La Lumière électrique
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d3Électricité
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- LA
- LUMIERE ÉLECTRIQUE
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTEUR !
- Dr CORNELIUS HERZ
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ LUMIERE ÉLECTRIQUE — TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SCIENCE ÉLECTRIQUE, ETC.
- TOME TRENTE-HUITIÈME
- PARIS
- AUX BUREAUX DU JOURNAL
- 31, — BOULEVARD DES ITALIENS, —
- I 890
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- mal universel d’Électi
- 31, Boulevard dés Italiens, Paris
- •1 ' .. , ‘ !
- directeur : Dr CORNÉLIUS HERZ
- XII» ANNÉE (TOME XXXVIII) SAMEDI 4 OCTOBRE 1890 No 40
- SOMMAIRE.— Sur l’utilisation industrielle des courants continus de haute tension; Frank Géraldy. — Les lampes à arc; G. Richard. — Une règle pour déterminer le sens de la force électromotrice induite dans un conducteur mobile dans un champ magnétique; Ad. Perrin. — Nouveau matériel téléphonique; P. Marcillac. — Localisation rapide d’un défaut sur un circuit d’éclairage; Henri Wilbrant. — Chronique et revue de la presse industrielle : Sur l’influence du courant électrique sur le frottement des surfaces glissantes, par M. Louis Smidt. — Soudure électrique Coffin, — Fer à souder électrique de Miner. — Le transformateur dit « Hérisson ». — Revue des travaux récents en électricité : Sur la mesure de l’énergie chimique à l’aide de la force électromotrice, par G. Gore. —•'Vérification expérimentale de la loi d’Ohrn, par M. Alfred Mayer.—Variétés : Le décor de « Jeanne-D’Are », par W, de Fonvielîe —Correspondance : Lettre de M. Charles Fquchain. — Faits divers.
- SUR l'utilisation INDUSTRIELLE
- ’ DES
- COURANTS CONTINUS DE HAUTE TENSION
- Les installations de la Société pour la transmission de ta force par l’électricité.
- Lorsqu’il s’agit d’employer, de régler, de manier l’énergie sous une forme quelconque, il faut se préoccuper d’abord de la quantité d’énergie à laquelle on a affaire. Une grande puissance ne se laisse pas traiter comme une petite, cela est bien connu. Mais, lors même qu’on ne sort pas, comme puissance totale, d'une moyenne maniable, il faut encore se préoccuper de la manière dont se présente l’énergie. Celle-ci se mesure généralement par un produit de deux facteurs; lorsque ces facteurs sont dans une proportion raisonnable tout est simple, mais si l’un d’eux s’exagère au dépens de l’autre, les difficultés naissent et peuvent devenir très grandes bien que la somme totale de l’énergie ne varie pas.
- Pour venir de suite au sujet de ces études, dix mille watts constituent une puissance qui n’a rien d’excessif; s’ils se présentent sous la forme de
- ioo ampères à une tension de ioo volts, on en es aisément maître ; on peut interrompre, rétablir, régler ce courant sans difficulté. 11 en est autrement s’il faut traiter un courant de io ampères et looo volts, ou bien plus, de i ampère et de ioooo volts; en sens inverse aussi la difficulté sera sérieuse s’il faut faire usage d’un courant de looo ampères et de io volts ou de io ooo ampères et d’un volt.
- Les courants de très basse tension et d’énorme intensité sont d’un emploi jusqu’ici très rare ; je ne vois guère que la soudure électrique qui en fasse usage. La difficulté à laquelle ils donnent lieu réside surtout dans la nécessité de supprimer toute résistance, d’offrir des contacts extrêmement grands et très parfaits. 11 semble qu’elle doive être assez aisément surmontée.
- Il n’est pas impossible, au reste, que nous voyions bientôt cette question pratique se poser ; ce sera le cas si Ton entre largement dans la voie de la métallurgie électrique, application qui peut grandir beaucoup dans un avenir prochain.
- On est en face de difficultés d'un autre ordre!, bien plus grandes s’il s’agit de courant à haute tension. Une remarque met en lumière la différence. Le défaut avec les courants de basse tension aurait pour résultat d’empêcher le courant dè passer, d’annuler l’opération ; le défaut avec les
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- . J., ..— , , -,—i— i----• '—i—-, ii. i.
- courants de haute tension a presque toujours pour résultat non seulement une. opération manquée, mais encore un accident: un circuit brûlé, une machine hors de service, etc.
- La rapidité des mouvements électriques devient ici un surcroît de danger. Les courants de haute tension, lorsque tout est normal, donnent des marches très régulières et très belles, plus calmes peut-être en apparence que les courants de plus basse tension èt plus grande quantité. Mais tout le monde sait qu’une marche absolument et strictement normale ne peut être maintenue en pratique; pour une cause ou l’autre de petits écarts Se produisent’. Ge balancement est sans inconvénient avec les courants ordinaires, et si l’écart s’exagère jusqu’à devenir menaçant, on a presque toujours le temps de porter remède au défaut. Avec les courants de haute tension il faut agir avec une extrême rapidité, car s’il y 5 déviation de la marche et tendance dangereuse, bien souvent l’accident est produit si la moindre hésitation à retardé la manœuvre et empêché d’agir à temps.
- Les difficultés qui résultent de l’emploi des courants dé haute tension sont de deux ordres principaux ; difficultés d’isolation, difficultés d’interruption et de réglage.
- On est aisément frappé des difficultés d’isolation, et il n’est pas besoin d’étude pour voir qu’elles doivent exister; mais elles sont plus grandes qu’il ne semble au premier abord. Si une machine dynamo engendre le courant sous un potentiel de i ooo volts, ce n’est pas seulement à cette tension qu’il faut résister. Nous avons dit que la marche strictement normale ne se maintient jamais, il y a des écarts; chacun d’eux engendre dans la distribution intérieure du potentiel des variations qui, généralement peu sensibles au dehors, peuvent être très grandes. Elles tiennent surtout à la self-induction ; il en résulte que les isolants ont à résister à des tensions supérieures à la tension normale de fonctionnement. S’il y a accident véritable, ces tensions peuvent s’exagérer énormément; dans le cas, par exemple, "de la rupture brusque du circuit, événement toujours mauvais pour les machines quelles qu’elles soient, ces tensions montent à des hauteurs qu’on ne peut mesurer et auxquelles dans les machines à haute tension les isolants ne résistent presque jjamais.
- Ce que nous venons de dire s’applique à tous lès ordres de courants, continus ou alternatifs;
- toutefois les.indications qui vont suivre, bien que générales, s’appliquent plus spécialement auxcou-rants continus. On affirme, il est vrai, que l’isolation des courants alternatifs n'est pas plus difficile que celle des autres et n'en diffère pas; je ne puis partager absolument cette opinion. 11 semble à priori que l’état de variation continuel des courants alternatifs doit placer les isolants dans un état de mouvement électrique qui ne doit pas être favorable à leur bonne tenue. D’autre part cette vibration périodique de l’énergie ne peut exister sans engendrer autour d’elle des états périodiques d’où doivent résulter des-phénomènes d’un ordre spécial. Ce ne sont là sans doute que des présomptions et il n’est permis de rien affirmer. Toutefois certains faits que l’on commence à savoir confirment ces idées. Il n’y a pas encore en Europe beaucoup d’installations à courant alternatif ; celles, beaucoup plus nombreuses, qui existent en Amérique nous sont mal connues. II y a lieu d’attendre, pour être bien fixé sur ce point, l’expérience plus complète.
- Quoi qu’il en soit, pour surmonter les difficultés que j’ai indiquées un soin tout spécial est nécessaire dans le choix des isolants et dans leur disposition.
- Pour le choix, les maisons, encore peu nombreuses, qui emploient le courant à haute tension ont par des essais déterminé les matériaux qui leur ont paru convenables et évitent de publier leurs résultats afin de conserver pour elles l’usage de ces isolants. On peut dire d’une manière générale qu’il faut d’abord assurer d’une manière absolue la sécheresse des matières employées, aucun soin n’est de trop à cet égard; les moindres traces d’eau peuvent donner de gros ennuis. Il faut ensuite tenir compte de la propriété qu’ont la plupart des corps de voir leur conductibilité augmenter quand la température s’élève ; certains isolants présentent cette particularité d’une façon très marquée, et comme les machines s’échauffent toujours en marchant, ils peuvent amener des mécomptes. Enfin il faut en certains points des machines se défier des isolants combustibles. L’ébonite, par exemple, isolant excellent d’ailleurs, si une étincelle innocente passe à sa surface, en conserve quelquefois la trace sous la forme d’une ligne charbonneuse imperceptible, mais dont Ja conductibilité est néanmoins sensible; sous l’influence du passage continu d’un petit courant, ce trajet s’accentue, s’élargit, et au
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- bout de quelque temps on est étonné de trouver en bonne communication des pièces quelquefois très distantes l’une de l’autre.
- J Pour la disposition, une remarque générale importante est qu’il faut obtenir une continuité complète dans les couches isolantes; les joints, fissures, petits trous sont dangereux; est-ce par l’amas de poussières conductrices qui viennent s’y loger, est-ce pour d’autres causes? cela serait difficile à dire. mais il est certain qu’ils appellent les courants et les étincelles ; ils sont le point d’élection des accidents; il faut donc les éviter tout à fait et former les isolants de pièces continues ou amenées à former une masse unique.
- On essaie quelquefois d’augmenter la sécurité en augmentant entre deux points où le potentiel est très différent le nombre des cloisons isolantes. Le résultat cherché n’est obtenu qu’à la condition
- Fig. 1
- qu’on ne diminue pas, dans cette multiplication, la valeur isolante de chacune d’elles.
- On entend, par exemple, dire assez souvent qufil est plus aisé de produire les courants de haute tension à l’aide de plusieurs machines mises en série qu’au moyen d’une seule, parce que la première disposition fractionne la difficulté et multiplie les obstacles. Je pense que c’est là une illusion ; l’usage des machines en série peut être indiqué par d’autres motifs, mais non parcelui-ià. En voici je crois l’explication et le motif.
- Considérons un anneau Gramme G (fîg. 1). On a eu soin d’envelopper soigneusement son noyau de fer d’une couche isolante. Entre les points extrêmes de l'enroulement A et B la différence de potentiel serait normalement, je suppose, de 1 000 volts; mais il faut parer aux accidents, on a prévu qu’elle pourrait s’élever à 10000 et la couché isolante a été faite en conséquence capable de résister partout à une différence de potentiel de 10 000 volts. On est donc en sécurité et le courant ne pourra percer cette couche en deux endroits, ce qu’il devrait faire pour se frayer à travers le fer du noyau un chemin en court circuit de A en B.
- Mettons actuellement un second anneau semblable G' en série avec le premier. La différence de potentiel normale entre les points extrêmes du circuit composé A et D est de 2 000 volts, le potentiel dangereux sera de 20 000. On peut se croire à l’abri puisque les quatre cloisons A, B, C et D peuvent ensemble soutenir 40000 volts. On y serait en effet si l’on pouvait être assuré que le potentiel accidentel se répartira entre les quatre points comme fait le potentiel normal, mais rien n’est moins certain. 11 s’agit ici de phénomènes très brusques, violents ; il est parfaitement possible qu’à un moment il y ait 20000 volts entre lé point A du circuit et le noyau de fer; alors la cloison A sera percée, après elle la cloison B, ainsi de suite jusqu’au bout, et le courant passera en court circuit à travers le fer des deux noyaux.|C’est, sous une autre forme l’expériencexlassique du carreau fulminant.
- On sait que cet appareil est un carreau isolant sur lequel sont collés en chaîne une série de losanges conducteurs, tous séparés les uns des autres par de petits espaces; si on met les deux bouts de la chaîne en contact avec les pôles d’une machine statique l’étincelle parcourt toute la série et semble jaillir à la fois entre tous les losanges. Il est certain que si l’on ajoutait tous les espaces isolants qui séparent ceux-ci on obtiendrait un obstacle que l’étincelle ne pourrait franchir, mais une somme d’isolants séparés par des parties conductrices n’équivaut pas à une seule masse isolante et l’obstacle subdivisé devient franchissable.
- Ceux (ils ne sont pas nombreux, cela est vrai) qui ont manié les machines en série savent cés faits ; on ne dit pas toujours les difficultés rencontrées dans la préparation d’une expérience; mais j’en appelle à leurs souvenirs ; pour notre part, nous en avons eu plus d’un exemple dans les essais de Creil ; j’y ai vu six isolants percés d’un seul cojap.
- En réalité, il faut pour la sécurité que chacune des cloisons isolantes soit capable de résister à toute la tension dangereuse prévue. Des lors il n’y a pas intérêt pour une puissance donnée à multiplier les machines, puisqu’on réduit ainsi les espaces disponibles et qu’on peut être amené à amincir des isolants, à rapprocher des pièces à potentiel différent. La disposition en machines ou en anneaux séparés peut, je le répète, être indiquée
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- par divers motifs; par elle-mêmè elle ne profite pas à la sécurité.
- j. :, Frank Géraldy.
- -. (A suivre.)
- LES LAMPES A ARC (’-)
- , M. L.-B. Marks a présenté à la dernière réunion de Y American Institute of Electrical Engineers, en rnai 1890, un important mémoire sur le rendement et la durée des lampes à arc dont nous donnons cirdessous l’analyse détaillée.
- Comme le fait très justement remarquer M. Marks au début de son mémoire, le bon fonctionnement, la durée et le rendement d’une lampe à arc dépendent aujourd’hui, avec la perfection atteinte par un grand nombre de dynamos et de régulateurs, principalement de la nature et de la qualité des charbons.
- Les charbons essayés par M. Marks provenaient de cinq.grandes manufactures américaines : il les a désignés par les lettres A B CD E. On les divise en deux classes, suivant qu’ils doivent servir à des lampes de haute ou de basse tension.
- On emploie en effet de préférence pour les Jampes à basse tension des charbons durs, bien platinés, et d'une très bonne conductibilité, tandis que pour les hautes tensions on les fait en général plus doux, mais sujets à crépiter.
- Les méthodes employées pour la fabrication des charbons se divisent en deux grandes classes suivant qu’on les produit par compression ou filage, au.travers d’une filière ou par moulage. Ces deux méthodes sont adoptées comme il suit par les cinq fabricants de M. Marks :
- Pour hautes Pour basses
- . 4 tensions. tensions.
- A................ Moulés Comprimés
- B.. — Moulés
- C............... — —
- D................ Comprimés Comprimés
- ( Moulés —
- .............. ( Comprimés —
- ; N" V Structure des charbons.
- Les coupes des. figures 1 à 12 représentent la section de ces charbons avec un grossissement de
- ‘- \iyLct Lumière Ëteetrique du t juin
- 40 diamètres pour les groupes ABC et de 80 diamètres pour les groupes D et E. tr:-r _r.
- La texture des charbons pressés ou fijés A pour basses tensions est (fig. 2) dense, homogène; à grains fins, tandis que la structure des charbons, moulés pour lampes à haute tension; plus tendres et moins conducteurs (fig. 1,),; est plus grossière,.' plus lâche, plus criblée de petites poches pleines d'air et d’un brillant moins métallique. Leur résistance est de 0,199 ohm et celle ^«s charbons durs de 0,144 ohm seulement. La résistance des.charbons platinés pour basse tension n’est que de 0,084 ohm.
- La structure des charbons des groupes B est à peu près la même que celles des charbons du groupe A. Le charbon figure 4 était, pour diminuer sa résistance, platiné d’un dépôt de cuivre d’un dixième de millimètre d’épaisseur, et celui figure 3 d’une couche de 1/20 de millimètre.
- Les charbons du groupe C sont toujours moulés, mais plus comprimés pour les basses tensions, de sorte que leur structure (fig. 6) se rapproche de celle des charbons filés (fig. 2).
- La structure du charbon figure 8 est, comme on le désirait, intermédiaire entre celle des figures 7 et 9; c’est un charbon que l’on voulait pouvoir faire servirauxdeux usages: haute et basse tension. Les charbons du groupe D présentent d’ailleurs, en outre, des différences décomposition dans leur mélange.
- Les charbons E (fig. 11 et 12), bien que d’un aspect très différents, sont employés tous deux pour les hautes tensions. Le charbon figure 12 présente, comme le 9E, de nombreuses stries, indices d’une stratification de la matière longitudinalement dans le sens de la pression subie pendant la fabrication ; mais le charbon D, plus lustré que le charbon E(fig. 12), est constitué d’un mélange plus riche en carbone pure.
- Duree des charbons.
- En général, la durée des charbons augmente à mesure que l’intensité du courant et la puissance de la lampe diminuent; mais ainsi que son rendement l’intensité est presque toujours déterminée par des considérations particulières qui ne peuvent pas tenir compte de tous les éléments du problème.
- Les charbons essayés par M. Marks étaient des»
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- tinés â marcher en moyenne : ceux de haute tension avec une intensité de 10 ampères, et ceux de basse tension avec 20 ampères. On employa pour les essais de haute tension une lampe Thomson à 10 ampères 50 volts, et pour les basses tensions
- une lampe Weston. Chaque essai .durait une heure ; l’usure se mesurait en pesant le charbon avant puis après l’essai. *
- Les résultats principaux de ces esfais sont consignés au tableau n° !.
- TABLEAU I. — Essais de durée (’).
- ; « == * Charbons Diamètre moyen eu pouces Résistance en ohms Poids inltialf grumines charbon 4” Poids Initial— grammes C. ampères P. volts Porte do poids -h grammes Porte do poids — grammes Durào d'an charbon + de 305 mm. en heures.
- A moulé haute tension nu... 0.502 0.199 59,87 25, >9 10 50 5,86 3,59 10,22
- A filé basse tension cuivré... 500 O72 6a, 89 27,16 21,50 30 6,!5 4,43 10,55
- B moule haute tension ' 505 075 58,16 28,32 10 50 5,80 2,44 12, 12
- B moulé basse tension 498 071 367,80 295,50 22,5 28 106,60 5 ',50 9,42*
- C moulé haute tension nu... 51° 2l6 62,94 29,03 10 5° 6,21 3,63 10,13
- C moulé basse tens'on cuivié 5'5 071 594,40 294,50 22,5 28 151,00 41,0 9,83*
- D filé basse tension 506 095 62,46 36,10 21,5 30 3,08 9,03
- D filé h.ou b. tension 504 142 60,58 29,78 IO 50 6,65 4,16 9,"
- D filé haute tension nu 457 .87 47,20 23,53 IO 53 1,46 3,29 8,64
- E filé basse tension 50, 221 344,61 244,64 22,5 28 193,18 74,42 7,71*
- E moulé haute tension 533 202 63,30 30,48 IO 50 6,09 3,94 10,39
- E. filé basse tension 522 25' 59,62 29,81 10 50 5,9' 3,52 10,09
- (!) Ces essais de basse tension furent exécutés avec dix lampes en série. Durée de l’essai 2 h. 1/2 pour les charbons B et E et 2 h. 25 m. pour les charbons C.
- On admet en général qu’à dureté égale les charbons les plus gros résistent plus longtemps, et qu’à diamètres 'égaux les plus durs l’emportent. Cette loi suppose que la conductibilité des charbons augmente toujours avec leur dureté.
- Afin de mieux définir les variations de la durée avec la résistance et la grosseur des charbons, M. Marks essaya successivement six charbons B de diamètres variant de 13 à 30 millimètres. Ces charbons, soumis à un courant de 10 ampèies 50 volts pendant une heure, ont donné les résultats résumés au tableau n° 2.
- TABLEAU 2. — Durée avec des diamètres différents.
- Charbons. Diamètre moyen on pouces. d g B ® •© « Poids initial + gramme. 2 m s 3 g « 4- Durée d’un charbon -b de 305 millimètres en heures.
- B moulé haute tension 0.453 0,0805 44.70 4*20 10.64
- —• 505 075 58.17 4.80 12. 12
- — 618 0735 94-93 6.96 13.64
- 739 0615 132.34 6.19 21.38
- x — Q% 061 232.20 8.88 26.15
- 1.195 059 339-57 10.14 33-49
- On. voit d’après ce tableau que la durée d’un charbon est, toutes choses égales, proportionnelle
- au diamètre du charbon et inversement proportionnelle à sa résistance électrique.
- Partant de cette loi, et prenant pour type les charbons de 13 et de 25 millimètres de diamètre, on trouve, pour les durées théoriques comparatives des autres charbons, les résultats du tableau 3, qui s’écartent des résultats expérimentaux en plus ou en moins suivant que l’on part du charbon de 13 millimètres ou dé celui de 25 millimètres.
- TABLEAU 3. — Durées calculées en fonction des diamètres.
- Charbons' Diamètro moyen en poucos Type Ij2 pouce Type 1 pouce Durée réelle
- Durée calculée en heures Durée calculée en heures
- B moulé haute tension... c>453 618 739 ','95 10,92 15,10 21,58 3°, 5° 9,32 13,62 '9,44 33,04 10.64 13.64 21,38 33,49
- Afin de déterminer les variations de l’usure des charbons avec l’intensité du courant à potentiel constant, on fit sur des charbons de haute tension E cassés dans une même tige moulée des essais d’une heure chacun, dont les résultats sont consignés au tableau n° 4 et représentés par la
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- courbe figure 13. L’intensité variait de 6 à 13 ampères, avec un voltage sensiblement constant : 9 à 50 volts.
- TABLEAU 4. — Durée à des intensités variables et à potentiel constant de 50 volts.
- ic*.01
- 11.00
- On fit ensuite varier la tension de 40 à 60 volts avec une intensité constante de 10 ampères: les
- Fig. 13. — Durées à tension constante de 50 volts.
- résultats de ces essais sont résumés au tableau 5 et représentés par la courbe figure 14, dont les or-
- TABLEAU 5. — Durée à potentiels variables et à intensité constante (10 ampères).
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- Diamètre m s * g S
- moyen a fl g 3 B u a P. s 0 © P. s S A 1
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- 0 Ç2 5' '97 37, *5 24,16 10 45 5,605 2,87 607 ',953
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- e 53 53 191 23,52 '9,34 10 00 6,70 4,4' 452 1,484
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- données représentent, comme pour la figure 13, la durée d'une longueur d’un pouce(25 millimètres)
- du charbon, dans les conditions précitées. Il s'agit ici non pas de la durée du charbon positif, mais de la durée moyenne des deux charbons. En outre dans les deux dernières colonnes du tableau 5, on a ramené les résultats à la durée, prise comme unité, du charbon brûlé avec un courant de 10 ampères et 43 volts, d’après la loi sus-énoncée.
- On admet le plus souvent que le charbon positif s’use deux fois plus que le négatif, et qu’avéc
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- Fig. 14. — Durées à intensité constante de 10 ampères.
- les courants alternatifs le charbon supérieur s’use d’environ 8 0/0 plus vite que l’inférieur. D’après les expériences exécutées par M. Marks à ce sujet avec des courants continus, et dont les résultats sont consignés au tableau 6, le charbon supérieur peut s’user comme l’inférieur ou jusqu'à trois fois et demie plus vite, suivant les circonstances.
- TABLEAU 6. — Durée relative des charbons positifs et négatifs.
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- B moulé haute
- tension.. 48.38 25.22 10 50 60 5.28 4.40 I. 2C
- B moulébarse
- tension.. 61.43 3‘ -37 10 5° 60 5.14 3.27 I. =S7
- A moulé haute
- tension.. 90.57 38.68 10 5° 60 5.98 3.20 ..87
- .O E filé basse
- tension.. 344-68 367.80 244.64 22 1/2 28 150 193.18 74.42 2 • 59
- 10 B moulé.. 259.50 22 1/2 28 150 R6.60 51.5° 3- 23
- 10 C moulé.. 594 40 294.50 22 t/2 28 '45 151.00 41.00 3.68
- Afin de déterminer l’influence particulière des principaux éléments de cette variation, M. Marks exécuta trois séries de déterminations spécifiant :
- i° L’influence des variations du diamètre et de la résistance des charbons avec des courants d’intensité et de potentiels invariables ;
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- i°. L'influence des variations du potentiel ;
- 3° L’influence des variations de l’intensité.
- Pour déterminer l’influence du diamètre et de la conductibilité, on expérimenta sur des charbons A, identiques, moulés pour hautes tensions avec un courant de 50 volts 10 ampères. D’après ces expériences (tableau 7) la durée relative du
- TABLEAU 7. — Influence du diamètre et de la résistance des charbons sur ta durée relative des charbons + et —
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- 3 m . 0,3904 0,408; 0.2S 0,24 37-9' 16.97 4.96 t.04 1.64 1.79
- •c c ,4567 ,4567 22 24 48.98 20.26 3.41 3.28 1.65 1.78
- *5 </> ,59‘8 ,5'53 20 20 =,9-87 2^.10 5.86 3-5 9 1.63 1.74
- g s ,5P98 ,5022 18 '9 69.83 26.91 6.23 3.61 *.75 1.81
- ,6321 ,6268 1 S 15 90.57 38.68 5.98 3.20 1.87 ..83
- <
- charbon négatif augmente avec le diamètre, mais il faut sans doute attribuer ce résultat aux inégalités des diamètres et des résistances des deux charbons, car, d’après la loi (A), si les charbons + et — ont le même diamètre, leur usure relative doit être, comme l’indique la dernière colonne du tableau, sensiblement indépendante de ce diamètre.
- Ce rapport est aussi, d'après le tableau 4, a peu près indépendant de l’intensité du courant. Entre
- Fig. 13.— Usure relative des charbons positifs (rapport) à une intensité constante de 10 ampères.
- 6 et 7 ampères, l’usure relative du charbon positif varié de 1,62 à 1,54 : de 7 à 13 ampères, sa valeur oscille irrégulièrement entre des limites très-rapprochées.
- La dernière colonne du tableau 5 démontre l’in-
- fluence considérable de la tension du courant, a intensité constante. Ainsi que le fait voir la courbe
- Rendements.
- TABLEAU 8 Charbon A. Moulé haute tension TABLEAU 9 Charbon 1). Filé haute tension
- Azimut h T L 'ï Azimut L T I, T
- 0° 6.0S5 I 10 0,0553 0“ 4,733 107 0,0442
- IO 8,112 130 0624 10 8,'33 18 0688
- 20 ",49 131 0858 20 " ,49 129 0891
- 33 16,90 146 1158 33 14,20 142 0977
- 40 23.67 146 1Ô2 1 40 16,91 '52 1112
- 50 15.55 143 1087 50 19,61 156 '257
- 60 10,14 125 0811 60 8,790 142 00!9
- TABLEAU 10 TABLEAU U
- Charbon 1. Nu moulé lmuto tonston Charbon 3. Cuivré moulé haute tens. ! '
- L T L “ Azimut h T L
- T T
- 0° 10,14 "4 0,0889 0“ ",49 I l6 0,0991
- 10 '3,52 127 1065 10 14,21 128 1057
- 20 '5,55 '44 1080 20 '$,55 '45 1072
- 33 18,26 '57 1163 33 19,00 '57 1248
- 40 22,31 165 1352 40 22,31 164 1361
- 5° 22,31 163 '352 50 18,93 164 1359
- 60 . '5,55 156 0995 60 5-55 141 1 103
- TABLEAU 12 TABLEAU 13
- Charbon E. Moulé liante tension Charbon E. Filé haute tension
- Azimut h T L T Azimut U * T L T
- o° 2,702 I l6 0,0233 O0 2,703 "8,5 0,0228
- 10 5,405 '34 0403 IO 4,054 131,0 0310
- 20 8,10S 146 0555 20 6,756 138 0438
- 30 '3,5' '57 0861 33 6,081 0483
- 40 '7-57 '59 110S 43 • 10,13 '75,o 0579
- 50 n,t8 '45 0792 50 14,19 '55,0 089?
- 60 7,77 112 O7IO 60 11,48 136,0 0844
- TABLEAU 11 TABLEAU 15
- Charbon A. Filé basse tension Charbon B. Moulé haute tension
- A/.hnut L T h T Azimut L T L T
- 0° 8,784 |62 0,0543 0° 10,81 IQO o,o;6q
- IO 12, IO I70 °7'5 IO •7,57 21 1 o833
- 20 20,27 .85 1095 20 25,68 223 1151
- 30 25,68 IÇO 1351 30 28,38 223 1273
- 40 25,68 IQO 1351 40 '7,57 215 0817
- 5° 16,89 157 1080 5° '2,33 182 0678
- 60 9,459 130 0728 00 6,081 ‘35 0451
- figure 15, les usures tendent à s’égaliser à mesure que la tension augmente.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ >5
- *' Les causes qui influent le plus sur l’usure rela-.tive des charbons positif et négatif sont donc au nombre de deux : leur conductibilité et la tension du courant.
- . On a longtemps pensé qu’en déviant l'arc au
- I’ig. 16 à 23. — Courbes des intensités totales (courbes pointillées) et des rendements L/T (courbes pleines) sous des incidences variées.
- . Fig, 16.— Charbon A moulé, haute tension. Rendement sphérique 71 0/0.
- rrtoyen d’un aimant, on pourrait diminuer l’usure relative du charbon positif; les expériences de M. Marks lui ont prouvé que l’on obtenait ainsi un résultat contraire sans augmenter sensiblement la durée du charbon négatif.
- Rendement.
- M. Marks se servit pour évaluer le rendement
- ou après leur avoir fait traverser une dissolution d’alun qui absorbe la grande majorité des radiations obscures. Le rapport des déviations L et T mesurées dans les deux cas sur un galvanomètre relié à la pile donne, après corrections, le rapport thermique.approché de l’énergie lumineuse L à
- Fig. 18. — Charbon B nu moulé, haute tension. Rendement sphérique 12,60 0/0. - , . , f
- l’énergie totale T de l’arc. Les résultats des essais exécutés d’après cette méthode avec des lampes à haute tension de 9 ampères 45 volts, et à basse tension de 21 1/2 ampères 30 volts sont consignés aux tableaux ci-dessous (8 à 15) et représentés par les figures 16 à 23, dont les’ rayons indiquent par leur inclinaison l’incidence sous laquelle on a noté les intensités lumineuse et totale de l’arc, mesurées
- Fig. 17. — Charbon D filé, haute tension. Rendement sphérique 10 o/o.
- des charbons de deux méthodes : par absorption et par photOmétrie directe.
- La première de ces méthodes, déjà employée auparavant par MM. Merritt et Nakano, consiste a faire tomber sur une'pilé thermo-électrique, sous diverses incidences, les rayons d’une lampe à nu
- Fig. 19. — Charbon p cuivré moulé, haute tension. Rendement sphérique 12,72 0/0.
- par les longueurs de ces rayons depuis i’origihe jusqu’aux courbes pointillées. Les courbes pleines
- représentent les rendements ^ des divers charbons. Le rendement moyen, ou rendement hémis^ phëriquè, a été calculé en totalisant les aires-de-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- courbes pointillées et en adoptant pour mesure du, rendement moyen le rapport des rayons de deux demi-cercles représentant l’un la somme des aires des courbes des radiations lumineuses, l’autre celle des courbes des radiations totales. Les résul-
- ,Fig. 20. — Charbon E moulé, haute tension. Rendement sphérique 8,07 0/0.
- tats de ces calculs sont consignés au tableau 16.
- On voit en outre par ces courbes combien la distribution des radiations totales diffère de celle des radiations lumineuses, de sorte que le rendement varie^beaucoup avec l’incidence.
- Dans le plan horizontal passant par le centre de l’arc ce rendement est très faible.
- En outre, on n’obtient avec les hautes tensions
- Fig. 21. — Charbon E filé, haute tension. Rendement sphérique 7,76 0/0.
- les autres, le rendement moyen augmente quand le diamètre diminue.
- On remarquera (tableaux n et 12, fig. 18 et 19) que le cuivrage des charbons, qui augmente leur
- durée, n’augmente pas leur rendement -t. On
- Fig. 22. — Charbon A filé, basse tension. Rendement sphérique 11,05 0/0.
- peut expliquer l’augmentation de durée des charbons cuivrés par une plus grande résistance à la désagrégation. D’après les chiffres du tableau 16 un charbon positif B, de 305 millimètres de long durait: cuivré 10,64heures, etnon cuivré 9,i6heu-res seulement.
- Les expériences photométriques exécutées d’après la méthode du Franklin Institute, bien connue de nos lecteurs, et dont les principaux résultats,
- un rendement élevé qu’aux dépens de la durée des charbons, et les charbons moulés, supérieurs aux charbons filés ou forcés pour les hautes tensions, leur sont, en général, inférieurs pour les basses tensions. Enfin, comme l’indiquent les résultats obtenus avec les charbons D et B, moins gros que
- résumés aux tableaux 17 à 24, sont représentés par les courbes figures 24 et 25, ont confirmé ceux des expériences précédentes, en même temps que l’exactitude pratique de lajformule
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- JOURNAL UNIVERSEL D‘ÉLECTRICITÉ
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- qui donne l*intensité lumineuse sphérique moyenne S en fonction des intensités horizontales H et maxima M (*). Cette intensité maxima correspond en moyenne à l’azimut 450.
- TABLEAU 16. — Rendements.
- Charbons. Diamètre moyen es pouces. Résistance en obras. «1 5 X e «s 6 | F. volts. fl Rendement horizontal. H «8 e 't g C d b a 9 a 9 es Rendement hémi- sphérique. fl JS iis 6» «2 U a c E fl S ï * â c G W 4» • fl ‘O S *1- * 4/ 4> CL 5 6 9 “3 > e*.
- A moulé haute tens 0,508 0,203 9 45 0,055 0,162 0,11} 10.21 10 5r
- l) for cé haute tens 457 .87 9 45 044 125 100 8.64 10 5*1
- B moulé, nu, haute tension.... 453 224 9 45 : c88 •35 1 l6 9.16 10 5e
- B moulé cuiv. haute tension.... 453 080 9 45 099 136 127 10.64 10 y
- E moule haute tens. 533 202 9 45 023 I IO 089 IO.30 10 5°
- E f 0 r cé haute tens. 522 251 9 45 022 089 077 10.09 10 50
- A forcé basse tens 500 072 21 30 054 >35 10 10.55 21 30
- B moulé basse tens. 498 071 21 30 056 127 693 9.42 21 28
- La longueur de l’arc augmente avec la tension et l’intensité du courant, comme l’indiquent les tableaux 25 et 26, mais sans que l’on puisse encore
- Fig. 24. — B charbon moulé, haute tension 29/64 de pouce; A moulé, haute tension 1/2 pouce; D filé, haute tension 7/16 de pouce; C moulé, hautejtension 1/2 pouce; E filé, 1/2 pouce (courbes des rendements tableau 16).
- ormuler la loi de cette augmentation. A intensité constante du courant, la iongueur de l’arc aug-
- (*) Lumière Électrique du 30 août 1890, p. 416.
- mente à peu près proportionnellement aux carrés des tensions.
- On exécuta une autre série d’essais avec des charbons C et D, moulés pour haute tension,
- Fig. 25. — A charbon filé, basse tension 1/2 pouce; B moulé, basse tepsion 1/2 pouce (courbes des rendements tableau 16).
- une intensité variant de 5 à 15 ampères et un voltage constant de 50 volts. Les figures 26 représen-
- Pouvoirs éclairants. . . .
- TABLEAU 17 Charbon A; moulé haute tension TABLEAU 18 Charbon B ; moulé haute teuslon TABLEAU 10 Charbon D ; moulé haute tension TABLEAU 20 Charbon E; moulé haute tension
- angle Cttodlos unglu candlos angle candies angle candies
- 0" 221,3 0° 382,2 . 1 0* * i 210,5 o° 227,3
- 10 474,1 10 638,4 10 497,4 10 1 288,8
- 20 713,1 20 9°«,4 : 20 687,4 20 429,9
- 33 972,2 20 1113 ,3° 977,1' : 3° 722,2
- 40 1053,0 40 "31 .'40- 1979,0 .40 , 957,2
- 5° 92&,0 .5° 749,3 ,5° l 140 5° ro8o
- 60 370,7 ,60 579,8 .60 1 • 595,7 60 414
- TABLEAU 21 TABLEAU 22 ! • • ' TABLEAU 23
- Charbon E; Charbon A ; Charbon U;
- forcé haute tension forcé baste tension i : • ! l moulé basse tension
- angle candies angle 1 candies angle candies
- 0° 221,7 238 O* 503,7 0" 475,4
- 10 10 712,1 10 593,7
- 20 35°,1 20 866, 5 1064 20 720,9
- 30 558,9 30 30 871,3
- 40 626,3 40 1183 40 866,6 528,4
- 5° 630,7 50 682,2 5°
- 60 265,5 ÔO 495,4 60 354,8
- tent la forme des pointes de ces charbons après les essais. Les trois premières figures, qui se rap-
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- portent aux charbons C indiquent poulie charbon, i faibles intensités (5 ampères, fig. 1), insensible à négatif inférieur une tendance à s’épointer avec I 15 ampères (fig. 3). Il en est de même pour reffi-fprmation d’un petit bouton très marqué pour les * lage des charbons positifs, mais, si le diamètre du
- Amp. 5 " 10 15 15 : 12 8 6 Amp.
- Fig. 26. — Pointes des charbons au potentiel constant de 50 volts.
- cratère y augmente avec l’intensité, sa profondeur diminue; au n°4(i5 ampères) elle est presque nulle.
- Les figures 27 représentent l’aspect des pointes
- TABLEAU 24. — Pouvoirs éclairants.
- Charbon Diamètre en pouces II S' ° 5 « « ° A. B a 0 pu-i Éclairement horizontal Eclairement maximum V *» s a & 1| «> 43 3 * 'H | *3 Watts par caudle sphérique Cundlee sphériques par cheval électr.
- A moulé haute tension... 0,508 0,203 9 45 221 1053 456 0,888 840
- D forcé haute tension... 457 187 9 45 2 10 I I40 486 »33 895
- B moulé n u hautetens. 4 53 224 9 45 382 1131 525 771 965
- E moulé haute tension... 533 202 9 45 227 1080 425 955 783
- E forcé haute tension... 522 251 9 45 222 626 288 1,407 53'
- A forcé basse tension... 500 072 21 30 594 1183 514 1,255 594
- B moulé basse j tension... ! ' 1 49» 071 21 30 475 871 400 1,612 502
- 1
- N . ;
- avec .un Courant constant de 10 ampères et des terrions variant de 40 à 60 volts. On y voit clairement l'épointage diminuer à mesure que la tension. augmente.
- Le petit bouton qui se forme toujours à la pointe
- du charbon négatif avec les courants de faible in-; tensité et de haute tension se détache parfois en provoquant l’extinction de l’arc ; il disparaît avec
- TABLEAU 25. — Longueur des arcs : potentiet constant.
- Charbons Courant en ampères P, volts Longueur des arcs eu mm.
- E, moulé haute tension. 6 5° 2,20
- — 7 » 2,80
- 8 3) 3,50
- 9 )) 3,8
- 10 ))
- 11 )) 3,9
- — - 12 » 4
- >3 )) 4,30
- TABLEAU 26. — Longueur des arcs à potentiel constant.
- Charbons Courant eu ampères P, volts Longueur des arcs en mm..,..
- E, moulé haute tension. 10 40 1,80
- it 4e: 2,40
- » 50 3,5°
- — » 55 4,60
- )) 60 5,3°
- ] les courants de basse tension et de grande intensité.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- A 60 volts, le cratère positif disparaît et les charbons commencent à flamber. Quand la tension est trop élevée, les bords du cratère se dé-
- sagrègent; c’est ce qui détermine le flambage. La tension qu’il ne faut pas dépasser varie avec la nature des charbons ; il est facile de la déterminer
- pour chaque cas par l’expérience. Ce sont, en réalité, les irrégularités de composition et les dé-
- TABLEAU 27. — Rendements observés et calculés.
- Charbons Rendement horizontal I Rendement maximum Rendement sphérique observé Rendement -Bphérlque calculé .
- 832 pouces 1,82 0/0 9,00 0/0 6,87 0/0 5,60 0/0
- 533 — 4,12 14,41 11,00 ",83
- ^OO 4,9' '7,33 12,66 14,22
- 450 — s,48 '5,52 '3,3° 13,01
- 570 — 5,55 '7,50 '5,54 '4,5'
- 250 — 8,44 19,80 16,60 16,96
- A moulehautetens. 5,53 16,21 ' ',7' '3,53
- D forcé — 4,42 '2,57 10,01 'o,53
- B nu — 8,89 '3,52 12,69 2,37
- B cuivré — 9,9' 13,69 12,72 '2,75
- E moulé -r- 2,33 11,05 8,96 8,87
- E forcé — 2,28 8,95 7,76 7,29
- A forcé basse tens. 5,42 '3,5' 11,05 12,68
- B moulé — 5,99 '2,73 9,32 10,96
- fauts de structure des charbons qui occasionnent, bien plus que les défauts du mécanisme des lampes, les irrégularités de L’arc. On atténuerait considérablement ces'défauts par une fabrication plus
- soignée des charbons, guidée par des examens microscopiques fréquents.
- (à suivre.) G. Richard.
- UNI: REGLE POUR DÉTERMINER LE SENS
- DE LA
- FORCE ÉLECTROMOTRICE INDUITE
- DANS UN CONDUCTEUR MOBILE DANS UN CHAMP MAGNÉTIQUE
- Emploi des lois ordinaires des courants induits (')
- On est souvent embarrassé pour fixer le sens des courants induits développés dans les circuits en mouvement dans les champs magnétiques, et en particulier dans les induits des machines magnéto et dynamo-électriques.
- L’énoncé de la règle de Faraday, dans le cas général, ne laisse pas, en effet, d’être assez compliqué, comme on va le voir.
- Soient (fig.i):
- (l) La Lumière Électrique, t. XV, p. 1577.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- AB le conducteur mobile entraînéj dans le sens AM ;
- AM' la projection de la translation sur un plan P perpendiculaire aux lignes de force NS;
- Fig. 1
- AE la perpendiculaire au plan M'AS déterminé par la composante de la translation et.la ligne de force passant par la trace A du conducteur AB sur le plan P ;
- AE' la projection de AE sur^AB.
- • La force électromotrice induite E est dirigée suivant AE dans un sens tel qu’un observateur couché le long de la composante AM' de la translation, de façon que le mouvement aille des pieds
- Fig. 2
- vers la tête, et regardantes lignes,de force, ait la direction positive de AE vers sa droite. Ce sens estjdonc’celui suivant lequel l’axe du plan M'AS traverse le plan P d’arrière en avant. Par suite le courant cheminera dans le conducteur de A vers B.
- Si la translation de AB avait lieu en sens in-
- verse (fig. 2), la force électromotrice induite dirigée suivant la normale au plan M'AS devrait encore être comptée vers la droite de l'observateur; mais la droite et la gauche de celui-ci étant interverties, le courant, dans le conducteur, passera d’avant en arrière du plan P.
- L’énoncé en question est d’une application plus aisée lorsque le mouvement de translation se fait dans le plan P, ou lorsque le conducteur est contenu dans ce plan, la direction de la translation étant quelconque ; ou enfin quand le conducteur et le mouvement d’entraînement sont tous deux dans le plan normal aux lignes de force.
- On remarquera qu’au fond, la règle de Faraday n’est qu’une nouvelle forme de la règle d’Ampère,
- En effet, dans le cas de la figure 3, un observà-
- Fig. 3
- teur étendu le long du conducteur AB et regardant le pôle nord laisserait ce pôle à la gauche du conducteur, s’il est entraîné en même temps que le fil dans la direction AM. Ceci suppose que le courant lui entre par les pieds et lui sort par la tête, et alors la réaction du pôle sur le circuit aide à la translation suivant AM, au lieu de la contrarier, comme l’exigent les lois de l’induction. Il faut donc que le courant suive le conducteur en allant de A vers B, et par sui(e on doit retourner le personnage d’Ampère de façon qu’en se déplaçant comme tout à l’heure il laisse le pôle nord à sa droite.
- Cette nécessité de changer le sens et l’orientation de la figurine suivant que la translation a un sens différent dans chaque cas cause une certaine lassitude de l’esprit quand elle est répétée plusieurs fois de suite. C’est surtout dans renseignement que se fait sentir le besoin d’une règle simple, d’une application facile, et évitant d’avoir à chaque instant à chercher sa droite ou sa gauche, difficulté plus réelle et plus commune qu’on ne le croit.
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- JOURNAL UNIVERSEL UÉLECTRICITÉ
- 21
- En comparant plus haut les règles de Faraday et d’Ampère, nous avons fait usage implicitement de la loi de Lenz. Nous voulons montrer une fois de plus combien son emploi sera commode et familier à tous ceux qui connaissent les lois les plus élémentaires de l’induction.
- Débarrassons-nous une fois pour toutes de la figurine d’Ampère, et remplaçons le champ magnétique par un courant équivalent S ou un solé-noïde équivalent de sens tel que le pôle nord soit à la gauche du courant.
- , Plaçons Ce courant dans le plan médian normal aux lignes de force (fig. 4). Le courant équivalent est dirigé suivant la flèche /. Le conducteur AB, dans son mouvement suivant AM, est voisin tantôt d’une des limites latérales du champ, tantôt le
- Fig\ 4
- l’autre limite. Supposons qu’à un moment donné le conducteur se trouve plus près de la portion C/D du courant équivalent située en avant du tableau que de l'autre portion. Alors, si la translation AM a pour effet de rapprocher les fils AB et C/D, il naît dans AB un courant induit en sens inverse du courant équivalent; ce courant inverse va donc dans le circuit mobile de A vers B, comme dans la figure 1. Au contraire, si la translation a lieu dans le sens opposé AM’, les conducteurs AB et C/D s’éloignent l’un de l’autre, et il se développe dans AB un courant induit direct, allant de B vers A (voir fig. 2).
- On peut toujours, d’ailleurs, faire passer une section de courant équivalent, de sens convenable, dans la région où se meut le circuit mobile, et on arrive ainsi à déterminer sans fatigue le sens de la force électromotrice induite.
- Appliquons ceci à deux cas très fréquents dans la construction des machines électriques industrielles.
- Soit (fig. 5) : i° un cadre conducteur ABCD tournant dans le sens de la flèche/ autour d’un axe BD dans le champ ns. Soit MNPQ le circuit où circule le courant, de sens f, équivalent à
- Fig. 5
- ce champ. Lorsque le{|circuit ABCD sort du plan MNPQ pour s'en éloigner dans le sens /, il naît dans ce dernier cadre un courant induit direct, tendant à rapprocher les deux circuits (flèche f). Quand le circuit mobile, arrivé en A'BC'D, tend à rentrer dans le plan MNPQ, il est le siège d’un
- Fig. 6
- courant induit inverse de f (flèche f"), qui s’oppose au rapprochement des circuits. On ferait une analyse semblable pour ce qui se passe en avant et à droite du plan du tableau. En somme, le sens du courant n’a pas changé, soit à gauche, soit adroite du courant équivalent; mais il change de sens lorsque le circuit mobile franchit le
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- 22
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- plan- du courant équivalent. C’est le plan neutre.i
- Notre cadre conducteur est un élément de la> bobine de Siemens.
- 2° Soit (fig. 6) un anneau abcd tournant autour d’un axe xx’. L’élément a, parallèle à l'élément M du courant équivalent, est parcouru par un courant direct (flèche am), quand l’anneau tourne dans le sens /’ ; de même pour les éléments b et N, d et Q, qui sont tous parcourus par des courants de même sens. Seul, l’élément c, parallèle à l’élément P, est le siège d’un courant induit inverse ou de rapprochement. Il ne faudrait donc rien conclure, dans ce cas, du résultat du mouvement relatif de deux seuls éléments pris l’un sur l’anneau et l’autre dans le courant équivalent. Quoi qu’il en soit, le courant induit circule dans l’anneau dans le sens abcd, car il y a trois actions concordantes sur quatre. Les circuits fermés dont le développement ne s’étend pas de part et d’autre de l’axe de révolution du système ne sauraient être examinés avec trop de circonspection.
- On reconnaîtrait, comme tout à l’heure, que le courant est de sens invariable dans l'anneau tant qu’il reste à gauche du plan du courant équivalent, et qu’il change de sens lorsqu’il franchit ce plan neutre.
- L’anneau conducteur considéré est un élément d'armature de machine Gramme.
- Nous laisserons au lecteur le soin de faire l’application de la nouvelle règle à tous les autres cas spéciaux de circuits mobiles. Nous aimons à croire qu’il n’y rencontrera aucune difficulté ni aucune tension d’esprit.
- Ad. Perrin.
- NOUVEAU MATÉRIEL TELEPHONIQUE
- Un nouvel engin vient de s’ajoutera la nomenclature du matériel employé par les divers États pour la pose des conducteurs électriques de toute nature. On sait qu’en France, aux termes de la loi de 1883 qui règle les conditions d'établissement des lignes téléphoniques sur les immeubles appartenant à des particuliers, le service de l’Etat peut, en cas de résistance des propriétaires, poser des herses ou des potelets à plusieurs branches soit sur les toitures soit sur les façades, mais à la condition d’y accéder par l’extérieur.
- En quelques occasions, on s’est heurté aux refus injustifiés de personnes opposées à toute innovation; mais, l’intérêt général devant passer avant celui de quelques opposants, le service téléphonique de l’Etat a dû recourir à des moyens énergiques.
- Un premier essai vient d’être fait à Marseille. M. Legros, ingénieur des télégraphes, a fait construire par des spécialistes, MM. Cuggia, de Nice, une échelle de dimensions peu communes, qui permet d’accéder aux toitures les plus élevées pour assurer la pose ou le remaniement des innombrables fils d’un réseau téléphonique urbain.
- L’appareil (fig. 1 et 2), dont le poids est de 1500 kilogs., comprend :
- i° Un châssis formant chariot et monté sur quatre roues ;
- 2' Une échelle à trois sections ayant le chariot pour embase.
- Le chariot, sorte de plate-forme, est percé en son milieu d’une large ouverture quadràngulaire. 11 supporte à l’avant, c’est-à-dire près du timon, deux montants verticaux hauts d’un mètre, reliés par une traverse horizontale munie de supports-coussinets.
- L’échelle repliée s’appuie au repos sur ceux-ci et les dépasse à la façon d’une pièce d’arjtillerie en barbette, dépassant son parapet. A l’arrière de la plate-forme et saillant de 2 mètres environ, se dressent deux autres supports MM'. A leur sommet se trouvent deux cabestans verticaux CC’ commandant l’enroulement de deux câbles dits gainderesses sur l’emploi desquels nous reviendrons.
- Au pied de ces supports M M' sont rattachés et pivotent deux bras B B', mobiles en bc et reliés aux montants inférieurs de l’échelle. Admettons pour un instant cette échelle formée d’une seule, volée, comme la figure 1 semble l’indiquer et suivons le détail de la manœuvre qui sert à la dresser et à régler son inclinaison.
- On cale tout d’abord le chariot en mettant des coins sous les roues et en dressant verticalement contre celle-ci des supports-sabots. Ces supports ont pour double but d’immobiliser les roues et de soutenir la plate-forme en s’opposant par leur rigidité au fléchissement plus ou moins grand des ressorts de suspension sous la plus ou moins forte poussée opérée par le poids de l'échelle dans ses diverses positions. Ensuite un homme saisit à
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- pleines 'mains la tringle E qui relie le bas de l'échelle, aux bras B B' et soulève ainsi cette dernière. '
- ! Lés'bras mobiles décrivent un arc de cercle de l’arrière vers l’avant. A ce moment on agit sur un treuil T placé sur le flanc du châssis. L’échelle est tirée vers l’avant, glisse sur les supports-coussi-nels, tandis que son pied s’élève, décrit une demi-circonférence et se porte au-dessus de l’ouverture iquadfangulaire du châssis. Dans ce mouvement, les bras B B' viennent se placer en sens contraire de la position de repos, c’est-à-dire sont tournés ' vers l’écoutille. On mollit alors les câbles du treuil.
- Les bras s’abaissent au dessous du châssis en ; passant par deux rainures RR' pratiquées dans ‘ l’épaisseur de celui-ci, et le pied de l’échelle, qui
- en est solidaire, descend également dans l’ouvér-turéj de façon à se placer entre deux arcs: métalliques S S' appelés compas, fixés sur les côtés du chariot. On fait tourner les cabestans CC' qui raidissent les guinderesses G G'. L’échelle se redresse peu à peu de l’avant à l’arrière, prenant telle inclinaison que l’on veut. L'angle nécessaire une fois obtenu, on arrête le jeu des cabestans et au moyen de boulons traversant les montants et les compas S S' on fixe l’échelle dans une position invariable.
- Revenons à la composition de cette dernière. Elle est formée de trois sections. La première, qui a 8 mètres de haut, est à doubles montants (voir la figure 2 de l’àppareil développé). Les montants extérieurs servent au dressage de l’ensemble du système et à son immobilisation sous une incli-
- Fig. 1. — Echelle pour la pose des fils téléphoniques.
- naison donnée. Les deux autres, intérieurs, servent de guides et de glissières aux sections supérieures de l’échelle et à l’ascenseur qui monte ou descend depuis la base jusqu’au sommet de l’appareil. Chaque volée est soutenue par des haubans F, H, K qui se déroulent au fur et à mesure du dressage, mais elle se trouve en outre (et c’est un point des plus importants) rattachée à la précédente par des supports à ressorts O servant de garantie en cas de rupture d’un câble. La troisième et dernière section, qui atteint une hauteur de 26 mètres, porte des galets à gorge caoutchoutée, destinés à faciliter le roulement contre les murailles en cas de déplacement de l’échelle.
- L’appareil une fois dressé, fixé et appuyé contre un bâtiment ou même s’élançant franchement dans l’espace, n’est plus manœuvré qu’à bras. On comprend en effet que la vie des ouvriers placés au sommet de ce fragile édifice serait en jeu si, le chariot restant attelé, une circonstance fortuite
- venait à provoquer un brusque mouvement de l’attelage.
- L’ascension des volées constituerait, même pour des hommes hàbiles, un exercice assez pénible, car les barreaux sont espacés de 37 centimètres; mais cet obstacle n’existe pas en réalité, grâce à la cage mobile qui glisse le long de la triple échelle, sans secousses comme sans efforts.
- Cette cage A, sorte de benne à claire-voie, a dans son ensemble la forme d’une hotte. La partie plane de celle-ci porte contrôles montants qu’elle embrasse, grâce à une double mâchoire glissière la partie externe s’ouvre comme une: porte ; le fond se soulève de bas en haut à la manière d’une trappe. ‘ - '
- T rois cas se présentent : 1 ;
- i° LJn homme est au bas de l’échelle et veut s’élever avec, ses outils, moitier, etc. ; il ouvre la porte de la cage et commande la manoeuvre du treuil de montée;
- 20 Un ouvrier placé sur un des montants à la
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- hauteur de la 2e section, par exemble, veut monter plus haut sans escalader les échelons; il
- Fig. 2. — Echelle développée.
- demande l’ascenseur, saute dedans et se laisse emporter par lui.
- 3° Dans le troisième cas enfin, la cage étant hissée tout au bout de l’échelle, un ou deux ouvriers veulent emprunter le secours de l’ascenseur; celui-ci descend lentement sur leur tête, le
- fond mobile se soulève comme une trappe, un homme, puis deux, passent dans l'ouverture, se laissent retomber sur le fond mobile et n'ont plus qu’à ordonner la montée ou la descente. Un frein à ruban règle la vitesse du mouvement descen-sionnel.
- Dans les essais officiels faits devant les autorités, le haut personnel des postes et télégraphes, l'état-major des pompiers, etc., l’ascenseur dans lequel se sont placés divers personnages a été lancé à demi-vitesse, puis abandonné presque en chuté libre, puis encore freiné énergiquement et arrêté court, et enfin ramené doucement jusqu’à la plateforme.
- Les câbles de la cage sont éprouvés pour l ooo kilogrammes, bien que portant à peine, en général, le ioe de ce poids. Les montants de l’échelle, en bois, sont renforcés de fortes lames d’acier sur toute leur longueur. Quant aux guinderesses, elles sont constituées par des câbles en fil de fer galvanisé supportant 2500 à 3000 kilogrammes.
- 11 y aurait à signaler maintes dispositions de détail fort ingénieuses, mais l’application téléphonique du système est seule visée ici. 11 en est une cependant que l’on ne peut omettre. Supposons (ce qui se produira constamment) le chariot arrêté dans une rue de moyenne largeur. On fera porter sur le trottoir l’avant du châssis et l’arrière sur la chaussée. Si le trottoir n’est pas d’une horizontalité parfaite, l’échelle une fois dressée agira comme un immense levier penchant à droite ou à gauche, tendant à amener un renversement latéral du système.
- Pour obvier à ce danger très réel et très grave, Iss constructeurs, MM. Cuggia, ont muni la plateforme portant l’échelle de deux vis à volant verticales, qui, après avoir traversé le châssis, s’appuient par leurs pointes sur le grand essieu. Si par suite d’un nivellement défectueux, le terrain n'est pas parfaitement horizontal, on agit sur les vis calantes de façon à racheter le défaut et à corriger l’inclinaison. Cela fait on peut sans crainte opéré le dressage et le développement de l’appareil.
- Nous avons insisté longuement sur les détails de ce nouvel engin parce qu’il semble offrir toutes garanties pour la vie des ouvriers appelés à s’en servir. Nous avons pu voir 6 à 8 hommes monter,
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- descendre, travailler simultanément, les uns s’aidant des échelons, les autres de la cage mobile, en haut, en bas et au milieu de l’appareil, alors que celui-ci ne s’appuyant à aucune muraille s’élevait dans le vide à 26 mètres.
- 11 paraît y avoir là pour la télégraphie et la téléphonie une grande ressource pour l’élagage des arbres qui produisent des dérivations, pour le réglage, la pose, le remplacement des fils dans les artères des grandes villes munies d’un réseau aérien et, dans des cas exceptionnels pour la suspension des foyers électriques destinés à éclairer de nuit des constructions urgentes que des besoins militaires ou politiques peuvent rendre nécessaires.
- Quelques mots pour finir. Si nos renseignements sont exacts, chaque régiment de l’armée allemands possède une échelle d’un modèle analogue, servant d'observatoire mobile en temps de guerre. D’autre part, on a proposé d’en munir les ambulances volantes pour assurer la recherche des blessés pendant les heures noires où ils agonisent sans soins et sans secours, en suspendant des projecteurs puissants au sommet des échelles. 11 esta souhaiter que cette machine soit adoptée avec le même empressement et la même insouciance des frais qu’on le fait aujourd’hui pour tout engin de guerre, si après après avoir été un agent de destruction elle peut par un juste retour, servir au sauvetage, au prompt soulagement des victimes, guérissant ainsi, comme la lance d’Achille les blessures qu'elle a faites.
- P. Marcillac.
- LOCALISATION RAPIDE d’un
- DÉFAUT SUR UN CIRCUIT D’ÉCLAIRAGE
- J’ai eu l’occasion de faire récemment usage d’un procédé facile de localisation d’un défaut dans une ligne souterraine d’éclairage, qui se recommande par sa simplicité. Une terre s’était déclarée dans le conducteur négatif d’une ligne double formée de deux câbles armés parallèles et identiques placés dans l’argile.
- Le diagramme ci-contre indique le moyen qui a servi à localiser le défaut :
- Un ampèremètre, au départ de la ligne, était in-
- tercalé sur chaque conducteur et les deux conducteurs réunis ensemble à une forte batterie d’accumulateurs. Au bout de la ligne les conducteurs étaient bouclés en court circuit.
- La batterie étant à la terre par son extrémité opposée le courant se fermait par le défaut et par les conducteurs formant les dérivations M£N et M a N. On s’était arrangé de manière à avoir une intensité de courant suffisante pour que les lectures aux ampèremètres se fissent aisément; ces lectures a et b sont inversement proportionnelles aux résistances des circuits dans lesquelles les instruments sont intercalés, et comme les câbles conducteurs sont identiques, les résistances sont directement proportionnelles aux longueurs en mètres. II convient au surplus de tenir compte s'il y a lieu des résistances des câbles volants ac-
- ... !> . -
- . IM 1
- U
- v /nu' L
- Fig. 1
- cessoires adaptés pour faire les jonctions avec les ampèremètres et la batterie.
- En désignant par :
- x la longueur en mètres depuis le câble jusqu’au défaut sur le câble avarié (dérivation M a N),
- L la longueur en mètres des deux câbles (longueur qui peut être connue d’avance ou mesurée sur le terrain),
- a et b les nombres d’ampères lus aux instruments, le calcul ordinaire des circuits ramifiés donne
- b L
- x = —7—7.
- a +-b
- Dans l’application qui a été faite de ce procédé sur une longueur totale de 900 mètres de ligne, l’approximation a été obtenue à 5 mètres près en-
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- .viron; encore cette, différence doit-elle être attribuée aux difficultés de lecture des instruments employés, qui étaient les ampèremètres ordinaires de service.
- Henri Wilbrant.
- CHRONIQUE ET REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE
- Sür l’influence du courant électrique sur le frottement des surfaces glissantes par M. Louis Smidt (')
- L’influence du passage d’un courant électrique sur le frottement a été expérimentée dernièrement dans le laboratoire de la compagnie de soudure électrique Thomson, et nous avons pu employer des courants plus intenses que ceux dont on se sert ordinairement, sauf pour la soudure. Le circuit secondaire de l’appareil à souder consistait en un circuit presque continu en cuivre massif. La pièce frottante était placée dans une glissière horizontale dont la section avait la forme d’un V, les côtés étant inclinés de 430 sur la verticale. Il y avait plusieurs paires de glissières en prolongement l’une de l’autre.
- A chaque côté et supporté par des guides se trouvait un bloc dont la base avait également la forme d’un V, de manière à venir s’adapter exactement à la glissière. Ces blocs servent ordinairement à supporter les pinces dans lesquelles on serre les pièces à souder. Les deux blocs étaient réunis mécaniquement par des cordes et électriquement par des conducteurs en cuivre tressé. A l’un des blocs on avait attaché un levier à l’aide d’une corde permettant de tirer les blocs vers l’extrémité correspondante des guides. A l’autre bloc on avait attaché une corde passant sur une poulie: un poids convenable attaché à la corde était destiné à surmonter le frottement et à mettre les blocs
- en mouvement.
- \
- On observait dans chaque expérience l’intensité du courant primaire. Comme le rapport des tours
- 'EUotïical Engineer de New-York, 16 juill-t 1890..
- de fil des deux circuits était de 180, on obtenait l’intensité du courant secondaire en multipliant par 180 celle du courant primaire. Ceci suppose que le rapport des courants est égal à celui des tours de fil ; aussi le nombre obtenu ainsi n’est-il qu’approximatif.
- La surface de chaque contact était de 97 centimètres carrés, ce qui fait 194 centimètres carrés pour chaque bloc, surface à travers laquelle passait le courant total du circuit secondaire. Ainsi avec un courant de 4500 ampères on a une deri-
- 3600 4300
- 20 25
- sité de courant de 23 ampères par centimètre carré. Le courant employé avait 100 alternances ou 50 périodes par seconde.
- Dans les figures ci-contre les abscisses représentent les intensités de courant dans le circuit primaire (chiffres inférieurs) et dans le circuit secondaire (chiffres supérieurs). Les ordonnées inscrites à gauche correspondent aux courbes en traits pleins (A, C, H, fig. 1, 2 et 3) ; elles représentent en livres anglaises (1 livre = 453 grammes) lès poids nécessaires pour déplacer les blocs.
- Les ordonnées inscrites à droite, correspondent aux courbes en pointillé B, D et F; ces ordonnées représentent les coefficients de frottement relatifs au courant représenté par l’abscisse corrëspôlY-dante. On a obtenu ces valeursen divisant le
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- poids nécessaire à faire mouvoir les blocs par le poids total évalué à 80 livres ou 36 kilogrammes.
- On a fait des essais avec et sans des intervalles de repos; les résultats ont été très différents dans ces conditions. Avec des repos de quelques secondes lorsque le courant passe, et en commençant par de faibles intensités qu’on augmente graduellement, l’influence est faible au commencement, mais lorsqu’on augmente le courant l’influence augmente rapidement. La courbe A(fig. 1) a été ainsi obtenue en n’appliquant le poids que 20 secondes après l’application du courant. La courbe correspondante du frottement est montrée en B.
- Pour chercher si l’influence était due uniquement à réchauffement, ou bien si elle était augmentée par des effets magnétiques pendant le pas-
- 1,00 0,75
- 0,50 0,25 0
- g 10 15 20 25 30
- Fig. 2
- sage du courant, on a fait quelques essais dans lesquels on maintenait le courant pendant 20 secondes, mais où on le coupait immédiatement avant d’appliquer le poids.
- On a trouvé ainsique le poids nécessaire était plus fëible que lorsque le courant était maintenu fermé, mais la différence était minime et pouvait être attribuée à la perte de chaleur par suite de l’interruption du courant.
- La courbe C (fig 2) représente le résultat obtenu lorsqu’il n’y a pas d’intervalle de repos. L’influence du courant était faible, et contrairement au caspré-cédent le frottement était'diminué.
- Des essais ont été faits également avec des surfaces de contact graissées avec de l’huile minérale comme les coussinets. Avec des courants relativement faibles l’influence n’est pas appréciable; pour des courants plus forts, l’augmentation était toutefois rapide, comme le montre la courbe (fig. 3), et pour de faibles augmentations dans l’intensité du courant l’influence était très sensible. Comme les effets étaient fort variables, il était dif-
- 0
- D
- 1800 3600 4300
- ficile d’obtenir des résultats tout à fait exacts. La courbe E (fig. 3) montre cependant bien l’aîiure générale du phénomène.
- Des résultats analogues aux précédents étaient obtenus lorsque les deux blocs étaient unis par une pièce de fer forgé maintenue par les extrémités des pinces. Ainsi le fer formait la communication à la fois électrique et mécanique des deux blocs.
- Par rapport à la rigidité de cette connexion il est possible que les surfaces glissantes ne se soient
- Fig. 3
- pas toujours correctement appliquées aux guides, car, la chaleur ou bien des efforts mécaniques appliqués à la tige intermédiaire imprimaient aux blocs une tendance à quitter les guides même lorsque les surfaces étaient bien appliquées au début. En employant des liaisons flexibles cet inconvénient ne se présente pas.
- Les déductions qu’on peut tirer de ces résultats sont que l’influence du passage d’un courant électrique sur le coefficient de frottement de surfaces en cuivre consiste :
- i° A augmenter le coefficient de frottement au repos.
- 20 A diminuer légèrement le coefficient de frottement en mouvement dans certaines limites, à peu près jusqu’à 100 ampères par pouce carré.
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- 3° L’effet de l’huile, excepté pour de faibles courants, augmente dans de fortes proportions le coefficient de frottement.
- Soudure électrique Coffin.
- .. M. Coffin, de Détroit, est l’un des inventeurs qui ont à la suite de M. Elihu Thomson le plus étudié la soudure électrique : ses études l’on con-
- duit à quelques modifications du procédé Thomson et à préférer pour certaines applications, principalement pour les soudures de petite et de moyenne importance, l’emploi de l’arc électrique, comme l’avaient déjà proposé plusieurs inventeurs, notamment Werderman et de Bénardos (*).
- La figure i représente l’une des forges à souder proposées par M. Coffin pour le procédé direct. Les barres à souder HH, saisies par des mâchoires isolées C, appuient par leurs exlrémités sur les
- Fig. i. — Coffin (1890). Forge à souder à rapprochement avec mâchoires horizontales.
- côtés d’un bloc de carbone F. Le passage du courant de N en M par C F porte au rouge les extrémités des barres H. On soulève ensuite F par
- • Fig. 2. — Forge à rapprochement vertical.
- son châs'sis mobile autour de R, puis on amène, comme sur la figure, l’enclume G, sous les barres au rouge, que l’on soude par le martelage.
- Dans le dispositif représenté par la figure 2, les mâchoires cc, c' c', isolées les unes des autres, ont
- chacune une tige à souder H et un charbon F. Dans la position indiquée, le passage du courant des charbons aux tiges les porte au rouge. On n’a plus alors qu’à séparer les tiges des charbons par les vis K, et.à les amener l’une au-dessus de l’autre en glissant C sur B, puis à les presser l’une sur l’autre par les vis K pour opérer la soudure par rapprochement.
- Avec la disposition représentée par les figures 3 et 4, on commence par porter au rouge les tiges HH par le passage du courant de M en N au travers du charbon P et de ces tiges, inclinées comme en figure 4, puis on les soude par rapprochement et martelage sur G, après les avoir rabattues horizontalement comme en figure 3. Cette opération leur coupe en même temps le courant par les isolants ii de l’arc B.
- L’appareil représenté par la figure 5 a pour objet la soudure de deux tôles H H, rapprochées bout à bout sur une table en bois. Le courant passe de S à Q au travers des tôles et du rouleau soudeur J, porté par deux galets isolés, et qui opère la soudure à mesure qu’on le promène sur leurs bords. 11 n’est pas nécessaire que le rouleau touche les tôles : la soudure s’opère alors par la chaleur
- (*) La Lumière Electrique, 21 décembre 1889.
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- d’une sérié d’étincelles jaillissant sous le rouleau. Lorsque les bords des tôles présentent une irrégularité, comme en L, on remplace le rouleau par le
- charbon creux D, (fig. 6) renfermant une tige de métal C, que le courant fait fondre en L. Des résistances variabies permettent de faire varier à vo-
- Fig- 3 et 4. — Forge à quadrant.
- lonté la distribution du courant aux tôles et, en B, au rouleau.
- On peut aussi, comme l’indique la figure 7, opé-
- Fig. 5. — -, :udure des tôles, appareil à galet.
- rer la soudure des tôles A et B en reliant au pôle positif du circuit les fils A' B' et au négatif les fils
- Fig. 6. — Soudure des tôles, détail du charbon à remplir.
- h et /, qui aboutissent à des charbons promenés sur les tôles par un chariot isolé.
- Le procédé indiqué par la figure 8 consiste à faciliter réchauffement des extrémités à souder G et M par l’interposition d’une lame L, moins
- conductrice que G et M, et que l’on retire en écartant ces tiges une fois portées au rouge. On les soude ensuite par rapprochement au moyen de la
- Fig. 7. — Soudure des tôles, appareil à charbons.
- vis I. Dans le dispositif représenté par la figure 9, étudié spécialement pour la soudure d’un bandage,
- Fig. 9. — Soudure d’un bandage.
- la partie opposée à la soudure est chauffée par une rampe de gaz B, de manière à ert augmenter la ré-
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- sistance jusqu’à dépasser celle du joint, qui est
- Fig. 8. — Soudure par interposition.
- ainsi traversé de G en H par la majorité du courant et porté au rouge.
- Fig. io. — Forge à rapprochement par électro-aimants.
- Dans le dispositif représenté parla figure 10 les pièces à souder DD' sont montées sur desélectro
- Fig. h. — Forge à clectro-aimant soudeur.
- aimants B B', mobiles et qui se rapprochent ou s’écartent suivant que le commutateur X les fait
- traverser par le courant dans le sens des flèches pleines où dans celui des flèches pointillées. M. Coffin pense que l’on améliore la soudure en exerçant ainsi une légère traction sur le joint vers la fin du passage du courant. Il en serait de même de l’action d’un électro-aimant E (fig. 11) placé au droit de la soudure 1J (x).
- Les principaux dispositifs employés par M. Coffin pour exécuter la soudure par l’arc électrique sont représentés par les figures 12 à 17.
- La figure 12 représente une forge à arc spécialement disposée pour la soudure de pièces circu-
- laires : frettes, anneaux, bandages, etc. L’organe principal en est, comme on le voit, un chalumeau électrique mobile au moyen d’un levier, et dont on peut régler la flamme par un rhéostat et par la position variable de ses pôles. Le détail de ce chalumeau se voit mieux sur la figure 13, qui représente une petite forge portative à l’usage des ferblantiers, etc. (2)
- On peut dans certains cas protéger la soudure et l’arc par une enveloppe réfractaire GA (fig. 14, 15 et 16). L’arc jaillit au joint des pièces à souder entre deux charbons A et B, ou entre le charbon B et les deux plaques de charbon cc.
- L’amorçage et le rétablissement automatique de l’arc sont assurés par la disposition représentée
- (i) Elecirical IVorld, i" tev. 1890. (.*) Elecirical IVorld, 23 août 1890.
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- schématiquement par la figure 17 où le courant passe de A en T au travers de l’interv ille des pièces
- à souder D E ou de la bobine de Ruhmkorff H. A l’origine, le courant ne passe pas de D en E, et la
- Fig. 14, 15 et 16. — Soudures par arc protégé.
- bobine H alimentée par une pile 1, fait jaillir entre D et E une étincelle d’induction qui amorce l’arc.
- Aussitôt l’arc établi, le courant passe en A D ET avec une intensité telle que B attire son armature P, et coupe du circuit la bobine H par l’ouverture du contact a, qui se referme de lui-même dès que l’arc s’interrompt accidentellement.
- Avec la disposition représentée par la figure 18
- Fig. r;. — Amorçage de l’arc.
- la soudure peut s’opérer à volonté par incandescence ou par l’arc de deux paires de charbons situés de chaque côté au-dessus et au-dessous du joint. Cette forge est pourvue d’électro-aimants disposés comme l’indique la figure 17 et d’un petit marteau électrique qui achève la soudure en la battant sur une enclume mobile comme G(fig. 1). Les bobines des électros et du solénoïde du marteau sont sectionnées, de manière à pouvoir en régler la puissance à volonté.
- Fig. 18. — Forge électrique.
- La figure 19 représente une variante du dispositif (fig. 7) dans laquelle on retrouve la lame de
- mica L et l’électro-aimant E de la figure 17.....
- j Pour souder des articles susceptibles d’être déié-
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- isw ; 1
- 3s" LA LUMIÈRE
- JL .&
- riorés ou volatilisés par la chaleur directe de l’arc M. Coffin les enveloppe comme K et L (fig. 20)
- Fig. 19.— Forge électiique.
- de quatre plaques de carbone P, et ne les amène au contact par F F qu’après avoir porté au rouge
- Fig. 20. — Forge à chauffage indirect.
- les extrémités de ces plaques entre lesquelles jaillit l’arc.
- G. R.
- Fer à souder électrique de Miner.
- Dans cet appareil, la masse de cuivre b est chauffée par le passage d’un courant très intense dans
- Fer à souder Miner.
- un fil résistante, enroulé autour de sa tige, enveloppée d’une gaîne métallique isolée. L’enroule-
- ÊLECTRIQUE
- ment c peut être remplacé (fig. 2) par un cylindre de charbon 1, et la gaine métallique a remplacée
- Fig. 2. — Fer à souder Miner.
- par un cylindre de porcelaine qui retient mieux la chaleur. _________ G. R.
- Le transformateur dit « Hérisson ».
- L’année dernière (* *)M. James Swinburne a émis cette théorie qu’un transformateur à circuit magnétique ouvert peut avoirun rendement supérieur a celui d’une forme quelconque de transformà-teur à circuit fermé. Voici les considérations dont YElectrical Review, de Londres accompagne la description du transformateur Hérisson (*).
- La perte dans un transformateur se compose de celle due à la résistance du cuivre, et de celle due à l’hystérésisdans le fer. Dans le calcul des rendè-ments des transformateurs, la perte dans le fer a généralement été négligée, et l’on n’a considéré que la perte dans le cuivre. D’où les rendements de
- Fig. 1
- 97 et 98 0/0 que l’on attribue aux diverses formes de circuit magnétique fermé.
- Si l’on tient compte de la perte par hystérésis on obtient pour les formes usuelles de transformateurs à circuit de fer fermé une perte d’environ 10 0/0 de la charge totale. Comme cette perte se
- C) La Lumière Electrique, t. XXXV, n” 6, p. 284 et n‘ 7, p. 338.
- (*) Rappelons à l’ocçasion qu’un transformateur dont le circuit magnétique extérieur n’était fermé que par de la limaille de fer paraît avoir été inventé par M. Gravier et essayé par lui avec un succès des plus relatifs. - r m
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- produit d’une façon continue, lorsque le transformateur est constamment en circuit, elle est sérieusement à considérer.
- L’énergie totale à transformer par jour est variable selon les conditions d’exploitation, mais dans la plupart des stations on se tient au-dessous d’une moyenne de deux heures de travail par jour en considérant toutes les lampes installées. Le transformateur doit être de dimensions suffisantes pour alimenter la totalité des lampes installées; il travaille donc en moyenne pendant deux heures par jour à pleine charge. Si le fer est le siège d'une perte de 100/0 de la charge maxima, cela donne un rendement final de 45,5 0/0, même en négligeant la perte dans le cuivre.
- Dans la forme en « hérisson » (fig. 1 et 2), la
- Fig, a
- proportion de fer : est très réduite. Sa section est beaucoup plus petite, et sa longueur est d’environ un tiers de celle de la forme à circuit fermé. Il en résulte que même dans les petits transformateurs, la perte dans le fer est inférieure à 1 0/0 de la charge maxima. 1 0/0 de la charge donne 890/0 pour une journée, en négligeant la perte dans le cuivre. Mais dans cette forme de circuit cette dernière perte est plus grande, de sorte que le transformateur n’a en réalité qu’un rendement de 87 0/0.
- La théorie de cette forme de transformateur est la suivante: Dans un transformateur à circuit lermé, le fer a une grande longueur, parce qu’il entoure les bobines. Le seul moyen de le raccourcir est de diminuer ces bobines. Cela entraîne une plus grande densité de courant qui est désavantageuse, ou un plus petit nombre de tours de fil, qui exige ou une induction plus grande dans le fer ou une plus grande section, ce qui augmente dans les deux cas la perte par hystérésis.
- Si le circuit de fer est ouvert, on peut accroître les dimensions des bobines dans trois directions, la perte par hystérésis peut donc être divisée par trois. Comme il y a suffisamment de place pour le cuivre, le nombre de tours et la section peuvent être augmentés, et le fer encore diminué.
- Le but poursuivi par la disposition en circuit fermé était la diminution de la résistance magnétique. Un transformateur à circuit ouvert a une résistance magnétique beaucoup plus grande. Mais cette question n’est pas aussi importante qu’elle le paraît au premier, abord. L’augmentation de la résistance magnétique exige plus d’excitation ou plus de force magnétomotrice, et ceci augmente la perte dans le cuivre. Le meilleur système est donc une forme intermédiaire, un compromis. '
- Les extrémités en forme de brosse doivent diminuer la résistance magnétique. Dans un circuit conducteur, la résistance est faible si la densité de courant est faible dans toutes les parties présentant une grande résistance spécifique. Ainsi, dans un circuit magnétique composé d’air et de fer, la résistance magnétique est faible s’il n’y a jamais une grande densité de courant magnétique ou une grande induction dans l’air, dont la résistance spécifique est grande. Le courant magnétisant est considérable dans un « hérisson » mais comme sa phase est en retard d’un quart de période par rapport au courant primaire, et comme le circuit primaire doit être peu résistant, la perte en watts est faible. Mais comme cette perte a lieu pendant toute la journée, elle est loin d’être négligeable, et l’on doit en tenir grandement compte dans le calcul du rendement.
- A. H.
- REVUE DES TRAVAUX
- Sur la mesure de l'énergie chimique à l’aide de la force électromotrice, par G. Gore (')<
- Recherches expérimentales.
- Dans un mémoire intitulé : « Sur le changement de potentiel d’un couple voltaïque par la variation de concentration du liquide employé », j’ai mon •
- (') G. Gor£, Pbil. Ma g., t, 20, p. 401,
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- tré qu’en immergeant deux lames, l’une de platine et l’autre de zinc amalgamé, dans de l’eau distillée, puisqu’en ajoutant successivement à l’eau par petites et égales portions un halogène, un acide ou un sel jusqu’à formation d’une solution plus ou moins saturée et qu’en mesurant la force électromotrice produite on reconnaissait que les variations de cette force ne se faisaient pas d’une façon régulière.
- Cette mesure de force électromotrice se faisait par la méthode de la balance avec un galvanomètre dans le circuit et une pile thermo-électrique convenable augmentée au besoin d’un couple zinc-platine eau distillée ou d’un élément Clark. Je faisais remarquer en outre qu'en portant les quantités de substance dissoutes comme abscisses et les forces électromotrices tomme ordonnées, on obtenait pour chaque substance ou mélange de plusieurs substances une courbe de force électromotrice particulière et différente. Pour tout couple voltaïque donné, à une température déterminée, la courbe était constante et caractéristique de la substance.
- Au lieu d’employer une pile thermo-électrique, je me sers dans ce travail de la balance voltaïque. Deux petits couples voltaïques : zinc-eau-distillée platine sont mis en opposition avec un galvanomètre de ioo ohms de résistance intercalé dans le circuit. L’aiguille du galvanomètre n’est pas déviée, elle est dans le même cas que l’aiguille d’une balance dont les plateaux sont chargés de poids égaux. On ajoute alors suffisamment d’une substance quelconque à l’un des couples en opposition jusqu’à la formation d’une déviation très nette de l’aiguille (destruction d’équilibre), puis on verse dans chaque couple une quantité suffisante de solution titrée de la substance pour rétablir l’équilibre ; cette solution doit être de faible concentration.
- On. recommence alors les mêmes opérations, on verse une quantité connue de la substance dans l’un des couples pour détruire l’équilibre, puis on le rétablit à l’aide de la solution étendue et ainsi de suite. On peut donc, de cette manière, obtenir avec facilité les forces électromotrices correspondant à une série de concentrations et construire ensuite une courbe représentant la marche du l phénomène. Les rapports des quantités de subs- j
- tance ajoutées aux quantités d’eau contenues dans la pile représentent l’énergie voltaïque des liquides de différentes concentrations.
- Cette méthode est beaucoup plus sensible que la première où l’on se sert d’une pile thermoélectrique car celle-ci ne permet de mesurer que 1/15000 de la différence des potentiels produits par l’eau et le chlore tandis que celle-là permet d'en mesurer une fraction égale à t/i 200000000. Un autre avantage qüe n’offre pas la méthode de la pile thermo-électrique et que présente celle de la balance voltaïque, c’est d’augmenter de sensibilité à mesure que croît la dilution du liquide employé.
- Presque toutes les mesures effectuées dans ce travail sur les forces électromotrices ont été faites avec des substances aussi pures que possible. Chaque courbe construite part de la force électromotrice de l’élément zinc-eau distillée-platine qui est égale à [,127 volt à 160. La quantité d’eau employée est presque chaque fois de 155 grains; la concentration des solutions de chaque substance est telle qu’elle convienne le plus possible à la méthode employée, c’est-à-dire ni trop forte ni trop faible et permettent d’effectuer des comparaisons avec facilite enfre les résultats des différentes séries de mesures.
- Pour chaque mesure séparée avec les solutions des halogènes ou des acides forts, oh prend une nouvelle portion du liquide primitif. Avec les solutions des autres composés le zinc est si facilement attaqué qu’il n’est pas nécessaire de prendre cette précaution.
- Avec les solutions du sel, la présence d’une couche d’oxyde sur la lame de zinc fut recherchée, en mettant de l’eau distillée à la place delà dissolution saline, puis observant si cette pile est exactement compensée par un couple à l’eau distillée. On n’observa jamais de perturbation causée soit par la polarisation de l’hydrogène dans les lames de platine, soit par l’air atmosphérique dissous dans l’eau.
- La concentration des solutions des substances que nous allons considérer varie de 0,001 à 0,01 parties dans 157 parties d’eau. Pour le chlore, le brome et 1 iode, la force électromotrice augmente un peu avec la durée d’immersion des lames; cette difficulté, produite par la grande énergie chi-
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- mique des substances, est surmontée en faisant successivement dévier également l’aiguille du galvanomètre de chaque côté de sa position d'équilibre.
- Les trois courbes du chlore, du b renie et de l'iode montrent :
- in Une augmentation générale de'force èlectro-
- Fig. i. — Courbes du chlore, du brome et de l'iode.
- motrice quand croît la concentration de la solution;
- 2° Une augmentation produite par la première addition de substance beaucoup plus forte que celle produite par les additions subséquentes ;
- 3° Une graduation dans les trois courbes, telle que les premiers accroissements et les maxima de force électromotrice sont à peu près en raison inverse des poids atomiques des trois substances correspondantes ;
- 4° Une similitude générale de forme suffisante pour montrer une ressemblance graduée ;
- 3° Un degré suffisant de [différence de forme
- pour caractériser chaque substance individuelle.
- Les acides chlorhydrique, bromhydrique et iodhydrique, étudiés ensuite étaient purs et incolores.
- Les solutions étaient de même concentration que celles des halogènes afin de comparer les effets des deux groupes de substances. Nous ne donnons qu’une de ces courbes, celle fournie par l'acide chlorhydrique. Ces courbes montrent :
- i° Que l'union de l’hydrogène avec l’un des halogènes diminue beaucoup la force ékctroinc-trice ;
- 2" Une faible augmentation de force électromo-
- Fi.% 2. — Courbe H Cl à io". — Solution étendue.
- trice, plus forte au commencement, quand croît la concentration ;
- 3" Une moins grande ressemblance que les courbes des halogènes ;
- 4° Une plus petite augmentation de force électromotrice pour l’acide ayant le plus grand poids moléculaire ;
- 3° Que chacune d’tlles caractérise chaque acide.
- Les acides étudiés ensuite sont l'acide azotique et l’acide sulfurique, toujours purs et incolores et de même concentration que les hydracides. Les courbes obtenues diffèrent beaucoup des précédentes et montrent de plus petites forces électro-motrices. De plus elles sont toujours caractéristiques des substances correspondantes.
- En comparant les nombres trouvés pour l’acide j sulfurique aux deux températures de 13 et de6o°.
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- les concentrations étant les mêmes, on reconnaît qu’une élévation de température produit une augmentation générale de la force électromotrice.
- Les deux courbes peuvent en outre se distinguer parfaitement l’une de l’autre.
- Les solutions de toutes les substances précédentes étaient très étendues. Des solutions plus concentrées furent alors étudiées afin de pouvoir les comparer avec celles des sels correspondants ; eljes contenaient de o, io à i partie de la substance dans 155 parties d’eau. Les nombres obtenus pour les trois acides, chlorhydrique, bromhydrique et iodhydrique montrent qu'une augmentation générale de force électromotrice est produite par une augmentation graduelle de la concentration du liquide. Toutes ies généralités énoncées sur les courbes précédentes peuvent exactement se répéter sur les courbes correspondant à de plus fortes concentrations.
- De plus, en comparant ces deux séries de courbes on remarque dans le cas des dernières courbes que la première addition de substance produit une augmentation brusque de force électromotrice beaucoup plus forte que dans le cas des courbes relatives aux liquides étendus.
- Les relations entre ces augmentations et les poids moléculaires des substances sont beaucoup plus distinctes ; les courbes sont bien plus caractéristiques et surtout beaucoup plus irrégulières. Cette plus grande irrégularité est un véritable effet et n’est pas dû à des fluctuations temporaires du courant.
- En remplaçant, dans le cas précédent d’une solution un peu concentrée d’acide chlorhydrique le zinc par le cadmium et construisant la courbe correspondante, on observe des relations intéressantes entre ces deux courbes. Elles sont d’abord tout à fait différentes. La courbe relative au cadmium offre ensuite une plus petite augmentation de force électromotrice par l’addition de la première portion de substance; de plus une nouvelle addition produit un décroissement de force électromotrice au lieu de produire un accroissement. Enfin, cette courbe est pareillement carac-térisiique de la substance.
- Les chlorure, bromure et iodure de potassium furent alors étudiés. Comme pour les halogènes, la force électromotrice du couple zinc-platine augmente avec la durée d’immersion des lames, mais on y remédie de la même façon. Les solutions sont les mêmes que celles des hydracides,
- c’est-à-dire contiennent de 0,10 à 1 partie de sel pour 155 parties d’eau. Les courbes obtenues présentent toujours les mêmes caractères que toutes les précédentes: une plus grande augmentation de force électromotrice produite par la première addition de sel ; une gradation du degré de premier accroissement et de maximum de force électromotrice, variant en raison inverse de la grandeur du poids moléculaire du sel ; une grande différence de forme, caractéristique du composé. La substitution du potassium à l’hydrogène dans les acides correspondants abaisse chaque fois la force éleclromotrice ; la valeur de cette réduction est en raison inverse du poids moléculaire de la substance. En général, l’union du potassium et des halogènes produit les mêmes effets que l’union de ces derniers et de l’hydrogène, mais à un degré bien plus fort.
- En comparant les courbes obtenues pour le bromure de potassium à 18° et à 6o° on remarque des différences considérables. Les formes de ces courbes ont une grande dissemblance. 11 y a une grande et générale diminution de force électromotrice à la plus haute température. Ces résultats nous conduisent à la conclusion que le bromure de potassium se comporte comme une substance différente à chaque température.
- Les recherches portèrent ensuite sur les chlorure, bromure et iodure de sodium. Le chlorure contenait une faible trace de sulfate; quant au bromure et à l'iodure ils étaient légèrement alcalins.
- Les solutions avaient les mêmes concentrations que celles des sels correspondants de potassium. La substitution du sodium au potassium dans chaque sel diminue considérablement l’accroissement de force électromotrice produit par la première addition de la substance ; cette réduction varie en raison inverse des poids moléculaires des sels. Les généralités déjà indiquées s’appliquent aux courbes relatives à ces sels de sodium. Ces courbes sont totalement différentes comme forme de celles présentées par les sels de potassium. Celte différence est évidemment due au changement de la base du sel ; pourtant dans chaque groupe la courbe du chlorure coupe celle du bromure.
- Pour les chlorate, bromate et iodate de potasse nous obtenons des courbes très différentes de celles des chlorure, bromure et iodure, ce qui est probablement dû à la faiblesse générale de l’action. L’augmentation de force électromotrice produite
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- par la première addition de sel varie directement comme les grandeurs des poids moléculaires des sels, contrairement à ce qui arrive pour les autres substances.
- L’union chimique de l’oxygène avec les trois sels haloïdes correspondants, diminue chaque fois la force électromotrice et cette réduction varie en raison inverse des poids moléculaires des sels. Ces courbes, comme celles présentées par les sulfates de potasse et de soude nous conduisent encore aux mêmes résultats déjà énoncés et qu’il est par suite inutile de répéter. Il en est de même pour les deux sels doubles : K C 1 + K1 et K C1 + N a C 1. Nous pouvons cependant faire remarquera propos de cps deux derniers sels, qu’il se produit une grande réduction de force électromotrice due à l’union chimique des deux constituants.
- Il était intéressant d'étudier la marche du phé-
- nomène en ne faisant varier la concentration du liquide que vers un métal seulement. L’appareil employé à cet effet est formé d’un tube de verre recourbé, ouvert aux deux bouts et muni d'un robinet sur l’une des branches (fig. 3). .Une solution très étendue (1 partie de la substance dans 465 parties d'eau) est placée dans la portion la plus courte du tube avec la lame de platine.
- Dans l’autre branche du tube on met la lame de zinc non amalgamée et une solution de concentration régulièrement décroissante. Les positions des métaux sont ensuite renversées et les mesures renouvelées. Après chaque opération on ferme le robinet. Les essais effectués sur les chlorures de potassium et de sodium, montrent que la variation de concentration du liquide a un grand effet sur la force électromotrice quand cette variation a lieu vers la lame de zinc; si au contraire elle se fait vers la lame de platine l’effet est presque nul; nous pouvons donc en conclure que lorsqu’une telle variation a lieu en même temps vers les deux métaux, l’effet produit sur la force électromotrice
- est dû presque entièrement au changement de l’action chimique à la surface de zinc et très peu à un tel changement vers le platine.
- Le tube précédent peut encore nous servir à étudier l’effet produit en faisant varier la température de la dissolution à l’un des pôles seulement. Dans uns des séries de mesures le zinc est immergé dans la partie chauffée du tube et le platine dans la partie froide; les positions des lames sont renversées dans une autre série de mesures. On reconnaît ainsi que la plus grande variation de force électromotrice a lieu vers le zinc, elle est égale à 0,103 volt; vers te platine la plus grande variation est égale à 0,04 volt.
- Ces résultats montrent que le changement de force électromotrice produit par un écnauffement graduel d’un électrolyte et des deux métaux formant les pôles est un effet de deux influences réunies ; l’une provient de la surface du métal positif et l'autre de la surface du métal négatif. Chacune de ces influences est aussi probablement composée de deux autres causes provenant desac-tions de la chaleur sur le métal et sur le liquide séparément.
- Enfin une dernière série de recherches effectuées en faisant varier la température aux deux métaux en même temps nous donne une série de courbes montrant :
- i° Que la force électromotrice varie avec la température;
- 2° Qu’une variation régulière de la température produit une variation très.irrégulière de la force électromotrice. Il est bien probable que la courbe obtenue en faisant varier la température est caractéristique de la substance, qu’elle est différente pour toute substance différente et pour toute concentration de sa dissolution.
- Considérations théoriques.
- L’ensemble de toutes ces recherches montre :
- i° Que toute substance électrolytique différente, en solution aqueuse, donne une courbe différente en faisant varier la concentration de cette solution ou bien sa température;
- 20 Que cette courbe est caractéristique de la substance ; _... ;
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- 3° Que dans les mêmes conditions, les substances constituant un groupe chimique reconnu, donnent une série de courbes ayant une grande ressemblance générale de forme ;
- 4° Que les forces électromotrices d’un tel groupe varient ordinairement en raison inverse des poids atomiques et moléculaires des substances correspondantes;
- 5° Que la première addition de substance dans l’eau distillée produit une augmentation beaucoup plu§ grande de force électromotrice que les additions ultérieures ;
- 6° Que l’union chimique de deux substances pour former un sel soluble produit un décroissement général de la force électromotrice et un changement défini de courbe;
- 7° Que la substitution d’un halogène, d’un acide ou d’une base métallique l’un à l’autre dans la composition d’un sel soluble est accompagnée d'un changement déterminé de la force électromotrice et de la forme de la courbe et qu’il est possible de conclure de ces changements à la présence d’un halogène, d’un acide ou d’un sel dans les différentes solutions de leurs sels ;
- 8° Que les solutions isomériques de substances électrolytiques donnent des courbes différentes dans les mêmes conditions et qu’on peut ainsi distinguer ces solutions l’une de l’autre ;
- 9° Que les degrés des changements chimiques et moléculaires arrivant dans les électrolytes, peuvent être mesurés par notre méthode, enfin
- io° Que si les solutions des substances différentes sont trop faibles, les différences des courbes et leurs formes caractéristiques ne sont pas entièrement développées, tandis que si les solutions sont trop fortes les mesures de force électromotrice s’obtiennent bien plus difficilement. Comme toutes les mesures sont des mesures de réduction au zéro, où aucun courant ne circule, les courbes représentent les forces électromotr'ces et les mouvements moléculaires qui existent dans ces conditions; quand un courant passe, on sait que les mouvements moléculaires sont grandement altérés.
- Les changements de force électromotrice et de la forme des courbes obtenues soit par les mêmes variations de concentration de la même solution à deux températures différentes, soit par la variation de la température d’une solution dont la teneur reste toujours fixe, soit par la variation de la température d’une solution à l’un ou à l’autre des deux métaux seulement, nous montrent qu’une substance quelconque devient une autre substance plus ou moins différente, à chaque température et que les degrés des propriétés de toute substance à des températures différentes sont pratiquement en nombre infini.
- Tous ces divers résultats appuient l’hypothèse de la théorie cinétique des corps, hypothèse qui admet que la propriété fondamentale de la matière est le mouvement, qu’une masse de matière est une masse de mouvement, que toute substance consiste essentiellement en une collection de mouvements moléculaires et que les principales propriétés des corps sont des conséquences de ces mouvements.
- 11 est généralement aimis que les changements de force électromotrice sont dus à ces mouvements et proviennnent de perturbations dans l’éther universel qui pénètre et entoure tous les corps. Chaque degré de cette force électromotrice peut ainsi être considéré comme un résultat concret de vibrations moléculaires dont les degrés d’amplitude sont extrêmement variés ; cette série est caractéristique de la combinaison matérielle qui la produit, elle est tout à fait analogue à la collection des vibrations d’un rayon de lumière émis par une substance particulière incandescente.
- Les courbes que nous avons décrites représentent la somme de ces changements dans les mouvements moléculaires. Par conséquent, en observant ces changements pour une substance spéciale dans des conditions suffisamment variées, on peut obtenir un tracé plus ou moins complet de ces changements et représenter par ce tracé cette substance particulière.
- Si nous pouvions interpréter complètement le langage ou la signification de ces courbes, nos connaissances s’étendraient énormément dans la science des mouvements internes et des changements des substances, ainsi que dans celle des conditions de conversion du potentiel en énergie cinétique.
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- Comme chaque courbe est une représentation géométrique et quantitative d’une série de tels changements, une collection complète de ces courbes, produites par toutes sortes de dissolutions aqueuses, constituerait un système étendu de représentations des mouvements moléculaires, système semblable à celui des spectres lumineux des corps.
- Les grandeurs et les relations harmoniques des degrés de force électromotrice représentés par ces courbes formeraient une large base d’étude mathématique, comme celle qu'offrent d'ailleurs maintenant les spectres des corps. Le sujet entier apparaît donc aussi vaste que celui de l’analyse spectrale avec lequel il a beaucoup de ressemblance.
- Le système général des courbes peut être considéré à certains égards comme analogue au spectre d’absorption des liquides, et à un degré plus faible au spectre des gaz. Toutefois les relations existant entre les différentes courbes sont probablement beaucoup plus compliquées que celles qui ont lieu entre les spectres des liquides par suite de la part que prennent les électrodes dans le phénomène et, à plus forte raison, que celles qu’ont entre eux les spectres d>s gaz à cause de l’influence du dissolvant et des électrodes et parce .que chaque substance distance dissoute esta l’étai liquide et sous l'influence de la cohésion.
- Comme les grandeurs et les formes des courbes ont des relations manifestes avec les poids atomiques et moléculaires des substances dissoutes, elles ont aussi probablement des relations avec les séries périodiques des corps.
- Une étude de ces courbes dans cette direction conduirait certainement les mathématiciens à l’acquisition de nouvelles connaissances. Les changements cinétiques éprouvés par des substances, iso-mériques ou non, et passant d’un état d’équilibre chimique à un autre éiat, dans les cas de combinaison, de substitution, de décomposition, etc., étant indiqués par les courbes, celles-ci doivent aussi être reliées intimement avec la loi de Newton sur l’égalité de l’action et de la réaction.
- Comme vérification de cette dernière hypothèse, j’ai montré amplement dans plusieurs recherches effectuées à l’aide de la balance voltaïque, que la combinaison chimique en proportions définies de substances en solutions aqueuses paraît être universelle ; que les éléments s’unissent avec les éléments, avec toutes sortes d’acides et avec toutes
- sortes de sels acides, basiques ou neutres; que les acides s’unissent les uns avec les autres ou bien avec les sels; que les sels s’unissent les uns avec les autres d’une variété infinie de manières et probablement que toutes les espèces de composés chimiques en solutions aqueuses, à très peu d’exceptions près, s’unissent ensemble plus ou moins distinctement dans un grand nombre de proportions définies, pourvu cependant qu’il n’arrive aucune séparation de substance par précipitation. De plus, en doublant le poids moléculaire d’un composé dissous, par des additions successives d’autres substances dissoutes ayant une égale valeur chimique, chaque addition produisant un nouvel état d’équilibre chimique dans lequel l’action et la réaction chimiques sont égales, j’ai montré par la même méthode, que l’union chimique des substances en solutions aqueuses forme des assemblages de molécules d’un grand degré de complexité. Cette universalité de l’union chimique des substances en soiutioù indique évidemment l’existence d'une cause aussi générale, cause probablement moléculaire.
- La théorie qui concorde le mieux avec tous ces faits est la théorie cinétique, d’après laquelle les métaux et 'es électrolytes sont dans toute leur masse à l'état de mouvement moléculaire. Les molécules de ces substances étant des corps sans frottement dans un milieu sans résistance, leurs mouvements continuent à exister tant qu’il ne se produit pas de cause pour les entraver. Gh.a^ué métal différent et chaque électrolyte a une. classe spéciale de mouvements variant d’une imàniére différente pour la même élévation de température.
- Cette théorie m’a servi pour expliquer certains phénomènes thermo-électriques dans les électrolytes. L’action chimique, conformément à cette théorie, e.;t un effet de mouvements moléculaires et l'un des modes par lesquels ce mouvement est converti en courant électrique.
- Ces hypothèses sont conformes aussi à cette opinion que les substances élémentaires perdent une partie de leur activité m déculaire quand elles s’unissent pour former des acides ou des sels et que les électrolytes ont généralement un moindre degré de mouvement moléculaire que les éléments dont ils sont composés.
- Une théorie cinétique doit s’accorder avec toutes les lois connues de la mécanique : le mouvement
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- ou l’énergie ne peuvent être créés, tout mouvement provient d’un autre mouvement préexistant, toute cause active de changement matériel est une cause cinétique; la source immédiate de tout changernement chimique est le mouvement moléculaire latent des substances agissant mutuellement les unes sur les autres.
- Comme une simple différence de substance ou une union en proportions définies ne sont jamais des influences actives on peut dire qu’elles ne sont pas non plus une cause cinétique immédiate de changement chimique, mais puisque ces circonstances accompagnent toute combinaison chimique et qu’une telle combinaison ne peut se faire sans elles nous pouvons en conclure qu’elles sont des conditions nécessaires de cette combinaison.
- En adoptant la théorie précédente, que les électrolytes sont dans l’état de mouvement moléculaire dans toute leur masse, que les molécules de ces substances sont des particules sans frottement dans un milieu sans résistance et que leur mouvement, quand il n’est pas dissipé par conduction ou autrement, continue à avoir lieu jusqu’à ce qu’une cause quelconque vienne l’entraver, que les actions des corps les uns sur les autres sont égales et dans des directions opposées, conformément à la loi de Newton, nous sommes alors conduits à admettre que l’expression : affinité chimique ou la cause active immédiate de la combinaison chimique est le mouvement moléculaire latent ou potentiel et les chocs mutuels des molécules des substances participant à la réaction.
- Quand deux substances dissoutes sont mises en contact intime par le mélange de leurs solutions, une partie du mouvement moléculaire d’une des substances est neutralisée par une quantité égale de mouvement opposé de l’autre substance, et ces deux parties sont converties en chaleur apparente, en courant électrique, ou en autre forme d’énergie, et les molécules situées ainsi à proximité conservent leurs nouvelles positions et leurs nouvelles distances : ceci est bien d'accord avec la propagation usuelle de la chaleur, la perte d’énergie voltaïque, la dépression de la force électromotrice et l’augmentution fréquente de densité qui se produit pendant l’union chimique.
- Suivant cette vue, toute substance dissoute est un exemple de mouvement moléculaire compensé; ce sont les portions neutralisées de mouvement qui s’échappent sous forme de chaleur ou de courant électrique. Je laisse à d’autres per- j
- sonnes que moi le soin de décider la part d'originalité existant dans toutes ces conceptions et toutes ces hypothèses.
- Un grand nombre de faits déterminés par des recherches multiples me conduisent à la conclusion que les mesures de la force électromotrice des couples voltaïques et celles de l’énergie électrique sont essentiellement des mesures de l’affinité chimique entre les substances dissoutes et le métal positif.
- Des idées analogues ont été émises par d’autres physiciens. E. Herroun (*), adoptant une hypothèse d’Helmholtz, en a conclu que la force électromotrice d’un couple voltaïque est une mesure de la transformation actuell-.1. de l’énergie libre et il en déduit que cette mesure fournit des données de l’énergie libre, et en conséquence de l’affinité chimique, beaucoup plus exactes que celles obtenues à l’aide d’observations calorimétriques.
- Les quantités d’énergie voltaïque perdues par deux substances pendant le phénomène de leur combinaison chimique indiquent clairement les quantités de mouvements moléculaires opposés neutralisées par cette union. Par exemple, une bien plus grande quantité de tel mouvement est neutralisée par l’union du sodium et du chlore formant du chlorure de sodium que par l’union de l’hydrogène et du chlore pour former l’acide chlorhydrique.
- Il est bien probable qu’en étudiant les pertes de force électromotrice et d’énergie voltaïque accompagnant l’union chimique des substances en solution aqueuse, nous apprendrons beaucoup de choses relatives aux relations quantitatives de l’affinité chimique existant entre les métaux et les électrolytes; malheureusement un grand obstacle s’oppose à l’obtention de mesures exactes d’une telle affinité par notre méthode : c’est la portion non mesurée de l’énergie perdue par les actions locales.
- On peut cependant remarquer que, à propos des actions locales, cette union chimique et cette neutralisation de mouvements moléculaires opposés se produisent seulement pendant que le circuit est fermé et qu’à l’instant de la fermeture du circuit l’énergie potentielle est convertie en énergie cinétique. Une multitude d’ondes électromagnétiques de longueurs très diverses étant alors formées et rayonnant dans l’espace, la conversion de
- (') E. Herroun, Phil. Mag. t. 27, p. 230.
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- l’énergie dans ce cas dépend, par conséquent, de la fermeture du circuit.
- Les résultats obtenus en faisant varier la concentration ou la température du liquide à chaque métal séparément nous conduisent à la conclusion que, dans les piles voltaïques ordinaires, la presque totalité de l’énergie est due aux actions qui ont lieu vers le zinc et la plus petite partie de cette énergie aux actions vers le platine. Ce dernier métal agit surtout en écartant la plus grande force contre-électromotrice qui se produirait par l’emploi d’un métal plus corrosif et par une moindre résistance que celle offerte par une substance moins conductrice.
- La simple absence d’un obstacle à un changement quelconque ne peut être une cause active de ce changement ; toute substance prenant une part essentielle dans un phénomène physique ou chimique et (comme la lame de platine) restant exactement la même après l’action qu’avant, ne neut donc pas être une cause réelle de cette action ni de quelque perle ou gain d'énergie accompagnant cette action.
- La présence du métal négatif est donc seulement une condition statique nécessaire ; elle permet, sans dépense d'énergie de sa part, la conversion en courant voltaïque des mouvements moléculaires neutralisés et de potentiels opposés du liquide et du métal positif.
- La méthode décrite dans ce mémoire n’est pas cependant une méthode technique d’analyse des corps, car elle n’est pas appropriée à ce but, mais c’est un moyen nouveau et puissant de recherches chimiques et moléculaires et un système général de représentation à l’aide de courbes géométriques, non pas seulement de substances individuelles mais de plusieurs changements fondamentaux de mouvements des substances inséparablement reliés à leurs principales propriétés chimiques.
- Elle peut fournir dans çette voie, aux mathématiciens une série nouvelle et étendue de faits représentant par la force électromotrice, les degrés des actions chimiques et voltaïques des métaux et des électrolytes les uns sur les autres. Un des principaux emplois de cette méthode sera d’examiner la structure moléculaire et la composition chimique des substances dissoutes pour rechercher les différences et les changements qu’elles éprouvent par la chaleur, la lumière, les combinaisons chimiques, les substitutions, les décom-
- positions, etc., et pour rechercher et mesurer les différences chimiques et moléculaires dans les liquides isomères.
- On peut aussi se servir de la méthode pour déterminer les changements produits peu à peu par la lumière et la chaleur dans l’eau de chlore et l’eau de brome, l’influence de la lumière sur l’acide nitrique, l’effet d’absorption des lames de verre coloré sur les changements chimiques variés produits par la lumière, l’oxydation graduelle d’une solution d’anhydride sulfureux exposée à l’air, la décomposition spontanée de l’eau régale, la décomposition d’une solution d'iodure de potassium par l’eau de chlore, la vitesse de déplacement d’un acide par un autre, etc., etc. Les exemples indiqués et les recherches suggérées sont suffisantes pour indiquer la grande étendue du sujet.
- A. C.
- Vérification expérimentale de la loi d’Ohni, par M. Alfred Mayer. (*)
- Je me propose de présenter dans ce mémoire une vérification expérimentale et directe de la loi
- d’Ohm (C = |).
- En général on ne trouve dans les traités de physique qu’un énoncé pur et simple de cette loi, accompagné de nombreux exemples qui montrent les rapports numériques entre l’intensité du courant, la résistance du circuit et la force électromotrice de la source d’électricité. Cette série d’exemples nous amène à conclure que la loi est vraie, à cause de la concordance entrç le calcul et l’expérience.
- Néanmoins cette manière de procéder ne montre pas avec une exactitude rigoureuse que la relation qui existe entre C, E et R est représentée
- p
- par l’égalité C = ^. 11 est vrai que plusieurs expériences ont été tentées pour préciser cette relation, mais il y a tant de difficultés à maintenir constantes ces quantités C, E et R que les résultats obtenus ne peuvent être qu’approximatifs.
- Ohm fut conduit à concevoir la loi qui porte son nom en assimilant la transmission du courant électrique dans un circuit voltaïque à celle de la chaleur dans une verge de longueur indéfinie.
- Partant de là, il déduisait que les actions réci-
- (!) Americ. Journal of science, Juillet 1890.
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- proques de deux molécules électrisées sont en raison directe de leurs distances et que si l’on fait une coupe transversale d’un conducteur l’électricité est uniformément répartie sur toute la surface de la section. Ces deux propositions étaient en opposition complète avec les lois de l’électricité statique établies par Coulomb. C’est ce qui explique pourquoi les savants hésitèrent si longtemps avant d’adopter les théories d’Ohm.
- Voici du reste ce qu’il écrivait dans son mémoire intitulé- Die Galvanische Kette matbemaiiscb bear-beitet von Dr. G. S. Ohm (Berlin 1827) : .
- « Trois lois forment le fond de cet ouvrage. La première indique la façon dont l’électricité se distribue dans un seul et même corps. La seconde s’occupe de la déperdition l’électricité dans l’atmosphère. La troisième loi nous fait connaître les phénomènes qui se présentent quand deux corps de nature différente viennent en contact.
- « Pour établir la première loi, je suis parti de cette hypothèse que la transmission de l’électricité ne peut se faire que d’une molécule à la molécule immédiatement voisine. — Dans la théorie de la chaleur, on considère le passage du calorique d’une molécule à une autre comme proportionnel à la différence de leurs températures. J’ai supposé de même que le passage de l’électricité d’une molécule à une autre est, toutes choses égales d’ail-leürs, proportionnel à la différence de leurs potentiels. On voit que je m’éloigne déjà de la façon dont on considère généralement les actions moléculaires depuis Laplace. Je crois cependant que la voie que j’ai suivie se recommande par sa généralité et sa simplicité, aussi bien que par la lumière qu’elle jette sur le caractère des anciennes méthodes.
- « Quant à la déperdition de l’électricité dans l'atmosphère, j’ai conservé la loi de Coulomb. La quantité d’électricité perdue par un corps entouré d’air, dans un temps donné, est proportionnelle à la tension de l’électricité et à un coefficient qui dépend de la nature de l’atmosphère.
- «Si on compare les résultats des expériences de Coulomb, dans les circonstances où il se plaçait, et ceux de nos expériences actuelles, maintenant que nous connaissons les lois de la déperdition de l’électricité, on voit que dans les phénomènes galvaniques on peut négliger sans inconvénient l’influence de l’atmosphère.
- « D’après les expériences de Coulomb, par exem-
- ple, l’électricité serait attirée à la surface du corps et toute entière au contact direct avec l’atmosphère ; mais il n’en est pas ainsi. Dans un circuit, le courant passe presque constamment à l’intérieur du conducteur; par conséquent, il n’y a qu’une petite partie de l’électricité qui soit en contact avec l’air, de sorte que dans ce cas la quantité d’électricité perdue est tout à fait négligeable. L’expérience vient encore confirmer cette conclusion, que nous avions déduite de notre théorie.
- « La loi des phénomènesqui se produisentquand deux corps différents viennent au contact est celle-ci : Quand deux corps de nature différente sont en contact en un point, la différence des potentiels de ces deux corps en ce point est constante.
- « Au moyen de ces trois propositions fondamentales, on peut établir les conditions de la propagation de l’électricité dans les corps de toute nature et de toute forme.
- « Les équations différentielles auxquelles on arrive ainsi ressemblent tellement aux équations qu’ont établies Fourier et Poisson pour la propagation de la chaleur, que l’on peut avec raison supposer qu’il existe une liaison intime entre ces deux ordres de phénomènes; d’ailleurs plus on avance, plus cette liaison est étroite.
- Ces recherches appartiennent à la partie la plus difficile des mathématiques, et cela nuit beaucoup à leur généralisation : c’est une chance inespérée que pour un point aussi important de la question, ces difficultés soient presque complètement aplanies. »
- Ohm partit de ces prémisses, et, guidé par ses expériences et par celles de Ritter, Erman, Jæger, Davy et Becquerel il arriva aux conclusions suivantes :
- I. Dans un conducteur homogène faisant partie d’un circuit voltaïque, la différence des tensions électriques de deux points quelconques est proportionnelle à leur distance.
- II. Dans des conducteurs différents faisant partie d’un circuit, la différence des tensions en deux points séparés par un intervalle égal à l’unité de longueur est en raison inverse de la section du conducteur.et de son coefficient de conductibilité.
- III. Au point de contact de deux conducteurs
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- différents, il y a une brusque variation de la tension électrique.
- IV. Si on désigne par A la somme des forces électromotrices; par L la somme des résistances; par X la résistance obtenue par le calcul d'un point m du circuit à un point p, quand la tension est zéro, la tension au point m est donnée par la formule
- On arrive définitivement à la formule
- formule qui énonce ce que l’on considère généralement comme la loi d’Ohm.
- « Cette formule, dit-il, est généralement vraie, et révèle déjà la constance de la force du courant dans toute la longueur du circuit : on peut aussi exprimer la loi de la façon suivante :
- « La foice du courant dans un circuit est en raison directe de la somme de toutes les tensions, et en raison inverse de la longueur réduite du circuit. Il faut entendre par longueur réduite du circuit la somme de tous les quotients obtenus en divisant les longueurs correspondantes aux parties homogènes par le produit de leur coefficient de conductivité et de leurs sections. »
- Les mots « tension » et « force électromotrice » employées par Ohm, sônt les équivalents du mot « potentiel ».
- A la place des idées vagues dé quantité et d'intensité, il a introduit dans la théorie du circuit électrique des termes clairs, comme courant, résistance, potentiel, force èlectromotrice, dont il a donné des définitions précises. 11 employait aussi le terme énergie dans un sens spécial et déterminé, comme le montre le passage suivant :
- « La force décomposante d’un circuit est directement proportionnelle à l’énergie du courant et dépend, en outre, d’un coefficient variant avec la nature des éléments et leurs équivalents chimiques. »
- Ohm publiait ceci en 1827, c'est-à-dire six ans avant les travaux de Faraday sur l’électrolyse.
- Ni Ohm ni ses contemporains n’étaient capables de vérifier la vérité des quatre propositions qui forment le fond de sa théorie.
- C’est en 1849 que Kohlrausch démontra par des expériences des plus ingénieuses que la loi d’Ohrh était vraie en tout comme en partie. Kirch-
- hoff et Quincke appFqnèrenl avec succès la théorie d’Ohm au courant électrique dans des plaques conductrices minces ou corps à deux dimensions. Smaasen l’appliqua aussi aux corps à trois dimensions.
- En 1876, des expériences suggérées par Maxwell et faites par Chrystal au laboratoire Caven-dish, à Cambridge, furent au.'si concluantes que possible, et l’on peut dire que pour vérifier cette loi d’Ohm, on a épuisé jusqu’aux dernières ressources de l’expérience.
- Bien que la loi d’Ohm soit maintenant une des lois de la nature les mieux établies et les moins contestées, il n’en est cas moins vrai, comme dit Maxwell, « que cette loi doit, du moins à présent, être regardée comme une loi purement empirique. On a essayé de la déduire de principes purement dynamiques, mais personne n’y a réussi.
- Dans le passage de l’électricité à travers un milieu résistant, une partie de l’énergie du courant est dépensée à imprimer aux molécules qui constituent ce milieu ces mouvements irréguliers que nous appelons chaleur. Si. pour calculer cette énergie on prenait pour point de départ une hypothèse quelconque sur la constatation moléculaire du milieu, il faudrait posséder une connaissance des principes dynamiques de la matière bien plus complète que celle que nous possédons actuellement. Ce n’est que par des expériences que nous pouvons déterminer les lois de mouvements dont nous ne connaissons pas les principes dynamiques ».
