité propre.
- Or, les étincelles résultant de la décharge de ces condensateurs différaient beaucoup entre elles :
- Celle du ballon à « eau » était longue, mince, sinueuse, faiblement éclairante, et accompagéne d’un claquement sec (fig. 1).
- Celle du ballon au « clinquant » était plus courte, plus large et plus brillante, moins sinueuse, et son bruit était plus intense (fig. 2).
- Enfin le ballon au « vide » fournissait une étincelle éblouissante, très courte, très large, presque droite et le bruit de cette décharge était comparable à une détonation(fig. 3).
- Voulant fixer ces phénomènes d’une façon durable, j’essayai de photographier ces trois décharges au moyen des appareils ordinaires ; je n’obtins que des résultats très imparfaits.
- Dans ces derniers temps, je tentai de nouveau l’expérience, en opérant directement sur la plaque au gélatino-bromure d’argent, et sans même utiliser l’appareil de M. Ducretet. Une plaque photographique étant mise à plat, (le côté sensible en haut) je posai dessus, à une certaine distance l’une de l’autre, deux pièces d’argent : l’une de 5 francs, l’autre de 5o centimes. Je chargeai l’un des condensateurs; puis, mettant son armature extérieure en rapport avec la pièce de 5 francs, je posai le bouton métallique de la tige intérieure sur la pièce de 50 centimes. L’étincelle éclata aussitôt entre les deux pièces. Je renouvelai la même opération pour chaque variété de condensateurs ; puis je portai la plaque dans les bains de révélation et de fixation ordinaires.
- Voici le cliché et l’épreuve positive que j’obtins (fig. 1, 2 et 3). Vous voyez que tous les détails caractéristiques de chaque décharge s’y trouvent reproduits avec la plus grande fidélité. Mon but était atteint.
- J’appliquai ensuite la même méthode de reproduction à l’étude de l’effluve et de la décharge de
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- la machine Voss; voici les résultats photographiques (fig. 4 et 5).
- Mais en étudiant ces clichés, particulièrement le cliché 4 (fig. 4), je m’aperçus que les pièces d’argent avaient laissé l’empreinte de leur effigie, Frappé de ce fait, je plaçai au milieu de la plaque photographique une seule pièce d’argent que je mis en rapport avec l’un des pôles de la machine de Voss ; puis je promenai tout autour d’elle un excitateur relié à l’autre pôle de la machine; la pièce fut ainsi entourée d’une auréole d’étincelles ayant environ 2 centimètres ae longueur. Gomme vous pouvez en juger par cette épreuve (cliché n° 5), tous les détails de la pièce furent parfaitement reproduits.
- L’interprétation de ce phénomène n’était pas des plus faciles.
- La sensibilisation de bromure d’argent devait-elle être attribuée à un effet chimique de l’électricité, ou au pouvoir éclairant des étincelles, ou à une action mécanique analogue à celle qui a lieu dans l’expérience bien connue du « portrait de Franklin? »
- A priori, il m’a semblé possible d’écarter l’intervention d’un effet chimique direct; d’autres expériences sont d’ailleurs venues confirmer cette opinion.
- Restaient les actions mécaniques et lumineuses.
- Voici la succession d’expériences qui m’ont permis de résoudre le problème.
- Lorsqu’on examine l’épreuve positive de la pièce de 5 francs, on voit que les parties saillantes de l'effigie sont venues en blanc (en noir, sur le
- cliché négatif) exactement comme si l’on avait tiré une photographie au moyen des appareils ordinaires.
- Il était donc tout indiqué de faire une contre-épreuve au moyen d’un corps métallique grave en creux. J’ai alors opéré sur un cachet, un sceau très ancien de la ville de Padoue. Voici le résultat obtenu (cliché 6 ; figure 6).
- Vous voyez que cette fois encore, l’impression du cliché a eu lieu comme s’il s’était agi d’une photographie ordinaire; les creux sont venus en noir sur l’épreuve positive Poussant plus loin mes recherches, jai dessiné à l’encre ordinaire une figure quelconque sur un morceau de papier très épais que j’ai ensuite interposé entre un disque métallique et la plaque photographique. Cette fois encore la reproduction du dessin s’est opérée comme dans le cas d’une photographie ordinaire. Et, ce qu’il y a de particulièrement intéressant dans l’espèce, c’est que le papier ayant été, malgré son épaisseur, traversé par des étincelles sur plusieurs points de sa périphérie, le dessin n’a pas été
- FIG. 5
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- reproduit au niveau de ces points. Il devenait donc difficile d’invoquer l’action mécanique de la décharge pour expliquer l’impression du bromure d’argent.
- D’un autre côté, si cette impression est bien la conséquence du pouvoir éclairant de la décharge, on devait pouvoir augmenter l’effet obtenu en facilitant l’éclairage au dessous du dessin à reproduire, c’est-à-dire en posant la plaque photographique sur une glace étàmée. L’expérience donna pleinement raison à cette hypothèse; les clichés devinrent beaucoup plus nets, et les oppositions de clarté et d’ombres beaucoup plus tranchées.
- En outre, je pensai que l’effluve, à cause de sa coloration violette devait avoir un pouvoir acti-nique plus puissant que la lumière blanche de l’étincelle ; le résultat répondit pleinement à mon attente.
- Du moment où il m’était prouvé que l’impression du bromure d’argent était due à l’action lumineuse de l’effluve électrique et que cette action atteignait son degré maximum lorqu’elle était réfléchie par un miroir, il me sembla possible de reproduire un objet quelconque, métallique ou non.
- Je plaçai alors, sur la plaque sensible, une carte photographique ordinaire, recouverte sur son envers d’une feuille d’étain, puis je fis passer l’effluve sur toute sa périphérie. J’obtins ainsi une reproduction de la photographie).
- Je dois avouer que l’épreuve que je fais passer sous vos yeux est loin d’être aussi parfaite que les précédentes. Mais cela tient à deux causes : d’abord, je ne suis qu’un mauvais apprenti en photographie, et je ne me rends pas encore bien compte de la quantité de lumière nécessaire et suffisante pour que le cliché ait toute sa netteté. En second lieu, la carte photographique étant vernie, il se produit à sa surface un miroitement considérable sous l’inffuence de la lumière réfléchie obliquement; je crois que cette dernière cause joue un grand rôle dans l’obscurité relative de cette reproduction.
- Quoi qu’il en soit, le principe existe. Les différents clichés que je viens de soumettre à votre examen prouvent suffisamment que : l'illumina-tion produite par l'effluve électrique et réfléchie par un miroir, permet de reproduire, avec tous ses détails de dessin et de gravure en creux ou en relief, un objet plan quelconque posé sur une plaque au gélatino-bromure d'argent.
- Peut-être, en poussant plus loin ces recherches, arrivera-t-on à des résultats vraiment pratiques et trouvera-t-on des applications industrielles de ce principe. N’ayant pas le loisir nécessaire pour continuer moi-même ces expériences, je vous livre ces premiers essais afin que ceux d’entre vous, que cela intéresserait, puissent les renouveler et les mener à une réussite complète.
- A la suite de cette communication, quelques personnes m’ont objecté que l’encre ordinaire, contenant du fer, pouvait être considérée comme conductrice de l’électricité ; et que le papier de la photographie reproduite étant préparé avec un sel d’argent, il pouvait y avoir eu un effet cataly-tiquef?) au contact de ce papier avec la plaque au
- FIG. 6
- gélatino-bromure. Je crois que la présence du vernis est suffisante pour écarter cette hypothèse.
- Cependant, afin de contenter les plus incrédules, j’ai de nouveau expérimenté avec des dessins à l’encre de chine et au pastel, et ave; des papiers découpés. Le résultat s’est montré le même dans tous les cas.
- D’ailleurs, je ferai voir prochainement qu’il n’est même pas besoin d’avoir recours à l’électricité pour reproduire un dessin ou une gravure quelconque ; ce qui supprime immédiatement toute question de conductibilité et prouve l’action seule de la lumière dans ces phénomènes de reproduction photographique directe.
- D1' M. Boudet de Paris.
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- FAITS DIVERS
- Les expériences de navigation aérienne par l'électricité se poursuivent sans relâche.
- \jAkhbar du 27 février contient une lettre de M. de Latour, ingénieur-aéronaute qui annonce la construction d’un nouveau ballon dirigeable mû par l’électricité.
- Le navire aérien sera propulsé par une hélice faisant 3oo tours à la minute et lui imprimant une vitesse de 4 mètres à la seconde.
- Le courant sera fourni par un accumulateur, source électrique ayant l’avantage sur la pile an bichromate de ne point s'épuiser alors qu’on n’a pas besoin d’avoir recours à son action.
- M. de Latour signale aussi l’emploi de voiles qui se roiilent et se déroulent à l’aide d’un électro-aimant et paraissent destinées à remplacer le gouvernail.
- La vitesse modérée qu’indique M. de Latour peut s'obtenir probablement sans grande difficulté. On peut la considérer comme suffisante pour qu’un aéronaute expérimenté puisse l’utiliser pour tirer partie des vents qui traversent l’atmosphère, à condition cependant que l’aérostat qui la possède n’ait rien perdu de la faculté de changer de niveau qui distingue les aérostats ordinaires.
- Nous tiendrons nos lecteurs au courant des expériences qui vont, paraît-il, commencer incessamment.
- Le décret d’organisation du service des torpilles va paraître prochainement à l'Officiel.
- En même temps le ministère de la marine fait préparer les grandes expériences de dislocation qui doivent être exécutés dans le courant de l’été prochain aux dépens de la batterie flottante la Protectrice.
- Ce bâtiment, entièrement cuirassé et déplaçant 1 3oo tonnes, sera en marche au moment du choc, de manière que l’on puisse étudier les effets de la percussion, non seulement sur la coque, mais encore sur la machine.
- D’après les renseignements recueillis, les torpilles Witehead paraissent l’avoir emporté quant à ‘présent sur les torpilles électriques.
- L’administration s’occupe d’organiser un atelier de fabrication pour ces engins de destruction que, jusqu’alors, on n’achetait qu’en Angleterre.
- M. Ch. Mariez vient d’inventer un mécanisme à double détente électrique réglant automatiquement l’émission du gaz suivant la consommation.
- Cet appareil, malgré la complication apparente des rouages, est de construction simple, sans organes délicats et fonctionne régulièrement sous l’action des courants envoyés du poste-ville.
- Il résout complètement le problème que son inventeur s’est posé : faire varier automatiquement la pression à
- l’usine de façon à avoir au centre de la ville une pression donnée fixe, reconnue nécessaire et suffisante.
- L’année dernière, M. le professeur Holdcflcis, de Bres-lau, a publié les résultats d’expériences sur l’effet des courants électriques appliqués à des plantes pendant la végétation. M. C. Braune, producteur de graines à Bien-dorf f'Anhalt), a eu l’idée de réaliser des expériences analogues sur les betteraves.
- Ce sont là des essais qui, pour l’instant, ne présentent qu’un intérêt scientifique; car, quels que soient les résultats obtenus et à obtenir, l’application en grand des courants électriques entraînerait des difficultés et des dépenses que les cultivateurs de betteraves ne seraient pas disposés à aft'ronter de sitôt.
- Malgré ces réserves, nous croyons devoir signaler les essais de M. Braune comme nous avons signalé ceux qui avaient pour but le raffinage du sucre brut et l’épuration des jus de sucrerie par l’électricité.
- Nous passerons sur les dispositions matérielles des expériences et sur la manière d’établir les sources électriques. Le traitement électrique a commencé au moment ou les semis montraient une levée vigoureuse et complète, le 3 juin; les courants ont conservé la même intensité jusqu’au 7 août. A partir de cette date ils ont faibli; le 5 septembre ils étaient à peine encore sensibles; le i3 septembre, l’aiguille magnétique n’en était plus influencée ; enfin, le 26 octobre, on a procédé à l’arrachage des betteraves traitées par l’électricité.
- La récolte a eu lieu le même jour pour toutes, les parcelles et toutes les betteraves ont été soumises, ce même jour, à l’analyse polarimétrique.
- Voici les résultats constatés :
- Paroolle A. l'urcellc U. I’areolle C.
- Minplo courant notion naas
- Ipilvanique (l) cl’une batterie (2) action électrique
- Récolte à l’hectare, kg. 26 000 27 000 28 000
- Degré Brix 18 0 *7 9 16 7
- Sucre, p. c i5 3 . i5 5 i5 0
- Non-sucre p. c 2 7 a 4 1 7
- Quotient de pureté... 83 6 86 6 89 7
- D’après ces résultats, qui ne sont d’ailleurs pas assez
- nombreux pour être concluants, il paraîtrait que les courants électriques favorisent la désassociation et la distribution des sels contenus dans le sol, diminuent assez sensiblement le rendement à l’hectare, augmentent un peu la richesse saccharine des betteraves et abaissent considérablement le quotient de pureté.
- L’auteur s’abstient de tirer d’autres conclusions de ses essais. En somme, ils ne sont pas favorables à l’effet des courants électriques, car le faible excédent de richesse n’est pas une compensation suffisante du décroissement du poids à l’hectare et du quotient de pureté.
- M. Braune a continué également les expériences de culture par la chaleur et la lumière artificielles et par l’apport d’acide carbonique par voie artificielle. Cette
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- méthode est brevetée en Allemagne, en Autriche, en France, en Belgique et dans d'autres pays. M. Braunc cherche à obtenir, par ce moyen, des betteraves à la fois grosses et riches et destinées à servir de porte-graines.
- Les résultats obtenus en i885 ne sont pas encore coordonnés ; en promettant à ce propos un compte-rendu en règle, M. Braune annonce, dès maintenant, qu’il a réalisé, par l’application de la lumière, de la chaleur et de l’acide carbonique par voie artificielle, des betteraves dont la richesse saccharine dépasserait de 2, 3 0/0 celle des betteraves de même espèce cultivées par les moyens ordinaires.
- C’est là un résultat qui a son importance, mais qui demande confirmation. Comme M. Braune se propose de continuer ses expériences, nous y reviendrons en temps opportun.
- Le Dr Rausch, qui habite la Norwège, fait remarquer que dans son pays les coups de foudre sont souvent accompagnés de la chute d’une pierre à laquelle on donne le nom de Thorelo, ce qui veut dire « remède du dieu Thor », et que l’on garde dans les maisons comme un talisman contre une foule de maladies.
- Autrefois on croyait que tous les météorites étaient des pierres de foudre, c’est-à-dire fabriquées par la foudre.
- Cette opinion était absurde et provenait de la généralisation d’un fait observé à différentes reprises; on comprend en effet que la chute de certains météorites, suffisamment volumineux soit accompagnée d’un bruit analogue à celui de la foudre et même d’un éclat à peu près identique.
- Éclairage Électrique
- Nous avons déjà dit que la lumière électrique avait été installée dans les ateliers du dépôt central de l’artillerie à Saint-Thomas-d’Aquin.
- Voici quelques détails que nous croyons intéressants, sur l’ensemble de cette installation.
- Dans l’atelier de précision, l’installation comprend 2 régulateurs Gramme de 3oo bougies et 82 lampes à incandescence, dont 2 de 25 bougies et 8o-de 10 bougies.
- Les régulateurs et les lampes de 25 bougies servent à l’éclairage générai des ateliers. En outre, chaque ouvrier a à sa disposition une lampe de 10 bougies fixée sur un support qui coulisse sur la tige d’un pied mobile ; de cette façon il peut déplacer le foyer lumineux et s’éclairer suivant ses besoins. La lampe reçoit le courant par un tii souple qui est fixé par une extrémité au support et par l’autre à une planchette à bornes.
- Les lampes sont du système Swan, nouveau modèle à douille ; elles sont montées sur des supports à baïonnette et à commutateur pour l’extinction de chaque lampe.
- Le courant est fourni par 2 dynamos Gramme, autorégulatrices, disposées de façon à être montées en quantité si le courant des deux machines devient nécessaire pour
- l’éclairage; chacune d’elles peut fournir 5o ampères et 70 volts.
- Sur un panneau placé près des machines, on a fixé un ampère-mètre qui indique s’il est nécessaire de grouper les deux machines. Ce panneau porte également les commutateurs pour le groupement et lcs’rhéostats qui permettent l’allumage des régulateurs. La force motrice nécessaire est de 6 chevaux par machine ; elle est fournie par la machine fixe horizontale qui commande l’atelier.
- L’atelier de gros modèles possède également une machine électrique du même type mise en mouvement par une machine demi-fixe. Elle sert à alimenter 3 régulateurs Gramme et 52 lampes Swan de 10 bougies, qui sont répartis dans les ateliers des gros modèles, des modèles d’armes, de la lithographie et les divers bureaux afférents à ces services.
- L’installation, étudiée avec grand soin, fonctionne dans des conditions qui ne laissent rien à désirer; elle a été exécutée par la maison Buchin, Tricoche et C‘°.
- Nous lisons dans les journaux politique :
- Un de nos collaborateurs a eu hier l’occasion de visiter, à la gare du Nord, une des nouvelles Voitures-Restaurant de la Compagnie des Wagons-Lits, destinées à desservir les trains rapides de jour, entre Paris-Bruxelles et Paris-Lille, et éclairées à l’électricité.
- D’après nos informations, la Compagnie du Nord avait fait procéder, depuis un certain temps déjà, à des expériences sur ce système d’éclairage, dû à l’invention de M. Desruellcs.
- La compagnie des Wagons-Lits, désireuse toujours d’être la première à faire entrer dans le domaine de la pratique tous les progrès réalisables, s’est empressée de faire installer, par les soins de son ingénieur-électricien, les nouveaux appareils dans les voitures qu’elle avait en construction.
- Cet éclairage est parfait et l’expérience des plus concluantes, au point de vue de la fixité, de l’intensité et de la qualité de la lumière. Le système de M. Desruelles ouvre évidemment une voie nouvelle aux études des Compagnies de chemins de fer.
- Il serait injuste de ne point constater également, à cette occasion, que les dispositions intérieures de ces dining-cars sont une merveille de bon goût. Leur construction diffère des précédentes voitures de ce genre, en ce qu’un lanterneau, muni de fenêtres mobiles et garnissant toute la longueur du véhicule, permet de l’aérer à volonté, sans que le voyageur soit incommodé par le vent ou la poussière : il y a là un progrès que le public appréciera hautement.
- Enfin, un office, placé entre la cuisine et la salle à manger, facilite le service et empêche toute odeur de pénétrer dans les salons.
- Nous félicitons sincèrement la Compagnie de ces nou-veax pas dans la voie du progrès.
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- L’immeuble, situé au n° 16 de la rue Montgolfier, renferme une forte machine qui distribue sa force motrice à diverses industries. MM. Grivolas et Cio, fabricants d’appareils pour l’électricité, locataires d’une partie du rez-dc-chauasée et du second étage, ont pensé à utiliser cette force pour se procurer la lumière électrique. L’éclairage comprend un régulateur Gramme de 3o carcels et 25 lampes de 10 bougies ; le courant est fourni par une machine auto-régulatrice Gramme marchant à 1600 tours.
- Le bruit court que le Magasin du Bon Marché et la gare de l’Ouest seront prochainement éclairées à la lumière électrique.
- Le conseil municipal de la ville de Léon, en Espagne, a décidé de mettre en adjudication publique l’entreprise de l’éclairage à l’électricité de la ville.
- L’adjudication aura lieu à l’hôtel de ville le 21 mars courant et la ville assure au concessionnaire une concession de 3o ans.
- Les lampes seront au nombre de 210 et de 10, 20, 5o et 100 bougies.
- Si la ville désire augmenter ce nombre, le concessionnaire sera-tenu d’en fournir d’autres à raison de 70 francs par an et par lampe de 10 bougies, avec une moyenne de G heures d’éclairage par jour.
- La distance entre les lampes ne pourra dépasser 75 mètres.
- Les lampes doivent brûler en moyenne 2 200 heures par an, et si, à la tin de l’année, ce nombre a été dépassé, la ville payera les heures supplémentaires à raison de 3 centimes par heure et par lampe de 10 bougies.
- La ville payera pour les 210 lampes la somme de 10 000 francs par an.
- Le concessionnaire pourra traiter avec les particuliers pour l’éclairage des maisons, usines, etc., et l’Administration communale s’engage à faire installer la lumière électrique dans les bâtiments publics où l’éclairage sera payé à raison de 4 centimes par heure et par lampe de 10 bougies.
- La concession pourra être retirée si, pendant un mois, la lumière a fait défaut six fois, et si le concessionnaire refuse d’adopver les nouveaux perfectionnements qui pourraient être inventés.
- L’éclairage à la lumière électrique fait de rapides progrès... en Savoie.
- Nous apprenons, en effet, que Modane, un petit chef-lieu de canton qui ne compte pas plus de 2 400 habitants, vient de suivre l’exemple que lui a donné, l’année dernière sa congénère, La Rochc-surForon
- Depuis quelque temps déjà les rues de Modane sont éclairées à la lumière électrique.
- Les capitaux engagés dans les différentes entreprises d’éclairage électrique aux États-Unis s’élèvent à un total de 35o millions de francs et le nombre des lampes électriques installées annuellement est évalué à 37 000, dont 25 000 à incandescence et 12 000 à arc
- Pour la fabrication des premières, on emploie plus de 700 pompes à air, et 3oo 000 charbons sont fabriqués journellement pour les autres.
- La ville de New-York paie environ 35 centimes par heure pour chaque foyer électrique de 2 000 bougies.
- Nous lisons dans le Journal du Ga% et de VElectricité
- D’après le American gas Ught-journal, l’éclairage public de New-York comprenait, en décembre dernier, 703 foyers à arc dont le coûtannuel s'élève à 179616 dollars, en chiffres ronds 900 000 francs.
- Cet éclairage électrique remplace 3210 becs de gaz qui auraient coûté à la ville une somme annuelle de 56 175 dollars. Le budget de la cité est donc grevé d’une dépense de luxe de 620 000 francs.
- D’après un relevé fait par ordre des autorités municipales, le nombre total de foyers électriques à arc se monte à New-York à 2 062 ; ils dépensent annuellement 5e6 841 dollars.
- Ces 2 062 foyers à arc pourraient être remplacés par 5 135 becs de gaz qui ne donneraient lieu qu’à une dépense annuelle de 89862 dollars.
- L’usage du gaz donnerait donc lieu à une économie de plus de deux millions. Ces chiffres ont été cités par le président de la Société de VEclairage au ga\, dans le discours qu’il a prononcé en décembre dernier à l’occasion de la réunion annuelle.
- Nous devons avouer que ces chiffres ne sont guère compréhensibles, en effet 2 000 foyers à arc qui pourraient être remplacés par 5 000 becs de gaz feraient supposer que les foyers à arc employés à New-York ne donnent qu’une intensité correspondante à celle de 2 1/2 becs de gaz ordinaires.
- Une société au capital de 5oo 000 francs vient de se former aux États-Unis pour l’installation de la lumière électrique dans la ville de Valparaiso.
- Télégraphie et Téléphonie
- Nous reproduisons d’après le Journal Télégraphique de Berne le texte de la loi autorisant le gouvernement portugais à rendre définitif le contrat provisoire signé le 9 juillet 1884 avec le comte Oksza pour le câble sous-marin de la côte occidentale d’Afrique.
- (Extrait du Diario do Governo du 22 mai /<$55, ii3).
- Ministère de la Marine et des Colonies Direction générale d'Ultramar, 3° Bureau
- Dom Louis, par la Grâce de Dieu, Roi de Portugal et des Algarves, etc.,
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- Faisons savoir à tous nos sujetsquc les Cortès générales ont décrété et que nous voulons la loi suivante :
- Art. Ier. Le gouvernement est autorisé à convertir en contrat définitif le contrat provisoire signé le g juillet 1884 avec le comte Thaddéc d’Oksza en y apportant les modifications suivantes :
- i° Le concessionnaire s’engage à établir à ses frais le câble télégraphique sous-marin entre l’Archipel du Cap-Vert et la côte occidentale d’Afrique et à le mettre en communication avec la station de San Thiago dans le délai de six mois à compter de la signature du contrat définitif ; le prix de transmission des dépêches par ce câble sera de quatre cent cinquante reis (2 shillings) par mot, et il ne résultera pas de cette obligation du concessionnaire une nouvelle charge pour le Gouvernement, en plus de celles qui se trouvent consignées dans le contrat provisoire.
- 20 Les premières sections du câble jusqu’à Bolama, soit par la ligne du Sénégal, soit par celle de l’Archipel du Cap-Vert, aussi bien que l'embranchement de Bissao, devront être terminées six mois après la signature du contrat définitif.
- 3° Le droit exclusif d’atterrissement pour quarante années s’applique à toutes les lignes que le concessionnaire sera obligé de poser, y compris l’Archipel du Cap-Vert, conformément à la clause de l’article 5 du contrat provisoire. Passé le délai de quarante ans, le concessionnaire restera en possession des points d’atterrissement et des câbles pour tout le temps qu’il maintiendra leur exploitation.
- 40 Dans le calcul de la garantie à laquelle se réfère l’article 7 du contrat provisoire, doivent être comprises toutes les dépêches provenant de stations portugaises ou destinées à des stations portugaises; il demeure aussi en-* tendu que dans ce calcul n’entrent pas les dépêches qui ne font qu’emprunter le câble et qui provenant de stations non portugaises, ont pour destination des stations qui ne le sont pas non plus.
- 5° Sur les lignes auxquelles se réfère le contrat provisoire le Gouvernement percevra à titre de taxe de transit et de taxe terminale, la sommede i8reis (10 centimes)par mot sur tous les télégrammes expédiés des stations portugaises ou à destination de ces stations, de même que sur les télégrammes en transit par ces stations ; toutefois, cette clause n’entraîne pas une modification aux stipulations de la Convention télégraphique internationale, et il doit être entendu que le concessionnaire sera tenu d’indemniser le Gouvernement de la différence qu’il y aura entre les droits perçus d’après les termes delà Convention ci-dessus désignée lorsque celle-ci sera appliquée aux câbles qni font l’objet du contrat et les droits qui sont dûs en vertu de la présente clause.
- 6° Seront faites dans le contrat définitif les modifications résultant du fait de la pose du câble entre Saint-Vincent et San Thiago et de l’exécution des sondages auxquels le concessionnaire s’était engagé dans le contrat provisoire.
- 70 La station centrale télégraphique dans le Zaïre, à laquelle se réfère la quinzième condition du contrat, sera toujours sur territoire portugais; la garantie à laquelle est mise cette condition est réduite à 25 000 mots.
- 8° Le concessionnaire s’est obligé également dans les termes généraux du contrat et sans aucune charge pour l’État, à établir un embranchement de Saint-Thomé à l’île du Principe.
- 9° Le délai de la garantie est réduit à trente années ; le Gouvernement demeurera autorisé à faire une réduction plus grande sans qu’il résulte de ce fait aucune charge pour l’État.
- io° Daus le cas où le concessionnaire ne terminerait pas dans le délai indiqué les lignes qui font l’objet du contrat, il perdra le droit à toute garantie quelle qu’elle soit.
- Sont exceptés les cas de force majeure dûment prouvés et reconnus comme tels par le Gouvernement et, dans ce cas, le Gouvernement pourra autoriser des délais nouveaux.
- ii° Le concessionnaire s’engage à continuer le câble sous-marin vers le sud de l’Afrique, en desservant Ben-guella, Novo-Redondo et Mossamédés et à le prolonger jusqu’à Cape-Town ; il lui est concédé la faculté de toucher dans les points intermédiaires ainsi que le droit exclusif d’atterrissement pour un délai de quarante années dans les possessions portugaises ; ce câble devra être placé et en état d’exploitation un an après l’ouverture au service public de la station de Loanda ; il est déclaré expressément qu’il ne résultera pour le Gouvernement aucune charge nouvelle de garantie ou de subvention du fait de cette amélioration, et que tous les télégrammes des stations portugaises jouiront du transit par la station de Loanda et entreront en ligne de compte dans le calcul de la garantie concédée par le contrat provisoire du 9 juillet 1884.
- Un contrat spécial sera dressé pour l’exécution de la présente clause.
- Art. 2 Toute législation contraire est révoquée
- D’après le Harper's Magazine, l’outillage électrique de l’usine Krupp comprend une longueur de 64 kilomètres de fils télégraphiques desservis par 35 stations et 55 appareils Morse qui occupent une superficie de 10 kilomètres carrés.
