La Lumière électrique
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
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- LA
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- Lip '
- DIRECTEUR :
- Dr CORNELIUS HERZ
- APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE LUMIÈRE ÉLECTRIQUE — TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SCIENCE ÉLECTRIQUE, ETC.
- TOME VINGT-QUATRIÈME
- PARIS
- AUX BUREAUX DU JOURNAL
- 3l, — BOULEVARD DES ITALIENS, - 3l
- I887
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- La Lumière - Electrique
- Journal universel ÆÉlectricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- ' 0*'ANNÉE (TOME XXIV)
- SAMEDI 2 AVRIL 1887
- N° 14
- SOMMAIRE. — Nouvelles éludes sur les intégraphes; Abdank-Abakanowicz. — Sur la prédéterminalion de la caractéristique d’une dynamo; P.-H. Ledeboer. — Nouvelle lampe à arc de M. Statter ; Ch.,Ménabréa. —• Essais d’étude expérimentale des 'champs magnétiques; J. Sarcia et E. Sartiaux. — Le courant continu dans les appels téléphoniques ; A.. Palaz. — Revue des travaux récents en électricité : Sur une pile étalon, par M. Gouy. — Note sur la capacité inductive spécifique, par J. Hopkinson. — Sur le travail, du courant dans les lignes, télégraphiques, parle D' R. Ulbricht.— Correspondances spéciales de l’étranger : Allemagne; Dr H. Michaëlis.— Angleterre ; J. Munro.Etats-Unis; J. Weizler. — Variétés •, L’ordonnance du Préfet de police; P. Clemenceau. — Spécification des brevets d’invention.— Discours de sir Ch. Bright.—Faits Divers.
- NOUVELLES ÉTUDES
- SUR LES INTÉGRAPHES (1)
- 1. La propriété fondamentale de la roulette, sur laquelle reposent tous mes intégrateurs mécani-niques peut être avantageusement appliquée à la construction d’instruments destinés à tracer différentes courbes.
- Nous rappelons que cette propriété consiste dans la tendance que. possède une roulette appuyée contre une surface, et sollicitée par une force, de se déplacer toujours dans la direction de son plan. Ce plan est à chique instant tangent à la courbe tracée par la roulette.
- Nous [allons en donner quelques applications comme exemples. ;
- Toutes les courbes, pour lesquelles la loi déterminant l’inclinaison de la tangente avec les axes, dans le cas des coordonnées rectangulaires, ou avec le rayon vecteur dans le cas des coordonnées polaires, est déterminée géométriquement, peuvent être tracées par un appareil à roulette, dans lequel l’orientation de celle-ci sera déter-
- minée par un dispositif mécanique réalisant la loi géométrique donnée.
- Le tracé de la courbe intégrale n’est qu’un cas particulier,. dans lequel l'inclinaison de, la tanr gente est déterminée en chaque instant par la loi, très générale, il est vrai,
- tangot = t/
- où y est l’ordonnée d’une courbe donnée quelconque et a l’angle que fait la tangente à la courbe intégrale avec l’axe des x.
- Nous allons donner ici quelques exemples de ces courbes, pour lesquelles la loi géométrique de leur tracé permet d’appliquer la roulette à leur construction mécanique, tout en ne faisant usage que de transformations cinématiques simples.
- a) Instrument pour le tracé de la spirale logarithmique. — Un premier cas, qu’il est possible de réaliser pour ainsi dire immédiatement avec la roulette, est la construction de la spirale logarithmique, une courbe intéressante, à cause de ses applications dans le calcul graphique. Comme on le sait, cette courbe est représentée en coordonnées polaires par l’équation -
- K
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- , (>) yo'w'La Lumière JElççtriqUe,\o\. XVII!, p. 58g, j885,
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- et sa propriété caractéristique est que la tangente à la courbe fait un angle constant avec le rayon vecteur. Cette propriété nous donne immédiatement la possibilité de tracer mécaniquement la spirale logarithmique au moyen d’une roulette. Supposons un cadre formé de deux glissières et tournant autour d’un point fixe appartenant à l’axe de ce cadre ; sur les glissières se déplace un chariot portant une roulette, de telle sorte que l’angle de la roulette et de l’axe du bâtis puisse prendre une valeur quelconque.
- Il est évident maintenant que si l’on fixe l’étrier de la roulette de manière que l’angle de celle-ci avec l’axe du bâtis soit constant, et qu’on imprime à ce dernier un mouvement de rotation autour de son point fixe, ce chariot va se déplacer le long des glissières et la roulette décrira sur le papier la spirale logarithmique déterminée par l’angle initial.
- On pourrait se servir d’un papier spécial au moyen duquel la roulette laisserait une trace ; mais il est évidemment préférable d’avoir la courbe tracée par un tire-ligne.
- Le problème se ramène donc à trouver un autre point du plan qui décrive une spirale logarithmique; d’après les propriétés de cette courbe, on sait que les points où la tangente et la normale rencontrent la perpendiculaire au rayon vecteur décrivent des courbes identiques à la spi raie donnée ; il serait assez facile, au moyen d’un système de coulisses, de placer le tire-ligne en un de ces deux points ; mais cela entraînerait nécessairement des frottements et compliquerait l’appareil.
- Il est plus facile de placer le tire-ligne en un point quelconque du rayon vecteur; on obtient ainsi une courbe qui satisfait à l'équation générale
- r=oe^ + 6
- où b représente la distance du tire-ligne au centre de la roulette. La spirale logarithmique ne serait qu’un cas particulier de cette courbe plus générale, dans lequel le cercle asymptotique de rayon b se réduit à un point. Pour le calcul, il suffit alors de retrancher ou d’ajouter une constante b à chaque rayon vecteur.
- Comme on le voit par la figure i, la roulette est portée par un cylindre creux A, muni d’un repère, et pouvant tourner entre deux joues B
- formant le corps du chariot ; on peut ainsi tracer les courbes correspondant à dés spirales d’un angle quelconque, au moyen du repère et de la graduation gravée autour du cylindre.
- Le chariot est porté par quatre galets horizontaux C, c qui roulent le long des deux glissières D, D formant le bâtis.
- Le tire-ligne peut être fixé dans l’une ou l’autre des douilles E, E.
- Le bâtis est supporté par une douille pénétrant
- L
- dans un canon qui détermine le centre de la courbe ; ce canon fait lui-même partie d’un disque K muni de trois pointes que l’on fixe sur le papier.
- La douille est solidaire de la traverse du jjâtis, et celui-ci peut en outre pivoter autour des pointes a, a, de sorte que l’on peut relever l’appareil du papier sans changer le centre.
- b) Instrument pour le tracé des cercles. —• Une application assez curieuse de la roulette, et qui découle immédiatement de la loi de son mouvement consiste à réunir sur un mêpie bâti, deux
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- roulettes R, R' mobiles autour d’axes parallèles au plan du papier, mais faisant, du reste, un angle quelconque entr’eux. Tous les points de ce système matériel décriront des cercles concen-
- triques, quand il sera soumis à une force supérieure au frottement des roulettes (fig. 2).
- Cette propriété résulte immédiatement du fait que le seul mouvement compatible avec la liaison particulière, constituée par les roulettes et le
- papier, est une rotation Instantanée autour du point d’intersection de leurs deux axes; ce point étant fixe, les courbes décrites par les points de contact des roulettes sont des cercles, et il en est de même pour tous les autres points.
- Un tire-ligne T fixé en un point quelconque
- tracera donc un cercle ; il convient, naturellement, que le frottement du tire-ligne soit faible, et qu’il soit orienté au moins d’une manière approchée.
- Pour soutenir le corps de l’instrüment, on peut employer, soit une pointe mousse fc, soit une troisième roulette, dont l’étrier serait mobile autour d’un axe vertical et qui s’orienterait d’elle-même.
- Cet appareil a ceci de particulier, que, sous de très petites dimensions, il permet de tracer des cercles de rayons quelconques, depuis le point jusqu’à la ligne droite.
- Il suffit pour cela de fixer la position de l’une des roulettes, de placer le tire-ligne sur le prolonge-
- ment de son axe, et de faire porter la seconde roulette dans un cadre mobile autour d’un axe vertical quelconque.
- Soit a la distance du tire-ligne à l’axe horizontal de cette roulette, a l’angle de « et axe avec sa position initiale, pour laquelle, les deux roulettes étant parallèles, l’instrument décrirait une ligne droite, et d la distance du tire-ligne au point d’intersection des deux axes horizontaux, pour a = 90°; on aura la relation simple :
- où R est le rayon du cercle décrit par le tire-ligne.
- En faisant d = o, on aura alors une relation plus simple, qui permettra de déduire R de 4, la constante a étant déterminée par une mesure directe du rayon d’un cercle décrit avec a 4I®, par exemple; si d n’est pas nul, il faut encote le
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- déterminer en faisant a = 90°; un pareil instrument pourrait être employé à la place du compas à verge.
- c) Instrument pour tracer la courbe exponen tielle et la parabole. -— La courbe bien connue déterminée en coordonnées rectangulaires par l’équation ..
- y = a el‘
- peut également être tracée mécaniquement au moyen d’un appareil à roulette très simple. Dans ce cas, le tracé se base; sur la propriété caractéristique de cette courbe: la constance de la sous-
- servir à tracer les paraboles. Il suffit, en effet, de placer le plan de la roulette perpendiculairement à la règle D, dans la position R'. L’axe de la règle D coïncidera alors avec les normales à la courbe décrite par la roulette, et 00 représentera la sous-normale. Or, comme cette dernière est constante, la roulette tracera nécessairement une parabole p.
- M. d’Ocagne a démontré que, si l’on donne une valeur quelconque mais constante à l’angle formé par la roulette et l’axe de la règle D, on tracera, avec l’instrument, des courbes intermédiaires entre la parabole et l’exponentielle, représentées pjr l’équation
- « (1 + loj. njp. + >• y + a: + C = o
- tangente.
- La figure 3 représente le schéma d’un instrument de ce genre.
- Un bâtis A, formant cadre, peut se déplacer dans la direction des abscisses sur des cylindres G, G montés entre pointes. Ces cylindres, à surface rugueuse et exactement de même diamètre, ne permettent qu’un déplacement rectiligne. Ils ont été introduits, en premier lieu, par Coradi* de Zurich, dans la construction de scs remarquables planimètres roulants. Le troisième point id’appui du cadre A, est formé par la roulette R qui est montée comme les roulettes des intégraphes et dont le plan coïncide toujours avec l’axe de la règle D pivotant au tour du point o. La roulette R est montée sur un chariot K qui coulisse le long tie la règle B.
- Si l’on fait mouvoir un tel mécanisme sur la surface du papier, en appuyant avec la main sur l’axe vertical de la roulette, celle-ci tracera une exponentielle e, déterminée par la sous-tangente 00. En déplaçant la douille m sur la règle divisée, on peut donner une valeur quelconque à la sous-tangente, et obtenir les différentes formes de l’exponentielle.
- M. -Maurice d’Ocagne a bien voulu attirer mon attention sur le fait que le même appareil peut
- a étant la longueur constante 00'.
- À la tangente de l’angle . constant formé par la roulette et l’axe de la règle D.
- G une constante arbitraire.
- d) Instrument pour tracer les courbes représentées par l’équation y + a (dyj dx) i = f[x)-— M. Potier, professeur à l’École poly-' techniqucaeu l’obligeance de m’indiquer comment •; on pourrait construire un instrument de ce genre,
- , en se basantsur la propriété fondamentale de la • roulette.
- I II suffit en effet, de construire un appareil tel, que i la roulette soit constamment dirigée vers un point j A de la courbe (1) (fig. 4), dont.l’équation est Y I —f (x) et que la différence des abscisses de la rou-j lette et du point A soit maintenue constante et j égale à a, pour que le point de contact de la rou-; lette décrive une courbe telle, que B R -|- atga | = A C , ou que y -j- a (dy/dx) = Y.
- L’origine des abscisses de la courbe décrite par R doit naturellement être prise en O', à une distance OO' = BC = a.
- L’équation r -j- a (dy/dx) = f(x) se présente dans l’étude du courant induit dans un fil soumis à une force électromotrice E variable avec le temps : Si R est la résistance du fil , L son coefficient de
- Fig. 5
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- self - induction , i l’intensité , on a en effet : Ri -f- L (di/dt) = E ; il suffit donc de poser E/R = /(*) et L/R= a.
- On peut encore s’en servir pour étudier la -marche d’un galvanomètre apériodique sous l’influence d’une force électromotrice variable.
- En effet, si après avoir construit^ au moyen de la formule y -f- a [dy/dx) — f{x), on construit une nouvelle courbe dont les ordonnées satisfont à l’équation %-j-b(d%/dx) =y\ la nouvelle ordonnée \ satisfera à l’équation :
- ; + {a+b) [d^/dx) +
- ab {d^/dx2)= /(.v)
- pour laquelle les abscisses doivent être comptées à partir d’un point situé à gauche du point O à une distance (a^b). Si la fonction \ est assujettie à avoir une valeur pour a:=o, et sa dérivée une valeur [d%ldx)0, il sera facile de satisfaire à ces conditions qui déterminent simplement les ordonnées et Yo=\o + b [dildx)0à\x tire-ligne à son point de départ.
- Or l’équation { -f- (a+b)
- [d \fd a:) -f- ab (d2 \fd x2)
- — f (•*) peut s’identifier avec l’équation M (d2Q/dt2\
- -f- 2 K [d 0 / d t) -f C 0 =
- (G/R) E qui détermine la déviation 0 d’un galvanomètre en fonction du moment d’inertie M, du coef-ficient d’amortissement K, du couple directeur C, de la constante G du galvanomètre et de la résistance R du circuit, pourvu que les racines de l’équation Mm2 -|- îK« + C =o soient réelles, c’est-à-dire, que le galvanomètre soit apériodique.
- Planimôtres enregistreurs. — Si l’on considère un planimètre linéaire quelconque , ( dans le genre de Wetli, par exemple, ) on peut imaginer un dispositif qui permettrait d’enregistrer
- sous forme de courbe, les rotations successives de la roulette, ces rotations mesurant l’intégrale cherchée.
- On arriverait ainsi à obtenir des diagrammes qui ne seraient autre chose que des courbes intégrales.
- Fig. 3
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- Depuis longtemps déjà, on prévoyait l’utilité d’un pareil dispositif, ainsi, Sir William Thomson et Tait faisaient entrevoir un pareil enregistre-mentdelamarche du planimètredans leur traité de physique ( Thomson and Tait NaturalPhilosophy.)
- En 1874, M. J. Massau, actuellement professeur à l’Ecole du Génie Civil de Gand, qui s’est beaucoup occupé de la courbe intégrale, a défendu plusieurs thèses concernant ce sujet ; une entre autre, sur la possibilité de la construction d’un appareil enregistrant graphiquement l’accroissement de l’intégrale sous forme d’une courbe.
- M. Massau a proposé de modifier un plani-mètre, de sorte qu’il puisse servir à tracer les courbes intégrales, en faisant une transformation du mouvement de rotation de la roulette en un mouvement rectiligne du crayon enregistreur.
- Cet instrument n'a pas été construit ni même décrit nulle part.
- M. Massau est en train de publier des études très étendues sur les applications de la courbe intégrale.
- Le seul instrument basé sur ce principe et réellement exécuté, est celui de Zmurko que nous avons déjà sommairement décrit dans les colonnes de ce journal. (’)
- Nous trouvons actuellement dans les Mémoires de l’Académie des Sciences de Vienne (Volume LIII, 1886) une très intéressante communication de M. Ch. Skibinski, dans laquelle il décrit l’instrument de Zmurko tel qu’il a été construit par Coradi à Zurich.
- Nous n’avons pas besoin d’entrer dans les détails de construction de cet instrument qui a été déjà décrit par nous dans nos précédents articles, et ce que nous avons dit suffit pour la compréhension de la figure 5, qui représente l’ensemble de l’intégrateur Zmurko.
- D’après les renseignements que nous avons pu obtenir, cet instrument fonctionne bien, seulement la course du crayon est limitée par la grandeur du plateau sur lequel repose la roulette, et on ne peut pas augmenter considérablement cette grandeur ; en outre les transmissions du mouvement par les fils ne sont pas tout à fait sûres, d’après nos expériences avec certains modèles des inté-graphçs.
- Il faut aussi considérer comme assez désavantageux ce fait, que, la position de l’axe des x est
- (i) Voit La Lumière Électrique, vol. XVIII, p. ii0,i885.
- déterminée par le centre du plateau horizontal, ce qui fait que le mouvement de l’axe de ce'plateau ou de l’axe de la roulette influence la précision du résultat obtenu.
- 3) Nouveaux modèles de l’intégraphe. — M. J. Pollard, sous-directeur à l’Ecole d’application du génie maritime, qui s’est beaucoup occupé de la courbe intégrale, a remarqué en étudiant l’application de l’intégtaphe au calcul des navires, que l’on peut sensiblement simplifier les appareils existants, si l’on limite leur déplacement dans la direction des abscisses et si l’on rend mobile (dans la direction des y) le plan sur lequel appuie la roulette. On arrive ainsi à un intégraphe qui est, en principe, semblable à l’instrument que nous avons décrit dans nos précédents articles (Voir La Lumière Électrique, t. XVIII, p. 113-, fig. 19). On remplace le cylindre par un plan mobile sur des galets, ce qui revient à prendre un cylindre dont le rayon serait infiniment grand. Ce dispositif est très simple, parce qu’on éliminé le mécanisme, toujours compliqué et délicat, qui sert à maintenir parallèles àtoutesles distances la roulette et la directrice.
- Une règle R, réunie rigidement avec une autre règle perpendiculaire R', repose sur une planche horizontale. Dans une rainure pratiquée sur la règle R', roulent les galets f sur lesquels repose d’un côté le plan mobile L' qui est ainsi assujetti à se déplacer toujours parallèlement à la règle R'. Lesdeux autres galets appuient simplement sur la surface de la planche.
- Un chariot A, monté sur deux galets qui roulent dans une rainure, tracée sur la règle R, (cette rainure donne la direction des abscisses) porte une règle perpendiculaire R" dont l’autre extiémité est supportée par un galet qüi repose sur la planche.
- Sur un des bords de larègle R", dont la section à la forme d’un U, est pratiquée une rainure dans laquelle entrent deux galets montés entre pointes, qui servent à guider le chariot B dans la direction des ordonnées.
- Ce chariot porte un bras rigide c qui est terminé par une pointe P reposant sur le plateau fixe L, sur la surface duquel se trouve la courbe donnée f (x).
- On voit bien que, si l’on suit la courbe avec la pointe P, les deux chariots A et B se déplacent librement sur les deux règles R et R', pour permettre ce mouvement. La pointe est guidée par deux pieds qui appuient sur la surface du papier.
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- Une traverse K maintient la rigidité du système mobile composé du chariot A et de la règle R".
- A cette règle R", à la moitié de sa longueur, est fixe entre pointes, par l’intermidiaire d’unebarette formant équerre, le bras E, qui porte une douille F que l’on peut placer à une distance quelconque de la règle R".
- La coupe (c) indique la disposition de cette douille qui sert de support à un cadre H monté entre pointes, et portant en dessous la roulette qui effectue l’intégration.
- Le même cadre porte à la partie inférieure, et également entre pointes, la directrice D, dont l’axe est amené en coïncidence avec le plan de la roulette au moyen des vis de réglage v.
- La roulette appuie sur la surface du papier par l’action du poids du bras E, qui est fixé à la règle R" par l’intermédiaire de pointes.
- La directrice D porte sur sa surface inférieure une rainure dans laquelle entrent deux galets montés sur un cadre pivotant autour d’un axe vertical, «pouvant aussi tourner autour d’un axe vertical solidaire du chariot B. La distance horizontale de cet axe, au point de contact de la roulette, détermine la valeur de l’unité.
- Le fonctionnement de l’appareil est bien simple. On place le plateau L portant la courbe donnée f[x) dans une position telle que l’axe des x passe par l’axe du bras E, et on suit la courbe avec la pointe P. On voit qu’à chaque instant la roulette, tout en se déplaçant en ligne droite sur la surface du plateau L', prendra toujours l’orientation indiquée par la directrice, et le plateau L' se déplacera dans la direction desj'*, de sorte que la trace de la roulette sera la courbe intégrale.
- Un tire-ligne T placé à côté de la roulette trace à l’encre cette courbe.
- B. Abdank-Abakanowicz
- SUR LA PRÉDÉTERMINATION
- DE LA
- CARACTÉRISTIQUE dune DYNAMO
- Le mémoire présenté par M. Kapp à la société des ingénieurs électriciens de Londres, a soulevé une importante discussion parmi les membres de
- cette société. C’est de cette discussion que nous allons rendre compte à nos lecteurs. Nous présenterons ensuite quelques remarques sur l’analogie qui existe entre le mode de prédétermination proposé par M. Hopkinson et celui préconisé par M. Kapp.
- Pour ne pas tomber dans des longueurs inutiles, nous retrancherons de la discussion (*), tout ce qui ne porte aucune lumière nouvelle sur le sujet en question : nous commencerons par analyser avec quelques détails, les observations d<» M. Ayrton et de M. Forbes, qui constituent une addition aux méthodes de prédétermination, que nos lecteurs ont présentes à l’esprit.
- M. Ayrton a entrepris, en collaboration avec M. Perry, une étude sur les résistances magnétiques, qui se présentent lorsqu’on applique la méthode de M. Kapp. Cette formule
- 1 Ra+Ra + R f
- où Ra,Ra et R/représentent les résistances magnétiques de l’entrefer, de l'armature et des inducteurs, donne en effet lieu à l’observation suivante. M. Kapp avait d’abord supposé que les trois résistances en question étaient en série, tandis qu’en réalité, il y a une perte à travers l’air extérieur, de sorte que la résistance magnétique totale doit être considérée comme formée par les résistances de l’armature et celle des inducteurs, réunis en arc parallèle avec la résistance de l’entrefer et celle de l’air environnant. M. Kapp considère l’effet de l’air extérieur aux électro-aimants comme une espèce de fuite produisant des lignes de force perdues. Il était intéressant de voir,'si dans ce cas, la loi des résistances parallèles s’applique, comme cela a lieu pour des résistances électriques ; il s’agissait donc de vérifier la formule suivante dans laquelle on a employé les notations de M. Kapp.
- ________P_______
- Z t>fi æ(Ra+Rg)
- , + x+Ra+ Ra
- Si cette formule se vérifiait, il serait à craindre qu’on ne commette une erreur sérieuse dans les
- (J) Journal of the Society of Telegraph Eng. and Elec-tricians, t, XV, p. 5i8, 18871
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- calculs des dynamos, en négligeant cette résistance x, et cette erreur deviendrait d’autant plus forte que les inducteurs se trouveraient plus près de leur point de saturation.
- Pour vérifier la loi des résistances magnétiques parallèles, MM. Ayrton et Perry ne se sont pas contentés d’employer un électro-aimant à une seule armature comme cela a lieu dans les dynamos, mais ils se sont servis soit d'un, soit de deux, soit de trois armatures parallèles. Voici q ici est l’analogie entre le problème électrique et magnétique. Soit B (fig. i), une batterie de force électromotrice E et de résistance intérieure r0 et considérons les résistances parallèles ra rK r2 et r3.
- Fig. 1
- fixe, l’armature de l’électro-aimant. Voici les dimensions de ces différentes pièces :
- centimètres
- Longueur du noyau de l’électro-
- aimant.......................... 38
- Diamètre]........................ 2,5
- Côté des cubes................... 3,8
- Longueur des armatures........... 18
- Diamètre......................... 2,5
- Epaisseur des disques de laiton d... 0,125
- L’électro-aimant était actionné par des accumu-
- Fig. 2
- Lorsque les 4 résistances sont attachées, on a pour le courant qui traverse la pile
- E
- r -}--------------------
- ra ri r± r3
- et lorsque les résistances ra rA et r2 existent seules, on a
- F,
- lateurs ; on maintenait constante l’intensité du courant excitateur, à l’aide d’un rhéostat à charbon de Varley, un galvanomètre à réflexion indiquant l’intensité du courant. Le fil enroulé sur rélectro-aimant était gros, tandis qu’un fil fin enroulé en c, communiquant avec un galvanomètre balistique, permettait de mesurer l’induction magnétique ou plus simplement le flux de forcc^ magnétique à tfayers la surlarc enveloppée par le fil e.
- Le tableau suivant contient le résumé des observations :
- Impulsion du galvanomètre balistique, par rupture Armature du eouraht excitateur
- et ainsi de suite.
- La batterie magnétique consistait en un aimant en fer à cheval (fig. 2) : des pièces de fer cubiques permettaient d’adapter Tune des armatures Q, S et T ou plusieurs à la fois ; les pointes en laiton p assuraient la stabilité, tandis que des disques dd également en laiton, maintenaient à une distance
- Air seul............................. 275.3
- Air et Q............................. 403.8
- — R............................... 455.0
- — S.................... i.. 470*3
- — Q et R.................* 599.3
- — R et S*.................... 6o5.o
- — S et Q...................... 606.7
- Q, R et S.. *. , i....... 717.8
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- La résistance de l’armature Q est donc à très peu de chose égale à celle de l’armature R et pour simplifier les calculs, on a supposé que les impulsions dues à ces résistànces ont pour valeur commune 454,4, moyenne entre 453,8 et 455,0.
- Désignons maintenant par ce, ca, cq, cr et cs les conductibilités magnétiques de Félectro-aimant, de l’air et des armatures (y compris les couches entre les extrémités des électro aimants et les armatures) et soit M la force magnétisante de Thélice (ou les ampère-tours), on aura les formules suivantes, lorsqu’on assimile la loi des résistances magnétiques et celle des résistances électriques :
- Flux magnétique
- 273.3 = M
- 0 • + C a
- l.
- ' L
- 454.4 = M
- 454.4 — M
- 470.3 = M
- 599.3 S=J M
- Ç.Y<V+ Cy V
- C B + C.« + C tf
- c, (c. 4- cr)
- <\ +.9^1+Cr
- C» (c» 4- c,) c • + e a 4- c,
- ^ „ ( c „ 4- c y I- O c, -f- c, *f-c7 4 cr
- La solution de ces équations donne, en prenant M =1000 :
- nombres suivants (ce sont les inverses des nombres précédents) :
- r, = 0,5071 ra = 3,125
- rq = 3,617
- vr = 3,697
- ra = 3,359
- Enfin, ces résultats montrent que les trois armatures opposent à peu près la mémo résistance, bien que dans un cas les lignes de force passent tout droit, et que dans les autres cas ces lignes s’infléchissent d’un angle de go°;;cette déviation ne change donc pas la résistance magnétique.
- Puis on a refait les expériences, dans le cas où l’une des armatures Rétait beaucoup plus longue que les autres (environ le double). On a trouvé ainsi :
- Armatures
- Air seul.........
- Air et Q.........
- — R............
- — S.............
- — Q et R........
- — R et S........
- — S et Q........
- — Q, R et S..
- Impulsions du galvanomètre balistique, par la rupture du circuit principal
- . 284,0
- 459.7
- 442.1
- 466.7
- 576.2 587,1 610,0 7°3jO
- c0 = 1,972 c a = 0,3200 C* = 0,2705 c r = 0,2705 c. = 0,2976
- Pour vérifier si la loi des résistances parallèles est applicable dans ce cas, il suffit de voir si ces • nombres vérifient les. trois derniers résultats obtenus plus haut.
- On trouve ainsi, par des équations analogues aux précédentes :
- Flux magnétique
- Air R et S.......
- Air R, S et Q....
- On voit donc qu’il y a un accord très satisfaisant entre le calcul et l’expérience, et on peut admettre comme vérifié que la loi des résistances magnétiques parallèles est la même que celle des, résistances électriques.
- On trouve pour les résistances magnétiques les
- Avec les cinq premiers résultats, on a déterminé, comme plus haut, les conductibilités magnétiques c0, crt, cq, cr et cs, et on vérifie l’exactitude de la lôi dès conductibilités parallèles. On a trouvé ainsi le nombre 708,4 et 588,o, tandis que l’observation directe, à fourni les nombres yo3 et 587,1. Donc, dans ce cas encore, la loi se vérifie.
- Dans ces expériences, le fer était loin du point de saturation, et le fait que la loi des résistances magnétiques parallèles se vérifie, lorsque le flux magnétique à travers le fer de l’électro-aimant, varie de 275 à 718, montre que la perméabilité doit rester constante^entre ces limites de flux magnétique.
- Il suit, des valeurs précédentes de'r0, r,., r,/9 r,. et rs, que la résistance spécifique de l’air était d’environ mille fois la résistance spécifique du fer.
- On observe également qu*avec une seule armature, avec la même couche d'air de 1,25 ni. m. provenant du petit disque de laiton, on obtient
- Calcule Observé
- 012.3 606
- 729.9 717.S
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- une résistance magnétique plus grande que celle de l’air qui entoure l’électro-aimant ; ainsi, une partie du flux, moindre que la moitié passe à travers l’armature, l’autre moitié passant par l’air environnant, ce qui montre qu'il est très important de ne pas oublier cette résistance parallèle de l’air.
- M. Kapp, qui a introduit la notion de la ré.
- Fig. 3
- sistance pirallèle de l’air dans son dernier mémoire, ne regarde cette influence comme notable, que lorsque le fer est près du point de saturation, tandis que les expériences effectuées par MM. Ayrton et Perry montrent qu’on ne peut pas en négliger l’effet, même lorsque le fer est loin de son point de saturation.
- M. Forbes a exposé une méthode pour déterminer par le calcul les lignes perdues, ou, ce qui revient au même, la résistance magnétique totale de l’air qui environne la dynamo.
- Il s’appuie sur les trois lemmes suivants :
- I. La conductibilité magnétique de l’air compris
- Fig. 4
- entre deux plans parallèles est approximativement égale à la moyenne des deux surfaces divisée par leur distance (fig. 3).
- II. Lorsqu’on suppose que les lignes de force dans l’airsuivent des demi-cercles, telquelemontre la figure 4, on aura, pour la conductibilité magnétique de cet espace d’air, l’expression
- où
- O A = 7*1 O B = 7*j
- et où a est la largeur du rectangle.
- III. Dans le cas de la figure 5, où l’on suppose que les lignes de force suivent d’abord un quart de cercle, puis une ligne droite, pour aboutir à l’autre surface, par un quart de cercle, on aura, pour la conductibilité magnétique de l’espace d’air, l’expression
- d r a . 7t r. + b irr+-6 = ^los ——
- où
- r, = A B b = 2 O A
- et a la largeur du rectangle.
- A l’aide de ces trois lemmes, on peut effectuer
- Fig. 5
- d’une manière assez exacte le calcul des dynamos ordinaires comme celles de Hopkinson, Gromp-ton, Siemens, Phoenix, Elwell-Parker et autres. Mais, pour les machines Mather et Platt, Kapp et quelques autres modèles, c’est un peu plus difficile et il faut un peu de jugement dans l’évaluation des lignes perdues. Cependant, avec l’expérience acquise dans les cas plus simples, M. Forbes assure pouvoir appliquer la méthode dans les cas plus compliqués.
- En appliquant cette méthode d’évaluation à une machine Edison-Hopkinson, M. F.orbes trouve pour le rapport de l’induction totale à l’induction dans l’armature, le nombre 1,40, tandis que MM. Hopkinson ont trouvé par mesure directe le nombre 1,32.
- Voici le mode de calcul de M. Forbes :
- Il prend, comme nous venons de le dire, pour exemple, la machine Edison Hopkinson, dont les détails de construction ont été publiés dans le Philosophical Transactions (').
- H
- 0) Voir La Lumière Électrique, t. XXIII, p. 36g, 1887.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- ‘3
- Les deux figures ci-jointes (fig. 6 et 7) montrent deux coupes de la machine; l’une perpendiculaire à l’axe et l’autre perpendiculaire à l’axe des noyaux des inducteurs.
- Nous ne reproduirons pas les dimensions de
- Fig. 6
- la machine qü’on trouvera à l’endroit cité et on se rappellera qu’un support en zinc sépare les pôles de la plaque de fondation qui est en fonte.
- I. — La première source de perte de lignes de force dans cette machine a lieu aux extrémités
- Fig. 7
- des pièces polaires, par les dérivations à travers la plaque de fondation.
- La résistance magnétique de la plaque de fondation est négligeable. La conductibilité magnétique (Kt) de cet espace d’air est la moitié de la conductibilité magnétique de l’espace d’air com-
- pris entre une pièce polaire et la plaque de fondation.
- On a ainsi par l’application du lemne n° 1 :
- Ki
- nirc extrémité plèco polulro -f- moitié ttlre plaque <lo fondation 2 X dUtaueu plùcua polairod à plaque de fondation
- 25,4 x 48,4 + - x 5o,8 X 70 1
- -----------------=----------------= G 3
- 2 x 12,7
- La Résistance magnétique de l’une des pièces polaires à l’autre provient presque entièrement des deux espaces d’air. M. Forbes prend la conductibilité magnétique de cet espace d’air égal à K = 524 d’après un calcul qui sera indiqué plus loin. On obtient donc :
- Induction en duliorn do l'armature (den extrémités des pièces polaires) Induction à travers l'armature
- IL — Une autre source de déperdition magnétique a lieu à travers les noyaux des inducteurs et principalement entre les faces intérieures des noyaux; il y a aussi un peu d’induction des côtés d’un des noyaux vers les côtés de l’autre noyau. Il suppose que ces lignes d’induction sont des demi-cercles comme l’indique la figure 6.
- Ici on peut appliquer le lemne n° 2. L’espace compris entre les deux noyaux et le plus petit des demi cercles est traité par l’application du lemne n° 1. La longueur moyenne de cet espace est la moyenne entre la largeur du noyau et cette même quantité augmentée du diamètre du plus petit cercle.
- En multipliant par la longueur du noyau, et en divisant par la distance entre les noyaux, on obtient pour la conductibilité magnétique :
- i (44,45 4 57,45) x 45,7
- Ks=----—— ---------------= ,78 .
- Pour les lignes semi-circulaires, on obtient, d’après le lemne n° 2, pour chaque côté du noyau
- On a donc pour la conductibilité totale de l’espace d’air entre les noyaux
- Ks + 2 K'j =221
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- M
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Soit rx la. résistance magnétique de la culasse et des deux moitiés des noyaux, ce qui est approximativement égal à la résistance magnétique des deux autres moitiés des noyaux et de l’armature ; soit r3 la résistance magnétique des espaces d’air des pièces polaires et soit
- pour chacune des deux pièces polaires en série Ainsi
- induct-lon d‘un polo de lu culasse à l’autre pôle 7 ,6 — imluotluu il tmvors riirmntui'ü ” 5 24 ^,0014
- En faisant la somme, on a donc
- __ 1
- 3 K-2 -f- 2 tv'2
- la résistance magnétique de la dérivation. On aura, dans ces conditions, en appliquant la loi des résistances parallèles, comme dans le cas du courant électrique
- Induction magnétique do noyau & noyau T 2
- ^ ” induction magnétique à travers l’armature y*i -J- 2 Tÿ
- et comme r, est toujours petit par rapport à 2 r3, on a simplement :
- x* =
- ro 2 r3
- K2 -t~ K'2 2 K
- 221
- IO48
- 0,21
- III. —Considérons maintenant les côtés des pièces polaires. En appliquant lelemmen0 2, nous considérons les pièces polaires comme des blocs de 25 centimètres de hauteur, de 20 centimètres de largeur et d’une longueur de 48,3 c.m., séparés par une distance de i3 centimètres. On a ainsi :
- n == 8 r.j = 28
- d’où
- _r 48,3 , 28
- K3 = -—- log nep 19,3
- TU O
- pour chaque côté des pièces polaires, et
- #3 =
- Indüction en dehors do l’armaturo (cotés (les pièces polaires) induction a travers l'armature
- 38,4
- b24
- = 0,073
- Les autres causes de pertes sont comparativement faibles, mais la dérivation suivante a évidemment lieu.
- IV. — Pour l’induction du côté postérieur des pièces polaires à la culasse, l’auteur applique le
- lemnen°3. On a :
- \
- r = 25 a = 48,3 b =45,7
- K*
- 48»3 J 7tX 25 -h 45,7
- Tt S 4^,7
- 15,3
- v — 1 = xi -h #2 + a?3 + a?4 = o,i 2 0,21 0,073
- -f
- 4- 0,001 = 0,40
- Le résultat de calcul est donc * * ; ;
- induction totale * ' -
- V = ---T--r-----------n-------r- =='1,40
- induction 2 travers l armature .
- D’après M. Forbes, on peut être sûr que cette valeur n’est pas trop élevée. MM. Hopkinson trouvent par l’expérience directe le nombre i,3a. Mais ils ont mesuré l’induction totale au milieu des noyaux au lieu de le faire vers les extrémités, ce qui explique le chiffre 0,08.
- M. Forbes ajoute : « Je désire faire quelques observations sur la valeur que MM. Hopkinson adoptent pour l’espace d’air, espace qui est plus large que les surfaces qui font face à l’armature. J'ai cherché cette valeur par les principes énoncés’ plus haut, çn • déterminant approximativement l’induction dans l’armature due aux côtés et aux extrémités des pièces polaires. La valeur de l’induction obtenue par la première approximation de MM. Hopkinson est 483, en prenant pour l’air la moitié de la somme des surfaces des pièces polaires et de l’armature faisant face à ces pièces polaires. Dans leur seconde approximation, ils ont corrigé cette valeur par leurs observations, et ils ont obtenu le nombre 533 Mes calculs me donnent 525 et je vais montrer comment j’ai calculé l’influence de l’espace d’air par rapport à l’induction passant par l’armature. »
- Pour calculer l’induction totale à travers l’armature M. Forbes procède de la manière suivante :
- L’induction à travers l’armature consiste en plusieurs parties :
- i° L'induction à travers l’espace d’air entre les pièces polaires et l’armature;
- 20 L’induction entre les extrémités des pièces polaires et l’armature;
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- . OURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- ‘5
- 3° L’induction des noyaux des inducteurs à travers l’armature ;
- 4° L’induction des extrémités ou des côtés des pièces polaires à travers l’armature.
- Représentons par kA, k3)k3 et kA les termes correspondants à chacune de ces parties, on aura :
- longueur de l’arc de la pièce polaire X largatu do la pièce polalro SS x dlHtuucu outre lus pièces polulros ut l'armature
- I 2Q ,
- 3t)0
- x 24,5
- X 48,3 = 443
- l’angle correspondant aux pièces polaires étant de 129 degrés, le diamètre de la cavité des pièces polaires de24,5c.m. et la largeur de 48,3 c m.
- Pour trouver ka on applique une légère modification du lemme n° 2, on a:
- C6’3
- 1 I . largeur des pièces polaires 2«/ o tn — a) x + t
- 6,3
- 48,3 d x
- 129
- Y wY
- X + t
- Dans cette formule, x est mesuré le long de la surface de l’armatüre depuis le rayon qui coupe le bord des pièces polaires, et t = i,5 c.m. est l’entrefer.
- On trouve ainsi :
- fe3 = 21,7
- La valeur de k3 est le double de k» d’où:
- k3 = 43,4
- Pour trouver kA, j’ai supposé que le fer des pièces polaires et l’armature était séparé par des espaces d’air d’une épaisseur de 1,5 c.m. ce qui donne par l’application du lemme n° 1 kt = épaisseur des pièces polaires
- x
- 25
- log
- 6,3
- 0,75
- 16
- On a donc :
- « MM. Hopkinsonontemployé la valeur535qui est presque identique avec la valeur trouvée d’après l’évaluation précédente. Ces auteurs n’ont pas indiqué comment ils ont obtenu cette valeur: ils doivent l’avoir trouvée, soit par jugement, soit par l’étude de la courbe d’après les observations.
- « On ne trouve aucune méthode pour calculer le rapport v ni même l’essai d’aucune méthode dans les travaux de M. Frœlich, M. Kapp ou MM. Hopkinson. Ces derniers déterminent le rapport par l’expérience, lorsque la machine est construite. Ils trouvent ainsi pour v la valeur 1,32, au lieu de 1,40, comme je l’ai trouvé par le calcul.
- « Il est facile de voir à quoi tient cette différence.
- « Pour trouver le maximum de l’induction totale, ils enroulent un fil au milieu^de l’un des inducteurs. La déviation obtenue en mettant les bobines des inducteurs en court-circuit donnait une mesure de l’induction au milieu de l’inducteur. S’ils avaient enroulé le fil près de l’extrémité au noyau de l’inducteur, la déviation aurait été plus grande, et la différerice serait égale à celle qui existe entre les observations de MM. Hopkinson et mes calculs.
- « La courbe de MM. Hopkinson ne coïncide pas avec les observations pour de grandes valeurs de l’induction et ils supposent que cela provient de ce que la valeur de v est variable. Leur erreur provient uniquement de ce qu’ils prennent v=i,3 2 au lieu de prendre v = i,4o. »
- M. Forbes termine par ces mots : « Il m’a été pendant longtemps difficile de comprendre pourquoi les fabricants de dynamos gaspillent tant de tiavailetde cuivre pour leurs inducteurset je voudrais bien savoir pourquoi ils enroulent le fil autour des inducteurs, au lieu de le rouler autour de l’armature. »
- « Lorsqu’on veut construire une dynamo, on demande plutôt à aimanter l’armature qu’à aimanter les inducteurs, puisque le résultat obtenu est proportionnel à l'aimantation de l’armature, et non à l’aimantation des inducteurs. »
- « M. Forbes a cherché à appliquer cette idée à la dynamo Crompton, mais la disposition indiquée ne nous paraît pas très claire; et c’est du reste l’impression qn’elle paraît avoir fait sur les auditeurs eux-mêmes. M. Forbes ajoute :
- « On n’aura besoin que de la moitié du cuivre qu’on emploie actuellement et le poids du fer sera bien moindre. Les lignes d’induction perdues
- K = kt + k% + fc3 + kA = 443 + 21,7 4- 43,4 +16 = 524
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- 16
- augmenteront l’induction dans l'armature au lieu de la diminuer.
- « Ainsi, en réduisant le nombre d’ampères-tours dans le rapport de 2 v à 1, ce qui est d’environ 2, 8 à 1, on obtient les mêmes effets qu’avec la forme actuelle de la machine. »
- M. J. Hopkinson en parlant de l’analogie entre la conductibilité magnétique et électrique, dit que l’induction dans le fer est une fonction très compliquée, et qu’il vaut bien mieux ne pas s’ingénier à trouver des analogies avec la conductibilité électrique. L’auteur ajoute que l’extension des lignes de force sur laquelle s’appuie M. Forbes a été déjà développée par Lord Rayleigh dans son livre sur
- Fie- 0
- le Son, ayant en vue, bien entendu, les lois de l’acoustique.
- En parlant du maximum d’aimantation, M. Hopkinson dit qu’il est étonné des valeurs très élevéesquecertainsauteurs ont obtenues.M.Ziper-nowski lui a assuré qu’il a obtenu jusqu’à 3o,ooo unités C G S par centimètre carré, et M. Kapp 24,000. Lui même n’a pu obtenir que 19,800, avec la meilleure qualité de fer qu’il a pu trouver.
- M. Silv. Thompson fait remarquer que les courbes de M. Kapp et MM. Hopkinson ne sont pas des caractéristiques dans l’acception ordinaire du mot, c’est-à-dire que le produit des abscisses par les ordonnées ne donne pas des watts. Ces courbes sont simplement des courbes d’aimantation qui ont un aspect analogue aux caractéristiques ordinaires dans les dynamos enroulées en série, mais qui en diflèrent complètement pour des dynamôs enroulées en dérivation ou compound.
- En négligeant les réactions qui se produisent dans l’induit, on peut déduire la caractéristique
- d’une machine enroulée en dérivation, de la courbe du magnétisme, par le tracé suivant :
- Soit O P M (fig. 8) la courbe du magnétisme et prenons l’échelle des ordonnées de telle sorte qu’avec la vitesse de régime, elle corresponde à des volts. Soit O R, une droite telle que la tangente de l’angle ROQ corresponde à la résistance par. tour de la bobine en dérivation : la portion PQdon-1 nera donc l’excitation représentée par O Q, soit le magnétisme effectif, soit le nombre total de volts E ; la portion R Q donne la différence de potentiel e aux balais de la machine; en effet, si Z est le nombre de tours de fils en dérivation, it l'intensité du courant correspondant et r, la résistance du shunt, on a :
- O Q = Z i.
- RQ =
- Z i, X r.
- i.r. = e
- En menant par O une oblique Or, tel que tang X O r soit égal à la résistance intérieure de l’armature , il suffit de mener eT parallèle à O r pour obtenir le point T appartenant à la caractéristique (totale) de la dynamo. On obtient ainsi une courbe O LT qui est la caractéristique de la dynamo enroulée en dérivation.
- Nous terminerons par un extrait de la réplique de M. Kapp.
- « M. Forbe* nous a montré un croquis, repré-tant une nouvelle disposition des bobines magnétisantes, et il espère arriver ainsi à supprimer les pertes des lignes de force. Il est certain qu’il pourrait y arriver jusqu’à un certain point, mais le plus grand mérite de son idée consiste dans ce fait qu’on épargnera du fil, en supposant que le système soit appliqué aux dynamos ayant de longues armatures d’un faible diamètre.
- « L’exécution de ce plan rencontre toutefois des difficultés pratiques, car il faut ou bien replier la bobineaux extrémités de l’armature, ou prolonger la bobine jusqu’à la faire renfermer le commutateur et les balais, ce qui augmente, jusqu’à un certain point, la quantité de fil employé.
- « On pourrait surmonter cette dernière difficulté, sans sacrifier aucun des avantages théoriques, par l’adoption d’un modèle de dynamo à 4 pôles, comme je l’ai publié dans VElectrician, il y a un
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- an environ : le croquis suivant (fig. 9) donne une idée de ce dispositif.
- « Il n’y a que deux bobines, qui peuvent être construites et enroulées de la manière ordinaire; chaque moitié de la machine, à droite et à gauche de la ligne verticale, revient à une dynamo de M. Forbes, mais chaque bobine, au lieu d’être enroulée dans un plan vertical et devant croiser l’armature, est enroulée dans un plan horizontal.
- « Pour faire un projet économique, il faut que le diamètre de l’armature soit giand par rapport à son épaisseur, et les noyaux verticaux des électroaimants inducteurs doivent être aussi courts que possible ; la seule considération est de ménager
- Fig. 9
- assez de place pour .obtenir une longueur suffisante des bobines.
- « Il est curieux de constater que ce modèle a été adopté actuellement par M.Kennedy,qui fabrique, comme il les appelle, des dynamos cuirassées.
- « M. Elwell m’a demandé si c’était réellement l’arrangement que j’avais décrit dans YElectri-cian. Il a fait une machine basée sur le même principe et il a trouvé qu’elle marche très bien, avec une grande puissance pour un faible poids. Ces machines sont d’ailleurs peu coûteuses et absolument rigides. »
- Quant aux lignes de forces perdues, M. Kapp dit que l’influence de cette déperdition est plus faible que ni? le supposent beaucoup d’électriciens.
- Supposons en effet qu’elle soit de 2 5 0/0, on ne perdrait pas pour cela 25 0/0 de l’énergie nécessaire pour exciter les électros-aimants. Celle-ci dépend de la section des inducteurs. Supposons qu’un noyau de 10 c.m. sur 2 5 c. m., suffise s’il n’y avait pas de lignes de forces per-
- dues : avec une perte de 25 0/0, il faudra p'orter la largeur de 10 à r>,,5 c. m., et le périmètre ou la longueur d’un tour de fil sera augmenté de 5 c. m., sur une longueur totale de 75 c. m.
- Ainsi l’augmentation serait seulement de 7 0/0 au lieu d’être de 2 5 0/0.
- En réponse aux observations présentées par plusieurs membres sur son système barbare d’unités, M. Kapp répond qu’il a adopté ces unités parce que les ouvriers anglais ne peuvent pas comprendre les unités C.G.S, et que ses nombres sont de grandeur convenable pour l’usage courant.
- Quoiqu’il en soit, pour pouvoir se servir des formules de M. Kapp, il est de toute nécessité de traduire ces nombres en unités C.G.S. On trouvera ce calcul plus loin.
- Nous terminerons cet article par une comparaison.des méthodes employées par M. Kapp et par MM. Hopkinson et on verra que ces deux systèmes de prédéter'mination de la caractéristique sont presque identiques.
- La différence entre la méthode de,M. Kapp et celle de MM. Hopkinson, consiste presque uniquement en ce que M. Kapp emploie une formule empirique, là où MM. Hopkinson se servent des données obtenues directement par l’expérience sur un échantillon de fer, identique à celui avec lequel la machine est construite. Les deux auteurs ont d’ailleurs recours à l’expérience directe sur la dynamo, pour déterminer un certain facteur (le facteur p de M. Kapp et le facteur v de MM. Hopkinson). La méthode de MM. Hopkinson, a le précieux avantage de détailler pour ainsi dire les effets, ce qui permet de calculer l’influence de chaque partie de la machine.
- Pour l’intelligence de ce qui va suivre, nous adopterons la même notation pour les deux systèmes et nous rapporterons toutes les mesures aux unités C.G.S: nous nous servirons, autant que possible, des notations employées dans te mémoire de M. Hopkinson, savoir :
- F flux total d’induction à travers les diverses sections de la dynamo,
- B = F/A l’induction par unité de surface ;
- H intensité du champ magnétique ; n nombre total de tours de fil sur les électros ; i intensité du courant dans les inducteurs en unités C. G. S.
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- iS
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- A< section de l’âme de l’induit, longueur moyenne des lignes de force dans ce noyau ;
- Aa surface des pièces polaires, /2, entrefer;
- A3 section des noyaux des inducteurs, Z3, longueur des noyaux ;
- \j. perméabilité magnétique du fer employé.
- La fonction que MM. Hopkinson indiquent par /(F/Ai) peut être remplacée par 1 /[/. F/Ai et leur équation de première approximation,
- ^F
- ‘A,
- 4 w n t = 11 f + 2 1% -f- + l peut être remplacée, par
- AB
- , i F , . F , , i F
- 4TC)ll = C 1------------\- 2 L 2 -T-h £ 3---1—
- [J. Ai 'As IX A3
- F =
- _L_4l+_L * l'
- Rot =
- 2 12 X 1440 Aa
- L et A2 ayant la même signification que ci-dessus, mais étant exprimés en pouces et en pouces carrés. Le nombre 1440 désigne (dans le système de M. Kapp) la résistance magnétique spécifique de l’air : nous nous occuperons tout à l’heure de la transformation de ce nombre en unités C. G. S. et de sa signification théorique.
- Pour la résistance magnétique de l’armature, on a :
- R.=
- 11 x 2 Ai
- t g - «Tl
- /l
- 411 (1 Al 4U A2 4 Tt |A A3
- Rapprochons de cette formule celle deM. Kapp.
- P
- "i-RB + Ea + R/
- lignes de force (de Kapp) à travers l’armature, 1 la section de l’armature étant exprimée en pouces carrés, l’unité de champ magnétique étant booo uni- ; tés G. G. S.
- P — n i' force magnétisante, ï en ampères. Comme nous désignons par i l’intensité en unités C. G. S., on a i'= 1/10 z; Ra, Ra, R/ résistances magnétiques de l’armature, de l’air et des inducteurs.
- Avec la notation de M. Kapp, on a pour la résistance magnétique de l’entrefer, l’expression
- Z, étant le maximum de lignes de forces qui pourraient passer avec une force magnétisante infinie; h et At exprimées en pouces et en pouces carres, ont la même signification que dans la formule de MM. Hopkinson.
- Le nombre 2 représente (toujours dans le système de M. Kapp), la résistance spécifique initiale du fer.
- Quant à la résistance des électros, on a
- R/ =
- I* x 2
- tg
- avec <n = ^r-
- Z2 étant le maximum de lignes de force à travers les noyaux des électros.
- Pour constater la relation intime qui existe entre ces deux systèmes d’évaluation du champ magnétique produit, il suffit de convertir en unités C. G. S., la formule donnée par M. Kapp, on a :
- _ (1000
- F = 2-—T ZI 6,4b
- l SS 10 X
- •n 71 1
- P =1U = ----
- IO
- La résistance de l’air de l’entrefer intervient par la formule,
- Ro- = 2 G x 1440 A2
- Le facteur 1440 représente (d'après M. Kapp), la résistance magnétique spécifique de l’air, c’est-à-dire la résistance magnétique correspondant à un cube de 1 pouce carré de surface et de 1 pouce de longueur. Pour réduire ce nombre en unités G. G. S., on peut partir de la formule,
- Zi =
- Ra
- n t ' Roi
- ce qui donne en unités C. G. S.
- 6,45
- 2,04
- 1440 X67T5
- on en déduit :
- 0,45 2,34
- 1440 x —— x -rr-4
- Oopo b,45
- 144 X
- 2,34 . 0,0607 6000
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-
- *9
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- Lorsqu’on calcule la résistance magnétique spécifique de l’air dans le système G. G. S., d’après la formule,
- I 2 Z 2
- 4 TC A2
- on trouve en faisant 2 l.2 = 1 c. m. Aa = 1 c. m(i) 2.
- ~ = °»°796 4 it
- valeur supérieure à celle indiquée par M. Kapp.
- Cet auteur, d’ailleurs, n’indique pas comment il trouve le nombre 1440 adopté jpar lui. M. For-bes (’) dit à ce sujet, dans la discussion remarquable qu’a soulevée le mémoire de M. Kapp et dont nous avons parlé plus haut :
- « M. Kapp dit que le nombre 1440 représente la résistance magnétique spécifique de l’air dans le système arbitraire qu’il a adopté, mais il n'a pas eu le courage de démontrer si ce nombre est exact ou non. Plus loin M. Kapp dit que la résistance magnétique spécifique initiale du fer est, représentée par le nombre 2 ; il n’a pas examiné non plus si ce nombre est exact, mais il est cer-tainqu’unde ces deux nombres doit être érronné, sinon tous les deux, car on sait que la perméabilité du fer, pour de faibles forces magnétiques, est supérieure à 720. »
- Nous verrons un peu plus loin que c'est le chiffre relatif à l’air qui doit surtout être consi*»i déré comme inexact.
- Nous pouvons ajouter que, si on convertit en unités Kapp le nombre 1/4^, on trouve :
- 1 o 6000 „
- -- --Y- = 1890
- 4TC 2,54
- au lieu de 1440.
- Quoiqu’il en soit, si l’on désire appliquer la formule de M. Kapp tout en se servant des unités G. G. S., il faut remplacer le nombre 1440 par 0,0607.
- Le terme
- Roc = 2 12 x 1440 A2
- devient donc, dans le système C. G. S. :
- 2 Z 2 X 0,0607
- a2
- l3 et A3 étant exprimés en c. m.
- Dans les autres termes, figure la résistance magnétique spécifique du fer, représentée d’après M. Kapp par le nombre 2. Pour réduire ce nombre en unités C.G.S., il suffit, d’après ce qui précède, d’écrire :
- t 6,45 2,54
- 2 X — X z2-*- X -Z*—* 10 0000 6,45
- 0,000084
- Il suffirait d’ailleurs de diviser par 720 le nombre 0,0607, précédemment trouvé pour la résistance magnétique de l’air.
- En écrivant
- —— = 0,000084
- 4Tt (A *
- on a
- ^ 4 TT 0,000084 ~ J
- Telle serait, d’après M. Kapp, la perméabilité initiale du fer. On remarquera que ce nombre est très voisin du nombr.- 1000, trouvé par MM. Ayr-ton et Perry.
- La résistance magnétique de l’armature se trouve d’après la formule
- R« =
- li X 2 Ac
- * 9
- Le dernier facteur est numérique et ne change pas lorsqu’on change le système de mesure.
- Il suffit donc de considérer le terme,
- a _l 1X2
- R-—Âp
- le nombre 2 étant considéré comme la résistance spécifique du fer; nombre qu’il faut remplacer, comme nous venons de le voir par 0,000084; ce terme devient donc :
- Il X 0,000084
- aT ~
- (i) Journal of the Society 0/ Telegraph Engineers and
- Electricians, t. XV, p. 552, 1887.
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- <20
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- ^ et A, étant exprimés en c. m.
- La réduction du dernier terme se fait d’une manière identique.
- La formule de M. Kapp devient ainsi en unités
- C. G. S.
- t9i°i i 21, i
- -------Q,000084. —i- 4- 0,0607 -T—? +0,000084 - J-
- ic ^ A, A2 A3 tc
- 0*1
- tandis que la formule de MM. Hopkinson, est
- F ______________ni
- I * | . 1 3 lt ____I_ l_3
- 4 Tt (i. Ai "r 4 m Ag 4 ir p, A3
- 1er'mêmes lettres ayant la même signification dans ks deux formules.
- Pour tenir compte de l’influence de la satura-1 on du fer.
- M. Kapp adopte la formule empirique:
- . 71
- tg-<7i
- Zi Fi
- F, étant le maximum de lignes de force qui peuvent passer à.travers l’unité de section du fer donné.
- M. Kapp indique les nombres suivants :
- Unités C. G. S. parc, m*
- Armatures fil de fer au
- bois, bien recuit.... 2 33oo
- Armatures disques.... 2o5oo Inducteurs pièces de
- forge............... 1680c
- Lignes de Kapp par pouce carré
- 25
- 23
- 18
- Comme première approximation, on suppose qu’il n’y ait pas de lignes de force perdues; on a alors \2 et comme on peut d’aii leurs supposer
- 21^, on a — ffj •
- La formule de M. Kapp devient alot.--,
- F =
- 0,0607 +0,000084
- . TC F
- TT F
- 2 F*t
- (Ü+ii)
- On prendra pour une des valeurs précédemment données, multipliée par la section de l’armature, et on construit la courbe en prenant pour abscisses ni et pour ordonnées F, ce qui donne le flux total à travers l’armature.
- Comme nous l’avons vu, la formule de MM. Hopkinson est presque identique à celle employée par M. Kapp; seulement, dans la formule employée par MM. Hopkinson :
- F =
- 1 2 i2______j_ ls\
- 4 tc Ag . 41c [je \ Ai A3 /
- tous les termes ont une signification physique bien nettement déterminée et la fonction |g est déterminée expérimentalement sur un échantillon de fer identique à celui avec lequel on a construit la machine.
- La manière de construire la courbe est également très ingénieuse : au lieu de procéder comme le fait M. Kapp, c'est-à-dire de déterminer la valeur finale de F, MM. Hopkinson fractionnent, pour ainsi dire, la courbe ; ils trouvent une courbe séparée pour l’armature, l’entrefer, les inducteurs, etc., ce qui permet de se rendre un compte exact de la maniète dont se comporte chaque partie du circuit magnétique.
- Nous présenterons la remarque suivante sur la formule de MM. Hopkinson.
- Le champ magnétique produit à l’intérieur des ^inducteurs serait, en supposant les bobines d’une très grands longueur ou un anneau fermé :
- 4 uni £3
- et le flux total d’induction qui passe à travers la section A3 de ces inducteurs serait :
- ^ • ...
- Fi = 47xn i
- t 3
- C’est le flux maximum qu’on pourrait produire avec les inducteurs en question. On trouve alors la formule, F étant le flux réel.
- 2 l2 A,
- 1 1 -l h h , ,
- 13 Ai t3 A2
- Cette formule montre bien l’importance des
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- différentes parties du circuit magnétique. Comme on a
- Fi — (a A3 H
- H étant le champ magnétique produit à l’intérieur du solénoïde infini, on a :
- F =
- A, H
- i_ / , j-j A» \ , 2 l j, A 3
- P V + l3 aJ + 13 Ai
- On voit que la perméabilité doit être la plus grande possible, pour obtenir une grande valeur pour F.
- Les deux auteurs, M. Kapp et MM. Hopkinson, introduisent dans leurs calculs de deuxième approximation un certain facteur pour tenir compte des lignes perdues, ét ici les deux méthodes diffèrent légèrement, puisque M. Kapp introduit la notion de résistance magnétique parallèle, tandis que le facteur v de MM. Hopkinson ( et nous avons vu comment M. Forbes essaie de calculer théoriquement ce facteur) interviendrait pour augmenter dans un rapport donné certaines résistances magnétiques ( les résistances magnétiques des inducteurs, de la culasse et des pièces polaires).
- Comme, d'ailleurs, les constantes numériques des deux formules ne sont pas les mêmes, il est impossible, d’après nous, que les deux méthodes fournissent le même résultat. Il y aurait donc lieu d’appliquer les deux méthodes simultanément au calcul d’une même machine, et de voir dans quel cas la coïncidence est la plus parfaite.
- Comme les valeurs numériques des constantes qui interviennent dans la formule de M M. Hopkinson sont basées sur une donnée scientifique bien établie, il est à présumer que c’est cette formule qui donnerait le meilleur résultat.
- P.-H. Ledeboer
- NOUVELLE LAMPE A ARC
- DE M. STATTER
- , On sait que le principal inconvénient du réglage par solénoïde différentiel des lampes à arc consiste dans les oscillations continuelles de la lumière, qui ont lieu dans un grand nombre de celles-ci. Ces oscillations sont dues au fait,
- qu’on est obligé, pour obtenir un rapport constant entre le courant de l’arc et le courant dérivé du solénoïde, de placer l’électro^aimant régulateur dans des conditions d’équilibre telles, qu’il soit sensible au moindre changement d’intensité du courant; le nut du réglage est généralement dépassé, et il s’en suit un mouvement de va-et-vient qui donne lieu à des pulsations continuelles.
- M. Statter, de Dalston (Angleterre), a modifié
- son type de lampe, de manière à éviter cet inconvénient au moyen d’un ingénieux dispositif de dash-pot, n’agissant que dans un sens, ce qui fait varier le frottement sur le frein et permet aux charbons de se rapprocher de très petites quantités à la fois, d’une manière presque continue. En fait, le noyau du solénoïde peut monter d’une certaine quantité sans que le charbon remonte, tandis que celui-ci suit toujours le noyau à la descente. .
- La lampe Statter(fig. i)secomposed’unchdibon fixe, d’une bobine S dans l'intérieur de laquelle se meut le moyeu E, d’un porte-charbon mobile qui. tend à descendre par son propre poids, et auquel
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- 22
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- est fixée une crémaillère R qui glisse dans une gaine, et vient engrener avec un pignon O, solidaire de l’axe de la roue, ou du frein W; cette roue porte une gorge dans laquelle passe la chaîne B, B attachée à une extrémité au noyau de l’électro-aimant régulateur, et à l’autre à la tige du piston du dash-pot M.
- Ce dash-pot présente un dispositif particùlier, qui permet, précisément, d’obtenii* la continuité pratique de la régulation ; la tige du piston n’est pas fixée directement à ce dernier, mais a un poids V.
- Ce poids,peut avoir un petit mouvement de va-et-vient dans l’intérieur du piston ; sa partie supérieure est conique et agit comme une soupape. On voit que le charbon supérieur ne peut se mouvoir sans que la roue W ne tourne. Le courant principal entre par une borne T, traverse le gros fil du solénoïde S et passe par la crémaillère aux charbons, pour aboutir à la seconde borne T'. Le fil fin du solénoïde est en dérivation sur l’arc.
- Pour que le porte-charbon supérieur puisse descendre par son propre poids, il doit non seulement vaincre la résistance du frein, mais encore le frottement de la crémaillère dans la gaine et l’inertie du mécanisme ; d’autre part, quand le noyau de l’électro-aimant s’élève, pour que le charbon positif remonte, il faut que le frottement de la chaîne sur la roue soit assez fort non seulement pour élever le poids du porte-charbon mais encore pour vaincre le frottement de la crémaillère, l’inertie du mécanisme, et le frottement du dash-pot.
- Le minimum de l’effort sur le frein est donc différent pour le mouvement ascendant ou descendant ; c’est cette différence que M. Statter utilise pour une régulation constante, en produisant des mouvements presque imperceptibles du charbon. Voici'cômment la lampe fonctionne ; quand le courant ne passe pas, le noyau de l’électro-aimant tend à tomber, et, les charbons se touchent, si l’on fait passer le courant,, l’électro-aimant est excité, les charbons se détachent et l’arc se forme de la manière ordinaire.
- Au moment où l’électro-aimant s’élève, le piston dans le cylindre M s’élève en même temps, mais comme ce piston s’ajuste assez exactement dans le cylindre, il se forme au-dessous un vide partiel qui s’oppose à un trop brusque mouvement ascendant.
- Xe!piston repose sur le poids intérieur V, qui
- agit comme une soupape ; si l’électro-ainftant: continue à monter, la soupape restera fermée et le vide formé au dessous continuera à opposer une certaine résistance ; s’il descend, au contraire, la soupape s’ouvrira et le piston [descendra librement; il n’y a donc opposition au mouvement que dans un sens et non dans l’autre. On peut voir par la figure que le poids central du piston a un peu de jeu du haut en bas dans le piston lui-même, environ 4,5 m. m.
- Le poids de V est calculé de sorte^que quand il porte seul, le frottement de la chaîne sur la roue soit suffisant pour la tenir ferme, mais insuffisant pour la faire tourner quand l’électro-aimant remonte. Si le mouvement ascendant du noyau dépasse le jeu intérieur du poids dans le piston, soit 4,5 m. m., alors le poids du piston lui-même s’ajoute sur la chaîne, et le frottement de celle-ci sur la roue devient suffisant pour la faire tourner.
- D’autre part, le moindre mouvemént descendant de l’électro-aimant dans les mêmes limites permet à la roue de tourner.
- Quand le piston vient à toucher le fond du cylindre, alors le frottement de la chaîne sur la roue devient nul, le frein reste libre et la lampe rentre dans les conditions ordinaires des lampes à modérateur différentiel sans frein.
- Toutefois ce dernier cas ne se présente que rarement, et pour une durée de plusieurs heures, les petits mouvements de haut en bas du poids central suffisent à faire mouvoir la rùüe par petites impulsions, de manière à donner un arc très stable. Lorsque le poids dans le piston ne s’abaisse que de i m.m. à i m.m., le charbon ne s’abaisse que de i à 2 dixièmes de millimètre par pulsation.
- Avec une bonne dynamo ayant un mouvement régulier, les oscillations de l’électro-aimant se maintiennent toujours entre ces limites et on obtient une grande stabilité.
- La lampe est munie d’un commutateur de mise en court-circuit automatique G, consistant en un levier L; quand les charbons sont consumés,et que la crémaillère est descendue à fond, une goupille que porte celle-ci vient buter sur le bras de gauche du levier ( voir fig. i.) fait lever l’autre bras et met en contact les deux bornes T et T'; d’autre part, le courant cessant de passer par le solé-nolde, l’électro-aimant retombera et viendra appuyer de son propre poids au moyen de l’écrou K
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- JOURNAL mUNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- sur l’extrémité du levier et augmenter ainsi la pression au contact.
- La lampe dont nous donnons l’illustration c-st çalculée pour durer huit à douze heures avec une seule paire de charbons pour un courant de 12
- Fig. 2 et 3
- ampères et 46 volts, donnant un pouvoir éclairant de 135 carcels ou 1200 bougies.
- Si l’on désire une plus grande durée, on peut mettre deux paires de charbons et disposer le commutateur G de manière à faire passer le courant de la première paire à la seconde.
- La figure 2 montre cette lampe avec un globe pour l’éclairage intérieur, et la figure 3, avec une lanterne pour l’éclairage à l’air libre.
- C. Ménabrêa.
- ESSAIS D’ETUDE EXPERIMENTALE
- DES
- CHAMPS MAGNÉTIQUES
- La connaissance de la valeur des champs magnétiques obtenus avec des électro-aimants de différentes dimensions est indispensablepour l’établissement des machines dynamo-électriques.
- Nous en avons entrepris l’étude expérimentale, et nous allons d’abord décrire la méthode générale que nous avons adoptée pour la mesure de ces champs.
- Cette méthode a été indiquée pour la première fois par Sir W. Thomson.
- Elle consiste essentiellement (figure 1) h suspendre un fil de cuivre a b devant la plaque polaire A de l’électro dont on veut connaître le champ. Deux godets de mercure m tri permettent d’envoyer un courant dans ce fil, tout en le laissant mobile autour de son point de suspension d\ un poids P, convenablement choisi lui donne une tension suffisante.
- Pour compléter le champ, on peut mettre devant la plaque polaire A, une armature en fer d'épaisseur variable et située à des distances variables de la plaque polaire.. (Nous n’avons pas représenté cette armature dans la figure 1 pour nous permettre de décrire plus clairement les dispositions de détail du conducteur mobile a b.)
- Le courant envoyé dans ce conducteur est choisi de telle sorte qu’il le fait dévier vers la gauche de la figure, dans le sens indiqué par la flèche/. Si nous appelons F l’effort en grammes, auquel le conducteur est soumis, /, la hauteur en centimètres delà plaque polaire et I, le courant en ampères, qui traverse ce conducteur, l’intensité H du champ magnétique en unités absolues, nous est donnée par la formule:
- Nous aurons la valeur de I, au moyen d’un ampèremètre ordinaire.
- Fig. 1
- Voici comment Sir W. Thomson détermine la valeur de F.
- Il attache aux deux extrémités g et h du conducteur mobile, deux fils de soie gi et hk, qui se terminent par deux œilletons i et k. Les lils de sus-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pension de 2 pendules np et ri p traversent ces œilletons et leurs points de suspension n et ri sont mobiles le long de deux règles graduées nr et rir .
- Lorsque le conducteur mobile a été dévié vers la gauche sous l’influence du courant qui le traverse, nous déplaçons vers la droite les peints de suspension m et ri des deux pendules en maintenant horizontaux les fils de soie gi et h k. Nous ramenons ainsi le conducteur a b à occuper la position qu’il avait au repos.
- Ceci posé, si p est le poids en grammes du pen-
- lllllllllllllllllliuillllllliul
- dule supérieur, c, la distance verticale qui sépare l’œilleton i du biseau de la règle graduée nr et / le déplacement donné au point de suspension n, il est facile de voir que la composante horizontale du poids p, qui exerce son effort pour ramener le conducteur a b dans sa position primitive a pour valeur p X Ijc. Appelons cette composante/-.
- Si nous appelons de même/ le poids en grammes du second pendule, c' la distance de l’œilleton k au bord biseauté de la règle graduée ri r' et 1' le déplacement donné au point de suspension ri, p' X l'je' représentera la valeur/" de la composante horizontale du second pendule qui exerce son effet pour ramener le conducteur a b dans sa première position.
- 11 est évident que l’effort F, que nous voulons mesurer, est la somme des deux efforte/et/'.
- Telle est la méthode générale employée pair Sir: W. Thomson pour mesurer les champs magné-; tiques.
- Nous y avons apporté quelques modifications' de détail. Nous en signalerons une seule.
- Comme nous opérons pour mesurer les champs magnétiques sur des électros-aimants à culasse, nous remplaçons le conducteur mobile unique de Sir W. Thomson par un cadre a b a' b' composé de plusieurs brins (fig. 2). Le courant circule dans ce cadre dans le sens des flèches indiquées dans la figure. Les polarités des 2 branches de l’électro-aimant à culasse étant de nom contraire, on voit que tous les brins verticaux du cadre exercent des efforts élémentaires concordants, quand ils sont traversés par le même courant. Si n est le nombre total des brins verticaux
- Fig. S
- du cadré, et si F est l’effort élémentaire exercé sur l’un de ces brins, l’effort que nous mesurons est égal à nXF.
- Cet avantage, qui consiste à multiplier à volonté l’effort, duquel nous déduisons le champ magnétique H est précieux, quand on a à mesurer des champs magnétiques faibles.
- La figure 2 représente d’une façon plus complète les détails que nous avons indiqués schématiquement dans la figure 1. Les lettres correspondent dans les deux figures.
- La figure 2 représente également deux voyants en carton V etV,. Le premier V porte un repère fait au crayon, qui permet de constater que le cadre mobile a été ramené à la même position, qu’il soit au repos ou traversé par le courant.
- Le second Vp porte deux repères, qui permettent de maintenir horizontaux les 2 fils gi et hk après les déplacements qù’il faut faire subir aux points de suspension n et ri pour rétablir l’équilibre.
- Nous avons représenté (fig. 3) là disposition générale du circuit électrique.
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- *5
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- La source d’électricité est une pile P, dont le pôle positif est attaché au fil d’entrée e de l’électro-aimant. Le fil de sortie s de cet électro, se rend au godet de mercure m. Le courant général traverse donc d’abord le fil de l’électro , se rend ensuite au cadre mobile , et revient à la pile au moyen du deuxième godet de mercure m'. Un voltmètre G est monté en dérivation sur les bobines de l’électro. La résistance du fil de cet électro étant connue, il est facile de déduire des déviations du voltmètre l’intensité de circulation dans le circuit général.
- Electro-aimant a culasse dont les âmes carrées ont 45 m.m. DE COTÉ.
- Le premier électro-aimant à culasse, dont nous
- Fig. 4
- nous sommes occupés, a une âme carrée de 45 m. m. de côté. La plaque polaire est formée par le prolongement de l’âme et ne présente aucun épanouissement.
- La figure 4 représente une vue en plan de cet électro et la figure 5 une vue en élévation.
- La longueur d’une âme est de go m. m. La longueur de la partie de l’âme sur laquelle est bobiné le fil de cuivre isolé est de 60 m. m.
- La culasse a une section carrée de 45 millimètres de côté. Sa longueur est de 146 millimètres, Le fil de cuivre isolé bobiné sur l’électro a un diamètre de 12/10 m.m. nu. Suruneâme, lenombre de couches est de 38 et le nombre de spires d’une couche est de 12. Il y adonc 38 X 12 =456 tours sur une branche d’électro, et le nombre de tours sur les deux branches est de 4$6 X 2 ou 912 tours.
- Pour compléter le champ magnétique, nous avons employé des armatures de fer de 200 millimètres de long et de 45 millimètres de haut (fig. 6 et 7).
- L’épaisseur de ces armatures était variable. L’armature I avait 2 millimètres d’épaisseur, l’armature II 4 millimètres, l’armature III 8 millimètres, et l’armature IV 16 millimètres.
- En combinant toutes ces armatures entrelles, nous pouvons leur donner des épaisseurs croissantes à volonté. Ainsi en combinant l’armature II avee l’armature III, l’épaisseur était de 12 millimètres, en combinant I et III, l’épaisseur était de 10 millimètres, et en mettant toutes les armatures, l’épaisseur était de 3o millimètres.
- Le cadre mobile (fig. 2) se composait de 5 brins de fil de 12/10 m.m. nu. Il y avait donc 10 brins verticaux et le nombre n par lequel nous devions
- Fig. 5, 6 et 7.
- diviser l’effort mesuré pour obtenir la Valeur de F, que nous avions à introduire dans la formule
- était égal à 10.
- Pour la longueur /, nous prenons la longueur de la plaque polaire, c’est-à-dire 4,5 c.m. sans nous préoccuper de la partie du fil qui était située en dehors du champ proprement dit, partie qui du reste, devait couper un nombre très restreint de lignes de force.
- Pendant toute la première série de mesures, l’intensité est restée pratiquement constante. Elle a varié de 3,45 ampères à 3,22 ampères dont la moyenne est de 3,33 ampères. Le nombre de tours de fil sur l’électro étant de 912 tours, le nombre total d’ampères-tours a été de 1039.
- Le nombre de rangs sur un centimètre de long de l’âmé était de 6,57, et le nombre de spires dans
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- 26
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- un rang était de 12, le nombre total de spires par centimètres de longueur d’âme était de 80. Fin supposant que la longueur des âmes des électros fut indéfinie, la valeur de la force magnétisante serait représentée par 4 nXSoX 3,33/10 ou par 335,14. La quantité totale d’énergie dépensée à la seconde en travail calorifiqueétait représentée par :
- Pour faire varier l’entrefer, nous interposons
- a, épaisseur de la plaque de fer ; e, différence de potentiel entre l’entrée et là' sortie du fil de cuivre bobiné sur l’électro ;
- r =2,14 ohms, résistance électrique du fil de1 l’électro ;
- I = e/r, intensité générale de circulation (en' ampères).
- /, déplacement en millimètres donpé au pointr de suspension du premier pendule au moment dé l’équilibre ; »
- 1' déplacement en millimètres donné au point de suspension du second pendule au moment dé l’équilibre ;
- ‘SEURS D'Afi MATURES
- 2I%> 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 2C- 26 28 30
- Fig. 8
- sur les bords des âmes des électros, des cales de bronze, d’épaisseur variable.
- Nous faisons précéder les tableaux des mesures que nous avons effectuées de l’explication des notations que nous avons adoptées dans ces tableaux.
- Explication des notations adoptées . dans les tableaux
- d, entrefer ou distance entre l’électro et les plaques de fer ;
- c = 345 millimètres, distance enjmilr limètres entre le bord gradué de la règle du premier pendule et son oeilleton mobile ;
- c = 285 millimètres, distance en millimètres entre le bord gradué de la règle du second pendule et son œilleton mobile ;
- p è=‘5o grammes, poids suspendu au premier pendule ;
- p = 5o gramtnes, poids suspendu au second pendule ;
- f == p/c X h effort développé par le premier pendule au moment de l’équilibre ;
- f = p/c X l’, effort développé par le second pendule au moment de l’équilibre ;
- F = f -f- /’ effort total développé par les deux pendules ;
- M moyenne des efforts F pour une même mesure ;
- n — 10, nombre de brins utiles du cadre mobile ;
- / = n X 0,045 = 0,450 m., longueur totale en centimètres des brins utiles du cadre mobile ;
- H valeur du champ magnétique en unités absolues donné par la formule :
- îopF
- ~TT~
- (Dans cette formule F est exprimé en grammes,
- / et g en centimètres, I en ampères).
- Nous avons représenté (fig. 8) les courbes qui résument les tableaux précédents.
- Nous avons pris pour abscisses les épaisseurs des armatures, et pour ordonnées les champs magnétiques correspondants : à chaque entrefer cor-
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- TABLEAU I (Entrefer 3 millimètres)
- d a e I e r l . f ÏX! c V r fxr F f + r M H lojy f ——— * OBSERVATIONS
- l 1
- millim. mlltim. volts ampères millim. grammes millimètres grammes grammes grammes 16 mars 1887.
- 3 2 7,° 3,27 55 7,975 55 9,625 I7,600 l 17,730 1206
- » )) 7,° 3,27 58 8,410 54 9,450 17,860
- 3 2 7,10 3,32 53 7,685 62 io,85o 18,525 ' 18,275 1227 17 mars 1887.
- » » 7,10 3,32 70 10,i5o 45 -7,875 18,025 i
- 3 4 » » 86 12,470 61 10,675 23,145 22,675 1521
- » » » » 94 i3,63o 49 9,575 22,205 i
- » 6 » » 87 I2,6i5 95 16,625 29,240 [ 29,012 1946
- » » » » 88 12,760 9i t6,o25 28,785 ( La force F, indiquée dans
- » 8 » » 118 17,110 92 16,100 33,210 | 33,100 2221 la colonne 9, doit être divi-
- » » » » 117 16,965 9* 16,025 32,990 I séc par 10 pour êtredntro-
- » IO 7,o 3,27 123 17,835 109 19,075 36,910 ! l 37,070 2521 duite dans la formule; de:~1Â
- » » 7,o » 124 17,980 110 i9,25o 37,230 I colonne 1 ï. > j
- » 12 » » i63 23,635 94 16,460 40,080 1 I 39,635 2695 .. -ïcjXÎÏ : r. X.y
- » » » » i58 22,910 93 16,275 39,i85 ) |
- » *4 » » 170 24,650 90 ï5,75o 40,400 j 41,180 ?800
- » » » » i65 23,935 io3 18,025 4l,96o - . —
- ». 16 » » 192 27,840 80 14,000 41,840 / 42,605 2897 Quand l’épaisseur de l’arma-
- )) » » » 170 24,650 107 18,725 43,370 J turc varie de 16 à 3o m.m. le
- )) 45 » » 170 24,650 110 19,250 43,900 43,900 2985 champ magn. reste constant.
- TABLEAU
- résumant les champs magnétiques correspondant à des épaisseurs d’armatures variables pour un entrefer déterminé
- Entrefer 3 millim. Entrefer 4 millim. Entrefer 6 millim. Entrefer > millim. Entrefer 10 millim. Entrefer 16 mill. Entrefer 20 mill.
- a H a H a H a H a H a H . a H
- millimètres 2 1227 millimètres 2 1106 millimètres 2 906 '«lillimètres 2 745 millimètres 2 781 millim.. 2 670 millim. 2 643
- 4 1521 4 1468 4 1248 4 1067 4 979 •4 797 4 695
- 6 1946 6 1854 6 1557 6 n8i 6 1108 6 808 6 697
- 8 222 I 8 2007 8 1619 S 1210 8 1 132 8 . 807 8 701
- 10 2521 10 2288 IO 1664 10 1273 10 1120 10 » 10 694
- 12 2695 12 2465 12 1660 12 1423 12 I 145 12 8i7 12 id.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- respond une courbe. Nous avons indiqué la valeur de cet entrefer à l’extrémité droite de chaque courber
- Eugène Sartiaux Jules Sarcia
- LE COURANT CONTINU
- LES APPELS TELEPHONIQUES
- On est trop porté en général, à croire que la té-
- légraphie a trouvé dans le téléphone un rival redoutable, et beaucoup ont déjà dit : « ceci tuera cela.» C’est bien à tort, car les deux systèmes sont appelés à se compléter et non pas à se faire une concurrence acharnée.
- Si le téléphone est supérieur au télégraphe pour les courtes distances, par exemple, pour les communications urbaines et même intra-urbaines dans un certain rayon, celui-ci n’en domine pas moins, pour l’instant, la situation pour les communications à grande distance.
- Le téléphone complète le télégraphe surtout dans une direction qu’on n’a pas envisagée assez à fond. Le réseau télégraphique est nécessairement arrêté dans son développement lorsque,
- arrivé aux localités peu importantes, le-, nombre des dépêches ne suffit pas à couvrir les frais de construction et d’exploitation ; ces derniers sont relativement élevés car les appareils Morse supposent un personnel exercé.
- Le téléphone, par sa manipulation simple et son prix peu élevé, n’exige pas d’installation compliquée et dispendieuse, ni de personnel spécial ; il permet donc la création d’un réseau secondaire se rattachant aux bureaux télégraphiques ordinaires; la dépêche, déposée au bureau téléphonique, est transmise par le téléphone au bureau télégraphique avec lequel il est en relation et celui-ci la fait parvenir à destination par le moyen ordinaire.
- Ce grand avantage a été en général plus ou moins ignoré des grandes administrations télégraphiques de l’Europe. Seule l’administration allemande a utilisé cette facilité sur une vaste échelle, puisque, à la fin de l’annee dernière, l’empire allemand ne comptait pas moins de 3686 bureaux desservis uniquement par le téléphone et utilisant 23,5oo kilomètres de fils.
- Le réseau télégraphique de l’Allemagne a été ainsi complété, et un grand nombre de localités isolées qui, sans cette simplification, seraient restées à l’écart, ont été rattachées au réseau général et contribuent à en augmenter le trafic dans une proportion qui n’est nullement négligeable.
- On utilise dans les réseaux téléphoniques allemands, le téléphone Siemens comme transmetteur et comme récepteur; on sait en effet que les microphones ne, jouissent pas de la faveur de l’administration germanique.
- 11 est intéressant de mentionner eii passant une particularité des réseaux urbains qui sont sous sa direction.
- L’avantage le plus important qui résulte de l’emploi d’un transmetteur magnétique, est la suppression complète de la pile et l’absence de tout réglage, l’appareil une fois installé.
- On a utilisé en commençant l’appel phonique de Siemens, mais à la suite du développement étendu des réseaux, on a dû recourir aux sOnne-'ries. On a employé des sonneries à courant de pile en sorte que la station de l’abonné, combinée
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ .29
- à l'origine pour ne pas avoir d’éléments galvaniques est affectée d’une batterie complète, sans qu’on utilise pour cela un microphone, toujours plus puissant qu’un téléphone magnétique pendant cette anomalie tend maintenant à disparaître et l’emploi des appels magnéto-élerctiques commence à se répandre.
- A l’origine, l’appel des bureaux télégraphiques exploités par le téléphone se faisait simplement à l’aide de la trompette de Siemens.
- Les lignes étaient alors très courtes et les inconvénients de ce système n’étaient pas assez frappants pour en empêcher l’application.
- Le nombre des bureaux desservis de cette manière augmentant, ainsi que leur distance au bureau télégraphique du réseau général, l’appel par la trompette de Siémens s’est bientôt montré insuffisante. Il n’est en effet, pas rare de rencontrer actuellement, des lignes de .80 à too kilomètres, renfermant 10 à 12 postes téléphoniques.
- Ceux-ci sont en général installés dans les bureaux de poste et pour sauvegarder le secret des dépêches, la station doit être installée dans un local séparé.
- On comprend que dans ces conditions, et le bruit du service postal aidant, les appels donnés par la trompette Siemens passent inaperçus dans la grande majorité des cas.
- L’emploi un peu répété du signal Siemens cause, en outre, à l’employé une inflammation des lèvres et de la langue fort désagréable ; la lame vibrante de la trompette est aussi souvent mise [hors de service. Tous ces inconvénients ont décidé l’administration allemande a renoncer à ce genre d’appels, au moins, pour les lignes un peu longues.
- L’emploi de sonneries étant ainsi tout . indiqué, les sonneries à courant de pile auraient, avec la disposition généralementemploye'e, nécessité dans chaque poste téléphonique une batterie assez forte pour pouvoir appeler tous les bureaux de la ligne. Cette installation aurait été très dispendieuse et surtout très incommode, à cause du peu
- de connaissances pratiques, relatives à l’entretien des piles, de la majorité du personnel postal. Les appels électromagnétiques ont été écartés
- e- un peu à cause du prix L d’achat élevé, t
- EE -, j E
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- la O ol
- Fig. 3
- *-L*
- tout, parce que ces appareils si pratique?, et dont le succès est si grand, ne sont décidément pas au nombre des favoris de l’administration allemande.
- Le courant continu a fait depuis longtemps ses preuves dans l’exploitation des lignes èt faible
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- >0
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- trafic et desservant un grand nombre de bureaux; c’est ce qui a engage' les ingénieurs allemands à utiliser une disposition analogue pour les appels des lignes téléphoniques du réseau télégraphique secondaire. Une seule batterie, placée, par exemple, ,à l’une des extrémités de la ligne, entretient le courant qui circule constamment dans le fil ; le.» interruptions produites à la station qui appelle actionnent les sonneries trembleuses de tous les bureaux placés sur la ligne.
- Voici d’après VÉlektrotechnische Zeitschrift les deux dispositions qui ont été essayées; elles sont indiquées par les figures i et 2. Le système de la figure 1 a le mieux répondu aux conditions du programme et fonctionne depuis plus d’une année, à la satisfaction de chacun, sur un grand nombre de lignes téléphoniques du réseau télégraphique secondaire. Dans cette dispoaition, il faut faire circuler le courant de façon à augmenter l’aimantation du noyau dès téléphones. On a même essayé de remplacer les aimants permanents des téléphones par des électro-aimants excités par le courant continu de la ligne. Les résultats obtenus n’ont pas été bien encourageants; avec une pile de 40 éléments et une ligne dont la résistance était de i5oo unités Siemens, il n’a pas été possible d’obtenir une reproduction distincte et assez intense de la parole. Par contre, les sonneries de tous les postes fonctionnent sûrement et facilement, par la simple interruption du courant dans l’une des stations.
- La seconde disposition exige une batterie plus forte et les sonneries sont beaucoup plus difficiles à régler, puisqu’elles doivent fonctionner sous l’influence de courants d’intensité différente, suivant la distance du poste qui appelle. Un autre inconvénient peut résulter de l’interruption du courant qui est produite lorsqu’on enlève à l’une des extrémités de la ligne le téléphone de son crochet de suspension, car alors les sonneries de tous les bureaux se mettent à tinter.
- Nous ne considérerons donc que la disposition de la figure 1 ; dans celle-ci, toutes les stations sont intercalées directement dans le circuit. Les détails de l’installation des stations sont donnés dans' les figures 3 et 4; l’appareil téléphonique employé est celui qui est en usage dans les réseau^ urbains et qui est composé d’un appareil transmetteur F,, d’un téléphone récepteur F2, suspendu à l’interrupteur automatique A et d’une sonnerie W; cette sonnerie a subi, cependant,
- une légère modification pour l’adapter au courant continu. Outre les deux bornes latérales k{ et k2, la sonnerie porte une troisième borne k3, reliée par un fil à son interrupteur automatiquefA ; les bobines de l’électro-aimant sont intercalées entre kK et k2. L’armature de l’électro-aimant est attirée dans tous les postes de la ligne et ne touche pas le contact /, tant que le circuit de la batterie B et de la ligne ELE n’est interrompu nulle part.
- Si l’on presse le bouton T d’une des stations, les armatures de toutes les sonneries de la ligne se détachent de l’électro-aimant et viennent s’appuyer contre les ressorts fK ; dans toutes les stations où le bouton T n’a pas été pressé, le circuit ne subit aucuné modification.
- Dans la station d’appel, par contre, le courant entre kt, e et k2 est interrompu entre x etf, tandis que, par suite de la chute de l’armature de l’électro-aimant contre le ressort fA, un nouveau circuit est fermé entre e et \ en passant par fA, k3 etjf. La sonnerie agit alors comme interrupteur automatique et envoie dans la ligne une série de courants qui actionnent directement les sonneries de tops les autres postes.
- La figure 3 donne le schéma de l’installation pour une station intermédiaire, la station terminus et la station de translation ; cette dernière est celle qui renferme le bureau télégraphique et permet le raccordement au réseau télégraphique général ; c’est dans la station de translation que la batterie est installée.
- Lorsque le nombre des stations intercalées dans le même fil devient un peu considérable, il est. avantageux de diviser la ligne en deux ou trois sections, à l’ai ce d’une ou deux stations dites de séparation, La figure 4 indique l’installation des appareils dans une station de ce genre.
- Les communications s’établissent à l’aide du commutateur U. En plaçant la fiche entre les deux lames supérieures, les lignes L4 et L2 sont reliées directement entre elles, à l’exclusion de tous les appareils de la station, la batterie et le parafoudre exceptés. Si la lame du milieu est reliée à la lame inférieure^ la ligne est divisée à l’gide du fil de terre E en deux sections indépendantes, L4 et L2 et la station de séparation en deux stations tête de ligne.
- Pour transformer la station en simple station intermédiaire, en utilisant l’un ou l’autre dès appareils, il suffit de placer la fiche du commuta-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- teur entre l’une des lames supérieures et la lame moyenne.
- Ce système d’appel, à l’aide du courant continu a donné, suivant les rapports dçs ingénieurs des télégraphes allemands, de forts bons résultats.
- Les signaux se perçoivent facilement et sont très nets, ce qui permet d’employer, pour appeler les stations, les mêmes combinaisons qu’avec l’appareil Morse. Il a fallu pour obtenir un fonctionnement régulier et sûr, employer 5 éléments par station intercalée dans la ligne, et i élément par kilomètre, de fil.
- Cet emploi nouveau du courant continu peut trouver des applications iaciles dans un grand nombre d’autres cas, par exemple dans la téléphonie domestique ou dans l’annonce électrique des accidents, etc; Ce qui est certain, - c’est qu’il ne peut que contribuer à augmenter les applica- , tions si nombreuses du téléphone et en faciliter les installations. :
- A. Palaz i
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur une pile étalon, par M. Gouy (')]
- On peut employer avec avantage, comme étalon de force électromotrice, un élément formé de zinc, sulfate de zinc, mercure et bioxyde de mercure. Le mercure est recouvert d’une couche mince de bioxyde de mercure, et le flacon est rempli de la solution de sulfate de zinc, dans laquelle plonge un bâton de zinc. On peut rendre l’élément transportable, en enfermant le zinc dans un tube de verre perçé d’une très petite ouverture, ou fermé par un fragment de terre poreuse. Ce dispositif donne à l’élément une assez grande résistance, ce qui paraît avantageux dans la pratique.
- Le zinc distillé pur et le sulfate de zinc pur du
- )i) Note présentée â l’Académie des Sciences, le 14 mars
- 188G. • •
- commerce peuvent être employés (*); il est préférable que le zinc suit amalgamé. Le mercure doit être purifié par digestion avec l’acide azotique étendu, soigneusement lavé et filtré. Le bioxyde de mercure jaune, préparé par voie humide, au moyen du bichlorure et de la potasse, paraît le plus convenable; le bioxyde préparé par voie sèche donne des résultats très peu différents, mais un peu moins réguliers.
- Avec des produits de diverses origines, on obtient une concordance suffisante, à 1/1000 près. Toutefois, les éléments ne prennent leur force électromotrice normale qu’après un délai de quelques jours, qui paraît nécessaire pour amener le mercure à un état défini. Tant que cet état n’est pas atteint, l’agitation, en renouvelant la surface du mercure, fait varier la force électromotrice, ce qui n’arrive plus par la suite. Le renouvellement ou la réamalgation du zinc ne produit qu’un effet très peu sensible, qui disparaît au bout de quelques minutes.
- Les éléments peuvent être hermétiquement fermés ou laissés à l’air libre, sans différence appréciable. Ils ne paraissent pas s’altérer avec le temps; du moins nous possédons plusieurs éléments scellés, construits depuis trois mois, qui sont exactement comparables aux éléments de construction récente.
- La farce électromotrice diminue quand la température s’élève; cette variation très petite a été comprise, dans diverses expériences, entre 2/1000 et 4/1000 pour l’intervalle de zéro à 3o degrés, soit environ 1/10000 par degré. On peut donc négliger toute correction de température, dans les limites usuelles, et attribuer à l’élément la valeur qu’il possède à i5 degrés.
- La force électromotrice est très sensiblement indépendante de la densité de la solution de sulfate de zinc, dès que celle-ci dépasse 1,02; pour des solutions plus étendues, elle diminue un peu. Une solution de densité i,o6y correspondant à une teneur de 10 0/0 en sulfate cristallisé, paraît la plus convenable et a été généralement employée. 1
- La polarisation de ces éléments a été l’objet
- (J) Le très petit excès d’acide que contient souvent le sulfate de zinc forme du sulfate basique de mercure 3HgO, SO:t, qui donne exactement la même force électromotrice qtlé le bioxyde* et peut même être employé seul. • : i
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- d’une attention particulière, Pour de faibles débits, ne dépassant pas i/iooo d’ampère, la polarisation se dissipe rapidement dès que le circuit est ouvert. Ainsi, par exemple, un élément de .dimensions moyennes (0,06 mètre de diamètre), fermé depuis quelques heures sur une résistance de 1000 ohms, est assez fortement polarisé; le circuit étant ouvert, la polarisation tombe à i/iooo en cinq minutes. Dans l’emploi des méthodes de réduction à zéro, en ne fermant le circuit que le temps nécessaire pour voir l’impulsion du galvanomètre, aucune polarisation sensible ne se produit, même avec des 'circuits de quelques centaines d’ohms seulement. On peut, d’ailleurs, se mettre à l’abri de toute polarisation permanente produite par une fermeture accidentelle, en donnant à l’élément une résistance intérieure d’un millier d’ohms, ce qui ne diminue guère, en général, la précision des mesures. Ces éléments étalons se prêtent donc aux mesures galvanomé-triques aussi bien qu’aux mesures faites avec l’électromètre.
- La force électromotrice a été mesurée en opposant l’élément aux deux extrémités d’une résistance connue, maintenue à température constante, et traversée par un courant dont la valeur absolue est mesurée par électrolyse ; elle est, en volts légaux, très voisine de 1,39. Le chiffre des millièmes exige une vérification, et sera donné par la suite.
- Ces éléments sont aussi d’un bon usage pour la charge des électromètres.
- Note sur la capacité inductive spécifique, par J. Hopkinson (>).
- Nous avons étudié dans nos revues les recherches de M. Quincke sur les diélectriques liquides et la mesure de leur capacité inductive spécifique; le savant professeur de Heidelberg avait d’abord trouvé que la capacité inductive déterminée par la méthode du condensateur était de 10 à 5o 0/0 plus petite que celle qui résultait des mesures faites avec la balance électrostatique. Nous avons mentionné dernièrement que cette différence provenait de ce que M. Quincke ne tenait pas compte (*)
- de la capacité du commutateur de décharge dans les mesures avec le condensateur et qu’elle devenait nulle, en effectuant la correction correspondante.
- Cette anomalie apparente, constatée tout d’a-bo-d, a engagé M. Hopkinson à étudier théoriquement les différentes méthodes employées par M. Quincke; il est arrivé à des résultats intéressants, en partant des hypothèses généralement admises sur la constitution des diélectriques. Par suite de la rectification de M. Quincke, ces calculs ont perdu une partie de leur actualité; ils sont cependant assez intéressants pour que nous en donnions un court résumé.
- La différence de potentiel V entre les armatures du condensateur à disque est une fonction de leur distance x et de la charge e. Le travail dépensé pour charger le condensateur est donc :
- £vd'
- si la distance des armatures devient x -f- dx, le travail correspondant sera :
- /(v+SHde
- la force mécanique s’opposant à la séparation des deux plaques est donc :
- Si la couche diélectrique est une couche d’air, et si A désigne l’aire d’une des plaques, on a A V/jc —47te; la force d’attraction des deux armatures est donc 2 7tc3/A ou AV2/87t.v2.
- Appelons K, la constante diélectrique déterminée par la balance électrostatique; nous aurons :
- e
- {,) K’ = -rw:(n ié4e
- 8 n x2
- (*) Proceedings of the Royal Society, 1886, vol. XLI, p. 453.
- or, K étant la constante diélectrique mesurée par
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- la charge et la décharge du condensateur, elle satisfait à la relation
- et en désignant par K, la constante diélectrique déterminée par la mesure de P, on a
- Il résulte donc
- 2 X
- Or, on admet généralement que V est propos tionnel au produit xe ; l'équation ci-dessus devient donc en réduisant
- (3) K„ K = i
- Ce résultat est absolument indépendant de toute hypothèse sur la nature de l’électricité ou sur celle de l’action à distance; il ne dépend pas non plus des tensions et pressions qui peuvent exister dans les diélectriques.
- M. Quincke a employé encore une troisième méthode. Une bulle d’air dont la superficie est A, est introduite entre les armatures du condensateur ; soit P l’excès de pression? dans la bulle sur l’air ambiant, quand le potentiel estV. On a ainsi un condensateur liquided’aire A, et un condensateur à air dont la superficie est A — A, ; la charge e restant constante, si la bulle augmente et devient A, -j- a?A,, le travail mécanique correspondant sera a: P dA,, et on a alors :
- or, on a la relation :
- AV) =
- K, V. >
- intégrant ensuite en considérant K, comme une constante, il vient après quelques réductions
- (4)
- K, = i +
- 8 7t P V2
- En effectuant quelques réductions sur les valeurs de K, et de K„ et en supposant simplement
- que la fonction f(Y) est de la forme © j, c’est-
- à-dire que la capacité du condensateur varie en raison inverse de la distance des plaques, on obtient
- (5> i‘[nv)J-£vqp<rv]
- c’est-à-dire
- K,, = 2K— K,
- La capacité inductive spécifique déterminée par les mesures des charges et décharges d’un condensateur est donc ia moyenne arithmétique entre la capacité inductive déterminée par la balance électrostatique et celle obtenue en mesurant la pression à l’aide d’une bulle d’air.
- A. P.
- Sur Je travail du courant dans les lignes télégraphiques, par le Dr R. Ulbricht.
- 4^6 = Ai J + (A-At)f(V) dans laquelle pour A, — o,
- 4 n c = A f ( V) |
- A l’aide de quelques transformations, on obtient enfin
- Il y a peu de temps, M. Grawinkel, de l’administration des Postes, publiait, dans le journal Archiv fur Post und Télégraphié (1886, p. 577), un mémoire intéressant sur les conditions et sur le travail du courant dans les lignes télégraphiques aériennes.
- M. le Dr R. Ulbricht, inspecteur en chef des chemins de fer saxons de l’Etât, à Dresde, a publié récemment sur le même sujet, une étude qui vient de paraître dans le Dingler's Poly-technisches Journal (t. 263, p. 277), et dont le but est d’attirer l’attention sur l’importance qu’il y a
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- au point de vue de la production dé travail des piles, à établir correctement les rapports entre la pile, la ligne et les appareils télégraphiques.
- Cette étude ne s’adresse pas seulement à la télégraphie ; elle présente également pour la petite industrie électrotechnique, si répandue aujour* d’hiii, un certain intérêt, en ce qu’elle établit clairement lés conditions qu’il faut tendre à remplir dans des installations semblables.
- Comme l’auteur, dans son étude, emploie .des procédés graphiqüës qui peüvëht être utilisés dans d’autres cas, nous croyons devoir la reproduire ici, avec quelques additions qu’il a bien voulu nous communiquer.
- Si nous représentons, comme darts la figure i, la chute de potentiel totale du circuit, ou la somme de toutes les forces électromotrices paf l’ordonnée Ë, et si nous portons les résistances
- sur l’axe des abscisses, en W, l’intensité du courant I = E : W sera représentée par tang a.
- On peut alors construire le travail électrique T, dépensé dans l’unité de temps dans la résistance W4, par la construction indiquée sur la figure i, comme l’a fait O. Frœlich dans son étude sur le transport de la force (Elektrotech-nische Zeitschrift, 1883, p. 67). Dans cette figure, on a en effet :
- Ci f> = W, tang2 ci= 12 Wi = T,
- Mais, pour l’objet en vue dans cette étude, il est préférable d’obtenir T directement sur l’axe des abscisses.
- Si l’on forme au point G (fig. 2), un angle droit avec la ligne indiquant la chûte du potentiel sur la ligne, on a encore :
- A D = Ë2 : W
- On obtient ainsi le travail total fourni par la
- pile dans l’unité de temps, nous désignerons cette quantité par T.
- Soient en outre :
- W„, la résistance de la pile;
- W,., la résistance de la ligne ;
- Fig, B
- WA, la résistance de l’électro-aimant de l’appareil considéré ;
- T„, le travail dépensé dans la pile ;
- Ti,, le travail dâils la ligne ;
- Ta, le travail du courant dans l’appareil (soit l’effet Utile proprement dit) ; on aura :
- (1) W = W„ -1- w,. + w.,
- et
- T = T „ + Ti. + Ta = F.2 : W = E 1 = W 12
- En désignant par T„, le travail de la pile en court-circuit, on a :
- (2) To = E2 ; W»
- Fig. O
- Et en outre les relations :
- (3) Tb = W, I 2 Tx. = W,. I 2 Ta = Wa 12
- Ces dernières quantités, comme le montre la figure 2, peuvent se représenter graphiquement,
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- en décomposant le travail total T proportionnellement aux résistances W„. Wr,, WA .
- La construction de T„ d’après la formule (2) et la figure 2 n'a pas besoin d’une plus ample explication.
- Si nous considéront maintenant la valeur T„, c’est-à-dire l’effet de la pile en court-circuit, on voit qu’elle donne une mesure de la valeur de la pile même.
- Supposons que la pile ait n éléments, ayant chacun Une force électromotrice e et une résistance intérieure jp, ces éléments étant groupés en m séries de ri : m éléments en quantité, on aura :
- (4) E m e
- et
- W« = »!- w : n
- et par suite:
- (à) T« = E* : WB = n e*: 1 v
- Ici, le nombre des groupes m n’intervient plus, c’est-à-dire que Veffet électrique de la pile en court-circuit est le même pour tous les couplages réguliers.
- La figure 3 nous montre la vérification graphique de cette proposition. Ainsi, on peut obtenir, pour une même pile, toutes les forces électromotrices et résistances intérieures correspondant aux divers modes de groupements de la manière suivante :
- Partant de E — n e et W„ =s n jp, 011 construit, comme c’est indiqué figure 3, la constante T,,, et l’on trouve alors les résistances AB,, AB,, AB;, etc. de la batterie, qui correspondent aux forces électromotrices AG,, AC2, ACa, etc. ; il est bien entendu qu’on a les limites E = n e et E = e, auxquelles correspondent respectivement W„ — n rv et W„ — jp : n.
- Gomme on a :
- To = n e- : >v
- et que, avec des éléments de même nature et de même type, mais de dimensions différentes, le poids de la pile est proportionnel à w et en rapport inverse de jp, T0 exprime dans une certaine mesure le poids de la pile, ou, si l’on Veut, ses
- frais d’établissement, tandis que T est proportionnel à l’usure du zinc et, par conséquent, aux frais de fonctionnement.
- Au moyen du tracé graphique de la ligure 3 on peut résoudre aussi de la manière la plus simple le problème qui consiste à trouver le groupement de la pile qui avec une résistance extérieure W, donnée et un nombre d’éléments n déterminé, donnera le maximum du courant.
- Dans ce cas, la résistance de la pile doit, on le sait, être égale à la. résistance extérieure.
- La force électromotrice totale E = y/T„ Wn est donc, dans ce cas, la moyenne proportionnelle entre les quantités connues T„ = ne(i) 2 : jp et W„ = WA. La pile doit être formée de E : e groupes en séries de ne : E éléments chacun(').
- Si l’on retourne la proposition et que l’ori cherche quelle est la pile la plus faible, ou le travail T„ le plus petit, et qui suffirait pour fournir dans une résistance donnée WA, l’effet TA ; en remarquant qu’on a T„ : TA — (E2 : W„ ) : I2 W, — (WA+W, )2 : WA W„, on obtient pour W, = WA :
- (6) Tu (minimum) = 4 T.i
- d’où résulte, comme inverse, la proposition connue : l’effet utile le plus élevé d’une pile :
- (7) Ta (maximum) = 1/4 To s’obtient quand on a :
- W, = Wa
- (i) Voir E. Zktzsche, Handbuch der elektrischen Télégraphié,t. Il (rédigé par le Dr Froelicli), p. 236 {De l'enroulement rationnel des électro-aimants)’, voir aussi t. IV, p. 214 (Du groupement des piles). Le Dr Zetzsche s’exprime comme suit : « Si l’on veut obtenir une certaine intensité de courant dans un but déterminé, et cela en utilisant le ; courant tnaxima pour le nombre d’éléments employés (n)
- , et avec un nombre d'éléments aussi restreint que possiblei comme chacun des m groupes en série (composés de n ï m = x éléments groupés en quantité) ne peut Contenir moins de 1 élément; il conviendrait de disposer la pile de telle sorte que .v = 1 c’cst-a-dirc qu’il faudrait choisir ] des éléments dans lesquels nw = W.
- MM. Auerbach et Wcinhold, ont déyeloppé cette : question du couplage des piles dans rElektro.technische Zeitschrift, 1887, p. 66 et 124.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- L’équation (6) peut, il est vrai, induire en erreur, si l’on oublie que la pile n’est pas divisible à volonté, mais seulement en n parties. W„ ne peut, par conséquent, jamais devenir plus grand que nxr, et le courant de la pile en court-circuit jamais plus petit que (e : w). Comme ce courant serait deux fois plus fort que le courant réel I, l’équation (6) n’est valable qu’autant que 2 \ — v^Ta : WA est plus grand ou égal à (e : w).
- Dès que {e : w) - est plus grand que 4 (TA : WA), le groupement des éléments en série est le seul applicable; et on a alors :
- ;qi •— = it —--------,--------
- v e e — ii^/ïa : W.i
- Comme le montre la fia. 4, ne. peut, d’après cela
- être déterminé graphiquement avec beaucoup de facilité.
- En remarquant que, dans la plupart des installations télégraphiques, 2 I = \J 4 TA : W est plus petit que [e : n>), l’équation (8 ) et la construction de la figure 4, ont donc une valeur essentiellement pratique.
- Examinons maintenant l’efiet TA du courant dans l'appareil.
- Il semblerait d’abord que, dans la pratique télégraphique, le travail du courant dans l’appareil n’intervienne pas d’une manière directe, attendu que l’action électro-magnétique ne réclame qu’une production de travail très minime, et qu’elle dépend exclusivement de l’intensité du courant, mais nullement de E I.
- En fait, presque tout le travail du courant dans les appareils télégraphiques est employé à la production d’effets calorifiques ou d’induction, et cependant la quantité TA joue, dans l’électro-aimant, un rôle essentiel.
- En général, dans les appareils télégraphiques
- et autres dispositions électro-magnétiques semblables, on peut admettre comme constant le rapport entre l’épaisseur d du noyau de l’électroaimant et le diamètre total D de la bobine.
- Si l’on désigne par l la longueur de la bobine de l’électro-aimant ou la longueur totale des deux bobines réunies de l’aimant en fer à cheval ; par M le magnétisme libre produit ; par U le nombre de tours de fil ; par WA la résistance des bobines; par I l’intensité du courant; par oie diamètre du fil de cuivre des bobines; et par \j. le rapport du volume du cuivre au volume total de l’enroulement, on a, pour des formes d’aimant à peu près fermées : (')
- (9) M2 = Constante X I 2 WA l d p (D — d) :{D + d)
- = Constante x Ta l d p (D — d) : (D -{ d)
- De plus :
- (10) U2 = Wa l (j. (D — d) : (D + d) x constante
- et pour le rapport généralement admis ( D : d ==3), et pour des épaisseurs de fils moyennes (8=o,o3cm à peu près et \j. — 0,4) :
- (n) U2 = WA l 36ooo U = 600 \/0,1 Wa l 6 = \jdl : 2Ü
- Dans ces formules, d, l et S doivent être exprimés en centimètres, WA en ohms, et TA en watts.
- Revenons à l’équation (9). Celle-ci détermine la valeur de M2. Or, on sait que l’attraction de l’armature, c’est-à-dire, la force qui importe, dans les appareils non polarisés, est proportionnelle au carré du magnétisme libre.
- D’après cela, la formule (9) montre que l’attraction de l’armature ou la force de l’appareil est directement proportionnelle au travail du courant dans l’appareil et à la section totale du cuivre (l d p. pour D = 3 d) de l’enroulement des bobines.
- Or, la dimension des bobines pour une grandeur d’appareil donnée étant constante, on doit considérer l X d, et par conséquent (D/d étant constant) l’espace d’enroulement comme constants; et on aura encore pour des valeurs peu différentes de p., la règle ;
- (!) Electros en fer à cheval avec armature. — On a approximativement p = 25 : ( 3o + 1/8 ).
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- L’action de l’appareil est proportionnelle au travail du courant dans les bobines de l’électroaimant.
- D’après cela, dans la recherche des rapports de construction et des groupements les plus favorables, il n'y a pas lieu de tenir compte de l’intensité du courant, et, par exemple, un des problèmes les plus fréquents dans la télégraphie devrait s’énoncer de la manière suivante : Quelle résistance doit-on donner à l’électro-aimant d’un appareil pour que le travail du courant soit maximum?
- Ce problème se résoudra comme suit : le travail étant
- Ta = 12 Wa
- et comme on a :
- I * = To W„ : ( W„ + Wr, + Wa )2
- on obtient le maximum de TA pour WA = W„ -|-Wj.. Supposons que, dans l’enroulement d’un aimant, cette condition soit toujours remplie, on aura :
- (12) I2(Wb + Wi+ Wa) = 12 ( 2 Wa)
- ou
- T = 2 Ta
- Dans ce cas particulier, TA, la force de l’appareil, étant déterminée, T, le travail de la pile, est aussi déterminé, et il est indépendant de la résistance du conducteur.
- Nous pouvons donc dire qu'avec un enroulement correctdans un espace d’enroulement donné, le travail de la pile est proportionnel à l’attraction de l’armature que l’on veut obtenir, et indépendant de la résistance de la ligne.
- Si nous demandons, d’autre part, en supposant que l’on maintienne toujours la relation :
- Wa = W„ + Wi.
- comment la pile doit être groupée pour que l'effet du courant en WA soit maximum, nous voyons que
- Ta = T„ W„ : 4 ( Wb + Wr. ) .
- de la pile W„ devient infiniment grande. Le maximum pratique du travail est donc atteint en approchant le plus possible de cette valeur, et cela par le groupement des éléments en série, où n est égal à :
- (E : e) = (n> T» : c2
- Ce n’est que lorsque la résistance de la ligne est égale à zéro, que, la condition WA = W„-j-W,. étant remplie, tous les groupement de pile sont indifférents, car on a toujours, dans ce cas,
- Ta== 1/4 T0 .
- De là résulte cette règle :
- Tant que la résistance de la ligne est appréciable, on atteint, avec un enroulement rationnel de l’électro-aimant, l’effet utile le plus élevé par le groupement en série des éléments de la pile.
- Il peut et il doit se présenter naturellement des cas, où l’on ne puisse pas adopter l’enroulement le plus rationnel en théorie, attendu qu’il réclamerait parfois un fil trop faible, ce qui augmenterait le prix dans une proportion beaucoup plus forte que l’accroissement d’effet utile.
- De plus, il n’est pas rare que, pour utiliser le plus possible l’espace d’enroulement, on donne la préférence au fil fort qui, d’après la formule approximative
- t». = 25 . (3o + 1/6)
- augmente le volume relatif du cuivre. Il ne serait pas difficile de déterminer ici une limite pratique, mais cela nous écarterait trop de notre projet.
- En nous servant des résultats acquis, nous pouvons passer maintenant à la solution du problème :
- Quelle résistance doit-on donner à l’électro-aimant et quel est le plus petit nombre d’éléments que l’on puisse donner à la pile pour que, avec une résistance de la ligne W,. on obtienne encore l’effet utile TA dans l’appareil.
- On ne connaît encore que TA et W,. . Si l’on tient compte de ce que WA = Wu -j- WL et Wu = n e, et que, par conséquent :
- _____To WB ______ n e2 x n w
- A ~ 4 ( Wb + Wb ) — «> 4 ( n w -)- Wl )
- aura sa plus grande valeur, lorsque la résistance
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- on trouve :
- (,3) F, = ne = T, +\/4 W, T* + 4™- T, *
- Cette formule compliquée ne donne qu’une idée incomplète des rapports de n, W,., T.v et complique un peu le calcul de n. La chose se présente d’une manière bien plus simple sur le tracé graphique que nous donne la figure 5, Après avoir porté les quantités 2TA, aW,, et construit tang p = [e : 2 n>), on trouve facilement né = E. •
- Si l’on prend A comme origine des coordonnées, et que l’on construise, pour des valeurs croissantes W,, = x et une valeur constante TA, les valeurs correspondantes pour la force électro-
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- motrice de la pile, n e — y, on obtient la courbe ponctuée C„ F, qui peut être utile, quand on a à déterminer, pour des électro-aimants de grandeur à peu près semblables avec une résistance variable de la ligne, l’enroulement convenable et la puissance de la pile.
- La résistance des bobines est WA = n n> -j- W,,. Tout le reste se déduit de l’équation (11).
- Exemple. — On dispose d’éléments de Mei-dinger e = 1 volt; w — 6 ohms. Dans J’espace d’enroulement donné de l’électro-aimant de l’appareil, il s’agit d’obtenir un travail TA de i/3o de watts.
- On a les données suivantes :
- Longueur totale des bobines, / = 1 r c. m. ;
- . JMamètre du noyau d= 1,2 c. m. ; x Résistance de la ligne W,, = 100 ohms.
- D’après la formule (13) ou la figure 5, on obtient E — ne — 4,07 ; et de même, le nombre d’éléments est n = 4,07, soit 4 en nombre rond;
- De plus, d’après la formule WA = Wn -f- W,.
- on a :
- WA = n ii> -j- W = i 24,42 ohms
- et d’après l’équation (11 ) :
- U = 7020 el: 8 = o,o3o c. m.
- Si,'au contraire, la résistance de la ligne, celle de l’appareil, et l’action sur l’armature, et par conséquent, Ta , sont donnés, pour une grandeur d’aimant déterminée, on a, pour ^4 Tv : WA = 2 I (e : w) comme dans les équations (7) et (8):
- et
- ( Wi. + WA ) w 11 = 4 I A ...
- et pour 2 J < (e : w) :
- „ _tw,. -I-W.Q y/TTt w7 V • e—w y Ta : W.,“
- Cette dernière équation (i5) est celle qu’on emploiera le plus généralement; mais ici encore, le tracé grapniquë, semblable à celui de la figure 4, nous amène plus facilement au but, comme on le voit à l’inspection de la figure 6.
- Il n’a été question jusqu’ici quede l’emploid’une grandeur d’aimant déterminée, et cela, pour faire dépendre la force effective exclusivement de l’effet Ta . Si l’on veut passer à d’autres formes et à d’autres forces d’attraction d’armature, il suffit de se rappeler que ces attractions sont eritr’elles comme les rapports :
- Mi* : Mâ* : M„*..= Tai h d,. m : Ta3 l2 d2 (J.3 :
- T'a" l 3 U.;;
- Rappelons en passant que, pour un appareil écrivant de Morse, on a approximativement, Ta/ d \j. — 3/8 environ ; pour un relais, TA.= 1/6, en watts, d’op dl[j,= 5 c.m.2 en moyenne.
- S’il y a plusieurs (n') appareils semblables actionnés par. une même pile j chacun d’eux doit
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- JOURWAL UNIVERSEL ü‘ELECTRIC ITh
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- néanmoins produire une force proportionnelle à TAl d. \j.\ réunis, ils emploient ainsi l'effet ri TA , que les appareils soient en quantité ou en série. Par contre, la résistance totale des appareils est dans un casW, : ri, et ri Wvdans l’autre.
- Dans l’équation ( 13 ), les électro-aimants en série aussi bien que ceux en quantité, se comportent, d’après cela, comme un seul de ces appareils, pour lequel le produit ld<j. aurait la même valeur, et dans lequel il faut produire un effet électrique ri T* . La résistance calculée d’un tel électro-aimant doit cependant être multipliée par ri pour chacun des appareils groupés en quantité et divisée par «'pour chacun des appareils en série.
- Le calcul d’appareils télégraphiques en quantité et identiques n’offre uinsi pas de difficultés.
- Exemple : 4 lignes ont chacune une résistance
- de 1000 ohms et contiennent chacune ro électroaimants en série , dans chacun desquels il s’agit de développer une puissance électrique de i/3ode watt. Ces quatre lignes doivent être reliées à une pile commune, dont les éléments ont les constantes :
- e = 1 volt et w = 6 ohms
- Comment faut-il enrouler les appareiles ? Quel est le nombre n des éléments ?
- L’effet utile total est =4oX i/3o=4/3 watts. D’après l’équation ( i3 ), ou d’après la fîg. 6, le nombre des éléments est:
- 11 = 2x6x4/3 + v'(4 X 1000/4 X 4~P) + (4x"36 X ;6/9) - 55,8G
- soit en nombre rond, 56 ; la résistance d’un appareil :
- n w -(- Wr, , - ,
- 4-------- =234,06 ohms
- ^10
- et le nombre de tours de fil U = 9627, pour
- / = 11 centimètres et y. = 0,4; et le diamètre du fil, pour d = 1,2 c. m.
- S = o, 026 c. m.
- Jusqu’ici nous n’avons considéré que des appareils avec électro-aimants et armatures noh polarisés.
- Dans les appareils polarisés par l’influence d’aimants permanents, l’attraction de l’armature n’est plus proportionnelle à Ma ; mais elle est proportionnelle au produit du magnétisme permanent M' et de l’aimantation M produite par le courant, c’est-à-dire proportionnelle à
- M’ \Q’a l d (i. (D — d) : (D 4- d)
- et, avec une dimension constante d’appareil et un volume constant de cuivre sur les bobines de • l’électro-aimant, simplement proportionnelle à M' v/TI.
- M' étant aussi constant pour un même type d’appareil, une force déterminée de l’appareil correspond ici également à la production d’un travail déterminé T dans l’électro-aimant, et le maximum de cette force correspond au maximum de TA .
- Par suite, les règles de construction et les rapports de résistance et de groupement déduits de la quantité TA pour des appareils non polarisés, sont aussi applicables, sans autre changement, aux appareils polarisés; toutefois, il ne faut pas oublier que la force effective de l’appareil polarisé ne croît pas proportionnellement à T ,, mais à /TT.
- Dans la comparaison de diverses grandeurs d’appareils quant à leurs forces effectives, on voit d’après cette loi, que D : d étant constant, ces forces sont entr’elles comme :
- Ml' M! : M2' Ma : M3' M3 = M'i sT/ilT^iTi : M’a \/Ta2 ï a rfo jie : M'3 y Tas I3 d3 [i3
- Ce qui précède suffit pour démontrer l’importance considérable qu’il y a à tenir compte de l’effet électrique utile pour les installations télégraphiques. L’auteur se propose d’entrer plus tard dans de plus amples développements, sur cette question.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne
- Utilisation des chutes du Rhin pour la génération de l’électricité. — L’été passé, on a conçu le projet d’utiliser une partie de la chûte du Rhin à Schaffhouse , soit une force de i5,ooo chevaux pour faire marcher une usine pour la fabrication de l’aluminium par voie d’électrolyse.
- La force entière représentée par la chute d’eau, est estimée à peu près à 45,000 chevaux.
- Les quinze turbines de 1000 H.P. chacune destinées à la réception, devraient être placées directement au dessôus du réservoir d’eau, attendu que des tuyaux de conduite auraient des dimensions tellement colossales, qu’il serait difficile de les construire ou de les remplacer.
- On employerait des turbines à axes horizontaux, et on se propose de poser directement sur chacune d’elles une ou deux dynamos, qui absorberaient la force entière de la turbine. Chaque turbine serait munie de sa vanne d’écluse spéciale.
- Le procédé proposé pour la production de l’aluminium, est en général celui de Cowles, avec cette différence, qu'on remplacerait l’alumine par la kryolithe. [AL, F/3 + 3 Na Fl).
- La Kryolithe étant mélangée avec du charbon en poudre, on assure que Je produit obtenu par réduction électrolytique contiendrait 90-990/0 d’aluminium pur, et, ce qui plus est, sans aucun mélange ni de fer ni de silice.
- Les gaz qui s’échappent peuvent être employés comme gaz de chauffage, et les résidus solides pourraient trouver un emploi, soi* dans la fabrication de l’aluminium lui-même, en y ajoutant de la Bauxite , soit dans la fabrication d’engrais artificiels, ou bien encore, pour desglaçures.
- Cette fabrication ne serait donc pas gênée par les résidus de fabrication, souvent si embarrassants.
- On se propose de soumettre à la fabrication à peu près dix tonnes de Kryolithe par jour.
- La première demande d’une concession pour l’installation a été refusée ; une nouvelle demande modifiée en quelques points importants a' été déposée, et on attend une décision.
- L’Illumination du 22 mars a Berlin. — L’Illu mination générale, qui a eu lieu à Berlin le 22 de ce mois au sujet du quatre-vingt-dixième anniversaire de l’Empereur Guillaume, a été très remarquable , non-seulement par la participation presque universelle des habitants de la ville, et même des faubourgs, mais aussi par le mode d’illumination.
- C’est la première fois à Berlin, que la lumière électrique a fait au gaz une concurrence sérieuse. Disons tout d’abord que de cette concurrence, il est résulté une victoire des plus éclatantes pour la lumière électrique.
- Parmi les bâtiments éclairés par l’électricité, ceux des stations centrales des différentes Sociétés Electriques étaient — comme de juste — les plus richement ornés. La Société Edison avait décoré sa maison dans la Friedrich strasse avec des centaines de lampes à incandescence à verres multicolores. Les lignes de feux colorés suivaient les lignes architectoniques jusqu’à la hauteur du toit, et rayonnaient d’un éclat qui faisait paraître presque sombres les maisons environnantes.
- Dans la grande fenêtre du premier étage, un buste colossal de l’Empereur, entouré de palmes et de lauriers, était éclairé par des lampes électriques invisibles.
- Sur la grande place « Gènsdarmen-Markt », un éclairage des plus complets était installé à la hauteur des clochers des deux églises qui se trouvent aux deux extrémités de la place. Chaque clocher avait une couronne de lampes à arc — 12 lampes à 25 ampères — dont on estimait la clarté à 200,000 bougies normales. La lumière était renvoyée vers le sol à l’aide de réflecteurs, et l’éclat était tel, qu’on pouvait lire l’écriture la plus fine sur la place entière. Cette installation était l’œuvre de la Société « Staedtische Elek-trizitætswerke », dont la station centrale est tout près du Gensdarmen-Markt, dans la Markgra-fenstrasse.
- La maison Siemens et Halske avait arrangé, sur sa fabrique, une décoration qui se distinguait certainement par une grande originalité. Un W énorme de lumière semblait être suspendu en l’air. En approchant, on distinguait les 15 lampes à arc dont le W était formé, suspendues à une grande hauteur au-dessus des maisons et à travers la rue.
- On voyait, à plusieurs maisons, de longues guirlandes et des festons de feuilles vertes, dans
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- lesquels étaient introduites un grand nombre de petites lampes à incandescence colorées. L’effet en était charmant, surtout lorsque le vent remuait doucement les guirlandes.
- Une pluie fine et continue, qui tomba toute la soirée et qui détruisît la plus grande partie de l’effet de certaines illuminations au gaz, faisait ressortir tous les avantages de la lumière électrique. On peut être certain après l’essai fait le
- 22 mars, qu’à la prochaine illumination de Berlin, nous aurons un emploi bien plus étendu encore de la lumière électrique.
- Dr H. Michaeus Angleterre
- Lampes et accessoires de luxe pour l’éclairage électrique. — MM. Laing Wharton et Down,
- entrepreneurs d’éclairage électrique, à Londres, viennent d’introduire différents appareils artistiques pour l’éclairage électrique.
- On s’est trop attaché jusqu’ici à conserver les anciennes suspensions du gaz pour y installer les lampes à incandescence, plus gracieuses et plus légères.
- Ces appareils dénotaient un manque d’originalité et l’incapacité de sortir du type consacré des appareils du gaz. De même qu’on voit parfois les anciens chandeliers à bougies transformés pour le gaz, ainsi nous voyons les suspensions du gaz transformées pour la lumière électriquei
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- MM. Laing Warton et Down se sont assurés les services d'un artiste compétent pour la création de toute espèce de supports de lampes éjec^ triques d’un caractère artistique et ornemental, qui complétera la décoration d’un appartement.
- Le type général représente différentes formes de plantes, de feuillages et de fleurs. Les lampes et leurs ampoules prennent la place de la fleur et quand la lampe est allumée, l’ensemble rappelle, par exemple, une orchidée.
- La figure i, entr’autres, représente une lampe suspendue au plafond, comme on en a installé à Lewisham Hall, lors de la récente visite de la Reine.
- Les figures 2 et 3 représentent d’autres formes de lampes également suspendues.
- La lampe de la figure 4 est montée sur un bras fixé au mur et la lampe se trouve au centre de la fleur.
- Les figures 5 et 6 représentent également deux supports du même dessin.
- Les fabricants possèdent un grand nombre de modèles différents, mais nous avons donné une idée générale des types. Les parties métalliques sa composent de laiton durci et de cuivre, elles sont toutes exécutées d’une façon artistique.
- Les verres des globes sont presque tous opaques et les parties métalliques servent à réfléchir la lumière dans la direction voulue.
- Parmi les accessoires se trouve aussi une forme spéciale de support destiné à éclairer un tableau le soir. La lampe est placée au dessus et en avant du tableau de manière à ne pas; gêner la vue. On peut la repousser quand on n’en a plus besoin.
- J. Munro
- États-Unis
- Coupe-circuit automatique pour piles secondaires. — Les accumulateurs devenant d’un usage de plus en plus général, il importe d’avoir d. a appareils offrant une grande sécurité pour la mise en circuit et hors circuit automatique de la batterie, lorsque le travail l’exige.
- L’appareil imaginé dans ce but par M. George B. Prescott, de Newark (New-Jersey) nous paraît répondre de la manière la plus satisfaisante à ces conditions.
- Il se compose de deux circuits dérivés d’une machine dynamo; dans l’un des circuits sont insérés la pile secondaire et le coupe-circuit, tandis
- que dans l’autre, qui est de grande résistance, se trouve l’életro-aimant destiné à contrôler le coupe-circujt du premier,
- L’aimantation produite dans le noyau par le cou*
- v v
- Fig. J
- rant du circuit à grande résistance, est compensée par une certaine force qui consiste d’une part, dans un ressort, et d’autre part, dans une action variable qui a pour objet de neutraliser l’effet du circuit dérivé, cette neutralisation étant nécessaire pour assurer le bon fonctionnement de l’appareil.
- Ce résultat est obtenu par l’emploi d’un électro-
- aimant différentiel dont l’une des bobines appartient au circuit principal, tandis que l’autre est branchée sur une partie de la pile secondaire. Pour assurer une sensibilité plus grande et une action égale dans les deux sens, l’armature est polarisée, et cela directement, par l’action du courant de la pile secondaire.
- La figure 1 est un plan de l’appareil, avec le diagramme des connexions du circuit.
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- La figure 2 est une vue de bout du mécanisme du coupe-circuit.
- A et B (fig. 2) sont les noyaux de l’électro-aimant, fixés à la traverse C. Ces noyaux ont des pièces polaires D E, entre lesquelles est logée une armature en fer doux F, montée à pivot sur la traverse C. Chacun des noyaux A et B est muni de deux bobjnes superposées .G H. La bpbine extérieure comprend un plus grand nombre de couches de fil que la bobine intérieure , afin d’équilibrer les effets d’aimantation.
- L’armature F est également entourée d’une bobine K.
- Les godets à mercure L L sont réunis par un contact en cuivre M supporté par l’extrémité d’un levier à manivelle N, monté à pivot sur un support O, Ce levier est relié avec l'armature F de telle sorte que le mouvement latéral de celle-ci fasse élever ou abaisser le contact M et, par ce moyen, relie ou sépare les godets de mercure L L.
- Un mode de connexion fort simple est figuré par les deux leviers a et b reliés respectivement avec l’extrémité du levier N et avec celle de l’armature. Des arrêts ajustables c, des deux côtés du levier b, servent à limiter le mouvement de l’armature et à l’empêcher de se coller contre les pôles de l’aimant.
- Un ressort S, relié à l’armature, tend à maintenir celle-ci dans une position telle qu’elle élève le contact M et disjoint les godets de mercure L L.
- P représente la machine dynamo ou le générateur, R la pile secondaire et T le circuit qui les relie. Les fils de ce circuit sont reliés avec les godets de mercure LL, de sorte que le circuit est fermé lorsque les godets sont réunis par le pont M, et interrompu lorsque celui-ci est soulevé.
- V est un circuit à grande résistance ne renfermant qu’une partie des éléments de la pile secondaire et les bobines H H et K.
- W est un autre circuit à grande résistance, en dérivation sur le générateur, et renfermant les bobines G G.
- Si la batterie n’est pas en charge, l’armature F est attirée par le ressort et le circuit T est interrompu. Quand pour la première fois, on met la dynamo en mouvement, le circuit T doit être fermé à la main ; mais, si la batterie contient un résidu de charge, l’armature F est aimantée.
- Aussitôt donc que le courant dans le circuit W surmonte l’effet du circuit V et la résistance du
- ressort S, l’armature, qui a par exemple une polarité nord, est repoussée par le pôle E et attirée par le pôle D ; le circuit T est alors fermé.
- Cet état de choses se maintient pendant le chargement de la batterie, mais il peut être modifié par différentes causes. Si, par exemple,la batterie approche du point de saturation, le courant qui passe par le circuit V, est relativement plus considérable que celui qui passe par le circuit W, et il neutralise l’effet de ce dernier jusqu’à ce que, avec le secours du ressort S, l’armature est rappelée et le circuit T interrompu.
- D’un autre côté, si la marche de la machine se ralentit, ou si, pour une cause quelconque, sa force électromotrice tombe au-dessous de celle de la batterie, le courant qui passe par le circuit V, secondé par l’action du ressort, neutralise l’effet du circuit W, et la batterie est aussitôt séparée de la machine.
- Si celle-ci venait à s’arrêter, le courant du circuit W cesse , de sorte que le coupe-circuit agit instantanément.
- Pour le bon fonctionnement de l’appareil, il importe de régler ou d’équilibrer les résistances et les effets d’aimantation des bobines G, H, afin que la première ait suffisamment d’action pour neutraliser la seconde , et séparer la batterie, si la force électromotrice de celle-ci égale ou excède celle de la machine, ou si elle s’en approche à une limite déterminée d’avance.
- Ce résultat est obtenu en plaçant les bobines H plus près du noyau que les bobines G, ou en donnant aux premières un plus grand nombre do tours de fil.
- J. Weztler
- VARIÉTÉS
- L’ordonnance du Préfet de police
- C’est fini ! L’âge d‘or de l’électricité pour jamais est passé! Jusqu’ici, comme une enfant gâtée qu’on laisse jouer sur les pelouses, marcher dans les massifs de fleurs, on l’avait laissée libre de ses ébats et s’étaler dans les maisons privées comme dans les lieux publics où on lui faisait fête. Partout où on l'accueillait* elle avait la liberté d’aller s’in*
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- staller sans fard, aujourd’hui, simplement vêtue, pour les ouvriers des faubourgs, demain, richement orne'e, pour les salons des classes dirigeantes. Bonne fille, elle était aimée en tous lieux. Les aspects si variés que, chaque fois, elle savait prendre, entretenaient toujours les sympathies qu’elle avait su inspirer ; à tous elle se donnait pour des sommes si modiques, que sa clientèle augmentait sans cesse : universelle, elle allait l’être! C’est ce qui l’a perdue.
- Tant que les lieux qu’elle fréquentait ne furent que les usines, les grands établissements financiers, les ministères ou les salons, personne ne songea à entraver son innocent commerce. Lorsqu’elle descendit même dans la rue, on la laissa se promener sur les trottoirs ; mais lorsque, grisée de ses succès, elle entreprit de forcer les portes des théâtres et d’y étaler ses charmes, alors son triomphe se tourna contre elle. La police, dont l’œil vigilant est toujours ouvert, devant elle fut forcé 'de le fermer; M. Gragnon, informé, jugea le moment opportun d’intervenir pour protéger les lumières honnêtes, et malheur ! toujours malheur! l’électricité fut mise en carte!
- Aujourd’hui, c’est fini, il n’y a plus à y revenir. L’arrêté a paru. Notre numéro de samedi dernier en a publié tous les articles, qui ne sont qu’au nombre de trente-trois ; pour nous, qui l’aimions tant, notre chère électricité, le coup est rude : que sommes-nous donc maintenant, si ce n’est de vulgaires souteneurs !
- Quelque triste que soit une pareille situation, je ne veux pourtant pas m’appesantir sur ce sujet; mais, comme on a toujous un amer plaisir à examiner la blessure qu’on vient de vous faire el à détailler les coups qui vous ont été portés, une dernière fois, nous allons relire ensemble ce maudit arrêté, ou tout au moins ses articles les plus édifiants :
- « Nous, Préfet de polie, etc.,
- « Vu la loi, etc. ;
- « Considérant que l’emploi de la lumière élec-« trique tend à se généraliser, et qu'il y a lieu, « pour prévenir les dangers d’incendie et assurer « la sécurité du public, de soumettre ce mode a d'éclairage à une réglementation spéciale, etc. »
- \
- Le fait est que la lumière électrique a été si souvent la cause de sinistres épouvantables, qu’elle a provoqué tant d’incendies, que la raison
- qui motive l’arrêté préfectoral est de celles devant qui on doit s’incliner.
- Voyons donc par quels moyens le danger va être évité.
- Chapitre Ier
- Art. Ier....................................
- Chapitre II
- « Art. 5. — Les machines à vapeur, les malt chines à ga\ et les machines à air actionnant « les machines dynamo-électriques, et les foyers « des machines à vapeur, ne pourront être placés « dans les parties du local accessibles au public ou « aux artistes. »
- Il est certain, en effet, qu’il pourrait être dangereux d’installer une machine à vapeur avec sa chaudière, dans les rangs des fauteuils d’orchestre ou sur la scène. Une telle disposition serait blâmable, et M. Gragnon fait très bien de la prohiber.
- « Art. 8. — Les conduits de fumée seront en « briques d’une épaisseur et d’une section suffi-« santés pour l'importance des foyers qui les des-« servent ».
- Mais, c’est très vrai. Si on faisait les conduits de fumée en bois, cela présenterait un danger certain. Les cheminées en tôle même, peuvent être portées à une haute température, celle du
- rouge blanc, par exemple, et alors........M. le
- Préfet, vous avez raison.
- « Art. 9.— Les piles électriques, les accumulait. lateurs seront installés dans un local spécial. « Les acides et autres produits chimiques destinés « à leur entretien seront enfermés sous clef et ne « devront jamais rester à la disposition du périt sonnel de l’établissement ».
- Informations prises, c’est le Préfet de police qui aura la clef de l’armoire aux produits chimiques. Par faveur spéciale, l’huile destinée au graissage des machines sera à la disposition des surveil-
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- lants;mais il avait été question d’abord de fermer les godets graisseur à clef, car l’huile peut quelquefois prendre feu : témoin les lampes dont elle est l’aliment.
- « Art. io.— Les machines dynamo électriques f seront placées dans un endroit sec ».
- Cet article a été inscrit pour ennuyer M. Oller, du Nouveau Cirque, qui avait manifesté l’intention de placer ses machines dans la piscine. Tout le monde sait que les dynamos dans l’humidité s’enflamment très facilement.
- « Art. i5. — Chaque partie du circuit sera cal-« culée pour que le diamètre des fils employés « soit bien proportionné au courant qui devra les « traverser «.
- Ça, c’est bien pour les constructeurs. Tout le monde sait qu’ils se refusent toujours à calculer leurs circuits. Pour une installation, on accroche des fils quelconques à un bout de la machine, à l’autre les lampes, et c’est tout. Maintenant, il n’en sera plus de même, et la gentillesse du préfet, en cette circonstance, doit être reconnue, car il indique exactement le point de départ des calculs : deux ampères par millimètre carré de section. Merci bien, monsieur Gragnon.
- « Art. 16. — La force électromotrice maxima « des courants alternatifs ne pourra dépasser «120 volts, et 3oo pour les courants continus ».
- Ces chiffres, lorsqu’ils on paru, ont été, il est vrai, assez discutés. Beaucoup d’électriciens irrévérencieux ont levé les épaules, prétendant que presque toutes les machines à lumière restent en dehors de cette différence de potentiel, que quand bien même cette limite serait dépassée, il n’y aurait aucune espèce de danger à redouter, etc.
- Moi, je trouve que l’arrêté a encore raison. Avec des courants de plus de 3oo volts on peut très bien allumer un incendie, en faisant tout ce qu’il faut pour cela. Il est encore vrai qu’avec moins de 3oo volts on peut taire la même chose; il faut donc être reconnaissant de ce que la limite imposée n’ait pas été inférieure.
- Article 18. — On n’emploiera que des circuits
- « métalliques complets, l'emploi des conduites « d’eau et de ga\ et des parties métalliques de « la construction pour compléter le circuit, est « interdit. »
- Cette fois, j’en demande pardon à l’autorité ; mais je ne puis pas garder mon sérieux. Qu’on s’ingénie à défendre la suspension des lampes par les fils conducteurs de peur qu’une lampe à incandescence venant à tomber, elle puisse mettre le feu aux robes des actrices ou des spectatrices ; qu’on ordonne de recouvrir le circuit de moulures en bois apparentes , qu’on ne permette au courant d’entrer dans un théâtre que par une seule ouverture, qu’on exige des ampèremètres, des voltmètres, des coupe-circuit en chaque point, tout cela, c’est absurde, et ne pourrait qu’augmenter le prix des installations, et entraver le développement des installations électriques : c’est bien administratif; à ce titre, on l’admettra; mais que M. Gragnon, subitement devenu électricien, vienne interdire l’emploi des conduits du gaz comme conducteurs de courant, cela c’est trop drôle en vérité.
- De deux choses l’une. Ou le préfet de police se moque des électriciens, et alors il sort de ses attributions, ou il est de bonne foi, et dans ce cas, sa naïveté dépasse les limites permises.
- Croyez-moi, Monsieur le Préfet, votre arrêté, si complet, si détaillé qu’il soit dans toutes ses parties, ne servira pas à grand chose, et les incendies que vous redoutez, vous ne les avez pas encore cette fois évités. Si vous avez vraiment peur du feu, soyez logique : allez plus loin ; laissez vos 33 articles tels qu’ils ont été rédigés, et de vous même, ajoutez en un 34°.
- Article 34. — L'éclairage de quelque système « qu’il soit, est interdit dans les théâtres, cafés-« concerts ou autres lieux publics. Les représen-« tâtions y auront lieu, soit le jour, soit dans « l'obscurité, et les spectateurs seront fouillés à « leur entrée, pour s’assurer qu'ils ne sont pas « porteurs d'allumettes autres que celles de la « Régie. »
- Alors le danger sera définitivement conjuré ; il y aura bien encore quelques mécontents , mois soyez sûr : les gens prudents et timorés vous béniront.
- P. Clemenceau
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- LA LUMIÈRE ÉLECTIVE
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- » » .... ,
- RÉSUMÉ DES
- BREVETS D’INVENTION
- délivrés depuis le i*9 janvier 1887
- «Les développements de la science électrique prennent chaque jour une extension si considérable, que nous nous trouvons vraiment eneomb*és par la masse des documents, presque toujours dignes d’intérêt, qui nous parviennent de toutes parts.
- Aussi La Lumière Electrique, tenant à ne laisser en arrière aucun élément de progrès, va-t-elle étendre le cadre de sa publication à pa.'tir du premier numéro de i883, et, parmi les innovations que nous comptons introduire, nos lecteurs trouveront ün compte rendu régulier de tous les brevets pris en France et concernant ]’éKectricité : ces brevets, résumés avec dessins à l'appui, seront publiés au fur et à mesure de leur divulgation par le bureau spécial du gouvernement. »
- Cette note de la Rédaction clôt le numéro de fin d’année de 1882; dès lors, le nombre des documents concernant l’Electricité n’a pas diminué, et, suivant son développement normal, La Lumière Électrique a peu à peu augmenté son format.
- Mais par contre, la publication du compte-rendu des brevets d’invention n’a duré qu’un peu moins d’une année, et elle cessa par suite de circonstances indépendantes de la rédaction du journal.
- Cette publication n’a pas été reprise depuis ; peut-être attendait-on que l’administration française, suivant en cela l’exemple des administrations des brevets en Angleterre et en Allemagne, modifiât ses habitudes et mît à la disposition de ceux que cela intéresse, le texte et les dessins complets des brevets d’invention.
- Quoiqu’il en soit, le système suivi en 1887 est toujours ce qu’il était en 1882 , et les motifs qui engageaient alors notre journal à donner un ex. trait des brevets, peuvent encore être allégués aujourd’hui.
- Sans doute, en publiant ces brevets, on s’expose à des redites, et pour une invention vraiment nouvelle et importante, on doit passer sur bien des choses futiles ou peu originales.
- Mais nous ne devons pas oublier qu’un journal ne peut avoir la prétention, d’opérer les classifi-cationset de porter le jugement définitif de l’his-tôire: c’est le travail qui revient de droit au livre.
- La Rédaction
- 178329 — RABE. — Perfectionnements apportés aux
- MINUTERIES ÉLECTRIQUES.
- Ces perfectionnements consistent à annexer une sonnerie indépendante, remontée directement ou indirectement par le courant., aux minuteries électriques construites jusqu’à ce jour, qui sont dépourvues de sonnerie pouvant, avec la minuterie, être influencées ou remontées par le courant électrique même et indiquer, par un son, l’heure ou les divisions de l’heure.
- Le mécanisme de remontage est indiqué dans le dessin. La tige B est reliée, à l’aide d'une charnière, à l’armature A, oscillant en O. Le cliquet C, à charnière sur la tige, s’engage dans la roue à rochet R et la fait tourner
- dans le sens de la flèche. Il èn résnlte que la roue à rochet étant reliée avec le barillet de la sonnerie, le ressort est remonté dans ce dernier par l’attraction de l’armature.
- Au lieu d’être attachée à l’extrémité antérieure de l’armature A, la tige B peut être adaptée à son prolongement au delà de O. Dans ce cas, le remontage se fait par le poids de l’armature ou par ressort d'arrachement.
- 178447. — KORNMULLER. — Appareil de transformation d’énergie ÉLECTRIQUE £N TRAVAIL mécanique applicable AUX HORLOGES ÉLECTRIQUES, MOUVEMENTS d'hORLO-GERIE, D’APPAREILS TÉLÉGRAPHIQUES OU AUTRES, ETC., ETC.
- Le but de l’invention est d’obvier aux inconvénients dus à la nature vibratoire très précipitée du mouvement de l’armature dans les mécanismes trembleurs; ces mouvements ayant pour effet de donner lieu à une grande consommation de courant et de se prêter mal à la transmission régulière et sûre du mouvement dans les cas de transformation de l’énergie en travail mécanique. La combinaison nouvelle rend les interruptions longues, tout en continuant à avoir des contacts et, par suite, des attractions rapides et courtes.
- L'appareil consiste en un électro-aimant M agissant sur
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- une armature A reliée à un levier L pivotant autour du point P et portant à sa partie supérieure un cliquet C
- actionnant une roue dentée K. Ce levier est muni d'un dispositif de rappel quelconque B; il porte sur sa surface postérieure un ressort flexible R terminé par une armature a qui vient, à un moment donné, fermer le circuit électrique à travers un aimant permanent E et une vis de réglage V reliée à l'armature A, venant ensuite arracher ladite armature a de cet aimant.
- 198458. — ’FARBAKY et SCHENECK. — Perfectionnements APPORTÉS DANS LA FABRICATION DES ÉLECTRODES POSITIVES POUR ACCUMULATEURS.
- La partie essentielle de l’invention réside dans un
- C action
- AB I
- B
- arrangement particulier des cadres rectangulaires en plomb constituant les électrodes, fondus ou estampés en
- forme de treillis, dans lesquels la masse active de peroxyde se trouve logée dans des espaces polygonaux, qui sont formés pari'intersection des barreaux circulaires en plomb. La continuité de la masse active est régulièrement interrompue par les petits interstices vides entre deux arcs voisins qui s'entrecoupent. Par suite de cette disposition, l’augmentation inévitable du volume de la masse active s'étend seulement sur les petites cellules, et les côtés du polygone ne sont pas étendus, mais seulement pressés l’un contre l'autre. Le cadre principal de l'électrode n’étant soumis à aucune déformation notable, est protégé contre la destruction.
- {A suivre) E. Dieudonné
- DISCOURS D’INAUGURATION
- Prononcé à Londres, le i3 janvier 1887, devant la Society ofTelegraph Engineers and Electricians
- PAR
- SIR CHARLES BRIGHT
- En vous adressant la parole à notre première réunion de la nouvelle année, je désire avant tout vous exprimer toute ma 1 econnaissance de l’honneur que vous m’avez fait en me nommant votre Président pour cette année, et cela d’autant plus que nous traversons une période tout particulièrement intéressante pour nous, à cause des jubilés de l’avènement de notre souveraine bien aimée, et de la première réalisation du télégraphe électrique.
- Je suis heureux de pouvoir constater l’état toujours pros. père de notre Société, qui maintient sa réputation justement méritée, par la valeur et l’utilité de ses conférences et des discussions auxquelles elles donnent lieu et dont l’importance dépasse souvent même celle des conférences, en mettant en lumière des points de vue et des idées nouvelles sur différents côtés des questions débattues.
- Le nombre total de nos membres de toutes classes s'élève aujourd’hui à 1343. Lors de la première séance au mois de février 1872 nous n’étions que 110. A cette occasion le Président en exposant la îaison d’être de la Société, montra qu’il était impossible pour une seule grande Société scientifique, comme la « Royal Society », de réussir à cultiver en détail toutes les différentes branches de la science, et que par conséquent la nécessité s’imposait de former d’autres Sociétés comme celles d’astronomie; de géologie, de chimie et comme la note, travaillant chacune dans sa spécialité.
- II est assez curieux de voir que Priestley tenait le même langage il y a 120 ans dans la préface de son « Histoire de l’électricité » dans laquelle il propose la formation d’une Société d’électricité.
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- « Le domaine de la philosopie naturelle, dit-il, s’est tel lement étendu que bien peu de personnes peuvent acheter tous les livres traitant des principes scientifiques généraux, et que personne ne pourrait les lire. Il est absolument nécessaire de subdiviser ce domaine pour que chacun puisse avoir l’occasion d’étüdier tout ce qui a trait à sa spécialité; toutes les différentes branches de la science profiteraient de cette séparation à l’amiable. Que la fille cadette des sciences donne l’exemple aux autres, et prouve qu’elle se croit assez grande pour paraître seule dans le monde sans être accompagnée de ses soeurs. »
- Mais la proposition de Priestlÿ faite en 1767, longtemps avant là découverte dp galvanisme, de l’électromagnétisme, et de l’induction électromagnétique, n’eut pas de suite pendant bien des années.
- Au mois de juin 1887, une Société fut cependant formée sous lé nom de « London Electrical Society » dont MM. Gassiot et Sturgeon étaient les principaux fondateurs; l’un d'eux fut plus tard le trésorier, et l’autre le premier Président de la Société. Le premier a illustré son nom par ses recherches en électricité, et parles appareils qu’il ht construire pour ses études. Le nom du dernier fondateur rappelle une longue série d’expériences, dont les plus importantes l’ont conduit à la découverte de l’aimantation des barreaux en fer doux, et des changements de polarité par l’action des courants voltaïques, en d’autres termes, des électro-aimants en fer doux, qui ont trouvé une si grande application dans la télégraphie, la téléphonie, et dans presque tous les appareils électriques.
- Dans son discours d’inauguration prononcé au mois d’octobre 1837, le Président de cette Société, M. Sturgeon déclarait l’électricité « la Science expérimentale la plus importante qui ait jamais été étudiée par l’homme », et il faisait remarquer que les quarante dernières années avaient produit plus de découvertes électriques que tous les siècles précédents.
- La conclusion de Sturgeon était juste; car ces quarante années comprenaient les travaux, et les découvertes de Vol ta, Brewster, Arago, Humboldt, Wollaston, Davy, Oersted, Ampère, Schweigger, Ohm, Becquerel et surtout de Faraday qui était à ce moment au milieu de ses expériences mémorables.
- La « London Electrical Society » reçut un grand nombre de communications sur presque toutes les branches de la science électrique; Une partie fut publiée dans ses Transactions qu’on peut trouver dans notre bibliothèques, les autres ont été publiées dans les Annals of Electri-city de M. Sturgeon;
- La Société n'était cependant pas viable, et n’a jamais compté plus de 76 membres ; elle fut enfin dissoute après une durée d’environ six ans.
- Feu M. Walker, qui avait été élu membre au mois d’avril i838, nous a raconté dans son discours d’inauguration comme Président de notre Société, l’histoire de cette tentative.
- Comme trésorier dans la plus mauvaise année, il né reçut que 1920 francs pouf payer ses propres appointements comme secrétaire, l’impression et la publication des comptes-rendus, et toutes les autres dépenses de la Société.
- Notre Société par contre, a commencé vers la fin de 1872, avec des ressources annuelles s’élevant à 10,960 fr., à la fin de la sixième année le trésorier encaissait 31,875 francs par an, dont 15,375 francs étaient absorbés par la publication du jeurnal de la Société. Les revenus de l’année dernière se chifiraient par 45,450 francs.
- Pendant les premières années, les ressources de la Société provenaient presque exclusivement, comme c’est d’ailleurs en grande partie le cas aujourd’hui encore, des cotisations de ceux qui touchent de près ou de loin à la télégraphie électrique, car bien que toutes les autres branches de la science électrique soient aujourd’hui bien représentées sur la liste de nos membres, la plus grande partie de ceax-ci sont des employés du département des télégraphes, en Angleterre et aux Indes, des grandes Compagnies de câbles sous-marins, etc., d’autres cotisations nous arrivent des grandes fabriques de fournitures, d’appareils, de câbles, et d’autres accessoires. Notre Société pourrait très bien s’approprier la devise du Génie Royal « U bique », ou mieux « Quæ regio in terris nostri non plena laboris ».
- Une Société purement électrique aurait peut-être eu plus de succès que sa devancière, au moment où la notre fut formée, mais j’en doute ; car l’étude des applications pratiques de l’électricité pendant le dernier demi-siècie, nous apprend que c’est, dans la télégraphie que presque toutes les études ont été faites, et qu’on a engagé des capitaux, au moins jusqu’en 1878, car depuis ce moment ia téléphonie et l’éclairage électrique ont pris un grand développement.
- La première partie de ce siècle a contribué énormément au progrès de la science électrique, et on avait sous la main tout Ce qu’il fallait pour la télégraphie : la pile voltaïque, l’électro-aimant, le multiplicateur et l’aiguille magnétique, dont on connaissait la propriété d’être déviée par le passage d’un courant galvanique dans une bobiné fixe avoisinante ; tout était prêt et ce n’est pas étonnant si beaucoup de savants et de chercheurs sur différents points du monde civilisé mettaient en avant dé nombreuses dispositions pour l’établissement de communications télégraphiques au moyen de l’électricité.
- Ampère lui-même proposait d’après les conseils de l’illustre La Place, de construire un télégraphe dans lequel les déviations de plusieurs aiguilles communiqueraient les différentes lettres de l’alphabet, et on a calculé plut tard au cours d’un procès en contrefaçon aux Etats-Unis, qu’on pouvait établir plus de soixante systèmes de télégraphes électriques antérieurs à la réalisation définitive de cette invention.
- Il n’entre pas d’ans mes intentions d’essayer d’attribuer à chacun de ces nombreux inventeurs; la part de gloire
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- qui lui féVtent. Des centaines d’invéïitiôiis meurent, faute d’industrie ou de persévérence. L’homme qui commence par inventer, et qui plus tard arrive à travers mille luttes, et avec les plus grandes difficultés à réaliser son invention dans la pratique est, à mon avis, bien supérieur à celui qui n’a fait que projeter, même l’invention la plus ingénieuse du monde.
- Ün homme de génie et de persévérance disait quelques années plus tard à ce sujet.
- « S’il fallait donner une définition générale du télégraphe électrique en quelques mots, ne pourrait-on pas l’appeler une application de quelques principes connus, au moyen de quelques dispositions simples, pour obtenir ün résultat pratique, que les expériences des savants n’avaient pu produire, bien que leur attention se fut portée sur ce sujet depuis üne série d’années ? Les mérites d’une invention doivent donc consister, en grande partie, dans la réalisation pratique de ce qui, auparavant n’était qu’une idée ou une expérience. »
- L’auteur de ces lignes était Sir William Cooke, un officier de l’armée de Madras, qui revint des Indes en congé, en i83i.
- Le chemin de fer de Liverpool à Manchester, avait été inauguré quelques mois auparavant; c’était un grand succèj, les recettes s’élevaient à la somme énorme pour l’époque, de 6,25o francs par jour ou un peu plus de 22 1/2 millions par an. Cette somme était le produit de trois trains par jour dans chaque direction, avec un tarif de 8 fr. 76 par personne.
- Le public appréciait fort bien les avantages énormes de cette puissance formidable, et y prenait un intérêt général sans précédent.
- Les idées de la vitesse et de la distance étaient toujours relatives, mais le sens en avait été changé.
- (A suivre.)
- FAITS DIVERS
- Les horloges électriques dans les rues de Berlin, seront prochainement perfectionnées et le nombre en sera augmenté par suite d’une étude comparative de tous les différents systèmes qui a été faite par M. le professeur Korster, le directeur de l’Observatoire de Berlin.
- Le professeur Wiesner, botaniste Viennois, vient d’atti rer l’attention sur un inconvénient de la lumière électrique. On avait constaté qu’un grand nombre d'ouvrages de la bibliothèque de l’Ecole supérieure technique jaunissaient d’une façon si prononcée que le Directeur de cet
- établissement pria le professeur Wiesner d’ên rechercher la cause.
- L’expérience a démontre que ce jaunissement était du à là lumière, mais ne se produisait qu’avec les papiers contenant des substances ligneuses, telles que le bois, la paille et le jute et qu’il n’a pas lieti lorsque, par ün procédé chimique, on enlève la lignine qui forme la partie essentielle du bois. Ce jaunissement provient d'uü phénomène d’oxydation. La lumière solaire agit plus énergiquement et la lumière dü gafc est presque inoffensive en raison du peu de rayons réfrangibles qu’elle contient. Par contie la lumière électrique à arc favorise le jaunissement.
- L’usine centrale d'électricité de la Cio Edison à Milan, alimente actuellement 9203 lampes à incandescence et 149 foyers à arc.
- Un accident arrivé à la chaudière qui fait partie des machines alimentant les lampes électriques de la chambre des Communes en Angleterre, a entraîné l’extinction complète de l’éclairage électrique vendredi dernier. 11 a fallu avoir recours aux anciennes lampes à huile, dont on ne s’était pas servi depuis 5 ou 6 ans.
- Notre confrère VElectrician de Londres, annonce que la Commission municipale des égouts à Londres, a refusé la permission de placer de nouveaux fils électriques sous les rues de la Cité. On ne comprend pas, ajoute notre confrère, à qui ce refus a été fait; ce n'est certainement pas au département des Télégraphes, et aucune Société particulière ne désire placer ses fils sous terre.
- Le Directeur général des Postes et Télégraphes en Angleterre a été interpellé, la semaine dernière} dans la chambre des Communes, au sujet de la question des hls aériens. M. Raikes a répondu qu’une étude très sérieuse de cette question, avait été faite paf son département mais que l'extension du système souterrain ne pouvait se faire en ce moment à cause des dépenses énormes qu'elle entraîne» rait.
- Éclairage Électrique
- A la séance de mardi dernier du Conseil municipal, M. Voisin a cru devoir adresser à l’Administration une question sur la nouvelle Société d’éclairage électrique du quartier du Panthéon. L’honorable conseiller s'est étonné-que cette Société ait prétendu avoir l’autorisation de placer des conducteurs sous la voie publique, ce à quoi M. Alphand lui a immédiatement répondu qu'en effet il
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- avait été accordé, il y a deux ans, une autorisation d’essai préalable à M. Marchand, mais que celui-ci n’en ayant fait aucun usage et ayant cherché à la vendre, l’Administration n’avait pas voulu favoriser une affaire de trafic et avait retiré son autorisation.
- Le directeur des travaux a, en outre, déclaré qu’il exigeait toujours un essai préalable des demandeurs en concession, et que les autorisations accordées jusqu’à ce jour ne concernaient que ces essais.
- Il n’est pas cependant admissible, ainsi que l’a fait remarquer M. Guichard, qu’à chacune des demandes qui lui seront faites, l’Administration oblige à procéder à des essais sur la voie publique. Qu’on refuse la permis-mission de bouleverser les rues et d’interrompre la circulation, à certaines personnes qui ne semblent pas présenter une responsabilité suffisante, cela est fort juste, mais ii existe actuellement plusieurs compagnies ou maisons d’éclairage électrique dont les preuves sont faites et dont les appareils sont connus de tous ; va-t-on leur demander des essais ? Il est certain qu’elles s’y refuseront. Avec de pareils errements, il faut renoncer à voir s’installer à Paris une station quelque peu importante de lumière électrique et nous sommes plus que jamais condamnés à subir le monopole de la Compagnie parisienne du gaz. Est-ce bien là le but que poursuit le Conseil municipal ?
- Le Syndicat formé pour l’éclairage électrique de l’Exposition de 1889 est définitivement composé de la Société Gramme, la Société l’Eclairage électrique, la Société Sautter, Lemonnier et C”, la Compagnie Continentale Edison, la Maison Bréguet et la Compagnie électrique.
- MM. Sauter, Lemonnier et C‘”, viennent d’installer la lumière électrique dans les usines de la maison Creil, soit 90 lampes à arc des types Gramme et Breguet, tandis que les bureaux son»- éclairés avec une centai.ie de lampes à incandescence de i5 bougies. Le courant est fourni par des dynamos Gramme.
- Nous apprenons que la Station centrale pour l’éclairage électrique du passage des Panoramas et du théâtre des Variétés, qui avait été mise en adjudication sur là mise à prix de 20,000 francs, a été adjugée pour la somme de 40,000 francs. Nous croyons savoir que les acquéreurs sont la Société l’Eclairage électrique et MM. Davey, Paxman et C‘”.
- Télégraphie et Téléphonie
- La Consolidated, Téléphoné C° qui possède des réseaux en Autriche, à Prague, Lemberg, Czernowitz, Trieste et Graz, vient d’organiser un service pour la transmission
- par téléphone aux abonnés de toutes les dépêches télégra phiques arrivant à leur adresse.
- Le liquidateur de la compagnie Internationale des Téléphones, vient de convoquer les actionnaires à une assemblée générale qui se réunira au siège social à Bruxelles, le samedi 2 avril prochain, à une heure de l’après-midi.
- L’ordre du jour porte :
- Pouvoirs à donner au Liquidateur à l’effet de passer certaines conventions destinées à permettre la clôture immédiate de la liquidation et le paiement par 2 francs des Bons de liquidation.
- Eventuellement, clôture de la liquidation et nomination de Commissaires chargés de la vérification des comptes.
- Pour assister à cette Assemblée, les Bons de liquidation, actions ou parts de fondateurs devront être déposés cinq jours au moins avant la réunion :
- Au siège social à Bruxelles;
- A la Banque C.-J.-M. de Wolf, à Anvers;
- Et à la Société de Crédit Mobilier à Paris.
- Les modèles dé procuration sont au siège social, à la disposition des intéressés.
- Pour que l’Assemblée soit valable, il faut que la moitié au moins du capital social soit présente ou représentée.
- Les cartes télégraphiques ont été introduites en Angleterre, au mois de janvier 1882 ; mais , comme le public ne s’est jamais beaucoup servi de ce moyen de correspondance, elles ont été retirées après un essai de quatre ans.
- ERRATUM
- Dans notre translation de l’étude de M M. J. et E. Hopkinson, {La Lumière Électrique n° 8, g et 10) une indication peu claire nous a induit en erreur. Dans la description de la machine Edison-Hopkinson étudiée par l’auteur, nous avons indiqué page 370, ligne 2: Distance entre les extrémités des pièces polaires : 12,7 c.m.
- Il résulte d’une description plus détaillée et d’un calcul donné par M. Forbes dans le Journal ofthe Society of Telegraph-Engineers and Elec-tricians ( vol. XV n°64, p. 558) que la distance indiquée se rapporte à 1 ^intervalle compris entre les pièces polaires et la plaque de base en fante, espace occupé par une plaque de zinc évidée.
- E. M.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Électrique, 3i, boulevard des Italiens Paris. — L. Barbier.
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- La Lumière Electriqué
- Journal universel dy Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- 9" ANNÉE (TOME XXIV) SAMEDI 9 AVRIL 1887 N* IS
- SOMMAIRE. — Sur la production de l’électricité par la condensation de la vapeur d’eau; L. Palmieri. — Nouvelles études sur les intégraphes; Abdank-Abakanowicz. — Sur les feuillets magnétiques et les courants; Vascky. — Sur un nouvel enregistreur électrique applicable aux instruments de météorologie ; B. Marinovitch. — Essais d’étude expérimentale des champs magnétiques; J. Sarcia et E. Sartiaux. — Substitution de l’inducteur aux piles pour la manœuvre des cloches électriques; E. Dieudonné. — Les signaux de secours du chemin de fer métropolitain de Berlin ; A. Palaz. — Revue des travaux récents en électricité : Détermination du coefficient de self-induction, par MM. Ledeboer et Maneuvrier. — De la mesure des températures élevées par les couples thermo-électriques, par M. H. Le Chatelier. — Galvanomètre portatif Weinhold. — Sur les anneaux colorés de Nobili et les phénomènes électrochimiques-qui leur donnent naissance, par M. Elsass. — Sur la force thermo-électrique entre quelques métaux et leurs solutions salines, par E. Ebeling. — Nouveaux dispositifs du régulateur Pieper.— La pile Upward. — Correspondances spéciales'de l’étranger : Angleterre; J. Munro. — Etats-Unis; J. Wetzler. —Variétés : La neutralisation des câbles sous-marins;. P. Clemenceau. — Bibliographie : Dictionnaire théorique et pratique d’électricité et de magnétisme. — Brevets d’invention; E. Dieudonné. — Discours de sir Ch. Bright. — Faits divers
- SUR LA
- PRODUCTION DE L’ÉLECTRICITÉ
- l'AR LA
- CONDENSATION DE LA VAPEUR D’EAU (')
- Traduit de l’Italien, par P Marcillac
- M. Firmin Larroque (2), persuadé que l’électricité positive doit se manifester lors de la condensation des vapeurs, a entrepris avec des instruments de son invention et suivant des méthodes qui lui appartiennent en pronre, de nouvelles expériences qu’il juge décisives.
- Jusque-là je ne pourrais que me réjouir avec cet habile physicien, en voyant qu’il arrive aux mêmes conclusions que moi. Mais pour justifier peut-être de la nécessité de ces nouveaux essais, l’auteur déclare insuffisantes les expériences antérieures et s’exprime en ces termes :
- « Quelques expérimentateurs ont tenté de mesurer (4) le potentiel de l’eau de condensation, en condensant de la vapeur d’eau sur une capsule de
- (1) Académie des sciences de Naples.
- (2) V. Lumière Électrique, n" 1, 1887.
- platine contenant de la glace (2) et mise en relation avec un électroscope condensateur ». Ceci (3) est évidemment une allusion aux dernières expériences que j’ai faites pour confirmer des expériences antérieures que l’auteur ne paraît pas avoir connues, car, autrement, il n’eut pas donné comme nouvelles des expériences datant de 1862. M. l.arroque ajoute :
- « Cette disposition expérimentale a le grave défaut de faire intervenir des actions de contact multiples, eau condensée-platine, platine-glace ou eau de fusion, glace-eau condensée, etc. »
- Il est visible que M. Larroque confond étrangement mes expériences simples et affirmatives, avec d'autres non concluantes et négatives. Je rappelle donc que : mettant la coupe de platine, bien isolée, en communication avec l’électros-copc condensateur, on n’obtient rien; que : mettant de l’eau dans la coupe et répétant l’épreuve, on voit la feuille d’or rester également immobile; que : enlevant l’eau de la coupe et plaçant
- (1) Découvrir et non pas mesurer. L. P.
- (2) Neige.
- (3) La suite de la phrase contient ces mots : « Ou avec l’aiguille d’un galvanomètre à quadrants de M. Mascart. » Ceci semble se rapporter aux expériences négatives de M. Kalischer.
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- dans celle-ci de la neige qui se transforme en gouttes d’eau par suite de la rapide fusion que produisent les fortes chaleurs d’été de notre climat, on n’a pas même le plus petit indice d’électricité, mais cette dernière apparaît très clairement après une minute, environ; c’est-à-dire, quand la paroi extérieure est sensiblement mouillée. Si, au lieu de neige, on met de l'eau à une température voisine de zéro dans la coupe de platine, les manifestations électriques ne feront pas défaut. Si je ne m’étais pas assuré, d’abord que l’eau et la neige, par simple contact avec le platine ne dégagent pas d’électricité, j’aurais doublé la coupe en platine d’une couche de cire ou de paraffine, comme je l’avais fait dans une autre expérience en 1862.
- Avant de les condamner, il serait bon de refaire les expériences d’autrui. Si un physicien voulait répéter cette dernière expérience, qu’il ait l’obligeance de se munir de l’électroscepe condensateur, tel que je l’ai modifié.
- D’ailleurs, de même qu’un solide a un poids différent dans les divers fluides dans lesquels on le plonge, de même les épreuves scientifiques sont d’un poids différent suivant l’esprit dans lequel elles sont poursuivies. Comparons au jugement de M. F. Larroque. celui de M. Gourguille (dans la Revue internationale d'Électricité, du mois de janvier dernier) (*). M. Gourguille, après avoir fait l’exposé de l’œuvre de Lemstrœm, professeur à l’Université de Helsingfors, sur les aurores boréales, conclut ainsi :
- « Un mot; en terminant. Tout en respectant les idées émises, j'avouerai que je ne goûte guère les théories de M. Edlund, sur l’origine de l’électricité atmosphérique, théories qui ne me paraissent pas assez sérieusement assises et auquelles l’auteur donne ses préférences.
- « Par contre, à mon avis, il n’a pas attaché aux travaux de M* Palmieri, toute la considération qu’ils méritent. Les résultats obtenus par le savant directeur de l’Observatoire du Vésuve, sont à coup sûr tout ce que la science possède actuellement de plus positif sur la véritable origine de l’électricité atmosphérique, M. Palmieri seul est réellement sorti du domaine de l’hypothèse par de^s expériences directes et sans réplique. »
- J’ai répété ces expériences en présence du professeur Govi, et nous avons constaté que l’appareil
- (’*) 3' année, janvier 1887.
- de M. Kalischer devait constituer, dans les expériences de ce savant, une faible source d’électricité négative qui devait neutraliser le peu d’électricité positive que dégage la condensation de la vapeur. Je me suis assuré ensuite de l’insuffisance de l'électromètre à quadrants pour indiquer la petite quantité d’électricité positive que l’on obtient en condensant la vapeur de l'air ambiant par un abaissement de température. Jusqu’à ce que mes expériences aient été exactement répétées, je ne me crois pas obligé de soutenir la discussion et de combattre des suppositions erronées.
- Par une revue insérée dans La Lumière Electrique et signée E. M., j’ai appris que M. Kalischer avait (dans les Annales de Wiedemann) attribué les mouvements de l’index de son électromètre, non pas à l’électricité voltaïque, mais au frottement produit pendant les manipulations, ou à une charge initiale des isolateurs; et je m’étonne que Fauteur de l’article trouve vraisemblables les suppositions de M. Kalischer, en raison de ce que j’ai noté qu’en touchant le revêtement d’étain des vases avec un doigt (sec ou mouillé, ou même avec un autre conducteur, pendant un moment seulement), l’électricité négative se manifestait d’une façon plus sensible. Cependant, l’auteur de la note devrait se rappeler qu'albrs le couple voltaïque accuse de l’électricité négative, quand, le cuivre se trouvant en contact avec le plateau inférieur du condensateur, on met le zinc en communication avec le sol.
- Dès le début de la pile, ce fait était connu et on l’expliquait en considérant que si l’un des électromoteurs du couple isolé avait eu une tension -j- 1/2, l’autre aurait dû prendre — 1/2; mais que si celui-ci, par exemple, était mis en communication avec le sol, l’autre prendrait une tension double, c’est-à-dire égale à 1 (’).
- Si, au lieu d’un couple, on prend une pile isolée de n couples, on sait que l’on aura zéro au milieu et que, vers les pôles, on aura, d’un côté, une tension positive proportionnelle à nj2 couples et, de l’autre côté, une tension négative proportionnelle aussi à m/2 couples; mais, si l’on met un des deux pôles en communication avec le sol, la tension de l’autre sera proportionnelle à m, c'est-à-dire que la différence totale de potentiel sera la même.
- (*) Voir le Cours de Physique de Pouillet, un des plus habiles auteurs français.
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- Je ne puis m’expliquer comment M. Kalischer n’a pas su vérifier l’exactitude de ses suppositions et s’est hâté de donner des conclusions contraires. M. Tait croit que les résultats négatifs de MM. Blake et Kalischer dépendent de ce que leurs expériences ont été faites sur une trop petite échelle ; pour ma part, je dis que, non seulement il faut se servir de platine, mais encore s’aider du condensateur pour recueillir les plus faibles charges, qui se suivent lentement. Le professeur Govi ayant désiré voir comment les choses se passeraient si l’on plaçait sur le tabouret iso-solant des cylindres de zinc au lieu des vases de M. Kalischer, vit de.l’électricité négative apparaître de la même façon et même avec plus d’énergie.
- Je répétai pendant plusieurs jours les expériences de M. Kalischer avec l’électroscope condensateur que j’ai perfectionné, en usant des précautions les plus minutieuses et en opérant aussi bien avec les vases vides qu’avec ces mêmes vases contenant de l’eau ou de la neige ; et, certain des résultats que j’ai obtenus, je désire vivement voir répéter ces essais par d’autres personnes, avec un appareil identique à celui que j’ai employé.
- L’expérience que je fis ensuite avec une grande coupe de platine, en corrigeant le défaut inhérent à l’appareil de M. Kalischer, re'ussit très bien, même en plaçant dans la coupe de l’eau à une température voisine de zéro, et en opérant pendant la saison d’été.
- Quelle que puisse être la délicatesse de l’appareil électroscopique employé, on devra toujours lui prêter l’appui du condensateur. La vapeur, en effet, se change peu à peu en eau, au point que, une minute après que la paroi «extérieure de la coupe de platine (de 12 centimètres de diamètre) commence, à se ternir, on recueille 1/2 gramme d’eau; les couches électriques très faibles qui se trouvent développées disparaissent donc successivement, et, seul, un condensateur bien employé pourra réussir à les accumuler. C’est pour cela que M. Tait, cité par M. Lem-strœm, estime que les expériences négatives de MM. Blake et Kalischer ne prouvent rien, attendu que, selon lui, toute la charge de quelques décimètres cubes d’air humide échapperait à l’observation. Et, véritablement, si 1/2 gramme de vapeur, qui se convertit en eau dans une minute pouvait fournir directement des indications élec- | troscopiques, les quantités d’électricité produites [
- par des pluies, même modérées, devraient être énormes.
- Je trouve donc nécessaire d’employer un élec-troscope sensible, de faible capacité, associé à un condensateur convenable.
- Je ferai observer, pour terminer ces remarques que, avant d’élever le plateau supérieur condensateur, il est utile d’enlever, au moyen d’un corps isolant, la communication du plateau inférieur avec la coupe de platine ; autrement une partie de la charge retourne vers la coupe, et en raison de la capacité appréciable de celle-ci, les indications fournies par la feuille d’or seront plus faibles.
- Le savant auteur de l’article précité dit: que « pour moi, la principale preuve était fournie par mes observations météorologiques. »
- J’accepte entièrement ce jugement : il ne m’est pas possible de nier ce que j’ai pu observer pendant 37 ans dans des conditions essentiellement favorables, avec des appareils spéciaux, c’est à-dire les effets électriques qui se manifestaient lors des condensations de vapeur. Les observations directes ont permis d’établir un rapport entre les intensités électriques et l’aspect du ciel, et l’état de l’atmosphère, et d'en déduire des conséquences sérieuses.
- Malgré l’évidence des observations , j’ai voulu tenter des expériences , qui ont réussi et ont été affirmatives. Je garantis l’exactitude des résultats obtenus et je crois avoir su me mettre, après tant d’années de recherches expérimentales, à l’abri des erreurs qu’il était possible de craindre.
- Que l’on veuille bien , au lieu d’expériences négatives , répéter exactement et avec, les mêmes appareils mes expériences, et peut-être verra-t-on que cette longue période d’études a fourni non-seulement les principales lois des manifestations électriques de l’atmosphère, mais encore a résolu finalement le fameux problème de l’origine de l’électricité atmosphérique qui a donné le jour à tant de théories.
- Je terminerai cette note en posant une question à laquelle je ne puis répondre. Quand j’entrepris mes recherches (i85o) de météorologie électrique, je commençais par répéter toutes les expériences faites depuis B. Franklin jusqu’à Peltier ; je découvris ainsi les phénomènes de rapprochement et d’éloignement , et ceux de la veine liquide ascendante et descendante que je ne jugeai pas convenable pour les observations quotidiennes,-
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- pour des motifs que je crois encore justes , malgré l’autorité de Sir W. Thomson.
- La méthode que j’estimai la meilleure, fut celle du conducteur mobile avec l’électromètre bifilaire, qui donne des résultats comparables et corrigés des erreurs dües aux pertes.
- Je consacrai une grande partie de ma vie aux observations directes, assidues, persistantes, et après avoir reçu les enseignements de la nature, lors des manifestations électriques de l’atmosphère, et ceux même du Vésuve, lors de ses merveilleux embrasements , je me persuadai que , là où il y a condensation de vapeur à l’air libre, il y a en même temps des effets électriques plus ou moins énergiques suivant l’abondance et la rapidité de la condensation.
- Les preuves ainsi recueillies après tant d’années, me parurent non-seulement .suffisantes, mais surabondantes. Néanmoins, je voulus tenter des expériences de cabinet, qui 'du reste réussirent complètement. Depuis, je les ai variées et rendues faciles et assez rapides pour pouvoir être répétées devant des élèves.
- Des essais faits avec des méthodes non concluantes ayant donné, comme on pouvait !e prévoir, des résultats négatifs, j’ai été contraint de m’élever contre l’incrédulité. de quelques physiciens : ceci ne m’a point surpris, car ces vérités ne sont pas les premières qui aient eu à lutter contre des théories anciennes, erronées.
- En fin de compte, une Académie célèbre a établi un concours, en proposant un prix à celui qui découvrirait l’origine de l’électricité atmosphérique, et ce prix, Elle l’a attribué à un célèbre physicien Suédois , déclarant dans un mémoire soigneusement étudié , sans citer d’expériences propres, que « le passage de la vapeur à l’état d’eau, produit une condensation excessivement puissante d’électricité ».
- Je n’ai pas concouru, mais je me permets de demander si l’on veut tenir pour vraie cette proposition publiée depuis plus d’un quart de siècle.
- \
- L. Palmieri
- NOUVELLES ÉTUDES
- SUR LES
- INTÉGRAPHES (')
- Nouveaux modèles d’intégraphes (suite). — M. Coradi, le célèbre constructeur de Zurich, s’est occupé dernièrement de la création d’un modèle d’intégraphe, dont la disposition générale est très originale et qui présente des détails de construction remarquables.
- Comme on le verra plus loin en détail par la
- Fig. 1
- description, le constructeur a adopté un parallélogramme articulé pour maintenir le parallélisme entré la directrice et la roulette
- L’instrument est représenté en plan, et d’une manière schématique par la figure i.
- Quatre règles parallèles L, L\ L2, L3, sont réunies en un seul cadre par les traverses T TL La règle L2 n’est pas visible, parce qu’elle se trouve cachée sous la règle LL 1 Le cadre entier est porté sur 4 cylindres R de diamètres rigoureusement égaux, et à surface rugueuse, qui sont fixés sur deux axes parallèles d, d montés entre pointes, et parallèles aux règles L.
- Le cadre peut ainsi se déplacer .librement dans le sens des abscisses, les 4 cylindres assurant
- P) Voir La Lumière Electrique, n° 14, 2 avril 1887, p.,3.
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- pratiquement un mouvement parfaitement rectiligne (1).
- Les règles L et L1 portent sur leur surface supé-rieure des rainures parallèles entre elles, et perpendiculaires à la direction du déplacement général du cadre.
- Dans ce modèle, la directrice F est articulée au point fixe D, en sorte qu’elle ne peut prendre que
- des déplacements angulaires; elle porte également sur ses deux faces horizontales des rainures.
- Un premier chariot A, porté par 3 galets r rK et r-, roule sur les règles L et L3; il est ainsi assujetti à un déplacement rectiligne parallèle aux ordonnées.
- La directrice est articulée avec ce chariot au moyen d’un axe vertical a (fîg. 2 et 3) ; cet axe
- 3
- peut être déplacé à volonté, et fixé au moyen d’un éciou de serrage, en un point quelconque d’une coulisse pratiquée dans le corps du chariot A, dans le sens des abscisses. De cette manière, on peut faire varier la base, qui dans ce cas, est déterminée par la distance du centre D d’articulation à l’axe a\ cette distance se lit sur une échelle gravée sur le bord de la coulisse.
- (1) Voir pour ce dispositif introduit par Coradi : Zeitschrift des Oesterreischischen Ingénieur und Architekten Vereins, 1884, n° 4 et 5 ; Zeitschrift fur Vermessungs-wesen, 1884, n° 20, et 1886, n° 9 et 10.
- L’axe vertical a porte, en outre, un cadre articulé horizontalement, et dans lequel sont suspendus deux galets roulant le long de la rainure pratiquée sur la face inférieure de la directrice.
- Au moyen de ces deux chariots, on opère une transformation des déplacements du chariot A dans le sens des ordonnées, en rotation de la directrice, et telle que la tangente de l’inclinaison de celle-ci sur l’axe des x est proportionnelle à l'ordonnée, l’axe des x passant, bien entendu, par le centre d’articulation D.
- Sur la face supérieure de la directrice roule le chariot B, monté sur les roulettes r3 H ; à ce cha-
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- riot est fixée, d’une manière invariable, la traverse M du parallélogramme i, V, i", i"', dont la traverse parallèle M' est reliée au cadre vertical qui porte la roulette proprement dite, qui effectue l’intégration. De cette manière, tous les mouvements angulaires de la directrice sont transmis à la roulette. La pièce cylindrique qui correspond dans ce modèle à l’axe vertical de la roulette passe dans une douille faisant partie du chariot G, Les deux galets principaux r3, r° de ce dernier roulent dans la rainure de L1, et il est maintenu en équilibre par un galet horizontal r7 qui appuie contre la face verticale de la règle L3, comme l’indique la figure 2 (élévation).
- La roulette appuie par l’action du poids du
- Fig. 3
- cadre ; elle peut être relevée au moyen d’une vis.
- D’après ce qui précède, on comprend que si on a, au préalable, amené le plan de la roulette à être une fois parallèle à la directrice, les déplacements du chariot A dans le sens des ordonnées donneront à la directrice les inclinaisons correspondantes, qui seront transmises par *le parallélogramme à la roulette. Par suite du mouvement général de l’instrument dans le sens des abscisses, la roulette entraînera le chariot G, en le forçant à se déplacer, le long de L1. La trace de la roulette donnera donc la courbe intégrale.
- En réalité, on suit la courbe avec une pointe/ placée à l’extrémité du bras E, solidaire du chariot A ; on peut donc modifier la position de l’axe des x relatif à la courbe donnée.
- Le chariot G porte également un bras articulé G, à l’extrémité duquel se trouve le tire-ligne K, ce qui permet ainsi de reporter le tracé de la
- courbe intégrale à côté dé la courbe donnée. Le tire-ligne appuie par le propre poids du bras G.
- Si, à côté du tracé des courbes intégrales, on veut également pouvoir employer l’instrument comme intégrateur, il suffit de tracer une division su: la règle LL
- L'appareil entier peut se placer dans une boîte ayant 55 centimètres de longueur, sur une largeur de 35 centimètres et une hauteur de i5 centimètres.
- Les figures 2 et 3 montrent l’appareil complet tel qu’il est construit, les lettres correspondant à celles du schéma; on a représenté la directrice séparée du chariot A, et on a enlevé le petit chariot articulé en a (fig. 2). Le détail de l’articulation (a) est représenté par la figure 3.
- Les différents bras mobiles, les cadres, et tous les axes des galets sont montés entre pointes, en sorte que l’ensemble des transmissions et des transformations de mouvements, quoiqu’elles paraissent assez compliquées, s’effectue avec des frottements cxtrêmements faibles, et sans jeu.
- Les conditions nécessaires à réaliser, soit par la construction, soit par le réglage de l’appareil, sont en premier lieu, le parallélisme des rainures des règles L et L3, qui doivent, en outre, être perpendiculaires au déplacement des cylindres R.
- Le plan de la roulette doit être parallèle à la directrice, définie par sa rainure, et enfin la figure définie par les quatre axes des règles articulées doit être réellement un parallélogramme.
- B. Abdank-Abaicanowicz
- SUR LES
- FEUILLETS MAGNÉTIQUES
- ET LES COURANTS
- 1. Equivalence d'un courant et d'un feuillet magnétique. — La considération des feuillets magnétiques est d’un usage très commode et très répandu en électromagnétisrne. (1) On sait qu’un feuillet
- (!) Voir, dans La Lumière Électrique: Cours professé par M. J. Bertrand au Collège de Fiance, en 1886-1887, — Voir également Maxwell, Mascart et Joubert.
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- magnétique se compose de deux couches magnétiques , égales et de signes contraires, répandues sur deux surfaces parallèles et infiniment voisines, limitées à un contour commun G. Le produit <I> = le de la densité I des couches magnétiques par leur distance infiniment petite e, produit que l’on suppose constant aux divers points, s’appelle la puissance du feuillet.
- En partant de la formule fondamentale du magnétisme :
- (0 f = vîLrP
- qui donne la valeur de la force mécanique ^s’exerçant entre deux pôles magnétiques qf et #2 situés à la distance r l’un de l’autre, on en déduit pour l’expression du potentiel V en un point M sous l’action des deux couches magnétiques du feuillet <I> :
- (2) V = K <I> ci>
- a) désignant l’angle solide sous lequel, du point M, on voit le contour C du feuillet. Cet angle a> doit être compté positivement si le feuillet tourne sa face positive vers le point M, négativement dans le cas contraire.
- D’autre part, si l’on imagine un courant d’intensité i qui parcourt le contour G, ce courant développe un champ magnétique autour de lui. En partant de la formule fondamentale de l’électro-magnétisme :
- (3) sin “
- dans laquelle / est la force mécanique exercée par un pôle q sur un élément irfide courant faisant l’angle a avec le rayon vecteur r qui joint# et d s, on trouve pour l’expression du potentiel magnétique au point M sous l’action du circuit C :
- (4) V = k" i c»
- Dans cette formule l’angle eu doit être affecté du même signe que dans (2), à la condition que, pour un observateur placé debout sur la face positive du feuillet, le courant décrive le contour C de droite à gauche (sens inverse de celui des aiguilles d’une montre).
- Si <I> et i sont liés par la relation :
- (5) h' <S> = k" i
- le feuillet et le courant développent le même potentiel V en tout point du champ extérieur au feuillet. Ils sont donc équivalents au point de vue des actions extérieures. Dans le système électromagnétique d’unités, les coefficients k et k' sont pris égaux à l’unité, et la formule (5) devient :
- (5') $ = i
- condition bien connue d’équivalence d'un courant i et d’un feuillet <ï> limité au même contour C-
- 2. Étude du coefficient k". —A priorités coefficients k et k" doivent être considérés comme dépendant de la nature du milieu qui transmet les actions magnétiques, et rien n’autorise à en faire des coefficients purement numériques, D’une manière générale il y a intérêt à nç pas traiter, sans autre motif que la commodité des calculs, comme des coefficients purement numériques les constantes physiques , notamment celles qui entrent dans les formules fondamentales d’électricité et de magnétisme. {') Dans ce qui suit nous ne préjugerons rien sur la nature de fr'etsa variation d’un milieu à un autre. Quant à k", nous allons démontrer que c’est une constante indépendante du milieu.
- Remarquons d’abord que, si un pôle magnétique égal à 1 part d’un point et décrit, dans le sens des potentiels décroissants, un chemin fermé qui embrasse le circuit G , l’angle solide a>, égal à w, au départ, décroît, dans ce trajet, de 4 tt et devient égal à :
- ti)2 = d)l — 4 71
- lorsque le pôle est revenu en M4. Le potentiel dû au courant i, représenté au départ par la formule (4) :
- V] = fe' i w 1
- devient à l’arrivée :
- V2 = k° i u>j = Vi — 4 7t k’ i
- (>) Comptes-Rendus : Mercadier et Vaschy, janvier-février 1883. La Lumière Electrique : Mercadier (1882-i883), Vaschy (i883).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pendant ce trajet, le travail des forces électromagnétiques sur le pôle i est égal à la chute de potentiel :
- (6) Vi — V2 = 4 u h" i = E
- Si le champ magnétique est dû, non-seulement au courant i, mais encore à des aimants quelconques, le travail produit par l’action Je ceux-ci, pendant que le pôle unité décrit le chemin fermé ci-dessus, est rigoureusement nul, et le travail total se réduit à celui qui serait produit sous l’action seule du courant, savoir : 4 tt k" i.
- Maintenant, supposons que le milieu, au lieu d’être homogène, comme nous l’avons supposé implicitement jusqu’ici, contienne plusieurs corps de pouvoirs inducteurs (perméabilités) magnétiques différents. Les potentiels et les lignes do-forcesont distribués d’une certaine manière. On sait que rien n’est changé à cette distribution, si l’on suppose quetoutesles substances dont sont formés les divers corps soient remplacées par de l’air, à la condition que l’on établisse à la surface de ces corps des couches magnétiques de densité convenable, qui constituent leur magnétisme apparent.
- La grandeur et la direction de la force magnétique en chaque point n’étant pas altérées, le travail de cette force pendant le déplacement du pôle unité n’est pas changé non plus.
- Mais, grâce à cette substitution, le milieu est homogène et ne contient plus que de l’air, et l’on a vu ci-dessus que le travail correspondant au parcours d’un chemin fermé embrassant le circuit C, se réduit alors à 4 « k" i, le coefficient k" étant celui de l’air.
- Ce travail, et, par suite, le coefficient k" ont donc une valeur invariable, quelles que soient la nature et la complexité du milieu.
- L’expérience montre d’autre part que les propriétés du courant i ne dépendent pas de la nature du conducteur traversé par celui-ci. Le coefficient k" est donc une constante que l’on peut considérer comme purement numérique. Sa valeur peut être prise égale à l’unité , et cela quel que soit le système d’unités adopté : électrostatique, électromagnétique ou autre.
- Ces conclusions découlent implicitement du fait, énoncé sans démonstration par Maxwell (§499), quelle travail produit, pendant qu’un pôle unité décrit un chemin fermé embrassant un.courant i, est égal à 4 7r /, quelle que soit la nature du mi-
- lieu et du conducteur. Maxwell pose toutefois; k" = 1 d’une manière arbitraire et sans s’appuyer sur le fait précédent.
- Nous poserons donc désormais: k’’= 1. La formule fondamentale d’électromagnétisme (3) devient alors :
- 1 \ „ qi ds .
- (7) f = -L-pr~ sm «
- Cette formule s’applique au cas d'un milieu homogène quelconque. Dans le cas d’un milieu hétérogène, on peut l’appliquer, à la condition de faire intervenir le magnétisme apparent réparti sur les surfaces de séparation des divers corps, comme nous l’avons indiqué ci-dessus.
- La condition (5) d’équivalence d’un courant et d’un aimant s’écrira :
- k' <î> = £
- Si l’on suppose, par exemple, que le feuillet soit plan et de surface S, son moment magnétique M est égal au produit de la charge magnétique I S par l’épaisseur s. du feuillet, soit:
- (8) M = 1 S e = <t>S = ~
- L’aimant M équivalent à un courant donné i varie donc suivant la nature du milieu, contraire ment à l’opinion souvent admise, et il n’est déterminé que lorsque le coefficient A:'est connu. Dans le système électromagnétique ce coefficient est, comme on le sait, l’inverse du pouvoir inducteur ou perméabilité magnétique, sa valeur étant t pour l'air.
- 3. Conséquence relative à la formule fondamentale d’électrodynamique. — De ce que k" est égal à l'unité il résulte une conséquence importante relativement au coefficient k'" de la formule fondamentale d’électrodynamique :
- i i ds ds' / „ ,,
- (9) f = /c -----T>-I 2 cos e — 3 cos a cos a )
- qui exprime, suivant les idées d’Ampère, l’action entre deux éléments de courant i d s, i' d s'. En panant de cette formule, on démontre que Diction d’un courant i décrivant le contour d’une
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- surface plane S est la même que celle d’un aimant dont le moment M serait égal à :
- M = 7c " S i
- La comparaison de cette formule avec (8) donne :
- (io) 7c"=l
- En résumé, des trois coefficients k', k", k'" des formules fondamentales de magnétisme, d’électromagnétisme et d’électrodynamique, le premier k' est d’une nature encore inconnue, le deuxième k" est un coefficient purement numérique que l’on est en droit de prendre égal à l’unité, et le troisième k'" est l’inverse de k'.
- Force magnétomotrice d’un courant. — Considérons une surface quelconque S limitée au contour C parcouru par un courant i. Si l’on part d’un point de cette surface pour revenir au même point après avoir décrit un chemin embrassant le contour C, la chute de potentiel (V, — Va) le long de ce chemin est donnée par la formule (6); où l’on fait k" = i :
- Vj — V2 = 4 7zi = E
- Ceci s’applique, quel que soit le point M, choisi sur la surface S.
- Imaginons un feuillet défini, non plus par sa puissance (I>, mais par la variation brusque de potentiel E = 4 1xi, qu’il établirait entre ses deux faces. Ce feuillet développerait un champ magnétique identique à celui du courant, et cela, quelle que soit la nature du milieu, puisque E est indépendante de k'. La variation E de potentiel magnétique à la surface S est analogue à l’effet Pel-tier, à la force électromotrice des piles, etc. On pourrait l’appeler la Jorce magnétomotrice du feuillet S équivalent au courant.
- Sous l’action de la force magnétomotrice E, la distribution des potentiels et des lignes de force magnétiques dans le champ est la même : i° que la distribution des potentiels et des lignes de force électriques qui seraient dus à une force électromotrice E existant sur la surfaceS, en supposant les pouvoirs inducteurs électriques égaux aux pouvoirs inducteurs magnétiques; 20 que la distribution des potentiels et des courants sous l’action de la force électromotrice E en supposant les con-
- ductibilités des diverses parties du milieu égales aux pouvoirs inducteurs magnétiques.
- On sait, en effet, que les solutions des problèmes d’électrostatique, d’électrocinétique et de magnétisme sont données par les mêmes équations dans lesquelles figurent, suivant les cas : d’une part, les forces électriques ou magnétiques ou les intensités de courant, d’autre part, les pouvoirs inducteurs ou perméabilités ou les conductibilités.
- Dans le problème d’électrocinétique, E désignant la force électromotrice à la surface S, R la résistance totale opposée par le milieu indéfini au courant qui va de la face positive à la face négative de S, i l’intensité totale de ce courant, on a :
- E
- 1 = H
- Dans le problème du magnétisme, si le milieu est de l’air, le flux total de force ‘U à travers la surface S sous l’action de la force magnétomotrice E est exprimé également par :
- R ayant la même valeur que ci-dessus, pourvu que la résistance totale ait été calculée en prenant la conductibilité égale à 1 (valeur du pouvoir inducteur magnétique de l’air). Cette quantité R est appelée quelquefois la résistance du circuit magnétique ; elle se calcule comme une résistance électrique.
- Si l’on admet, pour la perméabilité du fer doux non aimanté, le'chiffre 400, on dira que la résistance magnétique de ce métal est 400 fois plus faible que celle de l’air.
- La forme de la surface S est indifférente; son contour intervient seul. On peut même remplacer cette surface unique par deux (ou plusieurs) autres S, et S2 produisant des forces magnétomo-trices E, et E3 telles que :
- Ei + E2 = E = 4 it i
- ÉNERGIE DES FEUILLETS ET DES COURANTS
- Dans plusieurs traités on donne comme formule représentative de l’énergie d’un feuillet magnétique :
- (11) w =--<!>‘5’
- ' .2
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- to
- <ï> désignant la puissance et % le flux de force pénétrant dans le feuillet par sa face négative sous sa propre action. On admet, en outre, par analogie, que la même formule représente l’énergie d’un courant électrique ; dans ce cas et sont proportionnels à i, et W est proportionnel à i3.
- L’énergie ainsi calculée, soit pour le feuillet, soit pour le courant, serait négative, ce qui n’est pas admissible. Nous nous proposons de calculer la valeur exacte de l’énergie potentielle d’un feuillet et celle d’un courant. Nous démontrerons, en outre, que l'énergie relative d'un courdnt et d'un aimant est nulle; c’est-à-dire que la présence simultanée du courant et de l’aimant dans le même champ, ne développe pas d’énergie potentielle comme le ferait la présence de deux aimants ou de deux courants.
- 6. Énergie d’un feuillet. — Soient I la densité magnétique; <I> la puissance, qui pourra être variable d’un point à un autre du feuillet ; V la différence de potentiel des deux faces; F„ la composante normale de la force à l'intérieur du feuillet; fn la composante normale de la force à l’extérieur, dont la valeur est la même pour les deux faces à cause de la petitesse de l’épaisseur s (figure ci-dessous). On a, d’après un théorème connu :
- D’autre part :
- et
- F„ e = V
- I E =<I<
- On en déduit :
- fi 2) V = 4 7c' <I> — fH e
- <'3> *-ïîœ{v + f..)
- Soient %{ le flux de force arrivant sur l’unité de surface (face négative) du feuillet sous sa propre action; <g'2 le flux de force sous l’action des causes extérieures. Le flux total (<gT, -f- ^3) à ravers l’unité de surface n’est autre chose que fn.
- f. = «Si +
- L<*s relations (12) et (t'3) deviennent ainsi :
- (12') V = (4 rc 7c'<I« - <gi e) - e == Vi + V2
- <,3'> + «* *3
- L’énergie potentielle du feuillet sous sa propre action est, par unité de surface, 1 /2 V, I ; l’énergie due aux causes extérieures est V21. L’énergie totale est donc :
- ( 15) W = (iVi -f- Vî) I = ^2 w /c' —— — ^
- (16)
- va v CSX _ (‘g’, g
- 8 •k k‘ e 8 iz k 8 te 7c’
- Si un aimant se déplace en présence de ce feuillet, la valeur du flux S2 s’accroissant de
- 8fë2, l’énergie W décroît de «i»On sait, en effet, que cette expression représente le travail des forces magnétiques pendant le déplacement de l’aimant. Mais on voit, d’autre part, que ce que l’on considère quelquefois comme étant l’énergie potentielle, savoir — (1/2 <I»-f- <!>?>,), n’en est, au contraire, qu’une faible fraction, le terme positif 2tcA:'<I)2/e étant de beaucoup le plus important.
- Supposons que pendant le déplacement de l’aimant, au lieu de maintenir <I> constant, on puisse maintenir V constant par un procédé quelconque. Alors, tâ2 variant de SS2, la formule (16) montre que W ne varie que d’une quantité renfermant e en facteur, c’est-à-dire d’une quantité négligeable. Malgré le travail ‘I>SS2 des forces électromagnétiques, on voit donc que l’énergie potentielle ne varie pas (sensiblement). C’est que pour maintenir V constant, on doit faire varier <I> et dépenser de ce fait une énergie précisément égale à <I>8S2.
- 7. Énergie d'un courant. — Un courant est équivalent, au point de vue des actions extérieures, à un feuillet de force magnétomotrice
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- (ou différence de potentiel) constante 4-^1, ainsi qu’on l'a vu plus haut. L’assimilation que l’on établit ordinairement avec un feuillet de puissance constante <I> n’est pas fondée; elle donne lieu à une erreur dans le calcul de l’énergie poten. tielle. L’étude précédente conduit donc, par analogie, à penser que le déplacement d’un aimant en présence d’un courant ne fait pas varier l’énergie potentielle de celui-ci. Mais, au lieu d’admettre ce fait important par analogie, nous allons en donner plusieurs démonstrations directes.
- i° Lorsqu’un pôle q a décrit un chemin fermé embrassant un courant i et qu’il est revenu au point de départ, l’énergie relative du pôle et du courant a évidemment la même valeur qu’avant le déplacement, et, cependant, les forces électromagnétiques ont produit un travail égal à ^.-rciq. Donc, ce travail n’influe pas sur la valeur de l’énergie potentielle et n’a avec elle aucun rapport.
- 20 Dans ce déplacement du pôle, puisqu’il n'y a pas variation d’énergie potentielle, on en conclut que le travail des forces électromagnétiques est emprunté à d’autres sources d’énergie, telles que la pile qui donne naissance au courant i, etc. C’est là le point de départ de la théorie de l’induction électromagnétique, et la vérification ex_ périmentale des lois auxquelles conduit cette théorie peut être considérée comme une preuve a posteriori du fait que nous avons démontré ci-dessus. Ajoutons que pour établir la théorie de l’induction, au lieud'admettre immédiatement que le travail électromagnétique est entièrement emprunté à la source d’énergie chimique, on devrait, à la rigueur, montrer préalablement que l’énergie potentielle ne joue aucun rôle. Cette précaution est d’autant plus nécessaire que, suivant que l’on déplace, en présence du courant i, un aimant ou un autre courant z2, il n’y a pas, ou il y a variation d’énergie potentielle, chose qui n’a rien d’évident a priori.
- 3° En supposant, suivant les idées de Faraday et de Maxwell, que l’énergie potentielle d’un système magnétique soit répandue dans tout le milieu, comme le serait une énergie élastique, on démontre que sa valeur par unité de volume est égale à :
- f représentant la force magnétique. L’énergie totale répandue dans le volume u du champ est donc :
- W = f P du
- Supposons que le champ magnétique soit dû au courant i et à un système d’aimants S, le premier développant en un point une force magnétique égale à le second une force /, faisant avec /, un angle a. La résultante / est donnée par :
- P =-- fl2 + A2 + 2 fi U cos «
- d’où :
- W = f = f du+ frf— du
- J St: k J 8 iz k J tin k
- fi ft. fi cos a .
- + J ----jTîcTc' d U
- Or, les deux premiers termes du second membre représentent respectivement Pénergiç du courant seul et celle du système S seul. Le troisième terme
- C 2 fi fi c°s «
- J 6 Tt k
- représente donc l’énergie relative due à la présence simultanée de i et de S ; nous allons montrer qu’il est nul.
- Considérons, à cet effet, un tube de force, de section infiniment petite, dans le champ qui serait produit par le courant seul. Ce tube est fermé sur lui-même.
- Soient :
- dS sa section en un point, dn la longueur d’un élément du tube, dS.dn = du le volume de cet élément. On sait que le produit fK dS de la force ft par la section ds est constant tout le long du tube. On peut donc écrire, pour le volume total du tube considéré :
- f 2 fi U cos a ^ J 8 ick'
- -f
- 2 fi fi cos a 8 u k'
- d S d n
- fi d S r
- 4 * k' J
- cos a d n
- Or, fi cos a dn est le travail que produirait la
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- 62 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- foree f2 due au système S sur un pôle unité qui décrirait le chemin dn le long du tube de force fK. Ce travail est la chute de potentiel le long de dn sous l'action de 2. La chute totale de potentiel le long du tube fermé \ c’est-à-dire : deux courants n et i2, qui s’ajoute aux énergies propres de ces courants, savoir : / ' clu = ~7 ‘ L l i ‘2 J 8 Tt k 2 k
- J f2 cos a d n C f-? j I T • - / f—TT du = —j-, Li2 Î22 y 8 Tt k 2 k
- est évidemment nulle. Il en résulte : L’énergie potentielle totale des deux courants en présence est :
- r 2 f ! fï cos a , / J T du —o J 8 Tzk W i,2 + 2 Mi, i2 + L2 i22)
- ce qui démontre la proposition énoncée. Supposons maintenant qu’en présence du courant i, que nous désignerons par i„ on ait un autre courant i2 au lieu du système d’aimants 2. On répétera les mêmes calculs que précédemment. Seulement, parmi les tubes de force considérés, ceux qui n'embrassent pas le courant i2 donneront encore : On retrouve cette formule par d’autres considérations dans la théorie de l’induction. L, et L2 s’appellent les coefficients d’nduction propre ou de self-induction des circuits it et i2 ; M est leur cofficient d’inouction mutuelle. Ces cofflcients sont des quantités purement géométriques, homogènes à une longueur, quel que soit le système d'unités adopté, comme il est facile de le
- J f 2 cos a dn = o vérifier. Vaschy
- tandis que tous ceux qui embrassent i2 donneront : SUR UN NOUVEL
- j’ f 2 cos a d ?i = 4 Ti. i 2 ENREGISTREUR E1LECTRIQUE
- Par suite APPLICABLE AUX
- r^Ufic osa f f'dS U f f ds J 8 71 k’ J 4 7t /c ^ k J, INSTRUMENTS DE MÉTÉOROLOGIE
- L’intégrale f fi dS M. E. Gimé, dont le nom n’est pas inconnu de nos lecteurs, nous adresse la description d’un
- représente le flux total de force à travers les tubes émis par le courant h et qui embrassent le courant i2. Ce flux étant proportionnel à z,, on posera : Ç fi d S = M ii certain nombre d’appareils météorologiques auxquels il a imaginé d’appliquer un mode d’enregistrement particulier qu’il y a intérêt à faire connaître. M. Gimé a tout d’aburd combiné un Téléma-réographe, c’est-à-dire un appareil destiné à décrire à distance la courbe des mouvements de
- d’où : la marée dans un lieu déterminé (').
- C 2 f, f2 cos a , M . I 1 du = y-, ii i2 v J 8 Tt k k' La construction de cet appareil, représenté schématiquement sur la figure i, est très simple.
- Telle est l’expression de l’énergie relative des (!) Étude des marées secondaires, quart diurne, etc., etc.
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- Il se divise en deux parties distinctes : le transmetteur et l’enregistreur.
- Le transmetteur se compose essentiellement d’un long tube en verre A, fermé à l’une de ses extrémités et communiquant par l’autre avec un récipient rempli de mercure (fig, 1).
- Le vide barométrique est fait dans ce tube. Le niveau du récipient ouvert correspond exactement au niveau de la plus basse mer.
- Dans le tube barométrique sont soudés, de millimètre en millimètre, suivant une génératrice, des fils de fer (?) faisant assez saillie à l’intérieur pour établir de bons contacts avec la colonne de mercure.
- Ces contacts en fer sont reliés, d’autre part, aux divisions d’un rhéostat R, disposé dans un compartiment étanche noyé dans de la paraffine à proximité du tube barométrique.
- DIAGRAMME
- du Télémaréographe
- GIMÉ.
- T
- Fig, 1
- Ce rhéostat R est intercalé dans le circuit général ; il est relié par une extrémité à la ligne et par l’autre extrémité à une plaque de cuivre rouge, de 1 mètre carré de surface, immergée dans la mer.
- La ligne L, isolée comme les fils télégraphiques ordinaires, est prolongée jusqu’au poste enregistreur de la courbe des mouvements de marée.
- L’enregistreur se compose d’un solénoïde S, agissant sur un noyau en fer doux suspendu pat-une cordelette à l’extrémité x du fléau d’une balance. Cette corde passe entre les gorges de deux galets destinés, malgré les mouvements du fléau,
- à maintenir le noyau dans une position verticale au centre du solénoïde.
- Le bras opposé de la balance b porte un poids à glissière i en forme de curseur, voyageant sur une échelle graduée, destiné à équilibrer dans une certaine position le noyau N du solénoïde, en réglant les mouvements de la courbe.
- Il porte ensuite à son extrémité un style appliqué contre le tambour T, sur lequel est le papier destiné à recevoir la courbe maréométrique.
- Le solénoïde S est intercalé dans lé" circuit général, relié d’une part à la ligne L et en communication, d’autre part avec une batterie très
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- constante d’une force électromotrice en rapport avec la résistance du circuit.
- Par l’électrode demeurée libre, la batterie est mise à la terre avec grand soin, de façon qu’il ne se produise aucune variation de résistance par le fait de cette mise à la terre. Si le poste est à proximité de la mer, on peut prolonger le conducteur de cette électrode jusqu’à une plaque de cuivre rouge, de même surface que celle servant au poste de transmission..
- Ceci posé, le fonctionnement du système est facile à comprendre.
- A mer basse, la pression atmosphérique équi-
- ct>-
- “9
- <ù
- <0
- Terre
- Poste l Poste II Postelll
- Télémaréographe
- GIMÉ
- gvçç 3 postes enregistreurs
- I
- Fig. 2
- libre une colonne de mercure montant dans le tube en verre à une hauteur en rapport avec cette pression.
- Au fur et à mesure que le niveau de l’eau monte, la pression sur le mercure du récipient augmente et fait monter dans le tube barométrique la colonne de mercure.
- Plus le niveau de la mer est élevé, plus la somme des résistances du rhéostat devient fiible, puisque la colonne de mercure met en court circuit toutes les divisions du rhéostat dont les contacts sont compris dans la hauteur de la colonne de mercure.
- De ces variations dans la résistance du circuit ' résultent, naturellement, des variations dans le
- courant de la batterie B disposée au poste enregistreur et parcourant ce circuit.
- Aux variations d’intensité du courant dans le circuit correspondent des variations d’attraction du solénoïde sur son noyau qui transmet ces mouvements à la balance, portant le style enregistreur, qui les amplifie ou les réduit.
- Un même appareil transmetteur peut suffire à divers postes enregistreurs disposés, ainsi que l’indique la figure 2, en série.
- Les variations de résistance du circuit par suite des variations de température et les variations de la hauteur de la colonne de mercure provenant des variations atmosphériques, etc., sont, suivant l’auteur, des quantités négligeables ?
- On peut évidemment sur le même principe construire un appareil qui enregistre à distance les indications d’un thermomètre (').
- Voilà quel est le principe des appareils de M. Gimé. Je ne crois pas qu’ils échappent à toute critique. Quelles sont, en effet, les conditions essentielles de leur bon fonctionnement? Ce sont évidemment : i° La constance de la batterie employée; 2° Un étalonnage rigoureusement précis. Cette dernière condition est facile à réaliser; elle n’épouvantera personne, car elle se présente pour toute espèce d’appareils d’observation. Mais il n’en est pas de même de la première. Avec quels éléments formera-t-on cette batterie constante? M. Gimé conseille d’employer des éléments Latimer-Clark !
- Tout le monde sait que l’élément Latimer-Clark est actuellement le meilleur étalon de force électromotrice. Mais n’oublions pas que c’est à la condition d’être employé en circuit ouvert; or, il ne s’agit pas ici de circuit ouvert, il ne s’agit même pas de courants infiniment faibles, puisque nous avons dans la ligne un solénoïde dont le noyau doit mettre en mouvement tout un système de pièces articulées. Je ne vois pas la possibilé d’employer des éléments Latimer-Clark; il me semble, au contraire, indispensable de choisir des piles à grand débit, car le solénoïde S n’attirera rien du tout,si l’on n’y dépense pas une quantité notable d’énergie.
- (*) M. Gimé a combiné, sur ce môme principe, une série d’appareils: enregistreur delà vitesse des machines, enregistreur et indicateur de la pression des chaudières, de la dépression produite par les machines pneumatiques, de la pression des gaz (éclairage et autres), de la pression hydraulique, etc., etc*
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- Y a-t-il une pile de ce genre assez constante pour ne pas rendre le tarage rigoureusement précis tout à fait illusoire? Toute la question est là et, pour ma part, je n’hésite pas à me prononcer en faveur de la négative.
- B. Marinovitch
- ESSAIS D’ÉTUDE EXPÉRIMENTALE
- DES
- CHAMPS MAGNÉTIQUES O
- ÉLECTRO-AIMANT
- DONT L’AME CARRÉE A 0,45 M. M. DE COTE
- Nous pouvons tirer quelques conséquences importantes des tableaux que nous avons établis et des courbes qu’ils nous ont permis de tracer.
- i° Si le produit ni du nombre de spires par l’intensité du courant qui les traverse reste constant, et si l’entrefer reste également constant, le champ magnétique augmente avec l’épaisseur de l’armature ; cependant, quand cette armature atteint une certaine valeur, le champ reste constant quelle que soit l’augmentation d’épaisseur donnée à cette armature.
- Prenons, par exemple, l’entrefer de 3 millimètres. Nous voyons que le champ augmente très rapidement, quand nous donnons successivement à l’armature des épaisseurs de 2,4,6, 8, 10, 12 et 14 millimètres.
- Il augmente moins rapidement, si nous passons d’une épaisseur de 14 millimètres à une épaisseur de 16 millimètres. Enfin, il n’augmente plus pratiquement, quand nous passons d’une épaisseur de 16 millimètres à une épaisseur de 45 millimètres ;
- 20 Si le produit ni reste constant, et si nous faisons augmenter l’entrefer, nous voyons que l’épaisseur de l’armature à partir de laquelle le champ reste pratiquement constant, va en diminuant avec la grandeur de l’entrefer.
- Si nous prenons, par exemple, les deux entrefers extrêmes de 3 millimètres et de 20 millimètres, nous voyons qu’il faut donnei à l’armature une épaisseur de 16 millimètres avec l’entrefer de 3 millimètres pour obtenir un champ constant, tandis que, pour obtenir le même résultat, il suffit de lui donner une épaisseur de 4 millimètres avec l’entrefer de 20 millimètres.
- 3° Le produit ni restant toujours constant, si nous cherchons comment varie le champ, quand
- -• i.
- 1000
- Epaisseur c/'armahirp
- nous partons du plus petit entrefer que nous avons pu réaliser, nous voyons que ce champ diminue d’abord très rapidement, pour'devenir ensuite presque constant, quel que soit l’entrefer. Ainsi, quand l’entrefer passe de 3 à 6 millimètres, la valeur du champ tombe de 2940 à 1700 unités, tandis que, quand nous passons de l’entrefer de 16 millimètres à l’entrefer de 20 millimètres, ce champ tombe seulement de 810 à 700 unités.
- Deuxième série de mesures
- Nous avons cru utile de prendre une nouvelle série de mesures, en prenant pour le produit ni une valeur différente, et, au lieu de marcher à 3,33 ampères, nous avons marché à 2.10 ampères.
- (i) Voir La Lumière Électrique, n° 14, vol. XXIV.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- (20 Série) TABLEAU I (Entrefer 3 millimètres)
- I f r F H
- d a Q e l £xi C r Sx.*' f + r M 10 g F OBSERVATIONS
- r l 1
- niillim. millim. volts ampères mîlllm. grummeg millimètres grammes grammes grammes
- 3 2 4,5 2, IO 29 34 4*295 23 4,025 8,23o IC 10 OO 864 17 mars 1887.
- » » » )) 4, g3o 18 3, i5o 8,080
- » 4 » . » 40 5,8oo 29 5,075 10,875 ' II,OIO 1167
- )) » » )) 31 4,495 38 6,65o 11,145 ) 1
- » 6 » » 54 7,83o 33 5,775 J ï3,6o5 , 13,677 1450
- » » » » £5 7,975 33 5,775 13,750 La force F, indiquée dans
- 8 » )) 54 7,83o 45 7,875 15,705 , 15,447 1637
- la colonne 9, doit être divi-
- » » » » 77 69 11,i65 23 4,025 15,190 j sée par 10 pour être intro-
- » IO » » io,oo5 40 7,000 i7.oo5 ]
- 16,810 1782 duite dans la formule de là
- » » » » 76 11,020 32 5,6oo 16,620 ' 1 colonne 11.
- » 12 » » 78 86 11,3io 34 5,95o 17,260 ù 16,700 1770
- » )) » » 12,470 21 3,675 16,145 ) I
- » 14 » )> 70 10,i5o 40 7,000 17,i5o j 17,445 1849
- » » » )) 62 8,990 5o 8,750 17*74° )
- » 16 » » 75 10,875 33 5,775 1 16,600 i I7,o3o 1805 Quand l’épaisseur de l’arma-
- )) » )) » 73 io,585 39 6,825 17,410 ( ture varie de 16 à 3o m.m. le
- » 45 » » 78 11,3io 35 6,125 17*435 17,617 1867 champ magn. reste constant.
- )) » » » 72 10,440 42 7,35o *7*790 ) 1
- (2* Série) TABLEAU II
- résumant les champs magnétiques correspondant à des épaisseurs d’armature variables pour un entrefer déterminé
- Entrefer 3 millim. Entrefer 4 millim. Entrefer 6 millim. Entrefer S millim. Entrefer 10 millim. Entrefer 16 mill. Entrefer 20 mill.
- a H a H a H a H a H a H a H
- millimètres millimètres millimètres 'Millimètres - millimètres millim. millim.
- 2 864 2 773 2 763 2 700 2 567 2 489 2 410
- 4 1167 4 1068 4 — — — - — — — — — —
- 6 1450 6 i338 6 I?42 6 857 6 740 6 5i3 6 467
- 8 1637 8 . 1421 8 — — — — — — — — —
- 10 1782 10 1469 10 1181 10 835 10 753 — — 10
- 12 1770 12 i5i8 12 — — — — — — — 16 443
- *4 1849 *4 1484 14 ï 100 — — — — — — 4? ,
- 16 \ i8o5 16 1464 1Ô 1104 16 828 16 718 16 5i3 —
- 45 1867 45 i532 45 1 î j6 45 903 45 764 45 “
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- _ OURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 67
- Dans ce cas, le nombre d’ampèresrtours sur les deux branches des électros est de 910 X 2,10 ampères = 1915; la force magnétique, en supposant que l’électro-aimant ait une longueur dame indéfinie, serait de 47c X 1915 = 2374; enfin, la quantité d’énergie dépensée à la seconde en travail calorifique sur les deux branches des électros, est de 0,94 kilogramètre.
- Dans les tableaux qui précèdent et qui résument ces expériences, nous avons adopté les mêmes notations que dans la première série.
- Le premier tableau donne tous les détails des mesures effectuées sur l’entrefer de 3 millimètres.
- Le second tableau résume les valeurs de champs trouvés pour les différents entrefers, et les différentes épaisseurs d’armatures.
- La figure 1 représente les courbes qui ont été déduites des tableaux précédents. Elles ont été tracées à la même échelle que les courbes de la première série.
- Nous verrons, dans un article suivant, les conséquences que l’on peut tirer de ces deux séries d’expériences.
- Jules Saucia Eugène Sartjaux
- SUBSTITUTION OH L'INDUCTEUR AUX l'II.HS
- POUR LA* .MANŒUVRE
- DES CLOCHES ÉLECTRIQUES
- En présence de l’accroissement progressif du trafic des chemins de fer, l’Administration supérieure fut amenée à prescrire de nouvelles mesures de sécurité. C’est surtout sur les lignes à voie unique que les dangers d'exploitation sont les plus sérieux; toutefois les lignes à double voie n’en sont pas non plus exemptes.
- Pour y obvier dans la plus large mesure possible, une circulaire ministérielle préconisait l’application générale de cloches électriques dites allemandes.
- Deux systèmes étaient en présence pour la manœuvre de ces cloches. Dans l’un, on emploie un
- appareil inducteur ; dans l’autre, on a recours au courant continu d’une pile. Ce dernier était spécialement recommandé par l’Administration supérieure, parce qu’il offre l’avantage de permettre aux agents de la voie de donner au besoin le signal d’alarme.
- Il est possible d’atteindre ce desideratum à l’aide
- de l’inducteur, en multipliant le nombre des postes le long de la route. De ce chef, les dépenses d’installations seraient considérables ; si l’on veut bien songer qu’un appareil type Siemens, par exemple, coûte environ 260 francs.
- D'autre part, les dépenses de consommation des piles sont disproportionnées avec le temps de service, ou pour mieux dire, avec le travail utile qu’on leur demande. La durée de service n’est en réalité que de quelques minutes par jour.
- Les ingénieurs de la Compagnie de l’Ouest ont estimé les frais d’entretien à raison de 5o à 55 francs annuellement par cloche. Peut-être ce chiffre est-t-il un peu exagéré. On songeait sérieu-
- sement à s’affranchir de cette charge et de tous les ennuis que procure l’usage des piles.
- M. Postel Vinay trouva la solution, il réalisa un type d’inducteur de construction simple , robuste , et pouvant être fourni à un prix modéré. Nous en donnons ci-dessous la description d’après les dessins de la Revue Générale des Chemins de Fer.
- Les figures 1 à 4 en sont des coupes et vues détaillées.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 68
- Entre les branches d’un aimant permanent en forme de fer à cheval dont les pôles sont munis d’e'panouissements en fer étiré, se trouve une bobine Siemens ce chaussée sur un axe autour duquel elle se meut. Une des extrémités du fil de cette bobine, dont la résistance totale est de 25o ohms, est soudée à son noyau métallique et par
- conséquent en communication avec la masse générale de l’appareil ; l’autre extrémité est reliée avec un disque de cuivre /convenablement isolé, sur lequel frotte le ressort m (fig.3) en connexion avec la ligne.
- La manivelle est folle sur l’axe de la bobine, elle porte un cliquet g par l’intermédiaire d’un ressort k (fig. 4). Lorsqu’on fait décrire à cette manivelle une demi-révolution de droite à gauche, ce cliquet s’engage sous la came / du disque isolé /(fig. 3), et fait tourner la bobine dans le même sens et, en même temps, tend le ressort h placé à l’un des bouts de son axe. Pendant ce mouvement le fil de la bobine est mis en court circuit par l’âme de l’électro-aimant, par la manivelle qui fait partie de la masse et enfin par le cliquet et le disque f.
- A fin de course, le cliquet rencontre le butoir j;
- Fii>. 4
- en continuant de presser sut la manivelle, le ressort k fléchit et force le cliquet d’abandonner la came /.
- C’est alors qu’agit le ressort antagoniste h par sa détente pour ramener violemment la bobine de gauche à droite et produire un courant d’induction qui est envoyé dans la ligne. La manivelle est alors ramenée au point de départ pour la position normale.
- Le courant d’induction est toujours le même ;
- il ne dépend que de la tension du ressort et non de la vitesse de rotation de la manivelle.
- Le poids de l’aimant en acier d’Allevard est de 2,5 kilog. ; sa force portante de 3o kilog.
- Sur un parcours de 25 kilomètres, 12 cloches consécutives ont pu être actionnées par ce petit appareil, et, ce n’est pas la limite.
- Dans un prochain article, nous étudierons l’application de cet appareil aux cloches électriques, telles qu’on les emploie à la Compagnie de l’Ouest.
- E. Dieudonné
- (.A suivre)
- LES
- SIGNAUX DE SECOURS
- U U
- CHEMIN DE FER MÉTROPOLITAIN DE BERLIN
- Lorsqu’un train reste en détresse dans une partie quelconque de la ligne, il est de toute importance, pour prévenir des accidents et éviter un encombrement du service, d’avertir le plus rapidement possible les stations les plus rapprochées.
- Une des premières solutions de cette question fut l’installation, dans le fourgon de chaque train, d’une station télégraphique complète, qu’on intercalait, en cas d’accidcnt, sur un des fils de la ligne. Cependant, il arrivait souvent que l’appareil télégraphique était endommagé par l’accident, ou en mauvais état. En outre, le sang-froid du personnel, dans une pareille occurrence, laisse, en général, beaucoup à désirer, et si l’on ajoute que celui-ci est assez peu versé dans la manipulation des appareils télégraphiques, on comprendra facilement que ce système, bon en théorie, ait été bientôt abandonné dans la pratique.
- On utilise maintenant, en général, des appareils automatiques installés dans des postes fixes échelonnés le long de la voie et permettant de donner, avec l’indication de la station en détresse, un certain nombre de signaux correspondant aux cas qui se produisent le plus souvent. Ces signaux indiquent, par exemple, la nature du secours à envoyer, que ce soit une locomotive de
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- secours, ou des ouvriers, ou encore des méde-cins, etc.
- Pour des lignes de grande longueur, l’annonce de la nature du secours demandé est indispensable.; pour des cas particuliers, par contre, cette condition n’est pas absolument nécessaire. C’est le cas, par exemple, du chemin de fer métropolitain de Berlin. Les stations sont très rapprochées les unes des autres et le trafic est très considérable. Il fallait établir une installation de signaux satisfaisant aux conditions suivantes : on devait pouvoir annoncer, aux deux extrémités de la ligne, le lieu de l’accident, en demandant une
- Fig. 1
- locomotive de secours, et aviser en même temps toutes les stations intermédiaires qu’une machine de secours est en marche à destination d’une station déterminée. Les appareils devaient être d’une manipulation facile et d’une construction robuste, assurant un fonctionnement sûr et cer„ tain, et les signaux faciles à distinguer des autres signaux de service. L’installation complète ne devait, en outre, exiger qu’un seul fil, le chemin de fer métropolitain ne pouvant en mettre qu’un à la disposition de ce genre de signaux.
- La maison Siemens a résolu le problème d’une façon très ingénieuse en employant la machine d’induction électro-magnétique à induit en forme de double T.
- Voici, d’après une communication de M. Fris-chen à YElektrotechnischer Vercin, de Berlin, la disposition qui a été adoptée :
- Dans chaque station on a installé, sur le même fil de ligne, un apptreil dont les figures 1 et 2 donnent l’aspect général.
- Le cadran porte une division sur laquelle les noms de toutes les stations du métropolitain sont inscrits en double ; sur l’une des moitiés du cadran, cette inscription est en noir, sur l’autre en rouge. Le nom de la station terminus, qui sert en même temps de dépôt pour la locomotive de secours, est inscrit au-dessus de chacune de ces moitiés.
- Une petite machine magnéto-électrique est installée au-dessous du cadran, et deux bou-
- Hülfsmaschine sali kommen.-vom Schlesischen Bahnhof vom BahnhofCharlottenburg
- nach:
- Fig. 3
- tons sont fixés à la partie supérieure de l’appareil et sur l’un des côtés ; une sonnerie est, en outre, placée à la partie inférieure. Dans les stations terminus, la sonnerie ordinaire est remplacée par une grosse cloche qui commande tout le dépôt des machines.
- Lorsqu’on tourne la manivelle de l’inducteur de gauche à droite en pressant simultanément le bouton supérieur, les aiguilles de tous les appareils se meuvent vers la droite ; elles se déplaceront en sens inverse, si l’on renverse le sens de la rotation de l’inducteur.
- Si, par contre, on presse le bouton latéral en tournant l’inducteur dans un sens quelconque, les sonneries de toutes les stations sont actionnées.
- Le bouton supérieur étant presse, la rotation de l’inducteur de gauche à droite produit dans la ligne une série de courants positifs de courte du-
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- rée. Ces courants sont négatifs pour la rotation inverse. Ils sont alternatifs pour une rotation quelconque, lorsque le bouton latéral est pressé.
- Ces résultats sont atteints à l’aide de la disposition suivante représentée schématiquement dans la figure 3.
- Une des extrémités du fil de l’inducteur est reliée à la terre, l’autre à une des extrémités de l’axe qui porte un appendice semi-cylindrique.
- Lorsqu’on presse le bouton latéral, le balai de droite vient frotter sur Taxe de l’inducteur et le fil a étant relié à la ligne, une série de courants alternatifs est envoyée dans celle-ci.
- Si l’on presse le bouton supérieur, deux balais placés symétriquement sont successivement mis en contact, à chaque rotation, avec le prolongement semi-cylindrique de l’axe, et suivant le sens de la rotation, les courants envoyés dans la ligne sont positifs ou négatifs.
- La figure 4 donne la disposition schématique des organes mécaniques et électro-magnétiques des cadrans.
- Les armatures des électro-aimants sont polarisées et chacune d’elles porte un cliquet engrenant avec une roue dentée qui est montée à frottement doux sur son axe. Le mouvement d’une armature faisànt mouvoir la roue dentée correspondante de gauche à droite, la seconde armature déplacera la seconde roue en sens inverse ; un arrêt empêche le mouvement de recul des deux roues den-
- tées. Chacune d’elles commande une roue conique engrenant sur le même pignon qui fait mouvoir l’aiguille du cadran à l’aide d’une transmission à angle droit.
- Lorsque le courant qui traverse les électroaimants se compose d’une série d’émissions positives, une seule des armatures est attirée et l’aiguille avance d’une division à chaque émission de courant; elle avance dans la direction opposée pour chaque émission de courant négatif. Lorsque les courants sont alternatifs, les deux mouvements de l’aiguille étant neutralisés, elle reste au repos.
- Un levier de mise au zéro permet de ramener l’aiguille à sa position initiale, sans utiliser le courant de l’inducteur. Cet organe est très important, parce que les erreurs provenant d’un retard dans l'une des armatures sont ainsi réduites à un minimum.
- Le fonctionnement de l’appareil se déduit im-
- Ir-ig. 4
- médiatement de ce qui précède. Lorsqu’une station veut demander du secours, on presse le bouton supérieur et on tourne l’inducteur de gauche à droite jusqu’à ce que l’aiguille soit arrivée à l’extrémité de sa course, on pousse alors le bouton latéral et l’on actionne ainsi les sonneries de toutes les stations, y compris la station terminus correspondant à la partie du cadran vers laquelle l’aiguille a été déplacée. On presse ensuite sur le bouton supérieur et on tourne l’inducteur de droite à gauche de façon à amener l’aiguille sur le secteur de la station qui demande du secours.
- Toutes les stations apprennent ainsi que du secours est demandé et le cadran de leur appareil leur indique la station en détresse et la station terminus qui envoie le secours.
- A. Palaz
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- JL
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Détermination du coefficient de self-induction, par
- MM. Ledeboer et Maneuvrier (’)•
- La méthode employée est une modification de la méthode du pont de Wheatstone, indiquée par Maxwell ; les auteurs emploient un pont à curseur et l’extra-courant de rupture est envoyé un certain nombre de fois par seconde à travers le galvanomètre, on obtient ainsi une déviatios permanente.
- On élimine ensuite les constantes du galvanomètre et l’intensité du courant en détruisant l’équilibre du pont.
- Cette méthode a été étudiée en vue de déterminer de faibles coefficients de self-induction, et elle a été appliquée à l’étude des électro-dynamomètres.
- Nous ne donnerons pas ici cette note in extenso, notre collaborateur devant en faire le fond d’un prochain article.
- E. M.
- De la mesure des températures élevées par les couples thermo-électriques, par M. H. Le Cha-telier (s).
- « La mesure par le thermomètre à air des températures supérieures à 5oo degrés présente de telles difficultés que, parmi les déterminations nombreuses faites jusqu’ici, il n’en est peut être pas une douzaine pour lesquelles on puisse compter shr une approximation de plus de ioo degrés. Aussi faut-il, dans les recherches de Chimie, ponr lesquelles la connaissance exacte des températures présenterait cependant une grande importance, se contenter dans la plupart des cas de déterminations faites de sentiment. »
- L’emploi des couples thermo-électriques pour la mesure des températures élevées a été proposé, dès 1836, par Becquerel et Pouillet. Ce procédé, d’un usage très commode par suite du petit volume de l’appareil thermométrique, passe pour être peu exact et n’a jamais été employé que d’une façon accidentelle par quelques observateurs isolés.
- (*) Note présentée à l’Acadérr.ic des Sciences, 28 mars 1887.
- (2) D’après le Journal de Physique, v. VI, janvier 1887.
- « Je me propose de montrer ici que la condamnation de cette méthode ne saurait en aucune façon être justifiée, et que les mauvais résultats obtenus jusqu’ici tiennent surtout au choix défectueux des couples employés. Par un hasard fâcheux, tous les savants qui ont étudié cette question se sont servis du fer ou du palladium qui sont peut-être de tous les,métaux ceux qui conviennent le moins pour un semblable usage. »
- Appareil galvanométrique. — Pour ces mesures, l'auteur s’est servi d’un galvanomètre apériodique de Deprez et d’Arsonval, dont la résistance intérieure était de 2 5o ohms, et donnant environ 1 millimètre de déplacement pour un dix millième de volt.
- La résistance intérieure des couples était seulement d’environ 2 ohms, la variation de leur résistance ne donne lieu qu’à une erreur de quelques millièmes.
- Avec cet appareil, il suffit de pouvoir maintenir la température stationnaire pendant quelques secondes ; la proportionnalité est juste à 1 0/0 près,
- « Points fixes de graduation. — La détermination des températures auxquelles sont portés les couples étudiés doit évidemment être faite au moyen du thermomètre à air ; mais celui-ci peut être employé soit directement en le plaçant à côté des couples, soit indirectement en se servant des points de fusion ou d’ébullition antérieurement déterminés. C’est la seconde méthode que j’ai préférée ; elle est de beaucoup la plus rapide et en même temps la plus exacte, puisqu’elle permet d’utiliser les mesures de températures effectuées par les observateurs les plus habiles. Voici les points fixes qui m’ont servi ; ils sont, pour les températures élevées, empruntés exclusivement aux déterminations de M. Violle :
- Température Fusion Ebullition
- 100. . » HO
- 825 . Pb »
- 858 » II g
- 4>5 Zn »
- 448 )) S
- (365 » Se
- 945 • Ag »
- 1045 Au »
- 1054 Cu ))
- i5oo . Pd »
- 1775 . Pt »
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- Ces divers points ne sont pas tous d’un usage aussi commode. »
- Par exemple, le point de fusion du zinc présente d’après l’auteur une anomalie semblable à celle que présente le soufre; l’argent également aurait un point de fusion un peu variable.
- L’étain, l’argent et le cuivre enfin, ont l’inconvénient d’émettre dès le point de fusion des vapeurs, qui altèrent rapidement le platine des couples.
- « Pour faire l’observation des points de fusion? le couple, entouré d’une mince feuille du métal expérimenté, était placé au milieu d’un creuset chauffé dans un four Forquignon, et l’on saisissait au passage le point d’arrêt du fil mobile pendant la fusion. Dans le cas où le métal était le platine, c’est-à-dire un des éléments du couple, on reconnaissait la fusion à la rupture du circuit. »
- « Étude des irrégularités des couples. — Le reproche le plus grave fait à l’emploi des couples thermo-électriques est leur irrégularité ; placés dans des conditions identiques de température, ils ne donneraient pas les mêmes indications.
- J’ai pensé que par une étude convenable des causes de ces irrégularités on pourrait soit en calculer l’influence, soit même arriver à les annuler. Le dernier résultat me semble pouvoir être obtenu, en grande partie du moins, par un choix convenable des métaux constituant les couples. »
- « Défaut d’homogénéité des métaux. — Un fil préparé avec un métal dépourvu d’homogénéité, formé en quelque sorte par la juxtaposition de tronçons de nature différente, ne peut évidemment pas donner de couples restant comparables à eux-mêmes, puisque alors la force électromotrice dépend de la répartition éminemment variable de la température le long de ce fil. L’homogénéité est donc la première et la plus importante des conditions à réaliser, et pourtant, dans les expériences faites jusqu’ici, on ne s’est jamais préoccupé de ce côté de la question.
- J’ai étudié l’homogénéité des fils en les chauffant, après recuit, sur une longueur de i5 millimètres, à une température voisine de 700 degrés. La source de chaleur était déplacée progressivement sous le fil tendu horizontalement et l’on notait
- les déviations produites ainsi sur le galvanomètre. a
- « Le palladium, le premier métal que j’aie ainsi étudié, m’a donné des déviations importantes variant de sens d’un point à l’autre du fil. Pensant que le défaut d’homogénéité du métal ainsi accusé tenait à son mode de préparation (forgeage de mousse métallique), j’ai essayé des fils préparés avec du métal fondu, mais les résultats n’ont pas été meilleurs ; je donne ici le détail d’une expérience faite avec un semblable fil chauffé à des
- points équidistants de 5 centimètres :
- Longueur du fil Déviations
- m mm
- IC 0 c — 2,0
- 0.10 4- 2,5
- 0.15 — 1,5
- 0,20 10,0
- o,3o — o,5
- o.35 — 2,0
- 0.40 — 0,5
- 0,45 0,0
- o,5o 1,0
- o,55 -h 3,o
- 0 0 0 0,0
- o,05 — 2,0
- 0 <1 0 0,0
- On se rendra compte de l’importance des forces électromotrices dues à ce manque d’homogénéité en les rapprochant de celles qui sont développées par le couple platine-palladium : ce dernier donne en effet une déviation de 5 millimètres pour une élévation de température de 100 degrés de la soudure chaude. »
- « Les essais sur le fer n’ont pas été plus satisfaisants ; tous les échantillons des fils de fer essayés (fer puddlé, Bessemer basique ou acide extra-doux) ont manifesté des anomalies semblables à celles du palladium. Aucun de ces deux métaux, fer et palladium, ne saurait donc convenir pour le confection des couples thermo-électriques destinés à la mesure des températures.
- J’ai étudié ensuite des fils de platine pur ou allié au rhodium, à l'iridium et au cuivre préparés avec du métal fondu. Ils se sont montrés tous d’une homogénéité remarquable ; les plus fortes déviations n’ont pas aUeint 1 millimètre. A ce point de vue spécial ces métaux et alliages conviennent également bien pour la confection des couples. »
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- J OU RW AL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- « L’écrouissage des métaux altère plus ou moins les propriétés thermo-électriques. J’ai reconnu que cet effet était sensiblement nul pour \e palladium et le platinepur ; très faible pour l’alliage de platine rhodié qui présente seulement des écarts de i à 2 o/o entre les déviations obtenues avec le métal sortant de la filière ou recuit au blanc. Pour 1 efer, au contraire, et les alliages de platine iridié, l’effet de l’écrouissage est énorme. Avec un alliage de platine iridié à 20 0/0, j’ai obtenu les résultats suivants :
- HO Fusion
- bouillante du zinc
- mm mm
- Métal sortant de la filière......... 11,00 »
- Métal recuit au rouge sombre....... 12,00 «
- Métal recuit au blanc............... i3.oo »
- Métal écroui pat des torsions successives............................. n,65 72
- Métal recuit au blanc............... 12,40 78
- Ce tableau mentre, de plus, qu’on ne peut pas ramener par le recuit à un état toujours identique à lui-même un métal susceptible de s’écrouir, »
- « Trempe. — Je rappelle pour mémoire que le fer, même légèrement carburé, comme le sont les fers les plus purs, éprouve encore par la trempe une modification profonde de ses propriétés thermo-électriques. Je n’ai rien observé de semblable avec les autres métaux que j’ai étudiés. »
- « Le mode de jonction des fils semblait, d’après les expériences de Régnault, jouer un rôle dans les propriétés des couples. J'ai reconnu qu’il n’en était rien pour le platine et les métaux analogues. Un couple platine rhodié, par exemple, réuni par torsion, forgeage à chaud, soudure autogène, soudure au palladium ou à l’or, placé dans les mêmes conditions, donne les mêmes indications. Les résultats obtenus par Régnault tiennent à ce que l’un des métaux de son couple était le fer, qui ne peut subir l’élévation de température que nécessite le forgeage ou le soudage sans que ses propriétés en soient altérées. »
- « La nature des ga\ dans lesquels le couple est placé ne m’a pas paru avoir d’influence sur ses indications. Il semble pourtant difficile que l’hydrogène, si facilement condensé par le platine, n’en modifie pas un peu les propriétés ; mais cette influence est sans doute trop faible pour se dégager au milieu des incertitudes des expériences, qui s’élèvent environ à 1 0/0 de la valeur des déviations observéest
- L’ensemble de ces expériences m’a donc amené à conclure qu’il était possible de construire un couple restant comparable à lui-même en employant comme métaux 1 e platine pur fondu et le platine rhodié a 100/0 également fondu, et que cet alliage était le seul remplissant les conditions voulues parmi ceux que j’avais étudiés. »
- « Loi de variation de la force électromotrice avec la température. — Avenarius et Tait ont montré que, pour la plupart des roupies étudiés par eux, cette loi peut, entre o et 400 degrés, être mise sous la forme
- E = A(t—to) + B(t*-t;),
- (t et t0 températures absolues des deux soudures), qui devient, lorsque la soudure froide est main-teuue dans la glace fondante,
- E = at J- bt2.
- Les expériences de M. Edm. Becquerel sur le couple Pt-Pd, qui ont été poussées jusqu’à 1400 degrés, sont assez exactement représentées par une formule analogue, sauf entre 3oo et 5oo degrés, où elles présentent une perturbation singulière.
- Il était donc intéressant de reprendre l’étude de cette loi ; son exactitude permettrait en effet de graduer un couple en employant seulement deux points fixes, comme on le fait pour le thermomètre à mercure entre o et 200 degrés. Mes expériences montrent que, entre o et i5oo degrés, la formule d’Avenarius et Tait s’appîftque pour le couple Pt-Pd avec le degré d’approximation que comporte l’emploi d’un métal aussi hétérogène que le palladium. Je donnerai ici les chiffres relatifs au couple platine pur fondu-palladium forgé. La formule moyenne est
- E = 4,3 t -+• -*! m, 1 OOO
- Déviations Températures
- Points fixes observées calculées
- « m m in m © 0
- HO IOO 4.8- 5,çi 95-1 Iô
- Z n 416 29.0- 3o 400-410
- Ag 954 108,0-109.7 955-965
- Au 1045 12 2,0 io35
- .!.!!! 1500 240,3 iS5o
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- Mais une formule aussi simple ne paraît pas convenir pour les autres couples que j’ai étudiés. Il faut compléter la formule parabolique par un troisième terme en t3 ou diviser la courbe en deux parties, dont chacune serait représentée par une formule distincte. On arrive ainsi à représenter les résultats de l’expérience à 20 degrés près, précision largement suffisante lorsque l’on a affaire à des couples aussi irréguliers que ceux formés par le platine iridié, le fer, etc.
- Pour le couple platine-platine rhodie, le plus régulier de ceux que j’ai étudiés, il faudrait employer une formule plus complexe encore pour représenter les résultats de l’expérience à 10 degrés près, c’est-à-dire avec une précision inférieure même à celle que comportent les expériences. Mais, si l’on trace la courbe relative à ce couple, on s’aperçoit que, entre 5oo et 1000 degrés, elle présente un point d’inflexion dont la tangente se confond avec la couche sur une grande étendue. On peut, entre 3oo et 1200 degrés, intervalle de température où les mesures sont les plus intéressantes, identifier la courbe avec une droite dont l’équation serait
- E = — O , 1 5 + O , !I 5 t .
- Je donne, dans le tableau ci-dessous, les résultats des expériences qui ont servi à tracer la courbe et en même temps les déterminations de quelques nouvelles températures de fusion ou de volatilisation destinées à servir ultérieurement de points fixes de graduation.
- Points fixes Déviations observées Tcm peintures calculées
- ttugrés inllllm. rfogrvfl
- HO .... 100 5,5 »
- H1 G/.... .... » 35,0 340
- h* .. .. 358 27,7 »
- s .... 448 36,3 »
- Al .... » 57,3 025
- Se .... 065 Or ,8 „
- KO, SO3.... .... » 102,5 ioi-5
- Au .,.. 1045 î o5,6 »
- P d .... i5oo 1 (31,0 „
- Pt .... 1775 182,0 »
- En résumé, le couple platine pur fondu-platine rhodié fondu, à 10 0/0, permet d’obtenir la mesure des températures inférieures à 1200 degrés avec une approximation d’environ 10 degrés,
- c’est-à-dire supérieure à celle que peut donner le thermomètre à air lorsqu’il est employé d’une façon courante, comme il peut l’être dans des recherches de chimie où la mesure des températures n’est souvent qu’un côté accessoire des études poursuivies.
- Pour obtenir cette précision, il est utile de faire la graduation du couple dans le cours même des expériences, pour éviter l’influence des variations de température sur la résistance du cadre du galvanomètre, et il est indispensable d’éloigner du couplé, pour le préserver de toute altération, les métaux volatils : plomb, zinc, argent, cuivre et aussi, lorsque l’atmosphère est réductrice, les matières siliceuses, la terre réiractaire desr eusets.
- Galvanomètre portatif Weinhold
- Cet instrument, dont nous donnons la desciip-tion d’après les Annales télégraphiques (') est un galvanomètre à miroir dans lequel les lectures se font au moyen d'un microscope fixé sur l’appareil.
- i° Organes électriques. — Sur un plateau en laiton P (fig. 1) est fixée une colonne verticale S qui porte un anneau évidé de même métal R muni d’appendices tubulaires sur lesquels viennent se visser les bâtis des deux bobines B, B (fig. 2). Dans ces mêmes appendices tubulaires sont vissés, d’üne part un tube muni à son extrémité d'une forte plaque de cuivre rouge (épaisseur 7 millimètres), d’autre part un tube porte-lentille qui fait partie du système optique. La plaque de cuivre, la lentille et l’anneau de laiton R laissent dans l’évidement de celui-ci une cavité circulaire dans laquelle sont logés l’aimant en demi-cercle,-et le miroir qui y est fixé (fig. 1). Une petite tige soutenant l’aimant traverse R et se termine par un œillet auquel s'attache le fil de cocon ; au dessous de l’œillet la tige porte une fenêtre rectangulaire (fig. 2) où passe un ressortvissé par un bout sur R et pressé à l’autre bout par la tige D. Un bouton molleté A et un ressort à boudin permettent de
- (*) Annales télégraphiques, troisième série, t. XIII, novembre-décembre 1886.
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- soulever D, ce qui amène le soulèvement du miroir et de l’aimant par le ressort, ou au contraire d’abaisser ce dernier, ce qui rend, pour les mesures, la mobilité à l’équipage magnétique. L’étroitesse de l’espace presque fermé où se meut l’équipage et le voisinage immédiat de masses de cuivre et de laiton relativement considérables donnent un amortissement très rapide.
- Au-dessous de la base, un manchon pouvant tourner à frottement doux sert d’axe à un système de deuxaimants directeurs MM tournant à frottement dur sur le manchon indépendamment l’un de l’autre.
- Des ressorts latéraux aux bobines les font com-
- muniquer avec les bornes de l’appareil fixées sur e'bonite.
- 2° Organes optiques. — L’oculaire O, le prisme à réflexion totale soutenu par le support T et la lentille placée à l’intérieur des bobines forment une lunette brisée qui permet d’observer les déviations du trait de repère réfléchi par le miroir. L’image de ce repère vient se former sur la plaque transparente G qui porte une division micrométrique. Le repère lui-même est d’ailleurs formé par la prolongation, sous un prisme à réflexion totale, du trait zéro de la division. Le prisme, à section trapézoïdale, n’a que deux faces polies, celle à 45° et celle inférieure : il repose directement sur la plaque micrométrique. La face antérieure reçoit du miroir J la lumière extérieure, qui, renvoyée par la face à 45°, puis par le prisme
- T, arrive sur la face réfléchissante du miroir mo* bile en faisant ressortir, en noir sur fond éclairé, l’image du repère. Le faisceau lumineux renvoyé par le miroir sur le prisme S suit le chemin inverse du précédent, à une légère déviation près, ayant pour effet do ramener l’image du repère sui la division micrométrique et non sur le repère lui même. L’échelle micrométrique et l’image son alors observées à l’aide de l’oculaire O.
- Le miroir J est supporté par une montur à la Cardan. Le pied T est mobile dans une glis
- sière parallèle à l’axe des bobines. La partie tubulaire de la lunette brisée peut s’orienter dans un azimut quelconque autour de son .axe. Enfin trois vis calantes et un niveau sphérique à bulle d’air L permettent de mettre l’appareil d'aplomb.
- Les bobines de 1,000 tours ont chacune 90 ohms de résistance. La sensibilité varierait de une division pour 0,000.0013 ampère jusqu’à une division pour 0.000.00013 ampère, suivant les besoins.
- Cet instrument, construit par M. Weinhold de Chemnitz, il y a un peu plus d’un an croyons-nous, serait d’un usage assez peu commode d’après divers expérimentateurs qui l'ont essayé.
- E. M.
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- Sur les anneaux colorés de Nobili et les phénomènes électro-chimiques qui leur donnent naissance par M. Elsass.
- Dans un numéro précèdent, (1) nous avons ana. lysé un premier mémoire de M. Elsass sur les phénomènes électro-chimiques découverts par Nobili; ce physicien vient de publier dans les Annales de Wiedemann (vol. XXX), les recherches expérimentales qu’il a entreprises sur ce sujet.
- Il a remplacé les. électrolytes liquides sur lesquels on opère habituellement par un mélange de gypse en poudre avec une solution de sulfate de cuivre ou de sulfate de zinc. On coule ce mélange sur la plaque métallique servant d’électrode négative, on y plonge l’électrode positive; puis on laisse cette pâte se solidifier avant d’y faire passer le courant.
- Si l’on opère ainsi sur du sulfate de cuivre avec des électrodes de cuivre, on remarque que les anneaux colorés ne sont pas dus à une variation d’épaisseur du dépôt homogène. Les décompositions chimiques sont accompagnées d’actions mécaniques du courant : la plaque de gypse n’adhère pas partout également sur le métal et on ne peut pas l’enlever entièrement.
- Il reste sur la plaque métallique des anneaux de gypse nettement formés au nombre de 4 ou 5. Au milieu de la plaque de gypse, on remarque une dépression analogue à celle qu’aurait produite un timbre appliqué sur la substance encore semi-liquide. Cette déformation mécanique est quelquefois si grande qu’elle devient visible de l’autre côté de la plaque.
- A la surface inférieure du gypse, on rem arque également des anneaux colorés de largeur inégale et qui ne se trouvent pas à l’intérieur, lorsque le courant n’a pas circulé très longtemps. On observe aussi, autour de l’anode, une coloration rougeâtre bordée par un anneau bleu.
- Lorsque l’action du courant a été de longue durée, il se produit des colorations électro-chimiques à l’intérieur de la plaque de gypse, même à une distance assez grande des électrodes. Si l’on remplace l’anode de cuivre par un fil d’argent, de graphite, d’or ou de platine, il se forme autour de lui des cercles identiques à ceux que nous avons mentionnés plus haut mais de coloration différente. N
- Les anneaux électro-chimiques visibles sur l’é-.
- lectrode négative sont indépendants de la nature de celle-ci, sauf pour le zinc et le fer qui agissent chimiquement sur le sulfate de cuivre.
- La nature de l’anode a par contre une influence bien sensible. Un fil de fer ou d’acier produit une coloration analogue à celle de la rouille en certains points de la masse de gypse ; ces zones, dans lesquelles on trouve de l’oxyde de fer, correspondent aüx anneaux de Nobili formés sur la plaque négative. Le sulfate de cuivre employé étant tout à fait exempt de fer, cette coloration prouve ainsi un transport de la matière formant l’électrode positive à travers la plaque de gypse.
- Il n’est pas possible d’expliquer pourquoi ce transport ne se constate pas plus facilement dans le voisinage immédiat de l’anode et quelle est la cause de cette distribution annulaire.
- Lorsqu’on renverse le sens du courant, on obtient aussi des anneaux de Nobili dans la masse de gypse et sur l’anode, mais la coloration n’est pas la même que dans le cas précédent.
- Si l’on plonge deux fils métalliques du même côté de la masse de gypse, isolée sur une lame de verre , on obtient autour de chaque électrode des zones diversement colorées.
- M. Elsass conclut de ses expériences que les courbes isochromatiques ne correspondent ni aux lignes équipotentielles , ni aux lignes d’égale intensité du courant, et qu’il n’est pas possibl e de rendre compte de ces phénomènes électro-chimiques. A. P.
- Sur la force thermo-électrique entre quelques métaux et leurs solutions salines, par A. Ebe-ling.
- Peu après la découverte de Seebeck, on a constaté également l’existence des courants thermoélectriques entre des métaux et des liquides conducteurs. Néanmoins, les premières mesures exactes faites sur ce sujet sont celles de Bouty.
- 11 a mesuré la force thermo-électrique entre plusieurs métaux et leurs solutions salines et il a trouvé que la force électromotrice reste constante lors même que la concentration varie; il a, en outre, constaté que jusqu’à 6o°, cette force croît avec la températi re et proportionnellement à cellè-ci, tandis qu’elle augmente plus rapidement au-delà de cette limite.
- Les nombreuses mesures que Gore a faites dans cette direction sont moins exactes, parce
- (i) La Lumière Électrique du ta février 1887,
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- qu’il n’a pas tenu compte des variations de résistance du liquide avec la température ; il a, contrairement à Bouty, observé que la force thermoélectrique varie avec la concentration.
- M. Ebeling a repris dernièrement cette question et il vient de publier dans les Annales de Wiedemann (vol. XXX, p. 53o), les résultats auxquels il est arrivé.
- Il a étudié la force thermo-électrique qui se développe entre des électrodes de zinc amalgamé ou de cuivre et des solutions de l’un des sels suivants :
- Cm SO,, CmN20(1, Z « SO^, ZnN,O0, Zn C/2.
- L’élément thermo-électrique avait la forme suivante: 2 tubes de 100 millimètres de hauteur
- et de 37 millimètres de diamètre étaient fermés par des bouchons de caoutchouc, permettant d’introduire un thermomètre ; l’électrode était formée par un fil enroulé en spirale entourant le réservoir thermométrique; le remplissage du tube se faisait à l’aide d’un syphon spécial.
- Pour transformer l’élément en couple thermoélectrique, un des tubes était placé dans la glace fondante, l’autre étant porté à une température variable dans une auge particulière.
- Toutes les forces électromotrices ont été comparées directement à deux éléments au calomel de la forme Zn ; Zn C/2/Hg-2 CZ2 ; H g étalonnés fréquemment à l’aide d’un élément Daniell. La constance de la force électromotrice de l’élément au calomel est très grande et sa variation avec la température qui est de 0,0000724 pour i° est très faible.
- Les comparaisons entre le couple thermo-électrique et l’élément au calomel ont été faites par la méthode de compensation de Poggendorf, telle que Dubois-Reymond l’a modifiée. La figure sui-
- vante donne la disposition générale. ‘AB est le fil en maillechort d’un rhéocorde;S, et S2 sont deux boîtes de résistances de 1000 unités Siemens chacune, K est l’élément au calomel ; en D sont les éléments Daniell, en T le couple thermo-élec. trique et en G le galvanomètre. Avant de faire les mesures de compensation, les points 1 et 3 des commutateurs W, étaient reliés métalliquement, en sorte que les éléments Daniell étaient ainsi en circuit fermé permanent.
- M. Ebeling n’a pas pu parvenir à éliminer l’influence de la nature de la surface des électrodes sur la force électromotrice; pour en tenir compte, il l’a déterminée après chaque série en mesurant la force électromotrice du couple lorsque la température des deux éléments est égale.
- Voici pour différentes concentrations les moyennes des résultats obtenus ; dans le tableau ci-dessous, P désigne en 0/0 le teneur en sel du liquide.
- P Cm — Cm SO| Z n — Z n S04 Cm — CmNsO^ Z n — ZnNüOu Z11 — Z11C/2
- 69 — — — — o,oo368
- Co - - - - 813
- 55 - - - - 1001
- 40 - - - lo06
- 45 - - — — 1086 A
- 40 — — — — 1064
- 35 - - 0,01094 0,01474 1045
- 3o - 0,01466 1163 1710 1018
- 25 - 1484 1219 * 2027 A 995
- 20 0.0153o 1517 * 120Q 1629 971
- 15 i36o i5i4 1109 1732 95i
- IO I IOO 1495 1137 2438 1029
- 5 — 1465 1 i3o 2238 1129
- Les maxima de la force électromotrice pour de fortes concentrations sont indiqués par un astérisque.
- Voici les conclusions auxquelles M. Ebeling est arrivé :
- i° La force électromotrice ne croît pas proportionnellement à la différence de température des
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- deux contacts,mais elle augmente d’une manière plus rapide;
- 2° La différence de température des contacts restant constante, la force thermo-électrique diminue peu à peu avec le temps; cette diminution provient, sans doute, de réactions chimiques qui se produisent sur les électrodes ou dans le liquide ;
- 3° La force électrômotrice n’augmente pas graduellement avec la concentration, mais elle passe par des valeurs maxima et minima ;
- 4° Ces valeurs maxima ont lieu pour la même concentration avec les mêmes acides.
- La conclusion à laquelle M. Bouty était arrivé et d’après laquelle la force thermo-électrique ne varie pas avec la concentration est donc en con-tradictiqn avec les résultats de M. Ebeling.
- En ne considérant que les concentrations moyennes, on trouve que les maxima de la conductibilité électrique des solutions salines étudiées ont lieu'pour le même degré de concentration que pour la force thermo-électrique considérée ci-dessus. Pour faire cette comparaison, M. Ebeling a utilisé les coefficients de conductibilité de solutions salines déterminés par Kohlrausch, Long et Freund. La concordance est aussi grande qu’on peut le désirer.
- A. P.
- Nouveaux dispositifs du régulateur Pieper
- Ddns un récent article, nous avons décrit la lam*pe Pieper telle qu’elle est construite par la Compagnie Edison; nous avons l’occasion, aujourd’hui, de donner quelques détails sur des modifications apportées par l’inventeur au mécanisme du frein de régulation.
- Dans le premier type, on se le rappelle, la régulation a lieu sous l’action d’un frein à sabot qui agit à la manière d’un trembleur, quand la différence de potentiel aux bornes de l’arc dépasse une limite fixée à l’avance.
- La production de l’arc, au contraire, a lieu, dans cette lampe, par l’action d’un électro excité par le courant principal, sur une armature solidaire du porte-charbon inférieur.
- Dans le nouveau type dont il s’agit ici (’), l’établissement de l’arc se fait de la même manière, comme on le voit par la figure i, sous l'action de l’électro-aimant EE et de l’armature F.
- Le dispositif de la régulation ou le frein magnétique est assez curieux, il consiste en un double électro-aimant, dont les pôles intérieurs forment une gaine (en deux parties isolées magnétiquement bien entendu) ou peut se déplacer le porte-charbon supérieur T qui est en fer ; en sorte que, lorsque les électros sont excités, ce qui a lieu d'une manière continue, sauf au moment précis
- de la régulation, le charbon est maintenu en place par l’attraction magnétique.
- Les pôles extérieurs des électros AA' sont placés en regard des armatures en fer doux S' S" (fig. 2). L’attraction magnétique est équilibrée par les ressorts RR (fig. 3), pour une valeur normale du potentiel aux bornes.
- Quand la différence de potentiel augmente, l’électro est attiré par les armatures, l’électro AA' tourne, et comme il est solidaire d’une vis creuse G engagée dans l’écrou fixe B, le tout descend, en
- (•j Le brevet principal (allemand) de M. Pieper, relatif à cette lampe porte le n° 35,425, le dispositif que nous décrivons plus bas fait l’objet d’une addition, n° 36,958 et 37,252.
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- entraînant le porte-charbon, ce qui diminue la longueur d’arc.
- Le courant passe dans la dérivation par la languette articulée /, qui, à l’état normal, appuie contre le contact V ; au contraire, à la fin de la rotation, et ayant que les pièces polaires ne touchent les armatures S', S", le courant est rompu, et l’électro est ramené en arrière et en haut par les ressorts et l’écrou, à ce moment, le frein magnétique n’étant pas excité, le porte-charbon ne remonte pas avec lui.
- Le courant principal passe au charbon supérieur au moyen des balais m, m.
- Dans une modification de ce type représentée
- :.....M:
- figure 4 (addition n° 36,958j, il n’y a pas (d’interruption du courant dérivé.
- La désaimantation du frein au moment voulu, est produite par l’action contraire d’un second enroulement des électros. Pour cela, le courant dérivé aboutit de la borne positive en V, ou il passe normalement par la baguette / au contacté, et dans la bobine pointillée. L’électro est excité et tourne, jusqu’à ce que le contact soit rompu en d et établi en dt ; à ce moment le courant passe par p, traverse la seconde bobine, et revient en sens inverse par r, à travers la première ; l’électro est désaimanté et revient en arrière sous l’action des ressorts.
- Enfin dans une autre disposition. (n° 37,252), l’inventeur supprime les électros inférieurs EE, qui donnent lieu à une ombre ; l’établissement de
- 79
- l’arc se fait alors par un second frein magnétique agissant seulement sur le charbon supérieur.
- E. M.
- La pile Upward
- Nons avons eu déjà plusieurs fois l’occasion, soit dans nos revues, soit dans les Correspondan-
- te. 1
- ces de revenir sur la pile inventée l’année dernière par M. R. Upward. Nos lecteurs trouve-
- ront des détails complets sur ce système de pile, en se rapportant à notre collection (')
- O Voir La Lumière Électrique, vol. XXI, p. 8g et 170 vol. XXIII, p. 537.
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- Nous pouvons compléter ici ces renseignements par la description des éléments et de la cornue employés dans l’installation qui fonctionne actuellement chez MM. Woodhouse et Rawson.
- Dans ce modèle, on n’a plus besoin d’expulser l’air qui pourrait rentrer, au moyen d’une trompe, et enfin, on n’emploie que deux éléments, la charge des accumulateurs se faisant d’une manière continue au moyen d’un commutateur qui ne met jamais qu’un accumulateur en relation avec la pile.
- Le gaz entre toujours par le fond des éléments, en chassant ainsi l’air devant lui.
- En fait, on assure que dans le local des piles, il n’y a pas de dégagement de chlore.
- Comme on le voit par la figure i, la forme des éléments est un peu modifiée.
- Chacun d’eux comprend 8 plaques de charbon reliées en quantité et 5 cylindres de zinc fendus, placés dans les vases poreux, et reliés également entre eux.
- Mais c’est surtout la cornue ( fig. 2 ) qui a été perfectionnée.
- Le vase perforé en terre cuite renferme une quantité de bioxyde de manganèse suffisante pour trois semaines environ.
- La charge journalière d’acide s’introduit facilement dans le corps du récipient, qui est indépendant de son couvercle; l’acide n’est donc jamais manipulé; il entre par un tube fermé aboutissant à un réservoir gradué, et le liquide épuisé s’écoule dans un égout.
- Quand il s’agit d? remplacer le bioxyde, on lave la cornue à grande eau, celle-ci entrant par la même ouverture que l’acide.
- TABLEAU
- Nom- bre total de lampes à alimenter Nom- cTélé- ments néces- saires, à 225 IV. L accumu cha par 1 peuvent Walls- hcurcs es Iatcurs rgés 1 pile fournir lampes heures Nombre de colonnes de gazomètre à 3o francs pesant 100 kilos Réservoir à acide cl cornue poids l3o kilos Nombre et coût des accumu- lateurs pesant de 5 à 100 kil. Commu- tateur spécial pour la pile Espace approximatif nécessaire pour la pile et les accumulateurs Poids total en kilos des appareils y com pris la batterie Courant maximum en ampères Nombre maximum de lampes de io bougies en lampes- heures Dépense d’installation : pile, accumu- lateurs, cornue, etc., etc. Coût des lampes. con- duc- teurs, etc.
- 22 2 700 22 4 265 fr. 8 fr. 420 i65 fr. 3",6Xi ,2x2,7 1250 22 24 1400 V)
- 3o 4 1400 44 8 - 10 55o — 4 ,5X1,2X2,7 2100 22 48 2100 0 e cO • u. <0 L-. cl
- 40 6 2 IOO 70 12 — 12 75o 5 ,4X2,5X2,7 3ooo 3o 70 2875 £ « 0J
- 60 8 2800 93 16 — 12 y5o — 6 ,3X1,8x2,7 3Soo 46 95 3425 2 «
- 80 IO 35oo u6 20 - IO 125 - 8 ,1X2,1X2,7 4850 üo 120 4375 .b p. > a
- IOO 12 4200 140 24 — 12 i5oo — 9 ,0X2,4X2,7 585o 74 15o 535o W
- Toute la surveillance de cette installation se réduit journellement à la manœuvre de deux robinets, et de temps en temps, il faut renouveler la charge de bioxyde de manganèse, ce qui, comme nous l’avons vu par la description de la cornue, est une opération fort aisée; il semble donc certain que l’on peut confier cette pile aux soins d’un personnel ordinaire.... pardon, nous
- oubliions l’ordonnance du préfet de police.
- Le tableau ci-dessus donne une idée des frais qu’entraînerait l’installation d’une pareille pile, avec sa batterie d’accumulateurs, le gazomètre, le commutateur, et enfin le nombre de lampes correspondant à la puissance des accumulateurs dans différents cas ; on a supposé qu’on emploie des
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- lampes de 10 bougies consommant 3o watts. Pour juger de ces prix, il ne faut pas oublier qu’ils se rapportent à l’autre côté de la Manche.
- E. M.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Angleterre
- La résistance des fils tendus. — M. Shelford Bidwell a fait dernièrement quelques expériences sur des fils de cuivre et de fer suspendus, qui ten-dent à prouver que la résistance électrique de ces fils varie selon la direction du courant. .
- L’appareil se composait d’un pont de Wheat-stone à fil et à curseur dont les deux bras adjacents au fil étalon avaient une résistance de ioo ohms. Les deux autres bras du pont étaient formés par deux fils suspendus réunis au sommet.
- Le courant était renversé au moyen d’un commutateur dans le circuit de la pile et montait sur l’un des fils pour descendre dans l’autre.
- En renversant le courant, l’équilibre du pont était détruit. D’après l’explication de M. Bidwell, la tension sur un fil suspendu verticalement augmentant de bas en haut, le courant absorbe de la chaleur en passant d’une partie tendue du fil à une autre moins tendue, et vice versa.
- Les effets d’échauffement et de refroidissement sont renversés pour les fils de fer.
- La résistance magnétique. — MM. les professeurs Ayrton et Perry ont fait dernièrement une expérience d’où il résulte que la résistance magnétique de l’air est proportionnelle à la distance, pour de petites distances.
- Les expérimentateurs ont pris deux anneaux en fer d’un diumètre d’environ i5o m. m. et fait au moyen d’une même barre du meilleur fer de
- Suède d’environ 12 m. m. de diamètre. Ils étaient entourés de fil isolé divisé en deux bobines, de sorte qu’on pouvait faire passer un courant autour de chaque moitié ou des deux à la fois, et mesurer l’induction qui en résultait p«r la déviation d’un galvanomètre balistique placé en série avec quelques spires de fil enroulées autour de la bobine principale. L’un des annneaux était continu tandis que l’autre était coupé par un petit espace d’air d’environ 8 millimètres.
- Les expérimentateurs se sont assurés s’il y avait une résistance magnétique appréciable de passage à la surface ; l’observation n’en indique aucune.
- Le rapport entre la résistance de l’air et du fer était comme 1200 à 1, ce qui correspond avec les résultats obtenus dans d’autres expériences. Quand le courant d’aimantation passait autour de la moitié de l’anneau coupé sur laquelle la bobine était enroulée, on obtenait une plus grande induction que par toute autre disposition ; un résultat que MM. Ayrton et Perry ne cherchent pas à expliquer.
- M. Bosanquet, lui, a obtenu une induction plus grande dans le milieu d’un électro-aimant en forme de barre ou dans des circuits magnétiques ouverts, qu’il n’a pu l’obtenir dans des circuits magnétiques fermés. (?)
- Le récepteur a aiguille en duplex. — M. A.-S. Dunn, directeur des télégraphes du chemin de fer Calédonien a imaginé une méthode très simple pour faire fonctionner en duplex, le récepteur à aiguille employé sur les lignes de la compagnie de Glasgow à Carlisle. La nouvelle disposition consiste à enrouler différentiellement les bobines des indicateurs.
- Indicateur pour boîtes a lettres. — M. Arthur Nahood, de Londres, a imaginé un dispositif très simplepour éviter le coup demarteau si désagréable des facteurs qui déposent une lettre dans la boîte fixée à la porte d’entrée, et pour le remplacer par une sonnerie électrique.
- La figure 1 représente le système ; A est une boîte à lettres ordinaire, fixée à l’intérieur de la porte d’entrée; le facteur laisse tomber les lettres de l’extérieur, en soulevant la bande métallique B,
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- qui, normalement, ferme la fente destinée à l’insertion des lettres.
- M. Nahood fixe un contact en métal au dos de cette bande, qui vient en communication avec un autre contact à ressort G, en acier trempé, qui est relié par un fil E à une sonnerie électrique ordinaire et à une pile. Le circuit est complété par un autre fil F allant au cadre métallique qui garnit
- le bord de l’ouverture ; la vis D, qui tient ce cadre, est utilisée comme une borne pour fixer le fil. On voit qu’il est facile d'adapter ce dispositif aux boîtes à lettres déjà installées.
- L’accumulateur a lithanode. — Dans la séance du 17 mars de la Society 0/ Telegraph Engineers and Electricians, le professeur Forbes a donné de nouveaux renseignements sur le nouvel accumulateur à lithanode de M. Fitzgerald. Ces renseignements sont résumés dans un tableau dressé d’après les essais faits avec cet accumulateur, et indiquant la capacité qui correspond aux diverses allures de décharge.
- Il ressort de ce tableau, que, lorsque la rapidité de la décharge diminue, la capacité augmente de beaucoup.
- Le professeur Forbes a également fait remarquer que l’élément ne présentait pas cette force électromotrice excessive qu’on observe dans d’au-tresxaccumulateurs immédiatement après la charge. L’élément de VElectrical Power Storage C°, par exemple, possède une force électromotrice de 2 1/4 volts pendant le premier moment qui suit
- la charge, tandis que la force électromotrice normale n’est que de 2 volts. Dans l’élément à lithanode de M. Fitzgerald, lç maximum de force électromotrice obtenu par M. le professeur Forbes était inférieur à 2,1 volts.
- Capacité correspondante
- Allure de la décharge
- Ampères-heures par kilogrammes
- Ampères par kilogrammes
- Je plaques
- d’éléments
- de plaques
- 12,10
- Quelques personnes attribuent cet excès de force électromotrice à des bulles d’hydrogène qui s’attachent à la plaque.
- J. Munro
- États-Unis
- Perfectionnements récents pour la régulation électrique et mécanique de la température. — Depuis quelques années, la question de l’incubation artificielleestl’objetd’étudesparticulières delà part de M.Henry B.Tatham, de Philadelphie,et,comme le succès de cette opération dépend du maintien d’une température constante, l’auteur a naturellement porté une attention spéciale aux moyens de régler la température et de la maintenir au degré voulu. Ses expériences ont porté sur un certain nombre de régulateurs, tant électriques que mécaniques dont nous allons donner la description.
- Parmi les régulateurs représentés sur nos dessins, l’appareil le plus simple est celui que reproduit la figure 1 ; mais il exige l’emploi d’une pile constante.
- Ceux représentés par les figures 2 et 3, grâce à une combinaison de coupe-circuits, permettent remploi de piles polarisables. Quant au type indiqué figure 4, il n’est pas électrique et son fonctionnement est subordonné à la dilatation et à la contraction d’une bande de caoutchouc durci.
- Dans les incubateurs ordinaires ou dans les
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- «
- appareils de chimie, quand on ne dispose pas d’une distribution d’eau, on place à une certaine hauteur un tonneau ou tout autre vase rempli d’eau, qui, dans bien des cas, suffit pour une semaine ou plus, une sonnerie avertissant aussitôt que le niveau devient trop bas.
- L’appareil représenté figure 1 se compose d’un petit réservoir constamment alimenté d’eau par une source quelconque au moyen de la soupape V gouvernée par le flotteur F à l’aide du levier de transmission L.
- Fig. 1
- Ce levier porte à son centre une ouverture allongée par laquelle passe la tige S, mettant la soupape inférieure V' en communication avec l’électro-aimant E placé au-dessus du réservoir qui la fait fonctionner. Le même électro-aimant fait également agir la tige du flotteur inférieur F1 sur le balancier B, auquel sont reliés les appareils modérateurs.
- Le thermostat T est formé d’une barre compo-
- site d’acier et d’ébonite, deux corps dont les coefficients de dilatation sont très différents, l’ébonite se dilate environ huit fois autant que l’acier. Un des circuits du thermostat est relié avec le réservoir, l’autre avec une sonnerie électrique.
- Fig. r
- La figure représente l’appareil dans sa position normale. La barre du ihermostat n’ayant fermé aucun circuit, l’armature est maintenue détachée de l’aimant par le ressort que porte la tige de la soupape, qui contre-balance le poids de l’eau sur la soupape V' et maintient celle-ci en contact avec son siège supérieur. Ceci empêche l’écoulement de l’eau dans l’enveloppe du flotteur inférieur, qui repose, par conséquent, sur le fond,
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- abaissant ainsi le balancier et fermant le modérateur.
- Supposons maintenant que la température s’abaisse légèrement, et que le thermostat ferme le circuit à droite. La soupape inférieure est abaissée aussitôt sur son siège inférieur par l’électro-aimant, empêchant ainsi l’échappement et favorisant la libre entrée de l’eau dans l’enveloppe du flotteur inférieur F', qui monte et> par ce mouvement, soulève le balancier B qui établit le tirag’e.
- Lorsque la température s’élève de nouveau, le circuit est interrompu par le thermostat ; la soupape reprend sa position normale, livranx ainsi issue à l’eau contenue dans l’enveloppe du flotteur inférieur, qui s’abaisse, entraînant avec lui le balancier et supprimant le tirage.
- Si, par accident, un excès de chaleur venait à se produire, le circuit opposé se fermerait et la sonnerie retentirait. En renversant la disposition, on pourrait obtenir, si on le voulait, le résultat inverse, c’est-à-dire que le fonctionnement de la sonnerie coïnciderait avec un abaissement de la température.
- La figure 2 n’est qu’une modification du même appareil, à cette différence près que l’alimentation du réservoir est contrôlée par un flotteur agissant sur une soupape placée au-dessus, le levier à soupape delà figure 1 étant supprimé.
- Les électros, qui sont ici au nombre de deux, agissent séparément chacun sur une soupape simple, au lieu d’un seul aimant agissant sur une soupape à double siège.
- L’électro-aimant M et la soupape V, à droite, remplissent les enveloppes des flotteurs et soulèvent ces derniers, comme cela est représenté en pointillé. De leur côté, l’aimant M1 et la soupape V1, au moyen d’un tuyau de décharge, vident les enveloppes, et font redescendre les flotteurs. Ceux-ci sont au nombre de trois F, F' et F2.
- Le flotteur central F sert à faire fonctionner le balancier (qui n’est pas représenté sur cette figure) relié avec un modérateur. Les deux autres F1 et F2 servent à fermer et à ouvrir les circuits entre le thermostat et les aimants M et ML Le courant leur est transmis par les boules métalliques B1 et B2 jusqu’au moment où celles-ci, soulevées par les flotteurs, roulent jusqu’à la partie isolée I du conduit métallique sur lequel elles reposent.
- Sur le dessin, la barre du thermostat est représentée comme venant de fermer le circuit don-
- nant lieu aux abaissements de température et agissant sur l’aimant M1, elle a vidé les enveloppes des flotteurs, et abaissé ces derniers.
- Mais, tandis que le circuit reste fermé au thermostat, il est ouvert à la boule et à la soupape, qui, pour cette raison, sont représentées dans leur position normale.
- Supposons maintenant que la température augmente : la barre T est rappelée dans le sens opposé et ferme le circuit de droite, et inonde les enveloppes des flotteurs. Il en résulte tout d’abord la fermeture du circuit ouvert à gauche, ce qui le rend prêt à fonctionner sous l’action d’une nouvelle variation de température ; puis l’élévation du flotteur F du modérateur ; enfin l’ouverture du circuit par la boule B1, et ainsi de suite.
- Les circuits, comme on le voit, peuvent être fermés de chaque côté, mais pour un temps très court, permettant ainsi l’emploi d’une pile Le-clanché ou de toute autre pile ’polarisable. La sonnerie, il est vrai, est supprimée dans ce cas, attendu que les deux contacts du thermostat sont nécessaires pour le fonctionnement de l’appareil • mais on peut employer un thermostat séparé pour les cas d’alarme.
- Une autre modification de cet appareil est représentée par la figure 3. Ici, les électros et soupapes sont placés dans des réservoirs séparés, placés l’un au-dessus de l’autre, ce qui permet d’augmenter le mouvement ou la pression sans accroître l’action sur les aimants.
- Dans ce cas, on fait usage d’un coupe-circuit avec contacts à friction G ; et le flotteur commandant le fonctionnement de l’appareil est remplacé par un vaste creux H, relié à l’appareil par un tube en caoutchouc R, et portant à sa partie supérieure un tuyau P dont l’extrémité est toujours au-dessus du niveau de l’eau du réservoir supérieur.
- Lorsque ce vase est rempli d’eau, il est plus lourd que le contre poids W qui se trouve du côté opposé de la fenêtre représentée ouverte ; mais lorsqu’il est vide, il est beaucoup plus léger, ce qui permet au poids de retomber et de fermer la fenêtre.
- Les chaînes ou cordes du contrepoids et du vase passent sur des segments de poulies à gorge.
- La contenance du réservoir inférieur est réduite au moyen d’une cloison, afin d’éviter une perte d’eau inutile ; car on remarquera que ce réservoir doit se vider complètement à chaque nouveau
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- changement, ce qui n’est pas le cas pour le réservoir supérieur.
- On peut cependant l’éviter en plaçant l’enveloppe du flotteur, le flotteur lui-même et le coupe-circuit à l’extrémité inférieure du tuyau qui établit la communication entre les deux réservoirs, et en disposant le flotteur comme une soupape à
- action directe sur l’ouverture par laquelle passe la tige qui fait jouer le coupe-circuit.
- Cette modification permettra d’éviter l’échappement de l’eau lorsque le flotteur s’élève; le circuit sera interrompu lorsque le tuyau sera vide, ce qui fermera la soupape inférieure et maintiendra le réservoir plein d’eau.
- Fig. S
- La figure 4 représente un appareil purement mécanique, dans lequel les électro-aimants sont supprimés et remplacés par une barre d’expansion verticale en ébonite, reliée, par une série de leviers, avec les soupapes des réservoirs. Celles-ci sont représentées par des godets à mercure m, surmontés d’un tube ouvert des deux bouts, dans lequel plonge un autre tube en verre très mince,
- Fig. 4
- également ouvert aux deux extrémités; toutefois, l’ouverture supérieure est moindre que l’inférieure; elle livre passage et sert de guide à un fil métallique qui y plonge. Cette ouverture des tubes a pour objet d’empêcher l’aspiration du mercure ou de l’eau à travers le mercure.
- Le maximum de pression de l’eau sur lés godets de mercure dans ces appareils est de i5 cen-
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- timètres; il suffit donc de faire monter le mercure d’environ 12 millimètres dans la soupape tubulaire en verre pour empêcher l’échappement de l’eau. Plus la couche de mercure à l’extérieur du tube est forte, moindre est l’étendue du mouvement nécessaire pour obtenir l’ascension voulue de 12 millimètres; une pénétration de 1 1/2 m.m. du tube de verre suffit amplement, dans bien des cas.
- Le fonctionnement de l’appareil a lieu comme suit :
- La barre d’ébonite, venant à se dilater, agit sur les leviers qui, comme on le voit en coupe sur la
- figure 4, ont ouvert la soupape supérieure et fermé l’inférieure. L’eau pénètre alors dans l’enveloppe du flotteur de commande F et soulève ce dernier. En refroidissant, l’ébonite se contracte, ferme la soupape supérieure V et ouvre l’infé-rieuieV', vidant ainsi l’enveloppe du flotteur de commande F et lui permettant de redescendre. Les tubes SS (fig. 3 et 4) sont destinés à empêcher le débordement des réservoirs.
- •
- Voiture pour le tramway électrique du système Field. — Nous avons déjà décrit, dans ce journal, le système de conducteurs et de con-
- Fig. 5
- duites adopté par M. Stephen D. Field pour ses tramways urbains. Il se compose, on le sait, de deux conduites, dont la partie supérieure sert de support aux rails et qui renferment chacune un conducteur, les rails et les conduites servant de conducteur de retour pour chaque ligne. Le moteur peut, de cette manière, être alimenté par un seul conducteur ou par tous les deux, donnant respectivement 25o et 5oo volts de différence de potentiel.
- La voiture employée dans ce système est représentée en élévation longitudinale dans la figure cix-dessus. A l’avant, elle est montée sur une paire de roues avec essieu ordinaire, mais à l'arrière, elle repose sur un truc à quatre roues, de façon que la voiture puisse tourner sur des courbes de très petit rayon. Sur ce truc est monté le
- moteur, qui commande les roues directement au moyen de bielles reliées à des manivelles à chaque extrémité de l’axe de l’armature.
- Le levier qui se trouve sur la plateforme d’avant est relié par deux tiges avec les organes de commande du moteur, et un seul mouvement suffit pour mettre en marche, renverser le mouvement et arrêter le moteur et le relier avec l’un ou l’autre des deux conducteurs dans les conduites.
- A l’avant de la voiture, deux socs maintiennent les ornières des rails libres de tout ce qui pourrait les obstruer, et derrière ces socs se trouvent les frotteurs ou balais qui pénètrent dans les conduites.
- Nous avons eu récemment l’occasion de voir, en cours de fabrication, le grand moteur que cons-
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- truit M. Field pour le chemin de fer aérien de New-York.
- Les proportions sont colossales et sa construction est assez avancée pour qu’il puisse être expérimenté dans quelques semaines,
- Combinaison d’un sounder et du téléphone. — Les apprentis télégraphistes sont fréquemment retardés dans leur travail par l’impossibilité de déchiffrer certains signaux envoyés par la station correspondante, et comme ils ne peuvent communiquer avec celle-ci que par l'intermédiaire des
- Fig. b
- signaux Morse, il en résulte une perte de temps considérable.
- Pour remédier à cet inconvénient, la Keating Electric C°, de Corry (Pennsylvanie) a combiné un sounder capable de transmettre la parole. On peut ainsi l’employer sur les longues lignes avec relais, et il permet dans [certains cas d’utiliser le courant de la ligne principale pour seconder le sounder avec le système usuel des points et des traits.
- La figure 6 représente le sounder en détail, et la figure 7 montre l’instrument en connexion avec une pile et un manipulateur, tels qu’ils sont disposés pour l’usage des commençants.
- Ce sounder diffère du type ordinaire en ce que chaque noyau de l’électro-aimant porte deux bobines de fil au lieu d’une, et bobinées l’une au-dessus de l’autre. La bobine extérieure est com-
- posée de fil fin et la bobine inférieure de gros fil. Les bobines orrespondantes sont reliées entr’elles de la manière ordinaire. En outre, les deux fils sont réunis d’un côté et vont à la borne opposée à celle à laquelle aboutit la ligne principale.
- L’autre extrémité du gros fil se rend au levier du commutateur, monté sur pivot au-dessous des électro-aimants, tandis que celle de fil fin se rattache à un contact à droite.
- Au-dessus de ce contact, porte l’extrémité d’un ressort plat que le commutateur empêche de venir au contact, étant maintenu entre les deux par
- Liÿne
- 7'erre
- Fig. 7
- un ressort à boudin. Le ressort plat est relié a la borne de la ligne principale.
- En outre, la borne supérieure de gauche, à laquelle aboutissent les extrémités communes des deux fils, est reliée au circuit local par la borne supérieure , ce circuit renfermant une batterie se termine au manipulateur. Mais le circuit ne. se termine pas là : il revient en arrière à la borne inférieure du sounder, auquel est'fixée un second ressort plat semblable au premier. On comprendra aisément ces diverses connexions, si Ton se reporte à la figure 6.
- A l’état normal, le levier du commutateur est retenu à droite par le ressort à boudin ; le coulant passe donc dans la booine de gros fil celle de fil fin étant hors circuit. " ~ ’
- Si, au contraire, Pou repousse le levier à gau-w che, et qu’on le maintienne dans une position
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- centrale, le ressort plat à droite est en communication avec le contact auquel est rattaché le fil fin ; le courant passe alors dans les bobines de fil fin, et celle de gros fil sont, par conséquent, hors circuit.
- On peut ainsi, à volonté, modifier l’appareil, et d’un récepteur à faible résistance, faire un récepteur à grande résistance.
- Si l’on continue à repousser à gauche le levier du commutateur, de façon à le faire entrer en contact avec le ressort de gauche, on établit un circuit local avec les bobines de gros fil et la pile les bobines de fil fin restant dans le circuit de la ligne principale. Le sounder forme alors un véritable transmetteur téléphonique.
- Si, dans ces conditions, on parle près de l’armature, les mots seront reproduits à l’armature de chaque instrument correspondant de la ligne et l’on peut, de la sorte, entretenir une conversation.
- Nous ferons remarquer, en passant, que, lorsque le sounder est en circuit pour la conversation, comme nous venons de le dire, le circuit de Ja ligne principale et le circuit local ont une par. tie commune, celle qui va de la borne supérieure au manipulateur ; mais cela ne gêne pas les communications, comme on le sait.
- Toutefois, pour éviter ce qui pourrait donner prise à la critique, on a créé un manipulateur spécial, dans lequel les circuits sont entièrement séparés.
- Il est évident, en outre, que si l'on met en cir-circuit, avec les bobines de gros fil, un transmetteur à charbon, tandis que le levier est repoussé à gauche, on constituera, avec le sounder ainsi modifié, un transmetteur microphonique avec translateur.
- Appareil portatif pour l’inflammation des amorces. — L’emploi de l’électricité par les ingénieurs civils et militaires, pour l’inflammation des mines de guerre, ou de celles dont on fait usage dans l’exploitation des carrières, offre de si grands avantages, qu’il est rare aujourd’hui de voir des carriers, au courant de leur profession et soucieux de leurs intérêts, attaquer une mine sans être pourvus d’un exploseur électrique.
- Toutefois, quelques objections ont été opposées à la généralisation de ce procédé par des partisans du système suranné des mèches lentes, qui ont
- vainement essayé de démontrer que l’inflammation des mines par l’électricité était plus coûteuse que la méthode si peu sûre et en même temps si dangereuse de la mèche à long feu ; qu’en outre, les parties qui composent l’appareil électrique et les fils de transmission sont si compliquées et si embrouillées, que personne autre qu’un électricien consommé ne saurait s’en servir.
- C’est pour mettre ces objections à néant que M. W.-E. Irish a imaginé l’ingénieux appareil représenté par la figure 8 ci-dessous, et qui se compose d'une grosse bobine en bois renfermant à l’intérieur de son noyau une petite pile sèche de forme cylindrique, une bobine d’induction et un condensateur.
- La pile peut durer douze mois en fonctionnant journellement, et lorsqu’elle est épuisée, elle
- Fig. 8
- peut s’enlever et se remplacer par une autre, et cela très facilement.
- A l’extérieur, entre les rebords de la bobine, est enroulé un double conducteur flexible et bien isolé, de la longueur que l’on désire; une des extrémités de ce conducteur est reliée d’une manière semi-permanente à deux bornes isolées qui; elles, sont reliées en permanence avec la pile, la bobine d’induction et le condensateur au moyen d’une sorte de commutateur fixé à l’un des bouts de la bobine. L’autre extrémité du conducteur s’attache à la fusée.
- L’amorce étant en place, prête à mettre le feu, la bobine, qui tourne librement dans ses supports, est emportée, dévidant son fil, à une distance convenable de la mine. Tout étant prêt, la cheville du commutateur est introduite dans le trou à l’extrémité de la bobine, et on lui donne un tour, ce qui a pour effet de fermer le circuit et de mettre le feu à la mine.
- Le commutateur est disposé de telle sorte qu’en
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- enfonçant la cheville et en la faisant tourner, elle dispose les contacts de manière à empêcher le circuit de se fermer de nouveau avant d’avoir d’abord retiré la cheville, en renversant son mouvement et en ouvrant le mécanisme. C’est pour prévenir la possibilité d’enflammer accidentellement une mine, que cette disposition a été imaginée.
- Lorsqu’une nouvelle amorce a été attachée aux conducteurs et que l’ouverture du mécanisme a été opérée, l’appareil est prêt à produire une nouvelle explosion.
- Le conducteur s’enroule de nouveau sur la bobine en faisant tourner celle-ci sur ses supports, soit à la main , soit au moyen d’une manivelle qui n’est pas représentée sur le dessin.
- Cet appareil a le grand avantage de grouper tous ses organes sous un petit volume, d’être toujours prêt à fonctionner et par tous les temps, enfin, de n’être sujet à aucun dérangement ni à un fonctionnement accidentel.
- C’est un appareil solide et susceptible d’un long usage. On peut enflammer simultanément de i à 4 amorces en série, et un plus grand nombre, avec une succession tellement rapide que cela équivaut pratiquement à la simultanéité.
- J. Wetzler
- VARIÉTÉS
- La neutralisation des câbles sous-marins
- Le projet déposé récemment devant les Chambres sur la construction d’un nouveau câble sous-marin français aux Antilles, a ramené l’attention des économistes sur un point intéressant, qui revient chaque fois en discussion, lorsqu’on parle de communications sous-marines, et qu’on finit toujours par laisser de côté, sans avoir fait faire un pas à la question.
- Il s’agit de la protection des câbles. En temps de paix, rien n’est plus simple. Il existe, depuis le 14 mars 1884, un protocole signé par les représentants de toutes les nations intéressées.
- La conférence internationale réunie à Paris le 12 mai 1886, n’a fait qu’élucider les derniers
- points douteux du précédent acte et, depuis le premier janvier de cette année, la nouvelle juridiction est en vigueur, garantie par l’intérêt particulier de chaque état signataire. Aussi, n’y a-t-il rien à dire ici, aucun sujet de discussion n’existant. Quiconque détériore ou détruit un câble tombe sous le coup de l’article 2 :
- « Est punissable la rupture ou la détérioration « d’un câble sous-marin, faite volontairement ou « par négligence coupable, et qui pourrait avoir « pour résultat d’interrompre ou d’entraver, en « tout ou en partie, les communications télégra-« phiques. »
- C’est très bien, comme on le voit, lorsque les peuples sont calmes et que la paix règne partout; mais en temps de. guerre, lorsque deux ou plusieurs nations sont en conflit, l’article précité est-il encore applicable? Naturellement cette hypothèse n’a pas été prévue ; elle ne pouvait pas l’être. Pourtant la rupture d’un câble est surtout à redouter que pendant une guerre, lorsques chacun cherche à faire le plus de mal possible à son ennemi par tous les moyens dont il dispose ; en temps de paix, cet article ne s’adresse guère qu’au diverses Compagnies pour leurs opérations de pose ou de réparations de câbles, et aux commandants de navires, dont les ancres ont quelquefois endommagé les câbles. Ainsi, la juridiction établie se trouve faire défaut, au moment précis où elle serait le plus nécessaire.