- L’expérience que j'ai imaginée démontre facile-
- E
- ment la vérité de la relation C = C’est sa facilité même qui m’engage à en publier le compte rendu.
- La figure donnée ci-dessus montre l’ensemble de l’appareil. En G est un galvanomètre de Thomson à faible résistance. En L est l’appareil
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- de projection, une lampe de Drummond, recouverte d’une chape munie d’une ouverture rectangulaire au milieu de laquelle est tendu verticalement un fil fin. En C est la règle graduée du galvanomètre à une distance d’environ 1,65 mètre du miroir de l’appareil.
- Chaque division de l’échelle a une longueur de 25 millimètres et les traits qui les séparent ont 2,5 millimètre d’épaisseur. La règle est disposée de façon que l’image réfléchie de la fente de la lampe soit juste de la largeur d’une division, et que l’épaisseur de l’image du fil soit exactement celle des traits de division.
- Au moyen de ce dispositif, on peut observer les plus petits déplacements du rayon lumineux de‘la façon la plus simple et la plus exacte.
- C’est grâce à ce procédé que j’ai pu pendant ces dernières années faire dans mon cours diverses expériences sur la chaleur rayonnante.
- En M est un aimant, de 25 centimètres de longueur et de 15 mm. de diamètre, sur lequel glisse un
- Fig. 2
- anneau de bois. En R est une boîte de résistance pouvant augmenter la résistance du circuit de }, 2 et 3 ohms.
- On place en outre sur l’aimant, et à la partie supérieure d’un disque de bois, un fil de cuivre isolé, recourbé en son milieu, et formant un anneau ou une bobine.
- Pour faire cet anneau, on enroule le fil autour d’un cylindre de bois de 0,035 mètre de diamètre, puis on tord sur elles-mêmes les deux extrémités libres'du fil (comme le montre la figure 2), et l’on fixe ces bouts sur une planchette de bois mince, au moyen de cire à cacheter.
- Au lieu de n’employer qu’un seul anneau, on peut prendre des bobines de plusieurs anneaux, 2, 3, 4, 5 ou 6, fabriquées de la même façon ; mais ces bobines sont disposées en spirales, c’est-à-dire dans un même plan; les anneaux sont réunis par de-da cire à cacheter, et fixés entre deux plaques de carton mince.
- La longueur de fil nécessaire pour faire chaque anneau de la bobine est de 1 mètre.
- La résistance de ce fil, celle du circuit qui réunit les diverses parties de l’appareil, plus la résis-
- tance du galvanomètre, peut être évaluée à 1 ohm.
- Il serait peut-être bon, avant de décrire les expériences, de dire un mot du galvanomètre, car j’ai remarqué qu’on ne dispose pas toujours l’appareil comme il faut le faire. Souvent l’aimant amortisseur fait un angle considérable avec le plan de la bobine. Cela peut tenir à ce que le plan médian de la bobine n’est pas dans le méridien magnétique, ou à ce que le fil de suspension est plus ou moins tordu.
- 11 faut placer les faces latérales du galvanomètre parallèlement au méridien magnétique, et il faut chercher avec le plus grand soin la direction du méridien au moyen d’une longue aiguille aimantée.
- Dans la direction du méridien, on trace sur la table une ligne passant par la projection du centre de la bobine. On trace une seconde ligne, perpendiculaire sur la première, de façon que leur intersection soit exactement sous le fil de suspension.
- Dans le plan vertical de cette seconde ligne, on place le fil vertical tendu devant la lanterne L, et le zéro de la règle divisée C, que l’on a placée parallèlement au méridien. — Si le fil n’a subi aucune torsion, l’image du fil vertical viendra coïncider avec le zéro de la règle ; si l’image ne vient pas se former au zéro, on tourne le bouton auquel est attaché le fil jusqu’à ce que l’image soit au point voulu. Dès lors on pourra lire sur la règle la grandeur de la déviation, proportionnelle à la force du courant. Enfin on éloigne l’aimant M jusqu’à ce qu’il n’influe plus sur le galvanomètre, et l’on ajoute J’aimant directeur de sorte que les oscillations de l’aiguille du galvanomètre soient de 5 secondes.
- L’anneau E est mis en communication avec G et R, et les fils sont reliés les uns aux autres de façon qu’il ne puisse se produire aucun courant d’induction dans le circuit. L’image du fil est au zéro de la règle graduée. Si l’on soulève rapidement l’anneau qui entoure l’aimant, ou donne naissance à un courant qui produit une déviation. 11 est facile de voir que c’est le brusque mouve-vent par lequel on soulève l’anneau qui produit le courant.
- Si l’on remplace cet anneau simple par un système de deux anneaux, la déviation de l’aiguille devient double. Si l’on prend 3, 4, 5 ou 6 anneaux, la déviation devient 3, 4, 5, 6 fois plus grande.
- Si l'on adopte l’hypothèse des lignes de force, on dira que l’anneau coupe un certain nombre de
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- ces lignes de force, ce qui donne naissance à un courant. Si l’on emploie un système de deux anneaux on coupe deux fois ces mêmes lignes, ou ce qui revient au même, on coupe deux fois plus de lignes de force. Avec 3, 4, 5, 6 anneaux, h force électromotrice sera 3, 4, 5, 6 fois plus grande.
- Dans ces expériences la résistance du circuit était maintenue constante. — Ceci posé, prenons un système de 5 ou 6 anneaux, et un circuit offrant une résistance de 1 ohm. Si l’on soulève les anneaux, on a une certaine déviation de l’image. Si maintenant nous rendons la résistance du circuit égale à 2 ohms, la déviation donnée par le galvanomètre sera moitié moindre que dans l’expérience précédente. — Si l'on donne au circuit des résistances de 3, 4, 5, 6 ohms, la déviation sera 3, 4, 5, 6 fois plus petite.
- Si l’on a des galvanomètres marchant avec toute la rigueur possible, et si l’on prend les précautions que nous avons indiquées, on voit que chaque résultat confirme avec toute la précision que l’on peut exiger dans ce cas la vérité de la loi, c’est-à-dire que l’intensité du courant est en raison directe de la force électromotrice et en raison inverse de la résistance du circuit. Malgré les précautions les plus minutieuses que nous avons prises, nous n’avons jamais trouvé une exception à cette loi.
- 11 y a cependant certaines précautions qu’il est nécessaire de prendre. Le fil du galvanomètre étant en cuivre, il faut que tout le circuit soit formé de fils de cuivre. On doit aussi ne monter l'appareil que le jour même ou l’on fait l’expérience, et avoir soin d’en tenir toutes les parties à h même température. Les déviations, de plus, ne peuvent être supérieures à 15 divisions de la règle.
- Si nous partons d’une déviation de 15 divisions pour une résistance de 1 ohm, nous aurons pour des résistances de 2, 3, 4, 5, 6 et 7 ohms des déviations de 5 ; 3,75 ; 3 ; 2,5 et 2,143, et si avec une résistance constante nous obtenons, avec un seul anneau, une déviation de deux divisions, nous aurons avec des systèmes de 2, 3,4, 5, 6 anneaux, des déviations de 4, 6, 8, 10, 12 divisions de l’échelle.
- 11 est important que l’on soulève les anneaux avec la plus grande rapidité : sans quoi les résultats ne seraient pas concluants. 11 faut que les courants produits soient aussi instantanés qu’il est
- possible. Pour soulever les anneaux plus rapidement et avec la même vitesse dans chaque expérience, j’ai quelquefois attaché ces anneaux à un tremplin troué en son milieu pour laisser passage à l’aimant, et dont on relâchait les ressorts au moyen d’une détente.
- Sans employer tous ces appareils on peut avec quelque habitude arriver à des résultats satisfaisants.
- 11 n’est malheureusement pas possible dans dé telles expériences de produire des courants instantanés : cela explique la différence qui existe souvent entre les résultats des expériences et ceux que l’on devrait obtenir.
- 11 faut tenir compteaussi de la résistance qu’offre l’air aux mouvements du miroir.
- Je n’ai cependant jamais trouvé que des différences insignifiantes, provenant du peu d’amplitude des déviations et tenant aussi à la lenteur des mouvements de l’aimant du galvanomètre.
- G. H.
- VARIÉTÉS
- LE DÉCOR DE « JEANNE-D’ARC »
- La vaste salle qui a été sinon la première, du moins une des premières éclairées par la lumière Jablochkoff, sert à introduire dans les salles de spectacle un nouveau genre de décor dans lequel l’éclairage électrique joue un grand rôle et où il est certainement appelé à un grand avenir à cause de l’excessive facilité avec lequel il s’allume et s’éteint.
- L’origine de cette remarquable innovation remonte déjà à quelques années. M. Houcke, le directeur actuel de l’Hippodrome, conçut un jour l’idée originale de garnir le pourtour de sa vaste piste d’un décor en harmonie avec la pantomine équestre qu’il donnait. Comme il s’agissait d’une chasse, il fit peindre sur une toile dont le développement était de plus de 200 mètres des bois, des plaines, des rivières, une multitude de points de vue.
- La conception était heureuse; cependant elle n’eutpas tout le succès que l’on en attendait. En effet, les têtes des spectateurs entassés dans les galeries, et que l’on voyait planer au-dessus des plus grands
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- chênes, au milieu même des nuages, détruisait toute l’iliusion.
- Les critiques de quelques gens de goût déterminèrent M. Houcke à tenter un nouvel effort pour cacher les spectateurs sans les empêcher de voir. C'est un problème que les plus sagaces critiques auraient considéré comme insoluble si l’on n’avait eu l’idée d’avoir recours à l’électricité.
- M. Houcke se proposa d’imiter sur une immense échelle ce que l’on fait dans les villes du Nord, où l’on veut voir ce qui se passe dans les rues sans être vu, résultat qu’on obtient aisément en garnissant les fenêtres de stores en toile métallique, sur lesquels on peint des dorures, des inscriptions et des ornements quelconques. Tant que la rue
- Décor de l’Hippodrome pendant la représentation de Jeanne d’Arc.
- est éclairée, les habitants de la maison aperçoivent admirablement ce qui se passe au dehors, et les passants ne voient qu’une surface peinte et ornementée. La nuit, les rôles seraient intervertis si la voie publique était sombre et la chambre éclairée, mais les habitants des maisons ont le soin de fermer leurs rideaux.
- Une toile métallique descend du cintre à une distance d’environ 4 mètres du premier rang des spectateurs, de manière à occuper tout le cercle intérieur de la piste. Elle est formée de treillis à mailles carrées ayant environ 1 millimètre et demi de côté.
- Le fil qui la constitue a été choisi assez fin pour que les rayons visuels ne soient pas gênés, et qu’on- aperçoive l’intérieur de la scène comme au travers d’une gaze très légère ou d’un verre très faiblement teinté. L’oeil pénètre donc librement dans toute la partie de la toile comprise entre A et G. Mais il n’en est plus de même dans la partie A, B, G, parce que l’éloignement diminue énor-
- mément la distance angulaire qui sépare les'fils. Cependant il se forme comme une espèce de compensation parce que le diamètre des fils eux-mêmes diminue dans la même proportion.
- Mais l’effet scénique cherché se produit aussitôt qu’on éteint des lampes des gradins et qu’on allume celles de l’amphithéâtre ; immédiatement les spectateurs d’en face disparaissent, et Ton voit apparaître à leur place les décors peints sur la partie intérieure de la toile.
- La première application du système a été faite pour la pantomime de Jeanne d’Arc.
- La toile représente la place du Marché de Rouen, restauré tel qu’il était lors du supplice de l’héroïne, et chaque spectateur assiste à la représentation comme s’il avait pris place à une fenêtre des maisons. Le bûcher a été placé à l’endroit qu’il occupait réellement.
- L’illusion serait complète sans les quatre piliers que l’architecte de l'Hippodrome a crus indispensables pour soutenir le plafond, et qui l’étaient, il faut bien le dire, à l’époque où il a établi son plan, car on ne savait pas encore avec quelle facilité les progrès de la métallurgie moderne permettent de construire des voûtes à grande portée.
- La toile métallique se compose de 60 panneaux ayant chacun 3 mètres de longueur sur 9 mètres de hauteur et pesant 15 kilogrammes. On l’a naturellement cousue sur place avec des fils d’acier, et garnie dé deux cercles, l’un supérieur, d’un poids de 820 kilogrammes, et l’autre inférieur ne pesant que 250 kilogrammes; on arrive ainsi à un poids total de 1920 kilogrammes, que l’on relève à la main après la représentation à l’aide de 12 treuils.
- Afin d’accomplir l'opération, on a besoin de mettre en mouvement 40 poids de 44 kilogrammes, de manière à réduire le poids de la toile à 200 kilogrammes.
- On serait dispensé de remuer toutes ces masses si l’on employait dans les cintres des treuils électriques qui permettraient de monter et descendre les toiles avec autant de facilité que sur les scènes ordinaires; surtout pendant les entr’actes, où l’on peut disposer d’une portion du courant d’éclairage, la force motrice ne ferait pas défaut.
- L’introduction de la force électrique dans les cintres compléterait le nouveau système et permettrait de produire tant d’effets nouveaux que nous nous permettrons de ne point traiter d’une façon accessoire un sujet si important.
- W. de FonvielLe.
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- CORRESPONDANCE
- Rome, le 23 septembre 1890.
- Monsieur le Directeur,
- Veuillez me permettre de rectifier une petite erreur qu1 s’est glissée dans un remarquable article publié dans votie estimable journal, page 528 du numéro 36 (6 septembre courant).
- La seule usine centrale d’électricité existante dans notre ville appartient à notre compagnie et a été installée par MM. Ganz et C'“, de Budapest. Elle contient deux dynamos de 2000 volts et 40 ampères, et quatre dynamos de 2000 volts et 160 ampères, attelées respectivement à des machines hoi-zontales de 150 et de 600 chevaux.
- Veuillez agréer, etc.
- Charles Pouchain,
- Gérant de la Cie Anglo-Romaine pour l'éclairage de Rome par le ga^ et autres systèmes.
- FAITS DIVERS
- Plusieurs physiciens ont fait dans ces derniers temps des observations fort intéressantes sur les éclairs. M. Hoffert est parvenu à obtenir plusieurs images distinctes de la même étincelle en imprimant un rrlouvement d’une certaine rapidité à l’objectif avec lequel il opérait. Le résultat de cette expérience ne montre-t-il pas que l’éclair-n’est point toujours un phénomène instantané, mais qu’il met souvent un temps appréciable à se produire ? Nous sommes arrivé plusieurs fois à la même conclusion, en observant des orages à certaine distance.
- De son côté, M. Stuart Brun a constaté que les éclairs sont toujours linéaires lorsqu’on les observe directement, et que toutes les fois qu’ils sont en lame, ils ne sont que de simples reflets.
- Nous trouvons dans VElectrical Engineer un paragraphe sur le projet proposé âu Conseil municipal à propos du puits artésien de la Chapelle. Il est certain que la masse d’eau recueillie est suffisante pour créer un centre électrique important aux portes mêmes de la principale usine de la Compagnie parisienne et permettra d’employer pour la première fois une fontaine jaillissante à la production d’une force motrice utilisable dans la grande industrie. Mais, est-ce une raison suffisante pour que les difficultés administratives qui ont entravées depuis si longtemps cette affaire soient enfin écartées ?
- On voit depuis peu dans les rues de Londres un système d’annonces à grand effet; quoique le principe de l’appareil 11e soit pas nouveau, l’application qui lui a été donnée par MM. Pyke et Harris, ingénieurs électriciens, ne manque cependant pas d’intérêt.
- Ils emploient des tubes d’assez fort calibre, présentant la forme de lettres, dans lesquels on a fait le vide; à l’intérieur de ces tubes passe un courant obtenu par un transformateur, sous une différence de potentiel de 20000 volts; les précautions nécessaires sont prises pour que ce coulant à haute tension ne puisse provoquer aucun accident. Ce système d’annonce attire l’attention des promeneurs les plus piéoccupés.
- M. Aitken a imaginé un appareil qui sert à compter le nombre de particules de poussière renfermées dans un centimètre cube d’air. Il aconstatédelasortequel’onencompte le plus souvent des milliers, et même quelquefois des centaines de mille, trop petites pour être aperçues à l’ceii nu, mais cependant parfaitement visibles au microscope. Mais ce nombre est excessivement variable suivant les circonstances atmosphériques dans lesquelles on procède aux observations. En temps de sécheresse il est très grand, après les pluies il diminue énormément. C’est surtout après les orages qu’il est très faible.
- L’auteur a trouvé qu’il était tombé de 20 à 100 sur les côtes d’Ecosse, après des tempêtes où l’on avait observé des coups de foudre, et qui avaient duré pendant plusieurs jours.
- L’auteur explique, paraît-il, cette circonstance par l’action de la pluie. Mais ne doit-on pas faire entrer en ligne de compte l’action attractive de l’étincelle électrique qui, suivant l’expression d’Arago, donne un coup de balai dans l’air.
- On effectue actuellement à Salford des expériences sur la purification des eaux d’égout par l’électricité. L’eau d’égout à traiter passe dans une canalisation où sont placées des -plaques métalliques faisant partie d’une dynamo. Le courant précipite toutes les maiières étrangères, et le liquide sort à l’extrémité de l’appareil complètement débarrassé des impuretés qu’il contenait. Le seul inconvénient du système réside dans ce fait que l’opération exige, pour être conduite convenablement, un personnel assez habile et par conséquent un peu coûteux.
- Plusieurs villes ont envoyé leurs ingénieurs à Salford pour étudier le nouveau procédé; quelques-uns d’entre eux sont d’avis de l’adopter, malgré les frais un peu élevés que nécessite son installation. .
- Depuis longtemps nous n’avions pas reçu de détails sur le chemin de fer électrique souterrain de Londres Nous sommes heureux d’apprendre d’une façon indirecte que leà
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- travaux marchent d'une façon satisfaisante, et que dans environ six semaines l'inauguration pourra avoir lieu.
- Avant ja fin de l'année nous serons donc à même de présenter à nos lecteurs des résultats de l’exploitation d'une li^ne si intéressante au point de vue des grands travaux publics que l'on a l'intei tion d'exécuter à Paris.
- On cônstruit en ce moment à Liverpool une ligne ferrée dont les rails sont placés à une hauteur moyenne de 6 m. au-dessus du niveau du sol; la voie repose sur un tablier métallique supporté tous les 15 mètres environ par des piliers en treillis et s'étend sur une longueur totale de 9 kilomètres. Les travaux de construction avancent à raison de deux travées de 15 mètres par jour; à moins de sérieux accidents, il est Jcnc probable que la ligne pourra être livrée au public l’an prochain, à pareille époque. Les trains seront mus par l'électricité.
- Une Exposition nationale* aura lieu à Palerme l'année prochaine. La commission a résolu de donner à la classe dVlec tricité une importance plus grande qu'aux précédentes Expositions nationales de Turin et de Milan.
- Le premier chemin de fer électrique en Espagne sera ouvert entre Bilbao et Santurce. Le deuxième reliera Barcelone et Sarria; ce dernier sera établi le long d'une ancienne voie ferrée construite il y a environ 40 ans.
- M. le professeur Lintner, entomologiste du gouvernement des États-Unis, a fait l'examen au microscope des insectes biûlés en une nuit par une lampe à arc. Il en estime le nombre à 100000 pour une seule lampe : moucherons, cousins, éphémères, etc. Il ne se trouvait pas de moustiques parmi les victimes, mais un grand nombre de parasites de la végétation. M. Lintner, partant de son examen, dit que la lumière électrique pourra contribuer à la destruction des insectes nuisibles et, de plus, fournir aux entomologistes des spécimens d'espèces rares et même inconnues.
- Parmi'les grands travaux de captation de forces naturelles en exécution aux États-Unis il faut citer un gigantesque barrage à travers le Missouri, près d'Helena (Montana). Ce barrage, fait en charpente, aura 240 mètres de long sur 14,50 mètres de haut, et déterminera la formation d’un lac couvrant 429 milles carrés de superficie.
- L'eau s'écoulera par un tunnel et fera marcher des turbines dont l’ensemble donnera une force estimée à 20000 chevaux, qui sera transmise électriquement aux usines d'Helena et du district environnant.
- Nous lisons dans un journal politique le fait divers suivant :
- a Un singulier et dramatique accident causé par la foudre a eu lieu dans la ferme de M. Biggs, à 16 milles de Doland ^Dakota du sud).
- « On était occupé à battre le grain avec une machine à vapeur, et un hommé Peter Peterson se tenait au sommet d’une meule de paille de 15 pieds de haut. Le ciel était presque complètement clair, lorsque tout à coup un éclair aveuglant, instantanément suivi d'un effroyable coup de tonnerre, a jailli d’un tout petit nuage, à peine visible, et, Peterson, entouré pendant une seconde seulement d'une langue de feu de 6 pieds de haut, a disparu avec ellev
- (f Lorsque les personnes présentes ont été remises de leur frayeur, elles ont trouvé l'infortuné Peteison étendu au sommet de la meule, à côté d’un grand trou fait au milieu par la foudre, complètement dépouillé de ses vêtements, qui brûlaient lentement à côté de lui, et le corps couvert de brûlures et d’affreuses blessures à vif, comme si on lui avait enlevé la peau par larges places, à coups de rasoir. Crt infortuné avait été tué sur le coup.
- « Détail singulier, le trou fait par la foudre au milieu de la meule, de haut en bas, et formant une espèce de puits ayant le diamètre d'un baril ordinaire, était aussi régulier que s'il eût été fait avec un gigantesque emporte-pièce. »
- Le 15 septembie la session de la commission nationale des Etats-Unis a commencé à Andrews-Hall, Wabort Street, à Chicago. La séance s’est ouveite sous la présidence de M. Palmer, par une invocation à la divine Providence, prononcée par le Révérend Daniel Swing.
- L’appel nominal a constaté que sur 106 commissaire/ 70 étaient présents; des lettres ou des télégrammes ont été reçus des absents.
- Tous les États ont fait connaître leur choix, sauf le Tennessee et la Californie.
- La salle des séances était décorée des drapeaux de toutes les nations civilisées et de l'aigle des États-Unis.
- Les sièges ont été tirés au sort, et la session a commencé.
- Le juge Lindsay a présenté le rapport du comité judiciaire définissant les droits de la commission nationale et ses rapports avec la commission des directeurs créée à Chicago.
- Le commissaire Mackensic a présenté un rapport sur l'organisation de l’Exposition, qui comprendra vingt-deux comités permanents. Un de ces comités sera celui de l'électricité et des appareils électriques.
- Lçs directeurs se sont de leur côté préoccupés des services
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- électriques. M. Nathan ayant donné sa démission de président du comité chargé de les organiser, on a nommé à sa place le colonel C. Clowry.
- Voici trdis cas assez remarquables de fréquence de la foudre au même endroit, rapportés par M. C. Buvé, dans Ciel et Terre :
- i8 Près de la station de Lincent, province de Lièget passe la chaussée de Tirlemont à Hannut, bordée d’ormes. Elle suit à peu près la direction nord-ouest-sud-est. De Linsmeau à Lincent, le terrain monte assez fortement jusqu’à la rencontre de la chaussée, à son point culminant, avec une autre crête, allant à peu près du sud au nord. Plus loin, le terrain descend rapidement. Presque au point le plus élevé, on voit quatre ormes qui portent des cicatrices de blessures causées par la foudre. Un arbre a été frappé deux fois; tout à côté, un arbre plus petit a également été atteint. Non loin de là, un faucheur fut foudroyé en 1889.
- 20 A Bautersem, à mi-chemin entre Louvain et Tirlemont, se trouve une maison autour de laquelle la foudre tombe fréquemment.
- Voici les chutes les plus remarquables dans ces dernières années :
- Près de cette maison se trouvait un peuplier Canada. 11 était devenu si gros qu’un enfant pouvait à peine pisser entre l'arbre et le mur de l’habitation. Lors d’un orage, cet arbre fut entièrement détruit. Toutes ses branches furent emportées et le tronc fendu jusqu’au sol en trois ou quatre parties. La maison n’avait pas souffert.
- Quelque temps après, la foudre déîiuisit le garde-fou du puits attenant à la même maison. Ensuite, ce fut le tour d’un poirier du jardin. L’an passé, la foudre tomba encore dans un champ de froment voisin. Tout cela dans un rayon de quelques mètres.
- La configuration du terrain ne présente cependant rien de particulier.
- 3° Un bois de taillis et de grands aibres, plantés en terrain matécageux, est situé à Lovenjoul, entre la voie du chemin de fer et la chaussée de Malincs à Liège. Au miPeu de ce bois,- il y a une drève bordée de chênes et allant de l'ouest à l’est. J’ai compté sept chênes frappés par la foudre dans cette drève; ils*sont tous situés l’un près de l’autre, du côté sud. Tout près un.gros frêne a également été atteint. Sur la lisière sud du bois, deux peupliers ont encore été détruits l’année dernière. Les cultivateurs des environs prétendent qu’aucun orage ne passe au-dessus de ce bois sans que la foudre n’y tombe.
- M. Scherer, de Paris, a pris un brevet pour un piège électrique destiné aux rats et autres animaux nuisibles. L’appareil se compose d’une cage avec le fond formé d’une grille dont les barreaux sont alternativement reliés à la borne positive et à Ja borne négative d’une source d’électricité.
- Sur cette grille, on place un appât.
- Quand l'animal pénètre dans la cage, le circuit se ferme sur son corps, et, si le courant est suffisamment intense, il tombe foudroyé.
- La capture de quelques rats par ce procédé sera probablement plus dispendieuse que les dégâts qu’ils occasionnent; mais il nous semble que ce dispositif pourra être appliqué à la chasse des gros animaux dont la capture représente une somme importante ou entraîne souvent mort d’homme : tigres, jaguars, éléphar.t*, etc.
- Éclairage Électrique
- Quelques journaux ont fait beaucoup de bruit d’un incendie qui s’est produit, il y a quelques jours, dans un des cani-vaux pratiqués sar les boulevards pour placer la canalisation d’une des compagnies faisant le service de l'éclairage. Mais nous n’avons pas vu qu’une seule feuille parisienne ait dit un mot d’un effondrement qui s’est déclaré le 20 septembre Bury Street, dans le quartier de Saint-James, au milieu de Londres fnshionable. L’excavation a été produite par la rupture de quelque conduite de gaz.
- En effet, jusqu’à ce qu’on ait eu arrêté l’émission d'hydrogène carboné, il régnait dans toute la rue une odeur suffocante Il aurait suffi d’une étincelle pour déterminer une explosion formidable. La police s’est empressée d’interrompre la circulation, et c’est peut-être à cette précaution que l’on doit d’avoir échappé à une véritable catastrophe.
- Les passants du boulevard des Capucines ont eu un moment de panique, il y a quelques jour?, vers sept heures et quart du soir.
- Les lampes électriques s’étaient subitement éteintes, et une fumée intense s’échappait du regard ^faisant face à la lampe n8 34, qui se trouve au milieu de la chaussée. Un incendie venait de se déclarer dans la canalisation électrique de la Compagnie Popp, dans la partie du boulevard comprise entre la rue Daunou et la rue des Capucines. Plusieurs habitants craignaient une explosion qui n’était nullement à redouter.
- Les employés de la Compagnie eurent remis tout en état après un travail de deux heures, pendant lesquelles le bou* levard est resté plongé dans une obscurité très préjudiciable à la circulation des voitures.
- On procédé actuellement à l’installation de l’éclairage électrique de l’église de Brixton, au moyen de 300 lampes à incandescence. La partie mécanique comprend un moteur à gaz, une dynamo, une batterie d’accumulateurs et un moteur pour actionner le soufflet de l’orgue.
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- A la houillère de Erié, de la Hillside Coal Company de Scrauton (Etats-Unis) on a installé en haut du puits une machine à vapeur Armington et Sims de 60 chevaux et une dynamo Thomson-Houston de 50 chevaux donnant un courant de 220 volts. De la dynamo jusqu’au lond du puits le courant est conduit par des fils enfermés dans des tubes en fer pour les protéger contre tout accident. Au fond, les conducteurs sont montés sur poteaux, à une distance de 30 centimètres en dehors du rail extérieur de chaque voie.
- Des prises sont faites sui ces conducteurs et le courant sert à la fois à l’éclairage électrique au moyen de lampes à arc de 110 volts placés par deux en série, et à la traction des berlines. Les rails servent de fils de retour. La locomotive électrique a une longueur de 2,88 mètres, une largeur de 1,58 mètre et une hauteur de 1,65 mètre; son poids est de 4750 kilogrammes, auquel on a ajouté une surcharge de 820 kilogrammes pour augmenter l’adhérence.
- Le moteur électrtque est de la force de 40 chevaux. Pendant une période de 11,5 jours, la moyenne journalière des berlines amenées au fond du puits par la locomotive a été de 559,5, tandis que la traction par les mules n’en fournissait que 527.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le 23 septembre dernier, l’Administration des Postes et Télégraphes a mis en adjudication les travaux de terrassement à exécuter rue Gutenberg sur l’emplacement où doit s’élever le nouveau bureau central des téléphones.
- Ces travaux sont exécutés en vertu de la loi relative à la réorganisation des services téléphoniques à Paris.
- Les menaces d’émeute qui ont troublé la quiétude des habitants de New-York ont appelé naturellement l’attention sur la nécessité de perfectionner le système d’appels téléphoniques dont la ville de Chicago dispose et que nous avons décrits. L’inspecteur en chef Byrnes s’est rendu dans cetteville, a mis lui-même en mouvement un appel d’alarme, et au bout de quelques minutes il a vu arriver un bataillon de policemen tout prêt à disperser n’importe quel rassemblement.
- La Convention nationale des téléphones a tenu sa réunion annuelle à Detroit et tiendra sa prochaine à la Nouvelle-Orléans. La discussion a porté exclusivement sur de; mé-moires^dans lesquels on examinait des questions relatives à l’installation des Exchanges. Une des principales était de sa voir s’il est préférable de placer la salle où se tiennent les employés au second étage ou au haut de l’établissement.
- Le gouvernement japonais ne se contente pas de montrer son désir de contribuer au progrès de l’électricité en envoyant des délégués à la Conférence internationale de Paris. Les journaux de Tokio annoncent que les autorités de cette capitale prennent des dispositions pour la construction d’un Exchange Téléphonique.
- Aussitôt que les constructions seront commencées, on s’occupera de doter Yokohama d’une semblable institution.
- Les deux villes de Manchester et de Londres se trouvent actuellement réunies par deux lignes téléphoniques, qu’on peut utiliser en même temps pour éviter le retour par la terre. Cette nouvelle voie de communication a été inaugurée le 59 septembre devant la Société d’herborisation de Manchester.
- Une discussion scientifique s’est établie par téléphone, entre des savants se trouvant simultanément les uns à Man chester et les autres à Londres, sur l’opportunité de faire une analogie de l’air de Manchester et de Londres, qui devient de plus impropre à la vie.
- A la suite de ce colloque on a mis l’office de Manchester en communication avec le Théâtre Savay de Londres, et l’office de Londres avec le Princen Théâtre de Manchester. Cette ligne, dont la longueur est d’environ 280 kilomètres, a été construite par la Société nationale des téléphones, qui a obtenu du Post-Office d’Angleterre une concession analogue à celle dont la Société générale de Paris jouissait de la part du gouvernement français avant la rupture du service.
- Le téléphone va être établi entre Madrid et la résidence royale de la Granja. La distance est de 160 kilomètres.
- Sur le rapport du Directeur général des Postes et des Télégraphes, le Ministre du commerce et de l’industrie a autorisé la création d’un réseau annexe au réseau téléphonique de Fourmies, dans la commune d’Etrœungt (Nord); d’un réseau annexe au réseau de Paris, dans la commune d’Asnières, et d’un bureau téléphonique municipal à Chapelle-d’Huin (Doubs).
- Imprimeur-Gérant : V. Nory
- Imprimerie de La Lumière Électrique. — Paris 31, boulevard des Italiens, 31,
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- La «Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- DIRECTEUR : Dr CORNÉLIUS HERZ
- XII" ANNÉE (TOME XXXVIII) SAMEDI Il OCTOBRE 1890 No 41
- SOMMAIRE. — Sur les courants telluriques, observations faites à l’observatoire du Vésuve pendant une année entière ; L. Palmieri. — L’Exposition d’Edimbourg; C. Féry. — Préparation des agents de blanchiment par électrolyse et leur emploi dans l’industrie; A. Rigaut. — Influence de la tension électrique sur l’isolation des câbles; A. Palaz. — Les lampes à arc ; G. Richard. — Chronique et revue de la presse industrielle: Nouveaux règlements d’assurance pour les usines de lumière électrique et de transport électrique de la force. — Accumulateur homogène Héring. — Réfrigérant électrothermique Deway. — Lumière et statistique : discours présidentiel de M. Fontaine. — A propos du radiomètre, MM. Trémaux et Bennett. — Revue des travaux récents en électricité : Sur une analogie pneumatique du pont de Wheatstone, par M. Shaw. — Mesures faites sur la pile thermo-électrique de Guelcher, par F. Uppenborn. — Faits divers.
- SUR LES COURANTS TELLURIQUES
- OBSERVATIONS FAITES A L’OBSERVATOIRE DU VÉSUVE
- PENDANT UNE ANNÉE ENTIÈRE
- Les observations quotidiennes poursuivies pendant un an, et quatre fpis au moins par jour, à l’observatoire du Vésuve, sur les courants telluriques, ont dévoilé des faits non signalés ou non encore remarqués, faits qui ont enlevé une grande partie de leur valeur à des études antérieures, mais qui, par contre, ont expliqué quelques résultats contradictoires recueillis précédemment. Bien qu’ayant déjà cette année même dit quelques mots de l’emploi d’un appareil pour l’étude des courants telluriques, je crois devoir rappeler de quelle façon furent instituées les observations.
- Grâce à une cession faite à titre gracieux par l’honorable P. Lacava, ministre des postes et télégraphes, je pus disposer de la ligne télégraphique longue de 8 kilomètres qui servait auparavant au chemin de fer funiculaire du Vésuve. Le fil part de Résina, où il prend terre dans un puits et aboutit à l’observatoire, où il se rattache à l’une des bornes d’un galvanomètre à fil très long et fin et à double isolement, l’autre borne étant reliée à
- la terre du parafoudre de la station. La ligne est dirigée du S.-O (Résina) au N. -E (observatoire).
- Beaucoup d’observateurs ont employé deux fils, l’un placé dans la direction du méridien magnétique ou terrestre, l’autre perpendiculaire à celui-ci, et la plupart d'entre eux ont trouvé que le courant méridien est dirigé du N au S, et le courant équatorial de l’E. à l’O. ; ensuite, et par déductions mathématiques, ils conclurent que la vraie direction du courant tellurique était du N.-O au S.-E. Il me semble d’après cela que mon fil se dirigeait justement comme il le fallait, mais, expériences faites, je trouvai que le courant tellurique allait au contraire du S.-O. au N.-E, et j’ajoute maintenant que pendant une année entière il a conservé la même direction.
- En 1860, grâce à un fil de cuivre qui, partant du galvanomètre placé à côté de l’appareil à conducteur mobile destiné aux observations d'électricité météorique, allait prendre terre à une certaine distance de l’édifice, il m’arriva d’observer que lorsque l’autre bout du galvanomètre se trouvait au contact de la terrasse supérieure arrosée d’eau le galvanomètre indiquait dans_ le fil un courant dirigé de bas en haut ; comme ce fil descendait de la partie septentrionale de l’édifice, l’idée me vint que c’était le courant tellurique dirigé du N au S ; mais le même fil ayant été con-
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- duit au S à l’E et à l’O., le courant venait toujours de bas en haut.
- Ma ligne n’avait que 300 mètres de long et mes moyens étaient fort limités, en sorte que sans aide il m’était impossible de répéter en grand ces expériences. Ami deM. Matteucci alors qu’il n’était pas encore ministre, j’espérai lorsqu’il eut atteint cette haute situation qu’il seconderait mon désir, et l’ayant vu à Naples je lui dis en lui exposant les phénomènes que j’avais observés ce que Mura-tori avait dit en songe à un de ses amis élevé à la pourpre : Et cum multa queas, fac quoque multa velis ; mais de ma part aussi ce n’était qu’un rêve. Toutefois, Matteucci redescendu du pouvoir entreprit l’étude des courants telluriques avec un soin particulier, mais pour un temps trop limité, et il ne manqua pas de. remarquer qu'avec un fil très incliné le courant était, dans une certaine situation, dirigé de bas en haut. Mais, préoccupé de la distinction en courant méridien et en courant équatorial, il n’attacha pas d’importance à un fait qui déconcertait toutes les théories. Pour être juste, je dois rappeler qu’un phénomène identique à celui que je constatai à l’observatoire du Vésuve, fut observé aussi par le Savant professeur Ragona, duquel je reçus une lettre à ce sujet.
- Plus tard la ligne étant très inclinée, avec une différence de niveau de 600 mètres environ entre ses deux extrémités, je crus trouver dans ce fait ia raison pour laquelle le courant tellurique suivait une direction opposée à celle qu’on a l’habitude de lui attribuer. Je fis partir alors de J’observatoire un autre fil qui, descendant de la station, allait prendre terre dans un bosquet de châtaigniers dans la vallée dite Fosso delta Vetrana ; ce second fil se trouvait par suite, dirigé du S.-E (observatoire) au N.-O (Vetrana). Ce deuxième conducteur est beaucoup plus court que le premier, mais il descend avec une inclinaison plus grande.
- L’extrémité supérieure de ce fil ayant été mise en communication avec la terre du paratonnerre en y intercalant le galvanomètre, le courant vient de la Vetrana à l’observatoire, c’est-à-dire du N.-O au S.-E, et c’est dire qu’il est également ascendant. En supprimant la terre du parafoudre et en intercalant le galvanomètre entre les deux fils formant un circuit continu, on a une déviation de l’index du galvanomètre qui représente la différence des deux courants, dirigée dans le sens de celui qui vient de Résina.
- Celui-ci, en raison de la plus grande longueur j
- de fil, et peut-être même à cause d’une plus forte différence de niveau entre ses extrémités, est le plus intense ; en sorte que si le fil de la Vetrana avait pu être prolongé suffisamment, le galvanomètre de l’observatoire interposé entre les conducteurs aurait été maintenu à zéro.
- Si donc dans les fils inclinés sur l’horizon, quel que soit leur azimuth, les courants telluriques sont toujours ascendants, c’est-à-dire dirigés de bas en haut, on comprendra quelle valeur peuvent avoir toutes les observations faites jusqu’à présent pour déterminer la direction de ces courants, sans tenir compte du niveau des extrémités des fils. Celui qui se trouverait sur la cime d’une montagne et en ferait partir un nombre quelconque de fils isolés qui s’en iraient dans toutes les directions prendre terre à la base de la montagne, verrait, en intercalant successivement un galvanomètre sur chacun des fils, tous les courants affluer vers lui, le sommet du mont représentant un pôle négatif et le pied un très vaste pôle positif.
- Matteucci, au champ St-Maurice, nota qu’avec une ligne équatoriale de quelques centaines de mètres on n’avait pas de courant, mais que si on la prolongeait au-delà d’un kilomètre, le courant apparaissait. Je pense que dans le premier cas, les extrémités de la ligne devaient se trouver au même niveau et qu’elles ne s’y trouvaient pas dans le second cas. Il faut remarquer que Matteucci employa les plus grands soins pour rendre homogènes les lames enfoncées dans le sol et pour éviter qu’elles ne se polarisassent.
- Lors donc que l’on emploiera des fils parfaitement horizontaux prenant terre en deux points du soi placés au même niveau, en usant des précautions nécessaires pour éviter l’hétérogénéité, la polarisation, etc., et en observant pendant des journées régulières, on pourra dire quelque chose sur l’existence et la direction des courants telluriques.
- Considérons pour l’instant quels ont été les résultats fournis par ces courants qui parcourent des fils inclinés. Les observations, comme on l’a dit plus haut, ont été faites au moins quatre fois par jour, à 9 heures, à midi, à 3 heures et à 9 heures du soir, en notant toujours les intensités de ceux qui parcourent le fil le plus long allant de Résina à l’observatoire.
- | i° Le courant, au point de vue de la direction, a
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- toujours été ascendant, dirigé de Résina à l’observatoire et par conséquent du S.-O au N.-E.
- 2° 11 n’a pas montré de façon précise de période diurne ; souvent même il s’est maintenu invariable pendant plus d’un jour et parfois il a montré quelques degrés de moins vers les 9 heures du soir.
- 3° Après les pluies d’orage spécialement on a toujours noté une diminution.
- 4° En été le courant s’est montré un peu plus intense qu'en hiver.
- 50 L’index du galvanomètre s’est tenu parfois fixe à une certaine déviation et parfois oscillant de 5 à 6 degrés comme si le courant subissait de rapides variations d’intensité.
- Le 17 juin, pendant l’éclipse de soleil, ces déviations étaient remarquables par leur amplitude de 10 à 12 degrés.
- Pour donner une idée de la marche du courant, je choisis le mois d’août qui termine la première année d’observations, les journées ayant été le plus souvent sereines et calmes, et j’indique les degrés galvanométriques obtenus, en même temps que l’état du ciel.
- Je dois dire pour les savants qui désirent avoir des mesures absolues (du syst. C. G. S) que le galvanomètre donne avec un petit élément voltaïque cuivre, zinc et eau potable, une déviation de 75°. Les deux lamelles sont égales; chacune a 60 millimètres de long, 14 millimètres de large.
- Ce petit couple m’a servi pour vérifier au cours de l’année si le galvanomètre avait varié de sensibilité par suite de variations du magnétisme des aiguilles, de la façon indiquée ci-après.
- Jours Heures des observations État du ciel Jours Heures des observations État du ciel
- 9 h. m. midi 3 h. s. 9 h. s 9 h. ni. midi 3 h. s. 9 h. s.
- Degrés du galvanomètre Degrés du g alvanomètre
- ï 55 56 60 56 nuageux >7 37 40 47 40 serein
- 2 ^7 5» 60 59 id. . 18 49 51 53 45 iJ.
- ' 3 55 58 60 ho serein •9 56 57 54 s6 id.
- 4 60 37 58 62 id. 20 58 31 57 59 id.
- Ç 60 57 58 56 id. 21 53 55 57 56 id.
- 6 3» 33 32 32 mixte 22 5Z 57 57 id.
- 7 33 35 37 32 id. 23 58 56 57 57 id.
- s 3» 34 28 30 id. 24 5? 56 56 56- id.
- 9 55 56 60 60 serein 25 56 5<S 56 59 («) (ir) nuageux
- 10 60 60 60 60 id. 26 55 57 57 57 nuageux
- 11 6l 60 60 60 id. 27 59 55 50 59 serein
- 12 62 63 63 64 id. 28 57 57 58 58 presque pur
- •3 62 62 63 63 id/ 29 5<> 54 54 55 serein
- '4 63 63 62 62 id. 30 57 55 53 54 nuageux
- 5 62 63 63 63 id. 3' 53 55 53 53 mixte
- 10 56 52 . 57 52 id.
- On sait que les courants telluriques qui parcourent les fils télégraphiques ne sont pas habituellement accusés par les boussoles placées sur les tables, ces boussoles n’étant que des galvanomètres peu sensibles, à aiguille unique, pesante et pivotant sur une pointe d’acier; mais lorsqu’il y a orage, même à une certaine distance des lignes, il arrive souvent par ces fils jusque sur les tables de manipulation des décharges lumineuses ou de vrais Courants de courte durée qui font coller la palette de l’électro-aimant et sont indiqués par la boussole.
- Les courants qui se manifestent lors des appâtions des aurores polaires sont plus durables et empêchent même pendant un temps' assez long l’échange des correspondances télégraphiques. Ces décharges ou courants qui, sans doute, sont produits par des inductions de l’électricité atmosphérique, et qui peuvent fondre le fil du galvanomètre, m’engagèrent à ne pas laisser constamment celui-ci dans le circuit, mais à l’y placer un peu avant les observations et à l’en retirer après avoir fait la lecture de la déviation produite. Pour que l’observateur ne touchât pas au galvanomètre
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- chaque fois qu’il devait observer l’intensité du courant, on faisait communiquer avec un fil court et gros les deux bouts de la ligne, en sorte que le fil long et fin de l'instrument restait comme circuit de déviation présentant une très grande résistance, tandis que celle de l'intervalle de dérivation étant presque nulle, il ne passait pas de courant sensible par le fil du galvanomètre.
- Les choses marchèrent bien jusqu’aux premiers jours d’octobre ; mais après les premières pluies avec foudre à distance, la déviation qui s’était . maintenue entre 65° et 700 tomba tout d’un coup à 6 ou 70 et s’y maintient. Je vérifiai alors à l’aide du petit élément étalon dont il est question plus haut et je trouvai que l’index du galvanomètre déviait précisément de 6 à 70. En remplaçant l’instrument par un autre, je constatai que l’aiguille intérieure du premier était complètement désaimantée. En novembre, après de fortes pluies accompagnées de foudre, le nouveau galvanomètre qui donnait 70 à 750 tomba tout à coup à 3 ou 40. En vérifiant sa sensibilité qui avait si fortement diminué, je constatai que l’aiguille avait été désaimantée et réaimantée en sens contraire. Replaçant alors le premier galvanomètre remis en état, je fis en sorte que l’instrument restât entièrement hors du circuit quand on ne devait pas l’observer. Ainsi réglées, les choses allèrent mieux, mais le galvanomètre n’est pas resté cependant à l’abri de toute variation d’intensité.
- Or, s’il résulte des faits précédents que si, malgré toutes les précautions prises de ne pas laisser constamment le galvanomètre dans le circuit, les aiguilles ont subi de notables altérations de leur magnétisme, que doit-on penser des observations que l’ori a faites sans avoir soupçonné qu’il pût arriver ce qui, dans une année, s’est produit quatre fois ?
- Je crois donc que, si l’on voulait entreprendre un travail sur les courants telluriques, il faudrait avant tout éviter le galvanomètre et recourir à un électrodynamomètre, de grande sensibilité si c’est possible.
- Récemment M. d’Arsonval a fait construire pour la mesure des intensités des courants un ingénieux appareil basé sur une observation de Wie-demànn, qui avait trouvé que si l’on entoure un tube rempli de sulfure de carbone d’un solénoïde traversé par un courant, la rotation du plan de polarisation de la lumière qui passe par ce liquide est exactement proportionnelle à l’intensité du
- courant qui parcourt le fil du solénoïde. Partant de ce principe, M. d’Arsonval a pris un tube de saccharimétre plein de sulfure de carbone et l’a recouvert d’un fil de cuivre entouré de soie, enroulé en hélice. Après l’avoir placé entre le pola-riseur et l’analyseur, il a déterminé le plan de polarisation de la lumière; ensuite, ayant fait passer le courant à travers le fil, il a vu de combien de degrés a tourné ce plan, et, comme la sensibilité de l’appareil dépend du nombre de tours de l’hélice, ainsi, dit le Moniteur Industriel, l’instrument pourrait donner la mesure des courants de faible intensité. 11 faudrait faire des essais, mais je ne sais s’il me sera possible de les faire en raison de divers obstacles auxquels je me heurte; aussi ai-je imaginé un autre appareil plus économique que j’espère mettre à l’essai lorsque je pourrai disposer d’un mécanicien spécial.
- Quand le galvanomètre a présenté ces très fortes diminutions, j’ai toujours vu que celles-ci étaient illusoires parce qu’elles proviennent d’altérations notables du magnétisme des aiguilles ; mais parfois il est arrivé que le galvanomètre n’ayant pas varié, ses déviations sensiblement moindres correspondaient véritablement à une diminution dans l’intensité du courant, et en effet, sans changer le galvanomètre, on a vu les déviations augmenter de nouveau au bout de quelques jours. Le tableau précédent montre comment du 1er août au 5, on eut des déviations de 6o° et dans les journées des 6, 7 et 8 on atteignit 30; puis le 9 on retourna à ôo. De là, la nécessité de procédér souvent à la vérification du galvanomètre quand on n’emploi pas d’autre instrument propre à fournir des mesures, comme il est dit plus haut.
- Je ne crois pas pour ma part que ces courants dits telluriques soient indépendants de l’électricité météorique qui pourrait bien en être le principal facteur; de même que je ne crois pas que l’on puisse considérer comme concluants les essais faiis jusqu’à présent pour démontrer le contraire. Je n’entends pas en venir à un examen qui me semble prématuré, puisqu’il n’a pas encore été fait d’études sur les courants telluriques dans le sens nouveau que réclament les faits exposés plus haut. Je voudrais seulement rappeler que l’électricité de l’air prend souvent la forme dynamique dans nos appareils. On sait qu’un galvanomètre mis par une extrémité en communication avec un conducteur isolé, bien exposé et surmonté de pointes métalliques (l’autre extrémité communiquant avec
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- le sol) accuse par des temps de fortes pluies des courants descendants ou ascendants selon qu’il se trouve dans la zone positive ou négative, suivant la loi que j’annonçai en 1854 et qui fut confirmée par A. Quetelet à l’observatoire de Bruxelles.
- Mais pourquoi ce s courants galvanométriques n’ont-ils pas lieu sans pluie au moins à distance ? Parce que la pluie est une vraie source d’électricité tant qu'elle dure et peut, par suite, comme la machine électrique ordinaire, faire dévier l’aiguille d’un galvanomètre. Que l’on ajoute à ces phénomènes ceux que présentent les appareils télégraphiques et aussi téléphoniques lors des pluies ou des aurores polaires et l’on se convaincra de la nécessité de ne point exclure l’électricité météorique des causes premières des courants telluriques. De toute façon, il faut d’abord refaire mieux l’étude de ces courants, spécialement après avoir éprouvé que sur les fils inclinés ils sont toujours ascendants.
- Les observations sur le courant tellurique ont été faites aux mêmes heures que celles de météorologie électrique, avec la méthode du conducteur mobile et l’électromètre bifilaire, qui donne des valeurs absolues corrigées des erreurs dues aux postes.
- Mais il ne suffit pas de connaître la valeur du potentiel en un point de l’atmosphère, de même qu’il serait insuffisant de connaître celui de l’autre extrémité de la ligne. Je sais ce qu’il y aurait à faire, mais je ne crois pas nécessaire de traiter ce sujet en ce moment, eti j’ai voulu montrer que d’après des recherches récentes il convient de refaire l’étude des courants telluriques en suivant une nouvelle marche. Quand ce nouveau travail sera fait, il sera possible alors de confronte'r les courants telluriques aveç les observations de météorologie électrique faites simultanément dans toute la région qui entoure la ligne. A Naples il y a deux appareils que l’on observe régulièrement.
- Il eût été fort utile que des observations fussent laites aussi à l’école d’agriculture de Portici, où pendant quelque temps on. plaça un appareil dont j’ignore le sort, et qu’à l’observatoire de M. Longo, dans la vallée de Pompéï, on eût installé un appareil dont on aurait comparé les données (pour ces deux endroits) avec celles de l’observatoire du Vésuve. On n’a pas agi ainsi ; c’est regrettable, car cela m’eût permis peut-être de
- tirer de cet ensemble d’expériences quelque conclusion touchant cette question délicate.
- L. Palmieri.
- L’EXPOSITION D’EDIMBOURG
- Le jury pour l’attribution de récompenses à l’Exposition d’Edimbourg vient de terminer ses travaux; ayant à cette occasion visité l’Exposition en détail nous pouvons de visu en donner une idée aussi exacte que possible.
- L’ouverture d’une exposition internationale spécialement électrique montre l’importance que l’on accorde à une science nouvelle dont l’essor si rapide a pu un moment effrayer les timides. Si les promoteurs de l’Exposition d’Edimbourg n’ont pas obtenu un succès aussi grand qu’ils l’auraient désiré, il faut l’attribuer, croyons-nous, à la date trop récente de l’Exposition française et peut-être aussi à un manque d’unité dans les efforts des comités anglais et écossais.
- Cependant cette exposition renfermait une foule de choses intéressantes dont nous voulons présenter quelques-unes aux lecteurs de cette revue.
- L’Exposition occupe un site très favorable à Merchiston, à l’ouest d’Edimbourg; le terrain appartient à deux compagnies dé chemins de fer : la Caleclonian Railway C° et la -Merchant C° ; son étendue est de 50 acres (20 hectares).
- Elle est desservie par deux lignes principales de tramways: la Colinton Road C°, qui accède à l’entrée sud, el une seconde ligne qui passe par Dalry et fait communiquer Princes-Street, la rue principale d’Edimbourg, avec l’entrée est de l’Exposition (voir le plan de i’Exposition figure !).
- La Calèdonian Railway C° a aussi construit une station qui dessert le nord-ouest, et le chemin de fer suburbain en a également une au centre même de l’Exposition.
- Moyens de transport intérieurs. — Nous devons citer en premier lieu les quatre bateaux électriques (Electric lamuhes) qui font le service sur Union canal entre le Canal Batin, Lothian Road et l’Ex-
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- position ainsi qu’entre Drawbridge et Fountain-bridge et VEastern Landing Stage et l’Exposition.
- Ces bateaux ont 14 mètres de longueur et peuvent recevoir 40 passagers. Le courant leur est fourni par une batterie de 50 accumulateurs, dont les boîtes sont légèrement tronconiques pour faciliter leur placement sous les banquettes (fîg. 2).
- Le courant, d’une intensité de 30 ampères, est envoyé dans un petit moteur lmmisch (fîg. 3) directement calé sur l’arbre de l’hélice.
- Dans le but de diminuer les étincelles au collecteur on a formé celui-ci de la réunion de deux collecteurs décalés d’une demi-lame l’un par rapport à l’autre, ainsi qu’on le voit très bien sur la
- Fig. 1. — Plan de l’Exposition d’Edimbourg
- figure. Les balais en charbon cuivré sont normaux au collecteur et ne peuvent par conséquent se rebrousser dans les changements de marche. Les chocs brusques,qui sont la cause la plus générale de détérioration des plaques, peuvent être ici évités, et si on prend quelques précautions à l’amarrage, les accumulateurs sont dans de bonnes conditions de durée.
- Chemin de fer glissant. — Nous avons retrouvé ici un autre genre de locomotion qui avait attiré à l’Exposition de Paris l’attention des ingénieurs: le
- chemin de ter glissanl, d’invention absolument française. Imaginé par L.-D. Girard, il a été repris et considérablement amélioré par M. C. Barre.
- Dans ce système les véhicules sont supportés par des patins rectangulaires remplaçant les roues des wagons ordinaires et qui reposent sur des rails de même largeur. Pendant la marche, une mince couche d’eau sous pression soulève le véhicule et détruit ainsi tout espèce de contact métallique entre le patin et le rail ; la résistance à la traction est ainsi réduite à une valeur très faible ne dépassant pas. un kilogramme par tonne.
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- Tous les véhicules du train étant ainsi soulevés sont poussés en avant par des colonnes d’eau horizontales sous pression s’échappant d'ajutages fixes placés sur la voie de distance en distance et qui agissent sur une pièce métallique garnie d’aubes et fonctionnant comme une turbine rectiligne. Cette pièce est dans l’axe de la voie et s’étend d’une extrémité à l’autre du train.
- Le premier wagon ouvre les ajutages appelés propulseurs et le dernier les referme. Le débit de l’eau n’a ainsi lieu que pendant le temps du passage des trains, et il diminue avec la vitesse. L’ouverture et la fermeture des ajutages, qui renferment de l’eau à une pression de 10 à 12 kilogrammes nécessitent un certain travail ; on a
- levé cette difficulté par l’emploi d’un piston différentiel.
- Pour éviter les coups de bélier, à chaqiie pro-
- Fig. 2. — Boîte d’accumulateur.
- pulseur est adapté un accumulateur dans lequel se trouve un certain volume d’air.
- La force motrice nécessaire à la compression de l’eau est fournie par une machine de 50 chevaux
- Fig. 3. — Moteur Immisch
- Dancy et Paxman-Colchester, qui actionne à la fois les pompes à eau système Girard (construites par Meunier) et une petite pompe à air pourcom-penser les pertes dans les accumulateurs.
- La puissance de la machine employée peut paraître considérable, mais il faut remarquer que.c’est au démarrage que l’on perd le plus d’eau et que sur le faible parcours qui figure à l’Exposition (lôo mètres environ) chaque trajet constitué par l’aller et le retour comprend deux démarrages. Quant à la consommation d’eau des patins elle est très faible comparativement à celle des propulseurs.
- M. Barre a trouvé dans une série d’études entreprises à ce sujet qu’il est toujours plus avantageux d’augmenter la pression de l’eau sous le patin que la dimension de celui-ci.
- Les rails sont plats et de la même largeur que le patin ; ils sont reliés par un ajustement de caout-
- chouc prévenant toute fuite et permettant la dilatation.
- Les patins sont supportés de manière à pouvoir osciller librement, ce qui leur assure un équilibre parfait et leur permet d’obéir à tous les devers possibles du rail ; enfin ils comportent un réglage automatique de l’eau suivant les variations de la charge.
- Ce chemin de fer réunit les trois qualités re-quisés pour un système urbain' : démarrage rapide, grande vitesse et moyen puissant d’arrêt; il suffit, en effet, de supprimer l’eau sous les patins pour avoir un frein extrêmement énergique.
- Enfin, pendant les instants d’arrêt des trains, les pompes continuant toujours à refouler de [’eau dans les accumulateurs permettent de disposer au démarrage de l’énergie ainsi accumulée.
- Ces différentes qualités ont fait obtenir l’autorisation de construire à [Londres deux lignes, dont l’une à grand parcours.
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- Peut-être la traction électrique combinée avec le principe du glissement fournirait-elle un bon moyen de locomotion ; nous laissons aux praticiens le soin de répondre à cette question.
- Le telpherway. — Mentionnons aussi une application de ce mode de transport imaginé par le
- professeur Fleming Jerickin. Ce système est employé surtout en Amérique pour le transport des marchandises: une sorte de ligne télégraphique établie entre les deux stations sert de rails pour les roues des voitures et amène le courant à la dynamo motrice.
- Ici les roues portaient sur la traverse D (fig. 4)
- et le courant était amené au moteur E par un câble A. Celui-ci, formé d’une torsade de fils métalliques, était serré entre la gorge de deux poulies
- Fig. 5. — Dynamo Slatter
- qu’un ressort tendait à rapprocher; le contact ainsi obtenu est assez bon. Les trois wagons que peut traîner le moteur peuvent contenir 18 personnes.
- Nous reprochons à cette installation deux petits défauts qui pourraient être certainement atténués : La dynamo réceptrice commande les roues motrices au moyen d’un train d'engrenages qui, outre son bruit désagréable, fait vibrer les balais et pro-
- duit ainsi de faux contacts avec production d’étincelles.
- Le manque de rigidité des câbles qui supportent les voitures causent des mouvements oscillatoires de ces dernières qui peuvent ne pas être goûtés de tous les voyageurs.
- Nous pensons que ce système, excellent pour les marchandises dans certains cas, devra subir quelques modifications pour pouvoir être employé au transport des voyageurs.
- Cette ligne, placée derrière la section française d’électricité recevait le courant des machines Slatter de \’Electrical Engineering Corporation placées dans la galerie des machines.
- Grâce à une construction spéciale et à la forme des pièces polaires les balais peuvent être écartés de leur position normale sans trop donner d’étincelles. Un régulateur mu par un solénoïde maintient l’intensité constante par la manœuvre des balais (fig. 5).
- Pour cela, le noyau de fer qui se meut dans le solénoïde produit l’embrayage de l’un des deux pignons dentés qui commandent les balais dans un sens ou dans l’autre. Ce mouvement, produit dans le sens voulu par l’arbre même de la dynamo, ramène ainsi le courant à sa valeur normale.
- C.
- (A suivre)
- Féry.
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- PRÉPARATION DES AGENTS
- DE BLANCHIMENT PAR ÉLECTROLYSE
- HT LEUR EMPLOI DANS L’INDUSTRIE
- Dans un précédent article (* *) d’électrochimie industrielle, nous avons étudié ce qui avait été fait ou proposé pour la préparation par électrolyse d’un certain nombre de produits chimiques, et en particulier du chlorate de potasse, sans nous occuper des agents de blanchiment, hypochlorites ou autres produits, formés dans le traitement de la solution des chlorures par le courant électrique, car nous comptions y revenir dans une revue d’ensemble de cette importante question, qui a permis d’instituer, comme on sait, l’industrie du blanchiment dit électrique ; la publication récente deplusieurs nouveaux procédés etles modifications apportées à ceux de M. Hermite nous en fournissent l’occasion aujourd’hui.
- Le fait d’obtenir des agents décolorants par l'élec-trolyse des chlorures était certes connu depuis longtemps. Becquerel (2) signale le chlore et la soude dans les produits de la décomposition de la solution de chlorure de sodium par une pile de trente couples. Brande(3)prétend même qu’en 1820 ilavait suggéré l’idée du blanchiment par l'électrolyse du sel marin. L’expérience qu’il rapporte est très curieuse ; il appliquait un petit disque de platine rendu électro-positif sur un morceau de calicot teint, imprégné d’une solution de chlorure de sodium et tendu sur un 1 autre disque électro-négatif. Dans ces conditions, il se produisait des points blancs aux endroits électrolysés. Brande ajoutait qu’un brevet sur cette application avait été pris par Bagg.
- En 1849, Bouis (4), reprenant les expériences de Kolbe, qui était parvenu à transformer par électrolyse la solution de chlorure de potassium en chlorate, reconnut qu’avec un même nombre d’éléments les réactions, obtenues étaient différentes suivant la température à laquelle on opérait, et que si l’on s’arrangeait de manière à ne pas laisser celle-ci s’élever on obtenait de l’hypochlorite
- (1) La Lumière Électrique, t. XXXVI, p. 419.
- (*) Electrochimie, 1843, p. 130.
- (:1> Mau liai of chemistry, London, W. Parke, 1848, t. I, p. 225.
- (4) Comptes rendus Acad. des sciences, t. XXIX, p. 403. t.
- de potasse et non du chlorate. « Cette expérience répétée avec des dissolutions plus ou moins concentrées, avec des courants d’intensités différentes et dont l’action s’est prolongée pendant 48 heures m’a constamment fourni de l’hypochlorite de potasse. » Le mécanisme de sa formation consiste dans l’action du chlore dégagé à l’anode sur la potasse qui a pris naissance à la cathode, cette dernière provenant de la réaction du potassium mis en liberté sur l’eau de la solution. Or on sait que le chlore et la potasse à froid engendrent de l’hypochlorite de potasse.
- Depuis ce travail, Ch. Watt (4) (1851), Hunter (1837), De Gemini (2) (1858) ont décrit des procédés de fabrication électrolytique d’hypochlorites alcalins. Lardenois fait breveter en 1839 un produit, l’électrochlorygène, obtenu par l’électrolyse du sel dans une cuve en plomb formant le pôle négatif, le pôle positif étant fait d’une lame de platine. C’est encore l’électrolyse des chlorures en vue d’obtenir de la soude et du chlore que se propose Dickson en 1862.
- A l’époque où remontent ces divers procédés, les méthodes électrolytiques étaient pratiquement inapplicables et nous doutons fort qu’elles aient même été essayées dans l’industrie chimique.
- Dans la période plus récente, nous rencontrons le brevet de Fitz Gerald et Molloy en 1872; ces inventeurs fabriquent aussi des hypochlorites par les chlorures et indiquent la régénération par l’électrolyse d’un hypochlorite épuisé après blanchiment. Vient ensuite le brevet de Fournier en 1879 sur le même sujet.
- Un peu plus tard Ostersetzer, en 1882, étudie les conditions de l’électrolyse d.e la solution dé chlorure de sodium et montre qu’étendue elle ne donne que de l’hydrogène et de l’oxygène, alors qu’à partir d’une certaine concentration on obtient de l’hypochlorite de soude (3). A la suite de ce travail, Dobbies et Huicheson s’appuient sur ses données pour instituer un mode de blanchiment par électrolyse (4).
- En 1.883 MM. Naudin et Bidet (“) reprennent la question du blanchiment électrochimique et avec
- (') Lronardi, Revue iutern. de l'Electricité, août 1890.
- (,2) Génie industriel, t. VIII, p. 219.
- (3) Journal of Society o f Chemical industry, 1882.
- (*) La Nature (1882).
- (r’) La Lumière Electrique, t. IX, Société chimique, Paris, XL.
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- M. Schneider en tentent une application industrielle. Ils ont montré quedans I’électrolyse du chlorure de sodium, « en tenant compte des pertes inhérentes aux manipulations industrielles, on doit faire servir indéfiniment une même quantité de chlore qui, au contact de la matière organique, se transforme rigoureusement en une quantité équivalente d’un corps composé chloré, susceptible de donner le chlore », c’est-à-dire que le chlore peut être régénéré après avoir agi sur la matière colorante. Dans le procédé de 1872 cité plus haut le principe de la régénération était ainsi indiqué par les auteurs : « Quand on s’est servi de la solution pour opérer le blanchiment des fibres et qu’elle est épuisée, on la renvoie dans la cuve de décomposition. »
- Les essais de laboratoire de MM. Naudin et Bidet avaient bien réussi, mais les inventeurs, mal renseignés peut-être sur les rendements des dynamos productrices des courants, ne s’appliquèrent pas à résoudre toutes les difficultés d’une application de procédé sur une grande échelle et renoncèrent bientôt à la solution pratique de cette question.
- En 1883, àu moment de la publication des procédés Naudin, on affirmait que la méthode électrolytique de blanchiment était, dans le domaine public en Russie ('j. Dans ce pays, LidoffetTikho-rniroff (2) ont électrolysé les chlorures en cherchant celui qui donnait le liquide ayant le maximum de pouvoir décolorant ; ils ont donné la préférence à la solution de chlorure de potassium. En représentant par 100 le pouvoir décolorant du chlorure de potassium électrolysé, celui du chlorure de sodium est donné par 73 et celui du chlorure de calcium par 24. D’après un article déjà cité (3) Lidofif et Tikhomiroff auraient même fait du blanchiment électrique à l’Exposition d’électricité de Vienne.
- D’après M. Gimé(4) la production des hypochlo-rites par I’électrolyse se fait en Amérique déjà depuis longtemps, et on y emploie le plus souvent l’eau de mer convenablement concentrée, mais nous croyons bien ne pas nous tromper en affirmant qu’en France, à partM. Hermite, qui fabrique
- (!) La attire, 18S3.
- (2) Journal de la Société chimique russe, 1882, p. 342. Le Blanchiment, électrique, brochure, Moscou, 1883.
- (3) Revue interii. de l’Electricité, août 1890.
- (4) La Lumière Electrique, t. XIX, p. 164.
- des agents décolorants pour un but spécial, tous les fabricants d’hypochlorites emploient encore les procédés chimiques. En effet, à l’Exposition du Centenaire, l’électrochimie industrielle n’était représentée que par la fabrication des chlorures décolorants de M. Hermite et par celle du chlorate de potasse de MM. Gall et de Montlaur.
- C’est en 1883, après les insuccès de M. Naudin, que M. Hermite a été amené à s’occuper de la question de I’électrolyse des chlorures, et après avoir fait des essais prolongés sur celle du chlorure de sodium, il a abandonné ce corps pour employer successivemeut le chlorure de calcium et le chlorure de magnésium, et il a reconnu que c’était ce dernier sel qui se prêtait le mieux à la transformation en produit décolorant. Le procédé de M. Hermite a été présenté à nos lecteurs par M. Ledeboer, qui l’avait vu fonctionnera l’Exposition d'Anvers et qui avec M. Dirvell s’était rendu compte par des expériences de sa marche et de sa valeur (* *).
- Le blanchiment électrique de M. Hermite a été étudié ici à plusieurs reprises (2), aussi ne ferons-nous que rappeler sommairement la description des appareils définitifs avant d’aborder les perfectionnements récents apportés aux procédés déjà décrits.
- La cuve à électrolyser (fig. 1) est en fonte galvanisée et porte à la partie inférieure un tube horizontal perforé d’une quantité de trous et muni d’un robineL en zinc. Ce tube sert à l’entrée de la dissolution dans la cuve. Un rebord formant canal fait le tour de la cuve et permet à la solution,., qui arrive continuellement, de se déverser au dehors et d’aller dans les cuves où on veut l’utiliser.
- Dans chaque cuve, il y a deux séries parallèles d’électrodes. Les cathodes sont constituées par un certain nombre de disques de zinc, montés syr deux arbres qui tournent lentement. Entre chaque paire de disques de zinc sont placées les anodes (fig. 2) dont la surface active est constituée par de la toile de platine, maintenue par un cadre d’ébo-nite et reliée par une pièce de plomb à une barre de cuivre sur laquelle on peut la fixer au moyen d’un écrou; chaque anode peut être enlevée isolément sans nuire au fonctionnement de l’appareil.
- La barre de cuivre est reliée à la borne positive
- i1) La Lumière Electrique, t. XVIII, p. 385 et 579.
- (*) Munro. La Lumière Électrique, t. XXVIII, p. 443. Ledeboer. t. XXXI, p. 151.
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- de la dynamo ; le courant est distribué dans la cuve, les disques de zinc de la cathode communiquant par la cuve de fonte avec le pôle négatif de la dynamo.
- Pour maintenir les disques de zinc parfaitement propres, des couteaux flexibles en ébonite, tels que celui qu’on voit sur la figure 2 au-dessus de l’encoche destinée à laisser passer le disque de zinc, sont placés sur les anodes, et comme les disques tournent, tout dépôt se trouve détaché. Si on met en marche plusieurs de ces appareils élec-trolyseurs, on les monte en tension. Les dynamos employées, comme toutes les dynamos d’électrochimie, donnent de la quantité sous une faible tension; on fait en général passer dans les
- électrolyseurs un courant de 1000 à 1200 ampères avec une tension de 5 volts, la densité de courant sur les anodes étant d’environ 0,02 ampère.
- Au point de vue économique, il y avait intérêt à employer comme anode une substance conductrice bon marché et inattaquable par les produits de l’électrolyse. Le charbon sous différentes formes semble se prêter à priori à cet usagé et dans beaucoup des procédés qui précèdent et de ceux qui vont suivre, c’est lui qu’on emploie ou qu’on se propose d’employer. M. Hermite, après de longues recherches, n’a pu néanmoins réussir à obtenir un charbon suffisamment inattaquable dans les chlorures électrolysés. Le charbon s’oxyde et se désa-
- Fig. 1 et 2. — Electrolyseur Hermite et détail d’une plaque d’anode.
- grège; les recherches classiques de Bartoli et Pa-pasogli (1882) ont montré que dans toute électro-lyse où il y a dégagement d’oxygène à l’anode, le charbon est attaqué et donne en même temps que de l’oxyde de carbone et de l’acide carbonique une substance noire, la mellogène, des acides organiques ulmiques, les acides mellique, pyromel-lique, etc.; dans le cas du graphite, de l’acide graphitique. D’après les mêmes auteurs, quand il s’agit d’électrolyser des chlorures en solution, la désagrégation du charbon de cornue employé est d’autant plus grande que la solution est plus étendue. Or, dans le procédé Hermite, les solutions de chlorure de magnésium sont très étendues ; de là la nécessité du platine dans la construction des anodes, ce qui donne, aux électrolyseurs un prix très élevé et nuit certainement à la vulgarisation du procédé dans la petite industrie.
- M. Hermite a cherché à remplacer le platine par
- le cuivre plafiné ou la porcelaine platinée. Malheureusement le platine déposé est rongé immédiatement dans la solution électrolysée.
- On employait jusqu’ici une solution à 5 0/0 de chlorure de magnésium, M. Hermite a récemment rendu son procédé plus économique par une nouvelle formule de son bain.
- Après avoir essayé avec succès la solution de la carnallite, de Stassfurt, qui est un chlorure double de magnésium et de potassium, il préconise aujourd’hui, plus simplement encore, une dissolution contenant seulement 0,5 0/0 de chlorure de magnésium et 5 0/0 de sel marin ; on ajoute au bain une petite quantité de magnésie récemment précipitée.
- Quand on électrolyse cette dernière dissolution, l’eau et le chlorure de magnésium semblent seuls décomposés par le courant; en effet, la solution I reste claire et si le chlorure de sodium était élec-
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- trolysé, il y aurait formation de soude et précipitation de magnésie qui troublerait la liqueur, ce qui n’a pas lieu.
- L’interprétation de toutes les réactions chimiques qui se produisent dans l’électrolyse des chlorures nous semble difficile ; la formation des hypochlorites par l’action du chlore mis en liberté au pôle positif sur l’alcali engendré au pôle négatif paraît probable, mais cette manière de voir très simple n’est peut-être pas la vraie, et en outre elle n’explique pas le grand pouvoir décolorant de la solution*, qui n’est pas en rapport avec son titre chlorométrique. Ce fait, en apparence anormal, peut se concevoir, sinon encore se prouver; en effet, l’eau est décomposée en même temps que le chlorure, avec formation d’oxygène ozonisé, autre agent décolorant susceptible de rester en dissolution dans la liqueur puisque le Dr Graf a indiqué, il y a quelques mois, que l’ozone était assez soluble dans la solution des chlorures alcalins, en particulier dans le chlorure de magnésium et qu’il pouvait même s’y conserver. L’ozone électrolytique n’est pas nouveau comme décolorant; après bien d’autres, M. H.-N. Warren (J) a essayé de s’en servir en proposant un procédé de blanchiment par l’électrolyse de l’eau.
- Parmi les produits qui peuvent être formés, il y encore l’eau oxygénée dont on a reconnu l’absence dans la solution des chlorures élec-trolysés, et qui jouerait cependant par sa présence possible un rôle; décolorant dans ces derniers temps encore on publiait un très sérieux procédé de blanchiment du coton (2) fondé sur ses propriétés. En éliminant la présence de l’eau oxygénée, on peut prévoir l’existence dans la liqueur d’autres agents décolorants. En effet, dans l’électrolyse des solutions alcalines (3), M. Duter a remarqué que le volume de l’oxygène dégagé est beaucoup moindre que la moitié de celui de l’hydrogène; les propriétés de la liqueur obtenue ont été étudiées et l’auteur conclut à la formation de peroxydes alcalins doués de propriétés oxydantes, que leur instabilité n'a pas permis jusqu’ici d’isoler. Or, ces peroxydes instables doivent être des agents de blanchiment, et nous remarquerons que dans les conditions de l’électro-
- i,1) Chemical Neu's,v. LX, p. 103.
- (2) Kcechlin. Bulletin de la Société industrielle de Rouen,
- juillet-août 1889.
- (3) La Lumière Electrique, t. XXIII, p. 376.
- lyse des chlorures se trouve celle de l’alcalinité de la liqueur, potasse ou soude pour les chlorures alcalins, magnésie dans le procédé Hermite.
- Ajoutons à cette hypothèse celle beaucoup plus probable de la formation de composés oxygénés du chlore que nous ne connaissons peut-être pas, car la chimie de ces composés est encore bien obscure. 11 est possible qu’il y ait incompatibilité entre tous les produits susceptibles de se former dans l’électrolyse des chlorures. Ainsi, on sait que l’ozone est rapidement détruit en présence du chlore, mais qu’est-ce que le produit qui prend naissance et quelles sont ses propriétés décolorantes?
- MM. Hautefeuille et Chappuis ont essayé de le préparer par l’action des effluves électriques à fortes tensions sur le mélange (*) d’oxygène et de chlore.
- En 1887 les frères Brin ont même voulu utiliser les propriétés décolorantes de ce mélange ayant traversé leur ozoniseur (2) pour le blanchiment de la pâte à papier.
- Mailfert prétend que le chlore et l’ozone se combinent pour former de l’acide chlorique (3).
- E. Becquerel (4) a fait une expérience qui montre qu’il doit se former des composés oxygénés du chlore par l’électrolyse, même en dehors de Ja présence des alcalis. Pour cela, il a placé sur le même circuit de l'eau acidulée et une solution aqueuse de chlore ; il a observé qu’alors qu’il se dégageait 7,25 vol. d’oxygène de l’eau acidulée, il n’y en avait que 6,25 qui étaient produits dans l’eau de chlore. La même expérience faite avec l’eau de brome et l’eau d'iode a donné 4,5 pour la première et 4 pour la seconde. L’oxygène électrolytique est donc susceptible de combinaison avecde chlore. M. Riche, qui a étudié cette même question, a montré que le produit final de l’élec-trolyse de l’eau de chlore est l’acide perchloriquet5).
- M. Hermite avait admis toute une série de réactions ingénieuses pour expliquer les phénomènes qui se produisent dans l’électrolyse de la solution de chlorure de magnésium, réactions sur lesquelles nous ne reviendrons pas, et qui pas plus
- (') Comptes rendus, t. LXXXXI, p. 7G2 ; t. LXXXXVIII, p. 626.
- (2) La Lumière Electrique, t. XXXV, page 608.
- •(*) Tommasi. Electrochimie. Bernard, 1889, p. 117.
- (4) Becquerel. Electrochimie, 1833. Didot, p. 173.
- C-') Comptes rendus, t. XLVI, p. 348.
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- que les curieuses expériences de MM. Cross et Bevan ne donnent la solution vraie du problème.
- L’important, comme le disait M. Ward à M. Cross, est que le pouvoir décolorant dû à un corps quelconque doit être déterminé par un homme de métier plutôt que par un chimiste, et qu'on serait bien mieux à même de juger la question si un industriel venait affirmer qu’il a fait l’application industrielle de ce blanchiment pendant une période assez longue et que les résultats sont en effet supérieurs à ceux du chlorure de chaux. Et aujourd’hui il y a plus d’un industriel capable de le faire et de dire que M. Hurter a eu tort de prétendre que la production des agents de blanchiment par le courant était une question indigne de préoccuper les hommes sérieux, puis-qu’à l’heure actuelle un certain nombre d’usines dans le nombre entier emploient les procédés de blanchiment électrique, qui ont permis de se passer de l’usage du chlorure de chaux.
- Voici, d’après la brochure récente de M. Hermite, la comparaison entre le blanchiment électrique aux chlorures mixtes de magnésium et de sodium et le blanchiment au chlorure de chaux.
- Un électrolyseur produit en 24 heures l’équivalent de 100 kilog. de chlorure de chaux sec, en employant au maximum dix chevaux de force (effectifs). Le prix des 100 kilog. de chlorure de chaux est de 20 à 22 francs et tend à s’élever.
- Le prix de l’équivalent en chlorure de chaux est pour les usines hydrauliques :
- 10 chev. de force hydraulique, pendant 24 h. Mémoire.
- Sel marin. 30 kiIog. à 3 fij. les 100 kiiog... i,so fr.
- Chlorure de magnés.,6 kilog. à iafr. les 100 kil. 0,72 Amortissement du matériel (1,000 fr par an;,
- (dynamo et électrolyseur).................. 3, »
- ,5,22 fr.
- la main d’œuvre étant la même dans les deux procédés, l’économie du procédé, basée sur une expérience de 2 ans est de 80 0/0.
- Pour les usines à vapeur on a :
- 10 chevaux de force vapeur pendant 24 heures,
- soit 240 kil., charbon à 20 fr. la tonne. 4,So fr.
- Sel marin, 30 kil. à 5 fr. les 100 kil...... i,=;o
- Chlorure de magnés, 6 kil. à 12 fr. les 100 kil. 0,72 Amortissement du matériel (dynamo et électrolyseur................................... 3,00
- 10,02 fr.
- On suppose 1 cheval-heure par kilog de houille
- On voit que l’économie est d’environ 50 0/0; avec des machines à vapeur à mauvais rendement et de la houille plus chère l’économie est encore considérable, aussi la méthode électrochimique de préparation des chlorures décolorants s’introduit-elle dans toutes les industries du blanchiment. Appliquée d’abord au blanchiment des fils et tissus dans le Nord de la France (*), elle a surtout réussi en papeterie.
- A l’Exposition du centenaire, une batterie d’élec-trolyseurs fonctionnait dans la galerie des machines, au milieu de l’installation des papeteries de MM. Darblay, chez qui actuellement sont mon-
- Fig. 3. — Blanchiment électrique de la pâte à papier.
- tés 15 électrolyseurs, dont 3 pour l’usine d’Es-sonnes et 12 pour celle de Wœrgl.
- A la Haye-Descartes (Indre-et-Loire), la papeterie de M. de Montgollier compte actuellement 10 électrolyseurs et le procédé y est appliqué depuis septembre 1888.
- D’autres papeteries françaises Font adopté, entre .autres celles de M. Lacroix à Mazère-sur-le-Salat, de M. Corbin à Lancey, de M. de Mauduit à Quim-perlé.
- Un certain nombre de papeteries de l’étranger utilisent ces procédés; en 1888, en Amérique une papeterie traitait déjà 4 tonnes 1/2 de pâte par jour à l’aide des méthodes électrochimiques de M. Hermite.
- La figure 3 donne une idée de la disposition générale à donner à une installation de blanchiment électrique de la pâte à papier. La liqueur, conte-
- (') Ponthière. Electrochimie, Louvain, 1886.
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- nant une petite quantité de magnésie libre, passe de la cuve A dans un ou plusieurs électrolyseurs B et se rend dans les piles blanchisseuses C pour agir sur la pâte à blanchir.
- Le tambour laveur D enlève la liqueur de sur la pâte et l’envoie dans une cuve E d’où la pompe centrifuge J la remonte dans la cuve A. On obtient ainsi une circulation continuelle et on maintient sensiblement constant le titre blanchissant de la liqueur. Une fois la pâte blanchie, on la fait descendre par le tube F dans la cuve G, d’où elle se rend sur un presse-pâte pour y abandonner la plus grande partie du liquide qui l’imprègne, et qui, tombant dans la cuve E, peut être remonté par la pompe J dans la cuve A.
- La figure 4 représente le plan d’une installation dans une papeterie actuellement en marche. En A se trouve la cuve de la dissolution des chlorures pour l’alimentation des électrolyseurs B, mis en action par la dynamo C. La liqueur électrolysée et décolorante est amenée par le conduit de bois D soit dans la pile blanchisseuse E, soit dans la cuve G. En F se trouve un tambour laveur permettant d’envoyer la liqueur en G quand elle a réagi sur la pile. Une pompe H remonte le liquide épuisé de G en A.
- A l’étage inférieur, en I est installée la cuve qui contient la pâte encore imprégnée de la solution, dont on peut la débarrasser en la faisant passer sur le presse-pâte J ; le liquide provenant de l’essorage est ramené en A par la pompe K.
- Malgré le presse-pâte, la pâte retient encore 60 0/0 de liquide, ce qui peur 100 kilog. de pâte sèche réprésente une perte de 150 kilog. de liquide restant dans la pâte, et contenant 7,5 kilog. de sel marin et 0,75 kilog, de chlorure de magnésium.
- Ce blanchiment électrique de la pâte à papier s’applique très bien aux fibres difficiles à blanchir comme le jute et d’autres encore, avec cela d’avantageux que les fibres ne sont pas altérées, et son succès croissant a amené toute une. série de brevets où les procédés électrochimiques sont plus spécialement réservés à l’industrie de la papeterie, bien que l'application en ait été également faite à la désinfection des vidanges, des eaux d’égout (x), à l’épuration des eaux, l’assainissement des marais, la désinfection des cales de navires, des chemins de fer, des halles et marchés, à la déso-
- dorisation des eaux vannes pour la fabrication du sulfate d’ammoniaque, aussi au blanchiment des fécules et amidons pendant la fabrication et tout dernièrement au blanchiment de la cire. Nous étudierons ces applications prochainement, nous bornant aujourd’hui à l’examen des procédés de blanchiment électrique en papeterie.
- En 1886, Nation fait breveter l’application de l’électricité au traitement des fibres végétales dans la production de la pâte à papier.
- Il emploie le sel marin, mais ne donne aucun détail sur ses appareils. Stepanoff (1889) cherche encore à faire du blanchiment avec le chlorure de sodium, estimant que le chlorure de magnésium est rare en Russie. 11 se sert d’électrodes de platine et de plomb et d’une tension de 4s volts avec 40 ampères ; ses appareils permettent la préparation de 300 litres de chlorure décolorant à l’heure, soit 72 hectolitres par 24 heures, correspondant à 37,5 kilog. de chlorure de chaux. La quantité de platine de l’électrolyseur serait trois fois plus petite que dans l’appareil de M. Hermite(x).
- Kellner en Autriche prépare une solution décolorante toujours par l’électrolyse du sel marin. Dans un des procédés qu’il a décrits, la solution saline est-additionnée d’un alcali(soude, chaux ou magnésie) pour prévenir l’échappement du chlore libre. L’électrolyseur est spécialement destiné au blanchiment de la pâte à papier.
- La pâte imprégnée de la solution de chlorure de sodium peut passer entre deux électrodes en forme de rouleaux en regard l’un de l’autre et continuellement en mouvement de rotation ; l’électrolyse du sel se fait donc au sein même de la pâte qui blanchit par l’action des produits engendrés. Le rouleau qui constitue l’anode est en charbon. Pour certaines fibres, on a intérêt à faire passer la pâte successivement sur la cathode et sur l’anode ; on arrive à ce résultat en disposant un feutre entre les deux rouleaux, de manière à diviser la pâte en deux couches ; l’une au contact de l’anode s’imprégnera des anions, chlore, oxygène, etc., pendant que l’autre couche circulant sur la cathode se chargera des cathions, soude et hydrogène. Sur la cathode on aura un lessivage et une désagrégation de la fibre, à l’anode un blanchiment par le chlore et l’oxygène.
- Un autre procédé de Kellner consiste à modi-
- (>) La Lumière Électrique, t. XXXIII, p. Sq.
- (.*) Cadette de /’Eleetricilé, de Saint-F’étersbourg, n“ 52, et La Lumière Electrique, février 1890, p. 391.
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- fier les propriétés des matières fibreuses servatit à la fabrication du papier à l’aide du courant électrique. La texture du papier dépend de la nature de la fibre qui a servi à le faire ; c’est ainsi que le papier de fibres de lin diffère de celui de fibres de
- coton. Kellner prétend pouvoir donner à volonté au papier la texture du papier liné ou celle du papier cotonné. Les alcalis faibles peuvent en présence du courant, transformer les fibres de lin en fibres de coton, pendant que les acides faibles
- Fig. 4. — Installation du blanchiment électrochimique de la pâte à papier.
- produisent la transformation inverse. Les alcalis ou les acides seront produits par le courant sur la fibre même, et pour cela la pâte, imbibée d’une solution saline (azotate, acétate ou sulfate alcalin), passera entre les électrodes en forme de rouleaux mobiles, sur un tablier de feutre, en ayant soin de
- placer à la partie inférieure, au-dessous du tablier, le rouleau sur lequel se forment les éléments qui ne doivent pas réagir sur la fibre. -S’il s’agit de donner à la pâte de fibres linées les propriétés de celle de fibres cotonnées, le rouleau inférieur doit être l’anode et celui du haut la ca-
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- thode pour que la pâte soit mise en contact avec les alcalis et l’hydrogène qui y prennent naissance. Au contraire, pour la transformation de la pâte cotonnée en pâte linée, on mettra la cathode à la partie inférieure pendant que la pâte passera sur l’anode exposée à l’action de l’acide et de l’oxygène formés.
- La fabrication de la pâte à papier avec le bois a aussi été proposée par Kellner. Le défibrage et la transformation en pâte se feraient de la manière suivante : le bois découpé serait imprégné d’une solution de sel marin légèrement alcaline et placé dans des fosses en maçonnerie recouvertes de carreaux de terre cuite, dans lesquelles seraient disposées les électrodes d’une dynamo. Nous manquons malheureusement de renseignements sur
- A'
- Fig. 5. — Anode de M. Andreoli.
- l’arrangement et la nature de ces dernières. Si l’on fait passer le courant, la soude formée au pôle négatif opère la désagrégation du bois tout comme dans les lessiveuses, tandis que le chlore et l’oxygène effectuent le blanchiment de la pâte obtenue.
- Dans de nouveaux procédés, le Dr Kellner, comme M. Hermite, prépare d’avance sa solution décolorante, qui se fait à part dans des électroly-seurs constitués par une cuve formée de cellules étroites, danslesquelles sont insérées les électrodes de zinc pour les cathodes et de charbon, platine ou porcelaine platinée pour les anodes. La liqueur de chlorure de sodium (titre non indiqué) additionnée d’une petite quantité d’un sel (sel ammoniac, sulfate ou azotate de potasse), arrive par le fond de la cuve, traverse les cellules et s )rt par la partie supérieure d’où elle se rend dans les récipients où elle doit réagir sur la fibre de bois ou la pâte à papier. Les récipients sont disposés pour recevoir
- l’application de la chaleur, efficace dans la prépa-tion de la pâte de bois.
- Les procédés du D1' Kellner seraient, paraît-il ex • ploités entre autres lieux dans une papeterie établie sur une minede sel à Halleim, près Salzbourg, avec une force motrice hydraulique de 800 chevaux. La société Kellner et Partington, dont le siège est à Manchester a construit il y a un an une fabrique de pâte de bois en Norwège, dans le domaine de Boregaard, sur la rive droite du Glommen, à côté de la célèbre chute de Sarpsfos, haute de 19 mètres et d’une puissance de plusieurs milliers de chevaux. Cette fabrique a par conséquent la force motrice dans les conditions de bon marché indispensable pour les industries électrochimiques (1).
- Un autre procédé de fabrication de chlorure décolorant par l’électricité est dû à M. Andreoli. 11 consiste encore dans l’électrolyse du sel marin, avec un dispositif permettant d’éviter ou tout au moins d’atténuer les réactions secondaires qui limitent ordinairement le rendement en agents décolorants.
- D’après l’inventeur, ce résultat serait atteint en employant pour un certain nombre d’anodes deux cathodes de petite surface. Les anodes sont en charbon de cornue et disposées dans des cadres comme l’indique la figure 5. Chaque charbon est cuivré à la partie supérieure, puis étamé et in ^ troduit dans une chape de cuivre comme celle des cartouches; les charbons ainsi préparés sont soudés les uns à côté des autres à une barre de cuivre B B’ ; toute la partie métallique supérieure est enduite d’un vernis isolant ou d’un émail protecteur. Un cadre de bois A A' A" les entoure et le tout constitue une des anodes.
- Vingt cadres semblables de 60 à 80 centimètres de haut, composés de 10 à 20 charbons, sont disposés parallèlement dans la longueur d’une cuve doublée d’ardoise, d’une capacité de 50 litres. A chacune des deux extrémités de la cuve on place une cathode faite de treillis de fils de fer. Ces cathodes se trouvent entre deux paniers de bois, recouvert d’un enduit protecteur, et d’une hauteur supérieure de 2 à 3 centimètres à celle, de la cuve. Les paniers, percés de trous, sontremplisde bioxyde de manganèse qui a pour but d’empêcher l’hydrogène dégagé à la cathode d’aller réduire les composés oxygénés du chlore formés à l’anode.
- Les cadres en charbon peuvent être remplacés
- C1) Moniteur de la papeterie, 15 février i88o.|
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- par des cadres de cuivre verni sur lequel on a rivé des feuilles de platine.
- La solution à électrolyser marque s°à 8° Baumé; elle est additionnée de 1 gramme de carbonate de soude par 100 litres.
- D'après M. Andreoli, pour 20 cuves de 50 litres, avec une dynamo de 1 000 ampères et 100 volts, en admettant que le rendement en chlore soit de 1 gramme par ampère-heure, on aurait dans chaque cuve 1 kilogramme de chlore, c’est-à-dire 20grammes de chlore parlitredeliquide,cequicor-respond à une solution de chlorure de chaux marquant 50 Baumé. Pratiquement, pour arriver immédiatement à cette concentration, il y a échauffement de liquide et production de chlorates; aussi ne fait-on passer le courant que pendant 10 minutes dans chaque cuve jusqu’à ce que le titre de la solution soit d’environ 3 grammes de chlore par litre. Les cuves disposées les unes au-dessus des autres permettent une circulation continuelle de la solution. Pour faire la quantité de liquide décolorant équivalant à une tonne de chlorure de chaux, il faut un travail mécanique de près de 4 000 chevaux-heure. A raison de 1 1/2 kil. de houille par cheval, on a une dépense dé 6 tonnes à 20 francs, qui est encore inférieure de plus de moitié au prix du chlorure de chaux.
- Ce procédé doit, croyons-nous, être exploité par the London electrical Bleaching C° pour le blanchiment des textiles et de la pâte à papier.
- Enfin une dernière méthode (*) ayant pour but la production d’agents de blanchiment consiste dans l’électrolyse d’und solution de 29 kilogrammes de magnésie calcinée dans 162 kilogrammes d’acide chlorhydrique de densité 1,16 et 1 136 litres d’eau, c’est-à-dire, en somme, une solution de chlorure de magnésium avec excès de magnésie, puisqu’il faudrait 164 kilogrammes d’acide au titre indiqué pour saturer exactement toute la magnésie.
- Après qu’on a fait passer un courant de 120 ampères et 6 volts pendant 100 heures, la solution contient 0,25 p. 0/0 de chlore actif et est susceptible de blanchir les textiles sans les altérer.
- L’originalité du procédé consiste surtout dans le choix de la matière des électrodes. Les cathodes sont faites de lames de cuivre de 68,5 X45,75 centimètres. On a trouvé avantageux et d’un bon emploi pour les anodes un produit nommé lithanode, déjà connu des électriciens et consti-
- tué par du peroxyde de plomb. 11 remplace le platine, qui est coûteux et qui était jusqu’ici la seule matière applicable quand on ne se servait pas du charbon. Les plaques anodes ont 18 X 10 centimètres. Les électrodes, au nombre de 72, sont disposées le long des parois et sur le fond d’une cuve et isolées des fils à blanchir par une claie de bois. L’électrolyse et le blanchiment se font donc simultanément comme dans les premières expériences de M. Hermite, en même temps que la régénération du bain.
- On voit que, plus que jamais, l’électrochimie des agents décolorants est à l'ordre du jour.
- Nous avons essayé, en même temps que nous publions ces renseignements, sur les nouveaux procédés électrochimiques des agents de blanchiment, d’esquisser un historique de cette question et de rappeler aussi l'attention sur un des procédés qui, exploité depuis plusieurs années, a seul jusqu’ici donné de vrais résultats industriels.
- Nous ne pouvons mieux faire que de souhaiter autant de succès aux procédés nouvellement proposés.
- A. Rigaut.
- INFLUENCE DE LA TENSION ÉLECTRIQUE
- SUR L’ISOLATION DES CABLES
- L’importance d’une bonne isolation des canalisations électriques devient de plus en plus grande, surtout depuis que l’emploi des courants à haute tension se répand de plus en plus ; d’autant plus que l’isolation diminue à mesure que la tension du courant augmente. Ce fait a été mentionné pour la première fois par M. Uppenborn.
- La détermination exacte des variations de l’isolation avec la tension du courant présente en outre un grand intérêt en ce qu’elle permet de constater si un câble a une tendance à modifier la nature, de son isolant par suite du passage prolongé d’un courant à haute tension.
- La Lumière Électrique a résumé récemment des mesures de M. Fordenreuter (*) relatives aux mesures de l’isolation des canalisations électriques et au cours desquelles cet électricien avait aussi abordé incidemment la question qui fait l’objet
- V*) Electrotecbnische Zeitschrift, 12 septembre 1890.
- j C) Lumière Electrique, t. XXXIV, p. 593.
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- LA LÜtiïÈkE ËLECTRÎQüh
- m
- de cette note. Mais cette question a été étudiée tout récemment d’une manière approfondie par M. C. Heim (*) de Hanovre qui en a publié les résultats dans les derniers numéros de YEleUro-techniscbe Zeitschrift.
- Les mesures de M. Heim ont porté sur deux câbles à revêtement de plomb et à isolement de
- jute imprégné de résine ou d’un mélange de cires diverses ainsi que sur une âme isolée à la gutta-percha. Elles ont été effectuées à l’aide de la méthode ordinaire qui consiste à mesurer le cou-» rant de perte à l'aide d’un galvanomètre très sensible.
- Le galvanomètre Thomson soigneusement isolé
- TABLEAU 1
- Durée d'électrisation en minutes Ame isolée à la gutta-percha Câble sous plomb , n" I Câble sous plomb, n* II
- Numéros des . mesures Rapport des tensions (en volts/ Numéros des mesures Rapport des tensions len volts) Numéros des mesures Rapport des tensions (en volts)
- IL 460 52 20l 52 460 J>2. 208 21 46O 2! 208 51 460 51 208 104 4*0
- I I 4,8 0/0 f 3,5 0/0 0,77 0/0 1 2,2 0/0 .
- 2 5,4 —, 2,8 0,80 — — 9,0 —- —
- I 2 4,6 — 2 2,3 0,47 — — 2 8,1 4,4 c>/o 6,0 0/0
- 2 5,o — 2,0 0,56 — — 10,0 8,1 4,4
- I 3 10,6 2,4 0/0 3 2,4 0,47 . — — 3 — — 3,6
- 2 10,9 2,5 2,1 0,75 — — — — 5,5
- I 4 «.5 1,0 4 — 3,3 0/0 2,3 0/0 4 — — I’4
- 2 ' 6,7 — — — ?,7 2,8 — — 6,1
- I 3 6,8 — 5 3,8 i ,6 4,3 2,2 5 3,5 — 2,3
- 2 7,9 — 3,8 2,5 5,8 2,5 4,1 — —
- . i 6 6,6 — 6 7,5 3,o 6.0
- 2 8, i — 7,6 3,5 5,5
- 1 7 5,7 —
- 2 6,2 —•
- 1 8 5,5 —
- - 6,7
- , Moyen n . 6,6 0/0 2,03/0 Moyenn . 2,9 0/0 0,81 0/0 3,8 0/0 2,3 °/° Moyenn . 5,3 0/0 3,7 0/0 4,3 0/0
- 2 7,1 2,2 2,7 ','5 3,8 2,7 7,7 5,8 5,4
- était muni de quatre shunts au 1/9, 1/99, 1/999 et 1/9999 de celle des bobines du galvanomètre; les boîtes de résistance formant les shunts étaient également isolés avec beaucoup de soin. La batterie d'essai consistait en une pile de 330 petits déments genre Callaud, auxquels on pouvait adjoindre en outre 60 accumulateurs, ce qui donnait au total une force électromotrice de 460 a 470 volts Ces éléments eurent durant tout le cours des mesures une force électromotrice très constante, variant à peine de 1,06 à 1,02 volts dans une période de 3 mois. Ils étaient en outre disposés par groupes de dix, de telle sorte qu’on pouvait faire varier à volonté la différence de potentiel employée dans les mesures.
- On sait que la température exerce une grande
- 1.1; Electrotecbmscbe Zeitschrift, 1890, p. 469, 485 et 493.
- influence sur le pouvoir isolant du diélectrique ; il fallait donc autant que possible effectuer les mesures à une température constante, d’autant plus que les mesures exigent un temps assez long par suite de la nécessité de décharger complètement le câble avant chaque observation.
- M. Heim a pris toutes les précautions pour satisfaire à ces conditions, soit en plongeant les câbles dans de l’eau, soit en les entourant d’une enveloppe mauvaise conductrice de la chaleur.
- Afin de diminuer le résidu des câbles, les mesures ont été effectuées en général avec un temps de charge de 1 à 2 minutes seulement. Mais la durée de l’électrisation a une influence très sensible sur l’isolation ; c’est l’isolation après une longue électrisation qui est l’élément important à connaître dans les câbles à courant continu. Aussi M. Heim a-t-il dans toutes ses séries d’ob-
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- servations fait une mesure avec une durée d’électrisation de 15 minutes.
- En outre, il convient de remarquer que dans toutes les mesures on a débuté par les faibles
- potentiels, qui ont été ensuite augmentés graduellement.
- Les mesures de M. Heim ont donné un résultat concluant, qui ressort clairement du tableau n° 1,
- TABLEAU II
- Désignation du câble Différence de potentiel en volts Isolation en mégohms
- Durée d'électrisation en minutes
- 2 3 5 IO >5
- Gutta-percha 53 7500 8495 Q020 9530 lOIOO 10540
- 213 7200 8230 8740 9370 9950 10480
- 470 7050 7960 8420 9015 9570 10000
- Sous plomb, n* 1 . 21 2290 2870 3530 4495 6480 8215
- — 213 21S5 2730 3250 4280 6290 7955
- — 470 2180 2720 3210 4190 6090 767O
- Sous plomb, n’ 2 . 53 14750 20° 24450 29800 40500 47700
- 213 13500 9200 2 3200 29200 38100 4395°
- à savoir que l’isolation des câbles diminue avec la tension du courant qui les traverse.
- Nous ne donnerons pas les valeurs déduites de chaque mesure pour l'isolation de l’âme de cuivre isolée à la gutta-percha et des deux câbles sous plomb ; nous nous bornerons à résumer les valeurs en 0/0 de la diminution d’isolation pour les différentes augmentations de potentiel.
- TABLEAU III
- Désignation du câble 1 Rapport des tensions en volts Diminut. de l’isolation 0/0 Durée de l'électr. en minut.
- 2 3 5 IO 15
- Gutta-percha 53 : 470 6,0 6,3 6,6 5,4 5,3 5,'
- • 3 : 213 4,0 2,9 3,' i,7 ',5 o,6
- Sous plomb, n° 1. 21 : 470 4,8 5,2 9,' 6,8 6,0 6,6
- — 21 : 21-3 4,6 4,9 7,9 4,8 2,9 3,2
- Sous plomb, n“ 2. 53 : 213 8,5 5,0 5,i 2,0 5,9 7,9
- Des valeurs inscrites dans le tableau n°l, on voit que la diminution de l’isolation pour la plus grande variation de potentiel (5o volts à 460 volts) est de 7 0/0 environ pour l’âme isolée à la gutta-percha, de 6,5 0/0 pour le câble n° 1 et de 3à4o/o pour le câble n° 2.
- Les résultats obtenus par M. Heim relativement à l’influence de la durée d’électrisation sur l’isolation des câbles sont résumés dans le tableau 11 et dans le tableau III ; ce dernier donne en 0/0 la diminution de l’isolation avec l’augmentation du potentiel.
- Ces valeurs montrent que les variations de l’isolation avec la tension sont les mêmes avec des faibles durées d’électrisation qu’avec de longues durées ; cette conclusion montre qu’il est inutile dans ce genre de mesures d’employer des durées de charge considérables.
- TABLEAU IV
- Observateur D.fférence de potentiel en volts Durée en minutes
- I 2 3 5 10 15
- Frœlich ? 1 ,00 ','1 1,15 1,24 ',33 ',37
- Heim 53 volts. 1,00 ',13 1,20 ',37 1,35 1,40
- — 213 1 ,00 1, H 1,21 1,30 1,38 1,46
- 470 1,00 ','3 1, '9 1,28 1,36 1,42
- En prenant comme unité l’isolation de la gutta-percha après une minute d’électrisation les valeurs de l’isolation après 1, 3, 5, 10, 15 minutes sont données dans le tableau IV ; la première ligne se rapporte aux valeurs données par M. Frœlich dans son traité d’électricité. Enfin les valeurs cor-
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- respondant aux deux câbles sous plomb étudiés par M. Heim sont, résumées dans le tableau V.
- TABLEAU V
- Câbles sous plomb Tension en volts 1 Di réc ei 3 tnim 5 tes IO '5
- N" 1 21 1,00 1,25 ',54 1,96 2,83 3,59
- # 213 1,00 1,25 1,40 1,96 2,88 3,64
- — 470 I ,00 '.25 1 >47 1,92 2,80 3,52
- N° 2 3' 1,00 ',37 1,66 2,02 2,74 3,24
- 213 1,00 1,42 1,72 2, l6 2,82 3,26
- Tous ces résultats ont été obtenus à une température sensiblement constante ; il resterait à étudier encore l’influence de la température sur l’isolation, influence qui est très considérable mais qui n’est connue avec précision que pour la gutta-percha ; il serait en tout cas intéressant de la déterminer pour les câbles sous plomb dont l’isolant est un composé divers de résines, de paraffines, etc.
- TABLEAU VI
- Temps Tension en volts Température
- 2 20 103 400
- h. ni. 3,15 6,16
- 3,36 — — 3,72 —
- 4,23 — 6,53 — — 17”,2
- 4,47 — 6,68 — 2,72
- 5,46 — —
- 3,5? ' 17,0 8,00 — —
- 4,28 — — — 17°,2
- 5,34 '7,2 — — —
- 5,5° — 4,66
- 10,42 — o,75 — —
- i',35 — — °,55 —
- 12,3s — I ,01 — — Machine à
- 1 >3 4,10 0,82 0,50 chaud.
- 4,4' — — 0,67 —
- 5,'2 1,02
- Mentionnons en outre les mesures que M. Heim a faites sur l’isolation des inducteurs d’une machine Schuckert en dérivation ; ces mesures ont été faites à froid et à chaud, après avoir fait passer dans les inducteurs pendant 6 heures un courant de 2 ampères par millimètre carré. Les résultats en mégohms sont résumés dans le tableau VI, qui
- accuse une diminution sensible de l’isolation avec l’augmentation du potentiel et qui montre en outre combien l’isolation mesurée à chaud est différente de celle qui est mesurée sur la machine à froid.
- Ces résultats montrent donc que la mesure de l’isolation d’une machine doit se faire à chaud et avec une différence de potentiel du même ordre que celle à laquelle la machine marche.
- Les valeurs en mégohms de l’isolation par rapport à la terre de deux circuits posés le long des parois d’une salle, sont indiquées dans le tableau VIL Le circuit A était composé d’un câble en cuivre de 19 brins de 1,2 millimètre entouré d’abord d’un ruban incombustible, puis d’un ruban imprégné de gutta-percha et enfin de coton imprégné de goudron ; ce câble était de 150 mètres de longueur; il était fixé sur des planchettes par des crampons ordinaires. Quant au circuit B, c’était un fil de sonnerie ordinaire de 0,9 millimètre isolé au coton paraffiné, fixé à l’aide des crampons ordinaires le long de parois passées à la chaux.
- TABLEAU VII
- Tension en volts Isolation en mégohms
- Ciicuit A Circuit B
- 2 0,63 0,124
- 20 0,58 0,09!
- 2 0,61 O, 1 17
- 120 0,50 0,085
- 2 0,75 0,1 n
- 20 0,57 0, 10 0
- 2 0,00 0,119
- Les résultats du tableau VII montrent que dans une installation d’éclairage où l’on emploie une différence de potentiel de 100 volts, on peut employer pour vérifier l’isolation des câbles une batterie de peu d’éléments.
- M. Heim termine son travail en soumettant les mesures de M. Fordenreuther à une critique assez approfondie; il constate en particulier que M. Fordenreuther n’a pas tenu compte de la température et que certaines séries de mesures de plus d’un jour de durée sont discutées sans tenir aucun compte de l’influence pourtant si considérable de cet élément.
- A. Palaz.
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- LES LAMPES A ARC 0)
- Le mécanisme de la lampe de MM. Crampton et
- T
- Fig. 28 et 29. — Crampton et Essinger. Détails du frein et des porte-charbon négatif.
- Le porte-charbon positif supérieur A est relié
- Fig. 26 et 27. — Crampton et Essinger (1889). Détail des solénoïdes.
- Essinger représentée par les figures 26 à 32 est à la fois très-siirple et très-sensible.
- 0) La Lumière Electrique du 11 septembre 1S90.
- Fig.30, 31, 32 et 33. — Çrompron et Essinger. Détails du frein. —
- I à une armature D, mobile dans un tube extérieur I fixe E sous l’action différentielle des solénoïdes K
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- et L. Quand A s’abaisse avec D, il appuie sur les taquets J J (fig. 28) les bras F de la pince G G, qui s’ouvre alors malgré le ressort H, et laisse descendre un peu le charbon C. Les ressorts équilibreurs F,
- Fig. 34, 35 et 36. — Crampton et Essinger. Première variante du frein.
- l’écrou 1 et ceux de J J permettent de régler très exactement l’appareil.
- Le porte-charbon négatif B est suspendu aux extrémités N du croisillon M de E (fig. 29) par un étrier, et le charbon négatif c est constamment appuyé, comme une bougie de voiture, par un poids P sur
- Le mécanisme supérieur et les bornes W V sont protégés contre la chaleur de l’arc par un écran U d'amiante pris entre deux tôles.
- Dans la variante représentée par les figures 34, 35 et 36, la pince g g est, en temps ordinaire, serrée par la traction du bouton de la tige h, reliée au porte-charbon positif A par/ : cette traction soulève les poids d autour de leurs articulations fixes c c, de sorte qu’ils appuient de toute leur masse les pinces g g sur le charbon; mais, dès
- Fig. 39 à 42. — Fischinger (1889).
- Fig. 37 et 38. — Crampton et Ess'nger. Deuxième variante du frein.
- un chapeau de platine iridié o ajouré de manière à laisser s’échapper les éclats de charbons. Le charbon est poussé par un petit piston de porcelaine S, qui le remplace en o quand il est brûlé, et que l’on retire par la fente T pour introduire un autre charbon:
- que h s’abaisse assez pour arrêter les biel-lettes b par la butée des vis j j sur 11, les poids d, ainsi immobilisés, cessent de serrer les mâchoires, qui laissent descendre leur charbon.
- Les mâchoires g' g' du frein très-simple représenté par les figures 37 et 38 sont suspendues au croisillon M par des lames h b', à butées j'j', qui limitent leur prise ou leur relâchement sous l’action du bouton h', relié au porte-charbon A. Dès que A s’abaisse, les ressorts b b' écartent les mâchoires d’une quantité limitée par les têtes des vis jj', et laissent descendre le charbon.
- L’ecartementdescharbons de la lampe de M. Fis
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- cbinger est règle (fig.39 à 42) par le jeu de la poulies gui en commande la chaîne de suspension. Cette poulie est mue par une vis sans fin n, dont la roue M 'est commandée par ùri frein c, articulé en r au levier w, dont l'axe s est porté par l’extrémité de l’armature q. Lorsque l’arc s’allonge, cette armature, dont l'électro est en dérivation sur le circuit,
- se met à trembler comme une sonnerie, et fait tourner la vis u dans le sens du rapprochement des charbons.
- L'axe de la poulie e se trouve, d’autre part, supporté par un levier coudé gf, mobile autour d& b sous l’action du second électro i, qui, lors de la mise en train, attire g malgré le ressort m, en
- même temps que l'armature q se met à faire tourner u jusqu’à ameher les charbons au contact si le mouvement de g n’a pas suffi pour cela. Dès le contact, le courant s’affaiblit en ï, qui laisse descendre e de manière à séparer les charbons ; puis la lampe continue à fonctionner sous l’action mutuelle des électros i et p.
- Le fonctionnement de la lampe différentielle de M. John Kent, représentée par les figures 43 à 46, est des plus simples. A l’amorçage, les électros en série A A attirent lèürs armatures B B et abaissent
- ainsi, parD, le poinçon G sur le frein H, qui serre et fait tourner la roue L de manière que, des deux poulies M et solidaires de Lu l’une soulève par R le charbon positif U, tandis que l’autre abaisse par Q le charbon négatif U!. L’arc ainsi amorcé est ensuite réglé par les électros eh dérivation A' qui, dès que sa longueur augmente, abaissent l’extrémité gauche de D et lâchent le frein H, ce qui permet aux charbons de se rapprocher par leur poids. •
- Dans la variante représèntée parles figures 46 ’èt
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- 47, les électros A A agissentcommeprécédemment, par G, sur un frein H, et les électros A' A' par G! sur un autre frein H', qui rapproche les charbons malgré le ressort K' jusqu’à ce que l’arc ait repris sa longueur normale. La butée de H sur G main-
- Fig. 48. — Lampe différentielle Rider (1889). Schéma des circuits.
- tient ensuite les charbons dans cette position jusqu’à ce que l'arc ait de nouveau dépassé sa longueur de régime.
- L’armature C' de A' porte en outre un contacta, qui rompt le circuit en A' A' dès que l'armature est attirée d'un certain angle ; l’armature revient alors à sa position primitive, pour être rappelée de nouveau avec une prise nouvelle du frein H'.
- Les armatures A' B' des solénoïdes différentiels
- Rider. Frein desseré et serré.
- Fig. 50 et 51.
- de la lampe de M. J.-H. Rider agissent aussi (fig. 48 à 51 ) aux extrémités d’un balancier D, relié par une bielle H au support F de la roue E articulé en G. La bielle H porte un frein J, qui vient, lorsque le mécanisme passe de la position figure 50 à la position figure 51, frotter à l’intérieur de la jante de E, qu’il immobilise. Un pignon calé sur l’axe de E engrène avec la crémaillère du porte-charbon
- positif ; l’autre charbon est fixé. Dans la position figure 50 la roue E, libre de tourner, laisse le charbon positif descendre librement. En figure 51 elle le soulève autour de G, pour amorcer ou allonger l’arc.
- La lampe différentielle de M. Anderson, représentée par les figures 52 et 53, a pour frein un disque de cuivre 19, tournant entre les pôles d’un électro-aimant 22, et dont l’axe engrène avec la
- Fig. 49. — Rider. Ensemble de la lampe.
- poulie 7, dont les deux gorges, isolées l’une de l’autre, reçoivent les câbles de cuivre 6 et 12, qui supportent les charbons par les armatures mêmes de leurs solénoïdes. Le courant passe de la borne positive à l’électro 22, puis, par le contact 14 et la première gorge de la poulie 7, au câble 6, à l’arc, au câble 12, et par la deuxième gorge et le contact 15 au solénoïde 2 et à la borne négative. Le solénoïde 10 est monté en dérivation. Les charbons, ramenés au contact par leur poids, se séparent dès le passage du courant par l’attraction du solénoïde 2, puis la lampe se règle par l’action différentielle des deux solénoïdes.
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- Le mécanisme de la lampe de M. Blahmore est simple, robuste et compact. Un solénoïde b, monté en série (fig. 54), actionne par son armature e, le tube d, dont le frein F, n, m attaque le tube porte-
- Fig. 52 et 53. — Lampe différentielle Anderson (1Ü90).
- charbon / (fig. 55 et 56). Ce frein est serré par l’arc-boutant: sur / des mâchoires nn, articulées en 0, tant qu’elles ne viennent pas buter sur D. Une fois la lampe amorcée, le tube/, maintenu par ce frein, oscille légèrement suivant la résistance de l’arc, jusqu’à ce que la butée se pro-
- duise, à la suite d’une certaine usure, que le charbon supérieur rattrape alors par la descente de / dans le frein momentanément desserré ; puis la lampe reprend sa marche normale. Les mouvements du tube d sont atténués par un dash-pot g, dont la tige fixe s guide en u t le tube i. La descente du charbon est, d’autre part, limitée par la butée de v sur u.
- La lampe représentée par la figure 57 est mon-
- Fig. 58 et 59. — Lampe Boult (1889).
- tée en différentiel avec deux solénoïdes : b', en série, c, en dérivation, et tendant à abaisser le charbon que b' tend à élever. L’amorçage s’opère par le solénoïde c, qui amène le charbon supérieur au contact du charbon inférieur malgré le ressort i, puis l’action prédominante de b écarte les charbons et la lampe fonctionne en différentiel d’après le principe bien connu de ce montage.
- Le solénoïde différentiel E F de la lampe de
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- Boult agit(fig. 58 et 59) sur une armature conique D, àdash pot LM. Aprèsunecerlaineusureducharbon supérieur, la maille V de D, un peu lâche dans U, abaisse le cliquet 5 et déclenche ainsi la roue R, qui se met à tourner par N O, en laissant descen-
- dre les solénoïdes’sur leurs guides G H ; mais, aussitôt ce mouvement commencé, V cesse de tirèr sur U, de manière que S, ramené par son ressort, arrête R et la descente des solénoïdes après le passage d’une dent; après quoi la lampe reprend sa
- Fig. 54 à 57. — Lampes Blakmore (1S89),
- marche normale. Afin de rendre le poids moteur des solénoïdes EF indépendant de l’usure du charbon, on le supporte en partie par un levier b, au moyen d’un ressort d dont l’attache e se déroule d<Lgf et le détend à chaque descente par la rotation de 0. Le remontage du porte-charbon s’opère par la corde j.