- La Standard underground O de Cincinnati vient de placer 100 milles de câbles souterrains à Chicago pour le compte de la Compagnie des Téléphones de cette ville qui, de ce fait, en possède aujourd’hui 3io milles.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Électrique, 3i, boulevard des Italiens. Paria. — L. Barbier.
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : D' CORNELIUS HERZ Secrétaire de ta Rédaction : B. Marinovitch
- 8e ANNÉE (TOME XIX) SAMEDI 27 MARS 1886 No 13
- SOMMAIRE. — Les unités électromagnétiques absolues et pratiques; E. Dieudonné. — Les méthodes de mesures absolues; A. Gray.— Sur les machines dynamo-électriques actuelles à courants continus (3° article); G. Kapp.— Les gouvernails électriques; G. Richard, — Revue des travaux récents en électricité : Sur la détermination du coefficient de self-induction, par M. Ledeboer.— Sur la composition et les propriétés du mellogène, corps obtenu par électrosynthèse, par MM. A. Bartoli et G. Papasogli. — Nouveau dispositif pour la détermination du maximum de la polarisation galvanique, par A. Foeppl. — Correspondances spéciales de l’étranger : Allemagne •' D' H. Michaëlis. — Amérique : J. Wetzler. — Angleterre : J. Munro. — Faits divers.
- LES
- UNITÉS ÉLECTROMAGNÉTIQUES
- ABSOLUES ET PRATIQUES
- La Lumière électrique a publié sur ce sujet bon nombre d’études et de recherches importantes.
- Récemment y figuraient les remarquables travaux du savant professeur Th. Gray, accompagnés des méthodes expérimentales de mesures employées soit par lui, soit par d’autres savants Anglais.
- La question traitée ainsi avec tant d’autorité et une si haute sagacité peut être considérée comme épuisée.
- Observons cependant que les développements purement scientifiques auxquels elle a donné lieu s’adressent plus particulièrement aux personnes qu’une préparation mathématique suffisante rendait aptes à en suivre l’exposé. |
- Descendant de ces régions élevées dans une sphère plus modeste, nous croyons faire oeuvre utile à une certaine catégorie de lecteurs, de résumer ces notions scientifiques acquises et de les présenter, pour ainsi dire, sous la forme d’un tableau synoptique.
- Nous nous efforcerons, dans ce travail dont les éléments sont empruntés à des sources multiples, d’éviter l’écueil des erreurs ou des méprises dans lesquelles pourrait nous faire tomber sa tendance essentiellement pratique.
- Avant le Congrès des Electriciens de 1881, les diverses quantités rencontrées dans les phénomènes d’électricité étaient exprimées en fonction d’unités arbitraires variables, non seulement d’un pays à l’autre’, mais même d’un expérimentateur à son voisin.
- L’emploi de ces unités, malgré le soin que leurs auteurs aient apporté à en bien définir le sens, engendrait des divergences très grandes.
- Les travaux de la Commission des Mesures au Congrès ont eu pour objet principal d’établir l’uniformité dans l’énonciation des grandeurs mesurées.
- Dans l’ordre mécanique, toutes les grandeurs sont évaluées en fonction de trois unités, de longueur, de temps et de masse, qu’on [a appelées unités fondamentales, parce qu’elles sont coordonnées et irréductibles.
- Toutes autres unités qui en dérivent sont désignées, pour ce fait même, sous le nom d'unités dérivées.
- L’avantage pratique de l’emploi de ces dernières consiste à bannir des calculs les facteurs addi* tionnels qui les compliqueraient.
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- De même qu’en mécanique, toutes les grandeurs considérées en électricité et en magnétisme sont définies par leurs propriétés mécaniques; il est donc rationnel de les mesurer aussi en fonction des trois unités fondamentales.
- Fondées sur ces principes, ces mesures sont dites absolues; le sens du mot absolu étant opposé au mot relatif, qui caractérisait un système de mesures indépendantes les unes des autres.
- L’usage des mots mesures absolues ne fait rien préjuger de leur perfection; il indique simplement un rapport avec des unités fondamentales dont la notion est admise comme un axiome.
- Les unités particulières de longueur, de temps et de masse adoptées comme base de tout le système, sont le centimètre, la seconde et le gramme.
- En choisissant le centimètre au lieu du mètre, comme on l’avait proposé pour ce dernier, la combinaison- offrait l’avantage de rendre l’unité de masse pratiquement identique à la masse de l’unité de volume d’eau, ou, en d’autres termes, la valeur de la densité de l’eau pratiquement égale à l’unité.
- Ce dernier élément de simplicité était important à considérer.
- Equations de dimensions
- La valeur numérique d’une quantité concrète est un simple rapport.
- C’est le rapport de cette quantité à une grandeur de même nature de choix arbitraire, et qu’on appelle Y unité.
- Ainsi L désignant une longueur définie et l l’unité de longueur, t exprimera la valeur numérique de L.
- Mais il arrive qu’une unité d’une quantité d’une certaine nature est définie en la rapportant à l’unité d’une quantité d’une autre nature, et même quelquefois au moyen de deux ou plusieurs quantités de natures différentes.
- Les unités de surface et de volume appartiennent au premier de ces cas, puisque l’unité d’aire est l'aire du carré construit sur l’unité de longueur, et l’unité de volume est le volume du cube construit sur l’unité de longueur ; ce sont des unités géométriques dérivées; tandis que se réfère au second cas l’unité de vitesse, qui est habituellement définie comme la vitesse avec laquelle l’unité de longueur serait parcourue dans l’unité de temps.
- Conséquemment, les unités de vitesse, de volume et d’aire sont des unités dérivées des unités fondamentales.
- On appelle dimensions d’une unité dérivée la relation qui lie cette unité aux unités fondamentales.
- On représente ordinairement celles-ci par des symboles qui sont respecctivement la première lettre, écrite en caractères majuscules, du nom de chaque unité.
- Les dimensions de l’unité de surface seront représentées par le symbole [L2] et celles de l’unité de volume par le symbole [L3], placés ordinairement entre crochets ; cela veut dire que l’unité de surface varie comme le carré, et l’unité de volume, comme le cube de l’unité fondamentale de longueur.
- Les unités dérivées varient lorsqu’on change les unités fondamentales.
- Quelle vSt la loi de cette variation ?
- Pour fixer les idées, prenons une vitesse V telle qu’une longueur L soit parcourue en un temps T et soient respectivement [v, l, t, les unités de vitesse, de longuéur et de temps.
- En divisant la valeur numérique de L par la valeur numérique de T, nous obtiendrons la valeur numérique de V, c’est-à-dire :
- V_L t v /T
- Cette équation montre que, quel que soit le changement intervenu dans le choix des unités, l’unité de vitesse v varie en raison directe de l’unité de longueur, et en raison inverse de l’unité de temps.
- On exprime une telle relation sous une forme abrégée de raisonnement telle que la suivante :
- longueur
- vitesse =-------
- temps
- De même Y accélération serait représentée par :
- . . vitesse longueur
- accélération =---= -—2—r—
- temps (temps)-*
- Les équations de cette nature se nomment équations de dimension.
- On peut y supprimer les facteuis numériques constants, puisqu’ils n’affectent pas les dimensions.
- Nous nous sommes quelque peu étendu sur l’interprétation du sens de ces équations, parce
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- que nous les rencontrerons dans l’évaluation des grandeurs électriques.
- Unités mécaniques dérivées
- Des trois unités fondamentales dérivent les unités mécaniques de vitesse, de force et de travail.
- Unité de vitesse. — C’est l’unité en vertu de laquelle l’unité de longueur serait parcourue dans l’unité de temps.
- Son équation de dimension est :
- V= ~=L T-'
- Unité de Jorce. — L’unité de force est la force capable d’imprimer, par seconde, à la masse de i gramme, une vitesse de i centimètre.
- Elle a reçu le nom de dyne.
- F étant l’unité de force qui, dans l’unité de temps, imprime à l’unité de masse une accélération égale à l’unité de vitesse, on a :
- et comme
- T
- F= ^.j- = M L T —2
- Un corps tombant librement dans le vide acquiert, sous l’action de la pesanteur, une accélération désignée par g.
- La valeur de g varie avec la latitude et l’altitude du lieu où on se trouve.
- Il s’ensuit que l’unité de force est 1 e poids d’un gramme divisé par g.
- A Paris, g— 981 centimètres environ, et l’unité de la force ou la dyne y est égale à gr->
- presque un milligramme.
- Comme elle est très petite, on évalue ordinairement les forces en megadyne, ou un million de dynes dont l’emploi offre plus de commodités.
- Unité de travail. — L’unité de travail est la somme de travail produite par l’unité de force, ou dyne, quand l’espace parcouru sous son action est égal à l’unité de longueur ou centimètre ; elle s’appelle erg.
- L’unité d’énergie est aussi l’erg, l’énergie étant
- mesurée par la somme de travail qu’elle représente.
- Le meg-erg équivaut à un million d’ergs. L’équation de dimension de l’unité de travail est la suivante :
- W = L F = L x ~r = M IA t- 2
- En pratique, on a adopté le kilogrammètre pour unité de travail.
- Il est égal à 100 000 g ergs ou 98,1 meg-ergs.
- Le cheval vapeur français est de y5 kilogram-mètres par seconde.
- Il est égal à 98, iXy5 ou 7357 meg-ergs.
- Le horse power équivaut à 75,9 kilogramme-tres par seconde ou 7446 meg-ergs par seconde.
- Unités électromagnétiques dérivées
- Elles sont ainsi appelées parce qu’elles sont basées sur la mesure des forces exercées entre une certaine quantité de courant électrique et une certaine quantité de magnétisme, concentrée dans un pôle magnétique.
- D’autres systèmes d’unités ont été déterminées — les systèmes d’unités dérivées électrodynamiques et électrostatiques — qui ne sont d’aucun usage pratique. Nous ne nous en occuperons pas.
- En électricité, nous trouvons cinq natures de grandeurs à mesurer : intensité, quantité, force électromotrice, résistance, capacité et subséquemment une sixième, le travail électrique dont est capable un courant, autrement dit son énergie.
- Tableau de ces unités avec leur symbole, le nom des unités pratiques et. leurs dimensions.
- NATURE des quantités SYMBOLE NOM de l’unité pratique DIMENSIONS
- Intensité 1 Ampère.. L-, T-i
- Quantité Q Coulomb. Lè Mj
- Force électromotr.. E Volt 14 Mj T-->
- Résistance R Ohm L T-1
- Capacité C Farad.... L-i T-
- Les unités absolues électriques étant ou trop grandes ou trop petites ne se prêtent pas commodément aux besoins de la pratique.
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- Pour y répondre, on a été amené à leur substituer des unités pratiques correspondantes qui sont des multiples ou des sous-multiples des unités absolues.
- Pour arriver à rattacher les cinq espèces d’unités, consignées dans le tableau ci-dessus, aux notions fondamentales de longueur, dejmasseet de temps, on a fixé la grandeur de l’une quelconque d’entre elles — de l’unité d’intensité — par la grandeur de l’action mécanique qu’un courant, dans des conditions déterminées, exerce sur une masse magnétique déterminée.
- De cette unité établie dans des rapports simples avec les unités fondamentales et avec les unités mécaniques dérivées, découleront toutes les autres.
- Il existe entre les cinq grandeurs à mesurer, des relations bien connues indiquées par des formules générales qu’il est utile de rappeler.
- Assimilant la propagation de l’électricité à celle de la chaleur, Ohm est arrivé à établir les lois de l’intensité du courant dans les conducteurs linéaires, traduite par la formule suivante :
- On ne doit pas admettre cette loi dans toute sa rigueur, mais seulement comme une limite dont se rapproche assez le phénomène de la propagation. Au surplus, cette conception est justifiée par l’expérience.
- Le ternie I exprime Y intensité du courant c'est-à-dire, la quantité de flux électrique qui passe par un conducteur.
- Ce courant dépend de E qui représente toute cause capable de maintenir une certaine différence de potentiel ou de tension entre deux points du conducteur; cette cause prend le nom de force électromotrice.
- L’intensité du courant est aussi influencée par le facteur R exprimant la résistance offerte au passage du courant par le conducteur.
- I est donc la quantité de courant qui passe pendant un temps quelconque; pour un temps t, cette quantité deviendra 11.
- En la désignant par Q, on a :
- Q= It
- La capacité est le rapport constant de la charge d’électricité que prend un condensateur, à la force électromotrice de charge, ses deux armatures étant reliées aux deux pôles de la pile et prenant
- ainsi des potentiels V, et V2 dont la différence V, — Va est égale à la force électromotrice E. Nous poserons donc :
- Les phénomènes électriques sont liés par des lois que l’expérience a fait connaître, aux autres phénomènes de la nature, car le courant développe de la chaleur dans un conducteur, produit des décompositions chimiques, exerce des actions mécaniques, etc.
- Tous ces effets peuvent être rapportés à l’unité de travail.
- Joule a démontré expérimentalement que la chaleur dégagée dans un conducteur de résistance R par le passage d’un courant d’intensité I, pendant l’intervalle de temps t est proportionnelle au produit RI2f.
- Cette chaleur est elle-même équivalente à une quantité de travail déterminée qui a pour expression :
- W = R I-1
- Mais
- et
- Q = I t
- En faisant dans l’équation du travail, les substitutions nécessaires, nous obtenons :
- W = RI21 = Q F.
- c’est-à-dire que le travail d’un courant ou l’énergie qu’il développe se mesure par le produit de sa quantité par sa force électromotrice ou différence de potentiel.
- Les formules générales qui précédent permettent de déduire les unités C. G. .S.
- Unité d’intensité
- L’unité d’intensité est celle d’un courant qui, par chaque centimètre de son circuit, produirait l’unité de force ou dyne sur l’unité de pôle magnétique placé à l’unité de distance de toutes les parties du circuit. — L’imité de pôle étant le pôle qui repousserait un pôle égal de même nom, situé à i centimètre de distance, avec une force égale à une dyne.
- Cette conception du pôle unité est purement
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- imaginaire, car on ne peut arriver à séparer les deux pôles d’un même aimant.
- On tourne la difficulté en opérant avec des barres d’aimant droites, minces et d’une grande longueur de telle façon qu’on puisse considérer les deux pôles placés en regard comme ayant seuls une influence active.
- Pour réaliser les conditions de la définition de l’unité d’intensité, on emploie un aimant de dimensions très-petites librement suspendu par son centre au centre d’une circon férence formée par le fil conducteur du courant.
- Lors du passage de celui-ci, il agit, suivant la loi d’Ampère, avec une certaine force sur l’aimant pour le dévier de sa position initiale.
- Cette force s’exerçant en sens opposé sur chacun des pôles de l’aimant constitue un couple.
- L’effort exercé par le courant sur l’un des pôles est proportionnel à l’intensité magnétique m de ce pôle, à l’intensité I du courant, à la longueur L du conducteur, puisque tous les points de celui-ci sont sensiblement placés à la même distance de ce pôle.
- D’autre part, ce même effort est en raison inverse du carré de la distance qui sépare le pôle du conducteur.
- Ecrivons donc :
- d’oü
- Cette dernière équation nous amène à la définition de l’unité d’intensité déjà énoncée, en y faisant :
- f — i m = i d — i L = i on obtient : I = i.
- L’unité pratique d'intensité s’appelle Ampère.
- Elle est égale à — de l’unité absolue mesurée b io
- comme nous venons de l’indiquer. Ampère = —
- unité C. G. S. = io~~l C. G. S.
- C’est, d’après les résolutions du Congrès des Électriciens, le courant produit par un volt dans un ohm.
- Unité de quantité
- L’unité C. G. S. de quantité est la quantité
- d’électricité produite en une seconde par un courant d’intensité égale à une unité C. G. S.
- Cette définition est déduite de la formule Q = 11 dans laquelle on fait t = i et I = i.
- L’unité pratique de quantité a été nommée Coulomb.
- Coulomb = io*~ C. G. S.
- Ledébit des piles ou la capacité d’emmagasine-ment des batteries secondaires sont souvent exprimés en coulombs.
- Unité de force électromotrice.
- L’unité de force électromotrice est celle qui, transportant l’unité de quantité Q, lui fait développer l’unité C. G. S. de travail ou un erg.
- Reprenons l’équation de l’expression du travail déterminée plus haut :
- \V = QE
- Pour W — i, nous obtenons Q = ~ et si Q = i, on a E — i.
- Ces différentes transformations de l’équation du travail font connaître la définition de l’un de ses éléments : l’unité de force.
- Le Congrès de Paris a décidé de donner le nom de volt à l’unité pratique de force électro-motrice. Elle équivaut environ à 0,9268 fois la force électromotrice d’un élément Datliell.
- volt = io8 C. G. S.
- Unité de résistance.
- L’unité de résistance est celle d’un conducteur dans lequel, pour une différence de potentiel entre ses deux extrémités égale à 1 unité C. G. S., l’intensité du courant qui le traverse est égale à 1 unité.
- Cette définition découle de la formule
- Pour I = 1 unité d’intensité, on a R = E, et si E est lui-même égal à 1, on trouve R = 1 unité de résistance.
- L’équation de dimension de la résistance l’assimile à une vitesse.
- La grandeur de l’unité électro-magnétique absolue de résistance a été déterminée par plusieurs méthodes fondées sur la force électromo-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- trice que développe l’induction. L’un de ces procédés consiste à observer la déviation d’un petit aimant mobile placé au centre d’une bobine tournante soumise à l’action inductrice du magnétisme terrestre.
- Un grand nombre de déterminations délicates et minutieuses ont ainsi été faites par plusieurs expérimentateurs. La grandeur de l’unité adoptée est une moyenne des résultats obtenus ; elle se représente par le rapport
- io7 mètre seconde OU
- le quart du méridien terrestre une seconde
- auquel on ajoute le symbole BA de l'Association britannique, afin de ne pas entraîner de confusion dans le cas où on arriverait à une précision plus grande pour la véritable valeur de l’unité absolue.
- L’unité pratique de résistance appelée ohm est égal à io9 C. G. S.
- Meghom = un million d’ohms.
- Microhm = un millionième d’ohm.
- La représentation matérielle de l’ohm-étalon légal est obtenue à l’aide d’une colonne de mercure de i millimètre carré de section et de 106 millimètres de longueur à zéro degré centigrade.
- Ohm étalon légal = 1,0112 unités B. A.
- Unité de capacité.
- L’unité de capacité est la capacité d’un condensateur qui contient 1 unité C. G. S. de quantité, lorsqu’il est chargé par une force électromotrice telle, que la différence de potentiel des deux armatures soit de 1 unité C. G. S.
- Pour tirer cette définition de la formule générale C = faisons E = 1.
- On a alors G = Q, et si on fait Q = 1 on obtient C = 1.
- L’unité pratique de capacité a reçu le nom de Farad. C’est la capacité définie par la condition qu’un coulomb la charge au potentiel d’un volt.
- Farad = 10—9 C. G S.
- Pour la pratique, le farad est encore une quantité trop grande, le micro-farad ou la millionième partie du farad a été adopté. Il convient mieux
- pour les mesures que l’on a généralement à effectuer.
- Ainsi, par exemple, un condensateur de 1 micro-farad, chargé à 1 volt, contient un microcoulomb.
- Unité de travail.
- Si nous nous reportons à la définition de la force électromotrice donnée précédemment, nous serons autorisé à poser l’égalité suivante :
- L’unité de travail ou erg == travail de la force 1 dyne, sur une distance de 1 centimètre.
- Donc erg = 1 centimètre dyne ou
- erg _ centimètre-dyne dyne
- centigramme-mètre centimètre-gramme gramme
- 1 _ 1
- 9Ȕ
- OU
- erg =
- ()8i
- centigram mètre
- ou bien
- = —0------------de kilogrammètre
- 981 x 100 000
- L’expression générale du travail a été trouvée être la suivante :
- W = QE
- On obtiendra la valeur de QE en centimètres dyne par seconde, c’est-à-dire en ergs, lorsque toutes les quantités seront mesurées en unités G. G. S.
- En pratique, l’usage a prévalu d’exprimer l’intensité en ampères et la force électromotrice en volts, et l’unité pratique appelée watt, est le produit d’un volt par un ampère. Elle équivaut donc à un certain nombre d’unités C. G. S. de travail ou ergs ; en effet :
- Watt = ampère x volt= (10 —1 x 108) unités C. G. S.
- = 107 ergs
- Dans les applications industrielles, il est souvent nécessaire de passer d’une certaine nature d’unités à une ou plusieurs autres, par voie de transformation.
- Il est facile d’établir des formules qui expriment les relations existant entre les unités électriques, mécaniques et thermiques.
- Nous avons trouvé, en effet, que :
- erg
- 981
- de
- ccntigrammètre
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 583
- watt = io7 ergs = io7
- X -jÿy de centigrani mètre
- Mais :
- alors :
- donc
- erg = aussi —;------kilogrammètre
- ° i o-r’ X <)d I
- , lO7 I .
- io7 ergs = —- x —rr- kilogrammetre ” io1' ()8i p
- i watt = kilogrammètre i watt = x 75 chevaux vapeur
- 98.
- cales
- Nous supposons ici que g — 981.
- Tel est, présenté dans son ensemble e t sous forme d’aide-mémoire pratique, sans cesser d'être rigoureusement scientifique, le système si logique et si conséquent avec lui-même des unités absolues.
- Les développements théoriques simples dans lesquels nous sommes entré, servent de liens naturels aux différentes parties de cette étude. Ils permettront aussi — c’est notre espoir — d’arriver à saisir la philosophie des mesures pour acquérir la pratique intelligente de leur emploi.
- E. Dieudonné.
- LES METHODES DE
- MESURES ABSOLUES'1»
- CHAPITRE VI
- ÉTALONNAGE DES GALVANOMETRES DE SIR WILLIAM THOMSON
- Nous allons considérer rapidement l’étalonnage des instruments destinés à mesurer des volts et des ampères; nous prendrons comme exemple le galvanomètre de Sir William Thomson.
- L’étalonnage de ces appareils se fait par la comparaison de leurs indications avec celles d’un galvanomètre étalon.
- ( i) Voir La Lumière Electrique, n°s 5, 7 et 9, 1886.
- Nous commencerons par considérer l’étalonnage d’un galvanomètre de potentiel, c’est-à-dire, d’un galvanomètre dont la résistance est tellement grande, qu’en attachant ses extrémités à deux points d’un conducteur traversé par un courant, la différence de potentiel qui existait précédemment entre ces deux points ne se modifie pas d’une manière appréciable.
- Il est clair qu’un galvanomètre qui mesure des courants, mesure aussi des potentiels car, si la résitance est connue, la différence de potentiel aux bornes peut être calculée par la loi d’Ohm; mais l’avantage du galvanomètre de potentiel, fait spécialement avec une bobine de grande résistance, provient de ce qu’en reliant ses bornes à deux points d’un circuit parcouru par un courant la différence de potentiel indiquée par l’instrument peut être considérée, dans la plupart des cas, comme la différence qui existait réellement entre ces deux points du circuit avant que le galvanomètre n’ait été mis en contact avec ces points et que ceux-ci étaient réunis seulement par le circuit ordinaire.
- Soit en effet V, cette différence de potentiel en volts, r, la résistance du conducteur et R celle du galvanomètre.
- Si r est petit relativement à R, l’introduction
- R
- de R diminue V dans le rapport de j—p et Par conséquent la différence de potentiel entre les
- deux extrémités de la bobine est égale à V
- R
- R + r;
- donc d’après la loi d’Ohm, le courant qui tra-
- ... V R V
- verse le galvanomètre est :—.-ou—
- R R-|- r ^
- (i+r)
- Le ternie ^ est négligeable et la différence de
- potentiel calculée au moyen de l’équation G =
- sera suffisamment exacte.
- Avant d’étalonner l’instrument, on contrôle le réglage de la bobine, de l’aiguille, etc. On le place ensuite, comme on fait pour un galvanomètre étalon, dans un endroit où il n’y a pas de fer, et pour lequel la valeur de H a été déterminée.. La bobine de grande résistance du galvanomètre étalon et la bobine du galvanomètre de potentiel sont alors réunies en série, avec une batterie constante composée d’un nombre d’éléments Daniell suffisant pour imprimer à l’aiguille du galvanomètre une déviation d’environ 45 de-
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- 584
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- grés, et le magnétomètre est ajusté sur sa plan-de manière à donner également une déviation de l’index d’environ 45 degrés. Le courant qui traverse le circuit est calculé au moyen des équations 5 ou 6(1) en partant des lectures obtenues dans le galvanomètre étalon et réduit en ampères, en multipliant le résultat par 10.
- La différence de potentiel entre les extrémités de la bobine du galvanomètre de potentiel, exprimée en volts, s’obtient en multipliant le nomhre d’ampères ainsi trouvé, par la résistance de la bobine en ohms.
- Un calcul très simple donnera alors le nombre de divisions qui correspond à une déviation produite par une différence de potentiel d’un volt, et de même en considérant la valeur de H, le nombre de divisions qui correspond à un volt dans un champ magnétique dont l’intensité serait égale à une unité C G S. Ce dernier nombre est celui qui devrait être marqué sur la planchette en face du trait indiquant la position du magnètomètre; mais, excepté pour la position du magnétomètre la plus rapprochée de la bobine, les positions pour lesquelles les nombres correspondants sont les
- termes de la série -, -, 4 2’
- 1, 2, 4, sont seules mar-
- quées sur la planchette.
- Les nombres qui correspondent au deux positions les.plus rapprochées de celle de notre expérience, peuvent être facilement déterminés en maintenant constante la différence de potentiel, aux bouts de la bobine et en rapprochant ou éloignant le magnétomètre de la bobine, jusqu’à ce que la déviation soit augmentée ou diminuée dans le rapport voulu.
- Supposons, par exemple, que pour une différence de potentiel de 20 volts on ait une déviation de 40 divisions, et soit la valeur de -H à l’instrument =0,17. Le nombre de divisions qui correspond à un volt pour un champ d’intensité
- 40 O
- 1 sera — 0,17 = o,3q.
- Donc les positions marquées sur la planchette du magnétomètre les plus rapprochées de celle de l’expérience doivent correspondre aux nombres 1/2 et 1/4; pour arriver à cette dernière position, le magnétomètre doit être éloigné de la bobine jusqu’à ce que le nombre de divisions qui corres-
- (') Voir La Lumière Electrique du i3 février 1886, p, 299 et 3oo.
- pond aux 20 volts soit 29,4 : c’est la position à laquelle il faut marquer le nombre 1/4.
- Pour trouver la position où doit être marqué le nombre 1/2, il faut employer une plus faible différence de potentiel, afin que la déviation reste dans les limites de l’échelle.
- Supposons, par exemple, qu’en réduisant dans le rapport de 1 à 2 le nombre des éléments de la batterie ou qu’en ajoutant des résistances en série avec la bobine, la déviation dans notre première position soit de 20 divisions ; nous rapprocherons le magnétomètre de la bobine, jusqu’à ce que la déviation soit de nouveau devenue égale à 29,4 : c’est dans cette position, qu’il faudra marquer le nombre 1/2.
- FIG. I
- Il est facile de voir, d’après ce qui précède, comment on trouvera les positions correspondantes aux nombres 1, 2, 4, etc.
- Le nombre qui correspond à la distance mi-nima du magnétomètre et de la bobine, quoique ne formant pas un terme de la série, est déterminé de la même manière et marqué à la position correspondante du magnétomètre. C’est la méthode employée dans la pratique pour étalonner ces instruments.
- Une autre méthode dont l’usage est parfois commode est la suivante.
- L’instrument étalon, quelques bons éléments Daniell et une résitance donnant une déviation d’environ q5 degrés au galvanomètre étalon sont reliés en séries ; le galvanomètre à graduer est mis en contact avec deux points du circuit séparés par une résistance produisant une déviation à peu près de même grandeur.
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- Joürnàù ûNîvérsel d’éléctricité
- Soit R la résistance de la portion du circuit précédent, comprise entre les points d’attache des extrémités de la bobine du galvanomètre, et soit G la résistance de cette bobine. Le courant, calculé par la déviation de l’aiguille du galvanomètre étalon sera, par exemple, de G ampères.