- Par ces considérations, on est conduit à examiner s’il ne conviendrait pas d’élargir la protection des câbles et de s’entendre pour leur neutralisation : à priori, l’idée paraît assez bonne. Quand on envisage cette question pour la première fois, qu’on considère, étant donnée l’importance jouée dans les transactions commerciales du monde entier par les communications télégraphiques, que par la rupture d’un câble on lèse non seulement les intérêts de la nation adverse, mais encore ceux des pays non combattants, la neutralisation des câbles sous-marins semble devoir s’imposer elle-même comme conséquence de la convention déjà signée.
- Eh bien, si on examine les choses d’un peu plus près, on s’aperçoit assez vite, que ce qui paraissait d’abord si évident, ne l’est pas autant qu’on pouvait le croire. Il est exact que la rupture d’un câble ne nuit pas seulement à la nation qui
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- en détient une extrémité, qu’à part quelques cas particuliers, on a des deux côtés le même intérêt à pouvoir communiquer télégraphiquement, mais s’en suit-il fatalement que la neutralisation puisse être le remède efficace ? Pour notre part, nous ne le croyons pas.
- D’abord il n’est pas possible de songer à neutraliser toutes les lignes sous-marines; il en est qui n’intéressent réellement qu’un seul pays, par exemple, celles qui réunissent la France à l’Algérie, et il en est d’autres qui, bien que servant à tous les États, ne leur rendent pas des services égaux. Neutraliser tous les câbles, sans exception, serait donc absolument injuste, et du moment où il s’agit de faire une sélection, on ne voit pas réellement les points sur lesquele l’accord pourrait se faire.
- Si l’on estime, en effet, que certains câbles ne favorisent personne particulièrement, et qu’on s’accorde pour leur neutralisation, par ce fait, il se trouvera qu’après beaucoup de mal on aura protégé la ligne que personne ne pourra jamais songer à détruire. Aller couper un câble en pleine mer, et, bien entendu, ce n’est pas aux atterrissements qu’on irait s’en prendre, ne serait pas une besogne très facile. Comme on n'enverrait pas dans une pareille expédition un cuirassé, qu’il faudrait encore un certain temps pour déterminer remplacement exact du conducteur et le rompre, et que l’océan n’est pas absolument un désert aujourd’hui, on ne courrait le risque que dans un intérêt sérieux, mais non pour faire une simple niche à la nation que l’on combat.
- Comme nous le disions, le câble neutralisé n’aurait donc nullement besoin d’être protégé, et les conditions qui l’auraient fait déclarer neutre auraient elles-mêmes suffi à le protéger.
- La théorie de la neutralisation ne repose, de fait, absolument sur rien. Les câbles stratégiques sont les seuls que l’adversaire en temps de guerre ait intérêt à détruire ; ce sont aussi les seuls que l’on défende ; par suite, leur neutralisation ne ferait-elle l’affaire de personne : tous y perdraient.
- Par exemple, prenons le cas d’une ligne sous-marine entre la France et l’Algérie, et supposons le cas d’une guerre entre la France et un autre pays d’Europe. Si cette ligne est neutre et que par suite nos adversaires ne puissent s’y attaquer, il est évident que la convention internationale nous
- aura particulièrement favorisés, puisqu’elle nous aura assuré une communication constante avec notre colonie.
- Tant que la guerre durera, l’avantage sera pour nous : mais aussi, lorsque la paix aura été faite, notre câble se trouvant entre les mains d’employés internationaux, nous ne pourrons pas en disposer en véritables maîtres, et en tirer les réels services en vue desquels il avait été construit.
- En prenant tous les câbles les uns après les autres, on ne pourra jamais que les ranger en deux catégories : i° Ceux qui peuvent être neutralisés, et pour lesquels une telle mesure est absolument inutile; 2° Ceux qui par leur situation ne peuvent être protégés par une législation internationale.
- D’ailleurs, lorsque deux nations sont en guerre, chercheraient-elles vraiment à se couper réciproquement leurs câbles. —A part, les petites lignes qui seraient ou secrètes ou très bien défendues par des croiseurs et des torpilles, les grands câbles qui relient la métropole aux colonies, ne serviraient véritablement que le jour même de la déclaration de guerre, pour rallier une escadre et rappeler des troupes. Les ordres donnés, le dommage causé par la rupture des communications serait de bien faible importance, et de part et d’autre, ce n’est pas vers les eaux profondes que les coups seraient dirigés.
- De quelque côté donc qu’on examine la neutralisation, on ne voit des arguments que contre sa possibilité. S’il est vrai que la rupture d’un conducteur pendant une guerre, cause un dommage réel aux nations qui ne sont pas aux prises, croit-on qu’un câble de plus ou de moins modifierait en quoi que ce soit la crise qu’elles auront à supporter, par ce seul fait que leurs voisins échangeront des coups? Non. La vérité, c’est que la guerre, quelque localisée et restreinte qu’elle soit, porte toujours un préjudice sérieux à ceux qui ne sont que spectateurs : il faut en prendre son parti et la sécurité des câbles sous-marins est un facteur trop négligeable, pour que le seul argument en faveur de la neutralisation puisse rester debout.
- Tout peuple qui a des intérêts coloniaux est dans le vrai en cherchant à donner la plus grande extension possible à son réseau de lignes sous-
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- marines. La guerre n’étant heureusement qu’un état exceptionnel, c’est de la paix seule qu’il faut s’occuper et, pour ce cas alors, il n’y a rien à ajouter à la convention de 1884.
- Les Anglais qui, par leur situation privilégiée, sembleraient, à priori, avoir le plus à gagner avec la neutralisation des câbles, n’en sont pas partisans; ils jugent, avec raison, que plus le nombre des lignes sous-marines sera grand, plus les communications seront faciles entre les continents, et moins il y aura à redouter des ruptures en cas de guerre. Il n’y a pas tant à se préoccuper, en effet de la destruction d’un câblequ’àtout préparerpour que, le cas échéant, il puisse être immédiatement remplacé et là, encore comme partout, il faut, puisque la guerre est toujours à redouter, travailler comme si la paix devait être éternelle. C’est encore le meilleur moyen de toujours la conserver.
- P. Clemenceau
- BIBLIOGRAPHIE
- La maison P. Larousse et Cio vient de meure en vente les trois premières livraisons d’un Dictionnaire théorique et pratique d’Electricité et de Magnétisme, rédigé par MM. Georges Dumont, Maurice Leblanc , l’un de nos collaborateurs, et de la Bédoyère.
- Ce Dictionnaire , imprimé avec le plus grand soin, et dans lequel on a multiplié les figures, nous paraît appelé à avoir du succès, parce qu’il vient à son heure.
- Nos lecteurs savent quel développement a pris, depuis quelques années surtout, la science électrique qui s’est pour ainsi dire renouvelée ; aussi, le nombre des ouvrages spéciaux est devenu si considérable, qu’il était devenu indispensable de les condenser en un seul livre , pour épargner à tous ceux qui s’intéressent à l’Electricité et au Magnétisme une perte de temps.
- Les auteurs se sont proposés de Venir en aide à
- la fois aux théoriciens et aux praticiens, aux professeurs et aux inventeurs, aux électriciens de profession et aux amateurs, en leur permettant de trouver immédiatement tel renseignement qu’ils désirent sur un point quelconque de leurs études.
- Ce n’est point une sèche nomenclature de la terminologie électrique, mais bien une véritable encyclopédie spéciale, où tous les travaux qui se sont fait jour en électricité ont été consignés, analysés, résumés avec soin et présentés sous la forme qui doit le plus en faciliter la connaissance.
- On y trouve :
- i° La définition précise de tous les termes (mots et locutions) employés en électricité;
- 2° L’exposé complet de la science électrique (principes généraux, théories, lois, mesures magnétiques et électriques, unités absolues, magnétisme, induction, électro-chimie, etc...) ;
- 3° Les applications de l’électricité (éclairage, transmission de la force, télégraphie, block-sys-tem, téléphonie, galvanoplastie, électrométallurgie, électrothérapie, etc.);
- 40 La description et la figure de tous les appareils (appareils d’expérience, piles, accumulateurs, machines d’induction, machines magnéto et dynamo-électriques, appareils électro-thérapeutiques) ;
- 5° La biographie de tous les électriciens célèbres décédés, français et étrangers.
- Pour fixer le lecteur sur l’importance de l’ouvrage, nous dirons que la lettre A contient soixante-quinze mots.
- Nous sommes en mesure d’annoncer que, pour éviter les lacunes qui se produisent forcément au cours de l’impression, les auteurs préparent dès maintenant urt supplément, où ils inséreront toutes les découvertes intéressantes qui paraîtront pendant la publication de leur ouvrage. Ils y joindront une nomenclature bibliographique très complète des ouvrages édités en France et à l'étranger, jusqu’au jour où ce supplément sera mis sous presse. ~~
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- RÉSUMÉ DES
- BREVETS D’INVENTION
- délivrés depuis le ior janvier j887
- 172620. —> VIVO y GRAELLS. — Appareil pour régler automatiquement l’jntensjté pu courant dans les
- MACHINES PYNAMQ-ÉLECTRIQUES.
- La régularisation s'obtient en modifiant la marche des machines, suivant les variations de résistance.
- Le mouvement du moteur est d'abord communiqué à un arbre portant un cône,etcelui-ci le transmet au moyen de courroies à un arbre parallèle au premier portant un
- cône inverse, ce dernier le transmet enfin à la dynamo par tout moyen convenable.
- Pour faire glisser automatiquement la courroie sur les cônes, les fourches qui la guident sont montées sur un chariot mobile sur deux vis sans fin parallèlement à l'axe des cônes. Le chariot porte un électro-aimant où passe le courant produit par la dynamo. L'armature de cet élec-tro, convenablement disposée, porte une croix à l'une de sec extrémités. Suivant que l’attraction surmonte la foi ce antagoniste du ressort de l'armature ou qu’elle est vaincue par l'action de ce ressort; l'armature oscille à droite ou à gauche, et l'une des ailes horizontales de la croix, celle de droite ou celle de gauche s’engage dans le filet de l'une ou l'autre vis pour faire avancer ou reculer le chariot porteur des fourches, et déterminer par là des variations correspondantes dans l’allure des machines.
- Dans une addition, deux électros sont employés en combinaison avec un ampèremètre dont l'aiguille vient s’appuyer contre deux bornes placées de chaque côté, et agissant comme commutateur pour diriger un courant
- dérivé ou un courant d'une source particulière vers l’un ou l’autre des électros, selon les variations d'intensité dans Je circuit.
- 175126. — RICHARD Frères. — Système transmettant
- A DISTANCE LES INDICATIONS D’UN INSTRUMENT MUNI D'UNE
- AIGUILLE.
- Système applicable aux baromètres, thermomètres, hygromètres, boussoles, etc.
- L’aiguille c de l'instrument dont on veut transmettre les indications, accomplit ses oscillations entre deux côtés d'un léger cadre rectangulaire. Dans le plan du rectangle
- M •
- et au centre de figure s’abaisse un doigt E, à des intervalles de temps égaux. Cet abaissement est produit par un électro-aimant, dans lequel un mouvement d’horlogerie placé à la réception des indications envoie un courant électrique toutes les minutes. A chaque courant envoyé, l’armature de l’électro RR' est attirée et le doigt s’abaisse. Le mouvement de celui-ci vientjalors appliquer l’aiguille sur l’extrémité d’un levier F qui a pour effet, en s’abaissant, d’établir un contact, et d’envoyer un courant électrique à la distance où l’on veut recueillir les indications. Un autre levier F semblable placé de l’autre côté du rectangle transmet les indications de sens opposé. A l’endroit où l'on veut recueillir les indications, on dispose deux électro-aimants M et M' recevant chacun l’extrémité du fil relié à chacun des leviers. En même temps que les leviers ferment un des circuits électriques, ils agissent sur une roue à rochet commandant la plate forme de l’instrument pour le ramener à sa position première.
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- 178583, = De RUFZ de LAVISON, — Perfectionnements AUX ACCUMULATEURS.
- Le perfectionnement a pour objet la formation d’accumulateurs au moyen de deux lames de plomb A et B entourées de papier parchemin CG, et plongeant dans une solution alcaline, de telle sorte qu’en lançant le courant dans l’appareil dans un sens, la lame négative abandonne du
- plomb à l’état spongieux qui reste emprisonné eutre le plomb et le parchemin, tandis que la lame positive s’oxyde légèrement; puis, en renversant le sens du courant, le plomb spongieux vient adhérer contre l’électrode négative, l’anode abandonnant à son tour du plomb spongieux.
- Pour faire un accumulateur avec deux lames, il suffit, après lavage préalable, de les plonger en regard l’une de l’autre, dans de l'eau acidulée au i/io, de les charger dans un sens, puis la décharge opérée, de charger dans l’autre sens.
- 178611. — GADOT. — Perfectionnements dans la
- CONSTRUCTION DES PLAQUES D’ACCUMULATEURS ÉLECTRIQUES.
- Le perfectionnement consiste essentiellement en une
- . nçannmn n qpmn n mn n mn nnnmnno ü^nnrLnrLrü
- plaque constituée par deux demi plaques cc' fondues séparément, et liées entre elles par des rivets dd ou bien soudées. Les plaques sont ajourées et la réunion des deux moitiés forme des alvéoles bb où la matière active est
- emprisonnée. La forme des alvéoles empêche celle-ci de tomber ou de se désagréger.
- {A suivre) E. Dieudonné
- DISCOURS D’INAUGURATION
- Prononcé à Londres, le i3 janvier i8Sy, devant la Society ofTelcgraph Engineers and Electricians
- PAR
- SIR CHARLES BRIGHT (>)
- De nouveaux chemins de fer furent projetés entre Londres et Birmingham, et ensuite jusqu’à Manchester, et dans d’autres directions. Cooke était un homme très intelligent, ayant l’instinct scientifique, et l’intérêt que lui inspirait le nouveau mode de locomotion, a eu son contre coup sur l’histoire de la télégraphie, comme nous le verrons plus tard.
- Quelques années après, c’est-à-dire, au mois de mars i836, il vit à Heidelberg pour la première fois, dans la salle de conférence du professeur de philosophie naturelle, une de ces expériences dont j’ai parlé, à l’aide desquelles on démontrait la possibilité de télégraphier à une certaine distance au moyen de l’électricité. La ligne était installée entre les bureau du professeur et la salle de conférence, et les appareils se composaient d’une paire d’aiguilles suspendues, avec des bobines fixes ; à peu près le même système qu’Ampère avait proposé i5 ans avant, mais qui, de même que beaucoup d’autres, n’avait jamais donné des résultats pratiques.
- Cette expérience produisit une grande impression sur l’esprit de Cooke, et lui donna la conviction qu’on pourrait se servir de l’électricité pour des communications instantanées dans le service des Chemins de fer, qui à ce moment se développaient partout en Angleterre.
- Il était tellement certain du succès de son plan qu’il abandonna toutes ses occupations pour se consacrer exclusivement à la construction d’un télégraphe électrique.
- En moins de trois semaines il construisit sa première ligne et perfectionna beaucoup de détails.
- Au mois de novembre i836, il présenta à M. Faraday l’appareil qu’il avait construit et qu’il voulait montrer aux directeurs du chemin de fer de Liverpool à Manchester
- Il s’était mis à l’œuvre immédiatement dès qu’il en avait eu l’idée à Heidelberg, mais il était toujours absorbé par l’idée qui l’avait d’abord frappé d’associer son télégraphe électrique avec le fonctionnement des Chemins de fer pour leur sûreté et leur économie.
- (!) Voir La Lumière Electrique du 2 avril 1887.
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- L’année suivante il fit la connaissance du professeur Wheatstone, qui avait l’habitude dans ses expériences de démontrer la possibilité du télégraphe électrique au moyen de deux galvanomètres et d’une espèce de clef qui permettait de faire dévier les aiguilles magnétiques.
- II n’est pas nécessaire dans aucun pays civilisé de vanter les. grands résultats scientifiques obtenus par sir Charles Wheatstone, depuis sa remarquable détermination expérimentale de la vitesse de l’électricité en 1834, jusqu’à l’invention de son appareil télégraphique enregistreur , qu’il a perfectionné plus tard avec l’aide de M. Stioh, un membre de notre Conseil d’Administration.
- De la rencontre des deux expérimentateurs résulta une entente pour la combinaison de leurs inventions, et une demande de brevet, en leurs deux noms, fut déposée et accordée le 12 juin 1837.
- La spécification de ce brevet, le premier qui fut pris pour un télégraphe électrique, était très détaillée et se composait de 46 pages imprimées avec trois grandes planches indiquant les détails des inventions. Elle comprend un système télégraphique complet, des appareils, indicateurs de différentes espèces, des cle*s de transmission et de réception ressemblant beaucoup à celles employées même aujourd’hui, des méthodes pour supporter et isoler les fils, aes signaux fonctionnant avec des relais, et des dispositions pour trouver les défauts dans le fil de ligne.
- Les conducteurs devaient être placés dans des canalisations, ils étaient auparavant couverts de coton et d’un ciment de résine ainsi qu’avec du vernis de différentes couleurs pour reconnaître les différents fils en cas de répa-1 ation.
- On voit par l’examen de cet intéressant brevet, que les deux inventeurs avaient prévu avec beaucoup de soins les exigences et les nécessités du travail qu’ils allaient entreprendre. Je puis ajouter que la validité du brevet a plus tard été confirmée dans deux procès de contrefaçon.
- Dès que le brevet eut été accordé, les directeurs du Chemin de fer de Londres à Birmingham, donnaient la permission de placer les fils entre Euston Square et la gare de Camden-Tov/n, et vers la fin du mois de juillet ;837, tout était prêt pour le premier essai du télégraphe électrique appliqué au service des chemins de fer.
- Dans la soirée du 23 de ce mois, M. Cooke et le professeur Wheatstone, s’installaient l’un à la gare deCamden-Town, et l’autre à Euston-Square. Pour essayer si les appareils fonctionneraient à travers des distances considérables, on avait suspendu quelques milles de fil dans le grand hangar des voitures près de la gare d’Euston-Square, ce qui avec le fil de ligne donnait une longueur de 19 milles. Plusieurs amis, des inventeurs se trouvaient à Canden-Town, entre autres MM. Brunei et Ste-phenson. Le professeur Wheaststone envoya d’abord une dépêche et la réponse rapide et claire de M. Cooke de Camden-Town prouvait la réalisation pratique de l’invention.
- « Jamais je n’ai éprouvé une émotion aussi violente » dit la professeur « qu’au moment où, seul et tranquille, « dans la 'chambre, j’entendis le bruit des aiguilles, et « au fur et à mesure que je lisais les mots, je sentais « toute la grandeur de l’invention qui maintenant .était « démontrée pratique sans contradiction possible ».
- Je me souviens parfaitement d’avoir éprouvé les mêmes émotions que le professeur, il y a 28 ans, à bord de l’Agamemnon, en entrant dans la baie de Valentia, après avoir terminé la pose d’un câble télégraphique d’une longueur de 2000 milles et dont une grande partie reposait à deux milles de profondeur dans l’eau.
- Les appareils employés dans cette occasion mémorable, entre Euston et Camden étaient les instruments à cadran avec des aiguilles verticales, qui sont décrits dans la spécification du brevet et représenté sur les dessins. Il fallait cinq fils pour cct appareil et on pourrait se demander pourquoi ce type avait été choisi puisqu’on en avait d’autres à sa disposion, ne demandant qu’un seul fil. La raison était qu’avec le premier appareil on pouvait envoyer et recevoir des dépêches sans aucune instiuction ou expérience préalable puisque chaque lettre était exprimée par un simple signal de deux des aiguilles. Les inventeurs pouvaient facilement communiquer entre eux avec ces appareils et les employés du chemin de fer pouvaient continuer le travail sans aucun délai, car je ne crois pas que Gooke ou Wheatstone auraient pû à ce moment disposer du temps nécessaire pour apprendre un alphabet télégraphique.
- Les fils ne coûtaient pas très cher comme fabrication, et ils étaient suffisants à ce moment pour cette faible distance ; de plus, il ne fallait pas une pile bien énergique et son action en faisant dévier les aiguilles de l’un ou de l'autre côté était aussi simple que sure.
- Depuis ce jour, le télégraphe électrique ne ce*sa de prospérer. Des fils furent placés sur les lignes de chemin de fer de Londres à Blackwall, entre Paddington et Slough et ailleurs.
- Au commencement on ne s’en servit que pour le service des chemins de fer, mais plus tard on transmettait les dépêches du public moyennant i,25 francs par dépêche (sanï tenir compte du nombre de mots), et ce fut la première application populaire du télégraphe tant en Angleterre qu’ailleurs.
- Tout à coup le pays s’aperçut de l’importance de ce nouveau moyen de communication par le résultat de la dépêche suivante, transmise de Slough à Londres.
- « Un meurtre vient d’être commis à Salthill et le raeur-« trier supposé a été vu à la gare, prenant un billet de « première classe pour Londres par le train de 7 h. 42 du a soir. Il est habillé comme un quaker, portant un par-« dessus brun qui descend presque jusqu’à ses pieds « Il se trouve dans le dernier compartiment de la seconde « voiture de première classe ».
- Il y eut une certaine difficulté, pour la transmission de cette dépêche, car dans l’alphabet des instruments, le
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- v était transmis comme un u et il n’y avait pas de q de sorte que le mot quaker était transmis kwaker ce' que l’employé à Paddington ne comprit pas de suite.
- délai ne fut cependant pas suffisant pour empêcher de prendre lés mesures nécessaires pour recevoir l’assassin.
- En arrivant à Paddington, ce dernier se faufila parmi les voyageurs et entra dans un omnibus, dont le conducteur était un agent de police habillé en bourgeois.
- En arrivant à la Banque d’Angleterre, il sortit et après avoir traversé plusieurs fois le pont et fait un grand nombre de détours, il entra dans un hôtel de Scotts-Yard près de Cânnon Street. Il était encore dans le vestibule quand le conducteur de l’omnibüs ouvrit la porte et lui demanda s
- « Est-ce que vous n’arrivez pas de Slough ? »
- Non, répondit-il !
- Il fut naturellement arrêté de suite, passa en Cour d’assises, fut condamné et exécuté.
- Celte arrestation eut pour effet de populariser l’emploi du télégraphe et d’amener une grande extension du système.
- M. Cooke qui, dans son contrat avec Wheatstone, s’était réservé la direction absolue de l’invention et le contrôle de tous les travaux techniques était écrasé de travail; l’un de ses assistants à cette époque disait de lui : « Il dirigait toutes les opérations pour l’installation des premières lignes télégraphiques et il passa sa vie pendant ce temps sur le Chemin de fer, habitant un wagon dans lequel il dormait la nuit. »
- Il maintenait toujours son premier plan d’appliquer le télégraphe aux Chemins de ter, ceux-ci lui donnaient un passage facile pour ses lignes, et l’accès en était aisé pour les réparations. Le service du chemin de fer était également assuré par le télégraphe, qui signalait les trains d’une ^are à une autre et transmettait des communications sur toute la ligne au sujet des machines et du matériel roulant.
- Dans un ouvrage qu’il publia en 1842, sous le titre de : « Chemins de fer télégraphiques », j’ai été surpris de lire ceci ; « pour bien faire comprendre le fonctionnement pratique de ces dispositions dans des circonstances extraordinaires, je suivrai un train exprès et par conséquent inattendu dans son voyage de Derby à Leicester. » II décrit ensuite le procédé pour signaler le train sur tout son parcours. J’ai examiné un guide de Bradshawdece temps mais je n’y ai trouvé que des trains ordinaires et de poste. Je crois qu'il entendait parler de trains supplémentaires, car je retrouve l’expression dans la déposition de M. Saunders le secrétaire du Great Western Railway, le G février 1840 devant une commission parlementaire.
- M, Saunders déclare en réponse à Lord Granville Somerset que le danger d’une collision avec les trains extra pouvait être prévenu par l’emploi du télégraphe électrique. Il déclara ensuite que le télégraphe rendait tous les services qu’on en attendait et qu’il simplifierait et rendrait plus économique l’exploitation des chemins de
- fer, tout en assurant une plus grande exactitude et permettant, en cas d’accident de reparer les dégâts avec le moins de délai possible.
- Vers la fin de 1845, les appareils à aiguilles étaient employés partout et les ramifications s’étaient tellement étendues que le moment était arrivé où il fallait relier tout le système et former une Société pour la transmission générale des dépêches et des nouvelles dans toute l’Angleterre et dans une partie de l’Ecosse.
- Pour cette partie de son plan M. Cooke eut la bonne fortune d’obtenir la collaboration de M. John Lewis Ricardo, député de Stoke sur le Trent et Président du Chemin de fer de North Staffordshire par l’entremise de M. Bidder, à ce moment ingénieur des Chemins de fer de Londres à Blackwall et d’autres lignes.
- M. Ricardo était doué d’une sagacité et d’une énergie très grandes; il fut, pendant un grand nombre d’années le Président de la nouvelle entreprise qui prit le nom d'Electric Telegraph C°, qui reçut la sanction parlementaire pendant la session de 1846..
- A ce moment, plusieurs concurrents s’étaient présentés. Au mois de juillet i838, M. Edward Davy avait pris un brevet pour un nouveau système télégraphique avec trois fils. Des pointes métalliques attachées à des aiguilles magnétiques pressaient surune bande de calicot ayant subi une préparation chimique et laissaient différentes marques à la station de réception. La solution employée était de l’iodure de potasse et du chlorure de chaux. Le brevet fut acheté par VElectric Telegraph C% mais il ne fut jamais exploité.
- D’autres brevets ont été pris en 1841, 1843 et 1845 pour différents systèmes télégraphiques par M. Alexander Bain, d’Edimbourg, un inventeur très ingénieux qui avait déjà imaginé une horloge électrique.
- Un autre appareil imprimeur fut breveté vers la fin de 1845 par M. Royal E. House des Etats-Unis, par l’entremise de M. Jacob Brett dont le frère écrivait cependant en 1858, que « cet appareil avait entraîné un grand sacrifice d’argent sans donner aucun résultat sérieux ».
- Devant le Parlement VElectric Telegraph C°, rencontre l'opposition de M. Bain, qui déclare dans une pétition qu’il avait inventé un télégraphe électrique imprimeur et qu’il avait fait part de son invention à M. Wheatstone. Devant la Commission des Lord, le duc de Beaufort qui en était le président, conseilla à l’avocat de la compagnie de s’arranger avec M. Bain en donnant à entendre que dans le cas contraire, leur demande aurait peu de chance d’être accordée. On tomba d’accord et la compagnie obtint l’autorisation demandée, tandis que Bain fut pavé 3oo,ooo francs. Ses brevets devinrent la proprité de la compagnie et il s’engagea à faire profiter celle-ci de tous les perfectionnements qu’il pourrait y apporter. Plus tard il fut nommé Administrateur de la compagnie.
- Au mois de décembre 1846, Bain breveta son télégraphe électro-chimique qui se composait d’un mouvement d’horlogerie à chaque bout de la ligne; à la station de trans-
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- mission un ruban en papier large d’un demi-pouce environ, et percé de trous représentant les différentes lettres, passait au-dessus d’un cylindre conducteur relié à la terre et au-dessous d’un ressort métallique ou stylet relié à la pile dont l'autre pôle communiquait avec le fil de ligne.
- A la station réceptrice, un autre ruban en papier humecté avec une solution acide de ferro-cyanure de potassium passait au moyen d’un mouvement d’horlogerie au dessus du cylindre métallique relié à la terre et sous un stylet en métal relié au fil de ligne.
- Le rouage étant mis en mouvement le courant traversait le circuit en laissant une marque bleue à la station réceptrice chaque fois que le stylet transmetteur passait sur un trou et venait en contact avec le cylindre, et laissait un vide correspondant chaque fois que le stylet passait sur le papier non conducteur entre les trous. Les appareils fonctionnaient avec une rapidité étonnante, de sorte qu’il fallait plusieurs employés pour chaque instrument, afin de perforer les bandes de papier, ce qui se faisait au moyen d’un mécanisme qui faisait passer lepapier entre deux rouleaux et sous un emporte-pièce. Un trou formait un point, et trois un trait de l’a’phabet de Morse.
- Cet appareil fut expérimenté à Paris en présence de M. Leverrier et du docteur Lardner et l’on envoya une dépêche de 282 mots sur une ligne de 1082 milles de longueur composée de deux fils télégraphiques reliés ensemble à Lille et formant 336 milles, et de 746 milles de fils isolé en bobines.
- a Une plume », dit M. le Dr Lardner « attachée^ l’au tre bout » commença immédiatement à écrire la dépêche sur une bande de papier passant au-dessous par un mécanisme très simple et toute la dépêche fut écrite en entier en présence de la Commission en 52 secondes, représentant un vitesse moyenne de 5 2/5 mots par seconde. Cet appareil permet donc de transmettre des nouvelles à une distance d’environ 1000 milles et à raison de igboo mots par heure.
- J’ai vl., moi-même, en 1847, Ie télégraphe de Bain, fonctionner à une vitesse étonnante entre Manchester et Londres et je n’ai jamais compris pourquoi il a été abandonné.
- Son seul inconvénient était que le papier humide se déchirait parfois entre les mains de l’opérateur, mais Bain y a remédié plus tard en employant un disque de papier préparé, placé sur une plaque en métal de même dimension qui tournait autour de son centre. Le stylet était animé d’un mouvement lent du centre jusqu’au bord du disque, de manière à décrire une spirale commençant au centre et finissant au bord. De cette manière, l’opérateur n’a pas besoin de toucher le papier.
- On voit de suite que le télégraphe de Bain peut être considéré comme l’origine du magnifique et appareil automatique de Sir Ch. Wheatsione et de M. Stroh, actuellement employé dans l’Administration des Télégraphes, et dont la vitesse de fonctionnement atteint, d’après M. Preece 435 mots par minute ou 115 mots de
- plus que Leverrier et Lardner en ont obtenu avec le télé graphe de Bain.
- La vitesse avec laquelle plus de 70 courants distints, traversent la ligne et l’instrument en une seconde est vraiment merveilleuse, mais quand on considère le nombre étonnant de courants créés dans une seconde par l’induit d’une machine dynamo-électrique marchant à une grande vitesse, on ne peut pas dire que le télégraphe automatique ait atteint les dernières limites.
- Revenons maintenant à VElectric Telegraph C° qui venait de traiter avec Bain,et d’obtenir la sanction parlementaire. Prévoyant la possibilité et même la probabilité de l’invention de nouveaux systèmes télégraphiques, la compagnie s’efforça, sous la direction deRicardo, de transformer les contrats de Cooke avec les compagnies de chemins de fer en conventions exclusives à longue durée de manière à empêcher toute autre entreprise télégraphique de se servir des lignes. Ce projet ingénieux fut réalisé avec succès surtout vis-à vis des principaux chemins de fer et ceux allant de Londres au nord et à l’ouest.
- Aux termes de sa concession, la compagnie avait le droit de placer des tuyaux et des fils sous terre, dans les rues et vers le i*p janvier 1884, e^e ouvrait des bureaux pour la réception et la transmission des dépêches privées à Londres, Birmingham, Manchester, Liverpool et dans d’autres villes importantee qui communiquaient avec toutes les villes et gares déjà reliés.
- Les grandes villes qui, à ce moment, n’avaient aucune communication avec la station centrale de Lothbury, étaient Bath-Exeter, Plymouth, Brighton Cliatham, Oxford, et Preston.
- Le tarif était cependant beaucoup trop élevé, une dépêche de Londres à :
- Birmingham ou Stafford, coûtait environ 33 cent, par mot,
- Liverpool, Leeds ou Manchester .... 60
- York............................... 63
- Edimbourg.......................... 75
- Glasgow............................ 85
- Derby, Norwich, Nottingham ou Yar-mouth............................. 40
- Sôus l’influence de ce tarif, les avocats eux-mêmes devenaient laconiques. Le progrès de YElectric Telegraph C°, était graduel, mais ininterrompu. En i85o, elle avait 1786 milles de lignes et 7206 milles de fils, en 1860,6541 milles de lignes avec 32787 milles de fils avec 3352 appareils : et en chiffres rond, au moment de la reprise des télégraphes par le gouvernement en 1868, la compagnie possédait :
- i,3oo stations télégraphiques en Grande-Bretagne et en Irlande ;
- 10,000 milles de lignes ;
- 5o,ooo milles de fils;
- 8,000 appareils ;
- 3,ooo employés;
- 3 câbles reliant le continent.
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- L’année i85o fît époque dans l’histoire de la compagnie; les tarifs élevés imposaient une concurrence et le Parlement accordait la môme année, des concessions à la Magnetic Teîegraph C° et à la British Electric Teîegraph C°, qui plus tard fusionnaient sous le nom de British and Irish Magnetic Teîegraph C®, généralement appelée Magnetic O.
- J’étais ingénieur de la dernière compagnie, en même temps que M. Edwin Clark, plus tard M. Latimer Clark et après lui M. Culley furent ingénieurs de VElectric C°, mon frère M.Edward Bright.était le directeur, et plustard aussi l’ingénieur de la compagnie Magnétique, jusqu’à la reprise par le gouvernement en 1870.
- LesChemins de fer de laGrande-Bretagne qui n’avaient pas traité d’une manière exclusive avec la Compagnie Electrique étaient vivement sollicités par la nouvelle compagnie, de même que tous les chemins de fer en Irlande que la compagnie électrique ne s'étaient pas donné la peine d’exploiter.
- Des lignes concurrentes furent ainsi établies sur les Chemins de fer de Lancashire et Yorkshire, East Lan-cashire, Leeds Northern, Newcastle et Carlisle. Glasgow et South Western et dans toute l'Irlande. La Magnetic Cie, fit placer une ligne de 10 fils entre Londres et Manchester via Birmingham ; six de ces fils continuaient jusqu'à Preston, Carlisle, Dumfries et Glasgow avec une bifurcation de Dumfries à Portpatrick. De l'autre côté du Canal une ligne souterraine fut construite de Donaghadee à Belfast et Dublin et une ligne isolée de Cork à Queens-town.
- Ces fils souterrains étaient du numéro 16, en cuivre et isolés par une couche de gutta-percha.
- Cette matière remarquable qui devient malléable à l’eau chaude et capable d'être moulée, et qui se durcit de nouveau en refroidissant, a été introduite en Angleterre par le D‘ Montgomerie du service médical Indien qui avait remarqué que les Malais s’en servaient pour fabriquer des vases, des souliers et des manches de couteau, et avait deviné qu’on pourrait en faire une application très grande en Europe. Il en acheta une certaine quantité qu’il expédia en 1843 à la Société des Arts à Londres.
- La valeur en fut bientôt reconnue, beaucoup de brevets furent pris pour sa fabrication et ses applications se multiplièrent rapidement. Ce qui nous importe, sont ses qualités comme isolateur de l’électricité, insoluble sous l’eau, et capable d’etre appliqué en couches sur un fil, tout en étant pliable et dans une certaine mesure dure à froid.
- Le Dr Werner Siemens a probablement été le premier à s’en servir pour recouvrir des fils souterrains, mais on lui trouva bientôt une autre application d'une importance universelle.
- Les fils couverts de gutla percha ont été employés dans
- los tunnels de Chemins de fer en 1847 et4 bientôt après dans les tuyaux de fer placés sous les rues des villes.
- Au mois de janvier 1849, M. C. V. Walker, plaçait une longueur de 2 milles de fil de cuivre numéro 16, couvert de gutta, dans la Manche, partant de la plage près de rhôte! du Pavillon à Folkestone et dont le bout était relié aux 83 milles de lignes télégraphiques installées le long Ju Chemin de fer de South Eastern jusqu’à Londres. L’expérience réussit parfaitement bien et des dépêches ont été échangées entre le Président de la compagnie à Londres, et M Walker qui était à bord du vapeur la Princesse Clémentine en mer à l’autre bout du fil isolé.
- Déjà en 1840, le professeur Wheatstone avait proposé de placer un fil sous-marin, couvert de cordes entre Douvres et Calais. M. Sabine a rendu compte de tous les détails de ce projet qui ne fut cependant jamais réalisé et la première dépêche télégraphique ne traversa la Manche qu’en i85o.
- Feu M. John W. Brett a été avec raison considéré comme le véritable promoteur de cette entreprise.
- Déjà, en 1845, il était convaincu de la possibilité d’une ligne télégraphique sous-marine et le 16 juin de la même année il forma avec son frère M. Jacob Brett, une société pour l’établissement de communications sous-marines entre l’Europe et l’Amérique. Il ignorait le projet de M. Wheatstone à propos duquel il dit plus tard : « J’i-« gnore si la connaissance de ce fait aurait diminué ma « résolution de donner tout mon temps et tous mes « moyens à l’établissement et à l’avancement de la télé-« graphie sous-marine, afin de mettre no\re pays en com-« munication instantanée avec les Indes et l’Amérique ».
- Un brevet pris par son frère pour un appareil imprimeur, comprenait également des dispositifs pour une ligne océanique dans laquelle les fils devaient êire couverts de différentes couleurs pour qu’on puisse les distinguer facilement.
- (A suivre)
- FAITS DIVERS
- Il y a assez longtemps qu’on n’a plus entendu parler des recherches ou de nouvelles inventions d’Edison : actuellement, le célèbre inventeur est en Floride, où il étudie les courants terrestres, dans le but de les utiliser, on ne nous dit pas pourquoi.
- Éclairage Électrique
- Les usines centrales d’éclairage électrique se multiplient de plus en plus en France ; la province paraît même
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- mieux partagée que la Capitale. Il y a peu de temps, une nouvelle station centrale Edison a été inaugurée à Reims. Les bienfaits du nouvel éclairage sont très appréciés dans les caves des fabricants de Champagne, où la température joue un rôle si important. Le nombre de lampes actuellement en service est de 800. Déjà 400 lampes sont souscrites. Leur mise en activité est subordonnée aux autorisations réglementaires nécessaires pour la pose des câbles dans les rues. La station comptera environ 10,000 lampes.
- Des expériences d’éclairage électrique, système Bazin, ont eu lieu la semaine dernière, dans les ateliers de M. Vincent, chaussée de Mons à Bruxelles.
- Cette première expérience a paru donner de bons résultats.
- Le café Indien à Anvers, est maintenant éclairé avec i5 foyers à arceta5o lampes à incandescence du système Khotinsky. Le courant est fourni par une dynamo et par une puissante batterie d’accumulateurs du système Gadot. Le moteur est à pétrole et consomme de 3oo à 5oo grammes par cheval-heure.
- Le Conseil municipal de Christiania en Norvège a refusé deux demandes de concession pour l’éclairage électrique de la ville et une Commission a été nommée pour étudier son installation éventuelle par la ville même.
- Nous apprenons qu'on s’occupe beaucoup en ce moment de l’éclairage électrique de la ville de Genève ; mais là comme ailleurs, les difficultés administratives viennent à l’encontre du progrès. Il s’agit, en outre, de décider jusqu’à quel point la compagnie du gaz a le monopole de l’éclairage.
- A Lausanne, cette question a été tranchée depuis plusieurs années déjà, et cette ville possède une station centrale, qui fournit l’éclairage électrique à un grand nombre de magasins. La force motrice est fournie par la canalisation des eaux du lac de Bret.
- La lumière électrique paraît devoir prendre en Suède, le même-développement que la téléphonie. C’est ainsi que la ville de Vexio va prochainement recevoir une installation de lumière électrique comprenant 160 lampes à incandescence de 16 bougies, et 6 foyers à arc dans les
- rues ainsi que 5oo lampes de 10 bougies pour l’éclairage domestique. La société Bergsbro à Jonkoping a fait installer 700 lampes alimentées par trois dynamos qui fournissent l’éclairage pour la fabrique et ses dépendances.
- La municipalité de Stockholm est actuellement saisie d’une proposition tendant à introduire l’éclairage électrique pour toute la ville, qui est maintenant éclairée au gaz par une usine municipale. La direction de cette dernière a présenté un devis d’après lequel l’introduction de la lumière électrique reviendrait à 525,000 francs plus a6i,5oo francs pour le terrain et pour le capital de roulement. Le devis comporte l’installation immédiate de 4000 lampes et dans un avenir prochain de 8000 autres.
- Le prix de la lumière reviendrait à 80 centimes environ par heure et par lampes de 16 bougies avec une réduction pouf les grands consommateurs. Le devis tient compte d’un intérêt de 41/2 pour cent sur le capital.
- Plusieurs autres villes en Suède se proposent également d’introduire la lumière électrique.
- Les sociétés du gaz à Oerebro et à Jonkoeping, vont l’introduire dans ces deux villes et la société Thomson-Houston a offert de faire l’installation à Phillipstad à ses frais avec l’engagement d’enlever le tout, si après une expérience d’un mois, on n’était pas satisfait de la lumière.
- On annonce que la compagnie Edison Swan de Londres a fait remplacer les lampes à incandescence installées'à la gare de Victoria à Londres, par des foyers à arc. Les deux tiers de ces foyers sont du système Brockie-Pell, les autres sont des lampes Pilsen.
- Il ressort des rapports faits à la dernière assemblée de l’Association Nationale de l’éclairage électrique, à New-York qye la Compagnie Edison a posé 45000 lampes dans les trois dernier? mois.
- D’après une lettre que nous recevons d’un correspondant, la Nouvelle-Orléans, posséderait actuellement une des plus grandes installations d’éclairage électrique du monde entier.
- La ville est entièrement éclairée à l’électricité au moyen de lampes à arc de 2000 bougies.
- Le système d’éclairage électrique, lampes et dynamos est celui de la compagnie Jenney de Fort-Wayne.
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- II vient de se former dans la capitale du grand duché du Luxembourg une société anonyme ayant pour but l'exploitation de toutes les applications de l'électricité. Cette société emploiera le système d'éclairage Edison et paraît rencontrer un accueil très favorable.
- Une usine centrale d'électricité est actuellement en construction à Troppau en Bohême.
- Un négociant de Gross-Kanizsa en Hongrie, vient d'obtenir une concession pour l’installation d’une station centrale de lumière électrique dans cette ville.
- Télégraphie et Téléphonie
- L'Administration des Postes et Télégraphes en Angleterre avait prévu que l’introduction du nouveau tarif de six pences entraînerait une diminution des recettes de 25o,ooo francs pour l'année actuelle, mais loin d'entraîner une perte cette mesure à produit une augmentation des recettes de 2 millions de francs.
- Une nouvelle solution de la question des fils aériens a été mise en avant aux Etats-Unis, où l'on propose d’ériger des poteaux immenses ou des tours aux coins des rues, qui supporteraient tous les fils électriques l'un au dessus de l'autre dans le môme plan vertical. Une disposition pareille n'aurait que peu de chances d'aboutir chez nous, mais il paraît que le nouveau système va être adopté à la Nouvelle-Orléans.
- Le réseau télégraphique du Japon comprend aujourd’hui environ 270 bureaux reliés par 6855 milles de lignes avec 15,926 milles de fils.
- La route télégraphique directe à la Bolivie, au Chili, à la République Argentine et à l'Uruguay est interrompue par suite de la rupture du câble entre Chovillos et Mol-lendo.
- On annonce que le marquis Tseng de retour en Chine, a soumis au gouvernement Chinois un plan pour l’orga-
- nisation d'un réseau télégraphique reliant Pékin avec les principaux centres de l’Empire.
- Le gouvernement Chinois a fait. construire en Angleterre un vapeur à hélice en acier, destiné au service télégraphique Chinois. Le nouveau navire sera pourvu de toutes les machines nécessaires pour la pose et la réparation des câbles sous-marins.
- L'œuvre des Ambulances urbaines, dont le premier poste de secours va être établi à l’hôpital Saint-Louis, a décidé d’employer le téléphone pour mettre cet hôpital en communication avec les postes avertisseurs destinés à signaler les accidents et à demander des secours. Ces postes, au nombre de vingt-neuf pour le moment, seront placés chez les pharmaciens et dans les bureaux de police et reliés par des lignes souterraines spéciales.
- Un médecin de Paris vient d’établir un cabinet médical auquel on peut demander des consultations par téléphone. Le médecin se fait donner le plus de renseignements possible sur l'état du malade et dicte son ordonnance au client, qui l'inscrit sur un carnet spécial, délivré à cet effet à tous les abonnés de la Société générale des Téléphones.
- Cette innovation est simplement destinée à suppléer à l’absence du médecin au début d’une maladie- elle ne peut évidemment pas remplacer complètement celui-ci, mais dans certains cas et notamment dans les cas urgents, elle est susceptible de rendre des services.
- Une convention dans le but d’accorder des abonnements au téléphone entre Paris et Bruxelles est soumise à la ratification des ministres des affaires étrangères de France et de Belgique. Les conditions sont assez avantageuses.
- L’installation du service téléphonique entre Bruxelles et Paris constitue, dit-on, une bonne affaire ; jusqu’ici on a donné en moyenne soixante communications par jour.
- Des essais ont eu lieu récemment sur la nouvelle ligne avec le système Tommasi, Ils ont été moins satisfaisants que ceux faits précédemment sur la ligne de Bruxelles-Anvers. Ce résultat ne peut d’ailleurs être imputé au système lui-même, mais à la mauvaise installation des appareils au poste de Paris, Les expériences seront reprises prochainement* ~
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- On s’occupe sérieusement au Ministère des Postes et Télégraphes de l’établissement de communications téléphoniques entre Paris et la province. Aux lignes de Reims, de Bruxelles et de Lille, dont la dernière est encore en construction, on va ajouter prochainement, ainsi que nous l’avons déjà annoncé, celles de Rouen-Le Havre et de Troyes. Nous apprenons qu’on étudie en outre l’installation de lignes téléphoniques vers Orléans et vers Brest. Tous ces projets font partie du plan général de M. Granet'qui consiste à mettre la capitale en communication avec les principales Villes des départements : nous ne pouvons qu’applaudir à la création de ce réseau qui rendra assurément dé très grands services au publie.
- On annonce que des négociations sont engagées entre les gouvernements belge et hollandais pour l'établissement d’une ligne téléphonique entre Bruxelles et Amsterdam. Cette ligne serait reliée à celle de Bruxelles à Paris, de telle sorte que de notre Bourse on pourrait communiquer directement avec la Hollande.
- 'D’autre part, le service de Paris à Bruxelles continue à donner de bons résultats. L’administration serait même décidée, paraît-il, à établir un second circuit en bronze silicieux qui, comme celui dont on se sert aujourd hui^ serait substitué à deux des fils de fer actuellement consacrés au service télégraphique.
- La Northern District Téléphoné C° a dernièrement fait faire des expériences téléphoniques à grande distance en Angleterre. On avait d’abord commencé sur une ligne composée de plusieurs fils, réunis de manière à former une longueur de 144 kilomètres.
- La transmission ayant été excellente, on a porté la distance à 352 kilomètres en téléphonant de Sunder-land à Da'rlington, en passant par Newcastle et Middlçs-borough. Les résultats ont été un peu moins bons, mais la conversation était cependant facile. Les expériences n’ont pas pu être poussées plus loin, car on.ne possédait plus de lignes à ajouter au circuit. Elles seront reprises d’ici peu de temps, et on pourra alors disposer d'un circuit d’une longueur de 520 kilomètres.
- La National Téléphoné C° vient d’établir une communication téléphonique directe, entre Glasgow et AUoa en Écosse, une distance de 5g kil. Dernièrement, Glasgow a également été relié directement à Stirling.
- Les recettes de Y American Bell Téléphoné C° pour 188G se sont élevées à 9,735,000 francs, ce qui présente une augmentation de 770,000 francs sur les recettes de l’année précédente et 20 0/0 sur le capital social de 48,000,000 francs.
- Tous les réseaux téléphoniques aux Indes Anglaises, appartiennent à YOrienxal Téléphoné O, qui a fourni des sociétés locales à Bombay, Calcutta, Madras etKurrachee. La compagnie de Bombay qui existe depuis quatre ans compte maintenant 25o abonnés. Le prix de l’abonnement n’est pas uniforme, les commerçants et les banquiers paient 375 francs par an, les magasins 3oo francs et les particuliers 200 francs par an.
- Il y a 8 bureaux publics où le tarif est de 3o centimes par conversation. La police et les pompiers sont également reliés au bureau central qui fonctionne jour et nuit. Les appareils employés sont ceux de Blake comme transmetteur avec des récepteurs Gowcr Bell, et des sonneries magnétiques, les piles seraient d’un entretien trop difficile pendant les chaleurs.
- Les fils sont principalement en bronze phosphoreux du numéro 17 (B. W. G.), ils sont placés sur des isolateurs fixés aux murs des maisons, à une hauteur suffisante pour permettre à un éléphant chargé de passer dessous.
- Dans la partie indigène de la ville, les fils doivent être constamment surveillés pour empêcher les habitants de s’en servir pour sécher 'eur linge. Dans tout le réseau on emploie K terre comme conducteur de retour; la transmission est bonne et il n’y a pas d’induction»
- Le bureau central de Bombay est desservi par des jeunes filles. Dans les autres villes on emploie des hommes. Le nombre des communications est en moyenne de 34 par semaine et par abonné à Bombay; tandis qu’à Calcutta, la moyenne n’est que de 20. Cette différer ce provient du plus grand nombre d’abonnés indigène, dans la première ville qui emploient le téléphone à toute occasion et c’est surtout pour eux qu’on a inauguré le service de nuit.
- Le gouvernement de Victoria cherche depuis longtemps déjà à traiter avec la compagnie des Téléphones à Melbourne pour l’achat du réseau de cette Société, mais les négociations n’ayant pu aboutir à cause des prétentions exagérées de la compagnie, le gouvernement s’est décidé à faire construire un nouveau réseau téléphonique à Melbourne.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Électrique, 3i, Jpoulevard des Italiens Paris. — L. Barbier.
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricitè
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- 9* ANNÉE (TOME XXIV) SAMEDI 16 AVRIL 1887 N* 16
- SOMMAIRE. — Les lampes à arc; G. Richard.— Nouveau tramway électrique, système Pollak et Binstwgnger < W.-C. Rechniewski. —La Session de Philadelphie de l’association nationale des États-Unis pour T'eclairage électrique; A. Palaz.— Substitution de l’inducteur aux piles poür la manœuvre des cloches électriques ; Dieudonné. — Sur un nouveau parleur électrique militaire, système du capitaine Zigang ; P.-H. Ledeboer. — Revue des tra-naux récents en électricité : La mort par l’électricité dans l’industrie — ses mécanismes physiologiques — moyens préservateurs, .par M. D’Arsonval. — Sur un nouveau procédé d’excitation de l’arc voltaïque sans contact préalable des deux'électrodes, par M. Maneuvrier. — Sur la,théorie du téléphone : monotéléphone ou résonateur élec-tromagnétique^par M. Mercadier. — A propos d’une expérience d’Exner concernant la théorie du contact, par M. W. vvon Uljanin'.— Voie pour tramways électriques ; avec conduite souterraine pour le courant, de Siemens et Haslke. — ‘'Correspondances spéciales de l’étranger : : Allemagne ; Dr H. Michaëlis. — Angleterre ; J. Munro. — Etats-Unis ; J. Weizler. — Nécrologie : M. Gaiffe ; J. B. — Bibliographie.— Brevets d’invention ; E. Dieudonné.— Discours de sir Ch. Bright. — Correspondance : Lettre de M. F. Larroque. — Faits Divers.
- LES LAMPES A ARC
- L’objet du présent article est de décrire quelques dispositi fs de lampes à arc encore peu connus, en insistant plus particulièrement sur ceux de leurs détails de construction qui nous ont paru ingénieux ou suggestifs, de manière à compléter, dans la mesure de nos moyens, la monographie des régulateurs déjà si nombreux décrits dans ce journal à mesure de leur apparition (1).
- (!) Notamment les lampes à arc de :
- ÀfibAfok, La Lumière Électrique, 4 novembre 1882, p. 442; i5 mars 1884, p. 47g. — Andrews, 12 octobre 1881, p. 6q ; 7 juillet i883, p. 317. — Archereau, ig janvier 1884, p- 169-— Akaster, 28 avril i883, p. 55g.
- Baissier, 21 juillet i883, p. 381. — Berjot, 3 septembre i883, p. 2g4- — Binks, 26 janvier 1884, p. 302.— Burgin, i5 juin 1880, p. 243; i3 mai 1882, p. 441; 4 août i883, p. 445. — Brush, 2 février 1881. p. 121; i juillet 1881, p. 6. — Bréguèt, 27 janvier î883, p. 122.— BaRdoN, 27 janvier 1883, p. 214.
- Cance, ig mars 1881, p. 25i ; 2g septembre i883, p. 167. — Chapmann, 26 janvier 1884, p. 204. — Closterman, i5 mars 1884, p. 480; ig septembre i885, p. 55g. —
- Les régulateurs électriques peuvent se diviser comme on le sait, en deux grandes classes , suivant que leurs lampes peuvent on non fonctionner simultanément sur un même circuit.
- La régulation des lampes isolées,ou monophotes, peut s’accomplir au moyen d’un solénoïde ou d’un électro-aimant traversé par la totalité du courant de l’arc, ou monté en série sur ce circuit, et dont l’armature attaque le mécanisme des charbons. Quand l’écartement des charbons et la résistance de l’arc augmentent, l’intensité du courant diminue, et l’armature rela.che son méca-
- C. Rhénane, 6 novembre 1884, P- 337. — Crompton, 1 juillet 1880, p. 26g; ig septembre 1884, p. io3; 11 août i883, p. 458.
- Deleuil, 26 janvier 1884, p. 2o5. — Dion, 22 septembre i883, p. 121.
- EggeR, 17 mars i883, p. 347; 23 juin i883, p. 2 5o. — European Electric C°, 3o juin i883, p. 283. — Edison, i5 août i885, p. 3o6. — Foucault, 14 janvier 18S4, p. 170. — FeRraNtI-Thomson, 24 mars i883, p. 382. — Fèin, 21 juin 1884, p. 475; 7 février i885, p. 282.
- Gérard, 14 mars 1884, p. 484. — Gray, ii août i883, p. 477. — Gulcher, 14 décembre 1881, p. 371.— Gramme; 21 mars 1881, p. 363. — Gravier, i5 mars 1884, P- 483.
- Hedge, 12 octobre 1881, p. 200. — Heinrich, 12 mars 1881, p. 211. — Hanck, 17 mars 1884, p. 274.
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- nisn$T~qui permét aux charbons de se rapprocher; elle rappelle au contraire ce mécanisme quand la ongueur de l’*rc diminue.
- Il est facile de voir que ce mode de régulation ne saurait s’appliquer à plusieurs lampes groupées à la fois sur un même circuit, puisque leurs variations se contrarieraient, chacun des régulateurs traversé par la totalité du courant subissant l’efifet des irrégularités de toutes les lampes du circuit.
- Lorsqu’on veut grouper, et c’est le cas delà pratique, plusieurs lampes à arc sur un seul circuit, il faut donc employer, pour actionner leur mécanisme dé réglage, une faible partie seulement du courant, dérivée à travers des électro-aimants à til fin.
- Lorsque la résistance de l’arc augmente , il en est de même de l’intensité du courant dérivé qui actionne en conséquence le mécanisme régulateur; mais l’intensité du courant dérivé est toujours trop faible par rapport à celle du courant principal pour que ses variations, dans l’une quelconque des lampes, puissent affecter sensiblement la marche des autres lampes : tel est le principe du réglage en dérivation.
- La combinaison des deux modes de réglage, en série et en dérivation a donné lieu à une troisième
- Jaspar, 22 avril 18S2, p. 367. — Jeffrey, 20 janvier
- 1883, p. g3. -- Jurgensen, 28 octobre 1882,'p. 422. Keilholtz, 5 juin 1886, p.474. — Klostermann, i5mars
- 1884, p. 480; 19 septembre i883, p. 55g.
- Lacassagne et Thiers, 26 janvier 1884, p. 204. — Lamberg, i5 novembre 1884, p. 269. — Leiboldt, 19 février 1887, P. 385. — Lorrain, 28 juillet 1880, p. 412.— Lontin,28juillet 1880, p. 274.—Lever, 7avril 1883^.444.
- Mather, 19 mai i883, p. g3. — Mathieson, 19 mai i883, p. 62. — Mondos,' 19 août 1882, p. 180; 21 avril i883, p. 534. _ Molt, 26 janvier 1884, p. 202. Morin, 2 juin
- 1883, p. 146. — Mornat, 18 septembre 1886, p. 551. — Mutuel, 22 mai 1886, p. 358. — Mkrsanne, ior juin 1880, p. 1 ; 5 novembre 1881, p. 186.
- Parker, 17 mars i883, p. 347. —Partz, 12 février iS83, p. 141. — Piette et Krizic, 16 novembre 1881, p. 237; 11 août i883. p. 454; 14 mars i884* P* 486; 24 août
- 1884, p.N 161 ; 24 avril 1886, p. 176. — Piefer, 29 janvier 1887, p. 213, et 9 avril 1887.
- Roberts, 26 janvier 1884, p. 2o3. — Rogers, 17 janvier i885, p. 127. — Roche, 7 avril 1883, p. 443. —
- méthode de régulation dite différentielle, dont le principe consiste à commander les mécanisme de réglage par deux électro-aimants, l’un à gros fil et monté en série, l’autre en dérivation, et dont les actions se contrarient, de manière à maintenir sensiblement constante la différence des intensités du courant principal et du courant dérivé dans chaque lampe, tandis que les régulateurs en série ou en dérivation maintiennent invariables l’intensité ou la force électromotrice du courant aux bornes de la lampe.
- Dès la mise en train, avec le réglage différentiel, c’est l’électro-aimant en série qui l’emporte et amorce l’appareil en séparant les charbons; puis, à mesure que la résistance apparente de l’arc augmente, l’action de Félectro en dérivation prédomine de manière à rendre cette résistance sensiblement invariable en ne faisant dépendre le mécanisme régulateur que des variations élémentaires de cette résistance, sans qu’il soit aucunement affecté, entre certaines limites, par des var riations de l’intensité du courant principal.
- Pour parer aux accidents qui pourraient survenir aux appareils de régulation par le fait, d’une rupture des charbons par exemple, on munit ordinairement les lampes d’appareils de secours qui retranchent automatiquement du circuit les bobines du régulateur, de sorte qu’elles ne peuvent pas se brûler (*). .
- Regnier, juin 1880, p. 212. — Ruhlmann, 19 septembre 1885, p. 566,
- Serrin, 1 décembre 1879, P- 2*75 3i décembre 1881, p. 45i ; 26 janvier 1884, p. 206. — Siemens, i mars 1880, p. g5; ï6 juillet 1.881, p. 68; 16 septembre 1882, p. 273. Sedlazck et Wickuwill, 1 juin 1880, p. 216. — Scott et Snbll, 3 mars i883, p. 284. — Schutter, i i août i883? p. 456. — Schneider, 26 avril 1884, p. 145. — Schwedd et Scharnweber, ii août i883, p. 459. — Schmidt, 11 août i883, p. 459. — Solignac, 12 octobre 1880, p. 190; 4 mars 1882, p. 202; 22 juin 1882, p. 5g5 ; 17 avril 1853, p. 441; 23 juin 1883» p. 25o. — Staite. 14 janvier 1884, p. 166. — Street et Maquaire, 14 mars 1885, p. 481.
- Tihon et Rézard, 7 avril i883, p.422. — Thomson-Houston, 20 juin i885, p. 55o. — Tchikolef, i mai 1880, p. i65.
- Westent Electric C°, 27 juin i885, p. 5gg. Weston, 20 juin i885, p. 549. — Wenzel, 4 septembre 1886, p. 457; Wright, 74 janvier 1884, P* -66.
- Zipernowsky, i5 mars 1884^.482.
- F) Lampe Brush.
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- On en trouvera quelques applications dans les lampes que nous allons décrire.
- On peut encore distinguer les lampes à arc en deux classes, suivant qu’il faut ou non maintenir le foyer de l’arc dans une position invariable. Les premières lampes, ou lampes focales, exigent que les deux charbons se déplacent simultanément, le charbon positif deux fois plus vite que le négatif, si l’on n’emploie pas de courants alternatifs, tandis qu’il suffit autrement de déplacer l’un des charbons, ordinairement le charbon positif ou supérieùr qui descend sous l’action de son propre poids régularisée par le mécanisme (*).
- Avant d’aborder la description des quelques lampes qui font l’objet principal de cet article, j’attirerai l’attention du lecteur sur un point particulier délaissé depuis Davy ; la combustion des charbons dans un gaz neutre (2) ou même dans le vide, et qui vient d’être de la part de M. G. Ma-neuvrier, l’objet d’une intéressante communication à l’Académie des sciences (3).
- L’amorçage des lampes s’opère d’ailleurs dans certains cas particuliers à l’aide de mécanismes très simples, comme celui de la lampe de M. F. M. Newton, par exemple, où il s’effectue par l’at-
- (*) On peut classer les lampes à arc de mille manières suivant que Ton s’intéresse plus spécialement à la partie électrique où à la partie mécanique proprement dite du régulateur, où à l’utilisation même de la lampe.
- D’après l’utilisation on peut les classer comme nous l’avons vu, en lampes focales ou non focales, isolées ou multiples, à division.
- D’après le mécanisme du régulateur en lampes actionnées par l'électricité seule où concurremment avec un moteur-mécanisme d’horlogerie ou pesanteur, à solénoïdcs, à électro-aimants, à ressorts, à éîectrolyse (nous en verrons bientôt un exemple), etc., ou suivant la nature du frein employé pour modérer le dernier rouage du mécanisme (frottement, déclics, échappements, disque de Foucault, areboutement, liquides, dash-pot écrous, etc.)
- D’après la nature et la forme des électrodes, liquides (Way) ou solides (charbons horizontaux, verticaux, inclinés, annulaires (Binks) en lames, circulaires, multiples ou successifs, etc.)
- Il sera toujours facile de faire rentrer les lampes que nous allons donner dans l’une quelconque de ces classifications artificielles.
- (a) Lampe de Ohmart. La Lumière Electrique, 25 sep-sembre 1886. p. 607.
- (3) Sur un nouveau procédé d’excitation de l’arc voltaïque sans contact préalable des électrodes. Voir la Revue des Travaux de ce numéro. N. D. L. R.
- traction de l’électro-aimant E (fig. i) en série
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- sur l’armature A du charbon inférieur ; le réglage
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- est contrôlé par un électro-aimant monté en dérivation qui fait osciller comme un trembleur de sonnerie la bague B pourvue à l’intérieur de peignes qui poussent le charbon supérieur de bas en haut seulement.
- Les oscillations de l’armature Lsonl réglées par le ressort antagoniste s. La figure i représente cette lampe telle qu’elle a été modifiée par M. S.-P. Thompson pour l’adapter aux appareils de projection (*). La mise au foyer se fait simplement au moyen d’une vis de réglage.
- Fig. S
- Le fonctionnement de la lampe de M. Weldon
- Fig. S
- Pendred est facile à suivre sur les figures 3 à 6. Le charbon supérieur A' se déplace seul. Lorsque
- le courant ne passe pas, le châssis M, emporté par
- le balourd de son extrémité de droite, vient, en
- / _________| J ii i . i £
- entraînant l’axe S, appuyer la manivelle Y sur la
- Fig. 6
- (1) Philosophical Magazine, avril 1887.
- tige de butée Z, et dégager ainsi du frein T la
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- première roue P du train P I, qui se défile, et laisse descendre le charbon supérieur suspendu à la corde K jusqu’au contact avec le charbon
- de sa butée] Z, pour que le frein T, sollicité par le ressort 3, vienne immobiliser la roue P, et que le charbon supérieur, entraîné par le tambour I
- OÂ
- Fig, 7 et 8. — Pfannkuehe (1884).
- Fig. 9. — W. Geipel (1884) je sehma du eireuit.
- qui suit dès lors la bascule du châssis M M', se sépare du charbon inféiieur à la distance voulue pour l’établissement de l’arc. Lorsque la longueur
- Fig. 10. — W, Geipel; détail de l'entraînement.
- inférieur. Dès que le courant passe avec une énergie suffisante, — par exemple, de 9 ampères et de 45 volts, — le solénoïde F attire son armature et fait basculer le châssis M M' autour de l’axe I, de façon à soulever et à détacher ainsi Y
- de l’arc augmente, l’intensité du courant diminue, de sorte que le solénoïde F laisse le charbon descendre graduellement. Mais, si la résistance de l’arc augmente encore, l’armature U, fortement attirée et suffisamment rapprochée du pôle de
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- l’électro à fils fins R, vient débrayer de nouveau le frein T et permettre au charbon supérieur de descendre rapidement, comme à la mise en train. Si les charbons se rapprochent de trop, le solé-noïde F les sépare de nouveau par la bascule du châssis, qui remonte en même temps l’armature hors de la portée de l’électro R; mais, avec une lampe bien réglée et un courant suffisamment uniforme, l’action seule de l’électro en dérivation R suffit pour assurer l’invariabilité de la lumière.
- Le pitcn 17 immobilise la roue P et empêche tout défilement du mécanisme jusqu’à ce que le châssis M M' l’ait dégagé de sa butée 16 : cette disposition fait que le mécanisme du réglage en
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- Fig. 11. — F. Joël; aehéma du eireuit
- dérivation F ne peut fonctionner avant que le châssis n’ait pris l’inclinaison voulue.
- Comme la roue P fait environ i5o tours pour un de l’axe I, on voit que l’action du frein T peut être des plus sensibles.
- On peut augmenter encore cette sensibilité en faisant agir le frein non. sur la roue P, mais (fïg. 4) sur une roue a reliée à la roue O, folle sur son axe, par les axes b c et le ressort d. Lorsque le frein lâche la roue a, cette roue, n’ayant à vaincre que la faible résistance du ressort d, part brusquement et laisse le charbon supérieur retomber ^rapidement jusqu’à ce que les deux pitons b et c soient venus au contact par l’aplatissement du ressort d, puis plus lentement, dès que l’inertie des roues O et P entre en jeu, jusqu’à ce que l’arc atteigne sa longueur normale. Le frein immobilise alors la roue a, et les charbons se rapprochent encore un peu par la détente du ressort d. Les proportions du mécanisme sont telles que la
- chute du charbon supérieur, avant le contact dès pitons b ex c soit de o, 3 millimètre environ.
- Enfin, les mouvements du châssis M sont, comme on le voit, amortis par un dash-pot 5. L’électro en dérivation R doit présenter une résistance de 3oo ohms environ.
- La lampe de M. A. Pfannkuche, de New-York, fonctionne aussi par le jeu de deux couples d’électro-aimants ou de solénoïdes, l’un, B (fig. 7 et 8), dans le circuit principal, l’autre, E, en dérivation. Au départ delà lampe, l’électro B attire son armature C, qui soulève le charbon supérieur A par l’embrayage D G à arcboutemènt gd, et fait jaillir l’arc. Lorsque la longueur de l’arc et sa résistance augmentent, c’est, au contraire, l’ar-
- Fig. 12. — F. Joël; variante du mécanisme d'entraînement
- mature F qui est attirée par l’électro dérivé E, et laisse retomber A en relâchant la pince d g; mais, dès que l’armature F arrive au haut de sa course, l’étrier H, ferme par le levier I, en K, le circuit de l’enroulement O, contraire à celui de la dérivation, de sorte que l’électro E lâche aussitôt son armature, qui retombe, sous l’action d’un contrepoids F2, prête à une nouvelle course. Le charbon se déplace donc d’une manière saccadée, à l’aide d'un mécanisme plus simple, mais aussi moins précis que celui de la lampe précédente.
- L’action dumécanismedelalampedeM. W. Gei-pel présente, au contraire, beaucoup d’analogie avec celui de la lampe de W. Pendred ; il dépend (fig. 9) de l’action combinée de deux électros dont l’un G, à gros fil est monté en série dans le circuit de l’arc, et dont l’autre, D, a un double enroulement, un gros fil, en série et un fil
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- fin en dérivation sut* le circuit de l'arc, comme l’indique la figure 9. Dès que l’on fait passer le courant, pour la mise en train, l’électro C attire l’armature f \ qui serre le charbon supérieur A entre _le galet d et la roue a (fig. 10), et le soulève en même temps que le châssis c, qui pivote
- J.SiGOT
- Pig. 18.
- autour de l’axe c\ L'arc une fois établi, sa longueur se règle au moyen de l’électro différentiel D, dont l’armature soulève, aussitôt que la résistance de l’arc augmente, le frein bi7 et permet ainsi à la roue a de tourner librement et de laisser le char-
- bon descendre sous l’action de son poids. Enfin, si l’arc s’allonge de trop, par un mauvais fonctionnement ou un calage du train bay l’armature de D, continuant à se soulever, ferme le con-
- Fig. 14. — Thornton et Romanze 1885
- tact A. £c, qui, ouvrant au courant le trajet direct I^î^ïî^cK, en dehors de l’arc, le met en court-circuit, ainsi que l’électro C, qui lâche alors son armature, et laisse le charbon A retomber sur le charbon inférieur. L’attraction du gros fi de D
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- suffit juste pour maintenir le contact bs ba, mais elle lâche son armature dès qu’il s’établit une faible dérivation du courant par le contact des charbons, de manière à ramener aussitôt les choses dans l’état initial ou de mise en train. La lampe continue ainsi à fonctionner par intermittence, jusqu’à la remise en marche du mécanisme a.... b.
- Le schéma des communications des soléno'ides de la lampe de M. Francis Joël, est représenté dans la figure 11 ; il y a trois soléno'ides, dont deux en gros fil E et S et un en fil fin S qui constitue avec M un solénoïde différentiel. L’enroulement extérieur E sert à l’amorçage, son circuit est rompu après l’établissement de l’arc, comme nous le verrons.
- Le frein de cette lampe est direct, comme
- Fig. 15. — Thornton et Romanze; détail de l'avancement.
- celui de Pfankuche, il agit par l’arc-boutement de l’anneau R (fig. i3) qui saisit le charbon supérieur quand l’armature G monte faisant pivoter le levier L autour de l’axe b. Cet anneau, au contraire, lâche le charbon quand l’armature s’abaisse en appuyant L sur la borne A. La bielle d’arc-boutement l est appuyée sur son articulation avec l’anneau R par un ressort dont la résistance augmente et s’oppose au mouvement du charbon à mesure qu’il s’élève, de manière à en atténuer le oscillations. Lorsque la lampe ne fonctionne pas, le contact Ka détournedansle solénoïde extérieur ou de sûreté E la plus grande partie du courant qui traverse en marche normale la bobine en dérivation S.
- La figure 13 représente une variante d’arc-boutement à deux anneaux symétriquement disposés de part et d’autre du charbon supérieur, et dont le fonctionnement s’explique de lui-même.
- Le charbon supérieur delà lampe de M. Thornton et Romande est maintenu (fig. 14 et 15) entre trois galets g h i, solidaires de l’armature E, dont l’un, i, est appuyé par un ressort. Pour la mise en train, l’armature E sépare les charbons, en remontant le charbon supérieur par ses trois galets, d’une longueur ec2.
- Dès que la résistance de l’arc augmente, l’armature baisse, le ressort-cliquet h' tourne d’une dent le galet h, ce qui fait descendre d’autant le charbon dans l’armature dont il se détache; puis cette descente du charbon se continue par son poids mais en faisant jouer sur le rochet de la roue i l’ancre n, dont le bras 0 a été déclanché du ressort p par le premier mouvement de l’armature E. Cet échappement est réglé par un ressort qui modère convenablement la descente du charbon jusqu’à ce que l’électro G, activé par la diminution de la résistance de l’arc, rappelle son armature et immobilise de nouveau l’ancre n par le ressort p.
- Gustave Richard
- (A suivre)
- NOUVEAU
- TRAMWAY ÉLECTRIQUE
- SYSTÈME POLLAK ET BINSWANGER
- Il semble que c’est dans la propulsion des voitures de tramways que le transport électrique de l’énergie trouvera sa première grande application.
- Dès les premiers développements de l'électrotechnique on s’est occupé de cette question des tramways; les difficultés étaient malheureusement d'autant plus considérables [qu’à cette époque tout manquait, on n’avait ni bonnes dynamos pour produire l’énergie électrique, ni bons moteurs pour la retransformer en énergie mécanique, ni accumulateurs pour l’emmagasiner. Il est donc facile de comprendre pourquoi la question semble avoir végété pendant un certain nombre d’années.
- En ce moment, l’ère des essais préliminaires semble terminée; de nombreuses lignes de tram-
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- ways électriques sont déjà exploitées couramment, ou en cours de construction.
- L’Amérique, sur ce terrain comme sur beaucoup d’autres, nous précède de très loin, et ses publications périodiques nous apportent journellement les descriptions de systèmes plus ou moins intéressants et ingénieux qui ont vu le jour de l’autre côté de l’Océan.
- Avant de décrire le système Pollak et Binswan-ger, passons rapidement en revue les avantages et les inconvénients des différents systèmes proposés jusqu’à présent.
- En gros il y a deux systèmes ; dans l’un les voitures portent avec elles leur générateur d’électricité, piles ou accumulateurs, comme la locomotive porte sa chaudière; dans l’autre, elles reçoivent par des conducteurs le courant électrique engendré dans une station centrale.
- Les systèmes Reckenzaun, Julien, etc., appartiennent à cette première catégorie et ont été amenés à un haut degré de perfection.
- Les avantages de ce système consistent en ce qu’on n’a pas besoin d’une voie spéciale ; les voitures peuvent marcher sur toutes les lignes, à condition de revenir à temps voulu au dépôt, reprendre une nouvelle charge d’accumulateurs.
- L’énergie électrique des accumulateurs se dépense sur place, il n’y a pas de perte de transmission.
- Les défauts sont malheureusement assez grands; les accumulateurs forment un poids mort considérable ; leur aménagement exige beaucoup de soin, leur durée est limitée, après quoi il faut remplacer les plaques ; enfin l’intermédiaire des accumulateurs donne lieu à une perte de travail, dans la double transformation dont ils sont le siège ; cette perte peut atteindre 2 5 0/0.
- Tel quel, cependant, le système a bien fonctionné et semble donner des résultats satisfaisants au point de vue économique.
- Dans les systèmes de la seconde catégorie qui semblent avoir le plus d’avenir, le courant électrique produit dans une station centrale est amené par deux conducteurs isolés placés le long de la voie, sur lesquels frottent deux balais fixés à la voiture ; c’est à ce genre qu’appartiennent la plupart des systèmes américains.
- Les avantages, par rapport au système précédent, consistent dans l’allègement de la voiture, puisque ses organes de propulsion se réduisent à un moteur et deux balais ou frotteurs ; dans la
- suppression des accumulateurs, qui entrainent une grande dépense et sont d’un maniement très délicat.
- Et enfin dans ce dernier système, nous avons une transformation d’énergie en moins ; en effet, le courant électrique de la station centrale arrive directement au moteur placé sur la voiture ; sans passer par l’intermédiaire d’accumulateurs qui absorbent comme nous l’avons vu, environ 25 0/0 de l’énergie.
- La seule et la grande difficulté de ces systèmes, consiste dans l’aménagement des conducteurs isolés conduisant le courant, et dans l’introduction continue de celui-ci dans la voiture mobile.
- C’est donc de ce côté que se sont tournés les inventeurs. Il faut d’abord éviter la perte provenant du mauvais isolement des conducteurs placés tout près l’un de l’autre sur toute la longueur de la ligne ; il faut empêcher les accidents et les secousses que pourraient ressentir les personnes et les animaux qui, au passage de la voie, toucheraient les deux conducteurs à la fois; il faut autant que possible employer des potentiels élevés pour diminuer la perte par réchauffement des conducteurs ; ce sont des conditions en partie antagonistes, et difficiles a concilier.
- Toutes sortes de moyens ont été employés ; on s’est servi d’un rail pour amener le courant, de l’autre pour le ramener et des roues pour l’introduire dans la voiture (système Voile etc.) mais les pertes par mauvaise isolation sont considérables, dans les temps humides ; les rails peuvent être mis en court-circuit par un fil ou une barre métallique tombée sur la voie ; les gens et les animaux peuvent recevoir des secousses ; de sorte que ce système ne peut être employé dans lesvilles.
- On s’est servi de conducteurs aériens, sur lesquels deux petits chariots étaient traînés par la voiture et devaient prendre contact, (système Siemens);ce système ne peut non plus être employé dans les villes où les conducteurs aériens sont prohibés.
- Un moyen plus pratique mais très coûteux a été de se servir des rails pour former l’un des conducteurs et de placer l’autre dans un caniveau établi sous la voie et communiquant avec l’extérieur par une fente étroite. Un frotteur attaché à la voiture pénètre dans le caniveau par la fente et vient frotter sur le conducteur ; de ce frotteur, le courant se rend dans le moteur et revient par les roues aux rails.
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- L’établissement du caniveau institue une grosse dépense ; en outre, il est exposé à être ensablé, rempli de boue, il doit, par conséquent, être très
- bien drainé et d’assez grande section pour laisser passer au besoin un fort courant d’eau.
- Malgré toutes ces précautions, il risqué dans
- Fig. 1
- les climats froids de s’emplir de glace et de rendre 1 Smith, Siemens et Halske, Field, etc., appar-impossible l’exploitation. Les systèmes Holroyd, I tiennent à cette catégorie.
- Fig. 2
- M. Pollak, par l’invention d’un dispositif ingénieux, semble avoir résolu d’une manière simple et pratique la plupart de ces difficultés.
- M. Pollak emploie également les rails comme premier conducteur, mais le second conducteur est, lui, complètement isolé sous la voie et fiie
- communique pas 'directement avec l’extérieur.
- La valeur du système consiste dans la manière originale par laquelle le courant passe de ce conducteur isolé dans la voiture mobile.
- Le courant entre dans la voiture par l'intermédiaire d’un troisième rail placé au milieu de la
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- voie. La figure i montre cette disposition en coupe longitudinale, et la figure 2 en coupe transversale.
- Ce rail qui doit être fait en fer doux, est divisé en segments d’environ 3 à 4 mètres de long, isolés les uns des autres électriquement par du bois et de la fibre; chaque segment est formé de deux bandes de fer R parallèles, séparées par un corps
- Fig. 3
- non magnétique, comme le bois par exemple (fig. 3).
- En temps ordinaire, ces segments ne communiquent pas avec le conducteur isolé ; chacun d’eux est muni de deux boîtes métalliques K (fig. 4), solidement fixées par dessous et dans lesquelles pénètrent les embranchements du conducteur principal; ces embranchements aboutissent à des pièces de fer doux n terminées par une pièce m également en fer, articulée sur la première et reliée en outre à celle-ci, par un ressort r.
- La voiture est munie d’un fort aimant N, S (fig. 1 et 2), dont les pôles aimantent par induction les deux segments de rail, ceux-ci attirent aloi^ le morceau de fer ni, qui ferme un contact
- mettant les segments en communication avec le conducteur principal; par conséquent, en ce moment, les balais frottant sur le rail central peuvent recueillir le courant.
- Lorsque la voiture a passé, les segments se désaimantent, les contacts de fer retombent et la communication entre le segment et le conducteur principal se trouve rompue.
- La boîtes K dans lesquelles se font Ces contacts sont hermétiquement fermées et remplies à moitié de pétrole, qui empêche l’humidité de s’attaquer aux différents organes.
- L’isôlement des boîtes peut être rendu pratiquement parfait, de sorte que les pertes par mauvais isolement rte peuvent avoir lieu qu’entre les segments centraux placés sous la voiture et les rails
- Fig. 4
- extérieurs par la surface de la terre. La perte limitée à une aussi faible longueur est insignifiante.
- Le prix d’établissement de la ligne est peu élevé relativement aux systèmes à conduites souterraines ; le conducteur central étant en effet bien isolé, on n’a pas besoin d’établir de'drain ni de modifier la voie ; les chances de détérioration sont très faibles, aucune partie délicate rte se trouvant exposée.
- La voiture couvre toujours lés segments qui communiquent avec le Conducteur souterrain, de sorte qu’il n’y a ni danger de misé en court circuit, ni celui de secousses pour les gens et les chevaux traversant la Voie.
- Ce système permet d’employer de hauts potentiels, et par conséquent de réduire dans de grandes proportions la perte dans les conducteurs.
- En effet, avec une différence de potentiel de 5oo volts, 6 ampères suffisent pour produire les 4 chevaux électriques, plus que suffisants pour la propulsion d’une Voiture ordinaire.
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- Les différentes figures jointes à ce texte se rapportent au modèle réduit de ce tramways, tel qu’il r. été présenté et a fonctionné devant la Société internationale des électriciens.
- Au lieu d’amener le courant par le rail central et de le laisser revenir par les deux autres, on aura souvent avantage, à ne se servir que des deux rails proprement dits ; on divisera l’un d’eux en segments comme le rail central dans le cas précédent, l’autre restera tel que; dans ce cas, il faut isoler de leurs essieux les roues placées d’un des côtés de la voiture.
- Le rail central a surtout des avantages lorsqu’il faut transformer une voie existante.
- Il nous reste à dire quelques mots des dispositifs mécaniques employés pour réduire la vitesse de la dynamo à celle des roues de la voiture.
- Pour pouvoir employer les transmissions par roues dentées, qui sont les plus économiques et les plus compactes, l’inventeur fait usage des moteurs à marche lente ne faisant qu’environ 5oo révolutions par minute, de sorte qu’une seule transmission par roue dentée suffit pour transmettre la rotation de la dynamo aux roues de la voiture qui font, à la vitesse normale, ioo à 120 tours par minute (16 kilomètres à l’heure avec un diamètre des roues de 0,80 m.)
- L’emploi des roues dentées serait impossible à une vitesse de rotation plus considérable, à cause du bruit assourdissant qu’elles produiraient ; les chocs détruiraient du reste rapidement les dents. D’un autre côté, les transmissions par frottement et par vis sans fin (Reckenzaun) employées à ces grandes vitesses absorbent beaucoup d’énergie, jusqu’à 20 0/0, tandis que la transmission par roues dentées n’en absorberait que 4 à 5 0/0 ; les avantages de cette dernière sont donc, comme on le voit, considérables, à condition que l’on ne dépasse pas une certaine vitesse de rotation.
- Dans le modèle, cependant, on a employé une transmission par roue et vis sans fin.
- Le changement de la vitesse de marche de la voiture se fait, autant que possible, en changeant par des moyens mécaniques la transmission, c’est-à-dire que l’on cherche à conserver au moteur sa vitesse de rotation normale. Dans ces conditions, le travail développé par le moteur reste Je même, et la vitesse de la voiture varie suivant la pente de la voie et la charge ; on évite de cette manière le réglage de vitesse par le moteur toujours accompagné de grands changements dans
- le régime du courant, et qui sont aussi défavorables pour les moteurs que pour les conducteurs.
- Le système entier est en ce moment à l’étude, et nous aurons, sans doute, l’occasion de revenir sur les détails techniques, lorsque celle-ci sera terminée.
- W.-C. Rechniewski
- LA SESSION DE PHILADELPHIE
- DR
- L’ASSOCIATION NATIONALE
- DES ÉTATS-UNIS POUR
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Dans sa correspondance d’Amérique, La Lumière Electrique suit, jour après jour pour ainsi dire, les développements successifs des diverses applications de l’électricité, et enregistre au fur et à mesure les progrès réalisés dans tous les domaines de l’industrie électrique par les nombreux ingénieurs et savants américains.
- Les appareils, les machines, les installations pratiques et les travaux théoriques sont mentionnés et étudiés dès leur apparition.
- Les questions qui passionnent le plus les chei-cheurs et les industriels, l’attention prédominante donnée à telle ou telle branche des applications électriques, en un mot, les tendances générales de l’industrie électrique ne peuvent, par contre, pas être données dans ces revues hebdomadaires, Car il faut, pour que ces tendances soient bien connues, qu’une occasion particulière leur permette de s’étaler au grand jour. Tel a été, par exemple, le cas du congrès international des électriciens de 1881 et de la première Exposition d’électricité de Paris. Ces deux solennités de la science et de l’industrie avaient, en effet, montré à tous l’état auquel la science électrique était arrivée, le chemin parcouru et celui encore bien plus étendu qu’il restait à faire.
- L’Exposition d’électricité de 1885 à Philadelphie a ainsi permis à La Lumière Électrique de faire une étude complète des nombreuses appli-
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- cations électriques dont l’usage est si répandu aux Etats-Unis. Depuis lors, les évènements ont marché et, grâce aux progrès accomplis et surtout à l’expérience acquise, bien des questions sont envisagées actuellement sous un aspect tout autre qu’il y a deux ans. C’est ce qui ressort, entre autres, clairement des débats qui ont eu lieu dernièrement à la dernière session de l’Association Américaine pour l’éclairage électrique.
- Cette association bien connue,a pris aux Etats-Unis une importance toujours croissante, puisqu’à Philadelphie, où elle vient de tenir sa cinquième session, il n’y avait pas moins de 15 9 compagnies électriques représentées, provenant de toutes les parties de l’Union américaine.
- Les électriciens les plus autorisés des Etats-Unis ont pris part aux séances du congrès, qui a duré du i5 au 18 février, sous la présidence de M. Mcrrison, président de l’Association.
- Il n’a pas été présenté de travaux destinés à avoir beaucoup de retentissement. Cependant quelques-unes des questions à l’ordre du jour du congrès ont donné lieu à des rapports très intéressants et à des discussions animéesqui méritent certainement d’attirer l’attention des électriciens de tous les pays, car on peut ainsi se rendre compte des questions qui préoccupent actuellement le plus l’industrie électrique de l’autre côté de l’Atlantique.
- L’inévitable question des jauges pour les conducteurs électriques agite, depuis longtemps déjà, l’Association nationale américaine. L’année dernière, au congrès deDétroit, une commission avait été chargée de procéder à une enquête sur l’unification des jauges américaines. Nous ne suivrons pas le rapporteur, M. Garratt, dans les efforts qu’il a faits pour appuyer les propositions que la commission a présentées au congrès ; ce sont toujours les mêmes motifs invoqués pour préconiser une jauge arbitraire au lieu d’exprimer simplement le diamètre du fil en millimètres, suivant le vœu émis par le Congrès international des électriciens de 1881.
- Les propositions de la commission ont été prises en considération et renvoyées à une nouvelle commission, augmentée de quatre membres, qui devra présenter à la prochaine session des propositions définitives. Comme celles qui ont
- été faites par l’ancienne commission ont toutes les chances d’être adoptées sans grandes modifications, les voici en résumé :
- Une série de nombres de oàHoo; chacun d’eux représentant des dixièmes de millimètre, formera la nouvelle jauge qui comprendra tous les numéros compris entre les n08 3 8 et oooo de la jauge Brown et Sharpe, dont l’usage est très répandu aux Etats-Unis.
- Cette jauge, appelée jauge électrique nationale, devra entrer en vigueur, dans l’Association, dans les six mois qui suivront son adoption.
- Un comité devra être chargé de calculer les tables nécessaires donnant les sections des fils en millièmes de millimètre et en millièmes . de pouce, le nombre d’ohms par mille pieds, et le nombre de livres par mille pieds, etc.
- On n’a pas voulu adopter la jauge Edison qui a été publiée dans un des derniers numéros de La Lainière Electrique pour ne pas favoriser une compagnie au détriment des autres, la nouvelle jauge ne devant pas avoir d’attaches particulières ou être la jauge de telle ou telle compagnie, et sanctionnée par l'Association, mais bien une jauge nationale et impartiale par là même.
- L’isolation des fils conducteurs dans les installations de lumière électrique considérée au point de vue des dangers qui peuvent en résulter, soit comme cause d’incendies ou d’accidents de personnes, paraît préoccuper aussi beaucoup les esprits, s’il faut en juger d’après les communications faites à l’Association et les discussions qui les ont suivies.
- M. Haskings discutant les conditions les plus avantageuses pour l’isolation d’une installation complète insiste surtout sur le fait qu’il vaut mieux faire, dès l’abord, une bonne installation que se contenter d’une installation bon marché et partant défectueuse. Les réparations inévitables que nécessite une mauvaise installation, compensent bientôt la différence de prix .de revient et il faut y ajouter encore les inconvénients qu’en-trainent toutes les réparations.
- Pour les circuits à l’extérieur, le long des maisons, par exemple, on se sert souvent d’un fil isolé simplement par une enveloppe de soie.
- M. Haskings, citant des mesures faites par M. Miller, indique qu’un fil de 40 centimètres de
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- longueur environ, isolé à la soie et plongé dans l’eau possédait
- au bout de i min. une isolation de ii5,oooohms
- — 3 — — 4,170 —
- — 5 — — 1,77° —
- — 1 heure — 280 —
- Les mesures avaient été faites avec une batterie de 100 éléments.
- La bonne isolation des fils est d’une impor-lance capitale pour une installation d’éclairage électrique, à cause des dérivations et des dangers d’incendie. Dans les endroits exposés à l’humidité le simple isolement à la soie est insuffisant puisque, d’après ce qui précède, il pourrait, dans certaines conditions, descendre au-dessous de 700 ohms par mètre. Il faut isoler le fil sur des isolateurs en porcelaine et employer en général tous les moyens nécessaires pour obtenir de bons résultats. L’isolation doit être, en outre, d’autant meilleure que les courants employés sont plus intenses.
- 11 est de toute importance de pouvoir vérifier rapidement et simplement l’isolation d’un circuit donné. C’est pourquoi M. Haskings préconise fort l’établissement dans chaque installation d’un système complet de contrôle, comprenant un pont de Wheatstone, un galvanomètre et une pile de 3o éléments au chlorure d’argent. Les observations faites deux fois par semaine et transcrites dans un registre spécial, peuvent fournir, à un moment donné, des renseignements très précieux.
- Les relations, entre les compagnies électriques et le public ouïes compagnies d’assurances, sont influencées dans des limites très étendues par les conditions d’isolément du circuit. La question légale de la responsabilité du dommage causé soit par le feu, soit par un accident de personne, dépendra beaucoup de l’état de la ligne lors de l’accident. Il est évident que la compagnie d’assurances sera rendue responsable, si la preuve peut être laite que l’isolement de la ligne ne laissait rien à désirer.
- Or, les compagnies d’assurances n'ont en général que des connaissances très restreintes sur les meilleurs conditions d’isolement d’un circuit donné et sont obligées de s’en tenir aux indications qu'on leur donne. C’est pourquoi l’associa- I tion a admis une série de résolutions afin d’ame- |
- ner, le plus tôt possible, une entente commune entre les compagnies d’éclairage électrique, le public et les compagnies d’assurances et d’arriver à une solution sauvegardant le plus possible les intérêts de l’indüstrie électrique. Une commission de 5 membres a été nommée afin d’étudier cette question sous toutes ses faces, et de rechercher les meilleures conditions d'isolement possibles; elle devra déposer son rapport à la prochaine session de l’Association.
- La loi sur les brevets d’invention ne paraît pas jouir des faveurs de l’Association nationale des Etats-Uuis, ce qui prouvé, une fois de plus, que les lois sur la matière, en Amérique comme en Europe, n’ont pas été faites de façon à satisfaire aux légitimes aspirations des électriciens. Lors de la session de Détroit, il avait été nommé une commission chargée d’étudier cette question ; cette commission a présenté son rapport à la réunion et fait un certain nombre de propositions qui ont été adoptées et qui tendent à la présentation au Congrès des Etats-Unis d’un projet de bill, destiné à remédier aux inconvénients de la Ici actuelle.
- Les moteurs électriques ont été l’objet de plusieurs communications très intéressantes qui ont donné lieu à une discussion très nourrie ; nous nous étendrons un peu sur cette question qui est à l’ordre du jour, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis.
- M. Baxter a considéré le moteur électrique surtout comme transformateur d’une des nombreuses formes de l’énergie en travail mécanique. Les moteurs hydrauliques qui utilisent la pesanteur de l’eau sont en usage depuis plus de 4000 ans, et on n’est pas arrivé, même dans les turbines les plus perfectionnées, à un rendement supérieur à 90 0/0.
- La machine à vapeur date de deux siècles à peine ; la nature des transformations qu’elle utilise l’empêchera toujours d’arriver à un rendement considérable.
- Le moteur électrique qui date de 5o ans environ est arrivé, dans cette courte période, au point de vue du rendement, à un degré de perfection qui surpasse celui delà meilleur turbine et qui ne pourra jamais être dépassé de beaucoup.
- Malheureusement, les applications d’un moteur
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- dépendent surtout de la facilité avec laquelle on se procure l’énergie qui l’actionne et du bon marché de celle-ci. Or, la production du courant électrique est très dispendieuse; le moyen le plus économique consiste à utiliser de grandes machines dynamo-électriques, actionnées par des machines à vapeur ; chaque transformation étant suivie d'une perte par suite de l’imperfection des machines, il estévidentquele moteur électrique ne développera pas autant de travail que la machine à vapeur initiale.
- Mais les grandes machines à vapeur ont un rendement beaucoup plus élevé que les petites, et les frais d’entretien sont relativement plus faibles. On conçoit donc qu’il soit possible d’obtenir un faible travail avec un moteur électrique, plus économiquement qu’en le produisant directement par une machine à vapeur. Cette conclusion est même valable pour le cas où les moteurs électriques sont actionnés par le courant provenant de la station centrale d'une compagnie qui doit réaliser des bénéfices.
- Cet avantage est surtout marqué dans les villes industrielles, où la petite industrie sans disposer de beaucoup de place, a besoin de moteurs de puissance moyenne. Les bons côtés du moteur électrique, dans ces cas particuliers, ont déjà été mentionnés assez souvent pour que nous puissions facilement nous dispenser d’insister davantage.
- Le champ d’application des moteurs électriques est encore restreint parce que la production du courant électrique est encore trop coûteuse, soit qu’on emploie une dynamo, soit qu’on se serve d’une pile. Cette dernière ne pourra jamais être économique, tant qu’on n’aura pas remplacé le zinc qui y est brûlé par une substance beaucoup moins chère, par le charbon par exemple. Les piles actuelles pèchent par la base ; un kilogramme de charbon développe, par sa combustion, beaucoup plus d’énergie que la même quantité de zinc, et comme le prix du charbon est infiniment moins élevé que celui du zinc, on voit que si l’on arrive à construire une pile consommant du charbon au lieu de zinc, la production de l’énergie électrique sera alors plus économique que celle de toute autre.
- Le jour où ce problème sera résolu, une transformation radicale des systèmes mécaniques sera inévitable, et on parlera alors de la machine à vapeur comme d’une relique qui a rendu d’immenses services à bien des générations.
- Une discussion animée a eu lieu à la suite de la communication de M. Baxter; il en ressort que la question de l’emploi des réseaux d’éclairage électrique pour la distribution simultanée de la force motrice préoccupe vivement tous les esprits.
- Tous ceux qui ont pris part à la discussion, ont surtout relevé le fait qu’une installation d’éclairage électrique travaille à vide la plus grande partie du temps et qu’elle ne distribue l’énergie électrique que la station centrale est en état de produire, que pendant une petite partie de la journée seulement. Tous ont également insisté sur la nécessité pour les compagnies de développer la distribution de la force motrice sur leur circuit d’éclairage. Le réseau serait ainsi utilisé pendant la plus grande partie de la journée pour la distribution de la force motrice seulement, ensuite, à une certaine heure, pour celle de la force motrice et de la lumière, et enfin pour celle de la lumière seulement. L’installation ne chômant qu’une faible partie de la nuit, les compagnies doubleraient leurs bénéfices et il en résulterait un abaissement de tarifs dont tout le monde profiterait.
- M. Duncan donne ensuite quelques détails sur une distribution de force motrice installée sur le réseau d’éclairage à incandescence de Pittsburgh. 16 moteurs dont la puissance varie de 1/2 à 10 chevaux fonctionnent depuis quelque temps à la satisfaction générale, et les demandes pour de nouvelles installations affluent chaque jour davantage. La visite des moteurs pour le graissage et la surveillance générale n’a lieu que deux fois par semaine.
- A Boston, d’après M. Harding, la station centrale installée avec une force de 3oo chevaux distribue déjà le tiers de cette énergie qui se répartit entre 40 moteurs environ. Le prix annuel est de 125 dollards par cheval pour 10 heures dé travail par jour. Le revenu qui est résulté de ce service accessoire suffit déjà à couvrir tous les frais de l’installation, en sorte que le service d’éclairage est pour ainsi dire le bénéfice net de la compagnie.
- L’utilisation d’un réseau donné pour l’éclairage et pour la distribution de la force étant ainsi admise de tout le monde, on peut la réaliser de plusieurs manières. C’est cette question que M. Spra-
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- gue a discutée tout au long dans un travail dont il a donné connaissance à l’Association.
- Il y a, à côté de la distribution de la force, deuxautres applications de l’électricité qui exigent l’établissement d’une station centrale : ce sont ^éclairage par incandescence et l’éclairage par l’arc voltaïque. Il est évident que toute station centrale devrait être installée de manière à pouvoir exploiter ces trois industries qui sont basées sur le même principe; ce n’est malheureusement pas le cas et cela est dû, en grande partie, à ce que ces branches diverses des applications électriques se sont développées graduellement et qu’il s’est formé des compagnies ayant exclusivement pour but d’exploiter une seule d’entre elles, à l’exclusion des autres. Cette anomalie devra évidemment disparaître dans l'avenir et toute installation nouvelle, faite avec perspicacité, devra nécessairement tenir compte de ces nouveaux facteurs.
- Il existe actuellement de nombreuses installations d’éclairage électrique construites dans le but d’appliquer un seul système, soit l’incandescence, soit l’arc. Il est naturel de chercher à tirer le meilleur parti de ces installations. Or, nous avons vu qu’en les utilisant pour la distribution de la force motrice, leur rendement économique peut être considérablement augmenté. Il faut alors employer le meilleur système de distribution compatible avec le plan du réseau, les conditions dans lesquelles il a été construit et le système employé.
- M. Sprague a exposé ce sujet avec toute la compétence que lui donnent ses travaux et son expérience.
- On peut classer les circuits sur lesquels on peut installer des moteurs en trois catégories.
- La première comprend les circuits pour les installations d’éclairage à l’arc voltaïque, dans lesquels le courant est maintenu à une intensité constante, variant entre 6 et 19 ampères suivant les systèmes. La force électromotrice aux bornes du moteur varie alors avec sa puissance.
- La deuxième est celle des circuits à potentiel constant tels qu’on les emploie dans les installations d’éclairage à incandescence; dans ce système, la différence de potentiel est maintenue constante aux bornes de la machine, l’intensité eu courant étant variable.
- Dans la troisième catégorie, enfin, rentrent les
- systèmes où la différence de potentiel initiale et l’intensité du courant varient toutes deux. '
- Le système à courant constant emploie des intensités de courant variant, suivant les cas, de 6 à 19 ampères; pour avoir un travail un peu [notable, il faut utiliser des différences de potentiel très considérables et la différence de potentiel doit varier dans de larges limites dès que le travail demandé au moteur est un peu variable ; c’est pourquoi un circuit d’éclairage à l’arc électrique ne peut guère être utilisé que pour la transmission de faibles quantités de travail, et d’une puissance constante.
- Dans les circuits de lampes à arc, on emploi î des conducteurs de faible section car les courants ont une faible intensité mais une forte tension ; on ne descend cependant pas au-dessous de 6 ampères. Or, avec un courant de cette intensité, un moteur d’un cheval dont le rendement est de 80 0/0 absorbe 933 watts d'énergie électrique. Il faut donc que la différence de potentiel aux bornes de la machine soit de 98 volts par cheval développé.
- Pour transmettre 100 chevaux, par exemple, il faudra fournir au moteur, dans les mêmes conditions, 93250 watts d’énergie électrique, ce qui, avec la même intensité de courant, correspond à une différence de potentiel de 9,800 volts aux bornes de la machine.
- Dans la pratique, un circuit d’éclairage par l’arc est exploité avec une différence de potentiel de 1000 à 25oo volts. Sur un circuit de 1,000 volts on ne pourra donc utiliser que 10 chevaux et 25 sur un circuit de 2 5oo volts. Les machines à arc, appliquées entièrement à la transmission de la force, sont donc limitées dans leur développement actuel et ne peuvent pas dépasser 35 chevaux, même avec les plus forts types.
- Si l’on veut se contenter de transmettre des forces de 0,1 à 1 cheval, ce qui ne peut suffire que dans certaines industries spéciales, on peut utiliser un circuit destiné à l’éclairage à arc, mais si l’on veut transmettre des forces de 5, 10 ou i5 chevaux, il est impossible de le faire.
- A Boston on a transmis jusqu’à 200 chevaux; si l’on suppose que cette transmission ait eu lieü Dar la méthode ci-dessus, il aurait fallu huit circuits de 9 1/2 ampères et de 25oo volts chacun, représentant la capacité d’une station centrale de 460 lampes à arc.
- On peut dire que la méthode de transmission
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- par courant constant est la méthode la plus limitée et la moins naturelle, tandis que celle à potentiel constant est la plus naturelle et la plus compréhensive. Cette dernière méthode est indépendante de la force électromotrice employée et peut fonctionner avec 100, 5oo, 1000 ou 2000 volts suivant les cas.
- L’installation de Boston fonctionne avec une différence de potentiel de 200 volts, la distance étant i,6 kilomètre environ.
- Dans le cas où l’installation serait faite exclusivement pour la transmission de l’énergie, il serait avantageux d’augmenter la tension en la portant à 400 volts, par exemple, car l’énergie transportée dépendant de l’intensité et de la tension du courant, si l’on augmente l’une, on peut diminuer l’autre. Si l’on emploie des conducteurs de faible section, il faut nécessairement des courants de faible intensité et de forte tension, même en opérant avec un circuit à potentiel constant.
- Pour de couries distances et de faibles forces, il vaut mieux employer des faibles potentiels; mais, si l’on a des grandes forces à transmettre à une longue distance, il faut, de toute nécessité, utiliser de hauts potentiels, car les conditions commerciales de l’entreprise dépendront absolument de la quantité de cuivre nécessaire. Ces éléments sont reliés entre entre eux suivant une certaine loi dont la connaissance contribue beaucoup à simplifier le problème.
- Le poids du cuivre des fils conducteurs varie comme le carré de la distance, la puissance produite parle moteur, la perte d’énergie dans la ligne, la force électromotrice aux extrémités du circuit et aux bornes restant les mêmes. Si la distance est doublée, les conditions de la distribution ne variant pas, le poids du cuivre sera quatre fois plus grand.
- En outre, le poids varie inversement, comme le carré de la force électromotrice du moteur, les autres éléments du circuit restant les mêmes, c’est-à-direj que, si la force électromotrice est doublée, le poids du cuivre devient quatre fois plus petit.
- On peut exprimer ces relations à l’aide d’une formule qui permet de discuter plus facilement toutes les conditions du problème.
- Appelons :
- /, la distance exprimée en mètres entre la station génératrice et la station réceptrice;
- N, le nombre de chevaux effectifs que'doit fournir le moteur ;
- E, la force électromotrice aux bornes du moteur ;
- V, le nombre de volts exprimant en pour cent la chute de potentiel sur la ligne;
- E -f- V, la force électromotrice aux bornes de la génératrice ;
- K, le coefficient de rendement du moteur;
- d, le diamètre du fil exprimé en millimètres.
- Si nous supposons que la résistance d’un kilomètre de fil du cuivre employé, et de 1 millimètre de diamètre, est de 22,2 ohms, nous aurons, en considérant un circuit métallique complet :
- Prenons un exemple. Un moteur dont le rendement est de 90 0/0 à 400 volts de différence de potentiel aux bornes, doit produire un travail de 10 chevanx, fourni par une source d’électricité placée à 2000 mètres de là, à l’aide d’un circuit sur lequel la perte est de 9 0/0.
- La force électromotrice initiale doit être de 440 volts, et on aura
- __ 33,11)0 x 10 X 2000
- 400 x 9 x 0,90
- d2 = 46,0555
- c’est-à-dire que le diamètre du fil sera de 6,78 m.m.
- La force électromotrice de 400 volts pour des transmissions à faible distance se recommande sous tous les rapports; on peut cependant aller sans inconvénient jusqu’à 600 volts.
- Dans la discussion qui a succédé à cette communication, M. Sprague a insisté surtout sur le côté commercial du problème. Dans un grand nombre d’industries, les moteurs ne travaillent pas continuellement, sans interruption, pendant les dix heures de travail normal; il résulte par exemple, des expériences faites sur les réseaux de New-York et de Boston, que les moteurs ne sont utilisés que le quart du temps à peine. La capacité du réseau est ainsi diminuée dans la même proportion, car les moteurs qui payent leur redevance d’après le nombre d’ampères-heures consommés, ne dépensent ainsi que proportionnellement au travail qu’ils fournissent. Dans aucun cas, l’ampèremètre enregistreur d’un moteur a donné plus
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- de 51 o/o de la capacité totale de celui-ci, cal' culée sur un service de io heures par jour.
- Une question capitale pour l'avenir des moteurs électriques est, comme nous l’avons déjà mentionné, la production économique du courant électrique. Cette question est revenue à chaque instant dans les discussion de l’Association et plusieurs travaux ont été communiqués là-dessus, toutefois sans présenter des vues bien nouvelles et bien originales. Leur principal mérite est d’éclaircir et de préciser le problème en même temps que d’attirer l’attention de chacun sur ce point si important. La transformation directe de l’énergie renfermée dans le charbon en énergie électrique sera-t-elle réservée à notre génération? C’est ce que l’avenir nous apprendra. La question est maintenant clairement posée et comme toute question bien posée est à moitié résolue, espérons qu’il en sera de même ici.
- L’application des moteurs électriques à la traction des voitures de tramway a fait l’objet d’une communication de M. Van Depoele. Nous ne relèverons dans cette communication que les détails qui y sont donnés sur l’emploi d’une locomotive électrique à la traction des trains à Minneapolis. Cette locomotive ayant un poids de 8 tonnes a remorqué pendant io mois des trains de 2 à 4 wagons de 11 tonnes chacun ; elle fonctionnait chaque jour de 6 heures du matin à 11 h. 1/2 du soir et ne dépensait que 35oo livres de charbon à 2 dollars la tonne , tandis que les locomotives ordinaires exigent 3 tonnes d’anthracite à 6 dollars la tonne. La comparaison est donc tout en faveur de la traction électrique.
- La distribution de l’électricité par les courants alternatifs et à l’aide de transformateurs ne paraît pas être en grande faveur auprès de l’Association nationale , du moins à en juger d’après les deux seules communications qui ont été faites à ce sujet et la discussion qui les a suivies. Ces communications n’offrent rien de bien remarquable.
- Dans l’une d’elles cependant, M. Moses, après avoir exposé l’historique théorique et pratique de la question, a donné quelques détails fort succints sur l’installation d’un réseau à Pittsburgh, faite sur le plan Westinghouse. Le seul détail un peu intéressant est le chauffage des machines à vapeur de la station centrale par le gaz naturel.
- Le correspondant américain de La Lumière Electrique, M. Joseph Wetzler, a donné connaissance d’un travail sur l’emploi des courants de haute tension pour l’exploitation des réseaux d’éclairage par l’incandescence, travail qui résume très bien la question et qui renferme des détails intéressants sur les idées qui ont cours en Amérique sur ce sujet. C’est pourquoi nous en donnerons une brève analyse.
- Parmi les premiers qui ont proposé de placer les lampes à incandescence en séries multipLs il faut citer E. Weston ; en employant ce système on pouvait utiliser des machines à haut potentiel. Il a été depuis en usage dans bien d’autres cas, avec des modifications plus ou moins importantes.
- Afin d’arriver à ce que la lumière à incandescence puisse remplacer le gaz dans toutes les applications d’éclairage, il faut, pour éviter les frais considérables de premier établissement, arriver à employer un système de conducteur à faible section.
- Au nombre des solutions de cette question, il faut citer surtout le système connu sous le nom de système municipal Edison qui est combiné de manière à pouvoir remplacer l’éclairage au gaz des rues et places publiques. Les dynamos employées développent une force électromotrice de 1200 volts et la perte dans la ligne étant de 17 0/0 environ, il en reste 1000 pour l’excitation des lampes.
- La machine la plus puissante de ce système peut alimenter 12 circuits séparés comprenant 65 lampes de i5 bougies soit 800 lampes en tout. L’intensité du courant dans chaque circuit est de 4 ampères environ, en sorte qu’on peut employer du fil fin.
- Le système décrit ci-dessus est en usage dans plusieurs villes, entre autres à Portland (Me) à Lawrence (Mass), à Denver (Col) où les réseaux alimentent actuellement environ 5oo lampes; quoiqu’il soit spécialement destiné à l’éclairage municipal, ce système est aussi employé avec succès dans certains cas particuliers où l’on a besoin d’un éclairage constant pendant un temps déterminé.
- En Angleterre, Bernstein emploie des lampes fonctionnant avec un différence de potentiel aux bornes de 6 volts seulement et un courant de 10 ampères ; il a pu de cette manière placer jusqu’à 36o lampes en série sur le circuit d’une dynamo de 2000 volts.
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- Les transformateurs ou générateurs secondaires permettent aussi d’utiliser facilement des courants de haute tension pour les lampes à incandercence; ce système est cependant assez connu pour que nous n’ayons pas à insister là-dessus.
- Il n’en est pas de même de celui qui a été proposé dernièrement par M. Diehl et dans lequel les lampes à incandescence sont placées sur deux branches entre les lampes à arc ; un interrupteur est installé de façon que le courant est successivement envoyé dans une des branches, puis dans l’autre. Ces interruptions se faisant très rapidement, les lampes des deux circuits sont excitées simultanément.
- Les systèmes qui précèdent donnent une idée de la variété des dispositions que comporte l’emploi des courants à haute tension à l’éclairage par l’incandescence.
- Il existe cependant encore un autre système qui a fait, à un moment donné, beaucoup de bruit, mais qui n’est plus maintenant en faveur auprès des électriciens. Nous voulons parler de l’emploi systématique des accumulateurs dans un réseau d’éclairage électrique.
- En installant dans chaque maison une batterie de 3o accumulateurs dont la force électromotrice est de 60 volts environ, on peut alimenter 15 lampes pendant 12 heures, ce qui correspond à un éclairage usuel de 3 jours environ.
- Une dynamo de 3ooo volts donnant un courant de 20 ampères peut ainsi charger les batteries de 5o maisons , le fil du circuit n’ayant pas un diamètre supérieur à 5 m. m. Le nombre des maisons desservies peut même être augmenté facilement en employani des appareils mettant automatiquement les batteries hors circuit, lorsqu’elles sont chargées, car elles ne sont jamais simultanément toutes en charge.
- On peut aussi installer à la station centrale un certain nombre de batteries d’accumulateurs qu’on charge en série pendant la journée et qu’on décharge en quantité durant la soirée. Il est facile de calculer l’économie qui résulterait de l’emploi systématique et raisonné de ce système, car les machines de la station centrale, au lieu de chômer 18 heures sur 24, pourraient fonctionner sans interruption, et alimenter ainsi un nombre de lampes beaucoup plus considérable.
- La première station centrale basée sur ces principes, est actuellement en construction à Hawesford près de Philadelphie, et les résultats
- qui y seront obtenus justifieront certaine'mentles espérances que l’on fonde sur ce système.
- On sait, que la compagnie Edison a, la première installé des stations centrales pour l’éclairage par incandescence, et qu’elle a toujours cherché à faire profiter ses installations de tous les perfectionnements possibles. M. Upton, de la compagnie Edison à Boston, a exposé les règles suivies dans l’installation dss machines à vapeur des stations centrales de cette compagnie et les résultats auxquels elle est parvenue.
- L’emplacement de la station centrale doit être choisi de façon à permettre facilement un agrandissement, tout en étant autant que possible au centre du réseau à exploiter.
- Le générateur de vapeur est un générateur tubulaire qui fournit la vapeur à une machine à grande vitesse actionnant directement l’arbre des dynamos. Les constructions sont faites de manière à pouvoir doubler facilement la capacité de la station.
- Le chauffage des générateurs se fait à l’aide des foyers Jarvis qui consomment les combustibles les moins chers. Dans une installation, il faut utiliser les combustibles les plus économiques que l’on puisse trouver, soit des débris de scierie ou de tannerie, ou tout autre combustible. Cette question qui a bien son importance dans un pays neuf comme les Etats-Unis, sembla un peu déplacée en Europe, où le combustible le meilleur marché est, malgré tout, le charbon.
- L’alimentation des chaudières s’effectue avec une pompe et avec un injecteur ; on emploie généralement la première combinée avec un système de chauffage de l’eau d’alimentation ; l’in-jecteur sert alors d’appareil de réserve.
- D’après M. Upton, la compagnie Edison a été la première à adopter des petites machines à vapeur à grande vitesse actionnant directemet les dynamos. Ce système est bien supérieur à celui qui consiste à employer un petit nombre de machines très puissantes commandant les dynamos avec des poulies de renvoi. Le travail absorbé est en effet, dans le premier cas, proportionnel au travail demandé, tandis que dans le second système il faut, même pour un faible travail, mettre en mouvement les lourdes masses de la grande machine?
- On peut réaliser des bénéfices considérables en portant son attention sur la question du eombus-
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- tible et sur le bon fonctionnement des foyers employés. Les foyers fumivores en particulier doivent être utilisés autant que possible, car il est de toute importance d’éviter la production de fumée, si la station centrale est placée au milieu d’un quartier populeux.
- La session a été close par une communication de M. Yashima, président de la compagnie d’éclairage électrique de Tokio, qui a donné quelques détails sur les développements des applications électriques au Japon.
- La première ligne télégraphique, construite en 1869, a été exploitée avec le télégraphe à cadran de Breguet ; actuellement l’administration des télégraphes qui dépend exclusivement du gouvernement emploie les appareils Morse.
- L’Ecole des iugénieurs civils a été fondée en 1872 à Tokio, et MM. Ayrton et Perry y ont occupé pendant six ans les chaires de télégraphie et de mécanique. Le gouvernement a refusé jusqu’ici d’accorder des concessions pour la construction et l’exploitation des réseaux téléphoniques; il est probable cependant que cette interdiction sera levée bientôt et que cette branche de l’industrie électrique prendra un grand essor.
- La lumière électrique est employée dans plusieurs factories et ports ; les installations ont été faites, soit par la compagnie Brush, soit par la compagnie Edison. On peut mentionner en particulier l’installation de 3oo lampes au Collège militaire impérial.
- Une exposition assez restreinte, mais très intéressante, avait été organisée conjointement avec la session de l’Association nationale. La plupart des compagnies avaient envoyé des échantillons et des modèles de leurs produits. Nous ne nous étendrons pas sur cette exposition particulière, la plus grande partie des appareils exposés ayant déjà été présentés aux lecteurs de La Lumière Electrique lors de leur apparition.
- Telle a été, en résumé, la cinquième session de l’Association nationale américaine pour l’éclairage électrique. Comme nous le disions en commençant, les travaux présentés ne feront pas époque dans l’histoire des applications de l’électricité; maissils ne témoigntnt pas moins du travail incessant qui s'effectue de l’autre côté de l’Atlantique, pour perfectionner toujours davantage l’in-
- dustrie électrique qui est à la base de l’Association, et c’est surtout à ce point de vue qu’il était intéressant de suivre attentivement ce mouvement. A. Palaz
- SUBSTITUTION DE L’INDUCTEUR AUX PILES
- POUR LA MANŒUVRE
- DES CLOCHES ÉLECTRIQUES (*)
- Dans la première partie, de cet article, nous avons exposé les modifications profondes, ap-
- t
- Fig. 1
- portées aux inducteurs par MM. Postel Vinay, modifications qui ont donné lieu à la réalisation d’un appareil tout nouveau, simple de fonctionnement, robuste pour pouvoir résister aux altérations dues aux agents extérieurs. Sa forme compacte lui permet, en outre, de n’occuper qu’un espace restreint.
- La figure 1 le montre installé dans une cloche, pour les postes têtes de ligne où le courant ne suit qu’une direction ou bien même dans le cas des postes de pleine voie intermédiaires où le courant doit être’ envoyé sur la ligne à la fois
- (>) Voir La Lumière Electrique du 9 avril 1887.
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- dans les deux directions. L’inducteur est intercalé alors dans le circuit de la ligne.
- Le montage dans la cloche, à la place même où se trouvait originairement le commutateur à bouton d’interruption du système Léopoider, a nécessité, pour tout changement, l’agrandisse, ment d’un troçi déjà percé daus le fond du bâti de la cloche, par lequel passe le moyeu de la manivelle de l’appareil.
- Le fonctionnement de la sonnerie s'opère identiquement de la même façon que dans le système à courant fermé Léopoider. Celui-ci consiste, chacun se le rappelle, à faire sonner électriquement de grosses cloches placées sur les façades des gares et sur les guérites ou postes de gardes lignes, de manière à prévenir par un certain nombre de coups convenus réglementairement, les agents des gares, ou en stationnement sur la voie, du départ des trains, ou de tous incidents relatifs à leur circulation, marche en dérive, demande de secoùrs, ordre d’arrêt général, etc., etc.
- Des signaux conventionnels ont été adoptés tels que, par exemple, des séries de coups pairs pour les trains annoncés dans une certaine direction, et des séries de coups impairs pour les trains de direction inverse. En combinant les coups de cloche avec les intervalles qui doivent les séparer, on obtient une représentation graphique, une espèce d’alphabet des signaux à passer.
- Un courant électrique permanent provenant de piles placées aux gares circule entre les gares consécutives, passant dans les électro-aimants de déclanchement du marteau de sonnerie des postes. A l’état de repos, l’armature de l’électro-aimant est au contact du noyau sous l’action du courant continu. L'agent chargé de transmettre les signaux rompt le courant à l’aide de commutateurs spéciaux pour séparer la palette de l’éleciro-aimant ; mais il le rétablit aussitôt pourfaire partir un levier de déclanchement, entraîner, sous l’action d’un poids moteur, une roue à manne-tons obéissant à l’effet du déclanchement et par suite’soulever un levier qui commande le coup de marteau. La palette étant revenue au contact, il faut une seconde interruption suivie d’un rétablissement immédiat du courant pour produire un seul coup et ainsi de suite.
- Voilà ce qui se passe avec le courant d’une pile. Le jeu reste le même dans la substitution d’un inducteur électromagnétique à la pile.
- Sur la figure, un des montants de la cloche a été brisé pour permettre de voir les positions relatives de l’électro-aimant et du mécanisme de déclanchement. Au repos, le levier du déclanchement est engagé et maintenu entre les dents d’une fourche visible sur la droite du dessin, que porte l’armature de l’électro-aimant.
- Le courant arrivant de l’inducteur a pour effet de débrayer ce levier, la roue tourne sous l’action du poids que soutient une corde enroulée sur le tambour placé en avant de cette roue.
- Sur le disque de celle-ci et derrière se trouvent des cames qui soulèvent le levier du marteau non représenté sur la figure et qui, par sa détente au moment où il abandonne sa came, vient frapper le timbre d’un coup violent. En même temps, l’armature de l’électro revenue à sa position normale après le passage du courant de courte durée, permet à la fourche de renclancher le levier pour une nouvelle transmission.
- La disposition des appareils est tellement simple que ces renseignements succincts suffiront à en faire saisir le fonctionnement. Elle ne comporte aucune délicatesse d’organes pouvant amener des désagréments en cours d’exercice. Aussi a-t-elle éveillé favorablement l’attention des ingénieurs des chemins de fer.
- Il nous revient de source autorisée que, en France, les ingénieurs du réseau de l’Etat; en Suisse, les administrations de diverses compagnies se sont préoccupées de la question et paraissent vouloir introduire cette amélioration dans le service de l’exploitation, imitant en cela l’exemple de la compagnie de l’Ouest français.
- Dans les postes à deux ou plusieurs directions où le courant doit être dirigé dans une ligne quelconque aboutissant au poste, on a recours à un commutateur spécial.
- Les figures 2 à 4 représentent un commutateur de ce genre pour deux directions.
- Remarquons que normalement l’inducteur est hors du circuit. Les lettres de la face extérieure de la boîte LL', TT', I I'désignent respectivement les bornes de ligne, de terre et de l’inducteur ; G est un bouchon en cuivre dont l’extré mité est pourvue d’une partie isolante que l’on introduit dans l’ouverture des lames de cuivre CG correspondant à la direction choisie.
- Sur la face interne du couvercle se trouvent j des lames de ressort D D' en connexion avec les
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- bornes des lignes et reliées directement avec la terre par les lamelles E E’.
- Lorsqu’on introduit la cheville G dans une des touches CG', elle met, par ce fait même, l’un des bouts de l’inducteur à la terre. En outre, elle rompt la communication entre la lame de ligne D ou D' et la lamelle de terre E ou E' pour établir, au contraire, la jonction de la lame de ligne avec la lamelle correspondante F ou F' en relation avec l’autre côté de l’inducteur. Celui-ci se trouve ainsi interféré dans le circuit prêt à recevoir la manoeuvre.
- Si, par inadvertance, on oublie de retirer la !
- cheville du commutateur, la réception des signaux peut également s’effectuer.
- En effet, le courant arrivant passe à la terre par la lame déplacée à travers la masse de l’inducteur à la condition, toutefois, que le cliquet de la manivelle soit remis en contact avec la came du disque isolé ; c’est-à-dire qu’on ait ramené la manivelle à sa position initiale.
- L’inducteur est un appareil très simplifié dans sa forme et dans sa construction ; il a subi avec succès les épreuves d’une longue expérience en service courant, et c’est à la suite de ces résultats que la compagnie des chemins de fer de l’Ouest en
- a généralisé l’emploi sur les lignes de son réseau, où il y a actuellement 470 appareils installés.
- En terminant, nous adressons nos vifs remerciements à M. Noblet, inspecteur du service télégraphique de cette compagnie, en reconnaissance de l’aimable obligeance qu’il a mise à nous montrer les différents détails de fonctionnement de ces instruments. E. Dieudonné
- SUR UN NOUVEAU
- PARLEUR ÉLECTRIQUE
- MILITAIRE
- Système du capitaine Zigang
- On sait que dans la télégraphie militaire on se sert presque exclusivement de ptrieurs, c’est-à-
- dire d’appareils qui, au lieu d’enregistrer les signaux de l’alphabet Morse émettent simplement des sons. C’est par la perception de ces sons qu'on arrive à déchiffrer les dépêches.
- L’adoption de ce système se trouve justifiée par la'nécessité d’avoir dans le service de campagne des appareils simples, d’un emploi commode, et qui soient peu délicats ; ce qui ne se trouve nullement réalisé dans les appareils enregistreurs.
- Le nouvel appareil que nous présentons aujourd’hui à nos lecteurs et qui est dû au capitaine d’infanterie J.-P. Zigang, satisfait aux conditions essentielles de ce genre d’appareils, c’est d’être simple, léger, d’un maniement commode, et de produire de plus un son assez intense pour être perçu à distance.
- Voici, d’ailleurs, la description de cet appareil auquel son auteur a donné le nom de trompette électrique.
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- Cet appareil produit un son musical par les mouvements isochrones rapides d’une plaque métallique vibrant sur un corps creux.
- Les figures 1 et 2 montrent, la première, une vue d’ensemble, la deuxième, une coupe. On voit, sur ces figures, que cet appareil se compose:
- i° d’un électro-aimant;
- 20 d’une plaque-armature;
- 3° d’une vis de réglage.
- 40 d’un tube en laiton ou résonnateur renfermant l’électro-aimant et la plaque vibrante ; le tout monté sur un petit socle en bois.
- Fig. 1
- Comme les trois premiers de ces organes sont absolument indispensables, et que le résonnateur sert en même temps d’enveloppe, il n’est guère possible de concevoir un appareil de ce genre plus simple.
- Il est fait usage d’un électro-aimant à une seule bobine, l’une des deux branches restant à nu.
- Cette disposition a pour effet de concentrer l’action magnétique vers le centre de la plaque ; toute la puissance magnétique de l’électro-aimant est utilisée, grâce au renforcement métallique de la plaque et à son faible éloignement, (3/10 de millimètre).
- Pour actionner l’appareil, il suffit d’une pile de deux, ou même d’un seul élément ; le jeu de l’appareil est d’ailleurs identique à celui de la sonnerie trembleuse. Le mouvement précipité de la plaque-armature venant buter après chaque attraction contre l’extrémité de la vis de réglage, donnera naissance à un son musical caractéristi-
- que d’une assez grande intensité. Ce son devient de plus en plus aigu par la diminution de l’élasticité de la plaque, que l’on obtient en serrant plus ou moins celle-ci entre les deux parties du tube cylindrique.
- Cet appareil pourra dans certains cas remplacer avantageusement la sonnerie ordinaire, car il est facile de lui faire émettre un son très doux ; avec des sonneries ordinaires, on est quelquefois obligé d’enlever le timbre pour modérer le son. Comme il est facile de régler le son, on pourra l’employer avec avantage dans de grands bureaux télégraphiques on téléphoniques, où des signaux bien distincts les uns des autres sont nécessaires.
- Enfin, en faisant varier les dimensions de la
- Fig. 2
- plaque, il serait possible de construire une série d’appareils qui, convenablement accordés, constitueraient un orgue électrique.
- Mais c’est surtout comme parleur militaire que cet appareil simple et léger peut rendre de grands services. C’est d’ailleurs l’avis d’un praticien qui s’occupe spécialement de télégraphie militaire; d’àprès lui, cet appareil rendrait un son bien plus intense que celui produit par le parlent~ ronfleur.
- En modifiant un peu cet appareil, et en y ajoutant un manipulateur placé sur la même planchette, on constituerait un appareil de campagne complet.
- P.-H. Ledeboer
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- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- La mort par l’électricité dans l’industrie. — Ses
- mécanismes physiologiques. — Moyens préservateurs, par M. A. d’Arsonval f1).
- Dans de précédentes communications (2), j’ai indiqué les causes physiques des dangers présentés par les machines dynamo-électriques. Je n’avais alors à ma disposition que de petites machines de laboratoire. Grâce à l’obligeance de M. le professeur Mascart et de M. Hyppolÿte Fontaine, j’ai pu récemment me placer au point de vue pratique et poursuivre mes expériences au Collège de France avec des dynamos industrielles à courant continu et à courants alternatifs.
- J’ai mis à profit ces circonstances pour faire une étude comparative des dangers présentés par les différentes sources d’électricité. Mes essais ont successivement porté sur les effets physiologiques :
- i° D’une machine statique (Holtz à 4 disques) chargeant une batterie ;
- 20 D’une pile de 420 volts ;
- 3° De machines Gramme à courant continu ;
- 40 De machines Gramme alternatives;
- 5° Des bobines d’extra-courant ou d’induction associées ou non à des condensateurs statiques.
- Pour compléter cette série, j’aurais dû étudier les effets des transformateurs, qui tendent à entrer dans la pratique et dont les effets sont autre-.ment redoutables que ceux des machines précédentes; mais cette lacune sera bientôt comblée, grâce à l’obligeance de M. Picou, ingénieur en chef des ateliers Edison.
- A l’aide de toutes les sources d’éleétricité énumérées ci-dessus, on peut amener la mort en se
- (!) Note présentée à l’Académie des Sciences, le 4 avril 1887, parM. Brown-Séquard-(2)Voir Comptes rendus des 26 janvier et g mars i885, et aussi Société de Biologie, 20 décembre 1884.
- plaçant dans des conditions déterminées. Cette mort s’accompagne de phénomènes et de lésions excessivement variables suivant le mode opératoire. Dans cette note, je me mettrai exclusivement au point de vue de l’hygiène publique et je me bornerai simplement à faire connaître les conclusions pratiques découlant de mes expériences.
- J’ai reconnu que les effets si variés de l’électricité sur les êtres vivants peuvent se diviser en deux catégories principales qui les embrassent tous. L’électricité entraîne la mort des deux façons suivantes :
- i° Par action directe (effets disruptifs de la décharge agissant mécaniquement pour altérer les tissus) ;
- 20 Par action reflexe ou indirecte (en agissant sur les centres nerveux dont l’irritation entraîne l’infinie variété d’effets si bien étudiés par mon maître, M. Brown-Séquard, sous les noms d’fn-hibition et de dynamo génie).
- Cette distinction simple, qui résulte de l’observation minutieuse des faits, a également une valeur pratique en ce sens que, dans le premier cas, la mort est fatale et définitive, tandis que, dans le second, l’expérimentation m’a démontré qu’on peut le plus souvent ramener l’individu à la vie en pratiquant la respiration artificielle immédiatement après l’accident.
- Bien que je ne puisse m’étendre ici sur ce sujet, j’indiquerai en quelques mots les dangers présentés par les différentes sources électriques.
- i° La décharge statique n’est fatalement mortelle qu’en frappant directement le bulbe avec des décharges bien localisées dont l’énergie correspondait dans mes expériences à 3 kilogrammèttes environ. Dans ces conditions, les différents tissus (nerfs, sang, muscles, etc.), frappés isolément par la décharge, perdent irrémédiablement leurs propriétés physiologiques.
- Si la décharge n’a pas l’énergie voulue pour altérer mécaniquement le bulbe, elle agit en l’excitant et produit les phénomènes d’inhibition respiratoires, d’inhibition du cœur, ci’ecchymoses sous-pleurales d’emphysème pulmonaire, de paralysies, d’arrêt des échanges, etc., que M. Brown-Séquard a obtenu en irritant directement la région bulbaire par les excitants les plus divers. Contrairement à ce qu’on croit généralement, il est très
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- difficile de foudroyer un animal. Ces effets secondaires ne sont donc pas le fait de l’e'lectricité elle-même.
- 2° Avec la pile de 420 volts on n’amène la mort que par des interruptions fréquentes et longtemps prolongées du courant. Cette mort est due à l’état tétanique provoqué par le courant, plutôt qu’à l’action directe de l’électricité. Prochainement je signalerai les effets que donne une pile de ‘jiooo à 2 5oo volts.
- 3° La machine Gramme à courant continu n’est dangereuse, ainsi que je l’ai signalé dans ma précédente Note, que par son extra-courant de rupture. J’ai pu constater que les machines compound, ou à double enroulement, ont des effets foudroyants moindre que les machines excitées en série ou séries-dynamo.
- L’extra-courant d’une série-dynamo donnant 20 ampères et 45 volts foudroyait un cobaye, tandis que l’extra-courant d’une compound donnant 25 empères et 110 volts ne produisait aucun effet nuisible. Cette différence s’explique en considérant que le second enroulement sert de fil de dérivation. J’arrive à supprimer cet extra-courant en rompant le circuit graduellement à l’aide d’un simple robinet en grès, contenant du mercure qui sert de coupe-circuit.
- 40 Une machine Gramme alternative n’entraîne la mort qu’au-dessus de 120 volts de différence moyenne de potentiel.
- 5° Une bobine d’extra-courant est plus dangereuse qu’une bobine d’induction, surtout si elle est associée à un condensateur.
- Le danger d’une décharge isolée est défini uniquement par la courbe électrique de cette décharge. La nqtion de la différence de potentiel et de l’intensité moyenne ne suffit pas : on doit faire intervenir pour la plus grande part la notion de \a durée àe cette décharge. Pour l’analyse des effets physiologiques de l’électricité, j’ai imaginé depuis longtemps un appareil qui enregistre automatiquement cette courbe électrique de l’excita- 1 lion, courbe dont on peut faire varier isolément et à volonté tous les paramètres. On arrive ainsi à dissocier facilement les eflets de l’excitant électrique ; j’y reviendrai prochainement.
- 11 en est de même pour les courants alternatifs, pour lesquels il faut de plus tenir compte de la fréquence des renversements . Ne pouvant insister ici, je me borne à dire que, dans les conditions réalisées ordinairtment dans l’industrie, le courant tue par action reflexe. Aussi, ai-je pu, dans la majorité des cas, remener à la vie des animaux foudroyés en pratiquant sur eux la respiration artificielle.
- La conclusion pratique de cette Note est qu’il faut, dans une usine électrique, pouvoir pratiquer immédiatement la respiration artificielle sur tout individu foudroyé; on a ainsi de grandes chances de le rappeler à la vie.
- Les courants employés jusqu’ici dans l’industrie tuent le plus souvent par arrêt respiratoire. La respiration artificielle, en empêchant l’asphyxie, permet à la respiration naturelle de se rétablir.
- A la suite de cette communication, qui ne laisse pas que d’être assez rassurante pour les électriciens, et dont nous recommandons la méditation à l’auteur de certaine ordonnance, M. Brown-Séquard a rappelé que l’on taisait usage depuis plusieurs années au Collège de France, d’un mode d’excitation particulier pour rétablir la respiration dans les cas indiqués par M. d’Arsonval.
- Ce procédé consiste dans l’application d’un courant faradique aux côtés du larynx, sur la peau incisée superficiellement. Cette partie est de beaucoup la plus sensible, par la faradisation, ou irrite légèrement les nerfs vagues, ce qui amène toujours une augmentation de l’énergie respiratoire.
- Sur uu nouveau procédé d’excitation de i’arc voltaïque sans contact préalable des deux électrodes (!), par M. G. Maneuvrier (2).
- On sait qu’il n’est pas possible , dans les conditions ordinaires, d’allumer un arc voltaïque entre deux électrodes quelconques (pointes de char- (*)
- (*) Ce travail a été effectué au laboratoire des recherches (Physique) à la Sorbonne.
- (2) Note présentée à l’Académie des Sciences, le 4 avril 1887, par M. Lippmann.
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- bon ou tiges métalliques ), qui seraient séparées même par la plus faible distance. On doit préalablement les amener au contact, de manière à assurer le passàge du courant électrique, puis les séparer progressivement jusqu’à une distance maximum, qui est toujours plus ou moins courte et qui dépend surtout de la force électromotriLe dont on dispose.
- Cette double nécessité du contact préalable des électrodes et de leur maintien à distance fixe complique beaucoup l’usage de l’arc voltaïque et en a singulièrement limité les applications scientifiques. Aussi a-t-on cherché depuis longtemps à la supprimer, en résolvant le problème de l’excitation de l’arc à distance. On y est parvenu de deux manières.
- Les deux électrodes ( par exemple deux pointes * de charbon Carré ) étant reliées aux deux pôles de l’appareil électromoteur, on interpose entre elles la flamme d’une bougie : l’arc finit par jaillir, au bout d’un temps plus ou moins long. L’expérience réussit d’autant mieux que la flamme est moins oxydante et plus fuligineuse. Ou bien l’on fait passer entre les deux pointes, soit les décharges d’une puissante batterie électrostatique, soit, mif*ux encore, la série d’étincelles d’une bobine de Ruhmkorff : l’arc voltaïque s’allume au bout d’un certain temps, d’autant plus court que les étincelles sont plus longues et plus réitérées.
- Mais ces deux procédés, outre qu’ils sont d’une application peu pratique, sont d’un usage restreint à de très faibles longueurs d’arc. Ainsi, avec l’appareil électromoteur dont je me sers (1j, je n’ai pas pu réaliser l’allumage par la flamme, au-delà de 7 m.m. La distance maximum a été encore plus faible pour le deuxième procède : je n’ai jamais dépassé 3 m.m., en utilisant pourtant les décharges d’une bobine du plus grand modèle, dont la distance explosive allait jusqu’à io centimètres.
- (i) C’est une machine Gramme, à courants alternatifs, dont un circuit sur quatre travaille seul et peut donner de 400 à 5oo volts aux bornes. Je mesure aisément cette différence de potentiels, à chaque instant, en reliant les bornes à un électromètre Branly, rendu apériodique à l’aide du dispositif de MM. Curie et Ledeboer et gradué par la méthode de M. Joubert.
- Or je puis, au contraire, faire jaillir spontanément l’arc voltaïque, à des distances croissantes de 5 m.m., 10 m.m., i5m.m., 20 m.m., 25 m.m. et 3o m.m., par mon nouveau procédé d’allumage, qui ne nécessite l’intervention ni d’une flamme, ni d’un condensateur, ni d’aucune espèce de mécanisme. Voici en quoi il consiste :
- J’enferme les deux électrodes , placées en face l’une de l’autre, dans un ballon de verre hermétiquement clos, et muni d’une tubulure à robinet à trois voies , par où je puis, à volonté, enlever l’air intérieur ou introduire l’air extérieur. La capacité du vase clos dépend du diamètre des électrodes. Elle a varié, dans mes expériences, depuis celle d’un grand œuf électrique , pour des charbons de 6 m.m., jusqu’à celle d’une lampe Edison pour des charbons de 1 m.m. Les deux électrodes étant reliées par des fils de platine soudés dans le verre, avec une source de courants alternatifs, je raréfie l’air du ballon jusqu’à produire un effluve violet, analogue à celui de l’œuf électrique. Je tourne alors le robinet, de manière à laisser rentrer quelques bulles d’air: on voit alors le long et pâle effluve se ramasser brusquement entre les pointes, sous l’influence de ce brusque accroissement de pression , et se transformer instantanément en un -arc voltaïque, d’un blanc éblouissant.
- L’expérience est très belle, très nette et des plus faciles à réaliser.
- Le degré de raréfaction où il faut amener l’atmosphère intérieure pour produire l’effluve dépend un peu de la distance des pointes et beaucoup plus de la force électromotrice delà source. Je n’ai jamais eu besoin, dans mes expériences, de pousser le vide plus loin que 5 m.m. à 6 m.m. de mercure, même au début, quand les charbons sont froids ('). Quant à l’accroissement de pression nécessaite pour transformer l’effluve en arc, il ne doit pas être trop fort, car il provoquerait une extinction complète et l’expérience serait à
- P) Je dis an début. car si l'on répète l’expérience après avoir échauffé les charbons et l’air intérieur, par un premier allumage même très court, la conductibilité en est tellement accrue que l’effluve reparaît aisément sous une pression de 5o millimètres.
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- recommencer ; mais il peut varier entre des limites assez éloignées. La pression finale, après la transformation , peut aller en effet de 3o m.m. à i5o m.m. C’est ce qui permet de répéter l’expérience d’allumage avec une grande facilité et la certitude du succès. La manipulation en est des plus simples, puisqu’elle consiste à donner d’abord un demi-tour de robinet à droite , pour faire le vide dans le ballon, puis un quart de tour à gauche, pour laisser rentrer un peu d’air : Cela dure à peine quelques secondes.
- Parmi les procédés d’excitation de l’arc à distance que je viens d’énumérer, le dernier seul mérite réellement ce nom; les deux autres sont des procédés d’allumage au contact, plus ou moins déguises. En effet, dans l’allumage à la bougie, on voit nettement sur chacune des deux pointes, en même temps qu’elles deviennent incandescentes, se former des amas, des champignons de particules charbonneuses, qui grossissent en se rapprochant l’un de l’autre : l’arc jaillit au moment précis où ces deux dépôts se rejoignent par quelque point. Dans l’allumage par les décharges, les étincelles font jaillir entre les deux électrodes une sorte de courant de particules charbonneuses, qui .vont en s’épaississant de plus en plus, qui finissënt par fermer le circuit, et qui, étant alors portées à l'incandescence par le passage du courant, constituent l’arc voltaïque.
- La nature du phénomène, dans ces deux cas, explique qu’il soit rapidement enrayé par toutes les circonstances qui s’opposent à cette communication parasite entre les deux pointes, en particulier par l’accroissement de leur distance,. On voit, au contraire, que l’allumage de l’arc par mon procédé peut théoriquement se faire à toutes distances des électrodes, pourvu qu’on pousse assez loin la raréfaction et, par suite|, la conductibilité électrique de l’atmosphère gazeuse interposée.
- J’ajouterai enfin que, une fois l’allumage réalisé, on n’a plus qu’à fermer le ballon, pour avoir un arc voltaïque, en vase clos, à l’abri de l’air et de la combustion. Cet arc possède une constance remarquable, tant au point de vue de l’intensité que de la qualité de la lumière. L’usure en est réduite à peu de chose, car elle ne provient que
- du délitement des charbons et de la projection de leurs particules incandescentes. Je n’insisterai pas sur les applications pratiques qu’on pourrait faire de cet appareil à l’éclairage électrique, parce qu’elles n’ont aucun intérêt scientifique. Je ferai seulement remarquer qu’on élimine par ce procédé toutes les perturbations dans le régime de l’arc, qui proviennent de la combustion et de l’accroissement continu de longueur : on les réduit ainsi au minimum, c’est-à-dire à celles qui résultent du débit plus ou moins ii régulier de la source électrique. On se met donc dans les meilleures conditions de stabilité et de durée, pour étudier les caractères physiques de l’arc voltaïque, à savoir sa force [électromotrice et sa résistance. Ce dispositif expérimental peut donc rendre de réels services aux physiciens qui s’occupent de ces questions.
- Sur la théorie du téléphone : monotéléphone ou résonateur électromagnétique, par M. E. Mer-cadier (l). .
- Dans une étude précédente (2) sur la théorie du téléphone, je crois avoir démontré que le diaphragme magnétique de cet appareil est animé de deux espèces de mouvements différents qui se superposent. Les uns sont des mouvements de résonance,moléculaires,indépendants delà forme extérieure ; ce sont précisément ceux qui permettent au diaphragme de transmettre et de reproduire tous les sons, propriété caractéristique qu’il aurait fallu préciser nettement dans le nom même du téléphone en l’appelant pantéléphone. Les autres sont des mouvements d'ensemble, transversaux, correspondant au son fondamental et aux harmoniques du diaphragme, et qui 'dépendent de son élasticité, de sa forme et de sa structure : ceux-là sont nuisibles au point de vue de la transmission nette de la musique et de la parole, car ils altèrent le timbre, leurs harmoniques ne coïncidant que par le plus grand des hasards avec ceux de la voix ou des instruments usuels.
- Pour mettre hors de doute l’existence et la
- (!) Note présentée à l’Académie des Sciences, le 4 avril 1887, par M. Cornu.
- (2) Voir Comptes rendus, t. CI,p. 744 et 1001, et Journal de Physique, 2* série, t. V, p. 141.
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- superposition de ces deux genres de mouvements, j’ai cherché à faire prédominer les uns ou les autres à volonté dans le même diaphragme. On y parvient à l’aide de la disposition suivante, que j’avais réalisée dès 18S1 et que j’ai seulement simplifiée depuis.
- I. On place le diaphragme d’un téléphone quelconque dans les conditions les plus favorables pour qu’il puisse vibrer transversalement sans obstacle, et de façon à laisser se produire facilement la division en lignes nodales correspondant à un son donné bien déterminé. Pour cela, au lieu d'encastrer le diaphragme sur ses bords, comme on le fait ordinairement, on le pose simplement aussi près que possible du pôle de l’électro-aimant sur un nombre de points suffisants d’une ligne nodale.
- Si c’est un diaphragme rectangulaire, on le pose sur deux appuis rectilignes coïncidant avec les deux lignes nodales du son fondamental.
- Si c’est un diaphragme circulaire, on perce trois ouvertures de 2 à 3 millimètres de diamètre sur les sommets d’un triangle équilatéral inscrit dans la circonférence qui constitue la ligne nodale du premier harmonique, et l’on pose le disque sur trois pointes en liège disposées de la même manière sur un plateau fixe et pénétrant dans les ouvertures.
- Cela étant, faisons passer dans la bobine de l’appareil une série de courants d’intensité très faible, de période graduellement décroissante, par exemple, provenant de l’émission de sons musicaux devant un transmetteur quelconque téléphonique ou radiophonique. Alors le récepteur modifié comme il est dit ci-dessus, ne vibre, d’une manière appréciable, que sous l’action des courants dont la période est égale à celle du son correspondant à la nodale sur laquelle repose le diaphragme , son que j’appellerai particulier ou spécial : il ne produit plus une série continue de sons de hauteur graduellement croissante, indififéramment et avec la même intensité, comme le téléphone ordinaire; il n’en reqroduit énergiquement qu’wre seul ; il n’est plus pantélé-phonique, il est monotéléphonique ; on peut donc l’appeler monotéléphone.
- Ce résultat n’est pas absolu. En réalité, le diaphragme fait entendre quelques sous-harmoniques du son spécial correspondant à la ligne nodale fixée ; mais leur intensité est relativement
- très faible. De plus, le diaphragme reproduit des sons de période un peu inférieure ou supérieure à celle du son spécial, mais l’intervalle extrême entre ces sons est assez petit et n’excède généralement pas un ou deux commas.
- Ces réserves sont de la même nature que celles qu’on doit faire au sujet des résonateurs en Acoustique. Du reste, le rôle A'analyseur que le monotéléphone joue par rapport à ce qu’on peut appeler les ondes électromagnétiques est analogue à celui que joue un résonateur par rapport aux ondes sonores : si on leur communique en effet une série d’ondes successives ou simultanées de périodes différentes, chacun d’eux choisit en quelque sorte celle du son spécial qui correspond à sa forme géométrique et aux conditions dans lesquelles il est placé, et la renforce énergiquement.
- Le monotéléphone peut donc s’appeler aussi bien résonateur électromagnétique.
- II. Dans le dispositif qu’on vient de décrire, les mouvements transversaux prédominent, et il est aisé de voir l’effet qu’ils peuvent avoir dans un téléphone ordinaire ; car si l’on essaye de faire reproduire par un monotéléphone la parole articulée émise dans un transmetteur, ou bien on n’entend à peu près rien si le son spécial de l’appareil est hors de l’échelle où se meut la voix humaine ( de 1 ’ut2 à Yut,t ), ou bien, dans le cas contraire, on n’entend que des sons d’un timbre modifié et des articulations émoussées, le tout noyé en quelque sorte dans la sonorité du son spécial, toutes les fois qu’il se fait entendre.
- Mais il est très facile de produire l’effet inverse, de faire prédominer les mouvements moléculaires de résonnance sur les transversaux, de rendre au monotéléphone le rôle pantéléphonique, de lui faire reproduire tous les sons avec la même intensité et la parole articulée aeec netteté.
- Il suffit, pour cela, de mettre obstacle aux vibrations transversales d’ensemble, en fixant légèrement les bords ou plusieurs points du diaphragme, par exemple en y appuyant convenablement les doigts.
- Le moyen le plus simple de faire l’expérience est le suivant. On reçoit dans le monotéléphone des sons différents successifs ou simultanés parmi lesquels se trouve le son spécial, ou des paroles articulées à peu près à la hauteur de ce son. On rapproche l’oreille du diaphragme : tant qu’elle en eàt à une certaine distance ou qu’elle l’effleure
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- tout au plus, on entend seulement le son spécial mais, si l’on appuie de plus en plus l’oreille sur le diaphragme, le son spécial s’affaiblit peu à peu, et l’on finit par entendre tous les sons avec une égale intensité, ainsi que la parole articulée sans altération sensible du timbre.
- Par cette seule opération très simple on a rendu aux mouvements de résonance la prédominance sur les transversaux et à l’appareil la propriété pantéléphonique que possède le téléphone ordinaire à diaphragme encastré.
- Dans une Communication ultérieure, je reviendrai sur la construction du résonateur électromagnétique et sur ses applications.
- A propos d’une expérience d’Exner concernant la
- théorie du contact, par W. von XJIjanin
- En 1882, Exner a fait une expérience bien connue par laquelle il et oyait démontrer d’une manière irréfutable l’inexactitude de la théorie du contact. D’après celle-ci on admet qu’un métal relié à la terre se trouve à un potentiel déterminé, appelé par Exner potentiel naturel, ce qui suppose qu’il possède une charge électrique proportionnelle à sa capacité. Si donc on isole le métal après l’avoir relié à la terre et qu’on fasse varier sa capacité, il en résultera une variation de son potentiel, variation qu’on pourra observer à l’électromètre.
- Voici comment Exner a procédé. Une plaque de métal est entourée d’une cage du même métal reliée à la terre. Après avoir mis la plaque en communication avec le sol, on l’isole et on la relie à l’électromètre; celui-ci doit rester au repos.
- Si on enlève ensuite la cage métallique, l’électromètre doit subir une déviation par suite de la variation de capacité de la plaque. Exner n’ayant pas pu observer de déviation en employant un électromètre, Mascart en a conclu que la théorie du contact devait être rejetée, puisqu’un corps conducteur relié à la terre a une charge électrique nulle.
- M. Uljanin a répété dernièrement cette expérience, en suivant la marche indiquée par Exner et en employant l’électromètre à quadrants de Thomson ; il a observé une déviation de 6 à 7 divisions de l’échelle.
- Il a ensuite modifié un peu l’expéfience, afin d’en augmenter la sensibilité . Il a pris un cylindre de zinc de 58 centimètres de hauteur et de 36 centimètres de diamètre, sur lequel il a placé coa. xialement un second cylindre de même métal et de dimensions plus grandes, de façon à laisser partout un espace vide de 2 centimètres d’épaisseur. Le cylindre extérieur pouvait être enlevé verticalement à l’aide d’un fil passant sur une poulie ; le cylindre intérieur était isolé sur des pieds d’ébonite et pouvait être relié par un commutateur soit à la terre, soit à l’électromètre.
- L’auteur a obtenu, à l’aide de cette disposition, une déviation de 40 à 90 divisions, en enlevant le cylindre supérieur et de 10 à 15, en le remettant en place.
- La théorie du contact donne immédiatement l’explication de cette différence dans les déviations de l’électromètre, en sorte que cette expérience, considérée par Exner comme devant infir-mér la théorie du contact, fournit au contraire une très belle démonstration de son exactitude.
- A. P.
- Voie pour tramways électriques avec conduite souterraine pour le courant, de Siemens et Halske.
- Jusqu’à ces dernières années, dans les chemins de fer électriques, le courant était transmis au moteur du wagon, soit au moyen d’un conducteur aérien supporté par des poteaux et un frotteur, glissant pendant la marche, le long du fil de la ligne, soit par les rails mêmes de la voie.
- Ce n’est qu’assez récemment qu’on a essayé de faire usage d’un conducteur placé dans une ornière spéciale, .au-dessous du niveau du sol. MM. Siemens et Halske, de Berlin, ont imaginé, à cette intention, une voie particulière, qu’ils ont fait breveter en Allemagne sous le n° 37255, en date du 3t décembre i885.
- Une forme très simple de ce système est représentée en coupe transversale et en élévation longitudinale, dans les figures 1 et 2.
- Chacune des deux conduites de la voie est formée par deux rails placés côte à côte. Le rail A est celui sur lequel circulent les roues R des voi* tures; l’autre, B, est un rail protecteur. Tous
- (!) Annales de Wiedemann, 1887, vol. XXX p. 699.
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- deux sont rendus solidaires par une courte traverse C, sur laquelle ils sont fixés.
- Dans le système représenté par la figure i, les rails A et B sont retenus simplement par leur semelle extérieure à l’aide d’une plaque F boulonnée sur la traverse C.
- Dans d’autres cas, une plaque de serrage est introduite d’abord entre les deux rails et fixée par une vis entre les branches intérieures des semelles ; ceci a pour effet de maintenir solidement ces dernières sur la traverse C, tout en les tenant séparées l’une de l’autre d’une quantité qui ne peut pas être moindre que le diamètre de la vis ; de plus, l'écartement des champignons des deux rails ne peut pas non plus dépasser une certaine limite.
- Pig, 1
- De l’autre côté des rails, à la place des plaques F, sont vissés des coins qui non seulement fixent les semelles sur la traverse C, mais empêchent encore le renversement des rails, lorsque des voitures lourdement chargées passent en traveis de la voie. Ces coins, en outre, préviennent plus sûrement encore que les plaques F un déplacement latéral des rails A et B, et, par suite, un élargissement de l'ornière.
- Dans les endroits où la voie se trouve placée au milieu d’un pavage régulier, les coins peuvent être façonnés de manière à avoir la forme de pavés, s’accommodant au pavage de la chaussée.
- Les conducteurs de courant G sont posés entre les rails A et B, comme c’est indiqué sur les figures 3 et 6, ou à côté de ces derniers, comme dans la figure i, ou encore en dessous.
- On n’emploie de disposition spéciale que dans le cas où le conducteur doit être recouvert d’une
- matière isolante formée d’une masse plastique Le conducteur G n’est pas en contact immédiat avec le frotteur; ce dernier reçoit le courant par l’intermédiaire de pièces I, disposées par inter-valleslelong des rails et recouvertes plus ou moins par d’autres parties de la voie Les parties conduc-
- Pig. 2
- trices sont renfermées dans un isolateur en forme d’étrier, comme dans la figure i, encastré entre les rails A et B; dans ce cas, les surfaces de contact étant à la surface supérieure de l’isolateur, ne sont recouvertes que par lés champignons des rails, et le frotteur, en passant, glisse doucement sur elles.
- Dans le type représenté en coupe figure 3, en élévation latérale figure 4, et en plan figure 5, la prise de contact, simplement entourée d’une enveloppe isolante, est enfermée dans une boîte P qui l’isole plus sûrement des rails. Dans ce dernier cas, les surfaces de contact sont disposées latéralement sur la pièce I, en forme d’étrier, et, indépendamment du champignon qui les recouvre, elles sont protégées par une plaque à ressort adaptée dans la boîte P. La transmission
- du courant au frotteur K du tramway s’opère comme c’est indiqué figure 6. Le frotteur, divisé à son extrémité ’en deux parties, tendant à s’écarter, passe entre les deux surfaces de contact d’un branchement et repousse les plaques à ressort qui les couvrent.
- Les plaques de contact I, qui sont reliées avec le conducteur G, soit directement, soit au moyen d’un conducteur intermédiaire isolé (fig. 1), ne
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- sont pas plus larges que l’intervalle qui sépare les champignons des deux rails; on peut donc, après les avoir tournées, au moyen d’une clef, dans le sens longitudinal de l’ornière, les retirer de cette dernière sans démonter les rails. Il est clair qu’en raison du peu de longueur de ces
- Fig, i
- pièces, le frotteur doit être suffisamment long pour être toujours en contact avec deux d’entre elle", au moins.
- Le frotteür peut être traîné par le wagon même ou suspendu au-dessous de lui; il se compose de plusieurs parties distinctes, mobiles dans le sens horizontal, et peut, par conséquent, passer sur des courbes d’un très petit rayon. Il doit toujours
- être isolé des rails; c’est pourquoi il porte un renflement isolant L (fig. 6), pressant contre les champignons des rails et qui lui sert en même temps de guide et de support.
- Lorsque le frotteur est fixé au-dessous du wagon, le même résultat est obtenu au moyen d’un bâti indépendant des ressorts et des tampons de la caisse de la voiture; ce bâti est fixé aux boîtes
- des essieux; au besoin, il est pourvu de galets spéciaux roulant sur les rails.
- Pour assurer l’isolement constant des parties de la voie conductrice de l’électricité, il importe que les eaux qui pourraient s’y déverser soient entièrement et régulièrement évacuées de l’ornière.
- Dans le système représenté figure 1, cette évacuation s’opère dans le bas, par la rainure qui existe entre les semelles des deux rails. Dans la figure 6, elle s’effectue latéralement par des trous de décharge ménagés dans les âmes des rails.
- Il convient que le conducteur de courant G et la plaque de serrage qui maintient les rails soient
- Pig. G
- enfouis dans une enveloppe continue en béton ou en asphalte, pouvant être utilisée, au besoin, pour l’isolement du conducteur, et dont la surface unie, particulièrement favorable à l’écoulement des eaux, peut être maintenue propre par des balais fixés au châssis du wagon. L’évacuation par le bas s’opère par filtration dans le sol, lorsqu’il s’y prête ; mais, dans les tramways urbains, elle doit s’effectuer par un canal spécial
- (fig- «)•
- Ce dernier peut servir en même temps à loger les conducteurs de courant G qui, selon le cas, sont posés sur des isolateurs appropriés. Sur les lignes à double voie, ce canal peut servir aussi bien à l'évacuation de l’eau qu’à la réception des conducteurs d’aller et de retour des deux voies.
- K....E
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- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne
- L’Eclairage électrique de la ville d’Elber-feld. — Les autorités municipales de la ville d’Elberfeld ont résolu de fournir la lumière électrique aux habitants de la ville, à partir du Ier octobre.
- On commencera par fournir la lumière depuis le crépuscule jusqu’à minuit. Le prix sera de 12 pf. (i5 cent.) par heure, pour une lampe à arc de 180 bougies normales, et 4 pf. (5 cent.) par heure, pour une lampe à incandescence de 16 bougies normales, mais pour ces dernières, on exige une durée d’activité d’au moins 1 h. 1/2 par jour; dans le cas où cette durée ne serait pas atteinte, on demandera un prix additionnel de 2 pf. (2 cent. 1/2) par heure-lampe.
- Pour les lampes à arc, on ne prévoit pas de prix supplémentaire. La jonction avec le câble principal se fera aux frais du consommateur. Tous les travaux exigés par la jonction, y compris l'installation du compteur d’électricité, seront exécutés par la municipalité seule.
- L’exécution de tout autre travail qui s’y rattache, est remise à des entrepreneurs, auxquels la ville donnera des concessions, en se réservant la fixation du tarif.
- La municipalité est prête à fournir les lampes à incandescence, mais n’a pas encore de lampes à arc. Les compteurs d'électricité seront fournis par la ville, et loués aux consommateurs.
- Les frais des conduites reliant les maisons aux conducteurs principaux, et ceux de l’installation dans l’intérieur, varieront selon les circonstances) mais le prix moyen sera de 16 mark (20 francs, par lampe à incandescence.
- Les consommateurs auront le droit, en tout temps, de se désabonner.
- Elberfeld sera donc une des premières villes du continent européen, où les autorités introduisent la lumière électrique à leur propre risque et responsabilité; et ce fait est intéressant et même assez curieux, vu que dans ce moment même les autorités de la ville de Paris — ville
- qui devrait donner l’exemple au monde entier — s’efforcent de rendre difficile, et de restreindre l’emploi de la lumière électrique.
- Nouveau régulateur. — La figure ci-jointe représente une lampe à arc en dérivation due à M. Hardt de Cologne.
- b est un solénoïde avec noyau de fer creux t, qui porte à son extrémité inférieure une dent qui engrène dans la denture d’un disque de fer d mobile sur son axe; e est un électro-aimant intercalé dans le circuit principal, et qui est parcouru
- Fig. 1
- par le courant, pendant tout le temps que la lampe est en activité.
- Cet électro attire l’armature de fer du levier coudé /, mobile autour de o, au moment où le courant passe à travers la lampe ; y porte la poulie K sur laquelle passe le brin qui supporte le porte-charbon supérieur g. La pièce m est reliée à J, enfin le levier n est articulé en m et en l ; h est le porte-charbon inférieur isolé. Le brin qui supporte le porte-charbon, est enroulé sur l’axe de la roue d.
- Lorsque les charbons se touchent, et que le courant s’établit, e est excité et attire l’armature du levier coudé/, la poulie est attirée en bas, et par suite, le charbon supérieur est élevé d’une certaine quantité, et l’arc de lumière est formé. En même
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- emps le levier n s’abaisse, et le noyau t, qui jusque-là était retenu par n, engrène dans le rouage d et l’arrête.
- Si l’arc de lumière s’allonge peu à peu, la bobine b est de plus en plus excitée, et aspirera un peu le noyau c, qui est presque équilibré par un levier et un contre-poids.
- Quand t est assez élevé pour ne plus engrener en d, le disque d tournera sous le poids du porte-charbon g, jusqu’à ce que t revienne l’arrêter (par suite de la diminution de longueur de l’arc de lumière). Une rotation trop rapide du disque e est prévenue par l’effet^ de frein de l’électro e sur d.
- Un nouveau relais. — M. W. Lahmayer de Aix-la-Chapelle, a imaginé un nouveau relais,
- Fig-, r
- dont la construction est représentée dans la figure 2.
- Un tube de verre b fermé aux deux extrémités, dans lequel deux fils de platine c et d sont engagés, forme le noyau d’une bobine. Ce tube est est partiellement rempli de mercure, tandis qu’un cylindre en fer e nage dans le liquide. Si la bobine est traversée par un courant, le cylindre e est attiré en bas dans le liquide, et par suite, une ascension du mercure a lieu, et les deux fils de platine qui sont reliés métalliquement, ferment un circuit local.
- Pour empêcher l’oxydation du mercure par l’étincelle qui a lieu au moment du contact du mercure avec le platine, la partie supérieure du tuyau est remplie d’un gaz inerte, par exemple de l’azote.
- Le cylindre de fer est muni aux extrémités supérieures et inférieures de coussinets en caoutchouc, pour que le verre ne soit pas brisé par le choc violent contre la paroi.
- A cause de son immutabilité et de son extrême sensibilité, ce relais se recommande spécialement pour la mise en jeu de courants auxiliaires, dans la régulation des lampes à arc.
- Si l’on désire construire différentiellement un tel relais, on entoure le tube par deux bobines, arrangées l’une au-dessus de l’autre, dont l’une se trouve dans le circuit primaire, et l’autre dans le circuit secondaire.
- On peut aussi soudet plusieurs fils dans le tube, à différentes hauteurs, et obtenir ainsi un appareil qui ferme différents contacts, selon l’intensité du courant.
- Dr H. Michaelis
- Angleterre
- La localisation des défauts dans les cables sous-marins. — M. A-E. Kennelly, électricien de VEastern Telegrapli C°, qui a une grande expérience de la recherche des défauts dans les câbles sous-marins, vient de faire une communication à la Society of Telegrapli Èngineers, au sujet d’une nouvelle méthode pour localiser un défaut dans un câble submergé.
- Dans les essais de ce genre, on sait qu’il faut tenir compte de trois éléments : la résistance du conducteur jusqu’au point endommagé, la résistance du défaut lui-même, et la polarisation. La méthode de Sir Henry Mance donne ce dernier facteur, et, si la nouvelle méthode de M. Kennelly est confirmée par l’expérience, elle donnera la résistance de défaut.
- M. Kennelly a constaté, par un grand nombre d’expériences, que la résistance d’une surface constante de aéfaut, exposée à l’eau, varie en
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- pioportion inverse de la racine carrée de l’intensité du courant employé pour l’essai, et que la résistance à un courant constant varie inversement à la racine carrée de la surface exposée.
- Si ces résultats sont exacts, il en résulte que la résistance d’une surface exposée diminue de moitié quand l'intensité du courant qui le traverse est quadruplée, ou bien que l’intensité reste constante si la surface exposée est quadruplée.
- Il paraît ressortir de ces expériences que, pour les intensités faibles, c’est-à-dire au-dessous de 25 milliampères, les résistances observées ne s’écartent pas sensiblement de la loi citée, excepté peut-être quand la longueur du câble entre l’observateur et le défaut est très courte ; on peut cionc déterminer la vraie résistance du défaut en observant la résistance avec une intensité déterminée.
- sous un certain angle, et viennent donner en E une image blanche de la surface du deuxième prisme.
- En faisant passer une carte avec une fente étroite S2 devant le spectre, on peut isoler n’importe quelle couleur à volonté et mesurer son éclat.
- A cet effet, MM. Abney. et Festing se servent d’une modification du photomètre de Bunsen (?).
- Un tableau des résultats obtenus par des expériences sur un câble rompu de YEastern Tele-graph C° prouve que, quand la résistance d’un défaut est constante pour un courant constant inférieur à 25 milliampères, les résistances qu'il présente au passage du courant varient inversement aux racines carrées des intensités, au moins avec une exactitude suffisante pour ces mesures. M. Kennelly espère pouvoir appliquer cette loi aux essais faits avec la méthode bien connue de la déviation, ou avec celle du pont de Wheat-stone, qu’il a employées pour ses expériences.
- On sait depuis longtemps que la résistance des défauts dans les câbles sous-marins varie avec l’intensité du courant d’essai, mais M. Kennelly a essayé de formuler une loi pour ce phénomène,
- Fig, 1
- Les études photométriques de M. Abney. — Le photomètre du capitaine Abney et du colonel Festing, du génie, construit pour mesurer l’éclat des foyers de lumière colorée, comme, par exemple, celle des bandes du spectre, et qui a été présenté à la Royal Society, est représenté en principe sur la figure i. RR sont des rayons lumineux provenant d'un foyer à arc, par exemple, et traversant la lentille L,, qui donne une image du foyer sur la fente S4 d’un collimateur G. Les rayons, rendus parallèles par la lentille L2, sont en partie réfractés et en partie réfléchis. Les rayons réfractés traversent les orismes P4 P2 ; ils sont concentrés par la lentille L3, par un écran en verre dépoli D, où ils donnent un spectre. Les rayons sont rassemblés par la lentille L4, placée
- Une tige placée devant l’écran projette deux ombres, l’une, par rapport à la lumière colorée isolée, et l’autre, par rapport à la lumière d’une lampe a incandescence alimentée par une pile. L’intensité du courant est réglée jusqu’à Ce que les deux ombres aient finalement un éclat égal. On observe ensuite le courant, et comme l’appareil est étalonné pour chaque intensité de courant, on obtient l’intensité de la lumière colorée.
- En prenant les valeurs de la lumière de la lampe comme ordonnées, et les nombres qui indiquent la position de la couleur dans le spectre comme abscisses, ou peut obtenir une courbe des intensités lumineuses du spectre de la lumière observée.
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- Pour les mesures de la lumière solaire, soumise à des variations d’intensité, par suite de l’interposition d’écrans, on remplace la lampe à incandescence par une portion de la lumière qu’on mesure. La lumière qui arrive à la lentille du collimateur traverse en partie les prismes, et elle est en partie réfléchie par la surface de celui-ci. La partie réfléchie est utilisée en la faisant tomber sur un miroir argenté G, elle est ensuite concentrée par la len*Ule L,j et donne une image blanche du prisme en F.
- L’intensité de cette lumière peut être graduée au moyen de secteurs tournants.
- Grâce à cette manière d’utiliser la lumière réfléchie, toute variation de la lumière donnant le spectre affecte le foyer de comparaison au même degré que la lumière qu’il s’agit de comparer.
- Nous pouvons ajouter que MM. Abney et Festing ont vérifié par des expériences la loi théorique de Lord Rayleigh, d’après laquelle la ; lumière transmise à travers un milieu semi-trans-parent varie inversement comme la quatrième puissance de la longueur d’onde. Par exemple, considérons la longueur d’onde 6000 de l’extrémité du rouge du spectre, et la longueur d’onde 4000 dans le violet.
- Le rapport des longueurs d’ondes élevées à la quatrième puissance, est à peu près 5 ; 1. Si donc des rayons rouges et violets d’égale intensité traversent un milieu trouble quelconque, les premiers seront cinq fois moins intenses à la sortie que les seconds.
- Cette loi s’applique aux milieux rendus troubles par des particules de faibles dimensions comparées à une onde lumineuse et ne doit pas être confondue avec la loi d’absorption par les milieux absorbants ordinaires comme, par exemple, du verre coloré.
- Un recorder a étincelles. — Dans le premier recorder construit par Sir William Thomson pour la réception des dépêches sur les câbles très longs, la bande mobile de papier était perforée par une succession d’étincelles électriques. Ces étincelles partaient de la pointe du stylet marquant au fur et à mesure que celui-ci était déplacé par les courants transmis. L’appareil fut
- ê
- essayé, croyons-nous, sur un deç câbles de VEaslern Telegraph C° et on en trouve une description détaillée dans les Mathematical and Phy-sical Papers de l’inventeur. Le professeur Milne a appliqué la même disposition pour enregistrer les mouvements d’un séismographe au Japon.
- Le dispositif consiste à faire passer de la pointe de l’aiguille une série d’étincelles d’une bobine d’induction à travers le papier mobile, jusqu’au tambour métallique sur lequel le papier se déroule. On peut faire passer les étincelles à des intervalles réguliers, au moyen d’un appareil automatique à mouvement d’horlogerie pour fermer le circuit, et les perforations qu’elles laissentenre-gistreront non seulement la position de l’aiguille mais aussi le temps.
- La méthode ne comporte aucun frottement et le papier perforé peut servir plus tard de patron pour faire des copies, comme cela se fait avec la plume électrique d’Edison.
- Depuis quelque temps on emploie, au Japon, un pendule ordinaire muni d’une aiguille très , légère, composée d’un tube mince en aluminium, qui donne une multiplication de 200 fois du mouvement du séismographe. La position du bout de l’aiguille est enregistrée sur deux bandes de papier qui se déplacent lentement sous l’aiguille à angle droit l’une sur l’autre.
- Les étincelles percent les deux bandes en même temps, en décomposant automatiquement le mouvement en ses deux composantes rectangulaires.
- Le recorder à étincelles de Sir William Thomson a cédé la place au recorder à syphon. M. Gray se sert aussi d’un siphon pour enregistrer les mouvements du séismographe.
- Je puis ajouter que le Dr A. Muirhead a essayé, il y a plusieurs années, une méthode d’enregistrement, dans laquelle les étincelles d’une bobine d’induction traversaient l’encre d’une espèce de siphon écrivant. Dans le vrai recorder à siphon, l’encre est électrisée par l’électricité statique développée par le « mouse-mill. »
- J. Munüo
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- États-Unis
- Machine dynamo d’Eickemeyer. — Depuis plusieurs années, M. Rudolf Eickemeyer, de Yonkers (New-York) s'occupe de l’étude des machines dynamo-électriques, et après de nombreuses expériences, il est parvenu à établir un type de dynamo qui mérite un certaine attention, en raison de sa nouveauté et du rendement considérable qu’on lui attribue.
- Un modèle de cette machine, employé comme moteur, a été présenté à YElectric-Club de New-York, dans sa dernière séance,par M. Eickemeyer, qui a ajouté quelques détails explicatifs.
- Le but poursuivi par l’inventeur était de concentrer l’excitation des bobines des électros, sur le noyau de l’induit. Il y est parvenu en entou-
- Fig. :
- rant ce dernier d’une bobine excitatrice, et en enfermant le tout dans une enveloppe de fer.
- La figure 7 ci-après, est une section longitudinale d’un modèle de cette machine ; la figure 8 en est une section transversale, l’armature étant enlevée.
- On voit que l’enveloppe de fer qui renferme l’armature est formée de tôles de fer, maintenues aux extrémités par des pièces en fonte solidement boulonnées.
- Les feuilles de tôle sont découpées circulaire-ment à lintériour, avec deux encoches sur le diamètre vertical (fig. 1 ). On forme ainsi un espace rectangulaire destiné à recevoir les bobines d’excitation, qui sont enroulées dans le même sens que les fils de l’induit, et sont divisées de façon à livrer passage à l’arbre.
- L’armature est placée dans les bobines excitatrices et est complètement entourée par les fils en
- haut et en bas, et par le fer sur les côtés. Le circuit magnétique ainsi formé est complet, et l’on ne remarque pas la moindre trace d’aimantation extérieure.
- Nous avons eu le plaisir de voir fonctionner cette machine: elle fournissait 20 ampères, 40 volts ; une aiguille de boussole promenée sur les côtés de la machine était attirée de la même manière partout.
- En ce qui concerne la puissance de cette machine, nous ajouterons que M. Eickemeyer a essayé de placer l’armature d’un ancien modèle de machine dans le champ de son système, et, avec la même quantité de fil d’excitation que l’on employait avec l’ancien modèle, la puissance augmentait de près du double.
- Bien que M. Eickemeyer revendique cette machine comme son invention, nous devons faire remarquer qu’elle ressemble évidemment à celle du professeur Forbes.
- Pompe pneumatique électrique de Worth. — Toutes les personnes appelées à se servir de pompes à air savent les difficultés que l’on éprouve à faire fonctionner les soupapes d’une manière efficace au moment où le vide est à peu près complet. La force élastique de l’air est alors insuffisante pour vaincre leur poids à l’instant où le piston commence son mouvement de retour.
- Pour remédier à cet inconvénient, M. A. B. Worth, de Greenport, a imaginé de ^e servir de l’électricité pour agir sur les soupapes, lorsque cela devient nécessaire par suite de l’abaissement de la pression dans le récipient.
- Les figures ci-dessous représentent l’application du système à une pompe pneumatique compound, mais il est évident que l’on peut disposer d’après le même principe, des pompes à un seul piston.
- A la partie supérieure du bâti A est monté un arbre B, portant une poulie b reliée par une courroie avec le moteur qui actionne la pompe. Ce même arbre transmet son mouvement à la dynamo C placée au-dessous ; ses extrémités portent des-manivelles calées à 180 degrés et reliées avec les tiges des pistons des cylindres G et H.
- Ces cylindres portent à leur base des enve-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- loppes N et V, servant à la fois de soupapes et de chambres à air. Chacune d’elles est divisée en deux compartiments hermétiques, n et ri.
- Le compartiment n renferme un mécanisme composé d’un pignon et de deux crémaillères, et combiné de telle sorte que, lorsqu’une des crémaillères monte, l’autre descende.
- L’une de ces crémaillères porte une soupape O et l’autre l’armature d’un électro aimant P.
- Fig. 3
- Dans le compartiment ri, la soupape O' est attirée directement par l’électro-aimant P'.
- Le même agencement de soupapes et d’électros existe dans la chambreV au-dessous ducylindre H. Le compartiment ri communique avec le compartiment de droite de V au moyen d’un tuyau R pourvu d’un robinet r à trois directions, disposé de façon à mettre ri en communication directe avec l’atmosphère. La cloche M est reliée avec n au moyen du tuyau m, et avec V par le tuyau tri
- pourvu d’un robinet mL La chambre V commu* nique avec l’atmosphère par une soupape v.
- Dans la figure 2 est représenté un manomètre à mercure I, relié avec le tuyau m et indiquant la pression de Pair dans la cloche.
- Un circuit électrique est établi, ainsi que le fait
- Fig. S
- voir le dessin, entre une pile, une sonnerie et un commutateur x. Une des extrémités u est en communication avec le mercure. Le circuit porte un embranchement en x avec deux électrodes w qui peuvent être fixées à toute hauteur voulue du tube.
- Les apparèils électriques agissant sur les soupapes se composent d’une dynamo C, des électroaimants P, P', Q, Q', d’un commutateur et des circuits indiqués.
- Le commutateur fonctionne automatiquement
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- à. l’aide du mécanisme représenté figure 2. Le bras L, fixé sur l’une des tiges du piston, trappe, à chaque extrémité de la course de ce dernier, contre des butoirs fixés au commutateur, et le fait mouvoir de la quantité voulue.
- Les circuits sont disposés de telle sorte que les éiectros P et Q' entrent alternativement en activité avec les aimants P' et Q.
- L’aspiration, dans cet appareil, s’opère de deux manières : En premier lieu, le circuit communi-quantavec la dynamo est interrompu, le robinetm2 est fermé et la soupape r est tournée de façon à ouvrir la communication entre ri et V. Les électrodes ajustables ip de l’indicateur sont disposées de telle sorte que le circuit est fermé avec l’une d’elles, lorsque la pression, dans la cloche, devient trop faible pour faire jouer les soupapes, et avec l’autre, lorsque l’aspiration est complète. Le commutateur x est alors|disposé, comme le montre le, dessin.
- Lorsqu’on met la pompe en mouvement, l’air est aspiré de la cloche M, dans le compartiment n, passe de là en ri, par les soupapes O et O', et par le tuyau R, dans le compartiment récepteur de Y ; de là, par les soupapes, dans la chambre d’aspiration et dans l’atmosphère.
- Dans le second mode d’aspiration, la soupape r est tournée de telle sorte que ri est en communication avec l’atmosph'èrc; m2 est ouvert, et les circuits électriques sont disposés comme auparavant. L’évacuation de l’air se fait directement, dans l’atmosphère, pour chaque cylindre.
- Dans le premier cas, au bout de quelques coups de piston, l’aspiration a lieu de la chambre ri par rapport à un vide partiel ou une pression inférieure à 0,007 atmosphère ; on peut, de la sorte, obtenir un vide plus complet dans la cloche.
- Dans le second cas, l'aspiration se fait sur la pression atmosphérique, et bien que la quantité d’air aspirée à chaque coup de piston soit double de celle obtenue par la première méthode, le vide n’est pas aussi complet.
- Dans chacune de. ces méthodes, lorsque la pression dans la cloche est assez basse pour rendre imparfait le fonctionnement des soupapes, le mercure vient compléter le circuit avec l’électrode inférieure w, la sonnerie d’alarme r
- retentit, signalant le fait au surveillant. Celui-ci établit aussitôt le circuit avec la dynamo G et tourne le commutateur x sur l’autre point de con. tact.
- Les soupapes de la pompe fonctionnent alors au moyen des électros. Quand l’aspiration complète est effectuée, le mercure de l’indicateur complète le circuit par le contact supérieur jp, la sonnerie retentit de nouveau et avertit le surveillant.
- Au moyen du système que nous venons de décrire, on débarrasse promptement les ampoules d’une série |de lampes à incandescence, d’une grande partie de l’air qu’ils contiennent, en faisant fonctionner les deux cylindres par la méthode d’évacuation directe cans l'atmosphère. Lorsqu’une faible pression a été atteinte, les cylindres sont, pour ainsi dire, couplés en compound, et l’un s’évacue dans l’autre, de sorte que le travail de chacun est partagé par moitié ; on obtient ainsi un vide très complet.
- J. Wetzler
- NÉCROLOGIE
- M. Adolphe GaifTe
- Ladislas-Adolphe Gaiffe, l’électriçjen bien connu, vient de mourir; il n’était âgé que de cinquante-cinq ans.
- Le nombre d’appareils nouveaux conçus ou réalisés pour la première fois par lui est considérable. Il avait abordé avec succès toutes les branches de la science nouvelle.
- Ses appareils d’électricité médicale sont répandus dans le monde entier; il fut un des premiers, le premier meme, dit-on, à reconnaître le parti qu’on pouvait tirer du nickel, appliqué électrolyti-quement sur les métaux oxydables. Ce que Gaifle appelait la nickelure et ce que ses imitateurs ont appelé le nickelage est devenu une industrie formidable.
- Il fut le collaborateur habile de bien des savants, apportant, dans chaque nouvelle invention qui lui était confiée, son sens éminemment pra-
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- tique, sa grande expérience de chercheur et une droiture à toute épreuve. Il avait été nommé chevalier de la Légion d’honneur à la suite de l’exposition d’électricité de 1881.
- J. B.
- BIBLIOGRAPHIE
- L’électricité et le Magnétisme considérées comme
- FORCES COSMO-TELLURIQUES, PAR LE D' THÉODORE HoH,
- professeur de physique au Lycée de Bamberg. — Vienne 1887. A. Hartleben
- Le titre si retentissant du livre dont il s’agit semble promettre un contenu des plus variés et des plus intéressants.
- Malheureusement, l’auteur a voulu, nous semble-t-il , plutôt montrer comment on ne doit pas faire un livre sur ce sujet, que produire une œuvre aussi complète et aussi intéressante que le cadre restreint de la collection Hartleben le permet.
- L'auteur a manqué complètement de mesure darîs la répartition des chapitres. Ainsi, le magnétisme terrestre et ses rapports avec les phénomènes solaires sont traités en 11 pages à peine, tandis que l'étude de l’ozone et de l’ozonification de l’air en occupe plus de 5o. De même pour les courants terrestres et le feu Saint-Elme ; l’auteur consacre 10 pages à l’étude des premiers et i5 à celle du second phénomène.
- Même avec cette disproportion dans l’étendue des chapitres, l’auteur qui fait, à tort et à travers, des renvois aux travaux originaux , aurait pu témoigner de plus de connaissances dans l’histoire des phénomènes cosmo-telluriques.
- Nous ne faisons que relever l’omission complète de la relation qui existe entre les variations du magnétisme terrestre et celles des taches solaires et dont la concordance de périodes de 11 ans 1/3, découverte simultanément par Sabine, Gauthier et R. Wolf, a surtout été étudiée par ce dernier.
- (>) Elektricitæt und Magnetismus als kosmotellurische ^Kræfte vpn Dr Theodor Hoh.
- Dans le chapitre des courants terrestres, une foule de noms sont cités, mais les travaux classiques de Blavier, qui forment la seule étude systématique complète faite avec la plus grande exactitude sur de longues lignes, sont complètement ignorés.
- Nous pourrions continuer encore nos critiques; mais franchement, l’ouvrage de M. Hoh n’en vaut guère la peine. Cependant ajoutons que ce livre, et en ceci il fait exception aux autres volumes de la collection électro-technique Hartleben, ne renferme aucune figure, aucune courbe, montrant la marche des phénomènes étudiés.
- Quant à la clarté de l’exposition et à l’élégance du style, nous préférons ne pas en parler. Cependant, nous ne pouvons résister à la tentation de citer in extenso une définition du potentiel magnétique terrestre, qui est une perle.
- Voici cette définition (page 6) : « Le potentiel magnétique d’un lieu s’exprime de la manière suivante, en fonction de l’attraction qui s’exerce entre le magnétisme terrestre et la charge locale : chaque millimètre cube d’un prisme, dont la base de 1 millimètre carré est formée par la surface terrestre saturée de magnétisme boréal, et qui s’étend verticalement jusqu’aux limites de l’influence magnétique terrestre, peut être pris comme unité des relations magnétiques (>). » Comprenne qui pourra!
- Ajoutons que les définitions et les phrases dans ce goût-là ne sont pas rares dans le livre de M. Hoh, et nous aurons tout dit.
- La photométrie électro-technique,par le D'Hugo Krüss.
- — Vienne, 1886, A. Hartleben, éditeur (2).
- La littérature électrotechnique s’enrichit chaquë
- (1) Pour qu’on ne puisse nous accuser de dénaturer le sens de cette phrase, nous la donnons in extenso dans la langue originale :
- « Das magnetische Potential eines Ortes ist gegebem im Anz>ehungsdruck zwischen Erdmagnetismus und localer I.adung von dieser Bestimmung : Von einem Prisma mit der Grundflæche eines Quadratmillimeters der mit Nord-magnetismus gesættigten Erdoberflæche und der senkrecht daruber erstreckten Hœhe bis zur merklichcn Grenze des erdmagnetischen Einflusses gilt jedes Kubikmillimeter als Einheitsmass der magnetischen Beziehungen. »
- (2) Die Eleçtro-technische Photométrie, von Dr Hugo Krüss.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- jour d’ouvrages nouveaux que nous devons quel quefois soumettre à des critiques qui peuvent paraître exagérées, mais qui ne sont que justes. Le volume ci-dessus peut revendiquer vaillamment sa place au soleil, car il remplit une lacune qu’ont constatée tous ceux qui ont dû s’occuper de mesures photométriques sur l’éclairage électrique.
- Chacun sait, en effet, que ces mesures sont des plus difficiles et que les résultats auxquels on arrive sont souvent, même en prenant toutes les précautions recommandées, bien loin de la précision sur laquelle on est en droit de compter.
- Un grand nombre de travaux ont déjà été faits dans ce domaine de l’électr o-photométrie et ont donné lieu à des remarques fort intéressantes et très importantes pour l’exactitude des mesures. Mais tous ces travaux sont disséminés dans les revues et journaux périodiques électriques ou industriels, et il est ainsi très difficile de les consulter. Aussi ne peut-on que féliciter M. Krüss d’avoir réuni dans un volume de Y Encyclopédie électrotechnique, de Hartleben, les renseignements les plus importants sur cette question si controversée. La compétence de l’auteur donne, en outre, une valeur toute particulière aux documents ainsi rassemblés et aux règles développées dans le cours de l’ouvrage.
- Une innovation très heureuse de M. Krüss est la bibliographie très complète qu’il a donnée de tous les mémoires et travaux parus dès l’origine des mesures photométriques, c’est-à-dire depuis Bouguer. Cette partie rendra évidemment de grands services à tous, car elle permet de compléter par l’étude des travaux originaux les questions qui n’ont pu qu’être esquissées dans le cours du volume.
- La première partie du livre de M. Krüss traite des lois mathématiques de la dispersion de la lumière et donne une définition précise de la photométrie. L’auteur qui a déjà traité cette question dans plusieurs mémoires s’attache surtout à démontrer que la comparaison des intensités des deux sources lumineuses doit être faite à l’aide de l’œil seulement ; car il est seul jiUge de l’intensité d’un éclairage et on ne peut pas faire des mesures rigoureuses, en partant des propriétés physiques ou chimiques de telle ou telle substance.
- Dans la deuxième partie, M. Krüss donne une description et une discussion des principaux photomètres; il étudie surtout le photomètre de Bunsen qui, en Allemagne, est le plus souvent employé. Les photomètres fondés sur la polarisation de la lumière sont simplement mentionnés ; il nous semble cependant qu’ils méritent mieux qu’une simple mention, car quelques-uns, celui de Wild entr’autre, servent assez fréquemment à des mesures industrielles.
- La troisième partie renferme la description des moyens à employer pour rendre l’intensité lumineuse des deux sources à comparer, du même ordre de grandeur; cette question est très importante pour l’exactitude des résultats, car on sait que l’œil a beaucoup plus de facilité à comparer deux sources lumineuses, dont l’intensité diffère peu, que lorsque celle-ci est très différente. On trouve d’abord une théorie élémentaire des lentilles de dispersion, une discussion approfondie sur l'emploi des milieux colorés, l’étude détaillée du photomètre à dispersion de Krüss et enfin des considérations intéressantes sur la mesure des intensités lumineuses sous des incidences variables.
- Les étalons de lumière fondamentaux et lès étalons de comparaison usuels sont étudiés dans la quatrième partie. Cette étude est très complète et excessivement intéressante. L’auteur juge cependant un peu sentencieusement, nous semble-t-il, lorsqu’il dit que la photométrie pratique n’a absolumént rien gagné par l’emploi de l’unité Violle.
- *
- La cinquième section du livie comprend un résumé des mesures photométriques faites sur les lampes à arc ou à incandescence dès l’origine. Les travaux les plus intéressants et les mesures les plus exactes ou les plus importantes sont donnés avec assez de détails, ainsi que tous les renseignements pratiques qu’on a tirés du grand nombre d’essais faits un peu dans toutes les directions.
- La dernière partie de l’ouvrage de M. Krüss se compose d’une série d’études indépendantes sur l’étude des sources lumineuses, sur les mesures de l’éclairement d’un espace donné, sur les pertes de lumière par l’absorption des milieux, sur la spectro-phovométrie, etc. Quelques-uns de ces
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- chapitres sont la reproduction d’articles publiés par l’auteur dans diverses revues techniques. Ils n’en sont pas moins des-plus* * intéressants et la fin du volume ne le’cède eri rien au commencement.
- Les applications ûe L'élecTriCite aux appareils enregistreurs, par E. Gerland, Vienne i8Sd, — A. Hartlebcn, éditeur (*).
- Ce nouveau volume de la collection Hartleben renferme une description des appareils enregistreurs dans le fonctionnement desquels l’électricité intervient d’une manière quelconque. Le plan qui a présidé à l’élaboration de cet ouvrage nous paraît bien discutable.
- Les limites d’un volume de cette collection ne permettent pas d’étudier tous les appareils enregistreurs possédant certains organes électriques, avec assez de détail pour que le livre de M. Gerland puisse servir de vade-mecum à ceux qui sont appelés à faire usage de l’un ou de l’autre des nombreux instruments enregistreurs. En outre, nombre d’entre eux fonctionnent à merveille sans l’aide d’organes électriques. Il suffit, par exemple, de citer les nombreux barographes et thermographes.
- Le volume que nous considérons, quoique renfermant la description d’un grand nombre d’instruments touchant un peu toutes les sciences d’observation, est donc forcément incomplet, car l’auteur a dû passer rapidement sur beaucoup dq, questions, en égard au cadre imposé. Il ne peut donc rendre que de faibles services.
- En effet, le chapitre qui traite des chrono-graphes, par exemple, est trop incomplet pour qu’un astronome puisse s’en contenter, et il devra nécessairement recourir à un ouvrage spécial; le météorologiste ne trouvera pas même la mention de quantité d’instruments enregistreurs sanctionnés par une longue expérience, mais qui ont le grand tort de ne pas avoir d’organes électriques.
- La même remarque peut s’appliquer à toutes les questions étudiées.
- Ces quelques réserves faites, nous passons à une revue rapide des principaux chapitres du livre de M. Gerland ; nous remarquerons cependant auparavant que les sources originales auxquelles on peut avoir recours pour une étude plus approfondie des sujets esquissés, sont indiquées avec un soin tout particulier et nous ne pouvons que féliciter l’auteur d’avoir consacré toute son attention à cette partie de son ouvrage.
- La première partie du livre donne la description de quelques-uns des chronographes les plus employés.
- Dans la seconde partie, on trouve d’abord les instruments destinés à mesurer de petits intervalles de temps, tels que les chronoscopes de Wheatstone, Breguet, Pouillet, etc., puis une description du chronoscope de Hipp qui, cependant, nous paraît rentrer difficilement dans la catégorie des instruments enregistreurs.
- La mesure et l’enregistrement des vitesses font l’objet d’un chapitre spécial qui renferme la mention concise, sinon la description détaillée, d’un grand nombre d’appareils, tels que lochs électriques, appareils de démonstration pour la chute des corps, enregistreurs de travail, dynamo-graphes, compteurs-totalisateurs d’intensité de courant, etc.
- Les appareils enregistreurs météorologiques sont étudiés dans la troisième partie du volume. On y trouve d’abord les thermomètres et baromètres enregistreurs, les hygromètres, pluviomètres et anémomètres, le météorographe du père Secchi et le télémétéorographe de van Rys-selberghe et d’Olland, etc.
- La quatrième partie, enfin, renferme la description de quelques indicateurs de niveau d’eau, d’appareils [enregistreurs pour l’observation des courants terrestres, naturellement en ignorant les travaux de Blavier, et se termine par quelques considérations sur les sismographes.
- (*) Die Anwendung der Klektricitœt bei registriren den Apparaten von D’ Ernst Gerland.
- A. P.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Compositions diverses des bains de formation s
- i° Eau............................. io litres
- Acide azotique.................. i kilog.
- Acide sulfurique ..... i —-
- RÉSUMÉ DES
- BREVETS D’INVENTION
- délivrés depuis le /°r janvier 1887
- 174761. — DUJARDIN. — Accumulateurs électriques. L’inventeur a cherché un moyen rapide, permettant de
- recouvrir les lames de plomb, genre accumulateur Planté, d’une certaine épaisseur de sels de plomb insolubles, par voie électro-chimique.
- Le bain de formation est composé de deux acides l’un formant avec le plomb un sel soluble dans l’eau, l’autre
- Fig. S, 4 et 5
- au contraire, formant une combinaison insoluble. La réaction sous l’influence du passage d’un courant de 2 à 3 ampères est celle-ci : oxydation du plomb, formation du sel soluble par un des acides et reformation immédiate du sel insoluble par l’action du second acide. 5 à 6 heures pour la formation d’un couple.
- ' Le plomb est cannelé suivant une denture oblique (fig. 1 et 2).
- 2° Eau. ................................. 8 litres
- Nitrate de soude................... 4 à 5oo gr.
- Acide sulfurique. ..... 2 litres
- L’inventeur préconise l’emploi d’insufflation d’air comme accélérateur de l’oxydation du plomb.
- Les lames cannelées droite, cannelées gauche (fig. 3
- Fig. 6
- et 4} sont réunies par paires (fig. 5) ensuite suspendues et soudées à une barette (fig. ’6) entièrement* immergée. La dilatation s’opère librement vers le bas du vase.
- 178341. — CHERTEMPS. — Améliorations et perfectionnements apportés AUX MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES.
- Ces perfectionnements consistent dans un arrangement spécial des bobines de l’induit ; cet arrangement se trouve constitué par une combinaison de supports ajourés en métal, permettant aux bobines de se refroidir par la ventilation produite par le mouvement des inducteurs, au fur et à mesure qu’elles s’échauflent à la suite des arrachements magnétiques, et permettant en outre une grande facilité de démontage des bobines isolément.
- Une table de groupement a été nouvellement combinée où toutes les entrées des bobines, et toutes les sorties
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- correspondant à ces mêmes bobines de l’induit sont respectivement sur une même ligne ce qui facilite le groupement en tension ou en quantité,
- 17846», - DRAWBAUGH. — Perfectionnements dans
- LES APPAREILS TÉLÉPHONIQUES PRINCIPALEMENT DESTINER A PÉCELER LES SONS OU LES BRUITS TRANSMIS PAR VIBRATIONS A LA TERRE*
- Cette invention consiste dans la combinaison d’un microphone à contacts de charbon avec une tarière tubulaire que l’on peut introduire dans la terre- Le microphone étant
- I l il I I
- influencé par les bruits ou sons transmis par vibration à la terre modifie proportionnellement le courant électrique qui le traverse et transmet ses vibrations au récepteur téléphonique.
- 178371. — LEVAVAhSEUR. — Nouvelle lampe électrique POUVANT MARCHER A LA FOIS COMME RÉGULATEUR A ARC ET COMME LAMPE A INCANDESCENCE A L’AIR LIBRE.
- C’est un système régulateur vertical qui se compose d’une tige de fer doux portant le charbon supérieur, d’un électro-aimant constitué par une seule bobine, chaussée sur la partie médiane d’un noyau de fer, en forme de U sur les pôles duquel est placée cette tige.
- Le jeu de l’appareil est tel que l’intensité augmente quand le crayon descend, et par conséquent l’adhérence de la tige au noyau de l’électro augmente.
- La force qui agit pour la faire descendre est constante,
- «
- c’est le poids de la tige. Sous l’action combinée de l’effet du courant et de cette force, le système tend vers un état d’équilibre.
- Pour transformer le système en lampe à incandescence, on remplace le crayon d’en haut par un crayon mince, et celui d’en bas par un gros, on fixe sur la tige du suppoit du régulateur parallèle à la ligne des charbons, une petite pince isolée qui presse le crayon quelques millimètre au-dessus de sa pointe.
- 178472. — BARNÈS et BACKER. — Perfectionnements
- DANS LES SIGNAUX ÉLECTRIQUES D’APPEL ET D'ALARME.
- Cette invention se rapporte tout particulièrement aux signaux électriques employés dans les hôtels ou à bord des paquebots, etc. Son objet est de servir, soit à réveiller automatiquement et séparément les voyageurs à l’heure indiquée par eux, soit à les réveiMer tous simultanément en cas d’un danger quelconque.
- 174197. —- G. A. BELL. — Méthode et appareil pour
- TRANSMETTRE, REPRODUIRE ET ENREGISTRER LA PAROLE ET
- AUTRES SONS.
- Cette méthode est basée sur l’application de certaines propriétés des fluides (gaz ou liquide) sous forme de jets qui sont capables de produire des bruits et des sons. Le jet sert de milieu pour la transmission des vibrations sonores. Il agit sur le diaphragme d’un téléphone transmetteur disposé dans la partie continue du jet près du point où il se résoudra en gouttes, si on lui permet de tomber librement.
- En agissant sur le diaphragme, les ondes sonores mettent le jet en vibration ; lequel jet, à son tour, impressionne le diaphragme du téléphone et détermine ainsi des ondulations électriques dans le circuit relié au téléphone transmetteur.
- 178452. — MAXWELL. — Procédé et appareil pour
- LA CARBONISATION DE FILAMENTS POUR LAMPES A INCANDESCENCE-
- Le procédé consiste à placer les filaments dans un moule ou boîte, chauffé électriquement dans une chambre close privée d’air, qui contient une atmosphère convenable ou dans laquelle circule un gaz tel que l’azote ou un gaz hydrocarburé à une pression en dessous de celle de l’atmosphère, de façon qu’il n’entre pas d’une manière préjudiciable en combinaison avec la matière carbonée chauffée.
- L’appareil où s’effectue la carbonisation est constitué
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- par un moule de forme appropriée à celle du filament conducteur, en terre réfractaire, dans ou sur lequel les filaments sont placés. Ce moule est disposé dans une chambre close, alimentée de gaz convenable et relié par des conducteurs à une source d’électricité.
- 178453. — MAXWELL et HUGHES. — Perfectionnements DANS LA FABRICATION DES LAMPES ÉLECTRIQUES A INCANDESCENCE.
- L’invention a pour objet un mode de chauffage des ampoules des lampes pendant qu on y fait le vide, de telle, manière qu’une température élevée et déterminée peut leur être appliquée économiquement, sans danger pour les lampes, sans ennui ou désagrément pour les opérateurs.
- Dans ce but, les lampes sont placées, soit dans une caisse à simple paroi lorsque les gaz de chauffage ne sont aucunement nuisibles, soit dans une caisse à double enveloppe où circulent les gaz qui ne présenteraient pas une innocuité absolue. Les gaz de chauffage peuvent être des flammes perdues.
- (4 suivre) E. Dieudonné
- DISCOURS D’INAUGURATION
- Prononcé à Londres, le i3 janvier 1887, devant la Society ofTelegraph Engineers and Electricians
- PAR
- SIR CHARLES BRIGHT (t)
- Après avoir obtenu en 1847 la permission du roi Louis Philippe, pour relier l’Angleterre avec la France au moyen d’un câble sous-marin, et plus tard une concession du prince Napoléon, à ce moment président de la République (1849), il plaça un seul fil de cuivre couvert de gutta-percha, le 28 août i85o, entre Douvres et le cap Grisnez, à une profondeur de 3o brasses au plus.
- Tous les cent mètres, un poids était attaché pour maintenir le câble en position. Pendant la pose on communiquait du navire le Goliath avec la côte anglaise, et plus tard entre les deux pays. Le lendemain matin, le circuit était cependant interrompu et l’on constata que, sous l’action des vagues, le fil avait été frotté contie les rochers et la couverture de gutta avait été enlevée.
- Aux termes de la concession française, le gouvernement
- (i) Voir La Lumière Électrique, des 2 et 9 avril 1887.
- se réservait le droit de retirer le droit concédé, si l’expérience n’avait pas donné des résultats satisfaisants à la date du i*r septembre i85o. Le but fut atteint, mais rien au-delà.
- Une copie des dépêches transmises fut certifiée par une dizaine de personnes, parmi lesquelles un ingénieur du gouvernement français qui assistait aux expériences; ce document fut envoyé à Paris et on obtint une prolongation de la concession.
- L’année suivante, un câble plus robuste fut fabriqué, dont les conducteurs étaient en fils de cuivre n° 16, entourant un noyau en chanvre goudronné et couvert de la même matière. Les conducteurs étaient couverts d’une double couche de gutta-percha d’un quart de pouce de diamètre. Le noyau avait été fabriqué à l’usine de la Gutta-peroha C", à ce moment dirigée par M. Samuel Statham, un homme d’une grande valeur.
- La couverture extérieure était composée de fils de fer galvanisés placés sur le noyau comme les fils de fer dans un câble pour les mines. J’ignore le nom de l’inventeur de cette armure, mais M. Crampton, l’ingénieur de la Compagnie, la fit exécuter par MM. Wilkins et Weatherly, de Wapping
- Le travail fut arrêté par un ordre de la Court oj Chancery, pour contrefaçon des brevets de M. R. S. Newall, en date de 1840 et 1843, et la fabrication fut continuée par cette maison. Le câble qui avaitune longueur de 24 milles, et pesait 180 tonnes, fut embarqué à bord du Blaser, un navire fourni par le gouvernement. La fabrication retardée par les poursuites judiciaires ne fut terminée que le 17 septembre.
- M. Crampton qui avait fourni une grande partie du capital, entreprit la pose du câble. Pendant deux arrêts causés par une interruption de la communication avec la côte et par la rupture d’un câble du remorqueur, on perdit une certaine quantité du câble, qui, finalement était trop court d’un mille qui fut ajouté plus tard.
- Ce câble fonctionne toujours, mais il a subi de nombreuses réparations. Sa couverture sert toujours de modèle pour tous les câbles sous-marins placés dans des eaux relativement basses, à l’Exposition de 185 x, M. Brett, exposait dans la classe X un échantillon de ce câble, de. même que plusieurs autres modèles pour lesquels une médaille lui fût décernée.
- La Submarine Telegraph C”, (formée par M. Brett, Sir James Carmichael, Lord de Manley et d’autres), traitait bientôt après avec MM. Newall, pour la pose d’un nouveau câble à Ostende. Cette compagnie fut la première qui adopta le merveilleux appareil imprimeur de M. Hughes (notre ancien président), si connu par ses autres inventions, en particulier par son microphone. Son télégraphe imprimeur a été adopté par beaucoup de gouvernements étrangers, et plus tard, par notre United Kingdom Telegraph C°, et nous savons tous, que la médaille royale lui a été décernée l’année dernière par la Royal Society.
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- D’autres câbles ont ensuite été placés entre Port-patrick'et Donaghadee; par la Compagnie Magnétique, et entre l'Angleterre et la Hollande, par la Compagnie Electrique, mais le temps ne me permet pas d’en parler en détail. .A-l’exception de celui de Varna â Balaclava, ces câbles ne différaient que par leurs dimensions et le nombre de fils.
- Vers la fin de l’année i855, les lignes américaines ont été construites jusqu’à Terre Neuve, et en Europe le réseau de la Compagnie Magnétique s’étendait jusqu’à la côte ouest de l’Irlande.
- La possibilité de réunir les grands réseaux télégraphiques de Taneien et du nouveau monde au moyen de câbles sous-marins occupait depuis longtemps l’attention des hommes de science et des praticiens. Il restait toujours à voir si l’on pouvait placer sans accidents un câble à une si grande profondeur et sur une si grande longueur. Un autre problème qui n’avait pas reçu de solution encore, était de savoir, si on pouvait faire fonctionner les appareils électriques sur un circuit aussi long.; Quand les fils sont fixés aux isolateurs des potaux à la manière ordinaire, on peut télégraphier sur les circuits les plus longs, mais, quand les fils sont couverts de gutta-percha, les actions d’induction statique causent .un retard considérable des signaux, qui provient de ce que les fils agissent comme une bouteille de Leyde.
- En ma qualité d’ingénieur delà Compagnie Magnétique, j’avais sous mon contrôle une longueur considérable de fils souterrains couverts de gutta-percha, et j’ai fait une longue série d’expériences, en reliant tous les fils entre Londres et Manchester, de manière â former un circuit centinu d’une longueur égale à la longueur du câble télégraphique entre l’Irlande et Terre-Neuve, ou plus de 2000 milles.
- Ma méthode consistait à employer une succession de courants opposés qui m’avait autrefois réussi avec les appareils magnéto-électriques de la Compagnie. Je ne pouvais faire mes expériences que la nuit ou le dimanche, quand il n,’y avait que peu de trafic.
- M. Whitehouse, un homme très intelligent, et un expérimentateur aussi ingénieux que persévérant, travaillait depuis quelque temps vers le même but, avec les fils de plusieurs câbles dans la Méditerranée, reliés ensemble de manière à former une longueur de 900 milles. Ces fils avait été mis à sa disposition par M. Brett, le fondateur de la Mediterranean Electric Telegraph O, et, comme je fis part à ce dernier de mes expériences, un jour à Greenwich, en 1855, il me mit en relation avec M. Whitehouse, dès lors, nous avons continué nos recherches ensemble, jusqu’au commencement de la ligne américaine, quand il fallut diviser nos travaux, car, il devint l’électricien et moi l’ingénieur de la Compagnie.
- Au mois de juillet i856, M. Cyrus Field, le vice-président de la New-Yotk and Newfoundland Telegraph C9, partit de l’Amérique pour Londres, muni de l’autorisation de ses associés, pour traiter au sujet du monopole que
- possédait sa Compagnie pour la côte de Tcric-Ncuve,.et pour d’autres privilèges dans la Nouvelle Écosse.
- Depuis quelque temps il s’occupait de ce projet avec M. Brett.
- Il avait déjà été en Angleterre pour des affaires de télégraphes, et, l’année avant, nous avions parlé de la ligne de l’Atlantique.
- Le 29 septembre ï856, un contrat fut signé entre MM. Brett, Cyrus Field, Whitehouse et moi-même, aux termes duquel, nous nous sommes engagés mutuellement à faire tous nos efforts « en vue de former une société pour l’exploitation d’une communication télégraphique entre Terre-Neuve et l’Irlande. La dite Compagnie prendrait le nom de Y Atlantic Telegraph C°, ou tout autre, au choix des soussignés. »
- M. Field était — et je suis heureux de dire, il est encore d’une énergie extraordinaire, aussi prompte dans la compréhension que dans l’action, et doué d’un courage et d’une persévérance dans les circonstances difficilesj qu’on rencontre rarement.
- Le professeur Morse, l’électricien de la compagnie de Terre-Neuve, arrivait également à Londres, et Whitehouse lui montra un soir avec moi-même (le 9 octobre 1856), aux bureaux de la Compagnie Magnétique, qu’on pouvait envoyer des signaux à raison de 210 240, et dans une expérience, de 270 par minute, à travers un circuit continu de 2000 milles de fils souterrains de la Compagnie, entre Londres et Manchester.
- Les fils étaient [joints à Londres et à Manchester, et dans chaque boucle aux deux bouts, un galvanomètre était intercalé dans le circuit pour prouver que les courants passaient réellement. Cette disposition augmentait beaucoup la résistance, mais non le retard de la ligne.
- Le 20 octobre i85G, Y Atlantic Telegraph C° fut officiellement enregistrée. M. Brett était en tête des souscripteurs pour une somme de 625,000 francs, et M. Field le suivait avec la même somme; nous avons eu ensuite des réunions à Livcrpool, Manchester et Glasgow, et presque tout le capital qui se composait de 35o actions de 2,5oo francs chacune, fut souscrit en quelque jours, surtout par les actionnaires de la Compagnie Magnétique.
- Le temps me manque pour une description détaillé^ de la télégraphie transatlantique, il me faudrait toute une soirée, et elle a été décrite dans plusieurs ouvrages.
- Je ne puis cependant quitter ce sujet, sans vous parler du bon souvenir que j’ai gardé de ceux qui m’ont si bien aidé dans ma tâche (comme ingénieur en chef), pendant le dernier voyage : MM. Canning, Henry Woodhouse, Everett de la marine, des États-Unis, et Clifford, aujourd’hui ingénieur de la Telegraph Construction C°. En dehors de nos relations d’affaires, nous étions tous amis et collègues, et je n’ai jamais passé des jours plus heureux à bord d’un navire.
- M. Whitehouse avait la même bonne fortune avec MM. J. C. Laws, Saunders, de Sauty, Collett et d’autres dont les noms m’échappent.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le premier câble trnsatlantique fut enfin atterré, à Va-lentia, le 5 août i858, et il mérite d’être signalé, que juste in ans auparavant, [le 5 août 1747, le Dr Watson étonnait le monde scientifique, en prouvant que le courant électrique pouvait être transmis dans un fil d’une longueur de 2 milles 1/2. Il démontrait également qu’on pouvait se servir de la terre comme fil de retour.
- Les premières dépêches transmises par le câble furent celles de la Reine au Président des Etats-Unis, et la réponse de ce dernier. Beaucoup d’autres dépêches importantes suivirent, mais ce câble fut rompu le 3 septembre.
- Cet accident a été expliqué de plusieurs manières : l’emploi de potentiels trop élevés, un orage extrêmement violent sur les côtes de Terre-Neuve, et un défaut de fabrication caché, etc., je ne puis pas émettre une opinion (puisque le câble avait été déclaré parfait par les électriciens, après avoir été posé), mais je suis de l’avis de M. Brett, que la fabrication avait été trop précipitée, cequi était également l’avis de MM. Canning et Woodhouse. M. Whitehouse aurait voulu essayer chaque couche de gutta-percha pendant la fabrication, mais on ne lui laissa pas le temps nécessaire.
- Le premier grand câble sous-marin qui suivit, fut placé en plusieurs sections, entre Suez et Kurrachee, vers la fin de i85g et en 1860. MM. Newail et C'*, plaçaient 3,499 milles de câbles pour le compte de la Red Sea and India Telegraph C% avec la garantie du gouvernement. Ce fut un grand insuccès, les sections se rompaient l’une après l’autre, et il paraît que toutes les sections n’ont jamais fonctionné à la fois, pendant les trente jours de fonctionnement continu imposés par le contrat.
- Au mois de mai i85g, le gouvernement demanda par l’entremise de Sir Stafford Northcoth, à ce moment président de laChambre de Commerce, à M. Robert Stephenson et à moi-même, notre avis au sujet du modèle de câble à adopter pour une ligne sous-marine projetée entre Falmouth et Gibraltar, d’une longueur de 1,100 milles marins, placée à une profondeur de 100 à 2,5oo brasses. Dans mon rapport, j’ai recommandé l’emploi d’un conT ducteur en cuivre beaucoup plus gros, pesant 3 quintaux 1/2 par mille marin, ou 392 livres, et le même poids de gutta-percha comme isolant.
- C’est exactement le même câble que j’avais recommandé à l’Atlantic C°, en 1856, mais tout avait déjà été réglé par contrat, avant ma nomination comme ingénieur. Les chiffres relatifs au câble transatlantique étaient de 107 livres de cuivre et 261 livres de gutta. Le câble de la Mer Rouge avait 180 livres de cuivre et 212 de gutta par nœud.
- Pour la couverture extérieure du câble à Gibraltar, je recommendai différentes formes, pour les différentes profondeurs, mais le gouvernement crut devoir changea d’avis, et décida, au mois de mars 1860, de placer un câble entre Rangoon et Singapour, et on abandonna
- le câble plus léger, qui était destiné aux grandes profondeurs de la baie de Biscaye, et qui n’aurait pas pû servir pour la côte Malaise.
- Mais au mois de janvier 1861, après la fin de la guerre avec la Chine, il fut décidé que le câble passerait de Malte à Alexandrie, et serait divisé en sections à Benghazi et à Tripoli. Il fut posé pendant l’été dé 1861, avec beaucoup de succès, par MM. Glass et Elliot, entrepreneurs du gouvernement. M. H. C. Forde était l’ingénieur et M. C. W. Siemens, l’électricien du gouvernement.
- Tous les détails de laconstruction de la pose et des essais de ce célèbre câble ont été communiqués à l’Institution of Civil Engineers. Le travail semble avoir été éxécuté avec beaucoup de soins et en tenant compte des conditions dont l’expérience avait démontré la nécessité dans la télégraphie sous-marine.
- Le rapport et le témoignage de la commission sur la télégraphie sous-marine furent publiés pendant la construction de ce câble. Je considère cette publication comme le recueil le plus précieux qui ait jamais été publié au sujet des câbles sous-marins indispensable à tout ingénieur des télégraphes ou électricien.
- La grande entreprise de câble sous-marin qui suivit celle-ci fut la ligne du golfe de Perse reliant les lignes télégraphiques terrestres de la Turquie à la tête du golfe et le réseau terrestre de la Perse à Bushire avec Karrachee.
- L’insuccès de la ligne dans la mer Rouge qui entraîna une perte de 20 millions de francs, avait décidé le gouvernement Indien à adopter la route télégraphique par la vallée du Tigre. En 1862, le lieutenant Stiffe (de l’ancienne marine de Bombay), fît une série de sondages, et comme le fond étant d’une nature favorable pour un câble, le gouvernement Indien résolut d’en placer un d’une grande solidité, construit par MM. Bright et Clark et dans l’automne de l’année 1862, je fus nommé ingénieur des travaux.
- Feu le colonel Patrick Stewart du génie Royal était le directeur du gouvernement pour toute la ligne.
- Le câble avait une longueur totale de 1450 milles, il ne pesait pas moins de 5028 tonnes et il était de beaucoup le plus lourd de tous les câbles posés jusque-là Le conducteur en cuivre pesait 225 livres par nœud et la conductibilité du cuivre avait été poussée plus loin que jamais et était à peu près de 90 0/0 du cuivre pur.
- Dans beaucoup des anciens câbles sous-marins pour lesquels on ne s’était pas préoccupé de cette question la conductibilité descendait à 40 0/0 et même au dessous.
- Le fil de cuivre affectait la forme d’un segment entouré d’un tube, le tout avait été tiré d’une grande tige en cuivre d’une construction uniforme, de sorte que le fil était non seulement lisse et sans crevasses, mais aussi d’une conductibilité électrique supérieure. Le poids du gutta-percha était de 275 livres par nœud. Le gouvernement Indien avait traité avec la compagnie du Gutta-Percha.
- Le placement de la couverture extérieure fut mis en
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- adjudication et accordé à M. Henley de North Woolwich Avant de la mettre on appliquait d’abord du chanvre mouillé pour s’assurer de suite d’un défaut quelconque de l’isolation.
- On appliquait ensuite l’armature extérieure composée de 12 fils de fer galvanisé numéro 6 (B W G) et au dessus une couche de protection à propos de laquelle je dira* quelques mots à cause de l’application très grande qui en a été faite à d’autres câbles plus tard.
- En 1851, MM. Clark Braithwaite et Preece, ont pris un brevet (n" ig65) [pour l’application d’une couche d’asphalte et de chanvre aux fils extérieurs d’un câble armé en fer en vue de retarder la destruction du zinc qui recouvre les fils de fer.
- M. Clark avait acheté la part de M. Preece (il ne s’agit pas ici de celui qui fut notre président) et comme j’étais associé avec M. Clark à ce moment je fis l’acquisition de la part de M. Braithwaite en 1860. Le procédé avait été essayé sur un petit câble placé en i85g entre l’île de Man et un point près de Whitehaven.
- Le câble était passé à travers l'asphalte chauffé dans un réservoir tournant qui renfermait les bobines de chanvre. Le mélange était chauffé par un feu de charbon de bois extérieur. Mais ce piocédé attaquait l’isolation et le délai et les dégâts étaient si considérables qu’il fallut plus de quinze jours pour couvrir 36 milles de câble. M. Clark partit pour la mer Rouge en 1861. Personne ne voulut se servir de ce procédé après l’expérience de l’île de Man et je me mis à l’œuvre pour en tirer quelque chose.
- Comme résultat de mes études et recherches j’ai imaginé et breveté en 1862, sous le numéro 466, le système généralement adopté aujourd’hui dans toutes les fabriques de câbles, d’appliquer la composition chaude au dessus du câble fini au moyen d’un ascenseur actionné par la machine de manière à appliquer le chanvre et la composition en même temps en évitant le délai de l’ancienne double opération. De plus si la composition était épuisée (par exemple par suite de l’arrêt de la machine pour le renouvellement du fil de fer) aucun dommage ne pouvait en résulter pour l'isolant.
- Le câble est ensuite passé à travers des rouleaux semi-circulaires arrosés par un jet d’eau qui pressent la composition dans toutes les intervalles des fils. La couche était donc appliquée par une partie des machines du câble et on évitait le danger de détruire l’isolation. Après une longue série d’expériences j’ai trouvé une composition perfectionnée de poix de goudron et de silice fabriquée avec des cailloux calcinés réduits en poudre. L’addition de cette dernière détruit immédiatement la tarière du taret dès qu’il la touche.
- Ce procédé a eu un grand succès pratique et pécuniaire et il a rapporté jusq’à l’expiration du brevet près de 760,000 francs à M. Clark et à moi-même.
- Je ne dirai plus rien de ce câble ; j’en ai fait la pose moi-même et tout s’est bien passé sans aucun accident On trouvera dans les détails de l’opération dans une com-
- munication de 1865 à l'Institution of Civil Eugineers. Ce câble fût et a toujours été un succès complet.
- A l’époque de la pose du câble du golfe de Perse, qui formait la première communication télégraphique entre l’Angleterre, l’Europe et les Indes, la science de la fabrication et de la pose des câbles sous-marins était assez bien définie et aucun perfectionnement important n’y a été apporté depuis.
- Je ne m’occuperai donc pas des câbles nouveaux, ci’au-tant plus qu’on en trouve la description dans beaucoup de livres et dans nos journaux techniques.
- Je vais cependant faire remarquer que pendant mon absence aux Indes et en Perse en 1864 il s’est formé de grandes compagnies de câbles qui ont eu une grande et heureuse influence sur le développement des communications télégraphiques à travers les mers.
- Au mois de mars de la même année, la India Rubber Gutta-Percha and Telegraph Works C° fut formée en vue de reprendre les grandes usines de MM. Silver, connue aujourd’hui sous le nom de Silvertown C‘” et le mois suivant la Gutta-Percha C‘" fusionnait avec la maison Glass, Elliot et C" sous le nom de Telegraph consttuction and Maintenance C°.
- A l’heure qu’il est, ces sociétés ainsi que MM. Siemens ont construit de grandes longueurs de câbles qui atteignent un total de 107,000 milles de communications sous-marines avec tous les points importants du monde ; le capital engagé dépasse 925 millions d’après les chiffres qui me sont fournis par sir James Anderson.
- Avant de quitter lé sujet des câbles sous-marins, dirai encore un mot d’une autre question. Depuis quel ques années on a apprécié l’importance qu’il y a à examiner et à faire des sondages du fond de la mer sur la lit des cables et je puis dire que si cela avait été fait toujours beaucoup des insuccès des premiers câbles au commencement de leur existence auraient été évités.
- Ce n’est qu’au moyen de sondages pratiqués de dix en dix milles au moins qu’on peut être sûr d’avoir un lit égal pour le câble.
- Pendant la pose du câble de Lisbonne à Madère en 1874, le navire la Seine de la Telegraph Construction C'", trouva un banc à 33" 47' longitude N, et à 14V latitude O, à une profondeur d’environ 100 brasses avec 2400 brasses dans son voisinage immédiat.
- En 1879 Ie bâtiment de MM. Siemens, le Faraday trouva des bas fonds au milieu de l’Atlantique pendant la pose du câble transatlantique de la même année.
- Tout en étant d’une importance pratique extrême pour la conservation des câbles sous-marins, ces sondages sont également avantageux pour le monde scientifique en général en augmentant nos connaissances des profondeurs de la mer et de la nature de son fond.
- La compagnie de Silvertown s’est spécialement occupée de cette question et une brochure « sur les bas-fonds océaniques découverts par le steamer Dacia » a été com-
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- muniquée à la Royal Society d’Edimbourg en 1885, par M. J. Y. Buchanan F. R. S. E.
- Après leur départ pour la pose du câble, les navires le Dacia et VIntel national ont fait en 1883 des sondages sur deux différentes routes en zig-zag depuis Cadix jusqu’aux îles Canaries et chaque navires a fait ainsi plus de I 100 sondages de dix en dix milles.
- Au cours de ces sondages, la Dacia découvrit un banc à Si^g1" de latitude N, et i3“ 34', 3o" de longitude O, à une profondeur de 2000 brasses, c’est-à-dire à peu près la hauteur de la cathédrale de Saint-Paul, comparée avec les plus hautes montagnes de la Suisse.
- En i885 et l’année dernière le steamer télégraphique le Buccaneer appartenant à la même compagnie, a fait des sondages sur la côte ouest de l’Afrique jusqu’à un point aussi au sud que Saint-Paul de I.oanda, en vue d’y placer des câbles et les résultats ont été consignés par M. Buchanan dans une communication à la Royal Geo-graphical Society, au mois de novembre dernier. Plus de 1000 sondages ont été pris, à côté d’un nombre considérable de notes sur la force des courants souvent ttès forts le long de la côte.
- . A mon grand regret le temps me manque pour parler longuement des moyens pour doubler la puissance de transmission des câbles par le système duplex si ingénieux de MM. Muirhead, qui est aujourd’hui appliqué avec beaucoup de succès à plus de 5o,000 milles de câbles sous-marins.
- La télégraphie duplex appliquée aux câbles a été portée à un très haut degré de perfection à en juger d’après les résultats obtenus sur les nouveaux câbles transatlantiques Mackay*Bennett. Le système est simplement une espèce de pont dans lequel deux séries de condensateurs sont maintenues en équilibre en communication avec le câble et le câble artificiel sans l’insertion d’une résistance artificielle considérable.
- Le D’ Muirhead me dit que sur le câble de New-York â Canso de 826 nœuds la vitesse ordinaire était de 21 mots par minute, tandis qu’avec le duplex la transmission était doublée, soit de 42 mots par minute.
- Sur le long câble atlantique entre Canso, Nova Scotia et Waterville en Irlande de 2353 nœuds les appareils ordinaires donnaient une vitesse de près de iG mots par minute, tandis que les appareils duplex ont donné jusqu’à 3i 1/2 mots, une augmentation de g3 1/2 pour cent.
- Quant aux rachats des entreprises télégraphiques par l’Etat en Angleterre, on a souvent émis l’opinion que le gouvernement d’alors avait agi à la légère, mais que je crois pouvoir vous prouver le contraire.
- Les lignes télégraphiques des différents pays en Europe, en Asie, aux Indes et dans nos colonies australiennes ont été construites et exploitées par les gouvernements, tandis qu’en Angleterre les premières lignes ont été non-seulement établies mais exploitées pendant 33 années (de 1857 à 1870) jusqu’au rachat du gouvernement, par des entreprises particulières.
- Pendant cette longue période tous ceux qui ont été intéressés dans l’entreprise avaient fourni le capital, courru tous les risques et développé le réseau télégraphique au point d’en faire une affaire très lucrative dont les bénéfices malgré la concurrence augmentaient si bien que les bénéfices nets des deux plus grandes compagnies l'Elec-trie et la Magnetic s’élevaient à net jusqu’à 18 pour cent par an.
- Les Compagnies n'avaient aucun désir de céder leurs réseaux mais la presse et certaines personnes étaient très en faveur d’un transfert au gouvernement.
- Néanmoins et sans avertir les compagnies le gouverne* ment déposa subitement un projet de loi ainsi que le prouve l’extrait suivant d’une brochure publiée à ce moment par M. Effingham Wilson et intitulée « Le Gouvernement et les Télégraphes. »
- « Le mercredi i°* avril 1868, le nouveau ministre des finances M. Ward Hunt monta à la tribune de la Chambre des Communes pour introduire une de ces mesures anormales connues dans le langage parlementaire sous le nom de projets « hybrides » fc’est-à-dire des projets de lois concernant les droits des particuliers) pour permettre au Directeur général des Postes d’acheter, d’exploiter et d’entretenir des lignes télégraphiques électriques.
- M. Ward Hunt demanda la permission d’introduire ce projet à 6 heures moins 25 minutes.
- La Chambre clôt ses discussions du mercredi à 6 heures moins le quart.
- Le ministre des finances n’avait donc que dix minutes pour exposer le projet de loi. A l’expiration des 10 minutes le speaker intima qu’il était l’heure de terminer la discussion. M. Milver Gibson et sir Charles Bright se sont levés pour demander la parole, mais il était trop tard même pour adresser une question ou obtenir une réponse à plus forte raison pour commenter une discussion sur le principe du projet. »
- La première rédaction du 6ill était très arbitraire et ressemblait beaucoup à une confiscation, mais l’opposition très forte des compagnies fît céder la direction du département des Postes et on tomba d’accord sur la base d’un achat de 20 années de bénéfices nets : c’est-à-dire que le gouvernement acquit une propriété qui rapportait 5 pour cent sur la somme payée, qu’il pouvait se procurer au taux de 3 0/0 environ.
- Une Commission parlementaire composée du ministre des finances, M. Goschen et d’autres délibéra pendant 9 jours sur toutes les clauses du projet au mois de juillet j 868 sous un gouvernement conservateur et les termes arrêtés par la Commission ont été confirmés l’année suivante par le Money Bill proposé par un gouvernement libéral.
- Avant l’achat définitif au commencement de 1870, la comptabilité des compagnies fut soigneusement examinée par les experts du département des Postes, tandis que l’installation existante fut examinée par d’autres experts.
- La somme totale payée aux compagnies s’élevait à
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- 146,183,675 francs dont les compagnies Electric et Ma-gnetic obtinrent 104,559,050 francs, le reste fut divisé entre les compagnies suivantes : United Kingdom, Reuter, et London and Provincial.
- La plupart des chemins de fer avaient leurs propres télégraphes et gagnaient sur la transmission des dépêches de même que par les redevances payées par plusieurs compagnies pour le droit de passage de leurs fils et pour d’autres privilèges. La valeur de ces sources de revenus pour le gouvernement a plus tard été évaluée par arbitrages à 45,429,525 francs.
- Par des considérations nationales, le gouvernement étendit bientôt les lignes à un grand nombre de petits endroits, ce qui tout en profitant au grand public entraîna des frais très considérables. Ces faits expliquent pourquoi le département des Télégraphes n’a pas réalisé les mêmes bénéfices que les compagnies.
- A ce propos, je puis dire qu’en 1870 les compagnies ont remis 48,378 milles de fils terrestres et 1622 milles de fil de câbles (sans tenir compte des lignes des chemins de fer exploitées par elles) reliant ensemble 2488 stations télégraphiques, tandis qu’à l’heure qu'il est le département ne possède pas moins de 153,153 milles de fils (y compris les fils sous-marins) en communication avec 5097 bureaux.
- La longueur des fils a donc été triplée et le nombre des bureaux doublé. Il y a également 17042 milles de fils particuliers. En dehors de ceci les compagnies de chemins de fer possèdent environ 70,000 milles de fil, ce qui donne un total de 240,195 milles et le poids des fils de fer employés dépasse 5o,i5o tonnes.
- Le tableau suivant des tarifs et des dépêches pendant les dernières 3o années, permet de faire une comparaison intéressante :
- Nombre
- Années des dépêches Tarifs et observations
- 1885 882.360 i fr. 87 à 5 fr. I.’adressc libic.
- t86o 1.863.83g — —
- i865 4.63o.23i 1 fr. 25 à 2 fr. 5o et un tarif de
- 70 cent, pour certaines grandes villes.
- 1869 7.500.000 Estimé pour l’année précédant le
- transfert.
- 1870 1875 1880 1884-5 9.850.177 ig.253.120 26.547.137 33.493.224 Tarif de 1 fr. 25 pour 20 mots. L’adresse libre. Du mois d’octobre à octobre.
- 1885-6 47.508.509 Tarif de 62 centimes pour 12 mots.
- L’adresse compte. D’octobre en octobre.
- Il convient cependant de faire remarquer qu’en séparant dans les deux derniers rapports, les dépêches intérieures des dépêches étrangères, de presse, etc., la grande augmentation immédiate produite par le changement du
- tarif, devient plus évidente puisque ces chiffres donnent 24,615,395 dépêches pour 1884-5 transmises à t.25 francs et 37,692,249 en i885-86 à raison de 62 centimes; et pour les six derniers mois indiqués, les dépêches intérieures à 62 cent, ont dépassés 42 millions par an. Les recettes ont également changé et donnent une augmentation de i37,i5o francs sur la même période avec le tarif de i,25 francs en 1885. Ceci s’explique en partie par le plus grand nombre de mots extra employés car le prix moyen d’une dépêche est maintenant 8 1/8 pence ou 0,9 francs environ, tandis qu’avec le tarif de 1 fr. 25 il était de 1 fr. 3o.
- Je dois ces derniers renseignements à l’obligeance des : autorités du département des Télégraphes, MM, Patey, Graves et Preece, tous membres de notre Conseil d’administration. Si j’en avais eu le temps j’aurais fait la description du bel appareil de sir William Thomson pour les grands câbles ainsi que de son système pour prendre des sondages en pleine mer au moyen d’un petit fil d’acier qui est adopté presque- partout. Je n’ai pas pu parler de la téléphonie qui peut cependant être regardée comme une branche de la télégraphie.
- Avant de terminer je désire encore vous remercier de la bienveillante attention avec laquelle vous avez écouté ce long discours.
- CORRESPONDANCE
- Saint-Mandé, 10 avril 1887, Monsieur le Directeur,
- Veuillez donner à la présente lettre l’hospitalité de Ld Lumière Électrique.
- En lisant le dernier numéro de La Lumière Électrique (9 avril 1887), j’ai été étonné de me voir pris à partie par un savant dont les travaux méritent considération, à propos de mon Étude sur les origines de l’électricité de l’atmosphère, etc., {La Lumière Électrique des 1 et 8 janvier 1887.)
- M. le Directeur de l’Observatoire du Vésuve ne discute pas mon œuvre : Il lui fait un procès de tendance et n’hésite pas à insinuer que, pour justifier la nécessité de mes essais, j’ai condamné la méthode expérimentale suivie par lui.
- Je proteste contre cette imputation. Outre que je n’avais pas à justifier la nécessité de mes essais, le procédé que le savant italien me prête répugne à mon caractère.
- Lorsque j’ai écrit mon étude, je n’ai pas entendu faire de la diatribe. M’adressant à des lecteurs tenus au courant des recherches et des discussions récentes relatives à l’électricité de l’atmosphère, il n’eut servi de rien de leur rappeler les travaux publiés antérieurement au mien, ni de substituer mon jugement au leur.
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- \ LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Bien qu’il soit difficile, dans une qqestion où l’on a des points de contact.avec les œuvres d’autrui, de ne pas éveiller certaines susceptibilités, je croyais, parle ton général de ma note, avoir su éviter cet écueil.
- M. Palmieri, qui n’ignore pas plus que moi les expériences de M. Magrini, a vu une. attaque personnelle là où il n’y avait qu’une déduction logique des idées que je venais de formuler. Il ne m’importait pas de jugei ses expériences, mais d’exposer les miennes et d’indiquer dans quel ordre d’idées elles avaient été conçues. Je n’ai pas fait autre chose.
- Voilà, Monsieur le Directeur, ce que je tenais à dire, parce que je n’ai pas moins à cœur la défense de ma loyauté que celle de mon faible bagage scientifique.
- Agréez, Monsieur, etc.
- Firmin Larroque.
- FAITS DIVERS
- La chapelle qui sert de dépôt aux défunts avant l’inhumation au cimetière municipal de Madrid, a dernièrement été munie d’un appareil électrique avertisseur pour empêcher l’enterrement d’un vivant.
- L’appareil se compose d’un cylindre doublé de métal, au sommet duquel un disque en cuivre est maintenu en équilibre, de sorte que le moindre mouvement le fait tomber dans l’intérieur du cylindre. Il établit alors un circuit électrique qui comprend des sonneries placées dans les maisons des gardiens du cimetière.
- L’appareil mesure 5 centimètres de hauteur avec un diamètre extérieur de 3 centimètres. Toutes les expériences faites par l’inventeur M. Estelat ont parfaitement réussi. ______________
- D’après les journaux de Moscou, des capitalistes belges auraient l’intention de construire un chemin de fer électrique en Russie, reliant les villes de Varsovie, Wilanow, Mokotow et Czerniakow, une demande en concession à cet eftet serait déjà déposée.
- Éclairage Électrique
- Le dimanche 20 mars dernier, a eu lieu l’inauguration de l’éclairage électrique de la ville de Châteaulin (Finistère), à laquelle la municipalité avait convoqué une nombreuse assistance.
- Après une distribution de secours aux indigents de la commune, la visite officielle à l’usine centrale a eu lieu suivie d’un concert et de danses sous le marché couvert. A 6 heures trois quarts les lampes ont commencé à fonctionner chez les abonnés et les fêtes se sont terminées par un banquet et un feu d’artifice.
- Cette installation qui a été. faite par M. E. Lamy, comprend l’éclairage des quais, ponts, rues et -places publi-
- ques, la Mairie, l’Église, les Halles ainsi que plusieurs cafés, hôtels, magasins et maisons particulières.
- Le Conseil municipal de Philadelphie a voté une somme de 125,000 francs pour l’extension de l’éclairage électrique dans les rues de la ville et 155 nouveaux foyers vont être installés immédiatement.
- Il y a actuellement dans l’Etat de Massachusetts, 40 différentes compagnies d’éclairage électrique, avec un capital total de 17 millions et demi de francs et pouvant fournir 5,5oo foyers à arc et 3o,ooo lampes à incandescence.
- Télégraphie et Téléphonie
- Une dépêche de M. Constats, ministre de France à Pékin, informe le ministre des Affaires étrangères, que le gouvernement Chinois est disposé à autoriser le raccordement des lignes télégraphiques du Tonkin au. réseau Chinois.
- Ce raccordement sera l’objet d’une convention spéciale dont les détails seront réglés par le consul de France à Tientsin et par le directeur des Télégraphes Chinois à Tchefou.
- Un Espagnol, M. Emilio Rotondo y Nicolau a réussi à établir un réseau téléphonique à Tanger qui ne parait pas avoir rencontré trop d’opposition de la part de Marocains, bien que les fils passent sur les toits des maisons et traversent à plusieurs endroits des propriétés de l’Etat. Les employés du bureau central sont pour la plupart des Espagnols et le nombre des communications est de 35o par mois environ.
- On essayera de relier le phare du cap Espartel pour pouvoir échanger des signaux avec les navires.
- La Almanna Telefon Bolsg de Stockholm, qui compte aujourd’hui ?6oo abonnés dans cette ville, vient de faire installer un nouveau bureau central qui contie'nt tous les perfectionnements possibles. La. salle des appareils à 110 pieds de long, sur 3a de large, et reçoit la lumière d’en haut. Elle est destinée à contenir 4000 lignes,'mais o'n peut y installer jusqu’à 7000.
- Ces 4000 lignes aboutissent à 20 grands commutateurs de 200 fils chaque, mais par une disposition ingénieuse, quoique compliquée, tous les abonnés peuvent appeler le bureau central sur n’importe quel commutateur.
- Un signal spécial indique si un abonné est relié à un autre commutateur. Ces systèmes comportent pour 200 abonnés 16000 communications à chaque tableau. H y a deux employés par commutateur et les fils dans le bureau central même ont une longueur de 160 milles suédois.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Électrique, 3i, boulevard des Italiens 1 Paris. — L. Barbier.
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- r
- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- 9' ANNÉE (TOME XXIV) SAMEDI 23 AVRIL 1887 N» 17
- SOMMAIRE. — Détermination du coefficient de self-induction ; P.-H. Ledeboer. — Instruments pour l’étude de l’électricité animale; D'A. d’Àrsonval. — Nouvelles études sur les intégraphes; Abdank-Abakanowicz.— Nouveau dispositif d’interrupteur; E. Dieudonné. — Théorie graphique des dynamos à courants continus; R.-V. Picou. — Revue des travaux récents en électricité : Nouveau mode d’emploi du thermomultiplicateur, par M. E. Branly.— La batterie d’accumulateurs de l’Hôtel de Ville, par M. E. Reynier. — Influence de la longueur du banc du photomètre sur les mesures photométriques. — La lampe à incandescence du Dr Auer de Welsbach. — Correspondances spéciales de l’étranger : Allemagne; Dr H. Michaëlis. — Angleterre ; J. Munro. — Autriche; J. Kareis. — Etats-Unis ; Ji Wetzler. — Variétés : Le réglement belge sur l’éclairage électrique. — Le magnétisme minéral ; Le magnétisme animal; P. Clemenceau. — Brevets d’invention; E. Dieudonné. — Correspondance : Lettres de M. Claude et de M. Napoli. — Faits Divers.
- DETERMINATION
- U
- COEFFICIENT de SELF-INDUCTION
- Nous avons expose dans ce journal (*) une méthode pour mesurer le coefficient de self-induction de forts électro-aimants, etc., et nous avons appliqué à cette mesure le galvanomètre apériodique Deprez-d’Arsonval. Actuellement, nous allons nous occuper d’une méthode qui s’appliqne au cas tout différent où la bobine n’a que très peu de tours de fil et où il n’existe pas de noyaux de fer. Ce travail a été fait en collaboration avec M. G. Maneuvrier, sous-directeur du laboratoire de recherches physiques, à la Sorbonne (2).
- Voici comment nous avons été amené à faire ces déterminations.
- Lorsqu’on mesure l’intensité d’un courant alternatif à l’aide d’un électrodynamomètre, le
- (!) La Lumière Électrique-, t. XX, p. 52g, t. XXI, p. 6, 1886.
- (*) Comptes rendus de l'Académie des Sciences (Séance du 28 mars 1887).
- coefficient de self-induction de l’appareil, ou plutôt le rapport du coefficient de self-induction à la résistance intervient dans le calcul de l’intensité. Pour pouvoir se faire une idée de la qualité de l’électrodynamomètre, il faut connaîtrele coefficient de self-induction ; or, comme ces instruments ont été précisément construits de telle façon que ce coefficient se trouve être très petit, les méthodes ordinaires ne s’appliquent pas facilement.
- Nous reviendrons prochainement sur la mesure de l’intensité d’un courant alternatif; nous nous bornerons ici à exposer la méthode de mesure du coefficient ne self-induction et nous indiquerons quelques résultats obtenus.
- Rappelons d’abord quelques propositions relatives aux coefficients d’induction.
- Le coefficient de self-induction d’un circuit est le flux d’induction qu’il émet pour l’unité de courant et qui traverse la surface limitée à l’axe du
- fil (T
- Cette définition permet de trouver immédiatement la valeur du coefficient de self-induction dans certains cas simples.
- Soit d’abord une bobine très longue et ayant n spires sur la longueur totale / ou n1 — njl spires
- (*) Mascart et Joubert, Leçons sur l’électricité, t. II, p. 138.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- par unité de longueur. L’intensité du champ magnétique à l’intérieur de cette bobine est constante et a pour valeur
- „ T n
- F = 4 it m I = 4itjl
- Si S est la surface d’une spire, le flux de force qui traverse les n spires est
- FSn = 4itjSI
- Ce qui donne pour le coefficient de self-induction, en faisant I = i
- t ni C
- L = 47tT S
- En réalité, l’intensité du champ magnétique à l’intérieur de la bobine n’est pas constante, elle est inférieure à F et le flux entier ne passe pas par les surfaces terminales. Le calcul exact de L est Dossible dans ce cas, mais il est très compliqué.
- Pour un tore de révolution à section circulaire, on trouve
- L = 4 n n2 (R — sIri — a*)
- R rayon du tore ;
- 2 a épaisseur ;
- n nombre total de tours.
- Lorsque le diamètre (ou l’épaisseur de l’anneau) est petit par rapport au rayon, on a approximativement
- S = 7ta2 étant la surface de la section et/ = 2TrR la longueur du tore correspondant à la circonférence du rayon R.
- Cette dernière expression coïncide, comme cela doit être, avec celle trouvée pour le cas d’une bobine de grande longueur.
- Voici encore quelques propositions qni s’appliquent aux coefficients de self-induction :
- i° Dans des bobines de même métal ayant des formes extérieures identiques, le rapport L/R est une quantité constante, quel que soit le diamètre du fil ;
- 2° Dans des bobines de forme extérieure semblable, le rapport L/R varie comme le carré du coefficient de similitude.
- 3° Soient deux bobines de coefficient de self-induction L{ et L2, le coefficient d’induction mutuelle étant M, on aura pour le coefficient de self-induction L des deux bobines réunies en tension, l’expression
- L = Li + L, ± i M
- Le signe -f- s’applique au cas où les deux effets s’ajoutent; le signe — dans le cas contraire; par
- Fig. 1
- exemple, celui qui correspond à un enroulement différentiel.
- Considérons, par exemple, deux bobines concentriques (fig. i), dont la plus petite peut tourner à l’intérieur de la plus grande, autour d’un axe perpendiculaire à l’axe du cylindre.
- Le coefficient d’induction mutuelle est proportionnel au cosinus de l’angle v des deux axes. Si les deux axes sont perpendiculaires, l’induction mutuelle est nulle. A l’aide de ce dispositif, on pourra réaliser tous les cas possibles. Le signe -|- de la formule précédente correspond au cas où le courant pai court les deux bobines dans le même sens.
- Pour mesurer de faibles coefficients de self-induction, on a proposé plusieurs méthodes. Une des plus sensibles est celle employée par M. H.-F. Weber ('), qui est une modification de
- (t) La Lumière Électrique, t. XXI, p. 109; 1886.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- la méthode de M. Hughes. C’est une méthode de comparaison du coefficient de self-induction au coefficient d’induction mutuelle de deux bobines dont les axes font ensemble un angle variable. Oh règle cet angle jusqu’à ce qu’on obtienne le silence au téléphone.
- Nous n’avons pas employé cette méthode, car elle exige la connaissance exacte du coefficient d’induction mutuelle de deux bobines, et ce calcul est assez compliqué, surtout à cause du terme de correction qui intervient.
- Nous avons préféré employer une méthode qui
- A
- donne directement, et avec une approximation suffisante, le coefficient de self-induction de la bobine, sans être obligé d’effectuer le calcul d’un coefficient d’induction mutuelle.
- Voici à quoi revient la méthode employée. Elle est, comme on va le voir, une modification de la méthode employée par Lord Rayleigh (*), qui est elle-même une modification d’une méthode proposée par Maxwell (2).
- On établit la bobine de résistance R (fig. 2), dont on cherche le coefficient de self-induction L, en équilibre électrique à l’aide d’un pont de Wheatstone, dont les résistances des autres branches sont R', l et
- (>) Lord Rayleigh, Proc. Royal Soc., n° 213, p. iiGi 1881.
- (2) MaxvVëLl, Phil. Trans, R. S. London, vol. CLV, part. 1, p. 475.
- 153 V, ’
- Lorsque l’équilibre électrique est établi, on a la relation
- R _ l_
- R' ~ l'
- et si l’on vient à supprimer le courant de la pile, il passera dans le galvanomètre, de résistance g, une quantité d’électricité donnée par l’équation (*)
- -/*
- d t =
- L I
- R + 1 + 9
- Il suffit donc de mesurer, d’une part, la quantité d’électricité q à l’aide de l’impulsion du galvanomètre, et, d’autre part, l’intensité du courant I, les résistances du galvanomètre et celles des branches du pont, pour pouvoir calculer la valeur de L. En particulier, lorsqu’on se sert d’un galvanomètre périodique, sans amortissement, on a la relation
- où T est la durée d’une oscillation simple, i/a la constante du galvanomètre, c’est-à-dire la déviation permanente a produite par un courant constant d’intensité i, et S la déviation qui correspond au passage de la quantité d’électricité q.
- On aura donc :
- = Ti ,=________LJ______
- ^ it a ° TJ, 7, I , R \ R+ï+Sf^i+p-, J
- d’où
- l_[b+i + s(.+*)]î.|4
- C’est la formule qui s’applique à la mesure du coefficient de self-induction, par la mesure de la quantité d’électricité fournie par l’extra-courant avec l’emploi d’un galvanomètre balistique.
- Cette formule pourrait montrer, en même temps, dans quelles conditions il faut se placer pour obtenir le maximum de sensibilité, et quelle
- (!) Voir La Lumière Electrique, t.XX, p. 532.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- serait la limite au-delà de laquelle on ne pot rrait plus effectuer la mesure.
- Sans entrer ici dans ces discussions, il est facile de voir qu’on aura avantage à prendre un galvanomètre dont la résistance serait à peu près égale à celle des autres branches du pont et à prendre, pour ces branches du pont, des résistances égales entre elles et égales à celle de la bobine dont on mesure le coefficient de self-induction.
- Comme dans le cas spécial qui nous occupe, (électrodynamomètres industriels^, la résistance de la bobine est très faible (inférieure à o,i ohm et même à 0,01 ohm), on serait amené à faire usage de galvanomètres de résistance excessivement faible. Malheureusement les galvanomètres à très faible résistance ont un grand inconvénient qui nous en interdisait l’usage.
- Nous avions pris, par exemple, un galvanomètre Nobili dont la résistance totale était de 0,7 ohm.
- Ce galvanomètre était tellement influencé par les petites forces électromotrices dues aux courants thermo-électriques, qu’il nous a été à peu près impossible d’obtenir un zéro un peu stable. Ce galvanomètre était, d’ailleurs, fort sensible. Il donnait une déviation de 100 m. m. pour une différence de potentiel de 1 o~s volts aux bornes, l’échelle étant placée à un mètre. Aussi avons-nous été obligé de rejeter ce galvanomètre et de nous servir d’un galvanomètre Thomson, dont la résistance était d’environ 7 ohms.
- Ce galvanomètre avait été rendu balistique par l’adjonction d’une petite sphère de laiton à l’équi" page mobile, et c’est avec ce galvanomètre que nous avons fait toutes les déterminations qui vont suivre.
- Lorsque la bobine R n’a que peu de tours de fil, le galvanomètre n’indique plus aucune impulsion appréciable, à la rupture du courant de la pile, même lorsque le courant a la plus forte intensité, compatible avec Réchauffement des branches du pont.
- Pour augmenter la déviation, on peut alors intercaler dans le circuit de la pile et du galvanomètre un interrupteur, qui multiplie l’effet sur l’aiguille du galvanomètre. Supposant qu’on fasse passer ainsi n décharges par seconde, à travers le galvanomètre, on aura un courant continu d’intensité^ = qn, ce qui donne
- zi = q n =
- L I n
- R + * +9{1 +w)
- = 7(8
- S étant la déviation permanente obtenue, et k la constante du galvanomètre.
- Pour éliminer cette constante k en même temps que l’intensité I, nous avons procédé de la manière suivante :
- On déplace légèrement le point de contact C, on détruit ainsi l’équilibre du pont, et il passe à travers le galvanomètre g un faible courant que nous allons évaluer.
- Pour cela, il suffit d’appliquer la formule du pont. La différence de potentiel C — A aux bornes du galvanomètre est déterminée d’après la formule (*) :
- D — B étant la différence de potentiel aux peints C et D.
- Lorsque le point C correspond à l’équilibre du pont, on a
- R _
- R' - l'
- et en déplaçant légèrement ce point, on aura en supposant que le point C se trouve au milieu entre D et B :
- Z, = Z(i+e) Z,'=Z’( 1—e)
- & étant une petite fraction.
- Dans le premier membre de l’équation précédente, il ne s’agit que d’une somme de termes : il est donc permis de négliger e. Et, en remarquant que
- et
- l =
- D — B R + R'
- on trouve toutes réductions faites comme formule de première approximation.
- 2 e R I
- R + Z 4- g
- (*&)
- 7c a
- lt — l
- (1) La Lumière Electrique, t. XXII, p. 201, 1886.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- >55
- En rapprochant cette formule de celle trouvée plus haut pour le coefficient de self-induction, on trouve
- Lin___k 8 Ln_S
- 2 e RI ko. 2 e R a
- c’est-à-dire
- aj -------- civwi» t - --Z--
- n a l
- 8 est la déviation qui correspond au courant fourni par les décharges successives dues à l’extracourant.
- a est la déviation correspondant au déplacement lt — / de la manette.
- n est le nombre de tours par secondes de l’interrupteur.
- On voit que cette formule, très simple d’ailleurs, permet de rapporter directement la mesure de L/R à la mesure d’un temps (i/n) ; les autres quantités 8/a et (/,—/)// n’intervenant que par leur rapport.
- On pourrait calculer d’avance dans quelle proportion l’interrupteur tournant augmente les impulsions du galvanomètre ; mais l’expérience nous a montré qu’on peut facilement augmenter la déviation dans un rapport de i à 5o.
- Par exemple, si la décharge directe donne une impulsion à peine visible de deux millimètres, on arrive facilement à l’aide de l’interrupteur, à obtenir une déviation de ioo m.m. On pourrait mê-
- me aller bien au delà, mais nous n’en n’avons pas eu besoin dans nos expériences.
- Dispositif expérimental. — Le galvanomètre, comme nous l’avons dit, était un galvanomètre Thomson à deux cadres et d’une résistance d’environ 7 ohms. L’observation des déviations est
- faite à distance, à l’aide d’une lunette: ce*galvanomètre était installé assez loin du pont.
- Pour amortir les oscillations , on avait adapté derrière l’aiguille mobile, une petite bobine auxi-
- Fig. 4
- liaire ayant quelques tours de fil et dans laquelle on lançait le courant d’une faible pile locale.
- L’interrupteur tournant ( fig. 4) se composait d’une roue de laiton, mue à l’aide d’une courroie reliée à une petite machine Gramme, à aimants Jamin, modèle de laboratoire.
- L’interrupteur porte des deux côtés de la roue et sur l’axe une partie pleine en cuivre et une partie moitié en cuivre et moitié ébonite.
- Deux balais de chaque côté permettent de prendre les contacts.
- Le développement des contacts se trouve indiqué sur le diagramme ci-joint (fig. 5). En établissant le contact comme cela est indiqué, on recueille l’extra-courant de rupture. ( En changeant les contacts, on pourrait de même recueillir l’extra-courant d’établissement). La seule précaution à prendre, c’est de s’assurer que les balais s’appuient d’une manière bien continue, de manière à donner un bon oontact. -
- Le pont est employé sous la forme de pont à fil divisé (fig. 3).
- Pour faire une expérience, on met l’interrupteur de façon à établir les contacts de la pile et du galvanomètre et on place la manette C au milieu du fil divisé ; puis on attache en R' un fil de maillechort, dont on règle la longueur de telle façon que le galvanomètre reste presque au zéro, et on achève l’équilibre par un petit déplacement de la manette.
- On arrive ainsi facilement a obtenir l’équilibre, la manette ne se trouvant qu’à quelques millimètres du milieu de la règle divisée. S’étant ainsi bien assuré de l’équilibre du pont, on lance l’iri-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- terrupteur et on observe la déviation 8. Il faut s’assurer que cette déviation est bien constante, ce qui a lieu lorsque le contact des balais est suf-üsant.
- Pour faire la deuxième observation , on arrête l’interrupteur de façon à rétablir tous les contacts et on déplace légèrement la manette (5 à 10 m.m.); on observe la déviation correspondante a.
- Pour obtenir le nombre de tours, il suffit de compter à l’aide d’une montre à pointage, le nombre de tours de la grande roue de la machine Gramme ; connaissant le rapport des diamètres ( 1 à 18, 87) il est facile d’en déduire le nombre de tours de l’interrupteur.
- Vérification de la méthode. — Pour contrôler
- Fig. 5
- l’exactitude de cette méthode, nous avons d’abord cherché si l’on obtenait une déviation quelconque en remplaçant la bobine en R, par un fil rectiligne identique à celui en R'. L’expérience a montré qu’on n’obtient ainsi aucune déviation.
- Ensuite nous avons cherché s’il y avait proportionnalité entre la vitesse de rotation et l’angle de déviation : là encore, nous avons obtenu des résultats concordants.
- Puis, nous avons appliqué la méthode à une bobine connue (1), et dont le coefficient de self-induction était
- L = 0,00102 X io9 c. m. avec R = 0,2224 ohm
- Les mesures actuelles nous ont fourni la valeur
- suivante ;
- (*) Voir La Lumière Électrique, t. XXI, p. 65.
- L =0,00101 ‘X io9 c. m.
- Enfin, nous avons mesuré le coefficient de self-nduction d’une même bobine par la méthode que nous venons d’exposer et par la mesure directe de l’extra-courant de rupture. Gomme le galva-
- nomètre est dépourvu d’amortissement il suffit, dans ce cas, d’appliquer la formule
- T „ Tî li—l
- L = R 2 e-- avec s = -—-,—
- 7i a l
- Cette dernière mesure s’applique à la bobine de fil fin d’un électrodynomètre Siemens (fig. 6).
- Par la mesure directe de l’extra-courant, on a obtenu les nombres suivants :
- R = 0,431 ohms.
- h — /=io millimètres a = 234 millimètres 1= 5o5 — 8=26 -t-
- T = a,3b
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- *57
- d’où Pour le cadre mobile seul, on a *
- L = 0,00142 R = 0,0040 ohms
- En faisant tourner l’interrupteur, on a trouvé /[ — / = 5 m. m. a = 79 / = 507,5 8 = 42 n — 108 x — 33,9
- R = 0,431 ohms. /1 — l — 10 m. m. a = 234 m. m. 18 87 / = 5o5 m.m. 3— iGom.m. « = 26,5x —= 8,32 ’ bo d’où L = 0,0000012 “ = o,ooo3i K
- d’où Comme dans l’électrodynamomètre de Siemens
- L = 0,00141 les deux bobines sont perpendiculaires, le coefficient d’induction mutuelle est nul et il faut que le
- En faisant varier la vitesse de l’interrupteur, on trouve que pour 3o tours par minutes de la grande roue, on obtient une déviation de 180 millimètres, tandis que dans l’expérience précédente, on avait une déviation de 160 millimètres pour 26,5 tours par minute. Il faut donc avoir coefficient de self-induction de l’appareil entier soit égal à la somme des coefficients de self-induction des deux parties. Or, on a ici, pour le cadre fixe L = 0,0000023 X 109 c. m.
- 26,5 160 3o 180 et pour le cadre mobile
- or, on a L = 0,000,0012 x io9 c. m.
- 160 26,6 180 3o et on a trouvé, par une mesure directe, pour l’appareil entier
- et on voit que les résultats sont concordants. Pour l’électrodynamomètre à gros fil, nous avons trouvé les nombres suivants : Appareil entier : L = o,ooo,oo35 X io9c. m. On voit bien, d’après ces nombres, que le coefficient de l’appareil entier est bien égal à la somme des coefficients de ses deux parties.
- R = 0,010 ohms lx — / = 5 m. m. a = 1 32 l = boo,5 S = 86 « = 1 i5x = 36,i ' bo Ce qui intervient dans les calculs relatifs aux courants alternatifs, c’est le rapport L/R, plutôt que le coefficientL. Soient deux bobines partielles L, R, et L2 R2, telles qu’on ait
- u’où L, L2
- L, = o,ooooo35 ~ = o,ooo35 ri Ri R2 et soit L et R le coefficient de self-induction et la
- Pour le cadre fixe (gros fil) seul, on a résistance des deux bobines réunies en tension, on aura encore, si le coefficient d’induction mu-
- R = 0,0060 ohms li — /—5m. m. a = 113 / = 5o8 8 = 76 n= 114 x^g—= 35,8 tuelle est nul L| L2 Lt Lj L R, = R2 “ Ri + R., “ R
- d’où Ceci a lieu approximativement dans l’électro-
- ]L = 0,0000023 = o,ooo38 dynamomètre Siemens. - La méthode que nous venons d’exposer est,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- croyons-nous, très simple et elle peut fournir des indications d’une assez grande précision.
- Le plus petit coefficient de self-induction que nous ayons mesuré est celui du cadre mobile de l’électrodynamomètre :
- L = 0,0000012 x io° c. m. = 1200 c. m.
- Dans ce cas, la déviation était encore de 42 millimètres avec une vitesse de rotation de 34 tours par seconde, la bobine n’ayant que 4 tours de fil. Gomme on peut facilement faire tourner la cJef beaucoup plus vite, on voit qu’on peut arriver à une grande sensibilité.
- Comme nous l’avons dit en commençant, cette méthode a été étudiée spécialement en vue des électrodynamomètres, elle est d’un usage très commode, et elle supprime complètement l’emploi du téléphone, dont le maniement exige, au moins, une certaine habitude personnelle.
- P.-H. Ledeboer
- INSTRUMENTS POUR L’ÉTUDE
- DE
- L’ÉLECTRICITÉ ANIMALE
- LES ÉLECTRODES IMPOLARISABLES
- La science des êtres vivants doit ses plus belles découvertes, personne ne le conteste aujourd’hui, à l’imroduction des méthodes rigoureuses appliquées par les physiciens et les chimistes à l’étude des corps bruts.
- Mais, si le physiologiste emprunte aux sciences physico-chimiques leurs méthodes, pour bénéficier de leur exactitude, il doit faire subir à l’outillage et aux procédés expérimentaux,des modifications nombreuses, pour les adapter au but particulier qu’il poursuit. L’étude de l’électricité d’origine animale prend chaque jour plus d’importance, bien qu’elle ait été négligée un peu trop, jusqu'à ce jour, dans notre pays. Cette branche de la science des ctres vivants, considérée d’abord comme une simple curiosité, est
- aujourd’hui une des plus exactes, et je suis convaincu que i’élcctrophysiologie est destinée à nous donner la clef de bien des mystères, que recèle encore la matière vivante.
- Il est vrai que, pour être abordé avec fruit, ce genre de recherches nécessite à la fois des connaissances de physiologie générale et une étude approfondie de tous les phénomnèes électriques, double nécessité qui limite évidemment la diffusion de cette intéressante science.
- Comme dans toute étude qui touche aux êtres vivants, l’expérimentation, en électrophysiologie, a sans cesse à lutter contre des causes d’erreur sans nombre qu’expliquent suffisamment et la délicatesse des phénomènes à observer et la mobilité de leur substratum vivant. Tout phénomène vitale comme le disait Claude Bernard, doit être, pour ainsi dire, saisi au vol. Les instruments doivent donc être disposés pour éviter les causes purement physiques d'erreur et aussi pour faire des mesures rapides. Ajoutons enfin que l’intensité des phénomènes vitaux étant excessivement variable, il doit en être de même de la sensibilité de l’instrument. Il y a, en effet, une grande différence d’intensité entre la variation négative d’un muscle qui se contracte et la décharge d’un gymnote, bien que la cause productive du courant soit très probablement la même; l’instrument de mesure doit s’adapter également bien à ces deux cas.
- Pour l’étude des faibles courants d’origine animale, deux instruments sont nécessaires : i° un galvanomètre sensible ; 20 des électrodes impola-}~isables7 pour dériver ce courant jusqu’au galvanomètre. Ce genre d’électrodes est indispensable pour l’étude des courants électriques provenant des nerfs, par exemple. La force électromotrice, dans certains cas, ne dépassant pas quelques millièmes de volt, il est évident que le moindre défaut d’homogénéité entre les deux élenrodes entraînerait des causes d’erreur d’un ordre plus' élevé que les phénomènes à mesurer.
- On ne saurait donc mettre les tissus vivants directement en contact avec des électrodes en métal, quelle qu'en soit la nature, le métal se polarisant au contact des liquides de l’organisme par le fait même du passage du courant qu’il s’agit de mesurer.
- C’est notre compatriote, M. J. Regnauld, qui le premier, a résolu ce délicat problème, et c’est son procédé, en apparence peu important, qui a
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- pourtant permis à l’électrophysiologie de se fonder. Aussi Claude Bernard a-t-il pu dire avec juste raison que le savant qui découvre une méthode ou un instrument nouveau rend plus de services à la science que le plus grand penseur ou le plus profond philosophe.
- M. J. Regnauld eut l’idée d’amener le courant des tissus au galvanomètre par des lames de zinc baignant dans une solution de sulfate de zinc. Dans ces conditions, comme on le sait, en physique, aucune force électromolrice secondaire ne peut prendre naissance dans l’arc conducteur.
- On ne peut mettre la solution de sulfate de zinc directement en contact avec les tissus, qui seraient altérés par elle ; on est obligé d’interposer entre les deux un corps inerte. Dans le dispositif, aujourd’hui classique, adopté par M. L. du Bois-Reymond, un des fondateurs de l’électrophysiologie, on interpose un coussinet de papier buvard ou de terre glaise, imprégné d’une solution faible de chlorure de sodium n’altérant en rien les tissus vivants.
- Ces électrodes reçoivent des formes variables suivant les besoins ( auges, tubes, etc.): ce sont donc des électrodes à deux liquides. Au lieu de zinc trempant dans une solution d’un sel de zinc, on peut prendre évidemment tout autre métal, par exemple, le cuivre et le sulfate de cuivre, le principe posé par M. Regnauld reste le même.
- Ces électrodes impolarisables à deux liquides, malgré les immenses services qu’elles ont rendus, présentent pourtant encore de graves inconvénients: i° leur complexité, 20 leur défaut d’homogénéité.
- Si on ferme ces électrodes sur le galvanomètre, après les avoir réunies entre elles par un papier buvard imprégné de la solution physiologique de Na Cl, on ne devrait constater aucune déviation du galvanomètre, ou tout au moins aucune déviation persistante.
- Dans , la pratique, il est loin d’en être ainsi ; même après avoir fermé les électrodes en court-circuit, on constate, en rétablissant le circuit du galvanomètre, une déviation permanente de l’instrument pendant des journées et même des semaines entières.
- Les électrodes ne sont pas homogènes. Bien que ces déviations , dues à la non homogénéité des électrodes, soient en général très faibles, elles sont néanmoins gênantes dans certains cas, par exemple, quand il s’agit de l’étude des nerfs. On
- arrive bien à les corriger à l'aide du compensateur de du Boys-Reymond, mais c’est là un procédé dont il vaudrait mieux ne pas faire usage.
- Enfin, ces électrodes à deux liquides présentent encore un autre inconvénient : Dans les expériences de longue durée, la solution métallique peut arriver par diffusion jusqu’aux tissus et les altérer.
- Je me suis demandé à quelle cause pouvait bien tenir ce défaut d’homogénéité, qu'on n’observe jamais en faisant tremper directement deux tiges de zinc amalgamé dans une solution saturée neutre de sulfate de zinc.
- Après un certain nombre d’essais, j’ai reconnu que cette force électromotrice étrangère tenait à l’inégale diffusion des dissolutions salines l’une vers l’autre aux deux électrodes.
- En effet, considérons une électrode de du Bois-Reymond en forme de tube. Cette électrode se compose d’un tube de verre ouvert aux deux bouts ; le bout inférieur est fermé par une boulette d’argile imprégnée de la solution de Na Cl, le reste du tube est rempli par une solution de sulfate de zinc, dans laquelle trempe le crayon de zinc amalgamé qui va s’attacher à un des fils du galvanomètre.
- Au niveau de la boulette d argile qui sépare le tissu du sulfate de zinc, le chlorure de sodium dont elle est imprégnée diffuse vers le sulfate de zinc et réciproquement.
- Or, d’après les expériences de M. Becquerel, nous savons que cette diffusion donne naissance à un courant que ce savant a appelé électro-capillaire, et dont il a bien montré la généralité avec ses tubes de verre fêlés.
- Il en est évidemment de même au niveau de la seconde électrode ; or, comme il est impossible que la diffusion soit exactement la même des deux côtés, il s’en suit que le galvanomètre doit traduire cette différence par une légère déviation.
- Pour démontrer que c’est bien à cette cause, toute physique, qu’on doit attribuer la non-homo • généité des électrodes, j’ai institué l’expérience suivante :
- On prend deux vases poreux de pile remplis d’une solution neutre et saturée de sulfate de zinc ; dans chaque vase plonge une tige de zinc amalgamé reliée au galvanomètre. On plonge alors les deux vases poreux dans un troisième vase contenant la solution physiologique de chlorure de sodium : on constate une déviation persistante du galvanomètre.
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- Cette déviation cesse rapidement si on remplace la solution de Na Cl par une solution de sulfate de zinc saturée, et instantanément si on met les deux tiges de zinc dans le même vase..
- La conséquence de ces essais était facile à tirer: il fallait supprimer un des deux liquides, et nous avons vu qu’on ne pouvait songer à mettre les tissus directement en contac avec la solution de sulfate de zinc. Le problème revenait donc à celui-ci :
- Trouver un conducteur solide qui soit impola-risable dans une solution de chlorure de sodium. Après bien des tâtonnements, [j’ai résolu le problème à mon entière satisfaction (1).
- J’ai remplacé le zinc et le sulfate de zinc par l’argent et le chlorure d’argent.
- Mon électrode impolarisable se compose, en
- principe, d’une lame d’argent pur, recouverte de chlorure d’argent fondu, trempant dans la solution de chlorure de sodium. Le chlorure d’argent est insoluble dans la solution saline qui est faible (i gramme ou 1/2 gramme pour 100), et la lame d’argent, recouverte de chlorure d’argent, est tout aussi impolarisable que la lame de zinc amalganée, trempant dans le sulfate de zinc ; la pile à chlorure d’argent suffit à le démontrer à priori.
- Du même coup, |’ai supprimé tous les inconvénients inhérents aux électrodes à deux liquides ; on n’a plus à craindre l’altération du tissu, puisqu’il baigne dans un liquide absolument neutre; au point de vue physiologique, on n’a plus à craindre également ni la non-homogénéité ni la polarisation.
- J’ajoute que la lame d’argent chlorurée peut être mise en contact direct avec les tissus, sans aucun inconvénient, le chlorure d’argent étant absolument insoluble dans les liquides de l’organisme qui, tous, contiennent du chlorure de sodium.
- On peut ainsi, comme je l’ai fait souvent sur moi-même, introduire dans les tissus des aiguilles à acupuncture en argent chloruré, et étudier les forces électromotrices organiques dans les conditions physiologiques les plus diverses, ce qui serait évidemment impossible avec les électrodes impoiarisables à deux liquides.
- Ces électrodes peuvent recevoir les formes les plus variées, suivant les circonstances expérimentales et les tissus à [étudier. M. Ch. Verdy, mon constructeur, 6, rue Rollin, en a établi une variété répondant aux principaux besoins de l’électro-physiologie.
- Le\modèle figuré ci-dessus montre le dispositif (*)
- que j’emploie pour l’étude des propriétés électriques des différents tissus isolés.
- L’électtode proprement dite A se compose d’un simple fil d’argent pur, d’environ 6 centimètres de longueur sur 3 millimètres de diamètre, recouvert de chlorure d’argent fondu. Ce fil plonge dans un tube T de verre effilé en pointe et rempli de la solution de Na Cl. Il en sort à travers un petit bouchon de caoutchouc C, qui empêche la solution de s’écouler, pour venir s’attacher au pied porte-électrode.
- Ce pied, en plomb antimonié, porte 3 cales en ébonite qui l’isolent du sol. Une tige métallique verticale porte une double coulisse à serrage E qui reçoit une tige métallique horizontale. Cette deuxième tige porte à une de ses extrémités l’électrode impolarisable, par l’intermédiaire d’une charnière et d’une vis de pression, l’autre extrémité reçoit une borne D qui se relie au galvanomètre; on voit enfin sur le pied une deuxième borne B qui sert à réunir entre elles les deux électrodes par un court circuit.
- (*) Voir Société de Biologie, séance du 2 mai 1885.
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- Pour avoir des électrodes bien homogènes et recouvertes de chlorure d’argent fondu bien régulièrement, certaines précautions sont à prendre que la pratique enseigne rapidement. Un bon procédé consiste à avoir des fils d’argent vierge et du chlorure d’argent en poudre. On fait rougir l’argent sur un bec de gaz, puis on le trempe dans la poudre de chlorure qui y adhère aussitôt. On reporte alors dans la flamme le fil chargé de chlorure, on l’y promène et, en le faisant tourner sur lui-même on arrive facilement à bien répartir le chlorure en fusion.
- Quand ce chlorure a été réduit par l’usage en argent métallique, on peut le reconstituer simplement, par électrolyse, en le plaçant au pôle positif d’une auge contenant de l’acide chlorhydrique dilué et traversée par un courant extérieur.
- Quand on se sert de ces électrodes en pleine lumière, et qu’elles sont très inégalement éclairées, ont obtient une déviation due à l’action ac-tinique de la lumière sur le chlorure d’argent. Il suffit alors de recouvrir les tubes de verre d’un corps opaque (tube de caoutchouc, papier noir, vernis au bitume, etc.) sans quoi l’appareil fonctionnerait comme un actinomètre de Becquerel.
- La forme du support permet de porter les électrodes en tous sens, et rend très facile leur remplacement.
- Pour les usages médicaux, il serait très désirable d’avoir, dans beaucoup de circonstances, des électrodes impolarisables. Comme il faut avoir, dans ce cas, delà sur face, je me sers d’une capsule d’argent très plate, dans laquelle j’ai coulé du chlorure d’argent fondu. Le tout est recouvert d’une peau de chamois. Pour les faire fonctionner, on n’a qu’à les tremper dans l’eau salée et à les appliquer sur les tissus comme des excitateurs ordinaires. Le chlorure d’argent joue ici le rôle du sulfate de zinc de Régnault, mais avec cet avantage, qu’étant insoluble dans l’eau salée, il ne risque pas à venir en contact avec les tissus.
- Pour la clinique, je remplace le chlorure d'argent, qui est cher et assez résistant, par des disques faits en aggloméré Leclanché (bioxyde de manganèse et charbon) ou même par des lames de plomb peroxydé (lames positives d’accumulateurs Planté) recouverts de peau de chamois qu’on imbibe d’eau ordinaire. Le principe, on le comprend, reste le même, il n’y a rien de changé que la nature du dépolarisant qui doit toujours être insoluble.
- Dans certaines circonstances, je me suis servi aussi avec avantage de vases poreux de piles remplis du mélange dépolarisant Leclanché (bioxyde de manganèse et charbon en frottement). Ce vase étant bouché et plein d’eau reste toujours humide et s’applique facilement sur la surface cutanée.
- J’ai également essayé, comme électrodes impo-larisablos, le mercure recouvert de sels insolubles (oxydes, sous-sulfate, protochlorure, etc.), mais je préfère de beaucoup le chlorure d’argent, qui est d’un maniement bien plus simple.
- Dans un prochain article, je décrirai les galvanomètres dont l’usage m’a paru le plus commode en électro-phvsiologie.
- 1 )r A. d’Arsonval
- NOUVELLES ÉTUDES
- SUR LES INTÉGRAPHES {')
- LES NOUVEAUX INTÉGRAPHES (Sllîte)
- Intégraphes à roues d’angle. — Dans nos deux derniers articles, nous avons décrit les intégraphes dus à la collaboration de MM. Pollard et Coradi; ces modèles sont les derniers qui aient vu le jour; il nous reste encore à décrire deux autres types un peu antérieurs et qui, par leur conception générale et le mode cinématique, dérivent de l’appareil Napoli et Abdank-Abakano-wicz, que nous avons décrit dans la première partie de ces études (2).
- La principale modification porte sur la série d’organes qui assurent, pour toutes leurs positions respectives, le parallélisme de la directrice et de la roulette.
- On se le rappelle, dans l’appareil que nou venons d’indiquer, la connexion entre les deux chariots, celui qui, suivant la courbe donnée, fixe à chaque instant la position de la directrice, et celui qui est entraîné par la roulette, avait lieu par l’intermédiaire de brins toujours tendus, s’enroulant et se déroulant simultanément sur une double paire de cylindres, engrenant deux à deux.
- (1) La Lumière Électrique, vol. XXIV, n" 14 et i5, 1887.
- (2) Voir La Lumière Électrique, vol. XVIII, i885, p. 161.
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- Pour éviter l’emploi de ces brins, qui n’offrent pas toute la sécurité voulue dans la transmission, nous avons étudié un premier modèle à roues d’angle, dont nous ne donnerons pas la description ici (1); nous passerons de suite au modèle suivant, qui n’en diffère, du reste, que fort peu.
- L’instrument est représenté d’une manière schématique dans la figure i.
- Comme on le voit, l’appareil entier se déplace, le long de l’axe des x, sur le chariot G, comme dans le type précédent.
- Le base est déterminée par la distance de la règle MM' à l’axe vertical de la roue b. Cette distance peut, naturellement, être variée suivant les besoins, cette règle pouvant être déplacée à volonté le long de deux graduations.
- La directrice DD', articulée au point D sur la règle N, peut, au contraire, coulisser entre quatre galets montés sur un bâtis solidaire de l’axe de la roue horizontale b, On suit la courbe donnée [y — fx) au moyen de la pointe P, appartenant au chariot // de la directrice; c’est donc, relativement à cette partie de l’appareil, le dispositif in- (*)
- (*) Voir, pour ce modèle, notre ouvrage sur les intégra-phes, p. 44.
- verse, pour ainsi dire, de celui du modèle de M. Napoli et Abdank-Abakanowicz ( 1885).
- Dans le modèle actuel, le parallélisme est assuré, comme nous l’avons dit, par deux paires de roues d’angle a b, a b', l’une des paires est fixe, c’est-à-dire solidaire du cadre général G, tandis que la seconde paire est montée sur le chariot H que la roulette entraîne dans le sens des ordonnées, le long des règles F F'.
- La première roue b participe directement aux rotations de la directrice et les communique à sa conjuguée a.
- Pour transmettre â toutes distances les rotations d’une paire d'engrenage à l’autre, on a employé un cadre mobile t, t, monté sur deux paliers pp (fig. 2). La roue verticale a’ de la seconde paire, fait partie d’un petit cadre C, dans lequel sont suspendus, les deux galets g g.
- C’e«t par l’entremise de ces galets que les rotations du cadre tt sont transmises à la deuxième paire d’engrenage et, par suite, à la roulette, dont l’axe vertical est solidaire de la roue b'.
- On comprendra facilement les détails de construction du chariot principal H, par l’inspection des figures 2 et 3. Les autres parties de l’instrument se comprennent d’elles-mêmes, si l’on se reporte à ce que nous avons dit des modèles précédents.
- Le chariot H roule, sur quatre galets, le long des rainures tracées sur les règles F et F'; comme il est maintenu sur ces règles par la pression du cadre tt (fig. 2) sur les galets supérieurs g g, il n’est pas nécessaire d’avoir de galets en dessous.
- Ces galets gg sont montés entre pointes, et leur axe est porté par le petit cadre C, dont fait partie la roue d’angle a, et dont l’axe tourne dans les paliers d et d'.
- La roulette est unique dans ce cas, elle appuie sur le papier par l’action d’un poids placé sur l’axe vertical de son étrier. Cet axe ne peut, par conséquent, pas être simplement calé dans le moyeu de la roue b', la roulette devant avoir un certain mouvement vertical.
- Pour permettre un semblable mouvement, la traverse fixée sur la face supérieure, de la roue b' forme une douille au travers de la quelle passe l’axe vertical de l’étrier, sur lequel est calé une seconde traverse, commandée par la première au moyen de deux tiges verticales coulissant j dans deux trous correspondants.
- | Cette disposition permet, en outre, d’effectuer
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- un des réglages fondamentaux de l’insmtment, le parallélisme initial de la roulette et de la directrice ; pour cela, la traverse inféricurse n’est reliée à la roue que p'ar l’intermédiaire de deux vis de réglage qui permettent de faire tourner la roulette par rapport à la roue d’angle horizontale.
- Ponr pouvoir promener librement le chariot sur ses rails, un petit levier k soulève à volonté la traverse supérieure.
- Le tire-ligne est fixé latéralement, il peut se dé-
- l’instrument Abdank-Abakanowicz et Pollard, à supprimer complètement cette difficulté, puisque, comme nous l’avons vu, la roulette est alors reliée d’une manière invariable à la directrice.
- M. Napoli, auquel était déjà dû le premier dispositif du parallélisme a modifié le dernier type dont nous venons de parler.
- La figure 4 est un plan de cet instrument, dans lequel on n’a indiqué que les organes principaux.
- Les mêmes lettres indiquent les parties qui sont
- Fig. 2
- Fig. 3
- placer dans une douille, et il est orienté au moyen d’une petite bielle reliée à i’étrier de la roulette.
- InTÉGRAPHE NAPOLI ET ABDANK-ABAKANOWICZ A PARALLÉLOGRAMME DÉFORMABLE
- Si nos lecteuis ont suivi le développement des modèles successifs denos intégraphes, ils se seront sans doute rendu compte, que la principa e difficulté de la réalisation pratique du principe sur lequel ils reposent, gît dans l’organe ou les organes qui assurent à toutes distances le parallélisme de la directrice et de la roulette. Et c’est toujours en vuo de simplifier ou d’améliorer cette transmission que nous avons transformé successivement nos appareils; on est même arrivé, dans
- restées les mêmes que dans le modèle précédent.
- Comme on le voit, toute la modification porte sur l’organe assurant le parallélisme.
- Les roues d’angles et le cadre mobile sont remplacés ici par un parallélogramme déformable.
- Ce parallélogramme est déterminé géométriquement par deux côtés dont les longueurs restent invariables et égales, et par deux côtés de longueur variable, et astreint à être toujours parallèles.
- Ces conditions sont réalisées d’une manière très ingénieuse.
- Les côtés invariables sont constitués par les deux manivelles m et m', dont l’une participe aux rotations de la directrice, elle est calée sur l’axe vertical d’un chariot où celle-ci coulisse entre quatre galets, et dont l’autre est fixée sur l’axe vertical de la roulette.
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- L’un des côtés variables est purement idéal, il est déterminé pour la ligne qui joint les centres de rotation des manivelles, cette ligne doit être, pour toute position du chariot H, parallèle aux rainures des règles F et F' ; nous verrons, du reste, plus loin, à propos du réglage, comment on peut réaliser cette condition.
- Le second côté est formée par la règle L, qui
- fait partie du chariot G. La liaison avec les manivelles a lieu au moyen de paires de galets, mon. tés sur un axe commun et qui embrassent l’âme verticale de la règle L, dont la ection est un simple T.
- Cette âme étant une fois amenée à être parallèle aux rainures des règles F et F', on voit qu’en toute position du chariot H, on aura un parallélogramme; il suffira donc que lorsque la directrice se trouvera sur l’axe des xde a courbe donnée, qui doit passer par l’axe de rotation de la manivelle m, le plan de la roulette lui soit parallèle.
- Théoriquement, c’est-à-dire pour des organes
- mécaniques parfaits, on pourrait donner aux manivelles une position quelconque par rapport à la directrice, mais en tenant compte des jeux, et ici le principal est celui qui a-lieu entre les galets et la règle L, on voit que pour ün jeu déterminé, l’angle perdu de la directrice ou de la roulette sera d’autant plus petit que la manivelle et la règle L feront elles-mêmes un angle plus petit. Comme on peut avoir, et qu’il y a du reste toujours intérêt à avoir des courbes symétriques par rapport à l’axe des x (c’est la position de la surface donnée pour laquelle un1 grand nombre d’erreurs de construction s’élimine dans le résultat final de l’intégration), il y a avantage à caler la manivelle à 90 degrés sur la directrice.
- Relativement aux détails de construction, nous dirons seulement que le chariot H est en deux parties, et muni de 8 galets, embrassant les deux faces des règles F et F'.
- Dans ce modèle encore, il n’est pas possible de transmettre directement les rotations à l'étrier de la roulette, à cause du mouvement vertical de celle-ci ; le moyeu de cette manivelle forme douille par l’axe de l’étrier, et sur celui-ci est calé un petit levier relié avec le prolongement de la manivelle par une tige coulissant dans un logement cylindrique.
- Nous avons maintenant décrit les derniers types d’intégraphes, disons quelques mots de la théorie du réglage de ces instruments.
- Nousnous attacherons spécialement au modèle de l’intégraphe à roues d’angle.
- Pour qu’un instrument pareil puisse fonctionner, il faut qu’il remplisse un certain nombre de conditions, dont les unes doivent nécessairement être obtenues de construction, tandis que les autres peuvent être réalisées au moyen d’un réglage spécial, et une grande partie de l’étude d’un appareil semblable consiste précisément à trouver des méthodes permettant de réaliser séparément ces diverses conditions.
- Parmi les conditions qui doivent être assurées de construction, les deux principales sont relatives à la directrice et à la transmission du mouvement entre les deux paires d’engrenages.
- La directrice théorique est déterminée par la ligne idéale joignant à chaque instant le centre d’articulation en D' (fig. 1) à l’axe de la roue b, mais, en fait, la règle formant la directrice coulissant entre ses quatre galets (dont deux sont réglables à volonté), a une direction de déplace-
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- ment invariable par rapport au bâtis portant ces galets, et auquel est également fixé l’axe vertical de la roue b ; la droite, dont les rotations se transmettent à la roulette, ou la directrice réelle, est donc la ligne passant par l’articulation D' et parallèle à la direction de ce déplacement. Cette ligne ne passera pas, en général, par l’axe de la roue b, ce qui introduit une erreur systématique dans les tracés (1).
- Ce réglage se fait une fois pour toutes en déplaçant l’axe de la roue b sur le bâtis de la directrice, et en vérifiant par une méthode de retournement qui permet d’estimer le quadruple de l’erreur.
- La condition nécessaire de la transmission du mouvement exige que les quatre axes de rotation — cadre t, t et roue a ; roue b ; roue a et roue b'— coïncident. Les deux paires d'engrenage sont éta-
- (l) Il est facile de trouver l’expression mathématique de l’erreur introduite de ce chef. Soit k (voir fig. ci-contre), la distance de la directrice définie comme nous l’avons fait, & l’axe de la roue b; b la base et h une ordonnée correspondant à une rotation vraie a' de la directrice et par suite de la roulette ; on aura, en traitant k comme un infiniment petit :
- -t(V‘+ (î)’- )]
- candis qu’on devrait avoir simplement, tga = h/b.
- On peut développer en série :
- h . , h \ khi
- b<i; *0“ =b / 1 2 b1 \
- h ^ . h ( „ k 1
- b = 1 *8 “ = b 1 ' -°,43bi
- h ^ ^ , h 1 k k
- b>1 =b j1 +'h"^
- (Le signe + s’applique à h positif et le signe— à h négatif.)
- On obtient ainsi pour l’erreur relative de la tangente d’inclinaison :
- tga.— tga fc/, / , //i\3 \
- '-—TT*------i(v,+(ï) -•)
- i ° a + h > b ; erreur relative,
- V = — ftTzp i ± —- k - I
- L b 2 a (a 4- /i)J
- Pour avoir la plus grande erreur possible, il faut faire a + h le plus grand possiblect li et b petits, c’est-à-dire con-
- sidérer un rectangleinfinimentétroit,parallèle àl’axedesa:. D’après les dimensions de l’appareil étudié, si on fait :
- a= 2 5o b = bo h — o , ^ k r> 60
- et en admettant k = 0,1 m. m-, l’erreur relative serait de 1/600 seulement de ce chef.
- 2° a + h < b ;
- „ , 2 a 4- h
- g =k ,_,t-
- k h ^ 2 b3
- 2 k
- g = 0,43 ^
- La plus grande erreur relative (en valeur absolue) correspond à h =s b, on obtiendrait par exemple, pour b = 60 m. m. et k = 1/10 m. m. r, = 0,007.
- Mais ce qui importe, c’est l’erreur relative non pas de l’inclinaison, maïs d’un élément de surface; il suffit de considérer un rectangle parallèle à l’axe des x, soit h sa hauteur et a la distance de la base inférieure à l’axe des x (la longueur n’intervient pas).
- Il y a encore deux cas :
- En remarquant que a + h a une certaine valeur limite, 2 b on trouve la plus grande valeur de •g" en faisant encore h = o.
- Si l’on suppose a = — h/2, c’est-à- dire une surface à cheval sur l’axe des x, on trouve g — o.
- Donc, pour toute surface symétrique par rapport à l’axe des x, cette erreur fondamentale disparaît (ou plutôt elle devient du deuxième ordre).
- La détermination d’une valeur de la base qui doit nécessairement se faire par estimation directe d’une surface connue doit donc se faire dans ces conditions là. Le cercle est la surface qu’il est le plus facile de tracer mécaniquement; c’est celle que nous avons adoptée pour ces déterminations.
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- 66
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- blies à part, de manière à obtenir un engrène-ment doux et égal ; les deux axes de rotation du cadre t, t et du petit cadre C sont ensuite mis en coïncidence sur l’appareil monté, au moyen d’une visée.
- Les erreurs dans la position de ces axes, amenant nécessairement des déformations des différentes parties, la douceur de transmission est le seul critère applicable.
- Les principaux réglages proprement dits concernent l’orthogonalité du système de coordonnées déterminé par les directions , de déplacement des deux chariots, et le parallélisme initial de la roulette et de la direction.
- i° Orthogonalité du système des coordonnés.
- Une obliquité de ces directions (la pointe P étant toujours supposée guidée parallèlement au déplacement du chariot H) donne lieu au tracé d’une courbe, qui n’est plus la courbe intégrale ; pour avoir en un point de la courbe tracée l’ordonnée réelle (les points correspondants étant déterminés par le système oblique), il faut prendre la projection de l’ordonnée; les différences sont donc du second ordre par rapport à l’écart de perpendicularité.
- Le réglage correspondant se fait (au moyen des vis à pointes des galets du chariot G) en traçant avec le tire-ligne deux droites parallèlement à chaque déplacement; on déplace ensuite l’instrument tout entier, de 90 degrés, de manière à faire coïncider la règle L, sur laquelle roule le chariot G, avec une des lignes tracées.
- En faisant mouvoir le chariot H, on tracera alors une ligne qui fera, avec la parallèle à la règle L obtenue dans la première position, un angle égal au double de l’erreur de perpendicu-dicularité.
- Le parallélisme de la règle M M (') avec la ligne
- (') Erreur introduite par l'obliquité de la règle MM', soit 0 l’inclinaison de la règle M M' sur la direction des y. L’erreur relative sur la tangente sera :
- h
- b
- 0
- de déplacement du chariot H, ou la direction des j', s’étudie de la même manière, ou plus simplement, en faisant coïncider (par un déplacement le long de L) une ligne tracée avec le tire-ligne dans le sens des y avec une ligne déterminée par le mouvement de la pointe P le long de MM.
- 2° Réglage du parallélisme initial de la roulette et de la directrice.
- L’axe des x étant déterminé par la parallèle à la règle L, passant par le pied de l’axe dp la roue b (), il faut que, quand la roulette est parallèle à l’axe des x, la directrice coïncide avec cet axe, ou inversement.
- Pour constater, au moyen de l’instrument, s’il en est ainsi, on opère de la manière suivante :
- On déplace la directrice de manière à placer la roulette parallèlement à la règle L; il est facile de s’assurer de cette position, c’est celle qui ne donne lieu à aucun déplacement du chariot H
- elle est maximum pour la plus grande valeur de 2 a + h ou en remarquant que a + h a. lui-même une limite pratique, pour h — o, et a égala cette limite (25o m. m.) ce qui donne :
- 0 c
- 7i„„. == 5oo o
- En prenant la- plus petite valeur de b, soit h o m. m. et
- en admettant qu’on peut réduire 0 à la limite 1/2000 (2/10 m. m. sur 400) on a :
- •0,
- 240
- Si nous considérons encore une bande pai allèle à l’axe des x définie de la même manière que dans la note précédente nous aurons comme erreur relative de la mesure de saNsurlace :
- ^{(aa + h)
- Ici encore l’erreur est nulle pour une surface symétrique;
- Mais c’est une limite bien supérieure à ce qu'on obtiendra dans la mesure d’une surface, même dans des conditions assez défavorables; ainsi avec h = 1 o m. m. et a= 200, qui correspond encore à une surlace tout à fait excentrique, on aurait 4 = i/3oo.
- (’) Plus exactement, comme nous l’avons indiqué plus haut, en tenant compte de la distance K.
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- IÔ7
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- quand l’appareil se déplace ; la directrice étant fixée au moyen de son chariot, toute variation de la base amènera une rotation de la roulette, si la directrice (telle que nous l’avons définie) n’est pas parallèle à la règle L. En passant des valeurs extrêmes de la base, l’erreur de parallélisme peut facilement être estimée et corrigée au moyen des vis de rttppel qui relient la roue b' à la traverse dont nous avons parlé plus haut (1).
- Si nous considérons le dernier modèle de M. Napoli et Abdank-Abakanowicz, le réglage relatif à l’orthogonalité des coordonnées reste le même; il faut, en outre,comme nous l’avons dit, que la règle L soit parallèle au déplacement du chariot H ; on y arrivera facilement en fixant le chariot G'L, en faisant rouler le chariot H, e* en étudiant le déplacement d’un repère sur la règle L; on l’effectue au moyen des vis des galets du chariot G'.
- Les divers réglages de la directrice re*stent les mêmes, ainsi que leur influence sur l’intégration. L’établissement du parallélisme initial de la directrice et de la roulette se fera également par la méthode que nous avons indiquée.
- Si l’on compare ces deux derniers modèles à ce point de vue spécial, il faut reconnaître que le modèle à parallélogramme articulé n’exige qu’un nombre bien moins grand de conditions mécaniques à remplir, et que les déformations y sont beaucoup moins à redouter; par contre, on a à craindre les jeux entre les paires de galets et l’axe de la règle L, et sur l’axe commun de ces galets.
- Avec les roues d’angles, à côté de la délicatesse extrême du montage, les roues et les paliers du ctdre mobile donnent lieu à un frottement trop» considérable.
- Les défauts communs aux deux appareils sont les frottements trop grands ou sinon, le jeu
- (!) Erreur de parallélisme de la roulette et de la directrice. Avant d’étudier l’influence d’une erreur déterminée ; voyons jusqu’à qu’elle limite on peut espérer la réduire par le réglage, toujours dans le cas de l’appareil indiqué.
- On suppose qu’on a amené la roulette à être parallèle à l’axe des x et qu’avec la base b, l’extrémité de la direc-
- Donc le plus grand angle qui puisse subsister ist e/è< 1/1000.
- Voyons maintenant les erreurs qui en proviennent. Considérons toujours un rectangle de hauteur h à la distance a de l’axe des x.
- L’erreur relative est :
- trice soit déplacée de eyquànd la base sera portée à 1‘, la roulette tournera de d a On a la relation :
- d a
- b —b'
- ‘“rs7*
- Nous admettons qu’on puisse déterminer un déplacement de 2/10 de m. m. du chariot H sur les règles F F', ion fixera une règle et un vernier provisoire), et qu’on puisse déplacer le chariot G de 400 m. m., le long de l’axe des x.
- On a en outre b = 5o m. m. b' = 15o m. m.
- L'inconnue est en réalité la valeur limite de s, qu’on ne pourra plus reconnaître par un déplacement du chariot H ; on a donc d a. = J /2000 et :
- d ab b’
- <0,04
- = | (2 a + ^1) A e2
- Dans ce cas encore l’erreur est nulle pour a = — hj2. Les conditions de l’erreur maxima sont encore les mêmes /i = o,n = 25o m.m., ce qui donne pour b = 60 m.m.
- ^)mm
- I
- I 20
- Ici encore c’est une limite extrême ; pour a = o h = 200 m. m.
- ** üoo
- Cornme on le voit, cette cause d’erreur est la plus importante ; mais comme nous l’avons vu aussi, elles disparaissent toutes pour des surfaces symétriques par rapport à l’axe des x :
- En résumé, les erreurs provenant des jeux, des flexions, et des frottements sont en général beaucoup plus considérables que les erreurs fondamentales provenant d'un réglage imparfait.
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- . LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- inévitable qui a lieu entre l’axe de l’étrier de la roulette et sa douille, et qui provient en grande partie de la nécessité qu’il y a de laisser à la roulette un déplacement vertical.