- Nous avons parlé dans notre ^précédent article
- des charbons mixtes de M. Saundenon et des expériences exécutées avec eux par le Dp Hopkin-son. Les figures 60, 61 et 62 représentent quelques formes nouvelles de ces charbons, alimentés de pétrole par des mèches c suffisamment serrées et distantes de l’arc pour que leurs vapeurs y arrivent en petite quantité et très chaudes, sans refroidir l’arc. 11 suffit avec les types figures 61 et 62 de quatre à six gouttes par minute. En outre, les
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- -ig. 63, 64 et 65. — Potence Jeffers (1890). Ensemble, détail du pied et du renvoi g.
- ; >'A
- Fig. 66, 67 et 68. — Jeffers. Détail du basculage de la chaîne et du gripp W.
- Fig. 69 et 70. — Jeffers. Détail de l’enclenchement du support Q. -
- Fig. 71 et 72.—Jeffers. Détail du guide de la chaîne.
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- charbons sont émaillés à l’intérieur et sur une partie de l’extérieur, de manière qu’ils ne s’imbibent pas de pétrole.
- Les figures 63 à 78 représentent, avec des détails
- suffisants pour en faire comprendrejlefonctionne-ment, le mécanisme delà potence pour lampes de M. C.-L. Jeffers.
- La lampe est supportée par un balancier Q arti-
- iicnj usîtüi
- Fig. 75 à 78. —Jeffers. Détail de la chaîne et dea rails L
- Jelfers. Détails du bec basculeur.
- Fig. 79» 8° et 81. — Suspension directe Strodc et Gill (1880).
- culé à une glissière P (fig. 76), mobile sur les rails L du bras de la potence, et maintenu, en temps ordinaire, horizontal par sa butée et son extré-
- mité p (fig. 68), sur les taquets d’une fourche <7 (fig. 70) articulée en r.
- Lorsqu’on tourne dans un certain sens la mani-
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- velle c (fig. 64), la roue g tire la chaîne E vers la gauche, ainsi que P, la fourche q se déclenche, comme l'indique la figure. 69, sous un ressorts, qui la maintient horizontale, et le balancier Q prend une position verticale. On l’amène ainsi, avec sa lampe, jusqu’à ce que le bras de P vienne au droit des galets ii (fig. 73 et 66). En ce point, les rails L sont interrompus et continués par des glissières mobiles 16 16 (fig. 71 et 72), que l’on peut reculer vers la gauche malgré le ressort 18, en tirant par la poignée m sur la corde 22.
- En agissant ainsi, on établi en 16 une solution de continuité du chemin L L (fig 78) par où l’on peut, en tournant la manivelle c en sens contraire de sa rotation primitive, laisser la chaîne E couler comme en figuré 66, de manière à descendre la lampe. Cette descente est, de plus, guidée par la tringle V, avec laquelle la pince élastique W du balancier Q et entrée en prise automatiquement par sa butée J.
- Après avoir remonté la lampe, on déclenche la poignée m1 de manière à fermer R, et l’on amène par sa chaîne la lampe au bout du bras, où le balancier Q reprend sa position hoiizontale, en s’enclenchant automatiquementavec la fourche 9.
- Les figures 71 et 78 indiquent comment la chaîne E est protégée par une gaine en tôle K, s’étendant sur toute sa longueur. La poignée m agit sur un commutateur qui rompt le courant pendant toute la manœuvre.
- La suspension de MM. Strode et GUI est directe (fig. 79, 80 et 81). La lampe est suspendue à la fois à son câble C, qui s’enroule sur une poulie isolée A, et à une bandes, enroulée sur une poulie symétrique D. Le courant est amené au câble C aü travers du plomb fusible b3 par les contacts SS", qui frottent sur les anneaux a3 a*. Un ressort à spirale a compense le poids du câble à mesure qu’il se déroule. La poulie D renferme un ressort analogue pour équilibrer la bande S. La descente de la lampe est, en outre, modérée par le frottement d’un disque de cuir/, immobilisé par d3, et que le ressort dz presse sur D avec une force réglée par la vis d'.
- Gustave Richard.
- CHRONIQUE ET REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE
- Nouveaux règlements d’assurance pour les usines de lumière électrique et de transport électrique de la force (4).
- L’éclairage électrique prenant de jour en jour des proportions plus considérables, les compagnies d’assurances se sont préoccupées de ce nouvel état de choses. Elles ont dû modifier leurs règlements en conséquence. Comme la question des risques que l’électricité ferait courir aux propriétés est encore très controversée, nous croyons devoir reproduire un document qui est très important en ce qu’il émane d’une grande compagnie d’assurance de Boston et de plusieurs autres grandes compagnies d’assurances des États-Unis.
- M. Atkinson, président de la Société de Boston, fait précéder cette circulaire des considérations suivantes :
- « L’éclairage électrique, lorsqu'il a été introduit pour la première fois, il y a déjà longtemps, dans les ateliers assurés par cette Compagnie, reposait principalement sur le système des lampes à arc. Nous avons eu 23 incendies dans 61 installations, mais sans aucun dommage, pendant les 6 mois qui ont suivi la mise en marche. Au cours de cette période, le sujet a été étudié à fond et nous avons préparé des règles au moyen ^desquelles tous nos abonnés ont été gouvernés depuis cette époque.
- Les nouvelles règles que nous vous présentons sont un développement rendu nécessaire par les nombreuses inventions et perfectionnements qui se sont produits depuis lors dans les applications de l’électricité à l’éclairage et à la transmission de la force. 11 n’y a pas eu encore de dommage par incendie qui ait pu être attribué à l’électricité engendrée pour l’éclairage ou le transport de la force dans aucun des ateliers assurés par cette Compagnie. Notre expérience de dix années a bien prouvé ce que nous avions toujours affirmé, à savoir que le mode d’éclairage offrant le plus de sécurité est l’éclairage électrique. »
- Dynamos et tableaux de communication.
- l° Les dynamos doivent être placées dans des
- (') Electrical Engineer de New-York, n" 120; 20 août 1890.
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- LÀ LUMIÈRE ÊLECTRIQÜÈ
- âb
- ehdroits secs et bien abrités, loin de matières combustibles ; elles doivent être isolées sur du bois sec, et pourvues d’un revêtement qui les préserve de l’humidité. Elles doivent êtres maintenues absolument propres et sèches. On les pourvoira d’un système régulateur automatique digne de confiance, ou bien une personne compétente surveillera la machine toutes les fois qu’elle fonctionnera. Quand on place des fils pour le transport de la force motrice, il faut prendre les mêmes précautions qu’avec un courant de même intensité et de même potentiel pour l’éclairage. Chaque machine sera munie d’une couverture en étoffe imperméable, qui sera posée dessus toutes les fois que la machine ne fonctionnera pas.
- 2° Les tableaux de communication ou les autres appareils qui, près des dynamos, servent à des courants et circuits de contrôle doivent être placés de façon à être accessibles et ouverts de tous côtés. On doit les séparer de tout appareil en bois et de toute matière combustible en général ; il faut les maintenir exempts d’humidité, lis doivent être incombustibles et être préparés de façon à ne pas absorber l’eau.
- Moteurs.
- 3° On les placera dans des endroits ; secs ils ne seront pas exposésauxpoussières ; ils seront loin de toute matière combustible, isolés sur du bois sec, munis d’un revêtement qui empêche l’absorption de l’humidité. Il faut les maintenir absolument propres et secs. Leur marche se régularisera d’elle-même, ou bien une personne compétente se tiendra près de la machine pendant son fonctionnement. Toute boîte ou tous appareils de résistance seront en matière non combustible ou placés de façon à ne pouvoir communiquer le feu à des matériaux combustibles environnants. Quand on placera des conducteurs pour le transport de la force motrice il faudra prendre les mêmes précautions que pour un courant de même intensité et de même potentiel servant à l’éclairage. Le moteur et la boîte de résistance seront protégés par un coupe-circuit ; ils seront contrôlés au moyen d’un commutateur à main.
- 4° Des véhicules actionnés par l’électricité au moyen d’un fil unique relié à la terre ou avec circuit de retour par le sol ne seront autorisés dans aucun bâtiment assuré par la Compagnie. L’em-
- ploi de tels conducteurs simples peut être permis, après inspection spéciale, dans des cours d’usines, lorsqu’il n’est pas possible que d’autres conducteurs viennent en contact avec eux, et lorsque le générateur est placé de telle façon que le circuit de terre n’expose pas la propriété à des risques d’incendie.
- 5° Des fils pour éclairage électrique ou pour moteurs stationnaires ne seront pas permis dans un même circuit avec des conducteurs pour tramways avec retour par la terre; les Compagnies d’assurances de matériel permettront des installations de ce genre soumises à une inspection et à un consentement spéciaux, moyennant payement d’une prime convenable pour l’assurance couvrant cette aggravation de risques. Néanmoins la même dynamo peut être employée, si on le désire, pour les deux usages, pourvu que la connexion entre la dynamo et chacun des deux circuits se fasse par une clef à deux directions, de telle sorte qu’on ne se serve jamais des deux circuits à la fois. Dans les cas de ce genre les conducteurs pour éclairage ou pour moteurs stationnaires formeront à la manière ordinaire un circuit métallique complet sans terre.
- Essais.
- 6° Tous les circuits seront essayés au moins deux fois par jour au moyen d’une machine magnéto convenable ou au moyen de tout autre appareil approuvé qui permette de découvrir toutes les fuites qui pourraient exister. On fera un essai le matin et un autre assez longtemps avant de mettre en marche, afin de reparer toutes les défectuosités que l’on pourrait découvrir. Pour faire les essais dans toute installation séparée ou isolée, on observera les mêmes règles que dans les stations centrales.
- LAMPES A ARC.
- Fils extérieurs.
- 7° Tous les fils extérieurs aériens doivent être enduits d'une matière douée d’un pouvoir isolant très considérable et qui ne s’enlève pas facilement; ils doivent être bien assujettis à des supports convenablement isolés et fixés solidement. Tous les fils métalliques d’attache doivent avoir un isolement égal à celui des fils conducteurs.
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- JOURNAL ÜNIVÈRSÉL tXÉLECTRICITÉ
- 81
- 8° Tous les joints doivent être faits de façon à assurer une connexion parfaitement sûre et invariable; ils doivent être complètement égaux à la section transversale du fil conducteur; ils doivent être soudés et entourés d’une ligature approuvée, de façon qu’il y ait sécurité absolue. Voici le liquide recommandé pour la soudure : solution saturée de sel de/inc, 5 parties; alcool, 4 parties; glycérine,
- I partie.
- 9» 11 faut avoir soin que les fils conducteurs ne soient pas placés dans une position telle que de l’eau ou tout autre liquide puisse s’étendre des uns aux autres; ils ne doivent pas être rapprochés les uns des autres de moins d’un pied (0,305 m.).
- II ne faut jamais mettre les conducteurs en contact avec une substance autre que l’air et leurs propres supports isolants; toutefois, on pourra laisser les conducteurs de service pourvus d’un isolement spécial toucher des substances étrangères.
- io° Les fils conducteurs passant au-dessus de bâtiments ou bien attachés auxdits bâtiments doivent courir au moins à sept pieds (2,133 m.) au-dessus du point le plus élevé des toits à pente insensible et à un pied (0,305) au-dessus du sommet des-toits à forte pente. Les lignes qui seront construites postérieurement à l’adoption de ce règlement ne passeront pas au-dessus de bâtiments autres que ceux dans lesquels on a ou l’on doit avoir la lumière électrique ou la force par l’électricité ; elles ne feront pas attachées non plus à d’autres bâtiments ; elle seront soit sur des poteaux soit sur des constructions isolées où l’on pourra facilement les atteindre pour les inspecter.
- 11° Quand ils sont à proximité d’autres conducteurs ou de toute substance capable de détourner ‘une portion quelconque du courant, il faut placer des fers de garde bien isolés, de façon à empêcher tout contact en cas d’accidents qui arriveraient aux fils ou à leurs supports. 11 faut prendre les mêmes précautions partout où des angles aigus se rencontrent dans les fils de lignes et aussi partout où des conducteurs quelconques (télégraphe, téléphone ou autres) pourraient, par suite de leur position, venir en contact avec les conducteurs de lumière électrique.
- 12° Les conducteurs aériens qui se rendent du
- circuit principal ou d’un support placé dans la rue aux isoloirs attachés aux bâtiments ne doivent pas être écartés les uns des autres de moins de 12 pouces (om,305) au point où ils entrent dans u.a bâtiment. Ils doivent être bien tendus et pro^ près ; ils seront supportés par des isoloirs en verre, en porcelaine ou en caoutchouc.
- 130 Les blocs de service doivent être protégés par au moins deux couches de peinture hydrofuge sur toute leur surface ; et, quand ils servent à supporter des isoloirs en caoutchouc, ils doivent avoir au moins un pouce (2,5 centimètres) de bois entre le bout intérieur du crochet et le dos du bloc.
- 140 Pour entrer dans les bâtiments, il faut employer des conducteurs pourvus d'un isolement imperméable d’une épaisseur exceptionnelle, pour aller des isoloirs placés sur le côté extérieur des bâtiments à l’intérieur, en traversant les murailles. Ils doivent être disposés de telle sorte que l’eau puisse s’écouler sans entrer dans le bâtiment, et les trous par lesquels ils entrent doivent autant que possible être inclinés de bas en haut.
- 150 Les conducteurs doivent entrer dans le bâtiment et en sortir en passant par un coupe-circuit approuvé. Celui-ci doit être à double contact; il doit efficacement fermer le circuit principal et séparer le circuit intérieur quand il est tourné à « ouvert ». 11 doit être construit de telle sorte qu’il n’y ait pas d’arc entre les points quand il est tourné à «ouvert» ou à «fermé». Il doit fonctionner automatiquement dans les deux sens, sans s’arrêter entré les points une fois qu’il est en mouvement. 11 doit indiquer à première vue si le courant est ouvert ou fermé. Il sera monté sur une base non conductrice; on le maintiendra à l’abri de l’humidité ; il sera facilement accessible aux pompiers et à la police.
- Conducteurs intérieurs.
- 160 Les conducteurs ne doivent pas être cachés; ils doivent être toujours tendus à un pied au moins les uns des autres, à moins que l’on ne se serve d’un tube approuvé, imperméable, non conducteur, non inflammable. Ce tube doit être assez épais pour protéger les conducteurs de toute détérioration qui serait produite mécaniquement. 11
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- faut les fixer à la muraille par des crampons, évitant de les briser ou de les endommager. Les conducteurs placés dans ce genre de tube peuvent être rapprochés jusqu’à 3 pouces (76 millimètres) les uns des autres.
- 17* Les conducteurs à l’intérieur des bâtiments seront parfaitement isolés au moyen de matières imperméables non absorbantes, qui n’adhéreront pas au fil, qui ne s’érailleront pas par le frottement et qui résisteront à une température de 150 degrés (*).
- Aux endroits sujets à l’humidité, les conducteurs doivent être placés avec soin sur des isoloirs de verre, de caoutchouc ou de porcelaine de dimensions et de formes convenables ; et les conducteurs doivent être séparés d’au moins 18 pou-cesi(45,7 centimètres).
- Ils doivent être aussi pourvus d’un isolement imperméable approuvé ou casés dans un tube approuvé. Dans les endroits où les conducteurs traversent des murailles, des planchers, des cloisons, des poutres, etc., il faut employer des passe-portes, des tubes de verre ou ce que l’on appelle des « isolateurs de plancher » ou d’autres tubes isolants, non inflammables et imperméables.
- 180 Tous les parafoudres doivent être établis en dehors du bâtiment et reliés de préférence à une conduite d’eau.
- Lampes à arc.
- 190 Les cadres et autres parties extérieures des lampes à arc doivent être soigneusement isolés du circuit.
- Chaque lampe doit être pourvue de sa clef, ainsi que d’une clef automatique qui dérive le courant autour des charbons dans le cas où ils cesseraient d'éclairer convenablement.
- On aura des cendriers de quelque espèce que ce soit pour empêcher les charbons de tomber dans le cas où leurs supports cesseraient de les maintenir; ces arrêts devront toujours être en place.
- 20° Pour son emploi à l’intérieur la lumière devra être entourée d’un globe reposant dans un support sur lequel il s’applique bien, de façon à
- p) Ces degrés sont certainement des degrés Fahrenheit, bien que le texte anglais ne spécifie pas. Dans ce cas, ils correspondent à 83 degrés centigrades.
- ce qu’il ne puisse pas s’échapper de parcelles de cuivre fondu ou de charbon incandescent.
- Lorsqu’il y a près de la lampe ou sous la lampe une matière inflammable quelconque, le globe doit être protégé par une toile métallique.
- Le globe, à moins qu’il ne soit très haut et qu’il ne soit fermé autant que possible par le haut, doit être pourvu d’un protecteur ou arrête-étincelles placé à une distance suffisante au dessus de la lumière. Les globes cassés ou craquelés doivent être immédiatement remplacés par des globes intacts. (Par matière inflammable on entend les approvisionnements secs de linges, de parures, démodés, etc., les matières premières dan$ les fabriques de tissus, les copeaux ou la sciure dans les ateliers où l’on travaille le bois ou toute autre substance à laquelle le feu pourrait être communiqué par les flammèches et les étincelles).
- ÉCLAIRAGE PAR LAMPES A INCANDESCENCE
- Lampes à incandescence sur circuits à haute tension.
- 2i° Les règlements relatifs à l’établissement de conducteurs pour lampes à arc s’appliquent aussi en ce qui concerne les lampes à incandescence sur des circuits dont le potentiel est supérieur à 350 volts. Les lampes à incandescence en simple série sur des circuits à haute tension doivent être pourvues d’un commutateur convenable ainsi que d’un appareil automatique capable de dériver le circuit à travers les électrodes de la lampe dans le cas où le filament de charbon viendrait à se briser.
- Lorsque l’on emploie des lampes à incandescence en séries multiples, les clefs à main doivent gouverner au moins un groupe de lampes dont chacune doit être pourvue d’une dérivation automatique comme ci-dessus. Les appareils électromagnétiques ne seront pas acceptés comme convenables pour cet usage.
- Toute méthode de distribution de courant à des lampes à incandescence sur des circuits de haute tension, autres que celles dont nous nous sommes occupés plus haut, doit être approuvée avant d’être employée.
- Conducteurs extérieurs.
- 220 Les règles 7315 pour les conducteurs extérieurs destinés à l’alimentation des lampes à arc s’appliquent également aux conducteurs extérieurs pour lampes à incandescence, sauf qu’il ne
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- faut pas de coupe-circuit dans le circuit qui entre dans le bâtiment, mais que les conducteurs se rendant du circuit principal au coupe-circuit principal, à l’intérieur du bâtiment, doivent être séparés par une distance qui ne soit pas inférieure à 6 pouces (152 millimètres) pour les courants ayant une force électromotrice de 350 volts ou moins, et que cette distance doit être augmentée pour les courants à potentiel élevé. Ces conducteurs doivent être tendus raide et maintenus propres. Ils doivent être supportés par des isolateurs de verre, de porcelaine ou de caoutchouc.
- Services souterrains.
- 230 Dans les endroits où des conducteurs de service souterrain entrent dans un bâtiment, il faut prendre des précautions spéciales pour qu’ils ne viennent pas en contact les uns avec les autres ou pour les placer en lieu tel qu'ils ne soient pas affectés par l’humidité ou par des agents mécaniques. 11 ne doit pas y avoir d’ouverture libre allant des conduites du fil souterrain aux bâtiments. Les fils de services souterrains ne doivent se terminer en aucun endroit où il serait soit dangereux, soit non désirable de placer un coupe-circuit, mais doivent être continués, au moyen de conducteurs isolés entre lesquels on maintiendra un intervalle de 10 pouces (254 millimètres), jusqu’à un endroit convenable.
- Conducteurs intérieurs.
- 240 Pour l’intérieur des bâtiments, il ne sera pas approuvé de conducteur plus petit que le n° 16 B et S ou que le n° 18 B W G (*). Avant d’adopter aucun système nouveau d’isolement il faudra le faire approuver pour l’emploi qu’on 'en veut faire dans les conditions données. Est prohibé l’emploi de conducteurs recouverts de plomb ou de conducteurs dont le revêtement contient de la paraffine.
- 250 Les moulures à gorge placées confie les murs ou les plafonds ne seront pas approuvées. Sera approuvée une moulure en bois dans laquelle les bandes de division auront au moins un demi-pouce de largeur (13 millimètres) et dans lesquelles une pièce ayant au moins un quart de pouce d’épaisseur sera interposée entre le fil et la muraille ou le plafond du bâtiment, ce dos étant
- (*) Le rr 18 B WG correspond à 1,2 millimètre de d:a-mètre.
- protégé par deux couches au moins de peinture imperméable et la moulure ayant une forme telle qu’elle protège le conducteur contre l’humidité. Les moulures ne doivent pas être placées dans des endroits humides.
- 26° Ne seront pas approuvés les conducteurs placés dans du plâtre, du ciment ou autres matières analogues, ou courant sur des surfaces grattées pour être recouvertes de plâtre, quelle que soit la matière isolante employée. Dans les enduits de ce genre on pourra se servir d’un tube ou conduit isolant, non inflammable, imperméable, approuvé. Ce tube doit être de dimensions suffisantes et placé de telle sorte que l’on puisse enlever et replacer les conducteurs à volonté. Tous les joints et coudes dans ce tube doivent être préparés spécialement pour la place qu’ils doivent occuper. Cela étant fait de telle sorte que les joints soient imperméables, on peut user d’un isolement de coton non inflammable, à double tresse.
- Il faut placer pour chaque fil un tube isolé, sauf dans le cas de conducteurs ne devant pas supporter plus de 15 ampères, cas dans lequel il faudra des conducteurs munis d’un isolement en coton ou en toute autre matière qui ne se carbonise pas facilement. Lorsqu’on voudra un revêtement imperméable, il faudra le placer en dehors des deux conducteurs et non entre eux.
- Dans d’autres places cachées, par exemple, dans les étages où il n’y a aucun enduif sur les murs, ou entre plancher et plafond, ou dans des murs de refend et cloisons, etc., tous les fils doivent être recouverts d’un enduit.
- On pourra employer des conduites ou tubes isolants avec joints imperméables approuvés ; en ce qui concerne l’isolement, on observera la même règle que dans le cas où les tubes sont enfouis dans du plâtre ou dans une matière analogue. Les tubes passant à travers les murailles ou cloisons doivent s’étendre à un pouce au moins (25 millimètres) au-delà du parement, tant que le mortier ou toute autre matière analogue n’est pas entièrement sec ; lorsqu’il est sec on peut réduire à un demi-pouce la partie qui dépasse.
- Les tubes de construction approuvée peuvent être placés côte à côte lorsqu’ils sont noyés dans du plâtre ou autre matière. A tous les passages se rendant à des coupe-circüits, clefs, attaches, étc., et en venant, les conducteurs doivent être séparés des tuyaux de gaz ou de parties du bâtiment par des tubes isolants en porcelaine, verre ou autre ma-
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- tière isolante non inflammable et disposés de telle sorte qu’ils ne soient pas dérangés par les badi-geonneurs. Les conducteurs, quelque soit leur isolement, ne doivent jamais être engagés dans les conduites de gaz ou y être fixés n’importe comment. S’il n’y a pas de tuyaux de gaz installés dans lesdits passages, on installera un support solide, approuvé, pour les attacher.
- Les tubes de même polarité, mais appartenant à des circuits différents ou reliés à un clef double, soit qu’ils s’y rendent, soit qu’ils en viennent, ne doivent pas passer dans une même moulure, le long du même tube, ni dans la même rainure.
- 270 Dans les teintureries, les fabriques de pâte à papier, ainsi que dans tous autres bâtiments spécialement sujets à être humides, tous les fils, exceptés ceux employés pour sus pension, doivent être séparés d’au moins 6 pouces (152 millimétrés).
- Le conducteur doit être déposé avec un soin extrême et supporté par des isoloirs de verre, de porcelaine ou de caoutchouc. Sera approuvé, au lieu de construction de ce genre, un tube isolant, non inflammable, imperméable.
- 28° Les conducteurs, toutes les fois qu’ils croisent des tuyaux métalliques ou tous autres conducteurs, doivent en être séparés par un bloc de bois ou d’autres matières non conductrices ayant au moins un demi-pouce, et disposés de telle sorte qu’ils ne puissent venir en contact les uns avec les autres par accident.
- Ces conducteurs doivent autant que possible passer par-dessus les conduites d’eau. Dans les endroits où les conducteurs traversent des murs, des planchers, des cloisons, des poutres, etc., on emploiera des passe-portes, des tubes de verre ou ce que l’on appelle des « isolateurs de plancher » ou d’autres tubes isolants non inflammables, imperméables.
- Les conducteurs ne doivent jamais être exposés à l’action d’agents mécaniques ou à des perturbations de quelque genre que ce soit. Des fils de même polarité, mais appartenant à des circuits différents ou reliés à une même clef, soit qu’ils s’y rendent, soit qu’ils en viennent, ne doivent pas passer dans une même moulure, dans une même rainure.
- Les supports doivent être en bois dur, (mastiqués pour empêcher l’absorption de l’humidité), (
- en porcelaine ou en toute autre matière approu-, vée, et construits de manière à maintenir le fil a un quart de pouce au moins du bâtiment. Les conducteurs étant assujettis, n’étant pas distants de plus de 4 pieds les uns des autres (1,2 mètres) et tendus raide doivent, s’ils ont une différence de potentiel de 120 volts ou moins, et s’ils ne transportent pas plus de 10 ampères, être séparés au moins d’un pouce et demi; alors, quand ils sont confinés dans des moulures, un 'demi-pouce d'intervalle suffit. Les câbles principaux transportant des courants de plus grand volume doivent être séparés par de plus grands intervalles.
- L’emploi de crampons de métal pour maintenir les conducteurs ne sera pas approuvé.
- 290 Les conducteurs pouvant être exposés à des fumées corrosives seront pourvus d’un isolement qui ne soit pas attaqué par elles; ils seront disposés de la manière décrite à la règle 27.
- 30° Toutes les épissures des fils doivent être soudées conformément à la règle 8. 11 faut avoir soin, de ne pas surchauffer le fil, ce qui pourrait lé rendre cassant. L’isolement d’un joint quelconque doit être égal à celui des autres parties du même fil.
- Clefs et coupe-circuits de sûreté.
- 310 Toute portion de toute installation doit être munie de coupe-circuits de sûreté à double pôle, qui interrompront le passage de toute quantité de courant en excès sur ce que peut transmettre une portion quelconque de l’appareil. Un coupe-circuit doit être placé à l’endroit où le conducteur de service, soit souterrain, soit aérien, joint les fils intérieurs et à tout point où il y a changement de dimension du fil (à moins que le coupe-circuit du grand fil ne soit destiné à protéger le petit). Le support ou l’enveloppe, quels qu’ils soient, de la bande ou du fil fusible, doit être incombustible et imperméable et construit de telle sorte que la fusion du métal ne puisse produire un arc entre ses pôles. On ne fera pas passer plus de 10 ampères dans des bandes de plomb ou de composition, à moins que les dites bandes ne soient pourvues de revêtements de contact en quelque métal plus dur, ayant une communication électrique parfaite avec les parties fusibles de la bande. Sür n’importe quelle attache de combinaison, aucun
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- groupe de lampes exigeant un courant de 7 ampères ou davantage ne dépendra, en dernier ressort, d’un seul coupe-circuit. Mais il y aura un coupe-circuit par chaque suspension et attache.
- 320 Les tableaux de communication et coupe-circuits doivent être en matière incombustible et disposés de façon à ne pas laisser fuir l'électricité. Ces appareils seront placés à un endroit où ils ne seront pas susceptibles de recevoir le contact de substances étrangères ou de l’humidité.
- 33° Toutes les clefs, excepté celles des socles de lampes, doivent être à double pôle.
- Elle doivent avoir un contact assuré qui s’établisse et se rompe facilement, qui ne s’arrête pas entre « ouvert » et « ferme » et qui ne soit pas facilement sujet à se détériorer autrement. Les points de contact ne doivent pas égratigner ou frotter la surface entière de la matière isolante entre les bandes de contact ; il doit y avoir un espace d’air. La capacité de transport des différentes parties doit être suffisante pour prévenir réchauffement.
- Attaches.
- 340 Dans tous les cas où les conducteurs sont cachés, le support doit être isolé des conduites d’eau au moyen d’un système approprié.
- Lorsqu’il y a des trous percés dans des attaches, toutes les barbelures doivent être enlevées des bords des trous avant que l’on fasse passer les conducteurs.
- Les conducteurs, lorsqu’ils sont placés extérieurement, doivent être assujettis de façon à ne pas être coupés ou usés par la pression des attaches ou par le mouvement des supports.
- Tout fil employé pour établir des supports doit avoir un isolement qui soit durable et ne soit pas facilement usé ; en aucun cas il ne doit être plus petit que le numéro 19 « B et S » ou que le numéro 20 « B. W. G. » (1).
- A chaque support, avant d’admettre le courant il faut essayer s’il n’y a pas contact entre lui et le conducteur, et s’il n’y a pas court circuit.
- Pour se préserver contre la tendance à la condensation dans les tuyaux ou dans les supports, 1 faut sceller l’extrémité supérieure.
- Suspensions et socles de lampes.
- 35. es suspensions à cordes doivent être com-
- Sld) N‘ 20, B WG = 0,9 millimètre de diamètre.
- posées de fils tendus et protégés par des plaques de caoutchouc ou par quelque chose d’également bon là où elles entrent dans le socle. Si elles sont exposées aux intempéries ou employées dans des chambres humides, il faut avoir soin de maintenir l’intérieur des socles à l’abri de l’humidité.
- Le poids de chaque socle et de chaque lampe suspendus par une corde doit être supporté par un blochet, une rosette quelconque fixée dans le plafond et par un nœud sous le coussin du socle afin d’écarter tout effort, des joints et des vis d’assemblage. 11 ne faut pas employer de cordes flexi-bies, si ce n’est pour suspensions, fils de support, et pour lampes portatives.
- Générateurs secondaires ou transformateurs.
- 36° Les transformateurs ne doivent être placés dans aucun autre bâtiment que des stations centrales ; ils doivent être renfermés dans une case métallique ou non combustible, lis doivent être placés sur les murs extérieurs lorsque ceux-ci sont bien en évidence et d’accès facile, mais ils doivent en être complètement isolés. S’ils sont placés sur des cloisons en bois, ou sur la charpente de bâtiments en pierre ou en brique, l’isolement doit être incombustible. Quand il y a un service souterrain, le transformateur peut être placé dans une place convenable quelconque : celle-ci doit être sèche et ne pas donner sur l’intérieur du bâtiment. Le choix de la place doit avoir l’approbation de l’inspecteur avant l’admission du courant.
- 370 Si pour une raison quelconque il est nécessaire que les fils primaires allant au transformateur ou en venant entrent dans un bâtiment, ces fils doivent être maintenus à une distance qui ne sera pas inférieure à 12 pouces (305 millimètres) et à la même distance de tous corps conducteurs.
- 38° Des fusées de sûreté doivent être placées à la jonction des conducteurs d'alimentation et des conducteurs principaux, ainsi qu’à la jonction des conducteurs principaux et des embranchements, là où cela sera nécessaire ; on en placera aussi dans les fils primaires et secondaires du transformateur, en ayant soin de les mettre de telle sorte qu’elles ne soient pas affectées par réchauffement des bobines. Les fils secondaires, après avoir quitté le transformateur, seront soumis aux règles déjà données pour les conducteurs intérieurs destinés à l’éclairage par incandescence.
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- Le circuit secondaire doit être pourvu d’un coupe-circuit établissant communication avec la terre en dehors du bâtiment, mais il est dangereux de relier à la terre d’une façon permanente le circuit secondaire, et cette disposition ne sera pas sanctionnée.
- Fils étrangers.
- (Sur ce point les Compagnies d’assqrances se bornent à donner des avis.)
- 39® Ne doit être rattaché aux bâtiment assurés par cette Compagnie, aucun fil étranger, de quelque genre que ce soit, destiné à transporter des courants électriques à travers les cours jusqu’à un point quelconque.
- 4o° Tous les fils électriques dont l’assuré peut avoir besoin entreront dans les bâtimenls en un endroit qui sera de préférence près du logement du veilleur de nuit, de telle sorte qu’ils puissent être facilement surveillés. Chacun des dits fils sera gardé par un protecteur contre les courants trop forts fonctionnant lorsqu’on ouvrira le circuit, et par un parafoudre.
- 41° Ces protecteurs contre les forts courants seront placés dans un endroit sec, accessible, à l’intérieur du bâtiment, et aussi près que possible du point d’entrée des fils. Ils ne seront pas reliés à la terre. Ces protecteurs seront montés sur des supports non combustibles, isolés, lesquels seront pourvus d’un réceptacle pour les matières fondues.
- 42. Les parafoudres sur tous les conducteurs doivent être placés entre le protecteur contre forts courants et la partie électrique de l'appareil, à l’intérieur du bâtiment auquel ces fils sont reliés. Aucun fil pour ces parafoudre ne sera attaché à des conduites de gaz chez l’assuré.
- 43° Tous les conducteurs électriques qui peuvent entrer chez l’assuré doivent être isolés au moyen d’un isolant imperméable d’excellente qualité, entre le fil de ligne passant sur l’isolateur attaché aux bâtiments en dehors et l’appareil protecteur à l’intérieur.
- En outre, ces conducteurs doivent entrer à une distance de tout autre fil ou de toute autre matière combustible qui ne soit pas inférieure à 3 pouces (76 millimètres).
- 44° Lorsque des fils quelconques portant des courants à haute tension doivent passer par dessus ou par dessous d’autres fils sur la propriété de l’assuré, ces fils à forts courants doivent être attachés à des poteaux, assez près les uns des autres, avec un seul fil assez au-dessus de l’autre pour que, s’il se produit une rupture, le fil pendant entre les poteaux ne soit pas assez long pour venir en contact avec le fil d’au-dessous; ou bien, les conducteurs, s’ils ne sont pas supportés par des poteaux, seront placés ou protégés au moyen de fils de garde, de manière à rendre impossible un contact entre les différents conducteurs.
- 45° Lorsque des systèmes à haute tension et à basse tension sont en usage dans la même cour, même en étant développés à l’intérieur dés ateliers, les conducteurs doivent être maintenus séparés et à des distances telles qu’il ne puisse pas se produire de contact ni d’arc transversal.
- Nota.
- 46° Les assureurs se réservent le droit de, à n’im -porte quel moment, compléter, changer ou modifier ces règles et de les renforcer par telles modifications, tels changements, etc... qui pourront paraître nécessaires pour la sécurité. Tous efforts raisonnables seront faits pour signifier promptement tout changement survenu à toutes lçs compagnies de lumière électrique.
- C. B.
- Accumulateur homogène Héring.
- Les plaques positives et négatives de cet accumulateur sont entièrement composées de matière active assez consistante pour se soutenir sans aucune garniture.
- L’essentiel de l’invention consiste dans l’emploi d’un sel de plomb soluble comme ciment pour relier entre eux les oxydes de plomb pulvérulents ; on emploie de préférence l'acétate de plomb. Afin d’assurer en même temps à ces plaques la porosité nécessaire, on mélange les oxydes de plomb avec un sel de plomb susceptible de se contracter par l’action électrolytique, de manière à réserver ainsi autour du peroxyde, à mesure qu’il se forme, des porosités qui rendent la plaque très active. En résumé, la plaque est constituée par un mélange
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- de peroxyde de carbonate et d’acétate de plomb, que l’on comprime dans un moule, puis que l’on sèche au four après l’avoir percé de trous pour en augmenter la surface active. On achève ensuite de
- Fig. 1
- durcir la plaque par une immersion dans de l'acide sulfurique, puis on la soumet au travail de formation.
- On arrive au même résultat en plongeant les
- gée dans un bain d'azotate de plomb, une mince couche de peroxyde de plomb aussi dure que l’acier. Si l’anode du bain est constituée par une plaque de plomb et la cathode par des pointes de plomb, il se précipite sur ces pointes une arborescence de cristaux qui s’agglomèrent par la compression en un feutrage tenace et très poreux. La plaque de plomb formée par la compression de ces cristaux peut être directement employée comme cathode dans l’accumulateur.
- La figure 1 indique la constitution d’un accumulateur de ce genre, dont les plaques positives C. D sont séparées des négatives C' D' par des feuilles isolantes et serrées par deux écrous entre des plateaux B. Les plaques de ce type ne sont pas perforées.
- Dans le type représenté par les figures 2 et 3
- plaques dans une dissolution d’acétate de plomb, puis en les formant à plusieurs reprises après séchage. La surface des plaques se recouvre ainsi de cristaux disposés en couche mince sur la masse poreuse de la plaque. Après la formation, on peut précipiter électrolytiquement, sur la plaque,plon-
- Fig. 3
- les plaques actives A reposent sur des lames conductrices B, doublées d’isolants C, et reliées aux conducteurs D. Le tout est.assemblé entre deux plateaux F par des boulons E, convenablement isolés. Le liquide circule dans les canaux MN, déterminés par les perforateurs des plaques.
- Réfrigérant électrothermique Dewey#
- Le réfrigèrent électrothermique de M. Dewey est une application de l’effet Peltier, ou du refroidissement des soudures métalliques traversées par un courant de sens contraire à celui que déterminerait réchauffement de la soudure dans une pile thermo-électrique.
- C’est ainsi, qu’en faisant traverser par un courant allant du cuivre au fer une soudure de ces deux métaux plongée dans de l’eau, on peut parvenir à former de la glace autour de cette soudure.
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- Cet effet, opposé à celui de Joule, augmente, entre certaines limites, proportionnellement à l’intensité du courant, et n’est sensible que pour de faibles intensités. 11 a son origine dans le développement
- Fig, 1 et 2
- d’une force électromotrice de contact qui est maxima pour la soudure du cuivre et d’un alliage de i d’antimoine pour io de bismuth, avec laquelle elle atteint, par ampère-seconde ou cou-
- Fig. 3
- lomb, environ 0,022 volt et 0,027 volt à des températures de 25 et de ioo°.
- Les figures 1 et 2 représentent le principe de l’appareil de M. Dewey : le passage d’un courant
- Fig. 4
- dans une série de barres, dont les soudures intérieures e plongent dans un liquide A, et dont les soudures extérieures, échauffées par le courant, perdent leur chaleur par des lames rayonnantes d ou par une ventilation V.
- Il en résulte un refroidissement du liquide A*
- que l’on peut faire circuler dans les lodaux à rafraîchir, ou utiliser directement à la formation de la glace.
- La figure 3 regresente l'application de l’appareil à un wagon réfrigèrent, par la circulation du liquide de A au travers de tubes réfrigérents H. Le courant est produit par une dynamo que mène un essieu du wagon et en cas d’arrêt par des accumulateurs D.
- On peut, théoriquement aussi, utiliser de même l’effet de Thomson, par lequel le passage d’un courant dans un fil chauffé en a* a' par exemple (fïg. 4) le refroidit en a a.
- G. R.
- Lumière et statistique ; discours présidentiel de M. Fontaine.
- L’industrie de l’éclairage procède dans ses transformations par transitions brusques, elle use dans ses évolutions quotidiennes de procédés qui auraient étonné une autre époque ; notre siècle, fatigué peut-être de comprendre, affecte plutôt de ne rien admirer.
- Cette nonchalance d’esprit n’est point sans excuse; elle dispense d’avouer qu’on ignore réellement l’importance du mouvement auquel on participe, et comme la franchise d’un pareil aveu n’est pas donnée à tout le monde, nous ne sommes pas surpris qu’elle ait servi d’honorable préambule à l’adresse inaugurale du président annuel de la Société internationale française des électriciens.
- Mais si M. Fontaine a été « forcé de restreindre le champ de ses recherches », s’il s’est « décidé à ne parler que de l’éclairage de Paris », ses auditeurs ont dû s’apercevoir qu’il a donné sous forme d’histoire parisienne le tableau des éclairages modernes depuis trente-quatre ans. Son discours est aussi et surtout un document statistique scrupuleusement étudié, dont nous ne pouvons que recommander la lecture et retenir les enseignements principaux.
- En 1855, quatre sources de lumière artificielle concouraient à l’éclairage industriel : les chandelles, les bougies, les huiles végétales et le gaz, qui contribuait déjà pour plus des deux tiers dans l’ensemble.
- En réalité ces quatre sources se réduisent à trois, car les chandelles et les bougies ne sont que deux modes successifs d’éclairage par les corps solides* et l'on doit seulement faire remarquer que
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- la substitution de la bougie à la chandelle, après les travaux de Chevreul, s’est poursuivie d’une façon continue et régulière : « Il y a trente-quatre ans la chandelle fournissait autant de lumière à Paris que la bougie ; aujourd’hui elle en fournit à peine la treizième partie ». D’ailleurs « l’importance de l’éclairage au moyen des corps solides reste à peu près stationnaire à Paris, avec une tendance à la baisse ».
- Vers 186s, une nouvelle source d’éclairage a commencé à se développer pratiquement par l’emploi des huiles minérales. L’éclairage par le pétrole et l’essence minérale croît depuis lors très rapidement, tandis qu’il y a une diminution rapide de la consommation des huiles végétales.
- D’après l’examen des chiffres donnés par M. Fontaine, et bien qu’il n’en fasse point la remarque explicite, il semblerait que les perfectionnements apportés dans les lâmpes à huiles minérales, amènent peu à peu la substitution de ces lampes à celles à huiles végétales, comme la bougie s’est substituée à la chandelle. Dans l’ensemble, la consommation des huiles de toutes sortes se développe en effet à peu près parallèlement à la consommation du gaz; cela du moins paraît résulter de la colonne additionnelle que nous donnons avec le tableau résumé des appréciations statistiques de M. Fontaine.
- Sans entrer dans le détail des évolutions qui ont servi de base à l’établissement du tableau de M. Fontaine, nous nous contenterons des indications strictement suffisantes à son intelligence.
- La bougie décimale prise pour unité de lumière conformément aux décisions du dernier congrès des Electriciens est la vingtième partie de l’étalon absolu de lumière défini par la conférence de 1884; elle est très sensiblement égale au dixième du carcel.
- M. Fontaine admet que l’éclairage d’une bougie décimale s’obtient en consommant, déchets compris :
- 10 grammes de bougie ou de chandelle (la consommation exacte de bougie étant de 8,5 gr.) ;
- 5 grammes d’huile végétale (la carcel type con somme 4,2 gr. et la plupart des autres lampes son moins économiques);
- 4 grammes d’huile minérale (la consommation de pétrole est au moins de 3 gr. et celle de l’essence s’élève à 5 et 6 gr.);
- 12,5 litres de gaz (chiffre moyen admis par plusieurs gaziers.) ;
- 3,5 watts de puissance effective pour la lumière électrique par les lampes à incandescence ;
- 1 à 1,5 watt de puissance effective pour la lumière électrique par les lampes à arc de différentes puissances.
- La durée de l’éclairage moyen a été évaluée à-, 4 heures par jour.
- Si nous n’avons point encore parlé de l’éclairage électrique, qui figure pour la première fois dans les évaluations de 1877, c’est que nous ne pouvons pour cette nouvelle source d’éclairage nous borner à un résumé aussi restreint et que nous préférons donner une idée du travail de M. Fontaine par quelques citations.
- « C’est à Paris, dans l’atelier de M. Gramme, en novembre 1873, que fut réalisée k première installation réellement industrielle d'éclairage électrique, au moyen d’une dynamo à courant continu et de régulateurs Serrin. C’est également à Paris, en 1877, que furent faites les premières applications de la bougie Jablochkoff; seize foyers, disséminés sur une longueur de 1 kilomètre, étaient alimentés par une seule machine Gramme à courants alternatifs.
- « Paris a eu ainsi l’honneur de posséder les premiers éclairages public et privé qu’on ait réalisés au moyen de courants électriques. »
- Voici quant à présent l’importance et la répartition des installations d’éclairage électrique:
- « Les industriels, au nombre de 160, bénéficiant de l’abonnement au combustible qui s’éclairent au moyen de dynamos actionnées par leurs propres moteurs utilisent pour cet usage une puissance de 1 900 chevaux.
- « Les stations centrales disposent actuellement de 5 325 chevaux, savoir f la station municipale des Halles, 960 chevaux; la cité Bergère, 1 500 chevaux; rue de Bondy, 500 chevaux; rue des Filles-Dieu, 200 chevaux; îlots Popp, 590 chevaux ; Palais-Royal, 1200 chevaux; faubourg Saint-Martin, 200 chevaux ; diverses stations, 175 chevaux.
- « On construit actuellement, pour le compte de la Société alsacienne, une station dite du secteur de Clichy, dont l’importance sera de 2000 chevaux ; une station à Saint-Ouen pour le compte de la Société anonyme de la transmission de la force par l’électricité, qui enverra à Paris 1 200 chevaux électriques; deux stations pour les secteurs Popp, qui posséderont une force motrice de 3 500 chevaux, et une station avenue Trudaine, pour
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- compte de la Compagnie continentale Edison, d’une puissance totale de 2400 chevaux. Total! 9 100 chevaux-vapeur.
- « Les grands magasins possèdent de véritables ! usines, très bien agencées, pour la production de la lumière dont ils ont besoin. La force motrice totale employée à cet usage par ces établissement peut être évaluée à 2750 chevaux, savoir : Bon-Marché, 1140; Louvre, 380; Printemps, 480; Gagne-Petit, 150; Belle Jardinière (ateliers), 100; Révillon, 70 ; divers, 430. Plusieurs autres installations de magasins sont projetées et seront prochainement exécutées ; une puissance de 300 chevaux au minimum sera consacrée à ces nouveaux éclairages.
- « Les gares de chemins de fer emploient pour s’éclairer électriquement une force motrice de 700 chevaux, ainsi répartie : Est, 280; Ouest (Saint-Lazare), 280 ; Lyon, 70 ; Nord, 70. Les gares de l’Est ét de l’Ouest ont chacune une réserve de 140 chevaux.
- « Les hôtels qui produisent eux-mêmes le courant dont ils ont besoin disposent d’une force motrice d’environ 700 chevaux. Les principaux sont : le Grand-Hôtel, 100 chevaux; l’Hôtel Terminus, 130 chevaux; Hôtel l’Continental, 200 chevaux; divers, 250 chevaux.
- « Un grand nombre de théâtres reçoivent le courant électrique des stations centrales. Le Théâtre-Français, la Porte-Saint-Martin, la Renaissance, les Variétés, le Vaudeville, l’Ambigu, les Folies-Dramatiques, le Palais-Royal, les Menus-Plaisirs, etc. sont dans ce cas.
- « D’autres théâtres ont des installations particulières avec moteurs indépendants, dont la puissance totale peut être évaluée à 3000 chevaux, savoirrOpéra, 920chevaux; Odéon, 150 chevaux; Opéra-Comique et Châtelet, 500 chevaux; Gaîté, 200chevaux; Gymnase,65 chevaux; Hippodrome, 350chevaux; Eden, 200 chevaux ; Eldorado,75 chevaux; Nouveau-Cirque, 200 chevaux ; Musée Gré-vin, 120 chevaux ; divers, 220 chevaux.
- « Le Parc-Monceau possède une petite usine d’éclairage électrique de 25 chevaux; les Buttes-Chaumont, de 60 chevaux ; la Tour Eiffel, de 35 chevaux; l’Hôtel de Ville, de 400 chevaux; la Bourse du Commerce,de 100 chevaux; la Banque de France, de 120 chevaux; le Ministère du Commerce, de 40 chevaux ; les bateaux qui transportent les voyageurs sur la Seine, une série de petits moteurs d’une puissance totale de 130 chevaux;
- l’Ecole Polytechnique, de 45 chevaux ; les bureaux du chemin de fer de l’État, de 50 chevaux; plusieurs petites installations faites pour les monuments ou la voie publique utilisent une force motrice de 190 chevaux. Cet ensemble comprend une puissance totale de 1215 chevaux.
- « La station Edison du Champ-de-Mars, la seule qui survive des six stations de l’Exposition, a un matériel mécanique et électrique de 600 chevaux ; l’installation que la même compagnie possède au Palais de l’Industrie a une puissance de 200 chevaux.
- « Plusieurs imprimeries et librairies : les maisons Hachette, Lahure, Dupont, Imprimerie des Arts et Manufactures, etc., utilisent pour s’éclairer électriquement une force motrice totale de290 chevaux.
- « Les installations particulières fonctionnant au moyen de moteurs à gaz ou avec des moteurs à air raréfié dépensent 924 chevaux (824 à l’aide de 97 moteurs à gaz et 100 à l’aide de 65 moteurs à air raréfié.
- « Les installations industrielles ou particulières fontionnant au moyen de machines à vapeur alimentées par du combustible payant la totalité des droits d’octroi utilisent très approximativement une force motrice de 620 chevaux.
- « Le tableau suivant résume les quantités de force motrice employées à Paris, dans diverses spécialités, pour produire les courants électriques servant à l’éclairage public et privé :
- Puissance en chevaux-vapeur actionnant des dynamos à Paris
- Puissance en ohev.-vapeur
- dépensée dan* les installât. Fuissan-
- ces
- totales
- en fone- en cours en
- tton- d’exé- pro- ch.-vap.
- noraent tcutlon jetées
- Industriels abonnés à l'octroi. I ,900 200 600 2,700
- Stations centrales 5,3*5 9, IOO 3,000 >9,4*5
- Magasins 2,750 300 3,050
- uares 700 280 980
- Hotels 700 700
- Théâtres 3^000 3.000
- Monuments èt voies publiques 1,215 800 2,015
- l.iorairies et imprimeries 290 290
- Installations avec moteurs à
- gaz ou à air raréfié 924 924
- Installations diverses avec
- machines à vapeur 620 200 820
- 17,424 10,280 3,900 31,904
- Ne pouvant tout citer, nous nous bornons à cet
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- .exposé des résultats qu'on jugera suffisamment concluants :
- « L'électricité fournit aujourd'hui à peu près la cinquième partie de la lumière artificielle employée à Paris ; d’ici un an le contingent qu’elle apporte sera plus que doublé. »
- Le fait principal qui résulte de la statistique c’est l’accélération brusque de la consommation de lumière artificielle à l’apparition de chaque nouvel éclairage. On peut donner une idée assez frappante de la consommation aux diverses époques en représentant chaque habitant de Paris comme dis-
- posant d'une lampe Carcel dont il se servit régulièrement chaque jour :
- Pendant une heure en 1855,
- Pendant une heure et demie en 1872,
- Pendant moins de deux heures en 1877,
- Pendant plus de deux heures et quart en 1883, Pendant plus de trois heures en 1889.
- Ce développement rapide des procédés d'éclairage artificiel à Paris ne doit point faire illusion sur leur valeur absolue, c'est à dire relativement à la lumière du jour, et les mesures toutes récentes de M. de Nerville (*) fournissent des points de comparaison à retenir :
- Quantités de lumière consommées à Paris par an et pur habitant évaluées en bougies décimales-heure.
- Années Bougies et chandelles Huiles Colonne additionnelle Huiles Gaz Électricité Quantités totales Population
- végétales miné raies
- 855 2?0 "74 o "74 2376 * 3.765 ',174,346
- 1872 250 967 503 1470 4272 » 5.992 1,855,79?
- 1877 210 770 722 >492 4776 65 6,543 2,044,849
- 1883 217 649 1244 1893 6087 2 30 8,427 2,299,'93
- 1889 190 5'7 «995 2512 6470 2130 ",302 2,389,705
- Dans son cabinet de travail M. de Nerville a observé par beau temps et avec le soleil un éclairement horizontal équivalent à 200 bougies à 1 mètre ; par beau temps, mais avec le soleil masqué par les nuages, un éclairement de 11 o bougies. A cinq heures du soir, dans ces dernières conditions l’éclairement naturel varie de 6 à 8 bougies; il équivaut encore à ce que procure un éclairage artificiel important.
- Ce n’est donc point sa valeur même qui limitera de sitôt l’éclairage artificiel; ce sera, comme aujourd’hui et toujours, son prix de revient et la part de leur dépense que les populations jugeront à propos de lui consacrer.
- An surplus le fait est d’expérience et la conclusion a été énoncée en termes fort clairs par M. Bowers à la dernière réunion de la Ga% Ligbt Association de Toronto (États-Unis) à propos de l'éclairage de la petite ville d’Hillsboro :
- « L’adjonction de l'électricité au gaz pour l’éclairage particulier dépend beaucoup du caractère du pays. Si le public est entreprenant, amateur du progrès, peu regardant, il y a sûrement bénéfice à établir l’éclairage électrique particulier; mais, au contraire, si le public est hésitant, incrédule, routinier, ce serait une affaire improductive que
- d’ajouter cette nouvelle branche à l’industrie du gaz. »
- C’est au même fait qu’il faut certainement attribuer l’importance transitoire prise par l’éclairage électrique par le moteur à gaz, qui est la solution préconisée dernièrement (2) par M. Delahaye aux Compagnies de gaz qui croient utile de s’occuper d’éclairage électrique chez les particuliers :
- « Si elles ne tiennent pas à exploiter elles-mêmes, le moteur à gaz permet de -laisser l’électricité aux électriciens en se bornant à fournir la force motrice sur place.
- « Si elles préfèrent exploiter elles-mêmes, le moteur à gaz les affranchit de toute demande d’autorisation de passage sur ou sous les voies publiques et de l’établissement d’une canalisation électrique au moins superflue lorsqu’on a déjà le moyen de distribuer à domicile la lumière, la chaleur et la force; il conserve la clientèle et maintient la consommation du gaz en en changeant seulement le mode d’emploi ; il peut alimenter à égalité dé dépense de premier établissement un plus grand
- (*) Voir le numéro de ce recueil du 12 juillet dernier, p. 91. (‘) A là réunion de juin dernier du congrès de la Société technique du gaz, à Lyon.
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- nombre, d’appareils d’éclairage-, électrique ; ilse prête au développement progressif des installations, suivant les besoins réels, sans immobiliser du premier coup un capital considérable dans une usine et des.canalisations auxquelles il faut énsuite assurer une clientèle; enfin il corpporte un matériel dont il est possible de tirer un bon parti en cas d’insuccès ou de cessation d’éclairage électrique. »
- Telle est textuellement la conclusion de M. De-Jahaye ; nous nous dispenserions de répéter combien l’opportunisme de M, Bowers nous semble plus judicieux, si nous ne voulions; profiter de l’occasion pour ajouter qu’il est dangereux de comparer le prix de vente actuel de l’énergie électrique — qui n’est pas le prix de revient — avec le prix de revient de l’éclairage par un autre procédé.
- Dans les villes où l’éclairage artificiel est susceptible de s’accroître aussi rapidement qu’à Paris depuis trente ans, la période des solutions mixtes est trop éphémère pour qu’elles acquièrent une importance industrielle.
- A. propos de radiométrie, M. Trémaux et M. Bennett.
- A l'occasion des. expériences de M. R. Bennett , publiées dan? notre numéro du 20 septembre dernier^), et au sujet surtout de l’explication qu’elles suggèrent pour la rotation des planètes, il nous semble intéressant de rappeler les idées..... émises par M. Trémaux en 1869 (2) et de reproduire la figure démonstrative qui accompagnait ses prospectus distribués publiquement depuis cette époque.
- « La chaleur, disait M. Trémaux, s’attire par ses différences et se repousse par ses similitudes.
- « Les chaleurs s’égalisent ou s’attirent en raison des différences de température,
- « L’attraction s’exerce en raison des différences d’état. »
- Onvoitqué la conclusion même des expériences de M. Bennett semble avoir été émise d’une façon assez explicite par M. Trémaux, et le fait est d’autant plus curieux à noter que l’allure des publications scientifiques de M. Trémaux n’était guère
- (*) La Lumière Electrique, t. XXXVII, p. 637.
- (’) P. Trémaux : Principe universel de la vie, du mouvement ci de l'état'de la matière. Paris, librairie Hachette, 1869,
- susceptible d’attirer ou de retenir l’attention. En signalant aujourd’hui l’antériorité de sa publica-
- ^ tA CHALEUR^N^
- OIT FORCE VIVE DE RÉPU LS I ON ri) -
- (résollant de toutes espèce? de chocs ou de vibrations )^V'&
- /kè transmet mieux entre corps semblable^
- : qu’entre corps differents*.
- Par conséquentes vibrations élhérées ou caloriques étant d'autant mieux.répercutées.que les corps sont plus chauds, on a *
- Entre soleils très-chauds Distances immenses»
- a ErUre suleil oi planètes . . Distances réduites.
- Entre planètes et satcllitis Distancesmoiodres.
- Entre astres et corps denses Chute ou réunioo.
- la cboleur réglaatlps distances comme partout en physique, H en I résulta quq. lu côté C-de la terre qui a été échauffé pendant le jour , "icloigoo; té colé *1) qui a été refroidi pendant la nuit se rapprocha et........................la terre tourne!
- Le satellite oc peut tourner faute d'émission de chaleur planétaire,
- Les ostyes secondaires sont transportés dans leur orbite parce que lès vibrations répulsives sont plus puissantes du coté D de l’astre central qui s’approche, par relation, que ‘du“c8té "A'quf TuiC' èt'les fésuITâïtlés~sonl'dès forcés de iraiislaliou rigoureutement proportionnent* aux carrés de# viteisrs à toutes la distances et dans tous les
- systèmes/ l't
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- JlSSUdlUO^
- Fig. 1
- tion nous désirons simplement faire œuvre de chroniqueur impartial,
- E. R.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur une analogie pneumatique du pont de Wheatstone, parM Shaw.
- Lorsqu’un fluide s’écoule d’une manière continue par un orifice pratiqué dans une paroi mince, la relation entre la vitesse d’écoulement V, çt la charge H, c’est-à-dire le ^travail effectué par
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- JOURNAL \UNIVERSEL PÉLECTRICITE
- 'unité de masse du fluide pendant son passage, peut être exprimée par la formule
- H = R v»
- où R. est une constante dépendant de la section de l’orifice. Si H est mesurée en unités de gravité, R est égal à 1/2 g k% a2, g étant l’accélération due à la pesanteur, a la section de l’orifice et h le coef-ficient de contraction de la veine, facteur indépendant de la vitesse d’écoulement.
- Considérons un courant de fluide incompressible traversant successivement deux orifices ax et a, disposés chacun à l’extrémité d’un espace fermé Ba assez grand pour qu'il n’existe pas de différence appréciable de charge aux différentes parties de cet espace et supposons que l’énergie cinétique du courant à travers l’un des orifices n'affecte pas le courant qui traverse l’autre orifice; D’après le principe de la continuité, l’intensité V du courant sera la même pour les deux orifices, on a donc pour la charge Hj entre les côtés de l’orifice d’entrée la relation Ht = Rj V2 et pour la charge H2 entre les, deux côtés de l’orifice de sortie la relation H2 = Rt V2, où Rx et R2 sont deux constantes correspondant aux deux orifices. 11 suit de la définition du terme « charge » que H! -J- H2 (= h) est la charge totale entre l’intérieur du second orifice et l’extérieur du second.
- On peut donc considérer H! et H2 comme les deux charges partielles qui forment la charge totale b. Cette charge peut être considérée comme due à une dépression manométrique constante maintenue dans un second grand espace A, qui communique avec le premier espace B; à l’aide du second orifice. S’il existe maintenant un troisième espace fermé B2, pourvu également de deux orifices a3 et «4 dont l’un «4 communique avec l’espace A où l’on maintient une dépression manométrique constante, tandis que l’autre a3 est ouvert de façon à fournir la même quantité de fluide que celle qui traverse alt on obtiendra un second courant V’, qu’on peut , considérer comme étant en arc multiple avec le premier, et à laquelle on peut appliquer les équations suivantes :
- H3 = R3V‘*
- H4 = Ri V«
- H3+H4 = <&
- H8 et H4 représentent les charges partielles correspondant au second courant et R3 R4 les constantes relatives aux orifices a3 aA.
- , L’écoulement du liquide est ainsi arrangé d’une manière analogue au flux d’électricité dans le dispositif du pont de Wheatstone dans lequel le circuit du galvanomètre reste ouvert. La charge b correspond à la force éjectromotrice de la pile, V2 et V'2 à l’intensité des courants électriques dans les deux branches, Rt R2R3 R4 aux résistances électriques des quatre branches, tandis que les espaces A Bj B2 remplacent les barres de cuivre établissant les connexions entre les résistances. Les charges partielles Hj H2 H3,H4 correspondent aux iforces électromotrices entre les extrémités des fils formant pont. L’établissement d’un contact à l’aide 'd’une clef dans Je circuit du galvanomètre correspondrait à établir un tube de communication entre les espaces B, etB2; la condition hydrodynamique équivalente à l’absence de courant électrique à itravers le galvanomètre serait évidemment qu’il rie s’établît pas de courant de fluide à travers le 'tube.
- Pour constater l’équilibre il faut donc disposer un appareil capable de déceler si un courant traverse le tube. Toutefois il n’est pas nécessaire que cet appareil mesure le courant de fluide qui traverse le tube ; de même qu’il suffit dans le pont de Wheatstone que le galvanomètre décèle l’existence d’un courant électrique, et qu’il n’est pas nécessaire que cet instrument mesure l’intensité du courant obtenu. La condition pour qu’il n’y ait pas de flux de liquide à travers le tube correspondant au galvanomètre est qu’il n’éxiste pas de différence de charge entre les extrémités du tube ; cette condition est satisfaite lorsqu’on a LL = H2 ou H2 = H4, ce qui montre que la condition est indépendante de la charge totale h et ne d.épend que des constantes relatives aux quatre orifices. On a donc la même relation que celle qui existe dans le pont de Wheatstone ordinaire, savoir :
- Ri R3
- R2 R4
- On peut supposer que les coefficients de contraction soient indépendants de la forme de l’orifice ; la condition pour que le tube correspondant au galvanomètre ne soit traversé par aucun courant devient donc :
- ai__«s
- a3 a4
- at...a4 étant les sections des quatre orifices.
- La réalisation pratique de ce dispositif n'est pas bien difficile. 11 suffit de disposer d'une source et
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- d'un tube de dégagement mis en communication à l’aide de deux^paires de boîtes assez grandes pour pouvoir dissiper complètement l’énergie cinétique des courants qui y entrent. Les deux boîtes doivent être d’ailleurs reliées à l’aide d’un tube permettant de constater l’absence de courant.
- J’ai été amené à considérer ce cas d’analogie hydrostatique par l’étude d’un certain problème de ( ventilation résultant de courants d’air entre des espaces fermés voisins, comme, par exemple, des pièces qui se communiquent. Dans ces conditions lés différences de pression qui produisent des mouvements d’air sont très faibles, quelques millimètres d’eau au plus, et on peut négliger les variations correspondantes de la densité de l’air. Dans ces
- Tig. 1
- conditions l’écroulement de l’air doit suivre les lois du flux d’un fluide incompressible et les équations établies plus haut peuvent être appliquées au cas de l’air.
- Les mesures faites jusqu’ici sur l’écoulement de l’air afin d’en déterminer le coefficient de contraction sont des mesures absolues, c’est-à-dire que la charge et l’écoulement ont été exprimées séparément en mesure absolue et que la valeur de R a été.’déterminée en prenant le rapport de la charge au carré du courant. Ce procédé revient à mesurer la résistance électrique d’un fil parla mesure delà force électromotrice aux extrémités et l’intensité du courant qui parcourt le fil. x M. Murgue a montré dans son ouvrage « Sur la théorie et la pratique des machines ventilatoires centrifuges » que la résistance intérieure d’une pompe centrifuge par rapport a l’air qui la traverse peut être calculée en partant des effets produits sur l’écoulement de l’air par la variation des di-
- mensions du second orifice à travers lequel on fait passer l’air.
- Ce procédé revient. évidemment à déduire la résistance intérieure d’une pile en partant de l’intensité du courant produit dans des résistances extérieures différentes.
- Ce cas d’analogie semble indiquer une nouvelle méthode pour comparer des résistances dans le mouvement de l’air, pour vérifier les lois de l’écoulement des fluides et cette méthode ne nécessite qu’un indicateur au lieu d’un anémomètre ; elle est en outre indépendante de la constante de l’écoulement.
- La question de savoir si l’on peut s’en servir pratiquement pour déterminer les lois de l’écoulement des liquides et pour mesurer les constantes pneu matiques pour différents orifices avec une plus grande précision que celle des méthodes ordinaires dépend de la sensibilité de l’arrangement.
- Pour faire un essai de ce genre, j’ai construit ce ce qu’on peut appeler une analogie pneumatique du pont de Wheatstone. La figure ci-contre représente cet appareil, qui consiste en trois boîtes en bois A, Bj, B2.
- Les dimensions sont les suivantes: A 1,2x0,45 X 0,45, B! et B2 1,00 X 0,45 x 0,45 mètre. Les extrémités des boîtes Bi et B2 viennent contre le côté de A, comme on le voit dans la figure. Entre Bj et A on a ménagé une ouverture rectangulaire a2 mesurant 25 x 12 millimètres et entre B2 et A une ouverture analogue^ de 25 X25 millitnèlres. Ces ouvertures forment diaphragmes et sont à bords très nets.
- Les diaphragmes ax et a2 sur les côtés de Bj et de Bi sont à ouvertures variables, comme on le voit sur la figure. Le tube établissant la communication entre Bj ou B2 ou le tube « galvanomètre » est un tube droit en verre dont le diamètre intérieur est d’environ 28 millimètres. On ferme ce tube à un côté par une petite porte D à l’intérieur de la boîte Bj, qu’on peut ouvrir ou fermer à l’aide d’un fil d’acier S, passant à travers un bouchon placé dans la partie supérieure de Bj.
- La sensibilité de l’appareil dépend de l’appareil indicateur qu’on emploie, et on peut en employer plusieurs.
- Celui que j’ai essayé, et qui a fonctionné très bien, se compose de deux petites aiguilles à coudre, disposées parallèlement, reliées ensemble et supportées par une ^hape d’agate; ces aiguilles portent de petites ailettes en mica, à chaque côté
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- du centre et contrebalancées par des fils de platine.
- Le tout est monté sur l’aiguille la plus fine que j’aie pu trouver et forme ainsi une délicate aile de moulin. Lorsque j’ai monté cet appareil pour la première fois les aiguilles prenaient toujours une position d’équilibre en pointant vers le nord, bien que je ne les crusse pas aimantées. Elles étaient sans doute aimantées très faiblement car la durée d’oscillation était très longue et la position d’équilibre n’était pas définie suffisamment.
- Four obvier à cet inconvénient j’ai aimanté les aiguilles, ce qui faisait prendre aux ailettes une position d’équilibre déterminée, les ailes pointant nord-sud. L'appareil étant disposé de façon que le tube G prît la direction est-ouest, les ailes restent en croix sur le tube lorsqu'il n’y avait point de courant. Les pointes des aiguilles facilitent les lectures des déviations ; on a disposé à cet effet une marque sur le tube de verre. On peut faire varier la sensibilité de l’appareil à l’aide d’un aimant directeur, omme ceux qu’on emploie dans les galvanomètres. La petite aiguille en ailette est très sensible au mouvement de l’air dans le tube, et bien qu’il soit possible d’imaginer d’autres dispositifs, celui que j’ai employé convient très bien à cause de la rapidité de son action et de la fixité du zéro.
- Pour la production de la chaleur on a employé un brûleur disposé dans une cheminée métallique, tel que cela se voit sur la figure.
- J’ai trouvé que cet appareil était plus sensible que je n’aurais pu l’espérer.
- Des quatres ouvertures du pont, deux, savoir az et aif sont fixes ; leurs surfaces sont respectivement de 1/2 et un pouce carré (3 et 6 centimètres carrés).
- Les deux autres ouvertures ax et a3 sont, comme nous l’avons dit, formées par des fentes ajustables. Comme les bords de ces fentes sontdécou-pés à l’aide d’un canif et ne constituent pas des bords tranchants et minces dans le sens théorique on ne doit pas attacher trop d’importance aux résultats obtenus; ces résultats ne servent qu’à indiquer nettement que l’ouverture de la fente, lorsqu’il n’y a pas d’écoulement à travers le tube galvanométrique, est une quantité parfaitement définie.
- On a fait avec cet appareil d’abord une série d’expériènces, pour vérifier l’exactitude de la loi
- des ouvertures — =
- ai ai
- Le rapport az à étant de 1 à 2, il faut que les deux ouvertures ax et a3 soient dans le même rapport. On a donné successivement à at des surfaces de 0,25, 0,50, 0,75 et 1 pouce carré et on a trouvé pour à3 les valeurs moyennes 0,463, 0,983, et 1,92 ce qui donne pour la valeur du rapport, au lieu du chiffre 2, les nombres 1,86, 1,97, 1,95 et 1,92, l’exactitude de la vérification laisse donc à désirer, ce que l’on attribue plutôt à l’évaluation de la surface en valeur absolue qu’à celle de la variation de cette surface; en effet, les lectures correspondant à la même ouverture diffèrent très peu; les différences n’atteignent ordinairement pas 1 0/0.
- On a vérifié en outre le fait que la loi des écoulements est indépendante de la charge totale ; en faisant varier la vitesse d’écoulement on n’a pu constater aucune différence de la position du zéro ; en ce point l’identité de cet appareil avec le pont de Wheatstône est donc absolue.
- L’auteur a comparé finalement une ouverture rectangulaire avec une ouverture circulaire; il a trouvé ainsi; au lieu du rapport théorique 2, le rapport 2,17, ce qui jetterait quelque doute sur l’hypo-thèse que l’ouverture circulaire et celle rectangulaire ont le même coefficient de contraction. L’appareil ou plutôt l’ajustement des fentes mobiles n’était pas assez sensible pour tirer ce dernier point au clair.
- Mesures faites sur la pile thermo-électriqtie dê Guelcher, par F. Uppenborn (4)
- 1. Force électromotrice,
- La force électromotrice de la pile dépend de la consommation de gaz. Elle, atteint son maximum environ 10 minutes après l’allumage des becs. La figure 1 représente la force électromotrice en fonction du temps. On voit qu’elle est rapidement ascendante, de sorte que la pile est prête à fonctionner au boutde peu de temps.
- La relation entre la force électromotrice et la consommation de gaz par heure est indiquée par les nombres suivants.
- Consommation de gaz
- 215 litres par heure.
- 250 —
- .258 - (*)
- (*) Elektrotechnische Zeitschrift, 8 août 1890.
- Force
- électromotrice
- 3,64 volts. 3,90 — 3.97 —_
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- On s’est proposé d’évaluer par une expérience spéciale l’effet de la polarisation. La pile fut mise en court circuit. La force électromotrice s’abaissa de quelques centièmes de volt, mais remonta si vite qu’elle atteignit sa valeur normale avant que le galvanomètre de torsion fût revenu au repos.
- 2. Résistance.
- La détermination delà résistance au moyen d'un galvanomètre universel Siemens n’a donné, à cause de la polarisation, que des résultats incertains. On peut, toutefois, admettre comme approximation la résistance 0,39 ohm. La résistance de la pile à chaud a pu être assez exactement déduite de la force électromotrice et de la différence de potentiel obtenue en intercalant une résistance connue.
- Nous avons montré dans d’autres expériences que l’on peut obtenir des valeurs très concor-
- Fig- 1
- dantes pour la résistance intérieure, en intercalant des résistances extérieures très differentes. Cela prouve que la polarisation est très faible dans la pile à chaud.
- Comme l’a démontré M. de Waltenhofen, on observe dans les piles thermo-électriques froides des polarisations analogues à celles des voltamètres.
- Voici les observations sur la résistance :
- Consommation de Força Différence de Résistance
- gaz par heure élcctromotrice potentiel (1) intérieure
- 215 litres 3,62 volts 2,15 volls 0,48 ohms
- 3.6 2 — 2,17 — 0,47 —
- 3,60 — 2,12 — o,49 —
- Moyenne .. 0,48 —
- 250 3,ÇP — 2,35 ~ 0,461 —
- 258 3.95 — 2,35 — 0,46 —
- V) Obtenue en intercalant une résistance extérieure de
- Il résulte de ces observations que la résistance diminue sensiblement lorsque la consommation de gaz par heure ou la température augmenté. D’autre part, la résistance de la pile froide est plus faible que les valeurs précédentes. 11 est probable que la résistance augmente rapidement au début de réchauffement, atteint un maximum, et décroît ensuite, lorsque l’alliage approche du point ou il commence à se ramollir.
- 3. Paissance utile.
- La puissance utile maxima d’une pile thermoélectrique est obtenue lorsque la résistance extérieure est égale à la résistance intérieure. Donc, si cette dernière est r, et la force électromotrice E, -E2
- la puissance maxima est —. Les puissances déduites des observations qui précèdent se groupent comme suit :
- Consommation de gaz par heure
- 215 litres 250 —
- 258 -
- Puissance
- utile
- 6,83 watts S, 22 -8j58 -
- Volume de ga2 par
- watt-heure
- 31,5 litres 3° j 4 —
- 3°) 4 ™
- Nous ajouterons à nos résultats de mesures quelques remarques qui nous ont été communiquées par M. Gülcher. On éprouve quelque difficulté à fabriquer des alliages devant toujours donner les mêmes résultats, car il est difficile de se procurer des matières premières toujours semblables à elles-mêmes. On a cherché à remédiera cet inconvénient par l’emploi de métaux chimiquement purs. Malheureusement ceux-ci sont bien inférieurs pour cette application spéciale aux alliages provenant dé certains minerais. Les moins faciles à éviter sont les variations de la résistance spécifique, qui oscille entre les valeurs 14,4 et 36,6.
- Dans une de nos visites d’usines nous avons pu voir l’application des piles thermo-électriques au nickelage. Nous avons constaté que cette opération se fait d’une façon très satisfaisante, et que l’on n’a qu’à se féliciter d’avoir remplacer les piles Bunsen, incommodes et inconstantes, par des piles thermo-électriques.
- A. H.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- FAITS DIVERS
- Les Comptes Rendus contiennent, dans leur numéro du 22 septembre un très long mémoire de M. Janssen, sur son ascension en traîneau au sommet du Mont-Blanc. Nous ne suivrons point le directeur de l’Observatoire de Meudon dans les développements où il entre pour établir que l'oxygène ne se trouve pas dans l’atmosphère du soleil. Mais il est bon de rappeler que les recherches qu’il a successivement exécutées dans la cabane des Grands-Mulets et dans celle des Bosses, ont confirmé les résultats auxquels il pensait être arrivé dans son laboratoire de Meudon, à l’aide d’expériences faites avec une source électrique observée à travers un long tube, dans lequel on avait renfermé de l’oxygène comprimé.
- Il était encore arrivé au même résultat à l’aide des projecteurs de la Tour Eiffel, dont la lumièTe lui parvenait après avoir traversé la partie de l’atmosphère qui sépare la troisième plateforme de l’Observatoire de Meudon.
- Il ne serait pas superflu d’ajouter qu’un autre genre de vérification encore plus décisive pourrait certainement être tenté, en emportant dans les airs un fanal électrique à l’aide d’un aérostat semblable au Figaro, ei en transportant les spectroscopes qui ont fonctionné dans les Alpes au sommet de la Tour Eiffel.
- Un télégiamme reçu d’Amérique nous apprend que la commission nationale de Washington a confirmé le choix fait par les directeurs de l’Exposition de Chicago. L’emplacement définitif sera bien celui que nous avons indiqué. Les directeurs ont heureusement triomphé des difficultés soulevées à la dernière heure, alors que l’on avait le droit de considérer tout comme entièrement terminé.
- La question la plus importante à résoudre est celle de la nomination du directeur général. D’après les lettres que nous recevons, il paraît probable que la nomination sera faite par la commission nationale, après avoir pris cependant l’agrément de l’assemblée des directeurs, auxquels appartiendrait une sorte de droit de veto.
- Il est indispensable que l’on sorte de la période des hésitations et des incertitudes, et que le gouvernement des États-Unis provoque le plus rapidement possible l’adhésion officielle des divers gouvernements étrangers, et cela dans l’intérêt général et surtout dans l’intérêt particulier de celui des électriciens. .
- En effet, de toutes les industries, celles qui touchent à l’électricité sont certainement celles qui ont le plus besoin de sortir de l’état d’incertitude dans lequel elles se trouvent actuellement.
- Contrairement à notre attente, les journaux italiens ne renferment aucun détail sur les causes de la catastrophe du tramway de Florence. Nous savons seulement que le garde est accusé d’avoir été la cause de tout le mal, et qu’on l’a mis en état d’arrestation.
- Si l’on en croit une lettre insérée dans 1 'Electrician, de Londres, cet homme aurait oublié d’arrêter le moteur en descendant la rampe de Fisole vers Florence.
- Nous reviendrons sur cette affaire lorsque nous aurons pu nous procurer des détails circonstanciés. Nous devons cependant nous hâter d’ajouter qu’il n’y a point eu, comme l’a écrit le Daily News, de panique dans la population. La foule ne s'est point opposée à la reprise du service ; au contraire, il s’est présenté tant de voyageurs qu’on n’a pu tous les transporter.
- L* IVaidman, journal allemand de chasse, publie le rapport d’un garde de Silésie qui aurait trouvé dans un nid toute une famille de perdrix frappée par un coup, de foudre. Les infortunés oiseaux qui avaient péri d’une façon si peu ordinaire étaient groupés autour d'une fulgurite qui existait encore dans le terrain très sablonneux où on les découvrit.
- U faut ajouter la ville de Glasgow au nombre de celles qui ont l’intention d’exploiter, les tramways électriques pour le compte du budget municipal.
- Une polémique fort intéressante a lieu en Angleterre relativement à l’établissement de règles uniformes pour la pose des fils électriques dans les maisons assurées contre l’incendie. Il est à peu près certain que les diverses compagnies s'entendront pour rendre obligatoire l’usage d’un réglement qui sera rédigé soit par une commission de l’Institut des ingénieurs électriciens, soit par une de la Chambre de commerce de Londres, soit à la fois par ces deux institutions.
- L’École polytechnique de Zurich ouvre ses cours le 13 courant. L’enseignement électrotechnique comprend un certain nombre de chaires, qui sont :
- Principes d’électrotechnique,' par le professeur docteur H. Weber.
- Télégraphie et téléphonie, par le docteur Tobler. Electrochimie, par le docteur Stœssel. _
- Technologie électrique, par le docteur Denzler. Electromoteurs et leur applications, par le même.
- Devis et construction des dynamos, par le même.
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- - :Ï!à lumière ÊLËCTRiQÜÉ
- m:
- L.es travaux pratiques de laboratoire avec exercices de construction des machines et appareils, électrotechniques sont confiés aux professeurs Weber et Denzler.
- . Dans ,1a. séance de l'Académie des sciences du 29 septembre ,.M. Trouvelot a communiqué, par l’organe de M. Mascart, ...une. observation que nous croyons sans précédents. Dans un „,;des derniers orages, cet astronome a vu deux éclairs marcher l’un vers l’autre et former un trait unique. L’un d’eux avait des. ramifications .semblables à celles que les photographies ont démontré, spéciales à la décharge positive. Quant à l’autre, il offrait le caractère considéré comme caractéristique de la décharge négative.
- M. Mascart a appelé l’attention de ses collègues sur l’importance d’une constatation aussi nette et dont les résultats venant d’un savant aussi exercé que M. Trouvelot à l’étude de l’électricité naturelle, ne sauraient être mis en doute.
- Toutefois, il a émis le vœu de voir ces phénomènes curieux constatés par la photographie.
- Le chemin de fer électrique de Salzbourg, destiné à faciliter aux touristes l’ascension du Ronchberg, est aujourd’hui terminé. A proprement parler, le train constitue lin ascenseur, vu que la pente du Ronchberg est d’environ 70".
- Entre les deux points terminus de la ligne, la différence de niveau est de 75 mètres. En raison de la pente exagérée de la voie, on a dû adopter le système funiculaire.
- Une batterie de 116 accumulateurs, de la Société Oerlikon, placée à la station inférieure, alimente un moteur électrique installé à la gare d’arrivée : ce moteur suffit à faire gravir. la pente à un wagon, pesant à vide 600 kilogrammes et contenant 12 passagers.
- Les méthodes de fabrication de la soude par le traitement électrique du sel gemme sont nombreuses aujourd'hui. L’intérêt qui s’attache à cette question provient de la consommation par l’industrie de quantités importantes de soude et de chlorure de chaux, produits secondaires delà fabrication. Néanmoins, aucun de ces procédés n’a donné lieu à une exploitation industrielle : la tendance du chlore et de la soude libres à se recombiner, ont conduit à interposer des diaphragmes dans les bains, d’où augmentation de résistance et, par suite, de force motrice, et difficulté de régulation du courant.
- 11 paraîtrait, d’après VIron, qu’un chimiste anglais, M. Richardson, a su éviter l’emploi des diaphragmes, et que, dans: ce procédé, la solution saline s’écoule d’une façon continue,'
- et en produisant une liqueur de soude caustique à 12 0/0. Le chlore, mis en libeité, serait absorbé par de la chaux.
- Cette méthode serait appliquée dans une papeterie d’Angleterre depuis plusieurs mois.
- La ville d’Helena, dans le nord de Montana, a été un des premiers endroits où se sont portés les émigrants. On l’a construite dans le voisinage des gisements d’or, qui ont pendant quelque temps provoqué un rush semblable à ceux de la Californie.
- On nous apprend que l’on va barrer une vallée des montagnes rocheuses à l’aide d’une digue qui ne coûtera pas plus de 500000 francs, mais qui formera un réservoir d’une capacité prodigieuse. En effet, on compte obtenir de la sorte une force motrice de 20000 chevaux.
- L’eau sera conduite aux turbines par un tunnel ayant environ 20 mètres carrés de section droite. La digue sera pour-vüe d’écluses qui permettront de donner une issue aux eaux si elles s’accumulaient avec une vitesse inquiétante.
- Un journal anglais raconte de la manière suivante les sensations éprouvées par un ouvrier ayant reçu un choç électrique de 2000 volts pendant qu’il était occupé à fixer les charbons dans une lampe à arc. Le courant pénétra, grâce à un trou qui existait dans le gant de caoutchouc, au niveau de la deuxième phalange du médius droit et lui fit des brûlures en passant à travers le bras gauche. La durée du courant fut tout au plus de trois à quatre secondes.
- Il n’éprouva, dit-il, aucune douleur et n’eut que la sensation d’un choc violent à la suite duquel il perdit conscience. Il demeura sans connaissance pendant cinq ou six minutes, puis il fut conduit à l’hôpital où on pansa ses brûlures. Il se trouva alors bien et put retourner à son travail le reste de la nuit. 11 se sentit courbaturé pendant plusieurs jours, comme s’il avait fait un. exercice musculaire violent, mais sans le mettre hors d’état de faire son travail.
- Le journal ne dit pas s’il s’est agit d’un courant continu ou d’un courant alternatif.
- M. Marks, ingénieur de la Compagnie Edison de Philadelphie prétend pouvoir construire un moteur électrique capable de transporter un train de New-York à Philadelphie dans un espace de temps n’excédant pas 36 minutes. Il faudrait donc obtenir une vitesse de plus de 150 milles anglaises ou de 240 kilomètres à l’heure.
- Voici un procédé américain pour produire électriquement
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- \iu- .
- JôüMal universel d'électricité
- &
- dit fer torgé en partant de la fonte. Le procédé est dû à M. Enimens, de Greensburg, près Pittsburgh. . ' '
- On prend un récipient rempli d’une solution non indiquée, et on y met d'une part des lames de fer mince et d’autre part de la fonte. ' ,
- Le courant d’une dynamo traverse le bain et dépose du fer pur sur les cathodes. .
- La qualité du ter est supérieure à celle du. meilleur , ter de Suède ; on peut le plier, laminer et tordre à froid.
- Ce procédé nous paraît d’une nouveauté très contestable; on a pu voir, en effet, à l’Exposition universelle de ,1889, du fer électrolytique dû à M. Placet et possédant toutes les qualités dont on fait mention. L’auteur ne dit d’ailleurs pas un mot sur les données principales : constitution du bain et densité du courant.
- On construit en Amérique des bicyclettes dont les roues sont mues par le moteur [Perret. Le courant électrique est fourni par 8 éléments de piles primaires.
- Éclairage Électrique
- La Société des naturalistes allemands a tenu sa session de 1890 à Brême. L’on a exécuté plusieurs expériences intéressantes devant la section de physique.. En premier lieu la décharge d’une sphère sur laquelle on avait accumulé de l’électricité. statique, et en second les phénomènes de résonnance électrique du professeur Hertz.
- Le professeur Licher, de Vienne, y a ajouté de nouveaux laits, prouvant d’après lui, que la propagation de l’électricité et de lumière a lieu avec la même vitesse dans les fils de cuivre.
- Le professeur Hertz, qui se trouvait à Brême, a exprimé sa satifaction de voir que l’on avait si bien complété ses théories.
- Télégraphie et Téléphonie
- Les savants estimables, qui dirigent le Bureau central météorologique, ne paraissent point avoir été très heureux dans leur prévision du 20 septembre. En effet, ils se sont contentés de dire qu’en France « le temps est à averses et à éclaircies, et la température douce ». Cette annonce était encore affichée sur les murs des villes d’Alais, de Nîmes, de Marseille, etc., etc.,‘lorsque des orages ayant un caractère particulier de généralité sont venus s’y abattre avec une véritable violence;
- Le service de la prévision du temps n’acquèrerait-il point
- un caractère de précision supérieur si l’on cherchait à y introduire un autre élément que le, baromètre, notoirement insuffisant ?
- Les diverses manifestations de l’électricité ne sont-elles point indiquées ?
- Un grand nombre de physiciens pensent-de la sorte et dirigent leurs travaux de ce côté. : 1 :
- Nous n’avons pas bftsoih de citer M. Zengér, dont les travaux sont connus de nos lecteurs, et qui cherche à rattacher les orages de là terre à ceux du soleil, afin de prédire ceux-là par l’observation de ceux-ci.
- Mais nous devons mentionner les communications faites récemment à l’Académie des sciences dans le même sens par M. Fortin, curé de Cholette. Cé physicien a même inventé un magnétomètre amplificateur d’un système tout particulier; et à l’aide duquel il croit possible de mettre en évidence dé:: variations magnétiques qui échapperaient à un autre mode d’observation. '
- D’un autre côté, M. Descroix, directeur du servicé météorologique de l’observatoire de Montsouris, cherche à faire intervenir les diverses manifestations de l’électricité dans l’explication des vicissitudés météorologiques constatées dans l’histoire climatologique de Farinée 1889, qu’il raconté dans son Annuaire pour 1890.
- Nous nous bornerons pour le moment à signaler ces efforts, en même temps que la nécessité d’un nouveau progrès dans les méthodes employées pour la prévision du temps.
- La lutte des piles primaires et des dynamos n’est pas terminée, mais elle continue avec des péripéties nombreuses.
- VElectrical Engineer nous apprend que l’Office central de Berlin renonce à l’usage des éléments et fait remplir ses accumulateurs par la station de lumière électrique.
- Mais nous lisons dans VElectrical IVorld que dans la station d’Edison à Detroit la Compagnie de la pile Pum-pelley a installé une batterie de 264 éléments.
- Le Times contient un compte rendu favorable sur une pile Waughan-Sherrin, exploitée par une compagnie exploitant déjà un autre brevet des mêmes inventeurs.
- Nous avons à plusieurs reprises insisté sur l’avantage qu’il y aurait à rattacher à la terre tous les phares flottants, dont quelques-uns Sont isolés au milieu de l’Océan Pac
- fique. Ce serait rendre un immense service à l’humanité que * * de les changer en stations du système télégraphique universel.
- Malheureusement les expériences' tentées sur les phares flottants d’Harwick par l’amirauté britannique n’ont point eu d’heureux résultats. L’amirauté britannique considère qu’il est inutile de recommencer une tentative qu’on accüse d’avoir conduit à la perte d’un phare, aussi longtemps que ; l’on n’aura pas trouvé un moyen efficace de protéger le câble électrique contre les elforts'mécaniques' exercés par le vais-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- *
- seau dans les mouvements désordonnés auxquels il se livre lorsque lu tempête fait rage autour de lui.
- Nous examinerons cette question intéressante avec tous les détails qu’elle mérite.
- Le câble de la Compagnie commerciale aborde en Amérique à l’île Coney, qui se trouve à plusieurs kilomètres de son office. A la ligne sous-marine vient donc se souder une ligne terrestre d’une certaine longueur.
- Depuis quelque temps on a établi dans cette partie des environs de New-York un chemin électrique qui utilise la terre pour le retour du courant, et dont la direction est parallèle à celle du câble, à une distance de 800 mètres. Dans ces conditions, on s’est bientôt aperçu d’un trouble sérieux dans la transmission des messages.
- L’électricien de la Compagnie commerciale, ayant fait des expériences, a constaté des variations de potentiel s’élevant à plus de 4 volts. Le fait doit être noté avec soin par les compagnies de toute natuie, pour s’opposer à ce qu’on vienne les troubler ainsi dans la jouissance de leur concession.
- Il paraît qu’il est possible d’obvier à cette invasion de courant parasites en entourant la partie terrestre du câble d’un tube circulaire analogue à celui dont M. Ferranti a imaginé de servir pour isoler son câble de Deptford à Londres.
- Pour obtenir ce résultat, suivant FElectrician, il faut que la conductibilité de ce tube dépasse celle du câble, qu’une de ses extrémités soit attachée à celle de l’armature du câble plongé dans la mer, et que l’autre soit en communication avec les appareils télégraphiques dans l’intérieur de la station. Si l’on prend de semblables dispositions, ajoute notre confrère, la protection est aussi complète que si le câble se trouvait placé dans une cage de Faraday.
- A Knoxwille, une des principales cités du Tennessee, la Compagnie téléphonique a remarqué que les communications étaient devenues presque impossibles depuis qu’une compagnie de chemin de fer électrique avait employé la terre pour le retour du courant. Elle a intenté une action pour faire supprimer le chemin de fer, en alléguant qu’il la troublait dans la jouissance de son privilège. Mais le juge a repoussé cette prétention comme contraire au bon sens. Le réservoir commun appartient, comme son nom l’indique, au genre humain tout entier, et personne n’a le droit de l’accaparer, pas plus qu’on ne peut s’attribuer la propriété exclusive de l’air.
- La Compagnie téléphonique n’a qu’à doubler son réseau, en établissant des fils de retour; elle se mettra à l’abri des etfluves de la Compagnie de chemin de fer, et ses abonnés n’y perdront rien. ____________
- Tout le monde sait que la gutta-percha est devenue une matière indispensable à un grand nombre d’industries et que rjen n’a encore pu la remplacer comme enduit des câbles télégraphiques sous-marins. Elle est, comme le caoutchouc, imperméable, inattaquable par les acides faibles et les solutions alcalines et mauvais conducteur de l’électricité; mais elle a, de plus que lui, la propriété de se durcir dans l’eau froide, et quoique tenace et souple elle n’est pas élastique.
- Ce sont ces derniers avantages qui ont permis à la télégraphie dé 1 utiliser pour mettre les continents en relations instantanées par les profondeurs de la mer.
- Nous n’avons guère connu, à l’origine, les craintes de manquer d’une substance dont les forêts de Bornéo semblaient devoir nous alimenter pour toujours. Un peu de prévoyance aurait pourtant dû nous faire réfléchir sur le mode d’exploitation barbare dont les Malais faisaient usage pour extraire de Visonandra-gutta le suc laiteux aujourd’hui universellement connu sous le nom de gutta-percha. Ce procédé primitif, qui consistait à couper l’arbre par le pied pour en recueillir la précieuse sève, devait rapidement amener le déboisement des îles malaises, la rareté de la gutta-percha et sa hausse sur le marché, au moment même où son abondance, eût du, au contraire, répondre, aux exigences pressantes du progrès.
- Frappé de ce grand danger économique, le gouvernement français n’hésita pas à faire appel au concours d’un savant, M. Sérullas, auquel fut confiée la mission d’explorer la Malaisie pour y retrouver l’arbie qui produit la gutta-percha, en étudier la nature, les lois physiologiques et l’exploitation rationnelle. C’est la relation de cette mission que M. Sérullas vient d’adresser à l’Académie des sciences par l’intermédiaire de M. Duchartre, qui la recommande à l’attention de ses collègues. Visonandra-gutta retrouvé et peut-être acclimenté dans d'autres régions avec un aménagement et des procédés extractifs en assurant la perpétuité, voilà certes un événement qui, à tous les points de vue, mérite d’être signalé au public.
- La manie d’employer le téléphone à une multitude d’usages peu convenables est quelquefois réprimée par les autorités compétentes. V Electrical Review nous apprend qu’à Wood-stock, chef-lieu du comté d’Ontario, au Canada, un maître d’hôtel a eu l’idée d’offrir à ses locataires le procès Benwell, qui passionne le public. Mais le juge qui présidait les assises a protesté énergiquement en voyant des fils passer au-dessus de la tête de l’avocat, et transmettre au dehors de la salle ce qui s’y disait.
- On nous apprend d’autre part que le chanoine Wilcox, de Birmingham, a fait établir dans son église un certain nombre de microphones destinés à expédier à domicile ses prochains sermons. Cet ecclésiastique n’a pas imité complètement le maître d’hôtel de Woodstock, et il a dissimulé soigneusement sous des draperies toute cette installation.
- Rien n’est changé dans l’aspect du temple ; cependant nous nous demandons si cette innovation est bien conforme à l’esprit de la liturgie. La question n’étant pas de notre compétence, nous nous contenterons de la poser aux théologiens.
- Imprimeur-Gérant : V. Nory
- Imprimerie de La Lumière Électrique. — Paris 1 ji. boulevard des Italiens, 31.
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- La Lumière Electrique
- Journal universel ÆElectricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- * DIRECTEUR : Dr CORNELIUS HERZ
- XI!» ANNÉE (TOME XXXVIII) SAMEDI 18 OCTOBRE 1890
- No 42
- SOMMAIRE. — Etat comparatif de la production minérale et de la production métallurgique; Adolphe Minet. — Sur le développement de la translation avec l’appareil Hughes; E. Zetzsche. — Détails de construction des machines dynamo; Gustave Richard. — Sur l’utilisation industrielle des courants continus de haute tension ; Frank Géraldy. — Chronique et revue de la presse industrielle : Appareils électriques pour remonter et remettre à l’heure les horloges et pour la transmission électrique de l’heure, par M. Pouchard. — Sur les machines à quatre pôles de la Société générale d’électricité de Berlin. — Isolant Heyl pour câbles électriques. — Sonnerie à pile sèche de Hathaway.— Marteau-pilon électrique. — L’iodoforme électrolytique.— Revue des travaux récents en électricité : Identité de structure entre les éclairs et les décharges des etmachines d’induction, par M. E. Trouvelot. — Recherches de thermo-électricité, par MM. Chassagny H. Abraham. — Variétés : Inauguration des travaux du Niagara. — Faits divers.
- ETAT COMPARATIF
- DE LA PRODUCTION MINÉRALE
- ET
- DE LA PRODUCTION MÉTALLURGIQUE
- Dans le cours d’une étude (’) où nous cherchions à déterminer à priori parmi les applications de l’électricité celle qui aurait le plus grand avenir, nous avons été amené à parler de la richesse minérale des principales nations.
- Nous comprenions dans la richesse minérale ; les combustibles minéraux(houille, anthracite, tourbe, lignite), les minerais bitumineux, le naphte et le pétrole, le sel gemme et le sel marin, les métaux à l’état de fonte, c’est-à-dire tels qu’ils sont obtenus d’un premier traitement des minerais métallifères indigènes ou importés, sans distinction d’origine.
- Dans certains pays en effet, en France notamment, une assez grande quantité des minerais traités viennent de l’étranger.
- 11 est vrai de dire que nombre de mines et d’usines métallurgiques étrangères sont exploitées au moyen de capitaux français et que leurs
- produits importés en France doivent être considérés comme faisant partie de la richesse minérale de ce pays.
- 11 est difficile de fixer pour la France, et à plus forte raison pour les autres pays, l’importance des centres miniers et industriels qui entrent dans cette catégorie.
- Aussi nous bornerons-nous à donner pour la plupart des nations les quantités de minerais métallifères traités sur place ou exportés pendant l’année 1888 ; les renseignements relatifs aux importations et exportations de ces matières premières ne sont complètes que .pour notre pays.
- En rapprochant ces chiffres de ceux qui représentent la richesse minérale telle que nous l’avons définie, il sera facile de dresser Y état comparatif de la production minérale proprement dite et de la production métallurgique.
- Un premier enseignement découlera de cette comparaison.
- Les nations qui comme les États-Unis, l’Angleterre, l’Allemagne occupent les premiers rangs au point de vue de la richesse minérale sont celles qui produisent en même temps le plus de combustibles minéraux.
- Les quantités de charbon de toute nature qu’elles extraient dépassent de beaucoup les besoins de leur industrie; une partie de l’excédent
- (!) La Lumière Electrique du 20 septembre 1890.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- est appliquée au traitement de minerais métallifères étrangers, ce qui est quelquefois plus avantageux que d’importer les métaux eux-mêmes ; le reste est exporté.
- La France, au contraire, importe le tiers au moins du combustible indispensable à son industrie et la majeure partie des métaux usuels qui lui sont nécersaires ; les minerais métallifères qu’elle pourrait faire venir de l’étranger sont forcément limités, quant à la quantité, par le fait qu’elle serait forcée d’importer en même temps le combustible utile à leur traitement; ce qui doublerait les frais de transport et annulerait en grande partie les avantages qu’on retire de l’extraction du métal lorsqu’elle est opérée dans le voisinage des mines de charbon, comme cela se fait en Angleterre, en Allemagne, etc.
- L’Italie est encore moins favorisée au point de vue métallurgique ; elle produit une quantité de charbon insignifiante et elle importe la presque totalité de la fonte nécessaire à son industrie sidérurgique ; elle exporte par contre, en raison sans doute de son manque de combustible, la majeure partie de ses minerais métallifères.
- Les procédés électrométallurgiques f1) s’imposeront donc à ces deux nations, qui disposent de forces naturelles considérables et la plupart facilement utilisables.
- 11 sera joint aux tableaux qui renferment la production des minerais métallifères quelques chiffres relatifs à l’industrie sidérurgique; pour la France en particulier les transactions extérieures concernant cette industrie seront reproduites avec quelques détails.
- ÉTATS-UNIS (1888)
- PRODUCTION DBS MINERAIS MÉTALLIFÈRES
- Minerais métallifères Quantité Prix moyen en francs
- Minerais de fer — de plomb 12,253,000 tonnes. ) 12,16
- — de cuivre de zinc > inconnue. 1 inconnue.
- Pyrites de fer 55,200 tonnes. >5,44
- Minerais de manganèse.. 25,900 — 5>
- — de cobalt..,... 6 — 15,800
- — de fer chromé . 1,500 — 69
- — de giaphite.... 180 — 944
- (') Parmi les usines électrométallurgiques nous avons mentionné celle de Villers (Oise) où l’on applique le procédé de MM. Gall et de Montl.rar pour la fabrication du chlorate de potasse. M. de Montlaur, qui collabore avec M. Gall depuis de longues années, n’avait pas été cité à cette occasion. Nou s nous faisons un devoir de réparer ici cet oubli.
- La statistique officielle des Etats-Unis ne mentionne pas la production des minerais métallifères, mais seulement celle des métaux.
- INDUSTRIE DU FER (188»)
- Prix moyen
- Fonte..................... 6,504,000 tonnes. 84
- Fer...................... 2,000,000 — 144
- Acier..................... 2,946,000 — 155
- ANGLETERRE (1888)
- On est forcé de changer la disposition du tableau pour l’Angleterre, comme du reste pour l’Allemagne, à cause de la variation considérable du prix moyen des minerais métallifères suivant la colonie considérée pour la première et l’État ou principauté pour la seconde de ces nations.
- PRODUCTION DES MINERAIS MÉTALLIFÈRES
- Minerais de fer
- Prix moyen
- Grande-Bretagne et Ir-
- lande................. 14,824,000 tonnes. 5,95
- Canada.................. . 69,000 — 11
- Minerais de plomb Graqde - Bretagne et Ir-
- lande.................. 52,000 tonnes. 212
- Australie................ 500 — 252
- Le nombre qui correspond à l’Australie ne donne qu’une production partielle; il suffit pour faire cette remarque de le comparer à la quantité de plomb extraite dans ce pays, qui est de 12 700 tonnes.
- Minerais de cuivre
- Prix moyen
- Grande-Bretagne et Ir-
- lande....................... >5)4oo tonnes. 100
- Canada........................ 2,000 — inconnu
- Terre-Neuve.'................. 7,600 — 83
- Australie..................... 13,900 — 112
- Le Cap........................ 31,400 — 230 ..
- Même observation que précédemment pour ce qui concerne l’Australie.
- Minerais de {inc
- Grande - Bretagne et Irlande.................. 26,800 tonnes.
- Prix moyen
- 91
- Pyrites de fer
- Grande-Bretagne et Ir-
- lande................ 24,000 tonnes. >>,93
- Canada................. 34,000 — 25,80
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- . JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ io3
- Minerais d'étain
- Grande-Bretagne et Ir-
- lande 14,600 tonnes. 545
- Australie 3,3oo — 1660
- Tasmanie 5,800 — 2 547
- Grande - Bretagne lande Minerais de manganèse et Ir- 4,000 tonnes. 11
- Canada 11,100 — 206
- Nouvelle-Zélande. * 310 — 74
- Grande-Bretagne lande Minerais d'antimoine et Ir- 8 tonnes. 22
- Canada i3o " ïo6
- Grande - Bretagne lande Minerais d'or et Ir- 3,905 tonnes. 176
- Arsenic MINERAIS DIVERS Grande-Bretagne 10,100 tonnes. 90
- Aluminium ^0 '00 0 0 1 12
- Nickel et cobalt.. *53 — 122
- Wolfram; 61 — 672
- Graphite Canada * 272 tonnes. 46
- Fer chromé 34 -- 87
- Arsenic 26 — 24c
- Bismuth Australie 38 tonnes. 4447
- Plombagine Indes (Ile de Ceylan) 12,000 tonnes. 360
- INDUSTR1E DU BER Grande-Bretagne et Irlande
- Honte.................. 8, 127,000 tonnes. 46
- Her.................... 3,064,000 — non indiqué.
- Acier.................. 3,357,000 — —
- Remarques. — i° Dans le tableau général des
- prix moyens des métaux usuels relatif à la France on trouvera la valeur des fers et aciers sous divers états.
- 20 Les minerais d’aluminium sont peu nombreux en Angleterre, où tout au moins la quantité
- qu’on en a extraite en 1888 est faible ; sous ce rapport la France est plus favorisée.
- ALLEMAGNE
- PRODUCTION DES MINERAIS MÉTALLIFÈRES
- Prusse (18S8)
- Prix moyen
- Minerais de fer 4 , 145,000 tonnes. 7,58
- — de plomb 143,000 — 138
- de cuivre 522,000 — 4*
- — de zinc 667,000 — 21
- Pyrites de fer - 99,000 — 9j27
- Minerais de manganèse... 27,000 — 28
- — d’argent-or 63 — 809
- — de cobalt 33 “ .*48
- — de nickel 9 ~ 189
- — d'arsenic 1,200 — 76
- Saxe (1888)
- Minerais de fer 12,000 tonnes. 12,75
- — de plomb — de cuivre \ 30,000 — 169
- — de zinc [ comptés avec ceux Pyrites de fer ) de plomb.
- Minerais de manganèse... 300 tonnes. 25
- Bismuth — Cobalt — Nickel 64 — 11 ,063
- Bavière (1888)
- Minerais de fer 118,000 tonnes. ji 0 cc
- — de plomb 3,400 — 86
- — de cuivre 90 — 122
- Pyrites de fer 1,400 — 10,72
- Minerais de manganèse... 300 — 8
- Graphite 3,Soo — 66
- Autres pays d9 Allemagne
- Minerais de fer 3 , 1 27,000 tonnes. 2?92
- — de cuivre 9,000 — 37
- — de zinc 1,000 — 24
- Pyrites de fer 9,000 — 12,30
- Minerais d’étain 150. — i VJ3 O O
- — d’or et d’argent. 20,300 — 243
- La statistique officielle ne fait aucune mention pour l'Allemagne des minerais d'aluminium, ni d'aucune importation concernant les autres minerais métallifères.
- INDUSTRIE DU FER
- Fonte...................... 3,099,000 tonnes. 56
- Fer........................ 1,348,000 — 149
- Acier...................... 1,642,000 — is6
- Saxe ~~
- Fonte......................... 24,000 — 72
- Fer........................... 45,000 — 160
- Acier............;....... 31,000 — 195
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-
-
-
- 104
- la lumière électrique
- Bavière
- Fonte......................... 49,008 — 51
- Fer........................... 81,000 — 150
- Acier.......................... 6,000 — 157
- Autres pays d*Allemagne
- Fonte........................ 641,000 — 49
- Fer.......................... 170,000 — 137
- Acier.................... 102,000 — 117
- Hongrie et Croatie-Slavonie (1887)
- Minerais de fer.... 566,000 tonnes.
- — de plomb.......... 89,000 —
- Pyrites de fer........... 50,300 —
- Minerais d’antimoine .... 240 —
- — d’argent et d’or. 9,45° —
- — decobaltet nickel 176 —
- INDl STRIE DU FER
- 6,34
- 42
- 13,53
- 296
- U*
- 955
- Poursuivre rigoureusement l'ordre adopté dans le tableau général de la richesse minérale, nous devrions nous occuper ici de la France; nous préférons continuer par les autres nations en raison des détails dans lesquels nous entrerons pour tout ce qui concerne notre pays, détails qui formeront une étude à part dans le sui** traité aujourd'hui.
- RUSSIE (1886)
- PRODUCTION DES MINERAIS MÉTALLIFÈRES
- Minerais de fer..........
- — plomb........
- — cuivre........
- — zinc..........
- Soufre...................
- Minerais d’étain.........
- — de manganèse...
- — d’or............
- — de platine......
- — d? mercure.......
- Prix moyen i ,043,000 tonnes, non indiqué
- 28,000 — —
- 100,000 — —
- 38,000 — —
- 13,800 — —
- 1,000 — —
- 74,500 — —
- 20,317,000 — —
- 305,000 — —
- 3,000 — —
- INDUSTRIE DU FER
- Autriche (1888)
- Fonte....................... 586,000 tonnes. 92
- Fer..................... 315,000 — non indiqué
- Aciei....................... 270,000 — —
- Hongrie et Croatie-Slavonie (1887)
- Fonte....................... 182,000 tonnes. 77
- Fer.......................... 11,000 — 191
- BELGIQUE (i88h)
- PRODUCTION DES MINERAIS METALLIFERES
- Minerais de fer........... 213,000 tonnes.
- — plomb..... 4°° —
- — zinc............ 25,000 —
- Pyrites de fer.............. 3»9°° —
- INDUSTRIE DU FER
- Fonte. 827,000 tonnes. 49
- Fer 548,000 — 128
- Acier 185,000 — 122
- 6,58
- I 10
- 46
- 10,50
- Fonte... ................ 532,000 tonnes. 90
- Fer...................... 363,000 — non indiqué
- Acier.................... 242,000 — —
- Parmi les métaux importés en Russie on compte. 100000 tonnes environ de fonte ; cela est indiqué par les chiffres mêmes de l’industrie du fer dans ce pays.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Bien que la Belgique importe la majeure partie des minerais de fer nécessaires à la production de la fonte, le prix du fer et de l’acier y est inférieur à celui des autres nations.
- CHILI (1888)
- PRODUCTION DES MINERAIS METALLIFERES
- Prix moyeu
- PRODUCTION DES MINERAIS METALLIFERES Autriche (1888)
- Prix moyen
- Minerais de fer........... 1,009,000 tonnes. 5,58
- — plomb.............. 12,500 — 225
- — cuivre.............. 6,600 — 135
- — zinc........ 26,300 — 33
- Pyrites de fer............ 11,500 — 25,56
- Soufre............................. îo° — 320
- Minerais d’étain.................. 99° — 28
- — de manganèse... 6,600 — 36
- — d’antimoine..... 35° — 297
- — N d’argent.............. i3>922 “ 573
- — d’or..................... 367 — 75
- — de mercure...... 75,000 — 27
- — de bismuth...... 917 — 66
- — de graphite..... 19,600 — 80
- Minerais de plomb......... 3ï3°° tonnes, non indiqué
- — de cuivre..... 111,000 — —
- — d’étain....... 600 — 1005
- __ d’or.......... 165,000 — non indiqué
- — d’argent........ 600 — —
- Les minerais de plomb et d'étain du Chili sont exportés en Angleterre.
- ESPAGNE (1887)
- PRODUCTION DES MINERAIS MÉTALLIFÈRES
- Ptix moyen
- Minerais de fer.,...... 4,879,000 tonnes. 3,05
- — de plomb.... 306,000 — 138
- — de cuivre... 2,205,000 — . 5
- — de zinc........... 43,000 — 25
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- io5
- Soufre. 25,000 — 50,70
- Minerais d’étain 63 — 650
- — de manganèse.. 600 — 40
- —, d’antimoine.... IOO — 40
- — d’argent 164 — 286
- — de mercure .... 17,100 — 223
- — de cobalt 62 — 339
- t INDUSTRIE i DU FER
- honte . 165,000 tonnes. 64
- Fer.... 51,000 — 205
- Acier. * 31,000 — 147
- L’Espagne exporte une partie de ses minerais de plomb et de cuivre ; elle envoie également à l’étranger, en Italie particulièrement, la moitié environ de sa fonte.
- BOLIVIE — PÉROU - RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- PRODUCTION DES MINERAIS METALLIFERES
- Prix moyen
- Minerais de plomb...... 2,600 tonnes. non indiqué
- — de cuivre 2,300 — —
- — d’étain 700 — 1156
- Ces chiffres représentent les quantités de mine-
- rais métallifères qui ont été exportées en Angle-
- terre pendant l’année 1888.
- ITALIE (1887)
- PRODUCTION DES MINERAIS MÉTALLIFÈRES
- Prix moyen
- Minerais de fer 251,000 tonnes. . I0>94
- — plomb 38,4100 — > «3
- —* cuivre 44,000 — 28
- — zinc.. 93,000 — 67
- Pyrites de fer 18,500 — 10
- Soufre ! 342,000 — 69,28
- Minerais de manganèse.. 4,400 — 26
- — d’antimoine.... Sro — I25
- — d’or-d’argent.... 11,150 — 52
- — d’argent 1,900 — 1M4
- Graphite.. ' 1,600 — 10
- INDUSTRIE DU FER
- Fonte .. t . 12,300 tonnes. 90
- Fer 173,000 — 190
- Acier 75,000 — 225
- tité de fonte qui lui manque pour en tirer le fer et l’acier indispensables à son industrie.
- SUÈDE (1887)
- PRODUCTION DES MINERAIS MÉTALLIFÈRES
- Prix moyen
- Minerais de fer 903,000 tonnes. non indiqué
- — de plomb 15,600 — —
- — de cuivre 21,000 —
- — de zinc 46,000 — —
- Pyrites de fer 2,500 — —
- Minerais de manganèse.. 8,700 — —
- — d’or 1,400 — —
- —t de nickel «5 — —
- — de cobalt 231 INDUSTRIE DU FER
- Fonte 457,000 tonnes. non indiqué
- Fer ^05,000 — —
- Acier 112,000 — —
- NORVÈGE (1886)
- PRODUCTION DES MINERAIS MÉTALLIFÈRES
- Minerais de fer................. 200 tonnes.
- — de cuivre..... 12,400 —
- — de zinc....... 300 —
- Pyrites de fer............... 65,000 —
- Minerais d’argent...... 1,260 —
- — nickel et cobalt. 10,300
- GRÈCE (1883)
- PRODUCTION DES MINERAIS MÉTALLIFÈRES
- Prix moyen
- Minerais de fer........ 57,000 tonnes. non indiqué
- — de plomb...... 34,000 — *—
- — de zinc....... 44,000 — —
- Soufre....................... 14,090 — —
- Minerais de manganèse. 400 —
- 10
- 55'
- 63
- 25,06
- 1145
- 48
- La plupart des minerais métallifères de la Grèce sont exportés. L’industrie du fer est inconnue dans ce pays.
- SUISSE (1881)
- Minerais de fer..... 19,000 tonnes. 15,22
- GRAND-DUCHÉ DU LUXEMBOURG (1888;
- Minerais de fer..... 2,262,000 tonnes. 2,60
- VENEZUELA (1888)
- Minerais de cuivre.. 25,000 tonnes. non indiqué
- L’Italie exporte une grande partie de ses minerais métallifères ; par contre elle importe la quan-
- Les minerais de cuivre du Venezuela sont exportés en Angleterre.
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-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Jo6
- Les observations à faire sur tous ces chiffres sont nombreuses et de diverses sortes; il y aurait, en premier lieu, à chercher les raisons pour lesquelles le prix moyen de l’unité de poids d’un minerai donné subit de si grandes fluctuations d’un pays à un autre.
- La principale de ces raisons se rapporte sans doute à la teneur en métal du minerai ; il ne faut pas négliger non plus l’état de combinaison chimique dans lequel se trouve le métal à retirer, car de cet état dépend le plus ou moins de facilité à en opérer l’extraction.
- Nous terminerons par l’étude de la production minérale et métallurgique de la France avec le plus de développement possible, sans reproduire toutefois dans leur entier les nombres que nous avons donnés déjà pour la richesse minérale de ce pays.
- FRANCE ET COLONIES (1888)
- PRODUCTION MINÉRALE Combustibles minéraux
- Production Prix moyen en trancs Valeur sur place
- 22,603,000 tonnes. 10,31 232,90=;.000
- Remarque. — Le prix moyen de la tonne de charbon (tout-venant industriel) a considérablement augmenté depuis 1888, il a presque doublé.
- 11 est difficile de donner les raisons vraies de cette augmentation.
- La série de grèves subie par l’industrie minière et l’augmentation du salaire alloué aux mineurs à la suite de ces grèves ne suffisent pas pour légitimer la plus-value du charbon sur le carreau de la mine.
- Le tout-venant industriel vaut aujourd’hui 21 francs la tonne sur place, alors qu’il valait 10,50 francs en 1888; dans ce dernier prix le salaire des ouvriers entrait pour 50 0/0 environ ; depuis, ce salaire a été augmenté de 200/0; le nombre d’ouvriers est resté le même et la quantité de charbon extraite n’a pas diminué.
- J’estime que pour rester dans des limite., raisonnables le charbon industriel ne devrait pas valoir en France plus de 14 à 15 francs la tonne.
- Il est juste d’ajouter que la spéculation dont nous sommes témoins s’étend en Belgique et en Angleterre dans les mêmes proportions qu’en France, et que le charbon, sur le lieu de consommation, revient à un prix uniforme et moyen de J
- 30 à 35 francs la tonne, quelle que soit sa provenance.
- Cet état de choses, qui n’est pas près de finir, ne peut qu’encourager les industriels à chercher l’utilisation des forces naturelles surtout dans les cas où l’agent électrique est appelé à remplir une fonction.
- Concessions de mines. — En France, le tiers seulement des concessions est exploité; il y en a moins du quart en Algérie. Comme surface les concessions exploitées atteignent en France près de la moitié des concessions accordées.
- Détail de la production. — Le chiffre de 22603000 tonnes donné plus haut se répartit ainsi :
- 20,831,000 tonnes............... Hou'lle.
- 1,321,000 — Anthracite.
- 431,000 — .............. Lignite.
- 22 503,000 tonnes.
- Les neuf dixièmes du total général sont fournis par 7 départements seulement.
- Pas-de-Calais................. 7,877,000 tonnes.
- Nord.......................... 4,416,000 —
- Loire........................ 3,140,000 —
- Gard.......................... 1,832,000 —
- Saône-et-Loire................ 1,360,000 —
- Allier....................... 851,000 —
- Aveyron......................... 813,000 —
- Autres départements........... 2,314,000 —
- Salaire des ouvriers. — Le tableau suivant renferme le taux moyen des salaires et le rendement des ouvriers en ce qui concerne chacun des principaux bassins et l’ensemble des bassins de France.
- Bassin* Productlo par 0 cl‘A fond i annuelle uvrior sans distinction ftalulrn total par ton 11 c de combustible produit
- tonnes tonnes
- Nord et Pas-de-Calais 332 254 4,30
- Saint-Et enne .350 229 5,30
- Alais 256 170 7,09
- Le Creusot et Bhtnsy P4 189 6,33
- Aubin et Carmaux 326 200 ' 4,94
- Commentry 37« >95 4>«9
- Lignites de Fuveau 21 1 156 6)79
- Ensemble des bassins de France 305 215 5,04
- Importation, exportation et consommation. — Des
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRJCITÉ
- 107
- chiffres ont été donnés déjà sur ce sujet dans le cours de l'article où il a été question de la richesse minérale des principales nations — de la France, par conséquent.