- Dans ces conditions, si V est la différence de potentiel entre les extrémités de la bobine, nous y
- aurons C = relation dans laquelle R' désigne
- la résistance totale des circuits R et G; on a donc, „ RG
- R = Par conséquent,
- C
- _ v
- ~ RG
- ou bien
- V
- r
- U R + G
- FIG. 2
- Cette dernière équation donne le nombre de volts qui correspond à la déviation de l’instrument dans la position de l’expérience ; on peut, partant de là,trouver et numéroter la série des positions du magnomètre, exactement de la même manière que dans la méthode précédente.
- Pour vérifier l’exactitude de la graduation d’un galvanomètre de potentiel, lorsqu’elle a été faite par une de ces méthodes, on peut employer un élément Daniel] de la forme proposée par Sir William Thomson au meetting de Southampton de l’Association britannique.
- Cet élément est représenté en perspective dans la figure i. Il consiste en une plaque de zinc placée au fond d’un vase et recouverte d’une couche d’une solution concentrée de sulfate de zinc, sur laquelle on a versé, aussi doucement que possible, pour obtenir une surface de séparation bien nette, une couche d’une solution à demi concen-
- trée de sulfate de cuivre, dans laquelle est immergée une plaque de cuivre.
- Le sulfate de cuivre est introduit par un tube en verre, indiqué sur la figure, plongeant dans le liquide et terminé par une fine pointe courbée dans une direction horizontale, de manière à répandre le liquide le plus doucement possible. Ce tube est réuni par un tube en caoutchouc à un entonnoir; en élevant ou en abaissant celui-ci, on peut faire couler le liquide vers l’intérieur du vase ou l’en faire sortir. De cette manière, le sulfate de cuivre est introduit dans le vase lorsque l’élément doit être employé, et enlevé, lorsquel’é-lément ne travaille pas.
- La force électro-motrice de cet élément a été très soigneusement déterminée et trouvée égale, d’après les dernières mesures de l’ohm effectuées par lord Rayleigh, à 1,072 volts, à la température ordinaire. L’application directe de cet élément au galvanomètre donne une mesure de l’exactitude de la graduation. Comme la résistance du galvanomètre est égale à 6 000 ohms, il n’y a pas de polarisation appréciable.
- L’élément étalon peut être employé avec une batterie d’éléments Daniell, de la manière représentée sur la figure 2. Sur cette figure C, est l’élément étalon, et B, une batterie de 3o à 40 petits éléments Daniell. On forme un premier circuit avec une boîte de résistance, le galvanomètre G à graduer et la batterie reliée en série avec l’élément étalon C.
- Un galvanomètre sensible D, qui peut être un galvanomètre à miroir ou un autre galvanomètre très sensible et de faible résistance est mis en contact avec le circuit en un point M, entre la batterie B et l’élément C,et au moyen de la clé K, avec une des bornes intermédiaires L de la boîte de résistance.
- Les résistances dans la boîte sont disposées de telle manière qu’en pressant sur la clé K, aucun courant ne passe à travers le galvanomètre D.
- Soient R la résistance de la boîte à droite de L, r la résistance de l’élément étalon C, et G, la résistance du galvanomètre à étalonner.
- Si V est la différence de potentiel entre les extrémités de la bobine G, nous aurons :
- Dans la pratique, une résistance de 3oo à 40o ohms est en général nécessaire pour R.
- Pour la force électro-motrice de l’élément
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- étalon on admet la valeur de 1,072 volts, car, malgré la forte batterie du circuit, la résistance tptale est si grande qu’il n’y a qu’une très faible polarisation.
- ; Le magnétomètre est placé de manière a donner une bonne déviation, pour cette différence connue de potentiel et le reste de l’étalonnage s’opère cpmme dans les cas précédents.
- Une autre méthode pour déterminer la différence de potentiel produite par la batterie B aux deux extrémités de la bobine du galvanomètre G, Consiste à placer R entre L et M (fig. 2) et K ainsi que D, dans la position occupée par R, et à renverser le sens de l’élément C. R est réglé de manière qu’aucun courant ne passe par G, lorsqu’on abaisse la clé K. Lorsque cela a lieu, la force électromotrice de G, est équilibrée par la force électromotrice produite par B. Dans ce cas la différence de potentiel entre les extrémités de G est
- », G
- V-=i,o72;r
- Par cette méthode, qui est une application de la méthode proposée par Poggendorff pour comparer les forces électromotrices des batteries, la différence de potentiel s’obtient sans qu’aucun courant passe à travers l’élément étalon, et une inexactitude provenant de la polarisation de celui-ci se trouve ainsi complètement évitée. Cette méthode est très commode dans la pratique.
- La méthode adoptée pour l’étalonnage du galvanomètre d’intensité est exactement la meme que celle décrite plus haut pour l’étalonnage de l’instrument destiné à mesurer des potentiels. Le galvanomètre étalon avec sa bobine de faible résistance et le galvanomètre d’intensité sont reliés en série' avec une batterie suffisante pour produire dans chaque instrument une déviation d’environ 45 degrés, pour une certaine position du magnétomètre sur la planchette du galvanomètre d’intensité. Le courant est donné en ampères par le galvanomètre étalon, et la déviation du galvanomètre d’intensité doit évidemment indiquer le même nombre d’ampères.
- Par un petit calcul, exactement semblable à celui précédemment décrit, on trouve le nombre de divisions qui correspond à un courant d’un ampère, dans un champ magnétique 1, et par suite la série des positions du galvanomètre sur la planchette.
- La valeur du champ magnétique produit par
- l’aimant demi-circulaire à l’endroit où se trouvent les aiguilles est déterminée généralement de la manière suivante : on place en circuit, ainsi que l’indique la figure 3, une batterie d’environ 3o éléments Daniell (type à auge proposé par Sir William Thomson) et deux résitances R, R' respectivement égales à 100 et à 600 ohms environ.
- Deux galvanomètres de potentiel G„, G* sont reliés aux points AA' de ce circuit; sur l’un de ces galvanomètres on place l’aimant dont on se propose de déterminer l’intensité à l’endroit où se trouve le faisceau d’aiguilles et sur l’autre on place un aimant quelconque, puis les appareils sont réglés de façon à donner chacun une déviation de 3o à 40 divisions de l’échelle.
- Appelons D„ la déviation du galvanomètre Ga et D* celle au galvanomètre G*.
- -1111
- FIÜ. 3
- Gomme les deux instruments mesurent la même différence de potentiel V, on a
- V = AI Da = B Df,
- équation dans laquelle A et B sont des constantes et I l’intensité horizontale totale du champ magnétique à l’endroit où sont les aiguilles lorsque l’aimant est en place.
- On ferme maintenant le galvanomètre G« sur la plus petite résistance R, on enlève l’aimant et on règle l’instrument en ramenant l’index au zéro ; on laisse G* tel qu’il était auparavant et on lit de nouveau les déviations D'„ et D * aux deux instruments.
- Si V' est dans ce cas la différence de potentiel aux bornes du galvanomètre G/„ la différence de potentiel aux bornes de Ga aura pour valeur
- R' +
- R G R + G RG
- R + G
- V'
- A H !)',«
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 587
- équation dans laquelle G représente la résistance du galvanomètre G„. Ceci nous donne la relation
- 2) V‘=AHir,i j. 4^(< + g)| = Bb„
- Les équations (1) et (2) combinées donnent enfin
- 3)
- b'„ D/, j R' /' R\ = G ( 1 + oj
- H
- Le nombre I ainsi trouvé diminué de la valeur de H, indique en unités C.G.S. l’intensité du champ magnétique à l’endroit de l’aiguille, produit par l’action de l’aimant seul. La valeur de I —H est le nombre marqué sur l’aimant : il est égal en général à 9 ou à 10 environ.
- La valeur de I — H peut aussi être déterminée par la méthode suivante :
- Une batterie d’environ 3o éléments Daniell à auge de sir William Thomson, est reliée en série avec une résistance d’environ 7000 ohms. Les électrodes d’un galvanomètre de potentiel sont fixées à des points pris sur cette résistance et tels, que la déviation de l’aiguiliedu magnétomètre placé sur l’instrument sans aimant directeur soit d’environ 3o à 40 divisions de l’échelle.
- On interrompt alors le courant du galvanomètre, on place l’aimant dans sa position, et on ramène l’index du magnétomètre à zéro, en faisant tourner l’aimant au moyen de la vis horizontale. Les électrodes sont ensuite de nouveau reliées au circuit, de manière à faire passer par la bobine du galvanomètre un courant produisant une déviation de même grandeur à peu près que dans le cas précédent. Soit E, la force électromotrice de la batterie, I, la composante horizontale du champ magnétique, à l’endroit de l’aiguille, lorsque l’aimant est en place, R, et R2 la résistance comprise entre les électrodes de la bobine dans le premier et dans le second cas ; et V2, les différences correspondantes de potentiel en volts aux extrémités de la bobine; D, et D2, les déviations, et G, la résistance du galvanomètre. Nous avons, en appliquant la loi d’Ohm :
- V,=
- et
- V., :
- ER, G
- (B + R —R,) R, 4 G) + R, (1 1
- E R., G
- (B 4 R — R..,) (R., 4 G) + R._,G
- m I D.,
- u D|Ro[(B4R — Ri)(R|4G)4R|G]
- D2R| [(B 4 R — R.,) (R, 4 Ü) 4 R,G]
- Si la résistance B de la batterie est petite comparée à G, ou si le galvanomètre est assez sensible
- pour qu’011 puisse diminuer
- B
- G
- suffisamment en
- ajoutant une résistance à G, B peut être négligé ; et il est généralement possible, en faisant des choix convenables pour R, R, et R.,, de simplifier considérablement la formule.
- Le potentiel connu qu’on obtient en comparant une batterie d’éléments Daniell avec l’élément étalon par la méthode précédemment décrite peut être employé pour produire une déviation de l’aiguille avec l’aimant directeur placé au-dessus du magnétomètre; en comparant cette déviation avec celle produite par l’élément étalon directement relié au galvanomètre, l’aiguille étant soumise à la seule force directrice de la terre, on obtient
- facilement la valeur du rapport
- H
- On peut déterminer I — H au moyen du galvanomètre d’intensité de la manière suivante :
- Onfaitpasser un courant, et l’on prend deux mesures, la première fois sans aimant directeur, en employant une des positions les moins sensibles du magnétomètre, la seconde fois avec l’aimant, en employant une position plus sensible.
- Soient D, et D2 les déviations correspondantes, n| et n.y les nombres de divisions qui correspondent à un ampère et à un champ d’intensité 1, dans les deux positions.
- On peut calculer la valeur de I par la proportion
- b, H D.,l
- -------- ou !
- »! »a
- », b
- -'-H
- La valeur de I pourra être trouvée à chaque endroit et pour chaque aimant, de la manière suivante, au moyen du galvanomètre de potentiel.
- On place l’aimant dans une position convenable sur l’instrument et on s’arrange de façon à avoir une différence de potentiel de V volts (mesurée par une des comparaisons au moyen de l’élément étalon) aux extrémités de la bobine.
- Soit D, la déviation produite, et n, le nombre gravé sur la planchette correspondant à la position du magnétomètre au moment de l’expérience;
- , T nV alors 1 = -jy •
- Si E est la force électromotrice de l’élément
- où ni est une constante. Nous aurons donc :
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-
-
-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- G
- étalon en volts, nous aurons évidemment V= E — et, par conséquent,
- »EG “ DR
- Lorsque l’instrument a été étalonné pour un champ magnétique d’intensité égale à une unité C. G. S., et que l’intensité du champ magnétique produit par l’aimant a été déterminée, la gradua-ion de l’instrument est complète.
- Lorsqu’on fait pratiquement usage de l’instrument, avec l’aimant en position, le nombre de volts ou le nombre d’ampères (suivant que l'instrument employé est un galvanomètre de potentiel ou un galvanomètre d’intensité) qui correspond à une déviation d'un certain nombre de division, es* trouvé par la règle suivante :
- : On multiplie le nombre de divisions d'une déviation par le nombre inscrit sur Vaimant, augmenté de Vintensité de la composante horizontale du champ magnétique de la terre (’), et on le divise par le nombre gravé sur la planchette en face du trait situé juste sous la face antérieure du magnétomètre.
- Lorsque l’aimant n'est pas employé, la règle est la meme, excepté que le facteur devient la valeur de H à l’endroit de l'observation.
- Pour rendre l’instrument plus commode, dans les cas ordinaires, on détermine une position du magnétomètre qui ne fait pas partie de la série précédemment définie, position pour laquelle la déviation avec l’aimant en place correspondant à i volt ou à i ampère est égale à i ou à un nombre convenable de divisions.
- On repère cette position au moyen de deux traits tracés sur les côtés verticaux de la planchette dans le prolongement des deux traits blancs placés sur les côtés du magnétomètre.
- .De cette manière ou peut lire, sans aucun calcul, les différences de potentiel en volts ou les intensités en ampères.
- La graduation du galvanomètre d’intensité peut également se faire en ayant recours à l’électrolysc.
- Les équivalents électro-chimiques d’un grand nombre de métaux ont été déterminés; il suffit donc, pour étalonner l’instrument, de le relier en série avec un élément électrolytique convenable et avec une batterie constante, et de comparer la
- (’) Lorsque l’on se sert de l'aimant, on peut prendre en Angleterre avec suffisamment d'exactitude pour H la valeur moyenne de 0,17 c. g. s.
- quantité de métal déposé sur l’électrode négative à la quantité d’électricité qui a passé par le circuit dans un intervalle de temps donné.
- Pour faire l’auge à décomposition, on pourra prendre deux plaques de cuivre parallèles, chacune d’environ 5o centimètres carrés de surface, séparées par une distance d’environ 2 centimètres et immergées dans une solution à peu près neutre de sulfate de cuivre placée dans un vase en verre.
- Un courant d’un ampère donne dans ces conditions un bon résultat.
- Ce courant dépose environ 1,2 gr. de cuivre par heure, dépôt qui peut être pesé avec une grande exactitude en employant des plaques légères.
- Les plaques doivent être soigneusement nettoyées, séchées et pesées, avant d’être immergées dans le liquide; il faut prendre soin de ne pas envoyer le courant à travers l’électrolyte avant que celui-ci ne soit devenu tout à fait continu.
- L’instant où le courant est fermé doit être noté et des lectures au galvanomètre doivent être faites h intervalles courts et égaux pendant toute la durée de l’expérience.
- La moyenne de ces lectures doit être considérée comme la déviation moyenne du galvanomètre.
- Lorsque l’opération est terminée, les plaques doivent être sorties de l’eau, soigneusement lavées dans de l'eau pure, et séchées avant d’etre pesées.
- Il vaut mieux en général calculer la quantité d’électricité par l’augmentation du poids de la plaque négative que par la perte de poids de la .plaque positive.
- L’équivalent électro-chimique du cuivre a été dernièrement de nouveau déterminé dans le laboratoire de physique de l’Université de Glasgow, par M. Thomas Gray.
- Le résultat de ces expériences est que o,ooo33i gramme de cuivre sont déposés par le passage d’un coulomb d’électricité.
- En divisant l’augmentation de poids de la plaque négative par ce nombre, on obtient le nombre total de coulombs qui a traversé le galvanomètre pendant l’expérience.
- Ce nombre, divisé par le temps en secondes, donne le courant moyen en ampères, ce qui permet de déterminer le nombre correspondant à la position du galvanomètre sur la planchette et de compléter la graduation de la manière qui a été précédemment indiquée.
- Andrew GraY.
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 58 9
- SUR LES MACHINES
- DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- ACTUELLES A COURANTS CONTINUS (').
- (Traduit de l’anglais par MM. F. Goldsmith et A. Hillairct.
- Troisième article. (Voir les numéros dae 1.I-20 mars 1SS6)
- Il y a une étude très importante au point de vue pratique, qui est celle de la relation entre les dimensions linéaires de la dynamo, sa puissance électrique, son effet utile, son poids et son prix.
- Supposons que deux dynamos soient telles que leurs dimensions linéaires respectives soient dans le rapport de 1 à q, supposons en outre que les deux armatures d’une part, et de l’autre les inducteurs portent respectivement le même nombre de spires, mais que le rapport des diamètres des
- conducteurs, soit - pour les inducteurs, et dans le
- rapport a
- ?
- pour les armatures.
- Si les épaisseurs d’isolant du conducteur et les espaces libres étaient dans le rapport de 1 à q, les diamètres des armatures enroulées seraient entre eux dans le même rapport.
- Mais l’épaisseur de l’isolant et le jeu nécessaire pour la sécurité de la marche, n’augmentent pas dans le même rapport que les dimensions de la machine, de sorte que les grandes machines ont l’avantage de présenter un volume total de cuivre avec un volume relativement moindre réservé à l’isolation et au jeu.
- La proportion de 1 à q est satisfaisante en pratique pour les machines petites ou moyennes. Afin que les deux machines à comparer soient dans des conditions équivalentes, quant aux efforts résultant de la réaction centrifuge, on devra prendre les vitesses angulaires suivant le rapport inverse des dimensions linéaires. On admettra aussi que le fonctionnement des deux machines sera limité par la même valeur de réchauffement des conducteurs.
- On voit par là que les nombres de watts absorbés par réchauffement des machines seront dans
- le rapport —
- (l) Extrait des mémoires de la Institution of Civil En-gineers, et traduit avec permission spéciale de l'auteur.
- Les formules précédentes relatives à la résistance magnétique montrent que le rapport des
- résistances sera et que les travaux d’excitation
- seront dans le rapport ~tL=. Le rapport des champs V? J
- sera - et celui des forces électromotrices
- vV
- \'q "
- les résistances des armatures seront dans le
- 1
- rapport et les courants qui produiront le même degré d’échauffement dans les deux armatures seront dans le rapport Ap
- Si T est l’énergie totale transformée et si W est l’énergie absorbée par l’armature de la plus petite machine, l’énergie transformée par la plus grande machine sera
- T, = Tî^
- et la perte d’énergie sera :
- Wi = Wî’-i
- L’effet utile électrique de la plus grande machine est évidemment
- w
- Cette expression montre que l’effet utile augmente avec les dimensions de la machine ; inversement, si on diminue les dimensions, l’effet utile tend rapidement vers o et la machine transforme alors la quantité d’énergie strictement nécessaire à son fonctionnement propre. A ce moment elle ne peut plus produire de travail extérieur, et au-delà de cette limite elle cessera de s’amorcer.
- Nous allons mettre ce fait en évidence par un exemple.
- Prenons une dynamo Gramme, dont l’âme a 6 pouces de diamètre (•) et présentant un rendement de 80 0/0.
- Dans ce cas on a
- w
- T =0,2
- Si on construit une machine semblable dont les dimensions linéaires soient à celles de la pre-
- (') 151 ni. ni.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 590
- mièrç machine dans le rapport les nombres
- des tours du conducteur étant identiques dans les deux cas, et les autres détails de construction étant fidèlement réduits dans le même rapport, l’effet utile deviendra :
- 0,2 .
- 1 — -=== = 4 0/0
- V o, 3-
- c’èst-à-dire que la perte d’énergie dans l’armature, dye à la résistance de celle-ci sera 96 0/0 de l’énergie totale, tandis que le circuit extérieur ne pourra recevoir que 4 0/0 de cette énergie.
- • Si le diamètre de l’armature était légèrement inférieur à 2 pouces (*) la machine ne s’amorcerait plus.
- C’est pourquoi il est si difficile de construire un petit modèle de dynamo qui puisse fonctionner.
- Les poids des deux machines précédemment
- Armature.........
- Vitesse par minute.
- Nombre de lampes
- Poids............
- Prix.............
- Prix par lampe....
- Rendement........
- Pour les armatures supérieures à un diamètre de 15 pouces, les proportions précédentes ne sont plus applicables et il est plus correct de supposer que la surface occupée par le conducteur sur l’armature croît comme le carré et non comme le cube des dimensions linéaires, ainsi que nous l’avons admis pour les petites et moyennes machines; la valeur de cette surface est probablement comprise entre q2 et q%, et dans ce cas la puissance serait proportionnelle à un nombre compris entre q:i et q:t±.
- On voit ainsi que la supériorité des grandes dynamos sur les petites est plus manifeste quand l’épaisseur de l’isolant et le jeu entrent pour une grande part dans le volume total, mais que pour les très grandes dynamos où ces espaces inutilisés sont relativement faibles, l’avantage est moindre.
- Un autie facteur qui influe sur la puissance des dynamos, eu égard à leur poids et à leur prix, est la force électro-motrice.
- Il est évident que, de deux dynamos ayant les
- comparées sont approximativement dans le rapport des cubes des dimensions linéaires, mais les prix de revient sont dans un rapport plus faible, parce que la valeur de la main-d’œuvre qui entre pour une large part dans ces prix n’est pas proportionnelle au poids.
- On peut dire que le prix de la main-d’œuvre est à peu près proportionnel au carré des dimensions linéaires; d’où il suit que le prix total de deux machines peut être donné par le rapport 1
- I
- <ln
- La puissance étant proportionnelle à q*i, on voit que le prix de la dynamo par lampe est inversement proportionnel aux dimensions linéaires.
- Le tableau suivant, calculé d’après les règles précédentes, montre que les nombres obtenus sont sensiblement conformes à ceux que l’on constate dans la pratique :
- m.) i5 pouces (379 m. m.).
- G70 tours.
- 620.
- 34 cvvt. (1727 k.).
- 276 L. (6900 fr.).
- 85,11 d. (11 fr. 12).
- 89 0/0.
- mêmes dimensions linéaires, mais enroulées de fils de diamètres différents, celle qui sera la plus puissante est la dynamo dont le fil sera le plus gros, parce que l’espace perdu par l’isolant y est moindre.
- La grande variété des conditions dans lesquelles peut se présenter chaque cas, rend impossible l’établissement d’une formule générale qui résume les relations entre la puissance et la f. e. m.
- Cependant nous donnerons un exemple de cette influence de la valeur de la f. e. m. Soit une armature enroulée de fil de 0,2 p.c. (*) et donnant 160 volts et 200 ampères, elle pourrait alimenter 60 lampes à arc de . 10 ampères groupées en 20 dérivations parallèles comprenant chacune 3 lampes en série.
- Si l’âme de cette même armature était enroulée de fil de o,o5 pouce, on pourrait loger dans le même espace 12 fois le nombre de tours précédent, ce qui donnerait une force électro-motrice de 1 920 volts.
- 10 pouces (2 53 m. 1 000 tours 1 5o
- 10 cvvt. (5o8 k.) 100 L. (2 5oo fr.) 134,4 d. (i6fr. 66)
- 80 0/0
- !
- j (1) 1 29 m.m2.
- (1) 5o m.m.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITE
- 5 Q f :
- Si les deux armatures présentent la'même sécurité' à l’égard de réchauffement, l’intensité, dans le second cas, serait de io ampères; la puissance de la machine à haute tension serait de 19200 watts, contre 32000 watts que donnerait la machine à basse tension, de mêmes dimensions linéaires.
- En admettant que des lampes, groupées toutes en série, exigent respectivement 47 volts contre 53 volts quand elles sont groupées en 20 dérivations parallèles de 3 en série (la perte de 6 volts étant due à la résistance intercalée devant chaque dérivation pour assurer l’alimentation régulière des lampes), la machine à haute tension n’alimenterait queqi lampes, tandis que l’autre en alimenterait 60.
- On voit par là que s’il s’agit d’établir un grand nombre de lampes à arc dans une surface limitée, comme dans une usine, par exemple, et si la longueur du circuit est relativement faible, il est plus économique de grouper les lampes en dérivations parallèles et d’employer une dynamo à basse tension.
- Pour éclairer des rues, des docks et des surfaces étendues, on se trouve dans des conditions différentes, et le prix des cables devient si considérable, relativement à celui de la dynamo, qu’il est plus économique de réduire le premier sans s’arrêter au second, en plaçant toutes les lampes en série.
- III
- CONSIDÉRATIONS PRATIQUES ET DESCRIPTION DES DYNAMOS LES PLUS RÉPANDUES ACTUELLEMENT
- En abordant cette partie du sujet, nous n’ignorons pas les difficultés qu’il y a de présenter une sorte d’exposé de l’état actuel de la fabrication des dynamos.
- Si les descriptions qui vont suivre ne sont pas aussi complètes que nous aurions pu le désirer et que nos collègues seraient en droit de s’y attendre, nous leur demandons de nous accorder toute leur indulgence, eu égard à l’étendue du sujet et au manque de renseignements sur certains détails pratiques.
- Nous saisirons cette occasion pour remercier les constructeurs qui nous ont renseigné d’une manière si désintéressée, et particulièrement MM. Mather et Platt, Patersonet Cooper, Ellwell Parker, Grompton, Greenwood et Bathley, la Compagnie Brush et la Compagnie Gülcher.
- Nous avons vu, au commencement de ce mé. moire, que toutes les dynamos à courants continus pouvaient être classées d’après l’armature, suivant les types tambour, anneau, disque.
- Cette classification des dynamos serait incomplète si on ne tenait compte de la forme des inducteurs qui, souvent, permet seule de différencier les machines.
- Pour faciliter cette étude, nous avons tracé les diagrammes représentés sur les figures 1 à 20. Ces diagrammes montrent d’un seul coup le caractère de chaque type de machine et nous permettent de nous dispenser de les décrire; le type de l’armature est inscrit sous chaque diagramme, et le nom du constructeur ou de l’inventeur est indiqué au-dessus.
- Les figures 1 et 2 représentent deux types construits par MM. Mather et Platt; l’un connu sous le nom de dynamoEdison-Hopkinson, à armature, tambour et inducteurs simples; l’autre sous le nom de dynamo Manchester, à anneau et à inducteurs à points conséquents.
- Cette dernière machine Edison présente une amélioration de la machine primitive qui était pourvue de plusieurs inducteurs à noyaux longs et minces, réunis par une culasse et des masses polaires communes.
- En leur substituant un inducteur gros et court, le Dr Hopkinson a pu augmenter considérablement la force du champ et la puissance de la machine, tandis qu’en même temps il réussissait à réduire la longueur du fil nécessaire à l’excitation. L’armature est enroulée de faisceaux de fil et Famé est constituée de disques dé tôle de fer au bois. La résistance extérieure de l’armature est si faible que la machine, bien que seulement excitée en dérivation est presque auto-régulatrice.
- La dynamo « Manchester » est une modification de la machine Gramme ordinaire. La masse ; polaire inférieure est venue de fonteavec la plaque qui supporte les paliers et la masse polaire supérieure est supportée par des noyaux d’inducteurs en fer, très courts et de forme circulaire sur lesquels sont disposés les solénoides excitateurs ; les résultats obtenus avec ces machines sont indiqués plus loin.
- La figure 3 représente les inducteurs employés par M. Seimens. Un certain nombre de barres carrées ou rectangulaires sont cintrées suivant la forme indiquée par la figure, puis juxtaposées et boulonnées ensembles aux culasses.
- Un léger jeu entre les barres facilite beaucoup
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- MACHINES DYNAMOS A COURANTS CONTINUS
- Types d’inducteurs
- EDISON-HOPKINSON
- MANCHESTER
- SIEMENS
- ELWELL-PARKER
- CROMPTON
- GOOLDEN ET TROTTER
- Fig, 5, — Anneau
- Fig. 4. — Anneau
- Fig. 8. — Anneau court
- ANDREWS
- Fig. 9. — Anneau court
- ELWELL-PARKER
- PATERSON ET COOPER
- Fig. 7. — Anneau court
- Fig. 6. — Anneau long
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- MACHINES DYNAMOS A COURANTS CONTINUS Types d’inducteurs
- GOOLDKN ET TROTTER
- JONES
- Fig. 8 a, — Anneau court
- Fig. 10. — Anneau court
- WESTON
- Fig. 14. — Tambour
- THOMSON-HOUSTON
- BT”"" 'ïàii
- Fig. 16. — Sphère
- MAXIM
- Anneau
- GUECHKR
- Fig. 17 et 20. — Disque
- BRUSIl
- 3
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- la ventilation et prévient l’échauffement des masses polaires provenant de la réaction de l’armature.
- Les inducteurs employés par M. Crompton (fig. 4), ont quelque analogie avec les précédents, mais sont constitués de masses pleines méplates, en fer, sans aucune division, et la cavité polaire est prise dans l’épaisseur même du métal.
- M. Maxim s’est servi d’inducteurs presque identiques à ceux de M. Siemens.
- Un nouveau dispositif a été étudié par MM. El-well Parker qui ont adopté quatre pôles pour un long anneau.