- Pour pouvoir obtenir une grande précision avec ces dispositifs, il faudrait pouvoir monter entre pointes tous les axes qui, actuellement, tournent dans des paliers.
- B. Abdank-Abakanowicz
- NOUVEAU
- DISPOSITIF D’INTERRUPTEUR
- La communication faite parM. Chardin à la dernière réunion de la Société internationale des
- Fig. 1
- Électriciens se rapporte à un interrupteur automatique de courant qu’il a adapté à ses appareils médicaux mais qui est susceptible d’application dins toute autre circonstance.
- On a imaginé un grand nombre de dispositions pour obtenir des interruptions nettes et rapides des courants. Nous ne parlerons que pour mémoire des interrupteurs à mercure dont les inconvénients sont nombreux et que l’on a cherché à atténuer, dans une certaine mesure, en leur donnant des formes variées.
- Toutes ces modifications, tous ces perfectionnements, assurémentimportantset incontestables, présentent toutefois le désavantage de rendre l’appareil encombrant, peu portatif, aussi son usage se restreignait aux opérations de laboratoire eUne se répandait pas dans la pratique.
- On a très souvent besoin, et cela surtout dans les applications médicales, d’obtenir la rupture
- rapide d’un courant de pile; il faut également pouvoir le rétablir dans les mêmes conditions de rapidité, après une durée déterminée.
- Souvent, on a eu recours à des systèmes tels qu’un cylindre tournant d’un mouvement uniforme, et sur la surface duquel étaient implantées de petites chevilles espacées dans un ordre déterminé. Celles-ci soulevaient et laissaient retomber alternativement un levier en communication avec l’un des pôles de la pile pour établir et rompre le courant. Dans le contact et le frottement de ces pièces l’une sur l’autre, les pressions étaient variables. Celles-ci influaient sur la résistance au passage du courant et les fonctions de l’appareil ne s’accomplissaient pas sans hésitations.
- Dans le nouveau type réalisé, le constructeur a cherché à s’affranchir de tous ces désavantages.
- La figure i en représente le dispositif d’ensemble, la figure 2 montre séparément l’interrupteur proprement dit.
- L’appareil se compose d’un mouvement d’horlogerie placé en dessous de la plaque AB que nous n’avons pas jugé utile de faire figurer dans le dessin, attendu qu’il n’offre rien de particulier. R est le carré du remontoir du ressort.
- Le mouvement d’horlogerie a pour objet d’imprimer un mouvement de rotation uniforme à un disque D de 78 centimètres de diamètre environ. Le bouton C sur lequel est gravée une flèche sert à mettre en marche ou à arrêter les rouages suivant qu’on le tourne à gauche ou à droite d’après les désignations des lettres M et A.
- Sur le disque repose la molette m qui participe à son mouvement de rotation. La molette fait corps avec une coquille d taillée, pour ainsi.dire, en forme de dent de manchon d’embrayage
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- quoiqu’elle n’ait pas de fonction analogue ici.
- En face de cette coquille s’en trouve une autre e, échancrée comme le montre le dessin.
- La molette et les deux douilles sont fixées sur un axe a tournant dans des pivots entre les deux bras G et H du chariot, lesquels sont assujétis par des vis sur la tige cylindrique K. Entre ces deux bras existe un double levier p et q dont l’un est isolé électriquement en r de l’axe commun fileté dans jtoute sa longueur, et dont l’autre q portî une petite aiguille cylindrique s passant sous le premier pour se mettre en contact avec lui.
- Un des pôles de la pile aboutit en t sur le levier p venant de la borne S par dessous la plaque horizontale A B, la deuxième borne S' est reliée a la masse.
- Les deux piliers à oeilleton L et M supportent la tige K qui peut être déplacée à volonté, par glissement dans ses supports. Le déplacement de la tige K entraîne le chariot tout entier et par conséquent la molette m qui roule sur la surface du disque moteur D. Suivant qu’elle est plus ou moins rapprochée du centre du disque, sa rotation sera moins ou plus rapide.
- Dans les conditions figurées au dessin, la maiche du courant est la suivante :
- Partant de la borne S' reliée à la tige K, il passe par le levier q, l’aiguille s, le bras^ et de là retourne à la borne S. Sous l’action du disque D la molette tourne, sa coquille présente son vide au bras q qui y tombe, provoquant ainsi la séparation de son aiguille s d’avec le levier p, et par suite, la rupture du circuit.
- L'extrémité de p frotte alors sur la surface de la douille e jusqu’au moment où elle plonge dans l’échancrure qui y est ménagée, pour lui permettre de revenir en contact avec l’aiguille s, et rétablit le courant. Des ressorts antagonistes xx assurent les contacts par leur pression sur les leviers.
- La fréquence des interruptions s’obtient par le déplacement du chariot à l’aide de la tige K, leur longueur est variable en faisant avancer le levier le long de son axe, par la manœuvre de la vis v.
- Avec un téléphone intercalé dans le circuit, on entend simplement un bruit sec respectivement du à l'interruption et au rétablissement du courant.
- THÉORIE GRAPHIQUE
- DES
- DYNAMOS A COURANTS CONTINUS p)
- Dans un précédent article, j’ai montré que pour les machines excitées en dérivation, la force électromotrice à une vitesse donnée ne dépend que de la section du fil d’excitation, et qu’elle est in-dépendante de sa longueur, et, par conséquent de sa résistance, tant qu’on reste dans les limites pratiques.
- L’équation de condition est :
- /v , A t
- (0 S=PX~W
- dans laquelle
- p est la résistance spécifique ;
- X le périmètre moyen du fil ;
- A t le nombre d’ampère-tours correspondant à la force électromotrice E.
- Une erreur d’interprétation de cette formule, m'a fait indiquer des conclusions erronées sur un point assez important. Je suis donc amené à reprendre la question en lui donnant un peu de développement.
- Courbe des sections. — A chaque force électromotrice correspond une seule section et un seul nombre d’ampère-tours excitateurs. Il y a donc une courbe des sections en fonction des ampère-tours qui peut se tracer sur l’épure même de la courbe du champ magnétique ou de là force électromotrice.
- Soit (fig. 1), la courbe des forces électromotrices, èn fonction des ampère-tours d’excitation.
- Pour un point E de cette courbe, E P est la force électromotrice E, et O P est l’excitation A t. Le rapport Af/E de ces quantités est égala tangip.
- D’après la formule (1), le rapport s/pX a la même valeur.
- La construction qui donne s est alors très simple. On porte PQt pX, en choisissant une échelle convenable, et on mène par Q une perpendiculaire à OE, jusqu’à sa rencontre avec E P;
- (!) Voir La Lumière Électrique, vol. XXIII, 1887, n" ij a et 3.
- E. Dieudonné
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- LA LUMIÈRE ÈLECTP*&tje
- La ligne PS représente alors la section du fil correspondant à l’excitation O P et à la force électromotrice EP.
- La courbe qui joint tous les points S est la courbe des sections de fil que l’on se proposait d’obtenir.
- La figure 2 représente cette courbe pour une
- Fie- 1
- machine Edison française de no volts et 240ampères.
- L’allure en est remarquable, en ce sens qu’elle montre bien qu’à partir d’une certaine valeur de
- Fig. 2
- la force électromotrice, il suffit de faibles augmentations de section pour obtenir une grande variation dans cette force électromotrice.
- On peut se servir de ce résultat graphique pour étudier divers problèmes.
- Celui qui se présente le plus généralement est le suivant.
- La force électromotrice à obtenir est donnée : elle est fixée par les conditions même du pro-
- gramme imposé. Le fil à employer l’est aussi, en tant que dimensions transversales, par ce qui précède, mais la longueur reste arbitraire.
- Si l’on prend une grande longueur, on a une grande résistance et une faible dépense de courant excitateur. On obtient de la sorte une machine à grand rendement extérieur, mais le poids du cuivre employé en fil d’excitation peut devenir considérable.
- Au contraire, en suivant la marzhe inverse, on économise du cuivre; mais on diminue parallèlement le rendement extérieur de la machine.
- On est donc en présence de deux éléments qui varient en sens inverse ; et la méthode de figuration graphique se prêtera encore admirablement
- Fig. 3 .
- à la représentation de leurs allures et à la détermination du meilleur choix du système de valeurs qu’il convient d’adopter.
- Proposons-nous donc d’obtenir à la fois les courbes de dépense de courant et de dépense de cuivre en fonction du rendement extérieur.
- Par rendement extérieur j’entends simplement le rapport du courant extérieur disponible I au courant total I -f- i engendré par la machine fonctionnant à charge normale.
- Soit K ce rendement : nous le porterons en abscisses sur l’axe horizontal O K de la figure 3.
- D’après la définition même :
- (2) on a
- K =
- 1
- I + i
- i 1 — K T K
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 171
- et on obtient un point quelconque de la manière suivante. On porte O Z = I ; on joint au point K et on prolonge jusqu’en f,. La droite i /, est égale à i : On peut la reporter en Ki' et i' est un point de la courbe.
- Cela étant, à chaque intensité i correspond une
- Fig. 4
- seule longueur L du fil inducteur. Il suffira donc de la déterminer en fonction de i et de porter cette longueur L sur la même ordonnée que celle
- Fig. s
- de l’intensité i correspondante pour obtenir L en fonction de K.
- Or, comme on a toujours la relation
- p
- L
- s
- i = E
- on en tire :
- E
- _P _ L
- t s
- Tout est connu dans cette formule sauf L et i• Le tracé est alors facile. Sur l’épure (fig. 4) dont la courbe I représente celle qui a été déterminée par la figure 3, on porte d’un côté d’un point K une longueur KM — E/p. On joint M I. Portant ensuite de l’autre côté de K une longueur KS = i, et par le point S menant une perpendiculaire à M I, on obtient en L le point d’intersection de cette ligne et de l'ordonnée du point K.
- Le point L appartient à la courbe cherchée, et KL représente en grandeur et position la longueur de fil compatible avec le rendement K.
- La similitude des triangles IKM ét SKL donne, en effet, la relation (?) ci-dessus.
- Cette courbe des longueurs représentera en même temps celle des volumes et poids de cuivre qui lui sont proportionnels, puisque la section est donnée.
- La figure 5 représente l’épure pour la même machins que ci-dessus, et pour des rendements compris entre 0,88 et l’unité.
- L’origine des coordonnées est à gauche, en dehors des limites de l’épure.
- Une fois en possession de ces éléments on peut choisir le groupe de valeur que l'on juge le meilleur.
- On pourrait traiter la question analytiquement, en établissant une équation entre le prix du courant d’excitation et l’intérêt du fil inducteur. On rechercherait alors quel système de valeurs correspond au minimum de dépense annuelle.
- Mais ce genre de détermination, rois à la mode par les auteurs anglais, ne donne, à notre avis, que des résultats tout-à-fait fallacieux, en attribuant des valeurs hautement arbitraires à des quantités d’un ordre secondaire. On peut conduire les hypothèses et le calcul de manière à trouver à peu près tout ce qu’on veut. Il est infiniment préférable de se laisser guider dans le choix par des considérations non chiffrables mais beaucoup plus sérieuses et dans lesquelles interviennent surtout l’expérience et l’habilité personnelles du constructeur.
- R.-V. Picou.
- U)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- REVUE DES TRAVAUX !
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ !
- 1
- Nouveau mode d’emploi du thermomultiplicateur, ; par M. Edouard Branly ()•
- L’étude des radiations calorifiques a été faite j pendant longtemps et exclusivement au moyen) de l’appareil inventé par le premier expfrimenta-: teur qui en a fait une étude un peu systématique, ; le multiplicateur de Melloni, combiné avec un, élément thermo-électrique. J
- En générai, on fait agir les radiations calori-j fiques jusqu’à ce que l’aiguille déviée tende à revenir vers sa position d’équilibre, et on vérifie <; qu’on a une proportionnalité approximative entre-les arcs de première impulsion et les chaleurs remues. j
- Dans une note publiée dans les Comptes rendus M. Branly a indiqué un nouveau mode d’emploi de l’appareil de Melloni.
- « Les galvanomètres dont j’ai suivi la marche sont munis d’un miroir plan. La mesure des angles se fait avec une lunette qui porte, à la hauteur de son objectif, une règle circulaire de o,5o m. de rayon et divisée en millimètres; le centre de la circonférence de la règle est sur ie fil de cocon qui soutient le système astatique. »
- « Un déplacement de 1 millimètre correspond à une déviation de 3'2Ô"; on apprécie le dixième de millimètre, c’eet-à-dire 20" environ. »
- « Parmi les appareils que j’ai comparés, je citerai seulement ici : i° un galvanomètre formé d’un cadre plat en ivoire, sans fente médiane, et d’un système astatique à aiguilles longues et légères (système astatique de Nobili); 20 un galvanomètre composé de deux cadres en cuivre et de deux aimants en forme de cloche noyés dans la’ masse de cuivre des cadres (aimants de Siemens). Ces deux appareils, établis sur mes indications par M. Gendron, représentent les deux types extrêmes des instruments dont j’ai examiné le fonctionnement. Leur résistance est d’environ un ohm^ Pour un dix-millionième d’ampère, la sen-
- P) Voîr Comptes Rendus, 1887, t. CIV, i0' semestre, p. io5g.
- sibilité du galvanomètre Nobili est de 6 millimètres (à 1 m.), celle du galvanomètre Siemens de 2 millimètres. (
- « Avant toute expérience dç rayonnement, les appareils sont contrôlés avec des courants constants dus à un élément Daniell relié à des résistances comprises entre 5o,000 et 35o,ooo ohms, ou à un clément thermo-électrique dont les soudures sont maintenues à des températures rigoureusement fixes.
- a Pour un même courant, ils donnent des impulsions invariables, et indépendantes de la position du système astatique, pour un petit changement sur la règle. Mais il faut attendre plus de cinq minutes avant que l’aiguille du galvanomètre Nobili soit bien revenue au repos, et il y a souvent, sur le point de départ, une incertitude de 1/2 millimètre.
- Le point d’arrivée s’apprécie bien. Pour le galvanomètre Siemens, l’incertitude est inférieure à un dixième de millimètre, au départ comme à l’arrivée.
- Avec les courants d’une pile thermo'électrique exposée au rayonnement d’une lampe, l’impulsion du galvanomètre de Nobili dure environ trente-cinq secondes et les impulsions ne sont pas proportionnelles aux quantités de chaleur : d’un côté de l’équilibre, elles sont trop fortes, et cela correspond à un accroissement de la durée de l’impulsion avec la grandeur de l’angle ; de l’autre côté, elles sont trop petites, en même temps que l’impulsion présente une durée moindre. La différence augmente avec la déviation (1). Dans les galvanomètres à cadre métallique, l’amortissement ne permet pas, en général, d’observer d’impulsion pour les courants croissants de la pile thermo-électrique.
- rç Afin de mettre à profit la fixité du point de départ dans les galvanomètres à amortissement, j’ai adopté une nouvelle manière d’opérer.
- « La chute d’un écran en aluminium laisse passer le rayonnement de la source, la chute d’un second écran l’intercepte après quinze secondes; (*)
- (*) Chaque galvanomètre demande une étude spéciale et présente des irrégularités qui lui sont propres. Toutefois, je n’ai jamais trouvé que la proportionnalité se vérifiât exactement, môme au-dessous des limites admises; il n’y avait doute que pour des systèmes «statiques, dont l’extrême mobilité est un obstacle aux mesures
- Note de l'auteur.
- exactes.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- cet intervalle du jeu des écrans est réglé par une horloge à l’aide d’électro-aimants sensibles. Aux deux mouvements, la durée des contacts électriques n’excède pas 4/100 de seconde, et le temps qui sépare la chute des deux écrans est constant à 2/100 ou 3/ioo de seconde près. Ces deux points essentiels ont été établis d’après des inscriptions sur un enregistreur de Foucault.
- «Dans ces conditions, les galvanomètres à amortissement offrent une impulsion nette; en outre, comme la chaleur ne frappe la pile que pendant quinze secondes, le refroidissement est rapide. Avec le galvanomètre Nobili, l’arc d’impulsion dû à un rayonnement de quinze secondes est égal aux deux tiers de l’impulsion ordinaire, qui durait en moyenne trente-cinq secondes.
- « La proportionnalité entre les quantités de chaleur et les nouvelles impulsions est plus approchée que dans le cas des anciennes impulsions!; elle sont, toutefois, encore plus fortes d’un côté et plus faibles de l’autre. Le galvanomètre Siemens se comporte de la même façon. Ainsi, pour ce dernier, du côté des déviations trop petites, la quantité de chaleur correspondant à. 60 millimètres sur la règle est 60,6 m. m. »
- « En résumé, en laissant tomber le rayonnement sur la pile pendant quinze secondes et en lisant l’impulsion par réflexion sur une règle de o,5o c. m., avec un galvanomètre dont l’amortissement est bien réglé, on obtient une précision qui est en rapport avec la constances des sources les plus fixes. »
- « S’il s’agit de comparer des rayonnements très voisins, la méthode précédente doit être regardée comme extrêmement exacte; pour des rayonnements différents entre eux, une graduation du galvanomètre est nécessaire (* 1) ».
- Nous n’avons aucune peine à admettre l’avantage de la méthode employée par M. Branly; il est très évident, qu’en diminuant la durée d’action des radiations calorifiques et surtout l’angle d’impulsion (le plus grand écartement indiqué, 60 millimètres correspond à une déviation de
- (*) D’après l’auteur, une semblable graduation ne doit pas se faire avec une lampe Carcel ou un modérateur, â cause de leurs variations, mais au moyen d’un bec de gaz à pression constante.
- E. M.
- 3°,5). On se rapproche davantage des conditions auxqne'iles doivent satisfaire, les galvanomètres balistiques.
- Nous ferons remarquer seulement que ce n’est pas le premier essai de modification de l’appareil de Melloni.
- Les thermo-galvanomètres de MM. Forbes et d’Arsonval, que nous avons déjà eu l’occasion de rappeler dans ce numéro (*) rentrent dans ce même ordre d’idées.
- E. M.
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE (2)
- La batterie d’accumulateurs de l’Hôtel de Ville, par M. E. Reynier.
- M. E. Reynier a donné la description de la grande batterie secondaire qu’il vient de construire à l’Hôtel de Ville de Paris.
- Cette batterie pèse 11 tonnes et contient 4500 litres de liquide. Elle comprend 165 grands couples Planté, de 0,26 mètre de diamètre et 0,80 mètre de hauteur. Chacun de ces couples peut débiter un courant de 240 ampères, avec une chute de potentiel ^de 1,9 volt. La puissance totale de la batterie est donc d’environ 80000 watts, soit un peu plus de 100 chevaux.
- La surface active des couples est 480 décimètres carrés ; leur résistance intérieure est o,ooo5 ohm ; leur capacité, après formation complète, pourra atteindre 1 million de coulombs.
- La batterie a pour fonction de régulariser et de prolonger, en cas d’accident survenu aux machines, la lumière de 2200 lampes Edison. L’auteur pense que des voltamètres \inc-plomb auraient eu une efficacité plus complète comme régulateurs de courant; par contre, les couples Planté sont plus aptes à acquérir une grande capacité électrochimique et à fonctionner comme accumulateurs proprement dits.
- En vue de certaines expériences, la puissance de 100 chevaux électriques pourrait être rendue disponible sous des régimes variés, depuis le potentiel maximum de 33o volts, avec le débit normal de 240 ampères, jusqu’au potentiel mini-
- (1) Voir Correspondance d’Angleterie, p. 181.
- (2) Séance du 1" avril 1887.
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- >74
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- mum de 1,9 volt, avec un débit de quarante mille ampères.
- M. Reynier a terminé sa communication en remerciant M. Gaston Planté, qui a bien voulu l’aider de ses conseils dans l’exécution de celte batterie, de dimensions jusqu’alors inusitées.
- Influence de la longueur du banc du photomètre sur les mesures photométriques.
- A l’occasion de différences observées constamment dans les mesures photométriques faites à l’usine à gaz et au laboratoire de contrôle municipal d’une ville voisine de Hambourg, M. Krüss à été amené à rechercher les causes qui pouvaient amener la divergence des résultats.
- Le même brûleur papillon, consommant la même quantité de gaz, donnait une intensité lumineuse de 9,00 à 9,75 bougies à l’usine et de 8,35 au laboratoire municipal. La seule diffé-
- Longueur du photomètre Distance entre le brûleur et l’écran Intensité lumineuse du brûleur papillon
- Flamme moyenne
- 2,0 m. 1,575 m. i3,g bougies.
- ',7 1,33o '2,9 —
- ',4 1,095 12,7 —
- o,865 11,9 —
- Grande flamme
- 2,0 m. 1,657 m- 24,0 bougies.
- 1,7 1,405 22,7 —
- 1,4 1,155 22,2 —
- 1,1 o,goo 20,2 -
- rence dans les conditions des mesures consistait en ce que le banc du photomètre Bunsen de l’usine était plus long que celui de la station de contrôle.
- M.JCrüss (1) a voulu vérifier ce fait, et il a
- (>) Journal fur Gasbeleuchtung und Wasseniersorgung. 1886.
- effectué plusieurs mesures dans lesquelles les deux lumières à comparer étaient fixes, l’écran portant la tache huileuse pouvant être déplacé à volonté. La flamme de la bougie-étalon avait 45 millimètres de hauteur, et deux flammes de gaz de 80 millimètres sur 60, et 1 3o millimètres sur 90 ont été étudiées. Les résultats obtenus sont consignés dans le premier tableaü.
- Une deuxième série de mesures a été faite en maintenant fixes l’étalon de lumière et l’écran; l’étalon lumineux était une simple lampe à pétrole ordinaire. Le brûleur à gaz était mobile. L’égalité des intensités lumineuses des deux faces de la tache d’huile était obtenue, en outre, en interposant sur le trajet lumineux du bec de gaz un verre fumé dont le pouvoir absorbant était mesuré exactement depuis longtemps et trouvé égal à 5g 0/0. Le résultat, calculé d’après le rapport des carrés des distances, devait être ainsi multiplié par 1/0,41 = 2,44 pour un seul verre fumé, et par (2,4.4.)* pour deux. Le tableau suivant donne les résultats :
- Distance entre l’écran et Nombre Rappott
- la lampe à pétrole le brûleur * papillon de verres fumés des intensités lumineuses
- 0,5 m. 0,780 0 2,43
- 0,5 0,480 1 2,25
- 0,5 0,837 0 2,80
- o,5 0,5(2 1 2,56
- 1,0 I ,312 0 1,73
- 1,0 0,820 1 1,62
- 1,0 0,560 2 1,60
- Les intensités lumineuses des trois séries sont différentes, parce que chacune d’elles a été faite à une époque différente.
- On pourrait faire des objections contre l’emploi des verres fumés dans les mesures qui précèdent et partant contre les conclusions qui en découlent. C’est [pourquoi M. Krüss a répété ces mesures en affaiblirsant la lumière à l’aide d’un disque tournant percé de quelques secteurs, d’après la méthode indiquée entre autres par M. Napoli. Le disque tournant avait six ouver-
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- JOURWAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- tures en forme de secteur; la lampe à pétrole portait un écran percé d’une ouverture circulaire de 9 millimètres de diamètre ; elle était fixée à une distance de o,5 mètre de l’écran photométrique et mobile avec lui.
- Ouverture d'un secteur Facteur Distance entre le bec de gaz et l’écran Rapport des intensités lumineuses
- — — 1,745 m. 12,2
- 3o degrés 2.0 1,210 11 >7
- a5 2.4 1.093 11,5
- 20 3.0 0,970 11,3
- 15 4.0 0,820 10,8
- Io 6.o 0,665 10,6
- 5 12.0 0,460 10,2
- — — ,730 12,0
- 3o degrés 2.0 , I ,205 11,6
- 25 2.4 1 ,o85 11,3
- 20 3.0 0,955 11,0
- 15 4.0 o,835 10,9
- IO 6.0 c,66o 10,4
- Supposons le disque placé normalement à l’axe du photomètre, ce dernier passant par son centre et déterminons l’intensité lumineuse qui régnera au point P situé également sur l’axe du photomètre à une distance d relativement considérable.
- L’intensité lumineuse totale du disque étant I, celle d’un élément infinitésimal d S sera
- di = -i d S
- S étant l’aire du disque de rayon R; la quantité de lumière que reçoit au point P l’unité de surface supposée perpendiculaire à l’axe du photomètre sera
- S étant la distance entre d S et le point P et a l’angle compris entre la droite PdS et l’axe du photomètre.
- Or
- S = -d-cos a
- donc
- d T. =
- d i d3
- = -=—r; cos' ad S S d-
- En exprimant d S en fonction des coordonnées polaires r et 0 dans le plan du disque, on a
- Les trois séries de mesures qui précèdent, faites suivant des méthodes différentes, démontrent donc que l’intensité lumineuse d’une flamme telle qu’on la mesure au photomètre Bunsen, diminue avec la distance à l’écran photométrique; en d’autres termes, l’intensité de la source lumineuse diminue avec la longueur du banc du photomètre.
- Il s’agit maintenant de trouver une explication satisfaisante de ce résultat en partant des lois fondamentales de la photométrie.
- L’explication la plus naturelle consiste à attribuer ces divergences à l’influence des dimensions latérales de la source lumineuse. On sait en effet, que dans les formules qui sont à la base des mesures photométriques, on suppose que les deux sources que l’on veut comparer peuvent être considérées comme deux points lumineux.
- Afin de vérifier si cette explication rend bien compte des faits observés, M. Krüss a calculé les formules rigoureuses dans le cas où la source a la forme d’un disque uniformément lumineux.
- dS=rdtidr
- en sorte que
- d L =
- 1 r
- S d1
- cos1 a r d 9
- d r
- Si l’on remarque que
- d
- cos a =---------
- V1"2 -f d-
- et si l’on néglige les puissances rfd de supérieures à la seconde, on obtient en intégrant sur l’aire du disque lumineux
- L =
- r <2 0 d r
- Cette formule diffère de celle que M. Krüss a
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- obtenue parce que celui-ci a calculé la valeur moyenne de cos* a pour le disque considéré, d’une manière inexacte. Les calculs qui précèdent ont été donnés dans YÉlektrotechnische Zeitschrift par M. Streckcr, qui a soumis les mesures de M. Krüss à une critique et à une discussion approfondies.
- On voit donc que l’intensité lumineuse que l’on observe au photomètre en employant la formule ordinaire est trop faible ; on obtient la vraie valeur en multipliant le résultat ordinaire par l’expression
- [ + (?)’]
- M. Strecker a fait cette correction pour quelque unes des mesures de M. Krüss en admettant un rayon de 8 c. m. pour la source lumineuse ; les'valeurs corrigées sont désignées dans le tableau ci-dessous par L’
- Enfin, en supposant que toute l’intensité lumineuse de la source soit concentrée en un point situé à 8 c. m. de l’axe du photomètre, on obtient les valeurs L", dans ce cas la correction est, comme on s’en assure facilement, deux fois plus grande ; le facteur de réduction est alors
- K* (S)]
- d L IV L"
- 1,575 m. •3,9 •3,9 14,0
- 1,33o •2,9 •2,9 i3,o
- 1,095 •2,7 12,8 12,8
- 0,865 •',9 12,0 12,1
- Les différences obtenues dans les valeurs de L suivant celles de d ne peuvent donc pas , d’après les chiffres ci-dessus être expliquées par l’influence des dimensions de la flamme.
- Afin d’élucider complètement cette question, M. Strecker a étudié le cas d’une lampe à incandescence qui se prête mieux au calcul et aux observations que toute autre source lumineuse. Il suffit en effet de comparer entre elles deux lampes
- d’égale intensité nominale, excitées par le même courant pour avoir toujours le même rapport entre leurs intensités lumineuses.
- A une distance un peu considérable, on peut, pour le calcul, remplacer celle-ci par une droite lumineuse située entre les deux branches du filament et terminée à une extrémité par un point lumineux, remplaçant la partie horizontale du filament.
- M. Strecker a étudié une lampe de Siemens et Halske de ioo volts et de 16 bougies, dans laquelle les branches du filament distantes de 16 m.m. l’une de l’autre avaient une longueur de 70 m.m. On ne s’éloigne pas beaucoup de la vérité en admettant que l’intensité lumiiieuse de la droite AB est de 0,9, et celle du point B de 0,1 de l'intensité lumineuse totale.
- Le point d’intersection de la droite lumineuse de longueur s avec l’axe du phonomèfre étant N; appelons x2 la distance N B et xt le segment N A. L’intensité lumineuse au point P situé sur l’axe du photomètre à la distance d est alors
- En intégrant et en remarquant que
- -L/"‘
- puisque
- XI -f Xî = c
- et que
- cl
- 1
- c
- 3
- c X2 + 3 x2
- on obtient
- L
- I f 0,6 c (c — 3 xt)'
- d* L1 2 \LJ <S .
- La correction a sa valeur minimum lorsque x2 — 0,45 c, celle-ci est de 0,002 seulement lorsque d = 10 c. M. Strecker appelle ce point 0,45 c le centre de gravité photométrique de la lampe.
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- OURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- m
- Si l’pn déplace le filament lumineux suivant une verticale perpendiculaire à l’axe du photomètre,Tintensité lumineuse au point P de cet axe est alors
- L =
- (x + jr)2 dx + 0,1 (x2 + z)*
- % étant la distance du centre de gravité photométrique de la lampe à l’axe.
- En affectuant l’intégration
- L =
- d*
- + *)2 —°>9 c (*a + z) + o,3 c^j
- et en remarquant que x2 = 0,45. c
- L==dàl 1 ~ dâ [z“ + °>' c2) |
- Or, dans les mesures que M. Strecker a faites, d= 10 c en sorte que la formule ci-dessus peut s’écrire avec une exactitude de 0,002.
- -H-©]
- M. Strecker a vérifié cette formule de la manière suivante : Une lampe à incandescence était fixée sur le banc photométrique, et une autre pouvait être déplacée sur une verticale perpendiculaire à l’axe du photomètre à une distance de 138 centimètres de la première lampe; l’écran était mobile entre les deux.
- En prenant comme unité l’intensité lumineuse de la lampe situé à la distance di du photomètre, on a
- et partant
- L
- d 1*
- Le tableau suivant donne les résultats d’une série de mesure dans l’ordre suivant lequel les observations se sont succédées. On a donné à 4 le signe positif lorsque la lampe était au-dessus de.
- l’axe du photomètre et le signe négatif lorsqu’elle était au-dessous.
- Z en millimètres m [d,! (D*
- — 88 1.081 i. Ii5
- 6l '•299 .1.115
- + 3 1.118 1. 118
- + 47 1.108 I . 117
- -j- 121 1.042 I . 107
- + >46 1.013 I . I IO
- 28 I . 145 1.148
- + 2 T . t 22 I .122
- — 20 i.m 1.113
- 1.118
- D’après la formule que nous avons développée, les nombres de la troisième colonne devraient tous être égaux; cela a lieu en effet dans les limites des erreurs d’observation inévitables dans des mesures aussi délicates que les mesures photométriques.
- Les expériences de M. Strecker infirment donc les résultats de M. Krüss et les conclusions qu’il avait cru pouvoir en tirer. Cependant, pour qui connaît la compétence de ce dernier dans les mesures photométriques, les observations qu’il a faites sont indiscutables et il reste ainsi à en donner une explication satisfaisante. On devra probablement la chercher dans une particularité des brûleurs à gaz employés ou dans un phénomène sur lequel l’attention n’a pas encore été attirée.
- Cette question a soulevé, en Allemagne, une p’olémique intéressante sur laquelle nous aurons probablement l’occasion de revenir.
- ___________________A. P.
- La lampe à incandescence du Dr Auer de Wels-
- bach.
- Nous avons signalé, il y a quelque temps, les nouveaux brûleurs (à gaz) de M. de Welsbach, en donnant l’analyse de son brevet (*)
- P) Voir La Lumière Électrique, vol. XXI, p. 602.
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-
- 178
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Dès lors, ils se sont répandus et font assez de bruit, un peu partout. A Paris même nous en avons une assez belle installation au Grand Café, (installation faite par la maison Cadiot); à Londres, elles fonctionnent dans la Marlborough Gallery. »
- L’illustration ci-jointe que nous empruntons avec les chiffres qui suivent à notre estimé confrère Industries, est un brûleur de ce nouveau
- système, tels qu’ils sont fournis par la Welsbach Company.
- Le brûleur qui n’est autre chose qu’un bec'de Bunsen dont la flamme brûle à l’intérieur du manteau ou corps incandescent, dont la fabrication constitue l’invention, peut naturellement s’adapter sur les tuyaux d’une canalisation ordinaire, la seule condition à remplir, pour obtenir de cette lampe son meilleur rendement, est de maintenir une certaine pression du gaz, ce qu’on obtient facilement, soit en réglant le compteur d’unevinstallation, soit au moyen du robinet de chaque brûleur.
- Cette pression peut, du reste, varier entre cer-
- taines limites sans affecter beaucoup le rendement de la lampe.
- On conçoit facilement qu’avec un brûleur de ce genre, la condition à remplir est d’obtenir le maximum de température du corps incandescent; et que celle-ci dépende du rapport de l’air introduit par rapport au gaz brûlé, soit de la pression de celui-ci.
- C’est, du reste, ce que montre bien le petit tableau suivant :
- Pression du gaz Pouvoir Dépense de gaz, Rendement
- en éclairant litres bougies
- cms. d’eau (bougies anglaises) à l'heure par litre
- 1,8 13,o 5o 0,26
- 2,1 1 5,5 56 0,28
- 2,5 i6,5 64 0,255
- 3,0 i6,5 66 0.25
- 3.2 16,0 68 0,24
- Si l’on compare les chiffres relatifs au rendement, avec les résultats que l’on obtient avec un brûleur ordinaire, un bec Argand, par exemple, (o,i bougie par litre), on voit que l’augmentation d’effet utile du gaz serait considérable, si les chiffres précédents sont exacts.
- On voit également que le rendement lumineux varie avec la pression du gaz, le résultat le plus satisfaisant serait obtenu avec une pression de 2,1 c. m. d’eau, mais celle-ci peut varier dans des limites assez étendues, sans grand désavantage.
- Le point faible du système est dans l’extrême délicatesse du manteau incandescent, comme la figure le montre, ce corps est supporté à la partie inférieure par une galerie, à l’intérieur du verre, et à la partie supérieure par un fil de platine rigide, auquel se fixe un mince fil de même métal, engagé dans la partie supérieure du manteau.
- On comprendra facilement quelle doit être la fragilité de ce corps, d’après son mode de fabrication.
- Il est constitué par un tissu de fil de coton, que l’on sature d'une solution contenant les terres réfractaires rares, entr’autres le zirkon, et qu’on le détiuit ensuite en le brûlant dans un bec de Bunsen ; le charbon brûle, les métaux tels que le sodium, le potassium, etc., se volatilisent, tandis que le zirkon reste intact ; en fait, le manteau au bout d’environ 6 heures, ne subit plus de perte de poids, et il paraît même que le spectroscope
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- •79
- n’indiquerait plus de traces de vapeurs métalliques dans la flamme. Il convient du reste d’ajouter que si ce manchon est très fragile, son prix de revient extrêmement faible, quelques centimes croyons nous, en rend le renouvellement peu onéreux, si ce n’est très commode. Cette réserve faite, nous ne pouvons que souhaiter bonne chance à cette sœur naturelle de la lampe à incandescence, qui n’a pas à craindre la concurrence.
- E. M.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne
- Le fusionnement des administrations des postes F.T DES TÉLÉGRAPHES EN ALLEMAGNE. -- Le JOUmal
- Deutsche Industrie-Zeitung contient un article intéressant au sujet de cette réunion; nous lui empruntons les détails suivants :
- A la [fin de janvier 1875, date à laquelle eût lieu la réunion des Administrations des postes et télégraphes, le nombre de postes télégraphiques, en Allemagne, était de 1641. Dans le cours de la première année de la réunion, ce nombre monta à 1,949, et aujourd’hui il a atteint 8,841, et, si l’on compte les bureaux télégraphiques des gares de chemins de fer autorisés à la réception de dépêches, à plus de 12,000.
- Les 33,246 kilomètres de lignes télégraphiques, existant lors de la réunion, ont augmenté de 2,677 kilomètres dans la première année de la réunion, et les 120,779 kilomètres de fils conducteurs augmentèrent de 11,333 kilomètres.
- Avant la fusion, le public ne pouvait présenter ses dépêches que dans les 1,641 bureaux télégraphiques, tandis qu’à présent on peut se servir, pour cet objet, non seulement des 12,000 bureaux télégraphiques, mais aussi des facteurs du télégraphes, de 22,000 facteurs de poste, à la campagne, des bureaux postaux ambulants dans les trains de chemin de fer, des boîtes aux lettres en ville, et finalement des bureaux de poste sans ins-
- tallation télégraphique. On voit par là, que le télégraphe a été rendu accessible partout.
- Avant la fusion, il y avait, pour l’administration des télégraphes de la province, 12 directions télégraphiques, Ces directions ont été abolies lors de la réunion, et leurs fonctions transférées aux quarante directions supérieures des postes.
- En conséquence de ce changement, les directions sont en état de réparer, beaucoup plus rapidement que jadis, les accidents qui pourraient arriver aux fils télégraphiques, par suite des orages, trombes, etc. Et, en général, de donner plus d’attention aux désirs et aux besoins du public.
- Une autre conséquence de la réunion a été une épargne considérable dans les frais d’administra-tration.
- Par exemple, avant la fusion, le nombre des fonctionnaires du télégraphe était de 3,590; trois ans plus tard, il a pu être réduit à 3,245, malgré l’augmentation considérable des bureaux télégraphiques, et le grand accroissement des communications télégraphiques.
- Dans le cas d’une guerre, on ne peut douter de l’avantage considérable qui résulterait du fait que le personnel entier des postes est exercé et accoutumé au service télégraphique. Avant la fusion, on ne pouvait compter que sur le personnel, relativement peu nombreux, du service télégraphique pour desservir les télégraphes militaires.
- L’influence de la fusion des deux administrations, au point de vue financier, s’exprime parles chiffres suivants :
- Au moment de la fusion, l’administration des postes avait un excédent de recettes de neuf millions de mark, et celle des télégraphes un déficit d’environ quatre millions de mark ; c’est-à-dire un excédent de recettes d’à peu près cinq millions de marks pour les deux ensembles.
- Dans la première année de la fusion, l’administration des postes et télégraphes réunis avait déjà un excédent de plus de huit millions de marks, et l’exercice 1886-1887 balance avec un excédent de recettes net de vingt-huit millions.
- L’éclairage électrique des trains de chemin de fer. — Depuis près d’un an, un wagon d’un train de la ligne de Stuttgart-Hall est éclairé le soir par la lumière électrique; l’installation se distingue, par quelques détails, de celles en usage jusqu’ici. Dans un wagon à bagages se trouve
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- une dynamo, actionnée par une poulie calée sur un des essieux du wagon. Une courroie presque horizontale, qui passe sur cette poulie, met en mouvement un contre-arbre d’où part la courroie motrice de la dynamo, guidée par des galets tenseurs. Le courant, engendré par la dynamo, sert à la charge des accumulateurs.
- Le wagon contient deux groupes d’accumulateurs , dont l’un est chargé pendant que le train est en marche, et dont l’autre sert à l’alimentation des lampes à incandescence pendant ce temps. L’éclairage est donc indépendant, et du mouvement.du train et de sa vitesse.
- Dans les installations usitées jusqu’ici dans les trains, la machine fournissait le courant pour les lampes à incandescence, et ce n’était que lorsque la vitesse du train descendait au dessous d’une certaine limite qu’on intercalait les accumulateurs» ce qui donnait toujours des oscillations et même des interruptions de la lumière.
- La charge des accumulateurs suffit pour cinq heures, et après ce temps la commutation se fait à l’aide d’une simple manivelle ; la seconde batterie d’accumulateurs (qui a été chargée sur ces entrefaites) alimente les lampes, pendant que la première est rechargée.
- Comme la dynamo tourne à droite ou à gauche selon la direction du train , on a arrangé un dispositif automatique simple, qui place les balais de contact dans la position convenable, et par l’action duquel le courant reste continu. Pour empêcher qu’un courant retourne dans la dynamo quand le train va lentement, ce qui pourrait arriver par suite de la tension dans les accumula* teurs, on a disposé un régulateur, qui ne laisse passer le courant à travers les accumulateurs, que lorsque la dynamo a une tension égale à la leur et lorsque le train a atteint une vitesse de 3o kilomètres à l’heure.
- Pour la charge des accumulateurs, il est nécessaire aussi que l’intensité du courant soit constante ; mais comme cette intensité varie avec le nombre de tours de la dynamo , il y a donc un second régulateur qui régularise automatiquement l’intensité à l’aide de résistances intercalées suivant les besoins.
- L’éclairage se fait au moyen de lampes à incandescence, soit deux lampes de cinq bougies dans chaque compartiment de troisième classe, et trois lampes dans chaque compartiment de première et de seconde classe,
- Sur la plateforme du wagon, il y a des lampes de trois bougies seulement.
- La dynamo est calculée pour un train de quatorze wagons, c’est-à-dire pour environ soixante lampes à incandescence. Elle est don: assez forte, ce qui du reste résulterait déjà de la nécessité de travailler, même alors que le train n’avance que lentement.
- Les frais d’installation pour l’éclairage d’un wagon sont de 600 à 1000 marks, les frais de l’installation des machines sont de 35oo marks.
- Les frais d’exploitation sont estimés à 3,i5 pfennigs par lampe-heure, en prenant pour base du calcul une durée de 600 heures pour les lampes, et en comptant une dépréciation de dix pour cent sur le reste. Les frais d’un éclairage à gaz étaient estimés à 3,4 à 4,8 pfennigs.
- Dr H. Michaelis
- Angleterre
- L’électricité a Hatfield. — M. Shillits, l’ingénieur du marquis de Salisbury, continue ses applications de l’électricité dans le domaine de Hatfield. La salle de marbre est maintenant éclairée par 500 lampes à incandescence, la salle à manger en contient 224, le salon du roi Jacques 110 et le nombre total des lampes du château s’élève à 2,000.
- Elles sont disposées par groupe, de sorte que les lampes de chaque pièce ou de chaque groupe d’une chambre peuvent être allumées au moyen de commutateurs qui permettent de modifier l’intensité de l’éclairage à volonté.
- Les installations des transmissions électriques pour l’exécution des travaux agricoles sont main-maintenant très complètes à Hatfield. L’ascenseur employé pour monter le foin ou les gerbes de blé jusqu’au sommet des meules est actionné par un moteur électrique qu’on déplace d’une meule à une autre dans un rayon de plus de 800 mètres.
- La batteuse fonctionne également à l’électricité. Le moteur, d’une puissance de six chevaux, est actionné par un courant de 10 ampères avec une force électromotrice de 600 volts.
- L’herbe est également fauchée par une machine fonctionnant à l’électricité, qui sert également a monter l’herbe coupée dans les silos, à une hau-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- teur de 6 mètres. Le blé et le maïs qui servent de fourrage sont broyés par une machine actionnée directement par le même moteur électrique.
- Le château est alimenté d’eau, par une source dans le voisinage, qui est élevée par des pompes mués par l’électricité; un ventilateur du système Blackmann est également actionné par un moteur électrique.
- Un grand réservoir a été construit dans un champ à une certaine distance de la ville de Hat-field pour les eaux vannes qui y sont pompées par un moteur Gramme, débitant de 11,000 à i3,5oo litres par heure; on a enfoncé des pilotis à l’électricité et la rivière Lea a été débarrassée des herbes au moyen d’un moteur électrique placé sur un canot et actionnant une drague particulière pour arracher les herbes.
- Cette rivière fournit la force hydraulique pour a production de l’électricité. A l’endroit même où la rivière entre dans le parc de Hatfield on a nstallé une turbine qui actionne une machine Gramme fournissant l’énergie électrique pour les pompes des eaux vannes et, au besoin, pour l’éclairage du château. A une petite distance au-dessous de ce point, deux roues hydrauliques ont été placées à la sortie du parc de la rivière. L’une de ces roues est de 16 et l’autre de 40 chevaux; la plus petite actionne une machine Brush, n° 7, qui fournit le courant pour l’éclairage ordinaire du château ainsi que pour les travaux agricoles. Elle actionne également une machine pour fabriquer la glace.
- La plus grande des deux roues actionne une machine Siemens, à courants alternatifs, qui sert à l’éclairage du château. En dehors de Cette force hydraulique on se sert encore d’une machine à gaz et de deux machines à vapeur.
- Le courant est transmis, de ces différentes sources d’électricité, au moyen de fils isolés placés sous terre dans des conduites en bois, mais la distribution aux différents centres d’application se fait par des fils aériens.
- Tous ces fils arrivant au château sont reliés à un grand commutateur général.
- On ne peut qu’applaudir à l’encouragement donné ainsi aux applications industrielles de l’électricité par le noble marquis.
- Le radio-micromètre. — M. Vernon Boys, l’inventeur de plusieurs compteurs électriques, a imaginé un appareil thermo-électrique très délicat pour la mesure des faibles radiations calorifiques. Il consiste en un circuit thermo-électrique suspendu au moyen d’un fibre de torsion dans le champ d’un aimant puissant et pourvu d’un miroir qui réfléchit la lumière comme dans un galvanomètre à miroir. Le circuit se compose d’une spire d’un centimètre carré de surface, dont trois côtés sont formés par des fils de cuivre mince. Le quatrième côté renferme le couple thermo-électrique, qui consiste en un barreau composé d’antimoine et de bismuth, chaque pièce de métal ayant 5 X 5 X 1 1/6 millimètre. Ces deux métaux sont soudés ensemble.
- Quant un rayon de chaleur rayonnée tombe sur le centre de ce barreau, le cadre est dévié dans le champ magnétique et la déviation donne la mesure de l’intensité calorifique. M. Boys a constaté avec un de ses appareils que celui-ci indiquait encore la chaleur rayonnante provenant d’un sou, échauffé par une bougie, et cela à une distance de 35o mètres ; dans cette expérience l’aimant était affaibli, de sorte que son champ n’était que de 100 unités; M. Boys estime qu'il serait facile d’obtenir une sensibilité de l’instrument dix fois plus grande.
- L’inventeur prétend qu’il serait facile de construire un instrument de ce genre capable de mesurer un changement de température de 1/100,000,000 de degré (1).
- M. Boys a également inventé un petit moteur qui se compose d’une croix dont le centre est en antimoine et les branches en bismuth, aux extrémités de celles-ci sont soudés quatre fils de cuivre dont les extrémités libres sont reliées par un
- () Nous ne voyons pas très bien en quoi ce thermo-galvanomètre diffère de celui de M. d’Arsonval décrit dans ce journal. ( La Lumière Electrique, 1886'. t, XX, p. 17), si ce n’est par la nature du couple.
- Nous rappelons que M. Forbes a également présenté au meeting de l'Association Britannique de Birmingham, un thermo-galvanomètre, mais basé sur le dispositif inverse, un miroir portant un pe'it aimant collé au dos est suspendu dans une cavité pratiquée dans un barreau composé de deux métaux, les rayons calorifiques tombent alors sur une face noircie du barreau.
- N. D. L. R.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- anneau en cuivre, qui tourne rapidement quand on en approche l’extrémité d’üne allumette.
- C’est un exemple d’un moteur électromagnétique n’ayant aucuns contacts mobiles ou liquides. M. Boys s’occupe actuellement de perfectionner cet appareil.
- J. Munro
- Autriche
- La situation des entreprises d’éclairage électrique s’est améliorée; la Commune, jusqu’ici peu bienveillante pour VImpérial Gaç Association a cause de la position prise par cette société vis-à-vis d’elle et de l’industrie nationale, vient de faire
- des avances à M. Fischer , l’entrepreneur de la première usine centrale d’électricité.
- La ville demande, en retour du droit de placer les câbles sous les rues, une redevance d’environ 2 centimes 1/2 par mètre courant et 5 0/0 sur les bénéfices de l’exploitation.
- Dans ces conditions, il sera plus facile d’entreprendre des travaux qu’avec celles qui, dans le temps, ont été imposées à Y Impérial Ga% Association.
- L’usine centrale qui doit fournir la lumière à nos quartiers les plus industriels, comme Maria-hilf, Neubau, Josefstadt, et qui sera installée par MM. Leistler, Englænder et Kremenezky, a déjà, avant le commencement des travaux , des com
- mandes pour près de 11.000 lampes à incandescence.
- Comme cette usine peut être considérablement agrandie et se prêter à une exploitation fructueuse du transport de la force, il est permis de lui prédire un avenir assez brillant.
- La fabrication des câbles va prendre un nouvel essort en Autriche. La maison Chaudoir et Cie de Simmering, près de Vienne, vient de s’assurer le concours de plusieurs grands capitalistes et s’occupera, en dehors de l’exploitation des brevets Berthoud Borel et Ci0 de Cortaillod, en Suisse, de la fabrication de toutes sortes de câbles et de fils isolés.
- La maison Ganz et Cie de Budapest a entrepris avec un très grand succès la construction de machines à courant continu. Ces constructeurs ont surtout voulu arriver à un rendement élevé avec un faible poids et une aussi grande économie de cuivre que possible. La forme de la machine ressemble beaucoup à celle de la machine Ziper-nowsky à courants alternatifs, et n'en diffère que par la substitution d’un anneau Gramme à la couronne extérieure des bobines.
- La disposition, représentée sur les figures qui montrent la machine vue de face et de dos comporte six électro-aimants fixes dont les no-yadx sont fondus d’une pièce avec le support de
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- la poulie, tandis que l’anneau Gramme tourne au-dessus des électros. L’anneau construit pour une machine à six pôles est enroulé de sorte qu’un sixième seulement suffise pour développer la tension nécessaire qui atteint 15oo volts. Ces six sections sont reliées ensemble en quantité et l’on obtient ainsi une intensité de 35 ampères.
- Chaque section a 56 bobines et le collecteur a donc 6 X 56 = 336 lamelles. Chaque bobine a 1 2 spires et tout l’anneau a, par conséquent, 4032 tours de fil reliées par 72 en quantité.
- . Toutes les six lames du collecteur ayant la meme tension sont reliées ensemble, de sorte, que au lieu de six paires de balais, on n’en a besoin que de deux. On peut cependant aussi relier les lamelles en série, et la prise de courant se fait conformément.
- La nouvelle construction de l’armature donne une augmentation considérable du rendement de la machine, ainsi qu’on le voit par les chiffres suivants. La machine donne à 1000 tours par mi-pute 1.500. volts et 35 ampères. La résistance de l’armature est de 0,97 ohm, et celle des électroaimants est de 0,28 ohm. La quantité de cuivre dans l’armature est de 23,5 kg., et dans les électros de 58,5 kg.
- La puissance totale est de 52.000 watts, ce qui donne 640 watts par kilog de cuivre avec un poids total de la machine de 685 kilos.
- Le rendement électrique de la machine est de 97, 2 0/0, et comme la construction de l’anneau exclut presque totalement le développement des courants de Foucault, le rendement commercial est d’après l’inventeur très élevé.
- . La machine conviendrait donc très bien pour le transport de la force, surtout s’il s’agit d’avoir un rendement élevé avec une faible dépense d’énergie et un minimum de poids.
- Le prix de revient de la machine est peu élevé par suite de la faible quantité du cuivre employé, qui, comparée avec le poids uu cuivre par watt dans d’autres machines, donne un prix extrêmement modéré, plus que trois fois moindre que celui de la machine Goolden-Trotter, qui donne 214 watts par kilog de cuivre.
- 11 serait cependant intéressant de connaître au juste le rendement commercial de cette machine, sur laquelle nous espérons pouvoir vous communiquer des détails plus précis.
- Kareis
- États-Unis
- Le système de tramway électrique de Short et Nesmith. — Depuis plusieurs mois, une de nos cités de l’Ouest, Denver, dans le Colorado, possède un tramway électrique qui se distingue des autres systèmes en ce que' les moteurs, sont placés en série et sur circuit à courant constant, au lieu d’être placés en dérivation, comme on l’a fait jusqu’ici.
- Ce système, dont le plan primitif est dû à M. Sidney H. Short, a été perfectionné avec le concours de M. J. Nesmith.
- Les deux conducteurs employés dans l’origine étaient destinés à transmettre le courant simultanément dans la même direction le long de la voie
- Fil etc, retour•
- 1xur sectionné*
- balais
- balais
- balais
- Conducteur sectionné.
- et devenaient, par ce fait, un conducteur unique.
- A la jonction des deux sections, il y avait 4 contacts à opérer par un ferme-circuit électrique, qui constituait un organe mécanique forcément compliqué et délicat, et difficile à maintenir en bon état de fonctionnement, surtout dans les rues où il était fréquemment exposé à des accidents.
- M. Short chercha un moyen de combiner les. deux conducteurs, afin de n’avoir besoin que d’une paire de contacts à la jonction des sections et de diminuer ainsi de moitié les chances de pertes de courant aux supports isolants.
- Il ne trouva qu’une chose à faire : c’était de raccourcir les sections du conducteur à la longueur d’un wagon ou d’un train. Il en résultait une augmentation considérable du nombre des contacts, mais on y gagnait en ce sens que les wagons pouvaient marcher aussi près l’un de l’autre que la voie le comportait.
- . Il fallait donc placer un balai de contact sous chaque extrémité du wagon ou du train pour établir un connexion électrique avec le conducteur,
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- de telle façon qu’il y eût toujours un contact entre ces balais, comme cela est représenté dans la figure 1 ci-dessus. Mais ce ferme-circuit devrait être maintenu hors d’action aussi longtemps qu’il se trouvait entre les balais, et ne devait fermer la ligne qu’au moment où il s’en éloignait.
- Diverses combinaisons électriques furent imaginées pour arriver à ce résultat, mais toutes présentaient un inconvénient.
- On dut donc y renoncer et recourir à un coupe-circuit mécanique pour maintenir hors d’action le ressort ou contact représenté dans la figure 1 aussi longtemps que le wagon se trouvait au-dessus de lui.
- M. Nesmith proposa de placer entre les deux balais en collecteurs une barre isolante, longue
- et étroite, que l’on ferait glisser entre les contacts aux extrémités des sections du conducteur pour Iss maintenir séparés pendant le passage du wagon, comme on le voit figure 2.
- En juillet i885, ce nouveau système fut essayé sur une centaine de mètres de voie avec le même wagon qui avait servi lors de la première expérience. Un frotteur, à chaque extrémité du wagon, faisait contact avec deux sections du conducteur, et une bande de cuir, tendue entre les deux frotteurs, maintenait les contacts écartés lorsque le wagon passait au-dessus du ferme-circuit.
- Cette expérience réussit parfaitement ; mais quand, en octobre 188 5, 800 mètres de voie eurent été construits avec cette modification, l’expérience de quelques jours démontra que ce système était
- Fig. 3
- i ^praticable, à cause de la difficulté de maintenir le conducteur isolé; un peu de sable ou de poussière dans le tube suffisait pour arrêter les frotteurs. Mais l’inconvénient le plus grand était la perte de courant due à l’imperfection de l’isolement.
- Pour y remédier, un câble souterrain ordinaire fut substitué au conducteur nu, et, sur le conseil de M. Nesmith, ce câble fut posé dans le sol, à l’extérieur de la conduite, réservant celle-ci pour le passage des frotteurs. Enfin, des ressorts ou contacts furent placés à intervalles dans la conduite, comme précédemment.
- Grâce à cette disposition, les extrémités exposées des sections du conducteur durent seules être isolées avec soin.
- C’était déjà un progrès immense; mais, avec ce système de conduite, le changement dans la disposition des conducteurs rendait nécessaire l'application d’un nouveau moyen pour relier les
- frotteurs. Ce résultat fut obtenu par la construction d’une barre collectrice représentée en perspective dans la figure 3, dans la position qu’elle occupe entre deux contacts, sur la ligne. La figure 4 est le diagramme de cette barre, et la figure 5 est le diagramme des connexions de circuit.
- Comme on le voit (fig. 4^, trois sections adjacentes du câble souterrain sont reliées par les deux contacts B B. Mais, lorsque le collecteur de courant est loin, les ferme-circuit sont en contact ei la ligne est continue, comme on l’a représenté figure 5.
- Le collecteur de courant est formé d’une barre mince de matière isolante, un peu plus longue que la section du conducteur entre les contacts. Des bandes de métal 1 et 2 sont fixées tout autour de la barre, sauf en 3,3, où se trouvent des parties isolées. Des fils passent de ces bandes métalliques au moteur*
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- Le courant va de la section 5 à la bande 2, puis, par le moteur, à la bande 1 et de là à la section 6. La section 4 du conducteur est mise hors
- Moteur
- circuit lorsque le collecteur de courant est dans la position représentée dans la figure.
- La barre étant mue dans un sens ou dans l’autre, aucune étincelle ne peut se produire et la ligne ne peut pas non plus être mise en court-circuit.
- Le collecteur de courant a une section de 63 X 38 m.m., et environ la longueur d’un wagon. Il est supporté dans la conduite par des attaches descendant à travers l’ornière.
- En novembre 1885, la Compagnie établit, dans la même rue, 15o mètres de ligneainsiisolée, pour un collecteur de courant de ce nouveau système, et le succès fut complet. Pendant l'hiver de i885-i886, cette courte ligne fonctionna par tous les temps : neige, pluie et boue; les voies furent inondées et soumises aux épreuves les plus rigoureuses. Le système fonctionne à merveille.
- Le conducteur est formé d’un cable Waring en-
- touré de plomb. Les ferme-circuits furent placés à des intervalles de 7,60 mètres.
- Les deux voitures construites à Denver furent placées sur cette voie. Chacune avait un moteur du type Short et était pourvue d’embrayages de
- renversement de marche d’accélération de vitesse. Chaque moteur pesait environ 680 kilogrammes. On les avait essayés pour une puissance de 5 à 8 chevaux, avec un courant de 25 annères : l’effet utile constaté était de 80 0/0.
- La figure 7 est une élévation longitudinale du wagon sur une section de la nouvelle voie et de la conduite.
- Les moteurs sont placés sur des châssis suspendus aux essieux et soigneusement isolés de ces derniers. Sur l’arbre de chaque moteur est calé un pignon qui commande une roue dentée montée sur un contre-arbre dont les supports sont fixés au même châssis. Ce contre-arbre porte un autre pignon qui commande la grande roue dentée de l’essieu moteur du wagon.
- Ce système d’engrenage direct fait peu de bruit et réduit d’une manière fort simple la vitesse du moteur à celle que doit avoir l’essieu du wagon.
- Le succès de cette disposition fut tel, que la
- Cable, souierrairu
- Compagnie traita avec la Compagnie de construction des tramways de Denver pour l’installation du système sur toutes ses lignes. Le travail fut entrepris immédiatement, et actuellement, près de 6 kilomètres sont entièrement achevés et livrés à l’exploitation, avec sept voitures.
- Une nouvelle conduite de fonte a été établie sur cette ligne ; elle est représentée en coupe longitudinale dans la figure 7 et en section transversale dans la figure 6. La fente a 16 m.m. de
- large et le diamètre moyen de la conduite est de 260 millimètres.
- Le nouveau châssis, avec moteur Brush, est représenté dans la figure 8. Les roues et essieux, qui sont du système ordinaire, sont pourvues d’un cadre en fer monté sur des boîtes à ressort* et sur lequel est fixé le moteur. L’arbre de ce dernier porte un pignon qui commande une roue montée sur un contre-arbre, et celui-ci porte en outre un pignon qui engrène
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- avec une grande roue dentée calée sur l’essieu des roues du wagon.
- > Le rapport le plus petit entre un pignon et une roue est de i à 5 ; de là le peu de bruit qu’occasionne cette transmission.
- La caisse du wagon et le châssis sont indépendants l’un de l’autre et s’assemblent d’une manière très simple, de sorte que les voitures de tramways ordinaires peuvent, sans grande dépense, être adaptées au système électrique.
- La conduite représentée dans les figures 6 et 7 est disposée de façon à pouvoir être appliquée aux lignes existantes de tramways à chevaux. Il suffit de dépaver le milieu de la voie seulement, de creuser une tranchée sous les traverses et d’y peser la conduite en fonte, qui est formée de sections de 2,45 mètres.
- Avant de rétablir le pavage, on place à côté de la conduite le câble entouré de plomb, qui se trouve ainsi complètement isolé.
- Fig. 7
- La transformation des tramways ordinaires en tramways électriques, peut se faire de la sorte, sans interrompre le service régulier.
- Le courant qui alimente le moteur sert, en outre, à éclairer les wagons avec des lampes à incandescence et à faire fonctionner un timbre d’alarme pour avertir le public du passage des wagons. On peut, à volonté, faire marcher ces derniers en arrière ou en avant et ils peuvent être commandés de chaque plateforme.
- \
- Dernièrement, des observations ont été relevées à la machine, tandis que trois voitures étaient en service. Elles permirent de constater une force
- moyenne de 32 chevaux fournie à la courroie motrice, avec un courant constant de 10 ampères.
- La résistance du circuit, dont la longueur est de 8048 mèties, est de 7 ohms; le circuit seul absorbait donc i5 chevaux, et il ne restait plus que 17 chevaux pour les trois voitures, le frottement des courroies, des arbres, de la dynamo, etc., ce qui représente une moyenne de 5,66 chevaux par voiture. Lors des essais, d’ailleurs, une des voitures avait à gravir une pente de 0,066 mètre par [mètre, et l’on peut admettre qu’elle absorbait à elle seule la moitié de la force fournie aux trois voitures.
- Chaque wagon peut donc marcher avec une
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- puissance de 5 chevaux fournie à la machine, dé-duction faite de la force nécessaire pour vaincre la résistance de la ligne. Or, on estime qu’une bonne machine Gorliss peut fournir 5 chevaux pendant une heure avec une consommation de 6,8 kil. de charbon, ce qui équivaut à i 36 kilog. pour 20 heures. Ainsi, à raison de i5 francs par tonne, le coût du combustible, par voiture et par jour, sera de 2,2S fr.
- Une dépense constante de i5 chevaux sera nécessaire pour envoyer le courant sur la ligne. Or, cette quantité ne variant pas avec le nombre des
- voitures en service, les frais de combustible, pour un courant constant sur toute la ligne, seront de 7, 5o fr. par jour.
- Il faut remarquer, cependant, que le conducteur employé à Denver est trop faible. Il avait été calculé d’abord pour 3o ampères et n’a pas été changé lorsqu’on a adopté 40 ampères ; il en résulte une perte assez considérable.
- Chaque voiture est pourvue de boîtes à sable, et la voie peut être sablée par le conducteur, qui se tient sur la plateforme. A portée de ce dernier se trouve une manivelle, à l’aide de laquelle il
- accélère ou modère la marche du wagon, ou en renverse le mouvement.
- La vitesse moyenne est d’environ 10 kilomètres à l’heure. Il est arrivé, cependant, que les voitures ont roulé de nuit, lorsque les rues étaient libres, à raison de 40 kilomètres à l’heure.
- L’éclairage électrique des wagons de chemins
- DE FER, PAR LES ACCUMULATEURS JULIEN.-Les aCCU.
- mulateurs de la Julien Electric Company, sont de plus en plus en faveur en Amérique. Cette Compagnie vient d’appliquer son système à l’éclairage de deux wagons , dont l’un est une voiture à voyageurs meublée en acajou poli ; la cou leur de ce bois absorbant beaucoup de lumière rendait l’éclairage difficile. Ce wagon appartient à la ligne de Boston à Albany.
- L’autre est le magnifique wagon-salon Olga,
- construit par la Wagner Parlor Car Company et accompagnant le train qui part à 6 heures du soir de New-York pour Albany.
- Dans le w’agon de Boston - Albany, les lampes sont au nombre ae 24, dont 18 sont disposées sur deux rangs de 9 lampes chacun sur les côtés intérieurs du wagon ; il y en a, en outre, une dans chaque couloir.
- Toutes ces lampes sont fixées au plafond de façon à se trouver entre deux personnes se faisant vis-à-vis, donnant ainsi à chacune une lumière franche. Elles sont de 16 bougies chacune et fonctionnent à la perfection : le serrage et le desserrage des freins n’occasionnent jamais la moin_ dre vacillation de la lumière.
- Deux lampes sont établies en outre sur chaque-plate-forme. Celles-ci sont disposées pour brûler ou en permanence, si on le désire, ou seulement
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- à l’arrêt des trains lorsqu’il s’agit de descendre ou de prendre des voyageurs, afin d’éviter toute chance d’accident par suite de l’obscurité des plates-formes.
- Toutes ces lampes sont calculées pour brûler pendant :o heures : le wagon emporte donc avec lui un nombre suffisant d’accumulateurs pour fournir 240 ampère-heures. On emploie à cet effet 60 éléments disposés dans 10 boîtes contenant chacune 6 éléments groupés en série. .
- Ces boîtes sont logées dans des compartiments ménagés dans le fond du wagon, 5 de chaque côté. Au fond de chacune d’elles se trouvent deux bandes de cuivre reliées avec le premier et le dernier élément. Les compartiments qui les renferment ont leur fond disposé de telle sorte que lorsque les boîtes sont mises en place, tous les éléments sont reliés automatiquement, de sorte que le premier ouvrier venu peut remplacer les accumulateurs déchargés par d’autres fraîchements chargés, sans avoir besoin d’être surveillé par un employé expérimenté.
- Du reste, la Compagnie du chemin de fer de Boston-Albany a organisé son service de telle sorte que les accumalateurs sont chargés sur le wagon même . de sorte qu’on n’emploie qu’une seule série d’éléments. La Weston Electric Company de Boston, s’est engagée à charger ces derniers, au prix de 3 fr.75 par jour, avec un courant de 20 ampères pour 9 heures ; de sorte que les occumulateurs reçoivent chaque jour 180 ampère-heures.
- Les frais de chargement pourraient être considérablement réduits si la Compagnie du chemin de fer fournissait elle-même son propre courant et opérait le chargement d’un grand nombre d’accumulateurs à la fois.
- Le wagon-salon l’Olga, éclairé par le même procédé, quitte New-York, ainsi que nous l’avons dit, à 6 heures du soir et il est de retour d’Albany le lendemain à 3 h. 28 du soir. Ses lampes doivent brûler environ 5 heures par jour; le wagon emporte donc avec lui 3o éléments, qui sont disposés de la même manière que ceux du wagon de Boston-Albany dont nous venons de parler.
- L’Olga est pourvu de deux équipes d’accumulateurs, dont on charge l’une, tandis que l’autre se décharge. C’est une dynamo Edison, alimentant les lampes du grand dépôt central de New-York, qui opère le chargement.
- Les lampes de la station ne brûlent qu’à partir
- de la tombée de la nuit jnsqu’à 1 heure du matin. Si donc les dynamos n’étaient pas employées au chargement des accumulateurs, elles resteraient inactives pendant 16 à 19 heures par jour. Or, si tous les wagons étaient pourvus d’accumulateurs, les dynamos pourraient suffire à leur chargement moyennant un supplément de frais très minime.
- Les plateaux sur lesquels sont placés les éléments destinés à être chargées sont disposés précisément comme les compartiments du fond du wagon dans lesquels sont contenues lçs boîtes ; lorsque ces dernières sont toutes rangées sur les plateaux, la connexion électrique entre les éléments qu’elles renferment est aussitôt établie.
- L'Olga est pourvu également de 24 lampes, dont 2 sur chaque plateforme, 14 dans le salon, 3 dans le fumoir, 2 dans les cabinets et 1 dans le couloir.
- Les circuits sur lesquels ces lampes sont placées sont contrôlés de telle sorte par les commutateurs, que toutes ou seulement un certain nombre d’entre elles peuvent brûler à la fois: les lampes des plateformes ou des cabinets peu. vent être éteintes à volonté par un commutateur spécial ; un autre permet d’éteind: e 8 lampes dans le salon et 2 dans le fumoir.
- Cette disposition a été prise en vue de retards accidentels qui pourraient prolonger la durée des trajets au delà des limites prévues pour le changement des accumulateurs. Un retard survenant, on a la faculté d’éteindre 17 lampes, ce qui permet aux 7 autres de brûler d’autant plus longtemps.
- L’éclairage de ce wagon est admirable et la fixité de la lumière de chaque lampe est merveilleuse. Seuls les employés chargés d’épousseter les boiseries s’en plaignent, car la moindre négligence de leur part est aussitôt dénoncée. Avec l’éclairage à l’huile, ils n’avaient pas cela à redouter, et la propreté intérieure du wagon s’en ressentait.
- Aussitôt que le wagon arrive en gare, il importe qu’il soit promptement remisé, afin de permettre à d’autres trains d’entrer dans le dépôt. Il faut donc que le remplacement des accumulateurs déchargés se fasse très rapidement. Au bout de deux manœuvres de ce genre, le personnel était parvenu à opérer le changement en 7 minutes ; lorsque cette manœuvre lui sera devenue plus
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- familière, la durée de l'opération sera considérablement réduite.
- L’installation de l’éclairage électrique de l’Olga a été faite dans les ateliers même de la compagnie de construction de wagons à Buffalo. Les frais de pose des fils, des boîtes et des appliques de lampes se sont élevés à ybo francs. Les 60 éléments ont coûté 65 francs chacun, soit en tout 3,900 francs; de sorte que l’installation complète revient à 4,950 francs.
- Les accumulateurs de la Compagnie Julien sont garantis pour deux ans. Leur durée est assurément plus grande, car on a constaté que des plaques qui avaient deux années de service, n'avaient subi aucune dépréciation apparente.
- M. J.-O. Ellinger, calculant les frais d’éclairage par ce système, en admettant l’hypothèse d’une dépréciation de 5o 0/0 par année, c’est-à-dire d’un renouvellement complet des accumulateurs au bout de 2 ans, remarque que les plaques négatives seront en aussi bon état que le premier jour, et que les frais de renouvellement se borneront à l’achat de plaques positives et aux frais de fabrication. Ces derniers seraient compensés par la valeur du métal de la plaque positive, de sorte que la dépréciation apparente de 5o 0/0 se réduirait, en réalité, à 25 0/0 par année.
- Portons ce chiffre à 3o 0/0, et nous pourrons évaluera un centime près le coût par jour d’une lampe de 16 bougies
- En prenant pour base les chiffres obtenus par la Compagnie du chemin de fer de Boston-Albany, nous aurons :
- Dépréciation de 3o 0/0 sur 3,900 francs (prix de 60 éléments à
- 65 francs).................
- 24 lampes, à 8 fr. 5o l’une, coûtent ensemble 102 francs. En fixant à deux mois la durée d’une lampe, il faudrait six renouvellements par an; soit
- fr. 102x6=.................
- Chargements des acccumula-teurs ; 365 jours à 3 fr. 75. . ..
- Intérêts à 4 0/0 de 4,65o francs des frais d’installation......
- Coût de 24 lampes par année...
- Soit par jour.................
- Et par lampe..................
- Dans ce calcul, on a estimé la durée des lampes à 600 heures ; mais leur durée moyenne est bien supérieure, en outre, le prix de 3 fr. 75 par jour pour le chargement des accumulateurs est d’au moins 5o 0/0 plus élevé qu’il ne serait si les compagnies chargeaient elles-mêmes leurs accumulateurs.
- L’éclairage à l’huile, d’après les chiffres fournis par les employés de plusieurs compagnies de chemins de fer, coûterait environ 75 centimes par lampe et par jour, y compris la dépréciation, la casse, l’huile et le service.
- A ce compte, les compagnies pourraient remplacer chaque lampe à huile par deux lampes électriques sans augmenter les frais d’éclairage des wagons, et ajouter ainsi au bien-être et à la sûreté des voyageurs.
- J’ajouterai, en terminant, que j’ai visi lé personnellement le wagon Olga, et que j’ai été émerveillé de la beauté de l’éclairage et de la simplicité de l’aménagement.
- J. Wetzler
- VARIÉTÉS
- LE RÉGLEMENT BELGE
- SUR
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Il paraît que l’accueil enthousiaste que la presse scientifique française a fait à la circulaire récente de M. Gragnon, sur l’éclairage électrique dans les lieux privés et publics, a eu un résultat, un singulier résultat. Loin d’arrêter l’ardeur avec laquelle l’administration réglemente tout, à tort et à travers, cet accueil qui, avec la meilleure volonté, ne pouvait guère passer pour flatteur, n’a fait au contraire que donner un nouvel essor à la déplorable manie qu’ont les gouvernants d’entraver les industries nouvelles. Si le préfet de Police n’a pas encore fait un nouveau papier, c’est qu’il n’en a pas eu le temps; mais soyez sûrs qu’il ne tardera pas à nous gratifier d’un post-scriptum ori-
- Francs
- I I70
- 612
- 1 338,75 368
- 3 336,75 9,i5 o, 38
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- 1ÇO
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ginal, maintenant que la Belgique vient de lui montrer qu’il n’avait pas tout prévu.
- En effet, VAdministration des Postes et télégraphes de Belgique vient de faire paraître, elle aussi, sa petite ordonnance sur les conducteurs électriques. La Belgique ! Direz-vous ? — Très bien, nous voyons cela, c’est encore une contrefaçon !
- Contrefaçon ! ce n’est pas si sûr que cela L’idée première, oui, est contrefaite, c’est évident; mais les articles de l’ordonnance belge ne sont pas copiés sur ceux de notre préfet de police. Ils renferment, au contraire, certainestrouvailles, qui font le plus grand honneur au génie des rédacteurs bruxellois, et quelques-uns mêmes sont empreints d’une telle originalité, que ce n'est pas le mot contrefaçon qu’il faut dire, mais bien mieux perfectionnement.
- D’abord, la circulaire belge est plus courte: au lieu de 33 articles, elle n’en renferme que i3; moins de la moitié. Si la quantité, c'est quelque chose, la qualité vaut peut-être mieux encore. A Paris, il faut 33 ordonnances pour paralyser le développement de l’éclairage électrique, mais à Bruxelles, i3 suffisent : voyez plutôt.
- Art. I. Les circuits à lumière seront entièrement métalliques; en aucun point, ils ne pourront avoirde connexions avec la terre ; toute liaison des tuyaux de distribution des eaux, du gaz, etc., est donc rigoureusement interdite.
- Art. IL Dans les parties à établir sur le domaine de l’État ainsi que dans le voisinage de fils télégraphiques et téléphoniques appartenant à l’État ou concédés parle gouvernement, les conduites à lumière, si elles ne sont pas souterraines, seront formées de conducteurs recouverts de matières assurant un isolement électrique suffisant ; l’ensemble en sera imperméable à l’eau-
- Art. III. Les câbles posséderont par eux-mêmes une solidité suffisante pour résister à tous les efforts auxquels ils sont exposés; au besoin ils seront supportés sur toute leur longueur par des fils ou câbles métalliques présentant la solidité nécessaire ; ils seront suffisamment élevés au-dessus du sol pour laisser le passage libre aux voitures les plus hautes, et notamment aux échelles des services des incendies, du télégraphe et du téléphone.
- Art. IV. A leurs points d’appui sur lesbâtiments, poteaux, chevalets, etc., les câbles seront assujettis d’une façon invariable à des isolateurs de porcelaine, et de telle manière que l’enveloppe isolante n’y soit pas exposée à se détériorer au double point de vue mécanique et électrique.
- Art. V. S’il est fait usage de fil nu pour prolonger les câbles établis aux endroits indiqués à l’article II, le fil nu se trouvera à deux mètres au moins de tout toit ou construction ; il sera garni, aux points de raccordement, d’une enveloppe doublement isolante sur une distance de 60 centimètres au moins de l'isolateur d’attache : la jonction du fil au câble sera parfaitement soudée et isolée.
- Art. VI. Aux endroits où les conduites d’aller et de retour seront voisines, et où il existerait une diflérence de potentiel dangereuse, notamment aux alentours de la station centrale d’éclairage, les conducteurs seront garnis d’une couche isolante supplémentaire; ils seront placés à deux mètres au moins de tout toit ou construction, et leur écartement sera tel qu’un homme ne puisse les toucher tous les deux à la fois.
- Art. VIL Le croisement des conduites à lumière avec les fils télégraphiques et téléphoniques se fera au-dessous de ces derniers et à angle droit, de telle façon que l’écart vertical entre le fil télégraphique ou téléphonique le plus bas et le câble d’éclairage électrique le plus rapproché, soit au moins de deux mètres. Les points d’appui de ces câbles se trouveront à une distance minima de trois mètres de part et d’autre des fils affectés à la correspondance télégraphique ou téléphonique. Pour empêcher ces fils de se mettre, en cas de chute,' en contact avec les conducteurs à lumière, l'entrepreneur établira au-dessus de chacun de ceux-ci, et sur toute la traversée, un fil métallique de garde suffisamment solide.
- Art. VIII. Le parallélisme des fils à lumière et des fils télégraphiques et téléphoniques sera évité autant que possible.
- Dans le cas où cette condition ne pourrait être remplie, la distance entre les fils parallèles ne serait jamais inférieure à douze mètres.
- Art. IX. En exécution de l’arrêté royal du
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- i5 octobre 1876, dont ci-joint un exemplaire, l’entrepreneur aura à donner au bureau télégraphique
- de...l’avis préalable prescrit par l’article 1e1, de
- cet arrêté, pour tous les travaux à exécuter dans le voisinage des lignes télégraphiques ou téléphoniques établies ou concédées par le gouvernement.
- Art. X. L’entrepreneur s’engage, en général, à prendre, dans ses installations d’éclairage électrique, toutes les mesures de sécurité reconnues utiles par la science et l’expérience.
- Les installations seront maintenues dans le meilleur état d’entretien ; elles seront vérifiées régulièrement au moins une fois par jour.
- Art. XI. L’entrcpreneurassume l’entière responsabilité de tous dommages ou accidents qui résulteraient de ses installations d’éclairage électrique.
- Art. XII. La p.’ésente autorisation n’estaccordée qu’à titre précaire ; elle ne comporte point celle d’établir des supports ou appuis sur les batiments ou terrains de l’Etat, pour lesquels une permission spéciale devra être obtenue dans chaque cas particulier ; elle est révocable en tout temps moyennant un préavis de six semaines.
- L’Etat se réserve de modifier les conditions qui précèdent, d'en imposer de nouvelles et de faire déplacer ou enlever, à la première réquisition, les conducteurs a lumière situés sur le domaine de l’Etat ou ses dépendances, ou dans le voisinage des lignes télégraphiques ou télépnoniques établies par le gouvernement ou concédées par lui, le tout sans que l’entrepreneur ait droit à une indemnité quelconque.
- Art. XIII. Les installations effectuées sur le domaine de l’Etat et dans le voisinage des dites lignes télégraphiques et téléphoniques, ne pourront être modifiées, dans l’avenir, sans une autorisation spéciale du gouvernement.
- Eh bien, que disions-nous ? Monsieur Gragnon est-il enfoncé, oui ou non? s’il a inventé l’article I, a-t-il songé à prescrire l’emploi du parapluie pour les fils électriques, comme le fait l’article 11 ? A-t-il pensé à exiger le soutien des fils par des câbles et des câbles par des fils, comme on le voit à l’article III ?
- Lui qui obligeait le conducteur à entrer par
- une seule ouverture dans les théâtres et les cafés, a-t-il prévu le contenu de l’article VI ?
- Enfin, l’ordonnance française contenait-elle un article comparable à ce merveilleux article VII de l’ordonnance belge? Le croisement des conduites à lumière f'çà, c’est une expression belge), avec les fils télégraphiques et téléphoniques se fera au dessous (qui est-ce qui n’auraitpas pensé à ceau dessous ?) de ces derniers et à angle droit de façon que l'écart vertical soit au moins de deux mètres. . . . les points d’appui se trouveront à une distance minima de 3 mètres des fils affectés à la correspondance télégraphique. Pour empêcher ces fils de se mettre, en cas de chute, en contact avec les conducteurs à lumière, (variante de la piemière expression) l'entrepreneur établira un fil métallique de garde suffisamment solide.
- Non, écrire cet article, cc n’est pas assez; c’est le dessiner qu’il aurait fallu et une légende explicative n’eut pas été de trop. 11 est désolant de penser que ce n’est pas l’œuvre de l’administration française! — Monsieur Gragnon, si vous avez du cœur, — il faut démissionner sans délai.
- LE MAGNÉTISME MINÉRAL
- LF, MAGNÉTISME ANIMAL
- Nous avons reçu ces jours-ci la lettre suivante: Clinique du Magnétisme
- Monsieur et honoré confrère,
- « J’ai l’honneur de vous remettre Y Application de l’Aimant au traitement des malades que je viens de publier. J’y révèle l’existence d’une force inconnue que j’ai découverte dans le magnétisme minéral.
- Une force analogue, également inconnue, existe dans le magnétisme terrestre, dans l’électricité, dans le calorique, dans la lumière, etc..
- J’e'tudie ces forces au point de vue de la physiologie et de la thérapeutique. En votre qualité de . . . ., vous êtes invité à suivre ces études. En attendant, veuillez agréer l’expression de mes meilleurs sentiments.
- Signé: H. Durville »
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Cette lettre étant accompagnée de trois petites brochures, nous nous sommes empressé, après avoir agréé l’expression des sentiments de M. Durville, de nons préparer à suivre ses travaux, en parcourant sa prose. Cette lecture nous a paru instructive au plus haut chef. Elle nous a révélé tant de faits que nous ignorions, que nous n’avons pas résisté à la tentation de faire un rapide résumé de l’œuvre qui nous était soumise et de faire partager à nos lecteuts le plaisir que les brochures de M. Durville nous ont causé.
- Comme nous le disions, il s’agit de l’emploi de l’aimant pour le traitement de toutes les maladies. Nous connaissions déjà l’anneau anti-névralgique, l’électro-aimant pour, la recherche des fourchettes dans les intestins; mais ce n’est pas de cela dont nous voulons parler.
- La théorie que préconise M. Durville est générale ; elle consiste à se servir d’un aimant ordinaire, c’est-à-dire, d’une lame de fer aimantée, et dé faire l’application pure et simple du métal sur la partie malade qu’on doit infailliblement guérir.
- Cela vous étonne, n’est-ce pas, et cette idée nouvelle vous semble être sortie de la cervelle d’un fou ? Eh bien, c’est que vous ne savez pas tout encore.
- L’application de l’aimant à la guérison des maladies est le résultat d’une théorie d’ensemble découverte par le savant que nous vous présentons : suivant lui, l’homme et tous les animaux sont composés d’aimants en fer à cheval entassés les uns sur les autres et donnant ainsi un pôle positif à un membre, et un pôle négatif à un autre.
- L’idée, n’est-ce pas, est assez drôle? Cela, nous le confessons, et plus drôle est encore la façon dont a été faite cette importante découverte.
- « Il y a environ deux ans, je m’aperçus, dit M.
- « Durville, que la même main ne produit pas les « mêmes effets sur les deux côtés du corps ; en « cherchant la raison de ce phénomène, je recon-« nus bientôt que la main droite est agréable à « gauche, désagréable à droite et réciproquement.
- « Je remarquai en même temps que, sur quel-« ques malades, ces sensations étaient accompa-« gnées d’attraction ou de répulsion.
- « Je venais de reconnaître la polarité humaine « et l’analogie du magnétisme humain avec celui a. des aimants. » ( Vous voyez que ce n’est pas
- plus difficile que ça. ) « Je commençai alors une « série d’expériences avec les aimants et reconnus « sans peine que le pôle austral produit des effets « analogues à ceux de la main droite, que le pôle « boréal en produit d’analogues à ceux de la « main gauche. J’entrepris de vérifier les expériep-« ces de Reichenbach que je trouvai en partie exac-« tes. J’étendis ensuite mes recherches aux divers « corps et agents de la nature, et me basant sur les k effets connus de l’aimant et sur l’électro-chimie, « je pus formuler les lois du magnétisme humain.»
- Ceci étant démontré, rien n'e'tait plus facile pour le savant de déterminer la position diverse des aimants composant le corps humain. La chose la plus compliquée, n’est-ce pas, c’était de décou • vrir que la main droite agit comme un pôle boréal? Quand oh est doué d’une pareille sensation, et qu’on a formulé cette loi :
- I. Les pôles de même nom repoussent, excitent, endorment. ( Exciter et endormir, cela ne parait pas être absolument des effets analogues, mais ne nous arrêtons pas à ce détail ;
- II. Les pôles de nom contraire attirent, calment, réveillent,
- il n’y a plus, sans doute, qu'à se caresser avec la main tout le corps ou plus commodément celui d'une personne de bonne volonté, pour déterminer l’emplacement des aimants humains, s’il nous est permis de nous exprimer ainsi.
- Nous ne savons pas si c’est ce procédé que M. Durville emploie, mais toujours est-il qu'il arrive à cette conclusion savante:
- « Le corps humain représente un assemblage « d’aimants en fer à cheval se divisant en deux « ordres: i° Polarité d’ensemble, z° Polarité « secondaire.
- « La polarité d’ensemble nous représente deux « aimants inversement disposés: i° un aimant « latéral, 20 un aimant postérieur. Les branches « du premier, qui est le plus important, sont repré-« sentées par les côtés latéraux du corps : tête,
- « tronc, bras, jambes; les pôles sont aux mains 'f et aux pieds, le point neutre est au sommet de « la tête. Les branches du deuxième de moindre « étendue, — 4 à 5 centimètres de largeur sur le « devant, 5 à 6 sur la colonne vertébrale — ( vous
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- « voyez, comme tout est précisé) sont sur le mi-« lieu du front, la pointe du menton, le sternum, « le nombril, la colonne vertébrale, l’occiput; les « pôles sont au front et à l’occiput, le point neu-« tre est au périnée. »
- Ce que nous vous exposons est naturellement une sorte de résumé. Si le corps humain est, dans ses grandes lignes, composé de deux aimansdisposés comme nous venons de vous le dire, tous les membres se décomposent, à leur tour, en petits aimants ; le bras est positif d’un côté et négatif de l’autre; la main de même, le petit
- doigt aussi, etc.... La place nous manque pour
- détailler davantage.
- Mais, direz-vous, pourquoi appelle-t-on, dans cette théorie, positif le côté droit, négatif le côté gauche? M. Durville a prévu votre question, et la réponse qu’il y fait n’est pas une des parties les moins drôles de la théorie :
- « Si on plonge les électrodes d’une pile dans « deux verres d’eau reliés ensemble pour établir « le circuit, l’eau du verre où plonge l’électrode -j-« devient acidulée, fraîche au goût, et celle de e l’autre verre devient alcaline, tiède fade.
- « Si nous tenons pendant 4 à 5 minutes un verre « d’eau dans chaque main, ou si nous dirigeons « nos doigts en pointe (en pointe, vous entendez « bien?) au-dessus du liquide, l’eau du verre de « la main droite prend un goût acide, frais, léger, « tandis que celle de la main gauche devient « alcaline, tiède, fade. »
- Et voilà, justement, pourquoi.....
- Une fois initié au mystère de cette science merveilleuse, la polarité humaine, M. Durville ne songea plus qu’à l’appliquer à la guérison de toutes les maladies. Il passa d’abord en revue toute l’antiquité. Il reconnut que de tout temps l’aimant était très honoré, que Pline le conseillait contre les maladies des yeux, que Galien en vantait la vertu purgative, qu’Avicenne, au n° siècle, le déclarait souverain contre les affec tions de la rate, et qu’il n’y avait plus qu’à le généraliser. Il le généralisa en effet, et, dans une des brochures que nous avons sous les yeux, tous les modèles d’aimants, petits et grands, sont dessinés en détail. 11 y a neuf modèles : les uns sont pour la tête, la face, le cou, les autres pour la
- poitrine, le ventre, etc. ; avec une pareille pharmacie, il suffit d’avoir le tableau des maladies correspondant aux modèles des aimants pour se guérir soi-même chez soi, et aussi commodément en voyage.
- Comme théorie médicale, il est difficile de présenter quelque chose de plus simple et de plus complet. Avec l’aimant, pas de surprises : tout revient à diagnostiquer ; seulement, il faut éviter de se tromper sur ce point, et ne pas employer contre la goutte l’aimant purgatif; on serait ainsi sujet à de graves mécomptes, et c’est pourquoi, sans doute, beaucoup de gens continueront à faire appeler le médecin.
- A la théorie de M. Durville, il y a pourtant une exception, qui ne laisse pas de nous étonner. Si toutes les maladies se laissent guérir par l’ai-rnant, le choléra seul est rébarbatif, et, pour lui, il faut adjoindre l’eau et l’ammoniaque.
- Il y a toute une série de déductions dont nous vous faisons [grâce, à cause de leur peu d’intérêt, et nous ne voulons retenir que le passage suivant, qui peut être d’une certaine utilité à quelques-uns de nos lecteurs :
- « M. Durville invite les ivrognes qui seraient « atteints du choléra à donner la prélérence à « l’eau comme remède; ils pourraient, de plus « que les autres, y joindre l’usage externe. Au « lieu de mourir de cette indisposition, il pense « qu’ils auraient même intérêt à gagner le cho-« léra, en ce sens qu’une telle médication affec-« terait un élément avantageux à leur sang, cornet posé de vin, d’alcool et de bière. »
- Maintenant, chers lecteurs, faites votre profit. Si vous êtes malades, je viens de vous indiquer le remède : l’aimant! l’aimant! il n’y a que lui! C’est, en somme, l’application de cette parole de l’Évangile :
- '( Aimez-vous les uns les autres. »
- P. Clemenceau
- P. S. Le journal insérera avec plaisir les lettres des personnes sages qui auront fait usage de l’aimant et qui, après avoir obtenu quelque soulagement, voudront bien en témoigner publiquement.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- RÉSUMÉ DES
- BREVETS D’INVENTION
- délivrés depuis le iar janvier i88y
- 178504. — CLAPP. — Perfectionnements dans les
- LAMPES ÉLECTRIQUES.
- Ils s’appliquent aux systèmes de lampes électriques dans lesquelles les charbons sont formés de disques mobiles. L’invention consiste essentiellement en un ensemble de moyens employés pour écarter ces disques l’un de l’autre en vue d’établir l’arc voltaïque et de les faire tourner ensuite proportionnellement à leur usure.
- Les disques sont supportés par des axes dont les tourillons sont fixés dans des châssis mobiles, permettant d’approcher ou d’écarter les disques l’un de l’autre et reliés entre eux de façon à se mouvoir ensemble. Les axes sont munis d’engrenages dont le mouvement rotatoire est proportionnel à l’usure des disques.
- (Les châssis sont reliés au moyen d’un électro-aimant établi dans le circuit principal et qui, lorsqu’il est en action, agit sur les châssis pour séparer les disques l’un de l’autre ; ces disques étant maintenus en contact, lorsqu’il ne se produit aucun courant, par l’armature de l’é-lectro. Les charbons sont mis en mouvement par un électro-moteur fixé sur l’un des châssis mobiles et actionné par un courant dérivé.
- 178512. — GERMAIN. — Application de la cellulose
- DE LA NOIX DE COCO AUX ACCUMULATEURS ÉLECTRIQUES.
- ‘ Cette cellulose s’extrait par le peignage des fibres agglutinées de la noix de coco.
- Pour préparer la substance solidifiée électrolytique des accumulateurs à cellulose, il suffit d’aciduler à l’acide sulfurique de l’eau au i/8 ou au i/io et d’y faire imbiber la cellulose jusqu’à ce que celle-ci ait pris une consistance pâteuse, molle et plastique. On tasse ensuite cette pâte acide entre les plaques des accumulateurs. La cellulose absorbe 8 à 20 fois son poids de liquide suivant la densité de celui-ci.
- La pâte acide empêche la déformation des plaques. Grâce au surcroît de résistance apporté par la cellulose, on peut rapprocher davantage les plaques. Les oxydes réduits ne se détachent pas.
- 178518. — LAGARDE. — Système d’appareils permettant DE METTRE, A DISTANCE, UNE PILE ÉLECTRIQUE EN
- FONCTION ET d’eN RÉGLER l’ïNTENSITÉ.
- Le système se compose : i° d’un appareil régulateur chargé d’élever ou d’abaisser les éléments d’une quantité
- fixe et déterminée, lorsque le courant d’une petite pile locale passe dans les bobines de ce régulateur; 20 d’un manipulateur à deux directions permettant d’envoyer, à volonté des courants, soit dans l’une, soit dans l’autre de ces bobines; 3° d’un manipulateur enregistreur perrnèt-tant de connaître, à tout instant, la quantité dont les zincs se sont élevés ou abaissés; 4* d’un manipulateur automatique permettant d’obtenir le fonctionnement d’une pile pendant un temps déterminé.
- Le régulateur est constitué par deux paires d’électros placés en regard l’un de l’autre et comprenant entre eux une armature mobile autour d'un point et qui par son extrémi.é opposée agit, par déclanchement, sur son mouvement d’horlogerie pour le faire marcher, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre. Les zincs sont reliés à une crémaillière que fait mouvoir le mouvement d’horlogerie par l’intermédiaire d’une série de mobiles.
- 178530, — DELABRE FOURNIER. — Nouveau moteur
- PAR L’ATTRACTION DE L’AIMANT OU DU MAGNÉTISME.
- Rapprochement et éloignement de poids à l’aide de faisceaux aimantés.
- 178557. — PIEPER. —Régulateur électro-magnétique.
- Ce régulateur est la combinaison de deux électro-aimants dont les armatures formées de deux pièces isolées magnétiquement et servant de prolongement aux pôles de ces électro-aimants font tourner directement un axe moteur, par leur adhérence magnétique, tantôt dans un sens, tantôt dans le sens inverse, suivant que c’est l’une ou l’autre d* ces armatures qui fonctionne.
- Cet appareil est applicable au réglage, soit d’une machine dynamo unique, soit de plusieurs dynamos simultanément en y adaptant un ou plusieurs balais frotteurs. Il peut aussi s’appliquer aux machines à vapeur.
- 177090. — GATES. — Moniteur automatique électrique.
- Cet appareil a pour objet d’indiquer, par le tintement d’une sonnerie électrique, quand la réponse exacte â une question posée est trouvée parmi un certain nombre de réponses correspondant à une série de questions déterminées. Il sert à l’instruction récréative.
- 178650. — W. MARSHALL. — Perfectionnements dans
- LES APPAREILS ET CIRCUITS TÉLÉPHONIQUES.
- L’objet de l’invention est de constituer un système avec des condensateurs parlants. Elle consiste essentiellement en un système comprenant des condensateurs et une bobine d’induction à chaque station ; chaque bobine ayant
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- deux fils secondaires et un primaire opposés ; les bouts de chaque fil secondaire sont liés aux pôles opposés des condensateurs.
- Dans le diagramme figure i, les condensateurs cc sont liés aux bouts opposés des fils secondaires SS' de la bobine d’induction I dont le fil primaire contient la pile B et le microphone M. Dans le. fil de ligne est placé la
- Fig 1 et S
- pile B’ qui polarise les condensateurs. Quand on parle au microphone de la station Y, le courant induit dans la ligne L arrive dans le fil d’induction S' de la station X et va changer la polarisation des plaques du condensateur G directement, et les plaques opposées du condensateur doivent vibrer à l’unisson et avec plus de force.
- La figure 2 montre un dispôsitif dans lequel la pile polarisante est placée dans un circuit local, au lieu de l’être dans le fil de ligne.
- Les condensateurs parlent beaucoup plus haut, lorsque leurs plaques métalliques ne sont en contact avec l’isolant que d’un seul côté, et seulement un côté des feuilles fixe De cette manière, les feuilles laissent entre elles un espace suffisant pour une vibration libre et pour communiquer à l’air le son transmis.
- 171338. — RECLUS. — Un système de pendule
- ÉLECTRIQUE.
- L’invention consiste essentiellement dans la combinaison d’un système de mécanisme d’horloge électrique pourvu d’un manipulateur électrique automatique avec un système de compteur d’heures recevant les courants envoyés par le manipulateur automatique de l’horloge et avançant d’une demi-minute ou d’une minute ou de tout autre intervalle de temps quelconque à chaque réception de courant. Une seule pendule peut d’ailleurs commander un nombre variable de compteurs d’heures et à des distances quelconques.
- Le système de pendule comprend un mouvement d’horlogerie électrique et un manipulateur automatique envoyant dès courants aux compteurs d’heures. Le mouve-
- ment d’horlogerie est remonté d’une façon automatique et continue au moyen d'un électro-aimant à une seule bobine.
- Le système de compteurs d’heures est formé d’un électro-aimant à une seule bobine en combinaison avec une armature portant un cliquet moteur engrenant avec ue rocliet calé sur l’axe de la minuterie, un cor.tre-cliquet de retenue empêchant le rochet de tourner pendant la montée du cliquet.
- 178614. — SACK. — Perfectionnements dans l'installation DES BUREAUX TÉLÉPHONIQUES INTERMÉDIAIRES.
- Les installations actuelles des bureaux intermédiaires téléphoniques présentent les inconvénienis suivants :
- 1° Le bureau, intermédiaire doit être muni d’un commutateur à manivelle dont le fréquent usage détermine des contacts défectueux ;
- 2° Les positions du commutateur doivent être établies par l’agent du bureau d’où une cause de dérangements ;
- 3° La communication du fil de ligne avec l’appareil exige de la part du bureau intermédiaire la rotation du commutateur à manivelle ;
- 4° Le bureau intermédiaire ne peut savoir d’où l’appel arrive et si le fil est libre ou occupé.
- Pour remédier à ces inconvénients, l’inventeur a adopté
- ! i G
- des dispositions telles qu’il n’y ait qu’à toucher le bputon de sonnerie pour appeler et détacher le téléphone pour la correspondance. Dans ce but, il emploie deux leviers de contact muni chacun d’un levier auxiliaire isolé et d’un téléphone ; un galvanoscope destiné à indiquer si le fil est libre ou non et de quel côté vient l’ap;pcl ; une sonnerie, une pile ou un appareil inducteur qui n’a pas seulement pour effet d’exciter la sonnerie mais d’établir, pendant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- toute la correspondance, un circuit continu traversé par un courant sous l’action duquel les aiguilles de toute la ligne devient et indiquent que la ligne est occupée ; enfin un bouton double de sonnerie qui permet aux signaux d’appel de suivre seulement la section de la ligne dans laquelle est intercalé le poste appelé.
- Dans le schéma des communications, la sonnerie est désignée par la lettre W ; les boutons doubles par les lettres r, e, t et n, ei, fi où e et ex, désignent les massifs, r et fi les contacts de repos, t et t\ les contacts de travail qui communiquent entre eux et avec un pôle de la pile B l’autre pôle étant mis à la terre. G désigne le galvanos-cope, son échelle est munie d’un côté de la lettre E (bureau extrême) de l’autre côté de la lettre V (bureau central).
- Au bureau central ainsi que dans tous les postes le mêiiie pôle de la pile est mis à la ligne. Il en résulté que le courant des bureaux intermédiaires vers le bureau central déviera l’aiguille des galvanoscopes dans le sens contraire d’un courant du bureau central et le courant d’un bureau intermédiaire vers le bureau extrême donnera une déviation de même sens qu’un courant venant du bureau central. Chaque bureau, par conséquent, peut savoir par la déviation des aiguilles de quel côté vient le signal d’appel ; en conséquence il faut saisir le téléphone ou à droite ou à gauche.
- La marche du courant est la suivante :
- i° Supposons que Li soit relié au bureau central, La au bureau extrême, le courant du bureau central dévie l’aiguille à gauche, le poste Z. S t est rappelé. Le courant du bureau central entre par Lj passe en c, a, i,ôi, 7, e?i, r„ W, r, e, G, 3, b, 5, ai, cx dans le fil La- L’appareil avertisseur donne le signal d’appei, le bureau Z. S t. détache le téléphone F! et Lt communique alors par c, a, 1, bi, 8, avec le téléphone F, au contraire, La par ci ai et 6 avec la bifurcation de la pile B, ligne ponctuée du bras ax et bu
- Par ces communications, la bifurcation de la pile B se ferme, le courant se ramifie. Une partie passe par B, d2, di, 6, a1 et cx dans La, l’autre partie par Fx (Fa) d4, F, d3, 8, 61, 1, a et c, dans Li.
- Puisque tous les postes sont munis de galvanoscopes, on reconnaît par la déviation des aiguilles que la ligne est occupée.
- La bifurcation de la pile B est déterminée de façon que le courant résultant suffise pour dévier les aiguilles et n’actionne pas la sonnerie. Aussitôt que le bureau intermédiaire accroche le téléphone, le circuit est interrompu, les aiguilles reviennent au zéro.
- 2“ Supposons mâinteriant que le bureau intermédiaire Z. S t. désiie parler à un poste du (il L2 ; Z. S t touche le bouton e qui quitte le contact r et vient en communication avec le contact f; le circuit de la pile B est fermé.
- \Le ! courant s’écoule dans L2 par t, e, G, 3, b, 5, ai, ci. Puisque tous les bureaux ont lé même pôle à la ligne, les aiguilles dévient à gauche vers Là et à droite vers Li. Par conséquent, le bureau appelé reconnaît que l'appel vient
- de la direction du,bureau central ; il détache le téléphone Fi pendant que le bureau appelant Z. S f ôte le téléphone F2. On retombe alors dans le cas du numéro 1. La ligne ponctuée donne la communication pour une pile spéciale Bj.
- (A suivre) E. Dieudonné
- CORRESPONDANCE
- Paris, le 4 avril 1884.
- Monsieur le Directeur,
- Je lis dans votre numéro du 26 mars dernier, la description faite par M. Napoli d’un appareil inventé par M. Amoric.
- M. Napoli s’avance témérairement et cela malgré l’évidence en attribuant cette invention à M. Amoric.
- Ce dernier a fait breveter, en août i885, un appareil avertisseur indiquant uniquement le poste appelé, mais où il n’est aucunement fait mention ni d’un poste appelant ni même du côté qui appelle
- C’est en juillet 1886, que moi le premier, j’ai fait breveter un appareil donnant l’indication des postes appelant et appelé ; M. Amoric n’a ajouté le poste appelant (en février ou mars 1887) que grâce aux indications reçues de M. Dejardin, notre constructeur commun, indications que ce dernier tenait de moi, ainsi qu’il appert d’une foule de documents que je peux produire et d’une lettre du constructeur qui en témoigne.
- Après avoir démontré que c’est moi le réel et premier inventeur de la deuxième roue et de la deuxième goupille d’arrêt pour l’indication des postes en correspondance sur l’appareil décrit par M. Napoli, il ne reste à l’actif de M. Amoric que son brevet de i885.
- Or, vos lecteurs n’auront qu’à se reporter à l’article « Rappel des stations intermédiaires » de M. Th. Du Mcncel, tome III de l’édition de 1874, pour se convaincre de la parfaite analogie de certains des appareils qui y sont décrits, entre autres celui de M. Bellanger avec celui de M. Amoric.
- Dans l’espoir que vous voudrez bien faire insérer cette rectification.
- Agréez, Monsieur le rédacteur, l’assurance de ma parfaite considération.
- A. Claude l3. avril, 1887,
- Monsieur le Directeur,
- Laissez-moi répondre quelques mots à la lettre de M. Claude Auguste (je souligne Auguste).
- Dans cette lettre l'auteur m’accuse de rendre des points
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- au rival de Louis XI en fait de témérité, parce que j’ai eu l’audace d’attribuer à M. Amoric la disposition de Y Appel Amoric: je suis étonné moi-môme de ma témérité ! !
- -Je ne conteste nullement la légère modification apportée par M. Claude, Auguste, à l’appel Amoric ; je tiens simplement à mettre un peu d’ordre dans les cartes que M. Claude semble vouloir embrouiller.
- Je n'entrerai pas dans certains détails concernant les engagements pris par M. Claude (Henri, cette fois), à l’égard de M. Amoric, me réservant de les publier en temps opportun : je les ai d’ailleurs mentionnés à une autre place que celle*ci ; mais, M. Claude Auguste revenant sut un sujet épineux pour lui et son frère, je suis également forcé d’y revenir.
- Il existe un fait incontestable, c’est qu’avant d’être mise en relation avec M. Amoric, pour l’exploitation du brevet de ce dernier (pris le 29 août i885], la maison Claude 11e s’était jamais occupée de construction d’appareils, et qu’il est bien surprenant qu’elle ait débuté par un modèle si peu nouveau, à en juger par le reproche que M. Claude adresse maintenant à M. Amoric.
- Ici, qu’on me permette d’adresser une question à M. Auguste : Pourquoi, avant de laisser son frère entrer en relation avec M. Amoric, de le laisser prendre et signer des engagements, pourquoi, dis-je, ne lui a-t-il pas fait remarquer alors f ï 885) que l’idée d’Amoric n’était pas neuve, qu’elle avait été étudiée par beaucoup d’autres ? pourquoi, à l’appui de son dire, ne lui a-t-il pas placé sous les yeux les articles publiés sur la matière par le comte Th. du Moncel ? C’eût été faire œuvre fraternelle !
- Pourquoi ? Je vais le dire :
- C’est qu’à cette époque, M. Auguste Claude ignorait lui-même toutes ces antériorités, qu’il a étudiées depuis pour les besoins de sa cause et dont il se sert aujourd’hui pro domo sua, comme dit Cicéron, dans sa harangue à Claudius : (pardon ! Clodius avec un o).
- Mais ce que MM. Claude, Henri et Auguste ne pourront éluder, c’est la question qu’on leur a posée et à laquelle ils n’ont jamais répondu :
- M. Amoric leur a remis un appareil d’après lequel la maison Claude a exécuté un dessin que j’ai là sous les yeux, lequel dessin porte comme titre : Appel automatique Amoric, et est revêtu du cachet « Henri Claude, fabricant de fils télégraphiques ».
- Or, cet appareil fut réclamé plus tard à MM. Claude par le correspondant, à Paris, de M. Amoric, alors en Egypte.
- Que répondent ceux-ci ?
- « Nous ne savons ce que vous voultz dire, il n’y a ja-« mais eu d’appareil Amoric construit ».
- Puis sur l’insistance du même correspondant:
- — Ah! oui, disent-ils, il y a eu, en effet, un appareil, mais il a été démonté et nous ignorons où sont les pièces.
- Autre citation :
- A la page 171 du Bulletin de la Société Internationale
- des Électriciens de mars 1887, M. Auguste Claude, après s’être acharné dans un paragraphe précédent, à démontrer que M. Amoric a eu tort d’avoir confiance, il s’écrie : « En second lieu, comment aurais-je pu copier en « juillet 1886 un appareil construit en février 1887 ? »
- On dirait réellement que M. A. Claude fait tout son possible pour démontrer d’une façon tangible que M. Amoric a eu raison de réclamer.
- Que l’on juge : Si l’on consulte les livres de M. Dcjardin, constructeur d’appareils, on verra à la date du 7 février i886y ce libellé :
- « Reçu de M. Henri Claude, premier acompte pour télégraphe Amoric....................... Fr. 200 »
- Puis à la même date, 7 février 1886, sur la même page :
- « Reçu de M. Henri Claude, d’un appareil télé-« graphique pour avertir toutes les stations d'une « ligne avec les indications répétées dans tous les « postes, plus deux Électros Hughes...........ci. 660 »
- On le voit, 7 février 1886, 5 mois avant la prise de brevet de l’appareil Auguste Claude, ce dernier pouvait parfaitement copier.
- Mais, dira-t-on, qu’est-ce, cette date de février 1887, invoquée par M. Claude ? Mon Dieu! c’est regrettable à dire, mais la réponse à cette question tourne à la confu-fusion de M. Auguste :
- M. Amoric étant en Egypte, où il est télégraphiste à la Compagnie Universelle du Canal de Sue%, apprit incidemment que l’appareil qu’il avait imaginé venait d’être présenté avec une légère modification, au nom de ceux-là même qui s’était engagés à le construire.
- La Compagnie de Sueç accorae un congé à M. Amoric pour venir à Paris défendre ses intérêts; il arrive, réclame à MM. Claude l’appareil primitif: on lui refuse; cependant, pour le présenter à la Société des Électriciens, il en faut un, il en fait donc construire un en 15 jours * c’est celui que j’ai présenté le 2 mars 1887.
- Et voilà pourquoi M. Auguste Claude, qui a sans doute pour devise le famçux Audaces fortuna juvaty essaie de faire croire que l’Appareil Amoric n’a été construit qu’en février 2887.
- Ce n’est pas tout : qu’on lise plutôt ce passage d’une lettre adressée à M. Amoric, le 20 décembre i885. .
- a D’accord avec mon frère, je fais faire en ce moment « les gros travaux dehors (il s’agit de la construction de « l’Appel Amoric) et je donnerai le montage de ces 6_ap-« pareils à M. Dejardin. Si d’ic* là aucune décision n’est « prise, je forcerai M. Petitqueux (le premier conccssion-« naire de l’appel Amoric) à me donner des appareils,
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- 19S
- « aussi soignés que ceux que l’on aura et marchant avec
- la môme précision.
- « J’espère ainsi que la Compagnie [de Sue%) saura un « jour que c’est M. Petitqueux qui a tripoté (!!!) et qu’on « rendra justice à mon frère ainsi qu’a moi; »
- Signé : Auguste Claude.
- Vous lisez bien Auguste Claude, qui s’efforce à démontrer aujourd’hui qu’il ne connaît pas l’appel Amoric.
- Et dans la crainte qu’on ne lui rende pas assez justice’
- met M. Amoric sous le boisseau et se présente seul; d’ailleurs, il indique sa façon de procéder pour faire un Rappel général: savourez plutôt le deuxième g de sa réponse à ma communication (p. 171).
- « Après avoir aidé mon frère de mes conseils et avoir « constaté l’impossibilité d’aboutir dans la voie où Von « s'était engagé, je me suis mis à travailler et à chercher « une solution pour mon propre compte ».
- Ne trouvez-vous pas cela charmant? M. Amoric n’arrivant pas à se faire comprendre de M. Henri Claude, M. Auguste, qui les écoute, prend l'affaire et la publie à son nom.
- Pardon ! Pardon 1 ! M. Auguste Claude, n’intervertissons pas les rôles, aujourd’hui c’est à M. Amoric qu’il faut rendre justice.
- Je m’arrête là, pour le moment, croyant en avoir assez dit, mais non à bout d’arguments, dans le cas où mon interlocuteur voudrait continuer ce débat qui m’intéresse fort et dont le dossier est inépuisable.
- D’ailleurs, j’espère qu’une Commission sera nommée pour examiner cette affaire.
- Mais, avant de terminer, qu’on me laisse dire que M. Auguste Claude me cherche une querelle d'Allemand. Je le lui ai déjà dit : b’il avait eu la sagesse de citer dans sa communication de juillet 1886 le nom d’Amoric, nous n’aurions rien dit, mais cet oubli, ainsi que la persistance à vouloir annihiler l’appareil Amoric, dénote un parti pris, contre lequel notre conscience a régimbé.
- Veuillez, agréer, Monsieur le Directeur, etc.
- D. Napoli
- FAITS DIVERS
- Le ministre du commerce et de l’industrie vient d’instituer, auprès de la direction générale de l’exploitation. 84 Comités d’admission pour l’Exposition de 1889.
- Ces Comités, correspondant aux différentes classes, sont chargés d’examiner toutes les demandes d'admission faites par les industriels français.
- Les présidents de ces Comités, nommés à l’élection, formeront un comité de groupe ; celui-ci aura à statuer
- sur les contestations qui prendrônt naissance dans le groupe.
- Enfin, un comité supérieur de révision, composé des présidents des comités de groupe, sera chargé de décider en dernier ressort et de dresser la liste générale et définitive des exposants français admis.
- Nous relevons, parmi les membres nommés par le ministre pour faire partie des comités*de classe, les noms suivants bien connus des électriciens :
- Classe i5. = Instruments de précision.
- MM. Becquerel (Edouard), membre de l’Institut.— Caba-nellas, ingénieur électricien. — Cornu, membre de l’Institut. — Ducretet, constructeur. — Dumoulin-Froment, constructeur. — Faye, membre de l’Institut. — Janssen, membre de l’Institut. — Laussédat (le colonel), directeur du Conservatoire des Arts-et-Métiers. — Mascart, membre de l’Iustitut. — Mouchez (le contre-amiral), membre de l’Iustitut.
- Classe 52. — Machines et appareils de la mécanique générale
- MM. Boulet, ingéuieur-mécanicien. — Collet, directeur de la Sété des générateurs inexplosibles. — Delaunay, de la maison Belleville et C°.— Domange, fabricant de courroies de transmission. — Farcot, constructeur de machines à vapeur. — Lecouteux père, ingénieur civil. — Renard, capitaine à l’état-major particulier du génie. — Tissandier.
- Classe 62. — Électricité
- Enfin, le Comité de la classe 62 (Électricité), qui nous intéresse tout particulièrement, se compose des membres suivants :
- MM Augier, capitaine du génie.— Barbier (Ernest), chimiste électricien. — Berthon, directeur de la Société générale des Téléphones. — Bouilhet (H.), ingénieur. — Cadiot, ingénieur électricien. — Cael, inspecteur des télégraphes. — Cance, Ingénieur électricien. Carpentier, constructeur électricien. — Clérac, inspecteurs-ingénieur des télégraphes. — Dumont, inspecteur principal au Chemin de fer de l’Est. — Fontaine (Hippolyte), — Fribourg, directeur des télégraphes. — Gaiffe constructeur d’instruments de précision.— Gambiez, capitaine du génie. — Jarriant, constructeur d’appareils électriques.
- — Lemonnier, de la maison Saultcr, Lemonnier et Ce.
- Le Roux, professeur à l’Ecole supérieure de pharmacie*
- — Menier (Henri). — Mors (L.). *— Picou, directeur des ateliers de la Compagnie Edison. —* Postcl-Vinay, constructeur électricien* — Sciama, directeur de la .maison Breguet.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- D’après le Journal du Commerce et de l'Industrie, la Compagnie des omnibus de Paris, mise en demeure par le Conseil municipal d’augmenter le nombre de ses voitures, et par suite l’effectif de ses équipages, aurait songé, en raison de l’insuffisance de ses écuries, à une transformation des tramways actuels en tramways électriques, et mis le projet à l’étude.
- Nous ne garantissons pas, bien entendu, l’exactitude de cette nouvelle.
- La Société industrielle du nord de la France vient de publier le programme des questions proposées pour le concours de 1887.
- Nous y relevons les deux sujets suivants qui intéressent les électriciens :
- i° Etude sur les applications des appareils téléphoniques ;
- 20 Etude complète des applications industrielles de l’électricité soit au transport de la force, soit à la production de la lumière; décrire notamment les procédés employés pour produire, transpoiter, emmagasiner ou transformer l’électricité.
- Dans sa séance du 6 avril, la Société internationale des électriciens a renouvelé une partie de son bureau. M. E. Mascart, membre de l’Institut, a été nommé président pour l’année 1887 et M. Seligman-Lui ingénieur des Télégraphes, secrétaire général.
- En reconnaissance des services rendus dans l’organisation du laboratoire et lors de la déclaration d’utilité publique de la société, l’Assemblée générale a conféré par acclamation à son président sortant M. Maurice Loewy le titre de président honoraire.
- L’ouverture de l’Exposition Internationale de Barcelone, a de nouveau été remise jusqu’au mois de mars 1888.
- D’après les journaux anglais, une course de Douvres à Calais aura prochainement lieu entre deux bateaux mus par l’électricité. L’un des concurrents, actuellement dans les chantiers de MM. Lester et Perkins, sera équipé par la Electric Locomotive and Power Company (accumulateurs Elieson). L'autre est le Volta> dont nous avons raconté la traversée de la Manche exécutée il y a quelques mois, et qui fonctionne d*après le système de M. Reckenzaun. Nous reviendrons sur cette course dès que les détails en seront connus.
- Dans la séance du 3o mars dernier, de VInstitution oj Naval Architecte^ de Londres, M. Vivian B. Lcwes a fait quelques observations intéressantes au sujet de la corrosion des navires en acier et en fer.
- D’après M. Lewes il paraît probable qu’une action galvanique est produite par la rouille elle-même. L’oxyde magnétique augmente la corrosion du fer par une action galvanique et l’auteur a fait une série d’expériences avec un galvanomètre marin de Thomson, afin de déterminer si d’autres oxydes se comportent de la même manière vis-â-vis du métal sous l’influence de l’eau de mer ; ces expériences ont démontré que la rouille peut tout aussi bien que l’oxyde magnétique donner lieu à une action galvanique, peut-être moins intense.
- Une tache de rouille humide restée après le nettoyage forme un couple galvanique avec le fer et décompose lentement l’eau. L’eau de mer produit un courant galvanique actif et la continuation de l’action produit un cône de rouille.
- Un journal de New-York propose de munir les pompiers de gros ciseaux montés sur des manches isolés pour couper les fils et câbles électriques qui pourraient les empêcher de sauver les personnes enfermées dans une maison en feu. Les pompiers à Kansas City sont déjà pourvus de ciseaux de ce genre depuis deux ans.
- Éclairage életrique
- La Cie du gaz à Reims vient d’être chargée d’installer la lumière électrique dans les vastes caves de la maison Pommery de cette ville.
- On étudie en ce moment un projet d’usine centrale pour l’éclairage de la ville de Roubaix au moyen de l’électricité. Il s’agit seulement de l’éclairage des fabriques et maisons particulières, car l’éclairage public de la ville est encore le monopole d’une Compagnie de gaz pour une durée de vingt-trois années.
- AAAA.\AA/V> a AAA^AA
- La station centrale de Saint-Aignan (Loir-et-Cher) a été inaugurée le 27 mars. Le courant électrique est produit par une machine Gramme actionnée par une machine à vapeur. L’éclairage des rues, précédemment fait par 3e réverbères, comporte maintenant 5o lampes à incandescence et coûte seulement à la ville 5oo francs de plus par an. L’usine alimente en outre un certain nombre de lampes réparties dans les maisons particulières.
- La compagnie Gulchcr de Vienne, a été chargée d’installer la lumière électrique dans l’imprimerie du journal La Illustracion à Madrid. L’installation comprendra 206 lampes à incandescence de 16 bougies.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ' La législature de l’Etat de New York vient d’être saisie d’un projet de loi aux termes duquel les voies des chemins de fer aériens de la ville de New-York devront être éclairées à la lumière électrique, au moyen de foyers placés de 3oo en 3oo pieds.
- Le 3o mars dernier, est arrivé à Boston, venant d’Albany? dans l’Etat de New-Yoi k,. le premier train éclairé entièrement à l’électricité et chauffé à la vapeur. Depuis quelque temps, la compagnie du Chemin de fer de Boston à Albany a fait des expériences qui ont abouti à un résultat très satisfaisant.
- Le train est éclairé au moyen de 20 lampes à incandescence de 16 bougies alimentées par des accumulateurs du système Julien. Chaque voiture porte 60 éléments placés sous le plancher entre les trucs, et pouvant fournir 12 heures d’éclairage, c’est-à-dire assez pour le voyage de Boston à New-York et retour.
- Le chauffage à la vapeur est effectué par le système Martin et se compose d’une série de tuyaux alimentés de vapeur par la locomotive et distribuant la chaleur dans les voitures du train.
- Sous la raison sociale de Marques, Moute et C1*, il vient de se former à San-Paulo au Brésil, une société en commandite au capital de 5oo,ooo francs pour l’établissement d’une usine centrale de lumière électrique dans cette ville.
- Nous pouvons ajouter que M. Marques, le fondateur de la Société, est actuellement en Europe, pour étudier les principales stations centrales.
- Télégraphie et Téléphonie
- Par décision du ministre des postes et des télégraphes, à été autorisée la création de bureaux télégraphiques dans les communes de Tcrraube (Gers) et Valioire (Savoie).
- Après un interruption de 48 heures, le câble transatlantique de la Commercial cable C° ^Mukay-Bennette) a été réparé et fonctionne de nouveau depuis le 2 avril.
- Le service des cabines téléphoniques publiques placées dans les salles d’attente des bureaux de postes et télégraphes de Paris clôturait uniformément jusqu’ici à neuf heures du soir.
- A partir du ior avril, les cabines téléphoniques continueront à être mises à la disposition du public après neuf heures du soir dans les bureaux suivants :
- vToute la nuit : Bureau n° 44, rue de Grenelle.
- Jusqu’à minuit : Bureau n° 11, avenue de l’Opéra; bureau n° 92, rue Boissy-d’Anglas ; bureau n° 89, Grand-Hotel.
- Jusqu’à onze heures du soir : Bureau n° 5, place de la République ; bureau n° 17, rue des Halles; bureau n° 26, gare du Nord ; bureau n° 33, boulevard de l’Hôpital ; bureau n° 45, avenue des Champs-Elysées ; bureau n° 91, boulevard Saint-Denis.
- Les journaux belges publient le texte d’une convention additionnelle intervenue entre les gouvernements français et belge au sujet de la correspondance téléphonique entre Paris et Bruxelles.
- Aux termes de cette convention, il est créé un tarif d’abonnement à prix réduit.
- Ce tarif est établi comme il suit :
- Mensuellement , pour un usage quotidien de 10 minutes
- consécutives, ou moins, 100 fr.
- Plus de 10 minutes jusqu’à 20 minutes, 200
- — 20 — 3o 3oô
- — 3o — 40 400
- — 40 — 5o 45o
- — 5o 60 5oo
- — 60 — 70 55o
- — 70 — 80 600
- et ainsi de suite en augmentant de 5o francs par période de 10 minutes.
- Voici le régime des abonnements :
- Les correspondances de plus de dix minutes s’opèrent en une ou plusieurs séances de dix minutes au minimum; la communication n’est maintenue à l’expiration de chaque période de cette durée que s’il n’y a aucune autre demande en instance. Le montant des taxes est perçu par anticipation.
- La durée de l’abonnement est d’un mois au moins; elle se prolonge de mois en mois par tacite reconduction. L’abonnement peut être résilié de parc et d’autre moyennant avis donné quelques jours à l’avance.
- 11 n’est fait aucun décompte de taxe à raison d’une interruption du service d’une durée de vingt-quatre heures au moins. Passé ce délai de vingt-quatre heures, il esc remboursé à l’abonné pour chaque période nouvelle de /vingt-quatre heures d’interruption un trentième du montant mensuel de l’abonnement.
- Jusqu’à disposition contraire à concerter entre les administrations des postes et télégraphes, les correspondances du régime de l’abonnement ne sont point admises durant les heures de la tenue des Bourses de Bruxelles et de Paris.
- Les communications d’Etat jouissent de la priorité attribuée aux télégrammes d’Etat. La date de la mise en vigueur du régime des abonnements n’est pas encore fixée.
- Le Gérant : Dr C.-G. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Electrique, 3i, boulevard des Italiens Paris. — L. Barbier.
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- 9" ANNÉE (TOME XXIV) SAMEDI 30 AVRIL 1887 N» 18
- SOMMAIRE. — Sur l’autorégulation des machines dynamos par les enroulements compounds ; G. Reignier. — Instruments pour l’étude de l’électricité animale ;. A. d’Arsonval..— Les lampes à arc ; G. Richard. — Nouveaux signaux de chemins de fer; K... e. —La machine « Phoenix » à haute tension; E. Meylan. — Recherches sur l'électrolyse; A. Minet. — Nouveau dispositif de galvanomètre ; E. Dieudonné. — Revue des travaux récents en électricité : Suf une unité de temps absolue : Etalons électriques de temps et chrorioscôpès des variations, par M. Lippmann. — Mesure de la différence de potentiel vraie de deux métaux en contact, par M. H. Pellat. — L’appareil Kapteyn pour l’enregistrement du temps dans les diagrammes. — Conductibilité électrique des mélanges de potasse caustique et de sùlfhydra'te de potassium, par O.Bock.— Correspondances spéciales de l’étranger : Angleterre; J.Munro.
- 3 — Etats-Unis ; J. Wetzler. — Variétés : L’éclairage de l’Hôtel de Ville ; J. Bourdin. — Brevets d’invention ; E. Dieudonné. — Correspondance : Lettre de M. Séguin.'— Faits Divers.
- SUR L’AUTORÉGULATION
- DES MACHINES DYNAMOS
- PAR LES
- ENROULEMENTS COMPOUNDS
- Depuis quelques anne'es on s’occupe beaucoup des machines dynamos auto-excitatrices, dans lesquelles le champ magnétique est crée par deux circuits magnétisants ; l’un en dérivation sur la différence de potentiel aux balais, supposée constante (fil fin), l’autre en série, c’est-à dire sur le circuit principal (gros fil).
- Comme cet usage est actuellement assez répandu, et qu’il tend à se généraliser de plus en plus, nous avons cru utile d'étudier les résultats qui en découlent.
- Par la même occasion, nous nous proposons de montrer les expériences et les conditions nécessaires à réaliser, pour que cette méthode d’autorégulation remplisse, d’une manière rigoureuse, les effets qu’on en attend.
- L’état actuel de la théorie des. machines dynamos est encore bien peu avancé, pour qu’on essaye de résoudre cette question d’une manière
- générale. C’est pourquoi nous ne croyons pas que le calcul infinitésimal, si puissant d’ordinaire, puisse nous apporter quelque lumière au sujet de la prédétermination des éléments de la marche des machines dynamos en charge.
- Il est, en effet, indéniable que nous sommes actuellement, dans l’impossibilité de traduire analytiquement les réactions mécaniques qui s’opèrent dans une telle machine. Aussi, nous bornerons-nous, dans ce mémoire, à étudier, d’après des données expérimentales, relevées sur des machines existantes, quelques cas particuliers, persuadé que nous sommes,, que cette étude suffira pour montrer toute l’importance et les difficultés, à la fois, de la réalisation pratique de l'autorégulation des machines dynamos par les enroulements composés.
- Mais pour arriver à ce résultat il faut connaître deux lois, qui constituent, en réalité, les caractéristiques d’une machine électrique en charge. Nous commencerons donc par formuler ces lois, avec quelques considérations relatives à leur détermination. Dans la première partie de ce travail, nous indiquons comment on pourra traduire numériquement toutes les réactions qui se produisent, sans nous occuper de la nature et des causes des phénomènes.
- La première loi se rapporte au fonctionnement
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de la machine à circuit ouvert ; ou peut la formuler :
- i° La loi de variation du champ magnétique
- moyen utile, avec la force magnétisante totale
- du circuit magnétique.
- Pratiquement, cette fonction nous est fournie en mesurant, à vitesse de rotation constante et à circuit ouvert, les différentes valeurs qu'atteint la force électromotrice lorsque l’on fait varier per ascensum et per descensum l’intensité d’excitation dans une bobine magnétisante provisoire, dont on connaît préalablement le nombre de spires inductrices.
- On construira alors la coutbe de ces forces électromotrices en fonction des ampères-tours totaux.
- Les valeurs du champ magnétique moyen utile se déduiront simplement, par un changement d’échelle calculé par la formule connue:
- E = H2»
- On peut admettre que la longueur moyenne des lignes de forces, quantité qui entre dans le calcul des forces magnétisantes en valeur absolue
- n .
- 4*7 *
- est indépendante de cette grandeur absolue, mais qu’elle dépend essentiellement de la forme géométrique du système magnétique considéré. Comme on ne peut pas connaître exactement, jusqu’ici, cette longueur rnôyenne des lignes de forces, la comparaison des forces magnétisantes en unités absolues (C. G. S.), revient, pour une même machine, simplement à la comparaison des produits des nombres totaux de spires par l’intensité du courant qui les traverse, quantités qui, toutes deux, sont accessibles à l’expérience et capables d’être mesurées avec exactitude.
- Cette première loi qui définit le champ magnétique, se traduira donc, dans les applications industrielles, par la courbe des forces électromotrices, à circuit ouvert, à vitesse de rotation constante, en fonction du produit des nombres de spires par l’intensité du courant excitateur.
- Il va de soi qu’à chaque valeur du produit ni' (ampères-tours totaux) qui déterminent une des
- deux valeurs de la force électromotrice (suivant que la force magnétisante croît ou décroît), correspondent théoriquement une infinité de couples n et i, définis par la relation.
- n i = constante
- que l’on peut traduire graphiquement par une hyperbole équilatère.
- La deuxième loi a trait au fonctionnement de la machine en circuit fermé et peut s’énoncer à un point de vue industriel :
- 2U La relation des forces électromotrices absorbées par Varmature, tournant à une vitesse donnée supposée constante, en fonction du courant I, qui la traverse, pour une valeur donnée de la force magnétisante, supposée également constante, pendant la variation indépendante de I.
- Cette seconde fonction peut être considérée comme la traduction expérimentale des effets de self-induction, de condensation, ou encore de la variation du champ magnétique résultant, par suite de la variation de l’aimantation dans l’anneau, de la vitesse de déplacement de celui-ci, etc. Les phénomènes qui produisent la variation du champ ont certainement des rapports avec la self-induction de l’anneau.
- Dans une théorie, qu’il a exposée dans ce journal (1), sur l’abaissément de la courbedeschamps magnétiques des machines dynamos, dans les expériences de M, Marcel Deprez, M. Ledeboer a montré que cet abaissement est dû, en grande partie, à la force électromotrice de self-induction de l’anneau, dont la valeur est représentée d’après ce savant par une formule excessivement simple.
- Gomme d’après ^es idées mêmes de son auteur, cette formule ne tient pas compte de la totalité des phénomènes, il nous paraît encore préférable de mesurer directement la force électromotrice absorbée par l’armature.
- Nous indiquerons plus loin la méthode qui permet d’effectuer cette mesure par la connaissance de trois fonctions.
- En résumé, cette quantité — qui varie énormément suivant le type et la puissance de la machine
- (*) Voir La Lumière Électrique, 28 août 1886.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- . 2°5
- expérimentée — et que M. Picou (1) traduit par la notion d’une résistance fictive, représente la somme des effets de causes secondaires, qui échappent jusqu’ici à l’analyse physique et au calcul.
- A la vérité, la résistance est une quantité physique constante pour une même matière et qui, comme le poids spécifique, peut lui servir de critérium.
- Aussi, ne doit-on voir dans cette « résistance fictive » qu’une dénomination propre à rendre plus faciles certains énoncés.
- Pour compléter ces considérations générales sur les lois que nous avons énoncées plus haut, nous signalerons la série des expériences qu’il conviendrait d’effectuer pour connaitre entièrement — d’une manière empirique — le fonctionnement d’une machine dynamo dans des conditions quelconques.
- La deuxième loi contient en effet quatre quantités susceptibles de varier, à savoir :
- 4», la force électromotrice absorbée par l’arma-ture,
- F, la force magnétisante créée par les inducteurs. Pour une machine donnée et un enroulement donné, la variation de F se réduit à celle de i, intensité d’excitation.
- I, l’intensité du courant principal, c’esi-à-dire celui qui traverse l’armature;
- V, vitesse de rotation de l’armature.
- En d’autres termes, la force électromotrice inverse qui prend naissance peut être considérée comme une fonction de trois variables indépendantes.
- 30 Variations de <ï> avec V, lorsque F et I sont constantes.
- L’étude de ces fonctions nous suffira pour définir totalement la quantité 4>.
- En effet, l’équation (i) nous donne par différentiation totale :
- d <I>
- dj> d F
- d F -|-
- d <fr d I
- I+Udv
- OU
- d^^MdF+Nd I + P dV
- MNP désignant les différentielles partielles
- d $ d <ï> d $ dF’ dT 61 dV
- On aura entre ces trois différentielles partielles les relations
- Iff)
- 1 d 1 d F
- ou bien
- dM _ dN d I ~ d F
- «(fi) “(m
- 2 d V d F
- (0
- * = f(F,IV)
- OU
- Pour connaître la valeur qu’atteint 4>, dans des conditions quelconques, c’est-à-dire pour des valeurs données de F, I, V, il faut étudier les variations partielles que subit <1> avec chacune de ces 30 variables.
- Cela revient à déterminer expérimentalement les trois fonctions partielles : 01
- d M _ d P d V “ d F
- d V
- d I
- i° Variation de (I> avec F, les quantités IV étant constantes ;
- dN _ d P d V d 1
- 2° Variation de <ï> avec I, les quantités F V demeurant invariables;
- Il est évident que, si ces conditions sont remplies, une fonction différentielle
- (*) Voir La Lumiùie Électrique, janvier 1887.
- MdF-j-NdI + P d V
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pourra être considérée comme la différentielle totale d’une fonction que nous nous proposons de chercher.
- Si on la désigne par 4», comme on doit avoir M pour différentielle partielle, prise par rapport à F, elle sera de la forme
- soient indépendantes de F. On peut alors égaler à zéro leurs dérivées par rapport à F et écrire
- d.
- (N-n)
- O
- et
- <i> = J M d F + <p (I.V)
- la fonction <p ( I. V ) ne renfermant pas F, mais seulement (I.V).
- Il reste, comme on le sait, deux conditions à remplir par la fonction $ ; c’est que ses dérivées par rapport à I et à V soient respectivement égales à N et à P.
- Si l’on pose
- J M d F = r
- on a
- d-(p-U)
- db'
- Ou bien encore
- d N d F
- d P d F
- *(&) d(Ü)
- d F
- “{U
- d t
- ) AU)
- dF
- dV
- Or,
- d r dA
- M
- <î> = r + <f ( I. V)
- Les relations précédentes reviennent donc a
- Par suite,
- d<£_d r , d y ( I. V) tvT d I "d I dl “
- dN_dM d~F — d 1
- dP_d M
- d F ~ d V
- et, en second lieu :
- d «ï> d r d,p. ( I. V)
- dV"dV+ dV
- et elles sont satisfaites d’après ce que nous avons supposé.
- Mais il faut encore, outre que
- Ces équations différentielles donnent les deux relations.
- et
- d.9(1. V) d I
- d.fO • V)_N___djr
- d 1 d 1
- d.»(l. V) p dr d V d V
- d. ® ( I. V) d V
- soient indépendants, que l’on ait
- Ici encore, il faut que les dérivées d<p ( I V)
- èt
- d ? ( I. V) d V
- “(U) AU)
- d ï “ d V
- <!(N-n:) d{p~U)
- dV d 1
- ou bien
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-
- _ OURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 205
- „N *(St) « “(U)
- d V d V “ d 1 d L
- Or,
- «•(if) -(&)
- La relation ci-desr.us revient donc à
- d N _ d P d V <il
- et est, par conséquent, satisfaite aussi.
- Connaissant alors les dérivées partielles de cp (I. V), qui satisfont aux conditions voulues, on pourra poser
- * <1 • v>-/[(N~ar ) * ' + (p- U)d v]+c
- Ce que l’on peut mettre sous la forme
- ?(!• V)-
- f (N-n) 1 + j'd v [p
- _f±r$l±] + c
- d r dV
- Par suite, on aura :
- $ =
- + c
- -elles peuvent l’être par l’expérience, on* sera à même de calculer <ï>. Mais on peut remarquer, toutefois, combien ces expériences seront difficiles à réaliser. D’un autre côté, on ne peut pas se faire l’idée a priori de la forme des deux fonctions M et P, aucune expérience n’ayant encore été effectuée, — à ce que nous sachions, — en vue de les déterminer.
- Enfin, on ne peut pas dire si on pourra résoudre graphiquement les intégrales de la fonction 4>, ou trouver leur expression analytique par l’interpolation.
- C’est donc avec beaucoup de réserve que nous présentons cette méthode de connaître la force électromotrice inverse. Nous espérons l’étudier par la connaissance ultérieure des fonctions M, N, P. Aujourd’hui, nous 'nous sommes borné à la signaler, pour montrer combien est compliqué le problème de l’autorégulation, et quelles sont les données qu’exige sa solution.
- Des trois fonctions M, N, P, celle qui est la plus connue expérimentalement est celle qui porte le n® 2 dans les énoncés précédents. Elle est fournie par la variation de O (force électromotrice absorbée par l’armature), à vitesse de rotation et à intensité d’excitation constante, lorsque l’intensité du courant I, qui traverse l’armature, varie depuis zéro à sa valeur normale.
- Il est vrai que c’est la seule fonction qui intervienne d’une manière notable dans la détermination de l’enroulement compound. On peut supposer, en effet, la vitesse invariable, malgré les faibles écarts qui peuvent se produire dans sa valeur. La force magnétisante varie, par suite de la variation de I ; mais, pratiquement, nous pouvons supposer que la variation sera une faible portion de la force magnétisante dûe à. l’enroulement en dérivation.
- Remplaçant enfin r par J MdF, on aura, pour l’expression de
- (,> rr(
- Si les fonctions M, N, P sont connues, comme
- Dans une première approximation, nous ne tiendrons donc pas compte de l’effet de la variation de l’intensité d’excitation sur <I>.
- Les chiffres consignés dans le tableau suivant donnent une idée de la variation de <I> avec I, lorsque la force magnétisante créée par les inducteurs, et la vitesse sont constantes. Ils résultent d’expériences (1) faites sur une machine dynamo Phœnix (ancien type), excitée à part.
- f1) Ces expériences ont été effectuées au laboratoire de l'usine Edison, à Ivry.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Les premières colonnes de ce tableau contiennent les chiffres d’expériences. (Vu les faibles écarts de vitesse, on a ramené les volts observés, proportionnellement aux nombres de tours, pour une vitesse de i3oo tours.)
- Intensité d'excitation Volts aux balais Vitesse observée Intensité I dans l'armature Volts , h, 1300 tours Volts absorbés par l'armature
- I 84 i326 ampères 64.3 83 35
- 1 9° :3o8 55.4 9» 28
- 1. o3 99 i338 45 96 22
- I.OI 107 i3ia 3i 106 12
- 1.01 Il6 i3i4 I I 114 4
- x .01 n8 1296 O 118 0
- Pour compléter les données de cette machine, que nous prendrons comme premier exemple de la détermination des enroulements compoundj nous donnerons les chiffres qui constituent la première loi que nous avons énoncée et qu’il est nécessaire de connaître : celle qui donne l’inten-Bité du champ magnétique.
- AmpèTes-tours totaux F. E. M. aux balais Vitesso d'ex- pérlonco F. E. M. h 1300 tours Intensité du champ magnétique moyen utile (0. G. 8.)
- O 21 1228 22 265
- 1520 53.6 1196 59 696
- 2900 84.6 1196 92 1098
- 4300 99-3 1218 106 1266
- 4998 io3 1206 I I I i325
- 58:8 106 1203 114 :36o
- 7071 I IO 1204 118 1418
- 7792 I 12 I2IO 120 1438
- On trouvera les résultats dans le second tableau ci-joint, qui, avec le précédent, permet de construire les courbes que nous emploierons dans la suite. La méthode de calcul graphique dont
- nous nous servons est des plus élémentaires et des plus rapides.
- Nous ferons usage de ces données dans un prochain article, en étudiant le compoundage d’une machine dynamo enroulée en dérivation.
- Ch. Reignier
- INSTRUMENTS POUR L’ÉTUDE
- DE
- L’ÉLECTRICITÉ ANIMALE (*)
- Les galvanomètres
- Après les électrodes impolarisables, que nous avons décrites dans le précédent numéro de ce journal, l’instrument le plus important pour l’étude de l’électricité animale est le galvanomètre; nous allons nous en occuper dans le présent article. Matteucci, du Bois-Reymond et tous les électro-physiologistes s’étaient servis primitivement du galvanomètre astatique de Nobili, sans modifications bien importantes, pour l’étude des courants d’origine organique. L’électro-physiologie a bénéficié des progrès de la physique, et aujourd’hui ce genre d’instrument est complètement abandonné pour les instruments apériodiques.
- Les galvanomètres apériodiques se divisent en deux classes distinctes :
- i° Galvanomètres à aimants mobiles, dont la boussole de Wiedemann est le plus ancien type;
- 2° Galvanomètres à circuit mobile que j’ai introduit le premier, dès 1880, en électrométrie, sous le nom de galvanomètre Deprez-d’Arsonval.
- Je m’occuperai d’abord des premiers. Dans les galvanomètres à aimant mobile, on obtient la suppression des oscillations ou apériodicité de plusieurs manières :
- i° Par l’action d’une masse de cuivre rouge entourant l’aimant ou amortisseur, dont l’invention remonte à Gambey et à Arago ;
- (’) Voir La Lumière Électrique du 23 avril 1887.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 2° Par la résistance de l’air;
- 3° Par l'action d’un liquide.
- L’amortisseur magnétique est presque exclusivement employé en électro-physiologie. Néanmoins, une aiguille aimantée se mouvant dans le pétrole constitue un excellent amortissement dont j’ai signalé les bons effets, en 1876, à la Société de Biologie.
- Wiedemann a fait connaître, depuis bien des années, une forme de galvanomètre apériodique excellente, dont l’usage néanmoins ne s’est guère répandu en France, j’ignore pour quelle .cause.
- Cet instrument, on le sait, est caractérisé par deux points principaux :
- i° La forme de l’aimant;
- 20 La mobilité des bobines composant le circuit.
- L’aimant a la forme d’un anneau à section carrée ayant 2 millimètres de côté sur 20 millimètres de diamètre extérieur le plus ordinairement. C’est donc un aimant fermé à pôles conséquents. Cet aimant se meut dans une cavité sphérique creusée au sein d’une masse de cuivre rouge très épaisse. Dans le modèle employé par du Bois-Reymond, la sphère de cuivre rouge a été remplacée par un cylindre de 4 centimètres de diamètre sur 3 centimètres de longueur, percé d’un trou cylindrique de 22 millimètres de diamètre, dans l’intérieur duquel se meut l’anneau aimanté ainsi qu’on peut le voir sur la figure 3. Ce dispositif permet de voir l’anneau aimanté dans l’intérieur de l’amortisseur, ce qui est com-
- eta-
- mes
- per-
- Fig. 1
- mode pour le centrage. Il est vrai que l’amortissement n’a plus lieu, dans tous les azimuts, comme avec la cavité sphérique ; mais cela est sans inconvénient, étant donné que, grâce à l’emploi du miroir, on ne lit que de très faibles déviations.
- Quant au circuit, il se compose de deux bobines circulaires qu’on place symétriquement de
- chaque côté de l’anneau aimanté ; les bobines sont mobiles le long d’une règle divisée, et en les éloignant, plus ou moins, de l’aimant, on règle à volonté la sensibilité de l’appareil.
- J’ai fait blir, pour recherches sonnelles le modèle figuré ci-contre qui ne diffère de l’instrument de Wiedemann que par quelques modifications de construction nécessitées par le point de vue spécial auquel je me suis placé.
- Un solide plateau circulaire, muni de trois vis
- calantes, reçoit à son centre un cadre en laiton, fondu d’une seule pièce. Ce cadre, dont le plan est vertical, peut se mouvoir autour d’un centre traversant le plateau, ce qui permet de l’orienter dans tous les azimuts. Une vis sert à le fixer dans l’azimut choisi. C’est sur ce cadre qu’est fixé tout le système magnétique, amortisseur, optique, etc.. Cette forme, moins gracieuse, peut-être, que le trépied à vis calantes, a l’avantage d’être massive et excessivement stable, condition indispensable quand on emploie le procédé d’amplification optique que je décrirai ci-dessous pour la lecture des faibles déviations.
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- La partie supérieure du cadre porte un plateau horizontal sur lequel peut tourner une bonnette cylindrique B portant la glace à travers laquelle on pointe le miroir C. Au-dessous de ce plateau se trouve suspendu l’amortisseur A en cuivre rouge sur le détail duquel je vais revenir. Une petite équerre métallique, cachée dans la bonnette porte letubeterminé parle treuil T, autour duquel vient s’enrouler le fil de cocon portant le système magnétique mobile.
- L’aimant est porté par un fil d’aluminium, terminé au-dessus du plateau, par un anneau encadrant le miroir.
- Cet anneau porte une petite douille, qui reçoit à frottement doux le fil d’aluminium, de manière que le miroir et l’aimant n’étant pas solidaires, leurs plans respectifs peuvent former tous les angles possibles. On peut de la sorte orienter le miroir dans n’importe quel azimut pour la facilité des lectures. Le fil de cocon porte à sa partie inférieure un petit crochet qui permet de le séparer du miroir et de dévisser le tube qui le contient, pour la commodité du transport.
- Quant aux bobines D, D', elles sont mobiles le long de la règle divisée, et peuvent porter un circuit de résistance appropriée. La mobilité des bobines permet d’ailleurs d’en avoir de rechange. Je n’insiste pas sur ces détails qui sont bien connus.
- J’ai reconnu utile de modifier la forme de l’aimant et celle de l’amortisseur. La forme circulaire, en effet, a un double inconvénient : i0 II est impossible de bien localiser les pôles qui se déplacent le long de l’anneau sous l’influence du magnétisme terrestre. 2° Quand on astatise l’instrument à l’aide d'un aimant compensateur, l’amortissement est trop considérable. L’anneau aimanté met un temps fort long à prendre sa position d'équilibre, ce qui est souvent gênant.
- Pour éviter ce double inconvénient, j’ai remplacé l’anneau aimanté par un petit aimant en fer à cheval a, qui a la forme d’un A tronqué, ainsi qu’on peut le voir sur la figure 2, cet aimant se meut dans une cavité conique percée dans le bloc de cuivre rouge de l’amortisseur A. Le cône de l’aimant et celui du trou ayant le même angle au sommet, il suffit de relever ou d’abaisser un peu l’aimant pour le rapprocher ou l’éloigner de l’amortisseur. On modifie ainsi l’amortissement' dans de grandes proportions par un mouvement très petit de l’aimant.
- La tige de suspension se prolonge au-dessous
- de l’aimant. L’amortisseur est bouché à sa partie inférieure par un tube de verre qui présente une pointe-repère à sa partie inférieure. Il suffit de faire coïncider les deux pointes en manœuvrant les vis calantes, pour que l’instrument se trouve en place, l’aimant servant ainsi de fil à plomb.
- Quant à l’astatisme, on l’obtient plus ou moins complet par l’action du barreau directeur qui peut se mouvoir le long du tube. Pour éviter de fausser l’instrument, je préfère néanmoins placer le galvanomètre sur un petit trépied en bois, et fixer le barreau compensateur au-dessous, ainsi que la figure 1 le montre d’une façon suffisamment claire.
- Je passe à présent au procédé de lecture des déviations, qui a été signalé antérieurement d’ailleurs dans ce recueil (’); mais d’une manière succinte.
- Ce procédé de lecture a l’immense avantage de rendre inutile toute astatisation de l’instrument dans presque tous les cas, et d’en faire par conséquent un instrument de mesure absolue à la façon de la boussole des tangentes.
- Voici en quelques mots comment fonctionne l’instrument. Une échelle photographiée sur verre en cinquantièmes ou vingtièmes de millim. est placée en I (fig. 4), et éclairée par un miroir. En avant se trouve une lentille convergente O. Le miroir concave M du galvanomètre et la lentille constituent un appareil grossissant qui projette une image amplifiée de l’échelle photographique. Cette image réelle est encore grossie considérablement par un oculaire ou même un microscope placé en L au-dessus de l’échelle photographique.
- L’instrument que j’ai fait établir par M, Lutz sur mes données, peut supporter un grossisse-
- (') Voir La Lumière Électrique, 3 avril 1886, p. 17.
- Fig, 2 et 3
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- ment de 100 diamètres, ce qui centuple la sensibilité de l’instrument. On peut aller beaucoup plus loin, s’il est nécessaire, mais il faut pour cela que le miroir soit travaillé avec le plus grand soin.
- J’avais d’abord employé un miroir concave argenté à sa face antérieure, à la manière de Foucault, pour éviter les doubles réflexions. J’ai dû y renoncer, la couche d’argent se ternissant très vite à l’air.
- Point n’est besoin, commeje l’ai reconnu depuis, d’argenter cette surface, il suffit de la laisser telle quelle ; en recouvrant d’un vernis noir la face postérieure du miroir, on obtient une surface réfléchissante qui donne une image parfaite et très suffisamment éclairée.
- :fr
- M
- I
- n
- Fig. 4
- Comme, dans certains cas, on veut projeter l’image, j’ai également fait construire à M. Lutz des miroirs argentés sur leur surface postérieure à la manière ordinaire. Pour éviter les doubles réflexions, je donne au miroir la forme d’un ménisque convergent concave-convexe ; les deux rayons de courbure n’étant pas les mêmes, on n’obtient ainsi qu’une seule image.
- Tout le système optique est porté sur un lourd pied à coulisse reposant sur trois pointes, à une distance de 3oà 5o centimètres seulement du galvanomètre. Dans un modèle portatif que j’étudie en ce moment, le système optique fera corps avec le galvanomètre.
- On peut facilement passer de ce mode de lecture au procédé de l’échelle transparente proposé par M. Carpentier ; il suffit pour cela de remplacer l’échelle photographique par un réticule et le microscope par une échelle transparente.
- Ce procédé de lecture est extrêmement précis,
- il ne nécessite pas , comme la lunette , url grand emplacement, et les images sont d’une netteté dont on a peine à se faire idée quand on ne les a pas vues, surtout en employant le miroir de verre simplement noirci par derrière. Il s’applique à tous les instruments apériodiques sans distinction.
- Pour avoir de bonnes images, il est nécessaire de donner au miroir une certaine épaisseur, on évite ainsi toute déformation ; c’est la seule partie de l’instrument qui soit d’une construction un peu délicate.
- Les miroirs qu’emploient ordinairement les physiciens pour leurs galvanomètres ne peuvent pas servir, ils donnent des images complètement déformées et dont les indications sont illisibles. Il faut également que la glace qui protège le miroir soit bien plane pour éviter toute déformation.
- Les premières fois qu’on emploie ce procédé de lecture, on éprouve quelque difficulté à renvoyer l’image dans le champ de l’oculaire , mais il suffit de très peu de temps pour apprendre ce tour de mains , qui n’offre d’ailleurs pas plus de difficultés que l’emploi d’une lunette par le procédé de Gauss.
- Avec un galvanomètre et une échelle comme ceux que je viens de décrire, on peut faire toutes les mesures de courant possibles. L’instrument a le grand avantage d’être différentiel : on effectue avec la plus grande facilité toutes les mesures d’intensité et de force électromotrice , on évalue également les résistances sans avoir besoin d’une boîte étalonnée, etc.. Je reviendrai prochainement sur les procédés qui m’ont paru être le plus rapides et le plus exacts pour obtenir ces différentes mesures.
- Dr. A. D’Arsonval
- LES LAMPES A ARCC1)
- La lampe deM.P. Sellon est caractérisée par u:i mécanisme de sécurité très simple. La mise e 1 train une fois effectuée par l’électro M (fig. if j qui sépare le charbon inférieur relié à son armature a, la régulation s’opère au moyen d ;
- (>) Voir La Lumière Électrique, du 16 avril 1887.
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- fil fin de l’électro R monté en dérivation, dont l’armature commande le frein L du mécanisme G, en prise avec la crémaillère du porte-charbon supérieur.
- Lorsque ce mécanisme ne fonctionne pas convenablement et laisse la résistance de l’arc dépasser une certaine limite, la continuation du fil fin de
- +
- Fig. 16. — Sellon (1885)
- R, enroulé autour de la bobine auxiliaire O attire son armature t et intercalle ainsi dans le circuit l’enroulement à gros fil R s O, qui en était auparavant séparé en il en résulte que la bobine R, parcourue par un courant très intense, débraye aussitôt le frein L et laisse retomber le charbon supérieur.
- Dans la lampe (fig. 17 et 18) de M. Dick et
- Kennedy, le charbon supérieur C se déplacé seul sous l’action des électros différentiels E, dont les deux enroulements, (e à gros fil en
- Fig. 17. — Diek et Kennedy (1885)
- série, e' à fil fin en dérivation) se contrarient. Le frein est formé d’un simple levier, percé
- Fig, 18, — Diek et Kennedy, détail du frein
- d’un trou pouvant laisser passer le charbon G tant qu’il ne le coince pas par ses bords, en se soulevant autour du point G. La manœuvre du levier s’opère par l’enroulement de la corde b
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- autour de l’axe de l’armature D, soumise à l’influence différentielle de ses bobines ; de plus, la descente du charbon est amortie comme avec un dash-pot par le frottement du ressort A, que l’on règle au moyen de la vis a.
- Le mécanisme des lampes de MM. Cooke et Robinson est à la fois très sensible et tort simple. Les figures 19 et 20 en indiquent l’application à un groupe de deux lampes réglées par un seul solé-noïde en dérivation, à fil fin, M, et par deux so-
- lénoïdes à gros fil en série S. A l’amorçage; le so lénoide S attire l’armature T, folle sur l’axe P, et qui le fait tourner par l’appui du resssort S' sur le doigt C de manière à serrer le frein C qui empêche le charbon supérieur de descendre jusqu’à ce qüe, par le fait de l’augmentation de la résistance de l’arc, le courant dérivé dans l’électro M devienne assez intense pour que son attraction sur l’armature T compense celle de S. Le frein B est alors enlevé de la roue W par le contrepoids C’, de
- Fig, 19 et 30. — Lampes jumelles do Cooke et
- Robinson (1885)
- Fig. 21. — Walther, détail du charbon inférieur
- manière que le charbon puisse descendre de la quantité nécessaire au réglage de l’arc. Les déplacements des armatures T sont limités par des vis qui les empêchent de venir toucher les pôles des électros S et M.
- La lampe de MM. R et H. Walther est caractérisé par l’emploi d’une sorte de frein magnétique constitué par l’attraction des pièces polaires E au droit et presque au contact des armatures b. Ces armatures actionnent le charbon supérieur en le soulevant par la pince h i K, dont le fonctionnement est facile à saisir.
- Le charbon inférieur est poussé comme une bougie de voiture par un ressort Z (fig. 21) dont le taquet 0 rompt le circuit en p’r quand le charbon est presque tout à fait usé.
- Le charbon supérieur est actionné, dans la
- lampe de M. John Roper parles électros différentiels P (fig. 23 et 24) au moyen d’un débrayage qui porte le balai F' par lequel le courant passe au charbon supérieur. La chute de ce charbon est atténuée par la résistance d’un cylindre plein de glycérine C, qu’il entraîne, par la corde H, autour d’un piston fixe. On obtient ainsi un réglage extrêmement doux et variable à volonté.
- M. W. Lahmeyer a proposé d’utiliser pour le réglage des lampes les gaz dégagés par l’électro-lyse de l’eau traversé par une dérivation variable R du courant et accumulés (fig. 25) dans un vase K au-dessus d’un liquide sur lequel flotte le charbon inférieur H.
- Si on divise le vase K par une cloison poreuse d (fig. 26) de manière que l’hydrogène dégagé en volume double de celui de l’oxygène agisse sur le flotteur c du charbon positif tandis que l’oxygène
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- actionne'le charbon négatif, on maintiendra l’arc dans une position invariable au foyer d’un projecteur ou d’un phare.
- Le réglage de la lampe de M. Mackenzie s’opère par le jeu d’un solénoïde moteur C (fig. 27 et 28) dont l’armature C', animée d’un mouvement alternatif, fait tourner, par DD', la vis sans
- fin f\ qui commande la roue G du porte-charbon H, par l’intermédiaire d’un encliquetage, qui ne permet le mouvement que lorsque le noyau est aspiré par le solénoïde. L'armature du solénoïde G est ramenée en arrière par (un ressort toutes les fois que son courant est interrompu par le commutateur d d.
- Lorsque la résistance de l’arc atteint sa valeur normale, l’électro à fil très fin J, monté en dérivation, laisse retomber son armature dans le godet
- à mercure K, de manière à fermer sur le solénoïde C, l’enroulement différentiel qui en arrête le fonctionnement tant que l’arc demeure dans son état normal.
- L’amorcage se fait par l’électro-aimant L, en-
- Fig. SS et 84. — John Ropor (1886)
- roulé en série, qui sépare les charbons en faisant monter par son levier M la vis sans fin /calée à rainure et languette sur son arbre.
- On ne saurait refuser au mécanisme de M. Mackenzie une certaine originalité, accompagnée malheureusement d’une complication regrettable.
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- Le réglage des lampes de M. A. Ashcroft est, comme celui des lampes de M. Mackenzie, activé entièrement par le courant même de l’arc. Le charbon supérieur B (fig. 29), équilibré par un
- U
- M
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- L !
- 3
- -
- II
- Fig. 25 et 28. — Lampes éleetrolytiquea de Lahmeyer (1885)
- contrepoids H, est suspendu aux poulies D D' sollicitées à tourner en sens contraire par les dynamos C et C', montées, l’une en dérivation, l’autre en série sur le circuit de la lampe.
- en dérivation G' l’emporte et laisse descendre le charbon ; l'inverse a lieu quand la résistance de l’arc diminue. La bobine en dérivarion G s’échauffe par le passage du courant et sa résistance
- Fig, 28, —J. Mackenzie 1885)
- En temps normal, ces tendances s’équivallent ; les poulies tournent avec des vitesses égales et contraires, et le charbon B reste immobile. Lorsque la résistance de l’arc augmente, la dynamo
- augmente; la lampe à incandescence L, intercalée dans son circuit, et dont la résistance diminue par son échauffement au passage du courant, a pour objet de compenser les variations de la dynamo C ;
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- c’est un raffinement tfès simple et des plus ingénieux.
- On pourrait peut-être reprocher à ce mode de réglage, sans doute très précis, de dépenser un travail notable pour la rotation continuelle des dynamos C et G', qui doivent exiger, d’autre part, un certain entretien.
- On peut d’ailleurs, comme l’indique la figure 3o, remplacer l’une des dynamos par une poulie folle D, soumise à l’action du frein O. commandé par un électro N, monté en dérivation, qui l'attire et le fait lâcher dès que la résistance de l’arc augmente, de manière que le charbon G plus lourd que le poids H descende jusqu’au rétablissement de l’arc à sa,
- i, 30 ot 31. — A. Aaheroil (1888)
- valeur normale. Au contraire, quand la résistance de l’arc diminue, la vitesse de la dynamo en série D augmente, l’électro N lâche son armature, le frein s’applique par son ressort sur la poulie D' dont il retarde le mouvement et le charbon G monte de la quantité nécessaire au réglage, jusqu’à ce que l’arc ait repris sa longueur normale.
- Gustave Richard
- ^(A suivrej
- NOUVEAUX SIGNAUX
- DE CHEMINS DE FER
- LES SIGNAUX A PÉTARDS POUR CHEMINS DE FER , SYSTÈME
- SCHOLKMANN ET W. DrEYSE - CoLLENBUSCH.
- Dans bien des cas, il est d’usage d’adjoindre aux signaux ordinaires d’arrêt ou de protection des chemins de fer, des signaux de sûreté, à pétards, susceptibles d’être entendus des employés pendant la marche du train, lorsque, pour une raison quelconque (extinction de lumière,
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- brouillard, tourmente de neige, etc.), on peut craindre que les signaux optiques ne soient pas visibles à une distance suffisante.
- Le même objet pourrait être atteint en postant le long de la ligne des agents spéciaux , chargés en cas de brouillard, de donner les signaux avec le cornet ; mais indépendamment des frais excessifs qu’ils entraîneraient, ils ne donneraient pas le degré de sécurité voulu.
- D’autre part, la production d’un signal à l’aide d’un sifflet placé sur la locomotive, et mis en train électriquement, à une certaine distance du disque avertisseur, comme l'ont proposé M M. Lartigue et Digney frères, est un procédé également coûteux, et qui, précisément par les mauvais temps, n’est pas toujours suffisamment sûr.
- 11 en est encore de même des pétards que l’on fait éclater de la station même avec le concours de l’électricité.
- Le moyen le plus pratique nous paraît donc être l’emploi de pétards qui font explosion sous l’action même du passage du train.
- L’usage de ces pétards est naturellement combiné avec celui du signal de protection optique, ce qui peut être obtenu de deux manières bien différentes : soit que le {pétard soit placé et ensuite écarté automatiquement, «t cela, en concordance avec les indications du signal optique, jusqu’au moment où il est appelé à éclater, soit encore, qu’une capsule brûlée soit remplacée automatiquement par une autre (’), sans que le concours de l’homme soit nécessaire pour la renouveler.
- C’est une disposition de ce dernier type quia été imaginée par M. Scholkmann, conducteur de travaux du gouvernement, etadoptée, vers le milieu de janvier 1886, devant la gare de Wattenscheidt, à l’entrée des trains venants d’Essen.
- Neuf mois d’application pratique ont démontré que le système était bon. Certaines parties en ont été du reste modifiées à diverses reprises ; l’appa-
- (*) C’est déjà le cas du signal à pétard de Aird, décrit dans VEngineer de janvier 1876, p. 69. — La plupart des lignes françaises, et en partie aussi celtes des chemins de fer de l’État d’Autfiche-Hongrie, font usage, pour la protection de leurs stations, de disques tournants commandés par des fils métalliques, et pourvus d’un petit mécanisme qui, lors du passage de la position « Libre » à la position « Arrêt » place sur les rails un pétard, et le retire au retour du disque à la position « Libre ». — Dans le rapport sur la jo“ sssemblée des ingénieurs de l’Union des Admi-
- reil tel qu’il existe actuellement a été décrit dans le Centralblatt der Bauverwaltung, 1886, p. 469.
- Dans ce système, les pétards sont soustraits à l’action immédiate des roues, comme c’est le cas également pour le signal à pétard de Dreyse et Collenbusch, breveté en Allemagne sous le n° 27190 (voir aussi le n°27698) ; ce dernier signal a été décrit par M. L. Kohlfürst, sous deux fermes plus récentes, dans VElelctrotechnische Zeitschrift, ( 1885, p. 246).
- Dans ce dernier système, l’inflammation de la capsule est déterminée par la chute d’un corps occasionnée par un déclenchement électrique, tandis que M. Scholkmann emploie pour le même objet un levier à percussion dont le fonctionnement est provoqué par le passage du train.
- Dans les deux cas, l’inflammation n’a pas lieu sous les roues mêmes, mais à côté des rails, et elle s’opère d’une manière beaucoup plus sûre que lorsque les pétards sont poses sur les rails et réclament, pour s’enflammer, le concours des chocs irréguliers des roues; dans cette dernière méthode, d’ailleurs, la fixation des pétards sur le champignon du rail, dans une position qui en assure l’éclatement, n’est pas sans difficulté et offre parfois des dangers.
- i° Le signal à pétard de Scholkmann. — Le levier de percussion b, (fig. 1 et 2) qui doit déterminer l’inflammation de la capsule est habituellement hors d’activité, et n’est exposé à l’action des roues qu’au moment où il doit entrer en jeu ; à l’extrémité de ce levier, qui arrive à côté du champignon du rail, on peut insérer la pièce a (fi. 1) en forme d’une tête de marteau, et ce n’est qu’alors que le levier b lui-même est exposé à l’action des roues et que, ert tournant autour de l’axe C, il fonctionne comme levier de percussion.
- Gomme le montrent les figures 1 à 3, le levier de percussion est monté sur un solide fer en U,
- nistrations des chemins de fer allemands, 1884, on trouve 1 également des détails complets sur l’emploi des pétards comme signaux de chemins de fer et sur les expériences dont ils ont été l’objet sur les lignes allemandes. — M. Moritz Pollitzer de Vienne (brevet allemand numéro 3'->277 du 18 avril i885), recommande dans le cas où l’on craint une rencontre de trains, d’envoyer à la rencontre du [train suivant, une petite voiture, mue par un mouvement d’horlogerie, et portant aussi un pétard, qui donne un signal d’alarme au moment de la rencontre.
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- qui est relié, au moyen de plaques à crampons, avec les deux rails, auxquels il sert en même temps de traverse, de sorte que le levier et tout son mécanisme sont maintenus dans une position invariable par rapport aux rails.
- Le levier de percussion b est monté sur le pa-
- lier c ; il est recouvert d’une boîte protectrice S en tôle, et, par suite du poids supérieur de son bras de droite, il est rappelé constamment à la position de repos, lorsqu’une roue, passant sur le contact a, l’a abaissé.
- Le contact a est dans sa position de repos, un
- Fig. 1 et 2
- peu au-dessus du bord supérieur du champignon. Lorsqu’il est abaissé par le passage d’une roue, le marteau d s’élève avec une vitesse double, à cause du rapport, ca : cd = i : 2. Il frappe alors contre les aiguilles e, e de deux amorces, et produit l’inflammation de celles-ci. Les pétards sont constitués par des cartouches cylindriques en fer - blanc remplies de poudre.
- Dans [l’enveloppe de la cartouche est soudée une pointe ou aiguille qui, à l’intérieur, se divise en deux branches aboutissant chacune en face d’une amorce à laquelle elles transmettent le coup du marteau d, et déterminent ainsi l’inflammation de la charge de poudre avec une explosion violente.
- Les cartouches sont introduites dans le tambour h, placé à 1 mètre de distance du rail et monté, de façon à pouvoir tourner, sur un bâti en fonte élevé de 35 centimètres au-dessus du rail.
- Une cloison divise le tambour en deux compartiments égaux, contenant chacun douze chambres destinées à recevoir les cartouches et qui se font face deux à deux. Sur l’enveloppe du tam-
- bour sont pratiquées des rainures dirigées vers le centre, d’une largeur correspondant à l’épaisseur des pointes e et pénétrant jusqu’à la cloison qui se trouve au milieu du tambour.
- Les cartouches sont introduites par le côté dans les chambres et repoussées jusqu’à la cloison, de sorte que les pointes e reposent dans la rainure.
- Les cartouches sont ensuite fixées en place au moyen de tampons en carton, huilés et d’une forme appropriée.
- Lorsque le signal indique l'arrêt, le tambour se trouve placé de telle sorte que les pointes e se trouvent exactement en face du marteau d. S’il est ramené à l’indication libre, le tambour opère un mouvement de rotation qui met les pointes hors de portée du marteau.
- Un raté n’est guère à craindre, puisqu’il y a deux cartouches, enflammées chacune par une amorce. Le levier de percussion [est guidé latéralement et donne par conséquent toujours un coup droit sur les capsules.
- L’inflammation ne peut être provoquée en posant le pied sur le levier de percussion, mais
- Fig, S
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- elle a lieu d’une manière certaine sous l’action d'un train dont la vitesse ne serait même que de 6 à 7 kilomètres à l’heure.
- Après chaque explosion, le tambour tourne automatiquement d’une quantité telle que la paire de capsules suivante se trouve prête à être employée à son tour, ce qui a valu à ce système le nom de signal revolver à pétard.
- Le levier de percussion ne peut frapper sur le tambour même et endommager certains organes essentiels, attendu que son extrémité, au delà du marteau d, rencontre tout d’abord un tampon en caoutchouc fixé dans un évidement ménagé dans le bâti et qui sert de guide à cette extrémité du levier.
- La rotation, du tambour h, avec les cartouches qu’il porte, s’opère au moyen d’un tambour à chaîne solidaire d’une poulie i. Au tambour à chaîne sont fixées les extrémités d’une chaîne rattachée à celle du signal optique ou avec le mécanisme qui le fait mouvoir..
- Le tambour à chaîne exécute donc les mêmes mouvements que le signal optique, et lorsqu’on amène celui-ci à la position « libre », il tourne dans le sens de la flèche F ; si on amène le signal à la position « arrêt», le tambour tourne dans le sens de la flèche H.
- Le signal optique peut évidemment être commandé électriquement aussi bien que mécaniquement à l’aide d'un fil de fer ou d’une chaîne.
- Le tambour à cartouches/test relié avec la poulie i par un levier droit x, dont l’une des extrémités est clavetée sur l’axe du tambour. Près de son extrémité libre, le levier x porte un goujon qui pénètre dans une rainure r de la poulie i.
- Cette rainure est creusée dans la face latérale de la poulie, tournée du côté du tambour à cartouches; sa forme est indiquée en pointillé dans la figure 2; en haut et en bas, elle forme un arc de cercle d’un diamètre différent autour du centre de la poulie i. Dans la figure 2, qui correspond avec le signal d’arrêt, l’arc de cercle à grand diamètre est tourné en haut. L’objet de cette disposition sera expliqué ci-après.
- Plus près encore de son extrémité libre, le levier x porte un doigt k qui est pressé par un ressort m dans un des intervalles du bord denté n du tambour à cartouches. Or, tant que k maintient le tambour dans la position représentée figure 2, deux pointes du tambour à cartouches doivent toujours se trouver exactement dans- la
- direction du marteau d, quel que soit l’intervalle dans lequel repose le doigt k.
- Aussitôt que le signal est placé sur tlibre», le tambour à chaîne opère une demi-révolution, disons à droite, comme on l’a admis dans la fig. 2. Par ce mouvement, le goujon du levier x dans la rainure r de la poulie i est amené en bas ; le levier x s’abaisse d’une quantité proportionnelle à la différence de diamètre entre les deux arcs de cercle, et le doigt k, reposant dans un des intervalles des dents du tambour h, fait mouvoir celui-ci à droite d’une quantité telle que les deux aiguilles e sont repoussées hors de la direction du marteau d, sans que la paire d’aiguilles suivante soit arrivée à portée du marteau.
- Si l'on ramène le signal à l’indication darrêt, le tambour à chaîne revient à sa position première, indiquée figure 2 ; le levier x remonte et rappelle en même temps le tambour à cartouches dans sa position précédente. Le signal à pétard est de nouveau prêt à fonctionner.
- Comme il suffit, pour que ces mouvements s’opèrent exactement, que le levier x s’élève ou s’abaisse toujours d’une même quantité, ce qui est assuré par les deux arcs de cercle qui guident son mouvement, la rotation du tambour à chaîne, ou le mouvement de celle-ci, peut être quelconque entre certaines limites. Toutefois, il convient de ne pas négliger l’emplpi des tirants à vis et appareils de tension usuel£ pour tendre ou relâcher les fils, afin de corriger, au besoin, les effets de dilatation ou de contraction dus aux changent 2nts de température. — Il est évident, en outre, que, grâce à la forme de la rainure r du disque i, le tambour h est soumis aux mêmes mouvements, lors même que le tambour à chaîne,- lorsqu’on veut amener le signal « libre », ne serait pas tourné à droite, mais à gauche.
- Lorsque le pétard a été enflammé et qu’il a fourni son signal, par suite du passage du train, alors que le tambour était à la position darrét, il s’agit de faire arriver à portée du marteau, à la place de la chambre dont le pétard a déjà éclaté, le compartiment suivant, encore chargé, du tambour. Or, avant qu’il soit nécessaire de donner de nouveau à un train suivant le signal darrêt, on aura donné au train arrêté le signal libre, et le mouvement opéré par ce même changement, conjointement avec la position qu’occupe alors la tête du marteau d, est utilisé pour faire, tourner le tambour h, par le doigt qui le commande,
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- dans le même sens, en avant, c’est-à-dire à gauche.
- Pour cela, la surface du tambour h porte 12 pointes g-également distantes l’une de l’autre. Ces pointes sont éloignées chacune de la rainure la plus voisine de la chambre à capsules, de l’épaisseur de la tête du marteau d. Lorsque cette dernière vient de provoquer une explosion des capsules, elle est maintenue dans sa position élevée par un levier à fourchette./(fig. 1), comme nous le verrons tout à l’heure.
- Lorsque le train, arrêté par le signal de fermeture de la voie, a reçu, par le signal libre, l’autorisation de se remettre en marche, le doigt k du levier x, lorsque celui-ci retombe, ne peut pas faire tourner à droite le tambour h, ce dernier étant arrêté par la pointe g, qui vient butter contre le marteau d\ mais c’est le doigt k lui-même qui, tendant plus fortement le ressort m, abandonne l’encoche dans laquelle il était retenu par ce ressort, glisse sur la dent voisine n du tambour et la franchit au moment où le levier x a atteint l’extrémité inférieure de sa course, où il s’arrête.
- A partir de ce moment, le doigt k, sous l’action du ressort m, agit contre la dent n et la repousse, ainsi que le tambour h, jusqu’à ce qu’il soit descendu sur la surface escarpée de la dent et ait atteint le fond de l’encoche. Ce mouvement a déplacé le doigt, sur le tambour, de la valeur d’une dent, et a amené en même temps la paire de pointes e, e du compartiment chargé à gauche, à côté du marteau d (fig. 2), à la place même qu’occupaient les pointes dé la chambre précédente lors du dernier placement du signal à la position libre. De cette façon, dès qu’on amènera le signal arrêt, le levier x, à l’aide du doigt k, fera tourner à gauche le tambour h et amènera les pointes des chambres chargées dans la direction du coup du marteau.
- La position des pointes g par rapport aux aiguilles e est représentée, de telle sorte, dans la figure 2, que celle des pointes g qui, lors de la position d'arrêt, se trouve à droite du marteau d, venant heurter contre ce dernier, maintenu élevé, empêche la rotation à droite du tambour. En revanche, la pointe placée à gauche du marteau, lors du léger mouvement de rotation du tambour à gauche, provoquée un instant après par le doigt k, ne peut pas butter contre le marteau.
- Il serait facile d’imaginer une disposition qui,
- en obligeant le levier à fourchette /à abandonner le marteau, laisserait ce dernier libre de reprendre sa position de repos (fig. 1), aussitôt que le doigt k a franchi la dent, attendu qu’à partir de ce moment k ne tend plus à faire tourner à droite le tambour h.
- Comme nous l’avons déjà fait remarquer, le levier depercussion b retombe dans sa position de repos, bien qu’il soit abandonné à lui-même, par l’action du poids de son bras le plus long ; dans cetie position, le contact a dépasse le champignon du rail, comme on le voit fig. 1.
- Chaque roue du train qui arrive aprè l’insertion de la pièce a, devrait donc passer forcément sur cette même pédale et faire fonctionner l’appareil à percussion, ce qui est absolument inutile et entraînerait une foite usure de l’appareil, puisque l’objet que l’on avait en vue a été rempli par la première roue du train.
- Pour obvier à cet inconvénient, le levier à fourchette/ (fig. 1 et 2) est pourvu d’une saillie n, à laquelle s’accroche le levier b aussitôt qu’il a été chassé à la hauteur voulue et qu’il a produit l’explosion du pétard. Ce levier / est monté de façon à pouvoir tourner dans un support vissé sur le fer en U , et il est rappelé par un ressort à boudin contre le bâti fixe du tambour, autant que le permet l’extrémité du levier b. Lorsque le marteau se soulève, cette extrémité frotte contre la partie inférieure en biseau de la saillie v, en repoussant le levier f, passe au dessus de la saillie v, et enfin, elle est retenue sur relle-ci, lorsque le marteau retombe.
- Comme nous l’avons déjà expliqué, aussitôt après l’explosion du pétard , le signal est rétabli de façon à pouvoir fonctionner de nouveau lorsque la permission aura été donnée au train arrêté. Pour cela , il est nécessaire que le marteau soit encore dans sa position élevée, et le levier de percussion b ne doit par conséquent être abandonné par le levier à fourchette f, que lorsque le tambour h offre une nouvelle paire de cartouches prêtes à faire explosion.
- Ce résultat est obtenu par le déplacement du signal sur la position libre, et lorsque cela a eu lieu, c’est-à-dire lorsque le doigt k a franchi le sommet de la dent n, un plan incliné /, adapté au tambour à chaîne i, agit, sur le galet fixé à l'extrémité libre de la partie supérieure recourbée du levier à fourchette , repousse celui-ci jusqu’à ce que le levier
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- b abandonne la saillie v sur laquelle il repose et retourne à sa position de repos.
- Si un train passe sur la pièce a, tandis que le signal est sur l’indication «libre », le levier b est également saisi aussitôt que la première roue l’a soulevé ; mais, si l’on amène le signal à l'arrêt, le plan incliné agit aussitôt de nouveau sur le galet du levier,/, de sorte que chaque train, au moment où l’on place le signal à l'arrêt, trouve l’appareil à pétard prêt à fonctionner.
- Ce signal peut, sans difficulté, s’appliquer également aux signaux à deux bras, fonctionnant de la manière ordinaire, au moyen d’un fil de fer double.
- Dans ce cas, on peut faire correspondre l’élévation d’un seul bras avec une révolution à droite du tambour à chaîne i, et l’élévation des deux bras avec une révolution à gauche, ou vice versâ. Il suffirait pour cela, comme on l’a indiqué dans la figure 2, d’adapter au tambour i un deuxième plan incliné l qui, par le mouvement à gauche du tambour et son retour en arrière, aurait à effectuer le dégagement du levier à percussion b de la saillie v sur laquelle il repose.
- Le soin de placer ou d’enlever la pièce a est laissé à l’appréciation du chef de gare. Les employés du train n’en sont pas instruits, de sorte que cela ne dégage nullement le conducteur de l’obligation d’observer attentivement le signal optique, et le fonctionnement automatique du signal à pétard ne peut avoir pour conséquence d’endormir la vigilance du personnel du train.
- Il est bon que la garde de la pièce a elle-même soit confiée au surveillant le plus proche de l’endroit où est placé le signal à pétard, afin qu’il soit à même de le faire fonctionner dans des cas exceptionnels. Ce surveillant reçoit en outre un approvisionnement de 24 cartouches et peut, à l’inspection d’un compteur très simple, juger s’il est nécessaire de faire un nouveau chargement.
- L’appareil qui se trouve à Wattenscheidt, a été exécuté par la maison Zimermmann et Buchloh, de Berlin. Il a coûté environ 25o fr., y compris la transmission de fil de fer nécessaire entre le signal optique et le signal à pétard.
- K... E
- (A suivre)
- LA
- MACHINE “ PHŒNIX ”
- A HAUTE TENSION
- Les Anglais avouent eux-mêmes être en retard sur l’Amérique, en ce qui concerne les machines à haute tension, destinées à l’alimentation‘des lampes à arc en série; mais ils se consolent en s’adjugeant la première place pour la construction des machines à incandescence.
- Nous ne voulons pas chercher d’autre cause à cette supériorité que les difficultés qui s’opposaient jusqu’à présent, en Angleterre, à l’emploi des potentiels élevés, et nous ne doutons pas, que lorsqu’ils auront modifié leur législation sur ce point, ils ne rattrapent le temps perdu.
- . Une maison qui ja fait de ces machines sa spécialité, la maison Paterson et Cooper, a modifié dernièrement son type, assez connu des constructeurs français, et a adopté celui que nous allons décrire.
- Les constructeurs ont abandonné le type à double circuit magnétique et ont pris celui en simple fer à cheval, qui, décidément, semble au-jourd Iiui le plus en faveur, pour les machines bipolaires au moins.
- Jusqu’à présent, on n’avait essayé que les deux dispositions qui se présentent le plus naturellement à 1 esprit : ou bien profiter de la masse relativement considérable de la culasse, pour en constituer en même temps la plaque de fondation, et placer l’induit à la partie supérieure, aù risque de
- diminuer la stabilité,—type Kaj^o, Gramme, etc.,_
- ou bien, placer l’induit le plus bas possible et la culasse en l’air, avec le désavantage des pertes inévitables de lignes de force à travers la base.
- MM. Paterson et Cooper ont pris le moyen terme, et ont couché leur machine, les électros horizontaux, comme le montre la figure 1.
- Avec cette disposition, l’arbre n’est pas trop haut, et on a tous les avantages des machines à induit supérieur, quant aux pertes des lignes de force.
- Il est vrai aussi que la stabilité de la fondation laisse un peu à désirer, car il est évident qu’on ne peut pas avoir une base continue en fonte, et qu’il faut se contenter de deux pieds séparés.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Par suite, les paliers ne peuvent guère prendre leur point d’appui que sur les pièces polaires, ce qui entraîne l’emploi d’une grosse pièce de bronze; à moins qu’on ne puisse faire usage de certaines fontes manganifères, non magnétiques.
- La culasse qui forme en même temps l’un des pieds, est en fonte, tandis que les inducteurs de section carrée sont en fer forgé, et ont une section de 232 centimètres.
- Chacune des bobines des électros comprend
- Fig. i
- 954 tours de fil, et leur résistance, en série, est de 4,151 ohms.
- Le nouveau type comme l’ancien, est muni d’un anneau Gramme, les inducteurs sont naturellement en série.
- La machine, dont nous allons donner les principales dimensions, est destinée à fournir à 1000 tours, 10 ampères, avec une différence de potentiel aux bornes de 700 volts ou une force électromotrice totale de 780 volts; ce qui correspond à une puissance électrique brut d’environ 10,5 chevaux avec un rendement électrique de 90 0/0,
- L’ènroulement de l’induit est formé de 48 bobines ou sections, de 39 tours chacune, soit en tout 1872 tours de fil de 1,2 m.m. (densité de courant = 4,5 ampères par millimètre Carré).
- Le fil est disposé en trois couches superposées.
- Le noyau ou l’âme de cet induit, constitué par des disques de tôle a un diamètre extérieur de 33o millimètres, et une épaisseur (radiale) de 51 millimètres, sa longueur est égale à l’épaisseur des pièces polaires, soit à i5o millimètres le rapport des deux dimensions est donc 3 : 1.
- La section totale de l’anneau est donc de i33 centimètres, et en tenant compte de l’isolant, la section utile est de 129 c. m.2.
- Les barres du collecteur sont en cuivre étiré, isolées au mica ; les balais sont massifs, et ajustables à volonté.
- Le flux total d’induction dans l’anneau est égal à 2,5oo,ooo G. G. S., ce qui correspond à une induction spécifique de 19400 dans l’âme (on la calcule facilement au moyen de la formule .bien connue E = Fn/T ou E est la force électromotrice totale, F le flux total, n le nombre. de tours de fil et.T la durée d’une révolution).
- Si on n’admettait aucune perte de flux, l’induc-tion dans les noyaux des électros serait seulement de 10800.
- La force magnétisante totale à 10 ampères est de 19080 ampères-tours.
- On remarquera la grande différence entre les sections des inducteurs et celle de l’anneau, ce qui donne lieu à une saturation beaucoup plus forte du fer de celui-ci ; le but du constructeur a été de diminuer autant que possible la réaction de l’induit, qui, dans les machines à hauts potentiels est toujours plus à craindre.
- Les courbes çi-jointes (fig. 2), donnent une idée de la marche de la machine et de cette influence de la réaction de l’induit.
- La courbe A est la caractéristique ordinaire.
- La courbe B au contraire est la relation que l’on obtient, lorsqu’on excite la machine à part, avec des courants croissants, en laissant circuler dans l’anneau un courant constant de 10 ampères; les ordonnées sont donc égales à la différence de potentiel aux balais augmentée de 34,5 volts, et les abscisses sont les courants d’excitation.
- La différence d’ordonnée des deux couples est considérable comme on le voit, surtout aux faibles excitations ; elle peut tenir à trois causes : la self-induction joue un rôle plus considérable dans le cas de la courbe B ; l’aimantation propre de l’anneau donne lieu à une distortion qui oblige à caler fortement les balais pour éviter les étin-
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- celles, et enfin , à cause même de ce calage , on introduit une foree démagnétisante dans le circuit magnétique. (*)
- M. Esson, ingénieur de la maison précitée, paraît attribuer la plus grande influence à cette aimantation transversale, nous serions plutôt porté à croire que c’est la dernière cause qui entre principalement en jeu; on peut remarquer que la différence des abscisses varie assez peu dans la partie moyenne ; nous avons calculé, qu’il suffirait d’un calage de j 8° pour produire la force démagnétisante correspondante.
- D’après les derniers renseignements que nous
- Fig. s
- recevons, il paraîtrait que les constructeurs ont renoncé à la disposition que nous avons décrite, et adopteraient le type supérieur, mais en employant une culasse en fer, venue de forge avec les noyau des inducteurs.
- E. Meylan
- RECHERCHES
- SUR L’ÉLECTROLYSE (2)
- Calcul du poids des divers électrolytes décompo-
- (*) Voir le travail de MM. Hopkinson (Influence du courant dans l’induit). La Lumière Électrique iS8j, n* 9» P- 4IQ*
- (-) Voir La Lumière Électrique du 26 mars 1887.
- ses par l’unité d'électricité. — Loi de Bec"
- querel.
- Si toutes les combinaisons chimiques se réduisaient à des composés binaires où les corps constituants entreraient avec un seul équivalent, il suffirait de connaître les équivalents électrochimiques e ete'de ces éléments, l’intensité du courant qui traverse l’électrolyte I et la durée de l’expérience 0, pour avoir immédiatement le poids cherché.
- Celui-ci serait calculé, en effet, au moyen de la formule générale
- (1) P=(. fe')I0
- On a donné le nom d’équivalents électrochimiques à des nombres proportionnels aux équivalents chimiques, en prenant pour unité l’équivalent électrochimique de l’hydrogène, c’est-à-dire la quantité de ce gaz mis en liberté par le passage, dans une solution très diluée d’acide, d’une quantité d’électricité égale à l’unité, c’est-à-dire pour (18)=: 1.
- D’après cette définition, il est facile d’établir à priori l’équivalent électrochimique de tous les corps, connaissant celui de l’hydrogène qui est égal à o,oio36 milligramme.
- Ce chiffre résulte des dernières expériences effectuées par Kohlrausch; il est adopté par la plupart des physiciens.
- Appelons :
- e l’équivalent chimique de l’élément, dont on cherche l’équivalent électrochimique;
- e l’équivalent électrochimique, tel que nous venons de le définir.
- Nous avons évidemment
- (2) s = o,oio36 e
- C’est au moyen de cette formule qu’ont été calculés les équivalents électrochimiques de tous les corps simples (1), bien qu’un grand nombre d’entre eux n’aient pas été déterminés expérimentalement et que quelques-uns ne puissent faire partie d’un composé binaire semblable à ceux dont nous parlions en tête de ce paragraphe.
- On peut représenter ces derniers par la formule symbolique MA, dans laquelle M
- (!) Voir La Lumière Électrique du 6 novembre 1886.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- n’est autre chose que l’élément électro-positif, celui qui apparaît à la cathode, et A l’élément électro négatif, c’est-à-dire celui qui se porte à l’anode.
- Nous avons reproduit quelques-uns des nombres calculés par l’expression (2) dans la colonne 3 du tableau 1.
- L’équivalent électrochimique de l’or doit être pris avec une valeur égale à 1,02 milligramme, correspondant à l’équivalent chimique 98,5 et non égale à 2,04 comme nous l’avions inscrit dans le tableau général des équivalents électrochimiques.
- Les électrolytes qui se présentent le plus souvent sont formés de composés binaires du type MA, tels que la plupart des chlorures, bromures,
- Fig. 1
- Le mot valence n’est pas pris dans le sens qu’on lui donne en théorie atomique; avec les préfixes mono, bi, tri, etc. il indique simplement le nombre d’équivalents avec lesquels le corps considéré entre dans la combinaison. Ainsi l’hydrogène est trivalent dans l’ammoniac, tétravalent dans l’ammonium.
- La formule qui donne le poids de l’élément électro-positif M, pour le cas où celui-ci entre dans la combinaison avec plusieurs équivalents, l’élément électro-négatif y entrant avec un seul, est la suivante :
- (4) p = k s i e
- le coefficient K n’est autre chose que le nombre des équivalents dans la formule chimique ; e conserve sa valeur tirée de la loi de Faraday.
- Le coefficient K peut devenir fractionnaire ; considérons les composés qui, comme le bichlo-rure d’étain, le trichlorure d’antimoine, le sesqui-chlorure de fer et d’aluminium pouvant être représentés symboliquement par les formules
- M A2, M A2, M2 A2
- iodures, fluorures, et les protosels qu’on peut écrire MA, A'.
- Le radical acide A' se porte au pôle positif en même temps que l’élément électronégatif, sans être décomposé; on peut considérer les sels dont les bases sont des protoxydes, comme se comportant par le passage du courant de la même manière que ceux dont le radical acide est un halogène, pour ce qui concerne l’élément électro-positif.
- La formule (1) est donc très fréquemment employée et devient, lorsqu’on ne cherche que le poids d’un des éléments qui constituent l’électrolyte dans les divers genres de combinaisons que nous venons de citer.
- (3) P = e I 0
- Nous nous occuperons maintenant des combinaisons d’autres types.
- Certains métaux, comme le plomb, le cuivre, le mercure, forment des oxydes du type MaA; nous leur avons donné le nom de métaux bivalents.
- Quelle sera la valeur du coefficient K pour chacun de ces cas ?
- On la déduira de la loi de Becquerel qui vient compléter la loi de Faraday et en explique les anomalies apparentes :
- Loi de Becquerel. — Lorsqu’un courant tra verse deux ou plusieurs combinaisons binaires, la décomposition se fait toujours en proportions définies, de telle sorte que, pour le passage d'un équivalent d’électricité (96512 coulombs) un seul équivalent chimique (exprimé en grammes) du corps qui joue le rôle d’acide ou d’élément électronégatif se porte au pôle positif ; il se dépose au pôle négatif la quantité correspondante de l'élément électro-positif.
- Nous avons représenté (fig. 1), trois voltamètres traversés par le même courant ; le premier .contient du chlorure de potassium K C /, le deuxième du bichlorure d’étain S n C l2, le troisième du sesquichlorure d’aluminium Al2 Cl3.
- Pour le passage d’un équivalent d’électricité, nous aurons donc au pôle négatif, dans chacun
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 323
- des voltamètres, un équivalent de chlore, soit 35,5 grammes, et au pôle positif :
- Première voltamètre., K........... 3g grammes
- Deuxième — -S n.... Ü2 = 39,5
- 2 2
- _ . .. 2 , , a x i3,7
- Troisième — ^A/.-----a— ' = 9,1
- 0 i '
- L'expérience, pour la vérification de la loi de
- Fig. 2
- Becquerel, peut être disposée d’une autre manière, comme l’indiquent les figures 2 et 3.
- Les voltamètres renfermant le chlorure de po-
- Fig. 3
- tassium sont identiques et traversés dans un système considéré par le même courant. La quantité d’électricité qui traverse le bichlorure d’étain, sera le double de celle qui passe à travers chacun des voltamètres au chlorure de potassium ; la quantité d’électricité qui électrolyse le sesquichlorure d’aluminium sera trois fois plus grande, d’après les conditions même de l’expérience, que celle qui parcourt les voltamètres au chlorure de potassium.
- Nous aurons pour les quantités d’électricité
- correspondant h la décomposition de la molécule complète de chacun de ces sels, représentée par les équivalents de corps exprimés en grammes :
- Equivalents électriques
- Chlorure de potassium.... KCl......... g65i2
- Bichlorure d’étain....... SnC/2..... (96512X2)
- Sesqui chlorure d’aluminium A/* Cl3... (g65i2x3)
- c’est-à-dire un nombre d’équivalents d’électricité égal au nombre d’équivalents chimiques de l’élément électro-négatif.
- La cinquième colonne du tableau 1 comprend les équivalents électrochimiques de quelques éléments entrant dans la composition d’électrolytes déterminés, calculés d’après la loi de Becquerel.
- TABLEAU I
- Équivalents chimiques et électrochimiques de quelques éléments
- Équivalents Équivalents
- d’après la loi géné- d'après la loi de
- raie de Faraday Becquerel Cœf-
- Noms fi- cient
- c^es électro- électro-
- éléments chimique chimique chimique chimi- K
- que
- € e= e X ei = K e El
- o,oio36 = K e
- mÜUgrum. mllllgr.
- Aluminium 13,7 0,143 9,3 0,091 2/3
- Antimoine . 122 1,269 40,6 0,417 1/3
- Arsenic .... 7= 0,777 25 0,259 0,048 0,725 1/3
- Azote *4 210 0,146 2,176 4,7 1/3 t/3
- Bismuth ... 70
- Carbone ... 6 0,062 3 o,o3i ï/2
- Cuivre 3i ,75 0,328 63,5 (min.) 31,75 (max.) 28 (min.) 18,7 (max.) _o,656 0,328 \
- Fer 28 0,290 0,290 I
- o,i94 2/3
- Mercure.... IOO i ,o36 200 (min.) 100 (max.) 2,072 1 ,o36 I
- Nir.krtl o,3o6 29.5 (min.) 19,7 (max.) 98.5 (min.) 65.5 (max.) o,3o6 2/3
- 0,204
- Or ç)8,5 1,02 1,02 2/3
- 0,68
- Phosphore. 3i 0,321 io,3 99 (min.) . 49,5 (max.) 0,107 1/3
- Platine 99 1,026 1,026 o,5i3 I 1/2 1
- E.tairt 59 0,611 59 (min.) 0,6l I
- 29,5 (max.) o,3o6 1/2
- Silicium ... 14 0,146 7 0,073 1/2
- En résumé : tous les composés binaires peuvent être mis sous la forme générale M" A/’ ; quelles que soient les valeurs de n et dep, la quan-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tité de l’élément électro-négatif mise en liberté par le passage de 96512 coulombs sera toujours égale à son équivalent A exprimé en grammes, d’où pour la valeur de l’équivalent électrochimique s de cet élément
- E 96512
- La quantité de l’élément électro-positif mise en liberté par le même courant, correspondra à la quantité de l’élément électro-négatif en proportions définies par la formule chimique elle-même, et nous aurons pour l’expression de son équivalent électrochimique e1.
- Suivant ce que nous disions au commencement de cet article, le dernier terme du second membre de l'expression (6) n’est autre chose que l’équivalent électrochimique e, tel que nous l’avons défini, et l’on écrira
- (7) ei = ÿ e
- La quantité e reste fixe et déterminée une fois pour toutes, et le poids de l’élément électro-négatif, correspondant au passage d’un coulomb (I0=i dans l’électrolyte sera calculé, pour chaque cas particulier, au moyen de l’expression (7).
- Détermination de la force électromotrice minimum de décomposition des électolytes où l’élément électro-négatif entre avec plusieurs équivalents.
- Loi. — Le calcul de cette force électromotrice doit s’effectuer en prenant comme chaleur de formation du composé considéré, celle qui correspond au poids de la molécule où l’élément électro-négatif entre avec un seul équivalent exprimé en grammes.
- En thermochimie, on indique généralement, en même temps que la chaleur de formation de la molécule complète, M" A”, par exemple, celle qui correspond à la quantité du composé se rap-
- portant à un seul équivalent de l’élément électronégatif.
- Chaleur de formation
- Sesquichlorure d’aluminium. A/8 C/* 237,9 =(79)3 x 3) Sesquichlorure de fer.... Fc8C/3 ( 127,8) = (42,6 X 3)^
- On sait que la force électromotrice minimum de décomposition est donnée par la formule générale :
- (8) E = 0,04355 c
- C est exprimé en grandes calories, E en volts.
- D’après la loi que nous venons d’énoncer, on prendra le nombre 79,3 pour le calcul correspondant au sesquichlorure d’aluminium, et 42,6 pour celui qui correspond au sesquichlorure de fer.
- On pourra calculer cette force électromotrice au moyen des constantes thermiques :
- (9) E = 0,04355 (A — 0 j
- A est la chaleur de formation du sel de potassium, qui renferme le même radical acide que le sel considéré ;
- 0, la constante thermique de l’élément positif de ce sel.
- La valeur de O pour le fer, l’aluminium, l’étain et, en général, pour tous les corps entrant dans la constitution de composés chimiques analogues à ceux que forment ces éléments, doit être calculée, comme l’indique le tableau II, au moyen de la chaleur de formation d’un poids de la mo-cule où l’élément électro-négatif entre avec un seul équivalent.
- TABLEAU II
- Chaleur de formation et constantes thermiques rapportées à un équivalent du radical mètalloïdique
- Chaleur de formation Valeur de
- 2 c 0
- Aluminium ... Ai3 Cl 79.3 21,5
- Fer (per) ... Fe3 Cl 42,6 58,2
- Étain (bi)...... ... Sn7 Cl 3g,8 6l
- Nous donnons, dans le tableau IV, la chaleur de formation d’un grand nombre de sels de po-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- tassium, rapportée à leurs équivalents et à leurs I Nous verrons bientôt comment, par *la seule poids moléculaires exprimés en grammes. inspection des symboles atomiques, doivent être
- TABLEAU III
- Chaleurs de formations des sels potassiques
- Équivalents Poids moléculaires
- Sels chaleur chaleur
- formules de for- formules de for-
- mation mation
- G. calor. G. calor.
- Bicarbonate... K, H, C2 0« 93,4 K, H, CO3 93,4
- Formiate K, C2 HO4 95,7 K,CH02 95,7
- Acétate K,C4H304 95,6 K,C2H302 95,6
- Chloracétate .. K,C4H2C/Ol 96,6 K,C2H2C/02 96,6
- Trichloracétate .. K,C4C/304 96,3 K,C2C/302 96,3
- Amido-acélate KC4H2ArH2o4 85,1 KC2H2ArH2 O* 85,1
- Propionate.... K,C«Ht-04 95,5 K,C3H-|02 95,5
- Butyrate K,C8H704 95,9 K,C4H702 95,9
- Valérate K,C10H2O4 96,2 K,OH002 96,2
- Glycolate K,C4H308 96 K,C2H303 96
- Lactate K.C8H8O0 95,7 K,C3H503 95,7
- Iscthionate.... K,C4H6S208 95,9 K,C2H!|S04 95,9
- Ethylsulfate... K,C4HbS2Os 95,9 K,C2HI,S04 95,9
- Benzinosulfatc KC12H!>S2Oc 93,8 K,C6Hî'S03 95,8
- Oxalate K,C408 96,6 K2,C204 96,6
- Bioxalate ..... K,H,C408 96,1 K,H,C2Ol 96,1
- Tartrate K2,C8H4012 90,3 K2,C4H4Ofl 9°,3
- Bitartrate K, H, C8H4012 9-r', 1 KHC4H406 95,1
- Phénate K,C12H602 89,7 K,CGH-r>0 89,7
- Benzoate K,C44H'04 95,7 K,C7Hï>02 95,7
- Nitro-bcnzoate K,C14H4 ( Ar O4) O4 95 K C7H4 (Ar02)02 95
- Amido-benzoate. K,C14 H4(ArH2)Of 91,5 K C7 H4 (AzH2) O2 9" ,5
- Picrate KC12H2 (AfO4)3 0" 95,9 KC«H2lA{ 02)30 95,9
- Sels
- Fluorure.....
- Chlorure ....
- Bromure......
- Iodure.......
- Cyanure......
- Sulfocyanate,
- Sulfure......
- Perchloratc..
- Chlorate_____
- Hypochlorite
- Iodate......
- Azotate.....
- Azotite......
- Sulfate.....
- Bisulfate....
- Sulfite ....
- Bisulfite...
- Hyposulfite . Séléniate....
- Selenite....
- Chromate.... Bichromate. Carbonate ..
- Équivalents
- Poids moléculaires
- formules
- K, F/
- K, Cl K, Br K, I K, Cy K, Cy S* K, S
- K, Cl O» K. Cl O» K, Cl 02 K, Cl 08 K, Az 08 K, A? O1 K, SO*
- K, H, S2 08 K, SOS K, H, S« 00 K, S2 O» K, Se O4 K, Se O’ K, Cr O* K, Cr2 O? K, C 03
- chaleur de formation
- G. culor.
- 98.4
- ioo,8
- 9i
- 74.7
- 64.7
- 81.7
- 56, a
- 96.4 96 9i,9
- 96.8 96,1 9' ,4 98 96
- 98.3
- 98.9 95,7
- 97.4
- 95.9
- 94.6
- 95.7
- 92.4
- formules
- chaleur de for* mation
- K, Fl K, Cl K, Br K, I K, Cy K, Cy S K«, S K, Cl O4 K, Cl O3 K, C/O K, I O3 K, Az O3 K, Az O2 K2, SO4 KH, SO4 K2, SO3 K,H, SO3 K2, S2 O* K2, Se O4 K2, Se O3 K2, Cr O4 K2, Cr O7 K2. C O3
- G. calor.
- 98.4
- 100,8
- 91
- 74.7
- 64.7
- 81.7
- 112.4
- 96.4 96 91,9
- 96.8
- 96,1 9' ,4 196 96
- 196.4
- 98.9 >9",4
- 194.8
- 191.8
- 189,2
- 191.4
- 184.8
- introduites les chaleurs de formation qui correspondent aux poids moléculaires dans les formules qui déterminent les forces électromotrices minima.
- Les nombres inscrits dans la colonne 3 du tableau ne sont autre chose que le terme A de de l’expression (9).
- Le tableau III complète celui qui a été donné dans l’article précédent et qui comprenait les valeurs de 0 pour les métaux les plus usuels.
- Au moyen de ces tableaux, on peut calculer facilement la chaleur de formation d’un grand nombre de combinaisons et déterminer a priori la force électromotrice minimum capable de les décomposer, et cela avec une approximation très s\iffisante dans la plupart des applications pratiques.
- A. Minet
- NOUVEAU
- DISPOSITIF DE GALVANOMÈTRE
- Le nouveau dispositif auquel nous voulons consacrer quelques lignes appartient à la grande famille des galvanomètres à cadre mobile du type Deprez d’Arsonval.
- Ces appareils, d’une grande simplicité de construction, répondant admirablement aux besoins variés auxquels on les destine, se sont promptement répandus dans l’industrie.
- Plusieurs modèles [ont été créés ; nous aurons prochainement l'occasion de revenir, avec plus de détails, sur toute cette série de types, pour le moment, nous nous bornerons à signaler une disposition que nous avons vue réalisée, dans les ateliers de M. Carpentier.
- Le simple croquis que nous mettons sous les
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- yeux du lecteur nous dispensera d’une longue description. Deux faisceaux aimantés, d’une longueur suffisante, sont placés verticalement dans des positions parallèles. Entre ces deux aimants ainsi établis sont suspendus deux cadres mobiles armés de leur tube en fer doux, respectivement en regard des pôles. Les circuits composant les deux Cadres sont placés en tension, ce qui a, par
- conséquent, pour effet, de doubler la résistance du galvanomètre. Des vis de rappel situées en haut et en bas, permettent de tendre suffisamment les fils de suspension.
- Pour apprécier le degré de sensibilité d’un tel appareil, nous espérons être bientôt en mesure de publier des courbes de proportionnalité.
- Une application utile qui pourrait en être faite serait d’en constituer un galvanomètre dififéren-el.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur une unité de temps absolue. Étalons électriques de temps et chronoscopes des variations; par M. Uppmann. (')
- « L’unité de temps universellement adoptée, la seconde, ne subit que des variations séculaires très lentes et se détermine avec une précision et une facilité qui en imposent l’emploi.
- Il n’en est pas moins vrai que la seconde est une unité de temps arbitraire et variable : arbitraire , car elle est sans relation aucune avec les propriétés de la matière, avec les coefficients de la Physique; variable, car la durée du mouvement diurne est soumise à des causes de perturbation séculaires, dont quelques-unes, telles que le frottement des marées, ne sont pas actuellement calculables.
- On peut se demander s’il est possible de définir une unité de temps absolument invariable ; il serait désirable de pouvoir déterminer, avec une précision suffisante, ne fût-ce qu’une fois par siècle, le rapport de la seconde à line pareille unité, afin de contrôler les variations de la seconde indirectement et indépendamment de toute hypothèse astronomique.
- Or, l’étude de certains phénomènes électriques fournit une unité de temps qui est absolument invariable, car cette grandeur est une constante spécifique. Considérons une substance conductrice, que l’on puisse toujours retrouver identique à elle-même, et, pour fixer les idées, choisissons le mercure pris à la température de o°, qui remplit parfaitement cette condition (2).
- On peut déterminer, par plusieurs méthodes, la résistance électrique spécifique p du mercure en unités électrostatiques absolues : p est une propriété spécifique du mercure, par conséquent une grandeur absolument invariable. De plus p | est un intervalle de temps. On pourrait donc
- (ij Note présentée à l’Académie des Sciences, le i.S avril 1887.
- (t) Voir notamment les expériences faites au Bureau international des Poids et Mesurts, à l’occasion de la construction de l’ohm légal.
- E. Dieudonné
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- prendre p comme unité de temps, à moins qu’on I ne préfère considérer cette grandeur comme un étalon de temps impérissable.
- En effet, p n’est pas simplement une quantité dont la mesure se trouve en relation avec la mesure du temps : c’est un intervalle de temps concret , abstraction faite de toute convention faite en vue des mesures et de tout choix d’unités.
- Il peut paraître singulier, au premier abord, qu'un intervalle de temps se trouve en quelque sorte caché sous la dénomination de résistance électrique ; mais il suffit de rappeler ici que, dans le système électrostatique, les intensités de courant sont des vitesses d’écoulement, et que les résistances sont des temps : à savoir les temps nécessaires pour l’écoulement de l’électricité dans des conditions déterminées.
- On se rappelle, en particulier, ce que l’on entend par la résistance spécifique p du mercure dans le système électrostatique. Si l’on considère un circuit ayant une résistance égale à celle d’un cube de mercure qui aurait pour côté l’unité de longueur, circuit soumis à une force électromotrice égale à l’unité, ce circuit mettra à se laisser traverser par l’unité de quantité d’électricité, un temps déterminé, qui est précisément p. Il faut remarquer que le choix de l’unité de longueur, comme celui de l’unité de masse, est indifférent ; car les différentes unités mises ici en jeu en dépendent de telle manière que p n’en dépende pas (M.
- Il s’agit maintenant de mettre cette définition expérimentalement en œuvre, c’est-à-dire de réaliser un intervalle de temps qui soit un multiple connu de p. On peut résoudre le problème de plusieurs manières (2), et notamment au moyen de l’appareil suivant.
- Une pile de force électromotrice arbitraire E actionne en même temps les deux circuits antagonistes d’un galvanomètre différentiel. Dans le premier circuit, qui a une résistance R, la pile envoie un courant continu d’intensité I ; dans 1 second circuit, la pile envoie une série disconti" nue de décharges obtenues en chargeant périodiquement, à l’aide de la pile, un condensateur de capacité G que l’on décharge ensuite à travers ledit circuit.
- L’aiguille du galvanomètre reste en équilibre si les deux courants débitent des quantités d’électricité égales pendant un même temps x.
- Supposons cette condition d'équilibre remplie et l’aiguille immobile au zéro : il est facile d’écrire la condition d’équilicre. Pendant le temps t, le courant continu débite une quantité d’électricité égale à x E/R ; d’autre part, chaque charge du condensateur est égale à G E , et pendant le temps x le nombre des décharge est égal à x/f,
- leurs charges demeurent constantes, ainsi que la force F : si, au contraire, on réunit les armatures par une résistance R, leurs charges diminuent, et la force F devient une fonction du temps f; le temps f, inversement, devient une fonction de F. On obtient t par la formule suivante
- F0 et F étant les valeurs de là force au commencement et à la fin du temps t.
- La formule ci-dessus est indépendante de tout choix d’un|tés. Si l’on voulait que t fût exprimé en secondes, il faudrait donner à p la valeur correspondante (p=i,o58.io-lüf Si l'on prend p pour unité, il suffit de faire p = i, et o# a la valeur absolue du temps par l’expression
- (1) En d’autres termes, p est du premier degré par rapport au temps, du degré zéro par rapport aux autres unités, ainsi qu’il est facile de le vérifier.
- (2) Dans ce système, la mesure du temps ne se fait pas, comme d’ordinaire, en observant les mouvements d’un système matériel : elle se fait par des expériences d’équilibre. Tous les organes des appareils demeurent immobiles ; seule, l’électricité y est en mouvement. Ce sont en quelque sorte des clepsydres à l’électricité. On reconnaît cette analogie avec la clepsydre en considérant la forme d’expérience suivante : deux plateaux métalliques immobiles constituent les armatures d’un condensateur chargé, et s’attirent avec une force F. Si les plateaux sont isolés,
- Z S , , F q
- 5----log. hyp. r
- Sues 0 F
- On remarquera que cette expression du temps ne con-tien1 que des nombres abstraits; elle est indépendante, notamment du choix des unités de longueur et de force. S et e y désignent la surface et l’épaisseur du condensateur; s et / la section et la longueur d’une colonne d e mercure de résistance R.
- Cette forme d’appareil ne permettrait pratiquement de mesurer des valeurs notables de t que si la valeur de la résistance R était énorme ; le dispositif décrit dans le texte ne présente pas le même inconvénient.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- t étant l’intervalle de temps entre deux décharges ; t et t sont ici supposés exprimés à l’aide d’une unité de temps arbitraire ; le second circuit débite donc une quantité d’électricité égale à GE X t/£. On a donc la condition d’équilibre.
- ou, en simplifiant,
- t = CR
- C et R sont connus en valeur absolue, c’est-à-dire que l’on sait que C est égale à p fois la capacité d’une sphère de rayon / ; on a donc C—pl; de même, on sait que R est égal à q fois la résistance d'un cube de mercure qui aurait î pour côté ; on a donc
- „ l p
- R = 9Pr3 = 3T et par conséquent
- t — P q P
- Telle est la valeur de t obtenue en laissant toutes les unités indéterminées. En exprimant p en fonction de la seconde, on aurait t en secondes. En faisant p= i, on a la valeur absolue & du même intervalle de temps en fonction de cette unité]; on a donc simplement
- &=pq
- Si l’on suppose que le commutateur qui produit les charges et décharges successives du condensateur est constitué par un diapason vibrant, on voit que la durée d’une vibration est égale au produit des deux nombres abstraits p, q.
- Il reste à examiner avec quelle approximation on peut déterminer p et q. Pour obtenir q, il faut d’abord construire un colonne de mercure de dimensions connues : ce problème a été résolu ?u Bureau international des Poids et Mesures, .ors de la construction de l’ohm légal. L’ohm légal est supposé avoir, par définition, une résistt.ice égale à 1060Ô fois celle d’un cube de mercure de om,oi de côté. L’approximation obtenue est comprise entre i/5ooooet 1/200000. Pourobtenir p, il faut,
- d’autre part, pouvoir construire un condensateur plan de capacité connue; la difficulté ici consiste à connaître avec une approximation suffisante l’épaisseur de la lame d’air.
- Or, on peut employer comme armatures deux surfaces de verre optiquement travaillées, argentées afin de les rendre conductrices, mais assez légèrement pour obtenir par transparence les anneaux d’interférence de M. Fizeau ; la méthode de M. Fizeau permettrait d’arriver à une grande approximation. En résumé, donc, on peut espérer à priori une approximation de l’ordre du cent-millième pour la valeur depq.
- Indépendamment de l’usage qu’on en peut faire pour mesurer le temps en valeur absolue, l’appareil qui vient d’être décrit jouit de propriétés particulières. Il constitue une sorte d’horloge qui indique, qui enregistre, et peut au besoin corriger elle-même ses variations de vitesse.
- L’appareil étant réglé de manière que l’aiguille aimantée soit au zéro, il suffit que la vitesse du commutateur augmente légèrement pour que l’équilibre soit troublé, et que l’aiguille aimantée dévie dans le sens correspondant ; si la vitesse au contraire diminue, c’est l’action du circuit antagoniste qui l’emporte, et l’aiguille dévie en sens contraire. Ces déviations, quand elles sont petites, sont proportionnelles aux variations de vitesse. Or, on peut d’abord les noter.
- On peut, en outre, les enregistrer, soit par la photographie, soit en employant un appareil Rédier, comme celui que M. Mascart a adapté à son électromètre à quadrant; enfin, on peut charger ledit Rédier de réagir sur la vitesse de manière à réduire à zéro ses variations. Si ces variations ne sont pas complètement annulées, elles n’en Seront pas moins enregistrée, de sorte qu’on en pourra tenir compte.
- Gomme indicateur des variations, l’appareil peut être d’une sensibilité singulière, et qu’on peut d’ailleurs accroître indéfiniment, à condition d’accroître ses dimensions.
- Avec une pile de 10 volts, un condensateur d’un microfarad, 10 décharges par seconde, et un galvanomètre différentiel de Thomson sensible à io-,° ampères, on obtient déjà une sensibilité de 1/1000000, c’est-à-dire qu’une variation de 1/1000000 dans la vitesse s’accuse par une déviation de 1 millimètre au bout de quelques secondes. La méthode stroboscopique elle-même, ne donne par une telle sensibilité.
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- On peut donc retrouver avec une grande approximation une vitesse toujours la même, à condition que les parties solides de l’appareil (le condensateur et la résistance) soient conservées à l’abri des causes de variation et employées toujours à la même température. Sans doute, une horloge astronomique bien construite conserve une marche très uniforme ; mais l’appareil électrique est dans de meilleures conditions d’invariabilité, car tous ses organes sont massifs et immobiles , ori ne leur demande que de rester identiques à eux-mêmes, et l’on a pas à s’occuper de l’usure des rouages, de l’âge des huiles ni des variations de la pesanteur. En d’autres termes, le système formé par un condensateur et une résistance fournit un étalon de temps facile à conserver.»
- Mesure de la différence de potentiel vraie de
- deux métaux au contact, par M. H. Pellat (1).
- Une des questions les plus discutées de l’électricité, si ce n’est de la physique tout entière, est celle de la théorie du contact, et de nombreuses recherches ont été faites pour essayer de déterminer la différence de potentiel vraie entre deux métaux.
- On sait, en effet, que les méthodes électrométriques ordinaires ne donnent jamais que la différence de potentiel totale d’un système complexe formé des deux métaux considérés et des deux couches condensées à leur surface. On a cru quelquefois pouvoir déterminer cette quantité d’une manière indirecte, au moyen du phénomène de Peltier, mais M. Pellat a montré que cela n’était pas possible.
- On n’est même pas d’accord sur la grandeur de ces différences; depuis Volta, on a généralement admis qu’elles étaient de l’ordre des forces électromotrices des piles hydro-électriques, tandis que Maxwell et d’autres pensaient, au contraire, qu’elles devaient être de l’ordre des forces électromotrices thermo-électriques.
- M. Pellat en profitant des beaux travaux de M. Lippmann sur la réversibilité des phénomènes électrocapillaires et les conséquences qui en découlent, croît avoir réussi à démontrer l’exac- (*)
- (*) Note présentée à l’Académie des Sciences, le 18 avril 1887.
- titude de la première hypothèse, et à mesurer ces différences de potentiel dans certains cas.
- L’auteur emploie le dispositif suivant:
- « Deux vases communiquants renferment du mercure ; l’un, A, est large ; l’autre, B, est formé par un tube presque capillaire. Un troisième vase, C, très large, contient aussi du mercure. En B et en C, le mercure est recouvert par de l’eau acidulée, et ces deux vases communiquent par un siphon rempli du même liquide. Enfin, deux fils de platine relient respectivement le mercure de G et celui de B aux bornes d’un galvanomètre. Dans ces conditions, si l’on fait varier, même très légèrement, l’étendue de la surface de contact du mercure B et de l’eau acidulée, le galvanomètre accuse un courant, dont le sens dépend du signe de la variation.
- « C’est là un phénomènee découvert par M. Lippmann et dont l’explication n’est pas douteuse, aujourd’hui que nous connaissons l’existence des couches électriques doubles ; le circuit étant fermé, la différence de potentiel entre l’eau acidulée et le mercure B est constante; si l’on fait varier l’étendue de la surface de contact, on est dans le même cas que si l’on faisait varier l’étendue des armatures d’un condensateur réunies par une force électromotrice maintenant constante leur différence de potentiel : la variation d’étendue entraînerait un courant de charge ou de décharge. Le sens du courant indique ici que le mercure est à un potentiel plus élevé que l’eau acidulée.
- « Or, j’ai pensé qu’on pourrait annuler ces courants ou même en changer le sens, ,en introduisant dans le circuit une force électromotnce qui polariserait dans le sens convenable la petite surface de mercure B, sans polariser sensiblement le mercure en G. C’est effectivement ce qui a eu lieu, et en me servant d’une force électromotrice variable à volonté et connue, j’ai trouvé ainsi que pour e — 0,97 volt, la variation de surface ne donnait plus de courant.
- « Dansces conditions, la couche double entre le mercure B et l’eau acidulée est donc nulle ; c’est-à-dire que ces deux liquides sont au même potentiel ; puisque, dans le circuit fermé comprenant le galvanomètre, il n’y a pas de courant, la force électromotrice totale est nulle ; par conséquent, la différence de potentiel entre le grand mercure G (non polarisé) et l’eau acidulée est égale en valeur
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- absolue à e (= 0,97 volt), Le nombre trouvé ainsi est tout à fait d’accord avec celui que M. Lipp-mann a déterminé d’après la force électromotrice qui rend maximum la constante capillaire.
- « J’ai ensuite remplacé partout dans l’appareil le mercure par l’amalgame de zinc pur liquide, et j’ai trouvé par le même procédé que la différence de potentiel normale entre l’amalgame de \inc et l’eau acidulée est presque nulle (0,02 volt, dans le même sens que pour le mercure).
- r Enfin, j’ai construit une pile ayant pour électrodes le mercure et l’amalgame de zinc liquide séparés par de l’eau acidulée, et comme pôles des fils de platine. La force électromotrice de celle-ci était E= 1,44 volt.
- Or, en représentant d’une façon générale par X | Y l’excès de potentiel que présente un conducteur Y sur le conducteur X au contact avec lui, et en désignant par P, M, A, L le platine, le mercure, l'amalgame et l’eau acidulée, on a l’identité
- £ = P|A. + A1L + L|M + M|P et comme
- K = 1,44 L | M = 0,97 A | L = —• 0,02
- en en tire
- P | A — P | M = 0,49 volt
- « Ainsi la différence de potentiei vraie du platine et de l’amalgame de zinc au contact (P J A) surpasse de 0,49 volt la même quantité pour le platine et le mercure (P | M). Du reste, d’après la loi des tensions de Volta, on a
- P|A — P | M = M | A
- c’est-à-dire que le mercure présente sur l’amalgame mis au contact avec lui un excès de potentiel de 0,49 volt. »
- Il est très curieux, et on aurait pu s’attendre à un résultat absolument opposé, que dans cette pile, la différence de potentiel entre l’électrolyte et l’électrode attaquée soit très faible, tandis qu’elle est relativement beaucoup plus grande entre les deux métaux et entre le liquide et l’électrode insoluble.
- L’élucidation complète de cette question des potentiels de contact, est de la plus haute importance au point de vue de la physique moléculaire.
- E. M.
- L'appareil Kapteyn pour l’enregistrement du
- temps dans les diagrammes.
- Un des modes les plus anciens d’enregistrement continit des phénomènes, consiste dans l’emploi d’un cylindre revêtu d’une couche de noir de fumée ou d’une feuille de papier, mu par un mouvement d’horlogerie, et sur lequel une barbe de plume ou un crayon, vient, au moment voulu, tracer des points ou une ligne continue.
- Pour relier ces indications aux temps, on peut opérer de bien des mtChières, dans certains cas, et c’est celui, par exemple, des indicateurs de machines à vapeur, la machine elle-même communique son mouvement au tambour ; ici, le temps n’intervient pas directement, et on rapporte les indications de pressions aux déplacements du piston.
- Si l’on peut admettre que le mouvement du tambour est uniforme, et il serait possible de le régler de la sorte, les temps sont proportionnels aux déplacements d’un point du tambour à partir d’une certaine origine. C’est sous cette forme qu’on a employé ce mode d’enregistrement dans certaines expériences de freins continus.
- Comme on le sait, la valeur de ces derniers appareils dépend essentiellement de la rapidité avec laquelle le freinage effectif a lieu ; pour avoir des données un peu correctes à cet égard, et comme il s’agit de temps très petits, au moment de la mise en train, il ne suffit pas d’admettre l’uniformité du mouvement dn tambour, et il convient d’avoir un enregistrement simultané de la pression au frein et du temps.
- Dans les laboratoires, on a souvent emoloyé, dans des cas analogues, le diapason, électrique ou non, qui, traçant sur le cylindre une courbe ondulée, permet d’obtenir jusqu’à une fraction de la période de vibration.
- Pour les expériences de freins, le diapason se prêterait assez mal à cause de la trépidation du train, aussi M. A. Kapteyn, directeur de la Westinghouse Brake C°, dans l’appareil qu’il a combiné dans ce but et que nous allons décrire*
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 2)t
- d’après VEngineering, a-t-il employé un enregistrement chronométrique.
- L’appareil entier est représentée parla figure i, et le diagramme obtenu dans la figure 2. L’enregistreur proprement dit qui se trouve dans le wagon auquel le frein est appliqué se compose d’un tambour T recouvert d’une feuille de papier, et qui peut tourner d’une manière plus ou moins uniforme,sous l’action d’un mouvement d’horlogerie V V.
- Le déclanchement de celui-ci a lieu lorsqu’on
- Fig. 1
- presse le bouton V, ou, dans ce cas, sous l’action de l’électro 3, qui fait partie d’un circuit électrique relié à la la locomotive et renfermant un bouton de contact ordinaire Q, une pile, une sonnerie Z et un second électro-aimant 2, dont l’armature est reliée à un crayon 2 appuyant contre la surface du tambour.
- Le levier du frein S permet, en outre, de fermer ce circuit au moment où il est ouvert 'et ou le frein entre en activité. La pression au frein est transmise à un indicateur Richard D, dont le crayon G trace sur le tambour la courbe des pressions.
- Enfin, un chronomètre électrique est relié à un électro-aimant 1, t dont l’armature est également munie d’un crayon placé au droit de G.
- Ce chronomètre, lorsqu’il est mis en mouve-
- ment par une pression sur le bouton a, opère un contact par seconde, ce qui donne lieu sur le tambour au tracé d’une ligne brisée H I, dont chaque cran représente une seconde.
- Le fonctionnement se comprend maintenant de suite :
- Le conducteur presse le bouton Q, la sonnette retentit dans le wagon, le tambour se met en marche, et le crayon 2 trace un trait continu (le trait supérieur en K fig. 2). L’expérimentateur placé dans le wagon est donc averti, il met le chronomètre en mouvement, et le crayon 1 commence à tracer une ligne brisée H I.
- Tout est alors prêt pour l’expérience proprement dite,le conducteur manœuvre rapidementson levier, le circuit de l’électro 2 est alor« fermé d’une
- manière permanente, et ce moment précis est indiqué par le trait vertical K tracé par 2.
- Comme on sait, l’action du frein n’est pas instantanée ; il ne commence à agir qu’en A, et ce n'est qu’en C que le freinage est parfait.
- Le moment du défreinage est indiqué par le second trait vertical LM (les indications du crayon 2 sont de 755 millimètres en retard sur celles de 1 et de G), mais la pression ne commence à tomber qu’en E ; en G le frein cesse seulement d’agir.
- Les deux lignes K L M N et H I et le diagramme A B.... G donnent donc toutes les circonstances du phénomène, et cela d’une manière absolument indépendante des erreurs personnelles d’observation, ou de l’irrégularité du mouvement du tambour T.
- Les traits irréguliers à l’origine ae la ligne H I montre bien l’irrégularité du mouvement initial du tambour, quand on commence l’enregistre-) ment du temps au moment de sa mise en train.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 232
- Cet appareil a servi à des expériences officielles à Baden et à Hanovre, et il nous paraît propre à donner des indications précises sur la valeur comparative des divers systèmes de freins.
- E. M.
- Conductibilité électrique des mélanges de potasse caustique et de sulfhydrate de potassium, par O. Bock.
- Les recherches que M. Bock vient de publier dans les Annales de Wiedemann (vol. XXX, p.
- ?1R. 1
- 631} ont été faites au laboratoire de M. Kohl-rausch à Wurzbourg. Les corps étudiés n’avaient pas donné lieu à des recherches antérieures relativement à leur conductibilité.
- Ces substances étant au point de vue chimique faiblement caractérisées, il fallait s’attendre à ce qu’elles posîèderaient des particularités remarquables.
- Les mesures ont été faites à l’aide de la méthode de Kohlrausch en employant des courants alternatifs, le pont de Wheatstone et le téléphone. Les appareils utilisés étaient ceux qui ont servi au savant professeur allemand dans ses recherches bien connues sur la conductibilité des solutions salines. M. Bouty a publié dernièrement une cri-
- tique de la méthode de Kohlrausch à laquelle nous renvoyons nos lecteurs.
- Un soin tout particulier a présidé à la préparation des solutions. Une solution de concentration moyenne de potasse caustique est partagée
- Fig. 2
- en deux parties égales, dont l’une est saturée par l’hydrogène sulfuré de façon à donner naissance au sulfhydrate de potassium.
- Cotte solution de sulfhydrate de potassium étant mélangée à la solution de potasse caustique mise à part, on obtient un mélange renfermant une moléculè de sulfhydrate de/potassium pour une molécule de potasse caustique, c’est-à-dire une solution de sulfure de potassium.
- Les solutions étudiées dont les proportions en
- Fig. e
- sels dissous ont varié dans des limites assez étendues, ont été obtenues d’une manière analogue.
- Les poids moléculaires électro-chimiques ont été calculés d’après la formule
- 56,14 72.21
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- dans laquelle a est le poids de la potasse caustique, b celui du sulfhydrate de potassium contenus dans la solution ; 56,14 et 72,21 leurs équivalents.
- Le nombre des molécules m a été calculé suivant M. Kohlrausch par la formule
- P 8
- m = 1000. ~r~
- .. .A
- p étant la teneur en sel de la solution, exprimée en pour cent et divisée par 100, s son poids spécifique à 180 et A le poids moléculaire électrochimique.
- Toutes les observations ont été faites à trois températures^ voisines de io°, 180 et 26°, et les résultats ont tous été calculés pour la température de 180. Les solutions étudiées sont les suivantes :
- 3 K O H + K S H (A = 60,19)
- K O H + K S H = K2 S (+ H2 O) KOH+3KSH(A = 68,44)
- K. S H N«s S
- La concentration exprimée en 0/0 du poids total a varié entre 3 et 55.
- Les résultats obtenus sont donnés graphiquement dans les figures précédentes. La fig. 1 donne
- la valeur du coefficient de conductibilité k ios en fonction du nombre des molécules m de lasolution ; les nombres moléculaires m sont portés comme abscisses, les coefficients de conductibilité comme ordonnées. Les courbes pour la potasse et la soude caustiques ont été construites à l’aide des résultats obtenus précédemment par Kohlrausch.
- Dans la figure 2, les coefficients de conductibilité sont donnés en fonction de la teneur en 0/0 de la solution.
- Enfin, la figure 3 représente graphiquement la marche du coefficient de variation de conductibilité avec la température. Ce coefficient de variation de conductibilité par degré de tèmpératurê est porté comme ordonnée, les abscisses sont les nombres m.
- En considérant ces figures, on voit que les valeurs obtenues pour la conductibilité des combinaisons sulfurées ne sont pas très différentes de celles connues depuis longtemps pour les sels de potassium et de sodium.
- On voit, en outre, que la conductibilité diminue lorsque la teneur en sulfhydrate de potassium de la solution augmente. La conductibilité du monosulfure de sodium est aussi pilus faible que celle de la soude.
- Les maxima de la conductibilité ont lieu pour les différentes solutions, comme suit : 1
- KO H (Kohlrausch# 3 K O H + K S H K O H + K S H KO H 4- 3 K S H K S H NaO H (Kohlrausch; 1/2 Nrt2 s
- Teneur en poids en p/o... 28.1 34.3 34-9 43.7 45.6 15.2 •4-9
- Poids spécifique 1.274 1.267 1.268 1.280 1.290 1.172 1.169
- Nombre de molécules 1000m 6400 7220 68go 8240 8140 4500 4440
- Conductibilité k io« 5095 4619 4267 3885 3821 3276 2220
- Coefficient de température 0.0218 0.0208 0.0204 0.0195 0.0182 0.0247 0.0254
- M. Bock a ensuite calculé la conductibilité fnoléculaire X et X' à l’aide de la formule : klsi = X m — X mî
- dans laquelle on prend pour m la valeur trouvée pour les dilutions les plus étendues. Cette extrapolation, qui est effectuée bien au-delà des limites
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- des observations, n’offre pas, comme M. Bouty l’a J suffisantes. Nous donnons cependant ci-dessous déjà fait remarquer, des garanties d’exactitude | les valeurs obtenues :
- KO H (Kohlrausch) 3 KO H + K S H KQH + K S H K O H + 3 K S H K S H Na OH (Kohlrausch) 1/2 Na2 S
- Conductibilité moléculaire
- . X 10? 1991 i335 i355 1012 886 1782 1200
- V 108.. 270 X72 96 93 26 294 23o
- Coefficient de temp. pour
- une dilution extrême.... , 0.0190 0.0190 0,0193 0.021I 0.0232 O.OIQO 0.0200
- - L’auteur a ensuite étudié la conductibilité de l’acide borique orthogonal H3 B 03 purifié avec le plus grand soin et dont on avait éliminé toute trace de borax par une série de crystallisations successives. Voici les résultats obtenus :
- Teneur en poids en 0/0 Nombre de molécules 1000 m Poids moléculaire Conductibilité io8 fci8 Coefficient de température
- 0.776 377 ï.0029 0.0483 0.0231
- 1 -92 936 1.0073 O.1322 0.0143
- 2.88 1410 I .0109 O.2246 0.011g
- 3.612 1772 1,oi3i 0.3217 0,0075
- L’eau distillée employée avait à 20 degrés une conductibilité A: =0,028 io-8. L’acide borique est donc au nombre des corps les plus mauvais conducteurs.
- A. P.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Angleterre
- La préparation des fibres fines. — Une com-înunication récente de M. Vernon Boys à la Physical Society de Londres au sujet de la
- fabrication des fibres fines, contient plusieurs faits intéressants pour les électriciens.
- M. Boys trouve que la meilleure manière de fabriquer des filaments très fins en verre, consiste à employer de très petites quantités de verre à des températures élevées et que la vitesse d’extension de la fibre doit être aussi grande que possible. Il se sert de la lumière oxhydrique pour avoir des températures élevées et il obtient une séparation rapide au moyen d’une petite arbalète avec une flèche en paille à l’extrémité de laquelle est fixée une tige mince de la matière qu’il s’agit d’étirer.
- Le sapin convient très bien pour la confection de l’arbalète, parceque le rapport entre son élasticité et sa densité, dont dépend la vitesse, est très grand.
- L’extrémité libre de la tige est maintenue entre les doigts et quand la partie centrale a été chauffée à la température voulue , ou lâche subitement la corde de l’arbalète, la flèche part avec la plus grande vitesse possible et tire une fibre longue et mince. M. Boys a réussi par ce procédé à tirer des fils de verre d’un diamètre inférieure à 0,0025 m.m.
- Ce procédé ne s’applique cependant pas très bien aux rubis, aux saphirs et au fluor mais très bien au quartz et au spath fusible. Le grenat traité à une température basse donne des fils, d’une belle couleur.
- On a obtenu des filaments de quartz inférieurs à 0,00025 m. m.
- La fibre de quartz semble exempte des torsions résiduelles ou de l’imparfaite élasticité de torsion, qu’on observe dans les fils de verre et de métal, et sous ce rapport, elle est très précieuse pour des instruments de torsion. La ténacité des
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- fils de ce genre est d’environ 80 kilog. par millimètre carré.
- Dans ses expériences, M. Boysa eu beaucoup de difficulté à trouver un ciment non magnétique ; d’après lui, la cire à cacheter convient le mieux.
- L’opération du recuit augmente un peu les qualités des fils de torsion en verre.
- Il a montré à la Société une spirale en verre recuit capable de peser assez exactement un mil-lionnième de gramme.
- M. Boys pense que des thermomètres en quartz seraient exempts des variations de zéro, qui affectent ceux en verre.
- Les paratonnerres. — Le conseil municipal de Greenoch, en Ecosse, a chargé le professeur Ja-mieson de prendre les dispositions nécessaires pour protéger le nouvel hôtel de ville contre la foudre. La tour principale s’élève à une hauteur de 78 mètres, et elle sera protégée par une bande en cuivre de 25 millimètres de large sur 3 millimètres d’épaisseur. Cette bande se terminera, à la partie supérieure, par six pointes coniques en cuivre munies de bouts en platine d’une longueur de 6 millimètres et d’une épaisseur de 4 millimètres. Ces pointes seront vissées dans les cônes. La bande de cuivre sera munie, en plusieurs endroits, de pointes semblables.
- A côté de la tour principale il y a quatre petites tours, dont chacune sera protégée par une pointe pareille reliée à une bande de cuivre. Les quatre autres tourelles des bâtiments, d’une hauteur de 40 mètres, seront protégées également par une bande de cuivre avec 14 pointes verticales. La toiture sera pourvue de bandes horizontales en cuivre reliées aux conducteurs principaux. Ces derniers seront reliés à toutes les parties métalliques de la toiture, et ils seront fixés de mètre en mètre au moyen de forts rivets en cuivre.
- Partout où cela sera possible, les communications à la terre seront établies au moyen des conduites principales de la canalisation d’eau de la ville, mais on établira également d’autres communications à la terre, en plaçant des plaques de cuivre dans un sol humide, à une profondeur d’un mètre au moins.
- Ces plaques seront entourées de tous les côtés, de coke de gaz en poudre, sur une épaisseur de 10 centimètres. Les conducteurs principaux seront rivés et brasés aux plaques.
- La résistance de la terre dans le cas des tuyaux
- d’eau ne doit pas dépasser 2 ohms. S’il s’agit d’une des terres formées par !es plaques de cuivre, la résistance doit être inférieure à 5 ohms. La résistance entière de tout le système doit être inférieure à 1 ohm de n’importe quel point.
- Des boîtes d’essai seront placées pour les vérifications. Tous les joints doivent être parfaitement exécutés, et en passant, il nous parait que la soudure électrique s’appliquerait particulièrement à ce cas.
- L’Exposition de Newcastle. — La prochaine Exposition qui aura lieu à Newcastle sera remarquable par une application en grand de la lumière électrique, tandis que l’Exposition de Manchester sera plutôt dévolue aux inventions mécaniques.
- MM. Clarke, Chapman et Ci0, de Gateshead, éclaireront les principales cours du palais de l’Exposition de Newcastle avec des lampes à incandescence de 100 bougies, et même quelques-urtes de ces lampes donneront jusqu’à 1000 bougies, une puissance inusitée jusqu’à présent.
- La force motrice sera fournie par des turbines à vapeur, qui occupent comparativement peu d’espace, relativement aux machines à vapeur. L’admission de la vapenr sera réglée par un régulateur électromagnétique, qui maintiendra constante la force électromotrice des circuits. Ces moteurs font 9000 tours par minute. Les machines sont lubrifiées au moyen d’huile chauffée par la vapeur et refroidie par des radiateurs de cuivre attachés aux canaux de circulation. Chaque générateur donne de i5 à 3o chevaux électriques. Les grandes lampes de 800 bougies seront alimentées avec des forces électromotrices de 65 à 100 volts, les plus petites lampes, de 100 bougies, sont de 33 volts.
- Le filament, dans ces lampes puissantes, se compose d’une tige recourbée, en charbon, ayant jusqu’à 3 millimètres d’épaisseur. Comme pièce fusible, on se sert d’un fil d’étain.
- La même maison a entrepris d’installer 55 lampes de 16 bougies dans une mine. Chaque lampe sera fermée hermétiquement, pour la garantir de tout gaz inflammable, et les conducteurs seront protégés contre les pierres qui pourraient tomber et contre l’humidité.
- Le théâtre de l’Exposition sera éclairée au moyen de trois circuits différents, de' façon à éviter toute panique, en cas d’extinction acciden-
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- telle, et le gaz ne figurera absolument pas dans le théâtre. Il faudrait un accident arrivé aux trois circuits à la fois, pour que la salle se trouve dans une obscurité complète. Cette installation sera fuite par MM. Holmes et Cie, de Newcastle, qui ont également entrepris d’éclairer la galerie des beaux-arts. Les lustres seront en bois, avec une couche de peinture au silicate incombustible, et les fils fins, cachés par le bois, seront recouverts d’amiante. Ces fils sont fabriqués par MM. Phillips frères, de Hackney, et on peut les tenir à la main pendant qu’un courant, suffisant pour fondre le cuivre, y passe. Chaque groupe de lampes est encore muni d’une pièce fusible.
- Les jardins seront éclairés par des lampes à arc fournies par MM. Woodhouse et Rawson, et disposées par séries de quatre. Le courant sera fourni par des dynamos à quatre pôles, et la force électromotrice de chaque circuit sera de 220 volts. D’auties lampes, placées dans le bâtiment principal, seront alimentées avec une force électromotrice de iz5 volts, de sorte que les risques d’incendie seront réduits à un minimum.
- Les jardins à l’intérieur et quelques autres parties des bâtiments seront éclairés par MM. Paris et Scott, de Norwich, qui se servent d’un interrupteur magnétique qui fonctionne quand l’intensité du courant dans le circuit augmente de 25 o/o au-dessus de sa valeur normale.
- A côté de l’éclairage électrique, il y aura aussi un tramway électrique, avec une voiture capable de transporter 48 voyageurs.
- J. Munro
- États-Unis
- Moteur Hochhausen, pour circuits d’éclairage a arc. — La demande de moteurs pour circuit à courant constant a engagé M. W. Hochhausen, l’électricien de YExcelsior Electric C°, à. construire un type de machine, qui avec des balais fixes, conserve une vitesse constante, quel que soit l'effort, et sans l’intercalation de résistances extérieures. Comme le montre le dessin, le moteur est du type en simple fer à cheval, à induit supérieur.
- Les noyaux des électros sônt en fer forgé et les pièces polaires en fonte, ainsi que la culasse, venue de fonte, avec les supports et paliers de l’induit.
- La régulation a lieu par la variation du champ magnétique avec l'effort; dans ce but, les deux bobines d’électros sont divisées en sections dont les extrémités aboutissent à des touches ou contacts, comme c’est indiqué.
- Le régulateur est à force centrifuge et placé à l’une des extrémités de l’axe du tambour, au delà du coussinet; il agit sur un levier qui actionne un contact mobile sur les touches dont nous avons parlé.
- Lorsque le moteur, qui est excité en série, marche à pleine charge et à la vitesse normale,
- toutes les sections sont actives ; à mesure que l’effort diminue, le régulateur tendant à s’accélérer, retire du circuit les sections successives, en réduisant le champ magnétique et, par suite, l’effort moteur, et vice versa.
- L’action du régulateur est très sensible, la régulation s’effectuerait à 2 0/0 près, en passant de la charge maximum à la marche à vide.
- Le moteur représenté est destiné à fournir 3 chevaux, à 2000 tours par minute, avec un courant de 10 ampères. Son poids est de 112 kilogrammes.
- La résistance de l’induit est de 1 ohm, ainsi que celle des électros; la perte de travail par seconde, à pleine charge, est donc de 200 watts, et, par Suite, le rendement électrique de 70 0/0.
- A vide, les électros sont hors de circuit, le mo-
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- teur absorbe encore 100 watts ou moins de 1/8 de cheval.
- Sur ce même modèle, on a construit divers types de moteurs, jusqu’à 10 chevaux : poids, 270 kilogrammes.
- M. Hochhausen a également construit un moteur assez pareil comme apparence, mais qui en diffère pour certains détails ; il est destiné aux circuits d’éclairage à incandescence.
- Accumulateurs a grande force électromotrice. — M. A.-V. Mèserole, de New-York, a pris récemment une patente pour un nouvel accumulateur qui aurait, d'après lui, une force électromotrice plus grande qu’aucun de ceux dont on se sert actuellement. L’élément est formé de plaques de zinc et de plomb que l’on plonge dans un récipient contenant :
- i° Une solution d’un sel de mercure, tel que du sulfate de mercure ;
- 20 Une solution d’un sel de zinc, soit également du sulfate de zinc;
- 3° De l’acide sulfurique libre.
- La plaque de plomb doit, de préférence, être amalgamée.
- Si, dans cet élément, on fait passer un courant du plomb au zinc, il se forme sur la plaque positive une couche poreuse et très absorbante de mercure et de zinc, tandis que la plaque négative s’oxyde.
- L’élément, ainsi préparé, peut fournir à la décharge, suivant l’inventeur, une force électromotrice de près de 3 volts, et il conserve très longtemps sa charge sans perte appréciable.
- Voici comment l’inventeur explique l’action de cet accumulateur :
- Pendant la charge, le zinc et le mercure se déposent sur la plaque positive, entraînant avec eux de l’hydrogène, tandis que sur la plaque négative il se forme du peroxyde de plomb.
- Si, comme le préfère M. Meserole, la plaque négative renferme du mercure, celui-ci sert à renforcer la solution et à empêcher le bain de s’appauvrir , ce qui nuirait au fonctionnement régulier.
- Dans la décharge, l’hydrogène occludé s’unit, dans une certaine mesure, avec l’excès d’oxygène sur la plaque négative, comme dans la pile secondaire Planté.
- L’inventeur, cependant, attribue principalement le courant de décharge à une réaction plus
- complexe. D’après lui, le dépôt de zinc et* de mercure se dissoudrait de nouveau, le zinc devant, à raison de son affinité supérieure, déplacer une partie du mercure, du sulfate de ce métal. Le mercure, à son tour, déplace de l’hydrogène, de l’acide sulfurique libre, et l’hydrogène, de son côté, s’unit à l’oxygène de la plaque négative peroxydée.
- Une partie du mercure mis en liberté se dépose probablement aussi, sous forme d’oxyde, sur la plaque négative.
- La force électromotrice de l’élément doit donc être égale à celle que développe le zinc en remplaçant le metcure dans le sulfate de mercure, augmentée de celle à laquelle donne lieu la substitution du mercure libéré à l’hydrogène de l’acide sulfurique dilué, et la combinaison de l’hydrogène à l’oxygne du peroxyde.
- Lorsque l’élément est en parfait état, il ne se développe d’hydrogène ni dans la charge, ni dans la décharge. M. Meserole attribue ce fait soit à ce que la libération de ce gaz est empêchée, ou qu’il se fixe par occlusion.
- Commutateur sans étincelles et coupe-circuit de Hochhausen pour lampes a incandescence en série.— Si l’on coupe un circuit avec un fort courant ou une grande force électromotrice, il en résulte une production considérable d’étincelles, qui brûlent le cuivre et détériorent les contacts.
- Fig. 1
- M. W. Hochhausen, de 1’ « Excelsior Electric Company », a construit un commutateur dans lequel l’étincelle est dérivée sur une baguette de charbon, de sorte que les contacts principaux sont à l’abri de son action.
- Gomme le montre la figure 1, cet appareil se compose du levier ordinaire monté sur un pivot et muni de son manche ; le contact s’opère entre deux ressorts. Un bras recourbé, fou sur le même
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- axe, porte une baguette de charbon, au dessous de laquelle se trouve une seconde tige de même matière, reliée à l’autre côté du circuit.
- : Quand le levier du commutateur est abaissé, le courant peut passer dans deux conducteurs, le
- levier de connexion régulière, et les baguettes de charbon qu’un ressort maintient en contact.
- Mais lorsqu’on soulève le levier du commutateur pour interrompre le circuit, la barre de connexion de cuivre est aussitôt mise hors de contact, seules les baguettes de charbon sont maintenues rapprochées par l’action du ressort.
- Fig- 3
- Le courant tout entier passe alors par ces baguettes, et ce n’est que lorsque le levier a été entièrement soulevé qu’elles se séparent, en coupant complètement le circuit.
- L'étincelle ne peut donc se produire qu’entre les deux charbons, et les contacts réels sont préservés de son action. Quand les deux charbons
- sont usés, on les remplace par d’autres très faci" ment et à peu de frais.
- Un autre appareil, dû également à M. Hoch-hausen, est un coupe-circuit destiné à être relié avec des lampes à incandescence placées sur des circuits à arc.
- L’ensemble de cette disposition est représenté dans la figure 2, et l’intérieur du coupe-circuit dans la figure 3.
- L’électro-aimant qu’il renferme est à grande résistance ; il est placé en dérivation stlr les bornes de la lampe, et il est enroulé de telle sorte que lorsque la différence de potentiel ^px bornes de la lampe excède légèrement la liniîte voulue, l'armature de l’électro-aimant est attifée, ce qui libère la détente du commutateur et mpt la lampe horscircuit, tout en maintenantlecircuif principal.
- Le commutateur se règle à l’aide: du levier courbé, qui passe à travers le couvercle.
- Pour éteindre la lampe, il suffit de presser un bouton représenté sur la figure 3. Ce bouton est relié à une tige portant un renflement conique, de sorte que, lorsqu’on le pousse, la partie conique presse contre l’armature et libère le commutateur exactement comme si l’armature avait été attirée par l’électro.
- J. Wetsler
- VARIÉTÉS
- L’éclairage de l’Hôtel de Ville
- Les journaux illustrés sont remplis des splendeurs électriques dont l’Hôtel de Viljp de Paris vient d’être le théâtre, et nous joignons volontiers nos éloges à ceux de nos confrères.
- Le Conseil municipal de Paris, en manifestant son goût pour un mode d’éclairage qui estincon-testablement celui de l’avenir, a bien mérité de tous les électriciens.
- Nous avons sous les yeux le rapport technique présenté l’année dernière par M. Voisin, au nom de la cinquième Commission, composée de MM. Hattat, Delhomme, Cernesson, Collin, Dépassé, Frère et Voisin.
- Cet excellent rapport abonde de renseignements spéciaux, qui nous étonnent d'autant moins que M. Voisin est un des vétérans de l’électricité pratique, inventeur dans sa jeunesse du joli petit allumoir électrique, dont le succès a assuré
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- 239
- du même coup la fortune et l’indépendance de l’honorable Conseiller de Paris.
- Nous ne saurions mieux faire que de citer les parties techniques du rapport :
- Extrait du Rapport de M. Voisin
- « II importe, toutefois, d’entrer dans quelques développements pour justifier l’adoption de la lumière électrique et l’exclusion du gaz. L’éclairage, tel qu’il vous est proposé, est conçu de façon à produire une intensité qui ne soit en aucun point supérieure à celle que l’œil peut supporter sans fatigue, soit une lampe Carcel à 1 ”, 5o c. de distance, dirigée et distribuée de telle sorte que tout l’espace soit illuminé.
- Pour remplir ces conditions, l’ensemble comportera 2,000 lampes Edison A de 16 candies, égales à 1 carcel 77. C’est, à notre sens, une quantité de lumière absolument nécessaire aux vastes salons et galeries, qui ne sauraient comporter autre chose qu’un abondant éclairage qui doit confiner à la profusion, car n’est-ce pas un des plus grands attraits, pour une fcte de nuit dans l’intérieur, qu’un brillant éclairage faisant surgir au milieu dt la nuit extérieure des torrents de lumière dérobés aux rayons du soleil, enfouis, depuis l’origine des mondes, sous forme de houilles et reparaissant, après de nombreuses transformations, sous forme de rayons électriques, soleil qu’a su reconstituer le génie humain ?
- Cette quantité de lumière admise, nous pouvons essayer de faire ressortir les inconvénients qui seraient la conséquence de l’emploi du gaz dans une si large proportion ; notre raisonnement portera sur la partie du côté du quai, qui peut être détachée. Dans le cas de réception, l'éclairage comportera 1,000 lampes environ; pour obtenir le même éclairage par le gaz, il faudrait employer 1,000 becs de gaz de 200 litres à l'heure, donnant 1 carcel 72 l’un.
- Un mètre cube de gaz, en brûlant, absorbé 1,57 m. c. d’oxygène () pour produire 83o litres
- (!) Calculé d’après la composition du gaz, suivant les analyses de Pelouze et Frémy, l’on trouve, pour le carbone et l’hydrogène, 1,618 m. c. d’oxygène ; mais, déduit des gaz même formant le mélange du gaz d’éclairage, ce chiffre se réduit à 1,57 c.m. de ce qu’une petite quantité de carbone existe déjà, à son premier degré d’oxydation, à l’état d’oxyde de carbone,
- d’acide carbonique et 1 kil. 26 de vapeur d’eau.
- Un bec de gaz consommant 200 litres absorbera 314 litres d’oxygène; un adulte en absorbe en une heure de 20 à 25 litres; un bec de gaz, par suite, vicie autant l’air que i3 personnes; si nous supposons, dans les salons seulement, 3,000 personnes, l’air se trouvera vicié autant que par la présence de 16,000 personnes.
- En admettant comme renouvellement de l’air 40 mètres par personne et par heure (*), le cube d’air à renouveler par heure serait donc de ib,ooo x 40 — 640,000 mètres cubes. Ce ne serait plus une ventilation, mais bien des torrents d’air fort désagréables et dangereux.
- Au point de vue de la température, ces torrents d’air seront-ils suffisants? C’est ce que nous allons examiner.
- Le mètre cube de gaz d’éclairage produisant 7,000 calories (1 2), 1,000 becs de 200 litres à l’heure consommeront 200 mètres cubes et produiront 200 X 7,000= 1,400,000 calories. Pour élever de 1 degré la température d’un mètre cube d’air, ou 1 kil. 3o la capacité calorifique de l’air étant 0,25 (3), il faut 1 k. 3o X 0,25 = o cal. 325 ; la chaleur produite par la combustion du gaz élèvera le volume d’air employé à
- 649,000x0,325 ’ B
- D’un autre côté, un adulte dégege 45 calories à l'heure (/‘).
- 3,ooo personnes produiront 3,000 X 45 = 135,ooo calories., qui élèveront le volume d’air employé à 135,000/210,000 = 0,6 degrés, ce qui nous donne pour l’élévation de la température 7 degrés. En supposant l’air introduit
- (1) Le rapport de M. Trélat établit pour la ventilation, dans les salons du Préfet, les salles des fêtes, de 3o à 5o mètres cubes par personne et par heure; au Conseil municipal, 5o mètres cubes.
- (2) Le gaz qui a servi de base à nos calculs fournit 7,680 calories par la combustion des gaz qui composent le mélange; nous réduisons ce chiffre à 7,000, pour tenir compte de ce qui échappe à la combustion des becs qui fument, qui filent.
- (3) 0,2375 d’après Régnault; 0,25, valeur employée par M. Tiélat dans son étude sur le chauffage de l’Hôtel de Ville.
- (*) Dumas.
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- pour la ventilation à 16 degrés, la température de 2 3 degrés serait atteinte dans un temps plus ou moins rapide, qui dépendrait de la capacité des salles; mais, comme il est impossible, que la ventilation soit assez parfaite, l’on voit de suite qu’il est des points où l’air sera plus ou moins confiné et où la température s’élèverait bien au-dessus de 22 degrés, notamment dans les parties hautes de la galerie des Fêtes.
- Mais ce n’est pas tout. Nous avons vu qu’un mètre cube de gaz donne lieu à la production de 1,26 kil. de vapeur d’eau.
- 200 mètres cubes consommés à l’heure produisent 200X 1,26 kil. = 252 kil. de vapeur d’eau, dont la majeure partie se condensera dans les tentures, sur la décoration, sur les peintures, où elle fixera les poussières et le carbone qui échappent à la combustion, en une horrible patine anéantissant ou tout au moins altérant considérablement ces [peintures, comme à l’Opéra les peintures de Baudry.
- Nous croyons avoir assez justifié le choix de la lumière électrique. Nous allons, maintenant, exposer l’économie des propositions de l’Administration, que nous n’avons modifiées qu’au point de vue de l’augmentation de la production, parce que nous pensons que, pour la lumière [électrique, telle qu’elle est produite à l’heure actuelle par les machines, il faut obtenir un excès de production pour être certain de ses prévisions.1
- Le projet de l’Administration se compose de deux parties : dans la première installation définitive, de manière à utiliser toute la vapeur des chaudières existantes, pouvant fournir i3o à 140 chevaux destinés à actionner des dynamos lançant le courant, au moyen de deux circuits, dans la salle à manger, dans les trois grands salons, ainsi que dans la galerie qui les accompagne.
- Dans la salle à manger, (175 lampes Edison A ou 35o lampes Edison B seront réparties dans 7 lustres; dans la galerie, on répétera ce qui a été fait au bal du 11 avril dernier, en y plaçant 12 lustres de 12 lampes A; enfin, les trois grands salons seront disposés pour recevoir 14 lustres comportant chacun 60 lampes B, ce qui constitue pour cette première partie du projet un ensemble de 739 lampes, soit 800 en nombre rond, ce qui correspond à une force de 13o chevaux-vapeur.
- Nous avons demandé que les deux salons extrêmes fussent compris également dans ces dispositions; pour cela, nous estimons qu’il con-
- vient de disposer de trois dynamos de 5oo lampes, destinées à alimenter environ 1,000 lampes. Nous avons également demandé que les machines destinées à actionner les dynamos fussent portées à i5o clievaux-vapeur; cette force sera obtenue au moyen de deux machines Compound à deux cylindres conjugués, et, pour obtenir la plus grande régularité nécessaire, l’on a conservé le type qui fonctionne dans les meilleures conditions à l’Hôtel de Ville, c’est-à-dire celui à deux cylindres conjugués à 90 degrés, et comme il y aura deux machines, l’on obtiendra ainsi quatre cylindres croisant les points morts ; ce sont ces machines, installées le plus près possible des chaudières existantes, qui recevraient la vapeur amenée à une pression de 6 kilos environ.
- Ainsi donc, pour cette première partie installation complète d’une façon définitive, de l’éclairage électrique. Tout y sera la propriété de la Ville, lustres, lampes, circuits, dynamos, machines motrices, chaudières existantes utilisées. C’est une installation complète, qui correspond à l’utilisation plus fréquente des salons de réception.
- La deuxième partie du projet comprend l’éclairage de la salle des Fêtes et des salons qui l’accompagnent.
- Pour cette deuxième partie, il n’est pas possible d’avoir une installation définitive de la force motrice . Il eût été possible d’installer à l’Hôtel de Ville les machines de t5o chevaux et 3 dynamos, possible aussi l’installation des chaudières,- mais il est impossible de disposer une cheminée nécessaire aux nouvelles chaudières qu’il eût fallu installer.
- De là est né le projet d’installation, mi-partie définitive et permanente, mi-partie provisoire, qui se résume ainsi :
- Installation définitive et permanente de tout ce qui concerne l’électricité, et, au contraire, installation provisoire, pour les jours de fêtes, de là force motrice nécessaire ; l’on ne pouvait songer à installer des machines mi-fixes dans les cours ou aux abords de l’Hôtel de Ville un jour de bal. Le choix de l’emplacement que l’Administration estime le plus convenable est la cour de la caserne Lobau, devenue annexe de l'Hôtel de Ville, dans laquelle on installerait un de ces hangars mobiles qu’on monte et démonte en cinq ou six heures ; au ras du sol, où à l’avance, seront établies toutes les pierres de tailles indispensables, même à une installation provisoire ; la force mo-
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- trice de i5o chevaux nécessaire serait prise en location.
- Cette force, destinée à actionner 3 dynamos de 400 lampes que, pour les mêmes motifs exposés dans la première partie du projet, nous estimons devoir être de 5oo lampes, ce qui correspondrait comme pour la première partie à 1,000 lampes qui seraient réparties ainsi:
- 12 lustres de 35 lampes A ou de 70 lampes B dans la salle des Fêtes, à environ 3 mètres de hauteur; près des tribunes 32 lustres de 12 lampes, ce qui donne un total de 884 lampes.
- Or, pour qu’on puisse se rendre compte de la différence qui existera avec ce qui a été fait le 11 avril, disons que l’on disposera de i,366 carcels alors que le 11 avril l’on n’avait que 25o carcels environ ( en supposant que 1 carcel égale 7 bou-gies).
- Ajoutons que dans les quatre grands salons à droite et à gauche, il y aura 5 lustres de chacun 25 lampes A et dans la galerie latérale 14 lustres de 9 lampes B.
- C’est pour cette partie du projet, comprenant la salle des Fêtes et les salons qui l'accompagnent, que la force motrice et les dynamos seront installés, à titre provisoire, le jour où il conviendrait de disposer de cette partie de l’Hôtel de Ville pour une fête.
- Ainsi qu’il vient d’être développé, le projet est complet.
- Toutefois, il nous faut prévoir une question que fait naître l’intermittence du travail demandé aux machines destinées à l’éclairage.
- En effet, Messieurs, du jour où les machines à transformer la force en électricité ont pris le merveilleux développement que vous connaissez tous, et qui a permis les applications de tous genres et de plus en plus nombreuses, il ne pouvait manquer de venir à l’esprit des hommes s’occupant d’électricité, de rechercher les moyens d’utiliser d’une façon permanente ces machines condamnées à un fonctionnement temporaire , en raison de l’application quelquefois assez courte comme dans le cas de l’éclairage ; il devait naître dans l’esprit de tous l’espérance de voir disparaître le chômage des machines, et l’électricité emmagasinée pour les besoins ultérieurs au même titre que le gaz et l’eau ; mais, si cette espérance n’est pas réalisée dans le sens absolu , les recherches dans cette direction ne sont pas restées stériles, elles ont donné naissance à un organe déjà bien varié
- dans la forme et la composition, organe que vou$ connaissez sous le nom d’accumulateur, susceptible d’emmagasiner une certaine quantité d’électricité pour la restituer ultérieurement.
- Nous ne pouvions considérer l’examen du projet qui vous est soumis sans rechercher dans quelle mesure il serait possible d’employer les accumulaieurs, et en même temps que nous faisions cette étude de notre côté, nous demandions à l’Administration une étude complémentaire dans ce sens, en vue de supprimer l’installation provisoire de la coserne Lobau.
- De cette étude, à laquelle M. Bartet s’est livré, il résulte que pour faire fonctionner 1,000 lampes pendant 10 heures, les lampes exigeant 0,75 ampères et une force électromotrice de 110 volts aux bornes de la machine et de xoo à 102 volts, aux lampes suivant leur position dans le circuit.
- La batterie à former devra donner 750 ampères par heure, soit 7,5oo pour 10 heures avec la même force électromotrice. En prenant le plus fort type d’accumulateur de M. Planté, on arrive à trouver qu’il faudrait 1800 de ces appareils dont le prix est de 100 francs, soit 180.000 fr.
- Une première difficulté se présente, c’est l’emplacement qu’il serait difficile de trouver; de plus, les dépenses de fonctionnement sont difficiles à déterminer en l’abscence d’installations analogues.
- Au point de vue de la dépense, la location de la force motrice est estimée 3,000 francs; l’intérêt et l’amortissement de 3 dynamos valant ensemble 15,ooo francs soit i,5oo francs par an et 5oo francs par séance, si l’on admet trois fêtes dans l’année, ce qui porte le chiffre de la dépense à 3,5oo francs par séance; nous avons demandé des dynamos plus fortes valant ensemble 19,000 francs environ, soit pour intérêt et amortissement 1,900 francs par an; pour une séance, 633 francs, et la dépense totale dans ces conditions est de 3,633 francs
- Avec les accumulateurs, le capital immobilisé correspond à 9,000 francs d’intérêts, soit 3,000 francs par séance : quant à la durée, c’est, dans l’état, évidemment l’inconnu ; mais en admettant 15 ans, l’amortissement, sans tenir compte de l’entretien et des dépenses de fonctionnement, porterait la dépense â 4,000 francs par séance, c’est-à-dire plus cher qu’avec le projet primitif, de plus, le raisonnement repose sur trois mises en service par an ; avec le projet primitif, on ne: payera la
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- location de la force motrice que les jours de mises en service.
- • Enfin, les accumulateurs sont de création récente, fort peu répandus; ils sont modifiés chaque jour, ce qui peut-être avant peu entraînerait l’établissement d’un matériel de 180,000 francs dans des conditions d’infériorité. Pour tous ces motifs, l’administration ne croit pas qu’il soit prudent de s’engager dans cette voie.
- Nous avons dit plus haut 'que nous poursuivions, de notre côté, l’étude de cette question. Dans notre esprit, les éléments auxquels il conviendrait d’avoir recours sont les accumulateurs dits cheval-heure, c’est-à-dire capables d’une plus grande puissanc d'emmagasinement qui atteint 270,000 kilogrammètres.
- Dans ces conditions, ce n’est plus 1,800 accumulateurs qu’il faudrait, mais seulement i,5oo; il est vrai, d’autre part, que le prix en est plus élevé et qu’il est assez difficile même d’obtenir un prix ferme. Quoiqu’il en soit, pour des motifs du même ordre que nous avons exposés précédemment, nous pensons, nous aussi, que l’emploi des accumulateurs pour fournir l’éclairage en remplacement de la partie provisoire du matériel, dans l’état même de la question, nous exposerait à des déceptions que, pour notre compte, nous estimons qu’il importe d’éviter dans un éclairage de cette importance.
- Mais si les accumulateurs ne peuvent être employés dans ce sens, l’installation provisoire des machines en location, des dynamos, dans la cour de la caserne Lobau, nous fait redouter l’instabilité des machines plus ou moins rigoureusement fixées, le glissement ou le bris des courroies qui donneront à la lumière une variabilité désagréable et nous exposeront à une extinction en cas de rupture de courroies, qui serait cause de désordres dans la salle des Fêtes, qu’il importe d’éviter.
- „ Dans ce cas, l’emploi des accumulateurs se trouve indiqué, nous disons plus, obligatoire, si imparfaitt soit-il encore, mais non plus comme réservoir d’alimentation, mais seulement comme réservoir de passage faisant volant, assurant ainsi la fixité de la lumière et pouvant suffire à l’alimentation pendant un certain temps.
- Nous avons eu un exemple dont nos collègues qui siégeaient avec nous au pavillon de Flore peuvent se souvenir: lors de la réception de de Brazza, un accident est arrivé au moteur et l’éclairage a continué, desservi par les accumulateurs.
- Dans ces conditions d’application, l’Administration , d’accord avec nous, propose l’emploi des accumulateurs en interposant, sur les trois circuits qui vont alimenter les 1000 lampes, trois voltamètres dressés pour 3o minutes; de cette façon, les irrégularités provenant de mobilité de la machine disparaissent et, si un arrêt survenait, on aurait une demi-heure pour faire la réparation ou pour faire évacuer la salle des Fêtes.
- L’Administration propose les accumulateurs zinc-plomb, moins coûteux, mais aussi d’un rendement faible.
- Ces voltamètres zinc-plomb, d’une force électromotrice élevée à 2 volts 35, peuvent permettre d’en diminuer le nombre; la batterie devrait toutefois garder pendant deux heures une constance de 110 volts, ce qui amène à établir pour chaque circuit 5o accumulateurs, coûtant environ 120 francs, soit 18,000 francs pour les trois circuits. Nous avons dit plus haut que, d’accord avec l’administration, nous jugeons nécessaire l’emploi des accumulateurs; nous devons toutefois faire quelques réserves sur le choix de ces organes.
- Nous n’ignorons pas que la formation sans retournement des accumulateurs au zinc est beaucoup plus facile et permet de les livrer avant complète formation ; ils sont sur ce point plus avantageux pour le constructeur. En est-il de même pour l’employeur? Leur carrière, bien que courte encore, permet cependant d’avoir quelques doutes à cet égard; en effet, ces accumulateurs gardent moins bien leur charge, ce qui peut, dans l’application proposée, n’être pas un inconvénient capital; mais ils sont plus sujets aux-décharges parasites pendant le repos, pendant la décharge et même pendant la charge; de plus, lors de la décharge, après une légère chute les amenant au régime de 2.3b volts, ils se maintiennent un certain temps dans ces conditions, qui constituent la décharge normale ou utilisable, pour ensuite tomber brusquement au régime de o,65 volts oû ils se maintiennent de nouveau, pendant un temps presque égal à la première décharge, constituant ainsi une période inutilisable.qu’il importe même de se garder d’utiliser avec des accumulateurs complètement formés.
- Il ne faut pas oublier qu’un accumulateur complètement formé est toujours plus fragile, et l’on peut dire, en général, des accumulateurs qu’ils ne donnent tout ce qu’ils sont susceptibles de donner que dans un âge avancé.
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- i * Pour eés motifs, tout en approuvant l’interposition d’accumulateurs dans les conditions précitées, nous pensons que l'Administration devra examiner avec soin les divers accumulateurs possibles avant d’adopter tel ou tel système.
- . L’établissement de trois circuits principaux du côté du quai, proposé par l’Administration, ne nous semble pas donner une complète solution, pour les motifs suivants :
- Ces trois circuits, parfaitement distincts, sont desservis par des machines provisoirement installées; l’un ou l’autre de ces circuits peut manquer et, dans ce cas, une partie des salons se trouvera desservie par les accumulateurs et dans une obscurité relative. Pour obvier à cet inconvénient nous pensons qn’il convient d’étudier la disposition des circuits, de façon à ce qu’ils se pénètrent ; de la sorte, l’absence accidentelle d’un circuit ne se traduira plus que par une diminution générale de la lumière, mais n’affectera pas une partie seulement des salons.
- Dans ces conditions d’installation et d’augmentation de puissance, nous estimons que l’éclairage de l’Hôtel de Ville sera aussi complet que l’on puisse le désirer; la dépense pour toute l’installation définitive s’élèvera à la somme de 231, 000 francs laissant de côté, parce qu’elle est afférente à chaque fête spéciale, la location des i5o chevaux qui sera fournie par adjudication.
- Cette somme correspond, en définitive, à l’ins-lallation complète des lampes électriques à incandescence dans la salle des Fêtes et salons du côté de la place Lobau, et dans les salons et galeries du côté du quai, mais ne comprend pas les lustres où doivent être accrochées les lampes à incandescence ; le nombre de lustres nécessaires sera de plus de roo de différents calibres.
- Il est bien difficile de songer à pourvoir à cette installation par une location certaine et en tous temps.
- Le mobilier national a toujours été, et serait sans doute toujours disposé à venir en aide à la Ville, et c’est grâce à son concours, et avec l’aide des grands entrepreneurs de Paris, que l’Administration a pu, le 11 avril i885, faire une installation complète.
- Mais le mobilier national a des devoirs à remplir envers l’État, qui ne permettent pas à la ville
- de Paris d’espérer pouvoir utiliser ce matériel, lorsque l’emploi en sera réclamé soit à l’Elysée, soit dans un ministère.
- Si d’autre part, l’on tient compte des pertes de temps, des chances de destruction, des dépenses que la pose et la dépose de ce matériel occasion, neraient, l’on arrive à cette conclusion que la ville de Paris doit s’installer dans ses salons d’une façon définitive et aussi complète que possible, de manière à se rendre indépendante et être au moins assurée de toujours trouver, sans aucune crainte de refus, le complément à son installation.
- Pour ce motif, nous pensons avec l’Administration qu’il convient de pourvoir à l’établissement des lustres nécessaires, qui seront établis, au point de vue de la forme et de la disposition, de façon à concourir à l’ornementation de nos salons.
- La dépense nécessitée pour l’établissement des lustres nécessaires, qui s’élèvera à la somme
- de............................... 159.200 »
- complète la partie de l’éclairage ; mais il convient également de pourvoir à l’établissement du vestiaire, dont la dépense est de ... 9.808,70
- et aussi aux travaux de décoration des quatre salons par l’établissement des glaces dont l’emplacement prévu architecturalement laisserait, un jour de fête, des vides difficiles à combler.
- Cette partie de la dépense s’élève à
- la somme de...................., 44.991,24
- Le projet, ainsi complété, donnera lieu à une dépense totale de :
- Installation de l’éclairage électrique 231.000 »
- Fourniture de lustres............. 159.200 »
- Installation du vestiaire......... 9.808,76
- Travaux à exécuter dans les quatre
- salons d’introduction........... 44.991,24
- Total....... 445.000 »
- Paris, le 19 juillet 1886.
- Le Rapporteur, " A. Voisin
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- Inutile d’ajouter que M. Alphand, adoptant, lui aussi, les conclusions du rapport, a, avec l’aide de M. Bartet, admirablement mis à exécution les intentions du Conseil municipal et que les Parisiens peuvent compter sur lui, toutes Jes fois qu’il s’agira d’augmenter les splendeurs de la Ville-Lumière.
- On est, par contre, bien péniblement impressionné quand on voit les efforts incessants du laboratoire municipal pour s’emparer, malgré le Conseil et malgré la Préfecture de la Seine, de la surveillance et de la règlementation exclusive de l’éclairage public.
- Cette tendance du laboratoire municipal s’est encore accentuée par la publication d’un règlement aussi despotique qu’inattendu, que nous avons publié dernièrement et dont notre collègue, M. Clémenceau , a montré les côtés absolument naïfs en matière d’électricité.
- M. Girard, l’inspirateur évident de ce règlement , semble complètement dévoyé par ses succès en chimie et peut-être aussi par l’influence du bâtiment où l’on a eu la fâcheuse idée de loger le laboratoire municipal : il y a là, une action de présence, ce que quelques chimistes appellent une force catalytique, qui a tout d’un coup transformé un chimiste honorable et honoré en un personnage ambitieux de devenir une sorte d’agent des mœurs électriques.
- Au lieu de chercher à régenter une industrie à laquelle il est à peu près étranger, M. Girard devrait bien se renfermer dans ses attributions chimiques et tenter quelques efforts pour faire disparaître de la consommation parisienne, les tonneaux de Borax que , sous le nom assez fallacieux de conservateur, les laitiers introduisent dans leur marchandise, à. l’approche des beaux jours, et quelquefois même, toute l’année.
- M. Girard peut être sûr que le conservateur sur lequel il ferme les yeux, tue plus de petis Parisiens, en une année, que l’électricité industrielle, en y joignant la foudre que les cieux nous envoient, ne tue d’animaux dans un siècle. Et les poêles roulants!!! s; à la mode depuis quelque années! est-ce à nous d’apprendre à M. Girard que le déplacement d’un poêle d’une cheminée à une autre cheminée voisine produit un contre
- tirage, c’est-à-dire un courant d’air qui va de la cheminée froide à la cheminée précédemment échauffée, et peut ainsi remplir un appartement de gaz carbonique et même d’oxyde de carbone? Les victimes des poêles roulants composent déjà un total respectable. Pourquoi, diable! M. Girard préfère-t-il s’occuper d’électricité, alors que les seuls accidents sérieux constatés n’ont atteint que les entrepieneurs ou leurs agents et jamais le public.
- Quant aux incendies que l’électricité pourrait produire dans les théâtres, concerts bals, etc., etc., M. Girard ne peut pas ignorer que, de tous les moyens d’éclairer un théâtre la nuit, l’électricité est le seul et unique qui réduise de dix mille pour cent les chances d’incendie.
- En parcourant le Bulletin municipal officiel de la Ville, on trouve, à la date du 7 mars dernier, une séance bien instructive, dont les électriciens feront bien de lire le compte-rendu in extenso; ils y retrouveront leurs amis, MM. Alphand et Voisin, donnant une leçon aux amis de M. Girard, qui voudraient voir confier à ce dernier le contrôle exclusif du gaz.
- Dans un résumé très brillant, M. Alphand a exposé au Conseil les procédés de fabrication et d’épuration du gaz, d’où il résulte, qu’avec les procédés les plus perfectionnés, on ne peut purifier le gaz au-delà d’une certaine limite. C’est de dix à quinze pour cent d’oxyde de carbone qu’il faut tolérer couramment dans le gaz d’éclairage, le chiffre de quatre pour cent étant le maximum de purification.
- Ne pas se joindre à ceux qui cherchent à soustraire ces gaz délétères à nos respirations, en favorisant, par un peu de liberté, le développement de l’éclairage électrique, c’est faire acte d’anti-hygiéniste et de policier incompétent. Nous ne voyons, à tout cela, qu’un remède, le déménagement du laboratoire municipal dans un local assez restreint, pour qu’on n’en fasse pas prochainement un ministère avec sous-secrétaire d’Etat et le reste.
- J. Bourdin
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- RÉSUMÉ DES
- BU E V ETS D’INVENTION
- délivrés depuis le 1" janvier i88y
- 178700. — PICARD. — Système auto régulateur pour
- MACHINES DYNAMO ÉLECTRIQUES.
- Dans le premier dispositif (fig. 1), les machines sont excitées par une simple dérivation et les inducteurs comportent deux enroulements différents : le circuit excitateur et le circuit régulateur.
- Le circuit excitateur est traversé par le courant constant dérivé aux bornes de la machine. Le deuxième cir-
- cuit dans lequel se trouve intercalée une série d’accumulateurs est traversé par le courant régulateur produit par une différence de potentiel égale seulement à l’excédent de la différence de potentiel existante sur la différence de potentiel normale. Ce deuxième circuit étant très peu résistant, une très faible différence de potentiel suffit pour produire un courait assez intense pour obtenir immédiatement un effet sur le champ magnétique dont il diminue l’intensité de façon à la maintenir à une certaine valeur variable suivant les variations de résistance du circuit extérieur ou de vitesse de la machine. Le sens du courant est, bien entendu, inverse du courant excitateur. De cette façon, le champ magnétique est dû à la différence d’action de deux hélices magnétisantes.
- Lorsque la différence de potentiel aux bornes tend à augmenter, l’action de l’hélice régulatrice devient prédominante et le champ magnétique est affaibli. Si, au contraire, cette différer.ce de potentiel aux bornes venait à descendre en dessous du chiffre normal, le courant de la pile secondaire viendrait dans le sens voulu pour favoriser
- d une part la rotation de l’anneau et d’autre part pour renforcer le champ magnétique.
- Deuxième dispositif. — Les inducteurs n’ont plus qu’un seul circuit dérivé aux bornes. Dans le premier dispositif’ le courant régulateur traversant les accumulateurs agissait directement sur la masse entière des inducteurs. Il fallait alors une dépense d’énergie assez grande pour obtenir une action suffisante ; d’où la nécessité d’un fort courant dans les accumulateurs. Pour réduire autant que possible l’intensité du courant régulateur, on le fait agir sur une masse de fer beaucoup plus faible, en employant
- la force contre électromotrice d’un moteur fonctionnant dans les conditions ci-après.
- Dans le circuit excitateur de la machine principale, se trouve l'anneau d'une petite dynamo auxiliaire. Dans le circuit régulateur également dérivé aux bornes se trouvent des voltamètres et les inducteurs de la machine auxiliaire. Le champ magnétique de la machine principale ne doit, bien entendu, jamais être saturé, si l’on veut pouvoir régulariser ; et le circuit régulateur étant ouvert on doit avoir aux bornes une différence de potentiel supérieure à la différence de potentiel normale.
- Dans ces conditions, le circuit régulateur étant rétabli,
- il sera traversé par un courant d'une intensité — e.
- R
- qui excite les inducteurs de la machine auxiliaire dont l’anneau toujours parcouru par le courant excitateur de la machine principale se met en mouvement.
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- Ï1 sc développe alors une force contre électromotrice qui diminue l’intensité du courant excitateur de la machine principale jusqu’à ce que celle-ci n'ait plus aux bornes que la différence de potentiel pour laquelle l’installation a été calculée.
- Dans ces deux dispositifs, les machines employées comme réceptrices tournent à une vitesse sensiblement constante quelles que soient les variations d’énergie qu’on leur demande, la génératrice étant elle-même auto-régu-latriçe comme la réceptrice.
- Les moyens de régulation, dans ce système, sont donc, i° remploi du courant de charge d’une série d’accumulateurs ou de voltamètres comme moyen auto-régulateur, 20 l’emploi d’une dynamo auxiliaire disposée dans les conditions décrites.
- 178708 - SAX. — Perfectionnements aux appareils
- PROPRES A INDIQUER ÉLECTRIQUEMENT L’AMPLITUDE ET LA
- DIRECTION DU MOUVEMENT DES FLUIDES, COMME PAR EXEMPLE
- POUR INDIQUER LA DESCENTE ET LA MONTÉE DE L’EAU DANS
- LES RÉSERVOIRS, RIVIÈRES, ETC.
- Cette invention décrite dans le cas de la détermination des fluctuations de hauteur d’un liquide dans un réservoir se compose de deux parties : le transmetteur et l’enregistreur.
- Le premier de ces appareils consiste essentiellement en un tambour sur lequel s’enroule la corde d’un flotteur immergé dans le liquide. Les mouvements du flotteur sont transmis par l’intermédiaire d’un pignon et d’une roue dentée à un arbre à cames. Ces cames font corps avec des bagues convenablement isolées de l’axe et disposées de façon à envoyer dans l’appareil récepteur enregistreur, le courant d’une pile, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre.
- L’armature de l’électro-aimant du récepteur enregistreur â distance se meut, sous l’influence des courants et de leurs sens, tantôt dans une direction, tantôt dans la dinction opposée. Cette armature agit, par l’intermédiaire de cliquets, sur une roue à rochet dont l’axe porte un pignon engrenant avec une roue dentée au centre de laquelle est reliée l’aiguille indicatrice de l’instrument.
- 178757. — SACRE. — Application des paratonnerres
- A AIGRETTES AUX CONDUCTEURS MÉTALLIQUES AÉRIENS.
- Ce système s’applique aux fils télégraphiques, téléphoniques, aux conducteurs pour la transmission de la force, de la lumière ou autres.
- NLes figures 1 et 2 représentent l’application à un poteau à deux conducteurs. Les aigrettes a à pointes bien effilées en métal inoxydable, bon conducteur de l’électricité sont reliées aux fils aériens. En regard de ces aigrettes a sont
- placées les aigrettes a\ les pointes opposées aux pointe et reliées au paratonnerre qui court le long du poteau.
- Les pièces b sont des plaques isolantes qui maintiennent les aigrettes à la môme distance emre elles, l.es aigrettes sont réunies aux fils aériens par des conducteurs en foime de ressort à boudin qui leur permet de suivre
- les mouvements moléculaires de dilatation et de contraction des fils, La même application se fait aux fils des chevalets pour conducteurs téléphoniques placés sur le faite des habitations.
- 178771. — PELLERIN. — Une machine dite : nouvel
- ÉLECTRO-AIMANT.
- A part la forme, l’appareil est un électro- aimant en fer à cheval non boîteux ; seulement la masse magnétique qui relie les noyaux est façonnée de manière à envelopper les bobines de deux foureaux reliés à leurs bords, par une nappe. L’action des bobines sur leurs enveloppes étant concordante à leur action sur les noyaux, celle-ci est renforcée. L’appareil peut être avantageux comme inducteur de machine dynamo électrique. Dans ce cas, on peut entre autres dispositions, mettre les noyaux en ligne droite, de façon qu’ils se regardent par les -pôles contraires entre lesquels tourne l’induit ; alors aussi, la nappe de jonction est cylindrique, ses génératrices étant perpendiculaires au plan de symétrie qui passe par l’axe de rotation.
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- 178786 — BERNSTEIN. — Perfectionnements dans les
- INTERRUPTEURS ÉLECTRIQUES FERMANT AUTOMATIQUEMENT LE CIRCUIT.
- Cette invention s'est proposée de réaliser un appareil convenable et simple pour se prémunir contre l’interruption accidentelle d’un circuit dans lequel un certain nom-
- bre de lampes électriques ou autres appàrcils sont placés en série.
- Dans le cas de lampes à incandescence, on dispose autour de chaque lampe une dérivation de grande résistance à la température ordinaire. Si la lampe est dans une condition convenable, une 'petite partie seulement du courant total de la ligne passe par le composé qui n’en est pas affecté. Si la lampe se rompt, la résistance est augmentée par la formation d’un arc, alors la grande quantité de courant qui passe par le composé dans la dérivation déterminera dans ce composé une chaleub telle qu’il se produit une réduction du composé
- métallique et il se produit du métal offrant une très faible résistance au passage du courant, ce qui conserve la continuité de la ligne.
- La figure 1 représente l’interrupteur automatique. Ii consiste en un tube isolant D en verre qui porte des bouchons E et I aux extrémités. Les fils conducteurs sont attachés à ces bouchons. Le bouchon E a une cavité qui contient le composé métallique G. La tige F qui presse sur le composé G se meut à travers le bouchon I.
- La figure 2 montre la disposition générale d’un circuit en série dans lequel S S représentent des commutateurs, C C les interrupteurs perfectionnés L L les lampes M un moteur et A A la ligne que suit le courant.
- Composés employés : oxyde de mercure, oxyde d’argent ou de cuivre, azotite de cuivre.
- 178812. — CARRÉ. —Perfectionnements aux piles
- ÉLECTRIQUES
- L’inventeur avait déjà en 1867 préconisé et décrit le mode d’emploi du papier parchemin pour les piles à sulfate de cuivre. Plusieurs types d’appareils ont été ima-
- ginés pour consolider le parchemin. Le dessin figure 1 représente les plus récentes modifications y apportées.
- A est le vase extérieur, B vase en papier parchemin, C pied sur lequel il est ligaturé, c saillie circulaire du pied qui maintient concentriquement un cylindre D percé de trous latéraux; c' oreille centrale du pied, percé d’un trou d’où part le fil e qui vient se recourber sur les bords supérieurs du cylindre D pour maintenir le tout. F croisillon en bois ou toute autre matière non conductrice, sur lequel repose le pied C et le zinc G que les saillies F maintiennent à distance. Ün niveau constant est maintenu dans le vase en papier par le siphon H qui plonge* après avoir été amorcé, dans le godet I muni d’un tube d’écoulement i ; le siphon et le godet peuvent être soudés ensemble.
- Le tuyau a en caoutchouc est scellé dans le .vase A, et permet de faire écouler la solution du sulfate de zinc
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- trop concentrée à mesure qu’on remplit le vase avec une solution à 20 ou 25 degrés.
- Des gouttières extérieures reçoivent l’écoulement des tuyaux a et i de plusieurs éléments alignés.
- Le vase en parchemin est consolidé au moyen d’une bande de môme matière de] 5 à 6 millimètres de largeur prise dans la ligature du pied, et enroulée en hélice jusqu’au sommet où elle est arrêtée par collage ou par couture. Pour une plus , grande solidité, on peut enrouler deux spires en sens contraire. Un fil polaire vertical est logé dans une rainure extérieure du vase D percé de trous. Des fils de cuivre sont enroulés autour de ce vase passant sur le fil vertical qui sert de rhéophore de façon à le toucher.
- Pour empêcher le zinc de toucher le papier, on place sur le sommet du cylindre D (fig. 2) des crochets J en ébonite qui maintiennent concentriquement le zinc G.
- 178835. — RIVAUD. — Nouveau système de contacts
- POUR PILES ÉLECTRIQUES.
- Dans ce système le corps de la presse est formé d'une matière non conductrice, de sorte qu’il n’y a pas à craindre les contacts fortuits entre les électrodes de pôles op-
- posés. La pièce qui établit le contact avec l’électrode est en métal inoxydable.
- Le corps de la presse A est fait d’une matière non ou peu conductrice, ainsi que les vis de pression B et V.
- A l’intérieur de la presse est disposé un contact c en métal inoxydable, tel que le platine, l’aluminium. Ce contact est relié par la languette a à la rondelle b, au centre de laquelle passe la vis B.
- Le corps de la presse pourrait être rendu non conducteur par un vernis [à chaud ou à froid ou par vitrification.
- (4 suivre) E. Dieudonné
- CORRESPONDANCE
- Port de Cherbourg, le 19 avril 1887 Monsieur le Directeur,
- A la description donnée dans votre estimable journal du 9 avril dernier et signée Marinowitch, des appareils météorologiques de E. Gimé, il est presque impossible de reconnaître ce système tel qu’il fonctionne présentement.
- Je trouve étrange que l’inventeur ait indiqué comme générateur du courant électrique alimentant le système, l’élément étalon de Latimer-Clark que je connais, quand il faisait usage d’un élément dérivé en effet du Latimer-Clark, mais dont les conditions de fonctionnement diffèrent énormément.
- Il composait cette pile d’un tube courbé en fer à cheval dans les branches duquel il comprimait du sulfate de mercure et du culfate de zinc, à une des branches de ce tube se trouvait l’électrode de zinc, à l’autre branche l’électrode de mercure.
- La force électromotrice de cette pile équivalait autant que je me le rappelle à environ 1 volt 3o, et les résultats obtenus étaient assez bons, mais sa résistance intérieure élevée (environ i5 ohms) l’on fait écarter antérieurement de ce service, elle exigeait l’emploi d’un trop grand nombre d’éléments.
- La pile qui est définitivement adoptée pour Cet usage est la pile propre de Ë. Gimé (chlorure de sodium, azotate de potasse) dont la force électromotrice est 1 volt 55, avec une résistance intérieure variable de 2 à 4 ohms avec la dimension des éléments.
- ' Je vous fais parvenir en même temps, la description de cette pile telle qu’elle m’a été remise par l’inventeur dans un cours qu’il professait, et dont vos lecteurs pourront tirer profit (*).
- Ce que M. E. Gimé n’a pas indiqué non plus à M. Marinowitch, et qui aurait influé sur la conclusion finale de celui-ci, c’est ;que le circuit n’est pas constamment parcouru par un courant; en effet un mécanisme d’horlogerie envoie toutes les 5 minutes seulement, un courant d’une duréede 3 à 4 secondes dans le circuit du système, ce qui détermine un mouvement ascendant du style inscripteur et la production de 12 traits tracés suivant la génératrice du cylindre de l’enregistreur, dont l’inégale hauteur figure la courbe caractéristique des mouvements de la marée.
- La batterie en service qui est en effet à grand débit fournit donc par heure un courant d’une durée maximum de 48 secondes.
- (1) Nous donnerons prochairtement la description de cette pile.
- N. D. L. R.
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- Je n’al pas à approfondir l’idée qu’à eue M. E. Gimé de décrire son système de la sorte, néanmoins la comparaison de ses données, avec les premiers renseignements qu’il m’a remis, me prouvent que la description qu’il vous a remise a été faite avant la réalisation pratique de son invention.
- Quoi qu’il en soit j’ai l’honneur, monsieur le Directeur, de vous proposer de vous communiquer, pour pouvoir être donné à vos lecteurs les figures descriptives des appareils maréographiques, et l’enregistreur universel E. Gimé s’appliquant indifféremment à l’enregistrement des marées, températures, niveau d’eau, de la pression des gaz et de la vapeur, de l’ntensité et de la force électromotrice des courants, de la vitesse des machines, etc.
- Les dessins soigneusement établis de ces appareils, au montage desquels j’ai coopéré, faciliteront singulièrement la description que j’en donnerai.
- Je dois ajouter en toute connaissance de cause, que l’application du principe faits par M. E. Gimé aux appareils enregistreurs, implique un grand perfectionnement par la simplification d’organes mécaniques, d’une telle complexité, que d’habiles mécaniciens devaient être attachés constamment à ces appareils pour en assurer le fonctionnement.
- Je vous prie d’excuser la longueur de ma lettre qui, tout en éclairant vos lecteurs, servira les intérêts de M. E. Gimé, qui ne pourra pas avoir connaissance avant longtemps de l’article de M. B. Marinowitch.
- Jules SÉGUIN
- Quartier-maître mécanicien, à bord des bateaux torpilleurs
- FAITS DIVERS
- Nous apprenons que la maison Merklin et C'", qui a introduit le nouveau système pneumo-électrique pour la transmission aes mouvements dans les orgues, qui a été appliqué dans plusieurs églises de Lyon, a reçu un diplôme d’honneur pour son orgue électrique de salon qui a figuré à l'exposition des Sciences et des Arts industriels.
- Nous apprenons qu’une maison vient de se fonder à Berlin pour la fabrication de nouveaux accumulateurs, du système Haefner et Langhaus.
- Ces accumulateurs sont d’un système tout particulier, ils sont basés sur l’action de sels alcalins inorganiques ou organiques, sur les amalgames des métaux lourds, qui remplacent l’électrode négative en plomb des accumula» teurs ordinaires 5 l’autre électrode est formée d’un mélange de peroxyde de manganèse et de ptotoXyde de plomb.
- On pourrait obtenir ainsi une force motrice de 3,2 volt
- Ces accumulateurs sont destinés en particulier à l’éclairage domestique, pour les lampes amovibles, on compte pouvoir entretenir 12 bougies pendant 3 heures, avec un élément de 1 décimètre cube environ.
- Le tribunal de Commerce de Bruxelles a rendu une importante décision en matière de Société. Il a annulé, sur la demande de deux actionnaires, une délibération de l’Assemblée générale de la Compagnie Internationale des Téléphones.
- Cette délibération avait pour effet, dit le jugement d’exonérer des pertes sociales, ceux des actionnaires qui n’avaient pas libéré entièrement leurs actions au moment où la dissolution de la Société a été prononcée.
- Le jugement décide, en outre, que cette résolution de l’Assemblée est contraire à l’égalité qui doit exister entre actionnaires et déclare qu’une Assemblée générale quelle que soit la majorité obtenue ne peut modifier la répartition des bénéfices et des pertes qui a été stipulée par les statuts.
- Un des bateaux de VEastern Company, aménagé pour la pose des câbles, le Volta a sombré la semaine dernière dans l’archipel grec, à Mycone.
- Plusieurs hommes de l’équipage, le capitaine et deux des électriciens ont péri.
- Éclairage électrique
- La Compagnie Edison a été chargée d’installer environ 1700 lampes à incandescence dans la salle et sur la scène de l’Opéra Comique à Paris.
- Nous avons annoncé, autrefois, la construction d’un tramway électrique de Vevey à Montreux; aujourd’hui,’ nous apprenons la construction d’une ligne à l’autre extrémité du lac Léman, entre Genève et la petite ville de Coppet.
- L’éclairage électrique de l’Exposition Internationale des Chemins de fer, au bois de Vincennes, qui doit s’ouvrir au mois de mai, comprendra, sur une surface de 90 hectares, 2000 régulateurs à arc de 2000 bougies et 2000 lampes à incandescence depuis i5 jusqu’à 125 bougies, spit en tout une puissance lumineuse de 940,000 bougies, constamment en activité.
- Cet éclairage formidable sera alimenté par 16 dynamos. On a prévu une puissance de 5oo Chevaux, mais ces chiffres que nous empruntons à la Chronique Industrielle, ne nous paraissent guère compatibles entr’eux.