- MINERAIS DE FER
- Production Prix moyen Valeur sur place
- 2,842,000 tonnes. 3,33 9,471,000 fr.
- Répartition des minerais de fer. — Les minerais de fer, d’après leur nature minéralogique, peuvent
- se diviser ert cinq classes:
- Nature des minerais Production Prix moyen
- Hydroxyde oolithique 2,456,000 tonnes. 2,75 fr.
- Autres hydroxydes 106,000 — 8,82
- Hématite rouge et fer oligiste. 150,000 — 6,42
- Hématite brune 86,000 — 4,78
- Fer carbonate spathique 44,000 — 9,>5
- 2,842,00o tonnes. 3,33
- Importation. — Elle a atteint 1 510000 tonnes; en voici le détail :
- Algérie...................... 25,000 tonnes.
- Luxembourg et Allemagne... 835,000 —
- Espagne..................... 387,000 —
- Belgique..................... 46,000 —
- Grèce........................ 10,000 —
- Italie........................ 6,000 —
- Autres pays................... 1,000 —
- Total........... 1,310,000 tonnes.
- Les minerais venant de l’Allemagne, ou plutôt du Luxembourg, représentent les 64/100 des importations ; leur constitution rappelle celle des minerais de fer de l’est de la France ; l'Espagne qui vient après, fournit à peu près les 30/100 de l’importation totale.
- Exportation. — Elle atteint le faible chiffre de 294 000 tonnes.
- Le minerai hydroxyde oolithique forme un peu plusde 860/0 du total général. 11 est exploité principalement en Meurthe-et-Moselle. Les autres minerais hydroxydes sont tirés principalement des départements du Gard et des Pyrénées-Orientales.
- Les deux tiers environ d'hématite rouge ont été produits dans l’Ardèche (93000 tonnes); le reste dans le Calvados.
- Le fer oligiste a été tiré de la mine de Diélette, située dans le département de la Manche.
- Vhématite brune a été exploitée dans les départements de Lot-et-Garonne, de l’Aveyron, de l’Ariège, du Lot et de la Loire-Inférieure.
- Les cinq sixièmes du fer spathique ont été tournis par le département de l’Isère.
- Production en Algérie.— 384000 tonnes, au prix moyen de 8,54 francs.
- Les minerais d’Algérie sont exportés presqu’en totalité. Voici la nomenclature des pays qui concourent à cette exportation, par ordre d’importance.
- Angleterre.................... 105,000 tonnes.
- Etats-Unis...................... 81,000 —
- Pays-Bas....................... 70,000 —
- France.......................... 25,000 —
- Belgique........................ 25,000 —
- Total
- 306,000 tonnes.
- Importation, exportation, consommation en France des minerais de fer»
- Allemagne.. Belgique... Pays-Bas... Autres pays.
- 144,000 tonnes. 110,000 —
- 32,000 —
- 8,000 —
- Total
- 294,000 tonnes.
- Consommation des minerais de fer dans les hauts fourneaux calculée en additionnant la production indigène, les importations et les exportations.
- Minerais indigènes..... 2,548,000 tonnes.
- — algériens......... 25,000 —
- — étrangers...... 1,285,000 —
- Total......... 3,858,000 tonnes.
- La consommation a augmenté de 405 000 tonnes par rapport à 1887.
- AUTRES MINERAIS METALLIFERES
- Prix moyen
- Minerais de fer , 2,842,000 tonnes. 3,33
- de plomb 19,000 - f --
- — de cuivre 6 — 2>50
- — de zinc 21,000 71
- Pyrites de fer 204,000 '5
- Minerais de manganèse.,, 1 11,000 — 16,50
- d’antimoine 770 — '39
- — d’aluminium ..., 19,000 — '9
- PRODUCTION EN ALGERIE —
- Minerais de fer 384,000 tonnes. 8,54
- de plomb 450 — .83
- •— de cuivre 15,000 23
- — de zinc 8,500 — 6s
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-
-
-
- io8
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La valeur totale des minerais métallifères s’est accrue de 15 0/0 par rapport à l’année 1887. La plus-value est remarquable en ce qui concerne les minerais de plomb argentifères, ceux de zinc et d’antimoine.
- Importation, exportation, consommation des minerais métallifères. —. Les mines exploitées en France sont loin de fournir en quantité suffisante le cuivre, le plomb, le zinc, etc. qui se consomment annuellement dans le pays.
- Nous avons vu (*) qu’une forte proportion de ces métaux était empruntée à l’étranger. En outre, de notables quantités de minerais sont importées pour alimenter les usines métallurgiques.
- Voici le tableau des importations et exportations fourni par les douanes:
- Désignation des minerais Importation Exportation
- Minerais de plomb 2,429 tonnes. 6,678 tonnes.
- •— de cuivre '5,073 — 12,159 —
- — de zinc 32,556 — 14,492 —
- de manganèse.. 40,565 — 592 —
- — d’antimoine 114 — 397 —
- — de nickel 317 — I
- — d’étain 378 - 134 —
- Pyrites de fer 30,162 — 21,371 —
- minerais non dénommés. 2,876 — 236 —
- — d’or et de platine 5,596 kilos. »
- — d’argent 827,577 - 3,667 —
- L’Algérie a exporté en 1888, d’après la douane, 21 022 tonnes des produits de ses mines métalliques en dehors des minerais de fer.
- CARRIÈRES.
- On ne connaît que la production de 1887, assez importante comme on va le voir pour que nous ayons cru utile de la reproduire.
- Mètres cubes F rancs
- Pierre à bâtir 4,470,500 57,916,000
- Pierre à chaux 2,695,500 3,336,000
- Marne 630,500 2,408,000
- Argile 1,015,000 4,461,000
- Sable 1,322,500 3,954,000
- Pierre à plâtre 1,167,000 7,562,000
- Phosphate de chaux 181,000 13,448,000
- Granité, roches feldspathiques 505,000 10,368,000
- Ardoise 151,5°° 3,5°3,°oo
- Pierre meulière. 406,000 1,480,000
- Grès, silex, roches quartzifères 664,500 13,481,000
- Matériaux d’empierrement.... 4,048,000 13,848,000
- (’) La Lumière Electrique du 20 septembre 1890, p. 606.
- Sables et argiles réfractaires . 155,000 1,953,000
- Kaolin 23,000 1,078,000
- Ocres 50,000 527,000
- Maibre (à polir) 34,500 4,454,000
- Bauxite (minerai d’aluminium) 10,000 159,000
- Lignite pyriteux 9,000 40,000
- Sulfate de baryte 2,000 70,000
- Spath fluor 2,500 105,000
- Talc 2,500 20,000
- Pierre lithographique vrt O O 20,000
- '7,547,0°° 164,208,000
- Minerais d’aluminium. — On peut se demander si la France possède des minerais d’aluminium en quantité suffisante pour satisfaire au besoin de l’industrie dans le cas ou les procédés électriques d'extraction de ce métal prendraient l’extension que nous avons fait entrevoir.
- La statistique officielle indique que la quantité de minerais d’aluminium extraite en France atteint annuellement 19000 tonnes; elle est supérieure à celle qui est produite dans toutes les autres nations reunies.
- Mais ce chiffre est bien inférieur à celui qui pourrait être atteint, si cela était nécessaire, tandis que les autres pays sont limités par la rareté des gisements.
- Par minerais d’aluminium nous entendons plus spécialement le corindon, les bauxites ou oxydes d’aluminium hydratés.
- La France est particulièrement riche en bauxite. Elle en possède de deux sortes : la bauxite blanche et la bauxite rouge.
- Un des principaux lieux de gisement de bauxite blanche, d’après une étude effectuée par M. Francis Laur, est à Villeveyrac (Hérault); 200000 tonnes de minerais alumineux y ont été déjà extraits.
- La bauxite occupe en cet endroit une couche de 8 mètres d'épaisseur dans un bassin de 9 kilomètres de large, sur 10 à 12 kilomètres de long.
- On trouve également dans les départements du Var et des Bouches-du-Rhône de la bauxite blanche au milieu de bauxite rouge et en quantité très importante.
- Cette bauxite blanche est de même qualité que la bauxite de Villeveyrac.
- La bauxite rouge est en formation géologique dans les départements du Var et des Bouches-du-Rhône, dans l’Ariège, dans le Puy-de-Dôme, etc.
- Elle est subordonnée à du terrain sédimentaire parfaitement connu. Les points explorés sont au
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- nombre de 50 à 60 et les couches atteignent parfois des épaisseurs de 30 à 40 mètres.
- Les principaux centres de production sont les environs de Luc, le Thoronet, Brignoles. Il y a aussi différents gîtes de bauxite rouge aux Baux, près Tarascon.
- La composition de la bauxite blanche et de la bauxite rouge est sensiblement la même; la proportion d’alumine anhydre varie entre 70 et 80 0/0.
- Le reste est représenté par de l’eau à l’état de combinaison et de la silice pour la bauxite blanche, des oxydes de fer pour la bauxite rouge.
- On arrive aisément à purifier tous ces produits naturels de la silice ou des oxydes de fer qu’ils renferment; l'alumine hydratée qui résulte de cette purification, mélangée au fluorure d'aluminium, est employée telle quelle à l’alimentation des bains électrolytiques.
- Nous avons pu même traiter directement les bauxites, les purifier électriquement et retirer avec le même appareil et dans une série d’opérations successives des alliages d’aluminium, de l'aluminium si-liciê, du silicium et de l’aluminium pur.
- Or, si l’on se rappelle que d’une part le prix des minerais d’aluminium sur le carreau de la mine n'est guère que de 10 à 15 francs la tonne et que d’un autre côté l’énergie électrique nécessaire à leur traitement peut être obtenue au moyen de forces naturelles en quantité indéfinie, on doit convenir que l’aluminium est appelé à jouer un rôle considérable dans l’industrie métallurgique et que la France est une des nations les plus favorisées, puisque elle possède tout ce qu’il faut pour produire à bon marché des quantités considérables de ce métal.
- SITUATION DE L’INDUSTRIE MINÉRALE AUX COLONIES ET DANS LES PAYS DE PROTECTORAT.'
- Nouvelle-Calédonie. — La situation de l’industrie minière de la Nouvelle-Calédonie s’est améliorée d’une façon sensible en 1888 en ce qui touche le nickel et le chrome; elle est restée à peu près stationnaire en ce qui concerne le cuivre et le co-
- Minerais de nickel 8,423 tonnes. 125 fr.
- — de cobalt 3,020 — 80
- de plomb 500 — 150
- — de cuivre....... 3,000 — 300
- de fer chromé .. 2,500 — 40
- Autres colonies. — Aucune d’elles n’a d’industrie minérale, si ce n’est la Guyanne française. En 1886 il a été retiré de cette colonie 1804 kilogrammes d’or natif.
- Tunisie. — Les seuls gisements de combustibles minéraux sont ceux de lignite de Monastir et de Zramdine, dans lesquels on a à peine entrepris quelques fouilles.
- La régence est alimentée parles houilles importées d’Angleterre, dont la consommation s’est élevée à 7 120 tonnes en 1888.
- Il existe également en Tunisie des mines de fer qui sont restées inexploitées en 1887 et 1888 et trois concessions de mines d’autres métaux.
- L’une d’elle renferme de la calamine; une autre de la galène ; la troisième est formée d’un mélange de ces deux minerais.
- Madagascar. — A défaut d’autres renseignements on rappellera qu’en 18S7 des travaux pour la recherche de l’or ont été exécutés au sud et à l’ouest de Tananarive, dans des terrains d’allu-vion, desquels on a extrait des pépites à peu près pures et donnant de 97 à 98 0/0 d’or.
- Il existe au sud-est de la Tananarive des gisements de minerais de cuivre et de zinc; à Amba-tofangehema des minerais de plomb, et du charbon à Bavato-bi.
- Tonhin. — Aucun renseignement précis n’est donné par la statistique officielle relativement à la richesse minière de cette colonie.
- USINES MÉTALLURGIQUES Industrie du fer.— Production et valeur des fontes.
- Production Valeur en francs
- Au coke.............. 1,642,000 tonnes. 93,300,000
- Au charbon de bois.. 12,800 — 1,700,000
- Aux deux combustibles. 8,500 — 700,000
- 1,683,000 tonnes. 95,700,000
- Nous avons vu plus haut le détail de la consommation des minerais de fer en France, dont 66 0/0 seulement sont produits dans ce pays, 0,7 0/0 viennent de l’Algérie et 33,3 0/0 de l’étranger.
- En 1888 il y avait en activité 68 usines produi-
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- sant la fonte et possédant dans leur ensemble 106 ACIERS
- hauts fourneaux en feu. En barres 7,042 tonnes. 2,276 tonnes.
- Rails 60 — 28,939 —
- Production et valeur du fer. Bandages bruts, tôle...... 0734 — 2,949 —
- Production Valeur en francs Laminé 428 — 756 —
- Puddlé 624,000 tonnes 93,500,000 Filé 70/ — 300
- Affiné au charbon de bois 14,000 3,800,000 Machines, mécaniques, ou-
- Obtenu [par réchauffage tils 2,646 — 2,312 —
- des vieux fers et riblons 169,000 — 25,900,000 Ouvrages divers 366 — 8)535 —
- 817,000 tonnes. 123,200,000 12,977 tonnes. 46,077 tonnes.
- La production de 1888 présente, par rapport à l’année antérieure, une augmentation de 45 000 tonnes, se répartissant ainsi : 31 000 tonnes sur les fers; 14000 sur les tôles. Il y a environ 174 usines en activité.
- Production et valeur de l'acier.
- Production Valeur en francs
- Aciers ( au four Bessemer 325,000 ton. 49,400,000
- fondus 1 ! — Siemens-Martin 158,000 — 55,800,000
- puddlés ou à la forge. 13,100 4,600,00a
- Aciers ' divers , 1 cémentés 1,300 — 800,000
- ! fondus au creuset ,,.. 9,400 — 4,800,000
- f obtenus par réchauffage du vieil acier.., 9,900 — 1,700,000
- 517,300 ton. 117,100,000
- Si l’ensemble des exportations est inférieur aux importations de 63 millions de tonnes pour ce qui concerne la fonte, en revanche les exportations du fer et de l’acier excèdent les importations de plus de 129 millions de tonnes.
- On déduira des chiffres qui représentent la production de la fonte du fer et de l’acier et de ceux qui en donnentles importations et les exportations la consommation en France de ces divers métaux.
- Consommation
- Objets en fonte moulée................ 357,000 tonnes.
- Fers, tôles, fils de fer, matériel de chemins
- de fer............................. 730,000 —
- Acier ouvré........................... 485,000 —
- Commerce extérieur des fontes, fers et aciers. — Voici le tableau des importations et exportations dans l’industrie sidérurgique pour l’année 1888, tel qu'il a été établi au moyen de renseignements relatifs au commerce spècial de la France publiés par l’administration des douanes.
- FONTE
- Brute } f ffmaf | de moulage Ouvrée de toute sorte. ... Machines et mécaniques .. Importation 126,569 tonnes. 6,647 — 3)'92 — Exportation 24,540 tonnes. 44,315 — 4,528 —
- 136,408 tonnes. 73,383 tonnes.
- Ferraille, limailles et pailles 5,856 tonnes. FER 11,427 tonnes.
- _ . 1 au bois En barres J 14,534 tonnes. 513 tonnes.
- ) au ccke 10,271 37,228 —
- Rails 3i — 5,289 —
- D’angle et à T 2,443 — 10,968 — .
- Massiaux 7,789 — 443 —
- Tôles.. .x 8,591 — 5,9*4 —
- Machines de tréfilerie 2,196 — 1,225 —
- Fils de fer Machines, mécaniques, ou- 582 - ',493 —
- tils • 27,477 — 48,299 —
- Ouvrages divers. ",943 — 6°,997 —
- 85,857 tonnes, '72,359 tonnes.
- METAUX AUTRES QUE LE FER.
- Le détail de tout ce qui concerne les métaux autres que le fer a été donné dans le tableau représentant la richesse minérale de la France ; il est inutile de reproduire les chiffres déjà publiés, mais il reste quelques observations à faire sur les métaux usuels, observations qui n’ont pas pris place dans l’article auquel il a été fait allusion à diverses reprises.
- Plomb-argent. — Le poids des minerais passés au fourneau en 1888 a été de 15 000 tonnes; comme l’année précédente le rendement en métal a varié entre 37 et 45 0/0.
- La presque totalité des plombs argentifères étrangers soumis à la désargentation ont été de provenance espagnole, ils ont été traités à Marseille, à Coueron (Loire-Inférieure) et au Havre.
- Zinc. — Le poids des calamines étrangères (carbonate de zinc) passées à la fusion a été de 34600 tonnes ; celui des calamines indigènes d’un peu moins de 2 000 tonnes.
- Le rendement a été de 50 0/0 dans le Nord, où l’on n’emploie que de la calamine d’Espagne, et
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- de 41 0/0 dans l'Aveyron, où les minerais sont de provenances diverses.
- Cuivre; — Le cuivre aujourd'hui fabriqué en France provient exclusivement du traitement des mattes et des minerais riches que l’on fait veni; de l’étranger. En 1888 il en a été traité 5 000 tonnes, qui ont donné près de 2200 tonnes de cuivre brut.
- Antimoine. — La production de l’antimoine (régule et sulfate pur) a passé de 170 tonnes en 1806 à 240 tonnes en 1888.
- Aluminium. — Nous nous sommes étendu suf-samment déjà sur ce métal pour qu’il soit inutile d’y revenir.
- En outre des minerais que nous avons fait venir de l’étranger, l’importation des métaux usuels a dépassé 137000 tonnes.
- L’Espagne nous a fourni la majeure partie du plomb; la Belgique le zinc, l’Angleterre, le Chili, les Etats-Unis d’Amérique le cuivre ; l'Angleterre et les Pays-Bas nous envoient l’étain qu'ils reçoivent de leurs colonies; on sait que les principales exploitations de nickel sont situées dans la Nouvelle-Calédonie.
- Les 43/100 de notre production d’aluminium (1 807 kilogrammes sur 4 153) ont été exportés.
- Résumé.
- . L’État comparatif de la production minière des principaux pays apporte des arguments nouveaux en faveur des conclusions qui terminaient l’article sur l'Électricité et la richesse minérale et fait res sortir les avantages qu’aurait plus particulièrement la France à utiliser comme puissance motrice les forces naturelles dont elle dispose.
- L'étude de cette question, qui avait subi un temps d’arrêt, à été reprise avec succès dans ces derniers temps ; nous-croyons qu’il est de notre intérêt de la poursuivre avec persévérance, maintenant surtout que l’électricité peut trouver son application dans l’industrie sous toutes les formes de l’énergie. La démonstration de l’économie résultant de l’emploi de l’électricité comme agent d’éclairage et de transmission de la force n’est plus à faire.
- Nous ne connaissons pas encore toutes les ressources qu’est susceptible d’offrir l’électrochimie;
- toutefois les résultats obtenus déjà en métallurgie assurent à cette science un brillant avenir.
- Adolphe Minet.
- SUR LF. DÉVELOPPEMENT DF. LA
- TRANSLATION AVEC L’APPAREIL HUGHES
- Lorsqu’on cherche dans les ouvrages sur la télégraphie à se rendre compte du développement dî la translation avec le télégraphe imprimeur de Hughes on rencontre des lacunes considérables et de nombreuses inexactitudes. En travaillant à mon dernier livre, qui traite de l'exploitation des télégraphes électriques et qui est destiné à remplacer la seconde moitié du troisième volume de mon Traité de télégraphie électrique, je me suis efforcé de remplir ces lacunes et de donner un exposé fidèle du développement de la translation Hughes. Toutefois, il ne m’a pas été possible de conserver l’ordre chronologique qui eût été désirable, parce que la classification générale qui sert de base à mon ouvrage exigeait la séparation de la translation sur lignes aériennes de celle sur lignes souterraines, et aussi parce que les dispositifs de translation employant l’appareil Hughes lui-même devaient être décrits dans un autre chapitre que les dispositions dans lesquelles on se sert d’un appareil translateur spécial.
- 11 me semble donc utile de parler ici de la translation Hughes à un point de vue purement historique, et en suivant l’ordre chronologique. On réussira ainsi à dégager certains côtés intéressants qu’il eût été difficile de démêler dans l’ouvrage précité. II ne peut naturellement être question de l’examen des divers systèmes de translation au point de vue de leur valeur pratique.
- L’initiative de l’introduction du télégraphe imprimeur Hughes dans les réseaux télégraphiques européens fut prise, comme on sait, par l’administration télégraphique française, qui se rendit acquéreur du brevet américain de Hughes en octobre 1860, au prix de 200 000 francs. Dans cette voie entrèrent l’Angleterre, la Russie^ l'Italie, la Prusse, l’Autriche, et en 1868 la conférence télégraphique internationale de Vienne plaça le Hughes à côté du Morse sur les longues lignes internationales.
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- En Russie, le télégraphe imprimeur fut introduit en août 1865 (* *), et il est vraisemblable que le directeur généra! de l’administration télégraphique russe, von Guerhard, y avait déjà fait faire l’essai d’une translation lors de son voyage à Berlin, avant l’introduction du Hughes dans l’administration prussienne, c’est-à-dire $vant 1866.
- Les expériences qui furent exécutées alors devaient résoudre le problème de la transmission par appareil Hughes entre Saint-Pétersbourg et Paris au moyen d’une translation à Berlin. Ces essais furent dirigés par Karl Maron, el comme celui-ci donnait la préférence, pour la translation Morse sur les longues lignes, aux relais polarisés, à cause de leur insensibilité aux actions des courants de retour, on a certainement employé dès le début des relais polarisés de Siemens et Halske ; un peu plus tard vint l’intercalation d’un Morse dans le circuit du courant de retour, disposition proposée par von Guerhard et par le professeur Hughes, à ce moment à Paris. La valeur du procédé était évaluée d’après la plus ou moins grande régularité des traits apparaissant sur la bande de papier de l’appareil Morse (2).
- Dans ces expériences, on n’obtint pas de résultat satisfaisant. Par contre, Stark (3) parle d’expériences plus favorables entre Vienne et Paris, avec translation à Berlin et à Cologne, et aussi de l’organisation d’une transmission directe analogue entre Vienne et Constantinople.
- La cause de la non réussite de ces premiers essais semble résider dans ces faits que, par suite de sa longueur, l’armature ne pouvait pas suivre les courants télégraphiques se succédantavec rapidité et que d’autre part il n'y a aucun avantage à employer des relais polarisés sur une ligne parcourue par des courants intermittents toujours de même sens.
- J. Sack indique dans sa brochure « Le télégraphe imprimeur Hughes dans sa forme aciuelle» (Berlin 1873), l’année 1868 comme étant celle pen-
- (!) ZeUscbrift des deutsch-œsterreicbischen Telegraphen-Vercins, t. XIII, p. 33.
- (*) Au cours du rapport donné par le professeur Hughes dans la Telegraphen-Vereins-Zeitscbrift, t. XIII, p.41, en 1868, on lit : « On s’est servi de la translation à diverses distances et en dernier lieu entre Saint-Pétersbourg et Paris, en employant trois translateurs. » Malheureusement Hughes n’a pas indiqué quels étaient les appareils qui servaient de translateurs.
- (3) Le Télégraphe imprimeur Hughes, p. 46. Vienne, 1868.
- dant laquelle furent faites les expériences précitées, mais il est en contradiction avec le rapport dont il est question plus haut.
- J.-B. Stark a aussi décrit cette translation en 1868, dans son livre « Le télégraphe imprimeur Hughes»(Vienne, 1868), p. 45. Le schéma figure8 de la planche VIII correspond entièrement à la description en question et montre les relais polarisés encore saris emploi du courant de retour, dont s’est servi plus tard Maron, et sans les résistances additionnelles, mais le poste est pourvu d’un appareil écrivant à l’encre, actionné par les courants envoyés par le poste transmetteur et empruntés à une pile commune aux deux lignes et qui permettait de se rendre compte de la valeur de la translation.
- A partir de 1868 on chercha à se servir comme translateur de l’appareil Hughes lui-même.
- L, L2
- 1 U 3
- En premier lieu, Gustave Jaite, chargé d’étudier cette question, arriva le 2 avril 1868 à réaliser la translation de deux manières différentes.
- Dans l’une des méthodes l’on ne se servait pas comme translateurs de deux appareils Hughes reliés d’une façon continue, mais d’un seul appareil; il était donc nécessaire d’employer un commutateur automatique (1) qui permît de renverser les deux lignes au moment opportun.
- Ce mode de translation, que Jaite emploie du reste aussi dans son télégraphe imprimeur, a été adopté en Allemagne et en Russie. Le commutateur automatique a été décrit dans beaucoup d’ouvrages et de revues. 11 nous suffira donc d’expliquer ici schématiquement ce système de translation.
- Le principe en est facile à comprendre par l’inspection de la figure i,dans laquelle, pour plus de simplicité, on a pris comme translateur un appa-
- (J) Jusqu’à la réalisation pratique d’un tel commutateur Jaite fit ses expériences au moyen d’un commutateur à main.
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- !
- reil Morse M (et sa clef T) ; Jaite a d’ailleurs donné dans la Telegraphen-Vereins-Zeitschrift, t. XV, planche VI (fig. 4), le schéma de l’emploi de son commutateur pour la translation Morse sur deux iignes de longueur inégale.
- Le commutateur U est formé par deux lames de ressort isolées, fixées sur l’axe a3 d’un mouvement d’horlogerie ; à chaque déclenchement cet axe opère une rotation de 90 degrés, de sorte que les lames relient alternativement les vis de contact 1 avec 2 et 4 avec ?, comme dans la figure i,ou encore 1 avec 3 et 4 avec 2. Un courant venant de L2 passe par 4 et 3 à travers les bobines de M et par la clef T à la terre E ; il s’ensuit que l’armature de M envoie le courant de la pile B par 2 et 1 dans 1?. ligne Li. Un courant venant de Lt passe, au
- contraire, de la vis de contact supérieure de l’armature à travers le fil r et les bobines d’électros du commutateur, déclenche le mouvement d’horlogerie de celui-ci et provoque la commutation, ce qui produit la translation dans la ligne L2 des courants venant de Lj. Si les deux lignes Lj et L2 ont des résistances très différentes, il faut prévoir à chaque commutation un changement de la pile B.
- Dans l’application de ce commutateur à l’appareil imprimeur de Jaite, qui travaille avec des courants de sens différents, on avait besoin de plusieurs autres commutateurs ordinaires. Au contraire, l’application de ce même appareil automatique à la translation Hughes ne nécessiterait qu’un commutateur de pile, dans le cas où le
- V c
- poste transmetteur travaillerait sur les deux lignes Lj et L2 avec la même pile, et pour des lignes de résistances à peu près égales ce commutateur serait même superflu.
- Le montage pour deux lignes Lj et L2 de même résistance prend alors la forme représentée par la figure 2. Dans cette figure, la partie placée à gauche appartient au commutateur automatique, celle de droite au Hughes translateur ; ce dernier est muni d’un ressort h isolé, fixé sur le levier A.
- Dans la position du.commutateur U représentée par la figure 2, la translation s’opère de Li vers L2. Un courant venant de Li passe par la pièce de contact 1 du commutateur U, le contact 2, la lame h' de l'électro M^ la vis de contact supérieure ru l'électro M du Hughes, de là, au ressort F< de celui-ci, par la came de réglage d et le levier de contact C à la terre E. Dès que l’armature A s’écarte de M, la pile B se trouve fermée par l’in-
- termédiaire de la vis v, du ressort b, et des contacts 3 et 4, sur la ligne L2.
- Lorsque le poste extrême de la ligne L2 veut interrompre le poste transmetteur de la ligne Lt, il envoie un courant au poste translateur, où ce courant suit le chemin L2, 4 et 3 en U, h, r, l’électro M! du commutateur, et la terre; l’armature Aj se soulève, et le commutateur fait communiquer 1 avec 3, 2 avec 4, L2 avec l’électro M du Hughes, Li avec l’électro M' du commutateur. Mais avant le fonctionnement du commutateur, la lame de contact h', fixée au levier de Mt, ferme la pile de translation B sur vlt h’, 2, 1, et la ligne L1( et annonce ainsi à Lt l’interruption voulue par le poste extrême de L2. Si, par la suite, Li interrompt de la même façon, U reprend la position que montre la figure 2.
- Lorsque le poste de translation parle lui-même, son courant chemine de K, dans la position de la figure 2, par^, C, X„ d, F*, M, ru h', 2, 1, vers La;
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- mais comme au même instant l’armature A s’éloigne de M, la pile se trouve en même temps fermée sur v,h, 3 et 4 en U, et L2; il existe donc un courant dans les deux circuits. Remarquons que si le poste de translation a relié son appareil au pôle positif, les deux postes extrêmes devront naturellement communiquer avec le pôle négatif.
- Dans le second système de translation trouvé par Jaite une faible partie du courant arrivant au poste transmetteur passait directement dans la deuxième ligne, mais était annulé par le courant suivant, qui se partageait dans les deux lignes, amenées à la même résistance par une résistance additionnelle (1).
- L’invention de cette translation (2) est aussi revendiquée par K. Maron, et elle lui est attribuét par J. Sack dans sa brochure Les systèmes de translation pour le télégraphe imprimeur Hughes (Berlin 1880), p. 4. Comme Maron m’en a informé, il y est arrivé en 1868 dans le cours d’un travail d’examen; mais il employait dans ses essais un appareil Hughes qui était déjà muni d’un ressort de contact (h dans la figure 2) sur l’armature.
- Cette translation n’a été essayée ou appliquée que passagèrement, et il en a été de même des systèmes analogues, tels que ceux proposés par C. Frischen (en 1868 ou 1869), ou par Hackethal à Brême (février 1870), et enfin celui indiqué par
- (!) Au sujet des dispositions indiquées par Hughes pour l’envoi d'un courant auxiliaire, c’est-à-dire pour le renforcement d’un courant télégraphique par un poste intermédiaire, voir Schellen : Le télégraphe électromagnétique, y édit., Brunswick, 1870, p. 399, et Sack : Les systèmes de translation pour le télégraphe imprimeur Hughes, Berlin 188c, p 15. — Le procédé de Hughes fut d’ailleurs déjà proposé pour la translation avec courants alternatifs par C. F. Varley dans son brevet anglais n” 1318, de 1855 (p. 14, fig. 18, pl. 2).
- (2) Une modification de cette translation est mentionnée très sommairement par Golil dans la 7elegraphen-Vertins-Zeilschrift, t. 13, p. 139; elle entraîne un changement dans la disposition du Hughes, consistant en un taquet se mouvant sur l’axe de la roue des types, entre deux lames isolées l’une de "autre; ce taquet était destiné à établir un contact à chaque tour de l’axe.
- En 1879 Maron cherchait d’une façon analogue à remplacer le Hughes par un lelais, dont l’électro ressemblait à celui du Hughes, mais possédait deux enroulements. L’un était parcouru par le courant de réception, l’autre par le courant de la pile locale qui remettait le levier de l’armature dans sa position de repos.
- F. de Hefner-Alteneck en 1876 (voir Journal télégraphique, t. III, p. 416).
- Dans toutes ces translations on n’emploie au poste transmetteur qu’un seul Hughes. Frischen ne se servait d'ailleurs pas de l’armature pour l’émission du courant, mais d’un leviertranslateur particulier, rendant inutile la lame de ressort isolée.
- A celte époque parurent, en deux endroits très distants l’un de l’autre, deux systèmes de translation presques identiques, ne différant que dans quelques détails de second ordre. L'un fut proposé par Hughes, qui vivait alors à Paris, l'autre par le télégraphiste A, Gohl à Insterbourg.
- Dans cette dernière ville, où l’on devait contrôler les télégrammes de passage au moyen du Hughes, on n’avait pu jusque là obtenir une translation satisfaisante par des translateurs polarisés. Même la nouvelle translation, employée en 1880 à Bruxelles sur la ligne Berlin-Londres, essayée auparavant, en 1869 et 1870, en Allemagne, et modifiée plus tard par Hughes pour une translation entre une ligne aérienne et un câble, n’a jamais donné des résultats satisfaisants.
- D’après les notes de son journal qu’il m’a communiquées, Gohl a inventé sa translation en 1868, après que le poste d’insterbourg fut muni d’un Hughes, en août 1868. Gohl connut la translation de Jaite vers la fin de 1868, lors de la présence de celui-ci à Insterbourg, et cette circonstance le détermina à publier son propre système. 11 envoya donc le 22 janvier 1869 (*) l’article paru dans la Telegraphen-Vereins-Zeitschrijt à la rédaction de cette revue. Le professeur D. E. Hughes a inventé sa translation vers le milieu du mois de janvier 1869; dans une lettre en ma possession, lettre datée du 17 janvier 1869, le professeur Hughes communique à K. Maron son invention récemment faite et exécutée à Paris.
- Le principe de la disposition proposée par Gohl et par Hughes consiste dans l’emploi de deux électro-aimants M, et M2 (fig. 3), actionnant le même levier déclencheur G. En réalité, ils sont très rapprochés l’un de l’autre et l’axe du levier est muni de deux taquets avec vis de réglage, contre
- (*) Dans un écrit accompagnant le manuscrit se trouve oar erreur la date du 22 janvier 1868. Cette faute s’est probablement produite parce que Gohl avait préparé son manuscrit dès 1868.
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- nb
- lesquels viennent buter les armatures, comme la figure 3 le montre schématiquement.
- Sur chacun des deux leviers A! et A2 Hughes a fixé une lame d’acier bu b2, isolée par de I’ébonite, dont l’extrémité munie d’un contact en platine se meut entre deux vis de contact r et v, fixées sur les supports S, et S2, mais isolées. Gohl, au con traire, laissait les deux laines/^ et h2 en communication métallique avec les leviers; il était donc obligé d’isoler les contacts qu’elles portent.
- Les autres parties de l’appareil n’ont subi aucune modification, à l’exception de ce détail que dans la disposition Hughes la « lame isolée» consiste en deux (*) pièces j1 et /2 indépendantes, mais collées au repos contre la came de réglaged. 11 n’y a ainsi pas de circuit pour le courant d’induction qui se produirait au moment où l’on ramène l’armature dans sa position de repos. Gohl emploie la lame isolée ordinaire, moins avantageuse, mais n’y amène un fil que de l’un des deux contacts de repos r, l’autre contact r étant relié directement à la terre ; il rend possible une substitution des deux fils par l’adjonction d'un commu-
- I 2
- tateur à bouchons, composéde quatre plaques^.
- Le courant arrivant de Li prend le chemin suivant : Llt lame h2, r2, enroulements de l’électro-aimant M1( lame^, came de réglage d, axe XG, et par le contact c2 du levier C à la terre E. L’arma-
- (*) Sur la figure contenue dans la lettre déjà citée du professeur Hughes du. 17 janvier 1809 on ne trouve aussi qifune seule lame isolée; les deux bobines de chaque électro sont placées, comme chez Gohl, l’une près de l’autre dans la direction du levier de déclenchement, mais les lames /; sont dirigées vers le bas et servent en même temps de ressorts antagonistes; (voir Du Moncel, Exposé des applications de l’électricité, y édit. Paris 1874, p. 429), tandis que .Gohl les place dans le prolongement du levier d’armature. Dans cette lettre, Hughes fait aussi remarquer qu’au lieu de deux électros on pourrait n’èn employer qu’un seul à bobines sép;.-rées, et qu’il faudrait alors fixer deux lames à l’armature. Il tait observer que ceci serait moins avantageux, parce qu’alors on ne pourrait savoir quel est le poste qui transmet, et parce qu’on rencontrerait des difficultés dans le réglage, les courants des deux lignes passant par le même électro. — Dans le montage, depuis longtemps abandonné, que Du Moncel propose dans son Exposé (t. 3, p. 428) pour la translation entre une ligne aérienne et une ligne souterraine, on trouve à côté de l’axe des types, en dehors des deux lames susdites, deux autres lames pour la décharge.
- ture Ax s’éloigne de M,, et le courant de la pile de ligne B passe par vu bi dans la ligne L2.
- Comme dans le montage ordinaire de Hughes, le courant venant de Lx ne passe en Mj qu’au premier moment, car dès que l’armature Ax touche la vis du levier de déclenchement G le courant trouve un chemin plus facile de nx par le support Sj, le levier G et les parties métalliques à XG et à la terre E. De plus, le courant d’induction de fermeture est rendu inoffensif par cette circonstance que la lame jx ne touche la came d qu’après le retour de l’armature Ax.
- Les mêmes actions se passent lorsque la translation a lieu de L2 en Le dans ce cas c’est évidemment l’électro M2 qui travaille.
- Enfin, si le poste translateur veut télégraphier
- Fig. 3
- lui-même, par exemple en L2 seul, il faut d’abord séparer Lt de l’appareil par l’interrupteur Xx ; le courant de B passe alors par cx, XG, d,j2, M2, ru bu en L2,
- Remarquons encore que Hughes plaçait en face l’un de l’autre les pôles d’électros du même nom; Gohl, au contraire, range ainsi les pôles de nom contraire, et à une plus grande distance pour diminuer l’induction.
- Ce n’est que quelque temps après les essais que nous venons de décrire que K; Maron réussit à surmonter les difficultés qui s’étaient présentées. 11 dérivait du courant télégraphique allant du poste de translation dans la deuxième ligne un courant antagoniste qu’il faisait passer par une résistance convenablement choisie et par les bobines du relais translateur polarisé, afin de rejeter immédiatement l’armature dans sa position de repos. Ce montage a été étudié par Maron dès mai 1870, en même temps qu’un autre, resté sans application, dans lequel les armatures sont maintenues au contact de repos par un faible courant
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- d’une pile locale. A l’arrivée d’un courant de transmission produisant le déplacement du levier d'armature, ce courant local était renforcé par la mise en court circuit d’une résistance, ce qui avait pour effet de ramener l’armature au repos.
- Pour cette translation on faisait usage des relais polarisés ordinaires de Siemens; on plaçait au poste de translation deux piles séparées, et celles-ci n’étaient pas reliées à la terre par deux pôles différents (comme il est dit dans la description des appareils télégraphiques de l’Administration allemande des Postes de 1S88, p. ioôetfig. 132), mais, au contraire, par les deux pôles de même nom, de sorte que les courants émis par les deux piles au poste translateurétaient de même sens(1).
- Le schéma d’une telle translation se trouve déjà dans le règlement allemand pour 1872(0° 13);
- R, Ra
- Fig. 4
- il est semblable à la figure 283 dans Dub : Èlec-tromagnêtisme, p. 569. Mais (d’après les communications de M. Maron) l’application d’une telle disposition fut ordonnée pour la première fois à Hamm pour la ligne Berlin-Bruxelles, en novembre 1872 et elle fut actionnée pour l’exploitation le 23 février 1S73; elle remplaça une translation employée jusqu’alors à Cologne et avec laquelle on avait d’abord travaillé avec des relais polarisés de Siemens sans résistances additionnelles, ni courant dérivé, et plus tard — peut être sans ordre écrit du gouvernement — avec résistances.
- Cette translation Maron est représentée par le figure 4, que j’ai déjà fait insérer dans le Journal télégraphique, vol. 111, p. 399.
- (i) Le sens du courant antagoniste passant par la résistance Wa sur la figure 4 doit naturellement être opposé dans les bobines du translateur T2 à celui du courant télégraphique venant de Li ; le courant de retour prenant naissance par le courant émis dans la ligne L2 actionnerait donc le translateur Ti, si les courants venant de Li et La n’étaient pas de même sens.
- Un courant positif arrivant de passe par le corps du translateur Mlt par l’axe x du levier h> par le contact de repos c, à travers les bobines du translateur M2, et à la terre T. Le levier# du translateur M2 s’applique contre la vis de contact a, ce qui produit la fermeture de la pile de ligne P. Le courant négatif de cette dernière traverse a, h, x, et se rend dans la ligne L2. Mais en même temps il se produit une dérivation par la bobine de résistance R2 et l’électro de M2. Ce courant dérivé, dont le sens est opposé à celui venant de La au poste translateur, ramène rapidement le levier h de M2 vers sa vis de contact supérieure c. Les résistances additionnelles Rt et R2 furent prises égales à une fois et demie celles de et L2.
- En réalité les circuits sont plus compliqués que nous ne venons de l’admettre.
- L’administration télégraphique allemande a cherché à remplacer plus tard la dispositions de Maron par un ressort antagoniste devant ramener plus rapidement encore le levier h\ mais vers 1880 l’administration allemande a substitué aux relais Siemens le relais Hughes, dont la disposition, au point de vue électromagnétique, est tout à fait semblable à celle des électros de l’appareil Hughes ; toutefois les résistances Ri et R2 de la figure 4 étaient jusqu’à 2,5 et 3 fois supérieures à celle de la ligne, dont elles formaient le shunt.
- Le grand relais Hughes fut aussi employé au début comme translateur; mais depuis un temps assez long on lui préfère le montage de Maron (d’après la figure 4), avec emploi d’un courant antagoniste.
- Ces relais, dont les bobines étaient placées l’une derrière l’autre pour les lignes aériennes, étaient alors réglés de façon que les courants télégraphiques produisissent l’arrachementde l’armature, retenue aux vis de contact inférieures par l’action magnétique.
- Actuellement l’administration allemande préfère régler les relais Hughes de façon que les armatures soit appliquées au repos contre les vis de contact supérieures et que les courants télégraphiques produisent l’attraction de l’armature.
- Sur les câbles la tianslation est naturellement rendue plus difficile parles phénomènes de charge et de décharge. Néanmoins, on s’est servi plusieurs fois de la translation sur les câbles français. Ainsi Wünschendorff décrit dans La Lumière Électrique (1888, vol. XXXIJ, p. 274), un translateur de Ram-baud, essayé sur la ligne souterraine Paris-Bor-
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- JOUÉNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ .
- a?
- deaux, d’une longueur de 650 kilomètres; et permettant une transmission rapide soit avec Morse, soit avec Hughes. Mais sur la ligne Londres-Marseille on se servait déjà en 1872, à Paris, du relais de L. d’AvYmco\\rt(Journal télégraphique, vol. Il, p. 85), relais qui fut employé comme translateur à partir de 1884 en France et en Hollande, mais avec la modification que nous devons à Willot.
- E. Zetzsche.
- DÉTAILS DE CONSTRUCTION
- DES MACHINES DYNAMO (»)
- M. KilUngworth Hedges emploie pour les paliers et les commutateurs des dynamos une ma-
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- 3
- Fig. 1 et 2. — Killingworth Hedges (1889). Balais en métalline.
- tière composée d’un mélange de graphite en poudre, de mica et de sucre ou de goudron, que l’on moule en la forme convenable et que l’on chauffe ensuite au four. La proportion de mica augmente avec la densité que l’on désire'; on en emploie moins pour les collecteurs que pour les paliers parce que le mica est mauvais conducteur. L’emploi de cette antifrlction dispenserait de tout graissage.
- La figure 1 indique l’emploi de cette sorte de métalline pour des balais a, cuivrés par galvanoplastie et maintenus avec une certaine élasticité dans des douilles de laiton b. Dans le dispositif représenté par la figure 2, les charbons prismatiques qui constituent le balai sont reliés par une
- (1) La Lumière Electrique, 16 août 1890»
- toile métallique qui en augmente la conductibilité.
- Les figures 4 et 5 représentent l’application de cette matière aux coussinets d’une dynamo alternative. La métalline a est maintenue par un coussinet en fonte c pris dans le palier isolé en d'. Le
- Fig. 3 et 4. — Paliers en métalline.
- courant passe de e en £par la métalline de c, l’axe de la dynamo étant coupé par un isolant en d pour éviter la mise en court circuit par les deux paliers e e'.
- Lorsqu’on emploie cette antifriction comme une bague, on l’entaille de corrugations a (fig. 6) qui cèdent quand on les force dans la douille de cuivrer et empêchent la bague de tourner.
- Les balais a des dynamos de M. Andersen, représentés par les figures 6 à 9 sont disposés et guidés en rr de manière à aborder toujours normalement le collecteur, sur lequel les ressorts/) les appuient en les faisant tourner autour de leurs axes d. Ces axes sont assujettis dans le bâtiee du porte-balais, dont on peut faire varier l’orientation autour de la douille/(fig. 9). Les bras c, auxquels les balais sont fixés par des écrous à pri-
- Fig. 5. — Bague en metalline.
- sonniers n, sont équilibrés autour de d par des masses/) y.
- Les figures 6 et 7 représentent la disposition proposée par M. Andersen pour renverser automatiquement le calage de ses balais à chaque changement de marche d’un électromoteur réversible. Le porte-balai e est, à cet effet, pourvu de deux appendices uu, en fer comme lui, qui se projettent au
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- droit des pôles de l’inducteur et sont enroulés en I des inducteurs aboutit aux bornes z>t>, et celui de opposition par un fi), w relié aux balais. Le circuit I l’armature en Le passage du courant moteur
- Fig. 6 et 7.—Anderson (1889). Balais à changement de marche automatique.
- Fig. 8 et 9. — Andersen. Détail des balais.
- en fait osciller le porte-balai nue tantôt 1 du courant, entre des limites fixées par la butée des
- dansun sens, tantôt dans l’autre, suivant la direction j axes dd sur/, de sorte que le calage des balais se
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- renverse automatiquement avec la marche du moteur.
- Le régulateur de M. Houghton consiste (fig. io) en un solénoïde A, parcouru par le courant à régulariser, et qui introduit ou retranche des résistances E au circuit extérieur suivant que son armature B fait monter ou descendre le plon-
- Fig. 10. — Régulateur Houghton 1,1889). •
- geur d’ébonite C dans le mercure D. La sensibilité de l’appareil est déterrr inée par le ressort G.
- Le fonctionnement du régulateur Currie, représenté par la figure n est facile à saisir. Son organe principal est une bobine à deux enroulements : un fin, Dlt relié au circuit inducteur de la dynamo en dérivation D, et l’autre C, à gros fil, relié au circuit extérieur WW de l’armature et d’un accumulateur B. Ces bobines entourent un aimant permanent P, séparé de l'armature A, mo-
- bile autour de l’axe e par une feuille isolante. Lorsqu’il ne passe pas de courant dans la bobine D
- ,42 46
- Fig. 12, 13 et 14.— Régulateur Biadfoid (1889). Vue de face vue de côté et détail du rochet.
- l’aimant P attire A, qui soulève F etjompt en f2f3 le circuit W.
- Dès que la force électromotrice de la dynamo dépasse celle de l’accumulateur B, l’action de l’enroulement Dx développe en A une polarité de
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- même nora que. celle de P, qui repousse alors A et ferme le circuit pour une force électromotrice réglée par la position du contre poids G; puis l'action de Q s’ajoute à celle de Dj pour maintenir cette fermeture. Dès, au contraire, que la force électrombtrice de la dynamo tombe à celle de l’accumulateur,, le courant, presque nul en C et trop faible en Dj pour vaincre l'attraction de P sur A laisse F irompre de nouveau le circuit W W. Le même effet se produit par l’antagonisme des bobines C et Da aussitôt que la force électromotrice de B l’emporte sur celle de la dynamo.
- L'enroulement fin D doit juste suffire pour
- plonger légèrement la fourche F dans ses godets à mercure ; c’est I’enroulem.ent Ç qui achève, à nje-sure, que le courant augmente, de plonger la fourche dans le mercure en étendant ses contacts.. La fermeture du circuit est donc graduelle : il en est de même de sa rupture, ce qui évite les étincelles. On remarquera en outre que la polarité de P, qui ne change jamais, est presque toujours entretenue par l’infiuence des bobines C et D! : on évite, en utilisant la répulsion des courants au lieu de leur attraction, les renversements fréquents de polarité.
- Le fonctionnement du régulateur de M. J, M.
- *-------------h|i|i|i|i|i|i|i|i?|i|i|i|i|i|i|i|i!iM-^
- Fig. n. — Régulateur Cutrie (1889).
- Bradjord, représenté par les figures 12 à 14, est le suivant.
- Un arbre 2, mu par la dynamo, fait osciller au moyen d’un excentrique 6, à cadre 29, les cliquets 30 30 de chaque côté de la roue 16 dont l’axe 4 porte l’aiguille 18 d’un rhéostat circulaire (fig. 12). En temps ordinaire, les ressorts 31 écartent les cliquets de la roue 16, qui ne tourne pas; mais.elle .tourne dans un sens ou dans l’autre suivant que i’un ou l’autre des électros 15 attire son armature, et met ainsi le rochet correspondant en priée avec la roue 16.
- Ces attractions se produisent toutes les fois que l’électrô régulateur 25, monté sur le circuit à régulariser, laisse, suivant que l’intensité du courant y augmente ou y baisse, son armature42 fermer le
- circuit local régulateur sur la borne 45 ou sur le contact 46. Dès que le courant est ainsi ramené à sa valeur normale, l’arbre 4 s’arrête et le frottement du bras du rhéostat le maintient dans la position correspondante jusqu’à la nouvelle variation du courant.
- On peut augmenter presque indéfiniment la sensibilité de cet appareil ou la continuité de spn action en multipliant le nombre des appareils (16 30) groupés sur un même arbre 4. En figure 14, ces appareils sont au nombre de deux en A. Chacun de ces appareils peut aussi actionner un rhéostat distinct ou déplacer les balais de la dynamo génératrice; enfin, on peut disposer le régulateur à distance de la dynamo, en le faisant actionner non plus par une poulie, mais par un petit
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- .électromoteur relié au circuit local,-et tournant .seulement quand il est fermé par l’électro 25.
- Le régulateur représenté par la figure 15 agit par les variations de longueur du fil 50, plus ou moins échauffé parle passage d’une partie du courant à régulariser, et qui, suivant qu’il s’allonge ou se contracte, ferme par l’aiguille 42 un circuit local 52 sur l’un ou l’autre des électros 54, dont l’armature n lâche aussitôt la palette t du mouvement d’horlogerie correspondant. La roue^>, qui se met ainsi à tourner, commence par rompre en s le circuit local, de sorte que n, rappelé par un ressort, l’arrête après un quart de tour. En cet état, s' ferme en m le circuit des électros 15 du régulateur ! précédant (fig. 14) jusqu’à ce que le fil 50 ayant irepris sa température normale son aiguille 42 pose sur la borne/.
- Dans cette position le courant passe dans l’élec-tro y, qui soulève son armature de manière à laisser la roue p faire un nouveau quart de tour et rompre ainsi le circuit régulateur en m. Le princi-1 pal avantage que présente l’emploi d’un fil 50 au lieu du levier 42 du précédent appareil est d’éviter Iles étincelles des contacts 45-46 et d’être insensible aux trépidations. Les roues p sont mues par des pignons 59, entrafhés à frottement par un moteur quelconque.
- Les appareils de M. A.-H. Howard représentés •par les figures 16 à 32 ont pour objet de relier successivement à leur génératrice, et dans un ordre déterminé, des accumulateurs de son circuit pendant le temps nécessaire à leur changement, de manière que ce chargement se fasse automatiquement aux postes locaux desservis par les accumulateurs et sans troubler le fonctionnement général du circuit.,
- M. Howard emploie à cet effet deux espèces de commutateurs, l’un à la station centrale où est la dynamo et les autres à chacun des postes d’accumulateurs.
- Le commutateur central est représenté par les figures 16 et 17. Chacun de ses trois bras a, av a2 est relié respectivement par les coupes de mercure b, bu b2 aux bornes positives et négativesde la dynamo (bb), à la ligne B et à la résistance Bx ; ces bras reçoivent du levier A3 un mouvement d’oscillation qui leur fait relier la dynamo tantôt à la ligne B, tantôt à la résistance B,.
- A la suite d’une de ces oscillations, le commutateur est maintenu malgré son poids dans la posi-
- tion correspondant à la dérivation de la dynamo sur la résistance B par l’enclenchement avec A4 d’un verrou /, que manœuvre le solénoïde F dérivé (fig.. 1) sur la ligne B par une résistance et par les contacts à mercure /2 /3, et qui reçoit alors
- : 54
- Fig. 15. — Bradford. Régulateur électrique.
- comme nous le verrons, le courant des accumula--teurs. i
- Un mécanisme facile à concevoir, mu en G par la dynamo, fait à des intervalles réguliers basculer par D A3 le commutateur central selon les exigences de la distribution, et pourvu que l’enclenchement A4 le permette.
- L’un des commutateurs locaux E (fig. 18 et 19): est représenté, en détail par les figures 20 à 23..
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- Fig. 16 et 17. — Howard (1889). Commutateur central.
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- Fig. ï8Jet 19. — Howard. Ensemble du circuit.
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- On le suppose disposé pour desservir quatre batteries d'accumulateurs A B C D (fig. 24 à 31)-Enfin, en 32, D est relié à la ligne B, par les lames 1 1 : le courant envoyé par D dans la ligne a alors pour effet d’activer le solénoïde F (fig. 19) qui attire le verrou / et laisse le commutateur central basculer par son propre poids de manière à remettre la dynamo en communication avec la ligne : le courant de la dynamo chargera alors D jusqu’à ce qu’il soit interrompu au bout du temps
- fixé par le mécanisme D2 du commutateur central. L’interruption de ce courant déterminera de nouveau la chute du poids w3 et une nouvelle rotation d'un quart de tour au commutateur local, pendant laquelle D prendra, dans la permutation des accumulateurs, la place de A, et ainsi de suite, de manière à en fermer le cycle à chaque tour du commutateur local.
- L’axe 1 de ce commutateur porte deux anneaux lj 12 à quatre segments (1, 2, 3, 4) ( 1 *, 2* 3*/4*)
- Fig. 20 à 23. — Howard. Commutateur local.
- frottés par des balais reliés aux pôles extrêmes de la batterie constituée par les quatre accumulateurs. La lame 2* est reliée à la lame 3 et 3* à 4.
- Les lames 1, l*sont reliées par les anneaux K K* à la ligne B, et les lames (2, 3, 4) 2*, 3*, 4*) le sont par LL* au circuit des lampes alimentées par les accumulateurs.
- L’axe 1 porte à son extrémité un rochet mu par un cliquet m', que commande un axent, solidaire de l’armature M d’un solénoïde relié à la ligne. Tant que le courant de la dynamo traverse la ligne B, le solénoïde attire et maintient son armature malgré le contrepoids m3; dès qu’il est dérivé par
- le commutateur central sur la résistance B,, le poids m3 remonte l'armature et le cliquet fait tourner d’un quart de tour l’axe du commutateur local. —
- Les diagrammes (fig. 24 à 32 ) correspondant à une rotation d’un quart de tour du commutateur local indiquent comment ces rotations successives
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- dèsservent en ordre régulier les quatre accumulateurs. En figure 24, A, coupé du circuit des lampes, est relié à la lampe par le contact de ses balais avec les lames 1, 1* des anneaux i4, i3. Les accu-
- mulateurs B C D restent dans le circuit des lampes par le contact de leurs balais avec les lames; (2, 3, 4) (2*, f, 4*).
- Après une faible rotation (fig. 25), A est
- coupé^du circuit de la dynamo, sans rien changer aux liaisons des accumulateurs B C D. En figure 26 A est relié en parallèle avec B. En 27, B est coupé des lampes parée que ses balais ont passé des.
- lames 2, 2* sur les segments (isolés de leurs anneaux. En 28, B se trouve relié en quantité avec C. En 29, l’accumulateur C est coupé des lampes parce que ses balais ont quitté les.larries 3, 3*; én
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- 3oil*est relié à D qui se trouve ensuite à son tour coupé des lampes en figure 31.
- Les figures 32 à39 représentent les modifications récemment apportées par la maison Siemens et Halshe au type de dynamos alternatives de 1881 (4) avec bobines à noyaux en bois, bien connu de nos lecteurs.
- Les bobines de cette machine sont ici remplacées par des enroulements constitués au moyen de barres en cuivre telles que k r h c (fig. 36), dont les parties radiales^ sont reliées en zig-zag par des ,arcs de cercles indiqués en pointillé sur le dia-
- gramme figure 32. Chacun de ces groupes de barres occupe toute la circonférence de l’armature; les parties radiales, qui coupent à angle droit les lignes de force du champ inducteur, sont seules actives, et la superposition des barres radiales des différents groupes constitue ainsi, de chaque côté des inducteurs, une surface active très énergique et de faible épaisseur: l’épaisseur d’une barre.
- Le diagramme (fig.32433) suppose une dynamo à dix pôles avec huit groupes de barres ou bobines sur l'armature. L’écartement des barres
- Fig. 30 à 32. — Howard. Diagramme d’un quart de tour du commutateur local.
- radiales est égal à celui des pôles. Chaque bobine lou groupe porte donc 10 parties radiales, dont une ^première double pour le raccord avec la bobine suivante, comme en N. De plus, ces bobinés occupent chacune, par leur étalement, une position différente par rapport aux pôles inducteurs, ainsi que l’indique le diagramme (ûg. 33) où l’on a figuré les positions respectives des orignes des bobines 1 34 1 ' à 4' au moment où les origines 1 et 1', diamétralement opposées, passent au droit des pôles N et S correspondants.
- La figure 34 représente les positions des barres radiales seules autour de l’armature. Les intervalles entre les origines de deux bobines consécutives, égaux aux 8/10 de l’écartement des pôles,
- (!) Brevet anglais, 1447, 1" avril 1881.
- comprennent chacun huit barres radiales équidistantes.
- La liaison des bobines entre elles est représentée clairement par le schéma (fig. 35) qui en figure le développement. Les barres radiales des deux bobines se suivent entre les dix intervalles 1 à X des pôles inducteurs : l’origine de la bobine 1 dans l’intervalle II et celui de la bobine 2 dans l’interpôle 11, etc.., la fin de la bobine 1 étant reliée à l’origine de la bobine 2 etc., et la fin de la bobine 4', dans l’interpôle IX, rejoignant l’origine de la bobine 1.
- Le commutateur a, comme dans la dynamo
- de 1881, n -f- 1 j lames: n étant le nombre des
- bobines inductrices, n + 2 celui des bobines induites: au cas actuel 40 lames.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Fig. 31 à 35. — Siemens et Halske. Dynamo alternative, schéma de l’armature.
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- Fig. 36 et 37. — Siemens et Halske. Dynamo alternative simple. Fig 38. — Siemens et Halske. Dynamo double.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÊLECTRICITE *
- 127
- Les bala's, diamétralement opposés, sont au nombre de deux. Le courant change de direction dans chaque bobine dix fois par tour; chaque bobine a 5 de ses barres radiales reliées chacune à une lame du collecteur, avec, entre deux de cha-
- cune de ces barres actives, une barre, aussi active, et deux raccords circulaires inactifs. Comme précédemment en figure 35, chaque bobine est représentée par un tracé en zig-zag de 11 barres radiales (verticales sur le schéma), dont la 1 Ie est, ainsi que
- Fig. 40 et 41. — Armature à barres Atkinson.
- la liaison circulaire correspondante, figurée en traits pointillés, et dans des plans différents.
- On peut varier beaucoup la connexion de ces bobines : relier par exemple, comme on l’a indiqué en traits mixtes —. — . — . — l’origine de la bobine 4 à la fin du 9e barreau de la bobine 3, en supprimant les barres 10 et 11 de chaque bobine; dans ce cas, la résistance des arcs inactifs est plus grande que celle des barres actives.
- Enfin, on peut, au lieu d’un seul système de huit bobines, en superposer plusieurs selon l'écartement des pôles. Si l’on désigne par 1*2*4*, 1*1
- c
- Fig. 39. — Siemens et Halske. Armatureià cadre.
- 2\ 4\ les bobines d’un second système de ce genre, les barreaux de 1* seront situés entre ceux des bobines 1 et 2 du premier système ; l’extrémité de la bobine 41 (dans l'interpole IX) sera relié au commencement de la bobine 1*, et son extrémité au commencement de la bobine 1, située, comme 1*, dans l’interpole 1,
- Dans le type représenté par la figure 36, où l’on a omis les arcs des barreaux h r h c, il n’y a qu’une seule rangée de bobines inductrices N S, tandis que le type (fig. 38) en comporte deux à pôles opposés alternativement et de chaque côté de r. Les barres c : une pour chaque paire d’élément h, r k, constituent le collecteur dont les balais sont attachés au disque C.
- On peut enfin, comme l’indique la figure 39, remplacer les bobines inductrices extérieures de la figure 36 par des enroulements de fil de fer e autour de r, ou par des barreaux r en fer au lieu de cuivre.
- Le collecteur de l’armature à barres de M. Athin-
- Fig. 42. — Armature à barres Atkinson.
- son représentée parles figures40et 41 a ses lames E reliées à une série de pièces radiales F A B, auxquelles sontsoudées les lames de ressort C C, aboutissant aux barres diamétralement opposées du tambour. Les lames B A et les ressorts C sont isolés par du mica. Les barres de l’armalure sont à chaque extrémité reliées alternativement à une pièce A, puis à un ressort C.
- On peut aussi, comme l’indique la figure 42,
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- simplifier la construction en mettant B dans le prolongement des lames E du collecteur, ce qui permet de supprimer les raccords F.
- Gustave Richard.
- (A suivre.)
- sur l’utilisation industrielle
- DES
- COURANTS CONTINUS DE HAUTE TENSION
- Les installations de la Société pour la transmission de la jorce par Vélectricité (U-
- Les difficultés relatives au réglage et à l’interruption des courants de hautetension ne sont pas moins sérieuses que celles qui tiennent à l’isolation.
- Nous avons dit que la coupure brusque d’un courant fait naître des effets de self-induction et engendre des surélévations de potentiel éminemment dangereuses pour les machines. Une telle manœuvre doit donc être absolument proscrite. Mais nous ajouterons qu’elle est à peu près irréalisable, et d’ailleurs dangereuse.
- Lorsqu’on sépare deux portions de conducteur à ce s hauts potentiels, si on ne réussit pas à mettre très rapidement entre les parties que l’on éloigne l’une de l’autre une grande distance, il se forme à leur disjonction un arc voltaïque qui s’allonge à mesure qu’on s’écarte, et qui peut atteindre des longueurs très grandes, 20 à 30 centimètres, par exemple. Le phénomène est alors très effrayant d’aspect et d’ailleurs très destructeur; cet arc excessivement long met le feu à tout ce quj l’avoisine ; en même temps il maintient le circuit fermé, et quelquefois il le ferme dans des conditions mauvaises.
- De pareils arcs se produisent très souvent lorsqu’on essaie de faire usage de commutateurs où la pièce mobile frotte sur une plaque isolante; il se forme alors des traînées de matières conductrices qui facilitent le passage du courant.
- S’il s’agit avec un tel appareil de faire passer le courant d’un circuit sur un autre, il peut arriver que l’arc se forme entre les deux circuits et les réunisse sans résistance, en sorte qu’une ma-
- chine en marche peut se trouver inopinément fermée sur elle-même, mise en court circuit et brûlée avant qu’on puisse parvenir à éteindre l'arc ainsi formé.
- En réalité on ne doit pas et on ne peut pas rompre les courants de haute tension lorsqu’ils ont une intensité notable; il faut absolument annuler graduellement cette intensité ou au moins la réduire à une valeur très faible avant d’ouvrir le circuit.
- Dans certaines installations de transport de force à l’aide des courants de haute tension cette difficulté est évitée ou plutôt ne se présente pas en raison de la simplicité même de la combinaison. En effet, si le système ne comprend qu’une génératrice et une réceptrice, l’arrêt pourra toujours être produit en cessant de faire marcher la génératrice, ce qui supprime le courant et rend l’ouverture du circuit possible.
- Ce n’est pas à vrai dire une solution du problème, mais il ne se pose pas dans ce cas. Néanmoins, il pourrait y avoir difficulté si un accident survenait; la difficulté sera assez médiocre si l’accident apparaît du côté de la génératrice, puisque son arrêt la supprimera ; mais encore faut-il que cet arrêt puisse être promptement obtenu, ce qui n’a pas toujours lieu, surtout s’il s’agit d’appareils puissants et conduits par des moteurs à grande inertie comme une grosse turbine. D’autre part on pourrait, se trouver fort embarrassé si l’accident se produisait à la réceptrice, le temps nécessaire pour transmettre le signal d’arrêt au poste générateur et le faire exécuter étant généralement plus que suffisant pour que le dégât soit produit.
- Il est vrai que les accidents à la réceptrice sont beaucoup plus rares qu’à la génératiice; en définitive, les installations ainsi disposées se comportent convenablement.
- Seulement, comme je l’ai dit, la difficulté est, ainsi évitée, mais non résolue. Il n’était pas possible de s’en tenir là pour une installation complète. Dès l’époque où M. Marcel Deprez entreprit les expériences de Creil, bien que le système, qui devait d’abord être complexe, eût été après coup réduit à deux machines, une génératrice et une réceptrice seulement, il reconnut la nécessité d’avoir en main le moyen d’interrompre le circuit sans recourir à un arrêt général, nécessairement lent à obtenir à une distance de 56 kilomètres et, avec de puissantes machines en marche.
- Mais il savait bien qu’il était nécessaire, comme
- (.*) La Lumière Electrique, du 4 octobre 1890.
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- nous l’avons dit, d’annuler le courant ou au moins de le réduire progressivement à une valeur très faible avant d’essayer l’ouverture du circuit. De plus l’organe destiné à obtenir cettè réduction devait être placé à la station réceptrice et pouvoir être commandé par elle sans avoir besoin du concours de la station génératrice. On pensa bien à des combinaisons purement électriques. On aurait surexcité la réceptrice de manière à ce que sa force contre-électromotrice équilibrât la force électro-rnotrice du poste générateur; le courant devenait alors nul et on pouvait ouvrir; rmis, outre que cette combinaison présentait quelque aléa, on considéra que l’ouverture pouvait être rendue nécessaire par un accident arrivé à la réceptrice, c’est-à-dire devrait être réalisée juste au moment où on ne pourrait plus disposer de celle-ci. 11 fallait donc un organe indépendant de tous les appareils en action. Il ne restait que l’emploi d’un rhéostat convenable intercalé dans le circuit.
- Seulement les difficultés matérielles étaient sérieuses. On fonctionnait sur un potentiel de 6 à 7000 volts. On voulait réduire le courant à une intensité inférieure à un ampère; il fallait donc constituer une résistance de 6000 ohms environ, dont les premières parties au moins fussent en état de supporter une intensité de 10 à 15 ampères.
- • 11 fallait de plus établir un engin assez robuste pour être employé industriellement, c’est-à-dire traité avec assez peu de précaution.
- 11 fut construit avec du fil de maillechort dont le diamètre, pour la solidité, ne fut pas descendu au-dessous de 2 millimètres. Lalongueuremployée était très considérable, d’autant que les premières parties du rhéostat furent constituées par plusieurs fils en quantité. Ce fil était enroulé sur des planches; afin d’égaliser la température et d’empêcher la ruptur.e par suite d’un échauffement exagéré en un point on plongea ces planches dans des bacs en bois qui furent remplis d'huile lourde de pétrole. Un nombre suffisant de ces bacs forma le rhéostat. Cnacun d’eux avait une longueur de 1,20 mètre, une largeur de 0,60 mètre et une hauteur de 1,20 mètre environ. Si nos souvenirs sont fidèles il en fallut s&. Des prises de courant furent établies en des points convenables et conduites à un commutateur.
- On voit sans qu’il soit utile d’y insister l’encombrement extrême d’un pareil engin, on en es-
- timera facilement le haut prix. J’ajouterai que malgré le soin avec lequel il avait été construit, il ne fut pas exempt de défauts, mais je signalerai surtout le suivant. S’il n’est pas possible de rompre le circuit sur un courant de haute tension, c’est-à-dire de passer brusquement d’un circuit ayant une résistance déterminée à un circuit de résistance infinie, il n’est pas commode non plus de faire passer brusquement le circuit d’une résistance à une autre. Les sauts d’intensité, les secousses d’énergie ainsi produits donnent lieu à des inconvénients divers : surélévation de potentiel dans le système, étincelles et arcs voltaïques au point où s’opère le changement.
- On avait subdivisé ce rhéostat métallique en uni nombre de parties, aussi grand qu’on avait pu en prendre sans compliquer trop le commutateur. Malgré cela, chaque fois qu’on faisait usage de celui-ci, il s’en élevait une couronne de flammes accompagnée de bruits vraiment inquiétants; ce n’était jamais sans appréhension et seulement sous la pression d’une urgente nécessité qu’on faisait usage de ce malheureux et cependanl indispensable appareil.
- Cette solution, telle quelle, suffit pendant les expériences de Creil-Paris ; mais il était évident que pour un service industriel il fallait trouver mieux. 11 fallait une résistance formée avec des matériaux bon marché, d’un volume maniable, et surtout susceptible de varier par degrés extrêmement petits. Le problème n’était pas aisé. 11 se posa impérieusement lorsque, la Société pour la transmission de la force étant fondée, on eut à étudier les types définitifs des machines à haute tension. M. Marcel DepreZ le résolut de la façon la plus heureuse en choisissant pour corps résistant un liquide.
- Sans doute on avait déjà fait usage de liquides comme résistance interposée sur un courant; en laboratoire, lorsqu’on voulait sous un petit volume une résistance peu déterminée, mais grande, on la formait quelquefois au moyen d’un tube rempli d’eau distillée rendue plus ou moins conductrice en y faisant dissoudre des sels métalliques en proportion convenable. D’autre part, dans des essais de machines pour absorber un courant d’assez grande intensité, il n’était pas rare qu’on plaçât sur le circuit une cuve pleine d’eau tenant en solution du sulfate de cuivre. De ces expériences rudimentaires il fallait, par une combinaison convenable, faire sortir un résultat nciu-
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- veau, avoir un appareil simple, durable, pouvant rester indéfiniment en circuit, et en même temps réglable et maniable à volonté.
- Quelques études amenèrent à ce résultat. On chercha d’abord par des expériences directes à évaluer approximativement la conductibilité de l’eau plus ou moins chargée de sels. On sait que ces recherches sont délicates: on ne les poussa pas très loin; on se contenta de reconnaître que la conductibilité croît très vite avec la ricnesse de la solution, et que pour avoir des compositions convenablement résistantes il fallait les prendre très peu chargées. On chercha d’autre part à trouver pour les électrodes une matière résistant au courant, et on dut reconnaître qu’en dehors des métaux d’un prix très élevé, tel que le platine, il n’y en a pas. Les métaux oxydables sont hors de la question ; on essaya les matières conductrices telles que le charbon à lumièré, les agglomérés; il devint visible qu’aucune ne résiste à l’action prolongée du courant au contact du liquide; il y a désagrégation plus ou moins rapide.
- On se détermina alors par des considérations de simplicité et de bon marché. L’appareil étant destiné à fonctionner comme régulateur, il devait pouvoir rester indéfiniment dans le courant; dès lors il faut évidemment renouveler le liquide, qui s’échauffe rapidement et se décompose. Mais pour établir ainsi une circulation continue, tout liquide composé amène des complications pour la reprise, le refroidissement, etc. ; M. Marcel Deprez adopta l’eau telle qu’on la trouve d’ordinaire, les quantités de sels divers qu’elle contient suffisant à la rendre apte à laisser passer le courant tout en conservant une résistance sérieuse.
- J’ajouterai que la conductibilité des eaux courantes ainsi prises telle qu’elles se rencontrent, varie d’une façon très appréciable. A Creil nous nous servions des eaux de l’Oise; à Saint-Ouen l’eau de Seine se montra sensiblement plus conductrice, et on dut pour obtenir les mêmes résistances écarter davantage les électrodes des rhéostats ; à Bourganeuf, au contraire, l’eau de la Maulde, qui est un torrent, fut très résistante en raison de sa pureté; et il fallut rapprocher beaucoup les électrodes pour arriver aux mêmes résultats.
- vPour ces électrodes, ayant reconnu que rien ne résistait au courant, on accepta franchement leur usure; on les établit en lames de tôle, faciles à remplacer lorsqu’elles sont détruites.
- La figure i représente la forme donnée à cet
- appareil pour les essais industriels qui suiviren l’expérience de Creil et pour les premières applications.
- Une auge en bois de forme rectangulaire renferme l’eau ; celle-ci peut être amenée par un tuyau et déversée à l’autre bout par un orifice de trop-plein, de manière à former un courant et donner un renouvellement continu. *
- Afin de pouvoir réduire les résistances à un mi-
- nimum, les électrodes fixe A et mobile B ont été formées avec des feuilles de tôle parallèles. Dans la position de plus grand rapprochement, les plaques du peigne B viendront s’intercaler entre celles du peigne A sans les toucher.
- L’électrode B est mobile autour d’un axe auquel elle est rattachée par un manche isolant; c’est simplement une tige de bois. Ce mode de guidage est en somme le plus simple, il est plus commode et moins sujet à inconvénients mécaniques que les glissières, galets, ou tous autres procédés qu’on peut imaginer.
- L’électrode B est du reste contrepesée à l’extrémité de son levier par une masse de fonte, de ma-
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- nière que son mouvement puisse être obtenu avec un petit effort.
- Le système mobile peut être déplacé soit rapidement, soit lentement. A cet effet, le levier et les électrodes sont fous sur l’arbre horizontal qui les supporte.
- Celui-ci présente une roue D calée sur lui, munie de dents; la poignée qui sert à manier le levier est munie d'un verrou-cliquet dont la manette apparaît en C. En saisissant la poignée on serre cette manette ; le verrou qui était engagé dans les dents de la roue D se soulève, l’ensemble devient libre et peut être amené à la position que l’on
- veut ; en quittant alors la poignée on abandonne la manette C, le verrou retombe dans les dents de la roue D et maintient l’électrode dans la position où on l’a placée.
- S’il s’agit maintenant de préciser cette situation en imprimant à l’électrode de très petits mouvements, on agit sur la manivelle E; celle-ci, par une vis sans fin, fait tourner l’axe et avec lui la roue D et l’électrode qui en est solidaire.
- L’efficacité d’un pareil système est remarquable; la manœuvre directe de l’électrode par le levier permet la fermeture graduelle, l’ouverture rapide du circuit absolument à volonté; cette ouverture
- Fig. 2. — Rhéostat à eau, modèle à deux lames.
- si difficile, si dangereuse dans les conditions ordinaires, s’opère sans aucune étincelle.
- Par la manœuvre de la manivelle t on arrive pendant des heures de marche à maintenir l’intensité à la même valeur à un dixième d’àmpère près; en un mot, on est maître absolu de la marche des machines, qu’elles soient génératrices ou réceptrices, sans aucune.difficulté, et sans aucun danger. Une seule condition est nécessaire : c’est que l’appareil lui-même soit bien isolé, et pour cela il y a lieu d’éviter que l’eau qui le remplit se répande autour de lui et le mette à la terre. On le monte sur des pieds isolants F'. Quelquefois on le place dans un auget monté lui-même sur des pieds isolants.
- Dans les installations industrielles qu’à réalisées la Société pour la transmission de la force, l’appa-
- reil n’est pas destiné à remplir le rôle de régulateur, sinon exceptionnellement et pendant de très courtes durées; le réglage est opéré par d’autres moyens ainsi que nous l’expliquerons; la résistance liquide est seulement appelée à permettre la fermeture et l’ouverture des circuits. On a a}ors simplifié l’appareil et on lui a donné la forme représentée figure 2.
- On retrouve l’auge rectangulaire en bois; on l’a doublée d’un revêtement intérieur en gutta-percha afin d’éviter toute fuite et par suite tout défaut d’isolation. Les électrodes A et B sont réduites l’une à trois, l’autre à deux lames en tôle. Une particularité à signaler : lorsque l’électrode B est descendue à fond, une lamelle de cuivre qui y est fixée vient toucher une lame de cuivre formant ressort qui est fixée à l’électrode A. Il y a alors
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- contact métallique, le courant ne passe plus à travers le liquide, et celui-ci n’a plus besoin d’être soumis à un renouvellement continu.
- L’électrode mobile B est montée directement sur son axe de rotation, qui est naturellement isolé avec soin. Elle porte, comme dans la figure i, un contrepoids; seulement, dans le premier cas, ce contrepoids équilibre simplement de manière à supprimer l’effort; dans le cas actuel le contrepoids est plus lourd que l’électrode et tend toujours à la soulever, en sorte que si le rhéostat n’est pas maintenu en place, il s’ouvre de lui-même; nous donnerons plus loin le motif de cette disposition.
- 11 résulte de son adoption qu’il faut un certain effort pour mouvoir le rhéostat; afin d’éviter la fatigue dans cette manœuvre, on l’opère au moyen d’un engrenage. L'axe de l’électrode mobile porte un secteur denté G en prise avec un pignon E. Ce dernier peut être conduit par une manivelle C. Pour le mettre en mouvement il faut d’abord .dégager cette manivelle, car celle-ci, dans sa position de repos, est saisie dans les. échancrures d’une pièce D en forme d’étoile ; pour la dégager on pousse en avant la manivelle C, elle devient libre et peut agir sur le pignon E ; lorsqu’on l’abandonne, elle revient de nouveau dans les échancrures de la pièce D et fixe le système au point où on l’a conduit.
- L’ensemble est d’ailleurs, pour plus de précautions, isolé sur des rondelles de verre ou de porcelaine F.
- Cet appareil, de dimensions très restreintes, se place très bien dans un tableau de manœuvre ; il permet parfaitement la mise en marche graduelle d’une machine et se prête, comme on le verra, à prévenir automatiquement les accidents : nous le considérons comme un organe essentiel sans lequel l’usage industriel des courants de haute tension serait fort difficile.
- On le verra d’ailleurs par le rôle important qu’il joue dans les installations d’ensemble qui qous restent à décrire.
- Frank Géraldy
- (A suivre)
- CHRONIQUE ET REVUE
- DH LA PRESSE INDUSTRIELLE
- Appareils électriques pour remonter et remettre
- à l’heure les horloges et pour la transmission
- électrique de l’heure, par M. Pouchard.
- Nous avons publié récemment dans ce recueil (*) une description des appareils employés à la gare de l’Est pour la remise à l’heure des horloges à grande distance par l’intermédiaire des fils télégra-graphiques. Un autre système poursuivant un but analogue a été proposé par M. Pouchard et une description sommaire en a paru il y a quelque temps dans nos colonnes (2).
- Le système de M. Pouchard est actuellement installé à la Compagnie de l’Ouest qui l’a essaye avec succès depuis deux ans. Le point de départ est à la gare Saint-Lazare; une horloge type transmet le réglage à une pendule de la gare Montparnasse et à une pendule de la gare du Mans et conduit en même temps un certain nombre de compteurs.
- Nous croyons donc utile de procéder aujourd’hui à une description détaillée de ce système, description que nous empruntons à une conférence faite par son auteur à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale.
- i° Mécanisme électrique pour remonter et remettre à l’heure les horloges à poids. — Les figures i et 2 permettent de comprendre le système de remontage qui s’effectue au moyen d’un moteur électrique spécial (fig. 3, p. 137).
- La figure 4 représenté le mécanisme de l’horloge type qui sert à transmettre le courant pour la remise à l’heure de l’horloge réceptrice, et la figure 5 représente les organes de remise à l’heure de cette horloge réceptrice.
- Le remontage se fait au moyen d’ün moteur électrique construit de telle sorte que son mouvement de rotation soit indépendant du sens du courant qui le met en marche.
- Ordinairement, pendant le remontage d’une horloge, les rouages distraits temporairement dê l’action du poids moteur s’arrêteraient si l’on ne prenait la précaution de remplacer mômentané-
- (1) Cossmann. La Lumière Electrique, t. XXXVIt, p. 251. (a) Richard. La Lumière Electrique, t.-XXXVI, p. 362.
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- ment l’action du poids par l’action d’un ressort. Dans le remontage automatique des horloges du système de M. Pouchard, on a remplacé l’action du ressort, que l’on ne pouvait employer, par celui d’un train d’engrenage différentiel qui laisse persister sur les rouages l’action même du poids moteur pendant le remontage.
- Ce train différentiel est disposé de la façon suivante (fig. i et 2), La roue de remontage a, folle sur l’axe b, actionne, par l’intermédiaire de la roue à rochet / et de la roue de champ e, le pignon c
- fou sur la branche d; la broche d est goupillée dans l’axe b.
- La roue de champ e’, qui fait Corps avec le tambour k et qui est folle sur l’arbre b, reçoit du pignon c un mouvement inverse de celui de la roue a et peut remonter le poids moteur dont la corde s’enroule sur le tambour k.
- Pendant la marche normale, le poids est etl charge sur la roue motrice a à l’aide du rochet f et du cliquet /"; pendant le remontage, la roue a reste sous l'influence du poids moteur par l’inter-
- Figr-1
- Fig-. 2
- médiaire du pignon e. La force motrice est prise sur le moteur électrique à l’aide de la vis sans fin g (fig. 3); montée surl’axe de ce moteur, cette vis Communique le mouvement au train différentiel ci-dessus par la transmission à vis et engrenages g, i, j et a (fig. 1). Pour remonter les horloges, il faut mettre en mouvement le moteur en reliant ledit moteur à la pile P; le moteur commande alors le train différentiel. Cette liaison est établie au moyen d’un commutateur formé d’une étoile hexagonale Q. en laiton, fixée sur l’axe pp' ; cet axe porte à son extrémité p' un tube d’argent r portant une seconde étoile hexagonale N; chacune de ces étoiles est munie d’un sautoir à ressort, M et R; c’est par le sautoir M de l’étoile N que le courant passe delà borne L, à laquelle aboutit l'un
- des pôles de la pile P, aux balais qq’ : de là il se rend à la borne S, après avoir traversé le moteur.
- Deux ouvertures sont pratiquées dans le tube d’argent r; dans la première passe un ergot u qui permet un déplacement d’un douzième de tour de l’étoile ponctuée Q par rapport à l’étoile L, dessinée en traits pleins; l’autre v met à nu un sixième de la circonférence de la partie isolante sur laquelle vient porter en temps normal l’une des extrémités du balai q.
- Toutes les huit heures un taquet t, qui est fixé au tambour k, vient rencontrer sur sa partie inférieure l’une des branches de l’étoile Q éf la fait tourner ainsi que l’axe pp' d’un sixième tour.
- Dans ce mouvement, le cylindre isolant s se déplace d’un sixième de tour, obligeant ainsi le
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- ba|ai qà porter sur le .tube-d’argent r. L’ergot u bien que se déplaçant d’un sixième de tour, n’en' traîne l’étoile-N que d’un douzième de tour, ;
- fectüé'par l’élasticité du sautoir M et le contact eptre la pile et le balai q s’établit ainsi brusquement ét complètement par le sautoir M. Le courant étant:alors envoyé dans le moteur, le mouvement de-remontage se produit; il s’ensuit que le butoir f r< ncontré l’étoile Q en sens inverse, c’est-
- çause des dimensions de l’ouverture par où passe le taquet u.
- Le second douzième de tour de l’étoile N est ef-
- •FiS’- 5
- à-dire sur la face supérieure d’une dent de l’étoile Q. Dans ce mouvement rétrograde de l’étoile Q, l’ergot u qui se déplace d’un sixième de tour ne fait -qu’un douzième de tour par rapport à son encoche et ramène l’étoile N d’un douzième de tour, pendant que le sautoir M effectue le second dou-
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- zième de tour et oblige ainsi le balai q à porter sur j le cylindre isolant, ce qui interrompt la relation entre la pile et le moteur et ramène tous organes à l’état primitif.
- Pour remettre les horloges à l’heure, l’action a lieu d’une manière indépendante du mécanisme de l’horloge sur la fourchette d’échappement, qui affecte une forme spéciale (fig. 4 et 5).
- L’axe de l’échappement (fig. 5) porte une tige b terminée à sa partie inférieure par la fourchette c, qui a la forme d'une coulisse; cette fourchette est munie d’une encoche d. La fourchette c est liée au balancier a au moyen d’une bielle e mobile autour d’un axe 0, monté sur l’épaulement b du balancier a. Lorsque l’extrémité de la bielle e pénètre dans l’encoche d, ce qui a lieu en marche normale, le mouvement de la fourchette est solidaire de celui du balancier a\ mais lorsque la bielle se trouve dégagée de l’encoche, le mouvement du balancier devient indépendant de celui de la fourchette. Si à ce moment la fourchette est abandonnée à elle-même, étant toujours sous l’action de l’échappement, elle prend un mouvement accéléré ; ce moyen permet ainsi de corriger un retard. Si, au contraire, la fourchette c est arrêtée, le balancier continue seul son mouvement oscillatoire, l’horloge est alors arrêtée et l’avance qu’elle a pu prendre peut ainsi être corrigée en ne la laissant partir qu’à l’heure juste.
- Pour dégager la bielle e de l’encoche d, on a disposé au-dessous de la fourchette e et en avant du balancier a des leviers t et t' actionnés par les palettes en fer doux u et x de deux électro-aimants l et m. Lorsque le courant passe dans l’élec-tro-aimant m, le levier V se soulève et déclenche la bielle*? de l’encoche ; par suite le mouvement de la fourchette s’accélère. Si, au contraire, le courant passe dans l’électro-aimant /’, c’est le levier t qui est soulevé. Ce levier t porte un taquet g sur lequel repose le levier t'; celui-ci est donc soulevé par ce mouvement, comme le levier t, et il est muni d’une lame flexible s qui peuts'apDuyer sur le dessous de la fourchette c: le soulèvement du levier t force le levier t' à déclencher la fourchette, qui est aussitôt arrêtée par la lame flexible s, tandis que le balancier a continue seul sa marche.
- Pour obtenir automatiquement la remise à l’heure, on fait usage d’une horloge type (fig. 4) reliée à une pile Q et en communication avec les autres horloges par un fil spécial ou par la ligne téiégraphique. Chaque jour à heure fixe, pendant
- un temps qui varie avec les écartsà corriger, cette horloge coupe la ligne télégraphique qui dessert chaque poste muni d’horloges au profit des appareils de remise à l’heure et permet d’envoyer le courant de la ligne dans les électro-aimants / et m. Sur la cage de l’horloge sont suspendus et calés, sur l’axe 0', un levier y et une détente Le levier y porle à une certaine distance de l’axe o' un talon w qui peut se loger dans une encoche / pratiquée sur la périphérie d’un disque f qui fait un tour en 24 heures. La détente^ est pressée par un ressort g' sur une came r munie de crans échelonnés r'; cette came est fixée sur la roue des heures. Une fois toutes les 24 heures le talon wse trouve en regard de l’encoche / et permet ainsi à la détente £ de descendre sur les échelons r' de la came r; ces échelons correspondent à la 58e, 59a et 6o° minutes de l’heure.
- Pendant la marche normale, le doigt en argent q, relié au levier y par une lame flexible, établit le contact entre la table v fixée à la borne p à laquelle aboutit le fil de la ligne H des appareils de remise à l’heure et la touche 3 reliée aux appareils télégraphiques L par la borne n à laquelle elle est fixée. De cette façon les horloges sont placées dans le circuit de la ligne télégraphique.
- Au moment de la remise à l’heure, le doigt q, fixé à la base du levier y, reproduit en l’amplifiant le mouvement que prend le talon de la détente il se meut de droite à gauche produisant les effets suivants :
- i° A la 58e minute il quitte la touche 3 de l’appareil télégraohique relié à la borne n et détache ainsi les appareils télégraphiques de la ligne H.
- 2° A 58 minutes 43 secondes, il établit le contact entre la table v et la touche 4. Les organes de remise à l’heure se trouvent alors dans le circuit jusqu’à la 60e minute.
- 3° Après cette dernière minute, la came r a rétabli la communication du poste avec la ligne télégraphique.
- Les horloges ordinaires (fig. 5) sont disposées de la même manière que l’horloge type; seulement ces horloges sont munies de trois touches au lieu de deux.
- La touche 3 communique par la borne n avec les appareils télégraphiques du poste.
- La touche 2 communique par la borne k avec l’électro-aimant m.
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- La touche i communique par la borne h! avec l’électro-aimant l.
- Le doigt q, en se déplaçant sur la table v, produit tes effets suivants :
- Lorsque l’horloge à régler arrive à 58 minutes, le doigt q abandonne la touche 3, détache les horloges de la ligne des appareils télégraphiques et se trouvant en regard de la touche 2 met la bobine m dans le circuit; la fourchette c est alors déclenchée et prend un mouvement accéléré. A
- 59 minutes le doigt q se trouve dans le vide entre 2 et 1 ; le courant est alors interrompu. A 60 minutes le doigt q établit le contact entre la table v et la touche 1 ; le courant passe alors dans la bobine /, la fourchette c est arrêtée et le balancier a continue seul son mouvement.
- Si l’horloge est en avance d’une minute, par exemple, l’horloge type, en envoyant un courant par la ligne à 58 minutes 45 secondes dans les organes de remise à l’heure de l’horloge, rencontre celle-ci à 59 minutes 45 secondes, c’est-à-dire au moment où le doigt q rencontre la touche 1. Le courant de la ligne passe alors de la table v dans l’électro-aimant /, qui arrête la fourchette e jusqu’au moment où l’horloge type est à
- 60 minutes; à cet instant, le courant cessant de passer, le balancier a saisit de nouveau la fourchette c et tous les organes se remettent en place : l’horloge est remise à l’heure.
- Au contraire, si le régulateur est en retard d’une minute et se trouve à 58 minutes, l’horloge type marquera 59 minutes. Le courant étant disponible depuis 58 minutes 50 secondes, il passera par la bobine m, la fourchette c sera alors déclenchée; comme la fourchette c oscille quatre fois plus vite que le balancier a, elle pourra faire 240 oscillations pendant que le balancier a n’en fera que 60 et pourra ainsi rattraper un retard de 3 minutes en 60 secondes. Dès que le retard sera rattrapé, le courant cessera de passer dans la bobine m et la fourchette c sera de nouveau saisie par le balancier a et reprendra sa marche normale.
- 20 Transmission de l’heure et remise à l’heure. — Les figures 1' à 4' indiquent le mécanisme de l’horloge type établissant et interrompant le courant à la transmission de l’heure à l’horloge réceptrice; les figures i' et 2' présentent les organes de cette horloge. Le courant de transmission, avant de parvenir à l’horloge réceptrice, traverse (fig. 3') un appareil portant un commutateur avec une touche Servant spécialement à la remise à l’heure; ces
- pièces peuvent, comme l’indique le dessin, être jointes à un appareil quelconque setvant à d’autres transmissions électriques et auquel les piles se trouvent reliées.
- „Ce système de transmission de l’heure par l’électricité est basé sur l’émission de courants à des intervalles réguliers par une horloge type.
- Le passage et la rupture du courant sont déterminés par un contact doublé à pression et à frottement qui a pour but d’assurer aussi parfaitement que possible le passage du courant.
- Le courant émis chaque minute par le régulateur type passe dans un électro-aimant A (fig. i'); celui-ci attire la palette de fer doux B mobile autour de l’axe G. Lorsque le courant cesse de passer, le contrepoids g et le poids du cliquet F, qui agissent sur la palette par le renvoi à équerre G H K, mobile autour du point O, éloignent cette dernière des armatures D et E. Le mouvement du cliquet F par rapport à l’articulation L est tel qu’il agit sur le rochet R sans l’intervention d’aucun ressort.
- Le mouvement descendant du cliquet est limité par le butoir-ressort M, son mouvement ascendant par la rencontre de la palette B avec les armatures D et E.
- Le contre-cliquet P monté sur le levier U pivote librement autour de l’axe e; ce cliquet a pour but d’empêcher tout mouvement de recul du rochet R; comme surcroît de précaution le taquet N vient à chaque attraction caler le contre-cliquet.
- La roue à rochet R avance d’une dent, c’est-à-dire d’un soixantième de tour par minute ; elle porte sur son axe l’aiguille des minutes, et une minuterie ordinaire transmet le mouvement, à l’aiguille des heures.
- Les différents compteurs à mettre en marche sont montés en dérivation ou en tension sur le circuit de l’horloge type.
- Malgré toutes les précautions prises pour assurer la marche régulière de cette transmission, il arrive parfois que le fonctionnement défectueux de la pile produit des interruptions anormales du courant, interruptions qui ont pour effet d’avancer ou de retarder de quelques minutes le compteur par rapport à l’horloge type.
- 11 faut pouvoir remédier à cet inconvénient sans qu’il soit nécessaire de remettre à l’heure chaque compteur en particulier, complication fort gênante lorsqu’il s’agit d’une installation de quel-
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- que importance. Dans les systèmes employés jusqu’à ce jour, on se contente de déterminer chaque jour à heure fixe un certain nombre de passages de courant correspondant au retard le plus ordinaire à corriger; si par exemple on compte sur un retard de trois minutes, on fait trois émissions de courant.
- Les compteurs ayant un retard de 3 minutes sont bien alors remis à l'heure, mais ceux qui sont à l’heure prennent une avance de 3 minutes, et ainsi de suite.
- La disposition suivante permet d’obtenir une remise à l’heure rigoureuse dans tous les cas.
- Un aimant en fer à cheval QST, équilibré par un contrepoids V, pivote librement autour d’un axe S.
- Entre les deux branches Q et T de cet aimant se trouve un butoir X en fer doux, monté sur l’armature E de l’électro-aimant; ce butoir X est entouré d’une bague en cuivre m.
- L’armature E, et par suite le butoir, prend, suivant le sens du courant qui passe dans l’électro, un pôle boréal et un pôle austral. Si c’est un pôle boréal, le pôle austral est attiré; si c’est un pôle austral, le pôle boréal de l’aimant est attiré.
- L’aimant porte sur sa branche intérieure T un arrêt y.
- D’autre part le rochet R porte une goupille £ qui, toutes les heures, à 60 minutes, se trouve en face du contre-cliquet P.
- Tant que la branche T touche le butoir X, l’arrêt^ laisse passer librement la goupille et le rochet R peut librement continuer sa marche.
- Si au contraire l’on inverse le courant au moyen du commutateur I (fig. 3'), c’est la branche Q de l’aimant qui vient toucher le butoir X : l’arrêt de l’aimant viendra alors rencontrer la goupille du rochet, et ceci maintiendra la roue sur la minute de l’heure jusqu’à ce que l’aimant revienne à sa position primitive, ce qui a lieu en remettant le commutateur dans sa première position.
- Pour opérer la remise à l’heure, on procède de la façon suivante :
- En marche normale, le sens du courant est tel que la branche T de l’aimant vient toucher le bu-tojr X pour que le rochet R ne soit pas arrêté dans sa marche,
- 25 ou 30 minutes avant la remise à l’heure on inverse le courant ; alors la branche Q de l’aimant vient en contact avec le butoir X, ce qui produit l’arrêt du rochet R lorsque l’aiguille est à la 6o°- mi-
- nute de l’heure indiquée; les récepteurs qui seraient en avance seront donc arrêtés, et ils ne se remettront en marche que lorsque la branche T touchera le butoir X.
- Aussitôt que le contact de la 60e minute de l’heure a été fait par l’horloge type, on fait au moyen du bouton J (fig. 3') une série de contacts, 30 ou 40; le nombre n’y fait rien, puisque tous les récepteurs s’arrêteront sur la 6o° minute et ne se remettront en marche que lorsque la branche T touchera le butoir, ce qui devra être fait avant la première minute de l’heure, en remettant le commutateur dans sa position primiti/e.
- Le passage brusque d’une minute à l’autre, effet que produisent généralement les récepteurs électriques ordinaires, désajuste et par suite déséquilibre les aiguilles, ce qui leur donne un mouvement d’oscillation dans leur marche. Pour éviter cet inconvénient, sur l’axe du rochet R est calée une roue d’engrenage ordinaire a, à denture très fine, qui engrène avec un pignon b portant un volant 0, qui modère la vitesse du rouage en agissant sur un pignon à ailettes d.
- On pourrait obtenir le même résultat au moyen d’une vis sms fin; c’est à cette dernière disposition que M. Pouchard s’est arrêté.
- Sur les machines & quatre pôles de la société générale d’électricité de Berlin. „
- Voici quelques renseignements tirés de l'Elehtro-techniscbe Zeitsclmft sur les machines à quatre pôles en dérivation de la Société générale de Berlin (modèle G).
- Ces nouveaux types, qui se construisent pour des puissances variant entre des limites assez étendues, marchent à une vitesse normale moyenne comprise entre les grandes et les faibles vitesses, ainsi qu’il résulte des données suivantes, relatives à la marche normale.
- Macliino Différence de potentiel aux borlos Intensité du courunt Nombre de par minute
- Type G 150 120 150 900
- — 200 120 200 800
- — 300 120 300 700
- — 450 120 450 55°
- — 600 120 600 500
- Relevons dans la construction de l’armature les particularités suivantes. C’est une armature à tam-
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- bour. Elle est constituée par un cylindre creux en fonte fortement fixé sur l’axe ; ce cylindre est muni de trous disposés comme les ailettes d’un ventilateur de telle sorte que la rotation de l’armature produit une ventilation énergique sur les dis-
- ques de fer doux qui constituent lé circuit nia1 gnétique de l’armature. On a rèmédié à la-pénétration des lignes de force dans le noyau de tonte en donnant aux disques de fer doux des dimensions suffisantes pour éviter leur saturation ; en
- Fi.?- >• — Tambour de la dynamo de la Société d’électricité de Berl n.)
- outre le cylindre creux de fonte est coupé par les nombreuses ouvertures de ventilation. Les valeurs du rendement relevées dans le tableau montrent que ces précautions remplissent parfaitement leur but.
- L’enroulement du tambour (fig. i) est constitué par une seule couche de barres de cuivres reliées entre elles et avec le collecteur; cette dernière connexion est faite de telle sorte qu’il existe entre les extrémités des bornes de l’armature et des bases radiales du collecteur un espace d’air suffisant pour assurer un isolement excellent et une ventilation satisfaisante.
- La carcasse entière de la machine, inducteurs, plaques de fondation et paliers, est venue de fonte d’une seule pièce. La Société générale de Berlin n’emploie que la fonte, sauf pour les très petites machines ; elle estime que l’augmentation de prix qui résulte de l’emploi du fer forgé n’est pas compensée par l’augmentation de la puissance spécifique de la machine.
- Une r u ’.re carrcléristique de cette machine 'fig, 2)
- Fig. 2.— Dynamo à' quatre pôles.
- réside dans la présence d’une boîte polaire qui est
- Travail dépensé à la poulie *1 ravaîl do lu maolilno dans le circuit extérieur Perles Rendement
- traction travail dans dans - frottements, ventilation,
- un chovuux tlu régime ‘normal ampères kilowatts chevaux électrique total l'armature en watts tes inducteurs en watts courants du Foucault en clievuux électrique industriel
- >3, > 0,20 . 6g 7,2 9,8 10,8 5> 7:4 2,33 90,5 74
- 20, l 0,33 100 12 16,3 17, 148 7<20 2,59 93,2 8l
- 28,4 0,50 150 18,0 24,4 25,8 31». 730 2,63 94,6 86
- 37 1 0,66 2C0 24,0 32,6 34,4 565 740 2,70 94,7 „ 88 '
- 54,5 I ,00 300 36,0 49,o 5',7 1270 762 2,80 94,7 90
- 65,2 I ,20 360 43,3 58>7 62,3 1834 780 2,92 94,2 90
- formée par un cylindre creux en fonte, de faible r conductibilité magnétique de cette enveloppe étant épaisseur, reliant les pôles des inducteurs; la I très faible, la dérivation magnétique ainsi produite
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- ne provoque pas de perte bien considérable, tandis qu'elle supprime les étincelles du collecteur en diminuant le passage brusque du fil de l’induit de la zone neutre dans la zone active.
- Les dimensions de la machine ont été combinées de manière à ce qu'elle ait un bon rendement non seulement en régime normal, mais aussi en marche forcée relative.
- Malheureusement les dimensions de la machine ne sont pas données ; on s’est borné à quelques indications relatives au rendement, obtenues sur une machine du type G 300 marchant à des régimes différents.
- Des chiffres qui précèdent résultent donc des rendements industriels très élevés : 90 0/0 pour la marche normale. Nous donnons ces résultats sans commentaires. Peut-être sont-ils un peu exagérés.
- Ces machines donnent en moyenne 13.3 watts par kilog, de poids total, y compris le poids des rails de réglage de la poulie motrice, etc. ; enoutre 1 kilog de cuivre de l’armature correspond à 1110 watts, et i kilog de cuivre considéré relativement au poids total correspond à 166 watts.
- A. P.
- Isolant H«yl pour c&hles électriques.
- Cet isolant remplacerait, d’après son inventeur, la gutta-percha : très imprégnant, durable et aucunement corrosif, fusible à 4500 environ et coûtant beaucoup moins cher. La recette est la suivante :
- Prenez une partie d’huile d’olive, deux d’huile de lin et trois d’huile de coton ; mélangez, chauffez I 920 parties de ce mélange à 4000, ajoutez-y 68 partiesde carbonate de chaux, 325 d’acide nitrique et 500 d’eau. (Désignons par (A) le résultat de cette saponification).
- Mélangez ensuite 1 partie de résine et 2 à 3 de baume de Canada (B).
- sEnfin mélangez 300 à 600 parties de (A) avec une de (B) et l’on obtiendra l’isolant cherché.
- Le composé A se cuisine en partie dans un alambic A (fig. 1), chauffé à 400° par un bain de para-fine. On y, maintient à cette température le mé-
- lange des trois huiles jusqu’à ce que l’eau ou les acides qu’elles pourraient renfermer soient partis
- Fig. 1. — Fabrication de l’isolant Heyl (1889).
- en, vapeur par la pompe à vide B, à injection d’eau d.
- Les résines du composé (B) sont aussi débarrassées de leur acides par un chauffage analogue.
- Sonnerie à pile sèche de Hathaway.'
- Ces sonneries indépendantes sont alimentées par une petite pile sèche au chlorure d’argent C
- Fig. 1 et 2. — Sonnerie Hathaway (1890).
- (fig. 1) logée dans un fourneau E du socle de la sonnerie ou dans la poire B (fig. 2) de manière à pouvoir se remplacer facilement.
- G. R.
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- JOURNAL UNIVERSEL & ÉLECTRICITÉ •
- Marteau pilon-électrique.
- Les lecteurs français connaissent certainement le marteau-pilon électrique de M. Marcel Deprez
- Marteau-pilon électrique Van Depoele (1890).
- (décrit dans ce recueil en 1882) et son mode de fonctionnement. L’appareil a été montré dans plusieurs réunions savantes et un modèle nouveau figurait à l’Exposition de 1889.
- En Amérique il est sans doute moins connu,
- puisque dans une publication toute récénte(i7 septembre) YElectrical Engineer de New-York consacre près d’une page à une description du « Van Depoele's electricpower bammer (‘) ».
- Est-il nécessaire d'ajouter que le nom de Van Depoele figure seul dans la description en question? Aussi bien c'est ce qui nous engage à mettre
- Marteau-pilon électrique de M. Marcel Deprez (1882).
- sous les yeux du public les dessins des deux appareils en informant les lecteurs américains que la description de l’instrument a été donnée dans La Lumière Électrique le 25 juillet 1882 (2).
- E. R.
- (') Breveté aux État-Unis sous le n* 436 277.
- (•; La Lumière Electrique, tome VU, page 53.
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- Ma ' LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- - Li’lodoforme électrolytique.
- Une grande maison de produits chimiques de Berlin, la Chemiscber Fabrih auf actien produit, depuis quelque temps de l’iodoforme par l’électro-iyse d’une solution alcoolique d’iodure de potassium, traversée par un courant d’acide carbonique. La Lumière Electrique a déjà décrit le procédé de préparation (1890, t. XXXVI, p. 425).
- Nous avons pu nous procurer un échantillon de cet iodoformequi se présente sous la forme d’une farine composée de petits cristaux jaunes nacrés. Il est d’une pureté parfaite et son prix de revient est avantageux, aussi cette préparation est devenue tout à fait industrielle dans la fabrique allemande que nous citons et c’est ce que nous vou • Ions constater par cette courte note.
- A. R.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Identité de structure entre les éclairs et les
- décharges des machines d’induction, par M. E.
- Trouvelot (')•
- Pendant l’orage qui s'abattit sur Meudon le 8 mai 1890, vers 6 heures 30 du soir, les éclairs, nombreux et très élevés, avaient presque tous une direction horizontale ; plus tard, quand la pluie eut commencé, il s’en produisit de verticaux, allant de la nue à l’horizon. Ces éclairs horizontaux se distinguaient par une forme arborescente bien décidée, dont les nombreuses ramifications allaient, en s’atténuant, se perdre dans la nue. En général, ils se montraient isolément ; mais, entre 6 heures 50 et 7 heures 10 on en vit plusieurs qui apparaissaient deux à la fois, et, venant de directions opposées, marchaient à la rencontre l’un de l’autre. ' .
- Une paire de décharges, qui sous-tendait un angle de plus de 90°, apparut en face de moi, dans des conditions particulièrement favorables pour l’observation. L’âppârition fut simultanée deux points éloignés de la nuée s’allumèrent au même insfànt, et deux masses éblouissantes de
- <9 Comptes rendus, t. CX1, p. 483,
- lumière se précipitèrent l’une vers l’autre en se divisant en nombreuses branches, qui elles-mêmes se subdivisaient en branches plus petites. La rencontre, qui semblait inévitable, n'eut pas lieu cependant.; mais il s’en fallut de bien peu, car un espace de moins de io° séparait l’extrémité des branches opposées.
- Ces éclairs, qui venaient de se développer avec assez de lenteur pour permettre de bien en saisir les formes, furent pour moi une révélation. Ce n’était plus deux éclairs que j’avais scus les yeux, mais deux étincelles électriques absolument semblables, sauf la grandeur, aux étincelles des machines d’induction, qu’une longue étude m’a rendues tellement familières qu’il me suffit d’un coup d’œil pour en reconnaître le caractère.
- Dans ces formes arborescentes, je reconnus avec certitude que celle qui était au nord, sous le vent, et dont les branches étaient sinueuses et ondulées, avait le type caractéristique des décharges du pôle positif des machines d’induction ; tandis que celle qui était au sud, du côté du vent, et dont les brarches zigzaguées subissaient de brusques déviations à angle droit, avait le type des décharges du pôle négatif.
- L’observation me paraît concluante : elle montre que dans certains orages que j’appellerai orages secs les décharges électriques nommées éclairs se conduisent à peu près comme celles de nos machines sur les corps peu conducteurs et ont à peu près la même structure. Quand bien même il resterait des doutes sur les formes caractéristiques que j’ai observées, le fait même que deux éclairs ramifiés s’avancent à la rencontre l’un de l’autre et s'approchent à se toucher presque suffit pour prouver que les électricités qui les avaient provoquées ne pouvaient être que de noms contraires.
- Pendant cette soirée je n’ai pu observer que foit imparfaitement, à cause de sa grande distance, l’éclair fulgurant qui unit la nue à la nue ou la nue à la terre par un trait de feu. Cependant, par analogie, comme par ce que j’ai pu voir depuis, aussi bien que par l’examen de nombreuses, photographies d’éclairs, il ne me paraît pas douteux que ce genre d’éclair soit l’équivalent des décharges des pôles opposés des machines, quand ils se trouvent réunis par une brillante étincelle.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- De ces observations il résulte :
- l° Que l’éclair arborescent électrise la nue en se déchargeant sur elle comme les décharges des machines électrisent la plaque sensible;
- 2° Qu’il peut descendre, monter, aller horizontalement ou obliquement; en un mot, qu’il peut voyager dans toutes les directions ;
- 3° Qu’il varie de forme selon que l’orage est sec ou mouillé, et est plus compliqué dans le premier cas. Enfin, la forme arborescente et compliquée de l’éclair ne se faisant pas sur un plan, mais à des distances variables, explique le bruit caractéristique du tonnerre (’).
- Recherches de thermo-électricité, par MM. Chas-sagny et H. Abraham (s).
- Au cours d’expériences sur la conductibilité calorifique des métaux, nous avons été amenés à reprendre d’une façon systématique l'étude des couples thermo-électriques comme appareils de mesure directe des températures.
- Les expériences que nous avons faites dans ce but se divisent en deux parties :
- i° Comparaison de plusieurs couples formés des mêmes métaux;
- 2° Variation de la force électromotrice d’un couple en fonction des températures des soudures.
- Voici les résultats de la première partie de cette étude :
- Les expériences ont porté sur des couples fer-cuivre, formés chacun d’un fil de fer de 0,3 mm. de diamètre et d’un fil de cuivre de 0,3 mm.
- Lesfils ont toujours été tirés des mêmes bobines, dont la composition était, pour 100 parties : 99,7 de fer pur; 98,7 de cuivre pur. Les soudures ont été faites à l’étain, en évitant toute oxydation des
- (*) Des photographies des. décharges directes de l’électricité de la nue sur la couche sensible pourraient être d'une . grande utilité pour l’étude de la foudre. Nous avons déjà . fait quelques tentatives dans cette voie, mais sans succès, : avec un ballon captif qui avait été gracieusement mis à notre disposition par M. le commandant Renard, que nous : nous sommes liés heureux de pouvoir remercier ici.
- Des expériences de ce ce genre auraient sans doute plus de chances de réussite si elles étaient frites sur les stations ' élevées du globe.
- {*) Comptes rendus, tv 6,'XI, p. 477.
- fils. Elles étaient.engagées dans des masses cylindriques en cuivre rouge d’environ 10 millimètres de longueur sur 5 millimètres de diamètre.
- Les précautions les plus grandes ont été prises pour assurer surtout leur parcours le bon isoleT ment des fils, qui sont recouverts d’une, triple couche de soie et enduits de gomme laque. Au voisinage des soudures, ces.fils passent, en outre* dans des tubes de verre concentriques, à Textrér rhité desquels de petits tubes de caoutchouc ou des montures à vis fixent les masses de cuivre en formant fermeture hermétique. On évite ainsi les dérivations et les actions chimiques que pourraient causer lesbains liquides en contact avec les fils. L’échauffement des soudures se fait alors uni • quement par l’intermédiaire des petites masses de cuivre.
- L’une des soudures est maintenue dans la vapeur d’eau bouillante, l’autre dans la glace râpée, Au reste, l’étuve et l’enceinte à glace sont toutes deux isolées, l’expérience ayant montré que Yiso-lement complet de toutes les parties de l’appareil est la condition nécessaire de la concordance des ré • sultats.
- La méthode de mesure a consisté à opposer à la force électromotrice à mesurer une force électromotrice égale, en employant comme instrument de zéro un galvanomètre Thomson assez, sensible pour apprécier 1/10 000 000 de volt dans une résistance de 100 ohms.
- La force électromotrice d’opposition était obtenue par une double dérivation prise sur le circuit d'un élément Gouy de grandes dimensions, placé dans une cave à température constante et fermé sur une résistance de 10 000 ohms, quatre ou cinq heures avant les expériences.
- Immédiatement avant et après les mesures, qui duraient de une à deux heures, l'élément Gouy, toujours fermé sur 10000 ohms, était comparé à quatre étalons Latimer-Clark, à l’aide d’un électromètre capillaire donnant le 1/10000 de volt. Ces quatie étalons avaient pour valeurs relatives, à 150:
- N° 1............. ............... 6366
- N“ 2........................'.... 6369
- M* 3.• : .....................ù. 6360
- N" 4'................. ••••••• 6359
- L’élément Gouy a été trouvé constant pendant toute la durée des mesures.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Les boîtes de résistance, soigneusement étalonnées et divisées en dixièmes d’ohm, étaient protégées par une enceinte feutrée, et les contacts auxiliaires maintenus par paires à la même température. Nous nous sommes assurés qu’aucune force électromotrice n’existait alors dans le circuit comprenant le galvanomètre, les résistances et les soudures, quand ces dernières étaient à la même t température.
- Nous avons trouvé que les couples, aussitôt après leur fabrication, étaient déjà comparables au 1/500. L’écart qu’ils présentent va d’ailleurs en décroissant et au bout de quelques jours, surtout quand les soudures sont faites avec peu d’étain, cet écart est inférieur à 1/10 000, comme il ressort des nombres suivants, tirés d’une même série d’expériences, où les forces électromotrices sont rapportées à la valeur 1,435 volt admise pour la moyenne des étalons Latimer-Clark :
- A. — Couple datant de 8 jour:.
- B. — Couple datant de 2 mois.
- C. — Couple datant de 3 jours.
- Forces
- électromotrices entre o® et ioo® volt
- 0,0010932 0,0010932 0,0010933 0,0010932 0,0010932 0,0010933 0,0010933 0,0010933 0,0010933 0,0010933 0,0010932 0,0010932
- 11 résulte dès maintenant de ces expériences que ces éléments thermo-électriques sont des instruments très comparables entre eux et qu’à ce titre ils peuvent servir utilement comme étalons de force électromotrice, leur concordance paraissant supérieure à celle des éléments électrochimiques.
- Dans une prochaine communication, nous montrerons leur valeur comme thermomètres de précision entre o° et ioo° (J).
- (i) Travail fait au laboratoire de physique de l’École nor-ma'e supérieure.
- Couples
- Heures h, m.
- A 1 3.5
- ............i 11,13
- B..............| 3'2'
- I 11,27
- .............! ,;:5
- *..............i tl
- B............ !
- i 11,27
- c...............I 4’3'
- i 11,41
- VARIÉTÉS
- INAUGURATION
- DES TRAVAUX DU NIAGARA
- Un grave événement industriel et scientifique s’est passé le 3 octobre dernier en présence d’une grande multitude de spectateurs, dans un village de l’État de New-York, sur la frontière du Canada. On a inauguré à Niagara Falls, par l’enlèvement d’une touffe de gazon, les travaux de la construction du tunnel destiné à l’utilisation de la cataracte voisine. Cette fête, célébrée par une cérémonie semblable à celle que décrivent les Idylles de Théocrite et les Bucoliques de Virgile, marque une grande date dans les conquêtes de la science et de l’industrie modernes.
- En effet, c’est le premier pas dans la réduction en esclavage de la plus puissante source d’énergie mise à la disposition de la race humaine par la nature. Sur tout le globe et dans les profondeurs de la sphère où elle nous a placés, il n’existe pas de trésor plus précieux que celui dont on a commencé l’exploitation au bruit du canon et des sifflets à vapeur. -
- Nous ne reviendrons pas sur les détails relatifs à cet immense déversoir des lacs supérieurs que les lecteurs de La Lumière Électrique connaissent depuis longtemps (Voir la page 14 du tome VL). Nous nous contenterons de leur raconter d’une façon sommaire ce que l’on nous a appris sur la grande entreprise qui est enfin inaugurée, après tant d’hésitation et de tâtonnements.
- On arrivera à dompter ce fleuve impétueux à l’aide d’un immense tunnel, destiné à conduire en aval du pont suspendu, c’est-à-dire derrière les cataractes, des eaux prises en amont, de manière à profiter de toute la hauteur de la cascade, qui est d’environ 55 mètres.
- La saignée que l’on se propose de faire à la chute est relativement insignifiante. La valeur de ses eaux ne sera pas diminuée d’une façon appréciable parce que l’on fera passer sous terre l’équi-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITE
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- valent d’un fleuve comme la Seine dans la traversée de Paris. Mais le respect superstitieux du grandiose spectacle n’existe plus. Désormais l’industrie humaine conspire avec la nature pour diminuer la majesté du coup d’œil, que des Pères Blancs du xvne siècle ont décrits à nos aïeux stupéfiés.
- 11 esl vrai que, par compensation, l’énergie produisant d’inutiles tonnerres et se dissipant sans profit dans des gouffres sans fond donnera naissance à une multitude de résultats industriels. A mesure que la masse d’eau qui tombe des roches diminuera, la civilisation qui se développera dans ces gorges pittoresques leur donnera un autre
- genre d’attrait. Le transpoit de l’électricité fabriquée par les turbines des conduits souterrains répandra la lumière, la chaleur et tous les bienfaits du progrès beaucoup plus loin que le vent n’<* jamais porté le bruit des cascades.