- Nous croyons savoir que cette machine et la dynamo de M. Andrews, sont les seules machines à anneau dont les inducteurs présentent plus d’une paire de pôles.
- Il paraît très simple, théoriquement, d’accroître la puissance d’une armature à anneau en l’entourant de 4 pôles, ainsi qu’on l’a fait pour les armatures à,disques; mais en réalité, il est très difficile d’obtenir une masse polaire suffisante avec une faible résistance magnétique de l’espace libre.
- Cette difficulté est en quelque sorte encore plus grande si l’anneau a un faible diamètre en comparaison de sa longueur, et s’il fallait adopter un dispositif multipolaire, il serait évidemment avantageux d’employer un anneau gros et court.
- Néanmoins, nous ne pensons pas que dans les machines à anneau, la multiplication des pôles soit un progrès certain.
- En effet, si le diamètre de l’armature doit être augmenté afin de permettre le développement des 4 pôles, on peut aussi bien augmenter son épaisseur suivant le rayon et constituer ainsi une masse capable d’être influencée par 2 pôles plus forts.
- Enfin ce fait que la généralité des constructeurs n’a pas adopté le dispositif à 4 pôles, semble prouver que les avantages qu’on serait tenté d’y voir sont douteux.
- Les dynamos que construisent en général MM. Elwell Parker, n’ont que 2 pôles formés de masses de fonte qui sont fixées aux noyaux des inducteurs par un grand nomhre de boulons en fer.
- Le but de ce dispositif est d’augmenter la conductibilité magnétique entre les noyaux des inducteurs et les masses polaires.
- Les inducteurs se composent de quatre fers méplats boulonnés ensemble à leurs extrémités et formant un cadre.
- Les circuits d’excitation, sont enroulés directe-
- ment sur les noyaux et non sur des carcasses séparées comme on le fait généralement.
- La dynamo Weston, et celle qui est connu sous le nom de «Phœnix », construite par MM.Paterson et Cooper, ont toutes deux des inducteurs assez semblables à ceux de Crompton.
- Mais les inducteurs de Weston ont une section circulaire ou elliptique, et ceux de la dynamo « Phœnix » une section carrée.
- En outre, dans cette dernière machine les inducteurs semblent éloignés outre mesure l’un de l’autre et donnent ainsi à la machine une apparence légèrement disproportionnée.
- MM. Goolden et Trotter ont abandonné le type d’inducteur qu’ils appelaient inducteur en portique et sont revenus à la forme indiquée figure 8 qui est identique à celle des inducteurs primitifs de Gramme.
- La dynamo de M. Jones ressemble à une machine Gramme primitive dont on aurait supprimé la moitié des inducteurs.
- Ainsi que nous l’avons dit plus haut l’adoption d’inducteurs simples au lieu d’inducteurs à points conséquents, a pour résultats de réduire le circuit d’excitation.
- Notre première machine, construite en vue d’une vitesse très faible, est pourvue d’inducteurs représentés figure 11.
- Mais le prix élevé de pièces de forge courbes, la difficulté d’enrouler le fil d’excitation, élèvent le prix de revient de la machine, et lorsque nous voulons construire une machine économique, nous adoptons le type représenté figure 12.
- L’ensemble des inducteurs présente la forme d’un fer à cheval composé de trois masses méplates rectilignes excitées respectivement par un circuit spécial, de sorte qu’en réalité il n’y a aucune partie qui ne soit active.
- Afin de diminuer la surface qui limite l’espace libre, les masses polaires ont été développées par des prolongements en fonte ; ce type est plus particulièrement destiné aux dynamos qui doivent être mues par des moteurs, à vitesse modérée.
- Pour les machines actionnées par des courroies et auxquelles on peut donner des vitesses plus grandes, ce qui permet l’emploi d’armatures plus faibles, nous avons adopté le type indiqué dans la figure i3.
- La dynamo Thomson Houston (fig. 16) présente une forme spéciale d’in< lucteurs en fonte.
- En réalité, c’est une variété du fer à cheval, mais d’une forme quelque peu inusitée.
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- 5g5
- La culasse est constituée par une série de tirants en fer fixés aux flasques de deux cylindres courts qui forment les noyaux et qui reçoivent les deux solénoides excitateurs ; ceux-ci remplis-
- FIG. 21 — BRl'S'l
- sent presque entièrement l’espace annulaire compris entre les noyaux et les tirants.
- Chaque surface polaire présente la forme d’une calotte sphérique qui épouse l’armature.
- Dans les machines à disque telles que les ma-
- FIG. 22. — (il!LCMlvR
- chines Brush à arc ou à incandescence, et dans les machines Gülcher les noyaux des inducteurs sont disposés parallèlement à l’arbre (fîg. 17 à 20).
- Dans la machine à arc Brüsh, il y a deux fers à cheval simples; les faces polaires sont parallèles aux plans de rotation.
- Les pôles semblables ne sont pas réunis et n’entourent pas le disque dans sa périphérie.
- Dans les machines Brush à incandescence et dans les machines Gülcher il y a autour du disque, un nombre de fers à cheval qui peut permettre d’obtenir 4, 6, et même 8 pôles suivant les dimensions de la machine.
- Dans la dynamo Gülcher chaque pièce polaire est coupée d’équerre en avant du disque et est réunie à l’inducteur opposée par une pièce polaire en fonte en forme d’U (fîg. 20).
- Dans la dynamo Brush les noyaux des inducteurs sont disposés un peu plus loin de l’axe et ne sont pas complètement séparés (fig. 19).
- Une partie de la cavité polaire est ainsi prise dans le noyau lui-même et la surface polaire est
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- augmentée par une pièce en fonte fixée sur le noyâu (fig. 18).
- Ce dernier dispositif est évidemment préférable à celui de Gülcher, parce que la résistance ma-tique du joint de l’âme et de la pièce polaire est ainsi légèrement réduite.
- L’armature de la dynamo Brüsh, à incandescence, est représentée figure 21. L’âme consiste
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- en un cercle de fer sur lequel est enroulé un ruban de fer au bois n° 3o; les spires successives sont isolées par une mince épaisseur de papier enroulée avec le fer.
- Quand l'épaisseur voulue est atteinte, le cercle intérieur et quelques-unes des spires voisines sont mortaises radialemcnt pour recevoir des bras métalliques destinés à relier l’arbre à l’âme.
- Il y a deux séries de bras réunis ensemble avec l’âme.
- Afin d’empêcher l’armature de se déplacer dans le sens de l’axe et de détruire ainsi l’enroulement par un frottement contre les pièces polaires, le moyeu est fixé sur l’arbre par de forts écrous et contre-écrous; des rainures sont ménagées dans l’un des paliers de l’arbre, et celui-ci porte des collets correspondants qui jouent le rôle de guides destinés à le maintenir.
- L’enroulement de l’armature et les connexions avec le commutateur sont du type Gramme ordinaire, mais, pour éviter l’usage de plus de deux balais, les connexions relient les sections opposées qui sont à un même potentiel, système universellement employé dans toutes les dynamos qui ont plus d’une paire de pôles.
- L’âme de l’armature de la dynamo Gülcher (fig. 22) est constituée par une partie centrale en fonte malléable, dont la section droite est un H, et de disques en fer mince placés dans les rainures annulaires de cette partie centrale.
- Les disques sont isolés les uns des autres par des cales et perforés pour permettre l’admission do l’air à l’intérieur de l’âme,
- Celle-ci est supportée par une jante en bronze fixée à des bras plats appartenant à un moyeu central claveté sur l’arbre.
- Il résulte de la construction de cette armature que toutes les lignes de force, sauf celles qui entrent dans l’âme avec l’axe, aboutiront à la large surface des disques et ainsi les échaufferont.
- Pour remédier à ce défaut, la Compagnie Gülcher a récemment essayé une âme en fil de fer recouvert de coton, enroulé sur une carcasse en bronze de section circulaire dans laquelle on avait mortaisé des ouvertures radiales destinées à prévenir réchauffement.
- Cette Compagnie a aussi essayé un autre type d’âme consistant en fer à cercle enroulé, et le résultat a été un peu meilleur qu’avec l’âme composée de disques.
- Ainsi qu’on le verra dans le tableau de la page 599 l’armature ordinaire exige à une vitesse
- de 3 000 pieds (*) par minute, à la circonférence, 5 1,8 pouces (2) de conducteur induit pour 1 volt, tandis que le nouveau dispositif 11’en exige que 40.
- L’âme de l’armature Elwell Parker est faite de fil de fer enroulé sur un cadre supporté par des bras dans toute sa longueur; pour assurer la forme circulaire, des fourrures en bois sont insérées entre les bras pendant la construction, et celles-ci sont enlevées quand l’âme est terminée.
- Le fil de fer est passé à travers un isolant compound pendant l’opération de l’enroulement, et, après chaque série de deux ou trois couches, on gratte légèrement la surface, afin de s’assurer de la qualité de l’enduit.
- Les extrémités des bras sont recouverts de fibres destinées à isoler l’âme du corps de la machine. Le conducteur est enroulé sur l’âme, sous une couche unique qui recouvre complètement la surface externe et la surface interne entre les bras. Il en résulte que l’effort moteur est transmis à l’âme en partie par friction suivant l’extrémité des bras, en partie par la pression des bras contre le fil intérieur et par friction de ceux-ci contre l’âme.
- Les fils extérieurs sont également maintenus par la friction et par la pression des bandes généralement employées.
- M. Crampton emploie pour l’âme des disques en fer au bois, 25 par pouce environ (3), échancrés à l’intérieur pour recevoir des guides en bronze phosphoreux dont la section a la forme de queue d’hironde et qui s’étendent sur toute la longueur.
- Ces guides, recouverts de fibre, ont le double but de maintenir l’âme dans le sens de la longueur et de lui transmettre l’eftort moteur de l’arbre dans lequel leurs extrémités intérieures sont ajustées.
- Pour éviter la continuité métallique de l’âme, les disques sont de deux en deux recouverts d’un enduit isolant, et l’âme est fractionnée dans le sens de la longueur par des cales en fibre, afin de permettre à l’air d’y circuler.
- Quelques uns de ces,disques placés à intervalles égaux sont munis dè redans, semblables à ceux de l’âme employée primitivement par le professeur Pacinotti; ces redans servent à transmettre l'effort moteur de l’arbre aux fils extérieurs.
- Dans l’armature de MM. Patterson et Cooper,
- P) 25,33 par seconde.
- (2) 1 3io m.m.
- (3) Soit environ 1 par millimètre.
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- tous les disques sont munis de ces redans de Pacinotti et le conducteur est étendu dans ces échancrures ainsi formées (fig. 24).
- L’âme est supportée par six boulons isolés, au moins, qui la traversent parallèlement à l’axe et dont les extrémités sont ajustées dans des plateaux en bronze clavetés sur l’arbre..
- Au point de vue théorique, l’âme de Pacinott a un grand avantage sur l’anneau ordinaire en ce sens que, permettant aux redans de s’approcher des masses polaires, avec le jeu strictement suffisant pour la rotation, la résistance magnétique de l’espace libre peut être réduite à fort peude
- chose ; mais en pratique 011 ne peut atteindre un tel degré de perfection.
- En effet, on reconnaît qu’avec un jeu réduit entre les redans et les surfaces polaires, l’induction magnétique exercée sur celles-ci devient assez grande pour absorber une quantité considérable de travail et échauffer des pièces polaires par le développement de courants locaux.
- Aucune division pratiquement possible du métal des pièces polaires ne peut entièrement remédier à ce défaut et pour cette raison, il faut admettre que les redans de Pacinotti ne constituent pas après tout un aussi grand progrès
- qu’ils semblaient théoriquement devoir réaliser.
- Remarquons aussi, que si le jeu est suffisamment grand on ne peut être certain d’avoir évité complètement cette perte de travail, car il n’existe pas de moyens pratiques qui en donnent la valeur immédiate. La puissance électrique de la dynamo n’est affectée en aucune façon par les pertes de cette nature et il n’y a qu’un bon dynamomètre de transmission qui puisse permettre de les déterminer.
- Nous saisissons cette occasion pour protester contre cette tendance actuelle d’apprécier la valeur pratique et le rendement des machines dynamos, d’après leur rendement électrique.
- Ces deux dernières quantités ne sont liées qu’en ce qu’un faible rendement électrique
- entraîne toujours une perte considérable de travail mécanique. Mais d’autre part un rendement électrique très-considérable n’est pas toujours le signe d’une très-faible perte de travail. Le contraire a souvent lieu surtout quand le rendement électrique élevé est obtenu au prix d’une vitesse excessive.
- On sait que les pertes de la nature de celles dont nous venons de parler et qu’on pourrait désigner sous le nom de frottement magnétique, augmentent en raison du carré et même du cube de la vitesse. Ces pertes n’ont absolument aucune influence sur le rendement électrique et cependant elles absorbent un travail qu’il faut dépenser, travail qui est comme la marge du travail utile.
- De sorte qu’il peut arriver qu’une dynamo
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- marchant à. grande vitesse et donnant 95 0/0 de rendement électrique, soit moins économique qu’une dynamo à faible vitesse ne donnant que 85 0/0 de rendement électrique.
- Selon nous, la seule façon correcte d’estimer la valeur des dynamos est de considérer leur coefficient économique, c’est-à-dire le rapport du travail dépensé au travail produit.
- L’âme de l’armature que nous employons consiste en un anneau de fil de fer doux au bois, enroulé sur un support cylindrique en bronze (fig. 25 et 26). Ce dernier a des joues et est divisé dans la longueur en plusieurs parties, entre lesquelles l’air peut circuler.
- Des chevilles sont fixées sur les différentes joues, elles-mêmes isolées par des règles en fibre et dépassent l’enroulement extérieur.
- Ces saillies ou chevilles motrices servent à transmettre l’effort aux fils extérieurs qui ne couvrent pas complètement la surface de l’âme, mais sont enroulées en fractions séparées par ces chevilles et par les cales additionnelles qui favorisent le passage de l’air à travers l’âme.
- Le support cylindrique est muni d’ouvertures correspondantes aux espaces libres entre les joues et de nervures intérieures circulaires maintenant les fils intérieurs à une certaine distance de' la surface de l’anneau de façon que l’air puisse circuler dans cet autre passage.
- Le support cylindrique est monté sur l’arbre par deux séries de bras en bronze qui sont fixés dans des mortaises et clavetés à chaque extrémité.
- Quand on veut faire l’enroulement, les bras sont enlevés; de courtes chevilles en bois sont mises à leur place et rendent ainsi accessible l’intérieur tout entier.
- Quand l’enroulement est fini les bras sont emmanchés à force, et comme ils ne s’étendent que sur une faible longueur à chaque extrémité de l’anneau, les espaces ainsi ménagés et sur lesquels l’enroulement n’a pas eu lieu servent à admettre l’air à l’intérieur de la surface du support cylindrique.
- Parmi les dynamos à haute tension construites exclusivement pour l’éclairage à arc, il n’y a que deux types qui soient réellement employés bien que les machines précédemment décrites puissent être munies d’un enroulement spécial à cet usage.
- Les deux types en question sont les machines Brush et Thomson Houston.
- La première machine est si connue qu’il serait
- superflu d’en donner une description détaillée. Mais il est bon de dire que la substitution de la nouvelle âme en fer à l’âme ancienne en fonte a eu pour effet d’augmenter la force électromotrice de la machine d’environ 40 0/0.
- La dynamo Thomson Houston est relativement peu connue chez nous. Son armature est une modification du tambour Hefner Alteneck, mais avec la forme sphérique.
- Elle porte trois sections réunies d’une part à un commutateur à trois segments, tandis que les autres extrémités de ces sections sont réunies ensemble.
- Deux balais très larges ou bien deux paires de balais équivalentes servent à recueillir le courant
- Chaque paire embrasse un arc considérable sur le commutateur, et cette disposition a pour but de réunir successivement chaque section avec les deux autres qui à ce moment sont accouplées en quantité.
- Il est évident que, eu égard au petit nombre des sections, la self-induction prendra dans chacune d’elle une très grande importance, et donnera naissance à de fortes étincelles aux balais.
- Pour obvier à ce défaut un souffleur rotatif spécial est fixé à l’arbre et l’air est amené au commutateur par deux tuyères.
- Le souffleur est disposé de façon à lancer un jet d’air chaque fois qu’un segment quitte un balai et éteint de cette façon l’étincelle.
- Il est probable que cette insufflation est essentielle à la sécurité de la machine.
- Les réactions entre les solénoïdes et l’armature, entre celle-ci et les inducteurs, et en outre le système particulier de réglage automatique par lequel le courant est maintenu constant, malgré une vitesse ou une résistance extérieure variable, seraient très intéressants à étudier, mais le temps ne nous permet pas d’aborder l’examen de ces détails.
- L’accueil bienveillant que nous avons trouvé chez plusieurs constructeurs de dynamos, nous a permis de réunir certaines données et d’en constituer le tableau ci-contre.
- Il est difficile, pour établir un pareil tableau, de trouver une base commune qui puisse servir à la comparaison de dynamos de tous les types et de toutes les dimensions possibles.
- Afin que la comparaison ne soit pas faite au détriment des plus petites machines, il était nécessaire de laisser de côté certains résulta;s qui sont des fonctions plus ou moins directes des dimen-
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- 0 a c 3 a 5 % CIRCUIT EXTER. MODE DE FIXATION de VENTILATION existant pour DENSITÉ DE COURANT ampères par m.m2 NOMBRE de lignes p.p.c. (1) LONGUEUR DE CONDUCTEUR de l'armature par volt en centimètres SURFACE refroidissante en c. q. par watt transformé eu chaleur
- DÉSIGNATION TYPE . d’armature VITESSE nor; Nombre de tours p . cj S g w X ^ * a Intensité Pâme avec l’arbre du fil avec Pâme les fils extérieurs E les fils intérieurs I U < 3 O O u E ~ :3 C "" U- O j Armature SA Ur S.s *"! SA C r3 Inducteurs en dérivation p 0 | £ 1 y T3 Noyau des inducteurs à la vitesse normale à i5,l,2o par seconde 0 «n 5 - = 0 s 8 -Î3 t-G Armature Inducteurs
- Edison-IIopkinson Tambour Soo IIO 3oo )) Friction E I » 3 9 )) )) » 10 3 72 7 46 0 » 5 79 »
- ManrbiPfstfir Anneau io5o IIO 200 )) » E I » 4 9 3 1 2 7 17 10 5 79 9 97 8 » 3 54 4 90
- Disques
- Crompton )) 440 IIO 23o Barres plates dentelés E ï c 3 4 » )) 24 0 12 8 132 8 C6 2 » 9 °3 ))
- par intervalle
- Elwell-Parker. ... » 1600 60 65 Bras métalliques par friction Friction E I » 9 5 0 )) i3 6 9 7 i38 1 134 5 » 1 41 »
- Elwell-Parker /J pôles... Anneau long 4DO IIO 460 » » E I » 7 9 )) 0 8 i3 11 7 3oi 4 (i5° 7) 182 (91) )) 1 80 5i 16
- Patterson et Cooper Anneau court Soo IIO 38o Boulons isolés et bras métalliques Redans sur Pâme E I )) 3 2 1 3 1 2 19 5 8 8 107 5 io5 2 » 3 93 12 25
- Jones » Oôo 100 64 Bras métalliques par frottement Frotte- E I )) 3 2 I A 0 7 11 9 11 1 209 9 260 5 » 9 54 20 3l
- ment
- Andrews » 5oo IIO IIO Moyeu en bois par friction » E I » 2 0 2 0 » 16 )> r8o 8 139 1 » 6 83 ))
- Goolden et Trotter » 900 52 225 » » E I )) » )) » 12 5 11 4 1178 113 8 » » )>
- Kapp Anneau 6S0 IIO 125 Bras métalliques ajustés Chevilles F I c 1 0 1 6 25 0 T O t 12 a 3 88 5 « 7 93 9 67
- Brush, 4 pôles.... Disque 800 70 i5o » Friction E I )) 2 7 2 9 1 3 17 5 12 4 164 9 (82 4) » 145 4 (72 7) 14 8 10 32
- Brush, à arc » G5o 2700 10 Bras métalliques boulonnés à Pâme Saillies F I 1 5 ï I » » i35 3 » î 22 ", 5 79 12 9
- latérales
- Thomson-Houston arc Sphère 250 1600 9 6 Moyeu en fonte Friction E ï )) 2 7 I I » » )) 169 4 329 88 4 11 10 • »
- Gulcher, 8 pôles.. Disque 400 65 400 Bras métalliques avec jante fendue Saillies E I c 3 8 1 9 » 10 1 6 6 76S 8 (187 2) » 526 2 fi3i o) 6 40 10 3
- (i) Les nombres de lignes sont obtenus en divivisant la valeur du flux total inducteur par : i° la section droite de l’àme ; 2° la section des noyaux des inducteurs- C'est une application de la considération des ircuits magnétiques Nous rappelons que chacune de ces lignes est égale à 6 ooo lignes en valeur absolue, et que pour avoir la valeur correspondante en unités C. G. S., il faut multiplier les nombres précédents
- i . 6 oôo „ , ,
- par le quotient ^ - — QJ2 (i pouce carre = 0^1,45}.
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- 6oo
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sions de la machine, comme : le coefficient économique et le rendement électrique, le poids total, le nombre de watts produit par livre de cuivre entrant dans la construction de la machine, et pourtant l’étude de ces quantités est d’un très grand intérêt pratique.
- Le tableau n’est pas aussi complet qu’on pour-, rait le désirer, et beaucoup de nombres n’ayant pas été fournis directement par les constructeurs, sont le résultat de calculs effectués d’après leurs données.
- Il faut se rappeler, en outre, que les nombres indiqués ne se rapportent qu’à une dynamo déterminée de chaque constructeur, et, par suite, ne doivent pas être pris comme caractérisant toutes les machines de celui-ci.
- En ce qui concerne la longueur de conducteur de l’armature correspondant à i volt, on pourrait émettre quelques doutes au sujet de la correction qu’il y a à déterminer dans tous les cas ce nombre, en divisant la longueur totale du fil par la force électro-motrice totale.
- Suivant nous, cette façon de procéder est au détriment des machines multipolaires, parce qu’il n’y est tenu aucun compte de la propriété de l’armature relative à l’accroissement de l’intensité.
- Nous pensons que le rapport entre la longueur du fil et la force électro-motrice devrait être, en tous cas, divisé par le nombre de paires de pôles, et nous avons ajouté ces nombres au rapport simple.
- Un examen attentif du tableau montrera que, en général, la construction des machines dynamos n’est pas encore devenue une science exacte.
- 11 y a de telles différences entre les nombres relatifs au même élément dans les différentes machines, qu’on est porté à penser que les proportions adoptées par certains constructeurs sont plutôt le résultat de la tradition ou d’accidents que d’un calcul sérieux.
- Cependant il est juste de rappeler que la construction des dynamos est d’origine récente, et, étant donné la marche rapide et constante du progrès, il faut espérer que nous ne sommes pas éloignés du jour où on pourra, d’une manière assurée, assigner à un type donné ses proportions exactes.
- NO TE
- Dans le chapitre des Considérations théoriques, l'auteur a représenté la/, e. m. d’une dynamo par la formule
- Ea — f . Nf . n . 10 — B
- Cette formule est déduite de l’expression comme de la /. e. m. donnée en unités absolues.
- Si un conducteur de b centimètres de long est déplacé avec une vitesse de v centimètres par seconde, parallèlement à lui-même et à angle droit avec les lignes de force d’un champ maguétiquc uniforme et d’intensité F, il coupera F b v lignes par seconde, et la différence de potentiel créée entre les extrémités du conducteur sera F bv 10 —8 volts.
- Si le conducteur prend différentes inclinaisons par rapport à sa direction primitive, et si l’intensité du champ n’est pas uniforme, le résultat sera encore le même, mais le produit F bv représentera alors le nombre total des lignes couoées en une seconde.
- Imaginons maintenant que conducteurssoient disposés cote à côte sur une armature, de façon à couvrir toute sa surface extérieure, et que leurs extrémités soient reliées entre elles de façon que les forces électromotrices développées dans chacun de ces conducteurs s’ajoutent, les connexions étant bien entendu soustraites à l’influence des lignes de force, c’est-à-dire, rejetées en dehors de l’âme.
- xYppelons D le diamètre de l’armature, et supposons que la vitesse de rotaiion soit assez faible pour que la vitesse des conducteurs soit exactement égale à leur distance, c’est-à-dire que
- v =
- 7tD
- Nf
- Si on admet que l’intensité du champ n’est pas uniforme tout au tour de l’armature, mais varie d’une façon irrégulière, prennent les valeurs Fj, F2, F3, etc., dans les positions occupées à un moment donné par le premier, le second, le troisième, etc., conducteurs, les forces électromotrices engendrées pour chacun de ces conducteurs sont données par les équations :
- E,
- E.,
- E;j
- = F ib = F o b 3= F 3à
- n;D
- NI
- nD
- Ni
- tcD
- Ni
- io —8
- IO —8
- IO-8
- G. Kapp.
- E, est évidemment égal au nombre total de lignes pénétrant dans l’armature entre le premier et le second conducteur ; E.>, est le nombre de lignes qui pénètre entre le deuxième et le troisième, et ainsi de suite.
- La somme de tous les nombres est par conséquent égale
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ 601
- au nombre total de lignes émanant d’un pôle magnétique et pénétrant dans la moitié de la périphérie de l’armature.
- Soit Z ce nombre, la force électromotrice totale développée à la vitesse
- tîD
- v~'Wt
- est alors
- E« = Z . 10 —H
- Si la vitesse est portée à n tours par minute v devient
- 7c D et la force électro-motrice est accrue dans le rap-bo
- , . N t n.
- port de i a — r bo
- Par conséquent
- Ea= ZN tN 10-8 Oo
- expression qui peut être mise sous la forme
- qui en recommandent l’étude à l’attention des ingénieurs de la marine, bien que les solutions proposées jusqu’à ce jour n’aient pas etc couronne'es de succès.
- On conçoit toute l’hésitation que l’on a rencontrée jusqu’ici à confier à l’électricité la direction des gouvernails dont dépend entièrement la sécurité du navire, mais cette appréhension, parfaitement justifiée par le peu d’habitude que l’on avait des appareils électriques, n’a plus grande raison d’être aujourd’hui que tous les ingénieurs de la marine sont familiarisés avec les appareils nécessaires à l’éclairage électrique et au maniement des torpilles, et l’on verra peut-être un jour nos capitaines se confier au fonctionnement des gouvernails électriques avec autant de sécurité qu’à la boussole,
- En posant
- En
- -—-— N t .n . i o — b ooo
- 5
- z
- 6 ooo
- on obtient l’expression dont s’est servi l’auteur dans le texte.
- ERRATA
- Page 535 :
- Première colonne, ligne 3o, au lieu de
- lisez :
- 21 O/O
- TC ,
- I-----= 21 0/0
- 4
- Page 536 :
- Première colonne, ligne 26, au lieu de : et par conséquent on peut recueillir le courant sur le collecteur, lisez : et par conséquent, deux ou plusieurs paires de pôles peuvent être disposées autour du disque, augmentant ainsi le nombre des points oü on peut recueillir le courant sur le collecteur.
- LES
- GOUVERNAILS ÉLECTRIQUES
- L’application de Pélectricité à la manœuvre des gouvernails présente quelques avantages, tels que la faculté d’agir à distance et automatiquement,
- C’est d’ailleurs à la boussole même que l’on a recours pour maintenir automatiquement la barre de ces gouvernails.
- Le célèbre constructeur de navires John Elder. a défini très nettement cette ingénieuse application de la boussole dès 1867; voici comment il s’exprime à ce sujet (').
- « J’emploie, pour diriger automatiquement ces « navires dans toutes les directions avec la plus « grande exactitude, une disposition nouvelle « d’une boussole et d’un appareil électro-magné-« tique actionnant, contrôlant etdirigeant le tiroir « de la machine à vapeur qui commande le goûte vernail.
- « La boussole porte à cet effet un annulaire « gradué que l’on peut orienter à volonté, et qui « est relié au circuit d’une puissante machine « magnéto-électrique mise en mouvement par la « machine du navire.