- La longueur totale des circuits serait de 5o kilomètres»
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Nous avons.déjà,parlé plusieurs-fois de la'.station centrale de Bellegarde sur , Valserine ; cette, installation se développe de plus en plus, et.elle comprend actuellement 58o lampes, à incandescence, soit.dans la ville, soit à la gare de la station; un circuit spécial dessert celle-ci. ;
- On a disposé également un circuit particulier pour la distribution de force ; cinq moteurs sont actuellement en activité, le principal sert de force motrice pour un atelier de construction de machines dynamo, système Bovy.
- Bellegarde doit également être pourvu sous peu d’un réseau téléphonique.
- L’éclairage électrique de la grande place à Bruxelles va recevoir certaines modifications. Au lieu d’éelairer seulement le sol, on enverra des faisceaux de lumière sur les édifices de construction ancienne qui entourent la Place, et principalement sur l’Hôtel-de-Ville. A cet effet, l’éclairage actuel sera doublé, et l’on fera usage de 4 foyers puissants, placés deux à deux à l’extrémité de nouveaux mâts dessinés par l’architecte de la ville. La machine actuelle sera remplacée par un moteur à vapeur de 20 chevaux, et l’on changera également les dynamos.
- L’ingénieur de la Ville s’est déjà. entretenu avec quelques constructeurs électriciens au sujet de cette transformation, mais il est douteux que son projet améliore beaucoup l’effet produit, parce que la répartition de ces quatre foyers n’est pas chose facile, si elle doit être faite dans des conditions avantageuses.
- MM. de Smet et Dhanis, grands filateurs de Gand, ont fait installer la lumière électrique dans leur vaste établissement au moyen de 36o lampes à incandescence Edison de 16 bougies.
- Une dynamo alimente 3oo lampes, une autre 60, et la force motrice est fournie par le moteur à vapeur de l’usine ou bien par un moteur spécial installé pour le cas où la machine à vapeur viendrait à faire défaut.
- L’installation comprend six circuits de 60 lampes et chaque circuit aboutit à un commutateur spécial. Les frais se sont élevés à 25,000 francs et le prix de revient de l’éclairage est de 3 centimes par heure et par bec de gaz remplacé.
- Nous avons décrit, dans le temps, l’éclairage électrique des magasins du Bon-Marché, cette installation a été complètement transformée, et elle est actuellement terminée, nous aurons prochainement l’occasion d’en donner une description.
- Comme nous le laissions prévoir dans un numéro précédent, la question de l’éclairage électrique a été résolue à Genève, au moins en: partie; le Conseil municipal a accordé la concession à une compagnie électrique, pour l’éclairage privé, pendant une période de neuf ans ; on pense cependant qu’il y aura procès avec la Compagnie du gaz.
- •' : Télégraphie et Téléphonie
- " On annonce que le gouverneur de Varsovie a ordonné l’établissement de communications télégraphiques au moyen de lignes souterraines entre toutes les forteresses de la Pologne russe.
- Le Japon est relié à l’Europe par deux lignes télégraphiques, l’une passant par Hong-Kong et l’Inde, l’autre par la Chine et la Sibérie. Il est question d’établir une nouvelle ligne passant par les îles Hawaï et l’Amérique. Quant à l’intérieur du pays, il commence à être sillonné de fils télégraphiques ; toutes les grandes villes et tous les chefs-lieux de provinces sont reliés à la capitale.
- Les trois principales lignes partent de Tokio et vont, la première à Hakodaté, la seconde et la troisième à Kobé et Nagasaki ; ces dernières passent : l’une par le Tokaido, l’autre par le Nakasendo.
- La ligne internationale Paris-Bruxelles, dont nous avons annoncé l’ouverture et le bon fonctionnement au mois de février, semble fort goûtée des abonnés; les boursiers en particuliers auraient souvent l’occasion de la mettre à contribution.
- On annonce, qu’à la suite d’un arrêt dans les communications, causé par une rupture, près de Maubëuge, on serait disposé à poser une deuxième ligne.
- Notre confrère l'Electrician de Londres attribue à M. Granet, ministre des Postes et Télégraphes, le projet d’établir une communication téléphonique entre Paris et Londres.
- La Western Countries and South Wales Téléphoné C°, vient de terminer la construction de la ligne téléphonique de Bristol à Cardiff, qui fonctionne parfaitement bien. La ligne a environ 106 kilomètres et sa construction a été beaucoup retardée par suite du mauvais temps des deux derniers mois.
- A la suite des nombreux procès intentés par l’XJnited Téléphone Company en Angletèrre, au sujet de l’emploi des récepteurs, à aimants permanents et diaphragmes en fer doux, et des transmetteurs microphoniques, on a fait de nombreuses tentatives pour échapper à ce monopole.
- La Stanhope Company entr’autres, construit actuellement, d’après lés brevets de MM. Stanhope et Anders des postés téléphoniques, dans lesquels récepteurs et transmetteurs sont constitués par des téléphones à électro-aimants et à diaphragmé non magnétique, muni d’une atmature légère.
- Le Gérant : Dr C.-G. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Electrique, 3i,'boulevard des Italiens Paris. — L. Barbier.
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- Journal universel d’Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- DIRECTEUR D' CORNELIUS HERZ
- 9* ANNÉE (TOME XXIV)
- SAMEDI 7 MAI 1887
- N» 19
- SOMMAIRE. — L’Aluminium et son électrométallurgie; Gl Richard. — Le moteur Immisch ; W.-C. Rechniewski. — Nouveaux signaux de chemins de fer ; K.... e. — Sur l’autorégulation des machines dynamos par les enroulements compounds; C. Reignier. — Nouvelle méthode d’emploi du thermomultiplicateur; E. Branly. — De l’équilibre thermique dans l’électrolyse ; D'Tommasi. — Revue des travaux récents en électricité : Courbes magnétiques isogoniques, par M. Decharme. — Coup de foudre à Schoren, par M. D. Colladon. — Effet des percussions sur les variations du moment magnétique des aimants permanents, par ' M.; Brown. — Les stations centrales en Europe. — Correspondances spéciales dé l’étranger : Allemagne ; D‘ H. Michaelis. — Angleterre ; J. Munro. — Etats-Unis; J, Wetzler. — Bibliographie : « Lehrbuch der Allgemeinen Electrisation des menschlichen Kœrpers », par C. Stein ; E. Dieudonné. — Brevets d’invention; P. Clemenceau — Correspondance : Lettres de MM. Hoho, Claude, Napoli. — Faits' divers.
- L’ALUMINIUM
- ET SON
- ÉLECTRO-MÉTALLURGIE {*)
- Bien que l’aluminium soi, peut-être le plus ré*-pandu des métaux, sa préparation scientifique, due à Wohler, ne date que de 1845, et sa préparation industrielle, de 1854, à la suite des travaux de Deviïîe. Il a fallu, en effet, pour préparer industriellement l’aluminium, non seulement inventer une méthode de fabrication,' mais instituer, comme nous le verrons en décrivant le procédé
- (') A consulter sur l’aluminium. .
- Deville, « De l’Aluminium », ses propriétés, sa fabrication (Mallet, Bachelier, Paris i85g). Rapport de la section française du Jury International, Paris 1862, p. 100, « Bulletin de la Société d’encouragement », 1864, P- 247.
- Margottet. « L’Aluminium ». Encyclopédie chimique, Paris, Dunod, 1884.
- Miérrinsky. « Die Fabrikation des Aluminium », Vienne i885.
- de Deville tel qu’on l’applique aujourd’hui à Salindres, les trois fabrications annexes de l’alumine, du chlorure d’aluminium et du sodium.
- La difficulté des procédés chimiques de fabrication de l’aluminium sont telles que l’usage de ce métal, auquel M. Weldon a donné le nom caractéristique de fer de l’avenir, ne s’est pas encore répandu.
- On est, en effet, obligé d’employer, pour réduire l’alumine, un réactif très coûteux, le sodium, car l’affinité de l’aluminium pour l’oxygène est telle, qu’on ne peut guère réduire l’alumine directement par le charbon, sinon, peut-être, aux températures exceptionnellement élevées de l’arc électrique; c’est ainsi qu’on est arrivé à chercher dans l’électricité le moyen de substituer au sodium un réducteur moins coûteux.
- Richards, «c Aluminium , its History... » Londres, Sampson, I.ow, 1887.
- Self. « Aluminium and its Alloys », Journal of the Franklin Institute, mars, avril, mai 1887.
- Tissier. « Recherche de l’Aluminium », Paris i858. « Répertoire de Chimie pure », 1861, vol. 3, p. 247.
- Weldon. « Journal of the Chemical Industry », septembre 1883.
- Wurtz. « Dictionnaire de Chimie », vol. 1, p. 166, et « Extraits dés rapports de A. W. Hoffmann », i8/5.
- 16
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- A côté de cette solution, qui intéresse plus par-ticulièrement les lecteurs de ce journal, il s’en présente tout naturellement une autre, qui consiste à fabriquer le sodium à meilleur marché; nous verrons bientôt que M. Castner, de New-York, a tout récemment simplifié de beaucoup la fabrication de l’aluminium.
- Nous allons maintenant décrire successivement les principales propriétés de l’aluminium, ses procédés d'extraction de la bauxite ( alumine hydratée) et de la cryolite (fluorure double d’aluminium et de sodium ) par les procédés chimiques et par les méthodes plus récentes et encore incertaines de l’électrométallurgie.
- Propriétés principales de l’aluminium.
- La propriété la plus saillante de l’aluminium est sa très faible densité, 2,5o à 2,70, qui, jointe à une ténacité de 12 à 20 kil. par m. m2., en fait l’un des métaux spécifiquement les plus résistants; aussi résistant, à poids égal, que l’acier.
- L’aluminium en lingot rend un son cristallin très pur, mais on n’a pas encore pu en fabriquer des cloches.
- D’un blanc légèrement bleuâtre, il prend, comme l’argent, un beau mat, sous l’action d’une dissolution faible de soude caustique, et se polit au brunissoir.
- Inodore et insipide lorsqu’il est pur, il dégage, lorsqu’il renferme du silicium, une forte odeur d’hydrogène silicié, qui lui donne aussi un goût de fer prononcé.
- Malléable presque autant que l’or, il se bat comme lui en feuilles minces et s’étire en fils très fins aussi tenaces que l’argent après plusieurs recuits. A basse température, son élasticité est la même à peu près que celle de l’argent, et son allongement élastique atteint environ 2,5 0/0.
- Il fond à 700° environ.
- Conductibilité électrique : moitié de celle du cuivre ;
- Conductibilité thermique : o,o65 de celle de l’argent ;
- Chaleur spécifique très élevée : 0,225 ;
- L’aluminium est peu magnétique.
- Inattaquable à l’air sec ou humide, par l’eau
- même au rouge, par l’hydrogène sulfuré, l’acide sulfurique et l’acide azotique, il est attaqué rapi-ment par l’acide chlorhydrique et les dissolutions alcalines, sauf l’eau amoniacale , et très peu par les acides et les sels organiques.
- L’aluminium est rarement pur ; il renferme souvent de faibles proportions de fer, de plomb, de sodium, de silicium, qui s’y combine comme le graphite au fer, et des gaz occlus, 'acide carbonique et hydrogène. Ces impuretés modifient très vite les propriétés de l’aluminium, principalement son inaltérabilité, si précieuse pour la plupart de ses applications.
- L’aluminium se soude difficilement, au moyen de fondants d’aluminium de cuivre et de zinc appliqués à l’aide d’outils en aluminium. On peut le couler facilement dans des moules de sable poreux très secs ei bien ventilés, car il est toujours légèrement pâteux.
- L'aluminium peut remplacer avantageusement l’argent dans la bijouterie et les appareils culinaires; le laiton, dans les télescopes, les sextants, les jumelles; le fer ou l’acier, dans les appareils de précision, les balances et les porte-crayons; mais ses applications se sont encore peu répandues en roison de son prix trop élevé.
- Bronzes d'aluminium.. — L’aluminium donne avec le cuivre un certain nombre d’alliages ou de bronzes,dont le plus précieux est celui de 10 d’aluminium pour 90 de cuivre ou d’un équivalent d’aluminium pour neuf équivalents de cuivre; c’est un véritable alliage qui ne se liquate pas et se forme avec un dégagement de chaleur considérable. Bien préparé , après plusieurs fusions, il est ductile, malléable comme le fer dont il a la .densité , 7,80; sa ténacité [peut égaler après le martelage celle de l’acier, 55 à 60 kil. par m.m2. en fils, il résiste à des tractions de 85 kil par m.m2. Il se lamine facilement au rouge vif, température à laquelle il ne supporte pas le martelage.
- D’une couleur jaune d’or, susceptible d’un beau poli et peu altérable, ce métal pourrait remplacer avantageusement les bronzes ordinaires, et parfois l’acier, comme pour les canons, les plumes, les ressorts et certaines pièces de machines.
- Le bronze à 5 0/0 d’aluminium, plus tendre que le bronze à 100/0, est aussi très malléable, mais il se ternit rapidement.
- Le bronze à 2 ou 3 0/0 donne de très beaux
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- moulages et se travaille facilement au burin et au ciseau.
- Au-delà de 100/0 d’aluminium, les bronzes deviennent très durs, friables, cassants, inutilisables en pratique ; tel est le cas du bronze à 20 0/0 d’aluminium, qui a l’aspect blanc et la fusibilité du bismuth.
- L’aluminium forme avec le cuivre toute une série de laitons très tenaces qui n’ont pas encore été utilisés dans l’industrie.
- Leur composition varie entre les limites suivantes :
- Cuivre........ 67 à 71 0/0
- Zinc.......... 27 1/2 à 3o 0/0
- Aluminium... 1 1/4 à 3 0/0
- l’alliage de 67 4 0/0 cuivre, 26.8 zinc, 5.8 aluminium, résiste à une tension de 67 kil. parm.m2.
- Tous ces bronzes exigent pour leur fabrication du cuivre extrêmement pur.
- Les alliages des bronzes d’aluminium avec le nickel donnent des métaux très ductiles pouvant supporter jusqu’à 70 kil. par m.m2. à la traction.
- Alliages mitis. — L’aluminium s’allie très facilement au fer. Les plus intéressants de ces alliages sont dûs àM.P. Otsberg de Stockolm, et connu sous le nom de fontes mitis.
- On ajoute à du 1er presque fondu dans un creuset de plombagine environ o,o5 0/0 d’aluminium qui forme aussitôt avec le fer un alliage beaucoup plus fusible. L’aluminium est ajouté au fer du creuset sous la forme d’un alliage riche de fer et de 6 à 8 0/0 d’aluminium préparé, par le procédé Cowles ou par une méthode spéciale à M. Otsberg, qui consiste essentiellement à fondre un mélange de fer et d’argile.
- Les alliages mitis, fibreux comme le fer et plus tenaces de 3o à 5o 0/0, remplaceraient avantageusement les fontes malléables.
- FABRICATION t>E L’ALUMINIUM
- Procédés chimiques» — Les principales méthodes chimiques de fabrication de l’aluminium sont, comme nous l’avons dit, fondées sur la réduction de l’alumine pal le sodium.
- Procédé de Salindres. — Le procédé suivi à Salindres pour la fabrication industrielle de l’aluminium comprend essentiellement les quatre opérations suivantes :
- i° Préparation de l’aluminatè de soude ;
- 20 Préparation de l’alumine;
- 3° Préparation du chlorure double d’aluminium et de sodium;
- 40 Extraction de l’aluminium de ce chlorure.
- Nous allons décrire rapidement, comme le comporte le cadre de ce journal, ces quatre phases du procédé.
- i° Préparation de l’aluminatè de soude. — On prépare l’aluminatè de soude en calcinant la bauxite (aluminate de fer) avec du carbonate de soude; il se forme de l’aluminatè de soude soluble, de l’oxyde de fer insoluble et de l’acide carbonique. Le mélange s’opère dans la proportion de 1 de bauxite pour 2 de carbonate de soude finement pulvérisé. L’opération doit s’opérer à une température assez élevée et ne se terminer, en cinq ou six heures, qu’après la décomposition complète de tout le carbonate de soude, reconnaissable à ce que la matière traitée par un acide ne dégage plus aucune effervescence d’acide carbonique. L’aluminatè de soude obtenu, infusible mais très soluble dans l’eau, est séparé de l’oxyde de fer par un lavage méthodique, consistant à traiter l’aluminatè d’abord par une faible dissolution provenant- de l’épuisement de la charge précédente et qui donne aussitôt une solution riche, puis par de l’eau pure, qui achève de l'épuiser et sert à former la dissolution forte de la charge suivante. La bauxite doit être choisie aussi dépourvue que possible de silice, qui formerait en pure perte avec la soude et l’alumine des silico-alumi-nates de soude peu solubles.
- 20 Préparation de l’alumine. — On prépare l’alumine en décomposant l’aluminatè de soude par l’acide carbonique; il se forme du carbonate de soude soluble, que l’on sépare de l’alumine par un lavage. La précipitation s’opère méthodiquement, en faisant passer l’acide carbonique
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- dégagé par la réaction de l’acide chlorhydrique sur la craie à travers des dissolutions d’alumi-nate de soude de plus en plus riches. La réaction, qui n’est guère complète qu’au bout de cinq à six heures, ne doit pas atteindre une température supérieure à 70 degrés environ, sous peine de n’obtenir qu’un précipité d’alumine gélatineux, difficile à séparer du carbonate de soude, en quelque sorte imbibé dans sa masse.
- La dissolution de carbonate de soude, filtrée pour la séparer de l’alumine, est ensuite évaporée, de manière à utiliser presque indéfiniment le même carbonate. On achève de séparer l’alumine par l’action d’une essoreuse dont la force centrifuge enlève ce qu’elle contiendrait encore de carbonate de soude après la filtration. L’alumine ainsi préparée ne contient plus que 2 à 3 0/0 de carbonate de soude.
- 3° Préparation du chlorure double d’aluminium et de sodium. — On obtient le chlorure double d'aluminium et de sodium en chauffant un mélange d’alumine de sel marin et de charbon de bois pulvérisé, aggloméré en boulettes de la grosseur du poing, séchées à i5o degrés, ayec le plus grand soin, puis portées au rouge vif dans une cornue verticale par le bas de laquelle on introduit un courant de chlore. Le chlorure double se sublime par le haut de la cornue dans des récipients en terre. Le chlorure double ainsi obtenu ne renferme que des traces de fer. Les cornues ont environ 1,20 m. de haut sur 0,20 mètre de diamètre ; une opération dure douze heures.
- Le chlorure double présente, sur le chlorure simple d’aluminium, l’avantage d’être plus stable et d’un maniement plus facile.
- 4* Extraction de l’aluminium. — L’aluminium s'extrait du chlorure double d’aluminium et de sodium, en le traitant, dans un four à réverbère, par le sodium il se forme du chlorure de sodium et de l’aluminium parce que le sodium a, pour le chlore, plus d’affinité que l’aluminium mais, comme la réaction pure et simple de ces deux substances ne fournirait que des grains d’aluminium, il faut leur ajouter un Jondant qui agglutine èe métal et permet d’en obtenir des lingots. On emploie comme fondant la cryolite, —fluorure double d’aluminium et de sodium, — intimement mélangée au préalable avec le chlorure
- double, et qui forme avec le chlorure de sodium une scorie très fusible, au-dessous de laquelle l’aluminium s’assemble en grande masse.
- La réaction, d’abord très vive dans le four préalablement porté au rouge, se termine ensuite plus lentement, au bout de trois heures environ, après de nombreux brassages. On décante, une fois l’opération terminée, d’abord la scorie, qui surnage sur l’aluminium, puis l’aluminium que l’on coule dans des lingotières en fonte, et enfin la scorie grise, plus lourde, qui se trouve au-dessous de l’aluminium. Celui-ci entraîne toujours un peu de scories dont on le débarrasse par plusieurs fusions. En outre, la cryolite renferme souvent des traces de phosphore qui nuisent à la qualité de l’aluminium.
- On traite d’un coup, une charge de 100 kilogrammes de chlorure double, 45 de cryolithe et de 35 de sodium qui fournissent envion io,5oo kilog. d’aluminium.
- L’aluminium ainsi préparé revenait, à Salin-tires, à 80 francs le kilogramme, en 1872; en comptant le sodium à 1 i,32 fr. le kilogramme, ce prix se décomposait comme il suit (*) :
- fr. c.
- Sodium; 3,44 kil., à 1 i,32 fr. le kilog. 38 90 Chlorure double; 10,04 kil. à 2,48 fr.
- le kilogramme....................... 24 90
- Cryolite; 3,87 kil., à 61 fr. les 100 kil. 2 36
- Charbon; 29,17 kil., à 1,40 fr. les 100 k. 041
- Salaires..., ........................ . 1 80
- Frais divers........................... o 88
- Total.......... 69 25
- Frais généraux de 100/0.......1...... 6 92
- . .76 17
- Soit, en chiffres ronds, 80 francs le kilogramme. On le vendait environ 100 francs.
- La production annuelle de Salindres était, à cette époque, d’environ 3,600 kilogrammes. C’était, en Europe du moins, la seule usine où l’on fabriquait industriellement l’aluminium d’après une méthode véritablement pratique et complètement déterminée.
- pj Richards, p. 172.
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- On a proposé un grand nombre de méthodes destinées à perfectionner ou même à transformer complètement le procédé de fabrication que nous venons de décrire; mais, comme aucune d’elles n’a encore permis d’obtenir une amélioration vraiment industrielle, nous nous contenterons d’indiquer la théorie des plus intéressantes parmi ces propositions.
- Réduction par le sodium. — M. Webster traite par l’acide chlorhydrique un mélange de 3 parties d’alun et d’une de goudron, 'préalablement agglomérés à 25o degrés environ, dont le résidu est soumis, dans une cornue chauffée au rouge, à l’action d’un couranf de vapeur d’eau et d’air qui le transforme en un mélange d’alumine et de sulfate de potasse dont on sépare l’alumine par un lavfge à l’eau bouillante. On obtiendrait ainsi une alumine dépourvue de fer et de silice. M. Webster a établi près de Birmingham, à Hollywood, une usine pour l’application de ce procédé, qui, d’après lui, produirait l’alumine à o,5o fr. le Jj^ggramme, au lieu des 0,80 fr. qu’elle coûte à Salindres.
- Le procédé employé aux Etats-Unis par le colonel Frishmuth consiste essentiellement à faire agir l’une sur l’autre des vapeurs de sodium et de chlorure double d’aluminium volatisés dans des cornues séparées, et qui se rencontrent dans un récipient intermédiaire. Le chlorure double est volatilisé en présence du sel marin dans un courant de chlore, et la vapeur de sodium est produite par le chauffage au rouge du carbonate de soude en présence du charbon. D’après Richards, l’usine de M. Frismuth produisait environ 54 kilogrammes d’aluminium par an en 1884. C'est de cette usine qu’est sortie la pyramide d’aluminium de 4 kilogrammes, de i5o m. m. de côté sur 25o m. m. de haut, qui couronne l’obélisque de Washington.
- M. H.-J. Castner est l’inventeur d’un procédé qui permettrait de réduire considérablement le prix du sodium et, par conséquent, celui de l’aluminium produit au moyen de ce réactif, qu’aucun autre n’a encore pu remplacer dans l’industrie.
- La méthode la plus généralement employée pour la fabrication du sodium consiste, comme
- on Je sait, à réduire le carbonate dé soude par un mélange de charbon et de craie ajoutée pour empêcher le charbcn de surnager sur le bain qui reste alors à l’état pâteux. La conséquence de cette addition de craie est d’élever considérablement la température de la réaction, de sorte que les cornues en fer où elle s’accomplit s’usent rapidement. M. Castner a eu l’idée de remplacer la craie par du fer que l’on mélange en limaille à 3o 0/0 de charbon sous forme de brai, de manière à former un carbure de fer défini par la formule FeC2. Ce composé a une densité telle que, chauffé avec de la soude caustique, il reste constamment à l’intérieur du bain, en contact intime avec la soude qu’il décompose suivant la réaction
- 3 N<* OH + F<?C2= 3Na + Fe+CO+ CO3 + 3 H
- réaction qui se produit à une température de 900° environ au lieu de i,5oo°, et avec une dépense de charbon'environ trois fois moindre qu’avec le procédé ordinaire. D’après M. Castner, on pourrait produire ainsi en grand le sodium au prix de 3 francs le kilogramme, tandis qu’à Salindres il revient à 10 francs environ. Comme il faut, pour fabriquer un kilogramme d’aluminium, dépenser environ 3,5o kilog. de sodium, on voit que le prix du kilogramme d’aluminium pourrait être abaissé de 3o francs environ. M. Castner a fondé, en Angleterre, une usine pour l’application de son procédé, qui donne les plus belles espérances, mais qui n’a pas encore reçu la consécration d’une pratique suffisamment prolongée.
- Réducteurs divers. — On a proposé depuis longtemps, pour la réduction de l’aluminium, l’emploi d’un grand nombre de réactifs autres que le sodium, tels que l’hydrogène, l’hydrogène carburé, le carbone et l’oxyde de carbone, le ter, le cuivre, le zinc, le plomb, le manganèse, etc. sans compter l’électricité, mais nous ne pouvons que renvoyer le lecteur aux mémoires originaux des inventeurs de ces procédés, demeurés presque tous à l’état d’ébauche
- (>) Voir Richards, Aluminium, etc. Réduction par le cyanogène (Knowles, Brevet anglais, n° 1742, i858).(Corbelli
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- L’un de ces procédés mérite néanmoins d’attirer l’attention, c’est celui de M. W. P. Thompson (* 1 2) qui proposait de réduire le fluorure ou le chlorure double d’aluminium et de sodium par l’action combinée du fer et du carbone ou de l’hydrogène dans une sortedeconvertisseur Bessemer à deux compartiments, dont l’un, qui renferme de la fonte en fusion, est déversé, par la bascule du convertisseur, dans le second compartiment au bas duquel on injecte de l’hydrogène et des vapeurs de chlorure double. Il se forme un composé de fer d’aluminium et de carbone que l’on repasse au premier compartiment où l’on brûle son carbone par une injection d’air, puis au second compartiment, où l’on achève la réduction par l’hydrogène, après avoir brûlé presque tout le fer : on obtient ainsi un alliage très-riche d’aluminium et d’un peu de fer.
- PROCÉDÉS ÉLECTRIQUES
- Nous allons maintenant passer en revue les principaux procédés proposés pour la fabrication de l’aluminium au moyen de l’électricité.
- Nous nous bornerons à rappeler les procédés électrolytiques bien connus de Deville (3) et de Bunzen (3), récemment repris avec quelques perfectionnements par Gratzel ('*).
- Wagners Jahwsb, 1859); l’hydrogène (Gerhard); l'hydro-gènecarbnré(Fu£UK.Y,Chemical News, 1869,p. 3‘îï)\\\echarbon et l’acide carbonique (Morris, Dingler, i883 v. CCLXIV, p. 85); le charbon (Chapelle, Comptes rendus, 1854, v.XXXVIIIp.358);le/<?r, LANTERBORN,Z)ing-/er,v.CCXXXXIi, p. 70), Niewerth, (Scientif. American supp., 17 novembre 1883); le cuivre (Calvert et Johnson, Philosophical Magazine, i885, p. 242, vol. X), Benzon, (Brevet anglais, 2753 de 1858); le fine (Dullo, Bulletin delà Société chimique, 1860, p. 472, vol. IV), (Basset, Génie industriel, 1862, p. i52, Journal de pharmacie, 1866, p. ï 55), (Seymour, Brevets américains, 291,631, 8 janvier 1884, et 337,996, 16 mars 1886); le plomb (Wilde, Scientif. American supp., 1; août 1877); Le manganèse (Weldon, Brevet anglais, n 97, de i883).
- (1) Brevet anglais, 2101, de 1879. Bulletin de laSoc'été chimique de Paris, 1880, vol. X p. 128 et 719.
- (2) Annales de Physique et de Chimie, 3" série, vol. 46, p, 415, 450.
- (3) Annales de Physique et de Chimie, 3' sérls, vol. 43, P- 27-
- (*) La Lumière Electrique, 3i mai 1884, p. 347.
- La précipitation de l’aluminium par l’électro-lyse n’a guère jusqu’ici réussi que par la voie sèche, à une température élevée, et avec des difficultés qui paraissent en interdire l’emploi à l’industrie, mais il n’en serait plus ainsi depuis l’invention du DT Kleiner de Zurich, qui serait, à en croire ses nombreux partisans, sur le point de révolutionner l’industrie de l’aluminium (*).
- Procédé du Dr Kleiner. — La cryolite — fluorure double d’aluminium et de sodium —finement pulvérisée et traitée par un courant électrique très puissant, se décompose en aluminium et en fluorure de sodium soluble. On obtiendrait ainsi environ 3 grammes d’aluminium par cheval-heure dépensé à la dynamo.
- On emploie comme électrodes des charbons plongés dans un creuset de plombagine ou de bauxite comprimée. Le charbon négatif plonge dans la cryolite en poudre et desséchée au fond du creuset, l’électrode positive est au-dessus ; on l’abaisse jusqu’à ce que l’arc jaillisse avec une tension de 80 à 100 volts et une intensité de 60 a 80 ampères, puis on ajoute de la cryolite en poudre à mesure que la fusion s’opère auprès de l’arc, jusqu’à ce qu’il se produise au centre du bain une masse fluide d’un éclat très vif. L’arc proprement dit disparaît alors, la tension s’abaisse à 5o volts environ, et la fusion s’étend bientôt à l’ensemble du bain,quel’on maintient en fusion tranquille à la température la moins élevée possible pendantdeux outrois heures. L’électrode positiveadopiéeparM. Kleiner présente une forme particulière , c’est un cylindre de charbon creux autour duquel peut se déplacer une longue tige de charbon qui sert à amorcer l’arc entre son extrémité et celle du charbon négatif à fleur du bain ; après l’amorçage, on fait tourner la tige de charbon de manière à accumuler entre les charbons positif et négatif un anneau de cryolite fondue, qui les protège pendant toute la durée de l’opération après le retrait de la tige d’amorçage.
- M. Kleiner serait sur le point d’établir à Wol-verhampton une usine où l’on produirait environ 100 kil. d’aluminium par semaine avec une puissance de, près de 5oo chevaux ; on produirait, d’après lui, l’aluminium à moitié prix de ce qu’il coûte aujourd’hui.
- (l) Engineering, 25 mars 1887, p. 278.
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- Le procédé Cowles, qui se ramène à une réduc. tion de l’aluminium par le carbone, est déjà connu rie nos lecteurs (*) ; nous nous bornerons à reproduire la partie la plus essentielle du mémoire présenté à ce sujet, par M.W.P.Thompson, agent de MM. Cowles frères, en Angleterre, devant la Society of Chemical Industry à Liverpool, en avril 1886.
- « Le courant de la dynamo traverse le fourneau par un circuit entièrement métallique à l’exception du point où il est interrompu par les électrodes de charbon et la masse de charbon pulvérisé au sein de laquelle s’opère la réduction.
- « Le circuit, constitué par des câbles de i3 fils de 7,1 m.m. de diamètre, est pourvu d’un ampèremètre qui donne à chaque instant l’intensité du courant , dont les déviations indiquent exactement la marche du fourneau, et d’une résistance variable à volonté, qui agit comme un dispositif de sûreté lorsqu’on fait passer le courant d’un fourneau à l’autre ou lorsqu’on l’interrompt par un commutateur.
- « On a essayé, pour protéger les briques du fourneau, d’abord le c.harbon de bois pulvérisé, infusible et peu conducteur; mais il se transforme bientôt en graphite trop conducteur. On évite cet inconvénient en formant la garniture de poussier de charbon lavé puis baaigeonné au lait de chaux. On étend cette garniture au fond du fourneau sur une épaisseur de 80 m.m. environ.
- « La charge d’un fourneau se compose ordinairement de :
- 25 livres d’alumine sous sa forme cristallisée de corindon ;
- 12 livres de charbon de bois ;
- 5o livres de cuivre eh grenailles, ou mieux, en petits barreaux disposés transversalement à la direction des électrodes et qui ne présentent pas, comme les grains, l’inconvénient de fermer le circuit par leur fusion.
- (1) Voir La Lumière Électrique, 6 mars 1886, p. 464, 10 octobre i883, p. 93 . le Génie civil, 14 août 1886, p.248, XeScientific Amer, supplément, 26 septembre i885, p.8n3, 1 ajournai of thc Franklin Institut, février 1886, p. m, les Brevets Anglais 0gg4, 9 juin 188? et 2403, 18 février
- J8§§.
- « Le fourneau chargé, on commence l’opéra-ration avec les électrodes très rapprochés, en ayant soin d’intercaler une résistance suffisante pour éviter qu’il se forme un court-circuit par la fusion trop rapide du cuivre, puis on écarte graduellement les charbons, jusqu’à ce que l’ampèremètre indique i,3oo ampères avec une tension de 5o volts. On maintient ainsi ce régime aussi constant que possible pendant cinq heures, en amenant successivement, par le déplacement des charbons, toutes les parties de la charge dans la zone de réduction; à la fin de l’opération, lorsque les charbons sont écartés de toute la longueur (om,39) du fourneau, on interposera résistance de manière à les transporter sans danger à un autre foyer.
- « On augmente le rendement de l’appareil en inclinant les charbons de 3o° environ sur l’horizontale.
- « La dynamo fait passer dans le fourneau électrique une énergie de 90 chevaux. Au commencement, le cuivre se fond au centre du foyer, puis, la chaleur ne pouvant s’échapper à mesure qu’elle se produit, le corindon entre en fusion et abandonne son oxygène au charbon qui l’entoure.
- « On ne saurait affirmer si cette réaction est due à la chaleur seule, à l’électricité seule, ou à ces deux causes à la fois. Si elle est due, comme le pense M. Cowles , à l’électricité seule, nous sommes en présence d’un cas tout particulier d’é-lectrolyse accompli par un courant alternatif. S’il n’y avait pas de cuivre, l’aluminium se transformerait, à mesure qu'il se dégage, en carbure d’aluminium cristallisé, tandis que le cuivre, qui entre positivement en ébullition, forme avec l’aluminium un alliage très riche, de i5,'3o et même 40 0/0 d’aluminium , blanc et brillant, que l’on fond en lingots, en y ajoutant la dose de cuivre nécessaire pour constituer le bronze au titre voulu.
- « On produit en 10 heures, par deux coulées, environ 100 livres, eu 45 kil. d’alliage blanc, qui revient à 4 fr. 5oie kilogramme.
- « MM. Cowles vont bientôt établir un fourneau de 1,200 chevaux qu’ils espèrent faire marcher d’une façon continue, comme un haut fourneau ordinaire.
- « On peut remplacer le cuivre par tout autre tre métal susceptible de s’allier à l’aluminium sans se volatiliser à ces températures très élevées.
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- 358 ;
- C’est ainsi que MM. Cowles ont fabriqué les alliages de :
- 5o 0/0 de fer pour 5o 0/0 d’aluminium 75 0/0 de nickel pour 25 0/0 d’aluminium
- « On peut aussi produire par ce procédé des alliages ternaires d’aluminium, de cuivre, de bore ou de silicium. Lorsqu’on réduit de l’argile (silicate d’alumine ) en présence du cuivre, on obtient un alliage de cuivre d’aluminium et de silicium, blanc, brillant et cassant s’il renferme plus de 10 0/0 d’aluminium et de silicium. Lorsque cet alliage renferme de 2 à 6 0/0 d’aluminium et de silicium, il constitue un bronze inoxydable, doré, d’une tcnacité extraordinaire de 140 kil. par millimètre carré après le tréfilage. »
- Le procédé Cowles n’a, jusqu’ici, fourni qui des alliages très riches d’aluminium et de cuivre; on ne peut guère le considérer, au point de vue scientifique, que comme une heureuse adaptation des procédés de fusion électrique suggérés depuis longtemps par de nombreux savants, mais qui n’ont pu prendre une importance pratique que grâce au développement de la machine dynamo (1).
- Le procédé Cowles, bien que poursuivi avec une grande persévérance et des moyens d’exécution très puissants, n’a pas tenu, à notre connaissance du moins, la promesse de son inventeur, de produire industriellement l’aluminium à 4 frs. le kilogramme, ou, volume pour volume, au même prix que le cuivre à 1 fr.5o le kilog, qu’il pourrait remplacer avantageusement dans un si grand nombre d’applications.
- L'électro-métallurgie de l’aluminium n’a oas pas encore reçu d’application en France, sauf, à notre connaissance, du moins, de la part de M. Heroult, qui a bien voulu nous adresser au sujet de ses premiers essais, la note suivante :
- « Le procédé consiste dans la décomposition directe de l’alumine en fusion par un courant électrique.
- « Dans nos premiers essais, une certaine quantité de criolythe était employée, en vue de donner (*)
- (*) Siemens. Brevet Anglais, 2110, (1879). Le gaz et l’électricité comme moyen de chauffage. ( Gauthier-Villars 1881) Grove, Pichon, Joule, Fox. (La Lumière Électrique, 20 février 1886 p. 35o) Jablochkoff. S.c. Amer. supp. 22 septembre i883.
- de la fluidité au bain; ce bain était chauffé, dans un fourneau, à une température considérable, et subissait alors l’action du courant.
- « Avec les forts courants, le fourneau est devenu inutile, l’échauffement produit dans le bain même étant suffisant pour le maintenir liquide.
- « A l’heure présente, l’appareil consiste en un creuset de charbon reposant sur une forte plaque de même matière. Ce creuset est placé au centre d’un coffre en briques et l’intervalle est rempli avec du charbon de cornue en poussière.
- « Dans ce creuset plonge un gros charbon (5o millimètres de diamètre) amenant le courant positif: le négatif est relié au creuset par l’inter médiaire de la plaque.
- « Le bain est amorcé par une certaine quantité de cuivre et alimenté d’alumine sèche. On fait pa'sser le courant. L’alumine fond, se décompose; l’aluminium s’unit au cuivre pour former du bronze d’aluminium, l’oxygène se porte sur le charbon positif et forme en s’unissant à lui de l’oxyde de carbone qui vient sortir du creuset en flamme volumineuse et éblouissante, grâce aux particules d’alumine qu’elle entraîne.
- « On peut faire ainsi des bronzes contenant 25 et 3o 0/0 d’aluminium. Ces alliages sont blancs et très cassants ; alliés à 5 fois leur poids de cuivre, ils forment ce magnifique métal couleur d’or qui a déjà reçu de si nombreuses applications. •
- « A une tension de 20 volts, nous faisons passer dans le bain, 400 ampères, qui produisent en 5 heures, 7 kilogr. de bronze à 20 0/0 d’aluminium.
- « Un dispositif très simple permet de couler le métal formé, on remplace le charbon positif et on recommence une autre opération.
- « Nous avons aussi disposé en tension 2 creusets,en augmentant la tension totale de 10 volts, nous avons obtenu une production double ; toutefois le réglage des bains était moins facile que pour un seul.
- « Somme toute, par ce procédé appliqué en grand, avec des appareils moins résistants, faciles à concevoir et exécuter, des machines économiques et des matières premières ( charbons et alumine) à bon marché, on peut compter produire le kilogramme d’aluminium dans le bronze à un prix de'revient de 3 fr. 5o. »
- Gustave Richard
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- LE
- MOTEUR IMMISCH
- Le moteur Immisch, dont la figure 1 représente une vue d’ensemble, paraît avoir pris une certaine importance industrielle en Angleterre, et comme il n’a pas encore été décrit dans La Lumière Electrique, nous avons pensé qu’il serait intéressant de le faire connaître aux lecteu rs de ce journal.
- L’histoire du développement de ce moteur est curieuse, en ce qu’elle montre comment on a passé par des améliorations et des simplifications successives d’un type original, mais peu pratique, à un type tout-à-fait satisfaisant, mais se rappro-
- Fig. 2
- chant étrangement des bonnes dynamos existantes.
- Dans la disposition primitive que l’inventeur avait combinée en vue d'éviter les points morts, et dont la figure 2 est une représentation schématique, l’induit est composé de bobines ABC, dont le nombre est inférieur ou supérieur de un à celui des pôles des inducteurs N S, N S ; dans
- notre figure, nous avons quatre pôles et trois bobines.
- Le commutateur est disposé de manière à ce que le courant change de sens dans chaque bobine, au moment où celle-ci passe devant un des pôles NS, N S ; de cette manière on évite bien les points morts, mais on se heurte à une autre
- difficulté : le champ magnétique du moteur n’étant pas symétrique par rapport à l’axe, les attractions des pôles fixes NS, NS sur les bobines de l’induit A B C ne s’équilibrent pas et l’axe se trouve soumis à de tels efforts de flexion qu’on a dû aban donner ce système.
- On a réduit alors le nombre des pôles N S à deux et adopté un induit qui n’est en somme qu’un genre de tambour Siemens à dents, dans les inter-
- Fig. s
- valles desquelles on enroule les trois bobines
- ABC.
- Chaque bobine était composée de deux sections enroulées à angle droit.
- La figure 4 montre cet enroulement d’une façon schématique. Le collecteur (fig. 3) est composé de deux parties de six segments chacune ; les deux parties sont déplacées l’une par rapport à l’autre
- Fig. 1
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- a6o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de la largeur d’un demi-segment, de sorte que le milieu de l’un des segments corresponde à l’intervalle entre deux segments de l’autre moitié.
- Chacun des balais est composé de deux parties reliées l’une avec l’autre et frottant sur les deux anneaux du collecteur.
- Dans la figure 4, pour pouvoir indiquer plus facilement les connexions, on a figuré les deux parties du collecteur par deux cercles concentriques divisés en segments; trois lignes parallèles à gauche et à droite figurent les balais.
- Pour faciliter le démarrage et prévenir la torsion du champ magnétique, on a donné une forme dissymétrique aux pièces polaires NS (fig.4) en enlevant la partie qui se trouve dans le sens du mouvement.
- Cette disposition, qui ne semble pas avoir répondu aux espérances qu’on fondait sur elle, a été du reste abandonnée dans la suite ; elle a en effet de grands désavantages : d’abord, l’étendue du champ magnétique et, par conséquent, la puissance de la machine se trouvent considérablement diminuées ; elle ne permet la rotation que dans un seul sens et de plus ces pièces polaires sont coûteuses à exécuter en fer doux.
- MM. Immisch et Cie, attachent la plus grande importance à la forme symétrique du champ magnétique, et ils ont essayé de l’obtenir par différents procédés; un champ magnétique qui reste symétrique pendant le travail de la machine, qui n’est pas tordu par la rotation de l’induit, présente, en effet, des avantages considérables, et dont le principal est qu’on n’a pas besoin de décaler les balais, qui peuvent être fixes, et ceîa pour les deux sens de rotation. On en comprend tout de suite l’importance dans les moteurs dont on peut renverser la marche, en changeant le sens du courant, soit dans l’induit, soit dans les électro-aimants, sans toucher aux balais.
- Mais revenons à la figure 4; nous avons là, comme nous l’avons dit plus haut, trois bobines ou plutôt trois circuits séparés A, B et G. Chacun des circuits est enroulé en deux moitiés, à angle droit l’une sur l’autre ; considérons le circuit A, par exemple, à partir du segment du collecteur, il se divise en deux parties, enroulées à angle droit l’unevsur l’autre; ces deux bobines finissent par se rejoindre, en étant groupées ainsi en arc parallèle; les deux autres circuits B et C sont enroulés de la même manière. Dans la disposition de la figure, la bobine A est complètement hors circuit; aucun
- courant n’y passe; B et C sont seuls parcourus par le courant; le but de cette disposition semble avoir été de mettre hors du circuit la partie inactive située dans la ligne neutre. Malheureusement, l’autre moitié de la bobine, qui se trouve située au centre du champ magnétique, c’est-à-dire à son maximum d’effet, est également hors d’action. Pour cette raison, cette disposition a été abandonnée dans la suite.
- Un moteur de 3 chevaux, construit de cette manière, a fonctionné à l’Exposition des inventions, à Londres, il y a deux ans; le rendement moyen a été de 75 0/0.
- Dans la figure 4, les dents portent des lettres N, S ou O, indiquant la polarité que prennent ces dents sous l’influence du courant dans les bobines de l’induit ; les lettres placées en dehors des dents indiquent les polarités de ces dents, lorsque l’induit aura tourné de 28 degrés; on voit que l’aimantation de l’induit se déplace, dans l’espace, de la distance de deux dents, autour d’une position moyenne.
- M. Immisch a encore mis à profit un double collecteur pour adapter sa machine au système à trois conducteurs d’Edison-Hopkinson; il a construit, dans ce but, en 1885, une petiie dynamo dont nous donnons les connexions dans la figure 5.
- Les lignes sinueuses AA', B B', GG' figurent les t-ois bobines de l'induit ; leurs extrémités partent d’un des segments ABC de l’un des collecteurs, pour arriver aux segments diamétralement opposés A7 B'G' de l’autre collecteur; chaque collecteur n’a que trois segments au lieu de six, comme dans le cas précédent. Chacun d’eux a une paire de balais qu’on peut joindre de différentes manières.
- La figure indique les jonctions pour le sys-tèmé à 3 conducteurs ; on voit qu’entre deux balais se trouve toujours une seule bobine; de plus, que chaque bobine est mise hors du circuit deux fois par révolution, sur une distance angulaire de 3o degrés.
- En fonctionnement ordinaire, on peut joindre les balais en série en joignant 2 avec 3 et en amenant le circuit extérieur aux balais 1 et 4. On peut les joindre en quantité en reliant 1 à 2 et 3 à 4.
- A ce système, comme au précédent, on peut reprocher le petit nombre de bobines, ce qui rend le courant très ondulé, comme du reste dans les machines Thomson-Houston et Brush,
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- On pourrait bien augmenter le nombre des bobines de l’induit, mais cela entraînerait des connexions très compliquées et un plus grand nombre d’anneaux de collecteurs ; de sorte que MM. Immisch et Ci0, au lieu de mettre hors circuit les bobines situées dans la ligne neutre, ont préféré les mettre en court-circuit par les balais, ce qui leur a permis de ne sacrifier aucune bobine placée dans le champ magnétique, et d’augmenter leur nombre, tout en conservant, d’après eux, les avantages de la faible torsion du champ magnétique.
- La figure 6 est le schéma des nouvelles con" nexions ; les bobines 1 et 5 situées dans la ligne neutre se trouvent mises en court-circuit par les balais ; dans les autres, le courant circule comme dans un tambour Siemens.
- La position des balais doit naturellement être bien déterminée, pour qu’aucun échauffement anormal des bobines mises en court-circuit ne se produise ; il paraît, qu’il est bien plus difficile de trouver la position correcte du balais pour une dynamo que pour un moteur. Lorsque la machine
- Fig. 4
- fonctionne comme moteur, on peut même déplacer les balais d’un angle assez grand sans que l’induit s’échauffe anormalement, tandis que si la même machine fonctionne comme dynamo, un
- déplacement, même faible, produit un échauffement des bobines,
- Fig. 5
- Si l’on se reporte à la figure 6 , on remarque, que le courant circule absolument comme dans
- Fig. 6
- un enroulement Siemens, et les deux enroulements seraient identiques, si les segments de l’un des collecteurs venaient se placer entre les lames de l’autre, de manière à fondre les deux collée-
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- teurs en un seul ; la mise en court-circuit des bobines passant par la région neutre pourrait être réalisée au moyen de balais à large surface frottante, ou bien au moyen de deux balais reliés, et déplacés d’un certain angle, l’un par rapport à l’autre.
- Lorsque la machine est employée comme réceptrice, les balais, qui viennent butter normalement contre le collecteur, sont fixes, et le changement de marche se fait simplement en renversant le courant, soit dans les inducteurs, soit dans l’induit.
- Cette .propriété, que ce système partage avec celui de Reckenzaun et d’autres, nous semble provenir bien plus de la grande distance entre les pièces polaires N et S, que de la mise en court-circuit des bobines de la ligne neutre.
- TABLEAU I
- Poids du moteur 160 kilog. — Résistance o,55 ohms.
- Vitesse Volts Ampères H. P. nq frein H. P. électrlqne Rendement
- 920 i3o 3i ,25 4,42 5,45 0,81
- 980 >34 3t ,5 4,7° 5,68 o,83
- 1080 >47 3i,o 5,20 6,10 o,85
- 1080 >47.5 3i ,5 5,2° 6,20 o,835
- 960 i37 3i ,0 4,60 5,70 0,8o5
- 999 131 3i,5 4,80 5,55 o,865
- O CO 0 148 31,5 5,20 6, >5 0,845
- 1090 152 3i ,5 5,25 6,40 0,820
- Nous donnons ci-dessus quelques données se rapportant à différents types de moteurs, et donnant une idée des résultats auxquels sont arrivés MM. Immisch et C‘°.
- Le tableau I, se rapporte à un moteur d’environ 5 chevaux.
- L’accord du rendement mesuré avec le rendement qu’on obtiendrait en le calculant au moyen de la résistance de la machine et du courant, montre que la perte de travail provenant de la mise en court-circuit des bobines et des courants de Foucàult est très faible.
- Le tableau II donne une série de résultats relatifs à un certain nombre de moteurs enroulés en série, et portant les désignations de SM4 à SM,0.
- Ces moteurs sont enroulés pour différentes forces électromotrices dans les limites indiquées dans la partie supérieure du tableau.
- TABLEAU II Moteurs enroulés en série
- SM, sm6 SMtf sm7 SM8 SMç, SMl0
- F. E. M. ma- volts volts volts volts volts volts volts
- Tfirna 100 i5o 200 3oo 400 5oo 600
- F. E M. mi-
- n ima 40 5o 60 70 80 IOO 120
- Poids approxi-
- matif an kil.... 45 80 16. 250 360 540 720
- Nombre de tours H. P. Maximum au Tein
- 1800 1,6 4,0 — — — — —
- 1600 >.4 3,5 — — — — —
- 1400 3,0 8,0 — — — —
- 1200 1,0 2,5 6,8 12,5o — — —
- 1000 — 2,2 5.7 11,25 20,0 — —
- 9-o — 2,0 5,0 10,00 18,0 27,0 —
- 800 — — 4,5 9,00 16,0 24,0 37,0
- 700 — — 4,0 8,00 14,0 21 ,0 32,0
- 600 — — — 6,80 12,0 18,0 27,0
- 5oo — — 4»5o 10,0 15,0 22,0
- 400 — — — — 8,0 12,0 17,0
- 3oo — — — — 6,0 9,0 12,0
- - 200 — — — — 6,0 8,0
- Le rendement moyen varie de 70 0/0 pour les puissances vosines de un cheval, à 90 0/0 pour des machines plus fortes, soit aux environs de 20 chevaux.
- De nombreuses applications de ces moteurs sont actuellement à l’étude dans les ateliers de M. Immisch, qui sont placés sous la direction de M. A. Snell.
- W. C. Rechniewsk
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- NOUVEAUX SIGNAUX
- DE CHEMINS DE FER (‘)
- 2° Le signal à pétard de Dreyse et Collen-busch. — MM. Dreyse et Collenbusch, de Sœm-merda, ne se servent pas directement de l’action mécanique des roues du train pour faire éclater la cartouche ; ils emploient à cet effet le renversement d’un courant électrique, qui entraîne la chute d’un poids sur la cartouche.
- L’appareil à signal proprement dit, représenté figure 1, se compose d’une boîte en tôle G dans laquelle se trouve l’électro-aimant M avec l’armature A ; ce peut être soit un électro-aimant de Hughes avec armature polarisée, de sorte que celle-ci, sollicitée par le ressort./'ne se détache que pour une direction de courant déterminée.
- L’extrémité supérieure'H du levier d’armature, qui a son centre d’oscillation en o, a la forme d’une tête de marteau.
- Un levier CD, mobile sur l’axe x, et dont le mouvement est limité par l’anneau a b, porte à son extrémité C le crochet l q, monté sur un axe, et portant sur sa face latérale, en /, une goupille qui se trouve sur le passage du marteau H.
- L’autre extrémité du levier D est taillée en biseau et est articulée avec le levier au moyen de Taxe s, de façon à pouvoir céder de bas en haut, mais non de haut en bas. Le biseau laissera passer sans obstacle la tige S dans son mouvement ascendant dans le tube R, ainsi que la partie supérieure du collier à gorge que porte cette tige en K, tandis qu’il n’en permettra pas le mouvement de descente, aussitôt qu’il aura pénétré dans la gorge du collier, ce qui a lieu chaque fois que la tige Sa a été repoussée en haut jusqu’à la limite de son mouvement, déterminée par des arrêts.
- La tige So porte à son extrémité inférieure le poids Q, et à son extrémité supérieure un écran en tôle V, qui est placé devant un disque rouge ou vert, éclairé pendant la nuit, et qu’il recouvre toujours lorsque la tige So occupe la position normale, c’est-à-dire lorsqu’elle est retenue, par son collier K, en D. Ceci a lieu aussi longtemps que le crochet Iq est agrafé à une goupille
- (*) Voir La Lumière Électrique du 3o avril 1887.
- arrondie d’un côté et méplate de l’autre, qui saille de la paroi postérieure de la boîte G.
- Si maintenant un courant de sens convenable traverse M et permet à l’armature A de se détacher, le marteau H vient frapper contre la goupille / et dégage, par conséquent, l’extrémité q du crochet. Le poids Q fait basculer le levier CD et tombe, entraînant avec lui la tige S,
- ï
- O
- sur le pétard P dont il détermine l’explosion, en meme temps qu’apparaît le disque vert ou rouge, ou la lumière verte ou rouge de la lanterne, démasquée par l’écran V.
- L interversion de courant qui doit faire fonctionner l’appareil à signaux est déterminée par le train meme qui s’approche de la partie bloquée de la voie. Les roues de la locomotive et des wagons, en passant sur le rail S (fig. 2), agissent sur la pédale J, qui fait fonctionner le commutateur enfermé dans une caisse en tôle, imperméable à
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- 'humidité et fixée sur un poteau placé à côté de la voie.
- Le commutateur se compose de la pièce en ébonite B, maintenue par les tiges tt, t2 et portant des deux côtés, quatre bandes de laiton.
- Ces bandes sont en communication électrique, deux à deux, comme c’est indiqué.
- Contre ces plaques pressent les ressorts métalliques h, t, l et k terminés par des petits galets, avec lesquels sont reliés les quatre fils conducteurs D,, K, Z et L2.
- Dans la position qu’occupe sur la figure 2 la pièce d’ébanite B, un courant venant de K (pôle positif d’une pile), passe à L4, de L4 à L2 et de là à Z (pôle négatif).
- Dans la position de repos, telle que la représente la figure, le levier v est arrêté à l’extrémité supérieure de la tige le ressort Y pressant sur cette tige étant plus fort que le ressort F agissant sur v.
- Mais lorsque la pédale J est abaissée par le passage d’un train, et que par conséquent la tige \ est
- Ie Ie*
- Fig. S
- !
- soulevée, le levier v commandé par le ressort F, soulève à son tour les tiges ti et t2 et avec elles la pièce d’ébonite B. Le ressort h alors ne fait plus contact avec la bande supérieure, mais avec la seconde bande et de même pour l’autre côté; le courant venant de K passe alors par L, pour revenir de L, jusqu’en Z.
- Le courant renversé de la sorte en L, L2 fait détacher l’armature A de l’électro-aimant de l’appareil à signaux, figure 1, et dégage l’appareil d’autant plus sûrement que chaque roue du train passant sur la pédale produit un nouveau renversement de courant, bien qu’un seul suffise pour déclancher l’appareil.
- La disposition que nous venons de décrire de l’appareil à signaux, et du commutateur, peut être
- adaptée à différentes conditions dans la pratique Mais ce qui mérite une attention spéciale, c’est la communication à établir entre le système et le signal de fermeture de la voie donné à la station, en particulier dans les cas où le signal avancé est si éloigné du signal de fermeture de la station, ou bien est situé d’une façon si défavorable qu’une transmission mécanique ne peut être établie, ou tout au moins ne paraît pas offrir une sécurité suffisante ; il peut d’ailleurs y avoir un intérêt spécial à pouvoir contrôler les deux signaux par le bureau même de la station.
- L’emplacement le plus rationnel de l’appareil à signaux avancés, sera, dans ces divers cas, près de la guérite du premier surveillant de la voie, à partir de l’endroit où se trouve le signal de ferme-
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- ture de la station. Ce surveillant pourra être chargé de l’allumage de la lanterne, de la remise en plaoe du signal dans la position normale lorsqu’il a été appelé à fonctionner, du renouvellement des pétards usés, en un mot, de la surveillance générale et de l’entretien du signal en bon état de fonctionnement.
- L’ensemble du système est représenté par la figure 3.
- Du bureau de la station I partent deux conducteurs, l’un L4, communiquant avec la terre en E4, passe par le galvanoscope G.,, l’autre L5 partant de l’axe de la clef T1} conduit à l’extrémité II de la gare, au commutateur ordinaire C4 adapté au signal de fermeture A, et qui est transposé directement par le levier de commande de ce signal.
- Or, selon que le bras du signal se trouve sur l’indication libre ou sur arrêt, c’est l’un ou l’autre des conducteurs venant du bureau de la station qui se trouve relié avec l’embranchement L3 partant de l’axe de la clef T2, et traversant le galva. noscope G2dela cabane du surveillant préposé au signal de fermeture de la voie, pour se rendre de II à III.
- Le conducteur L3, arrivé au poste III du gardien de la voie, passe par l’électro-aimant M de l’appareil à signaux S, par le galvanoscope G3 logé dans la caisse de l'appareil ou dans la guérite du gardien, par L0 le commutateur à pédale C2, L0, la pile B, d’où il revient par L7 à C2 et de là gagne la terre en E4 par L2.
- Tant que le signal A se trouve à l'arrêt, comme on le voit figure 6, le circuit L, L3 L, L2, renfermant la pile B, est fermé de E, en E4, et les galvanoscopes G0 G2, G3 indiquent le courant continu qui, en raison de sa direction, ne peut pas déclancher l’appareil à signal S.
- Si, pendant cet état de choses, un train venait à passer sur P, les renversements de courant provoqués par l’action répétée du commutateur à pédale entraîneraient le déclanchement de l’appareil.
- Mais si le signal A porte l’indication «libre », la ligne, en raison de la position du commutateur C,, est interrompue en cet endroit, et le courant n’y circule plus. Dans ce cas, le passage d’un train ne pourra pas, par l’action de ses roues sur le commutateur à pédale C2 , provoquer le déclanchement du signal S.
- Les galvanoscopes et les clefs en circuit ont
- surtout pour objet de servir au contrôle de la po" sition d’arrêt du signal A de la station, ainsi que de l’état du conducteur et de la pile.
- Si l’aiguille du bureau de la station se plaçait intempestivement au zéro, on pourrait, à l’aide du contact T0 s’assurer aussitôt d’une fausse position du signal A ou d’un défaut dans l’appareil. Dans le premier cas , en abaissant la clef T,, le galvanoscope G4 devra donner l’indication normale ; dans le cas contraire, c’est la pile ou le conducteur qui sont en mauvais état.
- Dans le cas que nous avons supposé figure 1, la tige à percussion de l’appareil à signal doit porter un disque peint en blanc qui, en tombant, fait apparaître, pendant le jour, un disque vert et pendant la nuit, une lumière verte. (')
- Dans la figure 4, nous avons représenté un deuxième mode d’application également pratique du signal que nous venons de décrire.
- Dans ce cas, nous avons supposé qu’il soit urgent de pouvoir couvrir d’une manière absolue, un point quelconque de la voie, au moyen d’un signal d’arrêt subit et parfaitement distinct.
- A cet effet, le poste directeur I, qu’on suppose approprié à l’installation de la pile B, tandis que le lieu du signal ne s’y prêterait pas, devrait être relié avec le commutateur à pédale G par deux conducteurs LG etLr. Un troisième conducteur L2 relie G à l’électro-aimant M de l’appareil à signal S et, de là, aboutit au sol en E2.
- Aussitôt que le poste I se voit dans la nécessité de couvrir la voie, le levier du commutateur ordinaire U est placé sur le contact à'arrêt, ce qui a pour effet de fermer le circuit de la pile, sur L6, G, L|, E4, E2, M, L2, G, L7, U et G. Le sens du courant est alors tel que l’armature de l’électro- (*)
- (*) Lorsqu'on juge que le signal optique peut suffire, il est évident que l’on peut ne pas faire fonctionner le signal acoustique. De môme, la disposition de l’appareil permet de le transformer uniquement en signal acoustique. Enfin, on pourrait rendre à volonté en signal optique obligatoire et le signal acoustique facultatif, en donnant pour instruction au gardien de ne placer les pétards que lorsque les conditions météorologiques en imposeraient la nécessité.
- Toutefois, il nous paraît plus prudent de combiner une fois pour toutes les deux genres de signaux, d’autant plus que dans le Service régulier, l’arrêt des trains ne se présente pas si fréquemment que la dépense de pétards ne soit largement compensée par le surcroît de sécurité qu’ils offrent.
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- aimant M ne peut pas se détacher et par suite, le signal ne se déclanchera pas.
- Si maintenant un train vient à passer devant le signal II, tandis que le levier du commutateur est sur R arrêt», il fait fonctionner la pédale P, qui ferme à plusieurs reprise le circuit de la pile, sur Lr>, C, L2, M, E2, E„ C, L7, U, G, et le courant étant renversé de la sorte en M, le déclanchement a lieu.
- Dans ce cas, l’appareil fera apparaître, pour le jour, un disque rouge, et, de nuit, une lumière rouge, tout en faisant éclater un ou plusieurs pétards.
- Le galvanoscope G sert, ici encore, de contrôle pour l’état de la pile ét du conducteur.
- " ' ' • ' ; ' K.:, e
- • SUR L’AUTORÉGULATION
- DES MACHINES DYNAMOS
- ' PAR LES
- ENROULEMENTS COMPOUNDS (')
- Nous a vons indiqué dans un précédent article, comment on pouvait définir le fonctionnement d’une machiné dynamo en'charge variable, par la connaissance expérimentale de quatre fonctions. Nous passerons maintenant à la définition du compoundage dans la shunt-dynamo.
- L’équation d’une telle machine est connue, on le sait :
- s = E — <I> = r'i' = p(I — t ') dans laquelle
- E est la force électromotrice totale;
- e est la différence de potentiel aux balais de la machine ; c’est cette quantité que l’on désire maintenir constante;
- $ est la force électromotrice absorbée par l’armature, la quantité qui est fonction, comme nous l’avons indiqué, de (F, I, V);
- I, l’intensité du courant dans l’armature;
- p) Voir La Lumière Electrique du 3o avril 1887.
- 1', le courant d’excitation dans les inducteurs en dérivation;
- r', la résistance de ces inducteurs;
- p, la résistance extérieure.
- On tire de l’équation précédente :
- E «= e + <£
- La force électromotrice totale E nécessaire pour obtenir la différence de potentiel e, se compose alors de la constantes etde la force électromotrice variable $. v
- La variation de E doit donc être la même que celle de <I>, pour que s demeure constante.
- Les deux forces électromotrices e et <ï» peuvent être considérées comme produites par deux forces magnétisantes, ou autrement dit, par deux valeurs d’ampères-tours totaux qui, en s'ajoutant, produisent la valeur d’ampères-tours correspondant à la force électromotrice totale E.
- Il faut par suite obtenir une force magnétisante variable, additionnelle à la force magnétisante constante due à la constance implicite de e.
- De plus, ces accroissements de forces magnétisantes doivent être tels que les accroissements de la force électromotrice de e qui en résultent suivent la même variation que les forces électromotrices inverses $.
- En d’autres -termes , il faut qu’à chaque valeur de $ corresponde au même instant un accroissement de e d’une valeur égale à celui qui est créé par l’accroissement de force magnétisante.
- Les accroissements de force électromotrice sont représentés par les ordonnées de la courbe des forces électromotrices totales à circuit ouvert, lorsque les axes de coordonnées sont déplacés pa rallèlement à eux-mêmes et que la nouvelle origine est le point de cétte courbe dont les coordonnées sont e ( différence de potentiel constante choisie) et la force magnétisante n i qui là produit.
- Les valeurs des accroissements variables de cette force magnétisante sont alors les abcisses de cette branche de courbe comptées à partir de la nouvelle origine O^.
- Ces forces magnétisantes additionnelles dépendent donc de <I>, et comme nous admettons seulement jusqu’ici que <1* dépend de I, les accroissements de forces magnétisantes dépendent également de I.
- C’est pourquoi on a songé à placer une seconde bobine magnétisante en série sur le courant I.
- Pour que cette condition soit suffisante, il faut,
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- comme on le comprend d’après les explications précédentes, que la force électromotrice en <I> ne dépende que de I, pour une vitesse donnée, supposée constante.
- De plus, elle doit être une fonction de l’inten-
- Fig. 1
- site I, de la même forme que celle qui lie le champ magnétique avec les forces magnétisantes, l’équation qui exprime cette fonction étant rapportée à la nouvelle origine Ot.
- C’est la seule condition qui corresponde à la constance du nombre de spires en série.
- Nous avons vu précédemment que les forces magnétisantes, (accroissements de la force magnétisante qui produit e) étaient variables. — Or, il ne paraît pas — du moins a priori — très pratique de faire varier le nombre de spires n, en mê-
- Fig, r
- me temps que I, pour obtenir les ampères-tours (ni) qui créent un accroissement variable de e égal à <I>,
- Encore faudra-t-il connaître le mode de variation de l’effet des nombres de spires magnétisantes.
- Ce mode de variation changera d’ailleurs suivant la valeur de ladifférence de potentiel que l’on veut obtenir constante
- Un tracé graphique éclaircira complètement ce qui précède.
- Nous ne nous occuperons tout d’abord que de 1a branche de courbe de force électromotrice à circuit ouvert, lorsque le système inducteur est soumis à des forces magnétisantes croissants.
- Soit A M B ( fig. i ) cette branche rapportée à ses axes primitifs o/et OE. Nous rappellerons que les abscisses représentent, à une certaine échelle , les simples produits des nombres de spires totaux par l’intensité du couranxd’excitation.
- Fig, S
- Supposons que l’on veuille une différence constante de potentiel aux balais,
- î = OC = OtD
- quelle que soit la valeur de l’intensité I dans l’ar-rriature.
- La force électromotrice s est créée par les ampères-tours O D, dus aux spires placées en dérivation sur e.
- Traçons à la même échelle d’ordonnée, la courbe oab, (fig. 2) des forces électromotrices inverses <I> qui se produisent, lorsque la machine est en charge variable I, qu’elle tourne à la même vitesse, et que les ampères-tours d’excitatioiTsont OD, —[relation (<I>. I)].
- Dans une première approximation, notis stip-
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- poserons cette valeur de I indépendante de la force magnétisante, qui, comme on le sait, varie avec I. Nous négligerons également la résistance des spires inductrices en série.
- Ceci posé, soit o d, la valeur de l’intensité du courant de l’armature (I). La force électromotrice inverse (<!») à pour valeur la ligne db.
- ' Pour maintenir constante la différence de potentiel e, créée par l’enroulement en dérivation, il faut que l’enroulement en série produise une force électromotrice additionnelle à e et égale à 4».
- Portant une longueur O, Q sur l’axe (O.,e) (fig. i), on détermine, d’après ce qui précède, la grandeur O, F, des ampères-tours totaux que doit produire l’enroulement en série.
- La grandeur O^F représente donc (NX I), et comme I est connu, le nombre de spires que l’on doit placer en série, pour conserver e, est donc le rapport des quantités
- OiF o d
- Ce rapport ne sera pas constant, en général, lorsque I varie.Une sera indépendant de I qu’au-tant que la branche de courbe O^B (de la fig. i) sera semblable à la courbe O a b. Sinon ce rapport, c’est-à-dire le nombre de spires en série? sera une fonction de I.
- L’énoncé du problème de l’autorégulation de potentiel peut alors se poser de deux façons distinctes :
- i° On laisse le nombre de spires en série constant.
- Il faut, dans cq cas, réaliser automatiquement une force électromotrice inverse, telle que la fonction qui la lie à l’intensité du courant dans l’armature soit de la même forme, que celle qui exprime la relation du champ magnétique moyen Utile avec les ampères tours; l’équation qui ex. prime cette relation étant prise par rapport à un système de coordonnées parallèles au premier, ayant pour origine un point déterminé par la grandeur de différence de potentiel que l’on désire constante ainsi que de la vitesse de rotation Choisie;
- 2° Si, au contraire, on laisse les forces électromotrices inverses se développer normalement
- 'dans la machine, il'faut réaliser la variation automatique du nombre de spires en série, suivant une 'certaine loi qui, en outre de sa variation avec la valeur de I, dépend, comme précédemment, delà valeur absolue de la différence de potentiel e et ide la vitesse V.
- Proposons-nous alors de tracer la variation du nombre de spires inductrices avec l’intensité du courant principal, dans des conditions données de 4 et de V.
- Reprenons la courbe A M B des forces électromotrices à circuit ouvert à la vitesse choisie, et soit toujours D la différence de potentiel e, supposée constante. Rapportons la relation (O. I) fournie par la courbe O a b, aux axes 04 D et 04 F, l’axe F étant celui des forces électromotrices <b etO^ D celui des intensités I (fig. 3j.
- On déterminera, comme précédemment, la valeur des ampères-tours qui créent les accroissements des s égaux à <I> pour chaque valeur de I.
- La disposition choisie permettra de trouver le quotient graphique
- ni=n
- o d I
- nombre de spires en séries.
- En joignant les points tels que F, F,, aux points d, dt, de manière que dt bK = B., F0 et db = B F, le nombre de spires en séries qu’il convient de faire jouer pour chaque valeur de I, est mesuré par le coefficient angulaire des droites dK F0 dF, etc... Si donc on porte, à partir de chaque point de l’axe O., I, une longueur unité, les ordonnées telles que uy et uKyK sont les nombres cherchés. EnlesreportantauxabscissesO, dh, on obtiendra la courbe continue du nombre va-viable de spires en série, qu’il laut. placer sur les inducteurs pour avoir la différence de potentiel constante e = D, quelle que soit la valeur de I.
- La figure 4 montre cette relation dans le cas dé la machine Phœnix, pour laquelle nous avons donné les résultats numériques qui établissent les fonctions (E, ni) et (<I>, I).
- Ainsi que nous l’avons déjà dit, nous ne tenons pas compte de la variation que subit <I> par suite de l’accroissement de là force magnétisante et par suite du champ magnétique.
- On ne peut rien dire relativement à la gran-
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- deur de cet effet. L’expérience seule, jusqu’ici, est capable de nous en donner une idée.
- L’allure de la courbe O^NN^qui exprime la relation entre les nombres de spires inductrices en iérie et l’intensité du courant principal, est assez curieuse. On voit qu’il existe une certaine région où la variation de I n’influe pas d’une manière sensible sur le nombre de spires en série, tandis qu’il en existe deux autres où ces variations sont très efficaces.
- Nous bornerons là ce travail, en attendant que nous possédions les éléments ' que nous avons signalés et qui nous permettront de traiter la question d’une manière plus générale.
- Le tracé de cette fonction (N, I), que nous avons indiqué, est déjà une approximation suffisante, qui nous indique les limites de l’autorégulation de potentiel par les enroulements compounds. Elle nous sert à choisir les quantités qui permettent d’étendre le plus ces limites.
- Nous dirons encore que la forme de la variation (N, I) dépend essentiellement du type des machines et que, dans certains cas, comme dans celui de la machine Edison de 3oo lampes, type français, où la force électromotrice inverse ne dépasse pas ia volts, pour un débit normal de 240 ampères (à la vitesse de 800 tours), nous avons calculé que l’enroulement compound permettait d’obtenir entre 240 et 140 ampères, une constance de force électromotrice de 100 volts aux balais, a^c des écarts qui n’excèdent pas 5 volts. Mais ce n’est pas là le cas général, et le com-poundage, tel qu’on le pratique, est bien insuffi-
- sant. Pour le déterminer d’une manière rigou-reuse, nous avons montré qu’il fallait posséder beaucoup plus de données que l’on n’en a actuellement.
- Nous espérons pouvoir compléter ultérieurement celte étude par la Connaissance expérimentale des fonctions qui interviennent dans l’auto - régulation. On comprend qu’il faut encore tenir compte des variations successives, tantôt en plus, tantôt en moins, qui se produisent dans l’induction du système magnétique de la machine, par suite de la croissance ou de la décroissance de la force magnétisante, tandis que nous n’avons considéré que le cas particulier de l’accroissement continu de la force magnétisante dû à la variation de l’intensité du courant principal entre zéro et sa valeur de régime normal.
- Ch. ReiGnier
- NOUVELLE MÉTHODE DEMPLOl
- DU
- THERMOMULTIPLICATEUR
- Dans l’emploi du thermomultiplicateur de Mel-loni, on fait agir les radiations calorifiques sur la pile jusqu’à ce que l’aiguille du galvanomètre commence à revenir vers sa position d’équilibre, et l'on admet, en le vérifiant d’une façon approchée, que jusqu’à 20° environ, les premières im-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pulsions sont proportionnelles aux quantités de chaleur correspondantes reçues par la pile dans l’unité de temps.
- La lecture des angles d’écart se fait en plaçant l’œil au-dessus de la cage de verre qui protège le multiplicateur et en notant le déplacement, sur un cercle divisé, de l’aiguiile supérieure du système astatique.
- Cette méthode manque d’exactitude, mais elle n’a pas cessé d’être suivie, même dans les recherches les plus récentes.
- Pourquoi la lecture par réflexion sur un miroir n’a-t-elle pas été appliquée ici ? La raison en est explicitement indiquée dans un travail important de M. Mouton sur la réflexion métallique des rayons calorifiques polarisés : « On arrive facilement à apprécier le 1/10 de degré, ce qui suffit; le galvanomètre n’étant jamais dans un repos absolu, quelque soin que l’on prenne pour éviter les mouvements de l’air autour de la pile ; les méthodes d’amplification des angles ne représentent ici, le plus souvent, que des avantages illusoires. » (1)
- Les soins que l’on prend sont en effet généralement insuffisants pour maintenir complètement au repos l’aiguille du galvanomètre ; il y a des erreurs qui résultent des mouvements de l’air dansl’intérieur de la cage, de l’instabilité du système astatique, de réchauffement de la pile, des courants d’air qui la frappent et enfin des irrégularités de la source : toutes ces erreurs se confondent sans qu’il soit aisé d’attribuer à chaque partie de l'appareil l’incertitude qui lui revient ; aussi, fréquemment, dans les conditions où l’on opère d’ordinaire, l’exactitude de chaque mesure prise isolément n’atteint pas 1/20 de la grandeur à mesurer.
- Tout en conservant le thermomultiplicateur de Melloni qui me paraît offrir de sérieux avantages, j’ai cherché des règles d’expérimentation qui assurent le bon fonctionnement de chacune des parties de l’appareil.
- De cette étude, qui est longue, je n’ai fait connaître encore que les premiers résultats.
- Le dispositif auquel je me suis arrêté après de rioiAbreux essais pour me mettre à l’abri des déplacements accidentels du système astatique et
- (*) Annales de Chimie et de Physique, 5“ série, t, XIII, p; 233. note 2.
- fournir commodément des lectures bien précises est celui qui a été décrit dans le numéro du 23 avril de ce journal ( page 172 ).
- Je ne me suis pas proposé de réduire l’angle d’impulsion, car, lorsqu’il ne s’agit que de comparer des rayonnements très voisins, ce que j’ai d’abord fait, il ne me paraît pas y avoir d’inconvénient, avec les appareils dont j’ai fait usage, à observer des déviations de 10,15 et même 20 degrés.
- L’examen attentif d’un certain nombre de galvanomètres m’a conduit à préférer le galvanomètre à aimants Siemens ; il faut cependant remarquer que le système astatique de Nobili est également susceptible de fournir de bons résultats avec un cadre métallique aplati.
- Ces appareils offrent un amortissement très accentué et ils ne présentent pas d’impulsion avec les courants croissants de la pile thermo-électrique ; certains modèles donnent une impulsion franche avec les courants d’un élément Daniell dans un circuit de grande résistance, d’autres n’en donnent même pas dans ce cas là et s’avancent lentement vers la position d’équilibre.
- Toi tes les fois que les galvanomètres à amortissement ont été employés pour l’étude du rayonnement calorifique, c’est à la position d’équilibre que l’ori a recours, mais l’observation de cette position d’équilibre exige dans chaque expérience un temps très long, ce qui est' un inconvénient grave, à cause de réchauffement de la pile ; en outre, dans le cas actuel, la position d’équilibre ne se mesure pas toujours avec la même sûreté qu’une impulsion. Pour ces raisons, j’ai cherché à conserver les avantages qui s’attachent ici aux méthodes par impulsions et à mettre à profit la fixité du point de départ dans les galvanomètres à amortissement.
- J’y parviens en laissant tomber le rayonnement de la source sur la pile pendant un temps déterminé, 15 secondes par exemple.
- La manière d’opérer est décrite à la page iy3 de ce volume.
- Il ne suffit pas d’indiquer le principe d une nouvelle méthode, il est essentiel de donner une idée précise des résultats auxquels elle conduit.
- C’est ce que j’ai fait en publiant dans les Comptes rendus de VAcadémie des Sciences (séance du 21 mars 1887) quelques mesures sur la marche d’une lampe modérateur et d’un bec de gaz à pression réglée. L’inspection des nombres
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- fait voir que pour des rayonnements d’intensités voisines, observés à des intervalles de temps peu éloignés, on peut obtenir une exactitude qui atteint au moins i/3oo.
- Ces résultats ont de l’importance au point de vue photométrique et permettent de chercher dans quelles limites une source donnée est susceptible de fournir un rayonnement constant. J’ai été conduit à remarquer que la lampe modérateur et même la lampe Carcel, dont la constance est plus admise que prouvée, ne donnent que rarement des rayonnements à peu près fixes; cela tient surtout à ce que l’opérateur n’est pas suffisamment maître des conditions à réaliser pour un parfait fonctionnement ; un bec de gaz à pression réglée, employé avec les précautions que j’ai formulées, donne au contraire un moyen commode de se procurer une source cons,tante.
- Edouard Branly
- de
- L’ÉQUILIBRE THERMIQUE
- DANS L’ÉLECTROLYSE
- Le problème que je me propose de résoudre est le suivant :
- Étant donné un composé susceptible d’être oxydé ou réduit, rechercher comment il se conduit lorsqu’il est mis simultanément en présence d’un réducteur (hydiogène électrolytique) et d’un oxydant (oxygène électrolytique), que l’on regarde comme deux forces égales et contraires.
- Théoriquement, deux cas seuls sont possibles :
- i° Les deux forces se neutralisent, et alors le système reste évidemment en équilibre ; 20 l’une des forces l’emporte sur l’autre.
- D’après les données thermiques, voici ce qui doit arriver : soit, par exemple, le système A B ; soumettons-le à une action chimique (H2-j-0); trois :as peuvent se présenter (1) :
- () Le système AB ne subira aucune action si
- 0AH2 + oBO = DAO + DBH2 ('),
- c’est-à-dire si le composé AB dégage la même quantité de calories en s’oxydant ou en se réduisant.
- () Le système AB se réduira si :
- OAH2 > dBO.
- (c) Le système A B s'oxydera au contraire si 5 OAH2 > dBO.
- Pour préciser, prenons un exemple :
- Sc umettons l’acide nitrique à l’action de (H*-f-0).
- Dans ce cas, la réduction de l’acide nitrique ne pourra aveir lieu que si l’hydrogénation de cet acide dégage plus de calories que l’oxydation de l’ammoniaque.
- La formation de l’ammoniaque par la réduction de l’acide nitrique dégage :
- A^03dilué + 4H2 = A^H3 + 3H20; 179,2 cal.
- Donc, l’acid nitrique sera réduit totalement par H2-{- O, sans qu’une réaction inverse puisse avoir lieu; ce qui est confirmé pleinement par l’expérience.
- Le mélange de H2 + O est obt nu par l’électro-lyse de l'eau, à l’aide de trois éléments Bunsen, au bichromate de potasse. Les gaz se dégagent ainsi dans le rapport de leurs poids moléculaires, et dans 1< s mêmes conditions physiques et chimiques.
- Les électrodes sont en platine et très rapprochées.
- Le liquide sur lequel on opère est agité fréquemment, et le courant alternativement ren . versé.
- Passons maintenant à la description des résultats obtenus, en soumettant quelques composés à l’action de (H2-j- O).
- (*) On suppose, dans ces trois cas, qu’il faut le môme nombre de calories pour commencer les réactions chimiques.
- (V o = calories de combinaison.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Acide nitrique -f- (H2 -j- O
- L’acide nitrique employé contenait :
- Acide nitrique..... 10 c. m.3
- Eau distillée...... 5o c. m.3
- Pendant le passage du courant, on put constater un dégagement appréciable d’ozone.
- Après cinq minutes, la quantité d’ammoniaque formée précipitait en rouge orange le réactif de Nessler.
- La réduction de l’acide se fait avec un dégagement assez considérable de chaleur, comme l’indique la théorie.
- Après 24 heures, pendant lesquelles le courant n’a cessé de passer, la solution précédente contenait encore une assez forte proportion d'acide nitrique.
- On dilua une certaine quantité de cette solution dans l’eau, et on soumit encore le nouveau mélange b l’action de (H2 + O), et cela pour reconnaître si tout l’acide nitrique restant pouvait se transformer en nitrate d’ammoniaque.
- Après 24 heures, le liquide était devenu neutre; sa faible conductibilité électrique ne permettait plus de soumettre à l’électrolyse cette solution très [étendue de nitrate d’ammoniaque, on opéra directement sur une solution concentrée de ce sel. Celle-ci, soumise à l’action du courant, devint alcaline au bout de quelques minutes, en dégageant une odeur très nette d’ammoniaque. La solution renfermait, en outre, du nitrite d’am-inonïaque, mais pas d’hydroxylamine A^H2OH.
- La réduction du nitrate d’ammoniaque se produit donc en deux phases : transformation du nitrate en nitrite, et réduction de ce dernier en ammoniaque.
- L’hydrogénation de l’acide nitrique a lieu de la même manière. Après quelques minutes, cet acide renferme du nitrate et du nitrite d’ammoniaque, ou plus probablement du nitrate d’ammoniaque et de l’acide nitreux.
- On observe les mêmes réactions en soumettant à l’action de (H2 + O) les nitrates de potasse et de soude. Bien qne, dans l’électrolyse du nitrate 4[ammoniaque, il n’ait pas été possible de constater la présence de l’hydroxylamine, pour être plus certain de l’absence de cette base dans l’action de (H2 -f- O) sur les sels ammoniacaux, on
- a opéré sur une solution de sulfate d’ammoniaque (1).
- Dans ce dernier cas, en effet, des traces d’hydroxylamine peuvent être facilement décelées. Après 40 heures d’expérience, la solution ne contenait pas la plus petite trace d'hydroxyla-mine. Il en est de même si l’on fait agir l’oxygène de la pile seul sur la solution de sulfate d’ammoniaque.
- Nitrite de potassium -f- (H2 -(- O)
- La solution de nitrite renfermait du nitrate de potassium. Gn l’a préparée en faisant arriver un courant d’acide nitreux dans une solution de potasse.
- En prenant io cm3 de cette solution et les diluant dans i5o cm3 d’eau distillée et acidulée par quelques gouttes d’acide sulfurique, on avait une liqueur qui décolorait 10 cm3 d’une solution de permanganate de potasse. En soumettant alors 5o cm3 de cette solution étendue de nitrite de potassium à l’action de (H2 -f- O), on constata qu’elle avait acquis une odeur ammoniacale.
- Après 2 heures : 10 cm3 de cette solution déco loraient 2,1 cm3 de permanganate de potasse.
- Après 18 heures: 10 cm3 décoloraient 0,8 cm3, de permanganate.
- Après 3o heures: 10 cm3 décoloraient 1 à 2 gouttes de permanganate.
- On avait donc pu obtenir presque totalement la réduction du nitrite de potassium.
- Pour être certain que le liquide ne contenait plus de nitrite, on en traita une partie par une solution de sulfate ferreux, et l’on n’observa pas la teinte caractéristique. De plus, en évaporant le reste à siccité, on n’obtint pas de vapeurs nitreuses par l’addition de l’acide sulfurique seul. On en observa, au contraire, avec'le cuivre et l’acide sulfurique. On voit donc que le nitrite s’était transformé en ammoniaque, alors que le nitrate n’était pas encore entièrement réduit.
- 11 l’aurait été probablement en prolongeant l’action de ( H2 -f- O ). Ainsi dans un mélange de nitrate et de nitrite, le premier ne se réduit que quand tout le nitrite est transformé en ammoniaque. On pourrait, peut-être, croire que la réduc-
- f1) Des traces d’hydroxylamine étant difficiles à reconnaître en présence du nitrite provenant de la réduction du nitrate.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- ition du nitrite tient à ce que l’oxygène est sans action sur lui. Pour démontrer que cette suppo « sition n’est pas exacte, on fit l’expérience suivante :
- Dans un tube de verre de 2 cm. de diamètre et dont la partie inférieure était fermée par un disque en parchemin, on introduisit la solution de nitrite de potassium. On enfonça de quelques centimètres le tube dans un cristallisoir contenant de l’eau acidulée, et on fit passer un courant électrique, l’électrode positive plongeant dans le tube et la négative dans le cristallisoir. De cette manière, le nitrite de potassium n’était soumis qu’à l’action seule de l’oxygène.
- Au bout de 16 heures, le nitrite était entièrement transiormé en nitrate.
- Chlorate de potassium -j- ( H3-(-0 )
- On soumit à l’action de ( H2-j-0 ) une solution de chlorate acidulée par l’acide sulfurique. Après 102 heures, le liquide avait laissé déposer une certaine quantité (0,93.9) d’une matière cristalline peu soluble dans l’eau froide et ayant l’aspect du perchlorate de potassium. Lavée à l’eau distillée, cette substance fut séchée à 120°. Une petite partie fut traitée par du zinc et de l’acide sulfurique dilué. Après 6 heures , le liquide fut filtré et additionné de nitrate d’argent, lequel ne trouble pas le liquide, ce qui montre que celui-ci ne contenait pas de chlorate. En outre, ce qui restait de la matière a donné, après calcination, la quantité de chlorure suivante :
- Poids de la matière Chlorure de potassium
- Trouvé calc.p. CICMK calc.p.CI03K 0,671 0,375 _ o,36i 0,403
- La matière analysée était donc du perchlorate de potassium avec traces de chlorate.
- Les eaux-mères contenaient beaucoup de chlorate , mais elles ne renfermaient pas traces de chlorure.
- Ainsi, il n’est pas nécessaire qu’une partie de l’acide chlorique se décompose pour donner naissance à de l’acide perchlorique, ce dernier acide se formant directement par la fixation de l’oxygène sur le chlorate. Cette réaction est déterminée en partie par la chaleur qui résulte de la décomposition de l’ozone ( ce corps se produisant
- avec absorption de chaleur ) et en partie par celle qui provient de la pile sous forme d’énergie électrique.
- Action de ( H2-|-0 ) sur les composés ferriques et ferreux
- Une solution diluée de sulfate ferrique acidulée par quelques gouttes d’acide sulfurique et soumise à l’action de (H2-f-0) est réduite rapidement en sulfate ferreux. En effet, après cinq minutes seulement, une petite partie du liquide donnait avec le prussiate rouge, un précipité bleu très abondant.
- Dans les mêmes conditions, le sulfate ferreux, contrairement à ce que l’on aurait pu prévoir, est oxydé. L'oxydation de ce sel ne doit pas être attribuée à l’action de l’air, puisque la solution était recouverte d’une couche d’huile.
- D’après ces deux expériences, plusieurs fois répétées, on peut conclure :
- i° Que la réduction du sulfate ferrique, comme l'oxydation du sulfate ferreux, doit être partielle et jamais totale;
- 2° Qu’en opérant dans les mêmes conditions, la quantité du sulfate ferrique réduite doit être probablement équivalente à celle du sulfate ferreux oxydée.
- Action de (H2-f- O) sur le sulfate ferreux
- La solution sur laquelle on a opéré était très diluée : elle contenait 1,0668 gramme de sulfate ferreux, 100 grammes d’eau distillée et 10 grammes d’acide sulfurique. Dans deux verres à expérience, on introduisit 5o c.m3 de cette solution, le tout fut recouvert d’une couche d’huile.
- Le verre que j’appellerai A fut soumis à l’action de (H2-f- O); l’autre, que je désignerai par B, servit de témoin.
- Après deux heures :
- io c.m3 de A contenaient 0,061341 de SOFe , jH-O 10 c.m3 de B — 0,106680 de SO*Fe , 7H20
- Après trois heures :
- 10 c.m3 de A contenaient 10 c.m3 de B —
- 0,061341 de SOiFe , 7H20 0,106680 de SCHFe , 7HâO
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Après quatre heures :
- io c.m3 de A contenaient 0,061341 de S04Fe , 7H2C 10 c.m3 de B — 0,106680 de SO*F<? , 7H20
- Il est superflu de dire que la solution de B ne rougissait pas par l'addition du sulfocyanate de potassium et que celle de A se colorait fortement au rouge sang.
- L’oxydation du sulfate ferreux est partielle, elle correspond à 42 0/0 du sel employé. Théoriquement, elle devrait être de 40 0/0.
- Action de (H2 + O) sur le sulfate ferrique
- Voyons maintenant si le coefficient de réduction du sulfate ferrique est complémentaire du coefficient d’oxydation du sulfate ferreux.
- On opéra sur une solution contenant i,i5o gramme de sulfate ferrique correspondant à 0,93345 0/0 du sulfate ferreux.
- Après deux heures :
- 10 c.m3 contenaient o,o5334o de S04Fe , 7H20 Après trois heures :
- 10 c.m3 contenaient 0,058674 de SO‘Fe , 7HsO Après quatre heures :
- 10 c.m3 contenaient 0,058674 de S04Fe , 7H20
- Le coefficient de réduction du sulfate ferrique est donc égala 60 0/0. Théoriquement, il devrait être égal à 58 0/0 pour correspondre à la quantité de sulfate ferreux non oxydé.
- On peut expliquer cette différence, soit en admettant que les deux solutions n’aient pas le même degré de concentration, soit encore, comme
- 11 paraît plus probable, que les coefficients de dissociation dans l’eau de ces deux sels ne soient pas égaux (*).
- Acide arsénique + (H2-|- O)
- Une solution diluée de cet acide additionnée de
- (l) Voir D. Tommasi. Détermination des coefficients de dissociation des corps dissous d’après les constantes thermiques, Bulletin de la Société chimique, i885.
- quelques gouttes d’acide sulfurique fut soumise à l’action de (H2 + O) (*).
- Après 26 heures, cette solution ne contenait pas la moindre trace d’acide arsénieux. En effet, traitée à chaud par une solution très diluée de permanganate de potasse, elle ne la décolora pas. Pendant l’action du courant électrique, on ne put constater l’odeur caractéristique de l’hydrogène arsénié. Dans ce cas, la non réduction de l’acide arsénique est due à ce que l’hydrogène, plus les calories fournies par la pile, sont insuffisants pour réduire l’acide arsénique.
- En effet, en faisant arriver seulement l’hydrogène, on peut, tout au plus, au moyen de permanganate de potasse, décéler une légère réduction, même très douteuse.
- La réduction de l’acide arsénique par l’hydrogène donne lieu à un dégagement de chaleui. Si donc on pouvait commencer la réaction entre l’hydrogène (provenant de la décomposition de l’eau par la pile) et l’oxygène de l’acide arsénique, on observerait probablement une réduction,
- Arsénite de potassium -f~ (H2 + O)
- Une solution diluée d’arsénite, acidulée par quelques gouttes d’acide sulfurique, fut soumise à l’action de (H2+ O).
- 10 c.m3 de ce liquide décoloraient 12,6 c.m3 de permanganate de potasse non titré.
- Après 14 heures, 10 c.m3 du même liquide versés dans une solution tiède de permanganate très diluée ne la décoloraient pas. On peut donc considérer comme totale l’oxydation de l’arsénite. Une solution d’acide arsénieux est également transformée en acide arsénique par (H2 -f- O).
- On peut résumer dans le tableau suivant les résultats consignés dans cette note :
- Action de (H2 -f- O) sur différents composés
- Composé initial :
- Acide nitrique Nitrate de potassium
- — de sodium Nitrite de potassium
- (4) La solution arsenicale doit être assez diluée pour ne pas laisser déposer d’arsenic au pôle négatif.
- Compose final : Ammoniaque et nitrite
- Ammoniaque
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- JOURNAL UNIVERSEL UÊLEC TRICITE
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- Nitrate et nitrite de potassium
- Sulfate ferrique — ferreux Acide arsénique Arséniate de potassium Acide arse'nieux
- Arsénitc de potassium
- Chlorate de potassium
- 1" réduction ; Nitrite en ammoniaque
- 2* réduction : Nitrate en nitrite et finalement en ammoniaque
- Réduction partielle
- Oxydation partielle
- Pas de changement
- Transformation en acide arsénique
- Transformation en Arsé-niate
- Transformation en Perchlo-rat
- De l’ensemble de ces recherches on peut déduire les lois suivantes.
- i° Lorsqu’un corps sera soumis à deux réactions chimiques égales et contraires, celle qui dégagera le plus grand nombre de calories se produira de préférence,pourvu que la réaction puisse être commencée (*) ;
- 2° Entre deux réactions chimiques, celle qui exigera le moins de calories pour commencer, se produira toujours de préférence, quand bien même, au total, elle dégagerait moins de calories.
- Il est à observer que la combinaison ou la décomposition d’un composé ne dépend pas tant du nombre de calories qu’il a reçues que du mode vibratoire des molécules. Soit, par exemple, un composé AB ; soumettons le à deux actions thermiques qui dégagent l’une x calories, l’autre x-{-n, et supposons que cette dernière soit sans action sur le composé AB. On ne peut pas conclure de là que l’action thermique x ne puisse pas décomposer AB en ses éléments.
- En effet, il pourra arriver que le mode vibratoire des calories x soit différent de celui des calories x -f- n. Ceci explique diverses réactions chimiques qui, autrement, seraient difficiles à interpréter. Par exemple, parmi les sels halogènes de l’argent, le chlorure est celui qui s'altère le plus facilement sous l’action delà lumière, tandis qu’il absorbe plus de calories que le bromure ou l’iodure en se décomposant.
- Dr. Tommasi
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Courbes magnétiques isogoniques, par M. De-charme 0).
- Notre collaborateur a donné, dans les Comptes Rendus, un extrait d’un Mémoire que nous publierons dans la suite, et relatif aux phénomènes magnétiques que l’auteur étudie depuis des années avec tant de succès.
- M. Decharme détermine les positions relatives d’une aiguille aimantée et d’un aimant pour lesquelles l’aiguille reste dans un même azimut, sous l’influence combinée du barreau aimanté et du magnétisme terrestre.
- On voit de suite les variations indéfinies qu’il est possible de faire sur ce thème.
- E. M.
- Coup de foudre à Schoren, par M. D. Colladon {-).
- Le professeur de Genève, bien connu par ses études de météorologie, a envoyé à l’Académie des Sciences des détails sur un coup de foudre remarquable, qui a eu lieu à Schoren, près de Langenthal (canton de Berne), le 7 avril.
- La foudre a frappé un peuplier de 20,25 m. de hauteur et de 0,9 m. de diamètre, situé au milieu de la place du village, et distant de 20 à 40 mètres des maisons, qui ont été ainsi garanties.
- Le coup a été d’une violence extraordinaire, et des éclats de bois pesant plus de 5o.kilogrammes ont été projetés à 400 mètres de distance. La plus grande partie du tronc et des branches a été pulvérisée.
- Cet exemple confirme les données antérieures recueillies par M. Colladon, à savoir que, pour qu’un arbre agisse comme paratonnerre, il faut que ses racines soient en communication avec une nappe d’eau quelconque, source, ruisseau, fossé, etc.
- On peut en conclure également, avec l’auteur, qu’il y a lieu de réduire le plus possible la résistance des paratonnerres, et d’employer le cuivre
- (•) Voir : Chaleurs de formation des corps d’après les
- constantes thermiques du Dr Tommasi, La Lumière ,Elec~ (*) Voir Comptes rendus, t. CIV, n° 17, 25 avril 18S7. trique, vol. XXIII, n* i3, p. 611, 1887. (2) Voir Comptes rendus, t. CIV, n° 17, 25 avril 1887.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- au Heu du fer pour la tige, et surtout pour les conducteurs.
- E. M.
- être supposée égale à la longueur du barreau, le moment magnétique de l’aimant considéré est donné par la formule
- Effet des percussions sur les variations du moment magnétique des aimants permanents, par
- M. Brown,
- On sait depuis longtemps que le moment d’un barreau aimanté diminue, lorsqu’on lui fait subir un choc un peu violent ou une série de faibles chocs; on n’a pas, cependant, fait des recherches systématiques sur ce sujet et étudié les lois suivant lesquelles cette diminution a Heu. C’est pourquoi les expériences que M. Brown a faites dernièrement au laboratoire de physique de l’Université de Glascow, et qu’il a publiées dans le Philoso-phiçal Magasine (vol. XXIII, p. 293), offrent un intérêt tout particulier, l’auteur ayant étudié, sur un grand nombre de barreaux d’acier, les effets de chocs définis avec précision.
- Voici la méthode suivie par l’auteur : Les barreaux d’acier dit « silver steel » étaient travaillés aussi exactement que possible.
- Pour les tremper, on les introduisait dans un tube en fer, et après avoir chauffé le tout au rouge blanc, on retirait le tube du feu et on faisait tomber le barreau verticalement dans un vase contenant de l’eau à i5 ou 20 degrés; on obtenait ainsi, pour tous les barreaux, une trempe dure aussi uniforme que possible.
- Les barreaux étaient ensuite aimantés à saturation, en les plaçant, entre les pôles d’un grand électro-aimant Ruhmkorff excité par le courant d’une dynamo; on avait soin de les retourner plusieurs fois bout à bout, entre les pôles de l’électro-aimant, avant de leur donner leur aimantation définitive.
- Les moments magnétiques des barreaux étaient mesurés à l’aide d’un magnétomètre ordinaire, dont les déviations étaient observées par la méthode du miroir et de la lampe. Le barreau était placé dans l’axe du magnétomètre perpendiculaire au méridien magnétique, à une distance r du centre de l’instrument, sur un support permettant de le tourner de 180 degrés sans le toucher. En appelant 0 l’angle dont l’aiguille du magnétomètre est déviée, H la composante (horizontale de la force magnétique terrestre, / la distance polaire du barreau aimanté, cette distance pouvant
- Afin d’obtenir une certaine uniformité dans les chocs donnés aux aimants, on faisait tomber ceux-ci sur une plaque de verre ; ils étaient guidés dans leur chute par un tube en verre et tombaient toujours l’extrémité nord en bas. Une hauteur de chute de 1,5 mètre fut adoptée comme hauteur normale, après quelques expériences avec des hauteurs moindres.
- Le tableau I renferme la perte de moment magnétique, exprimée en pour cent, subie par le barreau aimanté 'après être tombé quatre fois d’une hauteur de' 1,5 mètre, l’expérience ayant lieu à des époques plus ou moins éloignées de celle à laquelle le barreau a été aimanté.
- Porto du moment magnétique.
- Nuturo tlo la trempe du barrenu Longuour et diamètre du 'barreau en Montent magnétique par gramme» exprimée on pour oent, duc h 4 chûtes subies, après l'aimantation, à des Intervalles do
- centimètres « » » 2_j ?
- g i ^ l 0 u îs a Js Z
- Dure.... 10 X 3 4< 0.8 1.04 i.94 2.0 I.r8
- — .... 10 X 2 45 0.0 1.00 1.48 3.-. -.96
- — .... 10 X 3 44 6.2 5.4 4.8 6.1 6.o3
- Jaune... 10 X 3 46 4.0 2.6 3.76 3.5 4.0
- Bleu .... 10 X 3 54 7.5 11.8 9-7' 10.8 11.8
- — ... IO X 2 7> 00 7.5 00 00’ 8.2 8.2
- On voit, à l’examen de ces résultats, que la diminution du moment magnétique est plus grande pour les barreaux à trempe douce que pour ceux à trempe dure. Cependant, les expériences ne sont pas assez nombreuses pour en tirer des conclusions certaines.
- M. Brown a aussi étudié la perte partielle de magnétisme de plusieurs barreaux d’acier, trempés dur et de dimensions différentes, occasionnée par quatre chutes consécutives ; il a mesuré cette perte après le premier choc et après le dernier
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- seulement; voici les résultat* auxquels il est arrivé,
- Longueur et dlnraètro dé l'aimant Momont magnétique par grammo Porto do tmigsidtlsino 011 pour cont duo U
- 1 ch (Ho 3 chûtoa Porto totalo
- i5 X o,a5 56 0,67 0,00 [0,67
- i5 X o,25 55 o,65 0,00 o,65
- 10 X o,3 40 0,46 0,00 0,46
- 6 X o,3 36 i,ro 0,73 r ,83
- 3,2 X o,3 27 0,70 0,70 I ,40
- 10 X 0,2 43 - 0,43 0,11 0,54
- 7 X 0,2 39 2,10 0,00 2,10
- 10 X 0, i5 65 1 ,o5 0,00 1 ,o5
- 7 X 0,i5 57 1 ,20 I ,20 2,40
- 10 X 0,1 66 0,00 1,80 1,80
- 7 X 0,1 64 O O O 0,00 0,00
- Il résulte du tableau ci-dessus que la perte de magnétisme a surtout lieu après la première percussion, les chocs suivants n’occasionnant, en général, qu’une diminution très faible.
- L’auteur se proposant de continuer ses recherches, nous ne manquerons pas de tenir nos lecteurs eu courant de ses nouvelles mesures.
- ___________ A. P.
- Les stations centrales en Europe
- Si l’éclairage électrique n’a pas encore pris en Europe l’importance qu’il a en Amérique, ses progrès sont cependant réjouissants. On n'a pas encore, croyons-nous, publié de statistique un peu complète des installations de ce genre qui sont actuellement en fonctionnement, aussi croyons-nous intéressant de reproduire les tableaux établis par M.Killingworth Hedges, et présentés par lui à l’Institution of Civil Engineers (1) (voir p. 280 et 281).
- Sans doute nous sommes loin des 41 stations centrales du seul système Edison, avec leurs cent mille lampes, qui existaient aux Etats-Unis l’an-
- (‘j Proceedings of the Institution of C.E. vol LXXXVIIl 1886-87, t. 7, 2“° partie.
- née dernière; mais cependant, si l’on tient compte des difficultés spéciales créées en Europe, soit par des législations surannées, soit par la position privilégiée des Compagnies du gaz, le travail accompli est un gage des progrès futurs.
- L’Angleterre qui devrait, semble-t-il, tenir la tête du mouvement, a eu le malheur de subir, en 1882, un véritable désastre financier, causé par des spéculations effrénées sur les valeurs des Compagnies Electriques, à une époque où le matériel industriel était absolument insuffisant. Dès lors, entravés par les dispositions de l'Electric Lighting Act de 1882, les électriciens Anglais ont dû se borner à développer les installations privées, tandis que les stations centrales sont restées rela-tiuement très inférieures en importance à celles du Continent.
- Nous allons passer rapidement en revue les principaux systèmes qui ont été appliqués, en donnant quelques détails sur les installations les plus remarquables.
- En ce qui concerne les lampes à incandescence, le système qui compte actuellement le plus de lampes en activité, est de beaucoup le système Edison, comme on peut le voir d’après les tableaux.
- Le système Gaulard et Gibbs vient ensuite, suivi de près par le système Zipernowsky-Dérj; ils sont basés tous deux sur le même principe,
- Le système à haute tension avec lampes en série, appliqué à Brighton et à Temeswar est encore le moins répandu.
- Le système Edison est le plus connu, et ses applications à de petites installations sont déjà très nombreuses ; les stations centrales les plus importantes sont celles de Berlin et de Milan.
- Comme on le sait, dans ce système, un nombre quelconque de machines groupées en quantité maintiennentà une différence depotentielcons-tante de 110 volts deux conducteurs principaux, où viennent se greffer les embranchements de chaque maison ou de chaque quartier, sur lesquels les lampes sont placées en dérivation.
- Les machines elles-mêmes sont reliées aux conducteurs principaux par des alimentateurs ou feeders.
- Les figures 1 et 2 donnent l’esquisse du système dans le cas le plus simple et dans le cas général,.
- La station de Ste Radegonde à Milan est la plus grande actuellement; comme elle a été décrite ici-même, nous ne ferons qu’indiquer quelques
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- détails économiques. Le nombre de lampes, qui à l’origine, en 1882, était d’une centaine, est actuellement d’environ dix mille, avec 100 lampes à arc de 45 volts, placées deux par deux en série.
- Pour montrer quelle lutte l’éclairage électrique
- 1 w/i
- 1 i
- doit soutenir contre le gaz, nous dirons seulement qu’à Milan, la Compagnie offrait de réduire le prix du mètre cube de gaz, de 34 centimes à 25 centimes, pour les abonnés compris dans le cercle d’opérations de la station centrale.
- Le prix actuel de l’éclairage électrique, de nuit comme de jour, est déterminé comme suit:
- Prix d’installation Prix de la lampe-
- par lampe heure
- Lampes de 10 bougies 22.5o fr. 2,6 cent.
- (( 16 (( 35. « 4,o
- « 32 <( 70. « 8,0
- Ce qui revient en somme à un peu plus de 5 centimes par ampère-heure, mesuré au compteur d’Edison.
- Ces compteurs sont fournis par la Compagnie,
- pour cinquante, cent et cent cinquante lampes, au prix de 6 francs, 9 francs et 12 francs.
- La Compagnie remplace gratuitement les lampes dont le filament s’est rompu.
- Pour les lampes à arc, qui demandent de 9 à 10 ampères, le prix est de 5o fr. par an pour chaque
- lampe, et 5 centimes par ampère-heure ; il faut ajouter en outre, les charbons qui reviennent à 10 centimes la paire, et durent environ 7 heures. Le courant est mesuré au compteur Edison, qui absorbe environ un millième de l’énergie fournie; il comprend un élément électrolytique formé de deux électrodes de zinc plongeant dans du sulfate de zinc d’une densité de 1,054 et ayant une résistance de 1,75 ohm, et une résistance métallique de 8 ohms.
- Un employé visite chaque mois les compteurs, remplace les éléments, et on tient un registre de la perte de poids des cathodes.
- Système des transformateurs Gaulard et Gibbs Les principales stations de ce système sont celles
- Fig. S
- de la Grosvenor Gallery, à Londres, de Tours et de Tivoli.
- La station de Grosvenor Gallery est la plus importante de toutes lees stations anglaises; elle comprend 3ooo lampes, réparties sur cinq circuits; à une distance maximum de J4 kilomètres.
- La figure 3 représente les communications dans un système pareil.
- La machine à courants alternatifs D maintient les conducteurs LL' à un potentiel moyen constant; les circuits primaires des transformateurs T sont dérivés sur ces conducteurs, et les lampes S placées en arc parallèle sur les circuits secondaires.
- Dans la station de Grosvenor, deux machines Siemens sont excitées à part, et le potentiel aux bornes maintenu constant, en réglant l’intensité d’excitation.
- Le potentiel moyen du circuit primaire est de
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- 2400 volts, et celui du circuit secondaire de too volts.
- La station de Tivoli a cela d’intéressant, qu’à l’inverse de toutes celles qui sont établies jusqu’ici, la force motrice est fournie par une chute d’eau, qui transmet à deux turbines une puissance de 160 chevaux.
- On a disposé deux circuits distincts, en bronze chromé, sur une longueur totale de 3o kilomètres.
- Les lampes de l’éclairage public sont fixées alternativemet sur chaque circuit, en sorte qu’on peut éteindre d’un coup la moitié des lampes.
- L’éclairage public comprend 200 lampes à incandescence de 5o bougies dans les rues principales, et 120 lampes de 16 bougies dans les petites rues. On compte, en outre, un certain nombre de lampes à arc, et la Compagnie compte développer son installation et transporter à Rome 2000 chevaux électriques pour l’éclairage de la ville.
- Transformateurs Zipernowsky-Déri.
- La compagnie renouvelle gratuitement les lampes.
- Le réseau comprend quatre circuits distincts, ayant chacun sa source d’énergie séparée; les lampes de l’éclairage municipal sont reliées en séries multiples, c’est-à-dire en séries de groupes de lampes en dérivation, comme l’indique la figure 4.
- Chaque groupe comprend huit lampes en dérivation, et il y en a jusqu’à trente-quatre en série. En tout, il y a soixante-quinze de ces groupes, soit sept cents soixante lampes.
- Il faut naturellement pourvoir chaque groupe d'un commutateur automatique, qui peut mettre en court circuit un groupe entier, d’autres com-
- fO-cuHMj: *3Q.mmTni...,
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- SitmiQg fuwnmpg
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- H7 6 8
- Nous n’avons rien à prendre dans l’étude de M. Hedges qui n’ait été publié dans ce journal; la principale station est celle de Lucerne ; le potentiel est de 1800 volts et le courant de 38 ampères. Une installation semblable a été faite à Rome; Milan possède également une station de ce système.
- Système en séries multiples
- Ce système a été appliqué en Angleterre, a Brigthon et à d’autres petites villes; mais le plus bel échantillon est la station de Temeswar, en Hongrie, établi depuis la fin de 1884.
- L’éclairage public comprend sept cents trente lampes de 16 bougies; mais la compagnie peut ou bien en éteindre la moitié à 11" , 3o du soir, ou bien réduire les lampes à 8 bougies.
- Le prix fixé dans la concession pour l’éclairage public est de 3 centimes par lampe-heure de 16 bougies.
- En somme, l’éclairage électrique revient à 58,ooo francs, tandis que l’ancien éclairage au gaz et au pétrole revient à environ 5,000 francs meilleur marché.
- Pour l’éclairage privé, la concession fixe le prix à 3,5 centimes par heure et par lampe de 16 bougies.
- ..-Opnt
- jacaoa C 3 3
- as ]STATiON
- Fig 4
- imitateurs servent au contraire à remplacer une lampe par une autre en cas de rupture.
- Les conducteurs principaux sont constitués par un simple fil de cuivre isolé de 4,6 millimètres, il est supportés à l’air libre par des isolateurs en porcelaine, sa résistance est d’environ 1,1 ohm par kilomètre.
- Les lampes du type Lane-Fox de 16 bougies sont,en réalité,poussées à 18 avec i,i83 ampère, soit 3,6 watts par bougie.
- Le courant dans le circuit principal est de 10 ampères, et le potentiel aux bornes des groupes, de 53,6 volts.
- On perd environ 12,8 ponr cent du travail total dans les conducteurs et les commutateurs, un résultat satisfaisant, pour une longueur totale de près de 60 kilomètres de rues.
- Les machines sont des Brusch, mises en train par un moteur Compound à condensation de 3oo chevaux, tournant à 100 tours par minute.
- Deux autres systèmes, qui ont des avantages
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- TABLEAU I. — Principales Stations Centrales de lumière électrique dans la Grande-Bretagne
- Nom Nombre des foyers Longueur des Surface Nombre de foyers dans un Nombre d’heures 1 Prix de la lumière
- . de la station Incan— Système employé conducteurs seul bâtiment d’éclairage
- dcscence Arc principaux en kilomèt. Maximum Minimum Au compteur A l’année
- Grosvenor District Elcctrical Supply. 3ooo • • • * Haute tension avec des transformateurs Gau-lard : primaire 2400 volts: secondaire : 100 v.; dynamos Siemens. 14,5 (aérien) Quartier très irrégulier, une maison située à 3,2 kilom. de l’usine. 3oo 10 De 8 h. du matin jusqu’à minuit. 5 centimes par lampe et par heure. 5o francs par- an et par lampe de 16 bougies.
- Brighton Electric Ligt C°. 875 27 Haute tension lampes en séries multiples, dynamos Brush. 17,70 (aérien) Environ 5 kilom. carrés. 100 3 Coucher au lever du soleil. Au compteur, 27 fr. 25 cent, par an. Lampe à incandescence : 5 cent, par lampe et par neure; lampes à arc : 5 francs par foyer et par semaine, y compris l’entretien.
- Victoria Ligh-ting Station-. Faible tension lampes en dérivation, dynamos Crompton. (souterr. en partie) Toute la gare est éclairée, les bureaux, l’imprimerie et l’extérieur de la gare. • La Swan United C# a traité pour l’éclairage ae la gare moyennant une somme fixe par an.
- i5oo • • • •
- ! Tilbury Docks Lighting Station. i35o sera porté à 1700 80 sera porté à 100 Dynamos C rom-ton , lampes de io5 volts. 3,20 (aérien) 120 hectares. • • « • • • • • Coucher au lever du soleil. L’entretien de l’éclairage est à la charge de la Ci# des docks.
- Paddington Electric Lighting 4115 lampes de 25 bougies 98 foyers de 3ooo bougies Force électromotrice i5o volts, lampes Swan, dynamos Gordon. 4,82 (souterr.) 27 hectares. Continu. «
- •
- Kensington Court Lighting C°. 800 sera porté à i3oo Crompton, io5v. faible tension, courant constant au moyen d’accumulateurs. 0,40 (souterr.) Continu. 5 1/2 cent, par lampe de 20 bougies et par heure ou 3 cent, par lampe de 10 bougies. Les magasins paient 5o fr. par an et par lampe de 20 bougies àvecun minimum de ro lampes. _ T
- • • • • •
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- TABLEAU II. — Principales Statioyis Centrales de lumière électrique sur le Continent
- Nom Nombre des foyers Longueur des
- de la station Incandes- cence Arc Système employé conducteurs principaux en kilomèt, Surface
- Anvers. Bergen. 6000 3coo 80 70 Dynamos Gul-cher,iamp.Lane* Fox. o,8o5 souterr. 2,59 k. 1. m.2 »
- Berlin. 1800 • • • • , 2,400 Système à trois
- — 4000 5oo 6000 20 B • • B 26 /Lampes Edison, souterr. fils.
- Breslau. 1200 69 ji 10 volts. souterr.
- Crefeld. i56o • • • • »
- Hambourg. 1400 80 »
- Hernœsand. « • • • 70 Thoms.-Houston aérien
- Halle. i35o IO Edison. souterr. '
- Hanovre. 6000 • • B • » » »
- Lucerne. 0 0 CO • • • B Zippernowsky avec transform. 4 aérien Toute la ville.
- Milan. < 10000 80 Edison 1,20 souterr. 3,90 k. 1. m.2
- 1 Munich. 1000 • B • B Zippernowsky. » Théâtre; 460 lampes éclair, privé.
- 2500 Ï40 Edison. souterr. Deux théâtres.
- Rome. 1200 B • • • Zippernowsky. aérien Hôtels, Magasins
- Rotterdam. 1000 • • B B Edison. souterr.
- Strasbourg. 1000 62 Edison - Siemens souterr. et aérien Gare, etc. 34hect.
- Stuttgard. 1060 • B a # » » souterr. Théâtre.
- Schwerin. 2390 • * • • » » » » »
- Tivoli. 1000 6 Transformateurs Gaulard. ,29 aerien Eclair, des rues.
- Tours. 35oo • • * • », » 4,8 aérien
- Temesvar. 760 • * • » Machine Brush, lamp. Lane-Fox. 3,2 aérien Environ 59,5o kiiom. de rues.
- Vienne. 1 7000 • • • • Dynamos Crom-pton à faible tension et accumul. 0,8 souterr. Opéra, théâtres et bâtiments municipaux.
- Nombre de foyers
- dans un bâtiment
- Màximum Minimum
- 3oo IO
- Eclairage des rues et bâtiments publics.
- Cercles, théâtres, bâtiments publics et rues.
- Gares et fabriq.
- Moulins et fabr. Eclair, des rues.
- Théâtre munie. Magasins et bâtiments publics.
- Hôtels.
- 2600 1 3
- Éclairage des rues.
- Nombre d'heures declairage
- Coucher au lever du soleil.
- Service continu.
- Coucher au lever du soleil.
- Coucher au lever du soleil.
- Service continu.
- »
- »
- Coucher au lever du soleil.
- Coucher au lever du soleil.
- Prix de la lumière-
- Au compteur
- Au compteur.
- Au compteur abonnement de 3 ans.
- Arc et Incandescence, 5 cent, par ampère-heure.
- *••••••
- A l'année
- .........
- 16 bougies 7,25 fr. fixe ; 5 cent, par heure-lampe Arc 75 fr. et 0,80 fr. par heure.
- 10 bougies 4,5 cent, par lampe-heure; 10 bougies, 5 centimes.
- Installation : lampe de 10 boug. 10 fr.; de 16, 35 fr.; de 32, 70 fr.
- Arc 50 francs par an.
- .........
- Prix de revient de l’usine avec 12- OjO d’intérêt, etc. Arc, 0,40 fr., par heure-lampe. ïncandesc. 16 boug. 0,04
- ‘S = £82:
- Abonnement : 3 fr. par lampe de 16 bougies et par mois.
- Eues : lampes de 16 b. 3 cent, par heure. Particuliers : 3,6 cent.
- Prix fixe à peu près le double du gaz.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- particuliers, ont encore été proposés, mais sans avoir été appliqués jusqu’ici à des stations centrales..
- Distribution au moyen d'accumulateurs D’après M. Hedges, ce système serait dù à
- — R K
- M. Lane Fox; il comprend, d’après ce dernier, une station centrale avec générateur d’électricité, et des conducteurs subdivisés suivant les besoins; le retour s’effectue par un conducteur non isolé, nne terre, en un mot.
- En divers points,des batteries d’accumulateurs
- DYNAMO
- sont également reliées d’un côté aux conducteurs, de l’autre à la terre, comme l’indique la figure 5, dans laquelle G est la génératrice, M les conducteurs principaux, R les mises à la terre, A les batteries d’accumulateurs et L les lampes.
- La combinaison est telle que lorsque le courant fourni par la génératrice est insuffisant (quand le potentiel baisse) les batteries fournissent le complément.
- Une première objection au système, c'est l’emploi de la terre comme retour, un usage qui a pu être suivi dans les premiers temps, mais qui est maintenant abandonné à cause de ses dangers.
- On a cependant essayé un système pareil à Golchester en 1884, des accumulateurs étaient chargés par un courant à haute tension, les connexions étaient faites comme dans la figure 6,
- Deux machines Brusch donnant chacune g,5 ampères à 1800 \olts étaient couplées en quantité.
- Le courant était conduit à quélcjue distance par un câble formé de sept fils de i,i pn.m. à des accumulateurs qui étaient chargés ÇU série.
- Les lampes de 60 volts étaient reliées en dérivation sur deux conducteurs principaux spéciaux.
- Pour ne pas introduire dans les maisons le courant de charge à 1800 volts, bn avait disposé
- un commutateur automatique, qui séparait à temps voulu la batterie du circuit de charge.
- Pour cela, un élément directeur MC était muni d’un appareil pour recueillir le gaz développé, qui en tendant une membrane coupait le circuit.
- Cette expérience n’a pas donné de résultats financiers, mais il est fort possible que le système simplifié puisse donner de bons résultats.
- Distribution en série
- Ce système bien connu remonte en somme à l’introduction des lampes à incandescence, mais il n’a jamais été appliqué en grand à celles-ci.
- Il est évident que pour ce système il faut des lampes toutes spéciales, à faible résistance, pour ne pas avoir des potentiels par trop forts ; et l’on connaît dans ce genre les lampes Bernstein et Cruto, qui ont une résistance à chaud de 0,7 ohm, et sont employées avec un courantde 9,75 ampères-
- La grande difficulté est de maintenir pratique»
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- OURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRiCITÉ
- 2%y
- ment la continuité du circuit ; nos lecteurs sont au courant des efforts faits dans cette direction par M. Bernstein.
- La figure 7 montre le diagramme d’un pareil système, MM sont les conducteurs principaux des rues, S le commutateur placé à l’entrée de chaque maison, et S1 les commutateurs de chaque lampe.
- Nous ne nous étendrons pas davantage sur ces appareils qui ont été décrits.
- D’après M. Hedges, ce système ne pourrait avoir d’avenir que dans l’éclairage public, ou pour des établissements importants où la sui-veillance voulue peut être garanti:.
- Nous donnons ci-joint les tableaux des stations centrales européennes, telles que les indique M. Hedges, ils n’ont pas la prétention d’être complets, mais tels quels ils forment un document utile qui prête à des remarques intéressantes que nous laisserons à nos lecteurs le soin de faire.
- E. M.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne
- L’emploi des accumulateurs dans le montage simultané de lampes a arc et des lampes a incandescence en dérivation. — Dans des installations électriques peu importantes, on peut placer des lampes à arc et des lampes à incandescence en dérivation, alimentées par la même machine, mais cet arrangement n’est plus praticable là où il s’agit d’éclairer sur une longue distance, avec un grand nombre de lampes à arc.
- Si, dans un cas pareil, on désire ajouter un petit nombre de lampes à incandescence aux lampes à arc en un point assez éloigné de la station, on peut employer une seconde dynamo. Le Dr Dietrich, de Stuttgard, recommande de faire passer le courant, pour les lampes à arc à travers une batterie d’accumulateurs, aux bornes de laquelle est dérivé un circuit spécial, dans lequel les lampes à incandescence sont montées en dérivation.
- Il faut choisir les rapports de telle sorte que, dans des conditions normales, aucun courant ne traverse les accumulateurs, mais que le courant entier parcoure les lampes à incandescence, et que les accumulateurs ne reçoivent de courant que lors de l’extinction des lampes à incandescence. Les accumulateurs n’ont donc qu’un effet régulateur, et peuvent être de faible capacité.
- Rhéostat a ruban pour les appareils électriques. — La maison Stœhrer et fils de Leipsic a construit un dispositif à l’aide duquel on peut régler facilement l’intensité du courant dans les appareils électriques.
- On voit, par la figure 1, qu’il consiste en un ruban dans l’intérieur duquel un fil conducteur entouré d’une substance non-conductrice est intro-
- pig, 1
- duit avec d’autres fils pour former la trame, de telle façon, que les fils conducteurs parallèles sont isolés d’un côté par les autres fils de la trame, et que de l’autre côté, les fils conducteurs aux bords du ruban sont isolés l’un de l’autre par les fils de la chaîne.
- Par cette disposition, on obtient, un fil conducteur d’une longueur considérable ; le ruban doit être construit de manière que le fil soit découvert de distance en distance, de sorte qu’il puisse être mis en contact avec le fil principal d’un circuit.
- Pour cela, le tissage est fait de manière qu’à intervalles fixes, le fil est superposé sur la chaîne. Le ruban B est enroulé dans la boîte a, et l’extrémité qui est fixée à l’axe d est reliée [avec le circuit par l’introduction du conducteur e, tandis que le rouleau f forme l’autre contact avec le circuit à la distance désirée, suivant que le ruban est plus ou moins déroulé de la boîte.
- Si l’on désire faire des mesures, l’appareil peut | être muni d’une échelle, à travers laquelle on fait | passer la longueur correspondante dti ruban B,
- 18
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- bu bien le ruban lui-même peut être muni de chiffres marquant la résistance intercalée.
- Après l’emploi, le ruban peut être enroulé dans la boîte à l’aide d’une manivelle fixée sur d.
- Lampe a arc de Hardt. — Dans un précédent numéro nou3 avons indiqué und ispositif
- Fig. 2
- de régulateur dû à M. A. Hardt de Cologne; le même inventeur a breveté également un autre dispositif de lampe à arc , dans laquelle la régulation se fait par l’acticn d’un frein magnétique particulier; représenté dans la figure ci-jointe:
- ’ A est une poulie en fer qui constitue une armature, mobile autour de l’axe N, et qui est suspendue xdans une fourchette B, articulée en L; les vis d d servent au réglage du mouvement de B. È est un électro-aimant enroulé différentielle-ment, Fie porte-charbon inférieur isolé, g, g
- sont les poulies sur lesquelles passe le brin enroulé sur A, auquel est suspendu le porte-charbon supérieur.
- Le bord de la jante de la poulie-armature A porte une fine dentune dans laquelle une petite lame peut engréner ; cette lame ne permet à l’armature A de tourner autour de son axe que lorsque celle-ci est dans l’une ou l’autre de ses positions extrêmes ^cette denture et son cliquet ne sont pas représentés sur la figure).
- Au moment où le courant s’établit, l'électro E est alors excité, et attire l’armature A ; ce qui soulève le porte-charbon K par l’intermédiaire du brin, et forme l’arc.
- La lame engrène dans les dents de A et empêche sa rotation jusqu’à ce que la poulie se trouve dans sa position la plus élevée, mais alors elle est de nouveau retenue par l’aimantation provenant de l’enroulement du circuit principal.
- Si l’arc s’allonge, l’enroulement en dérivation de E, en affaiblit tellement le magnétisme, que A tourne sous le poids du porte-charbon, mais sans que A se détache de E. L’armature A tournera jusqu’à ce que l’arc soit devenu assez petit pour que le magnétisme provenant de l’enroulement du circuit principal de E la fixe de nouveau.
- Le pôle en A qui est placé en regard de l’électro-aimant E, se déplace lors d’une rotation de A et le travail qu’il faut employer dans ce changement d’aimantation empêche une rotation, et par suite un rapprochement trop rapide des charbons.
- Batterie a immersion pour les galvano-cautères. — Le Dr Kilian, de Manheim, à imaginé une disposition pour des batteries à immersion qui se recommande comme pratique et très commode pour l’opérateur.
- Dans ce dispositif, dont la figure 3 donne l’illustration, l’immersion des électrodes dans le liquide se fait à l’aide d’un dispositif à pédale. Selon qu’on presse le pied plus ou moins fortement sur la pédale, les électrodes sefont plongées, plus ou moins, dans le liquide; et de cette manière l’opérateur est en état de porter graduellement son instrument à l’incandescence. Quand l’opérateur lâche la pédale, les plaques s’élèvent de suite automatiquement hors du liquide, de sorte que toute consommation inutile des éléments est évitée.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- En enlevant le dessus de la table, on peut visiter l’intérieur de la batterie ; celle-ci consiste en quatre éléments, dont les vases rectangulaires
- Fig, 3
- sont arrangés comme l’indique la figure 4. Dans l’espace libre, au milieu des vases, il y a une cage dans l’intérieur de laquelle le contrepoids s’élève
- 1 2
- 3
- Fig 4
- et descend. Le dispositif de la pédale est muni d’un frein, qu’on peut mettre en activité ou retirer entièrement à volonté.
- La maison Rud. Détert, à Berlin, s'est chargée de la fabrication.
- Dr H. Michaelis
- Angleterre
- L’électricité voltaïque et l’oxydation atmosphérique. — Le Dr C.-R. Adler Wright et M. G. Thompson ont rendu compte à la Royal Society de leurs expériences récentes sur ce sujet. Quand une feuille de cuivre est soustraite de tout contact direct avec l’air, en la plongeant
- dans une solution d’ammoniaque, l’oxydation du métal s’opère graduellement, par suite de la dis solution de l’oxygène à la surface du liquide et de la diffusion de l’oxygène en solution dans le voisinage du cuivre. Cette action est extrêmement lente, si le cuivre plonge à une certaine profondeur dans le liquide et si l’on empêche la création de courants de convection, provenant de réchauffement ou de l’évaporation, en maintenant le vase tranquille et à une température égale et en le fermant de manière à prévenir l’évaporation de l’ammoniaque. Mais, si l’on néglige ces précautions, l’action est beaucoup plus rapide, et le liquide devient bleu dans un délai relativement court.
- On peut également accélérer l’action en disposant horizontalement, sur la surface du liquide, une plaque en platine ou d’autre matière conductrice de l’électricité, qui n’est pas influencée chimiquement par le liquide et en le reliant, au moyen d’un fil, avec la plaque de cuivre. Le conducteur supérieur ou la plaque d'aération étant simultanément en communication avec l’atmosphère et le liquide, condense à sa surface une couche mince de gaz dont l’oxygène est graduellement transféré au cuivre, en formant un courant voltaïque qui circule h travers le liquide et le fil conducteur. Il se produit de l’oxyde cuivreux dissous dans la solution d’ammoniaque en contact avec la plaque de cuivre. Le mécanisme de la réaction peut être exprimé ainsi :
- Plaque de cuivre Cw2 ) OH2 | O plaque d’aération.
- Plaque de cuivre Cm20 j H20 | plaque d’aération.
- Pour plus de simplicité, l’eau est représentée comme l’électrolyte. La couche d’oxygène, sur la plaque d’aération, est constamment renouvelée par l’absorption de l’air, et le procès continue tant que les deux plaques restent en communication. Le fil qui les relie peut être rallongé ou raccourci, de manière à rendre le courant plus ou moins intense. En intercalant un galvanomètre ou un voltamètre à argent dans le circuit, on peut facilement reconnaître le passage d’un courant.
- La force électromotrice développée varie suivant la dilution de la solution ammoniacale; la force électromotrice diminue, quand celle-ci augmente. En ajoutant du sel ordinaire ou du sel ammoniac à la solution, on augmente la force
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- électromotrice et on diminue la résistance intérieure de l’élément; on obtient des valeurs plus élevées, si la plaque d’aération est formée de platine spongieux, que si 1' on se sert d’une mince feuille de platine; on a ainsi pu obtenir une force électromotrice d’environ o,8 volt, en employant une solution ammoniacale assez concentrée. Cette valeur est un peu inférieure à la force électromotrice qui correspond à la chaleur de formation de l'oxyde cuivreux qui, d’après M. J. Thomsen, correspondrait à o,88 volt. La transformation chimique réelle, qui a lieu dans l’élément, est la formation d’hydroxyde cupro-ammoniacal, en sorte qu’il faut ajouter la chaleur de dissolution de l’oxyde cuivreux dans l’ammoniaque pour obtenir la chaleur totale développée.
- L’élément de MM. Aider Wright et Thomson ressemble à la pile à air inventée en 1873 par MM. Gladstone et Tribe. Dans cette dernière , la plaque d’aération était remplace'e par des cristaux dWgent, tandis que la plaque de cuivre plongeait dans une solution de nitrate de cuivre. L’oxyde cuivreux y était formé par suite de la combinaison indirecte entre l’oxygène de l’air et le cuivre. Mais dans l'élément de MM. Gladstone et Tribe, l’oxyde cuivreux était formé à la surface de la plaque d’argent ou d’aération , tandis que, dans l’élément de Wright et Thomson , il est formé à la plaque de cuivre.
- De plus , l’oxyde cuivreux était déposé dans le premier, tandis que, dans le dernier , il est maintenu en solution. Ceci ressort d’une comparaison entre le schéma des réactions donné plus haut, et celui de l’élément Gladstone et Tribe :
- Argent + O
- Cu(NOs).*
- Cu(N03)S
- C u (N03)2
- Cu (NO3)2
- C u )
- _ cuivre C u )
- Argent
- Cu I (N03)2 Cu I (N03)2 C u ° Cu I (NOs)2 Cu I (N03)2 C u
- cuivre
- Il résulte de ces différences que la surface de la plaque d’aération dans l’élément à ammoniaque, est toujours la même, tandis que dans l’élément à nitrate, elle change constamment par suite du dépôt d’oxyde cuivreux solide sur l’argent.
- MM. Gladstone et Tribe n’ont obtenu qu’une forcq élecirmotrn.e de 0,104 à 0,143 volts, tandis que l’élément de MM. Wright et Thomson donne quatre ou cinq fois plus.
- MM. Wright et Thomson continuent leurs re-
- cherches avec des composés analogues, et obtiennent de bons résultats. Ils ont constaté que certains métaux qui, comme le mercure et l'argent» sont généralement peu oxydables à l’air, peuvent dans de certaines conditions être graduellement oxydés et dissous dans des solutions ; de même que le cuivre est dissout dans l’élément à ammoniaque que nous venons de décrire.
- Ces combinaisons développent des courants suffisants, pour pouvoir être mesurés au voltamètre à argent.
- Machine pour la préparation des charbons — M. J. Howell de Hamilton Road, Grove Road, Mile End à Londres, a imaginé une machine pour couper le charbon de cornue, pour obtenir les charbons des dimensions employées dans les piles.
- Des blocs de charbon irréguliers sont placés dans un cadre en bois, dans une couche de ciment où on les laisse pendant une semaine. On fait ensuite fonctionner la machine et le charbon est coupé en plaques minces.
- La machine fonctionne de la même manière que les scies pour couper le marbre ou le granit ; les lames de la machine.au nombre de 5o ou 60, constamment saupoudrées de grès ou de sable mouillé, usent le charbon.
- J. Munro
- États-Unis
- Nouveau mode de régulation dans le système a trois fils. — Dans le mode ordinaire de distribution par le système à trois fils , le courant fourni par la dynamo passe d’abord dans le conducteur principal, puis, par un groupe de lampes, dans un fil de jonction, d’où il se rend, par un autre groupe, au conducteur de retour, et de là à la dynamo.
- Dans ce système, il est nécessaire que le travail du courant ou le nombre de lampes soit le même pour chaque groupe en arc multiple, c’est-à-dire que les groupes se compensent réciproquement. Quand il n’en est pas ainsi, on cherche à obtenir cette compensation par l’emploi de résistances placées en dérivation dans le circuit contenant le plus petit nombre de lampes, ou celui qui réclame le moins de courant.
- Récemment, M. le professeur Elihu Thomson
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- a imaginé une disposition nouvelle, dans laquelle la compensation est rendue automatique, et où l’énergie se transporte des parties du circuit où elle est en excès dans celles qui en ont besoin.
- Ce résultat a été obtenu en faisant entrer dans le système un convertisseur, qui permet d’éteindre à volonté un nombre quelconque de lampes dans un groupe, en laissant à l’appareil compensateur le soin de rétablir l’équilibre.
- Cette combinaison est représentée sur la figure ci-jointe.
- G est la dynamo génératrice qui maintient une différence constante de potentiel entre les conducteurs a et b. Le potentiel est suffisant pour alimenter
- Fig. 1
- deux groupes de lampes en arc multiple, en série, comme cela est indiqué en LL2, réunies par le fil intermédiaire d.
- Tant que les lampes en L et L2 sont en nombre égal, ou que le courant est le même dans les deux groupes, on ne rencontre aucune difficulté. Mais si l’on vient à éteindre une partie des lampes du groupe L2, les lampes restantes de ce groupe sont alors parcourues par un excès de courant, ce qui augmente leur éclat et tend en même temps à diminuer celui des lampes du groupe L, sans qu’il soit possible de rétablir l’ordre en changeant le potentiel dans le générateur G.
- C’est pour remédier à cet inconvénient que le professeur Thomson a imaginé d’adjoindre aux conducteurs a b d ce qu’il appelle un compensateur ou convertisseur de l’énergie du courant. Il arrive à ce résultat de diverses manières ; nous avons représenté en C l’une des plus pratiques.
- L’appareil consiste en une sorte de dynamo gé_ nératrice, combinée avec un moteur.
- Les inducteurs FF sont reliés à a et à b et forment une dérivation d’assez forte résistance, de façon à ne prendre qu’une très faible partie du courant.
- L’induit A est muni d’un double enroulement formé de deux circuits isolés. Ces bobines sont pourvues chacune d’un commutateur et de balais séparés représentés à droite et à gauche de l’induit A ; les induits sont de faible résistance et d’une longueur de fil telle, qu’en tournant à une grande vitesse dans le champ FF, ils donnent chacun une force électromotrice égale à celle qui existe normalement entre a et d et entre d et b, soit le voltage des lampes en service en L et L2.
- Si les lampes en fonction dans les deux groupes sont égales en nombre, a étant le fil positif, b est négatif et d est à peu près neutre.
- Un fil partant de a se rend, en passant par un contact fusible/?, à l’un des balais du compensateur C. Ce balai, sous l’influence de l’un des induits de A, est maintenu à un potentiel égal à celui de a. L’autre balai communique avec d.
- Du côté opposé, l’un des balais du second commutateur est relié d’une manière semblable à b, de sorte qu’en tournant, l’armature A oppose également au potentiel de b une force contre électromotrice égale. Le balai opposé, de son côté, est relié également à d.
- L’appareil et les circuits étant ainsi établis, supposons que le courant en L et L2 soit le même : le potentiel entre a et b, dans ce cas, est égal à celui qui existe entre d et b. L'armature A tend à établir un court-circuit entre a et d et entre d et b par ses deux induits.
- L’effet du courant arrivant en A , si les balais des commutateurs sont sut la ligne neutre, sera défaire fonctionner A comme'un moteur sans charge; sa vitesse augmentera donc jusqu’à ce que la force contre électromotrice développée dans les deux fils soit presque égale aux potentiels entre a et d, et entre d et b, de façon qu’il ne passe plus en A que le courant nécessaire pour entretenir le mouvement.
- Supposons maintenant que quelques-unes des lampes L soient mises hors circuit. Le potentiel entre a et d s’élève aussitôt, tandis qu’il baisse entre d et b, attendu que les résistances entre a et b ne sont plus également réparties.
- Les résistances des bobines de A étant très faibles, l’excès de courant passe de a à d par l’un des circuits de l’armature A , qui tourne aussitôt
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- V .
- plus vite qu’auparavant. L'appareil agit alors comme un géne'rateur, pour fournir du courant entre d et b par le second induit ; en d’autres termes, il devient un transformateur (1) marchant •sous l’action d’un potentiel plus élevé pour alimenter un conducteur d'un potentiel moindre. Il en sera de même pour chaque induit de A, selon que le potentiel le plus élevé se trouvera entre a et d ou entre d et b.
- Il est essentiel que les résistances des bobines des induits soieijt assez faibles pour être négligeables, afin; que, dans les conditions normales, la différence de potentiel aux balais ne soit due qu’à la seule force contreélectromotrice.
- L’appareil agit donc bien comme un compensateur faisant servir l’énergie électrique ou le po tentiel d’une paire de conducteurs pour accroître celui d’une autre paire, de façon à rétablir l’équilibre.
- Comme, dans la pratique, on n’a généralement à parer qu’à une extinction partielle des lampes dans chaque groupe, le compensateur C est relativement petit, comparé au générateur G ; on peut d’ailleurs le rendre plus énergique en le construisant de façon qu’il puisse marcher à des vitesses très grandes, attendu qu’il ne réclame pas de courroies et qu’il n’y a pas d’efforts sur ses supports.
- Application de l'électricité au transport des dépêches par tubes pneumatiques. — Malgré les avantages réels que présente le système pneumatique pour le transport des dépêches entre les principaux quartiers des grandes villes, et malgré la faveur dont il jouit dans les quelques villes qui l’ont adopté, les frais d’installation qu’il entraîne n’ont pas permis jusqu’ici son application générale.
- Il est hors de doute cependant que, si l’on parvient à réduit e les frais de premier établissement, ce moyen, appliqué au transport des lettres et des paquets d’un volume restreint, est appelé à s’étendre dans toutes les villes d’une certaine importance à cause de l’économie considérable et de la sécurité qu’il offre sur le service des garçons de bureaux.
- C’est en vue d’arriver à ce résultat que
- (i) On remarquera l’analogie avec les robinets électriques de M. Cabanellas.
- N. D. L. R.
- M. James F. Mac Laughlin, de Philadelphie, a imaginé une modification de ce système, dans laquelle un seul tube sert pour l’envoi et le retour de l’étui porteur des dépêches entre une station quelconque et le bureau central.
- Ce nouveau système comprend un certain nombre de perfectionnements, de détails, et il met à contribution l’électricité, ce qui nous engage à en dire quelques mots.
- 11 supprime de la sorte plus de la moitié des tubes, diminue les frais de construction et de
- Pression JJ
- Aspiration
- Fig. 1
- fonctionnement et simplifie le système, tout en assurant la régularité du service.
- Dans cet appareil, chaque tube est muni d’un avertisseur électrique automatique servant à indiquer, aux deux extrémités de la ligne, l’arrivée et le départ de l’étui. Les tubes étant en métal et, isolés servent eux-mêmes de conducteurs pour le courant venant de la pile principale.
- De plus, l’appareil moteur fournissant la force nécessaire pour transporter l’étui est disposé de façon à servir pour l’envoi comme pour le retour par le même tube.
- La manière dont ce résultat est obtenu est représentée dans les dessins ci-joints.
- AA (fig. i) représente les bouches des tubes servant à l’échange des dépêches, et au-dessous desquels sont placés les appareils d’aspiration et de refoulement A'B'.
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- Chaque tube peut être mis en communication soit avec le refoulement, soit avec l’aspiration au moyen des robinets a,a'9 suivant le sens du mouvement de l’étui.
- La figure 2 représente le plan général de la disposition des tubes et du méca- 6>w A" nisme avertisseur électrique.
- La figure 3 montre les extrémités des tubes à une station centrale.
- On voit qu’avec ce système un tube unique établit la communication ‘entre une station quelconque D et la station cen- Flg* 2
- traie B. Les tubes sont entièrement isolés du sol et servent de conducteurs pour la transmission électrique des signaux employés dans le service.
- Quand l’employé de l’une quelconque des stations DD désire expédier l’étui à un bureau correspondant, il commence par enlever la porte articulée, puis il introduit l’étui dans l’embouchure
- Fig. S
- station d’un ressort f9 au-dessus duquel est fixé un autre ressort g, isolé du précédent, mais qui entre en contact avec lui, aussitôt que l’étui est introduit dans le tube. On voit que seule l’extrémité des tubes aux stations terminales sont pourvues de ces ressorts, l’autre ex» trémité, à la station centrale n’ayant qu’un simple appareil avertisseur A" relié électriquement avec' la borne de jonction m' de chaque station ter-minalequi, àson tour, est reliée localement avec le contact m”‘ du commutateur et avec le ressort/.
- L'anonciateur A" de la station centrale B est muni d’un disque construit de telle sorte que le courant passe à travers le noyau prolongé de l’aimant, par le disque isolé dans le bas, et ensuite par le fil dans la bobine K.
- . -.... j.
- du tube. Cette manœuvre suffit pour signaler au tomatiquement le départ de l’étui à l’employé de la station centrale B, qui découvie aussitôt l'ouverture de l’extrémité opposée du tube, de façon que l’étui, à son arrivée, tombe dans le récipient JJ.
- La figure 4 montre comment s’effectue ce signal. L’extrémité des tubes AA est pourvue, à chaque
- Les avertisseurs des «tâtions correspondantes sont d’une construction semblable, sauf que le disque n’a pas besoin d’être isolé.
- Chaque station est pourvue d’un commutateur O dont le levier est relié au tube en mr g% dont la borne de contact est en circuit avec l’aimant K de l’annonciateur et avec le ressort g. La
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- borm de jonction m' du tube est aussi reliée avec le ressort /, et l’aimant K est en communication avec le sol.
- Aussitôt qu’on introduit un étui dans l’embouchure du tube A, à la station D (la borne m'" du commutateur n’étant pas en contact avec le levier), le ressort/-entre forcément en contact avec le ressort g, ce qui ferme automatiquement le circuit sur la pile M', par le cliquet et la bo. bine K.
- Celte dernière, attirant son armature, dégage le disque, qui tombe et annonce par là à la station centrale qu’un étui est prêt à partir delà station D.
- La marche du courant s’effectue de l’aimant K par le tube dans le ressort/, etc., avec retour par le sol.
- L’employé de la station D manœuvre alors le
- Fig. 5
- levier du commutateur et le met en contact avec la borne m'".
- Quand l’employé de la station centrale désire signaler à la station D qu’un étui vient de repartir, il replace simplement le disque (que le signal précédent de la station D avait fait tomber), ce qui a pour effet de fermer le circuit de la pile M', et le levier du commutateur étant, comme il a été dit précédemment, en contact avec la borne m"', le courant passe alors par ligne dans l’aimant K de l’annonciateur de la station D, en faisanttomber l e disque, et indique ainsi à l’employé qu’un étui est parti de la station centrale. De là, le courant retourne par le sol.
- De cette manière, au moment où l’étui est prêt à quitter la station centrale, l’employé d’une sta-t ion correspondante quelconque, pour laquelle il est destiné, est averti de son arrivée, et, aussitôt qu’il l’a reçu, le bureau central en est immédia-tenqent informé.
- L’étui en usage dans ce système est représenté dans les figures 5 et 6.
- Ses côtés, comme on le voit, sont formés de
- lames d’acier et ses extrémités sont pourvues de tampons en caoutchouc. Il peut ainsi contourner des angles vifs ou des courbes et résister à un service prolongé.
- Sur ses parois latérales il porte une ouverture par laquelle on introduit les dépêches; celles-ci sont roulées autour d'une baguette flexible, qui se fixe à l’intérieur.
- Les tubes portent à chaque extrémité une rondelle en caoutchouc, qui s’y adapte hermétiquement, de laçon que l’air ne puisse y pénétrer.
- Ce qui distingue surtout ce système, c’est l’utilisation des tubes métalliques isolés comme conducteurs du courant électrique, qui fait fonctionner les signaux, rendant ainsi inutile l'adjonction de fils spéciaux.
- Le même système peut servir comme moyen
- Fig. 6
- de transport des espèces métalliques, ou pour les magasins ou entrepôts de marchandises, qui ont un service suffisamment actif pour en justifier l’installation.
- M. Mac Laughlin se propose d’appliquer son invention à Philadelphie, et successivement dans dans d’autres villes où l’on pourra obtenir des concessions municipales permettant à la Compagnie d’y installer ses tubes.
- On suit avec beaucoup d’intérêt, en Amérique, le développement de cette application nouvelle de l’électricité.
- Pertes de rravail dans i.es générateurs secondaires. — Dans un article récent, traitant des pertes de travail dans les générateurs secondaires, M. le Dr Louis Duncan expose la question de la manière suivante:
- Etant donné un générateur secondaire, tel que celui représenté parla figure 7, dans lequel A et B sont les bornes de la bobine primaire, et C et D celles de la bobine secondaire, les pertes entre
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- ces points, dues à l’introduction de l’appareil, sont :
- i° Perte due à l’échauffement de la bobine primaire par le courant.
- Si le courant varie suivant une fonction sinusoïdale, \0 désignant sa plus grande valeur, et R la résistance de la bobine primaire, la perte de travail par unité de temps dans cette bobine sera:
- 20 Perte due à réchauffement de la bobine secondaire par le courant:
- T, = -R' I'.*
- * 2 •
- 3° Perte due aux courants induits dans la masse du fer: celle-ci est, à chaque instant:
- où K dépend de la nature du noyau.
- 40 Perte due au renversement du magnétisme dans le noyau (par unité de volume ) :
- T„=— fBdH 41T J
- où B est l’induction magnétique et H la force magnétique.
- 5° Enfin, une faible perte causée par les propriétés thermo-magnétiques du fer. (?)
- Les pertes (i°) et (20) sont bien connues et peuvent être réduites en diminuant les résistances.
- La perte (3°), due aux courants de Foucault, peut être réduite en laminant le noyau.
- La perte (40) dépend des propriétés du fer, en particulier de la force coercitive, et peut, dans certaines conditions , atteindre de fortes proportions.
- Ainsi, comme l’a démontré le Dr Hopkinson, (•) dans l’induit en acier d’une dynamo, la perte due à cette cause peut atteindre jusqu’à 20 0/0 ; dans une armature en fer forgé, elle pourrait être de 4 0/0 à la condition qu’il n’y eût pas de vibration.
- (*) Voir pour cette question, La Lumière Électrique, vol. XXIII, n- 7p. 322.
- N. D. L. R.
- Dans une dynamo en marche, il y a des vibra" tions: et la perte doit être moindre.
- En se plaçant à ce point de vue, un générateur secondaire fonctionne dans des conditions plus défavorables qu’une dynamo ordinaire, attendu que ce n’est pas seulement une partie du générateur, mais sa masse tout entière, qui est soumise aux renversements de magnétisme ; de plus, il est exempt de vibrations.
- Quant à la valeur de cette perte (4°), en l’absence de données concernant le courant, la période, les dimensions des bobines et du noyau, etc., je suppose qu’elle est considérable, comparativement aux autres. Elle est le plus faible, quand
- Fij. 7
- le noyau n'approche pas de là saturation et quand il est en fer très doux.
- La perte (5°) est probablement très minime et nous n'avons pas besoin de nous y arrêter.
- Dans le générateur secondaire, toutes ces pertes se manifestent sous forme de chaleur, et avec certaines précautions on pourrait les mesurer sous cette forme.
- Ce procédé pourrait servir de moyen de contrôlé des méthodes ordinaires de mesure, à l’aide desquelles il est très difficile d’obtenir des indications exactes sur le rendement du système.
- D’après des expériences qui ont été faites pour se rendre compte de l'effet utile de ces générateurs, la valeur de 86,1 0/0 donnée par le Dr Hopkinson paraît être très près de la réalité.
- Le « rendement commercial », estimé à 95 0/0 par le professeur Ferraris, s’applique sans doute à autre chose qu’à ce que l’on endend ordinairement par ce terme ; M. Ferraris a voulu probablement désigner par là, le rapport de conversion ;
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- sinon, il doit y avoir une erreur de calcul, attendu que ce chiffre ne concorde pas avec celui donné par les tables.
- Régulateur a force centrifuge pour moteurs électriques. — L’application aux moteurs électriques du régulateur à boules, pour faire varier l’intensité du champ magnétique ou changer la position des balais, présente certaines difficultés qui résultent de ce que, dans ces moteurs, la vitesse est sujette à des fluctuations fréquentes, à moins qu’ils ne marchent avec une charge constante déterminée d’avance.
- C’est là un côté faible auquel a tâché de remédier M. Rudolph M. Hunter, de Philadelphie, au
- moyen de la disposition représentée sur la figure ci-jointe.
- Supposons le régulateur H réglé pour une charge quelconque avec une vitesse moyenne donnée. Si la charge diminue, l’écartement des boules a pour effet de faire monter l’anneau articulé B par l’intermédiaire du levier coudé I. Le levier A est ainsi déplacé par la goupille d et met hors circuit le nombre voulu de sections des bobines de l’électro J, jusqu’à ce que la vitesse du moteur soit réduite.
- Mais, comme on l’a dit plus haut, la régulation dépasse toujours le but, les boules du régulateur reviennent et font osciller dans le sens opposé le levier I, mais grâce à la disposition indiquée, le levier A reste dans sa position à cause du jeu donné à l’anneau B. La vitesse reste ainsi constante et proportionnée à la charge réduite.
- Si, maintenant,la charge augmente, le ralentissement du moteur fait rapprocher les boules du régulateur; l’anneau B s’abaisse encore, jusqu’à ce qu’il ferme le circuit dérivé G au moyen du ressort de contact E. Une bobine F, insérée dans
- ce circuit, attire aussitôt son noyau et ramène le levier A dans sa position primitive contre l'arrêt D, qui correspond à la limite de la charge pour la vitesse normale.
- Si l’augmentation de charge n’atteint pas le maximum, le régulateur agit aussitôt de manière à mettre hors circuit la bobine F et à régler le levier A proportionnellement à la charge réelle.
- L'a vitesse est ainsi maintenue constante pour toutes les charges.
- J. Wetzler
- BIBLIOGRAPHIE
- LEHRBUCH DER ALLGEMEINEN ELECTRISATION DER MENSCHLI-
- chen kœrpers ; par M. S. Ch. Stcin, 3* édition. — Halle
- 1886.
- Cette nouvelle édition ne diffère guère des précédentes. L’ouvrage a surtout pour but de préconiser les bains électriques, sur l’action thérapeutique desquels le corps médical est encore très partagé. Des autorités médicales nous ont déclaré qu’ils étaient à peu près complètementabandonnés. Au surplus, ne répondaient-ils nullement à aucune des exigences scientifiques sur lesquelles on avait prétendu établir leur emploi.
- L’ouvrage, en dépit du rôle d’utilité qu’a voulu lui assigner l’auteur, semble revêtir un caractère de réclame extra-médicale à en juger par quelques-unes des planches qui l’accompagnent, entre autres par la photographie hors texte placée en tête du volume, par celles des pages 20, 115, 118 etc., qui paraissent destinées à une œuvre à l’usage des gens du monde. A cet égard, rien ne manque ; à la page 101 on nous a même posé un lapin.
- , Dans la conception de son œuvre l’auteur s’est inspiré des travaux de l’école de la Salpêtrière dont il a visité le laboratoire d’électrothérapie dirigé par M. Vigouroux. Toutefois, il ne paraît pas s’ètre préoccupé de la marche des progrès accomplis par cette école. C’est ainsi qu’il lui emprunte certains procédés éliminés par elle, tels que le chapeau chinois représenté page 170.
- Bref ce volume ne peut intéresser que très peu les personnes qui s’occupent d’électricité et nous craignons qu’il ne soit qu’un objet de curiosité pour les thérapeutistes.
- E. Dieudonné
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- *93
- RÉSUMÉ DES
- ]HEVETS D’INVENTION
- délivrés depuis le i" janvier 1887 178816. — DANTU DAMBRICOURT. - Système de
- DEN8IMIÏTROGKAPH1E AVEC AVERTISSEUR
- Ce système a pour but de permettre à un aréomètre (densimètre, alcoomètre, etc.), d’indiquer automatiquement sur un graphique, les variations de densité qu’a subies, pendant un temps voulu, un liquide quelconque dans lequel il plonge et, aussi, d’annoncer son passage par une densité déterminée.
- Pour cela, d’une façon générale, un aréomètre B flotte
- dans une éprouvette A recevant;, d’une façon continue le liquide à éprouver.
- L’aréomè:re est suspendu par sa tige à un fil FF passant sur deux poulies de renvoi CC', et se terminant par un plateau D pour contrepoids. Une pointe iraçante est montée sur ce fil, et participe à tous ses mouvements. Sous la pointe du traceur, se trouve un papier ou plaque impressionnable enroulée sur un cylindre qui se meut d’un mouvement uniforme sous l’action de rouages d’horlogerie M.
- Enfin, l’avertissement fonctionne de la manière suivante :
- Une portion de la jante de l’une des poulies est recouverte d’une matière isolante, le reste de la jante laissant le métal à nu. Le système flotteur est mis dâns le circuit d’une pile électrique, d’une sonnerie et le courant est établi chaque fois qu’en se déplaçant d’un certain angle, le fil passe de la portion isolée à la surface métallique de la jante. On règle à volonté la position du fonctionnement de la sonnerie.
- 169746. — DESROZIERS. — Une nouvelle disposition
- DE l’induit DANS LES MACHINES MULTIPOLAIRES.
- machines à disque, dont le principal avantage est, on le sait, le rapprochement des pôles des inducteurs, afin d’avoir un champ magnétique resserré et intense.
- L’invention de M. Desroziers peut, en quelques mots, se résumer ainsi : Réunir dans une machine multipolaire de 2 n polarités (« p ± 1) éléments induits, et à connexer ces éléments d’une façon spéciale à {np± i)n lames de collecteur, de façon à pouvoir recueillir le courant par un nombre de balais variant de 2 à 2 n, n et p étant des nombres entiers quelconques.
- La figure 1 est une vue d’un élément induit perpen-
- diculaire à l’axe de rotation de la machine qui s'explique suffisamment d’elle-mêmc. Tous les éléments sont constitués de la même manière, et ils sont imbriqués les uns sur les au'res, de manière à former un disque dont la figure 2 représente une partie.
- Pour comprendre maintenant comment les connexions sont faites, supposons que « = 3 p = 11. Le nombre des pôles est égal à 6, et celui des éléments induits égal à 3a. Si on numérote alors les bobines de 1 à 32 en suivant l’ordre des nombres on joindra en tension les éléments,
- 1 — 12 — 23
- 2 — 13 — 24
- 3 — 14 — 25
- 11 — 22 — 1
- L’enroulement particulier du fil dans l’armature induite, que revendique ce brevet, s’applique particulièrement aux
- Le nombre des lames du collecteur (3xn — 1) 3 sera 96, et les lames seront 3 par 3 en quantité .de
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- manière que, si on envisage l’espace compris entre deux pôles des inducteurs, tout se passera comme si les parties de l’induit qui s’y trouvent, renfermaient les 32 éléments du disque total.
- D’ailleurs, il faut un peu croire sur parole M. Desroziers,
- cdr le texte de son brevet n’est pas suffisamment clair et explicite pour qu’on puisse comprendre et détailler davantage son invention.
- 171525 — COMMELIN, BAILHACHE, LEBRUN DE
- VIRLOY ET DE BOUSIGNAC. — Perfectionnements
- APPORTÉS AUX ACCUMULATEURS D’ÉLECTRICITÉ.
- C’est probablement en vertu de ce principe que : Vunion fait la force, que MM. Commelin, Bailhache, Lebrun de Virloy et de Bousignac se sont réunis pour perfectionner les accumulateurs électriques, notamment celui que re -vendique le brevet 164681.
- Le texte n’indique pas quelle est la part de chacun dans l’œuvre commune et comme l’invention ne porte que sur trois points et qu’il y a quatre inventeurs, il laut admettie que l’un d’eux joue le rôle du quatrième chevalier de feu Marlborough. Quoi qu’il en soit, voici le perfectionnement en question. Il consiste : •
- i* A former le pôle positif avec des plaques spongieuses de cuivre ou de tout autre métal peu ou point soluble dans la soude et la potasse, chaque plaque étant enveloppée de parchemin pour éviter la dissolution du métal;
- 2* A constituer le pôle négatif par des plaques de laiton amalgamées ou non amalgamées, entourées de toiles métalliques de zinc amalgamées ou non;
- 3* A employer un liquide alcalin composé de un quart de chlorate de soude et 3/4 de zincate de soude en dissolution.
- Dans l’idée des inventeurs, ce mélange doit avoir pour eflet d’empêcher la production d’un zinc floconneux et flottant et d’obtenir, avec un courant de charge conve-
- nable, sur les plaques du pôle négatif, malgré leur pos tion verticale, un dépôt de zinc adhérent.
- 176718. — M. DESROZIERS. — Nouvelle machine
- DYNAMO OU MAGNÉTO-ÉLECTRIQUE.
- Cette machine est du môme genre que celle dont nous venons de parler; l’induit y affecte la forme d’un disque plat, et, comme toutes ses congénères, elle est destinée à modifier d’une façon importante le flux de force magnétique en grandeur et en direction. Elle permet d'augmenter 1 efficacité ou la puissance d’une machine donnée géométriquement, en majorant la quantité d’induit, si l’écart entre les électros reste le même, d’augmenter le champ, ou pour un même champ de diminuer l’excitation en donnant une épaisseur plus faible à l'induit, et en rapprochant ainsi les pôles des inducteurs opposés.
- Supposons comme précédemment 6 polarités à la machine, prenons p = n, c’est-à-dire 32 éléments induits et 96 lam.es de collecteur.
- Traçons (figure 1) 4 cercles concentriques 1, 2, 3 et 4. Divisons le cercle total en 32 secteurs, et supposons (dans le cas de plaques de cuivre), 32 lames métalliques placées côte à côte, mais de différentes longueurs. La
- 17
- % i
- Fig. 1
- première A B, ira du cercle 1 au cercle 3, la seconde du cercle 2 au cercle 4, la troisième du cercle 1 au cercle 3 et ainsi de suite.
- Cela étant, joignons la lame 1 à la lame 6 par une plaque B C découpée de manière à affecter la forme d’une aube de turbine. De la même manière, relions la lame 6 à la lame 12 par la liaison D E de même forme que B C, la lame 12 à la lame 17, la lame 17 à la lame 23, celle-ci à la lame 28, cette dernière à la lame 2, la lame 2 à la
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- lame 7 et ainsi de suite, comme on le voit sur la figure*: De la sorte, on arrivera à former un enroulement complet où les diverses lames successives montantes, d’une part,
- n2 pr^uv. q-13 de 2 en 2 les lames, c’est-à-dire les lames montantes seules.
- Le collecteur, dans ce système, a 96 lames, comme nous l’avons supposé. Si donc on réunit en quantité ces lames 3 à 3,
- ï — 33 — 65 2 —J34 — 66
- 32 — 64 — 96
- et qu’on relie les lames induites à celles du collecteur,
- 1 avec 1
- 2 avec 4
- 32 avec 94
- rig. 2
- et descendantes, d’autre part, seront en avance les unes sur les autres d’une quantité constante, comme dans les
- on voit qu’il suffira de mettre deux balais l’un vers la lame 1 du collecteur, l’autre vers la lame 16, pour avoir un courant.
- Nous ne savons pas si cette conclusion est aussi claire que le prétend l’auteur. L’exposé de M. Dcsroziers est assez diffus, et si notre résumé manque un peu de netteté, nous laissons toute la responsabili.é au rédacteur du brevet.
- Dans l’enroulement qpe nous avons décrit, nous avons supposé toutes les lames sur le môme côté du disque. Elles peuvent cependant être alternativement placées l’une sur une face, l’autre sur l’autre, et dans ce cas l’enrouleraent constituera une hélice comme dans les anneaux Gramme ordinaires. De même, si les lames peuvent ôtre remplacées par des fils de cuivre, les connexions en forme d’aubes pduvent être faites par des lames de cuivre découpées d’avance ou par des fils.
- La figure 2 mentre en coupe parallèle à l’axe un disque constitué par des lames simples recourbées ou soudées. Ces lames sont enroulées sur un mandrin co isolé et les parues courbées sont saisies par des plateaux isolés P reliés à l’arbre de la machine. '
- La figure 3 est la coupe d’un disque composé de lames radiales et dont les raccords sont faits par des fils courbés réunis en quantité sur un même boulon B.
- Enfin, nous ajouterons que l’enroulement revendiqué par M. Dcsroziers peut s’appliquer indistinctement à une machine à courant continu, et à une machine à courants alternatifs.
- Fig. 3
- machines ordinaires, par rapport aux lignes de force correspondantes et suivant le classement.
- 1 — 12 — 23
- 2 — i3 -* 24
- 11—22 — 1
- 178866. — COX. — Perfectioneements dans les piles
- ÉLECTRIQUES.
- Autant le brevet précédent est compliqué, autant celui-ci est simple et facile à exposer. Il a pour objet de conis-— tituer un élément de pile pouvant résister aux maniements fréquents et aux transports répétés.
- Pour atteindre ce but, M. Cox propose de congeler les
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- liquides par une substance quelconque ne nuisant pas à l’action chimique.
- Les électrodes et les fluides existants peuvent être les mômes, dit-il, que ceux qui sont employés d’ordinaire Seulement aux fluides existants on ajoutera une proportion convenable d’amidon, de gélatine, de farine ou de tout autre substance, ne nuisant pas à l’action chimique et dont la fermentation pourra augmenter la réaction.... et puis, c’est tout.
- 178870. — DEPREZ. — Nouvelle disposition des inducteurs DANS LES MACHINES DYNAMOS ÉLECTRIQUES.
- L’objet de l’invention de M. Deprez est de donner aux éleciros inducteurs la forme Indiquée dans les deux figures
- ci-contre, qui est celle des électro-aimants boitetjx. La première disposition consiste dans l’emploi de deujc électros à trois branches chacun. Le noyau du milieu, qui seul est excité, est garni d’une pièce polaire de pj?u .d’étendue. Les deux branches latérales ont leur^ pièces polaires disposées de telle sorte que les deux intervalles situés entre les trois pôles soient réduits à de faibles dimensions.
- Une telle machine comporte l'emploi de quatfrè balais, mais, dans l’idée de l’inventeur, cet inconvénient est racheté par cet avantage que ces balais devront occuper sur le collecteur de> positions correspondant aqx espaces interpolaires: le calage sera parfaitement défini, invariable et n’aura pas besoin d'être modifié avec l’intensité du courant qui circulera dans l’anneau.
- Dans la deuxième disposition, les électros n’ont que deux branches, mais il n’y en a toujours qu’une d’excitée et les deux pôles de même nom se trouvent d’un même côté diamétral. Dans cette machine, le but visé est le même que dans la précédente, et il est clair qu’il peut être atteint silespôles formés aux extrémités des branches nues sont plus faibles que ceux des noyaux excités. Malheureusement, l’anneau forme armature au système, et il e^t évident à priori que tous les pôles auront la même valeur et le champ sera exactement celui qu’on aurait obtenu en répartissant le même enroulement sur toutes les branches des inducteurs.
- 178900. — MAICHE. — Procédé de dépolàrisation des
- PILES ELECTRIQUES PAR L’APPLICATION D’ATMOSPHERES
- GAZEUSES CONFINÉES.
- Le nouveau procédé de M. Maiche viendra s’ajouter à tous ceux qui ont été proposés jusqu’à ce jour, mais il est à craindre qu’il ne fasse pas faire un pas bien sérieux à la question. Il consiste d’une façon générale à renfermer les éléments, quels qu’ils soient, dans un réçipient fermé dans lequel on refoulera un gaz, une vapeur ou tout mélange propre à dépolariscr, c’est-à-dire à-laire disparaître le dépôt gazeux qui, dans les piles, s’açcumuleî a à peu sur l’une des électrodes.
- Généralement le gaz polarisant étant l’hydrogène, le
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- gaz à insuffler sera l’oxygène ou un gaz quelconque susceptible de se combiner facilement avec l’hydrogène, tel que le chlore, par exemple... Suivant le gaz employé, on refoulera avec une pression dépendant du degré d’affinité des deux gaz en présencè.
- Nous ne savons pas si ce procédé sera d’une très grande efficacité, mais en revanche il apparaît comme peu pratique, et ne pouvaut être susceptible d’application que dans un laboratoire.
- 178912. — MAICHE. — Système de pile a production
- INTENSIVE ET CONTINUE D’ÉLECTRICITÉ PAR LA DECOMPOSITION DE L’ACIDE AZOTIQUE ET SA RÉGÉNÉRATION IMMÉDIATE PAR L’OXYGÈNE.
- Comme l’indique le titre, ce brevet ne constitue pas une invention proprement dite; il découle naturellement de celui que nous venons d’exposer, et n’est qu’une application pure et simple du procédé susmentionné.
- On sait, dit le brevet, qu’un élément de pile peut être composé par un métal, tel que le zinc et le fer, trempant dans l’eau pure et par un morceau de charbon baignant dans l’acide azotique placé dans un vase poreux.
- Cela étant, la réaction est la suivante. L’acide azotique est décomposé d’une part en oxygène, qui oxyde le métal, et d’autre part en azote qui, aux dépens de la masse de l’acide, se transforme en bioxyde d’azote, puis en vapeurs rutilantes d’acide hypoazotique dans l'atmosphère.
- Or le bioxyde d’azote, et surtout l’acide hypoazotique sont d’excellents dépolarisants. Il y a tout intérêt à les conserver dans la pile pour régénérer l’acide azotique, et pour atteindre ce but, il suffit d’er.fermer les éléments dans un récipient fermé dans lequel on insufflera de
- l’oxygène.....................Voir le brevet précédent.
- Même observation à faire que plus haut.
- (A suivre)
- P. Clemenceau
- CORRESPONDANCE
- Paris, le 27 avril 1887
- Monsieur le Directeur,
- Je lis la réponse que M. Napoli fait à ma lettre publiée dans votre numéro du 28 avril.
- Les plaisanteries douteuses dont elle est émaillée n’altèrent en rien ce que j’ai affirmé, c’est-à-dire que j’ai le premier conçu, construit et exploité des appareils télé-gra| hiques donnant la communication directe avec l’indication à tous les postes appelé et appelant et cclà même pendant toute la durée de l’expédition du télégramme.
- Si mon brevet de juillet 1886, premier en date ne suffisait pas à l’édification de vos lecteurs, j’y pourrais ajouter la lettre de M. Dejardin, qui a construit également mes appareils et celui de M. Amoric.
- En voici le texte :
- Paris, le 3l mars 1887
- Monsieur A. Claude,
- J’ai votre lettre de ce jour et m’empresse de constater que c’est vous le premier qui m’avez fait coustruire des appareils télégraphiques donnant la communication directe et portant l’indication des postes appelé et appelant.
- Veuillez agréer, etc.
- Et c’est cette indication précieuse, indispensable même du poste appelant qui n’a jamais été réalisée avant moi, c’est cette idée toute nouvelle que M. Napoli qualifie de légère modification. Il omet également d’ajouter que le système sur lequel repose mon appareil est tout autre que celui de M. Amoric.
- Il dit que j’avais fait œuvre fraternelle en dissuadant mon frère de conclure avec M. Amoric. Il sait pertinemment que cet argument est une contre vérité, lorsque mon frère a conclu avec M. Petitqueux j’étais absent ; je me trouvais à Riom, et je n’ai eu l’honneur de faire sa connaissance que lorsqu’il était trop tard pour y remédier.
- M. Napoli sentant bien qu’il défend une mauvaise cause, se rejette sur des considérations étrangères au débat.
- Il pose des questions, il y fait lui-même la réponse, il se glorifie de ce que je n’ai rien objecté à une partie de ses allégations publiées dans le dernier bulletin de la Société Internationale des électriciens ; mais ce qu’il a soin de cacher c’est précisément le procédé à lui propre qu’il a employé pour donner le change.
- Tel qu’il présente, en sa qualité de secrétaire de la Commission, le compte rendu de la séance, ma réponse est à côté de ce qu’il a l’air d’avoir avancé. Il faut qu’on sache bien que je ne pouvais répondre qu’à ce que j’entendais et que je. l’ai fait. Ce à quoi je parais n’avoir répondu a été, après coup, ajouté par M. Napoli, maître, en sa qualité de secrétaire de la rédaction du bulletin.
- Un tel procédé ne se qualifie pas, il suffit de le dévoiler.
- Ce n’est pas lui, mais bien moi qui ai réclamé la nomination d’une Commission arbitrale, ce projet n’a pas eu de suite, parce que la Société, tout en regrettant la manière de faire de l’abus commis par M. Napoli, n’a pas cru devoir créer un pareil précédent.
- M. Napoli parle de cartes brouillées, qui donc cherche à écarter la lumière.
- Est-ce lui ou moi ?
- Ma réponse est nette et précise. Son verbiage confus et rempli de contradictions ne peut convaincre personne, malgré son autorité aussi grande que désintéressée.____
- Quand on veut prouver quelque chose, il faut se placer sur le terrain de la vérité et n’apporter que des arguments irréfutables. Que M. Napoli suive, s’il le peut,
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- cette voie honnête et je lui répondrai. Tant qu'il restera dans le chaos et l'inexactitude je le laisserai faire et ne m'occuperai plus de lui.
- Veuillez agréer, etc.
- , A. Claude
- Monsieur le Directeur,
- Je vois décidément que M. Auguste Claude ne veut pas répondre au côté moral de la question.
- Il traite de plaisanteries douteuses les vérités que je lui dis sous une forme courtoise, et, je m'efforce d’eu-phémiser sa façon de procéder ; il feint de ne pas corn-prendre et traite de verbiage ce qu'on lui reproche.
- Que M. Auguste Claude soit allé en Auvergne ou autre part, il n’a pas moins signé les lettres du genre de celle dont je reproduisais un extrait dans ma précédente réponse, établissant péremptoirement ses relations avec M. Amoric et la part active qu'il a prise dans toute cette affaire.
- L'attestation de M. Déjardin vient, une fois de plus, me fournir une arme contre M. Aug. Claude.
- M. Déjardin a donné un certificat parfaitement exact, ignorant qu’en travaillant pour M. Aug. Claude, il travaillait à celte époque pou\ M. Amoric, par le fait que celui-ci, étant en Égypte, avait donné plein pouvoir à M. Aug. Claude pour la construc tion de son appel, et agissait ainsi comme son agent à Paris; et quand ce dernier a fait faire l'addition du poste appelant, ce n’était qu'après entente avec M. Amoric; ainsi qu’il résulte, d'ailleurs, de la lettre du 20 décembre 188O, dont j’ai publié un extrait dans ma première réponse à M. Aug. Claude.
- A qui fera-t-il croire que son plan n’a pas été immédiatement arrêté dès le commencement ? Lorsque la Compagnie du canal de Suez, trouvant l'appel Amoric à sa convenance, fit à la maison Claude (alors concessionnaire du brevet Amoric i885) une commande de vingt de ces appareils, cette dernière, sous divers prétextes s'applique à en retarder la livraison, et cela, malgré les lettres de M. Amoric l’invitant à exécuter les clauses de leur traité ; enfin mise en demeure par la Compagnie de Suez d’avoir à effectuer cette livraison, la maison Claude finit par refuser de livrer. Pourquoi ? Probablement, qu'en livrant c’était consacrer l’appel Amoric, et alors.....
- On voit donc que déjà, comme l'abbé Vertol, leur siège était fait.
- M. Auguste Claude m’accuse (oh ! ironie, c’est lui qui accuse) d’avoir abusé de mes fonctions de secrétaire et il avance impunément que la Société des Electriciens a exprimé des regrets concernant cet abus.
- La Société n’a rien exprimé, que je sache, à M. Auguste xClaude ; quant à mes fonctions de secrétaire qui ne sont pas celles de secrétaire de la rédaction du bulletin, si elles pouvaient être de quelque influence, ce serait toujours pour une cause juste, et je n’en abuserai jamais autant que M. Auguste Claude a abusé de M. Amoric.
- Mais ce que je trouve surprenant, c'est la phrase suivante, aussi étrange que pompeuse :
- « Quand on veut prouver quelque chose, il faut se placer sur le terrain de la vérité et n'apporter que des arguments irréfutables. »
- Mais mes arguments sont tellement irréfutables que l’auteur de la phrase ci-dessus n’a même pas tenté de la mettre à exécution: il est vrai qu'à l'impossible nul n’est tenu.
- M. Claude me menace de ne plus s’occuper de moi, si je reste dans le chaos ; je suis sûr alors qu'il va devenir mon ombre, puisque depuis deux mois je travaille avec ardeur à mettre tous les faits en lumière pour écarter toute confusion ; il est vrai qu'il met un malin plaisir à souffler toutes les bougies que j'allume : comme cela nous ne sortirons jamais des ténèbres.
- Soit, restons en là, moi avec mon chaos, puisque chaos il y a, et M. Auguste Claude avec ses arguments irréfutables que j’attends et attendrai toujours; aussi vais-je me mettre en quête de plusieurs ormes pour pouvoir patienter à mon aise.
- Veuillez agréer, D. Napoli
- Monsieur le Directeur,
- L’article qui a paru dans « La Lumière Electrique du 9 courant, intitulé : « Un nouveau système d'appareils enregistreurs », m’intéresse à un double point de vue, d'abord à cause de l’objet même qu’il traite, et en second lieu à cause de la critique de son auteur.
- Le principe en revient à transmettre à distance les indications d'un appareil quelconque, à l'aide d’un courant électrique d'intensité variable, obtenue par l’intercalation dans le circuit d’une résistance qui varie automatiquement avec les indications à transmettre. Ce principe est très simple et très juste.
- Les observations de M. Marinowitch sont, à coup sur, très justes aussi. En effet, l'exactitude des indications transmises est absolument illusoire, si la source d’électricité n'est pas parfaitement constante, et je pense, avec M. Marinowitch, que cette source n'existe pas pratiquement.
- Cependant l’inconvénient n’est pas irrémédiable.
- En effet, le stylet écrivant de l'appareil récepteur se trouve sur un levier; il suffit de faire varier la longueur de ce bras de levier en sens inverse de la force électromotrice de la source d’électricité. Celle-ci peut s’obtenir par un circuit avec résistance constante, qui \ eut être ou non indépendante du premier; dans ce second cas, le réglage sera intermittent, c’est-à-dire il se fera périodiquement, ce qui d'ailleurs est parfaitement suffisant.
- J’ai l’honneur de vous faire connaître que j’ai appliqué ou proposé d’appliquer depuis i885 avec M. Gaffin, le premier principe susdit, attribué à M.'Gimé dans l'article précité de votre revue, ainsi que le second principe pour l'appareil correcteur, d'abord aux divers appareils
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- de mesure que M. Gimé a en vue, et ensuite à d’autres, notamment à notre système de télégraphie. Soit dit que pour ces derniers l’appareil correcteur n’est pas indispensable. Dans ces divers cas, nous faisons partir l’intensité du courant en agissant, soit sur une résistance variable, soit (ce qui souvent est plus juste), sur une force électromotrice variable, soit sur les combinaisons des deux.
- Les loisirs que nous laissent nos occupations concernant d'autres objets de l’électrotechnique, et plus spécialement les transformateurs, sont trop restreints pour nous permettre de consacrer à l’objet, dont j’ai eu l’honneur de vous entretenir, le temps et les soins qu’il réclame, sauf votre assentiment, nous nous proposons de vous communiquer sous peu à ce sujet de plus amples renseignements, qui permettront à d'autres d’en tirer un parti plus étendu.
- Veuillez agréer, Monsieur le Directeur.
- Paul Hoho
- Ingénieur à 1*Electrique
- FAITS DIVERS
- M. Lockroy, ministre du commerce, a fait signer un décret ayant pour objet — suivant un usage constant — de préserver de la déchéance, les brevets d’invention concernant les praduits brevetés qui figureront à l’Exposition universelle de 1889.
- Aux termes de ce décret, la période pendant laquelle les brevets d’invention sont valables, sera suspendue pendant toute la durée de l’Exposition, et ne commencera à courir qu’à la clôture. En outre les objets exposés ne pourront être saisis que par description suivant le terme consacré, c’est-à-dre, que la saisie sera notifiée par exploit; mais ne pourra s’exécuter matériellement qu’à la clôture de l’Exposition.
- La Société anonyme d’électricité nous écrit pour rectifier une erreur qui s’est glissé dans la note publiée dans notre numéro du 19 mars dernier au sujet de l’installa-lation de l’éclairage électrique à l’hotel Continental. Nous avons dit en effet que les lampes étaient du système Edison tandis que ce sont en réalité des lampes Gérard dont le brevet appartient à la Société de Courbevoie. Sept cents de ces lampes fonctionnent à l’hôtel Continental depuis le commencement de l’hiver.
- L’exposition qui aura lieu prochainement à Newcastle en Angleterre comprendra une 'installation importante de .«transmission, électrique de la force. Il y aura également une ligne de telphérage.
- Le concours de moteurs pour l’éclairage électrique annoncé par la Sociéty des Arts de Londres a été remis à l’année prochaine. Le numéro du 25 mars du journal de la Société l’annonce dans les termes suivants :
- « Le conseil d'administration regrette de devoir annon-« cer que le nombre des moteurs inscrits pour parti-« ciper au concours lui paraît insuffisant pour assurer « un résultat satisfaisant des essais des moteurs généra-« lement employés pour l’éclairage électrique.
- « Les inscriptions seront reçues jusqu’au 3i décembre « de l’année courante.
- « Les conditions du concours seront les mêmes que a celles qui ont déjà été publiées, et tout3 modification de a ce programme sera annoncée dans le journal de la Soit ciété. »
- La ville de Los Angelos, en Californie, la première de cet état qui a remplacé l’éclairage public au gaz par l’électricité, vient d’être dotée en outre d’un tramway électrique, du système Daft.
- Les conducteurs en cuîvresont aériens, et on a fait usage des deux systèmes, à simple et à double conducteur, dans le premier cas, les rails servent de retour.
- La longueur de la ligne est d’environ 5 kilomètres actuellement, et 3 kilomètres sont en construction.
- La vitesse moyenne est de 18 à 20 kilomètres à l’heure.
- Éclairage Électrique
- La Compagnie Transatlantique qui avait installé, l’année dernière, la lumière électrique sur ses quatre paquebots nouveaux : « La Bretagne », « La Champagne «La Bourgogne » et « La Gascogne », vient de décider l’éclairage d’un cinquième navire : Le « Lafayette », de la ligne de Saint-Nazaire à Colon.
- Le « Lafayette » sera éclairé au moyen de i5o lampes de 10 bougies et i32 de 16, alimentées par deux dynamos commandées directement par des moteurs à 35o tours. Un troisième groupe est prévu à titre de rechange.
- La maison Breguet, qui avait déjà monté l’éclairage sur « La Bretagne » et « La Champagne », a été chargée de cette nouvelle installation.
- La lumière électrique vient d’être installée sur le garde-côtes Le Vengeur, du port de Cherbourg.
- L’éclairage comprend i5o lampes, de 10 bougies et 2 lampes du type Gramme, tournant à 35o tours et actionnée directement par un moteur à vapeur a 2 cylindres égaux. Un groupe semblable a été prévu comme rechange.
- L’installation a été faite par la maison Breguet.
- Des ingénieurs étudient en ce moment un projet d’usine centrale pour l’éclairage de la ville de Roubaix au moyen de l’électricité. II s’agit seülcftient.dc l'éclairage des fabriques et maisons particulières car l’éclairage
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- public de la ville par le gaz est encore le monopole d’une Société pour une durée de 23 années.
- L’Elelttrotechnischer An^eiger de Berlin, annonce qu’il vient de se former à Gclsenkjrchen, en Westph'alie, une société locale, au capital de 25o,ooo marks po\ir l'éclai • rage électrique de la ville. La direction technique des travaux d’installation a été confiée à M. l’ingénieur Wentze, de Mühlheim-sur-la-Ruhr, et on espère pouvoir fournir la lumière électrique à un prix inférieur à celui du S2Z- ______________
- Le Sénat de Hambourg se propose de voter une somme de i,2bo,ooo francs pour l’installation d’une usine centrale municipale de lumière électrique. Le Conseil municipal a envoyé ce projet à une commission. Le Sénat désire entreprendre l’éclairage électrique de la ville et combiner l’usine d’électricité avec l’usine à gaz. On se servira pour cette installation de transformateurs, et des négociations sont actuellement engagées avec l’ancienne maison Sctiwartzkopf de Berlin pour la construction de toute l’installation.
- Le directeur de la Compagnie Edison à Milan, vient de traiter avec la ville d’Udine pour l’installation d’une usine centrale d’électricité dans cette ville. La force motrice sera fournie parla rivière la Ledra, et la ville accordera le terrain pour l'usine; par contre, la Compagnie s engage à éclairer les bâtiments municipaux au prix coûtant, c’est-à-dire saus bénéfices- Les entrepreneurs peuvent fournir la lumière électrique aux habitants au même prix qu'à Milan.
- Un nouveau système de transformateurs, dû à M. Kennedy, a été appliqué dernièrement à l’éclairage de la station de Cathcart sur le Caledonian Railway.
- L’essai a, paraît-il, bien réussi.
- Nous y reviendrons quand les détails du système seront connus.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le ministre des Postes et Télégraphes a adressé le i5 avril la communication suivante aux journaux de Paris :
- « Les câbles entre Porto-Rico et les Antilles sont rompus depuis le 12 avril courant. Par suite, toutes les communications télégraphiques eutre. la France, et les Antilles et tous les pays au delà sont interrompues.
- « Les télégrammes pour ces differentes destinations sont transportés par des steamer et subissent de sérieux retards.»
- On annonce que M. Mourlon, de Bruxelles, a soumis au gouvernement autrichien un projet pour l’établissement d’un système téléphonique international, qui aurait son centre à Vienne. Le réseau s’étendrait de Vienne à Berlin, Zurich, Paris, Bruxelles, Rome et Saint-Pétersbourg.
- Le journal Industries auquel nous empruntons cés ren-
- seignements ajoute que le projet ne sera probablement pas adopté dans la forme 'que lui donne M. Mourlon; mais le gouvernement autrichien paraît avoir l’intention d’appeler l’attention des autres gouvernements sur ce sujet.
- Une nouvelle ligne téléphonique internationale sera construite prochainement, reliant les villes de Lindau Bregenz et Rorschach, entre l’Autriche et la Suisse
- La Société des téléphones de Padoue vient de tenir son Assemblée générale annuelle, après avoir constaté les progrès fait pendant l’année i88ô, qui a amené une augmentation du réseau de 5o kilomètres de fils, le président a rappelé que tout le réseau est construit en fil de bronze silicicux et que les appareils sont du système Bell-Blake. La Société des téléphones, à Milan, a cependant intenté un procès à la Compagnie de Padoue, pour l’emploi de ces appareils dont elle prétend avoir le monopole pour l’Italie.
- Le nombre des abonnés est de 232, et le prix de l’abonnement n’est que de i5o francs par an. La moyenne des communications est de y38 par jour. Les bureaux publics n’ont jusqu’ici pas donné d’aussi bons résultats qu’on en attendait :
- Les recettes de toutes provenances pour l’année dernière
- se sont élevées à...................... fr. 24,835 o5
- et les dépenses à.......................... 14,960 78
- laissant un bénéfice de.................... 9)874 27
- qui représente 19,75 0/0 sur le capital social. Le rapport conclut à la distribution d’un dividende de 6 0/0 aux actionnaires.
- L’Assemblée générale a décidé ensuite à l’unanimité, de porter le capital social de 5o,ooo à 100,000 francs, par l’émission de 200 nouvelles actions de 25o francs.
- ERRATUM
- Dans la Revue des travaux du numéro 17, « De l’influence de la longueur du banc du photomètre sur les mesures photométriques », une erreur de composition a lait déplacer une formule : p. 176, la foi mule
- doit être reportée à la page précédente; c’est l’intégrale elfectuée.
- . , ; - : : --i-—Lps.-- •' ...-------------
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Électrique, 3i, boulevard des Italiens Paris. — L. Barbier.
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- La Lumière Llectrique
- Journal universel d’Électricité L 31, Boulevard des Italiens, Paris
- DIRECTEUR ! : Dr CORNELIUS HERZ IsSw j£ç~— NÉfe -kV'
- 9* * ANNÉE (TOME XXIV) SAMEDI 14 MAI 1887 N» 20
- SOMMAIRE. — Sur le flux d’induction magnétique dans jl’inducteur d’une machine dynamo-électrique; P. H. Lede-boer. — Courbes magnétiques isogoniques ; C. Dechàrme. — Éclairage électrique de l’Institut Anatomique de Vienne ; E. Dieudonné. — Essais d'étude expérimentale des champs magnétiques ; J. Sarcia et E. Sartiaux. — Revue des travaux récents en électricité : Théorie du pont de Wheatstone, par H.Weber,— Nouvelle lampe de sûreté. — Méthode de démonstration des mouvements des liquidés paramagnétiques et diamagnétiques. — Action d'un champ , magnétique sur l’écoulement du mercure. — Production d’une force électromotrice jans le sélénium par la lumière, par S. Kalischer. — Sur l’éleefisation • des gaz par des corps incandescents, par J. Elstcr et H. Geitel — Sur le pouvoir émissif des étincelles électriques et surilcur aspect dans différents gaz, par E. Villari. — Résistance électrique des mélanges d’amalgames, par G.-G. Gerosa — Correspondances spéciales de l’étranger: Allemagne; D' H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — États-Uriis; J. Wcizler. — Bibliographie : La photographie astronomique, par M. le contre-amiral Mouchez; J. Bourdin. — Brevets d’inventions; P. Clemenceau. —, Cjrrespon-dance : Lettre de M. Amoric. — Faits divers.
- SUR LE FLUX
- D’INDUCTION MAGNÉTIQUE
- DANS LES INDUCTEURS d’uNE MACHINE DYNAVIO-ËLECTRIQUE
- Les expériences suivantes, effectuées au laboratoire d’enseignement de la Sorbonne, avec le con- ’ cours bienveillant de MM. Koch et Henrique, ] Ingénieurs des Arts et Manufactures, ont pour but ! d’étudier comment varie, dans un système d’in-j ducteurs d’une dynamo, le flux magnétique quij traverse les différentes sections, lorsqu’on fait va- \ rier l’intensité du courant excitateur.
- Nous nous sommes surtout occupé des rensei-j gnements pratiques qu’on peut tirer de la connais- ‘ sance du coefficient de self-induction, et nous; allons voir que le produit du coefficient de self-j induction par l'intensité du courant est un élément j dont on peut déduire qualitativement et quantitativement le flux magnétique moyen qui traverse: le système. ;
- Les travaux récents de M. Kapp et de MM. Hop-kinson, relatifs à la prédétermination de la caractéristique d’une dynamo, donnent à ce sujet une; certaine actualité. Qu’il nous soitpermis, toutefois, ;
- de fairelaremarquesuivante : d’aprèsnous,et nous croyons qu’on envisage d’habitude la question ainsi, la caractéristique d’une machine est la courbe obtenue par l’expérience sur la machine tournant à une vitesse déterminée, et ayant pour abscisses les intensités du courant et pour ordonnées soit la différence de potentiel aux bornes, soit la force électromotrice totale. C’est cette dernière, la caractéristique totale, dont on s'occupe le plus souvent. Ainsi, si on arrive à déterminer d’avance la courbe qui représente le magnétisme dans l’induit, on n’aura pas pour cela déterminé la caractéristique de la machine, et'si, dans certains cas, les deux courbes (caractéristique et courbe du magnétisme) sont presque identiques, dans d’autres cas, ces courbes peuvent présenter des différences essentielles.
- Nous nous sommes servi, dans ces expériences, d’un système d’inducteurs semblable à celui de la machineSiemens, maisréduità une petite échelle. L’ensemble constitue un galvanomètre Deprez-d’Arsonval, à électro-aimants, dont nous avons eu l’occasion de nous occuper ici (’).
- ... La.figure .1 représente l’ensemble de l’appareil, les figures 2 et 3 des coupes. Ces deux dernières figures sont faites à l’échelle, et les notatioris
- (*) Voir La Lumière Electrique, t. XX, p. 587, 1886.
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- sont en millimètres. L’enroulement des inducteurs consiste en six couches de fil de 1 millimètre de diamètre; il y a sur chaque électro 248 tours de fil ; l’appareil total contient donc 992 tours de fil. Le noyau des inducteurs a une section de 3,82 X o,385 = 1,47 c. m.2, tandis que l’induit ou l’armaiure a une section de 5,83 X o,25 = 1,46 c. m.2. Ainsi, bien que l’épaisseur de l’induit ne soit que de 2,5 m. m., la section est très approximativement la même que celle des induc-
- e étant la force électromotrice, c’est-à-dire que le flux magnétique correspondant à l’intensité I est LI.
- On déduit de là, la conséquence suivante : Considérons un système magnétique uniforme, un tore, par exemple, enroulé régulièrement et ayant n tours de fils; le flux total traversera les n spires et si on représente la surface par S, le flux par F, on aura d’après la définition de L la relation
- Fig. i
- teurs. Dans les conditions ordinaires d’emploi, correspondant au mode de fonctionnement de la dynamo, le courant circule de façon à former deux pôles conséquents; le flux traverse alors l’entrefer, et, pour déterminer ce flux, nous l’avons mesuré do différentes manières.
- Il sera peut-être utile, avant de décrire ces mesures, dans lesquelles intervient le coefficient de self-induction, de préciser une fois de plus sa définition.
- sNous définissons le coefficient de self-induction L d’après l’équation
- d L I
- F S
- L I n
- Dans les dynamos, le flux total ne traverse pas les « spires, et l’expression LIfn est légèrement inférieure au flux qu’on obtient en enroulant un
- Fig. g et S
- fil autour des inducteurs (autour du milieu); dans ce cas, cette expression LI/w représente le flux magnétique moyen qui traverse le système.
- Il est évident que, dans un système magnétique uniforme et fermé, comme un tore circulaire enroulé d’une manière régulière, l’expression précédente doit se vérifier rigoureusement ; cependant, nous ne connaissons aucun travail où l’on ait abordé cette question.
- Pour déterminer le flux magnétique, nous avons effectué les mesures suivantes :
- i° Nous avons mesuré la quantité LI/m, d’après les méthodes que nous indiquerons plus loin.
- 20 La mesure du flux dans les inducteurs ; à cet effet nous avons enroulé un ou plusieurs tours de fil autour des inducteurs et nous avons mesuré la quantité d'électricité qui Circule dans ces fils successivement par la rupture,par l’établissement et par le renversement du courant excitateur.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3° Le flux dans l’armature a été mesuré de même, par quelques tours de fil enroulés sur l’armature et on a opéré comme au n°2 ;
- 4° On a déterminé le champ magnétique maximum produit par le déplaçement d’un cadre de fil suspendu, c’est-à-dire qu’on a pris la constante du galvanomètre. Nous indiquerons, à la suite, comment on peut déduire de la déviation l’intensité du champ magnétique produit.
- Les valeurs données par les trois premières mesures doivent être identiques, sauf la perturbation introduite par la déperdition des lignes de forces.
- Avant de donner les résultats généraux de ces expériences, nous allons nous occuper de la formule qu’il s’agit d’appliquer dans chaque cas et des détails de la méthode expérimentale.
- Nous avons d'abord opère par l’extra-courant de rupture.
- Dans toutes ces mesures, excepté le n° 4, il s’agit de déterminer par l’impulsion d’un galvanomètre, la quantité d’électricité fournie par. l’extra-courant. Nous avons effectué ces mesures à l’aide de deux galvanomètres apériodiques Deprez-d’Arsonval, l’un des galvanomètres ayant une résistance ordinaire (200 ohms) et l’autre une résistance très faible (0,6 ohm environ).
- Ces galvanomètres ont été employés dans les conditions spéciales que nous avons indiquées dans ce journal (1); c’est-à-dire qu’on a ajouté des résistances extérieures telles que le mouvement du cadre étaic apériodique, mais sur le point de devenir périodique. On sait que dans ces conditions, la relation qui existe entre l’impulsion 8 produite par le passage instantané d’une quantité d’électricité q et la déviation permanente « produite sur l’influence d’un courant continu t, relation qui, dans le cas d’un galvanomètre périodique sans amortissement, est
- q _s T
- i a it
- devient dans notre cas
- q = s T i an
- e = 2,72 étant la base des logarithmes népériens et T étant la durée d’une oscillation simple du
- galvanomètre*, pour le galvanomètre apériodique il faut que le circuit du galvanomètre soit ouvert; dans ce cas, le mouvement du cadre devient périodique et sans amortissement appréciable.
- Pour être sûr de nos résultats, nous avons vérifié directement les indications des galvanomètres apériodiques avec celles fournies par un galvanomètre ordinaire, périodique, à faible amortissement et à longue durée d’oscillation. Nous donnerons ces vérifications qui ont été effectuées entièrement par MM. Kochet Henrique.
- i° — Mesure du coefficient de self-induction L
- Nous avons exposé, dans ce journal même, tous les détails de cette méthode de mesure (*) *. aussi suffit-il ici de rappeler les formules.
- Lorsqu’on emploie le galvanomètre apériodique dans les conditions indiquées, on a à appliquer la formule
- 1-?*1;t[r+î + »(,+Èf)]
- T étant la durée d’une oscillation simple à circuit ouvert;
- a/Z la constante du galvanomètre, c’est-à-dire que a est la déviation qui correspond à l’intensité i 8 est l’impulsion due à un extra-courant, (a et 8 étant mesurés à l’aide d’une échelle transparente); g la résiststance du galvanomètre;
- R la résistance de la bobine dont on cherche le coefficient de self-induction L;
- R' / et /' les résistances des autres branches , le galvanomètre étant attaché entre R et R' d’une part, et Z et l' d’autre part.
- On a d’ailleurs la relation d’équilibre
- R
- R ’~l'
- Lorsqu’on emploie un galvanomètre périodique à faible amortissement et dont le décrément logarithmique est Y) ii suffit de remplacer dans la formule précédente, le facteur e= 2,72 par le facteur
- 1 4- y/2.
- Dans le cas où les impulsions deviennent trop grandes et font sortir l’image de l’échelle, il suffit, avec un galvanomètre périodique, d’ajouter des résistances dans le circuit du galvanomètre; on
- (i) Voir La Lumière Électrique, vol. XXI, p. 6, 1886.
- (’) Voir La Lumière Électrique, vol. XX, p. 577, r886.
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- prendra alors pour g la résistance du galvanomètre augmentée de la résistance additionnelle.
- Lorsqu’on emploie le galvanomètre apériodique, il faut au contraire, pour diminuer l’amplitude des l’impulsions, se servir de shunt, c’est-à-dire d’une résistance s qu’on attache en dérivation entre A et G (fig. 4). Pour conserver au cadre du galvanomètre son mouvement apériodique mais sur le point de devenir périodique, on attache entre g" et G une résistance auxiliaire r qu’on règle de façon à réaliser le mouvement en question. La formule à appliquer dans ce cas est
- D’où, en appliquant les formules
- on trouve ,
- L = 0,1166 x 109 c. m. L = 0,1140 x to9 c. m.
- L’erreur relative est dans ce cas 1/45.
- Lorsqu’on tient compte de la correction due à la tangente de l’angle de déviation, on trouve
- TC
- Z
- e — a
- } [R + ï +ff{i +ïï; + 5T-)]
- •A
- L = o,t 192 x 109 c. m.
- L = 0,1119 x io9 c. m.
- ce qui donne une erreur relative de i/65.
- Ces mesures ont été faites par rupture du courant excitateur.
- 20.—Mesure du flux FS dans les inducteurs
- Pour cette mesure , nous avons, employé un galvanomètre apériodique à faible résistance 0,6 ohm. environ); on y a ajouté une résistance additionnelle afin d’obtenir la résistance critique, et nous avons comparé les indications avec celles du même galvanomètre périodique qui nous a servi dans le cas précédent.
- Les formules à employer sont :
- la résistance du galvanomètre g comprenant la résistance additionnelle r.
- Voici une comparaison faite entre les indications de deux galvanomètres apériodique et périodique. Posons
- T i R
- Galvanomètre apériodique.... F S =--------eS —
- "K Ot Tl
- — périodique.......... F S = ~ ~ ^J S~
- P=R+i+£f|i + -p'j On a trouvé les valeurs suivantes :
- Galvanomètre apériodique
- ' T = 0,386 seconde
- • — = 0,000005376 a
- "8 = 41,4 c. m.
- • I = i,35 amp.
- Galvanomètre périodique
- T =14,8 secondes ^ 0,000004546
- 8 = 11,2 c, m.
- I = i,35 amp.
- Distance du miroir à Vêciielle
- ' D = 96,5 c. m.
- , l =n 5q6 ohmsj l'= 99,4 — (
- 9 = 217 - j P
- R=a,4 '—..JL.
- e= 2,72. -, ,
- 3 u 7,4
- D = 180 c. m.
- I = 5g6 ohms 1 l' — 99,4 — f 9 = 2,0 — 1 p
- A=.2?4...
- Y
- l + ~s= !.O40
- 6t 2,4
- n = 3 est le nombre de tours du fil enroulé autour des inducteurs et R est la résistance totale .du circuit.
- Voici le détail d’une expérience de comparaison:
- Galvanomètre apériodique
- T = 1,23 seconde
- . i, 15 X 1 o8
- 9400
- 8 = 5,3 R = 3,535
- «=9,9
- Galvanomètre périodique
- = .4,8
- 1,1 I X I08
- 1+1 = 1,043
- 9400
- a = 25,7
- 8 = 4,8 R =? 2,425
- d’où
- F S = 701,3 X 12,2 ; F S = 713,7 X 12,2
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- T
- L’erreur relative de ces deux méthodes est donc
- >/57-
- Ces expériences ont été également faites par rupture du courant excitateur.
- 3°. — Mesure du flux dans l'armature
- Cette mesure a été faite d’une manière identique à la précédente, en enroulant un tour de fil fin autour de l’armature :
- Nous n’avons pas fait de nouvelles expériences de vérification à l’aide des deux galvanomètres, car, d’après ce qui précède, on voit qu’avec le galvanomètre périodique, on peut compter sur une erreur relative qui n’excède pas 2 0/0, ce qui suffit dans la pratique.
- 40. — Mesure du champ magnétique maximum
- Comme nous l’avons déjà dit, nous avons simplement mesuré la sensibilité du galvanomètre à électro-aimants :
- 11 suffit d’appliquer la formule (')
- oùT = 0,291 s. est la durée d’une oscillation simple à circuit ouvert.
- Smr2 = 6,687 C. G. S. le moment d’inertie du cadre mobile ;
- S = 6,65 c. m. X 3,o c. m, la surface du cadre mobile.
- n = 285 le nombre de tours de fil du cadre mobile et enfin a/t là constante mesurée.
- Ici la distance D du miroir à l’échelle intervient et si a' est la déviation en centimètres, on a:
- __ a
- a ~~ 2 D
- D étant également exprimé en centimètres.
- Nous n’avons fait aucune vérification directe des nombres obtenus par cette méthode et comme le moment d’inertie qui intervient dans la formule est toujours assez mal déterminé, il est possible que la valeur du champ magnétique en unités absolues soit entachée d’une légère incertitude. D’ail.
- (•) Voir La Lumière Électrique, t. XX, p. 583.
- leurs cette valeur absolue n’intervient pas dans-les considérations suivantes.
- Voyons maintenant si les courbes qui résultent des quatre différentes mesures exposées plus haut fournissent des ordonnées proportionnelles.
- On a fait augmenter l’intensité du courant depuis une valeur très faible jusqu’à près de 11 ampères ; le diamètre du fil n’étant que de 1 m.m. il n’a pas été possible d’aller plus loin.
- Occupons-nous d’abord des résultats relatifs sans réduire les nombres en valeurs absolues, c’est-à-dire laissons d’abord arbitraire l’échelle des ordonnées.
- Nous pouvons tracer ainsi les courbes n° 1 à n° 4, correspondant aux quatre séries d’expériences indiquées plus haut. 1
- On voit, en jetant un coup d’œil sur la figure 5, que les courbes n° 1 à n° 4, ont la même allure bien qu’elles offrent certaines différences.
- Lorsque pour faciliter la comparaison des résu -tats, on réduit les ordonnées de telle façon qu’elles coïncident en certains points au début, on constate que les courbes formées par le flux dans l’induit et par le produit du coefficient de self-induction par l’intensité du courant (Ll/n) coincident presque complètement. La courbe dont les ordonnées représentent le flux dans les inducteurs s’élève généralement au-dessus des autres, comme cela doit être, puisque le flux dans les inducteurs est supérieur aux autres.
- Ces courbes ont été obtenues par l’impulsion du galvanomètre correspondant à la rupture du courant excitateur. Elles ne correspondent pas (sauf celle qui représente le champ magnétique) au magnétisme total, à cause du magnétisme rémanent, car on sait que le magnétisme rémanent qui est assez faible dans un système magnétique ouvert, peut prendre de très grandes valeurs dans un système magnétique fermé.
- Pour constater l’influence du magnétisme rémanent et pour effectuer des mesures relatives aux cas où ce facteur intervient d’une manière active, nous allons d’abord nous occuper du système magnétique fermé.
- Dans la petite machine sur laquelle nous avons réalisé nos expériences, il est facile de changer par le mode d’attache des fils, le système magnétique à deux pôles conséquents, en un système magnétique fermé. On peut alors étudier les propriétés magnétiques du fer employé. Gomme dans notre cas, l’enroulement n’est pas absolu-
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- ment continu, puisqu’il y a 4 bobines inductrices, il se produit encore ici une certaine déperdition de lignes de force. Il est toutefois évident que dans ces conditions LI/tj et FS doivent être presque identiques. Voici, en effet, ce que nous avons obtenu.
- Pour l’intensité I =0,16 ampères, on a trouvé, en opérant par rupture de courant FS = 3160 et Ll/n = 3ogo, ce qui donne une différence qui n’excède pas de beaucoup l’ordre de grandeur de l’exactitude obtenue dans ces expériences.
- Dans le cas ou l’intensité du courant excitateur serait plus forte, on aurait une déperdition appréciable, surtout à cause du cylindre de fer, formant l’armature, mais avec Une intensité aussi faible que celle avec laquelle nous avons opéré, cette déperdition doit avoir une très faible valeur.
- De plus, dans notre machine, il y a six couches de fil de 1 millimètre de diamètre, et si pour la première couche enroulée sur le noyau de fer, on peut supposer que le flux entier traverse le noyau, il n’en est plus de même pour les couches extérieures. La dernière couche, par exemple, comprend une surface de 2,5 c. m. X 6,2 c. m. = 15,5 c. m.2, tandis que la section du noyau de fer n'est que de 1,47 c. m.2 Il n’est donc pas permis d’admettre que le flux entier passe à travers le noyau de fer; toutefois, en considérant la différence énorme entre la conductibilité magnétique du fer et celle de l’air, on peut admettre ce fait comme une première approximation.
- Les valeurs de Ll/n donnent l’expression de la valeur moyenne du flux qui traverse toutes les spires.
- Comme un système magnétique fermé ne donne pas de champ magnétique extérieur, la seule manière d’expérimenter sur le magnétisme d’un tel
- système, consiste à rompre ou à renverser le courant dans les inducteurs.
- Soit T le magnétisme total du système et R le magnétisme rémanent, on obtiendra par la rupture du courant excitateur une impulsion du galvanomètre (soit qu’on mesure l’extra-courant ou bien le flux qui passe dans un fil auxiliaire) due au magnétisme temporaire T — R.
- En rétablissant le courant dans le même sens, on aura encore le même magnétisme temporaire T — R, mais lorsqu’on renverse le courant excitateur, on obtient une impulsion correspondant au terme T -j- R'. Les expériences montrent qu’on a R' = R, mais ceci n’est pas évident à priori. Lorsqu'on renverse le courant excitateur, on obtiendra une impulsion cor-re s p o n d a n t au terme 2 T, et si l’on ramène le système à l'état neutre, l’impulsion correspondant à l’établissement du courant est due au magnétisme total T. Ainsi on peut dresser ce tableau :
- Rupture du courant............... T — R
- Etablissement en sens inverse.... T + R
- Renversement du courant........... 2 T
- Établissement à partir de l’état neutre T
- La somme des impulsions dues aux deux premiers cas doit être égale à l’impulsion correspondant au troisième cas; puis l’établissement du courant, à partir de l’état neutre, fournira une autre vérification.
- Mais il intervient ici une autre difficulté. On sait, en effet, qu’on peut considérer pratiquement comme infiniment petite la durée de l’extra-courant de rupture, mais il n’en est plus ainsi pour l’extra-courant d’établissement. Or, pour que le galvanomètre donne une impulsion correspondant à la totalité de l’effet, il faut que la du-
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- rée d’oscillation du galvanomètre soit considérable par rapport à la durée du phénomène. Nous avons vu (1) que pour que l’influence soit inférieure à i o/o il faut que le phénomène se passe dans le i/5 environ de la durée d’une oscillation; lorsque la durée d’oscillation est sept fois la durée du phénomène, l’influence est de 1/2 0/0.
- Ainsi, avec un galvanomètre dont la durée d’oscillation est de i5s, l’influence sera moindre que 1/2 0/0 lorsque l’établissement du courant (au centième de la valeur définitive, par exemple) demandera 28. Avec la petite machine, sur laquelle nous opérons, cette durée est certainement beaucoup plus petite. Mais avec de grandes dynamos, il pourrait en être tout autrement.
- Pour ramener à l’état neutre le magnétisme du système, on peut employer la méthode des renversements sous l’influence de forces magnétisantes décroisantes. Cette méthode, dont on se sert pour désaimanter les montres, a déjà été employée par M. Ewing dans ses recherches sur le magnétisme (2).
- On constate que l’état neutre est bien atteint lorsque l’établissement du courant dans un sens ou dans le sens opposé (après une nouvelle désaimantation) donne la même impulsion,qui doit être égale à la moitié de l’impulsion obtenue par le renversement du courant inducteur. Pour désaimanter complètement il faudrait appliquer une clef à rotations rapides et diminuer graduellement l’intensité du courant inducteur. Toutefois, il suffit, lorsqu’une grande exactitude n’est pas nécessaire, de renverser le courant inducteur en tournant la clef à la main. La clef dont nous nous sommes servis est l’interrupteur ordinaire qu’on trouve habituellement sur les bobines d’induction.
- Le tableau ci-contre montre qu’on obtient ainsi une approximation de 1/20 à i/3o, ce qui suffit pour les expériences que nous avons en vue.
- Les travaux deRowland, Ewing, etc., montrent que dans un anneau fermé, le magnétisme rémanent peut être considérable; jusqu’à 81 0/0 d’après RoWland et jusqu’à 84 et 93 0/0 d’après Ewing. Dans le fer doux, ce rapport augmente d’abord
- ('j Voir La Lumière Électrique, t. XX, p. 58g.
- Dans ce tableau, la virgule décimale des trois derniers chiffres de la première colonne T/t, se trouve mal placée. Il faut lire 22,2, 45,4 et 72 au lieu de 2,22, 4,54 et 7,2.
- (*) Ewing, Phil. Trans. R-S, vol. CLXXVI, p. 53g, 1886.
- pour de très faibles forces magnétisantes, atteint un maximum et décroît ensuite pour des forces magnétisantes considérables.
- Dans notre cas, le circuit magnétique est fermé, bien qu’il y ait quelques solutions de continuité dues à ce que les inducteurs se composent de plusieurs pièces, mais les bobines magnétisantes ne forment pas un ensemble continu.
- Le tableau montre que dans ces conditions le
- Système magnétique fermé
- Intensité en ampères Magnétisme total T Différence Magnétisme rémanent R R T
- Par rupture et établisse- ment en sens inverse Par ren- versement iis „ «t s 3 P. g « •«* * -S fl 3 « h g £ P4 2 *“
- 0.158 5.90 5.80 — — 4.05 O.7O
- o.i58 10.65 10.3 - - 7.55 0.72
- O. 17 9-6o 9.45 — - 6.5o 0.67
- 0.17 9.20 9.55 - - 6.0 o.65
- 0.175 i3.6 i3.6 i3.4 i/65 9.2 0.67
- 0.175 14.25 14.5 t5.5 1/12 9.8 0.68
- 0.25 3.95 - 3.1 1/20 1.95 0.66
- 0.45 3.85 - 3.75 i/38 2.35 0.60
- o.5o 4.65 4.6 4.6 O 2.6 0.56
- 0.60 4.37 - 4.2 i/3o 2.52 0.59
- 0.925 5.0 5.0 4.6 1/12 2.4 0.48
- 1.52 5.37 5.3 5.5 1/25 2.53 0.47
- 1.53 5.1 - 5.0 i/5o 2.3 0.45
- 2.60 5.85 — 6.15 1/20 2.65 0.44
- 4.25 5.0 5.35 5.3 i/5o 1.5 0.29
- rapport R/T varie depuis 0,70 environ pour 0,16 ampères jusqu’à 0,29 pour 4,25 ampères.
- Pour obtenir les chiffres inscrits dans le tableau précédent, on s’est servi d’un galvanomètre à longue durée d’oscillation ( 15 secondes pour une oscillation simple )
- L’expérience suivante montre bien l’influence de la durée d’oscillation du galvanomètre.
- Par rupture du courant on a obtenu une impulsion de 5,4 c. m. pour deux galvanomètres, l’un ayant une durée d’oscillation de i58,~l’auTre de os,4. Gomme on peut considérer ce phéno-
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- T3o8 la lumière électrique
- mène comme étant instantané, la durée d’oscillation n’intervient pas. On a ainsi
- T — R = 5,4 c. m.
- Par établissement en sens inverse, on a trouvé ; pour le galvanomètre à longue durée d’oscillation
- T + R = 26,0 c. m.
- et pour le galvanomètre à oscillations rapides
- T 4- R = 21,2 c. m.
- Il y a donc un différence très notable. Cette différence, qui est de 11 0/0, semblerait indiquer, d’après le tableau que nous venons de citer, que la durée d’établissement du courant, jusqu’au centième de sa valeur finale, était d’environ 1,5 à 2 fois la durée d’oscillation du galvanomètre à oscillations rapides, soit os,6 à o%8. Il est inutile de faire observer le peu de certitude d’une pareille évaluation.
- On remarquera toutefois que cette durée d’établissement du courant, pour une petite machine, qui ne renferme en tout que quelques centaines de grammes de fer (3oo à 400), est relativement considérable ; aussi croyons-nous qu’il est impossible d’opérer sur une dynamo réelle par établissement, ou renversement de courant excitateur.
- En effet, quelque longue que soit la durée d’oscillation du galvanomètre, et pratiquement parlant, le galvanomètre à i5s d’oscillation simple rend déjà les observations difficiles, on n’arrivera jamais qu’à saisir une certaine partie du phénomène.
- On pourrait essayer dans ce cas, l’emploi d’un galvanomètre à oscillations rapides et fractionner le phénomène ; mais ceci nécessite un dispositif qui est toujours assez compliqué.
- Pour déterminer le flux d’induction magnétique dû au système fermé, nous l’avons d’abord ramené , aussi exactement que possible, à l’état neutre, et nous avons observé avec des forces magnétisantes croissantes l’impulsion du galvanomètre à longue durée d’oscillation, relative à l’établissement, à la rupture et au renversement du courant excitateur.
- Pour opérer le renversement du courant dans des conditions convenables, il est indispensable d’aller très vite, et un interrupteur qu’on tourne |
- à la main ne donne pas de résultats satisfaisants* Nous avons employé un commutateur à mercure •permettant de couper le circuit et de le rétablir en sens inverse dans un espace de temps n’excédant pas 1/20 de seconde.
- Les observations précédentes se contrôlent d’elles-même, puisque la somme des deux premières déviations doit être égale à la troisième.
- Les résultats sont inscrits dans la figure 6.
- On voit que cette courbe diflère comme allure de celle de la figure .7 où on n’a observé que l’effet dû à la rupture du courant excitateur.
- La différence des ordonnées de ces courbes résulte du magnétisme rémanent. Si l’on connaissait la grandeur de ce terme , il suffirait d’opérer par
- Force majfnétijue-.C.G.S.
- Fig. 6
- rupture du courant et on pourrait employer le galvanomètre apériodique qui, comme on le sait, a une durée d’oscillation faible, et on simplifierait ainsi énormément les expériences.
- Revenons maintenant au système magnétique à pôles conséquents, c’est-à-dire, à la machine montée à la manière ordinaire, et commençons par1 voir quelle est dans ce cas, l’importance du magnétisme rémanent.
- Nous avons trouvé
- R
- Intensité de courant T Augmentation
- i =5= 0,20 ampère 7 16 0/0
- i,-/5 — '•9 5,5 0/0
- 3,8o — 27 40/0
- Dans la dernière colonne on a inscrit sous la
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- rubrique « augmentation » la portion qu’il faut 1 ajouter au flux correspondait à la rupture de courant, pour obtenir le flux total. On a
- et comme la rupture de courant fournit le terme correspondant à T/R, il faut, pour obtenir T multiplier par l’inverse de l’expression 1 : R/T. Par exemple, pour R/T = 1 /zg, il faut multiplier par 1 q/ 18, c’est-à-dire augmenter le terme correspondant de 1/18 ou 5,5 0/0
- On voit que dans ce cas, l’influence du magnétisme rémanent se réduit notablement : Par exemple, on avait dans le cas du circuit magnétique fermé pour i= 1,75 ampères R/T = 2/5 et ici pour la même intensité R/T — 1 /19.
- Aussi, peut-on se faire une idée assez exacte delà courbe du magnétisme d’un système magnétique ouvert en mesurant simplement l’impulsion due à l’extra-courant de rupture , ce qui n’arrive nullement lorsque le système magnétique est fermé.
- C’est ainsi qu’ont été tracées les courbes de la figure 7.
- On voit que la courbe, dont les ordonnées, représentent le flux dans l’armature, s’incline plus que les autres ce qui s’explique par la faible épaisseur de fer du cylindre. Cette épaisseur n’est que de 2,5 m.m., tandis que le fer des inducteurs a une épaisseur de 3,85 m.m.
- Quant à la section, elle est approximativement a même pour l’armature et pour les induc-t eurs, car l’armature a une hauteur plus considérable. On a
- Section du noyau
- des inducteurs = o,385 c.m. x 3,82 c.m. = 1,47 c.m.* Section du noyau
- de l’armature «* 0,25 x 5,83= 1,46 c.m.*
- Voyons maintenant ce qu’indique la comparaison du flux [obtenu à l’aide d’un fil auxiliaire et le flux déduit de la valeur LIjn.
- Pour faire cette comparaison , il faut faire des mesures en valeur absolue, et pour éliminer le facteur correspondant au magnétisme rémanent, nous avons opéré, à l’aide du galvanomètre à lon-
- gue durée d’osciliation, comme nous l’avons fait pour le système magnétique fermé.
- Les résultats sont tracés sur la figure où les ordonnées représentent le flux total en unités C.G.S, sauf celles de la courbe représentant le champ magnétique dont les ordonnées représentent les intensités également en unités C.G.S. On voit qu’il y a dans ce cas, une certaine différence entre les ordonnées des courbes représentant le flux dans les inducteurs et celles delà courbe LI/«.
- Cette différence, qu’on aurait pu prévoir, s’accentue pour de fortes intensités et tient à ce que
- les déperditions du flux magnétique augmentent avec l’intensité du courant; lorsqu’on mesure le flux à l’aide d’un fil enroulé autour du milieu des inducteurs, on obtient le flux maximum, tandis que l’expression lA/n fournit le flux moyen, et comme toutes les lignes de force ne traversent pas les spires correspondant aux extrémités des bobines magnétisantes, il en résulte qu’on doit trouver un nombre plus faible. Comme l’épaisseur du fer de l’armature est faible, dans le cas qui nous occupe, on trouve, pour le rapport du flux dans les inducteurs au flux dans l’arma-tnre (ce rapport est indiqué par la lettre v dans les travaux de MM. Hopkinson), une valeur assez grande pour de fortes intensités du courant excitateur. Ce rapport atteint la valeur de 1,54 pour l’intensité de 10,7 ampères et diminue graduellement jusqu’à i,3o pour 1,5 ampère. Si l’on prend, au contraire, le rapport de la valeur fournie par l’expression LI/w au flux dans l’armature, on trouve une valeur plus petite et sen-
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- 3i°
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- siblement constante. Cette valeur varie de 1,40 à i,3o, dans les mêmes limites de l’intensité du courant.
- On voit donc que l’expression Ll/n peut fournir des indications précieuses, tant au point de vue qualitatif qu’au point de vue quantitatif; elle permet, pour ainsi dire, de fixer une constante magnétique relative à la machine, et cette valeur est absolument fixe, ce qui n’arrive pas pour la valeur obtenue à l’aide d’un fil enroulé sur les inducteurs, puisque cette valeur dépend plus ou moins de l’endroit où l’on a enroulé le fil. Nous ne voulons pas prétendre qu’il est plus facile et plus pratique de déterminer le coefficient de self-induction de la machine, pour en déduire la valeur de LI/n, que de mesurer l’induction mutuelle dans un fil auxiliaire; au contraire, nous croyons que, dans beaucoup de cas, cette mesure est plus expéditive. Mais, en outre que la quantité LI/w, où, si l’on veut, le coefficient de self-induction d’une machine est un coefficient spécifique important, il y a des cas où il n’est pas possible d’employer un fil auxiliaire. De plus, l’expression LI/w doit, mieux qu'un fil enroulé autour des inducteurs, suivre les variations du flux qui traverse l’armature, comme la figure précédente le montre, d’ailleurs. Surtout dans une dynamo réelle, cette expression, qui représente le flux moyen, doit s’approcher plus du flux qui traverse l’armature, que le flux mesuré à l’aide d’un fil enroulé autour d’un des iuduc-teurs.
- Qu’il nous soit permis, en terminant, de dire un mot relativement aux mesures magnétiques en général. Chaque fois qu’on opère sur des bobines renfermant des noyaux de fer, il est bien difficile d’obtenir une approximation en rapport avec celle obtenue dans les autres mesures électriques. Cette difficulté tient d’abord à l’état même du fer, car les variations antérieures influent sur la mesure actuelle ; aussi faut-il, pour obtenir deux nombres concordants, se placer exactement dans les mêmes conditions et être sûr que l’état actuel du fer est le même dans les deux cas.
- Une autre difficulté provient de l’emploi du galvanomètre. Nous avons vu qu’on est obligé, dans certains cas, de se servir d’un galvanomètre balistique à longue durée d’oscillation. Or, un galvanomètre de ce genre rend non seulement les
- observations très lentes et pénibles, mais, en outre, on est obligé de faire circuler le courant pendant assez longtemps dans la bobine, qui peut s’échauffer, lorsqu’on emploie un courant un peu fort. Puis, on a à craindre l’influence directe sur le galvanomètre, et, comme il faut toujours partir absolument de l’état de repos, le moindre mouvement accidentel peut faire manquer une observation. Cette influence directe est très considérable ; avec la petite machine dont nous nous sommes occupé, il y avait, à 3,5o m., une déviation de plus de 4 millimètres. Il faut tourner la machine dans un certain sens pour annuler cette influence, ou bien opérer à des distances si grandes, que les manœuvres deviennent très difficiles. Tous ces inconvénients disparaissent avec le galvanomètre apériodique, et le seul reproche qu’on puisse lui faire pour ces expériences, c’est que la durée d’oscillation est très courte.
- Lorsqu’on emploie des piles pour produire le courant, il intervient souvent une autre cause d’erreur : c’est le coup de fouet qu’on observe, lorsqu’on opère par l’établissement du courant excitateur. Le meilleur moyen de se défaire de cet inconvénient, c’est de faire travailler la pile sur une résistance égale à celle de la bobine, pendant quelques instants avant de faire l’expérience, et de disposer une clef permettant de substituer instantanément la bobine à cette résistance auxiliaire.
- Pour terminer cet article, nous allons faire l’application suivante à la machine Gramme type ordinaire d’atelier.
- Nous avons déterminé, dans une précédente étude (*), le coefficient de self-induction de cette machine, et nous avons trouvé pour le courant I = 25 ampères la valeur L = o,‘>,5 X io° c. m. Sur chaque électro, il y a 7 couches de 3q spires; le nombre total de spires sur les quatre inducteurs est donc
- n = 7x39x4 = 1092
- Si l’on représente par N la vitesse de rotation, c’est-à-dire le nombre de tours de l’anneau par seconde, et par k le nombre total de fils enroulés
- (!) Voir La Lumière Électrique, t. XXI, p. 118, 1886.
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- 3'1
- sur l’armature, on aura, pour la force électromotrice totale, l’expression :
- E= — xNxfc n
- Cette formule est, en effet, la formule fondamentale de la dynamo, dans laquelle on a remplacé le flux total par l’expression correspondante L 11 n.
- Pour la machine Gramme, type d’atelier, on a k = 1020 et à la vitesse de 960 tours par minute, on a
- N=â^=i6
- 60
- En substituant, on trouve pour I = 25 ampères = 2,5 unités' C G S
- E == o>25xio X 2,5 io2o = g3xio8unitésC.G.S.
- 1092
- = g'i volts
- La caractéristique donne pour 1 = 25 ampères à la vitesse de 960 tours par minute
- E = 87 volts
- La différence entre les deux valeurs obtenues, tient à diflérentes causes : self-induction de l’anneau, déperdition des lignes de force, réaction de l’armature, etc..
- La machine sera d’autant plus parfaite que les deux valeurs aipsi obtenues seront plus voisines.
- Nous ferons observer que, dans l’exemple précédent, la valeur de L a été déduite de l’extra-courant de rupture; on n’a donc pas tenu compta du magnétisme rémanent, qui cependant doit être faible dans ce cas, d’après ce que nous avons vu plus haut.
- Nous reviendrons ultérieurement sur quelques enseignements qu’on peut tirer de la relation fondamentale indiquée ci-dessus.
- COURBES MAGNÉTIQUES
- ISOGONIQUES
- Mes expériences sur les écrans magnétiques (*) m’ont conduit incidemment à m’occuper d’une question qui n’est pas sans analogne, d’ailleurs, avec celle des fantômes magnétiques (a).
- Lorsqu’une aiguille de boussole est en présence d’un aimant, elle subit une double influence : celle du magnétisme terrestre et celle de l’aimant. Si l’on déplace celui-ci, il en résulte généralement une déviation de l’aiguille, et ce déplacement obéit à une loi assez complexe.
- J’ai cherché à représenter le phénomène par des courbes, en donnant à l’aimant des positions déterminées et en faisant en sorte que l’aiguille restât à une division donnée, sous l’influence de l’aimant qu’on déplace en conséquence. Ce sont les positions diverses d’un pôle d’aimant dans le plan de l’aiguille qui sont représentées par les courbes pour des angles donnés de l’aiguille.
- Mais ce n’est là qu’une des faces de la question, qui présente les divisions suivantes :
- Positions relatives de Vaimant et de l’aiguille de boussole
- A. Aimant mobile (boussole fixe).
- Chacune des courbes représente les positions successives d’un pôle d’aimant qui, en se déplaçant, produit sur l’aiguille aimantée une déviation constante.
- I. L’aimant mobile est dans le plan de l’aiguille.
- Ier cas. — Son axe polaire est constamment dirigé vers le pivot de l’aiguille.
- 2e cas. — Son axe polaire est perpendiculaire au méridien magnétique.
- (!) La Lumière Electrique, t. XXII, p. 55, (18 décembre 1886V
- (2) La Lumière Électrique, t. XX, XXI et XXII (1886), patsim.
- P.-H. Ledeboer
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- 3e cas. — Son axe polaire est parallèle au méridien magnétique.
- 4e cas. — Son axe polaire reste parallèle à celui de l’aiguille.
- 5° cas. — Son axe polaire fait un angle déterminé avec le méridien magnétique.
- II. L’aimant mobile est dans un plan perpendiculaire à celui de l'aiguille.
- B. Aimant fixe (boussole mobile).
- Chaque courbe représente les positions successives d’un pôle de l'aiguille qui, dans le déplacement de sa boîte (le diamètre o — 180 degrés restant parallèle au méridien magnétique), marque constamment la même déviation.
- I. L’aimant fixe est dans le plan de l’aiguille.
- rcr cas. — Son axe polaire est sur la trace horizontale du méridien magnétique.
- Fig. 1 bis. — Aimant mobile, ayant son axe dirigé vers le point. de l'aiguille superposition des effets des deux pôles.
- Fig, i. — Aimant mobile ayant son axe dirigé vers le pivot de l'aiguille
- 2e cas. — Son axe polaire est perpendiculaire au méridien magnétique.
- 3e cas. — Son axe polaire fait un angle déterminé avec le méridien magnétique.
- IL L’aimant fixe est dans un plan perpendiculaire à celui de l’aiguille (*).
- iet cas. — L’aimant mobile est placé de manière que, dans toutes les positions successives qu'on lui donne, la direction de son axe polaire passe constamment par le pivot de l’aiguille. (Les
- t1) On pourrait aussi tracer les courbes d’après la position du centre de l’aimant ou de l’aiguille dans leurs différentes positions.
- angles sont comptés à partir du méridien magnétique.)
- Dans ce cas, le plus simple, le groupe de courbes (fig. i) représente les lieux géométriques des positions d’un pôle d’aimant J1) se déplaçant dans le plan de l’aiguille, de manière à conserver à cette aiguille une déviation constante pour la même courbe. Ainsi obtenues, ces courbes, sont analogues aux lignes d’égale déclinaison (dues au magnétisme terrestre) ; mais elles sont plus compliquées, puisqu’il y a ici deux forces de plus, celles des pôles de l’aimant qu’on déplace.
- (*) Aimant : longueur 115 millimètres, largeur io millimètres, épaisseur 4 millimètres; force portante 12 grammes.
- Aiguille (losange) : longueur 75 millimètres, largeur 10 millimètres; épaisseuro-'’ millimètres; force portante 1,8 grammes.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ ^13
- Toutes nos expériences se font de la manière suivante, l’aiguille étant au repos dans le plan du méridien magnétique :
- Supposons, par exemple, qu’il s’agisse de décrire la courbe correspondant à l’angle constant de 6'o degrés. On place le barreau (fig. i) sur l’une des lignes axiales (contre une règle dont l’arête est parallèle à cette droite), on l’avance ou on le recule jusqu’à ce que l’aiguille reste fixe à 60 degrés. On marque sur le papier la position de l’extrémité antérieure de l’aimant et on y ajoute
- la distance du pôle à cette extrémité, distance déterminée une fois pour toutes (').
- Les courbes de la première moitié de la figure i se continuent dans la seconde de la manière suivante : Celle de i5 degrés, qui commence à l’extrémité du diamètre 15 de la boussole, finit à iq5 degrés. De même, la courbe de 3o degrés se continue jusqu’à 210. En général, toute courbe commençant à n° se continue jusqu’à (180 -j- n)°,
- fig- 0-
- Cpmme tout est symétrique par rapport au dia-
- \ \
- Fig. 2. — Aimant mobile horizontal perpendiculaire au méridien magnétique
- Fig. S. — Aimant mobile parallèle au méridien magnétique.
- mètre o — 1800, il suffit de tracer les courbes pour des degrés compris entre o et 180 degrés, en pliant la figure suivant ce diamètre, on aura la seconde partie symétrique de la première, où les courbes se continuent comme il vient d’être dit-En jetant un coup d’œil sur l’ensemble des courbes, on voit d’abord que le système est coupé par le méridien magnétique en deux parties symétriques superposables, en pliant la figure autour ; de la trace du méridien magnétique, et que l’axe : perpendiculaire à ce méridien, divise le système des courbes en deux parties qui sont, au contraire, très dissemblables entre elles. Ensuite, on remarque que les points d’intersection des courbes. se trouvent sur le méridien magnétique ; que les distances entre les points d’intersection consécutifs des courbes symétriques vont en diminuant jusqu’aux courbes correspondant aux angles de go: et de, 270 degrés, qui sont dans le prolonge-
- ment l’une de l’autre, ou plutôt qui ne forment qu’une courbe unique, normale à la ligne du méridien magnétique. Au-delà, les points d’intersection des lignes correspondent aux angles plus grands que 90 degrés, savoir celles de io5, 120, 135, i5o, 165 degrés, se confondent respectivement avec les points d’intersection des lignes précédentes: 75, 60, 45, 3o,. i5, les distances
- (t) Pour éviter les trop longues oscillations de l’aiguille, on place de part et d’autre de la position d’équilibre que doit prendre cette aiguille, de petites cales en plomb qui maintiennent ses mouvements dans des limites aussi étroites qu’on le veut, selon qu’on approche plus ou moins de son équilibre instable.
- Origine des angles. Dans nos figures de courbes, les angles sont toujours comptés à partir du méridien magnétique dans le sens O. S. E. N., c’est-à-dire en sens inverse du mouvement des aiguilles d'une montre.
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- 3* *4
- des points d’intersection allant alors en augmentant, dans la même proportion qu’elles diminuaient pour les premières lignes.
- Correspondance des courbes magnétiques
- Courbe» symétrique» Courbes dont l’uue est le prolongement de l'autre Courbes se coupant au même point sur la ligne 0' — 160°
- i5 et 345 i5 et 195 i5 — 345 et «65 — 195
- 3o — 33o 3o — 210 3o — 33o — i5o — 210
- 45 — 3i5 45 — 225 45 — 3t5 — i35 — 225
- 60 — 3oo 60 — 240 60 — 3oo — 120 — 240
- 75 — 285 75 — 255 75 — 285 — io5 — 255
- 90 — 270 go — 270 90 — 270
- io5 — 255 io5 — 285
- 120 — 240 12 J — 3oo
- i35 — 225 135 — 3i5
- i5o — 210 l5o — 33o
- 'i65 — 195 i65 — 345
- 180 — 180
- On voit, d'après ce qui précède, que la première chose à faire, avant de commencer le tracé des courbes par points, et pour les avoir symétriques, est de s’assurer que l’aimant et l’aiguille, qui doivent servir aux expériences, sont régulièrement aimantés ; que les deux moitiés de chacun d’eux sont d’égale force, et que les axes magnétiques coïncident avec les axes géométriques (*). Si l’on ne prenait ces précautions, on s’exposerait à avoir des courbes plus ou moins dissymétriques (2).
- Il faut dire toutefois que l’identité magnétique des deux moitiés d’aimant n’est jamais parfaite; c’est pourquoi les petites irrégularités résultant des données de l’expérience doivent être rectifiées d’après cette remarque, comme quand une courbe a été déterminée par points, la ligne continue qui
- ^i) L’aiguille et l’aimant employés ont été construits avec le plus grand soin par M. Ducretet.
- (*) Pour reconnaître si les deux moitiés d’un aimant ont la même force magnétique et trouver la position delà ligne neutre, on peut d’abord employer le procédé expéditif <Jes fantômes magnétiques. Si l’on veut plus de précision, on place l’aimant parallèlement au méridien magnétique; alors l’aiguille doit rester dans ce plan lorsque le milieu de l’aimant se trouve sur la perpendiculaire
- unît ces points, en laisse quelques uns à droite et à gauche, pour suivre une ligne intermédiaire régulière, naturelle ; c’est ce qui a été pratiqué dans tous nos tracés graphiques.
- Si, au lieu de présenter à l’aiguille le pôle austral de l’aimant, on lui offrait le pôle boréal, on aurait uue figure inverse de la figure i ; c’est-à-dire que les courbes se couperaient à la partie supérieure de la figure au lieu de se couper en bas. La figure i bis montre la superposition des effets des deux pôles dans cette double expérience.
- 2e cas. — L’aimant mobile se déplace ‘perpendiculairement à la direction du méridien magnétique.
- Alors les courbes (fig.2) diffèrent un peu des précédentes par leurs formes et leurs positions ; elles sont néanmoins analogues à celles de la figure i. Les points de rencontre des courbes, prises deux à deux, ne se trouvent pas sur la trace horizontale du méridien magnétique, mais dans le voisinage de i8o° et de 36o°.
- Nous devons dire ici quelques mots d’une difficulté qui se présente dans le tracé général des courbes magnétiques, au voisinage des points critiques, c’est-à-dire des points qui correspondent aux positions d’équilibre instable de l’aiguille. On parvient cependant à vaincre en partie cette difficulté, l’orsqu’on a recours à l’emploi de cales en plomb qui limitent les oscillations de l’aiguillle.
- Dans ce 2e cas, la symétrie des courbes est moins simple que dans le premier. En effet, dans celui-ci, il suffisait pour opérer la superposition d’une des moitiés sur l’autre, de plier la figure autour de la ligne méridienne, axe de symétrie.
- Dans le 2° cas, le système des courbes présente deux axes de symétrie: la trace du méridien magnétique et la droite qui coupe cette ligne au centre de figure et qui s’incline sur èlle d’un angle de 15° environ, dans nos conditions d’expériences.
- Pour opérer la superposition d’une des moitiés
- passant par le pivot de l’aiguille. S’il en est autrement, on juge par le sens du déplacement de l’aiguille qu’elle est la moitié la plus fortement magnétique.
- Pour vérifier si les axes magnétiques coïncident avec les axes géométriques, on emploie la méthode du retournement.
- Il est évident que si l’aimant et l’aiguille ne satisfont pas, d’une manière suffisante, aux conditions précitées, il faut les aimanter à nouveau, jusqu’à ce qu’ils les remplissent
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- 3*5
- de la figure sur l’autre, il faut lui faire faire une demi révolution autour du centre.
- La cause de cette complication de symétrie s’explique par l’action magnétique terrestre, qui ne s’exerce pas avec la même efficacité relativement aux deux pôles de l’aiguiîle, sous l’influence de l’aimant déviateur et dominateur ; car, d’un côté les actions s’ajoutent, de l’autre elles se retranchent.
- Il y a lieu de distinguer dans le tracé des courbes :
- i° Celles que décrit un même pôle de l’aimant
- Fig. 4. — Aimant mobile parallèle à l'aiguille aimantée.
- de chaque côté du méridien magnétique, la pointe bleue de l’aiguille marquant les angles ;
- 2° Celles que décrit le pôle boréal de l’aimant d’un côté du méridien magnétique et celles que décrit le pôle austral de l’autre côté de cette ligne, les angles étant comptés à partir de la pointe bleue de l’aiguille dans le premier cas, et de la pointe blancl e dans le second.
- Si c’est le même pôle d’aimant qui sert à tracer les courbes de part et d’autre du méridien magnétique, les courbes symétriques correspondent deux à deux à des angles supplémentaires.
- Fig, 4 bis. — Aimant mobile, parallèle à‘àraiguille aimantée; superposition des effets des deuxpôles.
- Les courbes symétriques sont de même degré quand on alterne les pôles de l’aimant déviateur et que les angles sont comptés à partir de la pointe bleue dans le premier cas, et de la pointe blanche dans le second.
- [§,11 faut aussi indiquer le sens dans lequel l’aimant est placé par rapport au pôle qui décrit les courbes.
- Toutes ces circonstances diverses correspondent à autant de systèmes particuliers de courbes plus ou moins analogues ou symétriques, pouvant d’ailleurs se déduire les unes des autres, connaissant les dimensions et la position des pôle de l’aimant.
- Enfin, on peut les tracer d’après la position du centre de l’aimant.
- 3e cas. — L’aimant mobile est parallèle au méridien magnétique.
- Les courbes (fig. 3) sont tracées en marquant la position du pôle boréal ou du pôle austral de
- l’aimant, suivant qu’il est d’un côté ou de l’autre de l’aiguille.
- Ici, la symétrie est moins simple encore que dans le cas précédent.
- Les courbes se coupent de part et d’autre du méridien et à une distance plus grande.
- Le système présente deux axes de symétrie : la trace du méridien magnétique et la droite qui passe vers l’intersection des courbes , droite qui s’incline d’environ 45° sur le méridien magnétique. La superposition des deux moitiés de la figure se fait par rotation autour du centre.
- 4e cas. — L’axe polaire de l’aimant est parallèle à celui de l’aiguille.
- Dans ce cas, les courbes (fig.4) offrent encore un axe de symétrie comme celles du premier cas,
- (fig- 0-
- La figure 4 bis représente l’effet de la superposition des deux figures inverses obtenues successivement par chacun des pôles de l’aimant.
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- 5e cas. — Il y aurait encore à examiner le cas général où l’axe de l’aimant mobile fait un angle déterminé quelconque avec le méridien magnétique. Alors les systèmes de courbes symétriques se déplacent nécessairement suivant l’angle que l’aimant fait avec le méridien magnétique.
- Les points critiques, ou d’équilibre instable, peuveut occuper toutes les positions dans le plan de la figure.
- Dans un prochain article, nous verrons les divers cas qui se présentent avec l’aimant dévia-teur vertical et avec l’aiguille mobile et l’aimant fixe.
- C. Decharme
- (.A suivre)
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DE
- L’INSTITUT ANATOMIQUE DE VIENNE
- Cela devient presque une formule banale de faire l’éloge de l’éclairage électrique et d’en jalonner les explications chaque jour plus nombreuses.
- Il s’introduit partout, malgré les entraves administratives dont on l’entoure, même dans les endroits où l’on s’y attendait le moins, et qui, si on réfléchit un peu devraient être les premiers à jouir des bienfaits hygiéniques de ce mode d’éclairage. Nous voulons parler des hôpitaux et des dépendances des services chirurgicaux. En dépit des grands sacrifices d’argent que l’on a faits dans le but d’assainir ces établissements hospitaliers, ils restent toujours des foyers malsains pour ceux que leurs fonctions ou leur état y appellent.
- Une des premières conditions de leur salubrité relative réside dans l’accès de l’air pur et son renouvellement continuel. Une des raisons qui mettent obstacle à la satisfaction complète de celte condition vitale, consiste dans la conservation des modes d’éclairage qui empoisonnent l’atmosphère ambiante.
- Le gaz en brûlant emprunte à l’air extérieur l’oxygène nécessaire à sa combustion. Le résultat de cette opération est déversé dans l’atmosphère sous forme d’acide carbonique et aussi d’oxyde
- de carbone, tôus gaz impropres à la respiration ; ce dernier, de plus, particulièrement dangereux par ses qualités nocives.
- Dans sa transformation en lumière, un mètre cube de gaz absorbe 1570 litres d’oxygène ; un adulte en une heure en absorbe environ de 20 à 25 litres. Si nous supposons que ce mètre cube de gaz est consommé dans des becs brûlant 200 litres à l’heure ; nous aurons 5 becs dont la Consommation en oxygène équivaudra par heure à celle de 65 personnes adultes. En d’autres termes ces cinq brûleurs vicieront autant l’air que la respiration de soixante-cinq êtres humains.
- En présence de ces considérations de l’ordre le plus simple, on comprend que Dour des salles un peu encombrées, le renouvellement d’air devienne une opération difficile et l’on pourrait presque dire que l’installation de brûleurs salubres est un adjuvant indispensable d’une bonne ventilation.
- A l’étranger, l’Assistance publique s’est vivement préoccupée de cet état de choses. A Berne notamment — si nos souvenirs sont bien exacts — l’éclairage électrique existe à l’hôpital de l’Ile. Sans oser l’affirmer positivement, nous croyons que Lausanne s’est aussi engagée dans cette voie.
- En France des sommes considérables ont été consacrées à l’érection de bâtiments nouveaux pour les besoins de l’enseignement à tous les degrés.
- La ville de Paris a largement contribué de ses deniers à mettre ces établissements à la hauteur du piogrès et des idées modernes. L’école pratique de médecine — pour ne citer que celle là — est une construction colossale, couvrant une su-superficie considérable. Les aménagements intérieurs des services répondent-ils à l’envergure extérieure de l’édifice, concourent-ils réellement à la satisfaction des exigences qu’on est en droit d’en attendre? Nous l’ignorons. Nous voulons le croire cependant pour l’honneur et l’intelligence de nos architectes qui doivent tenir à être autre chose que d’habiles dessinateurs de façades.
- A Vienne, l’éclairage électrique à été adopté pour les salles de travail du nouvel institut anatomique. Il s’agissait d’éclairer quatre grandes salles de dissection dont la superficie est de 148 mètres carrés, la hauteur de 5.40 m. et où se trouvent établies 10 grandes tables de dissection et 11 petites.
- Les principes généraux et les prescriptions dû
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- programme du concours pour cette installation étaient, en substance, ainsi déterminés :
- « L’idéal à atteindre dans l’éclairage d’une salle de dissection consiste à se rapprocher le plus possible, par les procédés artificiels, de la lumière diffuse du jour. Cela revient à dire qu’il faut obtenir, pour chacune des tables de travail, un éclairement suffisant, eu égard à cette considération que la lumière ne tombe pas directement d’en haut, mais de tous les côtés à la fois, sans qu’il se produise, en un point quelconque, d’ombre un peu forte. L’intensité lumineuse doit être équivalente à celle de quatre becs de gaz pourvus d’abat-jour placés à une distance d’un mètre au-dessus des grandes tables. Cette intensité était réduite à deux becs, situés de même façon, pour les petites tables. »
- Dans les conditions ainsi spécifiées, l’éclairement correspondait approximativement à une intensité de 40 mètres-bougies au milieu de la table et de 3o aux bouts.
- Une série de projets furent présentés, dont voici la liste :
- I. — 9 brûleurs Siemens, de 35o bougies, à raison de 1,5 m.3 de consommation de gaz à l’heure.
- IL — 62 becs de gaz de i5o litres.
- III. — 68 lampes à incandescence de 16 bou-
- gies.
- IV. — 8 lampes à arc de 6 ampères.
- V. — 3 lampes à arc de i5 ampères, dans lesquelles le foyer lumineux était masqué et renvoyait par réflexion les rayons vers le plafond.
- A priori, les projets numérotés I, IV et V répondaient seuls aux déterminations du programme relatives à la diffusion de la lumière.
- Le tableau ci-dessous donne le calcul des frais d’exploitation basé sur le prix 0,06 fr. les 100 watts par heure, et sur celui de 0,2 5 fr. le mètre cube de gaz.
- Ce sont les dépenses correspondant aux conditions locales :
- Intensité Dépenses de
- en mètre- bougies Watts Force motrice Lampes à in-c a n d . crayons de charb. Totaux
- 9 brûleurs Siemensde francs francs francs francs
- 35o bcug.. 62 becs de gaz de i5o 25 3,34
- litres 62 lampes à incandesc. 3o— 2,3o
- de 16 boug. S lampes à arc de 6 3o—-|o 3720 2,20 0,52 2,72
- ampères .. 3 lampes à arc de i5 3o 2400 1 ,42 0,80 2,22
- ampères... 5o 2250 t .33 0.45 1,78
- L’inspection de ce tableau montre que la solution la plus économique gît dans l’emploi de trois fortes lampes à arc; c’est celle qui a été adoptée.
- On pourrait tout d'abord supposer que ce mode d’éclairage, dans lequel une double réflexion des rayons est nécessaire, doit être inséparable d’une perte de lumière importante. Ce n’est, a vrai dire, pas le cas. Au contraire, selon les assertions de la Zeistchrift ftir Elektrotechnik. les mesures photométriques ont démontré que la quantité de lumière utilisée à la surface des tables de travail, dans un local ainsi éclairé, est'plus grande que celle qu’on obtiendrait avec des lampes brûlant à feu nu à la même intensité.
- Ce fait est attribué à cçtte circonstance que, par l'application des réflecteurs, dont nous allons parler, le nombre des rayons dont on tire effectivement profit devient beaucoup plus grand.
- L'avantage capital, d’un tel arrangement réside dans l’obtention d’une diffusion complète extrêmement agréable à l’œil ; les ombres disparaissent à peu près complètement. Au surplus, elles sont beaucoup moins appréciables que celles résultant de la lumière directe du jour qm éclaire les tables par deux côtés à la fois.
- La figure montre la coupe du réflecteur B. Il est en tôle et formé de trcis cônes à inclinai-
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- 3iS
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sons différentes ab, bc, cd. G est un globe de verre dépoli placé immédiatement au-dessous de la lampe.
- La surface réfléchissante est composée de morceaux de miroir de forme trapézoïdale. Leur nettoyage est facile et le remplacement des pièces peu coûteux. La lumière, réfléchie une première fois par le réflecteur proprement dit, est projetée vers le haut contre un écran blanc en tôle vernissée, d’où elle se répartit ensuite dans la pièce.
- Le photomètre de Weber a été d’une grande utilité pour la fabrication du miroir réflecteur, en ce sens qu’il a permis d’en vérifier et d’en corriger la forme, déterminée graphiquement.
- Indépendamment des locaux de dissection, il s’agissait d’éclairer deux salles d’étude où se trouvent quarante tables de travail. On exigeait un degré de clarté tel qu’elle permit commodément la lecture de toutes espèces de caractères d’imprimerie.
- La question fut résolue très simplement par l’emploi de lampes à incandescence de 16 bougies placées à 0,75 m.m. de hauteur au-dessus des tables, dont l’effet fut encore augmenté par l’adjonc. tion d’abat-jour en fer blanc émaillé, de forme appropriée. Pour que l’œil du lecteur ne fut pas affecté par la lumière directe, l’abat-jour était muni en dessous d’une espèce de rideau vert.
- A cette occasion, il n’est pas inutile de faire encore remarquer la supériorité de la lumière électrique sur celle du gaz. A cause du développement de chaleur de celui-ci, il n’est pas bon de rapprocher la flamme à moins de 1 mètre de distance de la surface à éclairer, tandis que cet écai~ tement peut être réduit à 0,75 m. pour une lampe à incandescence.
- Le fait de l’absence de chaleur rend possible un arrangement spécial d’abat-jour inapplicable dans le cas du gaz et dont le résultat est de renforcer, dans une mesure importante , l’effet produit. On peut par conséquent, atteindre, dans la plupart des cas, un degré de clarté de 5o 0/0
- environ supérieur à celui obtenu par des becs de gaz, avec une même intensité lumineuse.
- Les deux auditoires de l’Institut sont éclairés chacun par 2 lampes à arc de 12 ampères; les chambres des professeurs, des prosecteurs le sont par des lampes à incandescence.
- Les lampes à arc sont intercalées par paire en tension. L’énergie électrique nécessaire à tout le système se décompose comme suit:
- 12 lampes à arc de i5 ampères gooo watts
- — de 12 — 2400 —
- à incandescence de 0,6 — 6720 —
- Total 18120 —
- Toutefois, comme les auditoires ne servent pas le soir, et qu’il n’y a environ que les 2/3 des lampes à incandescence qui brûlent simultanément, l’énergie réellement indispen-sable^ se réduit à i3,5oowatts. * L’exécution a prévu des machines de réserve ; il y a deux machines à vapeur et deux dynamos dont la moitié seulement est en service régulier.
- Les dynamos du système Edison-Hopkinson sont construites pour une puissance de i5,ooo watts.
- Le système de graissage des axes des dynamos présente une particularité qui est loin d’être une nouveauté.
- il consiste en un ou plusieurs anneaux métalliques plongeant dans un réservoir d’huile. Ces anneaux, libres sur l’axe, sont entraînés dans son mouvement de rotation et apportent l’huile continuellement sur la surface du tourillon.
- Dès 1882, les machines Gramme construites par M. Jaspar à Liège, étaient pourvues de ce système. Ses avantages pratiques sont, paraît-il, très importants.
- Les brûleurs à arc adoptés sont des lampes Gramme modifiées, les lampes à incandescence sont du type Edison de 100 volts de tension et de 0,6 d’ampère donnant une intensité lumineuse de 16 bougies. Les deux systèmes de lampe sont
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- alimentés par une même source de courant, cependant, elles sont interférées sur des conducteurs séparés à partir de la salle des machines.
- Nous avons déjà mentionné que les lampes à arc étaient réunies par paires en tension, leur fonctionnement réclame une tension de ioo à 102 volts à l’endroit des dérivations sur le circuit général.
- Les sections de conducteurs sont calculées pour que, en pleine charge, la perte de tension ne dépasse pas 6 volts, tant dans les conducteurs des lampes à incandescence que dans ceux des lampes à arc.
- Pour Je cas où une petite partie des lampes à incandescence brûlent et où la perte normale de tension dans les conducteurs descend de 6 volts à i ou 2 volts, on a intercalé, dans leur circuit, des rhéostats qui permettent de compenser la différence de tension intervenant.
- Les conducteurs sont disposés de façon que la même tension règne toujours dans toutes les lampes.
- Une ligne séparée les réunit à un appareil de contrôle placé dans la salle des machines, où s’opère, dans la mesure convenable, la régulation de la tension aux bornes.
- Toute cette installation a été faite par les soins de la maison Brtickner, Ross et Ci0 de Vienne.
- Nous compléterons ces explications par quelques mots sur les arrangements mécaniques de la chambre des machines, situées dans les caves de l’établissement.
- L’installation, comme nous l’avons vu, est double. Les moteurs à vapeur sont à distribution par tiroirs avec expansion variable à la main. Les générateurs de vapeur sont tubulaires, ils fournissent en même temps la vapeur indispensable au chauffage des batiments.
- Entre les moteurs et les dynamos, il y a une transmission intermédiaire unique. Toutefois, elle est garnie de manchons à friction permettant d’embrayer ou de débrayer chaque moteur ou
- chaque dynamo pendant la marche et aussi de diviser l’installation en deux parties complètement indépendantes l’une de l’autre.
- En terminant, nous exprimons l’espoir que l’exemple donné par l’Institut Anatomique de Vienne soit suivi de nombreuses applications analogues.
- E. Dieudonné
- ESSAIS D’ÉTUDE EXPÉRIMENTALE!
- DES
- CHAMPS MAGNÉTIQUES (')
- Electro-aimant a culasse a ame carrée dont le coté est de 45 m.m.
- Nous avons déjà publié deux séries d’expériences, que nous avons faites sur les champs d’un électro-aimant à culasse dont l’âme carrée a un côté de 45 m.m. Avant de passer à une troisième série, nous devons rectifier une erreur de calcul, que nous avons commise dars les deux premières et qui a changé la valeur de l’intensité générale de circulation et, par suite, la valeur des champs résultants, puisque ces champs nous sont donnés par la formule :
- tT _ 10 9 F H~ L I
- La résistance du circuit sur laquelle nous avions monté le voltmètre en dérivation étaitde 1,70 ohm et nous l’avons tout le temps supposée égale à 1,07 ohm.
- Il en résultait que, dans la première série d’expériences, l’intensité variait entre 2,15 et 2,06 ampères et que dans la seconde série cette intensité était égale à i,3ï ampères.
- Nous donnons ci-dessous les deux tableaux rectifiés résumant les champs magnétiques correspondant à des épaisseurs d’armatures variables
- (') Voir La Lumière Électrique du 9 avril 1887.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ÉLECTRO-AIMANTS DE 46 MILLIMÈTRES DE COTÉ A AME CARRÉ , r ........
- Tableau résumant les champs magnétiques correspondant à dés épaisseurs d'armatures variables
- pour un entrefer déterminé 1
- (lr* Série rectifiée). — L’intensité varie entre 2,15 et 2,06 ampères
- Entrefer 3 millim. Entrefer 4 millim. Entrefer 6 millim. Entrefer 8 millim. Entrefer 10 millim. Entrefer i& millim. Entrefer 20 millim.
- a H a H a H a H a H a H a H
- inlllimèt. 2 1963 miilimèt. 2 1781 miilimèt. 2 1450 miilimèt. 2 1199 ^miilimèt. 2 1250 inlllimèt. 2 1072 mlUhnèl. 2 1 1029
- 4 2434 4 2363 4 1997 4 1718 4 i566 4 1275 4 1112
- 6 3i 14 6 2902 6 2491 6 1901 6 1773 6 1293 6 15
- 8 3554 8 321 I 8 2574 8 1948 8 1811 8 1283 8 1 u5
- IO 4008 10 3661 10 2646 10 2037 10 1792 » » 10 • . 1
- 12 4285 12 3944 12 2639 12 2291 12 1843 12 I299 12
- 14 4452 14 3799 14 2607 14 2293 14 1834 » » 14 • ;
- 16 4606 16 3962 16 2/60 16 225S 16 l885 16 1312 16 i 1 io3
- 3o 4606 20 4015 20 2751 20 2310 20 1867 ' 20 1323 20
- 45 4746 3o » 3o 2710 3o 2342 3o 1844 3o 1289 - *
- ELECTRO-AIMANT DE 45 MILLIMETRES DE COTÉ A AME CARREE
- Tableau résumant les champs magnétiques correspondant à des épaisseurs d'armatures variables
- pour un entrefer déterminé
- (2" Série rectifiée). — L’intensité de circulation est de 1,3a ampère
- Entrefer 3 millim. Entrefer 4 millim. Entrefer b millim. Entrefer 8 millim. Entrefer 10 millim. Entrefer 16 m/llim. Entrefer 20 millim.
- a H ci H a H Cl , H Cl H a H a H
- miilimèt. , 2 1374 miilimèt. O 1229 miilimèt. 2 1213 miilimèt. 2 1 ii3 miilimèt. 2 902 miilimèt. 2 7/8 miilimèt. 2 652
- 4 i856 4 1G9S » )) JJ » » » 6 » » »
- 6 23oG 6 2127 6 1816 G 1362 6 1 *77 » 816 G 743
- 8 2603 8 2259 » » » >> >) JJ » » » »
- IO 2833 10 -336 10 1/9S 10 13aS 10 1 197 » » 10 704
- I 2 \ 2814 12 24 ’4 » » )) y> JJ » • » » » ))
- 14 29.10 14 2 36o 14 1749 » )) )) )) » » » »
- l6 2870 16 2328 16 * • 1755 16 1317 16 I 142 . i6-l 16 J
- 45 2969 45 2436 40 1822 45 1436 40 1215 . ! : 45 | 1 816 • ! 45 ! 704
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- JOURNAL - UNIVERSEL . D’ÉLECTRICITÉ
- avec un entrefer déterminé, pour les deux inten- Nous donnons maintenant la 3e série d’expé-sités de circulation de 2,15 et de i,32 ampèr'es. riences corresoqridantrà une intensité générale de
- (3° Série) TABLEAU I (Entrefer 4 millimètres) . r
- d : a ; e I e r l f ?xl c V ' f pf 7, --- X l C F f+r M H 10 g F Observations
- L1
- millimètre» millimètres volts ampères millimètres grammes millimètres grammes grammes grammes 26 avril 1887
- 4 2 12 3,53 132 18,876 io3 17,510 36,386 J
- i 36,3.i5 2285
- » » » *> i35 ig,3o5 100 I7,OOO 36,3o5 ’ I
- » 6 n,5 :3,38 205 29,3i5 144 24.480 1 53,795 j
- 54,127 3562
- » » » » 193 27j599 i58 26,860 54,459
- » 10 I 1,25 3,3i 23i 33,o33 219 37,230 I 70,263 i
- 69,708 4677
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- » 14 » a 276 39,468 231 39,270 78.738 (
- 76,884 5i5g
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- )) 11 3,23 337 48,191 209 35,53o 83,721 1
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- )) 3o 10,75 3,i6 304 43,472 235 39,950 1 83,422 j
- 84,675 5953
- » » 3) » 293 41,899 359 44,o3o 85,929 ( l
- ÉLECTRO-AIMANT DE 45 M.M. DE COTÉ A AME CARRÉE
- Tableau résumant les champs magnétiques correspondant à des épaisseurs d’armatures variables pour un entrefer déterminé,
- (3° Série). —L’intensité de circulation varie entre 3,53 et 3,i6 ampères
- Entrefer 4 mm. Entrefer] 6 mm. Entrefer 8 mm. Entrefer 1 0 mm.
- a H a H CL H a H
- mlll’m. millim. millhn. millim.
- 2 2285 2 24i 9j » » 2 1702
- 6 3562 6 3064 6 2683 6 2013
- to 4677 10 4i33 10 3ioi 10
- H 5i5g 14 \ M 14 2Ôi5
- .8 .s >8 3272 26 •
- 1 1 4474 \
- O '» 1 588i 22 22 »
- 3o ' 3o 1 « ))
- circulation de 3, 53 ampères. Comme toujours, nous faisons précéder le tableau-résumé du tableau spécial correspondant à un entrefer détermine. Nous avons choisi l’entrefer de 4 m.m.
- 6000
- 5000
- Entrefer 0 „ *
- Entrefer 6.. Entrefer 10,.
- 4000
- 3000
- Et rmai ire
- Dans cette nouvelle série, la force magnétisante 4?r ni est égale à 57tX2X 456X0,352 =4032.
- Les autres données figurant dans le tableau, général de notations que nous avons publié n’ont pas changé.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- }ïi
- Nous avons représenté (fig. i) les courbes représentant les champs magnétiques correspondant à des épaisseurs d’armatures variables pour un entrefer déterminé. Avant de déduire des expériences précédentes les valeurs du coefficient de perméabilité [/. correspondant au fer forgé que nous avons employé, nous publierons une série de mesures que nous avons faites sur un électroaimant à culasse, semblable à celui que nous avons primitivement employé, mais dans lequel toutes les dimensions ont été réduites de moitié. Dans ce nouvel électro, le côté du carré de l’âme n’est donc plus que 22,5 m.m.
- J. Sarcia Eugène Sartiaux
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Théorie du pont de Wheatstohe, par H. Weber
- Le pont de Wheatstone a fait déjà l’objet d’un si grand nombre de travaux, qu’il semble difficile de pouvoir dire quelque chose dè nouveau sur cette disposition expérimentale, base de tant de mesures électriques. Kempe, dans son traité élémentaire des mesures électriques a donné un exposé complet de cette question et discuté les conditions de sensibilité dans les divers cas, d’après les travaux antérieurs, de Schwendleret dé Hèâvi-side entre autres.
- Dans la note que M. H. Weber vient de publier dans les Annales de Wiedemann (vol. XXX, p. 638)* il considère le problème à ùn point de vue très général. Les résultats auxquels il arrive n’offrent rien de bien nouveau, mais la manière dont ils sont obtenus et l’ordre des déductions successives sont assez intéressantes pour que nous nous arrêtions un peu sur ce travail.
- Le pont de Wheatstone est généralement représenté graphiquement par un parallélogramme ABCD (fig. t), avec les diagonales A.C et BD; en représentant les six branches de la combinaison par les nombres i à 6, le galvanomètre est placé en 6 et lâ force électromotrice en 5 où inversement.
- L’intensité du courant qui traverse la branche renfermant lé galvanomètre étant désigné par i, la force électromotrice par E, les résistances de chaque branche par rK, k étant un des nombres
- Fig. 1
- x à 6, on a, dans les deux cas mentionnés ci-dessus, les formules
- (I) iÿ==niA^zir±E;t
- dans lesquelles
- i - r* r* ~ r> r» T?
- *°-----------N---------Efl
- N — (ri + rs + r, -f r4) rb re + (r, 4- rt) (r3 -f r41 r0 + (rj -f r4) (r2 + rs) rb + n n (r3 + r4) + r3 r4(n+ r*)
- Les directions AB, BC, AD, DC, CA, BD sont prises comme positives.
- Les branches correspondantes ne sont pas seulement les branches 5 et 6, mais aussi x et 3 puis'2 et 4; pour chacune de ces combinaisons On obtient des équations analogues aux précédentes.
- Si l’on prend le pont sous la forme de pont à
- Fig. 3
- curseur, on peut avoir deux dispositions principales. La forme que Matthiessena donneéaupont de Wheatstone est celle de la figure 1, dans laquelle le galvanomètre G est inséré dans la branche 6, la force électromotrice dans la branche 5 ; les branches 3 et 4 sont formées par le fil dont la manette est au point D.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- - L’appareil se compose de barres de cuivre dont la résistance est négligeable. Le fil à curseur en platine iridié est tendu entre M et N tandis que des résistances auxiliaires égales Rj et R2 sont intercalées entre M A et N,G ; l’étalon r se trouve entre A et B et la résistance à mesurer x entre B et C. Lé contact au point D doit être fait à l’aide d’une tige de même métal que le fil; elle est fixée en O à un fil de cuivre qui la relie au galvanomètre.
- On a de cette manière trois contacts de métaux hétérogènes^ R0 R2, r et r étant supposés en cuivre, savoir aux points M, N et O. Si ces contacts ont tous la même température ils n’ont aucune influence sur les mesures. Si cela n’a pas lieu, il se forme des courants thermoélectriques qui peuvent fausser les mesures.
- Si l’on suppose que les points M et N ont la même température, égale à celle de l’air ambiant, et que le contact O a une température différente par suite du déplacement du curseur avec la main, on élimine l’influence du courant thermoélectrique à l’aide de deux mesures dans l’une desquelles la force électromotrice est renversée. Soient a et b les résistances AMD et CND lorsque le courant du pont est nul et a' b', les quantités correspondantes obtenues après avoir renversé la force électromotrice E, la résistance à mesurer est alors
- 1(6 +b')
- x = ---------r
- i (a + a')
- Pour que cette formule soit exacte, il faut supposer qué la température dé O reste constante pendant les mesures. On se rend indépendant de cette restriction à l’aide de la seconde disposition du pont (fig. 2) qui résulte de la première en intervertissant la force électromotrice et le galvanomètre.
- Cette disposition offre en outre un second avantage ; lorsque les résistances x et r sont à peu près égales, les courants qui circulent en D M et DN sont aussi d’égale intensité, en sorte que l’effet Peltier qui agit en M et N n’exerce aucune influence sur les mesures.
- Cependant, on peut faire une objection à cette disposition ; lorsqu’on rompt le contact en D, l’étincelle de rupture peut facilement endommager
- le fil. On élimine cette étincelle de rupture en employant une clef particulière, représentée par la figure 3, et qui supprime aussi les effets de self-induction et d’induction mutuelle des diverses branches du circuit.
- Le levier de cette clef est maintenu par le ressort F dans une position de repos pour laquelle le contact en U est interrompu ; l’extrémité du levier est formée par une lame métallique flexible. Lorsqu’on presse sur le bouton d’ivoire T, le contact en U est d’abord établi, puis ensuite entre le ressorl K et la borne S correspondante (fig. 4).
- Toutes les parties métalliques de ce commutateur sont en cuivre.
- Nous allons maintenant discuter les conditions.
- Fig- 3
- auxquelles les diverses branches des circuits doivent satisfaire afin d’obtenir le maximum de sensibilité dans la mesure de la résistance inconnue x.
- Chaque mesure de résistance se ramène à une mesure de longueur et à une mesure d’intensité de courant. La disposition la plus favorable est cellepour laquelle une erreur de grandeur donnée, commise sur l’une ou l’autre de ces quantités, ale moins d’influence sur le résultat final.
- Afin d’éviter l’échauffement des conducteurs, le courant n'est fermé que pendant un temps très court t ; on a alors en appelant a la résistance AMD et b celle de CND
- d t =
- a x — N~
- E d t
- i étant l’intensité à chaque instant dans la branche du galvanomètre.
- Le dénominateur N est donné par la formule
- N = (a + 6 + r + x) R r, + (« + 6) (r + x) R
- + (a + r) (b + x) r0 + (a + b) r x + (r +i)ab
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 324
- qui est identique à celle que nous avons déjà considérée, sauf qu’on y désigne r, par r0 et rfi par R.
- La résistance inconnue est donc
- X
- i d t
- i d t
- en posant
- (3)
- A -<"r£E1 ,
- = (a + b
- =°£
- B = (a -J- b + r) R r, + (a + b) R r -+- (a + r) b r, + abr C = a 1 E dt
- D = R r. + (a + b) R + (a + r) r, + (a + b) r + a b
- h et h' étant la hauteur et la largeur du cadre galvanométrique.
- On a en outre
- (5) «= Ri + | P h = R, + P
- l étant la longueur du fil, q sa section, p sa résistance spécifique et a la longueur MD.
- En substituant dans les égalités (a) et (3) les valeurs (4) et (5), on voit que x est une fonction de a et de cp ; l’erreur produite dans le résultat par une erreur d’observation A a est égale à
- dx ,
- <C-DJ>(^+J H)-<a+bj)(|5-j |S)
- 77- T --------------A a
- (C — J D)2
- en posant par abréviation
- Sous l’influence du courant instantané qui se produit par la fermeture de la clef, l’aiguille du galvanomètre reçoit une impulsion qui fait ensuite osciller l’aiguille dans le champ magnétique terrestre. La première élongation de l’aiguille étant cp, on en déduit la valeur du courant intégral à l’aide de l’équation
- (4) f idt=
- dans laquelle
- >. w
- — arc tang —
- _______ic A,
- K \Jir* -r A„2 e
- ^ — m T. F (/i h')
- K représente le moment d’inertie de l’aiguille, m le moment magnétique de l’aiguille, y le décrément logarithmique de l’amortissement par l’air, T0 la durée d’oscillation de l’aiguille à circuit ouvert; la fonction F [hh') est liée à la fonction galvanométrique fo (<) par la relation
- j =f*a t
- Si le courant du pont est nul pour une valeur a0 de a, l’erreur correspondante est
- l’indice o indique qu’il faut poser a = a0 après la différentiation.
- On obtient de même l’erreur du résultat correspondant à l’erreur d’observation A cp
- dx. +
- -------------(C^JTT---------— A?
- et pour la position a„ de la manette D
- f.=mF(h h') spr'.
- (•) Moment de rotation produit sur l’aiguille par un courant égal à l’unité.
- ü dx r
- A D + B C C2
- ].(£).
- A 9
- L’erreur moyenne du résultat produite par les
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ ;325
- erreurs d’observation A « et A ^ est donc pour la position «„
- F = sj Fi2 + F23
- Afin de déterminer les conditions les plus favorables pour la mesure de la résistance x, il faut donner à Ast et à Aep les valeurs moyennes les plus fréquemment usitées et déter miner les éléments du pont de manière que F soit un minimum.
- Le choix de l’étalon r est par sa nature même assez restreint ; il faut donc lui donner une valeur telle que l’erreur F* soit minimum; on détermine ensuite les autres éléments de manière à rendre F, minimum.
- Or, d’après les équations (5) et (6), on a
- En prenant comme étalon une résistance r égale à la résistance inconnue x, l’erreur F, du résultat provenant de l’erreur d’observation A a est minimum. Si les résistances auxiliaires sont égales et faites de même fil, le contact D coïncide avec le milieu du fil et la mesure devient par là indépendante de l’élévation de température produite par le courant, puisque toutes les parties du circuit sont parcourues par un courant de même intensité.
- Pour déterminer l’erreur F2 provenant de l’erreur d’observation A a, nous substituons dans l’équation (7) la valeur
- Ri + R2 + p
- (Hl + Tf)
- 9 p
- r A a
- Mais, a0 est une fonction de r et cette valeur a0 est déterminée par la condition que le courant du pont doit être nul, c’est-à-dire que
- (r.+^)Hr>+ l~~e)
- d’où
- (81
- . p =
- (‘< + 5»)
- r — Ri x
- r 4- x
- Il faut donc déterminer r de telle sorte que l’expression
- (r + x)2
- soit un minimum ; or, cela a lieu lorsque
- et on a alors en supposant R^=R2
- et nous obtenons
- [AD + BCl Q
- L c*
- Or, r=x, et en admettant R, = R2, ao puis en posant en outre
- 1/2,.
- L == 2 R — p
- q
- A — - L X I E dt
- «X
- B — (L ) 1) R r, + LRx + — L2 (r,- + a:) -|— L r a x
- -i-1:
- E dt
- D = R r, + L (R -f- x) H— L r„ -(- r„ x — L2 2 4
- L’erreur F9 devient donc
- (II) f2 =
- 2 QA y
- L J r
- n [-4L5r‘+ïL8æ+LRr«
- y/rj E dt
- + 2LRï + Lr,«-|-La:3-|-2Rr,aif r,
- Il faut déterminer les quantités
- 1
- 2
- L. R,ra et
- X
- E dt
- ao =
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- *26
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de manière que F2 soit minimum
- On voit immédiatement que l’erreur F2 est d'autant plus petite que R est plus faible et que
- /:
- E dt
- est plus grand On a donc
- Fî = f(Lr, R)
- et les trois équations
- d Fo. dE =
- d Fa d r " '
- dFa
- cTH:
- donnent les relations d’où découlent les conditions les plus favorables pour L, ro et R
- En effectuant les différentiations, on obtient les équations
- (H)
- (15;
- (16)
- 2 R a;)
- r0
- + 2,
- 2 L .T L +2 x
- R = -(L +2*) 4
- On obtient des équations analogues en considérant la disposition de la figure (i) ; il suffit de remplacer dans les formules ci-dessus r# et R par R et r4, ces deux symboles représentant l’un ro la résistance du pont, l’autre R celle de la 1 branche qui renferme la force électromotrice.
- Considérons quelques cas particuliers. Supposons d’abord que le galvanomètre dont la résis • tance est r0 et la force électromotrice et la résistance
- R de la pile soient données ; on détermine alors L, c'est-à-dire la résistance du circuit AMDNC à l’aide de l’équation (14). Dans ce but, on mesure d’abord x d’une manière approximative, puis on donne aux deux résistances auxiliaires R^ et R2 la même valeur R„ déterminée par la relation
- B°== si '
- r„ x (2 R + x} 1 l
- r, + 2 x
- q p
- Lorsqu’on connaît les éléments du pont que Tou emploie, on construit une table donnant pour différentes valeurs q de x et de ro les valeurs correspondantes de R„.
- Un second cas qui revient fréquemment est le suivant : On possède un galvanomètre de résistance ro et un certain nombre d’éléments qu’on peut grouper à volonté. Les valeurs les plus favorables des résistances L et R sont alors données par les formules
- L =
- x (r„ + yjrn (qr, T iliil rc + 2 x
- „ iœ(Sr„-l-4* + Vr-lc>rD+1,)a;)
- rS =------—•——------;---------------
- 4 r a -F 2 x
- obtenues à l’aide des relations (ib) e: (16).
- Il suffit ensuite de grouper les éléments de manière que leur résistance totale soit égale à R.
- Si l’on peut disposer à volonté des grandeurs L R et r0, il faut, pour obtenir le maximum d’exactitude, que
- L = 2 x
- R = x
- Les conditions données par les formules développées ci-dessus étant remplies, on obtient la valeur rigoureuse de a: à l’aide de l’équation
- (Ri + y p)*=(r3 +
- 1 —,
- On élimine comme on sait l’influence d’une erreur dans l’origine de l’échelle sur laquelle les a0 sont mesurés et dans le zéro del’index de la manette en répétant la mesure après avoir interverti les résistances x et r; a', étant la nouvelle lecture on a
- (Ri + \ p) *• = (R* + l--^- p) *
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 327
- En posant
- L= Ri + R2 + ^ P ces deux équations deviennent
- (Rl + ^p)r_L
- d’où il résulte
- M. Weber termine son mémoire en montrant que les formules données par M. Schwendler dans les Annales de Poggendorf en 1867 et par M. Oliver Heaviside dans le Philosophical Magazine en 187 3» ne sont que des cas particuliers des formules générales que nous avons établies plus haut.
- __________A. P.
- Nouvelle lampe de sûreté
- M. E. Genglaire de l’école navale de Toulon, nous envoie la description d’une nouvelle lampe â incandescence munie de son généiateur, et pouvant servir soit comme lampe de sûreté, soit pour l’éclairage domestique.
- C’est une modification d’une latnpe de mineur, exposée dernièrement à Londres, et rendue plus pratique et meilleur marché par l’auteur.
- La pile est celle de Warren de la Rue au chlorure d’argent, type Gaiffe, elle est formée de 3 éléments groupés en série, et renfermés dans un récipient en ébonite B, sur lequel peut se visser le couvercle C.
- L’ampoule de la lampe A se termine par une pièce cylindrique en ébonite qui vient se fixer à frottement dur dans la douille en cuivre p, en établissant ainsi un contact entre l’un des fils de platine/ et le fil de cuivre i correspondant à l’un des pôles de la pile. L’autre connexion s’établit au moyen du commutateur m.
- La lampe est du type Edison à filament de bambou.
- A circuit ouvert, c’est-à-dire tant qu’on ne pousse pas le bouton m, la pile ne s’use pas ; mise en activité, la lampe peut marcher pendant 10 heures avec un pouvoir éclairant de 4 bougies.
- Le renouvellement du liquide de la pile, une
- solution de chlorure de zinc à 2,5 0/0, se fait en dévissant le couvercle G ;
- le remplacement des zincs et des lames de chlorure d’argent fondu est également aisé.
- E. M.
- Méthode de démonstration des mouvements des liquides paramagnétiques et diamagnétiques.
- Le professeur Annibal Ricco a indiqué la méthode suivante pour rendre visible, à un auditoire, le mouvement des liquides paramagnétiques et diamagnétiques dans l’expérience de Faraday.
- Si l’on concentre sur un écran, au moyen d’une lentille convergente , les rayons lumineux d’une bougie, réfléchis par la surface plane du liquide avant le passage du courant, on obtiendra l’image de la flamme. Au moment où l’on excitera le champ, si le liquide est neutre, c’est-à-dire, s’il a une perméabilité égale à celle de l’air, la sürface du liquide ne changeant pas, l’image réSté la
- -(r. + ^'p)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- même. Au contraire, l’image se trouble et même disparaît si le liquide est paramagnétique.
- Pour faire reparaître l’image, il faudra rapprocher la bougie ou l’écran.
- La surface du liquide qui réfléchit les rayons est devenue semblable à celle d’un miroir cylindrique concave.
- Si le liquide est diamagnétique, pour faire reparaître l’image de la flamme, il sera nécessaire d’éloigner la bougie ou l’écran, ou de remplacer la lentille par une autre plus convergente, ce qui indique que la surface du liquide est devenue convexe.
- E. M.
- Action d’un champ magnétique sur l’écoulement
- du mercure.
- Nous avons indiqué dernièrement les expériences faites par le professeur H. Dufour sur l’accroissement de vitesse produite par un champ magnétique sur une veine de mercure.
- D’après de nouvelles expériences (* *) il ne paraîtrait pas que cet effet soit dû à l’action directe du champ sur le mercure considéré comme corps diamagnétique.
- En effet, cette action n’augmente pas si on augmente la longueur du tube renfermant le mercure, en l’enroulant en S dans le champ. En outre, on n’a pas obtenu d’effet sur des liquides non conducteurs.
- Cet effet est d’autant plus considérable que le champ est moins homogène, c’est-à-dire avec des électros à pièces polaires coniques.
- Cette action serait donc électro-magnétique et proviendrait de la réaction des courants induits (courants de Foucault) dans le mercure en mouvement, sur le champ.
- ___________ E. M.
- Production d’une force électromotrice dans le
- sélénium par la lumière, par S. Kalischer (2).
- Chacun connaît la propriété remarquable du sélénium de changer de résistance électrique sous l’influence de la lumière et l’application qu’en a
- (i) Archives des Sc. Phys, et Nat. de Genève, t. XVII, n° 3, mars 1887.
- (*) Annales de Wiedemann, vol. XXI, p. 101, 1887.
- faite Bell dans son photophone. En 1876, Adams et Day ont trouvé, lors d’une étude étendue du sélénium, au point de,vue de ses propriétés électriques, que la lumière peut, dans certains cas, produire non seulement une variation de résistance de ce métalloïde, mais aussi une force électromotrice. Sur trois échantillons préparés de la même manière, deux seuls possédaient cette propriété.
- Déjà, en 1880, M. Kalischer avait réussi à obtenir un échantillon de sélénium, dans lequel la lumière produisait une force électromotrice sen> sible au galvanomètre et au téléphone, en interrompant le circuit rapidement. Cette propriété diminua cependant lentement, et, au bout de quelques mois, elle avait complètement disparu. A l’occasion d’une communication de M. Siemens, mentionnant l’existence d’un échantillon de sélénium préparé par M. Fritts, à New-York, échantillon possédant la propriété mentionnée plus haut, M. Kalischer a repris ses recherches et il est arrivé à pouvoir obtenir à volonté des éléments de sélénium sensibles à l’action de la lumière, au point de vue de la production d’une force électromotrice.
- Les éléments de sélénium sont préparés de la manière suivante : deux fils métalliques, par exemple, un fil de cuivre et un fil de zinc, sont enroulés parallèlement sur une pierre cylindrique de la variété connue sous le nom de pierre à aiguiser ; dans un des intervalles compris entre les deux .fils, on fond le sélénium, qui adhère sur la pierre. L’une des extrémités de chaque fil est fixée et isolée sur la monture en pierre, et l’autre est reliée à l’une des bornes de l’élément. Les éléments étudiés par M. Kalischer avaient une surface utile de 0,3 à 9,6 c. m.2.
- ,On peut obtenir la propriété photo - électromotrice du sélénium de plusieurs manières : on peut, par exemple, porter le sélénium à une température voisine de la température de fusiGn et le refroidir rapidement. Le procédé le plus sûr consiste à maintenir l’élément, pendant une demi-heure, à 19b degrés et à le refroidir lentement, de façon que le refroidissement dure environ une heure. Une ou plusieurs répétitions de ce procède produisent toujours la modification demandée.
- Si l’on place un élément ainsi préparé dans le circuit d’un galvanomètre et qu’on l’expose à la lumière, le galvanomètre est dévié et la déviation
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 329
- dure aussi longtemps que l’action de la lumière, pour cesser brusquement avec celle-ci.
- L’auteur a aussi employé des fils d’autres métaux, par exemple, les combinaisons cuivre-laiton, zinc-laiton, cuivre-platine ; dans tous ces éléments, la direction du courant est la même que dans les éléments hydro électriques: ainsi, par exemple, du zinc vers le cuivre, à travers le sélénium. La force électromotrice est plus grande pour la combinaison zinc-cuivre que pour les autres. Il faut,.en général, pour qu’elle devienne sensible, employer une source lumineuse très intense, la lumière solaire ou celle du manganèse, par exemple. La flamme éclairante d’un brûleur Bunsen a suffi, dans un très petit nombre de cas seulement, à exciter les éléments zinc-cuivre.
- La force électromotrice est aussi engendrée dans les éléments dont les électrodes sont de même métal, de cuivre, de zinc ou de laiton, par exemple; elle est cependant beaucoup plus faible dans ce cas que dans les combinaisons mentionnées plus haut.
- Les éléments qui possèdent la propriété photo-élertromotrice ont, en général, une résistance spécifique très considérable. Voici un exemple. Un élément préparé en août 1886, possédait une résistance de 2850 U. S., sans être, sensible à l’action de la lumière au point de vue de la force électromotrice. Cette résistance diminue rapidement, et le 9 septembre, elle n’était plus que de 75 U. S. Après avoir été chauffé plusieurs fois à 190 degrés, l’élément devint sensible à l’action de la lumière, mais sa résistance avait atteint la valeur de 23252 U. S. La propriété photo-électromotrice disparaît, en général, lorsque la résistance de l’élément diminue au delà d’une certaine limite ; cette diminution a souvent lieu d’une manière très rapide; ainsi, la résistance d’un élément laiton-sélénium passa, du 22 juillet au 9 septembre, de 100000 à 167 U. S.
- Les faits ci-dessus tendent à confirmer l’hypothèse de W. Siemens, d’après laquelle il existerait une modification métallique du sélénium. La grande conductibilité qu’atteint peu à peu le sélénium et avec l’existence de laquelle la propriété photo-électrique est incompatible, est certainement en faveur de cette hypothèse. La modification métallique du sélénium serait instable à une haute température, ce qui expliquerait le retour des éléments étudiés à une grande résistance,
- après avoir été maintenus quelques instants à 190 degrés.
- M. Kalischer a, en outre, observé le phénomène suivant. Si l’on fait circuler dans l’élément un courant et qu’on l’expose instantanément à l’action de la lumière, la déviation du galvanomètre varie par suite de la variation de résistance du sélénium sous l’influence de la lumière, mais cette variation dure beaucoup plus longtemps que l’action lumineuse. Cette action est due essentiellement à l’action actinique et non à l’action calorifique des rayons lumineux. Sa durée varie suivant l’intensité de la source lumineuse. L’auteur n’a pas pu trouver de relation simple entre la durée de l’action lumineuse et celle de ce phénomène réflexe.
- A. P.
- Sur l'Électrisation des gaz par les corps incandescents, par J. Elster et H. Geitel (•)
- Les auteurs ont déjà démontré en 1885 que tout corps incandescent électrise positivement les conducteurs placés dans son voisinage, lui-même prenant alors une charge négative. M.Wiedemann ayant objecté que le phénomène observé pouvait bien être dû à l’influence des poussières qui sont continuellement en suspension dans l’air, MM. Elster et Geitel ont répété leurs mesures en modifiant leur méthode primitive, de manière à se mettre à l’abri de toutes les critiques.
- Un fil de platine AB était porté à l’incandescence à. l’aide d’un courant, l’on mesurait à l’aide d’un électromètre à quadrants de Thomson , la charge électrique accumulée sur un fil isolé placé à 1 ou 2 m.m. de AB. Les mesures furent ainsi répétées dans un espace clos, débarrassé aussi soigneusement que possible de toute poussière, et les résultats obtenus furent, à peu de chose près, les mêmes que dans l’air libre.
- Les auteurs ont, en outre, étudié le phénomène dans le vide afin de pousser l’exclusion des poussières aussi loin que possible ; ils sont arrivés à des conclusions identiques.
- Ils ont, de plus, étendu leurs recherches dans des atmosphères formées de divers gaz et ont trouvé une variation sensible du phénomène suivant la nature du gaz.
- P) Annales de Wiedemann, vol. XXXI, p. 109, 1887.
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- 33<>
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Voici les conclusions générales auxquelles les deux physiciens sont arrivés:
- Le phénomène de l’électrisation des conducteurs placés dans le voisinage de corps incandescents a lieu, même dans les gaz débarrassés de toutes les poussières, par une filtration à travers la ouate glycérinée.
- Ce phénomène a lieu, quelle que soit la raréfaction du milieu.
- L’électrisation est positive, lorsque la platine est portée au rouge sombre et aux températures supérieures, pour tous les gaz étudiés, à l’exception de l’hydrogène ; pour les hautes températures ce dernier se comporte à l’inverse des autres gaz.
- Le maximum de l’électrisation a lieu au rouge orange pour l’air et l’acide carbonique.
- La couche de gaz qui enveloppe un corps incandescent se comporte différemment par rapport à la conduction de l’électricité positive ou négative. L’électricité de même signe que celle qui est développée dans le gaz par l’incandescence est neutralisée beaucoup plus rapidement que l’autre, (conductibilité unipolaire).
- A. P.
- Sur le pouvoir émissif des étincelles électriques
- et sur leur aspect dans différents gaz, par
- B. Villari P).
- L’auteur a mesuré ia quantité de chaleur émise par l’étincelle électrique dans différentes conditions, entre des électrodes de nature différente. De chaque côté des électrodes étaient placées deux piles thermo-électriques munies d’un entonnoir et reliées en série avec le même galvanomètre.
- Les électrodes entre lesquelles les étincelles se produisaient étaient fixées sur deux plaques de verre mobiles dans une glissière et pouvant être réglées à volonté. La source d’électricité était une batterie isolée.
- A l’aide d'un commutateur particulier, la batterie est d’abord déchargée, puis le circuit du galvanomètre est fermé immédiatement après par le même mouvement.
- M. Villari a trouvé que la quantité de chaleur produite par les étincelles jaillissant entre des électrodes en pointes est la même que lorsque la décharge a lieu entre des électrodes sphériques.
- Par contre, la nature des électrodes exerce une influence sensible sur la chaleur émise ; voici quelques-uns des résultats obtenus par l’auteur; La quantité de chaleur émise entre des électrodes de fer étant 1000, les valeurs correspondantes pour les autres substances sont :
- Charbon Carré « 00 O
- Charbon de cornue.... .. o,qo46
- P'iatine .. 0,9452
- Étain .. 0,9884
- Aluminium ,. 0,9906
- Plomb . . 1,000
- Fer , . 1,000
- Zinc .. 1,0169
- L’auteur a en outre étudié l’aspect de l’étiticelle dans différents gaz. Pour cette étude, les électrodes formées de deux fils de platine étaient fixées dans deux tubes placés sur le même diamètre d’un globe en verre ; vis-à-vis 4e l’extré^ mité des électrodes, à l’endroit ou jaillissent (es étincelles, le globe était muni de deux ouvertures de 5 à 6 centimètres de diamètre, fermées par des glaces en sel gemme.
- La quantité de chaleur émise, dans , les différ rents gaz étudiés, par les étincelles éclatant sous les mêmes conditions, est donnée par les notnr bres suivants; les chiffres de la seconde çplpqne représentent les densités relatives des gaz.
- Chaleur émise Dcrisité
- Acide carbonique.... 1148 22
- Azote IOOO M-4
- Air 944 >4
- Gaz d’éclairage 618 9-1
- Hydrogène 3ig I .
- Si la loi de Joule était applicable aux étincelles et si la quantité de chaleur émise était proportionnelle à celle qui est développée par l’étincelle, les nombres ci-dessus donneraient les résistances relatives des décharges électriques dans les gaz. Faraday a trouvé pour ces résistances relatives la même série que ci-dessus, toutefois, avec la différence que les positions de l’air et de l’azote sont interverties. Les résultats de H. Millier et de la Rue sont aussi analogues aux précédents.
- M. Villari a, en outre, photographié les étincelles produites dans les gaz mentionnés ci-deseus; il a trouvé que les étincelles obtenues
- O Mem délia R. Acad, di Bolognaj vol. VI.
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- JOURNAL UNIVERSEL £>'ÉLECTRICITÉ
- 3)*
- dans l’hydrogène sont homogènes, sans auréole, un peu recourbées, mais à bords nets; elles possèdent dans le gaz d'éclairage une très faible auréole pour des décharges très puissantes.
- En employant deux circuits parallèles contenant chacun un disrupteur, l’auteur a trouvé, en outre, que l’air raréfié à une pression de 420 millimètres possède une plus grande résistance que l’hydrogène; à 310 millimètres, les résistances sont égales, et à 300 millimètres, l’air conduit beaucoup mieux que l’hydrogène.
- Les photographies des étincelles produites dans l’hydrogène et le gaz d’éclairage, même sous faible pression, sont homogènes, tandis que celles qui [sont obtenues dans l’air ou l’acide carbonique se composent toujours d’un noyau central, large et bien défini, entouré d’une auréole.
- A. P.
- Résistance électrique des mélanges d’amalgames, par 6.-G. Gerosa (‘).
- Cette question a déjà été étudiée, il y a quelques années, par M. C.-L. Weber, qui s’est servi de la méthode de Kohlrausch pour la mesure des
- résistances (Annales de Wiedetfiann de 1884), M. Gerosa a repris cette étude et a étendu ses recherches non seulement aux amalgames simples, mais aussi à leurs mélanges.
- Les mesures de résistance ont été effectuées à l’aide d’un galvanomètre différentiel. Les trois amalgames de zinc, d’étain et de plomb ont fait surtout l’objet des investigations de M. Gerosa. Il a trouvé que la résistance du mercure diminue rapidement et proportionnellement à la quantité de métal dissous, aussi longtemps que celle-ci n’est pas égale à la moitié du métal que peut dissoudre le mercure à o degré. A partir de ce point de dissolution, la diminution a lieu plus lentement, pour devenir ensuite, au-dessus du point de saturation, proportionnelle à la quantité de métal de l’amalgame.
- Voici, par exemple, les résultats obtenus pour des mélanges dans lesquels le rapport m du métal dissous au mercure a varié de 1/400 à i/33.
- La résistance du mercure a été prise comme unité; les résistances calculées l’ont été en partant de la moyenne arithmétique des poids rela-? tifs des métaux mélangés. On voit que les résistances calculées sont toutes plus petites que les valeurs données par l’observation directe.