- Le tunnel d’évacuation des eaux, employées dans les turbines sera creusé dans le roc avec une pente de 7 millièmes, et restera toujourr au-dessous du sol à une distance de 30 mètres environ de la surface. 11 formera comme un immense égout dont la section droite sera un rectangle de 28 pieds 1/2 sur 18 (8,56 m. ><5,47 m.) et don le haut se terminera par une voûte cintrée. IJ suivra la direction générale de la rive américaine
- du 3'
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- 1 Chute du Fer-à-Cheval ; 2 Chute américaine; 3 Quais de la ville industrielle ; 4 E nplace,lient de là future ville industrielle; 5 Terrain à bâtir; 6 Réseau de voies ferrées; 7 Débouché du tunnel; 8 Petit tunnel; 9 Rive gauche du Niagara.
- sur une longueur de près de deux kilomètres, à une distance d’environ 120 mètres du rivage, et se prolongera jusqu’à la rencontre du fleuve au:des-sus des cataractes à un kilomètre environ en amont du port Day. 11 passera au-dessous du canal qui existe déjà en cet endroit.
- Cette combinaison est due à M. Evershed, ingénieur de l’État de New-York, qui, malheureusement n’a pas assez vécu pour assisterà l’inauguration d’une œuvre destinée à l’immortaliser, et au plan duquel on n’a pas fait subir de transformations notables.
- La principale modification consiste dans la manière intelligente dont les eaux arriveront dans le
- tunnel chargé de les conduire en aval des cataractes, après qu’elles auront travaillé dans les turbines.
- La partie de la rive américaine située en amont du port Day, jusqu’à la fin du tunnel est réservée à l’établissement d’une ville industrielle. Chaque bloc de cette cité unique dans le monde sera occupé par une usine consommant une force motrice de 500 chevaux fournie par une saignée particulière faite au Niagara.
- Après avoir travaillé, l’eau se rendra dans le canal destiné à son évacuation ; ce canal de décharge particulier sera construit de manière à rester toujours bien au-dessus du niveau des eaux
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- du tunnel, de sorte qu’on pourra y circuler toutes les fois qu’on le bouchera avec une écluse-vanne du côté du Niagara.
- Les dimensions du tunnel sont calculées de manière à pouvoir évacuer les eaux de 250 usines de 500 chevaux chacune, mais les plans ne sont faits que pour 40. On n'utilisera donc que 20,000 chevaux sur les 125,000 que le tunnel donnera.
- Les rues de la ville industrielle auront une largeur suffisante pour qu’on y pose des rails sans nuire à la circulation. Elles seront tracées dans une direction perpendiculaire aux voies ferrées, qui sont figurées dans notre dessin.
- Celles-ci font partie d’un grand réseau de lignes importantes, parmi lesquelles nous citerons le New-York Central, YErié, le H'estshore, le Grand Trunk, Rome, IVatertown et Ogdenbourg, Lebigh-Valley.
- D’un autre côté, les navires de mer montent par le système des canaux du Saint-Laurent jusqu’au Niagara supérieur, qui peut être considéré comme le prolongement du lac Érié..
- La ville industrielle sera donc en communication par rail et par eau avec le monde entier.
- 11 est indispensable de faire remarquer que la chute du Niagara possède un avantage inestimable. Elle coule constamment avec la même abondance, elle n’est jamais gelée, 11e donne jamais lieu à des inondations. Elle a la régularité du mouvement de la terre autour du soleil.
- La Compagnie, dont le président estM. Charles Gnskell et le secrétaire M. Alexandre J. Porter, a été créée au mois de mars 1886, avec un capital d’un million de francs. Son capital a été élevé une première fois à 10 millions et une seconde à 15 millions. Ses actions sont de 500 francs et sa durée est fixée à 50 ans.
- On ne se fait pas généralement une idée exacte de l’excessive difficulté avec laquelle les idées les plus simples se propagent.
- Le secrétaire de la compagnie possède un prospectus rédigé en 1847 par son père, Auguste Porter, et adressé au capitalistes pour réunir les fonds néçessaires à la grande entreprise qui ne devait être exécutée que 53 ans plus tard !
- Les objections sentimentales des conservateurs des eaux et forêts, la crainte de faire grand ont retardé pendant plus d'un demi-siècle l’inauguration d’une œuv.requi marquera certainementdans l’histoire du progrès.
- En effet toutes les nations se piqueront d’émula-
- tion pour ne pas rester en arrière des États-Unis, et pour triompher des obstacles spéciaux dont la Compagnie du Niagara n'a point à se préoccuper.
- Il fallait évidemment la perspective du transport électrique de la force pour triompher de la routine et des craintes de la spéculation à courte vue. On nous écrit que M. Edison est déjà arrivé à Niagara Falls afin de prendre les mesures nécessaires pour pouvoir utiliser à Buffalo une portion de la force motrice recueillie.
- Mais les habitants du village de Niagara Falls s'imaginent que le célèbre électricien n’a pas besoin de se préoccuper d’envoyer à Buffalo la puissance mécanique récoltée à leur portée. Ils supposent en effet que leur modeste village ne tardera point à se changer en une ville immense, qui effacera Buffalo et consommera elle-même toute la force motrice que le tunnel donnera pour commencer.
- Les heureux propriétaires d’une ferme dans le village ou dans les environs sont persuadés qu’ils ont mis la main sur un trésor ou découvert quelque placer aussi riche que ceux de la Californie. La terre a décuplé d’un seul coup de valeur, et l’on demande maintenant pour un terrain peu fertile 20 0&0 francs par hectare.
- La Compagnie de la cataracte du Niagara a fait venir des ingénieurs de Londres pour prendre leur avis sur la construction du tunnel. Mais on dit qu’elle compte employer des ingénieurs français pour la construction des turbines, art daps lequel nous dépassons certainement tous nos émules. Les résultats de l’Exposition de 1889 l’ont bien prouvé.
- Un télégramme récent nous apprend que M. Mascart figure au même titre que sir William Thomson dans la commission supérieure chargée de donner son avis sur les détails d’exécution.
- N’est-ce pas fort curieux que l’influence des merveilles du Pavillon des eaux et forêts se fasse sentir dans un pays découvert par des missionnaires français, qui a longtemps appartenu à la France, et que nous avons perdu sans nous en apercevoir.
- En effet des auteurs célèbres ont dit à nos arrières grand-pères que ce n’était pas la peine de se soucier des quelques arpents de neige dont le roi d’Angleterre débarrassait son bon frère Louis le Bien-Aimé.
- W. de Fonvielle.
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- FAITS DIVERS
- Nous apprenons que l’Association internationale a pris la résolution de faire procéder à la mesure d’un arc géodésique tracé dans les îles Sandwich. Cet archipel, qui est situé entre les 19* et îy degrés de latitude nord, et les 157" et 164” degrés de longitude ouest, est très propre à une détermination de ce genre.
- En effet, il s’étend dans la direction du sud-est au nord-ouest sur une longueur d’environ 900 kilomètres, c’est-à-dire presque égale à celle de l’arc du méridien allant depuis Dunkerque jusqu’à Perpignan, d’un bout à l’autre du territoire français.
- Les diverses îles de l’Archipel possèdent des points suffisamment élevés pour qu’on puisse les rattacher les uns aux autres par une chaîne continue de triangles, dont aucun n’aura des dimensions supérieures, à celui qu’à observé le général Perrier lorsqu’il s’est servi des hauts sommets de la Sierra-Nevada pour rattacher le réseau algérien à la carte de France, à l’aide des travaux exécutés dans la péninsule Ibérique, sous la direction du général Ibanez.
- Les grandes opérations peuvent être exécutées sans difficulté grâce à la construction des projecteurs électtiques du colonel Mangin, dont les officiers du génie français et du génie espagnol font usage dans leurs déterminations et qui ont remplacé les lampes imparfaites employées par la commission du mètre du temps de la Révolution française.
- Depuis plusieurs mois la Chicago Téléphoné Company fait de nombreux essais en vue de remplacer les piles primaires qu’elle avait jusqu’alors employées.
- La première modification a consisté à supprimer les piles pour le service des sonneries d’appel. A cet effet, la Chicago Téléphoné Contpariy a pris une dérivation sur le réseau d’éclairage de la Chicago Edison Company, dont le courant continu était transformé en courant alternatif par un onduleur spécial.
- Cette Compagnie étudie actuellement les conditions d’emploi d’accumulateurs. Au bureau central se trouveraient deux groupes de batteries montées chacune en tension et rechargées par une dérivation du réseau d’éclairage. Un commutateur permettrait de les brancher isolément ou simultanément sur la ligne. Les piles montées chez l’abonné seraient aussi remplacées par des accumulateurs constamment rechargés par le courànt de la Compagnie d’éclairage.
- Les cours professionnels d’enseignement des ouvriers électriciens ouvrent le 20 octobre, rue Lhomond, à l’Ecole de physique et de chimie de la Ville de Paris, sous le patronage de l'Association philotechnique.
- Les cours ont lieu le soir de 8 à to heures, ils sont publics et gratuits.
- En 1892 aura lieu à Lyon une exposition nationale, qui sera internationale pour l’électricité.
- I ’Ti
- Nous sommes heureux d’annoncer que les réclamations dont nous'nous sommes fait l’organe de ce côté de l’Atlan-tique ont été écoutées. Les directeurs de l’exposition universelle et la commission officielle se sont entendus pour la nomination du directeur général. Leur choix s’est porté sur M. Davis, un des habitants des plus riches et des plus influents de Chicago. Le secrétaire général est M. Bulter-worth, personnage politique bien connu dans le parti répu-b'icain américain.
- L’imminence de la construction d’un métropolitain a excité l’émulation de la Compagnie des Omnibus. Non contente de conserver le tramcar électrique, cette puissante société a inauguré un système de tramway à vapeur sur la ligne delà place Pigalle au Trocadéro. Il est probable que la compagnie se propose en procédant à cette double expérience de faire la comparaison des avantages et des inconvénients des deux systèmes, et que nous assistons à une véritable entreprise comparative.
- Les débuts de la ligne à vapeur sont loin d’avoir été favorisés. En effet, peu de jours s’étaient écoulés qu’un cocher était renversé de son siège et tué sur place.
- Nous n’avons point l’intention de tirer parti d’un accident fortuit, mais il n’est point hors de propos de faire remarquer que la grande facilité avec laquelle s’effectuent les arrêts est un des principaux avantages que l’on puisse faire valoir en faveur de la traction électrique. Car la catastrophe de Florence amenée par un concours de circonstances fortuites ne peut pas plus influer sur l’opinion des gens sérieux que la mort d’un ouvrier foudroyé par suite d’une maladresse ne fera renoncer aux courants à forte tension.
- Dans la séalice de l’Académie des sciences du lundi, 6 octobre, M. Faye a présenté de très intéressantes observations recueillies par M. Cadenat, professeur de physique à Saint-Claude, sur des cas de foudre globulaire observés pendant l’orage du 19 août.
- Le savant astronome a invoqué à l’appui des observations de M. Cadenat des souvenirs personnels très précis et très intéressants; cependant, les assertions deM. Faye ont soulevé une opposition très vive de la part d’un des électriciens les plus, renommés de la compagnie. Il a été jusqu’à prétendre que la foudre globulaire n’existait pas, que ceux qui la voyaient étaient l’objet d’une illusion. Ce qu’ils prenaient pour un globe rouge roulant au milieu des objets environnants n’était qu’un point de la rétine illuminé d’une façon
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- persistante, èf'juojétaht sa coloration maladive sur tous les points répondant à l’arc optique de l’observateur. Cette explication passablement fantaisiste est due à M. Verdet, qui l’enseignait aux élèves de l’Ecole normale supérieure il y a quelque quarante ans.
- M. Faye a protesté, contre les paroles qu’il venait d’entendre, et Dom Pedro d’Alcantara s’est joint au savant astronome pour soutenir l’existence du tonnerre en boule. Nos lécteurs connaissent du reste les expériences que M. Gaston Planté leur a décrites, et à l’aide desquelles il a fait assister tant de savants à des phénomènes classiques et, sauf l’échelle, aux apparitions contestées.
- Il est vrai que la plupait des observations que l’on voudrait rejeter en bloc ont été faites par des paysans, mais les paysans sont de très fins observateurs et les sciences naturelles seraient bien peu avancées si on avait négligé de tenir compte de tous les faits qu’ils ont été les premiers à signaler.
- L'Etectrical Engineet, de New-York, nous apprend qu’il s’est formé à Détroit une Compagnie pour l’exploitation d’un minéral abondant sur les bords du Lac Supérieur et connu sous le nom de Notre confrère prétend que
- cette substance ajoutée à un élément foimé d’eau salée et de zinc augmente sa force électromotrice, lui donne une valeur de .deux'volts, et lui communique la régularité qui lui manque.
- Il ajoute d’autres détails qui nous paraissent peu facile à admettre, excepté le dernier, car il nous apprend la formation d’une compagnie au capital d’un million de francs pour l’exploitation de cette trouvaille inattendue.
- La Cadette de Boston a fait un jeu de mot assez spirituel, et offrant l’avantage de montrer la haute opinion qu’on pro fesse de l’autre côté de l’Atlantique de l’avenir réservé aux chemins de fer électriques. « Lorsque tous les trains marcheront à l’aide de l’électricité, le terme train éclair deviendra évidemment un non sens ».
- M. Thomson-Houston a fait construire à New-York une ch.ir-tùe à nèige et un chasse-neige mécanique pour le service des chemins de fer .électriques pendant l’hiver prochain. Ces ùiâchines sont établies de manière à résister aux plus grands efforts que l’on puisse leur demander pour un service d’une excessive importance.
- En effet la neige est beaucoup plus à redouter sur les voies électriques que sur celles qui servent à des locomotives à vapeur, puisqu’elle fait obstacle au passage du courant, en même temps qu’elle rend la voie plus glissante.
- • Ghaciin -Connaît-Fusage fait du liquide incongelablc dans fà iÈonstniction dés frigorifères. M. Efnest Abschagen dé
- Chicago vient d’employer l’huile que l’on peut considérer jusqu’à 500" comme un liquide non vaporisable à un service analogue pour la production de la chaleur par l’électricité. C’est en effet l’huile échauffée par le contact avec un fil métallique qui transporte et régularise le calorique engendré. L’eau peut être employée de même, mais ellé offre l’inconvénient d’être trop facilement vaporisée. Il n’y a pas moyen de songer au mercure à cause de sa conductibilité. L’idée de M. Abschagen mérite donc d’être prise en très séiieuse considération.
- Lorsque l’infortuné Gaulard exécuta ses belles expériences sur les transformateurs, un écrivain scientifique de Paris protesta contre les comptes rendus élogieux que l’on en faisait. « Il faut, disait-il, que les courants électriques soient continus ou qu’ils ne soient pas. »
- Une visite à l’exposition qui vient de s’ouvrir à Pillsburg pourrait facilement convaincre notre confrère que cet oracle est moins sflr que celui de Calchas, car la maison Westinghouse y a développé les courants alternatifs sous toutes les formes.
- O11 y voit notamment ure machine de 400 chevaux exclusivement consacrée à entretenir 5000 lampes de 16 bougies. La nuit celte machine est en grande partie employée à éclairer une nouvelle suscription faisant le tour des jardins, absorbant à elle seule 2000 lampes et ainsi conçue : « Westinghouse, pionnier du système alternatif» Il n’y a pas dans toute l’exposition une seule lampe allumée par un courant continu.
- La part de la France dans les nouveaux travaux qui vont s’accomplir sous l’inspiration de la Commission géodésique internationale consiste dans une nouvelle mesure de l’arc de méridien qui traverse l’équateur et se trouve placé dans la vallée de Quito.
- La première opération de ce genre a été exécutée en 1735 par Bouguer, La Condamine et Gaudin, personnage muet dont on parle peu. Elle n’a pas duré moins de dix années. Elle a donné lieu-à de violentes récriminations entre les deux savants, que La Condamine a stigmatisés par les vers suivants :
- De ces voyages si vantés Que diront les races futures,
- Nous attendions des vérités Mais il n’en sort que des injures.
- La principale cause de cette discussion digne du Lutrin était la colère de Bouguer, qui aurait voulu que l’en mesurât directement un arc de léquateur, et non pas un arc de méridien, que la théorie indiquait égal à l’arc que l’on cherchait. A cela La Condamine répondait non sans raison, que l’arc de l’équateur ne pouvait être mesuré sans entrer dans des forêts impénétrables, et que tout cé qu’il était possible de faire
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- alors était de profiter de la présence de la vallée de .Quito, pour exécuter une grande opération dans une direction très voisine du méridien.
- L’intervention de la lumière électrique que les délégués français sauront manier, puiiqu’ils ont assisté le général Per-rier dans ses grandes triangulations permettra sans aucun doute de donner après 145 mis de délai, raison aux scrupules de Bouguer.
- Il est à espérer par conséquent qu’aucune discussion de ce genre orage ne viendra trodbler les rapports des délégués, lors de leur retour dans leur patrie.
- Le gouvernement de l’État de New-York a confie au docteur Mac Donald la rédaction d’un rapport sur l’exécution de Kemmler. Un télégramme arrivant de l’autre côté de l’Atlantique nous apprend que M. Mac Donald vient de remettre sç>n travail. C’est un document excessivement volumineux, dans lequel on discuté minutieusement toutes les circonstances de la première électrocution. L’auteur s’est attaché surtout à examiner si le patient a pu percevoir une sensation douloureuse quelconque à partir du moment où le bourreau électrique a lancé le fatal courant. Sur ce point, tous les témoignages et toutes les preuves matérielles conspirent à ne laisser soupçonner aucun doute. La mort a été instanta-, née ; en conséquence le voeu de la loi s’est trouvé rempli d'une façon irréprochable.
- Le temps écoulé entre l’entrée de Kemmler dans la chambre de mort et le moment où l’on a déclaré que la vie était éteinte peut être évalué à 8 minutes; [c’ert à peu près la moitié du temps nécessaire pour les exécutions par la corde. Les exécutions par la guillotine sont plus rapides, mais elles donnent lieu à l’effusion du sang, spectacle qu’on doit chercher à éviter. D’autre part, il est possible d'accélérer l’opération si on emploie certaines précautions et quelques améliorations de détails que suggère le savant rapporteur. Nous reviendrons sur ces points lorsque le rapport lui-même sera entre nos mains.
- Mais on peut dire que toute l’émotion faclice à laquelle la presse européenne elle-même s’est laissés aller s’est complètement calmée. Il ne reste plus trace de ces exagérations, et l’on peut dire que la cause des exécutions électriques est gagnée. La réforme dont M. le sénateur Charton a eu l’initiative est définitivement adoptée par l’État de New-York. Il reste à savoir quel temps elle mettra à se répandre dans les pays où l’on a importé récemment ce qu'un trop spirituel journaliste français n’a pas craint d’appeler les bijoux de M. Deibler.
- On nous donne une nouvelle qui intéresse tous les électriciens, et par conséquent à laquelle les électriciens doivent | prêter une sérieuse attention. On sait que le 15 juillet dernier le conseil des ministres avait adopté un projet de répartition de 5 à 6 millions provenant de la succession Giffard.
- H9»
- Cette somme devait être partagée entre tous lés départements1 ministériels, pour subvenir à des besoins administratifs de" différente nature, fort respectables, très urgents peut être, mais ne ressortissant que de la commission du budget.
- Le Conseil d’Etat n’avait point fait d’opposition et les décrets étaient soumis à la signature du Président, de l\ République, lorsque d'énergiques protestations se sont produites,. On a fait remarquer que Henry Giffard étant un inventeur de génie, il était désirable de faire profiter surtout Us inventeurs de ses libéralités.
- Frappé par la puissance de cette argumentation, le Président de la République a ordonné une révision complète des attributions proposées. 11 paraît que la haute administration serait actuellement dans l’intention de fonder une institution dont le but serait de soutenir et de provoquer le génie des chercheurs, d’aider les hommes qui ont une idée heureuse dans la mise en œuvre de leur pensée, et de doter, la France de quelque création originale, comparable au Smithsonian institution où l’on échapperait à la routine scientifique et administrative, sans cependant tomber dans l’utopie. La tâche n’est point aisée, et il est à présumer qu’il faudra de longs tâtonnements pour trouver une solution satisfaisante à tous les points de vue.
- Nous croyons donc rendre un service aux électriciens en leur faisant connaître une situation fort intéressante, et en montrant que Je Gouvernement ne . néglige rien pour organiser les forces productrices de la nation.
- M. Bennett, vice président de la Société des ingénieurs de l’est de l’Écosse, a donné lecture à l’Exposition d-’Edimbourg d’un mémoire Sur la protection des édifices par les paratonnerres; où il soutient les théories universellement acceptées depuis Benjamin Franklin jusqu’au docteur Olivier Lodge.
- M. Bennett cite l’exemple d'une maison pourvue de lumière électrique, de téléphones et d'un paratonnerre, qui a été foudroyée parce que l’on avait oublié de s’assurer que la partie souterraine du paratonnerre était bien en communication avec le réservoir commun.
- Un autre exemple, encore plus curieux peut-être, est indiqué par l’orateur. O11 avait établi des expériences comparatives entre le système Franklin et le système Olivier Lodge, lorsqu’on eut l'idée de regarder si la partie souterraine, avajt été construite en conformité avec les instructions académiques. Le résultat de l’inspection fut de convaincre que les précautions les plus élémentaires avaient été négligées. La partie de l’édifice où l’on avait placé le paratonnerre à la Franklin eût été inévitablement frappé par le feu du ciel si l’on avait laissé les choses dans l’état où elles se trouvaient.
- Éclairage Électrique
- La ville d’Edimbourg ayant vu de près le fonctionnement de l’éclairage électrique a décidé d’exploiter aux frais du budget municipal le réseau qu’il est question d’établir dans
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- toutes les parties de l’Athènes du nord. Les quatre compa-gmes qui sollicitaient le mar.hé ont été mises d’accord.
- La Cité de Londres, qui n’avait pas encore pris de disposition pour éclairer la partie occidentale, s’occupe de comblre cette lacune, et le gaz sera exclu de toutes les artères de cette métropole commerciale du monde.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le gouvernement espagnol étudie un projet sur les téléphones pour mettre d’accord l’exploitation par l’Etat et l'exploitation par les particuliers.
- L’État établira les réseaux qu’il jugera nécessaires et les particuliers pourront établir librement tous les procédés de la téléphonie tels qu’ils existent actuellement, c’est-à-dire, la téléphonie à grande distance substituant le télégraphe et la téléphonie particulière. L’État n’interviendra en rien pour l’exploitation des téléphones particuliers, dont les. concessionnaires • resteront libres du paiement de toute taxe générale ou locale. L’État se réserve seulement l’inspection du matériel pour des raisons policières ou de la sécurité publique.
- La direction générale des Postes et Télégraphes de l’Espagne a passé une communication à la Société de téléphones de Madrid afin qu’elle remplisse les clauses du contrat fixées par l’État pour l’établissement de ses câbles sous terie dans l’espace d’un an. Six mois sont déjà écoulés depuis que la dite société aurait dû exécuter cette condition.
- La Gaceta official de Madrid publiera la semaine prochaine les conditions de la nouvelle adjudication pour la pose des câbles entre l’Espagne et ses possessions d’Afrique.
- Nous ne nous étions pas trompés en prévoyant que l’usage fait à Birmingham du téléphone pour transporter le service divin soulèverait d’énergiques réclamations. Mais au point de vue temporel, dont nous devons nous préoccuper exclusivement, nous devons dire que l’expér'eice a parfaitement réussi.
- Le sermon a été entendu très distinctement par des fidèles qui étaient à Londres et dans plusieurs villes éloignées. La parole divine s’est fait entendre simultanément sur un vaste territoire, ce qui a fourni à l’ir.itear de très heureuses allusions.
- La Compagnie américaine du téléphone à longue distance n’a pas abandonné l’usage des poteaux. Elle les place à environ 40 métros de distance les uns des autres et emploie un fil de cuivre de 3 millimètres de diamètre. Les plus longues distances de son réseau sont de New-York à Boston, 233 milles (385 kilom.), et de New-York à Buffalo, 497 milles, soit 725 kilomètres.
- La colonie de Queensland a été à plusieurs reprises ravagée par des inondations qui ont renversé les poteaux télégraphiques et obligé d’on élever de nouveaux ayant une hauteur plus glande. Mais on s’est aperçu d’un fait curieux qui marquera dans les annales de la télégraphie. Une multitude de serpents s’étaient réfugiés sur les fils et les chargeaient d’un poids tel que le métal a dû céder sous le poids de ces êtres étranges.
- Les théologiens, qui étaient renommés au moyen âge pour la longueur de leurs discours, n’ont point dégénéré dans le siècle du téléphone. Dans le dernier congrès ecclésiastique de Hull, l’office télégraphique n’a point transmis moins de 100000 mots par soirée en moyenne.
- Les cabines téléphoniques publiques de Bellevue et de Saint-Germain seront mises en service à. partir du 25 octobre courant.
- On fait un certain bruit en ce moment d’un procédé pour prévoir les tempêtes et les tremblements de terre à l’aide de bruits particuliers qu’on entendrait avec un téléphone.
- L'Eclair du 29 septembre publie même une entrevue qu’un de ses rédacteurs aurait eue à ce sujet avec un des astronomes de l’Académie.
- Imprimeur-Géfant : V. Nory
- Imprimerie de La Lumière Électrique. — Paris j>, boulevard des Italiens, 31.
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- DIRECTEUR : Dr CORNÉLIUS HERZ
- Xli° ANNÉE (TOME XXXVIII) SAMEDI 25 OCTOBRE 1890 No 43
- SOMMAIRE. — Expériences d’aimantation transversale par les aimants; C. Decharme. — Détails de construction des machines dynamo; Gustave Richard. — La session de l’Association britannique à Leeds; P.-H. Ledeboer. — L’Exposition d’Edimbourg; C. Féry. — Chronique et revue de la presse industrielle : Le liquide chromique des piles du commandant Renard. — Indicateur électrique de Sir William Thomson. — Le développement de l’industrie électrique en Suisse. — Mode d’insertion des transformateurs à courants alternatifs (système Zipernowsky, Déry, Blathy) dans les stations cnn-traies et réglage de la force électromotrice, par F. von Siegroth. — Revue des travaux récents en électricité : Considérations sur les piles, par W. Hankel. — Variétés : L’électricité à la « Gran Plaza », W. de Fonvielle. — Correspondance.1 — Faits divers.
- EXPÉRIENCES
- D'AIMANT ATI ON TRANSVERSALE PAR LES AIMANTS
- On sait que l’aimantation transversale d’un cylindre d’acier se produit lorsqu’on fait passer dans le sens de sa longueur un courant électrique suffisamment énergique durant une fraction de seconde O.
- On peut aussi aimanter transversalement non seulement un cylindre, mais un barreau, une lame d’acier au moyen des aimants ou des électro-aimants, en ayant recours à des procédés analogues à ceux qu’on emploie pour aimanter longitudinalement; et même à chaque méthode d’aimantation longitudinale correspondent souvent plusieurs procédés d’aimantation transversale.
- Les combinaisons auxquelles donnent lieu ces divers moyens sont nombreuses; nous en avons réalisé une cinquantaine sans avoir épuisé les séries.
- Nous ne citerons nécessairement que les principales. Nous voulons toutefois pour donner une
- C1) La Lumière Electrique, t. XXXVI, p. 351 (24 mai 1890). Comptes rendus de l’Académie des sciences, 12 mai 1890,
- p. 1001.
- idée de la multiplicité de ces procédés d’aimantation transversale, indiquer comme méthodes générales les modes d’emploi suivants des aimants inducteurs.
- i° On fait agir transversalement (simultanément ou successivement en sens inverse) les pôles contraires des aimants inducteurs :
- a) En allant de l’axe de figure de la pièce vers les bords ;
- b) En allant des bords vers l’axe.
- 20 On fait agir transversalement et simultanément les deux pôles d’un aimant Jamin, les pôles agissant parallèlemént ou à la suite l’un de l’autre :
- a) En allant de l’axe vers les bords ;
- b) En allant des bords vers l’axe ;
- c) En allant d’un bord à l’autre.
- 30 On fait agir longitudinalement les pôles contraires :
- a) Sur les tranches opposées ;
- b) Sur les faces opposées.
- 40 On fait agir longitudinalement et parallèlement les pôles contraires d’un bout à l’autre de la pièce ;
- a) D’un mouvement discontinu;
- b) D’un mouvement de va et vient.
- 10
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- i5s
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 5° On ne fait parcourir à chacun des pôles inducteurs (dans les différentes dispositions précédentes) que la moitié de la longueur de la pièce. Ils agissent simultanément ou séparément d’un
- NI N ; N N N Ni
- Fig. i el 2.
- mouvement discontinu ou continu en [sens inverse :
- a) Du milieu vers les extrémités ;
- b) Des extrémités vers le milieu.
- On peut employer encore des procédés unipolaires analogues à ceux que nous avons décrits précédemment dans cette revue (’) : touche séparée, double touche, simple touche et même simple contact.
- Enfin •l’aimantation transversale bipolaire ou unipolaire peut être réalisée en faisant tourner un cylindre sur les deux pôles d’un aimant Jamin ou sur un pôle d’aimant droit.
- 11 est à remarquer que dans plusieurs de ces dispositions l’on emploie une méthode mixte, c’est-à-dire dans laquelle un aimant Jamin dont les pôles sont rapprochés est employé comme un
- Fig. 3
- pôle unique dans la pratique des frictions magnétiques.
- C’est en combinant ainsi les diverses dispositions des pôles inducteurs qu’on peut trouver les nombreux procédés d’aimantation .transversale, (*)
- (*) La Lumière Electrique du 14 juin 1890, p. 507.
- dont nous allons maintenant donner quelques exemples.
- i,e Expérience. — Pour produire l’aimantation transversale par le moyen des aimants, le procédé qui se présente tout d’abord à l’esprit est celui qui consiste à opérer transversalement par touche séparée, en aimantant successivement chaque partie de la pièce (une lame par exemple), c’est-à-dire en promenant les pôles inducteurs en sens inverse l’un de l’autre, de l’axe vers les bords et faisant des passes nombreuses d’un bout à l’autre de la lame, toujours perpendiculairement à l’axe, (fig. 1, schéma de l’expérience).
- Fig. 4
- L’aimant résultant peut être regardé comme composé d’un très grand nombre de petits aimants égaux, juxtaposés transversalement côte à côté dans toute la longueur de la lame et ayant leurs pôles de même nom en regard comme le montre la figure 2.
- Le fantôme de cet aimant (fig. 3) montre immédiatement que l’aimantation totale tst transversale; car la limaille est disposée perpendiculairement à la longueur de la lame, et d’ailleurs l’aiguille aimantée se place aussi perpendiculairement à l’axe dans toute l’étendue de la pièce.
- La photographie de ce fantôme présente près des bords de la lame deux bandes polaires longitudinales, en même temps que des lignes de force normales à l’axe, comme dans l’aimantation par les courants électriques.
- 11 est à remarquer que la face non frottée n’offre
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- pas généralement le même fantôme que la face frottée, pour peu que la lame ait 2 ou 3 millimètres d’épaisseur. Dans ce cas, la bande polaire médiane.est plus ou moins effacée.
- 2e Expérience. — On peut procéder inversement; c’est-à-dire faire agir chaque pôle d’aimant inducteur en allant des bords de la lame jusqu’à l’axe, par un grand nombre de frictions (une trentaine pour Une lame de 15 centimètres de longueur) et
- F.'g. 5 et 7. bis.
- en répétant opération 4 ou 5 fois sur chaque face, afin d’uniformiser l’effet total. La figure 4 montre le spectre correspondant à ce mode d’aimantation transversale. On y voit encorefdeux zones de lir mite dont les lignes de force sont perpendiculaires à l’axe comme dans la première expérience, et trois bandes polaires longitudinales dont la médiane est moins prononcée que les deux autres.
- 3e Expérience. — De même qu’on aimante longitudinalement un barreau d’acier en promenant d’un bout à l’autre de sa longueur et d’un mouvement de va et vient deux pôles d’aimants de noms contraires juxtaposés (méthode de la double touche), de même on peut aimanter transversalement un barreau en promenant transversalement d'un bord à l’autre les deux pôles contraires
- (assez rapprochés l’un de l’autre) d’un aimant Jamin (’). Le fantôme d’un aimant transversal obtenu de cette manière donnera la figure 6 ou la figure 7, suivant que les surfaces polaires induc-
- Fxg. <S
- trices seront conduites perpendiculairement ou parallèlement à l’axe de la lame.
- 4e Expérience. — Avec ce même aimant Jamin, en opérant les passes en allant de l’axe vers les bords, nous|aurons le fantôme figure 8.
- 5e Expérience.'^— Enfinfen intervertissant à cha-
- FiG. 7
- que passe l'ordre des pôles, nous aurons encore
- (*) L’aimant jamin (construit par M. Ducrctet) qui nous a servi dans nos expériences est composé de 16 lames. Il a 0,177 mètre de hauteur; sa force portante =*= 5 kilog. ; ses surfaces polaires ont chacune 10 sur 6 millimètres; leur distance est de 8 millimètres <flg—.^5'et <5 bis;.
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- une manifestation de magnétisme transversal, mais un peu tourmentée.
- 6e Expérience. — Nous avons vu dans nos expériences d’aimantation longitudinales par la mé-
- Fig. b
- sivement, sans que la distribution du magnétisme fût changée sensiblement. Dans les procédés précédents on a opéré en aimantant successivement,
- thode gde la] touche séparée" (1)J que] l’on pouvait opérer les passes magnétiques en faisant agir les pôles inducteurs soit simultanément, soit succes-
- Fig. 10
- d’une manière discontinue,J|les diverses parties de la lame en expérience. Mais il est plus simple,
- plus sûr et surtout plus expéditif d’opérer d’une
- manière continue comme il suit :
- \
- On fait frotter les deux pôles d’un aimant ja-min simultanément et régulièrement d’un bout à
- <}) La Lumière Electrique du 14 juin 1890, p. 1507.
- l’autre de la lame, parallèlement à l’axe (fig. 9). La photographie du fantôme d’aimant obtenu par ce procédé montre une distribution du magnétisme transversale plus régulière que dans les cas précédents. La lame en expérience avait 20 centimètres sur 4 centimètres.
- Ce procédé nous a été suggéré comme question
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- posée par M. le lieutenant-colonel de Rochas, administrateur de l’Ecole polytechnique.
- Ce procédé est analogue à celui de la double touche (procédé de Mittchel perfectionné par Æpi-nus), employé pour aimanter longitudinalement
- __IN
- __IS
- _JS
- >
- __IN
- Fig. 11
- un barreau d’acier. On peut, dans notre expé rience, comme pour l’aimantation longitudinale, tenir verticalement les aimants inducteurs ou les incliner, de manière à rapprocher leurs pôles le
- Fig. 18
- plus près possible de la pièce à aimanter, dans le but de mieux utiliser leur énergie.
- 7e Expérience. — Au lieu d’enlever à chaque passe l’aimant inducteur pour le rapporter à sa position première, on peut opérer d’une manière continue, en le faisant glisser d’un mouvement alternatif d’un bout à l’autre de la pièce en expé-
- rience, sans la lui faire quilter. Le résultat sera le même dans les deux cas; seulement, pour que l’aimantation soit régulière, il faudra finir les passes au point de départ. Si l’on opère les frictions sur les deux faces opposées de la lame, il ne
- Fig. 13 et 13 bis
- faudra pas oublier de retourner l’aimant (Jamin) inducteur, afin de faire concorder l’action des pôles de même nom de part et d’autre.
- Lorsque l’expérience est faite sur une lame très-large, comme celle de la figure io, la limaille reste repartie entre les deux régions frottées par les pôles inducteurs, en indiquant toujours une aimantation transversale.
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- & Expérience. — Quand la largeur delà lame en expérience le permet, on peut faire deux parties longitudinales voisines avec l’aimant Jamin, et le fantôme aura deux zones transversales de limaille séparées par une bande polaire parallèle
- 14
- aux deux autres régnant le long des bordc A•=> 'a lame' (fig- to et 11).
- 9e Expérience. — [Deux-petits] barreaux d’acier
- ayant les dimensions suivantes : longueur 41; millimètres ; largeur = n millimètres; épàisseiir
- Fig 16
- = 3 millimètres aimantés transversalement (fig. là) par] frottement longitudinal avec les deux pôles
- Fig 15
- simultanés de notre aimant Jamin et placés l’un à côté de l’autre, parallèlement, à la distance de 1 à 1,5 centimètre, ont donné les spectres représentés photographiquement par les figures 13 et 13 bis suivant que les surfaces polaires latérales en regard étaient de noms contraires ou de même nom* I
- Avec tous les aimants transversaux on peut observer les mêmes dispositions. Comme avec les aimants ordinaires, les lignes de force de deux champs magnétiques voisins s’attirent ou se repoussent suivant que les pôles en regard sont de noms contraires ou de même nom (fig. 14 'et 15X3
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- io® Expérience. — Si avec des pôles de noms contraires on frotte longitudinalement les branches opposées d'un barreau d’acier ou d’une lame de quelques millimètres d’épaisseur, ce sont les faces qui présentent l’aimantation transversale ; c’est même ce procédé qui jusqu'ici a donné l'aimantation transversale la plus régulière, la plus nette (fig. 16). Si, au contraire, on frotte les faces opposées, ce sont les tranches qui montrent parfois, selon les dimensions de la pièce, l’aimantation transversale.
- C. Decharme.
- (A suivre.)
- DÉTAILS DE CONSTRUCTION
- DES MACHINES DYNAMO (*)
- Dans la plupart des transformateurs, la masse du fer est relativement très grande en comparaison de celle du cuivre, de sorte que l’on éprouve une perte considérable par le fait de l’inertie magnétique du fer, principalement dans les transformateurs locaux des services domestiques, qu’il faut faire assez grands pour pouvoir alimenter un nombre de lampes maximum toujours beaucoup plus élevé que celui des lampes en service moyen. M..Swinburne a donné à ses transformateurs, afin d’arriver facilement à une meilleure distribution
- Fig. 43. — Swinburne (1889). Transformateur.
- du fer et du cuivre, la forme représentée par la figure 43. Le noyau l du secondaire k se trouve, comme lui, entouré par les quatre sections d ef g du primaire, enroulées sur une bobine isolante b. Les sections du primaire sont reliées en série. Pour enrouler la section d, par exemple, on part d’un bout de fil traversant la cloison qui la sépare de e, par lequel on la relie à e après l’enroulement ;
- on relie de même / avec g, puis on accouple en série les groupes (d e) (/ g).
- On remarquera que les extrémités des fils de fer qui constituent l’âme h du transformateur ne
- Fig. 44. — Swinburne. Commutateur automatique.
- sont pas arasés mais étalés en touffes de chaque côté : on faciliterait ainsi l’aimantation du noyau en diminuant l’intensité de l’induction magnétique dans l’air autour du transformateur, ce qui permettrait de diminuer la masse du fer et la longueur du fil primaire.
- Afin de réduire le plus possible la perte dans les distributions domestiques par transformateurs à circuits fermés et sujettes à de très grandes variations, M. Swinburne emploie un commutateur automatique actionné par le débit même du transformateur et qui en coupe le circuit dès que le débit en devient trop faible. Cette disposition est
- Swinburne. Commutateur automatique double.
- représentée par la figure 44. Le primaire du transformateur n est relié à la ligne par les fils m et /, dont l’un, /. traverse le commutateur, lequel a son électro q activé par le circuit secondaire (s 0 r) du transformateur. Dès que l’intensité s’abaisse trop en 0, l’électro q lâche son armature, qui, tombant • par son propre poids, coupe le circuit primaire'
- F) La Lumière Electrique, [8 octobre 1890.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- en U, jusqu’à ce qu’on vienne le rétablir en relevant l'armature et en augmentant le débit du transformateur.
- -, Dans les installations plus importantes on em • ploie deux transformateurs, un grand et un petit, n et a (fig. 45). Dès que la dépense d’électricité s’abaisse au débit normal du petit transformateur, l’armature t tombe, déclenche en p le com-
- Fig. 46 et 47. — Swinburne. Transformateurs multiples,
- mutateur 0, qu’un ressort fait tourner jusqu’à ce que sa dent y vienne en prise avec le cliquet 8, ouvrant ainsi le circuit primaire du grand transformateur en y et son secondaire en pendant qu’il ferme en b le secondaire du petit transformateur.
- Lorsque la dépense vient à dépasser le débit normal du petit transformateur, il faut ramener à la main le commutateur dans la position figurée, sinon l’électro e attire 8, et le ressort du commutateur le fait tourner jusqu’en n, en éteignant les lampes. Le primaire du petit transformateur est toujours en circuit.
- Les quelques lampes qui doivent toujours marcher jour et nuit sont reliées aux bornes r et b, de manière à être indépendantes du commutateur. Enfin le commutateur est disposé de manière à coüper du circuit d’abord le primaire, puis le secondaire du grand transformateur, un peu avant la fermeture du secondaire de n.
- L’objet du dispositifre présenté schématiquement par la figure 46 est de transformer un courant continu en plusieurs courants alternatifs à phases distancées de telle manière que leur somme reste sensiblement invariable. M. Swinburne emploie à cet effet deux couples de commutatèurs primaires (MetN) et secondaires (mn), enfilés sur le même axe que les collecteurs (A B) (a b).
- Fig. 48. — Westinghouse (1889). Transformateur en série.
- Le courant continu de basse tension arrive en A, puis, par CEG1, aux transformateurs LetK, dont les secondaires sont reliés de même à (mnab). -
- Dans la position indiquée les transformateurs L et K sont alimentés en parallèle. Le primaire de L vient d’être relié au circuit, et celui de K va en être coupé par l’arrivée de I J sur des segments isolants de N, mais seulement un peu après la rupture de son circuit secondaire, de sorte qu’il ne se produit qu’une faible étincelle.
- Lorsque E vient sous le balai J et F sous 1, les courants renversés en K sont redressés par le commutateur m, de sorte que les courants continus de basse tension (A B) sont transformés finalement par (KLmm) en courants continus de haute tension recueillis en {a b).
- Lorsqu’on veut, avec des courants puissants, conserver des transformateurs à circuits ouverts, on peut employer pour éviter les étincelles une armature auxiliaire spéciale R (fig. 47) montée sur l’axe de la dynamo qui fait tourner les commutateurs. On n’a représenté sur la figure 47 que les commutateurs primaires. Dans la position in-
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- ’Ü'UÿlJi i Jiiàa cOtAV>,. v i ?. •”
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ i5g
- diquée les balais i et j quittent E et F après la rupture du circuit secondaire correspondant, et aü moment les segments T et U reçoivent de R un courant de force électromotrice égale et opposée à celle du courant primaire, qu’elle annule au mo-
- Fig. 49 à 52. — De Castro ^1889). Transformateur à limaille.
- ment de la rupture en 1 J, laquelle se produit ainsi sans étincelles.
- Considérons (fig. 48) une série de transformateurs C, dont les primaires p sont intercalés dans le circuit d’une dynamo alternative A, et les secondaires reliés aux lampes d \ le problème que s’est proposé Mi Westinghouse est de pouvoir re-
- tirer à volonté l’une quelconque de ces lampés sans affecter aucunement la marche des autres ni celle du circuit général. C’est une question de proportion entre les enroulements du transformateur et leur armature lamellaire c. Lorsqu’onjrompt
- F'g- 53- — De Castro. Transformateur à limaille, type multipolaire.
- le circuit secondaire d’un transformateur, cette rupture détermine dans le circuit primaire une force contre-électromotrice, maison peut en éviter les effets en proportionnant les différentes parties du transformateur de manière que la fermeture du circuit secondaire développe une autre force contre-électromotrice équivalant à une certaine résistance, et que le noyau c du transformateur atteigne à l’ouverture du circuit primaire un haut degré de saturation magnétique. Il faut en outre, bien entendu, que les phases de cette force contre-électromotrice suivent celles du courant moteur sans interférer en opposition avec elles. La saturation du noyau augmente la force contre-électro-
- Fig. 54. — De Castro. Transformateur à limaille, type multipolaire.
- motrice, mais aussi l’écartement des phases nécessaire pour maintenir au courant primaire sa valeur normale lorsque l’on ouvre le circuit secondaire du transformateur, et celasansqu’il faille faire varier le potentiel du circuit primaire. ~
- Comme exemple d’application de son système, M. Westinghouse cite le cas suivant de ^transformateurs en série sur un courant à potentiel de
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- iooo volts, avec une fréquence de 16000 alternances par minute, des enroulements primaires et secondaires semblables.
- Longueur de chacun des enroulements, 42 mètres.
- — du fil actif dans chaque enroulement, 23 mètres.
- Nombre des tours de chaque enroulement, 102.
- Section du fil, 1,650 me* (n* (5, B. W. G.).
- Résistance de chaque enroulement, 0,403 ohm.
- Armature composée de 320 tôles de fer minces, de 750 X 430 millimètres, isolés par du papier, pesant en tout 1,800 kilog. Chaque transformateur alimentant une lampe à incandescence de 1 ampère 45 à 50 volts.
- L’importance du perfectionnement apporté aux
- Fig. 55 et 56. — De Castro. Armatures à limaille.
- transformateurs et aux dynamos par M. A. de Castro ne paraît pas facile à déterminer à priori, il est même permis d’en discuter la réalité pratique.
- Pans le transformateur de M. de Castro, le circuit primaire aa s’enroule (fig. 49 à 52) autour de deux noyaux lamillaires CC, entre les pôles alternants N et S desquels se trouve intercalé le secondaire B, qui en constitue la partie caractéristique. Cet in^
- duit B est en effet constitué par une série, de bobines ee concentriques et ménageant entre elles
- Fig. 57, 58, 59 et 60. — Lahmeyer (1889). Moteurs-dynamos
- des compartiments //, fermés par des plaques de mica ii, et remplis à demi de limaille de fer. D’après M; de Castro, celte limaille, alternative-;
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- tiURNAL UNIVERSEL UÉLECTRICITÉ
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- ment attirée sur A et sur A', dont les pôles changent à chaque alternance, monte et descend dans les compartiments ff, et chacune de ses particules magnétisées par induction agit comme un petit
- Fig. 61 et 62. — E. Thomson (1839). Electromoteur lamellaire.
- aimant dont le mouvement induit en ee des courants qui s’ajoutent „à ceux directement induits par A.
- L’appareil représenté par la figure 53 a ses bobines A A complètement séparées, ainsi que les trois bobines CCC, de l’inducteur B. La dynamo génératrice G est continue, et les alternances sont produites par un vibrateur H, disposé de manière que les électros A A' soient alternativement excités puis démagnétisés. Si l’on dispose les circuits de manière que les électros A A' se regardent tou-
- E. Thomson. Electromoteurs.
- Fig. 63 à 68.
- à limaille B est constitué aussi par une bobine unique au dessous de A.
- Les figures 55 et 56 indiquent l’application de ces bobines à limaille aux dynamos. Les bobines B de l’armature renferment en f de la li-
- Fig. 69 et 70. — E. Thomson. Mise en train mécanique.
- maille ; elles sont fixées entre les bobines inductrices mobiles dont les pôles alternent de façon que la limaille de chacune des bobines B est attirée de bas en haut au passage d’une paire de pôles, puis de haut en bas au passage de la paire suivante.
- Dans les moteurs-dynamos, ou transformateurs à courants continus, les enroulements moteurs et générateurs du courant transformé sont montés sur la même armature, ce qui simplifie la con-
- Fig. 71. — E, Thomson. Mise en train électrique.
- jours par des pôles de même nom, la limaille de B sera attirée en masse d’un pôle à l’autre comme un piston.
- Dans le dispositif figure 54 la dynamo est aussi continue, et son courant est périodiquement interrompu en A par un trembleur H. Le secondaire
- struction générale du système; mais cette disposition ne peut s’appliquer qu’à des appareils dont les deux moitiés fonctionnent avec le même potentiel ou le même courant, c’est-à-dire exigeant des mécanismes régulateurs compliqués.
- M. Lahmeyer s'est proposé par l'emploi des dis-
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- positions représentées aux figures 57 à 60, la construction de moteurs-dynamos fonctionnant en parallèle et avec un circuit secondaire de potentiel constant. On se donne le potentiel aux bornes primaires du moteur dynamo (M D), mais la force contre-électromotrice du moteur de l’armature doit diminuer un peu à mesure que la charge augmente, afin que l’intensité du courant I augmente avec la charge, et, si la vitesse est constante, cette diminution de la force contre-électromotrice ne peut s’obtenir que par une diminution du champ magnétique actif. D’autre part, dans le moteurdynamo, l’enroulement de l’armature qui fournit le courant est, avec toutes les machines à potentiel constant, tel que la force con-tre-électromotrice augmente avec la charge. Enfin,
- Fig. 72. — E. Thomson. Mise en train automatique.
- comme ces deux forces électromotrices sont toujours proportionnelles, on ne peut pas les faire varier en sens inverse en modifiant le champ du moteur-dynamo. On peut bien y parvenir par l’introduction de résistances variables dans les circuits primaires ou secondaire mais M. Lahmeyer remplace ces régulateurs inexacts et coûteux par la force contre-électromotrice d’une dvnamo spéciale (R D) (fig. 57).
- Sur la figure 57 on a représenté par les cercles concentriques A2 l'armature du moteur-dynamo avec enroulements moteur Ai et générateur du courant transformé A2. L’enroulement inducteur n est en dérivation sur A^ Pour faire que la force électromotrice augmente en A2 au lieu de diminuer avec la charge du moteur-dynamo, on intercale dans le circuit de A2 une dynamo auxiliaire R D, montée en série, mue par M D à une vitesse constante, et dans un sens tel que sa force électromotrice s’ajoute à celle de A2, de manière que la tension aux bornes secondaires 111 et IV du moteur-dynamo reste constante pourvu qu’il en
- soit de même aux bornes I et II du circuit primaire.
- On peut, comme l’indique la figure 58, monter la dynamo régulatrice R<? sur l’axe de l’électro-moteur A, sans balais spéciaux pour R. L’enroulement transformateur est indiqué en lignes pleines et l’enroulement moteur en pointillé.
- On obtiendrait évidemment la même régularisation en réduisant la force contre-électromotrice de l’enroulement moteur à mesure que la charge augmente au lieu d’accroître la tension du courant générateur. L’armature de R D est alors (fig. 59) montée entre les bornes I et II du moteur Aj. qui
- Fig- 73- —F. Thomson. Deuxième mise en train mécanique.
- reçoit par 1 II un courant de potentiel constant, et son inducteur ee est excité par A2 de sorte que sa force électromotrice auxiliaire augmente en R avec là charge du moteur-dynamo.
- Dans le cas représenté par la figure 60l’armature régulatrice R est montée sur l’axe de A, avec les mêmes notations qu’en figure 58, mais la force électromotrice de R agit alors en opposition de celle de A ou dans le sens de celle du courant moteur I II, et l’inducteur ee est excité par le courant transformé des lampes, de sorte que l’intensité du courant moteur augmente avec la charge de ce circuit comme en figure 59.
- Les noyaux des inducteurs A et de l’armature A de l’électromoteur de M. Elihulhomson représenté par les figures 61 et 62 sont en disques lamellaires poinçonnés d’üne même tôle. Les inducteurs por-
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- tant six enroulements reliés à la génératrice alternative par les bornes mm', et l’armature a trois enroulements correspondant disposés comme l’indique la figure sans commutateur. Un pareil moteur une fois lancé à la main se mettra à tourner
- N
- jusqu’à sa vitesse normale de — tours par minute,
- * N étant le nombre des alternances par minute et n celui des pôles du moteur; dans le cas figure 61 n =6. Dès que la charge du moteur dépasse d’une
- certaine quantité le travail normal correspondant à l’énergie du courant, il se ralentit brusquement et s’arrête. Une fois mis en train, le torque ou couplé de rotation du moteur augmente avec la vitesse, et plus vite à partir d’une vitesse moitié de celle du régime.
- On peut varier de bien des manières l’enroulement des inducteurs et de l’armature.
- En figuresô3 etô4 lesenroulementssontdisposés surdos projections lamellaires radiales. En figure
- Fig. 74 à 78. — E. 1 liomson.
- 65 ils sont disposés sur des projections parallèles à l’axe du moteur; donc l’armature peut alors être constituée par un disque a tournant devant un disque semblable D (fig. 66) ou par un disque a A tournant entre deux disques D (fig. 67 et 68).
- La mise en train à la main de ces moteurs peut être facilitée par différents mécanismes de transmission : l’un d’eux est représenté par les figu • res 69 et 70. Il consiste en un disque G à poids W entraînant par frottement la poulie R du moteur dès que l’on abaisse la pédale K de manière à déclencher la butée p. La mise en train s’effectue en quelques tours de la poulie G, que l’on ren-clenche ensuite dans la position figurée, telle que
- Electromoteur-iégulateur.
- son encoche X laisse tourner librement le moteur.
- La mise en train peut aussi s’effectuer par l’armature même du moteur. On la complète à cet effet d’un commutateur dont les segments sont, de deux en deux, reliés aux mêmes extrémités des enroûlementsdel’armature. En temps ordinaire, les balais a et b (fig. 71 ), diamétralement opposés, sont simultanément en contact avec les segments opposés pendant toute la durée de leur passage sous les balais. Pour la mise en train, on avance l’un des balais b, ce qui a pour effet de rompre le circuit des bobines de l’armature pendant un temps très court, au moment où elles arrivent à se juxta-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- poser à celles de l’inducteur de manière ^qu’elles én reçoivent une impulsion aussitôt après avoir dépassé cette juxtaposition. 11 suffit, avec ce com-fnütateur, d'une faible impulsion initiale pour
- Fig. 79. — E. Thomson. Régulateur-réacteur.
- la mise en train, après quoi l’on ramène le balai b dan8 sa position normale, diamétralement opposée à celle de a. Dans cette position, les bobines
- de l’armature sont reliées d’une façon pratique-' ment continue pendant toute la durée du passage des balais sur les segments opposés et fonc-. tionnent comme si les extrémités de leurs fils étaient reliés électriquement d’une façon permanente, par exemple, par des balais portant sur des anneaux collecteurs continus a' V, que l’on peut ’ d'ailleurs substituer au commutateur après la mise en train.
- Le balai & peut être, comme l’indique la figure 72, ramené automatiquement par un régulateur r à mesure que le moteur s’accélère.
- La mise en train mécanique représentée par la figure 73 fonctionne d’une manière analogue à celle de la figure 70 par l’entraînement de l’arbre X du moteur au moyen d’une crémaillère pesante W, qui se déclenche au bout de sa course du pignon X, et laisse le moteur tourner librement; mais, en ce moment, le poids W ferme, en outre, par S, le circuit de la pile ou de la génératrice mm’ sur le moteur D.
- F
- Fig. 80 et 81. — Duncan et Carpenter (1890). Électromoteur à commutateur fixe.
- Dans le type représenté dans les figures 74-78 l'inducteur F se trouve à l’intérieur de l’armature A; son enroulement C (fig. 74) est relié à la génératrice par a b. Le noyau de l’inducteur est en tôles découpées comme le corps d’une armature Siemens. L’armature a ses bobines A enroulées sur un anneau lamellaire I, supporté par les bras en bronze d'un disque de fer B et reliées à un
- commutateur K disposé de manière qu’il ferme le circuit de chacune des paires de bobines diamétralement opposées au moment de leur passage dans le plan diamétral de C. Ce commutateur porte à cet effet six segments reliés consécutivement (fig. 78), à l’un des bouts du fil de chacun des enroulements A, dont les autres extrémités se réunissent en Z. Les balais B B' une fois disposés
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- de manière à former A A en circuit fermé, le moteur se met en train dès que' le courant alternatif de la génératrice passe en C. On peut ensuite régler la vitesse du moteur au moyen d’un régula-
- Fig. 82, 83 et 84. — Duncan et Carpenter. Détail des enroulements. Commutateur'mobile.
- teur à force centrifuge G qui, dès qu’il s'emporte, ouvre en V le circuit de A, auquel il substitue une réaction R, qui diminue l’étincelle en V. On peut, comme l’indique la figure 79, commander par le manchon S du régulateur G un galet H qui fait, suivant que le moteur s’accèlète ou se ralentit, monter ou descendre, par tX, une gaîne métallique J le long du réacteur R, dont la réaction di-
- minue d’autant qu’il est plus couvert par la gaîne R.
- ( '
- Dans le moteur à faible vitesse de MM. Duncan et Carpenter représenté par les figures 80 à 84 c’est l’armature cc qui reste fixée à l’intérieur des inducteurs «6. Ces inducteurs ont 28 pôles bb', disposés au nombre de 14 de chaque côté de l’ar-
- Fig. 85. — Giant Electric Motor C" (18S9). Electromoteur. Schéma des enroulements.
- mature, alternativement et avec polarités opposées se faisant vis à vis, de sorte que ies pôles opposés se succèdent autour de cc avec une projection polarisée S, par exemple, entre deux projections N N.
- L’armature a 30 bobines ddx enroulées dans des directions alternativement opposées (fig. 82 et 84). Le commutateur est mobile (fig. 83X0U fixe(fig. 80). Dans ce dernier cas, les balais }} sont reliés au circuit de la génératrice par les anneaux pleins g g' sur lesquels ils tournent par le train e ef e"ë", cal-
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- culé de façon qu’ils fassent, pour un tour du contraire avec le moteur, porte420 segments divinateur, 14 tours en sens contraire. , . sés en 28 groupes de 15 lames, c’est-à-dire —
- Le commutateur mobile (fig. 83), qui tourne au 2
- segments, n et n' étant les nombres (14 et 30) des pôles et des bobines des inducteurs et de l’armature. On n’a représenté sur la figure 84que quatre groupes de ces segments et quatre bobines de l’armature. Le courant passe du balai f par le
- commutateur au groupe des paires de bobines diamétralement opposées dd, et sort de l’armature par /. Lorsque les balais occupent la position figure 84, sur les segments correspondant à ddx les parties ou dents de l’armature comprises entre
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- ces enroulements est seule neutre, et les dents actives sont alors précisément en face des projections polaires mobiles des inducteurs. Après 1/420 de tour ce sont les dents intermédiaires entre d et dx qui occupent cette position vis-à-vis des projections polaires suivantes; en même temps, les balais arrivent sur les lames correspondantes disposées de manière que le courant change seulement quand les balais passent d’un groupe de 15 lames du collecteur à un autre. 11 y a donc, à chaque tour du moteur, 28 inversions du courant, comme il y a 28 pôles dans les inducteurs.
- Comme il y a sur l’armature deux enroulements ou dents (espace entre deux enroulements consécutifs ddj de plus que de pôles aux inducteurs, lorsque le pôle'Ni, par exemple, arrive (fig. 80) en face de la dent 1' de l’armature, le pôle 15 sera devant la dent 16'. L’un des balais, du collecteur
- O O O O
- c
- Fig. 90. — Détail d’une lame de l’indicateur.
- doit être alors relié aux bobines qui comprennent la dent l' et l’autre à celles de iôi. Les dents 1' et 16; comprise entré des pôles de même nom, seront bien (fig. 80) les seules parties neutres de l’ar-mature. Après 1/420 de tour, les pôles 28 et 14 viennent devant les dents 30' et 15', dont les segments sont recouverts alors par les balais fixes ou mobiles, ces derniers ayant tourné de 1/30 détour.
- Le moteur représenté par les figures 85 à 90 construit par la Giant Electric Motor C°, de Boston, présente quelques particularités intéressantes.
- C’est un moteurmultipolâire à huit pôles; au cas représenté l’armature porte 40 bobines.
- Les noyaux lamellaires des bobines inductrices sont constitués par des lames C (fig. 90) dont les projections C! sont tangentes aux faces de l’armature et constituent les pôles des inducteurs C2. Ces pôles sont de noms opposés face à face, et alternants pour chacune des moitiés de l’inducteur (fig. 83 -90), et les bobines C2 sont reliées en série, de sorte que le courant admis par ddx traverse toutes les bobines C2 d'une moitié de l’inducteur, puis celles de l’autre moitié reliée à la première par le fil cz, pour sortir par d%.
- c*
- Le prolongement des pôles en ct a l’avantage d’étendre sur plusieurs bobines de l’inducteur leur action, d’autant plus forte sur chaque bobine qu’elle s’approche plus de C.
- L’enroulement spécial de l’armature est repré-
- Flg. 91, 92 et 03. — Electromoteur Groswith (1890').
- senté schématiquement sur la figure 85. Les quarante bobines de l’armature y sont numérotées et groupées en quatre divisions de dix. Partant de la bobine n'° 1 supérieure, l’extrémité intérieure de son fil est reliée par le fil h à l’extrémité extérieure du fil de la bobine n'° 1 suivante (de gauche à
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- droite) dont l’extrémité intérieure est reliée par k2 à la bobine n° i suivante et ainsi de suite, les quatre bobines n° i formant de cette manière un groupe de bobines solidaires agissant comme une seule bobine constamment traversée par les mêmes courants. L'armature est composée de 10 de ces groupes. La bobine n° i du premier groupe de gauche est reliée par l au n°2 suivant du deuxième groupe, qui est à son tour reliée par lx au n° 3 supérieure de droite, et ainsi de suite, les bobines
- Fig. 94 et 95. — Blathy (1S89). Moteur dynamo.
- 3, 4, b> 6» 1, 8, 9 du quadrant supérieur de gauche étant reliées par les fils l2, l3, h. h> h> h, h aux bottines 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 du quadrant supérieur de droite. Le fil de cette bobine n° 10 est, pour compléter le circuit, relié par m à l’extrémité extérieure du (il de la bobine n° 1 du quadrant supérieur de droite.
- Les segments du commutateur sont aussi divisés env dix groupes de quatre. Les segments du groupe n° 1 sont reliés par lê fil nu les n° 2 par nx, les n° 3 par»3 et ainsi de suite. Une moitié des segments dans les quadrants inférieur et supérieur du collecteur est pourvue de bornes 00, attachées d’un côté aux segments pairs 2, 4, 6... et de
- l’autre côté du collecteur aux segments impairs 2, 3, 5..., puis reliés aux bobines correspondantes de l’armature.
- Les bobines de l’armature sont donc reliées en
- Fig. 96. — Schéma de l’armature.
- séries par quatre groupes, ainsi qu’aux segments du collecteur, ce qui permet d’employer des bobines très nombreuses sans augmenter le nombre des balais du collecteur ; deux suffisent, pourvu que le nombre des bobines soit un multiple de celui des pôles des inducteurs. Ces balais sont portés par un secteur D et embrassent sur le collecteur un angle égal à celui de deux pôles des inducteurs.
- Ainsi qu’on le voit sur la figure 88, les âmes des bobines de l’armature sont rattachées aux’dfs-quesqui les entraînent par des secteurs d’éboniteZ>3, qui les isolent parfaitement les unes des autres.
- La construction de l’électromoteur de M. Cros-with est (fig. 91 et 92) des plus simples.
- Les inducteurs sont à deux enroulements e f superposés sur des noyaux en fer, de sens oppo-
- Fig. 97. — Diagramme des phases.
- sés, et reliés en série comme l’indique le schéma figure 93, de sorte que le courant moteur J suit j le trajet feex fx.
- : L’armature porte deux séries de bobines à en-
- ] roulements alternativement opposés, et reliées : 1 les pairs et les impairs au collecteur de gauche,
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- et les impairs seulement à celui de droite, dont on renverse les liaisons avec le circuit moteur au moyen du commutateur suivant le sens dans lequel on fait tourner le moteur.
- L’électromoteur récemment proposé par M. O. T. Blathy se compose essentiellement aussi d’un moteur et d’un transformateur accouplés de façon à échanger périodiquement leurs fonctions* Les deux armatures T2 (fig. 94 et 95) ont leurs
- Fig. 98.
- Tambour lamellaire.
- Fig. 99. — 1 ambour dentelé.
- Fig. ioo. — Armature à tambour annulaire.
- enroulements plusieurs fois fermés l’un sur l’autre, c’est-à-dire que chacun des enroulements d’une moitié d’armature est fermé sur un enroulement de l’autre moitié, et les inducteurs M2 sont excités par des courants à phases discordantes.
- L’armature étant au repos, considérons deux de ses enroulements 1 et 2, à angle droit l’un de l’autre (fig. 96). Si le courant retarde en M, d’un quart de phases (fig. 97) sur celui de M, il en de même des courants induits par M2 en 1 et par Mj en 2, comme on le voit par le tracé pointillé de la figure 97,
- Le courant sera nul en 2 quand il atteindra son maximum en 1, et vice versa. En outre, les phases
- étant, en 1 et 2, écartées d’un quart comme les intensités des champs inducteurs M! M2les phases du courant induit dans 1 coïncident avec celles du » champ M2, de sorte que les champs M! M2 exercent sur l’armature un couple de rotation presque constant. Pendant la rotation de l’armature les enroulements qui ne sont pas, comme 1 et 2
- Fig. 101 et 102. — Armature sectionné.
- Fig. 103. — Armature à quatre pôles.
- (fig. 96), dans le plan neutre de torque maximum subissent l’induction et l’effort des deux inducteurs à la fois, de sorte que par rapport à ces enroulements l’appareil agit à la fois comme transformateur et comme moteur.
- Dans les moteurs de Ferraris et deTesla l'armature est entraînée parla rotation d’un champ résultant de deux groupes de ligues de force à phases constamment déplacées, tandis que dans le transformateur-moteur Blathy ce sont les courants induits alternativement par Mx dans Tx qui, soumis en T2 à l’action dynamique de M2, font tourner l’armature. A l’inverse des moteurs Ferraris et
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- V-K .
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- Tesla, celui de M. Blathy exige des bobines d’armature.
- On peut d’ailleurs varier indéfiniment la forme de ces armatures. Si l’on remplit l’espace entre Tj et T2 de rondelles lamellaires, on obtient un tambour (fig. 98) que l’on peut denteler (fig. 99) pour en diminuer la résistance magnétique, ou (fig. 100) remplacer par un tambour annulaire, soit enroulé comme à l’ordinaire, soit (fig. 101)
- Fig. 104 et 105. — Inducteurs crénelés.
- Fig. 106. -- Armature déjetée.
- divisé et enveloppé d’un écran métallique pourvu de rainures pour l’engagement des fils.
- Les pôles de chacun des deux champs Mt et M0 peuvent être en un nombre pair quelconque, quatre, par exemple, comme l’indique les pointillés de la figure 103, chacun des enroulements de l’armature n’y sous-tendant alors qu’un angle de 90°.
- En figures 104 et 105 les inducteurs M! M2 ont la former d’anneaux Gramme crénelés comme l’armature, à plans neutres inclinés (Nx (N2 S2) ou parallèles (fig. 106), mais alors avec les deux parties de l’armature déplacées l’une par rapport à l’autre de l’angle correspondant.
- L’armature peut aussi (fig. 107 et 108) prendre la forme d’un disque S, formé d’éléments lamel-
- Fig. 107 et 108. — Annulaire à disque.
- Fig. 109. — Détail d’un disque.
- lairesE(fig. 109) superposés en spirale et construits de manière à embrasser tout le champ ma-
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- gnétique Mt, par exemple, en même temps qu’il coupe celui de Mz.
- Gustave Richard.
- la SESSION
- DE L’ASSOCIATION BRITANNIQUE a leeds
- De l’aveu même des spécialistes anglais, la session annuelle de l’Association britannique pour l’avancement des sciences qui s’est tenue cette année à Leeds aurait été moins brillante que ses devancières; il paraît d’autre part que le nombre des assistants était inférieur au nombre habituel. Ceci n’empêche pas qu’une réunion de cette importance donne toujours la note très exacte de l’état actuel de la science en Angleterre.
- Nous croyons donc devoir présenter un résumé des principales communications qui s’y sont produites.
- Dans le discours du président de l'Association britannique, Sir Frédéric Abel, on trouve plusieurs points qui méritent de fixer l’attention des électriciens, bien que la plus grande partie de ce discours ait trait a l’histoire de la fabrication de la poudre sans fumée, .sujet particulièrement familier à M. Abel. Une session de la même société s’était tenue à Leeds 32 ans auparavant et c’est à partir de cette date que la télégraphie sous-marine a commencé à prendre son essor. Ce fait a amené d’une manière toute naturelle le président à tracer un court historique de l’électricité pendant ce laps de temps ; nous en extrayons quelques passages.
- C’est depuis la dernière réunion à Leeds en 1858 que le premier câble transatlantique a été posé entre Terre-Neuve, et Valentia, en Irlande ; on a transmis à travers ce câble une dépêche de 31 mots en 35 minutes, résultat qui, bien qu’excitant le plus grand enthousiasme à l’époque, ne permettait guère de prévoir des succès surpassant tout ce qu’on pouvait rêver de mieux pour l’électricité appliquée.
- Les développements du télégraphe électrique constituent toujours un sujet de plus vif intérêt. Les expériences faites par Gray, qui, en 1727, transmettait des impulsions électriques à travers
- un fil de 700 pieds de long; celles faites 20 ans plus tard par Waton, d’une part, dans le comté de Kent, et par Franklin à Philadelphie, d’autre part, sur le transport de l’électricité de frottement à travers un fil d’un millier de pieds supporté par des poteaux, toutes ces expériences n’avaient pu amener de résultats pratiques. Il fallut attendre les travaux de Galvani et de Volta, ceuxd’Oersted d’Ampère, de Sturgeon et d’Ohm et la découverte de l’induction par Faraday pour que la réalisation du télégraphe devînt possible en 1837, entre les mains de Cooke et de Wheatstone.
- Il est curieux de voir quel progrès immense on a réalisé dans l’art de la télégraphie. Tandis que le premier appareil à aiguille transmettait 4 mots par minute et exigeait 5 fils, on peut transmettre maintenant avec un seul fil 6 messages à une vitesse décuple et arriver à 600 mots par minute. Actuellement les navires anglais ont posé 110000 milles de câbles et une flotte de 40 navires est occupée dans les différentes mers du monde à réparer les anciens câbles ou à en poser de nouveaux.
- Les efforts considérables qu’on a dû faire pour mener à bien ces entreprises gigantesques n’ont pas seulement profité à l’électricité, mais à la science en général.
- Ainsi la pose des premiers câbles, entre 185 1 et 1855, a conduit Sir William Thomson a étudier la théorie de la transmission des signaux dans ces câbles à l’aide des résultats mathématiques trouvés par Fourier pour la propagation de la chaleur.
- La non réussite du premier câble transatlantique a nécessité l’exploration du'fond de l’Océan, ce qui a été le commencement des magnifiques recherches du Challenger et a ouvert ainsi un nouveau chapitre aux connaissances humaines.
- Aux difficultés inhérentes à la télégraphie sous-marine on doit desétudesapprofondiessur la conductibilité électrique du cuivre; la nécessité d’employer du cuivre d’une excessive pureté a conduit à des améliorations notables dans la métallurgie de ce métal et à l’utilisation du courant électrique pour sa purification.
- La rencontre rare d’un esprit mathématique de premier ordre et d’un véritable génie de réalisations pratiques dans la personnalité éminente de M. Thomson a eu pour effet de doter les électriciens de toute une série de méthodes et d’appareils de mesure d’une valeur incalculable, mé-
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- thodes et appareils dont l’origine remonte à la pose des câbles sous-marins. Le galvanomètre à miroir, l’électromètre à quadrants sont dus aux travaux de Thomson. L’emploi des condensateurs pour la transmission par câbles, dû à la méthode de Varley, avec des ondes induites courtes, a établi expérimentalement que tous les phénomènes électrostatiques sont simplement le résultat de l’émission d’un courant électrique d’une durée courte et connue dans un circuit fermé.
- Les applications pratiques du pont de Wheat-stone ont conduit à d’importantes investigations mathématiques et ont suggéré à Maxwell l’idée d’un mode d’application des déterminants à la solution des problèmes électriques compliqués qui se rapportent à des réseaux de conducteurs.
- La nécessité universellement reconnue d’une unité électrique de résistance à conduit, en 1860, à l’établissement du Comité des Etalons électriques de l’Association britannique, dont la longue série d’importants rapports annuels a largement contribué au développement des théories de l’électricité et a servi pour ainsi dire à établir la science • des mesures électriques. L’unité de résistance déterminée parce comité en 1866 a reçu une très importante application scientifique entre les mains de Joule, qui, en mesurant le développement de la chaleur dans un fil de résistance connue par le passage d’un courant connu, obtenait une nouvelle expression pour l’équivalent mécanique de la chaleur. La valeur ainsi obtenue différait d’environ 1,3 0/0 de celle obtenue d’après les expériences les plus précises sur le frottement mécanique ; comme on a montré que depuis cette différence est justement celle reconnue dans la valeur de la résistance électrique, il s’est trouvé que Joule avait déterminé la valeur exacte de l'unité de résistance électrique 15 ans avant le comité officiel.
- La remarquable théorie électromagnétique de la ’ lumière de Maxwell a été mise à l’épreuve par Thomson, qui a mesuré à l’aide de l’uriité de résistance de l’Association britannique le rapport entre l’unité électromagnétique et l’unité électrostatique de quantité d’électricité. On pourrait trouver beaucoup d’autres exemples intéressants de l’aide considérable donnée aux recherches de théorie pure par les résultats pratiques du développement de l’électricité et de la coopération constante entre le théoricien et le praticien.
- Ainsi que le faisait remarquer Sir William Siemens, nous devons presque tous les progrès
- rapides de ces temps modernes aux hommes de science qui emploient une partie de leur activité à la solution de problèmes pratiques et aux praticiens qui occupent leurs loisirs à l’étude de problèmes purement scientifiques.
- Les applications de l’énergie électrique à l’éclairage, au chauffage et à la transmission de la force sont des sujets dont Siemens s’est constamment occupé. 11 était d’avis que la loi de 1882 relative à l’éclairage électrique favoriserait l’établissement de cette nouvelle industrie dans les villes; mais le soucis du gouvernement de cette époque de faire protéger les intérêts du public par les autorités locales et des mesures législatives qui furent prises alors retardèrent l’emploi de la lumière électrique.
- Ces retards cependant ne furent pas sans profit : ils permirent de perfectionner les détails pratiques concernant la manière d’engendrer et de distribuer l’énergie électrique, ce qui contribua aux succès de cet éclairage.
- Plus tard, les changements de la législation à ce sujet, l’institution de conditions équitables entre le public et les compagnies d’éclairage, et, en ce qui concerne Londres, l’attribution de surfaces distinctes aux compagnies rivales, tous ces éléments se sont réunis pour développer cette industrie; il y a maintenant ou il y aura bientôt 9 compagnies en activité. Ces 9 compagnies alimentent ou alimenteront au moyen.de stations centrales des districts de Londres comprenant l’Ouest et le Nord-Ouest de cette grande cité.
- Une prédiction de Siemens est maintenant pres que accomplie ; le public est désormais à même de profiter des avantages considérables que l’éclairage électrique présente sur l’éclairage au gaz. Cependant l’Angleterre est restée bien en arrière de. l’Amérique à cet égard : le nombre de lampes à arc n’est guère ici que le centième et celui des lampés à incandescence que le dixième de ce qu’il est en Amérique. L’Angleterre cependant peut revendiquer le premier rang pour certaines applications très importantes, telles que l’éclairage des navires, la défense des côtes, l’éclairage des mines, etc.
- L’établissement récent d’un laboratoire officiel d’étalons électriques peut être signalé avec satisfaction comme une preuve de l’utilisation toujours progressive de l’énergie électrique dans l’industrie et dans l’économie domestique.
- Siemens, il y a huit ans, avait déjà prévu ce que deviendrait la téléphonie. Preece, il y a deux ans, à
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- Bath, montrait que les obstacles à la commutation téléphonique à grande distance étaient entièrement surmontés; et maintenant, bien que considérablement en arrière de l’Amérique et de la France dans l’emploi du téléphone, nous nous mettons à converser avec nos amis i’un bout à l’autre du Royaume-Uni. La compagnie téléphonique nationale possède maintenant 22 743 lignes avec 526 bureaux employant 99000 appareils. Mais quelque importants que soient ces chiffres, comparés à ceux d’il y a peu d’années, ils n’atteignent pas les 222 430 appareils qu’on compte en Amérique. Voici treize ans que le téléphone a été montré aux membres de l’Association britannique à la réunion de Plymouth, et on peut estimer que le nombre des appareils fonctionnant actuellement de par le monde dépasse de beaucoup un million.
- Siemens a prévu le développement que devait prendre la transmission de l'énergie par le courant électrique. En parlant du courant électrique, rival de l’air comprimé, de l’accumulateur hydraulique et de la transmission par câbles, il a signalé que la transformation de l’énergie électrique en énergie mécanique n’entraînait pas d’autre perte que celle provenant du frottement et de réchauffement des fils conducteurs; il a montré que cette perte, d’après les résultats trouvés par M. Hopkinson et par lui-même pouvait se réduire à 38 0/0 de l’énergie totale. Les recherches ultérieures faites par les frères Hopkinson ont montré q-ue la perte est actuellement bien inférieure à ce quelle était en 1883 et qu’on peut arriver à transmettre jusqu’à 87 0/0. .
- On se rappelle la petite ligne de tramway électrique de l’Exposition de Parisde 1881 ; cette ligne, établie par la maison Siemens, avait été précédée d’une autre *ligne établie à Berlin par Werner Siemens; elle fut suivie deux années plus lard de la ligne bien plus considérable de l’Exposition de Vienne.
- Depuis, plusieurs petites lignes ont été établies. Siemens a réalisé ensuite à Portrush l’idée d’appliquer la puissance hydraulique, idée qu’il avait conçue dès 1876 en visitant le Niagara et qui avait été mise en pratique pour la première fois par Lord Amstrong. Ensuite c’est l’Irlande qui a vu une autre application de l’électricité à la traction et l’emploi de l’eau pour effectuer la provision d’énergie requise en vue de l’actionnement du tramway Bessbrook et Newvray.
- A Londres on ne tardera pas à inaugurer un
- tramway électrique de 3 kilomètres de long qui réunira la Cité avec un des faubourgs du Sud et qui pourra transporter 100 voyageurs à des vitesses variant entre 20 et 38 kilomètres à l’heure. L’année dernière un service régulier de tramcarsa fonctionné avec succès au moyen d’accumulateurs sur une ligne du Nord de Londres.
- Aux États-Unis les progrès ont été bien plus considérables. Au commencement de cette année il y avait 200 tramways, 2500 kilomètres de voie et 2 400 voitures. Le progrès ne s’arrête pas du reste. Ainsi iHy a une compagnie qui à elle seule est en train de construire 39 nouvelles lignes, d’un développement de 616 kilomètres, sur lesquelles la traction s’opérera au moyen d’accumulateurs.
- L’idée favorite de Siemens, l’utilisation de l’énergie des chutes du Niagara est sur le point d’être réalisé. Comme on le sait, une commission internationale présidée par Sir W. Thomson et ayant comme membres MM. Mascart, Turrettini, Coleman-Sellers et Unwin étudiera les problèmes qu’implique l’exécution de cette grande entreprise.
- L’application de la traction électrique au transport par eau démontrée avec succès dès 1883 se développe peu à peu, comme le prouve le nombre considérable de bâteaux d’agrément que l’on peut voir sur la Tamise pendant la belle saison.
- La traction électrique dans les mines se développe également. C’est l’Allemagne qui a commencé, mais de grands progrès ont été faits depuis sur le continent et en Amérique; l’Angleterre n’a pas fait grand’chose à cet égard, mais il est très intéressant de noter que la première application de l’électricité aux travaux d’épuisement et d’extraction a eu lieu en 1887, pas loin d'ici, à Normanton, dans la mine Saint John, où il y a une grande installation faite par M. lmmish, et qui donne de bons résultats.
- De gigantesques installations tendant au même but dans la Nevada et la Californie fournissent des exemples remarquables des résultats qui pourront être réalisés à l’avenir par l’énergie transmise électriquement.
- Parmi les faits nombreux et originaux étudiés par Joule, il faut citer l’application de l’électricité à la soudure et à la fusion des métaux. 11 y a 34 ans déjà qu’il a publié sur ce sujet un'mémoire très suggestif ; après avoir signalé les difficultés que les couches d’oxydes se formant sur les surfaces de
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- fer chauffées présentaient à la soudure, il indiquait }a possibilité d’appliquer le pouvoir calorifique du courant à la soudure des métaux. Joule avait réussi à'souder ensemble des fils de laiton et d’acier, de platine et de fer, etc. 11 prévoit en outre la possibilité d’élever la température du fer jusqu’à la fusion’sans consommer du zinc dans une pile, mais en se servant d’une machine magnéto-électrique qui fournirait de la chaleur par une dépense de force mécanique ; il montre comment on pourrait installer un système producteur de courants électriques qui dégageraient un dixième de la chaleur totale due à la combustion du charbon employé.
- On a montré récemment à Londres que la soudure de fer est deux fois plus rapide par ce procédé que par le procédé ordinaire; la soudure est si parfaite que la résistance à l’endroit de la soudure est de 92 0/0 de celle du métal sain.
- Le procédé Bernados, élaboré en Russie, est déjà très employé; on développe la chaleur nécessaire en reliant le métal au pôle négatif de la dynamo ou d’une batterie d’accumulateurs; on complète le circuit en appliquant sur les parties à chauffer une électrode en charbon, le pouvoir réducteur du. charbon préserve les surfaces métalliques.
- P.-H. Ledeboer.
- {A suivre.)
- L’EXPQSITION D’EDIMBOURG (*)
- Le tramway électrique. — Nous arrivons maintenant au dernier mode de transport électrique qui figurait à l’Exposition. Le tramway électrique fait communiquer la station du Caledonian Rail-way avec les jardins de l’Exposition; le trajet est effectué en 3 m. 1/2, le parcours est de 3/4 de mille environ et comprend deux courbes et une pente de 1/50 environ. Chaque voiture peut contenir 26 personnes. 11 y a deux voitures sur une voie unique avec aiguille.
- La ligne électrique est un câble en bronze phosphoreux supporté par une tige de fer tendue entre deux poteaux télégraphiques ordinaires isolés (fig. 2), Lés supports sur lequel le câble repose
- : 1
- (') La Lumière Electrique, du 4 octobre 1890.
- sont métalliques et ont une forme allongée , de manière à permettre le glissement du frotteur (fig. 3) sans interrompre le contact électrique.
- Ce frotteur demi-cylindrique est appuyé contre le câble par un contrepoids agissant par l’intermédiaire d’un ressort à boudin en acier; cette disposition est très avantageuse pour éviter les trépidations, qui sont une source d’étincelles et de mauvais contacts. Le bras métallique qui porte ce contact glissant peut aussi tourner autour de son support vertical a b, car la voie étant curviligne et le câble formant une ligne brisée un léger déplacement horizontal doit être possible. Un câble souple conduit le courant au moteur, dont l’autre balai est en communication métallique avec les
- Fig. 1. — Tramcar électrique.
- rails, par lesquels s’opère le retour. Ce moteur est excité en série, et l’induit delà forme en tambour; le noyau de fer est formé de tôles minces isolées et dentées; il tourne à la vitesse de i 200 tours. La réduction de vitesse se fait par engrenages. Le changement de marche s’effectue au moyen d’un commutateur spécial très robuste qui renverse le courant par la manœuvre d’un levier. Les contacts sont formés par un coin de cuivre qui pénètre dans une sorte de pince métallique que l’élasticité tend à refermer.
- Le réglage de la vitesse s’effectue au moyen d’un rhéostat à manette qui présente une particularité intéressante : quand on veut rompre le courant, le levier qui fait le contact quitte le dernier plot sans rompre le courant qui passe alors par deux pointes de charbon à lumière qu'un ressort à bou-I din tend à maintenir rapprochées. En continuant le mouvement, la manette produit alors seule-
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- ment la rupture entre deux pointes par le crochet A (fig. 4) qui les éloigne l’une de l’autre. Les contacts sont toujours ainsi très bons et on évite la détérioration rapide des surfaces métalliques.
- Fig. 2. — Isolateurs.
- Les contacts sont encore ici effectués par une pince mobile venant serrer fortement entre ses extrémités les plots du rhéostat.
- Les dynamos génératrices sont placées dans la galerie des machines; elles sont au nombre de deux et couplées en tension, les inducteurs sont en dérivation sur l'induit ; elles peuvent développer ensemble 300 volts et 90 ampères, mais cette intensité n’est atteinte qu’au démàrrageet pendant
- Fig. 4. — Rhéostat à manette.
- les montées; elle s’abaisse à certains moments à 30 ampères.
- Ces machines sont actionnées par deux moteurs Stockport.
- Galerie des machines. L’usine d'électricité. — La galerie des machines, qui avec la section française contient à peu près tout ce qui est exposé sur l’électricité, est une immense salle qui mesure
- 680 pieds de long (230 m. environ) sur 150 pieds de large (30 mètres). Elle reçoit la lumière d’en haut par un vitrage de 30 mètres de large qui règne dans toute sa longueur. Construite en
- Fig. 3. — Contact glissant.
- grande partie en bois, la charpente n’a pas la légèreté et l’élégance des construction en fer. Au centre de la salle, et séparée par une barrière des autres expositions particulières, se trouve l’usine d’électricité, qui occupe une surface de 40 mètres sur 30.
- Les machines à vapeur qui actionnent les dynamos alimentant les lampes à arc des bâtiments et
- '1
- Fig. 5. — Rhéostat vu par bout.
- des jardins sont de M. Robey et C° de Lincoln ; elles sont au nombre de sept.
- Les deux plus grandes, qui peuvent développer respectivement 350 et 260 H. P., sont à triple expansion et tournent aux vitesses de 65 et 86 révolutions par minute; les volants, de 5 et 4 mètres de diamètre, portent le premier 12 et le deuxième 9 rainures pour les cordes commandant les transmissions (fig. 6).
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- LA lumière électrique
- Ces deux moteurs mettent en mouvement ^dynamos de la CiH Brush. Ces machines sont trop connues pour qu’il soit nécessaire d’en donnera nouveau une description ; elles sont capables de développer chacune 10 ampères sous un potentiel de 2000 volts environ.
- Chaque machine alimente un circuit séparé de 35 lampes en tension prenant chacune 10 ampères et 50 volts, et donnant une lumière de 2 000 bougies environ.
- L’intérieur des bâtiments est éclairé par 288
- lampes disposées de telle sorte que 3 lampes voisines appartiennent à des circuits différents. L’extinction en cas d’accident à une des machines n’est pas ainsi rendue totale.
- Les jardins sont éclairés par 82 lampes à arc groupées par trois sur des poteaux en fer de trois hauteurs différentes (8,22 et 30 mètres, suivant les besoins de l’éclairage). Chacun de ces mâts contient les accessoires nécessaires à la manœuvre des lampes; ici encore les circuits sont alternés pour prévenir une extinction totale.
- Fig. 6. — Machine Compound Robey
- Trois autres dynamos Brush de même puissance sont mues par différents types de machines à vapeur du même constructeur pouvant développer respectivement 16,28 et 100 chevaux. La machine de 28 chevaux est à grande vitesse et tourne à 300 tours par minute.
- L’une des dynamos seulement est embrayée ; elle alimente un circuit de 23 lampes. Les deux dernières machines sont destinées à parer aux éventualités, et le tableau de distribution permet de les mettre facilement et rapidement sur n’im-popte quel circuit. Nous ne donnons les volts que très approximativement, aucun voltmètre ne figurant sur le tableau; par contre, il y a un ampèremètre par circuit, mais il est placé si haut qu’il est à peu près impossible de lire ses indications ;
- malgré ce manque des précautions élémentaires de surveillance, l’installation fonctionne assez régulièrement.
- L’éclairage par incandescence est fourni par les dynamos de MM. Kings Brown et C°. Disons, d’abord quelques mots des machines qui les actionnent.
- Ce sont deux moteurs Westinghouse construits par MM. Alley et M’Clellan de Glasgow. Ils présentent cette particularité que tous les organes sont cachés dans le socle. Le volant qui transmet le mouvement est seul extérieur. 11 y a là évidemment quelques avantages : les pièces délicates sont bien protégées contre des chocs accidentels ; mais les difficultés de surveillance, de graissage et de réparation n’annulent-elles pas ces avantages ?
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- Ces moteurs communiquent aux dynamos une vitesse de 750 tours, à laquelle elles débitent 210 ampères sous 110 volts.
- La forme générale de ces machines rappelle un peu celle de l’ancien type Siemens vertical; mais on est frappé à première vue de la disproportion apparente des inducteurs et de l’induit, et de la faible masse de fer des inducteurs. Le principe sur lequel est basé ces machines est tout à fait différent de celui qui est employé ordinairement.
- Dans la plupart des types actuels on rencontre en effet des inducteurs gros et massifs, car on a trouvé qu’en donnant une grande prépondérance au champ inducteur on diminuait les réactions de l’induit.
- L’emploi d'une masse de fer considérable permet aussi de ne pas trop s’approcher du point de saturation des inducteurs, tout en ayant un champ puissant. En effet, quand les inducteurs sont saturés, pour une certaine augmentation d’ampèies tours et par conséquent de dépense, l’augmentation du flux devient insignifiante.
- Dans les machines Kings Brown non seulement le fer est voisin du point de saturation, mais il le dépasse; on comprend alors qu’une variation d’intensité dans le courant des inducteurs ne fasse varier que d’une manière insensible le champ magnétique. On arrive ainsi à une grande stabilité et la machine se comporte presque comme une machine magnéto ou à excitation séparée.
- Le seul reproche qu’on puisse faire à cette disposition, c’est qu’elle est plus chère; il reste à savoir si les avantages résultant de la légèreté de la machine et de la régularité du courant obtenu compensent ce défaut.
- Ces dynamos sont montées en compound, ce qui concourt encore à maintenir rigoureuse la différence de potentiel aux bornes. Le conducteur en série roulé sur les inducteurs est une lame de cuivre rectangulaire qui tient moins de place que le fil rond et se prête mieux au bobinage.
- Le courant de trois de ces dynamos alimente 11 o lampes à incandescence du type « Sunbçam», de 200 bougies chacune et qui sont réparties dans le Concert Hall, la Réception Room et deux des Refreshments rooms.
- La quatrième machine est affectée à l’éclairage de la section française d’électricité sur laquelle nous reviendrons dans notre prochain article.
- L'exposition renferme aussi un exemple de distribution par courants alternatifs. MM. Ernest
- Scoot et C° éclairent la verrerie vénitienne, la Fisb dining room et la Swimming pond au moyen d’une machine alternative de 1000 volts. Des transformateurs sont employés pour ramener le potentiel à 100 volts.
- La vapeur est fournie aux moteurs de la Galerie des Machines par des bouilleurs de M. Galloway ; ils sont au nombre de cinq et peuvent développer une force de 2500 chevaux; la pression de la vapeur est de 110 livres par pouce carré soit environ 8 kil. par cm2.
- L’arbre qui commande la transmission pour les machines dynamo a 11 cm. de diamètre et tourne à la vitesse de 230 tours par minute ; il est formé de barres d’acier réunies par des manchons également en acier.
- CHRONIQUE ET REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE
- Le liquide chromique des piles du commandant Renard.
- Dès qu’il a été possible, ce recueil a fait connaître les divers modèles de piles légères du commandant Renard (* *); nous n’avons point à revenir sur leur description, mais nous croyons intéressant de reproduire (2) le tableau des propriétés diverses que présente le liquide chromique de ces piles suivant sa composition.
- On sait que le liquide excitateur s’obtient par mélange à volumes égaux :
- i° D’une solution ordinaire d’acide chromique A (liquide rouge) marquant 330 au densimètre de Baumé, densité 1,3 (acide chromique 0,330 et eau 0,770);
- 20 D’une liqueur acide B formée en proportions variables d’une solution d’acide chlorhydrique à 17,3 degrés Baumé (873 cm3 d’acide ordinaire à 20° étendu à 1 litre) et d’une solution sulfurique à 29,5 degrés Baumé (450 grammes d’acide ordi-
- (.*) La Lumière Électrique, t. XXXV p. 68; t. XXXVI, p. 327.
- (*) D’après la Revue générale des sciences.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- naire à 66° avec 800 grammes d’eau pour un litre).
- Le débit de la pile est d'autant plus intense que la teneur de la liqueur B en acide chlorhydrique est plus forte. Le chiffre placé en indice de la lettre B indique la proportion centésimale
- d’acide sulfurique à 29,5 degrés qu’elle contient, c’est-à-dire son degré d’atténuation.
- Le chiffres de débit supposent que la différence de potentiel aux bornes d’un élément est de 1,25 volt pendant la décharge.
- Volume à employer pour 2 litres de liquide Débit approximatif en watts par décimètre carré dû zinc à la température de A la température de -f- i5° C. Conditions de stabilité
- A Bel B» + 5°C + 15'C +25“C Densité Degré Baume
- litre litre litre "" Peu stable, dégage au bout de 24 heures une
- A B« .. 1,0 r,o 0,0 3° 40 50 ',23 27’ assez forte odeur de chlore. Ne doit être préparé que peu de temps avant de servir.
- A Bj0.. 1,0 0,9 0, I 26 35 43 ',23 27- Encore peu stable, peut être préparé 4 ou 5 jours d’avance, surtout en hiver.
- A B2o.. 1,0 0,8 0,2 22 3° 37 ',24 28- Déjà plus stable, peut être placé dans la pile 7 à 8 jours d’avance. Stabilité passable, excepté dans les grandes cha-
- A’ B30.. 1,0 '0,7 0,3 •9 25 3' 1,24 28” leurs. Peut charger les piles pneumatiques 15 jours d’avance.
- A B10.. I ,0 0,6 0,4 5 20 25 ',25 29- Encore plus stable. A peu piès inaltérable, sauf par le*, grandes cha-
- A B,0.. 1,0 0,5 0,5 13 16 20 ',25 29" leurs. Peut servir à charger les piles un mois à l’avance et même d’avantage.
- A Beo.. 1,0 0,4 0,6 IO 14 '7 1,26 ?0* Stable même en été.
- A Br0.. • 1,0 • 0,3 0,7 9 12 '5 1,26 30* Stable même en été. Très stable, ne s’altère plus même après plusieurs mois. Dégage cependant à la longue une légère odeur de chlore.
- A Bg0.. 1,0 0,2 0,8 7 IO 12 ',27 3'*
- A B90.. 1,0 0,1 0,9 6 8 10 1,27 3'“ Stabilité à peu près absolue. Inaltérable, mais presque impossible à employer
- A B100. 1,0 0,0 0,10 4 6 1,28 32* à cause des phénomènes de polarisation qui y prennent une grande importance.
- Les phénomènes de polarisation prennent d'autant plus d’importance que le liquide est plus stable. Presque nuis avec AB0, ils deviennent sensibles avec AB10, AB20, AB30. L’affaiblissement du courant initial est notable de AB40 à AB60, mais le débit se régularise promptement. De AB70 à AB90 il se régularise encore, mais de moins en moins rapidement; avec ABj00 le débit est sans cesse variable. Ce liquide n’est jamais employé.
- La température influe grandement sur le débit et la stabilité; il faut, dans l’usage, se servir d’un liquide d’autant plus atténué relativement que les éléments sont exposés à une plus forte chaleur.
- E. R.
- Indicateur électx'ique de Sir William Thomson.
- L’organe principal de cet appareil est un balancier (bb D D xy) (flg. 9 et 10) suspendu en ee et portant en b une bobine à fils fins traversée par un courant connu, local ou dérivé du courant à me-
- surer, lequel traverse en totalité la bobine fixe à gros fils a. Un levier coudé A B, solidaire de D et pourvu de poids mobiles cd, permet de régler à volonté l’appareil, compenser les températures, etc., de manière que B soit vertical quand la pointe h est au zéro sur l’échelle g de l’indicateur.
- Un disque /, immergé dans un bain H et suspendu en /, amortit les vibrations de l’indicateur, et il suffit de suspendre en / des poids pour mesurer à chaque instant la sensibilité deTappareil.
- L’indicateur porte à son extrémité un long bâti EE (fig. 2, 3 et 4), avec traceur t et intégrateur q.
- Le traceur / se trouve au bout d’une longue aiguille flexible rr, appuyée sur une barre rigides articulée en iv. Une came 11'mue par un mécanisme d’horlogerie FJ, à régulateur G, touche à chaque tour le galet q' du totalisateur pendant un arc fonction de la position de l’indicateur. Ce contact fait tourner le galet du totalisateur d’un angle proportionnel à l’intensité du courant, et
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- abaisse autour de i le traceur de manière qu’il I un trait de longueur aussi proportionnelle à l’in-inscrive sur le tambour à marche lente/(fig. 5) I tensité.
- Fig. 1 et 2. — Indicateur électrique de Sir William Thomson (1889). Vue de face et vue par bout.
- Fig. 3 et 4. — Indicateur électrique de Sir William Thomson. Détail de l'intégrateur.
- Le courant à mesurer arrive en a par les gros conducteur#»»; celui de la bobine b lui est amené par les ressorts P.
- Lorsqu’on veut mesurer aussi bien des courants alternatifs que des courants continus, il faut donner à ce conducteur une résistance beaucoup plus
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- élevée que celle de b, et une configuration anti-inductive, ainsi qu’une grande surface rayonnante pour en éviter réchauffement. On le compose alors de fils de platine fins, enroulés sur les longs côtés d’une plaque de bois ou de verre.
- Enfin, dans certains cas, on attache en r un res-
- Fig. 5. — Indicateur- électrique de Sir William Thomson. Plan du mécanisme.
- sort limitant par la butée élastique d’un axe f les écarts de l’indicateur.
- G. R.
- Le développement de l’industrie électrique en Suisse.
- Dans la comparaison de la puissance industrielle des différents pays, on néglige le plus souvent de tenir compte des forces naturelles et on ne fait entrer en ligne de compte que le nombre des tonnes de houille consommées ou produites. Cette manière de procéder peut conduire à des conclusions erronnées, surtout pour les pays riches en forces hydrauliques et absolument dépourvus de combustibles minéraux. Elle était cependant exacte alors que la vapeur était le principe même de toute l’industrie mécanique et avant que les procédés actuels qui permettent d’utiliser une force naturelle quelconque de la manière la plus économique possible aient reçu tout leur développement.
- Sous le règne de la vapeur, le charbon est le véritable organe industriel et la source de toute
- puissance industrielle, à tel point qu’on a pu dire avec justesse que les nations les plus puissantes du xixe siècle auront été les plus riches en charbon.
- Cette assertion risque de ne plus être aussi exacte; on pourra sans doute, dans un avenir peut-être très prochain, la modifier et dire que les nations les plus puissantes seront les plus riches en charbon ou en forces naturelles.
- L’exploitation des nombreuses forces naturelles, de la Suisse est de la plus haute importance pour la situation économique de ce pays, qui ne produit annuellement que 122000 tonnes de combustible minéral, tandis que sa consommation en exige près de vingt fois plus. Or il est facile de se rendre compte approximativement des forces hydrauliques dont la Suisse peut disposer; on connaîtra cet élément important dans peu de temps car le bureau fédéral des travaux publics s’occupe actuellement de dresser la statistique des forces hydrauliques utilisées et utilisables du pays.
- En attendant que cette statistique soit terminée, les calculs suivanls peuvent offrir un certain intérêt.
- La Suisse a une superficie de 40 000 kilomètres carrés environ (41 374 km2); en admettant une chute d’eau moyenne de 1 mètre, ce pays reçoit annuellement la masse énorme de 40 milliards de mètres cubes d’eau dont la plus grande partie est reprise par l’évaporation. En estimant la quantité d’eau qui s’écoule par les sources et les cours d’eau au tiers de la quantité totale, on se trouve en présence d’une masse d’eau de 15 milliards de mètres cubes ou 500 mètres cubes par seconde. Les points les plus bas de la Suisse sont à 400 mètres en moyenne;en admettant comme hauteur de chute moyenne 400 mètres, on a donc une force disponible de 500000 litres multipliés par 400 mètres, soit de 200 000 000 kilogrammètres, ou, en tenant compte d'un rendement de 50 0/0 seulement, de 100oooôoo kilogrammètres, soit de 1300000 chevaux-vapeur, ou, en chiffre rond, d’un million de chevaux-vapeur.
- En admettant une dépense de 10 tonnes par cheval et par an, cela correspond à la production de 10 millions de tonnes de charbon, du prix de 300 millions de francs.
- Tous ces résultats sont approximatifs et exagérés sans doute ; mais ils ne donnent pas moins
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- une idée de l'importance de la question pour un pays aussi industriel que la Suisse.
- Sans doute, ces forces hydrauliques ne pourront pas se substituer de sitôt à la force produite par le charbon ; le moment est encore éloigné où l’on aura recours au chauffage par l’électricité. Mais, en attendant, les Industries qui exigent une force mécanique considérable/ l’éclairage des villes, la traction des chemins de fer pourra peut-être se faire peu à peu à l’aide de l’électricité produite par des forces naturelles.
- L’état actuel de l’industrie électrique en Suisse ne permet pas de prévoir de sitôt la réalisation de ces espérances ; mais il est néanmoins assez encourageant pour bien augurer de l’avenir.
- Les renseignements statistiques ne sont pas encore bien complets; on travaille cependant à les compléter. Ainsi le bureau fédéral de statistique a procédé dans le cours de cet été à une statistique de l’éclairage électrique ; les résultats de ce travail'ne seront pas connus avant quelques mois. En outre, M. le Dr Denzler, de Zurich, a fait une statistique particulière des installations diverses existant à.la fin de 1889.
- En nous appuyant sur les renseignements de M. Denzler et sur nos renseignements personnels nous voulons donner en quelques lignes un exposé de la situation actuelle de l’industrie électrique suisse. Nous serons plusà même de traiter ce sujet l’année prochaine, car, dans sa dernière assemblée générale, l’Association suisse des élec-^ triciens a mis à l’étude l'établissement d’une statistique générale de-l’industrie électrique suisse, comprenant non seulement les installations d’éclairage et de transport de force, mais aussi les maisons dè construction et -leur production annuelle. •
- Le résultat de l’enquête particulière à laquelle M. Denzler s’est livré;auprès des fabricants et auprès des propriétaires: ou directeurs des installations lui a permis de construire le tableau ci-contre. Les données du fabricant et celle du propriétaire sont rarement concordantes ; le plus souvent les installations fonctionnent avec un nombre de lampes supérieur au nombre prévu au début.
- Dans le tableau récapitulatif, on a placé dans la classe 25 les installations dans lesquelles les lampes sont réparties dans plus de trois bâtiments; c’est-à-dire on les a considérées comme stations centrales. En outre, on a considéré les lampes comme appartenant à une seule installa- I
- tion lorsqu’elles sont distribuées dans deux ou trois maisons de la même classe.
- Quant aux maisons d’habitation éclairées à
- Nature do l'installation Nombre d'installations t a d I >. A '°. •O' Capacité ! des dynamos en | kilowatts à «, 1 « Il S Ç-S2 ÏS jtf fl fi •a à -à d *2 !1 A e.
- 1. Filatures de laine, coton. >4 22 277 4,092 4
- 2. Tissages de coton, de lin 24 27 416 6,023 6
- 3. Tissages de soie 12 17 309 4 >993 2
- 4. Bobinages de soie 5 5 39 268 '7
- 5. Fabrique de dentelles... 4 4 44 605 7
- 6. Blanchisseries, teintureries, etc 18 20 144 1,136 6l
- 7. Ateliers mécaniques, d’horlogerie 38 46 961 2,663 20*5
- 8. Fonderies 6 r 58 29b 35
- 9. Scieries , fabrique de meubles 10 IO 29 322 7
- 10. Papeteries et fabriques de pâte à papier 5 9 67 881 12
- 11. Imprimeries, etc 9 9 30 403 9
- 12. Fabriques de ciment, de briques 5 3 18 212
- 13. Industries chimiques ... 6 6 52 293 8
- 14. Brasseries I I ! 1 33 39 7
- 15. Moulins, fabriques de pâtes alimentaires 15 ‘5 92 1,107 4
- 16. Gares 1 6 75 OOO 41
- 17. Bateaux à vapeur 28 28 79 878 >3
- 18. Rues,places,promenades 6 6 29 52 24
- 19. Hôtels ?o 36 386 4,140 102
- 10. Restaurants, cafés...... 12 '3 64 430 40
- 21. Bureaux, magasins 22. Maisons d’haDitation ... 13 '3 89 986 17
- 15 10 37 679 3
- 23. Ecoles diverses, musées. I I '4 25 227 6
- 24. Installations diverses... 38 4' 272 2,190 46
- Total des installations isolées. 340 380 3,624 33,863 701“
- 23. Stations centrales I 1 28 1,526 '7,'54 144
- 2b. Groupes de lampes sans dynamos - - .38
- Totaux 33' 408 5,'5° 5G'55 845
- l’aide d’accumulateurs, elles ont été considérées comme des installations isolées, même lorsque la charge des accumulateurs a lieu à l’aide de la dynamo de la fabrique, par exemple.
- On a fait figurer les lampes destinées à l’éclai rage public et privé dans la classe des stations centrales (25), tandis que les stations centralesqui ne servent qu’à l’éclairage public rentrent dans la classe 18.
- Les renseignements du tableau se rapportent à la fin de décembre. Des stations centrales étaient alors en exploitation à Lausanne, Loeche-Ies-Bains, Lucerne, Martigny, Meyringen et Vevey-Montreux.
- Depuis lors de nouvelles stations centrales ont
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- été mises en exploitation, entre autres celles du Locle. Il faut mentionner également que des stations centrales d'éclairage et de distribution de force sont en construction à Fribourg (utilisation des eaux de la Sarine), à Berne (utilisation des eaux de l’Aar), à Zurich (eaux de la Limmat) etc., pour ne citer que les plus importantes.
- Des 351 installations en exploitation à la fin de 1889, 347 employaient le courant continu et 4 seulement le courant alternatif, savoir: les stations centrales de Vevey-Montreux, de Lucerne et des installations à Brunnen et à Wald. Quant à la force motrice elle était empruntée aux moteurs hydrauliques, à vapeur, à gaz et électriques, comme suit :
- Dans 177 cas, soit 50,4 0/0 aux moteurs hydra jliques.
- 138 — 39,3 0/0 — à vapeur.
- 32 — 9,1 0/0 — à gaz.
- 4 — i",2 0/0 — électriques.
- En outre, 44 batteries d'accumulateurs, de fabrication indigène pour la plupart (surtout de la fabrique de M. Blanc à Marly, actuellement Société suisse pour la construction d’accumulateurs électriques) étaient en usage comme réserve ou régulateurs de l’exploitation.
- Reste maintenant le transport de force. A la fin de décembre 1889 il existait en Suisse 24 installations de force en exploitation. Les forces trans-
- mises variaient entre 2 et 280 chevaux et la distance de 0,05 à 10 kilomètres. Le nombre des machines primaires et secondaires était de 76 représentant une capacité de 1714 kilowatts.
- Le nombre des moteurs électriques alimentés par une station centrale est encore peu tlombreux ; les stations les plus importantes, Vevey-Montreux et Lucerne, employant le courant alternatif. M. Denzler ne mentionne que 7 électfbmoteurs d’une capacité de 27 kilowatts ou 37 chevaux.
- Parmi les installations intéressantes, i) faut citer celle de Granges, près Soleure, où une faible force hydraulique est employée pendant la nuit à charger des accumulateurs ; pendant le joUf ces accumulateurs actionnent la machine qui a servi à les charger et qui fonctionne alors comme moteur; elle ajoute alors à la force hydraulique une force supplémentaire de 4 chevaux.
- Des projets nombreux ont vu le jour pendant l’année 1890 pour utiliser des forces Hydrauliques importantes. Dans un de ses derniers numéros, La Lumière Électrique a décrit le projet d’utilisation des eaux du Rhin à Bâle. Il estaùssi question d’utiliser la partie restante de la chute du Rhin à Schaffhouse et de transporter cettfe énergie à Winterthur, à 32 kilomètres de distance.
- Les ateliers d’Oerlikon ont obtenu dernièrement la concession d’une force de 400 chevaux envirory située à 20 kilomètres et qu’ils vont transporter à
- Voyageurs Recettes Recettes moyennes en 1889
- Mois 1888 i8«9 D flérence 1888 1889 Différence par jour par voyageur et par jour
- 9,989,55 cont.
- Janvier 47,740 322,24 20,9
- Février 42,249 8,631,95 308,28 20,4
- Mars 57,348 11,866,15 383,06 20 7
- Avril 70,981 14,481,40 482,73 20,4
- Mai 75,120 3,698,80 15,227,15 491,20 20,3
- Juin 17,871 63,362 + 45,49' 12,647,95 4- 8,949,'5 421,60 20,0
- Juillet 24,263 66,673 + 42,408 5,409,80 13,680,85 + 8,271,85 441,32 20,5
- Août 39j5‘6 123,089 -r 83,573 8,904,50 28,244,75 + 19,340,25 9",44 '3,o
- Septembre 80,271 100,070 + '9,797 '4,574,80 19,806,10 + 5,23',3o 661,11 '9,8
- Octobre 64,742 85,875 + 2i,i33 >3,929,55 16,989,35 + 3,059,80 549,38 '9,8
- Novembre 44,022 65,397 + 20,775 9,553,10 12,954,90 -t- 3,401,So 435,05 20,0
- Décembre 49,123 =12,980 + 3,857 10,908,85 10,435,60 473,25 338,50 '9,8
- 320,412 850,884 + 237,034 66,978,60 >74,955,70 47,780,90 480,04 20,6
- dep .le 1 juin dep. le 1 juin moyenne moyenne annuel.
- annuctlo pur jour p, voy. et p. joiir
- leurs usines. La liste serait longue s’il fallait mentionner tous les projets à l’étude et dont la réalisation est prochaine.
- Dans le tableau de la page 181, il manque les applications de l’électricité à l’électrométallurgie et à l’électrochimie, représentées spécialement par la
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- 183
- fabrique d'aluminium de Neuhausen, près Schaf-fhouse, et par la fabrique de chlorate de potasse de Vallorbes; cette dernière, dont l’exploitation a commencé il y a quelques mois, peut disposer d’une force hydraulique de 2000 chevaux. Nous ne mentionnerons pas non plus les projets de chemin de fer ou‘tramways électriques en cours d’exécution; t>amways électriques d’Orbe, chemin de fer électrique du Salçve, etc.
- Nous terminerons ce compte rendu statistique par quelques renseignements sur le trafic du tramway électrique de Vevey-Montreux-Chillon, dont la longueur esl de 11 kilomètres, afin de montrer surtout quelle est l’élasticité du trafic d’unè installation de ce genre. Le tramway a été ouvert à l’exploitation en juin 1888 ; le tarif est de 5 centimes par kilomètre, avec un minimum de taxe de 10 centimes. Le tableau de la page précédente donne le relevé du nombre des voyageurs et des recettes en 1888 et 1889.
- Pendant la fête des vignerons de Vevey en août 1889 le trafic a été exceptionnellement actif. Ainsi le 8 août les 10 voitures ont transporté 10303 voyageurs et encaissé une recette totale de 2912 francs 75 centimes.
- Nous avons tenu à citer ces chiffres afin de montrer qu’une installation de ce genre peut rendre non seulement de grands services, mais donner aussi facilement des résultats financiers avantageux.
- A. P.
- Mode d’insertion des transformateurs à, courants alternatifs (système ÇSipernowsky, Déry, Bla-thy) dans lès stations centrales et réglage de la force éiectromptrice, par F. von Siegroth (*).
- La maison Ganz, de Buda-Pest, a pris l’habitude d’insérer en dérivation les transformateurs à courants alternatifs dans (les grandes stations centrales.
- Les dynamos excitatrices (supposons-en trois) sont insérées en dérivation par rapport à un même nombre de machines à courants alternatifs, lesquelles à leur tour sont reliées en dérivation avec le conducteur primaire des transformateurs insérés en série. .
- L’intensité du courant des dynamos excitatrices est réglée par des régulateurs de résistance, tandis qu’un voltmètre Cardew permet de contrôler la
- (*) Elektrotcchniscbe Rundschau (8' année 1890-1891 n’ 1).
- tension du conducteur secondaire à la station centrale.
- Si la machine à courants alternatifs alimente un go upe detransformateurséloignés et si la charge varie dans le courant secondaire, le courant primaire passant par le conducteur auxiliaire variera également. Pour pouvoir maintenir constante la tension électrique aux bornes du conducteur secondaire des transformateurs, il faut maintenir à une valeur déterminée la tension aux bornes qui correspond au circuit primaire. En outre, les tours primaires des transformateurs sont insérés en dérivation par rapport au conducteur primaire, d’où il résulte que la force électromotrice entre les bornes du fil primaire des transformateurs doit rester la même, quelque grandes que soient les variations du courant primaire.
- Soit R la résistance du câble et admettons que l'on puisse négliger l’auto-induction ; soit V la force électromotrice aux bornes de la machine à courant alternatif; soit v la différence de potentiel entre les bornes des circuits primaires des transformateurs et les points éloignés du câble; l’intensité du courant dans le câble, en ampères, est ap-
- * * - t \ V — T)
- proximativement égalé a —-— = C.
- R
- Il résulte que si v reste constant tandis que l’intensité du courant primaire C varie, la force électromotrice aux bornes de la machine à courant alternatif variera également, mais de telle sorte que la grandeur V — CR conserve une valeur constante.
- La force électromotrice aux bornes de la machine à courant alternatif ne peut donc être maintenue constante, mais elle oscille avec chaque modification de charge des transformateurs aux bouts éloignés des câbles. Avec la disposition adoptée par la maison Ganz on peut éviter cet inconvénient par le réglage du courant inducteur de la machine excitatrice. MM. Zipernowsky, Déry et Blathy ont invenxé une méthode spéciale pour le réglage automatique du courant magnétisant de la machine excitatrice, méthode par l’emploi de laquelle la grandeur V — CR reste constante pour toutes les valeurs du conducteur secondaire.
- Ils donnent à l’appareil qu’ils ont imaginé le nom de régulateur automatique. Cet appareil est installé dans la station centrale.
- Deux transformateurs Ej E2 sont installés à une place convenable de la station centrale; on les appelle transformateurs à courant dérivé et trans-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- formateur en série. Le fil primaire du transformateur Et est en dérivation par rapport à Lj L2, tandis que le fil primaire de E2 est inséré en série dans le conducteur L.
- Le conducteur secondaire de E2 est fermé par une résistance mobile R2; le courant secondaire de Et est fermé par un solénoïde S et par les résistances Rj et R2. Les tranformateurs Ej et E2 sont reliés de telle sorte, que les secondaires EMK en ^ et T2 soient dirigés en sens contraire, en ce qui concerne le courant produit dans le solénoïde S. La différence de potentiel entre les extrémités c et d de Tj est proportionnelle à la force
- Courant
- Résistance automatique
- Transformateur J en dérivation
- Transformateur
- Xz Transformateur
- jL IterncUerir
- Fig. i. — A est la machine à courant alternatifs; Li et L2 représentent le conducteur primaire.
- électromotrice V entre les bornes de la machine à courant alternatif. La différence de potentiel entre les bornes a et b est ou peut être rendue à peu près proportionnelle à la force électromotrice du courant primaire de L2 et à celle du câble ou de C R.
- Par conséquent on peut aussi faire en sorte que la différence de potentiel entre c et b ou entre e et f devienne proportionnelle à V — C R ou à v.
- Si un voltmètre VI est inséré entremet /, on peut le disposer de telle sorte qu’il indique la même valeur qu’un voltmètre inséré entre les'attaches secondaires du transformateur et les extrémités éloignées du conducteur. Cette force électromotrice aux bornes secondaires est proportionnelle à v; le voltmètre Vi peut donc indiquer
- immédiatement la force électromotrice dans le circuit des lampes, car il est relié directement avec ce circuit.
- 11 passe donc dans le solénoïde s un courant dont l’intensité est contrôlée par le courant principal C et par la force électromotrice V aux bornes de la machine à courant alternatif. Le solénoïde est traversé par un tube ou par une baguette mi-partie fer, mi-partie laiton, et un courant produit dans le solénoïde tend à attirer la partie fer vers le haut. La baguette est maintenue entre des disques conducteurs de telle sorte qu’elle peut se mouvoir librement dans le solénoïde.
- Celui-ci porte en haut un verre rempli de mercure et en bas un flotteur métallique qui produit une diminution de poids lorsqu’il plonge dans un vase plein d’eau W.