- « Lorsqu’on veut marcher vers le Nord par « exemple, il suffit de faire coïncider le trait « nord de l’annulaire avec la pointe nord de l’ai— « guille aimantée, et le navire se dirige automati-« quement vers le Nord; pour marcherait Sud, « il suffit de tourner l’annulaire de 180 degrés « autour du compas; l’appareil électro-magné-« tique est mis en action et fait agir la machine « du gouvernail jusqu’à ce que le navire ait pris « la direction du Sud.
- -« On peut ainsi imprimer au navire telle directe tion que l’on ‘veut entre le Sud et le Nord en
- déplaçant l'annulaire de façon que, pour cha-
- 0) Brevet anglais^ 2745, 27 sept. 1867.
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- Ô02
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- « cune de ses positions, la machine du gouver-« nail agisse tant qu’elle ait fait prendre au navire « la direction correspondante à la déclinaison de « l’annulaire, puis s’arrête et maintiennejle navire dans cette direction tant qu’on ne vient pas à « déplacer de nouveau l’annulaire. »
- John Elder indique ensuite comment on pourrait appliquer l’électricité, d’après un procédé
- analogue, pour lé contrôle, l’arrêt et le renversement des machines motrices, mais sans donner aucun dessin spécifiant d’une façon explicite la mise en pratique de son idée, à laquelle il n’a pas donné suite, à nôtre connaissance du moins.
- 11 n’en est pas de même de Jean Caselli, de
- i ' i
- l’IG. I, 2, 3 ET 4. — JEAN CASELLI
- Vue par bout. — Plan. — Coupe par le distributeur. — Vue de coté.
- Florence, l’inventeur ingénieux du télégraphe imprimant, qui reprit en 1877 l’idée de John Elder, en l’étendant et en lui donnant, dans une spécification très remarquable, une forme des plus étudiées dans ses moindres détails.
- Dans la disposition proposée en 1877 par Ca-seili, l’arbre G du gouvernail est actionné (fig. 1 à 4) par des chaînes reliées aux croisillons d’un cylindre hydraulique p, dont le piston se déplace à droite ou à gauche suivant que le manipulateur
- électrique fait passer le courant dans l’électro M ou dans l’électro M'.
- Lorsque le courant passe en M', l’armature qui oscille autour de l’axe x déplace vers la droite, par sa branche verticale l, le petit tiroir du cylindre hydraulique i, dont le piston transporte à gauche le tiroir d’un second cylindre hydraulique u, qui actionne le tiroir y du cylindre moteur p. Le piston de ce cylindre se déplace alors vers la droite, comme l’indiquent les flèches.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 6o3
- L’inverse a lieu si le courant passe dans Téléc- et a permet de n’imposer aux électros M' et M, tro M. L’emploi de deux cylindres auxiliaires i qu’un travail insignifiant.
- FIG. 5 A I I. — JEAN CASELLl
- Boussole autodirectrice. — Vue de coté par plan et coupe verticale. — Vue de coté par bout. — Boussole aulodireclrice. — Detail de 1 aiguille.
- — Schéma des circuits.
- Le retour du gouvernail est réglé par l’ouverture du robinet W, qui met le tuyau d’admission T en communication avec l’échappement S, et la
- pression de l’eau admise au cylindres p est limitée par une soupape de sûreté B.
- La boussole autodirectrice, qui commande auto-
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- 6 04
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- manquement la distribution du courant aux électros M et N', est représentée par les figures 5 à io .
- FIG. 12. — JEAN CASELL1. INDICATEUR DE DIRECTION
- La boîte en bronze D, suspendue à la cardan,
- Flfc 13: — H. WASHBURN. I’LAN. BOUSSOLE AUTODIRECTRICE, COUPE XX
- peut pivoter autour de la pointe v sous l’action de la poignée M, et renferme l’aiguille auxiliaire E. Cette aiguille, représentée en détail par les
- figures 9 et 10, est formée d’une série de lames d’acier très-minces enfermées dans un tube en
- FIG. I4. — H. WASHBURN. BOUSSOLE AUTODIRECTRICE. PLAN
- verre supporté par un étrier en aluminium/’, pi-
- U
- FIG. l5. — H. WASHBURN. BOUSSOLE AUTODIRECTRICE. DETAIL DU FLEAU
- votant sur des pointes à rubis. L’aiguille et sa
- FIG, 1 CS. — H. WASHBURN MANŒUVRE A LA MAIN
- rose a, parfaitement équilibrées, sont presque flottées par l’eau glycérinée qui remplit leur enveloppe D,
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 6o5
- Les oscillations de la boîte D, qui suivant les mouvements du navire, sont en outre amorties par la résistance des ailettes V et W (fig. 8), qui se mettent à tourner rapidement dès que Panneau B se déplace autour des axes du cardan.
- L’aiguille aimantée ne peut tourner que de
- 60 degrés sans être arrêtée par les taquets de l’enveloppe D.
- Ses déviations sont amplifiées (fig. 9 et 10) sur le secteur m par la tige n qui fait en même temps pivoter par le levier o, dans le bain de mercure R, l’arbre X, dont la palette i est main-
- tenue par un ressort au contact de la pointe s, tant que l’aiguille E se déplace dans lé sens de la flèche. Ce contact est rompu par la tige n dès que l’aiguille tourne en sens contraire. L’aiguille ferme et ouvre ainsi automatiquement le circuit des fils 5 o'.
- La figure 11 représente schématiquement l’ensemble des circuits nécessaires au fonctionnement du gouvernail Caselli.
- Les sources d’électricité sont au nombre de
- deux : une pile et une dynamo actionnée par la machine du navire.
- Lorsqu’on abaisse la clef s du manipulateur, le courant de la pile se ferme et traverse les électros du relai x dont l’armature dérive une partie du courant de la dynamo sur le second, relai v, ferme le circuit principal de la dynamo sur-Té-lectro-aimant du gouvernail M.
- La petite élcctro p (fig. n et 4), a pour objet d’enclancher la tige du tiroir auxiliaire u et de
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- 6o6
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- maintenir ainsi le piston du cylindre gouverneur dans sa position actuelle tant que l’on n’a pas pressé la clef du manipulateur, qui rompt en a le circuit de [5, dont l’armature, rappelée par un ressort, lâche aussitôt la tige de n.
- Lorsqu’on abaisse la touche D du manipulateur, c’est l’électro M' qui fonctionne, et le gouvernail tourne à droite.
- Lorsqu’on veut actionner le gouvernail par la boussole directrice B, il suffit de déplacer de M en B la manette N, de façon à rompre le contact enj'* et à rétablir le contact d i, qui ferme, par i, i 3, 2, le circuit de la pile sur les bornes 8 S' de la boussole.
- Enfin, l’arbre du gouvernail G porte (fig. 12) un commutateur qui permet d’indiquer à chaque ins-
- H. WASHBURN. ENSEMBLE 1)U CIRCUIT
- tant la position du gouvernail au moyen d’une aiguille inductrice i actionnée par des électros a b c d, reliés aux plaques correspondantes du
- commutateur. Ces plaques sont attachées à l’anneau de bois L, qui porte en outre deux cercles en laiton R et C.
- M
- FU». I9 ET 20.
- TORPILLE AUTO DIRECTRICE DE l'AULSON
- Les balais a' b', entraînés par l’abre du gouvernail, viennent ainsi relier successivement les électros a b... au circuit 8 9, à mesure que les plaques du commutateur viennent se présenter devant eux, de sorte que les attractions des électros sur le croisillon ^impriment à l’aiguillez- un mouvement synchrone de celui du gouvernail.
- Le gouvernail électrique récemment proposé par M. Henry Washbnrn peut aussi, comme celui de Caselli, fonctionner à volonté à la main ou par l’action automatique d’une boussole directrice Le moteur est constitué par un cylindre à air comprimé dont le piston P (fig. 17) actionne le
- gouvernail G (fig. 18) par un triangle de chaînes, et qui se déplace à droite ou à gauche suivant le mouvement que la tige t du distributeur principal D reçoit du cylindre auxiliaire p, dont le distributeur d est actionné par les électros m ou m.
- Des ressorts r tendent à ramener constamment le distributeur D dans sa position moyenne d’immobilisation du gouvernail.
- Les fils des électros sont alternativement reliés aux pôles de la batterie H par les fils o n et n, dont il est facile de suivre le circuit sur la figure 18 qui représente schématiquement l’ensemble du système.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 607
- Dés que l’aiguille de la boussole autodirectrice B (fig. i3 et 14) dévie à droite par exemple, le cadran c fait pivoter, par la tige Taxe v (fig, 15) dont le croisillon b' b", relie au fil o du circuit, sépare la petite chaînette v de son contact avec la plaque N, par où le fi] n aboutit à la boussole, en même temps que la chaînette v° ferme au contraire le circuit du fil ri sur la plaque N', de sorte que le courant traverse l’électro correspondant ni tant que l’action ainsi provoquée sur le gouvernail ait ramené le navire et la boussole dans leur position normale.
- La manoeuvre à la main s’opère au moyen des
- électros aa\( fig. 17) actionnantle distributeur d’air comprimé dpar leur attraction sur un rochet Zr, dont les dents correspondent à celles d" (fig. 16) du rochet k\ actionnée par la roue du gouvernail R.
- Les oscillations de ce rochet relié aux électros ad par les fils//'z en interrompent le courant de façon à communiquer au rochet k un mouvement synchrone de celui de A*', à la manière d’un manipulateur de Bréguet.
- Le mouvement de la roue R rompt en même temps en ri o' le circuit des fils de la boussole et des électros automatiques m ni.
- FIG. 21 ET 22. — RINTOUL SYMON (ï 884), ENSEMBLE DU GOUVERNAIL
- La roue R' (fig. 18), dont le dispositif électrique est [analogue à celui de la roue du [timonnier R, permet au capitaine d’actionner lui-même le gouvernail, et la boussole B', qui marche en concordance avec B, fait partir un timbre avertisseur toutes les fois que la direction du navire dérive au-delà d’une certaine limite.
- M. R. Paulson a récemment indiqué une application toute particulière de la boussole auto-directrice aux torpilles offensives pour la manœuvre desquelles l’électricité tend, comme le savent nos lecteurs, à jouer Un rôle de plus en plus important (').
- (t) « Les torpilles offensives », La Lumière Electrique des 4 août, itr, 8, i5, 22 septembre i883, 16 août et
- 20 décembre 1884. — Appareils de Ballard ; Fortscr ; Smith; Lay. Mallory ; Nordenfeld ; Pugibet Williams.
- La torpille de M. Paulson est mue (fig. 19 et2o) par un jet d’acide carbonique ^liquide qui vient, du réservoir E, se gazefier dans un tube à deux injecteurs T, où il aspire par w l’eau de la mer" qu’il projette sur les aubes de deux turbines H H' indépendantes et faisant mouvoir chacune une hélice.
- Le jet d’acide carbonique et d’eau s’échappe par l’arbre creux des hélices après avoir agi sur les turbines, de façon a prolonger son effet utile à la manière d’un propulseur hydraulique.
- Le jet du double éjecteur est réparti entre les deux turbines H et H', suivant la direction que tend à prendre la torpille, par le jeu des électro-aimants KK', soumis à la boussole directrice B,
- Tant que la torpille suit sa direction normale, la boussole directrice B laisse le circuit de la pile D ouvert ; elle le ferme sur K ou sur K' suivant
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- 8o6
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- i
- que la torpille s’écarte à droite ou à gauche de sa direction normale.
- La boussole auxiliaire B' a pour objet d’empêcher la torpille de dévier lorsqu’elle passe auprès d’une masse de fer, d'un cuirassé par exemple, capable de détourner incidemment la boussole directrice B.
- L’aiguille de B' ferme alors sur lui-même le circuit de la pile, qui ne peut plus agir sur les
- électros tant que B reste sous l’influence du cuirassé.
- L’immersion de la torpille est réglée par la pression de l’eau sur la membrane élastique M', qui commande l’inclinaison des gouvernails plongeurs J.
- Le gouvernail électrique de M. Rintoul Symon est remarquable par sa simplicité.
- l'IC. 23 ET 2, J. — RINTOUL SYMON. DÉTAIL Ï)U COMMUTATEUR. — VUE DE COTE ET COUPE .V.V
- Les chaînes du gouvernail sont actionnées par une vis sans fin c (fig. 21 et 22), montée sur un arbre creux que l’on fait mouvoir à volonté à la main par la roue du timonnier R ou électriquement, par la dynamo A:, dont la rotation est commandée par la roue r.
- L’arbre i de cette roue traverse l’arbre c et et aboutit à une palette a 11 (fig. 23) mobile à l'intérieur du commutateur n.
- Dans ce commutateur, se trouvent deux bornes p et p\ reliées l’une, p, par le cercle 0 et le balai q (fig. 24), à l’un des pôles de la pile r, et l’autre,/?', par le cercle o' et le balai s, à l’une des
- extrémités du fil de l’inducteur de la dynamo, dont l’autre bout est relié par le balai s2à la piler.
- De part et d’autre des barres p et p\ se trouvent groupées des tranches de drap f3 enduites de plombagine et enveloppées de garnitures métalli-j ques.
- j Les bras u u\ isolés de l’arbre /, sont reliés aux j anneaux u et v* du collecteur v2 par les fils v3 I et i’,(.
- | Lorsqu’on tourne la roue r dans la direction indiquée par les flèches, les bras u u viennent au contact des parois t{ £3, et le courant passe de la pile au bras u par q 0 py les résistances t et la
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 609
- barre ti9 puis de m, par v3 v w wKy a l’armature de la dynamo, d’où il revient à la pile paryKy vx vs, le bras w, les résistances f3 f,, la plaque^?,, le trajet o, s s4y l’inducteur de la dynamo et le fil s2.
- La rotation que la dynamo imprime à l’arbre c dans le sens de la flèche, tend, comme on le voit, à rompre le contact entre les bras u u et les plaques f, f3, de sorte que le gouvernail s’arrête dès que l’on cesse de suivre son mouvement a la main, en appuyant sur la rouer.
- Il est facile de voir que l’on change la direction du courant dans l’inducteur de la dynamo en même temps que la rotation de la roue r.
- En outre, l’entaille w3w3 (fig. 24) permet aux draps t de se serrer plus ou moins sur les barres pp, suivant que l’on tourne plus ou moins vivement la roue r, de façon à diminuer leur résistance et même à l’annuler lorsque les taquets u ,t viennent au contact des barres pp\
- On peut ainsi graduer à volonté la puissance de la dynamo suivant la résistance du gouvernail ou l’urgence de la manoeuvre.
- Les quelques exemples que nous venons de décrire suffisent pour démontrer avec quelle généralité et quelle variété l’électricité peut s’appliquer à la manœuvre des gouvernails, depuis l’automaticité complète, — à laquelle il sera toujours prudent de ne se fier qu’à demi, — jusqu’au simple auxiliaire, par lequel on débutera sans doute dans les applications.
- Nos lecteurs savent déjà avec quelle souplesse l’électricité se prête à l’actionnement des mécanismes servo-moteurs, essentiels à la manœuvre des gouvernails (*).
- Rien ne s’oppose donc à ce que l’on reprenne, avec toute la puissance dont disposent aujourd’hui les ingénieurs électriciens, cette intéressante question des gouvernails électriques, abordée seulement par leurs devanciers, — parmi lesquels il faut citer M. Achard, l’inventeur des freins électriques (*), — et nous serions heureux si cette notice pouvait contribuer à attirer sur cette question un peu de l’attention qu’elle mérite.
- Gustave Richard.
- (*) La Lumière Electrique, G février 1886. — Manoeuvre du canon électrique de Maxim.
- H Du Moncel. Exposé des applications de l'électricité, vol. V, p. 162(1859).
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur la détermination du coefficient de self-induction, parM. Ledeboer (*)♦
- Emploi du galvanomètre apériodique Deprei-d’Arsonval. — Dans une précédente Communication (2), nous avons considéré le cas où l’on, donne au circuit extérieur du galvanomètre De-prez-d’Arsonval une résistance telle que le mouvement soit apériodique, mais précisément sur le point de devenir périodique.
- Dans ces conditions, on peut substituer à l’emploi du galvanomètre périodique le galvanomètre apériodique; la seule différence est l’introduction, dans la formule du galvanomètre balistique, du facteur e, base des logarithmes népériens.
- C’est ce qu’on peut faire, en particulier, pour la détermination du coefficient de self-induction, dans la méthode de Maxwell, telle qu’elle a été appliquée par lord Rayleigh (3).
- La formule qu’il s’agit d’appliquer devient, dans ces conditions,
- r T 5
- L — r---e
- •je a
- La substitution du galvanomètre apériodique au galvanomètre périodique rend la méthode très pratique; car non seulement le galvanomètre apériodique n’est pas affecté par la présence d’aimants ou de courants même puissants, mais on évite, en même temps, tous les inconvénients dus à la persistance du mouvement de l’aiguille du galvanomètre.
- Lorsque la résistance de la bobine dont on détermine le coefficient de self-induction est faible la méthode précédente a l’inconvénient que la résistance additionnelle r est très petite. Pour certaines bobines, dont nous nous sommes servi, la résistance était de 0,2 ohm et la résistance additionnelle r de 0,0025 ohm à 0,0040. Or il est difficile de déterminer exactement ces petites résistances, même en se servant de la méthode du pont double de Thomson.
- (*) Note présentée à l'Académie dos Sciences par M. Lippmann, le i5 mars 1886.
- (â) Voir La Lumière Electrique du i3 Mars 18S6.
- (3) Lord Rayi.khïii, Proc. Royal Societ)’, n° ai?*, p 1 16, 1881.
- p.609 - vue 613/640
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- LA • LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 610
- Dans ces cas, il est donc plus avantageux d’appliquer la formule directe
- L = ï^‘?ï [(R’+ 1 +s) W’ + g]
- i
- dans laquelle— est la constante du galvanomètre
- dont la résistance totale est g ; R, R', /, /' les résistances des quatre branches du pont ; R celle de la bobine dont le coefficient de self-induction est
- Sur la composition et les propriétés du mellogène,
- corps obtenu par électrosynthèse ; par MM. A.
- Bartoli et 6. Papasogli (’).
- Dans le Mémoire précédemment publié : Synthèse de l’acide mellique, nous avons fait observer la présence d’un composé noir, soluble dans l’eau, qui était capable de produire l’acide mellique quand on l’oxydait : cette propriété nous l’a fait appeler mellogène.
- Nous avons préparé ce produit très pur de la manière suivante : après avoir désagrégé avec une puissante batterie (1200 daniells), pendant l’élec-trolyse de l’eau distillée, environ 1 kilogramme de carbone de cornue préalablement purifié, nous avons filtré sur l’amiante le liquide noir obtenu; ce liquide évaporé presque à siccité laissa déposer le mellogène, mélangé avec l’acide mellique et les autres acides benzocarboniques.
- Nous avons séparé le mellogène des acides à l’aide de plusieurs lavages à l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique, dans laquelle le mellogène est insoluble.
- Après les lavages, il a été séché à l’étuve et, quand il commença à se dessécher, on l’a séparé x du filtre pour l’empêcher d’y adhérer.
- (1) Ce travail a été exécuté au laboratoire d’enseignement de la Faculté des Sciences.
- (i) Annales de Chimie et de Physique, Tome VII, p. 364.
- L, avec — ~j>, le galvanomètre étant intercalé
- entre R et R' d’une part, et / et /' d’autre part.
- Nous donnons ci-joint quelques mesures, prises à l’aide de ces méthodes. On a mesuré le coefficient de self-induction de deux électro-aimants de formes identiques, l’un étant enroulé de gros fil et l’autre de fil plus fin ; le même système de noyaux de fer doux pouvait être introduit dans l’un ou l’autre de ces systèmes de bobines.
- 1. avec fer
- 0,0087 x ,f>9 cnl 0,0088 »
- 0,0086 »
- I. avec fer
- 0,22 X 109 Cin 0,23 »
- 0,23 » (>)
- Nous avons extrait une plus grande quantité de mellogène en traitant avec l’eau distillée le résidu insoluble obtenu dans l’électrolyse de l’eau; ce résidu était un mélange de mellogène et de carbone pulvérulent; nous séparâmes le premier du second en ajoutant plusieurs fois de l’eau distillée au résidu, et, après avoir bien agité, on décantait après vingt-quatre heures, les liquides noirs obtenus.
- Le mellogène a été précipité de sa solution aqueuse par l’acide chlorhydrique et recueilli sur un filtre; il a été lavé avec de l’eau distillée, jusqu’à ce que l’eau commença à passer noire.
- Pour éliminer l’acide minéral, il est nécessaire de rejeter les premières eaux noires.
- Propriété du mellogène. — Le mellogène préparé de la manière qui vient d’être décrite a les propriétés suivantes : séché sur l’acide sulfurique il devient solide et rappelle par sa couleur noire luisante le charbon de terre; il est très friable.
- Il est insoluble dans les alcools méthyliqüe, éthylique, amylique, dans l’éther, la benzine, le chloroforme, le sulfure de carbone et dans l’essence de térébenthine. Il est soluble dans l’eau qui demeure colorée en noir très intense; dans les solutions d’ammoniaque, de soude, de potasse et dans le carbonate sodique, qui sont aussi colorés en noir.
- L’acide sulfurique concentré le dissout facilement, mais l’addition d’un peu d’eau le précipite de nouveau inaltéré. Quand il est bien séché il
- Electro-aimant à gros fil (résistance =o°h,n,234)
- L sans fer
- _ 0oiim,0o25 galvanomètre Thomson................ 0,00084 x io* cm
- r = oohm,0040 galvanomètre apériodique............. o,ooo85 »
- Méthode directe.................................... 0,00077 «
- Electro-aimant à fil fin (résistance = 6ohm*,j6)
- I. sans fer
- r = oohl,,,o5 galvanomètre Thomson......................... 0,021 x 109 cm
- >• = o°hm,5o galvanomètre apériodique...................... 0,023 »
- Méthode directe............................................ 0,023 »
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- décrépite au contact de l’eau. Il ne fond pas, brûle avec difficulté, ne se boursoufle pas par la chaleur; il est amorphe, ne forme pas de produits cristallins avec les alcalis. En solution il se fixe avec ténacité sur les fibres végétales ; sa propriété d'adhésion est tellement marquée que le filtre reste souvent soudé aux parois de l’entonnoir.
- Sa solution aqueuse est neutre aux papiers réactifs et se précipite complètement avec les solutions diluées suivantes : acides chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique, sulfurique, azotique, phosphorique, chromique, oxalique, formique et avec les solutions de chlorure, bromure, iodure, sulfate, chromate, bichromate, azotate, sulfocyanure, ferrocyanure, bicarbonate, bisulfite, rulfote de potasse ou de soude ; avec tous les sels solubles à acides minéraux de calcium et de barium et leurs hydrates; il précipite aussi avec les sels minéraux de magnésium, de zinc, de cadmium, de fer (au maximum et au minimum), de manganèse, de cuivre, de plomb, d’argent, etc.
- Il ne précipite pas de sa solution par les acides borique et carbonique, ni par les acides organiques suivants : acétique, propionique, lactique, tartrique, tannique, picrique, mellique, hydro-mellique, pyromellique, citrique, caproïque, butyrique, valérianique. Les alcools méthylique, éthylique, la glycérine, le saccharose, la dextrine, le phosphate de soude, l’oxalate d’ammoniaque ne le précipitent pas de sa solution aqueuse.
- Tous ces précipités se dissolvent de nouveau dans l’eau quand, par les lavages, on a éliminé les réactifs et l’on trouve dans l’eau du mellogène pur ; mais les précipités obtenus avec l’hydrate et le chlorure barytique, le sulfate de cuivre, l’acétate de plomb, restent insolubles.
- Analyse du mellogène.
- Le mellogène séché sur l’acide sulfurique pendant plusieurs mois perd de l’eau à ioo°G.; entre i32°C. et i6o°C. son poids reste fixe, mais à 170" il recpmmence à perdre incessamment, en se décomposant.
- Analyse de mellogène sèche entre i32° et i6o°C.
- I. 0,2970 gr. de mellogène séché à i4o°C. ont donné :
- Pour cela nous avons :
- C................ 69*39 0/0
- H................ 1,16
- 0................... 32,45
- IL 0,4528 gr. de mellogène séché à i6o°G. ont donné :
- CO2................. 1,109 gr.
- H20................. 0,041
- G ............... 66,77 0/0
- H.................. i,oo5
- 0................... 32,23
- III. o,3i6ogr. de mellogène séché à i6o°C. ont donné :
- GO2................ o,77iogr.
- HaO................ 0,2274
- C .................. 66,55 0/0
- H................ 0,965
- 0................... 32,48
- IV. o, 3oi5 gr. de mellogène séché à i5o°C. ont donné :
- CO2................ 0,7356 gr.
- H20................ 0,0277
- G................... 65,54 °l°
- H..................... 1,021
- V. 0,2340 gr. de mello5ène séché à i55°C. ont donné :
- CO2................. 0,752 gr.
- H20..............- o,o23o
- G................... 66,67 °/°
- H..................... 1,092
- VI. 0,1800 gr. de mellogène séché à ï5o° C ont donné :
- CO2............... 0,4395 gr.
- H20................ 0,0168
- C.................... 66,590/0
- H.................... 1,04
- VIL 0,2110 gr. de mellogène séché à i5o°G. ont donné :
- CO2. H2 O
- 0,7230 gr. o,o3 10
- CO2.
- H20
- o,5 i55 gr. 0,0195
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- C.................. 66,63 o/o
- H.................. 1,02 7
- C................ 63,55 o/o
- H................ i,47
- VIII. 0,2020 gr. de mellogène séché à i44°C.
- donné :
- ' CO9: ;............ 0,4927 gr.
- H2 O2............. 0,0197
- C................ 66,52 0/0
- H................. 1,081
- IX. 0,2610 gr. de mellogène séché à i4o°C.
- CO2............... o,636o gr.
- H20............... 0,0260
- C.................. 66,46 0/0
- H................. 1,107
- Dans la Table suivante nous rapportons les analyses centésimales du carbone et l’hydro-èr.e.
- Pour 100 G ~ H
- I ..................... 66,39 I,l6
- II .................... 66,77 1,01
- III ................... 66,55 0,97
- IV .................. 66,54 1,02
- v....................... 66,67 1,09
- VI ................... 66,5g 1,04
- VII .................. 66,63 1,03
- VIII ................. 66,52 1,08
- IX ................. 66,46 r, 11
- Ces analyses conduisent à la formule (C*'H2 qui renferme :
- C ................. 66,67 0/0
- H.................. 1,01 .
- Analyse du mellogène séché à ioo°C.
- I. 0,2190 gr. de mellogène ont donné :
- CO2.............. o,5 115 gr.
- H2 O............. o,o3oo
- C................ 63,70 0/0
- H................ i,52
- II, 0,433 gr. de mellogène ont donné :
- CO2.............. 1,009 gr.
- H20.............. o,o57
- III. 0,296 gr. de mellogène ont donné :
- CO2............... 0,686 gr.
- H20.................. 0,037
- C................. 63,21 0/0
- H..................... i,39
- Ces analyses conduisent à la formule (C^H2 0’)2-(-H20 qui contient :
- C.................... 63,77 0/0
- H..................... 1,45
- Analyse du mellogène séché à la température ordinaire, sur l’acide sulfurique.
- I. o,353o gr. de mellogène séché à -f- io°C. ont donné :
- CO2............... 0,7615 gr.
- HaO................ 0,0700
- C.................. 58,83 o/o
- H. .............. 2,204
- II. 0,347 ëv• 6e mellogène ont donné :
- CO2................ 0,748 gr.
- H20................ 0,071 gr.
- C.................. 58,79
- H................... 2,27
- III. o,338 gr. de mellogène ont donné :
- CO2.............. 0,722 gr.
- H20.............. 0,0615 gr.
- C................. . 58,26 0/0
- H................... 2,22
- A la formule 2C1 ,H20i-)-3H20 correspond
- C.................. 58,67 °/°
- H.................... 2,22
- De toutes ces analyses nous pouvons conclure que, la formule la plus simple par laquelle on puisse représenter le mellogène séché à 140 degrés est Cu H2 O'*, et que, à la température ordinaire pour deux de ses molécules, on trouve trois molécules d’eau.
- Nous avons déjà dit que le mellogène pioduit
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 61 3
- avec l’hydrate barytique un précipité insoluble dans l’eau. Ce composé, que nous avons obtenu en ajoutant la solution d’hydrate barytique dans celle du mellogène, a été analysé, après l’avoir bien lavé avec de l’eau bouillie et dans une atmosphère exempte de CO2.