- 4^ O O t/200 1/100 1/67 i/5o i/33
- Zinc, observé 0.9748 0.9523 — 0.9101 0.8734
- — calculé — 0.9985 0.9969 -- 0.9939 0.9909
- Étain, observé 0.9814 0.9646 0.9464 0.9347 0.9228
- — calculé 0.9987 o.9974 0.9949 0.9924 0.9890
- Plomb, observé.............. 0.g835 0.9701 0.9533 0.9441 0.9380
- — calculé 0.9959 0.9918 0.9877 o.g838
- Ces résultats ne concordent pas avec ceux de Matthiessen, d’après lesquels la conductibilité des amalgames, à l’exception de ceux de zinc, d’argent et d’or, est plus grande que la conductibilité moyenne des volumes relatifs des deux métaux, si le mercure est en plus grande quantité, et plus petite, si le contraire a lieu.
- Si l’on mélange plusieurs amalgames, on peut déterminer la variation de résistance du mercure; on peut alors déterminer leur composition en recherchant quelle est la quantité de chacun d’eux qui, dissoute dans la même quantité de mercure, fait varier la résistance de celui-ci d’une quantité égale à la moyenne des variations pro-
- C1) Atti délia R, Ace. dei Lincei. Rend. Il, p. 344; 1887.
- duites par chaque amalgame. M. Gerosa a trouvé entre autres, les amalgames suivants qui satisfont à ces conditions: Hg100 Znx, Hg-100 Sn0,6, Hg100Pf>0,5.
- L’auteur est en outre arrivé au résultat suivant: Si l’on mélange le même amalgame séparément à deux autres, la différence des résistances des deux mélanges est égale à la variation de résistance provenant des mélanges des deux derniers amalgames. De même, si l’on mélange séparément deux amalgames avec un troisième, la différence des résistances des deux mélanges est égale à la variation de résistance qui résulte du mélange des deux premiers amalgames.
- Si, par exemple, on considère les amalgames de Zwi/i, Stiwg et Pô avec Hg-ioo, et qu’on additionne à l’amalgame de zinc la quantité corres-
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- 33?
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pondante de plomb, la variation de résistance est égale à 3,211 ; si l’on remplace le plomb par l’étain, la variation correspondante n’est plus que 2,160. La différence est donc i,o5i.
- Si l’on ajoute à l’amalgame d’étain celui de plomb, la variation de résistance est égale à la différence ci-dessus, savoir 0,966.
- La règle ci-dessus n’est pas confirmée dans le cas de mélanges qui renferment de grandes quantités de métal.
- A. P.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne
- L’éclairage électrique des trains . — Le Professeur Dietrich de Stuttgart a fait dernièrement devant le Vereirifür Eisenbahti-Kunde, à Berlin une con férence pleine de détails intéressants au sujet de l’éclairage électrique des trains de chemins de fer du Wurtemberg. La fabrique électro-technique de Canstat a construit plusieurs systèmes complets, dont l’un fonctionne sur la ligne Stuttgart-Hall. Dans une de mes dernières correspondances j’ai donné une description su:cinte de cette installation.
- Dans tous les systèmes de la fabrique de Cans-ladt la dynamo est actionnée par une courroie, qui part d’un des essieux du wagon des bagages. Le courant électrique est maintenu dans les limites voulues par un régulateur électrique.
- Dans l’un des systèmes les wagons sont absolument indépendants l’un de l’autre quant à l’éclairage ; une batterie d’accumulateurs (fig. 1) étantplacée dans chaque wagon et pouvant alimenter les lampes pendant cinq heures de suite.
- Lesbatter ies de tous les wagons sont disposées en dérivation. Il n’est guère probable que lors de l’arrangement du train toutes les batteries séparées soient dans les mêmes conditions, et on peut se demander si une telle disposition n’aura pas de suites fâcheuses lors de la charge ou de la dé-cnarge.
- Les expériences entreprises ont donné les résultats que voici :
- 1° Quand une batterie déchargée est disposée en dérivation avec une batterie chargée, un courant compensateur dans le sens d’une charge de la batterie déchargée est engendré. Ce courant compensateur est de courte durée, et n’a très probablement une valeur importante que dans le premier moment; donc la tension de la batterie la plus faible atteint très vite celle de la plus forte.
- 20 Si deux batteries disposées en dérivation sont chargées, la plus faible reçoit un courant de charge un peu plus fort.
- 3° Lors de la décharge, la plus grande partie du courant de décharges commun provient de la batterie la plus fortement chargée.
- Au moyen d’un interrupteur automatique (fig.6)
- 1- «4». t , Ica
- irai. rTTl -Ü-A &G< T I . --- —- • » |
- Fig. 1
- la jonction entre la dynamo et les accumulateurs n’est établie que lorsque là dynamo donne un courant, c’est-à-dire quand la vitesse du train est supérieure à 3o kilomètres à l’heure. Si la vitesse descend au-dessous de ce chiffre, un nouveau disjoncteur automatique entre en jeu.
- Un régulateur de courant automatique (fig. 5) empêche un accroissement trop grand du courant de la machine, lorsque la vitesse du train s’accroît.
- Le courant de la machine se bifurque dans les lampes à incandescence G, et les accumulateurs A de chaque wagon ; si, quand le train s’arrête, le courant de la machine devient plus faible, c’est d’abord le courant de charge des accumulateurs qui diminue, puis enfin le courant de la dynamo ne fait plus qu’alimenter les lampes, les accumulateurs ne donnant ni ne recevant aucune charge ; quand le courant de là dynamo devient encore plus faible, les accumulateurs commencent à fournir du courant, et ils continuent à en donner seuls quand le courant de la machine descend à O ; c’est le moment où l’interrupteur automatique
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- doit rompre le contact entre la machine et les accumulateurs.
- Comme la tension aux bornesdes accumulateurs est plus forte pendant la charge que pendant la décharge, les lampes seraient soumîtes pendant la marche du train à une plus haute tension, et
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- K
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- Fig. 2
- par conséquent parcourues par un courant plus intense que pendant les arrêts. Mais cet inconvénient est obvié par une petite résistance W, intercalée dans les lampes dans chaque wagon, et qui absorbe cet excédent de tension.
- Ce régulateur consiste principalement en une bobine S (fig. 2), qui se trouve dans le circuit principal ( soit en déiivation avec les lampes ) et quiestégalementtraversée parun Courant variable selon la tension des accumulateurs.
- Ce courant tend à attirer le noyau K plus ou moins à l’intérieur de la bobine, et ainsi, au moyen du ressort F et du contact C, la résistance W est intercalée dans le circuit ou retirée, selon que les accumulateurs reçoivent ou fournissent du courant. Ces mouvements d’intercalation et dedis-
- Fig. 3
- ionction se traduisent à chaque arrêt et à chaque mise en mouvement du train, par une légère vacillation de la lumière.
- Pour remédier à ce dernier inconvénient, on a disposé sur les trains de la ligne de Stuttgart-Hall l’arrangement suivant :
- Chaque wagon contient deux groupes d’accumulateurs A1 et A2 (fig. 3), dont l’un est relié avec le circuit principal passant à travers le train entier, et à l’aide duquel il peut être chargé pendant que l’autre alimente les lampes G du wagon en question.
- Quand cette dernière batterie est épuisée, les batteries sont interverties entr’elles à l’aide d’une simple manivelle, et le groupe d’accumulateurs nouvellement chargés fournit à l’éclairage , pendant que le groupe déchargé reçoit une nouvelle charge.
- Dans l’arrangement décrit, les batteries à charger sont toutes disposées en série, mais il n’y a pas de jonction entre les batteries séparées, qui lançent simultanément leurs courants dans les lampes. Si ces dernières sont disposées aussi en dérivation, on obtient , une certaine indépendance entre l’éclairage des différents wagons, et les accumulateurs situés dans leur intérieur.
- Toutes les batteries du train peuvent s’entr’ai-der en cas de besoin (fig. 4), pourvu qu’on ait encore deux conduites supplémentaires à travers le train entier, et un couplage de plus entre deux wagons.
- En employant ces deux conduites supplémen-
- • Il r
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- 7?
- Fig. 4
- taires, et vu les avantages déjà mentionnés des accumulateurs disposés en dérivation, on peut sans aucune crainte , ranger dans un train , des wagons contenant des batteries imparfaitement chargées. On peut même le faire avec deux conduites seulement de wagon à wagon (fig.'3), si la commutation des deux batteries est faite à temps.
- Des accumulateurs qui ont été pendant longr-temps hors de service, ne se déchargent que très lentement, s’ils sont bien isolés; l’éclairage des wagons qui ont été mis hors de service pendant quelque temps, n’oflre aucune difficulté.
- Le régulateur de courant indiqué figure 5 possède une bobine S située dans le circuit primaire de la dynamo D, dans laquelle se meut un noyau de fer K selon l’intensité du courant; à l’aide d’un brin et d’une poulie, ce mouvement est transformé en un mouvement de rotation de l’arbre B.
- Celui-ci porte, arrangées en forme d’hélice, un certain nombre de palettes; selon la posi«-tion de l’arbre B ou du noyau K, l’un ou l’autre de ces contacts vient plonger dans des godets de mercure C ; on introduit ainsi un
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- 3)4 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- nombre plus ou moins grand des résistances W dans le circuit des électro-aimants M de la dynamo D, qui est enroulée en dérivation.
- Voici le jeu du régulateur: Si la dynamo marche trop vite, de sorte qu’elle donne un courant trop intense, le noyau K est attiré par la bobine S, et l’arbre B tourne ; une résistance est intercalée dans le circuit des électro-aimants de la dynamo, ce qui affaiblit son champ jusqu’à ce qu’on obtienne un courant à peu près normal.
- Quand le train va plus lentement, c’est le contraire qui a lieu.
- En changeant la position d’une manivelle, on
- A
- Fig. 5
- est en état de régler le régulateur pour des intensités différentes, pour correspondre au nombre des wagons auquel il faut fournir du courant.
- Dans le commutateur automatique (fig. 6) la bobine S possède deux enroulements; l’une à gros fil se trouve dans le circuit principal, l’autre à fil fin dans le circuit des électro-aimants de la dynamo D ; les deux enroulements sont parcourus dans le même sens par le courant.
- Un noyau K est maintenu par un contre-poids aussi longtemps qu’il n’y a aucun courant dans la bobine ; il porte à sa partie inférieure une fourche de contact en cuivre B qui peut plonger, lorsque le noyau est dans la position la plus basse, dans les godets de mercure C et G', en complétant le circuit entr’eux. Il est donc impossible qu’aucun courant retourne des-accumulateurs A dans la machine, lors de l’arrêt du train.
- Pour une vitesse croissante du train, la machine commence à s’exciter, et l’enroulement de la bobine S qui appartient au circuit des électros est parcouru par le courant.
- Aussitôt qu’une certaine vitesse est atteinte, soit quand le courant des électro-aimants a atteint une certaine intensité, et que la machine possède une différence de potentiel notable aox bornes, la bobine attire le noyau, et le pont B vient plonger
- Fig. 6
- dans les godets de mercure G et C7, le circuit est établi, et la machine charge les accumulateurs.
- Il est vrai qu’à ce moment, le courant dans le fil fin de la bobine devient plus faible, mais l’action magnétique sur le noyau est renforcée par suite du courant dans le gros fil.
- Quand la vitesse de la dynamo diminue, l’action des deux systèmes d’enroulement de la bobine s’affaiblit ; et par un équilibrage convenable, on a soin que le contre-poids l’emporte, une disjonction du circuit des accumulateurs a lieu, aussitôt que le courant de charge est descendu à zéro. L’interruption se fait alors sans étincelle.
- Dr H. MlCHAELlS
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- Angleterre
- Un voltmètre électrostatique. — Sir William Thomson a appliqué dernièrement le principe de son électromètre à quadrants, à la construction d’un voltmètre étalon, permettant de mesurer de 400 à 10,000 volts. L’appareil se compose essentiellement d’un condensateur à air, dont l’une des plaques peut être animée d’un mouvement de rotation, de manière à varier la capacité du condensateur.
- Deux plaques parallèles de laiton A et B sont reliées ensemble métalliquement, mais isolées du cadre de l’appareil. Une autre plaque en aluminium G, supportée sur des lames de couteaux dans une position verticale, se trouve au milieu des deux premières.
- Cette dernière plaque est mobile et le plan de son mouvement est parallèle à celui des plaques fixes. Une aiguille fine P fixée à cette plaque sert d’indicateur, et se déplace sur l’échelle S de l’instrument.
- Une paire de bornes sont reliées aux deux plaques fixes, et une autre à la plaque mobile. Chaque borne est isolée du cadre de l’instrument. La borne T communique avec les plaques fixes et T' est une tige de laiton isolée.
- Entre ces deux bornes se trouve une pièce fusible composée d’un fil de cuivre fin placé dans un tube en verre en forme d’un U. De l’autre côté de la boîte il y a deux bornes correspondantes, l’une semblable à T, communique avec la plaque mobile, et l’autre correspond à T'. Pour obtenir des lectures rapides, on peut limiter les oscillations de la plaque C au moyen de butées d’arrêt.
- Quand les plaques fixes et l’aiguille mobile sont reliées à deuxpoints d’un circuit électrique, entre lesquels il existe une différence de potentiel, la plaque mobile tendra à se déplacer de manière à augmenter la capacité électrostatique de l’instrument, et la force en question est proportionnelle au carré de la différence de potentiel. Dans la pratique de l’appareil, le moment de cette attraction est équilibrée par l’action d’un poids suspendu sur une lame de couteau fixée à la partie inférieure de la plaque mobile (W) (fig. 1).
- L’échelle est graduée de oà 60, de manière à ce que les divisions représentent des différences de potentiel égales ; la valeur absolue de chaque degré de l’échelle dépend du poids employé.
- Chaque appareil est muni d’une série de trois poids de 32,5, de 97,5 et de 390 milligrammes pour trois séries de mesure dans le rapport de 1 : 2 : 4. Avec le premier poids, l’instrument donne une division de l’échelle pour 5o volts, avec les deux premiers, une division de l’échelle représente 100 volts, et avec les trois poids ensemble 200 volts.
- De 8,000 à 10,000 volts, on risque d’avoir une étincelle entre la plaque mobile et l’une des plaques fixes, la dernière valeur représentant le maximum de l’appareil. Pour des potentiels plus élevés, on peut se servir de l’électromètre de Sir
- Fig. 1
- William Thomson, mais l’inventeur espère construire une balance électrique, capable de mesurer de 10,coo à 40,000 volts et peut-être même 70,000 ou 80,000.
- L’électromètre peut servir à mesurer des différences de potentiel dans des circuits à courants continus ou alternatifs. Dans ce dernier cas, le résultat est la racine carrée du carré moyen de la différence de potentiel entre les points reliés aux électrodes.
- Sir William estime que l’emploi du voltmètre électrostatique est préférable à la méthode de détermination des potentiels par la mesure du courant à travers une résistance connue, pour les circuits de lumière électrique de 700 à 3,000 volts, à cause des bobines encombrantes et coûteuses qui sont nécessaires, quand le potentiel dépasse
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- 600 ou 700 volts. Pour des potentiels de 5oo volts et au-dessous, la méthode de la résistance est cependant commode et pratique.
- Une fontaine féerique. — L’exposition du Jubilé, à Manchester, qui a été ouverte dernièrement par le prince et la princesse de Galles, contient une fontaine éclairée à la lumière électrique comme celle de l’Exposition des Indes et des Colonies, l’année dernière à South Kensington, mais beaucoup plus grandiose. Le bassin a 40 mètres de diamètre et le débit sera trois fois plus grand qu’à l’Exposition de Londres ; l’intensité lumineuse des foyers électriques employés sera aussi trois fois plus grande. Dans la chambre souterraine, au-dessous du niveau de l’eau, il y aura 18 lampes à arc et la lumière sera projetée à travers l’eau au moyen de panneaux en verre sur lesquels on passera des verres de couleur.
- Ces lampes sont disposées en 9 paires et chaque foyer demande 60 ampères. Le courant est fourni par deux dynamos Siemens du type B i3, et l’installation a été faite par MM. W. et J. Gallo-way et fils. Le gazon, les parterres et le feuillage des jardins seront aussi éclairés par des lampes à incandescence, comme l’année dernière à South Kensington.
- L’accmulateur Frankland. — Le professeur Edward Frankland a imaginé une pile secondaire qui possède plusieurs dispositions nouvelles. Elle est construite en vue d’éviter la déformation des plaques et une perte des matières actives.
- L’inventeur y arrive en faisant les plaques assez fortes pour résister au foisonnement et en noyant une composition spéciale dans la masse de la plaque.
- En 1882, le professeur Frankland a breveté la composition dont il se sert et qui se compose d’un mélange d’oxyde de plomb et d’acier sulfurique dilué qui se durcit en peu de temps.
- D’après le Dr Frankland , on peut l’obtenir en mélangeant du minium ou un autre oxyde de plomb avec de l’acide sulfurique dilué dans la proportion d’une partie d’acide concentré pour deux parties d’eau ; on forme ainsi une pâte qui est moulée en forme de petits cylindres, aplatis ensuite.
- On laisse durcir ces disques qui sont ensuite rangées dans un mo,ule de la même dimension
- que la plaque, et le métal est fondu tout autour; celui-ci peut être soit du plomb, soit un mélange de plomb et d’antimoine. Quand, le métal fondu autour de la composition est refroidi, la plaque est prête pour le service.
- Ce procédé a été breveté en Angleterre l’année dernière, mais déjà en 1882, le professeur Frank land a décrit des méthodes pouf recouvrir des plaques d’accumulateurs avec sôn mélange durcissant.
- 'Je puis également mentionner.qpe le professeur Frankland proposa à ce moment |le faire des plaques de ce mélange seul, moulé, qu bien mélangé avec du coke en poudre ou avec de la limaille de plomb.
- Si les plaques étaient faitçi avec le mélange durcissant seulement, il fallait les rendre conductrices lors de la transformation de la plaque négative de l’élément en plomb Spongieux, et de la plaque positive en peroxyde, eh les attachant à de minces plaques de plomb ou fun autre métal convenable , jouant le rôle d’électrodes positives et négatives dans un bain d’atide sulfurique et d’eau.
- Les plaques ainsi transformées devaient être détachées des électrodes, et montées dans les éléments secondaires.
- J. Munro
- États-Unis
- Nouveau liquide excitateur — La méthode généralement employée pour préparer les solutions de piles au bichromate, qui consiste à faire dissoudre du bichromate de pôtàsse dans de l’acide sulfurique étendu d’eau, a l’inconvénient d’amener la formation d’alun de chrome, qui non-seulement augmente la résistance de la pile, mais en sépare les éléments, et diminue ainsi sa puissance. "
- C’est pour remédier à ce défaut que M. Wm. R. Kookogey, de New-York, a imaginé récemment et fait breveter une méthode pour retirer la base du sel de chrome sous forme de cristaux, tout en laissant le chrome dans la solution.
- Ce procédé consiste à ajouter de l’eau bouillante à une certaine proportion eje bichromate de potasse ou de chaux, et, le mélange étant encore en ébullition, on y ajoute de l’acjde sulfurique.
- Les proportons exactes sont les suivantes : pour
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- 227 grammes de bichromate de potasse, ou 255 grammes de bichromate de chaux, on ajoute 1134 grammes d’eau bouillante, puis 1588 grammes d'acide sulfurique, d’un poids spe'cifique de i,835,
- La solution ainsi prépare'e étant refroidie, on la laisse reposer pendant environ 24 heures à la température de 20 à 22,5 degrés centigrades. La base ou le sulfate de la base se dépose au fond du vase, et le liquide siphoné est prêt â être employé.
- Nouveau système de télégraphe écrivant. — Dans la plupart des systèmes de télégraphes
- autographiques, ou reproduisant l’écriture en fac-similé, on a eu recours au papier sensibilisé, qui se décolore sous l’action du courant et conserve ainsi la trace de l’écriture ou du dessin que l’on veut reproduire à distance.
- Il y a quelques années un anglais, M. Edward A. Cowper, avait imaginé un procédé nouveau basé sur un tout autre principe.
- Dans son système, il faisait intervenir le mouvement même de la plume, à la station d’expédition, pour introduire des résistances dans deux circuits électriques, transmettant ainsi des courants variables à deux électro-aimants de la station réceptrice ; ces électro-aimants reliés avec une plume, lui communiquaient des mouvements dans
- deux directions à un angle déterminé l’une de l'autre, et l’obligeaient à reproduire exactement l’écriture de l’expéditeur.
- Cette même idée est venue dernièrement à M. J. Hart Robertson, de New-York, qui l’a réalisée sous forme d’un instrument pratique que nous allons décrire.
- Le système sera mieux compris si nous l’examinons d’abord dans ses détails. Le transmetteur, représenté figure 1, consiste en un style écrivant relié par un joint à rotule à une tige verticale montée sur pivot à son extrémité inférieure. Au bas de cette tige, sont deux boîtes en ébonite pourvues de bornes, et contenant chacune une rangée de disques de charbon.
- Fig. 2
- Un téton portant contre les charbons passe à travers l’extrémité de chaque boîte et appuie contre un ressort ; les deux ressorts, à leur tour, portent contre les côtés adjacents de la tige verticale.
- Les disques de charbon sont insérés dans deux circuits de pile indépendants. Tout mouvement du style écrivant faisant varier la pression du téton contre les charbons, amènera une variation de l’intensité du courant dans chaque circuit.
- Le récepteur, qui est représenté figure 2, reçoit les impulsions transmises aux lignes, et fonctionne en conséquence. Il se compose de deux électro-aimants en fer à cheval, qui sont l’un et l’autre en circuit avec une rangée correspondante de disques de charbon. Vis-à-vis des pôles des aimants sont
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- deux armatures reliées ensemble et supportées par une tige formant ressort, qui porte à son extrémité supérieure la plume réceptrice.
- Or, si le style écrivant est poussé contre le disque de charbon à droite, l’intensité du courant de cette ligne augmente, ainsi que celle de l’électroaimant de droite du récepteur, de façon à attirer l’armature et à faire mouvoir la plume réceptrice à droite. De même, un mouvement du style à gauche occasionne un mouvement correspondant de l’armature et de la plume réceptrice.
- Tout mouvement intermédiaire fait varier d’une manière correspondante la pression surles disques de charbon, ainsi que les forces relatives des aimants récepteurs, de façon à obliger l’armature
- Fig. 3
- et la plume réceptrice à prendre exactement la même position que le style écrivant. L’écriture de l’expéditeur est ainsi rigoureusement reproduite par l’appareil récepteur.
- Le mécanisme que nous venons de décrire et le mouvement d’horlogerie qui fait avancer la bande de papier sous le style, sont enfermés dans une boîte (fig. 3), que traversent, à sa partie supérieure, le style écrivant et la plume réceptrice, ainsi que le commutateur servant à mettre le récepteur en circuit ou hors circuit.
- Dans ce modèle d’instrument, qui est celui que l’inventeur a définitivement adopté, le style écrivant ne conserve pas de copie; celle-ci est fournie par le récepteur, que l’opérateur suit de l’œil.
- Dans un modèle antérieur, représenté figure 4, une plume était attachée au style écrivant, et une large bande de papier donnait [deux expéditions de la dépêche, l’une faite par le récepteur, l’autre par la main même de l’écrivain. Cette complication a été jugée superflue.
- Comme la main de l’opérateur doit être maintenue fixe, tandis que le papier se meut au-dessous d’elle, il faut un peu de pratique avant d’être ac, coutumé à ce mode d'écrire ; cependant un temps très court suffit pour s’initier à cette méthode, ainsi que nous l’avons expérimenté nous-mêmes.
- Comme nous l’avons dit précédemment, deux lignes sont nécessaires pour chaque station, aboutissant l’une et l’autre au sol aux deux extrémités.
- Il n’y a pas de piles locales ; la pile entière se trouve au bureau central. Trois à six éléments suffisent pour faire fonctionner cet appareil, avec lequel on peut atteindre aisément une vitesse de 2 5 mots par minute; avec des écrivains
- Fig. 4
- habiles et avec un mouvement du papier plus rapide, on peut même arriver jusqu’à 35 et 40 mots par minute.
- On établit en ce moment à Pittsburg un télégraphe écrivant de ce système,, qui reliera les abonnés de cette ville avec Aleghany. Plusieurs séries d’instruments de ce genre fonctionnent d’ailleurs, depuis quelque temps déjà, à Roçhester (New-York).
- Indicateur électrique de l’échauffement des coussinets. — L’échauffement des coussinets de machines, indépendamment des inconvénients et des dangers qu’il présente en général, a pour les stations d’éclairage électrique une gravité exceptionnelle, attendu qu’un arrêt des machines entraînerait l’extinction des lampes.
- C’est cette considération qui a conduit YAme-rican automatic Pire-A larm Association, de Boston, à créer un appareil simple, permettant de reconnaître l’échauffement d’un coussinet et d'y
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- porter remède avant qu’il y ait eu un accident.
- Cet appareil, représenté par la figure 5, est un simple thermostat adapté à un coussinet. Il est formé d’un ressort Bourdon, auquel est blasé un tube pénétrant dans un trou ménagé dans le chapeau du palier.
- Ce tube étant en contact direct avec le métal du
- Fig. S
- coussinet, transmet promptement la chaleur de ce dernier au ressort, qui, en se dilatant, entre en contact avec une vis ajustable et ferme un circuit électrique contenant une sonnerie d’alarme.
- L’indicateur est logé dans une boîte fermant hermétiquement et par conséquent inaccessible à la poussière et à la graisse.
- Appareil Powers pour couper et rétablir automatiquement le circuit de lampes a incandescence groupées avec des arcs.— Dans les systèmes ordinaires de groupage des lampes à incandescence sur circuits d’éclairage à arc, chaque lampe est accompagnée d’une résistance équivalente qui est introduite dans le circuit, de manière à ne rien changer à ses conditions, lorsque la lampe est éteinte accidentellement ou à dessein.
- Dans ces conditions, l’extinction d’une ou de plusieurs lampes d’un groupe, ne procure aucune économie, et on a une dépense inutile de travail. Cet inconvénient est encore plus sensible, lorsque toutes les lampes d’un groupe donné sont éteintes ; il conviendrait de pouvoir mettre hors circuit les résistances auxiliaires, jusqu’au moment ou une ou plusieurs lampes devraient être rallumées.
- Pour résoudre ce problème, M. J. A. Powers, de Troy (New-York), a imaginé récemment un appareil permettant de réaliser automatiquement la mise hors circuit ou en court-circuit d’un groupe dont toutes les lampes sont éteintes, et sa réintégration aussitôt qu’on ferme de nouveau le
- circuit pour le rallumage d’une ou *de plusieurs lampes de ce groupe.
- Cet appareil est représenté par la figure 6. Outre la disposition ordinaire des circuits, il comprend trois électro-aimants DEF.
- Un levier d’armature G est actionné par l’élec-tro E, et un levier semblable H est actionné, suivant le cas, soit par l’aimant E seulement, soit par les aimants E et F.
- Le fil positif de la ligne principale A est relié à la bobine extérieure N de l’électro E. Cette bobine aboutit à un butoir de contact a, relié électriquement avec l’armature G, qui oscille, à son extrémité opposée, entre les butoirs b et c, dont l’un, b, est isolé, et l’autre relié à une dérivation P de la ligne A.
- Le fil négatif B se divise en deux embranchements B' B". Le premier B' passe par le levier H, et l’aimant F, par suite du contact de H avec l’arrêt d. Les lampes sont placées entre cet em-
- — Liane_____________
- ^ 5 \
- -----------------------------------------------------------------s
- Fig. 0
- branchement et le fil principal A. Le contact en d est shunté par un circuit de grande résistance comprenant l’électro D.
- L’autre embranchement B" du fil B renferme la bobine intérieure O de l’électro-aimant E; entre cet embranchement et le fil A sont intercalées les résistances K des lampes.
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- Le système fonctionne de la manière suivante :
- Quand toutes les lampes C sont allumées, le courant parcourt l’électro F, l’arrêt d et l’armature H ; avec une très faible dérivation par l’élec-tro-aimant D. L’électro-aimant F sert à assurer un contact parfait entie le levier H et le butoir d; cet électro n’est cependant pas indispensable : un simple ressort tel que e, pourrait suffire.
- Si maintenant on éteint, au moyen de son commutateur, une des lampes du groupe, on ferme en même temps la résistance de cette lampe, et le courant correspondant passe par l’embranchement B". Ceci, non plus que l'extinction subséquente d’autres lampes du même groupe, et la substitution des résistances, n’entraîne la rupture du contact en </, le levier d’armature H étant réglé de telle sorte au moyen du ressort e, qu’il ne puisse être attiré par l’électro E que lorsque toutes les lampes auront été retirées du circuit.
- A ce moment, le levier H vient en contact avec l’arrêt a, et un nouveau circuit de faible résistance s’établit entre les fils A et B par la bobine extérieure N, l’arrêt a et le levier H, et met en court-circuit le groupe de lampes et leurs résistances. Le courant maintient le levier H en contact avec Tarrêt a, en excitant l’électro E, tandis que le levier G reste hors d’action par suite de l’interruption du courant dans le circuit de l’électro-aimant D.
- Si, dans ces conditions, on rallume une lampe, cet électro est de nouveau excité, la résistance du circuit de la bobine N étant assez grande pour qu’une partie du circuit passe en D, ce qui suffit pour abaisser l’armature G.
- Lorsque l’armature G entre en contact avec l’arrête, la bobine N est mise en court-circuit, ce qui désaimante le noyau; le levier d’armature H entre alors aussitôt en contact avec l’arrêt rf, mettant en court-circuit l’électro-aimant D, et le circuit est rétabli de nouveau.
- Signal de chemins de fer de Wicks. — Les accidents fréquents de chemins de fer, provenant soit de la négligence, du mécanicien, soit de l’impossibilité pour lui de voir les signaux optiques par suite du brouillard etc., ont depuis longtemps attiré l’attention des ingénieurs.
- On a cherché à parer à l’insuffisance des signaux
- ordinaires par l’ajonction de signauxs s’adressant à l’oreille du mécanicien et placés à sa portée immédiate.
- Un des derniers signaux de ce genre, est celui qui a été proposé par M. P. J. Wicks, de New-York, et qui se distingue par plusieurs particularités intéressantes.
- Dans ce système, un timbre placé sur la plateforme du mécanicien appelle l’attention de ce dernier lorsque la locomotive ou le train s’engage sur une voie à proximité d’un autre train.
- La machine est munie d’une paire de petites roues de contact, isolées l’une de l’autre, et dont l’une porte sur un conducteur simple et l’autre sur un conducteur double posés au milieu de la voie. Ces roues sont reliées électriquement avec un timbre d’alarme.
- La transmission des signaux s’opère de la manière suivante :
- Le conducteur DD (fig 7), placé sur toute la la longueur delà voie, est pourvu d’une pile MB a chaqne extrémité de la ligne. Il est divisé en sections, dont le nombre, pour une longueur donnée, dépend de l’importance du trafic, qui règle naturellement la distance à laquelle les trains peuvent se succéder sans qu’il soit utile de donner un signal. A chaque sectionnement est intercalée une résistance R, qui est grande relativement à celle du timbre que porte la locomotive.
- A côté du conducteur continu D en est placé un autre C, relié comme c’est indiqué, qui occupe la longueur de deux sections du premier, et dont les extrémités sont isolées, aux points correspondant aux résistances R.
- La premiè.e roue dont nous avons parlé roule sur D et les embranchements dérivés de C, la seconde au contraire sur C.
- Si donc deux trains B B’, marchant dans le sens de la flèche, se trouvent près de sections adjacentes ou à une proximité dangeureuse l’un de l’autre, le timbre du trun d’arrière B en avise aussitôt le mécanicien ; un courant dérivé, passe de D (à droite) par la roue de contact e, parcourt le timbre B', puis, par le contact /*, pour revenir à la ligne D, par l’autre roue de contact e.
- Le timbre B' doit donc retentir, tandis que B reste muet, son circuit étant ouvert de chaque côté de f. Comme on le voit, il faut bien que les résistances R soient plus grandes que celle du timbre.
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- 3 4i
- Si les deux trains sont séparés par deux sections ou plus, le timbre ne retentit sur aucune des machines, comme on peut s’en rendre compte à l’examen de la figure 8, qui montre que le circuit n’est fermé sur aucun des deux timbres.
- Ce genre de signal peut servir également à in-
- diquer à distance l’ouverture ou la fermeture d’une aiguille, comme comme on le voit également sur les figures.
- Le levier qui fait fonctionner l’aiguille ferme ou interrompt le contact en S entre les condnc-
- Fig. 7
- teurs C et D, selon que cette aiguille est ouverte ou fermée.
- Dans la figure 7, l’aiguille étant ouverte, le contact S est fermé, reliant électriquement C et D,
- et le timbre du train B doit retentir. L’effet est évidemment le même que si un train précédait B et fermait le contact entre les deux conducteurs. Dans la figure 8, au contraire, l'aiguille est
- représentée fermée, laissant le contact S ouvert, de sorte que la voie étant libre, le mécanicien ne reçoit aucun signal.
- Comme on le comprend, ce système doit pouvoir s'appliquer également aux croisements de voies.
- Dans toutes ces applications, le timbre avertis-tisseur est accompagné d’un indicateur qui s’abat
- aussitôt que retentit la sonnerie et confirme ainsi le signal donné.
- Enfin, nous ajouterons que M. W»cks a imaginé un système semblable, destiné aux chemins de fer électriques; le courant, dans ce [cas, passe par les conducteurs principaux.
- J. Wetzler
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- BIBLIOGRAPHIE
- La photographie astronomique par M. le contre-amiral Mouchez, directeur de l’Observatoire de Paris.
- Tel est le titre d’un luxueux'petit livre illustré, que vient de publier la maison Gauthier-Villars.
- C’est le préambule du Congrès international astronomique réuni en ce moment à l’Observatoire de Paris dans le but de faire concourir les observatoires du monde entier à la grande carte photographique du ciel.
- Cette immense et merveilleuse photographie aura cent soixante-dix mètres carrés de surface. Deux ou trois ans suffiront à son achèvement.
- Tous les journaux ont annoncé l’ouverture du Congrès, mais le public savant se serait bien autrement ému de ce nouveau congrès, s’il avait vu le petit livre que nous avons sous les yeux, car il est impossible en le lisant de ne pas admettre avec son auteur, que la science astronomique va, grâce à la photographie, prendre un développement extraordinaire.
- Depuis une trentaine d’années, on avait bien appliqué la photographie à l’observation des éclipses de soleil, tout le monde a vu les photographies de la lune obtenues par Foucault, mais la photographie a fait de grands progrès dans ces dernières années.
- Le gelatino-bromure d’argent inventé par un modeste petit tailleur de Londres, permet aujourd’hui d’obtenir de bons clichés avec moins d’un, millième de seconde de temps de pose.
- Deux jeunes astronomes de l’Observatoire de Paris, MM. Paul et Prosper Henry avaient été chargés de l’achèvement de la carte écliptique interrompue en 1873 par la mort de l’astronome Chacornac.
- Imitant les grands astronomes des siècles passés qui se passionnaient tellement pour leur art, qu’ils ne dédaignaient pas de travailler manuellement à la construction de leurs instruments, les frères Henry ont fini par obtenir des photographies de nébuleuses ; ces photopraphies exami-
- nées au microscope fournissent à l’observateur des détails qui eussent échappé au meilleur astronome faisant de l’observation directe avec les plus grands télescopes connus.
- C’est une véritable révolution scientifique ; la découverte si difficile des planètes minuscules n’est qu’un jeu pour la photographie.
- Supposons en effet, le grand équatorial photographique de MM. Henry, braqué et mis en mouvement par l’appareil d’horlogerie de M. Gauthier, les étoiles réputées fixes donnent des images rondes, tandis que la planète donnera une série d’images , c’est-à-dire une trace lumineuse dont les dimensions étudiées au microscope donneront la vitesse angulaire de l’astéroïde, sans compter que l’examen comparatif des photographies obtenues à plusieurs années de distance permettra de préciser les mouvements des astres dont on enseigne la fixité dans les cours élémentaires d’astronomie, mais qui ont en réalité des mouvements que l’observation directe était impuissante à déterminer.
- L’amiral Mouchez donnait il y a deux ans à l’électricité une grande hospitalité , nous faisons des vœux pour que l’appel qu’il fait aux pouvoirs oublies soit enfin entendu.
- Nous souhaitons comme lui que la France qui a si bien mérité de la science par ses découvertes en photographie et en astronomie soit enfin dotée d’un observatoire comparable à ceux des autres pays.
- Il y a déjà longtemps qu’on signale à qui de droit l’absurdité consistant à conserver au milieu des trépidations des voitures et de la fumée des usines , le grand atelier astronomique que Louis XIV avait fait bâtir dans un endroit jadis assez désert et qui n’est plus bon aujourd’hui qu’à servir de musée ou de bibliothèque.
- Mais quand une bêtise remonte au roi soleil, elle a de grandes chances de durée.
- A moins cependant que notre ami Bischoffsheim, devenu député, ne s’en mêle un peu et n’entraîne ses collègues de la chambre par le généreux exemple qu’il a donné à Nice.
- J. B.
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- ^ OURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- RÉSUMÉ DES
- BREVETS D’INVENTION
- délivrés depuis te j" janvier 1887
- 178936. —COMPAGNIE EDISON. — un nouveau système DE MACHINES MAGNÉTO OU DYNAMO-ÉLECTRIQUES.
- La machine brevetée par la compagnie Edison, a de nombreux points communs avec celle de M. Desroziers dont nous avons parlé dans notre précédent numéro. C’est une machine à disque. La nouvelle disposition porte sur deux points principaux.: i° les inducteurs, a" l'enroulement de l’induit.
- En effet, dans les machines de ce genre, comme dans
- toutes les machines multipolaires, le champ magnétique est créé par un assez grand nombre de petits électros dont les noyaux sont parallèles à l’axe de rotation de l’induit.
- L’ingénieur de la compagnie Edison auquel est due la présente patente, pensant avec raison d’ailleurs, qu’une telle disposition était défectueuse et qu’une déperdition considérable des lignes de force devait résulter du rapprochement des pôles de nom contraire, réduisit dans sa machine le nombre des pôles à quatre, et construisit les inducteurs comme l’indique la figure 1.
- Le système y est constitué par un cadre carré en fonte. Dans chaque angle sont les épanouissements polaires, et les côtés sont les noyaux sur lesquels le fil est enroulé De chaque côté de l’anneau on place un cadre analogue et le tout est disposé comme le montre la coupe (fig 2).
- Ces masses de fonte sont considérables, la résistance magnétique est très faible et cette disposition originale n’apparait pas comme désavantageuse.
- Le second point de l’invention porte, comme nous l’avons dit, sur l’enroulement de l’induit. Il rappelle un peu celui de Desroziers, constitué, on se le rappelle, par une
- bande de cuivre enroulée en zig-zags autour du centre de l’armature.
- Dans les enroulements analogues, il reste généralement un espace vide de cuivre ou, si les enroulements simples sont faits de plusieurs tours, ceux-ci deviennent graduellement plus petits et de môme que la force électromotrice
- r -»
- rig. s
- due à ces tours est assez faible, la résistance de l’armature est sensiblement augmentée.
- Dans la machine Edison au contraire, et c’est là un des points communs’que nous rappelions, chaque tour est di-
- Fig. S
- visé de façon qu’une de ses moitiés se trouve sur un côté de l’armature et son autre moitié sur l’autre côté. De même, la moitié de chaque tour est couverte par une moitié de la spire ou du tour précédent, et l’autre moitié elle-même couvre une moitié du tour suivant contigu. Mais ce n’est pas un recouvrement simple, car les deux moitiés de chaque spire ne sont pas dans le même plan.
- La figure 3 montre clairement comme les choses sont disposées. Quel que soit le nonbre de spires, l’enroule-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ment est le même, mais naturellement les connexions au collecteur sont différentes suivant le cas. Dans celui de la figure, les spires diamétralement opposées sont réunies en quantité, le nombre de toui s étant divisible par quatre, et deux balais suffisent pour recueillir le courant.
- Enfin, pour empêcher la déformation d’une armature comme celle-ci, on met entre les sommets des enroulements des pièces de bois qu’un cerclage fait par plusieurs tours de fil de laiton rend solidaires de l’ensemble.
- A priori, il n’y a pas d’objections sérieuses à faire à ces dispositions. La constitution du champ notamment est très judicieuse.
- 178943. — SOULAT. — INDICATEUR ÉLECTRIQUE DU NIVEAU d’eau.
- On en a imventé, on en inventera encore des indicateurs électriques pour transmettre à distance les niveaux d’eau
- Transmetteur
- d’une rivière, d’un bassin, ou les mouvements ascendants ou descendants d’un corps quelconque.
- Quoiqu’il en soit, en voici un encore. Dire qu’il est d’une originalité remarquable, serait exagérer. Cependant les détails de construction ne sont pas mauvais, mais créés par un horloger (c’est la profession de l’inventeur) ils sont légèrement compliqués; Pour cette raison, nous ne donnons pas de croquis et nous essaierons sans eux de nous faire comprendre.
- D’abord le transmetteur. Il se compose essentiellement d’un a\bre central qui peut recevoir un mouvement de rotation dans les deux sens par une roue montée sur lui et qu’une chaîne relie au flotteur. Sur cet arbre sont montées deux roues folles à rochets, mais les dents sur l’une sont taillées dans un sens différent de celles de l’autre, et par suite il n’y en a jamais qu’une d’entraînée dans un sens par la rotation del’arbre.
- Sur les jantes des roues sont hxées des tiges métalliques parallèles à l’arbre, de manière que pendant la rotation ces tiges viennent l’une après l’autre, soulever et relâcher l’extrémité d’un levier dont l’autre bout fait les communications et interruptions électriques. Naturellement chaque roue a son levier et ceux-ci sont dechaque côté de l’arbre.
- Les contacts électriques sont du système Leclanché. Ils sont faits avec des ampoulés en verre contenant du
- mercure. Chaque mouvement du levier fait osciller les ampoules, le mercure qui est en communication constante avec une des extrémités du fil de ligne vient toucher l’autre, une émission est envoyée et l’ampoule retombant avec le levier, le courant est rompu. Enfin, pour empêcher les mouvements brusques, chaque levier agit sur un modérateur à papillon.
- Le récepteur est construit sur le même principe, seulement il n’y a qu’une seule roue à rochets munie de deux cliquets placés en sens inverse. A la queue de chaque cliquet correspond un électro. L’un d’eux est actionné par le courant quand le flotteur monte, et l’autre quand il descend. Dans le premier cas le mouvement du cliquet fait tourner la roue. Sous cette rotation la corde d’un contrepoids s’enroule sur l’arbre. Le deuxième cliquet sert de retenue; mais lorsque le flotteur descend et tque le deuxième cliquet est excité, il échappe et le contre-poids fait tourner la roue en sens inverse du premier mouvè-ment. Enfin l’arbre de rotation entraîne une aiguille qui se meut sur un cadre gradué où se font les lectures.
- Four les petites distances le transmetteur et le récepteur sont reliés par deux fils partant des bornes X et V. La borne P communique avec la pile et la borne T avec la terre.
- Pour les granacs distances, la disposition des fils est celle de la figure. La liaison est faite par un seul fil de ligne avec retour par la ter. e et deux rappels par inyer-sion ou un seul rappel du système Deschiens. Dans ce cas, le courant fourni par une pile locale Z traverse le récepteur en passant soit par la borne X, soit par la borne V suivant que lé transmetteur fournit une émission positive ou négative.
- 178944. — Maison BRÉGUET. — Nouveau système
- DE RÉGULATEUR A ARC VOLTAÏQUE
- Tranquilisez-vous, ce n’est pas d’un régulateur nouveau qu’il s’agit, mais de l’application d’un système nouveau : 1 e frein à bande pour modérer le rapprochement des charbons ou inversement. C’est [la réalisation pratique d’un principe de mécanique qui fera la joie des théoriciens.
- L’action du frein à bande, si vous l’ignorez, est expri- -mée par la relation
- a
- T z* te r
- dans laquelle T est la tension du brin mobile, t celle du brin fixe, / le coefficient de frottement du brin rur le cylindre, s l’arc embrassé et r le rayon d’enroulement.
- Cette équation montre qu’avec une faible variation des le couple résistant dû au frein, variera très rapidement, et qu’on pourra par ce système réaliser une sorte de multiplicateur de résistances passives.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- La figure ci-contre, montre la disposition employée pour un régulateur à intensité constante, c’est-à-dire, lorsque les foyers sont montés en dérivation. L’accroissement de l’intensité de régime doit modérer le rapprochement et produire l’arrêt.
- La bande du frein est constituée par un ressort léger en acier, qui s’enroule sur une poulie solidaire de l’arbre du pignon de la crémaillère.
- La bande est reliée d’une part à un point fixe situé à peu près sur l’axe d’oscillation d’une palette qui est nor-
- tr
- malement sollicitée par une paire d’électros en circuit direct avec l’arc. Un ressort antagoniste permet d’ailleurs de régler l’attraction limite qui produit l’arrêt.
- D’autre part, le brin mobile de la bande est fixe à une tige d’équerre avec la palette et solidaire de celle-ci. La tige fixe peut recevoir un déplacement vertical de 5 millimètres environ sous l’action d’un électro toujours en circuit avec l’arc, et qui sert à l’allumage sans participer en rien au réglage.
- Lorsque les régulateurs sont montés en série, la même disposition peut être adoptée, seulement, les électros du réglage sont enroulés de fil fin, et leur circuit est mis en dérivation aux bornes de la lampe. De plus, la tige en équerre à laquelle est fixé le brin mobile de la bande, est renversée comparativement à la position qu’elle occupe dans la figure, et la crémaillère descend quand l’attraction limite est atteinte.
- Enfin, en combinant ces deux dispositifs, le frein à bande peut être appliqué à un régulateur différentiel. Tel est le système breveté.
- Nous ignorons s’il a été construit, mais en tout cas il est peu probable qu’il puisse fonctionner très convenablement.
- 178967. — VASESCO. — Indicateur a distance
- DE LA TEMPÉRATURE
- Cette fois, ce n’est pas le niveau de l’eau qu’il s’agit de transmettre à distance, mais la température. Eh bien, c’est exactement la même chose au fond, car comme on va le voir, ce sont des variations de pression que M. Va-
- sesco a l'intention de transmettre, et, qu’il s’agisse d’un niveau d’eau ou d’une température, le fonctionnement est identique.
- Comme toujours, deux parties principales :
- i” Le transmetteur ;
- 2° Le récepteur ;
- Le transmetteur est représenté sur la figure. Comme on le voit, il se compose essentiellement :
- i° D’un siphon de verre à bec contenant du mercure, et muni en cc' ce” de fils en platine en regard les uns des autres;
- 2° D’un réservoir d’air R en communicàtion avec le siphon a;
- 3* D’une soupape r pouvant faire communiquer l’intérieur du siphon avec l’air ambiant.
- Les fils cc sont réunis l’un et l’autre au fil de ligne, et les deux autres c' c" aux pôles de nom contraire de deux piles distinctes.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Avec cela, on peut transmettre les variations de pression dans le réservoir R, et lé but de la soupape r a pour but de rendre discontinues les indications.
- En effet, quand la pression augmente ou diminue dans le siphon, le mercure vient toucher les pointes cc'oucc", et met ainsi la ligne en îelation avec une des piles.
- Un courant positif ou négatif est ainsi envoyé au récepteur, mais comme, au moment de l’émission, l’électro-aimant inférieur est excité, la soupape r est immédiatement ouverte, l’équilibre se rétablit, et le courant cesse. Le premier continuant à augmenter, les mômes phénomènes se reproduisent et les indications sont successivement transmises.
- Le récepteur n’a rien de particulisr. Il se compose de deux mouvements d’horlogerie tenus en arrêt par deux électros polarisés. Les courants envoyés étant alternativement positifs ou négatifs, le déclanchement est opéré tantôt dans un appareil, tantôt dans un autre, de manière à faire tourner une aiguille indicatrice dans un sens ou dans l’autre.
- L’inventeur, si l’on en juge d’après son écrit, ne tient pas trop à son récepteur, et avec raison il place toute l’originalité de son invention dans le mode d’interruption des indications transmises.
- 178969. — ZIGANG. — Cornet électrique Voir notre article dans le n” 16, vol. XXIV, p. 123
- 178779. —- HOFFMANN. — Indicateur et dispositif d’alarme pour thermomètre
- C’est encore de la transmission à distance des températures qu’il s’agit. Les dispositifs de l’inventeür sont assez compliqués, et rendent sont système difficilement pratique.
- Le thermomètre dont on veut transmettre les indications est un thermomètre ordinaire, dont le mercure est' en communication constante avec un des pôles d’une pile.
- A chaque division de la graduation, le verre est traversé par un fil de platine, qu’un conducteur spécial relie à une touche d’un commutateur qui fait partie du mécanisme de réception.
- Le deuxième pôle de la pile est en relation avec un frotteur qui peut passer sur les diverses touches, et dont l’axe conduit une aiguille indicatrice se mouvant sur un cadran. Ce frotteur est actionné dans un sens par une roue à rochet, et dans l’autre sens par une deuxième roue analogue. Celles-ci sont menées par leurs cliquets sous l’action d’un électro-aimant, de telle sorte que, si le mercure monte, un courant est envoyé, une des roues tourne, fait mouvoir le frotteur qui, en quittant la touche rompt le
- courant, et dispose le circuit de manière à ce qu’une nouvelle montée donne une dernière émission. De même quand le mercure descend, c’est le deuxième électro, la deuxième roue qui agissent en sens inverse.
- Enfin, l’aiguille du cadran porte un contact qui fait agir une sonnerie lorsque la température atteint un maximum ou un minimum déterminé.
- 178972.— MEYER.—Utilisation des bouts de crayons des lampes électriques
- Tout le monde sait que dans les régulateurs à arc on ne peut user jusqu’au bout les crayons de charbon, à moins de brûler les pinces. Il y a donc là un déchet inévitable.
- Pour y remédier, M. Meyer brevète le procédé qui consiste à réunir en un seul crayon tous ces bouts, au moyen de tenons et de mortaises.
- Dans ce but il a imaginé des fraises’d’une forme spéciale.
- L’idée est judicieuse, évidemment; mais comme tout le monde peut chez soi par mille moyens accoler tous les bouts de charbon, l’exploitation sérieuse d’un tel brevet est presque impossible.
- P. Clemenceau
- (A suivre)
- CORRESPONDANCE
- Tout est bien qui finit bien... Nous sommes heureux de pouvoir mettre fin à la polémique Napoli-Amoric et Claude (au pluriel) par la lettre suivante que nous adresse M. Amoric.
- Il ne nous reste qu'à regretter d’avoir dû entretenir si longtemps et si longuement nos lecteurs au sujet de ce débat : Much Ado...
- La Rédaction
- Paris, le 7 Mai 1887.
- Monsieur le Directeur,
- J’ai l’honneur de vous informer qu’à la suite d’explications franches et loyales échangés avec Messieurs Henri et Auguste Claude, les difficultés qui s’étaient élevées ont été complètement aplanies, et qu’un accord complet règne entre nous relativement à nos revendications respectives.
- Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, e’c.,
- F. Amoric
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- FAITS DIVERS
- La Société d’électricité de Berlin Staedtischen Elektriçi-taetswerkèy communique à ses abonnés que, dorénavent, elle fournira également le courant pour le chauffage.
- Les appareils qui sont fournis par la Société ou par la Compagnie Edison de Berlin, moyennant une redevance annuelle, seront reliés parles abonnés à leur conducteur.
- Le courant employé dans ce but sera mesuré de la même manière, et payé au même prix que pour l’éclairage.
- Pour le moment, on fournit déjà entr’autres, un appareil à chauffer l’eau , une cuisine électrique ; enfin , le triomphe des'coiffeurs, un réchauffeur électrique pour les fers à friser !
- Depuis le premie. mai courant la traction électrique fonctionne régulièrement sur la ligne de tramways de la rue de la Loi à Bruxelles avec un succès complet.
- Un Institut électrotechnique va prochainement être créé à Bruxelles et formera une annexe à l’Université libre.
- La direction du nouvel Institut serait confiée à M. le professeur Rousseau.
- » .
- On vient de mettre en expérience à la station de police de Bow-Street à Londres, un avertisseur électrique qui promet de rendre de bons services.
- Un avertisseur avec tableau indicateur sera installé à la station de police et un autre au poste des pompieis d’un quartier. Chez tout habitant qui voudra s’abonner on placera des contacts aux portes d’entrées, aux coffres-forts, aux fenêtres, etc., et si des malfaiteurs viennent essayer de pénétrer, l'alarme sera immédiatement donnée à la station avec indication de la maison menacée. Une autre disposition permettra également d’êtie prévenu si Ton coupe un fil de communication.
- Des thermoscopes appliqués sur les fils à l’intérieur des appartements donneront l’alarme au poste voisin des pompiers aussitôt que la température dépassera un certain degré indiquant un commencement d’incendie.
- D’après VElectrician, le mot microphone aurait été appliqué pour la première fois en 1827 à un instrument inventé par Wheatstone et destiné à faire entendre les sons les plus faibles.
- Le mot téléphone n’a été employé qu’en 1845 pour désigner un appareil inventé par le capitaine John Taylor, pour la transmission des signaux pendant le brouillard, à l’aide de sons produits par le passage de l’air comprimé dans des trompettes.
- Nos lecteurs Iiiont peut-être avec intérêt fes détails suivants, sur le développement des applications électriques du Japon.
- La première ligne télégraphique du Japon fut construite en 1869, et fonctionnait avec des appareils Breguet. Depuis ce temps beaucoup de perfectionnements ont été introduits, et aujourd’hui presque toutes les villes de l’empire sont reliées par télégraphe. Les dépêches pour l’étranger coûtent cependant fort cher car le tarif de Tokio à New-York par exemple, est de 14 francs par mot. Les appareils employés sont pour la plupart du type Morse et les fils sont aériens. Les télégraphes au Japon sont exploités par le gouvernement.
- La téléphonie est très peu répendue, et il n’y a de relié que quelques bureaux du gouvernement et les maisons de quelques hauts fonctionnait es. Plusieurs demandes de concessions téléphoniques ont été adressées au gouvernement, mais aucun n’a été accordée jusqu’ici.
- Quant à l’éclairage électrique, le système à arc de Brush fonctionne dans quelques fabriques et chantiers, de même que les lampes à incandescence Edison, dont 5oo ont été installées dans la fabrique de coton de Oosaka et 33o dans l’Ecole militaire impérial.
- La Compagnie de lumière électrique à Tokio, possède un capital de 1,000,000 francs, qui sera doublée vers la fin de cette année. La Compagnie a été chargée d’installer 2,000 lampes à incandescence, et 100 foyers à arc dans le nouveau Palais impérial qui seront alimentés par l’usine centrale. On se propose de construire 5 stations centrales à Tokio même, 2 à Osaka, 1 à Kioto et 2 à Nagoya.
- Éclairage Électrique
- Bordeaux va bientôt posséder une usine centrale de 1 imière électrique avec des générateurs Gaulard et Gibbs. On annonce en effet que le directeur de la station de Tours aurait formé un syndicat à Bordeaux au capital de 5o,ooo francs pour commencer les travaux d’installation.
- La station centrale d’électricité à Dijon, établie d’après le système Edison, va être transformée et installée avec des transformateurs secondaires. Cette modification a été décidée à la suite de nombreuses réclamations des habitants voisins de l’usine qui se plaignent du bruit des machines. La nouvelle station sera construite en dehors de la ville.
- La maison Breguet a été chargé de l’installation d’une usine centrale de lumière électrique dans la petite ville de Bruyères (Vosges). On commencera avec une centaine de lampes à incandescence et la force mot;ice sera fournie par une chute de la rivière Ardentclle-*
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- On annonce que le théâtre de", l’Odéon sera prochainement entièrement éclairé à la lumière électrique.
- La Société Industrielle de Bruxelles a été chargée de 'éclairage électrique des trains du chemin de fer économique qui sera fait au moyen d’accumulateurs du système Gadot.
- Le parc devant le château Royal à Bruxelles, sera éclairé au moyen d’un certain nombre de foyers à arc.
- On se propose d’installer la lumière électrique dans la petite ville de Guadalajara en Espagne. La force motrice serait fournie par une turbine de 40 chevaux déjà installée à une distance de deux milles de la ville et on se servirait des traisformateurs de MM. Zipernowsky et Déri. Les entrepreneurs sont prêts à commencer les travaux dès qu’ils seront certains d’avoir des souscriptions pour 200 lampes de 12 bougies. Comme la ville de 8000 habitants et ne possède pas d’usine à gaz il sera sans doute facile d’obtenir ce nombre de foyers.
- Le correspondant de VElectrician à Milan, annonce qu’après plusieurs essais infructueux il a fallu abandonner le projet d’éclairer une partie de la ville de Turin avec le système Gaulard et Gibbs. On a adopté le système Ziper-nowsky-Deri pour l’éclairage à incandescence et celui de Thomson-Houston pour l’éclairage à arc.
- La nouvelle société d’éclairage électrique qui vient de se fonder dans la capitale du Luxembourg, installera son usine centrale dans l’ancien bâtiment du service des eaux ; il y aura deux moteurs à vapeur actionnant deux dynamos de 1000 lampes chacune. On se servira également d’une puissante batterie d’accumulateurs.
- La Société a déjà recueilli 100 abonnements avec un total de i5oo lampes.
- L’abonné n’aura rien à payer pour l’installation dans les maisons et l’éclairage sera payé suivant le nombre d’heures pendant lequel il aura fonctionné. Le prix est de 3 centimes par heure et par lampe de 8 bougies, et de 5 centimes par heure pour les lampes de 16 bougies. La lampe elle-même coûtera 6, 5 francs.
- Dans une des dernières séances de la Société électrotechnique de Berlin, le directeur Werner Siemens, a fait une communication au sujet de l’installation de la lunqière électrique dans le Palais d’hiver, à Saint-Pétersbourg.
- Tous les appartements du Palais sont éclairés avec des lampes à incandescence, au nombre de 12,000, tandis que les cours à l'intérieur du Pa'ais, et la grande place qui
- se trouve devant la façade principale, sont éclairées au moyen de 56 foyers à arc.
- Les machines sont installées dans les sous-sols, et comprennent 8 machines à vapeur, d’environ 2,5oo chevaux, actionnant 26 dynamos. Cette installation colossale fonctionne parfaitement bien; elle a été faite par la maison Siemens et Halske, à Saint-Pétersbourg, sous la surveillance des ingénieurs du Palais.
- La même maison éclaire actuellement la perspective de Nevsky, ainsi que la grande Morskaïa, les deux rues les plus élégantes de Saint-Pétersbourg, avec des foyers à arc, et fournit également la lumière électrique aux habitants de ces rues.
- Le maire de Bucarest a chargé un ingénieur de faire une étude sur l’éclairage de cette ville et spécialement sur l’éclairage des quais de la Dambovitza en vue de présenter à l’Administration communale des propositions positives sur la question de savoir si l’on peut admettre l’éclairage électrique. Pour donner à cette étude une base certaine on demandera à diverses maisons de l’étranger les prix de la lumière électrique.
- L’éclairage électrique de la station de Chiasso, sur la ligne du Gothard, a été inaugurée le 3i mars.
- La lumière électrique qui fonctionne depuis quelque temps déjà dans les appartements d’apparat au château de Windsor en Angleterre, va maintenant être installée dans les appartements particuliers de la reine.
- On annonce que MM. Shippey frères, de Londres, se sont assurés, par traité, le monopole de l’éclairage électrique de certains quartiers de Constantinople pour une période de 5o années. Les travaux seront exécutés sous les auspices d’un puissant syndicat turc, qui s’e;t formé à Constantinople pour l’introduction de la lumière électrique en Turquie.
- L’éclairage électrique public se développe de plus en plus en Amérique, et ce qui est capital, les prix de revient diminuent d’une manière continue ; ainsi nous trouvons dans le Sun de New-York l’indication d’un certain nombre de propositions faites par des compagnies pour l’éclairage électrique et l’éclairage au gaz de la ville, à partir du premier mai.
- Nous donnons ici quelques chiffres tirés de ces offres :
- Harlem Electric Light C° foyers de 2000 bougies, 3 fr. 5o par lampe et par nuit pour le Mount Morris Tower et Harlem Bridge, et 2 fr. 40 pour les autres quartiers.
- United States Illuminating C°, foyers de 1000 bougies, 3 fr. 25 par lampe et par nuit.
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- Brush ElectricIlluminating C°, lampes de 2000 bougies, 3 fr. 25 par lampe et par nuit.
- North New-York Lighting C°, 2 fr. 75 par lampe et par nuit.
- Consolidated Gas C°, 87 fr. 5o par foyer et par année.
- Equitable Gas Light C°, 60 francs par foyer et par an.
- Central Gas Light C°, 140 francs par foyer et 1 ar an.
- New-York and New-Yersey Globe Gas Light C°, 125 francs par foyer et par an.
- D’après leur contrat actuel, les compagnies Brush et United States Electric Light, exigent 3 fr. 5o pour des lampes, pour lesquelles ils proposent cette année 2 fr. 40 seulement.
- On est en train en ce moment de modifier et d’augmenter l’éclairage électrique de la statue de Bartholdi à New-York. Une lentille puissante sera placée dans la torche, pour concentrer les rayons lumineux.
- A la base de la statue, cinq puissants foyers à arc seront ajoutés aux 8 qui existaient déjà, enfin un certain nombre de lampes à incandescence seront placées à l’intérieur.
- Le fanal placé dans la torche sera un des plus puissants du monde.
- Les travaux sont dirigés par le lieutenant J. Mills du corps du Génie.
- M. Coxon vient de présenter à l’Institut des mines de Newcastle on Tyne, une nouvelle lampe électrique de sûreté, fonctionnant avec la pile primaire à un seul liquide deM. Schanschieff. L’invention consiste dans l’utilisation d’un sel de mercure.
- La pile est construite de sorte que la solution est enfermée, et ne peut sortir de la pile. L’appareil est très simple et la pile peut être vidée et chargée par le premier venu. Une fois chargée, la pile peut être maintenue avec les éléments hors de Ja solution, on n’a qu’à les faire descendre dans celle-ci pour faire fonctionner la lampe.
- Des expériences d’éclairage électrique des trains de chemin de fer viennent d’avoir lieu aux Indes Anglaises, où les grandes distances à parcourir nécessitent des voyages de nuit. Les voitures ont jusqu’ici été éclairées avec des lampes à huile.
- Télégraphie et Téléphonie
- La réduction de taxe appliquée depuis le 29 juin dernier aux dépêchés dites « de presse » circulant soit à l’intérieur" de'.la' France soit à l’intérieur de l'Algérie et de la Tunisie, n’avait pas encore été étendue aux télégrammes “de- "même*-"catégorie---échangés -entre-hrmétro-pole et ces deux pays;}
- Far décret en date du 9 avril, ces télégrammes béné-
- ficieront de la réduction et seront transmis à un tarif de ho 0/0 inférieur à celui des dépêches privées ordinaires.
- L'Electrical World de New-York dit qu’il y a, aujour-* d’hui, 20 maisons de commerce à Chicago, reliées directement avec leurs succursales de New-York, au moyen de fils télégraphiques loués par les grandes compagnies à raison de 75 à 100. 000 fr. par an. Il y a 4 fils particuliers de Chicago à MiKvaukee, 3 à S1 Louis, 2 à Indiana-polis et 1 à la Nouvelle-Orléans.
- Il a été décidé d’établir une communition téléphonique entre Hambourg et Kiel, et les travaux préparatoires sont déjà commencés. On utilisera sur une partie du parcours les fils télégraphiques, mais une ligne spéciale sera construite entre Hambourg et Altona.
- Le ministère hongrois des communications a réduit le prix de l’abonnement au téléphone à Temcsvar pour les bureaux municipaux et de l’Etat ainsi que pour les établissements de bienfaisance à 12 francs par mois et par poste. Le nouveau tarif réduit entrera en vigueur à partir du premier juillet prochain.
- D’après les journaux d’Amsterdam, les négociations entamées pour la construction d’une ligne téléphonique entre cette ville et Bruxelles, seraient sur le point d’aboutir. Ainsi que nous l’avons déjà dit, la nouvelle ligne serait reliée, à Bruxelles, à celle de Paris.
- L’exploitation des lignes téléphoniques du Luxembourg vient d’être réglementée par un arrêté royal grand-ducal du 9 mars. Nous extrayons de ce document les clauses suivantes qui concernent particulièrement le tarif des correspondances :
- Art. 6. — Le prix de l’abonnement annuel est fixé :
- I. — Pour toute ligne téléphonique dans les localités où il sera établi un bureau téléphonique de raccordement, à 80 francs.
- Pour le calcul de la taxe, la gare centrale et l’avenue de la gare centrale seront considérées comme dépendant de la commune de Luxembourg.
- II. — Dans les localités où il n’existe pas de bureau téléphonique de raccordement :
- a) Pour toute ligne spéciale à construire ayant une étendue :
- i° De moins de 1 1/2 kilomètre jusqu’au raccordement à une ligne principale, à 80 francs;
- 20 Pour chaque kilomètre de ligne spéciale en plus jusqu’au point de jonction à une ligne principale,~a 5o francs ;
- En dehors des taxes.d’abonnement annuel* l’abonné doit
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- LA ; LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- rembourser à l’administration les frais d’installation du fil de raccordement depuis le point de jonction de la ligne spéciale et de la ligne principale jusqu’au prochain bureau de raccordement, à raison de ioo francs par kilomètre une fois payés.
- 3® Si plusieurs abonnés se trouvent raccordés sur la même ligne spéciale, chacun des abonnés doit payer intégralement les taxes et frais prévus ci-dessus.
- b) Pour les abonnés qui peuvent être reliés directement sur le parcours d’une ligne principale, l’abonnement annuel est fixé à 80 francs pour toute ligue ayant une étendue de moins d’un kilomètre et demi. En outre, ï’a-bonné devra rembourser à l’administration les frais d’installation du fil de raccordement calculés à raison de ioo francs par chaque kilomètre en plus une fois payés.
- III. — Pour l’installation :
- i° D’un second appareil ou de plusieurs appareils, par appareil, à a5 francs;
- 2° De toute sonnerie supplémentaire, à b francs.
- IV. — Les communications entre aboinés de réseau à réseau sont gratuites.
- y, __ Pour toute communication aux cabines télépho-
- niques ouvertes au public il est perçu pour les non abonnés une taxe de 35 centimes par conférence de 5 minutes, que la communication ait lieu dans le même réseau ou qu’elle ait lieu de réseau à réseau respectivement de localité à localité.
- Art. 7. — L’abonné qui voudra transmettre des dépêchés télégraphiques par l’entremise du bureau central payera une taxe de io centimes par télégramme, outre les taxes dues en vertu des tarifs en vigueur pour la transmission ultérieure par exprès, par la poste ou par le télégraphe.
- Art. 8. — Les distances sub art. 6 II, sont calculées sur la longueur réelle des lignes construites.
- Art. g. __ Peuvent seuls profiter de l’abonnement :
- l’abonné, les membres de sa famille qui habitaient avec lui, ainsi que les employés et domestiques attachés à un titre quelconque à son service. Il est interdit à l’abonné de louer, sous-louer ou de concéder l’usage de l’appareil placé chez «lui, de quelque manière que ce soit; il ne peut permettre non plus à un tiers de transmettre, par ses appareils et contre péage, des communications isolées.
- Toutefois, les abonnés dont les téléphones sont installés dans de- hôtels, cafés ou sociétés d’agrément ou de réunion, pourront permettre gratis l’usage de leurs téléphones aux tiers se trouvant dans leurs établissements. Ces abonnés auront droit à 2,000 communications par an. Pour toute communication en sus, il sera perçu une taxe de 35 centimes, payable sur état, ainsi qu’il est dit à l’art. 1 2. Cette taxe supplémentaire pourra être récupérée par l’abonné sur le tiers qui l’aura occasionnée.
- D'après le rapport publié par VAmerican Bell Téléphoné C°, pour l’année 1S86, les recettes se sont élevées pour cette année à 15,485,000 francs contre 5,748,585 fr.
- de dépenses, ce qui donne un bénéfice net de 9,736,415 francs. Les dividendes distribués s’élèvent à 16 pour cent du capital social.. Le fohd de. réserve est aujourd’hui de 7,455,900 francs. Pendant l’année le nombre des abonnés au téléphone s’est accru, dé 137,750 à 147,068 et la longueur du fil. employé de 114^646 à 128,231 milles; le nombre :des appareils a augmenté de 330,040 à 353,5i8. La participation de la Société dans d’autres compagnies téléphoniques figure sur le rapport pour une somme de j 13,025,625 francs.
- La moyenne des communications, pour tous les Etats-Unis, a été de 5,82 par abonnés et par jour. La Compagnie se propose de faire de grandes dépenses pour la mise sous terre de ses fils, mais elle ne croit pas pouvoir entreprendre des travaux aussi considérables si le prix du service téléphonique est réglé par une loi. Le réseau souterrain comprend aujourd’hui 6000 milles de fils, tandis qu’il y a 10,900 milles passant sur les maisons et iii,3oo milles sur poteaux.
- Les impositions payées par la Compagnie dans l’Etat de Massachusets en 1886, se sont élevées â 374,000 fr.
- Il vient de se former à Philadelphie un syndicat puissant ayant pour but d’introduire la téléphonie à grande distance et la télégraphie perfectionnée en Chine et au Japon. Deux expéditions sont déjà parties pour faire des expériences entre les principales villes des deux pays afin d’obtenir les concessions nécessaires.
- ERRATUM
- Dans l’article de M. G. Richard, sur VAlumi-nium, une erreur et la confusion entre les systèmes des équivalents et des poids atomiques nous ont tait fausser la formule de la page 255.
- L’équation chimique correcte est en équivalents :
- ... 1
- 3 NoOH 4- EeC* = 3Na -f Fe 4- CO + CO* 4- 3HO .•
- Et dans le système des poids atomiques :
- 1
- GNaOH + Fe C2 = GNa + Fe + CO+ C02 + 3H20
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Électrique, 3i, boulevard des Italicnc Paris. L. Barbier.
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d!Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
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- SSP
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- DIRECTEUR l D' CORNELIUS HERZ
- 9* * ANNÉE (TOME XXIV) SAMEDI 21 MAI 1887
- N" 21
- SOMMAIRE. — Télémètre électrique ; K...e. — Sur les dynamos compounds ; J. Moutier. — Études sur les machines dynamos ; W -C. Rechniewski. — Éclairage de la sa’.le de concerts du conservatoire de musique de Liège ; E. Mey-lan. — Les lampes à arc ; G. Richard. — Courbes magnétiques isogoniques ; C. Decharme. — Essais d’étude expérimentale des champs magnétiques ; J. Sarcia et E. Sartiaux. — Revue des travaux récents en électricité : Sur les causes des variations diurnes du magnétisme terrestre, par M. C. Lagrange. — Commotion électrique pendant un tremblement de terre.— Emploi des couples thermo-électriques pour l’étude des radiations solaires. — Une nouvelle forme de sismographe, par Thomas Gray. — Sur les tiges vibrantes de période variable, excitées par des électro-aimants, par F. Neesen. — Le radio-micromètre de M. C.-V. Boys. — La turbine à vapeur et la machine dynamo Parsons. — Correspondances spéciales de l’étranger : Allemagne; Dr H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Etats-Unis; J. Wetzler. — Brevets d’invention; P. Clemenceau. — Faits divers.
- TÉLÉMÈTRE ÉLECTRIQUE
- L’étude d’un grand nombre de phénomènes qui subissent deux sortes de variations différentes est souvent difficile, parce qu’on ne peut observer et enregistrer leur marche à l’endroit même où sont installés les appareils, (thermomètres, baromètres, manomètres, indicateurs de niveau, etc.); il est alors avantageux de transmettre, ces indications à un endroit où leur observation est commode et il est même souvent utile de pouvoir les enregistrer.
- L’enregistrement des phénomènes à un endroit éloigné s’effectue habituellement et d’une manière très commode à l’aide de l’électricité ; ainsi les indicateurs électriques de niveau d’eau sont d’un emploi fréquent, et les mécanismes les plus divers ont été proposés pour leur construction (1).
- Dans certains cas, la variation à enregistrer peut se ramener à un mouvement de rotation (2) ;
- (*) L.Kqhlfuerst,Die Elektrischen Wasserstand-An^ei-ger, Berlin, 1881.
- (•) La Lumière Électrique, vol. III, p. 384; vol. XVII p: ai, 68, etc.
- ainsi par exemple, lorsque l’élévation du niveau d’un liquide provoque le mouvement d’un axe de gauche à droite et l’abaissement de ce niveau un mouvement de sens opposé. Il est alors avantageux d’utiliser pour l’enregistrement un appareil qui a paru à l’Exposition d’électricité de Philadelphie en 1884; inventé par M. Charles Loren^o Clarke, il fut construit par la Telemeter Company sur les plans de M. Robert Hewitt. Cet appareil décrit dans le Rapport des experts de la section XXII (1), a subi dernièrement d’importants perfectionnements, et une nouvelle description ne sera pas superflue. -
- L’ancienne disposition de l’appareil est indiquée par les figures 1 et 2, la première partie (fig. 1) se trouve à l’endroit où s’effectue le phénomène à transmettre télégraphiquement, et la seconde (fig. 2) le reçoit, l’enregistre ou au moins le rend visible, par exemple à l’aide d’un index Q solidaire d’une roue dentée U. Un index semblable H monté sur une roue R à la première station, permet de contrôler les indications transmises.
- L’axe de la roue R porte un manchon isolé sur lequel sont fixées deux pièces métalliques et C2 isolées, soit entr’elles, soit de l’appareil, par le
- ()) La Lumière Électrique, vol. XVIII, n° 5i.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- manchon; deux balais D, et D2 frottant sur deux anneaux, isolés également entr’eux, et reliés électriquement à Ci et C2, maintiennent une communication électrique entre C4 et d’une part, C2 et D2 d’autre part, pendant le mouvement de la roue R.
- Le circuit partant du balais traverse la résistance r4, puis se subdivise en deux branches : l’une sc dirige vers le ressort de contact b4, l’autre passe par l’électro-aimant M., et rejoint un des fils de ligne L4 (4), conduisant à la seconde station.
- D2 se trouve de même relié au ressort b2 et
- à l’électro-aimant M2 d’où part le second fil de ligne L2.
- L’instrument dont on veut télégraphier les indications, communique celles-ci à un levier de contact A dont l'axe se meut librement sans entraîner la roue R et le manchon, il est entièrement isolé de ces pièces, mais est relié à la terre en E4 par le balaise, ainsiquele reste de l’appareil et les armatures F,, et F2 des deux électroaimants.
- Les fils de ligne L0 L2 arrivent dans l’appareil récepteur aux electros-aimants N4, N2 et se réunissent au point i ; de là le circuit traverse
- Fig. £
- un troisième électro-aimant O, et après avoir passé par une vis de contact S et un ressort porté sur un levier K, se rend à la pile B puis à la terre en E2.
- L’aiguille-Q de cet appareil est invariablement fixée à l’axe de la roue U et doit reproduire exactement les mouvements de l’aiguille H de la figure i.
- Deux cliquets X et Y maintiennent les roues R et U.
- Les bras des leviers-armatures F0 F2, J0 J2 des quatre électro-aimants M0 M2, N,, N2 portent chacun un rochet mK, m2, nK, «2; celles-ci engrènent dans les roues R et U et les font tourner d’une dent chaque fois que les électro-aimants sont excités.
- \
- (l) On peut supprimer un des tils Li ou L2, en employant des armatures polarisées pour les quatre électroaimants Ma, Ni, Na et des courants alternativement positifs et négatifs;
- Au moment ou cette rotation vient de s’exécuter, la pression de la roue sur le rochet est normale à la face inférieure de celle-ci ; lorsque la roue a tournée d’une dent, cette face est tangente au cercle décrit autour de l’axe de rotation de l’armature. Le moment d’inertie de la roue ne peut faire bouger le rochet et on est ainsi certain que la roue ne subira chaque fois qu’une rotation correspondant à une dent.
- Voici quel est le fonctionnement de l’appaireil :
- Le levier A est mis en mouvement par l’instrument dont on doit transmettre les indications; au moment où il touche un des contacts, G0 par exemple, le circuit de la pile B est fermé et le courant actionne les électro-aimants O, N4 etM.,. Les ressorts antagonistes de ces appareils sont réglés de telle sorte que M, agit le premier et attire son armature. Un contact se produit en b., et permet au courant de se rendre à la terre E., en mettant la résistance r, et le contact A, en court circuit. La came mK fait avancer R d’une dent et
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- sépare A de C4 sans production d’étincelle, grâce au circuit dérivé fermé en bK.
- Au même moment, la came nK agit sur la roue U qui avance d’une dent et, en dernier lieu, l'électro-aimant O attire son armature qui agissant sur le levier coudé V K rompt en S le circuit de la pile B. Les armatures des trois électroaimants reviennent ensuite à leur position primitive et le contact cesse en bK ; le circuit L4 n’est plus parcouru par aucun courant, même lorsque le levier K reposé sur la vis S, la communication en A, C1 ayant été précédemment interrompue.
- Dès que les rochets m4, nK sont revenus en arrière, les cliquets X et Y ont agi sur les roues
- ' La
- Téléthermomètre, d’un Télébaromètre et d’un Télémanomètre.
- M . Ch. L. Clarke de New-York, a fait breveter en Allemagne (brevet n° 36.558, du 6 octobre 1885 }, de nouveaux perfectionnements du Télémètre et l’application de cet instrument à la transmission électrique de l’heure.
- La nouvelle disposition donnée à l’appareil est indiquée par les figures 3 et 4 ; les figures 5 et 6, se rapportent spécialement à la transmission de l’heure ; les pièces accessoires n’ont pas été dessinées et sont identiques à celles des figures 1 et 2 ; les mêmes lettres désignent partout les mêmes organes.
- L’ancien appareil (fig. 1 et 2) présentait un inconvénient assez grave. Le courant de ïa pile B qui circulait dans les fils de ligne L,, L3, et excitait les électro-aimants M,, N,, Ma, N,, ne devait être interrompu en S qu’après avoir provoqué le
- dentées et ont complété la rotation; les aiguilles indicatrices H et Q se trouvent déplacées d’une division sur le cadran gradué.
- Lorsque A et C2 viennent en contact, les mêmes phénomènes se produisent, mais les mouvements de R, H, U et Q ont lieu en sens inverse.
- Une modification de l’appareil transmetteur (26 septembre 1885) est également indiquée dans le Rapport; Clarke utilise deux électro-aimants spéciaux pour la mise en court-circuit des résistances rK tt r2 (comme dans la disposition de la figure 3). Le rapport des experts (p. 87) recom mande déjà cette modification et renferme quelques indications sur l’installation spéciale d’un
- Fig. 4
- mouvement des roues R et U. Il fallait pour cela, que l’électro-aimant O chargé d’interrompre la communication K S fût réglé de manière à agir le dernier de tous ; or, il arrivait quelques fois que l’un ou même plusieurs des électro-aimants M4,N4, M2,N2, ne pouvaient attirer à temps leurs armatures, ce qui détruisait complètement la sûreté du fonctionnement.
- Pour parer à cet inconvénient on plaça l’électro-aimant O dans un troisième circuit L3 (fig. 3 et 4) lequel ne se trouve fermé que lorsque les autres électro-aimants ont fonctionné.
- L’appareil dont on veut transmettre les indications communique, comme dans le premier cas, les variations qu’il subit à un levier A relié à la terre en e et le met en contact avec l’une ou l’autre des pièces métalliques G(, C., qui sont isolées l’une de l’autre et du reste de l’instrument ; le circuit correspondant L4 ou L2 se
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- trouve alors établi à la vis de contact ou C2 ; il est formé par les électro-aimants M,,G4 ou M2, G2, les résistances r4 ou r2, les balais D4 ou D2, lesquels communiquent le premier avec C0 le second avec C2 et enfin par le levier A relié à la terre en
- Le courant fourni par la pile B de la station de réception, dont l’un des pôles communique à la terre en E2. parcourt ce circuit et excite les électro-aimants G, ou G2, leurs armatures venant toucher les vis bK ou b2 mettent en court-circuit ies résistances rK ou r2 par les dérivations j,, j2 et empêchent ainsi la production d’une étincelle entre A et Ci ou C2. Un ressort fixé au levier de l'armature, empêche un choc trop brusque sur la vis b en évitant ainsi par suite des vibrations que ce choc produirait, une rupture de contact en A ou b.
- Le courant actionnant ensuite les électro-aimants M* ou M2 produit un mouvement de leurs armatures Fj ou F2, mouvement qui se transmet à la roue R et à son aiguille indicatrice H à l’aide des rochets mK ou w2, et qui interrompt les communications entre A et C, ou C2, ces deux pièces métalliques participant à la rotation de la roue R.
- Ces armatures établissent en outre par les vis de contact dK ou d2 et les points v et s une communication entre le troisième fil de ligne L3 et la terre Er Le circuit formépar L2ou Li et la terre E0 est au même moment interrompu en c2 ou c, par les armatures d’ïG, ou G2 qui sont munies en ces points de ressorts de contact.
- A la station réceptrice, le courant de la pile B passe encore par la vis de contact S, l’interrupteur K, et arrivé au point k actionne l’un des électro-aimants Nj ou N2 et se rend dans le fil L4 ou L2 suivant le sens du mouvement transmis. Les armatures
- ou J2 étant attirées font avancer la roue U et son aiguille Qd’une dent par le moyen des rochets
- ou n2. Cette rotation correspond à celle de la roue R.
- Dans la nouvelle position des armatures J, ou J2 qui appuient sur les vis de contact ou la ligne L3 reliée à l’électro-aimant O se trouve par iiy ou k, K et S, en communication directe avec la pile B. Ce nouveau circuit est établi dès que les électro - aimants M4,N, on M2,N2, ont fernté les contacts oud2,^2, et le courant
- circulant dans O, l’armature de cet électro-aimant est attirée et vient frapper en V le levier coudé VK. Le circuit est ainsi rompu au point S.
- La course de l’extrémité du levier K est calculée de manière que le contact S ne se trouve rétabli qu’au bout d’un instant. On donne habituellement à S la forme d’une sphère, et une vis de réglage permet d’établir une légère pression sur le levier K.
- Cette disposition est un plus compliquée que la précédente ( fig. i et 2 ), mais on est certain que Télectro-aimant O ne coupera pas le circuit de la pile avant que M0N, ou M2,N2 n’aient produit leur effet.
- Dès que le circuit est rompu en S aucun des électro-aimants n’est plus parcouru par un courant, les armatures reviennent dans leur position primitive et l’appareil est prêt à transmettre une nouvelle indication.
- Si la distance entre les deux pièces métalliques Cj et C2 n’est pas suffisante ou, si l’appareil reçoit un choc brusque au moment où G,, par exemple, s’éloigne de A, un nouveau contact peut s'établir entre ce dernier organe et C2 et fausser ainsi les indications; on élimine cette cause d'erreur en ne reliant pas L, et L2 directement à et M2 mais en faisant passer le courant par les armatures G^ et G2, en deux points ci et c2 entièrement isolés du reste de l’appareil; pendant le mouvement des pièces métalliques C, ou C2, un de ces deux contacts est toujours ouvert.
- On place quelquefois en x un électro-aimant qui déclanche un signal visible dès qu’un courant circule d’une manière continue dans un des circuits, ce qui arrive quand l’appareil ne fonctionne plus régulièrement surtout par suite de l’affaiblissement du courant. L’armature de cet électroaimant porte un piston percé d’une très petite ouverture qui plonge dans un cylindre plein d'huile; lorsque le courant passe d’une manière continue, ce piston s’élève lentement et au bout de sa course déclanche un signal,
- Dans les deux appareils que nous venons de décrire, l’axe de l’aiguille Q porte un manchon de substance isolante et tournant à frottement dur; sur celui-ci sont fixées deux pièces métalliques qu’on peut mouvoir à volonté et qu’on place aux deux positions extrêmes que doit occuper l’aiguille Q. Dès que le phénomène dont on doit transmettre les variations dépasse les limites fixées, l’aiguille Q, venant toucher un de ces contacts, ferme le circuit d’une sonnette électrique, tant qu’elle se meut dans la même direc-
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- tion; dès qu’un changement de sens a lieu, le contact cesse.
- Pour enregistrer graphiquement les indications de l’aiguille Q, on établit sur son axe un engrenage qui met en mouvement un secteur denté; celui-ci, mobile autour de son centre, porte de l’autre côté de l’axe un crayon appuyant sur un disque recouvert de papier et qu’un mouvement d’horlogerie fait tourner régulièrement. Le papier porte des cercles concentriques correspondant aux degrés à indiquer, et des lignes à peu près rayonnantes, se rapportant aux jours et aüx heures. La forme de ces divisions est telle, qu’un léger excédent de poids du crayon force celui-ci à se diriger toujours vers le centre du disque.
- Fig. 5
- L’installation que nous venons de décrire peut s’appliquer avec avantage à la transmission électrique de l’heure; les figures 5 et 6 indiquent la disposition que l’on emploie habituellement.
- L’horloge principale met en contact à intervalles réguliers, chaque minute, par exemple, le levier C (fig. 5) avec la pièce métallique c et ferme ainsi le circuit de la pile B, dont un des pôles est relié à la terre en E. Le courant passe par l’interrupteur SK, traverse la résistance r et le contact cC, puis actionne l’électro-aimant G; l’armature de celui-ci ferme en y un circuit dérivé. Lecourantse rendantau fil de ligne L par^vrcpG peut passer maintenant par qypG, et sa durée est ainsi indépendante de la durée de contact
- L
- I
- Fig. 6
- en c C; celui-ci a lieu pendant une seconde environ. La résistance r empêche l’accroissement trop rapide de l'intensité du courant.
- Les électro-aimants M (fig. 6) des horloges secondaires sont placés en tension sur le fil de ligne L, et le dernier d’entre eux est en communication avec la terre. Un second fil L^ L2 (fig. b et t>) quitte le précédent en v (fig.5) et peut relier entre elles les leviers d’armatures h de toutes les horloges; il va ensuite à la terre. Mais ce second circuit L4 L3 est habituellement ouvert à chaque levier h et ne se ferme en Z que lorsque les armatures h sont attirées. Il est alors parcouru par un courant, jusqu’à ce que l'électro-aimant O ait ouvert en KS les deux circuits L et L^ L2 à la fois. Les armatures h des électro-aimants de toutes les horloges retombent alors et font avancer d’une minute l’aiguille de chaque appareil.
- Ce système de mise en mouvement des roues dentées est, dans ce cas, préférable à celui que
- nous avons décrit plus haut, parce que la force motrice étant empruntée à un ressort, est indépendante de la puissance de la pile B; celle-ci doit seulement fournir un courant assez énergique pour attirer les armatures des électroaimants de chaque horloge.
- K... E
- SUR LES
- DYNAMOS COMPOUNDS
- M. Marcel Deprez a montré dans ce journal (<), le rôle important que joue la caractéristique d’une dynamo dans les questions relatives à la distribu-
- (i) T. V, p. 326.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 356
- tion de l'électricité. Malgré de nombreuses recherches, il existe encore beaucoup d'incertitude sur l’équation de la caractéristique. On peut, toutefois, obtenir un certain nombre de résultats sans qu'il soit nécessaire d’avoir recours à cette équation : les dynamos compounds en offrent un exemple.
- Les électro-aimants de ces machines sont excités à la fois en série et en dérivation. Le conducteur en série comprend une résistance variable x entre l’un des balais et une borne de la machine, et à la suite une hélice faisant un nombre de tours n, terminée au second balai de la machine. Le conducteur en dérivation est formé par une hélice faisant un nombre de tours n', dont les extrémités sont fixées aux balais.
- Si l’on appelle r la résistance de l’hélice en série, r' la résistance de l’hélice -en dérivation, i l’intensité du courant en série, i' l’intensité du courant en dérivation, le courant d’intensité i traverse la résistance x -(- r, le courant d’inten-sité i' traverse la résistance r' ; un courant d’intensité i -j- z" traverse intérieurement la dynamo.
- En appelant p la résistance intérieure de la machine, E sa force électromotrice à une certaine vitesse, l’intensité du courant i est, d’après la formule des courants dérivés,
- . ____________Er;_________
- ~ p (x + r + r') + (a: + r) r‘
- L’intensité i' du courant en dérivation est liée à l’intensité i du courant en série par la relation
- i' r' = i (x + r)
- Les électro-aimants sont excités par un courant dont l’intensité est représentée par ni
- Imaginons en un point de la caractéristique la tangente à cette courbe. La courbe peut se confondre avec la tangente dans une certaine étendue ; l’équation de la caractéristique dans cette région, est de la forme
- E — a (n i -j- n' i ') + b
- eh désignant par a et b deux constantes. La première de ces constantes a est le coefficient angulaire de la droite considérée, la seconde constante b est l’ordonnée de la droite à l’origine. Les
- deux constantes a et b se rapportent à une certaine vitesse de la machine.
- Si l’on considère une même machine à deux vitesses différentes, les caractéristiques sont liées par une relation très simple : les ordonnées des deux courbes qui correspondent à une même abscisse, sont entr’elles dans le rapport des vitesses. Par suite, les constantes a ex b sont toutes deux proportionnelles à la vitesse de la machine.
- La quantité b peut se représenter par l’expression
- b = K a
- en désignant par K un coefficient indépendant de la vitesse de la machine.
- En éliminant E et i' entre les trois premières équations, l’intensité i du conrant extérieur est liée à la résistance variable x par la relation
- i |p (r+r1) + r r' -f- x (p -f r')j =ai jnr’-f-n’ (r+a;)j-f br
- La différence de potentiel aux bornes e, a pour expression :
- c = i x
- En introduisant cette notation, la relation précédente devient :
- (1) i | p (r+r'l+rr'—«(nr'+n’r) j + e (p-f r' — an') = br'
- Différence de potentiel constante. — On obtient une différence de potentiel constante aux bornes de la machine en égalant à zéro le coefficient de i. La vitesse de la machine est réglée par la condition
- ' a(n r' n’ r) = ç {r r') -j- r r'
- La différence de potentiel est alors
- p -j- r — a 11 p + r' — an
- En remplaçant a par la valeur tirée de l’équation précédente,
- C = K pJZ±LL±IJL’
- «+ tp + r’) — n'p
- Pour que la valeur de e soit positive, le déno-
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- minateûr doit être positif. Les nombres de spires en série et en dérivation doivent satisfaire à la condition
- n[p + r') — n‘ p > o
- D’ailleurs, la valeur de e est d’autant plus grande que le dénominateur est plus voisin de zéro ; il y a donc avantage, au point de vue de la production d’une grande différence de potentiel aux born.es, à choisir n et n' de manière à se rapprocher de la relation
- n __ p
- n' p + r'
- En réalité, le nombre n des spires en série doit être un peu supérieur à la valeur déterminée par cette dernière relation.
- Courant d’intensite constante. — On obtient un courant d’intensité constante entre les bornes de la machine, en égalant à zéro le coefficient de e dans la relation (i). La vitesse de la machine est réglée par la condition
- a n' = p + r'
- L’intensité du courant extérieur est alors
- . b r’
- 1 p \.r + r') + rr' — a \ri r' + n' r)
- En remplaçant b en fonction de a, en remplaçant a par la valeur précédente
- n' p — n (ç + r'j
- Pour que la valeur de i soit positive, le dénominateur doit être positif. Les nombres de spires en série et en dérivation doivent satisfaire à la condition
- n’ p — n (p + r') > o
- D’ailleurs la valeur de i est d’autant plus grande que le dénominateur est plus voisin de zéro ; il y a donc avantage au point de vue de la production de courants intenses, à choisir n et n', de manière à se rapprocher de la relation
- n p
- n' " p + rj
- En réalité, le nombre des spires en série doit être un peu inférieur à la valeur déterminée par cette dernière relation.
- Cette relation est la même dans les deux cas. Que l’on veuille obtenir une différence de potentiel constante aux bornes ou un courant d’intensité constante entre les bornes, les nombres de spires des deux hélices doivent satisfaire, approximativement, à une même condition; seulement, suivant le cas, le rapport du nombre des spires en série au nombre des spires en dérivation doit être un peu supérieur ou un peu inférieur à une valeur limite égale au rapport de la résistance intérieure de la machine à cette même résistance augmentée de la résistance de la dérivation.
- La limite est indépendante de la vitesse de la machine et de la position du point considéré sur la caractéristique.
- Longue dérivation. — La dérivation peut être fixée par une de ses extrémités à un balai, par l’ciitre extrémité à la borne de la machine. M. S.-P. Thompson désigne cette disposition sous te nom de longue dérivation (*).
- Le courant d’intensité i traverse la résistance variable x, le courait d’intensité i' traverse la dérivation dont la résistance est r'; un courant d’intensité i -(- i' traverse l’hélice en série de résistance r et la machine dont la résistance intérieure est c.
- Si l’on considère le circuit formé par la résistance variable, l’hélice en série et la machine, on a la relation
- E == i x + (ï + i') (r + P)
- Les intensités i et i' des deux courants sont liées par la relation
- i x = V r9
- Si l’on confond la caractéristique avec la tangente dans une certaine étendue, l’équation de la caractéristique est
- E = a (n i + ?i' i ') + b
- (!) Traité théorique et pratique des machines dynamoélectriques; trad. E. Bcistel; p. 98, 25g et suiv.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La différence de potentiel aux bornes e a pour expression
- e = i x
- li machine, en égalant à zéro le coefficient de e dans la relation (a). La vitesse de la machine est réglée par la condition
- On déduit des équations précédentes une rela-entre i et e,
- (2) i(r + p- «n)+e(i+ —p-5 — « ) — b
- Différence de potentiel constante. — On obtient une différence de potentiel constante aux bornes de la machine, en égalant à zéro le coefficient de i. La vitesse de la machine est réglée par la condition
- an = r + p
- La différence de potentiel est alors ______________________b________
- e~, +rirp_„îL±J!i:
- r r
- En remplaçant b en fonction de a, en remplaçant a par la valeur précédente,
- Pour que la valeur de e soit positive, le dénominateur doit être positif. Les nombres de spires en série et en dérivation doivent satisfaire à la condition
- n r' — n' (r + p) |> o
- D’ailleurs, la valeur de e est d’autant plus grande que le dénominateur est plus voisin de zéro; il y a donc avantage, au point de vue de la production, d’une grande différence de potentiel aux bornes à choisir n et n', de manière à‘se rapprocher de la relation
- n r -1- p
- n* r'
- En réalité, le nombre n des spires doit être un peu supérieur à la valeur déterminée par cette dernière équation.
- Courant d'intensité constante. — On obtient un courant d’intensité constante entre les bornes de
- I a (n + w‘) = r + r’ + p
- L’intensité du courant extérieur est alors
- .______b____
- r + p — an
- En remplaçant b en fonction de a, en remplaçant a par la valeur tirée de l’équation précédente,
- i = Kr±ri±i-,
- n+ p) — n r
- Pour que la valeur de e soit positive, il faut que le dénominateur soit positif. Les nombras de spires en série et en dérivation doivent satisfaire à la condition
- n’ (r + p) — n r’ > o
- D’ailleurs, la valeur de i est d’autant plus grande que le dénominateur est plus voisin de zéro; il y a donc avantage, au point de vue de la production des courants intenses, à choisir n et n de manière à se rapprocher de la relation.
- n r + p n'~^ r*
- En réalité, le nombre des spires en série doit être un peu inférieur à la valeur déterminée par cette dernière relation.
- Cette relation est la même dans les deux cas. Que l’on veuille obtenir une différence de potentiel constante aux bornes ou un courant d’intensité constante entre les bornes, les nombres de spires des deux hélices doivent satisfaire, approximativement, à une même condition; seulement, suivant le cas, le rapport du nombre des spires en série au nombre des spires en dérivation doit être un peu supérieur ou un peu inférieur à une valeur limite égale au rapport de la somme des résistances de la machine et de l’hélice en série à la résistance de la dérivation.
- La limite est indépendante de la vitesse de la machine et de la position du point considéré sur la caractéristique.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITE
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- M. Silvanus P. Thompson, dans l’ouvrage déjà cité, a déduit de considérations théoriques différentes le rapport qui doit exister entre le nombre des spires en série et le nombre des spires en dérivation, dans chacun des quatre cas que l’on vient d’examiner. Voici les rapports donnés par M. S.-P. Thompson :
- DYNAMOS EN SÉRIE ET EN DÉRIVATION Distribution sous potentiel constant — courant constant.
- DYNAMOS EN SÉRIE ET EN LONGUE DÉRIVATION
- n ____p 4- r
- n' ~ r' + p
- n ____ p -)- r
- Distribution sous potentiel constant.
- courant constant.
- n p
- n' — p -f- r'
- n _____p -t- r
- n' r'
- Cette dernière formule coïncide avec celle que l’on vient d’indiquer.
- J. Moutier
- ÉTUDES SUR
- LES MACHINES DYNAMOS
- LA CARCASSE
- Dans une machine dynamo-électrique, on peut distinguer deux parties, la carcasse magnétique dont le but est de produire un champ magnétique aussi volumineux et aussi intense que possible; et l’enroulement de l’induit dont le but est d’utiliser ce champ le mieux possible pour la production de l’énergie électrique. Chacune de ces parties peut être étudiée séparément; et c’est peut être la meilleure manière de se rendre compte des avantages et des inconvénients des différents systèmes.
- On peut admettre en gros que dans une machine quelconque bien entendue, l’énergie engendrée est proportionnelle :
- i° Au volume du champ magnétique V ;
- 2° A l’intensité H de ce champ ;
- 3° A la vitesse de translation v des fils ;
- 4° A la densité 5 du courant dans ceux-ci.
- Plus le champ magnétique est énergique, moins les réactions nuisibles de l’induit se feront sentir, de sorte qu’on cherche maintenant à produire un champ aussi intense que possible et la première question qui se pose est de savoir que-s sont les meilleurs moyens à employer dans ce but, et comment il faut disposer la carcasse pour que la dé-
- Fig, 1
- pense de premier établissement soit faible, et pour que l’excitation coûte le moins possible.
- La science électrique est assez avancée en ce moment pour qu’on puisse se rendre un compte suffisamment exact de la question.
- La première remarque à faire, c’est qu’il faut donner partout au circuit magnétique de la carcasse une section suffisante pour le nombre de lignes de force que l’on veut y faire passer.
- Si l’on se propose d’obtenir un champ magnétique de 5ooo unités G. G. S. par exemple, il faudra donner au fer des électros, de la culasse et de l’induit, une section égale au moins au tiers de la surface du champ magnétique, autrement le fer s’approcherait trop de la saturation et présenterait une trop grande résistance magnétique.
- La deuxième remarque concerne l’énergie nécessaire au maintient du champ magnétique ; on dépensera toujours moins d’énergie à produire un champ magnétique de volume V et d’intensité H, au moyen d’un seul circuit magnétique (fig. i), qu’au moyen de circuits multiples comme dans le cas de la figure 2.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les circuits magnétiques sont indiqués par des lignes pointillées dans ces figures.
- En effet, c’est l’air (entrefer) qui forme la principale résistance au flux des lignes de force, dans les circuits magnétiques de nos machines.
- Cet entrefer restant le même dans les deux figures, il faudra avoir un même nombre d’ampères-tours pour l’excitation du circuit magnétique unique de la figure 1 que pour chacun des circuits de la figure 2 ; et l’on se rend compte facilement que pour une même surface du champ magnétique, il faudra employer plus de fil dans la disposition de la figure 2 que dans celle de la figure 1, et que par suite, il faudra dépenser plus d’energie pour l’excitation dans le premier cas
- Fig. 2
- que dans le second. Un seul circuit magnétique est donc préférable à ce point de vue là.
- La question change de face si l’on considère le poids du fer, on voit en effet que quoique les volumes des champs restent les mêmes ainsi que la section totale S = s, -f +^ + *4 + ^ + ^’ la machine multipolaire (fig. 2) sera beaucoup plus légère.
- Cette considération nous permet de comparer les avantages et les inconvénients respectifs des machines bipolaires et des machines multipolaires.
- A égale puissance, les machines multipolaires peuvent être rendues plus légères, mais les machines bipolaires auront un meilleur rendement.
- A même volume de champ magnétique et même vitesse périphérique des fils, on peut donner facilement et économiquement aux machines multipolaires un grand diamètre d’anneau, en réduisant sa longueur, ce que l’on ne peut pas faire rationnellement pour une machine bipolaire. Les
- premières auraient , par conséquent, une vitesse angulaire plus faible, ce qui est un avantage souvent très considérable, surtout dans l’emploi de ces machines comme moteurs (réceptrices).
- Par contre, l’enroulement de l’induit et la jonction des lames du commutateur seront plus compliqués dans les machines multipolaires que dans les bipolaires.
- Nous avons réuni dans le tableau suivant (page 361), quelques-uns des types de carcasses les plus connus ou les plus caractéristiques, choisis entre beaucoup d’autres.
- On remarquera qu’un certain nombre des meilleurs constructeurs tels que Weston, Grompton et d'autres, emploientpour leurs machines bipolaires une carcasse à deux circuits magnétiques ; ceci provient de ce que, passé une certaine puissance, le rendement électrique des machines bien construites devient si élevé, g5 à 97 0/0, que cela n’a plus une grande importance si l’on perd un peu plus ou un peu moinspour l’excitation des électros; les raisons de symétrie parlent alors plus haut que la petite économie que l'on pourrait réaliser dans l’excitation, tandis que cette question est bien plus importante pour les machines multipolaires, de moyenne puissance, dont le rendement est en générai, assez mauvais.
- C’est ainsi que la disposition des nouvelles machines Siemens et Halske Ganz et Cle , de l’ancienne machine Gramme à courants alternatifs (fig. 3), avec électro-aimants intérieurs est préférable au point de point de vue du rendement, à la disposition à pôles conséquents de Thury (fig. 4) , qui présente pour le même nombre de pôles un nombre double de circuits magnétiques.
- La machine Gramme, fig. 5, appartient aussi à la première catégorie, en effet, les circuits magnétiques ne se divisent qu’en dehors des bobines excitatrices ; mais cette dernière forme de carcasse est encombrante.
- Dans ces derniers temps, plusieurs inventeurs se sont efforcés d’envelopper les bobines des électro-aimants plus ou moins complètement de fer. (Dynamo Kennedy (fig. 6), Lahmeyer (fig. 7), Eickemeyer (fig. 8), Wenstrom), de manière, d’un côté, à utiliser le plus possible l’action magnétisante des spires ; d’un autre côté , de perdre le moins possible de lignes de force à travers l’air.
- Dans les machines Wenstrom, Hopkinson, etc., on s’est efforcé de créer des machines multipolaires à un seul circuit magnétique; c’est-à-dire
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- Pig, 3, — Machine Gramme à courant alternatif
- Fig. 6. — Machine Kennedy
- Pig. 7. Maehine Hoehhausen ; van Depoele ; Lahmeyer
- Fig. 5. — Maehine Gramme 1885
- Edison-Hopkinson
- Fig. 4. — Maehine Thury
- Fig. 11. — Crompton
- Fig. 12. — Weston
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- que les pièces polaires d'un gros électro-aimant au lieu de former deux pôles , comme dans une machine bipolaire, sont divisées en dents se pénétrant alternativement les unes les autres, et formant, par rapport à l’induit, autant de pôles alternés, comme dans une machine multipolaire.
- W. G. Rechniewski
- ÉCLAIRAGE
- DE LA SALLE DE CONCERTS
- DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE
- DE LA VILLE DE LIÈGE
- La ville de Liège inaugurait, le 3o avril dernier, la nouvelle salle de concerts de son Conservatoire de musique.
- Un concert solennel, auquel assistaient plusieurs ministres et l’élite de la Société Liégeoise, a été donné à cette occasion, et cette cérémonie, fort brillante, du reste, empruntait un nouvel éclat à l’éclairage électrique, qui a été adopté d’une manière exclusive.
- Cet éclairage avait été donné par contrat à MM. Pieper, les constructeurs bien connus de Liège, et ces Messieurs l’ont effectué d’une manière à la fois très hardie et très heureuse, et qui leur fait le plus grand honneur.
- L’ensemble des locaux éclairés comprend d’abord la salle proprement dite, fort coquettement décorée de dorures mates et ornée d’un plafond à teinte claire du meilleur effet. La scène est un vaste plan incliné, sans décorations murales, et telle qu’il convient pour une scène destinée uniquement aux concerts. Elle peut contenir 600 exécutants.
- Le foyer, les escaliers et le vestibule sont également éclairés électriquement.
- Enfin, une lampe placée sous le porche extérieur complète l’éclairage d’ensemble.1
- La particularité la plus remarquable, et qui donne un réel intérêt à cette installation, est l’emploi général de l’arc voltaïque, à l’exclusion de toute lampe à incandescence.
- Il n’y a pas de lustre dans la salle. Dix lampes à arc sont disposées circulairement autour de la
- coupole cii culaire. La scène reçoit la lumière de six lampes suspendues au plafond. Bien qu’elle offre une superficie au moins égale à celle de la salle, elle paraît beaucoup plus éclairée, grâce aux teintes claires des peintures.
- Le foyer est éclairé par trois lampes. Les escaliers menant du vestibule au foyer par quatre. Enfin, trois autres lampes éclairent le contrôle.
- L’effet d’ensemble de cet éclairage est très satisfaisant : la lumière est très douce et l’œil ne ressent aucune fatigue.
- Deux causes principales concourent à cet effet : d’une part, la fix.té absolue de la lumière, et de l’autre, l’harmonie des teintes de la décoration, qui a été très manifestement conçue en vue de l’éclairage voltaïque, et qui est très réussie.
- Tout le matériel électrique de cette installation a été construit sur les plans et par les soins de M. H. Pieper, qui a également dirigé toute l’installation.
- La lampe à arc est d’un modèle nouveau, qui diffère complètement de celui qui a été décrit dans ce journal. Nous y reviendrons prochainement en détail, avec les figures nécessaires. Disons seulement que cette lampe se distingue en ce que le point lumineux y est fixe, avantage sérieux, car lorsqu’on l’entoure d’un globe dépoli on évite de voir changer complètement l’aspect du foyer lumineux à mesure que le charbon s’use. De plus, le mécanisme occupe, à la partie supérieure de la lampe, un volume très restreint. On peut alors le masquer facilement dans la galerie qui surmonte le globe, et l’ensemble présente un aspect d’autant plus satisfaisant qu’on est moins habitué à voir des lampes dépourvues de cette cage volumineuse qui fait le désespoir des appareilleurs. Le globe de 40 centimètres convient très bien à cette lampe, et toute la lanterne n’a pas plus de 60 centimètres de hauteur.
- Le fonctionnement de cette lampe est très sûr et à l’abri des dérangements que la poussière et surtout l’humidité apportaient quelquefois dans l’ancien modèle.
- La salle des machines est naturellement située dans les sous-sols de la salle. On y a installé deux moteurs à gaz Otto de 20 chevaux, à deux cylindres, construits parla maison Fétu et Deliège, qui sont alimentés par les conduites de la ville. Chacun d’eux commande directement par simple courroie une dynamo Pieper.
- Cette machine sera également décrite en détail
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 3*3
- par la suite. Elle est remarquable par sa facilité de conduite et par la disposition toute spéciale de son armature. Celle-ci est constituée par des barres de métal nu, et l’on a pu obtenir une construction assez parfaite pour que tout isolant fût inutile. En même temps, elle est parfaitement balancée, grâce à la symétrie absolue de toutes ses parties. Ce mode de faire réduit, dans une grande mesure, les chances d’arrêt, en même temps qu’il facilite le refroidissement par ventilation.
- Les inducteurs sont disposés latéralement, mais inclinés vers le bas, et boulonnés sur deux consoles fondues avec le bâti. La machine offre ainsi l’apparence d’un A, dont l’armature occupe la partie supérieure. Son collecteur et ses paliers sont ainsi amenés à portée de la main, ce qui en facilite beaucoup la surveillance et l’entretien. Une circulation d’eau existe autour des coussinets, et les maintient froids.
- Les conducteurs principaux aboutissent à un tableau de distribution, d’où repartent les conducteurs des lampes.
- Suivant un mode de faire qui paraît se généraliser dans les installations d’arcs voltaïques en dérivation, le circuit individuel de chaque lampe par du tableau même de distribution. On s’assure ainsi, ati prix d’une complication . un peu plus grande dans l’installation, de sérieux avantages.
- En particulier, on peut faire en ^orte quesi une avarie vient à se produire qui nécessite l’arrêt de l’une des machines, tous les locaux n’en restent pas moins éclairés par une partie des lampes. Le contrôle de l’installation est ainsi sous la main du mécanicien.
- Après avoir traversé des résistances fixes, les fils se rendent dans les différentes salles à éclairer. Une partie du parcours se fait en plein air et verticalement.
- Les fils sont disposés en rangées parallèles sur des porcelaines, et toute cette partie de l’installation a été exécutée avec un soin qui donne toute garantie pour l’avenir.
- Il existe, en Belgique, un très grand nombre d’installations de lumière électrique ; mais il faut reconnaître qu’il s’en faut de beaucoup qu’elles soient à l’abri de tout reproche. Assez généralement les machines sont défectueuses, et la pose des fils assez peu soignée.
- Celle du Conservatoire de Liège est une exception heureuse qu’il convenait de signaler et qui
- fait le plus grand honneur à MM. Pieper, qui ont pu dans un délai de deux mois créer et installer le matériel tout entier dont nous avons constaté la valeur.
- E. Meylan
- LES LAMPES A ARC (')
- Le charbon supérieur F de la lampe de M. Pieper est commandé par deux bobines AA' (fig. t-5)
- Fig. 1, S et 3. — Pioper
- dont les pôles N S attirés vers les pièces S'S" fixées auchassisde la lampe, le font tourner dans le sens de la flèche par l’adhérence de leurs mâchoires S' N' (fig. 4) attirées sur le fer du porte-charbon et prolongées par des vis en bronze G faisant écrou dans le bloc fixe B, de sorte qu’elles font en même temps descendre le charbon par un mouvement héliçoïdal.
- Dès queles pôles N et S des bobines AA' arrivant près des pièces polaires S' S.,, le commutateur b b' leur interrompt le courant en b, comme l’indique la position que prend alors le ressort de commutation l (fig. 3, traits pointillés) de sorte que le
- (i) Voir La Lumière Electrique des nî et 3o avril 1887.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ressort R ramène les bobines en arrière dans la position indiquée en pointillés sur la figure 3.
- Les bobines AA' pivotent de nouveau et continuent ainsi la descente du charbon jusqu’à ce que l’intensité du courant dérivé soit trop faible pour les ramener malgré le ressort R, dont l’antagonisme peut être aussi atténué qu’on le veut par le ressort R’.
- L’amorçage est produit, comme dans la lampe Sellon par l’attraction des électros L sur l’arma-, turef, solidaire du charbon inférieur.
- Enfin, le porte-charbon T a son mouvement contrôlé par un encliquetage h (fig. 5) qui ne lui permer de tourner que dans un sens, celui de la descente, et l’empêche ainsi, par son frottement, de descendre sous l’action seule de son poids.
- Le fonctionnement de la lampe à deux charbons de M. Johnnson est le suivant:
- L’amorçage a lieu par l’action du solénoïde en
- Fig. 4 et 5
- série n, qui, dès la mise en train, attire l’un vers l’autre les armatures G et H, et sépare les charbons par la levée du croisillon K. Ce croisillon attaque les charbons T S par deux tringles t t', dont les butées v v sont disposées de façon que le charbon S parte avant le charbon T. Ces tiges tt' attaquent les charbons par les embrayages représentés en détail sur les figures 8 et çydont les ouvertures u2 coincent et entraînent les charbons qui les traver-sent lorsqu?on les soulève autour de leurs axes u u!, et laissent, au contraire, les charbons retomber quant ils occupent la position horizontale représentée par la figure 8. Les mouvements du croisillon K sont, comme on le voit, atténués par un dash-pot ou frein à liquide L.
- Le réglage s’opère par le solénoïde à fil fin o, dérivé sur le circuit en opposition avec l’électron, et qui, dès que la résistance de l’arc augmente au delà d’une certaine limite, abaisse l’armature H de façon à laisser retomber d’abord le charbon S, dont l’arc est moins long que celui du charbon T, puis, s’il le faut, le charbonT, jusqu’à ce que la résistance des deux arcs ait repris sa valeur de régime.
- A mesure que les charbons S et T se brûlent, les chaînes d’équilibre Y se déroulent de leurs puits i de façon à compenser la diminution de leur poids. Lorsque les charbons S et T arrivent successivement à leur limite d’usure, les bords supérieurs de leurs tubes U V viennent, en ap-
- Fig. 8 et 7. — Johnnson (1885)
- puyant sur les tiges x x‘, faire descendre le croisillon K et les ameneer au contact des charbons inférieurs; en même temps, les bords des tubes appuient sur les contacts p et q de manière à détourner le courant du solénoïde o, qui ne court ainsi aucun risque de brûler.
- La conjugaison des appareils de réglage de la lampe à deux arcs de M. H. Mather est très ingénieuse. A l’origine, (fig. io) les charbons des deux arcs sont séparés par les ressorts des débrayages 3 ;
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- mais, dès que le courant passe du pôle positif P au pôle négatif N par les fils a et b, aux deux arcs, suivant les trajets respectifs
- P. a aK a2 dérivation d d2 N.
- P. b bK b2 dérivation c c2 N.
- Fig, 8 et 8« — Johnnson, détail du frein
- l’action des solénoïdes a{ ct, bK dh amène les charbons au contact, de sorte que la plus grande par-
- .—o +
- j-s y'
- Fig. 10. — H. Mather (1884)
- tie du courant traverse les lampes suivant les trajets
- P. a a{ a2 a:i a'1 a;i aG N.
- P. b bt b2 b.4 b,t b- b(. N,
- moins résistants que les dérivations.
- Il résulte, du sens des enroulements, que l’action des solénoïdes d1 bt s’ajoutent alors, tandis que celles de a^ et de c{, se contrarient, de sorte queles charbons de la lampe A se rapprochent plus que ceux de la lampe B qui ne tardent pas à se séparer complètement en laissant le courant passer en entier par la lampe A et sa dérivation do, et que cette dernière lampe se met à fonctionner comme une lampe indépendante, isolée, réglée par un solénoïde en dérivation.
- Lorsque les charbons de la lampe A sont consumés, le courant est interrompu dans aK (le charbon a3 étant arrêté par le taquet 3), de sorte que l’influence du solénoïde dérivé agissant seule, amène les charbons b3 b3 au contact, et fait partir la ,
- lampe B.
- On voit, d’après cette description , que les solénoïdes de la & lampe B n’agissent en différentiel que pendant la marche de la lampe A, et ceux de la lampe A en concordance que pendant le fonctionnement de la lampe B.
- Nous terminerons ces quelques notes par la description de la il
- bougie annulaire du capitaine Gre- , L gory Ignatiev. Le charbon négatif !
- b est entouré par un charbon a _ _
- relié au pôle positif de la dynamo o*r et séparé du charbon négatif par i
- un cylindre de kaolin, ou même Pie- 11
- par une simple couche d’air.
- On a ainsi une variante de la’ bougie Ja-blochkoff, marchant avec des dynamos à courant continus plus économiques et moins bruyantes, le tout est que le charbon extérieur résiste bien, ne se fendille pas et suive exactement l’usure du charbon intérieur; il doit, à cet effet, présenter une section 4,9 fois plus grande que celle du charbon intérieur. Les proportions habituellement adop-
- tées par M. Ignatiev, sont :
- m.m*
- Diamètre du charbon intérieur négatif. 4,2 Epaisseur de l’espace annulaire compris entre les deux charbons ........ 2,5
- Epaisseur du charbon intérieur positif. 1,9
- Diamètre de la bougie................ i3,
- Longueur...................... 320,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Ces bougies durent six heures.
- Le charbon extérieur prend en brûlant la forme effilée indiquée au haut delà figure au dessous de l’amorce J (*). La lumière serait, d’après M. Igna-tief, très stable et très agréable.
- Gustave Richard
- COURBES MAGNÉTIQUES
- IbOGONIQUES (2)
- Dans un premier article, nous avons indiqué
- Fig. 5. — Aimant fixe horizontal dans le plan du méridien magnétique Courbes tracées par le centre de la boussole' mobile.
- les courbes qui "se rapportent aux cas où l’aimant est mobile, et où il est situé dans le plan de l’aiguille.
- 6e cas. — L’aimant mobile est vertical.
- On peut placer l’aimant perpendiculaire au plan de projection des courbes. Celles-ri diffèrent alors peu de celles du premier cas. Toute- ( fois pour les angles plus petits que 90% le pôle
- (l) Anal. Larme Buicks. La Lumière Électrique, 26 janvier 1884, p. -203.
- Voir La Lumière Electrique du 14 avril i88ÿ.
- de l’aimant doit être alors plus rapproché de l’aiguille que dans le cas où l’aimant est dans le plan de cette aiguille. Parce que, dans cette première situation, le second pôle (boréal) du barreau est moins éloigné que dans le second de celui de l’aiguille et détermine par suite une répulsion plus grande. Au-delà de qo°, c’est l’inverse qui a lieu: en sorte qu’une courbe, celle de i5°, par exemple, dans le cas présent où l’aimant est perpendiculaire au plan des courbes, se trouvé, dans
- . 6. Aimant fixo dans le plan du méridien magnétique, son pôle austral tourné vers le pôle boréal de la terre ; courbes tracées par los pôles do l'aiguille.
- sa première partie, plus rapprochée de l'aiguille et, dans la seconde, plus éloignée. L’écart maximum, dans nos dispositions expérimentales est de 2 5 millimètres. A go°, elle n’est plus que de 5 millimètres. Le point de croisement des courbes, sur la trace du méridien magnétique, est à 4 millimètres en dedans, par rapport à la courbe de 15° de la figure 1. Des modifications analogues ont lieu pour les autres courbes. — Passons maintenant aux cas inverses des précédents :
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÈLEC TRICITÊ
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- L’aimant était fixe et au contraire, l’aimant de manière que, dans ses positions successives, l’aiguille fasse un angle déterminé, 15° par exemple, avec le méridien magnétique. Nous aurons ainsi une courbe correspondant à cet angle de i5#. En opérant de même pour d’autres angles, de 3o°> 45°, etc. on aura un système de courbes relatives aux dispositions particulières qu’on aura adoptées dans la série des expérien:es.
- ior cas. — L'aimant fixe 0 a son axe polaire dirigé suivant la trace horizontale du méridien magnétique du lieu. Le diamètre 0——1800, de la boussole, reste parallèle au méridien magnétique, dans tous les déplacements qu’on fait subir à cetfe boussole. Ce sont les positions successives du centre de celle-ci marquées sur le plan de projection et dont l’ensemble forme la courbe relative à un angle déterminé (fig. 5).
- Dans ce même cas,
- la boussole mobile; fixons, j fixe est horizontal et placé sur la trace du méri-et déplaçons la boussole, | dien magnétique, les courbes de la figure 6 ont
- été tracées au moyen de points marqués par le pôle austral (pointe bleue) de l’aiguille, pour la région boréale et par le pôle boréal pour la région australe.
- Suivant que le pôle austral de l’aimant est tourné vers le pôle boréal ou vers le pôle austral du globe terrestre, on a la figure 6 ou la figure 6 bis.
- 20 cas. — Lai-niant est fixé perpendiculairement à la trace du méri-
- Aimant fixe, le pôle boréal do l’aimant tourné vers la pôle boréal dien magnétique.
- bis.
- de la terre.
- Fig. 7. — Aimint fixe horizontal perpendieul e au méridien magnétique.
- Le système des courbes obtenues dans ces conditions parti culières est moins simple que dans les cas précédents ; on y distingue trois axes de symétrie : la trace du méridien magnétique, la perpendiculaire à cette ligne et une droite inclinée d’environ 45 degrés sur l’une et l’autre.
- Ces trois axes se coupent en un même point qui est le centre de la figure totale. Chacun de
- c’est-à-dire quand l’aimant
- (l) Aimant : longueur 115 millimètres, largeur 10 millimètres, épaisseur 4 millimètres, forée portante 12 gram-
- ces axes partage donc la figure en deux parties égales qui sont
- mes. Aiguille losange ; longueur 70 millimètres, largeur 10 millimètres, épaisseur o,5 millimètre ; force portante 1,8 gr.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Dans la figure.7, les courbes ont été tracées par points marqués de l’extrémité antérieure de l’aiguille, la plus rapprochée de l’aimant. Ce procédé correspond à celui du troisième cas des courbes décrites par l’aimant mobile parallèle au méridien magnétique (1).
- 3e cas. — L’aimant fixe est vertical (2).
- Les courbes qui correspondent à ce cas sont
- Fig. 8. Aimant vertical ; polo nord en bas. Fig. 8 bis. — Superposition des effets dos deux pôles.
- superposables en faisant faire à l’une des moitiés de la figure une demi-révolution autour de son axe et du centre de symétrie, la première moitié demeurant fixe.
- Pour peu que les deux moitiés de l’aimant ou de l’aiguille soient d’inégale force, ou que le magnétisme n’y soit pas régulièrement distribué, une dissymétrie plus ou moins apparente se produit inévitablement.
- analogues à celles de l'aimant mobile vertical :
- Lorsque le pôle austral de l’aimant est tourné vers le bas, on a la figure 8.
- Si l’on superpose les deux systèmes de courbes on a la figure 8 bis.
- Enfin, si chacun des pôles de l’aimant est placé en bas, pour la moitié de son système de courbes, on a la figure 8 ter.
- Pour déterminer facilement les diverses positions du centre de l’aiguille, la boussole est fixée sur une plaque de bois carrée dont les côtés sont parallèles aux diamètres (o* — 183°) et (3o°— 270°) que l’on prolonge sur cette plaque. On fait usage de papier quadrillé au millimètre et l’on marque en abscisses et en ordonnées les nombres correspondant aux divisions, ce qui permet d’apprécier exactement la position du centre de l’aiguille pour des angles déterminés.
- — La complexité des systèmes de courbes dans les différents cas examinés, montre qu’il serait difficile de soumettre la question au calcul, dans le but de trouver une formule, même empirique, capable de représenter tous les cas; tandis que les relations géométriques entre les trois éléments du problème (forces magnétiques du globe, de l’aiguille et de l’aimant) sont mises en évidence par le procédé graphique qui a donné les courbes précédentes.
- (*) Aimant : longueur 120 millimètres, largeur 10 millimètres, épaisseur 4 millimètres; force portante 60 gr.
- Aiguille losange : longueur Go millimètres, largeur 10 millimètres, épaisseur 1 millimètre ; force portnnte 2 gr.
- (2j Aimant : longueur gi,5 millimètres, largeur à millimètres, épaisseur 2,5 millimètres ; force portante 22 gr.
- Aiguille : longueur 60 millimètres, largeur 10 milli mètres, épaisseur 1 millimètre; force portante 3 gr.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- L’action d’un aimant en fer à cheval, sur l’aiguille aimantée donnerait lieu à des courbes analogues à celles que produit un aimant court, dans les mêmes conditions, soit en plaçant l’aimant dans des positions déterminées, soit en le laissant fixe et en déplaçant la boussole.
- Si l’on employait deux ou trois aimants simultanément, la question se compliquerait nécessairement de plus en plus ; néanmoins, les courbes seraient encore symétriques en disposant les ai-
- Kig. 8 ter. — Aimant fixe vertical ; pôles alternés.
- mants eux-mêmes symétriquement par rapport â la boussole et au méridien magnétique.
- Si l’un des aimants restait fixe et était convenablement placé, il pourrait remplir le rôle magnétique du globe terrestre, ou annuler celui-ci.
- Sans vouloir rien préjuger au sujet des applications possibles qui pourraient sortir ultérieurement des résuit its précédents, on peut prévoir cependant de quel côté elles se produiraient. Il semble, en effet, que ces relations graphiques permettront de fournir, par comparaison, la mesure des forces magnétiques des aimants, ou des électro-aimants et, par suite, des courants électriques.
- Ainsi, en prenant plusieurs aimants, dont les forces magnétiques seraient connues, supposons-les, pour plus de simplicité, dans les rapports de 1 à 2, et à 3, etc., on tracerait successivement les
- eourbes correspondant à un même angle, celui de 45 degrés (courbe caractéristique pour chacun d’eux), on verrait quel rapport il y a entre elles ; il serait facile alors de tracer pour les aimants de force intermédiaire, les courbes correspondantes. On aurait ainsi un canevas qui servirait à trouver la place de la courbe d’un aimant quelconque, et par suite à déterminer la mesure comparative de sou énergie magnétique.
- Nous nous bornerons pour le moment, à ces simples indications.
- C. Decharme
- ESSATS D’ÉTUDE EXPÉRIMENTALE
- DES
- CHAMPS MAGNÉTIQUES H
- ÉLECTRO-AIMANT A AME CARREE DE 22,5 M. M. DE COTÉ
- Nous avons étudié un électro-aimant à culasse semblable à l’électro-aimant de 45 millimètres de côté, pour lequel nous avons déjà donné des valeurs de champs magnétiques avec trois séries de forces magnétisantes. Ce nouvel électro avait des dimensions moitié moindres; par suite, le côté de l’âme carrée avait une longueur de 22,5 m.m.
- Le fil bobiné sur les âmes des électros était du fil de o,5 m. m. Sur une branche, le nombre de rangs était de 16 et le nombre de spires sur un rang de 45. Par suite, le nombre total détours sur une branche était de 16 X45 = 720 et sur les deux branches de 720X2= 1440.
- Nous avons marché à 3 intensités différentes : 1,092 ampères, 0,689 ampères, 0,423 ampères.
- Les 2 bobines des électros en série avaient une résistance totale de 13,5 ohms.
- En appelant F la force magnétisante, et Q la quantité totale d’énergie, en kilogrammètres, dépensée à la seconde en travail calorifique sur les branches d’électros, nous pouvons dresser le tableau suivant des valeurs de F et de Q.
- (•) Voir La Lumière Électrique, du 14 avril 1887.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- EXCITATION DE l’ÉLECTRO
- I en ampères F 4 % n I 10 n nombre de^ tours total Q r 12 9 r = 13,5 ohms
- kilogrnmmètrcs
- 1,092 1971 I,6l
- 0,689 1248 0,64
- 0,423 765 0,24
- Le procédé de mesures des champs magnétiques était identique à celui que nous avons em^ ployé pour l’électro-aimant de 45 m. m. et nous y renvoyons le lecteur.
- Nous avons changé simplement les valeurs des poids p et p*, qui, primitivement étaient égaux à 5o grammes. A cause des faibles efforts, que nous avions à équilibrer, nous leur avons d’abord donné une valeur de 19 grammes, puis seulement une valeur de 10 grammes.
- Nous donnons maintenant les tableaux résumant les valeurs des champs magnétiques pour
- Tableaux résumant les valeurs des champs magnétiques d'un électro-aimant à culasse à dme carrée de u.2,5 mm de coté, pour un entrefer déterminé et avec des épaisseurs variables d’armatures.
- TABLEAU I
- L’intensité varie entre 1,128 et i,o56 ampère
- Entrefer 3 mm. Entrefer 4 mm. Entrefer 6 mm. Entrefer 8 mm.
- a H a H a H CL H
- millim. inillim. millim. millim.
- 2 2119 2 1737 2 1570 0 1252
- 3 23^4 3 1992 6 | 6 1376
- 7 2999 7 ,0 1704 l5
- ic\ | 3229 10 2252 i5
- 14 1 -14 — .
- TABLEAU II
- L’intensité varie de 0,696 à 0,682 ampère
- Entrefer 3 mm Entrefe r 4 mm. Entrefe r 6 mm. Entrefer 8 mm.
- a H a H CL H a H
- millim. millim. millim. millim.
- 1 1410 I 978 I 787 I 737
- 3 2009 3 3 ] ) 3 ] )
- 5 .5 M79 .5 - 1086 .. ! 809
- 7 2240
- i5 )
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- T
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- ÉLECTRO-AIMANT DE 22,5 MILLIMETRES
- TABLEAU III
- L,'intensité est de 0,423 ampère
- Entrefer 3 mm. Entrefer 4 mm. Entrefer 6 mm. Entrefe r 8 mm,
- a H a H a H a H
- millim. 2 i i37 ntUllin. 2 911 millim. ' 2 753 millim. 2 753
- 6 i 178 15 981 15 .5
- un entrefer déterminé et avec des épaisseurs variables d’armatures.
- Le premier tableau correspond à l’intensité de 1,092 ampères.
- Le second à l’intensité de 0,689 ampères.
- Le troisième à l’intensité de 0,423 ampère.
- Nous avons également tracé les courbes, qui représentent graphiquement les résultats contenus dans ces trois tableaux.
- Jules Sarcia Eugène Sartiaux
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur les causes des variations diurnes du magnétisme terrestre, par M. C. Lagrange. (U
- L’auteur, considérant la position de l’aiguille aimantée comme déterminée à chaque instant par l’action du magnétisme terrestre et d’un courant perturbateur, cherche à déterminer la loi des mouvements diurnes du plan de celui-ci (plan du courant indéfini fictif dont l’action est équivalente au système de courants réels. )
- En établissant une formule donnant l’angle du plan de ce courant avec le méridien magnétique , et en discutant les résultats obtenus par les observatoires magnétiques du Gap, de Hobarton, de Toronto et de Paris, l’auteur arrive aux lois suivantes.
- Pour des lieux suffisamment éloignés du parallèle décrit par le soleil :
- i° La trace du plan du courant fait le tour de l’horizon dans le sens des aiguilles d'une montre sur l’hémisphère boréal, en sens inverse sur l’hémisphère austral, c'est-à-dire toujours dans le même sens que le vertical du soleil.
- 20 La trace du plan est en arrière de celle du vertical du soleil dans le mourement de celui-ci. L’écart est maximum le matin et le soir, minimum vers midi et minuit.
- 3° En même temps qu’il tourne autour de l'horizon, le plan oscille autour de la position verticale sans jamais atteindre l'horizon.
- La discussion des deuix premières lois, dit l’auteur , conduit à la conclusion que les courants émergent de la région qui a le soleil au zénith et que, soit dans la terre, soit dans.l’atmosphère, leur direction générale est parallèle à la surface du globe. . , ; 1
- De tels courants, en effet,suivront le mouvement du Soleil (première loi) et, en outre, le courant qui atteindra un lieu donné sera incliné, en arrière du mouvement du soleil, sur le vertical de celui-ci, par l’action magnétique de la terre; cette action tend à rendre perpendiculaires aux méridiens magnétiques, et rend concaves vers l’ouest, les courants qui des régions équatoriales se dirigent vers les pôles, l’écart étant maximum le matin et le soir, minimum aux passages méridiens (deuxième loi).
- La résultante de ces courants est généralement dans l’atmosphère (au-dessus de l’aiguille), mais les courants terrestres peuvent aussi l’emporter.
- La troisième loi enfin s’accorde avec la considération évidente que les courants qu'i agissent sur l’aiguille, sont, pendant la nuit, sur l’hémisphère boréal, ceux qui passent par le pôle boréal et que l’inverse a lieu sur l’autre hémisphère.
- On peut donc considérer comme renfermant la théorie des variations diurnes le théorème suivant:
- Dans les différentes couches de Vatmosphère de la terre , le point qui a le soleil au zénith est un centre d’expansion des courants (point de potentiel maximum). Les courants qui en émanent dans toutes les directions sont déviés vers l'ouest par l’action magnétique de la terre ; leur ensemble se déplace avec le centre d'expansion et c’est à eux que sont dues les variations diurnes de l'ai-gnille aimantée.
- OJ Comptes Rendus t. CIV, n" 19, 9 mai 1887.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pour la vérification expérimentale de ces lois, l’auteur propose du reste la construction de ma-gnétomètfes de perturbations établis en annulant l’action du magnétisme terrestre et permettant de mesurer directement l'effet des forces perturbatrices. E. M.
- Commotion électrique pendant un tremblement
- de terre.
- Si les terribles tremblements de terre du mois de février ont entassé les ruines sur les bords de la Méditerranée, il faut espérer qu’ils apporteront aussi leur contingent à la somme de nos connaissances, encore bien vagues, sur les rapports des tremblements de terre avec les phénomènes météorologiques, telluriques ou cosmo-telluriques.
- U n fait curieux et qui nous touche de plus près, est celui qui est cité dans une note communiquée à l’Académie des Sciences (*) par le colonel Benoît, et relative à un accident arrivé à l’un de ses subordonnés, le 23 février, à Nice, au moment de la troisième secousse.
- Le soldat Muller, gardien d’un fort, était à ce moment en communication télégraphique (ligne souterraine) avec un de ses camarades d’un autre fort ; au moment où il manipulait, il fut brusquement atteint d’une secousse violente qui le projetait sur sa chaise, où il restait étourdi plusieurs minutes.
- L’état actuel de cet homme, et les dérangements assez graves qu’il a subis, ne laissent pas de doute sur la réalité d’une forte secousse électrique, qui ne peut provenir, semble-t-il, que d’un courant tellurique intense: phénomène qui semble être également indiqué par d’autres perturbations dans des cas de ce genre.
- E. M.
- L’emploi des couples thermo- électriques pour l’étude des radiations solaires.
- Dans une de nos dernières revues, nous nous sommes occupé de la modification apportée par M. Branly à la méthode classique de Melloni, pour l’étude des radiations ; dans ce même ordre d’idées, nous signalons aujourd’hui une Note de
- M. Crova (*) sur l’emploi du couple thermoélectrique à la mesure des radiations solaires.
- Dans ce cas, il y a intérêt à diminuer le plus possible la capacité calorifique de l’élément acti-nométrique, ou sa valeur en eau, et à obtenir une force électromotrice aussi élevée que possible.
- L’auteur a remplacé le couple cuivre-fer, dont le pouvoir thermo-électrique n’est que de ii,5 microvolts, par le couple fer-maillechort, dont la constante a été trouvée par lui, de 24,1 microvolts (M. Tait indique 22,12). La plaque artino-métrique est alors un disque de 10 millimètres de diamètre sur 0,2 millimètre d’épaisseur.
- En faisant de nombreuses mesures directes au potentiomètre, de la force électromotrice, dans les mêmes conditions où se fait à l’ordinaire l’enregistrement photographique de la déviation produite par le courant thermo-électrique, l’auteur a pu vérifier la proportionnalité des indications fournies par les deux méthodes.
- E. M.
- Sur les tiges vibrantes de période variable, excitées par des électro-aimants, par F. Neesen.
- On sait que des télégraphes imprimeurs , simples ou multiples , exigent à la station de départ et à la station d’arrivée, deux mouvements absolument synchroniques ; ce synchronisme n’a pu être atteint qu’en employant aux deux stations des lames élastiques vibrant avec la même période. Les corrections dans la durée d’oscillation, qui sont toujours nécessaires dans un pareil système, sont maintenant effectuées automatiquement dans les télégraphes multiples les plus récents, comme, par exemple , le télégraphe multiple de Delany ; cependant, ces corrections sont effectuées par des moyens mécaniques.
- M. Neesen propose dans Y Elektrolechnische Zeitschrijt, (avril 1887), d’employer des diapasons ou des lames vibrantes, pouvant être réglés à une hauteur quelconque, sans interrompre leur mouvement.
- Pour arriver à ce résultat, M. Neesen augmente simplement la masse vibrante à l’aide de mercure qui pénètre plus ou moins dans l’intérieur du corps vibrant, celui-ci étant supposé creux.
- (i) Voir Comptes rendus, t. CIV, n“ 19, (9 mai 1887).
- (i) Comptes rendus, t. CIV, n° 19, (9 mai 1887).
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- Il a combiné deux appareils basés sur ce principe et effectué quelques mesures sur les résultats qu’ils sont en état de livrer.
- Dans l’appareil dont la figure i donne une perspective, le diapason a est creux; il est fixé sur le support en acier b relié avec un réservoir c, plein de mercure, et muni d’un piston. Si l’on abaisse le piston, le mercure, soulevé dans l’intérieur du diapason, en augmente la masse et di-
- Fig. 1
- minue ainsi le nombre de ses vibrations.
- Entre les branches du diapason se trouve la bobine d, mobile le long de la glissière h ; l’interrupteur/- peut être aussi déplacé le long de la tige sur laquelle il est fixé. La mobilité de la bobine et de l’interrupteur est nécessaire, car le bon fonctionnement de l’appareil exige une position différente pour ces organes, suivant que le diapason est plein de mercure ou pas ; dans le premier cas, il faut placer la bobine à l’extrémité supérieure , et dans le second cas tout au bas de la glissière.
- Dans l’appareil construit par M. Neesen, la longueur des branches du diapason en acier doux
- était de 161 m.m., leur largeur de i2,i.m.m., leur épaisseur de 9 m.m. ; la cavité intérieure était elliptique et la section supérieure avait un grand axe de 8,5 m.m., le petit étant de 6,9 m.m.
- Le nombre de vibrations du diapason étant de 363 par seconde, il fut réduit à 3 12 lorsque celui-ci fut complètement rempli de mercure : la diminution du nombre des vibrations est donc bien sensible.
- Fig. 3
- Cet appareil oscille relativement très difficilement, lorsque le diapason est rempli complètement de mercure ; c’est ce qui a engagé M. Neesen à en modifier la forme et à construire l’instrument de la figure 2. Dans celui-ci, le diapason est remplacé par une tige creuse a ; les variations de niveau du mercure sont obtenues à l’aide du tuyau en caoutchouc b, en déplaçant verticalement le réservoir c.
- L’électro-aimant excitateur peut être déplacé le long de la tige et un réglage particulier permet de varier la distance entre le noyau de l’éleçtro-aimant et la tige.
- L’auteur a étudié deux tiges de mêmes dimen-
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- sions, l’une en acier, l’autre en fer doux ; la diminution du son a été à peu près la même que dans l’arpareil précédent. L’influence de la pression entre les contacts de l’interrupteur J a été très sensible, tandis que cela n’avait pas lieu pour le diapason.
- L’emploi du diapason devra donc être préféré à celui de la tige simple dans la télégraphie multiple ; cette conclusion était pour ainsi dire nécessaire, même sans entreprendre de mesures comparatives.
- Il est facile d’imaginer un dispositif qui fasse monter et descendre autcmatiquementle mercure dans les branches du diapason et qui donne ainsi un réglage parfait des mouvements synchroniques des deux stations télégraphiques.
- Le second appareil permet de constater facilement que la masse du mercure contenue dans le réservoir participe au mouvement vibratoire de la tige.
- En outre, pour une hauteur déterminée du son émis par la tige, le mercure de l'entonnoir prend un mouvement de rotation bien marqué ; ce mouvement n’a pas lieu, lorsque l’entonnoir n’est pas fixé à l’appareil ou séparé du tuyau b, ce qui prouve que ce mouvement est la résultante des vibrations transmises directement par le mercure et de celles qui proviennent de l’entonnoir lui-même comme partie intégrante de l’appareil vibrant.
- Nous terminerons cette analyse en mentionnant que M. R. Koenig {') a déjà construit vers 1875, un diapason fondé sur le principe qui est à la base des appareils de M. Neesen.
- A. P.
- Une nouvelle forme de sismographe, par Thomas
- Gray.
- Les récents tremblements de terre qui ont dévasté le Midi de la France et le Nord de l’Italie, ont donné un nouveau degré d’actualité aux études sismologiques. Le manque d’appareils enregistreurs simples et donnant facilement des résultats exacts, a beaucoup nui, à l’origine, àu développement de ces études. La Lumière
- (i) Quelques expériences d’acoustique, par R. Kœnig, p. 84 à 86. Paris.
- Électrique a déjà eu plusieurs fois l’occasion de décrire quelques-uns des appareils enregistreurs actuellement en usage; le nouveau sismographe dont nous voulons aujourd’hui donner la description, et qui fait l’objet d’un Mémoire de M. Gray dans le Philosophical Magazine (n° 143, 1887), est destiné à l’étude des tremblements de terre au Japon.
- Le but de tout sismographe est d’enregistrer l’époque, l’intensité, la période et la direction du mouvement sismique. On enregistre généralement trois composantes du mouvement, savoir : la composante verticale et deux composantes horizontales, perpendiculaires entre elles; l'enregistrement se fait sur un cylindre recouvert de noir de fumée ou sur une bande de papier qui se déroule avec urie certaine vitesse.
- L’appareil de M. Gray permet d’enregistrer les mouvements sismiques qui peuvent se produire durant la période d’une semaine. Le récepteur se meut uniformément à une vitesse très faible, et le temps est enregistré à intervalles réguliers sur le ruban de papier qui se déroule régulièrement d’un tambour, pour être enroulé ensuite sur un second. Le mouvement de l’appareil est commandé par un mécanisme d’horlogerie soigné.
- Un arrangement très simple permet de remplacer le ruban de papier enregistreur par un cylindre couvert de noir de fumée, par exemple, et qui se déplace latéralement, de manière à ce que les signaux soient enregistrés le long d’une spirale; cependant, cette forme de l’appareil n’est pas aussi commode que l’autre, car l’enregistrement ne peut pas s’étendre à une durée de plus de douze heures, si l’exactitude doit être la même. Aussi nous bornerons-nous à donner la description détaillée du premier appareil seulement.
- Le récepteur proprement dit de l’appareil consiste en un long ruban de papier très mince, de i5 centimètres de largeur, qui se déroule du tambour A, situé derrière le tambour G (fig. t), pour s’enrouler sur le tambour B; ce mouvement est commandé par un système d’engrenages mû par un poids ou un resso:t. Avant de passer du tambour A sur le tambour B, le papier tourne autour du cylindre C, mû par un mouvement d’horlogerie indépendant, qui. sert à régler la vitesse de déroulement du papier. Il est important que la surface du cylindre C soit couverte d’une
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- épaisse couche de papier buvard, afin que l’enregistrement par les siphons enregistreurs puisse se faire sans inconvénient, le papier buvard facili-
- FIG. t
- tant le mouvement du 'ruban de papier et empêchant l’encre de s’étendre.
- Le temps est enregistré à l’aide du Siphon D
- (fig. i et 3), qui marque des traits à intervalles égaux sur le papier ; ce siphon est fixé à un léger levier E qui repose par une extrémité sur la roue des heures K (fig. i) ; chaque dent de la roue soulevé le levier E, et le siphon D marque un trait sur le ruban de papier; la fin de l’heure est marquée par un trait un peu plus large.
- La vitesse de déroulement du papier est, en général, trop faible pour montrer en détail tous
- Fig. S '
- les mouvements sismiques; cette vitesse est, en temps ordinaire, de i à 3 centimètres par minute. Un mécanisme particulier permet de l’augmenter automatiquement, dans un rapport très considérable, au commencement de la première secousse sismique; la vitesse est alors de y5 à i5o centimètres par minute, suivant lé réglage de l’appareil. Ce mécanisme est représenté en o dans la figure i, et la figure 2 en donne les détails schématiques : a et b sont deux leviers oscillant
- autour des axes c et d ; l’extrémité extérieure du levier b porte une boule e dont le poids est compensé par celui d’une seconde boule fr placée sur le disque g, fixé à l’autre extrémité du levier b. Vis-à-vis du disque g se trouve une plateforme h, fixée au levier a et destinée à recevoir la boule,/, lorsqu’elle roule de la ;plateforme g; les ressorts empêchent la boule de rouler latéralement.
- L’extrémité du levier a porte le pivot de la roue dentée j, qui engrène dans le pignon Ar; l’axe du pignon k commande directement le régulateur de vitesse du mouvement d’horlogerie qui meut tout le système. La boule f est placée si délicatement sur sa plateforme, que la moindre secousse la fait rouler et tomber sur le plateau h, en donnant au levier a une impulsion si forte, que la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 37*
- roue dentée j, en se soulevant, cesse d’engrener avec le pignon k.
- En ce moment, le mouvement d’horlogerie se meut sans régulateur, avec une vitesse toujours croissante, jusqu’à ce que le second régulateur, monté sur l’axe de la roue j, acquière une vitesse assez grande pour régler la vitesse, après quoi le mouvement reste uniforme, tout en étant très rapide.
- Afin de ramener de nouveau la vitesse de l’ap-
- pareil à sa valeur primitive, après un intervalle de temps suffisant, la boule è, n’étant plus équilibrée par /, entraîne la roue dentée /, 'jusqu’à ce qu’elle engrène avec le pignon n, qui est relié au mouvement d’horlogerie de l’appareil; l’axe de la roue / repose sur le ressort 0 et porte une came en colimaçon m; le ressort o est ajusté de façon à pousser la face intérieure du colimaçon contre la broche p, fixée au levier b. Le poids de la boule e fait incliner le levier b qui, par la broche p et le colimaçon m, entraîne la roue / et
- la fait engrener avec le pignon k. Le colimaçon est ensuite mû lentement par l’engrenage k et / et relève graduellement la boule e, jusqu’à ce que la plateforme g vienne se placer un peu au-dessous du plateau h\ à ce moment, la boule f n’étant plus retenue sur le plateau h, roule sur la plateforme g, la roue j engrène de nouveau avec le pignon Æ, et le levier b continuant son mouvement sous l’influence du limaçon m, revient à sa position primitive, car les roues / et n engrènent encore un certain temps après que la vitesse de l’appareil a été réduite. Après la rotation complète du limaçon m, une cavité de celui-ci permet au ressort o de repousser la roue / en dehors du pignon /c, et tout se trouve prêt pour l’observation d’un nouveau phénomène.
- Il est important de connaître exactement la vi-
- tesse de déroulement du papier pendant la période de transition entre la vitesse ordinaire et la vitesse accélérée. A cet effet, le levier a ferme en q un circuit électrique qui actionne un vibrateur électro-magnétique indiqué en I (fig. 3), lequel agissant sur le siphon, marque ainsi sur le papier une courbe ondulatoire dont la période est égale à la durée d’une vibration de l’appareil. Cette durée est réglée par les interruptions d’une roue dentée ou aussi par un interrupteur actionné par le pignon k. La figure 3 est assez explicite pour qu’il soit inutile d’entrer dans de plus longs détails sur la manière dont le siphon passe de l’enregistrement ordinaire à l’enregistrement accéléré.
- Les détails qui précèdent ne concernent que l’enregistrement du temps ; nous passons main-
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- tenant à la description des organes qui enregistrent, sur la même bande de papier, soit à côté des indications du temps, les trois composantes des mouvements sismiques.
- Les siphons qui enregistrent les composantes horizontales de la secousse sont commandés par deux pendules forcés d’osciller suivant le cercle de base d’un cône, dont le rayon peut être varié à volonté ; ces pendules portent le nom de pendules coniques.
- La figure 4 donne la projection horizontale, la
- figure b l’élévation d’un de ces pendules. Il se compose d’un cylindre en laiton r rempli de plomb et dévié de la verticale par une tige horizontale s, creuse et très légère, terminée en arrête de couteau qui appuie contre le fond d’une rainure verticale en forme de V fixée contre le support rigide u. Le poids du pendule est supporté par un fil très fin v, de platine ou d’acier, fixé à son extrémité supérieure sur un tambour 4, après avoir passé sur une petite poulie y.
- La masse du pendule est attachée au fil à l'aide d’un cadre w, oscillant autour de l’axe x placé un peu au-dessous et en avant du centre de gravité du cylindre r. La position du pivot x est déterminée de manière que le couteau t n’ait
- aucune tendance à s’élever ou à s’abaisser, quelle que soit la position du cylindre sur la tige s.
- La roue est munie de vis de réglage aK et bK a l’aide desquelles l’extrémité du fil peut être1 placée exactement dans la verticale du point t ou à une distance quelconque suivant la période que l’on veut donner aux oscillations du pendule.
- Un léger levier d’aluminium cK est fixé en dK à l’extrémité de la tige 5 ; il porte à son autre extrémité une petite cavité conique et qui peut être placée sur l’une ou l’autre des pointes fK fixées sur un bras vertical du levier g, ; ce levier gt est mobile autour d’un axe horizontal hA porté par l’appareil à encrer if, en sorte que le bras vertical
- peut se mouvoir perpendiculairement au plan eKfK.
- Un siphon kK est fixé au bras horizontal du levier g, et recevant de l’encre du réservoir i, il trace sur le papier une ligne continue. Le bras horizontal de gi est flexible afin de pouvoir régler à volonté la pression du siphon enregistreur sur le papier.
- Les deux pendules étant placés dsns deux plans perpendiculaires entre eux, enregistrent donc les deux composantes horizontales rectangulaires du mouvement sismique sur la même bande de papier. Il est de la plus haute importance que la masse qui, par son inertie, provoque l’enregistrement de la secousse, soit aussi éloignée que possible du point fixé à la terre, c’est-à-dire du •point d’appui t du couteau de la tige s. On obtient alors des vibrations de longue période, avec une grande stabilité du système, puisque le plus grand mouvement du point t ne dévie la tige s que d’un angle très petit. Si cette condition n’est pas rem-
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- plie, l’interprétation des courbes enregistrées, devient très difficile.
- L’enregistrement de la composante verticale du mouvement sismique est commandé par un levier-pendule horizontal dont la figure 6 donne le diagramme. Il se compose d’un levier horizontal l, portant à une extrémité un poids cylindrique mi et oscillant autour du couteau nK ; ce levier est supporté dans une position horizontale par deux ressorts plats o, que l’on voit distinctement sur la figure i. Un index en aluminium^, oscillant autour de g, est relié par un fil très fin à l’extrémité du levier lt ; il porte un siphon r0 relié à l’encreur s, et appuyant par son extrémité sur la surface du papier. Un contrepoids force l’index à suivre tous les mouvements du levier /,.
- Cet arrangement donne à l’instrument une période de vibration de deux secondes environ; on l’augmente facilement à l’aide du ressort f4 agissant sur l’arrête de couteau «4, placée verticalement au-dessus de n4, de façon à augmenter l’instabilité du système. En effet, si le levier est dévié vers le bas, l’effort des ressorts qui le supportent est augmenté, mais à cet instant le couteau m4 étant dévié du plan vertical passant par le couteau l’action du ressort tt s’ajoute à l’impulsion du levier et compense en quelque sorte la résistance des ressorts de suspension. On peut obtenir, avec un réglage convenable, une période de vibration quelconque. Cette période doit être assez grande et la stabilité du système assez complète, pour que l’enregistrement du mouvement sismique puisse s’effectuer toujours dans de bonnes conditions.
- Le levier-pendule horizontal décrit ci-dessus, lorsqu’il est réglé convenablement, est assez sensible pour indiquer d’une façon instantanée les moindres mouvements de la verticale ; il peut donc, dans une certaine mesure, remplacer les niveaux employés ordinairement. Pour cette application, il faut que le frottement du siphon sur la bande de papier soit aussi faible que possible ou même supprimé complètement. Ce dernier cas a lieu en effectuant l’enregistrement à l'aide des décharges d’une bobine d’inductionqui s’effectuent à travers le papier, entre l’extrémité du siphon et le tambour. Les étincelles éclatent à intervalles fréquents réglés par un interrupteur mû par le mouvement d’horlogerie de l’appareil.
- A. P.
- Le Radio-micromètre de C.-V. Boys.
- Notre correspondant d’Angleterre nous a déjà envoyé quelques renseignements sur cet appareil» nous compléterons ces données par les indications supplémentaires que nous trouvons dans les Proceedings ofthe Royal Society (v. XLl I, n° 25 3, p. 185 ).
- L’auteur a cherché à réaliser avec un élément thermo-électrique l’avantage que possède le bolo, mètre du professeur Langley, d’oflrir une masse très petite.
- En suspendant un élément formé de deux fils soudés entre eux dans un champ magnétique intense, on obtient l’appareil le plus simple qu’il soit possible d’imaginer dans cet ordre d’idées ; on se débarasse ainsi de la résistance et delà tension du fil de suspension, puisque dans ce cas, il n’a pas besoin d’être conducteur. ( L’auteur emploie de préférence une fibre de verre).
- Pour donner une idée de la sensibilité d’un tel appareil, l’auteur cite les chiffres suivants :
- Supposons un cadre formé par deux pièces de cuivre et d’antimoine de 5 X 5 x 0,25 m. m. réunies bout à bout, une boucle de 1 cm.2 étant complétée par un U en cuivre de 1/8 de m. m. de section ; le champ étant supposé de 10,000 unités et le fil de torsion assez fin pour que la période soit de 20 secondes (le champ n’étant pas excité)» on pourrait encore reconnaître un accroisse ment de température de 1/90,000,000 de degré, correspondant à une force électromotrice d’environ 1/10,000,000 de micro-volt. L’appareil est naturellement apériodique.
- L’emploi d’un champ électromagnétique de l’intensité indiquée n’est pas sans inconvénient ; on aurait en particulier un amortissement par trop considérable, et de plus le diamagnétisme de l’élément donnerait lieu à une force directrice beaucoup plus considérable que celle de la suspension. L’auteur se propose d’obtenir un corps magnétiquement neutre, en recouvrant l’élément d’une couche de la solution d’un sel magnétique.
- Ces études du professeur Boys sont certainement intéressantes, mais, comme nous l’avons déjà dit, le principe de l’appareil appartient à notre collaborateur, M. D’Arsonval.
- E. M.
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- Turbine à, vapeur et machine dynamo de Parsons.
- 11 était naturel que l’idée d’employer la vapeur dans le même genre de récepteur qui donnait avec l’eau de si bons résultats, fut venue aux inventeurs, et l’on connaît de nombreux brevets relatifs à des turbines à vapeur; mais jusqu’ici,
- ces engins étaient restés à l’état de curiosités mécaniques, sans applications industrielles.
- La grande difficulté dans ces appareils, c’est d’arriver à des vitesses qui permettent à ce mode d’emploi de la vapeur d’être économique.
- Il y a deux ans, MM. Parsons, Chapmann,
- Clarke et C'6, construisaient une nouvelle turbine à vapeur, actionnant directement une machine dynamo; notre collaborateur, G. Richard, a donné alors une description complète de ces appareils (voir La Lumière Électrique, 1885, vol. 2, p. 214) qui ont paru pour la première fois à l’exposition des Inventions, à Londres, en 1885.
- Les inventeurs avaient suivi la bonne voie, en ne se bornant pas à faire un engin extraordinaire, marchant à la vitesse inouïe de plus de 9000 tours
- à la minute, mais en en faisant l’amed’un système d’éclairage électrique complet, comprenant lé moteur, la dynamo, les lampes et un régulateur électrique.
- Le succès semble avoir couronné cet essai au moins hardi, et aujourd’hui, les moteurs de cette maison qui est en activité, représenteraient une puissance de 1200 chevaux; un certain nombre sont installés sur des navires; d’autres servent à l’éclairage d’une filature, etc., etc.
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- L’Exposition actuellement ouverte à Newcastle-on-Tyne ne pourra que répandre davantage ces machines. En effet, une grande partie de l’éclairage électrique des parties extérieures de l’Exposition est faite au moyen de lampes de ce système, dont le pouvoir éclairant varie de 120 à 2000 bougies.
- Nous reproduisons figure 1 l’illustration d’un double moteur Parsons avec ses deux dynamos.
- Chacun des moteurs se compose de deux parties symétriques par rapport au tuyau d’introduction de la vapeur, de manière à éviter autant que possible une pression longitudinale sur les paliers ; comme on le voit, on a nécessairement trois pa-
- liers en ligne, aussi a-t-on pris des précautions spéciales, et employé des coussinets formés de segments élastiques (voir l’article cité).
- Chaque moteur est formé d’un grand nombre de turbines élémentaires, permettant la détente et une diminution graduelle de la vitesse de la vapeur ; on en compte jusqu’à 60 à la suite les unes des autres.
- Un régulateur électrique agit indirectement sur la distribution de la vapeur, et peut servir à maintenir constante la différence de potentiel et à régler celle-ci, en fait on aurait obtenu une régulation à 1 volt près.
- Fig. £
- Les turbines et les dynamos marchent à une vitesse variant de 8,000 à 20,000 tours.
- La machine dynamo se rapproche dans ses grandes lignes de la forme Edison-Hopkinson, mais naturellement il a fallu en modifier l’enroulement en réduisant le nombre de spires, ainsi pour une force électromotrice de 100 volts, on n’a que 15 spires, formées de barres de cuivre ; chaque bobine est constituée par une seule spire; le touc est maintenu par des fils d’acier ou de bronze, empêchant les barres de se déjeter sous' l’action de la force centrifuge.
- Le commutateur est particulièrement solide et le bakiis de très grande surface ; le premier est isolé à l’amianthe.
- La figure 2 montre la section du tambour de cette machine.
- Cette dynamo donnerait de très bons résultats ; au point de vue de la puissance spécifique, cela était évident; on peut s’étonner par contre de l’inffuence très minime des courants de Foucault ;
- d’après l’inventeur cette perte ne dépasserait pas 1 0/0.
- D’après un essai fait devant le Comité de l’exposition de Newcastle, la turbine à vapeur de M. Parsons donnerait d’assez bons résultats au point de vue économique.
- La consommation de vapeur aurait été en effet de 29 kilogrammes par cheval électrique ; si on admet des rendements mécaniques de 85 0/0, soit pour la turbine soit pour la dynamo, on arriverait encore à une dépense de 20 kilg. de vapeur par cheval mécanique, au lieu de 12 kilg, par cheval indiqué, que l’on admet pour une bonne machine à vapeur ordinaire.
- Ajoutons qu’à Newcastle , il y a i3 de ces machines en activité et 4 en réserve ; elles fournissent 2400 ampères avec une force électromotrice variable de 70 à 110 volts.
- E. M.
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- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne
- Dans la dernière séance de VElektrotechnische Verein, a Berlin, M. le Dr Frœlich a rendu compte des expériences poursuivies par lui, dans le but de rendre visibles les mouvement du téléphone.
- Bien qu’on n’ait jamais douté que la plaque d’un téléphone ne vibre quand il fonctionne comme récepteur sous l’influence d’un téléphone ou d’un microphone, on n’a pas pu j’usqu’ici en donner la preuve expérimentale. Si l’on saupoudre de poudre de lycopodium une plaque de téléphone excitée par un transmetteur, on n’aperçoit aucune trace d’une ligure de Chladni.
- Pour arriver à démontrer et rendre tangible le mouvement delà membrane, le Dr Frœlich colle excentriquement sur la plaque téléphonique un petit miroir, à l’aide duquel un rayon de lumière est réfléchi et vient tomber sur un écran placé à une certaine distance. Le téléphone servant comme récepteur, si l’on chante devant un microphone relié avec lui, on aperçoit un faible mouvement du rayon de lumière.
- L’expérience gagne encore en exactitude si, au lieu d’une tâche lumineuse, on se sert d’une lunette et d’une échelle, et c’est de cette manière que M.Frœlich constate que le mouvement de la plaque téléphonique était de 35 micra à peu près.
- La preuve en devient beaucoup plus facile, si, d’après la méthode de Melde, on transmet les oscillations de la membrane à une corde tendue. Si l’on attache à la membrane un fil de fer mince, que l’on tend au moyen d’un ressort en boudin, alors, quand on lance les courants d’un diapason entretenu électriquement dans le téléphone, et avec une certaine tension du ressortie fil vibrera d’une manière parfaitement visible et avec une amplitude de 5 millimètres environ. Si maintenant on fixe un petit miroir entre un nœud et un ventre du fil, de manière à ce qu’il réfléchisse un rayon de lumière, et si on remplace le diapason par un microphone devant lequel on chante, on
- aperçoit des mouvements considérables (j’usqu’à o,5 m.m.) de la tache lumineuse sur l’écran.
- Pour examiner expérimentalement les changements de timbre, etc. causés par les modes différents de vibration de la membrane téléphonique, le Dr Frœlich se sert du phénomène connu sous le nom de « figures sonores de Lissajoux ». On sait que, dans cette expérience, deux diapasons sont mis en vibration, l’un horizontalement, l’autre verticalement, et on fait réfléchir un rayon de lumière par des miroirs fixés sur les branches des diapasons. On obtient ainsi une tache lumineuse qui varie suivant le mode d’oscillations, et dont la forme change peu à peu pendant les oscillations (').
- Si l’un des diapasons était remplacé par une membrane téléphonique et que le diapason et le téléphone fussent excités par le même courant, on pourrait étudier les variations du mode vibratoire.
- Par cette méthode, M. Frœlich a prouvé que les oscillations électriques sont considérablement modifiées par le téléphone.
- Une représentation optique directe du mouvement de la membrane téléphonique a été donnée par M. Frœlich à l’aide des flammes vibrantes de Koenig.
- Si l’on pose sur la membrane oscillante, une capsule traversée par un gaz, et que l’on allume le gaz qui s’en écoule, la flamme prendra un mouvement vibratoire aussitôt que la membrane sera mise en mouvement.
- Si l’on observe les flammes dans un miroir à mouvement rotatoire, on aperçoit une série régulière de dentelures, dont la forme varie selon les plaques qu’on emploie. M. Frœlich se sert d’un arrangemement semblable pour montrer les mouvements de la membrane téléphonique avec un agrandissement colossal.
- (>) Dans une des dernières séances de la Société de Physique, M. le professeur Lippmann a montré comment on pouvaitappliquer la méthode stroboscopiquc à l’étude des oscillations ou des vibrations (diapasons, pendules, etc.); il y aurait peut-être lieu d'appliquer la méthode à l’étude du téléphone; on pourrait, par exemple, faire une expérience très intéressante sur la différence (un quart d’onde) entre les mouvements du transmetteur et du récepteur.
- N. D. L. R,
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- Si l’on chante toujours la même voyelle devant des diapasons différents reliés à une membrane munie de la capsule de Koenig, on obtient une tâche lumineuse différente pour chaque son, puisque la relation entre les harmoniques caractéristiques de la voyelle, et le son fondamental, est différente pour chaque son fondamental.
- Il est clair que ceci est le cas dans le téléphone aussi, mais on observe de plus des différences essentielles entre la membrane téléphonique et une membrane directement mise en mouvement par des oscillations sonores.
- En général, les oscillations de la membrane téléphonique sont plus compliquées que celles de la membrane contre laquelle on chante directement ; de plus, on constate une plus ou moins grande sensibilité pour l’une ou l’autre des membranes.
- La voyelle i est celle qui est la moins bien rendue dans le téléphone; les différences entre les voyelles sont les plus marquées pour une voix moyenne, et deviennent moindres avec la hauteur progressive du ton sur lequel on les <113016. Quant aux consonnes, M. Frœlich n’obtient des résultats avec son appareil qu’avec celles que leur nature permet de prononcer pendant quelque temps sans adjonction de voyelle.
- D’après des expériences poursuivies sur une courte ligne, la reproduction des consonnes par le téléphone est très imparfaite ; /, c, l, b, peuvent être bien compris, h et s ne sont pas aussi distincts. Des confusions arrivent facilement entre t, k, etp, entre s et w. Sur une ligne correspondant à celle de Paris à Bruxelles, les voyelles étaient bien comprises, ainsi que les consonnes b, d,J, r, t\ n,p, w, se distinguaient encore assez bien, s, h, ch, sch, mal. Des confusions entre m et n, entre sch et c et h, entre s et w, entre fetc, étaient fréquentes, Done il ne peut être question d’une reproduction vraiment exacte de la parole par le téléphone. En réalité, une grande partie des mots est instinctivement devinée.
- Dans les lignes aériennes et dans les câbleSj les circonstances qui exercent une influence sur la transmission téléphonique sont : la résistance de la ligne, la capacité et la self-induction.
- Si l’on intercale deux téléphones, l’un avant et l’autre à la suite d’une telle ligne, et si on observe alors les taches lumineuses dans le miroir, en les
- superposant, on vôit que le mouvement de la membrane du premier téléphone est de beaucoup plus considérable que celui de la seconde. Cet exemple prouve que dans la téléphonie les rapports d’intensités ne sont pas les seuls importants, mais que le changement de la forme des oscillations l’est peut-être encore plus. Dans chaque ligne, par suite de la capacité, c'est non seulement l’intensité du son transmis qui est changée, mais aussi la forme de l’oscillation sonore ; mais notre oreille reconnaît, par exemple, une voyelle comme telle, aussi longtemps que la forme de l’oscillation en a les qualités caractéristiques, même quand l’intensité du son n’est que très faible.
- Dès que, d’une manière ou d’une autre, on arrivera à fixer les figures produites par le téléphone avec la flamme vibrante, l’appareil du Dp Frœlich constituera un instrument de mesure, qui pourra être appliqué à un grand nombre de rroblèmes importants. La photographie est le moyen qu’a choisi le Dr Frœlich. — D’après la méthode du professeur Sell, il se sert dune flamme produite par la combinaison du bisulfure de carbone et du protoxyde d’azote. Ces photographies montrent très distinctement les pointes jaillissantes des flammes. Entre autres applications auxquelles on pourrait destiner le téléphone à flamme dansante photographiée, il y a tout d’abord la détermination directe des courbes du courant, dans la période variable. Dans un cas pareil, le dispositif sera un moyen direct pour rendre visible et pour déterminer la courbe de courant, si l’on lance le courant en question à travers l’appareil, et si l’on rend le phénomène périodique.
- Une application intéressante se rapporte aux chronographes, surtout dans le cas des très petits intervalles de temps.
- TJne application intéressante de l’appareil est l’étude de la vitesse du projectile dans l’âme des canons. La méthode de Siemens, en usage jusqu’ici, nécessitait une perforation du canon, ce qui n’était pas sans inconvénients graves. Le Dr Frœlich munit le projectile d’une tige de fer, et entoure le canon en dehors d’un système de spirales en fil de fer, dont chacune est composée d’un fil primaire traversé par un courant intense,
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- et d’un fil secondaire relié avec le téléphone enregistreur. Lorsque le projectile passe par une telle spirale> un courant alternativement positif et négatif est induit, et si l’on photographie les secousses du courant, suivant.la méthode indiquée, on peut calculer, par la distance entre les maximums, le temps qu’a mis le projectile pour parvenir d’une spire à l’autre.
- L’intéressante conférence du Dr Frœlich était accompagnée et élucidée par un grand nombre d’expériences de démonstration.
- Dr H. Michaelis
- Angleterre
- Galvanomètre Fleming pour les courants alternatifs. — Le professeur A. Fleming D. Sc.
- Fig. 1 et g
- a imaginé l’appareil suivant pour la mesure des courants alternatifs : Une bobine G (fig. 1) en fil de cuivre couvert de soie et d’une résistance de 200 à 3oo ohms, est fixée sur une planchette qui doit être nivelée exactement.
- A l’intérieur de la bobine est un disque D en feuille de cuivre, suspendu au moyen d’une sus-
- pension bifilaire en fibre de soie ou de verre. La position normale du plan de ce disque est à '45° sur l’axe de la bobine.
- La suspension porte un miroir léger M analogue à celui du galvanomètre à miroir de Thomson. L’appareil est couvert d’un globe en verre qui le protège des courants d’air, T et T sont deux bornes servant à relier la bobine au circuit.
- Quand on envoie un courant continu à travers la bobine, le disque ne dévie pas, mais avec un courant alternatif, le plan du disque tend à être ramené dans l’axe de la bobine. Cette position est représentée sur la figure ; a a' indiquent la position normale du disque, et b b' celle qu’il tendra à occuper quand la bobine est traversée par un courant intermittent ou alternatif.
- Ainsi que nous l’avons déjà dit, cet appareil ne donne pas, comme l’électrodynamomètre, des déviations avec un courant continu. La déviation du disque provient de la réaction des courants de Foucauit induits, qui réagissent sur le courant primaire.
- Si l’on se sert d’un disque en fer doux au lieu de cuivre, l’action se complique, à cause de la tendance qu’il a alors à se placer dans le sens des lignes de force du champ, mais l’appareil devient plus sensible ; en effet, il devient assez sensible pour indiquer les courants induits dans un téléphone Bell.
- Le professeur Fleming a l’intention d’étudier les effets de disques en différents métaux, dans l’espoir de pouvoir produire un appareil capable de mesurer des courants très faibles.
- La rivure électrique. — M. F. D. Rowan, un ingénieur de Glasgow, a imaginé une machine à iiver pour la construction des navires, qui a été essayée avec succès dans les chantiers de MM. A. Mac Millan et fils,àDumbarton. La machine est actionnée par un moteur électrique du système Immisch, d’un demi-cheval, on peut frapper de 5o à 60 coups de marteau par minute ; la force du coup est de 25 kilogramètres.
- On emploie des électro-aimants très puissants pour maintenir la machine en place sur le côté du navire, et les expériences faites ont démontré qu’avec une dépensa de 3/4 cheval d’énergie électrique pour ces aimants et le moteur, on peut faire fonctionner une machine à forer pour, faire des trous d’un diamètre de 2 5 millimètres à travers une épaisseur de 37 millimètres de fer forgé
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- et de 40 millimètres d’acier doux, à raison d’une minute et 45 secondes par trou.
- En dehors des machines à river et à forer, fonctionnant à l’électricité, M. Rowan a imaginé d’autres outils actionnés par le même moyen, qui seront utiles pour la construction des chaudières comme pour celle des navires ; l’inventeur s’occupe actuellement de les perfectionner.
- Emploi du téléphone pour l’accord des instruments de musique. — Une nouvelle application du téléphone a été faite récemment à Birmingham, où une maison d’instruments de musique reçut la commande d’un orgue, pour un concert, le soir même. L’orgue devait être au même ton qu’un certain piano qui se trouvait dans une autre partie de la ville, mais, heureusement, il y avait une communication téléphonique entre les deux endroits, grâce à laquelle on put accorder l’orgue et le piano.
- J. Munro
- États-Unis
- La découverte et la localisation des masses
- MÉTALLIQUES DANS LE CORPS HUMAIN AU MOYEN DE LA BALANCE D’iNDUCTION ET DE LA SONDE TÉLÉPHO"
- nique. — Dans l’été de 1881, pendant la dernière maladie de feu le président Garfîeld, quand les chirurgiens qui le soignaient étaient dans l’impossibilité de trouver la balle de l’assassin, le professeur Alexandre Graham Bell pensa qu’il pourrait peut-être déterminer l’emplacement de la balle avec un pont d’induction et un récepteur téléphonique dans le circuit secondaire. D’après son idée, le téléphone devait indiquer le moment où l’équilibre exact de la balance était rompu, et cela, au moment où les bobines auraient touché un point de la surface du corps directement en face de la balle. Par une coïncidence étrange, M. George M. Hopkins, de Brooklyn, eut l’idée d’employer la balance d’induction presque en même temps et indépendamment du professeur Bell. Ce dernier fit immédiatement construire un appareil qu’il porta à la Maison-Blanche, où il fit l’expérience sur la personne du président, sans cependant trouver la balle, à cause de la construction défectueuse et trop rapide de l’appareil et, par suite, du manque d’expérience de la méthode; peut-être aussi à cause de l’influence exer-
- cée sur la balance par un matelas à ressorts d’acier, sur lequel le président était couché et dont l’inventeur ignorait la présence.
- Le professeur Bell ayant été ainsi forcé de renoncer à ses expériences, aucun autre essai ne fut tenté pour retrouver la balle, et son emplacement ne put être déterminé qu’après l’autopsie.
- Le professeur Bell a, dernièrement, perfectionné son appareil en y ajoutant la sonde téléphonique, qui en augmente beaucoup la valeur.
- Les principaux organes de la balance d’induction sont représentés sur la figure 1, où A est une pile ordinaire de 6 éléments au bichromate de potasse. B est un rhéotome qui permet d’obtenir de 5 à 600 interruptions par seconde. C représente une petite bobine en fil de cuivre bien
- E D
- PRIMAIRE
- isolé. Le diamètre de la bobine est d’environ 26 millimètres, son épaisseur d’environ i3 millimètres, et le cadre sur lequel le fil est enroulé est en ébonite. D représente une autre bobine en fil de cuivre fin et isolé, d’un diamètre d’environ 88 millimètres et d’une épaisseur de 22 millimètres. Le cadre est en carton.
- Ces deux bobines, le rhéotome et la pile forment le circuit primaire.
- Les bobines E et F sont identiques à celles représentées en D et C, et G est un récepteur téléphonique. Les bobines E et F et le téléphone sont reliés ensemble et forment le circuit secondaire. On voit aussi que les courants dans; les deux circuits vont en sens inverse, comme c’est indiqué par les flèches. La figure 2 représente les mêmes organes que la figure 1 ; seulement, l’appareil est représenté prêt à fonctionner, c’est-à-dire, que les bobines E et F du circuit secondaire sont placées sur les bobines D et C du circuit
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- primaire, de sorte que, quand ces dernières son traverse'es par le courant, il s’induit un courant dans le circuit secondaire, et le récepteur télé-phonique G produit une forte note musicale; mais, en déplaçant la bobine F sur la surface de la bobine C, on trouvera une position d’équilibre parfait entre les deux courants, et le téléphone restera, par conséquent, muet.
- Si dans cet état d’équilibre, une substance métallique est approchée du point marqué H qui est le centre de la surface d'induction l’équilibre est dérangé et le téléphone produit une note musicale élevée qui augmente ou diminue selon que le métal est approcné ou éloigné du point H. Il
- E D
- ôfiô
- F C
- Fig. 2
- est maintenant évident que, pour pouvoir appliquer cet appareil à la diagnose chirurgicale , il faut s’arranger de manière à porter le point H dans le voisinage de la masse métallique et obtenir ainsi la possibilité d’explorer toute la surface du corps dans lequel on soupçonne la présence d’une balle.
- A cet effet, les deux bobines E et D ou bobines exploratrices sont encastrées dans un bloc de bois et maintenues en position par de la paraffine fondue et durcie comme sur la figure 3, qui représente la surface plate du bloc avec les bobines A et B en position.
- Quand les bobines sont mises en place au moyen de la paraffine, on les couvre d’un morceau de velours de soie afin d’avoir une surface douce pour le contact avec la peau. La surface supérieure est munie d’un manche dans lequel les fils des bobines passent dans des rainures. Ce manche constitue l’explorateur (voir fig. 4).
- Les bobines F et C (fig. 2), ou les bobines de réglage, sont également montées sur un bloc en
- bois et disposées au moyen d’un réglage à vis, de façon à pouvoir se placer l’une sur l’autre, ce qui permet d’établir un équilibre parfait et d’obtenir le silence du téléphone.
- Ce réglage à vis est représenté sur la figure 5.
- c JJ \m.
- A B
- Fig. 3
- Pour employer l’appareil, on place le malade sur une table en exposant les parties dans lesquelles on croit trouver la balle, et on éloigne toutes les pièces métalliques.
- Si cette condition ne peut être réalisée la plupart des tables contenant des clous, il faut bien se rendre compte de l’emplacement de chaque clou.
- Il faut autant que possible, éloigner tout métal de l’opérateur, et bien savoir où se trouve chaque pièce métallique qui reste, de façon à pouvoir en tenir compte en cas de dérangement de la balance.
- Il faut même examiner les dents du malade s’il en a d’artificielles et si l’on cherche la balle dans
- leur voisinage. Après avoir pris toutes ce s précautions, on peut commencer l’exploration.
- L’opérateur tient le téléphone à l’oreille tandis qu’un aide tient l’explorateur à une distance d’environ 3o centimètres du corps du malade.
- Si le téléphone produit un son, les deux circuits ne sont pas en équilibre et il faut tourner la vis du régulateur (fig.5) d’un côté et de l’autre jusqu’à ce que le bruit diminue dans le téléphone et dis-
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- paraisse enfin complètement. L’équlibre est alors parfait. L'opéi ateur prend maintenant l’explorateur des mains de son aide et le tenant à bras tendu , il le passe lentement sur le çorps du malade, sans exercer aucune pression, en touchant à peine la peau avec le velours et en écoutant toujours avec le téléphone à l’oreille.
- Quand le centre de l’explorateur (fig. 4) qui est
- Fig. 5
- aussi le centre de la surface d’induction passe sur un point de la peau directement en face de la balle dans le corps, le téléphone l’annonce par un son musical qui augmente ou diminue au fur et à mesure qu’on approche ou éloigne le centre de l’explorateur de ce point. Il faut marquer cet endroit de la peau et en enfonçant une aiguille perpendiculairement à la peau,- elle viendra en contact avec le projectile.
- Nous arrivons maintenant au deuxième appareil mentionné, c’est-à-dire, à la sonde téléphonique ; une autre invention du professeur Bell.
- Cet instrument se compose d’une plaque en acier poli de i5 c.m. de long sur 5 c.m. de large et d’une épaisseur de i3 m.m. représenté en B, (fig. 6). L’une des extrémités de cette plaque est percée d’un trou d’où un petit fil de cuivre isolé va à un récepteur téléphonique C.
- A représente une aiguille en acier trempé d’une longueur convenable qui peut être graduée en pouces et en fraction de pouce. Un deuxième fil
- partant du trou de l’aiguille va à l’autre borne du récepteur téléphonique C.
- La fig 7. indique la manière d’opérer ; la position de la balle avant été déterminée par la balance d'induction, l’opérateur mouille la peau avec du vinaigre par exemple en B, et place la plaque d’acier sur cette surface humide, et pendant qu’un aide la presse fortement contre la peau, l’opérateur place le téléphone à l’oreille et avec l’autre main enfonce l’aiguille d’acier dans les tissus.
- Le corps agit maintenant comme une pile dont la plaque d’acier et l’aiguille forment les pôles et le circuit est traversé par un faible courant électrique continu. Mais quand l’aiguille touche une masse métallique, ce courant augmente et on entend un bruit distinct dans le téléphone: on peut alors lire la distance entre la balle et la surface
- sur la sonde graduée. Si l’aiguille touche à un os ou à un autre tissus on n'entend aucun bruit.
- On peut naturellement se servir de cette sonde sans la balance d’induction et avec d’aussi bons résultats, en suivant simplement la trace de la balle.
- On peut aussi construire la sonde entour autre métal qu’en acier pourvu que la plaque appliquée à la surface soit du même métal.
- Nouvelle boite d’appel télégraphique. — On fait un grand usage à New-York des boîtes d’appels télégraphiques (District telegraph), installées dans les maisons particulières ou dans les grands établissements, et qui les mettent en rapport immédiat avec les divers services privés ou publics, bureaux de police, postes de sapeurs-pompiers, bureaux de poste ou de chemins de fer, etc., etc.
- Jusqu’ici, la disposition un peu compliquée de ces boîtes en rendait le contrôle difficile, et c’est afin de remédier à cet inconvénient et de les simplifier, que M. Georges S. Nickum, de Dayton
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- (Ohio) a imaginé récemment le modèle représenté par les figures ci-jointes.
- La boîte, représentée fermée sur la figure 8, porte un cadran , avec les noms des divers services, au nombre de 10, en regard des appels qui leur correspondent. Au centre du cadran, est un bouton avec flèche indicatrice, ressemblant beaucoup au bouton d’une serrure de sûreté à combinaison. A gauche du cadran se trouve le levier remontoir qui met le mécanisme en état de fonctionner, et au centre du bouton est
- Fig. 8
- un repoussoir qui met le mécanisme hors d’action après qu’on s’en est servi.
- Lorsqu’on veut envoyer un appel, on place la flèche en regard du service avec lequel on désire correspondre, on abaisse le levier remontoir, et, aussitôt que l’appel a été envoyé, on presse sur le bouton.
- De cette façon, aucune erreur ne peut être commise, aucun faux appel ne peut être envoyé, attendu que celui-ci n’est pas donné avant que l’expéditeur n’ait eu le temps de se rendre compte de son erreur dans le placement de la flèche indicatrice, et de la rectifier.
- En outre, la boîte est pourvue d’un signal magnéto-électrique, que l'on introduit dans le circuit en repoussant la petite manivelle représentée à droite de la boîte. A l’état normal, le timbre est mis hors circuit, mais aussitôt qu’un appel a été envoyé, la manivelle est poussée en arrière, et le circuit passant alors par le timbre,
- le bureau central peut envoyer un signal indiquant que l’appel a été entendu, ou l’invitation de le répéter s’il en est besoin.
- Le mécanisme intérieur est représenté figure 9. Il consiste simplement en un mouvement d’horlogerie engrenant avec le cylindie à signaux, de façon que ce dernier fasse un tour complet lorsqu’on abaisse le levier remontoir.
- Le cylindre est pourvu. de deux séries de pointes, au-dessus desquelles, à mesure que le cylindre tourne, passe un ressort de contact,
- Fig. 9
- chaque pointe rompt ainsi le contact entre ce ressort et un autre qui appuie sur le premier, en coupant le circuit.
- Les deux ressorts sont montés sur une crémaillère qui engrène avec une roue fixée sur l’axe du bouton extérieur. En tournant ce bouton, on déplace donc la crémaillère et les ressorts, de façon que ces derniers viennent se placer sur la rangée de pointes correspondant à l’appel indiqué par l’aiguille, et ces pointes sont disposées de telle sorte que l’appel et le numéro de la boîte sont transmis en même temps.
- Perfectionnements récents dans l’éclairage électrique. — Le système d’éclairage électrique imaginé par M. James J. Wood et construit par Y American Electric Manu/acturing Company, a reçu dans ces derniers temps divers perfectionnements relatifs à la dynamo, aux lampes et aux autres accessoires.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- La nouvelle machine, représentée par la figure io ci-jointe, quoique différant peu, dans son ensemble, du modèle primitif, a reçu néanmoins de notables perfectionnements dans les détails. On remarquera notamment que le dash-pot employé précédemment avec le régulateur automatique, est maintenant supprimé, attendu qu’il est devenu inutile, grâce à la nouvelle disposition pouf éviter les étincelles que nous allons décrire.
- La régulation de la machine -Wood s’opère,^ nar le déplacement des balais,' de façon à produire un courant constant.
- Ce déplacement est effectué par un solénoïde attirant ou abandonnant un noyau, ce qui entraîne la rotation de roues à frottement, agissant sur les balais.
- Pour éviter les étincelles, avant que les balais n’aient atteint leur nouvelle position,
- M. Wood se sert d’une sorte de balai double.
- Ce système est représenté dans la figure 11, qui est une vue de bout du commutateur avec les balais dans les positions de charge maxima et minima. Le balai, comme on le voit, a deux contacts comprenants un certain nombre de sections de l’induit. Toutes ces bobines sont, par conséquent, mises hors circuit, et l’on évite ainsi d’une manière absolue, la production d’étincelles.
- Nous avons vu une machine américaine de 25 lampes, de ce système, qui, lorsque les bornes étaient mises en court-circuit, se réglait d’elle-même d’après les nouvelles- conditions, et fonctionnait fort bien ; l’extinction successive des
- lampes jusqu’à ce qu’il n’en restât plus qu’une seule dans le circuit, n’occasionnait pas la moindre étincelle.
- Dans l’ancien type, le circuit allait d’une borne à travers les spires d’un des électro-aimants jusqu’au fil de ligne, et revenait par l’autre électro à la seconde borne. De cette façon, la différence de potentiel presqu’entière de la machine était localisée entre une borne et les bobines reliées à
- l’autre borne, et s’il arrivait que la bobine de l’é-lectro-aimantfût appuyée contre la machine, ou qu’une légère dérivation eut lieu entre les bobines et le fer, une personne qui eût touché simultanément une borne et le bâti de la machine eût été exposée à recevoir une violente commotion.
- Dans le nouveau mode de connexion, ce danger n’existe plus : le circuit passe d’une borne à travers toutes les spires d’électros, et de là au fil de ligne et à l’autre borne. De cette manière, la différence de potentiel entre la borne et les bobines des électros n’étant due qu’à la résistance de ces dernières, est très faible.
- Le fil de l’induit est isolé à Yokonite, un isolant qui, d’après M. Woods, reste intact et maintient l’isolement alors même que les bobines seraient chauffées presque au rouge par le courant.
- En essayant les diverses parties de la machine pendant sa construction, M. Woods a imaginé un moyen rapide et ingénieux de contrôler l’isolement entre les barres du commutateur.
- Fig. 10
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- Il emploie à cet effet une petite machine donnant un ampère à 200 volts.
- Un opérateur, tenant un excitateur isolé, et dont les extrémités sont reliées aux bornes de
- fection donne lieu à une étincelle et ün arc se forme entre les barres.
- On découvre ainsi les points faibles du commutateur et on peut y remédier avant qu'il soit mis en place.
- Fig. 11
- cette machine, le met en contact avec deux barres consécutives du commutateur, de façon à mettre la machine en court-circuit. Il les sépare ensuite
- Hg. 12
- brusquement et souffle aussitôt, l’arc qui s’est formé.
- Le courant induit, de grande force électromotrice, occasionné par la rupture du courant, n’a évidemment pas d'autre passage que par l’isolement qui existe entre les barres.
- Si cet isolement est parfait, le passage d’une étincelle est impossible ; mais la moindre imper-
- Le nouveau tableau des communications avec paratonnerre, employé par l’inventeur, est représenté figure 12. Il comprend des clefs de contact qui ne peuvent ni tomber ni être sorties, jusqu’à^ ce que le manche ait été tourné de 90 degréss A leur extrémité, ces chevilles sont pourvue
- Fig.13
- d’une double douille dans les trpus de laquelle < peuvent être insérées des chevilles, comme on le voit à gauche de la figure. Une communication peut ainsi être établie entre deux circuits, sans interrompre la jonction d’aucun d’entre eux avec la cheville principale. Mais, la communication étant établie, la cheville principale peut être déplacée et les chevilles auxiliaires enlevées. Ces dernières sont aussi employées pour essayer les circuits, la communication avec le sol étant figurée à gauche du tableau.
- Là où les conducteurs pénètrent dans des bâtiments, les règlements des compagnies d’assurance contre l’incendie exigent qu’un coupe-circuit soit intercalé dans le circuit même. L’appareil pro-
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- posé à cet effet par M. Wood est représenté figure i3. Cet appareil coupe le circuit en deux points et, grâce à sa construction, la rupture est rapide, ce qui empêche la formation d'un arc.
- Les poteaux des lampes et les suspensions ont également reçu des perfectionnements ; ils sont représentés par les figures 14 et i5.
- Pour les premiers* l’auteur emploie un sup-
- Fig. 14
- port muni d’un bras sur lequel sont fixés trois isolateurs. Pour ne pas être retardé dans l'érection de la ligne, on relie directement le fil aux deux isolateurs supérieurs. Lorsque la lampe est en place, les fils qui y conduisent sont rattachés à la ligne, puis le fil qui réunit les isolateurs est coupé, de sorte que le circuit passe dans la lampe.
- Lorsque le circuit revient par le même chemin, on se sert du troisième isolateur. Dans le cas contraire, cet isolateur peut être enlevé.
- \
- La suspension représentée figure i5est construite de manière à empêcher la formation d’arcs dus au balancement de la lampe. A
- cet effet, des ressorts sont fixés dans les œillets des lampes. Ces ressorts pressent sur les crochets fixés à la lampe et assurent ainsi un contact permanent.
- Le coupe-circuit est construit également de façon à empêcher que l’appareilleur ne reçoive des commotions. Dans ce but, la barre transversale reliant les deux interrupteurs de contact est faite en matière isolante ; une barre mobile, montée sur pivot, passe à travers une rainure prati-
- Fig. 15
- quée dans la barre transversale, et permet de mettre la lampe en circuit ou hors circuit.
- Un nouveau petit moteur avec pïle. — MM. Curtis, Crocker et Wheeler ont dernièrement construit un petit moteur connu sous le nom du moteur C. C., qui attire beaucoup d’attention non seulement à cause de son rendement relativement élevé, mais aussi à cause de la construction originale de son induit. Presque tous les organes sont faits au moyen de machines automatiques, même l’enroulement de l’armature, de sorte que les différentes parties peuvent être changées d’un machine à une autre, et remplacées.
- La figure 16 représente une perspective du mo-
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- teur dont l’organe le plus intéressant, l’armature, est représentée sur'la figure 17.
- Le fer de l’àme de l’armature se compose de demi-cercles découpés à l'emporte-pièce dans des feuilles de tôle dont un des côtés est recouvert de papier, ces demi-cercles sont placés ensemble de sorte que les extrémités des anneaux fassent saillie de deux en deux à chaque bord, de sorte que les bords des deux demi-cylindres entrent l’un dans l’autre.
- Les demi-cylindres sont ensuite traversés par un
- Fig. 16
- boulon qui les réunit comme les parties d’une charnière. Sur cet anneau fendu on introduit une hélice formé deffil plat, d’une longueur suffisante pour former l’enroulement total de l’armature qui comporte ainsi une seule couche.
- Un défaut d’isolation ne peut donc mettre en court-circuit qu’une seule spire au lieu d’une section entière.
- Pour obtenir la force électromotrice nécessaire on se sert d’un fil plat comme c’est indiqué sur la figure 18, on peut ainsi obtenir à la fois un grand nombre de spires avec une seule couche et une section suffisante. .
- Par suite de cette disposition à une seule couche, les effets nuisibles d’induction d’une section parcourue par un courant inverse sur les autres sections, au moment où les bobines passent au point de commutation sont réduits au minimum. De plus, cet enroulement présente l’avantage de produire une armature mécaniquement équilibrée, car il est impossible d’enrouler plus de fil d’un côté de l’armature que de l’autre.
- La forme plate du fil donne aussi plus de raideur à l’enroulement et l’empêche de s’écarter par la force centrifuge. Comme le nombre de tours que fait le fil sur l’armature est d’une grande importance pour le rendement aussi bien que pour la puissance du moteur, on a apporté beaucoup de soin à cette question, et l’on emploie
- Fig. 17
- maintenant un ruban pour l’un des enroulements (type E), qui est onze fois plus large que son épaisseur.
- Dans quelques modèles du moteur, ce ruban est d’une section transversale trapézoïdale avec le bord étroit en dedans ; l’inclinaison des côtés du fil est suffisante pour permettre aux tours consécutifs de reposer à plat l’un contre l’autre à l’intérieur de l’anneau. Par ce moyen, on augmente légèrement la quantité du cuivre et par conséquent la conductibilité, et l’isolation est mieux assurée, puisqu’un fil ne porte pas contre le fil voisin sur une seule ligne comme c’est le cas avec le fil rond, mais sur une surface plate.
- Cet enroulement représenté en partie sur la figure 18 est fait par une machine entièrement automatique sur un mandrin plat, dont la longueur est égale à la circonférence de l’armature de sorte que quand le mandrin est rempli d’une
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- spire de fil continu, il y a juste assez de tours pour garnir une armature.
- L’enroulement est divisé en 17 sections au moyen de 17 tours équidistants, qui dépassent les autres d’environ 6 millimètres et qui permettent de faire des attaches soudées excellentes avec les barres du commutateur.
- Quand on enroule le fil, on commence par en fixer l’extrémité à l’un des bouts du mandrin qu’on fait ensuite tourner.
- Le fil est maintenu contre le mandrin au moyen d’un bras disposé de manière à pouvoir monter et descendre pour suivre la surface du mandrin. Une grande roue à rochet, ayant autant de dents que l’armature comporte de tours, avance d’une dent à la fois pour chaque tour du mandrin, une révolution complète de cette roue arrête automatiquement l’enroulement au moment voulu»
- ' Fig. 18
- et annonce à l’opérateur que l’opération est terminée.
- Les boucles du fil continu qui marquent la fin de chaque section sont formées de la manière suivante : une roue, actionnée par le mandrin, contrôle le mouvement d’une tige ronde en acier qui glisse sur le bord du mandrin et qui est amenée automatiquement juste au-dessous du fil, arrivant à l’instant même où un certain tour va être enroulé. Ce tour est donc enroulé au-dessus de la tige d’acier, et dépasse les autres d’autant. La tige est immédiatement enlevée par une came, au moment où le prochain tour commence à se former.
- Toute l’opération de l’enroulement d’une armature de 340 tours de fil d’une épaisseur de 0,27 millimètres et d’une largeur de 2,7 ni. m., et son ^transfert du mandrin à une broche en bois ne prend que 8 minutes environ.
- Le commutateur, qui est composé de secteurs de cuivre, avec des projections qui embrassent les
- boucles saillantes, est fixé par des boulons à une rondelle de fibres attachée à un bloc en bois monté sur l’axe. Ce bloc est forcé jusqu'au centre de l’anneau d’armature, de manière à mettre le commutateur de niveau avec l’extrémité de l'enroulement et de manière que les projections du commutateur soient en face des spires terminales; on soude alors les pinces aux boucles saillantes, dont le fil a été préalablement dénudé..
- Pour les formes et proportions des inducteurs, on est anivé, expérimentalement, à leur donner la même forme que celle des dernières et meil-
- Fig. 19
- leures dynamos, spécialement de la dernière machine du Dr Hopkinson. Dans les deux cas, le champ est produit par un enroulement de 25 à 3o mètres-ampères par centimètre carré de la section des inducteurs.
- La comparaison est intéressante, car c’est probablement le plus petit moteur, d’une fabrication courante, dans la construction duquel on se soit conformé aux idées récentes, admises pour la construction des dynamos.
- Le rendement électrique est d’environ 70 0/0, et le rendement net commercial serait de 55 0/0 environ.
- On peut définir la capacité d’une machine par le nombre total d’ampères-tours que comporte son
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- enroulement (induit et inducteur) ; comme beaucoup de ces moteurs sont employés sur des circuits à courants constants d’intensités différentes, il était nécessaire d’avoir un enroulement distinct pour chaque intensité, en faisant varier le nombre de tours de manière à avoir 2000 ampères-tours pour chaque circuit.
- La pile peut fonctionner avec toute espèce de solution qui convienne à une pile à un seul liquide mais la meilleure est une composition sèche, fabriquée spécialement.
- Ce n’est autre chose que la solution au bichromate.
- Les dimensions du fil employé ont également été variées inversement de manière à donner une bobine de la même dimension et pour maintenir le même rendement du cuivre dans chaque type.
- Les enroulements pour différents circuits ont été désignés par des lettres, tandis que les différentes dimensions du moteur sont indiquées par des numéros.
- Le courant peut varier de 20 ampères à 6 1/2 ampères.
- Le tableau suivant donne une idée de la puissance et du poids relatifs de ces petits moteurs-
- Puissance Poids
- en en
- N°* chevaux k i lo g
- 1 1/8 5,g
- 3 1/2 2 2,5
- 5 1 ' 35
- 8 2 57
- La résistance de la pile fraîchement montée est
- Fig. §0
- de o,5 ohm et de 0,15 ohm quand la solution est presque épuisée.
- Quoique ce moteur soit destiné à fonctionner sur des circuits de lumière électrique, on a cependant construit une forme de pile très commode, pour les applications domestiques, dans les cas où l’on ne dispose pas du courant d’une station centrale.
- Les figures 19 et 20 sont assez explicites pour ne pas nécessiter de description particulière. La vitesse du moteur varie suivant le degré d’immersion des électrodes. Celles-ci sont fixées à un cadre et peuvent être montées ou baissées à volonté.
- Le zinc est de forme pyramidale avec le gros bout en bas, à cause de la consommation plus rapide de cette partie ; il est placé entre deux rangées de crayons de charbon.
- Ce changement provient de l’augmentation de la résistance de la solution par la transformation de l’acide sulfurique en sulfate de zinc.
- Le maximun de la capacité est de 12 ampères ; en court-circuit, la pile donne 45 ampères, mais alors la circulation n’est pas suffisante pour empêcher la polarisation, et le courant tombe à 10 ampères en une minute, ou un peu au-dessous du débit normal de la pile.
- J. Wetzler
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- RÉSUMÉ DES
- BREVETS D’INVENTION
- délivrés depuis le i" janvier 1887
- 178707. — M. DESROZIERS. — dériveur de flux
- MAGNÉTIQUE.
- L’idée de M. Desroziers est de donner un moyen de modifier,à volonté, la circulation du flux magnétique dans un circuit magnétique de machine dynamo, ou tout autre appareil analogue.
- La figure montre la réalisation de l'idée : M. M. sont les électros d’une machine dynamo, EF l’induit. Le circuit magnétique M, ABCDEF, A'B'C’D’, M est fer-
- A B
- mé. Sur ce circuit, l’inventeur place en dérivation un second circuit magnétique, plus résistant OO’, dont les épanouissements polaires sont en regard et à une faible distance de ceux du premier circuit. Il est clair que le flux magnétique sera modifié et qu’une partie sera dérivée, par le deuxième circuit,d’une quantité plus ou moins notable suivant la résistance. Il n’y a donc qu’à faire un enroulement sur les canons O, et à faire varierle courant d’excitation, pour régler à volonté la valeur du champ magnétique EF.
- De la sorte, on pourra opérer le réglage dans les machines à potentiel constant, de façon à faire varier le champ suivant la loi A ± BI, ou une plus complexe, I étant l’intensité du courant de circulation autour des branches O.
- M. Desroziers revendique aussi son dispositif pour les galvanomètres du genre Lipmann. Le but qu’il se propose peut être ainsi certainement atteint ; mais comme il est beaucoup plus simple de placer le deuxième enroulement sur les inducteurs de la machine, le brevet que nous vçnons d’analyser n’est de fait qu’une application peu recommandable du double enroulement ordinaire.
- 178886. — SOCIÉTÉ DES SIGNAUX MAGNÉTIQUES.
- NOUVEAU BOUTON MAGNÉTIQUE.
- Tout le monde connaît aujourd’hui l’appel magnétique Abdank.
- L’appareil que brevète la société a pour but d’actionner le ressort de l’appel par un bouton identique aux boutons de sonnettes ordinaires.
- La figure ci-jointe en montre la réalisation pratique.
- L’appel est placé verticalement dans une boite, à la partie inférieure de laquelle un bouton est fixé. La tige d’ivoire T, que l’on peut pousser du doigt, glisse dans un tube fendu dans sa longueur pour permettre le passage d’un buttoir portant une goupille A. La tige T est maintenue en place parun ressort à boudin R’.placé au fond du tube. Cela étant, lorsqu’on appuie sur le boudin,
- en le poussant à fond, la buttée A s’engage sur le plan incliné de la pièce bisautée P, attaque la queue de la bobine de l’appel, tend le ressort de celui-ci, et le laisse échapper brusquement, lorsqu’elle tombe sous une fente pratiquée sur la lame P, fente que ne montre pas le croquis. Ace moment l’appel fonctionne et la buttée A passe entre le ressort R et la pièce P, pour venir reprendre sa place primitive sous l’action des deux ressorts R’ et R".
- • Nous ajouterons que l’appareil, tel que nous venons de le décrire, a été construit et que son fonctionnement est excellent. Il présente entre autres avantages celui de l'a-daption facile sur la face antérieure de la boite du transmetteur et du récepteur d’un téléphone magnétique.
- 178863. — THE WRITING TELEGRAPH C\- Perfectionnements SUR LES TÉLÉGRAPHES AUTOGRAPHIQUES.
- Malgré notre désir de détailler les parties essentielles de chaque invention dans notre revue hebdomadaire, il nous est impossible pourtant d’exposer en entier le présent brevet, car il comporte à lui seul dix-neuf revendi-
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- cations, qui suffiraient à rem| lir la place qui nous est réservée dans le journal.
- D’une façon générale, nous dirons que l’objet principal est d’assurer d’abord une exactitude très grande dans la reproduction de l’écriture de manière à ce que le résultat soit un vrai fac-similé de l’original, et ensuite d’augmenter la vitesse de transmission.
- Pour cela, l’idée américaine consiste à modifier le courant, en faisant varier la pression sur une série de disques en charbon compris dans le circuit, de telle sorte que l’intensité'graduellement changée puisse assurer une reproduction parfaite.
- Une pile de cés disques est donc combinée avec le stylet transmetteur, que meut l’opérateur, par des connexions telles que le mouvement , du style fait lui-même varier la pression sur les disques. De même dans le mécanisme de réception, le stylet est combiné avec un électro-aimant et une armature, en dépendant, mais disposée par un bout en face du dit électro et pouvant par un pivot osciller sur celui-ci.
- Voilàle principe et, pour plus amples informations, nous renvoyons nos lecteurs au brevet (* 1).
- 178903 — WYTER. —téléphone sans aimant permanent.
- Le téléphone que revendique M. Wyter est représenté en coupe dans la figure ci-jointe. Il se compose d’une
- caisse en tôle de fer A, au centre de laquelle est un tube en fer servant de guide à la tige G qui est également en fer. D est un électro-aimant de construction spéciale. Le noyau E de cet électro est une masse formée par l’enroulement d’une feuille de tôle où unë boucle de fer dur (Ter noir).
- (*) Voir pour la description de ce système de télégraphe
- i otre correspondance américaine du 14 mai 1887.
- N. D. L. R.
- La bobine de fer D, est montée sur ce noyau, et c’est elle qui constitue l’excitateur.
- Un disque F, ondulé circulairemcnt est en regard deD, et ses bords sont reliés aux extrémités du tube de manière à fermer le circuit magnétique. Enfin un pavillon G couvre l’appareil qu’un bouton H complète.
- Dans cette disposition, lorsque le courant ondulé traverse l’électro, ü aimante plus ou moins fortement le noyau du dit électro, et cela, avec des modifications assez rapides pour que les sons les plus aigus puissent être reproduits. En effet, le métal constituant le noyau étant divisé par sa construction même, les courants magnétiques rémanents seront presque nuis,et le disque ondulé ajoute par son élasticité à l’intensité et à la netteté des paroles.
- S’il est clair qu’un tel téléphone puisse fonctionner, ses avantages sur les téléphones déjà existants sont-ils bien sérieux ? Pour notre ;p art, nous n’oserions pas absolument l’affirmer.
- 178980 — SOCIETE ELEKTROTECHNISCHE FABR1K
- CANNSTATT. — Machine dynamo pouvant marcher en
- AVANT ET EN ARRIÈRE.
- L’invention présente ne manque pas d’intérêt, et la possibilité de faire tourner une dynamo dans un sens ou dans l’autre, sans toucher aux balais, peut dans certains cas rendre de signalés services.
- La disposition des divers organes employés est assez simple, comme on le voit sur le croquis qui est une vue de face du collecteur.
- —(-0-
- BB sont les deux balais ; ils pressent sur le collecteur dans une direction radiale et sont portés par une bague ou collier G, disposé sur Taxe même de la machine ou un prolongement du bâti.
- Lorsque la machine est au repos et qu'on la met en marche en sens inverse de celui où elle vient de fonctionner, par le frottement seul des balais sur le collecteur, ceux-ci sont entraînés de même que le collier G dans le sens de la rotation jusqu’aux buttées D ou D', placées de telle sorte que les balais se trouvent alors dans la position convenable.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- Par suite du mouvement de C, le sens dû courant produit dans l’anneau, et conduit par les contacts F, F, est en même temps changé par l’intermédiaire,des pièces demi-circulaires E, E, et des pièces du contact F, F, qui pressent dessus, et ce changement de sens est tel que le courant est de même sens, sans que les pôles des inducteurs aient été modifiés.
- Une telle disposition est en somme assez simple, et parait pouvoir être telle quelle employée dans la pratique.
- 179058. — CARRÉ. — perfectionnements dans la
- FABRICATION DES CHARBONS A LUMIÈRE.
- Dans son nouveau procédé, M. Carré préconise l’introduction dans un charbon creux, d’un crayon composé de silicates, carbonates, sulfates, aluminates, borates de chaux, dans le but d’allonger l’arc, de lui donner de la stabilité et de colorer agréablement la lumière.
- Il brevète deux procédés de fabrication.
- Le premier consiste à faire une pâte des divers agents précités, réduits en poudre, avec de l’eau gommée au i/5, et à mouler ainsi des crayons qu’on peut introduire après dessication dans des baguettes de charbon creuses.
- Le deuxième procédé revient à faire toujours une pâte des mêmes éléments, avec de l’eau un peu moins gommée et à faire l’introduction de cette pâte dans les baguettes de charbon par une pression d'air de 1 à 2 kilogrammes par centimètre carré. Après le remplissage ainsi effectué, les charbons sont placés dans une étuve pour obtenir la dessication, la carbonisation de la gomme, et la déshydratation du sulfate de chaux.
- Enfin la revendication porte aussi sur l’emploi des sels insolubles de magnésie, de strontiane et d’alumine auxquels il faut toujours ajouter, dans la préparation, du noir de fumée pour donner un peu de conductibilité au mélange.
- Tels sont les procédés de M. Carré. Ce n’est qu’après s’être servi de pareils charbons, qu’on peut porter un jugement sur leurs qualités.
- 179156. — DRONIER. — Pile perfectionnée
- Les perfectionnements dont parle M. Dronier sont les suivants :
- i° L’emploi dans les piles de plaques de charbon moulées d’une seule pièce, présentant l’aspect d’une grille à barreaux parallèles, de manière à offrir une assez grande surface sous un volume relativement restreint;
- 2“ L’emploi d’une plaque de zinc libre descendant sous son propre poits ou autrement, au fur et à mesure que se produit l’usure de façon à ce qu’elle plonge toujours dans le liquide de la même quantité;
- 3° La fabrication de plaques solides de sel excitateur chromique (bichromate de soude et acide sulfurique) d’un poids déterminé, pour permettre de charger les piles sans avoir à effectuer de pesée.
- Tels sont les perfectionnements proposés; nous ne voulons pas les juger à la légère; mais nous rappellerons cependant que le mot perjectionnement est essentiellement relatif.
- 179178. — WH1TTALL. — Nouveau liquide excitateur pour piles électrique
- Contrairement aux perfectionnements précédents, ceux de M. Whittal ne portent pas sur les électrodes; mais seulement sur le mode d’excitation.
- La solution qu’il revendique, est composée comme il
- suit :
- Permanganate de potasse............... 3 gr.
- Sulfate de magnésie................... 3
- Sulfate de potasse.................... 6
- Bichromate de soude............... i,23o
- Acide sulfurique à 66”............ 1,800
- Eau distillée.................... 5,000
- Pour faire le mélange voici d’ailleurs comment il convient d’opérer :
- On commence par dissoudre le bichromate de soude dans la quantité d’eau nécessaire, on chauffe au bain-marie puis on ajoute l’acide sulfurique, dans lequel on a préalablement fait dissoudre le sulfate de potasse.
- Comme il convient on agite le mélage, et lorsque le liquide est bien clair 0.1 y mêle le reste des 5 kilogrammes d’eau, renfermant déjà en dissolution le permanganate de potasse et le sulfate de magnésie. Il ne reste plus alors qu’à laisser refroidir le tout avec lenteur pour éviter la cristallisation.
- Quand au contraire, on veut d'avance préparer des plaques excitatrices solides, pour pouvoir être transportées facilement, on emploie une composition un peu différente dans laquelle l'acide chromique remplace le sulfate de magnésie.
- Voici les proportions :
- Permanganate de potasse............. 2 gr.
- Sulfate de potasse.................. 6
- Acide chromique................... 125
- Bichromate de soude............. i,23o
- Acide sulfurique................ 1,800
- En faisant la préparation, comme nous l'avons indi-
- qué, on obtient par le refroidissement des plaques cristallisées auxquelles il n’y a plus qu’à ajouter de l’eau pour charger les piles dont les électrodes seront le charbon et le zinc.
- Le brevet de M. Whittal ne contenant pas d’autres explications, il ne nous est guère possible d’y suppléer. De pareilles compositions ne peuvent en effet être dictées que par l’expérience, et c’est aussi l’expérience seule qui permet de juger leur valeur.
- P. Clemenceau
- (A suivre)
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- FAITS DIVERS
- Nous rappelons à nos lecteurs que la séance annuelle de la Société de Physique qui avait lieu jusqu’ici à Pâques, aura lieu à la Pentecôte, au siège ordinaire de la société, 44, rue de Rennes, le mardi 31 mai et le mercredi !•' juin, à 8 heures du soir.
- Le rapport annuel de la société des tramways de Hambourg constate que les expériences de traction électrique qui ont eu lieu sur les lignes de la société, n’ont pas donné tous les résultats qu’on en attendait et seront par conséquent discontinués vers la fin de l’année.
- Le Centralblatt für Elektrotechnik annonce que la Société allemande Edison a construit une bouilloire électrique rapide, dans laquelle la source de chaleur est constituée par une bobine de résistance placée dans un récipient, muni extérieurement d’une protubérance circulaire en forme de bourrelet et sur laquelle repose la bouillotte mobile.
- On peut, avec cet appareil, faire bouillir un litre d’eau en quinze minutes, avec un courant qui revient à cinq centimes au tarif de la Société municipale d’Électricité de Berlin, mais qui coûterait encore moins cher à celui qui ferait lui-même fonctionner son installation.
- La bouilloire électrique est en cuivre, d’une forme élégante et repose sur un plateau en bois poli.
- A l’occasion de l’assemblée générale de la compagnie des tramways de Berlin, le Directeur de la société a déclaré que le conseil d’administration s’occupait d’un projet ayant pour but de remplacer la traction par chevaux par l'électricité.
- Le i5 avril dernier, ont eu lieu des expériences'de traction électrique à Cologne, avec des accumulateurs placés sous les sièges de la voiture. Des essais très satisfaisants ont été faits sur la ligne du tramway de Cologne à Ehrenfeld.
- Si nous en croyons ûn journal autrichien, le premier paratonnerre n’aurait pas été construit par Franklin, mais par un moine de Senftenberg en Bohême,’ nommé Prokop Diwisch, qui installa un appareil le i5 juin 1754, dans le jardin de la cure de Prenditz (Moravie).
- Cet appareil se composait d’un mât surmonté d’une tige de fer, supportant douze bras recourbés vers le haut et se terminant par autant de petites boîtes métalliques remplies de limaille de fer et fermées par un couvercle de buis traversé par 27 pointes effilées de fer, qui plongeaient
- par leur base dans la limaille. Tout ce système était réuni au sol par une grosse chaîne.
- Les ennemis de Diwisch, jaloux de son succès à la cour de Vienne, excitèrent les paysans des environs contre lui, et sous prétexte que son paratonnerre était la cause d’une grande sécheresse, il dût l'enlever après l’avoir utilisé pendant six ans.
- Il est curieux de remarquer que la forme du premier paratonnerre était à pointes multiples, comme celle à laquelle M. Melsens s’est arrêté plus tard.
- Le procès de la ville d’Anvers contre la Compagnie du Gaz vient d’avoir sa solution. La cour d’appel de Bruxelles a rendu un arrêt longuement motivé, reconnaissant le monopole à la Compagnie du Gaz et déclarant la ville d’Anvers liée à celle-ci jusqu’en l’an de grâce 1912.
- La conséquence est l’impossibilité de donner suite, à Anvers, au projet dont M. Nothomb s’était fait le promoteur. Les habitants n’y perdront rien, car la Compagnie Impériale Continentale du Gaz, qui possède la concession du gaz à Anvers ne manquera pas d’y renouveler l’expérience actuellement poursuivie par elle à Vienne.
- La Balloon Society 0/ Great Britain vient de décider d’offrir, à l’occasion du jubilé de la Reine, une médaille et un prix de 10c guinées (267.5 francs) pour l’application la plus économique de l’électricité à la production de la chaleur, de la lumière, de l’action chimique, de la puissance mécanique, à la transmission des dépêches ou au traitement des maladies.
- La nouvelle édition de l'Annuaire de l’homme d’état publié à Londres, contient la statistique suivante sur les lignes télégraphiques du monde :
- Etats Milles anglais États Milles anglais
- (1600 m.) (1600 m j
- Belgique 5.711 Autriche-Hongrie. 35.o86
- France 61.286 Serbie 1.736
- Suisse 4.349 Portugal 3.i 11
- Grande-Bretagne et
- Irlande 30.276 Roumanie 3.199
- Allemagne *1.869 Bulgarie I .521
- Pays-Bas 2.g38 Espagne. 11.158
- Turquie 14.618 Norvège 4.591
- Danemark 2.447 Russie etFinlande. 68.611
- Grèce 4.o54 Suède 5.361
- Italie i8.35g
- Total pour l’Europe 328.281 milles.
- Cochinchine 1.444 Indes Hollandaises 3.492
- Ceylan., 1. i58 Perse 3.209
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- Japon . 5.583 Tonkin Colonies anglaises du détroit de la i5g
- Indes anglaises... . 2b.38o Sonde I 2 I
- Philippines . 718 Chine 944
- Asie. Total pour les pays ci-dessus: 42.308 milles.
- Salvador 1.260 Uraguay 1.0*2
- Cuba 2.811 Canada 20.466
- Etats-Unis 1 64.954 Colombie 2.357
- Guatemala 1.816 Pérou 1.382
- Honduras 1-349 Vénézuéla 1.145
- Nicaragua 1.416 Guyanne 264
- Mexique- »9-439 Brésil 6.432
- Chili 7.625 Equateur 400
- République Ar-
- ' gentine 12.479 Paraguay 45
- Costa Rica 450 Bolivie 180
- Amérique. Total : 247.183 milles.
- Réunion 76 Egypte 5.858
- État libre d’O-
- Tunis 1.874 ratine 56o
- Algérie 3.661 Transval I 20
- Colonie du Cap... 4.244 Mozambique 53
- Sénégambie 1.535 Angola. 219
- Afriqui e. Total : 18.220 milles.
- Tasmanie 1.635 Australie 3o.ooo
- Nouvelle Zélande. 4.463
- Total pour l’Australie: 36.098 milles.
- ' CElectrical World apprend de Fort-Myers, Floride, où se trouve actuellement Edison, que le célèbre inventeur est parvenu à transmettre des communications téléphoniques entre deux navires situés à cinq ou six kilomètres l’un de l’autre, et qu’il espère pouvoir augmenter la distance de transmission au moyen d’appareils plus sensibles que ceux dont il se sert aujourd’hui et qui ne sont que des appareils d’essai. Les eaux de la Floride sont, il est vrai, particulièrement favorables à des expériences de cette nature, car elles ne sont pas troublées par le passage des steamers, mais les résultats obtenus sont, paraît-il, très encourageants et permettent d’espérer une solution complète du problème.
- ' Edison n’a pas cherché à transmettre la parole; il a simplement voulu transmettre des sons plus ou moins longs, analogues à ceux du télégraphe Morse et produits par des explosions sous-marines. C’est déjà un grand progrès, car' là réception de la parole que le professeur
- Trowbridgc avait voulu réaliser, il y a quelques années n’avait pu réussir qu’à une distance excessivement faible.
- Éclairage électrique
- La petite ville de Manosque (Basses Alpes) va prochainement être éclairée à la lumière électrique, au moyen de lampes à incandescence. On travaille activement aux installations nécessaires, et sous peu, non seulement les rues seront éclairées, mais la lumière électrique sera fournie par la station centrale dans les meisons particulières également.
- La lampe à incandescence de Khotinsky, qui a eu beaucoup de succès en Allemagne, a jusqu’ici été fabriquée par une société de Rotterdam qui possède également une usine à Cologne.
- La compagnie allemande Edison prétend, aujourd’hui, que le droit de fabriquer cette lampe lui appartient et se trouve couvert par certains de leurs brevets! La compagnie Edison a, par conséquent, commencé une action tendant à empêcher la société de Rotterdam de continuer cette fabrication.
- La Société Sta’stische Elektricitcetswerke. à Berlin s’est déclarée prête à installer deux nouvelles stations centrales de lumière électrique dans cette ville. L’une de ces usines sera construite dans le faubourg de Dorotheenstadt, l’autre dans le vieux Berlin, et chacune doit pouvoir alimenter dès le commencement, 6000 lampes de 16 bougies, fonctionnant à la fois.
- En cas de besoin, les installations pourront être agrandies de manière à alimenter 10.080 lampes chacune. La station centrale du vieux Berlin doit être prête à fonctionner dans un délai maximum de deux ans, et l’autre de deux ans et demi.
- La ville de Olmütz, en Autriche, sera éclairée à la lumière électrique à partir du mois d’août prochain.
- L’Impérial Continental Gas Association, de Vienne, a enfin obtenu la permission de placer des câbles, entre sa station centrale de lumière électrique, l’opéra et le nouveau théâtre du Burg. Le cahier des charges a été con-8 sidérablement augmenté et débarrassé de plusieurs clauses
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- très onéreuses pour la compagnie, bien que la redevance très élevée soit maintenue.
- Les câbles seront fonrnis par les représentants viennois de la maison Berthoud-Borel.
- L’opéra sera probablement fermé pendant un mois pendant les travaux, et rouvrira le premier août; le nouveau théâtre du Burg ne sera terminé qu’en 1888; il sera éclairé à l’électricité dès son ouverture.
- Le 14 avril dernier, un quartier de la ville de Neuhaus en Bohême, a été éclairé à la lumière électrique à incandescence, à titre d’essai. Les expériences ont si bien réussi, que la ville s’est décidée à adopter définitivement le nouvel éclairage.
- La municipalité de Séville a traité avee la Sociedad Es-panola de Electricitad pour l’installations de 34 foyers à arc, pendant les cérémonies de la semaine sainte.
- Ces foyers seront placés sur la place de la Constitution, Paseo de Arrecipe et dans la Calle de Fernando de Sé-villa. Cinq lampes puissantes seront installées sur la tour de la Giralda.
- L’exposition américaine qui vient d’être ouverte à Londres est éclairée le soir par i5 foyers à arc, du système Brush, dC4ooo bougies chaque, 20.0 foyers Thomson-Houston et 100 foyers du système américain, de Wood. En dehors de ces lampes à arc, il y a encore i5oo lampes à incandescence.
- La petite ville de Dundalk, situé sur la côte irlandaise à quelques kilomètres au nord de Dublin, va être prochainement éclairée à l’électricité.
- L’Installation se compose .d’une machine à vapeur de 3o chevaux et de 3 dynamos, reliées en série qui donnent chacune 620 volts et de 16 à 17 ampères. Les conducteurs sont aériens et isolés seulement aux isolateurs; partout ailleurs ils sont nus. Leur longueur est de 10, 4 kilomètres et à eüx seuls ils absorbent 540 volts, soit 12,3 chevaux. Les lampes, du système à arc Simplex, prennent 55 volts et 16 ampères; elles sont au nombre de 24 et ont une intensité lumineuse nominale de 3,000 bougies.
- Le traité pour l’éclairage public est passé avec la municipalité pour une période de trois années et moyennant la somme de 10000 francs par an, ce qui remet le prix de chaque lampe à arc a 416 fr. 65. Les lampes doivent brûler depuis la tombée de la nuit jusqu’au lever du soleil, et être allumées toutes les nuits, sauf pendant les mois de juin et de juillet, et les cinq jours de chaque pleine lune.
- Dans ces conditions, l’électricité revient à un prix moins élevé que les autres systèmes d’éclairage, tout en donnant une plus grande quantité de lumière. L’économie réalisée est de i5oo francs par an.
- Il a été constaté officiellement, par le syndic des pilotes de New-York, que la lumière électrique sur la statue de la Liberté peut être vue par un temps clair à une distance de 23 milles.
- La compagnie Edison de Chicago vient d’obtenir Une concession de 25 ans pour l’établissement dans cette ville d’une station centrale pour la lumière électrique à incandescence.
- La compagnie est autorisée à ouvrir toutes les rues pour y placer ses fils, et doit déposer un cautionnement de 25o.ooo francs.
- Le professeur Barett, chef du département des pompiers à Chicago, vient de demander par circulaire à tous les directeurs de réseaux téléphoniques, de l’informer en détails, de tous les accidents, aux personnes et aux immeubles, causés par les fils de lumière électrique.
- Il considère cette question comme très importante et se propose d’en saisir l’association nationale des ingénieurs pour étudier les moyens de diminuer le danger provenant de fils électriques mal isolés.
- La première course' de taureaux, éclairée à la lumière électrique, a eu lieu dernièrement à Mexico, où l’arène était éclairée au moyen de i5 foyers à arc.
- Télégraphie et Téléphonie
- La 'Western Union Telegraph C° vient de traiter avec la Standard underground Cable C° (système Waring) pour la fourniture de 10 milles de câbles à 19 conducteurs en fil de cuivre n° 14, et 57 kilomètres de câbles à 60 conducteurs. Ces câbles serviront pour la ville de New-York.
- V>\.s.-...s.
- La ligne téléphonique entre Paris et le Havre à été inaugurée le samedi 7 mai et a été mise à la disposition du public dès le lendemain matin.
- La taxe est fixée à un franc par cinq minutes de conversation.
- Jusqu’à nouvel ordre, les communications ne pourront
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- être échangées qn’entre la Bourse de Paris et le bureau central au Hâvre.
- La Société générale des téléphones vient d’installer des téléphones daus les houillières de Commentry et de Mont-ricq pour relier les diflérents services.
- L'installation comprend une ligne qui part de la direction, située à Commentry, et se bifurque à une distance de 5 kilomètres et demi pour se diriger d’un côté sur Montluçon, et de l’autre sur Montricq ; la longueur du premier embranchement est de i3.38o mètres, celle du second de 10.680 mètres.
- Le nombre total des postes sur ces lignes est de sept. Chacun d’eux est muni :
- 1" D’un rappel par inversion, destiné à recevoir le courant d’appel des autres postes et donner passage, s’il reçoit le courant qui le concerne, au courant d’une pile locale vers la sonnerie d’appel;
- a* D’un commutateur inverseur, qui permet de faire agir la pile locale d’appel, soit dans un sens positif, soit dans un sens négatif.
- Comme on ne dispose que de deux genres de courant il est évident que tous les postes, fonctionnant avec un courant positif, seront appelés en même temps, de même ceux fonctionnant avec un courant négatif ; on convient alors d’un nombre de coups pour désigner celui des postes appelés, qui doit répondre à l’appel.
- La ville deMülheim sur le Rhin n’a pas eu jusqu’ici un réseau téléphonique indépendant, mais elle était reliée au bureau central de Deutz, un faubourg de Cologne. Ladirection générale des télégraphes a maintenant décidé de faire installer un réseau spécial à Mülheim où 25 nouveaux abonnés viennent de se faire inscrire.
- Depuis quelques semaines, le téléphone fonctionne de ' Bruxelles à Verviers sur un nouveau circuit, entre les abonnés du réseau de cette ville et ceux de la compagnie Bell, à Bruxelles.
- Pour arriver à ce résultat, le département des télégraphes de l’Etat avait remplacé par un circuit double, partie en cuivre durci, partie en bronze phosphoreux, les anciens conducteurs en ter des lignes télégraphiques affectés précédemment aux communications téléphoniques entre les deux villes. Le résultat est des plus satisfaisants.
- v La transmission de la parole entre Bruxelles et Verviers avec les nouveaux conducteurs, est beaucoup plus nette que la transmission entre Anvers et Bruxelles, par les, 61s de fer.
- La distance entre ces deux dernières villes n’est cependant que de 44 kilomètres, tandis qu’il y en a 125 de Verviers à Bruxelles.
- La River Plate Union Téléphoné C“, de Buenos-Ayres, a dernièrement fusionné avec la compagnie Gower Bell de cette ville, ce qui donnait à la nouvelle Société un total de 38oo abonnés. Immédiatement après la fusion le prix de l’abonnement fut augmenté de 37,5o francs à 60 francs par mois, malgré les réclamations du public. Par suite de cette augmentation la compagnie perdit en i5 jours plus de 2000 abonnés et une nouvelle société coopérative se forme au capital d’un million de francs qui commence immédiatement la construction d'un nouveau réseau.
- A partir du 3o avril, tous les bureaux centraux télé-, phoniques ont cessé de fonctionner dans les villes de l’Etat d’Indiana n’ayant que 10,000 habitants ou au-dessous, la compagnie des téléphones ne pouvant exploiter ces réseaux avec bénéfice au taux d’abonnement de i5 francs par mois imposé par la loi.
- Les tribunaux de la Nouvelle-Orléans ont décidé que la ville n’avait pas le droit d’imposer une taxe de .25 francs pour chaque poteau téléphonique de la compagnie des téléphones de cette ville.
- ERRATUM
- Dans le dernier article de M. Ledeboer sur le flux d’induction magnétique, on a indiqué par erreur sur la figure 7, relative aux mesures par rupture de courant, une échelle des flux en valeur absolue ; en réalité, l’échelle est arbitraire et diflérente pour chaque courbe.
- En outre, on voudra bien faire les corrections suivantes :
- Page 3o5, colonne 2, ligne 18, lisez figure 7 au lieu de figure 5 ; page 309, colonne 2, ligne 3, lisez figure 5 au lieu de figure.
- Le Gérant Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Électrique, 3i, bôulevard des Italiens Paris. — L. Barbier.
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- La Lumière Electriq
- Journal universel d’Electricité
- - 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- 9' ANNÉE (TOME XXIV) SAMEDI 28 MAI 1887 N° 22
- SOMMAIRE. — Nouvelles méthodes de mesure des coefficients de self-induction et d’induction mutuelle; W.-F. Ayrton et J. Perry. — Sur un nouvel exemple de coup de foudre, accompagné de la production de jet d’eau; G. Planté. — De l’influence des électro-aimants dans les lignes téléphoniques ; A. Palaz. — Dispositif pour répéter l’appel ; P. Goloubitzky. — Revue des travaux récents en électricité : Effets des tremblements de terre sur les appareils magnétiques, par M.. Mascart.— Les transformateurs Zipernowsky, Deri et Blathy, par M. Picou. — Commutateur automatique pour lignes téléphoniques, de M. Œsterreicli. — Nouvelles relations entre la lumière et l’électricité, par le professeur Marangor.i. — La conductibilité électrique dans le voisinage de la température critique, par A. Bartoli. — Sur une nouvelle action du magnétisme sur les phénomènes thermiques dans une plaque de bismuth traversée par un courant électrique, par M. Ettingshausen. — Correspondances spéciales de l’étranger : Allemagne ; Dr H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — États-Unis : J. Wetzler. — Brevets d’invention ; P. Clemenceau. —Faits divers.
- NOUVELLES MÉTHODES DE MESURE DES
- COEFFICIENTSde SELF-INDUCTION
- ET
- D’INDUCTLON MUTUELLE (')
- Cette communication n’a pas la prétention de rappeler le remarquable discours d’inauguration de M. le professeur Hughes, ni de se rapporter à de nouvelles recherches expérimentales sur les lois delà self-induction ou de la résistance variable due aux alternances rapides du courant.
- Notre but est différent, nous avons cherché à donner aux praticiens une idée aussi nette de la self-induction que cvlle qu’une pratique constante donne à chacun de la résistance.
- Dans ce but, nous donnons ici la description et la théorie d’un appareil très simple combiné par
- (*) Conférence faite à IV. ssemblée générale de la •Society 0/ Telegraph Engineers andElectricians, le 28 avril 1887, et communiquée par les auteurs avec de nombreuses additions.
- nous il y a un an et perfectionné depuis, et qui permet de mesurer directement un coefficient de self-induction et d’induction mutuelle en fonction de l’unité légale.
- Les électriciens sont maintenant si familiarisés avec la notion de résistance, qu’il peut sembler étonnant qu’on n’ait pas toujours envisagé la résistance d’un conducteur, comme une de ses propriétés, définie aussi bien que son poids ou sa longueur.
- Dans les Rapports de la Commission des étalons électriques, publiés par feu le professeur Flee-ming Jenkin, l’auteur montre le développement graduel de l’idée d'une résistance définie des conducteurs , et dans notre conférence de 1879 sur Une nouvelle détermination du rapport des unités électromagnétique et électrostatique de la quantité d’électricité ('), nous avons également dit quelques mots sur cette question.
- Depuis que Lenz, il y cinquante ans, employait dans ses expériences, comme unité de résistance une longueur de un pied de fil de cuivre n° 11, les électriciens ont appris, non seulement à considérer la résistance comme une propriété définie d’une substance déterminée , dans un état défini, mais ils sont encore si bien pénétrés de cette idée
- (}) Society of Telegraph Engineers and Electricians. 1879.
- a5
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- qu’ils ont contesté la preuve expérimentale faite par le professeur Hugues , de la variation de la résistance d’un conducteur, dans le cas des courants intermittants.
- Si l’on est arrivé à une idée si nette de la résistance , c’est certainement à la suite de la mesure de plusieurs centaines de mille résistances faite pendant les vingt-deux dernières années, en fonction d’une unité de résistance bien connue, portant un nom simple.
- Nous sommes certains qu’on n’arrivera à ce même sentiment instinctif de la self-induction que lorsque les praticiens auront fait un grand nombre de mesures des coefficients de self-inductions de différentes bobines, électro-aimants dynamos, etc., exprimés au moyen d’une unité pratique.
- Ce genre de mesure n’a pas été fait d’une façon régulière pour deux raisons ; en premier lieu, on commence seulement à apprécier l’importance qu’il y a de connaître le coefficient de self-induction d’un circuit, et enfin , l'application des méthodes connues est délicate.
- Mais, aujourd’hui que la vitesse des signaux télégraphiques devient de plus en plus grande, que la téléphonie à grande distance attire de plus en plus l’attention, et que les systèmes de distribution de l’énergie électrique au moyen des transformateurs et des courants alternatifs, font une concurrence sérieuse aux autres systèmes, la mesure régulière des coefficients de self-induction et d’induction mutuelle des dynamos , des électroaimants et des bobines d’induction etc., s’impose tout autant aux ingénieurs électriciens que les mesures de résistances.
- Les méthodes du professeur Hughes pour la comparaison des coefficients de self-induction, qui comportent l’emploi du téléphone, sont merveilleusement sensibles , ainsi que le prouve les résultats obtenus, mais leur délicatesse même en rend l’emploi impossible sans l’aide d’un compensateur ou étalon réglablq.d’induction mutuelle, pour les mesures techniques d’un coefficient de self-induction, en fonctions du produit d’un temps par une résistance.
- La plus grande autorité en électricité, Clerk Maxwell, donne une exposition complète des principes -généraux de la self-induction ainsi que plusieurs méthodes pour déterminer ce qu’il appelle la capacité électromagnétique de self-induction d’une bobine.
- La longueur seule de ce titre inspire des doutes sur la possibilité d’une application technique de ces méthodes, et, en effet, la seule qui puisse être appliquée couramment à cause de la simplicité des appareils, présente des difficultés considérables.
- Cette méthode est intitulée Comparaison entre la capacité électrostatique d’un condensateur et la capacité électromagnétique de self - induction d’une bobine (’), et le résultat donne le coefficient de self-induction par le produit de deux résistances divisé par la capacité d’un condensateur.
- Un de nos élèves, M. Sumpner, a fait, il y a un an à peu près, un certain nombre d’expériences avec cette méthode , qu’il a trouvé d’une applica. tion très difficile ; il faut obtenir deux équilibres différents du pont de Wheatstone, l’un annulant la déviation du galvanomètre pour un courant constant et l’autre annulant la déviation au moment de l’ouverture ou de la fermeture du circuit d j la pile.
- Le changement des résistances nécessaire pour l’un des ajustages , dérange généralement le réglage antérieur.
- En employant un galvanomètre à grande période d’oscillation , cette méthode donnerait de bons résultats, si l’on pouvait ajuster non seulement la résistance des bras du pont mais aussi la capacité du condensateur.
- Avec un galvanomètre ordinaire , la différence entre la vitesse de charge d’un condensateur et la vitesse des variations de l’extra-courant provenant de la self-indûction, ne permet pas en général de régler les résistances et la capacité du condensateur de manière à annuler la déviation du galvanomètre lors de l’interruption ou de la fermeture du circuit de la pile, en supposant qu’il y a d’abord une déviation d’un côté ou de l’autre du zéro, et par suite, on ne peut obtenir une mesure exacte du coefficient de self-induction.
- On a proposé et essayé avec plus ou moins de
- {}) On pourrait naturellement conclure de ce titre qu’une capacité, en unités électrostatiques, a les mûmes dimensions qu’un coefficient de self-induction en unités électromoqnétiques , celles d’une longueur ; c’est cette comparaison qu’établit Clerk. Maxwell ; mais en réalité, le résultat renferme le carré d'une résistance, la capacité du condensateur et le coefficient de self- induction de la bobine , en sorte que le problème n’est pas exactement celui indiqué par le titre.
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- succès, de modifier cette méthode en combinant des résistance's et un ou plusieurs condensateurs avec un galvanomètre différentiel mais, ains i que nous le verrons tout à l’heure, avec des interruptions rapides du circuit de la pile, l’effet ne peut pas s’ajouter exactement.
- La meilleure méthode publiée jusqu’à présent pour la mesure du coefficient de self-induction en fonction du produit d’un temps par une résis. tance est probablement celle décrite par Lord Rayleigh dans sa communication intitulée Expériences pour la détermination de la valeur en mesure absolue de l’unité de résistance de l'Association britannique. (Philosophical Transactions de 1882 et Journal of the Society of Telger. Eng. andElectricians, p. 252, 1882 ).
- Elle est basée sur une méthode donnée par Glerk Maxwell, mais qui n’est pas décrite dans les deux éditions de son livré.
- Cette méthode consiste à placer la bobine avec self-induction dans l’une des branches d’un pont de Wheatstône; en équilibrant à»la manière ordinaire, de manière à n’avoir pas de déviation, lors" que le circuit de la pile est fermé avant celui du galvanomètre ; on note ensuite la déviation de l’aiguille du galvanomètre en complétant le circuit de la pile après celui du galvanomètre ; enfin on mesure la déviation constante qu’on obtient en modifiant l’une ou plusieurs des branches du pont d’une quantité connue, le circuit de la pile étant complété avant celui du galvanomètre, comme pour le premier essai.
- Cette méthode est simple mais elle présente trois inconvénients sérieux. En premier lieu, quoiqu'on emploie un pont de Wheatstône ordinaire , on ne peut pas se servir du galvanomètre apériodique puisque l’aiguille ne doit pas commencer à se déplacer avant la cessation de l’extracourant lors de l’interruption du circuit de la pile dans le dernier essai ; de plus, il faut déterminer la durée d’oscillation de l’aiguille et son décrément logarithmique, ces deux valeurs entran-dans la formule , de sorte qu’on est obligé de se servir d’un galvanomètre balistique.
- En outre, si le coefficient de self-induction à me surer est faible, l’impulsion de l’aiguille sera très petit, et ne peut être lue exactement.
- On ne peut pas multiplier les effets avec des interruptions rapides du circuit de la pile, ni dans cette méthode ni dans celle décrite par Clerk Maxwell et dont nous avons parlé plus haut, puis-
- que le sens des déviations de l’aiguille du galvanomètre varie pour l’ouverture et la fermeture du circuit de la pile.
- Enfin, il est essentiel d’avoir un équilibre préalable très exact du pont, puisque la déviation qu’on obtient par le deuxième essai doit être due entièrement à l’impulsion de l’extra-courant.
- Il faut donc ajouter un fil au pont ordinaire, au lieu de calcule r l’équilibre exact en interpolant au moyen des petites déviations constantes adroite et à gauche du vrai zéro. (Voir Appendice II ).
- Quand on envoie un courant dans un conducteur avec self-induction, celui-ci agit comme si sa résistance était augmentée, et quand on interrompt ce courant, la résistance semble plus faible qu’elle ne l’est en réalité. Par conséquent, si l’on obtient un équilibre du pont de Wheatstône à la manière ordinaire, la self-induction de l’une des branches, ou la présence d’un condensateur relié à celle-ci, serait sans effet sur cet équilibre avec des interruptions du circuit de la pile, pourvu que la rapidité de celles-ci ne soit pas trop grande et permette aux courants, dans les branches du pont, d’arriver à leurs valeurs constantes. Dans le cas contraire, la self-induction de l’une des branches produira un dérangement de l’équilibre; mais une méthode de ce genre pour la mesure du coefficient de self-induction entraînerait l’emploi de formules très compliquées.
- Nous avons donc recherché s’il était possible, tout en évitant des interruptions assez rapides pour empêcher les courants d’arriver à leurs valeurs constantes, de faire agir la self-induction d’un circuit comme une augmentation apparente et définie de la résistance de ce circuit, qui pourrait être mesurée de la manière ordinaire avec un pont de Wheatstône ou un galvanomètre différentiel. La mesure d’un coefficient de self-induction serait ainsi simplement réduite à une mesure de résistance.
- Nous avons résolu ce problème, dans le printemps de 1886, de la manière suivante:
- La bobine dont on désire mesurer le coefficient de self-induction est placée dans l’une des branches d’un pont de Wheatstône dont les trois autres branches sont composées de bobines ordinaires à double enroulement, sans self-induction appréciable . Le circuit de la pile est interrompu rapidement et, en outre, après chaque fermeture, le circuit du galvanomètre est mis en court-circuit ou interrompu, et après
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- chaque rupture du circuit de la pile, le galvanomètre est réintroduit dans le pont en coupant le court-circuit ou en rétablissant la communication. De la sorte, toutes les impulsions successives de l’aiguille du galvanomètre, qui sont produites dès que le courant commence à circuler dans la bobine avec self-induction s’ajoutent, mais les impulsions inverses qui, autrement, auraient lieu, sont supprimées. Par suite, la self-induction de l’une des branches semble augmenter sa résistance d’une quantité définie qui dépend du coefficient de self-induction et du nombre d’interruptions par minute. Cette augmentation apparente de résistance produit une déviation du galvanomètre qu’on peut noter et dont on peut calculer la valeur en la comparant avec la déviation produite au moyen d’un courant constant, en détruisant l’équilibre du pont d’une quantité connue, comme dans la méthode de Rayleigh. Mais la nécessité de lire la déviation limitant la vitesse des interruptions et, par suite, la sensibilité de la méthode ('), nous l’avons remplacée par une méthode de %éro, plus sensible, et au lieu de lire la déviation du galvanomètre, nous rétablissons l’équilibre et nous ramenons l’aiguille au zéro, en changeant l’une ou plusieurs des branches du pont, comme pour un essai ordinaire de résistance.
- Nous avons également substitué dans nos expériences, la mise en court-circuit du galvanomètre à la rupture périodique de son circuit ; celui-ci étant parcouru par un courant passant pendant-l’o-pération, si l’on se sert de la méthode de zéro, sa rupture produirait une étincelle qui rendrait les calculs difficiles, tandis que la mise en court-circuit périodique du galvanomètre produit un effet dont il est facile de tenir compte dans les développements mathématiques.
- La mesure d’un coefficient de self-induction par cette méthode est extrêmement simple car, pourvu que la période de l’opération soit assez
- (i) Depuis que ce travail a été annoncé (à la Société sus-indiquée), M. Lippmann a communiqué à l’Académie des Sciences un travail de MM. Ledeboer et Manœuvrier Sur la détermination du coefficient ae self-induction (voir La Lumière Électrique des 16 et 23 mai 1887), où est décrite une nouvelle méthode imaginée par les auteurs.
- Cette méthode est identique: à celle que nous employions en 1886.
- longue pour permettre aux courants de s’établir dans l’intervalle entre la fermeture du circuit de la pile et la mise en court-circuit du galvanomètre, et pour leur permettre de s’annuler dans l’intervalle de la rupture du circuit de la pile et de la réintroduction du galvanomètre dans le circuit, la formule extrêmement simple.
- (1) L = Ta
- est alors très approximativement satisfaite, comme nous le démontrerons ; dans cette formule, L représente le coefficient de self-induction de la bobine en ohms-secondes; ou en quadrants terrestres, soit l’unité pratique de self-induction ; T le temps de claque opération, pendant lequel le galvanomètre n’est pas en court-circuit et que la pile est fermée, et a l’augmentation apparente de la résistance de la bobine en ohms. On observera que si L est petit, on peut rendre l’augmentation de résistance a assez grande pour être mesurée exactement, en faisant T très petit. On le réalise, soit en augmentant la rapidité des interruptions, soit comme on le verra tout à l’heure, en changeant le réglage de l’appareil qui exécute automatiquement l’opération.
- On a donc une méthode extrêmement sensible pour les mesuras absolues de self-induction dans laquelle le coefficient est exprimé sous sa forme la plus simple, soit comme le produit d’un temps par une résistance.
- Si, au lieu de couper périodiquement le circuit du galvanomètre pendant l’interruption de celui de la pile, on le coupe pendant que le courant de la pile fonctionne, en introduisant le galvanomètre pendant l’interruption du circuit de la pile, la résistance de la bobine considérée paraîtra diminuer d’une quantité définie, et dans ce cas, g représentera la diminution apparente de sa résistance et T le temps pendant'lequel le galvanomètre est en circuit, après l’interruption du circuit de pile.
- Le premier appareil pour mesurer la self-induction par cette méthode fut construit au printemps de 1886 sous la surveillance d’un de nos aides M. Mather. Il se composait d’un double commutateur (fig. 1), animé d’un mouvement de rotation par un petit moteur électrique auquel était fixé un indicateur de vitesse de Young, qui enregistrait la vitesse de rotation. Les balais B, Ba ; bt, b., étaient reliés au pont comme l’indi--
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- que la figure. Quand le double commutateur était mis en mouvement par le moteur (dont la vitesse était exactement réglée au moyen d’un régulateur de Varley) la partie AB donnait lieu à une interruption périodique de la pile tandis que la partie C D mettait périodiquement le galvanomètre en court-circuit, de sorte que, ce que nous appelons une opération comprend le cycle suivant :
- Circuit de la pile
- Établi
- Pendant l’établissement Rompu
- Pendant .l’interruption Établi
- Court-circuit dit galvanomètre
- Pendant la rupture Établi
- Pendant l’établissement Rompu
- Pendant la rupture
- Fig. 1
- cier M. Sumpner pour la manière dont il a conduit ces recherches avec l’aide de ses collègues, MM. Rossiter et Watney.
- Les différentes méthodes employées par M. Sumpner, le développement mathématique des formules relatives à chaque cas et ses conclu» sions générales au sujet de leur exactitude se trouvent consignés dans les appendices ci-joints; mais bien que les détails de l’appareil aient été entièrement modifiés depuis douze mois, les expériences ontnéanmoins démontréquela méthode à laquelle se rapporte le cycle d’opérations indiqué précédemment est la plus simple et la plus exacte. L’une des raisons de l’exactitude de la méthode est que les commutateurs ne se trouvent pas dans les branches du pont; on évite ainsi l’erreur provenant d'un changemement de résis-
- Fig. 2
- qui se répète un nombre quelconque de fois par minute.
- Le temps T, dans la formule, représente l’intervalle entre le moment où la partie continue du commutateur AB vient en contact avec le balais B2 et le moment où la partie continue du commutateur CD vient en contact avec le balai b2; on peut rendre cet intervalle plus ou moins long, soit en changeant la vitesse de rotation, soit en faisant tourner une des moitiés du commutateur par rapport à l’autre au moyen de l’écrou N.
- Vers cet époque, c’est-à-dire pendant l’été de l’année dernière, nous avons chargé M. Sumpner, un des étudiants de troisième année de la Central Institution ( City and Guilds) de faire des expériences avec cette méthode, et d'en déterminer mathématiquement la sensibilité et de l’augmenter si possible par un autre mode d’emploi.
- Nous profitons de cette occasion pour remer-
- tance au contact des balais et du commutateur.
- Il va sans dire qu’un contact défectueux pourrait donner un résultat inexact, mais on pourrait en dire autant d’une mauvaise communication dans le circuit de la pile ou du galvanomètre dans un pont de Wheatstone ordinaire.
- La première chose à faire après avoir construit l’appareil était d’établir une formule reliant le coefficient de self-induction, l’augmentation apparente de résistance delà bobine et le temps périodique. Nous avons calculé cette formule nous même, en négligeant la self-induction du galvanomètre.
- D’autre part, M. Sumpnera étudié le problème complet, et nous donnons ses calculs réduits à leur plus simple expression, car, en dehors de son application à l’expcrience en question, le calcul est intéressant au point de vue du problème de la mesure de la capacité d’un condensateur
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- avec un pont de Wheatstone et une clef de vibration. Ce problème a été résolu par Clerk Maxwell qui n’a cependant pas tenu compte de la self-induction du galvanomètre.
- La figure 2 représente un pont de Wheatstone, où r est la résistance d’une bobine de coefficient de self-induction L ; r0 r2, r3 les résistances des trois autres branches du pont, ajustées de manière à annuler la déviation du galvanomètre pour une certaine vitesse de rotation des commutateurs.
- En tournant les commutateurs, le courant passe à certains moments dans un sens à travers le galvanomètre, et dans l’autre sens à un autre moment; la quantité totale traversant le galvanomètre doit être nulle. Soient en outre rs et l, la résistance et le coefficient de self-induction du galvanomètre, E et rp, la force électromotrice et la résistance de la pile.
- Si x, y, :{ sont les courants élémentaires dans chaque branche, nous avons :
- cité y passe quand le circuit de la pile est fermé pendant le temps que le galvanomètre n’est pas en court-circuit; ce courant diminue jusqu’à zéro et augmente ensuite en sens inverse jusqu’à ce qu’il atteigne une certaine valeur définie quand les courants des branches du pont sont établis ; le second effet a lieu lors de la disparition graduelle de ce courant renversé dans le galvanomètre, pendant que celui-ci est en court-circuit. Nous allons maintenant examiner ces deux effets séparément.
- Pour la première partie, il faut intégrer l’équation (3) entre t — o et t — T puisque par hypothèse T est l’intervalle entre la fermeture du circuit de pile et la mise en court-circuit du galvanomètre.
- L’intégration entre ces limites du premier terme, donne :
- r3 — y) + r2 (a; + *) + r„ x + l a = O
- rP {y + z) + r3(y — x) + r y + L = E
- r, (y + z)+ r-g [(œ + *)] + n * = E
- En éliminant j' et il vient :
- (*> A* + B§?+PS + C = °
- formule dans laquelle
- A =
- r3 + r2 + r, — rs
- — r3 r + rp + r3 rp
- r2 rP + r 1 + rp
- B=| |r + r» + r? tp I Ljrg+r» + r3;r2|
- 3\ rp ra + ri + T-p| . ( r-2; ra-f ri + r,, I P = (r* + rj + rp) L ls C= E (r2 r — n r3)
- En intégrant (2), on obtient :
- (3) A foc d t + Bfdx + P/^ dt+fC d t =0
- L’effet sur l’aiguille du galvanomètre peut être divisé en deux parties, en premier lieu, l’électri-
- Q, étant la quantité d’électricité qui traverse le galvanomètre dans le temps T
- r-—s
- c’est la valeur finale du courant x, qui est nul à l’origine.
- De même :
- /d3 oc . _d x
- Wr*dt ~ un
- et
- d x _
- — o au temps T
- puisque nous supposons T assez long pour permettre aux courants de devenir constants. Pour trouver la valeur de dxjdt à l’origine, nous avons l’équation différentielle fondamentale du coûtant à travers le galvanomètre :
- 7 dX 17
- r9oc+l9 ^=V
- V étant la différence de potentiel aux bornes du galvanomètre au temps t. Et puisque x = o quand t = o, nous avons à l’origine :
- d x_V„
- d t l „
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- formule dans laquelle V4 est la valeur de la différence de potentiel aux bornes du galvanomètre à l’origine, V0= E Ti ra + ri + rp gement instantané , et quand t — T', le courant dans le galvanomètre est nul puisque nous avons supposé la durée du court-circuit T' — T assez longue pour que le courant dans le galvanomètre puisse disparaître graduellement ; nous avons donc
- puisque x ety sont nuis à l’origine, nous aurons pour ce même temps : jT'—<-ï>
- d x E T-2 d t Z* fr2 + r, + r„) Or, pour que le galvanomètre ne donne aucune
- et par conséquent déviation, nous devons avoir
- fT f * d t = E , , r2 J0 dt* l, (n + r, + r„) Qi + Q* = 0 d’où :
- Enfin : /ov B C P E rg C lff C ' Aa A lg (n + ri + rf) A — Â
- Jn‘-t Désignons par a l’augmentation apparente de la résistance de la bobine avec self-induction
- par conséquent l’équation (3) se réduit à ( dont la résistance réelle est r) produite par la rotation du commutateur à la vitesse correspondant aux temps T et T’, nous avons alors :
- C E 1*2 A Qi - B ^ t P -, —; r + C T — 0 . A 19 (ri + n + rp) r2 (r + <t) = r3 ri C = — E r* <r
- Examinons maintenant la disparition graduelle du courant dans le galvanomètre après la mise en court-circuit de ce dernier. Elle est déterminée par l’équation : En remplaçant G par cette valeur et P par sa valeur L l:j ( r2 -f r, -f- rp) dans l’équation (3) nous obtenons
- 17 dx r’æ+ dt = ° (4) L_„(T+A_!)
- en négligeant la résistance du court-circuit. En multipliant par dt et en intégrant de t — T à t = T', correspondant à la rupture du court-circuit, nous avons : Mais lg 1 rs et B / A sont généralement petits relativement à T, comme on le démontrera plus loin, par suite, on peut écrire dans ce cas
- r, Qi+ ls f dx = 0 L = <tT
- Q2 étant la quantité d’électricité traversant le galvanomètre pendant qu’il est en court-circuit. A l’instant de la mise en court-circuit, la formule simple que nous avons indiquée plus haut. En se reportant à la figure 1, on voit que si les balais B2 et b.2 ont un faible arc de contact et si les centres de ces arcs sont dans le même plan
- C X~ A que l’axe, T est simplement égal à l’arc compr entre les plans de séparation des deux parties de
- la valeur constante du courant, puisque la self-induction du galvanomètre empêche tout chan- chaque commutateur, rapporté à la circonférence, et divisé par le nombre de tours par seconde. Nous pouvons appeler le rapport de cet arc,
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- à la circonférence, X le calage, il sera égal à 1/4 par exemple, quand chacune des séries d’opérations indiquées dans le tableau précédent, dure pendant un quart de tour.
- FiS. S
- L’introduction de X nous donne, si 5 est exprimé en ohms, la formule suivante:
- résultats obtenus avec le solénoïde sans noyau de fer, avec X.= 1/12 environ.
- N r X (7 <T II 1 CTï 55] Cl
- O 4.06
- 660 6.70 2.64 0.0200
- 760 7.00 2.94
- 860 7.50 3.44 0.0200
- 997 8.00 3.94
- 1117 8.5o 4-44
- 1240 9-oo 4-94
- 362 9-5o 5.44 0.0300
- 1450 1 I .OO 6-94
- i85o 12.00 7-94 0.0204
- 2335 i3.5o 9-44 0.0202
- Ces résultats sont indiqués par AA.A, figure 3 ; les abscisses représentant les valeurs de N, le nombre de tours par minute et les ordonnées,
- L — — <7 secondes-ohms n
- dans laquelle n est le nombre de tours du commutateur par seconde ou
- _ 60 X o* , ,
- (5) L — —^— secondes-ohms
- N étant le nombre de tours par minute.
- Un grand nombre d’expériences ont été faites au mois de mai 1886 avec un solénoïde dont la résistance était d’environ 4 ohms ; dans le but de voir jusqu’à quel point le coefficient de sell-induc-ticn, déterminé au moyen de cet arrangement des commutateurs, marchant à différentes vitesses et avec différents calages, concordait avec le coefficient déterminé par la méthode de Lord Rayleigh quiv donnait 0,0215 seconde-ohm pour le solénoïde seul et 0,517 avec un certain noyau de fer.
- Fig.
- les valeurs de r-f-i, les résistances apparentes du solénoïde pour les différentes vitesses. On voit que la courbe est une ligne parfaitement droite; l’augmentation de la résistance est proportionnelle à la vitesse, ou, en d’autres termes, la formule approximative (5), peut être employée avec
- Le tableau suivant contient quelques uns des
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- n’importe quel couple de valeurs; nous avons indiqué dans la dernière colonne du tableau ci-dessus ;les valeurs de L déterminées par cette formule, et qui nous montrent que le terme
- __ B
- r g A
- de l’expression (4) est négligeable devant T, et le fait qu'on obtient encore le même résultat avec la plus grande vitesse de rotation employée, soit 2335 tours par minute, prouveque i/(i2X2335) minute ou 0,0022 seconde, qui représente le temps pendant lequel le galvanomètre est introduit dans le pont après la fermeture de la pile, est assez long pour permettre aux courants d’arriver à leur valeur finale.
- La valeur ainsi obtenues , 0,020, est approximativement égales à 0,0215 seconde-ohm, que donne la méthode de Lord Rayleigh ; la différence provient de la difficulté déjà mentionnée de la mesure exacte de X.
- Ceci ne donnerait du reste lieu a aucune inexactitude dans l’emploi de ces appareils, puisque la valeur de X, est une constante peur une position relative fixe des commutateurs AB et CD (fig.i), qui serait déterminée, une fois pour toutes, par une expérience faite avec une bobine d’une self-induction connue.
- Nous n’avions cependant pas étalonné l’instrument en supposant la formule approximative (5) exacte, mais nous nous sommes servi de l’instrument pour voir jusqu’à quel point cette formule était correcte.
- Dans notre expérience X n’était probablement pas exactement 1/12 mais plus près de t/i 1.
- Nous avons ensuite fait des expériences avec X = o,3 environ.
- T 60 )*
- N r + <x (T l=TT"
- 0 4.06
- 770 5.oo 0*94
- 1120 5.5o 1.44 Valeur moyenne
- 1600 6.00 1.94 0,0218
- 2000 6.5o 2-44 ohm-seconde
- 2410 7.00 2-94
- 2860 7.5o 3.44
- Ces résultats donnent la ligne droite BBB (fig. 3).
- Au lieu de calculer la valeur de L au moyen des valeurs particulières, nous pouvons la déterminer plus exactement au moyen du point de cette ligne qui correspond à une vitessede 3,000 tours par minute et à une résistance apparente de 7,7 ohms c’est-à-diie à une augmentation apparente de 3,64 ohms. Ceci donne pour L la valeur de 0,0218 seconde-ohm, différant très peu de la valeur exacte 0,0215 seconde-ohm.
- Nous avons enfin fait des expériences avec X = 1/2.
- N r + 17 G T 60 X <r W N
- 0 4-i
- 820 4-7 0.6 0.0219
- 1100 4-9 0.8
- 1240 5.0 1.0 0.0217
- i56o 5.2 1.1
- 1700 5.3 1.2 0.0212
- 1950 5.5 1.4
- 2220 5.7 1.6 0..02I6
- 25oo 5.9 1.8 0.0216
- Les points sont encore sur une ligne presque droite CCC et les valeurs données dans la dernière colonne sont très voisines l’une de l’autre et de la vraie valeur du coefficient. Il est donc évident qu’avec des vitesses allant iusqu’à 3,000 tours par minute et au-dessus, et avec des calages variant de 1/12 à 1/2, les expériences donnent la vraie valeur de la self-induction au moyen de la formule simple :
- Nous voyons par cette formule que plus X est petit et la vitesse de rotation grande, plus la valeur de l’augmentation apparente de résistance est considérable, ou en d’autres termes plus la méthode est sensible.
- Nous avons ensuite introduit le noyau de fer dans le solénoide et fait une série d’expériences avec X = 1/12, 1/6, 13/36, 17/36. Les résultats
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- sont résumés par les courbes DDD, EEE, FFF, GGG (fig. 4). On voit que bien que la vitesse de rotation ne dépassât pas 680 tours par minute, les courbes diffèrent beaucoup d’une ligne droite pour des calages inférieurs à 13/36, et même avec 17/36 la ligne s’infléchit encore.
- Cette grande différence entre la courbure des lignes, dans le cas du noyau de fer, même pour de faibles vitesses et les lignes parfaitement droites obtenues avec des vitesses allant jusqu’à 2800 tours par minute, avec le solénoïde seul, provient de ce que le coefficient de self-induction du solénoïde avec noyau de fer, est environ 25 ïois plus grand que celui du solénoïde seul.
- Par conséquent le temps limite admissible T entre la fermeture du circuit de la pile et la mise en court-circuit du galvanomètre, doit être beaucoup plus grand avec le noyau de fer qu’avec le solénoïde seul. En d’autres termes, X doit être grand ou la vitesse faible pour que les résultats soient corrects.
- La courbe DDD obtenue avec environ
- s’éloigne trop de la ligne droite, pour qu’une partie quelconque puisse servir à calculer le coefficient de self-induction avec notre formule.
- La plus grande partie de la courbe suivante EEE est également trop peu rectiligne pour pouvoir servir, mais la première observation qui correspond à une vitesse de i56 tours par minute et à une augmentation de résistance apparente de 8 ohms est sur une partie de la courbe assez droite, pour donner un résultat correct ; on obtient :
- L = V X 8 = 0,513 seconde-ohm
- I3t>X0
- qui n’est pas beaucoup au-dessous de la vraie valeur, déterminée par la méthode deLord Rayleigh, qui est comme nous l’avons dit 0,517 seconde-ohm.
- Avec X = 13/36 environ, la plus faible vitesse employée était 170 tours qui correspond à une augmentation apparente de résistance de q.ohms, ce qui donne une valeur de o,5 10.
- La vitesse suivante 2-6otours, correspond à une augmentation de résistance de 6 ohms et donne L = o, 5 00.
- La dernière courbe GGG obtenue avec un calage d’environ 14/36, est la plus droite et donne les meilleurs résultats, mais comme elle n’est
- I cependant pas tout à fait droite, il faut s’attendre ! à obtenir une valeur un peu trop faible. Les deux premières observations correspondent à des vL tesses de 220 et 355 tours par minute avec une augmentation apparente de résistance de . 4 et 6 ohms. Les valeurs de L obtenues d’après ces résultats sont o,5 15 et 0,482 seconde-ohm, d’où nous pourrions conclure, comme du reste nous le savons, que la vraie valeur est un peu supérieure à o,515.
- La nécessité de n’employer que de faibles vi- . tesses pour la mesure d’un grand coefficient de self-induction ne présente pas d’inccnvénient, l’augmentation de résistance apparente étant elle-même considérable, même à de faibles vitesses, et pouvant être mesurée exactement.
- Ces séries d’expériences ont été faites simplement en vue d’étudier l’appareil, et il va sans dire que toutes ces observations ne sont pas nécessaires pour mesurer le coefficient de self-induction dans un cas particulier, de même que le commutateur ne doit pas nécessairement tourner à différentes vitesses connues. Si l’appareil doit servir à mesurer des coefficients de self-induction dont les valeurs ne varient pas énormément, il suffit que l’appareil soit construit de façon à tourner avec une seule vitesse moyenne fixe, permettant aux courants de s’établir, avec le coefficient de self-induction le plus grand à mesurer. Si l’appareil doit pouvoir mesurer des coefficients de self-induction très différents, il serait préférable de le construire de manière à pouvoir le faire marcher à deux vitesses extrêmes. La plus grande sensibilité dans les mesures de coefficient de self-induction de valeurs très différentes s’obtient avec un appareil pouvant marcher à un certain nombre de vitesses connues.
- Dans la pratique, un appareil de ce genre à grande échelle s’employerait de la manière suivante :
- La valeur exacte de X serait déterminé une fois pour toutes chez le constructeur et l’on pourrait appeler 60 X, la constante K de l’instrument.
- La mesure d’un coefficient de self-induction d’une bobine quelconque comprendrait les opérations suivantes :
- i° Mesurer la résistance vraie de la bobine;
- 2° Observer l’augmentation apparente g delà résistance en altérant l’une des branches, l'appareil
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- tournant à une vitesse connue, de N tours par minute, jusqu’à ce que l’aiguille du galvanomètre soit ramenée au zéro;
- 3° Faire tourner l’appareil à une autre vitesse connue N', mesurer l’augmentation apparente de résistance a', et chercher si on a bien
- a __ a
- N “ N7
- Dans ce cas, on peut employer l’une ou l’autre des couples des valeurs, et le coefficient de self-induction est égal à K a/N ; si, d’autre part <sjN est plus grand que «'/N', la vitesse N', et peut-être même N sont trop élevées pour donner des résultats exacts. Il faut donc employer une vitesse N" in férieure à N et mesurer la nouvelle augmentation de résistance a".
- Si
- <r _ <r’
- N “ N"'
- la vitesse N n’était pas trop élevée, bien que N' le fut, et le coefficient de self-induction est égal à Ktf/N.
- Si a/N n’est que très peu supérieur à la s'/N'et si N' dépasse de beaucoup N, il est inutile de faire une troisième expérieuce à la vitesse inférieure N" à moins qu’on ne désire avoir des résultats très exacts, carie coefficient ne peut être que très peu supérieur à K<r/N.
- Il en résulte que par l’adjonction à un pont de Wheatstone, du commutateur simple que nous avons décrit, on peut, dès qu’on mesure la résistance d'une bobine, d’un électro-aimant, etc., mesurer également le coefficient de self-induction en unités absolues au moyen d'une méthode de \éro aussi sensible pour les mesures de self-induction que la méthode ordinaire du pont de Wheatstone pour la mesure des résistances.
- Il résulte de ce qui précède que :
- de sorte que, si les résistances apparentes de la bobine aux vitesses N4 N2 sont désignées par R3, on a :
- par conséquent le coefficient de self-induction peut être déterminé par deux expériences faites avec le commutateur double sans que la résistance vraie de la bobine soit connue.
- S’il y a un doute relativement aux vitesses N, et N2, on peut employer une troisième vitesse de contrôle N3, ou bien on peut faire une mesure grossière de la résistance de la bobine, comme c’est indiqué dans l’appendice II. Il est cependant inutile de perdre du temps à chercher un équilibre exact, car on peut se servir d’un équilibre approximatif de la manière suivante : Supposons que le zéro de l’échelle représente le vrai zéro lorsque le galvanomètre n’est traversé par aucun courant, et que la tâche lumineuse soit à i56 divisions quand on fait un équilibre approximatif avec courants constants, la résistance de la bobine étant alors indiquée de R ohms ; ie zéro qu’il faut employer pour le deuxième et troisième essai que nous venons de décrire estX X i56, et a est alors l’augmentation au-dessus de la valeur approximative de la résistance.
- FORMES INDUSTRIELLES DE L’APPAREIL
- L’instrument à échelle étendue que nous avons déjà décrit nécessite l’emploi d’un moteur électrique pour l’actionner, et d’un indicateur de vi. tesse ; il serait trop encombrant pour les mesures journalières.
- De plus, il est très difficile de maintenir à une vitesse absolument constante un petit moteur actionant un frein à frottement à grande vitesse, comme notre appareil, pendant un temps considérable, parce que des variations minimes du frottement produiront de grandes variations de vitesse. Enfin, cette forme d’instrument [demande deux opérateurs, l’un équilibrant le pont et l’autre notant la vitesse du moteur, au moment où l’aiguille du galvanomètre est au zéro.
- Dans l’automne de l’année dernière nous avons examiné la forme qu’il conviendrait de donner à un appareil industriel applicable à la mesure de la self-induction d’après cette méthode. Il était indispensable que l’instrument fut maniable par une seule personne, comme pour les mesures de résistances.
- Notre première idée fut d’employer un mouvement d’horlogerie pour maintenir un commutateur à différentes vitesses fixes, déterminées par le , réglage d’un régulateur puissant ; à cet effet, nous
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- avons fait construire des commutateurs d’un très petit diamètre de façon à n’avoir qu’une faible dépense de travail par frottement et pour qu'ils nYxercent que peu d’influence sur l’action du régulateur. A première vue le problème semblait facile mais les expériences d’un de nos aides M. Bourne, à qui nous adressons nos remerciements pour les nombreuses dispositions ingénieuses qu’il a suggérées, ont démontré que par suite de la grande vitesse du commutateur et de son action comme frein on ne pouvait obtenir
- de bons résultats avec un mouvement d’horlogerie qu’à condition de rendre ce dernier tellement volumineux, que l’appareil ne serait plus portatif.
- Au cours de nos expériences avec l’appareil primitif nous avions à choisir entre deux méthodes pour obtenir l’équilibre, ou bien, maintenir la vitesse du moteur électrique presque constante et faire varier la résistance de l’une des branches du pont jusqu’à ce que l’aiguille du galvanomètre vienne au zéro, ou bien commencer par aUgmen-
- Fiff. e
- ter l'une des branches du pont d’une quantité fixe et varier la vitesse du moteur.
- Nous avons bientôt reconnu qu'en pratique, il fallait appliquer la seconde méthode, car s’il est très difficile de maintenir une vitesse constante il est. au contraire, très facile d’obtenir une vitesse augmentant ou diminuant graduellement. L’appareil peut, par exemple, être pourvu d’un volant avec un moment d’inertie considérable et être actionné graduellement à la main jusqu’à ce que l’aiguille du galvanomètre arrive au zéro.
- Pour éviter un deuxième opérateur, il fallait ensuite imaginer un indicateur de vitesse enregistreur et la meilleure forme que nous ayons trouvé pour cet appareil est basée sur le principe que nous avons appliqué il y a quelques années à
- la construction d’un appareil pour l’étude de la force centrifuge, qui fonctionne régulièrement dans le laboratoire de chimie du collège de Fins-bury.
- Le commutateur de notre appareil porte une boîte B (lig. 5), faite en tôle d’acier ondulée, et chargée de poids qui s’écartent sous l’action de la force centrifuge à mesure que la vitesse augmente.
- Un tube en verre G ouvert aux deux bouts, et dont le vide est relativement petit, est cimenté dans un collier dans l’axe de la boîte et tourne avec elle ; celle-ci est complètement remplie de mercure, et, par conséquent, la longueur de la colonne de mercure dans le tube diminue quand le volume de la boîte augmente par suite de
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- l’écartement des poids, de sorte que la longueur de la colonne donne toujours la mesure de la vitesse.
- Le collier G dans lequel le tube est fixé porte un robinet en acier auquel est fixé un axe traversant un tube à l’intérieur de la boîte, et qui ressort de ce tube de l’autre côté de celle-ci.
- Si cet axe est tourné relativement à la boîte, le robinet est ouvert ou fermé. Au commencement d’une expérience on ouvre le robinet et on tourne la manivelle H de la main droite, de plus en plus
- vite, jusqu’à ce que, en abaissant de temps en temps la clef K de la main gauche, le galvanomètre s’approche du zéro. On maintient alors la clef abaissée, et en tournant la manivelle un peu plus vite, on arrive à une vitesse qui correspond à un équilibre exact.
- A ce moment, on touche légèrement de la main gauche le bouton T, ce qui met un ressort en liberté. Ceci a pour effet de produire une résistance à la rotation de l’axe du robinet, qui, autrement, tonrne librement avec la boîte, et le robinet
- Fig. 5 bis
- est ainsi fermé, interrompant la communication entre le tube en verre et le réservoir.
- La colonne de mercure dans le tube garde donc, après l’arrêt de l’instrument, la même longueur qu’au moment ou on a touché le bouton T. On lit maintenant sur l’échelle la position de l'extrémité de la colonne de mercure dans le tube, et l’augmentation de résistance apparente de la bobine, de Vélectro-aimant, etc., divisée par le chiffre de l’échelle donne le coefficient de self-induction cherche, en secondes-ohms, sans autre calcul.
- L’appareil est donc à lecture directe.
- Le premier modèle de notre indicateur de vitesse enregistreur était destiné à fonctionner verticalement, mais nous avons bientôt reconnu que la
- position horizontale présentait de grands avantages. Si le tube en verre est vertical, le mercure exerce sur les parois de la boîte une pression qui diminue au fur et à mesure que le mercure baisse par suite d'une augmentation de la vitesse de rotation. Cette diminution de pression a pour effet d’empêcher le mercure de baisser pour une vitesse donnée autant qu’il l’aurait fait s’il n’y avait aucune variation de la pression provenant du mercure, et la sensibilité de l’appareil est diminuée.
- Nous avons donc placé l’appareil horizontalement, et comme le mercure dans le tube n’exercera aucune pression sur les côtés élastiques de la boîte, la quantité de mercure dans ce tube n’influe plus sur la sensibilité, pourvu que le zéro
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- de l’échelle soit placé en face de l’extrémité du filet de mercure quand la boîte est au repos. Par conséquent, si on perdait une partie du mercure, l’exactitude des lectures n’en serait pas affectée. En plaçant le tube horizontalement nous obtenons donc une plus grande sensibilité et la constance de l’appareil.
- Des variations de température modifient le volume de mercure et changent la longueur de la colonne, mais cela n’influe pas sur les lectures, à la condition de placer chaque fois le zéro de l’échelle dans sa vraie position.
- A l’origine, nous avons employé avec cet appareil des commutateurs semblables à c eux représentés sur la figure i ; plus tard, on a donné aux balais diverses formes, de manière à exercer une pression radiale sur les commutateurs, pour em_ pêcher le calage d’être modifié par l’usure, mais cette forme de commutateur a été entièrement remplacée depuis par deux bras oscillants ou balais A.A (fig. 5 et 5 bis), actionnés par une came.
- Chaque bras est composé de plusieurs pièces de cuivre dur, les contacts ayant lieu par bout, comme c’est le cas dans beaucoup de commutateurs employés actuellement dans l’éclairage élec_ trique.
- L’extrémité de chaque balais frotte alternativement contre une pièce plate de bronze phospho-rure P.P quand il fait contact, et sur une pièce semblable de verre ou d’agate g quand il ne fait pas contact.
- Nous avons trouvé ce modèle de commutateur supérieur au double cylindre, les deux bras oscillants permettant de varier le calage plus facile, ment pour le réglage définitif de cet appareil. De plus, l’usure très lente ne change pas le calage et, par conséquent, la graduation de l’échelle reste exacte.
- Le calage théorique, dans ce cas, est de 1/4, qui correspond à une durée égale pour chaque opération , mais , dans chaque appareil, il peut être un peu différent par suite de la légère modification due au réglage définitif.
- On pourrait croire, à première vue, que les deux extrémités d’un levier oscillant, ou les deux branches d’un diapason vibrant opéreraient les interruptions nécessaires dans l’ordre voulu, mais en se rapportant à la série d’opérations dans le tableau page et avec un peu de réflexion, on voit que les deux branches d’un diapason ne peu-
- vent pas faire l’opération dans l’ordre voulu
- Suivant le principe de dénommer un appareil d’après l’unité considérée , comme par exemple, les ammètres, voltmètres, ohmmètres, etc., il paraît désirable de nommer cet instrument d’après l’unité pratique de self-induction , et d’induction mutuelle.
- L’unité électromagnétique absolue de self-induction et d’induction mutuelle est le centimètre, qui est connu de tout le monde scientifique, mais l’unité pratique, la seconde-ohm, est égale à ro9 centimètres ou au quart du méridien terrestre, or, le mot anglais quadrant n’est pas employé en France, il ne conviendrait donc pas comme nom international de l’unité. Il est cependant très important d’avoir un nom universellement admis, l’emploi d’un nom simple contribuant beaucoup à familiariser le public avec les lois de l’effet considéré.
- L’unité de capacité électrostatique, le Jarad, a reçu le nom du plus grand expérimentateur en électricité, il semblerait logique de donner à l’unité de capacité électromagnétique le nom de Maxwell, qui a le plus développé les théories électriques, nous n’osons cependant pas proposer de donner à cette unité le nom d’un savant anglais, si grand qu’il soit, car l’assentiment à une semblable proposition , ne peut jamais être obtenu que par un congrès international. En outre, si Maxwell a développé les théories de la self-induction , il a également travaillé dans un si grand nombre d’autres directions, que son nom ne semble pas y être indissolublement attaché.
- Nous sommes donc obligés de proposer un nom provisoire pour cette unité et, comme les trois premières lettres du mot seconde sont les mêmes en anglais, en français, en allemand, en italien, etc., et comme le mot ohm est aussi répandu, nous proposons «secohm » (*) comme un
- (*) Quoique nous soyons assez d’accord avec l’auteur, sur la convenance qu'il y a de baptiser les unités pratiques, cependant, il nous paraît que le nom de secohm est basé sur une idée préconçue qui provient de la méthode particulière que l’auteur a employée, qui donne en effet le coefficient de self-induction, comme le produit d’un temps par une résistance, mais ceci dépend absolument de la méthode, et un nom composé de ohm et de farad, par exemple, serait tout aussi logique, (Méthode de Maxwell).
- C’est comme si on appelait le Coulomb, le secampère ou le voltfarad, N. D. L. R.
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- nom provisoire, et nous appellerons notre instrument le « secohmmètre ».
- A moins que le tube en verre du secohmmètre décrit ne soit assez long, la sensibilité ou l’échelle de mesure de l’instrument est limitée ; un tube droit et très long rendrait l’appareil incommode, et un tube en spirale, tournant rapidement casserait probablement sous l’action de la force centrifuge sur les parties du tube en dehors de l’axe de rotation.
- Dans le dernier modèle du secohmmètre (fig. 6), nous avons donc été amenés a employer un tube de verre en spirale fixe G dont l'extrémité est c.imëntée dans une cheville d’acier conique creuse et fixe, qui s’adapte
- hermétiquement dans le collier C de la boîte métallique rotative B.
- Cette disposition simplifie le mécanisme du robinet, également fixe, en outre, beaucoup d’autres petits perfectionnements ont été introduits dans ce dernier modèle ; par exemple à toutes
- les jointures, on a Pis- &
- une pression de mercure, de sorte que l’air n’a aucune tendance à pénétrer dans l’appareil, un défaut qui se manifestait quelquefois dans les premiers modèles et donnait lieu à des irrégularités dans les lectures, provenant d’une bulle d’air dans la boîte ou dans le tube.
- Le réglage pour la température se fait dans ce dernier modèle du secohmmètre, en vissant ou en dévissant la vis S, ce qui modifie légèrement le volume de la partie stationnaire du réservoii de mercure.
- Lo moment d’inertie du volant a été augmenté de beaucoup, et la boîte B a été. placée à l’intérieur, de manière à être protégée contre tout accident.
- Comme les fils de la pile et du galvanomètre arrivent au secohmmètre, celui-ci est pourvu d’une clef de pont, de sorte que l’essai de la résistance ordinaire de la bobine, de l'électro-ai-mant etc., peut être fait avec la même clef qui sert pour introduire la pile dans la mesure de la self-induction. Quand cette ciel est employé de la manière ordinaire pour fermer d’abord le circuit de la pile et ensuite celui du galvanomètre, il est nécessaire que le circuit de la pile ne soit pas interrompu d’une façon permanente, et que
- le galvanomètre ne soit pas mis en court-circuit par le commutateur du secohmmètre.
- Avec le premier modèle de l’appareil (fig. i), nous étions donc obligés de nous assurer avant de faire l’essai ordinaire, si les commutateurs étaient dans la position correcte. Ceci étant peu commode, nous avons construit la clef dans l’appareil figure 5, de la manière suivante : le bouton K et le tessort supérieur ne peuvent pas seulemeut être abaissés comme avec une clef de pont ordinaire, mais ils peuvent être déplacés de côté et maintenus dans deux positions définies au moyen d’une came et d’un ressort ; quand la clef est tournée à gauche, les commutateurs sont tout à fait hors du circuit et la clef agit comme une simple clef de pont, de sorte que quand on l’abaisse, on ferme le circuit de la pile et ensuite celui du galvano. mètre ; mais quand elle est tournée à droite, les commutateurs sont introduits l’un dans le circuit de pile et l’autre dans le court-circuit du galvanomètre, et la clef sert alors simplement à fermer le circuit de pile de temps en temps ou au moment de l’équilibre dans la mesure de self-induction.
- Dans le dernier modèle de l’appareil avec le
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- j\ 16
- tube de verre eh spirale stationnaire, le bouton de la clef n’a pas de mouvement latéral, les commutateurs et le pont sont reliés au moyen d’une clef à cheville auxiliaire p ; mais MM. Nal-der frères, les fabricants du secohmmètre, préfèrent la méthode dont nous nous sommes servis avec la première forme de l’apnareil et qui consiste à placer les commutateurs dans la position voulue au repos, et à employer une clef de pont ordinaire.
- MESURE DE TRES PETITS, COEFFICIENTS DE SELF-INDUCTION
- Nous avons employé le premier modèle de secohmmètre pendant, l’automne de l’année dernière, pour mesurer des coefficients de self-induction assez petits, qu’il aurait été difficile de mesurer par une autre méthode, comme par exemple celui d’un fil de fer droit d’environ 4 mètres de long, d’un diamètre de 3 millimètres et d’une résistance de o, 1 ohm.
- Pour ces expériences, nous avons employé un pont à curseur; r2 -|- (fig. 2), représentait dans ce cas la résistance de 100 centimètres d’un fil uniforme en platinoïde, r, la résistance de m centimètres de ce fil et r3 la résistance d’un fil de maillechort d’environ 0,1 ohm.
- Le tableau suivant contient quelques uns des résultats obtenus pour le coefficient de self-induction du fil de fer mentionné plus haut.
- Tours par minute m pour l'équilibre Valeur de L
- 0 5o.oo 'secohins
- 1200 5o.55 O.OOOO244
- 0 49.97
- 1620 00.70 0.0000237
- i960 5o.85 ; 0.0000252
- 2700 5l .20 0.0 100257
- , 0 49-9°
- duction d’une bobine B sur une bobine S pourrait agir comme si la résistance de S avait été augmentée d’une quantité définie, comme dans le cas de la self-induction, et que sa mesure permettrait de déterminer le coefficient d’induction mutuelle au moyen d’une méthode cumulative. Notre idée était de placer la bobine S dans l’une des branches du pont et de déterminer d’abord son coefficient de self-induction de la manière déjà expliquée; ensuite, de placer la bobine B dans le circuit 'de la pile et de. déterminer le changement du coefficient de self-induction de S, dû à l’induction de B sur S. L’étude mathématique suivante, faite par M. Sumpner, prouve que, selon notre attente, cette méthode conduit à des formules extrêmement simples pour la mesure du coefficient d’induction mutuèlle.
- La figure 7 ne diffère de la figure 2 que par l’introduction, d’une bobine de résistance' r„ et ayant un coefficient de self-indüction Ù dans le circuit de la pile.
- Si M représente le coefficient d’induction mutuelle de l’une des bobines surl’qutre, nous aurons les équations suivantes, lorsque le circuit.de la pile est fermé et si le galvanomètre n’est pas mis en court-circuit. :
- (6) r2(x+s)+ rgx + lg~ + r3{x—y) = O
- (7) î-2 (a; 4 z) 4 r, * 4 rp {y 4 z) 4 L' - 4—
- + M|Ï_E
- (8) r3 [y — x) 4 r y + r„ (y + z) 4 (L 4 M) ^
- + (M + L') — E
- Eliminant y et \ de ces équations, nous aurons :
- (9
- » , n d x
- Ax + BdI 't-C
- d2 x n d3 x_
- dT2 +U dl3~
- F, r -i a
- INDUCTION MUTUELLE
- \
- Après avoir employé l’instrument pendant quelques mois pour la mesure absolue de coefficients de self-induction, nous avons pensé que l’in-
- formulé dans laquelle A,, B(, C et D sont des fonctions des résistances et des coefficients de self-induction et d’induction mutuelle, telles que
- A 4 Ba 4 Cu2 4 Du3
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- *'7
- «est identiquement égal au déterminant
- (r2 + r, + r3 + l9 u) r2 —r3
- ^ r2 (r2 + n + r„ + L' t<) rr+ (M + L') w
- — rs |r,+(M+L')it| jr^ + r-a+r+^+L'+aM) ttj
- L'augmentation apparente de la résistance de la bobine S est déterminée par le changement nécessaire pour obtenir l’équilibre quand le secohmmètre tourne à une certaine vitesse après avoir obtenu l’équilibre au repos; en d’autres termes, on a :
- ( r + <r) == n r3
- quand lé;secohmmètre tourne à cette vitesse dé-terminéer
- Conformément à la méthode développée dans le problème original, nous pouvons diviser l’effet sur le galvanomètre en deux parties : l’une produite depuis la fermeture du circuit de la pile, jusqu'à la mise en court-circuit du galvanomètre et correspondant à un temps T ; l’autre ayant lieu pendant la mise en court-circuit du galvanomètre et durant un temps T' — T. Si la quantité d’électricité traversant le galvanomètre dans le premier intervalle est désignée par Q,, on peut déterminer cette quantité d'après l’équation suivante, qu’on obtient en intégrant (q) de t—O 'a. t = T:
- (i i) A Qi + B (ai - xa) -f C
- d x d tï
- d x )
- d t J
- \d2 x d2 x) _ ~
- + D Id72r-—i\ = Ert*T
- d fi
- Par un raisonnement analogue à celui employé dans le premier problème, nous trouvons, d’après les équations (6), (7) et (8) :
- (ia)
- CC9 = O
- y. *=0
- Zm
- d x dt 0
- o
- o
- W+Llij-' + iL + U + lIDÎÏ'-E
- en différentiant (6) et au moyen de (12), il vient :
- d ~ d y
- d t0' 3 d t'i 6d t0
- O
- Nous pouvons conclure de ces équations:
- - '-Im+L- + -*“iE
- Ce qui, à cause de (10), est équivalent à
- — D
- ^-jrs(M + L')+ r,MjE
- Nous devons ensuite considérer les valeurs des expressions pour f = T, en supposant ce temps assez long pour que les courants puissent devenir constants; par conséquent,
- E r3 a
- a-, =—~
- d x
- dTt7 “ 0
- d2x
- dt*T~ °
- de sorte qu’en substituant les valeurs des différents termes en (11), nous avons :
- (i3) AQi+ 2 E rt a -r ^(L +^M)Ers= E > . * V
- Au temps T, le galvanomètre est mis en court-circuit et le courant, dans le galvanomètre, disparaît graduellement, suivant la loi
- , , d x
- r?x + 1>Z1 - 0
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- Q2 étant la quantité qui traverse le galvanomètre depuis f=T jusqu’à f=:T', la durée du court-circuit du galvanomètre étant désignée par T' — T, nous avons ;
- et
- ra Qi -t* l, (Æi > — x-s ) = o
- E r, a _
- puisque nous supposons T' — T assez long pour que le courant puisse disparaître graduellement dans le galvanomètre ; on en tire
- Q2 =
- E rja
- A r,
- Et puisque nous devons avoir Qi + Qs = 0
- quand il n’y a pas de déviation du galvanomètre, il s’ensuit que
- A Qi = — E j*2 a
- et l’équation (i3) se réduit simplement à
- (14)
- L +
- ra + r ’~~r~
- formule qui ne diffère dr l’équation (4), relative au premier cas, que par l’addition du terme
- ri 4- rs
- r3
- M
- qui dépend du coefficient d’induction mutuelle.
- Et puisque, dans ce cas encore, lsjr3 — B/A est petit comparé à T, comme on le verra plus tard, nous avons approximativement
- L+ 1*3 ?3 M = a T secohms
- expression qui peut être écrite
- (i5) \ L + Ülh_îj? m = <r secohms
- v ' r3 N
- où X représente le calage du commutateur et N le nombre de tours par minute pour lequel on a
- une augmentation apparente de résistance a de la bobine S.
- Pour faire une mesure complète du coefficient de self-induction L de la bobine S et du coefficient d’induction mutuelle M entre elle et une autre bobine, il/aut d’abord exclure la seconde bobine du circuit de la pile comme on le voit figure 2 et' dé-terminer L de la manière déjà décrite. On introduit ensuite Vautre bobiné dans le circuit de la pile (voir fig. y) et on recommence l’expérience ; on a alors
- M =
- r3
- r2.+ r3( N a L)
- ou, si N, et a, représentent la vitesse et l’augmentation apparente de résistance, dans une première expérience et N2 et <r2 dans une deuxième, nous avons
- L = 6o*£-
- (16)
- M =
- + r j
- 60 X
- VNü Ni J
- Nous avons déjà dit que ljra — B/A est généralement petit comparé à T ; nons allons en donner la démonstration. Pour trouver la valeur de B/A de l’équation (14), nous pouvons écrire :
- bM +5iL'
- dès lors, il est facile de démontrer que A/B, est égal à r3 augmenté de la résistance du réseau entre les extrémités de r3, en supposant r3 enlevé. A/B2 est égal à r, plus la résistance du réseau entre les extrémités de r, celui-ci étant enlevé.
- A/B4 est égal à rt, plus la résistance du réseau entre les extrémités de r,,en supposant rp enlevé;
- A/B3 est égal à la moitié du rapport entre une force électromotrice quelconque insérée en r, et le courant qu’elle produit en
- En désignant par r „ r r, r p les trois résistances représentées par A/B,, A/B2 et A/B2 respectivement et par r' le rapport indiqué, l’équation (14) devient
- (17) L+—1a — — _
- r2 V r, r\ r\ r'„ r'trJ
- Si r3 est aussi grand ou plus grand que les ré-
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- sistances de chacune des branches du pont —l,/r'y sera très petit; cjr' r est généralement petit comparé à l’unité, et par conséquent L <sjr' r peut être négligé par rapport à L, de même que M 2 <sfrtrP devant M (r2 -f. r3)/r2.
- Reste maintenant le terme <s/r’p L'. Si L' es1 très grand, r'p le sera aussi, et comme r’p est beaucoup plus grand que rp> tandis que 5 sera beaucoup plus faible que rp, si celui-ci est grand, il s’en suit que le terme n/r’,, L' peut également ; être négligé en général ; par conséquent, la formule approximative (i5) sera assez .exacte pour la pratique.
- La valeur de l’une ou l’autre des trois dernières fractions entre parenthèse, en (17) peut être rendue aussi faible qu’on le désire, on n’a qu’à ajouter une résistance sans self-induction à r ou à une précaution qu’il vaut mieux prendre si l’on craint que l’une ou l’autre dé ces trois fractions ne soit pas négligeable par rapport à T.
- Capacité
- En continuant le raisonnement indiqué plus haut, il est facile de démontrer que si, au lieu de placer une bobine avec self-induction dans l’une des branches du pont, on met un condensateur en dérivation sur l’une de celles-ci, il y aura une diipinution apparente de résistance de cette branché. Cette diminution apparente divisée par le produit du carré de la résistance vraie de la branche, donnera la capacité du condensateur en farads.
- Cette formule est beaucoup plus simple que celle donnée par Clerk Maxwell pour la mesure de la capacité d’un condensateur, dans le cas où l’on place celui-ci dans l’une des branches du pont et où on alterne rapidement les communications.
- Appendice n° i
- Autres méthodes de mesure du coefficient de self-induction
- Comme nous l’avons dit en commençant, M. Sumpner a essayé et développé un certain nombre de méthodes pour mesurer la self-induction.
- Nous en donnons le résumé suivant pour mon-
- trer que nous n’avons publié la méthode du secohmmètre que dans la conviction qu’il n’y en avait pas de meilleure ; c’est une .des raisons qui en ont retardé la publication si longtemps après la construction de l’appareil.
- Relions une bobine de résistance r et de self-induction L (en secohms) avec les bornes d’un condensateur d’une capacité de F farads, (fig. 8), et intervertissons N fois par minute, au moyen d’un commutateur C, les communications de la bobine et du condensateur avec les bornes d’un circuit comprenant une pile E et un galvanomètre, et dont la résistance totale estr,.
- Soit D„ la déviation du galvanomètre quand
- Fig. G
- le commutateur est au repos, et D,, quand il tourne, on peut démontrer qu’on a :
- L = F i*s + ~ï\rTr“^ secohms
- 2 JN 1>#
- si les inversions de courants dans la bobine ne sont pas trop rapides, et permettent aux courants de s’établir, et si le commutateur renverse instantanément , sans mise en court-circuit ; mais cette méthode paraît impraticable car il est impossible de construire un commutateur qui puisse renverser sans mettre en court-circuit ou produire une discontinuité pendant un certain temps entre chaque inversion.
- S’il y a court-circuit, on peut se dispenser du condensateur qui sert à éviter les étincelles, et si la durée du court-circuit est courte relativement à L/r, et si r3 est de l’ordre de r, on a î
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- formule dans laquelle m est une petite constante qui dépend des valeurs de rt et r et du rapport entre la durée du court-circuit et la période. On peut éliminer m en faisant deux lectures et D2 à différentes vitesses N, et N2, et si la force électromotrice employée quand le commutateur tourne est n fois plus grande que quand le commutateur est au repos, nous avons :
- T __ r3 + r D2 — Di I 2 D„ Na —Ni n
- Cette méthode est assez simple et possède le: grand avantage de rendre les effèts commutatifs mais elle n’est pas de beaucoup aussi sensible que la méthode suivante de zéro et cumulative également, qui est basée sur le même principe.
- La bobine avec self-induction, le condensateur et le commutateur sont placés dans l’une des branches d’un pont de Wheatstone (fig. gj, et avec les mêmes notations et en faisant les mêmes restrictions relatives à la vitesse du commutateur et à l’instantanéité des renversements, on a alors :
- oit n est l’augmentation apparente de résistance, r' la résistance de r plus celle du réseau entre ses extrémités, en supposant r enlevé, et T la durée d’une inversion.
- Il est facile de rendre o/r' négligeable et à moins que F ou r soient grands, on peut aussi négliger F r2 de sorte que nous obtenons la formule très simple
- pouvons pour plus de simplicité négliger de suite la self-induction du galvanomètre. Par conséquent le courant x à travers le galvanomètre (fig. 9) est donné par la formule
- Ax + B'L^=Erit a t
- Si Q, est la quantité d’électricité traversant le galvanomètre pendant l’inversion à l’exception du temps pendant lequel le commutateur est en court-circuit, et si Q2 représente la quantité passant pendant ce temps, T et t étant les durées d’une inversion complète et d’une mise en court-rircuit, comptées respectivement depuis le com-
- Fig. 9
- mencement du court-circuit, nous avons les formules :
- AQi + B'L » E r* r (T - t)
- et
- T <7
- 2
- un résultat qui est indépendant de ls, le coefficient de self-induction du galvanomètre.