- Sur le verre rempli de mercure repose une résistance R en fil de fer dont les extrémités se réunissent par en bas et, fixées par un bloc, plongent dans le mercure. Lorsque le récipient de mercure monte ou descend, un bout de fil plus ou moins grand plonge, et les spirales de résistance sont ainsi fermées en circuit plus ou moins court. Ces spirales se trouvent dans le circuit des bobines magnéto-inductrices de la machine excitatrice; lorsque, par suite d’une attraction plus ou moins grande du solénoïde sur la baguette de fer qui supporte le récipient, le mercure monte ou descend, l’intensité du courant magnéto-inducteur de l’excitateur varie.
- Les connexions sont disposées de telle sorte que quand augmente dans le solénoïde le courant dont l’intensité est proportionnelle à V—CR alors le verre de mercure est repoussé et une résistance est insérée dans le champ magnétique de l’excitateur, ce qui diminue l’intensité du champ de la machine à courant alternatif, et inversement. En outre, il y a une résistance R qui est mise en série _ par rapport au solénoïde S, ce qui permet d’opérer de grandes variations de courant dans ce dernier et, par suite, de grandes variations de champ de l’excitateur au moyen d’une résistance dont le réglage se fait à la main. Le réglage automatique peut alors maintenir constante la force èlectromo-trice aux extrémités éloignées des conducteurs d’alimentation, de sorte que la force électromotrice est indépendante des variations qui peuvent survenir dans le conducteur.
- C. B.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ •
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- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Considérations sur les piles, par W. Hankel (*)• Force èlectromotrice.
- Les molécules matérielles des corps se trouvent continuellement dans un état électrique déterminé par leur constitution et qui se rétablit immédiatement après que disparaissent les actions extérieures qui les avaient écartées de cet état. Nous considèferons les phénomènes électriques comme résultant de mouvements de rotation ; il existe alors' sur la superficie des molécules des oscillations autour d’un axe situé normalement à cette surface.
- Ces oscillations peuvent, suivant la forme et la composition des molécules, être sur toute la surface de même intensité et de même direction ou bien varier avec les différentes parties de la surface. Pour plus de simplicité nous admettons dans tout ce qui suit que sur la surface entière les oscillations ont partout même grandeur et même direction.
- Quand un corps est formé de l’assemblage de plusieurs molécules, les mouvements de rotation des molécules situées à /intérieur de ce corps sont entravés par ceux des molécules environnantes, car aux points de contacts les rotations des deux molécules possèdent même grandeur mais avec des directions opposées. Il reste en définitive seulement les. oscillations qui se trouvent sur la surface externe du corps.
- Aussitôt que le corps est mis en communication avec la terre par un fil métallique bon conducteur il se fait un transport d’électricité de nom contraire à celle du corps sur toute sa surface, de sorte que le corps paraît à l’état neutre. Si maintenant sur un tel corps supposé bon conducteur, par exemple une boule de zinc, l’on place un disque d’un isolateur parfait, l’état de la boule de zinc n’est pas essentiellement changé car la couche électrique transportée de la terre sur la boule se comporte en présence du disque isolateur comme elle se comporterait en présence de l’air.
- La marche du phénomène est différente quand on met en contact la boule de zinc'rendue neutre par le fil de terre avec une boule semblable. Les
- (') tVied. Ann.y t. XXXIX, p. 369.
- points de la couche déterminant l’état neutre sont déplacés par le contact des masses conductrices et les rotations des deux molécules en contact sont alors seules en présence. Mais ces rotations ont même grandeur et des directions opposées de telle façon qu’elles se détruisent et que le point de contact se comporte comme un point intérieur de la masse entière. Le système des deux boules reste donc à l’état neutre.
- Quand cependant les deux boules venant en contact sont formées de substances différentes dont les molécules n’ont pas des mouvements de rotation de même intensité, quoique toujours de sens opposés, les rotations des deux molécules en contact ne se détruisent plus complètement : il se forme au plan de contact une rotation dont la grandeur est égale à la différence des vitesses de rotation des deux molécules.
- Les directions de rotation pour chaque molécule sont dirigées normalement et extérieurement à leur surface. Les oscillations de l’une des molécules étant positives et celles de l’autre molécule négatives elles ont alors au plan de contact les mêmes directions de rotation et s’ajoutent donc en valeur absolue.
- Si, au contraire, les rotations sur les deux molécules ont mêmes directions, mais des vitesses différentes, il se forme alors la rotation égale à l’excès de la plus grande sur la plus petite.
- Ces rotations qui se produisent au plan de contact se propagent sur les deux molécules correspondantes, d’où l’on a sur un des côtés du plan une molécule positive et sur l’autre côté une molécule négative.
- Comme maintenant un corps chargé électriquement agit d’une façon telle sur un conducteur placé à proximité que les molécules sur ce dernier prennent des mouvements de rotation autour des rayons partant du corps comme axes, il s’ensuit que pour les deux boules de nature différentes les mouvements de rotation des molécules en contact se propagent à l’intérieur des masses correspondantes. 11 se produit donc de l’électricité libre à la surface externe séparant les boules du mauvais conducteur ambiant. La force ëlectromo-trice engendrée par le contact apparaît donc comme un mouvement de rotation' d’une grandeur déterminée.
- Nous sommes conduits à une conception identique de la force èlectromotrice dans la considération des phénomènes d’induction. Un courant
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- produit dans un circuit primaire engendre dans lès parties voisines d’un deuxième circuit un courant induit. L’action du courant primitif sur les parties conductrices voisines consiste en une production de mouvements de rotation qui produisent alors la force électromotrice dans les parties plus éloignées du circuit secondaire.
- Courant électrique.
- Si les pôles d’un élément galvanique sont reliés par un conducteur, la force électromotrice e tend à engendrer dans les molécules les mêmes mouvements de rotation. Les molécules opposent à cet effort une résistance dépendant de leurs propriétés. La force électromotrice existante est donc employée en partie à vaincre cette résistance et en partie à produire des mouvements oscillatoires qui par leurs actions extérieures engendrent les effets électrodynamiques.
- Plus la résistance opposée par la substance aux mouvements de ses molécules est grande, plus alors la force électromotrice nécessaire pour vaincre cette résistance est considérable et par conséquent plus la vitesse de rotation est diminuée comme aussi l’intensité du courant. La somme des vitesses de rotation est la même dans toutes les sections du fil quand le courant est à l’état permanent.
- La formation du courant a beaucoup d’analogie avec l’écoulement de l’eau dans un tube. Si dans un vase il y a une hauteur de pression H et que l’eau s'écoule par un tube horizontal situé à la partie inférieure du vase, une partie b de la hauteur de pression est employée pour vaincre la résistance opposée, et une partie h' seulement apparaît sous forme de vitesse, la même dans toutes les parties du tube.
- Intensité du courant électrique.
- Soit un élément galvanique isolé de force électromotrice e donnée et considérons cet élément dans une section, par exemple dans celle où a lieu le contact des deux métaux différents. Si maintenant, la pile est fermée par un conducteur de résistance U, on obtient alors un courant résultant i — e — U ; c’est à-dire qu’une partie U de la force électromotrice entière est employée pour vaincie la résistance offerte par le fil du circuit et que le reste e — U se présente sous la forme d’un courant.
- Les valeurs de e et de 0 doivent s’éxprimer au moyen des mêmes unités; il doit donc en être de même de la valeur de i.
- Dans toutes les méthodes trouvées jusqu’ici pour la détermination delà force électromotrice et. de la résistance, ces deux grandeurs ne sont jamais évaluées avec les mêmes mesures e* on ne peut alors en déduire la valeur de i indiquée pàr ia formule ci-dessus.
- J’indique plus loin un procédé justifié par l’ex-; périonce et permettant d'évaluer e et U à l’aide • des mêmes unités, ainsi, par’ coriseqùent; que : e— J ou i. Nous tirons de l'équation précédente •
- = : . i ; : .
- L’expérience nous apprend que pour un ciicuit maintenu invariable, l’intensité du courant croît proportionnellement à la foice électromotrice. Si la force électromotrice s'élève de e à E, l’intensité, croît de i à une valeur I telle que l’on ait
- e : E = * : I;
- en d’autres termes, dans un circuit constant, le rapport de l’intensité du courant à la force électromotrice qui produit ce courant reste invariable.
- En écrivant l’équation -
- e — i = U
- sous la forme
- (?-)--u, :
- on obtient alors, entre parenthèses une expression qui reste constante en même temps que le circuit. 11,en résulte que la résistance, c’est-à-dire la quantité de mouvement de rotation absorbée par- cette résistance, n’est pas du tout constante pour un circuit conducteur donné; elle croît proportionnelle--, ment à l’intensité du courant.
- En désignant par u la grandeur de la force électromotrice absorbée par un circuit donné pour une intensité de courant égale à l’unité, on a
- u = U : i ou U — u i.
- Par l’introduction de cette valeur on obtient :
- £
- Dans cette équation j représente la valeur nurhé-
- t
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- rique de la force électromotrice nécessaire à engendrer dans le circuit considéré un courant égal à limité.
- La grandeur désignée par u sera dorénavant appelée pour plus de simplicité le coefficient d’absorption du conducteur donné ; ce coefficient est donc égal à la partie absorbée de la force électro-motriCe nécessaire pour engendrer l’unité de courant dans ce conducteur!
- Cette force électromotrice étant égale à u + i dépasse l’unité de la grandeur u. On peut donner un exemple pour plus de clarté. Dans les mesures indiquées plus loin relatives à un grand élément Daniell et à une colonne de mercure de i mètre dq longueur et i millimètre carré de section on trouve pour coefficient d’absorption du circuit le nombre 6,99 ; cela veut dire qu’une force électromotrice égale à 6,99+ 1, ou 7,99, se divise en deux parties, l'une, égale à 6,99, est absorbée dans le circuit et l’autre, égale à 1, se retrouve sous forme de courant.
- Influence de la variation du circuit sur l’intensité du courant.
- Considérons une pile galvanique de force électromotrice e et dont le coefficient d’absorption est k; on a
- e = u i + i,
- et % .
- Si maintenant on intercale dans cette pile un fil dont le coefficient d’absorption a est connu, on obtient, en désignant par i' la nouvelle intensité du courant :
- e — u i' + a i' + i'
- et
- it + a 4- 1 ’ OU
- Ces équations permettent de calculer les valeurs e et u quand elles sont inconnues à l’aide des valeurs observées pour i et i' et de la valeur connue de a. En effet, de
- et c
- ut 4- i)4- et
- on tire : i i' a'
- et , a if
- u I = J. 1 — t*
- Pour déterminer le coefficient d’absorption inconnu ti' d’un fil quelconque à l’aide des mêmes unités que a, intercalons ce nouveau fil à la place du premier, et soit l’intensité du courant obtenu. On a :
- e == u i’ 4- «' i" -f i
- De cette équation et de la première on tire la suivante :
- (« 4- 1 ) 4-«'*
- Des trois équations qui donnent i, i' et i", on en tire le rapport :
- u' i' (i — i")
- a ~~ i" (» — /') '
- Pour diminuer de moitié un courant donné par l’introduction d’une nouvelle résistance, il ne suffit pas d’ajouter un fil dont le coefficient d’absorption u soit égal au coefficient d’absorption du circuit entier; l’introduction de ce conducteur donnerait un courant y plus grand que 1/3 i, car on aurait
- e = 2 u y 4- y,
- OU
- Une diminution du courant égale à sa moitié peut se faire si la dénominateur de la fraction est
- 2U -f 2 0U2 (u + 1 )
- II suffit donc pour obtenir ce résultat d’interca^ 1er dans le circuit primitif un conducteur dont le coefficient d’absorption soit égal à u -f- 1.
- La raison pour laquelle l'introduction de u seul ne suffit pas est facile à reconnaître. Une augmentation u du premier circuit u absorberait pour le
- courantl- la', même quantité de force électromotrice que celle absorbée par la résistance u pour le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- courant i. Mais le courant i doit être réduit de moitié ; on peut donc encore intercaler une nouvelle résistance. Il faut donc ajouter un conducteur de résistance u + i pour obtenir le résultat demandé.
- Les choses se passent de la même manière quand on veut doubler le courant en retranchant une résistance convenable. Il ne suffit pas de retran-
- U
- cher simplement la résistance -, la diminution
- doit être égalé à ^ y On aurait, en effet, en
- retranchant la première résistance pour valeur du courant y' :
- par conséquent ÿ serait plus petit que 2 4 Il faut absolument pour que y' = 2 i que l’on retranche (u -|- 1) 2. Il faut retrancher du circuit une résis-u .
- tance plus grande que - car une partie de e absorbée' jusqu’ici par la résistance doit maintenant être employée pour élever i à 2 i par l’intermédiaire dë mouvements de rotation.
- Courants dérivés.
- On obtient facilement les lois suivantes relatives au partage d’un courant dans un système de conducteurs en dérivation :
- i° Supposons les fils en dérivation réunis ensemble de manière à ne former qu’un seul fil; chaque section exerce alors la même action électrodynamique et par conséquent la somme des mouvements de rotation doit être la même dans toute section. On obtient le même résultat en partant de ce principe qu’à chaque point d’embranchement passe la même quantité d’électricité.
- 20 La résistance des différents fils dérivés partant d’un point d’embranchement doit être la même oour chacun d’eux ; si en effet elle différait suivant les fils à un instant donné il s’écoulerait alors un plus fort courant à travers le fil possédant la plus petite résistance ; cette augmentation de courant dans ce dernier fil produirait une augmentation de sa résistance, tandis que la résistance des autres fils diminuerait par suite de la diminution du courant qui les traversent. L’accroissement du courant
- dans.le premier fil et la diminution dans les autres se continueraient de la même manière jusqu’à ce que toutes les résistances fussent égales.
- 3° Si dans un conducteur unique existe une force électromotrice e et que dans ce conducteur circule un courant i la force électromotrice nécessaire pour vaincre la résistance du fil est égale à e — i.
- Appliquons ces trois principes sur les courants dérivés au pont de Wheatstone, en supposant que les courants aient les directions indiquées par les flèches. Soit un élément zinc-cuivre; le courant i passe dans les fils A B et EF dont le coefficient est u.
- Dans les fils désignés par 1, 2, 3, 4 etj, et dont.
- Fig. 1
- les résistances sont uu u2, etc., soient iu i2, etc., les courants passant par ces fils. D'après le i°, on a :
- i — il + t'i = 73 -f i 1 il — 13 + 4>
- d’où l’on tire
- t = *3 + 'b + 4-
- D’après le 20, les résistances partant des mêmes points d’embranchement doivent être égales. Or, la résistance correspondant à un courant donné c’est-à-dire l’absorption de la force électromotrice produisant ce courant dans un fil déterminé .s’obtient en multipliant le coefficient d’absorption par l’intensité du courant. La résistance des différentes parties est donc :
- E F A B u i CE «3 1%
- B C «i ii D E 4
- B D m 72 C D k5 75.
- En partant du point d’embranchement B, on
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- voit que les résistances des fils B CE et B D E doivent être égales ; on a donc les équations suivantes :
- il m + ta tti = 4 «2 + il «I ii m + ia "a — i-i ni — 4 ti i =0.
- En parcourant les fils B D E et B C D E on est de ’Tnêtne conduit à écrire :
- i\ «1 + 4 115 + 4 "i = ii m 4- i\ »i't
- eti retranchant it ut dans les deux membres, oh à :
- il it 1 4- i[, 116 = il ni
- OU
- ii m 4- /6 iif, — 4 u2 = o; etc.
- Considérons maintenant un circuit contenant la pile dont la force électromotrice est e, par exemple le circuit A B C E F A. Dans chaque section totale du circuit passe le'même courant z; il faut donc d’après le y principe retrancher i de e pour obtenir la force électromotrice nécessaire pour vaincre la résistance de ce circuit. On a donc :
- c_ = i — i u 4- ii ni + 4 n?l.
- On a de même en parcourant le chemin A B D E F A :
- e — i = / n + ii ni + 4 nl:
- et pour le circuit. A B C D E F A :
- e — i -= i u + ii u i + 4 il-, f- 4 «i.
- On aperçoit immédiatement la concordance de ces trois équations en considérant les équations indiquées plus haut :
- le même rapport; le coefficient d’absorption croît donc évidemment proportionnellement à la longueur du fil.
- La loi qui relie le coefficient d’absorption à la section du fil s’obtient de la manière suivante. Considérons une. pile fermée par deux fils de même matière et de même longueur mais de sections différentes et supposons que la section du plus gros fil soit égale à 4 fois l’autre section. L’intensité du courant i mesurée par les actions électrodynamiques extérieures est partout la même.
- Les actions émanant de chaque section correspondent de plus, comme nous l’avons déjà vu, à la somme des rotations des molécules de la section.
- Or, pour que les actions du fil le plus épais soient les mêmes que celles du fil le moins épais, les rotations dans, le premier doivent avoir une vitesse 4 fois moins forte que dans l’autre fil puisque les molécules sont 4 fois plus nombreuses et que la somme des rotations doit être la même partout.
- Divisons par la pensée le plus gros en quatre autres fils de même longueur et de section quatre fois moindre. Chacun de ces fils est identique au fil lé plus mince. Le coefficient d’absorption de ce dernier étant u pour l’unité d’intensité de courant, il est également u pour chacun des quatre petits fils. Or, dans le fil mince isolé circule un courant i; son absorption est donc ui. Le courant qui traverse chacun des quatre fils est au contraire leur absorption est donc pour chacun
- d’eux —, c'est-à-dire le quart de celle qui aurait 4
- lieu dans ces derniers fil’s s’ils étaient parcouru par un courant i.
- Intensité du courant produit par plusieurs éléments.
- 4 m + ia 113 = 4 “1 + 4 a 1
- et
- il m + 4. '‘a ~ il «*•
- Variation de /’absorption avec la longueur et l'épaisseur du conducteur. .
- En augmentant la longueur d’ùn fil ayant partout la même section, le nombre des molécules qui doivent être mises en mouvement croît dans
- Soit e la force électromotrice d’un élément zinc-cadmium-eau; on peut former un élément zinc-cuivre-eau, de la force électromotrice E = 4e. En donnant la même longueur et la même épaisseur à la colonne d'eau dans les deux piles, ces dernières ont évidemment le même coefficient d’absorption u..
- On obtiérîtalors pour l’élément (Zn Cd Aq) :
- c = u i + /, c- — i ~ u i et i = —-— ;
- ' 11 j- i ’
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- yy-..
- pour l’élément (Zn Cu Aq) :
- E = u i' + i' E — i' — u i' et /' = —5— = ——•
- #( i « + i
- Le courant i' vaut donc 4 fois le courant i.
- La valeur de la partie de la force électromotrice employée à vaincre la résistance de l’élément zinc-cadmium-eau est e—i et celle employée pour l’élément zinc-cuivre-eau est E — i' = 4e — i'.
- En augmentant alors la longueur de la colonne d’eau dans l’élément zinc-cuivre-eau de 3 fois sa longueur, on obtient un courant i" donné par l’équation :
- 4 e = 4 u -f- i“ — (4 u -E 1 ) i“.
- On a donc
- -AJ—. 4 u 4- 1 ‘
- Dans ce cas la force électromotrice 4e— i" est employée à vaincre la résistance 411 du nouvel élément.
- En prenant maintenant 4 éléments zinc-cad-miumTeau en tension, la force électromotrice totale étant évidemment égale à la somme des forces électromotrices partielles estdonc égale à 4e, c’est-à-dire à la force électromotrice de l’élément dont le métal négatif est du cuivre; en outre le coefficient d’absorption de cette batterie est 4u comme celui du grand élément au cuivre. Dans ce cas de plusieurs éléments la seule différence provient de ce que la force électromotrice n’est pas condensée en un seul endroit, mais se partage en plusieurs points. Si avec cette disposition il se forme un courant i'", il existe alors dans toute section du circuit une intensité i'". A chaque point où se trouve une force électromotrice e, cette force surpasse le courant de la quantités — i'" qui seule peut être employée à vaincre la résistance offerte par le circuit. Ceci a lieu à tout point où se tient une force électromotrice e ; par conséquent on a pour force électromotrice totale pouvant être absorbée 4(e — i"'). Comme il n’y a pas de nouvelles résistances intercalées, cette dernière valeur est nécessaire pour vaincre la résistance 4 ui"', en sorte que l’on a :
- v 4 (e — /'”') = 4 u i" ou e — i" = u ï".
- En d’autres termes le courant est le même que lorsqu’il n’y avait qu’un élément.
- En intercalant un fil métallique dont le coefficient d’absorption est a, on obtient pour les divers cas précédents les équations suivantes :
- e — i = ui -E ai, e = (« + a -E 1)1,, 4e — i'= m'+ai', 4e = {u f a + 1; i',
- 4e — •/"= 4ni’ 4-ai", 4e — (4« -E a +1 ) i", 4 (,t—i'")=4ui“+ai"',-4e =[4t« f 0+<*]*',
- i' =
- (u 4- O 4~ a)
- e ’
- 4g ____
- (u +!) + «’
- _____4f___^
- (4« + O + a’ ____4f_____
- 4 («.+ 1) + «'
- Dégagement de chaleur.
- Quand il ne s’écoule aucun courant par un fil, les parties constituantes d’une des molécules peuvent prendre une position déterminée auprès des molécules environnantes. Mais quand le fil est traversé par un courant la disposition change ; les molécules d’une section exercent alors des forces sur les molécules de la section suivante pour leur communiquer leur propre mouvement de rotation. Les molécules ont une tendance très grande à retourner vers leur état primitif ; c’est pourquoi il est nécessaire que certaines forces existent continuellement afin de maintenir les molécules dans leur état forcé et contraint.
- La résistance croît avec l’intensité du courant ; elle est égale à u'i pour le courant i. Cette résistance doit en outre être surmontée sur une longueur égale à la vitesse de rotai ion i ; de telle sorte qu’il en résulte une résistance au mouvement proportionnelle à u'ii, d’où un dégagement de cna-k leur correspondant.
- En désignant par u le coefficient d’absorption pour l’unité de longueur, la quantité de la chaleur dégagée dans un fil de longueur l pendant un temps t sera donc proportionnelle à u' izlt.
- Tension électrique aux extrémités d’une pile.
- Aux extrémités d’un élément galvanique on observe une tension électrique mesurant la grandeur de sa force électromotrice lorsque le circuit n’est pas fermé. Quand le circuit est fermé cette force électromotrice est employée comme on sait : i° à vaincre la résistance; 20 à engendrer les rotations des molécules. Dans ce cas il-n’yaque la partie de la force absorbée par la résistance qui puisse apparaître encore comme tension aux extrémités du circuit tandis que la partie produisant les mouvements de rotation ne forme aucune tension. D’après ce qui précède on a e = ui-\-i-, ui signi-
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- fiant la partie de e qui sert à vaincre la résistance désigne par conséquent la tension existant aux deux pôles d'une pile galvanique. En désignant cette tension par e', de sorte que l’on ait e' —tn, il vient alors
- e = e' + i ou e — e’ — ».
- Mais l’intensité d’une pile est i — e\(u-\- 0» e^e est donc d’autant plus petite que est plus grand; par la diminution de i, c’est-à-dire par l’accroisse-rtient de u, e;’ s’approche de plus en plus de e.
- J’ai indiqué précédemment une manière d’évaluer, les grandeurs i et »? à l’aide des mêmes unités. La même chose a évidemment lieu d’après ce que nous venons de dire pour le rapport des tensions électriques aux pôles d’une pile à circuit ouvert ou fermé.
- Résultats expérimentaux.
- Les pôles d’un grand élément Daniell sont mis successivement en communication avec les feuiiles d’or d’un électromètre, l’autre pôle étant relié à la terre à l’aide de liaisons avec les conduites de gaz. La moyenne de deux déviations produites dans l’électromètre par chacun des pôles donne avec une grande exactitude la tension aux deux pôles de l’élément.
- En fermant ensuite la pile à l’aide d’une résistance très grande, par exemple iuooo unités Siemens, on ne remarque pas de variations appréciables des déviations. Mais à mesure que la résistance intercalée diminue on aperçoit une diminution sensible de la tension aux deux pôles.
- Je n’indique pas les observations effectuées avec de grandes résistances; je me borne à celles où le circuil a une faible résistance et où par conséquent la diminution de tension aux deux pôles est suffisamment apparente.
- D’ailleurs, même dans le cas de ces dernières observations, l’un des pôles de l’élément est mis chaque fois en communication avec la terre. Des deux valeurs très voisines fournies par les deux pôles on prend toujours la moyenne.
- Les valeurs moyennes du tableau suivant sont celles relatives aux résistances correspondantes intercalées ; ces résistances sont indiquées en unités Siemens :
- Pile ouverte.......................... 3tS,87
- — fermée par 0,5 unité S.............. 30,84
- — ouverte............................. 38,54
- Pile ouverte.........’.............. .. 38,65
- — fermée par 0,3 unité S............ 27,64
- — ouverte........................... 38,52
- — fermée par 1 unité S............ 33,71
- — ouverte........................... 38,8a
- Après une interruption de 15 minutes :
- Pile fermée pai 2 unités S.......... 38,85
- — ouverte........................... 38,56
- — fermée par 3 unités S............. 36,65
- — ouverte........................... 38,45
- En comparant maintenant les moyennes des observations à circuit ouvert faites avant et apres chaque fermeture avec celles mesurées pendant ces fermetures, on obtient le tableau suivant en disposant les résultats d’après la suite des résistances intercalées :
- e er i « +1 u
- 3 u. s. 38,5' 36,65 1,86 20,70 19,70
- 2 — 38,36 35,85 2,7' 14,23 '3,23
- I — 38,67 33,7' 4,96 7,80 6,80
- °,5 — 38,70 30,84 7,86 4,92 3,92
- 0,3 — 38,59 27,64 10,95 3,52 2,52
- Sous la rubrique»; se trouvent les tensions observées aùx pôles de la pile en circuit ouvert et sous e' les valeurs pour le circuit fermé. La différence entre eet e', c’est-à-dire la partie de e qui n’est pas absorbée par la résistance forme le courant /; on a e — e'=i. Cette différence indiquant par conséquent l’intensité du courant se trouve dans la troisième colonne. En divisant ensuite e par i on obtient la valeur de u + 1, et par suite celle du coeffi -cient d’absorption du circuit entier.
- Les intensités de courants étaient variables à cause des plus ou moins grandes résistances intercalées. En désignant les intensités par z03, z05, etc., et les coefficients d’absorption par les mêmes indices, on a, si x représente le coefficient de la pile et y celui de l’unité de mercure :
- x + 3 y = 19-7° = «3
- X+ 23= 13,23 = «4 x -f- 1 3 == 6,80 =
- X + 0,5 y = 3,92 = x + 0,3 y => 2,52 = ;/0,3
- En résolvant ces cinq équations par la méthode des moindres carrés, on obtient pour les valeurs les plus probables de x et y :
- x = 0,638 et 3» = 6,351
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- En remplaçant ces valeurs dans les équations précédentes, on a :
- 0,638 + 19,053 = 19,69; 20,69
- 0,638 + 12,702 = 13,34; 14,34
- 0,638 + 6,357 = 6,99; 7,99
- 0,638+ 3,175 = 3.si;
- 0,638 + 1,905 = 0,54; 3,54
- En divisant la force électromotrice e par la valeur correspondante de uff\, indiqués dans la dernière colonne, on obtient la valeur calculée de i. Voici les résultats trouvés et les différences entre les valeurs calculées et les valeurs observées.
- Différence
- + o
- + 0,03 + 0,12 — o, 18 + 0,02
- bres proportionnels à ceux trouvés par les mesures électrométriques.
- Pourtant, comme à l’occasion d’une autre série de recherches, j’avais besoin des intensités des courants produits par le même Daniell fermé sur les mêmes résistances j’ai obtenu les valeurs indiquées plus loin. Les mesures étaient effectuées à l’aide d’une boussole des tangentes dont le. cercle n’était divisé qu’en degrés. En considérant la pile comme constante on obtient pour les résistances :
- 0,3; 0,5; 1; 2;. 3;
- les intensités :
- o,555; 0,414; 0,261 ; 0,139; °)°93-
- En multipliant ensuite toutes ces intensités par le rapport 7,86 : 0,414, on obtient les valeurs proportionnelles suivantes :
- 10,53; 7,86; 4,90; 2,64; 1,78.
- Observée Calculée
- i3........... 1,86 1,86
- 72................ 2,68 2,91
- 7i........... 4,«4 4,96
- 70,6......... 8, 04 7>86
- 70,3............. lo,93 '0,95
- La concordance entre les valeurs calculées et celles déduites de l’observation est donc très satisfaisante. On pourrait regretter que dans les recherches précédentes les intensités des courants ne soient pas mesurées avec un galvanomètre. Cette disposition aurait compliqué inutilement les observations, et d’ailleurs il est facile de montrer que les valeurs de i ci-dessus sont proportionnelles aux indications d’un galvanomètre.
- Considérons en effet deux valeurs de i:i0,3 et i2 comme déviations d’un galvanomètre et cherchons d’après la manière habituelle ’ les valeurs de E et de W. Nous avons ;
- Io,3 = io,95 = W + 0,3 Ia “ 2,71 = W~+2 ’
- d’où
- E = 6,12 et W = 0,259.
- En calculant à l’aide de ces valeurs de E et de W les trois autres intensités de courants observées, on a :
- E
- Calculée. .-TT-,— = 1,88; w + 3
- Observée. 1,86 ;
- H
- W + 1
- 4>«6; w+^5-=-8>°7; 4,95 ; • 7,86.
- On voit que'ces nombres sont très voisins de ceux que nous avons obtenus précédemment.
- Coefficients d’absorption.
- Après avoir déterminé comme nous l’avons fait le coefficient d’absorption d’une colonne de mercure de un mètre de longueur et de un millimètre carré de section, il est facile d’en déduire le coeffi cient d’absorption d’un fil de mêmes dimensions, mais composé d’un autre métal. On démontre ainsi que les résistances R obtenues parla méthode ordinaire sont proportionnelles aux coefficients d’absorption. Voici les résultats relatifs à plusieurs métaux.
- R e 11 V i
- Mercure I ,003 7,35' 6,351 0 864 0, 136
- Platine 0,143 1,908 0,908 .0 476 0,524
- Fer O, 125 ',794 0,794 0 443 0,557
- Zinc 0,0667 1,424 0,424 0 298 0,702
- Cuivre 0,0185 1,117 0,117 0 105 0,805
- Argent 0,0169 1,107 O, 107 0 097 0,903
- Dans la première colonne de ce tableau sont les résistances des différents métaux, celle du mercure étant prise pour unité. La force électromotrice e est celie qui produit un courant d’intensité égale à
- Un galvanomètre aurait donc fourni des nom-,
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- l’unité dans un fil dont le coefficient d’absoption est u. Les nombres contenus dans la colonne v donnent la quantité de force électromotrice absorbée par la résistance quand la force totale est l’unité. Enfin la dernière colonne indique dans ce dernier cas la quantité de force électromotrice transformée en courant.
- Concordance de nos formules avec les formules ordinaires.
- Considérons d’abord la loi de Ohm. D’après cette loi l’intensité d’un courant électrique est E
- 1 = E désignant alors la force électromolrice
- et R une grandeur appelée la résistance. Les valeurs de Eet de R ne se mesurent pas directement, mais se déduisent par le calcul de plusieurs intensités de courants. En introduisant une résistance connue A, l’expression de l’intensité devient E
- "I,= R+Â'Si ^ on remPlace A Par une résistance
- E
- inconnue r, on a encore 1" — R
- J’ai montré plus haut que les intensités des courants mesurées par le galvanomètre sont exactement proportionnelles à celles calculées d’après l’équation i = e — e'. On peut donc poser :
- I = m i} F = m irj V î= m i*.
- r
- On obtient alors pour le rapport ^ l’expression :
- r = I' U —l'> = ï (i — i')
- a r (i — i') r (1 — 1') ’
- ... u'
- identique à celle trouvée précédemment pour — •
- Par conséquent A et r se distinguent de a et u' seulement par un facteur constant n ; d’où- l’on a :
- A — 11 a et r — n u'.
- Des deux premières équations on tire :
- ^___ A. I' _ muai' ___. n a i'
- I — 1' “ m (i —Y) ~ t — (' '
- Comme en outre les équations antérieures
- _ e _ _____£____
- U 1 * {il *,f~ l) -J" Il
- donnent :
- on en déduit :
- R = n (u -}- 1 ).
- R se distingue donc de (u-f- 1) seulement par le même facteur qui multiplie l’unité de mesure arbitraire de résistance. Quand on connaît le facteur n, on peut par conséquent trouver le coefficient d’absorption u de la pile à l’aide de la résistance R mesurée par les méthodes ordinaires.
- Des équations précédentes nous tirons encore
- E = m i. n (u + 1),
- ou comme :
- i (h -f 1) = e E = m n e.
- Les valeurs E, I, R correspondent donc aux grandeurs e,i,u-f- 1 ; elles n’en différent que par certains facteurs constants. On voit donc bien tout l’accord qui existe entre nos formules et celles de Ohm.
- En intercalant en outre de r des résistances r', r", etc., les coefficients d’absorption étant proportionnels sont :
- , r' , r'
- u = —. u = —, etc.
- U U *
- D’après tout ce qui précède, la résistance d’un circuit donné est indépendante du courant qui traverse le circuit, tandis que d’après notre propre-théorie la résistance dépend de l’intensité du courant et croît proportionnellement avec elle. Dans
- la formule de Ohm I = g, la valeur de R est indépendante de l’intensité du courant, mais il faut remarquer toutefois que R ne signifie pas réellement la résistance correspondant au courant 1 ; R représente la valeur n(u -f- 1), où u est le coefficient d’absorption relatif à l’unité de courant et où « est un facteùr constant.'
- Passons maintenant aux lois de Kirchhoff. La première des équations établies i — i' -j-i" a évidemment la même signification que la première loi de Kirchhoff.-’;La seconde équation i'u' -iri" u", etc., s’accorde également avec celle de Kirchhoff : i' r' -f 1" r” = 0 car r' ~nu' et r" = nu". Dans la troisième loi E =ir + i’ r' -J- i" r" les grandeurs
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- r, r', r",.... sont'considérées comme tout à fait analogues. Ceci n’est pas le cas ; tandis que r' = nu’ et r" — nu", on a pour r, par suite de la partie de pile comprise où se développe la force électromotrice, l’équation :
- r = h (« + i)-
- En remplaçant r par cette valeur, nos formules s’accordent bien avec la dernière formule de Kirchoff.
- Enfin, d’après Joule, le dégagement de la chaleur engendrée par un courant i dans un fil de résistance r' et de longueur / est égal à r' Plt, t désignant la durée du passage. Mais dans cette expression r' n’est pas la résistance effective du fil correspondant au courant/; c’est un nombre proportionnel au coefficient d’absorption: r' — nu', en sorte qu’il n’y a pas de différence réelle entre cette expression de chaleur dégagée et celle que nous avons établie.
- A. C.
- VARIÉTÉS
- L’ÉLECTRICITÉ A LA « GRAN PLAZA »
- Le vaste cirque de la rue Pergolèse est de forme rigoureusement géométrique, genre d’architecture fort simple et qui produit quelquefois des effets très puissants.
- La base de l’édifice est un polygone régulier de 30 côtés inscrit dans une circonférence de 100 mètres de diamètre.
- Les murailles, élevées de 30 mètres, sont les 30 pans du prisme droit dont cette base est la projection. La piste est un cercle de 60 mètres, concentrique au premier. La couronne de 20 mètres comprise entre les deux cercles est occupée par les estrades destinées aux spectateurs.
- Les premiers gradins partant de la piste vont s’appuyer à des colonnes s’élevant à ia mètres en arrière; les deuxièmes et troisièmes sont soutenus par les murailles extérieures. Le tout est recouvert d’une toiture inclinée. Les portes
- d’accès ont été pratiquées dans les murailles de trente mètres.
- La construction, confiée à M. Camboul, ancien élève de l’Ecole centrale, a été exécutée avec une rapidité remarquée même au milieu des étonnements de l’Exposition universelle. Les études ont été commencées le 23 avril, et le 10 du mois d’août l’arène était inaugurée devant une foule immense. On a constaté dès lors que 22 000 personnes peuvent parfaitement trouver place sur les trois rangées de bancs qui garnissent l’intérieur.
- Les succès obtenus en 1889 ont fait concevoir la pensée de couvrir cet édifice à l’aide d’une immense coupole dépassant tout ce que l’on avait construit jusqu a ce jour de plus gigantesque. En opérant de la sorte, on soustrayait aux intempéries de l’air une multitude de spectateurs que jamais théâtre moderne n’avait encore réunis. Mais il fallait résoudre ce problème sans diminuer en rien la lumière qui vient du soleil, laquelle est un élément essentiel à la splendeur des représentations.
- Il n’y avait pour arriver à un semblable résultat qu’un seul moyen pratique, c’était de recouvrir la piste d’une immense coupole de verre ayant 60 mètres de diamètre. Au centre de cet hémisphère, exécuté par la maison Moisant, et dont toutes les parties opaques sont en fer, M. Camboul a placé une lanterne de 30 mètres de diamètre destinée à la ventilation.
- Par un prodige de mécanique cette masse est soulevée d'un seul coup lorsqu'il s'agit d’admettre l’air extérieur pour expulser les produits de la respiration d’autant de spectateurs qu’il y a d’iubi-tants dans une ville de province assez importante. Ce résultat ne pouvait être obtenu qu’à l’aide d’un appareil hydraulique employant les mêmes procédés que les ascenseurs Edoux, convenablement modifiés pour cette nouvelle application.
- Non seulement le lanterneau se soulève, mais il est composé de 15 secteurs de verre enchâssés dans des baguettes de fer se repliant automatiquement en éventail, et par conséquent se démasquant elles-mêmes lorsqu’on donne un mouvement ascendant à l’appareil. L’air ne sort pas seulement par les côtés mais par le haut, de manière qu’il s’établisse un énergique appel.
- L’épreuve complète de ce système ne pourra être faite que dans l’été de 1891, car c’est seulement le 9 octobre 1890, que la Gran Pla^a a pu j être inaugurée avec les améliorations qu’on y a
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- apportée pour une ventilation dont le besoin ne se fera plus sentir que dans un assez grand nombre de mois.
- Cet immense travail eût été incomplet si l’on n’avait trouvé le moyen de donner des représentations nocturnes dans les arènes ainsi défendues contre les intempéries de l’air. Ce progrès est considéré comme si important que les principales Plazas d’Espagne attendent le résultat de l’initiative des propriétaires de la Plaza de Paris pour compléter leurs installations à un point de vue auquel on n’a point songé une seule fois depuis que le Cid Campéador a organisé la première course.
- ' A Murailles extérieures. — B Secondes galeries. — C Premières galeries. — D Amphithéâtre. — E Piste. — T Toiture. — U Coupole. — V Lanterne. — X Déplacement de la lanterne.
- Les dimensions du plus vaste de ces etablissements sont loin d’égaler celles du Colysée ou même des amphitéâtres dont on trouve les ruines dans un grand nombre de villes antiques. Mais les architectes de Titus et des Antonins n’avaient pas trouvé le moyen d'allumer au milieu de leurs arènes un soleil artificiel éclairant dans des conditions telles que les Fauves eux-mêmes sont obligés de se méprendre sur la nature de la lumière qui les éblouit. Aussi les Césars étaient-ils réduits à attendre le retour du soleil pour les jeux qu’ils donnaient au Peuple-Roi.
- L’éclairage est plus difficile encore qu’on ne le
- croit au premier abord. En effet la distribution de la lumière joue le plus grand rôle dans la tauromachie. Les taureaux se précipitent du côté où il fait plus clair, lorsqu’ils sont placés dans un espace relativement sombre; c’est ainsi qu’on lés conduit dans le torril, où ils sont enfermés dans des cellules obscures jusqu’au moment où on ouvre la porte pour qu’ils se précipitent dans l’arène.
- Pour que les conditions de la tauromachie ne soient point modifiées, il faut que l’œil du taureau ne soit point directement frappé par un rayonnement d’une puissance particulière. 11 est rigoureusement nécessaire que la répartition soit bien uniforme, et qu’il n’y ait pas la moindre ombre dont, dans certains cas, le taureau profiterait pour frapper son adversaire.
- Afin d’obtenir ces deux résultats, qui ne sont
- pas moins indispensables pour le toréador lui-même, M. Camboul a résolu de placer l’éclairage électrique au sommet du lanterneau, c’est-à-dire à une distance de 60 mètres du sol.
- La partie centrale du soleil électrique qu’on a installé avec une hardiesse heureuse à une telle hauteur est une lampe du système Patin de 400 ampères et de 500 volts, produisant une force lumineuse de 8 000 bougies, et absorbant à elle seule 50 chevaux de force motrice; mais atténué par la distance, l’éclairement serait insuffisant si l’illumination était confiée à cet unique foyer.
- La vie des Lagartijo, des Angel Pastor, des Valentin Martin, des Cirocco, etc. serait peut-être à la merci dü.taureau si le feu central n’était sou^ tenu et appuyé par un cordon lumineux élargissant la fournaise d’où s’élance le jour artificiel.
- Qu'un des picadores noirs qui viennent plan-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ter leurs lances avec les dents reçoive un coup de corne, on ne sera que trop porté à accuser de cet accident l’insuffisancede la lumière électrique. Aussi a-t-on porté jusqu’à 150 le nombre des régulateurs secondaires dont le bataillon pressé vient compléter la splendide illumination. On est arrivé ainsi à constituer un foyer dont la puissance est • de 30000 bougies; la masse de lumière accumulée en un seul point est plus grande que si chaque spectateur avait une lampe à côté de lui. Jamais la soif d'éblouissements n’a été poussée aussi loin.
- 11 a fallu se montrer d’autant plus prodigue que l’on n’a pas cherché a rabattre dans l’intérieur de la Plaza les rayons qui s’élancent au dehors. On laisse la masse de feu se montrer comme une sorte de phare d’un nouveau genre sur tous les: points de Paris et des environs où l’on peut apercevoir le sommet de l’arène des taureaux.
- Les spectateurs ne reçoivent guère d’autre lumière que celle qui provient de la source centrale. 11 y a bien à chaque étage 60 lampes à incandescence Cance, du pouvoir de 32 bougies chacune, mais elles sont disposées de manière que leur rayonnement direct ne parvienne point dans l’arène, ce qui fait qu’elles ne sont d'aucune utilité pour aider à apercevoir ce qui s’y passe.
- Les couloirs du bas sont éclairés par 16 incandescences Cance de 100 bougies chacune et 16 légulateurs à courant alternatif, consommant chacun un courant de 8 ampères ; ces régulateurs comme la lampe monstre du centre sont du système Patin. Les coulisses et les dépendances emploient encore 200 incandescences de 16 bou gies.
- Il nous semble que l’emploi de la lumière électrique permettrait de manier les taureaux beaucoup plus aisément que l’on n’y parvient jusqu’ici. Qui sait si on n’arriverait pas de la sorte a maîtriser leurs caprices ou leur fureur par les rayons dont on les inonderait.
- Mais nous devons faire une remarque qui nous paraît beaucoup plus importante. La Plaça n'est pas seulement employée à des combats contre lesquels s’élèveront toujours quelques voix dans un pays où les sentiments d’humanité sont, on peut le dire, à la fois si raffinés et si universelle-, ment répandus. On y a déjà exécuté des concerts qui y ont attiré une foule considérable, et qui effaceront certainement les concerts d’Albert Hall de Londres; Cependant l’éclairage d’une arène ,
- de tauromachie, dans laquelle on doit suivre des conditions techniques très sévères, n’a pas ce qu'il faut pour accompagner des représentations artistiques; il faudrait donc qu’il y eût un système particulier pour les concerts, qu’on n’allumerait pas lorsque les courses auraient lieu. Tout le monde y gagnerait et ni les taureaux ni les matadors n’y perdraient rien.
- Ajoutons que la salle des machines, qui occupe un des torils a le privilège d’exciter a un haut degré l'attention des promeneurs. Elle est en elle-même un véritable objet d’art, et .elle fera beaucoup pour la propagation des principes et des méthodes de l’électricité. Les plus enragés partisans de la routine se laissent attendrir par un souffle bienfaisant de progrès en voyant avec quelle aisance, quelle grâce, les mystérieux fluides « versent des torrentsde lumière sur la tête de leurs obscurs blasphémateurs ».
- Le toril de l’électricité renferme trois générateurs du système Collet, donnant chacun 1 500 kil. de vapeur à l’heure. Un de ce s trois régulateurs sert de réserve. Les deux autres alimentent deux machines Powell de la force de 300 chevaux effectifs, et une machine compound Chaligny de 100 chevaux* avec condensateur.
- La condensation est obtenue non seulement pour la machine Chaligny mais pour les deux autres avec des réfrigérants du même inventeur.
- Le courant alternatif est produit par une dynamo Ferranti de 3 000 lampe et 4 machines Gramme faisant 200 lampes de 8 ampères ou de, 100 bougies.
- 11 y a encore une batterie d’accumulateurs pour allumer instantanément les lampes de secours en cas d'extinction.
- Quant aux chances d’incendie, elles sont nulles, la canalisation ayant été établie d’une façon systématique et rationnelle.
- 11 reste à établir le chauffage pour les représentations d’hiver. Mais ce n’est pas trop de toutes les ressources de l’électricité combinées avec celles de la théorie de la chaleur pour porter une température convenable dans toutes les parties d’une salle de 100000 mètres cubes, c’est-à-dire dont les dimensions rappellent plus celles de la voûte céleste que celles des chambres ou nous nous réfugions quand l’hiver désole nos rudes climats.
- W. de Fonvielle.
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- JOURNAL UNIVERSEL UÊLECTRICITÉ . 197
- CORRESPONDANCE
- Une lettre que nous adresse la Compagnie India Rubber, Gutta-Percba and Telegrapb Works à la suite de nos articles sur le système Ferranti, où nous avons à maintes reprises signalé la difficulté d’obtenir et de fabriquer couramment des câbles devant résister à des tension > alternatives de 10000 volts, nous prie de rectifier le paragraphe dans lequel nous avons dit que ses manufactures étaient dans l’impossibilité de construire ces genres de conducteurs.
- Il résulte d’informations complémentaires qui nous sont parvenues, que les câbles soumis aux essais de Deptford n’avaient pas été fabriqués pour fonctionner aux tensions auxquelles on les a essayés dans ces expériences.
- Pendant que nous sommes sur ce sujet, nous ajouterons que les manufactures de Silvertown et de Pers;. n-Beaumont sont depuis quelque temps outillées et installées spécialement en vue d’une fabrication courante des câbles à haute tension, dont nous nous occuperons prochainement.
- Ch. Haubtmann.
- FAITS DIVERS
- . M. l’abbé Fortin a envoyé comme nous l’avons dit, plusieurs mémoires à l'académie des sciences sur un nouveau moyen de prédiction du Temps en s’appuyant sur la marche des taches du soleil, et sur un instrument de son invention. Le Figaro a commencé la publication de ces pronostics, qui se distinguent des autres, par une précision peu ordinaire. S’ils supportent l’épreuve d’une vérification sérieuse, nous examinerons les principes invoqués par l'auteur, et l’appareil qu’il a imaginé» pour augmenter l’énergie des perturbations magnétiques.
- On comptait à New-York au commencement de cette année : 110 kilomètres de voies exploitées par des tramways électriques; 1500 kilomètres de conduites renfermant 17000 kilomètres de fils téléphoniques; 150 kilomètres de fils télégraphiques; 3000 kilomètres de fils à'lumière. Les conducteurs à lumière placés sur le sol . traversent des regards répartis tous les 60 mètres.
- Jusqu’à ces derniers temps, le maillechort a été l’alliage le plus fréquemment employé à la construction des boîtes de résistance, en raison de sa faible conductibilité. Depuis quelques années, d’autres alliages d’une résistance spécifique beaucoup plus grande ont été introduits dans l’industrie.
- M. Mordey, électricien, a publié récemment le résultat de diverses mesures faites au laboratoire de la Compagnie Brusli, à Londres, sur des échantillons de plusieurs métaux et alliages. Voici les valeurs des résistances spécifiques trouvées, celle du cuivre étant prise pour unité :
- Cuivre................................ 1,00
- Fer doux.............................. 5,27
- Laiton étiré.......................... 6,05
- Maillechort........................... 8,88
- Acier de cordes de piano............. 16,00
- Platinoïde........................... 20,00
- Cuivre arsénieux..................... 28,50
- Acier manganifère de Hadfield....... 37,00
- Les variations de résistance sous l’influence de la tempéia-ture ont été déterminées en mesurant la résistance du fil à étudier lorsqu’il était placé dans un bain d’huile chauffé à des températures variant de 20 en 20" Fahrenheit. Les valeurs du coefficient de variation par degré centigrade sont les
- suivantes :
- Platinoïde............................ 0,044
- Cuivre arsénieux...................... 0,061
- Maillechort........................... 0,080
- Laiton étiré.......................... 0,164
- Acier manganifère de Hadfield...... 0,229
- Cuivre............................... 0,396
- Acier de cordes de piano.............. 0,517
- Fer doux.............................. 0,691
- Voici, d’après la Revue universelle des Mines, quel serait le prix de revient, par cheval effectif et par heure, de la transmission de l’énergie par diverses méthodes :
- 1' 10 chevaux-vapeur transmis à 1000 mètres :
- Câbles.............................. 1,77
- Electiicité......................... 2,21
- Hydraulique........................ 2,90
- Air comprimé........................ 2,98
- 2’ 50 chevaux à 1000 mètres :
- Câbles.............................. 1,35
- Hydraulique........;................ 1,87
- Electricité......................... 2,07
- Air comprimé........................ 2,29
- y 10 chevaux'-à 5000 mètres : ___
- Electricité......................... 2,64
- Air comprimé........................ 4,66
- Câbles............................... 4,69
- Hydraulique......................... 5,29
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 198
- 4“ 50 chevaux à 5000 mètres :
- Électricité.......................... 2,37
- Câbles............................... 2,65
- Air comprimé......................... 2,99
- Hydraulique.......................... 3)02
- Les électriciens américains ont imaginé de remplacer les brosses pour moteurs et pour dynamos par des lames de charbon. La substitution a produit des résultats avantageux, mais on reproche au nouveau système de créer des frottements sur les commutateurs.
- On nous apprend qu’un praticien vient de trouver un moyen de répondre à cette objection. 11 a imaginé de pratiquer des trous sur le frotteur en charbon, et d’y faire couler du graphite en poudre.
- Dans son numéro du 10 octobre VE/ectrical Engineer prétend que Leipsius a démontré qu’en faisant passer une étincelle électrique dans l’oxygène sec, entre deux pôles de charbon, on obtient de l’oxyde de carbone, et non de l’acide carbonique. Il s’appuie sur une détermination volumétrique. Mais ce fait singulier, qui paraît en contradiction avec les analog'es chimiques admises, n’a-t-il pas besoin de reposer sur une analogie plus sérieuse.
- Les journaux électriques d’Amérique continuent à éblouir les lecteurs en leur racontant les prouesses de compagnies qui ont installé des lignes avec une rapidité considérab’e.
- Le dernier mois d’août a suffi pour établir une ligne de 6500 mètres aboutissant à Hlmira, sur une route où il n’existait ni un rail, ni un poteau, et pour se procurer les locomotives, les dynamos, etc., etc.
- Le 1" septembre, comme il avait été dit dans un marché signé le 30 juillet, le premier train se mettait en route à 6 heures du matin. Le chemin de fer a fonctionné d’une façon régulière depuis lors et transporte jusqu’à 25000 personnes par jour.
- Le lieutenant Rodman, d; l’aimée des Etats-Unis, publie dans VEIectrical IVorld la description d’un manipulateur pour régler la distribution des courants électriques. Des lames de ressort pressent sur les. morceaux de cuivre entaillés systématiquement et placés sur un tambour semblable à celui d’une boîte à musique.
- Il est facile de comprendre que-lorsque l’on met ledit tambour en rotation plus ou moins rapide, on obtient un nombre quelconque de combinaisons se reproduisant à des périodes réglées d’avance,
- La commission nationale d’électricité pour l’Exposition de Chicago a été constituée par M. Palmers, président de la Commission générale.
- Elle est ainsi composée : M. G. C. Sims de Rhode Island, président; membres : MM. C. R. Hopkins de Washington, M. Ryan de Marth (Dakota), G. W. Allen commissaire du gouvernement fédéral, W. G. Davis du Maine, F. W. Breeds du Massachussets, O. R. Hundley de l’Alabama et R. B. Price du Kansas.
- La Commission électrique de l’Exposition reste encore à nommer.
- Nous avons reçu la brochure Onorançe à Luciano Gaillard, publiée par la société italienne d’électricité, dont le siège social est à Milan. On trouve dans celte pièce tous les discours prononcés dans cette occasion, sauf celui de M. O. Bi-gnani, directeur du chemin de fer de Turin à Lanzo. Cette lacune est doublement à regretter. En effet, cet ingénieur s’est exprimé en langue française, afin de se faire comprendre de la veuve et de la sœur du héros de cette solennité. D’autre part, l’orateur qui avait eu cette délicate attention pour deux dames placées dans une situation digne de sympathie, a été enlevé à l’âge de 30 années, le jour même ou la brochure paraissait.
- Nous trouvons dans le discours de l’ingénieur Pietro Vérole, vice-président du comité du Monument, et membre de la société d’électricité italienne, un passage fort intéressant, qui appartient à l’histoire de l’électricité, et même des inventions en général.
- C’est un récit fait par Gaillard lui-même des dernières tribulations qu’il a éprouvées lors de la grande expérience qui lui a valu l’approbation du jury, et a fourni la preuve matérielle de l’excellence du mode de transformation qu’il avait adopté.
- Voici dans quels termes s'exprime notre malheureux com* patriote :
- « Le train spécial arrive à 7 h. 30 du soir à Lanzo. Quelques chandelles éclairent la salle du banquet. J’examine rapidement si tous .les appareils sont bien en place, si tous sont bien assujettis. J’attends montre en main que 7 h. 30 sonnent.....7 h. 34 rien, 7 b. 40 rien ; 7 h. 45 rien. Je com-
- mence à désespérer, toutes les idées me passent par la tête. Cette situation devrait tenter les éditeurs des drames de la science, s’ils savaient leur métier. Un contact a pu se produire sur la ligne, un fil a pu être coupé, car j’ai le droit de me méfier de toutes les malveillances, et comme je sens qu’il me sera impossible de recommencer cette expérience le lendemain, pareeque le jury doit partir, et que j’entends les rires et les plaisanteries au-dessus de ma tête, je me sens devenir fou. »
- C’est dans ce moment, suivant la légende, que Gaulard voulait se faire sauter la cervelle avec un revolver, dont il ne parle pas dans son lécit.
- « Enfin à 8 heures moins 5 minutes, j’aperçois tout d’uu
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- coup l’électro dynamomètre qui se met en mouvement, et ta lumière jaillit au milieu des applaudissements de tous les invités. »
- La journée du 13 o:tobre a été très malheureuse à mort. Deux incendies très graves ayant entraîné l’un et 1’autre la mort de plusieurs victimes ont éclaté presque simultanément. L’un d’eux a été alimenté par une certaine quantité de dissolution de caoutchouc dans de la benzine employée dans un atelier de chapellerie. Mais il est bon de faire remarquer que la principale raison de l'effrayante rapidité avec laquelle se propagent quelquefois les flammes est dans la présence des colonnes montantes du gaz, dont le nombre augmente de jour en jour. L'accroissement du nombre de pompes d’incendies, et de postes téléphoniques ne suffit pas pour combattre cette cause de sinistre.
- O11 nous écrit de Pittsbourg au ÎVesteni Electrician, que l’on a pris l’habitude dans cette ville de placer des fils électriques pour l’éclairage et la téléphonie, en construisant Us maisons nouvelles. Les architectes commencent à agir pour l’électricité comme ils agissaient jusqu’ici pour les conduites de gaz. C’est uniquement dans les maisons ainsi construites que l’on arrive à obtenir toute la sécurité que donnent les nouvelles méthodes d’éclairage, de transport de force et de chauffage.
- Éclairage Électrique
- Nous recevons de l’un de nos correspondants les détails suivants sur l’installation de l’éclairage électrique de Ninove, en Belgique.
- Ninove est la première ville belge éclairée à l’électricité : cette commune vient, en effet, de renoncer définitivement au gaz et de passer contrat pour trente ans avec une société bruxelloise, tant pour l’éclairage de ses rues et de ses places que pour la distribution de la lumière à domicile. •
- L’établissement électrique que l’on vient d’inaugurer est monté de façon à pouvoir alimenter chacune 1000 lampes à incandescence de 16 bougies. 11 comprend 2 générateurs de 30 mètres de surface de chauffe, 2 machines à détente Ridder et à condensation de 20 chevaux de force, 2 dynamos Siemens de 16000 watts et 2 batteries d’accumulateurs système Tudor, pouvant alimenter à elles seules 6od lampes pendant 6 heures.
- Ces batteries servent à la fois de réserve et de régulateur : on les charge le jour, et la nuit elles contribuent pour une moitié, simultanément avec les dynamos, à la fourniture du courant dans le circuit de distribution. En cas d’arrêt imprévu dès machines, les batteries débiteront automatique-
- ment à la tension normale (110 volts) et continueront seules l’alimentation du réseau; l’abonné ne s’apercevra de rien, car aucun trouble ne sera apporté dans l’éclairage.
- Le réseau de distribution est aérien, et composé de fils nus, en hronze, de section réduite (3, 5 millimètres de diamètre), disposés sur cloches de porcelaine montées sur consoles de fer en quinquonces, le long des rues.
- Le réseau est alimenté p ir cinq feeders} aboutissant aux points principaux de consommation; ces feeders sont composés de nombreux fils passant au-dessus des maisons, sur chevalets en fer installés au sommet des toits. Le rayon de distribution est de plus de 800 mètres, de chaque côté de l’usine établie près de la Dendre, dans un terrain appartenant à la commune.
- L’éclairage public se fait au moyen de 120 lampes de 25 bougies, surmontées de réflecteurs en tôle émaillée. Presque toutes ces lampes sont installées au-dessus des anciens réverbères à gaz, aujourd’hui éteints.
- L’éclairage actuel l’emporte notablement en intensité sur l'ancien, et il ne coûte pas plus cher à la commune. Une partie des lampes s’éteindra pendant la nuit à l'aide d'un commutateur spécial, pour ne se rallumer que vers six heures du matin en hiver, à l’intention des nombreux ouvriers se rendant à leurs fabriques : la population ouvrière de Ninove s’élevant à 2000 personnes sur 7000 habitants.
- Pour les particuliers, le courant électrique est livré à 9 centimes les 100 watts-heure, sous une tension de 110 volts; ce prix constitue une légère réduction sur le coût du gaz, qui était, en dernier lieu, à Ninove, de 18 centimes le mètre cube, après avoir été jadis de 32, puis de 24 et 24 centimes. La commune, la gare et les établissements hospitaliers jouissent de réductions notables. La concession comporte le transport à distance de la force motrice et même de la chaleur — pour l’époque où le chauffage par l’électricité sera devenu une chose pratique. Les lampes usées ou détériorées par l'usage sont remplacées gratuitement par la société.
- La concesssion du gaz expirait le 30 septembre dernier. A ce propos, rappelons que Ninove a été jadis la première ville belge éclairée au gaz. L’éclairage électrique a commencé le rr octobre, mais ce n’est que le 5 octobre qu’il a été officiellement inauguré.
- l a direction municipale du service de l’eau, du gaz et de l’électricité de la ville de Cologne, vient de décider l’éclairage électrique d’une partie de cette ville. Le système adopté est le .système (Ganz courants alternatifs à 2000 volts) : le réseau des Calles, système Berthoud, Borcl et Cl8, a été commandé à l’usine de Cortaillod (Suisse).
- Une lumière suffisante et toujours égale était ce qui manquait le plus jusqu’ici pour l'éclairage des classes. Nous nous souvenons tous de cet éclairage imparfait même ave£
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- l’emploi du gaz, et si défectueux même que les jeunes yeux des écoliers étaient souvent compromis pour l’avenir. L’introduction d’un éclairage parlait semble possible avec 1rs lampes à incandescence. On en a fait l’essai depuis six ans à Paris dans le nouveau petit Lycée Louis-le-Grand pour l’éclairage des salles d'études. Le service des dynamos est assuré par des moteurs à gaz.
- On annonce que l’administration, satisfaite des résultats obtenus dans cet établissement, compte établir l’éclairage par incandescence dans les lycées neufs et en particulier au grand Lycée Louis-Ic-Grand. Ce sera à la fois une mesure de progrès et d’hygiène scolaire.
- La ville de Zurich doit être rangée parmi celles qui veulent exploiter directement la lumière électrique. Elle vient de consacrer 2 1/2 millions de francs pour l’établissement d’une station centrale, située dans le voisinage de la nouvelle station hydraulique.
- La compagnie de l’Ouest a pris la résolution d’éclairer pendant la journée le tunnel des Batignolles. Cet éclairage cessera aussitôt que les wagons seront éclairés.
- Encore une nouvelle application de l’éclairage électrique. Un journal de Chicago nous apprend qu’un éditeur de l’Illinois a trouvé le moyen de se rendre compte de la marche des impressions, sans sortir de son cabinet. Il a placé devant son bureau autant de lampes de couleur différente qu’il y a de pièces dans l’atelier où s’exécutent les impressions. Ces lampes sont en communication avec le compteur. Chaque fois que cet appareil indique le passage d’une feuille, la lampe électrique correspondante s’allume pendant un instant très court. Le rythme de la succession des éclairs indique la marche des opérations.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le téléphone sert maintenant à entretenir l’amitié entre les tètes couronnées. L’empereur d’Allemagne a fait entendre dans le château de Rohnstock l’opéra Canven, que l’on jouait à une distance de 350 kilomètres, à Berlin.
- La ligne téléphonique Vienne-Prague a fonctionné actuellement depuis un an. Le nombre de communications a été de 16 464 de Prague à Vienne et de 22 393 de Vienne à Prague. La ligne a été interrompue pendant 31 jours. ;
- La direction des Postes et des Télégraphes vient d’ouvrir au public le réseau téléphonique de Saint-Denis.
- La cabine téléphonique publique d'Asnières est ouverte au public depuis le 20 octobre courant.
- Cette cabine sera en communication avec tout le réseau de Paris et les annexes.
- De toutes parts il est question du développement que prennent les compagnies d’aérostiers dans les armées permanentes. Il n’y a plus pour ainsi dire de nation civilisée qui n’ait suivi de ce côté l’exemple de la France, [.es expériences faites à Toulon, par le lieutenant Serpette, auront probablement le même résultat. En effet les journaux allemands nous apprennent que des expériences d'aerostation maritime ont eu lieu à Wilhelm Hoon en présence du prince Henry, frère de l'empereur Guillaume II, à bord du navire le Mary.
- 11 n’est pas hors de propos de rappeler, que le succès de ces observations aériennes tient en grande partie à la facilité avec lesquelles les communications sont établies entre la nacelle et la terre par des fils téléphoniques. Mais si l’électricité, a contribué précisément à donner de l'essor à cette application de l’aéronautique, c’est l’imperfection de nos connaissances dans une branche importante des applications électriques qui l’empêche de prendre son essor.
- En effet, nombre de stratégistes craignent que ces appareils ne rendent pas des services proportionnés à ce que l’on en attend, pareeque la crainte de voir les aérostats arrachés par le vent empêche de tenter l’expérience lorsque la brise prend une intensité moyenne.
- Ces objections sont surtout faites aux applications maritimes. Elles seraient beaucoup moins sérieuses si l’on trouvait le moyen de donner à la corde de retenue une résistance suffisante sans augmenter son poids dans une proportion trop considérable.
- Or ce moyen existe, mais on n’ose l’employer, pareequ’il consiste a remplacer les fils de chanvre par des fils d’acier, qui les remplaceraient d’une façon fort satisfaisante, si l’on n’avait à craindre d’attirer la foudre.
- O11 n’a pas encore institué d’expériences à cet égard. Mais il est évident que l’on ne tardera point à être conduit à le faire. Nous n’avons pas besoin ci’ajouter que ces essais auraient pour résultat indirect de perfectionner la théorie des paratonnerres eux-mêmes.
- N’est-il pas curieux de constater, qu’on est conduit par une logique irrésistible à retourner en quelque sorte le problème proposé pir Dupuy Delcourt, lorsque cet utopiste proposait de désarmer les nuées, en employant des ballons captifs, pourvus de pointes de fer, et retenus avec des câbles de même métal.
- Imprimeur-Gérant : V. Nory
- imprimerie de La Lumière Électrique. — Paris 31, boulevard des Italiens, 31,
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- XII* * ANNÉE (TOME XXXVIII) SAMEDI lei- NOVEMBRE 1890
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- SOMMAIRE. — L’aluminium et son électrométallurgie; Gustave Richard. — Le scrutin électrique; P. Le Goaziou.— Réglage de la vitesse des machines à vapeur et des turbines ; N.-J. Raffard. — La session de l’Associaiion brilannique à Leeds; P.H. Ledcboer. — Expérience d’aimantation transversale par les aimants; C. Decharme. — Chronique et revue de la presse industrielle : Canalisation Scott. — Piles continuas de Sir William Vavasour. — Canalisation Heaviside et Jackson. — Canalisation Johnson et Philipps. — Commutateur Marcher et Erneke.— Télégraphe imprimant de. Srott. — Accumulateur Jarman. — Accumulateur à cadie de cuivre Fitzgerald. — Compteur Batault. — Statistique de 'l’éclairage électrique à Paris (d’après des documents officiels). — Isolant Cheever. — Tramway automobi e à batterie amovible de M. Main. — Indication de marche de vaisseaux. — Préparation de 1 hydrosulfite de soude par électrolysp. — L’effet des systèmes semblables de grandeur differente, par W. Moon. — Revue des travaux récents en électricité : Vibrations d’un lil de platine maintenu incandescent par un courant électrique, sous l’influence des interruptions successives de ce courant, par M. T. Argyropoulos. — Sur l’origine de la force électromotrice dans les couples hydro-électriqur s,par M. Etienne Fagliani. — Le piano électrique, par le Dr Richard Ensenmann. — Sur le siège de la variation de la force électromotrice des piles avec la température, par A. Gockel. — Faits divers.
- L’ALUMINIUM et son Electrométallurgie o
- Nous avons plusieurs fois déjà parlé dans ce journal de Y électrométallurgie de l’aluminium et décrit nombre de procédés. Ceux-ci, depuis ces deux dernières années, sont allés en se multipliant, en raison sans, doute de l’importance de cette industrie nouvelle (2).
- Avant de passer en revue les méthodes et procédés proposés en dernier lieu, nous devons faire un retour en arrière et revenir sur le système imaginé par M. Adolphe Minet, qui est ba^é sur Yelec-trolyse par fusion ignée du fluorure d’aluminium.
- Il s’agit en effet, ici, non plus d’une , méthode théorique, mais bien de tout un système industriel, en ce sens que les moyens employés et préconisés par M. Minet peuvent s’appliquer non seulement à l’aluminium, mais encore à tous les métalloïdes et métaux dont le point de fusion ne dépasse pas 1 ioo° environ.
- C1) La Lumière Electrique, 26 juillet 1890.
- (*) Ces descriptions ayant trait presque toujours à des procédés très récents, à peine brevetés, nous mettons à les apprécier la plus grande réserve, de crainte de compromettre par une critique trop hâtive des intérêts pécuniaires qu’il est de notre devoir de respecter.
- M. Minet a parlé à plusieurs reprises de ses recherches dans ce recueil; déplus, il a fait une conférence sur Yèledrolyse par fusion ignée à la Société des électriciens et deux communications à l’Académie des Sciences sur le même sujet.
- De cet ensemble de documents des plus intéressants il résulte que la question de l’électrométal-lurgie de l'aluminium semble complètement élucidée; rien d’important ne paraît avoir été laissé dans l’ombre par M.- Minet, qui a su fixer les points principaux du problème en s’appuyant, autant sur les données 'théoriques parfaitement établies que sur ses propres expériences. Ces points principaux sont les suivants :
- i° Composition et propriétés du bain fondu en vertu desquellés l’électrolyse suit une marche normale et continue, comme dans l’électrolyse des sels en dissolution. Nature de l’électrolyte principal (fluorure d’aluminium), et sa régénération par un mélange de sels .répondant à un oxyfluorure d’aluminium. (n Al2 Fl3 -j- n' Al2 O3);
- 20 Nature et dimensions de la cuve qui renferme le bain ; nature et dimensions des électrodes ; établissement, en un mot, de tout un système d'appareils assurant un fonctionnement de longue durée;
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- 3° Détermination de la formule mathématique qui lie Jes divers éléments formant le bain électrolytique avec les constantes du courant.
- En outre, M. Minet ne s’est pas contenté d’étudier à fond la question au point de vue scientifique ; grâce à l'appui de MM. Bernard frères il a pu en obtenir la réalisation industrielle.
- Voici, en effet, les quantités de métal qu’il a produites pendant les trois dernières années :
- Années Aluminium pur Aluminium allié
- 1887 ...... 500 kilos. 200 kilos.
- 1888 ..... 2,500 — 1,500 —
- 1889 ..... 3,500 — 2,000 —
- Quel est notre but, à quelle pensée répondons-, nous en rappelant ces faits?
- On sait que la solution du problème de l’élec-trométallurgie de l’aluminium avait été cherchée par un grand nombre d’ingénieurs depuis les travaux d'Henry Sainte-Claire Deville jusqu’à notre époque.
- Or, à notre connaissance du moins, malgré le nombre des procédés décrits, les résultats obtenus ont été presque négatifs avant les travaux de M. Minet, à l’exception toutefois, de ce qui concerne la formation des alliages, due à MM. Cowles en Amérique, Héroult en France.
- Mais depuis la réalisation du problème par M. Minet, plusieurs usines d’électrométallurgie se sont formées pour l’extraction de l’aluminium pur: Hall, en Amérique, vers la fin de 1888, Héroult et Kiliani, en France et en Suisse. Or, la description des procédés exploités dans ces usines fait surtout mention des appareils; on ne s’y occupe que très peu des réactions électrolytiques.
- Mais néanmoins ces réactions, telles qu’on les présente, paraissent toutes reposer sur un phénomène contestable, qui avait servi de base à certaines recherches de M. Lontin en 1883 : la dissolution de Yalumine dans les fluorures et son élec-trolysation ultérieure à l’état dissous.
- Henry Sainte-Claire Deville a en effet démontré, en apparence complètement, que l’alumine ne se dissout pas dans les fluorures et que, par suite, elle ne saurait être électrolysée lorsqu’elle est simplement mélangée à ses fluorures, parce qu’elle conserve ainsi son état solide.
- Bien plus, l’expérience montre que si l’on ajoute dans un bain de fluorure de Yalumine seulement, comme l’avait indiqué M, Lontin et, trois ans plus tard* Mi Héroult, Ia,/feaction électroly-
- tique est bien vite arrêtée et qu’elle ne peut marcher que si l’on mélange l’alumine qui sert à l'alimentation du bain avec le fluorure de ce métal ; ce qui, dans ce cas, rentrerait dans la théorie développée par M. Minet. Quoi qu’il en soit, il serait intéressant d’être éclairé sur cette question, et, jusqu’à nouvel ordre, nous pensons que M. Minet est dans le vrai lorsqu’il dit que le véritable électrolyte des procédés appliqués actuellement est bien le fluorure d’aluminium, et que l’alumine que l’on ajoute pour l’alimentation du bain s’y transforme en fluorure avant d'être électrolysée.
- Le fluor est ainsi régénéré, mais en partie seulement, et c’est sans doute pour cela qu’on est forcé d’ajouter du fluorure d'aluminium en même temps que l’aJumine; le mélange de ces deux sels, qui se fait aux proportions indiquées par la pratique et variant avec la masse du bain, l’intensité du courant, etc., est seul capable de maintenir constante la composition du bain électrolytique, et par suite, d’assurer au phénomène une marche régulière et de longue durée.
- La théorie des réactions qui se produisent réellement dans la plupart des procédés électrométallurgiques de l’aluminium est souvent très obscure. Dans le procédé Héroult, par exemple, d’après son inventeur, il se produirait une fusion de l’alumine par la chaleur de l’arc, puis une électrolyse du bain fondu, et c’est par là que son procédé différerait essentiellement de celui de Cowles, où ja réduction de l’aluminium se produisait par la chaleur seule de l’arc aidé du charbon sans électrolyse, à tel point, ditM. Héroult, que l'on peut employer avec le procédé Cowles aussi bien les courants alternatifs que les courants continus.
- On semble d’autre part avoir renoncé, à l’usine de Froges du moins, à la fabrication des alliages d’aluminium pour celle de l’aluminium pur, ou, plus exactement, de l’aluminium presque pur, à 95, 98 0/0, renfermant 0,6 0/0 de fer environ. On emploie pour cette fabrication les creusets Kiliani que nous allons décrire d'après son inventeur.
- Ainsi que le fait remarquer M. Kiliani, dans la fusion ignée d’un électrolyte chauffé par le courant seul la région active est limitée à l’espace compris entre les électrodes, à moins qu’on ne leur donne une chaleur excessive nuisible à leur conservation et aussi à l’économie de l’électrolyse, parce que les éléments dissociés à une tempé-
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- rature trop élevée se recombinent en partie dans la masse du bain fondu. Il faut donc opérer avec
- Fig. i et 2 — Appareil Kiliani (1889).
- une température de l’électrolyte aussi basse que possible; mais on risque alors de voir se former à
- la surface du bain une croûte solide qui empêche la continuité de l’opération.
- Afin de remédier à cet inconvénient, M. Kiliani imprime aux électrodes un mouvement con-tinüel de va et vient et de rotation dans le bain en fusion, qui se trouve ainsi toujours dégagé.
- C’est ainsi que, avec le dispositf représenté par les figures 1 et 2, l’électrode positive prismatique è reçoit du train lik un lent mouvement de rotation dans le bainb, dont le récipient fixe constitue l’électrode négative, et l’on peut en même temps faire monter et descendre i’électrode e dans le bain par la manette h2 et le train (hh gf). Une seconde manette a permet de débrayer à volonté
- Fig. 3. — Creuset électrique Colby (1890). la poulie l qui commandé le mouvement de rota-
- tion.
- L’électrode positive est en lames de poussier de carbon, charbon de cornue aggloméré avec 25 à 30 0/0 de goudron séché lentement pendant quatre jours dans une étuve à 1500. L’électrode négative en cuivre débouche au fond de la cuve b, sous une couche de graphite aggloméré. On verse dans le bain d’abord de la cryolithe en poudre, graduellement à mesure qu’elle se fond, puis de l’alumine pure: Après 24 heures environ, on obtient, avec une cuve de 0,60 mètre de diamètre sur autant de profondeur, une vingtaine de kilogrammes d’aluminium. La tension du courant varie de 20 à 25 volts. Le rendement en aluminium oscille aux environs de 20 grammes par cheval-heure aux génératrices, et le charbon positif s’use d’environ un kil. par heure, ou de 1,5 à 2 kilogr. par kilogramme d’aluminium produit,
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- Le creuset électrique de Colby a (fig. 3) son primaire P activé par une dynamo alternative K enroulé autour d’un cylindre en terre réfractaire c, qui renferme un bloc de chaux e destiné à recevoir la matière à traiter.
- Lorsque cette matière est conductrice, elle agit comme un circuit, secondaire; quand elle n’est pas conductrice, une auge métallique réfractaire s constitue le secondaire. L’intensité de son champ magnétique est renforcée par Une âme lamellaire F à tôles isolées à l’amiante comme les fils de P.
- h"'"'! “ht
- Fig. 4. — Creuset électrique Parker (18S9).
- Un tube N permet de faire le vide dans l’appareil, et un tube N' d’y introduire un gaz. Après fusion, le creuset bascule autour de A et se déverse dans le moule M.
- Le creuset électrique de Parker (fig. 4) a son arc amorcé par deux petits charbons cz c2, mobiles sous les électrodes fixes c c1 encastrées dans les gaînes métalliques c c : une fois la masse traitée portée au rouge par ce courant auxiliaire, l’arc jaillit facilement entre les électrodes principales.
- Les scories s’évacuent par h et les charges se manipulent par les regards xx. Les électrodes cc' c2 c2.. sont disposées parallèlement sur plusieurs rangées, et l’on règle automatiq^efnent à l’aide
- d’un rhéostat le potentiel du courant en fonction de la conductibilité de la masse en fusion.
- Nous empruntons textuellement la description suivante du procédé Berg au journal La Métallurgie du 6 octobre 1890.
- « Le procédé est particularisé en ce qu’il opère sans emploi de chaleur et par l’action seule de l'électricité combinée pendant l’opération avec une quantité convenable d’azotate de soudé ou de potasse.
- « Le courant électrique à employer doit être de faible tension et de grande intensité; ne dépassant jamais 50 volts de tension, mais ayant de 1000 à 10000 ampères d’intensité.
- « L’opération s® conduit de la manière suivante: dans un creuset en plombagine, entre deux électrodes de charbon dense et bon conducteur, placer
- Fig. 6 et 7. — Détail des cathodes en aluminium.
- un mélange de poussière de coke ou de charbon, d’azotate de soude ou de potasse, de sulfure de potassium ou de sodium et d’une matière conte-nanl de l’alumine, par exemple la cryolithe, la bauxite, la webstérite, le sulfate d’alumine, l’argile crue, la poussière de briques, le kaolin, l’émeri, etc..; ces diverses matières doivent être finement pulvérisées et intimement mélangées.
- « Sous l’action du courant électrique indiqué ci-dessus, grâce à la bonne conductibilité du mélange, les corps aluminifères se fondent et déposent sur le pôle négatifde l’aluminium métallique se maintenant à l’état de fusion et dont la présence à l’état liquide joue le rôle de volant de chaleur. Les métaux étrangers et le silicium produits par l’emploi des argiles et des briques sont brûlés par les azotates et disparaissent à l’état d’oxydes.
- « Afin d’obtenir un aluminium pur à 90 0/0, il est nécessaire d’employer des vases en chaux, magnésie ou plombagine : si l’opération était effectuée dans un creuset en brique, l'emploi de l’azotate de soude éliminerait le silicium d’une manière complète et permettrait de produire de l’aluminium pur à 100 0/0. »
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- Nous avons souvent entretenu nos lecteurs du procédé Castner exploité par l’Aluminium Ode Oldham (*). Cette compagnie, après avoir subi de nombreuses vicissitudes occasionnées principale-
- ment par l'apparition des procédés électriques de fabrication de l’aluminium, vient d’entrer dans une voie nouvelle à la suite de perfectionnements récemment apportés par M. Castner à la fabrication
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- Fig. 5. — Castner (1889). Puiification électrolytique du chlorure double d’aluminium et de sodium.
- du sodium et du chlorure double d’aluminium et de sodium.
- L’appareil employé par M. Castner pour la purification électrolytique du chlorure double d’aluminium et de sodium est représenté par les fi-fmres 5 à 7. Le chlorure fondu en A s’écoule dans une série d’auges Q C2 C5, en tôle émaillée, où il circule entre les anodes en charbon E! qui n’y plongent pas jusqu’au fond, et les cathodes H, en fejuilles d’aluminium de 1 1/2 à 3 millimètres d’épaisseur. Les auges sont chauffées pour maintenir à l’état dé fusion le chlorure qui s’écoule purifié en D. L’intensité du courant est de 1000 ampères, et le circuit est divisé de manière qu’il passe 6op ampères par heure en Q, 300 en C2 et 100 en C3. Ces 1000 ampères suffisent pour précipiter par heure environ 700 grammes de fer, c’est-à-dire pour purifier 310 livres (140 kilog.) de chlorure renfermant environ o,s 0/0 de fer.
- Si l’on règle le robinet B de manière qu’il passe en Ci 310 livres de chlorure, le courant de 600 ampères en précipitera 420 grammes de fer, puis le courant de 300 ampères précipitera 210 grammes en C2, et celui de 100 ampères les 70 grammes restant en C3.11 est nécessaire que le chlorure s’écoule constamment entre les électrodes et soit soumis non pas d’un coup au courant tout entier, mais successivement à des courants d’intensités décroissantes.
- L’opération marche d’une façon continue. 11 suffit de nettoyer de temps en temps les cathodes, et de remplacer les anodes lorsqu’elles se désagrègent.
- (lj La Lumière électrique, i" septembre 1888.
- Nous n’avons pu dans notre numéro du 26 juillet 1890 que signaler le procédé Grabau, par lequel cet inventeur fabriquerait les métaux alcalins, le sodium notamment, à un prix tiès bas (ifr. 25 lekil.).
- Fig. 8. — Fabrication électrolytique du sodium, procédé Grabau (1889).
- Nous complétons aujourd’hui ces renseignements par la description de l’appareil de M. Grabau.
- La principale innovation de cet appareil consiste (fig. 8)dans la formede l’électrode négative B, constituée par une cloche en porcelaine à double paroi, disposée de façon que l’electricité passe toute entière de l’électrode négative en fer E et de son prolongement u au travers du bain de chlorure alcalin fondu A, et aucunement au travers des parois de
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- la garniture négative B. C’est en effet à ce passage i M. Grabau attribue la rapide usure de ces éiec-bien plus qu’à l’action du chlore ou du métal que I trodes ; usure qui ne se produirait que très lente-
- Fig. 9. — Bessemer (1889). Ensemble de l’appareil.
- Fig. 10. — Bessemer. Détail du réducteur.
- Fig. 11.—"Bessemer. Détail du condenseur.
- fnent avec son appareil, dont le fonctionnement serait ainsi véritablement économique et continu.
- Les électrodes positives sont constituées par deux charbons CC. Le chlore se dégage en d. Le
- métal, plus léger que son chlorure fondu, surnage et s’évacue par l’intérieur de la cloche et le tuyau# dans un condenseur M rempli d’azote ou d'hydrogène par c, et plongeant dans du pétrole S. L’ali-
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- mentation du chlorure se fait par l’ouverture e, et le foret H permet de débarrasser de ses obstructions l'électrode tubulaire E.
- L’appareil de M. Bessemer (lig. 9, 10 et 11) comprend trois parties : le foyer A, le réducteur B et le condenseur C.
- Le foyer A, en tôle garni et bourré de briques réfractaires, comme un régénérateur Siemens, et capable de résister à une pression de 4 atmosphères, est chauffé par un jet de gaz inflammable et d’air insufflé en a, et dont les produits brûlés s’échappent par la cheminée x. Une fois les briques portées au rouge, on ferme les ouvertures a et x, et l’on injecte par le tube b dans le réducteur B, préalablement chauffé, un jet de gaz combustible, qui y brûle à une température très élevée sous l’action d'un courant d’air chaud lancé au travers des briques de A et de la pression élevée qui règne en B. Cette pression est déterminée par l’étranglement, au moyen du tampon réfractaire i (fig. n), du tube g par où les gaz s’échappent de B dans C. Une fois le réducteur B porté au rouge blanc, on y introduit la charge par l’ouverture y. Le minerai d’aluminium, pulvérisé et mélangé à du charbon puis aggloméré en briquettes, est additionné des fondants nécessaires : carbonates de soude, borax, chaux etc., aussi sous la forme de briquettes. Une fois le réducteur chargé, on le porte à la température la plus élevée possible, sous laquelle la réduction de l’aluminium s’opère par le carbone. L’aluminium volatilisé à cette haute température va se précipiter dans le condenseur C, entouré d’une enveloppe d’eau, et où les gaz tombent à la pression atmosphérique.
- Le réducteur B est aussi enveloppé d’une garniture d'eau d.
- Gustave Richard.
- LE SCRUTIN ELECTRIQUE
- ENREGISTREUR DE VOTES A ÉPREUVES MULTIPLES
- Il y a quatre ans, quand j’ai abordé pour la première fois la question du vote électrique, je me suis préoccupé de l’utilité qu’il y aurait à obtenir à la fois plusieurs-épreuves du même scrutin.
- C’est à ce besoin que répond le nouvel enregistreur de votes dont la description succinte suit ;
- il permet d’avoir d’un seul coup une dizaine d’épreuves de chaque scrutin au moment du dépouillement.
- Dans ce nouveau système, comme dans mon. enregistreur à molettes traçantes décrit dans La Lumière Électrique du 22 septembre 1888, les noms des votants sont imprimés d’avance sur les feuilles d’enregistrement. Celles-ci sont enroulées sur un cylindre métallique recouvert d’une feuille de caoutchouc, et retenues au moyen de deux mâchoires à ressorts. Le cylindre C (fig. 1) est fixé sur l’axe D du distributeur ou collecteur de votes, ce qui assure le synchronisme de la marche de l’enregistreur et des compteurs et la concordance constante de leurs indications.
- On place sur le cylindre enregistreur autant de feuilles minces qu’on veut avoir d'épreuves du scrutin, en intercalant entre chacune d’elles une
- Fig. 1. — Enregistreur de votes.
- feuille de papier polygraphique à enduit bleu ou noir. Sept épreuves paraissent devoir suffire aux besoins d’une assemblée parlementaire ; elles peuvent être ainsi réparties : une pour les archives une pour le Bureau, deux pour l’Assemblée, une pour le Journal officiel une pour les journalistes parlementaires et une pour le public des tribunes.
- Les trois électro-aimants enregistreurs (pour, contre et abstentions) sont placés au-dessous et en avant du cylindre d'enregistrement. La figure 1 en représente une vue de profil, avec une coupe du cylindre enregistreur. L’armature pivote sur l’un des pôles, comme dans les électro-aimants boiteux. Les leviers-styles, qui sont horizontaux, s’avancent perpendiculairement aux génératrices du cylindre C et sont terminés par des demi-disques d’acier a. Ceux-ci restent en repos à peu de distance au-dessous du cylindre. -Grâce au papier polygraphique, l’un des trois styles marque, à chaque vote émis, toutes les feuilles à la fois
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- d’un trait qui s’inscrit transversalement sur la ligne portant le nom du votant.
- Les feuilles réservées à chaque scrutin sont réunies d’avance en un petit cahier qu’on n’a qu a introduire sous les mâchoires du cylindre pour que l’enregistreur soit prêt à fonctionner.
- Pour concentrer davantage le tableau de chaque scrutin, et en même temps pour ne pas donner un trop grand diamètre au cylindre enregistrant plusieurs centaines de votes, on peut faire exécuter au cylindre plusieurs tours par scrutin, quatre par exemple. Alors on rend la rotation du,collecteur de votes solidaire de celle du cylindre par l’intermédiaire de deux roues d’engrenage dont les rayons soient dans le rapport de 4 à 1, et l'on partage en quatre colonnes légèrement obliques la nomenclature imprimée des votants. Pour cela, le cylindre doit posséder, outre son mouvement de rotation, un mouvement horizontal de translation, qui est obtenu par l’emploi d’un pas de vis amenant successivement les quatre colonnes de votants sous les leviers-styles.
- La rotation du cylindre et du collecteur de votes peut bien être obtenue par un mouvement d’horlogerie à poids moteur ; mais il est beaucoup moins dispendieux de l’obtenir directement à la main. Dans ce cas, une disposition mécanique des plus simples donne à la rotation une régularité suffisante pour recueillir sûrement tous les votes : on tourne une petite manivelle dont l’axe porte une vis sans fin engrenant avec une roue tangente. L’axe de cette roue entraîne l'axe du cylindre d’enregistrement au moyen de deux roues d’engrenages dont les rayons sont calculés sur la vitesse de rotation que doit avoir le collecteur de votes. Le mobile animé du mouvement le plus rapide possède un volant, premier moyen de régulariser un peu la rotation ; en outre il y a un second moyen indépendant de ce mécanisme : c’est un simple pendule dont la longueur est proportionnée à la vitesse désirée. On presse du doigt le pendule, qui bat la seconde, par exemple, et à chaque demi-oscillation on donne un tour de manivelle. L'opérateur, guidé par ces oscillations isochrones, n’a donc ainsi aucune tendance à ralentir ou à presser la rotaiion du collecteur de votes, car les oscillations du pendule battent, pour ainâl dire, la mesure du mouvement de rotation. Le dépouillement du scrutin ne durant guère qu’une minute, l’oscillation du pendule persiste facilement pendant ce peu de temps, sans qu’on
- ait besoin d’ajouter aucun mécanisme pour l’entretenir.
- P. Le Goaziou.
- RÉGLAGE DE LA VITESSE
- DES MACHINES A VAPEUR ET DES TURBINES
- OBTURATEUR A MOUVEMENT LOUVOYANT (*)
- Lorsque les moteurs sont employés à la production de la lumière électrique par incandescence, leur régularité de marche devient d’une extrême importance, car cette régularité est non-seulement indispensable à la constance de la lumière et à la conservation des appareils, mais elle l’est surtout à la production économique de l’éclairage. En effet, les lampes à incandescence, toujours très délicates, ne donnent des résultats économiques et satisfaisants, un bon rendement photométrique et une lumière agréable que sous une allure bien déterminée, au-delà de laquelle elles seraient détériorées ou détruites, tandis qu’en deçà elles ne donnent qu’une lumière rougeâtre beaucoup plus coûteuse par rapport au travail dépensé.
- Or, tous les organes (papillons, obturateurs, détentes variables) qui servent à modifier l’admission de la vapeur dans le cylindre opposent toujours une certaine résistance aux mouvements du manchon du régulateur, résistance qui pour être surmontée nécessite une accélération proportionnelle de la vitesse, d’où il résulte que de part et d’autre de l’allure de régime il y a un certain écart dç vitesse que le régulateur ne peut corriger (•).
- d) Mouvement, louvoyant est le nom que, dans son excellent Traité des mécanismes, M.’ Haton de la Goupillière donne à ces mouvements héliçoïdaux dans lesquels l’une des forces n’entre en jeu que par suite du mouvement produit par d’autres forces.
- (2) La sensibilité du régulateur, (sa rapidité d’action ou le synchronisme de cette action avec la variation de la vitesse ne peut être augmentée que de deux manières :
- i* Par une augmentation de la puissance du régulateur, (plus grand poids des boules ou plus grande vitesse angulaire) ;
- 2" Par une diminution de la résistance que la distribution oppose aux déplacements du manchon.
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- C’est afin de réduire ou d’annuler complètement ce retard dans l’action du régulateur, causé par la résistance que le manchon a à surmonter, que j’ai imaginé l’appareil suivant dans lequel j'emprunte directement au moteur la presque totalité du travail nécessaire aux déplacements du manchon, et cela, dans des conditions telles que l’action du régulateur peut se faire sentir si petite que soit la variation de la vitesse, ce qui offre l’avantage de soustraire la marche aux oscillations continuelles et inévitables que le retard dans le
- fonctionnement du régulateur produit toujours.
- Cet appareil représenté parle schéma figure 1, repose surle principe des mouvementslouvoyants, principe d’après lequel toute force trop petite pour vaincre une résistance donnée peut cependant entrer en jeu et produire l’effet voulu si on la compose avec une autre force perpendiculaire sur la première, mais capable de faire mouvoir l’objet considéré.
- On le voit, c’est un obturateur équilibré A B
- ff rUfi ÎT^
- Fig. 1. — Obturateur à mouvement louvoyant.
- dans lequel un tiroir cylindrique C est relié au manchon M du régulateur. Sous l’action du régulateur ce tiroir se déplace suivant son axe de manière à ouvrir ou fermer les orifices n, ri qui livrent passage à la vapeur, selon que la machine est plus ou moins chargée. Mais comme ces déplacements du tiroir sont gênés par le frottement des presse-étoupes que traverse la tige du tiroir, il en résulterait un retard dans l’action du régulateur si ce tiroir ne recevait d’une poulie à gorge R un mouvement de rotation emprunté à l’arbre du moteur et qui, composé avec celui que les variations de vitesse tendent à produire, donne lieu à un mouvement héliçoïdal résultant qui permet le déplacement rectiligne de l’obturateur correspondant à l’équilibre entre le moment moteur et
- le moment résistant et cela'quelle que soit la résistance offerte par les presse-étoupes (1).
- En résumé, l’application du principe des mouvements louvoyants aux distributeurs des machines à vapeur ou au réglage de la vanne des moteurs hydrauliques rendant presque nulle la résistance que le régulateur a à vaincre, permet de réaliser une marche très régulière, et partant sans danger, de pousser les lampes jusqu’à l’allure qui
- (’) Les obturateurs, lorsqu’ils restent quelque temps immobiles, sont aptes à se coller ; ils offrent alors une résistance presque insurmontable au manchon du régulateur, d’où il résulte toujours un écart de vitesse considérable ; la rotation continuelle du tiroir met cet organe complètement à l’abri de ce très grave inconvénient.
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- S.10
- convient à l’éclairage le meilleur et le plus économique.
- Grâce à l'obturateur à mouvement louvoyant qui s’applique facilement sur tous les moteurs, on peut considérer comme complètement résolu le problème de la régulation des turbines à grande puissance, même lorsque la variation de la résistance est très considérable.
- L’obturateur à mouvement louvoyant breveté le 10 août 1888, sous le ne 192329, fait maintenant partie du domaine public.
- N.-J. Raffard.
- LA SESSION
- DE L’ASSOCIATION BRITANNIQUE A LEEDS Q
- L’Association comprend, comme toutes les associations scientifiques, plusieurs sections. C’est principalement dans les sections A, sciences physiques et mathématiques, et G, sciences mécaniques, que l’on présente et discute les mémoires relatifs à l’électricité.
- De même qu’à la séance générale d’inauguration le président prononce un discours, de même dans les sections particulières il est d’usage de prononcer une allocution. Nous avons présenté la dernière fois divers extraits du discours du président de l’Association, M. Abel.
- Aujourd’hui, nous commencerons par faire quelques emprunts au discours de M. Glaisher, président de la section A, qui avait pris pour sujet l’application des mathématiques pures à la physique.
- Les mathématiques n’embrassent, d’après lui, pas seulement les procédés de l’algèbre, du calcul difféientiel et intégral, mais encore toutes les sciences abstraites qui ne reposent pas sur l’expérience dans le sens ordinaire du mot, mais dont les principes fondamentaux dérivent d’observations si simples qu’on peut les prendre pour des axiomes. Cette science comprend les théories de grandeur et de position; la dernière comprend à son tour la géométrie.
- M. Glaisher regrette que l’étude des mathéma-
- tiques pures ne soit pas plus pratiquée et que presque tous les étudiants n’apprennent que ce qui est strictement nécessaire pour pouvoir passer aux applications. 11 ajoute que dans presque tous les traités de calcul infinitésimal on prend comme exemples, des applications qui sont en réalité du domaine de la physique.
- Cette tendance pourra ne pas être critiquée par tout le monde; les traités étant destinés à de commençants, il est du plus haut intérêt d’y intercaler le plus d’exemples possible pour faire comprendre les théories exposées, et souvent on n’y arrive que par des exemples qui rendent pour ainsi dire tangible la chose qu’il s’agit de faire comprendre.
- Certaines théories ne sont d’ailleurs comprises que lorsqu’on en a bien étudié les applications. Puis rien n’encourage ces études, toujours quelque peu arides, comme de voir le parti qu'on peut en, tirer. On trouve, par exemple, dans le traité de Sturm, qui a eu un si juste succès dans l'enseignement, une théorie assez développée de la propagation du gaz dans les tuyaux et cela à propos des équations différentielles de second ordre à deux variables indépendantes. Or, ne croit-on pas que le résultat qui permet de déduire uniquement des constantes des gaz la vitesse de propagation du son ne contribue puissamment à engager le commençant à poursuivre ses études?
- D’après M. Glaisher cette méthode peut abréger quelque peu le chemin à parcourir par l’étudiant, mais elle donne une idée incomplète, sinon fausse, des relations qui existent entre la science pure et la science appliquée.
- Peu de personnes, d’après lui, se rendent compte de ce qu’il y a de peu satisfaisant dans la manière dont on traite même les principes fondamentaux des mathématiques pures. On morcelle les théories au lieu de lès présenter dans leur ensemble. L’algèbre, par exemple, étant la première matière que l’on étudie, doit être adaptée à l’état d’esprit de l’élève, on ne devrait pas oublier qu’il ne fait que commencer à apprendre le langage de l’analyse.
- Pour la trigonométrie, on adopte les définitions géométriques du sinus et du cosinus, après quoi on les considère à un autre point de vue en partant du théorème de Moivre, et ainsi de suite. La géométrie analytique est ce qui s’enseigne le mieux. Ces études comprennent, il est vrai, une théorie, celle des fonctions à période simple, mais cette théorie est dispersée en si petits frag-,
- 1}) La Lumière Electrique du 25 octobre 1890.
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- 21 I
- ments qu’elle ne se présente pas à l’esprit comme un ensemble.
- M. Glaisher passe ensuite en revue le développement énorme des mathématiques pures dans ces derniers cinquante ans. On a peine à se figurer la quantité de pages d’impression que représente les mémoires insérés dans les revues et les comptes rendus des sociétés ; les mathématiciens doivent se poser quelquefois à eux-mêmes la question qui leur est si souvent adressée par leurs amis : A quoi tout cela peut-il aboutir? Que résultera-t-il de tout cela? Est-ce qu’il y aura jamais une fin? La réponse à cette dernière question est facile : il ne peut pas y en avoir.
- Chaque grande découveite, chaque progrès réel ouvre des champs nouveaux et fraye de nouveaux chemins. Cette remarquable suggestivité est elle-même la marque d'une théorie vraie, un des signes auxquels nous pouvons reconnaître que nous sommes sur la trace des vérités de la nature, et que nos symboles et nos formules expriment des faits tout à fait indépendant des moyens d’investigation, bien que déchiffrables uniquement par ces moyens.
- L’influence que le développement des mathématiques pures exerce sur les sciences physiques ne peut guère être direct ou immédiat. En règle générale celles-ci impliquentleursidéesetleur analyse spéciales et il n’arrive qu’occasionnellement que des méthodes analytiques imaginées pour le développement d’un sujet soient appropriées à un sujet différent.'Cependant tout mathématicien doit carresser l’idée que tôt ou tard quelque cas d’analyse spéciale portera des fruits merveilleux dans les sciences appliquées.
- L’extension rapide du domaine des mathématiques peut paraître une source de danger pour l’avenir, car il devient certainement de plus en plus difficile à un mathématicien de se tenir au courant des progrès qui s’accomplissent dans toute branche de la science autre que la sienne. Un autre danger provient des divers systèmes de notations que l’on est obligé d’employer au début de certaines études si l’on veut y progresser tant soit peu; mais nous espérons que la connaissance de plus en plus grande des principes et les perfectionnements qui en résulteront dans le langage symbolique nous permettront de nous tirer heureusement des^difficultésrésultant de l’étendue de plus en plusgrande des sujets à traiter.
- Passons maintenant à l’examen des divers mé-
- moires présentés. Les effets du courant électrique sur le corps humain ont été traités successivement par M. Swinburne et par MM. Lawrence et Harries ; nous les examinerons successivement.
- M. J. SWINBURNE
- De l’effet du courant continu et du courant alternatif sur le corps humain.
- L’auteur de cette communication a fait passer entre les mains de différents sujets soumis à l’çx-périence des courants continus et alternatifs; ayant mesuré d’une part l’intensité du courant et d’autre part la différence de potentiel, il en déduit la résistance opposée par le corps humain.
- Pour les mesures de l’intensité du courant alternatif il s’est servi d’un wattmètre sans induction disposé comme un ampèremètre ; la mesure de la différence de potentiel s’est effectuée à l’aide d’un voltmètre genre Cardew. Les mains étaient tantôt sèches, tantôt mouillées avec de l’eau acidulée. Cinq personnes ont été soumises à l’expérience, le courant continu ayant une force électromotrice de 50 volts, limite de courant qu’on pouvait supporter, surtout lors de l’établissement ou de la rupture du courant. Les résistances ainsi trouvées ont oscillé avec le courant continu, lorsque les mains étaient sèches, entre 10 000 et 3000 ohms, et lorsque les mains étaient humides entre 1000 et 3 000 ohms.
- Voici le tableau des nombres obtenus :
- RÉSISTANCE DU CORPS HUMAIN MESURÉE D’UNE MAIN A L’AUTRE I
- Courant continu, 50 volts
- Mains
- Sujet Sèches Humides
- A 8 000 3 010
- B 6 660 1930
- C 5 400 1980
- D 10 000 16 000
- E 6 700 1100
- F 3 320 1710
- Courant alternatif
- Mains sèches
- 950 18 volts.
- 1 330 10 —
- I 110 18 —
- 620 18 —
- I 090 18 —
- I 300 18 —
- ( 75° 18 —
- i 670 54 —
- On voit par l'inspection de ce tableau que lorsque les mains étaient sèches, les différences de résistance sont très variables; elles sont beaucoup moins considérables lorsque les mains sont mouillées, ce qui provient évidemment de ce que l’incertitude due au contact est supprimée dans
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- ces conditions. (Il faut excepter le nombre 16000, dû probablement à une faute d’impression.)
- Le sujet E, dont la résistance était faible, a pu supporter un courant continu d’une intensité de 40 milliampères; il aurait même pu supporter un courant plus fort.
- Pour le courant alternatif la résistance oscille autour de 1000 volts; aucun sujet, sauf F, n’a pu supporterune différence de potentiel supérieure à 18 volts, le maximum du courant correspondant à 30 milliampères; quant à F, ce qui est certainement une exception, il a supporté un courant de près de 90 milliampères.
- MM. LAWRENCE ET HARRIES.
- Effets relatifs des courants alternatif s et des courant s continus sur le corps humain,
- Ce mémoire complète un autre travail sur le même sujet (') ; dans le premier mémoire les expériences n’avaient pas été faites avec le courant puissant dont on se sert dans l’industrie électrique.
- Les auteurs, ont essayé autant que possible d’employer directement dans le présent mémoire, des courants de circuits d’éclairage en utilisant soit des courants continus, soit des courants alternatifs, en mesurant dans ce dernier cas le nombre d’alternances.
- Les expériences ont été faites avec les mains et la peau dans l’état naturel, pour reproduire autant que possible les conditions dans lesquelles se produisent les accidents.
- Le corps humain ne pouvant être assimilé à un conducteur animé, on a proposé plusieurs méthodes pour en mesurer la résistance. La méthode du pont de Wheatstone, que les auteurs avaient employée auparavant est inexacte, ainsi que l a montré M. Blathy. La méthode employée actuellement a consisté à faire passer le courant directement d’un circuit à lumière à travers deux ou plusieurs corps en série et ensuite à calculer la résistance d’après l’intensité du courant et la force électromotrice.
- A cet effet, les auteurs se servaient dans le premier cas d’un courant continu provenant d’une dynamo emprunté au circuit des lampes. La force électromotrice, d’après un voitmètre de Cardew, était de 104 volts. On a relie aux bornes
- deux électrodes métalliques de 45 centimètres carrés chacune, que l’on pouvait tenir à la main ; le circuit était complété d’une clef, d’un milli-am-pèremètre d’une résistance de 753 ohms et de deux personnes se tenant par la main.
- Les résultats sont consignés dans le tableau suivant :
- Résistance pour le courant continu.
- Groupes de V. K. M. Volts Courunt en milliampères Késiatanco totale Résistance Individuelle
- i pers. 104 7,5 13 866 6 555
- 2 — » 3,75 18 086 8 666 *
- 3 — » 7,25 '4 345 6 795
- 4 — )) 9,25 11 243 5 244
- 5 — » 9,5 10 947 5 090
- 6 — 7) 8,0 i 3 000 6 122
- 7 — » IO 10 400 4 822
- M< yenne 6 185 oht ns.
- Dans le second cas on s’est servi d’un courant alternatif provenant d’une dynamo. La disposition était la même que dans le cas précédent sauf que les groupes étaient de 4 ou 5 personnes au lieu de deux seulement ; on se servait du même voltmètre Cardew, du même milliampère et des mêmes électrodes. Le nombre de volts à varié de 115 à 137 ; le nombre d’alternances de 60 à 75.
- Voici le tableau des résultats obtenus :
- Résistance pour le courant alternatif.
- Groupes (le 2 personnes. F. lî. M. Volts Courant eu milliampères llésistauco totale Résistance individuelle
- 5 "5 4 28 730 5 599
- • 5 120 5 24 OOO 4 629
- 5 123 7 17 571 3 363
- 5 124 7 17 714 3 391
- 5 124 6 20 666 3 9g2
- 4 123 8 . <5 375 3 655
- 4 137 9>5 14 421 3 4'6
- Mr yenne -fck. O O ‘ 00 îms
- Ces résultats diffèrent beaucoup de ceux obtenus par d’autres méthodes ; ils montrent que, bien que dans ces conditions la résistance aux deux formes de courant soit approximativement égale, la résistance au courant continu est cependant plus grande. 11 est intéressant de noter que la résistance moyenne au courant alternatif cor-
- (*) Lu Lumière Electrique, t. XXXVt, p. 228.
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- 2l3
- respond rigoureusement à celle obtenue par M. Blathy. D’après ce dernier cette résistance serait comprise entre 4 et 5 000 ohms.
- Pour ce qui concerne l'influence de l’étendue du contact pour le courant continu, les auteurs ont fait des expériences assez variées dont nous ne donnons qu’un résumé.
- Influence de Vétendue de contact. Courant continu à 104 volts
- Surfaces de contact
- Courant- on milliampères
- en cm 2
- moyenne
- 90
- 45
- 22,5
- 9
- 10
- 6,19
- 5,5
- 4,3
- Les auteurs s’occupent ensuite des sensations qu’on éprouve lorsque les électrodes sont reliées à des dynamos à courants continus ou à courants alternatifs. Les électrodes à manches métalliques, d’une surface de 45 cm2 chacune, étaient tenues à la main, elles étaient reliées à un circuit de lampes, courants continus ; la force électromotrice était de 104 volts. On a noté l’intensité pour laquelle le courant ne pouvait plus être supporté. On l’a trouvée pour 6 personnes successivement à 18, 15, 20, 22, 15 et 20, soit en moyenne à 18,3 milliampères. Dans chaque cas la sensation de brûlure au contact des électrodes devenait insupportable au bout de 30 secondes; l’action électrolytique fut suffisamment accusée dans deux cas pour produire de légères ampoules. Dans aucun cas le courant continu n’a produit un effet de fixation, c’est-à-dire l’impossibité pour le sujet de lâcher les électrodes; les auteurs ne croient pas qu’aucun résultat de ce genre puisse être obtenu par le courant continu.
- On a fait ensuite des expériences avec le courant alternatif à 110 volts provenant d’un dynamo Siemens ayant 23 alternances par seconde. Pour les cinq personnes soumises aux expériences la sensation de malaise extrême s'est produit respectivement à 3, 3 1/2, 41/2, 5 1/2, 4 milliampères, et le point de fixation musculaire à 6, 7 1/4, 6 1/2, 8 1/2, 7 1/4. La moyenne de l’intensité qui correspond à la sensation de malaise extrême est donc de 3,70 milliampères et la moyenne de l’intensité pour laquelle il devient impossible au sujet d’abandonner lui-même l’électrode est de 7,10 milliampères.
- On donne ensuite le résumé d’expériences dans
- lesquelles la force électromotrice était de 85 volts et le nombre d'alternances de 68, les autres conditions restant les mêmes que dans le cas précédent. On a expérimenté également surs sujets; le point de malaise a été atteint successivement pour 3 1/2, 41/2, 3 3/4, 4 3/4, 4 1 /4, soit en moyenne 4,15 milliampères. Le point de fixation s’est produit pour 6, 83/4, 8, 83/4, 8, soit en moyenne 7,90 milliampères. On arrive ainsi pour les deux dernières séries à une moyenne de 3,9 milliampères pour le point de malaise et de 7,5 pour le point de fixation.
- Le danger relatif au courant alternatif réside principalement dans l’existence de ce point de fixation, point qui n’existe pas quand on se sert de courants continus. On ne saurait trop insister sur cette différence, car tandis qu’avec les courants continus l’effort naturel suffira pour dégager le patient, il faudra au contraire avec des courants alternatifs l’intervention d’une seconde personne pour pouvoir arrêter l’action dangereuse du courant.
- M. Harries avait avancé l’opinion que, en ce qui concerne la sensation, plus les alternances étaient rapides, plus les conditions ressemblaient à celles que présentent les courants continus. D’après les résultats qui viennent d’être indiqués cette assertion est parfaitement exacte : le point de malaise et le point de fixation sont plus élevés quand les alternances sont plus fréquentes.
- Des observations faites avec un appareil Wheat-stone ont montré qu’eri augmentant le nombre des alternances, sans changer ni la force électromotrice, ni l’intensité du courant, on diminuait les sensations. Il est probable que les impulsions nerveuses se propagent comme des ondes à une vitesse moyenne d’une trentaine de mètres par seconde, d’après Helmholtz; mais les sensations peuvent se suivre si rapidement et si irrégulièrement qu’une série d’études modifie l’effet de la précédente. La vitesse et l’irrégularité des alternances peuvent êtres telles que l’effet total d’une série de chocs à une certaine vitesse soit inférieur à l’effet total d’un moindre nombre de chocs à une moindre vitesse, et c’est ce qui explique que l’on puisse supporter des courants intenses alternant très vite, au moins une cinquantaine de fois par seconde.
- Les auteurs abordent ensuite l’étude des chocs produits par l’ouverture et la rupture brusque du
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- circuit. Pour le courant continu, lorsque l’intensité était de io à 20 milliampères, on éprouvait un soubresaut violent, suivi d’une sensation de chaleur au point de contact, sensation qui augmentait jusqu'à devenir insupportable. -Lors de l’établissement cette sensation était plus marquée et plus désagréable qu’à la rupture; cependant la rupture était suivie d’une augmentation dans la sensation de chaleur au voisinage des points de contact; cet effet persistait pendant plus de deux secondes.
- Avec les courants alternatifs omarrivait rapidement à la contraction musccftire; l’effet maximum ne se produisait pas immédiatement, il y avait un accroissement net pendant une ou deux secondes, les mains restant en contact avec les électrodes. C’est avec lés faibles courants de 2 à 3 milliampères que cet effet était le: plus apparent. Au fur et à mesure que l’intensité augmentait, l’eftet maximum se produisait plus rapidement, pour 8 milliampères l’effèt semblait immédiat.
- D’après le précédent mémoire les auteurs étaient arrivés à dire que le courant alternatif présente 41,5 fois plus de danger que le courant continu. Plusieurs personnes ont trouve ce rapport excessif; les auteurs maintiennent toutefois leur nombre, mais ils ajoutent qu’il est extrêmement difficile d’exprimer cette différence en chiffres.
- Voici les conclusions du mémoire.
- A. Lorsque ie corps humain, la peau étant dans son état normal et non humectée, se trouve en contact pendant une durée appréciable avec les conducteurs nus d’un courant continu provenant d’une dynamo et passant à ioo volts environ de main en main, la superficie totale du contact étant d’environ 90 centimètres carrés :
- l° Un courant d’environ 16 milliampères traverse le corps ;
- 2° Ce courant peut être supporté sans malaise extrême pendant 15 à 30 secondes;
- 30 Au bout de 30 secondes une sensation de brûlure désagréable se fait sentir; cette sensation augmente rapidement;
- 40 Le sujet reste capable de se dégager à sa volonté.
- B. Lorsque le corps humain se trouve en contact
- avec des courants alternatifs engendrés par une dynamo ayant 60 à 70 alternances par seconde, les autres conditions étant comme ci-dessus :
- i° Le corps sera traversé par un courant d’environ 25 milliampères;
- 20 Ce courant est six fois plus considérable que celui qui produit un malaise extrême;
- 30 Le sujet est instantanément fixé aux électrodes par de violentes contractions musculaires et éprouve de grandes souffrances;
- 40 Le sujet est absolument incapable de se dégager lui-même.
- C. Lorsqu’un circuit de lumière électrique ou de transmission de force se ferme accidentellement à travers le corps humain, le danger est bien plus considérable à voltage égal lorsque le courant est alternatif que lorsqu’il est continu; ceci est vrai même lorsque la forc^ électromotrice du courant continu est double de celle du courant alternatif.
- D. i° Avec les deux formes de courant une di-' minution de la superficie de contact diminue l’intensité du courant ;
- 20 Avec le courant alternatif, si le nombre d'alternances est diminué de plus de moitié, la sensa tion de douleur accompagnant la fixation musculaire augmente. Si, au contraire, le nombre d'alternances augmente, la douleur diminue.
- Les auteurs rappellent finalement que la circon stance importante qui intervient dans les dangers de contacts accidentels c’est l’intensité du courant, et que d’après la loi d’Ohm cette intensité dépend non seulement de la force électromotrice, mais encore de la résistance totale.du circuit.
- On le voit la différence des mesures effectuées par M. Swinburne, d’une part, et MM. Lawrence et Harries, d’autre part, consiste principalement en ce que les sujets de M. Swinburne ont pu supporter des courants d’une intensité très supérieure et que la résistance du corps humain d’après les mesures de M. Swinburne est beaucoup plus faible. Cette différence est surtout importante lorsqu’il s’agit de courants alternatifs.
- P.-H. LeDeboer.
- {A suivre.)
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- 215
- EXPÉRIENCES
- D'AIMANTATION TRANSVERSALE
- PAR LES AIMANTS (*)
- 11e Expérience. —Pour produire l’aimantation transversale par les courants électriques, nous avons employés des demi-cylindres ajustés, appli-
- qués exactement et serrés l’un contre l’autre par leurs faces planes (procédé de M. P. Janet) (‘J.
- Nous nous sommes servi de demi-cylindres pareils à ceux-ci pour produire l’aimantation transversale au moyen des aimants et par les procédés que nous venons de décrire pour les lames plates.
- En frottant avec l’aimant Jamin précédemment employé un de ces demi-cylindres (de 0,15 mètre
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- Fig 17
- de longueur sur 0,015 mètre de diamètre) sur sa face plane, nous avons obtenu un résultat identique à celui que nous avait donné un demi-cylin-
- dre pareil soumis à l’action d’un courant électrique de 10 ampères. Les figures 17 et 18 représentent les photographies des fantômes corres-
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- Fig, 18
- pondants de ces aimants transversaux, obtenus le premier par voie électrique, le second par un aimant bi-polaire.
- 12e Expérience. — Une tige cylindrique d’acier
- de 0,40 mètre de longueur et de 0,10 mètre de diamètre.a été aimantée avec l’aimant Jamin agissant sur elle simultanément par ses deux_pôles, dans toute sa longueur (10 passes). Le fantôme correspondant a montré deux lignes polaires lon-
- j t1! La Lumière Electrique du 24 mai 1890, p. 351.
- (‘) La Lumière Electrique du 25 octobre 1890.
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- 2l6
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- gitudinales (fig. iq) comme avec les courants, mais plus prononcées; la limaille interpolaire avait ses lignes de force normales à l’axe. Dans le spectre de chaque base de ce cylindre, ou dans celui de la section droite, les lignes de force sont nor-
- males à la périphérie ; en sorte que les lignes générales d’aimantation sont ici des cercles concentriques au cylindre, comme dans l’aimantation par les courants électriques.
- 130 Expérience. — Une autre tige de 0,10 mètre
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- Fig. 19
- de longueur et de 0,008 de diamètre, traitée cornme la-précédente, a encore reçu une aimantation transversale bien caractérisée.
- 14e Expérience. — Mais une tige de 2 millimètres et même de 4 millimètres, aimantée par le même procédé que les précédents, n’a donné lieu
- >, : i 1’ t « • i >c ! .i"• \ 1 J., ii J/ > JvjVÎl? '
- W^iÊ?ÊÊÊ$iËï
- Fig. SO
- qu’à une aimantation longitudinale avec des pôles de noms contraires, aux extrémités seulement. Une lame étroite a montré un effet pareil.
- 11 y a donc, relativement au diamètre des cylindres où à la largeur des lames, une limite inférieure en deçà de laquelle l’aimantation transversale ne paraît pas réalisable par le moyen employé; tandis qu’avec les courants l’aimantation transversale se produit dans les fils de petit diamètre.
- On ne' saurait se défendre de voir une remarquable analogie entre le fantôme décelant l’aimantation transversale d’une lame d’acier (obtenue par le passage d’un courant électrique ou par l’action directe d’aimants inducteurs) et la projection (on pourrait dire aussi le fantôme) que détermine sur une feuille de papier ou mieux sur un ruban de soie blanche, la volatilisation d’un fil très fin d’or ou d’argent traversé par la décharge d’une batterie ou d’une bouteille de Leyde (’) ou même d’une machine de Holtz munie de ses condensateurs ou encore par un courant électrique assez puissant pour opérer instantanément cettj déflagration.