- Le produit barytiqueaprès dessication à 200 degrés centigrades, température à laquelle il ne perd pas davantage, a donné pour
- I. 0,292 gramme de matière
- 0,170 de BaCO3 et Ba =40,490/0
- IL o,353o de matière
- o,2o35 de Ba CO3 et Ba = 40,09 0/0
- On peut donner à ce produit la formule CBaOL
- Si l’on compare la formule de l’acide graphitique de Brodie CMH''0:i avec celle du mellogène séché à 140 degrés centigrades, on y voit une certaine anologic ; la première diffère de la seconde par une molécule d’eau en plus, et comme le mellogène, l'acide graphitique se combine avec l’hydrate barytique pour produire le composé CBaH-’O3.
- Cependant entre ces deux corps existent des différences très marquées que nous résumons ci-dessous.
- Mellogène séché à 14r) degrés
- en H'2cn
- i° Noir, amorphe, fracture conchoïdale.
- 20 Par oxydation, se transforme en produits acides solubles dans l’eau.
- 3" Chauffé, il ne boursoufle pas.
- Acide graphitique séché à 1 do degrés
- C'i H‘0
- i° Cristallisé en lameller.
- 2° Il ne se trunforinc pas d’avantage.
- 3° Chauffé, se boursoufle beaucoup en se transformant en acide pyrographv-thique (Bcrthclot).
- Transformation du mellogène par l’action des oxydants
- L’oxygène ordinaire est suffisant pour oxyder le mellogène quand celui-ci est humide ; l’oxydation est lente. Outre les produits acides oxygénés, on trouve aussi des produits azotés, si l’oxydation a été faite par l’air atmosphérique.
- Nous avons choisi l’hypochlorite de soude pour oxyder le mellogène, parce que, de tous les oxydants, il est le seul qui n’agisse pas sur les charbons de bois et de cornue purifiés au chlore à très haute température, ni même sur le graphite.
- Dans la réaction du mellogène avec la solution concentrée d’hypochlorite de soude, le liquide s’échauffe tellement que, si l’on en a pris une quantité convenable, il peut entrer en ébullition. Si le liquide est alcalin par le carbonate de soude la réaction s’accomplit avec effervescence. Après la réaction tumultueuse, on chauffe au bain-marie, pour la compléter, et l’on obtient ainsi un liquide légèrement coloré en jaune.
- Le liquide neutralisé donne avec un sel soluble de baryum un abondant précipité blanc que nous avons décomposé, après l’avoir suffisamment lavé par le carbonate de soude, à l’aide d’une ébullition prolongée.
- Après la tranformation des produits barytiques en produits sodiques, le liquide fut neutralisé avec l’acide acétique et chauffé pour chasser le CO2 ; ensuite, quand le liquide fut refroidi, nous y avons ajouté une solution de chlorure calcique laissant le mélange en repos pendant vingt-quatre heures.
- Après ce temps, dans le liquide s'était formé un précipité cristallin.
- Après les analyses et après avoir constaté la transformation de cet acide en acide euronique et paramide, nous avons conclu que c’était du mel-late calcique ().
- Les analyses du liquide dans lequel s’est formé le mellate de calcium, ont prouvé que nous avions raison de croire que ce liquide renferme les acides hydromellique, pyromellique, ainsi que l’acide hydropyromellique.
- On peut donc représenter la réaction par ces équations :
- 2C"H-‘0‘ + 4H-O + 80 = C>-'H« O'-’ + Os
- Mello- Acide Acide
- gène. mcllique. pyro-
- mellique.
- 2CuH-Oi + 9H-O + 30 = C'SHisO' + C'oHioOS.
- Mello- Acide Acide
- gène. hydro- hydromellique. pyro-
- mellique.
- Ces acides sont les mêmes qu'on obtient dans les électrolyses de l’eau et des solutions alcalines.
- Quand l’oxydation du mellogène n’est pas complète, on obtient des produits intermédiaires entre le mellogène
- (') Voir Kuovo Ciiuento, année 1881, p. 2< 7.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- C1' Ha O*,
- l’acide mellique C,2H2Ot2 et les autres acides benzocarboniques.
- Ces produits se trouvent toujours, mais en petites quantités, dans les électrolytes de l’eau et des solutions alcalines, avec des électrodes de carbone ainsi que dans l’oxygène du mellogène humide par l’oxygène atmosphérique, ou par l’oxydation incomplète au moyen de l’hypochlorite de soude. On peut les obtenir abondamment en oxydant le mellogène avec l’acide azotitique [d = t,3-1,4). Parmi ces produits nous avons trouvé :
- l° Un composé amorphe A soluble dans l’eau, l’alcool, l’éther ; fusible avec réaction acide. Les analyses nous ont conduits à la formule
- C11 He O9
- a0 Un composé a amorphe soluble dans l’eau, l’alcool, l’éther; fusible avec réaction acide. Sa composition correspond à la formule CHHfi07 et son sel d’argent à
- CH Ag2 H3 O7 ;
- 3° Un composé noir qui ressemble au mellogène ; mais il est soluble dans l’eau et les alcools, il n’est pas soluble dans l’éther ; il précipite de sa solution avec les acides minéraux.
- Tous ces composés se transforment, par l’oxydation, à l’aide de l’hypochlorite, en acide mellique et autres acides de la série benzocarbonique comme le mellogène lui-même.
- Nouveau dispositif pour la détermination du maximum de la polarisation galvanique, par A. Fœppl (').
- Comme l’on sait, l’emploi de la méthode de Poggendorff, ou de compensation, donne (lieu à bien des objections, de même que celui des méthodes électrostatiques, dans lesquelles on mesure à l’électromètre, après l’ouverture du courant de polarisation, la différence de potentiel provenant de ce dernier.
- Dans ce 'dernier cas, un certain temps est nécessaire avant que l’aiguille de l’électromètre soit
- > Annales de Wiedemdtin, 188f>, n° 2.
- venue au repos, et pendant ce temps la valeur de la polarisation décroit rapidement.
- L’auteur indique la disposition suivante (fig. 1); où P est la batterie de polarisation et V le voltamètre.
- Une des extrémités de la résistance variable R est fixée en B; l’autre peut être plongée dans le godet à mercure A, en même temps que l’extrémité du fil e.
- Le circuit ee renferme un galvanomètre G.
- Pour faire l’expérience, il faut qu’en plongeant en A les extrémités e et R (qui doivent être parfaitement isolées), aucune déviation n’ait lieu en G ; on voit, en effet, que si R est très grand, G sera parcouru par une partie du courant de la pile, et s’il est très-petit, il sera parcouru en sens inverse par le courant de polarisation.
- On pourra donc ajuster R, de manière à ce qu’il n’y ait pas de courant dans la branche C Y b, ce qui ne peut avoir lieu que si la différence de potentiel aux extrémités de R est égale à la polarisation des électrodes en V.
- Même si on réussit à annuler déviation au premier instant, on observera tout de suite une déviation qui ira en croissant, par suite de la dépolarisation spontanée, ce qui permettra d’étudier cette dernière.
- Une fois qu’on a déterminé ainsi la valeur exacte de R, on peut mesurer la différence de potentiel à ses extrémités, en rompant le circuit b V c en C par exemple.
- Une introduction absolument simultanée de R et e dans la coupelle A n’est pas possible, mais il est facile de faire que l’intervalle de temps soit extrêmement petit 0,001 à 0,002".
- L’auteur remarque qu’on peut objecter que pour l’exactitude de la méthode, il est nécessaire que depuis l’introduction de R jusqu’à la mesure
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- de la différence de potentiel, ni la f. e. m., ni la résistance du circuit n’aient changés.
- Le rapport des courants qui traversent la pile avant et après l’introduction de R est :
- a + b -f- c -j- d v a -\-p + d
- d’où il suit que, quoique au moment de la mesure le courant soit plus faible, on peut rendre cette différence très petite, et si on emploie une pile genre Bunsen, la f* e. m. ne variera pas.
- Il faut naturellement que R soit tel qu’aucun échauffement sensible n’ait lieu, et de plus avoir soin qu’aucune force thermo-électrique ne puisse naître dans le circuit b e.
- Nous remarquerons pour terminer que, malgré sa supériorité sur la méthode de compensation, celle de M. Fœppl reste ouverte à toutes les objections que l’on peut faire aux méthodes électrostatiques dont nous avons parlé; la mesure se fait en réalité un certain temps, si court soit-il après la rupture du circuit, aucun courant ne traversant le voltamètre.
- Une autre objection plus spéciale est celle relative à la self-induction en R; à l’instant de son introduction, si le galvanomètre G ne donne aucune déviation, la/', e. m. en opposition avec la polarisation est :
- I étant le courant qui traverse R au temps /, tandis qu’on mesure ensuite la valeur :
- K Iv
- où I| est le courant à l’état uniforme correspondant à P et R.
- L’auteur ne dit pas si l’expérience lui a montré quelque chose à ce sujet.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne.
- De l’application DU TELEPHONE a la DÉTERMINATION de l’inclinaison MAGNÉTIQUE. — Il y a déjà quelques années que M. le Dr Schaper, de Lubeck, a songé à se servir du téléphone dans les dé-
- terminations de l’inclinaison magnétique. Il avait eu l’idée de ces expériences à la suite de certaines recherches effectuées par le Dr Stephan et qui avaient montré que le téléphone est extrêmement sensible aux courants induits dans une bobine que l’on fait tourner dans le champ magnétique terrestre, et que cette sensibilité pouvait encore être accrue lorsqu’on avait soin de placer un interrupteur dans le circuit.
- Ces observations ont conduit M. Schaper à adopter un dispositif dont je crois intéressant de vous donner la description.
- La figure i représente schématiquement l’appareil d’induction installé à l’observatoire de Lubeck.
- Dans cette figure, A B est un axe de rotation horizontal autour duquel tourne un châssis rectangulaire en bois sur lequel est fixé l’appareil d’induction proprement dit. La bobine E, qui a un diamètre de 37,5 centimètres, tourne autour de l’axe C D. Dans la partie placée à l’intérieur de l’anneau l’axe est en bois ; les extrémités seules sont en cuivre jaune. L’extrémité inférieure D est pointue et tourne dans une crapaudine remplie de mercure. A son extrémité supérieure, l’axe C D présente au contraire un évidement qui sert également à contenir du mercure. Les deux extrémités de la bobine E sont reliées aux extrémités métalliques de l’axe C D. Un fil de cuivre plonge dans le mercure de la cavité C, puis il passe à travers.le téléphone G, l’interrupteur F et vient se terminer dans le mercure de la crapaudine D.
- Si l’axe de rotation, occupant une position ver* ticale, on imprime à la bobine un mouvement de rotation autour de cet axe, la composante horizontale du magnétisme terrestre induit un courant dans les spires des fils. Si en même temps on met en jeu l’interrupteur, le téléphone est traversé
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- par un courant intermittent et il indique très nettement le passage de ce courant.
- L’interrupteur, qui a été construit par M. Scho-rer et dont la figure 2 donne le détail, consiste en un marteau de Neef K mis en action par un élément L. La visse P permet de régler le nombre et l’amplitude des vibrations du marteau K. Le marteau est relié à un ressort métallique M par un fil de cuivre M N interrompu sur une partie de sa longueur par une pièce de verre V.
- Lorsque le marteau s’abaisse, l’extrémité de droite du ressort, qui est platinée, plonge dans le mercure du godet O. L’extrémite R du ressort d’une part, et le godet de mercure O d’autre part sont reliés aux deux points H et J (fig. 1) du cir-
- ric 2
- cuit traversé par les courants induits dans la bobine E. On est obligé, à cause du bruit que fait l’interrupteur, de le placer à une certaine distance de la salle d’observations.
- Lorsque l’appareil d’induction a été convenablement orienté pour les déterminations d’inclinaison, l’axe G D (fig. 1) est rendu rigoureusement vertical au moyen du niveau, d’eau W. L’axe horizontal AB porte en A deux miroirs dont les normales sont perpendiculaires à la direction A B et dont les plans forment un ‘cer-certain angle entre eux.
- Au moyen d’une lunette P on lit dans l’un des miroirs l’échelle S. On tourne ensuite l’axe CD jusqu’à ce qu’il ait la direction de l’inclinaison ; une partie de l’échelle devient en meme temps visible dans le second miroir, On peut, en tenant compte de l’angle connu que forment les normales aux deux miroirs et des lectures à l’échelle S déterminer l’inclinaison de l’axe de rotation. Le dispositif peut d’ailleurs être fixé dans n’importe quelle position.
- Si, dans ces conditions, on imprime à la bo bine E un mouvement de rotation uniforme (une révolution par 1,5 seconde) et qu’au moyen d’une vis micrométrique on déplace graduellement dans un plan situé dans le méridien magnétique l’axe CD, on entend dans le téléphone un bruit plus ou moins fort. Chaque fois que le téléphone se tait, on détermine l’inclinaison de l’axe CD, au moyen de la lunette P et de l’image de l’échelle S dans le système des miroirs précédemment mentionnés.
- On a pu constater que dans les positions voisines de l’inclinaison magnétique, la position de l’axe C D pouvait varier de 4 à 5 minutes sans qu’on entendit aucun son dans le téléphone. Un changement dans le réglage de l’interrupteur, dont les interruptions ne dépassaient pas i5o par seconde, n’avait presque aucune influence sur le téléphone.
- Il y a donc lieu d’admettre que le téléphone ne commence à produire un son que lorsque l’axe C D, dans son mouvement de rotation, est éloigné de 2 à 2,5 minutes de la direction de l’inclinaison magnétique.
- Pour construire un appareil qui puisse servir pratiquement à déterminer l’inclinaison, M. Scha-per propose d’apporter au dispositif qui vient d’être décrit certaines modifications et notamment de raccourcir l’axe de rotation et d’employer plusieurs bobines pour augmenter la force électromotrice induite.
- M. Schaper recommande enfin de faire l’essai d’un transformateur dont le principe serait inverse des appareils bien connus de MM. Gaillard et Gibbs.
- Dr H. Michaeus.
- Amérique
- La machine a ozone. — A la dernière séance de la New-York Electrical Society, M. H.-D. Hall, l’inventeur de la machine à ozone, a fait fonctionner son appareil actionné par un petit moteur électrique relié à un circuit de lampes à incandescence Edison.
- La machine de M. Hall n’est pas seulement destinée à désinfecter les hôpitaux et les chambres des malades mais aussi à la ventilation de vastes locaux fréquentés par un grand nombre de
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- JO URNAL UNIVERSEL D'ÉLEC TRICITÉ
- personnes comme les bourses, les théâtres, les salles d'audience des tribunaux, etc., et j’en ai vu plusieurs en service dans nos grandes maisons de banque.
- Les figures i et 2 représentent l’appareil vu de deux côtés différents; c’est une machine autoexcitatrice de Holtz, modifiée et munie d’un passage pour l’air qui est représenté en coupe sur la figure 3.
- L’admission de l’air se fait par des trous percés à l’une des extrémités tandis que l’autre est munie d'un ventilateur.
- Au milieu du passage sont disposés des peignes entre lesquels la décharge électrique a lieut ces peignes sont placés de manière à forcer l’air
- FIG. I
- de circuler autour d’eux. De cette façon l’air est rapidement saturé d’ozone.
- M. Hall a démontré les effets de l’ozone sur les corps organiques en même temps qu’il a prédi. son application aussi bien dans l’industrie que dans la médecine. J’ai entendu dire qu’une blanchisserie de linge se sert déjà depuis quelque temps de l’ozone produit par la machine électrique.
- Une modification du galvanomètre de lîpp-mann. — L’appareil ingénieux de MM. Lippmann et Bréguet a dernièrement été modifié par M. Weston. Comme on le verra sur la figure 4 des aimants M N sont placés aux côtés opposés du réservoir A.
- Les aimants sont munis de grandes pièces po-
- laires de polarité contraire entre lesquelles sc trouve le réservoir. Les bobines des aimants sont en fil fin et quand on se sert de l’appareil comme d’un compteur, le courant principal traverse le mercure et le réservoir ainsique les bobines des aimants font partie d’un circuit dérivé.
- Un passage inconnu de l’histoire des dynamos. — Le professeur Rowland avait exposé à la dernière exposition de Philadelphie une armature construite par lui en 1868, mais qui passa presque inaperçue.
- Un des élèves deM. Rowland vient d’en publier la description dans VElectrical World, d'après des notes copiées sur le registre d’expériences;
- FIG. 2
- l’auteur de l'article en question' a fait ses études à l’Institut polytechnique de Newark, sous la direction de M. Rowland.
- Au mois d’août 1868 celui-ci écrivait :
- « Machines clectro-magnétiques.— Dans toutes « les formes de ces machines qui ont été cons-« truites jusqu’ici, on se sert d’une armature en « fer.
- « Personne n’ignore qu’une grande partie de «. l’énergie employée pour actionner ces machines « est absorbée par la production de chaleur et « de courants électriques dans ces armatures ; je « me propose donc de les faire en fil ou bien de « m’en dispenser entièrement. Les figures 5 et 6 « représentent un modèle de cette dernière dis-« position.
- « L’armature a est maintenue stationnaire tan-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- « dis que la bobine b b tourne autour d’elle et « coupe les lignes de force magnétique. Cette dis-« position permet d’utiliser toute l’énergie à la « production d’un courant dans la bobine, tandis
- « que dans le modèle ordinaire, il faut rapide-« ment aimanter et désaimanter l’armature et « ainsi dépenser de l’énergie. Ceci provient de « ce que le fer présente une résistance à l’aiman-
- FIG. 4
- « tation, comme il est facile de le prouver avec « un disque en fer suspendu entre les pôles d’un « aimant.
- « La figure 7 représente un cylindre en fer placé
- FIG. 5
- « entre les pôles d’un aimant; s’il ne tourne pas, N « et S sont les pôles induits, mais s’il tourne dans « le sens de la flèche, les pôles induits seront défi placés en N' et S' à cause du temps qu’il faut au « fer pour s’aimanteretpour se désaimanter. Cette « oosition des pôles opposera une résistance au
- « mouvement qui deviendra d’autant plus éner-« gique que la vitesse sera plus grande.
- « A côté de cette résistance des cylindres, « comme métal magnétique il y en a une autre « qui provient de la conductibilité du fer. Quand « le cylindre tourne, il s’établit des courants élec-« triques représentés par la figure 8.
- « Ces courants tendent à faire tourner le con-
- FIG. 6
- « ducteur autour des pôles dans un sens contraire « à celui de la rotation et créent ainsi une résis-« tance. On se débarrasse de ces deux résistances « en employant l’appareil dont je viens de taire la « description. »
- Pendant l’hiver 1868-69, une armature de ce
- genre a été construite avec six bobines. Il y a deux enroulements, l’un pour l’aimant et l’autre pour le circuit extérieur.
- Chaque bobine constitue un circuit indépendant et il n’y a qu’une bobine en circuit à la fois.
- Cette disposition présente l’avantage qu’en mettant différents balais sur l’armature on peut dériver autant de courants qu’on veut de la même armature. La première machine de Gramme date
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- de 1870 et celle de Siemens est encore plus récente, de sorte que cette armature à courants continus est antérieure de presque deux ans à toutes les autres armatures du même genre.
- Le noyau intérieur a de l’armature est mobile, en sorte qu’il peut prendre un mouvement autour de son axe, mais les bobines b b sont indépendantes du noyau et tournent autour de lui. C’est la disposition adoptée, en premier lieu, par Siemens ; plus tard, il s’est servi de disques pour remédier à cet inconvénient.
- Les essais du « franklin institute » sur les ma-machines dynamos. — L’exactitude des essais du Franklin Institute sur les dynamos Weston et Edison que vous avez publiés in extenso ont donné lieu à une discussion très vive.
- M. Charles F. Heinrichs a contesté l’exactitude des mesures d’énergie et du frottement des machines; il prétend que ces dernières mesures sont surtout trop faibles et que par conséquent les rendements des machines indiqués par le rapport sont beaucoup trop élevés.
- Il cite à Fappui les récentes expériences de M. Marcel Deprez, et d’autres sur le frottement et il prouve que les machines ne devaient pas donner un rendement commercial supérieur 375 ou 80 0/0.
- En réponse à cette attaque, le professeur Marks qui était chargé par le Franklin Institute des mesures d’énergie, déclare que le frottement de la courroie était entièrement éliminé par suite du couplage direct des armatures au dynamomètre de transmission et que, d’ailleurs, la construction des machines était d’une perfection si grande qu’il est certain que le frottement ne dépassait pas celui indiqué par le rapport.
- On ne peut nier que le frottement des armatures soit très faible, mais ce serait néanmoins étrange si, malgré les soins apportés à ces essais, cette partie des résultats était entachée d'erreur.
- La dernière prétendue découverte de m. edison. — En élaborant son système de communication télégraphique entre les trains en marche, M. Edison prétend avoir découvert un fait qui sera sans doute accueilli avec méfiance par beaucoup de personnes.
- Tandis que l’action entre la toiture des wagons et le fil trouve son explication dans le principe de l’induction statique, M. Edison prétend qu’il y
- a une vraie décharge ou, en d’autres termes, qu’il s’établit un courant entre les deux.
- Il base son raisonnement sur la théorie que l’air devient, pendant une très petite fraction d’une seconde, un conducteur électrique, mais dès que l’air a été polarisé par le passage du courant, sa résistance augmente et sa conductibilité cesse. Par conséquent les charges rapides de la bobine d’induction permettent à l’air de devenir alternativement neutre et polarisé ou conducteur et non conducteur. M. Edison ne fournit aucune peuve expérimentale de cette théorie, de sorte qu’il convient d’attendre avant de se prononcer sur sa valeur.
- A propos de M. Edison, je puis ajouter qu’il s’est récemment occupé de la construction d’une torpille-poisson électrique qui a été essayée par le gouvernement des Etats-Unis et qui a donné des résultats excellents.
- Je serai bientôt en mesure de vous faire la description de cette nouvelle torpille qui comprend plusieurs dispositions originales.
- J. Wetzler.
- Angleterre
- La distribution électrique. — Je vous ai déjà plusieurs fois entretenu des conférences faites par M. le professeur Georges Forbes à la Society of Arts de Londres, sur les méthodes actuellement en usage pour la distribution de l’électricité.
- Dans une de ses lernières conférences relatives à ce sujet, M. Forbes a fait remarquer que le système en dérivation convient généralement mieux pour de petites installations, mais quand il s’agit d’un espace considérable le prix des conducteurs devient exorbitant avec ce système, excepté dans quelques cas tout à fait isolés.
- Le système en tension n’est employé aujourd’hui que pour des foyers à arc; on remplace quelquefois un de ces foyers par quelques lampes à incandescence intercalées en dérivation.
- Lè système qui consiste à placer un certain nombre de lampes en tension et les différents groupes en dérivation donne de bons résültats, si le nombre des lampes en fonction est toujours constant, et on arrivera peut-être à le modifier de manière à en rendre l’application générale.
- Il possède cet avantage sur le système en dérivation simple qu’on peut employer des conduc-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- teurs de dimensions plus faibles, et il présente par conséquent une économie sérieuse.
- Dans ses conférences antérieures le professeur Forbes a exprimé le désir de voir se multiplier les installations d’éclairage domestique au moyen de lampes à incandescence placées en tension.
- Pendant l’année dernière M. Bernstein a essayé cette disposition avec des lampes à faible résistance et à fort courant.
- Il propose d’employer des lampes de 6 volts et de io ampères; aux bornes de ces lampes est placée une dérivation qui a ioo fois plus de résistance que la lampe.
- Quand le filament se casse, le courant dans la dérivation augmente et ferme un contact qui met en court circuit la lampe et la dérivation.
- La perte d’énergie est cependant considérable avec des lampes d’une résistance aussi faible.
- M. Bernstein la fixe à io o/o, mais par contre le système possède d’autres avantages économi-qv.es et techniques.
- D’après M. Forbes, le système en dérivation à trois conducteurs convient bien pour des installations où la lampe la plus éloignée de la station n’est pas à plus de 180 mètres de distance de celle-ci.
- A de plus grandes distances, les frais augmentent dans une proportion effrayante, et le système n’est par conséquent pratique que pour un quartier contenant beaucoup de petites stations ; mais, pour qu’une station fonctionne économiquement, il faut que le temps du mécanicien et du chauffeur soit bien occupé, et on ne peut arriver au maximum d’économie qu’en disposant d’environ i ooo chevaux.
- Le système en dérivation ne convient donc que pour les villes assez peuplées pour avoir une consommation de ioooo lampes de 16 bougies, dans un rayon de 180 mètres.
- Mais, dans la plupart des quartiers de ce genre, le terrain coûte fort cher, et l’établissement d’un grand nombre de stations constituerait une dépense considérable.
- Il faut donc se borner, avec le système en dérivation, à se rapprocher autant que possible de l’idéal économique sans pouvoir le réaliser tout à fait.
- Il y a cependant des cas où la simplicité du système présente assez d’avantages pour qu’on lui sacrifie cet idéal économique, et M. Forbes fait remarquer qu’un ingénieur, lorsqu’il est consulté sur une question de ce genre doit, avant d'adopter
- ou de rejeter ce système, calculer la perte exacte à laquelle on s’exposerait en dérogeant légèrement aux principes rigides d’économie.
- Le remède contre le mal serait de trouver un système tout à fait satisfaisant où l’on mettrait plusieurs lampes en série, puis ces séries en dérivation. Dans ce cas, on pourrait employer de l’électricité à haute tension avec des conducteurs de faible section.
- On pourrait alors placer la station centrale à un endroit éloigné où le terrain serait à bon marché, et où on n’aurait pas besoin d’en limiter les dimensions pour que toutes les dépendances pussent se trouver ensemble, comme c’est le cas pour la distribution du gaz.
- L’idéal économique se trouverait ainsi presque réalisé, n’était la longueur des conducteurs allant de la station centrale au quartier qu’il s’agit d’alimenter; mais ces conducteurs seraient, comparativement, de petites dimensions.
- D’après M. Forbes, aucun système parfaitement satisfaisant de groupement double n’a encore été inventé, excepté pour les cas où la consommation d’énergie électrique dans un quartier quelconque est la même pendant toute la durée de l’éclairage.
- Il est parfois avantageux d’intercaler des résistances pour remplacer les lampes qui ont été éteintes. Ces cas sont rares, mais les ingénieurs doivent néanmoins en tenir compte.
- Les piles secondaires ont plusieurs avantages : un accident à la machine n'entraîne aucune interruption dans l’alimentation des lampes, la lumière est fixe malgré les variations de vitesse des machines et les moteurs et dynamos peuvent fonctionner pendant toute la journée de 24 heures. Les accumulateurs sont destinés à être installés dans les sous-sols aux différents points du quartier éclairé, tandis que les machines se trouvent à la station centrale.
- Cette disposition présente l’inconvénient que certains accumulateurs, se déchargent tandis que d’autres demeurent chargés ou même surchargés. Pour y remédier, le professeur Forbes propose l’emploi de deux séries d’accumulateurs dans chaque sous-sol munies d’un indicateur et d’un commutateur pour faire passer le courant de charge de la série chargée à l’autre.
- Il devient naturellement nécessaire d’avoir un appareil indicateur; nous pouvons mentionner celui dont MM. Elwell et Parker se servent depuis quelque temps et dont nous donnons le dessin.
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- L’appareil fonctionne grâce aux variations du poids spécifique du liquide ; il est pourvu d’un flotteur en verre suspendu au moyen d’une corde à un levier ou à une aiguille montée sur un pivot et tournant au-dessus d’une échelle graduée. Dès que l’élément est complètement chargé, l’aiguille ferme un circuit électrique et fait marcher une sonnerie ou fonctionner un commutateur magnéto-électrique suivant le cas.
- Le système présente encore un autre inconvénient car, si un certain nombre d’éléments est monté en série, les éléments ne sont pas tous chargés en même temps.
- La meilleure disposition pour charger des piles secondaires est encore de les monter en quan-
- tité ; de cette manière, tous les éléments seront chargés presque en même temps. Pour éviter tout danger de mise en court circuit, on peut intercaler des pièces fusibles ou des interrupteurs.
- Une bonne installation d’accumulateurs doit pouvoir fonctionner pendant longtemps sans aucune surveillance.