- Il est très difficile, sinon impossible de satisfaire à la condition d’instantanéité des inversions, et il est préférable que le commutateur fasse un court-circuit entre les inversions, ce qui permet de se dispenser du cc ndensateur.
- Comme lès études déjà faites sur l’emploi du Secohmmètre pour la mesure des coefficients de self-induction et d’induction mutuelle ont démontré que la self-in iuction du galvanomètre n’affecte pas sensiblement les résultats, nous
- dans laquelle A’ est la valeur de A pour r = 0; si la durée du court-circuit n’est qu’une petite fraction de la durée entière de l’inversion, Q2 ne sera qu’une petite correction. L’examen de la valeur de A prouve que si r n’est pas très grand, comparé à r, -f r3 ou à r3 -{- r4, la valeur de A ne sera pas modifiée sensiblement si r est posé égal à zéro, en d’autres termes, on peut considérer A’ comme égal à A Nous avons donc ;
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- Q« + Qa do*1 être égal à zéro pour avoir l’équilibre, et t/T est une constante X, pour un certain réglage du commutateur. Par conséquent :
- Mais <x/r est généralement négligeable, et on a en outre rr = rXT, par conséquent,'il vient :
- L=Ï((t+jU)
- (18) B L' (*T— = - E r8 T (<j + X r)
- Siyr représente la valeur constante du courant en r et si nous tenons compte de la disparition graduelle du courant pendant le court-circuit t, le courant en r immédiatement après l’inversion sera :
- rt
- — y,e L
- et si t est petit comparé à r/L, ceci est égal à
- l’effet du! court-circuit est de diminuer la valeur de 5 de 2 X r. " ’
- Supposons que deux observations faites à des vitesses N, et N2 donnent des augmentations de résistance s, et <r2, nous aurons puisque T|= ôo/zN/etTa = 60/2N,
- Le tableau suivant contient quelques-uns des résultats obtenus par l'emploi de cette méthode avec le solénoïde déjà indiqué :
- -3/r(l +£*)
- des équations (6) et (7) on tire
- B'a:+Ers = B'ÿ
- formule dans laquelle B' et B" sont des fonctions des résistances ; par suite,
- 0
- B' xt E r% = B" yr
- et
- B' (*T“ *,) = B" VrÇc t - 2) = (B1 xT + E et nous avons vu que
- B'acT + E r2 = — B" yr li —
- d’où
- B •(*-%)-(+?) (£->)
- Par conséquent, en substituant dans l’équation (18), nous avons :
- *L(‘+?) (l —5XT ) -T(. + »r)
- N r + <r
- 0 4. i3
- 85o 5.20
- io3o 5.5o
- 1230 5.8o
- 1490 6.20
- i65o 6.40
- 1610 6.35
- 1100 5.57
- 980 5.4
- 890 5.3
- 710 5.0
- En rapportant ces résultats à deux axes coordonnés et en déterminant la valeur de (<r2—<q)/(N2—N,) d’après l’inclinaison moyenne de la ligne, L a été trouvé égal à environ 0,0216, soit un résultat très voisin de la valeur exacte. D’autres expériences n’ont cependant pas donné d’aussi bons résultats, peut-être à cause d’une résistance inconnue dans le commutateur, et c’est là une des raisons pour lesquelles la méthode est de beaucoup inférieure à celle du secohmmètre.
- La figure 10 représente une autre disposition essayée par M. Sumpner. Cette méthode est également cumulative, et bien qu’elle ne soit pas une méthode de zéro, la déviation du galvanomètre provient entièrement de la self-induction ; la méthode est donc assez sensible, bien qu’elle soit naturellement inférieure à une méthode de zéro.
- Au moyen du commutateur C, la bobine de résistance r et de coefficient de self-induction L est d’abord mise en circuit avec une pile d’une force électromotrice E, qui peut être inconnue, et avec
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- 4^2
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- une résistance dont la yaleur, y compris celle de de la pile, est,de r^ohtns, et ensuite avec un galvanomètre d’itoe ^résistance de rg ohms.
- Soit N le nombre des inversions, qui remplit les conditions indiquées dans toutes ces méthodes.
- Soit D0 la déviation du galvanomètre quand la pile et la résistance sont reliées en série avec le galvanomètre :
- D, = ~ r + r,
- si D0 représente la moyenne de la déviation obtenue avec le commutateur, on a
- D =N _L_ E 1 (jo r + r, r' + r
- en éliminant E
- . _ 60 (r + ry)(r + r') D i N r + rs D„
- Pour empêcher les étincelles, il serait néces
- Fig. 10
- saire de relier la bobine avec le galvanomètre pendant un instant avant de rompre la communication avec la pile, et il faudrait faire une petite correction dépendant de la durée de la communication entre la bobine, le galvanomètre et la pile.
- Cette correction prend la forme de l’expression suivante :
- T 6o (r + r,) (r + r') Ü! + X m D.
- N r' + r, T>7~
- dans laquelle X est le rapport entre la durée d’un court-circuit et la durée de la période, m une fonction numérique des résistances telles que pour r — o, m = rjrg.
- En faisant deux lectures D, et D2à des vitesses N, et N2 nous éliminons m et nous obtenons l'expression
- L = (r 4- r9) (r + r') Di — D2
- wP, r' + r, N,r~. Ni
- dans laquelle n est le rapport entre les forces électromotrices employées quand le commutateur tourne et quand il est au repos.
- Cette méthode convient pour les cas où on ne peut employer que de très petits courants directs, comme, par exemple, pour trouver le coefficient de self-induction d’un galvanomètre Thomson à grande résistance sans enlever les aiguilles. Mais on obtient une sensibilité beaucoup plus grande en employant la méthode déjà décrite, dans laquelle la bobine à self-induction est rapidement inversée, car, avec cette méthode, on peut envoyer des courants bien plus intenses à travers le galvanomètre, puisque par suite des inversions rapides des bornes dii galvanomètre, on y fait passer des courants alternatifs.-
- Ces courants produisent une déviation dont l’origine n’est pas encore bien déterminée, mais cette déviation est très faible, de sorte que l’intensité des courants n’est limitée que par la capacité du fil des bobines du galvanomètre.
- APPENDICE N° 11
- I. Dans tout ce qui précède nous avons supposé que la vitesse, et la résistance dans les branches du pont était réglées de sorte que l’aiguille du galvanomètre soit ramenée au zéro, mais ceci n’est pas nécessaire, car nous pouvons écrire l’équation (13).
- Qi =
- E (r, r3— r» r) ^T— — r2 |l+ ra-^~
- —
- formule dans laquelle r0 r2 et r3 sont des résistances quelconques des branches du pont (fig. 7) et r la résistance de la bobine considérée. De même :
- q2 = e k .
- le courant qui traverse le galvanomètre quand on tourne le sechommètre à raison de n tours par seconde est donc :
- ( 19) » (Qt + Q>) - ^ j (r, r, - n r) (t+ U -
- - •(L+:iïr:îM)ï
- et produit une déviation 4 par exemple.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- Si on arrête le secohmmètre et si l’on emploie; des courants constants on peut obtenir l’équilibre < en augmentant r jusqu’à r -j- u, les valeurs de j r2, et r3 restant les même qu’auparavant et j soit d' la déviation, quand s, est changé enj 7o ; d'est la déviation produite par un courant î
- E (01 — ai)
- A
- Par conséquent, puisque r, r3 — r.2 r = r2 «r, ( l’équation (19) nous donne
- (20)
- n |<ri ^
- T+
- -!M*-+a3P“)l
- ou
- l + r?+--3_ = -
- dans le cas d’induction mutuelle.
- II. Nous avons dit en commmençant que nous avons d’abord mesuré le coefficient de self-induction non pas en changeant la résistance dans Une ou plusieurs des branches pouri obtenir l’équilibre, mais en observant les déviations du galvanomètre pendant Iarotationdusecohmmètre. L’équation (19) donne de suite la formule que nous avons employée avec cette méthode, car si r2 rK r3 représentent les résistances des branches qui donnent l’équilibre avec r, pour courants constants, l’équation (19) devient :
- Supposons d = \d', représentant le calage duj secohmmètre, (20) donne alors approximativement:
- L + ^M^5i r2 n
- On peut considérer <r2 comme l’augmentation' de résistance apparente de la bobine produite -par la self-induction en tournant le secohmmètre à raison de n tours par seconde, quand le .zéro employé pour les mesures à courants constants est à une distance d’du vrai zéro ; et (quand le zéro employé dans la mesure avec le secohm-1 mètre tournant est à une distance ld' du vrai zéro. :
- Ceci nous amène à la méthode simplifiée sui-s vante pour la mesure de L, ou de L-(-M (r2 4-^3)/^ ;l dans le cas d'induction mutuelle, sans qu’il soit; nécessaire de mesurer exactement la résistance de : la bobine.
- i° On mesure approximativement la résistance, de la bobine, avec courants constants, soit r, le; trait lumineux étant assez près du vrai zéro, soit? à 13o divisions par exemple.
- 20 On fait tourner le secohmmètre à n tour: par secondee, et soit r-f-a la résistance appa-i rente delà bobine, le trait étant voisin du zéro,: soit à ÀX 1 3o divisions, on a alors \
- L= — ;
- « (Qi + Q*) = -(l + ,
- Supposons que ce courant n (Q, -j- Q2) produise une déviation dtt- augmentons r d’une résistance connue s, et désignons par d2 la déviatïôh du galvanomètre avec courants constants, cette déviation est produite par un courant — E r2 sjA et on a :
- *i = ”7L + 2:i±jW)
- ds -f \ n J ou en résolvant :
- et
- . *
- £(2 n
- dans le cas ou il n’y a pas d’induction mutuelle ; c’est la formule que nous avons employée d’abord pour mesurer L.
- MM. Ledeboer et G. Manoeuvrier ont également reconnu la grande sensibilité de notre méthode des déviations relatives1, qu’ils' ont publiée en France,(1). saris, cependant savoir qu'elle avait
- (1) Voir La Lumière Electrique du 2 3 avril 1887.
- N. D. L. R.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- été imaginée et employée 'par nous il y a plus d’un an.
- Les nombreux, et si remarquables travaux de M. Ledeboer sur la self-induction et sur l’induction mutuelle, le qualifient admirablement pour juger des sensibilités relatives des différentes méthodes, et nous sommes persuadés que lui et son collaborateur seront les premiers à reconnaître la grande augmentation de sensibilité que présente notre méthode cumulative de zéro, même sur celle déjà considérable de notre méthode à déviations relatives.
- Secohmmètre sans indicateur de vitesse.
- En dehors de ce qui préçède, il est très important de remarquer que la sensibilité de toutes les méthodes connues de zéro, pour la comparaison des coefficients de selfinduction et d’induction mutuelle à la capacité d’un condensateur peut être augmentée de beaucoup par l’emploi du secohm. rriètre, et, puisqu’il n’est pas indispensable dans ce cis de connaître sa vitesse de rotation, on peut ge servir d’une forme très simple de l’appareil gàns indicateur de vitesse.
- Cette comparaison de la self-induction a généralement été effectuée de telle sorte, que l’opération avait lieu pendant l’augmentation ou la diminution d’un courant, par conséquent ces méthodes étaient aussi peu sensible que l’essai préliminaire au pont, d’une résistance dont on ignore absolument la valeur, lorsque l’on ferme le circuit de la pile pendant un temps très court et que l’on re^ garde s’il y a une déviation au galvanomètre.
- Grâce au secohmmètre on peut maintenant, non-seulement mesurer en valeur absolue les coefficients de self-induction et d'induction mutuelle, et les capacités des condensateurs, mais encore donner à ces mesures la même sensibilité que l’on obtient généralement par l’emploi du pont de Wheatstone pour la mesure des résistances.
- W. F. Ayrton
- J. Perry
- SUE ÜN NOUVEL
- EXEMPLE DE COUP DE FOUDRE
- ACCOMPAGNÉ DE LA
- PRODUCTION DE JET D'EAU
- Nous avons décrit dans ce recueil (V 8e année, t.'XIX, p. 148, 23 janvier 1886) divers effets obtenus à l’aide de la machine rhéostatique déchargée en quantité, et particulièrement la production d’un jet d’eau extrêmement fin, s’élevant à 1 mètre de hauteur, sous l’action des étincelles fournies par cet appareil.
- Ce phénomène nous a permis d’expliquer le résultat du coup de foudre extraordinaire de Rib-nitz, dans le Mecklembourg-Schwerin, signalé par le professeur Léonhard Weber, en 1885 (*) sous l’influence duquel un jet d’eau partant du sol inondé par la pluie , s’élança sur le trajet même d’un éclair, et pénétra dans une habitation par le trou étoilé que cet éclair avait percé dans la vitre d’une fenêtre.
- Ce fait était le seul de ce genre connu jusqu’ici. Or, nous venons d’en recueillir un nouvel exemple également remarquable qui s’est produit pendant un orage, dans le département de Loir-et-Cher, en 1884.
- Madame Aucher, habitant près de Blois , au château de La Sistière, muni de cinq paratonnerres qui subissent de fréquentes visites de la foudre, nous a relaté que, se trouvant, un jour, sur le perron de son château , ou moment où un orage éclatait, un éclair accompagné d’un violent coup de tonnerre se produisit ; la foudre parût tomber sur le paratonnerre de l’une des tourelles, et en même temps, Mmc Aucher vit jaillir à la surface d’un étang du parc, situé à une certaine distance, mais en communication avec les chaînes des paratonnerres, un jet d’eau très fin qui s’éleva à une assez grande hauteur.
- Les personnes à qui ce fait fut raconté, pense rent que ce ne pouvait être qu’une illusion ; mais l’exemple récemment connu du coup de foudre de Ribnitz prouve que le phénomène a pu réellement se produire.
- Les phénomènes du même genre, obtenus à
- (V Voir La Lumière Electrique, 8° année, t. XIX, p. 2i5, 3o janvier 1886.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- l’aide de la décharge de quantité de la machine rhéostat ique , rendent ce fait en quelque sorte tout à*fait naturel, et permettent de le classer au nombre des effets que peut occasionner l’électricité de l’atmosphère, lorsqu’elle se décharge sous certaines conditions.
- Dans le cas dont il s’agit, le paratonnerre, en relation avec l’étang duquel s’est élancé le jet d’eau, a joué exactement le rôle de l’électrode métallique qui débouche au sein de l’eau dans nos expériences.
- Dans cette reproduction réduite du phénomène naturel, le liquide est projeté, à cause de la résistance relative qu’il oppose au passage des étincelles particulières produites par l’appareil, dont l’action est exceptionnellement brusque et brisante, ainsi que nous l’avons fait remarquer.
- Ces faits offrent un nouvel exemple des actions mécaniques produites par l’électricité, et qui son-quelquefois plus puissantes que ses actions calot rifiques.
- On sait que M. Colladon en a signalé dernièrement un cas très remarquable, tel que la projection, sous l’action de la foudre, des éclats de bois d’un • peuplier jusqu’à 400 mètres de distance (’).
- Gaston Planté
- DE L’INFLUENCE
- DES ÉLECTROS-AIMANTS
- DANS LES
- LIGNES TÉLÉPHONIQUES
- On sait que la transmission de la voix articulée dans les circuits téléphoniques a lieu à résistances égales, d’une manière beaucoup plus défectueuse, lorsque la ligne renferme un certain nombre d’électro-aimants. Cette observation a déjà été faite un grand nombre de fois et son explication est donnée immédiatement par la théofie. Nous ne voulons pas nous arrêter sur ce dernièr point, nous réservant d’y revenir pro-
- (*) Voir La Lumière Electrique, t. XXIV, p. 275, 7 mai
- *a»7.
- chainement; nous voulons seulement étudier les divers moyens qui ont été proposés pour diminuer cette influence perturbatrice, qui dépend essentiellement du coefficient de self-induction de l’électro-aimant.
- Toutes les modifications qui, en laissant à ce dernier la faculté dé remplir convenablement les fonctions auxquelles il est destiné, permettent de diminuer notablement son coefficient de self-induction, éliminent donc, dans une mesure plus ou moins grande, les effets perturbateurs qui résultent de son insertion dans le circuit.
- L’importance de ces effets est des plus facile à constater. On a trouvé, par exemple, qu’en intercalant dans une ligne deux électro-aimants ordinaires de 3oo ohms environ, la voix transmise au récepteur n'avait plus que la moité de l’intensité primitive, correspondant au cas où les électroaimants étaient remplacés par une résistance égale, mais sans self-induction ; pour obtenir, par une simple intercalation de résistance, la même intensité au récepteur, il a fallu employer 2700 à 3ooo ohms. La présence de l’électro-aimant dans le circuit en avait donc augmenté la résistance apparente d’une quantité égale à 10 fois celle de ses bobines. Les observations de ce genre se font chaque jour ; aussi n’insisterons-nous pas davantage sur ce point spécial.
- La théorie mathématique du phénomène fait dépendre l'effet perturbateur de l’électro-aimant de la grandeur de son coefficient de self-indue-tion. Une simple considération physique montre qu’il en est bien ainsi.
- La voix articulée étant transmise par des courants ondulatoires, chaque augmentation de courant dans une spire de l’électro-aimant produit par induction dans la spire voisine un courant de sens contraire; cet effet est encore augmenté par la présence du noyau de fer doux. Une diminution de courant produit de même un courant secondaire d’induction qui augmente le courant primaire, mais à ce moment celui-ci diminue, en sorte qu’il en résulte un déplacement de la phase du courant oscillatoire, c’est-à-dire une altération dans la clarté et dans le timbre de la voix transmise par le récepteur.
- Le premier essai de diminution de l’extra-cou-rant des électro-aimants est de M. Elisha Gray; cette modification bien connue consiste à intercaler entre les bornes de l’électro-aimant un petit condensateur (fig. 1). Elle a été employée
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- sur une grande échelle dans tous les appels construits aux États-Unis par M. ‘ Phelps, Le coefficient de selhinduction de ce système peut être rendu de cette manière complètement nul. On trouve, en effet, par le calcul, qu’il est donné parla formule L — i/G na ; L étant le coefficient de self-induction de l’électro-aimant, n là capacité du condensateur, G le nombre d’ondulations du courant par seconde.
- Si l’on prenait donc exactement Ls= i /Cm2, l’effet perturbateur de l’électro-aimant dans le circuit téléphonique serait complètement supprimé. Mais cela n’aurait lieu rigoureusement que pour un son simple, de hauteur et d’intensité constantes, car la formule ci-dessus a été déterminée dans cette hypothèse. Cependant, on pourrait facilement déterminer la quantité G par l’expérience pour une hauteur et une intensité de voix
- Fig. 1
- un court-circuit paralysant en grande partie le courants d’induction. ^
- M. W. Wiley Smith a pris un brevet en Amérique, il y a quelques années, pour s’assurer la propriété de ce dispositif qui rend surtout de bons services lorsqu’un grand nombre d’appa, reils sont intercalés dans la ligne. La diminution de résistance qui en résulte provoque, en effet, une augmentation de l'intensité du courant et malgré l’affaiblissement de la force magnétisante de chaque appareil, leur fonctionnement peut être plus régulier.
- On connaît depuis assez longtemps une troisième méthode qui consiste à intercaler entre les bornes de l'appareil une résistance plus ou moins grande, suivant les cas ; cette résistance peut être permanente ou temporaire ; dans ce dernier cas,
- moyennes, et arriver pratiquement à un bon résultat.
- Cette disposition offre cependant, dans la pratique, un très grand inconvénient, à cause du peu de résistance qu’offrent les condensateurs aux décharges d’électricité atmosphérique; à ce propos, l’expérience acquise avec les appareils anti-inducteurs de van Rysselberghe donne facilement une idée du grand nombre de détériorations qui auraient lieu, si cette modification des électroaimants devenait générale.
- Une seconde disposition très efficace pour diminuer l’influence perturbatrice des électro-aimants, est de les intercaler eh quantité dans le circuit téléphonique ; on peut employer cette disposition dans tous les cas où la diminution de l’intensité du courant dans les spires de l’élec-tro qui résulte de ce mode de procéder, n’est pas nuisible au bon fonctionnement de l’appareil.
- Cet arrangement, offre deux avantages primordiaux, en ce sens que la résistance totale des spires est diminuée de y5 o/o et qu’il est, en outre, créé
- elle peut être éliminée dès qu’un courant d’appel circule dans la ligne et ne fonctionner ainsi que pour les courants téléphoniques.
- Dans la disposition de la figure 2, due à M. F. W. Jones, la dérivation est interrompue dès que l’armature de l’électro-aimant est mise en mouvement , en sorte que le courant d’appel traverse en totalité les spires de la sonnerie.
- , L’emploi d’une résistance ou d’un condensateur en dérivation sur l’électro-aimant à neutraliser, est surtout recommandable dans les commutateurs généraux des stations centrales. Ces deux dispositions ont été employées , par exemple, avec beaucoup de succès, sur plusieurs réseaux téléphoniques suisses, reliés entre eux.
- Dans le cas où l’on emploie une dérivation permanente , il faut construire la résistance auxiliaire avec un métal de conductibilité beaucoup plus faible que celle du fil des électro-aimants, afin de réduire le plus possible l’espace nécessaire à cette modification. Afin d’éviter un trqp grand affaiblissement de la force magnétisante, des
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÊ
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- spires, il faut donner à la dérivation une résistance de 6 à i o fois plus grande que celle des électro-aimants. On peut employer, avec avantage» pour former la résistance auxiliaire, des fils de fer enroulés bifilairement.
- (1 existe encore un autre moyen de diminuer l’effet perturbateur des électro - aimants dans les transmissions téléphoniques; il a été proposé par M. Müller, à Strasbourg, et il est actuellement employé avec un succès relatif assez grand dans plusieurs réseaux allemands.
- Le procédé de Mtiller consiste à interposer entre les spires et le noyau de l’électro-aimant une douille en cuivre. Lorsque le courant primaire croît, il se développe par induction dans cette douille des courants secondaires assez intenses pour induire de nouveau dans les spires un courant tertiaire de même sens que le courant primaire et qui paralyse dans une certaine mesure l’extra-courant. Un effet analogue a lieu lorsque le courant primaire diminue.
- L’exactitude de ces conclusions a été démontrée par plusieurs expériences parmi lesquelles nous citerons les mesures ci-dessous que nous empruntons avec les détails qui vont suivre à un mémoire de M. Wiesner, publié dans YElek-trotechnische Zeitschrift.
- Dans la figure 3, qui montre la disposition des expériences comparatives, i' est le fil primaire, i" le fil secondaire d’une petite bobine d'induction, G' et C" sont des commutateurs, T un téléphone, R un rhéostat et J' et J" les fils primaires et secondaires d’une seconde bobine d’induction plus grande que la première.
- Le courant primaire de la petite bobine d’induction étant interrompu régulièrement, on percevait au téléphone yn bourdonnement régulier dont l’intensité variait suivant que le noyau de fer du grand inducteur était muni ou non de sa douille de cuivre ou que son circuit primaire était fermé ou interrompu en G".
- Le commutateur C' permettant d’intercaler directement le rhéostat R en lieu et place du grand inducteur, on pouvait, en variant sa résistance, voir à quelle résistance totale du circuit correspondait l’intensité du son émis par le téléphone dans les diverses combinaisons de l’inducteur, mentionnées ci-dessus.
- Voici les résultats auxquels on est arrivé, la résistance du circuit secondaire de l’appareil d’induction étant de 372,5 unités Siemens.
- Pour obtenir la même intensité du son émis par le téléphone, il a fallu intercaler dans le rhéostat R
- i° L’inducteur étant sans son noyau de fer :
- a, le circuit primaire étant fermé.. i5oo U.S.
- b, le circuit secondaire étant ouvert. 35oo —
- c, la douille de cuivre étant enfoncée
- dans la bobine et le circuit secondaire ouvert..................... 35oo —
- 2° L’inducteur ayant son noyau de fer sans la douille de cuivre :
- a le circuit primaire étant fermé... 1700 U. S.
- b, le circuit primaire étant ouvert 20000 —
- 3° L’inducteur ayant son noyau de fer avec la douille de cuivre :
- a, le circuit primaire étant fermé,.. 15oo U. S.
- b, le circuit primaire étant ouvert. 4500 —
- Il résulte donc des nombres ci-dessus que l’extra-courant est considérablement réduit par l’interposition de la douille de cuivre et encore plus par la présence d’une ou plusieurs spires de fils formant un circuit fermé.
- Des expériences comparatives faites sur un circuit téléphonique ont montré également que la présence de la douille de cuivre ramène la clarté et l’intensité de la voix aux valeurs qu’elles ont lorsque la bobine est dépourvue de son noyau de fer. Avant de passer à un emploi pratique, on s’est assuré auparavant que la présence] de la douille de cuivre ne diminue en rien la force de l’électroaimant.
- Cette modification des électro-aimants fut donc introduite daus les commutateurs des stations centrales de quelques réseaux; le succès fut aussi grand qu’on pouvait s’y attendre tant qu’il n’y eut qu’un petit nombre d’électro-aimants insérés dans la ligne; mais il fut peu satisfaisant dès que ce nombre dépassa trois ou quatre.
- Or dans beaucoup de cas, comme par exemple dans les grands réseaux avec plusieurs stations centrales ou dans les communications téléphoniques intra-urbaines, il n’est pas rare d’avoir à passer par 6 ou 7 stations centrales et d’insérer ainsi le même nombre d’électro-aimants dans le circuit téléphonique pour faire communiquer entre eux deux abonnés des réseaux extrêmes. On essaya donc d’un autre moyen en mettant simplement les électro-aimants des commutateurs centraux en dérivation sur une résistance assez considérable. La figure 4 donne [le schéma de cette
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- disposition qui est assez explicite pour que nous n’ayons pas à nous y arrêter davantage.
- Mais ce sytème qui donne de bons résultats pour un nombre restreint d’électro-aimauts insérés dans le circuit, n’est pas suffisant non plus, lorsque le nombre des bureaux centraux de transmission devient plus considérable.
- Le problème se complique encore dans le cas des transmissions intra-urbaines par l'obligation d’employer pour éviter les effets d'induction une
- ligne à double fil. Or, les lignes des abonnés sont en général toutes installées avec retour par la terre. La transmission du fil de l'abonné dans la ligne a lieu à i’aide d’une bobine d’induction dite translateur, en sorte que la communication de deux abonnés de deux réseaux éloignés se fait non seulement à travers les électro-aimants des appels ordinaires mais aussi à travers les bobines des translateurs. De cette manière, l’effet perturbateur de ces électro-aimants augmente
- souvent de manière à compromettre complètement le succès dés transmissions.
- L’administration allemande a adopté dernièrement pour le réseau téléphonique intra-urbain de la province rhénane une nouvelle manière de relier les lignes entr’elles qui a d’abord été installée à Dusseldorf où elle fonctionne à la satisfaction générale.
- Cette installation comporte la substitution de galvanoscopes d’une forme particulière aux électro-aimants des annonciateurs du commutateur central correspondant aux lignes intra-urbaines. L’emploi de ces galvanoscopes a déjà été proposé il y a quelques années par M. Oesterreich.
- L’aimant du galvanoscope est coudé et son aiguille porte à l’extrémité un disque coloré, facilement visible, dont le poids maintient l’aiguille
- déviée dès que l’impulsion du courant l’a faite sortir un peu de sa position d’équilibre. L'aiguille est ramenée directement par l’employé à sa posi" tion de repos qui ne peut être dépassée par suite de la présence d’un arrêt; cet arrêt empêchant l’aiguille de se déplacer des deux côtés de sa position d’équilibre, le galvanoscope n’est sensible, suivant la position de cet arrêt, qu’aux courants de direction déterminée.
- La figure 5 représente schématiquement l’installation et la manière dont les communications sont établies entre deux lignes à double fil aboutissant au même bureau, à Dusseldorf par exemple. Les extrémités de chaque boucle sont reliées au corps K du commutateur à fiche (jack-knife) et le signal de clôture de la communication est perçu à l’aide des galvanoscopes.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 4*9
- Avant l’emploi de ces derniers on faisait usage des communications suivantes. Les extrémités de chaque ligne étaient reliées aux bornes k et e4 de deux relais, en sorte que la communication entre les deux lignes se faisait par une double translation en reliant entre eux les deux crochets des commutateurs* C. La marche du courant résultant de cette disposition est très facile à suivre dans la figure. On avait ainsi quatre translateurs dans la ligne sans compter les relais des stations, tandis qu’avec la nouvelle disposition, la ligne ne renferme à la station intermédiaire que les deux galvanoscopes et les cordons des commutateurs.
- L’objection que l’on peut faire au galvanoscope de ne pas avertir suffisamment l’employé de l’envoi d’un signal, peut être facilement réfutée en faisant fermer par l’aiguille mobile un ciicuit local actionnant une sonnerie.
- Le succès de cette installation et les avantages qui résultent de l’emploi de ces galvanoscopes sont assez engageants pour préconiser un usage plus fréquent de ces derniers, il est évident que leur.influence perturbatrice n’est pas absolument négligeable; elle est en tout cas beaucoup plus faible que celle des électro-aimants dont les noyaux de fer doux augmentent dans une si grande mesure les effets de self-induction.
- A. Palaz
- DISPOSITIF
- POUR RÉPÉTER L’APPEL
- Il peut y avoir quelquefois intérêt, en particulier, dans les installations téléphoniques domestiques, à répéter dans une pièce déterminée, les appels de la sonnerie d’un poste particulier.
- Il faut donc réaliser dans ce cas, un mécanisme tel, que chaque fois que la sonnerie de l’un des postes d’une installation retentit, ce signal soit répété par une autre sonnerie placée dans un circuit local.
- Nous avons appliqué depuis quelque temps et avec succès, le dispositif très simple représenté ci-dessous, qui s’adapte à n’importe quel système de sonnerie ; dans le cas particulier on a supposé qu’il s’agisse d’un poste Gilliland.
- Sur ce dernier, on fixe une petite boîte métallique, à côté et entre les deux timbres ; un levier très léger ly monté sur l’axe pivoté o appuie contre le battant m du double timbre, par l’action d’un faible ressort k.
- L’extrémité^ de cette tige maintient le doigt qui, par l’action du ressort A tend à appuyer le contact v contre le fond de la boîte, en fermant ainsi le circuit local contenant la sonnerie répétitrice.
- On voit alors facilement que, dès que la sonne-
- rie du poste en question est mise en activité, le levier Z est chassé par le battant, le doigt D déclanché, et, par suite, l’appel répété à l’endroit voulu.
- La personne appelée, si elle est présente, mettra fin à la sonnerie secondaire en relevant le doigt D au moyen d’un bouton Q.
- Comme on le voit, le principe n’a rien de nouveau, c’est celui des sonneries bien connues, à lapin, mais ce petit dispositif, peut néanmoins présenter quelque intérêt, parce qu’il peut, comme nous l’avons dit, s’adapter à toute sonnerie déjà existante.
- P. Goloubitzky
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Effets des tremblements de terre sur les appareils magnétiques, par M. Mascart (*).
- En communiquant à l’Académie les perturbations accusées par les enregistreurs magnétiques au moment du tremblement de terre du 23 février, je signalais la simultanéité imprévue des oscillations produites dans les observatoires de Perpignan, Lyon, Parc Saint-Maur (auxquels je puis ajouter Toulouse) et j’exprimais l’idée qu’il serait sans doute possible de mieux préciser les conditions du phénomène par une enquête auprès des observatoires étrangers.
- La question est moins simple qu’elle ne paraissait d’abord et quelques renseignements me manquent encore; mais,après la note de M. Offret, je dois y revenir dès maintenant pour discuter les conditions physiques des appareils employés à l’enregistrement.
- Je ferai d’abord une remarque sur l’heure indi- . quée par les observateurs eux-mêmes. A Utrecht, d’après M. Snellen, directeur de l'institut météorologique, le phénomène a débuté à 5 h. 45 (temps moyen de Paris), et non à 5 h. 48.
- Pour une série d’observatoires voisins, le retard, par rapport aux stations françaises, serait j donc, pour Greenwich et Kew, -J- 2 minutes, Bruxelles, -f- 4 minutes, Utrecht, o, Wilhelms-haven, -f- 6 minutes. D’autre part, le début des perturbations à Vienne paraît avoir eu lieu 3 mi- . nutes plus tôt pour le déclinomètre que pour le barreau à suspension bifilaire qui donne les variations de la composante horizontale. Comme la , plupart des observateurs n’estiment pas à moins d’une minute l’erreur possible d’appréciation du temps sur les courbes photographiques, on jugera sans doute qu’il est un peu prématuré de déduire de ces observations discordantes une vitesse quelconque de propagation. :
- Il est donc nécessaire d’examiner de plus près la nature des effets produits. Toutes les observa- . tions montrent que les barreaux aimantés ont ;
- (i) Note présentée à l’Académie dés Sciences, le 16 mai 1887.
- reçu plusieurs impulsions successives ; or le résultat final de ces impulsions peut être très différent suivant les relations qui existent entre la période des oscillations propres des instruments, leur mode d’amortissement et les intervalles de temps qui séparent les impulsions successives.
- Si la période d’oscillation des [barreaux était très courte et l’amortissement très rapide, chacune des impulsions se traduirait d’une manière indépendante, sans être troublée par le résidu dés oscillations antérieures.
- Au contraire, si l’amortissement est lent ou fei la période d’oscillation est de même ordre que les intervalles des impulsions, l’amplitude maximum des déviations devient un résultat très complexe, variable avec les appareils, qui peut n’avoir aucune relation simple avec l’époque ét la grandeur du maximum d’impulsion. Enfin, le début même du phénomène peut être voilé ài deux impulsions de sens contraires se succèdent avant que le barreau se soit déplacé d’une quantité notable.
- Que la cause soit mécanique ou électrique, il n’y a aucune raison pour qu’elle ait des composantes de même ordre de grandeur pour les trois instruments de variations. En fût-il ainsi d’ailleurs, les remarques précédentes permettent dfe comprendre comment il est possible que ces trois composantes ne se traduisent pas, dans un même observatoire ou dans des observatoires voisins, par des déviations de même ordre, comment lé déclinomètre de Kew a pu rester à peu près immobile, tandis que celui de Greenwich a indiqué nne variation de 20' d’arc, comment enfin; à l’observatoire de Vienne, le barreau du bifiliaire a pu se mettre en mouvement plusieurs minutes après le déclinomètre. Les appareils sont, en effet,, de dimensions très différentes. Tandis [que le décli-nomètre de Kew est formé par un barreau relativement court, probablement de 10 ou i5 centimètres, le barreau de Greenwich a 2 pieds de longueur et met vingt-quatre secondes pour faire une oscillation simple.
- Dans les stations françaises que j’ai citées, les enregistreurs sont tous du même type ; les barreaux du déclinomètre et du bifiliaire ont 5 centimètres de longueur ; ils oscillent et [s’amortissent très rapidement. Si l’on met à part la balancé magnétique, pour laquelle la perturbation a été â peine appréciable, les oscillations se sont produites brusquement, comme elles le feraient par
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- L’action d’un courant électrique. Pour d’autres observatoires, au contraire, particulièrement à Greenwich, l’inspection des courbes montre que les déviations ont été d’abord en croissant pour atteindre leur maximum au bout de quelque temps, et il n’est pas impossible que le début du phénomène échappe à l’observation. On voit, d’après cela, combien on peut commettre d’erreurs, soit sur l’époque, soit sur la grandeur des perturbations en comparant sans une discussion attentive les résultats fournis par des appareils très différents.
- Il paraît bien certain que la simultanéité n’existe pas pour les phénomènes observés. Si elle a lieu en France avec des instruments identiques et au degré d’approximation des lectures, le retard pour les observatoires étrangers varie depuis o minute (Utrecht), 2 minutes (Greenwich etKew), 3 minutes (Pola), 4 minutes (Bruxelles et Lisbonne), 6 minutes (Wilhelmshaven), jusqu’à 7 minutes pour la composante horizontale à Vienne. J’ajouterai encore qu’aucun effet sensible n’a été constaté dans les observatoires anglais de Falmouth et de Stonyhurst, ni à l’observatoire de Pawlowsk.
- Le désaccord de tous ces résultats est manifeste ; mais il paraît difficile de dégager la part qui revient aux erreurs possibles d’observation, étant données la petitesse des effets et celle qui est due à la différence considérable des instruments. Enfin, si la cause est électrique, on en ignore absolument le mécanisme; comme les courants successifs se disséminent nécessairement à partir du centre de production, on ne peut affirmer qu’à toute distance le premier effet observé corresponde à la même phase du phénomène. La question ne peut donc être résolue par l’observation avant qu’un autre évènement analogue ait donné l’occasion de faire des mesures plus exactes.
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE (i)
- Les transformateurs Zipernowsky, Deri et Bla-thy, par M. Picotu
- Ces appareils se composent en principe d’une bobine d’induction annulaire à circuit magnétique fermé.
- 0) Séance du 6 mai 1887^
- Le noyau est formé de galettes superposées et isolées au papier. Chacune d’elles est constituée par une spirale de fer doux dont les circonvolutions sont isolées aussi au papier.
- Sur ce noyau convenablement recouvert, on bobine à la main le fil primaire par sections distinctes et isolées. Ce fil est continu d’un bout à l’autre. Par dessus est enroulé le fil secondaire. Celui-ci est dénudé et relié à une borne intermédiaire au milieu de sa longueur. On peut ainsi avoir à volonté n volts et 2 i ampères ou bien 2 n volts et i ampères, suivant qu’on utilise les deux moitiés du fil induit bout à bout ou en parallèle.
- Les coefficients d’induction sont très élevés et se mesurent par des méthodes détournées. La connaisance du nombre exact des spires permet de calculer les coefficients en fonction de l’un d’eux.
- On peut, par exemple, enrouler deux ou pois spires auxiliaires autour du transformateur, et les relier à un galvanomètre balistique. En comparant la décharge induite à celle que donne, dans le même galvanomètre, un condensateur de capacité connue, on obtient de suite le coefficient d’induction mutuelle des deux circuits en expérience . Les autres s’en déduisent immédiatement.
- On peut aussi mesurer un des coefficients de self-induction, en intercalant le circuit en expérience dans un pont de Wheatstone. On trouble l’équilibre par addition d’une résistance connue. Puis on le rétablit et l’on mesure l’impulsion de rupture.
- Le rendement de l’appareil dépend de sa résistance intérieure et du travail dépensé à l'aimantation du fer. Les résistances des circuits peuvent être réduites autant qu’on le veut. Pratiquement, on les réduit de telle sorte que RI2 soit réduit à 1 0/0 des watts disponibles.
- Le travail d’aimantation est variable avec la qualité du fer, l’intensité des effets magnétiques et le nombre de périodes employés. Ce dernier ne dépasse pas 45 à 50(90 à 100 renversements) dans le système Zipernowsky. La puissance ainsi consommée ne dépasse pas 210 watts sur un transformateur de 7,5oo watts disponibles, soit environ 3 0/0. Le rendement de ce type est donc d’environ 95 0/0.
- Indépendamment de ses applications générales, le transformateur est susceptible de divers autres
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- emplois. Les inventeurs s’en servent en particulier comme égalisateur de tension.
- Un petit transformateur est monté à l’usine de production, par exemple, et son circuit primaire est parcouru par l'un des fils de la conduite principale. Il donne donc aux bornes du circuit secondaire une différence de potentiel moyenne proportionnelle au courant total. Le circuit secondaire se ferme sur une résistance; mais, en même temps, celle-ci est parcourue en sens inverse par une dérivation du courant principal qui se rend ensuite au transformateur proprement dit, le premier étant plus proprement l’égalisateur de tension. Le résultat delà combinaison est que les lampes éclairant l’usine ainsi que le voltmètre, qui sont montés sur le second transformateur, sont exactement au même potentiel que celles qui sont à l’autre extrémité de la ligne principale. Cela reste vrai, quelle que soit la perte et quel que soit le courant consommé, si tout a été convenablement calculé.
- Ce système de transformation est en exploitation à Lucerne, Turin et Milan. Une grande usine est en montage à Rome, et des applications se préparent en France par les soins de la Compagnie continentale Edison.
- Commutateur automatique pour lignes téléphoniques, de M. Œsteerrich.
- On sait, que dans les réseaux téléphoniques urbains , chaque station est reliée au bureau central à l’aide d’une ligne directe. Mais dans la plus grande partie des cas, la ligne n’est occupée qu’à des intervalles assez éloignés et pendant un temps souvent très court ; aussi est-il de la plus haute importance d’arriverà la construction d’un appareil simple permettant d’insérer plusieurs stations sur le même fil tout en leur donnant les mêmes avantages qu’à une station reliée directement à la station centrale.
- Ce problème a déjà beaucoup occupé les ingénieurs des réseaux téléphoniques et plusieurs appareils ont été proposés ; [les uns, comme par exemple , le commutateur dû à M. Rothen et en usage dans les réseaux suisses, exigeant le concours des stations intermédiaires, les autres, par contre, effectuant les combinaisons désirées d’une manière absolument indépendante.
- Ces derniers appareils sont, par la nature même
- des fonctions qu’ils doivent remplir, d’une construction assez compliquée et par là même d’un fonctionnement un peu difficile.
- C’est dans cette dernière catégorie que rentre le nouveau commutateur automatique imaginé par M. Œsterreich, à Berlin, et décrit dans VElektro-technische Zeitschrift.
- Cet appareil n’est ni plus simple ni plus compliqué que d’autres proposés également dans le même but ; il lui manque en tout cas, la sanction de l’expérience, car nous ne sachons pas qu’il ait été déjà employé dans la pratique journalière d’un réseau quelconque.
- Le but de l’appareil construit par M. Œsterreich est spécialement de relier à la station centrale un certain nombre d'abonnés aboutissant tous directement au commutateur automatique, celui-ci étant en communication directe avec le bureau central par un fil c pécial. Ce cas qui se présente fréquemment est, par exemple, celui d’une maison dans laquelle demeurent plusieurs abonnés que l’on veut relier par un seul fil à la station centrale.
- M. Œsterreich a combiné son appareil en vue des applications possibles dans les réseaux téléphoniques allemands dans lesquels chaque station est munie d’une batterie de 8 à 12 éléments Leclanché avec laquelle tous les appels de la station centrale et des abonnés ont lieu.
- Aucun changement ne devant être apporté aux stations ordinaires, le commutateur doit satisfaire aux conditions suivantes :
- i° La manœuvre du commutateur doit se faire à la station centrale; cette opération doit avoir lieu sans que les abonnés en soient avertis.
- 20 La station centrale doit pouvoir appeler chaque abonné à l’insu des autres.
- 3° La station centrale peut relier chaque abonné avec n’importe quel autre qu’il soit placé ou non sur une ligne à plusieurs stations.
- Les abonnés, une fois reliés, doivent pouvoir1 s’appeler directement et causer entre eux sans que d’autres personnes puissent participer à la conversation. De même, on doit pouvoir relier deux abonnés dont les lignes aboutissent au même commutateur multiple.
- 40 Chaque abonné doit pouvoir, tant que la ligne est libre, appeler la station centrale sans déranger les autres stations. Si la ligne est déjà occupée , on doit le reconnaître facilement à la première tentative d’appel.
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- 5°Enfin, la station centrale doit pouvoir contrôler, après chaque communication, si le commutateur a été ramené exactement à sa position initiale.
- Les figures i , 2 et 3 représentent l’appareil tel qu’il a été construit pour trois abonnés. On peut se faire une idée de sa complication dès qu’un plus grand nombre d’abonnés serait en jeu.
- Un cylindre d’ébonite m, mobile autour de son axe dans le sens de la flèche, porte, incrustées à l’intérieur, à une certaine distance de sa surface 8 bandes métalliques m longitudinales et équidistantes. Chacune d’elles est munie d’un certain nombre de boutons de contact qui, suivant la position du cylindre, viennent frotter contre l’un des 10 ressorts lamellaires fK à fw
- La figure 3 , qui donne le développement de la surface cylindrique, permet de constater facilement la position relative de ces boutons de
- Fig. 1
- contact et en même temps de vérifier les liaisons qui sont établies dans l’une ou l’autre des 8 positions du cylindre.
- Les chiffres placés à gauche de la figure 3 indiquent la position du cylindre ; ceux qui sont placés à droite représentent par contre la combinaison établie lorsque le cylindre se trouve dans la position correspondante. Ainsi, on voit que dans la position 8 les ressorts etf7 sont reliés
- entre eux, ce qui correspond à la liaison des abonnés 2, 3 et de la station centrale.
- L’échappement m, s, est mu par l’électroaimant de telle sorte qu'à chaque attraction de l’armature, le cylindre se meut d’un huitième de tour dans la direction de la flèche. Cet électroaimant est réglé de manière à n’être sensible qu’au courant de la station centrale qui est deux fois aussi tort que celui qui provient d'une station d’abonné.
- A la station centrale, les émissions nécessaires du courant ont lieu à l’aide d’une manivelle V K qui frotte successivement sur 8 contacts reliés à la batterie et 8 contacts de repos.
- Le commutateur comprend en outre les appareils auxiliaires suivants :
- i° Un relais polarisé R (fig. 4) qui est placé dans le circuit de façon à n’être excité que sous l’influence du courant transmis par la station centrale; lorsqu’il est actionné par ce courant, l’armature h établit un contact en a et ferme ainsi une communication à la terre, en sorte que le courant ne peut pas aller au delà du, commutateur, mettre en action les sonneries des abonnés intercalés sur le fil.
- 20 Trois relais R^R2R3, un pour chaque ligne secondaire partant de la station de commutation ; ces relais servent à transmettre à la station centrale l’appel des abonnés.
- Le courant provenant de l’abonné relié au
- Fig. 3
- relais R1? par exemple, après avoir circulé dans les spires de R, , est conduit à la terre, car le levier h appuie au repos contre le contact aK ; ce levier hK est alors attiré et vient frapper contre le contact i,, fermant ainsi le courant d’une batterie B sur un circuit composé du fil /, du commutateur C, du relais R et de la ligne L.
- On peut, dans les cas peu compliqués, de 3 stations par exemple, employer un seul relais portant 3 enroulements distincts.
- 3° Une résistance r qui doit être au moins aussi grande que celle de la ligne L ; elle est reliée d’un côté à la terre, de l’autre au ressort f du commutateur.
- 40 Une batterie B dont l’un des pôles est relié avec le ressort /2, et l'autre avec l’axe du commutateur Cet avec les contacts ii i2iz des relais R1 R3 R3.
- La figure 4 donne le schéma des communications; To est l'appareil téléphonique de la station centrale, Gc un galvanoscope et K le commutateur destiné à envoyer dans la ligne les émissions
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- de-courants nécessaires pour le fonctionnement du système.
- La description de l’appareil et des communications étant ainsi complète, voyons rapidement comment.les différentes parties du système sont reliées entre elles et quelle est la marche du courant dans chacune des huit positions du continuateur automatique.
- - Dans la/position i (position de repos de l’appareil), les lamés fK et/2 ainsi que /4, /c, fs,f9 et/j0 sont reliées entre elles; chaque abonné peut, dans cette position, appeler la station centrale. Si, par exemple, l’abonné i émet un cou-rant^d’appel, celui-ci passe à la terre par fk et et actionne le relais R4 ; ce relais envoie alors un
- courant de la batterie B par IL jusqu’à la station centrale ; il existe bien sur le parcours de ce courant une dérivation à la terre par/) et /2, mais puisque r> L, le courant de la ligne L n’est pas sensiblement affaibli.
- L’employé de la station centrale tourne alors la manivelle du transmetteur K de manière à passer de la position rK à la position r2; le courant qui est émis pendant ce mouvement actionne le commutateur automatique et le place dans la position2,
- Dans cette position 2, les lames /2, /},./fl.et/8 communiquent entre elles. Le bureau central répond alors à l’abonné; cette réponse parvient aux trois abonnés reliés au commutateur automatique, mais cela n’offre pas d’inconvénients.
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- : d’appel Fig. 2
- 1
- Bureau centra/
- Commtda/eitr
- Aionnci
- Pour relier l’embranchement 1 avec un abonné dont la ligne part du bureau central, celui-ci place la manivelle dans la position 3 ; dans ce cas la ligne lt est relié par les lames f2 et f3 avec le fil L, et la communication se fait comme d’habitude.
- Les appels des deux abonnées n’actionnent pas le commutateur automatique puisque son électroaimant n’est sensible qu’à l’action d’un courant deux fois aussi fort, et que le relais est mis hors du circuit. Pendant ce temps, les deux autres abonnés sont isolés par le commutateur G, ce qu’ils reconnaissent facilement à l’immobilité de lçur galvanoscope lorsqu’ils pressentie bouton de fermeture du courant.
- Lorsque le premier abonné a donné le signal de clôture de la conversation, la .station centrale
- ramène la manivelle de K à la position r, et remet ainsi tout le système dans son état initial.
- Les positions 4 et 5 correspondent pour les abonnés 2 et 3 à la position 3 de l’abonné 1.
- Les abonnés 1, 2 et 3 communiquent entre eux dans les positions 6, 7 et 8.
- Lastation centralecontrôle la position exactedu commutateur automatique de la manière suivante :
- Entre les bandes métalliques 8 et 1 le cylindre (fig. 3) porte un contact st relié d’un côté à l’axe et de l’autre à la batterie B. L’autre extrémité du cylindre porte également deux contacts t et n, en sorte que dans la position intermédiaire entre 8 et 1 la batterie B est reliée à la terre par les lames /o et/f0 (fig. 4).
- Lorsque la statton centrale replace la manette K dans sa position de repos, la batterie B est fermée
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- après l’émission du 8e courant correspondant au contact a s; elle envoie ainsi dans la ligne L par le contact st et la lame f'2 un courant qui dévie l’aiguille du galvanoscope de la station centrale et avertit ainsi l’employé que le commutateur automatique a été ramené dans sa position normale.
- A. P.
- Nouvelles relations entre la lumière et l’électricité, par le professeur Marangoni (>).
- En répétant les expériences bien connues de perforation de plaques isolantes par l’étincelle, avec les plaques de divers minéraux, l’auteur a obtenu certains résultats curieux. En particulier, auec des plaques de spath d’Islande, obtenues par un clivage parallèle aux faces du rhomboèdre, on obtient les résultats suivants :
- i° Le trou produit par la décharge électrique dans le spath d’Islande est en ligne droite tandis que dans le verre elle est en zig-zag;
- 2° La décharge au lieu de suivre la direction des plans de clivage, comme on pourrait s’y attendre suit la direction de l’axe principal du rhomboèdre c’est-à-dire l’axe optique ;
- 3° Le long de l’ouverture, on observe deux fentes situées dans deux plans perpendiculaires entre eux, qui ont pour intersection le trou lui-même, soit l’axe optique ; une de ces fentes se trouve dans la section principale.
- Pour faire ces expériences l’auteur emploie la disposition suivante :
- Un entonnoir est d’abord rempli de mercure, puis d'une couche de pétrole dans laquelle on immerge la plaque du minéral étudié, qui flotte sur le mercure. En contact avec celle-ci est un fil de cuivre relié au pôle positif du fil induit d’une grosse bobine de Ruhmkorff dont le pôle négatif communique avec le mercure par une électrode en cuivre également.
- Avec le pétrole, la distance explosive, qui était de i5 cm. dans l’air, était réduite au iyme de sa valeur environ.
- On remarquera que par ce dispositif, le mercure est en contact avec toute la surface du cristal et que la décharge est libre de suivre la ligne de moindre résistance à travers le cristal. En géné=
- ral, il suffit de la première étincelle pour percer la plaque.
- L’auteur a ainsi expérimenté avec divers minéraux : le spath fluor, la^sélénite, la moscovite, le topaze, mais comme les exemplaires étaient défectueux, les résultats de l’expérience étaient nuis.
- Un bel exemplaire de sel gemme a donné au contraire d’excellents résultats.
- Avec des plaques (parallèles au plan du cube) et variant de 5 à io m.m., la décharge électrique perforait ces plaques perpendiculairement à leur face et produisait deux fentes perpendiculaires entre elles et parallèles par conséquent aux faces du cube, et plusieurs autres petites fentes perpendiculaires entre elles et bissectant les angles des premières; les fentes les plus petites sont donc dans des plans parallèles aux faces du dodécaèdre.
- En étudiant les plaques de sel gemme avec l'appareil de polarisation de Nuremberg, et en produisant dans ces plaques des variations de densité au moyen de la presse de Brewster, l’auteur a recherché quel était l’effet mécanique de la décharge.
- Il résulte de cette étude que la densité diminue dans le plan des fentes et augmente, au contraire, dans la direction des bisectrices de leurs plans.
- Avec le spath d’Islande, l’auteur n’a observé aucun de ces phénomènes.
- Les faits que nous venons d’indiquer ont conduit l’auteur à conclure aux relations suivantes entre la propagation de l’électricité et celle de la lumière :
- i° La lumière et l'électricité dans un milieu à structure moléculaire régulière se propagent en ligne droite.
- 2° La lumière et l’électricité parcourent dans un temps minimum, c’est-à dire avec le moins de résistance, certaines directions qui sont les axes d'élasticité ou certaines directions ayant des rapports déterminés avec ces axes.
- 3° La lumière est un mouvement vibratoire transversal, et dans les corps non isotropes, elle se décompose en deux rayons, de manière que le plan des vibrations d’un des rayons soit perpendiculaire au plan des vibrations de l’autre.
- La décharge électrique produit des fentes perpendiculaires à sa propre direction et ces fentes
- (V Nuovo Cimento, Sect. 3, vol. XIX.
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- ne se produisent pas en général 'selon les plans de clivage ; ce qui ferait supposer que l’électricité comporte également des vibrations transversales comme la lumière et pourrait également se polariser selon deux plans perpendiculaires.
- La lumière dans un milieu amoiphe comme le verre change de direction au moindre accident, la trajectoire des vibrations lumineuses est alors très compliquée.
- De même, la fente produite par la décharge électrique à travers une plaque de verre ne comporte aucune direction normale.
- Les faits observés sur la décharge électrique à travers les cristaux, sont en parfait accord avec la théorie de Fresnel, que les vibrations de l’éiher ont lieu plus facilement dans les directions parallèles aux couches des molécules et que par conséquent, chaque vibration oblique sur un des axes d’élasticité se décompose en deux vibrations dont l’une est parallèle et l’autre perpendiculaire à cet axe.
- L’auteur envisage cette analogie d’effets comme une nouvelle preuve de l’hypothèse qui attribue la lumière comme l’électricité à l’état vibratoire de l’éther.
- E. M.
- La conductibilité électrique dans le voisinage de
- la température critique, par A. Bartoli f1).
- D’après les expériences de Cagnard-Latour sur la vapeur d’éther et surtout depuis celles d’An-drews sur l’acide carbonique, on sait qu’il existe pour chaque gaz une température au-dessus de laquelle il est toujours impossible de le liquéfier quelle que soit la pression exercée.
- Cette température critique est de 3 i°, par exemple; pour l’acide carbonique et inférieure à — 200° pour l’hydrogène.
- M. Bartoli a étudié la conductibilité électrique de quelques liquides en faisant varier leur température depuis la température ambiante jusqu’à
- celle du point critique. Les mesures ont été faites dans des tubes de verre de 5 millimètres de diamètre, de 200 millimètres de longueur dans la partie inférieure desquels deux électrodes de platine étaient fixées à une distance de 1 centimètre. Après le remplissage les tubes étaient soigneusement fermés à la lampe, puis chauffés dans un bain de pétrole. Voici les résultats obtenus :
- Le benzol pur isole bien jusqu’à la température critique ; la conductibilité de l’alcool méthylique augmente par contre graduellement tandis que celle du gaz est nulle ; l’oxyde d’éthyle a une conductibilité excessivement faible jusqu’au point critique.
- A. P.
- Sur une nouvelle action du magnétisme sur les phénomènes thermiques dans une plaque de bismuth traversée par un courant électrique, par M. Ettingshausen.
- Dans une revue antérieure (1), nous avons mentionné le nouveau phénomène découvert par MM. Ettingshausen et Nernst, consistant dans la production d’une force électromotrice dans une plaque de bismuth traversée par un flux de chaleur, lorsqu’elle est soumise à l’action d’une force magnétique normale à la direction du courant thermique.
- Ce phénomène, nommé par les auteurs , « effet thermo-magne'tique» a pu être analysé assez à fond, puisqu’ils ont prouvé l’existence d’une force électromotrice longitudinale, c’est-à-dire de même sens que le flux de chaleur et d’une force électromotrice transversale, normale à ce dernier. La première , de beaucoup la plus considérable, change de sens avec le champ magnétique.
- M. Ettingshausen, dans des expériences récentes dont il a communiqué les résultats, à plusieurs reprises, à l’Académie des Sciences de Vienne, a complété l’étude de ce phénomène si intéressant. Il a d’abord essayé de renverser l’expérience ci-dessus , c’est-à-dire de démontrer l’existence d’une différence de température dans une plaque traversée par un courant électrique,
- ’-J Atti délia R. Acc. dei Lincei; Rendic, 1886.
- (*) Voir La Lumière Electrique, vol. XXII, p. 61 3.
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- lorsqu’elle est soumise à l’action d’un champ magnétique.
- La plaque de bismuth employée avait 3,i c.m. de longueur, 2,4 c.m. de largeur et 0,04 c.m. d’épaisseur; le courant était amené à l’aide de deux fils de cuivre épais, soudés sur le bord le moins large de la plaque.
- Une des soudures de l’élément thermo-életrique était fixée au milieu de celle-ci, l’autre dans un vase d’eau à la température ambiante.
- L’aiguille du galvanomètre inséré dans le circuit thermo-électrique arrive à une déviation constante lorsque le courant a circulé un certain temps dans la plaque, montrant ainsi qu’une distribution stationaire de la température est atteinte. Si on excite à ce moment l’électro-aimant entre les pôles duquel la plaque est placée, l’aiguille est déviée et amenée à sa nouvelle position d’équilibre après une minute environ ; elle revient lentement à sa position initiale lorsque l’aimantation du champ cesse. Le sens de la déviation de l’aiguille change avec la direction de la force du champ magnétique et aussi avec le sens du courant.
- Il résulte de ces observations que la température de la soudure fixée au milieu de la plaque de bismuth, augmente lorsqu’il faut pour s’approcher de celle-ci en partant de l’électrode d’entrée du courant, se déplacer dans le sens du courant dont l’action peutremplacer le champ magnétique.
- On ne peut pas considérer le phénomène ci-dessus comme étant l’inverse du pnénomène thermo-magnétique transversal, car la variation de température devrait alors avoir lieu (par analogie avec l’effet Peltier) en sens inverse.
- M. Ettingshausen a ensuite répété l’expérience en plaçant les deux soudures de l’élément thermo-électrique de chaque côté de la plaque de bismuth, au milieu et en les isolant de celle-ci par une feuille de mica. Le passage du courant fit varier très peu l’aiguille du galvanomètre, la température des deux soudures restant à peu près la même tandis que l’excitation du champ magnétique produisait les déviations indiquées plus haut d’une façon assez régulière pour permettre des mesures.
- «
- L’intensité du champ magnétique et le courant ayant varie dans des limites assez étendues, l’auteur est arrivé à la conclusion que la différence de température entre les deux faces de la plaque de bismuth est proportionnelle à l’intensité du courant et à l’intensité du champ magnétique. La face supérieure est à une température plus élevée que la face inférieure lorsque , le courant circulant de gauche à droite dans la plaque, la force magnétique du champ peut être remplacée par celle d’un courant circulant pour le même observateur de gauche à droite, dans le sens des aiguilles d'une montre.
- M. Ettingshausen a essayé aussi de mesurer directement avec un thermomètre différentiel à air, la différence de température observée sous les conditions spécifiées ci-dessus, entre les deux faces de la plaque de bismuth.
- Cette différence a été de 6 degrés, par exemple entre les facesopposéesde deuxplaquesde bismuth de 0,7 c.m. de longueur, 2,9 c.m. de largeur et 0*082 c.m. d’épaisseur placées a 0,2? c.m. l’une de l’autre, parcourues par un courant de 12, 5 ampères et placées dans un champ magnétique dont l’intensité était de 7700 unités.
- A la suite de mesures répétées sur un certain nombre de plaques différentes, l’auteur a tiré la conclusion que l’intensité de Y effet galvano-ma-gnétique dépend essentiellement de la densité du courant pour la même intensité du champ magnétique. La différence de température observée entre les faces opposées de la plaque n’est pas directement proportionnelle à la densité du courant mais croît plus lentement que celle-ci.
- M. Ettingshausen a observé, en outre, le phénomène précédent dans des plaques de tellure;le sens du phénomène est le même que pour le bismuth, mais son intensité est un peu moindre. Il n’a, par contre, pas été possible de le constater dans des plaques d’antimoine du commerce, de fer, de cobalt et de nickel.
- A. P.
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- la lumière électrique
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne
- Les sémaphores des cotes allemandes. —M. le professeur Fœrster a fait une communication relative aux sémaphores des côtes allemandes, à l’occasion de la dernière séance de VÉlektrotech-nische Gesellschaft, à Berlin.
- Les sémaphores en question sont élevés près des ports, et consistent en un signal qu’on peut voir à grande distance, c’est généralement une grande boule, et qu’on hisse à la hauteur d’un mât quelques minutes avant le temps fixé, c’est en général midi, et qui à l’heure précise et à l’aide d’un déclanchement électrique, descend brusquement le long de la perche. C’est par la descente de ces boules que les vaisseaux au port règlent leurs chronomètres.
- Il y a, actuellement, sur le globe entier, soixante-douze de ces sémaphores, dont trente-huit appartiennent aux possessions Britanniques. Sur les côtes de l’Angleterre, de l’Ecosse et de l’Irlande, il y en a dix-sept; sur les côtes de l’Allemagne sept, et sur les côtes de la France quatre.
- Pour la mise en jeu des sémaphores on s’était toujours servi de conduites directes très longues, mais depuis quelques années, on s’efforce, en Allemagne, de remplacer ces longues conduites par de courtes lignes. Ce changement semble être tout à fait avantageux. Tandis que le sémaphore qui se trouve à Deal, sur la côte méridionale de l’Angleterre, par exemple, et qui est actionné par une ligne prise directement sur Greenwich ; a donné pendant sept ans 7,5 0/0 de signaux incorrects, on n’a enregistré pôur quatre sémaphores allemands mis en jeu par de courtes lignes que 0,7 0/0 de signaux incorrects dans le même espace de temps.
- Voici l’arrangement usité en Allemagne :
- Un bureau télégraphique situé dans le voisinage du sémaphore, est relié à un observatoire qui signale le temps au bureau une ou deux fois par jour. C’est alors l’affaire du bureau télégraphique d’opérer la mise en jeu du sémaphore au momènt voulu.
- Les résultats ont été si satisfaisants que, selon l’avis du professeur Fœrster, on ne peut douter
- que les autres pays ne suivront le système inauguré par l’Allemagne, en se servant eux aussi de courtes lignes pour la mise en jeu des sémaphores nautiques.
- M. Fœrster ajoute, qu’un signalement du temps à des intervalles plus rapprochés, et même pendant la nuit à l’aide de sources de lumière électrique puissantes, serait d’un grand avantage pour la navigation.
- La lumière électrique a berlin. — Les nouvelles installations électriques dans les hôtels, cafés, bureaux, etc. deviennent tellement nombreuses, qu’il n’est plus possible d’en rendre compte séparément. La lumière électrique est partout ; même dans le centre de la ville, le véritable vieux Berlin, on voit çà et la dans les rues étroites l’éclat blanc des lampes à arc, ou la lumière moins brillante des lampes à incandescence. En somme, la lumière électrique gagne énormément de terrain.
- A l’instigation de la municipalité, la compagnie par actions, Stœdtische Elektri\itaets- Werke, fera bâtir deux nouvelles stations électriques, l’une dans la Dorotheenstadt, l’autre dans le centre de Berlin, probablement dans la Spandauer Strasse. La capacité de chaque station sera de 6,000 lampes à incandescence pour le commencement, avec une extension proposée jusqu’à 18,000 lampes. Le contrat exige que la station au centre de la ville soit prête à commencer l’exploitation deux ans après la signature au plus tard, et que celle de la Dorotheenstadt le soit deux ans et demi après la signature. La Compagnie entreprendra de plus l’éclairage des Ünter den Linden et du Nouveau Boulevard, Kaiser Wilhelm Strasse en se servant de l’installation des machines dans la station centrale de la Deutsche Edison Gesellschaft, située dans le Friedrich Strasse. L’emploi de cette station n’offre aucune difficulté, puisque désormais la Compagnie Stœdtische Electri^itaets - Werke sera mise sous la direction de la Deutsche Edison Gesellschaft.
- Dans le domaine de l’éclairage électrique public et privé, il y a un nouvel événement d’une grande importance : C’est la coopération et même la réunion partielle projetée entre la Deutsche Edison Gesellschaft et la maison Siemens et Halske.
- Bien que tous les arrangements préliminaires aient été décidés entre les deux parties, la ratification est remise jusqu’à l’assemblée générale de
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- la Deutsche Edison Gesellschaft, laquelle aura lieu le 23 de ce mois.
- Voici les bases et conditions sur lesquelles doit se faire la coopération :
- i® L’érection et l’exploitation de stations centrales qui exigeraient des sommes considérables, une grande expérience et un personnel exercé, sera faite à l’étranger aussi bien que dans le pays par la coopération des deux maisons.
- 2° Dans le domaine des installations isolées, ' les obstacles qui s’opposent à une grande exten-; sion des travaux de la Deutsche Edison Gesellschaft, seront écartées.
- 3° La fabrication dé lampes à incandescence sera garantie par un arrangement qui empêchera une concurrence de 'prix ruineuse pour les deux maisons.
- Pour que la coopération devienne un fait accompli, il faut que la Deutsche Edison Gesellschaft devienne absolument indépendante de la Compagnie Continentale Edison à Paris, tous ses engagements avec cette compagnie seront rachetés, la maison Siemens et Halske a déjà fait dres, ser un accomodemént à cet effet.
- Une coopération des deux maisons pour obtenir la résiliation des restrictions et « royalties » était nécessaire, puisque toutes les deux possèdent le droit d’exploitation des brevets Edison.
- La résiliation des « royalties » obtenue, les deux maisons réunies achèteront les brevets, au lieu du droit d’exploitation seulement.
- Le titre de la Compagnie future indiquera ses1 visées futures ; elle portera le nom de Allgemeine Elektri\itaets Gesellschaft.
- Le capital par actions est fixé à 12,000,000 de marcks.
- La LUMIÈRE ÉLECTRIQUE ET LA VEGETATION. -------
- Il y a quelque temps, tous les journaux publiaient une note d’après laquelle l’éclairage électrique du Palais d’hiver à St-Pétersbourg, — installation faite par la maison Siemens et Halske de Berlin, aurait une influence funeste sur le développement et même sur la vie dés plantes qui s’y trouvent, et qui, — comme on pense — sont d’une grande valeur.
- Cette nouvelle était d’autant plus surprenante, qu’on avait déjà maintes fois pu prouver,, par :
- exemple, par les expériences de Sir William Siemens, et par celles faites à l’occasion de l’exposition électrique de Munich , que la lumière électrique favorise beaucoup le développement des plantes.
- On a donc cherché ce qu’il y avait de vrai dans ces bruits , et on a trouvé qu’en effet, un certain nombre de plantes de différentes espèces, dans le Palais d’hiver ont dépéri mais que ce dépérissement n’est nullement la conséquence de l’éclairage électrique, et qu’il provient de plusieurs circonstances, entre autres d’une disposition imparfaite des calorifères, et qu’il paraît assez probable que les jardiniers, auxquels le soin des plantes était confié, ont voulu se-garantir des suites de leur négligence en accusant l’innocente lumière électrique.
- Dr H. Michaelis
- Angleterre
- Une nouvelle lampe électrique de sûreté.— Une nouvelle lampe de sûreté pour les mines a dernièrement été présentée à la North of England Institute of Mining and Mechanical Engineers. L’appareil se compose d’une petite lampe à incandescence, alimentée par une pile primaire inventée par M. Alexander Schanschieff. Le plus petit modèle donne, à ce qu’il paraît, une intensité lumineuse de 2 bougies pendant 8 heures; et le plus grand modèle, de 4 à b bougies. t
- La pile de M. Schanschieff est à un seul liquide, une solution d’un sel de mercure. D’après l’inventeur, cette solution serait préparée en faisant bouillir du mercure dans de l’huile de vitriol, de manière à produire' .u« sulfate de mercure; on ajoute à ce sulfate de l’eau dans la proportion de 3o parties en poids d’eau par 10 1/2 parties de sulfate. Il en résulte la formation d’un sel basique jaune, presque insoluble dans l’eau. On ajoute ensuite graduellement, et tout en remuant le sel, de l’acide sulfurique, d’un poids spécifique de 1,8. Le précipité se redissout ainsi peu à peu. Vers la fin de l’opération, an ajoute l’acide goutte à goutte, pour empêcher le liquide de devenir très chaud, et l?on arrête complètement lorsqu’une goutte d’acide, tombant dans le liquide, produit une précipitation. On laisse ensuite refroidir le liquide, qui peut maintenant servir à charger les éléments.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les électrodes de la pile sont composées de zinc et de charbon ou de platine. Pour donner une nouvelle charge à l'élément, on n’a qu’à enlever le liquide épuisé et à le remplacer par une nouvelle solution. Le mercure précipité au fond de l’élé— mènt peut être conservé et converti de nouveau en sulfate.
- Quand l’élément ne fonctionne pas, les plaques sont maintenues hors de la solution et n’y plongent que quand on a besoin de la lumière. On prétend que cet élément peut donner un courant puissant et constant pendant des
- heures.
- J. Munro
- États-Unis
- Lampe a arc pour les circuits d'éclairace a incandescence •>— Bien des cas peuvent se présenter dans lesquels on pourrait employer utile-mentunelampe àarc concurremment avec l’éclairage par incandescence ; toutefois, la lampe ordinaire n’est généralement pas propre à êire placée sur un circuit à potentiel constant, et c’est afin de pouvoir atteindre ce but que la Simplex Elec-trical Company, de New-York, a créé récemment le modèle de lampe représenté figure i.
- La construction de cette lampe est très simple; sa lumière est d’une fixité remarquable, ainsi que nous avons pu nous en convaincre par nous-même.
- Fig. 1 Le mécanisme régulateur, dont
- nous donnons le détail figure 2, consiste principalement en une forte bobine de gros fil, dans laquelle se trouve un noyau creux en fer doux, le porte-charbon passant par l’axe du noyau.
- Le porte-charbon est entaillé en crémaillère et engrène avec un pignon monté dans un châssis fixé au . noyau de la bobine. Le mouvement de rotation de ce pignon est réglé par un échappement à poids de la forme usuelle. Le noyau et ses accessoires ont un jeu d’environ 1 1/2 millimètre.
- Quand la lampe est suspendue verticalement, sans courant, le poids du charbon supérieur suffit
- pour faire fonctionner l’échappement à poids et permettre aux charbons de se rapprocher.
- Mais, aussitôt que le courant est envoyé sur la ligne, la bobine attire le noyau creux, qui entraîne avec lui le châssis et le pignon. Le levier d’échappement, qui porte à son sommet un petit segment denté, entre alors en contact avec une lame de couteau qui se trouve directement au-dessous de la base de la bobine, ce qui a pour effet d’empêcher le pignon de tourner et le charbon de descendre. A mesure que le charbon se consume, la résistance de l’arc augmente, le courant dans la bobine diminue, et le noyau et le châssis peuvent descendre. Un déplacement d’un
- Fig. 2
- quart de millimètre à peine, suffit pour dégager le levier d’échappement de la lame de couteau, ce qui .permet au charbon de descendre jusqu’à ce qu’il ait réduit la résistance de l’arc à la valeur normale. A ce moment, la bobine attire de nouveau le noyau et remet le levier d'échappement en contact avec la lame de couteau. L’éclairage se règle de la sorte avec une très grande précision cl sans qu’il se produise un changement perceptible dans l’éclat et dans la fixité de la lumière.
- Les détails généraux sont également bien conçus : le support du globe, monté sur une tige qui forme le prolongement du porte-charbon inférieur, peut être abaissé et arrêté sur cette tige, de sorte que le remplacement des charbons peut s’opérer sans qu’il soit nécessaire d’enlever le
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- globe. Le porte-charbon inférieur est, d’ailleurs, muni d’un joint et d’une douille pour régler la hauteur du charbon.
- Telle que nous venons de la décrire, cette lampe est propre à être placée sur des circuits d’éclairage par incandescence; toutefois, le même régulateur peut être appliqué à une lampe de ce système, destinée à être placée sur un circuit ordinaire d’éclairage à arc : il suffit, dans ce cas, d’y adjoindre une bobine en dérivation.
- Historique des accumulateurs.— Le Dr P.-H. Van der Weyde, dans une Note qu’il a lue récemment devant la section d’électricité de Y American Institute, a donné un résumé chronologique de l’histoire des accumulateurs, qui intéressera, croyons-nous, les lecteurs de La Lumière Électrique.
- 1745. — Muschenbroeck, de Leyde, tente d’emmagasiner de l’électricité statique dans une bouteille; il y parvient, mais pour un temps très court seulement, soit 10, 20 secondes’ou un peu plus. Cette accumulation ne.pouvait donner aucun résultat pratique ; mais elle permit à l’inventeur de découvrir le principe sur lequel est basée la bouteille de Leyde.
- 1783. — Volta invente le condensateur, fondé sur le même principe, et dont la forme agrandie et perfectionnée est devenue si indispensable aux systèmes de télégraphes duplex et quadruplex.
- 1800. — Volta invente la pile qui porte son nom, et qui est composée de deux métaux différents et d’un liquide.
- 1801. —Gautherot découvre que les électrodes qui ont servi à décharger une pile voltaïque sont susceptibles de donner un courant.
- 1801. — Erman découvre qüe l’électrode reliée au pôle positif, quand elle est séparée de la pile, donne de l’électriçité positive; en un mot, il découvre la polarisation.
- 1801. — Ritter, ayant constaté les mêmes faits, réussit à décomposer de l’eau au moyen des électrodes polarisées, et démontre alors l’inversion des courants.
- 1802. — Ritter fait la première pile secondaire, composée de disques d’un seul métal (le cuivre), séparés par un liquide ; elle se charge par le passage d’un courant voltaïque, et produit alors tous les phénomènes de la pile primaire, décompose l’eau, brûle un fil métallique, produit des étincelles, des commotions, etc.
- i8o3. — Ritter construit des piles secondaires avec des plaques de grande dimension et compare leurs résultats avec ceux de plaques de plus petite dimension.
- i8o3. — Ritter trouve que le. cuivre n’est pas le métal qui convient le mieux pour les piles secondaires; il fait des essais avec l’étain, le zinc, le plomb, le fer, le bismuth, le laiton, l’argent, l’or et le platine. Il obtient les meilleurs.résultats avec les carbures de fer et l’oxyde de manganèse.
- i8o5. — Izarn décrit, dans son Manuel du Galvanisme, cinq ou six modifications de piles secondaires.
- 1826. — Nobili dépose du peroxyde de plomb sur une plaque de plomb au moyen d’une pile primaire.
- 1837. —Schœnbein démontre que des plaques ainsi préparées possèdent la propriété de donner un courant comme une pile primaire.
- 1842. — Grove construit sa célèbre pile à gaz, basée sur cette observation que, lorsque des plaques de platine ont été employées pour la décomposition de l’eau par le courant, ces plaques, reliées entre elles, donnent lieu à une recombinaison des gaz et produisent alors un courant inverse.
- 1843. — Grove imagine de se servir de plaques recouvertes de peroxydes de divers métaux.
- 1843. — Siemens emploie des plaques de charbon.
- 1843. — Wheatstone construit une pile secondaire en plaques de platine recouvertes d’un amalgame de peroxyde de plomb et d’amalgame depotassium.
- i853.— Siemens emploie des plaques de charbon recouvertes d’oxyde de plomb transformé en peroxyde sous l’influence du courant.
- 1859. — Planté trouve que le plomb est le meilleur métal pour les piles secondaires; il en recouvre la surface de peroxyde, au moyen du courant primaire.
- 1861.-— Kirchhof construit des piles formées de plaques alternées de plomb spongieux et de peroxyde. Il propose, en outre, d’emmagasiner l’électricité atmosphérique ou d’employer à cet effet des machines magnéto-électriques.
- 1866. — Percival emploie des plaques métalliques recouvertes de coke et de plomb pulvérisés, avec un bain d’acide sulfurique dilué.
- 1869. — Percival emploie comme positif une
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- électrode dé zinc amalgamé, et comme négatif, une électrode de plomb.
- 1879. — D’Arsonval fait usage de plaques de charbon recouvertes d’oxyde de plomb et de manganèse, et de plaques de zinc, dans une solution de sulfate de zinc.
- 1881. —Faure excite la surprise en annonçant la création d’une pile qu’il déclare donner des résultats supérieurs et occupant moins d’un pied cube, chargée par un procédé de formation très lent.'
- 1882. — Faure obtient, aux États-Unis, un brevet pour un système semblable à celui de Planté, mais dont les revendications sont présentées sous une forme très générale et vague.
- Régulateur pour dynamo de Perkins. — Au nombre des perfectionnements les plus récents qui ont été apportés à la dynamo bien connue de
- Fig. S
- Mather, il faut citer le régulateur de M. Ch. C. Perkins, fondé sur le principe du déplacement des balais sur le commutateur, selon les variations de la charge.
- L’inventeur obtient ce résultat au moyen de l’appareil que nous allons décrire, et qui est représenté dans les figures 3 et 4.
- La couronne J, qui entoure l’arbre d’armature, porte deux roues à friction M et N, qui sont en contact permanent avec une autre roue L, montée à la partie supérieure de la même pièce, et dont l’axe porte, à son extrémité opposée, un pignon qui engrène avec un segment denté, fixé au porte-balai.
- Deux électros K et K', dont les pôles sont opposés l’un à l’autre, agissent sur l’armature j fixée à l’èxtrémité in férieure d’un prolongement du ‘
- collier J. L’électro K est de faible résistance ; il est inséré dans le circuit principal ; l’électro K, par contre, est de grande résistance, et il est placé en dérivation sur la résistance extérieure.
- En marche normale, l’armature du collier J est verticale ; l’action des électros KK' étant égale, l’armature j est maintenue dans la position moyenne. Mais si, pour une raison quelconque, la résistance du circuit principal vient à diminuer, ou si la vitesse augmentant ou pour toute autre cause le, courant augmente, la force attractive de l’aimant K surmontant celle de l’aimant K', attire l’armature^ et fait mouvoir à droite le collier J et les organes qu’il porte.
- Ce déplacement a pour effet de mettre la roue O en contact avec l’arbre A, qui porte un manchon
- Fig. 4
- à friction, et cet arbre, tournant à droite, dans le sens de la flèche, fait tourner à gauche la roue O, et enfin, à gauche la roue L.
- Celle-ci, au moyen du pignon correspondant, fait mouvoir les balais dans un sens opposé au mouvement de l’axe de la dynamo, ce qui fait diminuer graduellement le courant, jusqu’à ce que l’équilibre soit rétabli entre les aimants K et K'. Le collier reprend alors sa position originale, tandis que les balais conservent leur position nouvelle, jusqu’à ce qu’un nouveau changement dans le courant, sollicite leur intervention.
- Si, au contraire, la résistance du circuit extérieur augmente, c’est l’inverse qui a lieu : l’armature j est attirée par l'aimant K', ce qui met la roue M en contact avec l’arbre et fait mouvoir les balais dans le sens opposé.
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- Il est évident que l’on peut, de la même façon, opérer une résistance régulatrice placée dans le circuit des électros de la machine : M. Perkins a combiné également une disposition fondée sur le même principe, pour obtenir ce résultat.
- Le chemin de fer de Montgomery, système Van de Poele.— Le chemin de fer qui fonctionnera sous peu à Montgomery (Alabama), constitue, sans aucun doute, la plus vaste entreprise de ce genre du monde entier. Le matériel se compose de 14 voitures munies de moteurs de 10 chevaux, et de 4 voitures avec des moteurs de 20 chevaux. *
- La figure 5 représente la voiture et les dispositions adoptées pour relier le moteur. Ces moteurs
- Fig. 5
- fonctionneront sur différentes lignes, et comme les rampes sont longues et fortes, allant jusqu’à 7 et 7 1/2 0/0, on a jugé nécessaire de munir quelques voitures de moteurs puissants. Pour fournir à ces voitures la force motrice, on a installé une seule génératrice, capable de fournir 25o chevaux, soit 3o chevaux de plus qu’il ne faudrait, si toutes les voitures absorbaient à la fois le maximum de travail. En palier, la dynamo pourrait, naturellement, actionner les moteurs de 3o à 40 voitures.
- La base de fondation de la dynamo géante représentée sur la figure 5, et qui forme la culasse des électros, a 2,70 m. de long. La hauteur de la machine est de i,3o m. et sa largeur de 2,10 m. La poulie a un diamètre de 0,90 mètre. Les noyaux des inducteurs ont 0,60 X 0,90 X 0,60
- mètre, et l’induit, d’un diamètre de 0,70 mètre, a une largeur de 1 mètre. Là machine donne 45o ampères et 5oo volts à une vitesse de 35o tours par minute. Le courant d’excitation est de 3 ampères seulement.
- La même station comprend, en outre, une dynamo de 60 foyers à arc, pour l’éclairage du parc de Rose-Hill. Les deux machines sont placées côte à côte. La force motrice est fournie par deux machines Porter-Allen, à grande vitesse^ de i5o chevaux, disposées de sorte qu’on pourra à
- Fig. e
- volonté se servir de l’un ou de l’autre, comme, par exemple, les jours où il y a peu de mouvement.
- La figure 6 représente une coupe d’une partie de la voiture et la transmission du mouvement du moteur à l’essieu. Comme on le voit, le moteur est placé sur l’une des plateformes, et le mouvement est transmis, après réduction de vitesse, par une chaîne de Gall.
- J. Wetzler
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- RÉSUMÉ DES
- BREVETS D’INVENTION
- délivrés depuis le jor janvier 1887
- 172113* —, SCOTT et PARIS. — Coupe-circuit
- AUTOMATIQUE
- Comme le dessin que nous donnons ci-contre est une vue en perspective.de l'appareil, nous n’aurions pas besoin, pour ainsi dire, d’y ajouter une ligne de texte pour
- qu’on puisse tout comprendre. Malgré cela nous donnerons la petite légende suivante :
- B pièce d’équerre portant un électro dont le fil F communique d’une part à la borne X d’entrée, et d’autre part à la lame de cuivre C.
- C et C’ lames de cuivre baignant chacune dans une cavité pleine de mercure, G armature pouvant tourner autour de l’axe g et dont les buttées TT plongent aussi dans le mercure.
- D armature reposant sur une vis V, et qui au repos tient en place la pièce G par un crochet.
- On voit donc que l’appareil étant réglé pour une intensité ^donnée, le courant arrive par X, passe d’abord | ar l’électro, puis la lame C, rejoint la lame C' à travers les tiges TT et l’armature G pour gagner la borne de sortie Y. On comprend alors que, si pour une raison ou une
- autre l’intensité vient à dépasser la limite fixée, l’aimantation du noyau atteint une1’ orce suffisante pour attirer l’armature D. Celle-ci en se soulevant abandonne l’étrier G qui basculant à son tour rompt le circuit en faisant sortir du mercure les tiges T qui y plongeaient.
- L’électro F possédant plusieurs enroulements, il est facile de régler l’appareil pour des intensités très différentes* mais cet avantage n’empèche pas la coupe circuit de MM. Scott et Paris, d’ôtre assez compliqué pour les services qu’il est appelé à rendre.
- 178904. — WYDER. — Transmetteur téléphonique.
- L’invention de M. Wyder consiste surtout dans une disposition nouvelle des charbons du microphone, et dans un mode spécial d’appel.
- La figure ci-jointe indique comment les charbons sont disposés. A et B sont des traverses en charbon, A atte-
- nant à la plaqne vibrante, et B au fond de la caisse. Sur ces traverses reposent des barrettes de charbon G, taillées en biseaux, et maintenues en place par des petits rateaux E. Le fonctionnement est celui de tous les microphones; mais les barrettes C ne peuvant changer de position, ni rouler, l’équilibre des pièces est stable et les déréglages fréquents ne sont pas à redouter.
- Suivant les cas on varie l’inclinaison des biseaux des barrettes ainsi que leurs formes. La figure montre deux des dispositions brévetées. Pour un seul transmetteur quatre barrettes suffisent généralement.
- Pour transmettre la parole à grande distance, M. Wyder fait usage de bobines d’induction qui, faisant varier la résistance des lignes sont limitées dans leur rendement par ce fait, que leur circuit magnétique est ouvert ou mal fermé.
- Enfin, à ce téléphone il est ajouté un mode d’appel qui n’est pas des plus recommandables. Il consiste en une roue dentée que l’on fait tourner à la main; on met cette roue dans le circuit du microphone, et à chaque échappement du cliquet, on obtient une série d’interruptions qui font résonner la plaque vibrante de l’appareil récepteur.
- Comme variante, M. Wyder propose aussi une anche de flûte métallique qui, sous l’action du souffle peut, comme
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- la roue, donner une série de contacts et d’interruptions.
- 179008. — MM. de GOYON, Duc de FELTRE, Comte RAOUL de L’ANGLE de BEAUMANOIR. — Utilisation DU VENT POUR CHARGER DES ACCUMULATEURS DE TOUTES SORTES.
- Cette invention, si l’on peut vraiment parler ainsi, est aussi compliquée qu’aristocratique. Au premier abord nous avons cru qu’il s’agissait seulement d’un emploi nouveau des moulins à vent; mais le dessin qui accompagne le brevet nous a montré immédiatement que les choses n’étaient pas aussi simples, et qu’il s’agissait d’une création d’ensemble.
- En effet, l’appareil se compose d’un récepteur, c'est-à-dire, d’un moulin à ailettes que le vent fait tourner. Ce moulin, par des engrenages coniques, fait tourner à son tour un arbre de couche qui, par des coudes et des bielles actionne des pompes à air.
- Ces pompes compriment de l’air dans un réservoir, premier accumulâteuj, qui transmet son fluide comprimé aune ou plusieurs machines à air faisant tourner des dynamos. Le courant ainsi produit, charge des accumulateurs électriques, et ces accumulateurs enfin, actionnent les lampes qui donneront la lumière.
- Du vent à la lampe, vous voyez que ce ne sont pas les intermédiaires qui manquent; mais les ducs et les comtes, ne peuvent économiser comme de simples mortels, et pour être impratiqu î, cette invention n’en fait pas moins le plus grand honneur à la noblesse française.
- 179158. — RAFFARD. — Application du vide a la
- DESSICATION PARFAITE DES ENDUITS ET DES VERNIS RECOUVRANT LES CONDUCTEURS D’ÉNERGIE.
- L’appareil breveté par M. RaffarJ pour l’isolation des conducteurs est rationnel. Il se compose essentiellement d’un cylindre creux dans lequel passe le câble, et où le vide est fait.
- Ce cylindre a une double enveloppe, et dans l’espace annulaire une circulation de vapeur chauffe le tout à la température convenable. A chaque extrémité du cylindre est montée une caisse, l’une contenant du vernis, l’autre de la parafine.
- Le câble traverse d’un mouvement lent ces deux caisses, la première avant d’entrer dans le cylindre, la deuxième en en sortant, de telle sorte que le recouvrement est continu.
- Quand il s’agit de pièces autres qu’un câble : des plateaux de verre par exemple, l’appareil change de forme; mais le principe reste le même.
- 179233. — BARDON. — Lampe a arc
- Il est probable que si M. Bardon avait feuilleté la col-jetion des brevets antérieurs au sien, il se serait épargné le la peine et de l’argent. Ses deux dispositifs principaux >nt en effet des antériorités si nos souvenirs sont exacts.
- En effet, la lampe renferme deux électros parcourus par le courant. L’armature du premier qui est solidaire du porte-charbon inférieur, fait l’allumage en écartant les charbons , tandis que celle du second presse un sabot sur une poulie qui, immobile empêche de descendre le charbon supérieur équilibré.
- Lorsque par l’effet de l'usure, l’arc s’allonge et que l’intensité diminue le deuxième électro ne retient plus son armature, le sabot est soulevé, et le jeu des poulies devenant libre le charbon descend par son propre poids; l’intensité augmente alors, et les organes reprennent leur première position.
- 179279. — LAHMAYER. — Modification dans les
- INDUCTEURS DES MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES.
- Le dispositif préconisé par l’inventeur est de ceux qui se recommandent à première vue. Le but qu’il cherche à atteindre, est de diminuer autant que possible la résistance de son circuit magnétique, afin d’avoir le champ le plus intense avec l’excitation la plus faible.
- La coupe transversale de la machine est rcpiésentée
- dans la figure. On voit que toutes les parties sont venues de fonte, et que par suite, les joints, toujours cause de résistances, sont évités. De chaque côté de l’induit sont placés les noyaux inducteurs N,S sur lesquels sont enfilées les bobines excitatrices.
- En haut et en bas enfin, le circuit est complété par de très fortes traverses en fonte ayant une résistance magnétique à peu près nulle. Cette condition est essentielle car elle empêche l’induction extérieure des bobiucs de créer des pôles nuisibles, et concentre l’aimantation sur les parties actives.
- Gomme nous l’avons dit, une telle disposition ne peut
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- être défectueuse. Elle a il est vrai, déjà été employée sous une forme un peu différente; mais les traverses BB’ n’étant pas assez fortes les résultats n’ont pas été bons.
- En dernier lieu le bâtis est dans son entier perforé par des ouvertures obliques pour que l’induit puisse être refroidi par la ventilation. Cette disposition a l’avantage d’alléger la machine en diminuant le poids de fonte.
- 179302, — WYDTS et GRONIER. — Nouveau système de distribution de l’électricité.
- Le premier de ces messieurs étant négociant, et le second banquier, cela explique l’erreur faite sur le mot distribution. Dans le brevet il signifie seulement, alimentation de plusieurs circuits; mais diffère complètement du sens que les électriciens lui attribuent.
- Voici d’ailleurs l’idée des inventeurs :
- Ayant constaté que lorsqu’on coupe le courant dans un circuit de lampes à incandescence, celles-ci mettent un temps appréciable à passer du blanc au noir, Ils ont cherché à n’envoyer dans le circuit que les émissions nécessaires, de manière à avoir le temps d’actionner un ou plusieurs autres circuits dans les intervalles.
- Ils y sont parvenus, comme on le devine par l’emploi de commutateurs tournant très vite, et nous ne doutons pas qu’une pareille installation ait dû marcher, car, nous affirme-t-on, cela a déjà été essayé il y a longtemps. En revanche, les avantages qu’on peut trouver à opérer de la sorte, se présentent sous .a forme de désavantages.
- L’énergie est déplorablement utilisée, c’est évident, et ce serait un tort regrettable de croire qu’en augmentant la vitesse, une machine de 5o lampes pourrait en donner 5oo, par l’emploi seul des commutateurs.
- Nous ne voulons pas admettre que MM. Wydts et Gronier aient eu une pareille idée.
- 179364. — RADIGUET. — Pile a niveau constant et a circulation rationnelle.
- Les piles à écoulement constant sont aujourd’hui assez nombreuses, et la première remonte déjà loin. Pour obtenir avec elles un fonctionnement régulier, il faut un débit d’une régularité non moins grande, et le fait est vrai que les robinets employés dans ce but résistent très mal à l’action des acides.
- . M. Radiguet a cherché à obvier à cet inconvénient, en employant une combinaison de siphons un peu compliquée peut être; mais assez ingénieuse dont on peut sans figure comprendre le principe.
- x Le vase de sa pile est annulaire et est divisé en compartiments par des cloisons rayonnantes percées d’un orifice pour que toutes les chambres puissent communiquer entre elles. Dans ces chambres est la solution du bichromate de potasse, et dans le bain sont placés les vases poreux renfermant l’eau acidulée. Dans l’espace
- annulaire, il n’y a que de l’eau, et un vase poreux contenant l’acide.
- Gela étant, tous les vases poreux sont en communication par des syphons, d’une part avec l’eau pure de la partie centrale, d’autre part avec l’acide pur du vase poreux.
- Le niveau de l’acide dans celui-ci est maintenu constant par un siphon communiquant avec une bonbonne, et enfin, dans une des cases de bichromate est placé un siphon de vidange non amorcé dans l’état normal.
- Gela étant, lorsque le liquide a besoin d’être remplacé il suffit d’ajouter d’abord de l’eau dans le bichromate. Par ce fait, le niveau montera, le siphon dont nous venons de parler, s’amorcera et emportera l’eau ajoutée et la partie supérieure du bain qui est justement celle qui est épuisée.
- De même par une addition d’eau dans le réservoir central, on amorcera un deuxième siphon qui enlèvera l’eau acidulée des vases poreux, par la partie inférieure, pendant que l’acide y rentrera par le haut. La vidange durera ainsi jusqu’au désamorcement des petites branches de siphons et il n’y aura plus alors qu’à ajouter dans les caisses une nouvelle quantité de bichromate nouveau.
- De la sorte M. Radiguet obtient le remplissage simultané de tous les compartiments, en même temps que ces siphons intermittents évitent l’emploi des robinets, et alimentent rationnellement les piles en enlevant la partie épuisée seule.
- Une pareille disposition se prête aussi à des piles en cascade. Il suffit en effet de faire déverser le tuyau de vi dange, de la première dans la seconde et ainsi de suite pour que l’opération de la première entraîne le renouvellement dans toutes les autres.
- Nous l’avons dit : c’est un peu compliqué; mais assez ingénieux.
- 179387. — ARNOULT. — Élément électrique
- A DEUX LIQUIDES
- Prenez un vase quelconque. Divisez-le en deux compartiments par une cloison poreuse; mettez dans une case une plaque de charbon de cornue avec du charbon de même nature concassé, ajoutez un mélange d’eau, de bichromate de potasse, d’acide sulfurique, d’acide chlorhydrique; placez après dans le deuxième compartiment une plaque de zinc baignant dans de l’eau acidulée d’acide sulfurique et d’acide chlorhydrique, et vous aurez ainsi l’élément nouveau de M. Arnoult. Le pôle positif sera évidemment le charbon, et le zinc le pôle négatif; l’élément ainsi constitué présentera sans doute une surface de dépolarisation assez grande; mais si en dehors de cela vous constatez par la pratique d’autres avantages, vous aurez l’obligeance de nous les signaler, car nous ne les distinguons pas très bien à première vue.
- Dernier détail : la vidange se fait par un orifice inférieur fermé par une bouchon conique.
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- JO URNAL UNIVERSEL D’ÉLEC TRICITÉ
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- 179305. — DESROZIERS. — Perfectionnement dans
- LES GALVANOMÈTRES GENRE LlPPMANN.
- Les brevets de M. Desroziers sont généralement très nourris. Les pages de texte y sont nombreuses et les croquis multiples. Celui-ci renferme 28 figures. Les reproduire toutes nous est impossible, et nous n'en avons choisi
- qu’une par chapitre principal, car l'invention porte sur-trois points.
- Le premier a pour but le perfectionnement des chambres de galvanomètres. M. Desroziers a trouvé plusieurs modèles permettant d'augmenter la sensibilité.
- La figure 1 représente un des meilleurs modèles. Il y fait, agir le liquide poussé par les chambres sur deux cuves de section différente ou non AA' recouvertes de liquides de densités différentes (autant que possible très peu différentes). Il est évident que dan.s un pareil siphon
- Fig. 2
- toujours amorcé, la sensibilité sera augmentée en proportion du rapport de la différence des densités de ces li. quides au liquide des chambres.
- En outre son appareil est muni de tubes appropriés pour éviter les effets d'augmentation de pression sur les parois du vase sous l’action de la température.
- Le deuxième point de l’invention est relatif à la régulation du courant de chambres et d’excitation des électros-En effet, pour un voltmètre ou un explorateur de champ
- magnétique, il est important d’avoir à sa disposition un courant très constant.
- La figure 2 montre par quels dispositifs M. Desroziers a obtenu ce résultat. Il emploie une ou plusieurs chambres C combinées de telle sorte que, lorsque le courant diminue la dépression augmente et inyersément. Une tige P plonge dans le mercure du tube T.
- Sous l’influence de la pression TK, le mercure s'écoule de T en K; mais comme le courant à rendre constan • passe par TP, ce courant tend à diminuer, et alors le liquide se déverse par A soit en T soit dans le tube adja cent.
- Comme on le comprend, il se produit ainsi un équilibre régulateur fondé sur les frottements d’écoulement dans les deux catégories d'appareil AK et T.
- La troisième partie, enfin, du brevet est relalive à une nouvelle forme de galvanomètre du même genre. Il se compose, (voir figure 3) de une ou plusieurs chambres
- Fig. 3
- circulaires munies d'une tubulure b, placées entre les pôles N et S d'un aimant.
- Le courant allant, par exemple, du centre vers la couronne, le mercure prendra un mouvement circulaire, et si l’on place sur un pivot central un équipage à ailettes, celui-ci prendra ün mouvement de rotation sous l’inflence du courant liquiie.
- L’équipage aura ainsi une vitesse qui sera fonction à la fois de l’intensité du champ, du frottement et des dimensions des palettes ou si on le maintient immobile, il subira un effort fonction des mêmes facteurs.
- On comprend que cette vitesse ou cet effort puisse permettre de mesurer l’intensité du champ.
- Le principe de cet appareil est le même que celui du compteur de Fcrranti.
- 179393. — TUDOR. — Perfectionnements apportés
- AUX ÉLECTRODES DES ACCUMULATEURS
- Le présent brevet est relatif à une forme nouvelle donnée aux électrodes des accumulateurs. L’âme de chaque plaque est en plomb coulé. Sur les deux faces se trouvent des rainures parallèles et coniques, ainsi que les nervures intermédiaires.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Ces plaques ainsi moulées, sont placées verticalement dans un récipient d’eau acidulée, et traitées pendant plu* sieurs jours par un courant alternatif suivant la méthode deM. Gaston Planté. Lorsque la surface s’est ainsi recouverte d’une faible couche poreuse adhérente de plomb métallique et d’oxyde de plomb, on remplit les rainures d’une pâte faite avec du minium et de l’eau acidulée au dixième, puis enfin on traite ces plaques par un courant de faible intensité pour que la pâte de minium se transforme en peroxide de plomb sur la plaque positive, et en plomb iéduit sur l’électrode négative.
- Dans cette transformation, par suite de la forme des rainures, les boursouflements de la pâte se produisent dans le sens perpendiculaire aux plaques et il n’y a pas de désagrégation. Enfin, les électrodes ainsi préparées offrent une grande surface active et jouissent à 1 a fois d’une rigidité suffisante et d’une très faible résistance électrique.
- (A suivre)
- LEMENCEAU
- FAITS DIVERS
- Nous avons parlé à plusieure reprises des expériences de traction électrique poursuivies depuis deux ^ns par les Compagnies électriques de Bruxelles et qui ont décidé la Compagnie des tramways de cette ville à adopter ce système pour deux de ses lignes en vue d’un service complet et continu.
- Les ingénieurs chargés de l’exécution de ce projet viennent de réaliser une des plus belles installations de traction électrique qui existe.
- L’installation en question comprend 2 chaudières mul-titubulaires et un moteur de i5o chevaux actionnant 4 dynamos donnant chacune de 200 à e5o volts à une intensité moyenne de 3o ampères.
- Une des dynamos, est du système Schukert de Nuremberg, une autre sort de l’usine Paterson de Londres, la troisième est une machine Gramme construite par Ch. Jaspar de Liège, elle est excitée par une machine spéciale et destinée à maintenir le courant constant.
- La quatrième machine est d’un type uouveau c’est la machine multipolaire de M. Léon Gérard à 2 anneaux et à excitation multiple. Elle' donnera automatiquement de 200 à 5oo volts suivant le nombre d’accumulateurs à charger.
- La salle de chargement est très bien disposée pour réduire le maniement des accumulateurs à un minimum. La Voilure qui amène les éléments épuisés, dépose les accumulateurs entre des voies gàrnies de petits galets sur lesquelles le chargement s’opère.
- Éclairage électrique
- Divers locaux de la Banque nationale à Bruxelles, seront éclairés à la lumière électrique. Jusqu’ici la salle des recouvrements a seule été éclairée à l’électricité, à la suite des plaintes des employés qui souvent y travaillent le soir, et qui souffraient de la chaleur du gaz.
- Les 32 guichets d’encaissement sont pourvus de deux lampes à incandescence de 20 bougies chacune, le guichet du fond occupé par la caisse centrale est éclairée par 20 lampes également de 20 bougies.
- La force motrice est fournie par le moteur de l’imprimerie de la Banque d’une force de 80 chevaux.
- MM. Laing Wharton et Down de Londres ont été chargés d’installer la lumière électrique dans la ville de Water-ford en Angleterre. On se servira du système Thomson-Houston.
- Le nombre des stations centrales de lumière électrique fonctionnant aux États-Unis est aujourd’hui supérieur à 425.
- Télégraphie et Téléphonie
- Nous empruntons à [notre confrère VElectrieal Review de Londres, la statistique comparée suivante sur les lignes et fils télégraphiques dans le Royaume-Uni.
- Année Aériens Souterrains
- Lignes Fils Lignes Fils
- 1877 milles 23,766 1/4 milles 101,627 1/4 milles 394 3/4 milles 8,oi3 3/4
- 187» 24,433 3^4 102,074 445 3/4 9,023
- 1882 25,001 1/2 m,8ii 3/4 478 3/4 io,993 1/4
- 1886 26,425 i5o,5go 677 3/4 19,605
- ’ Le nombre des bureaux télégraphiques ouverts au public en Augleterre avant la reprise des réseaux, par le gouvernement, était de 2g3a tandis que le nombre des villes reliées entre elles ne dépassait pas 25oo. Il y a aujourd’hui 6514 bureaux ouverts au public.
- Le tableau suivant représente les progrès réalisés en Angleterre dans la télégraphie automatique :
- Mots par minute Vitesse entre l’Angleterre et l’Irlande
- t8?0 80 5o,3
- 1875 loo 70
- 1880 200 i5o
- i885 35o 25o
- 1887 450 450
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- L’administration anglaise des Télégraphes possède à Londres 255 milles de tuyaux souterrains contenant j 0212 milles de fils.
- Toutes les grandes lignes ne peuvent maintenant être interrompues par des ouragans, et 21'3 bureaux de Londres sont entièrement desservis par des fils souterrains. Le trafic télégraphique local à Londres est très considérable et varie de 12.000 à 18.000 dépêches par jour. Le nombre total des dépêches transmises par le département des té-légraphes varie de 70.000 à 100.000 par jour.
- Lé ministèrede la guerre a donné des ordres au bataillon télégraphique du génie, d’établir un camp télégraphique à Ghatham cette semaine ; le bataillon devra construire une ligne télégraphique expérimentale, de Windsor à Portsmouth. Le camp sera maintenu pendant six semaines.
- On annonce que le câble entre Porto-Rico et les Antilles est actuellement interrompu.
- Corps des Ingénieurs.
- Fonctionnaires japonais : i883 - 1884 1884 -
- « Hannin » 135 125
- Elèves — 3
- Surveillants de lignes et
- ouvriers 435 458
- 56o 586
- A la fin de l’exercice i883 - 1884, les écoles télégraphiques de Tokio et d’Osaka étaient fréquentées par 261 élèves auquels sont venus s’ajouter, 73 nouveaux élèves qui ont été admis à la suite d’une circulaire officielle publiée au mois de Septembre 1884. De ce nombre total 236 suivaient'encore les cours d’enseignement à la date du 3o Juin i885, tandis que 62 élèves avaient été appelés dans le courant de l’année à des postes de commis de bureaux ou d’opérateur ; enfin 3 élèves ont donné leur démission et deux sqnt décédés. Le nombre des élèves des deux écoles accuse, au 3o Juin i885 une diminution de 25 en comparaison de l’année précédente.
- Nous empruntons au Journal Télégraphique de Berne l’extrait suivant du rapport de gestion de i’administration Japonaise des télégraphes pour l’exercice partant du 1*' Juillet 1884 et se terminant au 3o juin i885 qui contient des renseignements intéressants sur la situation des télégraphes au Japon pendant les exercices 1883-1884 et
- 1884-1885.
- Personnel.
- Le nombre des fonctionnaires, ingénieurs, commis et autres agents de la section des télégraphes du Département des travaux publics s’élevait, au 3o Juin i885, au chiffre total de 2 421 personnes, qui se répartissaient eomme suit :
- Administration centrale.
- i883 - 1884
- Fonctionnaires japonais :
- « Sonin ».................... 5
- « Hannin »................ 190
- « Togai » ................... 7
- Fonctionnaires européens. 1
- Autres agents.............. 143
- 346
- Bureaux télégraphiques i883 - 1884
- Fonctionnaires japonnais :
- a Hannin »................. 865
- Fonctionnaires européens 3
- Elèves..................... 20
- Facteurs................... g32
- 1520
- Bureaux.
- Le nombre des bureaux japonais qui s’était augmenté de 17 pendant l’exercice précédent, a reçu pendant celui de 1884- *885 un nouvel accroissement de i5 offices et s’élevait à la fin de Juin i885 aux chiffres ci-après:
- Bureaux ouverts au service du Gou-
- du public. vernement.
- Exercice de Juill :t 1883 à Juin 1884 19g 42
- — — — 1884- — i885 214 42
- Lignes.
- Pendant le courant du dernier exercice, l’administration japonaise a construit plusieurs lignes assez importantes et en a achevé d’autres, dont les travaux d’exécution avaient déjà été entrepris a la fin de l’année i883 - 1884. Parmi les nouvelles lignes, construites en 1884 - i885, nous signalerons principalement celle de Saporo à Nemura d’une longueur de-près de 55o kilomètres en comprenant les bureaux intermédiaires de Tomakomai, Urakwa, Horoidzumi, Otsu, Kushiro, Akkeshi et Hamanaka. La construction de cette ligne a rencontré des difficultés extrêmes par suite de la nature montagneuse de la contrée, de ses côtes très abruptes et des jungles presque impénétrables qu’on avait à traverser. Mais,, malgré tous les obstacles, la ligne a pu être achevée relativement assez promptement, grâce à un temps favorable et à l’abondance des moyens de transport du matériel.
- En ce qui concerne les lignes téléphoniques, leur extension a subi également un accroissement considérable mais elles ne sont destinées jusqu'à présent qu’à la correspondance entre les autorités gouvernementales et dé partementales, et principalement au service de la police
- Le tableau suivant donne un état comparatif de la
- 1884- i885. 5
- i36
- 1
- 1
- to5
- 248
- 1884- i885.
- 908 3 11 665
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- LA . LUMIÈRE ÉLECTRIQUE ^
- situation des lignes pour les années comprises entre le 18 Juillet 1883 et le 3o Juillet i885.
- Longueur dee lignes '
- Service à la fin de
- Nouvelles lignes Lignes démolies chaque exercice
- 1883 - 1884
- 1884 - i885
- 451 kil. 80 kil. 8467 kil.
- 620 — 14 — 9073 —
- Développement des fils
- 1883 ~ 2884 1884-1885
- Nouveaux fils
- 1866 kil. 957 —
- Situation à la fin de Fils supprimés chaque exercice
- 322 kil. 23 382 kil.
- 125 — 24 214 —
- Mouvement de la» correspondance
- Le nombre des télégrammes transmis sur les lignes japonaises dans le courant des deux dernières années administratives s’est élevé aux chiffres ci-après :
- Correspondances intérieures Correspon*
- en langue eu langues dances inter- Totaux japonaise européennes nationales
- 1883— 1884 2461730 22 838 33 733 2 5i8 3oi
- 1884— 1885 2 55o 206 21918 41273 2613397
- Le mouvement de la correspondance pendant l’exercice 1884— i885 accuse ainsi un accroissement de 95.096 télégrammes sur l’exercice précédent.
- Dans ces chiffres ne sont toutefois pas compris les télégrammes relatifs au service télégraphique qui se sont é-levés pour la dernière année administrative aux chiffres ci-après :
- Télégrammes en langue japonaise...............75 656
- « intérieurs en langues européennes 4 172
- « internationaux . . . . . . . 1 851
- Total 81 679
- Recettes et dépenses
- Les recettes tota'es du service télégraphique pour les années 1884-1885, avaient été évaluées à la somme de 4.444500 francs, tandis que le compte final accuse le chiffre de 4.436.686.95 francs du chef de la correspondance télégraphique et de 98.655.25 francs pour le produit de la vente du materiel et autres recettes, soit un produit total dé 1.435.3H7.20 francs ou 90.837.20 francs de plus que les prévisions budgétaires.
- Les dépenses probables pour l’entretien, la réparation et l’exploitation des lignes existantes ainsi que pour la
- construction de nouvelles lignes, avaient été évaluées aux chiffres ci-après :
- Francs
- Entretien exploitation etc.................. 4.417.500
- Construction............................... 3o2.38o
- La dépense réelle a atteint:
- Pour l’entretien et l’exploitation.......... 4.229.562,10
- Pour la construction........................ 55g.53o,2o
- Ces résultats accusent ainsi, pour l’entretien et l’exploitation, une économie de francs : 187.936.90, et en second lieu, pour les dépenses de construction, une augmentation de francs"’: 177.150,20 sur les prévisions budgétaires.
- En établissant les évaluations pour les frais de l'exploitation et de l’entretien des lignes, on les avait estimés à une somme de 27.000 francs au-dessous du produit probable des recettes, dans la pensée que les revenus compenseraient ainsi facilement les dépenses.
- Cette prévision s’est, comme on le voit, réalisée, les recettes ayant dépassé les frais d’exploitation et d’entretien pour une somme de 3c5-775,io francs.
- En comparaison de l’exercice précédent, les produits de la correspondance accusent, pour l’exercice 1884-1885, une augmentation de 79.568,75 francs.
- Les dépenses totales qui se sont élevées, pour ce môme exercice, à la somme de 4.789.092,30 accusent de leur côté, une augmentation de 230.468,40 francs, surleschiffres de l’année précédente.
- Tarifs.
- Au mois de mai i885, l’administration japonnaise a publié un nouveau réglement pour le service et les tarifs télégraphiques. Jusqu’à cette époque, les taxes pour les télégrammes échangés dans l’intérieur de l’empire avaient été établies sur la base de la distance entre les stations en correspondance, mais ce système était devenu, par suite de l’accroissement actuel des bureaux et des lignes, de plus en plus compliqué et gênant, tant pour le service télégraphique lui-même que pour les expéditeurs.
- Ces circonstances ont nécessité l’adoption d’un nouveau tarif établissant une taxe télégraphique uniforme pour tout l’empire, sauf pour les correspondances échangées entre les bureaux d’une même ville, ou avec les îles de Iki et Fou-Shima.
- A ce tarif est venue se joindre une nouvelle innovation, c’est-à-dire l’introduction de timbres télégra« phiques.
- L’administration a émis dix différents types-valeur de timbres et elle espère que l’adoption de ce système contribuera à faciliter et à augmenter la correspondance télégraphique dans tout l’empire.
- Le Gérant : Dr G.-G. Soulages.
- Imprimerie de La Lumièhe Électrique» 3i, boulevard des Italiens Paris. — L. Barbier.
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- DIRECTEUR : D' CORNELIUS HERZ
- »• ANNÉE (TOME XXIV) SAMEDI 4 JUIN 1887 N* 33
- SOMMAIRE. — A propos de l’ohm légal ; C.-E. Guillaume. — Sur la conductibilité électrique des gaz et des vapeurs ; J. Luvini. — Essais de piles; Becker et Piérard. — Etude sur un voltamètre-étalon ; A. Minet. — L’appareil §eybolt pour déterminer le point d’éclair des huiles minérales; P. Gahéry. — Les installations souterraines aux États-Unis ; C.-C. Haskins. — Revue des travaux récents en électricité : Variations diurnes intertropicales et variations annuelles du magnétisme terrestre, par G. Lagrange. — Sur là polarisation du cuivre par l'extension de sa surface de contact avec un liquide conducteur, par M. Krouchkoll. — Coups de foudre remarquables. — Sur une double série d’appareils de mesures électriques, par sir W. Thomson. — Sur la détermination expérimentale du travail d’aimantation, 1 ar Wassmuth et G.-A. Schilling. —Sur les perturbations électriques qui précédent les tremblements de terre, par J. Luvini. — Propriétés magnétiques du corps humain, par F. Kohlrausch. — Les accumulateurs à la lithanode de M. Desmond.Fitz-Gérald. — Correspondances spéciales de l’étranger: Allemagne; D'H. Michaëlis. — Angleterre: J. Münro. — États-Unis; J. Wetzler. —Variétés : A propos de l’incendie de l’Opéra-Comique ; P. Clemenceau. — Nécrologie : M. E. Barbier. — Brevets d’invention : P. Clemenceau.— Correspondance: Lettre de M. Stein. — Faits divers.
- A PROPOS
- DE L’OHM LÉGAL
- A la suite de la conférence internationale des électriciens de 1884, plusieurs savants ont entrepris de construire Iss prototypes de l’ohm légal, tel qu’il venait d’être adopté ; parmi les divers travaux entrepris dans ce but, ceux que M. Benoît a exécutés au Bureau international des Poids et Mesures, sur la demande de M. le ministre des Postes et Télégraphes, ont été reconnus pour les plus précis, et personne jusqu’ici n’avait critiqué la méthode générale, ou les procédés de détail suivis dans ce travail.
- Dans une séance de la Société électrotechnique de Berlin (1)> M. Siemens a fait, aux mesures de M. Benoît, deux objections d’une importance iné-
- (J) Les critiques de M. Siemens ont été faites à la suite d’une Conférence'de M. Weinstein à ladite société, dont le résumé devait paraître dans VElecktrotechnische Zeits-christ.
- Désireux de voir cette question si importante exposée dans ce journal, sous son vrai jour, nous nous sommes adressé à la plume autorisée de M. Guillaume, savant attaché au Bureau international des Poids et Mesures, après avoir, mais en vain, cherché a obtenir de M. Weinstein la communication de son travail. N. D. L. R,
- gale, l’une assez vague concernant la méthode, l’autre très précise, se rapportant à un détail de calcul.
- M. Siemens dit (1) : « La raison essentielle qui a engagé M. Benoît à employer des procédés un peu différents des nôtres (eine von uns etwas verschiedene Méthode), ne peut être que l’envie de changer ». Et plus loin : « La méthode française n'est pas aussi bonne que la nôtre, car il est évidemment plus rationnel de considérer le contenu d’un tube dont les parois différent d’une surface cylindrique, comme une série de cônes, que comme une série de cylindres ».
- Des critiques aussi directes , émanant d’un savant aussi autorisé que l’est M. Siemens, ne sauraient passer inaperçues, et pourraient faire croire à première vue, à quelque grossière erreur dans le travail de M. Benoît ; le désir de placer les choses sous leur véritable jour nous ont engagé à y répondre.
- Nous étudierons en détail la seconde pour en connaître la portée, quant à la première , il est à peine besoin de la réfuter. .
- Tous ceux qui ont lu le Compte - rendu (2) des
- (‘) Elektrotechnische Zeitschrift, v. p. 1887.
- (2) Construction des Étalons prototypes de résistance électrique, Paris, Gauthier-VilXars, i885.
- a<S
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- travaux de M. Benoît sur l’ohm légal, savent avec quels soins scrupuleux sa méthode a été étudiée dans ses moindres détails, et avec quelle rare perfection les mesures ont été faites ; on sait aussi jusqu’à quel point le succès a justifié les procédés suivis.
- M. Benoît s’est attaché à construire quatre prototypes de l’ohm aussi exacts que possible; la moyenne de ses quatre étalons paraît ne pas différer de l’ohm de plus de un cent millième, avec des divergences individuelles qui ne dépassent pas un demi dix-millième.
- Une solution aussi précise de ce problème avait été qualifiée d’impossible dans la Conférence.
- Quant à l’erreur de l’étude des étalons, elle paraît ne pas dépasser deux cent millièmes pour aucun d’entre eux.
- Les étalons de M. Siemens (') avaient approximativement, lesvaleurs: 1,93, 0,34, 1,01 et 0,74 ohms.
- Les erreurs résiduelles données par la comparaison des étalons à celui qui se rapproche le plus de l’ohm, atteignent o,ooo5 ohm.
- Les prototypes dont la valeur est très voisine de l’unité ont, pour la détermination précise de cette unité, un avantage incontestable sur les étalons qui s’en éloignent sensiblement.
- Signalons encore la plus grande perfection avec laquelle M. Benoît a mesuré la longueur de ses tubes et leur coefficient de dilatation, perfection dont sa grande autorité en matière de métrologie et les excellents appareils qu’il a eus à sa disposition , seraient une garantie suffisante, si même on ne possédait pas le détail de ses mesures.
- Nous rappellerons enfin l’erreur de théorie que M. Siemens a commise, dans le calcul de la résistance de communication à l’extrémité des tubes ; M. Siemens ajoute en effet,à la résistance du tube, la quantité diamètre/section, et néglige le facteur 0,82 dont cette correction est affectée ; ces exemples suffiront pour amener à la conclusion que, si les perfectionnements apportés par M. Benoît dans la construction des prototypes de l’ohm doivent être attribués à la simple envie de changer, on peut en dire autant de tout progrès dans la science.
- Examinons maintenant la seconde objection. On trouve, dans le Mémoire de M. Siemens, à propos du calibrage des tubes de résistance, la phrase suivante (p. 6) :
- f1) Reproduction de l’unité de résistance à mercure,'etc.
- « Le calcul se faisait d’après la méthode de Siemens, la forme du tube étant supposée conique, et d’après une autre méthode, dans laquelle on suppose le tube composé de différents cylindres; les résultats obtenus ne différaient pas sensiblement. » M. Benoît s’est assuré aussi de la légitimité d’une division en segments cylindriques, en poussant, pour le plus irrégulier de ses tubes, la subdivision de plus en plus loin. Entre la division en 21 et celle en 42 parties, la différence était négligeable.
- Je démontrerai que la critique de M. Siemens, juste en principe, ne correspond pas à un résultat pratique, en exposant, dans ce qui va suivre, la théorie du calibrage des tubes, dans le cas dos résistances électriques.
- Calibrage des tubes de verre, pour la détermination de leur résistance électrique. — Soit un tube de longueur L et de section variable s; soit a la section moyenne du tube, et posons, pour une abscisse quelconque, x :
- (1) s = <r(i+e)
- s étant une quantité en général très petite, et que nous supposerons toujours inférieure à l'unité.
- Le tube étant supposé rempli d’un liquide dont la résistance spécifique est égale à 1, sa résistance sera :
- (2)
- d x s
- l rL dx V L Jo 1 4 e
- La,quantité
- 1
- L
- d x 1 4- e
- est le facteur de calibrage du tube considéré. Je démontrerai que ce facteur est nécessairement plus grand que l’unité.
- En développant l’expression, on trouve successivement :
- ê3 4 s4.........} d x
- L
- (1 — e)(e24e44e64‘”) dx
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- Par définition,
- rL
- I e d! x = o «/ o
- donc
- (3)
- Le facteur de calibrage est donc égal à
- i
- d x
- L’intégrale est toujours positive. Par conséquent, parmi tous les tubes ayant même longueur et même contenu, le cylindre est celui qui offre la résistance minimum. Cette démonstration ne convient que lorsque e < i '; on l’étendrait à tous les cas, en considérant une série de segments du tube, pour lesquels cette condition serait remplie.
- Le calibrage des tubes, pour le calcul de leur résistance électrique, consiste dans la détermination de la quantité qu’il faut ajouter à l’unité pour obtenir le facteur de calibrage. La section moyenne g est obtenue par un jaugeage.
- L’étude de la forme intérieure d’un tube de verre étant faite par l’observation des variations de longueur d'une colonne de mercure que l’on déplace à l'intérieur du tube, on peut suivre deux procédés différents pour déterminer sa résistance ; le premier consiste à calculer directement la section moyenne du tube dans les différentes positions qu’occupe l’index de mercure; le second fait intervenir les corrections de calibre volumétrique.
- Soit l la longueur moyenne d’un index de mercure dans un tube donné, de section moyenne g. Si, dans une position quelconque, la longueur de l’index est devenue l(i —j— oc), (a étant, dans la pratique, une petite quantité), la section moyenne entre les extrémités de la colonne est égale à
- ülil H- <*)•
- On pourra déterminer ainsi la section moyenne du tube pour une série de tronçons égaux; con-
- sidérant alors ces tronçons comme des cylindres, on pourra calculer le facteur de calibrage du tube entier ; le degré d’approximation atteint dépend de la régularité du tube et de la longueur des sections que l’on suppose cylindriques.
- On peut utiliser les mêmes observations pour déterminer, comme paraît l’avoir fait M. Siemens, un certain nombre de troncs de cônes que l’on substitue au tube étudié. En supposant, par exemple, que la section moyenne, dans chaque position de l’index de' mercure, soit égale à la section au milieu de l’index, on pourra considérer chacune de ces sections comme l’une des bases d’un tronc de cône.
- Soient s. et + 1 deux sections successives, d leur distance. La résistance du tronc du cône qui les réunit est, comme on sait,
- (4) R = -F=Â=
- X S i S i i 1
- On peut faire, à celte manière d’opérer, diverses objections. La forme sous laquelle se présentent les équations du problème (la quantité observée étant au dénominateur) ne permet pas l’emploi immédiat de la méthode des moindres carrés pour combiner les équations dans le cas où le nombre des observations surpasse celui des inconnues; on en est donc réduit, soit à se servir d’un seul index de mercure et à renoncer à un contrôle, soit à répéter le calibrage avec des index sensiblement égaux, et à prendre la moyenne des résultats. Si l’on prend des colonnes assez courtes pour obtenir la valeur de sections suffisamment voisines, les erreurs relatives sur la longueur des colonnes peuvent devenir très fortes, et les sections calculées sont trop peu exactes; ce procédé ne permet pas d’éliminer les erreurs inhérentes aux colonnes courtes.
- De plus, cette manière de calculer les sections repose sur une supposition tout aussi arbitraire que celle qui consiste à admettre une série de cylindres.
- La méthode suivie par M. Benoît est toute différente ; elle consiste à déterminer les corrections de calibre du tube, et à en déduire la résistance par une relation très simple.
- Supposons un tube sur lequel on a tracé une division équidistante . Prenons comme unité de volume la n'ama partie du volume compris entre les traits o et n. La correction de calibre
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- d’un point quelconque x est la quantité cx qu’il faut ajouter à la lecture faite en x pour exprimer le volume compris entre o et x, rapporté à l’unité définie ci-dessus.
- Donc, en désignant par s la section en un point quelconque du tube, par s la section moyenne
- entre 0 et n,
- (5) f*X a- (a; + c*) := 1 s d x
- d’où
- (6) ...
- où
- (7) •( +4^)-”
- La section en un point donné est donc égale à la section moyenne multipliée par l’unité augmentée de la dérivée de la correction de calibre
- en ce point.
- Supposons maintenant une colonne de mercure de longueur moyenne m -f- Xn (Xm étant une petite quantité) placée entre les points I et K du tube, distants de m divisions. Soit atl l’excès observé de la colonne sur l’intervalle [I K]. En appliquant aux extrémités de la colonne les corrections de calibre ci et ct, on aura l’équation :
- mi + alt + c k — c ( = m +
- 'où
- (8) c,— ct + \.= alt
- Cette équation qui contient les inconnues c., ct et X est précisément sous la forme qui convient à l'emploi de la méthode des moindres carrés. On en profite pour répéter des observations analogues avec un grand nombre de colonnes dont la longueur croît en progression arithmétique, à partir de la plus petite subdivision du calibrage.
- M. Benoît a employé, pour le calibrage de ses tubes, des colonnes de 5o, ioo, i5o,.... 1000 millimètres qui lui ont fourni 23oéquations de condition pour 40 inconnues, savoir les longueursdes
- 20 colonnes employées, et les corrections de calibre des 20 points distants de 5o millimètres, compris entre les traits o et io5o des tubes. Ces corrections sont déterminées avec une très grande exactitude ; on peut calculer leur erreur probable d’après les erreurs résiduelles que l’on obtient en int:oduisant les valeurs calculées des X et des c dans les équations de condition (*) ; pour les tubes bien divisés des thermomètres étalons, un bon observateur peut déterminer les corrections de calibre avec des erreurs probables inférieures à un demi-centième de division.
- Les corrections de calibre peuvent être utilisées de diverses manières pour le calcul de la résistance d’un tube.
- Remarquons d’abord que, la forme d’un tube étant connue, on peut calculer ses corrections de calibre par la formule (5) dans laquelle s est alors une fonction donnée de x.
- Pour un cylindre, s est constant, et cx est une fonction linéaire de x. Dans le cas d’un tronc de cône, dont rf et r3 sont les rayons des bases, et / la longueur, la section en x est :
- s = ni r2 H-----j-x\
- et les corrections de calibre sont exprimées par une fonction du troisième degré :
- <9) c. - i (r^S)^ + rjdüJZlÊ +
- / 3r,s \
- 4- —j—:---5—;--------1 ) x 4- constante
- \ri2 + Ti1 + ri T2 J
- Il faut remarquer que les coefficients des termes en x3, x2 et x ne sont pas indépendants ; ils sont reliés par une équation de troisième degré facile à calculer, en éliminant rt et r2.
- La fonction entière du troisième degré sous sa forme générale, correspond à une section variant d’ap: ès une formule du second degré avec 3 paramètres indépendants.
- Inversement, suivant que l’on considère les corrections de calibre d’un tube comme variant d’après une formule linéaire ou du troisième de-
- (!) Voir Sur l'étalonnage des aous-divisions d’une régie, etc, par M. O. J. Broch. (Travaux et Mémoires du Bureau international des poids et mesures), 1886.
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- gré, avec ou sans l’équation de condition mentionnée, on admet que le tube est cylindrique ou conique, ou d’une forme plus compliquée. Il est évident que, plus on admet de paramètres arbitraires dans l’équation de la courbe des corrections, plus on peut s’approcher de la forme vraie du tube.
- Soient »•< et c2 les corrections de calibre de deux points consécuti fs d’un tube, supposé cylindrique, distants de la longueur /. La résistance de la portion de tube qu’ils comprennent est, d’après (7) :
- R_ C2 ~ Clj ~_9(l + C2— Ct)
- Dans ce cas, le calcul est extrêmement simple. Si nous supposons le tube conique, il faudra, pour calculer sa section en un point donné, utiliser les corrections de trois points consécutifs x4 a2 et jc3 du calibrage, et les introduire à la place de c, dans trois équations de la forme de (9). On éliminera ainsi la constante d’intégration, et on calculera la dérivée de la fonction pour la valeur de x correspondant aux points x'4 et x'2 situés au milieu de l’espace compris entre les points dont on connaît les corrections de calibre. Connaissant ces dérivées, la résistance du tronc de cône compris entre ces points se calculera par la formule (d’après 4 et 7) :
- 11)
- R =•
- . // , dC-v’,\ / . dCœ'a\
- V(I+-ïnr) v**
- Dans le tas des cylindres (fig. 1 ), la courbeABC est remplacé par les droites AB et BC ; dans le cas du cône, on fait intervenir les tangentes en A' et B'.
- Il est à remarquer que, dans le cas du cône, le produit
- (
- d C.x'j d x
- d Cx ,\ d x }
- On ne peut pas se servir, pour calculer ce produit, de l’inclinaison des tangentes à la courbe, déterminées graphiquement. En effet, dans le cas d’une courbe tracée au pistolet par les points A, B, C, la condition qui permet d’employer la formule (11) n’est pas suffisamment remplie, et il arrive fréquemment que l’on trouve, pour le produit ci-dessus, une valeur supérieure à l’unité. La détermination graphique d’une tangente est aussi toujours assez incertaine.
- Il reste enfin à examiner le cas plus général où l’on fait passer une courbe parabolique du troi-
- Fig. 1
- sième degré par 4 points consécutifs du calibrage.
- Soient x4, x2, xz, xk les abscisses de ces points. —. y4,yo, leurs correctionsde calibre.
- Nous pouvons poser
- Xl = O
- x2 = A x3 = 2 A Xi = 3 A
- Nous aurons alors pour déterminer les constantes de l’équation
- /12) y — «x;3 4 bx2 cx 4 d
- est toujours plus petit que 1, comme cela doit être, puisque le facteur de calibrage est plus grand que l’unité. Après quelques transformations, ce produit peut, en effet, être mis sous la forme:
- (r,2— ra2)2 -far, r8(ri — ro)2 1 ~ m2 4- n* 4 -1 ra)2
- les quatre équations
- y 1 = o a + ob + oc + d 2/2 = A3 a -f- A-b 4 A c J- d z3 = 8 A3a 4 ^.A2b -f- 2 x\ c 4 d j/4 = 27A3 a 4 9 A2 b 4 ê a c 4 d
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- en posant :
- y 2 — î/i = m
- Vi — yi = P Vi — î/i = Q
- et en différentiant l’équation (12), on trouve :
- H-Tkd3M-3P+<iH+^HM+4P-<i
- 1*3)
- + si3 M “I P+5Q{=Sœ* + T* + V
- La valeur générale I de l’intégrale est, en posant
- v/T2 — 4 (.V + J ) S == K
- I = Klog.
- «+-t§w-k'
- (T + K)
- ou, pour
- yJÏÂV + I)S— T* = K' T
- x 4-
- I = ^ are tang 2 S —
- 2 S
- Cette expression peut être employée entre les limites
- x = A i=îA
- La section du tube en un point quelconque entre ces limites est :
- o- (1 + Sx2 4- Tx 4- V)
- Le membre de droite de l’équation (13) n’est-autre que la quantité e de l’équation (3). On peut se servir de cette équation pour le calcul de R, à la condition d’effectuer toutes les intégrales successives entre les deux poinis du tube jpour les quelles les corrections sont nulles, puisque l’expression (3) a été trouvée en supposant :
- rL
- I £ d X = O
- J O
- On peut calculer une valeur approchée de l’intégrale, par un développement en série; lorsqu’on veut la résoudre rigoureusement, on est ramené à la forme immédiate
- R £ /*________djc______
- <7 J 1 + Sx2 + Tx 4- V
- \
- On peut donc aussi partir de cette dernière formule.
- Les intégrales doivent être calculées entre les limites A et 2A.
- La discussion de ces expressions montre que la résistance cherchée s’en déduit comme quotient de quantités très petites; lorsque les corrections de calibre sont nulles, M, P, Q sont nuis ; il en est de même de S, T, V et K; la valeur de la résistance est alors donnée par 0/0; lorsque les corrections sont très petites, le calcul est incertain. Cette solution, la plus générale, et en principe la meilleure, ne peut donc pas convenir.
- Résumons les résultats acquis jusqu’ici :
- La détermination du facteur de calibrage d’un tube permet l’emploi de méthodes plus précises, si l’on se sert des corrections de calibre volumétrique, que si l’on calcule directement la section moyenne entre des limites données. Le calcul des résistances au moyen de ces corrections, extrê-ment simple dans le cas où l’on considère le tube comme formé d’une suite de cylindres, est très compliqué, et pour ainsi dire impraticable dans toutes les autres suppositions.
- Il esi clair, du reste, que le résultat est exactement le même, quelle que soit la méthode employée, à la condition de pousser la subdivision assez loin. Or, on arrive, sans grand travail, en se servant de la machine à calculer, à déterminer, par une interpolation du troisième degré, un nombre quelconque de points entre deux poinis consécutifs donnés d’un calibrage; dans ce cas même, une interpolation graphique ne présente pas les mêmes inconvénients que dans le calcul de la résistance par des troncs de cône.
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- Les points intermédiaires obtenus pour une interpolation servent à déterminer la section d’une suite de cylindres aussi courts que les besoins du calcul l’exigent. Pour un bon tube, on ne modifie pas le facteur de calibrage de un cent millième, en prenant des sections plus courtes que 5o millimètres.
- Il me semble clairement démontré, par ce qui précède, que la seconde objection faite par M. Siemens aux calculs de M. Benoît, ne saurait être prise en sérieuse considération.
- Ch.-Kd. Guillaume.
- sur LA
- CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE
- DES GAZ ET DES VAPEURS
- L’illustre professeur de Stockholm, M. Ed lund (1), m’a fait l’honneur de s’occuper de la Note que j’ai publiée (2) sur cette question, et dans laquelle j’ai démontré, à l’aide d’expériences très simples et à la portée de tout le monde, que les gaz et les vapeurs ne sont pas conducteurs de l’électricité. Les conséquences auxquelles je suis arrivé , découlent naturellement des résultats donnés par l’expérience : je n’y ai rien ajouté ; je n’ai fait aucune hypothèse.
- Pourtant, M. Edlund, par des raisonnements auxquels il ne manque que la sanction de l’expérience, et par des citations plus ou moins à propos, a trouvé le moyen d’arriver à des conclusions opposées aux miennes et d’affirmer que les gaz, même sous la pression et à la température ordinaires, conduisent l’électricité.
- Nous allons voir immédiatement comment les citations de M. Edlund s’accordent avec sa théorie. Il est bon de constater d’abord qu’il ne fait aucune distinction entre la décharge conduc-tive et la décharge disruptive. Il ne discute pas mes expériences et il ne fait aucune mention des
- f1) La Lumière Electrique, t. XXIII, p. 551 (iq mars 1887); et Bulletin (O/versigt) des travaux de l’Académie Royale des Sciences de Suède(décembre 1886).
- V2) La Lumière Electrique, t. XXI, p. 529 (18 septembre 1886), et Rivista Sc. de Florence, 1886, p. 247.
- auteurs que j'ai cités, tels que Marangônî,' Agostini, Gaugain, etc., dont les expériences et les conclusions sont parfaitement d’accord avec les miennes. Nos résultats ne sont pas contraires à ceux de Faraday, de Matteucci, de Becquerel, etc., que j’ai rapportés dans ma Note. Je n’ai rien supposé pour faire voir que tous ces faits rentrent dans la même théorie, pourvu que l’on fasse la distinction naturelle et indispensable entre la décharge conductive et la décharge explosive.
- M. Edlund, à l’appui de ses idées, cite les expériences de MM. Warren delà Rue etMüller(1), expériences mémorables et qu’il n’y a pas lieu de décrire ici, mais qui conduisent à des conclusions diamétralement opposées à sa théorie. Pour le démontrer, il me suffit de ne citer que la première et la plus importante des déductions que les auteurs en ont tirées. La voici textuellement :
- « i° La décharge dans un tube à gaz raréfié ne diffère pas de celle qui a lieu dans l’air ou les autres gaz à la pression atmosphérique; elle n’est pas un courant dans l’acception ordinaire de ce terme, mais une décharge disruptive, les molécules DES GAZ EFFECTUANT UN TRANSPORT DE l’ÉLEC-TRISATION. »
- C’est précisément la conclusion à laquelle je suis arrivé dans ma Note, par un chemin bien différent, plus simple et plus direct.
- Voyons maintenant si M. Edlund a été plus heureux dans la citation des expériences très intéressantes de M. Borgman (2j. Le physicien russe, après avoir fait connaître la manière de constater l’existence de l’électricité dans une chambre, essaya de découvrir par quel mécanisme l’électricité se propage à travers l’air. Il mit en communication avec la terre un pôle d’un g'alvanomètre à grande résistance et très sensible, tandis que l’autre pôle se terminait à la flamme d’une lampe isolée. A la distance de quelques mètres de cette dernière, se trouvait une seconde lampe également isolée et dont la flamme était réunie métallique-ment à l’un des conducteurs d’une machine Tœ-pler-Holtz, l’autre conducteur étant réuni au sol. Aussitôt que la machine est mise en action, le galvanomètre accuse la présence d’un courant
- {i} Comptes Rendus,t. LXXXVI, p. 1072 (1878).
- (2) La Lumière Electrique, t. XXII, p. ig3 et 246 (3o octobre et 6 novembre 1886); présenté dans la séance delà Société Physico-chimique russe, le 26 avril 1886.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dont la direction change lorsqu’on fait communiquer avec la flamme l’électrode de la machine qui était réunie au sol, et vice versa. Il a multiplié et varié'les expériences; il a même substitué à la machine Toepler, d’abord une pile à eau de 120 éléments, puis une grandeJbobine de Ruhm-korff. Dans ce dernier cas, le flux électrique était étudié à l’aide d’un récepteur téléphonique de Goloubitzky très sensible.
- Toutes ces expériences ont conduit l’auteur au meme résultat : « Un flux d’électricité passe à travers l'air, d’une flamme à l'autre. » Mais de quelle nature est-il, ce flux? « Jusqu’à présent, dit M. Borgman, je n’ai pas assez de données pour établir avec certitude le processus de la transmission du courant dans l’air. Ce courant est probablement en rapport intime avec le mouvement des molécules du gaz, tel qu’on le suppose ‘dans la théorie cinétique des gaz.
- « L’électricité, qui est dispersée par la flamme dans l’air, ajoute-t-il, et qui traverse toute la masse d’air, forme un courant, lequel se dérive avec plus d’intensité dans la direction de la plus petite résistance. C’est pourquoi, lorsqu’une des flammes est. reliée à la machine électrique et l’autre au sol, l’électricité monte principalement avec les gaz chauds, pour se diriger vers l’autre lampe. C’est donc en haut, entre les flammes, que doit se former un courant régulier. »
- Pour démontrer cette proposition, il plaça dans l’air, entre es flammes, le galvanomètre de Lermantoff, et, lorsque les flammes étaient à la hauteur du galvanomètre, l’électricité, suivant le chemin des produits de la combustion, passait au-dessus de l’instrument, et l’aimant déviait, d’accord avec la loi d’Ampère. Plaçant ensuite les flammes plus bas que l’aimant, la déviation diminuait quelquefois, parfois elle changeait aussi de sens ; mais le résultat ne fut pas toujours bien défini. « Il est évident, dit M. Borgman, que les courants ascensionnels des gaz chauds sont cause de cette indétermination. »
- Enfin, ayant placé les deux lampes beaucoup plus bas que l’aimintyil disposa, à une distance assez grande au-dessus des flammes, mais toujours plus bas que l’aimant, une glace qui empêchait les gaz chauds de passer au-dessus de l’élément, et avec ce dispositif, le sens de la déviation
- était complètement contraire à celui qui avait lieu lorsque les flammes se trouvaient à la hauteur de l’aimant, ou plus haut.
- Ces expériences ont une grande analogie avec les expériences bien plus simples de Henly (*), qui, ayant placé sur le conducteur d’une machine électrique une bougie récemment éteinte ou un vase renfermant de l’eau bouillante, vit que la fumée de la première et la vapeur de celle-ci allaient électriser un double pendule isolé et situé au-dessus, à une distance assez grande pour qu’il ne pût être influencé par la machine.
- C’est d’après ce genre d’expériences et par la considération de la déperdition rapide de l’électricité des corps électrisés dans l’air humide, que l’on a conclu que la fumée et la vapeur d’eau sont de bons conducteurs. Mais cette conséquence ne découle pas nécessairement des faits observés. En effet, quant à la déperdition dont je viens de parler, l'électricité peut passer du corps électrisé dans le sol par la couche d’humidité qui recouvre les supports, sans traverser l’air; et quant aux autres expériences, elle peut passer de la machine à l’électroscope de Henly ou au galvanomètre de M. Borgman, soit par une décharge disruptive, soit par convection.
- Parmi les expériences que j’ai décrites dans ma Note, il y en a une qui tranche la difficulté : c’est l’experimentum crucis. Au lieu de faire marcher la vapeur ou la fumée et l’air chaud de la machine aux instruments indicateurs de la présence de l’électricité, je faisais arriver ces fluides à la surface d’un corps conducteur électrisé, tandis que les fluides communiquaient avec le sol.
- Si ces derniers sont conducteurs, le corps, dans cette condition, doit se désélectriser. C’est précisément ce qui n’est jamais arrivé dans mes expériences. Il faut donc conclure que l’électricité ne peut jamais passer à travers la fumée, la vapeur ou l’air, même humide, que par convection ou par décharge explosive.
- On comprendra, d’après ce qui précède, que la citation de M. Edlund n’est pas asr.ez favorable à sa théorie, et qu’il s’est un peu trop hâté, et qu’il a même dépassé les intentions de M. Borgman, lorsqu’il concluait avec ces mots que je cite textuellement.
- (’) Voir la'note citée, La Lumière Electrique, p. 53i, 2” colonne, et Rivista, p. 25a.
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- a II ne peut exister, selon moi, après les expériences de M. Borgman, aucun doute que l’air atmosphérique, aux densités et aux températures ordinaires, ne soit un conducteur de l’électricité, quoique la conductibilité soit insignifiante. »
- Au lieu d'insignifiante, il aurait pu dire infini-ment petite, synonime de nulle.
- M. Edlund, pour soutenir sa thèse, trouve encore une autre réponse dans une théoris nouvelle qu’il cherche à introduire dans la science. « Si un courant électrique est incapable de le traverser vide de Torricelli (ce sont ses propres paroles (')), cela ne tient pas à ce que le vide est un isolateur, mais à ce fait qu’il existe, aux points de passage entre les électrodes et le gaz raréfié, un obstacle à la propagation de l’électricité et que cet obstacle augmente à mesure que l’air se raréfie. Dès que le gaz a été suffisamment raréfié, l’obstacle en question est devenu si puissant, que le courant est incapable de le surmonter et, comme conséquence, de traverser l’air raréfié. L’obstacle principal rencontré par le courant électrique à la surface de passage entre l’électrode et le gaz raréfié est dû à une force électromotrice produisant un courant en sens inverse du courant principal. »
- Sans m’arrêter à faire voir tout ce qu’il y a d’hypothétique dans ce raisonnement et com -ment les quelques expériences que M. Edlund cite pour l’appuyer, sont susceptibles d’une inter-prétîtion différente de celle que leur a donnée l’illustre professeur , j’ajouterai seulement que les expériences de MM. le Dr Boudet de Paris, (2J et Gaston Planté (3) prouvent que, s’il y a une résistance du genre de celle imaginée par M. Edlund, elle ne doit pas être cherchée sur les électrodes, aux points de contact avec le gaz, mais bien sur les tubes de verre dans lesquels les gaz sont renfermés.
- Il dit que M. Borgman, dans ses expériences, a réussi à éliminer la force contre-électromotrice
- (J) Comptes Rendus du 3 avril 1882.
- (s) Voir La Lumière Électrique, t. VI, p. 454 (1882), et Bulletin de la Société internationale des Électriciens, t. I p. 25i (juin :884(.
- (3) Voir La Lumière Electrique, t. X, p. 489(15 décembre i883).
- dont il s’agit, mais il n’explique pas de quelle manière cette élimination a lieu.
- Si la force électromotrice inverse est due au contact entre le gaz et l’électrode, et au passage de l’électricité de l’un à l’autre, dans les expériences de M. Borgmann, ces causes subsistent.
- Qu’est-ce donc ce quid mystérieux capable d’engendrer une force électromotrice et que M. Borgman aurait éliminé ?
- Je pense que, par un raisonnement semblable, on peut démontrer que tous les coips les plus résistants sont les meilleqrs conducteurs du monde. Car la résistance électrique de tous les corps est une fonction de la température et d’autres conditions mécaniques et physiques, et si, lorsque quelques-unes de ces conditions changent, la ré-sisiance du corps semble augmenter, ce n'est pas parce qu’elle augmente réellement, au contraire, elle diminue ; c’est qu’il y a une force électromo-trice inverse dont l’accroissement est plus rapide que la diminution de la résistance propre des corps. C’est une manière de raisonner très commode.
- Du reste, cette question ne me regarde pas ; elle appartient à l’étude de la décharge électrique dis-ruptive, et non à la conductibilité des gaz : questions bien différentes et que M. Edlund veut confondre.
- Probablement, qu’en combattant les principes que j’ai démontrés dans ma Note, il pense défendre sa théorie sur l’origine de l’électricité atmosphérique, théorie qui, pour se soutenir, a besoin que l’air plus ou moins humide, et peut-être même l’air sec, conduise l’électricité.
- Je me propose de faire voir dans une seconde Note que. même en donnant à l’air cette propriété, l’électricité de l’atmosphère ne peut avoir l’origine que M. Edlund lui attribue; et, saisissant l’occasion, je me permettrai en même temps d’émettre quelques considérations sur d’autres théories relatives à la même question, notamment sur celle du professeur Palmieri.
- Professeur Jean Luvini
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ESSAIS DE PILES
- Nous donnons ci-après les résultats d’essais exécutés sur des piles des systèmes : Leclanché, à vase poreux; Leclanché, à agglomérés ; Rouma et Francken (plus connue sous le nom de pile agglomérée cylindrique Leclanché-Barbier), et Gassner. L’élément employé comme étalon était la pile de Meidinger, modifiée par Krüger, et dont la force électromotrice est 1,07 volt. Il est inutile de décrire ici les deux types du système Leclanché, que tout le monde connaît, mais il ne sera pas hors de propos de donner une courte description des deux derniers éléments.
- La pile Leclanché-Barbier (fig. 1) présente
- comme caractère essentiel une électrode positive en forme de cylindre aggloméré, formé de peroxyde de manganèse, de charbon de sucre et de soufre, comprimé sous une très forte pression, de manière à posséder une résistance et une sonorité remarquables; le zinc ou électrode négative est à l’intérieur du cylindre, ce qui est avantageux, puisque les surfaces en regard, qui seules agissent dans les piles, atteignent ici leur maximum (’). Pour éviter les contacts, le cylindre de zinc est entouré d’anneaux de caoutchouc.
- Le liquide excitateur est du chlorure d’ammonium (NH4C/).
- La pile sèche de Gassner (fig. 2) est constituée d’un vase de zinc formant l’électrode négative, ce qui permet ainsi de supprimer le vase de verre. Au centre est un tube en aggloméré
- (i) Niaudet. Traité élémentaire de la Pile électrique, • édition, 188b, p 42.
- (charbon et peroxyde de manganèse). Entre le zinc et le tube, on a coulé une pâte solide, consistant essentiellement en oxyde de zinc, comme addition à un mélange composé des sels excitants (chlorures) et de plâtre en poudre, mélangés vivement avec de l’eau.
- Dans le schéma de l’installation de l’essai,
- Fig. S
- (fig. 3) G représente le galvanomètre Doprez-d’Arsonval; D, le pont de Wheatstone; 1, 2, 3, 4, les piles à comparer dont les pôles positifs sont
- Fig. 2
- en communication avec le godet à mercure A, en passant par une bobine r de 400 ohms. Les pôles négatifs sont réunis, par des fils isolés, à de petits godets à mercure a, aK, b, bt, lesquels communiquent, au moyen de cavaliers en cuivre, avec le grand godet à mercure B.
- Les godets A et B sont reliés par un conducteur AEB de résistance inappréciable.
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- Le galvanomètre est muni d’un shunt de faible résistance, dont les extrémités, comme l’indique la figure, pouvaient, à volonté, plonger simultanément, d’un côté dans le godet B, de l’autre dans l’un quelconque des godets a, a{, b, b{. Le galvanomètre pouvait, à l’aide de ce shunt, être intercalé dans le circuit de l’une quelconque des piles, sans que pour cela le courant fût interrompu dans les autres piles. Il suffisait, quand les extrémités du shunt plongeaient dans B et dans a, at, b, bt, d’enlever le cavalier normal B a, B de faire la lecture, de remettre le
- cavalier B a, Ba4...., et enfin d’ôter le shunt du galvanomètre G.
- Voici la méthode employée pour déterminer la force électromotrice de ces piles, la pile de Krüger (Meidinger modifiée) étant prise pour étalon, avec une force électromotrice de 1,07 volt.
- Soient : r la résistance intérieure de la pile Krüger; 0 la déviation produite par le courant qu’elle émet; e', r, 6' respectivement la force électromotrice, la résistance intérieure et la déviation de la pile étudiée.
- Le galvanomètre et son shunt présentant une résistance combinée de 1,6 ohm, et les piles travaillant sur 400 ohms, la force électromotrice sera déduite de l’équation
- q représentant la force électromotrice *des piles expérimentées, est, dans tous les cas, inférieur à i,5 volt. L’erreur e faite ne peut donc dépasser o,ooo5 X i,5 = 0,00075 volt.
- Or, les diagrammes tracés ci-après sont à l’échelle de 10 centimètres par volt, d’où 0,001 volt y est représenté par 100/1000 m. m., soit 1/10 de millimètre, quantité négligeable, s le sera donc aussi a fortiori.
- La résistance intérieure de ces piles a été mesurée par la méthode de Mance (1). Pour la réaliser, il suffirait de relier successivement les pôles de chaque pile aux bornes p et p, du pont de Wheatstone. Les résultats ont été obtenus, dans cette dernière méthode, avec l’approximation de 1/100.
- Le tableau suivant donne les résultats obtenus dans la période des essais du 16 mars, à 10 heures du matin, au 5 avri 1887, à 4 heures du soir.
- Les valeurs des déviations a et des résistances intérieures r ont été relevées expérimentalement.
- Les valeurs des forces électromotrices E ont été calculées au moyen de la règle logarithmique.
- Ces tableaux ont été, pour les valeurs de E, transformés en diagramme, en prenant pour abscisses les jours d’expérience et pour ordonnées, à l’échelle de 10 centimètres par volt, les forces électromotrices calculées :
- , 401,6 4* r 0
- e = 1,07, -—-=-------
- ' 401,6 4- r 0
- La pile de Ktüger ayant donné une résistance intérieure r = 6 ohms, sa déviation s’est trouvée être>0 = 189 : le dénominateur 77000 a été adopté une fois pour toutes. Le dénominateur exact est 77036, mais la suppression des 36 unités ne donne qu’une différence négligeable. En effet, si q' représente la force électromotrice calculée avec le dénominateur uniforme 77000, et q la force électromotrice réelle, nous aurons les relations :
- Le dividende A = 77000 x q — A = 77o36 X g
- 28 30.
- d’où
- ou
- q' =q
- x 77036 77000
- = 2
- X 1,00046
- Ce diagramme montre que la pile Leclanché à vase poreux, dont la force électromotrice est d’abord plus faible que celle de la pile Leclanché
- q' <q x i,ooo5
- f1) Voir Mascart et Joubert, II" vol., p. 3g8.
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- à agglomérés, gagne rapidement- le dessus et s’y maintient. La pile à vase poreux est plus avan-ageuse que la pile à agglomérés, car elle est plus propre, plus maniable.
- Le reproche que l’on peut adresser à ces deux piles, est le manque de constance, surtout sous le rapport de la résistance intérieure.
- La Leclanché à vase poreux notamment, est la
- Date des essais - Leclanché à vase poreux Leclanché à agglomérés Leclanché-Barbier Gassner
- « ! r E a r E a r E a r E
- ohms volts ohms volts ohms volts ohms volts
- ifi mars (\n heures mnrinï 240 241,5 14,3 6.2 1,345 1,369 1,338 242,5 23 t 2 ,Q 1,36i 221,5 218 1 *45 !,45 1,42 1,242 I ,222 2i3,5 3 .0 0.4
- *7 18 mars (4 heures .soir)!, 2,85 1,298 1,297 1,28 0,42 » 1 , 1 y*r 1,173
- 236,5 5,5 23o 2,4 217,5 I ,2l6 211,5 1,184
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- 5 , 218 5,47 1,233 1,188 1,161
- 20/ 1,162
- plus irrégulière, sa résistance intérieure varie normalement entre 5 et 6 ohms.
- La Rouma (Leclanché-Barbier) paraît être une modification heureuse des piles de ce type. La résistance intérieure de 2 ohms en moyenne est assezçonstante:. Elle a l’avantage d’être très propre.
- La Gassner a donné les résultats les plus réguliers, à la fois sous le rapport de la force électro-motrice et de la résistance intérieure.
- La courbe de force électromotrice est à. peu près parallèle à Taxe des temps.
- La résistance intérieure est faible; elle n'a pas dépassé dans toutes les mesures que nous avons faites 0,6 ohm.
- Dans notre essai, sa résistance qui était 0,4 le
- premier jour, atteignit seulement 0,42 d’ohm après 18 jours, et sa force électromotrice n’avait baissé que de o,o3 volt dans le même temps, en travaillant continuellement sur 400 ohms.
- Ajoutons que, du 5 au 20 avril, c’est-à-dire en it jours, la résistance intérieure a augmenté de 0,01 seulement.
- En résumé, dans les conditions particulières dans lesquelles nous avons opéré, et dans les limites étroites que nous nous étions assignées, le fonctionnement de la Gassner a été le plus satisfaisant.
- Il restait à faire des essais de durée, dans diverses conditions, notamment dans le cas de courants intermittents.
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- Un élément Gassner a été mis en circuit avec une sonnerie trembleuse de 20 ohms de résistance, Il a entretenu le mouvement de cette sonnerie pendant 3 mois 1/2: le courant initial était o,o3o ampère, il atteignait encore o,oi5 ampère, après deux mois de fonctionnement(1).
- Becker et Piérard
- ÉTUDE SUR UN
- VOLTAMÈTRE-ÉTALON l1)
- J’ai parlé à plusieurs reprises de l’appareil sur lequel je reviens aujourd’hui. Les nouvelles expériences que j’ai effectuées portent sur plusieurs points. En première ligne, je m’occuperai de la manipulation de cet instrument; je donnerai ensuite quel 2ues résultats obtenus dans son application au tarage des galvanomètres, lorsque le gaz recueilli et mesuré est le mélange tonnant ou l’hydrogène; je comparerai, pour terminer, ces résultats à ceux que l’on obtient avec les piles-étalons.
- La figure 1 donne une vue d’ensemble du voltamètre-étalon ; on en retrouvera la description complète dans le dernier des articles qui traitent de ce sujet.
- DE LA MANIPULATION DU VOLTAMÈTRE
- i° Mode de remplissage des tubes 11'. — Il varie, comme nous allons le voir, avec la nature du liquide introduit dans les tubes tt’; nous donnons à celui-ci, pour abréger, le nom de liquide mesureur.
- Pour prendre le cas le plus général, nous supposerons que le robinet à trois voies R, occupe la position indiquée par la figure 2; les tubes tt' sont vides; les chambres de réaction G, C2 contiennent le liquide électrolytique; le niveau de ces liquides se trouve en Oa..
- (1) Cette étude a été faite au laboratoire de l’Institut Electrotechnique de Montefiore, et communiquée par M. E. Gérard. N. D. L. R.
- (a) Voir La Lumière Électrique des 3i octobre et 25 novembre i885, et du 9 octobre 1886.
- Le tube à entonnoir qui se trouve à droite de la figure 1, immédiatement au-dessus de la
- Fig. 1
- chambre C2, est hermétiquement fermé au moyen d’un bouchon en caoutchouc.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- iet cas. — Le liquide mesureur est un liquide lourd, le mercure, par exemple; il peut vaincre aisément, par son propre poids, la force de capillarité due au faible diamètre intérieur des tubes 1t'.
- Il suffit, le robinet R3 étant fermé, le robinet ouvert, de verser le liquide mesureur dans le tube à entonnoir, à gauche de la figure 1, placé immédiatement au-déssus du trait O', jusqu’à ce que les niveaux de ce liquide se trouvent aux traits O O' des tubes communiquant tt', comme l’indique la figure 5.
- i-
- 2° cas. — Le liquide mesureur est de faible densité (eau, huile, glycérine).
- Il ne peut vaincre par son poids la force fie
- Fig. S
- capillarité dont nous parlions tout à l’heure, que s’il est en masses suffisante; on y parviendra au-moyen du tour de main que nous allons indiquer.
- Manipulation (a) (fig. 3). — Les robinets R4 R3 sont fermés; on emplit le tube à entonnoir, à gauche de la figure.
- Manipulation (b). — On ouvre avec précaution le robinet R0 tout en versant au moyen d’une pipette, dans le tube à entonnoir de gauche, le liquide mesureur, en assez grande quantité pour qu’il occupe dans les tubes tt' la position que donne la figure 4, le robinet R., étant fermé à la fin de l’opération.
- Manipulation (c). — Il est facile alors, par le
- jeu des robinets R/R3, d’amener les niveaux du liquide mesureur aux traits O O' (fig. 5), le robinet R., étant ouvert, le robinet R3 fermé, à la fin de cette dernière opération.
- On peut dès lors procéder à une expérience de la manière que nous avons déjà indiquée.
- 20 D'une méthode permettant d’obtenir très rapidement un courant constant à travers le voltamètre ou ne présentant que de très faibles variations pendant toute la durée de l'expérience. — Nous avons vu qu’il est facile d’appliquer la méthode voltamétrique à l’étalonnage des galvano-
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- mètres lorsque l’intensité du courant, qui traverse ces appareils, correspond à un volume de gaz normal, dégagé dans le voltamètre, c’est-à-dire pendant un temps assez grand pour que sa mesure puisse s’effectuer avec une approximation suffisante.
- Dans le cas où l’intensité du courant correspondant aux déviations moyennes est trop faible, il suffit de shunter le galvanomètre.
- Pour le cas contraire, c’est-à-dire lorsqu’il s’agit d’opérer la graduation d’ampèremètres à fortes intensités, il existe des méthodes permettant d’employer le voltamètre du genre de celui que nous étudions: nous en parlerons dans un article spécial.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÊLEC TRICITÊ 465
- Quel que soit le mode d’opération, il est indispensable, pour avoir des mesures justes, que le courant qui traverse le voltamètre, soit constant pendant toute la durée de l’expérience ou tout au moins présente des variations faibles et régulières, afin de permettre l’interpolation.
- Dans mon premier article relatif aux recherches électrolytiques, j’ai reproduit une courbe (1) qui indique justement les variations de l’intensité du courant qui traverse une solution d’eau acidulée, sous une tension constante; les électrodes étaient formées de fils de platine. En se reportant à cette courbe, on voit que l’intensité du courant ne devient sensiblement constante qu’au bout d’un temps assez long (20 à 25 minutes).
- Cela tenait à ce que la source d’électricité présentant une faible force électromotrice, nous avions dû établir directement aux bornes de celle-ci le voltamètre, sans intercaler de résistance.
- I.a source était formée de trois piles Leclanché grand modèle, capables de donner immédiatement un courant constant, à condition que l’intensité du courant de fermeture ne dépassât pas 1/100 d’ampère.
- Or, nous n’avions que cette intensité ou à peu près , lorsque les piles furent fermées sur le voltamètre.
- La valeur de l’intensité du courant I qui circule à travers un système électrique ainsi établi, est donnée par la formule :
- dans laquelle
- E représente la force électromotrice de chacun des éléments qui constitue la source ; n le nombre de ces éléments ; p leur résistance intérieure, qui reste invariable dans ces conditions.
- E la force électromotrice résultant de la réaction électrolytique invariable également ;
- R la résistance des circuits et de l’ampèremètre, qui pouvait être considérée comme négligeable, x la résistance de l’électrolyte.
- (t) Voir La Lumière Électiique du 6 novembre 1886, figure 2, page 264.
- D’après ces données, il est évident que l’intensité qui parcourait le système ne pouvait varier qu’autant que la résistance de l’électrolyte, ou mieux dire, la résistance physique entre les deux électrodes variait elle-même.
- Les variations de la résistance intérieure du voltamètre auront d’autant moins d’effet sur l’intensité du courant qui traverse cet appareil que le nombre des éléments qui constituent la source est plus grand : c’est ce que j’ai vérifié expérimentalement.
- Le tableau I renferme les résultats de ces expé-
- Ten ps i '/i se^o/u
- « 2 <- 6 a
- Fig. o
- riences ; la figure 6 comprend une série de courbes tracées d’après les données du tableau.
- La source était composée d'accumulateurs Gadot, nouvellement chargés et qui, fermés sur une résistance métallique, donnaient un courant constant pendant un temps indéfini, lorsqu’on ne leur demandait qu'un débit de 2/100 d’ampère.
- Avec deux et trois accumulateurs (courbes « p) le courant ne devient constant qu’au bout de 600 secondes.
- Avec b accumulateurs, le courant est constant au bout de 180 secondes ; il le devient immédiatement, lorsqu’on emploie une source formée d’un nombre d’accumulateurs variant entre 10 et i5.
- Il va sans dire que dans chaque série d’expériences, le courant de fermeture restait sensible-
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- Courbe y (K = 0,97; Courbe (J (K = 1,0007) Courbe a (K
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- TABLEAU I
- j Nombre d’ac-cumuluteurs Force élcc-troinotrlco Temps Nombre do divisions Intensité Nombre d’accumulateurs Force élec- tromotrice Temps Nombre do divisions Intensité
- X 10 6 n I ” n X 0,000ô30 N E 0 n I ~ 11 X 0»000i>?0
- 0,0 0,0
- 2 3,93 t 0 3i 166 5 9,83 0 32,3 . 173
- 3o 29 155 Co Ch 3o 3i ,2 167
- 60 28 i5o 0 II « 60 3o,85 165,4
- 120 27 145 120 3o,75 l65
- 180 26 i39 ro O JO U 0 180 30,70 164,5
- 240 25,25 i35 240 3o,65 i6j,3
- * O
- 3oo 24,75 i33 U .. 3oo 3o,62 164,?
- 36o 24,35 131 36o 3o,6o I64
- 420 24,10 129 • 0,0
- 480 128 6 n,7 0 32,9 176,3
- 23,85 ch
- 0 3o 32, i5 172,3
- 540 23,6o 126 11
- 600 125 60 31,90 171
- 23,35 <0 120 170,2
- 31,75
- 0
- 0,0 JO
- 3 5,85 0 3o,75 i65 P 0 U 180 31,70 170
- 3o 28,75 154 240 3i ,65 169,6
- 60 28,15 27,75 i5i en' 7 i3,63 0 33,35 0,0 178,8
- 120 M9 a>
- 180 148 0 II 3o 32,75 175,5
- 27,55 II
- •2 * 60 32,65 175
- 240 27,40 147 âii O
- 3oo 146 JO 120 32,5o 174,2
- 27,30 27,20 P O U 180 32,45
- 36o 145,5 173,9
- 145,5 0,0
- 420 27,15 T: 8 i5,6 0 3i ,90 171
- \ 480 27,10 145,3 CT1 O || 3o 31,40 168,3
- 540 27 M4,7 p 60 3i ,25 167,5
- 600 27 *44,7 U JO U, 120 3t ,20 167,2
- 0,0 P
- 7,85 32 0 ( U 180 3i, 10 166,7
- 4 0 171,5
- 3o 30,75 i65 3î 0,0
- 11 ù£ CL 10 19,5 0 166
- 60 3o,3o 162,6 3o
- 30,75 i65
- 120 3o,o5 161 4> , 164,3
- JO t-i 60 3o,65
- 180 29,85 29,75 160 P O 3o,5o i63,5
- 240 i5g,5 U 120
- 0,0
- 3oo 29,70 159,2 3 5? ï5 29,4 0 35,70 194,4
- 36o 29,65 i5g <u °° JO 0 3o 35,5o 190,3
- 420 29,65 159 g n 60 35,40 189,7
- U W
- 480 29,65 1S9 129 35,35 189,5
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- 407
- ment le même , parce qu’on prenait la précaution d’intercaler des résistances de plus en plus grandes, à mesure que le nombre des accumulateurs qui composaient la source augmentait.
- Afin de pouvoir comparer entre elles rigoureusement les courbes des variations d’intensité en fonction du temps dans chaque cas, il a été pris pour les ordonnées de chacune de ces courbes des échelles différentes.
- On portait comme ordonnée correspondant à un temps donné, l’intensité du courant multipliée par un coefficient K.
- Celui-ci n’était autre chose que le rapport entre l’intensité du courant, au commencement de chacune des séries, et l’intensité du courant de fermeture de la première série.
- Si l’on considère, en tête des colonnes 4 du tableau I, que les intensités de fermeture présentaient des valeurs sensiblement semblables,. on admettra que malgré l’artifice employé pour comparer les courbes entre elles, celles-ci restent la représentation exacte du phénomène étudié.
- 3° D’une formule empirique donnant la valeur théorique V„, en fonction du volumeY t fourni par le voltamètre. — Le calcul de l’intensité du courant qui traverse le voltamètre pendant un temps 0 s’effectue au moyen de l’expression
- o,i74c.m3. est le volume du gaztonnani; dégagé par le passage d’un Coulomb à travers l’électro-iyte.
- V0 exprimé en centimètres cubes, se déduit du volume V, mesuré au voltamètre, à la température t et à la pression H de l’expérience, au moyen de la formule connue
- Posons
- Y. = V,
- H — h__
- (i + a t) 760
- 3)
- K
- (H - h)
- (1 + a t) 760
- Nous aurons
- V, = K V,
- Le calcul de K est assez long : il faut avoir recours pour chaque cas particulier aux tables, qui donnent la tension h de la vapeur d’eau, et la va-
- leur du binôme de dilatation correspondant à la température de l’expérience.
- L’emploi de ces tables peut être évité ; en tous cas les calculs, seront simplifiés si l'on fait usage de la formule empirique suivante :
- (4) K = 0,006 + 0,0013 H — 0,0042 t
- pour laquelle
- H représente la pression atmosphérique ; t la température au moment de la mesure du volume V, au voltamètre.
- TABLEAU N” 11
- Pression Température Valeur du coefficient de réduction K
- H t° Formule (3) Formule (4)
- 746 20 0,893 0,892
- 755 16 0,920 0,920
- 705 15 0,926 0,926
- 7^5,5 18 0,914 0,913
- 759 21 0,904 0,9045
- 760 i5 o,g3o 0,930
- 760?5 18 0,920 0,919
- 760,7 18 0,920 0,919
- 761 20,5 0,910 0,909
- 763,3 24 0,910 0,910
- 766,3 19 0,922 0,922
- 767,4 16 0,936 0,9365
- 767,8 17 0,933 0,933
- 768,8 17 0,934 3,934
- •770,2 16 0,940 0,940
- 740 25 o,863 o,863
- O 00 10 0,978 0,978
- Le tableau II donne les valeurs du coefficient K, pour un grand nombre de mesures, calculées au moyen des formules (3) et (4). On remarque que les quantités sont identiques, pour une expérience donnée, ou ne diffèrent pas de plus de 1/1000 de leur valeur exacte.
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- J’ai choisi à dessein deux exemples inscrits dans le bas du tableau, où la température la plus basse correspond à la pression la plus forte et vice versa. Pour les deux cas extrêmes et qui se présentent très rarement au laboratoire, les valeurs du coefficient K calculées au moyen de la formule généralement employée et de la formule empirique sont rigoureusement les mêmes.
- A. Minet
- (A suivre)
- [L’APPAREIL SEYBOLT
- POUR DÉTERMINER LE
- POINT D’ÉCLAIR DES HUILES MINÉRALES
- Nous n’insisterons pas sur le développement considérable de l’in’dustrie du pétrole considéré comme moyen d’éclairage, non plus que sur le naphte employé spécialement pour le graissage des machines à vapeur et dynamos, et qui tend chaque jour à se substituer aux huiles végétales, non seulement à cause de son prix beaucoup moins élevé, mais encore pour ses qualités lubrifiantes, car son coefficient de frottement n’est que très légèrement supérieur à celui de l’huile de colza. Une étude très remarquable, d’ailleurs, a été faite sur la matière, dans la Revue générale des Chemins de fer, par M. Salomon, ingénieur en chef du chemin de fer de l’Est. On donne ordinairement le nom de pétrole aux produits de provenance américaine, et celui de naphte à ceux Venant de Russie.
- Tous les deux appartiennent à la série formé-nique qui a pour formule générale C2"H2"*2; mais les huiles américaines sont principalement composées des termes les moins élevés de cette série et donnent des essences et huiles lampantes, tandis que les huiles caucasiennes, au contraire, composées en majeure partie des derniers termes de la série fournissent une grande quantité d’huiles loqrdes ou de graissage.
- Chacun de ces produits est composé d’hydrocarbures émettant des vapeurs inflammables à des températures différentes*
- Dans les commencements) la détermination de
- ces diverses températures était purement arbitraire, mais en présence des dangers que présentait l’emploi sans cesse croissant des huiles lampantes mal rectifiées, on reconnut qu’il était essentiellement nécessaire de fixer un mode rigoureux d’opération, afin d’assurer aux consommateurs la fourniture d’huile convenable, qui ne doit pas émettre des vapeurs au-dessous de -j- 35 degres centigrades, suivant les lois édictées en France sur la matière, température que nous considérons encore comme trop faible.
- Le premier moyen dont on s’est servi pour déterminer le point d’inflammabilité des huiles de pétrole à brûler consistait à agiter l’huile essayée avec de l’eau chauffée à une température donnée; on promenait ensuite une bougie allumée sur la surface du liquide et l’on observait s’il produisait des vapeurs inflammables ou s’il prenait feu lui-même.
- L’inflammation des vapeurs prenait le nom de point d éclair ; on désignait sous celui d’essai à feu la température à laquelle le liquide prenait feu.
- Comme on le voit, l’opération était très simple et le moyen des plus rudimentaires.
- Avec le temps, les perfectionnements sont venus et aujourd’hui il semble tout naturel de voir l’élec. tricité apporter son précieux concours dans une expérience dont les résultats ont besoin d’être observés d’une façon précise.
- Mais, avant d’aborder la description de l’appareil qui doit nous occuper, il est indispensable d examiner rapidement les modifications apportées au moyen rudimentaire ut supra.
- Les appareils qui ont été imaginés sont de deux sortes : les appareils à vase ouvert et ceux à vase clos.
- Quelle que soit la catégorie à laquelle ils appartiennent, leur point de départ est le traditionnel bain-marie dans lequel est placé un godet quelconque renfermant l huile à essayer. Ce qui les différencie, c’est la façon de produire l’inflammation des vapeurs ; dans les systèmes à vase ouvert des vapeurs s’échappent librement et les renseignements obtenus avec eux s’écartent beaucoup de la vérité. — Le premier de ce genre a été inventé par Tagliabue et modifié ensuite par Arnaboldi.
- Dans les appareils à vase clos, les parties plus volatiles de 1 huile sont recueillies dans une sorte de petit dôme percé de deux ouvertures, l’une
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- supérieure, l’autre latérale; arrivées là, les vapeurs se mélangent à l’air contenu dans ce dôme, de telle sorte qu’en approchant des ouvertures de celui-ci une allumette flambante, on y fait naître de petites explosions à la température indiquée par le thermomètre qui plonge dans l’huile.
- C’est encore à Tagliabue que l’on doit le premier appareil à vase clos.
- Les résultats obtenus n’étant pas suffisamment exacts, le gouvernement anglais, de son côté, chargea M. Frédéric Abel d’élaborer une méthode scientifique.
- M. Frédéric Abel substitua à l’allumette, une petite lampe alimentée par de l’huile de navette ou de colza, et adaptée après le couvercle de l’appareil.
- Cette petite lampe était disposée de façon qu’en ouvrant le couvercle, elle basculait, et sa flamme venait se placer à l’orifice de l’ouverture d’où s’échappaient les vapeurs.
- En 1880, les Allemands apportèrent une addition à l’appareil Abel en rendant automatique, au moyen d'un mécanisme d’horlogerie, le. mouvement des soupapes du couvercle et par contre celui de la lampe.
- Je passe d’autres méthodes employées pour arriver aux appareils en usage en France.
- Ces appareils sont : celui de Blazy et Luchain, pour les huiles de graissage à point d’inflammabilité élevé et dans lequel le bain-marie est remplacé par un bain d’huile, et celui de Granier pour les huiles légères.
- Ce dernier appareil mérite qu’on s’y arrête, non seulement parce qu’il est le plus simple, mais aussi, parce que ces renseignements sont d’une grande exactitude.
- C’est tout simplement une petite cuvette en laiton à fond plat d’environ 0,08 m. de diamètre et haute de 0,022 m. Sur le tond et au centre est soudé un petit cylindre tronconique dans lequel on place un porte-mèche et sa mèche; cette dernière est alimentée par le liquide essayé. Une sorte de petit godet d’un centimètre de hauteur est également fixé au fond de l’appareil et sert de niveau, ce qui permet à chaque expérience de mettre la même quantité de pétrole ; celle-ci se trouve indiquée par l’apparition d’un ménisque au bord
- du godet.
- L’appareil est muni d’un couvercle faisant corps avec la cuvette au moyen d’une charnière. Il est percé de deuxouvertures: l’une excentrique dans laquelle passe [le réservoir d’un thermomètre qui plonge dans le liquide; l’autre ouverture, conce’ntrique, sert au passage de la flamme, de la mèche et [des vapeurs.
- Une tige de cuivre recourbée, d’un millimètre de section, traverse diamétralement l’ouverture et se trouve, car conséquent, dans la flamme; les deux extrémités de cette tige plongent dans le pétrole.
- On voit que, dans cet appareil, la lampe est supprimée et que l’élévation de température est produite par la conductibilité calorifique du métal : le cuivre dans le cas présent.
- Dès que le liquide émet des vapeurs, celles-ci viennent se mélanger à l’air ambiant et produisent un mélange détonant qui éteint la flamme; à ce moment, on lit le degré du thermomètre, qui indique le point d’éclair du pétrole essayé.
- On a compris, en Amérique, les avantages que pouvait offrir l’électricité, aussi, M. Seybolt, dé
- l
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- New-York, a-t-il construit un appareil du genre de ceux que nous venons de décrire, dans lequel l’inflammation est obtenue au moyen de l’étincelle électrique.
- Cet appareil que représente la figure i, se compose du bain-marie ordinaire M entretenu par la lampe à alcool R ; dans le récipient H se trouve le pétrole à essayer dans lequel plonge le thermomètre F; un autre thermomètre indique la température du bain.
- Nous croyons qu’il est inutile d’entrer dans de grands détails, notre figure en dit assez : C’est une boîte en acajou A, renfermant une pile P, une bobine d’induction dont les bornes sont reliées aux contacts C C' par les lames LL ; deux tringles en cuivre TT’ viennent aboutir à un excitateur dont on voit le détail sur la figure 2. Ce dernier est muni de deux trous destinés à recevoir deux tiges fixées sur le bain-marie, de façon que les fils de platine PP', entre lesquelles éclate
- Fig. 2
- l’étincelle, se trouve toujours à la même distance du liquide.
- A chaque degré ou demi-degré du thermomètre on appuie sur l’interrupteur I qui, en fermant le circuit fait éclater l’étincelle à 2 ou 3 millimètres de la surface du pétrole.
- Il faut reconnaître que l’idée de faire concourir l'étincelle électrique pour la détermination du point d’éclair est excellente, mais ce qu'il faut dire en revanche c’est que son adaptation à un système dit à vase ouvert, n’est pas heureuse.
- ï£n effet, les expériences que nous avons faites avec l’appareil Seybolt comparativement avec celui de Granier, nous ont donné des résuliats différents.
- Nous avons pris comme type de comparaison l’appareil Granier, parce que le point d’éclair qu’il donne coïncide très approximativement avec la température à laquelle les premières vapeurs sont émises, lorsqu’on procède à une distillation fractionnée d’une huile de pétrole.
- Avec l’appareil Granier, une huile nous a donné comme point d’éclair 34° C; (93° F.), tandis que l’appareil Seybolt indiquait m° F. (440 Ç.): l’écartj on le voit, était considérable.
- Ce qui nous avait frappé dans ce dernier appareil, c’était la grande surface d’évaporation du réservoir contenant l’huile : cette surface est d’environ o,20c.m.2 (o,o5 de diamètre). Nous pensâmes que les premières vapeurs pouvaient s’échapper trop facilement et se trouver soustraites à l’action de l’étincelle qui se produit au bord du réservoir. C’est alors que nous eûmes l’idée de diminuer la surface d’évaporation, les résultats confirmèrent notre hypothèse: en effet, nous trouvâmes, au lieu de 111°, 98°,6 F. ou 37° C.
- De ce qui précède, nous concluons que l’étincelle électrique appliquée à un appareil à vase clos donnerait plus de précision dans les résultats et l’idée de substituer l’électricité aux moyens employés jusqu’à ce jour constitue une heureuse innovation ; mais, avant de terminer, décochons la flèche du Parthe : quand on aura remplacé le vase ouvert par un vase clos, l’appareil Seybolt conservera encore ce que M. Jules Bourdin et moi avons peine à garder, c’est-à-dire, un Capillus.... enfin nous voulons parler du prix de l’appareil qui ne sera pas abordable, surtout pour les petits commerçants, car nous sommes d’avis que les appareils du genre de ceux dont nous venons de parler devraient être imposés à tous ceux qui font le commerce des produits en question, et qui n’accepteraient de leurs fournisseurs aucun pétrole ne remplissant pas cette condition importante : point d'inflammabilité, 40° centigrades on évitera ainsi bien des catastrophes.
- Paul Gahéry
- LLS
- INSTALLATIONS SOUTERRAINES
- AUX ÉTATS-UNIS
- Là question de l’installation souterraine des conducteurs électriques a donné lieu à tant de discussions et soulevé tant d’objections en Amérique, que je pense qu’une étude, basée sur des documents précis, de tout ce qui a été dit et fait à cet égard sera de nature à intéresser les lecteurs de La Lumière Electrique.
- La question de savoir si telle expérience est appelée à réussir n’est jamais mieux résolue que
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- par l’expérience même. Il arrive fréquemment, nous le savons tous, qu’une combinaison nouvelle d’appareils électriques, fonctionnant parfaitement dans un laboratoire, échoue d’une manière absolue lorsqu’elle entre dans le domaine d’une application pratique journalière.
- L’inverse paraît être démontré en ce qui concerne les installations souterraines. La plupart des électriciens étaient opposés à cette innovation, affirmant qu’aucune ligne téléphonique ou télégraphique ne foncionnerait d’une façon satisfaisante lorsqu’elle serait placée sous le sol.
- Or, l’expérience vient aujourd’hui contredire cette assertion: des lignes installées souj terre sont employées journellement sans obstacle sérieux et démentent de la sorte toutes les théories avancées contre ce système.
- On objecte, il est vrai, que ces lignes sc détériorent en- ne fonctionnant plus aussi bien que les premiers jours de leur installation. Mais il est évident que cela prouve seulement un travail imparfait, soit dans l’isolement, soit dans la construction mécanique, et cette objection n’entraîne nullement la condamnation du système.
- A Chicago, où cette innovation a reçu plus d’extension que dans aucune autre ville, il n’y a pas moins d’une demi-douzaine de systèmes différents de conduites en usage. En novembre dernier, les fils placés sous le sol atteignaient ensemble une longueur de près de 5ooo kilomètres, et ce nombre augmente chaque jour.
- Les conduites sont formées, les unes de tuyaux en fer, d’autres de caniveaux en bois, asphaltés, ou revêtus de goudron, ou remplis de ciment, etc., Le système de conduite de Dorsell, qui y est également en usage, a été décrit dans un précédent numéro de La Lumière Electrique.
- Dans ces tuyaux fonctionnent aujourd’hui toute espèce de lignes télégraphiques et tous les systèmes de télégraphes, simplex, duplex, quadruplex, harmoniques et chimiques. On y rencontre aussj bien des conducteurs d’éclairage électrique que des lignes téléphoniques, et chaque jour apporte un nouveau contingent de fils que l’on enlève des poteaux aériens pour les placer au-dessous du sol.
- La Western Union Telegraph Company a presque entièrement débarrassé les rues de la partie centrale de la ville des fils qui les encombraient. Il en résulte, pour ces rues, un changement d’as-
- pect qui forme un contraste aussi frappant qu’agréable avec l’état de choses existant encore il y a deux ou trois ans.
- Les lecteurs de La Lumière Électrique ont sans doute appris par les journaux français l’incendie désastreux de l’hôtel Richemond à Buffalo, qui eut lieu le mois dernier. Dans ce sinistre, quinze lignes télégraphiques furent détruites, et les fils aériens gênèrent considérablement les pompiers dans leurs opérations de sauvetage.
- A la suite de cet évènement il s’est formé une commission d’enquête, qui paraît avoir étudié avec soin les progrès récents relatifs aux installations souterraines dans les Etats de l’Est. C’est au rapport de cette commission que je suis redevable d’une grande partie des renseignements que j’ai pu recueillir.
- Dans la ville de New-York, il existe depuis le mois de juin 1884 une commission des travaux souterrains, qui relève directement de l’Etat, et qui, depuis sa création, a consacré tout son temps à la questiou de la transformation du réseau téléphonique aérien de la ville.
- D’après ses études et ses expériences, cette commission est arrivée à cette conclusion formelle que tous les fils électriques, sans exception, peuvent être placés sous le sol et donner des ré. sultats satisfaisants. A l’appui de cette déclaration, la commission a traité aussitôt avec la Consolidated Telegraph and Electric Subway C° pour la pose et l’entretien d’une conduite souterraine destinée à recevoir tous les fils électriques de la ville.
- Cette compagnie a été autorisée à établir dans la sixième avenue une conduite capable de recevoir environ 4000 kilomètres de fil. Elle a construit 38y5 mètres de conduite et y a placé six câbles, de cent fils chacun, qui fonctionnent d’une manière absolument satisfaisante.
- Les frais de cette construction, qui est en béton asphalté de Dorsett, semblable à celui que l’on emploie à Chicago, se sont élevés de 140,000 à 155,ooo francs par kilomètre. Il a été réservé à la Ville, dans cette canalisation, l’espace nécessaire pour la pose de tout son réseau (avertisseurs d’incendie et police). Les réserves nécessaires ont été faites également en vue de l’extension du système. Jusqu’à présent, les compagnies de téléphones et la Ville ont seules eu recours aux facilités qui leur étaient offertes.
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- Les différentes compagnies d’éclairage électrique ont demandé l’autorisation de construire des conduites particulières sur une étendue d’environ 80 kilomètres dans les rues de la ville.
- Les compagnies des téléphones et des télégraphes ont demandé l’emplacement nécessaire pour environ 32,ooo kilomètres de fils. Une compagnie a été autorisée à construire des conduites pour le Metroplitan Téléphoné Company ; les ordres nécessaires sont donnés [pour la construction de i5 kilomètres de conduites dans les rues ; mais l’hiver n’a pas encore permis de commencer les travaux.
- Il y a, en outre, environ 2100 mètres de conduites d’autres systèmes. La Metropolitan Téléphoné Company dispose, de son côté, d’environ 1600 mètres de câble de Brook.
- La Western Union a un grand nombre de fils placés dans des tuyaux en fer de 75 millimètres qui ont été posés il y a plusieurs années ; ces fils sont recouverts de kérite.
- Malgré la quantité relativement considérable de fils qui ont été placés dans le sol, le nombre des poteaux et des conducteurs aériens ne paraît pas avoir diminué.
- A Brooklyn, affiimele professeur Phympton, un de« membres de la commission de cette ville, les progrès de la canalisation ont été plus grands que partout ailleurs, ce que l’on conteste, il est vrai, à Chicago. Dans le courant de 1886, 20 kilomètres de conduites ont été construits à Brooklyn ; près de 1880 kilomètres de fils y ont été posés et fonctionnent aujourd’hui avec succès. Aucun poteau n’a encore été enlevé jusqu’ici, mais le jour n’est pas éloigné où ils seront tous supprimés.
- Le système adopté par la commission de Brooklyn est une conduite faite de bois créosoté, que l’on dit convenir parfaitement pour les lignes télégraphiques et téléphoniques. On reproche au composé de Dorsett de ne pas avoir été consacré par l’expérience; cependant, à Chicago, un nombre considérable de tuyaux de ce système servaient depuis dix ans pour les égouts de la ville (pour lesquels on les avait établis dans l’origine) et ils n’ont subi aucune modification.
- Le'coût du bois créosoté est d’environ 2 fr. 65 par mètre de conduite ; la canalisation coûte donc de 25,000 à 28,000 francs par kilomètre. Dans ce système, comme dans les autres, des trous
- d’homme sont ménagés à des distances convenables le long des rues, afin de pouvoir atteindre plus facilement les fils, y faire les réparations nécessaires, etc. A Brooklyn, la population se félicite beaucoup de l’adoption de ce système.
- A Philadelphie, tous les fils électriques sont sous le contrôle du service électrique municipal, dont M. David R. Walker est le chef. La première conduite de Philadelphie a été posée il y a six ou sept ans ; elle est du système Detrick, et a environ 1600 mètres de longueur.
- C’est une expérience que l’on a voulu faire et rien de plus.
- D’après M. Walker, le système Brook aurait été reconnu défectueux et impropre pour les installations urbaines.
- La Sectional underground Company, de Philadelphie, a construit une conduite en fonte de 0,275 m. m.+ 0,375 m. m. de section, formée de 15 1 compartiments séparés et posée à 0,60 c. m. au-dessous du sol, sur une longueur d’environ 1600 mètres.
- Les regards, dans cette conduite, n’ont que o,25 m. de diamètre environ et se trouvent en face de chaque maison ou terrain à bâtir, à environ 90 centimètres de la bordure du trottoir. C’est à ces endroits que se font les raccordements pour les fils des maisons.
- Cette conduite renferme environ 7200 mètres de fils, qui servent tous à l’éclairage électrique.
- La compagnie Edison a, de son côté, une canalisation pour son système souterrain particulier, et la Pennsylvania Electric Light Company a récemment terminé une conduite de 0,15 m. sur 1,20 m., qui n’a pas encore été livrée à l’exploitation.
- La Keystone Electric Light Company a construit 832 mètres de conduite dans laquelle elle a placé 15,ooo mètres de fils en câble Waring pour l’éclairage par incandescence. Ces fils ont fonctionné depuis le mois de décembre dernier, e't le câble, du reste, a été décrit dans La Lumière Électrique.
- L’American Telegraph and Téléphoné Company (compagnie de téléphones pour grandes distances) a posé 2683 mètres de conduite en bois
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- créosote, avec trous d’homme en briques de o,8om. sur i,3o m. formés par de lourds couvercles en fer. Cette conduite a une section extérieure de o,35 m. sur 0,40 m. La compagnie y a installé un certain nombre de câbles de dix fils qui fonctionnent parfaitement.
- A l’occasion de la réunion de février de l'Electric Light Association, la ligne entre New-York et Philadelphie a fonctionné presque continuellement, son usage ayant été concédé à titre gracieux aux membres de l’Association, pour lesquels on avait installé un appareil au siège de l’Assemblée.
- Les fils reliant les deux villes, étaient en partie aériens, et en partie souterrains ; la ligne passe en outre sous le fleuve Hudson. Ils ont bien fonctionné, mais nous devons ajouter qu’il s’agissait d’un'circuit métallique complet d’un genre particulier.
- La ville a consacré une somme de 1 2.5oo francs à des essais d’éclairage électrique avec conducteurs souterrains, pour le service municipal, l’installation devant appartenir à la Ville et être placée sous son contrôle.
- Elle a fait établir une conduite de o,o5o m. sur 0,062 m. de section intérieure, formée de planches de sapin noir de 0.025 m. d’épaisseur; dans cette conduite, deux câbles Waring ont été posés, et l’espace vide a été rempli de poix.
- La longueur de cette conduite est de 1586 mètres ; elle est posée à environ o,3o m. au-dessous des trottoirs et à 0,60 m. aux croisements des rues. Un des câbles est formé de onze fils tordus ensemble ; il est destiné à l’éclairage électrique ; l’autre est formé de fils téléphoniques. Dans les deux cas, l’enveloppe extérieure est un tube de plomb plissé.
- Le Professeur Walker se propose de poser environ 5 kilomètres de conduite en bois pour fils d’éclairage électrique. Bien que l’expérience lui ait démontré que ces fils pouvaient être placés dans la même conduite que des lignes télégraphiques et téléphoniques, il juge préférable de leur donner une canalisation séparée.
- A Boston, le seul système de conduite en usage pratique est un tuyau en fer forgé posé dans du béton, avec des trous d’homme de distance en distance. Cette conduite, dont la longueur est
- d’environ 5 kilomètres, est employée par les compagnies de téléphones.
- On l’enlève actuellement sur une longueur considérable, sans doute à cause d’une installation défectueuse ou de conducteurs imparfaitement isolés.
- On pose, en outre, des conduites en bois pour lignes télégraphiques ou téléphoniques, mais jusqu’ici on n’en a pas établi pour l’éclairage électrique.
- Les Etats-Unis ont délivré jusqu’à présent un nombre considérable de brevets pour des systèmes souterrains, tant pour le mode de construction, que'pour les matériaux employés ; on n’en compte pas moins de 480. Les uns sont pour fils mobiles, d’autresjpour fils permanents, isolés par l’asphalte, le grès, diverses sortes de plâtres, des chapelets ou tubes en verre, bois calciné et imprégné dégommés, résines, goudron ou poix, tuyaux unis en fer avec ou sans enveloppe isolante, et toutes sortes de câbles nus ou revêtus de métal.
- A part un certain nombre de systèmes connus, le plus grand nombre de ces brevets sont le produit d’inventeurs, ignorant les premières conditions que doivent remplir ces conducteurs.
- Le système le plus généralement employé pour les conduites souterraines, lorsqu’on ne dispose pas de canalisations telles que les égouts de Paris, est une combinaison de tubes ou tuyaux servant eux-mêmes d’isolateurs, et disposés de façon à être à l’abri des infiltrations de toute nature, eau, gaz, etc., avec des conducteurs bien isolés, faciles à placer et à retirer pour être renouvelés ou séparés. Par ce moyen, et en réservant des canalisations spéciales pour les courants intenses destinés à l’éclairage ou à la force motrice, on obtient un excellent service des conducteurs souterrains.
- Pour qu’un système de conducteurs électriques souterrain [puisse donner de bons résultats, dans le cas où l’on ne dispose pas d’une canalisation spéciale comme celle des égouts de Paris, il faut employer une combinaison de tuyaux ou de conduits, servant eux-mèmes d’isolants, et d’une construction telle que les fils soient complètement à l’abri des infiltrations de toutes sortes : eau, gaz, etc.
- Les fils conducteurs eux-mêmes doivent être par-
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- faitement isolés, et facilement accessibles pour les réparations et le renouvellement.
- Avec un système conçu dans ces grandes lignes, et en supposant bien entendu que l’on dispose des canalisations spéciales pour les conducteurs à courants intenses, de l’éclairage et de la transmission de force, le service des conducteurs souterrains ne doit pas donner lieu à de grandes difficultés*
- G. C. Haskins
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Variations diurnes intertropicales et variations annuelles du magnétisme terrestre, par Ch. Lagrange (»).
- Nous avons signalé dernièrement (Lumière Électrique du 21 mai) une très intéressante note sur le magnétisme terrestre ; l’auteur est encore revenu sur cette question. Nous avons déjà vu les résultats obtenus dans le cas des latitudes
- Été
- Toronto.............................. -4* o°6'
- 2
- TU
- Hobartown............................ -—17-40'
- Ces nombres signifient que les courants annuels s’écartent peu, en moyenne, de la direction perpendiculaire aux méridiens magnétiques ; ces courants, supposés marcher toujours de l’est à l’ouest, ont, en hiver, leur résultante au-dessus de la surface de la Terre; en été, au-dessous.
- De ces résultats et des précédents, on peut, d’après l’auteur, conclure « qu'il existe, dans l’atmosphère et dans la terre un système de courants marchant de l’est à l’ouest, dont les couches de plus grande intensité (ou du moins les couches d’action résultante sur l’aiguille) pénètrent l'atmosphère et s’abaissent pendant ia saison chaude iusque sous la surface terrestre, pour se relever ensuite dans la saison froide. (Ce système paraît
- moyennes, voyons maintenant ce qu’indiquent les observations des stations intertropicales.
- Des observations de Bombay et Sainte-Hélène, on conclut que, les courants marchent de l’est à l’ouest du matin jusque dans l’après-midi, de l'ouest vers l’est dans la soirée et la nuit. Il faut en conclure que la région du potentiel maximum est en arrière du Soleil dans sa marche diurne, fait qui concourt avec la déviation due à l’action de la Terre pour produire l’effet que résume la deuxième loi.
- Variations annuelles.— L’auteur a appliqué aux variations annuelles la même méthode que pour les variations diurnes, et il cherche la trace sur l’horizon du plan du courant qui dévie l’aiguille de sa position séculaire à sa position annuelle.
- On trouve, par exemple, qu’à Torento, la tracé du plan change brusquement de direction , en sens diamétralement opposés, aux équinoxes ; à Hobartown, ces changements brusques ont lieu à l’équinoxe du printemps et au solstice d’hiver, et, en outre, pendant les périodes correspondantes l’angle du plan du courant et du méridien magnétique oscille autour de -rr/2 et 3tt/2. Les directions moyennes sont dans les différentes saisons, à Toronto et à Hobartown :
- Automne Hiver Printemps
- ~~ + 7°41’ Lîc_35»63' -- 23-28'
- z 2 2
- ~- + 43-24' ^ — 40-59' ~ + 3g°38'
- prouver la réalité du système général des courants d’Ampère, étendu à la terre et à l’atmosphère). »
- L’existence de ces courants étant ainsi établie par les observations, on peut, en réservant la question de la conductibilité des conducteurs, et en se rappelant que l’énergie calorifique d’un courant croît avec son intensité et avec la résistance du conducteur qu’il parcourt, tirer les conséquences suivantes. »
- « i° La pénétration des couches inférieures de l’atmosphère par des couches déplus grandeinten-sité des courants annuels et l’accroissement simultané de la température se présentent dans une relation de cause à effet ;
- « 20 L’existence des courants dans l’atmosphère
- p) Comptes Rendus, v. CIV, mai 1887.
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- entraîne comme conséquence, pour la raison rappelée plus haut, uqe diminution de la température avec la hauteur.
- Les courants, tels qu’ils sont mis en évidence par les observations magnétiques, sont, par conséquent, un des facteurs du système thermique du globe.
- D’après l’auteur, ils pourraient même en être le principal ; cette conclusion nous paraissant quelque peu hasardée, nous citons textuellement:
- « Cette induction est confirmée par un autre fait de la Physique terrestre qui, jusqu’à présent, n’a pas, je pense,reçu d’explication satisfaisante: les courants dont nous nous occupons doivent, par l’action (séculaire) de la Terre, tendre à se placer perpendiculairement aux méridiens magnétiques, et même à rapprocher leurs plans de celui de l'équateur magnétique. S’ils sont la cause principale de la distribution des températures, les pôles magnétiques doivent coïncider avec les pôles du froid, et c'est ce que l’on observe en effet.
- On voit que la discussion des observations magnétiques, non seulement met en évidence l’existence et le mode de distribution des systèmes électro-magnétiques diurne et annuel, mais fait découvrir aussi, par une suite de déductions très simples, un lien fondamental rattachant les faits de la Météorologie à ceux du Magnétisme terrestre ».
- E. M.
- Sur la polarisation du cuivre par l’extension de sa surface de contact avec un liquide conducteur, par M. Kroucbkoli (>).
- L’auteur a étendu aux métaux solides les recherches faites par M. Lippmann sur les variations d’état électrique (polarisation) que subit le mercure en contact avec un liquide conducteur quand on fait varier mécaniquement la surface.
- Dans ses premières expériences, l’auteur a
- étudié les phénomènes relatifs au couple cuivre, eau distillée, avec 2 0/0 de sulfate de soude.
- La variation de surface s’obtient par l’extension d’un fil de cuivre traversant un tube central rempli de liquide et communiquant par des trous avec un tube extérieur contenant une électrode témoin ; en outre, il peut être mis en communication par un siphon, avec un vase contenant une électrode impolarisable (une lame de cuivre plongeant dans du sulfate du même métal). Si l’on réunit aux bornes d’un électromètre capillaire l’électrode témoin et le fil de cuivre, on constate que ce dernier devient négatif au moment où il s’allonge. On peut s’assurer que ce phénomène n’est pas un phénomène thermo-électrique. En effet, si l’on chauffe directement le tube central, le sens du phénomène thermo-électrique est contraire au précédent.
- Si au lieu de laisser le fil à l’état naturel, on le polarise fortement, pour une certaine polarisation, le sens du phénomène est renverse : l’extension rend le fil positif. Il est aisé de mesurer la force électromotrice de polarisation, par une méthode de réduction à zéro, sans supprimer le courant polarisant ; pour cela, l’auteur polarise le fil au moyen de'l’électrode .impolarisable et il le compare à l’électrode témoin, en compensant la force électromotrice à l’aide d’une dérivation prise sur une pile étrangère, et contenant l’électromètre.
- Le renversement a lieu, pour le cuivre en contact avec l’eau distillée , lorsque la force électromotrice de polarisation est de 1,27 volt-, pour le cuivre en contact avec l’eau contenant 2 pour 100 de sulfate de soude, la force électromotrice a varié de o, 3 04 à 0,348 volt.
- Ces forces électromotrices sont donc celles pour lesquelles la variation de surface de contact ne produirait aucun effet électrique, ce qu’on explique facilement, du reste, dans l’hypothèse de la couche double ; cette force représente la force électromotrice vraie du contact du métal et du liquide, comme nous l’avons vu dans la méthode de M. Pellat.
- E. M.
- (l) Comptes Rendus, t. CIV, 23 mai 1887.
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- Coups de foudre remarquables f1).
- On enregistre de temps en temps des coups de foudre, remarquables par leur apparence ou les effets qu’ils produisent : le 4 avril, à Martrée, (Orne), pendant un orage, un fil télégraphique a été complètement détruit sur une longueur de 15o m.
- Certaines parties du fil étaient absolument calcinées , d’autres pliées et soudées entr'elles. Les poteaux et les isolateurs n’ont pas souffert.
- Les arbres très voisins n’ont pas été atteints, du moins gravement, mais la terre autour des maisons a été criblée de petits trous.
- Les dégâts, du reste, ne se sont pas bornés à la ligne ; la foudre a passé de là dans une maison où elle a présenté l’aspect remarquable d’une boule de feu , ce phénomène affirmé si souvent, et si longtemps nié.
- Le i3 mai, à Eza, près de Menton, deux coups de foudre, d’une violence incomparable, ont détruit, l’un, une partie de l’église, l’autre une ancienne construction romaine.
- E. M.
- Sur une double série d’appareils de mesures électriques, pour des courants d’un millième de micro-ampère, à mille ampères et pour des potentiels jusqu’à, quarante mille volts, par Sir W. Thomson (2).
- Une des conditions indispensables que doit remplir un instrument de mesure, est que son emploi ne modifie en rien la quantité ou l’effet à mesurer.
- Si cette condition n’est pas remplie, comme c’est essentiellement le cas avec les instruments de mesures électriques, qui ne sont pas maintenue d’une façon permanente dans le circuit, ou système électrique auquel il sont appliqués, on ne mesure en réalité que l’effet avec les modifications apportées par l’instrument de mesure, et quelles
- (q Voir Comptes Rendus, t. CIV, 28 mai 1887.
- (-) Conférence faite à la Société philosophique de Glascoiv et communiquée par l’auteur.
- que soient les circonstances, le résultat doit être interprêté dans ce sens.
- Supposons, par exemple, qu’on désire mesurer le diamètre d’un fil fin ou d’un filament de charbon pour une lampe Edison-Swan, ou d’un cheveu, d’une fibre de cocon, etc. ; si la mesure est faite au moyen d’un microscope et avec un appareil optique approprié, la quantité mesurée n’est en aucune façon modifiée par l’instrument de mesure. Mais si la mesure est faite au moyen d’une jauge ordinaire à vis, ou avec tout autre dispositif mécanique, il est impossible d’éviter une diminution du diamètre mesuré, par suite de la pression de l’appareil de mesure, ce qui donne lieu à une légère incertitude, même pour la mesure de fils d’acier et de cuivre); l’erreur pourra être considérable si l’on a affaire à une matière plus tendre.
- L'instrument de mesures électriques qui remplit le mieux cette condition, de ne pas modifier la grandeur considérée, est l’électromètre, appliqué à la mesure des différences de potentiels entre différents points d’un fil ou d’une masse métallique dans laquelle circule d’une manière continue, de l’électricité fournie par une pile, une machine dynamo, ou toute autre source d’électricité.
- L’isolation des électromètres est si près d’être complète que la conduction de l’électricité à travers l’instrument ne diminue pas sensiblement la différence de potentiel des points de contact des électrodes.
- Sous ce rapport, l’électromètre serait donc parfait, mais, malheureusement, ce n’est que pour des potentiels de 400 ou 5 00 volts, que l'élec-tromètre devient un appareil de mesure commode et assez exact pour la pratique ordinaire.
- Pour des potentiels moindres que 400 volts, la solution pratique, dans le cas de l’éclairage électrique est réalisée au moyen d’un instrument de mesure de courants , avec une résistance connue intercalée dans son circuit.
- L’électromètre à quadrant est cependant un instrument de mesure différentiel utile dans beaucoup de cas et surtout pour la mesure de l’isolation des câbles sous-marins, et pour déterminer les qualités des différents isolateurs.
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- Avec la disposition la plus sensible de l’électromètre à quadrant, on peut observer environ i/ioo de volt, et avec des dispositions particulières,
- ( méthodes hétérostatiques etidiostatiques) l’électromètre peut être employé pour mesurer jusqu’à 3oo ou 400 volts,
- 11 a été décrit en détail daus le Rapport sur les électromètres et les mesures électrostatiques, et fait l’objet de l’article XX de mes Travaux sur Vélectricité statique et le magnétisme ; il n’y a pas lieu d’y revenir.
- Le nouveau voltmètre-balance que j’ai construit dernièrement est un instrument étalon ( idiosta-tique) qui permet de mesurer de 460 à 1000 volts; c’est un condensateur à air, dont l’une des armatures peut prendre un mouvement de rotation, de manière à varier sa capacité (1).
- Il y a quelque risque à faire passer une étincelle entre la plaque mobile et l’un ou l’autre des quatre quadrants entre lesquels elle se déplace.
- Le potentiel le plus élevé pour lequel l’appareil peut servir est d’environ 10.000 volts.
- Pour des potentiels plus élevés, le seul électromètre-étalon employé pratiquement à ma connaissance est l’électromètre à très grande échelle. (Voir Collected Papers ou Électrostatics and magné-tism, § § 382 et 383 ).
- Mais, mon expérience des instruments à poids pour les balances électriques en général, et surtout du voltmètre électrostatique, m’a donné la conviction qu’une balance électrique permettant de peser la force d’attraction directe entre une plaque fixe et un disque mobile, constitue la meilleure forme d’électromètre absolu pour tous les potentiels dépassant 8,000 ou 10,00 volts, et j’espère pouvoir prochainement présenter un ins. trument commode de ce genre, destiné à mesurer de 10,000 à 40,000 volts et peut-être même jusqu’à 70,000 ou 80,000 volts, bien qu’on ne puisse guère s’attendre à une grande demande d’appareils semblables, au moins, autant qu’on en peut juger par l’état actuel de l’électrotechnie.
- L’électromètre est aussi commode pour la mesure des potentiels électriques des circuits à courant continu que pour les conrants alternatifs.
- (*) Nous laissons de côté la description du voltmètre balance qui a déjà paru dans La Lumière Electrique; Voir Correspondance anglaise du 4 mai 1887.
- N. D. L. R.
- Pour cette dernière application, le résultat que l’on obtient est la racine carrée de la valeur moyenne du carré de la différence de potentiels entre les points considérés.
- L’éclairage électrique et la transmission électrique de la force utilisent actuellement des potentiels allant de 700 à 2,000 ou 3,000 volts et le voltmètre électrostatique convient particulièrement à ces cas,
- La méthode qui revient à mesurer des poten, tiels par la mesure du courant à travers une résistance connue peut également servir même pour ces potentiels très élevés, mais l’électromètre est préférable à cause des bobines de résistance coûteuses et encombrantes, qui sont nécessaires quand le potentiel dépasse 600 ou 700 volts.
- Pour des potentiels [inférieurs à 5oo volts, la méthode du galvanomètre avec résistance est commode et très pratique. Nous sommes ainsi amené à considérer les appareils de mesure du courant, la seconde de nos deux séries d’appareils.
- En commençant avec les appareils de mesure pour les courants les plus faibles, je puis mentionner le galvanomètre astatique à miroir introduit par moi, il y a environ 28 ans, et qui est aujourd’hui très appliqué aux essais de laboratoire et de télégraphie.
- Cet instrument peut être réglé pour mesurer des courants depuis i/5ooooooo de milliampère avec une bobine de àooo à 10000 ohms. Il possède encore ce grand avantage que sa sensibilité peut être variée facilement sur une très large échelle-on peut ainsi mesurer avec le même instrument, depuis le i/5ooooooo de milliampère jusqu’au millième de milliampère.
- Le professeur F. P. Langley de l’observatoire d’Alleghany aux Etats-Unis a dernièrement employé pour ses expériences de radiation un de ces instruments, qu’il avait fait construire spécialement et auquel ii avait apporté plusieurs perfectionnements importants, comme par exemple l’emploi d’une très longue fibre de suspension et un miroir très parfait. Il a constaté qu’un instrument n’ayant qu’une résistance de 20 ohms pouvait mesurer avec beaucoup d’exactitude jusqu’à deux millionièmes de milliampère.
- Pour les essais télégraphiques ordinaires, ces galvanomètres sont généralement réglés pour mesurer des courants jusqu’à environ un millionième de milliampère ; pour des cas spé-
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- ciaux, comme par exemple la mesure de l’isolation de petites longueurs de câbles sous-marins, on utilise souvent des sensibilités aussi grandes que celles citées plus haut.
- L’appareil pour mesurer les courants, généralement appelé galvanomètre, est essentiellement magnétostatique, que ce soit le galvanomètre des sinus, des tangentes ou une des différentes variétés du galvanomètre à miroir ; cest-à-dire que c’est un instrument dans lequel on emploie un aimant directeur pour équilibrer la force électromagnétique exercée sur une aiguille d’acier aimantée, par un conducteur ou une bobine traversé par le courant qu’il s’agit de mesurer.
- Dans la forme primitive des galvanomètres des sinus et des tangentes toujours employés pour des mesures électriques importantes, c’est la terre qui constitue l’aimant directeur, mais ce n’est que dans un endroit éloigné de machines dynamos et de fils servant de conducteurs à des courants continus [*) pour l’éclairage électrique, que le champ magnétique terrestre suffit pour un galvanomètre des sinus ou des tangentes. Si l’on veut obtenir une certaine exactitude, de sorte que dans les bureaux télégraphiques, dans les usines, etc., il est générablement préférable, sinon absolument nécessaire, d’employer un champ magnétique beaucoup plus fort que celui de la terre pour équilibrer l’aiguille d’un galvanomètre.
- Mais que cet aimant soit la terre ou un aimant d’acier, sa force est essentiellement variable, et, par conséquent, avec galvanomètre magnétostatique, il est indisdensable de déterminer de temps en temps la constante du galvanomètre, au moyen de laquelle on peut calculer la valeur absolue du courant mesuré, ou bien, il faut pouvoir régler le champ de nouveau, de manière à donner une valeur absolue, commode aux lectures de l’échelle de l’instrument.
- Il y a 16 ou 17 ans, j’ai introduit une forme de galvanomètre des tangentes qffi.Qn:p.oiïrraiî appeler le galvanomètre en roues à aube, à cause de la forme de ses deux bobines.
- Les bobines de cet instrument, symétriques par rapport à l’aimant, peuvent être réglées à une distance quelconque de celui-ci, ce dernier est
- (’^Le voisinage d’un conducteur de courants alternatifs, quelle que soit leur intensité, ne modifierait pas le champ magnétique terrestre pour un galvanomètre des sinus ou des tangentes.
- composé d’une petite aiguille ou d'un groupe de petites aiguilles suspendues à upe fibre de cocon portant un index d’environ 8 centimètres de long mobile sur une échelle à divisions inégales, proportionnelles aux tangentps des déviations. L’aiguille est généralement actionnée par le champ terrestre seul, mais pour les expériences de laboratoire, on place un aimant, pour augmenter ou diminuer la force directrice.
- Cet instrument, quoiqu’il puisse donner des résultats absolus d’une grande exactitude dans une pièce à l’abri des perturbations magnétiques, a été remplacé par mon galvajtortlètre gradué (*) qui est beaucoup plus coinnapde pour les divers usages, et qui s’est fort répandu depuis son apparition, il y a cinq ans.
- Cependant je dois dire qu’il ne m’a jamais satisfait complètement et je me suis toujours occupé depuis à combiner un galvanomètre des tangentes magnétostatique réglable à volonté, et qui soit à la fois plus commode pour les usages pratiques, et d’une plus grande exactitude pour les recherches scientifiques. J’espère, du reste, être prochainement à même de à construire un pareil instrument.
- J’ai également fait de grands efforts durant ces dix dernières années, pour obtenir des instruments étalons, constants pour la mesure des courants, mais sans être encore arrivé à la perfection.
- L’année dernière, j’ai construit un appareil de démonstration basé sur cette remarque de Faraday, sur la tendance d’une sphère d’un cube ou d’un barreau court de fer doux, de se déplacer dans un champ magnétique variable pour venir aux points d’intensité maximum (*).
- Deux de ces appareils montés en volt-mètres fonctionnent dans l’installation d’éclairage électrique de mon laboratoire, et ont bien fonctionné.
- Quelque pratiques qu’ils se soient montrés , je n’en suis pas absolument satisfait, parce qu’ils supposent l’emploi du fer doux, avec lequel le magnétisme rémanent peut toujours donner lieu à des perturbations, que j’ai réussi à maintenir dans de certaines limites, mais non à éliminer complètement, au moyen d’un inverseur de courant.
- Par suite, je me suis retourné vers le principe
- f1) Brevet n" 5G68, 26 décembre 1881. (2) Brevet n° 2028 du 4 avril i883.
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- des forces mutuelles développées entre les diverses parties d’un circuit, découvert par Ampère et utilisé, en premier lieu, par Weber dans son électrodynamomètre; j’ai obtenu ainsi, un instrument étalon constant, pour la mesure des courants électriques, et indépendant de l’emploi du fer doux.
- Après plusieurs essais, j’ai réussi, il y a cinq ans, à faire une balance électrodynamique avec laquelle j’ai fait un grand nombre d’expériences, et, dans ces trois derniers mois, j’ai pu faire des mesures exactes de courants depuis 20 milliampères à 200 ampères, avec quatre instruments (1), basés sur le même principe de l’attraction et de la répulsion de deux bobines fixes sur une bobine mobile, et dont .la résultante est équilibrée par un poids mobile.
- D’ici peu, nous espérons que ces appareils seront: construits pour l’usage pratique.
- Sur la détermination expérimentale du travail d'aimantation, par Wassmuth et G.-A. Schilling (2).
- Si l’on approche d’un aimant un fragment de fer doux et qu’on l’en éloigne ensuite assez rapidement pour que l’aimantation de l’aimant permanent n’en soit pas diminuée, le travail dépensé, W, pour éloigner le fer doux, est plus grand que celui qui a été gagné, L, en l’amenant au contact avec l’aimant permanent ; l’attraction est en effet plus forte, lorsqu’on éloigne le fer doux au contact que lorsqu’on l’y amène. La différence L—W = A n’est autre chose que le travail exigé par son aimantation.
- Les auteurs ont utilisé un ellipsoïde de rotation en fer doux et un électro-aimant produisant un champ suffisamment homogène, pour pouvoir admettre que la force magnétisante ait la même valeur le long de l’axe de rotation de l’ellipsoïde.
- Le moment magnétique d’un centimètre cube étant p., le travail d’aimantation exigé par 1 centimètre cube de fer doux est alors, d’après la théorie,
- A = x(j. — Jjj, dx = Jx dtx
- f1) Voir, pour la description de ces appareils de Sir W. Thomson, notre correspondance d’Angleterre.
- N. D. L. R.
- [-) Berichte der Wiener Acad., vol. XCIV; 1886. — Wiedemann Beiblætter.
- l’intégration devant être effectuée sur le centimètre cube considéré.
- MM. Wassmuth et Schilling ont vérifié expérimentalement cette relation.'.Dans la disposition expérimentale à laquelle ils se sont arrêtés, l’ellipsoïde était suspendu à l’extrémité du fléau d’une balance, de manière que son axe de rotation fût horizontal et dans le même plan vertical que les noyaux d’un puissant électro-aimant à armatures très développées.
- L’ellipsoïde pouvait être placé à différentes hauteurs \ dans le champ, et on mesurait à l’aide de la balance l’attraction p ainsi exercée. En construisant une courbe ayant les \ comme abscisses et les p comme ordonnées, la variation du travail
- L = J (x d x
- est donnée par l’aire déterminée par cette courbe. La force magnétisante x et le moment u ont été mesurés par les courants induits dans une bobine fixe placée dans le champ à la suite de l’invertion de la polarité des électro-aimants; la même mesure répétée en laissant l’ellipsoïde dans le champ, donnait les moyens de déterminer p..
- Les mesures ont confirmé de tout point les déductions théoriques. Elles ont montré, en particulier, que le travail correspondant à un déplacement du fer doux est égal à la variation correspondante de en sorte que le travail d’ai-
- mantation proprement dit est égal à la variation de fxd[j.. Si on considère des forces magnétiques telles qu’on puisse admettre la proportionnalité de l’aimantation du champ, p. est proportionnel à x, les intégrales
- Jxd p et fii.dx
- donnent la même valeur 1/2 x p.. Le travail d’aimantation est alors proportionnel àx2. On conçoit facilement les détails d’une méthode basée sur cette relation et permettant de mesurer la force magnétisante. A. P.
- Sur les perturbations électriques qui précèdent les tremblements de terre, par J. Luvini(').
- Le R. P. Sampieri a publié en 1873 quelques articles sur Y Électricité et les tremblements de terre;
- f1) Nnevo Cimento, Section, 3, 1887.
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- son attention avait été attirée sur ce sujet par une observation faite par un employé télégraphiste à Savignano, le 12 mars 1873.
- En recevant une dépêche, les signaux se confondirent tout-à-coup, et peu d’instants après, un tremblement de terre eut lieu.
- A la suite d’une note présentée par le R. P. Sampieri à 1’Institùt Royal Lombard, la direction générale des télégraphes ordonna par circulaire à ses employés de signaler à 40 kilomètres au moins tout tremblement de terre , et d’observer les courants terrestres à ce moment.
- A la suite de cette circulaire, on a obtenu les données suivantes :
- i° A Castrovillari, le ier août 1879, dès le commencement du tremblement de terre, l’aiguille de la boussole dévia de 8° par courant négatif, et cette déviation ne diminua que peu à peu, l’aiguille ne revenant au zéro qu’une neure après.
- 2° Le 9 août 1879, un employé du bureau d’Urbin observa une déviation de la boussole de 5 degrés par courant négatif, pendant que le bureau ne communiquait avec aucune autre station; quelques minutes après, un tremblement de terre eut lieu dans la direction S. E. — N. O.
- 3° Le matin du 3 février 1880, l’employé du bureau de San-Godenzo, (ligne Florence, Rocca San-Casciano, Castrocaro Forli), observa une grande agitation de l’aiguille de la boussole pendant que les appareils étaient arrêtés ; un tremblement de terre ondulatoire, direction N. S., survint peu après, l’aiguille indiquait alors 14°.
- Le même jour, un tremblement de terre fut ressenti à Urbin et à Bologne.
- 40 Le 2 mars 1880 à 12 h. 3 1' de l’après-midi, 1’employé du bureau de Spezzano Albanese (ligne Lagonero, Mormano, Morano Calabre, Castrovillari, Spezzano Albanese Cosenza) vit l’aiguille de la boussole se mouvoir lentement jusqu’à io° par courant négatif. — Quelques secondes plus tard le tremblement de terre eut lieu. — Peu de temps après il entendit le bureau de Cosenza qui annonçait le tremblement de terre à celui de Castrovillari. Ce même jour, à 6 h. 3o du matin, on avait ressenti une secousse à Foggia.
- Le R.P. Sampieri a fait observer que le courant qui prend naissance à cause du tremblement de
- terre est généralement négatif \ ( contraire de celui envoyé par le pôle positif de la ligne), c’est-à-dire comme si le courant venait de la terre.
- Le professeur Domanico Regona, d’autre part, observa les courants telluriques, pendant divers tremblements de terre, au moyen d’un galvanomètre très sensible, communiquant d’une part avec la terre et de l’autre avec une barre de fer s’élevant verticalement sur le toit, et il constata de forts courants dirigés du sol vers l’atmosphère.
- En rapprochant ces observations, le R. P. Sampieri , se rapportant à cette théorie d’après laquelle la vapeur d’eau est électrisée positivement, est porté à croire que la cause principale des commotions du sol est due à la vapeur d’eau qui se développerait subitement en très grande quantité .
- Ces observations donneraient donc le moyen tant recherché d’annoncer un tremblement de terre, une ou deux minutes avant son arrivée. La vitesse de propagation du tremblement de ferre peut être de 40 à 80 kilomètres par minute; l’annonce télégraphique sismique, arrivera au moins une minute d’avance aux stations situées à 60 kilomètres.
- Désirant savoir si, pendant les récents tremble, ments de terre, on avait fait des observations semblables aux précédentes, l’auteur s’est assuré que dans deux stations seulement on a observé des déviations de l’aiguille du galvanomètre.
- i° Le z3 février 1887, à Milan, pendant la manifestation du phénomène, M. Rondoni observa sur une ligne ayant une direction constante N. S., un courant de 5 degrés avec une boussole de 1000 tours non shuntée; ayant fait la même observation sur une ligne presque perpendiculaire, il n’obtint aucun courant.
- 2" Le ti mars 1887, à 3 h. 18, on ressentit à Bra, trois secousses dans lia direction S. E. —‘N. O.; l’aiguille de la boussole marqua 3 degrés par courant négatif pendant 7 minutes.
- Le petit nombre de ces observations pourrait faire croire que la circulaire de 1873 a étéquelque peu oubliée.
- Comme il est difficile que dans les stations télégraphiques l’on puisse donner toute l’attention voulue à de pareilles observations, il serait utile que l’on établisse dans des stations choisies des enregistreurs automatiques, soit sur les lignes
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- télégraphiques elles-mêmes, soit sur des conducteurs spéciaux tels que ceux du professeur Regona-
- La boussole pourrait servir de relais et former un circuit local de manière à enregistrer le cou rant tellurique (sismique) positif ou négatif.
- Si, en se servant du dispositif usité par le professeur Regona, on craignait la foudre, on pourrait remplacer la barre dt, fer par une lampe, ou un bec de gaz bien isolé, placé dans une chambre quelconque, et dont la flamme serait en bonne communication avec le sol, au moyen d’un fil dans lequel serait inséré le galvanomètre enregistreur. ___________ E. M.
- Propriétés magnétiques du corps humain, par
- F. Kohlrausch.
- Disons tout de suite qu’il ne s’agit pas ici des soi-Jisant polarités humaines ; du reste, le nom de l’auteur aura déjà pu rassurer le lecteur qui s’en tiendrait au sommaire seulement.
- Non, il s’agit ici de quelques expériences relatives au signe de la constante magnétique de la matière du corps humain, et dont les résultats ont été présentés à la Société physico-médicale de Wurszburg (janvier 1887). Il en résulte que le corps humain est légèrement diamagnétique ; on pourrait, il est vrai, supposer que c’est l’eau qui lui donne ces propriétés, mais il est facile de s’assurer que les os ou des fibres musculaires desséchées présentent également ce caractère.
- ___________ E. M.
- Les accumulateurs à la lithanode de M. Desmond
- Fitz-Gerald.
- Nous avons eu déjà, à plusieurs reprises, l’occasion de discuter ks conditions de fonctionnement et de rendement du nouvel accumulateur de M. Fitz-Gerald et nous avons, en particulier, rendu compte d’un rapport présenté par l’auteur à Y Association britannique lors de la session de Birmingham (*).
- A l’une des dernières séances de la Société des Ingénieur ^-Électriciens, de Londres, M. Fitz-Gerald a fait une communication très intéressante sur les accumulateurs en général, et leurs meilleures conditions de fonctionnement et a donné de nouveaux détails sur son accumulateur à la lithanode.
- fl) Voir La Lumière Électrique, vol. XXII, p. 129.
- A la suite de cette communication, une discussion très nourrie et dont nous rendrons compte également s’est engagée et a montré avec quel intérêt la question si importante des accumulateurs est suivie de l’autre côté du canal. .
- On s’est, jusqu’ici, adressé aux phénomènes électro-chimiques seulement pour obtenir la solution pratique de l’accumulation de l’énergie électrique; ces moyens électro-chimiques ne peuvent pas être considérés dans leur état actuel comme parfaits, pas même au point de vue scientifique, encore moins au point de vue pratique; il faut s’attendre dans ce domaine à de nouveaux progrès qui ne tarderont par à se faire bientôt jour.
- Un accumulateur est surtout caractérisé par la quantité d’énergie électrique qu’il peut emmagasiner par kilogramme ou, en d’autres termes, par le nombre de kilogrammes nécessaires pour l’accumulation d’un travail de 1 cheval.
- Le tableau suivant donne ces deux éléments pour un certainnombre d’accumulateurs de différents types ; les renseignements qu’il ren tc*rme sont empruntés aux autorités les plus compétentes :
- Capacité pur kilog. tic plomb Pubis on kilogrammes par H P
- kilogi'iuu- tnètres Wiitt- lioures (les plaques de la batterie
- Planté Faure (anc. modèle) — (nouv. modèle) 3664 I 3 1— 780
- E.P.S.C. plaque L.. 14600 (rj 39.8 (?) — 5o
- — plaque R,. 1 IOIO 3o — —
- — plaque S.. 9540 26 3o 61.3
- Reynier, pl.dc zinc — — 23 53.4
- — forme Planté Accumulateur à la lithanode : 47.6
- Ancien modèle 121 IO 33 19.1 34.5
- Modèlcde V Us ion C° 14671 39.6 '9 3i .5
- La quantité d’énergie emmagasinée par kilogramme de plomb n’est pas le seul point important dans le choix d’un accumulateur. Il faut aussi considérer les conditions de la décharge;
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- on sait, par exemple, que le rendement de l’accumulateur diminue très vite avec la rapidité de la décharge.
- Ainsi, une batterie à la lithanode donna par livre de plaque 9,32 ampères-heures avec un courant de décharge de 0,446 ampère et seulement 8,6 ampères-heures avec 0,64 ampère.
- Les recherches de M. Fitz-Gerald l’ont conduit à envisager les phénomènes chimiques qui ont lieu dans l’accumulateur sous une forme un peu différente de celle qui a été généralement admise à la suite des recherches de MM. Gladstone et Tribe.
- On sait que ces derniers ont démontré qu’il se forme pendant la décharge de la batterie, sur la plaque négative, du sulfate de plomb insoluble et de faible conductibilité qui, en pénétrant dans les pores de la couche de péroxyde, l’isole peu à peu de la plaque métallique. Si ce phénomène avait lieu réellement de cette manière, il en résulterait une augmentation très considérable de la résistance de l’élément et partant une diminution correspondante de l’intensité du courant; or même les observations de Gladstone et Tribe ne démontrent pas l’existence de ce fait; la quantité de péroxyde réduit pendant les deux premières heures de la décharge, futde 3,6 0/0, de 8 o/odans l’heure suivante et de 10 0/0 dans la quatrième.
- Cette quantité diminue ensuite, mais on peut attribuer cette diminution à une baisse de la force électromotrice de l’élément.
- Gladstone et Tribe ont donné une formule généralement admise pour expliquer les actions chimiques qui ont lieu dans les accumulateurs au plomb et à l’eau acidulée; cette formule
- P b O2 -f- 2 H2 S04 + P b = 2 Pb S04 4- 2 H2 O
- indique que tout le péroxyde de plomb est transformé en sulfate; il en résulte, en outre, que la force électromotrice ne devrait pas varier aussi longtemps qu’il reste du péroxyde. D'après M. Fitz-Gerald, il est impossible d’admettre l’exactitude de cette formule pour toute la durée de la décharge.
- Contrairement aux expériences de Barker qui avait cru pouvoir conclure que la force électromotrice de l’élément reste constante tant que le péroxyde n’est pas complètement réduit en sulfate, l’auteur a trouvé qu’elle diminue jusqu’à devenir pratiquement nulle bien avant que la dernière trace de péroyde ait disparu.
- Cette observation avait déjà été faite par Swin-burne. Il en résulte donc que la formule ci-dessus ne peut être exacte que si le péroxyde est recouvert par la couche de sulfate et rendu ainsi neutre pendant que la plaque de plomb est polarisée par le dégagement de l’hydrogène. Mais à circuit ouvert, c’est-à-dire sans polarisation, et en employant une électrode de péroxyde de plomb sans plaque métallique, on doit obtenir, en partant de la formule précédente, une force électromotrice constante, tant qu’il reste encore du péroxyde ou au moins tant qu’il en reste les trois quarts.
- M. Fitz-Gerald a étudié cette conclusion tirée de la formule de Gladstone et Tribe de la manière suivante : Il a formé deux accumulateurs comprenant l’un une plaque de plomb métallique spongieux comme électrode positive et une lame de platine recouverte de péroxyde de plomb comme électrode négative, l’autre la même électrode positive mais, comme électrode négative , une lame de platine recouverte d’un mélange de deux parties en poids de péroxyde avec une partie de sulfate de plomb.
- En fermant le circuit des deux accumulateurs sur un galvanomètre et une résistance de 60000 ohms environ, on observe avec le premier une déviation de 13o divisions de l’échelle, correspondant à une force électromotrice de 2 volts.
- L’accumulateur étant mis en court-circuit pendant une ou deux minutes, cette déviation diminue rapidement et devient nulle pour reprendre sa valeur primitive si l’on ouvre le circuit pendant quelques instants.
- Le second accumulateur donne à l’origine la même force électromotrice ; mais celle-ci diminue rapidement et devient égale à 1 volt après quelques minutes. Une mise en court-circuit de une seconde amène la déviation du galvanomètre à 20 divisions environ ; elle remonte ensuite en quelqnes minutes à 67. Ces mesures démontrent donc l’existence de l’action du sulfate sur la réduction du péroxyde ; cette action est encore plus sensible dans la lithanode qui ne se compose que de péroxyde de plomb sans plaque métallique.
- Il est très intéressant de pouvoir déterminer facilement le teneur en peroxyde d’une électrode donnée et particulièrement d’une électrode à la lithanode. M- Fitz-Gerald mélange à cet effet la matière de l’électrode, préalablement réduite en
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- poudre fine, avec une solution de protosulfate [de fer acidule'e avec un équivalent d’acide chlorhydrique en quantité suffisante pour que le mélange ne bleuisse plus sous l’influence d’une goutte de cyanure de fer.
- Il est avantageux de triturer le mélange dans un mortier renfermant la solution de protosulfate chauffée 340° environ. On arrive facilement après un essai préliminaire à mélanger juste la quantité nécessaire pour transformer tous les sels ferreux en sels ferriques.
- Si l’on ajoute trop de poudre à la solution, on observe une coloration rouge brique accompagnée d’un dégagement de chlore. On trouve ainsi que 7,8 grammes de sel ferrëux [F2 S04 7 H20] sont équivalents à 1 gramme de chlore ou à 3,36 grammes de Pè02.
- L’auteur a trouvé ainsi qu’une de ses anciennes plaques à la lithanode renferme 70,7 0/0 de peroxyde, sa capacité étant de 16 ampères-heures pour une différence de potentiel supérieure à 1,8 volt. Une de ces plaques étant combinée à une plaque de plomb spongieux comme électrode négative, et formant ainsi un élément, celui-ci fut déchargé jusqu’à ce que la différence de potentiel devint égale à 1,8 volt. Le résultat de cette expérience fut. que 22 0/0 de peroxyde seulement avait été réduit pour une diminution de force électromotrice de 10 0/0.
- Or, une livre avoirdupoids (453,6 gr.) de li. thanode renferme 320,3 grammes de péroxyde Si celle-ci est épuisée avec une électrode de plomb spongieux, la plaque perd 70,9 grammes de péroxyde correspondant à 15,9 ampères-heures. On peut donc admettre que, lorsqu’il n’y a pas d’action locale, ce qui est le cas des accumulateurs à la lithanode, la capacité de la batterie est rigoureusement proportionnelle à la quantité de péroxyde réduit.
- Au point de vue de l’état actuel de la pratique desaccumulateuis,le résultat atteint: 16 ampères-heures de capacité par livre d’électrode négative, est très beau ; mais au point de vue théorique son importance diminue, puisque 70,9 gr. de péroxyde seulement sont réduits sur 320,3. On voit qu’il y a là encore de la marge pour des perfectionnements futurs.
- M. Fitz-Gèrald n’a pas pu parvenir a établir une formule représentant avec assez d’exactitude les réactions qui ont lieu dans l’élément; il lui paraît cependant probable que le péroxyde non
- réduit est transformé en sexquioxyde moins actif, d’après la formule
- 2 P6 02 + 2 H2 SOi + Vb = Pbi 03 + P6 S'04 + HsS04 + H2O
- On pourrait alors expliquer la régénération des éléments en admettant que les sexquioxydes résistent à l’action de l’acide sulfurique ; ce fait serait cependant très difficile à contrôler par l’expérience directe ou par l’analyse. Cette manière de voir, contraire à celle de MM, Gladstone et Tribe, paraît cependant confirmée par les mesures de M. Schenek et Farbaky.
- M. Fitz-Gerald ayant eu l’occasion d’étudier l’action dépolarisante du sulfate de plomb croit pouvoir conclure à une réduction de celui-ci, sans cependant donner cette conclusion comme absolument certaine.
- L’auteur termine ensuite sa communication par quelques remarques sur l’installation pratique des accumulateurs pour l’éclairage domestique.
- M. Gladstone, dans la discussion qui a suivi, combat l’opinion de M. Fitz-Gerald sur le rôle que joue le sulfate de plomb; d’après M. Gladstone le rôle du.sulfate est des plus importants et sa présence est absolument nécessaire au bon fonctionnement des accumulateurs.
- Une étude microscopique de l’électrode montre qu’il se forme bien sur le métal une couche de sulfate qui ralentit , mais qui n’annihile pas la réaction. Quant à la formule représentant les phénomènes chimiques dans l’élément, elle a été donnée pour représenter la marche des réactions chimiques et leur résultat, envisagé au point de vue chimique seulement, tandis que M. Fitz-Gerald l’a considérée au point de vue électrochimique. Quoique M. Tribe n’ait pas trouvé de sesquioxyde dans le cours de ses analyses, il est possible que ce corps se forme en faible quantité.
- M. Preece a insisté ensuite sur l’emploi rationel de l’aréomètre, car depuis 3 ans qu’il fait des mesures régulières sur une batterie d’accumulateurs, il a trouvé constamment que la densité de l’acide sulfurique devient maximum lorsque l’élément, est complètement chargé.
- Cette densité passe d’une valeur initiale de 1,15o à 1,2 1 o à la fin de la charge.
- Pendant la décharge d’un élément E.P.S. l’aré. omètre baissait d’un degré, correspondant à une densité de 0,002, pour 9 ampère-heures; on pou-
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- vait déterminer la décharge à 1 ampère-heure près.
- La décharge des accumulateurs se faisant généralement jusqu’à une densité de 1,190, on obtenait de même pendant la charge suivante 12 ampères-heures pour une augmentation de 1 degré de l'aéromètre.
- Une détermination exacte |de la densité du liquide aux diverses périodes de la charge ou de la décharge, comparée avec la densité calculée d’après la formule chimique doit pouvoir donner le moyen de vérifier celle-ci.
- M. Preece ne peut pas se ranger à l’avis de M. Fitz-Gérald relativement à la présence du sulfate, car il a trouvé ce corps dans tous les nombreux accumulateurs qu’il a eu l’occasion d’étudier depuis plusieurs années. Par contre, il insiste sur l’influence du carbonate de soude dont l’usage a été proposé récemment par M. Barber Storkey et qu’il a employé avec le plus grand succès dans plusieurs cas pour transformer le sulfate de plomb en sulfate de soude.
- M. Forbesqui a faiUde nombreuses mesures sur les accumulateurs à la lithanode, insiste sur l’augmentation de capacité de la batterie qui résulte de la diminution du courant de décharge.
- Si l’on porte l’intensité du courant de décharge comme abscisse et la capacité correspondante comme ordonnée, on obtient une courbe qui descend rapidement, en sorte que pour un courant très faible, il en résulte une capacité très grande.
- D’après M. Forbes , l’accumulateur à la lithanode est un très grand progrès ; les électrodes sont en effet très solides et légères, sans tenir compte de leurs propriétés électriques remarquables ; en outre, leur durée paraît être très grande, car il existe des accumulateurs en usage depuis plusieurs années qui sont encore presque à l’état neuf.
- La présence du sulfate blanc dans les éléments à la lithanode n’a pas non plus été constatée par M. Forbes.
- On sait que tous les accumulateurs ont pendant la charge, une force électromotrice contraire de 2,25 volts, qui tombe à 2,0 volts au commence ment de la décharge.
- On explique généralement ce fait par la production des bulles d’ydrogène qui s’attachent aux électrodes ; or, il n’y a pour ainsi dire pas de dégagement de bulles d’hydrogène dans les éléments à la lithanode et la force électromotrice ne baisse que de 2,1 à 2,0 volts.
- M. S. Thompson qui a étudié pendant plusieurs mois une batterie à la lithanode est très satisfait des résultats auxquels il est arrivé.
- Il s’attendait cependant à obtenir une capacité plus grande.
- On sait que M. Fitz-Gérald dans la formation des électrodes a étendu le péroxyde de plomb sur un squelette de platine qui a été réduit au minimum. Or, la résistance de la lithanode est assez considérable et M. S. Thompson croit qu’on augmenterait le rendement de l’accumnlateur en augmentant le squelette de platine en recouvrant les bords des plaques, par exemple, d’une armature métallique.
- Il n’a pas non plus trouvé de sulfate, mais il croit cependant à son existence ; il fait remarquer à ce propos qu’il existe deux sulfates, l’un de teinte grise P b SO^ dont on peut espérer l’oxydation et la réduction, l’autre, très blanc, Pb2 SOH qui se forme quand la décharge est poussée au-delà d’une certaine limite ; ce dernier sulfate est nuisible car il n’est pas réduit par l’hydrogène et il détériore l’élément.
- M. Thompson n’a pas pu vérifier si la réduction d’une électrode au péroxyde commence à la surface ou à l’intérieur, à la face antérieure ou postérieure ; il pense cependant que cette action commence à la surface pour une plaque épaisse, à l’intérieur pour une plaque mince. On admet généralement que la croûte qui se forme sur l’électrode est du sulfate de plomb, quoiqu’elle soit toujours de couleur foncée; son rôle n’a pas encore été étudié et il serait désirable d’être fixé sur ce point.
- La force électromotrice de l’accumulateur est une pure question de thermochimie. On trouve, par exemple, que la force électromotrice d’un volt correspond à 46,000 calories. Or, il existe , 5 hypothèses différentes pour expliquer les réactions chimiques de l’accumulateur, savoir :
- i° Le peroxyde de plomb est réduit en plomb spongieux par l’hydrogène ;
- 20 Le peroxyde est transformé en sulfate de plomb par l’acide ;
- 3° L’électrode de plomb est transformée en sulfate, l’électrode de péroxyde en plomb spongieux ;
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- 40 Les deux plaques se transforment en sulfate; l’une d’après la formule Pb -j- H2S04 = P b SO, -f- H2, l’autre d’après H2 SOc = P b S04 + Oa 5
- 5° Sur l’une des plaques le peroxyde est réduit en monoxyde, tandis que sur l’autre le plomb est aussi transformé en monoxyde, après quoi les deux oxydes sont réduits par l’acide en P b S04.
- A l’aide des valeurs trouvées par Ischeltzow sur les chaleurs de combinaison, on trouve pour la force électromotrice de l’accumulateur dans les quatres premières hypothèses ci-dessus 37,200, 8i,5oo, 44,300 et 86,608 calories, ce qui correspond à 0,81, 1,77, 0,97 et i,g3 volts. La cinquième hypothèse paraît la plus probable, car on trouve 103,460 calories, c’est-à-dire 2,2 volts comme force électromotrice de l’élément.
- Dans la suite de la discussion, MM. Sellofi et Andersen insistent surtout sur les avantages des anciens types d’accumulateurs E. P. S. vis-à-vis des nouveaux éléments à la lithanode. Drake a trouvé que la couche de péroxyde recouvrant le squelette métallique est toujours sèche lorsque l’élément est en bon état et humide lorsqu’il est épuisé, ce qui donne lieu à des actions locales.
- Il ne peut pas se ranger à l’avis de Forbes d’après lequel la capacité de l’élément dépend essentiellement de l’intensité du courant de décharge ; il croit que ce fait n’aurait pas lieu du tout si on laissait à l’élément le temps de se régénérer.
- M. Ayrton mentionne qu’il a fait en 1881, avec Perry la même observation, et qu’en ce qui concerne le rendement et la puissance de l’élément, il faudrait que le fabricant indiquât l’intensité maximum du courant de décharge, et le nombre de volt-ampères par kilogramme de plaques qui ne doit pas être dépassé.
- M. Fit\-Gerald clôt enfin la discussion en se rangeant pour le fond à l’opinion de Gladstone, touchant la production du sulfate de plomb sur les électrodes et en admettant la formule de Gladstone et Tribeun peu modifiée pour expliquer les réactions de l’élément. Cette modification consiste à admettre une combinaison directe de P b avec S04 en sorte que la formule devient.
- Pb02+2H2S04+ P b — 2PbSOt+ 2H2O
- A. P.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne
- Nouveaux microphones de Mix et Genest a Berlin. — Dans les microphones du type repré», senté schématiquement par la figure 1, on est
- souvent incommodé par des bruits grasseyants dans le téléphone. Il est probable qu’il faut en chercher la cause dans le fait que les crayons de charbon ont leurs tourillons a mobiles dans les trous des pièces b , fixées à la plaque sonore m. Ils sont donc mis en mouvement par chaque vibration de l’appareil, indépendamment des oscillations de la plaque phonique, et ils roulent dans leurs supports.
- Avec une plaque sonore placée verticalement comme dans la figure 3, ces perturbations deviennent tellement grandes, qu’il n’y a plus moyen de transmettre la parole ; c’est que, dans ce cas,
- Fig. §
- les oscillations de la plaque sonore m, qui ont une direction horizontale, donnent elles-mêmes lieu à une rotation des crayons, sans donner en même temps lieu à une variation de pression sur les tourillons et sans faire varier la résistance.
- Ce fait explique suffisamment pourquoi on n’a pu jusqu’ici construire les microphones Ader avec plaque sonore verticale, bien que cet arrangement présente des avantages sérieux sur les plaques
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sonores horizontales, ou légèrement inclinées.
- Cet inconvénient des microphones Ader sont évités dans les nouveaux microphones de M tx et Genest.
- Dans ces appareils, les crayons sont munis d’une espèce de frein, qui empêche leurs tourillons de reposer sur les points inférieurs des trous des supports.
- Par exemple , si dans le microphone à plaque sonore horizontale (fig. 2), les rouleaux sont pressés en haut par une force extérieure, ils ne pourront subir que des déplacements minimes, et le nombre de particules de charbon qui se détachent pour former des contacts additionnels nuisibles, sera très petit.
- Cela est également vrai pour les tourillons d’un microphone à plaque verticale (fig. 4) si les rou-
- Fig. S et 4
- tincte, démontrée du reste par des expériences prolongées.
- Les figures 5 et 6 montrent une vue de face du nouveau microphone et une coupe transversale.
- Un anneau de métal R est fixé par quatre vis r,, r.,, r3, r4 à une embouchure de bois T; entre eux, se trouve prise la membrane M, qui est munie d’une bande élastique tenue par a et a{. La membrane, qui doit être soigneusement vernie, à cause de l’humidité, est en bois de sapin. Sur la membrane se trouvent deux pièces de charbon ô, et dans leurs trous pénètrent les tourillons des rouleaux de charbon K* Les variations de pression ont lieu au point de contact. Un ressort f \ transversal par rapport aux rouleaux, forme le dispositif de frein. On le règle à l’aide des deux vis SS4.
- Ce ressort porte une pièce de métal fixée par
- leaux sont pressés dans la direction de la flèchep, c’est-à-dire contre la plaque.
- Dans ce cas, les tourillons.a se placent dans les trous des supports b, dans la direction de la résultante de la gravité et de la force avec laquelle les crayons sont pressés contre la plaque.
- Dans tous les cas, la conséquence de cette pression sur les crayons sera que seules les oscillations transmises par la plaque sonore agiront, tandis que les vibrations mécaniques provenant d’influences extérieures ne seront suivies d’aucun son perceptible dans le téléphone.
- Les contacts séparés forment avec la plaque sonore un système fixe, de sorte que ces contacts ne $ont influés dans leurs mouvements que par les vibrations qui agissent directement sur ces plaques sonores.
- Donc, plus de mouvements de rotation des crayons, et une transmission beaucoup plus dis-
- deux vis, et qui appuie une bande d, de feutre ou de quelque autre substance élastique, contre les crayons de charbon.
- Dans les appareils nouveaux de Mix et Genest , les diverses syllabes et la parole sont transmises bien plus distinctement que dans les autres appareils en usage. Un seul ajustage, lors de l’installation du microphone suffit ; un déréglage, comme celui qui a lieu dans les microphones Blake, est impossible.
- Un avantage important des nouveaux appareils est la possibilité de transmettre à grande distance, jusqu’à 200 kilomètres. Dans les expériences comparatives entreprises de la part de l’administration impériale des postes allemandes, avec des appareils de systèmes et de construction différents, l’appareil que je viens de décrire a donné les meilleurs résultats. Ii a surtout parfaitement fonctionné sur les cables souterrains ou mixtes.
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- TJn autre avantage consiste en ce que l’influence inductive sur les lignes voisines serait moindre que dans d’autres systèmes.
- Le nouveau microphone a été' introduit comme transmetteur dans le service de l’administration des postes allemandes, et déjà 5ooo de ces appa-
- Fig. 7 et 8
- reils ont remplacé le téléphone et le microphone Bell-Blake, en usage jusqu’ici.
- Un appareil construit d’après les mêmes principes que les microphones en question et qui, combiné avec un ' téléphone, est employé dans un des postes téléphoniques de Berlin, est représenté dans les figures 7, fl et 9.
- Ici, le dispositif de contact consiste en un cylindre de charbon k, qui est muni à ses extrémités de tourillons o, qui reposent dans les cavités des charbons b. reliés avec le circuit. Ces charbons
- Fig. 9 et 10
- sont fixés à la plaque sonore M, qui est tenue par une boîte consistant en deux pièces A et B. A l’aide d’un ressort f, le cylindre de charbon k est pressé contre la plaque sonore M dans la direction de la flèche p (fig. 10), de sorte que ses tourillons o reposent contre un point déterminé des trous. Si maintenant on parle contre la plaque sonore M, celle-ci est mise en vibration dans la direction de la double flèche y. Or, comme
- le cylindre de charbon k est pressé par le ressort f dans la direction de la flèche p, il s’ensuit que seuls les changements de la pression de contact entre k et b, causés par les oscillations de la plaque sonore M dans la direction^, auront une influence sur le courant électrique.
- Un mouvement ou une vibration de la plaque sonore M dans une autre direction quelconque ne changera rien à cette pression de contact.
- Le réglage de l’instrument est semblable à celui du type figure 5. Pour que les oscillations du cylindre k ne se communiquent pas au ressort _/, il est muni d’une substance élastique, comme, par exemple, du feutre.
- Dr H. Michaei.is
- Angleterre
- Nouvelle balance électrodynamique. — Sir W. Thomson a imaginé dernièrement un électrodynamomètre balance, basé sur le principe des forces mutuelles agissant entre les parties mobiles et fixes d’un circuit électrique.
- L’appareil se compose de deux groupes de trois bobines ou anneaux placés horizontalement. Chaque groupe comprend un anneau mobile et deux autres fixes. Les anneaux mobiles sont fixés aux extrémités d’un fléau de balance et attirés l’un en haut et l’autre en bas, par les deux paires d’anneaux fixes.
- Le courant traverse les deux anneaux mobiles en sens inverse, afin d’annuler les erreurs provenant de la composante horizontale du magnétisme terrestre ou d’aimants locaux.
- Le fléau de la balance est supporté par deux tourillons supportés par un ligament élastique en fil fin qui sert de conducteur a i courant dans les bobines mobiles.
- Le courant traverse les deux anneaux fixes en sens inverse, de sorte que l’anneau mobile est attiré par l’un des anneaux fixes et repoussé par l’autre.
- Dans une balance construite pour mesurer des courants continus de 5 à 1000 ampères, le diamètre extérieur de chaque paire d’anneaux fixes est un peu plus petit que le diamètre intérieur de l’anneau mobile, et les proportions sont telles que la force exercée sur l'anneau mobile est à peu près constante pour un demi-centimètre de chaque côté de sa position médiane.
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- Le zéro de l’échelle verticale ‘correspond à la position médiane des bobines mobiles.
- On obtient l’équilibre, au moyen d’un poids qui glisse sur un bras horizontal et gradué, attaché à la balance ; une disposition spéciale sert au réglage exact du zéro.
- La figure i représente le modèle de cet appareil ; on voit les anneaux, l’échelle et les bornes pour relier l’appareil au circuit. Selon les courants qu’on veut mesurer, on construit différents modèles dont chacun est accompagné de ses poids et des indications nécessaires.
- Le modèle construit pour mesurer des intensités de 2 à 5o centiampères sert également à mesurer des potentiels de io à 200 volts avec l’adjonction de résistances jusqu'à 2,000 volts en
- Fig. 1
- platinoïde. D’autres modèles servent à mesurer des courants alternatifs et des courants continus de 5 milliampères à 10 ampères. Les anneaux fixes sont plus grands que dans les aopareils destinés à mesurer les courants continus intenses.
- Dans les modèles qui servent à mesurer des courants alternatifs de 5 à 1000 ampères, le courant principal traversant chaque anneau passe par un câble, dent chaque fil est isolé avec de la soie, de manière à empêcher l’induction de changer la distribution du courant à travers la section du conducteur.
- Nouvelle boite de résistance en platinoïde.— Dans une lettre récente, j’ai parlé des propriétés du'platinoide indiquées par M. J. Bottomley. Sir William Thomson se sert de cet alliage pour des bobines de résistance et il a dernièrement inventé une nouvelle disposition de boîte de résistance
- en platinoïde, qui remplit le double but d’une boîte de résistance ordinaire et d’une boîte de conductibilité.
- Après avoir doublé les fils en platinoïde des bobines sur eux-mêmes, pour éviter les actions inductives, ces fils sont enroulés sur un tambour en cuivre, qui dissipe rapidement la chaleur due au passage des courants. Ce tambour est encore renfermé dans une gaîne extérieure de cuivre ; toutes les résistances sur le tambour sont reliées en série par des jointures permanentes et soudées, et des fils flexibles vont de ces points au commutateur qui fonctionne au moyen de cames circulaires en cuivre, montées sur des arbres verticaux, également en cuivre et reliées par les fils flexibles aux joints soudés des résistances.
- Chaque arbre est monté de manière à pouvoir fonctionner dans deux positions, supérieure ou inférieure.
- Pour la mesure des résistances, les arbres sont placés dans la position inférieure et les cames sont tournées de manière à mettre n'importe quelle bobine en court-circuit. Sir W. Thomson estime que ces contacts à cames sont supérieurs aux contacts par chevilles de la boîte de résistance ordinaire.
- Pour les mesures de conductibilité, les arbres sont placés dans la position supérieure et les communications sont faites en tournant les cames de manière à les faire presser sur l’un ou l’autre des deux anneaux concentriques en cuivre entre lesquels les arbres et les cames sont montés.
- Pour qu’un seul jeu de résistances soit suffisant pour les mesures de résistance et de conductibilité, leurs proportions sont comme les puissances de 2. Si la plus petite résistance sur le tambour est de 1 ohm, les autres seront de 2, 4, 8,, 16, 32, etc.; la plus grande résistance est de 4,096 ohms.
- Quand les nouvelles bobines de résistance sont construites spécialement en vue de mesurer la conductibilité du cuivre, les bobines en platinoïde sont remplacées par d’autres en cuivre.
- J. Munro
- États-Unis
- Tableau de communications de Wood, pour l'éclairage électrique. —Dans une correspondance précédente, nous avons indiqué le nouveau
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- tableau de communications de M. J.-J. Wood, de VAmerican Electric Manufacturing Company; nous donnerons aujourd’hui quelques détails particuliers.
- Pour faciliter l’emploi du tableau et en assurer le fonctionnement, les manches des fiches principales P sont recourbées en bas à 45 degrés.
- La fiche, qui est en laiton, est rattachée au câble par une soudure; le manche se glisse au-dessus du point de jonction, et le tout est retenu
- solidement .en place au moyen d’une virole.
- Gomme le montre la figure 2, les fiches principales sont entaillées en dessus et en dessous à leur extrémité, et sont maintenues dans leurs matrices respectives H par un cliquet L, appuyé par le ressort S. La fiche ne peut donc s’échapper d’elle-même, par suite d’un choc ou d’une trépidation accidentelle, et, pour la retirer, il est nécessaire de donner au manche la position horizontale, ce _ qui met les encoches
- hors de l’action du cliquet "et du ressort ; la pression de ce dernier sert, en outre, à assurer la perfection du contact.
- Les fiches de transfert P' P' sont destinées aux essais et à la translation des circuits d’une machine à l’autre ,sans interrompre l’éclairage. Elles s’adaptent dans des trous H' pratiqués dans la même plaque de laiton que les matrices des fiches principales. Ces trous, au nombre de deux sur chaque plaque, sont à un angle de 45 degrés, par rapport à l’horizontale, de sorte que, lorsque les
- fiches de transfert sont introduites, elles sont hors de la portée dès fiches principales et ne peuvent se confondre avec elles ni gêner leur manœuvre.
- Les fiches de transfert servent à mesurer l’intensité du courant, la force électromotrice et les mises à la terre. Dans ce dernier cas, c’est une borne G', dont le conducteur G communique avec le sol, qui reçoit les fiches dans des trous qui y sont pratiqués à cet effet. Le conducteur G est, en outre, relié avec des paratonnerres AA.
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- Pour faciliter l’inspection de l’appareil, la planche B, qui recouvre les connexions intérieures, est faite de telle sorte qu’elle puisse être déplacée sans difficulté, étant simplement retenue par un petit nombre de vis. On peut ainsi découvrir promptement le moindre dérangement et le réparer sans démonter tout le tableau.
- On remarquera que les deux paratonnerres qui servent pour chaque circuit ne sont pas, comme cela se fait d’ordinaire, reliés respectivement aux fils entrant et sortant, mais que tous deux se rattachent au conducteur négatif (—).
- Les paratonnerres, deux par circuit, sont en deux sections, à cause du peu d’espace dont on dispose.
- Les raisons qui ont conduit M. Wood à adopter ce système sont assez intéressantes pour que nous nous y arrêtions un instant.
- Nous avons représenté, dans la figure 3, le mode de connexion du paratonnerre avec le circuit, tel qu’il est employé généralement.
- Or, d’après M. Wôod, cette disposition pourrait entraîner la destruction de la dynamo, dans le cas où le conducteur viendrait à être frappé de la foudre, non pas, il est vrai, par la décharge même, mais par la mise en court-circuit de la dynamo, qui serait la conséquence de cette décharge.
- Supposons, par exemple, que la foudre frappe
- Terre !_
- Fig. 3
- le conducteur en F (fig. 3) et se divise. Elle atteindra d’abord A et B, puis, sautant en A' et B', elle s'écoulera dans le sol. Mais, par son passage, elle aura formé des arcs aux paratonnerres, qui, étant d’une résistance relativement faible, seront entretenus par le courant de la dynamo, dont la force électromotrice peut excéder 2000 volts. Il en résultera qu’au lieu de suivre la ligne, le courant
- de la machine prendra le chemin de l’arc établi de A à A' et de B' à B, en établissant ainsi un court-circuit qui brûlera la machine.
- Avec la disposition adoptée par M. Wood, la ligne n’est reliée au fil entrant que par un seul paratonnerre, ainsi que nous l’avons représenté
- figure 4. De cette façon, un arc [formé par la foudre ne saurait être entretenu par le courant de ia machine, et ce qui confirme M. Wood dans cette opinion, c’est qu’aucun accident de ce genre n’a encore été signalé sur les nombreux tableaux de communications qu’il a construits et qui ont fonctionné jusqu’à ce jour.
- J. Wetzler
- VARIÉTÉS
- A PROPOS DE
- L'INCENDIE DE L'OPÉRA-COMIQUE
- Il y a peu de temps qu’à cette'même place nous avons eu l’occasion de signaler une circulaire de M. le Préfet de Police sur l’éclairage des théâtres, et de dire ce que nous pensions de ce morceau administratif.
- Dans les circonstances actuelles, nous n’avons pas l’intention de revenir sur les critiques que nous avons déjà faites: l’épouvantable catastrophe du 2b mai, ne permet plus la plaisanterie, et c’est très sérieusement, cette fois, quç nous nous adressons à l’administration.
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- Aujourd’hui, les petits ridicules des paragraphes de l’ordonnance de Police disparaissent ; comme pour toutes choses, la pratique finira bien par avoir raison des tracasseries qu’on veut faire aux électriciens : avant tout, c’est l’addition d’une ligne, d’une seule, qu’il faut demander au Préfet.
- « L’éclairage électrique est OBLIGA TOIRE « dans tous les théâtres et cafés-concerts » ; car ce n’est plus réglementer qu’il faut, mais imposer la lumière électrique.
- Sans parler de toutes les autres réformes qui s’imposent: rideau de fer à chaque entracte, portes des loges coulissant, décors incombustibles, suppression des strapontins, escaliers spéciaux pour chaque étage, etc. etc., par le seul fait que le gaz sera banni des théâtres, les chances d’incendie d’abord, et de mort pour les spectateurs ensuite, seront écartées dans une colossale proportion.
- La démonstration est évidente : dans presque tous les sinistres, c’est une flamme de gaz qui met le feu à un décor, voilà le premier point que fixent les statistiques, et en second lieu, dans un sinistre, c’est l’obscurité dans laquelle la salle se trouve forcément plongée subitement, qui cause la paniqué et ne permet pas aux spectateurs de sortir.
- Ici, nous savons bien ce qu’on va nous dire; on va nous parler des fameuses lampes à huile placées dans les couloirs, mais c’est là malheureusement encore une mesure qui ne peut résister à l’examen, et qui ne peut être d’aucune utilité. Lorsque la fumée envahit le théâtre, et c’est toujours par là que le commencement de l’incendie se manifeste, pense-t-on que les lampes continuent à brûler ? Elles sont éteintes avant même qu’une seule personne ait été suffoquée, et, d’ailleurs, la bousculade, toujours inévitable, suffit à les renverser si l'acide carbonique n’a pas pris les devants.
- Une lumière à flamme nue ne répond absolument à rien; car si elle provoque l’incendie, d’abord, elle s’éteint par contre au moment même où l'éclairage est le plus nécessaire. La lampe à incandescence seule peut nous mettre à l’abri du danger ; aujourd’hui il faut la rendre obligatoire, et c’est folie que de laisser le gaz aux portants et aux herses, comme c’est enfantin de penser qu’on a fait quelque chose de sérieux lorsqu’on a placé
- deux malheureuses lampes à huile dans un corridor.
- Depuis longtemps les électriciens réclament ; on n’a pas voulu les écouter. On s’est imaginé voir le danger là où était le salut au contraire ; mais le temps des naïvetés est passé aujourd’hui : allons, Monsieur le Préfet, prenez vite votre plume et faites l’ordonnance que tout le monde attend de vous !
- Tant que la lumière électrique n’avait pas fait ses preuves, tant que les applications étaient restreintes et que les installations en marche étaient de peu d’importance, on pouvait encore admettre les craintes de l’administration comme celles du public. L’éclairage, disait-on, n’était pas constant, la lumière coûtait cher, les lampes pouvaient s’éteindre brusquement ; (et il y eut du vrai dans ces observations pendant quelques années), mais aujourd’hui, les choses sont changées, toutes les objections possibles sont tombées, le prix de revient lui-même ne peut plus être en cause.
- Les exemples à citer sont trop nombreux: partout de grandes installations comme de petites sont montées couramment dans l’industrie; les usines ont donné le premier exemple, lesthéâtres ont suivi, et ii n’y a plus qu’à hâter le mouvement enfin commencé à Paris.
- La lumière “lectrique se plie à toutes les exigences du théâtre, aussi facilement que celle du gaz ; le montage des lampes dans les herses et les portants est. des plus simples, les effets de scène sont obtenus par des jeux de résistance ou d’écrans, par la main d’un seul machiniste, et si quelqu’un en doute encore, il n’a qu’à voir l’installation actuelle de l’Opéra. Il n’y a pas moins de 6000 lampes à incandescence en service, tant dans la salle que sur la scène, et leur nombre s’accroitra, car les herses portent encore des becs de gaz. A l’extérieur, 20 foyers à arc sont répartis sur les façades, et c’est dans le bâtiment même qu’est renfermée toute la machinerie composée comme il suit :
- Chaudières
- 5 générateurs Belleville de 2450 kilog. de vapeur ;
- 2 générateurs Belleville de i25o kilog. de vapeur ;
- 1 générateur Weyher et Richemond de 5ookil. de vapeur pour service de jour.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Machines à vapeur
- i machine à vapeur Corliss de 25o chevaux (60 tours) ;
- 1 machine à vapeur Artnington de ioo chevaux (3oo tours) ;
- 4 machines à vapeur Weyher et Richemond de 140 chevaux (160tours);
- 2 machines à vapeur Weyher et Richemond de 20 chevaux ;
- 1 machine à vapeur Weyher et Richemond de 40 chevaux (service de jour) (85 tours).
- Machines dynamo-électriques
- 5 dynamos en dérivation Edison de 375 ampères ;
- 4 dynamos en dérivation Edison de 800 ampères ;
- 3 dynamos en dérivation Edison de 3oo ampères ;
- 1 dynamo en dérivation Edison de 40 ampères ;
- 1 dynamo à courants alternatifs Gramme de 34 foyers.
- Dans cette importante installation, qui occupe, d’ailleurs, un espace relativement restreint, on dispose de g5o chevaux-vapeur, pouvant alimenter près de 8000 lampes. La substitution de l’électricité au gaz faite, sans que la série de représentations ait été interrompue, n’a pas nécessité d’augmentation dans le personnel. Les effets de lumière sont obtenus par l’introduction graduelle de résistance dans les circuits, et, par un mécanisme très simple, un seul opérateur commande les jeux d’orgues de la scène et de la salle.
- Voilà ce que le préfet de police a le devoir d’exiger partout. En dehors de l’Opéra, les Variétés, le Châtelet, l’Ambigu, le Palais-Royal, l’Eden-Théâtre et l’Hippodrome sont déjà éclairés par l’électricité ; rien n’est plus facile que d’obligé^ tous les autres théâtres de Paris à faire de même, car, si toutes les autres réformes exigent la fermeture momentanée des salles, l'exemple de l’Opéra montre qu’on peut monter la
- lumière électrique pendant que le théâtre est en activité.
- Lorsque nous avons demandé celte réforme, comme électricien, on pouvait ne pas nous écouter, car c’était notre propre cause que nous plaidions, en somme ; mais, après l’incendie de l’Opéra-Comique, la question de boutique n’est plus en cause : nous sommes le public, qui demande à n’être pas brûlé par les flammes ou asphyxié par la fumée.
- P. Clemenceau
- NÉCROLOGIE
- M. E. Barbier
- Nous apprenons avec regret la mort d’un de nos grands industriels, M. E. Barbier, un des représentants les plus autorisés de la technique électrique française, le chef bien connu de la maison de ce nom.
- M. Barbier avait terminé ses études dans le laboratoire du chimiste Pelouze dont il resta l’ami, il fut ensuite préparateur du Muséum sous Che-vreul, et à l’Ecole Polytechnique ; cependant il abandonna assez vite la science pure pour se vouer à l’industrie vers laquelle le portaient plus particulièrement ses goûts.
- Nous le retrouvons chimis e des importantes usines Ménier et Rattier, les premiers grands fabricants de câbles télégraphiques en France ; il les quitta pour fonder la maison qu’il dirigeait encore hier, et il consacra dès lors toutes ses forces au développement de la pile Leclanché, qu’il a rendue universelle.
- M. Barbier était vice-président de la chambre syndicale de l’Electricité.
- Les regrets de tous accompagnent cet homme de bien, et on nous permettra d’y joindre, d’une manière toute particulière, ceux du journal que M. Barbier, à plusieurs reprises, a bien voulu faire profiter des travaux de son laboratoire.
- M. Barbier était âgé de 56 ans.
- La Rédaction
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- JOURNAL UNIVERSEL ù’ÉLECTRICITÉ
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- RÉSUMÉ DES
- BREVETS D’INVENTION
- délivrés depuis le i°* janvier iS8y
- 179405. — 2 Novembre 1886. — M. MERZBACH ET
- EISELE. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES PILES.
- L’élément nouveau dû à ces messieurs, a l’avantage de réaliser une dépolarisation assez prompte et de se régénérer lorsque le circuit est ouvert.
- L’électrode positive est formée par une'olaque de zinc renfermée dans un vase poreux contenant une solution alcaline diluée : de la soude caustique de préférence. Ce vase poreux est lui-même placé dans un récipient contenant d’abord la plaque de cuivre formant l’électrode négative, et un mélange, en volumes égaux, d’oxyde de cuivre et de charbon en grains.
- Cela étant, voici ce qui se passe. Lorsque le circuit est fermé, l'oxyde de cuivre est décomposé. Le cuivre métallique se dépose à la fois sur la plaque de cuivre et sur les grains de charbon. Lorsqu’au contraire, le circuit est ouvert, la plaque de zinc devient inactive ; il se forme pour ainsi dire, une deuxième pile dans le vase extérieur, le charbon devenant électrode négative, le cuivre électrode positive.
- Alors, le cuivre qui s’était déposé lorsque le circuit était fermé, est converti en oxyde de cuivre ; la dépolarisation est ainsi des plus rapides, et la reconstitution de la pile est obtenue.
- Nous ne savons pas comment, dans la pratique, se comportera un tel élément, mais si son fonctionnement est celui que nous venons de décrire ; l’invention est très ingénieuse.
- 179434.— L AM BOTTE. — 3 novembre 1886.
- PILE HYDRO-ÉLECTRIQUE.
- Encore un élément nouveau. Celui-ci est essentiellement constitué par [un vase poreux en charbon, contenant du peroxyde de manganèse, comme dépolarisant, et une lame de charbon formant l’électrode positive. Le liquide excitateur est une solution de chlorure de manganèse.
- Suivant M. Lambotte, le vase poreux de charbon, étant bon conducteur, peut exercer une grande influence sur la durée et là constance de la pile. En tout cas, il a l’avantage sur les vases poreux ordinaires de diminuer la résistance intérieure.
- Quant à la solution de chlorure de manganèse, sans parler de son prix qui est peu élevé, elle se recommande oarce qu’elle est bonne conductrice d’abord, et ensuite
- ê
- elle contribue à nourrir le dépolarisant, en passant à l’état de peroxyde de manganèse soùs l’action du courant.
- Enfin, un pareil élément est incongelable par l’effet du refroidissement : pour les électriciens lapons ; ce doit être précieux,
- 179473- — M. EISELE. — 5 novembre. ~~
- PILE ROTATIVE.
- Le 2 novembre 1886, M. Eisele prenait, avec M. Mcrz-bach, un brevet pour un élément de pile que nous venons de signaler. Trois jours après, il brevetait pour lui tout seul, une pile rotative, ingénieuse, comme vous allez le voir, mais passablement compliquée.
- Son élément est composé de disques de charbon et de
- Fig. 1
- zinc, en nombre quelconque, accolés les uns aux autres, et montés tous sur un axe pouvant tourner avec une grande facilité. Au dessus de ces disques est un réservoir contenant le liquide excitateur qui s’écoule par un nombre d’ouvertures égal à celui des disques. Les ouvertures sont fermées par des bouchons coniques, dont 1 manœuvre est faite automatiquement par un flotteur, de manière à avoir un écoulement très régulier, car les soupapes s’ouvrent plus ou moins, à mesure que la pression du liquide diminue ou augmente.
- Les disques de charbon ne présentent rien de particulier. Les disques de zinc, au contraire, présentent des particularités que montre la figure i.
- Us sont divisés en six sections C. C. au moyen de nervures radiales et circulaires, de telle sorte que les compartiments communiquent entre eux par les canaux p et o, la séparation n’étant faite que par la nervure n. Cela étant, on comprend que lorsque le liquide tombe sur un de: disques par la partie supérieure, un premier compartiment se remplit peu à peu. Sous l’action du liquide le disque prend un mouvement de rotation lent, une deuxième case se présente sous la soupape, se remplit à
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- son tour, fait continuer îe mouvement de rotation, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la première case se vide lorsque la quatrième se remplit.
- Le mouvement, on le voit, est continu ;i et, comme il y a toujours trois cases vides, eelles-ci se rafraîchissent à Pair, pendant que les autres travaillent. On peut obtenir ainsi la dépolarisation.
- Quelle que soit la lenteur du mouvement, le liquide n’est cependant pas épuisé lorsqu’il s’échappe d’un pareil élément ; alors on peut monter plusieurs piles les unes au-dessus des autres, comme on le voit dans la figure 2.
- Naturellement, le courant peut être recueilli par des bagues montées sur l’arbre ou tout autre système a-nalogue.
- Quoique l’inventeur indique que les nervures des plaques de zinc peuvent à volonté être venues de fonte
- Fig. 2
- avec le disque, ou formées par du plomb rivé après coup, la pile de M. Eisele, malgré ses avantages, doit revenir à un prix assez élevé.
- Sur la plaque qui porte l’appareil, sont placées les bornes m, en nombre égal à celui des séries de piles. Chacune de ces bornes communique métalliquement, i° avec l’un des pôles de chaque pile, 2° avec un des frotteurs n. L’autre pôle de la pile est relié à la borne o qui
- communique avec q, et enfin le circuit des lampes est intercalé entre ceila-ci et la borne p.
- On voit maintenant ce qui se passe. Si par exemple chaque pile peut fonctionner pendant une heure, on règle le mouvement d’horlogerie de manière à ce que, toutes les heures, il fasse faire un sixième de tour à l’arbre /, et ainsi, par l’intermédiaire des disques g et des frotteurs n, chaque série de piles est mise en circuit à son tour. Lorsqu’on coupe le courant, l’électro d par son armature arrête le mouvement a.
- 179480. — M. SALOMON. — 5 novembre 1886. — système DE MOUVEMENT DE COMMUTATEUR POUR PILES.
- Si vous avez l’occasion d’introduire alternativement ou plutôt successivement dans un circuit électrique une série de piles, pour l’éclairage électrique, M. Salomon vous recommande l'appareil suivant représenté schématiquement dans la figure ci-jointe.
- A est une boîte renfermant un mouvement d’horlogerie à déclenchement comme celui qui, dans la pendule, provoque la sonnerie.
- Un électro-aimant d, placé dans le circuit, déclanche le mouvement ;/est un arbre métallique portant autant de disques qu’il y a de séries de piles plus un. Le disque h est, comme on îe voit, perpétuellement en contact avec la pallette i, reliée à la lame p, et a pour but, par une série de goupilles, d’arrêter le mouvement, lorsque l’arbre f a tourné de la quantité voulue.
- Les autres disques gi g% g3 etc., sont destinés à venir successivement en contact avec les frotteurs n\ n2 etc.
- 179482. — DEPREZ. — b novembre 1886. — système
- DE PIÈCES POLAIRES POUR LES INDUCTEURS DES MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES.
- M. Deprez ayant, par des études expérimentales, reconnu que l’étendue des pièces polaires n’avait pas dans
- les machines dynamos un très grand ihtérêt, et qu’au contraire, il était important d’augmenter autant que possible la masse totale des inducteurs et surtout la section droite de leurs noyaux, a cherché le moyen pratique d’employer des électros d’un diamètre plus grand que celui de l’anneau.
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- La figure montre le dispositif auquel il s’est arrêté, et et qui consiste en somme à tailler en pointe les épanouissements polaires.
- Si les électros sont en fonte, et les pièces polaires en fer doux, cette disposition peut être avantageuse car, en somme, on affaiblit ainsi la section en un point du circuit magnétique
- En général, il n’y a pas d’intérêt à augmenter outre mesure les électros, car leur saturation n'est jamais atteinte, et en revanche il est clair que, une machine étant donnée avec des épanouissements d’un diamètre égal à celui des noyaux (ceux-ci ayant un diamètre inférieur à celui de l’anneau), on abîmera cette machine en taillant en pointe les pièces polaires, comme le recommande M. Dèprez.
- 179509. — JULIEN. — 8 Novembre 1886.
- Commutateur régulateur
- Le commutateur bréveté par M. Julien, est un appareil du genre de ceux qui servent à former des couplages multiples, et qui permettent de grouper instantanément et de toutes les manières possibles, un nombre quelconque de piles ou de batteries.
- Il se compose essentiellement d’un cylindre en bois ou ébonite, sur les surfaces duquel sont encastrées des lames métalliques de longueur différente qui, par la rotation, viennent toucher successivement des frotteurs fixes Les connexions de ces lames entre elles, et des frotteurs aux batteries, varient suivant les groupages qu’on se propose de faire.
- L'introduction des éléments dans le circuit est ainsi faite avec la gradation la plus grande. Si, par exemple, il s’agit de quatre batteries, le premier contact introduira les quatre batteries en quantité, le second mettra en tension les groupes 1,2 — 3, 4, le troisième donnera les séries 1 — 2, 3 — 4, et le quatrième contact, enfin, mettra en service les quatres batteries en tension.
- C’était un appareil de ce genre avec lequel M. Deprez, dans ses expériences de Creil à Paris, faisait la mise en marche de la réceptrice. Au repos, le courant de Creil excitait une partie des inducteurs, et après le démarrage, le commutateur supprimait graduellement les inducteurs pour les fermer sur le circuit de l’excitatrice.
- 179516. — JULIEN. — 8 novembre 1886. — moteur électrique.
- Les moteurs sont comme les lampes à arc. II y en a pour tous les goûts.
- A mesure que le nombre augmente, ils vont naturelle-inenfse ressemblant de plus en plus, et, qu’un nouveau
- vienne au monde, on peut Je ranger dans plusieurs caté gories à la fois.
- C’est un peu le cas du moteur Julien. Nous ne voulons pas dire par là que cet appareil soit sans valeur. 11 doi-même, au contraire, être d’un bon fonctionnement, autant qu’on peut en juger sur la vue du dessin.
- Il a été conçu surtout en vue de l’application spéciale
- Fig. 1
- de la traction, et de là vient sa forme aplatie. La figure 1 est une coupe plane et la figure 2 une coupe transversale.
- Le champ magnétique est formé par deux inducteurs à deux-branches A A' réunis par les pôles de même nom et munis d’épanouissements polaires B évidés de manière à embrasser l’armature induite. Les fentes que portent ces
- Fig. 2
- pièces polaires servent à éviter l’action des courants parasites. Comme on le voit, l’auteur a prévu deux enroulements, l’un faisant partie du courant et le deuxième auxiliaire devant venir en aide lorsque la voiture actionnée par le moteur a des efforts particuliers à vaincre : des rampes à monter par exempte.
- L’induit est une bobine genre Siemens, dont la figure 1 montre un enroulement élémentaire. Sur l’arbre E sont calés deux moyeux en bronze, portant dans des rainures, trois pièces de bois divergentes H, se joignant par leurs
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- bases qui enveloppent l’arbre. Cet assemblage forme un croisillon allongé dont les moyeux à disques sont les bases et sur lequel est fixé le noyau de la bobine.
- L’axe est formé de rondelles de fer doux I, présentant à la circonférence extérieure des dents en saillie dont les intervalles reçoivent les bobines élémentaires enroulées. Chaque intervalle contient une seule bobine ou deux superposées dont les extrémités sont soudées aux deux lames correspondantes du collecteur. Celui-ci, comme on le voit sur la figure, est composé de lames de cuivre fixées sur un manchon de bois, percé de trous pour la facilité des connexions.
- Enfin, pour adapter ce moteur à la traction, les oalais sont manœuvres par une seule bielle avec laquelle les changements de marche peuvent être obtenus.
- 1*79558. — HILL. — io Novembre 188O. — Perfectionnement DANS LES LAMPES A ARC
- Ne vous y trompez pas, ce titre cache une nouvelle lampe qui, comme toutes ses devancières, a la prétention d’offrir un réglage simple.
- Celui-ci est fait par un électro-aimant à deux branches verticales. Celles-ci agissent sur les extrémités d’un levier coudé et équilibré qui lui-même par un embrayage retient plus ou moins le porte-charbon supérieur.
- Cela étant, on peut admettre que suivant les variations d’intensité du courant, le charbon supérieur sera tantôt maintenu immobile, et tantôt relâché pour qu’il puisse redescendre par son propre poids.
- La rédaction du brevet est traduite de l’Anglais; elle ne se recommande pas absolument par sa grande clarté, et si nous ne donnons pas sur ce sujet plus de détails, c’est — qu’on veuille bien nous pardonner — que nous n’en n’avons pas compris d'avantage.
- 179643 — SOCIÉTÉ ELEKTROTECHNISCHE FABRIK
- CONNSTATT. — i3 Novembre 1886. — Perfectionnement DANS LA FABRICATION DES PLAQUES POUR PILES
- SECONDAIRES.
- Le but est toujours le même : empêcher la séparation de la masse active des carcasses. A cet effet, les plaques sont composées d’une série de cellules concaves, pouvant affecter les formes demi-circulaires, triangulaires ou d’U.Ces cellules sont venues de fonte avec les plaques ou formées à part et rivées après. Leur fond en est incliné pour que les gaz produits puissent s’échapper facilement.
- Enfin, vous devinez les avantages, n’est-ce pas? Légè-rôté, grande surface, énorme capacité, faible poids, etc.
- {A suivre)
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Directeur,
- Dans le numéro 19 de La Lumière Électrique du 7 mai courant, M. E. Dieudonné a publié une critique de la troisième édition de mon traité de l’électrisation générale du corps humain, dans laquelle il ne rend pas compte de l’ouvrage, mais semble surtout avoir pour but de se moquer de quelques figures intercalées dans le texte. J’ai déjà été une fois (La Lumière Electrique n° 47 du 20 novembre 1886, page 347) dans la nécessité de rectifier les inexactitudes de M. Dieudonné ; il s’agissait alors d’une critique qu'il avait publiée dans ce journal, au'sujet de la fabrication allemande; aujourd’hui, je me vois forcé de relever d’autres inexactitudes, que renferme une cri tique d’un livre dont je suis l’auteur, et qui me semble n’avoir été écrite que dans le but d’amuser le lecteur. On dirait que M. Dieudonné a voulu prendre une revanche personnelle pour mes rectifications insérées l’année dernière dans les numéros 47 et 48.
- Les lignes suivantes prouveront de nouveau ce que signifie la critique de M. Dieudonné.
- i° Il n’est pas exact que la nouvelle édition de mon livre ne se distingue en rien des éditions précédentes : la troisième édition contient 112 pages et 46 figures de plus que la deuxième.
- 20 II est faux que le livre soit surtout destiné à préconiser les bains électriques. L’ouvrage contient quatre chapitres qui traitent des differentes branches de l’élec-trothérapie, le deuxième seul se rapporte à la description des bains, électriques, soit 46 pages sur 256.
- 3° Il est inexact de dire que les bains électriques ne sont employés nulle part et suivant les exigences scientifiques ; dans mon livre, page 68./ comme M. Dieudonné aurait pu le lire, ces bains sont recommandés par plusieurs chefs de cliniques importantes à Paris, et ils ont été in. troduits depuis plusieurs années à l’hôpital Lariboisière, par le docteur Paul, après des essais scientifiques, et ils ont été reconnus utiles sous plusieurs rapports.
- En Allemagne ils sont employés dans plusieurs cliniques des universités avec beaucoup de succès, et le célèbre médecin, professeur, Dr A. Eulenburg à Berlin, connu de tous les médecins par ses travaux, a écrit un livre recommandant cette application de l’électricité.
- 40 M. Dieudonné critique quelques-unes des iio ligures du livre, et prétend qu’elles n’y sont que dans un but de réclame.
- P. Clemenceau
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- Sur cette supposition absolument gratuite et person-nelle, je ferai remarquer que :
- a) La photographie en question représente les nerfs cérébraux et le système nerveux sympathique, afin de présenter ces nerfs aux médecins qui se servent du livre, puisqu’ils doivent être influencés par les méthodes électrothérapeutiques décrites.
- b) La figur ï page 20, représente l’action de l’électrisation de la peau au moyen de la brosse électrique ;
- c) Les ligures page n5, représentent le cabinet électrothérapeutique du professeur Charcot à la Salpétrière de Paris.
- d) Celles de la page 118 repsésentent les poissons électriques qui, depuis l’antiquité, servent à l'élcctrothé-rapie.
- Mais, le but tendencieux de cette critique apparaît surtout dans cette phrase :
- A la page 101 on nous a même posé un lapin. L’auteur néglige de dire que la figme en question sert à montrer aux étudiants la distribution des courants électriques, ainsi que la disposition des appareils employés pour des recherches physiologiques de ce genre.
- 5° Notre critique dit encore : l’auteur s’est inspiré des travaux de l’école de la Salpêtrière. Ce n’est pas le cas, les travaux de l’école de la Salpêtrière, sont seulement mentionnés d’une façon louangeuse.
- 6° En ce qui concerne la comparaison d'un appareil électrique en forme d’entonnoir avec un chapeau chinois, je ne voudrais pas priver M. Dieudonné de ce petit plaisir, d’autant plus qu’il parait être mieux au courant des chapeaux chinois que de l’élcctrothérapie.
- 70 Enfin M. Dieudonné parle du livre comme d’an objet de curiosité pour les thérapeutistes, après avoir commencé par s’appuyer sur des autorités médicales qu’il ne nomme pas.
- Par contre je suis en mesure de m’appuyer sur les deux plus grandes autorités de la France en électrothérapie, MM. Romain Vigouroux, directeur du laboratoire d’élcc-trothérapie de la Salpétrière, et le professeur Charcot, membre de l’Institut, professeur à la Facilité de médecine, qui, tous les deux, m’ont écrit favorablement au sujet de ce livre.
- En outre, la deuxième édition de cet ouvrage a été signalée dans La Lumière Electrique, tome IX, page 310, en ces termes : « Ce livre constitue certainement un fort bon manuel d’ëlectrlcité médicale. »
- Toute la critique allemande considère le livre comme très utile, et il est fort apprécié parles médecins allemands. Si l’ouvrage était si inutile que le dit M. Dieudonné, il n’aurait pas obtenu trois éditions en quatre années.
- Mes ouvrages sur Vélectrotechnie médicale sont très ap-préciés, non seulement en Allemagne et en France, mais
- dans tout le monde civilisé. Ils m'ont valu Vhonneur d'être nommé membre de la commission internationale de l’Exposition d’Electricité de Vienne et Président de la 7* section de cette commission.
- Nous croyons donc que l’article de M. Dieudonné ne peut être considéré par tous ceux qui connaissent cette branche de la littérature et surtout par les lecteurs de La Lumière Electrique, qui maintenant connaissent les motifs de l’auteur, que comme une rancune personnelle.
- Dr S.Th. Stein
- Président de la Société des Electriciens de Francfort-sur*Mein.
- Nous avons communiqué, comme nous le devions, ce plaidoyer pro domo sud a notre collaborateur Dieudonné, et si la réponse de celui-ci ne paraît pas à la suite de la lettre de M. Stein, c’est que le manque de place nous a absolument empêché de l’insérer.
- Nos lecteurs pourront lire, dans notre prochain numéro, cette réponse qui, nous l’espérons, mettra fin à cette polémique.
- N. D. L. R.
- FAITS DIVERS
- M. C. H. Wolff a imaginé un appareil, pour mettre en évidence la présence de l’arsenic dans les empoisonnements au moyen de la décomposition électrolytique de l’hydrogène arsénié. On obtient ainsi des tâches caractéristiques de ce métalloïde, et il suffit d’un cent-millième de gramme pour les faire apparaître. Si l’on emploie un courant constant, les taches présentent toujours la même intensité et par comparaison avec les résultats obtenus sur des liqueurs titrées à l’avance, on peut reconnaître des quantités infiniment petites d’arsenic.
- On se rappelle peut-être les jolies métallisations de plantes et d’animaux qui étaient exposées l’année dernière au Palais de l’Industrie, à ce sujet, on indique le procédé suivant pour recouvrir électrolytiquement d’une mince couche de métal les corps organiques délicats, fleurs et insectes.
- On traite tout d’abord les objets par un liquide albumineux facile à préparer, en lavant dans l’eau pure des colimaçons et des limaces pour les débarrasser de toutes les matières terreuses et calcaires, et les plaçant ensuite dans un vase rempli d’eau distillée assez longtemps pour
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- qu’ils abandonnent leur matière albumineuse. Le liquide ainsi chargé d’albumine et filtré, est porté à l’ébullition pendant une heure. On ajoute après refroidissement assez d’eau distillée pour remplacer l’eau perdue par l’ébullition et on y joint environ 3 o/o de nitrate d’argent. Le liquide est mis dans des bouteilles hermétiquement bouchées et tenues dans l’obscurité.
- Pour employer cette préparation sur les objets, on en prend 3o 'grammes environ et on les dissout dans ioo grammes d’eau distillée. On y plonge les objets pendant quelques instants, avant de les porter dans un bain formé d'eau distillée avec 20 0/0 de nitrate d’argent. On réduit par le gaz hydrogène sulfuré le nitrate adhérent à la pellicule albumineuse. Les objets sont alors prêts à recevoir un dépôt électrolytique, qui est bien supérieur par la finesse du grain et la netteté des empreintes à tous ceux qu’on obtient ordinairement.
- Nous avons eu, dernièrement, l’occasion de constater de visu, l'effet d’une étincelle électrique provenant d’une machine à courants alternatifs, donnant 3oo volts normalement.
- L’accident a eu lieu dans un laboratoire où un de nos amis s’est trouvé mettre la machine en court-circuit à travers sa main.
- La décharge a traversé deux doigts, en laissant des traces bien visibles de son passage ; elle a été accompagnée, à côté d’une secousse formidable, par une sensation intense de brûlure.
- Il est fort heureux que la machine ait été bien isolée, en sorte que la mise en court-cirecit ait eu lieu directement par la main entre les deux bornes ; si l’une de celles-ci eût été à la terre, la décharge auraitpu se produire à' travers le corps entier, et ses conséquences eussent été autrement graves. .
- L’Exposition de Barcelone dont l’ouverture avait été fixée pour le mois de septembre a été remise à l’année prochaine. Il y aura des applications très nombreuses de l’électricité et en dehors de l’éclairage il y aura un grand orgue électrique).
- On nous écrit de Suisse, que lecheinin de fer électrique de Vevez à Chillon sera inauguré et livré à l’exploitation au mois d’août prochain.
- Les journaux américains annoncent le retour de la Floride de M. Edison. Le célèbre inventeur aurait déclaré que ses expériences lui ont prouvé la possibilité de télégraphier à travers l’eau sans aucun fil, de sorte que des navires éloignés de plusieurs milles l’un de l’autre pourraient communiquer ensemble.
- Éclairage électrique
- L’éclairage électrique domestique au moyen des piles employées pour les sonneries, n’a pu être réalisé jusqu’ici, à cause de la polarisation rapide des piles, qui généralement sont des éléments au bioxyde de manganèse. Elles se polarisent très rapidement, mais après quelques instants de repos, elles fonctionnent de nouveau avec la même énergie et cela pendant des années, si on ne leur demande pas un travail trop important.
- Par conséquent, si on installe plusieurs batteries de ces piles, par exemple quatre, et qu'on les mette en fonction une minute chacune à tour de rôle, on peut obtenir un travail continu de cent à cent cinquante heures à utiliser par fractions dans un certain espace de temps. Ce travail peut être employé à l’alimentation de quelques petites lampes à incandescence, ayant chacune un pouvoir éclairant de 3 à 4 bougies.
- Notre confrère la Revue Industrielle annonce que pour faire fonctionner alternativement ces quatre batteries, M. Jarriant a imaginé un commutateur automatique mû par un mouvement d’horlogerie qu’on remonte toutes les 24 heures.
- . A l’essai; ce système a donné de bons résultats et on peut espérer qu’avec quelques perfectionnements de détail l’éclairage électrique domestique par les piles sera mis à la portée des amateurs.
- L’installation d’éclairage électrique, exécutée par la Société Edison dans les salles de dessin de l’École Polytechnique, est complètement terminée.
- Elle comprend 200 lampes à incandescence alimentées par une dynamo Edison. La force motrice est fournie par une machine à vapeur Weyher et Richemond de 35 chevaux et une chaudière Belleville. Les machines sont placées à environ 200 mètres des lampes.
- La municipalité de Brunswick a décidé de commencer des négociations avec plusieurs entreprises d’électricité pour la construction d’une usine centrale d’électricité dans la ville.
- La maison Siemens et Halske a signé le i3 mai dernier un traité avec la ville de Mulhouse pour l’éclairage électrique de cette ville. L’installation et l’exploitation seront faites aux risques et périls des entrepreneurs, et la ville participera aux bénéfices quand ceux-ci s’élèveront au-dessüs d’une certaine somme fixée d’avance.
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- l.e rapport de la société allemande Edison pour l’exercice 1886 constate que le nombre des installations faites par la Compagnie jusqu’à la fin de t886 s’élève à 260 comprenant 70 000 lampes à incandescence et 1000 foyers à arc. La vente des lampes à incandescence en 18S6 a été de 90000 contre 60 000 pour l’année précédente.
- La gare centrale du chemin de fer de Buda-Pesth est éclairée par 70 lampes à arc de 600 bougies, par 430 lampes à incandescence de 20 bougies et par 461 lampes â incandescence de 10 bougies. Toutes les lampes à arc sont en service pendant toute la nuit, mais 279 lampes à incandescence ne sont pas employées régulièrement parce qu’elles sont placées dans des salles de conseil, dans des bureaux, etc., et ne fonctionnent que pour des cas spéciaux.
- Pendant l’année dernière, le nombre total des lampes-heures de 10 bougies a été de 2.770.775 en comptant chaque lampe de 20 bougies pour deux lampes de :o bougies, et le nombre total des lampes-heures à arc, a été de 211,390. Voici le détail des dépenses d’exploitation, en chiffres ronds :
- Lampes à incandescence à remplacer....... 6.5oo fr.
- Crayons pour lampes à arc................ 11.125 fr.
- Graissage, huile, chiffons................. 2.g5o
- Menus frais de matériel.................. 4.500
- Personnel et ouvriers..............:..... 18.125
- Réparation de machines..................... 2.450
- Réparation de matériel électrique.......... 1.375
- Combustible............................... 11.750
- Total..................... 58.775 fr.
- Pour ramener les dépenses à l'unité de lumière, le directeur, M. Kovacs, estime qu’une lampe à arc absorbe autant d’énergie que 15,8 lampes à incandescence de io bougies, dont la dépense ressort à o fr. ôog3 environ. Cet éclairage serait trois fois moins coûteux que le gaz vendu au prix de o fr. 225 le mètre cube.
- Dans sa séance du 3 mai dernier, le conseil municipal de la Nouvelle-Orléans, a accordé la concession pour l’éclairage de la ville à la Louisiana ElectricLight O. Cette décision met fin à une lutte très longue entre le gaz et l’électricité dans cette ville.
- Le bureau central des Postes ainsi que les bureaux de l’administration des douanes à la Nouvelle-Orléans seront également éclairés à l’électricité avec des lampes à incandescence Edison et on espère ainsi réaliser une économie
- de 10 à 15.ooo fr. par an sur le prix du gaz qui s’élève actuellement à 51.925 fr. par an pour les deux bâtiments.
- Les essais comparatifs entre le gaz et l’électricité qui se poursuivent depuis près d’un an à Barcelone viennent de se terminer par la victoire de ce dernier mode d’éclairage.
- En effet, la municipalité de Barcelone a traité avec la Sociedad Espànola de Electricidad pour l’éclairage électrique des Ramblas pendant une période de 5 ans. La Compagnie doit fournir 33 foyers à arc au prix de 6 francs 5 centimes par lampes brûlant toute la nuit, et de 3, 75 francs pour celles qui seront éteintes à une heure du matin. Les lampes seront montées sur des poteaux décoratifs et les Remblas recevront divers embellissements.
- LaSociété Elestriciteils-Maatschappy, de Rotterdam, exploitant les brevets de M. Khotinsky, nous écrit pour nous faire rectifier les renseignements que nous avons publiés dans notre numéro du 21 mai, au sujet d’un procès en contrefaçon qui aurait été intenté A la Société de Rotterdam par la compagnie allemande Edison de Berlin.