- Les figures 20 et 20 bis montrent ces effets comparatifs.
- Dans la première, la limaille est disposée perpendiculairement à l’axe de la pièce aimantée. Dans la seconde, la matière projetée est également disposée perpendiculairement à la longueur du fil.
- Les stratifications des poussières de charbon de cornue (semées sur une lame de verre) produites par le passage de l’électricité issue d’une bobine de Ruhmkorff présentent aussi desfigures(fig.20ter) qui ne manquent pas d’analogie avec les fantômes d’aimants transversaux et avec nos imitations de
- (') Tyndall. —.Leçons d'électricité, p. 145, fig. 58. (J) Cazin. — L'étincelle électrique, p. 171, fig. 43.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 91J
- ces effets par voie hydrodynamique (* *). « La décharge met les grains de poussière en mouvement et ils se rangent finalement en une série régulière de bandes transversales de i à 2 millimètres (2). »
- 15e Expérience. — Au lieu de faire parcourir à l’aimant inducteur toute la longueur du cylindre, arrêtons-le à la moitié de sa course et reportons-le à l’autre extrémité du cylindre (en intervertissant l’ordre des pôles) pour le ramener au milieu de la pièce et répétons plusieurs fois cette manœuvre.
- Fig. 20 bis
- La figure 21 (partie supérieure) représente le schéma de l'expérience et la figure 21 la photographie de la distribution transversale du magnétisme. sur la face plane.
- La même opération faite directement sur la surface convexe d’un cylindre de 0,50 mètre de longueur et de 0,01 mètre de diamètre a donné un résultat semblable.
- 16e Expérience. — On peut procéder inversement en allant du milieu vers les extrémités,
- (') La Lumière Electrique, t. XIII, p. 7..
- (*) Cazin. — U étincelle électrique : Expériences de MM. Quet et Seguin, p. 167.
- toujours en intervertissant l’ordre des pôles et l’on obtiendra un résultat analogue.
- 178 Expérience. — Les figures 22 à 24 montrent les effets magnétiques résultant de dispositions différentes des aimants inducteurs.
- 18e Expérience. — Aimantation transversale circulaire. — Un cylindre de 0.10 mètre de longueur et de 8 millimètres de diamètre a été frotté en le faisant tourner autour de son axe sur les
- Fig. 20 ter
- pôles de l’aimant Jamin (fig. 25), unédouzainède tours. L’aiguille d’épreuve a accusé tout autour du cylindre un pôle N circulaire à gauche de la figure et un pôle S à droite.
- En aimantant de même un gros cylindre ou la jante d’une roue, on trouve deux pôles circulaires et une aimantation transversale intermédiaire tout autour.
- Le même procédé appliqué à un cylindre de 6 millimètres de diamètre a encore donné l’aimantation transversale entre les circonférences touchées par les pôles inducteurs ; mais en opérant de même sur des aiguilles d’acier de 1,7 millimètre et de 1 millimètre de diamètre sur 20 cen-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sic
- timètres de longueur ou sur des ressorts de montre, on a toujours obtenu des pôles multiples en dehors des points touchés.
- Il y a donc ici encore une limite minima infé-
- rieure de diamètre, d’épaisseur, ou de largeur, oit aussi de longueur, en deçà de laquelle le procédé employé ne donne plus que des points conséquents.
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- Fig. 21
- Dans l’aimantation circulaire d’un cylindre, les lignes de force situées entre les zones touchées par les surfaces inductrices sont longitudinales
- par rapport au cylindre et situées dans des plans méridiens ; mais elles n’en sont pas moins transversales relativement aux surfaces polaires aimrn-
- Fig. 22
- fées ; car si l’on imagine la surface cylindrique déroulée sur un plan, on voit qu’on se trouve dans le cas de la 3e expérience.
- 19e Expérience. — Quand on applique le procédé d’aimantation circulaire à une plaque (de
- 10 centimètres de longueur sur 3 centimètres de largeur et 3 millimètres d’épaisseur), l’effet est très prononcé, comme le montre la "figure 25 bis. Les lignes transversales ainsi que les deux pôles circulaires sont nettethent accusés.
- 20e Expérience. — Jusqu’ici, pour l’aimantation
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- 219
- transversale, nous n'avons fait usage que de procédés bipolaires ; mais on peut l’obtenir par des procédés unipolaires analogues à ceux que nous avons décrits précédemment (1).
- On peut d’ailleurs procéder par simple touche, par double touche ou par touche séparée. Mais ici les effets magnétiques sont généralement beaucoup moins simples et moins réguliers que
- ggil
- Fig. 24
- par l’aimantation bipolaire. Nous pourrions en donner divers exemples; nous nous bornerons à ceux des figures 26 et 27.
- 21° Expérience. Quant à Y aimantation transversale circulaire effectuée avec un seul pôle actif, elle peut être réalisée, comme par le procédé bipolaire, en faisant tourner un cylindre autour de
- Fig. 25
- son axe sur un pôle d’aimant (pôle N par exemple).
- La figure 28 et l’aiguille d’épreuve montrent qu’il se produit trois pôles circulaires ; un pôle S sur la zone frottée et deux pôles N à une petite
- (8) La Lumière Electrique, 24 juin 1890, p. 507.
- distance du premier. Les lignes magnétiques sont disposées comme dans l’aimantation bipolaire; même résultat obtenu sur un ressort de montre (fig. 28 bis).
- 22° Expérience. — Dans le procédé de la' simple louche, pour aimanter longitudinalement, il suffit,
- Fig. 25 bis.
- comme on sait, de promener sur la longueur de la pièce à aimanter l’un des pôles d’un aimant.
- Par un procédé analogue, c’est-à-dire en promenant le pôle magnétique d’un barreau sur la largeur de la pièce en expérience, en opérant les frictions sur toute son étendue, on obtient une aimantation transversale.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- On arrive à un résultat semblable en opérant 1 Jamin, par le procédé mixte que nous avons em-simultanément avec les deux pôles d’un aimant I ployé plus haut.
- a A A A A A A A A À À A A A”
- N N N N
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- i
- Fig. 26
- Une'remarque est à faire sur ces divers procédés d’aimantation transversale : qu'on fasse agir les aimants inducteurs simultanément ou successivement, que leur mouvement soit discontinu ou continu, les résultats magnétiques permanents sont les mêmes, à peu de chose près, à la condi-
- tion expresse que l’on fasse parcourir aux pôles inducteurs les mêmes chemins dans tous les cas.
- Enfin on peut appliquer à l’aimantation transversale d’un'petit barreau ou d’une lame d'acier trempé^doux le procédé de simple contact, en faisant en sorte que les pôlesjnducteurs occupent toute
- Fig. 27.
- via tranche de la pièce. A cet effet on applique contre les pôles des aimants des pièces de fer doux (semelles), suffisamment longues et larges.
- Ce procédé est analogue à celui de la 12e expérience, qui consiste à frotter les tranches opposées d’un barreau ou d’une lame avec des pôles contraires d’aimants.
- On peut même déplacer simultanément les deux pôles d'aimant de manière à uniformiser la répartition du magnétisme sur les semelles fixes, et par suite sur la pièce à aimanter placée entre elles.
- Les résultats que nous venons de décrire rela-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ ai m
- tivement à l’aimantation transversale par les ai- J ployés sont tous, comme ceux qu’on a obtenus par niants au moyen des différents procédés em- I les courants électriques, conformes à l’hypothèse
- Fig. 28
- d’Ampère et viennent ajouter de nouvelles preuves de son exactitude.
- C. Decharme.
- CHRONIQUE ET REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE
- Canalisation Scott.
- Dans ce système, les conducteurs CC(fig. 1 et 2), protégés par des plaques dejpoterie ou de vei re ee,
- sont logés à l’intérieur de blocs isolantsJB, en ci-
- Fig. 3. — Canalisation Scott, type à emboîtement.
- ment, par exemple, maintenus par un revêtement
- Fig. 1 et a. — Canalisation Scott (1889). Coupes 1-2 et 3.4.
- en tôles aa assemblées de distance en distance par des couvre-joints en fonte D D'. Les interstices de cette canalisation sont soigneusement remplis
- par un isolant fusible dd : mélange de poix avec 5 à 20 0/0 de paraffine, coulé sur place.
- Les deux parties A a de la variante représentée
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- par la figure 3 s’emboîtent par des rainures a3 remplies d’isolant fondu et serrées par les couvre-joints.
- Les figures 4 et 5 représentent la disposition adoptée pour une canalisation tubulaire double. Les câbles, entourés d’isolants B3, sont logés dans
- Fig. 4 et 5.
- 'Bâ B4
- Canalisation Scott, tubulaire double.
- des blocs de ciment B4, à joints brisés avec ceux de B3. Le tout, comblé par la coulée d’un isolant fusible d, est protégé par un tube de fer A.
- Piles continues désir William Vavasour.
- La pile représentée par les figures 1 à 4 est di-
- visée en trois compartiments: le compartiment A, qui renferme le zinc et les compartiments B, B2, séparés de A par les cloisons poreuses P, et qui renferment les charbons C. Le liquide arrive par les chambres F* F2, au travers du robinet régulateur Txa ou du filtre GM, dans les compartiments Bi B2, d’où il s’écoule sous pression, au travers des plaques P P, dans A, et s’évacue
- Fig. 1 à 4. — Pile sous pression de Sir William Vavasour (1889).
- par O. Les boulon? & serrent les couvercles étan- . piles en batterie compacte en réunissant leurs ches'de la pile. On peut facilement superposer ces | chambres F4 F2,
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- Fig. 5 et 6. — Vavasour. Pile portative sous pression.
- Fig. 7 et 8. — Pile Vavasour sans enveloppe.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- Le zinc Z de l'élément représenté par les fi- | gu res 5 et 6 est renfermé dans un vase poreux P,
- Fig. 10 et n. — Vavasour. Batterie de piles cylindriques continues.
- entouré descharbonsCC,dansuncompartimentH,
- Fig. 9. — Vavasour. Pile cylindtique continue.
- à couvercle étanche tt. Si la pile est à un seul li-
- quide, il arrive par F sous pression dans le vase poreux et s’échappe par D. Si la pile est à deux liquides, le dépolarisant est amené par Fà l’ex-lérieur du vase poreux.
- La pile représentée par les figures 7 et 8 n'a pas d’enveloppe extérieure H. Le vase poreux P, fermé par un couvercle au plomb ttl, qui reçoit en W la borne du charbon C, est flanqué des deux zincs Z Z pressés par les caoutchoucs b et par le serrage V de la pince f. Cette pince supporte la pile par les tourillons S S, où aboutissent les pôles des zincs w w.
- Le zinc peut être, comme en figure 9, formé d’un bloc fixé sur un support K ; le charbon C et sa cloison poreuse P guidés en h, sont appuyés par une corde q, à poids i, sur le zinc dont ils suivent l’usure. Le pôle positif est en zvw. Le liquide arrive sous pression en / et s’éoule autour du zinc. Les figures 10 et 11 représentent l'installation, sur des
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- 225
- montants F K, d’une batterie de 18 piles de ce gènre disposées sur trois rangées alimentées, en /, /213, par le liquide des régulateurs à flotteurs Rt R2 R3, qui s’évacue des piles par les gouttières XX ___________
- Canalisation Heaviside et Jackson»
- Les câbles principaux aboutissent (fig. i et 2)
- par des tuyaux B B aux boîtes de distribution en bois créosoté sur béton A, et fermées par deux couvercles l’un extérieur à joint en caoutchouc d, l'autre intérieur, avec joint hydraulique poisseux c.
- Les isolateurs sont fixés à un treillis K posé sur des tasseaux épointés h: leurs boulonssont (fig. 3) réunis par des plombs fusibles à plat M ou de
- champ M2, et serrés par des cales B2 sur des bandes J Les figures 4 et 5 représentent la liaison d’un élastiques A8. câble isolé double B3, avec deux branchements
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- particuliers c3c3 enfermés dans une boîte d’ébo-nite remplie de cire coulée en D3 E3.
- Les figures 6 et 7 représentent en détail l’attache d’un câble B3àun isolateur par un maillon E4, dont la gaîne A4 est maintenue par deux coins sur la douille fendue C4, qui serre le câble à mesure que l’on enfonce le coin, ou vissée (fig. 8) à force et à emmanchement conique sur cette douille fi-letee.
- Canalisation Johnson et Phillips.
- Les conducteurs D D (fig. 1 et 2), parfaitement
- i i !
- 1! ; a
- Fig.x 1 et 2. — Canalisation Johnson et Philipps (1889).
- accessibles, sont supportés par des crampons E dans des isolateurs A, baignés en A' de pétrole B,
- et fixés par F sur les traverses C. Le pétrole isole complètement A'de F.
- Commutateur Marcher et Erneke.
- L’organe principal de ce commutateur est un cylindre b, terminé par deux plans inclinés, tour-
- Fig. 1 et 3. — Commutateur Marcher et Erneke (1889).
- nant avec la manette# et toujours appuyés par un ressort r sur le levier des contacts ih.
- Dans la position indiquée figure 3 ce levier ferme le circuit g g en h : dans la position figures l et 4 le contact est rompu. Pour rompre le courant figure 1 il faut passer de la position figure 3 à la position figure 4 où l’encoche du plan incliné permet à l’extrémité Z; du levier hi de se relever brusquement par la poussée du cylindre b sur son autre extrémité i. Jusqu’à ce que l’on ait attein t ce point, le cylindre ne fait qu’appuyer sur
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 227
- les deux extrémités du levier en le maintenant fermé par la pression de son ressort.
- Grâce à ce mécanisme, le levier est toujours soit
- préciable, D arrête la roue des types, et l’armature I, attirée par J, marque une lettre sur le papier pris entre G et B.
- Fig. 3 et 4. —• Détail du plan incliné.
- dans sa position de fermeture complète du circuit, soit dans sa position d’ouverture complète, et ces opérations s’exécutent brusquement sans étincelles.
- Télégraphe imprimant de Scott.
- Les courants alternatifs de la dynamo D (fig. 1) font vibrer les armatures D et P, dont la première
- Fig. 1. — Télégraphe imprimant Scott (i8<.,o;.
- Accumulateur Jarman.
- M. Jarman remplace lés attaches ordinaires des plaques par des ponts en plomb d (fig. 2 et 3) coulés sur des tiges de cuivre étamées a, emboîtés
- Fig. i. — Accumulateur Jarman (1890).
- sur les plaques par leurs entailles^», reliés entre eux et consolidés par des barres de cuivre C. On
- Fig. 2 et 3. — Accumulateur Jarman. Détail d’un pont.
- obtient ainsi entre les plaques une liaison très solide aux chocs et d’une conductibilitésuffisante.
- actionne l’échappement C de la roue des types B, tandis que la seconde fait tourner son arbre A par la roue K, folle sur c, et entraînée par L au moyen d’un ressort d. La tension de ce ressort, sans cesse maintenue par P, dispense de. remontoir. Dès que le courant devient continu pendant un temps ap-
- [Accumulateur à, cadre de cuivre Fitzgerald.
- Dans le but de rendre les plaques d’accumulateurs plus légers et plus solides, M. D. G. Fitzgerald remplace leurs montures de plomb par une
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- 228
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- monture en cuivre pur étamé ou allié à d’autres métaux, par exemple par. un treillis ou par des toiles de cuiyre étamé, dont on remplit les mailles de la substance active : mélange d’oxyde et de sulfate de plomb.
- Les attaches de ces plaques sont en plomb ; elles dépassent seules le bain, qui doit submerger complètement le cuivrç. On prépare les plaques positives en réduisant leur plomb spongieux par électrolyse dans un bain de sulfate de soude ou de magnésie, ou d’acide sulfurique étendu. Ces pla-
- ques conviennent parfaitement pour les accumulateurs légers des lampes de mines Stella ou autres.
- G.. R
- Compteur Batault.
- Ce compteur comprend trois parties principales : un pendule isochrone B, une boussole des tangentes EG et un totaliseur X, tournant proportionnellement au produit du temps par la déviation moyenne a de l’aiguille F.
- Le moteur du totaliseur X est une courroie S, à laquelle le cliquet C du pendule B imprime un mouvement uniforme intermittant.
- En temps ordinaire, l’aiguille F est maintenue serrée sur labarre N par le poids du châssisr'rr"r", mobile autour de V V' et pressé par le ressort h ; mais la courroie S porte deux butées ii, qui la divisent, en deux parties égales, et viennent, tour à tour, soulever le châssis r... r" et délivrer l’aiguille F pendant tout le temps qu’elles passen derrière le plan incliné//''. Sitôt ce plan dépassé, le châssis retombe et immobilise F dans la position qu’elle occupe en ce moment.
- D’autre part, la courroie S entraîne par deux autres butées ^un curseur VV depuis le point N',
- correspondant à a = o, jusqu’à la rencontre de l’aiguille F immobilisée, et dont la résistance fait que e lâche le curseur en franchissant son taquet. Le curseur entraîne par un fil la poulie X d’un angle proportionnel à son parcours N N'"ouàtang a, et la totalisation de ces rotations donne une mesure proportionnelle à t tg a. Cette totalisation s’obtient en reliant X à l’axe du compteur par un cliquet. D’autre part, à chaque libération de F, au passage du plan //, le contrepoids y ramène le curseur à son point de départ N.
- Le mouvement du pendule B est entretenu électriquement de la manière suivante. Dans la position figurée, un courant passe depàp' par l'élec-tro M et le ressort R ; l’électro attire l’armature K
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- du pendule, dont la languette L lâche le ressort R et lui permet de remonter en rompant le contact en p'. Au retour du pendule, la languette L, butant sur la crénelure n, rabaisse R sur px et fait donner par M une nouvelle impulsion au pen-
- Statistique de l’éclairage électrique à. Paris (d’après des documents officiels);
- Nous devons à l’obligeance du savant directeur de la statistique municipale, M. le D1' Bertillon, le tableau suivant qui montre les progrès accomplis à Paris par l’éclairage électrique de 1885 à 1889. Une colonne indique le nombre d’incendies ou
- Années Nombre total de foyers électriques. Systèmes en usage Nombre d'incendies causés par l'électricité.
- 1885 68 14 Foyers système Loniin (C1’ Lyonnaise), place du Carrousel. 12 — — Jablochkoff, au parc Monceau. 40 — — Brush, au parc des Buttes-Chaumont. 2 — — Siemens, au Champ-de-Mars. I
- 1886 66 14 Foyers système Lontin (C* Lyonnaise), place du Carrousel. 12 — — Jablochkoff, au parc Monceau. 40 — — Brush, au parc des Buttes-Chaumont. 4
- 1887 6,3 14 Foyers système Lontin (C1' Lyonnaise), place du Carrousel. 12 — — Jablochkoff, au parc Monceau. 37 — — Brush, au parc des Buttes-Chaumont.
- 1888 65 14 Foyers système Lontin, (C1' Lyonnaise), place du Carrousel. 12 — — Jablochkoff, au parc Monceau. 39 — — Brush, au parc des Buttes Chaumont. 3
- 1889 393 lampes à ?rc et 6,188 lampes à incandescence 14 Foyers Compagnie Continentale Edison (place du Carrousel) 40 — — Popp (ligne des boulevards, Concorde à Opéra). 37 — Edison (place de l’Opéra à la Porte Saint-Denis). 27 — Marcel Deprez (porte Saint-Denis à la place de la République). 0 — Secteur de la place Clichy (abords de la gare Saint-Lazare). 85 Lampes à incandescence, C1"Edison, galeries du Palais-Royal et Théâtre-Français. 12 Foyers Jablochkoff, parc Monceau (Usine Municipale). 47 Foyers Brush, Parc des Buttes-Chaumont. [6 Lampes à incandescence 1 (Usine Municipale). 4,000 Lampes à incandescence dans les salons j Hôtel de. Ville. 1,300 Lampes dans les locaux du Conseil et les bureaux 1 (Usine Municipale). 186 Foyers de différents types dans les pavillons ( Ha les Centrales. < (Usine Municipale). 500 Lampes à incandescence dans les sous-sols ( Service public. 24 Foyers de ditférents types ( Halles Centrales. j (Usine Municipale). 287 Lampes à incandescence ( Service privé. 33
- commencementsd’incendie occasionnés parl’éclai-rage électrique et officiellement constatés par l’administration. ‘
- Isolant Cheever.
- M. Cheever propose de remplacer la gaine de plomb des câbles par un composé de 12 parties de caoutchouc pour 9 de plombagine, 9 d'amiante et 2 de soufre. On peut l’appliquer comme le plomb
- par filage à la presse. Il serait très résistant, inoxydable, non corrosif et moins fusible que le plomb.
- G. R.
- Tramway automobile à. batterie amovible de M. Main.
- L’une des plus sérieuses difficultés pratiques qu’a rencontrées jusqu’à présent le système des
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- tramways électriques à accumulateurs est assuré- I leurs couples secondaires. Le procédé employé ment celle du remplacement et de l’entretien de I depuis quelques temps à New-York par la com-
- Fig. 1 et S
- pagnieRiverand Rail semble particulièrement bien étudié; .les dispositions adoptées par M. Main y paraissent, très recommandables et constituent en tous cas un modèle d’appareillage à retenir :
- A l’endroit'de garage des voitures, il y a de part et d’autre de chaque voie de tramway des voies étroites où circulent des wagonnets plateformes disposés spécialement pour la manœuvre d’en-
- Fig. 33 — I tamway à batterie amovible.
- semble de la batterie d’accumulateurs que la voiture porte de chaque côté.
- Les figures i à 3 dispensent facilement d’une
- longue description; elles font bien comprendre comment, une fois les plateformes amenées vis-à-vis de la voiture et à la hauteur voulue, grâce
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- aux poignées, O la manœuvre des poignées S sert au déplacement transversal de la batterie (mobile par galets et rainures) de la voiture à la plateforme et vice versa.
- Les liaisons électriques nécessaires s’établissent automatiquement par la rencontre de ressorts à friction et chaque batterie porte contre l’un de ses côtés une pièce formant le panneau extérieur de la voiture qu’elle accompagne. .
- E. R,
- Indication de marche des vaisseaux.
- Parmi les nombreux et intéressants objets exposés à Edimbourg, nous mentionnerons l’HoIo-phote électrique, indicateur de direction de la marche des vaisseaux inventé par l’honorable J. H. A. Macdonald.
- L’objet de cette invention est de donner des moyens par lesquels les vaisseaux pourront indiquer leur course de l’un à l’autre, et éviter ainsi les collisions. Cet appareil consiste en un puissant foyer électrique placé sous le contrôle de l'officier de quart et qui est employé de la manière suivante : Quant le gouvernail est dirigé sur bâbord, le réflecteur installé derrière les charbons de la lampe électrique change d’orientation de façon à envoyer le jet de lumière dans la direction tribord, que le navire va commencer à parcourir sous l’impulsion donnée par le gouvernail; on donne ainsi un avertissement distinct de la direction que l’on compte prendre, à bord du navire d’où vient la lumière.
- Si le changement de route excède un angle de 450 un écran vient automatiquement obstruer le pinceau lumineux pendant quelques instants. En tirant une poignée d’avant en arrière, on permet à la lumière de se propager de nouveau, par suite de la disparition de l’écran.
- La même opération peut se répéter des deux côtés du bâtiment, et lorsque le gouvernail est dans l’axe du navire le jet de lumière est dirigé sur le beaupré.
- Le déplacement et l’orientation du réflecteur dépendent du gouvernail au moyen de deux chevilles qui le maintiennent ferme quand il envoie le jet de lumière dans l’axe du- vaisseau. Un circuit électrique étant complété quand le gouvernail change de direction, une cheville par ce moyen est déplacée, mettant le réflecteur dans la direction
- voulue c’est-à-dire dans celle que le navire va parcourir.
- Les déplacements du réflecteur sont contrôlés par la sonnerie de deux cloches; l’une d’elles se met en branle quand le jet de lumière change de direction, et l’autre, d’un son différent, sonne lorsque le réflecteur est revenu à sa position normale. De cette façon l’officier de quart est toujours prévenu des mouvements de la barre.
- Comme les jets de lumière ne sont orientés que d’après la position du gouvernail, les navires naviguant dans les mêmes parages sauront à quoi s’en tenir, pour leurs manœuvres, ainsi que sur celles de leurs voisins. On diminuera ainsi de beaucoup les chances de collision, si fréquentes depuis l’augmentation de vitesse des navires sans compter les services que cet appareil pourra rendre par les temps de légère brume.
- C. H.
- Préparation de l’hydrosulfite de soude par électrolyse.
- L’hydrosulfite de soude, découvert il y a vingt ans par M. Schutzenberger et appliqué d’abord en teinture, se prépare ordinairement par une méthode chimique fondée sur la réduction du bisulfite de soude au moyen de zinc.
- Depuis 1883, on a appliqué la solution d’hydrosulfite de soude au blanchiment de la laine, de la soie et même des plumes, et on a cherché de divers côtés un procédé simple et économique de préparation de ce produit, dont l’emploi se généraliserait s'il était produit à bon marché.
- M. Villon vient de décrire dans la Revue de la chimie industrielle un procédé de préparation électrolytique de cet hydrosulfite de soude.
- Au lieu de réduire le bisulfite par le zinc, qui introduit dans la liqueur du sulfite de zinc qu’on est obligé d’éliminer, il emploie l’hydrogène.
- L’hydrogénation est faite par l’électrolyse de la dissolution de bisulfite de soude dans une cuve à diaphragme.
- Pour 88 kilog. de bisulfite de soude, il faut théoriquement 2 kilog. d’hydrogène pour le transformer en hydrosulfite :
- (S 02) «Na O H O + 2 H = Sa Oa Na O H O + 2 H O.
- Pratiquement, il faut compter 3 kilog. d’hydro-* gène par 100 kilog.
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- L'électrolyseur est formé par une cuve en bois de sapin, divisée en deux compartiments, l’un double de l’autre, par une cloison poreuse en terre de pipe. Dans chacun d’eux sont disposées verticalement des électrodes de charbon ou de cuivre doré. Les électrodes négatives plongent dans le grand compartiment qui contient 300 litres d’une solution de bisulfite de soude marquant 350 Baumé. Les électrodes positives sont immergées dans le petit compartiment, qui renferme de l’eau acidulée au 1/10 par l’acide sulfurique.
- La cuve est fermée par un couvercle à joint hydraulique; elle est de plus disposée de manière à être continuellement refroidie pendant le passage du courant, au moyen d’une circulation d’un liquide incongelabie et froid autour des parois.
- On fait traverser le liquide par le courant jusqu’à ce qu’on ait produit 4 kilog. d’hydrogène pour 100 kilog. de bisulfite, ce qui avec 12 à 15 chevaux exige environ 24 heures.
- La préparation de 300 litres d’hydrosulfite revient à 6 francs.
- Pour blanchir la laine avec cette solution, on doit l’étendre de 3 fois son volume d’eau et plonger écheveaux ou pièces pendant 6 heures dans le bain.
- D'après M. Domergue, pour blanchir 100 kilog. de laine avec l’hydrosulfite préparé par le zinc, il faut une dépense de 13,50 francs; avec l’hydrosulfite préparé par voie électrochimique, cette dépense se réduit à 5 francs.
- On peut régénérer le bain qui a cessé de blanchir et qui ne contient plus que du sulfite, mais alors on aura intérêt à diluer moins la liqueur sortant des électrolyseurs en ne l’étendant que de son volume d’eau au lieu du triple. Il suffira de faire passer le courant à nouveau pour reproduire l’hydrogénation.
- A. R.
- L’effet des systèmes semblables de grandeur différente, par W. Moon (*)•
- Dans l’étude des effets produits par des systèmes semblables de grandeur différente, il est parfois commode d’envisager le rapport D d’ac-
- croissement de toutes les dimensions et celui D" de leurs effets. -,i;
- Ainsi la force de gravitation entre deux corps est directement proportionnelle au produit de leurs masses et en raison inverse du carré de leur distance, par conséquent, si les deux corps et la distance qui les sépare grandissent D fois, la force D3 x D5
- entre eux deviendra —^2— = D4 fois plus grande.
- Imaginons de même deux aimants, petits relativement à leur distance ; la force qu’ils exercent l’un sur l’autre est directement proportionnelle à leurs masses et en raison inverse du cube de leurs distances; par suite, dans de pareils systèmes semblables la force exercée est proportionnelle
- D3 x D3
- à —gj— = D3, pourvu, naturellement que tous aient la même intensité magnétique.
- La force entre deux corps électrisés = p-, de
- sorte que dans des systèmes semblables de grandeur différente, chargés à la même densité super-
- D*xD2
- ficielle la force est proportionnelle à —q2~" — D2.
- La distribution des charges sur les corps ne demeurerait constante qu’autant que la densité superficielle le serait, quelle que fut la grandeur ; ceci a lieu quand le potentiel de charge varie comme la grandeur.
- La force de gravitation d’un corps à une distance donnée, quand la distance et la grandeur du corps grandissent D fois simultanément, est proportionnelle à D.
- L’intensité magnétique produite par des aimants de grandeur différente mais de même intensité magnétique est constante à des distances de chacun proportionnelles à leurs dimensions. Pareillement la force électrique due à des corps électrisés est la même à des distances de chacun proportionnelles à leurs dimensions s’ils ont même intensité de charge superficielle.
- Dans la formation d’un corps ou d’un système de corps par gravitation, l’énergie cinétique employée à amener de l’infini les particules matérielles est proportionnelle à D5.
- L’énergie potentielle de corps chargés à une densité superficielle constante est proportionnelle à D3, c’est-à-dire au demi-produit du potentiel et
- de la charge =
- (*) Electrical Rcvietv, de Londres.
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- L’énergie correspondant à l’aimantation d’un aimant permanent est aussi proportionnelle à D3.
- La différence entre les irois effets ci-dessus est intéressante. Tandis que l’énergie cinétique correspond au transport des molécules du corps par la gravitation, l'énergie potentielle, au contraire, se développe par la charge électrostatique d’un corps, et dans le cas d’un aimant permanent, l’énergie dépensée à son aimantation ne peut être récupérée. Dans ce dernier cas l’énergie dépensée I2
- est proportionnelle à — K, I désignant l’intensité
- d’aimantation et K le coefficient de susceptibilité magnétique.
- Pourtant, dans l’aimantation temporaire, l’énergie peut être recouvrée et l’énergie est propor-i H2 l2 I
- tionnelle à — — + - K = n- H B par unité de
- 47t 2 2 OIT
- masse.
- Bien que l’étendue du champ produite par un aimant soit proportionnelle au volume de l’aimant ou à D3, la force portante n’est, que proportionnelle à la surface ou àD?. Ceci est naturel puisque la résistance des matériaux est aussi proportionnelle à D2 et, comme la force du magnétisme, limitée par un coefficient.
- L’effort de torsion que la matière peut supporter est proportionnel à D2, c’est-à-dire à la section quand le couple augmente suivant D.
- Par conséquent, il s’ensuit que la puissance transmise par arbre ou poulie, à vitesse linéaire constante, est proportionnelle à D2 ou à la masse si la longueur d’axe croît comme les dimensions.
- De même la puissance transmise par un courant électrique est proportionnels à la section du conducteur quand la chute de potentiel par unité de longueur est la même et le courant proportionnel à là section du conducteur. Mais si la chaleur engendrée par le courant est prise en considéra- . tion, la transmission d’énergie par l’électricité est désavantageuse relativement à d’autres procédés, car avec des conducteurs portés à la même température, la puissance transmise n’est proportionnelle qu’à D3'2 si la chute de potentiel par unité de longueur est constante, et il est nécessaire d’accroître la chute de potentiel par unité de longueur suivant D1'2 pour que là puissance transmise devienne proportionnelle à D2.
- Si réchauffement est le même dans les enroulements d’électro-aimants semblables de taille différente pour la même induction dans les noyaux,
- les quantités de cuivre enroulé ne sont propor-tonnclles qu’à D2, tandis que les poids des noyaux sont naturellement proportionnels à D3. La dépense d’énergie dans les enroulements est aussi proportionnelle à D2, c’est-à-dire à la surface.
- Si, pourtant, l’épaisseur d’enroulement est proportionnelle à D, au lieu d’être la même sur tous les noyaux, la dépense d’énergie n’est alors proportionnelle qu’à D. Cette dernière condition ne peut être employée que si l’on désire rendre minimum le poids du cuivre. Mais si on désire que ce soit la résistance d’enroulement ou la dépense d’énergie qui soit minima, c’est la première condition (quantités de fer et de cuivre proportionnelles) qui doit être utilisée.
- Si l’on fait varier uniformément, proportionnellement aux dimensions, le cuivre et le fer d’une armature, le conducteur induit a la même vitesse angulaire, la force électromotrice engendrée est proportionnelle à D et la résistance du conducteur à g; le courant fourni serait proportionnel à
- D2 et la chaleur développée ainsi que le travail fourni proportionnels à D3.
- Comme là surface radiante de l’armature n’est proportionnelle qu’à D2, il n’est par conséquent pas possible qu’une dynamo ait une puissance proportionnelle à sa masse si l’on a égard à réchauffement.
- En outre, comme il est généralement nécessaire que les diverses dynamos donnent la même force électromotrice, la résistance de chacune devra être proportionnelle àD1'2, en faisant croître le courant suivant D3'2, c'est-à-dire suivant la puissance 5/6 de la section du conducteur; réchauffement de l'armature variera proportionnellement à D2 et la puissance proportionnellement à D!’'2.
- Ainsi, en règle générale, la puissance des dynamos sera proportionnelle à D"'2. Et puisque la dynamo et l’électromoteur sont réversibles le travail que peut accomplir un électromoteur sera aussi proportionnel à D3'2.
- Dans la dynamo alternative, la puissance nécessaire pour entretenir le magnétisme des aimants du champ seraient nécessairement la même puissance des dimensions que dans la machine à courant continu. Si la quantité de fer et de cuivre croît ensemble comme D2, tandis que la vitesse linéaire demeure constante, la force électromotrice serait alors proportionnelle à la section de l’enroulement de l’armature, à la vitesse angulaire et
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- au nombre de tours de l’enroulement, soit à
- D2 ‘ , ,
- •— = D si le nombre de tours est constant, soit a
- D2
- D x D
- l si c’est la longueur de l’enroulement
- qui est constante. Si maintenant le courant est dans le premier cas proportionné à D3/2 et dans le second cas à Dr,/2, réchauffement sera proportionnel à D2 et la puissance de la machine proportionnelle à D5'2.
- Naturellement la grandeur d’une dynamo d’un type particulier, ayant une force électromotrice et une induction magnétique déterminées, est limitée par ce fait que les bobines de l’armature se réduisent finalement au nombre des sections du collecteur. En outre, pour l’éclairage électrique, le temps d’une alternance du courant ne doit pas dépasser une certaine valeur; et c’est pour cette raison que les grandes dynamos alternatives sont faites de plusieurs petits enroulements plutôt que de quelques grands. S’il était possible de donner aux grandes machines alternatives la même vitesse angulaire qu’aux plus petites, il ne serait pas évidemment nécessaire de multiplier ainsi les enroulements, mais ceci est mécaniquement impossible parce que tandis que la force centrifuge est proportionnelle à D4, la résistance des matériaux n’est proportionnelle qu’à D2.
- Il est intéressant de comparer ce qui a lieu pour les dynamos et pour les machines à vapeur.
- Imaginons donc qu’on augmente proportionnellement toutes les dimensions d’une machine et de sa chaudière en maintenant les vitesses linéaires constantes. A tirage constant, la quantité de combustible brûlé dans le foyer est proportionnelle à la surface de grille, soit à D2 et par conséquent la production de vapeur est proportionnelle à D2. La pression de la vapeur étant constante, l’épaisseur de paroi de la chaudière sera proportionnelle à D puisque l’effort est lui-même proportionnel à la circonférence de la chaudière.
- L’épaisseur de la tuyauterie et des cylindres de la machine varieront de même suivant D, en proportion de l’effort qu’ils supportent. Comme l’effort de la pression sur la tige du piston de la machine est proportionnel à la surface du piston ou à O2, l’effort transmis est proportionnel à D2.
- La vitesse linéaire du piston demeurant constante, la puissance de la machine est proportionnelle à D2, à la puissance 2/3 de sa masse ou de sa grandeur.
- Si, au contraire, la vitesse linéaire pouvait être proportionnelle à D, c’est-à-dire, si la vitesse angulaire de la machine ou sa période pouvait demeurer constante, la puissance de la machine serait suivant D3.
- Mais comme la pression de la vapeur est limitée par la résistance des matériaux de la chaudière, de même la vitesse linéaire du piston est finalement limitée par la vitesse de la vapeur, en sorte que la puissance d’une machine à vapeur n'est proportionnelle à sa masse que dans de très étroites limites.
- La force centrifuge et l’effort d’inertie, dans les dynamos comme dans la machine à vapeur, varie à vitesse constante, suivant D2 c’est-à-dire suivant la résistance des matériaux. A vitesse angulaire constante, ces forces seraient proportionnelles à D4.
- La capacité de chaudières semblables de grandeur différente est proportionnelle à D3, tandis que la combustion est proportionnelle à D2 et le temps nécessaire à la production de la vapeur proportionnel à D. De même, la masse des organes mobiles de la machine à vapeur est proportionnelle à D3 tandis que la force vive de lavapeursur le piston est proportionnelle à D2 et par suite le temps d’arrêt de la machine est proportionnel à D. Il en est ainsi pour le temps d’arrêt d’une dynamo ou d’un moteur. Dans des électro-aimants semblables de grandeur différente, le temps d’accroissement du magnétisme ou « time constant » est proportionnel à la grandeur, car l’inertie magnétique est proportionnelle à D3, tandis que la force vive du magnétisme des électro-aimants est proportionnelle à D2.
- E. R.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENlS EN ÉLECTRICITÉ
- Vibrations d’un fil de platine maintenu incandescent par un courant électrique, sous l’influence des interruptions successives de ce Courant, par M. T. Argyropoulos (*).
- J'ai tendu horizontalement un fil de platine d’une longueur de 0,70 mètre et d’un diamètre égal à une fraction de millimètre, et j’ai fait pas-
- (') Comptes rendus, t. CXI, p. 525.
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- ser un fort courant électrique pour le chauffer jusqu’au rouge blanc. En remarquant la grande dilatation du fil pendant le passage du courant, j’ai pensé qu’il devait y avoir quelque mouvement vibratoire produit par des interruptions successives du courant. J’ai donc interposé dans le circuit un grand interrupteur à trembleur, ou mieux l’interrupteur imaginé par Foucault pour les grandes bobines de Ruhmkorff : aussitôt le fil de platine s’est mis à vibrer, en se subdivisant par ondes stationnaires.
- On peut observer très nettement un, deux, trois et jusqu’à huit ventres, séparés par des nœuds qui semblent immobiles. En diminuant très lentement la tension du fil de platine, on augmente le nombre de ces ventres; au contraire, si l’on tend lentement le ffi, le nombre des ventres diminue et le fil incandescent vibre: transversalement en formant un seul ventre au milieu.
- Le support sur lequel j’avais tendu le fil avait deux mouvements, l’un pour tendre plus ou moins le fil et l’autre pour l’allonger et le raccourcir .
- On fait l’expérience de la manière suivante. On prend d’abord une grande longueur de fil; on fait passer le courant d’une pile de 45 à 50 éléments de Bunsen, en tenant l’interrupteur calé. Puis on raccourcit le fil jusqu’à ce qu’il devienne blanc de chaleur. Ensuite on lâche l’interrupteur et le fil commence à vibrer. Alors on tend lentement le fil jusqu’à ce qu’il finisse par vibrer tout entier, en formant un seul ventre au milieu. En diminuant la tension du fil, on peut produire jusqu’à huit ventres et même plus.
- Cette expérience permet de faire devant un nombreux auditoire l’étude des mouvements vibratoires des cordes.
- Sur l’origine de la force électromotrice dans les couples bydro-électriques par M. Étienne Pagliani (!).
- Après avoir étudié avec soin toutes les recherches accomplies relativement à ce sujet depuis 1842, époque où Joule-énonça le principe de l’équivalence entre la chaleur totale développée par un courant électrique et le travail des actions chimi- (*)
- (*) Résumé d’un mémoire présenté par l’auteur à l’Académie des sciences de Tuiin dans la séance du 8 juin 1890,
- ques qui s’accomplissent dans un couple, l’auteur est resté convaincu que la discussion ouverte il y a presque un siècle par Volta et Fabroni sur l’origine de l’énergie voltaïque, est toujours pendante, et il s’est livré dans le laboratoire de l’Institut technique royal de Turin, à de nouvelles recherches qui font l’objet de sa communication.
- M. Pagliani pense que l’on peut aider considérablement à la solution du problème par des observations directes sur les phénomènes thermiques qui s’accomplissent dans un couple en fonction, si l’on a soin d’observer ces phénomènes immédiatement après la fermeture du circuit et à des intervalles de temps très rapprochés.
- Cette étude lui semble plus spécialement intéressante pour des couples dans lesquels la force électromotrice est variable, et il l’a commencée avec des couples voltaïques polarisables.
- Manière d'opérer. — Le principe de la méthode adoptée par l’auteur est celui appliqué dans le bolomètre de Langley, avec la modification proposée par M. Helmholtz.
- Les quatre branches d’un pont de Wheatstone sont formées par des fils de résistance à peu près égale. Deux branches opposées sont introduites dans le couple à étudier, et les deux autres dans un autre récipient et d’une façon pareille. Dans une des diagonales est inséré un galvanomètre très sensible, dans l’autre une pile de Daniell.
- Quant on est arrivé à une condition d’équilibre entre les résistances telle qu’il n’y ait aucun courant dans le galvanomètre, on ferme le circuit du couple à étudier. Quelque soit la variation de température qui s’y accomplira,'elle sera accusée par un courant dans le galvanomètre.
- Le récipient du couple à étudier est constitué par un tube d’eisai en verre long de 7 centimètres et d’un diamètre intérieure de 2 centimètres. A l’intérieur de ce tube sont disposés sur un support deux tubes cylindriques de verre mince, concentriques, l’un de 6 centimètres de longueur, d’un diamètre de 1 centimètre et l’autre long de 4,5 centimètre et d’un diamètre intérieur de 6 millimètres. Autour d’une partie de chacun de ces tubes est enroulé un fil de platine de 1/20 de millimètre de diamètre. L’extrémité de chaque fil se réunit à un plus gros fil de platine qui sert à établir la communication avec le reste du circuit. Ces fils de platine, qui constituent les côtés opposés du pont, sont recouverts d’un mince couche de laque obte-
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- nue par une solution concentrée de cette substance dans l’alcool. De cette façon ils demeurent isolés des liquides du couple.
- Les deux tubes inférieurs sont ouverts par le bas et sont plongés dans le liquide du couple; dans le central on introduit les métaux polaiies; entre le second et la paroi du tube extérieur, l’autre métal.
- Dans un autre récipient sont disposés les deux autres branches du pont et les choses sont disposées de la même façon excepté que ce vase est rempli d’eau et qu’il n’y a naturellement pas de lames polaires, et dans le tube central est introduit un thermomètre à petit réservoir.
- J’ai voulu accompagner l’étude des phénomènes thermiques de la détermination de la force électromotrice. A cet effet je me suis servi de la méthode électrométrique et comme j’avais à mesurer des forces électromotrices très faibles et pour éviter la polarisation, j’ai choisi pour instrument de mesure l’électromètre de M. Lippmann.
- Comme je n’ai pas pu m’en procurer un„ j’ai construit moi-même la partie en verre et j’ai introduit le récipient avec la pointe effilée entre le porte-verre et l’objectif d’un microscope Hartnach, couché horizontalement et placé sur une table à crémaillère pour pouvoir hausser ou baisser convenablement mon appareil. La méthode employée est celle de compensation.
- J’ai comparé la force électromotrice à mesurerà une différence de potentiel variable prise dans le circuit de un ou deux éléments Kittler, et que j’ai déterminée en ayant soin de remettre au zéro l’électromètre placé dans la dérivation. Mon électromètre était sensible à 1/1200 volt.
- Si l’on considère les variations thermiques qui peuvent se produire dans les couples en fonction on trouve qu’elles peuvent êtres dues à des actions physiques et chimiques diverses (y compris les effets Peltier) desquelles plusieurs sont efficaces à produire l’énergie qui constitue la force électromotrice aux couples à circuit clos, mais dont les autres, par contre, n’interviennent pas dans la production de la force électromotrice.
- De plus, nous avons l’effet calorifique Joule, dû à la résistance interne du couple et le travail correspondant à la décomposition chimique accomplie par le courant. Or la somme de l'effet Joule développé dans tout le circuit et de celui qui équivaut au susdit travail doit être égale à la chaleur chimique résultant de réactions suffisantes pour
- la production de la force électromotrice, en supposant que toute l’énergie chimique se transforme énergie électrique.
- En dehors Je l’effet Joule, dû à la résistance interne du couple, on rendra encore sensible à l’appareil thermoscopique introduit dans ce couple toute variation de chaleur résultant des actions inutilisées pour la force électromotrice, variation qui peut être positive ou négative. Dans le premier cas, l'effet thermique accusé par le thermomètre sera positif; dans le second, il pourra être nul, ou il sera négatif.
- L’auteur a fait à ce sujet, avec des éléments variés et dans des conditions diverses des recherches assez nombreuses dont voici un court résumé.
- Un couple étant préparé on en déterminait la force électromotrice à de courts intervalles pour s’assurer si elle n’éprouvait pas de variation par suite des modifications susceptibles d’être produites à la surface des électrodes ou par les réactions pouvant s’accomplir à circuit ouvert. Ensuite, en déplaçant convenablement le curseur sur le pont, on cherchait une position telle qu’il n’y eût dans le galvanomètre aucun courant, ou encore la position qui, en faisant les observations de minute en minute, donnait une déviation faible mais constante d’un côté du zéro de l'échelle. Ayant trouvé celte position on fermait le circuit du couple à étudier et immédiatement après celui du pont. Le sens de la déviation observée, de même que l’augmentation ou la diminution de cette déviation indiquait de suite s’il y avait échauffement ou refroidissement dans le couple.
- COUPLES A l’acide SULFURIQUE
- Couple Sm'èe (platine platiné, fine amalgamé, acide sulfurique à 1/50. — Avec cinq couples différents on a constaté une diminution subite de la température sitôt le circuit fermé et peu de temps après, un relèvement. Dans un des couples dont la force électromotrice à circuit ouvert fut trouvée de 1,133 on a trouvé, à peine le circuit fermé sur une résistance de 50 unités Siemens une déviation de 4 divisions danslesens du refroidissement.
- Dans un autre dont la force électromotrice à circuit ouvert était de 1,151 volt, et qui fut fermé sur une résistance de 10 unités Siemens, déviation subite dans le même sens de 10 divisions, et après 30 secondes de 17 divisions. Valeur maxima
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- de la force électromotrice à circuit ouvert des divers couples, 1,373 volt; rninima 1,079 volt.
- La variation thermique négative constatée peut, selon l’auteur, s'expliquer de deux façons, aussi bien pour le couple Smée que pour les autres qui, comme on le verra ci-après, ont présenté le même phénomène. La seule réaction chimique active que l’on puisse admettre pour It couple Smée est celle qui s’opère au premier moment entre le zinc et l’acide sulfurique. Cette réaction développe par chaque équivalent, en grammes selon les données de Thomson, 53 04s calories, quantité de chaleur équivalent à une force électromotrice de 2,29 volts.
- D’autre part, l’énergie nécessaire à la décomposition de l’eau est mesurée par la force électromotrice de polarisation entre l’hydrogène et l’oxygène, force qui, à circuit fermé, sans interruption du courant primaire, avec des électrodes de platine, a été évaluée par divers physiciens aux chiffres, suivants, en volts :
- Wheatstone, 2,81; Daniell, 2,58; Buff, 2256; poggendortî, 2,32; Swanberg, 2,14 à 2,44; Pirani, 2,21 à 2,29.
- La valeur moyenne est donc de 2,59 volts. Joule avait trouvé pour la même force électromotrice de polarisation par le platine et le zinc amalgamé 3,08 volts.
- On voit donc que l’énergie fournie par la réaction du zinc n’est pas suffisante pour compenser la dépense d’énergie nécessaire à la décomposition de l’eau, et par suite la différence entre les deux quantités de chaleur correspondante est négative. Toutefois, comme cette différence serait insuffisante à expliquer l’effet observé, on doit admettre d’après la théorie de Braun et de Helmholtz que toute l’énergie potentielle chimique n’est pas transformée en’énergie électrique et qu’une partie de celle-ci provient de la transformation de l’énergie thermique.
- Couple platine brillant et inc amalgamé. Le premier effet thermique est encore un refroidissement. Dans un couple de 1,101 volt de force électromotrice dont le'circuit fut fermé sur 10 unités Siemens*, on a noté immédiaiement une déviation négative de 13 divisio.ns et au bout de 60 secondes, de 22 divisions:
- Force électromotrice maxima de ce couple 1,167 volt; rninima 1,101 sur cinq préparations diverses.
- Couple Volta {cuivre et fine amalgamé). — Des couples charbon et %inc amalgamé ont donné avec des degrés de variation divers des résultats de même sens.
- Couple ètain-\inc amalgamé. — On constate dans ce couple, à circuit fermé, une augmentation constante de la température. A circuit ouvert la force électromotrice rninima a été trouvée de 0,546 volt, le maxima de 0,581 volt. On peut expliquer l’effet thermique obtenu avec ce couple par ce fait que l’étain se couvre d’une couche mince d’oxyde qui se dissipe peu à peu pendant le passage du courant De plus la réaction du zinc vient s’ajouter à celle de l’étain et ces deux effets thermiques additionnés ont pour résultat de masquer davantage l’effet thermique négatif dû à la décomposition de l’eau.
- Mais il faut observer que pour obtenir l’effet utile dans la production de l’électricité on doit soustraire l’énergie produite par la réaction de l’étain à la lame positive de celle produite par le zinc a la lame négative. L’opération faite on obtient 0,63 volts, nombre d’accord avec la théorie et avec l’expérience.
- Avec un couple cadmium et %inc amalgamé on arrive à des résultats de même sens avec une force électromotrice de 0,357 volt.
- COUPLE A l’acide CHLORHYDRIQUE (AU 20°)
- Platine platiné et %inc amalgamé. — Dans ce couple, le circuit à, peine clos, on observa un refroidissement plus intense et plus persistant que dans les précédents.
- Avec un couple dont la force électromotrice à circuit ouvert était de 1,581 volt, après 30 secondes de fermeture sur une résistance de 50 unités Siemens, on a noté une déviation de 18 divisions dans le sens du refroidissement. Lors d’une seconde mesure effectuée 25 minutes plus tard, en fermant le circuit sur 20 unités Siemens seulement, il s’est produit une déviation de 38 divisions dans le même sens. Mais plus tard encore, quant la force électromotrice à circuit ouvert qui était à l’origine de 1,604 volt fut descendue à 1,447 volt, une fermeture sur 10 unités Siemens fit constater une déviation de 25 divisions dans le sens de l’augmentation de la température. L’auteur pense pouvoir expliquer ce phénomène de la même façon que les effets thermiques observés avec le couple Smée.
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- Couple étain et %inc. — Dans ce couple les effets thermiques sont très peu sensibles, mais dans le sens du refroidissement. Après 62 secondes de fermeture sur 10 unités Siemens on n’a constaté qu’une déviation négative de 10 divisions. L’effet thermique négatif paraît à l’auteur détruit en partie par un effet thermique positif dû à l’action de l’acide chlorhydrique sur l’étain.
- Couple platine-étain. — Dans ce couple refroidissement persistant, même avec une fermeture du circuit sur de faibles résistances.
- couple a l’acidf, bromhydrique (au 30e)
- Couple platinè-platine et %inc amalgamé. — Le premier effet thermique constaté dans ce couple est encore un refroidissement, qui peut s’expliquer par les mêmes raisons qu’avec les autres couples.
- L’auteur termine son mémoire par diverses considérations personnelles qu’il croit pouvoir déduire de ses expériences, relativement à l’orjgine de la force électromotrice dans les couples hydroélectriques et à la manière de la calculer :
- Il ne semble pas nécessaire dans l’étude des couples voltaïques de se décider exclusivement comme quelques-uns le prétendent ou pour la théorie du contact ou pour la théorie chimique. On doit faire une distinction, comme l'a très bien fait remarquer M. Pellat dans son récent mémoire (*) entre la différence de potentiel et la force électromotrice.
- La différence de potentiel entre deux points ou deux conducteurs en contact est le travail accompli par les seules forces électro-électriques (celles qui sont exercées par divers points électrisés, suivants les lois de Coulomb) sur l’unité d’électricité qui se meut d’un point à un autre, tandis que la force électromotrice d’un électromoteur mécanique est l’énergie que celui-ci communique à l’unité d’électricité qui le traverse, énergie qui peut être la transformation d’une énergie mécanique, d’une énergie thermique ou encore d’une énergie potentielle chimique. Cette provision d’énergie peut fournir la valeur de Ja force électromotrice. L’effet thermique initial négatif que nousttvons constaté dans presque tous les couples considérés ci-dessus démontre que le mouvement de l’électricité peut seul se produire par la diffé-
- rence de potentiel de contact et que l’énergie de la réaction chimique, utile pour la force électromotrice, n’étant pas suffisante pour la dépense nécessaire du travail du courant, très probablement une partie de l’énergie thermique sensible se transforme en énergie électrique.
- Cet effet négatif, joint à d’autres résultats, démontre qu’il semblerait exact de considérer le travail de la décomposition de l’électrolyte d’un couple faite par le courant comme équivalent à la force électromotrice de polarisation et non à la chaleur de combinaison de deux gaz à l’état ordinaire.
- La polarisation postérieure à la mise du couple en circuit fermé serait due seulement à la force électromotrice de contact de l’hydrogène avec le métal non attaqué, et, bien que sa valeur soit constamment inférieure à la force électromotrice primaire du couple, toutefois elle tendrait à diminuer l’énergie de celle-ci dans la production du courant.
- Certaines divergences qui se remarquent entre les valeurs observées de la force électromotrice et celles calculées dépendent soit d’avoir pris pour chaleur de décomposition de l’électrolyte qui entre dans les couples une valeur inexacte, soit plus probablement d’avoir accepté, comme force électio-motrice de polarisation celle qui correspond à la chaleur de combinaison à l’état ordinaire des éléments principaux au lieu de la force électromotrice de polarisation de contact d’un de ceux-ci avec une des lames polaires.
- C’est pourquoi dans un couple il peut se produire des transformations diverses, dont les principales sont : les actions chimiques primaires et secondaires qui se dégagent dans les substances mises en liberté à la surface des électrodes (condensation du gaz, etc.); la diffusion des éléments et des groupes mis en liberté et leur combinaison réciproque; le passage des gaz de l’état actif à l’état ordinaire; les variations dans la concentration des électrolytes au voisinage des électrodes.
- Or, de ces actions quelques-unes peuvent être efficaces pour la force électromotrice primaire ou pour la force électromotrice de polarisation, et probablement celles-là seules qui s’accomplissent sur les électrodes ; les autres peuvent ne pas être efficaces, mais de toute façon l’effet résultant de toutes les variations thermiques qui en proviennent est accusé dans le couple par la mesure calorimétrique et peut empêcher le résultat de
- d) Annales de chimie et de physique, t. XIX, 1890.
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- celle-ci de concorder avec celui d’une mesure de la forcé électromotrice. C'est pourquoi, ainsi que nous l’avons vu, dans certains cas la mesure de la force électromotrice donne un résultat d’accord avec celui que l’on calcule en se basant sur les 'actions chimiques que l’on suppose s’effectuer dans le couple, et dans d’autres cas, non.
- Du reste, les deux principes sur lesquelles est basé le théorème de Thomson ne se réalisent que dans des cas exceptionnels, pour les couples hydro-électriques, et c’est dans ces cas, dont fait partie celui d’un couple Daniell symétrique, qu’on a trouvé un accord suffisant entre la théorie et l’expérience.
- Les petites différences que l’on trouve pour les autres couples, qui néanmoins satisfont assez bien à cette théorie, peuvent s’expliquer par les effets Peltier; mais en général pour des divergences plus grandes on doit recourir à des causes beaucoup plus compliquées.
- Enfin nous admettons avec M. Pellat que la différence de potentiel entre des pôles d’un couple n’est autre chose que celle due au contact des deux métaux, modifiée par les actions que les milieux et les conditions dans lesquels les métaux se trouvent en contact exercent sur eux. En même temps que M. Lodge a trouvé des rapports de grandeur entre les valeurs de quelques forces électromolrices de contact mesurées directement et celles qui dérivent de la chaleur d’oxydation des métaux, nous avons vu de notre côté comment en certains cas on trouve le même rapport entre celles qui se calculent d’après les réactions chimiques et celles que l’on suppose s’accomplir dans les couples. On voit que l’action de l’oxygène de Pair, paraît influer en même temps que celle des autres milieux sur la force electromotrice de contact, mais sans que celle-ci puisse se calculer d’après ces actions mêmes.
- J’ai trouvé aussi t1) que la force électromotrice de contact dans des solutions de sels capables de former des sels doubles est en rapport, par ordre de grandeur, avec les chaleurs de solution des sels doubles, mais sans arriver néanmoins à calculer les chaleurs de ceux-ci.
- Les diverses valeurs que l’on obtient expérimentalement pour un même couple voltaïque, et qui expliquent les. résultats différents auxquels arrivent divers expérimentateurs pour un type
- uniforme de couples, comme le Smée, doivent trouver leur raison dans les conditions variables de la surface des métaux produites par les milieux où ils se trouvent en contact.
- J’ai dit plus haut que probablement seules les actions qui s’accomplissent dans les électrodes doivent influer sur la valeur de la force électromotrice à circuit fermé. Nous avons vu en effet que si l’on tient aussi compte des réactions qui s’accomplissent dans les liquides du couple, on peut non seulement avoir des valeurs discordantes, quant à la grandeur, mais encore être en présence d’un signe de force électromotrice contraire, à celui trouvé expérimentalement.-
- EL
- Le piano électrique par le D' Richard Ensenmann (*)
- La nouvelle invention qui vient d’être patentée est basée sur les expériences de Helmholtz : do'mner le son à un diapason par le moyen de l’électricité. Il semble que cette invention soit destinée — suivant le Journal fur Eledro-Tccbnics — à réformer complètement la construction de nos pianos et pianofortés, en même temps qu’à éliminer à jamais les systèmes à marteau venant frapper les cordes.
- Les nouveaux instruments seront construits sans aucun marteau, mais le son sera produit par le courant électrique qui imprimera à chaque corde un mouvement d’oscillation et la fera résonner.
- Perpendiculairement aux cordes de l’instrument et environ à 8 centimètres de leur plan est fixée une bande fer. Pour chaque corde est reliée de haut en bas à cette bande une paire d’électroaimants qui peuvent être fixés plus haut ou plus bas à volonté, et qui sont destinés à attirer chaque corde. Les aimants, au moyen de fils métalliques, communiquent avec le courant générateur, avec un certain nombred’éléments secs placés dansune petite boîte sous le piano et en même temps avec chaque clef. Quand on presse sur la clef et sur la pédale, le courant électrique est conduit par un mécanisme à l’aimant placé au dessus de la corde et cette dernière est attirée. Mais par l’effet de Cëtte attraction, la corde devrait rester simplement fixée à l’aimant si on n’avait pas fixé sur la planche de
- (l) international Industrial Revint', tome I, n‘ i, juillet 1890.
- (') Ait. R. Acc. Se. Torino. t. XXI, 1886.
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- résonnance un autre appareil, celui-ci ayant pour objet de remettre la corde en liberté, de telle façon qu’elle puisse être à nouveau attirée, puis remise en liberté, bref qu’elle effectue l’énorme nombre des mouvements oscillatoires qui produit le son.
- Les sons produits de cette manière sont très clairs et comparables pour les notes élevées à ceux d’une harpe éolienne, pour les notes moyennes à ceux du violencelle, et pour les notes basses à ceux de l’orgue. Le son peut être maintenu à la même intensité et prolongé à volonté.
- Aussi longtemps que le courant est en jeu, et il peut y être pendant tout le temps qu’on le désire, la corde conserve ses mouvements oscillatoires et résonne.
- C. B.
- et a (iig. 1) contiennent des électrodes de zinc amalgamé, les deux autres du mercure recouvert avec du sulfate de sous-oxyde de mercure. Dans tous les vases se trouve une dissolution de sulfate de zinc. En chauffant les vases A et B et refroidissant a et b on obtient deux éléments thermo-élçc-triques si l’on relie A avec a et B avec b, par des siphons remplis d’une dissolution de sulfate de zinc; si l’on relie au contraire A avec B et a avec#, toujours par les mêmes siphons, on obtient alors deux éléments hydro-électriques, dont l’un est à une plus haute température que l’autre. Désignons par A, a, B, b, les différences de potentiel des électrodes des vases correspondants, en contact avec le liquide du vase central; on a, d’après la supposition suivante de Helmholtz :
- Sur le siégé de la variation de la force électro-motrice des piles avec la température, par A. Gockel
- Dans un travail précédent, effectué en 1884, dont le but était de rechercher si la différence entre la chaleur totale dégagée dans un élément galvanique et la partie de cette chaleur transformée en énergie du courant peut se cale uler à l'aide du coefficient de température en se servant des formules de Helmholtz, je suis parti de l'hypothèse que la variation thermique d’un élément galvanique peut se déduire de la somme algébrique des forces thermo-électriques ex!stant aux contacts des différents corps de l’élément. Ç.onfor-
- de
- mément à cette hypothèse le rapport ^ (e désignant la force électromotrice à la température t) pour l'élément Daniell devait être égal à la somme des mêmes rapports pour les combinaisons :
- Cu | Cu SO*, Cu SO‘ | Zn S0‘,
- Zn SO1 | Zn, Zn | Cu.
- Helmholtz (2) a précisément démontré que cette relation existe dans le cas de l'élément :
- Hg 1 Hg» SO‘ I Zn SOI | Zn.
- A cet effet ce physicien employait quatre vases communiquant entre eux par des siphons/ainsi qu’aveC un cinquième vase central. Deux vases A
- A — a > B — b A — B > a — b
- — B) — (a — b) = (A — a) — (B — b)
- Cette dernière équation est vérifiée par les recherches de Helmholtz ; par conséquent la différence des forces électromotrices des deux piles est égale à la différence des forces thermo-électriques aux contacts :
- et
- Hg I Hg2 SO‘ I Zn S0‘
- Zn SO‘ | Zn.
- De même Chroustkoff et Sitnikoff, qui avaient également pour but de vérifier les formules mentionnées précédemment de Heimholtz, trouvent que, au moins pour un élément avec un sel solide pour dépolarisant, le coefficient de température de toute la pile peut être calculé connaissant seulement les forces thermo-électriques aux différents contacts. Meyer (1),- à l'occasion d’une recherche sur la variation thermiquede la pile Daniell, trouve, au contraire, qu’en général le coefficient de température de cette pile ne peut se déduire des forces électromotricesde contact. Cesdernières recherches remettaient donc en question la justification de la / méthode de calcul du coefficient de température employée dans mon travail précédent. Dans son
- (') IVied. Ann., t. XL, p. 450.
- (*'> Sitptngsber, d. Berl. Acad., 1882,
- (1) IVied. Ann., t. XXXIII, p, 265.
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- étude de l’élément Daniell, Meyer (qui se limite à cette pile) ne mesure pas les forces thermo-électriques aux contacts isolés dans la pile même, mais par des déterminations particulières ; de plus, cet élément est mal choisi, car son coefficient de température étant très petit ne peut être déterminé avec beaucomp de précision. Je jugeais donc nécessaire de prouver par une série de combinaisons que l’on peut calculer le coefficient de température d’un élément à l’aide des coefficients de température aux divers contacts séparés. En outre, sur la proposition de M. Braun, j’employais une disposition tout à fait semblable à celle de Helmholtz, disposition permettant de mesurer simultanément la force électromotrice de la pile et les forces thermo-électriques des divers contacts.
- Méthodes d'expérimentation.
- Deux vases A et a sont remplis d’une dissolution de sulfate de zinc, par exemple, et deux autres vases pareils B et b d’une dissolution de sulfate de cuivre. Dans les deux premiers vases plongent des électrodes de zinc; dans les deux autres des électrodes de cuivre. A communique avec B ainsi que a avec b à l'aide de siphons qui, dans l’exemple cité sont remplis d’une dissolution de sulfate de zinc. De cette manière on obtient deux piles Daniell, dont l’une peut être chauffée au bain-marie l’autre restant à la température ambiante. En plaçant les deux éléments en opposition, leur différence de force électromotrice peut être comparée à celle d'un élément normal. b-.i, au contraire, on relie entre eux par un siphon rempli de sulfate de zinc les deux vases A et a et qu’on fasse communiquer les deux électrodes de ces vases avec le galvanomètre, on peut alors déterminer la force thermo-électrique :
- Zn | Zn SOi | Zn chaud froid
- Si enfin les électrodes B et b sont insérées dar.s le circuit du galvanomètre, la communication de A et a étant interrompue, on mesure alors la force thermo-électrique de la combinaison :
- Cu I Cu SO> I Zn SOi I Cu S0‘ | Cu chaud chaud froid froid
- De la même manière on peut, après l’éloignement du siphon reliant A et a et l’insertion d’un autre siphon rempli de sulfate de cuivre entre B
- et ^mesurer la force thermo-électrique de la combinaison :
- Cu | Cu SO‘ | Cu, chaud froid
- puis.alors celle de la combinaison :
- Zn [ Zn SO‘ | Cu SO‘ | Z 1 SO‘ | Zn chaud chaud froid froid
- J’ai négligé dans toutes mes recherches, comme G. Meyer, les forces thermo-électriques entre les contacts des différents métaux, par suite de leur petitesse relative.
- En fait, la disposition employée est celle-ci : les quatre vases A, a, B, b ont 12 centimètres de haut et 5 centimètres de large ; ce sont des vases à réactions fermés par des bouchons percés de quatre trous. Les siphons reliant d’un côté A avec B a avec b sont des tubes de 12 millimètres de dia-
- Fig. 1
- mètre; leurs branches horizontales ont 8 centir mètres de long et leurs branches vericales 15 centimètres; ils sont fermés à leurs extrémités par du papier parchemin. Ces siphons sont remplis par aspiration au moyen des tubes ascendants fixés en leur milieu, puis ensuite séparés de l’éxtérieur par des pinces fermant les tubes de caoutchouc reliés aux tubes ascendants. Ils contiennent toujours la dissolution du métal électro-positif (si l’élément Daniell est celui qui est étudié, cette dissolution est celle du sulfate de zinc), en sorte qu’il ne peut se former aucun dépôt du métal électro-négatif sur les électrodes A et a, car la diffusion est excessivement diminuée. Les siphons sont en effet suffisamment longs pour qu’avec une fermeture en papier parchemin épais il ne puisse se produire une diffusion des vases B ou b vers les vases A et a même après plusieurs jours; cette influence sur la diffusion est d’autant plus marquée que le liquide dans le vase contenant la dissolution du métal électro-négatif est situé plus
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- bas que dans l’autre vase. D'ailleurs par précaution, tous les liquides des vases et des siphons sont renouvelés après chaque série de recherches.
- La communication des vases remplis du même liquide, c’est-à-dire de A avec a, de B avec b, a lieu par l’intermédiaire de siphons analogues aux précédents, mais dont la branche horizontale a 17 centimètres de plus; une fermeture de papier parchemin n’est plus ici nécessaire. Ces siphons peuvent être remplis par aspiration à l’aide du tube qui leur est perpendiculaire et qui est terminé par un tube de caoutchouc muni d’une pince permettant d’interrompre l’aspiration sans laisser retomber le liquide. Pour interrompre à volonté la communication électrique des vases A et a ou bien Bet£, les siphons A a et B b sont munis d’un robinet de verre. Comme ces robinets, légèrement graissés isolent parfaitement du galvanomètre, on peut toujours laisser les siphons plonger dans le liquide. Pour les études d’éléments dont le mercure est le pôle positif, j’emploie des vases de formes différentes, semblables à ceux que j’ai déjà utilisésdansdes recherches antérieures. En somme, dans chaque vase plongent deux siphons, l’électrode correspondante et un thermomètre (ce dernier n’est dessiné qu’à l’un des vases pour plus grande clarté).
- Un des thermomètres est divisé en dixièmes de degrés, les trois autres le sont en demi-degrés, mais permettent pourtant d’évaluer le dixième assez commodément. Pour établir ou interrompre promptement la communication de A et a ou B et b avec le galvanomètre, les fils partant de ces vases vont vers de petits godets de mercure placés sur un plateau à bascule. Les piles A B aussi bien que les piles a b se trouvent chacune dans un bain d’eau de 4 litres environ. Le vase destiné à contenir les éléments à échauffer A B se trouve lui-même dans une caisse pleine de sciure de bois. Pour obtenir dans ce vase la température la plus constante possible, je préfère, au lieu de le chauffer directemeni, introduire par une ouverture de l’eau ayant la température choisie. Le tube amenant l’eau chaude plonge jusqu’au fond du vase, tandis que le tube servant d’écoulement part de la partie supérieure; un robinet permet de régulariser l’écoulement. En outre de ce qui précède il est adapté à l’appareil une disposition permettant d’agiter ; il n’en est fait aucun usage dans l’étude des piles ayant des électrodes en mercure. Le bain d’eau dans lequel se trouve l’élément a b
- est toujours maintenu à la température de la chambre, car l’emploi de neige ou de glace pilée aurait l’inconvénient de condenser de la vapeur d’eau sur les siphons A a et B b, ce qui nuirait à l’isolement; de plus, l’emploi de la température de la glace fondante n’est pas du tout nécessaire.
- La mesure des forces électromotrices isolées se fait, comme dans mes précédentes recherches, par compensation au moyen d’un élément Daniell, qui de son côté est comparé plusieurs fois par jour avec un élément Latimer-Clark; de même la résistance de ce daniell est déterminée de temps en temps et le plus souvent par la méthode indiquée par Tumlirz (* *). Comme instrument de mesure, je me sers d’un galvanomètre de Thomson fortement astatique et dont la résistance est égale à 500 unités Siemens. Pour une distance de l’échelle au miroir égale à 150 cm., un courant de 10— ampère produit encore une déviation d’un quart de partie de l’échelle. La durée d’oscillation de l’aiguille aimantée, excessivement légère, est de 2 à 3 secondes environ.
- La principale difficulté, que j’ai déjà remarquée autrefois, provient de la variation des électrodes pendant le cours d’une série d’observations. G. Meyer (Ressaye de remédier à cet inconvénient en renouvelant les électrodes de ses piles après chaque mesure de leur force électromotrice. Je ne crois pas que cette méthode parvienne au résultat cherché, car, par exemple, des baguettes de zinc chimiquement pur, coupées à la même barre, présentent dans une dissolution de sulfate de zinc des différences de potentiel de 0,00001 volt à 0,0001 volt. Il n’est donc pas possible de construire les deux piles A B et a b de telle façon que, maintenues chacune à la température de la chambre, elles aient la même force électromotrice. De même Warburg(3) indique qu’il n’a pu construire deux 'éléments au calomel de Helmholtz tout à fait comparables, bien que dans ce cas disparaissent les causes perturbatrices provenant de la diffusion et des membranes poreuses.
- il ne faut pas effectuer des séries multiples de recherches, car les variations temporaires de force électromotrice sont trop grandes vis-à-vis des variations produites par des différences de température. Quand la différence de potentiel entre les
- (>) Wied. Ann., t. XXXVII, p. 527.
- (*) IVied. Ann., t. XXXIII, p. 265. (3) IVied. Ann., t. XXXVIII, p. 324.
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- dfeux électrodes de même métal ou la différence de force électromotrice des deux piles au commencement et à la fin d’une série de recherches et à la température, ne dépassent pas 0,001 volt on peut se servir avec assurance des résultats trouvés, car on rie peut en espérer de meilleurs. Dans un grand nombre de cas, il est nécessaire, après chaque mesure de force thermo-électrique, de faire à nouveau une observation à égalité de .température afin de reconnaître s’il y a eu une variation temporaire importante des électrodes. En général la série des différences de température avec lesquelles se font les observations est :
- O*, IO", 20", 300, 40", 30”, 20”, IO", O1.
- L'exécution d’une seule série complète de mesures prend .au moins, 10 à 15 minutes. 11 n’est pas possible de maintenir aussi longtemps la température du bain-marie constante à un dixième de degré centigrade près ; c’est pourquoi il faut toujours prendre trois mesures ensemble, par exemple déterminer la différence des forces électromotrices des éléments puis les forces thermo-électriques Cu | Cu SO4 et Zn | Zn SO4 | Cu SO4. Ces trois mesures demandent environ 5 à 7 minutes. Après cela on fait la lecture du thermomètre, et l’on détermine de nouveau la différence des forces électromotrices des éléments, puis alors les forces thermo-électriques Zn | Zn SO4 et Cu | Cu SO4 | Zn SO4.
- La condition exigée d’une constance des piles aussi grande que possible limite forcément sur le choix des différentes combinaisons que l’on peut étudier. Ainsi, je n’ai pu obtenir des résultats concordants qu’avec les métaux plongeant dans une dissolution de l’un de leurs sels ou bien recouverts de l’un de ces sels. L’emploi de l'acide sulfurique à n’importe quel état est soigneusement exclu de toutes les piles.
- Matériel employé.
- Les électrodes de zinc sont formées du métal chimiquement pur du commerce ; de même celles de cadmium et celles de nickel, celles-ci étant de plus recouvertes du même métal par la galvanoplastie.
- Dans quelques mesures furent employées des baguettes de zinc distillé, Dans les recherches
- effectuées avec l’acétate et le nitrate de plomb, les électrodes de plomb employées sont préparées par la méthode indiquée par Braun; pour les autres combinaisons du plomb, j’emploie des électrodes en fil de plomb commercial chimiquement pur.
- Pour obtenir des électrodes de cuivre, je recouvre de cuivre par la galvanoplastie des baguettes en métal de Wood; quand le dépôt est suffisamment épais il suffit de placer les baguettes dans l’eau bouillante pour se débarrasser du métal fusible.
- Les tubes ainsi obtenus sont polis intérieurement avec du papier émeri très fin, puis on y dépose de nouveau du cuivre, jusqu’à ce que la couche ait environ 8 millimètres d’épaisseur. Ces électrodes ainsi préparées sont préférables à celles dont je me servais antérieurement et qui provenaient de fils de cuivre du commerce recouverts encore de cuivre galvanoplastiquement, car ces dernières montrent entre elles, dans une dissolution de sulfate de cuivre, des différences de potentiel de 0,003 volt.
- Le mercure employé est toujours purifié par agitation avec une dissolution d’acide chromique. L’amalgamation des tiges de zinc est faite avec du mercure pur, sans emploi d’acide.
- Les sels employés sont aussi purs que possible ; les chlorures et sulfates de plomb sont obtenus par la précipitation d’une dissolution d’acétate. J’indique chaque fois la concentration de la dissolution ; par dissolution demi-normale j'entends une dissolution telle qu’un demi-équivalent en grammes du sel soit contenu dans 100 parties de la dissolution.
- La dissolution du sulfate de cuivre est toujours privée d’air par ébullition ; il en est de même quand c’est nécessaire pour d’autres dissolutions salines, ce qui d’ailleurs est spécialement indiqué.
- Résultats.
- I. — Zn | Zn SO4 (25 0/0) [ Cu SO4 (16 0/0) | Cu.
- Je trouve pour ^ les valeurs suivantes, exprimées en volts :
- 7.n | Zn SO1.................................... — 0,03783
- Cu | Cu SO* | Z11 SO1........................... -f- 0,03760
- .d’où pour la pile entière.......... - - 0,0*23
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- $44’
- Cu | Cu SO‘.................................. + 0,03739
- Zn | Zn SO4 | Cu SO*........................... — 0,03770
- d’où pour la pile entière....'................... — 0,0*31
- Valeur observée........................... — 0,0*42
- On obtient donc une concordance satisfaisante. En même temps on peut conclure de ces nombres que la pile Danieil formée avec une dissolution de sulfate de zinc concentrée diminue de force électromotrice quand la température augmente, ainsi que l’a déjà indiqué Helmholtz. Meyer, en calculant au moyen des coefficients de température à chaque contact séparé qu’il trouve dans ses recherches le coefficient de température de la pile, obtient le nombre o,o3i 16, tandis que par l’observation directe il aperçoit une diminution de la force éleciromotrice entre o°et20°, puis après une légère augmentation entre 2o° et 400. En comparant les valeurs trouvées par Meyer depuis o° jusqu’à 400 on obtient un coefficient de température moyenne égal à — 0,0*88.
- 11. —Zn | Zn SO4 (1,8 0/0) | Cu S04(i6o/o) | Cu.
- L’étude de cet élément offre be.-ucoup de difficulté, par suite de la faible concentration de la dissolution de sulfate de zinc ; la résistance des siphons contenant cette dissolution est en effet très considérable et de plus la diffusion du sulfate de cuivre vers le sulfate de zinc se fait avec une grande rapidité.
- Meyer trouve que le coefficient de lempérature de toute la pile est + o,o36i6, tandis que le calcul à l’aide des coefficients de température à chaque contact le conduit à la valeur — 0,0*10. Je présente en regard les uns des autres mes résultats et ceux de Meyer :
- Meyer Gocltel
- Zn 1 Zn SO1... — 0,03696 — 0,03889
- Cu | Cu SO4 | Zn SO4 ... .* + o,03686 + 0,03733
- Valeur calculée.. — 0,0*100 — 0,03159
- — observée.... + o,o36i6 —0,03220
- Je dois encore ajouter que le calcul à l’aide des résultats donnés par Ebeling conduit à la valeur o,c3105, pour le coefficient de température de l'élément formé d’une dissolution de sulfate- de zinc à 2,9 0/0 et d’éleclrodes de zinc amalgamé.
- Les grandes différences entre les observations de Meyer et les miennes pour obtenir ce coefficient de température sont très surprenantes et difficilement explicables par les sources d’erreur de ma méthode..
- D’ailleurs, pour éviter les variations même de la force électromotrice de l’élément Danieil normal maintenu à la température de la chambre, je compare directement dans quelques expériences la pile à éiudier avec l’élément Latimer-Clark, et toujours je trouve, contrairement aux résultats de G. Meyer, un faible coefficient de température négatif.
- Enfin, Helmholtz obtient aussi par le calcul une valeur négative de ce coefficient pour une pile Danieil dont la dissolution de sulfate de zinc est très étendue.
- III. — Zn | Zn SO4 (1/2 normale) | Cu SO4
- (1/2 normale) | Cu.
- Je trouve pour^ les valeurs suivantes :
- Zn | Zn SO4............................ — 0,03800
- Cu | Cu SO4 | Zn SO4.................... + 0,03735
- Valeur calculée.................. — 0,0465
- Cu | Cu SO4............................ + 0,0*715
- Zn | Zn SO4 |'Cu SO4..................... — 0,03830
- Valeur calculée.................. —0,0*850
- La valeur observée directement pour le coefficient de température de la pile entière est excessivement faible et ne peut être déterminée avec précision.
- Meyer tire de mes observations antérieures la conclusion que la concentration de la dissolution de sulfate de zinc pour laquelle la force électromotrice de l’élément Danieil est indépendante des variations de température est plus grande que lu concentration indiquée par Helmholtz. En présence de la petitesse de mes premiers résultats me donnant indirectement des coefficients de température positifs et de la petitesse des derniers donnant alors des coefficients négatifs, il est évident que les conclusions de Meyer n’ont plus leur raison d’être. La différence entre mes premiers résultats et ces derniers peut très bien, s’expliquer par la diversité des électrodes de cuivre employées chaque fois.
- IV. — Zn | Zn SO* (1/2 normale -f Na2 SO4 (1/2 normale) | Cu SO4 (1/2 normale) | Cu.
- Le liquide entourant le zinc est formé d’un mélange à parties égales d’une dissolution de sulfate de zinc demi-normale et d’une dissolution de sulfate de soude demi-normale. La force électromo-
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- ., trice de ,1a pile à n° C: est égale à 1,109 volt.
- » * de
- Voici les valeurs trouvées pour jj.
- Zn 1 Zn SO*, Na2 SO*............................ — 0,02104
- Cu | Cu SO* | Zn SO*, Na2 SO*............. + 0,03785
- Valeur calculée..........................I - — 0,03255
- Cu | Cu SO* .................*.................. + 0,03735
- Zn ] Zn SO*, Na2 SO* | C.u SO*............. — 0,03987
- -Valeur calculée........................... —0,03252
- — observée................................ —0,03250
- V-. - V. — Zn | Zn SO4 | Cd SO5 | Cd.
- - Les deux dissolutions sont demi-normales. La force électromotrice de cette pile à 15°" est égale à 0,353 volt. Cette pile au cadmium est moins constante que la pile Daniell. Quand le cadmium pur ou amalgamé, forme le pôle positif d’un élément, il se recouvre toujours d’une poudre noire, que l’on peut considérer d’après Hittorf comme Une modification allotropique du métal. Quand le .cadmium forme le pôle négatif d’une pile il se recouvre d’une poudre analogue, mais plus claire, ainsi que l’a montré Czapski.
- 11 faut donc après chaque observation ramener les éléments à la même température, effectuer les mesures correspondantes, puis polir les électrodes pour procéder à une nouvelle série de déterminations.
- : Voici les valeurs obtenues pour
- : Zn | Zn SO* .................................... — 0,03774
- Cd | Cd SO* | Zn SO*............................ + 0,03724
- Valeur calculée............................ — 0,0^500
- Cd | Cd SO*....................................... + 0,03669
- Zn | Zn SO* | Cd SO*.............................. — 0,03784
- Valeur calculée........................... — 0,03115
- La valeur trouvée par l’expérience correspond à une diminution de la force électromotrice quand la température augmente, diminution peu importante et irrégulière.
- VI. — Cd | Cd SO3 (11-2 normale) | Cu SO4 (160/0)—Cu.
- cl C
- Les valeurs trouvées pour sont :
- a t
- Cd | Cd SO*..................................... — 0,03692
- Cu I Cu sr* 1 Cd SO*............................. . + 0,03796
- Valeur calculée............................ + 0,03104
- Cu | Cu SO* ............................ + 0,03769
- Cd j Cd SO* | Cu SO*..................;.... —0,03619
- Valeur calculée.......................... + 0,03150
- — observée............................. .+ 0,03147
- Vil. — Ni | Ni SO4 (Az H4)2 SO4 | Cu SO4 | CuT
- Les deux dissolutions sont demi-normales. On sait que M. Bouty a montré que les électrodes de nickel se polarisent dans la dissolution d’un de leurs sels d’une manière asssez forte. Comme de plus, le sel double du commerce servant à nickeler que j’emploie se décompose facilement par une faible élévation de température, il est évident que je ne pouvais obtenir des résultats exacts et concordant avec la pile considérée.
- 11 est cependant digne de remarque que dans la pile thermo-électrique Ni | Ni SO4 | Ni le courant à la source chaude va du métal au sel contrairement à toutes les autres combinaisons que j’ai
- t ., de
- étudiées. Je trouve pour les valeurs suivantes
- Ni I Ni SO* (Az H*)2 SO*.............. — 0,03250
- Cu | Cu SO*....................... — 0,03730
- Le coefficient de température de la pile est — o,o2I7o
- VIII. — Zn | Zn A c (1/2 normale) | Pb Ac (1/2 normale) | Pb.
- Le symbole Zn Ac remplace Zn (C2 H3 O2)3 -j-
- de
- H2 O. Les valeurs trouvées pour ^ sont :
- Zn I Zn Ac........................................ — 0,03625
- Pb | Pb Ac | Zn Ac................................ + 0,03209
- Valeur calculée........................... —0,03416
- Pb i Pb Ac............................ + 0,03184
- Z11 | Zn Ac | Pb Ac............................... — 0,03592
- Valeur calculée......................... — 0,03408
- — observée.......................... — 0,03402
- IX. — Pb | Pb Az2 O6 | Cu Az2 0° j Cu.
- Les dissolutions sont toutes demi-normales. La force électromotrice de cet élément à la température de 8°-centigrades est égale à 0,491 volt. Les
- valeurs obtenues pour ^ sont :
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- Cu | Cu Az* O6................................. + 0,03647
- Pb | Pb Az2 O6 | Cu AzVO0......................... — 0,03343
- Valeur calculée......................... +0,03304
- Pb | Pb Az* 0°.................................... — 0,03267
- Cu | Cu Az2. 0e | Pb Az Otf..................... + 0,03613
- Valeur calculée............................ + 0,03346
- — observée............................... + 0,03178
- Par suite de la grande inconstance de cet élément (à la fin d’une série de recherches la différence de potentiel entre les deux électrodes de cuivre à la même température se montre quelquefois égale à 0,03150 volt), il est possible que la grande différence que l’on remarque entre la valeur calculée et la valeur observée du coefficient de température provienne des erreurs d’observation, absolument inévitables.
- X. — Zn | Zn SO4 (25 0/0) | Pb SO41 Pb.
- Les vases A, a comme, les vase B, & contiennent la dissolution de sulfate de zinc, en sorte que ce liquide imprègne le sulfate de plomb. La force électromotrice de l’elément à la tempéiarure de 190 est égale à 0,680 volt. Les valeurs obtenues de
- Zn I Zn SO*..................................... — 0,03747
- Pb | Pb SO* | Zn SO7'........................... —
- Valeur calculée............................. — °j03747
- Pb | Pb SO* | Zn SO*............................ —
- Zn | Zn SO* | Pb SO*............................... — 0,03774
- Valeur calculée............................. — 0,03774
- — observée................................ — 0,03770
- XL — Zn I Cl2 I Pb Cl2 I Pb.
- Les baguettes de zinc sont amalgamées. La dissolution de sulfate de zinc est normale. On la fait bouillir avec le sel de plomb pour obtenir le mélange qui doit être versé vers les électrodes de plomb; parle refroidissement une partie du chlorure de plomb cristallise. Voici les résultats ob-
- tenus :
- Zn | Zn Cl2..................................... — 0,03418
- I b | Pb Cl2 | Zn Cl»............................. J- 0,03282
- Valeur calculée............................. — 0,04360
- Pb J Pb Cls, Zn Cl5............................... + 0,03400
- Zn | Zn Cl» 1 Pb Cl», Z11 Cl»..................... — 0,03437
- Valeur calculée............................. — °j°4.370
- On observe une diminution calculée très faible, et qui par suite ne peut être déterminée, de la force électromotrice par un accroissement de la température.
- XII. — Zn | Zn Cl2 (normale) ] Zn Cl2 (1/2 normale) | Hg2 Cl2 | Hg.
- de
- Le zinc est amalgamé. On trouve pour les valeurs suivantes :
- Zn | Zn Cl» (norm ,).................'... — 0,03438
- Hg | Hg*Cl2, Zn Cl2 1/2 norm.) | Zn Cl* (norm.) + 0,03*13
- Valeur calculée .......................... +0,04750
- Hg | Hg* Cl», Zn Cl* (1/2 norm.)......... + 0,03531
- Zn | Zn Cl* (1/2 norm.) | Hg* CI», Zn Cl* (norm.). — 0,03455
- Valeur calculée.................... + 0,04760
- — observée....................... + 0,04900
- XIII. — Zn | Zn Cl2 (1/2 normale) | Ag Cl | Ag.
- Je trouve en premier lieu les valeurs suivantes de
- p°ur Ti
- Ag | Ag Cl, Zn Cl*......................... + 0,03143
- Zn | Zn Cl3 (1/2 norm..)............... = 0,03562
- Valeur calculée.................... — 0,03419
- Jahn en 1886 trouva pour ce même élément avec la même concentration de chlorure de zinc, un coefficient de température précisément égal à
- — 0,03419.
- Sans vouloir m’appuyer sur la parfaite concordance de ces deux valeurs particulières, je crois avoir donné des preuves suffisantes que le coefficient de température d’une pile peut se calculer à l’aide, des coefficients de température pris aux différents contacts séparément. Je dois encore ajouter que Czapski obtient pour l’élément Cd | Çd Cl2 |
- A g Cl | Ag un coefficient de température égal à
- — 0,03278, tandis que mes observations séparées me conduisent à la valeur — 0,03252 pour une dissolution de chlorure de cadmium à 19 0/0.
- La question posée en commençant ce travail, de savoir si la variation thermique d’un élément galvanique peut être calculée à l’aide des forces thermo-électriques se formant à chaque contact, est donc, je pense, complètement résolue.
- A. C.
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- FAITS DIVERS
- I.es cours publics de la Faculté des sciences de Paris re* commencent le 3 novembre à la Sorbonne.
- Les leçons de physique générale de M. le professeur Bouty auront lieu les mardis et samedis il 1 heure 1/2.
- Celles de physique mathématique, par M. Poincaré, membre de l’Institut, les lundis et jeudis à 10 heures t/a.
- Les conférences sur l’électricité statique, par M. Pellat, se feront les lundis et jeudis à 4 heures.
- Les laboratoires de physique ouvriront au commencement de décembre: quatre fois par semaine les élèves s’y exerceront aux diverses manipulations et mesures que permet l'outillage des laboratoires.
- Nous avons entre les mains les conclusions du rapport de M. Mac Donald sur l’exécution de Kemmler.
- M. Mac Donnald demande que les exécutions aient lieu dans une prison centrale exclusivement consacrée aux condamnés à mort, avec des dynamos fabriquées ad hoc, et placées sous la direction d’un électricien d’une capacité reconnue. Les éléments de cette dynamo devraient être calculés de manière à donner une pression d’au moins 3 000 volts. Le voltmètre devrait être placé sous l’œil de l’exécuteur. La résistance du condamné devrait être déterminée avant l’exécution. Enfin dans les dix jours, un rapport détaillé sur l’exécution devrait être envoyé au gouverneur de l’état de New-York.
- Il n’est pas question de changements ou de simplifications a apporter ni dans le mode d’application des électrodes, ni dans leur construction, ni dans le mode d’attache du com-damné, ni dans la disposition de la chaise.
- Une des préoccupations dominantes de l’honorable rapporteur a été sans, contredit, de ménager les susceptibilités du constructeur de la dynamo servant aux exécutions.
- 11 n’est pas sans intérêt de rappeler à ce propos, que la dynamo de la prison d’Auburn,- et celle de la prison de Saint-Louis, ont été envoyés par la maison Westinghouse à Rio-de-Janeiro, et que c’est de R'o-de-Janeiro qu’elles sont revenues à New-York, achetées par le délégué du gouvernement local. Lorsque la maison Westinghouse en a fait la livraison, elle ne pouvait se douter de leur destination future.
- Une terrible explosion de gaz vient de se produire à Brünn, dans l’antichambre de la salle des fêtes du palais du gouverneur. Plusieurs portes furent défoncées, et plus de cent carreaux furent brisés. On frémit quand on songe aux conséquences que cette catastrophe aurait infailliblement eues si elle avait éclaté pendant une réception publique. La mauvaise fermeture des robinets suffit pour expliquer ce qui s’est passé.
- L’installation du secteur Popp dont nous avons annoncé l’inauguration il y a quelques mois est actue'lement terminée. Le secteur concédé à la compagnie de l’air comprimé a été partagé' en 33 compartiments desservis chacun par une usine de distribution, recevant son air comprimé des stations centrales de la compagnie. Toutes ces stations sont disposées d’après un modèle uniforme, et l’on y pratique hs principes que nous avons décrits.
- L’administration des Postes et Télégraphes vient de recevoir l’autorisation de mettre en adjudication le droit d’afficher des annonces industrielles dans l’intérieur des bureaux où l’on admet le public. L’adjudicataire aura à se conformer à un cahier des charges, dans lequel on aurait aimé à voir figurer l'affichage de documents que les personnes faisant usage des postes et des télégraphes ont intérêt à connaître.
- La bonne foi avec laquelle M. Preece a signalé, dans sa dernière communication à l’Association Britannique, la supériorité des aimants français a excité une surprenante émotion de l’autre côté du détroit. L’amour propre britannique ne veut pas nous laisser un avantage que nous possédons depuis bien longtemps. En effet cette supériorité a déjà été signalée par M. du Moncel dans son traité des Applications de l'électricité à propos des mach'nes de l’Alliance.
- M. Langhans, de Berlin, a bieveté un procédé pour former à la surface des fils ou rubans de métal ou de charbon des lampes à incandescence un enduit inattaquable, ou tout au moins peu attaquable par l’oxygène ou les gaz oxygénés. Ce procédé consiste à imprégner les fils, au sein d’une atmosphère de gaz indifféfent, d’une combinaison d’un composé du silicium ou du bore qui puisse déposer du silicium ou du bore sous l’action de la chaleur; puis à faire passer dans les fils ou rubans un courant électrique qui les porte à l’incandescence avec ou sans l’intervention d’agents chimiques capables de favoriser la décomposition.
- Les agents de décomposition des composés borés ou sili-ciés déposés à la surface des fils ou rubans peuvent être la chaleur, l’électricité, ou des réactifs chimiques.
- Les composés que l’inventeur préconise sont : le silicium tétraméthyle ou tétraéthyle, propyle ou phényle; le rhoda-minate, l’azoture de silicium et la pyridine silicique, ainsi que les dérivés borés correspondants. Peuvent servir au même usage tous les composés du bore ou du silicium que la chaleur décompose ou volatilise, qu’ils soient jsoiides, liquides ou gazeux. Les composés solides sont au préalable dissous dans un solvant approprié, par exemple le sulfocya-nogène silicique dans la benzine, etc.
- Le« fils enduits avec le composé choisi sont chauffes au
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- *48 LA LÜMIÈRÉ ÉLECTRIQUE
- rouge par le passage du courant électrique, dans une atmosphère de gaz indifférent.
- Comme exemple de composés qui, à la chaleur rouge, réagissent naturellement, M. Langhans indique ie tétrachlorure de silicium et la benzine.
- Le procédé Langhans peut être un perfectionnement, mais il ne constitue pas une méthode entièrement nouvelle, attendu que nous avons à maintes reprises appelé l’attention de nos lecteurs sur des procédés divers ayant pour but de déposer une gaîne métallique autour du filament.
- Dans le tome XV des Transactions de la Société Sismique du Japon l’on trouve un mémoire de M. Shilda donnant un grand nombre d’exemples tendant à prouver qu’il existe un rapport entre les tremblements de-terre et les perturbations de l’aiguille aimantée. Les mouvements que l’on observe tlors, tels que ceux que M. Moureaux a observés au parc Saint-Maur, ne paraissent pas de nature à s’expliquer uniquement par des impulsions mécaniques.
- Ces explications sont aussi insuffisantes que celles des météorologistes prétendant qu’elles parviennent de ce que les pluies qui se manifestent alors sont accompagnées de la.chute de substances magnétiques. Cependant toutes ce s théories ont besoin d’être soumises à de nouvelles observations que l’on ne saurait trop multiplier.
- L’inauguration du tramway électrique de Pazzalo à Lugano a eu lieu dernièrement. La voie, de i mètre de largeur, longe les bords du lac Lugano et gravit le mont San-Salva-tore.
- La force motrice est empruntée à une chute, dont les eaux sont conduites dans des tuyaux en fer à l’usine située à Ma-roggia, à l’extrémité sud du lac de Lugano. Là, deux turbines-Girard, d’une force totale de 300 chevaux, commandent deux dynamos, l’une à courant continu et l’autre à courants alternatifs, de la Société des ateliers d’Oerlikon. La première assure le service du tramway, tandis que la seconde alimente 1500 lampes de 16 bougies réparties tant à Lugano, dans 1rs hôtels et chez les particuliers, que sur la voie du tramway et à Pazzalo.
- Ce tramway est à traction funiculaire, et la ligne, de 1500 mètres de longueur, est à double voie : un train montant et un train descendant sont fixés aux deux extrémités du même câble, de façon à diminuer l’effort de traction.
- La génératrice, de 60 chevaux, donne 1800 volts et 22 ampères àxla vitesse de 700 tours à la minute, et la réceptrice, à Pazzalo, développe une puissance de 40 chevaux à la même vitesse. Les deux machines sont reliées par des conducteurs aériens de 5 millimètres de section, supportés par des poteaux, le long de la voie. En raison de la tension élevée du courant} les câbles reposent sur des isolateurs en porcelaine
- baignés dans l’huile. Le rendement de la transmission serait de 66 0/0, l’un des plus élevés que l’on ait obtenus.
- Du la: de Lugano à Pazzalo la pente est très raide : elle débute par 17 0/0, pour s’élever à 38 0/0. Les rails sont posés sur un massif de maçonnerie, et de distance en distance un rouleau de bois supporte le câble de traction. Celui-ci, accroché en dessous des wagons, mesure 33 millimètres de diamètre et se déroule sur les rouleaux afin d’éviter les frottements sur le sol.
- Chaque wagon, du poids de 4,5 tonnes, peut contenir 33 voyageurs et est muni de deux freins puissants pour le cas où le câble viendrait à se rompre.
- Une machine à vapeur de 30 chevaux, installée à Pazzalo, sert de réserve pour le cas où le service électrique devrait être interrompu.
- L'Administration espagnole des Postes et des Télégraphes (Direction general, 18, cal le de Claudio Coello, Madrid)» mettra en adjudication :
- Le 8 novembre, à 2 heures de l'après-midi, 30 tonnes de sulfate de cuivre;
- Le 10 novembre, même heure, 100 récepteurs Morse et 140 commutateurs de différents modèles;
- Le 11 novembre, même heure, 30000 cylindres pour piles Callaud.
- Les conditions sont publiées dans la Gaceta de Madrid.
- Depuis plus d’un an on travaille à Boston à la construction d’une station centrale exclusivement consacrée à la traction électrique par le système Thomson-Houston. Les machines y développeront une puissance de 13000 chevaux.
- Déjà dans cette ville existe une autre station qui produit ; 5000 chevaux employés par l’exploitation d’un réseau de 60 kilomètres. Lorsque la station en construction sera terminée, la Compagnie Thomson-Houston produira donc dans la métropole du Massachusetts une force totale de 18000 chevaux; et son réseau, presque comparable à celui d’une compagnie de chemin de fer, aura un développement de 480 kilomètres, "e double de la distance de Paris au Havre.
- Au 15 mars 1890, la compagnie avait 130 moteurs élcc-1 triques en fonction. AU 30 septembre elle en avait 312.
- On nous dit, de plus, que la Compagnie Thomson-Houston a proposé à toutes les compagnies de tramway du West-end de Boston de se charger à forfait de la traction, en garantissant une économie de 10 0/0, si on lui permet de remplacer les chevaux par l’électricité.
- On sait que la plupart des minerais de fer sont insensibles à l’action magnétique. L’aimant fournit même un moyen' simple de reconnaître certains oxydes, lorsque les caractères-
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- cristallographiques font défaut. Mais on vient de reconnaître que lorsqu’on soumet ces substances à l’action d’une flamme oxydante dans l’intcrieur d’un haut fourneau, elles deviennent magnétiques. Comme elles sont en même temps réduites à un état pulvérulent, on peut très facilement les soumettre à l’action d’un séparateur électromagnétique; après leur avoir fait subir ce grillage préparatoire, on obtient, paraît-il, un fer excellent. Ce procédé est, dit on, employé en Amérique ou est sur le point de l’être.
- La ville de Brcslau va avoir un chemin de fer électrique destiné au service des cimetières. Les objections soulevées par les ennemis d’une innovation fort utile ont été écartées d’une façon victorieuse. Ne serait-il pas possible d’examiner si c'itte application ne serait pas pratique et humaine pour d’autres villes dans lesquelles les lieux de sépulture du peuple sont à la fois très éloignés et peu accessibles? Nous renverrons la solution de cette question au Conseil municipal de P?ris.
- Parmi les conceptions bizarres qui voient le jour sur les bords du Michigan, nous signalerons l’idée de placer l’exposition navale dans l’intérieur d’un édifice qui aurait la forme et les dimensions d’un cuirassé de premier rang. Des canons réels seraient en position. Cette fantaisie coûterait assez cher. On estime les dépenses de 500000 à 1 250000 francs, suivant la matière employée.
- Comme la lumière du soleil aurait quelque peine à pénétrer dans l’intérieur, on compléterait cette exposition par un spléndide éclairage électrique qui fonctionnerait pendant toute la journée ; à ce point de vue le sort de cette étrange proposition offre un certain intérêt pour les électriciens.
- On a institué une commission de dames qui probablement aura à se prononcer entre autres questions, sur les applications domestiques de l’électricité. La présidence en a été donné à M"” Palmer, femme du président du comité national de l’Exposition de Chicago.
- Mademoiselle Marthe de Jouffroy, vient de ramener à Versailles les cendres de son père, mort en 1859 à Turin, où il avait été appelé par le comte de Cavour, pour construire un chemin de fer de son invention sur le mont Cenis. Ce système que la mort d’Achille de Jouffroy, n’a pas permis d’appliquer est décrit dans les Comptes fendus de l’Académie des Sciences pour 1846, où se trouve un long rapport favorable de Cauchy. Il est complètement oublié de nos jours, mais à une époque où la traction électrique prend des développe-
- ments si grands, il n’est peut être pas inutile de rappeler en quoi il consistait. L’auteur prenait trois rails, un rail central strié pour la traction et deux rails latéraux pour le roulement. Sa locomotive portait une vanne centrale formée de deux plateaux fortement boulonnés, et emprisonnant des morceaux de bois debout, formant une jante continue qui s’imprimait dans les stries et produisait l’adhérence. Le rapport de Cauchy, constate qu’à l’aide de ce système une locomotive d’essai a franchi des pentes de 30 millimètres par mètre.
- Un marchand de papiers peints de New-York a photographié les ombres des feuilles des arbres où l’on a placé des lampes électriques, et compte utiliser dans la composition de ses dessins les formes bizarres ainsi recueillis. Mais nous doutons que ce procédé ne rivalise d’une façon heureuse avec l’imagination de nos artistes.
- Éclairage Électrique
- La question de la réduction- du prix du gaz est venue de nouveau devant le Conseil municipal de Paris. La Compagnie parisienne cherche toujours les moyens d’obtenir une prolongation de concession, ou une indemnité en cas de résiliation, mesure que la concurrence faite par l’électricité rend inévitable. Ce serait être évidemment fort habile que de se faire payer pour prendre une mesure à laquelle on doit se résigner à une époque prochaine. Mais le Conseil municipal entrera-t-il dans des combinaisons de cette nature? Nous avons lieu de penser le contraire.
- La lumière électrique est délivrée d’un rival dont on commençait à faire grand bruit. Il s’était formé dans l’Indiana une compagnie pour y amener-le gaz d’éclairage naturel, en lui faisant parcourir dans des tuyaux en fer forgé une distance de 150 kilomètres. Les tubes-étaient presque tous arrivés le long de la ligne, un grand nombre avaient déjà été ’ enfouis en terre. On commençait à élever les usines réparties le long du périmètre pour accélérer le mouvement du gaz. Tout d’un coup on vit l’activité se ralentir, et le dernier courrier nous apprend que tous les ouvriers ont été licenciés. Nous ignorons encore les causes de cette catastrophe industrielle, qui ne sera pas défavorable à l’électricité.
- Dans son numéro du 10 octobre, VEtectrieal Engineev nous donne des détails homériques sur la lutte du Conseil municipal de Mexbro’, petite ville du Yorkshire, et la Compagnie gazière. Alléguant son monopole, celle-ci se refuse à améliorer la 'qualité de son hydrogène carburé. Aussi les consommateurs se voient-ils réduits à fermer leurs robinets et à brûler de la chandelle.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Télégraphie et Téléphonie
- La Chine a actuellement 26530 kilomètres de conducteurs télégraphiques, et le gouvernement chinois est en train de faire poser 1600 kilomètres de lignes à l’ouest de Kansouh, pour être constamment renseigné sur les mouvements de troupes russes sur la frontière nord-ouest du Céleste Empire.
- Nous avons le regret d’annoncer la mort du docteur Williamson, qui est survenue le 28 août à Shanghaï. Ce savant a fondé il y a 35 ans dans celte grande vide la Société pour la diffusion du christianisme et de la science dont il était le directeur.
- C’est à l’aide des traités en chinois publias par cette puissante et intelligente société que 400 millions d’êtres humains sont arrivés à avoir une notion élémentaire des découvertes de la science moderne, que n’avait pas prévues Confucius. Les difficultés à vaincre pour donner une idée des conquêtes de l’électricité avec les caractères de l’écriture mandarine sont inconcevables. La reconnaissance publique doit récompenser les hommes courageux qui n’ont pas reculé devant une tâche si ingrate et si difficile. Il faut avouer cependant que les nécessités de la guerre ont plus fait encore que 1 s efforts de la Société de diffusion.
- En effet, c’est afin de pouvoir être prévenu des mouvements des- Français et des Russes, qu’un gouvernement idolâtre a consenti à établir des télégraphes électriques. Quant aux chemins de fer, la résistance est plus grande, mais die sera vaincue par les mêmes causes. Du reste, partout où la télégraphie électrique pénètre, elle amène avec elle tous les progrès, et la résistance des mandarins n’enchaînera point cet invincible conquérant.
- Le nombre d’abonnés à la Compagnie téléphonique Bell en Belgique, a augmentée de 8,5 0/0 pendant l’année 1889. Cette Compagnie possède des, réseaux à Bruxelles, Anvers, Charleroi, Gand, Verviers, etc.
- On se plaint à Chicago des voleurs qui enlèvent des fils téléphoniques en cui/re. On a détourné ainsi au moins 1500 kilogramme» de fils, mais dernièrement on a pris 5 voleurs appartenant tous au « Fire a]arm département » de Chicago.
- On travaille actuellement à la pose du fil téléphonique qui doit relier Arras et Lille; on s’occupera ensuite de l’établissement du réseau téléphonique entre Arras, Amiens et Palis.
- Bientôt, paraît-il, on ne se bornera pas à voir le soleil : on l’entendra. Edison veut nous faire entendre le fracas des
- écroulements qui se produisent dans le brasier de la photosphère et qui se manifestent à notre vue sous l’aspect de taches mobiles. Il se propose de construire un gigantesque téléphone reliant à travers l'espace la Terre au Soleil. ,
- Les bornes de ce téléphone se frôuveront à un observatoire qu’Edison est en train de construire à cet effet. Le courant sera emprunté au magnétisme terrestre engendré par les commotions photosphériques. Quant au magnétomètre assez puissant pour être sensible à ces lointains orages solaires, il sera constitué — c’est là le clou de l’affaire — par une montagne de fer magnétique qui se trouve à Ogden, dans l’état de New-Jersey, et qui sera entourée de plusieurs kilomètres de fil métallique.
- Ce gigantesque magnétomètre accusera les variations qui pourront se produire dans le magnétisme terre«_tre, et lé formid tble tonnerre que produisent les convulsions solaires s’entendra à l’observatoire qui sera situé près de la montagne aux millions de tonnes d'aimant.
- Soient qttis dicere faisant audeat ?
- On fait de grands préparatifs à Francfort pour que l’Exposition électrique soit un succès. Parmi les créations sur lesquelles on compte figurent des auditions à l’instar de celles que la Compagnie des téléphones avait installées avec tant de goût et de succès dans les environs de la Tour Eiffel.
- La musique sera fournie non-seulement par l’Opéra de Francfort, mais par le Théâtre de la Cour, à Manheim, et même par l’Opéra de Munich. Pour que la dernière partie de ce programme puisse être réalisée, il faut que le ministre des postes et télégraphes de l’empire d’Allemagne consente à établir une ligne téléphonique, qui n’existe point encore.
- Le Gullignani's Messenger du 20 octobre nous apprend que la Société du téléphone mécanique a étendu ses opérations en Angleterre, et que les communications peuvent être établies maintenant à près d’un mille.
- Nous avons exécuté récemment à bord du ballon captif de M Lachambre une ascension dans laquelle nous avons involontairement fait une observation montrant que les fiis-tendus propagent facilement les sons à des distances beaucoup plus grandes qu’on ne le croit communément, et donnant raison à la Compagnie du téléphone mécanique. Comme le vent avait fraîchi, le câble touchait la nacelle dans laquelle nous nous trouvions. Aussitôt que ce contact a été établi, nous avons entendu les coups de piston de la machine, qui travaillait énergiquement pour nous ramener.
- Imprimeur-Gerant : V. Nory
- imprimerie de'La-Luxuère Électrique. — Paris 31. boulevard des Italiens, 31,
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNÉLIUS HERZ
- Xll“ ANNÉE (TONIE XXXVIII) SAMEDI 8 NOVEMBRE 1890 No 48
- SOMMAIRE. — Études sur les décharges électriques dans des espaces remplis de poussière; Ch. Zenger. — Sur l’utilisation industrielle des courants continus de haute tension Frank Géraldy. — La soudure électrique; Gustave Richard. — Couveuse électrique pour enfants; P. Marcillac. — Filière téléphonique; P. Le Goaziou. — Chronique et revue de la presse industrielle : Nouveaux câbles entre le Pérou et le Chili. — Emploi de l’air comprimé pour la distribution de l’énergie. — Pile lhermo-électrique faisant fonction d’accumulateur, par le D' A. von Waltenhofen. — Isolateurs pour suspension de lignes aériennes. — Sonnerie électrique Graves et Stewart. — Appareil électrique Gerrish Farmer.— Accumulateurs Péral.— Accumulateur et régulateur Dujardin.—Accumulateur Bailey-Warner. — Compteur. Shépard. — Accumulateur Pepper.— Trieur électro magnétique Bail et Norton — Revue des travaux récents en électricité : Electrolyte par fusion ignee du fluorure d’aluminium, par M. Adolphe Minet. — Recherches de thermo-électricité, par MM. Chas-sagny et Abraham. — Sur les actions calorifiques du courant électrique à la séparation des métaux et des électrolytes, par J. GUI.—: Développement magnéto-optique d’électricité, par Samuel Sheldon, — Variétés ; Le platine dans l’industrie électrique, par A. Rigaut. — Faits divers.
- ÉTUDES
- SUR LES DÉCHARGES ÉLECTRIQUES
- DANS DES ESPACES REMPLIS DE POUSSIERE
- J’ai montré en même temps que M. Lodge que la poussière de magnésie obtenue en faisant brûler un ûl de magnésium dans un récipient se maintiennent longtemps en suspension, même lorsqu’on soumet l’air emprisonné dans cette en ceinte à une raréfaction modérée. Si l’on fait passer dans ce récipient, où Ton a ainsi diminué la pression barométrique, des décharges électriques, les poussières de magnésie se condensent en flocons, et les flocons se déposent, de sorte que l’air est rapidement clarifié P).
- Pour obtenir une suspension plus longue, je place dans le récipient deux.soucoupes contenant Tune de l’acide chlorhydrique et l’autre de l’ammoniaque. Alors les tourbillons de chlorhydrate d’ammoniaque durent pendant plusieurs secondes, si Ton maintient les décharges électriques. J’ai essayé de photographier ces remarquables poussières, mais l’excessive variabilité de leur forme et la rapidité
- (’) Ces phénomènes sont exposés dans la Météorologie du Soleil, que j’ai publiée à Vienne) elle? Hartleben, p. 215 et 216,
- des mouvements qu’elles reçoivent nuisirent beaucoup à la netteté des images.
- J’arrivai à l’idée de faire des expériences avec des plaques de verre enfumé, en employant pour source éleclrîque une machine Wimshurst, ou même une bobine Ruhmkorff grand modèle donl le fil secondaire avait une longueur de 100,000 mètres. Les particules de suie étant à la fois très mobiles et très bonnes conductrices de l’électricité, je me suis assuré que pour l’observation des décharges ce procédé était bien préférable à ceux que j’avais employés jusqu’ici. Mes résultats ont même été supérieurs à ceux des plaques photographiques de Trouvelet. En effet, dans ce dernier mode d’expérience les molécules ne peuvent se déplacer; c'est seulement le courant électrique qui peut se mouvoir sur les molécules de bromure d'argent, dont chacune est attachée au lieu où elle se trouve.
- Les figures 1 et 2 montrent la décharge d’une machine Wimshurst et d’une machine Ruhmkorff, sur mes plaques de verre enfumées. Ce dessin montre qu’il y a dans les particules mobiles du noir de fumée deux tourbillons de direction opposée. Au milieu de ces deux tourbillons, il est facile de recohnaître une route blanche zigzaguée dans l’intérieur de laquelle se montre une trace noire ramifiée en forme de plnmei Suivant inoi,
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- cette apparence caractéristique preuve que nous avons devant les yeux la projection de petits tourbillons d’air se peignant sur la plaque enfumée. Mais cette trace noire disparaît dans l’intérieur du chemin des étincelles blanches, vers le milieu des deux décharges. C’est que le tourbillon sinis-trorsum et le tourbillon dextrorsum sont détruits l’un par l’autre, de sorte que les molécules de charbon disparaissent. A cause du déplacement des particules de noir de fumée, l’étude de ces deux figures montre bien plus clairement les circonstances de la décharge que les impressions laissées par la lumière sur une plaque sensibilisée. Ces recherches paraissent en contradiction avec les idées de Hertf, sur la nature de Vélectricité. En effet nulle part sur la route des étincelles on ne voit de traces de mouvement périodique. En particulier la figure 2 montre bien que
- Fig. 1. — Décharge d’une machine électrique de Wimshurst sur une plaque de verre enfumé.
- pendant la décharge de la bobine Ru h mkorff à travers les couches de charbon, il se produit une série de véritables mouvements tourbillonaires bien caractérisés.
- On peut encore remarquer que les expériences de De la Rive montrent^) que l’électricité ne donne naissance à aucune onde, puisque la périodicité manque à son mouvement, ce qui devrait pourtant avoir lieu si, comme la lumière, elle est produite par des ondulations de l’éther. La contre-épreuve de cette identité du mouvement de la lumière et de la chaleur manque donc complètement.
- Ces recherches m'ont conduit à une confirmation remarquable de mes recherches sur la théorie électrodynamique du soleil. 11 m’est arrivé de lancer une décharge d’électricité positive contre une plaque d’étain fixée sur la plaque de verre,
- (!) Comptes rendus, t. CX, 1800.
- tandis que l’électrode de charge négative ne touchait pas la plaque de verre couverte de suie, mais s’en trouvait à une distance de 10 à 15 centimètres.
- La décharge partait d’une feuille d'étain qui était découpée sous forme d’un triangle équilatéral d’un décimètre de long. En se dirigeant vers les bords de la plaque de verre, elle mettait en évidence (fig. 2) des figures semblables à des flammes recourbées, offrant une ressemblance frappante avec les protubérances du soleil, et qui n’étaient autre chose que les lignes de force dessinées par les particules mobiles de noir de fumée.
- Si l’on prend au lieu de la feuille d’étain triangulaire un disque circulaire fixé au milieu de la plaque de verre avec de la colle, et qu’on ne la couvre de noir de fumée qu’après l’avoir fait soigneusement rendue homogène on obtient d’autres dessins. Si on approche le pôle potitif du défla-
- Fig. 2,— Décharge partant d’une feuille d'étain découpée en forme de triangle équilatéral, traces obtenues sur le bord de la plaque de verre.
- grateur dans ce voisinage de la plaque d’étain à 1 ou 2 centimètres et qu’on place le pôle négatif au-dessous à une distance de 10 à 15 centimètres, on obtient des lignes de force, les unes grandes et les autres petites, différant par leur courbure. Les particules de poussière sont repoussées de toute l’étendue du disque de manière qu’au premier coup d’œil on a une image reproduisant les protubérances (fig. 3) paraissant sur le bord de la lune dans les éclipses totales de soleil. On voit en outre la structure particulière de couches courbées en forme de paraboles que l’on constate dans la couronne. Enfin on reconnaît sans peine les rayons que les Anglais ont nommé rifts. 11 ne manque donc aucune des apparences qui accompagnent les éclipses réelles.
- L’expérience est si simple et si sûre que dans un temps très court on peut obtenir toute une série de ces images artificielles des éclipses totales.
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- Si l’on exécute l'expérience dans la chambre obscure avec une plaque assez épaisse en cuivre rouge et circulaire bien appliquée sur une plaque enfumée avec soin (fig. 4), on voit sortir des flammes rouges qui s’élancent du bord du disque en étain pendant les décharges répétées; et les formes de ces flammes rappellent tout à fait les protubérances du soleil. On peut fixer facilement ces figures de décharges électriques en recouvrant les plaques avec un collodion excessivement atténué. Si l’on tient une plaque contre la lumière rouge, on a devant soi l’image du soleil pendant les éclipses.