- Les derniers modèles de ce genre d’appareils peuvent fonctionner pendant longtemps sans accident.
- Quant à la question du prix des installations d’accumulateurs, on peut dire que celles-ci présentent une économie dans un grand quartier mais que l’alimentation directe est plus avantageuse pour un petit quartier.
- Le fait de ne pas avoir constamment besoin de
- machines, affranchit de la nécessité d’avoir celles-ci en double; d’autre part, il faut estimer la perte d’énergie de la pile à 20 0/0 au moins.
- Je puis dire, h ce propos, que VFAectrical Power and Storage C°, vient de faire construire un commutateur qui réduit le nombre d’éléments dans le circuit des lampes pendant la charge de la dynamo et vice versa. La même Compagnie a également introduit un nouvel interrupteur destiné à préserver la dynamo de charge contre tout accident provenant d’une diminution passagère de la vitesse. L’appareil a ceci de particulier, qu’il replace la pile en circuit dès que la dynamo a repris sa marche normale.
- Le professeur Forbcs a ensuite parlé des générateurs secondaires de MM. Gaulard et Gibbs, il a décrit la méthode de ces messieurs pour la distribution de l’électricité en dérivation sur les conducteurs principaux, en tension, ou par des conducteurs spéciaux allant directement de la dynamo aux différents générateurs.
- La première méthode présente l’inconvénient que la force électromotrice des différentes séries de lampes placées en dérivation, doit varier selon la position de leurs générateurs sur les conducteurs.
- Le système des fils séparés entraîne trop de dépenses. La disposition en tension donne les meilleurs résultats ; l’un des circuits comprend les générateurs qui sont placés alternativement sur le fil d’aller et le fil de retour.
- Un chemin de fer électrique a Ryde. — Un nouveau chemin de fer électrique a été inauguré sur la jetée de Ryde, dans l’ile de Wiglit.
- L’ancien tramway qui était traîné par des chevaux, a dernièrement été remplacé par un chemin de fer électrique construit par MM. Siemens et C°. L’énergie est produite par une machine à gaz et une dynamo Siemens marchant à 1,000 tours par minute. Le courant est amené par une tige en fer passant le long des rails et suspendue sur des isolateurs fixés dans les traverses. Les rails ordinaires, en acier, servent de fil de retour; un contact mobile sur le conducteur isolé fait passer le courant dans un moteur électrique sous l’une des voitures.
- La charge transportée est d’environ i3 tonnes et la vitesse varie de 10 à 12 milles par heure.
- J. Munro.
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- Ô22
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- FAITS DIVERS
- L’Administration des Postes et Télégraphes se propose de fixer uniformément aux mômes heures, dans tous les bureaux, les changements de service entre les agents préposés aux transmissions télégraphiques.
- Elle a, dans cette intention, fait consulter les intéressés sur la question de savoir s’il y a lieu d’adopter onze heures et six heures ou midi et sept heures.
- Télégraphie et Téléphonie
- On parle pour l’exercice i885 d’un dividende de 5 francs par action de la compagnie du Télégraphe de Paris à New-York, et qui s’établirait par les chiffres suivants :
- Bénéfices nets de i885.................. ï 200000
- A déduire : prélèvements statutaires....... 146000
- Reste............. 1 064 000
- Bénéfices reportés de 1884................. 707000
- Ensemble.......... 1 761 000
- A déduire :
- Réparations de câbles..................... 1 196000
- Reste disponible...... 565 000
- Cette somme de 565 000 francs permettrait donc de ré-partrir 5 francs et de reporter à nouveau le solde de 145 000 francs.
- Les recettes ne sont pas meilleures cette année qu’en 1884, mais on peut espérer qu’il n’y aura pas à dépenser comme en i885, une somme de près de 1 200000 francs pour réparations de câbles, qui représente plus de 14 francs de dividende par action.
- L’administration des Indes britanniques vient de publier une nouvelle édition de la première partie du Guide des Télégraphes indiens contenant les règles et les taxes applicables aux télégrammes intérieurs.
- Nous croyons intéressant d’en extraire les renseignements suivants que nous empruntons au Journal télégraphique de Berne.
- i° L’Administration indienne n’admet aucune responsabilité pour la transmission exacte des télégrammes.
- Les expéditeurs et destinataires doivent supporter tous les risques résultant de la non-remise, des erreurs ou retards de transmission ;
- 2“ Les stations télégraphiques sont divisées en trois catégories dont les heures de service sont fixées ainsi qu’il suit :
- CUlflSO îles Bureaux. Horitlro des séances (temps local). Horaire spécial pour les dimanches et fêtes.
- I. Jour et nuit. Jour et nuit.
- IL 7h matin â g1» du soir. De 7 à 91» du matin et
- de 4 à 6h du soir.
- III. ioh matin à 5l* du soir. 7 à gh du matin et de
- 4 à 61' du soir.
- 3° Dans le cas d’une urgence exceptionnelle, les télégrammes signés par les autorités civiles ou militaires de la localité, dont les attributions comprennent le droit de suspendre temporairement le service télégraphique peuvent être transmis à toute heure par un bureau quelconque.
- 4° Les télégrammes peuvent être consignés dans tous les bureaux de poste.
- 5° La longueur des télégrammes est limitée à 5oo mots et le même expéditeur ne peut envoyer un second télégramme avant un laps de temps de trois heures sauf le cas où la ligne serait libre et n’aurait pas été requise pour un autre usage.
- 6° Les télégrammes doivent être écrits en caractères romains, en chiffres arabes. Ils sont traduits en anglais et vice versa dans la langue du pays pour les indigènes.
- 70 Le texte du télégramme doit être précédé de l’adresse et suivi de la signature. L’expéditeur peut être requis de produire la preuve de son identité.
- 8. L’adresse doit contenir tous les renseignements nécessaires pour assurer la remise du télégramme au destinataire.
- 9. Toute rature, correction ou substitution de mots doit être approuvée par l’expéditeur.
- 10. Les télégrammes expédiés d’une localité non desservie par le télégraphe doivent être consignés au bureau de poste avec le montant de la taxe en numéraire ou en timbres; ils peuvent aussi être adressés sous pli recommandé au bureau télégraphique le plus rapproché avec un nombre de timbres suffisants pour le paiement de la taxe.
- Le bureau télégraphique envoie alors par la poste à l’expéditeur un reçu pour la somme.
- Quand les télégrammes expédiés par la poste à un bu-reçu télégraphique sont insuffisamment affranchis, le complément est perçu sur le.destinataire.
- 11. Les télégrammes peuvent être adressés à des localités non desservies par le télégraphe.
- t2. Les télégrammes doivent être affranchis d’avance en numéraire ou en timbres. Ils peuvent être transmis, toutefois, en « port dû », à partir des ports de mer, lorsqu’ils doivent être réexpédiés par paquebot postal ou par d’autres vaisseaux.
- Les télégrammes en « port dû » ne sont remis aux destinataires que contre payement de la taxe.
- i3. Les télégrammes consignés dans les bureaux télé-
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- graphiques du Gouvernement doivent être affranchis en timbres-télégrammes.
- La forme de ces timbres constitue une garantie tant pour l’expéditeur que pour l’Administration. Ils sont à double effigie; la moitié supérieure est appliquée sur le reçu pour assurer l’expéditeur qu’on n’a pas soustrait son télégramme dans le but de s’approprier le timbre, et l’autre moitié est appliquée sur le télégramme, de sorte que l’Administration puisse constater que la taxe du télégramme est payée.
- Les timbres doivent être appliqués à l’endroit réservé à cet effet sur la formule télégraphique.
- L’emploi de timbres-télégrammes mutilés ou défraîchis est interdit.
- Dans les bureaux de poste ou fusionnés (poste et télégraphe) les télégrammes peuvent être affranchis en tim-brés-poste.
- ’ Des formules pour télégrammes sont mises gratuitement, dans tous les bureaux, à la disposition du public, qui est instamment prié de ne se servir que de ces formules.
- 14. Les télégrammes officiels, expédiés par les fonctionnaires publics, doivent être affranchis en numéraire ou en timbres. Les taxes sont les mêmes que pour les télégrammes privés.
- Toutefois, en cas d’urgence absolue, les télégrammes officiels non affranchis seraient acceptés et transmis à condition que le fonctionnaire expéditeur présente les garanties nécessaires pour le paiement de la taxe qui doit être versée au bureau télégraphique dans un délai de 24 heures.
- 15. Les télégrammes officiels qui ne portent pas la mention urgent sont traités comme télégrammes différés. Suivant qu’ils sont compris dans la categorie des télé-
- grammes urgents ou des télégrammes différés, ils sont transmis avec ceux-ci dans l’ordre de leur réception.
- 16. Les bureaux ne doivent, en aucun cas, transmettre des télégrammes non-affranchis, à l’exception toutefois de ceux qui sont spécifiés dans les Règlements de l’Administration.
- Toute violation de cette disposition entraînerait le renvoi du service de celui qui s’en serait rendu coupable.
- 17. Les chefs de bureaux sont autorisés à refuser la transmission des télégrammes qui seraient contraires aux bonnes mœurs ou à l’ordre public. Quand le caractère d’un télégramme est douteux, la question est soumise à l’examen d’un Secrétaire du Gouvernement, si le télégramme a été consigné au bureau de la résidence du Gouvernement, ou à un chef civil ou militaire, s’il a été remis à une station de la province.
- Taxation
- 17. L’adresse des télégrammes n’est pas taxée. Elle doit contenir le nom des stations de départ et de destination, les noms ou destinations de l’expéditeur et du destinataire, ainsi que l’adresse de ce dernier.
- Tous les autres mots doivent être compris dans le texte taxé et les employés des bureaux télégraphiques sont autorisés à retrancher de l’adresse tous les mots qui ne leur paraîtraient pas indispensables à la compréhension du télégramme par le destinataire.
- Si l’expéditeur d’un télégramme demande la transmission de sa propre adresse, il doit l’insérer dans le texte soumis à la taxe.
- 19. Les taxes applicables aux télégrammes échangés entre deux stations indiennes sont fixées ainsi qu’il suit :
- TÉLÉGRAMMES
- LOCAUX (*) DIFFÉRÉS (2) ORDINAIRES (3) URGENTS (*)
- Roupies 5 Annas Roupies Annas Roupies Annas Roupies Annas
- Pour un minimum de 8 mots ou groupes de 3 chiffres Augmentation par : a) chaque série ou fract. de série additionnelle — 4 — 8 J 2 —
- de 8 mots ou groupes de 3 chiffres b) par chaque mot ou groupe de 3 chiffres 4 —
- en sus i 2 4
- 1) Télégrammes échangés dans une même localité, dans un rayon de 6 milles à partir d un bureau central.
- 2) Télégrammes déposés pendant les heures d’ouverture d’un bureau pour être remis au destinataire le lendemain matin.
- 3) Télégrammes déposés pendant les heures d’ouverture d’un bureau pour être transmis dans l’ordre de leur dépôt et être remis à destination dans la tournée ordinaire des facteurs.
- 4) Télégrammes déposés pendant les heures d’ouverture d’un bureau pour être transmis immédiatement et par priorité sur les télégrammes ordinaires.
- 5) 1 roupie à 16 annas= 2 fr. 37,f)7; 1 anna = o fr. 14,848*
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- 624 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les télégrammes à destination ou en provenance des stations de chemins de fer ne sont soumis de ce chef à aucune taxe additionnelle.
- Pour les télégrammes de la presse, les taxes sont fixées comme il suit :
- Tour un minimum Augmentation par série ou fraction do série
- tlo .‘12 mots. additionnelle de -1 mots
- R. A. R. A.
- Télégrammes urgents ... 2. — o. 4
- » ordinaires . 1. — 0. 2
- » différés*.... 0 00 O. 1
- Par décision ministérielle en date du 20 janvier, ont été adoptées les dispositions suivantes relatives à la délivrance et à l’usage des cartes d’abonnement aux cabines téléphoniques publiques.
- Délivrance d'une carte à remployé d'un abonné
- Art. 8. — La carte de communication peut, sur la demande de l’abonné, être établie au nom d’un de scs employés, au lieu de porter le nom de l’abonné lui-même.
- Un abonné peut demander, au nom des agents de sa maison, la délivrance d’un nombre de cartes égal au nombre d’abonnements qu’il a souscrits, moyennant le payement, d’après le tarif, de chaque carte d’abonnement.
- Abonnement souscrit sous une raison sociale
- Art, 9. *— Lorsque l’abonnement est souscrit sous une raison sociale, il peut être délivré une seule carte pouvant être utilisée par plusieurs associés, ou autant de cartes qu’il y a d’associés différents, nominativement désignés dans la raison sociale.
- Dans le premier cas, l’abonnement n’est perçu qu’une seule fois, et la carte peut être utilisée par tout associé qui l’a revêtue de sa signature au moment de sa délivrance.
- Dans le second cas, l’abonnement est'perçu autant'de fois qu’il est délivré de cartes, et chaque associé appose seul sa signature sur sa carte individuelle.
- L’Administration des Télégraphes, en Allemagne, va prochainement faire installer une ligne téléphonique entre Berlin et Cologne.
- Ainsi que nous l’avons déjà annoncé l’inauguration des communications téléphoniques interurbaines sur le réseau télégraphique autrichien a eu lieu le 5 de ce mois, entre les villes de Vienne et de Brunn, distantes de 155 kilomètres.
- Le baron Pino, ministre du commerce, avait convié à >
- cette solennité) outre quelques hautes notabilités, les membres de la Société d’agriculture qui sont réunis en ce moment à Vienne et qui ont pu parler l’un après l’autre de cette dernière ville à Brunn.
- Le ministre qui attachait une très grande importance à la réussite de ces essais, a été surtout heureux de constater que le service des dépêches télégraphiques n’avait pas cessé de fonctionner par les mêmes fils qui transmettaient la parole.
- Le ministre n’a pas ménagé les éloges au personnel chargé de l’installation, et particulièrement à M. l’ingénieur en chef Raveis, à M. Traiéc, qui était à Brunn, ainsi qu’à M. Buels, qui a dirigé tous'ïes travaux d’appropriation.
- Le succès de la communication téléphonique de Vienne-Brunn par les fils du télégraphe, succès que proclame toute la presse viennoise, aura pour conséquence l’appropriation de lignes beaucoup plus importantes, comme celle de Vienne à Budapcsth. qui est décidée en principe, depuis quelque temps déjà, par l’administration hongroise.
- De même aussi en Roumanie, où le téléphone n’a pas encore pénétré, M. Bratiano, président du conseil des ministres, se propose d’inaugurer à bref délai le téléphone de ville à ville par l’appropriation de la ligne qui réunit Bucharcst aux ports importants de Braïla et de Galatz et de la ligne qui permettrait à S. M. le Roi de converser de son palais de Bucharcst à son domaine de Sinaïx.
- La Cour Suprême d’Indiana vient d’approuver la loi récemment votée parla Chambre des Députés de cet Etat, limitant l’abonnement au téléphone à i5 francs par mois.
- Nous donnons ci-après quelques chiffres intéressants au sujet du nombre d’abonnés au téléphone en Europe.
- I.'Europe tout entière a 72457 abonnés au téléphone; dans ce chiffre, la France compte pour 7 165, un peu plus que la Suisse, moins que l’Italie !
- L’Amérique du Nord en a 840 000 et ne compte pas s’arrêter là, si on en juge par le passé. En août 1877, *e nombre des téléphones qui étaient en usage aux Etats-Unis s’élevait 3780, en février 1880 à 60800, en i883 à 249 700, en 1884 à D07 010 et aujourd’hui à 325 574, auxquels il-convient d’ajouter 18000 au Canada, soit en nombre rond 340000 comme nous le disions plus haut. Aux Etats-Unis seulement, les-brevets ayant pour objet le téléphone sont au nombre de Ô21, et son usage fournît un emploi à 5 186 personnes.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Electrique, 31, boulevard des Italiens. Paris. — L. Barbier.
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- TABLE DES MATIÈRES
- DU TOME XIX
- Pages-
- A
- Accidents causés par les (ils téléphoniques. 127
- Accumulateurs (Couplage d«). — Ayrton et
- Perry....................................... 371
- Acier pour les aimants. — Barus................. 125
- Affinité chimique et force électromotrice. —
- Wrigh....................................... 32i
- Aimantation des anneaux de fer doux. — Ham-
- merl.............................. 2G
- — des électro-aimants (Loi d’), son ap-
- plication à la théorie des machines dynamos. — Thompson. 114
- Allumage électrique des moteurs à gaz. — Richard..................•.................... io5
- Allumeur électrique Deliège..................... 108
- — Fielding......................... 109
- — Haie............................. 108
- — de Kabath........................ 108
- — Marcus........................... 108
- — Regan............................ 109
- Ammètre. — Woodhouse et Raivson.............. no
- Ampèremètre Lalande.............................. 18
- — Streeter......................... 5i2
- Arago (François). — P. Clemenceau............... 469
- Avertisseur électrique pour l’usage des pharmacies.......................................... 127
- — d’incendie. — Hill............... 177
- — — à Chicago. — B. Mari-
- novitch.............. 481
- B
- Balance dynamométrique.— M. Depre4.......... J7
- — électromagnétique.— M. Depreç.. 17
- — du Moncel.................. 17
- Ballon à signaux.............................. 372
- Ballons dirigeables.— Renard.................. i3o
- Bateau torpilleur sous-marin. — Goubet..... i3i
- Pages
- Bibliographie :
- — Manuel d’électricité industrielle. —
- Kittler....................... 378
- — Traité élémentaire des mesures ab-
- solues, mécaniques, électrostatiques et électromagnétiques avec application à de nombreux
- problèmes. — Serpieri........... 379
- — Annuaire du Bureau des longitudes.
- Gauthier-Villars................ 379
- — Formulaire de l’ingénieur-élcctri-
- cien.— Nippoldt et Uppenborn. 4%J
- Blosle-System électrique. — Overstracten....... 274
- Bobines sans induction. — Aron.................. 231
- Bouton-Tslephone. — B. Marinovitch................... 3
- Brévet Beil en Amérique. — Bourdin.................. 49
- — Lettre à l’Attorney-Général des
- États-Unis. — Bell.............. 278
- Lettre du Ministre de l’Intérieur 326-424
- c
- Câbles sous-marins (Essai des). — Dieudonné... n3 Canon électrique. Synion et Maxim.— Richard. 248
- Carbures de fer................................. 523
- Chemin de fer électrique de Territet............. 38
- Chronique : 35, 80, 128, 180, 234, 274, 326, 373,
- 424, 469, 522 et 569
- Commutateur Houghton et Collet.................. 58
- — Woodhouse et Rawson............... 33o
- Condensation des fumées par l’électricité statique.
- — Dieudonné................... 207
- Conducteurs électriques. — Van-Muyden.... 61
- et courants. — Hughes........ 264-423
- — Calcul de leurs dimensions les plus
- économiques.— Ayrton et Perry. 561
- Conductibilité électrique des électrolytes; Influence de la pression. — Finie... 223
- — d’alliages fusibles. — Weber... 5io
- •— des sels doubles. — Klein....... 5i2
- Convention de St-Petersbourg..................... 40
- p.625 - vue 629/640
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- f.jô
- Pages
- Correspondances spéciales de l’étranger :
- — Allemagne. — H, Michaelis. 31,
- 126, 23o, 262, 369, 420,46401 615
- Amérique. — J. Wetzler............. 616
- — Angleterre. — J. Munro. 34, 79,
- 127, 232, 264, 324,
- 371, 422, 467, 519, 56i et 619
- — Autriche. — J. Kareis............ 178-468
- Courants thermo-électriques. — Moutier............. 97
- — de terre dans les câbles sous-marins.
- — Dieudonné...................... 3o8
- — telluriques sur une montagne..... 467
- D
- Deprez (Marcel) à l’Institut.— Her\......... 484
- Désincrustation électrique des chaudières. —
- B. Marinovitch............. 411
- Direction électrique des ballons. — Renard.,.. i3o
- Distribution électrique...................... 619
- Dynamomètre de Tatham........................ 123
- E
- Éclairage au gaz en Autriche................... 468
- Éclairage électrique en Angleterre............. 32 5
- — à Berlin............................ 33
- •— à Milan. — Colombo.............. 241
- — des bateaux Express. — Géraldy.. 24
- — de la gare centrale de Glascow.—
- Dunn.......................... 3 y
- . — — de Strasbourg. —
- Delpeuch.......................... 80
- -- au chateau de Broomhill............ 422
- — des phares...................... 79-471
- — — Félix Lucas................ 220
- — au théâtre......................... 232
- — des trains. — Richard.............. 337
- Effets lumineux de l’électricité; leur reproduction sans les appareils photographiques ordinaires. — Boudet de Paris............................................ 569
- Électricité en Angleterre..................... 80
- — en Autriche........................ 178
- “ atmosphérique. — Palmieri-Mar-
- cillac........................ 163
- -Pasqua!ini et Roiti...................... 226
- son origine. — Jordan........... 2 3o
- appliquée aux recherches physiologiques.— Vulpian.................. 67
- — (Développement de 1’) à la surface
- des conducteurs. — Bauer......... 126
- — (Qu’est-ce que 1’). — Clemenceau .. 352
- Électriques phénomènes et effets hydrodynami-
- — ques. — Decliarme.................. )5o
- Électro-aimants. — Peulcert.................... 41 5
- Électrolyse appliquée à la production des hypo-
- chlorites. — Gimé................ 164
- — â la fabrication des pièces damas-
- quinées . 421
- Pages
- Électrolyse d’une solution ammoniacale. — Bar-
- toli et Papasogli................ 414
- des sels. — Renard............... 413
- des solutions de cuivre. -— Hartmann .............................. 424
- appliquée à la synthèse de l’acide mcllique et des autres acides benzo-carboniqucs avec des électrodes de charbon. — Bartoli et
- Papasogli.........:......... 55q
- Électromagnétisme. Lois et pratique. — Wal-
- tenhofen...................... 3i2
- Électromagnétique (théorie) de la lumière de
- Maxwell. — Chambcrs........... 324
- Électromégaloscopie. Boisseau du Rocher. —
- Dieudonné..................... 64
- Électrométallurgie. Procédé de Cowles.... 317-462
- Électromoteur Scarlett......................... 58
- Élément étalon de Clark....................... 467
- Équivalent électroçhimique de l’argent. — Kohl-
- rausch ..................... 311
- Essai de lampes à incandescence. — Weston... 56o
- Étalons de lumière blanche. — Harcourt...... 34
- -— électrique. •— Hefner-Alteneck.... 369
- Étalonnage des galvanomètres au moyen d’un
- courant constant, —Mathcr..... 233
- F
- Faits divers :
- Acier moulé.................................. 381
- Accumulateurs en Amérique....................... 45
- Aérostats dirigeables...................... 38i-573
- Association amicale des Postes et Télégraphes. 527
- Aurore boréale............................... 476
- Avertisseurs d’incendie â Londres.............. 383
- — contre les voleurs................. 381
- pour salles d’attente de chemins de
- fer................................. g3
- Bateau électrique........................... 94-142
- Brevets en Angleterre...................... 188-237
- Cables sous-marins (Statistique des)............ 46
- — (Pose des)............................ 47
- — (Protection des)................ 48-181
- — en Italie........................... 144
- Câbles sous-marins entre :
- — l’Amérique et l’Allemagne.......... 144
- — Massouah et Perim............... g5-527
- — - Nantucket et Martha’s-Vineyard....... 191
- San-Francisco et l’Australie......... 335
- le Sénégal et la Guinée ................ gb
- Câbles sous-marins (Interruption des) entre :
- — Trinidad-Demerara............... 191-240
- — Hong-Kong-Macao..................... 191
- Centenaire d’Arago..................... 237-381
- Chambre syndicale des Industries électriques. 93-142
- Charbon pour lampes..................... 14-’
- Chemin de fer électrique à Boston ........... 238
- — à Philadelphie,....................... 94
- — en Savoie.......................... >42
- — à Spencer.......................... 1
- — à la Trinité........ 1... 1.....‘ ‘ * 43
- p.626 - vue 630/640
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITE
- 627 ~ -
- Page»
- Chemins de fer (Statistique des)................ 476
- Conférence de M. Dieudonné à Neuilly............ 5a5
- Eclairage électrique à :
- Albany.............
- en Amérique........
- en Angleterre......
- Anvers.............
- Augsbourg..........
- Berlin.............
- Breslau............
- Bourgancuf.........
- Bristol............
- Bruxelles..........
- Burlington.........
- Chicago............
- Dublin.............
- aux Etats-Unis.....
- Fall-River.........
- Francfort-sur-le-Mein
- Glasgow............
- Galesburgh.........
- Hanley.............
- Hcrnesand..........
- Kinderdijk.........
- La Roche-sur-Foron.
- Leeds..............
- Léon...............
- Londres............
- Lubeck ............
- Lynchburg..........
- Milan..............
- Moscou.............
- New-York........
- Oakworth...........
- Pittsburg..........
- Rome...............
- Sacramento.........
- Salons.............
- Salzbourg..........
- Saint-Pétersbourg ...
- Saint-Tropez.......
- Savannah...........
- Savoie.............
- Singapore..........
- Suède..............
- San-Francisco......
- Taunton............
- Tours..............
- Utica..............
- Yalparaiso.........
- Villesscneux.......
- Youngstown.........
- ......... 52<i
- .......... 335
- .... 334-526
- .......... 187
- .......... 478
- .......... 189
- .......... 429
- .......... 189
- .......... 4<>
- .......... 189
- .......... 100
- .... i43-238
- 95
- 95-i43-383-5;5
- ........... 95
- .......... 477
- .......... 238
- ............ 46
- ........... 238
- ........... 335
- ............ 40
- ............ 45
- ............ H?
- ......... 575
- 190-238-478
- ........... 477
- .........
- ........... 477
- ............ 95
- 143-526-575
- ........... 189
- ........... 190
- •.......... 94
- ........... 287
- ........... 382
- ........... 478
- ...... 382
- ........... 428
- ........... 143
- ........... 575
- ........... 190
- ............ 95
- ........... H'5
- ........... 282
- ........... 188
- 575
- 189
- 1
- Eclairage électrique de l’aciérie Cohvilic, en
- Écosse.............................. 190
- des ateliers d’artillerie de Saint-Tho-
- mas-d’Aquin..................... 143-574
- du Bon Marché.......................... 575
- à bord des navires de guerre en Angleterre............................... 190-382
- à bord des navires de guerre en Tu.-
- quic................................ 526
- à bord du vaisseau le Courbet............ 477
- » "
- Eclairage électrique à bord du vaisseau la Gascogne, 238
- — du Café de Paris....................... 334
- du château de M. Tatt, à Strcatham .. 238
- de la Chambre des représentants
- belges................................ 46
- des chemins de fer de l’Est............... 94
- — américains........ 238
- du Cirque de la rue Saint-Honoré.... 46
- des distilleries en Algérie.............. 189
- des églises à Barcelone.................. 46
- — Londres......................... 199
- — de l’Exposition de Chicago............. 46
- — — d’Éd imbourg.......... 478
- — — des Indes et des Colonies, à Londres............................. 238
- — de la fabrique de poudre de Darms-
- tadt................................. 477
- — de la filature Lefebvre, à Pont-Authon. 477
- — de la Galerie d’art de Manchester..... 46
- — de la gare de Courtrai................. 429
- — — du chemin de fer de Broo-
- klyn ....................... 46
- — — d’Edimbourg.................... 238
- — — de l’Est....".................. 334
- — de Glascow..................... 238
- — — de l’Ouest..................... 5y5
- — — de Paddington................... g5
- — delà Grand’Place de Bruxelles........... 94
- — de l’hôtel du Ministère de la Guerre, à
- Munich...................... 94
- — — Rotschild, rue Saint-Florentin...................................... 334
- — du laboratoire de la tour Saint-Jacques. 477
- — du « Lcipziger Strasse », à Berlin.. 46
- — des mines de Calanos.................... 334
- — — Meurchin...............* ïj.28
- — de la minoterie Davidson................. g5
- — du palais du Reischtag allemand ....♦ 46
- — — roi de Corée................. 2 3g
- du Palais d’Hiver à Saint-Pétersbourg 526
- des phares de Calais, Dunkerque et
- Gris-Nez............................... 46
- de la Piscine de la rue Rochcchouart. 143
- de la Raffinerie Parisienne.............. 94
- du Théâtre de la cour à Schwcrin.... 429
- des Voitures-Restaurants de la Compagnie des Wagons-Lits................. 574
- (Société d’) American Electric Illumi-
- nating C°............................. 383
- — Edison Electric C°..... 527
- — Jablochkoft................ 526
- — - (Stations centrales d’) à Berlin....... 477
- — à Brigthon..... 190
- à Brooklyn... 526
- à Dijon.......... 189
- à Hanovre.... 429
- — — à Rockford.... 383
- — — à Saint-Etienne 189
- — — à Tivoli...... 286
- — Usine à Breslau....................... 429
- — — à Tours......................... 188
- — — à Thomson-Houston............... 287
- p.627 - vue 631/640
-
-
-
- 628
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Effet des courants électriques sur les plantes..