- En réalité, c’est le contraire qui a eu lieu, car voici ce que nous apprend la lettre de M. Khotinsky :
- La Société allemande Edison, croyant que la lampe à incandescence fabriquée par la Société Électrique de Khotinsky à Rotterdam, tombait dans le brevet d’Edison, a menacé officiellement la société Khotinsky de faire arrêter la vente de cette lampe en Allemagne.
- Cette menace a déterminé la Société de Rotterdam à commencer une action contre la compagnie Edison dans la conviction que leur lampe n’avait rien de commun avec celle brevetée par Edison.
- L’affaire sera plaidée devant les tribunaux de Beriin le 20 juin prochain.
- L’éclairage électrique de la ville de Trévise, en Italie a été inaugurée le 9 mai dernier. L’installation comprend provisoirement, 600 lampes Edison de 10, 16 et de 32 bougies, ainsi qu’un certain nombre de lampes à arc installées sur la place principale de laville.
- Le courant est fourni par des dynamos de la maison Ganz de Budapest,
- La cathédrale de Coire dans le canton des Grisons, 1 vient d’être éclairée à la lumière électrique.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La compagnie Guicher de Londres a reçu des commandes pour installation de la lumière électrique dans trois palais aux Indes, comprenant un total de 200 foyers à arc.
- UElectrical Review de New-York publie la liste suivante des principales stations centrales de lumière électrique à Chicago. - '
- Nom Système Nombre de
- La C“ Badger Américain foyers 74
- — Wundcr et Abbott Bail 284
- — King Schuyler 65
- • — Sun Sperry 99
- — Columbia Western Electric C° 7^
- — Western Electric — — 100
- — Thomson-Houston Thomson-Houston 285
- — Usine municipale — — 119
- Total 1101
- Le système d’éclairage Thomson-Houston qui n’était guère connu avant i883 est aujourd’hui exploité par près de 200 compagnies locales aux États-Unis..
- Ainsi que nous avons anoncé dans le temps la municipalité de Graz en Styrie a décidé d’adopter l’éclairage électrique pour les rues de la ville.
- Les offres de MM. Siemens et Halske, de M. Ernest Biderman et de la Société du gaz à Vienne n’étant pas conforme au cahier des charges, un nouveau concours a été ouvert jusqu’au i*r Juin prochain.
- Un projet de loi a été présenté aux Cortès en Espagne, pour le prolongement du câble des îles Canaries jusqu’à Porlo-Rico.
- Télégraphie et Téléphonie
- L’administration des télégraphes en Espagne demande dans la Gaceta de Madrid du 5 Mai des soumissions pourTa fourniture de 100. 000 kilos de fil de fer galvanisé en vue d’une extension importante du réseau télégraphique
- Le bulletin de la société Belge des Électriciens anonce que les ingénieurs des administrations télégraphiques belge et française ont dernièrement fait des expériences téléphoniques entre la Bourse de Bruxelles et le Hâvre, soit une distance de 55o kil. à l’aide du circuit Paris-Bruxelles relié à la Bourse de Paris à la nouvelle ligne téléphonique de Paris au Hâvre d’une longueur de 228 kil. Bien que les fils de ce dernier circuit soient d’un diamètre notablement inférieur à o, oo3, une conversation assez longue a pu être échangée dans des conditions acceptables: un affaiblissement de la voix parait être le seul changement apporté par cet allongement de 228 kil. le timbre et la netteté de l’articulation se maintiennent très bien.
- Par décret du Président de la République française, la taxe à percevoir pour les communications téléphoniques échangées entre Paris, d’une part, et le Hâvre ou Rouen d’autre part, est fixée à un franc par cinq minutes de conversation.
- Jusqu’à nouvel ordre, les communications ne peuvent avoir lieu qu’entre la Bourse de Paris et les bureaux centraux télégraphiques du Havre ou de Rouen.
- Par suite de l’adhésion d’un certain nombre de maisons de commerce à Solingen aux conditions imposées par la direction générale des Postes de Dusseldorf, il a été décidé de commencer la construction d’un réseau téléphonique dans la ville de Solingen.
- La communication téléphonique entre Liverpool et Manchester a été interrompue par un violent orage qui avait renversé un arbre sur les fils entre Wigan et Liverpool.
- La Missouri and Kansas Téléphoné C° vient de terminer la construction d’une ligne téléphonique en fil de cuivre, entre Kansas City et Saint-Joseph, une distance de 60 milles.
- Il y a trente-cinq poteaux par mille et la résistance totale de la ligne, y compris celle d’une petite section en acier, au-dessus d’un fleuve, est de 3i6 ohms.
- La route a été choisie avec soin, afin d’éviter la proximité d’autres fils, de sorte que la ligne est presque entièrement libre de toute induction.
- Le Gérant ; Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Électrique, 3i, boulevard des Italiens Paris. — L. Barbier.
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- .. 31, Boulevard des Italiens, Paris
- DIRECTEUR : Dr CORNELIUS HERZ
- 9« ANNÉE (TOME XXIV)
- SAMEDI II JUIN 1887
- N» 24
- SOMMAIRE. — Nouveaux appareils électriques de mesure; Sir W. Thomson. — Sur le rendement du télégraphe imprimeur Hughes ; H. de Rothe.— Note sur les appareils enregistreurs dé M. Gimé ; Marinovitch. — Etudes sur les machines dynamos électriques ; W.-C. Rechniewski. — Sur la résistance du défaut des câbles sous-marins, d’après M, Kennely ; A. Ralaz. — A propos des machines Cbmpound ; G. Reignier. — Groupement des accumulateurs sur les voitures électriques ; Hoho. — Revue des travaux récents en électricité : La période solaire, les essaims périodiques d’étoiles filantes et les perturbations magnétiques en 1878, C.-V. Zenger. — Système de transmission duplex pour les lignes omnibus et pour les communications directes à de grandes distances, de M. Gattino. — L’électricité considérée. ; comme fluide élastique, par A. Fœppl. — Télégraphe pour annonce^ d’incendie, système Mac-Cullogh. — Sur la conductibilité électrique des amalgames, par C.-L. Weber. — Correspondances spéciales de l’étranger : Allemagne ; Dr H. Michaëlis. — Angleterre; J. Munro. — Etats-Unis; J. Wetzler. — Brevets d’invention; P. Clemenceau. — Correspondance: Lettre de M. Dieudonné — Faits divers.
- NOUVEAUX
- APPAREILS ÉLECTRIQUES
- DE MESURE
- BALANCES ÉTALONS ÉLECTRODYNAMIQUES (*}
- Ces instruments sont basés sur les forces mutuelles découvertes par Ampère, et qui agissent entre les parties fixes et mobiles d’un circuit électrique. Nous avons choisi, pour les parties qui réagissent les unes sur les autres, la forme circulaire, et nous désignerons, pour plus de simplicité, chacune de ses parties sous le nom d’anneau d’Ampère, ou simplement d’anneau, qu’il se compose d’un seul tour de fil, ou qu’il comprenne un
- (t) Notre correspondant d’Angleterie nous a déjà signalé, à diverses reprises, les nouveaux appareils de S. W. Thomson, et nous avons également publié une conférence de l’auteur à ce sujet.
- Celui-ci nous ayant envoyé une communication complète à ce sujet, nous n’avons pas hésité à la publier, en retranchant, cependant, la description du voltmètre électrostatique, et du nouveau rhéostat de S. W. Thomson, qui sont suffisamment connus de nos lecteurs. N.D.L. R.
- nombre quelconque de spires formant aussi une bobine.
- Dans la balance représentée figure 1, chaque anneau mobile est actionné par deux anneaux fixes, et tous trois sont approximativement horizontaux. Dans chaque appareil de ce genre, il y a deux de 'ces groupés de trois anneaux ; deux anneaux mobiles fixés aux extrémités d’un fléau horizontal, et dont l’un est attiré en haut, et l’autre en bas par une paire d’anneaux fixes placés en regard.
- Le courant traverse les deux anneaux mobiles en sens inverse, afin d’annuler pratiquement toute perturbation provenant de la composante horizontale du champ magnétique terrestre et d’aimants locaux. Cependant, dans le voltmètre de contrôle, il n’y a qu’un anneau fixe, qui agit sur un seul anneau mobile attaché à l’une des extrémités du fléau de la balance et équilibré au moyen d’un poids agissant à l’autre extrémité.
- Dans tous les appareils, le fléau de balance est supporté au moyen de faisceaux élastiques en fil fin, servant de conducteurs pour le passage du courant dans les anneaux mobiles.
- Dans toutes nos balances, la position de repos de chaque anneau mobile est dans un plan horizontal très proche du plan médian des deux an-
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- neaux fixes. Le courant traverse les deux anneaux fixes en sens inverses, de sorte que l’anneau mobile est attiré par l’un et repoussé par l’autre.
- Dans les balances destinées à mesurer des courants continus, depuis 5 jusqu’à 1000 ampères, le diamètre extérieur de chaque paire d’anneaux fixes est un peu plus petit que le diamètre intérieur de l’anneau mobile et les proportions sont telles, que la force exercée sur l’anneau mobile est à peu près constante pour un déplacement d’un centimètre de chaque côté de la position médiane, à laquelle on ramène l'aiguille dans l’emploi normal de ces appareils, et qui est marquée par le zéro, placé au milieu de cinq lignes noires sur l’échelle où se déplace l’aiguille de la balance.
- Dans les instruments pour les mesures des courants alternatifs de toute intensité, et des courants
- Fig. 1. — Centiampèremètre étalon
- continus de 5 milliampères à io ampères, les anneaux fixes sont plus grands que dans les instruments dont nous venons de parler. Leur diamètre extérieur est plus grand et leur diamètre intérieur plus petit que celui de l’anneau mobile qui se déplace entre eux.
- La position médiane entre les anneaux fixes correspond à un minimum de l’effort mutuel, et, pour obtenir une bonne stabilité, l’une des bobines se trouve au-dessus de cette position, tandis qu’elle est en dessous de l’autre côté, et, dans les deux cas, elles sont plus rapprochées de la bobine qui donne lieu à une force de répulsion, en sorte que l’effort résultant est à peu près de 2/10 supérieur à l’effort minimum.
- Dans les instruments pour la mesure des courants alternatifs (qui peuvent également servir pour des courants continus) de 5 à 1000ampères, le conducteur formant chaque anneau, qu’il y ait une ou plusieurs spires, est formé par un cable,
- dont chaque fil est isolé à la soie, de manière à empêcher l’induction de changer la distribution du courant dans la section du conducteur.
- L’équilibre est réalisé au moyen d’un poids qui glisse par une règle graduée approximativement horizontale et fixée a la balance; un plateau fixé à l’extrémité de droite de la balance contient un contrepoids variable, suivant le poids mobile employé (voir plus bas).
- Pour obtenir l’ajustage parfait du ?éro, on se sert d’un petit drapeau en métal (comme dans la balance chimique ordinaire ) actionné par une fourche dont le manche sort à l'extérieur, au-dessous de la boîte ( fig. 1 ).
- Pour régler la balance au zéro, on place le poids de gauche avec sort index au zéro de l'échelle correspondante, et l’on tourne le drapeau en métal d’un côté Ou de l’autre, jusqu’à ce que
- Fig 2. — Heetampère étalon
- la balance reste dans la position du zéro, quand aucun courant ne passe dans les anneaux.
- Pour mesurer un courant, on fait glisser le poids le long de l’échelle graduée, jusqu’à ce que la balance soit en équilibre dans la position du zéro ; on lit ensuite l’intensité approximative du courant, sur l’échelle fixe, la lecture se complète au moyen de l’échelle à fines divisions, comme nous le verrons plus loin. Chaque chiffre gravé sur la première échelle est le double de la racine carrée du chiffre correspondant sur la seconde, divisée en parties égales.
- On amène le poids dans la position voulue, en le déplaçant sur sa glissière au moyen de deux fils de soie, qui passent à l’extérieur par deux trous ménagés dans la cage de l’appareil.
- Chaque appareil est pourvu de trois paires de poids (poids mobiles et contrepoids) qui sont entre eux, dans les rapports de 1 : 4 : 16, ou 1 : 4 : 25, choisies de telle sorte que chaque
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- paire donne sur la première échelle, un nombre rond d’ampères, de demi-ampères, et de quart-d'ampères, ou enfin, de subdivisions décimales et de multiples d’ampères.
- L’étendue des mesures, ou la capacité de chaque instrument, va jusqu’à environ vingt-cinq fois le plus faible courant qu’il peut mesurer avec une sensibilité suffisante.
- L’étendue de l’échelle de mesure des différents modèles de ces instruments est :
- I. Balance des centi-
- ampères.....
- IL Déciampères,....
- III. Ampères.......
- IV. Décampères....
- V. Hectampères...
- de 2 à 5o centiampères. de 1 à 25 déciampères. de 1 à 25 ampères, de 4 à 100 ampères, de 20 à 5oo ampères.
- Le tableau suivant donne pour chaque type d’appareil, la valeur correspondant à une division de l’échelle, pour chacune des trois paires de poids.
- I II III IV V
- centlump. coutitimp. déciump. ump. amp
- par divlslous
- ïre paire de poids. o,a5 I I 0,5 2,5
- 2* — — o,5o 2 2 1 5
- 3“ — — 1 5 5 2 10
- Si par exemple la lecture est de 292, nous trouverons 34,18, soit 34,2 pour la lecture exacte de l’échelle pour ce courant, ou encore, si la position d’équilibre de l’index est 3oi sur la seconde échelle, nous trouvons 34,65, pour la lecture exacte de la première échelle.
- La balance des centi-ampères, avec un thermomètre pour lire la température de ses anneaux et avec des résistances additionnelles en plati-noide, allant jusqu’à 5ooo ohms, peut servir à la mesure des potentiels de 10 à 200 volts.
- VOLTMETRE A LECTURE DIRECTE ET A ECHELLE VERTICALE
- Cet appareil (fig. 3) peut être désigné sous le nom de voltmètre d’atelier, ses indications peu-
- Fig, 3. — Voltmètre à leeture directe
- L’échelle fixe de première approximation indique le courant assez exactement dans beaucoup de cas ; les traits à la partie supérieure de l’échelle d’aluminium montrent la position exacte du poids qui correspond à chacune des divisions numérotées sur l’échelle fixe ; on annule ainsi pratiquement les erreurs de parallaxe provenant de la position de l’œil. Si l’index n’est pas exactement au-dessous d’un des traits correspondant à des divisions entières de l’échelle, le rapport des parties de division, de chaque côté, peut être estimé avec assez d’exactitude.
- On peut ainsi lire facilement, 34,2 ou 34,7, par estimation et avec une erreur qui n’atteindra pas un dixième.
- Mais, quand on veut avoir une exactitude rigoureuse, il faut prendre une lecture sur l’échelle à fines divisions égales, et on calcule le courant, au moyen du tableau des doubles racines carrées quj accompagne les instructions.
- vent se lire à une certaine distance, par exemple, d’un bout à l’autre d’une salle de machines, et il n’exige pas que l’aiguille soit ramenée au zéro comme dans le cas des ampèremètres balances; il est à lecture directe.
- Cet instrument est commode non seulement pour les ateliers ou les salles de machines , mais pour n’importe quelle partie d’une installation d’éclairage électrique.
- Il indique si le potentiel est à la valeur voulue ou de quel pour cent il en diffère, depuis 1 o 0/0 en dessous, à 10 0/0 en dessus de sa valeur normale.
- Ce voltmètre de contrôle (inspectional voltmeter) se compose, d’une résistances additonnelle fixe en platinoïde, en série avec un anneau fixe et un anneau mobile ; d’un plateau en forme de V fixé rigidement à l’anneau mobile, et portant le
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- poids déterminé par le potentiel à mesurer, et la température du local ; d’un thermomètre pour indiquer la température des anneaux ; d’une aiguille multipliçatrice, amplifiant le mouvement de l’anneau mobile, et indiquant le potentiel à mesurer sur une échelle graduée verticale.
- Les anneaux fixes et mobiles, sont composés chacun d’un grand nombre de spires de fil de cuivre fin isolé, d’une résistance totale d’environ ioo ohms. La valeur de la résistance additionnelle en platinoïde dépend du potentiel normal à mesurer ; pour la mesuré de potentiels de io o/o supérieurs ou inférieurs à ioo volts, la résistance en platinoïde est de 700 ohms ; pour un potentiel moyen de 200 volts, avec la même variation , la résistance en platinoïde est de i5oo ohms.
- L’erreur de température est pratiquement an-hulée par la simple lecture du thermomètre, et én s’assurant que le poids dans le plateau est bien celui qui correspond à cette température. Cinq poids correspondant à des températures de i5°, 20°, 25°, 3o° et 35° centigrade sont fournis avec les instruments, dans des boîtes portant l’indication de la température, de sorte qu’on ne peut commettre d’erreur.
- VOLTMÈTRE MARIN
- La masse des parties mobiles du voltmètre que , nous venons de décrire est trop considérable pour que cet appareil soit d’un emploi commode en mer et on les remplace par un modèle de voltmètre marin (fig. 4), qui. se compose d’un petit disque aplati en fer doux supporté par un fil tendu en platinoïde, au centre d’un solénoïde en fil de cuivre fin ; celui-ci est relié en série avec des résistances additionnelles en platinoïde variables selon le potentiel à mesurer.
- Une aiguille fixée au disque donne des lectures directes pour des courants variant de de yo à 120 milliampères. Dans le cas, assez général, ouïe potentiel moyen à mesurer est de 100 volts, la résistance en platinoïde est réglée de façon à donner avec le fil de cuivre fin du solénoïde (dont la résistance est d’environ 60 ohms) une résistance totale 4e 1000 ohms. La lecture directe du potentiel sur l’échelle est donc en volts.
- Cet appareil est basé sur le principe qu’un
- sphéroïde aplati en fer doux, mobile autour d’un diamètre, tend à orienter son plan équatorial parallèlement aux lignes de force d’un champ magnétique uniforme. Dans la position de zéro, le plan équatorial du disque aplati est incliné d’environ 45° sur les lignes de force du solénoïde, et la torsion des parties supérieures et inférieures du fil de suspension en platinoïde, tend alors à le ramener dans la position normale aux lignes de force. Cet effort est détruit par la réaction d’une butée contre laquelle appuie l’aiguille , tant que
- Fig. 4
- le courant est nul ou inférieur à 90 milliampères. Quand un courant dépassant 90 milliampères traverse le solénoïde, le couple de torsion du fil. est alors contrebalancé exactement parle couple provenant de la force électromagnétique.
- AMPÈREMÈTRE MAGNETO-STATIQUE
- Cet appareil (fig. 5) présente sur les balances électro-dynamiques , cet avantage , quelquefois important dans Ja pratique, de pouvoir servir d’ampèremètre exact, à lecture directe, pour des courants variants de 1 à 90 ou 100. Il a l’inconvénient, par contre, de ne pouvoir servir pour la mesure des courants alternatifs, et en outre, l’aimantation de l’aimant directeur en acier ne peut être regardée comme absolument constante. Avec de bonne qualité d’acier, et, avec un traitement préliminaire convenable de l’aimant (en le chauffant plusieurs fois dans de l’eau bouillante et en le refroidissant, et en le soumettant à des efforts
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- variés violents), on l’amène cependant à un état dans lequel son aimantation restera constant, à très peu de chose près pendant des mois et des -années. On ne peut cependant jamais le considérer comme absolument constant; il est donc nécessaire d’avoir un moyen de reétalonner et de régler de nouveau l’instrument, de temps en temps. On y arrive avec la plus grande exactitude si l’on a à sa déposition, comme étalon, un ampèremètrebalance.
- Quand on se sert de l’instrument comme d’un compteur de lampes, il est facile de le régler à volonté, sans l’aide d’aucun autre instrument de mesure, en tournant la plateforme à écrou qui porte l’aimant directeur, de façon à remonter celui-ci ou à le baisser, jusqu’à ce qu’on trouve
- Fig. 5
- que la déviation, à partir du zéro, produite par le courant pour un certain nombre de lampes, corresponde à un chiffre de l’échelle de l’instrument. Après chaque déplacement de l’aimant, il faut naturellement régler le zéro à nouveau, ce qu’on fait, soit en coupant toutes les lampes, soit en mettant l’appareil hors du circuit et en tournant l’aimant jusqu’à ce que l’aiguille soit au zéro. Quand le réglage est fini, il faut serrer l’écrou inférieur pour qu’il presse fortement la plateforme. Ceci lait, on peut sans crainte tourner l'aimant sur sa plateforme et le ramener en arrière, car la distance'entre l’aimant et l’aiguille ne peut être modifiée qu’au moyen de l’écrou supérieur.
- L’échelle porte 100 divisions qui correspondent à des différences égales des langentes des angles formés par l’axe magnétique de l’aiguille et l’axe électromagnétique des anneaux. Les divisions peuvent être numérotées de o à .100, mais il est souvent commode de les numéroter
- de 3o, 20 ou 10, à gauche, jusqu’au zéro, et, de l’autre côté, jusqu’à 70, 80 ou 90. Nous aurons ainsi des divisions plus grandes, dans.le voisinage du zéro, que lorsque celui-ci est à l’extrême gauche de l’échelle; en outre, il est parfois commode de mesurer des courants faibles dans le sens inverse des courants normaux. Mais, dans la plupart des cas, le plus commode sera de numéroter depuis 10, à gauche, jusqu’au zéro, et de zéro à 90, à droite. Avec des échelles ainsi divisées, on peut compter un nombre de lampes quelconque, de 1 à 90, indiquées par des divisions entières de l’échelle. Ceci n’est naturellement pas possible avec une grande exactitude, parce que les lampes ne sont pas toutes rigoureusement semblables, mais le compteur de lam pes remplit le but pratique important de montrer à chaque instant le nombre exact de lampes en activité, s’il est inférieur à 1 o ou 15, et en gros, quand il y en a un plus grand nombre. Dans les maisons particulières, l’appareil constitue un contrôle très utile, en indiquant si une ou plusieurs lampes sont restées allumées par accident, dans une cave ou dans un autre endroit où elles pourraient, sans cela, brûler pendant des jours et des semaines sans qu’on s’en aperçoive.
- Pour les instruments destinés à compter un plus grand nombre de lampes, soit jusqu’à 1000 et au dessus, les anneaux sont plus petits et formés d’un conducteur plus massif. On obtient la même exactitude relative qu’avec les compteurs de 100 lampes.
- NOUVELLE BOITE DE RESISTANCE (MHO-OHM DRUm)
- Cet appareil est une combinaison de conducteurs en platinoïde (*), remplissant les doubles fonctions d’une boîte de résistance ordinaire, en sérié, et d’une boîte pour la mesure des mhos (2), et telle qu’une série de conducteurs, puissent être reliés de différentes manières en arc parallèle, de manière à ce que leurs conductibilités
- Quand on désire spécialement mesurer la conductibilité du cuivre, les conducteurs de notre tambour sont également en cuivre, au lieu d’étre en platinoïde.
- (2) On sait que sir W. Thomson a donné le nom bizarre de mlto, â l’unité pratique de conductibilité ; le mho est la conductibilité d’un conducteur dans lequel une différence de potentiel de i volt, produit un courant de i ampère; il est donc égal à io-5, unités C, G, S, de conductibilité (sec/cm). N. D. L. R.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- s’ajoutent, au lieu que ce soient leurs résistances, comme dans les boites ordinaires.
- Les bobines sont enroulées anti-inductivement sur un tambour de tôle de cuivre épaisse, qui sert non seulement à supporter les fils, mais aussi à dissiper la chaleur engendrée dans chaque bobine traversée par un courant, et à égaliser ainsi la température des différentes bobines.
- Une enveloppe extérieure en cuivre, est en communication métallique avec les segments d’anneaux en cuivre qui séparent les différentes bobines.
- Cette enveloppe sert à protéger les bobines contre tout accident, et à rayonner la chaleur développée dans chaque bobine, sur une grande surface exposée à l’air libre, ce qui diminue de beaucoup l'augmentation de température provenant du passage des courants.
- Elle est également commode dant le cas où on l’arrose d’un jet d’eau continu, comme on fait dans les laboratoires, quand il faut régler avec un soin spécial la température des bobines.
- Toutes les résistances sur le tambour sont reliées en série par des soudures fixes. Les diverses communications à faire dans l’emploi de l’appareil sont établies au moyen de cames circulaires en cuivre, montées sur des arbres verticaux du même métal, reliés par des fils flexibles soudés avec les points de jonction des diverses bobines en série sur le tambour. Chaque arbre est disposé de façon à pouvoir prendre, soit une position inférieure, soit une position supérieure.
- Pour établir les communications pour la mesure des mhos, on place tous les arbres dans la position supérieure et les communications sont faites en tournant les cames de manière à presser sur l’un ou l’autre de deux anneaux de cuivre concentrique, l’un à l’extérieur, l’autre à l’intérieur , entre lesquels les arbres et les cames sont montés.
- Lorsqu’il s’agit de faire- des mesures de résistances, les arbres sont abaissés, et l’on établit lés communications en tournant les cames de façon à mettre en court-circuit celles des bobines qui ne doivent pas être comprises dans la somme des résistances en sétie.
- Le fonctionnement de cette partie du dispositif
- est exactement le même que dans la boîte de résistance ordinaire, si ce n’est que les courts-circuits sont plus facilemeni établis au moyen des cames avec des contacts simples', que par des. fiches formant un contact de chaque côté.
- La réduction de moitié du nombre des contacts non soudés présente un avantage sérieux.
- Pour qu’une seule série de bobines puisse être employée pour les deux modes de mesures, pour celle des mhos ou des ohms, elles doivent être entre elles dans le rapport des puissances de 2, comme les poids dans les pesées ordinaires avec le système anglais.
- Si la plus petite résistance sur le tambour est, par exemple, d’un ohm, les autres résistances seront de 2, 4, 8, 16, 32, 64, 128, 256, 512, 1024, 2048, 4096 ohms; cette dernière étant la plus grande résistance élémentaire sur les tambours ordinaires, mais on petit en ajouter d’autres plus fortes au besoin.
- Le système dualistique, à côté de son adaptation aux deux modes de connexion, a cet avantage de permettre l’emploi d’un plus petit nombre de bobines que dans n’importe lequel des systèmes décimaux des boîtes ordinairement employées (').
- W. Thomson
- SUR LE RENDEMENT DU
- TÉLÉGRAPHE IMPRIMEUR
- HUGHES
- De toutes les conditions que doit remplir une bonne installation télégraphique, une des plus
- (!) L’auteur avait également joint à la description de ces nouveaux appareils de mesure, celle de son voltmètre électrostatique (Voir La Lumière Électrique, v. XXII, n° 43 et v. XXIV, n° 20), et celle de son rhéostat de Wliea-tstone perfectionné, {La Lumière Electrique, v. XXII, n° 41 et 45), deux appareils suffisamment connus de nos lecteurs; nous laissons également de côté des tableaux relatifs à l’emploi pratique du nouveau rhéostat à mohs et ohms, qui n’ont pas de sens, sans une figure explicative de l’instrument. N. D. L. R.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 507
- importantes, est le rendement que l’on peut obtenir avec les différents systèmes. Il est évident que les conditions à considérer en première ligne sont une capacité de transmission des dépêches en rapport avec l’importance de l’installation , et un fonctionnement sûr et rapide.
- Les gouvernements, qui ont le monopole des transmissions télégraphiques, ne sont pas obligés de donner une très grande importance au rendement de leurs lignes, car leurs dépenses sont compensées, d’une manière indirecte, par l’augmentation du mouvement commercial que produit le télégraphe. Il n’en est pas de même lorsque ce service est entre les mains de compagnies privées, qui cherchent naturellement à réaliser les plus grands bénéfices.
- Dans tous les cas, une étude approfondie et consciencieuse des rendements de tous les systèmes connus serait de la plus grande importance et il est étonnant qu’elle n’ait pas encore été faite, ou du moins pas encore publiée.
- On doit reconnaître qu’une étude vraiment sérieuse, demanderait non seulement beaucoup de temps et de travail, mais encore beaucoup de soin et une grande circonspection. C’est peut-être pour cela qu'on s'est contenté jusqu’à présent de données superficielles et plus ou moins correctes.
- A propos de la durée des différents appareils^ il ne faudrait pas se borner à mentionner le nombre de journées pendant lesquelles ils ont travaillé, mais bien tenir compte, de toutes les conditions et de tous les faits qui peuvent avoir influencé leur rendement.
- Mentionnons, entre autres, l’influence delà nature des fils conducteurs, métaux dont s’est occupé M. W.-H. Preece dans un mémoire intitulé: Des avantages relatifs des fils de fer et de cuivre pour les lignes télégraphiques. ( Journal télégraphique, vol. IX, p. 202). D’après les données de M. Preece, le rendement de l’appareil automatique de Wheatstone, qui était de $0 mots par minute en 1877, s’est élevé à 420 mots par minute en iS85.
- Ce n’est qu’ainsi qu’on obtiendra une connaissance exacte de l’influence des divers facteurs, et qu’on pourra comparer le rendement pratique d’un télégraphe à son rendement théorique.
- En attendant une étude complète sur ce sujet, nous pensons qu’on lira avec intérêt l’étude qu’a publiée M. le Dr Zetzsche sur le Rendement du
- télégraphe imprimeur Hughes et sur les différentes méthodes employées pour sa détermination.
- Ce qui suit est extrait du troisième volume de son Manuel de télégraphie électrique, paru dernièrement, et que nous avons parcouru avec le plus grand intérêt. Les motifs que nous venons d’énoncer nous engagent à nous associer au désir exprimé par l’auteur à la fin de son étude.
- « Le rendement de l’appareil Hughes, c’est-à-dire le nombre de types qu’il peut imprimer pendant un temps donné, abstraction faite de la pratique et de l’habileté de l’emplové, dépend de la vitesse de rotation du frotteur et du nombre de types qui peuvent s’imprimer pendant une rotation de celui-ci.
- « L’impression de chaque type exige un tour de l’axe commandant le levier de pression ; celui-ci et la roue motrice du rouleau de papier font sept tours pendant que la roue des types n’en fait qu’un.
- « S’ils étaient constamment reliés, on pourrait imprimer tous les types, de quatre en quatre, soit sept types par tour. Il faudrait pour cela, que le courant excitât continuellement les élec-îro-aimans, ce qui rendrait impossible tout travail fidèle, car on doit tenir compte du temps nécessaire à l’embrayage et au débrayage de l’axe du levier de pression et de la roue motrice du papier. Après un premier type, le transmetteur en laissera passer quatre et ne pourra faire imprimer que le cinquième.
- « Si on presse une touche du manipulateur avant que le cinquième type ne se trouve en place, le récepteur n’imprimera pas le type correspondant à la touche, mais bien celui qui est prêt à être imprimé au moment où l’impression du signe précédent est terminée.
- a En imprimant cinq types à chaque rotation, on pourrait en télégraphier 600 par minute, blancs et changements de signes compris, la roue faisant 2 tours par seconde.
- « Si l’on télégraphie une série de types quelconques , on pourra même donner plus de cinq contacts par tour; pour quatre tours successifs, par exemple, on pourra imprimer éjotx hglqv\ dinsw afkpuy, c’est-à-dire alternativement 5 et 6 types par rotation, soit 660 par minute.
- « Le télégraphiste le plus habile ne peut atteindre ce rendement théorique, car les lettres et les signes d’une dépêche ne sont jamais placés suivant une série aussi favorable. Il est difficile de fixer
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- un rendement plus faible: on pourrait supposer un signal par tour, mais la perte de temps due aux changements de sens et d’autres causes abaissent encore le rendement.
- « M. E.-E. Blavier dans son Nouveau traité de télégraphie électrique, (vol. 2, p. 257), estime à 185 le nombre des types que l’on peut imprimer par minute. Les lettres d'une dépêche se présentant dans un ordre quelconque, il calcule la distance moyenne de deux types à imprimer successivement par la formule
- | [4 + *] + [4 "K28] | : 2 = i8,5
- Pendant une rotation, on pourra donc imprimer, en moyenne :
- 28 : i8,5 = 1,54
- type et pour 120 rotations de la roue, i85 types par minute (exactement 182).
- « Dans le Telegraphen- Vereins - Zeitschrift (vol. XIII, p. 234, 18861 M. le DrBrix termine une description complète de l’appareil Hughes par les observations suivantes sur son rendement.
- « Afin d’avoir une donnée sur le rendement maximum de l’appareil, un télégraphiste habile télégraphia plusieurs fois de suite en ma présence un groupe de douze mots, se rencontrant souvent dans les dépêches françaises, et présentant une suite de lettres favorable. Le résultat de cet essai donna, pour la vitesse ordinaire de la roue, 270 types ou 45 mots par minute; ceci peut être considéré comme un rendement maximum ».
- Le même auteur indique, page 235, qu’en une heure on peut transmettre 32, 40 et même 5o télégrammes , le rendement moyen de l’appareil Morse étant de 20 télégrammes.
- « On pourrait considérer le rendement du Hughes comme double de celui du Morse, pour un employé expérimenté; d’autres données concordent ff ès bien avec celle-ci ou du moins s’en écartent très peu dans l’un et l’autre sens.
- « M.G.-B. Prescott se contente de dire dans son Traité d'électricité, (p. 637, 1877) :
- « Pour des lignes aériennes de 400 à 480 kilomètres, la roue des types fait 120 tours par minute et on peut transmettre en moyenne 3i mots. Une vitesse de rotation plus grande permettrait de transmettre un nombre de mots plus élevé ».
- « Dernièrement,ona expédiéparlaligneaérienne Berlin-Hambourg de 9 à 10 heures du soir, sans arrêt et sans changement de direction, 1456 mots de dépêches de presse, avec une vitesse de 110 tours par minute pour la roue des types. Ces mots comprennent ii,55o lettres, dont 1,642 blancs. En une minute, on tégraphia 192 types. L’impression de ces ii,55o lettres exigea une bande de papier de 33 mètres de longueur.
- « Sur une ligne souterraine de Berlin à Brême, on a expédié 62 télégrammes privés, de 11 heures du soir à minuit, avec une vitesse de rotation de 100 tours par minute pour la roue des types; ces dépêches comprenaient 1,320 mots, soit 8,880 lettres, les blancs compris. Ceci correspond à la transmission de 148 types par minute ; la bande de papier employée avait 25,80 mètres.
- « Un employé des Sociétés allemandes réunies de télégraphie expédia le 6 octobre 1886, deEmden à Londres, pendant trois heures consécutives 70, 54 et 52 dépêches, comprenant 808, 619 et 626 mots; la roue faisait 106 tours par minute; les entêtes des dépêches ne sont pas compris dans les nombres ci-dessus. En supposant une moyenne de 6 types et d’un blanc par mot, on obtient une vitesse de 94, 71 et 73 types par minute.
- « Par contre, le 3i mars 1887, de 11 heures du matin à 9 heures du soir, on transmit par le câble Borkumer entre Emden (Vereinigte Deutsche Telegraphen-Gesellschaft)ex Londres {Submarine Telegraph Company) 77, 87, 80, 82, 66, 5i, 61, 52, 42 et 70 dépêches par heure soit 668 en 10 heures. O11 expédia donc en moyenne par heure 66,8 télégrammes de 10,7 mots chacun (entêtes non comptés). Il est à remarquer que la transmission fut interrompue pendant 216 minutes pour cause de manque de dépêches.
- « Le rendement moyen du Hughes pendant les mois de janvier, février et mars 1887, a été établi en comptant le nombre de dépêches transmises pendant six heures consécutives, à des jours où le travril fut continuel, et sans déduire les arrêts très courts qui eurent lieu. Ce calcul donne les résultats suivants pour une longue ligne aérienne, Emden-Vienne, et deux lignes mixtes sous-ma-
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- rines et aériennes, les lignes n° : et n° 3 du cable Borkumer entre Emden et Londres :
- Dépêches par heure____
- Vienne-Emden Ligne n' I Ligne n' 3
- Janvier..... 35.2 53.9 42.3
- Février....;. 34.2 52.8 37.5
- Mars.................. 35.o 55.5 3g. 1
- Moyenne.... 34.8 54.0 39.6
- « Le nombre moyen de mots taxés fut de :
- Vienne-Londres Lîg-ne n* i Ligne n* 3
- 13.2 10.4 12.6
- « Les renseignements connus sur le rendement de l’appareil Hughes présentent une grande diversité au point de vue des chiffres cités et des méthodes employées pour les obtenir. Ceci n’a rien d’étonnant, le terme rendement n’étant pas défini d’une manière absolue.
- « On ne peut donner qu’une importance moyenne au rendement calculé d’après le nombre des télégrammes ou des mots transmis à cause de leur longueur inégale et du rapport variable avec les entêtes, rapport qui change avec les langues et les pays ; dans-bien des cas pourtant, ce rendement sera important et utile. Si l’on compte le nombre de types imprimés, on ne pourra se débarrasser de l’influence des différentes langues, qui est très sensible pour l’appareil Hughes, et des diverses particularités de service et de transmission; on doit naturellement supposer que les télégraphistes sont des employés sérieux qui satisfont entièrement aux nombreuses exigences que demande la manipulation du Hughes.
- « Une comparaison entre le Hughes et le Morse est tout aussi difficile. La question du rendement du Hugues et de sa comparaison avec les autres systèmes est si importante, qu’il serait à désirer qu’une étude sérieuse et approfondie soit bientôt entreprise » .
- Comme nous l’avons dit, nous ne pouvons que nous associer à ce vœu émis par le Dr Zetzsche, et on nous permettra de remarquer que personne ne serait mieux qualifié que ce spécialiste pour combler cette lacune. H. de Rothe
- NOTE SUR
- LES APPAREILS ENREGISTREURS
- DE M. E. GIMÉ (i)
- J’étais absent de Paris lorsque M. J. Séguin a adressé à La Lumière Electrique la lettre parue dans le n° 18 de notre journal et relative à la description publiée, peu de temps auparavant, des appareils météorologiques de M. E. Gimé.
- Cette lettre est fort courtoise et je n’aurais pas eu grand chose à y répondre.
- Les renseignements que M. E. Gimé m’avait fait tenir ne me permettaient pas de porter sur les appareils en question un jugement très favorable ; il me semblait même, je puis bien le dire aujourd’hui, que ces appareils n’avaient jamais dû fonctionner et qu’il s’agissait là de conception s purement théoriques.
- Comme M. E. Gimé paraissait, d’autre part} beaucoup tenir à la publication des notes et des dessins qu’il me communiquait, j’ai fait ainsi qu’il désirait, tout en atténuant, dans la mesure du possible, certaines critiques qui devaient fatalement se présenter à l’esprit de mes lecteurs. Il se trouve que les documents mis à ma disposition sont inexacts et que toutes mes critiques tombent à faux, lorsqu’il s’agit de l’appareil tel qu’il est réellement construit et tel qu’il fonctionne; j’en suis enchanté pour M. E. Gimé, car la critique vis-à-vis d’un collaborateur esr toujours chose pénible, tout en déplorant qu’il m’ait forcé à exercer mon jugement dans le vide.
- M. J. Séguin, quartier-maître à bord des bâtiments torpilleurs, à Cherbourg, nous envoie aujourd’hui des notes résultant d’expériences faites sur les appareils enregistreurs de M. E. Gimé et des dessins exacts de ces appareils.
- Nous ne pouvons mieux faire, pour détruire l’impression défavorable de notre précédent article, que de publier in extenso les documents de M. J. Séguin :
- TÈLÈMARÈOGRAPHE GIMÉ
- « Transmetteur. — Le transmetteur de cet appareil est composé :
- « i° D’un récipient contenantune certainequan-
- (2) Voir La Lumière Électrique du g avril 1887.
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-
- 5io
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tité de mercure dont le niveau supérieur coïncide avec celui de la basse mer;
- « 2° D’un tube en verre, d’environ 2 mètres de longueur, fermé à l’extrémité supérieure, dans lequel le vide barométrique a été fait et qui plonge dans le bain de mercure, par son extrémité inférieure ouverte.
- « Ce tube porte, suivant une génératrice, à partir de 75 c. m. du niveau'du bain de mercure, soudées dans le verre et faisant saillie à l’intérieur à des intervalles réguliers de 7 millimètres, des pointes métalliques, reliées par leurs extrémités libres aux divisions d’un rhéostat dont il va être parlé.
- « Le métal choisi pour les pointes métalliques est le fer ou l’acier sur lesquels le mercure n'a aucune action ;
- « 3° D’un rhéostat enfermé dans un compartiment étanche noyé dans un hydrofuge.
- « Ce rhéostat comprend autant de divisions que le tube en verre comporte de contacts; il est relié par une extrémité à une plaque de terre, par l’autre extrémité à la ligne.
- « Fonctionnement. — A basse mer, la pression atmosphérique équilibre dans le tube barométrique (dans les conditions ordinaires de pression de l’atmosphère) une colonne de mercure de 0,76 m. Au fur et à mesure de l’élévation de la marée, la pression subie par le mercure du récipient augmentera proportionnellement et fera monter d’une quantité correspondante la colonne mercurielle dans le tube barométrique.
- « Or, la densité du mercure équivalant à i3,6o « — de l’eau de mer supposée à i,o5
- « L’élévation de la colonne de mercure sera donc, par mètre de hauteur de la marée, égale à
- « Les divisions du rhéostat reliées aux contacts du tube compris dans la hauteur de la colonne, seront donc mises en court-circuit, ce qui aura pour résultat de réduire la résistance totale du circuit.
- « Ligne. — Ligne réelle de 10 kilomètres avec
- résistances artificielles pouvant la porter à 25 kilomètres. — Résistance totale du circuit : Pile, rhéostat, ligne, solénoïde, environ 35oohms.
- « Pile. — La pile employée en dernier lieu, était formée de roo éléments Gimé.
- « La force électromotrice égalait environ 15 5 volts.
- « La résistance intérieure était d’environ 110 ohms.
- « L’intensité du courant dans le circuit, variait avec la résistance de ce circuit de 0,40 ampère à 0,95 ampère.
- « 35 accumulateurs Gimé à tube (Description dans La Lumière Electrique,n° 19 de l’année 1885) chargés par quatre éléments primaires du même inventeur suffisaient pour obtenir des résultats approximativement identiques.
- « Le prix de revient de la batterie de 100 éléments Gimé n'atteint pas 100 francs.
- « Conjoncteur automatique. —Un mouvement d’horlogerie ferme, toutes les 5 minutes, le circuit, pendant quelques secondes, ce qui fait que la batterie ne fournit en fait qu’un courant continu ne dépassant pas 10 à i5 minutes par jour.
- <•< La pile peut demeurer plusieurs mois sans soins.
- « Enregistreur . — L’enregistrement de la courbe représentée par la figure 1 est obtenu au moyen de l’enregistreur universel Gimé, que je vais décrire maintenant.
- enregistreur universel gimé
- « Cet enregistreur s’applique indifféremment, sauf de légers détails de constructions, à l’aide de transmetteurs distincts, à l’inscription des
- Courbe s météorologiques
- b i° Hauteur des marées;
- « 20 — pluies ;
- « 3° Vitesse des vents ;
- « 40 Variations de température;
- « 5° — pression barométrique.
- Industrie
- b i° Pression des chaudières à vapeur, accumu-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 5ii
- lateurs d’air comprimé, air raréfié, eau comprimée, etc.
- « 2° Vitesse de rotation des machines.
- Electricité
- « i° Intensité des courants;
- « 2° Force électromotrice.
- 1
- 'S
- S
- He
- eiires
- Fig. 1
- diculairement à celui-ci, M. Gimé a placé une aiguille mobile devant un cercle gradué, en sorte que l’on peut toujours faire instantanément les lectures que l’on a intérêt à connaître.
- « L’appareil, tel qu’il est représenté parla fig. 2,
- Fig. 3
- « Description. — Cet appareil d’une grande simplicité est représenté figure 2.
- « Il se compose : i° d’un solénoïde possédant un noyau porté par une cordelette en soie qui passe sur une poulie à gorge et est reliée à une des extrémités du fléau d’une balance sollicitée par des forces ascendantes. L’autre extrémité de ce fléau est reliée à une seconde cordelette passant sur deux poulies et portant l’armature de l’appareil enregistreur mobile entre deux guides disposés parallèlement à une génératrice du cylindre destiné à recevoir le tracé de la courbe.
- « Le côté du fléau de la balance rattaché au solénoïde, forme une glissière graduée sur laquelle court un contrepoids servant à déterminer le réglage de l’appareil.
- L’enregistreur peut toujours servir d’indicateur; à cet effet, au centre du fléau de la balance, perpen-
- est traversé par un courant continu et décrit une courbe également continue. C’est l’application de l’appareil à la mesure des forces électromotrices., « En effet, dans les applications à la météorologie
- et à l’industrie que j’ai signalées plus haut, le solénoïde n’est généralement mis en action que par intermittence, par des émissions de courant d’une durée, de quelques secondes produites, toutes les 5 minutes, par un mouvement d’horlogerie.
- « Ces émissions provoquent une attraction du solénoïde sur son noyau, proportionnelle à l’intensité du courant qui le traverse, ce qui a pour effet d”imprimer au style traceur un mouvement ascensionnel produisant une barre verticale d’une longueur en rapport avec le déplacement du noyau du solénoïde. L’appareil étant équilibré, le noyau dans son mouvement n’a à-vain-cre, outre la résistance active du contrepoids de réglage, que des résistances passives peu élevées.
- Fig. 2
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- « Je vais dire quelques mots sur chacun des divers transmetteurs destinés à actionner l’enregistreur universel Gimé.
- « Pluviomètrôgraphe (*). — Toutes les cinq minutes, l’eau recueillie dans un réservoir et provenant de la pluie tombée sur une surface déterminée, se rend dans l’une des branches d’un tube en verre en forme d’U dont les deux branches communiquantes contiennent du mercure.
- « D’après la quantité d’eau tombée durant les 5 minutes, le mercure s’élève plus ou moins dans la seconde branche et vient mettre un nombre proportionnel de divisions d’un rhéostat en court-circuit.
- « Pendant 5 secondes, le circuit est fermé et l’enregistreur trace sa barre. L’eau est ensuite, au moyen d’un dispositif spécial, évacuée de la branche dans laquelle elle se trouvait et l'appareil est prêt à reproduire les mêmes effets.
- « L’enregistreur inscrit donc, toutes les 5 minutes, un trait proportionnel à la quantité d’eau tombée pendant ce temps.
- « D'ensemble des traits verticaux donne la courbe journalière.
- « Thermométro graphe. — La température agit sur du mercure contenu en assez grande quantité dans un réservoir fermé, pour produire des variations sensibles de hauteur de la colonne mercurielle, qui met en court-circuit ou retire les résistances d’un rhéostat combiné avec cette colonne comme dans le télémaréographe.
- « Le jeu de l’appareil est le même que précédemment.
- « Anémométrographe.— Dans ce transmetteur, la colonne de mercure monte ou descend sur un plan très incliné sous l’influence de la force centrifuge variable avec la vitesse d’un anémomètre ordinaire.
- « Barométrographe. — Se reporter à la description du Thermomètrographe.
- « La figure 3 représente les courbes produites par un seul enregistreur auquel M. E. Gimé a imaginé de faire inscrire simultanément:
- i° Une courbe de la vitesse du vent ;
- 2° Une courbe de la hauteur de la pluie tombée;
- (i) Nous laissons à notre correspondant la responsa-’ité de ses dénominations : Pluviométrographe, Ther-jnemétrographe, etc., etc, sont bien barbares; au moins faucuait-il écrire Pluviographe, etc., mais l’usage courant est de taire suivre simplement à’enregistreur le nom de es diveis appareils. N. D. L. R.
- 3° Une courbe des variations de température.
- « Chacun des trois transmetteurs disposés ad ' hoc, envoyait successivement, chaque minute, au moyen d’un mécanisme spécial, le courant d’une pile qui lui était propre et d’une force électromotrice calculée de façon à placer les trois courbes produites dans trois parties distinctes du cylindre enregistreur.
- « Le mouvement d’horlogerie fermant le circuit de l’anémomètrographe envoie, par exemple, dans la ligne un courant faisant décrire au style traceur un premier trait qui s’élève jusqu’à la région du cylindre destinée à recevoir le tracé de la courbe du vent.
- « Une minute après, le mouvement d’horlogerie envoie dans le circuit le courant du pluviomè-trographe qui produit un trait s’élevant plus ou moins haut, dans la région de la courbe de la pluie.
- « Après une seconde minute d’intervalle, c’est le tour du thermomètrographe d’inscrire son trait.
- « A la fin de la troisième minute, l’anémomètrographe recommence à nouveau et chaque appareil après lui successivement, en sorte qu'à la fin de chaque minute, une des trois piles fonctionne et l’enregistreur inscrit un trait.
- « A l’inspection du tracé, on peut se convaincre que les courbes sont bien distinctes.
- « Partant du même principe que ci-dessus et dans le même ordre d’idées, M. Gimé a combiné avec son enregistreur universel, des manomètro-graphes disposés sur chaque chaudière et des tachymètrographes montés sur chaque machine d’un même établissement. Ceci permet, au moyen d’une règle spéciale et empirique, de déterminer, en comparant les courbes de pression de vapeur et de vitesse de machine, le travail exact lourni à chaque instant de la journée.
- * Le manomètrographe est un manomètre à mercure et à air libre convenablement modifié.
- « Le tachymètrographe utilise ainsi que l’ané-mométrographe la force centrifuge pour mettre des résistances en court-circuit,
- « Ampèremétrographe et Voltmétrographe. — Pour l’enregistrement de l’intensité du courant dans un circuit, M. Gimé fait traverser le solénoide, comme un ampèremètre, par le courant entier à mesurer, en ayant soin de donner aux spires une section suffisante pour éviter l’échauffement produit par le passage du courant.
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- 5U
- - s La courbe décrite (fig. 4). est continue et déterminée constamment par la position du noyau dans le solénoide.
- « L’enregistrement de la force électromotrice est identique seulement les spires possèdent une résistance assez élevée ainsi que les voltmètres ordinaires.
- « L’appareil est alors alimenté par une dériva-ion continue du courant.
- « Des courbes d’intensité et de force électromotrice on peut déduire les quantités d’énergie dépensées dans le circuit.
- « C’est donc là un appareil de contrôle précieux pour les stations centrales d'électricité ; il pourrait même servir de compteur d’électricité.
- « J’indiquerai encore, pour mémoire, les appliquons de l’appareil Gimé à l’enregistrement des
- <1 § 1 •1
- Heures I II III IV V Vl VII VIII IX X
- Fig. 4
- courbes de niveau d’eau , de la pression du gaz d’éclairage, etc, etc. ; pour la marine, du solirio-métrographe et de l’appareil destiné à enregistrer les mouvements de roulis et de tangage d’un bâtiment, »
- Voilà l’erreur réparée : espérons que , cette fois-ci, il n’y a plus de méprise et que ce sont bien les véritables appareils qui sont décrits.
- . B. Marinovitch
- ÉTUDES SUR LES MACHINES
- DYNAMOS ÉLECTRIQUES
- LES ENROULEMENTS
- L’enroulement de l’anneau Gramme ou Paci-tlqtti est trop connu pour que nous y revenions ;
- l’enroulement Siemens a été traité d’une façon remarquable dans ce même journal par M. Aug. Guerout, le regretté secrétaire de la rédaction.
- Il n’en est pas de même pour les maphines multipolaires auxquelles on peut appliquer les enroulements Gramme et Siemens ; les données se trouvent disséminées dans les différents journaux techniques et dans les revendications des brevets, aussi croyons-nous devoir essayer d’en faire une étude systématique.
- Dans les machines multipolaires, nous avons trois groupes distincts au point de vue de l’enroulement:
- i° Les machines à anneau, auxquelles on applique l’enroulement Gramme, qui donne lieu, à cause de la multiplicité des pôles , à un certain nombre de combinaisons intéressantes. Exemple : les machines Gülcher, Victoria, (Schuckert-Mor-' dey), etc.
- 2° Machines à tambour dont l'enroulement dérive plutôt de l’enroulement Siemens. Exemple: les machines Thury.
- 3° Machines disques, dans lesquelles les champs magnétiques sont formés par des pôles de sens contraire fixes et placés en regard ; des bobines plates en cuivre traversent ces champs en se mouvant dans leur plan. Exemple : les machines Bollmann, Desroziers, Edison, etc.; la machine à enroulement oblique d’Ayrton et Perry appartient aussi à ce type.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 514
- Nous commencerons par étudier les enroulements du premier groupe et nous verrons qu’il est facile de les étendre aux deux autres. Chaque enroulement dans un des groupes a ses correspondants dans les deux
- Considérons l’anne.afplH||Wl^rcnine à 4 pôles (fig. 1); supposons un norirore pair de bobines: il se trouvera alors à chaque instant deux bobines qui seront le siège d’une force électromotrice égale et de même sens, ce seront les bobines diamétralement opposées.
- On peut considérer l’anneau comme formant deux machines à deux pôles ; en donnant au col-
- Mais, au lieu dé grouper les bobines semblablement placées 11' 22' 33'- - - en quantité, on peut aussi les grouper en série ( fig. 3 ) ; on considère alors la bobine l'simplement comme la continuation de la bobine 1, on la joint donc à celle-ci au moyen d’un fil figuré sur le dessin à l’extérieur de l’anneau, on joint ensuite l’extrémité de i'au commencement de la suivante, c’est-à-dire, 25232' et 2 à 3, etc.
- En joignant entre elles les lames du collecteur semblablement placées, et les commencements des bobines 1, 2, 3, 4, 5, etc., aux lames correspondantes, on peut recueillir le courant au moyen
- lecteur autant de lames qu’il y a de bobines et en joignant les bobines aux lames, on pourra recueillir le courant au moyen de 4 balais placés dans les lignes neutres. Le courant a 4 chemins pour traverser l'induit.
- Dans une machine de 2 « pôles, il faudrait 2 n balais.
- Cette augmentation du nombre des balais est un inconvénient que l’on peut éviter, en joignant entre elles les lames du collecteur qui correspondent aux bobines semblablement placées par rapport aux pôles de même sens. Les balais restent alors au nombre de deux, mais le collecteur devient sensiblement plus compliqué.
- La figure 2 est une application de ce procédé à une machine à 4 pôles.
- de deux balais, ainsi que le montre la figure.
- Les bobines semblablement placées forment donc des séries jouant le même rôle que les bobines isolées, dans une machine bipolaire.
- Dans une machine multipolaire, il faut remarquer que, lorsque l’induit s’est déplacé de l’angle occupé par une paire de pôles, toutes les parties se retrouvent dans la même position relative qu’auparavant, et chaque bobine a passé devant deux pôles, c’est-à-dire que le courant a dû y être inversé deux fois. Un cycle complet de collection a donc du s’accomplir pendant que l’induit parcourait cette fraction de circonférence, et il s’accomplit autant de fois par tour complet de l’induit qu’il y a de paires de pôles.
- Quel que soit le système de l’enroulement, il
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 5*5
- faut donc que le nombre des lames du collecteur soit un multiple du nombre des paires de pôles et que les lames semblablement placées par rapport aux pôles de même sens soient reliées entre elles par des conducteurs.
- En plaçant deux balais suivant deux lignes neutres consécutives, on pourra recueillir le courant.
- Pour diminuer le nombre des liaisons exté. rieures, on peut joindre (voir fig. 4 et 5) la fin de la bobine i' directement à la bobine 2' qui se trouvera en tête de la série suivante et la jonction
- • f
- électrique, devient disymétrique, comme on peu le voir sur la figure 5.
- Dans tous les cas dont nous venons de parler, le nombre des bobines était un multiple du nombre des pôles, c’est-à-dire que nous avions toujours autant de bobines semblablement placées par rapport aux pôles de même nom, que nous avions de pairès de pôles, et nous groupions entre elles, en série ou en quantité, des bobines qui étaient le siège d’actions absolument égales.
- Les lames du collecteur étaient en même nom-
- à la lame correspondante du collecteur; ensuite on joindra 2' à 2 extérieurement et 2 à 3', 3là 3 et 3^ à 4 en joignant toujours au collecteur la jonction des bobines 2^' $*4?, 4'5', etc., c’est-à-dire les fins des séries.
- Dans une machine à 4 pôles, on économise de cette manière la moitié des liaisons extérieures. Les jonctions des bobines avec le collecteur ont lieu dans cette disposition sur tout le pourtour de ce dernier et on se rend facilement compte, par une inspection attentive des figures 4 et 5, qu’il faut avoir un nombre impair de bobines par paires de pôles, pour que l’enroulement soit complètement symétrique (voir fig. 4) ; pour un nombre pair de bobines par paire de pôles, l’enroulement tout en conservant sa valeur au point de vue
- bre que les bobines et le courant s’inversait dans toutes les bobines semblablement placées en même temps, lors du passage des balais d’une lame de collecteur à une autre.
- M. Desroziers a breveté dernièrement (’) pour sa machine à disqu ; un enroulement plus compliqué et, à coup sûr, très intéressant.
- La figure 6 montre cet enroulement appliqué à une machine à anneau à4 pôles.
- M. Desroziers ne divise pas son induit en paires de pôles, il le considère dans son ensemble et semble avoir pour but l’augmentation des lames du collecteur sans augmenter le nombre total des bobines. Pour une machine de 2«pôlesj
- t1; Voir La Lumière Electrique, vol. XXIV, p. 263 et 294-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 516
- M. Desroziers dispose d’une manière uniforme sur l’induit (n^±i) bobines; de cette manière, nous n’avons plus de bobines semblablement placées par rapport aux pôles de même nom.
- Dans la figure 6 nous avons 4 pôles et 9 bobines.
- On les joint en série, comme le montre la figure, 1 à 2, 2 à 1, 3 à 4, etc., pour en revenir à 1. La collection doit se faire de manière, que chaque fois qu’une bobine passe par une ligné neutre, le courant y est renversé ; comme il n’y a pas de bobines semblablement placées, on voit qu’il faut
- La collection faite de cette manière est certainement plus parfaite, parce qu’elle permet d’augmenter le nombre des lames du collecteur sans augmenter celui des bobines; les connexions sont évidemment plus compliquées, à cause même de l’augmentation du nombre de lames, et c’est à la pratique de décider le point jusqu’où il convient d’aller dans cette direction.
- Induits à tambour et à disques. — Dans ces enroulements, les bobines sont disposées à plat et imbriquées les unes dans les autres, soit sur la surface d’un cylindre, comme dans les machines
- plus de lames au collecteur que dans les exemples précédents.
- Lorsque l’induit s’est déplacé de l’angle occupé par une paire de pôles, il est évident que toutes les parties se trouvent dans la même position que précédemment et le courant a été inversé deux fois dans chaque bobine;il faut donc que pendant ce temps un nombre de lames du collecteur égal à celui des bobines ait passé vers les balais.
- à tambour, soit dans le plan d’un disque, comme dans les machines à disques.
- Pendant la rotation de chaque bobine, un des côtés se meut toujours dans un des champs magnétiques et l’autre dans un champ opposé, de sorte que les deux forces électromotrices s’ajoutent. Quant aux dispositions et aux groupements des bobines, elles correspondent tout à fait aux dispositions et groupements des bobines sur un induit à anneau.
- On donne donc {np± i)« lames au collecteur.
- Dans la figure 6, nous avons pris comme exemple 4 pôles et 9 bobines, c’est-à-dire n — 2 et^~5; il nous faut donc 18 lames au collecteur; les jonctions avec les bobines se font comme c’est indiqué sur la figure 4.
- Les mêmes combinaisons peuvent être employées dans les trois cas.
- Si nous répartissons les bobines uniformément sur le pourtour d’un Cylindre et joignons les bobines consécutives aux lames correspondantes du collecteur, nous aurons l’enroulement
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ 517
- de la figure 7, qui représente schématiquement le tambour de la machine Turry, vu par le bout. 11, 22, 33, 44, etc., sont les bobines appliquées sur la surface du cylindre.
- Mais cet enroulement n’est, pour ainsi dire, que la transposition de l’enroulement de la figure 1 ; en réunissant entre elles les lames des collecteurs semblablement placées par rapport aux pôles de même nom, on pourra réduire ici aussi le nombre desbalais à 2.
- La figure 8 représente la même disposition appliquée à une machine à disque : c'est l’enroule-
- Fig. 8
- ment de la nouvelle machine Edison, brevetée dernièrement (•).
- Les combinaisons de bobines représentées par les figures 3, 4 et 5 peuvent également être appliquées aux induits à tambour et à disque.
- Enfin, c’est pour un induit à disque que la disposition de la figure 6, que nous avons appliquée à un induit annulaire, a été tentée par M. Desro-ziers. L’induit à enroulement oblique d’Ayrton et Perry entre aussi dans cette dernière catégorie.
- W. G. Rechniewsici
- f1) Voir La Lumière Electrique, brevet de la Compagnie Edison, vol. XXIV, p. 343.
- LA RÉSISTANCE DES DÉFAUTS
- DANS LES
- CABLES SOUS-MARINS
- d’après m. kennelly
- La recherche des défauts dans les câbles sous-marins est de la plus haute importance, si l’on considère les capitaux énormes engagés actuellement dans les entreprises de télégraphie sous-ma-rine et les grands inconvénients qui résultent, pour le commerce en général et pour les intérêts des compagnies en particulier, d’une interruption de service.
- On peut dire hardiment que le développement progressif de la télégraphie sous-marine aurait été impossible si l’on n’avait pas été en possession, dès le commencement, de méthodes plus ou moins parfaites, permettant d’indiquer, avec une exactitude suffisante, la position d'un défaut dans l’isolement d’un câble , en partant simplement des mesures électriques faites sur le rivage.
- La localisation du défaut étant ainsi effectuée, la réparation du câble était considérablement simplifiée et surtout rendue plus sûre et plus facile.
- Un grand nombres de méthodes pour la localisation des défauts ont été indiquées. Ces méthodes diffèrent souvent considérablement entre elles suivant les moyens expérimentaux mis en œuvre et suivant la nature du défaut et les phénomènes secondaires qui l'accompagnent ; toutes, par contre, reposent sur des dispositions expérimentales peu compliquées et ne sont en général que des applications directes très simples des principes fondamentaux de la théorie.
- Mais, cette simplicité des méthodes et des mesures est plus apparente que réelle, car Teur application présente des difficultés considérables qui ne peuvent être surmontées, dans bien des cas, que par des électriciens rompus aux déterminations de ce genre et à la pratique des mesures de câbles sous-marins.
- La nature du défaut à localiser peut être bien différente suivant les cas. C’est, par exemple, une rupture complète du câble qui met l’âme en communication directe avec la terre sans qu’aucune résistance se trouve interposée ; ce cas arrive ce-- ‘ - 32 •
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- pendant peu fréquemment, la résistance du défaut ayant, le plus souvent, une valeur considérable. Ce peut être aussi un défaut d’isolement sans rupture de l’âme du câble et sa résistance peut être très considérable ou n'égaler que quelques ohms à peine.
- Dans toutes les méthodes de localisation des défauts, on détermine la résistance Z de la longueur du câble comprise entre la station d’essai et le défaut. La résistance du câble par kilomètre étant connue, on en déduit immédiatement la position exacte du défaut.
- Cette détermination peut être faite de bien des manières. La résistance f du défaut intervient cependant toujours et on peut classer les méthodes en deux, suivant qu’on élimine cette résistance/ en déterminant par une manière détournée Z seulement, ou qu’on mesure la somme (Z -f-/), au pont de Wheatstone, par exemple, en fixant par des méthodes particulières la valeur de f.
- Au nombre de ces méthodes particulières, il faut citer celle de Kempe, dans laquelle on mesure la résistance du défaut par le courant de décharge qu’on observe dans le pont immédiatement après que l’équilibre a été établi.
- La méthode de Lumsden donne de meilleurs résultats dans bien des cas, en permettant de déterminer facilement la valeur minimum de la résistance du défaut.
- Rappelons brièvement en quoi elle consiste.
- Le bout éloigné du câble étant isolé, s’il s’agit d’un défaut par manque d’isolement et non d’une rupture complète, on nettoie le conducteur à l’endroit du défaut en appliquant un courant zinc de ioo éléments, par exemple, pendant dix ou douze heures. Un premier essai de la résistance est ensuite effectué avec le courant cuivre. On envoie, alors, un courant positif dans le câble, pendant une minute environ, en employant une pile de deux ou trois éléments pour chaque centaine d’unités contenue dans la résistance qu’il s’agit de mesurer.
- - Ce courant recouvre le conducteur d’une couche de chlorure de cuivre à l’endroit du défaut. Le câble et la terre sont ensuite reliés aux extrémités d’une branche d’un pont de Wheatstone de façon à envoyer un courant négatif dans le câble. On observe alors attentivement le galvanomètre, pendant que les chevilles des résistances du pont sont insérées et déplacées l’une après l’autre de
- manière à maintenir l’aiguille au zéro ; carie courant négatif a pour effet d’entraîner le dépôt de chlorure de cuivre et, par suite, de diminuer U résistance du défaut.
- A un certain moment, la décomposition du chlorure est complète et l’aiguille du galvanomètre dévie, pour ainsi dire d’un bond, montrant par là qu’un dégagement d’hydrogène a lieu à l’endroit du défaut dont la résistance est considérablement accrue. La résistance indiquée par le pont à cet instant représente la résistance cherchée.
- Ainsi que l’a bien fait remarquer M. Mance, cette méthode exige beaucoup d’habileté et d’expérience et elle donne fréquemment des résultats purement approximatifs, car elle ne tient pas compte des courants terrestres dans le câble au moment des mesures.
- La grande source d’erreurs dans les mesures est là variation de la résistance du défaut pendant les mesures avec les variations de l’intensité du courant d’essai,
- Dans la pratique, la résistance minimum d’une rupture complète est de 18 à 40 ohms et peut aller de 5 à. y5 ohms; dans le premier cas (5 ohms) le conducteur est tn communication directe avec l’eau de mer, dans le second, la cassure de l’âme est entourée par la gutta-percha, et l’hydrogène qui se dégage complète l’isolement.
- La variation de la résistance des défauts avec l’intensité du courant, et la durée du passage de celui-ci a déjà été étudiée par plusieurs électriciens, entr’autres par Latimer-Clark, en 1862 et par Mance, en 1884.
- Des formules ont été données et des tables construites qui ont permis de reconnaître dans ces phénomènes l’existence d’une certaine régularité. Or, tous ces faits sont liés entre eux par deux lois très simples, ainsi que l’a montré M. Kcnnelly à l’une des dernières séances de la Société des ingénieurs des télégraphes et électriciens de Londres.
- M. Kennelly n’a considéré que les cas de rupture complète du câble, dans lesquels les mesures sont les plus difficiles parce qu’on ne dispose que d’une extrémité du câble seulement. 11 a trouvé ces lois par un grand nombre de mesures expérimentales et leur exactitude a ensuite été contrôlée par un grand nombre de déterminations pratiques faites sur des câbles en mer.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRIÙITÈ
- 519
- Voici leur énoncé :
- i° La surface du conducteur mis à nu par le défaut étant constante, l’intensité du courant qui la traverse est inversement proportionnelle au carré de la résistance correspondante du défaut.
- 2* L’intensité du courant étant constante, les surfaces correspondantes du défaut sont proportionnelles aux carrés de leurs résistances.
- On peut exprimer ces. lois plus simplement, comme suit :
- i° La résistance d’un défaut de surface constante est proportionnelle à la racine carrée du courant.
- 20 La résistance d’un défaut correspondant à un courant constant est inversement proportionnelle à la surface mise à nu.
- 11 est facile de voir que l’une des lois est la suite immédiate de l’autre. Admettons, par exemple, l’exactitude de la première. Le défaut, de surface s offrant au courant i une résistance f, cette résistance sera f\Jn pour un courant i/n. Si la surface du défaut devient ms, le courant restant toujours égal à i, il passe par chaque unité s de sui face un courant f/m, et la résistance de chacune d’elles devient f\fm. Or, comme il y a m éléments superficiels 5 couplés parallèlement, la résistance totale de la surface ms est égale à fyjmjm ou fl\fm. Nous retrouvons ainsi la seconde loi; on voit de même que cette dépendance n’a lieu que pour les racines du second degré.
- Il était très difficile d’arriver à ces lois, car il fallait dégager en quelque sorte les expériences sur lesquelles elles sont basées des phénomènes secondaires qui auraient pu en masquer l’expression exacte. Au nombre de ces perturbations, il faut citer la polarisation, qui peut agir de trois manières différentes. D’abord, d’une façon mécanique, en ce sens que le gaz ou les couches de métal déposées diminuent la surface du défaut; ensuite, par voie électrique, les gaz développant une force électromotrice négative qui réagit sur le courant d’essai, et enfin, en empêchant les mesures de résistance, par suite de la diminution rapide du courant de polarisation. Cette troisième action est la plus gênante, car on ne connaît pas la dépendance qui existe entre la diminution de l’intensité du courant et le temps, dépendance vainement cherchée par Ayrton et Perry, entre autres.
- Pour obtenir les lois énoncées ci-dessus, M. Kennelly est parti d’un grand nombre de mesures faites sur des électrodes de fer et d’or plongées dans l’eau salée, et sur lesquelles nous nous arrêterons un peu. Il a d’abord employé 8 plaques de fer de i5 centimètres de longueur sur 2 de largeur et o,5 millimètres d’épaisseur, plongeant à 7 centimètres dans de l’eau salée; elles pouvaient être combinées parallèlement, de façon à obtenir ainsi une surface de fer double, triple, etc., suivant qu’on prenait deux, trois, etc.... plaques. L’électrode de fer et le bain d’eau salée dans lequel elle plongeait étant placés dans une des branches du pont de Wheatstone, les autres résistances du pont et la pile furent toujours
- TABLEAU N° 1
- Numéros Secondes Nombro de plaques groupées parallèlement et résistances observées en ohms Coefficient moyen de résistance de chaque série pour une surface double.
- I 2 3 4 5 6 7 8
- 1 * 12,5 9, 1 7,5 6,3 5,8 5,3 4,9 4,6 0,714
- O 1 48 43 39,5 36 33 29 26 22 0,770
- 3 2 55 52 48 44 #5 39 34,5 3i ,5 28 0,789
- 4 3 62 57,2 52,5 45,5 43 41 39 36,5 0,826
- 5 4 64,5 59,5 53 49 46,5 44,5 42 39 0,845
- 6 5 66 61,5 56 52 48 45,5 43 40,5 0,842
- réglées de façon à obtenir un courant de 10 milli-ampères dans l’électrode. Le courant étant interrompu, on observait immédiatement, i seconde ou 2 secondes..., après la rupture,la dé-
- viation du galvanomètre sous l’influence du courant de polarisation de la plaque, déviation qu’on prenait ensuite comme faux \éro, pour déterminer la résistance de l’électrode. Le tableau I
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- LA\ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- donne les résultats obtenus pour les résistances des plaques en groupes parallèles de i, 2, 3,.... 7, 8 éléments. La première série, obtenue immédiatement après la rupture du courant, représente en quelque sorte la résistance réelle offerte par l'électrode au courant, au moment de sa rupture, La loi de l’inverse des racines carrées, d’après laquelle la résistance d’une surface quadruple est la moitié de celle d’une surface unité, est nettement exprimée dans les résultats ci-dessus. Ainsi, le coefficient de résistance pour la surface double serait 1/72^=0,707, tandis que la série 1 donne, par exemple :
- La seconde série montre une augmentation de résistance de 3oo à 400 0/0, et le coefficient moyen est io 0/0 plus grand que 0,707. Dans les séries suivantes, la résistance augmente encore, ainsi que le coefficient moyen; pour la quatrième, celui-ci est égal à 0,794= 1/V2, et pour la cinquième, 0,841 = 1 lA\f2.
- M. Kennely a répété ces mesures en prenant comme électrodes 8 pièces d’or (sovereigns) groupées comme dans l’expérience precedente. Voici les résultats obtenus, ainsi que les valeurs des résistances, calculées d’après la loi de l'inverse des racines carrées :
- Nombre Nombre Résistance en ohms
- de pièces d’observation ; observée calculé;
- 2 16 14.64 —
- 2 8 10.28 10.35
- S 4 8.5o 9.40
- 4 4 7.1S 7-32
- 6 2 5.75 5.98
- S 1 5. to 5.iS
- La loi de l’inverse des racines carrées pour le calcul des résistances de surfaces métalliques en contact avec l’eau salée est donc clairement dé-montrée par les nombres ci-dessus, au moins dans les limites des erreurs d’observations.
- Dans le cas des défauts d’un câble sous-marin, on est surtout en présence d’une application de la seconde loi; on a, en effet, une surface constante et on peut faire varier à volonté l’intensité du courant d’essai.
- Et même, on ne peut guère supposer la cons-
- tance de la surface du défaut que dans les cas de rupture complète du câble; car lorsque la surface de contact avec l’eau de mer est très petite, les produits de l’électrolyse qui ne peuvent pas s’ea dégager facilement, la diminuent d’une façon très irrégulière, en sorte que la résistance du défaut ne suit pas les lois ci-dessus.
- On ne peut donc les appliquer d’une façon générale que si la surface du conducteur en con-
- TARLEAU N° 2.— RUPTURE DU CABLE N° 2
- Résistance du cable en ohms : 144
- j Intensité du I courant en milliampères Résistance du c .Me et du defaut en ohms Résistance du défaut observée en ohms Résistance du défaut calculée en ohms
- 4 2 3o 86 _ ,
- 5 220 76 76,9
- 6 215 ?i 70,2
- 7 2 10 66 65,o
- 8 205 • 6r 62,2
- 9 200 56 57,3
- 0 1 96 52 54,4
- t 193 49 5i,9 -
- 12 iqo 46 49,7
- !4 BS 44 46,0- '
- i5 187 4* 44,4
- 16 18G 42 43,0
- I > i83 3g 40,0 .
- 20 181 3; 38,4
- 23 178 34 34,4
- 3o i;6. ; 33 '-11,4
- 35 - t/5 31 29,i
- 4° «74 3o 27,2
- 4:5 i/3 2.1 20,6
- ‘ 5o 1 71 27 *24,3
- • 55 170 26 23,2
- Go 169 25 . 22,2
- 63 168 24 2 1,3
- 70 167,5 23,5 20,5
- tu i6ü,5 22,5 I£»2
- . 9? 163,5 21,5 l8, ï
- luo i65, 21, 17,2
- 140 J 163,5 19,5 M,5
- tact avec l’eau de mer est assez grande pour permettre aux gaz et aux produits de l’électrolyse de se dégager facilement; ces conditions sont remplies dans la grande majorité des cas où il y a rupture complète d'un câble.
- Ainsi que l’ont montré les nombreuses mesures faites sur différents câbles, les lois ci-dessus ne sont applicables que pour des courants d’une faible intensité, c’est-à-dire inférieurs à 25 milliampères. C’est une coïncidence très heureuse, car, sans cela, l'emploi des méthodes basées sur ces lois aurait été forcément limité à des ruptures de câbles peu éloignées de l’extrémité de ceux-ci*
- Nous donnons dans les tableaux 2 et 3 les ré-
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- ^OURNAL UNIVERSEL D’ÉLEC TklCITÉ
- 521
- sultats de mesures faites par M. Kennelly sur deux câbles de VEastern Telegraph Company.
- La première colonne renferme l’intensité du courant d’essai exprimée en milliampères ; la seconde, la résistance correspondante du câble et du défaut, donnée par l’observation ; la troisième, contient la résistance du défaut donnée par les mesures ; enfin, la quatrième donne la résistance du défaut calculée d’après la loi de l’inverse des racines carrées, en. partant de l’observation faite avec 4 milliampères.
- TABLEAU N° 3.— RUPTURE DU CABLE N° 4
- Résistance dii cable en ohms : 1778,0
- Intensité du courant en milliampères Résistance du câble et du défaut en ohms Résistance du défaut observée en ohms Résistance du défaut calculée en ohms
- I 1888,2 110,2 90,2
- 2 833,2 55,2 63,8
- 3 1828,2 50,2 52,1
- 4 1823,1 45,1 —
- 5 1818,1 40,1 40,3
- 6 8i3,1 35,1 36,9
- 7 1811,1 33,t 34,i
- 8 1809,1 3i, 1 3i ,9
- 9 1807,1 29,1 3o,o
- 10 18o5,1 27,1 28,5
- 11 1804,1 26,1 27,2
- ; 12 i8o3,1 25 , I 26,0
- i3 1802,0 24,0 25,0
- >4 1801,0 23,0 24,1
- i5 1801,0 23,0 23,3
- 16 1800,0 22,0 22,6
- 17- 1799,5 21,5 21,9
- 18 1799,0 2 1,0 21,3
- >9 i799,o 21,0 20,7
- 20 1798,5 20,5 20,2
- 21 '798,5 20,5 >9,7
- 22 1798,0 • 20,0 19,2
- 23 1797,5 , . >9,5 18,8
- 24 1797,0 19,0 18,5
- Le pôle négatif de la pile fut toujours relié avec le câble dans toutes ces mesures.
- Pin comparant les colonnes 3 et 4 du tableau, on voit que la résistance du défaut donnée par l’observation et celle qui est livrée par le calcul, concordent très bien jusqu’à une intensité du courant d’essai de 25 milliampères; à partir de cette valeur les divergences augmentent rapidement; la résistance du défaut étant, par exemple, de 39 ohms à 18 milliampères, elle devrait être de 19,50 ohms à 72 milliampères, tandis que cette valeur n’est atteinte que pour 140 milliampères.
- Les courbes de la figure 1 représentent les résultats donnés dans le tableau n° 2; on y a ajouté en
- outre, les valeurs de la résistance calculées d’après la loi d’Ohms.
- La résistance f du défaut étant ainsi connue avec une exactitude suffisante, il s’agit de mesurer la résistance totale offerte par le câble de résistance Z et le défaut. 11 est préférable d’employer le pont de Wheatstone plutôt que la méthode de substitution.
- Si l’on appelle, en se reportant à la figure 2, p. et a [j. les résistances des deux branches du pont, ax celle de la troisième branche mise à la terre, le câble formant la quatrième de résistance / -\-J,
- n3.1
- p + b ia résistance du circuit et de la pile, de force électromotrice E, l’intensité du courant dans le circuit p est, en négligeant la polarisation du câble et les courants terrestres
- . =_____ E___________
- « + *
- Or, la proportion de ce courant qui passe dans la ligne étant a/(a -f 1), l’intensité du courant qui traverse le défaut est donc
- ________________Ë a
- 1°+ 1 ) (p + b) + a ((j. 4- x)
- Ce courant devant être exactement n mifliam pères, il faut que i' = nj 1.000; c’est-à-dire
- 1.000 E
- P =
- (4ï)
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- 522
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les deux seules variables du second terme sont n et r; les autres termes sont constants et dépendent seulement des conditions de l’expérience. Si les deux branches du pont sont égales, c’est-à-dire si a — i, on a
- p=5ooE _/ «A*
- Y n \ 2/ 2
- Si a= io, c’est-à-dire si les deux branches sont dans le rapport de i à io, la plus faible étant du côté de la ligne, on a
- _ 909 E _ (b 10 |x\ _ 10 «
- ^ n V ’ 11 / 11
- correspondant à des intensités de courant variant entre 4 et 25 milliampères, le calcul de la résistance du défaut et de la distance à laquelle il se trouve est très facile.
- La résistance totale mesurée avec n milliampères étant x' = l -\-ft celle qui correspond à un courant 4 fois plus grand sera évidemment x" = / -f- fl4\ = l + f!2 * on en déduit immédiatement la résistance du défaut pour un courant de 4« milliampères :
- d’où il résulte pour la distance du défaut
- La correction à effectuer pour tenir compte des effets de la polarisation du défaut et des courants terrestres est des plus facile à obtenir; il suffit, en effet, de faire les lectures du pont à l’aide du vrai zéro du galvanomètre et du faux zéro. Appelons ay la résistance marquée par le pont lorsque l'équilibre est obtenu en partant du vrai zéro, la résistance apparente de la ligne et du défaut est alors y et si l’on désigne par dz e la force électro-motrice correspondant au courant terrestre et à la polarisation du câble, on a simplement
- e
- (x — y) E
- p. 4- y +
- (p + b) ia + 1)
- en sorte que e est positif si x est plus grand que y et réciproquement. Le courant passant par le défaut est alors égal à
- E ± e
- 1 =----— 1
- Cette correction est très faible et ne dépasse pas i à 2 0/0 si l’on a soin d’employer une pile de grande force électromotrice, de 100 éléments, par exemple.
- La manière de procéder aux mesures est des plus simple. On calcule d’abord p pour les valeurs successives de n, en admettant pour x une valeur déterminée avec une approximation suffisante pour ce calcul; on détermine, en outre, la force électromotrice de polarisation et des courants' terrestres à diverses reprises pendant les mesures afin de pouvoir en déduire, par interpolation, la valeur exacte à un moment donné.
- Lorsqu’on a observé une série de résistances
- l = x" — {x' — x“)
- Considérons, par exemple, les mesures données dans le tableau n° 3, en partant des résis-
- Flg^ S - I
- tances mesurées aux inténsités de 3, 4, 5 et 12, 16, 20 milliampères.
- à 3 milliampères., à 12 — ..
- donc
- De même à 4 milliampères., à 16 milliampères.
- donc
- Enfin
- à 5 milliampères., à 16 milliampères
- d’où
- X' =3 1828,2 ohms,
- x" = 00 0 1
- xv = 25,1 -
- II « 1778,0 —
- X* = 1823,1 —
- X* =3 1800,0 —
- x" = 23,1 —
- II M l-tj II •776.9 —
- X* = 1818,1 —
- x“ — 1798,5 —
- f
- — = x —x' = iq,6 — 1 =x" — t= 1778,9 —
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-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ËLECTRICITÊ
- 5*i
- La moyenne de ces résultats est / = 1777.9' ohms.
- Avec la manière de procéder qui précède, il 1 faut donner plus de soins à l’observation faite I avec le courant quadruple qu’à celle du courant simple ; en effet, si l’erreur commise avec le courant simple 1 se reporte en entier sur le résultat, elle est doublée dans le résultat fourni par le courant quadruple.
- On voit donc que la méthode donnée par la première loi de M. Kennelly, permet de déterminer très exactement et avec facilité la distance à laquelle se trouve la rupture d'un câble.
- D’après les mesures faites sur les électrodes de fer et d’or, et en général sur des surfaces métalliques en contact avec l’eau salée et placées dans des circuits dont la capacité électrostatique est nulle, il résulte que la loi de l’inverse des racines carrées n’est applicable que si les mesures sont rapportées au taux zéro, déterminé immédiatement après la rupture du courant. Les nombreuses mesures effectuées sur les câbles ont heureusement montré que la loi est encore exacte, même en prenant le faux zéro une ou deux secondes après l’interruption du courant.
- Ce phénomène peut s’expliquer facilement en
- admettant que la charge électrostatique du câble paralyse pendant un instant la force électromotrice de polarisation du défaut ; l’erreur doit donc augmenter à mesure que la longueur du câble diminue: c’est ce que les expériences ont démontré.
- Il serait aussi possible de fonder une méthode de mesure sur la seconde loi, mais le nombre des observations qui ont été faites jusqu’à maintenant ne permet pas de formuler d’une manière précise les conditions sous lesquelles elle peut être appliquée, cependant, on peut espérer qu’on arrivera à déterminer la longueur du conducteur en contact avec l’eau de mer, par la seule inspection des résultats fournis par les mesures.
- M. Kennelly a effectué à ce sujet plusieurs expériences. Dans les mesures faites sur les pièces d’or et dont nous avons donné les résultats plus haut, la surface d’une pièce d’or étant de 8,5 centimètres carrés, la résistance observée par milliampère, par centimètre carré aétéde i3o ohms environ. Il a, en outre, mesuré la résistance d’âmes en cuivre de différentes longueurs plongées dans l’eau de mer; les résultats obtenus ainsi qne les valeurs calculées par les deux lois de l’inverse des racines carrées sont données dans le tableau IV; les résistances ont été calculées en partant de
- TABLEAU N» 4
- d 1 s '1 Longueur 8 cm. Surface 5,872 cmq. Longueur 4 cm. Surface 2,936 cmq. Longueur 2 cm. Surface 1,468 cmq. Longueur 1 cm. Surface 0,734 cmq. Longueur 0,5 cm. Surface 0,367 cmq.
- « 3 § « 8 2 Résistance Résistance Résistance Résistance Résistance
- a ® T3 observée calculée observée calculée observée calculée observée calculée observée calculée
- I 26,0 28,0 38,o 39,6 5o,o 56,o 72,0 79,2 102,0 112,0
- 2 8,0 19,8 28,0 28,0 35,5 39,6 55,0 56,o 70,5 79,2
- 3 16,0 16,2 22,5 22,9 32,0 32,4 45,0 45,8 6> ,0 64,8
- 4 14,0 —, 20,0 19)8 27,5 28,0 38,o 39,6 54,0 56,0
- 5 12,7 12,5 18,5 >7,7 25,5 25,0 36,5 35,4 48,5 5o,o
- 6 12,0 11,5 •7,° 16,2 24,5 22,9 33,5 32,4 45.0 45,8
- 8 10,0 9,9 14,5 14,0 >9,5 >9,8 28,0 28,0 37,0 39,6
- 12 8,5 8,1 12,0 li,5 17,0 16,2 23,0 22,9 33,7 32,4
- l6 7,5 7,0 10,5 9,9 >4,7 14,0 20,0 >9,8 28,0 28,0
- 20 6,5 6,3 9,7 8,9 12,9 12,5 18,4 >7,8 24,6 25,0
- 24 6,2 5)7 9)0 8,1 12,3 11,5 17,0 16,2 23,0 22,9
- l’observation faite avec un courant de 4 milliampères sur le premier fragment de conducteur.
- Les résultats ci-dessus montrent que les différences entre les valeurs observées et celles données par le calcul peuvent atteindre 12 0/0 ; ces différences n’ont cependant rien d’exagéré, car les me-
- sures sont affectées des erreurs commises dans la détermination des surfaces et dans celle de l’intensité du courant, sans compter encore l’erreur de polarisation.
- Ainsi donc, comme l’a fait remarquer M. Ayr-ton, la loi de M.Kennely d'après laquelle
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-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 524
- s étant la surface du défaut, i l’intensité du courant qui le traverse et f la résistance du défaut pour l’unité de surface et l’unité de courant, ne peut jusqu’à maintenant être appliquée dans la pratique que dans le cas où s est constant ; deux mesures faites avec deux valeurs de i donnent donc la valeur de fm et celle de s ; cette dernière détermination est cependant, comme nous l’avons vu plus haut, sujette à caution, et son exactitude ne peut pas être garantie.
- Des expériences ultérieures préciseront, sans doute, les conditions auxquelles doivent satisfaire les mesures, pour que les résultats obtenus soient applicables dans tous les cas.
- A. Palaz
- A PROPOS
- DES DYNAMOS GOMPOUND
- On a pu lire, dans le numéro du 21 mai de ce Journal, une étude sur les machines dynamos compounds.
- On se rappelle peut-être que j’ai traité tout récemment (*) la même question, et on a pu remarquer que ces deux travaux sont loin d’amener aux mêmes conclusions.
- Je me permettrai donc quelques objections au travail de M. Moutier, pour sauvegarder en quelque sorte l’ex<»ctitude et la sécurité des conclusions auxquelles j’ai été conduit.
- Je dirai tout d’abord que mon étude n’est basée sur aucune hypothèse, mais seulement sur des grandeurs mesurables. D’un autre côté, j’ai tenu compte de toutes les actions et réactions qui s’opèrent dans la marche des dynamos, compounds ou non, en introduisant dans mon calcul deux forces électromotrices de sens contraires, dont l’une est fonction des ampères-tours primaires et proportionnelle à la vitesse, tandis que la seconde est fonction de trois variables indépendantes, qui sont l’intensité du courant principal (2), la vitesse et les ampères-tours primaires.
- (i) Voir La Lumière Électrique des 36 avril et 7 mai 1887.
- (s) J’aurais plus raison de dire, en thèse générale, des ampères-tours secondaires, au lieu de I.
- [ Je suis arrivé à des conclusions assez impor tantes, je crois, lesquelles j’ai formulées sous deux énoncés qui montrent dans quel sens on doit chercher à réaliser les conditions de l’autorégulation par l’enroulement compound.
- Je dirai de plus que les conclusions dont je parle sont pleinement vérifiées par l’expérience ; je me propose de faire ressortir ultérieurement cette assertion d’une manière plus évidente.
- D’ailleurs, il n’y a rien qui doive étonner dans cette concordance, puisque l’expérience seule (comme on a pu le voir par l’exposé de ma théorie) est le point de départ de mes raisonnements.
- Mais revenons maintenant aux objections que je présente sur le travail récent de M. Moutier.
- Mes observations peuvent se classer en deux points, sans compter la non vérification expérimentale, que l’on obtiendra certainement par l’application de la condition préconisée par M. Moutier.
- i° Les formules et la conclusion de l’auteur conduisent à des solutions absurdes;
- 20 Les foi mules sont le résultat d’hypothèses que rien ne saurait justifier.
- En effet, après avoir posé la formule
- l’auteur dit :
- « Pour que la valeur de e soit positive, le dé-« nominateur doit être positif. Les nombres de « spires en série et en dérivation doivent satis-« taire à la condition
- n (p + r') — n' p > o
- « D’ailleurs, la valeur de e est d’autant plus « grande que le dénominateur est plus voisin de « zéro ; il y a donc avantage, au point de vue de « la production d’une grande différence de po-« tentiel aux bornes, à choisir n et n', de manière « à se rapprocher de la relation »
- n o
- n' “ p + r1
- Or, si nous réalisons cette condition, ce qui
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ 525
- peut se faire sans difficulté, on a, d’après la formule de l’auteur :
- en désignant par B le numérateur de Ja formule ('), proposée par M. Moutier.
- La différence de potentiel e ne sera donc une quantité finie, à l’inspection de la formule {2), qu’autant que la quantité K soit nulle, puisque B a une valeur déterminée.
- La quantité K est, d’après M. Moutier, le coefficient angulaire de là tangente à la caractéristique; le nombre K représente, à vrai dire, la dérivée de la courbe du champ magnétique utile.
- L’expérience nous indique que jamais, pas plus pour de faibles valeurs de la force magnétisante que pour de grandes valeurs, ce coefficient n’est nul. Donc, la quantité K ne saurait être nulle, et, cela posé, on en déduit que l’on obtiendra une différence infinie de potentiel, une force électromotrice infinie (?!), en posant seulement la relation, simple d’ailleurs, entre les nombres de spires et les résistances des circuits primaire et secondaire
- n'__ p
- n p + r'
- M. Moutier continue ainsi : « En réalité, le a nombre n des spires en série doit être un peu « supérieur à la valeur déterminée par la der-* nière relation. »
- A la vérité, je ne saisis pas très bien la valeur quantitative de ce peu.
- Ainsi, la conclusion de M. Moutier revient à celle-ci, savoir :
- On peut créer une force électromotrice infinie par l’enroulement compound, en observant la relation ci-dessus énoncée, qui est fort possible à réaliser. Si maintenant on veut une dynamo compound, il suffira d’ajouter à cette limite n, un peu (3 spires, par ext-mplej, pour avoir une différence constante de potentiel. Si, au contraire, on veut une intensité constante, on retranchera encore le même nombre un peu (4, par exemple), et le problème sera résolu.
- En résumé, il suffirait donc d’une très faible variation du rapport njn' pour obtenir soit une autorégulation de potentiel, soit une force élec-romotrice infinie, soit une autorégulation d’in-
- tensité. J’avoue franchement que ce serait drôle, très drôle, et avec cela très simple et facile.
- Ce premier argument suffirait peut-être, puisqu’il est né des formules mêmes proposées par l’auteur, pour montrer l’inexactitude de sa théorie.
- Plus loin, l’auteur dit :
- « La limite n du nombre de spires en série est indépendante de la vitesse de la machine et de la position du point considéré sur la caractéristique....»
- Remarquons tout d’abord que M. Moutier, après avoir posé l’équation
- (a) i [p (r 4- r ) + rr’ — a (nr< + n' r] + e...., , ]
- tient le langage suivant :
- « On obtiendra une différence de potentiel con-« stante en égalant à zéro le coefficient de i de' « l’équation précédente.
- « La vitesse est réglée par l’équation de condition
- « (n r' -)- n' r) = p (r -f- r') -+ r r'
- et alors je crois qu’on peut admettre de ces équations mêmes, que le nombre de spires en série dépend de la vitesse, et est intimement lié avec cette quantité.
- Mais passons sur cette limite de rapport, dont je ne saisis pas bien l’influence dans l’autorégulation, car il est un fait absolument démontré, que le nombre de spires en dérivation est arbitraire et que le circuit magnétisant en dérivation dépend essentiellement de la section du fil.
- L’étude de M. Moutier se réduit donc à cette conclusion :
- Une machine sera compound à une vitesse quelconque, avec une force magnétisante quelconque,, et donnera, pour un nombre de spires en série constante, une différence de potentiel constante d’une valeur quelconque.
- Cette conclusion est absolument contradictoire à celle que j’ai indiquée dans mes articles relatifs au même sujet.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- J’ai formulé, en effet, la remarque suivante (') :
- Si on laisse développer normalement les forces électromotrices dans le système magnétique de la machine, il faudra réaliser la variation automatique du nombre de spires en série, et non seulement le mode de la variation dépend de l'intensité du courant principal, mais encore de la valeur de la différence de potentiel que l’on veut maintenir constante, et de la vitesse de la machine. Autrement dit, cette variation dépend de la vitesse et du point considéré de la caractéristique
- Or, je ne crois pas qu'une même question soit susceptible d’avoir deux ou plusieurs solutions discordantes, et si les méthodes employées ne conduisent pas aux mêmes résultats, c’est que, certainement, il y en a une, sinon toutes deux, qui est fausse ou plutôt incomplète.
- J’ai donc été conduit à examiner les diverses hypothèses (sources des erreurs) qui ont été admises par M. Moutîer et par moi.
- J’ai montré, je crois, par les articles cités plus haut, que je n’ai pas fait d’hypothèse et, partant, pas d’erreur (?)..
- Quant à M. Moutier, il néglige d’abord la force électromotrice inverse à la force électromotrice totale, qui prend naissance.
- Je crois que l’on est actuellement d’accord à ce sujet, savoir : qu’elle existe et qu’elle n’est pas une quantité négligeable, puisque sa valeur peut atteindre 3o 0/0 de la force électromotrice créée à circuit ouvert.
- La seconde hypothèse qu’a faite M. Moutier est d’admettre que la tangente à la caractéristique en un point quelconque (puisque les résultats sont indépendants de ce point) peut se confondre avec la courbe du champ magnétique sur une longueur suffisante (?).
- Rien n’autorise a priori cette hypothèse, et l’expérience semble démontrer sa complète inexactitude.
- Voici les deux hypothèses (que l’on sait être fausses aujourd’hui) qui sont, je crois, la cause de la simplicité qu’offre le compoundage aux yeux de M. Moutier, et qui l’ont amené à cette conclusion de l’indépendance de la vitesse et de la position du point de la caractéristique avec le nombre de spires en série.
- x Ch. Reignier
- GROUPEMENT-»** ACCUMULATEURS
- SUR LES
- VOITURES ÉLECTRIQUES
- Etant donné un travail déterminé à faire par un tramway électrique, ou pour préciser, étant donné le travail mécanique à fournir par son moteur avec une charge d’accumulateurs, comment convient-il de disposer ceux-ci, afin de marcher avantageusement? Faut-il les disposer pour les fortes tensions, (en mettant un nombre considérable d’éléments en série), ou bien pour les fortes intensités ?
- Voilà la question qui se pose , en premier lieu, dans l’étude de la traction électrique par accumulateurs. La plupart de« électriciens, rattachant cette question directement, et sans autre forme de procès à celle du transport de la force à distance, exigent, à priori et d’une manière catégorique, l’emploi des fortes tensions. Cette manière cavalière et absolue de trancher la question, constitue une erreur. Nous nous proposons d’examiner ce qui en est. Soient :
- r, la résistance d’un accumulateur donné,
- R, la résistance électrique totale du moteur en marche normale,
- R,., la résistance électrique du circuit inducteur, supposé en série,
- Ra, la résistance électrique du circuit induit, p, « « des conducteurs
- extérieurs,
- m, le nombre total d’accumulateurs, nv « d’accumulateurs en série, n2, « « en quantité,
- e, la force électromotrice utile, c’est-à-dire, la force contre-électromotrice du moteur en marche normale, i, l’intensité du courant,
- E, la force électromotrice d’un accumulateur,
- T, le travail mécanique utile, le travail donné.
- Nous supposons un moteur monté en série.
- Pour une machine en dérivation ou une machine Compound, un raisonnement analogue à celui que nous suivrons, serait applicable.
- On a les relations suivantes :
- Travail électrique utile = e i T = K e i
- (i) Voir La Lumière Électrique du 7 mai 1887.
- («)
- (O
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 527
- en désignant par K, le coefficient de transformation.
- (2) Travail entie les bornes du moteur = (e + Ri) i
- (3) Travail entre les bornes extrêmes des accumulateurs
- = | e + (R + p) i | i
- (4) Travail débité par les accumulateurs
- = Je+(R+ P+rJj)i j i
- Le rapport
- ... Travail débité = e + (R + p + r 1
- ' Travail utile — K e
- h
- (9) R*-c un-ci-f,
- G étant la résistance spécifique du fil employé et en posant C4 = C ltfst constant également.
- Afin que l’induit, tournant dans ce champ magnétique, fasse un travail déterminé à une vitesse constante, il faut qu’il soit muni d’une longueur de fil égale à l2x.e, ou en tenant compte de (T), cette longueur sera :
- , + (R+P+r^)i - K
- On a donc comme perte, sur le travail électrique utile, pris comme unité
- (6)
- + (R+P + r^)i (1—KR^R+p+r^i
- K
- K
- avec une section égale à :
- (1 1) s 2 X i
- Dans ces expressions /3, /3 et s2, sont des constantes, /3 étant déterminé par la relation :
- Il s’agit de trouver les relations entre ces termes, et comment ils dépendent de e ou de i.
- Afin de faire cette étude d’une manière judicieuse, nous partirons des mêmes conditions de marche, d’agencement mécanique, de disposition générale et de degré de perfection dans la construction, pour les moteurs à faible intensité ou forte tension et pour ceux à forte intensité ou faible tension.
- i° En premier lieu, il y a à examiner la valeur de R, ou de R „ -j- R a.
- Afin d’obtenir un nombre de tours égal pour le moteur à forte intensité comme pour celui à faible intensité, donnons-lui un champ magnétique également puissant dans les deux cas. Nous avons supposé implicitement une disposition identique pour les deux cas du système inducteur et du système induit, en ce qui concerne la masse et la forme des pièces en fer.
- Il faut en premier lieu , sur les électros, une longueur de fil
- (7)
- avec une section
- 18)
- où lt et st sont des constantes.
- On a ainsi un champ magnétique de puissance déterminée, avec un poids de fil constant et indépendant de i.
- h
- i
- si X i
- Le moteur fera ainsi un nombre détours déterminé, avec un poids de fil déterminé; on a
- C2 =C — = constante S 2
- (.'0 R = R. + R.=^l + ^* = ^
- C' = Ci + C2 = constante
- 2° Passons à l’examen du terme r / n3. L’équation (4) donne la force électromotrice qui doit être générée par les accumulateurs.
- Il y aura donc à mettre en série un nombre d’accumulateurs :
- D’ou P 4)
- Enfii, [le nombre d’accumulateurs en quantité est donné par
- (i5) n2=î
- en désignant par a l’intensité correspondant au débit normal des accumulateurs.
- e +
- m =
- (R + p + rg) i
- e + (R 4-p) i
- E —
- n 2
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 5^8'
- En substituant (15) dans (14), on a
- (.6)
- ni
- e + (R + p) i E — r a
- Le terme à considérer en ce moment dans l!ex-pression (6) est r nK / «3, qui d’après ( 15) et ( 16) devient :
- ni e 4- (R 4- p) % a a { e 0
- — = ---------------r------r r = r —--------- + R -f-
- n2 E — r a i E— r a i
- s
- En posant ra/ (E—ra) = K, = constante, on a
- rs-K'if+R+pi
- “ Gonstatons en passant que le rapport du nombre des éléments à placer en série à celui des éléments en quantité, ne dépend pas uniquement du .rapport///.
- En substiuant à R sa valeur (i3), ce rapport dévient
- (18)
- ni _ Ki n2 r
- e , c * -ï + T* + P
- Le nombre (ou le poids) des accumulateurs à placer sur la voiture en fonction de f, est :
- 09)
- n = m n2 =
- e + (R 4- pW i (E — r a) a
- / Q' \
- ei + {-jt + p) i2
- (E— ra) a
- + C' -j- p i2 (É — r a) a
- ! Le terme ( R + p r n\ I n2 ) * / e de l’équation (6) peut s’exprimer comme suit, au moyen de équations établies:
- (20) (R + p + r - ji + P + K, ^ + p) ^
- =.(i + a) [ + KKi + p (i + K,) K ~
- L’expression (6), qui exprime la perte en pour ; cent sur le travail ef, se met alors sous la forme :
- (2J)
- (,-K) + (r + p + ^)|
- K
- = C"TT^+ (I + a) T f Kl + P
- Les équations qui nous intéressent le plus particulièrement sont (19) et (21).
- i
- La première nous montre que le pombre (ou le poids) des accumulateurs à placer sur la voiture pour obtenir le travail T sur l’arbre du moteur, n’est pas absolument indépendant de l’intensité à laquelle on a recours. Si cependant p devient négligeable, le terme p i2 le sera* également, et le nombre d’accumulateurs sera exprimé par une constante.
- La deuxième de ces équations nous donne la même conclusion relativement au rendement.
- Celui-ci est exprimé par une série de constantes ; il n’y a que le terme en p , (la résistance des conducteurs qui entraîne une variation du rendement avec i.
- On s’assurera facilement, par les données numériques, que la résistance p est. effectivement négligeable sur les voitures électriques.
- Pratiquement, il est donc indifférent de placer sur celles-ci les accumulateurs en nombre plus ou moins considérable, en quantité ou en tension, à moins, toutefois, de ne tomber dans des courants d'intensité absolument exagérée, avec des forces électromotrices trop faibles.En tout cas, il n’y a qu’à tenir compte du travail absorbé par p, la résistance extérieure.
- Pour terminer, une observation. Dans ces calculs, nous avons supposé K = constante. En effet, c'est ce qui a lieu; sa valeur dépend : i° des frottements mécaniques sur l’arbré et le ; collecteur du moteur et autres résistances analogues; 20 des courants parasites et des extra-courants.
- Les conditions identiques que nous avons imposées dans ces calculs, — égalité de vitesse, de poids, etc., — ramènent les effets indiqués sub i° à une constante. ^
- Les travaux absorbés par les courants nuisibles se ramènent à une constante aussi. En effet, nous avons présupposé un même champ magnétique, une même distribution des masses de fer, et un même nombre d’ampères-tours dans l’un comme l’autre cas. Les courants nuisibles générés dans le fer se ramèneront donc à une constante. Ceux induits dans les fils auront une force électromotrice proportionnelle à la longueur du fil,- une intensité inversement proportionnelle au carré de la longueur (résistance = C //s), en conséquence, •une énergie ei constante.
- Le principe de la transmission de la fprcç à
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 529
- grande distance, qui exige des courants de fortes tensions, est donc vérifié ici. Cette condition est exigée par la résistance extérieure, non pas par le générateur ou par le récepteur; dès que cette résistance extérieure devient négligeable, cette condition s’élimme.
- Nous croyons qu’il était utile d'établir nettement ce qui en est pour le problème qui nous occupe.
- Ceci admis, des considérations d’ordre pratique, sur lesquelles nous ne ne.us apesantirons pas, conduisent à conserver, pour les intensités comme pour les forces électromotrices, de justes milieux. E. Hoho
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- La. période solaire, les essaims périodiques d’étoiles filantes et les perturbations magnétiques en 1878, par M. Gh.-V. Zenger ().
- « M.Wild, directeur de l’observatoire physique de Pawlowsk, a eu la complaisance de m’envoyer le résumé des observations météorologiques et magnétiques de l’année 1878. En dépouillant les observations magnétiques, j’ai été surpris d’un accord, pour ainsi dire mathématique, entre les variations des éléments du magnétisme terrestre et la période solaire de i2,5g35jours (durée d’une demi- rotation solaire) ; je viens soumettre à l’Académie cette comparaison; elle confirme, pour un lieu éloigné de Paris et pour une année bien antérieure à 1886, qui a fourni les résultats que j’ai fait connaître, le lien intime entre la rotation solaire et les perturbations magnétiques de l’observatoire du parc Saint-Maur.
- « J’ai formé un tableau où sont notés : les jours des demi-rotations solaires accomplies, les jours des passages des essaims périodiques, les dates des perturbations magnétiques maxima, c’est-à-dire des variations maxima en déclinaison et des variations maxima de l’intensité horizontale.
- « On constate, d’après ce tableau, qu’il y a une
- (>) Comptes rendus, t. CIV, n* 22 ; 3r mai 1887,
- coïncidence très approchée entre les date*s de perturbations magnétiques, les jours de la période solaire de 12,6 jours et les dates du passage des essaims d’étoiles filantes périodiques.
- « Il n’y a pas de coïncidence absolue pour les perturbations maxima de l’aiguille aimantée en déclinaison et en force horizontale; dans deux périodes de cette année, il n’y a pas de variation considérable de la déclinaison, tandis que la variation d’intensité de la force horizontale est très considérable : c’est le 6 juillet (jour de la période solaire, 8 juillet) et le 7 septembre (jour de la période solaire, 10 septembre; passage d’essaim périodique, 1 o septembre).
- « Ces résultats s’accordent avec ceux qui ont été tirés par M. Marchand des observations solaires de l’observatoire de Lyon et des observations faites aux magnétographes de l’observatoire du parc Saint-Maur; seulement, on voit que les nerturbations surviennent deux fois par rotation solaire accomplie; leur grandeur est assez variable, pour la déclinaison de i5' à 83', pour l’intensité de la fotee horizontale de 48 à ?q3 (milligramme-millimètre-seconde). »
- Système de transmission duplex pour les lignes omnibus et pour les communications directes à, de grandes distances, de M. Gattino.
- Les nouveaux systèmes de transmission duplex ont été, en général, tous combinés dans le but d’améliorer le service direct des grandes lignes, mais, très peu ont eu en vue une application aux circuits comportant des postes intermédiaires. Et cependant, ce sont souvent les lignes.omnibus renfermant un grand nombre de sta-tions qui, par suite de la multiplicité des appels, sont souvent les plus chargées de trafic, en sorte qu’on est obligé d’augmenter le nombre des fils sur les circuits les plus encombrés.
- M. Gattino, inspecteur deslignes télégraphiques à Bari (Italie), a combiné un certain nombre de dispositions de duplex applicables sur les lignes directes, comme sur celles qui ont un nombre quelconque de stations intermédiaires.
- Voici, d’après le Journal Télégraphique de Berne, la description du duplex Gattino, qui n’emploie que les appareils existants et offre, par conséquent, toutes les facilités pour les applications.
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- La figure i donné le schéma d’un circuit comprenant trois postes A, B, C. Il suffit d’ajouter aux communications ordinaires, de la table Morse
- de chaque station, un relais polarisé p, et un rhéostat r; les relais p, p'. p*, ne doivent fonctionner qu’avec des courants positifs émis par la station à laquelle ilsappartiennent, etles résistances r, r', r", doivent être égales à celle de la ligne.
- Les stations extrêmes A et C, étant en correspondance duplex, si A seul transmet, le courant positif de P excite le relais p, dont l’armature interrompt alors la communication avec r, et le récepteur Morse M ; puis il|passe dans la ligne et actionne les appareils M', M", des stations B et C,
- Fig. 2
- Si la station C transmet seule, le courant de P" fera fonctionner les appareils M' et M; de la même manière.
- Si les deux postes A et G transmettent simultanément, les courants se neutralisent mutuelle-lement, les relais p ne sont pas actionnés, mais bien les récepteurs M par suite de le résistance r.
- La figure 2 représente le poste intermédiaire B en correspondance duplex avec la station extrême C ; pour obtenir dans ce poste la transmission duplex avec A, il suffit de placer la fiche du commutateur dans la position correspondant à l’émission d’un courant positif vers A.
- Dans le réglage des appareils, il faut rendre le relais p un peu plus sensible que le récepteur M, afin que son effet soit prompt et qu’il empêche le passage du signal dans M.
- La résistance r doit varier avec l’isolement de la ligne ; elle est plus grande, lorsque l’isolement est défectueux.
- Le passage de la transmission simple à la transmission duplex, et réciproquement, peut s’effectuer sans préparation. Les piles sont celles de la transmission ordinaire ; même le manipulateur
- FiS. 2
- simple se prête bien à la transmission duplex, lorsque son jeu est très fin.
- Les effets électrostatiques de la ligne ne se font que très peu sentir dans ce système, et même ils contribuent, dans certains cas, à la promptitude de l’action du relais p. Toutefois, sur des lignes souterraines de 100 kilomètres et plus, ou sur des lignes aériennes de 1000 kilomètres de longueur, il est bon de parer à l’effet perturbateur du courant de retour par l’emploi d’un appareil de décharge. M. Gattino a imaginé un appareil de décharge appliqué avec succès sur une ligne de 1000 kilomètres, et qui se compose d’un relais neutre E, d’un rhéostat R et d'une petite pile de compensation ayant un cinquième de l’énergie de la pile P (fig. 3). Quand on émet le courant des signaux sur la ligne, l’armature du relais est attirée, mais, quand l’émission a cessé, l’armature, influencée par le magnétisme rémanent, ne se détache pas immédiatement de son contact m,
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- et c’est pendant ce très court intervalle que la pile p émet son courant de décharge dans la ligne. La résistance R doit être à peu près égale à celle de la ligne.
- La translation ne présente aucune difficulté; il suffit de substitue^ les communications de la figure 2 aux manipulateurs des relais translateurs E. On peut de même appliquer ce système duplex à la transmission par l’aprareil Hughes.
- On peut aussi appliquer le duplex aux lignes omnibus desservies par le courant continu, mais seulement pour la correspondance entre les stations extrêmes. Là figure J4 donne la disposition très simple du système. Il suffit d’ajouter, dans les stations extrêmes, une seconde pile, que l’on intercale entre l’appareil M et la terre. Au repos,
- Fig. 4
- on a un courant continu qui circule dans la ligne j et les appareils récepteurs. Si A transmet, le courant continue à circuler dans l’appareil de ce poste, à cause de'la dérivation r, tandis que le courant cesse de circuler sur!la ligne et que les appareils de B et* G entrent en activité. Dans le cas d’une double émission simultanée, le couran < étant dirigé dans le'séhs de la flèche, les relais p [ et p' entrent en activité, le courant reste interrompu dans les appareils et les signaux se produisent dans les postes extrêmes.
- Ce système de transmission duplex offre les avantages suivants :
- i° Il ne dépend pas de la résistance des piles-
- 20 II fonctionne, tant pour la transmission simple que pour la transmission duplex, sans avoir besoin d’établir des communications compliquées ou de changer les appareils;
- 3° Il est très peu sensible aux effets électrostatiques de la ligne, et il permet ainsi de suppri-
- mer les condensateurs, qui n’arrivent jamais à les compenser entièrement;
- 40 II peut être appliqué aussi bien sur les lignes
- O
- omnibus que sur les lignes directes d’une grande longueur.
- M. Gattino a, imaginé quelques 'systèmes diplex, pour la double transmission simultanée dans le même sens. La figure 5 représente une installation en diplex fondée sur le principe de la variation del’intensité des courants.
- Le manipulateur B, divisé en deux parties isolées en h est pourvu de deux petits leviers auxiliaires. Avec le manipulateur A, on a un courant
- Fig 6
- d’une force + 1 qui actionne le relais R, et le récepteur M. Le manipulateur B, par contre, envoie dans la ligne un courant + 7 qui actionne les trois relais, mais l’armature de R7 interrompant! e circuit de M, l’appareil N seul entre en activité.
- En abaissant les deux manipulateurs, on aura un courant -J- 3, et le relais R7, reprenant sa position de repos, actionnera les deux appareils. Il
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- faut que le relai Ri soit polarisé, car il fonctionne avec une intensité de courant très variable.
- Une combinaison diplex, basée sur le changement de sens et d’intensité du courant est donnée dans le diagramme 6.
- Deux des relais R sont polarisés et fonctionnent sous l’influence de courants ayant l’intensité et le sens indiqués dans la figure.
- M est un appareil fonctionnant avec un cou rant continu, et r un shunt dont la résistance est égale à une petite fraction de celle du circuit. En transmettant par le manipulateur A, on envoie sur les lignes un courant— i qui actionne le relais R_, et M par interruption du circuit local.
- La plus grande partie du courant + 4 transmise par le manipulateur B, passe par le shunt r
- Fig. 7
- tandis que le reste + 1 fait ionctionner R+l et l'appareil N. Si l’on utilise les deux manipulateurs, le courant + 4 se rend intégralement dans la ligne, et en actionnant R+, et R+.(, il fait fonctionner Iîs deux appareils.
- Les deux méthodes suivantes reposent sur le meme principe que la précédente. Dans la combinaison donnée par la figure 7, H4 est un relais neutre fonctionnant avec des courants d’une intensité et d’une direction quelconque, p< un relais polarisé sensible à des courants (l’intensité • 1 à 4, M un récepteur à courant continu et N un -appareil Morse ordinaire.
- Au repos, un courant — 1 parcourt la ligne et agit comme un ressort antagoniste sur le relais p, ; en abaissant le manipulateur A, un courant — 4 excite le relais H4, dont l'armature rompt ls circuit local de l’appareil M. Le courant + 4 trans-.mis par le manipulateur B, actionne les deux
- relais ; mais l’armature de S, étant poussée sur le contact m, le circuit local de M reste fermé, et le signal ne se produit que sur N.
- Si les manipulateurs sont abaissés simultané-
- Fig. 8
- ment, les signaux se produisent sur les deux appareils.
- Dans le diagramme 8, les relais H, et p, fonctionnent comme précédemment, et lés appareils Morse M et N sont les mêmes ; r est un shunt ayant une petite traction de la résistance du circuit. Le manipulateur A envoie dans la ligne un courant —4
- qui excite le relais et actionne ainsi le récepteur M. En abaissant le manipulateur B, une partie du courant s’écoule à la terre par r et le reste 1 fait fonctionner le relais p^. L’abaissement simultané des deux manipulateurs produit un courant + 4 qui excite les deux relais et ceux-ci leurs appareils respectifs.
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- Si l’on applique aux combinaisons ci-dessous la méthode différentielle ou celle du pont, on devrait pouvoir obtenir immédiatement la transmission en quadruplex. Mais cela n’a pas lieu rigoureusement dans la pratique, car telle combinaison qui fonctionne bien en duplex n’a plus qu’un fonctionnement très défectueux en quadruplex. Le diagramme 9 représente une installation en quadruplex d’après la méthode différentielle et basée sur la combinaison en dupiex de la figure 8. Cette combinaison a été appliquée sur un circuit de 3oo kilomètres, entre Naples et Bari, et a donné des résultats très satisfaisants.
- Le quadruplex ainsi simplifié est un auxiliaire précieux de l’appareil automatique Wheatstone, quand les deux systèmes sont combinés ; on obtient ainsi un duplex Morse et un duplex Wheatstone qui travaillent simultanément par un seul fil. ___________ A. P.
- L’électricité considérée comme fluide élastique
- par A. Foeppl.
- Nous avons, dans une revue antérieure, (*) rendu compte d’un mémoire de M. Foeppl, dans lequel il s’attachait à démontrer que l’hypothèse de l’élasticité du fluide électrique dans les conducteurs n’était pas incompatible avec les faits expérimentaux qui prouvent l’accumulation de l’électricité sur la surface des conducteurs. L’auteur, dans un nouveau travail (.Annales de Wie-demanrt, vol. XXI, p. 3o6) applique sa théorie à un certain nombre de problèmes de distribution électrique ; il considère, entre autres, le problème d’un courant stationnaire et celui des couches doubles, et démontre la possibilité d’une preuve expérimentale de l’exactitude de l’hypothèse dont il est parti. A. P.
- Télégraphe pour annonces d’incendie, système
- Mac-Cullogh.
- Les installations complètes pour l’annonce rapide et sûre des incendies sont malheureusement encore trop peu répandues en Europe; cependant les avantages de ces installations sont assez considérables pour que nous tenions nos lecteurs au courant de tout ce qui se fait aux Etats-Unis dans cette direction.
- Dans ce domaine comme dans presque toutes les applications de l’électricité, nous ne pouvons
- que profiter des grands progrès pratiques réalisés chaque jour de l’autre côté de l’Atlantique.
- Une amélioration assez importante du système actuellement employé dans l’installation des réseaux et des stations pour l’annonce des incendies a été proposée dernièrement par M. Mac-Cullogh, et décrite dans VElectrical World (vol. VIII, p. 282) de New-York. Cette installation fonctionne à la satisfaction générale depuis assez longtemps, dans les établissements importants de la Viaduct Manufacturing C°, à Baltimore.
- Dans le système ordinaire, une interruption de la ligne met hors circuit toutes les stations placées sur ce fil en arrière de la rupture et interrompt ainsi complètement le service. C’est à cet inconvénient que M. Mac-Cullogh veut remédier de la façon suivante.
- Tous les postes d’appel sont reliés à la station centrale par une ligne à double fil. Chaque poste renferme une dérivation à la terre, qui, en temps ordinaire, n’est pas reliée à la ligne; cette commi -nication n’a lieu que lorsque le poste transmet et pendant la durée de la transmission seulement. L’exploitation étant faite par le courant continu, dès qu’il se produit une interruption de la ligne les signaux d’appel de la station centrale sont actionnés. L’employé relie alors les deux extrémités des fils de ligne à la terre en intercalant une batterie dans chacun d’eux à l'aide d’une manipulation simple sur laquelle nous reviendrons ci-dessous.
- La réparation de la ligne est naturellement ordonnée aussitôt que l’interruption a été constatée. Si un des postes veut transmettre à la station centrale, il établit par la transmission même une communication à la terre, et ferme ainsi l’un des circuits installés à la suite de la rupture de la ligne.
- Si les deux extrémités du fil rompu sont en relation avec la terre, la station centrale en est avertie par les signaux d’alarme, mais la communication continue comme précédemment, sans aucune autre modification, si ce n’est peut-être une diminution de l’intensité du courant provenant de la résistance supplémentaire intercalée par les deux contacts à la terre.
- La figure ci-dessous donne le schéma de l’installation de la station centrale dans le cas de deux lignes seulement. Les extrémités L L' et /1' des deux lignes sont fixées aux lames du milieu de deux commutateurs U, U' et u, u’\ dans le
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- (!) La Lumière Electrique, vol. XXIII.
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- cas d’une communication régulière, ces lames du milieu sont reliées à leur voisine de gauche, et celles-ci entre elles, à l’aide d’un circuit comprenant les relais R et R' et les batteries B et B\ Les armatures de ces relais sont attirées sous l'influence du courant continu de la ligne, et elles sont reliées à des annonciateurs S, S' et au pôle d’une batterie commune b\ l’autre pôle de cette batterie communique avec les arrêts c et c des relais R et RL Les annonciateurs et appareils à signaux sont donc actionnés dès que l’une des lignes est interrompue.
- Les communications nécessaires pour le fonc-
- tionnement du système, en cas d’interruption, sont données dans le bas de la figure; elles comprennent un commutateur double K, deux relais r, r', un signal s et une batterie P dont le milieu est relié au point n du commutateur K. Le signal s est relié d’une part à la batterie &, d’autre part aux armatures des relais r et r'= L’autre pôle de la batteiie b peut être relié à volonté, à l’aide des commutateurs m et m', avec les butoirs de repos ou de travail des relais r et r'. Le point o du commutateur K est relié par les spires des relais r' avee la batterie P et, en outre, avec les lames de droite des commutateurs U' et ur \ celles de U et m communiquent par le relais r avec la batterie P. Les deux leviers du commutateur K sont isolés Lun de l’autre, mais ils sont assujettis
- l’un à l’autre dans leurs mouvements. Lorsqu’ils sont dans la position indiquée par des lignes pleines dans la figure, la ligne aboutissant en n est isolée, tandis que le point o estreliéau relais r' et à la batterie P par le fil k. Lorsque le commutateur est dans la position donnée en pointillé, le point n est mis à la terre et le point o isolé, en sorte qu'un courant venant de U' ou de u! doit passer par le relais r'.
- Le jeu de l’installation est facile à comprendre. Si la ligne LL', par exemple, est interrompue, l’employé de la station centrale, averti par l’appel continuel de l'appareil S, place la fiche des commutateurs U et U' entre les deux lames de droite et le commutateur K dans la position indiquée en pointillé. Si l’extrémité du fil L', par exemple, était, a l’endroit de la rupture, en communication avec la terre, le relais r! serait actionné d’une façon continue. Les signaux des postes sont transmis par les relais r et r( sur l’appareil s, en établissant les communications necessaires à l’aide des commutateurs m et mL
- Quant aux appareils des postes, ils n’offrent rien de bien particulier et ne se distinguent pas de ceux qui sont en usage dans les installations ordinaires et qui sont assez bien connus de chacun pour que nous puissions nous dispenser d’en donner une description.
- A. P.
- Sur la conductibilité électrique des amalgames,
- par C. L. Weber (*),
- On sait qu’on peut diviser les alliages, au point de vue de leur conductibilité électrique, en deux classes ; l'une d’elles renferme les alliages dont la conductibilité, intermédiaire à celle des métaux composants , peut être calculée assez approximativement par la règle des mélanges ; à ce groupe appartiennent, d’après les travaux de M.Miathies-sen, les alliages où n’entrent que du plomb, de l’étain, du cadmium et du zinc. La seconde classe comprend les alliages des autres métaux, beaucoup plus nombreux, dont la conductibilité est plus faible que celle qui serait ainsi calculée.
- Les recherches de Mathiessen, de Siemens et celles de Gerosadont nous avons donné dernièrement une analyse, montrent les grandes irrégula*
- (L- Annales de Wiefiemann, r. XXXI* n0 6» 1887.
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- rites qui se manifestent dans la conductibilité des amalgames, mais ne suffisent pas à donner une idée exacte et suffisante des faits expérimentaux.
- Les mesures précises sur les amalgames sont excessivement difficiles à cause de leur état d’agrégation particulier.
- A la température ordinaire, les amalgames dont la teneur en métal est faible, sont liquides, les plus riches, par contre, sont solides ; mais la plupart sont dans un état semi-solide, semi-liquide ; or l’influence des variations de la fluidité est très sensible sur des mesures précises. En outre les mesures de résistance sont compliquées par le fait qu’après un repos suffisant, les amalgames
- Fig. 1
- se séparent en deux couches, dont l’une est presque solide et l’autre très fluide.
- M. C. L. Weber a , pour éviter ces inconvénients , étudié la résistance de plusieurs amalgames à des températures élevées qui lui donnaient l’avantage d’avoir des alliages absolument liquides et homogènes.
- La température a été aussi élevée que l’évaporation rapide du mercure l’a permis; pour le bismuth et l’étain , elle a dépassé leur température de fusion ; pour les amalgames de plomb et de cadmium, elle a été de 265 degrés environ, à laquelle ceux-ci sont liquides jusqu’à une teneur de 70 0/0 en métal.
- Les résultats obtenus de cette manière sont indépendants des influences provenant de la structure moléculaire de l’alliage et permettent de constater plus facilement l’influence de la constitution chimique que pour les alliages solides.
- Les amalgames étaient placés dans des tubes en U, plongés dans un bain de paraffine dont la température était maintenue constante par un régulateur ; la température fut mesurée à l’aide d’un thermomètre à air.
- La mesure de la résistance se fit à l’aide de la méthode de Thomson , la prise de courant étant effectuée par des électrodes de fer amalgamé ; l’influence des forces thermo-électriques du circuit fut éliminée en répétant les mesures après inversion du courant.
- Afin d’éviter les pertes par oxydation, les amalgames furent préparés dans les tubes mêmes et pour empêcher leur séparation en deux couches de compositien différente, le liquide fut maintenu en circulation permanente.
- Fig. 2
- Les courbes suivantes donnent les résultats obtenus pour les amalgames d’étain, de bismuth, de plomb et de cadmium. La teneur en métal solide, exprimée en 0/0, de l’amalgame, est portée comme abscisse; dans la figure 1, les ordonnées sont les résistances spécifiques mesurées, et dans la figure 2, ce sont les conductibilités spécifiques.
- On voit que la résistance du mercure diminue très rapidement par l’addition d’une faible quantité de métal. Lorsque la teneur en métal de l’amalgame atteint une certaine valeur, cette diminution devient plus faible et semble être, pour le cadmium et l’étain , proportionnelle à l’augmentation de la quantité de métal ; cette résistance s'approche graduellement de la résistance du métal solide, lorsque la teneur en mercure de l’amalgame diminue.
- Pour les alliages de bismuth et de plomb, le phénomène n’est pas aussi simple ; la. résistance
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- diminue d’abord assez rapidement, puis passe par un minimum pour augmenter ensuite ; dans le cas du bismuth, la résistance de l’amalgame passe encore par un maximum qui est atteint pour une teneur de à 80 0/0 de bismuth.
- 11 est très probable que les maxima et les mi-nima des courbes correspondent à des combinaisons chimiques définies des deux métaux, quoique les rapports des poids atomiques ne soient pas très simples dans les deux cas du plomb et du bismuth, ( peut-être Hg-9 Bt ; H# B/3 ;
- H*, P*).
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne
- Les tremblements de terre de la Riviera et
- LES ENREGISTREURS MAGNÉTIQUES DE WlLHEMSHAFEN.
- — Les courbes photographiées des appareils enregistreurs magnétiques de Wilhemshafen prouvent qu’au moment où avaient lieu les tremblements de terre le long de la Riviera, il n’y avait aucune perturbation de la déclinaison et de la composante horizontale, mais que l’aiguille de la balance Lloyd a oscillé à ce moment, et, puisque ces oscillations ne peuvent pas avoir été produites par une cause locale, on doit admettre qu’elles proviennent du tremblement de terre.
- Les oscillations commencent le 2 3 février à 6 heures i3 minutes, atteignent leur maximum à 6 heures 14 minutes, puis diminuent jusqu’à 6 heures 19 minutes. On peut constater que l’aiguille est restée en oscillation jusqu’à 6 heures 27 minutes. Or, comme l’aiguille, après une déviation de 5 à 6 parties de l’échelle, revient au repos en 3 minutes à peu près, il faut qu’il y ait eu plusieurs impulsions dans le temps compris entre 6 heures i3 minutes et 6 heures 26 minutes, ce qui a du reste été le cas pour les tremblements de terre.
- L’aiguille de la balance Lloyd est située dans le méridien, soit dans la position la plus avantageuse pour une onde allant du Sud au Nord.
- Le mouvement n’était en tout cas pas le résultat d’une influence magnétique, puisque, comme je
- l’ai déjà dit, ni la déclinaison, ni l’intensité hori zontale n’ont subi de perturbations. Il est probable plutôt, qu’on a affaire ici à une secousse mécanique.
- A Cologne, à 6 heures 5 minutes, on a remarqué une perturbation dans un sismographe de l’observatoire.
- Comme Wilhemshafen, est situé à i° 10' (ou en temps 4,7 minutes) plus à l’est que Cologne, la secousse observée à Cologne aurait eu lieu à 6 heures 9,6 minutes, d’après le temps de Wil-helmshafen, et l’onde aurait pris 3,4 minutes pour traverser la distance entre Cologne et Wilhelms-hafen.
- La distance entre les deux villes étant d’à peu près 3oo kilomètres, on voit que l'onde se serait déplacée assez lentement.
- A PROPOS DE LA DÉTÉRIORATION DES TUYAUX DE
- plomb dans la terre. — M. V. Knorre vient de terminer quelques recherches sur les détériorations que subissent les tuyaux de plomb lorsqu’ils sont enfouis dans la terré; ces recherches ont quelque intérêt pour l’ingénieur électricien à cause de l’emploi qu’on fait de ces tuyaux pour les câbles.
- M. V. Knorre a constaté que, à l’abri de l’air, les tuyaux de plomb ne subissent aucun dommage, mais qu’ils se détériorent considérablement quand ils sont au contact de l’air.
- Sous l’influence de l’air et de l’humidité, de l’hydroxyde de plomb est formé, qui se dissout dans l’eau de chaux, et qui alors se dépose sur les tuyaux en couche jaune d’oxyde anhydre. S’il n’y a pas de chaux, l’hydroxyde de plomb est transformé en carbonate par l’action de l’acide carbonique, et dans ces conditions, les tuyaux se couvrent d’une couche blanche.
- La présence d’acide chlorydrique et d’acide nitrique favorise beaucoup la formation du carbonate, en ce qu’un chlorure basique ou bien un nitrate basique est d’abord formé comme produit intermédiaire, décomposé ensuite par l’influence de l’acide carbonique.
- En général, on peut dire que les conditions dans lesquelles les tuyaux de plomb se trouvent ne sont pas aussi défavorables, de sorte que des détériorations vraiment sérieuses n’arrivent pas souvent.
- Dans une terre pure, les tuyaux de plomb dureront tout autant que dans l’air, et même dans
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- une terre saturée de matières organiques, la corrosion sera souvent évitée par suite du manque d’oxygène, la décomposition des substances organiques absorbant entièrement ce gaz.
- Galvanomètre apériodique pour la mesure
- DES COURANTS ET DES POTENTIELS. --- M. Imhûf,
- de Mulheim, a pris dernièrement un brevet pour un perfectionnement dans les appareils galvano-métriques; son dispositif repose simplement sur les répulsions de deux pièces de fer doux aimantées dans le même sens; mais, par la disposition qu’il leur donne, l’inventeur espère obtenir, d’un côté, un bon amortissement des oscillations de l’aiguille, la possibilité d’avoir de grandes déviations, et enfin, dans le cas où il emploie des aimants permanents, il compte en maintenir constante l’aimantation.
- L’appareil, qui naturellement peut être monté en ampèremètre ou en voltmètre, est représenté par les figures i et 2; la pièce de fer doux E, qui porte l’aiguille, est montée sur pivot dans l’axe du solénoïde S ; elle comDrend une partie radiale plane r et une partie cylindrique concentrique au solénoïde, et qui constitue l’amortisseur.
- Cette pièce mobile est en présence d’une seconde pièce fixe E, ayant une face radiale r en regard de la première. On comprend facilement
- que l’aimantation des pièces par l’action du solénoïde étant identique, elles se repoussent; l’équilibre de l’aiguille a lieu sous l’action d’un contrepoids qui constitue la force directrice.Comme on le voit, l’amortissement est dû à l’action des courants induits dans la masse de la bobine en cuivre du solénoïde, par la partie cylindrique ou l’amortisseur E.
- Les pièces E et E, peuvent, du reste* être constituées également par des aimants ou des électroaimants parcourus par le courant principal ou une dérivation; dans le cas où E est formé par
- un aimant permanent, son aimantation tend à être maintenue par l’action du solénoïde, qui agit naturellement, dans le même sens.
- Dr H. Michaelis
- Angleterre
- LE TÉLÉPHONE DE M. LORRAIN, A ERFET PELTIER.
- — M. G. Lorrain a utilisé le phénomène de Peltier dans la construction d’un nouveau téléphone assez curieux.
- Dans le téléphone thermique de M. W. N. Preece,on se le rappelle, le courant a pour effet d’allonger ou de contracter un fil fin, et fait ainsi vibrer le diaphragme auquel celui-ci est fixé.
- M. Lorrain, lui, se sert d'un conducteur conr posé, avec soudures, et profite du dégagement et de l’absorption de chaleur produit, dans ce conducteur par le phénomène .bien connu de Peltier.
- Pour obtenir un effet aussi grand que possible, les métaux qui composent le conducteur sont choisis autant que possible aux deux extrémités opposées de l’échelle thermo-électrique, et on se sert d’un transmetteur dunnant des courants al-natifs.
- Le conducteur agit sur le diaphragme, soit en communiquant ses mouvements de dilatation au diaphragme, comme dans le téléphone Preece, ou bien en échauffant simplement l’air d’une chambre fermée, agissant sur le diaphragme.
- On comprend que le passage d’un courant à travers les soudures des différents métaux qui constituent le conducteur allant de la partie
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- électro-négative à la partie électro-positive, doit nécessairement faire monter la température des soudures ; mais, quand d’un autre côté, le courant traverse le conducteur, dans l’autre sens, la température baisse.
- Ceci a pour effet de dilater et de contracter le fil composé et de créer des vibrations mécaniques dans un diaphragme approprié.
- l'accumulateur phœnix. — Nous avons eu l’occasion de voir un nouvel accumulateur inventé par " un de vos compatriotes, M. Philémon Bailly de Paris, et qui, d’après ce que j’ai entendu dire, serait déjà assez répandu dans cette dernière ville.
- Vos lecteurs seront, sans doute, mieux renseignés à cet égard. Quoiqu’il en soit, voici la description de cet accumulateur tel qu’il est construit par la Globe Electrical and Engineering Company à Westminster.
- Les électrodes de plomb sont formées par des plaques découpées en franges (fig. i), et entre les interstices desquelles on a comprimé du plomb spongieux. La capacité des accumulateurs est ainsi très grande ; une électrode du type ordinaire a, par exemple, une surface de i,5 mètre carré, sous un poids de i kilogramme environ. Des accumulateurs de ce système, en usage depuis dix-huit mois, donnent actuellement 26 ampères-heures environ par kilogramme de plomb.
- M. Bailly a, en outre, combiné un accumulateur zinc-plomb auquel il a donné une forme cylindrique.
- L’électrode négative (fig. 2) est placée dans un vase poreux E, renfermant une certaine quantité de mercure qui maintient l’amalgamation continue du zinc; l’électrode positive est formée par la masse de plomb spongieux; les parois de l’accumulateur sont en celluloide.
- Il est évident que cette disposition ne peut pas donner de résultats très remarquables, car la résistance de ces éléments doit être considérable par suite de la présence de la cloison poreuse.
- Voici, cependant, les résultats de quelques me-
- sures, telles qu’elles ont été communiquées par l’inventeur •
- Capacité................... 100 ampères-heures
- Poids complet avec l’acide. 22 kilogrammes Intensité du courant de décharge....................... 3o ampères
- NOUVEL EFFET ÉLECTROSTATIQUE. --- M. Vemon
- Boys a observé l’effet curieux qu’on obtient en donnant une charge d’électricité statique à de la cire à cacheter fondue.
- Si un morceau de cire à cacheter ou de toute autre matière gluante de la même nature est fondu dans un godet et mis sur le conducteur d’une machine électrique, il se divisera en filaments ; si la cire est très chaude, les fibres sont grandes, et chacune d’elles se rompt ensuite en se transformant en globules.
- D’après M. Boys, il suffit de quelques minutes pour produire des milliers de ces filaments, et leur transformation en globule donne ainsi un moyen d’obtenir, en poudre fine, des substances que l’on ne pourrait pas obtenir autrement dans cet état.
- Le baume de Canada semble être la meilleure substance pour la production de cet effet.
- Nouveaux voltmètres. — Sir W. Thomson a imaginé pour les salles de machines, un voltmètre dont les indications sont visibles de l’autre côté d’une grande salle et montrent si le potentiel a la valeur voulue.
- L’appareil appartient à une série d’instruments basés sur le même principe, et dont nous avons déjà décrit un des exemplaires dans notre dernière correspondance. C’est un électrodynamomètre, avec une résistance auxiliaire.
- Une aiguille qui multiplie le mouvement de la bobine mobile, indique le potentiel sur une échelle graduée, mais la bobine mobile équilibrée par des poids appropriés ne donne des indications que pour des potentiels supérieurs ou inférieurs de 10 0/0 de la valeur normale.
- Pour des installations de lumière électrique à bord des navires, 011 se sert d’une modification de l’appareil dans laquelle, au lieu de la bobine mobile, une petite pièce plate de fer doux est supportée par un fil tendu en platinoide, au centre d’un solénoïde relié en série avec des résistances en platinoide.
- La torsion des parties supérieures et inférieu-
- Pig. 1 et S
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- res du fil en platinoïde tendant à appuyer l’aiguille contre une butée, on n’aura également de déviation que pour une certaine limite de potentiel.
- Une peinture indiquant le courant. — M. H. Crookes, qui a dernièrement inventé une peinture indiquant la chaleur, vient de l’appliquer à l’indication de l’intensité des courants.
- Son appareil se compose d’une bobine plate en fil fin , couverte de cet enduit, et placée contre un écran enduit de la même couleur. Des bobines en gros fil sont placées en arc parallèle avec le fil fin, de sorte qu’on peut régler le point critique du courant au moyen d’un commutateur.
- Le passage du courant dans le fil fin échauffe celui-ci et la peinture changeant de couleur, passe du rouge au brun.
- Un excès de courant est indiqué par une coloration noire qui attire l’attention du surveillant ; dès que l’intensité du courant est réduite, la peinture reprend sa couleur rouge.
- J. Munro
- Etats-Unis
- Dépôt galvanoplastique d’iridium.— Bien que, dans ses expériences faites sur une petite échelle, M. Smée soit parvenu à obtenir le dépôt de l’iridium à l’état de couche brillante et unie, les nombreuses tentatives qui ont été faites jusqu’ici pour opérer le dépôt de ce métal dur et inattaquable par les acides, ont pour la plupart été sans succès; on n’obtient, en général, qu’un dépôt d’iridium sous forme de poudre noire.
- Tout récemment, cependant, un brevet a été délivré à M. W. Dudley, de Covington (Kentucky) pour un procédé qui permettrait d’obtenir une couche d’iridium brillante, flexible et uniforme.
- Pour cela, l’inventeur a recours à une solution aqueuse de chlorure double d’iridium et de sodium, ou d’iridium et d’ammonium, contenant environ i2,48gr. d’iridium métallique et 3,isgr. d’acide sulfurique par litre.
- La solution de chlorure double d’iridium et de sodium se prépare de la manière suivante :
- On fait dissoudre l’hydrate d’iridium dans la plus petite quantité possible d’acide chlorhydrique,
- puis on Je fait évaporer dans un bain-marie pour en expulser l’excès d’acide. Le résidu est alors dissout dans de l’eau, et on y ajoute une quantité suffisante de chlorure de sodium, pour former le sel double avec le chlorure d’iridium.
- La solution est ensuite diluée, de façon qu’elle contienne environ 12,48 gr. de métal par litre de liquide, et, après avoir reçu la quantité nécessaire d’acide sulfurique, elle est prête à être soumise au traitement galvanoplastique.
- La solution de chlorure double d’iridium et d’ammonium se piépare comme suit :
- L’hydrate d’iridium, est préalablement dissout dans la plus petite quantité possible d'acide chlorhydrique , la solution est neutralisée avec soin avec de l’ammoniaque. On y ajoute de l’acide sulfurique jusqu’à ce que tout le précipité produit par l’ammoniaque soit dissous, puis la solution est étendue d’eau dans une proportion telle que chaque liquide contienne environ 12,48 gr. d’iridium, et, après avoir reçu la quantité voulue d'acide sulfurique, elle est prête à être employée.
- Par ces deux méthodes, M. Dudley est parvenu à obtenir un dépôt d iridium épais, brillant et uniforme, et il a constaté qu’une plaque d’iridium ou de phosphure d’iridium, préparée par le procédé Holland et employée comme anode, se dissout dans les solutions précitées, lorsqu’on y fait passer un courant électrique.
- De même qu’avec les autres métaux, il est essen?-tiel, pour obtenir de bons résultats, que les objets à recouvrir d’iridium soient parfaitement propres. Le dépôt sera d’autant plus brillant et régulier que les objets auront été fortement polis avant d’être plongés dans le bain. S’il s’agit de couvrir des objets susceptibles d’être attaqués par la solution, il est bon, évidemment, de le£ recouvrir, au préalable, d’un métal inattaquable.
- Dans le traitement galvanoplastique des solutions d’iridium, il importe que l’intensité du courant ne soit pas trop grande, sans cela, le dépôt deviendrait terne et granuleux, et il se produirait une grande quantité de gaz à la surface de l’anode et de la cathode. Il faut aussi éviter l’alcalinité, et, quoique l’on puisse employer également des solutions neutres, les solutions acides sont préférables.
- Lorsqu’il s’agit d’obtenir un dépôt assez épais, il est bon de retirer de temps en temps les objets de la solution et de les essuyer, si l’on constate que le dépôt a de la tendance à noircir; toutefois,
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- ce noircissement ne se produira pas si la solution a été préparée avec soin, l’intensité du courant bien réglée, et si les objets à recouvrir ont été soigneusement nettoyés.
- L’inventeur a constaté, en outre, que, lorsque les objets à recouvrir sont maintenus en mouvement dans le bain, le dépôt s’opère plus vite et qu’il est plus brillant et plus épais. M. Dudley ne répond pas, cependant, que la couche produite par son procédé résiste à l’action d’acides qui dissoudraient de l’iridium finement pulvérisé.
- Installation d’accumulateurs pour l’éclairage privé a new-york. — Depuis peu de temps, M. Edward H. Johnson, président de la Compagnie d’éclairage électrique Eiison, a complété le matériel d’éclairage électrique de sa maison de New-York en y ajoutant une batterie d’accumulateurs qui ont été fournis par VElectrical Accumulator Company.
- L’installation privée d’éclairage électrique de M . Johnson comprend un grand nombre de lampes à incandescence, une lampe à arc du système YVood, et en outre un moteur Sprague. De nombreux accessoires complètent cette installation et en font un modèle du genre.
- Il n’y a pas bien longtemps encore, M. Johnson avait pour coutume de faire fonctionner sa dynamo à partir de la tombée de la nuit jusqu’à minuit; le reste du temps, il se servait du gaz.
- Depuis l’installation des accumulateurs , la dynamo n’est mise en marche que lorsque la demande de courant est trop forte pour les accumulateurs seuls. On a retardé ainsi d’une heure au moins le moment de la mise en train de la dynamo, qui sert alors à alimenter les lampes, tout en chargeant ies accumulateurs jusqu’à ce qu’ils aient emmagasiné un léger excédent sur la consommation du jour précédent.
- Durant les deux derniers mois de l’hiver, ce n’est guère que vers dix heures du soir que la dynamo a commencé à fonctionner ; il est même arrivé une ou deux fois par semaine que l’on a pu se dispenser de son concours ; les accumulateurs, dans ce cas, ont fonctionné pendant trente-six heures consécutives sans être rechargés.
- Les jours grandissant de plus en plus, il est certain que les accumulateurs pourront suffire maintenant pendant quarante-huit heures sans avoir besoin d'être chargés de nouveau.
- La confiance de M. Johnson dans le service des
- accumulateurs est telle, qu’il a fait supprimer le compteur à gaz dans sa maison, dès le jour où la batterie a été chargée pour la première fois.
- M. Johnson est, du reste, si content de ses accumulateurs, qu’il a commandé aussitôt une nouvelle batterie que l’on place en ce moment dans sa résidence d’été de Greenwich (Connecticut).
- Nous avons représenté dans le diagramme ci-joint le mode de groupement des divers organes de l’installation d’éclairage électrique de M. Johnson. La batterie se compos d’une série d’éléments d’une capacité nominale de 35o ampères-heures, avec débit maximum de 35 ampères en cas de besoin. Les lampes marchent avec un potentiel de 102 volts. La batterie est placée sur les rayons d’un beau meuble en bois dur, et l’on peut atteindre facilement les éléments et les examiner.
- Le matériel d’éclairage se composait, dans l’origine, d’une dynamo d’une capacité de ioo ampères , du régulateur de champ magnétique et d’un voltmètre placé , comme on le voit sur la figure, au centre des circuits d’éclairage. Ce n’est que lorsque la batterie d’accumulateurs fut montée qu’on y adjoignit les autres appareils. Ces derniers n’étaient pas indispensables au service de l’éclairage, ils n’y furent ajoutés qu’en vue d’expériences que la Compagnie Edison poursuit depuis deux mois pour déterminer la valeur d’uné batterie d’accumulateurs comme adjonction à une installation d’éclairage électrique ordinaire.
- Un ampèremètre est placé dans le circuit de la batterie ; il est gradué de i à 5o ampères et il est rattaché au circuit de façon à mesurer le courant, tant à la charge qu’à la décharge.
- La dynamo était déjà pourvue d’un ampèremètre: on en plaça un troisième dans le circuit des lampes, non seulement pour la constatation directe du courant fourni à celles-ci, mais aussi pour contrôler, par simple comparaison, l’exactitude des deux autres.
- Afin de pouvoir reconnaître en tout temps l’état de charge de la batterie dans les conditions de fonctionnement ordinaires, un compteur électrolytique d’Edison fut placé dans le circuit de la batterie, de telle sorte qu’au moyen des contacts d’un relais polarisé, on peut introduire l’un ou l’autre des éléments à électrolyse en circuit, pendant la charge ou la décharge. Au bout d’un temps déterminé, on peut avoir ainsi un compte exact de la charge et de la décharge pendant cet intervalle.
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- Un troisième élément, qui reste en permanence dans le circuit, lors même que le courant de la batterie est renversé, montre, par le dépôt qui s’y forme, l’excès de la charge sur la décharge, et devient ainsi un moyen de contrôle du rendement en coulombs de la batterie. Et, de même que le troisième ampèremètre dont nous avons parlé plus haut, sert au contrôle des deux pre-
- miers, ce troisième élément sert à contrôler l’exactitude des deux autres, qui mesurent chacun le courant dans un sens différent.
- Les variations de la forée électromotrice sont réglées par l’emploi combiné d’un régulateur de champ magnétique, de la résistance de la ligne principale et d’un double commutateur.
- Ammêtre
- Ammètre
- Ammefre Voàmêtre
- Ces variations, quand elles se produisent, sont indiquées par des voltmètres, dont l’un est placé au centre des lampes ; celui-ci étant maintenu constamment à 102 volts, l’autre varie forcément selon les oscillations de la force contre-électro-motrice.
- La batterie se compose de 55 éléments en série, d’une force électromotrice nominale de deux volts chacun. Le double commutateur comprend deux séries de contacts disposées en arc de cercle, avec
- une manivelle indépendante pour chaque rangée.
- Les huit derniers éléments de la batterie sont reliés aux différents contacts, tandis que la ligne allant de la dynamo aux lampes est coupée, et ses deux extrémités sont rattachées chacune à une manivelle, comme le montre la figure.
- La dynamo peut ainsi être reliée avec l’un ou l’autre des deux pôles de chacun de ces huit éléments ; d’autre part, le fil qui conduit aux lampes peut aussi, par un mouvement entière-
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- ment indépendant, être reliée avec chacun de ces mêmes éléments.
- Si chaque manivelle repose sur des contacts reliés directement l’un à l’autre, la ligne de la dynamo aux lampes est interrompue, et l’élément relié à ces contacts est le dernier de la série qui soit compris entre les bornes de la dynamo. Dans ce cas, la batterie est au même potentiel que les lampes, et les autres éléments restent simplement inactifs.
- Mais si les manivelles reposent sur des contacts non reliés directement l’un à l’autre, de façon que le courant doive traverser un ou plusieurs éléments pour passer d’une manivelle à l’autre, la dynamo charge alors un nombre d’éléments plus grand ou moindre que ceux qui alimentent le circuit des lampes.
- Il y a donc un écart possible de 16 volts entre le potentiel de charge et célui qui est nécessaire pour les lampes.
- C’est ainsi qu’en déplaçant la manivelle de la batterie selon les besoins, le potentiel aux bornes de la dynamo peut être élevée graduellement, jusqu’à surpasser la force contre-électromotrice de la batterie, tandis que les lampes sont toujours maintenues à leur potentiel normal.
- Dans ce cas, tout le courant employé dans les lampes doit passer par les éléments compris entre les contacts sur lesquels les manivelles reposent.
- Il peut arriver que la rangée entière des huit éléments soit comprise dans le circuit, et, pour éviter qu’il ne s’y produise un excès de courant, un élément supplémentaire est relié en arc multiple avec chacun d’eux. Il y a donc en tout 55 8 = 63 éléments.
- Pour parer au cas où la différence du potentiel de charge ne suffirait pas, une résistance auxiliaire peut être introduite dans le circuit des lampes. Si on n’avait pas cette résistance, on serait quelquefois obligé, pour charger la batterie, de pousser les lampes au-dessus de leur potentiel normal.
- Le second voltmètre est placé entre les bornes de la dynamo ; il indique non seulement l’élévation de force électromotrice nécessaire pour vaincre la force contre-électromotrice, mais encore, à l’aide d’un calcul simple, il permet de reconnaître en tout temps la chute de potentiel sur laxrésistance de la ligne.
- Un galvanoscope a été, en outre, placé dans le circuit, afin d’indiquer, au moment où l’on met
- la dynamo en marche, si son potentiel est le même que celui de la batterie, et de déterminer le moment où le circuit peut être fermé sans altérer la force électromotrice. De cette manière, on empêche l’augmentation ou la diminution soudaine de la charge de la batterie et, par conséquent, la vacillation de la lumière.
- Quand le commutateur est fermé et que la dynamo fonctionne avec la batterie, on peut, en modifiant graduellement le champ magnétique, diminuer la charge à volonté.
- Quand arrive le moment de mettre la dynamo hors circuit, on modifie l’appareil régulateur de telle sorte que l’ampèremètre de la dynamo soit au zéro, tandis que les deux autres indiquent le même courant; le circuit peut alors être coupé. Ceci s’effectue en repoussant la manivelle du commutateur de la dynamo au delà du dernier contact, comme cela est représenté sur la figure. Il reste alors dans le circuit le voltmètre des lampes, qui, en indiquant la chute de potentiel graduelle de la batterie, détermine le moment ou il est nécessaire défaire usage de la manivelle pour mettre un élément de plus en série. Ceci se répète jusqu’à ce que, les 55 éléments étant en série, le potentiel tombe au-dessous de 102 volts. La batterie doit alors être chargée de nouveau.
- Nouvelle borne de jonction. — Nous reproduisons dans la figure ci-dessous le dessin d’une borne de jonction due à M. John Tregoning.
- La figure est suffisamment explicite pour nous
- dispenser d’une plus ample description. Comme on le voit, elle consiste en une fiche conique à laquelle est soudé le fil de ligne, tandis que son autre extrémité est retenue par une vis.
- J. Wetzi.er
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- RÉSUMÉ DES
- BREVETS D’INVENTION
- délivrés depuis le janvier 1887
- 179576. — MM. LANGLET et PORTEVIN (i5 novembre 1886). — Nouveau système de pavés évidés pour la POSE DES CONDUCTEURS ÉLECTRIQUES SOUTERRAINS.
- Le système en question consiste en une sorte de pavé creux, fait en deux parties et formant une sorte de boîte
- dans le lond de laquelle des rainures sont pratiquées pour recevoir les câbles.
- Le pavé est en ciment, et, pourrait être placé le long des trottoirs, comme on le voit dans la figure ci-contre. A chaque embranchement, on placerait un pavé percé dans Tune des faces perpendiculaire au plan du dessin, et si Ton est assuré de la solidité de pareils matériaux, cette pose de câbles en vaut bien une autre.
- 179609» — RAMBAUD (16 novembre 1886). — Relais
- DE TRANSLATION A SELF-DÉCHARGE.
- Sur les lignes aériennes de très grande longueur, comme sur les lignes sous-marines, où la décharge des conducteurs est nécessaire, l’appareil de M. Rambaud peut trouver son application.
- Le relais est un parleur traversé par le courant de la ligne, et à chaque émission, la mise à la terre est faite par un ressort placé sur l’armature du relais. Le principal avantage réside dans le réglage qui est facile à opérer, en faisant varier l’écart entre les buttoirs du ressort de l’armature, et ce ressort même.
- 179614. — MAICHE (12 novembre 1886). — Enregistreur DE COURANTS ÉLECTRIQUES APPLICABLE COMME RÉCEPTEUR AUX LIGNES SOUS-MARINES.
- L’invention que brevète M. Maiche est la combinaison d’un galvanomètre Deprez-d’Arsonval avec un siphon recorder genre Thomson.
- Le cadre galvanométrique, suspendu par ifn système bifilaire, est solidaire d’un cadre d (voir la figure) qui porte le siphon K, et la tige r dont l’extrémité est placée au-dessous de la bande de papier p en face de l’extré-
- mité du siphon; s est l’encrier monté dans l’intérieur du cadre.
- On fait jaillir l’encre au moyen de l’étincelle électrique en électrisant à signes contraires l’encre et la pointe r.
- On a ainsi, paraît-il, des tracés d'une très grande netteté.
- 179633. — ARON (i3 novembre 1886). — Perfectionnement APPORTÉ AUX COMPTEURS D’ELECTRICITÉ.
- Tl s’agit là surtout d’une addition à un brevet précédent de l’inventeur. Perfectionnement — peut être, com-plication — certainement.
- En quelques mots d’ailleurs, voici la chose :
- Deux horloges admirablement réglées sont mises en marche côte à côte. Elles actionnent deux roues dentées parallèles, tournant en sens inverse, entre lesquelles tourne une roue planétaire. La vitesse de rotation étant la même, l’axe de la roue planétaire reste immobil 1 dans l’espace; mais lorsque le circuit, dont on veut enregistrer le fonctionnement, est parcouru par un courant, un électro-aimant vient agir sur un des pendules pour retarder son mouvement.
- Le réglage des deux horloges est alors altéré, une des roues dentées tourne moins vite, et l’axe de la roue planétaire se déplace proportionnellement à la différence des vitesses, et à l’intensité du courant excitateur de l’élcc-tro-aimant. Quand le circuit est inactif, la roue planétaire reprend sa place primitive.
- Il y a là, vous le voyez, tous les éléments d’un comptage difficile et coûteux.
- 179651. — DEPREZ (i5 novembre 1886). — Système
- DE RHÉOSTAT LIQUIDE A MARCHE CONTINUE.
- Ce rhéostat est destiné à l’introduction graduée de résistances dans des circuits de toute tension.
- L’appareil est représenté en coupe verticale dans la
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- figure ci-jointe. Il se compose d’un vase cylindrique ABCD, en matière isolante, et renfermant une solution de carbonate de soude : i gramme par litre d’eau. Le fond EF de ce tube est en plomb, et en relation avec le circuit par la borne t. La connexion est faite par le liquide, le piston de plomb GH, sa tige I, et le ressort K relié à la ligne L.
- Le fonctionnement se comprend aussitôt. Le levier M commande le piston, et la résistance est proportionnelle à la hauteur de la colonne liquide comprise entre le piston et le fond du cylindre.
- Lorsque GH est à la partie inférieure du vase, la résistance doit être nulle; mais il y a toujours une mince cou-chedeliquide interposée, ayant une résistance appréciable.
- Pour éviter cela, l’appareil est muni d’un faux fond NP supporté par un ressort. Le piston comprime ce ressort, et le contact direct vient s’établir par la pièce de bronze Q montée sur la partie supérieure AB.
- De même, pour rompre le circuit, il n’est pas nécessaire de rompre le contact du piston avec le liquide. L’extré-trémité du levier R guide la tige du piston par l’intermédiaire du ressort S, et lorsque le piston est à bout de course, arrêté par le couvercle, le levier comprime le ressort S, jusqu’à ce que le contact de K et de I ait cessé.
- Le rhéostat liquide est d’un bon fonctionnement. Avant M. Deprez, M. Siemens a déjà bréveté un appareil de ce genre, mais de construction différente.
- 1 >7gQ80. — Comte RODOLPHE et MONTGELAS (i8 novembre 1886). — Perfectionnement dans le mode
- DE PREPARATION DU MAGNESIUM PAR L ELECTROLYSE •
- Lorsque le comte de Montgelas veut avoir du magné-
- sium, il produit ce prêtai sous forme d’alliage par dépôt galvanique. Le bain électrolytique est composé d’une solution concentrée de chlorure de magnésium, combinée avec une solution concentrée d’un autre chlorure métallique ('hormis l’aluminum), de chlorure de zinc par exemple. L’anode est une lame de zinc, la cathode une plaque de charbon : voilà ce qu’enseigne le brevet.
- 179683. — ROBIN (16 novembre 1886). Nouvelle machine DYNAMO-ÉLECTRIQUE A COURANT CONTINU.
- La machine de M. Robin est une machine à disque, dont les avantages sont connus. La partie essentielle du
- brevet se rapporte au mode d’enroulement de l’induit, qui peut être rangé à côté de ceux que préconisent M. Desroziers et la Société Edison.
- Le disque mobile peut être constitué soit par des plaques de cuivre, soit par des fils. La figure que nous donnons se rapporte à une machine multipolaire de 4 pôles, dans laquelle l’enroulement est fait au moyen de fils.
- Pour comprendre les connexions, considérons 16 éléments de fil disposés radialement, et numérotés par deux groupes de 8 dans l’ordre que nous indiquons :
- Premier groupe
- i est relié à i’ par la circonférence ex érieure 2 — intérieure
- 2' — extérieure
- 2 — intérieure
- 8 est lelié à 8' par la circonférence extérieure 8’ — i — intérieure
- 1 '
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- M5
- Le collecteur Je la machine a 8 lames correspondant à chaque élément de fil r, 2, 3 ... 8, et Ton comprend que les lames 1, 5 — 2, 6 — 3, 7 — 4, 8 étant mises en quantité, le courant pourra être recueilli par les balais B et B', l’un sur la lame 1, l'autre sur la lame 3. Les pôles des inducteurs sont en N, N' et S, S'.
- 11 n’y a pas de raisons pour que cette machine ne soit bonne : tout au contraire.
- 179689, — DEPREZ (16 novembre 1886). Système de
- COMMUNICATIONS ÉLECTRIQUES ENTRE LES POSTES ET LES
- TRAINS DE CHEMIN DE FER EN MARCHE SANS CONTACT.
- La présente invention peut se résumer en quelques mots.
- La locomotive de chaque train porte à sa partie inférieure un gros électro-aimant horizontal, excité par des piles ou une dynamo. A chaque poste cet électro vient passer devant les épanouissements de deux bobines verticales fixées sur la voie, et grâce à la vitesse du train, il y fait naître un courant d’induction instantané, qui signale le passage aux postes intéressés.
- Le système peut être renversé et permette par les mômes organes, les communications inverses : du poste au train.
- Le principe de cette application est la même que celui du système Phelps.
- 179712- — GOLDNER (17 novembre 1886). — Perfectionnement aux batteries galvaniques
- Ce perfectionnement consiste à faire agir le zinc par ses deux faces en conjonction avec deux électrodes de charbon. A cet effet, l’élément se compose de deux vases poreux concentiiques. Entre eux, on place la lame de zinc repliée en cylindre, et tandis qu’une plaque de charbon est montée dans le vase intérieur, autour du vase poreux extérieur sont disposés en cercle des tiges de charbon reliées à la plaque intérieure.
- Le liquide excitateur est formé par la dissolution dans l’eau d’un sel, résultant de la combinaison de l’acide sulfurique avec du bichromate de soude.
- La composition exacte de ce sel, M. Goldner d clare ne la pas connaître; il suppose que c’est une combinaison de sulfate de soude et d’acide chromique retenant mécaniquement des parties d’acide sulfurique : nous aussi.
- A sa pile, l’inventeur ajoute un levier à distribution, permettant d’envoyer le courant dans différents circuits, et de faire varier le nombre des piles en service.
- 179615. — M. MAICHE. 12 novembre 1886. — perfectionnements DANS LES APPAREILS DE COMMUNICATION TELEPHONIQUE.
- Dans son téléphone, l’inventeur a cherché le moyen d’obtenir un réglage facile. Il y est parvenu en montant sa plaque vibrante sur une bague filetée, qu’on peut serrer plus ou moins, sur la boîte. Le pavillon vient se visser par dessus, et un petit anneau formant écrou maintient la bague dans la position qu’on lui a donnée. C’est tout.
- 179716. — POLLAK ET BINSWANGER. — 17 novembre 1886. — NOUVEAU MODE D’APPLICATION DE L’ÉLEC-TRICITÉ AUX VÉHICULES.
- Voir l’article de la Lumière Électrique, t. XXIV, n° du 16 avril 1887.
- 179718. - MM. MYRTPIL ET ERNEST BERNARD. —
- 17 novembre 1886. — un procédé perfectionné d’élec-
- TROLYSE DE QUELQUES CHLORURES DOUBLES.
- Ce procédé est applicable au chlorure double d’aluminium et de sodium, sans qu’il soit nécessaire de le préparer d’avance : il prend naissance au fur et à mesure de la décomposition.
- L’opération consiste à préparer d’abord un bain de sel marin fondu, que l’électrolyse décompose, le chlore allant au pôle positif et le sodium au pôle négatif.
- L’anode est formée par une tige de charbons alumineux, de telle sorte que le chlore y vient former du chlorure d'aluminium A/2 C/3, qui se combine avec le sel marin, pour former le chlorure double.
- Par l’électrolyse, le chlorure double est décomposé en N a Cl et A/2 allant au pôle positif.
- Si l’on maintient Je bain à une température convenable, le chlorure de sodium qui vient se porter au pôle négatif, fondra pour se mélanger avec le sel du bain laissant l’aluminium seul sur la cathode, formée par un cylindre de charbon de cornue.
- 179721. — BORNAT. — 17 novembre 1886. — procédé
- DE GALVANISATION DE TOUS OBJETS.
- Vous tous qui trouvez du plaisir à galvaniser des insectes, des fruits, ou tout autre objet difficilement recouvrable de mine de plomb, retenez bien la recette suivante :
- Préparez dans l’obscurité, un bain d’azotate d’argent dissous dans de l’alcool. Plongez-y l’insecte à galvaniser et exposez-le ensuite à l’action des vapeurs d’un mélange préparé en versant de l’acide azotique sur du sulfure de
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- potassium. Il se formera ainsi une couche légère de sulfure d’argent bon conducteur d’électricité, et la suite, vous la connaissez.
- 179785. — SMITH. — 20 novembre 18S6. — perfectionnements DANS L’AGENCEMENT DES MOTEURS ÉLECTRIQUES ET DANS LA TRANSMISSION DE LEUR FORCE
- Ce brevet ne porte pas sur le moteur lui-même, mais sur son mode d’attache au véhicule qu’il doit actionner. Par les électros, le moteur est suspendu au châssis de la voiture, et la commande de l’essieu est directement faite par une vis sans fin et une roue héliçoïdale.
- L’arbre de la vis est relié à l’arbre de l’anneau du mo-
- teur, par un manchonnage particulier représenté par les deux coupes ci-contre.
- C est l’arbre de l’anneau, D celui de la vis. La connexion est rendue tlexible par l’emploi d’un bout d’arbre intermédiaire H, en forme de croix, dont les angles sont arondis.
- Les bouts de cet arbre s’ajustent librement dans des boîtes I boulonnées aux manchons J cl ave tés sur les deux arbres, enfin des tampons h sont là pour amortir les chocs.
- 179801. — GRABAU. — 22 novembre j886. —procédé
- ET . APPAREIL DE FUSION ET DE RÉDUCTION PAR L’aRC VOL *
- TaïQUE.
- Dans les procédés actuels de réduction par l’aie voltaïque, il est en général difficile de régler l’arc et la température du bain, par suite de l’introduction des matières à fondre par le haut du creuset. Pour remédier à cet inconvénient, M. Grabau introduit la matière à traiter par le côté, ou même par la partie inférieure, en tout cas au-dessous du niveau du pôle liquide, de sorte que la réduction n’est plus faite par l’arc directement, mais par la chaleur transmise par la masse polaire liquide à l’intérieur de la dite masse.
- La figure ci-contre montre une des dispositions du creuset, notamment pour le bronze d’aluminium. Le creuset a est en matière réfractaire. 11 renferme un mélange de
- charbon, d’alumine et de cuivre, et le couvercle porte l’électrode négative b, qui est une tige de charbon. Le tout est entouré d’une matière mauvaise conductrice de la chaleur; /"est l’électrode positive se renouvelant à me-
- sure qu’elle fond, d la matière à fondre et e est le canal de sortie du bronze d’aluminium fondu. De la sorte, M. Grabau affirme que l’alliage se forme dans d’excellentes conditions : nous voulons bien le croire sur parole.
- P. Clemenceau
- (A suivre)
- CORRESPONDANCE
- Paris, le 28 mai 1887.
- Monsieur le Directeur,
- Vous me communiquez la réponse de M. Stein à mon article bibliographique, publié dans le numéro du 19 mai 1887.
- Quoiqu’il y ait bien des réserves à faire sur l’étrangeté du procédé de M. Stein, en matière de critique d’un livre, je veux bien passer en révue ses observations après avoir constaté toutefois que cette opiniâtreté à vouloir forcer l’admiration est peut-être la meilleure confirmation de l’opinion que j’ai émise à son endroit.
- Tout d’abord, il est nécessaire de faire une dernière fois justice de l’accusation d’inexactitudeque m’adresse gratuitement M. Stein, dans un hors-d’œuvre qui n’a aucune connexité avec le fait actuel.
- En effet, dans un de ses articles parus dans le numéro du ifi octobre 1886, plus d’un mois après le mien, qui lui en fournissait prétendument l’occasion, M. Stein — nous ignorons dans quel but — a falsifié mon texte bien clair et bien précis cependant, pour en tirer une pensée qui n’y est point exprimée.
- Celà lui valut de ma part une lettre rectificative dans le numéro du 4 novembre, qui n’a pas été relevée depuis.
- On pouvait donc en inférer que l’incident était clos, et que M. Stein reconnaissait loyalement quoique silen-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- cieusement son erreur. Mais pas du tout, une circonstance aujourd’hui se présente où il cherche à transformer présomptueusement sa défaite en un triomphe éclatant. Gelà ressemble singulièrement à une victoire à la Pyrrhus.
- Eh bien! que mon honorable contradicteur souffre que je le lui dise : aux yeux des personnes non passionnées, le résultat qu’il a voulu en tirer reste le même comme quantité, seulement il change de signe. N’insistons pas davantage.
- M. Stein joint à sa réponse un fragment de journal dont le titre ne figure même pas, pas plus que le nom du signataire de l’article é.ogieux qu’il invoque.
- Cette manière de faire nous remet en mémoire les excellentes attestations en faveur de la douce « Revalescière Dubarry » publiées à la quatrième voir même à la première page de certains journaux.
- Remarquez 'que c’èst le procédé que nous caractérisons par là, et que nous ne jugeons pas l’article même, sans influence sur l’indépendance de notre opinion. Toute divergence contradictoire déplaît à M. Stein. qui n’admet que les éloges de ses thuriféraires.
- En ce qui concerne l’économie du livre, son exécution est restée la même. L’auteur, fidèle à une tradition commune, on a fait une troisième édition augmentée. Le besoin d’expurger et d’émonder les anciennes nous eût paru bien plus impérieux. Ainsi page 8, M. Stein aurait pu rectifier l’erreur sans doute attribuable à une négligence de correction où au mépris des principes les plus élémentaires de la physique, il condamne les piles galvaniques à immersion sous prétexte de leur trop grande action chimique.
- On retrouve du reste dans le cours de l’ouvrage un certain nombre d’hérésies du même genre, que le défaut d’espace nous empêche de relever pour l’instant.
- Il aurait bienfait de suivre l’exemple de M. Eulenbourg, privât docent à la Faculté de Berlin, publiant une brochure de 102 pages avec nombreux diagrammes qui impriment à l’œuvre son vrai caractère scientifique. Nous y avons en vain cherché des dessins, des figures théâtrales analogues à celles contenues dans la publication de M. Stein.
- Qu’on veuille bien parcourir tout autre ouvrage de médecine, l’anatomie de Heitzmann, et en général tous les traités d’anatomie ou de physique soit Français, soit Allemands, nulle part sauf dans ceux destinés à l’usage des gens du monde, on ne trouvera des plans et dessins du genre de ceux qu’il prétend n’être destinés qu’à montrer les filets nerveux du grand sympathique ou des trajectoires électriques.
- En ce qui concerne la figure 18, page 20, nous ne voyons nullement l’utilité de nous reproduire une bobine d’induction et une brosse électrique ainsi qu’une image humaine à moins que ce ne soit le portrait de l’auteur lui-tnéme ou d’un de ses amis.
- Là figure 48 a la prétention, au dire de l’auteur, de représenter la disposition des appareils du cabinet électro-
- thérapeutique de la Salpétrière; bien malin sera le lecteur qui y verra autre chose que des figurines de vues stéréoscopiques.
- Les poissons électriques de l’aquarium de la figure 49 semblent tirés d’un ouvrage de M. Figuier ou d’autre du même genre. En quoi la forme extérieure de ces êtres peut-elle intéresser, de quelque manière que ce soit, les électro-thérapeutistes ?
- Nous avions osé dire comme résultat de nos propres informations que la | ratique des bains hydro-électriques était tombée en désuétude, le mode d’action des courants n’étant basé que sur des hypothèses.
- La plupart des sujets dont M. Stein publie l'observation sont au surplus des hystériques, des hypocondriaques, des neurasthéniques; or il ne faut pas oublier que tous les névropathes subissent l’influence morale du médecin; le simple changement d’air, de régime peut également produire sur eux un effet curatif, les miracles de Lourdes, tous observés sur des névropathes, sont, il est bon de s’en souvenir ici, le fruit de ces mêmes influences réunies.
- Si M, Stein veut convaincre le monde médical de la réelle efficacité des bains hydro-électriques, qu’il nous présente des malades atteints d’affections chroniques sur lesquelles l’influence morale soit sans action, telles que le rhumatisme noueux, le diabète, etc.
- Ces bains ont du reste été essayés sans succès en bien des endroits; à Berne, par exemple, les résultats parfois douteux (et encore étaient-ils associés à la faradisation générale et à la galvanisation centrale) lors d’un premier traitement, ont toujours été nuis dans les cas de récidive.
- M. Stein en appelle à l’expérience qu’en auraient faite quelques médecins. Il faut avouer que pour ce qui est de notre pays, il s’en réfère à une autorité assez discutable.
- S’il nous en souvient bien, M. Stein n’a-t-il pas déjà recommandé en même temps que M. Th. Clément de Francfort-sur-le-Mein, les bains électriques ?
- C’est sans doute là une simple coïncidence; mais fort regrettable assurément, M. Clément ayant coutume de recommander à l’attention du public des traitements assez problèmatiques, ceux par le bromure d’arsenic par exemple, sel qui à cause de son instabilité ne peut exister que comme produit de laboratoire.
- M. Stein revient sur l’éloge que ce journal avait fait de l’édition de i883. De ce côté, il faut peut-être encore en rabattre si l’on considère les réticences dans la pensée exprimée par l’auteur de l’article dans des phrases du genre de celle-ci : le livre nous semble présenter, autant qu’il est possible, l’état actuel de cette science.
- On dit à la Salpétrière qu’il est resté en-dessous. Au surplus, la phrase louangeuse finale est la suivante: le licre se termine par l’indication des soins à prendre des appareils et constitue un fort bon manuel d’électricité médicale; à l’apprécier dans son intégrité, on serait plutôt tenté de croire que son auteur a été plutôt frappé par l'effi-
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- cacité des conseils de propreté donnés aux médecins si négligents à l’égard de leurs appareils que par la portée thérapeutique de l’ouvrage.
- Tl n’est pas l’ennemi d’une douce gaieté M. Stein; il consent à ne pas me ravir le plaisir d’appeler chapeau chinois ce qui a toujours été dénommé ainsi par les constructeurs.
- Je l’en remercie et je regrette d’ôtre forcé de dissiper son ignorance en pareil cas. Ii me reproche en outre, d’être plus au courant des chapeaux chinois que de l’électrothérapie. Adiré vrai, je le confesse, j’ai toujours ardemment désiré être médecin, voire même électrothérapeutiste; mais il y a parfois des occasions dans la vie où l’on est enchanté de ne pas l’être.
- M. Stein nous réplique amèrement de ne pas avoir cité les noms des autorités médicales que nous avons consultées, et il nous oppose les noms de MM. Charcot et Vigouroux qui, à la réception de son livre lui ont donné, en hommes bien élevés, le simple témoignage de courtoisie usité.
- Nous conseillons simplement à M. Stein de ne pas trop insister sur ce terrain et d’imiter notre discrétion, car il pourrait bien se tromper.
- M. Stein nous accuse de nourrir contre lui de la rancune personnelle. Prodigieuse erreur ! jamais ne nous en est venue la pensée. C’est plus que puéril de faire intervenir de telles considérations dans un débat public. On dirait vraiment qu’il ne peut dormir sans faire saluer sa gloire de compilateur que nous sommes bien loin de vouloir ternir.
- La partie de sa réponse que nous avons soulignée, nous couvre de honte et de confusion. Comment! dans un moment d’oubli et d’égarement sans doute, nous avons eu l’insigne scélératesse d’exprimer sincèrement notre opinion sur l’œuvre d’un homme dont le monde entier apprécie si hautement la science, et probablement aussi.....la modestie?
- C’est dépasser les limites de la bienséance. Un poète l’a dit
- Quand la borne (Stein,) est franchie, il n'est plus de limites.
- L’aveu ingénu par lequel l’auteur déclare que son livre lui a servi de plate-forme pour se faire nommer à une foule de fonctions nous désarme.
- Agréez, Monsieur le Directeur, l’expression de notre considération distinguée.
- x E. Dieudonné
- FAITS DIVERS
- M. le professeur Ravaglia, à propos de l’incendie de l’Opéra-Comique, nous rappelle la serrure électrique qu’il a imaginée, et qui a été décrite dans ce journal. Cette serrure a été appliquée au théâtre de Ravenne depuis 1882 où elle fonctionne parfaitement bien; nous la signalons à qui de droit.
- On se rappelle que notre confrère Industries avait offert, il y a un an, un prix de 100 guinées (2.647 francs) pour la découverte d’un moteur électriqus parfait. De nombreux concurrents ont participé à ce concours; après, examen des dessins envoyés, le Jury a distingué deux moteurs qui se recommandent également au double point de vue mécanique et électrique. Mais, comme l’un d’eux repose sur un principe qui n’a pas encore été appliqué en Angleterre, le Jury a demandé aux inventeurs, qui y ont consenti, de faire construire chacun leur appareil et de les laisser soumettre à des expériences comparatives. Le prix du concours dépendra du résultat de celles-ci.
- La Union Power and Light C‘ est actuellement en négociation avec un syndicat local pour l'exploitation de sor. système' d’accumulateurs en Belgique, sur la base d’une redevance de dix centimes par kilogramme de plaques fabriquées.
- D’autre part, l’accumulateur Gadot est vigoureusement poussé par la Société Industrielle qui a fait des expériences très concluantes avec une batterie de 100 éléments. Les installations de Borgerhaut et d’Anvers vont être pourvues d’accumulateurs du type Somzée qui donneront probablement lieu à des procès. M. Julien est, parait-il, décidé à s’opposer à l’exploitation de tout accumulateur dans lequel des oxydes de plomb sont supportés par des bandes métalliques.
- Le prospectus officiel pour l’Exposition qui aura lieu prochainement, à Glasgow, vient d’être publié. Les demandes d’emplacement doivent être envoyées avant le 1" novembre.
- L’Exposition sera ouverte au mois de mai de l’année prochaine et restera ouverte pendant six mois.
- Une section spéciale, n° 11, a été réservée à l’électricité.
- A partir du 1" Juin, la compagnie Thomson-Houston établie jusqu'ici à Bruxelles, sera transférée à Hambourg.
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- Les affaires de la Compagnie Jablochkoff de Londres ont été reprises par VUnited Electrical Engineering C°, de cette ville, qui s’occupera également de l’installation de générateurs secondaires et d’éclairage électrique à arc et à incandescence.
- Éclairage électrique
- La compagnie Edison de Saint-Etienne vient de traiter avec cette ville, pour l’éclairage des rues, etc. La concession donnée à la compagnie et qui n’entraine aucun monopole pour celle-ci, prendra finie 3i décembre 1910, avec faculté pour la ville de la prolonger jusqu’au 3i décembre 1925.
- La compagnie ne pourra abandonner son droit de canalisation sans en prévenir l’administration municipale. La compagnie sera déchue de ses droits : i° Si elle s’entend avec la compagnie du gaz ou si elle cède'sa concession à un tiers sans l’autorisation du conseil municipal ;
- 20 En cas d’interruption de l’éclairage pendant i5 jours consécutifs.
- A l’expiration de la concession, la Ville pourra, si elle le désire, se rendre propriétaire de toutes les installations sur la voie publique, moyennant un prix d’achat fixé par des experts, mais si le contrat est prolongé jusqu’au 3i décembre 1925, de môme que pour le cas où la compagnie aui*ait été déclarée déchue de ses droits, la Ville deviendrait propriétaire, de plein droit et sans aucune indemnité, de ces installations.
- Le prix maximum de l’éclanage pour les particuliers est de quatre centimes par heure et par lampe de dix bougies, et de six centimes par heure_et par lampe de seize bougies.
- La ville bénéficiera d’une réuuction d’un tiers de ces prix.
- Le contrôle de l’éclairage électrique pourra avoir lieu tous les jours comme pour le gaz; à cet effet, la Ville pourra toujours exiger gratuitement, en un point quelconque du réseau, rétablissement d’une dérivation ordinaire de la valeur d’au moins deux lampes de seize bougies.
- Pendant toute la durée de l’exploitation, la compagnie paiera à la Ville une redevance annuelle pour chaque lampe de 16 bougies, à raison de 0.24 fr. jusqu’à 3ooo lampes, de o,5o fr. jusqu’à 6000 et de 0,75 fr. au-delà de ce nombre.
- La compagnie ne pourra se servir de lampes à arc sans y être autorisée par la Ville, et la redevance annuelle à payer pour ces foyers serait alors fixée par le conseil municipal. La compagnie est toutefois autorisée à faire un essai avec 10 loyers à arc.
- Après.les prélèvements statutaires sur les bénéfices de ’exploitation, la Société paiera encore une redevance de 15 0/0 à la Ville.
- Le capital de la compagnie a été fixé à un million de francs et ne pourra être augmenté sans l’autorisation de l’administration municipale, et, dans aucun cas, sans que la compagnie justifie de la nécessité de l’augmentation projetée.
- Enfin, la Compagnie a dû déposer un cautionnement de 10.000 francs, qui deviendra la propriété de la Ville, dans le cas où la Compagnie ne remplirait pas ses engagements jusqu’au 3i décembre 1910.
- La Compagnie du gaz de Dresde a fait des expériences d’éclairage électrique à l’Hôtel de Ville pendant neuf mois.
- Le prix pour les premiers trois mois a été de quinze centimes environ par lampe à incandescence et par heure ; pour le deuxième trimestre ce prix était de douze centimes et demi, et pour le troisième de dix centimes seulement.
- L’insuffisance de l’éclairage intérieur des gares des chemin de fer belges a été récemment signalée à l’attention du ministre des chemins de fer, postes et télégraphes. Celui-ci vient de faire mettre à l’étude un projet complet d’éclairage électrique pour les gares de Bruxelles-Nord. Aussitôt que cette étude sera terminée, l’entreprise sera mise en adjudication publique.
- Un projet a également été étudié dans le but d’étendre l’éclairage électrique aux salles d’attente, des Pas-Perdus, etc., de la station de Bruxelles-Quartier-Léopold. Quant à la gare de Bruxelles-Midi, l’éclairage en sera amélioré, soit par l’installation d’appareils intensifs au gaz, soit par la substitution de l’électricité au mode actuel d’éclairage.
- LElectrician de Londres annonce que plusieurs Compagnies de gaz, sur le continent, comme celles de Paris, Lyon, Marseille et Madrid, etc., ont formé un syndicat, dans le but d’établir un laboratoire électrique pour étudier les avantages qu’il y aurait pour ces sociétés è s’occuper de l’éclairage électrique, tout en continuant leurs exploitations comme par le passé.
- Notre confrère ignore la nature exacte des expériences qui vont être faites et pour lesquelles le syndicat paraît avoir eu la bonne fortune de s’assurer les services de M. Monnier professeur d’électricité à l’école Centrale de Paris.
- La lumière électrique a fonctionné pour la première fois, le 29 avril dernier, dans le cirque à Mexico où ont lieu les combats de taureaux. La lumièue éclatante semblait rendre les animaux furieux*
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- On annonce de Chicago que toutes les compagnies de gaz et de lumière électrique [de cette ville ont fusionné sous le titre de Gas Frust C°. La nouvelle entreprise aura le contrôle de tout l’éclairage de la ville et s’efforcera surtout de répandre la lumière électrique.
- L’introduction de la lumière électrique au bureau central des Postes à New-York, a donné lieu à une économie de 75.000 francs par an sur le prix de l’ancien éclairage au gaz. Le système électrique coûte 225.000 fr. par an.
- La Buffalo Electric Light C° a traité avec la Niagara Faits Power C°, pour la location d’une puissance de 10.000 chevaux à raison de 75 francs par cheval et par an.
- La Compagnie de Buffalo se servira de cette force pour l’éclairage électrique et pour la distribution de la force à Buffalo même.
- La pose du câble des chutes de Niagara jusqu’à la ville, une distance de vingt milles, a déjà été commencée.
- Télégraphie et Téléphonie
- Les journaux politiques annoncent sous toutes réserves que le gouvernement a l’intention d’accorder une concession, pour la pose d’un nouveau câble télégraphique sous-marin entre Tunis, Bizerte et Marseille. On parie d’une subvention annuelle de cent mille francs.
- Les chiffres suivants peuvent donner une idée du nombre de mots, télégraphiés de Londres à la presse de province, lorsqu’il y a des débats intéressants à la Chambre des Communes.
- Le 8 avril 1886, discussion de la loi d’autonomie de M. Gladstone, i.o5o.5oo mots,le 16 avril de la même année, 841.500 mots, le 7 juin 863.700 mots. Avec i.o5o.5oo mots, on peut faire 525 Colonnes ou six numéros du Times de Londres.
- Les télégraphistes femmes, employées par l’administration des télégraphes à Londres, ont commencé une agitation en faveur d’une augmentation de salaire et d’une diminution des heures de travail.
- Au bureau central des télégraphes à Londres, il y a 800 employés femmes et 1200 hommes. Une pétition va être présentée au Directeur général pour demander la formation de deux classes pour les femmes, comme il y en a actuellement pour les hommes.
- La première classe, comprenant les plus jeunes, toucherait des appointements de 15 à 5o francs par semaine et
- la seconde de 25oo à 2875 francs par an. Les heures de travail seraient limitées à 7 et le congé annuel serait de 3 semaines, après un an cte service, ou d’un mois après douze ans de service.
- Nous avous plusieurs fois parlé des plaintes adressées par les Chambres de Commerce, en Angleterre, à l’administration des Postes et Télégraphes, au sujet des communications télégraphiques défectueuses entre l’Angleterre et le Continent.
- Dans la Chambre des Communes, le Directeur des Télégraphes a dernièrement déclaré que la Commercial Cable C° avait accepté à Liverpool des dépêches commerciales pour Brême et le Havre, qui avaient été transmises à New-York d’abord, et de là en France, ce qui constitue une violation du cahier des charges de la compagnie.
- D’après le Directeur général, la transmission directe des dépêches entre Liverpool et le Havre n’occupe pas une heure de temps, mais les négociants anglais ne semblent pas avoir grande confiance dans l'exactitude du dé • partement des télégraphes.
- Ainsi que nous l’avons dit dans le temps, un fonctionnaire des télégraphes à Calcutta, essaya, il y a plusieurs années, d’employer des machines dynamos pour la télégraphie.
- L’expérience réussit parfaitement bien et fut imitée par le docteur Liego, à New-York, avec le même succès. En effet plusieurs compagnies américaines s’en servent maintenant sur leurs lignes.
- Des expériences du même genre ont lieu en ce moment, au bureau central des Télégraphes à Paris, avec beaucoup de succès. Il paraît que les appareils Wheats-tone, à grande vitesse, fonctionnent [aussi bien que les imprimeurs de Hughes. La dynamo employée est de 120 volts.
- Notre confrère VElectrical Review de New-York nous apprend que sur les 7000 abonnés de la compagnie des téléphones dans cette ville il n’y a pas 5o habitations particulières.
- Dans les autres grandes villes américaines comme Brooklyn, Chicago, Cincinnati, etc., beaucoup de maisons particulières sont réliées aux bureaux centraux, mais les habitants de New-York ne semblent pas apprécier le téléphone chez eux en dehors des affaires.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière; Electrique, 3r, boulevard des Italiens Paris. — L. Barbier.
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- DIRECTEUR : D' CORNELIUS HERZ
- 9* ANNÉE (TOME XXIV) SAMEDI 18 JUIN 1887
- N» 25
- SOMMAIRE. — Procédé de M. de Benardoz pour le travail électrique des métaux ; Sarcia. — Sur une nouvelle forme du pont de Wheatstone ; B. Marinovitch. — La machine Labmeyer ; E. Meylan. — Traction électrique des tramways; E. Dieudonné. — Sur la durée de l’établissement du courant dans un électro-aimant; P.-H. Ledeboer. — Lès téléphones; G. Richard. — Le fer et son emploi dans la télégraphie électrique aérienne ; A. Perrin. — Siphon interrupteur de Radiguet ; J. B. — Revue des travaux récents en électricité : Sur un système de transmissions par courants inverses, de M. Gattino. — Magnétomètre de M. Wild. — Galvanomètre absolu d’Edel-mann. — L’isolateur de M. Slater Lewis. — Nouveau compteur d’électricité de M. W. Siemens. — Nouveau mode d’attache des fils télégraphiques. — Les taches solaires et le magnétisme terrestre. — Ampèremètre et voltmètre pour courants .continus et alternatifs de Sesemann. — Sur les courants induits dans le noyau du fer des dynamos» par R. Clausius. — Mesure des moments magnétiques et des intensités <je courant avec la balance, par A.Kœpsel. — Correspondances spéciales de l’étranger : Angleterre : J. Munro. — États-Unis ; J.Wetzler. — Brevets d’invention : P. Clemenceau. — Correspondance : Lettre de M. Leclanché. — Faits divers.
- PROCÉDÉ DE M. DE BENARDOZ
- TOUR LE
- TRAVAIL ÉLECTRIQUE
- DES MÉTAUX
- Nous avons eu l’occasion de présenter à la société de Physique et ensuite à la société d’Encou-ragement, les procédés pour le travail électrique des métaux, d’un ingénieur russe, M. de Benardoz.
- Nous en donnons, aujourd’hui, à nos lecteurs, une description sommaire.
- En 1881, M. de Benardoz, qui à cette époque habitait la France, avait déjà songé à utiliser la chaleur considérable qui se développe dans l’arc voltaïque pour souder automatiquement une ou plusieurs lames de plomb.
- Plus tard, à son retour en Russie, il eut l'idée d’appliqu:r à la fusion des autres métaux, ce même arc voltaïque,qui peut développer des températures variant entre 1000 et 4000 degrés environ, suivant l’intensité du courant qui l’alimente.
- Voici, d’une façon générale, comment M. de Benardoz s’y prend, lorsqu’il veut souder électri-
- quement deux métaux. Il emploie un marbre en fonte, porté par une table isolante, auquel on donne le nom d’enclume électrique. Ce marbre est relié d’une façon permanente au pôle négatif d’une source quelconque d’électricité, dont la force électromotrice doit être supérieure à la force électromotrice inverse, qui se développe dans l’arc voltaïque.
- Les pièces à souder reposent sur ce marbre, de la façon la plus commode pour le travail à exécuter, et elles sont donc ainsi mises en commu-mication avec le pôle négatif de la source d’électricité.
- Le pôle positif de cette même source aboutit à un charbon électrique, au moyen d’un conducteur souple. Il est emmanché au bout d’une poignée isolante que l’ouvrier soudeur tient de la main droite; cet outil est représenté sur la figure 1, et dans notre vue générale qui représente l’atelier de soudure électrique à La Chapelle,-on voit un ouvrier en train d’opérer avec cet outil la soudure d’un cylindre de tôle.
- En appuyant la pointe du crayon électrique sur une des parties à souder, l’ouvrier ferme le circuit électrique, et en soulevant un peu ce crayon, il fait ensuite jaillir un arc voltaïque qui provoque la fusion des métaux.
- Il promène cet arc à la main, le long de l'arête
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- de jonction des pièces qu’il doit travailler et dé-termine ainsi leur soudure autogène.
- Pendant l’opération, l’ouvrier protège sa vue contre l’éclat de Tare, au moyen de verres colorés ou fumés, montés soit sur la face antérieure d’un masque, soit dans un cadre à poignée, qu’il tient de ?la main gauche comme l'indique la figure 2.
- Il est clair que l’intensité du courant doit varier av^c la nature du travail que l’on a à effectuer.
- Dans la pratique, pour ne pas toucher à l’allure de la dynamo qui produit ce courant, on l’utilise à charger d’une façon continue une batterie d’accumulateurs, on prend ensuite, sur cette batterie? un nombre variable d'accumulateurs, pour constituer le circuit de soudure.
- Qn fait ainsi varier à volonté la différence de potentiel, à l’entrée et à la sortie de ce circuit, et
- Fig. 2
- par conséquent, on fait egalement variera volonté l’intensité dü courant qui l’alimente.
- Les procédés de M' de Benardoz permettent, non-seulement de souder les métaux, mais encore de les percer et de les couper.
- Après-avoir percé-deux tôles, on place dans, le logémenf ainsi fait, une tige de métal, et en la faisant fondre à ses deux extrémités, on l’emprisonne dans les deux tôles et on constitue ainsi un rivet électrique.
- Les procédés de M* de Benardoz sont d’impor-
- tation récente en France. Ils ont cependant déjà donné lieu à des applications.
- La plus importante est celle de la construction des réservoirs et des tonneaux métalliques. Ils procurent à ces tonneaux, un avantage très précieux, celui d’une étanchéité absolue.
- On connaît, à ce sujet, les difficultés très grandes qu’on a eues jusqu’à présent, à faire voyager les huiles légères et le sulfure de carbone.
- La fabrication des tonneaux se fait chez M. Legrand, qui a donné à cette industrie un grand développement, et qui est très satisfait de l’emploi de la soudure électrique.
- Cette dernière s’applique également à la fabrication des meubles en fer pour jardins, qu’elle permet de rendre très légers ; elle s’applique aussi à la soudure des tubes en fer ou en cuivre, à la fixation des sellettes sur les traverses métalliques des chemins de fer. etc.
- J. Saïîgïa
- SUR UNE NOUVELLE FORME DU
- PONT DE WHEATSTONE
- Au cours d’une visite faite récemment aux ateliers de MM. Eîiott frères, les constructeurs bien connus d’instruments de précision, j’ai eu l’occa-
- Fig, 1
- sion de voir, parmi un grandnomhred appareils de
- mesure extrêmement soignés mais n’offrant aucun caractère de nouveauté, un modèle de pont de Whea'.stone de forme particulière, modèle tout récent et dont je crois intéressant de dire quelques mots.
- Dans la forme du pont de Wheatstone la plus
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fréquemment employée, les boîtes de résistance sont en général disposées suivant le schéma de la figure i, où x représente la résistance inconnue, C la résistance de comparaison et A B les deux bras du pont. Lorsqu’ aucun courant ne passe dans le galvanomètre G, on a, entre ces quatre éléments, la relation
- .x _A
- i C “ B
- OU
- L’équilibre s’obtient en faisant varier: i i° Le rapport A/B des deux bras du fléau ;
- 2° La résistance C.
- Ce sont là deux opérations distinctes qui s’effectuent ordinairement en déplaçant des chevilles.
- J L’inventeur de l’appareil que nous allons décrire a cherché à simplifier ces opérations et à permettre une détermination plus rapide des résistances que l’on veut mesurer. A cet effet, il a combiné un modèle de pont dans lequel le rappor A/B et la résistance C varient simultanément dans le même sens, la somme ( A B ) restant constante pendant une même mesure.
- La figure 2 représente schématiquement le dispositif grâce auquel ce résultat peut être obtenus Nous avons à dessein conservé dans ce schéma les mêmes notations que dans la figure i, en sorte qu’il est facile de se reporter de l’une à l’autre.
- La pile P est reliée à un système de deux frotteurs r et r', solidaires l’un de l’autre et qu’on peut déplacer simultanément le long des fils (A-|-B) et C.
- On voit à l’inspection seule de la figure que, lorsque le système des deux galets passe de la position limite de gauche à la position limite de droite, le rapport A/B et la résisiance C passent successivement par toutes les valeurs comprises entre la valeur limite inférieure et la valeur limite supérieure. Ceci est le principe de l’appareil : il nous reste à parler de la construction mécanique qui est fort ingénieuse.
- L’appareil se compose essentiellement ( fig. 3 ) d’un tambour en ébonite qui porte gravées sur sa surface trois rainures héliçoidales parallèles.Celle du milieu, représentée par un gros trait plein sur notre vdess in, sert à la propulsion d’un petit chariot F, muni de deux galets r r' et monté à frotte, ment doux sur une règle carrée p p. Les deux au. très hélices servent à loger les trois fils A, B et C du pont. Le trait plein représente le fil C, le trait
- pointillé la Somme des fils A et B. Lorsqu’on tourne la manivelle M, le chariot F se déplace le long de la règle pp' et les galets r et r', dont les points de contact avec les fils ( A-j- B ) et C varient constamment, modifient simultanément et dans le même sens la valeur du rapport A/B et de la résistance C. Le fil enroulé autour du tambour est un alliage de platine et d’argent et les connexions sont faites absolument suivant le schéma de la figure 2 ; le bout du fil C est libre à l’extrémité de droite du tambour.
- Pour étendre les limites des mesures qui peuvent être faites avec cet appareil et accroître en même temps sa sensibilité, on dispose dans le socle de l’instrument des bobines de résistance supplémentaires R, p, p, et p' que l’on peut mettre en circuit ou fermer sur elles-mêmes grâce à un jeu de chevilles.
- Pour faire une mesure, on place la pile P, le galvanomètre G et la résistance inconnue x, ainsi que cela est indiqué sur la figure 3 et l’on tourne la manivelle M jusqu’à ce qu’aucun courant ne passe plus dans le galvanomètre. On lit alors sur la règle graduée pp'le nombre de tours entiers et sur un cercle divisé placé à côté de la manivelle les fractions de tour. En se reportant à unf table calculée d’avance, dans le loisir du cahiffft^ on trouve de suite la résistance cherchée.
- A^ec le modèle que nous avons vu dans les ateliers de MM. Elio*t, on peut mesurer des résistances variant de o,ooi à 10,000 ohms. Voici quelles étaient les constantes de cet appareil:
- A + B = 5 ohms C = 5 ohms
- p = i ohm p[ = 3o ohms p’ = i ohm R = .'ooohms
- En n’employant aucune des résistances supplémentaires p, pl7 etc. du pont, on peut faire varier le rapport A/B de 1/70 à 11/1 en même temps que C varie de 0,07 à 4,584. On a donc
- A 1
- =r C minimum = — X 0,07 = 0.001 ohm
- B 70 ' ’
- ^ C maximum = x 4.584 = 50,424 ohms
- Avec les résistances p, p' et R on a
- A 1
- ^ C minimum = g x 300,714 = 5o,i 19 ohms
- ^ 6
- — C maximum = - X 304,285 = 1825,710 ohms
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- JOURNAL UNIVERSEL D‘ÉLECTRICITÉ
- 5* *5-
- Avec les résistances p, p' et R on a enfin
- A 30 ^
- — C minimum = x 3oo,833 == i 604,i65 ohms
- D O
- A 35
- — C maximum = —• x 304,86 = 10670,100 ohms
- B 1
- L’appareil, tel qu’il vient d’être décrit, est peu
- f ;
- A B
- / ~ N
- -K
- .3
- Fig. 2
- encombrant, d’un transport facile et très pratique, par conséquent, dans un grand nombre de cas, où l’on se préoccupe plutôt de la rapidité des mesures que de leur précision extrême.
- Certains modèles sont spécialement construits
- Fig. 3
- en vue de la mesure de résistances variables. Le socle de l’appareil renferme dans ce cas un mouvement d’horlogerie qui entraîne une bande de papier. Cette bande de papier se déroule avec une vitesse uniforme dans un plan normal à l’axe du tambour et sert à enregistrer le déplacement du chariot. On obtient ainsi une courbe qui représente la variation de la résistance en fonction du temps, les ordonnées du diagramme étant proportionnelles aux déplacements du chariot et les abscisses aux temps.
- L’appareil qui fait l'objet du présent article été imaginé et breveté par M. James R. Pratt.
- B. Marinovitch
- LA MACHINE LAHMEYER
- Nous ne voulons pas chercher à faire de paradoxes, mais, cependant, il nous paraît, que, d’une manière générale, les types actuels et courants de machines dynamos différent assez peu des types primitifs, tels que les ont créés Pacinotti (pour l’induit seulement), Gramme, Siemens et Edison (inducteurs en simple fer à cheval).
- En fait, pour les machines à courants continus, on pourrait presque faire abstraction pratiquement, des machines qui ne rentrent pas, pour l’induit, dans les types de Gramme et de Siemens (Hefner-Alteneck), et pour les inducteurs, dansle double circuit magnétique donné par Gramme à son modèle d’atelier, qui remonte à 1873-74, et dans le simple fer à cheval d’Edison (1879) (’)•
- Pour l’induit, les perfectionnements ont surtout porté sur l’augmentation progesssive du rendement mécanique et électrique par la subdivision de l’âme,la diminution de la résistance; enfin par la diminution des effets perturbateurs du courant dans cette partie de la machine, effets que l’on atténue surtout, il faut le dire, par l’augmentation du champ magnétique, provenant de la forme plus rationnelle donnée aux électro-aimants, et par une limitation judicieuse des extensions des pièces polaires (2).
- Dans l’inducteur, la tendance instinctive générale, depuis la célèbre erreur commise par Edison avec ses colonnades d'électros, a été de resserrer, de condenser la carcasse, de manière à concentrer l’effet des spires inductrices sur l’induit.
- (*) En ne considérant les machines multipolaires,comme il est logique de le faire, que comme une juxtaposition de plusieurs machines élémentaires bipolaires.
- (*) Nous ne voulons parler ici que des perfectionnements; on peut cependant se demander si, pour l’induit, on n’a pas reculé quelque peu, en abandonnant presque généralement les dents saillantes en fer; oh! je sais bien les reproches qu'on leur fait et les inconvénients qu’elles -présentent, seulement on peut se demander si, jusqu’à présent, on a cherché à y parer sérieusement.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Cette modification des dimensions des masses magnétiques, et les avantages qui en découlent, sont dus surtout aux travaux qui ont conduit à l’achèvement du type de machine Edison-Hop-kinson,
- On rapporte en général, il est vrai, l’introduction des électros gros et courts à un savant français bien connu, mais l’attachement de cet auteur, et de son école en général, à l’idée des pôles, par opposition aux flux magnétiques, l’a empêché d’appliquer ce principe à l’ensemble de la carcasse, et de profiter ainsi de ses avantages.
- Mais, à mesure que ces types normaux, directement déduits des types primitifs se perfectionnaient, d’un autre côté, le sentiment d’une sorte de résistance opposée au flux magnétique par les milieux qu’il traverse, dont la loi a été formulée dernièrement, d’une manière si nette, mais par contre si complètement empirique, par M. Kapp, et dont le Dr Hopkimson a montré la' significa$jon théorique, ce sentiment a poussé à rechercher un typç nouveau d’inducteurs.
- En général, on est arrivé en suivant cette idée, à placer les bobines inductrices directement sur l’anneau ou le tambour induit, et naturellement à ; entourer le tout d’uue enveloppe — les anglais disent cuirasse — extérieure en fer ;ou en fonte.
- Dans, cet ordre d’idées, nous citerons ep particulier la machine Wenstroem (*) , la machine Kennedy , la machine Eikemeyer, dont on n’a pas assez remarqué la disposition remarquable des inducteurs feuilletés en tôle; la machine de M. Forbes, celle de M. Kapp, et enfin une
- machine, due à MM; Latimer Clarke et J. F. Andrews, dont sans doute, bien peu de nos lecteurs se souviennent, quoiqu’elle ait paru à l’exposition de Paris, en i88i,etdont nous donnons l’illustration comme curiosité, (fig. i).
- Fig. 1
- Cette dernière machine, ou plutôt ce modèle, car nous rte sachons pas qu’on en ait poursuivi la construction, nous amène directement au sujet que nous avions en vue, la description ,d’un des rares types de ces machines qui, à notre connaissance du moins, ait été réellement construit d’une façon industrielle, la machine Lahmeyér.
- Cette machine qui a été lancée, croyons-nous, dans le courant de l’année dernière, commence à se répandre en Allemagne, et l’on en dit le plus grand bien.
- Nous décrirons le type tel qu’il a été construit d’abord, puis nous indiquerous les dernières modifications qu’il a subies, nous discuterons pour
- (>) Pour mieux faire comprendre notre pensée, nous donnons le schéma de quelques unes de ces machines, dont' l’une, celle de M. Forbes, n’existe pasdans notre collection;
- pour celle de Wenstroem,on peurra consulter le vol.XX,p. 20 (fig. 1 et 2) et pour celle de Kennedy, vol. XXIV, p. 361. Les machines de Kapp, de Wenstroem , et de Kennedy
- Eikemeyer
- Forbes
- sont absolument semblables, en principe, comme disposition magnétique à celle deM. Lahmeyer; nous pourrions y ajouter un des types des machines Van Depocie, mais ce
- derniersemble aussi n’avoir vu que des pôles, et les dimensions relatives de ses culasses sont grotesques, au moins dans les types dont nous avons vu les illustrations.
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- terminer les résultats fournis par l’expérience sur l’un des modèles.
- Gomme on le voit par les figures 3 et 4, les inducteurs sont formés par deux gros électros, de section rectangulaire, extraordinairement courts, et placés , pour ainsi dire, sans intermédiaire de pièces polaires, directement sur l’induit,
- qui est un tambour du genre Siemens. Les extrémités extérieures des noyaux sont réunies en dessus et en dessous par deux culasses cintrées , entourant complètement l’induit, et dont l’inférieure fait corps avec la plaque de fondation.
- Au point de vue magnétique, cette disposition, qui constitue comme on le voit facilement, un
- Fig. 3
- circuit magnétique simple, le plus avantageux comme on sait, est très ramassée, et on réduit ces partiesjnétalliques inutiles dont l’aimantation absorbe une bonne partie du potentiel (magnétique) créé par les spires magnétisantes, et qui dans une machine idéale, doit être concentré dans l’entre-fer.
- Mais le plus grand avantage de cette disposition, est celui qui résulte du passage forcé de la plus grande partie des lignes de force engendrées dans les bobines à travers l’âme de l’induit, ou, ce qui revient au même, par l’entrefer. On sait, en effet,par les travaux de MM. Kapp et Hopkin-
- son, que dans les machinesdes types courants, une fraction des lignes de force qui traversent les bobines inductrices ou même une partie seulement des spires de celles-ci, se ferment sur elles-mêmes, sans traverser l’induit, et par conséquent sont non-seulement sans aucune utilité, mais encore sursaturent les noyauxdes électros.
- Cette perte est considérable, elle allait jusqu’à 24 0/0 dans une machine Edison-Hopkinson ('),
- Pour la dynamo Manchester étudiée également
- P) Voir La Lumière Electrique, v. XXIII, 11“ 8, g et 10.
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- par M. Hopkinson, cette perte était d’environ 33 o/o ; dans ce cas* le rapport peut-être trop faible de la section de l’âme de l’anneau à celle des inducteurs (o,6j y entre pour beaucoup.
- Il eût été très intéressant d’avoir des données complètes sur la machine de M. Lahmeyer, spécialement à ce point de vue, malheureusement les éléments que nous possédons à cet égard, et qui sont dus, soit à un article publié par M. Berg-hausen dans la Central Blalt für Elektrotecli-nik, soit au constructeur lui-même, auquel nous adressons icinos remerciements, nous Derrnettiont seulement de donner des aperçus à cet égard,
- Fig. 3
- en discutant les valeurs de champ magnétique.
- L'induit (fig. 5) du genre Siemens, est formé? comme c’est maintenant le cas pour toutes les machines de ce genre, par des disques en tôle douce teliés à deux plaques de tête pu moyen de boulons isolés ; les plaques sont également isolées par du papier, et de distance en distance, elles sont séparées par des anneaux isolants (ébonite ou fibre) enfilés sur les boulons ; on obtient ainsi une circulation d’air continue.
- En général, ce tambour ne porte qu’une seule couche de fil.
- Enfin, toute la machine se trouve garantie par deux grilles en fonte qui ferment complètement l’espace formé par les culasses, tout en laissant circuler l'air, qui est appelé par des ouvertures pratiquées dans la plaque supérieure.
- La machine ainsi constituée a un fort bon aspect, comme on peut s’en convaincre d’après l'illustration placée en tête de cet article.
- Au point de vue mécanique et du montage, la construction est également bien conçue ; pour
- visiter l’induit ou les bobines d’électros, il suffit de démonter un des paliers et de retirer l’induit, on peut alors sortir facilement les bobines.
- Dans le dernier type que nous communique le constructeur, on a donné à la carcasse une forme encore plus massive ; en particulier on a fortement augmenté la section des culasses, qui sont simplement rectilignes (figure 6).
- _ Pourquoi les avait-on arquées d’aboid ? Peut-être pour éviter que des lignes de force ne passent directement des parties supérieures de l’induit, h la culasse. En réalité, là n’est pas le danger ; dans une bonne machine, le potentiel magnétique de ces parties doit être très peu diflérent ; les
- pertes, s’il y en a, et on rte peut guère en douter, sont surtout à craindre entre les extrémités des pièces polaires et les culasses.
- Aussi, dans ce type, doit-on nécessairement limiter l’étendue des pièces polaires, elles n’embrassent que la moitié, à peu près, de la circonfé-sent, et si on arrive ainsi à des champs très intenses, il ne faudrait pas que les chiffres cités plus bas, fissent illusion sur la puissance et la valeur réelles de la machine.
- Par contre, cette disposition à l’avantage de donner une très grande zone neutre, ce qui diminue les dangers d’étincelles, en donnant à la machine une grande élasticité de fonctionnement.
- Dans le nouveau type enfin, on a adopté la disposition à dents de Pacinotti, dans le but de diminuer le plus possible l’entrefer moyen.
- Les fils sont alors logés dans des rainures pratiquées dans le disque ; ces rainures et par suite les dents ne sont pas dirigées suivant les génératrices du cylindre, mais incurvées légèrement en hélice; on évite ainsi, d’un côté les déplace-
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- >50
- ments brusques des lignes de force ; en outre on évite des vibrations provenant de ce déplacement périodique.
- Si nous nous rapportons à un essai lait par le professeur W. Kohlrausch, de Hanovre, sur une machine Lahmeyer compound, en aurait obtenu les résultats suivants :
- Au point de vue du compoundage, cette machine qui donne normalement à 113o tours, 65 volts et 60 ampères, ne subirait qu’une variation de 1 à 2 volts, soit de i,5o à 3 o/o de la différence de potentiel aux bornes, quand le courant extérieur variait de o à 6o ampères.
- Au point de vue du rendement, cette machine
- d’environ 6,5 chevaux électriques, avait à pleine charge un rendement commercial de 8o o/o, avec un rendement électrique de 85 o/o.
- Sur les 9 o/o de travail dissipé en échauffement des conducteurs, 5,7 o/o afférent aux bobines d’éle-'tros et 9,10/0 à l’induit ; il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une petite machine, saus cela
- Fig. 6
- ces pertes seraient trop élevées. Par contre, une perte de 5 0/0 seulement pour le frottement et les courants de Foucault est très faible.
- A chaque kilogramme de cuivre correspond une puissance électrique de 77,5 watts.
- Le poids d’une machine Gi, « (nouveau modèle) d’une puissance électrique totale maximum de 1 368o watts'(i8.5 chevaux) étant de 750 kilog. on a donc 40 kilog. pour un cheval électrique, ce qui est assez élevé, mais il faut considérer que la machine est en fonte, ce qui change immédiatement le sens de ce chiffre. En effet, si on consi*
- dère le cuivre seulement, on trouve 251 watts par kilog. pour une vitesse de 1000 tours, un très beau résultat. ;
- Le rendement élèctriquede ce typé estde g5 0/0. Voici du reste les données relatives à ce modèle :
- Modèle G iv"
- Tours par minute............. . .... . 880
- Tension aux bornes..................... 65v
- Courant maximum........................ sooA
- Diamètre de l'armature.............. 22,5 c. m.
- Longueur — ............ 32
- Nombre de bobines ou de sections... 22
- Nombre de tours de fil.............. 44
- Diamètre du fil..................... o,55 c. m.
- Résistance à chaud.................. 0,01 ohm.
- Spires en dérivation................ i83o
- Résistance à chaud.................. 25,4
- Courant d’excitation.................. -2,56
- Spires en série.................... 16
- Diamètre du fil.........;........... 0,7 c. m.
- Résistance................. 0,0027
- Poids total du cuivre............... 55,9 kilog.
- — de la machine................ 750 —
- Si nous cherchons à calculer le champ magnétique, il faudrait avoir pour cela le développement des pièces polaires; on peut admettre qu’ellesoccupentchacuneunarc très voisin de tt/2.
- Le flux total utile est donné par la formule :
- où E est la fo:ce électromotrice totale engendrée
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dans l’induit, N le nombre de tours par minute et n le nombre total de tours de fil; pour un anneau le facteur 2 disparaît; on trouve :
- F=io8—77^——60 = 5i8oooo C. G. S.
- 2.880.44
- Pour calculer le champ magnétique, il suffit de diviser ce flux par la surface développée d’une pièce polaire:
- n «
- 3 2-12 2
- Ce chiffre étonnera peut-être quelques électriciens, on est en effet habitué à estimer le champ moyen ; c'est-à-dire à le supposer réparti sur la moitié de l’induit ; de Cette manière on obtiendrait un nombre moitié moindre environ.
- Nous pensons que la seule manière rationnelle d’opérer, consiste à ne compter le champ que sous la pièce polaire ; on fait ainsi une petite erreur due aux lignes de force qui pénétrent dans l’âme par les côtés et au delà des prolongements, mais cependant les chiffres exprimés de cette manière donnent certainement une meilleure idée des particularités magnétiques d’une machine.
- Nous aurions voulu appliquer à ce type le mode de calcul de MM. Hopkinson, malheureusement, les données nous manquent; nous nous rattraperons en partie sur l’ancien type pour lequel nous avons les diverses longueurs et sections.
- Les quantités qui nous intéressent sont:
- Machine Giii
- Nombre de tours............................ 1200
- F. E. M. totale.........'................ 66,8 v.
- Tours de fil induit.......................... 76
- Diamètre de l’armature..................... 17 c. m.
- Longueur — ................. 3o c. m.
- Spires inductrices en dérivation .......... 2000
- Courant d’excitation.......................... 3 amp.
- La machine fournissait 70 ampères, elle est donc d’environ 6,5 chevaux ; comme dimensions, on peut admettre, pour l’induit, une section de 225 cm2., etla longueur des lignes de force peut y être estimée de 16 cras. L’entrefer est de o,65 c.m. et le développement de la surface polaire de 450 cm2.
- Pour les électros et les culasses, on peut ad • mettre une longueur moyenne de 102 cms. et une section de 558 cm2.
- On trouve d’abord, pour le flux total, en partant de la force électromotrice induite :. .
- F = 2 ig3 000 C. G. S. et pour le champ magnétique vrai:.
- H = 4870 C, G. S.
- L’induction spécifique dans l’âme de l’induit est alors de 974 < u dans les électros, ou mieux, en moyenne dans les électros et les culasses de fonte, de 3g 15.
- En partant destcourbes d’aimantation relatives au fer doux et à la fonte grise ordinaire, données par M. Hopkinson (Phil. Trans., 1886), on p?ut calculer le potentiel magnétique total à créer parles bobines. On trouve ainsi 7470 dont 633o sont dus à l’entrefer, et environ 1000 à la fonte. Or d’après nos données, nous avons :
- 4 ir n i•= 7536
- Comme on voit, l’accord est plus parfait qu’on n’aurait pu l’espérer, et il montre en tout cas, que les pertes de ligne de force ne doivent pas être très considérables.
- Comme comparaison, citons les chiffres similaires pour la machine Manchester, dont nous avons parlé,-et dont la puissance était d’environ 17,5 chevaux électriques. (Déduits de l’étude publiée dans ce journal).
- Flux total, 3 750 000 — 2 (47c ni) , io5oo (inducteurs en parallèle) — Champ magnétique, 7660— Induction spécifique dans le ferdel’induit, 17270 — Induction spécifique dans les électros, 10400.
- Une preuve de l’excellence du circuit magnétique, c’est que, malgré les valeurs très élevées de l’induction (spécifique), c’est l’entrefer qui utilise la plus grande partie du potentiel des bobines, 9650 unités sur io5oo. >
- On a souvent discuté la question des inducteurs en fonte ; sans vouloir la discuter ici, nous dirons seulement qu’avec une bonne disposition de carcasse, il ne doit pas y avoir d’inconvénients à les employer, même en poussant très loin l’induction.
- M. Lahmeyer nous écrit que, avec un type mixte d’essai (inducteurs ancien type, induit à dents) ;1 est arrivé, avec excitation séparée, a forcer' 22000 lignes de force paf cm2 dans l’iiiduit: G’èst une question dé rapports de sections ; dans cc-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 56;
- cas, la fonte avait une section environ double de celle de l’âme de l’ind i.'t.’
- Nous terminerons là-dessus cette causerie sur cette nouvelle machine, qui constitue une déviation, sinon essentielle, en tout cas fort judicieuse, des anciens types.
- E. Meylan
- TRACTION ÉLECTRIQUE
- DES TRAMWAYS
- Depuis le mois de mai jusque fin décembre de l’année écoulée, des essais de traction électrique de tramways ont été institués dans la ville de Hambourg sur une ligne très fréquentée qui offrait les difficultés de courbes et de pentes que l’on a généralement à surmonter dans les exploitations urbaines. Dans ce cas particulier, il s’est présenté des rampes atteignant 3 0/0.
- Le système adopté fut celui de Julien qui apparut pour la première fois au concours international de l’exposition d’Anvers, en 1885, où il fut tout spécialement distingué.
- Il est à peine besoin de rappeler que, dans ce système, l’énergie est emmagasiné dans des accu-'mulateurs. Les plaques d’accumulateur de VElec-trical Power Storage C° sont différentes des plaques ordinaires, en ce sens que les grilles qui portent dans leurs alvéoles les masses de matière active ne sont pas composées de plomb pur, mais d’un alliage inoxydable. Si, à la suite d’un excès de travail ou sous l’action des trépidations, la matière active vient à tomber, on peut la renouveler et en tirer un nouveau profit.
- Les accumulateurs sont placés sous les banquettes et leur courant est conduit au moteur situé en dessous des planches du véhicule par la ' manœuvre d’un commutateur. Ils sont arrangés par groupes de quatre au plus ; la rotation du commutateur a pour effet de modifier ce groupement, de telle sorte que la tension du courant amené au moteur et par suite le travail à effectuer puissent être changés suivant que les éléments de chaque groupe sont couplés en quantité, par séries de deux en quantité, ou tous en série.
- Le mouvement du moteur est transmis par un câble à un arbre intermédiaire et de celui-ci à un des essieux par une chaîne. La corde en coton a été préférée à la courroie employée à Anvers,
- parce que la perte de force qui résulte des influences atmosphériques est moindre que pour les courroies.
- M. Julien a construit une chaîne spéciale pour la transmission du mouvement dans laquelle, comme les frottements sont répartis sur une surface proportionnellement grande, la longueur est réduite à son minimum. La chaîne et les roues à broches enfermées dans une boîte, baignent con-tinuellementdans l’huile, ce qui amoindrit encore les résistances passives.
- La caractéristique de la disposition d’ensemble du système Julien réside en ce fait que l’énergie contenue dans les accumulateurs est dépensée d’une façon corrélative aux besoins de force nécessaire sans l’application de résistances électriques additionnelles.
- Pour les essais, on a approprié une vieille voiture de tramway. La caisse fut installée dans le châssis à une hauteur suffisante pour que les roues n’y pénétrassent plus et que la place devint libre sous les banquettes pour recevoir les accumulateurs. Une manœuvre facile devrait permettre d’enlever c«ux-ci delà caisse et de les remplacer par d'autres nouvellement chargés. Pour cela des contacts à frottement ont été pl&èestant dans la voiture que sur les tables de charge. v.
- Les parties inférieures des parois latérales de la caisse s’oüvrent en se rabattant en volets, les véhicules sont ensuite couduits entre les tables de charge de la station centrale, les accumulateurs qui ont servi, sont poussés hors des tiroirs où, par un mouvement inverse, on substitue les éléments chargés.
- Le moteur était placé sous la caisse, à un des bouts de la voiture.
- Un câble transmet son mouvement à l’axe intermédiaire d’où une chaîne articulée actionne l’essieu moteur. Cette disposition n’a donné lieu à aucune plainte, les défectuosités provenant du moteur ont été à peine remarquées et n’ont provoqué aucun trouble dans l'exploitation.
- Parmi les imperfections inhérentes dans le cas actuel au moteur, machine dynamo à tambour Siemens, se range le système des deux paires de balais dont il est pourvu et dont l’une ou l’autre paire s’applique sur le collecteur d’après le sens de la rotation; en outre, l’induit s’échauffe sous un excès d’effort. S’il vient à être endommagé, on ne peut le réparer, il faut le rembobiner à neuf.
- Fort de l’expérience acquise, M. Huber, avec l’as
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- sentiment de la direction de la société des tramways, disposa d’une façon différente les organes d’une deuxième voiture.
- Le moteur fut reporté entre les deux essieux, comme le montre les figures, l’arbre de renvoi de mouvement fut placé à l’extrémité du véhicule.
- Aux deux paires de balais, on a substitué une paire de contacts à ressort qui s’appuient toujours
- au même endroit du collecteur ; de plus, le tambour Siemens fut remplacé par un anneau Gramme bien ventilé.
- Le changement du sens de rotation du moteur, et par suite celui du mouvement de la voiture, s’obtient par un simple changement de la direction du courant amené dans l'anneau.
- On n’a plus à déplacer les balais à la suite d’u
- Plan.
- sûre, de même que les dangers de leur incurvation dans la marche en arrière des moteurs ne sont plus à redouter.
- S’il se produit de réchauffement en cas d’effort anormal des moteurs dans des conditions particulières, telles que, par exemple, excès de charge du véhicule, déraillement, etc., la bonne ventilation opérée dans l’anneau le ramène aussitôt à une température convenable. Les réparations d’accidents sont facilement exécutées.
- Quant aux accumulateurs, l’usure ne se manifeste qu’aux plaques positives. Elle est d’autant plus^forte que la décharge normale qui se règle d’après la surface utile des plaques, est plus forte et plus fréquemment dépassée.
- Pour un service rationnel, c’est à-dire un service qui, étant supposés les rampes les plus fortes et un chargement complet des voitures, ne donnera pas lieu à un prélèvement anormal de courant sur les accumulateurs, l'usure se monte à 2 à 3 0/0 par 1000 kilomètres parcourus.
- Si le service est arrangé de façon à ne parcou • rir que la moitié de cette distance avec chaque charge des accumulateurs, les plaques positives de chaque série pourront fournir un parcours de 20.000kilomètres, avant que leur changement ne soit nécessaire.
- Une voiture avec son chargement complet pèse 7000 kilogrammes ; il y a dans les plaques positives 800 kilogrammes de matière active dont le
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 5(53
- renouvellement coûte, y compris le nettoyage des grilles qui, e'tant inoxydables, sont réemployées, i,25 fr. le kilogramme, conséquemment 5 centimes par kilomètre parcouru.
- La force motrice nécessaire est de 3/4 de cheval-heure par kilomètre ; si dans les conditions présentes, on fait intervenir le service, le graissage, l’entretien, etc., il faut compter sur une dépense de 8 à 10 centimes par cheval-heure.
- Nous estimons que cette évaluation estbeaucoup trop faible et en-dessous de la plupart des circonstances locales, même s’il s’agit d’une machine à vapeur de 100 chevaux.
- Aux deux postes de dépenses précédents viennent encore s’ajouter celles d’entretien et graissage du moteur et du matériel établi dans les voitures, estimées à deux centimes et demi par voiture et par kilomètre, plus la même somme pour imprévu.
- Les dépenses totales s’élèvent, dans le cas considéré, à 17 centimes 1/2 par kilomètre parcouru, soit 2 centimes 1/2 par kilomètre et par tonne transportée.
- Maintenant, si on compare la traction électrique à la traction par chevaux, il faut remarquer que le service ordinaire d’une voiture à un cheval, transportant 26 personnes, conducteur et cocher inclus, exige, pour la même distance de 100 kilomètres parcourus par jour, 7 chevaux, y compris ceux de flèche, nécessaires aux rampes. D’où il suit que, pour le transport de 3i personnes, comme par la voiture électrique, la force exigible sera de 8,35 chevaux. D’après le dernier rapport de la Société des tramways de Hambourg, les frais d’entretien d’un cheval par jour, montent à 2,45 francs par kilomètre parcouru.
- • La traction électrique se fait, dès à présent, à plus bas prix que la traction par chevaux; il est permis d’espérer que l’écart s’augmentera encore par les améliorations introduites de proche en proche dans les procédés.
- Les essais en question ont été faits en marche régulière quotidienne, pendant laquelle la distance kilométrique fournie a été, en chiffres ronds, de 12,000 kilomètres,
- M. Huber, l’auteur de cette Note, dont nous avons puisé les éléments dans 1 ' Elektrotechnische Zeitschrift, examine ensuite si la solution par les accumulateurs n’est pas plus désavantageuse que celle obtenue directement par la transmission de l’énergie produite daps une usine cen-
- trale au moyen de conducteurs soit aériens, comme à Bockenheim, soit souterrains, comme à Blackpool.
- Selon son opinion, que la pratique seule peut contredire, ces derniers procédés ne sont susceptibles que d’applications exceptionnelles, parce que le courant, abstraction faite de la perte de tension qu’il subit dans les conducteurs, doit tonjours posséder une tension constante que l’on n’obtient qu’à l’aide de résistances additionnelles dans lesquelles une partie de l’énergie se convertit inutilement en chaleur. Cette dissipation d’énergie sera d’autant plus grande que les diffé rences de niveau de la voie seront plus considérables, ainsi que les arrêts et remises en marche plus fréquents.
- Si les rampes sont prononcées, il faut non seulement pouvoir les gravir, mais encore s’y arrêter en cas de besoin, et repartir avec, une charge complète; le courant devra avoir une tension suffisante pour la résistance maxima. Mais un courant de cette tension imprimerait à la voiture une trop grande vitesse sur une voie en palier ou bien pour un effort moindre; on a alors recours, partout où la dépense maxima de force n’est pas nécessaire, à l’emploi de résistances additionnelles qui transformént inutilement en chaleur le courant engendré à grands frais par, la machine dynamo.
- Chaque manifestation de chaleur ou de lumière accuse une perte d’énergie, une diminution de force disponible pour la locomotion. Par conséquent, le meilleur système sera celui où se pro duira le moins de chaleur et de lumière, soit dans le moteur, soit dans des résistances de secours soit sous forme d’étincelles au collecteur.
- La force de traction nécessaire est continuellement variable. Elle dépend du temps qu’il fait, de l’état de sécheresse ou d’humidité des rails, de l’état de propreté et des accidents des rues, de la vitesse de locomotion et d’une foule d’autres circonstances qui font que le conducteur d’ene voiture doit toujours avoir à sa disposition une force suffisante.
- C’est pourquoi, dans des conditions normales, le procédé de traction directe devra toujours être muni de résistances artificielles à intercaler dans le circuit, aux parties de la voie les plus favorables, ce qui entraînera une dissipation d’énergie.
- Il résulte des essais, qu’on peut retirer 88 0/0
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- de l’énergie introduite dans les accumulateurs; pour plus de sûreté, on ne compte que sur 80 o/o, c’est-à-dire que l’emploi des accumulateurs fait perdre 20 0/0 de l’énergie électrique fournie par la machine dynamo, et. cette perte est indépendante de la longueur de la voie et de l'effet produit.
- Se basant sur les enseignements de l’expérience, on est arrivé à la formule suivante, qui exprime en kilogrammètres le travail nécessaire à la locomotion, pendant une seconde :
- T =.(1 o jp + p h) v
- dans laquelle p désigne le poids à transporter en tonnes, h la pente en millimètres par mètre et v la vitesse de déplacement par seconde.
- L’expression ci-dessus se vérifie assez généralement pour des conditions de traction favorables. S'il en est autrement, si l’on a à compter avec les inconvénients et les accidents dont nous avons parlé plus haut, les résultats qu’on en déduit doivent être majorés de 5o 0/0. La formule devient alors:
- T = (10 j) -f p h) i,5 v
- On a vu précédemment que les dépenses d’entretien des accumulateurs sont de 5 centimes par kilomètre parcouru, avec un poids total d’accumulateurs de 1,200 kilog. La voiture à traction directe sans accompagnement d’accumulateurs ne pèse plus que “>,800 kilog., au lieu de 7,000’ Sur une voie en palier, à la vitesse de 12 kilomètres à l’heure ou 3,33 mètres par seconde le travail par kilomètre parcouru sera de :
- 1 o x 5,8 x j,33 x 75 x 12
- .5
- = o,3
- 2 chcval-hcure
- Sa production coûte, à raison de 10 centimes par cheval-heure, en admettant 90 0/0 d’effet utile de la machine dynamo, la somme de :
- 0,322 x 10 „ .
- -——------- = 3,6 centimes
- 0,90
- \
- L’emploi des accumulateurs avec un poids de 7,000 kilog. à remorquer, donne lieu à une dépense de 4,33 centimes.
- Celte comparaison n’est pas à l'avantage de ces derniers, en tant qu'il s’agit d’ünc ligne en palier, et assez courte pour rendre négligeable la perte de tension dans les conducteurs du système rival. L’écart du prix d'exploitation par accumulateur est de 7 centimes en plus.
- Cette différence disparaît, dès que les rampes à gravir deviennent un peu fortes. Alors les dépenses d’entretien des accumulateurs et celles afférentes à leur surcroît de poids inutile, sont balancées pat la perte d’énergie transformée en chaleur dans la traction directe. Dans le procédé à accumulateurs, le moteur emprunte à chaque instant à la source électrique l’énergie justement nécessaire à chaque besoin, et sur les fortes pentes, l’énergie mécanique qui devient libre est transformée de nouveau en électricité dans les accumulateurs.
- Nous avons fidèlement relaté dans cet exposé, les résultats que l'auteur de ces essais à tirés d'une expérience d’une durée de sept mois, et pendant laquelle le service s’est effectué d’une manière régulière. Leur importance au point de vue pratique mérite de fixer l’attention des Sociétés de tramways.
- Les chiffres de prix de revient relativement avantageux que l’on cite, paraîtraient devoir être de nature â modifier noce opinion antérieurement exprimée dans ce recueil, sur l’usage des accumulateurs appliqués à la traction.
- Notre conviction définitive est loin d’être faite cependant. Un service journalier d’une durée de sept mois, est certainement un fait considérable à noter, mais nous estimdns qu’il est encore insuffisant, en raison même de l’emploi des batteries secondaires.
- La solution qui consiste à emp^^j^srvec «o1-en poids moit, environ Je cinquième de là clpgjæ totale à remorquer, ne nous satisfait que dgp* une modeste mesure.
- Quel est le système qui, dans l’avenir, renç^p-trera le succès assuré? Il serait prématuf^'-de répondre actuellement à cette question. TotJî^roU nous pensons que les solutions heureugfjnnjp sont pas limitées au seul emploi des arculpuja-teurs. • ’
- E. Dieudonné
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLEC TRICITÊ
- 5°5
- SUR LA DURÉE DE
- L’ÉTABLISSEMENT DU COURANT
- DANS UN ÉLECTRO-AIMANT
- Dans beaucoup de problèmes d’électrométrie pratique la durée de la période variable est un facteur dont la connaissance a une importance considérable ; c’est surtout au point de vue de la mesure du flux d’induction magnétique, qu’il est important de connaître la durée approchée de ce phénomène.
- On mesure en effet, le plus souvent, le flux d’induction à l’aide d’un galvanomètre balistique, et pour être sûr d’embrasser la totalité du phénomène, il faut que la durée d’oscillation de l’aiguille du galvanomètre soit longue par rapport à la durée du phénomène.
- On sait que l'établissement du courant dans un électro-aimant exige un temps considérable ; avec de forts électro-aimants on arrive facilement à une durée de plusieurs secondes, comme l’ont démontré entr’autres, les minutieuses expériences de M. Leduc ; quant à la durée de l’extra-courant de rupture, nous ne connaissons guère do travaux entrepris pour éclairer cette question.
- Dans ces sortes d’études, la méthode optique proposée pour la première fois par Faraday, peut rendre de très grands services et c'est de cette question qüe nous voulons dire quelques mots Il y‘a déjà quelques années que M. Curie et moi? nous avions entrepris une série de recherches pour voir si la propagation de la polarisation ro_ tatoire dans le verre est un phénomène instan. ta né.
- Pour réaliser ces expériences, nous avions pris l'appareil classique de Foucault destiné à démontrer le frottement magnétique qu’un disque de cuivre éprouve dans un champ intense.
- Cet appareil consiste, on le sait, en un électroaimant assez fort; une série d'engrenages convenablement disposés permet de faire tourner avec une vitesse considérable, un disque en métal (ordinairement en cuivre) dans le champ magnétique formé par l’électro-aimant, l'axe de rotation étant placé de telle façon, que la moitié seulement du disque se trouve dans le champ magnétique.
- En faisant tourner le disque très rapidement
- on éprouve lors de l’établissement du courant dans l’électro-aimant une résistance si considérable qu’il est impossible de continuer à tourner avec la même vitesse ; la quantité de chaleur dégagée par ce frottement électromagnétique a d’ailleurs été utilisée par M. Violle pour déterminer l’équivalent mécanique de la chaleur.
- Lorsque dans cet appareil, on remplace le disque en cuivre par un disque en verre, après avoir percé les branches de l’électro-aimant par un trou circulaire on peut constater, le phénomène de la polarisation rotatoire découvert par Faraday.
- Il suffit de placer deux niçois de chaque côté du disque en verre et de mettre les plans de polarisations à angle droit.
- L’électro-aimant n’étant pas excité, aucun rayon de lumière ne traverse le système optique, mais la lumière apparaît lorsqu’on excite l’électro-ai-rnant et pour obtenir de nouveau l'extinction, il faut tourner l’un des niçois d’un certain angle.
- Au lieu de prendre ce dispositif simple, nous avions employé le polarimètre de Laurent, appareil qui permet de constater une déviation du plan de polarisation n’excédant pas deux minutes.
- Notre but était de chercher si le phénomène de la polarisation rotatoire se transmet instantanément dans le verre, ou, ce qui revient au même, s'il faut un temps appréciable au verre pour subir Pinfluence du champ magnétique. Il suffisait pour cela de faire tourner très rapidement le disque de verre et de voir s’il y avait une variation dans la grandeur de la polarisation rotatoire.
- Nos résultats ont été absolument négatifs ; en faisant tourner le disque de verre ou de flint avec une vitesse considérable (plus de cent tours par seconde), nous n’avons pas constaté la moindre variation dans la polarisation rotatoire. Donc, le phénomène de propagation était sinon instantané, du moins très court : une fraction de millième de seconde tout au plus.
- Nous avions entrepris ces recherches surtout pour vérifier un fait avancé parVillari (*). Cet auteur, en faisant tourner un cylindre de flint entre les pôles d’un électro-aimant, a constaté que pour une vitesse suffisante, le phénomène de la polarisation rotatoire n'existe plus : il en avait conclu que pour produire l’aimantation du flint* il faut un temps compris entre 0,0012 et 0,0024 seconde. M. Villari plaçait le cylindre le flint
- (*) Journal de Physique, 2® série, t. I, p. 3(>4.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- vertical et il observait le phénomène perpendiculairement à Taxe du cylindre.
- D’après ces expériences, il n’y aurait pas simultanéité : entre l’établissement du champ magnétique et le phénomène optique.
- Nous avons déjà dit que nos expériences, faites avec M. Curie, nous ont donné un résultat tout opposé et que nous n'avons pu constater aucune variation de l'angle de rotation du plan de polarisation.
- Cette importante ;question de la simultanéité des actions électriques et optiques a été résolue d’une manière complète par MM. Bichat et Blond-
- lot ('). . ..
- Leur méthode, d’une sensibilité extrême, reposait sur l’emploi d'un miroir tournant. Les auteurs ont reconnu ainsi qu’il n’y a aucun retard entre la décharge d’une batterie électrique et le phénomène optique correspondant ; leur méthode leur permettait d’affirmer que le retard, s’il existe, est. inférieur à i/3oooo de seconde, et ils arrivant à cette conclusion importante :
- « Il résulte de la simultanéité que nous avons reconnue entre les phénomènes électriques et optiques une méthode pour analyser les courants de courte durée dans des circuits où il ne se produit pas d’étincelle : il suffira d’étudier, comme nous l’avons fait, le phénomène optique ».
- Revenons maintenant au cas d’un électro-aimant et voyons quel avantage la méthode optique peut offrir dans ce cas. ,
- Le but que nous nous proposons est de savoir quelle doit être la durée de la période d’oscillation du galvanomètre pour recueillir la totalité (au centième près).de l’électricité mise en jeu par l’extra-courant.
- Occupons nous d’abord de l’extra-courant de rupture. .
- La durée de l’étincelle est, comme on le sait, extrêmement courte ; seulement lorsqu’il s’agit de courants intenses, il peut s’établir au moment de la rupture du courant un arc électrique, ce qui prolonge dans des proportions très considérables la durée de l’extra-courant.
- . Toutefois* en opérant convenablement, on peut être sûr que cette durée n’excède pas une très petite .fraction de seconde. Mais il ne s’en suit
- (i) Journal de Physique, 2* série, t. I, p. 364.
- nullement que le magnétisme du noyau de fer disparaisse avec la même rapidité. Considérons^ par exemple, l’expérience classique par laquelle Faraday a montré l’existence de l’extra-courant.
- Cette expérience consiste, on s? le rappelle, à mettre en dérivation, sur les bornes de la bobine, ou de l’électro-aimant, un galvanomètre qu’on empêche de dévier par un obstacle quelconque.
- Lorsqu’on coupe le circuit de la pile, l’aiguille se trouve lancée en sens inverse.
- Si le fer met un temps appréciable à se désaimanter, on pourrait partager le phénomène en deux parties.
- La première partie consisterait dans la rupturé du courant excitateur, et ce phénomène peut être considéré comme instantané ; la deuxième partie correspond à la disparition du magnétisme du noyau, et on pourrait se figurer le phénomène comme équivalent au cas suivant.
- Le noyau étant un fort aimant permanent, le courant qui circule autour étant très faible, on rompt d’une part le courant excitateur, et on enlève d’autre part le noyau aimanté.
- Suivant qu’on enlève le noyau plus ou moins rapidement, on aurait des résultats différents.
- Avec rétablissement du courant, on aura le phénomène inverse ; il y a cependant une différence essentielle, c’est que les impulsions de l’aiguille du galvanomètre qui correspondent à ces deux cas, peuvent être très différentes.
- Supposons, en effet, que la comparaison dont nous venons de parler soit exacte, c’est-à-dire qu’on puisse considérer l’établissement et la rupture du courant comme la superposition des deux phénomènes suivants :
- i° L’établissement et la rupture du courant ;
- 2° L’introduction ou l’enlèvement du noyau, supposé formé d’un aimant permanent.
- Dans le cas de l’établissement du courant, le circuit de la pile est fermé et l’électricité provenant de l’introduction du noyau aimanté se partagera entre le circuit du galvanorùètre et le circuit de la pile ; dans le cas de la rupture, au contraire, le circuit de la pile est coupé et toute l’électricité mise en jeu par l’enlèvement du noyau aimanté doit traverser le galvanomètre qui pourrait ainsi indiquer une impulsion plus forte.
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- Le fait est, qu’avec de forts électro-aimants, on n’obtient jamais la même impulsion pour l’extra-coqrant d’établissement que pour l’extra-courant de_rupture, mais il y a tant de causes qui interviennent dans çe phénomène, qu’il est assez difficile de les séparer.
- Il faut, en premier lieu , étudier la durée du phénomène magnétique et c’est ici que la méthode optique citée plus haut peut rendre de très grands services.
- En appliquant à cette méthode optique les résultats obtenus par les progrès récents de la photographie instantanée, on a à sa disposition une méthode très efficace pour étudier ces phénomènes.
- On pourrait notamment étudier le phénomène dans les deux circuits de l’expérience de Faraday, c’est-à-dire dans l’électro-aimant même et dans le circuit de la pile, ce dernier à l’aide d’une bobine sans fer, mais renfermant un liquide présentant le phénomène de la polarisation rotatoire.
- On pourrait voir ainsi s'il y a un retard à l’aimantation et même, s’il y eu a un, en déterminer la grandeur.
- P. H. Ledeboer
- LES TÉLÉPHONES O
- M. Chicester A. Bell a proposé tout récemment d’utiliser pratiquement, pour les transmissions téléphoniques, la sensibilité des jets liquides ou de gaz aux vibrations sonores (2).
- « J’ai constaté, dit M. Bell, que ces jets peuvent
- (*) La Lumière Electrique, 5 septembre et 12 décembre i885, 1" mai, 25 septembre, i3 novembre, 18 et 25 décembre 188 5, 5 février 1887.
- (2) La Lumière Electrique, 3 juillet 1886, p. 3g. Brevet anglais 2268, de 1886. — Plateau, Théorie de la constitution de la veine liquide. — Savart, Mémoire sur la constitution des veines liquides lancées par des orifices circulaires en minces parois (Annales de Chimie et de Physique, 2' série, vol. LIII). — TVnUall, Rhytmiç abso btion of radiant beat by ga\es and vapours {Philosophical Magazine, juin 1882, La Lumière Electrique, 1882, p. 189, et Lor.d Rayleigh,Lb Son, p. a65,dela traduction française (Gauthier-VÙIars, 1869). ' — ;
- transmettre les vibrations sonores non seulement sans en altérer le caractère, mais encore.les amplifier et en augmenter la netteté. Lorsqu’un jet sort d’un orifice sous certaines conditions de pression et de forme, il ne commence à s’égrener' en gouttelettes qu’à une certaine distance de l’orifice, et, si l’on émet des vibrations sonores aux environs de l’orifice, elles se transmettent dans
- toute la longueur du jet sans changer de caractère, de sorte que l’on peut utiliser une partie quelconque du jet pour communiquer ces vibrations à un corps vibrant, membrane ou autre, qui les reproduit intégralement. Le jet sert donc comme d’un milieu, d’une sorte de chaîne, pour la transmission des vibrations sonores, sans en altérer la qualité. En outre, dans certaines .conditions, les vibrations ainsi communiquées au jet , agissent avec plus d’efficacité dans la partie du
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- 5e8> ; LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- )èt voisine du point où il commence à se désagréger'On peut ainsi amplifier considérablement lès sons. »
- La figure t permettra de saisir plus facilemen le principe dû téléphone à jet de M. Bell.
- L’eau du réservoir supérieur H, tombe sut la membrane du téléphone électromagnétique M par un tube mobile E en verre étiré qui traverse la planchette B devant laquelle on parle, et dont les vibrations conçmuniquées au jet d’eau sont transmises au poste récepteur par le téléphone M.
- L’avantage que procure l’emploi du jet est, dit
- M. Bcll, de rendre le-téléphone beaucoup plus Sensible aux paroles prononcées à Une grande distance de i-appafeil.
- - La hauteur du réservoir H au-dessus de l’orifice du jet doit être de rm.25 environ pour un jet
- de 0,7 mm. de diamètre. La nau teur de l’orifice du jet au-dessus de la membrane du téléphone qui varie de 70 à 120 m. doit être telle qu’il la frappe sans
- Fig. 4
- s’égrenei aux sons les plus forts. Il faut, en général, diminuer cette hauteur quand les articulations ne sont pas bien nettes, et relever le réservoir
- H, c’est-à-dire augmenter la pression du jet, lorsque les sons aigus ne se transmettent pas bien. Dans la disposition représentée par la figure 2,
- le tube E, relié par un ressort à l'armature de l’é-leciro Z,activé par le courant dutéléphone émetteur, en reçoit les vibrations que son jet transmet à l’air renfermé dans le cornet acoustique dont il frappe la membrane M.
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- ’ On’peutiaussi, comme l’indique la figure 3, faire tonftber le jet E du poste émetteur sur un miroir mobile M, dont les rayons concentrés au poste récepteur sur le tube noirci E' (fig. 4) , amplifiant sur son jet et sur l’air du tube acoustique N les vibrations du jet E'. Il vaut mieux em-
- être alors conducteur de l'électricité, par exemple, de l’acide sulfurique étendu de 3oo fois son volume d’eau.
- Les .vibrations communiquées au tube ou au jet déterminent, dans la résistance du liquide et dans l’intensité du courant, des variations quMl transmet au téléphone récepteur.
- Fig. 9 et 10
- ployer avec cet appareil un jet d’air. Le tube ré- . cepteur N reçoit-le jet E' sur son extrémité percée, dans l’axe et à 25 m;m. du jet, d’un trou de t m.m. de diamètre. Le jet,de 1,1 o mm. de diamètre, doit avoir une pression de 10 mm. d’eau environ. C’est un radiophone sans électricité, ou mieux, un thermophone, car les rayons calorifiques agissent seuls sur le tube E', auquel on pourrait d’ailleurs ; substituer, pourvu qu’elle fut assez sensible, une pile thermo-électrique ou une résistance de sele- !
- Fig. 8
- nium actionnant un téléphone ordinaire au lieu du tube N.
- La figure 5 indique comment on peut faire agir sur une flamme de gaz F, un jet d’air E mis en vibration par un électro aimant téléphonique Z.
- La disposition expérimentale de la figure 6 a! pour objet de soumettre le liquide du tube à jet; A au passage d’un courant a E b. Le liquide doit f
- Les téléphones peuvent être aussi, comme l’indique la figure 7 , constitués simplement par deux fils de platine a, et b, isolés dans un bloc d’é-bonite N. Le jet E tombe sur les extrémités des
- lïMMi
- Fig.11
- fils, coupés au ras du bloc N, entre lesquels il s’étale en introduisant ainsi une résistancevariable.
- Comme il importe que les extrémités des fils ne viennent au contact qu’avec le plein du jet, il faut employer des fils d’autant'plus fins et plus rapprochés que le jet est plus mince.
- Le principe des téléphones à jets peut, comme on le voit, s'appliquer sous les formes-les":plus variées.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- M. Bell en à imaginé un grand nombre, dont plusieurs fort ingénieuses, mais qu’il faut encore considéier plutôt comme des essais que comme des appareils véritablement pratiques, pouvant entrer immédiatement dans l’industrie.
- d 'p
- Fig. 12
- ' Les figures 8, 9 et 10 représentent deux formes très simples du microphone de M. J.-L. Coriett. Dans les deux cas , le courant traverse suivant aCb, le contact à résistance variable du charbon G vibrant à la voix sur une pointe d (fig. 8) ou sur un cylindre de carbone D (fig. 9 et 10) que l’on dérape de temps en temps , en le tournant, par le frottement du ressort M. .
- Le téléphone à'Ander (fig. 11) fonctionne par les variations qui s’établissent entre les contacts a et b, lorsque l’on parle devant le cône de liège
- Fig. 1S
- B, suspendu par les fils b2 à l’intérieur de la cavité A, creusée dans un bloc de plomb.
- Le téléphone de M. Hutinet fonctionne . par le jeu à l’unisson de deux membranes d d’ (fig. 12) actionnées parles noyauxde quatre électros e fixés aux pôles d’un aimant a. Les membranes dd’ ne sont pas actionnées directement mais par les disques en fer pp\ plus ou moins attirés par les électros, percés au (.entre pour faciliter le passage des sons, et séparés des membranes d d’par une rondelle en carton.
- Le téléphone de M. Lorrain (fig. i3), doht la conception parait toute théorique, est fondé sur l’effet de Peltier qui se produit au point de soudure de deux lames A B, l’unè d’un métal électronégatif, l’autre d’un métal électro-positif et parcourues par les courants alternatifs du poste émet-
- teur, de sorte que cette soudure s’échauffe puis se refroidit alternativement, ainsi que l’air de la boîte qui la renferme et dont les dilatations actionnent la membrane réceptrice G.
- Les figures 14,-15 et 16 représentent d’après {'Engineering, le nouveau modèle du transmetteur
- Fig. 15
- de M. Swinton, dont l’appareil primitif a été décrit à la page 307 de notre numéro du 14 août 1886.
- Les crayons de charbon sont, comme on le voit, disposés à l’intérieur d’un cadre de plomb, suspendu au moyen de deux cordes en caoutchouc à des bras montés sur la planche qui porte la sonnerie, le bouton d’appel, les récepteurs et les autres accessoires (fig. 16). Les crochets auxquels les cordes en caoutchouc sont reliés sont réglables, de sorte que le cadré peut être incliné
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- «
- en avant pour former l’angle qui donnera la meilleure pression entre les crayons verticaux et la tige horizontale.
- Dans tous les cas, cette pression est extrêmement légère, lés crayons pendent presque en équilibre et sont facilement influencés par la voix.
- Les récepteurs sont du type dit English mc-chatiic, un nom qu’on leur a donné, parce que cette forme de récepteurs a été déclarée hors du
- Fig. 16
- brevet de Bell, ayant été publiée avant la date du brevet dans le journal YEnglish Mechanic. L’électro-aimant rentrai (fig. 15), est excité par le courant principal.
- Cornu® l’intensité de ce courant varie en conformité avec la pression sur les contacts microphoniques du transmetteur, l’attraction de l'élec-tro-aimant sur le diaphragme subit des changements analogues, et met le diaphragme en vibration.
- La figure 16 représente la disposition générale de l’appareil. Au sommet se trouve une sonnerie actionnée par le bouton d’appel de l’autre côté de là ligne, au-dessous, il y a le transmetteur, et
- plus bas les récepteurs. Ceux-ci sont au nombre de deux, car on entend beaucoup mieux, quand les sons de l’extérieur sont interceptés des deux côtés, et aussi, parce que les deux chemins qu’ils offrent au courant servent à réduire les étincelles aux contacts.
- Les récepteurs sont suspendus à des crochets dont l’un fait marcher un commutateur pour mettre la sonnerie en circuit quand le téléphone est suspendu à sa place. En décrochant le récepteur, on met la sonnerie hors du circuit et l’instrument lui-même à la ligne.
- Une pile à chaque extrémité complète l’installation qui peut donner des résultats 'satisfaisants sur une ligne d’une longueur considérable.
- Comme les instruments sont enroulés pour fonctionner avec des courants directs seulement, ils ne sont presque pas sensibles à l’induction, et les fils peuvent donc être placés sur les poteaux télégraphiques sans aucun inconvénient.
- Ces appareils sont fabriqués par P Equitable Téléphoné Association, y 5, Quen Victoria Street, à Londres, qui les vend sans aucune annuité. Ils donnent en même temps une garantie d’indemnité en cas de poursuites exercées par les possesseurs d’autres brevets téléphoniques.
- C’est un des rares essais couronnés de succès, tentés en Angletèrre pour échapper aux brevets Bell, et à la fameuse définition du diaphragme.
- G. Richaud
- LE FER ET SON EMPLOI
- DANS LA
- TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE
- AÉRIENN E
- A une époque où les exigences de la télégraphie rapide semblent entraîner l’emploi entre les centres de dépôts principaux de fils de haute conductibilité, tels que ceux en bronze silicieux, et, par suite, reléguer dans le réseau de second ordre, moins chargé, nos anciennes lignes en fil de fer galvanisé, dont les excellents services, antérieurs à la réforme télégraphique, sont encore présents à toutes les mémoires, il n’est pas sans intérêt de jeter un coup d’œil sur les conditions actuelles
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- d’emploi du fer dans la télégraphie. On mesurera ainsi le chemin parcouru depuis quelques trente ans, et ori aura une idée de l’effort lent et progressif demandé à une branche de l’industrie métallurgique, en même temps qu’on jugera de la perfection de l’outillage et de l’importance des capitaux engagés.
- A part, en effet, quelques spécialistes le public ignore les exigences imposées aux organes qu’emprunte ce merveilleux agent, l’électricité.
- Dans cette première étude, je me bornerai à considérer le fer sous forme de conducteur pour lignes aériennes.
- La première question qui s’impose à l’ingénieur des télégraphe?, c’est la composition du métal qui doit transmettre le fluide; sous deux rapports : d’abord, celui de la conductibilité de la matière, qui doit être la plus grande possible, afin d’obto-nir une rapide transmission, en employant un poids de fil.minimum; puis, sous le rapport d.: la résistance mécanique du conducteur, un facteur important dans l’amortissement des capitaux engagés dans la ligne télégrapique.
- Le fer employé pour la fabrication du fil doit être du fer nerveux de première qualité, c’est-à-dire contenant très peu de carbone ; entièrement fondu et affiné au bois et à l’air froid, exempt de paille, d’oxyde et de tout autre défaut.
- Le passage du métal à la filière lui donne le nerf, mais, d’un autre côté, le fer s'écrouit et devient cassant et difficilement malléable. Il est donc nécessaire qu’après avoir reçu sa forme définitive, on le recuise au bois à plusieurs reprises dans des cylindres à joints étanches. Cette opération enlève l’oxygène que le fer pouvait avoir fixée.
- Les Anglais distinguent quatre qualités de fil de fer, désignées sous le nom de fil best, best-best. extra best-best et charcoal (au bois).
- Le fil best englobe sous cette- dénomination toute espèce de fil télégraphique de fer puddlé.
- Le fil best-best est déjà un fer de qualité supérieure, que laisse derrière lui l’extra best-best, obtenu du best-best par l’introduction du fer au bois. Le fer best-best a remplacé en Angleterre pour les fournitures de l’administration du Post-Offièe, notre fil au bois et recuit, sauf pour le fil à ligature. Cette substitution est avantageuse sous le rapjDort économique, mais non comme qualité dé la matière.
- En Allemagne, on trouve, en outre, des catégo-
- ries habituelles, le fl usseisen ou acier décarburé* et un fer dit de haute conductibilité, préparé avec les meilleurs produits allemands et suédois en fer au bois.
- Enfin, le métal homogène ou acier doux donné des fils télégraphiques plutôt inférieurs aux précédents au point de vue mécanique, mais sa conductibilité électrique atteini un chiffré élevé.
- Nous passerons d’abord en revue les conditions mécaniques exigées des conducteurs dont il s’agit, en nous guidant sur le cahier des charges du Ministère des Postes et Télégraphes de France, pour la fourniture du fil de fer galvanisé.
- Les fils de fer sont demandés sous les diamètres croissants depuis i jusqu’à 5 (exceptionnellement 6) millimètres et sous les longueurs et poids suivants :
- Diamètre du • fil Longueur et poids de la pièce
- 1 millim. » 25 kilog.
- 3 270 m. sans soudure 15 —
- 4 — 2.70 25 —
- 5 — 160 —
- La charge de rupture de ces divers fils est de 40 kilogrammes par millimètre carré de section, ce qui donne pour les charges effectives de rupture des conducteurs.
- ' 785,8 kilog., pour le fil de 5 millim.
- < 5oo,o — — 4 —
- ( 282,0 — — 3 —
- 3i,4 — — 1 —
- On vérifié la rédstance mécanique du fil : i° Par le tirage direct;
- -i0 Par le tirage après enroulement;
- 3° Par pliage.
- i° Tirage direct. — Le fil doit pouvoir supporter ou soulever brusquement les charges suivantes sans se rompre :
- G5o Kilog., pour le fil de 5 millim.
- 440 — — 4 —
- 25o — — 3 —
- 3o | = 1 —
- On voit que ces charges sont inférieures à celles
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- du tableau précédent ; grâce à cela, il ne doit donc pâsy avoir rupture des fils, mais des allongements permaneuts qui ne doivent pas être supérieurs à <5 6/o des longuéurs expérimentées, sans quoi les fils seraient rejetés.
- L’allongemèht que peut subir Un fil sans se rompre dépend :
- i° De la longueur de fil essayée ;
- 2° Du temps que dure l’opération.
- En prenant le fil par bouts de i,25 c. m. à 3 mètres, on aura des épreuves de traction dignes de foi.
- Quant à l’allongement permanent, il est à peu près inversement proportionnel à la durée de l’essai de traction ;
- 2° Tirage après enroulement.— Les fils enroulés sur des mandrins doivent pouvoir supporter sans se rompre ni subir l’allongement permanent de 6 o/o de la longueur, les tensions ci-dessous indiquées, qui sont naturellement encore moins fortes que celle du tirage direct :
- 5oo kilog., pour le fil de 5 miliim.
- 35o — — 4. " —
- 200 — — 3 —
- 22 — — î —
- 3 fois de suite pour le fil de 5 miliim.
- 4 ~ 3 -
- 8 — — i —
- 3° Pliage. — Le fil doit pouvoir être plié dans un étau, à angle droit, sans se rompre, alternativement dans un sens ou dans le sens opposé :
- En Angleterre et en Allemagne, on joint à ces épreuves celle de la torsion, qui consiste à saisir un bout de fil de o,i5 c.m. de longueur entre deux étaux à joncs arrondies et à le tordre en hélice jusqu’à ce qu’il se rompe. Le nombre dé torsions est indiqué par la transformation en hélice d’une génératrice rectiligne marquée en noir sur le cylindre primitif. Ce nombre est à peu près en raison inverse du diamètre du fil (pour les fers de même qualité), ou ce qui revient au même, de sa Charge totale de rupture; il mesure la ductilité du métal.
- Avec une trac ion de rupture minima de ^kilogrammes par millimètre carré de section, le fil anglais n° 8 (4,31 m. m.) doit, sur une longueur de o, ï 5 c. m., présenter 11 torsions, s’il est en fer
- best-best, i3 torsions s’il est en extra-best-jbçst, et 15:torsions s’il.est affiné, an .l?oi,s. L’allongement moyen doit varier de 15,à >8 o/o. •
- L’épreuve de la torsion est moins influencée par la durée de l’essai que celle de la rupture; de plus, les résultats sont indépendants de la lony gueur essayée. ' !
- La torsion est un bien meilleur indice de la qualité du fer que l’allongement permanent, car ce sont les fers au bois et ceux dits homogènes qui donnent sous ce rappo-rt les nombres les plus élevés. . ; j;
- La présence du charbon en petite'qtrantirédans le fer exhalte ses qualités mécaniques, mais elle diminue d’autre part sa conductibilité électrique. On est ainsi vite arrêté danè la voie ouverte par la carburation du fer. / s
- Cela posé, nous résumerons dans un tableau (page 574), construit d’après les expériences faites par les fabricants, les résultats donnés par leurs produits lorsqu’on les soumet aux épreuves que nous venons de décrire. : ' (
- Le fil de 1 millimètre (en Angleterre, celui dé i,65 m. ou n° 16 de la jauge de Birmingham) né s’emploie guère que pour les ligatures ; il est généralement préparé au bois. i j
- Certaines usines sont arrivées à étirer les fils sous des longueurs très considérables. On peuit citer une botte de fil de 3 millimètres ayant i,5oè mètres de longueur et un poids de 90 kilogt ( Châtillon-Commentry ) ; une autre botte dé 2,5 m. m. atteint 2,200 mètres de développement sans soudures (Société anonyme des fonderies et forges de Franche-Comté). '*
- Conservation des fils. — On ne -saurait songeir à poser le conducteur sur les poteaux tel qu’ijl sort de la filière. Dès qu’il se forme une tache dp rouille à la surface du fil, si elle n’est pas enlevée immédiatement et à sec, elle se développe rapide-dement en surface et en profondeur, de sorte que le métal n’offre plus une résistance suffisante à là traction qu’il supporte entre les deux appuis. Sa rupture n’est donc alors que l’affaire d’un temps fort court, surtout sur le bord de la mer ou des marais ou dans les villes manufacturières.
- Il résulte de l’enquête provoquée en Europe par M. G.-B. Prescott, électricien américain, que la durée du fil de fer dépourvu de protectiotme dépasse pas de i5 à 20 ans dans les cas les plus favorables.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- On a essayé de protéger les fils à l’aide de vernis ou de peintures. Ces enduits sont efficaces, tant qu’ils ne sont pas éraillés par les manipulations ou les accidents ; dès que la protection fait
- à plonger les conducteurs dans l’huile de lin cuite (*), et nous observerons que tous ces procé-
- (i) Cette application a amené un insuccès sur la ligne de Londres à Crewe, en i856. Nouvelle expérience et nouvel échec en 1881.
- défaut en un point quelconque, là rouille ne tarde pas à s’y former, et l’on rentre dans le cas précédent.
- Nous en dirons autant du système qui consiste
- dés sont d’une application illusoire sur les lieux mêmes de la fabrication, puisque au sortir de l’usine et jusqu’à sa pose le fil doit subir des chocs et des frottements dont il garde quelquefois autre chose que des éraflures. C’est donc lorsque la ligne est sur ses appuis qu’il convient d’appli
- Provenance desfils Désignation des fils Traction de rupture par millimètre carré Allongement en pour cent Pliages à angle droit Nombre de spires sur 10 centimètres après enroulement sur un mandrin Torsions sur 15 centimètres de longueur Observations
- Fers au bois :
- Ci* des forges '5 m.m. 1 Bourgogne, n* 2.... 48 à 40 10 à 14 7 à 11 19 à 24 » (1) Les fils de 4 et de
- de Chatillon et'4 m.m. [ («) (>) () () H m.m. auraient les con-
- Commentry. 3 m.m. - I Berry, n* 2 38 à 42 7 à 10 739 19 à 22 » stantes suivantes :
- Sch neider et C‘* 5 m.m. 1 Métal homogène ou 3o 6 3 » »
- | Rupture Allouer. Pliages
- (forges et acié- (4 m.m. . acier doux galva- 40 13 3 » »
- ries du Creu- 3 m.m ^ nisé 40 9 12 » » înftflm. k. p.mm.
- 4 44 9 5
- sot).
- Fer au bois, recüit 3 40 i3 11
- et huilé 38 «7 » » 15
- Flusseisen (acier,
- 5 m.m. décarburé, galva-
- nisé) 4» >9 » » 16
- Fer de haute con-
- Felten et Guil-I
- ' ductibilité 34 20 » 0 16
- leaume à Mul-'
- Fer au bois, recuit
- heim-sur-Rhin
- et huilé 38 >7 n » •7
- 4 m.m. t
- : Flusseisen galvan.. 4* •9 )) » 20
- Haute conductibilité. 33 20 » » 20
- Fer au bois........ 3g,6 «4 » » «7
- 3 m.m. Flusseisen 4L7 »9 » » 27
- Haute conductibilité. 3i ,8 20 )) » 27
- The Whitecross
- 4 m.m. (Qualité best-best)... 45 IO 9 )> ))
- and Iron Com-
- pany.
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- quer l’enduit, et l’on voit facilement à quels frais de main-d’œuvre on est entraîné.
- La galvanisation s’offre comme un moyen pratique et économique pour garantir le 1er de la rouille. Le aine peut bien s’oxyder, à la vérité au contact dé l’air ; mais comme son oxyde est insoluble et cohérent, il se forme une sorte de laque à la surface du corps préservé, ce qui arrête le progrès de la décomposition.
- Nous ne décrirons pas ici le procédé fort connu dé la galvanisation du fil de fer par son passage au bain de fusion. Nous dirons seulement qu’au point de vue mécanique, cette opération n’a pas d’effet appréciable sur la traction de rupture, mais qu’elle diminue l’allongement qui en résulte; et qu’au point de vue électrique, elle n’a pas davantage d’influence sur la conductibilité.
- Passons en revue les conditions que doit remplir la couche de zinc.
- Elle doit d’abord être régulière et continue, ne présenter aucun renflement et ne pas s’écailler lorsqu’on tord ensemble 2 fils galvanisés de même diamètre.
- Son épaisseur doit être telle que le dépôt pèse 170 grammes par mètre carré, ce qui donne pour les différents fils les chiffres du tableau suivant :
- Dlamètro du fll Poids métrique du fil nu Poids du zinc pur métro Poids métriqua'du fil ^iilvanlaé Poids métrique du fll fçulvunîsé avec lu tolérance admise
- 5 kilo?. 0, i56 kll»?. 0,0026 kilo?. 0, i586 kilo?. 0, i5o à 0,160
- 4 0,100 0,0020 0,102 0, 096 0,104
- 3 o,o56 0,0016 0,0576 0, o53 o.o58
- I „ 0,006 0,00048 0,00648 o,oo55 0,006
- Après avoir constaté, par des pesées comparatives avec le fil nu, que la couche de zinc a bien le poids exigé, on éprouve la résistance de cette couche aux agents de corrosion. Parmi ceux-ci, il n’en est pas de plus actif peut-être que la dissolution de sulfate de cuivre, puisque le zinc précipite naturellement les sels de cuivre.
- Le fil galvanisé devra supporter, sans que le fer soit mis à nu, même partiellement, 4 immersions successives, • d’une minute chacune, dans une dissolution de sulfate de cuivre faite dans
- 5 fois son poids d’eau. Si le fil paraît noir après la quatrième immersion, c’est que le zinc n’a pas été enlevé totalement et que la galvanisation est bien faite; si, au contraire, il offre la couleur du cuivre, c’est que le fer a été mis à nu et que la couche de zinc est trop mince.
- La galvanisation est un excellent moyen de protection pour les fils posés en rase campagne, où l'on en a trouvé qui au bout de 2 5 ans n’offrent aucun signe de détérioration ; tels sont, par exemple, les fils du réseau du London and South Western Railway qui, en 1883, comptaient 29 années d’existence sans changement apparent.
- Comme limite inférieure de durée, on cite en Angleterre des fils de 4 millimètres galvanisés dont la corrosion, dûe à certains centres mânu-factur’ers ou à l’air vicié des tunnels, est complète au bout de quatre ans. Ou trouve qu’il est prudent de n’employer dans ces parages que des fils de forts diamètres sans descendre au dessous du diamètre de 4 millimètres, et encore est-il bon de protéger le fil par des moyens spéciaux.
- Ce sont ces raisons qui ont fait renoncer à l’usage des lignes aériennes dans la traversée des villes et des tunnels.
- Dans le voisinage de la mer, l’influence continue des émanations salines tend à diminuer la durée des lignes, parce que l’oxyde de zinc qui forme la surface de la couverte, se transforme en produits solubles bientôt entraînés par la pluie.
- Un autre procédé de préservation des surfaces de fer vient d’être remis en lumière par les travaux récents de M. de Méritens. Bien qu’il n’âit pas été essayé sur des fils télégraphiques, il est à propos d’en dire quelques mots.
- On sait que le professeur Barff (*) a imaginé un moyen de préserver de la rouille les surfaces de fer et d’acier, consistant a former sur ces surfaces un enduit protecteur d’oxyde magnétique, par l’action de la vapeur surchauffée sur le métal soumis lui-même à une chaleur intense.
- M. Bower, de Saint-Neot’s, a remplacé l’action de la vapeur par celle de l’air chaud.
- D’après lui, une barre de fer étuvée pendant 12 heures, se recouvre entièrement d’oxyde magnétique, et ce revêtement aurait parfaitement résisté à l’action de l’air humide dans les circonstances les plus difficiles. Il suffirait, pour obtenir ce résultat, que le métal soit porté à une tempé-_
- (1) Engineering, année 1879.
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- 57* LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- rature variant du rouge pâle au rouge vif, après quoi on fait arriver l’air dans la chambre de chauffe, en le renouvelant de temps en temps.
- La fonte donnerait les meilleurs re'sullats superficiels.
- Le bronzage des canons de fusil s’opère à froid par der proce'de's empiriques et amène la même oxydation protectrice.
- Il appartenait à M. de Me'ritens de trouver un moyen pratique de recouvrir en grand et rapidement le fer, même le plus doux, d’une couche d’oxyde magnétique, Fe3Of, inattaquable par les acides, adhérente et profonde.
- C’est en soumettant la pièce de fer doux servant d’abord d’anode dans un bain d’eau distillée où arrive, par une cathode en cuivre, en charbon ou en fer,.un courant d’intensité modérée, sous l’action d’une force électromotrice capable de décomposer l’eau, puis échangeant les rôles des deux électrodes un certain nombre de fois à des intervalles convenables, que l’on fixe sur le fer un dépôt de magnétite parfaitement adhérent.
- (A suivre) Ad. Perrin
- SIPHON INTERRUPTEUR
- DE RADIGUET
- Quand une invention est aussi ancienne et aussi usuelle que l’est le classique siphon, il est bien rare qu’on lui trouve un perfectionnement vraiement original.
- Nos lecteurs seront donc aussi étonnés que nous l’avons été nous-même, en voyant le petit appareil représenté ci-dessous et qui jouit de la propriété de s’amorcer ou de se désamorser par une simple pression du pouce sur la sphère de caoutchouc qui surmonte l’appareil.
- Le tube en U renversé A est soudé dans un tube vertical B, comme cela est représenté dans le dessin ; de plus ce tube vertical est étranglé à sa partie intérieure et ne communique que par un très petit orifice avec le vase qu’il s’agit de vider.
- Cela posé, supposons le siphon plongé dans le liquide : le niveau sera rapidement le même dans le vase, dans la branche B du siphon et dans le gros tube vertical.
- Si vous exercez alors une pression lente et continue sur la sphère en caoutchouc, le liquide sera refoulé de haut en bas dans le gros tube, mais ,
- l’orifice de sortie étant très petit, le liquide renfermé dans le gros tube remontera dans le siphon et l’amorcera naturellement.
- Grâce à la petite soupape F, si l’on cesse alors de presser la sphère, l’air rentrera.en.F et le siphon restera amorcé. ’
- Supposons maintenant qu’on presse fortement la sphère dont le volume est d’ailleurs plus grand que celui du gros tube immergé, qu’arrivera-t-il? Tout le liquide contenu dans le gros tube sera
- chassé et l’air s’introduira dans la branche du siphon, qui se trouvera ainsi désamorcé. ' l
- L’inventeur de ce curieux siphon est M. Radi-guet fils, le constructeur bien connu des laborar toires de physique en miniature, la providence des savants en herbe et des amateurs en chambre de lumière électrique.
- C’est le besoin de procéder au nettoyage des vases poreux, sans exposer ses clients à goûter le bichromate de potasse, qui lui a fait trouver son siphon à interruptions; il est à présumer que la grande industrie des produits chimiques l’utilisera aussi un jour : lui conservera-t-elle le nom de son inventeur ?
- C’est bien contraire à ses habitudes ! J. R.
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- 577”'
- REVUE DES TRAVAUX
- • RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur un système de transmissions par courants inverses, de M. Gattino.
- - Les progrès réalisés dans la télégraphie pendant le cours des dernières années ont eu surtout pour but d’utiliser d’une manière plus complète les fils directs des grandes lignes en employant des appareils à transmission rapide.
- 1 Pour obtenir dans cette direction les améliorations désirables, il faut surmonter certains obstacles très sérieux ; c’est d’abord l’influence de la capacité électrostatique de la ligne qui s’oppose à iTémission rapide de courants successifs et ensuite celle de la capacité électromagnétique de d’appareil récepteur..
- La première engendre une condensation du 'courant initial qui retarde nécessairement la production du signal, car, lorsque l’émission cesse, le courant accumulé reflue vers tes deux extrémi-
- A
- •' '
- 'f
- H |/\J
- tés dé la ligne sous forme de courant de décharge.
- Cette décharge tend à arrêter et à affaiblir l’émission immédiate d'un nouveau courant, tandis que le courant rémanent a pour effet de prolonger dans l’appareil récepteur le courant quiyestentré-
- Ces inconvénients sont souvent sensibles avec l’appareil Hughes dans le travail duquel les lettres manquent quelquefois lorsqu’on veut faire une combinaison de deux lettres pour accélérer la transmission, tandis qu’il se produit souvent des lettres superflues quand le courant rémanent est trop fort.
- La succession rapide des courants sur une ligne donne lieu à une série d’ondulations électriques et, c’est pour en éviter l’effet nuisible, que M. W. Thomson a imaginé ses appareils si sensi-
- bles à siphon et à miroir qui ont le zéro mobile. < On remédie à l’influence du magnétisme rémanent et de l’extra-courant dans les bobines du Récepteur, en réduisant les dimensions des noyaux fle celles-ci et le nombre de leurs spires; mais ces réductions ont une limite , bientôt atteinte, imposée par la sensibilité de l’appareil.
- ; La méthode la plus parfaite, permettant l’emploi de courants très rapides, est celle qui repose sur l’application des courants inverses. Dans cette méthode, uu second courant, ayant une direction contraire au premier et émis immédiatement après lui, accélère non seulement la décharge, mais augmente la sensibilité des relais à tel point qu’ils peuvent fonctionner sans le ressort antagoniste et avec les courants les plus faibles.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Il est évident que cette méthode exige l’emploi de relais polarisés, ceux-ci étant les seuls qui obéissent aux inversions de courant ; il en résulte une diminution du travail à vaincre par le courant puisque le ressort antagoniste est remplacé par le courant inverse.
- A A*
- Terre ,r
- w Terre
- Avec la méthode du courant simple, la sensibilité de l’appareil récepteur est très limitée et quand cette sensibilité limite est atteinte, le récepteur est exposé à l’influence des mélanges de courants entre les fils et à celle des courants terrestres ou des décharges atmosphériques, qui donnent lieu à des signaux faux ou confus.
- Ces inconvénients sont considérablement atténués pir l’emploi des courants inverses, car les courants parasites contribuent à augmenter l’action du courant de travail, lorsqu’ils sont de
- Fig. 4
- même, sens et ne le neutralisent pas complètement, en général, lorsqu’ils sont de sens inverse.
- En général, quand on emploie la méthode à courants inverses sur les lignes terrestres et sur les câbles de moyenne longueur, on fait usage d’un manipulateur dont le contact de repos se trouve, au moment de la transmission, en communication avec une pile disposée de façon à en-
- voyer dans la ligne un courant contraire à celui des signaux.
- Quand on reçoit, ensuite, le contact est mis en communication, au moyen d'un interrupteur, avec le relais polarisé.
- Cette disposition permet d’envoyer un courant inverse dans la partie du conducteur la plus rapprochée de la pile, mais, elle ne suffit pas pour détruire l’excédent de courant à l’autre extrémité de la ligne, ni pour supprimer les effets du magnétisme rémanent et des extra-courants des appareils récepteurs ; c’est pourquoi la tendance à confondre les signaux se maintient quand la transmission est très rapide. Les communications de ce genre ne permettent pas non plus d’interrompre la transmission quand on reçoit ; même l'appareil Wheatstone n’est pas exempt de tous ces défauts.
- Afin de remédier aux inconvénients énumérés
- M ï
- Terre
- plus haut, i4. Gattino a imaginé une méthode particulière dont il a donné la description, il y a quelque temps déjà, dans le Journal télégraphique de Berne et à laquelle nous empruntons les détails qui suivent.
- La méthode consiste à n’envoyer le courant inverse dans la ligne qu’au moment où l’intensité du courant de travail dans le récepteur a dépassé une certaine limite.
- Soient A et A' (fig. i) deux bureaux en correspondance, B, B' les piles de lignes et b, b' celles qui envoient le courant continu qui circule, dans la ligne à l’état de repos, M, M', les relais polarisés actionnés par un courant de même sens que la flèche, R, R/ des résistances égales à celles delà ligne.
- En abaissant le manipulateur du post# A, le courant de la pile de ligne B se bifurque en deux parties égales, l’une allant dans la ligne, l’autre traversant la résistance R et le récepteurM, mais sans l’actionner puisque sa direction est de sens con-traiie à la flèche.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Le courant de ligne, par contre, actionne M I malgré le contre-courant de la pile b, plus faible que lui ; l’armature du relais M' étant sans ressort antagoniste et maintenue contre le buttoir de repos uniquement par l'action du courant livré par la pile £>, il en résulte que le moindre excès du courant de ligne détachera l’armature et la transportera contre le contact de travail. L’émission ayant cessé, le courant des signaux commence à diminuer dans le relais M' et il est bientôt surmonté par le courant de b qui ramène l’armature au contact de repos ; l’onde qui suit l’émission du courant est ainsi complètement éliminée à son point d’origine.
- Comme il suffit que le courant d’émission ait une intensité un peu plus grande que le courant inverse, on comprend facilement que le nombre des éléments de la pile de transmission peut être csnsidérablement diminué sans qu’il en résulte un préjudice pour la netteté des signaux. M. Gattino a en effet pu correspondre rapidement a travers une résistance de 10.000 ohms en employant seulement 27 éléments Daniell à la pile B et 5 à la pile b, Un contre-courant d’une intensité infe'rieure à un milliampère, suffisait à ramener l’armature du relais à son contact de repos, tandis qu’en tenant compte de la résistance de la pile B, de la force contre-électromotriceagissant à l’autre stationetde la déviation R, le courant d’émission n’atteignait pas 2 milliampères. Sur des lignes sujettes à des mélanges de courant ou à d’autres dérangements, les deux piles doivent être en état de fournir des courants assez énergiques pour paralyser tous les courants parasites ; le système à double courant n'exige que la moitié des nécessaires à la transmission ordinaire.
- Le système à courants inverses, de M, Gattino, permet aussi la participation des stations inter-, médiaires à la transmission. La figure 2 donne le diagramme des communications à établir; il faut bien remarquer que les relais polarisés ne sont actionnés que sous l'influence de courants circulant dans le sens de la flèche. Les piles P des stations intermédiaires doivent être plus fortes que celles des stations extrêmes, car elles doivent surmonter les piles p.
- La translation peut être opérée assez facilement à l’aide des communications données dans la figure 3 et sur lesquelles nous croyons inutile d’insister.
- - La méthode* de M. Gattino peut aussi être ap-
- pliquée avec l’appareil Hughes ; si celui-ci est a détente automatique, les communications seront identiques à celles du Morse; si l’on intercale, en outre, comme c’est l'usage, l’électro-aimant dans le circuit de transmission, les communications auront lieu suivant le diagramme de la figure 4. L’action de l’électro-aimant polarise est augmentée par le courant continu de la ligne, ce qui favorise la sûreté et la rapidité de la transmission.
- Les avantages que présenterait l’application de ce système seraient aussi très sensibles avec l’appareil automatique Wheatstone. On pourait, par exemple, interrompre a volonté la transmission en modifiantu n peu le plan des commuications.
- La figure 5 montre comment le bureau d’arrivée peut interrompre avec un manipulateur Morse, les transmissions de l’inverseur I du bureau de départ. Dans cette figure, l’inverseur Wheatstone I de la station A est représenté dans son état de repos afin qu’il puisse donner passage au courant interrupteur, venant de la station A'. M est un simple récepteur Wheatstone à courants négatifs, M', par contre, un récepteur du même système à courants positifs. Par une disposition spéciale du commutateur, on peut envoyer facilement des signaux par l’appareil Morse à un appareil Wheatstone et vice versa et ainsi travailler avec un système mixte.
- La méthode de transmission inverse de M. Gattino est applicable à tous les systèmes d’appareils, y compris le Morse qui peuvent fonctionner en circuit local, à l’aide d’un relais polarisé.
- Cependant, avant de se prononcer sur les avantages de ce système, il faut attendre la sanction de l’expérience, et cette attente sera peut-être longue, car nous n’avons jamais appris que les propositions de l'ingénieux télégraphiste italien, aient été soumises à une expérience prolongée, dans les conditions de la pratique.
- A. P.
- Magnétomètre de M. Wild (>).
- M. H. Wild, directeur de l’Observatoire central de météorologie de Pawlowsk près de Saint-
- (i) Mémoires de VAcadémie des Sciences de Saint-Pétersbourg, V, XXIV, n° II, 1886.
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- ç8o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pc'tersbourg, a fait conr.truire par la maison Ede.l-. j la détermination de la composante horizontal-e de mann à Munich, un nouveau magnétomètre pour | la force magnétique terrestre. . ; ’
- .. .............. Fig. 1. Set
- Cet instrumen t, dont la figure i donne Une perspective, permet d’employer la méthode de Gauss,
- ou, en modifiant le mode de .-suspension de l’aimant (fig. 4), une nouvelle méthode dite bifilaire;
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ 581
- il est même possible de les combiner l’une et l’autre.
- La figure i représente la disposition de l’appareil à suspension unifilaire. Il se compose essentiellement d’un aimant suspendu à l’extrémité d’un fil de cocon, et d’une lunette mobile dans Un plan vertical, servant à déterminer les déviations produites par un second aimant directeur wj qu’on peut déplacer dans un tube horizontal R.
- Une plaque C, mobile autour d’un axe vertical, supporte un .cylindre de laiton T, fendu sur une certaine largeur en deux endroits diamétralement opposés ; sur ce cylindre est vissé un tube de suspension U, long de 60 cm., terminé par la tige q qui porte le fil de cocon et qui traverse eUe-même la tête V d’une vis de torsion. Un second tube K est fixé à la partie inférieure du cylindre T, suivant le prolongement de U.
- L’aimant attaché au fil de cocon est protégé par deux tubes de verre g, fermés aux deux bouts par des lames de verre et maintenus dans une monture en bois ; ils sont reliés à k et / par des tubes i qui s’engagent dans les précédents.
- Les détails de suspension de l’aimant sont représentés dans les figures 2 et 3 ; v v désigne l'aimant employé pour la méthode de Gauss et y. un miroir plan servant aux observations.
- La lunette J et le tube L, chargé du contrepoids M, sont supportés par deux paliers, fixés sur l’anneau G qui repose lui-même sur la plaque C; celle-ci est creusée d’une rainure conique dans laquelle s’engagent lès deux vis a. On serre ces dernières dès que l’appareil est orienté.
- Une vis micrométrique O et un vernier permettent d’amener la lunette dans une certaine position et de liri celle-ci sur le cercle gradué P à l’aide de la loupe Q.
- Les déviations se mesurent au moyen d’une échelle graduée sur une lame de verre et placée au foyer de l’objecti f ; elle est éclairée à l’aide d’un prisme à réflexion totale et avec un fort grossissement de l’oculaire on parvient à mesurer une déviation d’environ 6 secondés.
- Les tubes R et R' sont ouverts sur la moitié de leur longueur et sont gradués; ils contiennent, l’un l’aimant directeur m, l’autre un thermomètre t.
- La plaque C qui supporte tout l’app.areil, pivote autour d’un axe vertical, ce qui permet de varier à volonté l’orientation du mognétomètre; une vis
- micrométrique F augmente la précision du réglage et les lectures se font sur le cercle gradué ’ B qui est, à cet effet, muni de 4 verniers. L’ins trument repose sur un trépied en bois muni d
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- niveaux et qu’on rend horizontal à l’aide de vis calant's.
- La méthode de Gauss est suffisamment connue pour qu’on puisse se dispenser d’entrer dans d’autres détails.
- Le magnétomètre à suspension bifilaire se place sur le même support que l’appareil que nous venons de décrire. On enlève le cylindre T et toutes les pièces qui y sont fixées et on le remplace par le cylindre AA (fig. 4) qui vient se visser sur la plaque C du magnétomètre unifilaire.
- Il sert de support au tube de suspension D et à deux microscopes C, C'. Ces pièces peuvent s’orienter indépendamment du cylindre à l'aide de l'anneau b et de la vis micrométrique c. On peut, en outre, déplacer les microscopes verticalement, après avoir desserré la vis d et d', et les vis e, e' permettent de varier leur inclinaison. Le
- Fig. 5
- grossissement de ces microscopes est considérable et la précision des lectures ne se trouve limitée que par le manque d’éclairage; il est facile d’évaluer une déviation de 5 secondes.
- L’aimant M est attaché à deux fils de cocon s, s' et le mode de suspension permet de centrer le système à l’aide de vis micrométriques ; le fil passe par la gorge delà poulier (fig.6) et se trouve serré en m par deux lamelles ; de même à la partie in fé-rieure, les deux bouts sont serrés entre les deux plaques p et iz (fig. 5) avant d’être attachés à demeure sur le cylindre x, x'. L’aimant M repose sur deux étriers y, y' dont le dernier est taillé en biseau pour faciliter le réglage.
- Un fil de platine a, a tendu horizontalement (fig. 51 sert à repérer la hauteur de l’aimant ou à mesurer la longueur du fil de suspension ; ceci se fait à l’aide d’un troisième microscope P, muni d’un prisme à réflexion totale. -
- Sur la base du cylindre se trouve un support R qui s’abaisse et s’élève à volonté et sert à arrêter les mouvements de l’aimant et même à l’enlever de l’étrier, sans modifier la position de celui-ci. Le cylindre A est fermé par deüx plaques de verre et le tube B renferme un thermomètre divisé en cinquièmes de degré.
- On élimine toute torsion des fils en remplaçant l’aimant par un cylindre de laitoq de même poids et on ramène celui-ci dans le méridien magnétique en tournant plus ou moins 1 à vis de torsion placée à la partie supérieure du tube.
- Cette nouvelle méthode exige }’émploi de 3 aimants de même poids qui sont pjjslèés successivement dans le magnétomètre. On haesure l’angle de torsion que l’on doit donner aü système pour amener chacun d’eux dans un plan perpendiculaire au méridien magnétique; puis on détermine
- Fig. O
- les déviations produites sur l’un des aimants par les deux autres placés dans les tubes R et R' en position directe et en position retournée.
- Les dimensions de ces aimants sont indiquées par la théorie. Les aimants employés dans le magnétomètre de M. Wild ont une longueur approximative de 37, 64 et 80 millimètres sur un diamètre variant de 8 à i3 millimètres. On leur donne le même poids, en les plaçant dans des tubes de laiton appropriés.
- Un grand nombre de mesures ont été effectuées avec les instruments décrits ci-deSsus. La différence des résultats obtenus par les deux méthodes n’est que d’un trois-millième, ce ^ui donne une idée de l’exactitude avec laquelle cis appareils ont été construits et des soins apportés à la détermination de leurs constantes.
- ...........A. P.
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- 5.8.Î
- Galvanomètre absolu d’Edelmann
- : L’appareil, dont nous voulons dire quelques mots ici, est une boussole des tangentes, d'une construction très simple, robuste, pouvant servir dans les ateliers, et qui, comme tous les appareils de ce genre, a l’avantage de donner des indications constantes, pourvu qu’on connaisse la valeur de H à l’endroit considéré.
- L’appareil se compose, comme on le voit, d’une bobine circulaire R et d’une boussole D, comprenant un aimant à cloche avec une aiguille qui se déplace sur le cercle gradué T, divisé suivant les tangentes des angles, de o à 1, ce qui dispense de l’emploi des tables de logarithmes pour les calculs.
- L’aimant, qui se meut dans un amortisseur
- massif en cuivre, est suspendu à un fil de cocon, à l’intérieur de S; au moyen d’une vis, le tube S peut être abaissé, ce qui décharge le fil du poids de l’aimant, et permet de transporter l’instru-ihent.
- Chaque appareil est muni de 3 bobines différentes, qui peuvent se déplacer le long d’une glissière en bois, fixée sur la planchette de l’appareil. Un index indique exactement la distance du centre de l’aimant au plan moyen de la bobine, distance variable à volonté.
- En ayant ainsi deux variables, la déviation et la distance, l’échelle de mesure de l’instrument peut être très éténdue ; avec trois bobines on peut mesurer depuis les milliampères jusqu’à 100 ampères ; un second modèle de l’appareil permet d’aller jusqu’à 1,000 ampères.
- La bobine de fil fin, qui permet de mesurer jusqu’à o,o5 ampère, comprend 450 tours; avec une
- résistance auxiliaire, elle permet d’employer l’instrument comme voltmètre.
- La bobine de gros fil comprend 10 tours, et enfin la troisième bobine est formée d’un seul anneau massif de cuivre, R. Cet anneau est fendu et il est relié à deux pièces de cuivre qui se terminent à deux bornes a, b\ urte vis d permet découper le circuit du galvanomètre et une autre e de le mettre en court-circuit.
- La longueur de la base de l’appareil est d’environ 5o centimètres.
- Pour faire les mesures, l’instrument est placé horizontalement, l’aimant et la bobine dans le méridien magnétique: on s’en assure par un renversement du courant.
- La déviation du zéro, qui correspond à cette position étant cp, on lit la distance e de la bobine à l’aimant, et le courant est donné en ampères par la relation
- ï r*y
- r étant le rayon moyen de la bobine, n le nombre de tours de fil et H la composante horizontale.
- La seule difficulté est la mesure exacte de #\ elle est fournie par le constructeur qui la vérifie par un étalonnage au voltamètre.
- Les mesures de potentiel se font facilement au moyen dè résistances étalonnées.
- Cet instrument qui est assez répandu dans l'industrie, en Allemagne, peut rendre des services, dans tous les cas où on connaît exactement H, et en prenant toutes les précautions pour éviter les perturbations magnétiques.
- E. M.
- L'Isolateur de M. Slater Lewis
- Cet isolateur n’est pas absolument nouveau, il est à l’essai depuis quatre ans environ, mais il paraît avoir donné les meilleurs résultats, et nous le signalons à ceux de nos lecteurs qui ne le connaîtraient pas.
- Comme on le .voit par la figure, .la tige-en fe-r-du support est vissée dans l’isolateur en porcelaine, au lieu d’y être fixée avec du ciment.
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- Nous dirons, du reste, que M. Cordeaux a breveté une disposition semblable il y a sept ou huit ans, mais en y ajoutant une rondelle en caoutchouc placée sur l’épaulement supérieur de la tige en fer qui supporte l’isolateur. Celte rondelle sert à empêcher une pression trop forte sur le pas de vis en porcelaine et à protéger la vis en fer contre la rouille et l’humidité. M. Lewis supprime tout à fait la rondelle en caoutchouc ; mais en modifiant légèrement la construction des différentes parties,et en employant unoutillage depre-mier ordre qui coupe le pas de vis avec une grande exactitude, une condition indispensable pour la solidité de l'isolateur, qui sans cela se casse inévitablement.
- Le nouvel isolateur est ainsi fixé solidement sur
- la tige, ce qui, selon M. Lewis, est impossible avec la rondelle en caoutchouc ; en outre, dans les courbes brusques, les fils tendent à déplacer l’isolateur hors de l’axe du support, ce qui donne lieu à une forte pression sur le pas de vis et amène souvent la rupture.
- Il est facile de comprendre jque la détérioration graduelle du caoutchouc ne fait qu’empirer cet état de choses. Il y a donc avantage à se dispenser de l’emploi de cette rondelle. Plus de 200,000 de ces isolateurs ont déjà été vendus à des compagnies de chemins de fer, de télégraphes et de téléphones, tant en Angleterre que sur le continent. Un grand nombre ont été essayés sur les lignesvdu département des télégraphes, en Angleterre, depuis plusieurs années déjà.
- Nouveau compteur d’électricité de M. W. Siemens
- La maison Siemens a breveté dernièrement un nouveau compteur, qui ne manque pas d’originalité ; il se compose, comme le montre la figure, d’un anneau Gramme A, dans lequel le courant pénètre par les balais B B, et qui tourne sous l’ac-, tion d’un aimant permanent. Le nombre de tours est enregistré par un compteur proprement dit, relié à l’axe de l’anneau.
- La conception originale est celle de la force
- antagoniste qui est ici l’amortissement produit par les courants induits dans un cylindre de cuivre, tournant avec l’anneau dans le champ produit par les branches de l’aimant et un cylindre en fer doux.
- Si les courants dans l’anneau et dans le cylindre ne modifient pas le magnétisme de l’aimant, on peut admettre, comme un calcul simple le montre, que le courant est proportionnel à la vitesse, mais les indications dépendent du magnétisme de l’aimant et varient avec lui.
- Malheureusement les frottements entrent en jeu, et on doit avoir une relation de la forme
- Kl = A v + a + b « + c u2 + ...
- D’après une courbe déduite d’expériences, il résulterait que les 3 premiers termes entrent seuls
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- en jeu, au moins pour les vitesses considérées, le frottement serait donc de la forme [a-\-bv).
- Avec un pareil compteur la quantité totale d’électricité serait donnée par le nombre de tours, augmenté du produit d’une constante par le temps d’activité ; pour qu’un pareil compteur puisse donner des résultats pratiques, il faudrait pouvoir négliger ce dernier terme.
- E. M.
- Nouveau mode d.’attache des fils télégraphiques
- Il arr've fréquemment que les fils télégraphiques se cassent par suite de l'usure provenant du frottement contre les isolateurs, si le conducteur
- n’est pas fortement serré, et il est nécessaire de bien fixer le fil à tous les points d’attache.
- M. GreJsted, directeur des télégraphes, à Fre-derikshaven (Danemark) indique le procédé suivant, qui lui a donné d’excellents résultats : le fil est attaché dans la rainure inférieure de l’isolateur et tiré des deux côtés.
- Ce procédé présente ces avantages que chaque portée est rendue indépendante des autres au point de vue des tensions, il est facile de détacher le conducteur sans l’endommager en cas de réparations delà ligne, et enfin, l’ouvrier qui place ce fil n’a pas besoin de se charger d’outils en montant sur le poteau.
- Ce procédé ne peut cependant être appliqué à de très gros fil, comme on le comprend facilement; on peut encore l’employer avec le n° 16 de la jauge de Birmingham (2,8 m. m.)
- Les taches solaires et le magnétisme terrestrê.
- La découverte de la relation remarquable qui existe entre la fréquence des taches solaires et les variations de la déclinaison de l’aiguille aimantée est due comme on le sait, à l’éminent astronome R. Wolf de Zurich ; en comparant les valeurs moyennes annuelles de la variation de déclinaison vetle nombre relatif r des taches solaires, il a trouvé pour Milan, la relation simple:
- 0 5,62 + o',o45 r
- Les résultats de l’année 1886 ont été comparés dernièrement par M. Wolf (Astron.Nach., 116;2 5g ils ont donné pour r : 25,7 et pour v : 6',75, la' formule donnerait 6',79; comme on le voit, la concordance est remarquable.
- E. M.
- Ampèremètre et voltmètre pour courants continus et alternatifs de Sesemann (<].
- L’appareil de M. Sesemann est déjà très ancien? car Pouillet a fait usage d’un instrument analogue. Il est fondé sur la loi de Joule et mesure la chaleur dégagée par le courant dans un conducteur de résistance connue. En appelant E la force électromotrice aux extrémités d’une résistance R, parcourue par un courant d'intensité 1; Q la quantité de chaleur développée dans l’unité de temps par le courant, on a :
- E = vrQ K
- R étant constant, il suffit de mesurer Q, pour en déduire E et i. -
- (') Elcktrotechnisdic Zeitsdu i/t, \ol. ]X, p. 173.
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- L’instrument se compose de deux'thermomètres à mercure identiques ; le réservoir de l’un d’eux renferme la résistance R, formée d’une spirale de fil de mail’echort et reliée aux bornes de l’appareil. En lisant la différence des températures indiquées parles deux thermomètres, on en déduit la chaleur développée par le courant.
- Dans la pratique, on fait usage d’une seconde échelle mobile, graduée en ampère ou en volts et pour faire une mesure, on amène le zéro de cette division sur l’extrémité de la colonne mercurielle du thermomètre témoin. La colonne du second thermomètre indique alors directement, en volts ou en ampères, la quantité que l’on veut mesurer.
- 11 est évident que cet appareil ne peut pas donner des résultats aussi exacts que le prétend l’au-
- teur,d’aprèsquil’erreur nede'passerait jamais i o/o, l’équilibre thermique exigeant toujours un temps relativement assez long, pour être atteint.
- En outre, il faut remarquer que l’appareil devrait être étalonné de temps à autre comme tous les autres instruments industriels de ce genre, car on ne peut guère admettre l’invariabilité de la résistance R, lorsqu’elle est parcourue souvent par des courants intenses.
- A. P.
- Suivies couvants induits dans ie noyau de fer des dynamos, par R. Glausius.
- Nous avons analysé, il y a quelques mois, une critique des déductions de M. Glausius, sur les
- mtchines dynamo-électriques, faite par M. Lorberg (1) ; celui-ci attaquait le théorème suivant, établi par M. Clausius : Les forces inductrices qui agissent sur le noyau de fer d’une dynamo sent identiques aux forces magnétisantes. La critique de Lorberg reposait essentiellement sur la considération des forces pondéromotrices, tandis que le célèbre physicien de Bonn avait seulement en vue les forces électromotrices induites. C’est ce qu’il annonce dans une réplique à M. Lorberg que viennent de publier les Annales de Wiede-mann (vol.XXXI, p. 3o2) et qui clôt ainsi le différend.
- A. P.
- Mesure des moments magnétiques et des intensités de courant avec la balance, par A. Kœp-sel (2).
- On sait que Helmholtz a donné, en 1883, une méthode permettant de déterminer le moment d’un aimant donné à l’aide de la balance. Si m et m, sont les moments de deux aimants suspendus aux extrémités du fléau d’une balance, l’un horizontalement, l’autre verticalement, la différence de poids qui résulte du renversement d’un des aimants est donnée par la formule
- p — 12 m m i ~ 9 «*_
- a étant la distance de leurs centres et g l’accélération de la pesanteur.
- A l’aide de trois aimants mj2, m3, on peut déterminer le moment de l’un quelconque d’entre eux, en partant de la formule
- (m, m.j) (I)i, ini) m* ?n3
- Ces formules ne sont rigoureusement exactes que pour des aimants infiniment petits; dans le cas des aimants de dimensions, finies, il faut appliquer des corrections très faibles, sur lesquelles nous n’insisterons pas.
- M. Kœpsel a appliqué cette méthode à la détermination du moment de plusieurs aimants.
- P) La Lumière Electrique, vol. XXIU.
- (s) Annales de Wiedemann, vol. XXXI, juin 1887.
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- Pour éviter l'ouverture de la cage de la balance, l’aimant horizontal était placé en dehors de celle-ci, et l’autre aimant était suspendu verticalement à l’un des plateaux. En retournant l’aimant horizontal ^ on obtient une différence de poids de moitié plus petite que la précédente; mais l’exactitude atteinte est alors beaucoup plus grande, tous les réglages et manipulations de la balance se faisant sans s’approcher d’elle et sans en troubler ainsi l’équilibre thermique. Les observations des oscillations de la balancé ayant lieu à l'aide de la disposition de Gauss avec le miroir, l'échelle et la lunette, M. Kœpsel a pu arriver à une très grande exactitude.
- La Lumière Electrique a donné dernièrement la description de l’électrodynamomètre absolu de M. Pellat, qui permet de mesurer en unités absolues, par une mesure à la balance, l’intensité d’un courant quelconque. On sait que cet électro-dynamomètre repose sur l’action électrodyqa-mique d’une bobine fixée à l’extrémité du fléau d’une balance sur une bobine fixe. M. Kœpsel a modifié son appareil et l’a transformé en électrodynamomètre, en mesurant l’action exercée sur l’aimant vertical suspendu au plateau de la balance par une bobine de dimensions connues, parcourue par le courant dont on veut déterminer l’intensité. On se rend, de cette manière, indépendant des inconvénients qui résultent toujours de la prise du courant de la bobine mobile; on introduit, par contre, une cause d’erreur par la présence de l’aimant permanent dont le moment est supposé invariable, et la correction relative à la température constante. Ces deux hypothèses sont remplies d’une façon suffisamment approchée, ainsi que M. Kœpsel l’a démontré par une série de mesures consécutives sur l’aimant de sa balance. Les inconvénients qui résultent de l’emploi d’une bobine mobile sont-ils plus grands que ceux que l’on rencontre en employant un aimant permanent? C’est une question dont nous nous permettrons de douter, quoique M. Kœpsel ait fait des mesures exactes avec son appareil.
- M. Kœpsel a construit deux bobines fixes de la manière suivante : il a enroulé sur un cadre rectangulaire de dimensions plus grandes que celles de la cage de la balance, un certain nombre de spires de fil, formant deux circuits distincts; l’un d’eux, comprenant un grand nombre de tours, était formé de fil fin et destiné à la mesure des faibles courants; l’autre, devant servir à mesurer
- des courants plus intenses, était formé de fil gros et ne comprenait que quelques tours.
- Les dimensions du cadre étant connues, ainsi que le nombre de spires, le moment et la distance polaire de l'aimant, on peut en déduire la constante de l’appareil, c’est-à-dire la quantité par laquelle il faut multiplier le poids mesuré à la balance, pour obtenir l’intensité du courant en unités absolues.
- M. Kœpsel, pour vérifier l’exactitude dés mesures faites avec son appareil, a déterminé l’équivalent électrochimique de l'argent, qui est connu très exactement depuis les déterminations de Lord Rayleigh, Kohlrausch et Mascart. Il a trouvé 0,01174, tandis que la valeur généralement admise est 0,01182.
- A. P.
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L'ÉTRANGER
- Angleterre
- La torsion magnétique des fils de fer. — M. Shelford-Ridwell a fait une série d’expériences sur la torsion produite dans des fils de fer aimantés par le passage d’un courant électrique. Les fils ont été aimantés dans le sens de leur longueur au moyen d’un solénoïde dans l’axe duquel ils étaient suspendus. Après chaque observation, les fils étaient désaimantés au moyen d’une série de courants d’une intensité de plus en plus faible. On obtenait ces courants alternés au moyen d’un commutateur et d’un rhéostat spé-cialement construits dans ce but.
- On a fait deux séries d’ëxpériences, l’une dans laquelle le courant dans le fil était maintenu constant, tandis que celui du solénoïde était varié, et une autre dans laquelle le courant était varié dans le fil, tandis que celui du solénoïde était maintenu constant.
- La torsion n’augmente pas d’une façon continue au fur et à mesure que les courants augmentent, mais elle arrive à un maximum quand l’inclinaison de l’hélice représentant le sens de l’aimantation forme un angle d’environ 33 degrés avec l’axe du fil.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le courant dans le solénoïde étant maintenu constant, quand celui qui traverse le fil était augmenté, il y avait une déviation permanente après l’interruption du courant. Avec de faibles courants dans le fil, cette dévhtion diminuait au commencement du passage du courant, tandis que des courants plus forts augmentaient la déviation. Pour quelques valeurs intermédiaires des courants, il n’y avait aucun changement; ces valeurs dépendent du courant dans le solénoïde.
- Les télégraphes souterrains. — M. C.-J. Fleet-wood a fait, le 26 mai dernier, une conférence à la Society of Telegraph Engineers and Electri-cians, sur l’origine et le développement de la télégraphie souterraine. L’auteur fait remonter le premier emploi des fils souterrains en Angleterre à Sir Francis Ronalds, qui a doté la Société de la bibliothèque qui porte son nom. En 1816, M. Ronalds fit construire une ligne de cuivre, isolée dans des tubes de verre, dans un jardin, à Hammersmith (Londres), et, dans une brochure publiée en 1823, il proposait l’emploi de tuyaux de fer. Les premières Sociétés de télégraphie, en Angleterre, employèrent ce système avec des tuyaux de plomb, mais les fils aériens prirent un bien plus grand développement.
- La gutta-percha fut introduite en Angleterre par le Dr Montgommery eni8_|2, et, après la découverte parFaraday de ses qualités isolantes, des brevets furent pris en 1848 pour son application aux lignes télégraphiques, ce qui amena son emploi pour les lignes souterraines et sous-marines. Au cours de la discussion qui a suivi la communication de M. Fleetwood, M. W.-H. Preece, l’électricien du département des télégraphes, a annoncé qu’un nouveau diélectrique, -introduit par M. Eddison, semble devoir donner d’excellents résultats. Il se compose d’un mélange de thérébentine et de résine, le tout couvert de plomb. M. Preece a également annoncé que le Parlement était saisi d’un proj'et de loi affectant une somme de 62 millions 1/2 à la construction de nouvelles lignes souterraines en Angleterre. Les orages récents qui ont détruit les lignes aériennes ont interrompu la correspondance télégraphique sur beaucoup de points du pays, et le directeur général actuel des postes et télégraphes est en faveur de l’établissement de lignes souterraines, pour les grandes communications.
- Un contrôleur de ronde. — Le contrôleur de ronde électrique de M. Fletcher, fabriqué par MM. Blakey, Emmott et Cie, de Halifax, permet de contrôler l’exactitude des gardiens chargés de surveiller des fabriques, hôtels et autres grands établissements et d’y faire des rondes de nuit.
- La figure s chématique 1 représente' le dispositif; A, B, G, D, E, F, G, H sont des postes établis en différents points d’une usine sur le chemin parcouru par le gardien. Ces points sont reliés en ciréuit par un seul fil, avec une pile P et une horloge à enregistrement ou un indicateur I. La ligne passe h la terre en T, T. En passant devant le poste A, par exemple, le gardien introduit une clef dans la boîte du poste et complète ainsi le circuit à travers le poste A. Le circuit est complété de la même manière à tous les postes, j’us-qu’à H. Ce dernier est muni d’un ampèremètre,
- Fig. 1
- de sorte que, lorsque le gardien introduit sa clef, le courant de la pile P, qui, maintenant, traverse tout le circuit, indique que tous les postes sont fermés et que le circuit électrique est complet, lui donnant la certitude d’avoir visité tous les points de sa route. A l’intérieur de l’horloge, l’heure exacte à laquelle le circuit a été fermé est marquée sur un tambour mobile, recouvert de papier. On voit que, si un poste a été négligé, le courant ne passera pas du tout.
- Les contacts des postes sont polarisés, et, pour rétablir l’état primitif de la ligne, le courant est renversé dans le poste H par le gardien, en tournant sa clef. Le circuit est ainsi interrompu de nouveau à tous les postes, et l’on peut renouveler l’opération. On peut, au besoin, employer l’horloge à enregistrement seule. L’enregistrement y est obtenu au moyen d’un électro-aimant actionnant un levier qui porte un
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- crayon, qui marque sur une bande de papier fixée sur un tambour tournant sous l’action du mouvement de l’horloge. Cette dernière marche pendant 24 heures ou une semaine, et peut être placée dans le bureau du Directeur ou ailleurs.
- J. Munro
- États-Unis
- Télégraphe domestique de Holcombe. — Dans une des dernières séances de la New- York Elec-trical Society (section d’électricité de Y American Institute), M. Alfred G. Holcombe a présenté le modèle d’un système de communications électriques au moyen duquel toute personne occupant une chambre dans un hôtel peut transmettre quinze ordres différents au personnel de service. Les moyens par lesquels l’auteur est parvenu à résoudre ce problème nous ont paru mériter une description détaillée.
- La figure 1 ci-contre est une vue d’ensemble du système, qui se compose de boîtes d’appel installées dans les chambi es des voyageurs, et reliées avec un tableau annonciateur placé dans le bureau de l’hôte!.
- Boites d'appel. — Chaque boîte d'appel (fig. 3, 4 et 5) porte, sur son cadran a les appels 1 à i5 correspondant aux différents ordres de service.
- A l’extrémité de l’axe central a' (fig. 4), -est monté l’index a2, mobile sur le cadran et muni d’un bouton à l’aide duquel on le déplace. En arrière du cadran, et sur le même axe, est fixé le disque denté a3 pourvu d’un nombre de dents correspondant à celui des signaux.
- Un galet, monté sur le milieu du levier a4, presse, sous l’action du ressort a]i contre le bord du disque, et, lorsque celui-ci tourne, ses dents repoussent le levier et le font entrer en contact avec l’arrêt isolé a(' qui est relié avec la ligne principale b.
- Le disque porte derrière lui un cliquet à crochet a7, appuyé par un ressort, et dont l’extrémité inférieure butte contre aH, lorsque l’index a- est amené à la position zéro du cadran, ce qui fait échapper le cliquet du cran pratiqué dans la bride c du manchon d dans lequel passe l’axe a1.
- Sur ce manchon c1 est monté un tambour à chaîne (c2), celle-ci passe à l’extérieur et se termine par une poignée c:).
- Un ressort en spirale c4 est fixé à l’extrémité postérieure du manchon c' et au châssis. En face de ce ressort, et sur le manchon même, est fixé le buttoir isolé cs qui sert d’arrêt au ressort et détermine la position normale du manchon c’ et des organes qui s’y rattachent, en portant l’extrémité du ievier d auquel est rattaché le conducteur particulier e.
- Le levier d joue entre les deux contacts isolés d'et d2 ; au repos, il est maintenu par le buttoir cs
- 5 (Je1
- ig. 1 et 3
- contre le contact d'auquel est rattachée la ligne collective /; mais aussitôt que le manchon c tourne, le levier d est amené par le ressort d3 contre le contact ds, relié électriquement par le châssis avec le levier a*.
- Un échappement à ancre règle la vitesse.
- Tableau annonciateur. — Dans le tableau annonciateur de la vue d’ensemble (fig. 1), nous n’avons supposé et représenté que trois sections. Nous donnons (fig. b) une vue de face agrandie du mécanisme de l’une d’entre elles.
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- Les électro-aimants de toutes les sections, dans chaque rangée verticale de cadrans du tableau , sont composés d’un simple barreau de fer muni de pièces polaires i entre lesquelles sont enroulées les spires de fil isolé ï.
- En face de chaque bobine ainsi formée, et articulée à la pièce polaire correspondante, est une armature z3; on a ainsi une série d’électros d’une forme bien connue.
- En face de l’armature z2, est une roue à rochet /, dont le rochet P est articulé sur l'armature.
- Le mouvement de l’armature est limité par la vis de réglage j-, que porte le levier coudé y3, dont le bras supérieur est muni d’une goupille qui entre en contact avec les dents de la roue à rochet, et arrête cette dernière, lorsque l’arma-
- ture, dans son mouvement rétrograde, frappe la vis j2, empêchant ainsi l’axe j et les organes qu’il porte, de se mouvoir de plus d’une dent, à chaque mouvement de l’armature vers l’aimant.
- Le ressort maintient constamment la goupille du levier y3, contre la roue à rochet, et l’empêche ainsi de revenir en arrière.
- A l’extrémité de l’axe j est fixé le cadran A:, portant sur sa face une série de numéros correspondant aux 15 ordres de service marqués sur les boites d’appel, plus un espace blanc entre les numéros i et i5, ce qui fait en tout 16 divisions correspondant au nombre de dents de la roue à rochet.
- La partie centrale du cadran est noire, sauf un disque blanc réservé dans le bas.
- Sur sa face A*1, le tableau annonciateur porte des numéros correspondant à ceux des chambres, et sur chaque section il y a deux trous, l’un en face de l’espace blanc réservé entre les numéros (
- i et 15, et l’autre en face du disque blanc, lorsque le cadran est au repos.
- Aussitôt que le cadran tourne, sous l’action de
- Fig. 3
- l’électro-aimant, de façon à exposer un numéro au lieu de l’espace blanc, un disque noir apparaît, dans l’ouverture inférieure, et indique
- Fig. 5
- aussitôt au garçon de service, la chambre d’où vient l’appel, comme on le voit figure i.
- Au-dessous du tableau est placé un carton portant les ordres de service et les numéros qui y correspondent.
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- Chacun des axes j. porte un collier à bride isolé k2, contre lequel appuient les ressorts isolés k3 et k* (fig. 6).
- La bride de ce collier est pourvue elle-même d’une pièce isolée sur laquelle porte le ressort /c* lorsque l’appareil est au repos.
- Chacun des ressorts kA est rattaché à l’une des lignes particulières e, e1, e2 du système, reliées avec une extrémité de leurs bobines respectives i. Les ressorts k3, de leur côté, sont reliés par les conducteurs /, /', la, avec le commutateur dont nous parlerons tout à l’heure.
- Par leur autre extrémité, les bobines i sont toutes reliées, au moyen du conducteur ml, avec
- Fig. e
- une des bornes de la pile m, dont l’autre borne est rattachée au conducteur principal b.
- Commutateur ou boîte de distribution. — Cette boîte (fig. i et 2) contient deux rangées de ressorts, la rangée supérieure n, n\ n2, est placée dans le circuit des lignes particulières e, e1, e2, et ferme normalement ces lignes ; les autres ressorts o, o1, o2, sont reliés aux lignes /,/\/2. Les ressorts sont disposés par paires, et les 0 appuient sur l’extrémité des n par une partie isolée.
- En arrière des ressorts se trouvent deux tiges p et p reliées toutes deux avec la ligne principale b, la première par le fil p2, la seconde par le fil p3; dans le circuit de ce dernier est inséré le méca-
- nisme q destiné à fermer et à ouvrir la ligne à des intervalles réguliers.
- Cet appareil représenté à une plus grande échelle dans les figures 7 et 8, comprend nn élec tro-aimant q1, un ressort q2 reposant sur un gale* métallique q3 et une armature q* munie d’un pendule.
- La tige du pendule est engagée dans une échan-
- crure du galet q3 de façon à entraîner celui-ci dans ses oscillations et à amener une partie isolée de sa circonférence sous le ressort q2 chaque fois que l’armature approche de l’aimant, ouvrant ainsi le circuit, qui se ferme de nouveau lorsque l’armature s’éloigne de l’aimant.
- Dans chacune des chambres de l’hôtel est logé un timbre d’appel r placé dans le circuit commun f. Un timbre d’appel s est placé également dans le bureau central, dans le circuit de la ligne principale b entre les conducteurs p2 et p3.
- Au repos, tous les circuits sont ouverts, de sorte
- Fig. 8
- qu’il n’y a pas de perte de courant et qu’une seule pile suffit pour toutes les opérations du service.
- Les appels sont conçus de façon à répondre aux besoins généraux. Supposons, par exemple, que le voyageur de la chambre n° 2 désire un commissionnaire. Pour transmettre sa demande , il fait tourner le curseur a2 de sa boîte d’appel jusqu’à ce qu’il se trouve en face du mot « commis-
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- sionnaire »* qui correspond'au n° 5 du cadran avertisseur. Cette opération, par elle-même, n’affecte nullement les [circuits , et l’index peut être tourné indifféremment à gauche ou à droite sans que l’appareil en souffre.
- Mais en tirant la poignée c3, on remonte le spiral c4 et le ressort d3 attire le levier d contre le contact d2, interrompant ainsi le circuit collectif en d', et reliant la ligne particulière e au levier a4, lequel ferme la ligne principale en ae chaque fois qu’une dent du disque a3 agit sur lui, le disque étant obligé de revenir à sa position normale par l’engagement du cliquet a7 dans l’encoche de la bride c.
- Les cinq fermetures de circuit consécutives provoquées dans la section 2 de l’annonciateur, agissent sur la bobine P de cette section, et, à l’aide de l’armature et du cliquet, font avancer la roue à rochety de la valeur de cinq dents, exposant ainsi le chiffre 5 dans l'ouverture qui se trouve à la partie supérieure du cadran;en même temps, le courant, passant par la ligne principale, fait retentir le timbre d’appel s.
- L’employé du bureau, ayant noté le numéro de l’appel, informe le client que son message a été reçu en abaissant le levier ri, ce qui a pour effet, de séparer la ligne particulière e{ de l’avertisseur et de la relier à la tige p, ouvrant ainsi une voie au courant de la pile, par la ligne princi-cipale b, le fil p2, la tige p, le levier n', la ligne e', le levier d de la boîte d’appel, et par la ligne collective à travers le timbre d’appel r de la chambre, au moyen du contact d2.
- De la ligne collective, le circuit rejoint l’autre pôle de la pile en passant par toutes les autres lignes particulières et par les appareils qu’elles renferment, mais sans affecter aucun de ces derniers, attendu que le courant qui les traverse est insuffisant pour agir sur les électro-aimants.
- L’employé ramène alors le disque k à la position normale, en pressant sur le ressort o', ce qui interrompt le contact entre le ressort n' et le conducteur qui le relie à l’avertisseur, et ferme le circuit dans lequel se trouvent le mécanisme q, à travers les ressorts k'4, k\ et le collier à bride k2, dont la partie isolée n’est plus sous le ressort k.
- Le courant, par suite des interruptions dans le circuit, occasionnées par le mécanisme q, ne circule pas d’une manière continue; il est soumis à l’action des battements du pendule, qui obli-
- gent l’armature i2 à faire mouvoir la roue à rochet^1 d’une dent chaque fois, jusqu’à ce que la partie isolée du collier à bride k2 vienne so placer sous le ressort k4, position qui correspond à celle où le cadran k indique l’espace blane réservé entre les chiffres i et i5.
- L’Accumulateur Julien. — Nous avons déjà parlé à diverses reprises des progrès de la Compagnie Julien, en Amérique. Cette compagnie a fait subir récemment diverses modifications à ses accumulateurs. La figure 9 représente leur modèle actuel.
- Le type B se compose de 19 plaques, dont 9 positives et 10 négatives, pesant 12,250 kil., sans le vase extérieur et sans la solution acide,
- qui représentent un poids additionnel de 2,720 kilog. à 3,175 kilog.
- Voici du-reste, les principales données concernant le type d’accumulateur B :
- Superficie occupée.............. 0,165x0,146m.
- Hauteur.................... o,2o3 m.
- Poids net.................. i2,25okil.
- Poids total. . •........... i5,425 kil.
- Quantité de solution....... 2 litres environ.
- Densité en degrés Baumé ... 23 degrés.
- Poids spécifique........... i,i85
- Force électromotrice....... 2 volts.
- Résistance intérieure, de o,ooiào,oo5 ohms. Courant de charge, jusqu’à. . 18 ampères.
- Courant de décharge........ 36 ampères.
- Capacité................... 125 amp.-heures.
- Travail total.............. a5o watts-heures,
- J. Wktzler
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- RÉSUMÉ DES
- BREVETS D’INVENTION
- délivrés depuis le jor janvier 1887
- 179710. — BASSET. 17 novembre 1886. — construction d’une nouvelle pile secondaire.
- Le point caractéristique de l’invention de M. Basset réside dans l’emploi, pour chaque élément de sa pile secondaire, de deux électrodes, l’une de zinc, l’autre de charbon.
- Ces deux plaques plaçées côte à côte, à une très courte distance, sont séparées sur toute leur hauteur par du protoxyde de plomb, ou du protoxyde d’étain, ou du protoxyde d’antimoine, ou encore du sous-oxyde de cuivre. Pour plus de détails : consulter M. Basset lui-même.
- 179757. — M. OLIVER. — 19 novembre 1886. —moyen
- PERFECTIONNE DE COMMUNIQUER DE L’ÉLECTRICITÉ FARADIQUE ET GALVANIQUE, COMBINÉ OU NON AVEC UN APPAREIL
- INDICATEUR.
- Ce titre ne dit pas grand chose, n’est* ce pas ? Eh bien, le brevet pas plus. M. Oliver est anglais ; probablement son invention est aussi anglaise, et c’est pour cela que nous n'en comprenons pas le but.
- Quoiqu’il en soit, voici une esquisse de l’appareil.
- C’est une sorte de coffre fermé, ne présentant à l’extérieur que deux poignées en cuivre, un cadran avec aiguille, et une ouverture permettant l’introduction d’une pièce de 10 centimes*, Les deux poignées sont fixes ; mais lorsqu’on introduit dans la boîte une pièce de deux sous, l’une d’elles devient mobile et peut être poussée ou tirée suivant le cas.
- Dans ce mouvement, cette poignée tend, par une tige intérieure, un ressort à boudin, pendant qu’elle écarte le noyau intérieur d’un électro-aimant, à double enroulement. En outre, cette tige, par des contacts ad hoc, ^ ferme le circuit d’une pile sur une des bobines de l’électro, pendant que le circuit de la seconde est fermé par les deux poignées et le corps du patient.
- Si donc ce mouvement de la tige est opéré brusquement l’écart du noyau de l’électro fait naître un courant d’induction dans le deuxième enroulement, courant qui produit l'effet que vous connaissez, et comme de plus, la tige est reliée à l’aiguille du cadran par des poulies et des -ficelles, on peut lire la tension du ressort représentant
- a force du courant produit. C’est d’un intérêt* très-grand, comme bien vous pensez : avis aux industriels forains.
- 179824. — PAUTHONIER. — 23 novembre 1886. —
- RÉPARATION DES LAMPES A INCANDESCENCE.
- Toutes les lampes à incandescence doivent durer 800 heures au moins : c’est entendu.
- Malheusement, dans toutes les installations, il n’y en a qu’un petit nombre qui tiennent la promesse du constructeur, et beaucoup d’entre elles s’éteignent avant l’heure, par suite de la rupture du filament incandescent.
- Jusqu’à présent, la lampe ainsi brisée, était mise hors service.
- Aujourd’hui, au contraire, M. Pauthonier a trouvé lo moyen de réparer ces accidents, et de faire resservir les lampes après avoir opéré la soudure des deux extrémités du charbon.
- Le procédé consiste d’abord à ouvrir la poire de verre par le haut, et à y introduire un carbure d’hydro-gêne liquide tel que le rétinaphtc, (C14 H8) ou le réti-nyle (CÎ8H12;. Avec des pinces alors, il suffit de rapprocher les deux bouts du filament et de faire passer un courant dans la lampe.
- Instantanément la soudure est faite ; le carbure, en partie décomposé, dépose une couche de charbon sur le tout, et la lampe une fois vidée, de carbure et d’air, par le procédé connu, redevient propre à fournir un nouveau service de 800 heures.
- Il est évident, que si cette opération est aussi facile que le prétend l'inventeur et ne coûte pas plus qu’il ne dit, il y a là une source fructueuse de considérables applications.
- 179827.— THOMSON (ELIHU). — 23 novembre 1880.
- RÉGULATEUR DE COURANT.
- Ce régulateur est un rhéostat destiné à être intercalé dans le circuit des inducteurs d’une machine dynamo. Il est constitué par une spirale de platine enfermée dans un tube ouvert à ses deux extrémités.
- Lorsque le courant passe, le fil de platine s'échauffe, sa résistance augmente, mais le tube fait appel d’air et par ce fait la température ne peut pas monter sensiblement.
- Toutefois, l’extrémité supérieure du tube est munie d’un clapet qu’on peut à volonté ouvrir et fermer.
- Lorsque l’intensité du courant augmente, un électro mis dans le circuit ferme le clapet, et la circulation d’air n’existant plus, la résistance du rhéostat monte avec la température.
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- L’intensité diminue ensuite, le clapet s’ouvre et l’équilibre se rétablit.
- Est-ce pratique ? nous nous le demandons.
- 179829. — KELNER. — 23 novembre 1887.—appareil
- SUPPRIMANT L’INDUCTION TELEPHONIQUE ET TÉLÉGRAPHIQUE
- DIT LE PHONÉLECTROGRAPHE.
- Le phonélectrographe, tout autant le dire tout de suite, est un condensateur de construction spéciale. Il est formé par plusieurs tubes en U remplis d’alcool à 5o* et dans les branches desquels sont fixés des fils de cuivre. Tous ces tubes sont montés en tension, et l’appareil est en pratique mis sur une dérivation de la ligne allant à la terre.
- La figure 1 montre la disposition d’un poste, lorsqu’il s’agit seulement de faire disparaître l’induction téléphonique.
- Gomme on le voit, une bobine de résistance r est placée sur la ligne avant le microphone M, et une dérivation d prise entre le microphone et la bobine, relie la ligne au phonélectrographe D. Par cette disposition, les courants induits atténués par la bobine, doivent aller à la terre par t, alors que les courants téléphoniques seuls passeront par les tubes d’alcool.
- La figure 2 est relative à la télégraphie et à la téié-
- Iui-ci rencontrant dans l’appareil D une résistance réelle présentée par un conducteur dont les molécules n’ont entre elles aucun rapport essentiellement magnétique, passe outre et actionne le relais Rs qui, au moyen d’une pile locale, fait fonctionner l’appareil Morse M*.
- Sur le papier, on peu; toujours détruire par mille
- moyens l’induction téléphonique ou télégraphique. Malheureusement la pratique réserve toujours des surprises, aussi sommes-nous passablement sceptique.
- 179834. — HILDEBRAND (23 novembre 1886). Appareil ET PROCÉDÉ POUR LA FABRICATION D’UNE CONDUITE DE TUYAUX DE MATIÈRE ISOLANTE ENGLOBANT DES TUBES DE VERRE POUR FILS TELEGRAPHIQUES, TÉLÉPHONIQUES, ETC.
- Le titre vous dit très exactement à lui seul ce dont il s’agit.
- L’isolateur de M. Hildebrand est, en effet, constitué par un ou plusieurs tubes de verre noyés dans une masse isolante, obtenue en mélangeant à 200° centigrades 25 parties de goudron et 3o parties de gravier fin.
- L’inventeur étant verrier, un tel isolateur s’explique, mais il est à craindre que son emploi demeure forcément très restreint.
- phonie simultanées. Un appareil Morse M' est placé en dérivation sur la ligne après le microphone.
- Plus loin, sur la môme ligne, une pile télégraphique/?* prend dérivation par l’un de scs pôles, tandis que l’autre reste libre sous la clé télégraphique de transmission, et par cel^, quand le manipulateur ne fonctionne pas, le courant passe par le fil f. Sur le circuit formé par le manipulateur M', la pile pt et la ligne; un rhéostat est en R h pour graduer le courant à envoyer sur la ligne. Ce-
- 179858. — MAISON BRKGUET (24 novembre 1886). — Perfectionnement aux télégraphes électriques a
- LETTRES IMPRIMÉES.
- En général, les télégraphes à cadran sont d’un maniement assez délicat, parce qu’il faut à la fois transmettre vite et régulièrement.
- Quoique ces appareils soient aujourd'hui peu employés,
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- la maison Bréguet a cherché à simplifier la manœuvre en faisant un manipulateur à inversement, à rouage pouvant être adapté à tous les récepteurs à lettres, imprimant par suppression du courant sur la ligne.
- L’appareil avec les communications électriques est représenté dans la figure ci-jointe,
- a est le cadran du manipulateur;
- b est l’axe entraîné par la manivelle c, et qui porte à
- '---<C> (2) (T) (L)
- d>-
- / est le levier, abaissé par K. Il envoie ou non un courant sur la ligne, selon que son extrémité à ressort touche ou non la vis Quand la manivelle est levée,le courant est sur la ligne; quand elle est abaissée, le courant est envoyé dans le récepteur par la vis
- m est une godille faisant l'inversion du courant par les ressorts m' et m";
- n est un doigt fou permettant au rouage de faire deux tours de manivelle. Ce doigt est entraîné par la goupille o fixée sur le fond du barillet;
- P est le commutateur qui interrompt ou envoie le courant sur la ligne, selon qu’il touche ou non le disque q;
- Enfin q est un disque communiquant avec vis et qui continue à établir le courant électrique sur la ligne, quand la manivelle supprime le contact avec et que le rouage marche toujours.
- Le courant est ainsi interrompu, quand le rouage est arrêté, car le commutateur p est abaissé lorsque la goupille o en arrêtant le rouage pousse le doigt n sur la pièce d’acier r. L’extrémité de la pièce p qui est à ressort quitte alors le disque qy et aucun courant ne circulant plus sur la ligne, la lettre que l’on a envoyée est imprimée au récepteur.
- En manipulant cet appareil, on envoie de ce fait un courant inverse sur la ligne.
- Ce courant se trouve interrompu :
- i° Quand on manipule trop lentement et qu’on enfonce la manivelle dans une des entailles du cadran, ce qui coupe le circuit avec / ;
- 2° Quand on manipule trop vite et qu’on enfonce trop rapidement la manivelle dans les entailles du cadran. Le courant dans ce casse trouve bien interrompu en mais comme le rouage n’a pas la même vitesse que la manivelle, le courant se trouve toujours envoyé sur la ligne par le commutateur p jusqu’à l’arrêt complet du rouage.
- Voilà les perfectionnements annoncés dans le titre.
- Quant à leur valeur, c’est aux télégraphistes d’en juger.
- l’une de ses extrémités un rochet d destiné à empêcher le retour en arrière;
- c est la manivelle de transmission abaissant ou relevant la goupille h;
- e est un barillet engrenant avec le pignon f qui porte une roue engrenant avec la vis sans fin f dont l’axe porte le volant régulateur de vitesse;
- g est une roue folle dont la course est limitée par des entailles traversées par trois vis h fixées au couvercle du barillet. Cette roue est taillée en dents de loup, et porte les canelures nécessaires au mouvement de la godille m;
- j est le sautoir qui, entrant dans la roue canelée, empêche les interruptions prolongées sur Ja ligne quand on opère lentement;
- 179920. — LANGLOIS (27 novembre 1886). — Pile
- HYDRO-ÉLECTRIQUE A VASES ÉLECTRODES DE CHARBON
- La pile que M. Lan5Iois nous présente est une pile simplifiée, ne renfermant que deux vases et une électrode. L’invention porte sur trois points :
- i° Le vase électrode. C’est le vase extérieur. II est en verre, et scs parois sont recouvertes d’une couche adhérente de charbon, au moyen d’une feuille de papier derrière laquelle est étendue une couche de parafine de un millimètre d’épaisseur.
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- 20 Le vase poreux. Il est fait en argile de faïence cuite, et il est recouvert de papier de parchemin;
- 3° Les liquides excitateurs. Pour un élément de qi centimètres de hauteur, voici les compositions :
- Vase électrode
- Eau..................... 635 cent cubes
- Acide sulfurique........ 2i5 —
- Bichromate.............. 100 grammes
- Vase poreux
- Eau.................... 540 cent, cubes
- Acide sulfurique........ 54 —
- Chlorure de sodium.... 100 grammes
- Si la présence du chlorure de sodium ici vous étonne, vous saurez qu’il est destiné à absorber l’hydrogène au commencement de l’action et à combattre ainsi la polarisation.
- 1*79897.—ALBERT (2Q novembre 1886).— L'éclaireur,
- GRAND APPAREIL POUR TOUS SIGNAUX
- L’éclaireur de M. Albert n’est autre chose qu’un mât permettant de placer à une grande hauteur un foyer électrique ou tout autre engin destiné à la transmission des signaux. Mais comme les appareils de ce genre ne sont pas facilement portatifs, son mât est une sorte de canne à pêche, dont tous les morceaux rentrent facilement les uns dans les autres, ou pour mieux dire un ensemble de tubes télescopiques qu’on manœuvre au moyen de treuils fixés sur le sol.
- 179886.— ROSS (25 novembre 1S86). Moteur électrique ET VENTILATEUR COMBINÉ POUR FORCER DE L AIR SUR LA FLAMME D’UN BRULEUR A HUILE.
- Pour une idée bizarre, nous vous recommandons la suivante :
- Une lampe à huile dans le fond de laquelle une pile est disposée. Cette pile actionne un moteur minuscule logé dans la partie médiane, avec un petit ventilateur qui envoie de l’air à la flamme.
- Voilà l’invention de M. Ross. Tout commentaire nous paraît superflu.
- 179988. — CASSAGNES (3o novembre 1886). — Perforation par l’air comprimé et transmission automatique DES SIGNAUX STÉNOTÉLÈGRAPH1QUES.
- La transmission autographique des signaux sténoté.lé-
- graphiques comporte deux appareils distincts formant l’objet de ce brevet :
- 1“ Un perforateur à air comprimé;
- 2° Un transmetteur automatique.
- Le premier appareil se compose d’un clavier sténogra-phique dont toutes les touches font fonctionner les valves, qui ouvrent et ferme it l’admission de l’air comprimé à des cylindres dont les pistons agissent sur des poinçons perforateurs.
- Les bandes ainsi perforées portent alors des trous dont la position correspond à celles des touches abaissées. En envoyant des courants électriques par ces trous, on peut donc obtenir à une station éloignée avec un appareil spécial une bande imprimée pareille à celle qu’on aurait obtenue en émettant des courants par l’abaissement des touches sur des contacts.
- L’appareil automatique se compose d’une série de leviers dont une extrémité se termine par un bec retourné. Ce bec entre dans les trous de la bande perforée, lorsque celle-ci, enroulée sur un cylindre est entraînée par un mouvement d’horlogerie 'et qu’elle présente ainsi les trous devant la pointe des leviers.
- Dans ce mouvement l’autre extrémité des leviers vient former contact sur des plaques communiquant l’une avec une pile positive, l’autre avec une pile négative. Par ce système, des courants positifs sont donc envoyés dans la ligne, et reçus par des relais polarisés lorsque les trous passent devant les becs des leviers. Dans les intervalles ce sont, au contraire; des courants négatifs qui sont émis, et qui n’ont d’autre effet que de décharger la ligne.
- (A suivrel
- P. Clemenceau
- CORRESPONDANCE
- Paris i3 Juin 1887
- Monsieur le Directeur.
- Je relève dans un article publié dans votre estimable journal, le 4 juin dernier, sous la signature de MM. Becker et Piérard; plusieurs inexactitudes relatives aux piles du genre Leclanché Je me contente aujourd’hui de rectifier les points suivants : .
- 1° L’élément essayé par MM. Becker et Piérard, désigné par eux sous les noms de MM. Rouma et Franckçn et entre parenthèse sous ceux de,MM. Leclanché et Barbier est l’élément, connu en Belgique sous le nom de M. Bender,
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- 2° L’élément récemment bréveté par MM. Leclanché et Barbier diffère de ce dernier non seulement par les détails de construction, mais encore par la composition du mélange aggloméré, qui ne contient, par exemple, pas un atome de charbon de suc.
- 3* Le nouvel élément Leclanché-Barbier n’est pas encore dans le commrrce ; personne n’a pu l’essayer en dehors de notre laboratoire et les signataires de l’article n’en ont jamais eu entre les mains.
- La comparaison entre l'élément Gassner et ce soit disant élément Leclanché-Barbier n’a donc pas de raison d’être.
- Nous nous réservons de publier, lorsqu’elles seront terminées, le résultat de nos études sur les principaux modèles d’éléments Leclanché dans les conditions de la pratique télégraphique et téléphonique, en les comparant aux nouveaux éléments Leelanché-Barbier dont nous indiquerons alors les avantages.
- Veuillez, M. le Directeur, agréer etc.,
- M. LKtXAXCHK
- L’article en question, tel qu'il nous a d’abord été envoyé’ de Montefiore, ne contenait, comme désignation de l’élément Rouma-Francken, etc., que ces deux noms, et c’est plus tard seulement, que M. Gérard nous a envoyé l’adjonction, indiquée entre parenthèses.
- L’erreur de notre correspondant s’explique, du reste facilement, par le fait que la pile Leclanché-Barbier est une modification de l’élément Bender, (Rouma-Francken).
- La question d’étiquette une fois réglée, les données de l’étude dont il s’agit n’en restent pas moins intéressantes, comme comparaison entre quelques éléments genre Leclanché et la pile sèche Gassner (1).
- La Rédaction
- (!) Puisque nous avons l’occasion de revenir sur r e sujet, on nous permettra, en nous plaçant à un point de vue purement documentaire, de signaler une pile, due à M. Thiébaut, et qui offre avec l’élément Gassner, une assez grande ressemblance; elle remonte à 1881. (Brevet français du 26 avril 1881 et additions des 16 août e t 3 a-Vril 1882).
- Cette pile comprend :
- a) Un vase extérieur en zinc, constituant l’électrode négative et supprimant le vase de verre.
- b) Une électrode positive, composée d’un charbon cen-
- FAITS DIVERS
- Nous avons publié les recherches de M. d’Arsonval sur la mort par l’électricité, et dernièrement, nous annoncions ici même l’accident arrivé à un de nos amis; le Dr Zacharias, l’électricien bien connu de Berlin, a cité également quelques faits personnels à ce sujet.
- En touchant avec les deux mains des parties non isolées d’une lampe à arc, alimentée avec un potentiel d’environ 20c volts, l’opérateur reposant sur un sol humide, fut soumis à une série de chocs violents et douloureux, et ne put lâcher le circuit qu’avec l’aide d’un auxiliaire qui le souleva de terre.
- Dans un autre cas, au contraire, avec la même machine, mais avec un sol sec, les secousses étaient à peu près celles d’une bobine de Ruhmkorff (l’opérateur formait alors une dérivation sur 4 bougies Jablochkoff.)
- Avec les courants continus, d’une tension de 3oo volts, l’auteur n’a été que fort peu impressionné; étant aux mines de Hohenzollern, en marchant le long de la voie du tramway électrique, il glissa et toucha en même temps, des pieds le rail et d’une main le conducteur aétien.
- L’auteur, qui paraît avoir la spécialité de ces sortes d’expériences, a également reçu un jour un fort choc dans le bras entier, en voulant disconnecter avec le doigt nu un électrodynamomètre mesurant un courant avec i5oo volts de tension.
- On écrit à VElektroteclinischer An^eiger de Berlin, que des phénomènes électriques curieux se sont produits pendant deux jours d’un temps très sec, dans l’imprimerie de M. Wallan, à Mayence. On pouvait tirer des étincelles de plusieurs centimètres avec le doigt de toutes les parties des différentes machines.
- Le papier dans les presses dégageait des étincelles pendant le travail des machines. A un moment ces étincelles é.aient si fortes que les ouvriers refusaient de travailler
- tral, entouré soit d’un mélange de charbon et de péroxyde de manganèse en grains, soit de charbon et de péroxyde de plomb ou de minium, soit même de grains de charbon, platiné ou non, ou enfin d’agglomérés système Leclanché.
- c) Une pâte excitatrice, composée de plâtre, d’eau, de chlorure de sodium ou d’ammonium et quelquefois d’autres matières ayant un rôle plus ou moins actif.
- Dans le brevet principal, il n’y a pas de péroxyde ni de charbon en grains directement autour du charbon central, et la pâte excitatrice e$t composée de potasse perlasse, de plâtre, d'eau et de ppéroxyde de manganèse,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- parce qu’ils ne pouvaient s’approcher des machines sans en faire sortir des étincelles. L’imprimerie fonctionne depuis plusieurs années, mais on n’a jamais observé un phénomène pareil, qu’on attribue à ce fait que tout l’établissement est pavé en asphalte, et en quelque sorte isolé. Au bout de deux jours tous les phénomènes avaient cependant disparu, et ils ne se sont pas manifestés de puis.
- D’après les journaux anglais, un inventeur anglais M. Hargraves aurait construit un moteur qui, avec une consommation de 9 litres de goudron de houille par heure,'donnerait la force de 3o chevaux, au prix actuel de ce produit, la force motrice reviendrait à peine à 2 centimes par cheval-heure, et l’inventeur prétend qu’il n’a pas fini ses expériences et qu’il arrivera à marcher à meilleur compte encore.
- On annonce qu’unegrande Société vient deseformer en Belgique, pour l’exploitation des procédé Cowles, nous rappelons que se dernier est arrivé à produire 11 grammes d’aluminium par cheval, tandis que le procédé du D' Kleiner de Zurich, ne permettait que d’en obtenir trois et demi.
- On annonce la mort d’un physicien Italien de mérite, le P. Cecchi, professeur de physique à Florence. Le P. Cecchi auteur de travaux importants en sismologie, s’était également occupé des applications électriques, on cite de lui, un dispositif d’électro-aimants, un régulateur à arc, un moteur électromagnétique et une machine électrique d’induction.
- Le correspondant du journal VEngineer de Londres écrit de Berlin, que deux télégraphistes, un homme et une femme, sont actuellement en traitement dans cette ville pour une nouvelle maladie, la chute des ongles des doigts;
- Le professeur Mendel attribue cette maladie aux secousses constantes en manœuvrant'le système Morse avec l’extrémité des doigts.
- N. Preece, l’électricien en chef du département des télégraphes en Angleterre, a déclaré à la dernière féunion de la .Hociëty of Telegraph Engitieers and Elec-triciahs, que le Parlement serait prochainement saisi d’un projet de loi portant düverture d’un crédit de 5o millions
- de francs pour le remplacement d’une grande partie du réseau aérien du pays par des conducteurs souterrains.
- Les explosions récentes du grisou en Angleterre et en Ecosse, ont amené M. Ellis-Lever, de Manchester, à renouveler son offre d’une prime de i2,5oo francs pour la production d’une lampe de mineur parfaite et portative dans un délai d’un an.)
- La Commission de l’Exposition de Newcastle, a accordé une permission à MM. Woodhouse et Rawson, pour la construction d’un tramway électrique sur un parcours d’un demi mille, à travers les jardins de l’Exposition.
- La voie est construite avec la jauge ordinaire des tramways, et un troisième rail entre les deux rails ordinaires sert de conducteur à l’électricité. Le circuit est complété par les deux autres rails reliés ensemble, mais sans être isolés.
- Le rail central a une isolation 'primitive, il est monté sur des blocs imprégnés d’asphalte d’une épaisseur de 10 centimètres.
- La vitesse du moteur n’est que de 800 tours. A chaque extrémité de la voiture il y a des commutateurs et des résistances, qui pei mettent de varier la vitesse de la voiture pendant la marche, ^ainsi que d’arrêter et de mettre le wagon en mouvement.
- Les manivelles de ces commutateurs sont mobiles, et le conducteur les transporte, avec lui pour empêcher les voyageurs de s’en servir pendant qu’il serait occupé à l’autre extrémité de la voiture.
- Le moteur donnera 20 chevaux. Le générateur est de la même dimension que le moteur, mais il marche à 1000 tours au lieu de 800 par minute.
- Un inventeur américain, M.Ënos, a imaginé une nouvelle méthode de traction électrique sur des lignes aériennes. Les wagons sont suspendus sous la voie au lieu de passer au-dessus, Ce qui permet de donner à celle-ci une très grande légèreté.
- La double ligne est établie sur une seule rangée de piliers qui portent en travers des consoles doubles sur les extrémités desquelles reposent de chaque côté des poutres à treillis en fer, l’une constitue la voie montante, l’autre la voie descendante.
- Les chariots auxquels sont suspendus les wagons sont munis d’un double jeu de roues à gorge, celles d’en haut qui portent le poids de l’appareil reposent sur un rail, sur la face supérieure de la poutre; celles d’en bas qui guident le système, embrassent un rail renversé établi
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- sur la face inférieure, un déraillement est donc presque impossible.
- Le courant électrique est fourni par une usine centrale, et envoyé dans les moteurs par le rail supérieur qui est isolé de la charpente métallique, et qui forme un conducteur continu. 11 est recueilli par les roues supérieures elles-mêmes, et agit dans des moteurs du système Daft. Le circuit est complété par le rail inférieur.
- La hauteur des piliers est assez grande pour que le jour des voitures soit à 4“,25 au-dessus de la rue.
- Le système a été essayé dans les ateliers de la Compagnie Daft, à Greenville, sur une ligne expérimentale de 3oo mètres, et va être essayé pratiquement, à Los An-gelos, en Californie, ce qui permettra d’apprécier sa valeur pratique.
- Éclairage électrique
- L’Exposition annuelle de la Société de physique qui a eu lieu dernièrement, était éclairée le soir à la lumière électrique avec 10 foyers à arc du système Cance, et 16 lampes à incandescence. Le courant était fourni par une machine Gramme de 3oo ampères et de 70 volts, actionnée par une machine à vapeur de i5 chevaux, qui servait dans la journée à actionner une autre machine Gramme donnant la charge à une batterie de 40 accumulateurs, employés pour les expériences de soudure électrique.
- On annonce que des essais d’éclairage électrique auront lieu prochainement dans le quartier de l’Europe.
- On annonce q je ie directeur du Gymnase vient de traiter avec M. Clémançon pour l’installation de la lumière électrique dans ce théâtre.
- Après avoir violemmennt combattu les projets de la Compagnie Edison à Saint-Etienne et après avoir menacé la municipalité de cette ville d’un procès à cause d'une concession d’éclairage électrique accordée à la Compagnie Edison, la Société du gaz de Saint-Etienne vient d’offrir à la ville de se charger de l’installation de la lumière électrique dans le théâtre municipal.
- Le niaire de Lyon vient de prendre un arrêté rendant Obligatoire l’éclairage électrique de la scène, de la salle et des dépendances des établissement suivants : Grand-
- Théâtre, Céleslins, Bellecour, Variétés, Gymnase, Casino, Scala.
- Un délai de cinq mois est accordé aux propriétaires de ces diverses salles. Passé ce délai, la fermeture de tous les établissemedts qui ne se seraient pas conformés aux prescriptions de l’arrêté sera immédiatement ordonnée.
- Le Ministère des postes et télégraphes et des chemins de fer en Belgique étudie en ce moment un projet d’éclairage électrique pour l’amélioration de l’éclairage dans les trois principales gares de Bruxelles.
- Des expériences d’éclairage électrique ont eu lieu dernièrement au château de l’Escurial en Espagne. La force motrice disponible n’étant que de 3o chevaux, on n’a pas pû faire fonctionner les cinq dynamos que comprend l’installation, et qui sont destinées à alimenter 16 foyers à arc, on a dû se contenter d’éclairer l’église seulement, avec 8 foyers dont une de 4,000 bougies en haut de la plus grande des tours.
- La Compagnie du gaz de Milan avait commencé des poursuites devant le tribunal de commerce de cette ville, contestant la légalité de la concession accordée à la Société Edison par la municipalité. Le tribunal vient de rendre un jugement déboutant la Compagnie du gaz et déclarant que :
- 1“ La municipalité n’a pas violé l’article 5 de l’acte de concession accordé à la Compagnie du gaz en autorisant l’installation de l’éclairage électrique. r-
- 2” La municipalité est dégagée de la restitution de toutes les pertes et diminutions de recettes que la Compagnie du gaz a pu subir de l’introduction de la lumière électrique dans les théâtres, rues et places publiques.
- La Compagnie du gaz a fait appel de ce-jugement.
- La Société des ateliers de construction d'Oerlikon,prèsde Zurich, en Suisse, a déjà fait un nombre considérable d’installations d’éclairage électrique, tant en Suisse qü’à l’étranger.
- Le nombre des dynamos fournies par la Société s’élève’ à plus de 79, qui servent à l’alimentation d’un total de 245 foyers à arc, et de 1998 lampes à incandescence.
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- LA . L UMIÊRE ÊLEC TRIQUE
- MM. Thompson, Ritchie et C“, de Londres, viennent d’installer la lumière électrique dans le nouvel hôtel Victoria de cette ville.
- L’installation comprend deux paires de machines verticales actionnant chacune une dynamo Elwell-Parker, capable d’alimenter toutes les lampes de l’hôtel. Après minuit le courant sera fourni par une batterie d’accumulateurs.
- Le nombre des lampes dépasse mille.
- La construction de l’usine centrale d'éclairage électrique, à Elberfeld, a déjà commencé, et l’on espère pouvoir commencer l’exploitation le i" octobre prochain.
- La Compagnie Gulcher vient de terminer l’installation de la lumière électrique dans le château de M. Nevill, à Elsted, près de Pecersfield.
- Les machines sont installées dans une maisonnette spéciale, à une vingtaine de mètres du château, et se composent d’un moteur à pétrole du système Spiel de 2 chevaux qui actionne une dynamo Gulcher. Cette dernière fournit la charge à 27 accumulateurs Elwell Parker qui alimentent les lampes au nombre de 38. Le courant est amené dans la maison au moyen de deux câbles
- C’est la première fois qu’un machine à pétrole a été employée pour l'éclairage d’une maison particulière, mais l’expérience semble avoir pleinement réussi.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le bureau des télégraphes à Gand (centre) sera prochainement agrandi considérablement.
- L’exécution des travaux se fera après ajudication publique et les frais sont estimés à 52,190 fr.
- Le câble télégraphique entre Howth et Holyhead, qui contient sept conducteurs, dont quatre sont défectueux, a été enlevé pour subir les réparations nécessaires, et il sera replacé à un autre endroit.
- L’Eastern Telegraph C% annonce qu’une ligne terrestre a été construite et ouverte au trafic entre Àcera, sur la côte ouest d’Afrique, Winnebah, Sait Pond et Cape Coast Caâtle.
- Pendant une récente interruption du câble entre Sin-
- gapour et Saint-Jacques, en Cochinchine, qui coïncidait avec un dérangement sur les lignes terrestres du Siam, les télégrammes de Chine à destination de Singapour ont dû être envoyés à Rome, après avoir traversé toute l’Asie, toute l’Europe, les mers entre l’Italie et les Indes et encore une partie de l’Asie.
- On annonce l’établissement prochain d’une communication téléphonique entre Lille, Roubaix et Fournies. La ligne serait prête à fonctionner au mois de septembre prochain.
- La commission chargée par le gouvernement Italien, d'étudier la réglementation à adopter pour l’industrie téléphonique, vient de déposer son rapport. Celui-ci est fait dans un sens très libéral et a le grand mérite de sauvegarder les intérêts de tous, aussi bien de l’Etat et du public que des concessionnaires.
- Les principaux poinrs proposés par la commission sont les suivants : !s monopole reste au gouvernement qui accordera des concessions de 20 ans à l’industrie privée. Des communications interurbaines pourront être établies, mais dans ce cas le gouvernement aura une part dans les bénéfices
- Enfin, chose très importante, le téléphone est déclaré d’utilité publique et son service assimilé sous ce rapport à celui du télégraphe.
- Les tribunaux de la Nouvelle-Orléans, viennent de rendre une décision importante. Les autorités municipales de la ville avaient essayé de faire payer à la Compagnie des téléphones, une taxe de 25 francs par appareil installé et fonctionnant. Cette taxe a été déclarée illégale par les tribunaux.
- Le Directeur de la Metropolitan Téléphoné C° de New-York a déclaré que la moyenne du nombre des communications demandées journellement aux bureaux centraux de la Compagnie, s’élève à 9 ou 10 par abonné; dans quelques bureaux cette moyenne est de i3, par exemple dans les quartiers des affaires.
- Certains abonnés dépassent de beaucoup la moyenne, car plusieurs des sociétés de navigation demandent en moyenne jusqu’à cent communications par jour.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Électrique, 3l, boulevard des Italiens Paris. — L. Barbiet.
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- Journal univehel d’Électricité
- 31, Boulevard 4es Italiens, Paris
- DIRECTEUR I Dr CORNELIUS HERZ !
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- 9* ANNÉE (TOME XXIV)
- SAMEDI |25 JUIN 1887
- N” 26
- SOMMAIRE. —"La dynamo'Westminster ; B. Marinovitch. — Chronomètre électrique pour mesurer la^vitesse des ~i-mpressions nerveuses .; D' d’Arsonval. — Le fer-et sonlemploi dans la télégraphie électriqqe aérienne ; A. Perrin. — Nouveau régulateur à arc de M. P. Létang ; P.-H. Ledtiboer. —r A propos d’une nouvelle sonnerie ; E. Meylan. 4-Etudc sur un. volt.amètre-é;alpn. ; A. Minçt. — Sur les dynamos jcompouhds; J. Mouticr. — Revue des travaux récents en électricité : Sur la conductibilité des sels anormaux et dés acides en dissolution étendue, parM. Bouty. — Relation entre la section du fer dans l’armature et le champ d’une dynamo 'Gramme1. — Recherches stir l’aimantation des cristaux, par M. Koenig.— Signal automatique de fin de conversation ndur réseatix téléphoniques, de M. Oesterrcich. — Sur une application du téléphone alla recherche des projectiles dans le- corps humain, par M. Schoentjes. — Remarques sur les accumulateurs, par W. Kohlrausch. —Sur les décharges d’électricité de haute tension par les pointes, par A. V. Obermaycr et M. Ritter v. Pichler. — La ligne artificielle de Siemens et Halske.— Transformation > es courants induits en courants continus et réciproquement, par J. G. Puerthner. — Correspondances spéciales de l’étranger : Allemagne ; D' H. Michaëlis. — Angleterre; J Munro. — Autriche ; J. Kàreis. — Etats-Unis ; J. Wetzler. — Brevets d’invention : P. Clemenceau, — Correspondance : Lettre de M. Schoentjes. — Faits divers.
- DYNAMO WESTMINSTER j
- ------------------------------------ j
- j
- MM. Latimer Clark, Muirhead et Cf* construi-i sent actuellement, sous le nom de dynamo West-minster, un type de machine à double enroule- j ment très remarquable par ses qualités électriques j et mécaniques. j
- La figure i donne le schéma de l’enroulement, j la figure.2 représente une vue perspective de! cette machine. j
- Avant de s’arrêter à ce type qui est, comme on , lè voit, une machine à pôles conséquents, MM. Latimer Clark, Muirhead et Cle, ont fait un grand nombre d’essais comparatifs et construit plusieurs modèles d’expérience. Ils se sont même arrêtés assez longtemps à un type qui portait le nom de dynamo Regency et dont plusieurs spécimens servent encore à l’éclairage de divers établissements de Londres. j
- Dans cette machine qui rappelle beaucoup la machine Edison et qui devient même identique à cette dernière, pour peu que l’on la pose à l’envers, les inducteurs sont formés par un électro- ! aimant en fer à cheval et les pièces polaires sont j énormes. ..
- Les expériences faites sous la direction de M. F.-W. Andersen , ingénieur danois, qui s’occupe avec une habileté très grande de tout ce qui concerne la construction des dynamos dans les ateliers de MM. Latimer Clark, Muirhead et Gle, ont montré qu’en disposant la même quantité de fer et de cuivre sous la forme adoptée pour la dynamo Westminster ; on augmentait l’utilisation spécifique de la matière dans le rapport de io à i3.
- Ce résultat tient évidemment surtout à la continuité du circuit magnétique.
- La dynamo Wesminster offre, d’ailleurs, sur la dynamo Regency des avantages d’ordre mécanique très appréciables. A moins de tomber absolument dans le type Edison, on avait été obligé de mettre dans la dynamo Regency (ce nom n’a pas, comme on pourrait le supposer , une origine aristocratique, il vient tout simplement du nom de la rue, Regency Street, où sont situés les ateliers de la maison Latimer Clark, Muirhead et Cie, de même pour la dynamo Westminster) la bobine en haut de sorte que, pour éviter la trépidatipn , la machine devait être très soigneusement construite et solidemeut boulonnée sur son socle.
- Dans la dynamo Westminster l’arbre est tout près de la plaque de fondation; la machine toute entière est d’ailleurs ramassée et de construction très élégante.
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- /•' N. 1
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Voici un tableau des différents modèles que construisent actuellement MM. Latimer Clark, Muirhead et C10.
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- WD 6 IOO 8 ' 1,000 750 90
- w6 9 i5o 12 i3o
- w 12 200 16 750 17P
- W8 w9 20 35o 25 5oo 2Ô0
- 3o 5oo 40 5oo 336
- Wl0 5o 850 • • • 250 5oo
- Grâce à l’obligeance de M. F. V. Andersen, nous pouvons faire connaître d’une façon très complète les donnés des types W5 et W8.______
- Données du type Wb A. Poids
- I. Cuivre.— Circuit induit....... 21
- Circuit inducteur (en série)...... 34
- — (en dérivation).. 66 121 lbs
- II. Fer.— Inducteurs :
- Noyaux (fer forgé)............... 118
- Pièces polaires (fer fondu)...... 412
- Noyau de la bobine, commutateur, etc....................... 224 7^4 Iks
- Machine complète................ 875 lbs
- Soit.... 397 kilog.
- B. Dimensions
- D. Rendement
- L’excitation est faite au moyen de :
- 1950 ampères-tours dans le gros fil;
- 53oo ampères-tours dans le fil fin.
- Les extrémités du circuit à fil fin sont reliées aux balais ainsi que le montre le diagramme de la figure 2.
- Résistance de la bobine......... 0,067 ohm
- — des inducteurs gros fil. 0,025 —
- — — fil fin.. 31,5 —
- Chute de potentiel dans le circuit inducteur en série = 0,025 X60 = i,5 volt.
- Intensité dans le circuit inducteur en dériva-
- . io3 — i,5 , ,
- tton =—--—-t-= 3,22 ampères.
- 31,5
- Chute de potentiel dans la bobine = 63,22 X 0,067 = 4,24 volts.
- La force électromotrice totale développée dans le fil induit est donc
- Longueur totale
- Largeur .....
- Hauteur*.....
- 0,914 mètre 0,564 — 0,482 —
- Ë s=s io3 4 4,24 + i,5 == 108,7 volts Le courant total fourni est d’autre part
- Ck Puissante
- I = 60 + ?,22 = 63,22 ampères
- Nombre dé toür par minute. *..*.*.>.*.* 1000
- Nombre d’ampère dans le circuit extérieur * 60
- Différence de potentiel en volts aux bornes io3
- ce qui donne pour le rendement électrique de la machine : .
- P
- 103 X 60 108,7 x 63,22
- = 89,6 0/0
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 605
- Lorsqu’on a besoin d’un rendement aussi élevé que possible avec une vitesse très réduite, on prend du fer forgé pour les pièces polaires aussi bien que pour les noyaux; et, alors, l’énergie dépensée par l’excitation du champ magnétique est beaucoup moindre et on obtient facilement un rendement électrique de 92,5 0/0. Dans les grands modèles le rendement atteint 94 0/0.
- Les densités de courant dans les différents circuits sont les suivantes :
- Cette valeur est à peu près constante pour les types de dynamo Westminster; elle se rapporte à la longueur totale de fil enroulé sur l’induit et non seulement au fil extérieur, et peut servir à établir un parallèle entre cette machine et les autres types existants.
- Elle est comparable à celles que donnent les machines réputées les meilleures, Manchester, Crompton, Edison, Weston, Kapp, etc.
- Anneau................... 3,25 amp. par m.m2
- Circuit excitateur en série. i,32 — —
- — '«*. dériv. 2,01 — —
- Dans ces conditions les machines peuvent fonctionner continuelle ment avec le maximum de charge, sans que l’c-chauffementsoit sensible et, de fait, la température du fil ne s’élève jamais au-dessus de 450 C.
- La longueur totale du fil bobiné sur l’arma- Fig. â
- ture, qui est un
- anneau genre Gramme, est de 127 mètres. Les deux moitiés de l’anneau étant groupées en dérivation, la force électromotrice développée par mètre de l’inducteur à la vitesse de mille tours est
- Ainsi, dans la machine Edison n° 4, qui a pourtant une puissance d’une fois plus grande, cette constante est égale à o, 14.
- Nous regrettons de ne pouvoir calculer, faute de données, la valeur du champ ma-nétique, qui est certainement le meilleur mode de comparaison des diffèrents types.
- Nous pourrons faire ce calcul pour le type plus grand, désigné dans le tableau qui précède par la let-
- 108.7 ,
- 637F = l*1 volt
- Les dimensions de la bobine donnent comme vitesse linéaire par seconde delà couche moyenne des spires pour mille tours à la minute la valeur 9“ 97*
- On a donc, par mètre de conducteur et pour une vitesse linéaire de un mètre à la seconde :
- 1,7 J 9>97
- = 0,171 volt
- tre W8.
- Données du type W8 ’
- Nombre de tours par minute..... 425
- Différence de potentiel aux bornes 102 volts Intensité dans le circuit extérieur. 2o5 ampères
- Résistance de l’anneau......... 0,025 ohm
- Résistance du circuit inducteur
- en série.................. 0,0045 ohm
- Résistance du circuit inducteur
- en dérivation.............. 20 ohms
- Intensité dans le circuit dérivé. 5,10 ampères Perte de potentiel dans l’anneau..........i2I0X0,025 = 5,25 VOltS_
- Perte de potentiel dans le circuit inducteur en série
- ÎIOX 0,045 = 0.95 volts
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- 6ü4
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Perte de potentiel totale 5,25 + 0,95 = 6,20 volts B. Poids 1. Cuivre.— Anneau Inducteur en série 120 lbs 9°
- A. Rendement Inducteur en dérivation.. II. Fer.— Anneau 286 496 lbs 590
- Force électromotrice totale 108,2 volts Inducteurs. 1848 2438
- E = 102 -j- 6,2 = Arbre et commutateur.... 200
- Intensité totale I—2o5-}-5,10= 210,1 ampères Bâti 480 680
- 102 x 2o5 _ p “ 108,2 X 210,1 92 0/0 Poids total 1.... Soit 3614 lbs’ 1639 kilog.
- C. Champ magnétique.—Si l’on désigne parM ]e flux total des lignes de force dans la machine, par n le nombre de tours à la seconde, par t le nombre de spires de la bobine, et par E la force électromotrice totale comptée en volts, on a entre ces quatre grandeurs la relation
- £'. io8 = M. n. t.
- qui donne la valeur de M, en unités absolues. Dans la dynamo Westminster on a
- D’où
- E = 108,2 42 5 u
- n = ~- = 7,08 00 '
- t = 180
- M =
- 108.2 x 1 o8 7,08 x 180
- = 8498 X IO3
- La longueurde la bobine est de 43, t centimètres et le diamètre moyen de spires de 40,6 centimètres.
- La valeur du champ magnétique, est donc
- 8493 x 1 o3 7tX2o,3x43,i
- = 3090 unités absolues
- Cette valeur est analogue à celle des meilleures machines dynamos connues.
- Au point de vue mécanique, la machine présente des détails intéressants. Ainsi le montage de l’anneau sur l’arbre, est fort ingénieux.
- La figure 3 montre une coupe verticale faite sur l’axe de l’arbre, et indique la construction de l’anneau, le fil étant supposé enlevé. L’anneau qui est du type Gramme, comme nous avons dit plus haut, est maintenu sur l’arbre au moyen de deux croisillons en bronze, munis de projections parral-lèles, à l’axe de l'arbre. Les projections s’assemblent à mi-épaisseur et sont tournées extérieurement suivant un diamètre égal au diamètre intérieur du noyau ; ce dernier est formé par la réunion d’une série d’anneaux plats très minces en fer bien recuit, isolés les uns des autres par des feuilles de papier gomme-laqué.
- On place d’abord le croisillon de gauche qui apeuie sur un collet de l’arbre, puis le noyau de fer doux et enfin le deuxième croisillon que l’on serre contre le premier au moyen de deux écrous.
- Par suite des projections horizontales des croisillons, il se produit des vides dans l’enroulement
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- fco'j
- de l’annéau, mais ces vides placés dans l’intérieur de Panneau n’offrent aucun inconvénient.
- La figure 2 montre le mécanisme de réglage des balais.
- . Les balais sont fixés à un disque de bronze, qui tourne à frottement doux sur l’arbre et auquel pn transmet par un système de vis et d’engrenage à denture héiiçoïdale. le mouvement d’une manivelle placée à portée de la main.
- Toutes les parties de la machine sont d’ail-; leurs simples et d’une constructiontrès facile.
- Je ne veux pas terminer cet article sans remercier M. F. V. Andersen de l’obligeance toute particulière avec laquelle il m’a fourni les renseignements qui précèdent.
- B. Marinovitch
- CHRONOMÈTRE ÉLECTRIQUE
- POUR MESURER
- LA VITESSE DES IMPRESSIONS NERVEUSES
- Cet instrument qüe j’ai présenté il y a dix-hui mois à la Société de Biologie, répond à un besoin de la clinique des maladies nerveuses.
- Il a pour but de mesurer très simplement et directement la vitesse de l’agent nerveux.
- Cette mesure a été effectuée pour la première fois par Helmholtz à l’aide de Ja méthode graphique ( cylindre enregistreur recouvert d’un papier enfumé avec diapason chronographe ).
- Marey et ses élèves ont simplifié la méthode mais en se servant toujours du papier enfumé et du diapason.
- Ce procédé, excellent dans un laboratoire , est absolument inapplicable au lit du malade.
- Mon instrument est basé sur un tout autre principe ; il donne directement sur un cadran la mesure cherchée, exprimée en centièmes de seconde, à la façon d’un chronomètre à pointage.
- Il se compose essentiellement d’un mouvement d’horlogerie qui, grâce à un régulateur genre Foucault simplifié, imprime à un axe une vitesse de rotation uuiforme de un tour par seconde. Cet axe se termine par un petit plateau . E11 face, et sur son prolongement, se trouve un second axe, muni également d’un plateau, et qui traverse un cadran divisé en 100 parties égales. La seconde
- extrémité, de cet axe porte une aiguille se mouvant sur le cadran divisé.
- Ces deux axes sont absolument indépendants tant qu’un courant électrique suffisamment intense passe dans le petit électro-aimant placé derrière le cadran divisé. Cet électro, rendu actif, attire le petit plateau en fer doux qui termine lie second axe. .
- Supposons, au contraire, qu’on rompe le cou-i rant; le plateau de fer, grâce à un ressort antagoniste, se précipite sur le plateau terminant l’axe du mouvement d’horlogerie . Les deux axes font corps instantanément et l’aiguille se meut sur le cadran divisé à raison d’un tour par seconde.
- Le fonctionnement de l’instrument est, on le voit, des plus simples. / :
- Pour mesurer un espace de temps très court, il suffit, en effet, de s’arranger de façon à ce que le début du phénomène rompe le courant et à ce que sa fin le referme. Au moment même où le phénomène se produit, l’aiguille part à raison de 1 tour à la seconde (puisqu’elle fait corps avec l’axe du mouvement d’horlogerie qui tourne d’une façon continue) et cette aiguille s’arrête au moment même où le phénomène cesse. On n’a donc, pour connaître la durée exacte du phénomène, qu’à lire le nombre de divisions parcouru par l’aiguille: on a ainsi le temps exprimé en centièmes de seconde..
- On peut avoir le millième, si on le désire, en donnant au mouvement d’horlogerie une plus grande vitesse.
- L’important est de réduire au minimum le temps perdu de l'appareil. J’y suis arrivé en faisant toutes les pièces mobiles extrêmement légères d’abord, et en prenant pour électro-aimant un de ces petits appareils qui ont servi de signal électromagnétique à Marcel Deprez et à Sebert.
- D’ailleurs, dans l’espèce, ce retard, qui est ici absolument négligeable, n’a aucune importance à la condition qu’il soit constant, puisque l’appareil n’est pas destiné à des mesures absolues, mais bien à de simples comparaisons.
- Pour adapter cet appareil à la mesure des sensations nerveuses, il suffit de lui adjoindre deux petits instruments fort simples figurés à côté du chronomètre. Le premier est tenu parle médécin, le second par le malade. Ce dernier ayant les yeux fermés, le médecin le touche en un point du corps qu'il s'agit d’explorer. Au moment même où a lieu le contact, l’aiguille du chronographe
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- 6a6 LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- part, parceque ce contact rompt le circuit grâce à la disposition du manipulateur que la figure explique d’une façon suffisamment claire.
- Quand le malade a senti, il serre la presselle, rétablit le courant et arrête l’aiguille.
- On lit ainsi sur le cadran, exprimé en centièmes de seconde, le; temps qui s'est écoulé entre l’instant où le malade a été touché par le médecin et l’instant où il a perçu cet attouchement.
- • Je n’insiste pas ici sur l’analyse des phénomènes intermédiaires qui constituent le reflexe conscient,
- c’est une analyse purement physiologique qui sortirait complètement du cadre de ce journal,
- On comprend immédiatement qu’on peut ainsi comparer très rapidement la vitesse des sensations dans les différents points du corps, voir si les deux moitiés du corps sont bien semblables à cet égard. On peut reconnaître si la moelle épinière est normale ou malade, quel est le point malade, etc... Il en est de même pour les nerfs. On peut établir un diagnostic de maladie ner-
- veuse, en suivre les progrès ainsi que l’action de la médication.
- Il est très facile à l’aide de cet instrument de reconnaître les personnes qui simulent des désordres nerveux du mouvement et de la sensibilité, comme le cas est fréquent chez les hystériques, par exemple.
- On peut dire qu’à l’aide de cet instrument, le clinicien étudie les lésions du système nerveux et arrivera les localiser comme un électricienjrecher-che les défauts d’une ligne télégraphique.
- J’ai entrepris à l’aide de cette méthode, soit seul ,\ soit en collaboration avec M. Brown-Séquard, toute une série de recherches qui m’ont déjà donné des résultats très intéressants au point de vue des différentes causes, physiques ou mo-
- rales, qui modifient profondément l’état de nos centres nerveux.
- J’ajoute que ce petit instrument, très maniable et très portatif, s'applique très bien à tous les phénomènes de courte durée. M. Ch. Verdin, 6, rue Rollin, qui a établi cet instrument sous ma direction, s’est très habilement tiré des difficultés de construction qui nous avaient arrêtés au début.
- Les différentes sensations (pression, chaleur, piqûre, froid, électricité, etc...) se transmettent avec des vitesses différentes. Certaines maladies du système nerveux font disparaître les unes pour exalter les autres, etc... Il me suffit d’indiquer ces faits pour montrer à quel nombre considérable de recherches s’applique ce petit instrument, qui emprunte toute sa valeur à l’agent électrique.
- Dr. A. D’Arsonval
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- JOURNAL * UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- . .j , LE FER ET SON EMPLOI
- ! DANS LA
- TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE
- AÉRIENNE (i)
- Condition relative à la conductibilité. — Pendant longtemps on s’est borné à recevoir le fer sous les conditions que nous venons d’étudier. Mais peu à peu, la nécessité d’écouler un grand nombre de dépêches par les fils principaux, a introduit l’usage d’appareils à grande vitesse, tels que le Hughes, le Wheatstone, le Baudot, etc. On fut donc conduit à réduire au minimum la résistance des conducteurs, sans augmenter pour cela leur diamètre, afin de ne pas modifier les conditions de stabilité des lignes.
- L’augtnentation de la résistance des lignes augmente indirectement la charge statique, d’où il suit (que la capacité du conducteur intervient d'une façonplus désavantageuse sur le régime des charges et des décharges de la ligne, ce qui amène une confusion dans. les signaux se succédant avec une grande rapidité.
- C’est aux Etats-Unis qu'on paraît s’être, en premier lieu, préoccupé d’imposer au fil de ligne une conductibilité minima.
- En 1870, la Pacific and Atlantic Telegraph Company" résolut d’étendre son réseau de Memphis à la Nouvelle-Orléans, et elle passa un marché avec MM. Faire, Follet et C°, de Boston, pour la fourniture de 800 milles de fil de fer galvanisé, dont la résistance ne devait pas dépasser 16 ohms par mille (environ 10 ohms par kilomètre).
- Les constructeurs durent donc chercher une méthode quelconque qui leur permit de mesurer la résistance du fil avant de le livrer à la Compagnie. Ils confièrent ce travail à M. Stearns, qui imagina la disposition suivante, grâce à laquelle cnaque longueur d’un pied anglais (o,3o ni.) du conducteur était soumis à un essai de résistance.
- L’appareil n’est au fond qu’un pont de Wheatstone à fil divisé dans la branche ac duquel, le fil à essayer passe d’un mouvement lent et continu.
- (i) Voir La Lumière Électrique du 18 juin 1887.
- Les contacts sont pris eh d et e, dans dfes pièces taillées en forme de V, où le fil est nqaintequ pqr la pression de deux poids WfW, fixés à des leviers/ pivotant en w, afin de pouvoir céder aux inégs* ités du conducteur.
- Ces contacts sont reliés par des fils ayant chacun une résistance de 0,2 ohm aux sommets a et c, de sorte que la prise d’essai du fil de fer forme le quatrième côté du quadrilatère abcea, Quand le conducteur intercalé entre de te rem-' plitles conditions du contrat, c’est-à-dire lorsqu'il a' ‘ sous une longueur de 33 pieds (environ 10 mètres) une résistance de o, 1 ohm ( ce qui correspond a une résistance de 16 ohms pour 5280 pieds ou’
- 1 mille de 1609 m.), le contact mobile/, qui termine d’une part la diagonale galvanomètre, occupe le milieu du fil divisé bc en fer, dont la résistance totale est 1 ohm ; alors les branches de proportion du pont a b et bf, sont égales entre elles et ont chacune une résistance de o,5 ohm.
- Si la résistance de la section de dépasse 0,1 ohm, l’aiguille du galvanomètre ne restera plus au zéro , et pour l’y ramener, il faudra porter le curseur/ vers le sommet c ; il faudrait au contraire, le déplacer vers b, si la conductibilité du fil de est supérieure à celle du type.
- Les divers conducteurs qui constituent le quadrilatère sont groupés dans un espace assez restreint pour qu’ils aient tous la même température.
- Le galvanomètre G, est un instrument à aiguilles astatiques suspendues par un fil très fin; et la pile d’essai P, se compose de 4 éléments Daniell, d’une faible résistance intérieure, associés en ou-“ tre en quantité.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- , Il parait même, que l’appareil donne des indications suffisamment exactes aux constructeurs, lorsqu’on Substitue au galvanomètre un relais polarisé très sensible , commandant le circuit local d’une sonnerie, qui fonctionnera dès que la résistance. entre d et e augmentera un tant soit peu’.
- ; Cette disposition évite à l’électricien une surveillance de tous les instants,
- . L’appareil de Stearns s’est répandu dans les usines françaises surtout pour l’essai du fil de cuivre, ( Laveissière et.fils, Lazare Weiller ) ; seulement, le conducteur * au lieu de passer sur des galets servant de contacts électriques , s’enroule sur un cyiindr'& en' bois.çreusé d’une rainure héliçoïdale, de façon à présenter pour chaque expérience au pont une longueur de ioo m. de fil.
- En France, la ligne d’essai pour le fil de fer, doit a^oir au moins 25o mètres de longueur.
- Voyons maintenant sur quelles bases on s’appuie pour obtenir des fers d’une conductibilité déterminée.
- A là température de o degré centigrade, le fer pur est 5,94 fois plus résistant que le cuivré pur maintenu dans la glace fondante. A la température moyenne des expériences, soit 15,5 degrés, ce rapport est altéré, parce que la résistance du fer crbît plus vite que celle du cuivre sousil’action de la chaleur, dans le rapport de o,63 à o,38 o/o par degré de température; il devient donc égal à - -
- i,4- o,oo63 X 15,5 5,94 X j _|_ 0,oo38 x 15,3
- = 6,16
- Mais, comme règle pratique, on admet que le fer à 15,5 degrés, est 7 fois plus résistant que le cuivre pur, qui, sous le diamètre de 1 millimètre, a une résistance kilométrique de 20,57 ohms. .
- • La résistance d’un fil de fer de 1 millimètre de diamètre'est donc de 20,57X7= 144 ohms environ par kilomètre.
- Le ; résistances étant en raison inverse des sections ou des carrés des diamètres ; sous la même longueur et un diamètie de 4 m. m., la résistance du fer sera de
- Les cahiers des charges, en France, exigent.
- que la résistance kilométrique du fil de fer ne dépasse pas i5ô ohms à o degré, sous le diamètre de 1 millimètre p). Dans ce cas, le fil de 4 millimètres aurait une résistance maximum de
- ou
- r56 1 (>
- = 9,75'ohms, à o degré centigr.
- 10,7 ohms à la température moyenne de 15,5 degrés
- | • D’après cela, les fils de fer des divers calibres [auraient les résistances et les poids suivants .
- Diamètre Résistance en olims Poids
- des fils en par kilomètre pur mlllo par kitom par millo
- millimètres h 0 degré à 15,5deg. à 0 degré à 15,5deg. kllogram. Uv. angl.
- 6- 5 6,24 6,85 10,0 11 ,02 i56,o 553,4
- 4 9, 75 10,7 15,69 17,22 100,0 355,0
- 3 17,33 19,3 27,88 30,62 87,7 193,3
- I i56,o 171,2 251,00 275,6 6,2 22,0
- | Aux États-Unis, la conductibilité du fil de fer j galvanisé est définie par le ohm-mile, c’est-à-dire |le poids d’un mille (1609 mètres) de fil de fer,
- ! ayant une résistance d’un ohm.
- Un fil de cuivre pur de 6 millimètres environ.. *de diamètre (5,92 m. m.), à 15,5 degrés, a un ! ohm-mile de 872 livres (395,5 kil.); l’ohm-kilo-, (mètre est 336,8 livres (152,7. kil.), pour un fil de 4,67 m. m. de diamètre.
- É’ohm^mile d’un fil de fer de 5,92 m. m, serait, donc, avec la conductibilité 1/7, de ,
- ! 872 x x 7 = 5348,7 livres
- j °, °9
- !ou 2426 kilogrammes (densité du fer == 7,99 ; ; ; densité du cuivre = 8,89).
- ! Les cahiers des charges de la Western Union'' ; Company imposent comme limite supérieure de' i la résistance des fers, à. i5.,5 degrés, le quotient jd’un ohm-mile égal à 55oo livres, par le poids
- j ' ;
- i P) Gela suppose que le fer est, au plus, 7,58 fois plus ! résistant que le cuivre pur . ..
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- en livres d’une longueur d’un mille du fil en question.
- Ainsi, par exemple, la résistance en ohms du mille de fil de 5 millimètres ne devrait pas excéder à cette température le quotient de 5 500 livres par 55o livres, c’est-à-dire 10 ohms. On voit, par le tableau précédent, combien ce résultat est avantageux, puisqu’il correspond à une conductibilité du 1er égale à 6,3 par rapport au cuivre pur.
- En réalité, le ohm-mile est descendu jusqu’à des valeurs plus basses, représentées par 4884 livres en Amérique, et par 4900 livres en Angleterre.
- En France, les usines qui, accessoirement, s’occupent de la production du fer pour lignes télégraphiques, sont arrivées à donner à ce métal une conductibilité comparable aux meilleures livraisons effectuées à l’étranger, ainsi qu’on en jugera par l’examen du tableau ci-dessous.
- nier métal résiste opiniâtrement, ce qui est d’au- ,, [tant plus fâcheux que sa présence est la plus nuisible au point de vue de la conductibilité.
- Le soufre et le phosphore influent plutôt sur les propriétés mécaniques du conducteur.
- Nous aurons donné une idée de l’importance | de cette fabrication par les difficultés qu’on lui ' impose. Nous ajouterons qu’en dehors de la four-’niture des consoles en fer galvanisé, pour sup-j porter les cloches en porcelaine servant d’isola-[teurs, des fils de fer pour armatures des câbles | sous-marins et des tuyaux en fonte qui reçoivent [les câbles souterrains, la seule adjudication du | fil de ligne a atteint un poids moyen de 1900 ! tonnes [de fer, dont la valeur, au prix moyen de 535 francs le quintal, représente un mouvement [d’affaires de 665,000 francs.
- Ad. Perrin
- i
- Provenance aï: du fil Qualité du métal Diamètre du fil en millimètre Résistance kilométrique do fil do 4 millimètres en ohms
- Chatillon- Fer au bois : 5 JO,4
- Commentry Berry, n° 2 4 10,84
- Bourgogne, n“ 2 3 ))
- Schneider Métal homogène 5 9,40
- et O (Acier doux gai- 4 9,40
- aù Creusot vanisé) 3 9,>2
- Pour arriver à un tel résultat, il a fallu éliminer du fer toutes les impuretés qui peuvent influer sur sa résistance électrique.
- Nous avons vu que le carbone est nuisible sous ce rapport. Néanmoins, la teneur d’un fil en carbone ne paraît pas avoir une relation bien constante avec la conductibilité.
- Du reste, l’enlèvement du carbone est une affaire d’affinage, opération qu’on peut pousser jusqu’à n’en laisser que des traces dans la masse de fer.
- Autre chose est d’affiner des fontes blanches, surtout les fontes manganifères, dans le but de leur enlever le silicium et le manganèse. Ce der-
- ; NOUVEAU
- I RÉGULATEUR A ARC
- DE M. P. LÉTANG
- i
- , Le nombre des régulateurs de lumière électri-jque déjà si considérable s’augmente tous les i jours par l’apparition de nouveaux systèmes qui [ont toujours un rapport plus ou moins étroit iavec leurs précurseurs.
- j C’est, qu’en effet, le problème qui consiste à maintenir constantcla longueur d’unarc électrique présente un nombre de solutions considérables jet l’on peut même admettre d’une façon 'générale [que toutes les solutions proposées sont bonnes, [pourvu que l’appareil léalisant la conception [théorique possède une sensibilité suffisante, au-jtrement dit, soit construit avec beaucoup de [soin.
- i Mais les exigences toujours croissantes des (électriciens et du public au sujet de lafixité et du [prix de revient des appareils, limitent singulièrement le cl.amp aux inventeurs et leur imposent jdes conditions dont les principales sont les sui--:Vantes :
- Un régulateur de lumière électrique ioit tout d’abord être pourvu d’un mécanisme assez sen».-1 isible pour obéir à des variations très faibles dans 1
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- yvJLA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- la ¥ésSstà-hée de l’arc, de façon à maintenir sa longueur constante. C’est la réalisation de cette condition jointe à la constance du courant qui donne à certains régulateurs une fixité de lumière bien supérieure aux autres. - ^
- Une seconde condition qui semble tout d’abord incompatible avec la précédente, veut qu’un régulateur vraiment industriel soit débarrassé de tout mécanisme délicat, sujet à se détériorer par des chocs ou à s’encrasser par les poussières.
- Comme dernière condition, la plus importante peut-être, la qüestion du prix de revient, rentre aussi en ligne de compte. Après avoir satisfait aux deux premières , il faut encore qu’un régulateur de lumière électrique soit d’un prix abordable.
- En résumé, un régulateur industriel doit être à la fois sensible, rustique et bon marché.
- Ce triple but que poursuivent’tant d’inventeurs, M. Létang semble s’en être rapproché beaucoup avec un nouveau régulateur dont nous avons été à'même d’apprécier les qualités.
- Avant de procéder à la description de ce nouveau régulateur, nous croyons toutefois qu’une courte, revue des principaux systèmes de régulateurs ne sera déplacée ici ; il est ainsi plus facile de se faire une idée sur la nouveauté de l’inver.tion de l'appareil en question.
- C’est à Léon Foucault, on le sait, que l’on doit le premier régulateur de lumière électrique. C’est lui qui, le premier, songea à utiliser les variations de l’intensité du courant dues à l’allongement de l’arc pour actionner un mécanisme qui rapprochait les charbons.
- Cet appareil primitif aussi rustique qu’encombrant fut peu de temps après remplacé par un second du même inventeur, qui y avait introduit de nombreuses modifications; les deux charbons qui s’avançaient horizontalement, mus par des leviers dans le premier système, furent placés verticalement et supportés par des crémaillères entraînées par un rouage d’horlogerie; la sensibilité de tout le système fut par cela même considérablement augmentée : le régulateur de lumière électrique était créé.
- A partir de ce moment, on vit apparaître différents systèmes, parmi lesquels nous signalerons ceux d’Archereau et de Lacassagne et Thiers.
- Cevdernier appareil était assez curieux pour que nous rappelions x en quelques mots quel était son principe. Deux tubesdont l’un pétait plein de mercure et l’autre vide, communi-
- quaient par leur partie inférieure au moyen d’un tube et d’un robinet; deux pistons glis-, sant dans ces deux tubes portaient les char-bons, et un électro-aimant agissant sur la clef dm robinet - réglait l’écoulement du mercure de l’un > des corps de pompe dans l’autre. Qand l’arc s’allongeait, l'électro-aimant laissant couler lé mercure d’une des pompes dans l’autre, l’un des charbons s’élevait tandis que l’autre s’aftilifflit. !
- , Duboscq construisit aussi un régulatiWfr vers; cette époque, mais il nous faut arrive^ 4%rrin pour trouver un régulateur vraiment susceptible -d’applications générales.’ ; .
- En effet, son appareil moins compliqué quoique aussi sensible que cétai de Foucault, avait un fonctionnement très régulier et très sûr; il utilisait, en outre, des longueurs de charbons plus grande en permettant une assez lopgue durée d’éclairage, ce dont les précurseurs ne s’étaient, nullement1 préoccupés. Il fut, du resté, employé presque seul pendant très longtemps pour l’éclairage des phares.
- Dans ces systèmes divers, nous retrouvons toujours, pour produire le réglage, un électro-aimant excité par ie courant meme qui * traverse l’arc. Ce ne fut que lorsque lesmachines 1 dynamo-électriques eurent conquis leur place dans l’industrie, que l’on,s’occupa de la question j si intéressante, cependant, de la division de la lumière et qu’on chercha des moyens capables de; régler le fonctionnement d’arcs reliés en série. !
- Le premier moyen qui fut mis en pratique, du | à M. Lontin, consista, à fonder le réglage de l’arc | sur l’action d’un électro-aimant excité par un cou-' rant dérivé entre les deux charbons du régu-1 lateur.
- De cette façon, chaque appareil devenait indépendant des autres, la puissance de cet électro-aimant n’étant fonction que de la longueur de l’arc.
- Quelque temps après, Siemens proposa le système différentiel qui consistait à se servir d’un moyen mixte des précédents.
- Deux électro-aimants, l’un traversé par le courant général l’autre par un courant dérivé, agissent sur une même armature , les effets de cette sorte de balance sont analogues à ceux que l’on obtient avec la dérivation simple et ont été employés avec succès dans la lampe Siemens et Thomson-Houston, par exemple.
- En possession de ces trois moyens de réglage, ies inventeurs ont proposé un nombre énorme de
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- Gu
- dispositions mécaniques capables de produire l’écart des charbons pour la formation de l’arc et ensuite de permettre leur rapprochèment graduel, à mesure que les charbons s’usent.
- Nous pouvons maintenant établir deux catégories bien distinctes entre les régulateurs.
- i° Les régulateurs dont le réglage est opéré par un électro-aimant ou un solénoïde traversé par le courant général ;
- 2° Les régulateurs dont le réglage est opéré par un électro-aimant ou un solénoïde traversé par un courant dérivé, ou par le système différentiel.
- Le mode de réglage de la première classe ne permet de placer les régulateurs qu’en dérivation ou en arc parallèle sur une canalisation électrique, le second système permet, au contraire, soit de les grouper en dérivation , soit de les placer en série ou de les embrocher.
- Je ne m’arrêterai pas à discuter, pour le moment, lequel des deux systèmes est préférable à l’autre, car chacun a ses avantages et ses inconvénients, cependant j’indiquerai un défaut inhérent à tous les régulateurs montés en dérivation et dont, jusqu’à présent, on n’a pas assez tenu compte.
- Quand on place plusieurs lampes à arc en dérivation, il est nécessaire de placer dans le circuit de chaque lampe une résistance fixe comme l’avait proposé M. Reynier avec ses voltamètres. Cette résistance qui doit être assez considérable, i,5 ohm au moins et souvent beaucoup plus, a pour but de diminuer considérablement les variations d’intensité dans chaque dérivation et d’empêcher l’action mutuelle des régulateurs les uns sur les autres.
- L’introduction de cettp résistance devant chaque arc donne à la lumière une fixité plus grande, mais au prix de quelle perte d’énergie? Elle peut atteindre dans certaines lampes jusqu’au tiers de l’énergie véritablement utilisée dans l’arc; malgré cela, cependant, on se résout souvent à cette perte énorme pour obtenir une lumière plus fixe.
- Nous avons tout à l’heure établi deux grandes classes pour les régulateurs suivant leur mode de réglage électrique, nous pourrions maintenant en établir trois autres basées sur le principe du mécanisme qu’ils utilisent.
- La iro catégorie comprend les régulateur? munis d’un mouvement d’horlogerie avec ou sans ressort moteur.
- Nous citerons parmi les plus connues, les lanv pes de Foucault, Duboscq, Serrin, Heffner-Alter neck, Carré, Bréguet, Mersanne, Siemens, Gramme, Depuydt, Gravier, Meritens.
- La 2e catégorie comprend les régulateurs dans lesquels l’avancement des charbons est réglé par un frein. Cette classe peu nombreuse, il y a quelques années à peine, s’augmente de plus en plus tous les jours et c’est dans cette direction que depuis quelques années travaillent presque tous les inventeurs, surtout les Américains.
- Nous citerons parmi les noms les plus connus dans cette catégorie, les lampes Berjot, Mondos, Brush , Gérard, Thomson - Houston , Cance, Mornat. Nous nous en tiendrons à ces quelques noms, ces systèmes étant ceux qui sont les plus employés en France.
- La 3e classe comprendrait les régulateurs à moteur électrique comme, par exemple, ceux de Street et Maquaire, Pieper et Bréguet (Régulateur dynamo).
- Revenons maintenant à la description du régulateur de M. Létang.
- Préoccupé à la fois de la rusticité et de la simplicité de l’appareil, M. Létang a supprimé la crémaillère porte-charbons, que l’on retrouve dans presque tous les systèmes de régulateurs, et règle l’avancement du charbon supérieur qui est seul mobile au moyen d’un frein ; son appareil rentre donc dans la catégorie des régulateurs frein et è réglage électrique par dérivation.
- Le schéma (fig. i) montre le fonctionnement théorique de l’appareil. Un électro-aimant F F' traversé par le courant qui va former l’arc, attire une armature de fer doux fixée à l’extrémité du levier L L. Ce levier soulève un tube A fixé à son autre extrémité et portant à sa partie inférieure un cône C.
- A travers ce cône passe librement une tige de charbon D qui tombe sur le charbon T fixé dans l’étau V.
- Un second levier p P porte en P 2 ressorts EE' munis de deux sabo'.s ee'. Au moment où le tube A est soulevé par l’action de l’électro-aimant FF, les sabots coincent la tige de charbon D et la soulèvent en produisant l’arc. ___
- Pour compenser l’allongement de l’arc provenant de l’usure des charbons , il suffit de laisser
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- descendre le charbon supérieur d’une façon lente presque constante. Ce résultat est obtenu d’une façon simple, au moyen d’un dispositif tout à fait semblable à celui d’une sonnerie trembleuse ordinaire.
- t Un électro-aimant JJ est traversé par un courant dérivé entre les deux charbons du régulateur. L’intensité du courant dérivé, augmentant avec la longueur de l’arc, on voit à l’inspectten de la ügure que l’armature se met à osciller dès que l’attraction est suffisante. Le marteau H vient alors frapper l’extrémité dü levier PP' et le charbon D descend d’une façon lente et régulière.
- Fig. 1
- Tel est le principe du régulateur; la figure 2 montre la forme pratique qui lui a été donnée.
- Deux électro-aimantsverticaux FF entourés de gros fil, attirent une traverse horizontale en fer à laquelle est fixé le tube A. Ce-tube qui coulisse à frottement doux dans le tube fixe B, porte à son extrémité inférieure le cône C (fig. 3). Les deux sabotseefixés auxextrémités desressorts EE, sont réunis à leur partie supérieure par une bague et articulés avec le levier coudé PP. C’est sur la queue de ce levier qui vient frapper le marteau que l’électro-aimant J, enroulé de fil fin, met en mouvement en attirant son armature mobile.
- Les résultats obtenus avec cette lampe, et sur lesquels nous reviendrons dans quelque temps, sont assez importants pour que nous ne terminions pas cet article sans en dire quelques mots à nos lecteurs.
- Tout d’abord l’élasticité dans le fonctionnement est très grande et des variations d’intensité du courant même importantes, surtout quand le
- régulateur fonctionne .en dérivation, sont sans influence sur le réglage.
- Sans qu’il soit besoin de modifier en quoi que ce soit le réglage de l’appareil, on peut alimenter l’arc par des courants variant de 3 à i5 ampères, par exemple, la lumière conservant toujours la même fixité. En outre l’arc étant très court, on
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- obtient une lumière très blanche, fort appréciée en général, car elle se rapproche plus que toute autre de la lumière du jour.
- Enfin cette lampe peut fonctionner indifféremment en dérivation, comme nousvenonsde le dire, ou en série, Dans ce dernier cas, l’intensité peut descendre jusqu’à 4 ampères, la force électro-motrice aux bornes étant de 35 volts environ.
- Les conditions du problème que nous posions au commencement de cet article, sont donc toutes remplies dans cette nouvelle lampe. Sensibilité: elle la possède à un haut degré: rusticité: nous avons vu qu’elle ne possède aucun organe délicat ni susceptible de détériorations fréquentes; enfin bon marché, c’est la conséquence même de sa simplicité.
- Elle permet enfin un fractionnement très grand de la lumière, et ceci lui assurera un grand nombre d’applications.
- Du reste, cette nouvelle lampe va être introduite dans la pratique, la maison Bréguet en ayant entrepris la construction.
- P. H. Ledeboer
- a PROPOS
- D’UNE NOUVELLE SONNERIE
- Nous avons eu un jour le malheur d’indiquer en passant, dans ce journal, une sonnerie que nous croyions nouvelle, ce qui a valu à notre Rédaction, à côté d’une rectification, ou plutôt d’une réclamation de priorité, que nous avons publiée, un certain nombre de lettres, que nous avons laissées dans l’ombre pour ne pas nous engager dans une polémique aussi interminable qu'inutile.
- Nous serons plus prudent à l’avenir.
- Cependant, à l’occasion d’une sonnerie nouvelle, dont l’apparition remonté à trois ans, et qui fait actuellement le tour de la presse française et étrangère, il nous a paru que l’on comprenait bien mal les phénomènes du magnétisme, parmi les amateurs de sonneries électriques, et nous voudrions dire quelques mots à ce sujet.
- La sonnerie dont il s’agit, est due à M. Jensen, on en comprendra le mécanisme par l’inspection de la figure ci-jointe:
- Ce qui frappe d’abord, du moins nous supposons que cela frappera les spécialistes , car, à vrai
- dire, ce n’est pas cela qui a attiré notre attention, c’est la substitution d’une cloche au timbre classique en forme de calotte; mais cela n’a rien à faire avec le magnétisme, passons.
- La seconde chose que l’on peut remarquer, c’est la disposition de l’électro-aimant, et c’est même cette remarque qui nous servira d’excuse pour ces quelques lignes.
- Comme on le voit, l’électro n’a qu’une bobine, et son noyau est muni de deux pièces polaires, attirant une armature parallèle au noyau et articulée au moyen d’un collier à la partie supérieure de celui-ci.
- A l’état de repos; l’armature appuie sous l’ac-
- tion du battant contre un ressort de contact ; ce battant est équilibré par l’armature', et le tout forme un système très sensible aux impulsions électro-magnétiques ; c’est fort joli et voilà une bonne sonnerie électrique.
- Mais il ne faudrait pas croire que ce système d’électro soit tout à fait nouveau ; c’est, en effet, le même que celui de la sonnerie Sledge et Slatter à laquelle nous faisions allusion en commençant, et par conséquent aussi le même que celui des nombreux inventeurs auxquels ces messieurs l’avaient pris (<).
- Du reste , ceci n’est pas une critique : encore une fois , cette sonnerie est très jolie, et ce n’est
- (!) Voir la lettre de M. Wibratte publiée dans le n° 12» vol, XXIII, 1887.
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- pas de cela qu’il s’agit, mais bien des avantages tout particuliers, que revendique en faveur de ce système, une petite note parue dans la Revue Industrielle, (n° 22; 2 juin 1887), et qui, du reste? n’est pas due à la plume de l’inventeur.
- Nous citons textuellement:
- « La disposition que nous venons d’indiquer présente un double avantage : l’emploi d’un solé-noïde agissant à la fois par ses deux pôles permet, tout en obtenant des effets aussi grands, de diminuer de moitié la quantité de fil enroulée sur l’é-lectro d’une sonnerie ordinaire et, par suite, la résistance de l’appareil.
- « De plus, au lieu d’être aimantée par induction, l’armature se trouve directement polarisée par son contact magnétique avec le noyau de fer du solénoïde ; il résulte de là qu’elle se met en mouvement pour un courant très faible. »
- Nous pensons que ces quelques lignes sont le résultat d’une représentation fausse des effets magnétiques.
- Voyons un peu ce que signifie tout cela: mais en premier lieu, à quoi l’auteur compare-t-il cette disposition? Logiquement, ce ne peut être qu’aux systèmes d’électros dans lesquels l’armature, attirée par un des pôles, ou même par les deux, n’est reliée à aucun d’eux par une partie en fer, ressort ou tourillons, comme dans la sonnerie considérée.
- Dans ce cas, alors, on aurait deux entrefers (il ne s’agit pas de dynamos) et par suite, très sensiblement , un flux magnétique total moitié moindre, ou une attraction deux fois plus faible que dans le cas où le flux ne traverse l’air qu’une seule fois, comme dans la sonnerie de M. Jensen et une foule d’autres.
- Jusque là, — il s’agit du second alinéa cité, —. c’est parfait 1 mais, là où nous ne sommes plus du tout d'accord, c’est lorsque l’auteur a l’air de croire que, dans cet électro, les deux pièces polaires concourent également, ou à peu près, à l’attraction de l’armature. En réalité, la pièce supérieure ne donnera lieu qu’à une force négligeable, et on la supprimerait sans aucun désavantage ; en effet, sans nous embarrasser de formules, on voit très facilement que le flux dérivé entreJa pièce polaire supérieure et l’armature est très faible, puisque ces deux parties ne sont séparées que par une pièce en fer courte. Le flux presqu’entier passe par l’entrefer inférieur, et par suite l’attraction y est également localisée.
- La première phrase citée n’a donc pas de sens.
- Et, maintenant, qu’on nous pardonne cette digression, et si, par hasard , nous avons fait connaître cette nouvelle sonnerie à quelqu’un de nos lecteurs qui l’ignorait, nous n’aurons pas perdu notre temps.
- E. Meylan
- ÉTUDE SUR UN
- VOLTAMÈTRE-ÉTALON O
- Avant de parler des nouveaux résultats obtenus au moyen de cet appareil, je dirai deux mots de la disposition générale adoptée dans la plupart des expériences précédentes et des galvanomètres employés pour la mesure des intensités et des différences de potentiel.
- Le système électrique, représenté figure 1, permet d’effectuer des recherches de divers ordres ; il est ainsi composé :
- P, la source d’électricité est formée d’une ou plusieurs piles, d’un ou plusieurs accumulateurs ; ces derniers de préférence à cause de leur faible résistance intérieure.
- V, le voltamètre.
- G G^, deux galvanomètres Deprez, rigoureusement proportionnels, dont la constante est de 1/10000 d’ampère environ ; ils mesurent, le premier l’Intensité du courant total, le second l’intensité du courant qui traverse l’électrolyte.
- G2, un galvanomètre Deprez, très sensible, en tension .avec un rhéostat Ra, qui détermine la différence de potentiel en H F.
- R0 un rhéostat parcouru par le courant total, permettant d’en régler l’intensité.
- Les galvanomètres peuvent être shuntés ; il est facile de voir qu’en agissant sur les shunts dont la résistance variera depuis zéro jusqu’à l’infini, à la volonté de l’opérateur, il peut être fait avec un tel système un grand nombre de combinaisons.
- Le galvanomètre qui mesure les différences de potentiel est très sensible ; il dévie d’une division lorsqu’il est parcouru par un courant d’une in-
- t1) Voir La Lumière Électrique du 4 juin 1887.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 6«5
- tensité égale à i / 70 ooo ooo d’ampère ; il est apériodique et rigoureusement proportionnel.
- ' Nous ferons remarquer toutefois, qu’une sen-sibilfté aussi grande n'est réellement* utile que dans un très petit nombre de cas ; pouf les recherches électrolytiques courantes on sé contente d’un galvanomètre dont la constante est égale à i / ioo ooo d’ampère. J Le galvanomètre Deprez - D’Arsonval présente cette sensibilité généralement ; on peut donc l’employer pour la détermination des différences de potentiel; mais il est bon de prendre quelques précautions, si l’on veut avoir des résultats rigoureux. ' r;‘ - 'y - - ^ ; '
- La figure 2 donne pour un de ces instruments
- les intensités en fonctions dès degrés de déviation à droite où à gauche. On voit que ces derniers ne sont proportionnels à l’intensité que pour les plus faibles déviations ; encore, faut-il admettre que lorsque l’aiguille indicatrice ou le trait lumineux est au zéro, le cadre galvanométrique occupe sa position normale, c’est-à-dire se trouve dans le plan vertical qui coupe symétriquement les pôles de l’aimant ; sinon, les déviations seraient proportionnelles aux intensités pendant Un plus grand nombre de degrés pour un côté que pour l’autre. Il faudrait alors, avant chaque expérience ûn peu importante, procéder à un nouveau tarage et tracer des courbes semblables à celles que nous avons reproduites.
- Fig. 1
- Pour obvier à cet inconvénient, il suffit avant chaque série d’expériences, de donner au fil de suspension, une torsion initiale de 20°, par exemple ; on lance ensuite dans l’instrument le courant d’une pile étalon de très faible résistance intérieure et on amène, au moyen d’un rhéostat disposé dans le circuit, l’aiguille indicatrice ou le trait lumineux à un point de repère déterminé.
- Celui-ci est placé de façon qu’à ce moment le cadre galvanométrique occupe sensiblement sa position normale.
- Soient:
- Ë la force électromotrice de la pile étalon.
- R, la résistance du galvanomètre et du rhéostat ; celle de la pile pouvant être négligée.
- R2 la résistance du galvanomètre C2 et du rhéostat R2, correspondant à la différence de potentiel cherchée e, et qu’il faut intercaler dans le
- circuit dérivé pour que le trait lumineux se fixe au point de repère, la torsion initiale'du fil; de suspension étant la même.
- Nous aurons évidemment pour la valeur de la quantité cherchée
- ê=*ERT
- On peut aussi donner à R, une valeur corts-tante et faire varier l’angle de torsion initial, avec la différence de potentiel à mesurer ; si le fil de suspension est suffisamment long, la proportionnalité des différences de potentiel aux angles de torsion se vérifiera jusqu’à un nombre de degres correspondant, dans certains cas, à plusieurs circonférences.
- Dans les expériences que nous allons repro-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- duire, les galvanomètres G et la dérivation F R2 G2 H étaient supprimés.
- Le système électriqne se composait seulement de la source d’électricité P, du rhéostat R, du , galvanomètre G, shunté ou non, et du voltamètre dont nous avous donné dernièrement la description.
- 3
- Comparaison des mesures de l’intensité, le ga\ recueilli dans le voltamètre étant le mélange tonnant ou l’hydrogène seul.
- Cette série d’expériences est due à M. Bourrut-Du-vivier, professeur à l’école navale.
- On sait qu’il est possible de recueillir dans le
- | voltamétre-étalon, lorsque l’électrolyte est une solution étendue d’acide sulfurique ou phosphorique, soit le mélange tonnant, soit l’hydrogène ou l’oxygène seul.
- Il s’agissait de démontrer que, dans le cas où le gaz recueilli est l’hydrogène seul, l’intensité du courant donnée par le calcul est la même que lorsque le gaz recueilli est le mélange tonnant.
- Le galvanomètre intercalé dans le circuit devait servir d’appareil indicateur : on mesurait pour une déviation donnée, l’intensité du courant en recueillant l’un ou l’autre des deux gaz.
- Le tableau n° i indique que dans les deux cas les résultats étaient les mêmes.
- TABLEAU I
- g = 8,45 ta t = 7* h = 7,49 m.m, H = 761,16
- !
- Numéros des expériences Déviation du galvanomètre Shunt en ohms Durée en secondes Volume en centim. cubes Intensité en milliampères Formules employées
- N”1 n S 0 v, i
- I 5 0, ( 36o” 0,71 c, 128 Mélange tonnant, formule 4.
- 2 5 0,1 540 0,69 0,125 ' Hydrogène seul, formule 4 {bis).
- 3 10 0,1 240 0,93 0,251 Mélange tonnant, formule 4.
- 4 10 0,1 240 0,61 0,249 Hydrogène seul, formule 4 {bis).
- 5 15 0,1 180 I ,o5 o,38o Mélange tonnant, formule 4.
- 6 i5 0,2 480 o,94 0,378 Hydrogène seul, formule 4 {bts).
- 7 20 0,2 180 °,7ï o,5o8 Mélange tonnant, formule 4.
- 8 20 0,2 240 o,63 o,5o6 Hydrogène seul, formule 4 {bis)
- M. Bourrut DuVivier calcule ainsi les intensités du courant qui traverse le galvanomètre.
- « Le volume du gaz recueilli dans le voltamètre est ramené à o et 760 par la formule :
- pour le mélange tonnant
- I
- v.___
- 0,11596 0
- (2 bis)
- V.
- = v, X
- H — h 273 760 ^ 2/3 + t
- (,)j pour l’hydrogène seul, et dans les deux cas
- ou par
- V,= 0,3598 V
- H — h
- ‘ 273 + t
- (2)
- i = I x
- s
- «~+ g
- (3)
- En appelant 1 l’intensité dans le voltamètre ett celle qui traverse le galvanomètre,' ori a, en adop_ tant les équivalents électrochimiques de Kohl-rausch :
- g étant la résistance du galvanomètre, s celle du shunt.
- D’où finalement pour la valeur de i exprimée en milliampères :
- 1 =
- -V;
- 0,17393 0
- 2065,2 V, x
- H - h s
- 27 3 + t 8 ^ s +. g
- (2)
- (4)
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- biy
- dans le cas du mélange tonnant
- , „ , r H — h i s / / • v
- ' = UM
- dans le cas de l’hydrogène seul».
- Le tableau II donne la graduation complète du
- galvanomètre qui, dans l’expéiience précédente, servait surtout d’appareil témoin.
- La proportionnalité de l’intensité à la déviation ne se vérifie que jusqu’à 20 divisions.
- Pour une déviation donnée, les intensités de courant calculées au moyen du voltamètre étaient sensiblement les mêmes, comme oîi le constate,
- TABLEAU II
- g = 6,55 to
- t = 10°
- k ~ 9»7
- H = 767,8
- Numéros dc6 expériences Déviations du galvanomètre Shunt en ohms Durée en secondes Volume en ccntim. cubes Insensité en milliampères Observations
- N"* n S 0 v, i
- I 5 . 0,1 36o". 0,82 0,19 i° Dans les limites où la déviation est
- 2 10 0, l 36o 1,73 0,40 proportionnelle à l’intensité, c'est-à-dire
- 3 15 0,1 180 1,28 0,59 jusqu'à 20°, l’intensité qui traverse Pap-
- 4 20 0,1 120 1,12 0,78 pareil s’obtient en multipliant la dévia-
- 5 25 0,2 . 120 . 0,75 1,02 tion par 0,03g;
- 6 3o 0,2 120 0,98 1,34
- 7 35 0,5 240 I ,06 1,73 20 Les expériences i, 3, 5, 7, 9, 11 ont
- 8 40 o,5 240 1,36 2,22 été faites avec le mélange tonnant et
- 9 45 t 120 0,43 2,41 l’hydrogène seul. Les résultats étaient
- 10 5o 1 240 1.02 3,io sensiblement les mêmes. Le tableau ne
- 11 55 1 120 0,72 4.39 mentionnent que celles faites avec le
- 12 60 o 240 1 ,c8 5,8o mélange tonnant.
- lorsque le gaz recueilli était le mélange tonnant ou l’hydrogène seul.
- Comparaison des résultats obtenus avec le voltamètre ou une pile étalon.
- Le tableau III reproduit tous les éléments qui
- ont permis de calculer la constante d’un galvano> mètre industriel Deprez proportionnel, au moyen du voltamètre-étalon.
- La disposition du système électrique pour cette déterminatio n était la même que pour les expériences précédentes.
- Nous avons appliqué, ensuite, pour la gradua-
- TABLEAU III
- Composition de l'électrolyte Pression Température Volume mesuré Coefficient 4e réduction Volume réduit l>uréc - Intensité totale Nombre de divisions Constante du irnl- vaiiomètrc Moyenne de la constante
- H t v, K v, 0 I n il i
- Acide sulfurique 1 0/0 74G 746 20° 20° 0 c. 1,1 r 0,982 0,893 0,893 0,877 36o " 36o" 0*0 i58 140 29>4 26, 1 0*1)00 538 537 0*000 537,5
- lion du même galvanomètre, la méthode par opposition avec une pile étalon, préconisée par M. Cornu.
- La figure 3 reproduit les dispositions de cette deuxième série d’expériences; la figure 4 la pile étalon employée.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- C’est une pile Daniell, d’une forme particulière, que nous avons décrite dans une article paru précédemment (').
- La densité des solutions de sulfate de zinc et de sulfate de cuivre était la même et égale à 1,2.
- Dans ces conditions et à la température de i5°,
- Fig 8
- qui était celle de l’expérience, la force électromotrice d’un tel élément est égale, suivant Fleming Jenkin, à 1,1.
- C’est cette force électromotrice que nous avons adoptée.
- Nous avons donné le nom de résistance théorique à la résistance R intercalée entre les points a b du système.
- Au moment où l’aiguille du galvanoscope G est fixée au zéro, la force éleçtromotrice de la pile est égale, et de signe contraire à la différence de potentiel en a b.
- On peut écrire, pour le calcul de l’intensité du courant I qui traverse le galvanomètre à graduer, l’expression
- On remarque, dans le tableau IV, que la constante galvanométrique obtenue en divisant l’intensité I par le nombre de divisions n, le galvanomètre étant rigoureusement proportionnel, est identique à celle qu’avait donnée la méthode vol-tamétrique.
- Nous avons fait souvent des vérifications de ce genre avec des piles étalons autres que la pile Daniell.
- Les résultats ont été toujours très concordants. Cependant, pour que l’étude du voltamètre soit complète, il faudrait le comparer à un instrument
- TABLEAU IV
- Force électromot. de la plie Résistance théorique Intensité Nombre do divisions Constante du galvanomètre Moyenne de ta constante
- Daniell R i-LI R 11 G i
- i83 0 00 0601 11,2 0-000 537 0*000
- 120 0917 17,1 536 537
- I 10 1000 is,6 538
- étalon d’intensité et établir ainsi, une fois pour toutes, l’immuabilité de ces indications.
- Il deviendrait alors un appareil précieux dans
- un laboratoire de recherches, sinon pour la mesure courante des intensités, tout au moins pour le tarage périodique d’un galvanomètre établi d’une façon stable et auquel seraient rapportés tous les autres.
- A. Minet
- (i) Voir La Lumière Électrique du 2 3 octobre 1886.
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- SUR
- LES DYNAMOS GOMPOUNDS
- RECTIFICATION
- mal en dissolution étendue peut être représentée par la formule
- 12,332 ohms
- 1 + Km s 1 o,o3333 t
- (O
- J’ai indiqué dans un numéro précédent, (21 mai), à propos de la régulation des machines Compounds, des conditions d’enroulement nécessaires, mais qui sont loin d’être suffisantes. Il est facile de le reconnaître en calculant dans chaque cas la valeur de la résistance extérieure : cette valeur doit être nécessairement positive.
- En comparant les notations précédentes et en désignant, de plus, par I la somme ni -f n' i', les conditions d’enroulement doivent être rectifiées de la manière suivante :
- Dans le cas de la courte dérivation, pour une différence de potentiel constante,
- n P .K p (r + r') -p rr' n' r' + p I (p + r') r'
- qui se déduit de celles que j’ai indiquées antérieurement (4). m est le nombre d’équivalents de sel en grammes par litre de dissolütion, et doit être < o, 1 ; K est un coefficient caractéristique de chaque sel; la formule s’applique entre f = o° et t= 3o°.
- L’extrême simplicité de ces résultats disparaît en partie quand on s’adresse aux sels anormaux et, en particulier, aux acides. La conductibilité» liée comme je l’ai établi, à l’anomalie de l’élec-trolyse (2), suit, pour chacun de ces corps, une loi particulière. Toutefois, la variation de la résistance moléculaire mr à température constante est encore très sensiblement proportionnelle à un facteur 1 -j- Kmk et l’on a
- pour un courant d’intensité constante,
- (M-Op+f)
- n ^ K (p + r') r P • f p
- Dans le cas de la longue dérivation, pour une différence de potentiel constante,
- n r + P f, U K\ n'>~F~\1 +Tj
- pour un courant d’intensité constante.
- >
- _rL(
- r + p \
- 1 +•
- J. Moutier
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur la oonduotibilité des sels anormaux et des ao\des en dissolution étendue, par M. Bouty. (‘)
- La résistance spécifique r d’un sel neutre nor-
- 1
- x 1 + Km s
- r = mX 1 + t +$t2
- (2)
- mais la limite A et les coefficients a et p varient d’un corps à un autre.
- L’électrolyse des acides sulfurique, azotique et chlorhydrique présentant sensiblement la même anomalie, il y avait intérêt à savoir si la limite A et les coefficients de température sont ou non rigoureusement les mêmes pour ces trois acides. A cet effet, j’ai pris comme point de départ un acide sulfurique pur du commerce, que M. Joly a bien voulu doser, et qui m’a ensuite servi de terme de comparaison pour titrer les autres liqueurs. Les résistances ont été rapportées à celle de la dissolution normale de chlorure de potassium dont on connaît la valeur absolue (3).
- a. Acide sulfurique. — La résistance spécifique à oü d’une liqueur normale contenant 40 grammes d’acide sulfurique anhydre par litre est 2,237 f°is plus faible que celle de la liqueur normale de
- f1) Voir Comptes rendus, 1. CH, p, 1097 et 1372, et Jour* na'l de Physique, 2" série, t. VI, p. 5.
- (2) Voir Comptes rendus, t.VCVHI, p, 797, et Annales dë Chimie et de Physique, 6° série, t. III, p. 448.
- (3) Voir Comptes reatlus, t. CH, p. 1097.
- (1) Note présentée à à l’Académie des Sciences, le 6 Juin 1887.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- chlorure de potassium. Elle a donc pour valeur 16,40/2,237 = 6,623 ohms. Elle varie avec la température proportionnellement au facteur
- 1___________
- 1 q- 0,01981 t — 0,00075 t2
- J’ai comparé les résistances spécifiques des dissolutions étendues d’acide sulfurique à celle de la liqueur normale du même acide prise pour unité. Le Tableau suivant donne les valeurs de la résistance moléculaire à o°,
- Po = >« r0
- Po
- ut observé calculé Différence
- .......................... 0,8412 0,8441 + 0,0029
- o,o5...................... 0,7723 0,7683 — 0,0041
- 0,02................*i 0,6995 o,6gi5 — 0,0080
- 0,01..................... 0,6411 0,6472 -)- 0,0061
- o,oo5..................... 0,6101 0,6120 + 0,0019
- 0,002..................... 0,5804 0,5764 — 0,0040
- 0,001.................... 0,5517 o,5558 -J- 0,0041
- Les valeurs calculées de p0 ont été obtenues par la formule
- ( 1)
- p0 = 0,4766 \ 1 4- 1,66) m 3/
- on a donc
- K = 1,661
- A = 6,663 ohms X 0,4766 = 3,157 ohms
- A mesure que la dilution augmente, a augmente et tend vers la limite
- « = 0,02108
- p tend vers o.
- b. Acide azotique et chlorhydrique. — Pour ces deux corps, K a sensiblement la même valeur
- K = o,3483
- et p = o dans un intervalle très étendu. Le coefficient a est sensiblement Constant pour toutes les )
- valeurs de m < 1. On a : A «
- ohms
- Àcide azotique 3.289 0,00*224.2
- Acide chlorhydrique. 3,322 0,002*335
- Les valeurs de a sont nettement différentes, quoique assez voisines. Il en est de même pour A.
- Si l’on compare entre eux les acidès sulfurique, chlorhydrique et azotique au plus grand état de dilution possible, on voit que les rapports de leurs résistances moléculaires varieront avec la température, quoique dans des limites assez étroites. En prenant pour unité la résistance limite de l’acide sulfurique aux différentes températures, les résistances correspondantes des deux autres seront:
- o° 16” 32“
- Acide azotique........... 1.042 1,026 1,017
- Acide chlorhydrique...... i,o53 1,02$ 1,009
- L’acide azotique, plus conducteur que l’acide chlorhydrique à o°, est moins conducteur que lui à 32°.
- Si l’on essayait de comparer ces acides aux sels neutres, les résultats dépendraient essentiellement de la température. Ainsi, la résistance limite de l’acide sulfurique à o° est 3,906 fois moindre que celle d’un sel normal; à 16% elle n’est que 3,406 fois, et à 32°, que 3,165 fois moindre.
- Il demeure donc bien établi, comme je l’avais annoncé antérieurement (') que les,acides étendus se comportent, au point de vue de leur conductibilité, d’une manière qui varie d’un acide à un autre, même dans le cas des acides sulfurique, azotique, et chlorhydrique, et que ces conductibilités ne sont pas directement comparables à celles des sels neutres. J’en apporterai de nouvelles preuves dans une prochaine Communication.
- Relation entre la section du fer dans l’armaturé et le champ d’une dynamo Gramme.
- Les travaux des électriciens anglais MM. Kspp et Hopkinson, ont eu en Amérique comme en Europe un certain retentissement; aussi nous pensons intéressant de dire quelques mots d’une conférence faite par M. D. Jackson à Y American Institut of Electrical Engineers (le 18 mai 1887), et qui se rapporte à ces travaux.
- L’auteur a fait au Laboratoire de Physique de l'Univérsité de Cornell une série de recherches sur la variation du flux d’induction avec la
- (') Comptes rendus, t. XC1X, p. ?o; Annales de Chimie et de Physique, 6“ série, t. 111, p. 478.
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- JOURNAL UNIVERSEL DÉLEC TRICITÊ
- 621
- section du noyau de l’induit, en employant une méthode semblable. Le rapport de la section de l’âme de l’armature à celle des inducteurs d’une machine dynamo est important à déterminer ; de là dépend lë maximum de puissance à obtenir par kilogramme de fil, avec un minimum de poids de fer.
- Si l’on considère deux machines de même puissance dont l’une a une armature Siemens et l’autre un anneau Gramme, les lignes de force auront dans le second cas une plus grande longueur dans l’armature. Il y aurait donc lieu, à ce point de vue, d’augmenter la section de manière à ce que la résistance 'magnétique ne soit pas trop grande.
- D’un autre côté, l’armature Siemens, par sa forme exige une grande quantité de fer, tandis qu’une augmentation de la section d’un anneau Gramme augmente considérablement les difficultés mécaniques ; et par suite, la section des anneaux est généralement beaucoup plus petite que celle des armatures Siemens dans des machines équivalentes.
- La question de savoir jusqu’à quel point la caractéristique et par conséquent la puissance d’une machine sont influencées par des variations de la section de son armature pourrait être résolue par la belle méthode de M. Hopkinson pour la prédétermination de la caractéristique.
- Dans une machine dont les dimensions sont déterminées, les courbes d’aimantation employées par le Dr Hopkinson seraient également déterminées pour les électros et pour l’entrefer. En dessinant ces cpurbes pour des anneaux de différentes sections, on verrait facilement, en traçant les caractéristiques finales, quelle section il convient d’adopter.
- La valeur du rapport v déterminant les pertes des lignes de force pourrait être estimée par la méthode du professeur Forbes, pour des formes simples de la carcasse. 3
- Si on avait différents induits, avec des sections variables, . on pourrait naturellement, au moyen de la caractéristique réelle, déterminer la meilleuré section. Il n’est cependant pas nécessaire d’enrouler ces armatures, mais simplement de mesurer le nombre des lignes de force qui la traversent pour différentes forces magnétiques, c’est-à-dire d’observer les données pour une courbe de flux total.
- C’est la méthode que l’auteur a employée pour étudier une petite machine Gramme. Un seul
- tour de fil était placé autour du noyau d’armature, perpendiculairement au sens des lignes de force, et relié à un galvanomètre balistique. On observait la déviation correspondant au renversement du courant d’excitation.
- On peut ainsi construire les courbes de flux total, qui sont semblables à la caractéristique totale d’une dynamo en série, ou à la caractéristique intérieure d’une machine en dérivation.
- La machine en question, avait des inducteurs en simple fer à cheval, et l’induit supérieur. Les noyaux de bobine sont de section circulaire, et la culasse carrée ; le tout est en fer doux de Suède.
- Les pièces polaires étaient en fonte de bonne qualité, les noyaux pénétrant dans un logement relativement profond. Leur section transversale est beaucoup plus considérable que celle des noyaux; elles sont alésées sous un diamètre de 10,8 cm., et l’intervalle entre leurs extrémités, en haut et en bas, correspond à un angle de 51°.
- Les dimensions principales sont les suivantes :
- Inducteurs cylindriques
- Longueur-------,,------ 20,3 cent.
- Diamètre .............. 6,35 «
- Section ;........ ..... 3i,66 « carrés
- Distance de leurs axes .. . 17,9 «
- Culasse ( rectangulaire )
- Longueur............... 26,8 cent.
- Largeur ................ 8,2 «
- Profondeur ............. 6,9 «
- Section ................. 56,6 « carrés
- Pièces polaires
- Hauteur ................ 10,2 cent.
- Largeur ................ 10,2 «
- Diamètre du logement de
- l’induit............. 10,8 «
- Les bobines magnétisantes comprenaient 785 tours sur chaque noyau, soit un total de 1570 tours.
- Les armatures étaient composées de minces disques en fer doux de 0,046 cm. d’épaisseur, isolés au vernis à la gomme laque et montés sur un mandrin en bois, tourné de manière à correspondre au diamètre intérieur des disques.
- La variation de la section s’obtenait, en faisant varier le diamètre intérieur;
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 6aa
- Comme il était impossible d’obtenir des dis-quesavec les diamètres intérieurs nécessaires pour donner toutes les surfaces voulues, on diminuait également le nombre des disques, et en même temps, pour maintenir la longueur, on les écartait un peu ; la surface renfermée par la bobine exploratrice était donc un peu plus grande que celle du fer ; mais on peut négliger cette différence.
- Le tableau suivant donne les sections des armatures et leurs rapports avec la section transversale des inducteurs.
- Armature N«» 1 17,75 cm. Rapport o,56i
- a 19,33 0,607
- 3. 20,70 0,654
- 4 as,19 0,701
- 5 23,66 o,747
- 6 25,14 o,794
- 7 27,36 0,864
- 8 29,18 0,922
- 9 34,49 t ,09
- JQ 42>44 1,34
- La figure t donne les courbes de flux dans l’induit.
- Dans la courbe n° 1, où la section de l’armature est un peu plus de la moitié de celle des électros, le coude de la caractéristique est brusque et la ligne droite formant la partie supérieure de la courbe est presque horizontale.
- L'écart considérable de la courbe , à droite de la ligne A B, provient entièrement de la saturation de l’armature.
- A mesure que la section de l’armature augmente , le coude de la caractéristique correspondante s’étale sur une plus grande longueur et la partie supérieure de la courbe forme un angle plus grand avec l’axe des abscisses.
- Les courbes n° 9 et 10 correspondent à des armatures dont la section est plus grande que celle des électros, et, bien que la différence dans les deux cas soit égale à un tiers de la surface des électros, l’induction totale dans l’induit est fort peu différente, la courbe n° io représente donc également d’une manière très approchée l’induction dans les électros et dans l’entrefer.
- -La ligne droite, qui constitue la partie inférieure de la caractéristique, doit représenter, à peu de chose près, la ligne de la résistance magnétique de l’entrefer.
- En étudiant ces courbes, on peut reconnaître
- que dans la courbe 1, l’armature est très saturée, tandis que la résistance des électros est encore faible, D’autre part, la résistance magnétique de l’armature n° 9 n’avait subi qu'une augmentation très faible jusqu’au point où s’arrête la caractéristique, tandis que les électros sont tout à fait saturés.
- Dans la courbe n° 7, les électros et l’armature sont apparemment au même degré de saturation.
- La courbe (fig. 2) représente l’effet exercé sur l'induction totale à travers l’armature par le rapport variable de la section de l’armature à celle
- des inducteurs ; comme ordonnées , on a porté l’induction totale dans l’armature, relevée sur les caractéristiques pour l’abscisse correspondant à la ligne M.
- Les abscisses sont les rapports entre la section de l’armature et celle des inducteurs.
- Elle montre que le flux utile augmentait rapidement lorsque la section d’armature augmentait de o,5 à 0,75 de celle des inducteurs ; au delà de 0.9 l’augmentation n’est d’aucune importance pratique.
- Si l’abscisse MN avait été prise plus grande, l’augmentation relative de l’induction totale aurait été moins marquée.
- La ligne MN correspond à 2660 ampères-tours; l’intégrale de la force magnétique est donc de 3342. L’induction totale, en valeur absolue pour cette force magnétisante, est représentée sur la courbe (fig. 2). Elle a été déterminée par le ta-
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- rage du galvanomètre balistique au moyen d’un inducteur terrestre.
- Nous pouvons conclure des courbes que la section de l’armature doit (pour cette machine) être environ les 3/4 de celle des inducteurs pour donner au fil sur l’armature la plus grande puissance effective, sans employer une trop grande quantité de fer dans le noyau.
- Si le rapport est 3/5 seulement, on a une diminution de io pour cent de l’induction utile et, par suite, de puissance de la machine. Dans notre cas, la perméabilité des inducteurs est presque
- 350 000
- 335 000
- 312 000
- 209 000
- égale à celle de l’armature ; si la perméabilité de celle-ci était plus grande, la section de l’armature pourrait être moindre.
- L’induction spécifique dans l’armature était très élevée; par exemple, dans l’armature n° 5 dont la section est les 3/4 de celle des inducteurs, 2666 ampères-tours donnaient une induction spécifique de 14000 par centimètre carré. Àvec 10.000 ampère-tours l’induction était de 17.000 par cm. carré. Avec l’armature n° 10, 10.000 ampères-tours donnaient une induction d’environ 11.000 par cm. carré et 18.000 avec l’armature n° 1. Ce dernier chiffre était porté à 19.000 environ avec i2.5oo ampères-tours.
- L’induction par centimètre carré qui correspond aux meilleures conditions dans cette machine est de 14.000 ; l’auteur ajoute qu’il pense que le Dr Hopkinson a fixé ce chiffre à 8000 pour la machine Edison-Hopkinson étudiée, et que cette valeur doit rarement être dépassée.
- Dans la machine Manchester on aurait atteint,
- semble-t-il, 20.000, mais on ne peut pas attacher grande importance à ce chiffre, bien que l’armature fut assez saturée (1).
- On se rappelle que dans les machines étudiées par MM. Hopkinson, les rapports des sections étaient de 0,8 pour la machine Edison et de 0,6 pour la dynamo Manchester. E. M.
- Recherches sur l’aimantation des cristaux, par
- M. Kœnig.
- Les expériences effectuées jusqu’à maintenant sur l’aimantation des cristaux sont peu nombreuses et n’ont pas donné des résultats concluants. En particulier, les mesures de Tyndall, Rowland et Jacques, ont permis de formuler quelques lois que les dernières recherches de Stenger n’ont cependant pas confirmées dans toutes leurs conclusions.
- M. Kœnig a étudié de nouveau cette question en expérimentant sur des sphères de quartz et de spath calcaire, et il vient de publier dans les Annales de Wiedemann (vol. XXXI, p. 273) un mémoire que nous analyserons le plus brièvement possible.
- L’auteur a employé la méthode de Tyndall qui consiste à suspendre à un fil de cocon la substance à étudier entre les armatures d’un électroaimant Ruhmkorff et à mesurer la déviation subie par celle-ci sous l’influence de l’excitation du champ ; on donne au corps à étudier la forme d’une sphère et celle-ci tend à placer son axe d’aimantation normalement aux lignes de force du champ. Le moment de torsion est, d’après Thomson, égal à VH,„2 K sin2 0 sin T cos T ; dans cette formule V désigne le volume de la'sphère, H„, l’intensité du champ magnétique, K la constante principale d’aimantation, 0 l’angle compris entre l’axe d’aimantation et l’axe de rotation, T l’angle du plan formé par ces axes avec le plan équatorial de la sphère.
- M. Kœnig a mesuré ce moment en déterminant la torsion définitive du fil et en étudiant le mouvement oscillatoire du système. Les sphères étaient suspendues par de petits crochets de verre
- (<) Nous croyons que l’auteur fait erreur ici ; si nous ne nous trompons, cette valeur est de 14.200 pour la machine Édison dans les conditions de marche normale, et de 17.300 pour la machine Manchester (déduit des courbes et des résultats donnés ici-même). E. M.
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- à un ou deux fils de cocon suivant les cas de suspension unifilaire ou bifilaire ; elles oscillaient à l’intérieur d’une cage de verre dans laquelle on pouvait faire le vide; leurs déviations étaient mesurées en pointant, avec un microscope muni d’un micromètre, un repère marqué sur leur surface.
- L’intensité du champ magnétique a été mesurée en déterminant à l’aide d’un galvanomètre balistique le courant induit dans une bobine par sa brusque introduction dans le champ magnétique, et en comparant la déviation obtenue à celle que donnait un inducteur terrestre.
- La durée d’oscillation des sphères de cristal a été déterminée au moyen d’un chronoscope et toutes les amplitudes ont été réduites à des arcs irifiniments petits. Il est indispensable de laver les cristaux à l’acide chlorhydrique, puis à l’eau et à l’alcool, pour enlever toutes les traces de poussière qui peuvent fausser les résultats.
- Les premières recherches ont porté sur la variation de là constante d’aimantation K avec l’intensité du champ magnétique. Il a été impossible de la constater avec les cristaux de spath, mais on a pu, par contre, observer, pour ceux de quartz, une diminution de la valeur de K correspondant à une augmentation de H.
- Les mesures de M. Kœnig ont, en outre, confirmé l’exactitude de la loi du sinus énoncée par Thomson.
- D’après cette loi, qui peut donc être considérée comme établie d’une façon irréfutable, le mo-' ment de torsion est proportionnel au carré du sinus de l’angle formé par l’axe d'aimantation du cristal avec son axe de rotation.
- L’auteur ayant déterminé la constante principale d’aimantation des cristaux de spath pour des champs magnétiques atteignant jusqu’à 3ooo unités C. G. S. a trouvé comme valeur moyenne à peu près constante K = 1135. io~10. Pour le quartz, la valeur de K diminue quand l’intensité du champ magnétique augmente; elle est en moyenne de'62, io-10 pour un champ magnétique variant de 5oo à 2800 unités C. G. S.
- A. P.
- Signal automatique de fin de conversation pour résèaux téléphoniques de M. Oesterreich.
- . Dans, tout réseau téléphonique en général et dans ceux en particulier où il existe plusieurs
- stations centrales reliées entre elles par un nombre limité de fils, il est de la plus haute importance pour la rapidité du trafic, que les signaux de fin de conversation soient donnés régulièrement par les abonnés; or, ce n’est pas le cas en général, car ceux-ci oublient fort souvent de donner ce signal qui permet d’utiliser la ligne pour une nouvelle communication. Ainsi, en 1884, dans le réseau de Berlin, une statistique spéciale a montré que dans 5o 0/0 des communications établies, aucun signal de clôture n’avait été donné.
- Déjà à cet époque, M. Oesterreich avait combiné
- un organe particulier, envoyant automatiquement dans la ligne un courant, destiné à déclancher le signal de l'annonciateur; l’émission du courant nécessaire était commandée par un levier mis en mouvement en suspendant le téléphone, et passant sur un contact métallique durant son passage de la position de travail à la position de repos. L’auteur a modifié à plusieurs reprises son appareil et s’est enfin arrêté au modèle suivant, qüi donne de bons résultats, d’après une note qui a paru dans l’Elektrotecknische Zeitschrift, d’avril dernier.
- Dans la figure qui donne le schéma de l’appa-rei 1, H est un levier frottant sur un secteur métallique p, et dont le mouvement est modéré par le piston k plongeant dans le dash-pot p plein de glycérine, M est le poussoir qui sert à l’abonné à appeler la station centrale, en fermant le circuit de la pile sur la ligne; W est la sonnerie de la station, L la ligne, T la terre.
- Le signal de fin de conversation est perçu à la
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- station centrale à l’aide d’un galvanoscope, dont on commence à faire un grand usage dans les réseaux allemands, et qui n’est actionné que par un courant de direction déterminée.
- Il est en particulier rendu insensible à l’action du courant lancé dans la ligne en pressant le manipulateur M,etil n’obéit qu’à l’action du courant qui s’établit pendant la durée du contact du levier H sur le secteur métallique. Le clash-pot à glycérine est construit de façon que le contact, dure une seconde environ, ce qui est suffisant pour que le signal arrive facilement à destination. Les deux abonnés, en suspendant leur téléphone, ferment le circuit et actionnent ainsi le galvanoscope ; celui-ci ne resterait immobile, que si les courants émis par les deux abonnés étaient de durées égales, et se neutralisaient ainsi complètement, ce qui est infiniment peu probable.
- _____________________A. P. '
- Sur une application du téléphone à la recherche des projectiles dans le corps humain, par M. Schoentjes (n.
- Dans un article datant de 1882, nous avons appelé l’attention des praticiens sur un moyen de déterminer la position des projectiles, méthode dont l’idée première est dueà M. Graham Bell (1 2|.
- A l’une des extrémités du fil d’un téléphone est attachée une aiguille enduite d’un vernis isolant, à l’autre, une lame métallique. La lame est appliquée sur la peau, tandis que l’aiguille est enfoncée dans la région que l’on croit renfermer le projectile.
- Si la pointe de l’aiguille touche le métal, le téléphone parle ; réciproquement, et c’est dans la réciproque que réside l’avantage de la méthode, si le téléphone produit un son, c’est que la pointe est en contact avec le projectile, car l’appareil reste silencieux quand l’aiguille touche un os ou un cartillage.
- Depuis l’époque ou a paru notre premier article, nos recherches nous ont conduit à des résultats qui nous semblent offrir quelque intérêt :
- i° Il est inutile d’enduire d'un vernis isolant l’aiguilie exploratrice ;
- (1) Extrait des annales de la société de médécine de Gand, i885. Voir la lettre de l’auteur dans la correspondance.
- (2) Note lue à l’Académie des Sciences de Paris; le 7 novembre 1881.
- 2° Une fine aiguille à coudre peut remplacer ’a lame métallique ;
- 3“ Au lieu de tenir l’aiguille à la surface du corps, il est plus pratique de la fixer en la piquant dans l’épiderme. Cette façon d’opérer n’enlève à l’appareil rien de sa sensibilité ;
- 40 Dans le cas où, la plaie étant ouverte, on suppose que le projectile en occupe le fond, l'aiguille exploratrice peut être remplacée par une sonde métallique ordinaire.
- La 4° observation est très importante, car elle est le point de départ d’une nouvelle méthode de recherche ; la sonde et le téléphone remplacent très avantageusement la sonde de Nélaton. En effet, la boule de porcelaine de cet instrument, quoique battant contre le projectile, peut, dans beaucoup de cas, ne pas en révéler l’existance ; il suffit que le métal soit oxydé au point touché, qu’il soit recouvert d’une membrane ou d’un lambeau d’étoffe entraîné dans la plaie, etc.
- Dans ce cas, le téléphone révélera encore avec certitude la présence du projectile, si, au lieu d’employer une sonde ordinaire, on se sert d’une sonde à dard, dont la pointe communique métal-liquement avec l’extrémité du fil du téléphone. D’ailleurs, s’il s’agissait d’un éclat d’obus, la sonde de Nélaton serait inefficace, tandis que le téléphone resterait applicable.
- Nous ajouterons que nous avons expérimenté ces procédés sur deux personnes blessées par des armes à feu.
- Le premier cas examiné s’est présenté à l’hôpital civilde Gand au mois dedécembre i883.Unsoldat français, nommé Kirschbruch, avait été blessé pendant la guerre de 1870 par une balle de fusil.
- Le projectile était entré par la partie externe et supérieure de la cuisse, un peu au-dessus de l’aine. Après avoir enfoncé une aiguille à coudre dans les tissus de la région suspecte, le téléphone a révélé au troisième essai la présence du projectile à une profondeur de 5 centimètres. Le son de l’instrument fut clairement perçu par M. le professeur De Cock et par ses élèves.
- Malheureusement, l’extraction n’ayant été tentée que plusieurs jours plus tard, la balle n’a pas été retrouvée (').
- (') Avant de procéder à l’opération, M. De Cock a voulu retrouver le projectile, mais n’a pas réussi. Il a pratiqué alors une incision, en vue de faire l'élongation du nerf sciatique, dans l’hypothèse où il n’aurait pas rencontré le plomb. L’élongation a été faite et suivie d’un succès relatif.
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- Si l’on tient compte :
- i° Du fait inconstestable que le téléphone ne peut parlerque si l’aiguille touche un métal;
- 2° De ce que plusieurs personnes ont clairement entendu dans le téléphone le grattement de la pointe sur l’obstacle rencontré, la non réussite de ' l’extraction ne peut faire, douter aucunement de la réussite de l’exploration ; elle prouve uniquement qu’un projectile peut se déplacer en peu de temps dans les tissus d’une quantité très appréciable.
- Dans le second cas, qui offrait l’analogie la plus complète avec le cas célèbre de Garibaldi, le procédé de la sonde a fait découvrir le prjectile au premier essai ; l’exploration a été faite, il y a quelques mois, en collaboration avec MM. les docteurs Leboucq et de Visscher, qui nous communique au sujet de cette opération la note suivante:
- « Le nommé X..., voulant protéger sa tête contré un revolver dirigé sur lui, éleva les deux bras en se baissant et reçut un projectile en plomb de g mm. de diamètre au niveau de l’apophyse sty-loide du cubitus gauche.
- A cet endroit existait une plaie circulaire, à bords déchiquetés, et dont le fond était constitué par l'os dénudé de son périoste ; directement en haut le stylet boutonné, longeant le bord interne du cubitus, rencontrait de nombreuses esquilles osseuses et s’arrêtait à 6 centimètres au-dessus de son ouverture d’entrée. Rien pendant cet examen ne pouvait donner la moindre indication sur la situation ou sur la présence de la balle ; le stylet ne rencontrait que des surfaces rugueuses dont il était impossible de déterminer la nature au fond de la plaie.
- C’est alors que nous nous adressâmes à M. Schoentjes : une aiguille en acier, constituant l’un des pôles, fut enfoncée sous l’épiderme dans le voisinage de l’endroit ou nous soupçonnions la présence du projectile ; l’autre pôle était constitué par un stylet boutonné en argent nRs en rapport par un fil de cuivre avec le téléphone. Ce stylet, introduit dans la plaie, donna lieu à un son par-parfaitement sensible chaque fois que l’extrémité du stylet, appuyant fortement contre l’os, arrivait au fond du trajet fistuleux, c’ett-à-dire à 6 centimètres au-dessus de l’ouverture d’entrée. Ce son, se reproduisant toujours quand le stylet touchait le même point, a parfaitement été entendu parles nombreux élèves assistant à l’exploration. Renseignés sur la situation exacte du projectile, nous
- fîmes un large débridement s’étendant jusqu’à l’extrémité du trajet fistuleux; c’est à ce niveau que la balle était entrée dans l’os où elle était à peu près complètement encastrée : à l’aide de la gouge, l’ouverture osseuse fut agrandie et la balle extraite parla cuiller tranchante de Volkmann.
- Après un nettoyage minutieux des diverses parties, un pansement antiseptique au sublimé fut appliqué et aujourd’hui (trois mois) notre malade est complètement guéri sans la moindre lésion. »
- Remarques sur les accumulateurs, par W. Kohl-
- rausch.
- M. W. Kohlrausch a eu l’occasion d’étudier un certain nombre d’accumulateurs fournis par la maison Huber à Hambourg, et destinés à la propulsion électrique dès tramways. L’accumulateur dont les dimensions sont 12 x 16x24 c. m. pèse, 12,5 kilos y compris l’acide; les nlaques sont carrées et ont i5 cm. de côté ; l’électrode négative est formée de plomb, la positive est composée de métal Julien qui consiste, comme on le sait, en un alliage de 4 parties d’antimoine avec 96 parties de plomb.
- Le courant normal de charge et de décharge étant de 20 ampères, et le nombre des plaques positives étant de 7, la densité du courant est donc
- —— = o,635 ampère par d. m. carré 7 x i jO* x 2
- Le poids spécifique de l’acide doit être de 1,2.
- M. Kohlrausch a étudié 6 éléments couplés en série, qu’il chargeait le matin avec une intensité constante de 20 ampères et déchargeait l’après-midi avec la même intensité de courant à peu près ; la force électromotrice et l'intensité du courant étaient mesurées toutes les 20 minutes. La force électromotrice était avant la charge de 1,95 volt en moyenne ; au commencement elle montait à 2,1 volts et arrivait pendant les 260 minutes de la charge jusqu’à 2,4 volts; le premier dégagement de gaz commençait à 2,35 volts ; la force électromotrice tombait à 2,1 volts, aussitôt après l’interruption du courant de charge.
- Avant la décharge la force électromotrice était de 2,o5 volts; la décharge durait en moyenne 233 minutes et commençait avec une force élec-
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- tromotrice de 1,95 volt; celle-ci baissait régulièrement jusqu’à une valeur de 1,85 volt au bout de 200 minutes, puis ensuite rapidement jusqu’à 1,75 volt, après quoi l’on arrêtait la décharge. La figure ci-jointe donne la marche de la charge et de la décharge avec un régime de 20 ampères.
- La moyenne d’un grand nombre de charges et de décharges a donné 90,7 0/0 comme rendement en ampères-heures et 78,4 0/0, comme rendement en travail électrique. La charge était en effet de 89,8 ampères-heures et de 196,2 watts-heures en moyenne, tandis que la décharge ne livrait que 81,4 ampères-heures et 15 3,7 watts-heures.
- Le fabricant donne 92 ampères-heures comme
- valeur de la décharge ;la différence obtenue peut s’expliquer par le fait que les éléments de M. Kohl-rausch étaient nouvellement formés; avec une décharge de 86,7 ampères-heures, il en résulte une capacité de 7 ampères-heures par kilogramme d’accumulateur ; la résistance moyenne de l’un d’eux a été trouvée de 0,0074 ohm au maximum.
- Les résultats ci-dessus concordent très bien avec ceux trouvés précédemment par M. V, Walten-hofen, sur des accumulateurs de Farbaky dont les rendements avaient été de 91 0/0 et de 78,5 0/0.
- A. P.
- Sur les décharges d'électricité de haute tension par les pointes, par A. v. Obermayer etM. Rit-ter v. Pichler.
- Kundt a observé que, lorsqu’on fait passer les décharges d’une machine électrique entre une
- (1) Repertorium der Physik, vol. XXIIf. p. 23. 1887.
- pointe et une plaque métallique et qu’on.recouvre celle-ci d’une poudre non conductrice, commedè la poudre de lycopode ou de la magnésie, celle-ci reste adhérente sur la plaque sous forme de cerclés ou d’anneaux, quelque soit du reste le sens de fa décharge.
- Les auteurs ont repris l’étude de cette question et ont en même temps mesuré l’intensité du courant de décharge, la différence de potentiel nécessaire au passage de l’électricité et la vitesse du vent électrique. Ils avaient à leur disposition trois machines qu’ils ont employées indépendamment les unes des autres ou groupées en quantité ou en tension et reliées à une batterie de 8 bouteilles de Leyde. Un des pôles communiquait avec un disque de cuivre de o,5o m. de diamètre et l’autre à une ou plusieurs pointes métalliques recouvertes de cire sur toute leur longueur et n’offrant de passage au courant qu’à leur extrémité. Ces pointes ét.’ient placées parallèlement et distantes de 1 à 4 mm.
- L’intensité du courant fut mesurée à l’aide d’un galvanomètre à miroir ; elle resta à peu près indépendante du nombre de pointes et de leur distance à la plaque de cuivre ainsi que du sens du courant.
- Lorsque les pointes sont reliées au pôle positif, le courant n’est pas très régulier, la décharge tend à se faire par des étincelles et l’électricité s’écoule souvent, non-seulementpar l’extrémité des pointes, mais aussi à travers la couche isolante lalérale sous forme de touffes plus ou moins arquées. Ce phénomène n’a pas lieu quand on renverse le sens du courant ; dans ce cas l’écoulement est très régulier et l’extrémité des pointes qui servent d’électrodes négatives est toujours lumineuse.
- Les figures de Kundt ont été formées en projetant de la poudre de magnésie sur la plaque de cuivre ; elles sont très nettes, quand la décharge est régulière, et plus belles, quand les pointes servent d’électrodes négatives. Lorsque celles-ci sont distantes de 2 cm. au moins, on obtient pour chacune un cercle assez régulier.
- Si l’on n’emploie qu’une pointe, le diamètre d du cercle obtenu augmente avec la distance x à la plaque et avec l’intensité du courant ; on trouve que d est lié à x par une formule quadratique
- d = a x — b x-
- qui représente assez exactement les résultats obtenus.
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- 6? 8 la lumière: électrique
- Voici quelques-unes des valeurs obtenues pour les diamètres d, qui confirment le résultat trouvé par JCarras d’après lequel d s’approche d’une limite déterminée ftvec la quantité d’électricité qui passe dans la décharge.
- Diamètre du cercle avec un courant de
- 0,000076 ampère o,qooi38 ampère 0,000108 ampère
- i cm 45 58 65
- 2 ' 100 107 114
- 3 ,135 143 149
- 4 i65 180 >97
- 5 201 213 23o
- 6 232 252 266
- 7 254 278 3io
- 8 289 3o8 335
- 9 320 340 35o
- Pour mesurer la vitesse du vent électrique, les physiciens viennois ont remplacé la plaque de cuivre par une toile de 1er galvanisé et ont placé un anémomètre à 4 cm. en arrière de ce treillis. Ils ont obtenu une vitesse plus faible lorsque les pointes sont les électrodes positives, mais elle augmente avec l’intensité du courant.
- Avec un courant de 0,000 187 ampères et 4 pointes, cette vitesse a été trouvée de
- 2,63 m. par seconde à 4 cm. en arrière de la toile 1,21 « 1 m. « «
- 0,99 « 2 m. «. «
- et le vent est sensible sur une largeur de 26 cm.
- La différence de potentiel enter les pointes et la plaque de métal a été mesurée d’après la méthode de Mascart, à l’aide d’une balance de torsion. La différence de potentiel nécessaire à l’écoulement de l’électricité croît avec l’intensité du courant.
- Elle est, pour une même distance, plus faible si l’on emploie plusieurs pointes parallèles et pas trop rapprochées.. Celles-ci doivent être assez éloignées pour ne pas s’influencer mutuellement. Les figures se déforment dès que les pointes agissent l'une sur l’autre. Ainsi deux pointes très distantes l’une de l’autre donneront deux cercles réguliers. Dès qu’on rapproche les pointes, les cercles sè changent en ellipses, puis se coupent et finissent, pour une certaine distance des pointes, à se confondre en une seule ellipse.
- En employant une seule pointe et un Courant
- dç plus en plus intense, obtenu en faisant fonctionner une, deux ou trois machines, les auteurs ont trouvé pour différentes distances des élec, trodes, les valeurs suivantes qui donnent les différences de potentiel V en volts.
- Distance 1 machine 2 machines 3 machines
- 2 i85oo 25000 27300
- 5 213. 0 433oo 49300
- 10 45400 G23oo 70400
- 15 57000 77 °° 83400
- 20 O8200
- Les différenees de potentiel correspondant aux
- mêmes distances sont bien moins considérables lorsqu’on emploie plusieurs pointes. On a obtenu par exemple
- I pointe 8 pointes v8
- Distance v, V8 V,
- 2 cm, 27000 17500 0,65
- 5 47900 38ooo o,79
- 10 70000 58ooo o,83
- Ces expériences peuvent avoir un certain intérêt météorologique, car il est clair que l’écoulement d’électricité par la pointe d’un paratonnerre s’effectuera d’une manière analogue à celle que nous venons de voir. Si, par exemple, on place sur le couvercle d’unélectrophore 16 aiguilles qui servent d’électrodes négatives et qu’on fasse passer une forte décharge, entre elles et un disque métallique, on obtiendra sur celui-ci un nombre égal de figures bien limitées qui montrent qu’à
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÊLÉC TRICITÉ
- 6a 9‘
- chaque pointe correspond une surface d’action bien définie.
- lien sera de même entre un nuage et les paratonnerres, et un coup de foudre n’aura jamais lieu qu’entre deux endroits qui sont déjà dans un certain rapport l’un avec l’autre.
- Les plus grandes surfaces d’action se trouvent à la périphérie de la plaque et ceci porterait à croire que, par un temps d’orage, les coups de foudre auront lieu en un endroit, lorsque les nuages s’en approchent ou s’en éloignent et qu’ils seront plus rares tant qu’il se trouvera juste au-dessus des masses nuageuses. Les observations d’orage ne sont malheureusement pas encore assez nombreuses pour qu’on puisse s’assurer si cés conclusions sont vérifiées.
- A. P.
- La ligne artificielle de Siemens et Halske.
- La télégraphie duplex exige, comme on. sait, l’établissement d’une ligne artificielle, c’est-à-dire d’un conducteur métallique représentant la même résistance et la riiême capacité électrostatique que la ligne réelle et que l’on combine avec celle-ci d’une manière particulière, suivant le système auquel on a recours. Il n’est pas même nécessaire que la résistance R et la capacité C de la ligne artificielle soient égales aux grandeurs correspondantes de la ligne réelle ; il suffit seulement que le produit R C soit le même dans les deux cas.
- Dans le cas d’une ligne aérienne de longueur modérée, une simple résistance métallique suffit, en général, pour remplacer, avec une approximation suffisante, la ligne que l’on veut transformer dans le système duplex. La capacité de la ligne aérienne est en efffet toujours très faible.
- La capacité électrostatique des câbles est par contre très considérable. Aussi les lignes artificielles destinées à fonctionner conjointement avec les lignes sous-marines ou souterraines doivent-elles avoir autant que possible une capacité égale et également répartie, c’est-à-dire la même capacité par ohm de résistance par exemple. Varley a construit sa première ligne artificiellle en 1882 en reliant une des extrémités d’un certain nombre de bobines de résistances couplées dans le même circuit, avec l’armature d’un condensateur, l’autre armature étant reliée à la terre. Afin que l’iden_ tité entre la ligne artificielle et le câble soit aussi
- complète que possible, il faut , que le nombre des bobines et des condensateurs soit très grand, Tidentiié étant d’autant plus parfaite que ce nombre est considérable. Varley a aussi proposé ‘de construire la ligne artificielle à l’aide d’un certain nombre de cellules électrolytiques formées par des tiges de charbon et de platine plongeant dans l’eau acidulée, en ayant soin toutefois d’éviter la décomposition de l’eau.
- La ligne artificielle la plus parfaite a été construite par Muirhead et Taylor et nous renvoyons pour de plus amples détails à l’étude de M. To-blcr sur la télégraphie transatlantique, publiée dans La Lumière Électrique (1884. vol. XIII p. 248). Disons cependant qu’elle consiste en une série de bandes de papier d’étain isolées par du papier paraffiné et combinées à volonté de façon à avoir une résistance donnée avec une capacité bien déterminée, la capacité variant d’une manière uniforme avec le nombre de bandes que l’on intercale dans le circuit c’est-à-dire avec la résistance que l’on considère ; on a de cette manière une ligne artificielle, représentant avec une grande fidélité la ligne réelle, et sur laquelle les phénomènes électriques ont lieu d’une façon identique.
- La maison Siemens et Halske a construit dernièrement, pour l’usage du laboratoire de M. le D1' Tobler à'Zurich, bien connu des lecteurs de La Lumière Électrique, une ligne artificielle qu’on peut considérer comme particulièrement réussie. M. Tobler en a donné la description dans le dernier numéro de VÉlektrotechnische Zeitschrift et nous lui empruntons les détails qui vont suivre.
- L’appareil (Hg. 1) a extérieurement la forme d’une armoire de 2,2 m. de hauteur, 0,9 m. de pre-, fondeur et 1,26 m. de largeur ; celle-ci renferme 16 bobines de 400 unités Siemens et 16 condensateurs de 10 microfarads environ, groupés en deux séries étagées les unes sur les autres. I.e9 condensateurs ont la forme d’un tiroir d’armoire et peuvent être déplacés à volonté. Leur diélectrique se compose de papier imprégné de substances résineuses et le tout est fortement comprimé à l’aide des barres t\ et t2. Les deux armatures des conducteurs sont reliées aux bornes a et b soigneusement isolées sur des plaques d’ébo-nite. La résistance correspondant à chaque condensateur est placée dans l’armoire dans l’entaille u ménagée dans chacun d’eux; elle est reliée d’une . part à travers la paroi de l’armoire au commu-
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- tateur H, d’autre part, à l’une des armatures du condensateur.
- La manière dont les différentes parties de l’appareil sont reliées entre elles, est donnée par la figure 2, dans laquelle un point . représente une borne et le signe X le trou correspondant à une fiche. Toutes les fiches étant enfoncées, il existe entre les points a et c un circuit métallique ininterrompu à travers les 16 bobines ; on l’interrompt en enlevant une fiche quelconque et l’on peut eh général faire, avec facilité, n’importe quelle combinaison ; car les lames métalliques f\ et fi (^8' 0 peuvent s’enlever à volonté, en sorte qu’on obtient alors les 16 bobines et les condensateurs correspondants, indépendamment les uns des autres. Les deux moitiés de la ligne sont reliées à l’aide de deux lames de laiton placées en m sur une plaque d’ébonite fixée sur le socle de l’armoire.
- M. Tobler a vérifié avec soin les constantes de son appareil ;'il a mesuré entre autres sa résistance,
- 1
- son isolement et sa capacité. L’isolement a été trouvé excellent, la résistance totale de 6397,5 unités Siemens et la capacité de 15 8, 74 microfarads à 12°. Nous n’entrons pas dans le détail de ces mesures qui ne présentent rien de bien par-
- ticulier. Espérons toutefois que M. Tobler nous fera bientôt connaître les résultats auxquels l’au-
- p;g r.
- ront conduit, sans doute, les essais qu’il va entreprendre avec cet appareil. A. P.
- Transformation des courants induits en courants
- continus et réciproquement par J. C. Puerthner.
- L’éclairage électrique d’installations, situées à une grande distance de la station centrale, peut être effectué avec succès en employant des courants de haute tension et de faible intensité, transformés ensuite à l’extrémité de la ligne en courants de faible tension et de grande intensité suivant les cas.
- Cette transformation par générateurs secondaires, ne peut avoir lieu qu’en employant des courants alternatifs, fournis généralement par une machine à courants alternatifs.
- M. Puerthner a fait breveter en Autriche-Hon-"•ie un procédé permettant d’employer des courants continus dans ce même but. Il est en outre avantageux, dans les questions de transport de force à distance, de transformer les courants alternatfs de la station génératrice en courants continus ; le procédé de l’inventeur permet aussi-d’arriver à ce but avec assez de facilités.
- L’invention de l’auteur consiste à envoyer le courant continu alternativement dans deux cir
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- cuits renfermant chacun un nombre quelconque de transformateurs. Cette opération est effectuée à l’aide d’un disque de métal A. (fig. 1) portant sur sa tranche une série de champs conducteurs et isolés, sur lequel frottent deux ressorls/^ et f2, placés sur le pourtour du disque à une distance
- A B
- égale à (2«±i) fois la largeur d’un chanp.
- L’extra-courant de rupture et d’établissement du circuit, est éliminé, en quelque sorte, par l’action du disque B qui porte des champs conducteurs très étroits; ceux-ci ferment un court circuit au moment où le circuit principal est interrompu.
- On peut aussi n’employer qu’un seul balai J, mais deux disques A et B dont les segments conducteurs sont alternés.
- Les extrémités des deux circuits, L^ L2 frottent en a et b sur l’axe du disque, (fig. 2) tandis que le fil de retour commun est relié avec le balai /. La plus simple disposition de l’appareil consiste à
- placer les disques sur l’axe de la dynamo en réglant le nombre des segments conducteurs et isolés de chacun d’eux, d’après celui des tours de la machine.
- Les transformateurs peuvent être groupés en série et si le générateur du courant primaire est une machine compound, le travail récupéré sera proportionnel au travail consommé.
- En groupant les transformateurs des deux cir-
- cuits de manière à relier leurs bobines d'induction, on peut à volonté exclure une paire quelconque d’entre eux sans que le fonctionnement des autres en soit influencé. Si ces liaisons n’ont pas lieu, il faut maintenir égal le nombre des transformateurs placés dans chaque circuit; ce réglage peut être fait automatiquement par le courant lui-même.
- On peut utiliser cette disposition de deux disques à champs métalliques, alternant avec des champs isolés, pour construire un commutateur permettant de redresser les courants induits livrés par les transformateurs.
- Dans la figure 3 on a deux paires de balais di d2 et eK e.2, qui frottent sur les deux disques D et E ; les balais et c2 sont reliés à l’extrémité X du circuit dans lequel on doit envoyer les courants redressés et les deux autres d2 et eK sont en communication avec l’autre extrémité Z.
- On peut aussi se contenter de deux balais seu-
- D E
- j ,—r~i — ^
- Fig, S
- lement (hg. 4) qui frottent simultanément sur deux champs opposés des deux disques.
- Il est évident que cette disposition est réversible, c’est-à-dire qu’on peut placer les transformateurs dans le circuit XY et obtenir dans l’autre circuit le courant redressé. On peut aussi modifier la disposition de la figure 3 de façon à ne recueillir que les courants induits directs ou les courants inverses,
- La rotation des disques doit être telle que le pas* sage des champs isolés et des champs métalliques sous les frotteurs se fasse synchroniquement avec les changements de sens du courant induit ; cette condition primordiale peut être Satisfaite en plaçant les disques du commutateur sur le même axe que ceux de l’interrupteur ; si cela n’est pas réalisable, on peut obtenir la synchronisme en employant la disposition dont la figure 5 donne le schéma.
- Le commutateur est monté sur l’axe dJun moteur mû par le courant redressé et placé en dérivation sur la branche M N qui renferme en outre
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- une résistance W destinée à régler la marche du moteur.
- Les extrémitée du circuit des transformateurs sont reliées aux balais d et e. La résistance W est déterminée de façon à ce que le moteur donne aux disques D et E le mouvement synchronique né-
- CORRESPONDANCES SPÉCIALES
- DE L’ÉTRANGER
- Allemagne
- cessaire ; un réglage automatique de W ou un enroulement compound maintient la constance de la vitesse du moteur malgré les variations de l’intensité du courant redressé.
- Un troisième disque F portant des champs métalliques très étroits, monté sur l’axe commun et sur lequel frotte aussi le balai d, permet de vérifier si la vitesse du moteur est exacte ; dans ce cas il ne circule aucun courant dans la dérivation eKf%
- Les détails qui précèdent suffisent à donner une idée générale du système ; il nous semble douteux
- M
- UE
- qu’il puisse donner des résultats pratiques dans une exploitation régulière et, comme la Zeitschrift fur Elektrotechnik à laquelle nous avons emprunté la description du système de commutateur de M. Puerthner ne mentionne pas même des essais, il peut être prudent de faire toutes ses réserves à ce sujet.
- A. P.
- Perfectionnements des compteurs d’électricité du Dr Aron. — Les lecteurs de La Lumière Élec-
- A©
- H.l.
- ©
- Fig. 1
- trique se souviennent que le compteur d’électricité construit il y a quelque temps par le Dr Aron, exige, à côté de l’horloge du compteur proprement dit, une horloge normale. C’est par la différence des indications de ces deux horloges, qu’on calcule la quantité d’électricité qui a traversé l’instrument.
- Dans un nouvel appareil perfectionné, M. Aron vient de trouver une disposition à l’aide de laquelle tout calcul est évité, et qui permet une lecture directe.
- Dans une boîte (fig. i) se trouvent deux mouvements d’horlogerie, avec deux pendules leLl{ dont
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- <>»
- e mouvement est entretenu par deux ressorts séparés. Le pendule/4 oscille avec une vitesse cons_ tante, comme dans une horloge normale, tandis que / porte à son extrémité inférieure une bobine b b avec un grand nombre de tours de fil fin, et
- Fig. S
- son mouvement est accéléré par le courant de la bobine B.
- Quand aucun courant ne circule, les pendules sent arrêtés par le dispositif à encliquetage c et ç4, mais aussitôt qu'un courant entre par la borne I, l’électro-aimant A communiquera à l’armature un mouvement à droite. Par suite, non-seulement les deux pendules reçoivent une impulsion , mais les cliquets prendront un mouvement ascendant,
- iZËuiÆZZÿlIttîüùUÎSj I
- Fig. 3
- et mettront en liberté les pendules, dont le mouvement est limité par les vis d’arrêt f g.
- Le courant de la dynamo (fig. 4 et fig. 1) est de to ampères, et circule à travers I,A,II,B, à travers les lampes L pour arriver au pôle négatif. La différence de potentiel aux bornes est de 5o à i5oo volts, selon le nombre de lampes.
- En outre, un courant dérivé au bornes de la
- machine va de I le long d’un fil isolé fixé sur le pendule / jusqu’à^,, à travers la bobine de fil b b jusqu’à jc4, par la tige du pendule à IV, et de là à une résistance R, pour arriver enfin au pôle négatif de la dynamo.
- Les rouages des mouvements représentés (fig. 2) tendent à imprimer des mouvements opposés à la roue fixée à l’axe x ; c’est-à-dire que le rouage II tend à tourner à droite l’axe jr, pendant que le rouage I tourne le même axe à gauche. Dans ce but, la roue r engrène avec la roue P ( fig. 3 ) pendant que la roue m actionne la roue P,.
- Si les deux mouvements I et II tournent avec
- Fig. i
- la même rapidité, l’axe x ne tournera pas du tout, mais les roues P et P, tourneront seulement en sens contraires. Mais aussitôt que le rouage II est accéléré par le courant électrique , la roue intermédiaire i et l’axe x (fig. 3) tourneront.
- La différence entre les vitesses des deux axes r et m (fig. 2) donne une mesure du courant qui a traversé le compteur.
- Pour qu’on lise sans difficulté cette accélération, on a disposé une roue dentée J, montée sur l’axe x (fig. 3) qui engrène d’un côté avec un compteur de tours (fig. 1) et de l’autre avec les rouages.
- Avec un fonctionnement continuel, le mouvement d’horlogerie irait au moins quinze jours, sans être remonté, mais, les pendules étant arrêtés qnaud il n’y a pas de consommation de courant, elles fonctionneront, dans la plupart des-
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- cas, environ quatre semaines sans exiger de remontage
- A PROPOS DU BLANCHIMENT ÉLECTRIQUE. — Dans
- un des derniers numéros de la Papier Zeitung, M. Wurster critique la méthode électrolytique de blancliiment , brevetée en Allemagne par M. Hermite-; d’après lui, cette méthode serait sans .valeur réelle, soit au point de vue théorique, soit au point de vue pratique.
- L’inconvénient principal, que M. Wurster reproche à cette méthode, est la génération d'une certaine quantité d’oxygène ordinaire par la décomposition électrolytique de l’eau de blanchiment, oxygène qui ne produit aucun effet de blanchiment.-". 'r:—
- Quant à ^utilisation répétée de -la lessive de chlorure de magnésie, dont M. Hermine semble être sûr, M- Wurster croit que,, si on n’a jamais pu obtenir tin résultat, satisfaisant par l’électro-lyse, — même en employant des chlorures purs, -— les chances seront encore moindres avec une solution qui contient les.parties organiques solubles des substancesfibreuSeSj.engendrées pendant le blanchiment;.
- Lors de Téfectrolyse. d'un pareil liquide, il n’y aura que très peu d’eau de blanchiment qui sera formée ; la plus.grande-partie de l’énergie électrique sera perdue.';
- Tout blanchisseur pratique sait. qu’il n’y a aucun avantage à monter une nouvelle solution de chlorure de chaux avec une eau déjà employée.
- Les hypochlorites décomposent les substances solubles formées dans le .cours dû blanchiment, et les oxydent, en formant de l’acide carbonique.
- Non seulement la plupart des combinaisons organiques Sont oxydées et forment de l’acide carbonique dans la solution aqueuse, mais, même •le charbon dé cornue — une des formes de charbon les plus incombustibles — est oxydé complètement.
- Sans aucun douté, les combinaisons organiques causent une perte plus ou moins grande d’oxygène blanchisseur, puisque cet oxygène est usé dans l’oxydation de la cellulose soluble, et elles ne favorisent nullement la formation d’eau de blanchiment, dé sorte que le travail entier de la transformation de la chaleur en travail mécani-.que.el électrique est inutile.
- .. M. Wufster croit qu’on ne peut s’attendre à un succ.ès quelconque, que là où on obtiendrait7gra-
- tuitement les chlorures (comme, par exemple, dans l’eau de mer), ou bien, là où des lessives de chlorure de calcium, ou de chlorure de magnésie, peuvent être obtenues bon marché des fabriques, d’ammoniaque.
- Mais, même dans ces cas exceptionnels, M. Wu rster croLt^que. la. méthode -directe de- déco m-position des chlorures par la chaleur, offre plus de chances de succès que le détour qui consiste à la transformation de la chaleur en forcé^mo-trice et én électricité.
- ' tJ
- Dispositif pour séparer les PARTrcütÉs dë'^er, dans la mouture.—-M. Lampe décrit dans la'Çhe-miker Zeitung,. un dispositif pour sépareij les
- Fig. 5
- particules de fer dans la mouture, qu’il a employé, dit-il, avec beaucoup de succès.
- Les masses qui tombent, sont arrêtées dans leur mouvement accéléré par un fond un pçu incliné b, (fig, 5) recouvert d’une feuille épaisse de zinc laminé. Devant ce fond se trouvent deux aimants m et m'y formés par plusieurs aimants en fer à cheval placés l’un près de l’autre, de telle manière que la surface polaire du premier aimant m vienne se placer tout près de l’extrémité extérieure du fond b avec une inclinaison de 3o0à4o° par rapport à l’horizontale.
- Le second aimant m' est placé de 3o à 40 millimètres plus bas, et sous la même inclinaison.
- Pour éviter que la matière ne sorte sans passer sur les aimants, on dispose une feuille de zinc K inclinée à peu près à i5° contre la verticale.
- La paroi de devant du tuyau de conduite doit être découpée de sorte que la ligne ef soit plus raide que l’angle de glissement naturel de la mouture à traiter.
- • ; Aussitô.t que la matière .. est accumulée .-4 en
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- 6; 5
- quantité telle que la surface du talu dépasse la pente K, ellé se presse à ttavers l’ouverture, et glisse le long de la surface de l’aimant, sur laquelle les particules de fer restent collées. Dans le cas où ces particules seraientemportées peu à peu de la surface polaire par le frottement continuel, elles glissent de la surface du premier aimant à la surface du second, où elles restent fixées.
- Si une parcelle plus grande de fer se dépose sur les aimants, on s’en aperçoit par le passage irrégulier de la mouture; le surveillant peut alors interrompre l’opération en fermant ie volet K, et nettoyer les aimants.
- H. Michaelis
- Angleterre
- Les transformateurs pour la distribution électrique. — Le professeur S. P. Thompson a fait dernièrement une conférence sur les transformateurs, dans laquelle il a démontré que les mêmes principes généraux qui sont admis pour la construction des machines dynamos s’appliquent également aux transformateurs. On peut résumer homme suit ces conditions.
- î* Le fer et le cuivre doivent être d’une bonne qualité et la machine doit être d’une construction robuste et solide;
- 2° La réaction de l’induit doit être faible et pratique ment négligeable comparée à l’action magnétique des inducteurs;
- 3° Le fer doit être soigneusement divisé, de manière à éviter les courants de Foucault, et les résistances électriques de tous les circuits doivent être comparativement faibles;
- 4° Le circuit magnétique doit être disposé de façon à ne demander qu’une faible dépense d’énergie pour la production du champ magnétique ;
- 5° La machine doit être actionnée à une vitesse uniforme.
- Tous ces principes sont plus ou moins appli-
- cables aux générateurs secondaires; le premier n’a besoin d’aucun commentaire ; le second doit être modifié en ce sens que la réaction de la bor bine secondaire, qui correspond à l’induit de la dynamo, quoique considérable en elle-même, ne doit pas donner lieu à des effets secondaires. Dans un transformateur placé en dérivation, le courant dans le circuit secondaire ne doit pas, par exemple, avoir d’infiuence sur le potentiel du circuit primaire.
- Le troisième point est d’une grande importance pour les transformateurs, mais il est généralement facile d’y satisfaire. On peut en dire autant du quatrième, et quant au cinquième, son analogue dans les transformateurs est l’uniformité de la période.
- Le professeur Thompson admetencore une autre condition qui n’a aucune analogie dans le cas des dynamos, c’est-à-dire que l’enchaînement des circuits magnétiques et électriques doit être complet.
- L’expression mathématique de cette condition est que l’induction mutuelle M doit avoir sa plus grande valeur possible, qui est la moyenne géométrique des self-inductions L, L2 des bobinées primaires et secondaires ; en d’autres termes, il faut chercher à se rapprocher de :
- M = y/ J_. i 1_2
- D’après lui, le poids du cuivre doit être le même dans la bobine primaire que dans la bobine secondaire, pour que les deux circuits développent la même quantité de chaleur, une condition essentielle pour le maximum d’économie.
- Après la conférence du professeur Thompson,. qui a été faite devant la Société de Physique de Londres, le professeur W. Ayrton F. R. S. a fait une démonstration expérimentale delà transmis-, sion de l’énergie à travers une ligne de grande résistance au moyen de deux bobines d’induction. Lé courant dans la bobine primaire du transformateur générateur était fourni par une pile avec un interrupteur ordinaire.
- Le courant à haute tension était transmis par des : fils très fins au transformateur récepteur qui le transformait en courant de faible tension approprié à une lampe à incandescence reliée en circuit avec les bobines de faible tension. Les cou-rants de faible tension de la pile étaient ain^i. transformés en courants de haute tension qui tra-..
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- versaient la ligne de grande résistance pour être de r nouveau convertis en courants de taible tension pour l’éclairage électrique à incandescence.
- Une nouvelle classe de combinaisons voltaïques. — Le Dr C. R. Aider Wright F. R. S. et M. C. Thompson ont fait une découverte qui augmente le nombre des combinaisons voltaïques.
- On sait qu’on peut indifféremment employer pour former une des parties d’un élément galvanique, soit un liquide qui dégage de l’oxygène avec une électrode inattaquable, comme, par exemple, dans la pile de Grove à acide nitrique ; soit une électrode conductrice solide, capable de dégager de l’oxygène (comme une plaque de peroxyde de plomb comprimé). De mêmeuneplaque conductrice d’une matière oxydable (comme du zinc), formant la seconde électrode de l’élément, peut être remplacée par une électrode inaltérable en combinaison avec un liquide capable d’absor-bér de l’oxvgène, sans produire aucun changement fondamental dans la nature des actions qui ont lieu dans l’élément.
- L’électrode qui plonge dans le liquide oxydable, prend, comme le zinc, dans un élément ordinaire, le potentiel le plus bas, et l’électrode opposée, le potentiel le plus élevé. C’est-à-dire que la borne reliée à cette dernière représente le pôle positif par rapport au circuit extérieur.
- Un exemple de ces nouvelles combinaisons ést l’élément formé de sulfite de sodium ou de ferrocianite de potassium, opposés à une solution d’acides sulfurique et chromique, de préférence avec une couche intermédiaire d’un sel neutre comme du sulfate desodium, pour empêcher l’action directe des deux solutions.
- Par le passage du courant, il se forme du sulfate de sodium ou du ferro-cyanate de potassium, en quantités proportionnelles au courant, soit à la quantité d’argent déposée dans voltamètre en circuit.
- Du sulfate de chrome est produit del’autre côté.
- Dans une autre combinaison de la même classe l’oxyde de plomb dissout dans de la soude caustique, est opposé à un hypobromite alcalin. Dans ce cas, il se forme du bioxyde de plomb qui se précipite à l’état solide.
- Dana une troisième combinaison, le sesquioxyde de chrome dissout dans de la soude caus • tique est opposé au trioxyde de chrome dissout dans de l’acide sulfurique.
- D tns ce cas, il se forme du chromate de sodium et du sulfate de chrome, et la force électromotrice est à peu près égale à celle d’un élémenl Daniell.
- La découverte de MM. Thompson et Wright nous aide à comprendre comme des courants électriques naisssnt par le contact du sang veineux et du sang artériel dans l’organisme animal. Le Dr Wright a également trouvé qu’on peut développer des courants notables, en opposant des solutions pyrogalliques alcalines.
- La phosphorescence électrique. — A la récente soirée de la Société Royale, M. W. Crookes F. R. S, le physicien bien connu, a exposé une série de tubes dans lesquels on a fait le vide, et contenant des pierres précieuses, des minéraux et des terres rares, rendus lumineux ou phosphorescents au moyen d’une bobine d’induction.
- La bobine employée contenait 96 kilomètres de fil secondaire, et pouvait donner une étincelle de 60 centimètres.
- L’un des tubes contenait un grand diamant jaune deTAfrique du sud d’un poids de 116 carats; la pierre était fluorescente sous l’effluve élec-électrique. D’autres diamants du Gap donnaient un reflet bleu, et quelques-uns, du Brésil, donnaient une phosphorescence orange, jaune ou bleue.
- Les diamants de l’Australie donnaient des reflets jaunes, bleus ou verts ; un diamant indien donnait une lumière jaunâtre tirant sur le vert ; e s rubis donnaient une phosphorescence rouge. La topaze était bleue et le saphir vert. Là calcite phosphorescente de Branchville, dans la Caroline du Sud, qui possède la propriété étrange de devenir lumineuse (jaune et dorée), quand on la chauffe à blanc, donne également une phosphorescence brillante dans le tube.
- M. Crookes a aussi montré un échantillon de dolomite, de l’Utah, appelé par les mineurs Nell fire rock, parce qu’elle émet une forte lumière rouge quand on la gratte avec un couteau.
- Dans le tube il donne une lumière rouge.
- Le Dr Crookes avait encore un grand nombre de minéraux divers; nous citerons seulement le sulfate d’Yttrium, qui donne une lumière jaune, avec spectre discontinu, et le sulfate de chaux, dont la phosphorescence rouge a un spectre formé de trois larges bandes.
- J. Munro
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- Autriche
- Selon toute probabilité, la ville de Vienne qui est incontestablement une des plus belles de l’Europe, sera une des dernières au point de vue de l’introduction de l’éclairage électrique par stations centrales.
- . 11 est difficile de dire si les orateurs dans les discussions orageuses de notre conseil municipal, ont en vue le bien de la commune, ou le désir de se faire remarquer à tout prix ; quoi qu’il en soit, le projet de contrat proposé par un rapporteur intelligent entre la ville de Vienne et la maison Siemens et Halske (à laquelle M. Fischer a cédé sa concession) a été tellement modifié par le Conseil que les concessionnaires refusent d’en accepter les clauses.
- On va maintenant engager de nouvelles négociations longues et ennuyeuses, il y aura de nouveaux débats, et de nouveaux délais considérables dont il est impossible de prévoir la fin.
- Les villes de Baden près Wienne, Olmutz, Troppàu, Iglau, Fiume vont d’ailleurs adopter l’éclairage électrique tandis que Karlsbad a refusé d’accepter l’offre de la Cie allemande Edison d’entreprendre l’éclairage public et particulier de la ville. La municipalité a répondu à la société que la ville ne pouvait pas entrer en négociations pour l’éclairage électrique public en ce moment, mais que toute entreprise privée qui tenterait d’introduire à ses propres risques et périls, la lumière électrique à Karlsbad, trouverait un appui moral dans le Conseil municipal.
- Ceci me rappelle le mot d’un entrepreneur de chemins de fer qui s’écriait dans des circonstances analogues : « Le moral seul ne suffit pas pour construire des chemins de fer».
- L’agitation qui a commencé à Paris en faveur de l’introduction de l’éclairage électrique dans tous les théâtres et concerts, a eu un contre-coup à Vienne où la catastrophe de l’Opéra-Comique a éveillé le souvenir douloureux de l’incendie du Ring-Théâtre et l’opinion publique insiste sur l’introduction obligatoire de la lumière électrique dans tous les théâtres et autres établissements publics de ce genre.
- Les concerts des Champs-Elysées à Paris ont ici leur pendant dans les établissements du même genre sur le Prater et dans les environs de Vienne.
- Les théâtres et surtout le vieux théâtre du Burg, le théâtre an der Wien et le Cari théâtre, sont de
- vrais nids à incendies. Les propriétaires de ces établissements parlent de négocier pour l’installation de la lumière électrique, mais les finances de ces entreprises ne sont pas dans un état brillant. A ce propos, je ferai remarquer que l’ancien préjugé d’après lequel la lumière électrique devrait être aussi bon marché que le gaz commence à disparaître. La lumière électrique doit être payée plus cher parce qu’elle est plus agréable, moins dangereuse et plus hygiénique. Quoiqu’il en soit, les directeurs et propriétaires de théâtres auront de la peine à trouver les fonds nécessaires.
- Nous avons d’ailleurs en Autriche-Hongrie, un nombre respectable de théâtres éclairés à l’électricité, comme à Karlsbad, Prague, Brunn, Budapest et Fiume, dont l’exemple sera bientôt suivi par le théâtre allemand de Prague, et les deux nouveaux théâtres de la cour à Vienne.
- L’éclairage dü nouveau Burg Théâtre pourra fonctionner au printemps prochain, mais à l’Opéra en automne seulement; il n’y aura donc en 1888 pas moins de 8 théâtres éclairés à la lumière électrique.
- En fait de nouveautés techniques, je n’en ai guère à vous signaler, en dehors d’un nouvel accumulateur inventé par MM. Scheneck et Far-baky et qui est actuellement soumis à l’examen de M. le prof, von Waltenhofen à l’Institut électrotechnique. Je vous parlerai prochainement des qualités et du rendement de ce nouvel accumulateur.
- Le. directeur général des chemins de fer de l’Etat en Autriche, le Baron Gostkowski, a fait une étude approfondie que nous allons analyser, de la question du chauffage électrique des wagons de chemins de fer.
- Pour pouvoir déterminer jusqu’à quel point le chauffage à l’électricité des wagons de chemins de fer est pratiquement possible, il faut d’abord connaître la quantité de chaleur qu’il est nécessaire de fournir à l’intérieur des wagons par heure, pour les maintenir à lâ température voulue. Cette quantité de chaleur se calcule de la manière suivante :
- La perte de chaleur par heure dans un wagon de voyageurs chauffé s’élève pour un degré de différence de température, à 3 calories par mètre carré de surface des parois et à 9 calories par mètre carré de la surface des vitres. La surface des parois d’une voiture de ce genre est de 66 mèLres carrés, et celle des fenêtres de 2,6 mètres carrés, la perte
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de chaleur par heure estdonc de 66 X 3 -}- 2, 6X 9 = 221,4011 en chiffres ronds de 222 calories. I faut donc développer à l’intérieur du wagon cette quantité de chaleur par degré de différence de température, si l’on veut maintenir la voiture à la même température, pourvu que Pair ne soit pas changé dans le wagon.
- Mais si l’air est renouvelé dans le wagon, il s’échappe de la chaleur en même temps que de l’air vicié ; si l’on développe x m3 de chaleur par heure et si le mètre cube pèse \ kilogrammes^ alors, la quantité d’air amenée par suite de la ventilation s’élèvera à^rX^ kilogrammes. Comme il faut 1/4 calorie pour chauffer un mètre cube d’air à i° c., il faudra .*4/4 calories pour échauffer l’air remplacé, et en tout, par conséquent, (222-f-Ar^/4) par heure et par degré de différence de température.
- Si cette différence s’élève à A degrés et si l’on admet à l’intérieur du wagon une quantité d’air frais de 17m3 par heure et par personne, alors, la quantité d’air introduite par heure est x — 17 m3 ; commet = 4/3 kilogrammes, il résulte que la chaleur par heure nécessaire pour une voiture suffisamment ventilée et occupée par n personnes est, de (222 + 6”) A calories.
- La respiration de chaque personne produit X2o calories par heure, qui sont à défalquer des (222 -f- 6n) A calories.
- La quantité de chaleur nécessaire pour une voiture bien ventilée occupée par n personnes, s’élève pour une différence de température de 3o° C, qu’on peut admettre pour un pays froid, à 60 X (tu -|~n) calories.Si la voiture est occupés par 29 personnes, on obtient (m -f- 29) 60= 8400 calories. Comme une calorie est équivalente à un travail mécanique de 430 kilogrammètres, le chauffage d’une voiture occupée par 29 voyageurs demande 8400X430/60x60 = 1000 kgm. par seconde ou en d’autres termes i3 i/3 cheval. Si l’on évalue le rendement de la dynamo à 80 0/0 et si l’on admet une perte de 20 0/0 dans l’appareil de chauffage électrique, comme le croient les ingénieurs MM. Courcelles et Elu, il faut pour produire la chaleur nécessaire, développer i3,33/o,64 soit 20 chevaux, pour obtenir la chaleur nécessaire dans les pays froids.
- Il faudrait donc une force de 3 00 chevaux pour chauffer un train de ii> voitures.
- Dans les pays froids, il faudrait ainsi dépenser autant d’énergie pour le chauffage que pour la
- traction. Le calcul donne ce qu’il faudra pour le chauffage d’un train avec n personnes.
- -- 60 (1 +I0*43o = iü±« chevaux
- 60x60x75x0,8x0,0 7 , .
- Le chauffage électrique ne sera donc jamais pratique dans les pays froids, à moins qu’on ne trouve des dispositions très ingénieuses, puisqu’il faut déjà 164 chevaux pour chauffer’une voiture vide, et 224 pour une voiture occupée par 42 personnes, tandis qu’il suffit d’une énergie de 84 chevaux pour la traction de la même voiture à raison de 36 kilomètres par heure.
- Kareis
- Etats-Unis
- L’une des plus importantes Sociétés scientifico-technique des Etats-Unis, VAmerican Institute of Electrical Engineers vient de tenir, à New-York, sa session annuelle, les 18 et 19 du mois de mai. Un grand nombre de travaux intéressants ont été lus et discutés; dans cette correspondance, je voudrais vous donner, d’une manière aussi complète que. possible, le travail du professeur Elihu Thomson sur les courants alternatifs, qui est le plus original de beaucoup; dans une prochaine correspondance, nous dirons quelques mots das autres travaux.
- Sur une action nouvelle des courants alternatifs. — Sous le nom de courants alternatifs, l’auteur entend naturellement des courants électriques, dont le sens est inversé un grand nombre de fois par seconde.
- Si donc, on représente graphiquement la force électromotrice ou l’intensité du courant, on aura une ligne ondulée dont l’amplitude représentera la somme arithmétique des maximums positif et négatif du courant ou de la force électromotrice. La ligne médiane horizontalepasse par les points de courant ou de force électromotrice nuis.
- On sait qu’un courant de cette nature, passant dans une bobine ou conducteur placé en présence d’un autre, induira dans celui-ci des forces électromotrices alternatives, et, s’il est en circuit fermé, des courants alternatifs de même période. C’est le phénomène bien connu réalisé dans les bobines d’induction.
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- Le point que M. Thomson a étudié en particulier, et sur lequel il attire l’attention, ce sont les effets mécaniques d’attraction et de répulsion qui Se manifestent entre les deux conductéurs, et les résultats nouveaux qui peuvent être obtenus ' grâce à des modifications dans leurs positions ’ relatives.
- En 1884, à l’occasion de l’Exposition inférna-' tidnale d’électricité de Philadelphie/l’auteur eût l’occasion de construire un grand électro-aimânt,1 dont les noyaux avaient environ 1 5 centimètres 'de diamètre et’ 5o centimètres de longueur. Ces * noyaux étaient formés de faisceaux de tiges de fer d’environ 8 mîllimètres de diamètre. '
- ' Cet" électro" était excité par le courant d’une dynamo à 'courant continu.
- On constataJ à cette occasion, que si l’on faisait tdmber à plat, sur lin des pôles de l’aimant, un disque en tôle de cuivre d’environ i 1/2'milli-" mètre ^d’éparsseür et de 2 5 centimètres de diamè-
- Fig. 1
- ”trê,fc'celui-ci ‘venait"s’y appliquer doucement, le J mouvement étant retardé par le développement descdurants induits de sens inverse à *celui des : bobines de l’électro.:
- La résistance était telle qu’il était impossible deTrapper avec le disque Te pôle de l’aimant, rmêmé en tenant celui-ci par le bord ët en rabaissant dé forcet !
- ; , Si l’on essayait' ensuite de'détacher brusque-/mëht le disque du pôle, on rencontraitla ' même résistance, mais en sens inverse; il y avait donc développement de courants dans la même direction que ceux dés bobines de l’électro.
- L’expérience fut renouvelée de diverses manières : le disque D. par exemple, fut tenuau-dës-;! sus du {pôle Ve l'aimant,* comme le montré, la figure 1 ci-dessus, et lé courant dans les bobines de T’électro-âimant était "supprimé "en" les shun-" tant/'On constata tilors une attraction du diiqüe ' vèrs le pôle/ Puis re courant étant rétabli en ïôm-r' pânt le shunt, un mouvement Répulsif sè Taisait* sentir sur le disque, " - - i 1
- ' Les effets qui viennent d’être décrits sont tels qu’on devait s’y attendre en pareil car./car, au moment où l’attraction se produisait, des courants avaient été induits dans le disque D dans la même direction que ceux des bobines de l’électro/et lorsque la répulsion avait lieu, le courant induit dans le disque était de direction opposée.
- Supposons maintenant que le courant dans les bobines de l’électro soit, non pas simplement interrompu, mais renversé; le disque D sera attiré et repoussé alternativement, l’attraction ayant lieu inversement chaque foisque les courants induits sont de même sens qùe ceux de la bobine inductrice. ^
- En outre, la répulsion se produira, lorsque le courant dans la bobine croit jusqu’à son maximum dans chaque direction, et l’attraction lorsque Te courant de chaque direction décroît vers zéro ; attendu que, dans le premier cas/des courants Tnverses sont induits dans le disque D, conformé-ment à des lois bien connues, et que, dans le sé-'cond, des courants de même direction circulent dans le disque D et dans'la bobine."
- Lé: disque pourrait évidemment être rèmplâcé par un anneau de cuivre ou par tout autre bon 'conducteur, ou encore par une bobine ouparune série de disques, d’anneaux ou de bobines sùpër-'posés ; les résultats seraient les mêmes/
- *7 Jusqu’ici, tous ces phénomènes sont bien connus, maisles effets décrits ne sont pas'les seuls qui se produisent et, contrairement à cé! qui" est généralement admis, il faut ajouter le théorème suivant :
- ; « Un circuit ou une bobine parcourus °par Vu courant alternatif repousse et attire un circuit ou une bobine fermée placée dans son champ, mais la répulsion est supérieure à l’attraction.
- « Pour certaines positions de la bobine fermée et lorsque sa résistance est assez faible pour qu'un courant relativement intense, soumis à une grande self-induction, puisse y être induit, l’effort répulsif excède de beaucoup l’effort attractif. »
- Faute d’une expression meilleure, l’auteur appelle cet excès d’effet répulsif, la répulsion électro-inductive des bobines ou des circuits.
- On'péüt' utiliser cette prépondérance'de T’elfFèt répulsif, ou en montrer l’existence, soit par un mouvement ou une pression dans un sens dolnné, soit par Une déviation angulaire , ' soit encore par une rotation Continue au moyen d’une'cômbinai-'sôn appropriée. *' * .......... j - ^
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Voici quelques-uns des moyens les plus simples à l’aide desquels on pourrait réaliser ces conditions.
- Dans la figure 2, C représente une bobine traversée par des courants alternatifs, et entourée
- Fig. 2
- d’un tube en cuivre B , placée d’une manière dissymétrique.
- Le tube B est relativement massif et il est le siège de courants induits intenses.
- Un excès d’effort répulsif tend à écarter l’un de l’autre les deux conducteurs, suivant l’axe.
- Le tube B peut être remplacé par des tubes concentriques emboîtés l’un dans l’autre, ou par une pile d’anneaux plats , on encore par une bobine fermée..............
- Si la bobine primaire C est pourvue d’un noyau formé d’un faisceau de fil de fer, les effets augmenteront considérablement d’intensité , et avec un fort courant primaire, la répulsion pourra acquérir une grande énergie ; des appareils de faibles dimensions pourront ainsi produire un efTort de plusieurs kilogrammes.
- Dans la figure 3, la disposition est différente: c’est la bobine C qui est extérieure, tandis que le circuit fermé B est intérieur et entoure le noyau.
- 1
- Fig 3
- La répulsion électro-inductive se produit comme précédemment.
- Il est évident que les effets répulsifs ne se manifesteront pas dans le sens de l’axe, lorsque les circuits sont placés symétriquement.
- Lorsque les centres ou plans médians des
- conducteurs (fig. 3) côïncident, il ne se manifeste aucune indication de répulsion électro-inductive, attendu qu’il y a équilibre dans tous les sens ; mais lorsque les bobines sont déplacées , on constate aussitôt une répulsion, qui atteint son maximum en un point dépendant de la distribution dû courant à un moment donné, dans les deux circuits ou conducteurs.
- Il va sans dire que cette position pour laquelle les deux circuits n’ont plus d’action dépend de leur forme.
- Les formes et la dispositon relatives des deux conducteurs peuvent varier considérablement. Dans la figure 4, les deux circuits sont de même diamètre : l’un B est un anneau fermé, et l’autre C, une bobine annulaire placée parallèlement.
- Un noyau en fer ou faisceau de fil de fer placé dans l’axe commun des deux bobines augmente l’action répulsive. ,
- B peut être simplement un disque ou une pla-
- î'iff. 4
- que de forme quelconque, sans que cela influe beaucoup sur la nature de l’effet produit. Il peut aussi être composé d’une pile de disques de cuivre ou d’une bobine de fil magnétique, comme il a été dit plus haut.
- Une disposition des parties quelque peu analogue à celle d’un aimant en fera cheval avec son armature est représentée dans la figure 5.
- Les bobines C, G' parcourues par un courant alternatif, sont enroulées sur un faisceau en fil de fer en forme d’U vis-à-vis des pôles duquel sont placés deux disques épais en cuivre BB', qui sont attirés et repoussés, mais avec un excès de répulsion dépendant de leur forme, de leur épaisseur, etc.
- Si le noyau de fer prend la forme indiquée en 1,1 (fig. 6), c’est-à-dire celle d’un anneau coupé sur lequel la bobine G est enroulée, l’introduction d’une lourde plaque de cuivre B dans la solution de continuité de l’anneau sera contrariée par un effort répulsif, lorsque des courants alternatifs passeront dans G.
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- C’est la première forme dans laquelle j’ai constaté le phénomène de prépondérance répulsive en question.
- Fig. 5
- La plaque B tend à s’échapper hors de l’ouverture de l’atineau, sauf quand son centre coïncide avec l’axe magnétique de l’anneau.
- ' Fia. ^
- Si les axes des conducteurs (fig. 5) ne coïncident pas, mais sont déplacés comme dans la figure 7, alors, indépendamment de la répulsion qui tend
- Fig. 7
- à les séparer, il se produit un effort latéral, comme cela est indiqué par les flèches.
- L’expérience représentée figure 8 est à peu près
- Fig. 8
- semblable. Ici le plan du conducteur fermé B est à angle droit de celui de C qui est enroulé sur un faisceau en fil de fer. La partie B tend à se mou-
- voir vers le centre de la bobine C, de manière à avoir son axe placé transversalement au noyau de cette dernière.
- Ceci nous conduit à un autre genre de phénomènes, savoir les effets de déviations.
- Lorsqu’un conducteur B (fig. 9), composé d’un disque, ou mieux d’une pile de disques en cuivre minces, ou encore d’une bobine de fil de fer, est monté s.ur pivot en X, transversalement à l’axe de
- Fig. 9
- la bobine C dans laquelle passe le courant alternatif, il se produit une déviation dans le sens indiqué en pointillé, à moins que le plan de B, au début, ne coïncide exactement avec celui de C.
- Les positions relatives de B et de C' importent peu, il est également indifférent lequel des deux est fixe.
- Dans la figure 10, la bobine C entoure un noyau en fil de fer et est surmontée de B, qui est monté sur pivots et tend vers la position indiquée en pointillé.
- L’auteur fait remarquer que, lorsque l’on
- Fig. 10
- veut obtenir une déviation, comme dans le cas des figures 9 et 10, il est préférable de former B d’une pile de rondelles minces, ou d’une bobine fermée, de fil isolé, plutôt que d’un anneau plein. On évite ainsi l’amoindrissement d’effet qui pour-raitrésulter de l’induction de courants dans l’anneau B dans un autre sens que parallèlement à son plan.
- Voyons maintenant comment M. Thomson explique les effets qui viennent d’être exposés
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- •^42 f LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE' ’ -
- après quoi’ nous indiquerons leurs âpplicatiôris j pratiques, . : i
- Il est certain que si les courants induits dans le! conducteur fermé n’étaient pas influencés par la î self-induction, les seuls phénomènes qui pour-i raient se manifester, seraient des attractions etî des répulsions alternatives et égales.
- En effet, les courants induits auraient une; direction opposée à celle ' du courant primaire lorsque ce dernier passerait de zéro au maximum, positif ou négatif, et dans ce cas la répulsion au-; rait lieu ; ils auraient la même direction lorsque le courant primaire passerait :.de la valeur maximum positive ou négative à zéro, et à ce moment' on aurait une attraction égale.
- m
- - L .
- _ 1 -
- ; Ces effets d’attraction et dé répùlsibn '"alternatives se* reproduiront continuellement pendant une phase complète du courant primaire. Lés lettres r, a, au bas du diagramme (fig. 11), indiquent la succession des actions.y,
- En réalité, cependant, les effets de la self-induction, en occasionnant un déplacement ou un retard de phase dans”'le^ courant secondaire, modifient considérablement les résultats, surtout si la self-indùction est grande.
- En d’autres termes,-. les maximum du courant primaire ou inducteur ne coïncideront plus avec les zéros du courant secondaire*.''
- L’effet sera le même que'si là ligne représentant l’onde du courant secondaire dans la figure 11
- Primaire
- . \i
- i\ ....
- j . .
- / Fig; ..12 -f
- On peut s’en rendre compte en se reportant au* diagramme (fig. m).
- Les lignes ondulées représentent les variations; de force électromotrice dans chaque conducteur.} Le courant positif est indiqué par les portions de; courbe qui sont au-dessus de la ligne des zéros, et le courant négatif parcelles qui sont au-dessous. ;
- On voit ici que, tandis quélé courant primaire, positif passe de son maximum m a zéro, le cou-,, rant secondaire croît à son maximum positif'm'. I ' Il en résulte par conséquent une attraction, ; attendu que les courants sont de même sens. Mais, j lorsque le courant primaire passe de'zérô' à son; maxiriium négatif n, le" courant du circuit secon-; daire décroît-de son maximum positif m à zéro 5; les deux.courants ayant des directions opposées, j îîVn résulté une répulsion/ "" 1
- avait été déplacée en avant d’une quantité plus ou moins grande.
- C’est ce qu’indique lé diagramme (fig.’i^.'.
- On remarquera que la'période durant laquelle les courants sont opposés et où la répulsion peut avoir lieu, ‘est prolongée aux dépens de celle pendant laquelle les; cburants sont de mêmes directions.
- Ces diverses périodes sont marquées r, a, etc. au bas du diagramme, où l’on peut voir que la période pendant laquelle il y à répulsion va du zéro du courant primaire au zéro suivant du courant secondaire, et la période pendant laquelle il y.a attraction, va du zéro du cpurnnt.induit au zéro du courant inducteur."
- Mais, ce qui augmenté .encore' bien" davantage bette différence'entre'les*'èfféfs d’attraction' etÜe
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- répulsion, c’est que, pendant la période de répul-siop, les courants inducteur et induit ont tous deux leurs plus grandes valeurs, tandis que pendant la période d’attraction, les courants sont comparativement faibles.
- Cette condition peut s’exprimer d’une autre façon encore, en disant que la période durant laquelle la répulsion a lieu, embrasse tous les maxima de courant, tandis que la période d’attraction ne renferme aucun maximum.
- On a donc une répulsion due aux effets additionnels de forts courants opposés pendant une période prolongée, contre une attraction due aux effets additionnels de courants faibles de même direction pendant une moindre période, ce qui a pour conséquence une répulsion fortement prépondérante.
- On comprend maintenant que l’auteur ait pu obtenir tous lés effets que nous avons décrits ; on comprend aussi qu’un champ magnétique alternatif soit, à tous les égards, dans les mêmes conditions qu’une bobine à courant alternatif, et provoque une répulsion sur le conducteur fermé.
- M. E. Thomson a utilisé cette action répulsive à la construction de divers appareils : indicateurs de courants alternatifs, lampes à arc à courant alternatif, moteurs pour ces courants, etc.
- Pour le§Jndicateurs, un disque de cuivre ou un anneau composé de rondelles minces empilées et isolées monté sur pivot, ou suspendu et muni d’une aiguille, est placé dans l’axe d’une bobine parcourue par les courants alternatifs dont on veut connaître l'intensité ou le potentiel.
- Un poids ou un ressort rappelle l’aiguille au zéro d’une échelle graduée, c’est-à-dire à la position où le plan de l’anneau forme un angle d’environ i5 à 20 degrés avec le plan de la bobine. Cet angle augmente plus ou moins selon le courant qui traverse la bobine (*).
- Dans les lampes à arc, l’électro destiné à former l’arc peut être composé d’un conducteur fermé, d’une bobine pour le passage du courant et d’un noyau en fil de fer. L’action répulsive sur le conducteur fermé élève et règle les charbons à très peu près, comme le font les électro-aimants lorsqu’on se sert de courants continus.
- (i) Cet appareil pour la mesure des courants alternatifs est le môme que celui du Dr Fleming, décrit dans ce journal. lN. D. L. R.
- L’action répulsive électro-inductive a aussi été appliquée à des régulateurs pour courants alternatifs, moyennant certaines combinaisons dans le détail desquelles nous n’entrerons pas.
- Le principe a été appliqué également à la construction de moteurs à courants alternatifs; cette application peut être réalisée d’une quantité de manières ; une des plus simples est celle-ci :
- Les bobines C (fig. i3) sont traversées par un courant alternatif et sont placées autour d’une bobine B montée sur un axe horizontal, transversalement à l’axe de la bobine C.
- Les extrémités de la bobine B sont-reliées à un commutateur, sur lequel frottent les blfais.
- Le commutateur est construit de telle sorte, qu’il maintient en court-circuit la bobine B entre Ta position de coïncidence avec le plan de C, et
- te---------
- Fig. IB
- celle où le plan de B est à angle droit sur celui de G, et en circuit ouvert entre la position à angle droit, ou à peu près, et celle de coïncidence des plans.
- L’action sur la bobine B, lorsque son circuit est fermé par le commutateur et les balais, agit de façon à placer le plan de cette bobine à angle droit sur celui de G ; mais étant alors en circuit ouvert, sa force vive l’amène à la position immédiatement au delà du parallélisme, où elle est de nouveau mise en court-circuit, et ainsi de suite.
- Ce moteur tourne avec une grande rapidité, mais sa puissance est faible.
- L’auteur a étendu l’application de ce principe à la construction d’appareils plus complets. Dans l’un d’eux la partie mobile, ou armature, est composée d’un certain nombre de disques en tôle de fer sur lesquels sont enroulées, comme à l'ordinaire, trois bobines se croisant sur l’axe.
- Le commutateur est disposé de façon à mettre en court-circuit chacune de ces bobines successi-
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- veinent, deux fois par révolution et sur un angle de 90 degrés de rotation.
- Les bobines d'induction entourent l'armature ; je tout est entouré d’un écran en fer laminé complétant le circuit magnétique.
- Je dois dirt ici que l’idée d’entourer avec les
- Fig. 14
- bobines d'induction l'armature d’une dynamo, quoique reprise tout récemment, aussi bien en Europe qu'en Amérique, ainsi que nos lecteurs ont pu en juger par plusieurs articles parus dans ce journal, a été décrite dans divers brevets de Thomson-Houston, et que, dans une certaine mesure, toutes les machines de Thoms.on-Houston présentent cette particularité.
- Les figures 14 et i5 donneront une idée du
- Fig. 15
- moteur construit par le professeur Elihu Thomson.
- G C' s'ont les bobines inductrices, qui seules sont placées dans le circuit du courant alternatif. I I est une pièce de 1er laminé, dans l’intérieur de laquelle tourne l’armature avec ses trois bobines
- B, B2, B3 enroulées^sur un noyau formé de disques en tôle de fer.
- Le commutateur met en court-circuit les bobines d’armature successivement, dans les positions voulues pour utiliser l’effet répulsif produit par les courants alternatifs des bobines d’induction.
- Le moteur n’a pas de point mort; il se met en marche directement de l’état de repos. Il développe une force considérable, mais l’inventeur n’a pas encore fait de détermination de son rende ment.
- Une propriété singulière de cette machine, c’est qu’à une certaine vitesse dépendant delà période du courant dans la bobine G, un courant continu passe d’un balai du commutateur à l’autre; ce courant excite des électro-aimants, et produit les autres effets des courants directs.
- On a donc là un moyen de transformer des courants alternatifs en courants directs.
- Pour régler la vitesse et la maintenir à la valeur voulue, il suffit de relier ce moteur d’une façon convenable à un autre, tel qu’une dynamo à courants alternatifs, fonctionnant comme moteur.
- Il serait facile, avec une semblable machine, d’opérer le chargement de batteries d’accumulateurs, même avec une ligne à courant alternatif, bien que dans ce cas les pertes dussent être considérables. Quel que soit le développement que puissent prendre des machines basées sur ce principe, et indépendamment de toute application, cette propriété des courants alternatifs (quoique entrevue déjà dans certaines expériences), et son explication, constituent une très belle découverte.
- Exposition d’électricité a New-York. — Une exposition d’électricité aura lieu à New-York dans le courant de l’automne prochain, sous les auspices de la New-York Electrical Society, ainsi que nous l’avons annoncé; les détails de l'entreprise seront publiés prochainement, mais on peut s’adresser, dès maintenant, pour tous renseignements, au secrétaire, M. J. Wetzler, 175, Potter Building, à New-York.
- J. Wetzler
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- RÉSUMÉ DES . v' •
- BREVETS D’INVENTION
- délivrés depuis le 1e3 janvier 1887
- 180085. — CHENARD et BTNET (3 décembre 1886;. — Nouvel appareil de mesure.
- Le voltmètre ou ampèremètre de MM. Chénard et Binet est fondé sur le principe de la répulsion des pôles de même nom dans les électro-aimants.
- La figure c-jointe montre une des formes de l'appareil. Il se compose de deux branches d’électro-aimant A et B ayant leurs pôles aa'ybb’ en regard. La branche B estfixée
- qu'il y a à ce que les phases des deux machines coïncident exactement.
- Si l’on ferme en effet, la dérivation à un moment quelconque par un commutateur ordinaire, les phases des deux machines ne coïncidant pas; avant que l’équilibre ne soit établi il y a forcément un ralentissement dans la marche, par ce fait, que le courant d’une des machines est en partie de sens contraire de celui de l’autre, et les lampes baissent en conséquence.
- Pour éviter cct inconvénient, MM. Siemens et Halske proposent le dispositif représenté dans la figure.
- M! est la machine en marche, M2 et M3 les'machines à introduire dans le circuit, Lï et L2 les conducteurs allant aux lampes.
- Un électro-aimant est monté en dérivation sur les circuits des machines^ de telle sorte que la branche Si soit parcourue par te,courant de Mi, et la branche Sa par celui de M2 et M3.
- Il est clair que tant que la coïncidence des phases ne
- 'o o'
- par des vis sur la planchette X, tandis que la branche A est assujettie à B par la lame flexible C. Lorsqu'on fait passer un courant dans l’électro, les pôles a et a' se repoussent plus ou moins, suivant l’intensité du courant; dans ce mouvement par l'intermédiaire de la goupille g qui sert de buttée à une branche C, sur laquelle appuie le ressort F, l’aiguille D se meut sur un cadran gradué.
- Cette forme a été modifiée par une addition récente, dans laquelle la branche A est tout à fait indépendante de B, et suspendue par un fil de manière à former pendule.
- Quel que soit d’ailleurs le dispositif choisi, le principal reproche à faire à cet appareil, est le manque absolu de proportionnalité des déviations.
- 179969. — MM. SIEMENS et HALSKE(2g novembre 1886).
- Procédé pour relier Electriquement des machines a
- COURANT ALTERNATIF.
- Lorsque dans la pratique on est conduit à ajouter une machine à courant alternatif à une autre déjà en service, l’opération est toujours difficile à cause de la nécessité
- sera pas absolue, le magnétisme développé dans l’aimant ne sera pas maximum; l'effort d'un ressort convenablement choisi, ne pourra être vaincu, et l'armature ne sera attirée que lorsque les trois* machines agiront dans le même sens, c’est-à-dire, lorsque les phases alternatives coïncideront. A ce moment précis, les connexions de la figure montrent que les dérivations seront fermées, et que les machines Ma et M3 actionneront le circuit des lampes.
- 179982. — PIAUX (3o novembre 1886^. — Régulateur
- AUTOMATIQUE D'ÉLECTRICITÉ
- Imaginez par la pensée, une boîte de résistances, mise dans le circuit des inducteurs d’une machine dynamo, et munie d’un curseur mobile faisant varier la longueur du fil de maillechort intercalé.
- Figurez-vous ce curseur formant l'écrou d’une vis sans fin que peut faire tourner dans les deux sens l’induit d’une petite dynamo, système Lontinj montée elle-même sur la boîte de résistance; admettez que les inducteurs de cette petite machine soient pourvus de deux enroulements inverses, et vous comprendrez ce qui se passera lorsqu’un
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- relais enverra une déviation du courant dans un des en-roulementaou dans l’autre.
- En effet, le moteur de ce rhéostat étant immobile, lorsque la régulation est faite, son armature tournera dans un sens oU l’autre, suivant les variations d’intensité, de manière à introduire tantôt des résistances dans le circuit, tantôt à les retrancher graduellement.
- C’est un peu compliqué, n’est-ce pas? mais cela doit marcher.
- 180052. — RAFFARD (2 décembre 1886). Perfectionnement APPORTÉ AUX MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES.
- La figure qui suit est suffisamment claire pour que son explication puisse se passer de longs développements.
- Le perfectionnement en question consiste, en effet, en l’addition d’une hélice ventilateur, à la poulie de la machine, et dans le montage de l’anneau induit sur un manchon creux, comme celui qui est indiqué.
- Les flèches de la figure montrent comment, pendant la rotation, le ventilateur refroidira constamment par un
- courant d’air toutes les parties de l’anneau et le collecteur de la machine.
- C’est un des moyens les plus simples proposés dans ce but. _____________
- 179993. — THE WRITING TËLEGRAPH COMPANY
- (3o novembre 1886).— Perfectionnements dans les télégraphes AUTOGRAPHIQUES.
- Avec la meilleure volonté du monde, il nous est complètement impossible de résumer succintement dans l’espace qui nous est réservé, un brevet qui comporte 16 figures et 34 revendications.
- Tous les perfectionnements sont relatifs à l’amélioration de diverses parties d’appareils déjà brevetés, dans le but dépendre toujours le fonctionnement plus facile, plus prompt, plus exact.
- Dans ces conditions nos lecteurs voudront bien nous pardonner, si nous nous bornons ici à signaler les choses sans en entreprendre la description.
- | 179990. — MM. WALLACE et HOLM (3o novembre 1886). — Perfectionnement dans les microphones
- Au nombre déjà si considérable de microphones connus MM. Wallace et Holm ont ajouté le suivant :
- Sur la plaque vibrante A, est montée une tablette inclinée B, dont la surface est rainée de manière à re-
- cevoir plusieurs tiges de charbon C, reliées à la ligne L. Sur ces deux baguettes repose une troisième barre D, également en charbon, suspendue par un fil, à une tige fixée à la plaque A, et lestée par une nassette de plomb D'.
- Il est certain, qu’avec des baguettes de charbon bien polies, des contacts délicats pourront être obtenus, de manière à constituer un microphone sensible ne nécessitant pas de réglages fréquents.
- 180008. — M. VEJTRUBA(3o novembre 1886). — Per-
- FECTIONNENENT APPORTÉ DANS LES TÉLÉPHONÉS.
- L’invention de M. Vejtruba a pour objet, la suppression de la pile pour l’appel dans des postes de téléphone magnétique.
- Indépendamment des connexions particulières de l’appareille point essentiel réside dans l’emploi d’une bobine de fil suspendue à un ressort que l’on lait osciller entre les branches d’un aimant en fer à cheval vertical. Les courants induits qui prennent ainsi naissance dans la bobine, actionnent la sonnerie du poste qu’on veut avertir, et enfin, un système de levier permet, lorsqu’on veut parler, de déplacer la bobine, et d’utiliser î’aimant de l’appel pour le téléphone.
- Malheureusement pour l’inventeur, nous soupçonnons M. Abdank d’avoir, bien avant lui, apporté ces mêmes perfectionnements au téléphone magnétique.
- 180083. — WILKE. — 4 décembre 1886. — boussole
- DE MARINE AVEC AIMANT ANNULAIRE A DISPOSITION VERTICALE.
- La boussole de M. Wilke a pour avantage de donner
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- des indications exactes, sans avoir besoin des moyens nécessaires à la compensation, employés jusqu’ici.
- L’ajustement de la rose des vents, dans le méridien magnétique, y est faite par un aimant annulaire perpendiculaire au plan de la rose.
- Cet aimant est combiné en son centre avec une sphère creuse, en matière diamagnétique, et afin de réaliser un renforcement notable de la force directrice, la sphère est entourée d’un fil diamagnétique, non isolé et sans fin qui passe autour de la sphère perpendiculairement au plan de l’aimant.
- Pour donner de la sensibilité èn soulageant le tourillon inférieur, la boussole est remplie d’huile lourde, et par suite la sphère sert de flotteur.
- Nos connaissances en matières de navigation ne nous permettent pas de porter un jugement sur cette boussole : cela regarde messieurs les marins.
- 180137. — 7 décembre »88.. — PARR1SH. — perfectionnement DANS LES PROCÉDÉS ET APPAREILS DE PRODUCTION ET D’UTILISATION DE L’ÉLECTRXITÉ.
- Statique, devrait ajouter le titre.
- En effet, il s’agit ici d’une machine genre Armstrong perfectionnée, qui pourrait être pratique, si aujourd’hui, les décharges statiques répondaient à un besoin quelconque.
- Quoiqu’il en soit, l’appareil de M. Parrish se compose d’une chaudière ordinaire surmontée d’un dôme métallique chargé intérieurement de pointes rayonnantes, et recouvert d’une enveloppe de glace.
- Contre ce dôme, un jet tournant de vapeur est envoyé, de manière à ce que le jet ne frappe jamais le môme point pendant un temps appréciable.
- Ce qui se passe alors, vous le savez, n’est-ce pas ? un conducteur recueil'e ia charge du dôme et la communique à des condensateurs dont la décharge alors peut être utilisée.
- A cet effet, une sorte de disque, par un mouvement de rotation continu, charge successivement les condensateurs avec une grande rapidité, tandis qu’un deuxième conducteur tournant, entre en contact avec eux pour envoyer successivement les décharges dans la ligne.
- 180140. — NIPPOLDT. — 7 décembre. — un thermomètre ÉLECTRIQUE A L’USAGE DE LA TÉLÉTHERMOMÉTRIE.
- L’appareil a pour but de transmettre à distance la température d’une enceinte quelconque, appartement, salle de bains, etc.
- Comme le pyromètre de Siemens, il est fondé sur l’emploi de deux conducteurs hétérogènes dont les coefficients de résistance, à des températures déterminées, ont des valeurs différentes.
- A cet effet, le thermomètre électrique est composé d’une boîte renfermant deux conducteurs isolés l’un de l'autre
- l’un étant en or, ou en cuivre, ou en platine, et l’autre en un alliage quelconque, du ruolz par exemple, offrant à une température donnée, un coefficient de résistance inférieur à celui du métal du premier fil.
- Ces deux fils sont choisis de telle sorte que leurs résistances soient égales entre elles, pour une température moyenne, comprise dans les limites que l’on veut mesurer.
- Le degré de résistance, pour d’autres températures, sert alors de mesure pour les écarts de celle pour laquelle ce degré est égal à 1.
- La figure montre le schéma d'une pareille installation.
- I est le thermomètre, / l' les conducteurs, W W’ deux fils de résistance égale, lormant deux côtés d’un pont de Whcatstonc, et réunis, d’une part, par un galvanomètre G et de l’autre par un fil de calibre déterminé.
- B est une pile allant à la terre, et S un curseur reliant celle-ci aux fils W et W’.
- D’après ce que nous avons dit, les variations de twihpé-
- rature étant proportionnelles aux écarts de l’unité de température fixée, elles sont mesurées par la longueur du déplacement d’un contact glissant S, pour ramener l’aiguille du galvanomètre au zéro.
- 180168. — SOCIÉTÉ RICHARD Frères. — 8 décembre
- J 886. — SYSTÈME PERMETTANT DE PLACER AUTOMATIQUEMENT LES ACCUMULATEURS ÉLECTRIQUES DANS LE COURANT
- DE CHARGE ET DE DÉCHARGE, ET DE CONTROLER L’EMMAGASI-
- NEMENT DE LA DÉPENSE D’ÉNERGIE.
- L’appareil breveté ici, n’est qu’une sorte de balance dont un fléau porte les plaques de plomb, et l’autre un poids constant faisant équilibre.
- Comme pendant la charge, la mise en liberté de l’acide sulfurique,^qui a formé le sullate de plomb à la surface des plaques, a pour effet d’alléger celles-ci, vous voyez ce qui va se passer.
- Le fléau basculera lentement, et à fond de course, c’est-: à-dire lorsque la charge sera maximum, il actionnera par ce contact une sonnerie, en même temps qu’il coupera le courant .de charge, et pourra fermer le circuit des accumulateurs sur la ligne.
- A partir de ce moment, l’inverse se produira ; la balance basculera en sens inverse, et une deuxième sonnerie avertira, à la fin du service, que les accumulateurs sont déchargés.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 180141. — GARRETT. — MACHINÉ OU MOTEUR DYNAMO-' ' 1 ' ‘ ÉLECTRIQUE.
- La figure montre en coupe longitudinale, un croquis de la machine Garrett.
- L’armatuie y est faite d’une substance magnétique, sous forme de corps cylindrique composé de plusieurs parties
- a, rf, a.. d isolées entre elles. L'arbre de la machine
- porte un renflement E, auquel est fixé l'induit de manière à faire tourner celui-ci dans un champ magnétique présentant des' polarités S de môme nom dans l’intérieur, et des polarités de nom contraire N, à l’extérieur.
- Des cercles h et /, isolés entre eux, communiquent l’un
- avec les segments a, l’autie avec les segments d, et c'est sur ces cercles que sont faites les prises de courant.
- On a déjà construit des machines dites unipolaires, sur le même principe que celle-ci ; mais elles n’ont jamais, et pour cause, été utilisées sérieusement dans la pratique.
- [A suivre), P. Clemenceau
- CORRESPONDANCE
- Gand le i& juin 1887.
- Monsieur le Directeur,
- En lisant le numéro 21 du 21 mai 1887 (page 387) de La Lumière Électrique, je me suis rappelé quelques recherches que j'ai faites en i885 sur l’emploi de la sonde de M. Graham Bell.
- A ce propos, j’ai l’honneur de vous envoyer ci-joint un extrait des Annales de la Société de Médecine de Gand. Vous y verrez que la méthode de l’illustre physicien peut'être appliquée dans des conditions autres que celles qu’il avait posées primitivement.
- Je vous prie de vouloir bien examiner s’il n’y aurait pas lieu de publier dans votre excellent journal l’extrait ci-joint dont la lecture pourra intéresser, je pense, les médecins qui s’occupent d’électricité.
- Agréez, Monsieur le Directeur, etc.,
- H. Schoenties
- Directeur de l’école industrielle de Gand.
- FAITS DIVERS
- Dans un de nos derniers numéros, nous avons dit quelques mots au sujet du développement industriel de la Société d’Oerlikon (p. 5(jg); nous disions en particulier qu’elle avait installé près de 2000 lampes à incandescence ; c’est gooo qu’il faut lire ; dans ce nombre figurent 2000 lampes prévues pour la station centrale du Panthéon, que la Société équipe en ce moment.
- Celle-ci sera la seconde à Paris, la première ayant été inaugurée le 21 juin dernier; c’est la station qui a été établie Faubourg Montmartre parla Compagnie Française d’éclairage Électrique et qui fournit l’éclairage électrique à un certain nombre d’établissements publics dans les rues avoisinantes. Nous reviendrons, du reste, sur cette installation.
- M. Philippart vient d’adresser à la ville de Paris, Une demande d’autorisation pour lui permettre de placer des câbles pour la transmission de la force et de la lumière par l’électricité, dans toute la ville de Paris, avec engagement de fournir à tous les établissements publics, la lumière à incandescence sans machines d’aucune sorte dans l'intérieur des édifices, avec des accumulateurs dans chaque maison en quantité suffisante pour assurer l’édai-rage pendant t^ute une soirée.
- Quant aux particuliers, la lumière et la force leur seront fournies 4 des prix à débattre de gré à gré.
- Nous apprenons, d’autre part, que la Société pour la transmission électrique de la force étudie en ce moment, un projet d’éclairage électrique de tous lès théâtres des boulevards, auxquels le courant serait fourni par une usine centrale située en dehors des fortifications.
- Le professeur Gôuld a constaté que les fils télégraphiques aériens sur poteaux, transmettent l’électricité à raison de 14.000 à 16.000 milles par seconde, et la vitesse de transmission augmente avec la distance entre les fils et la'terre, ou en d’autres termes, avec la hauteur de la suspension.
- Les fils souterrains transmettent lentement comme lès câbles sous-marins. Tandis que les fils suspendus à une faible hauteur, transmettent les signaux à une vitesse de 12.Ü00 milles par seconde, ceux qui sont suspendu plus haut, donnent une vitesse de 16.000 et 24.000 milles. Les expériences dç Wheatsione, en iS33, ont fait croire à une vitesse de 288.000 milles par seconde, mais ce résultat n’a jamais été confirmé.
- En 186g, des séries d’expériences furent faites avec, soin, sur une ligne de la compagnie Western Union de New-York, passant par Boston, Détroit, New-York et-Buffalo, avec des courants de pile d'une tension faible.
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- JOURNAL UNIVERSEL , D'ÉLECTRICITÉ
- ..tyl • W-arren décrit cjans .le Chemical News, les résultats qu’il a obtenus par l'application .de l’électricité à l’ana-lyse chimique. ' '
- En plaçant du borate de fer, dit-il, au pôle positif avec une plaque en platine comme pôle négatif d’une pile puissante, avec u'nè:'solution d’acide sulfurique étendu, foüt le fèr était dissout en 12 heüies, tandis qüe‘le bore éf d’autres impurèlés avaient été précipitées.
- Il obtenait.uti résultat analogue avec un sulfate ferrugineux, tandis qu’avec les fers silicieùx et phosphoreux, le silicium et le phosphore n’étaient précipités qu’en partie.
- Le lundi 6 juin dernier, a eu lieu l’inauguration officielle de la traction électrique,du système'Elieson sur.les lignes de traimyays de là ville de Stratford..
- Éclairage électrique
- Sur la proposition d’un de ses membres, M. E-.Richard,-Iç- conseil municipal de Paris a voté d’urgence la résolution,suivante;
- , Considérant que l’éclairage au gaz des théâtres et des concerts constitue un danger permanent pour la-sécurité publique :
- Le conseil
- Délibère ;
- Un délai maximum de trois mois est accordé à tous les théâtres et cafés concerts de Paris pour substituer sur la scène,. dans la salle et dans toutes les dépendances, loges d’artistes, couloirs, etc, l’éclairage électrique à l’éclairage au gaz.
- L’entrée de tout théâtre ou café-concert où cette prescription n’aura pas été exécutée dans le délai susmentionné, sera interdite au public.
- ' Qri annonce que la société Edison a déjà- été chargée de l’éclairage électrique du nouvel Opéra-Comique.
- Depuis la semaine dernière l’éclairage électrique fonctionne : tous, les soirs à l’Exposition du Havre.-L’installation a été faite par la Compagnie continentale Edison et la société « l’Éclairage Électrique ».. La façade est .éclairée avec. des. lampes Edison et le jardin et les promenoirs avec des foyers Jablokoff. ......
- LaSociété StàdtischeElektricitàetswerkede Berlin, vient de publier son rapport pour le quatrième trimestre de l’exercice 1886.
- Le nombre des abonnés s’élevait à 156, avec un total de 12.000 lampes à incandescence, mais ce chiffre a été augmenté cette année de 5ooo nouvelles lampes. Aucun dividende n’a été distribué et les bénéfices de l’opération qui s’élevait à 19.000 francs environ, ont été portés au compte d’amortissement et absorbés par de nouveaux travaux.
- La station centrale de la Mancrotrarse sera considérablement agrandie, de sorte que les deux cuivres pourront alimenter ensemble un total de 3o.ooo lampes dont la société compte avoir 20.000 en opération avant la fin de l’année actuelle.
- La municipalité de Brunswick va prochainement entrer en négociation avec des entrepreneurs d’éclairage électrique, en vue de traiter pour l’installation de la lumière électrique dans les principales places et rues de la ville.
- En dehors de quelques grands établissements, la lumière électrique ne fonctionne actuellement que dans la gare du chemin de fer de l’Est, à Bruns wick.
- Le célèbre restaurant du Kahlenberg, prèsde Vienne, est éclairé, depuis quelque temps, à la lumière électrique, au moyen de-23 foyers à arc et de 40 lampes à incandescence.
- Le courant est fourni par une dynamo compôund actionnée par une locomobile près de la gare.
- Deux fils, d’un diamètre de 6 m. m., amènent le courant à un commutateur, dans la cuisine du restaurant, d’où partent les 12 circuits de l’installation.
- Onze circuits servent pour 22 foyers à arc qui éclairent le chemin de la gare au restaurant et le douzième alimente les lampes à incandescence. L’installation a été faite par MM. Siemens et Halske.
- La municipalité de Madrid vient d’imposer aux direc-reurs de théâtres, l’obligation de faire installer la lumière électrique dans les salles et sur la scène en remplacement du gaz.
- Le croiseur italien le Dogali, le plus rapide de tous les navires de guerre du monde, a été pourvu par les constructeurs, MM. Armstrong, Mitchels et C” de Elswick, près de Newcastle, d’une installation très complète de lumière électrique.
- Il y a environ i5o lampes à incandescence Swan, de 16 bougies et de 80 volts, pour l’éclairage intérieur du navire et deux foyers à projection, fournis par MM. Crompton et O, dont chacun demande 125 ampères avec une force électro-motrice à la dynamo de 80 volts.
- L’intensité lumineuse est d’environ 15.000 bougies par foyer.
- Les machines se composent de trois générateurs électriques. du système Parson, bien connu de nos lecteurs, et qui marchent à la très grande vitesse de 9000 tours par minute, sans cependant développer trop de chaleur aux paliers qui sont d’une construction spéciale.
- L’armature des dynamos a la forme d’un tambour avec une Seule couche de fil, et les conducteurs sont placés dans des rainures longitudinales pratiquées dans leltoyau. Les machines sont enroulées en dérivation, mais-chacune d’elles possède un régulateur électro-pneumatique qui
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- régie la vitesse de la machine, de manière à maintenir
- ; une force élëctromotrice ^absolument constante, quelles que soient les variations dit courant et de la charge.
- A cause de là grande vitesse, l’armature n’a que très peu de cuivre, et comme les aimants sont très petits, l’énergie absorbée par les bobines des inducteurs est très faible.; le rendement de ces dynamos est donc considérable.
- Le poids total de chaque générateur n’est que de 800 livres et les dimensions extérieures sont de 6 pieds 3 pouces de hauteur avec 12 polices de largeur.
- Ce poids extrêmement réduit, comparé à l’énergie développée (10000 watts), vient naturellement et grande partie de la grande vitesse.
- Un seul des générateurs suffit peur alimenter toutes les lampes à incandescence pour l’éclairage intérieur du navire, tandis que les deux autres servent pour l’alimentation des deux foyers de projection.
- Au moyen d’un commutateur dans le compartiment des machines, on peut relier n’importe quelle dynamo à une combinaison quelconque de circuits.
- Le navire est également pourvu d’une disposition élec-ri que pour la décharge des canons, et une communication électrique permet de faire partir les torpilles à distance. •
- Tous les fils sont couverts de plomb, comme dans les trois autres navires, dans lesquels MM. Armstrong ont installé la lumière électrique.
- La municipalité de la ville d’Alford, en Lincolnshire, Angleterre, demande des soumissions pour l’éclairage électrique de cette ville, jusqu’au mois de mai de l’année 1888. Les soumissions seront reçues jusqu’au 25 de ce mois.
- Deux théâtres à Londres, l'Empire Theatre et la New Lyric Theatre, vont être éclairés à la lumière électrique aussi bien sur la scène que dans la salle. Les installations seront faites par MM. Berry et C*
- L’Union de Cannstadt a dernièrement fait installer à ses propres frais, la lumière électrique sur un train complet du chemin de fer Main-Neckar, entre Darmstadt et Heidelberg.
- Le train était composé de deux voitures de première, et quatre de troisième classe, ainsi que d’un fourgon muni de lampes à incandescence de 3 1/2 et de 10 bougies. Dans chaque voiture, il y avait deux batteries d’accumulateurs de huit éléments Knotinsky chacune.
- L’une de ces batteries fournissait le courant, tandis que l’autre recevait la charge d’une machine dynamo installée dans le fourgon.
- Les expériences qui ont eu lieu, le mois dernier, ont donné à ce qu’il paraît,.de bons résultats.
- Les travaux préparatoires pour l’installation de la lumière électrique dans le port de Coquimbo au Chili sont déjà '‘Commencés. On se servira du système Edison e| les dynamos .machines et autres accessoires pour l’installation ont été envoyés des Etats-Unis.
- A .%
- Télégraphie et Téléphonie
- H •
- On annonce de Halifax, que la compagnie française du câble de Paris- â New-York, s'occupa activement de da construction immédiate de plusieurs lignes terrestres destinées à relier le câble à Sydney et Montreal de manière à doter le Canada d’un service par câble, indépendant des États-Unis.
- Cettë ligne passerait par toutes les villes importantes entre Sydney^ et Montreal, et communiquerait par cette dernière ville, avec tout le réseau télégraphique Canadien, de même qu’avec New-York, au moyen des lignes de la compagnie Baltimore and Ohio.
- La West Coast of Africa Telegraph Cojann’oncel’ouverture de la communication télégraphique, par ses câbles, avec les points suivants, sur la côte ouest de l’Afrique : Winnebah, Sait Pond et Cape Coast Castle.
- Une ligne téléphonique directe va prochainement être établie par les soins de l’administration des Postes et Télégraphes entre Meaux et Paris. La nouvelle ligne passera le long du canal de l’Ourcq.
- La Hollande ne possédant pas encore de législation réglant les communications téléphoniques, il faudra attendre qu’un des différents projets de loi sur ce sujet actuellement soumis aux chambres soit voté avant de pouvoir relier Rotterdam, Amsterdam et la Haye avec Anvers, Bruxelles et Paris.
- La Western Counties and South Wales Téléphoné ǰ vient d’inaugurer un réseau téléphonique à Gloucester.
- Le Gérant : Dr C.-C. Soulages.
- Imprimerie de La Lumière Électrique, 3i, boulevard des Italiens Paris. — L. Barbier.
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- TABLE DES MATIÈRES
- DU TOME XXIV
- A
- Page»
- Accumulateurs (Coupe-circuit pour) de Pres-
- cott..................................... 42
- — à liihanode de M. Fitz-Gerald. 82 481
- — (La batterie d’) de l’Hôtel de Ville. —
- E. Reynier.............................. 173
- — de M- Meserole............................ 237
- — leur emploi dans le montage simul-
- tané des lampes à arc et à incandescence en dérivation. — Dietrich.... 283
- — Frankland................................. 336
- — (Historique des). — Mander Weyde.. 441
- — (Installation des) pour l’éclairage privé. 540
- — Julien.................................. 592
- — leur groupement sur les voitures élec-
- triques. — E. Hoho...................... 526
- — Phœnix.................................. 538
- — — (remarques sur les). — Kohl-
- rausch............................. 626
- Aimants (Effets des percursions sur les variations des moments magnétiques des). —
- Brown................................... 276
- Aimantation des cristaux (recherches sur 1’) —
- Kœnig................................... 623
- — (Détermination expérimentale du tra-
- vail de 1’).— Wassmuth et Schilling. 479
- Aluminium et son électro-métallurgie.— G. Richard 251
- Ampèremètre (électro-dynamomètre balance) de
- S. W. Thomson).............. 481 5oi
- — magnétostatique de S. W. Thomson.. 504
- — et voltmètre Sesemann..................... 585
- Anneaux Colorés de Nobili (étude sur les), par
- M. Elsass................................ 76
- Appareils de mesure de S. W. Thomson 476, 487, 488
- — — (nouveaux).— S. W. Thomson. 5oi
- — Seybolt pour l’étude des pétroles. —
- P. Gahéry............................... 468
- Arc voltaïque (Excitation de P) sans contact préalable des électrodes. — G. Ma-neuvrier........................................... 125
- B
- Balance. — Son emploi pour la mesure des moments magnétiques. — A. KœpSel.. 586
- Pages
- Bibliographie. — Dictionnaire théorique et pratique d'électricité et de magnétisme, par MM. G. Dumont, Leblanc et
- La Bédôvère....................... 91
- — L’électricité et le magnétisme considérés comme forces cosmo-telluriques, par le Dr F. Hoh. — A.Palaç. r 39 — La phôtométrie électro-technique, par
- le D' H. Kruss. — A. Pala\........ 1 3g
- — Les applications de l’électricité aux
- appareils enregistreurs, par le Dr Gerland. — A. Pala\.................... 141
- — Lehrbuch der alg. électrisation, etc.,
- par M. Stein. — E. Dieudonné...... 292
- — La photographie astronomique. —
- J. Bourdin.......................... 342
- Blanchiment électrique (à propos du)........... 634
- Boite de résistance (Moh-ohm drum) de S. W.
- Thomson........................... . 5o5
- Borne. — Système Trcgoning.......................... 542
- Bougie électrique Ignatief.......................... 365
- Brevets d’invention :
- Albert.— L’éclaireur; appareil pour tous signaux...................................... 59O
- Arnoult. — Elément à deux liquides.......... 44b
- Aron. — Compteurs d'électricité............. 543
- Bardon. — Lampe à arc....................... 445
- Barnès et Backer. — Signaux électriques
- d’appel................................... 143
- Basset. — Pile secondaire................... 5g3
- Bell. — Téléphone à jets.......'............ 143
- Bernstein. — Interrupteurs.................. 247
- Bornât. —Galvanisation de tous objets..... 545
- Breguet. — Régulateur à arc voltaïque..... 344
- Breguet. — Télégraphes électriques.......... 594
- Carré. — Piles (Perfectionnements).......... 247
- — Charbons à lumière.................... 3g6
- Cassagncs. — Perforateur pour signaux sté-
- — notélégraphiques...................... 5g6
- Chénard et Binet. — Galvanomètre............ 645
- Chertemps. — Perfectionnements aux machines dynamos............................. 142
- Clapp. — Lampes électriques................. 194
- Commelin, Bailhache , etc. — Accumulateurs (perfectionnements aux).............. 394
- Compagnie Edison. — Machine magnéto ou dynamo..................................... 343
- Dantu Dambricourt, — Densimétrdgraphe.. ig3
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- 652
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Brevets d’invention : Page*
- De Goyon, de Feltre, etc. — Utilisation du vent pour la charge des accumulateurs... 445 Délabré Fournier.— Moteur (Magnéto-).... 194 Deprez.— Inducteursde machines dynamos. 296 — Pièces polaires pour inducteurs
- de dynamos.................. 494
- — Rhéostat liquide à marche continue ................................. 543
- — Communications entre les trains
- et les postes.................. D45
- Desroziers. — Induit dans les machines
- multipolaires................. 293
- Machine dynamo oumagnéto. 294 Dériveur de flux magnétique. 394 Galvanomètre genre Lipp-
- mann........................ 447
- Drawbaugh. — Appareils téléphoniques.... 143
- Dronier. — Pile............................. 3g6
- Dujardin. —Accumulateurs.................... 142
- Eisele. — Pile rotative..................... 4g3
- Elcctrotechniche Fabrik Cannstatt. — Dynamo à double sens de rotation. 3g3 — Plaques pour piles secondaires .... 496
- Farbaky et Schenek. — Grillages pour accumulateurs................................. 47
- Gadôt. — Plaques pour accumulateurs....... g3
- Garret. — Machine dynamo.................... 648
- Germain. — Accumulateurs (Emploi de la
- cellulose)................................ 194
- Gates. — Moniteur automatique.............. 194
- Goldner. — Batteries galvaniques........... 545
- Grabau. — Fusion et réduction par Parc
- voltaïque................................ 546
- Hildrebrand. — Isolateur................... 594
- Hill. — Lampe à arc...................... 496
- Hoffmann. — Indicateur d'alarme pour ther--
- momètre 346
- Julien. — Commutateur régulateur........... 49b
- — Moteur électrique............... 49b
- Kelner. — Phonélectrographe................ 594
- Kornmuller. — Petit moteur électrique applicable aux horloges, appareils télégraphiques, etc................................ 46
- Lagarde. —Appareil pour mettre à distance une pile en fonction et en régler l’intensité. 194
- Lahmayer. — Inducteurs des dynamos........ 44b
- Lambotte. — Pile hydro-électrique.......... 4q3
- Langlet et Porrevin, — Pavés pour conducteurs souterrains.......................... 543
- Langlois. — Pile hydro-électriaue........... 5g5
- Levavasseur. — Lampe électrique... .1....... 143
- Maiche.— Dépolarisation des piles.......... 296
- — Pile à production intensive et
- continue...................... 297
- — Téléphone(perfectionnement),...
- Marshall. — Appareils et circuits téléphoniques..................................... 194
- Maxwell. — Carbonisation de filaments pour
- lampes..,................................ 143
- Maxwell et .Hughes. ‘— Lampes à incandescence*.. ... ;...........7.. 144
- Brevets d’invention : Page-»
- Merzbach et Eisele. — Piles............... 493
- Meyer. — Utilisation des bouts de crayons
- des lampes.............................. 346
- Montgelas (comte R. de). — Préparation du
- magnésium par l’électrolyse............. 544
- Myrtpil et Bernard. — Electrolyse de chlorures doubles............................. 545
- Nippoldt. — Thermomètre électrique....... 647
- Oliver. — Faradisateur.................... 5g3
- Pauthonier. — Lampes à incandescence.... 5g3
- Parrish. — Machine électrostatique........ 647
- Pellerin. — Nouvel électro-aimant (Moteur). 246
- Piaux. — Régulateur....................... 64b
- Picard. — Autorégulation des machines
- dynamos................................ 245
- Pieper. — Régulateur électro-magnétique.. 194
- Pollak et BinsWanger, — Application de l’électricité aux véhicules.................. 545
- Rabe. — Minuteries électriques............. 46
- Rambaud. — Rel iis de translation à self-
- décharge................................ 543
- Radiguet. — Pile à niveau constant........ 446
- Raffard. — Isolation des conducteurs...... 445
- — Machines dynamos (perfectionnements aux).............................. 646
- Reclus. — Pendule électrique.............. 19b
- Richard. — Transmission à distance des indications d’une aiguille. (Télémètre).... 92
- Richard. — Indicateur de charge pour accumulateurs ................................. 647
- Rivaud. — Contacts pour piles............. 248
- Robin. — Dynamo à courant continu......... 544
- Ross. — Moteur et ventilateur............ 5q(i
- Rufz de Lavison,— Accumulateurs............ g3
- Sacré. — Paratonnerre à aigrettes (Application aux conducteurs aériens)............. 246
- Sack. — Bureaux téléphoniques............. io5
- Salomon. — Commutatenr pour piles........ 494
- Sax. — Indicateur dû mouvement des fluides. 246 Scott et Paris. — Coupe-circuii automatique....................................... 441
- Siemens et Halske. — Couplage des machines à courants alternatifs............. 64b
- Smith.— Accouplements pour moteurs électriques ................................. 54G
- Société dea signaux magnétiques. — Bouton
- magnétique.............................. 394
- Soulat. — Indicateur du niveau d’eau..... 344
- Tudor. — Electrodes des accumulateurs.... 447 Thomson (Elihu). — Régulateur du courant. 5g3 Vasesco. — Indicateur à distance de la température.*............................... 34b
- Vejtruba. — Système téléphonique.......... 646
- Vivo y Graells. — Régulateur automatique
- du courant pour dynamos.................. 92
- Wallace et Holm. — Microphone............. 646
- Whittall.—Liquide excitateur pour pile.... 3g6
- Wilke. — Boussole marine.................. 646
- Writing Telegraph O. — Télégraphes autographiques................... 394 646
- Wyder. — Transmetteur téléphonique....... 444
- p.652 - vue 656/666
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 653
- Brevets d’invention :
- Wydts et Gronier.— Distribution de l’électricité (éclairage).........................
- Wyter.— Téléphone sans aimant permanent Zigang. — Cornet électrique..............
- c
- Câbles sous-marins (la neutralisation des). — P. Clemenceau....................................
- — (Les localisationsjdcs défauts dans les),
- par M. Kennelly...................
- — Les localisations, etc., d’après M. Kennelly. — A. Pala%..........................
- Capacité inductive spécifique, note de M. J. Hop-
- kinson............................
- Caractéristique(prédétermination de la). — P.-H.
- Ledeboer..........................
- Champs magnétiques (étude expérimentale des). — J. Sarcia,E. Sarciaux. 23, 65, 319 Champ magnétique. Son influence sur l’écoulement du mercure. — H. Dufour.... Charbons (machines à débiter les) de Howell..... Chauffage électrique des trains.— Gostkowski....
- Chronomètre électrique. — A. d’Arsonval..........
- Commutateur et coupe-circuit de Hochhausen....
- — automatique pour lignes télégraphi-
- ques. — Oesterreich...............
- Compteur d’électricité de V. Siemens.............
- — — du docteur Aron................
- Conducteurs souterrains aux Etats-Unis. — C. C.
- Haskins...........................
- Conductibilité électrique des mélanges de potasse caustique et de sulfure de potassium, par O. Bock................................
- — dans le voisinage des températures cri-
- tiques. — Dartoli.................
- — des gaz et des vapeurs. — J. Luvini...
- — des amalgames. — C.-E. Weber........
- — des sels anormaux et des acides. —
- Bouty.............................
- Contact (théorie du). — W. von Uljanin...........
- — (Mesure de la différence de potentiel
- au) par M. Pellat.................
- Contrôleur de ronde de M. Fletcher...............
- Correspondance. — Lettre de M. F. Larroque (réponse à M. Palmieri..............................
- — Lettre de M. Claude au sujet de l’appel
- Amoric............................
- — Lettre de M. Napoli; réponse à
- M. Claude.........................
- — Lettre de M. Seguin à propos des appareils enregistreurs Gimé.................
- — Réponse de M. Claude à M. Napoli...
- — — M. Napoli à M. Claude...
- — Lettre de M. Hoho sur les appareils
- Gimé..............................
- — Lettre de M. Amoric au sujet de ses
- appareils.........................
- — Lettre de M. Stein à propos de son ouvrage sur l’électrisation du corps humain..'....'...’..;......................
- Pages
- 446
- 3g5
- 346
- 89 133 5iy 32 9
- 3Gg
- 328 286 637 60 5 237
- 432
- 584
- 632
- 470
- 2 32
- 436
- 457
- 534
- 619
- 129
- 229
- 588
- 149
- 196
- 196
- 248
- 297
- 298
- 298
- 346
- 496
- Page s
- — Réponse de M. Dieudonné à M. Stein. 546 — Lettre de M. Leclanché à propos de
- l'article sur les Essais de piles. 5g6
- — Lettre de M. Schoentjes sur l’emploi
- du téléphone en chirurgie........... 648
- Coupe-circuit pour accumulateurs de Prescott.... 42
- — de Powers pour le groupage des lampes
- à incandescence avec des arcs..... 33g
- Courants alternatifs (nouvelle action des). — Elihu
- Thomson............................. 638
- — (durée d'établissement des) dans un
- électro-aimant. — P.-H. Ledeboer.. 565
- D
- Duplex (système de transmission) de M. Gattino.. 529
- Dynamo. — (machine) Eickemcycr.................. i36
- — (Théorie graphique des machines) à
- courants continus. — R. V. Picou.. 169
- — (machine) de la maison Ganz.......... 182
- — (L’autorégulation des machines) par
- les enroulements compounds.. —
- C. Reignicr................... 201 2G6
- — (Machine)Phoenix (Golden etTrotter)à
- haute tension. — E. Meylan......... 219
- — (sur le flux d’induction magnétique
- dans les inducteurs des). — P.-H. Ledeboer........................... 3oi
- — et turbines à vapeur de Parsons.... 379
- — (Etude sur les machines) Compounds.
- — J. Moutier.................. 355 .619
- — (Étude sur les machines).— W.-C. Re-
- chniewski..................... 359, 513
- — (A propos des machines) Compounds.
- — C. Reignier...................... 624
- — Lahmeyer. — E. Meylan................ 555
- — (Relation entre la section du fer dans
- l’armature et la caractéristique d’une
- machine)........................... 620
- Westminster (Latimer Clark, etc.) —
- B. Marhiovitch..................... 601
- E
- Éclairage électrique (Ordonnance du Préfet de police sur 1’). — P. Clemenceau.................... 43
- — (Session de Philadelphie de l’Associa-
- tion nationale des États-Unis pour 1’).
- — A. Pala3....................... 112
- — d’Elberfeld......................... i32
- — du wagon 1’ « Olga » au moyen des
- accumulateurs Julien.............. 187
- — (Le règlemenent Belge sur). — P. Cle-
- menceau.............................. 189
- — de l’Hôtel de Ville. — J. Bourdin..... 238
- — de strains de chemin de fer entre Stuttgart et Darmstadt.,................... 179 332
- — de l’Institut anatomique de Vienne. — —
- E. Dieudonné...................... 3 16
- du Conservatoire de Liège.—E.Meylan 36î
- — système Wood................... 387 48g
- p.653 - vue 657/666
-
-
-
- 654
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pape*
- — à Berlin........................ 40 438
- — (Influence de P) sur la végétation.. 439
- — (de l’Opéra) A propos de l’incendie de
- l’Opéra-Comique. — P. Clemenceau. 490
- — àVienne.............................. 637
- Électricité (génération de 1’) par les forces naturelles à Schaflhouse................................ 40
- — (Production de 1’) par la condensation
- de la vapeur d’eau. — L. Palmieri.. 5i
- — (La mort par 1’), etc., M. d’Arsonval... 124
- — animale (instruments pour l’étude de
- 1’). —A. d’Arsonval...... 158, 206 6o5
- — à Hatfïeld (emploi de 1’)............ 180
- — voltaïque et oxydation atmosphérique.
- — Adler Wright et Ç. Thompson... 285
- — (Application de 1’) au transport des dé-
- pêches pneumatiques système de
- Mac Lauglin...................... 288
- — (1’) et les tremblements deterre—Luvini 479
- — (Nouvelles relations entre la lumière
- et 1’). — Marangoni.............. 435
- — (1’) considérée comme fluide élastique.
- — Foeppl......................... 533
- — (T de haute tension et sa décharge par
- les pointes. — Obermayer, Ritter
- v. Pichler........................ 627
- Électrisation des gaz par les corps incandescents.
- — Elster et Geitel................ 32g
- Électrodes impolarisables de M. d’Arsonval...... 158
- Électrométallurgie de l’aluminium. — G. Richard........................................... 251
- — Procédés de M. de Bénardoz pour le travail électrique des métaux. —
- J. Sarcia.......................... 551
- Electrolyse (recherches sur). —A. Minet.......... 221
- — (L’équilibre thermique dans 1’). —
- D. Tommasi....................... 27;
- Enregistreur électrique de M. Gimé. — B. Mari-
- novitch..................... 62 5og
- — de Kapteyn, appliqué aux freins.... 23o
- Étincelle électrique (pouvoir émissif de 1’) dans
- différents gaz. — E. Villari...... 33o
- Exploseur Irisch.................................. 88
- Exposition de Newcastle.........,............... 235
- F
- Faits divers :
- — Accidents à la Chambre des Com-
- munes.................................. 49
- Accident causé par une étincelle électrique................................... 498
- Accidents divers par l’électricité..... 597
- Accumulateurs Haefner et Langhaus. 249 — mis en concurrence... 548
- Adjudication de la station pour l’éclairage des Variétés..................... 5o
- Administration des télégraphes au Japon ..................................... 449
- Appareil électrique pour constater la
- présence de l’arsenic................. 497
- Applications électriques au Japon.... 347
- Faits divers : Pages
- — Assemblée de la Compagnie internationale des téléphones......................... 50
- — Assemblée de la « Société des téléphones de Padoue »............................ 30o
- — Avertisseur électrique au cimetière de
- Madrid ............................ i50
- — Avertisseur électrique à Londres...... 347
- — Brevets d’invention et leur déchéance. 299
- — Bouilloire électrique Edison........... 397
- — Cabines téléphoniques à Paris.......... 200
- — Camp de télégraphie, à Chatham.... 449
- — Chauffage électrique................... 347
- — Chemin de fer électrique de Vevez à
- Chillon.............................. 498
- — Ciseaux pour couper les fils et les câbles électriques.............................. 199
- — Comités d’admission pour l’Exposit'on. 198
- — Communications téléphoniques à distance entre navires..................... 3g8 498
- Commutateur automatique Jarriant... 498 Concours de la « Société industrielle
- du Nord »............................. 19g
- Concours de moteurs pour l’éclairage
- électrique.................... 299 548
- Consultations médicales par téléphone. 99 Convention téléphonique entre Paris
- et Bruxelles.................. 99 200
- Corrosion galvanique des navires..... 199
- Course entre bateaux électriques..... 199
- Décision du tribunal de Bruxel es.... 249
- Diplôme d'honneur à la maison Mer-
- klin et C”......................... 249
- Eclairage électrique :
- du quartier du Panthéon................ 49
- de l’Exposition de 1889; de la maison
- Creil................................ 5o
- à Bruxelles, Anvers, Christiana, Genève, en Suède, à Stockolm, à Londres, à New-York, à La Nouvelle-Orléans ................................. 98
- à Luxembourg, à Troppau, à Gross-
- Kanizsa.............................. 99
- de Châteaulin, de Philadelphie, au
- Massachussets....................... i5o
- à Reims, Roubaix, Saint-Aignan, Madrid ................................. 199
- à New-York, San-Paulo................. 200
- à l’Opéra-Comique, à l’Exposition des
- chemins de fer...................... 249
- à Bellegarde, Bruxelles, Gand,au Bon-
- Marché, Genève..................... 25o
- à l’Hôtel-Continental, à bord des paquebots transatlantiques, à bord du « Vengeur » et du « Lafayette », à
- Roubaix............................. 299
- à Gelsenkirchen, Hambourg, Udine... 3oo
- à Bordeaux, Dijon, Bruyères......... 347
- à l'Odéon, à Guadalajara, à Turin, à Luxembourg, au Palais d’hiver de Saint-Pétersbourg, à Bucharest, à Chiasso, à Windsor, à Constanti-
- p.654 - vue 658/666
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ 655
- Faits divers : Pages
- nople, en Amérique.................. 348
- — de la statue rie Bartholdi............ 349
- — à Manosque, Berlin, Olmulz, Vienne. 3g8
- — à Neuhaus, Séville, Londres, Dundalk,
- Chicago, Mexico................... 399
- — à Bruxelles, Waterford.............. 448
- — à l’Ecole Polytechnique, Brunswich,
- Mulhouse..'....................... 498
- — à Buda-Pesth, Nouvelle-Orléans, Bar-
- celone, Trévise, Coire............ 499
- — aux Indes, à Chicago, aux Etats-Unis,
- à Graz............................ 5oo
- — à Saint-Etienne, Dresde, BruxeUes,
- Mexico............................ 549
- — à Chicago, New-York, Buffalo........ 55o
- — A la Société de physique, dans lé quar-
- tier de l’Europe, au Gymnase, à Saint-Etienne, à Lyon, à l’Escuriai,
- à Elberfeld..............t........ 599
- — à Paris, à l’Opéra-Comique, au Havre,
- à Berlin, Brunswick, Vienne, Madrid, du Dogali........................... 649
- — à Alford, Londres, des trains, à Darm-
- stadt, Coquimbo..................... 65o
- — Exposition internationale de Barcelone.................................... 199 498
- — Exposition internationale deNewcastle.
- 299 598
- — — de Glasgow. .S48
- — Fils aériens aux Etats-Unis............. 99
- — Fils électriques et aériens à la Chambre des Communes............................... 49
- — Horloges électriques à Berlin........... 49
- — Institut électrotechnique à Bruxelles.. 347
- — Interruption du câble de la « Commercial câble C°.............................. 200
- — Inventions d’Edison.................. 97
- — — du paratonnerre............... 397
- — Lampe Khotinsky................. 3g8 499
- — Lumière électrique et ses inconvénients pour les bibliothèques................. 49
- — Métallisation des fleurs et insectes.... 497
- — Moteur Hargraves...................... 5q8
- — Naufrage du bateau télégraphique
- le Volta............................ 249
- — Pétition des télégraphistes de Londres. b5o
- — Procès entre la ville d’Anvers et la
- Compagnie du gaz.................... 397
- — Règlement pour l’exploitation des lignes téléphoniques du Luxembourg. 349
- —. Rupture du câble entre Porto-Rico et
- les Antilles........................ 3oo
- — Serrure électrique................... 5.<;8
- — Société de physique française........... 397
- — — internationale des électriciens. 199
- — Statistique des lignes télégraphiques
- du monde............................ 397
- — Statistique des lignes télégraphiques
- en Angleterre....................... 448
- — Syndicat de Compagnies pour l’éclairage électrique.............................. 549
- Faits divers : a Pages
- Tarif télégraphique pour dépêches de
- presse.............................. 349
- Télégraphie en Angleterre, au Japon,
- au Chili, en Chine................... 99
- Télégraphie au Tonkin et en Chine... i5o
- — en Pologne, au Japon.... 25o Télégraphie entre Chicago et New-
- York................................ 340
- Télégraphie entre Tunis, Bizerte et
- Marseille, à Londres, New York..... 55o
- Télégraphie entre l’Australie et le Canada, en Afrique.................... 65o
- Téléphonie en Autriche................. 5o
- — à l’hôpital Saint-Louis... gq
- Téléphonie entre Paris et la province, entre Bruxelles et Amsterdam, en Angleterre, en Ecosse, aux Etats-Unis, aux Indes anglaises, à Victoria. 100
- Téléphonie à Taneer, à Stockolm.... i5o Téléphonie entre Paris et Bruxelles,
- Paris et Londres, Bristol et Cardiff. 25o Téléchonie entre Vienne et Berlin,
- entre l’Autriche et la Suisse....... 3oo
- Téléphonie entre Hambourget Altona, à Temesvar, entre Amsterdam et
- Bruxelles, à Luxembourg............. 349
- Téléphonie en Chine et au Japon..... 35o
- — entre Paris et le Hâvre.... 3qg Téléphonie à Commentry et Montricq,
- Mulheim, Verviers, Buenos-Ayres,
- Indiana, Nouvelle-Orléans........... 400
- Téléphonie entre Bruxelles, le Hâvre,
- Paris, le Hâvre et Rouen, à Solingen, entre Kansas-City et Saint-Joseph.. 5oo Téléphonie à NewYork................. 55o
- — entre Lille, Roubaix, et
- Fournies, en Italie.... 600
- Téléphonie à Meaux, en Hollande, à
- Gloceister.......................... 65o
- Téléphones à diaphragme non magnétique (Stanhope, etc.)........... a5'>
- Traction électrique à Bruxelles.. 347 448
- — à Hambourg, Berlin, Cologne.... 397
- Train éclairé à l’électricité, à Boston. 200 — à Bruxelles. 348
- — aux Indes.. 349 Transfertde la «Thomson-Houston C°». 548
- Transformateurs Kennedy.............. 3oo
- Tramways électriques à Paris......... 199
- — à Los-Angelos. 299 5gg
- — en Russie......,.... i5o
- Tramways électriques à Hambourg, à
- Berlin et à Cologne............... 397
- Usines centrales à Milan............. 49
- en France.............. 97
- — à Bordeaux, Bruyères. 347
- — aux Etats-Unis...... 448
- — Projet Philippart.... 648
- Vapeur chinois pour la télégraphie sous-marine............................ gg
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-
-
-
- 656
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages
- Fibres' (la fabrication des) de suspension, par
- M1 V. Boys........................ 234
- .Foudre (coups de) à Schoren. — D. Colladon... 275
- — — à Martrée, à Eza............. 476
- — — accompagnés de jets d’eau. —
- G. Pfanté................... 424
- G
- Galvanomètre à microscope de Weinhold......... 74
- — à deux aimants de M. Carpentier. 225
- i- pour les courants alternatifs de Fleming 383
- — Imhof............................. 537
- — absolu d'Edclmann................. 583
- — Wiedemann modifié.— A. d’Arsonval. 206 Galvanoplastie de l’iridium. — M. Dudley.. 53g
- I
- Indicateur pour boîtes à lettres de Nahood...... 81
- — électrique de réchauffement des cous-
- sinets............................ 338
- — du courant. — Crookes........... 53g
- Inducteur magnétique Postel-Vinay. — E. Dieu-
- donné....................... 67 120
- Intégraphes (nouvelles études sur les). — Abdank-
- Abakanowic\............... 3, 54 161
- Interrupteur Chardin. — E. Dieudonné.... 168
- Isolateur Slater Lewis.......................... 583
- L
- Lampes à arc (nouvelle de M. Statter. — C. Me-
- nabrea............................. 21
- — et accessoires de luxe, de MM. Laing
- Wharton et Down.................... 41
- — (Les) à arc.— G. Richard.. 101, 20g 363
- — — Newton..................... io3
- — — Weldon Pendred............. 104
- — — Pfankuche.................. 106
- — — Geipel................... 106
- — — Joël....................... 108
- — — Thornton et Romande....... 108
- —- — Ilardt.............. i32, 284
- — -— Sellon..................... 20g
- — — Dick et Kennedy............ 210
- — — Cook et Robinson.......... 211>
- — — Walther................... 211
- — — J. Roper.................. 211
- — — W. Lahmeyer..................... 211
- — — Mackenzie.................. 212
- — — Ashcroft.................. 2i 3
- — — Pieper................ 78 363
- — — Johnnson................... 364
- — — Mather..................... 364
- — — Ignatief................... 364
- — à incandescence du Dr Auer .de Wels-
- bacn......................... ,,, j 77
- — de sûreté Genglaire......... ..... 327
- — Simplex........................... 440
- — électrique de sûreté Schanschieff. 4'jg
- — de M. Létang.— P.-H. Ledeboer.... . 60g
- Ligne artificielle. — Siemens et Halske......... 62g
- M
- Magnétiques (sur les feuillets) et les courants. —
- A. Vaschy..................).... 56
- — Courbes magnétiques isogoniques. —.
- Decharme............... 275,311 366
- — (Méthode de démonstration des mou-
- ments des liquides.)— Ricco..... 327
- — (Propriétés) du corps hnmain. —
- Kohlrausch......................... 481
- — (Relation des perturbations) avec la
- période solaire, etc. — C. Zenger.. 52g Magnétisme terrestre (les causes des variations
- diurnes du). — C. Lagrange.. 3ji 474
- — (Le magnétisme minéral; le magné-
- tisme animal). — P. Clemenceau.... iqj — Son action sur les phénomènes thermiques et électriques dans le bismuth. — Ettingshausen...................... 436
- — (le) terrestre et les taches solaires. —
- R. Wo//............................ 585
- Magnétomètre Wild................................ 570
- Moteur Hochhausen pour circuit à arc............. 236
- — Immisch. — \V. C. Rechniewski..... 25q
- — et pile Curtis, Crooker et Wheeler... 3go
- — électrique à courants alternatifs. —
- Elihu Thomson...................... 644
- Microphone Mix et Genest......................... 48a
- N'
- Nécrologie. — M. A. Gaifte. —J. Bourdin........ i38
- — M. E- Barbier........................ 492
- O
- Ohm légal (à propos de 1’).— C. Guillaume........ 451
- P
- Paratonnerres à Greenoch......................... 235
- Photomètre (influence de la longueur du). —
- D, Kruss........................... 174
- Photométriques (études) de M. Abney et Festing. 1 34
- Pile étalon de M. Gouy.......................... 3i
- — Upward................................ 79
- à immersion pour galvanocautère de Killian......................... 284
- — (Nouveau liquide excitateur pour).... 336
- — (Essais de). — Becker et Piérard.. 460
- — Nouvelle classe de combinaisons voltaïques.—• Aider Wright et C.Thomp-
- son................................ 636
- Polarisation du cuivre par la variation de la surface de contact avec un électrolyte.. 47a
- Pompe pneumatique électrique deWorth........... i36
- Pont de Wheatstone (théorie du). —II. Weber... 022
- — (Nouveau) de M. Elliott.— B. Marino-
- vitch............................. 552
- R
- Radio-micromètre de M. Vernon Boys....... 181 378
- Régulateurs à arc (voir lampes à arc)
- — électriques de température de Tatham. 82
- p.656 - vue 660/666
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITE
- 657
- Pages
- — à force centrifuge pour moteurs e'iec-
- triques de R. M. Hunter......... . 292
- — pour dynamos de Perkins.......... 442
- Régulation (nouveau mode de) dans le système à
- trois fils, par Elihu Thomson). 286
- Relais Lahmeyer................................ i33
- Répétiteur d’appel. — P. Goloubitçski.......... 429
- Résistance des fils tendus. — Shelford-Bidwell.,. 81
- — magnétique par MM. Ayrfon et Perry q, 81
- — des mélanges d’amalgames.— G. Gerosa 33i
- Rhéostat à rubans de Stœhrer................... 283
- S
- Sélénium (production d’une force électromotrice
- parlalumièredans le). — Kalischer.. 328 Self-induction (détermination du coefficient de).
- Ledeboer et Maneuvrier.............. 71
- — (Détermination du coefficient de). —
- P.-H. Ledeboer................... 151
- — (Nouvelle méthode de mesure des coef-
- ficients de).— Ayrton et Perry... 401
- Sémaphores électriques des côtes allemandes. —
- Forster........................... 438
- Séparateur magnétique système Lampe.............. 634
- Signal pour chemins de fer, système Wicks....... 340
- — automatique de fin de conversation.
- Oesterreich....................... 624
- Signaux (les) de secours au chemin de fer métropolitain de Berlin. —A.Palaç..................... 60
- — à pétard de Scholkmann et de Dreyse
- et Collenbusch............. 214 263
- Siphon Recorder à étincelles, de M. Milne......... i35
- — interrupteur deRadiguet.—J. Bourdin. 576
- Sismographe. — T. Gray............................ 374
- Sonnerie Jensen (à propos de la). — E. Meylan.. 613 Stations centrales en Europe—KillingworthHedges. 277
- T
- Télégraphe écrivant de Hart Robeitson.............. 337
- — imprimeur Hughes; son rendement.
- H. de Rothe...............,..... 5oh
- — pour annonces d’incendie, système
- Mac Cullogh......................... 533
- — domestique de Holcombe................ 58g
- Télégraphes leur fusion avec les postes, en Allemagne........................................... 179
- Télégraphie (sur les progrès de la), discours de
- S.-C. Bright.............. 47, g3 144
- — (L’emploi du fer en). — A. Perrin. 571 607
- Télégraphiques (le travail du courant dans les
- lignes). — Ulbricht.................. 33
- — (Nouvelles boîtes d’appel) de G. Nie-
- kum................................. 386
- —. (Transmissions) par courants inverses
- système Gattino..................... 5jy
- — (mode d’attache des fils).— Gredsted.. 585
- Télémètre électrique de Clarke.— K...e............. 35i
- Téléphone (combinaison d’un) avec un sounder
- de la « Keating Electric C°.......... 87
- — Théorie du).— E. Mercadier............ 127
- Pages
- — (Etude optique du mouvement du). —
- O. Froelich...................... 381
- (A propos de l’emploi du) en chirurgie. 384
- — (les). — G. Richard................. 567
- — Bell................................ 567
- — Corbett.............................. 5yo
- — Ander................................ 570
- — Hutinet.............................. 570
- — Swinton.............................. 5yo
- — Lorrain à eflet Peltier............ 537 570
- — (Le) son emploi en chirurgie. —
- Schoentjes....................... 625
- Téléphonie (emploi du courant continu en). —
- A. Palaç........................... 28
- — (De l’influence des électro-aimants en).
- A. Palaj.......................... 425
- Thermo-multiplicateur (nouveau mode d’emploi
- du). —E. Branly............. 172 26g
- Tiges vibrantes à périodes variables excitées par des
- électros-aimants. — Neesen........ 372
- Thermo-électrique (la mesure des températures
- élevées par les couples).— LeChatelier 7
- — (Force) de quelques métaux et de leurs
- solutions salines.— A. Ebeling,....
- — (L’emploi des couples) pour l’étude des
- radiations solaires. — Crova...... 37a
- Torsion magnétique des fils de fer. — Shelford-
- Bidwell .......................... 58y
- Transformateurs (perte de travail dans les). —
- L. Duncan......................... 29$
- — Zipernowsky, etc.— Picou............. 43j
- — de Puerthner pour la transformation
- des courants continus............. 63o
- — (Etude sur les). —S. Thompson..... 635
- Tramways électriques (voiture pour) de M. Field. 86
- — Pollak et Binswanger. — W. C. Re-
- chniewski......................... 108
- Siemens et Halske.................. 12g
- — Short et Nesmith.................... i83
- — système van Depoele................ 443
- — à Hambourg (système Julien). — Dieu-
- donné............................ 561
- Tremblements de terre, leur effet sur les appareils
- magnétiques. — Mascart............ 43a
- — (commotion électrique pendant les)... 372
- — et les perturbations électriques. —
- J. Luvini......................... 479
- — et les enregistreurs magnétiques.. 536
- Trompette électrique Zigang. — P.-H. Ledeboer.. 122
- U
- Unité absolue de temps, par M. Lippmann..... 2a
- V
- Valtamètre-étalon (études sur un). — A. Minet.
- 4.63 j
- Voltmètre électrostatique S. W. Thomson..... 3?
- — (Inspectional) (électrodynamomètre) de
- S. W. Thomson..............
- — marin de S. W. Thomson..........
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-
-
-
- TABLE DES NOMS D’AUTEURS
- A
- Pages
- Abdank-Abakanowicz. — Nouvelles études sur
- les intégraphes............. 3, 54 :6i
- Abney et Festing. — Etudes photométriques.. 134 Adler Wright et C. Thompson. — L’électricité voltaïque et l'oxydation atmosphérique ............................................ 285
- — Nouvelles combinaisons voltaïques.... G36
- Ander. — Téléphone.............................. 570
- American Association. — Indicateur électrique
- de l'échauffement des coussinets.. 338
- Aron. — Perfectionnement du compteur............ 632
- Arsonval (d’). — Lamortpar l'électricité, etc.. 124
- — Instruments pour l’étude de l’électricité animale....... 153, 206 6o5
- Ashcroff. — Lampe à arc........................ 213
- Auer de Welsbach. — La lampe à incandescence (gaz)..................................... 177
- Ayrton et Perry. — R' sistance magnétique. .10 81
- — Nouvelles méthodes de mesuie des coefficients de self-induction et d’induction mutuelle........................... 401
- B
- Bailly. — Accumulateur Phoenix................... 538
- Bartoli. — Conductibilité électrique dans le voisinage de la température critique... . 436
- Becker et Piérard. — Essais de piles............. 460
- Bell (Gr.) — Emploi de la balance d’induction et je
- la sonde téléphonique en chirurgie. 384
- Bell (Chicester). — Téléphones.................... 567
- Benardoz. — Travail électrique des métaux........ 55i
- Pages
- Bidwell. — Résistance des fils tendus....... 81
- — Torsion magnétique des fils de fer.... 587
- Bock (O). — Conductibilité électrique des mélanges dépotasse eau-tique etdesulfhydrate
- de potassium....................... 232
- Bourdin. — L’éclairage de l’Hôtel de Ville. 238
- — M. A. Coiffe. — Nécrologie................. 1 38
- — Siphon Radiguet.......................... 576
- Bouty. — Conductibilité des sels anormaux et des
- acides en dissolution étendue........ 619
- Boys.— Le radio-micromètre.................. 181 378
- — Préparation des fibres fines............. 234
- — Nouvel effet électrostatique............. 538
- Branly- — Nouveau mode d’emploi du thermomultiplicateur................................. 172 269
- Bright. — Discours inaugural à la « Society of Telegraph Er.gincers and Electri-
- cians »..................... 47, g3 144
- Brown.— Effet des percussions sur les aimants. 276
- C
- Carpentier. — Galvanomètre......................... 252
- Chardin. — Interrupteur............................ 168
- Clarke. — Télémètre.............................. 351
- Clemenceau. — L’ordonnance du Préfet de police............................................... 43
- — La neutralisation des câbles sous-
- marins.............................. 89
- — Le règlement belge sur l’éclairage électrique ..................................... 189
- — Le magnétisme minéral; le magnétisme animal................................ 191
- — A propos de l’incendie de l’Opéra-Co-
- mique.............................. 490
- — Brevets d’invention... 293, 343, 394,
- 444, 493, 5g3, 543 645
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 659
- Pages
- Colladon (D).— Coup de foudre à Schoren........ 276
- Cooke et Robinson. — Lampe à arc............... 211
- Corbet. — Téléphone............................ 5yo
- Cowper. — Nouveau système de télégraphe écrivant............................................ 337
- Crookes. — Vernis indiquant le courant..... 53g
- Cookes (W ) — Phosphorescence électrique... 636
- Crova. — L’emploi des couples thermo-électriques
- pour l’étude des radiations solaires. 372
- Curtis, Crocker et Wheeler. — Nouveau moteur
- et pile.......................... 3go
- D
- Decharme. — Courbes magnétiques isogoniques
- 275,311 ^66
- De Rothe. — Rendement du télégraphe imprimeur
- Hughes........................ 5o6
- Dick et Kennedy. — Lampe à arc............ 210
- Dietrich. —L’éclairage des trains......... 332
- Dieudonné. — Brevets d’invention. 46, 92, 142
- 194 245
- — Inducteur Postel-Vinay pour la manœuvre des cloches électriques. 67 120
- — Interrupteur Chardin.................. 168
- — Nouveau dispositif de galvanomètre... 225
- — Eclairage électrique de l'Institut anatomique de Vienne............................... 3i6
- — Bibliographie. — Lehrbuch der alg.
- Elektrisation, etc., du professeur
- Siein............................... 347
- — Tramways électriques................. 561
- Dreyse et Gollenbusch. — Signal à pétard.......... 263
- Dudley. — Dépôt galvanoplastique d’iridium........ 53g
- Dufour. — Action d’un champ magnétique sur l’écoulement du mercure............................... 328
- Dune an, — Pertes de travail dans les générateurs
- secondaires.......................... 290
- Dunn. — Récepteur à aiguille en duplex............ 81
- E
- Ebeling. — Sur la force thermo-électrique entre
- quelques métaux et leurs solutions 76
- Edelmann. — Galvanomètre absolu............ 5»3
- Eickemeyer. — Machine dynamo............... 136
- Elsass. — Sur les anneaux colorés de Nobili, etc.. 76 Ettingshausen.— Sur une nouvelle action du magnétisme sur les phénomènes thermiques dans le bismuth..................... 43b
- F
- Field. — Voiture pour tramway électrique......... 86
- Fitz-Gérald. — Accumulateurs à la lithanode.... 481 Fleming. — Galvanomètre pour, les courants alternatifs ........................................ 383
- Pages
- Fletcher. — Contrôleur......................... 533
- Foeppl. — L'électricité comme fluide élastique.... 533 Foerster. — Sémaphores des côtes allemandes.... 438 Forbes. — Calcul des pertes de lignes de force... 12
- — L’accumulateur à lithanode............ 82
- Frankland. — Accumulateur...................... 336
- Froelich. — Représentation optique du mouvement
- du téléphone...................... 381
- G
- Gabéry. — L’appareil Seybolt pour déterminer le
- point d’éclair des huiles minérales.. 468 Gattino. — Système de transmission duplex, etc. 529 — Transmission parcourants inverses.. 577
- Gassner. — Pile..................................
- Ganz. — Machine dynamo............................ 182
- Geipel. — Lampe à arc............................ i06
- Geitel et Elster. — Sur l'électrisation des gaz par
- les corps incandescents........... 329
- Genglaire. — Nouvelle lampe de sûreté............ 317
- Gerosa. — Résistance électrique des mélanges d’amalgames......................................... 33i
- Gimé. — Enregistreur électrique............. (1 5o3
- Goloubitzky. — Dispositif pour répéter l’appel... 429 Gostkowski. — Le chauffage électrique des trains. 637
- Gouy. —Sur une pile étalon......................... 3i
- Gray (Th.). — Une nouvelle forme de sismographe.............................................. 374
- Guillaume. —A propos de l’ohm légal............... 451
- H
- Hardt. — Nouveau régulateur à arc.............. i32
- — Lampe à arc........................ 284
- Haskins. — Les installations souterraines aux
- Etats-Unis....................... 470
- Hochhausen. — Moteur pour circuits d’éclairage
- à arc............................ 236
- — Commutateur et Coupe-circuit....... 237
- Holcombe. — Télégraphe domestique.............. 58g
- Hoho. — Groupement des accumulateurs sur les
- voitures électriques............. 526
- Hopkinson. — Note sur la capacité inductive spécifique 3i
- Howell. — Machine pour la préparation.des charbons ........ 286
- Huntcr. — Régulateur...............;........... 292
- Hutinet.— Téléphone....................... 570
- I
- Ignatief. — Bougie électrique................. 365
- Immisch. — Moteur............................25g
- Imhof. — Galvanomètre apériodique pour la mesure des courants et des potentiels.. 537
- Irish. — Expldsour............................... 8S
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-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- WP?!''
- 660
- j
- Pagos
- Jamieson. — Les paratonnerres.................... 235
- Jackson* — Influence.de la section de l’âme de l’induit d’une machine Gramme sur
- sa caractéristique.................. 620
- Jensen* — Sonnerie électrique................. 613
- Joël. — Lampe à arc.......................;...... 108
- Johnnson. — Lampe à arc........................ 364
- Julien* — Accumulateurs pour l’éclairage électrique des wagons..................................... 187
- K
- Kalischer. — Production d’une force électromotrice dans le sélénium par la lumière............................................ 328
- Kapteyn* — Enregistreur.......................... 23o
- Kareis.— Correspondance spéciale d’Autriche. 182 63y
- K...e* — Nouveaux signaux de chemins de fer.
- 214 263
- — Télémètre électrique........... 351
- Kennelly* — Localisation des défauts dans les câbles sous-marins.......................... 13 3 517
- Kilian, — Batterie à immersion pour les galvano-
- cautères..................... 284
- Killingworth Hedges. — Les stations centrales
- en Europe...................«... 277
- Knorre. — A propos de la détérioration des tuyaux
- de plomb.......................... 536
- Kœnig. — L’aimantation des cristaux............. 623
- Koepsel. — Mesure de moments, etc., à la balance. 586 Kohlrausch. — Propriétés magnétiques du corps
- humain............................ 481
- — Recherches sur les accumulateurs.... 626
- Kookogey. — Nouveau liquide excitateur........... 336
- Krouchkoll* —Polarisation du cuivre par l’extension de sa surface de contact avec un
- liquide conducteur............... 475
- Krüss. — Influence de la longueur du blanc du
- photomètre,, etc.................. 174
- L
- Lagrange. — Cause des variations diurnes du magnétisme terrestre...................... 371 474
- Lahmayer. —Un nouveau relais................. i33
- — Machine dynamo................... 555
- Laing "Wharton et Down. — Lampes et accessoires........................................ 41
- — Lampe à arc,..................... 211
- Lampe. — Séparateur magnétique............... 634
- Laugklin. — Application de l’électricité au trans- port des dépêches par tubes pneumatiques;.................................. 288
- Latimer Clark Muirhead et CP. — Machine
- dynamo We«tminster............. 601
- Pages
- Le Chatelier. — De la mesure des températures élevées par les couples thermo-électriques.......................................... 71
- Ledeboer —Prédéterminationde la caractéristique. t, — Détermination du coefficient de self-
- induction..................... 71 151
- — Nouveau parleur électrique militaire ;
- système du capitaine Zigang........ 122
- — Sur le flux d’induction magnétique dans les inducteurs d’une machine
- dynamo-électrique.................. 3oi
- — La durée d’établissement du courant, etc..................................... 565
- — Le régulateur à arc de M. Letang.......... Goo
- Létang. — Régulateur à arc......................... 609
- Lippmann. — Unité de temps absolue; étalons de temps et chronoscope des variations.............................................. 226
- Lorrain. — Le téléphone à effet Peltier....... 537 $70
- Luvini. — Conductibilité électrique des gaz et des
- vapeurs............................ 457
- — Perturbations électriques qui précèdent les tremblements de terre .... 479
- M
- Mac-Cullogh. — Télégraphe pour annonces d’in^
- cendie........................... 533
- Mackenzie. — Lampe à arc................. 3i2
- Maneuvrier. — Stir un nouveau procédé d’excitation ae l’arc voltaïque, etc............ 123
- Marangoni. — Nouvelles relations entre la lumière et l’électricité ....................... 435
- Marinovitch. — Sur un nouvel enregistreur électrique applicable aux instruments
- de météorologie............ 62 5og
- — Nouvelle forme de pont de Wheastone. 552
- — Machine Muirhead et Latimer Clarke. 601
- Mascart. — Effets des [tremblements de terre sur
- les appareils magnétiques...... 430
- Mather. — Lampe à arc....................... 364
- Ménabréa. — Nouvelle lampe à arc de M. Statter. 21
- Mercadier. — Sur la théorie du téléphone, etc. 127
- Meserole. — Accumulateurs à grande force électromotrice...................................... 237
- Meylan. — La machine « Phoenix » à haute tension ..................................... 219
- — Eclairage de la salle de concerts du
- Conservatoire de musique à Liège... 362
- — La machine Lahmayer............... 556
- — A propos d’une nouvelle sonnerie. 6o3
- Michaelis. — Correspondance spéciale d’Alle-
- magne.... 40, i32, 179, 283, 332,
- 38i, 438, 485, 536 632
- Milne* — Rccorder à étincelles...................... :35
- Minet. — Recherches sur l’électrolyse............... 221
- — Etude sur un voltamètre-étalon.. 463 614
- Mix et Genest. — Nouveaux microphones............... -485-
- Moutier» — Sur les dynamos compounds... 355 619
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 66 i
- Pages
- Munro. — Correspondance spéciale d’Angleterre.
- 41, 81, i33, 180, 234, 285, 335, 383,
- 43g, 487, 537 635
- N
- Nahood. — Indicateur pour boîtes à lettres....... 81
- Neesen. — Sur les tiges vibrantes de période variable excitées par des électro-aimants............................................ 372
- Newton. — Lampe à arc............................ io3
- Nickum. — Nouvelle boîte d’appel télégraphique.. 38
- O
- Obernayer et Richter v. Fichier. — Décharges d’électricité de haute tension par
- haute tension par les pointes..... 627
- Oesterreich. — Commutateur automatique pour
- lignes téléphoniques............... 434
- — Signal automatique de fin de conversation....................................... 624
- P
- Palaz. — Le courant continu dans les appels téléphoniques ....................................... 28
- — Les signaux de secours du chemin de
- fer métropolitain de Berlin....... 68
- — La session de Philadelphie de l’Association nationale des États-Unis pour
- l’éclairage électrique................ 112
- Bibliographies: L’électricité et le magnétisme du Dr Hoh. — Le photomètre du D' Kruss. — Application de l’électricité aux appareils enregistreurs du D'Gerland.................. i3g
- De l’influence des électro-aimants dans les lignes téléphoniques................ 425
- — Résistance des défauts dans les câbles
- sous-marins, d’après M. Kennelly... 517
- Palmieri. — Sur la production de l’électricité, par la condensation de la vapeur
- d’eau............................ 51
- Parsons. — Turbine à vapeur et machine dynamo. 37g
- Paterson et Cooper.— Machine Phoenix............. 219
- Pellat. — Mesure de la différence de potentiel vraie
- de deux métaux au contact......... 229
- Perkins. — Régulateur pour dynamo................ 442
- Perrin. — Emploi du fer en télégraphie, etc. 571 607
- Pfankuche. —Lampe à arc.......................... 106
- Picou. — Théorie graphique des dynamos à courants continus.................................. 169
- — Les transformateurs Zipernowsky, etc. 43i
- Pages
- Pieper. — Nouveaux dispositifs de régulateur. 78 363 Planté. — Sur un nouvel exemple de coup de foudre accompagné de la production de
- jet d’eau............................. 424
- Pollak et Binswanger. —Tramway électrique... 108 Powers. — Coupe circuit pour lampes à incandescence groupées avec des arcs..................... 33g
- Prescott. — Coupe-circuit automatique pour piles
- secondaires............................ 42
- Puerthner. — Transformation des courants induits aux courants continus, etc.................... 63o
- R
- Radiguet. — Siphon............................. b-j
- Rechniewski. — Nouveau tramway électrique,
- système Pollak et Binswanger.... 108
- — Le moteur Immiscli............... 239
- — Les machines dynamos.............. 35g 5i3
- Reignier. — Sur l’autorégulation des machines dynamos par les enroulements com-
- pounds..................... 201 266
- — A propos des dynamos compounds... 524
- Reynier. — La batterie d’accumulateurs de l’Hôtel
- de Ville......................... 173
- Ricco. — Méthode de démonstration des mouvements des liquides magnétiques.... 327
- Richard. —Les lampes à arc............ 101, 209 363
- — L’aluminium et son électrométallurgie................................... 25l
- — Les téléphones................... 567
- Robertson. — Télégraphe écrivant......;........ 337
- Roper. — Lampe à arc.................... 211
- Rowan. — Rivure électrique...................... 383
- Rudoldh. — Régulateur à force centrifuge pour
- moteurs électriques............. 292
- S
- Sarcia et Sartiaux. — Essais d’étude expérimentale des champs magnétiques.. 23
- 65, 3ig 36g
- Sarcia. — Travail électrique des métaux........ 551
- SchanschiefF. — Nouvelle- lampe électrique de sûreté............................................ 439
- Schilling et Wassmuth.— Détermination expérimentale du travail d’aimantation... 47g Schoentjes. — Application du téléphone à la recherche des projectiles, etc.................... 625
- Scholkmann. — Signal à pétard, etc............. 214
- Sellon. — Lampe à arc.......................... 209
- Sesemann. — Ampèremètre et voltmètre............ 585
- Seybold.— Appareil d’essai pour les pétroles... 468
- Shillits. — L’électricité â Hatfield............ 189
- Short et Nesmith: — Système de tramway électrique......................................... 183
- p.661 - vue 665/666
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ; 66 a
- Pages
- Siemens et Halske.'— Voie pour tramways élec-
- triques avec conduite souterraine 129
- — Ligne artificielle du Dr Tobler........... 629
- Siemens (W.) — Compteur............................ 584
- Slater-Levis.— Isolateurs.......................... 583
- Statter. — Lampe................................... 21
- Stein. — Lettre au sujet de son traité de l’électrisation générale du corps humain... 496
- Sthœrer. — Rhéostat à ruban pour les appareils
- électriques....................... 283
- Swinton. — Téléphone et microphone................. 570
- T
- Tatham. — Régulateurs de température.............. 82
- Thompson. — Sur les transformateurs............... 635
- Thomson (Rlihu). —Nouveau mo le de régulation
- dans le système à trois fils... 286
- — Nouveaux phénomènes relatifs aux
- courants alternatifs........... 638
- Thomson (W.)—Voltmètre électrostatique............ 335
- — Sur une double série d’appareils de
- mesures électriques............ 476
- — Nouvelle balance électrodynamique... 487
- — Nouvelle boite de résistance...... 488
- — Nouveaux appareils de mesure...... 5oi
- — Nouveaux voltmètres............... 538
- Thornton et Romanze. — Lampe à arc................ 108
- Tommasi. — De l’équilibre thermique dans l’élec-
- trolyse........................ 271
- Tregoning. — Nouvelle borne de jonction........ 542
- U
- Ulbricht (R).— Sur le travail du courant dans les
- lignes télégraphiques.............. 33
- Uljanin. — A propos d’une expérience d’Exner,
- concernant la théorie du contact.... 129 Upward. — Pile...................................... 79
- V
- Pages
- Van de Poele. — Chemin de fer de Montgomery. 443 Van der Weyde. — Historique des accumulateurs.......................................... 441
- Vaschy. — Sur les feuillets magnétiques et les
- courants........................... 56
- Villari. — Sur le pouvoir émissif ocs étincelles
- électriques........................ 33o
- W
- Walther. — Lampe à arc....................... 211
- Weber (H.)— Théorie du pont de Wheatstone.... 322
- Weber (C. li.) — Conductibilité électrique des
- amalgames..................... 534
- Weinhold. — Galvanomètre portatif............ 74
- Weldon Pendred.— Lampe à arc................. 104
- Wetzler. — Correspondance spéciale des États-Unis... 42, 82, i36, i83, 236, 286,
- 336, 384, 440, 488, 58g 638
- Wicks. — Signal de chemins de fer.............. 340
- Wild. — Magnétomètre......................... 579
- W'ood. — Perfectionnements dans l’éclairage électrique......................................... 387
- — Tableau de communications pour l’éclairage électrique...................... 489
- Worth. — Pompe pneumatique électrique........ i36
- Wright (Aider). — Nouvelles combinaisons voltaïques ....................................... 636
- Wurster. — A propos du blanchiment électrique
- de M. Hermite................... 633
- Z
- Zenger. — La période solaire, les essaims périodiques d’étoiles filantes et les pertur-
- bations magnétiques en 1878... 529
- Zigang. —Trompette électrique.............. *22
- p.662 - vue 666/666
-
-