- Electricité en Belgique.......... 334-382 et
- . — atmosphérique en Australie..............
- américaine à Londres... d’électricité de Paris en
- 882
- de la Nouvelle-Orléans.......
- de Nouveautés à Philadelphie, au Palais de l’Industrie. ...*..
- Isolateur Deblieux................................
- Laboratoire central d’électricité.................
- — de physique à la Tour Saint-Jacques..........................................
- Mort de F. Evans.............................
- Musée électrique de Berlin...................
- Neige et fils téléphoniques à Anvers.........
- Perturbations magnétiques aux îles du Cap-
- Vert .....................................
- Postes et Télégraphes........................
- Prix du Roi des Belges.......................
- — Volta..................................
- Procès Bell................................. j88-525
- — Field-Benett............................... 94
- Régulateur automatique de l’émission du gaz.. 673
- Siemens (William)............................... 286
- Société belge d’électriciens................. 9 3
- — desAnciens Elèves des Ecoles natio-
- nales d*Arts-et-Métiers.............. 525
- Station centrale de distribution de force à Boston ........................................... 52G
- Télégraphe Baudot............................ 2 3q
- Télégraphe indien.............................. 622
- Télégraphie à :
- — Aberdeen.................................. 528
- — en Afrique............................. 430
- 47 624
- — à Albany.........................
- — en Allemagne........... 239-527
- — à Andrinople.................
- et
- 239-033 479
- — en Anglerre........... 239-47801
- — en Australie......................... 287
- — en Autriche.......................... 527
- en Belgique.......................... 527
- «— à Belgrade..........................
- — en Birmanie.............. 47-96 et
- — à Bogota............................. 240
- — Brooklyn............................. 288
- — Canada.................... 95-28701 432
- — Chicago........................... 48-676
- •— Chine................... 47-191 et 479
- — Corée................................ 432
- Edimbourg........................... 1.91
- — Etats-Unis............. 96-191 et 240
- 95
- 239
- Pages J 573 Télégraphie à : Pages
- 428 — Europe 190
- 476 — Guinée 96
- 188 — Harrisburg 240
- 2 37 — Hongrie 527
- 238 — Icnchuan 47
- 626 — Tndcs 239-335 et 528
- [-iSS — Italie 429
- 2 38 — Koshah ï44
- 525 — Lang-Son 527
- 94 — Livcrpooll 191-239 et 335
- 93 — Madagascar * 478
- 476 — Merv 95
- 5-574 — Mcshcr 144
- 237 — New-York 240-287 et 288
- 237 — Nîmes 527
- 2 38 — Pcndjch 95
- 38i — Philadelphie
- — Portugal 575
- 381 — Paris 429
- 143 — de Paris à New-York 622
- 428 — Queensland 335
- 142 — Roumélie .- 23q
- 188 — à Séoul 47
- 188 — au Sénégal 9G
- 142 ' — au Soudan 191
- — en Suisse 480
- 525 — à Téhéran 287
- 622 — à Victoria 240
- 267 — à l’usine Krupp 576
- 45 — militaire en Russie 335
- Télégraphique. Communication entre deux
- trains en marche............. 479
- — Ligne entre Bakel et Matam. 383
- — — entre Mexico-Mazatlan...... 240
- — -— (Système Duplex)- entre Mexico
- et Vera-Cruz............ 191-628
- — — (Système Duplex). Queretaro et
- San Luis Potosi...... 191-628
- — Société « Werstern Union Tclegra-
- — ph C°» .................. 48
- . — — « International Câble C°».... 239
- — Tarif en Angleterre.. *44
- — aux États-Unis..................... *44
- — — entre l’Angleterre et l’Amérique. 47
- — Perfectionnements, par Delfieu......... 627
- — Fils (Vibration des)..................... 335
- — Recettes en Angleterre.................. *9*
- — de la « Direct Câble C° »...... 239
- Téléphone Bell................................ '92
- Téléphonie en Allemagne.................... 96-287
- — Autriche........................... 528-624
- — Barcelone............................... 47
- — Batts.. T44
- — Belgique.................. iqi-336 et 460
- — . Berlin............................ 287-528
- . —- Bohème............................... 2^8
- — Boston................................. 47
- — Brooklyn.............................. 2®#
- — au Canada............................. *92
- — Cardiff................................ 336
- — Chicago................................. 9G
- p.628 - vue 632/640
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL ^ÉLECTRICITÉ
- 629
- Pages
- Téléphonie en Espagne......................... 143
- États-Unis..................... 96-288-624
- Europe.......................... 48-624
- France............................... 335
- . — Illinois............................... 336
- Indiana............................... 192
- .. Italie..-........................... 191
- . .. Kansas City................... 192-480
- Keighley............................ 192
- Lisbonne .... 1..................... 480
- . , . Londres............................. 336
- — Luxembourg........................... 480
- Madrid............................. 47-191
- Malincs............................. 384
- Mexico................................ 192
- — New-Jersey.......................... 336
- New-York.......................... 288-528
- — Nouvelle-Zélande..................... 192
- — Ohio................................. 528
- — O porto.............................. 480
- — Ottawa................................ 48
- — Paris............................ 429-624
- ‘ LL‘ Portsmouth........................... 144
- Preston .......;....................... 47
- "— Providence............................. 96
- ’ — Stirling............................. 480
- Stockholm............................. 480
- — Suisse........................... 288-480
- — Termonde............................. q3o
- Washington............................ 480
- — Wiesbaden......................... 48-528
- — Worcester............................. 48
- au château de Sandringham du Prince de Galles............................. 144
- Téléphonie. Ligne entre :
- — Bâle-Zurich........................... 48
- — Boston-Worccster...................... 48
- ' —. Château royal de Lacken et l'Opéra de
- Bruxelles............................ 96
- Gleichcmberg et Gablonz............... 288
- Lucerne-Zurich........................ 288
- * \il * Paris-Bruxelles.................... 429
- **-_ Paw-Paw-Lawton....................... 144
- Roucn-Elbeu f-Louviers................ 335
- — Trcmont-Columbus...................... 48
- Téléphonique. Procès Bell................. 240-480
- *— —- à Douai................... 144
- Torpilles dans la marine française............ 573
- — Sims en Amérique..................... 476
- Tramways électriques de Berlin................ 142
- — Bruxelles............................... 187
- Forcé électromotrice déléments à l'étain. —
- Herroun........................... 2 32
- — et force contrc-élcctro-motrice.— Car-
- hart.,.............................. 460
- Foudre.(Coup de), à Ribnitz.— Samuel.............. 2i5
- Fusion par l’électricité. — Tanner................ 35o
- Galvanomètre. — Ayrton et Perry.
- Galvanomètre périodique Dcprcz * d'Arsonval.
- — Ledebocr...................
- Dcprcz........................
- Le Gocrant de Tromelin........
- (Étude sur les). — Ad. Minet...
- pour la mesure des faiblcscourants.
- — Kohlrausch...............
- de Lippmann (Modification du)...
- Galvonoplastie appliquée à la dorure et à l’ar-
- . gentage — Z inin...........
- — Gorc................................
- Galvanotropisme. Rischawi....................
- Gouvernails électriques. — G. Richard........
- Guerout (Auguste)-.... ......................
- Gutta-Percha. Sa production). —Burck.........
- • Dernière prétendue découverte de M. Kdisson.......................
- Pages
- 507
- T7 18 ] 1 o
- 459
- 617
- 169 325 33 60 r
- 433
- 180
- 619
- 1
- Indicateur â suie— Siemens.'................. 178
- * — du grisou Carlcton................. 423
- Induction dans un circuit téléphonique. — Gimé. 5o5 Intégraphes Abdank, Napoli et Mestre. Rapport
- de l'Académie................ 70
- Intercommunication électrique des trains dans les chemins de fer français — ..............Clemenceau..................... 529
- L
- Lampe électrique pour mineurs.................. 372
- Lampes à incandescence. Bourdin................ 252
- — Siemens.............................. 420
- Lettre de M. G. Badin sur l’extraction des mattes
- de cil ivre..................... 92
- M. Bourdin sur son article des Brevets Bell en Amérique.............. 187
- M. Dubois sur l’article de M. Mor-
- dey............................. 38o
- M. Hubert sur les tramways électriques d’Anvers................... 428
- M. Richard en réponse â la précédente.............................. 42&
- .— M. Rechniewski sur les dynamos... 187
- M. Tatham en réponse à MM. Woo-
- dhousc et Rawson ............... 332
- Loi d’Ampèrc. — Duhem......... ................ 221
- de Faraday.-— Moutier............. 145
- - . de Verdet. — Cornu et Potier..453
- M
- Machine à Ozone. — H. D. Hall.............. 616
- Machines à vapeur rapides. — Richard....... 53q
- — à simple effet. — Parker...... 544
- •._ — Willans......... 539
- à double effet. — Baxter..... $46
- p.629 - vue 633/640
-
-
-
- 63o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Machines à. vapeur Bail.................... 347
- — — I.ecouteux et Gar-
- nier 546
- — — Porter 546
- — — Taylor Manufactu- ring et C° 247
- Machine dynamo. Andrews 406
- — Forbes 56
- — Groves
- — Helios C° 56
- . — Houghton et Collet 58
- .Jones 57
- . . Mather... 402
- — Mather et Hopkinson 403
- , Nottbeeck. 57
- -, Ockham 40 3
- Sellon 56
- . . Sayers et.Hookham 408
- Sprague • 407
- — Turettini 24
- — Whitney 56
- Machines dynamos (Études sur les). — Rech-
- niewski— 1 2-99
- — — Mordey. 171
- — — Walker. 25 I
- ' . — Trælich 3ig
- — Kapp 493-534 et 58q
- Détails de coustruction. — Richard 52 Essais comparatifs à l’Institut Fran- -402
- klin 355
- Historique 617
- — Essais du Franklin Institut 61()
- Machine rhéosthatique de quantité.—G. Planté Magnétisme (Influence du) sur la polarisation 148
- . dans les diélectriques. — Van Au-bel 72
- . •; — . terrestre. — (Relation entre le) et les
- phénomènes-observés sur le soleil.
- — Wild 5o8
- Magnétique perturbation. — Mascart............ 166
- Magnétiques propriétés du cristal de roche. —
- Tumlirp....................... 1(37
- — (Valeur des éléments) à l'Observatoire du parc St-Maur. '— Mou-rcaux.................................. 11 3
- Mellogène. Composition et propriétés. — A. Bar-
- toli et G. Papasogli......... t>io
- Mesure du poids des corps par l’électricité. —
- Decharme...................... 15
- Mesures absolues (Méthode de).— A. Gray. ig3,
- 2(j5-385 et 583
- Moteur électrique Daft à Baltimore............... . 3ag
- Moteurs à gaz................... 420
- Mouvement spontané des liquides dans les tubes capillaires. — Decharme. 28g,
- 341, 3g 5 et 449
- N
- Nécrologie. — J. Jamin...................... 375
- — Aug. Guerout....................... 433
- P
- Paratonnerres (Essai des). — Weinltold..... 41G
- Photomètre à compensation. — H. Kruss...... 118
- Photomicrographie au Laboratoire municipal. —
- Bourdin....................... 217
- Pile primaire de Ross........................ 34
- — Liardet........................... 128
- Polarisation galvanique. Détermination du maximum. — A. Fœppl............ 614
- Q
- Quantité d’électricité (l’expression). — Tommasi 77
- R
- Réception au toucher dans l’appareil télégraphique Morse.— Léonard................................. 35
- Réglage électrique des horloges. — Aron............. 462
- Régulateur électrique Porte-Manville. — Cadiot. 161
- — Solenoïdal William........................ 3iq
- Résistance du bismuth (variations de).— Leduc. 412 — du transport dans les phénomènes
- électrolytiques. — Gore............. 516
- Révision de Berlin.........................87-136 et 184
- Revue des travaux récents en électricité. —
- B. Marinovitch 24-67-113-166-21 y-
- 255-3i 1-355-412-453-507 et Cog
- S
- Séance publique de l’Académie des Sciences.... 24
- — delà société électrotechnique de Ber-
- lin................. 31-262 et 464
- Self-induction. Détermination du coefficient. —
- Ledeboer...............,....... 6oq
- Sensophone...................................... 419
- Spectre électrique des terres rares du groupe
- terbique Lecoq de Bois-Baudran.. 219
- — de l’aigrette électrique. — Hoppe.... 32
- Sténotélégraphie Cassagnes-----Meylan........... 435
- Support pour lampes à incandescence Pieper..... 331
- T
- Télégraphe de Denison...................... 417
- — et téléphone à courants d’induction,
- — Brown........................ 176
- Télégraphié optique au moyen des ballons... 128
- Télégraphique. — Station flottante. — Moodley. 222
- — Communication entre les trains en
- marche.— Clemenceau...... i5g-52 3
- — Appareils polarisés. — Gulstad. 174
- Téléphone Ballard............................ 214
- — Burnley......................... 210
- p.630 - vue 634/640
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 63 i
- TélcjJÏ.one Farmer........................... ai3
- Johnson.......................... 211
- Price............................ 212
- Thompson....................... 519
- — (Théorie du). — Geraldy........ 24(3
- appliqué à la recherche des dérangements télégraphiques.— Gérard. 408
- appliqué à la détermination de l’inclinaison magnétique............. (3i 5
- Téléphonie à grande distance. — Marinovitch.... 3q8
- Téléphonique (Système). — Dolbear............. 255
- — Communication. — Naglo........ ’ij'î
- — (Appareils récents). — Richard... 210
- Tension superficielle dans les phénomènes physiologiques. :— Leblanc.......... 441-497
- Traction électrique des wagons par les accumulateurs. — Epstein............................... 32
- Tramway électrique de Blackpool............. 234
- — à l’Exposition d’Anvers. — Richard 3o3
- Tramway électrique. Projet. — Berlier.............. 55o
- Transmission rapide par les fils de cuivre et de
- fer. — Bracchi....................... 3o
- de la force par l’électricité. — Man-
- ceron................................ 71
- de la force par l’électricité, appliquée à l’artillerie. — Favé........ iG(î
- de la force par l’électricité à la fonderie de Ruelle. — Jurien de la
- Gravière........................... 4-56
- — en Amérique................................ 522
- Trieuse électromagnétique. — Hilder et Scott.... 3i8
- U
- I
- Unités électromagnétiques absolues et pratiques. — E. Dieudonné..................... 577
- p.631 - vue 635/640
-
-
-
- p.632 - vue 636/640
-
-
-
- TABLE DES NOMS D’AUTEURS
- Pages
- A
- Abdank et Napoli. — Intégraphe. — Rapport de
- l’Académie.......................... 70
- Andrews.— Machine dynamo....................... 406
- Aron. — Bobines sans induction................. 231
- — Réglage électrique des horloges.... 465
- Aubel (Van). — Influence du magnétisme sur la
- polarisation dans les diélectriques. 72
- Ayrton et Perry.— Couplage des accumulateurs. 371
- — Galvanomètre.......................... 18
- — Calcul des dimensions économiques
- des conducteurs d’énergie.......... 56i
- B
- Badi-a (Gerardo). — Lettre sur le procédé Mar-
- chese............................ 92
- Bail. — Machine à double effet................. 547
- Ballard.—Téléphone............................... 214
- Bartoli et Papasogli. — Elcctrolyse d’une solution ammoniacale......................... 414
- — Synthèse de l’acide mclllique par
- l’élcctrolysc.............. 554
- — Composition et propriétés du mello-
- gène........................... 610
- Barus. — Acier pour les aimants.................. 125
- Bauer. — Développement de l’électricité à la surface des conducteurs............................. 126
- Baxter. — Machine à double effet................. 546
- Bell. — Lettre à l’Attorney Général des États-Unis. 278
- Berlier. — Tramway électrique.................... 55o
- Boisseau du Rocher.— Élcctromégaloscopic.... 64
- Boudet de Paris.— Reproduction photographique des effets lumineux de l’électricité, sans l'intervention des appareils
- photographiques ordinaires.... 569
- Bourdin. — Brevet Bell en Amérique.......... 49-187
- — Lampes à incandescence....... 252
- — Photomicrographie au Laboratoire
- Municipal....................... 217
- Pages
- Bracchi. — Transmission rapide par les fils de
- cuivre et de fer................ 3o
- Brown. — Télégraphe et téléphone à courants
- d’induction.................... 176
- Burck. — Production de la Gutta-Pcrcha......... 180
- Burnley.—Téléphone............................. 210
- c
- Cadiot. — Régulateur électrique Pcrrtc-Manville.., 161
- Garhart. — Force électro-motrice et force contre-
- électromotrice ................... 460
- Carleton. — Indicateur de grisou................... 423
- Cassagnes. — Sténotélégraphie...................... 435
- Chambers. — Théorie électro magnétique dè la
- lumière de Maxwell........... 324
- Clemenceau. — François Arago....................... 469
- — Qu’est-ce que l’électricité ?. 352
- •— Communication télégraphique entre
- les trains en marche........ i5g-52 3
- — Intercommunication électrique des
- trains dans les chemins de fer
- français.......................... 529
- Colombo. — Éclairage électrique à Milan............ 241
- Cornu et Potier. — Loi de Verdct................... 453
- Cowles. — Procédé électrométallurgiquc....... 317-462
- D
- Decliarme. — Phénomènes électriques et effets
- hydrodynamiques]................. i5o
- — Mesure du poids des corps par
- l’électricité................... i5
- — Mouvement spontané des liquides
- dans les tubes capillaires. 289-
- 341-395-449
- Deliège. — Allumeur électrique..................... 108
- Delpeuch. — Éclairage électrique de la gare de
- Strasbourg......................... 80
- Denison — Télégraphe............................... 417
- Deprez. — Balance dynamométrique.................... 17
- p.633 - vue 637/640
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- '"'634
- Pages
- Deprez. — Balance électromagnétique................. 17
- — Galvanomètre..................... 17
- Deprez-d’Arsonval. — Galvanomètre.................. 507
- Dieudonné. — Essai des câbles sous-marins........ 113
- — Condensation des fumées par l’électricité statique......................... 207
- — Courants de terre dans les câbles
- sous-marins................... ; 3o8
- - Électromégaloscopie................. 64
- — Unités électromagnétiques absolues
- et pratiques..................... 677
- Dolbear. — Système téléphonique.................... 255
- Dubois. —Lettre sur l’article de M. Mordey....... 38o
- Duhem. — Loi d’ampère.............................. 221
- Dunn.— Eclairage électriqucdela gare de Glascow. 37
- E
- Epstein.—Traction électrique des wagons par les .
- accumulateurs.............. 32
- F
- Farmer. — Téléphone.... •......................... 213
- Favé.— Transmission électrique de la force appliquée à l’artilh rie................................. 166
- Fielding. — Allumeur électrique......... ......... 109
- Fink. — Influence de la pression sur la conductibilité des électrolytes............................. 223
- Fœppl. — .Nouveau ;dispositif pour la détermination du maximum de la polarisation galvanique..................................... 614
- F orbes. — Machine dynamo ........................... 56
- Frœlich. — Les machines dynamos.................. 3ig
- G
- Geraldy. .— Éclairage électrique des Bateaux-
- Express ....................... 24
- Théorie du téléphone............. 246
- Gérard. — Téléphonie appliquée à la recherche
- des dérangements télégraphiques. 408 Gimé. — Application de l’électrolyse à la produc-
- tion des hypochlorites.....’...... 164
- — Induction dans un circuit téléphonique....................................... 5o5
- Le Goarant de Tromelin. — Galvanomètre............ 18
- Gore. — Résistance du transport dans les phénomènes électrolytiques............................... 5i6
- — Galvanoplastie........................... 325
- Goubët. — Bateau torpilleur sous-marin.............. i3i
- Gray. — Méthode de mesures absolues 193-295-385-583
- Grovëz. — Dynamo..................................... 57
- . Gulstad. — Appareils télégraphiques polarisés.... 174
- H
- Haie. •—Allumeur .......................... 108
- Hammerl. Aimantation des anneaux de 1er
- •......doux......................... 26
- Pages
- Harcourt. — Étalons de lumière blanche............ 34
- Hartmann. — Électrolyse des solutions de cuivre. 424 Hefner-Alteneck. —• Étalon de lumière électrique ............................................. 369
- Herroun. — Force électromotrice d’éléments à
- l’étain......................... 2 32
- Herz. — Marcel Deprez à l’Institut................. 434
- Hilder et Scott. — Trieuse électromagnétique.... 3i8
- Hill. — Avertisseurs d’incendie..................... 177
- Hoppe. — Spectre de l’aigrette électrique............ 32
- Houghton et Collet. — Commutateur.................... 58
- Hubert. — Lettre sur les tramways électriques
- d’Anvers.......................... 428
- Hughes.— Conducteurs électriques et courants. 264-423
- J
- Johnson. — Téléphone.......................... 211
- Jones. — Dynamo................................. 57
- Jordan. — Origine de l’Électricité atmosphérique. 23o Jurien de la Gravière. — Transmission électrique de la force à la fonderie de Ruelle......................................... 456
- K
- Kabath (de). — Allumeur électrique................... 108
- Kapp. — Machines dynamos..................... 493-534-589
- Kareis. — Chronique de l’Étranger, Autriche.. 178-468
- Kittler. —Manuel d’électricité industrielle.......... 378
- Klein. — Conductibilité électrique des sels doubles. 512 Kohlrausch. — Équivalent électrochimique de
- l’argent........................ 311
- — Galvanomètre pour mesurer les faibles courants............................... 459
- Krüss. — Photomètre à compensation................... 118
- L
- Lalande. — Ampèremètre................. 18
- Leblanc. — Tension superficielle dans les phénomènes physiologiques.......................... 441-497
- Lecoq de Bois-Baudran. — Spectre élcétriquc des terres rares du groupe terbi-
- que.............................. 219
- Lecouteux et Garnier. — Machine à double
- effet..................... .... 546
- Ledeboer. — Galvanomètre apériodique Deprez.
- d’Arsonval....................... boy
- — Détermination du coefficient de self-
- induction...................... 609
- Leduc. —- Variation de résistance du bismuth.... 412
- Léonard. — Réception au toucher dans l’appareil
- télégraphique Morse.... 35
- Liardet. — Pile primaire.......................... 128
- Lucas. —- Éclairage électrique des phares.. 220
- p.634 - vue 638/640
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ 635-
- Pages
- M
- Manceron.— Transmission électrique de la force. 71 Marcillac. — Electricité atmosphérique. Palmicri. i63
- Marcus. — Allumeur électrique.................... 108
- Marinôvitch.— Eé Bouton-Téléphone................ 3
- — Avertisseurs d’incendie à Chicago.. 481
- — Désincrustation dés chaudières par
- l’électricité............... 411
- — Téléphonie à grande distance...... 348
- — Revue aes travaux récents en
- électricité 24-67-113-166-219-255-
- 3ii-355-4I2-453 et 507
- Mascart: — Perturbations magnétiques............... 166
- Mather. — Etalonnage des galvanomètres au
- moyen d’un courant constant.... 233
- — Dynamo............................ 402
- — et Hopkinson-dynamo........... 403
- Meylan. — Sténotélégraphie Cassagnes............... 435
- Michaëlis. — Chronique de l’étranger. — Allemagne, 31-126-230-262-369-420-464 et 617
- Minet. — Etude sur les galvanomètres............... 110
- Moncel (du). Balance électro-magnétique............. 17
- Moodley. —Station télégraphique flottante........ 232
- Mordey. — Machines dynamos......................... 171
- Moureaux. — Valeur des éléments magnétiques à l’observatoire du Parc de Saint-
- Maur............................ 113
- Moutier. — Courants thermo-électriques.............. 97
- — Loi de Faraday.................... 145
- Munro. — Chronique de l’étranger. — Angleterre.
- 34-79-127-232-264-324-371-422-
- 467-519-561 et 619
- Muyden (Van). — Conducteurs électriques.......... 61
- N
- Naglo. — Communication téléphonique..... 073
- Nippoldt et Uppenborn.— Formulaire de l’ingénieur électricien....................... 445
- Nottbeck. — Dynamo....................... 5y
- O
- Ockham. — Dynamo........................ 4«3
- Overstraeten.— Block système électrique. 274
- P
- Palmieri. — Electricité atmosphérique.............. i63
- Parker. — Machine à simple effet................... 544
- Pasqualoni et Hoiti. — Electricité atmosphérique.............................................. 226
- Peukert. — Electro-aimants....................... -t-15
- Pieper. — Support pour lampes à incandescence.. 331 Planté. Machine rhéostatique de quantité......... 148
- Pages
- Porte-Manville. — Régulateur électrique.. 161
- Porter. — Machine à double effet......... 546
- Price. —Téléphone........................ 212
- R
- Rechniewski. — Machine dynamo..................... 1 2-99
- — Lettre sur l’article précédent........ 187
- Regau. — Allumeur électrique...................... 109
- Renard; ^—'Ëlcctrolyse des sels................... 41 3
- — Direction électrique des ballons.... 1 3o
- Richard; — Allumage électrique des moteurs à
- .........gaz................................ io5
- — Eclairage électrique des trains.... 337
- Canon électrique Symon et Maxim. 248
- — Lettre en réponse à M. Hubert...... 428
- — Détails de construction des machines
- dydamo.......................... 52-402
- — Tramways électriques à l’Exposition
- d’Anvers........................... 3o3
- Appareils téléphoniques récents.... 210
- Machines à vapeur rapides............ 53g
- — Gouvernails électriques............... 601
- Rischawi. — Galvanotropisme.... ..................... 33
- S
- Samuel. — Coup de foudre à Ribnitz..... 215
- Sayers et Hookham. — Dynamo............ 408
- Sellon. — Dynamo....................... 408
- Serpieri. — Traité élémentaire des mesures absolues, mécaniques,, électrostatiques, électromagnétiques, avec application à de nombreux pro-
- blèmes.......................... 37g
- Siemens. — Lampe à incandescence................. 420
- — Indicateur à suie................ 178
- Sprague. — Dynamo................................ 407
- Streetter. — Ampérimètre....................... 512
- Symon et Maxim. — Canon électrique............... 248
- T
- Tanner.— Fusion par l’électricité............. 35o
- Tatham. —Dynamomètre.......................... ia3
- — Lettre en réponse à MM. Wood-
- house et Rawson................. 332
- Taylor Manufacturing C°. — Machine à double
- effet........................... 547
- Thompson. •— L’oi d’aimantation des électro-aimants. Son application à la théorie des machines dynamos...................... 114
- — Téléphone..................... 519
- Tommasi. — L’expression « Quantité d'électricité »............................................ 77
- Tumlirz. —- Propriétés magnétiques du cristal de
- roche........................... 167
- Turettini. — Dynamo.............................. 5q
- p.635 - vue 639/640
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 636
- Pages
- • V
- Vulpian. — Electricité appliquée aux recherches
- physiologiques sur les nerfs.... 67
- w
- Walker. — Machines dynamos.............•........ 261
- Waltenhofen — Électromagnétisme. Lois et pratique........................................... 3l2
- Weinhold. — Essai des paratonnerres............. 416
- "Western. — Essai des lampes à incandescence.... 56o
- Pogci
- Wetzler. — Chronique de l’Amérique.'............ 616
- Withney. — Dynamo............................. 56
- Willans — Machine à simple effet................ 53g
- Wild. — Relation entre le magnétisme terrestre et les phénomènes observés sur le
- soleil.......................... 5o8
- William. — Régulateur solénoïdal................ 3iq
- Wrigh. — Affinité chimique et force électromotrice............................................ 321
- Z
- Zinin. — Galvanoplastie appliquée à l’argenture et
- à la dorure...................... 169
- p.636 - vue 640/640
-
-