- Pour réussir, il est nécessaire de régler le dégagement d’électricité de la machine Wimshurst en ralentissant autant que possible la marche, de ma-
- Fig. 3. — Reproduction artificielle des protubérances obte-(nues pendant les éclipses sur les bords du disque lunaire.
- nière qu'on ne voie pas sortir du disque des étincelles brillantes et longues, mais de celles que l’on nomme « étincelles en aigi ettes ». C’est alors que se montrent tous les phénomènes qui distinguent les protubérances auroraleset eruptives du soleil. On a des images en forme de dents et de langues ; des colonnes de feu s’élancent du disque obcur de la lune et se dispersent souvent en spirale dans le milieu planétaire.
- Enfin on voit de très longues traces laissées par des étincelles, se recourbant d’une façon très curieuse, et qui par la manière dont les couches de poussière ont été écartées rappellent la structure de la couronne.
- 11 y a aussi des décharges de l’électricité de la surface du soleil contre les poussières et les fumées qui la remplissent et qui jaillissent à travers son atmosphère contre les essaims de météorites gra-
- vitant dans son voisinage, et que l’on peut même reconnaître dans la structure de la couronne. De tout ceci, ne paraît-il pas logique de conclure que la lumière du soleil, de même que la lumière de la couronne, doit être considérée comme étant d’origine électrique. En effet, il n’y a aucune décharge électrique sans dégagement correspondant Je lumière.
- On peut attribuer au moins à la couronne une étendue de 4 à 5 diamètres du soleil, puisqu’on a pu observer sa structure jusqu’à cette distance du disque. Par conséquent l’on peut se faire une idée de l’immense développement de décharges qui, pénétrant jusqu’aux bords de la couronne, doivent s’étendre à une distance de 4 ou 5 fois 692428 ki-
- Fig. 4. — L’étincelle jaillit d’une plaque épaisse en cuivre rouge.)
- lomètres, valeur admise pourd es’rayons solaires, et auxquelles on est obligé par conséquent d’attribuer un développement de plus de trois millions de kilomètres.
- Des décharges aussi puissantes restent invisibles pour nous dans les circonstances ordinaires, mais par l’intermédiaire des météorites qui remplissent l’espace elles se prolongent jusqu’à ce qu’elles atteignent les planètes. Elles produisent par induction des perturbations magnétiques, que l’on constate à l’aide de l’aiguille aimantée, et même des décharges électriques qui se manifestent à la vue simple, et que tout le monde connaît sous le nom d'aurores boréales ou d’aurores australes.
- Il est possible que la lumière du disque obscur de Vénus puisse être attribuée à de grandes aurores boréales excitées par l’électricité du soleil, et qu’on doive expliquer de même parla décharge de
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- l'électricité du soleil dans l’espace interplanétaire les phénomènes lumineux si bizaires accompagnant l’apparition des comètes.
- J’approche le pôle positif du déflagrateur à 8 ou io centimètres de la surface extérieure d’une sphère creuse de verre que j’ai pris soin de noircir, et j’introduis dans l’intérieur, par un trou ménagé à cet effet, le pôle négatif. J’obtiens alors un plan qui me donne l’image d’une tache solaire avec ses tourbillons en spirale, ses pénombres, ses facules; j’obtiens ainsi l’image de la projection de la matière qui sort du disque du soleil et est lancée dans son atmosphère, la figuration exacte des tourbillons qui sortent du soleil et se répandent dans le milieu planétaire. Alors se déroule devant moi la série des petites taches du soleil qui marchent naturellement derrière les grosses. En effet, chacune de ces formations plus faibles provient de décharges latérales beaucoup moins énergiques, mais provoquées évidemment par le dégagement d'électricité qui a produit les grosses.
- J’ai; couvert de noir de fumée du simple papier à filtrer de Suède, et enveloppé ainsi les deux sphères du déflagrateur de la machine Wims-hurst. .On obtenait un nombre plus ou moins grand de taches rondes de couleur blanche, dont la figure est très nettement dessinée sur le papier; car celui-ci offre une assez grande résistance au passage de l'étincelle pour que la décharge produise une trace même permanente. Ces taches blanches sont entourées d’une couronne gris-noir et d’un prolongement en forme de queue qui offre toutes les apparences des formations cométaires; on y retrouve la tête, la chevelure, la double zone dans l’intérieur de la queue. On peut produire de la sorte des noyaux doubles et des comètes multiples.
- En résumé l’on peut dire que l'ensemble des phénomènes produits dans notre système solaire, tant à la surface que dans l’atmosphère du soleil, sur les planètes et sur les comètes, sont explicables en partant de l'hypothèse fondamentale de l'électricité du soleil.
- J’ai également fait voir que les planètes obéissent dans leurs mouvements aux lois des rotations électro-dynamiques produites par l’action des aimants susceptibles de prendre un mouvement de révolution. J’ai donc recueilli un ensemble de faits positifs qui me semblent de nature à solliciter l’attention des astronomes sur des hypothèses
- se présentant à l’esprit d’une façon toute naturelle 0).
- Ch. Zenger.
- sur l’utilisation industrielle
- DES
- COURANTS CONTINUS de HAUTE TENSION (2)
- Les installations de la Société pour la transmission de la force par l’électricité.
- 11 serait sans intérêt de s'arrêter aux premières installations réalisées par la Société pour la transmission de la force par l’électricité. Elles ont d’ailleurs été déjà décrites dans ce journal.. 11 sera plus utile de consacrer une étude étendue à l’usino de Saint-Ouen et aux usines qu’elle dessert par transport de force. Cet ensemble constitue un système complet et présente, on peut le dire avec certitude, la forme actuellement la plus perfectionnée de l’utilisation des courants continus à haute tension.
- Lorsque le 'projet de l’installation d'une usine à Saint-Ouen fut d’abord conçu, il s’agissait de pourvoir à l’éclairage d’un secteur de Paris, et on avait résolu de le réaliser entièrement par transport de force en installant hors de la ville un centre générateur suffisant. Je n’entrerai pas ici dans les considérations économiques qui avaient fait adopter ce système ; elles nous entraîneraient trop loin.
- Le choix de l'emplacement où serait élevé ce centre fut déterminé par des considérations diverses. Le voisinage de la rivière fournissant l’eau nécessaire, l’existence de terrains dans des conditions convenables, enfin et surtout la possibilité d’at-
- (b J’ai déjà, dans les Comptes rendus ^ars 1883), par ma communication intitulée La Périodicité des comètes, et plus tard dans mon ouvrage La Météorologie du soleil (Vienne, 1S85) expliqué la formation des comètes par la décharge de l’électricité du soleil sur des météorites passant dans le voisinage, et la production lies taches du soleil parles décharges produites par les poussières et les fumées de l’atmosphère solaire. J’ai aussi expliqué les mouvements tourbillonnaires dan» l’atmosphère du soleil et le refroidissement des parties superficielles à moitié liquides en les attribuant à la formation de mouvements cycloniques dans le scleil.
- (.*) La Lumière Electrique du 18 octobre 1890, p 1281
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- JOÜkNAL ÜNIVËkSÈL D’ÈLEGTR1CÎTÊ
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- teindre Tenceinte de Paris et de pénétrer assez loin dans la ville au moyen d’une ligne aérienne en suivant les voies du chemin de fer du Nord furent les raisons principales. Les usines dans Paris durent être d’abord laissées indéterminées, puisqu'on ignorait quelle serait la dimension de la portion de la ville qui nous serait concédée. De même la puissance de l’usine dut être fixée sur des appréciations ; on s’arrêta à mille chevaux, et on fit le projet dans ces conditions.
- Pendant qu’il s'élaborait, et pendant les interminables formalités et discussions qui précédèrent les concessions des secteurs dans Paris, la Société entreprit dans la banlieue l’éclairage des villes d'Asnières et de Saint-Denis, localités rapprochées de Saint-Ouen et qui durent naturellement être desservies par lui. D’autre part, des considérations d’opportunité firent entreprendre l’éclairage à Paris avec des moyens provisoires; lorsque la solution légale intervint, la question pratique n’étant plus entière on dut modifier les projets primitifs. Plusieurs usines à vapeur furent installées dans Paris; on réserva à Saint-Ouen deux centres de distribution, naturellement les plus rapprochés : le centre du Nord, situé sur des terrains touchant la gare du Nord dans Paris, et le centre du boulevard Barbés; avec les services d’Asnières et de Saint-Denis, il y avait de quoi absorber la puissance de l’usine et même davantage, comme nous le dirons.
- Dans l’organisation d’un système de distribution de force une première condition s’impose. II faut que les usines réceptrices puissent se régler, c’est-à-dire que chacune d’elles puisse recevoir à chaque moment la quantité d’énergie qui lui est nécessaire; et, s’il s’agit, comme c’est ici le cas, d’usines d’éclairage, il fautqu’elles puissent reproduire cette énergie sous forme d’électricité à basse tension avec les intensités et les voltages variables qui peuvent être demandés par la consommation.
- Dans l’installation de Bourganeuf, où l’on pouvait et devait recourir aux procédés les plus simples, on avait fait usage tout uniment d’un rhéostat à eau intercalé dans la ligne à la slation réceptrice. Ce procédé supprime tout réglage électrique, mais il entraîne une consommation de puissance. Il ne peut donc s’appliquer que là où la force produite par une chute d’eau ne coûte rien, et encore quand elle est abondante; il ne peut en être question là où la puissance due à la
- vapeur coûte cher et veut être économisée. Il faut recourir à un réglage électrique.
- On sait comment de pareils réglages s’opèrent et comment par des variations convenables des forces électromotrices on amène les intensités ainsi que les puissances transmises aux valeurs que l’on désire. On peut obtenir ce résultat en agissant soit au point générateur soit au point récepteur, mais il est évident que le réglage étant imposé par les stations réceptrices, c’est elles qui doivent l’opérer. Quant à la station génératrice, doit-on lui demander d’y coopérer par des variations appropriées de force éleclromotrice? Ce procédé amènerait de sérieux inconvénients : d’abord chaque station réceptrice pouvant avoir un potentiel différent, il faudrait que chacune d’elles eût une ligne spéciale, coniition qui peut être gênante; de plus, pour se prêter aux demandes différentes, la station génératrice devrait pouvoir disposer de plusieurs potentiels, c’est-à-dire en somme être subdivisée en groupes générateurs distincts afférents à chacune desstations réceptrices. Une pareille disposition serait économiquement mauvaise, et comme installation, et comme exploitation. Comme installation elle demande plus de matériel; comme exploitation, chacun des groupes générateurs, travaillant généralement au-dessous de sa puissance, sera dans des conditions de mauvais rendement mécanique. La disposition vraie est évidemment l’emploi d’unités travaillant toujours à puissance pleine ou à peu près, et s’ajoutant les unes aux autres en un seul groupe de manière à fournir toujours dans de bonnes conditions de rendement la somme totale de puissance requise par l’ensemble des usines réceptrices, et cela avec le minimum de matériel mécanique nécessaire. Il est clair qu’une pareille disposition ne peut fournir qu’un seul potentiel résultant de l’action commune des machines associées.
- Dans le premier projet toutes les stations réceptrices devaient se trouver à Paris. Leur nombre et leur puissance restaient d’ailleurs indéterminés. Le problème de la distribution indépendante avait été résolu de la façon suivante. Une ligne unique allait de l’usine jusqu’à Paris, où elle arrivait jusqu’à un point central. A partir de ce point, qu’on pourrait appeler « point de distribution», chacune des usines réceptrices avait une ligne spéciale. 11 suffisait pour l’indépendance que le ; potentiel au point de distribution demeurât con*
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- stant; chaque usine pouvait alors disposer de sa force électromotrice sans influencer les autres.
- A cet effet, un circuit de fil fin venait du point de distribution à l'usine génératrice, y faisant connaître le potentiel en ce point et formant circuit de contrôle; l’usine génératrice fournissait un potentiel unique, mais variable, et que l’on réglait de manière à maintenir constant le potentiel au point de distribution.
- Lorsque les stations d’Asnières et de Saint-Denis furent ajoutées, comme elles se trouvaient dans deux directions complètement opposées, cette combinaison ne put être maintenue. Il devenait impossible d’établir un point de branchement générai, ou pour mieux dire ce point se trouva forcément reporté à l’usine génératrice elle-même. C’est la disposition qui a été définitivement adoptée; l’usine génératrice travaille à un potentiel unique et constant, qui est actuellement de 2 400 volts. Il sera élevé jusqu’à 3 000 lorsque le besoin s’en fera sentir.
- Chaque usine réceptrice a en conséquence sa ligne spéciale. Pour les usines d’Asnières et de Saint-Denis il ne pouvait en être autrement; pour les deux stations de Paris, cela se trouve naturellement réalisé. En effet, pour installer le conducteur aérien entre Saint-Ouen et Paris, on dut subdiviser la ligne; un seul câble aurait été trop lourd. Dès lors, et puisqu’on disposait de plusieurs fils, rien n’empêchait d’en affecter un certain nombre au service d’une station et le reste à l’autre. On a même dernièrement réalisé une combinaison plus perfectionnée. A l’arrivée dans Paris, au point où les lignes divergent, on installe une cabine de commutation qui permet de mettre les lignes sur telle direction qu’on veut, et de les combiner au mieux des besoins selon les moments.
- Nous reviendrons plus en détail sur les dimensions et le mode d’établissement de cette ligne. 11 convient d’abord de décrire avec détail la station génératrice, qui renferme les dispositions les plus nouvelles et réalise les points les plus intéressants du système.
- J’ai dit que la tension adoptée étaitde 3000 volts, réduite même actuellement à 2400. On se souviendra qu'aux expériences faites par M. Marcel Depçez entre Creil et Paris la tension mise en usage fut d’environ 6000 volts. On aurait donc pu aller au delà de la limite adoptée : on s’est réduit à ce chiffre par des motifs de prudence. Il s’agissait de pourvoir à un service public; par
- conséquent les responsabilités en cas d'accident devenaient extrêmement graves. D’autre part, la distance à franchir, 7,5 kilomètres, n’étant pas très grande, la raison d’économie dans la ligne, qui exige les hautes tensions, ne se posait pas très impérieusement dans le cas; mieux valait quelque dépense de plus et réduire le plus possible le risque. Il y avait d’ailleurs dans la constitution générale du système assez de points inconnus, assez de questions à résoudre et d’aléas inévitables à courir pour qu’il fût nécessaire d’écarter tous ceux qui pourraient l’être. On abaissa donc la tension à la limite strictement nécessaire et on adopta 3 000 volts.
- Comme unité dynamo-électrique on a adopté une machine de 100 chevaux dont M. Marcel De-prez arrêta les dispositions. Je n'en ferai pas la description; elle est connue de nos lecteurs et a été décrite dans ce journal. C’est une machine à deux anneaux sur le même axe et placés dans deux champs magnétiques engendrés par un seul couple d’inducteurs. A la vitesse de 600 tours les deux anneaux accouplés en série donnent une force électromotrice de 2 500 volts, une intensité de 30 ampères, le champ magnétique recevant seulement les 3/4 de l’intensité qu’il peut porter.
- Sans discuter ici la valeur théorique de ce type, nous dirons que les machines employées à Saint-Ouen sont très bonnes. Leur rendement est très élevé, leur marche extrêmement satisfaisante, et elles présentent particulièrement une souplesse au réglage et une élasticité très remarquables ; leur adoption ne peut guère prêter qu’à une critique: -l’unité de 100 chevaux est un peu trop faible,ainsi que nous l’expliquerons prochainement.
- ’ - Frank Géraldy.
- (A suivre.)
- LA SOUDURE ÉLECTRIQUE O
- Le procédé de soudure électrique de M. Blihu Thomson a été l’objet de nombreuses études dans ce journal où l’on a suivi presque pas à pas son développement (2). Le présent article a principalement pour objet de compléter ces renseignements,
- (* *) La Lumière Electrique du 21 décembre 1889.
- (*) La Lumière Electrique des 28 décembre 1880. • = février, 14 juin 1890.
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- en grande partie par une analyse de l’important mémoire présenté à ce sujet par Sir Frédéric
- Fig. 1. — Courbes d’Hopkinson. Accroissement de la résistance des fils d’acier avec la température. A fil d’acier doux, B corde à piano dur, C fil d’acier manganèse.
- Bramwell à l’Institution des « Civil Engineers », de Londres en avril 1890 (*).
- Ainsi que le fait remarquer Sir F. Bramwell, l’idée de la soudure électrique est plus ancienne qu’on ne le pense généralement. Wilde y songeait déjà en 1867, mais il ne pouvait porter âu
- rouge blanc par le courant de ses dynamos autoexcitatrices, les premières de toutes, que des fils de 6 millimètres de diamètre.
- En 1881, tV. Siemens (’) effectuait couramment, au moyen d’un courant continu de 60 ampères et 20 volts, la soudure de'fils de fer de 2 à 3 millimètres de diamètre. Ces soudures, faites en écharpe, tenaient plus que le métal même. A la même date M. Atkinson employait pour le plaquage à l’étain des tôles de navires l’arc électrique jaillissant entre ces tôles et un charbon électrique promené sur elles à la main. On fondait au moyen de cet arc des sortes de pains à cacheter en étain que l'on distribuait sur la tôle par fusion d’un barreau de soudure interposé entre l’arc et la tôle, puis on y attachait là'feuille d’étain. Enfin, en 1887. Joule spécifiait très exactement dans un important mémoire les principales conditions de la soudure électrique (z).
- Néanmoins, c’est à M. Elihu Thomson que l’on doit les premières applications réellement pratiques de la soudure électrique par rapprochement, condition qui distingue essentiellement son procédé de ceux de MM. de Benardos et Coffin (3).
- éb
- Fig. 2 et 3. — Elihu Thomson. Transformateur de 40000 watts.
- L’un des phénomènes qui aident le plus à l’accomplissement de la soudure électrique directe est l’accroissement de la résistance électrique des métaux à mesure que leur température s’élève. Les courbesfigure 1, empruntées à M. Hopkin-
- (!) On tbe application of electricity to welding stam-ping and otber cognate purposes, by Sir Frederick Bramwell.
- son, suffisent pour démontrer la rapidité de cet
- d) D’après M. A. Siemens : Observations sur le mémoire de Sir F. Bramwell, p. 49.
- d) Ou tbe fusion of metals by voltaic electricity. Me* moirs of ibe Literary and Philosopbical Society of Manchester, v. XIV, p. 49 (1887).
- (3) La Lumière Électrique des 21 décembre 1889 et 4 octobre 1890, p. 575 et 28.
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- accroissement et sa variabilité d’une espèce d’acier | à l’autre, qui empêche d’en formuler la loi.
- Fig. 4 et 5. — Thomson-Houston. Soudeur de 40000 watts. Élévation et vue par bout.
- Fig. 6. — Thomson-Houston. Dynamo de 40000 watts. Elévation.
- On a en outre constaté, sans pouvoir l’expliquer 1 rants alternatifs échauffent les conducteurs beau-complètement, que, toutes choses égales, les cou- J coup plus que les courants continus de même
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- intensité moyenne. M. Preece cite comme exemple (l) un fil de fer qui fondait sous un courant continu de 122 ampères et avec 22 ampères seulement en alternatif. Les premiers essais de M. Elihu Thomson furent exécutés avec des dynamos continues qu’il ne tarda pas à abandonner pour les machines alternatives infiniment plus commodes, principalement parce qu’elles dispensent de relier la dynamo directement au soudeur par des conducteurs de section énormes, actuellement combinés avec le transformateur même. On sait en outre maintenant que les courants alternatifs se portent principalement à la surface des conducteurs, de
- Fig. 7. — Thomson-Houston, dynamo de 40000 watts.
- Vue par bout.
- sorte qu’ils traversent à peine le centre des gros conducteurs et le gagnent pendant la soudure, à mesure que la résistance des couches extérieures augmenté par leur échauffement. Une tige de fer pleine de 75 millimètres de diamètre offrirait au passage d’un courant à2?o alternances par seconde presque autant de résistance qu’un tube de même diamètre et de 12 millimètres d’épaisseur (2).
- Les figures 2 et 3 représentent le transformateur adopté par M. Elihu Thomson pour les machines à souder du type de 40 000 watts. Le noyau est composé de disques lamellaires cc en tôles isoiés par des rondelles en papier, enroulées de 72 mailles d’un gros fil de cuivre Ad, et traversé au centre par un gros tube de cuivre auquel sont
- (*; Discussion du mémoire, p. 47.
- P) Morday. Observations au mémoire, p. 51.
- attachés les masses conductrices // du soudeur, qui transmettent le courant transformé aux mâchoires cle bronze gg (fig. 4 et 5) serrées sur les pièces à souder.
- M. Morday fait observer (*) avec raison que la forme tubulaire du secondaire ^/seraitavantageusement remplacée par une âme pleine, constituée par un faisceau de fils groupés en torons isolés puis soudés aux mâchoires g g.
- L’une des mâchoires g est fixée le long du bâti, tandis que l’autre peut glisser sur son conducteur f et sur le guide h sous l’action de la vis j et de
- Fig. 8. — Rhéostat Thomson-Houston. M axe en bois, C aiguille à contact électrique sur les anneaux en bronze A B, R résistances en argentan au nombre de 69,T support isolant en ardoise.
- la manivelle h\ on donne le serrage final et énergique par le long levier du cliquet l. Les mâchoires sont disposées de manière que l'on puisse au besoin y faire passer une circulation d’eau. Le courant est ainsi amené presque sans résistance à 7 centimètres environ du point de soudure, c’est-à-dire aussi près que possible.
- La dynamo de 40000 watts du type Thomson-Houston est représentée par les figures 6 et 7. Ses inducteurs sont excités par une petite machine Thomson-Houston dont le courant est régularisé par un rhéostat représenté figure 8. Un commu-
- (') Morday. Observations au mémoire, p. 53.
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- tateur permet de supprimer ou de rétablir complètement le courant.
- Sir F. Bramwell a exécuté dans l'installation provisoire de Hoxton (fig. 9) un grand nombre d’expériences avec la machine de 40000 watts. Les essais consistèrent principalement à souder des barres de fer de 30 millimètres de diamètre et de 350 millimètres de long. On en souda 80 en 3 heures 39 minutes, avec une demi-heure de repos, c’est-à-dire en 3 heures 9 minutes de travail actif, soit, en moyenne, 2 minutes 3/4 par soudure. Cette
- durée se divisait comme il suit entre les différentes opérations de la soudure :
- Fixation du fer dans les mâchoires et portée
- au rouge soudant........................ 26 secondes.
- Pleine chauffe et enlèvement du fer ...... 1 ! —
- Forge sur l’enclume........................ ?5 —
- Remise en pleine chauffe................... 21 —
- Seconde chauffe et reprise de là pièce..... 10 —
- Complément des soudures sur l’enclume..... 32 —
- Apport d’une nouvelle pièce à souder....... 20 —
- II faut ajouter que les opérateurs, deux électri
- 20.000 watts 1340 tours
- 40.000 watts 873 tours
- Excitatrice 1400 tours ] !
- Fig. 9.— Elihu Thomson. Installation provisoire de Hoxton, AB dynamo de 40000 watts et son excitatrice, C soudeur.
- ciens, n’étaient pas des forgerons, de sorte que le travail à l’enclume et les manipulations duraient trop longtemps.
- Un forgeron employait trois heures pour faire 44 soudures par le procédé usuel, soit 400 seconde par soudure au lieu de 133, et une dépense totale de 80 kilogrammes de coke à sa forge.
- ; Ainsi que le montre le diagramme (fig. 10) la puissance absorbée par l’opération de la soudure varie considérablement pendant ses différentes phases. La puissance indiquée effective du moteur était en moyenne, pendant la soudure, de 23,5 chevaux; elle oscillait entre un maximum de 50,7 chevaux et un minimum de 10,98 chevaux. La puissance électrique employée à la soudure variait, d’après M. Sylvanus Thompson, de 17 à 20 chevaux suivant la rapidité de l’opération. Une barre de 20 millimètres de diamètre se soudait en 16 secondes avec une puissance électrique de 14 chevaux, et il fallait 33,4 chevaux pour souder en 28 secondes des barres rectangulaires de 63 x 30 millimètres, qui, à section égale, exigeaient plus de travail que les barres rondes (x).
- La résistance de la soudure électrique à la traction est très grande ; elle atteignait, pour les soudures essayées par M. Kirkaldy, environ 92 0/0 de celle du fer même, tandis que la résistance des soudures faites à la main n’était que de 89 0/0. En revanche, les soudures à la main résistent mieux que les soudures électriques au pliage à froid ; elles se criquent sous un angle de 138° au lieu des 66° limite du pliage des soudures électriques. A chaud, la résistance au pliage est à peu près la même pour les deux soudures : 1440 pour la soudure électrique et 1470 pour l’autre.
- La soudure électrique se prête facilement aux formes les plus diverses; c’est ainsi qu’elle permet de souder deux câbles en fils de fer par la fusion de leurs aboutements en une barre solide sur une faible longueur. On peut, en outre, souder par ce procédé non seulement.le fer et l’acier, mais une foule de métaux ordinairement réfractaires à la soudure. Sir F. Bramwell cite entre autres les métaux et alliages suivants : cuivre, bronze, laiton, aluminium, argent, étain, or, plomb, zinc, nickel, cobalt, platine, manganèse, bismuth, or sur platine, fer sur acier, laiton sur fer, cuivre sur fer, bronze sur fer, cuivre sur laiton.
- C1) La Lumière Elsctrique, t. XXXVII , p. 70.
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- Parmi les applications particulières de la soudure électrique, on peut citer celle faite par M. Webb aux ateliers du London and North Western, à Crewe, avec trois machines, pour la soudure des bouts de tubes, des forets brisés, des têtes de vis, etc.
- La brasure s’opère aussi très bien par l’électricité : c’est ainsique dans la grande fabrique de vélocipèdes de Hartford (Connecticut) on brase des tubes à des pièces d’acier en faisant fondre par le passage du courant un fil de laiton enroulé plusieurs fois autour du joint à braser.
- A la fabrique de fils télégraphiques de Cooper Herwitt and C° on emploie régulièrement l’électricité pour la soudure des fils galvanisés, et cette soudure ne nuit en rien à leur conductibilité. Des fils de laiton ainsi soudés supportent parfaitement la filière. Aux ateliers de la Fifth Whell C°, de New-York, on soude à l’électricité en quatre mi-
- Fig. 10. — Diagrammes consécutifs relevés pendant une soudure. Nombre de tours 122, pression à l’admission 5 k. 70, pression moyenne 2 k. 15, puissance indiquée moyenne yj ch. 16.
- nutes, par simple rapprochement, des couronnes de chevilles ouvrières pour bogies à section en U, qui exigent par le procédé ordinaire un travail de 7 minutes (*).
- Les conclusions du mémoire de sir F. Bramwell sont d’ailleurs confirmées par celles du Conseil de l’Amirauté des États-Unis.
- Ces conclusions sont les suivantes :
- « Nous estimons qu’actuellement le procédé de soudure électrique Thomson donne pratiquement la possibilité de souder le fer forgé, la fonte, le laiton et le cuivre, depuis les fils les plus fins employés dans la distribution de l’électricité jusqu’aux barres de 62 millimètres de diamètre (2,5 pouces) et de souder des tuyaux de plus fort diamètre; de souder des métaux différents et des
- pièces de sections variées; de réunir par la soudure les extrémités des câbles en fils métalliques et de former des anneaux soudés de petit ou de grand diamètre , Les opérations qui ont permis d’obtenir ces résultats ont été conduites sur différentes machines, et, bien qu’aucune de celles-ci ne soit propre à tous les usages, il serait possible d’en construire une avec des jeux de mâchoires se prêtant aux différents travaux à exécuter. Au point de vue de la résistance des pièces soumises à ce traitement, pour la majorité des échantillons essayés, la rupture ne s’est pas produite à la soudure, mais à une faible distance de celle-ci, dans la partie du métal qui avait été plus ou moins affectée par l’élévation de température, et le même fait se produisait dans la méthode ordinairement appliquée.
- « La soudure électrique rend possible dans le
- Fig. 11. — Epreuves au pliage. I.es figures supérieures se rapportent au pliage à froid et les autres au pliage à chaud. Les figures de gauche se rapportent aux soudures électriques et celles de droite aux soudures ordinaires.
- travail des métaux beaucoup d’opérations considérées jusqu’ici comme impraticables à la forge. L'opinion unanime de la commission est que, pour les navires construits presque entièrement en fer ou en acier, et où le métal tend à être la seule matière employée, la soudure électrique n’est pas seulement désirable, mais assure des économies de dépenses, de temps et de main-d’œuvre.
- « Elle n’est pas seulement capable de faire une bonne partie du travail demandé à la forge, mais encore bien des choses jugées jusqu'ici impossibles. Avec elle, les tubes de chaudières presque sans valeur qui encombrent les arsenaux pourraient être remis en état, et on diminuerait les approvisionnements des tubes de rechange et autres emportés sur les navires.
- « Notre conviction est que, à terre et sur mer,
- t1) Cité par Kennedy, p. 56.
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- le procédé Thomson rendrait de grands services pour les motifs suivants:
- «11 peut être employé pour souder des tiges cassées sans altérer ni leur longueur ni leur forme; pour souder des tubes, des fers d’angle ou d’autre forme compliquée; pour souder le cuivre, le laiton, le fer, etc.; pour chauffer les métaux avant de les forger, tremper, etc.; pour souder des câbles métalliques. »
- C’est, ajoute le rapporteur, « l’avis unanime de la Commission que, sur les navires actuels entièrement construits en métal, et où presque tous les accessoires sont aussi en métal, la soudure électrique est non seulement utile mais aussi économique de temps de travail et d’argent, et qu’elle augmenterait l’eflîcacité du navire en tout état de service (J) ».
- Quant au prix de revient de la soudure élec-ttique, sans pouvoir le préciser encore complètement ni généraliser les évaluations, on peut affirmer qu’il est, dans le cas particulier assez étendu de barres de 20 à 30 millimètres de diamètre, inférieur à celui de la soudure ordinaire, et qu’il ne dépasse guère 3 centimes par centimètre carré de section soudée, dont 1/3 environ, ou un centime seulement, pour la ma;n d’œuvre.
- Le reste de la dépense pourrait être réduit si la force motrice n’était pas, comme à Hoxton, entièrement affectée à la soudure, mais, par exemple, empruntée à une puissance considérable et suffi-
- samment élastique, de 300 à 350 chevaux, desservant une grande forge. Dans ce cas, le prix de revient de la soudure d'une barre de 30 millimè-
- Fig. 12. — E. Thomson. Cémentation électrique.
- très de diamètre reviendrait à peu près à 15 centimes, se décomposant comme il suit:
- Centimes
- Main-d’œuvre, forgeron et son aide..... 5,8
- Charbon du moteur, à 25 francs par tonne. 1,6 Amortissement partiel du moteur (22 chev.) 2,3 Entretien, huile, partie du salaire du mécanicien à 55 centimes par heure......... 2,3
- Amortissement de la dynamo et du soudeur 2,6 Surveillance, entretien, réparation, graissage 3,3 Total..................................' 15,6
- soit environ 2 centimes et demi par centimètre carré de soudure (J).
- M. E. Thpmson a aussi proposé l’application du courant électrique à la cémentation du ter ou à la trempe locale des barreaux d’acier. A cet effet, il enveloppe les extrémités d’une enveloppe K (fig. 12) dans laquelle il fait circuler, une fois les barres au rouge, du gaz hydrocarburé, de l’eau froide ou de l’huile. Au passage des barres, cette enveloppe est pourvue de garnitures isolantes en amiante ou en mica.
- Fig. 13, 14 et 13. — E. Thomson (1889). Etrier soudeur, serrage et frappe de la soudure.
- M. E. Thomson a d’autre part récemment bre-
- t1) Journal of ilie Franklin Inslilutc, juillet 1800, et Revv.e industrielle, 12 avril 1890.
- veté de nombreuses dispositions spéciales destinées à simplifier et à améliorer le trayr.il de ses
- (b The Engiveer, 28 février 1890, p. 174.
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- machines; tels sont les deux appareils représentés par les figures 13 à 17.
- Le fonctionnement de l’appareil représenté par les figures 13, 14 et 15 est facile à comprendre. Le serrage des barres dans les mâchoires C C2 s’opère au moyen de la pince à vis de pression G2. L’enlevage des barres au rouge s’effectue au moyen
- Fig. 16 et 17. Laminoir cjnlreur.
- de l’étrier H qui permet de compléter la soudure au martelage bout à bout comme l’indique la figure 15.
- L’apparei1 représenté par les figures 16 et 17,
- Fig. 18. — E. Thomson (1890). Enclume électrique.
- employé pour la soudure des anneaux à section en U, est une sorte de laminoir cintreur composé
- de trois galets p1 p.t p3 qui compriment à son passage entre eux le joint R porté au rôuge soudant.
- La figure 17 représente l’enclume électrique récemment brevetée par M. E. Thomson. On reconnaît en ss les baries de cuivre qui constituent le secondaire du transformateur-soudeur, dont le primaire est en P. Ces barres portent deux mâchoires, dont une mobile, c, pour appuyer l’une contre l’autre les barres à souder. On active la soudure par la frappe d'un marteau D, qui peut être lui-même actionné par l’électricité (]).
- La ligure 19 représente une nouvelle variation des appareils de M. Coffin que nous avons décrits à la page 28 dans notre numéro du 4 octobre dernier.
- Fig. 19. — Coffin. Forge à soudure rapide.
- Le courant arrive à chacune des barres séparément, et avec une intensité que l’on peut régler suivant la section de chaque barre.
- L’application du courant a lieu aussi près que possible du point de soudure. Dès que le blanc soudant est atteint, il suffit de lâcher la pédale du levier p pour que les électrodes se relèvent automatiquement, et de presser l’extrémité des barres l'une sur l'autre par le levier / pour achever la soudure.
- M. Coffin a en outre exécuté des expériences sur la soudure dans le vide, qui aurait, d’après lui, pour effet non-seulement d’empêcher toute
- (') La Lumière Electrique, du 4 octobre 1890,9.91. (Coffin)
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- Fig. 20. — Dewey (1S90). Soudure par rayonnement, élévation et coupe.
- Fig. 24 et 25. — Powler (1890). Soudure mixte, élévation et coupe 3-3J
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- oxydation, mais aussi de diminuer considérablement l’énergie nécessaire à l’accomplissement de la soudure : au dixième environ de sa valeur nor-mals avec un bon vide. Avec un vide de i/io à 1/12, on pourrait réaliser une économie d’énergie de 50 0/0 (1).
- M. Dewey a proposé de souder les barres A A (fig. 20) par le rayonnement d’une enveloppe C, portée au rouge par le courant, et qui peut au besoin, pour éviter ou réduire les pertes de chaleur, être enveloppée de matières calorifiques. Nous ne voyons à ce procédé aucun avantage sur celui de Thomson, du moins pour les métaux peu fusibles, tels que le fer.
- L’appareil de Af. Dewey représenté par les fi-gures2i et22 agit d’après un principe différent. La pièce à souder A s’échauffe par les courants de Foucault qu’y développent les variations du champ magnétique d’un électro dont les pôles lamellaires CE l’entourent, et dont la bobine <;est excitée par des courants alternatifs directs ou trans- . formés. Nous ne connaissons aucun essai permettant d’apprécier la valeur pratique — assez douteuse à priori — de ce nouvel appareil.
- On peut, comme on la d’ailleurs essayé souvent, em ployer l’électricité à river les tôles par chau f-fage des rivets aussi bien qu’à les souder. Dans l'appareil riveur de M. Dewey (fig. 23) les blocs D D' qui amènent le courant ne touchent par les têtes du rivet, protégées par de la terre réfractaire ii, et les tôles sont séparées par une mince couche isolante I. Il en résulte que le courant passe presque en totalité par le corps du rivet d’une tôle à l’autre, de manière que l’on ne perd que très peu de chaleur par ces tôles ou par les têtes du rivet. La couche isolante 1 doit être évidemment très mince, sans quoi la rivure ne tiendrait pas, de sorte qu’il est difficile de lui attribuer à priori une grande efficacité. On voit sur la figure 23 comment le serrage de la rivure s’opère au moyen de la vis H et du levier K.
- Le procédé proposé par M. E. Powler est mixte : il emploie à la fois l’électricité pour amorcer la soudure, puis la flamme d’un chalumeau pour la terminer. On éviterait ainsi une certaine faiblesse que M. Powler aurait constatée dans les soudures
- (3) Electrical World, 20 septembre 1890.
- exécutées seulement par la chaleur de l’électricité, concentrée presque totalement sur le joint même de la soudure.
- L'appareil de M. Powler est représenté par les figures 24 et 25. C’est, en somme, une forge à souder à deux mâchoires, dont l’une mobile par un ‘levier F, complétée par l’addition d’un chalumeau à gaz G g et à air H, dont on dirige la flamme sur le joint même des pièces à souder AA'. On peut faire agir cette flamme après l’électricité ou simultanément avec'elle, vers la fin de la soudure, afin de maintenir ou d’augmenter la température des pièces à souder.
- Gustave Richard.
- COUVEUSE ÉLECTRIQUE POUR ENFANTS
- « Quand en pense, a dit Michelet, que les enfants vivent si peu généralement, on éprouve un vif désir de les rendre heureux à tout prix. »
- Et il ajoute :
- « On peut dire que les meilleurs hrspices d’enfants trouvés sont des cimetières. Celui de Moscou, sur 30000, en vingt ans en sauve 1000. Celui de Dublin 200 sur 12000. Que dire de celui de Paris? »
- Le doux et puissant apôtre de la jeunesse délaissée trouverait dans les relevés ci-après une réponse consolante à cette dernière question et sa surprise serait grande de voir l’électricité, dont il pariait volontiers, jouer un rôle dans cette œuvre de sauvetage à laquelle il conviait les savants de son temps.
- Avant tout, il y a une distinction à faire entre l’enfant venu à terme et qui dépérit par misère, et celui qui, venu avant terme, manque d’une certaine quantité d’énergie qu’il n’a pas eu le temps d’absorber et par suite de conserver pour les dépenses futures de force. Rachitisme et paupérisme, tels sont les facteurs du premier problème, et ce n’est pas ici le lieu de le traiter; nécessité d’une chaleur convenable, acquisition, emmagasinement de celle-ci dans l’être encore trop sensible au froid, telles sont les données du second. Le
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- remède donc, dans le cas qui nous occupe, c’est la chaleur, mais la chaleur réglée, sans haut ni bas, en un mot sans variations appréciables et, dans le cas où celles-ci se produisent, corrigeant d'elle-même des écarts trop brusques.
- Le moyen d’action c’est une couveuse artificielle remplaçant les entrailles delà mère, et, mieux encore, une couveuse automatique qui agit intelli--gemment alors que la surveillance fait défaut.
- L’électricité répondant à tous les desiderata comme moteur silencieux et sain, comme agent assez rapide pour suivre sans aucun retard les variations les plus anormales, la couveuse des premiers jours, la caisse à eau chaude, devait fatalement arriver à lui emprunter son concours et devenir presque forcément ce qu’elle est aujourd’hui, un appareil électrique.
- Dans une précédente étude, nousavons entretenu nos lecteurs d’une couveuse électro-automatique de dimensions peu communes, permettant l’éclosion de 5000 œufs et élevant jusqu’à 90 et 95 0/0 le rendement en poulets vivaces, des œufs qui s’y trouvaient placés. . •
- , L’extrême faiblesse d’un babyfvenu à 6 mois et demi ayant suggéré l’idée de le placer dans la couveuse électrique à volailles, l’inventeur a imaginé de transformer radicalement son appareil de rapport en un appareil médical, et après quelques tâtonnements inévitables il a mis en service courant et permanent sa couveuse électrique pour enfants.
- Si nous le comparons aux systèmes analogues, nous devons reconnaître qu’il y a des progrès marqués en faveur de ce dernier modèle sur tous ceux que mentionnent les ouvrages d’hygiène. Avant de passer à la description technique de la couveuse nouvelle, rappelons d’abord ce qui a été fait déjà dans cette voie.
- Les spécialistes anglais, allemands et français sont d’accord pour dire que l’enfant né avant terme dont le poids, inférieur à la moyenne, oscille entre 1 000 grammes et 2500 grammes, et le nouveau-né atteint de faiblesse congénitale ont besoin d’un traitement spécial où la chaleur est le principal agent.
- « 11 ne suffit pas (l), dit Gueniot, que l’enfant ne soitsjamais refroidi ; il faut qu’il ait constamment chaud, que la main, au contact de ses extrémités, éprouve une sensation comparable à ceHe que
- (9 Galette des hôpitaux (1873).
- détermine un bain chaud. Le nouveau-né doit être pénétré de chaleur ».
- Mais toutes les précautions prises restaien* insuffisantes dans la plupart des cas avant la découverte des couveuses pour enfants (1). Quelques chiffres en donneront une idée.
- Sur 1961 enfants nés en 1863 dans la Maternité de Paris, dit Bouchaud, 1320 étaient venus à terme, 641 avant tern e. La mortalité a été, pour la première catégorie, en deux semaines de 127 sujets; celle de la deuxième catégorie de 205.
- En 1857, Denucé imaginait à Bordeaux la première couveuse ou berceau en zinc à double paroi avec circulation d’eau chaude. Le fœtus qu’on y plaça avait 6 mois et vécut 7 jours.
- C’était un début; on le poursuivit courageusement. De 1866 à 1884, Crédé employa, à la Maternité de Leipzig un système identique et obtint les résultats ci-après :
- 24 enfants de O O O à 1,500 grammes, 20 morts, 83 0/0
- 115 — 1,501 à 2,000 — 42 — 36 0/0
- 476 — ' 2,oo : à J? 0 0 1 vn 1 110/0
- 52 — 2,501 à 3,000 — 1 — 2 o/c
- En 1880, Tarnier fit installer à la Maternité de Paris une couveuse analogue à celle qu’on emploie pour l’éclosion desœufs. Des glaces servant de couvercle permettent la surveillance de l’enfant et d’un thermomètre qui indique la température ambiante.
- Il y a introduction d’air pur et évacuation de l’air vicié, et l’ensemble des améliorations est déjà remarquable.
- Que nous voilà loin déjà des cimetières de Michelet !
- La chaleur est fournie par une lampe allumée au-dessous d'un thermo-siphon, deux ou trois fois en 24 heures et deux heures chaque fois. On éteint cette lampe aussitôt que le thermomètre du compartiment supérieur indique une moyenne inférieure de 20 C à celle que l’on veut.obtenir, car la température continue à monter de 20 environ. 11 y a là un point faible.
- Budin, à la Charité, voulut essayer de palliercet inconvénient en faisant adapter à la couveuse un avertisseur électrique pour indiquer si les limites fixées sont dépassées.
- Mais en somme, dans les divers cas qui.précè-
- (i) D' j, Rouvier, Traité, d’hygiène, Paris, Qoin, 1889,
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- dent, une attention constante est nécessaire et il faut une certaine pratique et quelque habileté pour assurer convenablement la marche de l'appareil.
- La couveuse Lion réunit les avantages des systèmes qui ont donné entre les mains de Tarnier et de Baudin les résultats indiqués plus haut, et elle les dépasse en ce sens que la part de coopération intellectuelle du surveillant est presque réduite à zéro, c’est-à-dire que la première infirmière venue aura peut-être une fois par hasard (ce qui ne s’est pas encore produit) à tourner plus ou moins un robinet d’admission.
- Cela seul constituerait un sérieux progrès, car est-il rien de plus dangereux et de plus funeste pour les malades robustes(à plus forte raison pour les êtres fragilesqui nous occupem) que les garde-malades demi-capables, demi-ignares, qui tranchent du docteur et qui ont perdu la salutaire prudence de l’ignorance sans acquérir jamais la rectitude et la rapidité de jugement que donne la science vraie ?
- Avec une couveuse électro-automatique, ce danger disparaît d'une façon complète.
- En effet,
- i° Le chauffage est permanent ;
- 2° Le débit de chaleur est constant, les écarts se trouvant sans cesse corrigés ;
- 3° La surveillance est inutile ;
- 4° Enfin, la température de la couveuse se règle d’après celle du baby prise sous l’aisselle, tandis que dans les appareils similaires l'enfant subit au contraire celle que lui fournit l’appareil.
- i° Chauffage. — Qu’on imagine une caisse en bois dont la face antérieure est fermée dans le bas par une paroi fixe et dans le haut par une glace glissant dans des rainures verticales et maintenue relevée au besoin par un contrepoids (fig. i).
- Les tubes d’un thermosiphon s’enroulent à la partie infériéure de la caisse, en suivant ses parois comme une sorte de serpentin. Ils aboutissent extérieurement à un récipient tronc-cônique chauffé au pétrole ou au gaz, duquel s’échappe et dans lequel retourne l’eau chaude qui parcourt les spires du thermosiphon. Dans les villes où il existe des usines à gaz on peut employer celui-ci
- pour le chauffage : il suffit d'un robinet plus ou moins ouvert qui en règle ie débit. Mais en prévision d’une installation à la campagne ou.dans une petite ville la couveuse Lion utilise aussi le pétrole. La dépense d’ailleurs n’a rien d’extràordi-* naire. Elle varie de 0,15 franc à 0,25 franc par journée de 24 heures. Les coups de feu ou les tensions anormales sont prévus et prévenus par un jeu convenable de tuyaux représenté sur la figure 2. Il y a là de menus détails qu’une étude sommaire ne peut qu’indiquer et que l’on jma-* gine du reste aisément.
- 2° Débit. — A l’intérieur de la caisse-couvoic sont placés deux thermomètres métalliques de Richard, dont les arrêts sont susceptibles d’être
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la couveuse.
- réglés de telle façon que la température puisse être maintenue entre les limites convenables. ...
- Au-dessous de ces thermomètres repose le baby dans un berceau d’osier gui se trouve occuper ainsi le centre de la boîte et recevoir la chaleur de toutes parts. Par surcroît de précautions on susr pend un thermomètre ordinaire, bien visible du de • hors, près de la glace de fermeture. Un des appareils Richard, le n° 1, est relié au régulateur de chauffe, l’autre, le n° 2, communique avec une sonnerie. Le régulateur comprend deux électro-aimants EE’ (fig. 2) placés en regard et pouvant attirer, soit à gauche, soit à droite, une forte palette suspendue par un ressort-lame et prolongée par une tringle métallique oscillant comme un balan-i cier d’horloge. L’extrémité libre de la tringle se déplace entre les branches d’une sorte d’U.ou de croissant en cuivre, pivotant en so,n milieu M. L’arbre qui sert de [pivot se rattache à une lige horizontale T.
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- Si l’on envoie un courant dans l’électro de gauche, par exemple, la palette sera attirée et avec elle la tringle-balancier. La pointe de celle-ci appuiera en se déplaçant sur une des branches du croissant mobile C et dans ce mouvement, fera tourner d’un certain angle l’arbre sur lequel est monté le croissant. Cet arbre entraînera à son tour la tige T à la façon d’une tige de tiroir de machine à vapeur: Cette tige, commandant le robinet d’admission du gaz, l’ouvrira par exemple en grand. La température de la couveuse s’élèvera alors graduellement ; mais dès qu’elle aura atteint la limite fixée par l’arrêt métallique du thermomètre Richard, cet appareil fermera le circuit électrique en sens inverse, c’est-à-dire de façon à actionner l’électro-aimant n° 2. Celui-ci attirera la palette de son côté, fera basculer le croissant mobile en sens contraire du premier mouvement, set la tige T fermera presque entièrement le robinet d'admission du gaz. 11 y aura diminution de température pouvant descendre jusqu’au degré fixé comme minimum, soit 350 C, par exemple, î, Ace moment, le contact électrique se refermera comme- la première fois, et ainsi de suite.
- En un mot, toutes les fois que la température de la couveuse s’élève au delà du point voulu il y a diminution de flamme et, par suite, de chauffe; toutes les fois qu’elle s’abaisse au-dessous de ce point, il y a augmentation de flamme, donc élévation de température. Le tout se produit automatiquement. Bien que la polarisation des éléments ne soit pas à redouter, cependant malgré leurs périodes de repos, ils ne: sont employés qu’alternativement, par séries.
- Comme il ne faudrait pas que le courant envoyé persistât de façon à maintenir indéfiniment la palette du même côté, et par conséquent le robinet du gaz constamment ouvert ou constamment en veilleuse, la tringle-balancier appuie, en se déplaçant, sur des ressorts très souples formant coupe-circuit. Le courant est interrompu; l’armature revient au point mort, prête à osciller dans un sens ou dans l’autre lors d’une nouvelle émission de courant. Pour les menus détails du régulateur à gaz nous renverrons le lecteur à la description complète qui en a été faite (*) ici précédemment. Quelques mots cependant sur l’appareil à pétrole.
- On substitue aux becs de gaz une lampe plate à» mèches du modèle spécial représenté par la figure 3. Les molettes qui règlent les hauteurs de flamme, sont reliées entre elles par un cadre posé sur 4 petits galets. Ce cadre mobile, est rattaché à la tige T qui commande le robinet à gaz.
- Quand cette tige agit, elle attire ou repousse le cadre qui recouvre ou découvre plus ou moins les mèches; d’où une variation de chauffage que l’on comprend aisément. On conçoit que grâce à ces corrections incessantes et automatiques la température reste constante, ou du moins ne varie que de quantités en quelque sorte négligeables. Les à-coups, les transitions brusques sont donc évités à l’enfant, qui vit dans un milieu spécial convenant à sa faiblesse.
- 3° Surveillance. — La surveillance, réduite à peu près à néant par suite du jeu en quelque sorte intelligent de l’appareil régulateur, se résume, avec la couveuse électrique, à ouvrir de temps à autre la glace mobile, à prendre l’enfant et à le transporter rapidement dans une chambre annexe de la salle des couveuses, pour l’allaiter, le changer de linge, et arranger sa couchette; enfin pour le peser.
- Néanmoins l’inventeur ne s’est pas tenu pour satisfait, et en prévision du cas improbable où la chauffetie du thermosiphon fonctionnerait mal, il a disposé le thermomètre Richard n° 2 mentionne plus haut de façon à ce qu’il actionne à la fois, pour la nuit, une première sonnerie électrique placée auprès de la gardienne de section et une seconde sonnerie placée dans la chambre du surveillant général.
- Un tableau indicateur sert à montrer immédiatement quelle est la couveuse en détresse. On évite de la sorte les. pertes de temps les plus minimes dans la recherche de l’appareil qui se trouve dans des conditions défavorables. Le contrôle est ainsi poussé à ses extrêmes limites.
- 40 Le baby, disions-nous, règle la température qu’il Jui faut, au lieu de subir celle que peut lui imposer un couvoir trop chaud ou trop froid. En effet, si l’enfant vient au monde avec une température (sous l’aisselle) de 36° C, par exemple, on commence par régler le thermomètre métallique pour 350,3 à 36° C; car si l’enfant doit n’atteindre normalement que 370 C au maximimt, il est bon de l’entraîner, pour ainsi dire, avant de lui imposer ce maximum.
- (4) La Lumière Electrique du _) février 1890.
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- La température du couvoir est donc réglée de façon à être en avance sur celle du sujet si celui-ci se trouve au dessous de la normale, et mise au contraire sur le retard s’il y a tendance à une élévation anormale de la chaleur de fenfant. On règle donc le chauffage d’après le baby, au lieu de lui faire supporter une température trop haute ou trop basse.
- Nom de Venfant : Lucchini
- La méthode d’observation suivie à l’établissement Lion mérite une mention spéciale, car il n’en est pas qui fournisse des données aussi complètes (informations prises) dans les maternités les mieux organisées. A chaque couveuse est attribué, sur un registre spécial, un tableau semblable à celui-ci, pris au hasard comme modèle.
- .— Gestation : 6 Mois 1/2.
- Dates Poids Température Pulsations Alimentation Moyenne de l'accroissement de poids par jour Observations
- de la couv. du corps biberon sein
- (Entrée) 15 juillet. 1 > 75 gr. 37° — 37" 36",9 )) Nature et proportion )) » gr. (Maladies, cas particuliers).
- (Sortie) 6 octobre. 4 k. 4rogi. a varié de 34” C. pre- B du lait. 0/0 » » gr- Guérison d’eczéma en quelques jours, après la mise en cou-
- B B mier jour a 24* sortie )) » » )) veuse.
- » » » » )) » » »
- » » » » » » » )) Docteur X
- Une simple lecture du registre fournit donc i der le praticien, et de l’ensemble des observa-tous les éléments de nature à intéresser et à gui- | tions on pourra sans doute tirer quelque remarque
- Fig. 2. — Régulateur de température.
- précieuse qui échappe peut-être faute de cet enregistrement patient et méthodique.
- En résumé, nous voyons par les relevés que nous avons cités au commencement de cette note que les couveuses, en prolongeant la durée de la gestation, permettent d’obtenir une diminution considérable de mortalité et qu’en somme les
- couvoirs sont le plus puissant préventif que la médecine ait opposé, après des siècles de tâtonnements laborieux, à l’extinction des races surmenées, enfiévrées qui semblent pressées même d’abréger la période de gestation imposée par la nature.
- A cette désorganisation maladive dont nous
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- n'avons pas à rechercher les causes, mais dont nous voyons les effets, la couveuse apporte un remède, un véritable moyen de salut. Il a été dit par des hommes éminents tant de choses douloureuses sur la dépopulation par abstention volontaire et par extinction progressive faute de soins et de bien-être que nous ne reviendrons pas, après eux sur ce sujet. Nous avons tenu simplement à constater un progrès dû à un judicieux emploi de l’électricité dans un domaine plus connu des docteurs-médecins que des électriciens en général.
- Il est visible que le progrès est immense depuis 1857 et que le pas franchi depuis les essais de Denuoé, grâce aux perfectionnements deTarnier
- Fig. 3. — Appareil de chauffage au pstrole.
- et de Budin, est grand. Mais il faut reconnaître que dans les simples modèles à eau chaude, la part laissée à l’imprévu et à la surveillance est encore trop large. C’est là qu’apparaît la supériorité de l’électricite, qui, par son intervention, vaut à elle seule tout ce qui a été fait jusqu’ici dans la voie de la gestation artificielle.
- Nous avons objecté en visitant la Maternité instituée par M. Lion que le coût des appareils semblait ne permettre qu’aux familles les plus aisées l’usage d’un tel système. A cela il nous a été répondu, preuves en mains, qu’une partie des couveuses desservies par de plantureuses nourrices que nous avons pu voir à l’œuvre était réservée à titre gratuit aux enfants pauvres ou peu fortunés, tandis que d’autres appareils, absolument identiques, étaient consacrés à des bàbies mieux traités par la fortune. Nous devons avouer qu’une sollicitude égale entourait les frêles pensionnaires de cette maternité d’un nouveau genre
- et nous en avons sincèrement félicité l’inventeür.
- Une autre objection, relative aux émanations du gaz ou du pétrole pouvant indisposer les sujets et rendre les salles malsaines, a été également réfutée. Aucune émanation ne peut se produire, car les tuyaux de caoutchouc ont été rigoureusement bannis ; on n’emploie pour l’adduction et l’évacuation, que des canalisations métalliques. Du reste, il n’est pas possible de percevoir la moindre odeur. Les piles, modèle Leclanché, alternent comme service par séries de dix éléments (une série suffit pour l’établissement) et on a pris soin de les installer à part, hors des salles. Quant aux sonneries, on les a multipliées, et des boutons annexes fixés à chaque couveuse permettent par une simple pression de vérifier à tout moment leur bon état de fonctionnement. Nous le répétons, l’électricité est ici la maîtresse absolue de tous les services.
- Evidemment, sous la surveillance soucieuse et éclairée d’un médecin, aucune opération (allumage, extinction des bec de chauffage, observation du thermomètre, ventilation, eîc,) ne serait mal faite ou omise; mais il faut bien songer que des nourrices n’ayant pour elles que la routine ne fourniraient que des observateurs absolument au-dessous de leur rôle et du but cherché lorsqu’il faudrait sortir des chemins battus et suivre une expérience délicate et neuve. Or, c’en est une toujours neuve (car elle varie presque avec chaque sujet) que de remplacer par des moyens purement mécaniques cette gestation brûlante et cette vie à deux qui font de la mère un sphinx mystérieux et sacré dont la science en est encore à épeler le premier mot.
- P. Marcillac.
- FILIÈRE TÉLÉPHONIQUE
- Le petit appareil dont la description suit est destiné à la vérification du centrage des câbles sous-marins ou souterrains au moment de leur réception par l’acquéreur. Je lui ai donné le nom de filière téléphonique à cause de son fonctionnement par tréfilage et de l’utilisation du téléphone comme révélateur.
- La filière se compose de quatre tiges plates en k cuivre combinées deux à deux, que la figure 7
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- montre en élévation de 2/3 grandeur. Ces tiges, marquées 1,2, 3 et 4, ont un pied PF' coudé en équerre, qui permet de les fixer horizontalement sur un disque B B' en bois ou en ébonite au moyen d’écrous de pression E. Le disque est percé au centre d’un trou qui est indiqué par le cercle o&.
- Les tiges ont une longueur de 10 à 15 centimètres; un trou en coulisse pratiqué dans leur pied permet de les rapprocher jusqu’à toucher
- Fig. 1. — Filière téléphonique au 2/3 de la grandeur naturelle.
- sans frottement le cylindre de gutta-percha enveloppant le câble. Ce cylindre isolant, dont le conducteur métallique doit occuper le centre, se trouve alors inscrit dans un carré constituant la filière dans laquelle défile le câble en se déroulant d’une bobine pour s’enrouler sur une autre.
- Le figure 2 montre l’appareil en coupe de 2/3 grandeur suivant le diamètre vertical du disque. On y voit les tiges 2 et 4 fixées sur le disque B B' par les écrous E E' ; elles sont placées horizontalement et le câble CC passe entre elles après avoir traversé le trou du disque.
- Pour vérifier à l’aide de cette filière, d’une construction aussi facile que peu dispendieuse, la position exacte du conducteur à l’intérieur du câble, on emploie deux téléphones différentiels
- représentés schématiquement en T et T' (fig. i). La bobine unique de chaque téléphone porte deux circuits d’égale résistance enroulés en même temps mais parcourus en sens contraire par de certains courants désignés plus loin. La tige métallique 2 est placée dans le circuit du premier enroulement de la bobine T, et la tige métallique 4 dans le circuit de son second enroulement.
- 11 en est de même pour les tiges métalliques 1 et 3 placées l’une dans le circuit du premier enroulement de la bobine T' et l’autre dans le circuit de sont second enroulement.
- Pendant que la fraction de câble (*) à vérifier passe dans la filière, son conducteur interne est parcouru par un courant de quelques éléments rendu intermittent au moyen d’un électro-aimant dont l’armature est disposée en trembleur. Le circuit du conducteur est complété par un fil de de retour et par l’axe métallique des bobines tournant sur un bâti isolant en bois. Les émissions intermittentes de courant à travers le conducteur font naître dans les tiges métalliques de la filière des courants d’induction qui parcourent les téléphones différentiels T et T'. Si le conducteur est bien au centre du câble, par conséquent à égale distance des quatre tiges tangentes à son enveloppe cylindrique, les téléphones restent muets, car leurs deux enroulements sont parcourus par deux courants d’induction égaux et de sens contraire dont les effets sur les plaques téléphoniques s’annulent réciproquement. Mais dès que le centrage du conducteur devient défectueux, la tige près de laquelle le conducteur est venu se trouve affectée par un courant d’induction plus énergique, tandis que la tige opposée ne reçoit qu’un courant induit très faible. La membrane du téléphone correspondant à ces deux tiges rend alors un son d’autant plus bruyant que la différence entre les deux courants induits est plus grande, c’est-à-dire que le défaut de centrage est plus accentué.
- Les diagrammes des figures3, 4 et 5, indiquent clairement les divers cas qui peuvent se présenter : si le conducteur est bien centré comme dans la figure 3, les téléphones restent muets; s’il se rapproche horizontalement de la tige 1 par exemple, comme dans la figure 4, l’enroulement cor-
- (i) Dans les usines à câbles, les conducteurs en cuivre sont recouverts de gutta-percha généralement par bouts de deux à trois kilomètres.
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- respondant à cette tige reçoit un fort courant induit qui actionne le téléphone T'; si le conducteur se trouve déjeté obliquement dans l’angle de deux tiges, comme figure 5, les deux téléphones T et T' vibrent, Dans ce cas on peut reconnaître la position du défaut en faisant tourner légèrement le disque qui porte les tiges : dès que le défaut se trouve sur le rayon tangent à la tige la plus voisine, l’un des téléphones se tait et l’autre vibre au maximum.
- Pour déterminer alors près de laquelle des deux tiges conjuguées est le conducteur, il suffit d’in-
- tercaler dans le circuit de l'un des deux enroulements en cause une résistance un peu élevée, ordinairement en court circuit : si le bruit de la membrane s’affaiblit, c’est près de la tige corres pondant à cet enroulement que gît le défaut; dans le cas contraire, il est près de la tige opposée.
- Le degré précis de l’excentricité du conducteur peut même être déterminé en reculant peu à peu la tige la plus voisine du défaut cause des vibrations du téléphone. Au moment où le bruit de la membrane cesse, les deux tiges opposées se trouvent à la même distance du fil inducteur qui les
- affecte par des courants induits égaux et contraires. On observe alors la distance parcourue par la tige sur son disque, gradué à cet effet en fractions de millimètre : cette distance divisée par 2 donne la distance dont le centre du conducteur est éloigné du centre du cylindre isolant ce qui permet de connaître la mesure exacte de l’excentricité du conducteur. On admet pour cette estimation que la conductibilité de la gutta-percha pour les courants induits instantanés est égale à celle de l’air, et comme il y a en effet à ce point de vue très peu de différence entre ces deux diélectriques les indications directes fournies par le déplacement de la tige sont dans la pratique très sensiblement exactes.
- Perpendiculairement au centre du disque B B’ en arrière, ainsi qu’à la sortie de la filière on visse un calibre métallique fraisé en entonnoir pour guider et soutenir le câble. Ces calibres varient suivant
- le diamètre des câbles expérimentés. On fait au besoin passer un courant d’eau froide dans l’intérieur de ces calibres pour en éviter réchauffement. O11 peut aussi placer verticalement la filière, ce qui diminue le frottement dans les calibres.
- L’opérateur chargé de la réception des câbles.. poite les téléphones appliqués sur les oreilles au. moyen du serre-tête habituel imaginé pour laisser les mains libres aux téléphonistes; il peut ainsi marquer sous la dictée des téléphones, les points défectueux sans interrompre le défilage. Dans ce but on place en avant de la filière, à une distance connue, un pinceau pu un tampon imprégné de couleur, qu’on abaisse sur le câble chaque fois que le téléphone vibre : les défauts sont ainsi retrouvés facilement, et s’ils sont trop, nombreux ou trop graves, ils entraînent le rejet de, cette fraction de câble, ï
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- Pour cette application, les téléphones différentiels (*) n’ont pas besoin d’aimants permanents, ce qui les rend plus légers.
- Comme on le voit, ce petit appareil a une grande utilité pour vérifier le degré de soin apporté par les constructeurs à la fabrication des câbles. C’est en effet du bon centrage des câbles que dépendent la sécurité de l’acquéreur et le maintien d’un bon isolement malgré les périlleuses manœuvres du revêtement protecteur et de la pose des câbles en mer ou sous terre ; c’est aussi le centrage précis des câbles qui peut faire concorder rigoureusement les calculs théoriques précédant la fabrication avec les résultats des essais ultérieurs.
- Jusqu’ici il n’existait pas de moyen (*) pour vérifier cette partie si importante de la fabrication des câbles: par suite de l’exquise sensibilité du téléphone, cette lacune sera comblée et l’on pourra procéder à la réception des câbles en parfaite connaissance d’état aussi sûrement que si leur diélectrique était diaphane.
- (>) Pour éviter l'embarras de la construction de deux téléphones différentiels à double enroulement, on peut utiliser avec la filière téléphonique deux téléphones ordinaires à simple enroulement, en modifient l’installation comme il suit : les extrémités antérieures des tiges i et 3 (fig. 1) aboutissent par deux fils aux bornes de l’un dès téléphones ordinales, et leurs extrémités postérieures 5ont simplement reliées entre elles par un fil. Il en est de même pour les liges 2 et 4, dont les extrémités antérieures sont identiquement reliées à l’autre téléphone ordinaire, et les extrémités postérieures entre elles. Le résultat obtenu ainsi par la circulation de courants opposés dans le même enroulement est le même qu’avec l’emploi de deux enroulements distincts parcourus par des courants de sens contraire. Cette autre disposition offre un petit inconvénient : pour déterminer près de laquelle des deux tiges conjuguées se trouve porté le conducteur décentré, il est nécessaire d’écarter du câble l’une des tiges en cause, ce qui est moins rapide que de rompre le court cir-circuit d’une résistance additionnelle, manœuvre utilisée dans ce même but avec les téléphones différentiels.
- (*) Le procédé qui sert actuellement encore à vérifier le centrage des câbles est renouvelé de celui d’Alexandre en présence dn nœud gordien. Quand l’électricien chargé de la réception suppose à tort ou à raison que le centrage est défectueux, il fait trancher le câble à la scie : le centrage est-il mauvais ? la soudure réparatrice est faite au frais du constructeur, et s’il est bon aux frais'de l’acquéreur. C’est là un procédé empirique et vraiment barbare, dont l’usage doit disparaître: il a de plus l’inconvénient de compromettre la conductibilité si la soudure n’est pas faite avec le plus grand soin.
- La vérification du centrage des câbles présente d’autant plus d’importance qu’on tend maintenant à déposer en une seule fois la couche de diélectrique autour du conducteur, aussi bien en France qu’en Angleterre, d’après ce que dit M. l’ingénieur Wunschendorff dans son magnifique Traité de télégraphie sous-marine. On a en effet l’avantage d’obtenir ainsi un excellent isolant, beaucoup plus homogène qu’avec l’emploi de plusieurs couches alternées de composition Chatterton et de gutta-percha, de diminuer les causes d’introduction de bulles d’air dans le diélectrique et de « réaliser en outre une économie sensible sur les frais de fabrication, le fil n’ayant plus à passer qu’une seule fois dans la machine à recouvrir de gutta (1). »
- La possibilité d’explorer sûrement l'âme des câbles, d’ausculter leur constitution interne, pour
- 4 4 4
- Fig. S, 4et 5.
- ainsi dire, permettra d’entrer plus résolument et en toute sécurité dans cette nouvelle voie.
- P. Le Goaziou.
- CHRONIQUE ET REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE
- Nouveaux câbles entre le Pérou et le Chili (*).
- Le steamer Silvertown, de la India Rubber, Cutta-Percha and Telegraph Works Company, plus généralement connue sous le nom de compagnie Silvertown, est parti de Grenhithe le 11 octobre, se dirigeant vers la côte occidentale de l’Amérique du Sud.
- Voici quelques renseignements sur le vaisseau et sur sa cargaison.
- Le Silvertown porte environ 1 7-0 milles de câble télégraphique sous-marin, pesant environ 2 700 tonnes. La cargaison complète, c’est-à-dire le charbon, le câble, les vivres et tout le matériel,
- (*) Traité de télégraphie sous-marine de M. Wunschendork p. 80. Baudry et C, éditeurs; Paris 1888.
- I (U Electrical Eiigineer, 28 octobre 1890.
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- pèse un peu moins de 5 000 tonnes, charge peu considérable relativement au tonnage du vaisseau, qui est de'7000 tonneaux.
- Le câble, fabriqué par la compagnie Silvertown doit être posé entre Chorrillos, près de Lima (Pérou), Yquique et Valparaiso, le principal port du Chili.
- Les câbles actuels, posés en 1875 par la West Coast of America Telegrapb Company, touchent à beaucoup de stations intermédiaires, ce qui retarde les communications entre Lima et Valparaiso. Le nouveau câble assure des communications plus directes et plus rapides entre ces deux villes.
- . Au moyen de ce nouveau câble, de la ligne qu’elle possède déjà dans le golfe du Mexique, et de celle qui traverse l’isthme de Téhuantepec, la Central and South American Company fera, par son seul réseau, communiquer les États-Unis et Valparaiso.
- Le câble employé comporte quatre modèles, dont les poids par mille marin sont :
- Bout côtier................
- Intermédiaire lourd........
- Intermédiaire léger........
- Câble pour grandes profon deurs. ....................
- Le noyau du câble est formé de 7 fils de cuivre, pesant 48 kilogr. et de 63 kilogr. de gutta-percha.
- L’équipage du bord se compose de.................. 144 hommes.
- État-major, officiers et ingénieurs...................... 22 —
- Manœuvres.................... 40 —
- Équipage..................... 59 —
- Chauffeurs, mécaniciens, etc. 22 —
- L’expédition est sous la direction de M. M.-H. Gray, ingénieur en chef, assisté de M. J.-R. France, représentant de la Compagnie.
- Le voyage doit durer 5 ou 6 mois, y compris l’aller et le retour, les sondages, la pose du câble et l’essayage.
- - G. H.
- 143/4 tonnes. 7 1/2 —
- 4
- 11/2 —
- Emploi de l’air comprimé pour la distribution de l’énergie.
- L'Engineering du 3 octobre 1890 nous donne
- quelques détails sur un moyen de transport de l’énergie et de la lumière électrique proposé pour la ville de Dresde, à l’intérieur de laquelle il est interdit d’installer des chaudières à vapeur. L’idée de distribuer l’énergie par l’électricité s’est naturellement présentée à l’esprit ; mais les inconvénients des courants à haute tension ont conduit à chercher dans l’air comprimé un moyen de distribution. Le docteur R. Proell, bien connu comme le créateur du « Proell gouvernor », a élaboré un plan très détaillé à ce sujet. Dans un mémoire publié par lui ainsi que par MM. H. L. Kummer et Cie, de Dresde, il donne des renseignements très complets tant au point de vue des calculs qu’à celui des dessins, sur un projet pour fournir 7 500 chevaux-vapeur indiqués; il exprime l’opi-riion qu’une installation de ce genre bien conçue et bien organisée rivaliserait d’économie avec une installation électrique impliquant la distribution par câbles à des distances considérables.
- Nous nous bornerons à esquisser les traits généraux de ce projet.
- On installera dix machines à condensation à triple détente, fonctionnant à haute pression et détente au vingtième, chaque machine devant indiquer 730 chevaux-vapeur. Les cylindres ont 48, 78 et 125 centimètres de diamètre; la course du piston est de 1,23 mètre ; le nombre de tours par minute est de 60, ce qui donne pour la vitesse du piston 149 mètres par minute. La machine sera disposée horizontalement; l’arbre du volant aura deux bielles, à l’une desquelles seront reliés les pistons intermédiaires et à haute pression, genre tandem, tandis qu’à l’autre sont reliés le piston à basse pression et la pompe à air, cette dernière placée verticalement au-dessous des fondations. Dans chaque cas, un compresseur d’air accompagne la tige des grands pistons.
- L’originalité du devis paraît consister, d’une part, dans un régulateur automatique qui a pour objet d’adapter la compression de l’air à sa consommation, et d’autre part dans le système des moteurs qu’on se propose d'installer pour utiliser l’air comprimé. Chauffer l’air pendant la détente et en même temps injecter de l’eau, tels sont les points principaux.
- Pour des forces de 4 chevaux et au delà, l’auteur préconise l’emploi de la machine Doerfel-Proell dont un grand nombre fontionne déjà régulièrement, et donne des résultats\très économiques pour 200 ou 300 tours par mi-
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- nute. Ce moteur est combiné avec une chaudière | à serpentin dans laquelle l’air comprimé est chauffé. Pendant le chauffage, une petite quantité d’eau provenant d’un réservoir placé au-dessus entre dans le serpentin, tandis que l’air aspiré sert à accélérer le tirage et à établir ainsi un réglage automatique.
- Pour de petites forces, à partir d’un quart de cheval-vapeur, on a imaginé une nouvelle machine compound à simple effet : les deux cylindres sont disposés sur une seule ligne, verticalement, l’un au-dessus de l’autre, et les pistons sont attachés à une même manivelle, qui passe entre les deux. Dans ces petits moteurs, un brûleur à gaz est placé, sous le fond du cylindre à basse pression pour chauffer l’air au fur et à mesure qu’il arrive dans ce dernier.
- Ce chauffage a une grande importance ; l’auteur assure que quand il est complètement effectué la transmission de la force peut s’exercer par les moteurs à air aussi bien que par toute autre méthode.
- Pour de grandes machines, cependant, telles que celles qui seraient nécessaires pour fournir de la lumière électrique à tout un quartier, il faudrait une grande surface de chauffe. Aussi l’auteur recommande-t-il des machines à mélange d’air et de gaz du système de M. Pischinger, dans lesquelles la chaleur de l’explosion du gaz est immédiatement utilisée pour chauffer l’air comprimé employé comme force motrice dans le cylindre à air. Les deux cylindres sont disposés horizontalement en tandem, le cylindre à air près de l’arbre de la manivelle. L’air comprimé entre dans le manchon, du cylindre à gaz, le refroidit et pénètre dans le cylindre chauffé.
- C. B.
- Pile thermo-électrique faisant fonction d’accumulateur, par le D' A. von Waltenhofen.
- Dans l’Electrotechniscbe Zeitschrift, 17 octobre 1890, l’auteur, rappelant qu’il a été le premier à indiquer la possibilité d’employer les piles thermoélectriques comme accumulateurs, compare son procédé avec celui que la Société Hélios a appliqué dans son accumulateur thermo-électrique.
- 11 ajoute :
- Le procédé pour léquel la Société Hélios s’est fait délivrer un brevet me paraît être différent du
- mien, bien que le mien ait pu servir à rendre l’autre plus efficace.
- Dans le procédé Hélios, l’enveloppe isolante a l’intérieur de laquelle la pile thermo-électrique est chauffée au moyen d’un courant continu ou feut-être au moyen de courants alternatifs est disposée de telle sorte que la partie qui recouvre une des deux séries desoudures puisse être enlevée, après quoi les soudures ainsi mises à nu de cette façon sont refroidies par un courant d’air froid, tandis que la série de soudures qui est restée couverte par l’enveloppe protectrice ne perd pas aussi rapidement sa température.
- Celte manière de mettre en activité la pile thermo-électrique a de commun avec la méthode ordinaire le refroidissement de l’une des séries de soudures par soustraction extérieure de chaleur: elle consiste à produire, des différences de température sans avoir égard à l’effet de Peltier qui peut
- ’i
- Fig. 1
- se produire dans les soudures des deux côtés pendant le passage du courant de'chauffe.
- Au contraire, les courants de décharge que j’ai observés proviennent essentiellement de cet effet ; on s’en rendra compte à l’inspection de la figure.
- Si l’on fait passer un courant à travers une pile thermo-électrique dont les soudures, comme l’indique schématiquement la figure, ont des résistances alternativement grandes'et petites, ce courant agit différemment selon sa direction.
- J’ai pris pour sens positif celui qui, passant par les soudures des plus grandes résistances, part du métal négatif pour aboutir au métal positif. Je donne au sens opposé le nom de sens négatif.
- Dans la figure 1, les soudures impaires ont été prises pour celles des plus grandes résistances, et les parties ombrées représentent les tiges du métal relativement positif, de sorte que la flèche 1 représente le sens positif du courant, et la flèche 2 le sens négatif.
- Quant à l’action de courants que l’on fait passer dans des piles thermo-électriques de ce genre, voici les lois que j’ai découvertes, d’abord par le calcul, puis par des expériences :
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- 27* LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- i° Le passage d'un courant dans le sens négatif produit toujours une charge positive dans une pile thermo-électrique à soudures dont les résistances sont inégales.
- (On a qualifié « asymétriques » les piles thermo-électriques de ce genre ; cette expression me parait peu exacte).
- Lorsqu’on ferme le circuit de la pile thermoélectrique, après avoir mis hors circuit la source qui a fourni le courant de charge et avoir inséré un galvanomètre, il se produit un courant de décharge de sens positif.
- Pour la force électromotrice initiale de ce courant de très courte durée, on a l’équation :
- = as -f- Ss2......... (i)
- dans laquelle s désigne l’intensité du courant constant de charge employé, tandis que le coefficient a est proportionnel à la différence des constantes thermo-électriques des deux métaux et que b est proportionnel à la différence des résistances des soudures voisines considérées deux par deux ;
- 2° Un courant de charge positif produit dans la pile thermo-électrique une charge positive ou négative selon que l’intensité de ce courant est plus grande ou plus petite qu’une certaine valeur limite que j’appellerai l'intensité critique.
- Pour la force électromotrice initiale, e2, du courant de décharge produit par un courant déchargé positif, on a l’équation :
- «2 = — <»S + is*...... (2)
- Ces deux lois sont représentées géométriquement par la courbe A O B (fig. 2).
- La branche O A, correspondant à l’équation (1), se rapporte aux courants positifs de décharge produits par des courants de charge négatifs, ou plutôt à leurs forces électromotrices produites dans la pile thermo-électrique par des courants déchargé positifs.
- Ces ordonnées croissent dans le sens négatif jusqu’à un maximum, puis elles diminuent, deviennent nulles; enfin elles finissent par croître dans le sens positif lorsqu’on opère la charge avec des courants d’une intensité de plus en plus grande.
- C’est pour l’intensité critique du courant de charge O F qu’a lieu le changement de signe cal-
- culé à l’avance par moi et confirmé par mes expériences.
- On voit par là que les courants de charge étant de sens négatif ou de sens positif, il ne s’en produit pas moins, toujours, des charges positives lorsque l’intensité des courants de charge employés est au-dessus de la valeur limite critique ; on voit qu’au-dessous de cette valeur limite, pour des courants de charge égaux et opposés, la charge positive correspondant à la courbe AOB prédomine.
- On peut donc prévoir que, si l’on emploie des courants alternatifs pour opérer la charge, on obtiendra un excès de charge positive, surtout si les valeurs moyennes des courants alternatifs employés pour charger sont plus grandes que les intensités critiques.
- Un certain déficit est du reste inévitable, même
- dans ce dernier cas, car tout courant alternatif positif, tant que son intensité n’a pas encore atteint l’intensité critique O F, ou est redescendue au-dessous, fournit des apports négatifs à la charge.
- La possibilité de charger des piles thermo-électriques avec des courants alternatifs n’a guère, provisoirement, qu’un intérêt théorique; il en est de même, au surplus, des phénomènes précédents que j’ai découverts sur des piles thermo-électriques dont les soudures présentaient des résistances inégales.
- Dans un mémoire sur ce sujet, paru en 1877, dans les Sitqungsbericbte der Wiener Akademie, j’ai démontré que ces phénomènes ne se concilient guère avec les idées qui ont cours actuellement sur la nature de la thermo-électricité. Quant à employer les piles thermo-électriques comme accumulateurs, le rendement est si faible pour les courants continus, et à plus forte raison pour les courants alternatifs, qu’il n’y a pas à s’occuper de ce procédé.
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- 2 77
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- . Je me bornerai pour terminer à donner quelques nombres, parce qu’ilpeut être intéressant de connaître l’ordre de. grandeur et les valeurs maxima des forces électromotrices qui ont été produites dans les piles thermo-électriques que j’ai employées par des courants d'une intensité déterminée. (Le temps pendant lequel j’ai fait agir les courants de charge était généralement une minute).
- La courbe AO F B de la figure 2 se rapporte à la pile de 20 éléments de Noë, qui, employée comme source primaire de courant, donnerait, pour un chauffage normal, une force électromotrice un peu supérieure à 2 v. Employée comme pile secondaire, elle a donné après emploi de courants négatifs ayant pour intensités 1,60 ampère, 3,04, puis 4,36, puis enfin 7,66 ampères, des courants de décharge positifs, dont les valeurs initiales ou les forces électromotrices correspondaient à 0,09 v., puis 0,26 v., puis 0,48 v. et 1,37 v.
- Après lancement des courants de charge positifs, ayant les intensités 1,60 a, puis 3,04 a, puis 4,36 a, les valeurs initiales des forces électromotrices négatives étaient respectivement 0,035, puis 0,038, puis 0,029. Elles étaient devenues nulles après emploi d'un courant de charge de 6,65 a, Après emploi de courants de charge positifs encore plus intenses, les forces électromotrices des courants de décharge étaient positives.
- Avec une pile de Noë de 96 éléments, des courants de charge négatifs dont l’intensité s’est élevée jusqu’à 6,96 a ont fait naître des forces électromotrices positives qui ont atteint 2,08 v. Quant aux forces électromotrices négatives provoquées par des courants de charge positifs, elles ont atteint leur maximum numérique, 0,24 v. après emploi d’un courant de charge de 4 a. Pour les ramener à zéro, et les faire passer au sens positif, il aurait fallu employer des courants déchargé de 8 a. et au delà.
- La droite DOE de la figure 2 représente la marche des phénomènes de décharge pour des piles thermo-électriques à soudure d’égales résistances, telles qu’elles ont été observées par Quin-tus Icilius. Ici les forces électromotrices provoquées par des courants de charge positifs ne donnent lieu à aucun changement de signe.
- Je dois ajouter que, d’après mes expériences avec une pile de ce genre, D O et O E ne,sont pas exactement en ligne droite. Je dois aussi faire remarquer que dans les équations (1) et (2) les
- coefficients b ont des valeurs inégales, car les résistances dépendent de la température.
- En tout cas, lorsqu’on emploiera ce procédé on fera bien de tenir compte des effets de Peltier aux soudures, et pour cela on fera en sorte que dans les soudures à refroidir les courants continus servant à chauffer la pile thermo-électrique passent du métal négatif au métal positif : du maillechort, par exemple, à l’alliage de zinc et d’antimoine.
- Si les soudures à-refroidir sont en même temps celles de moindre résistance (ce qui a lieu, par exemple, pour la pile de Noë), alors le sens que nous venons d’indiquer est toujours celui que nous avons précédemment nommé le sens né gatif.
- Si l’on a soin d’observer ces règles, le refroidissement des soudures, d'une part, et les échauffe-ments, d’autre part, phénomènes dépendant les uns et les autres des effets de Peltier, concorderont avec les différences de température que donnerait le procédé Hélios.
- Quand il s’agit de courants alternatifs, il n’y a plus lieu évidemment d'appliquer cette règle de direction ; il ne s’agit plus que de l’intensité de ces courants et de la question de savoir si dans la pile thermo-électrique à laquelle on applique le procédé Hélios les soudures qui se refroidissent sont les soudures de plus petite ou de plus grande résistance.
- Dans le premier cas, les effets secondaires des courants alternatifs favoriseront le procédé Hélios, bien qu'à un moindre degré, puisqu’ils se compensent en partie.
- J’espère que ces considérations susciteront des recherches sur les questions suivantes :
- Jusqu’à quel point ces règles ont-elles une importance pratique?
- Lorsque, pour chauffer les piles thermo-électriques, on emploie des courants aussi intenses que dans le procédé Hélios, les effets secondaires dont il vient d’être question se produisent-ils encore d’une façon sensible?
- En tout cas, on ne pourrait le reconnaître qu’en ayant soin de décharger la pile thermo-électrique aussitôt après avoir arrêté le courant qui à servi au chauffage, car sans cela les différences de température produites par les effets Peltier se compenseraient plus tôt.
- C. B.
- 1 • - ; ’ <
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- 378 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Isolateurs pour suspension de lignes aériennes.
- L’isolateur triple de M. Sharp, destiné à soutenir dans les courbes les conducteurs aériens suspen-
- Fig.^i. —. Isolateur, Sharp.
- dus, se compose de plusieurs parties assemblées au moyen de boulons isolés ; la figure i en fait suffisamment comprendre la disposition; il faut ajouter seulement qu’une gaîne isolante protège l’ensemble contre les intempéries.
- La figure 2 représente un autre isolateur d’En-
- glund, destiné au même usage et construit en ébonite.
- ...... E. R.
- Sonnerie électrique Graves et Stewart.
- Cette sonnerie est remarquable par sa simplicité.
- L’armature d du trembleur à ressort e est alter-
- Sonnerie électrique Graves et Stewart.
- nativement attirée puis lâchée par les pôles c' c' de l’électro c, suivant que l’extrémité e' de son ressort
- ferme ou rompt le contact sur la vis ajustable /. Le circuit va de h en k' par l’électro c, le châssis en fonte b de l’appareil, la vis / et le ressort d e. Le noyau de l’électro c repose sur une base en bronze c2.
- Appareil électrolytique Gerrish Farmer (1800).
- Dans cet appareil, l’anode est constituée par deux plaques C C concentriques au cylindre E qui constitue la cathode.
- Ce cylindre, en alliage de plomb et d’antimoine
- E
- F
- Fig. 1, 2 et 3.—Appareil électrolytique Gerrish-Farmer. Coupe longitudinale et transversale, détail d’une attache.
- a 1,30 mètre de long sur 70 millim. de diamètre et 13 millimètres d’épaisseur excepté aux extrémités renforcées; il pèse environ 100 kilog. et tourne à la vitesse de 50 mètres par seconde sur un rouleau de bois H qui l’entraîne. Toute la surface du cylindre est protégée par un vernis isolant, à l’exception de la partie de sa surface extérieure comprise entre les nervures F E et les faces de ces nervures sur lesquelles frottent les électrodes positives LL, Afin de pouvoir facilement détacher la feuille de zinc ou de cuivre déposée sur le
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- JOURNAL UNIVERSEL D‘ÉLECTRICITÉ
- 279
- cylindre, on trace sur l'une de ses génératrices extérieures un pointillé N de vernis isolant, qui détermine une ligne de rupture facile, analogue à celle du piquetage des timbres-poste.
- Accumulateurs Péral (1890)
- lagées de manière à constituer pour la matière ac-
- tive un encadrement léger et très adhésif. A, cet: effet, les nervures longitudinales principales a a (fig. i et 2), qui sortent du moule dans l’état repré! senté par la figure 2, sont ensuite ouvertes comme en figure 3 de manière à retenir parfaitement la matière active.
- Les plaques sont reliées latéralement par des
- Fig. 3. — Accumulateur Péral. Détail d’une plaque.
- bandes», agraflfées par leurs oreilles d, et leurs projections supérieures /"sont soudées à des barres e
- (OnDLjnnnnnni
- o^inrnrrmîinn
- uujuuuy
- Fig. 4 et 5. — Accumulateur Péral; ensemble d’une batterie.
- pourvues d’appendices/, qui constituent les pôles 1 Pour la mer, notamment pour le service des de la pile. * torpilleurs, le tout est enfermé dans des caisses
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- s8o.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- gücf^tement- scellées, percées Seulement de regards .g7, et de deux trous à tubes g g, reliés à ceux
- Fig. 6. — Accumulateur Pérsl ; commutateur de sûreté.
- des autres piles par des tubes de caoutchouc, de
- manière que l’on puisse facilement faire passer dans toute la batterie un courant d’air qui chasse les gaz de l’électrolyse.
- Afin d’éviter la surcharge des accumulateurs chargés en batterie, M. Péral munit chacun d’eux d’un électro b, relié aux pôles//. Dès que les gaz se dégagent, la tension augmente entre les bornes f f, et l’électro attire son armature malgré le ressort p, de sorte que le courant chargeur passe par le circuit fermé jh rlm jusqu’à ce que, les gaz cessant de se dégager, l’électro lâche de nouveau son armature et rompt le circuit dérivé en k.
- Accumulateur et régulateur Dujardin.
- Afin de rendre les accumulateurs plus facile-? ment transportables et moins sensibles aux chocs,
- + /
- i
- a
- Fig. 1.— Régulateur Dujardin (1889).
- M. Dujardin en remplit les intervalles entre les J l’acide sulfurique. Cette matière est constituée par plaqués d’une matière poreuse inattaquable par | jüne pâte de sable blanc très fin saturé d’eau com- '
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ 281
- primé à haute pression, calcinée dans un four à poterie puis écrasée en granis de 3 millimètres de diamètre environ.
- Le rhéostat automatique du même inventeur représenté par la figure 1 a pour effet de remédier aux variations du potentiel du courant des accumulateurs suivant leur débit et leur chargement. L'électro d’un relai R à grande résistance et très sensible inte-calé en série dans le circuit des lampes attire la lame s sur J on la laisse faire contact en v suivant que la tension du courant
- augmente ou diminue et ces contacts font agir l’électro régulateur E ou l’électro E' do'rit les armatures trembleuses font tourner l’aiguille G du rhéostat à droite ou à gauche de màfiière à augmenter ou à diminuer le nombre des résistances intercalées dans le circuit des accumulateurs.
- Compteur Shépard (1889).
- Ce compteur se compose essentiellement d’un électro fixé à gros fil c, intercalé en série dans le
- Fig. i. — Compteur Shépard.
- courant à mesurer d’un électro à fil fin d, monté en dérivation sur ce courant, et d’un électro moteur B, actionné aussi par une dérivation.
- Un balancier a a, suspendu en a', reçoit à l’une de ses extrémités lé poinçon e de d mobile à l’intérieur de c et à son autre extrémité la tige k d’un régulateur mû par la dynamo et mobile dans sa douille sous l’action de la force centrifuge. Dès que le courant passe en cd avec une intensité réglée par le curseurs, l’appui de e sur a ferme le circuit en r sur la dynamo B, qui se met à tourner jusqu’à une vitesse normale, fonction de l’intensité du courant. Dès que cette vitesse est dépassée, la poussée du régulateur k rompt le circuit en r, jusqu’à ce que la dynamo ait repris sa vitesse normale. Le compteur F enregistre les tours de la dynamo, et l’on en déduit l’énergie ou le travail électrique correspondant.
- activesqui constituent(fig. 1 et2)lesdivisionsentre les compartiments. Ces plaques de plomb i, 2, sont séparées par des grils isolants 3, par lesquelles on verse entre elles l’acide sulfurique dilué.
- Fig. 1.— Accumulateur Bailey-Warner.
- Accumulateur Bailey-Warner (1890).
- Dans cet accumulateur, ce sont les plaques
- Pendant leur formation, chacune des plaques devient positive sur une face, négalive sur l’autre.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Une fois logées dans leurs boîte B, ces plaques y sont ajustées par une coulée de poix dans les
- Fig. 2. — Accumulateur Bailey-Warner. intervalles 6 6. L’une des faces de chacune des
- plaques— la positive — est en peroxyde de plomb et l’autre en plomb spongieux.
- Trieur électro-magnétique Bail et Norton.
- Le minerai en poudre tombe par une trémie sur un tambour de bronze 5, tournant avec une grande vitesse autour des électro-aimants fixesq, et léché à sa partie inférieure par une aspiration d’air suivant les flèches. Cet air balaye la majorité des poussières non magnétiques, dont le reste tombe dans la trémie 4, à décharge automatique. Les corps magnétiques se détachent du tambour au
- Fig. 1.— Trieur électro-magnétique Bail et Norton (1890,1.
- delà du point 15, par la force centrifuge, et tombent en se classant en 16 et en 17.
- Lorsqu’on traite les minerais par voie humide on fait arriver l’eau par 13 le long du tambour; le courant d’air est assez puissant pour évaporer presque toute l’eau entraînée, et les corps magnétiques se séparent presque secs.
- Accumulateur Pepper (1890).
- La préparation des plaques d’accumulateurs de M. Pepper consiste à mélanger un oxyde de plomb
- pulvérisé avec un sel fusible également pulvérisé: 12 0/0 de nitrate de soude, par exemple. On chaufiFe ce mélange au point de fusion du sel. Pendant la formation de ces plaques, le sel fusible se dissout et le plomb se peroxyde en une masse poreuse, ou se transforme en plomb poreux, suivant qu'on emploie la plaque comme anode ou comme cathode dans le bain d’acide sulfurique étendu. Lorsque l’on veut former ainsi des plaques positives on ajoute aux 8 0/0 de nitrate de soude 2 0/0 d’un sel oxydant à chaud, comme le chlorate de potasse, qui pendant leur fusion même convertissent une partie du plomb en peroxyde ou oxyde rouge. Pendant la formation l’acide sulfurique transforme
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- JOURNAL 'UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 233
- le nitrate de soude en sulfate et en acide nitrique qui forme avec le plomb un nitrate facile à convertir en peroxyde de plomb. Le chlorate de potasse restant se transforme en sulfate avec dégagement d’oxygène et de chlore libres très oxydants.
- Pour les plaques négatives, on remplace le chlorate de potasse par un sel réducteur : sulfate ou chlorure de magnésium, mélangé de poussière de charbon.
- G, R.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENlS EN ÉLECTRICITÉ
- .Electrolyse par fusion ignée du fluorure d'aluminium, par M. Adolphe Minet (*).
- Dans les deux Notes (z) que j’ai eu l’honneur de présenter à l’Académie, j’ai montré que j’avais produit l’aluminium en électrolysant son fluorure à l’état fondu.
- De nouvelles recherches m’ont permis de fixer la composition du bain électrolytique qui, pour des valeurs données de la température et de la densité du courant aux électrodes, correspond au meilleur rendement du système expérimenté ; j’ai pu également déterminer les propriétés physiques du mélange des sels en fusion, et établir l’expression qui lie les constantes du courant à celles de l’électrolyte, à diverses périodes.
- Composition du bain, ses propriétés, sa régénération. — Le bain est formé d’un mélange de chlorure de sodium et de fluorure double d’aluminium et de sodium, répondant à la formule chimique, exprimée en équivalents : 6NaCl-j-Az2Fl3, 3NaFl, Point de fusion : 675°. Point d’émission de vapeurs : 1035“. Densité à 820° : 1,76. Coefficient de dilatation à l’état fondu : 5 X 10-4. Conductibilité électrique à 870° : 3,1. La conductibilité électrique, en fonction de la température, se calcule par la relation
- C, = 3,1 fi + 0,0022 (t — 870“)].
- (l) Comptes rendus, t. CXI, p. 603.
- (>) Comptes rendus, 17 février et 9 juin 1889.
- Pour un courant d’une intensité de i 2O0 ampères, la masse du bain est représentée par un poids de 20 kilogrammes. Dans ce cas, la densité du courant (intensité par centimètre carré de surface agissante) au pôle positif est de 1 ampère, la différence de potentiel est de 5,5 volts aux électrodes.
- La composition du bain est maintenue constante, au fur et à mesure de la décomposition du fluorure d’aluminium, au moyen du mélange suivant :
- Alumine hydratée, en partie
- desséchée........... 6 [ AI* O3, 2 HO] = 416,4
- Fluorure double d'aluminium et de sodium...... Al3 FI3, 3 Na FI = 210,4
- Oxyfluorure d’aluminium.. AlsFl3,3 Al3 O3 = 258,4
- Ce mode d’alimentation permet de régénérer les deux tiers du fluor qui se dégage au pôle positif.
- Le niveau du bain reste à la même hauteur, par l’introduction d’un mélange de chlorure de sodium et de fluorure double d’aluminium et de sodium, aux proportions données plus haut.
- Relation entre les constantes du courant et celles de l’électrolyte. — Ce problème se divise en deux parties. Soient s la différence de potentiel aux électrodes; ^la force électromotrice de décomposition; p la résistance de l’électrolyte, celle des électrodes étant négligeable; I l’intensité du courant; 8 la densité du courant maximum.auxélectrodes, pour chacune des périodes étudiées.
- A. Les sels qui composent le bain, sont chimiquement purs.
- a. Première période, comprime entre la densité du courant aux électrodes égale à zéro, et celle pour laquelle la force électromotrice de polarisation a la même valeur que la force électromotrice de décomposition de l’électrolyte considéré.
- Pour les points les plus bas, la différence de potentiel peut s’exprimer par la relation e = Kl, la température restant constante. Vers la densité limite, la valeur de la différence de potentiel ne peut se calculer par une expression simple; j’ai pu toutefois déterminer, dans certains cas, la forme de cette expression.
- Pour une température de 8700, le maximum
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- LA LÜMIÉRÈ ÊLECTklQÜË
- 2§4
- de la densité du courant aux électrodes, correspondant à la première période de l’électrolyse du bain étudié par nous, oscille entre 0,02 ampère et 0,03 ampère.
- fi. Deuxième période. — A partir du moment où la force électromotrice de polarisation est égale
- à la force électromotrice de décomposition de l’électrolyte considéré, jusqu’à une densité de courant au pôle positif qui, pour notre bain au fluorure, atteint une valeur de ! ampère, la différence de potentiel s’exprime par la relation e == e -f- p I.
- Voici les chiffres mêmes de l’expérience :
- Température 852° e = 2,i5 p = o,ol
- I. mesurée calculée
- ampères volts volts
- 130 3,5° 3)45
- '5° 3,7° 3.65
- 175 3,95 3,9°
- 115 4,30 4,30
- 24?, 4,60 4,60
- Température 890*
- e — 2,40 p = 0,0044
- I. mesurée calculée
- ampères volts volts
- 196 3,26 3,26
- 4°3 4,12 4,'7
- 585 5,°5 4,97
- 885 6,18 6,29
- Température o8o°
- e = 0,34
- P = 0,0033
- X. mesurée calculée
- ampères volts volts
- 572 4,23 4,23
- 650 4,48 4,48
- 9IO 5,3° 5,54
- IO3O 5,78 5,74
- La densité du courant au pôle négatif n’est limitée que par réchauffement dangereux dû au passage du courant.
- y. Troisième période. — Pour des densités de courant supérieures à 1 ampère la valeur de la différence de potentiel ne peut plus se calculer en fonction de l’intensité par une expression simple. Elle atteint rapidement une quantité voisine de celle d’un arc électrique, soit 30 à 40 volts.
- B. L’électrolyte est mélangé avec des proportions de sels étrangers, sels de fer et de silicium, pour le cas qui nous occupe. Lorsqu’on maintient dans certaines limites la densité du courant au pôle positif, ces sels se décomposent suivant la loi de Sprague.
- Voici les nombres obtenus sur un bain où les. sels de fer et de silicium ont été successivement éliminés :
- Température 8io* (gels de fer) e = 0,75 p = 0,0093
- I. mesurés calculée
- utopèrcs volts volts
- 75 ',45 ',45
- 147,3 2,20 2,11
- 225 2,85 2,85
- Température 840' (sels de silicium)
- e = 1,37 p = 0,0089
- I. mesurée calculée
- ampères volts volts
- 65 ',95 ',95
- '37,5 2,65 2,61
- 217,5 3,35 3,3'
- Température 870* (sels d'aluminium)
- e = 2,15 p = o,oo85
- I. mesurée calculée
- ampères volts volts
- 100 3,00 3,75
- 130 3,28 3,00
- ««7,5 3,75 3,25
- Il est à remarquer que dans ces dernières expériences la résistance p de l'électrolyte est restée constante, la composition du bain au fluorure d’aluminium étant celle que nous avons indiquée en commençant; les sels de fer et de silicium, qui le souillaient s’y trouvaient en très petite quantité.
- Nous aurions encore quelques observations à faire relativement à une méthode d’analyse du bain, aux appareils de mesure de la température et du courant électrique, aux phénomènes que l’on observe lorsque, après le passage du courant
- l'électrolyte réagit comme pile secondaire. Ces observations feront l’objet de Notes prochaines. »
- Recherches de thermo-électricité, par MM. Ghas-sagny et Abraham p).
- Au cours de l’étude que nous poursuivons sur les éléménts thermo-électriques la comparaison de plusieurs couples formés de métaux différents nous a donné un précieux contrôle de l’exactitude de nos mesures.
- (}) Comptes rendus, t. CXI, p. 602.
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- JôtiMÀL UWiVËRSÉL b’ÈLËCTRICÎTÈ
- Ce contrôle consiste en ce que les nombres ob- \ tenus vérifient très exactement la loi des métaux intermédiaires.
- Pour des températures déterminées des soudures, on a, entre les forces électromotrices des couples formés par trois métaux A, B, C, la relation
- E (AC) = E (AB) + E (BQ.
- Les expériences sont disposées comme nous l'avons indiqué dans une précédente Communication 0). Pour assurer la même température aux soudures chaudes, les fils des métaux étudiés sont soudés à l’une de leurs extrémités dans une même masse de cuivre rouge. Les autres extrémités, soudées à des fils de cuivre, sont maintenues dans des enceintes à glace isolées par des cales de paraffine.
- Les expériences ont porté sur des couples formés des métaux suivants :
- Fer, platine rhodié à 10 o/o. Cuivre, platine pur.
- Voici les résultats d’une expérience où la soudure multiple était placée dans la vapeur d’eau bouillante :
- “ ‘Forces électro-
- motrices
- Couples observées
- volt
- Fer-platine rhodié................... 0,0008945
- Platine rhodié-cuivre.................. 0,0001980
- Platine rhodié-platine................. 0,0007897
- De ces nombres on déduit pourlesforces électromotrices des couples fer-cuivre, fer-platine, cuivre platine les valeurs suivantes, en regard desquelles nous avons placé celles qui Ont été observées directement :
- Forces électromotrices
- Couples calculées observées
- yolt volt
- Fer-cuivre............ 0,0010925 0,0010926
- Fer-platine................ 0,0016842 0,0016842
- Cuivre-platine........ 0,0005917 0,0005917
- Ces contrôles, qui étaient nécessaires pour la suite de nos recherches, donnent en même temps le degré de précision des mesures (2).
- (’) Recherches de thermo-électricité (Comptes rendus, t. CXI, P. 477 ; 1890).
- (a) Travail fait au laboratoire de physique de l’Ecole normale supérieure.
- j Sur les actions calorifiques du courant électrique à. la séparation des métaux et des électrolytes, par J. GUI (‘).
- Introduction.
- Des mesures directes de la chaleur dégagée à la séparation d’un métal et d’un électrolyte ont été effectuées par Bouty (2) et par Jahn (3). Ces mesures diffèrent énormément quoiqu’elles ne soient relatives qu’aux combinaisons les plus simples. Elles divergent même au point de vue qualitatif; ainsi, pour le cadmium, dans une dissolution de sulfate de cadmium, Bouty trouve à l’anode un échauffement de 8,22 calories, tandis que Jahn obtient un refroidissement de 4,29 calories.
- Les mesures calorimétriques de Jahn prenaient un temps très long (une heure environ) afin d’obtenir des quantités de chaleur mesurables avec une précision suffisante, et pendant ce temps le développement de chaleur locale pouvait être troublé par des influences secondaires dont l’observation et la considération étaient entièrement négligées malgré leur importance démontrée dans le cours de ce travail.
- La méthode ingénieuse de Bouty, à l’aide d’un thermomètre sur lequel on dépose un précipité métallique servant d’électrode, comporte le calcul des variations locales, auxquelles elle est d’ailleurs peu soumise par suite de la faible durée (deux minutes environ) d’une expérience. 11 est seulement regrettable que les mesures de Bouty ne concernent que les combinaisons les plus simples, telles que celles du cuivre, du zinc ou du cadmium avec les dissolutions de sels de métal; de plus, par suite de la pression mécanique exercée par la couche métallique déposée, spécialement dans le cas d’une grande densité du courant, il se produit des influences perturbatrices : un refroidissement du liquide environnant la couche métallique contracte celle-ci et cette contraction fausse les indications du thermomètre.
- Dans tout ce qui suit, j’expose une nouvelle méthode pour mesurer la variation de température produite par le courant électrique à la séparation d’un métal et d’un liquide, cette méthode s’appliquant pour toutes les combinaisons et aux concentrations les plus diverses. Bien qu’il faille
- (*) J. Gill. IVied. Ann., t. XXXX, p. 115.
- (2) Bouty. Comptes rendus, t. LXXX1X, p. 146;
- (3) Jahn. IVied. Ann., t. XXXIV, p. 755.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ici renoncer à des mesures directes en calories, la méthode est la plus convenable pour obtenir dans tous leurs détails les variations de température observées toutes les 15 secondes. Je me sers à cet effet d’un instrument construit par moi et extrêmement sensible pour mesurer les températures.
- Méthode expérimentale.
- En produisant une variation de résistance dans un embranchement du pont de Wheatstone par un changement de température on peut à l’aide d’un galvanomètre sensible observer avec un grand degré d’exactitude la variation de l’intensité du courant dans la branche où se trouve le galvanomètre.
- Inversement on conçoit que si la variation du courant provient du changement de la résistance d’une seule branche du pont et que la seule cause de cette perturbation soit la température on puisse déduire la variation de la température de la variation du courant. Cette idée, due à Svanberg, resta longtemps sans être prise en considération, jusqu’à ces derniers temps où d’habiles physiciens en pro fitèrent avec avantage dans l’étude de la chaleur rayonnante.
- Le bolomètre de Langley montre bien que cet instrument est bien plus sensible que toutes les piles thermo-électriques. Les mesures que fit presqu’en même temps C. Baur et plus tard Masje conduisent au même résultat. Il y a peu de temps, à l'aide d’un treillis préparé avec une couche mince et très propre de tain, j’obtenais avec un galvanomètre peu sensible des déviations importantes pour des sources de chaleur très faibles ou pour des différences de température insignifiantes. J’imaginai alors pour mes expériences un instrument capable d’être plongé dans un liquide pour mesurer la variation de température en un point quelconque de ce liquide.
- 11 est évident qu’une seule branche du pont dé Wheatstone doit éprouver une variation de température et que toutes les autres branches ou fils de liaison doivent être soigneusement préservés. Pour atteindre ce but, on place les branches a et b (fig. 1) du pont sous une boîte en bois bien fermée.
- Le curseur mobile S peut être, par une disposition spéciale^ mu de l'extérieur afin de placer le galvanomètre au zéro sans que la chaleur de la main ni celle du corps puissent exercer une
- influence perturbatrice sur leS branches a et h. En même temps on élimine les perturbations que produiraient les variations simultanées de la température ambiante.
- Afin d’obtenir une prompte exécution des expériences, on remplace le fil mince A B choisi ordinairement en palladium, par un fil de laiton épais auquel est ajoutée en A et B une plus forte résistance, d’environ 1 unité Siemens, formée d’un fil épais de palladium, afin d’obtenir une plus grande résistance pour tout le fil A B. '>
- Les deux sortes de fil sont choisies par suite de leur faible variation de conductibilité sous l’influence des variations de température. La résistance dü fil AB correspond <J'un autre côté aux
- résistances des branches c et d et d’un autre côté à celle de la bobine du galvanomètre.
- Cette dernière est formée de 200 tours de fil ayant une résistance de 1,375 unité Siemens.
- Les deux branches c et d sont formées d’une paire de réseaux métalliques décrits plus loin en détail. La paire de réseaux c est placée à la partie supérieure d’un vase fermé et rempli de glaceafin de lui conserver une résistance constante. La paire de réseaux d sert à étudier les variations de température dans un électrolyte; les deux réseaux sont appliqués chacun contre pqne des faces de l’électrode pour se mettre promptement en égalité de température avec cette électrode.
- La construction d’un des réseaux se fait de la manière suivante : dans une plaque d’ivoire de 50 millimètres de long, 45 de large et 4 d’épaisseur, on découpe un morceau carré de 30 millimètres de côté et placé symétriquement au milieu de la plaque, de façon à laisser 4 bandes rectangulaires de 10 milllimètres et de 7,5 millimètres de large.
- Sur le bord éxtérieur des bandes de 10 millimètres de. large et en face du bord intérieur de
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- 30 millimètres sont creusées 20 dents de manière que leur distance soit de 1,5 millimètre. Sur ces bandes et entre les dents, est enroulé un fil de cuivre de 0,25 millimètre de diamètre entouré de fil de soie.
- Avec un peu d’habitude on arrive bien, en enroulant le fil autour des dents avec suffisamment de régularité, à obtenir sur le carré vide de la plaque un réseau de fils.parallèles. La plus grande difficulté est d’isoler les fils entre eux, afin de pouvoir les mettre dans un liquide sans établir des communications secondaires. A cet effet on peut se servir d’une dissolution de gutta-percha dans du chloroforme; cette dissolution ne doit pas être trop épaisse et doit être appliquée à l’aide d’un pinceau de poils raides en couche très mince sur le fil et sur toute la surface de la plaque.
- En répétant plusieurs fois l’application de la dissolution de gutta on obtient un isolement parfait permettant de placer le réseau soit dans une dissolution saline, soit même dans un acide.
- Deux réseaux ainsi formés sont ensuite soudés l’un à l’autre par un de leurs bouts, de façon que la paire de réseaux ainsi faite offre une résistance totale de 1,14 unité Siemens. Les autres bouts des réseaux sont soudés à des fils de cuivre courts et épais, ceux-ci étant réunis par des vis de pression avec les fils de conduction du pont de Wheatstone.
- Une telle paire de réseaux est fixée à une électrode par deux bandes de caoutchouc placées de façon à n’offrir aucun obstacle au passage du courant électrique. 11 est évident que pour mesurer la chaleur dégagée aux deux surfaces de l’électrode une paire de réseaux est bien préférable à seul réseau.
- Voici la disposition employée dans les expériences. Le courant du pont est engendré par un élément Daniell ; sa valeur et sa variation sont déterminées par un ampèremètre placé en dérivation (fig. 1); cette dérivation a l unité Siemens de résistance.
- Le courant électrolytique, variable suivant les expériences, est produit par 2 à 5 éléments Bunsen. Son intensité est mesurée par le même galvanomètre à miroir que celui intercalé dans le pont.
- Cette opération se fait à l’aide d’une troisième bobine-4e 3 000 unités Siemens de résistance et la disposition indiquée par la figure 2.
- Par le commutateur Q on peut conduire le courant par le galvanomètre à miroir ou seule-
- ment par l’électrolyte. La mesure au galvanomètre n’a lieu qu’au commencement et à la fin de chaque recherche. Pendant l’opération même le galvanomètre à miroir permet de mesurer la variation du courant du pont en disposant convenablement le commutateu) C (fig. 1). A l’aide des fils de mesure décrits il est facile de déplacer promptement le curseur pour l’amener à la position du zéro du galvanomètre. On peut donc déterminer l’intensité du courant produit par la variation de résistance de la branche d à l’aide d’une échelle observée à l’aide d’une lunette.
- Voici quelques recherches précisant la signification de ces lectures. Une paire de réseaux fixée de la manière décrite à une lame de platine qui servira plus tard d’électrode est placée dans le milieu d’un vase rempli d’eau. Un thermomètre
- divisé en dixièmes de degré permet de mesurer la température deU’eau; un autre thermomètre indique la température de l’air ambiant au voisinage du vase. L’eau est échauffée ou refroidie en versant dans le vase un peu d’eau chaude ou froide. Après avoir bien agité de façon à établir l’égalité de température de tout le liquide, du réseau et du thermomètre on note la variation de l'échelle et l’intensité du courant indiqué par.l’ampèremètre.
- I T, Ta d D
- 0,14 24,4 24,3 37 528
- 0,14 24,3 24,2 38 542
- o,i.5 23,« 23,6 77 513
- °>'§ 23,5 23,4 40 533
- 0,16 23,2 23, s 123 518
- O, l6 24,6 23,8 84 525
- 0,16 23,8 24,0 «5 533
- °ï '7 23,5 23,6 45 529
- Moyenne 527
- La première colonne donne l’intensité indiquée par l’ampèremètre ; Tj désigne la température
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- initiale et T2 la température finale; d indique la différence des parties de l’échelle au commencement et à la fin de l’expérience ; D désigne ce que deviendrait d si l'intensité 1 était 0,20 ampère et si T2 — Tx était égal à un degré centigrade. Pour obtenir les nombres de la dernière colonne on suppose que la différence observée des parties de l’échelle est proportionnelle à l’intensité du courant 1 ; ainsi d’après la première expérience, pour une différence de température de o, i° et pour une intensité de 0,14 ampère on observe une différence de 37 parties de l’échtlle, par conséquent pour I = 0,20 et pour — T2 =: 1, la différence D sera :
- L’intensité du courant de l’élément Daniell doit toujours être ramenée à une valeur fixe quelconque ; dans les expériences suivantes cette constante est prise arbitrairement égale à 0,20 ampère. Dans les expériences indiquées par le tableau-précédent, la température de la chambre n’a aucune influence, par suite de la faible durée de l’opération; il n’en est pas de même quand la paire de réseaux sert à mesurer la température dans un électrolyte.
- L’électrolyte est placé dans une auge en verre de 27 centimètres de longueur, 5 de largeur et 8 de hauteur. Exactement àu milieu de cette auge est fixée l’électrode à étudier avec sa paire de réseaux; à égale distance des deux faces de cette électrode sont fixées deux autres électrodes identiques entre elles et reliées extérieurement. Par cette disposition, on voit que toute Action calorifique, qu’elle provienne du courant ou de l’extérieur, agira uniformément sur l’électrode et par conséquent sur la paire de réseaux qui lui est ajoutée. Le vase est lui-même abrité dans une caisse en bois dont le couvercle laisse passer les deux therrhomètres et les fils de conduction. Le thermomètre qui indiqué la température de l’air à l’intérieur de la boîte se tient dans toute la hauteur de cette boîte; l’autre thermomètre est placé au milieu de deux électrodes. Avec ces thermomètres on peut suivre les variations de température produites dans l’électrolyte ou dans l’air extérieur par le rayonnement du vase.
- La variation de résistance d’une paire de réseaux placée dans un électrolyte traversé par un courant donne avec beaucoup de sensibilité la variation de
- température produite à l’une ou à l’autre des électrodes. r
- Nous désignerons plus loin la quantité de chaleur relative à la loi de Joule par le nom de chaleur du courant ou de conduction ; la quantité de chaleur produite à la surface de séparation d’un, métal et d’un électrolyte sera appelée chaleur de passage.
- L’électrode métallique étant un meilleur conducteur de la chaleur que le liquide électrolytique est le réservoir dans lequel les deux sources de chaleur s’écoulent principalement, pour se propager ensuite dans l’espace environnant, c’est-à-dire dans l’électrolyte et dans l’air.
- En disposant les communications de telle façon que l’anode soit l’électrode munie d’une paire de réseaux, on remarque une prompte et soudaine élévation de température dans les deux premières minutes, surtout dans les 15 à 30 premières secondes, l’élévation de température est ensuite de plus en plus faible, et enfin au bout de 10 minutes environ l’élévation de température définitive reste constante; en d’autres termes, la fermeture du courant provoque à l’anode, c’est-à-dire à la paire de réseaux avec laquelle elle est liée, un dégagement de chaleur soudain; en même temps il se fait un transport de cette chaleur dans tout l’espace environnant, de sorte que le premier accroissement de température doit diminuer jusqu’à ce qu’un état d’équilibre soit atteint, ce qui a lieu quand le gain de chaleur dû au courant est égal à la perte par rayonnement et conductibilité.
- Ferme-t-on maintenant le circuit de manière que la cathode soit formée de l’électrode où est; située la paire de réseaux, on obtient encore un prompt accroissement de température, mais cette accroissement reste en définitive plus petit que dans le cas précédent. ,
- Le gain de chaleur est donc plus petit à la cathode qu’à l’anode ; le tableau suivant indiqué , dans quelques expériences le rapport existant: entre ces deux gains. j
- Les observations du tableau ci-après sont Obtenues de la manière suivante. Après les recherches du premier tableau^ l’électrode de plaiine est ré-, couverte de cuivre galvanoplastique et fixée à une paire de réseaux. Le courant est alors, pendant 3 minutes, envoyé dans l’électrolyte dé manière que la plaque devienne l’anode. L’intensité i du courant traversant ,l’électrolyte est indiquée en: parties de l’échelle du galvanomètre du pont ; une
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- partie correspond à une intensité du courant dans l’électrolyte égale à 216.10-5 ampères. Les parties d’échelle des dernières colonnes sont calculées
- Parties de l'échelle
- Combinaison Réseau
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
- Cu I 320 anode 20 18 u? I 2 8 5 5 5 4 3
- Cu SO* I cathode s 12 9 5 4 3 3 3 2 2
- Zn u oc anode 25 24 24 23 22 22 20 18 16 »5 1 1
- Zn SO* cathode 20 18 18 13 13 t; 13 12 I I
- Cd 305 anode 20 20 !9 18 16 16 13 12 IO 10
- Cd SO* - cathode |6 13 '4 13 13 1 1 IO 8 8 8
- 392 anode 8 8 7 6 6 3 4 4 4 3
- Ag kz O3...1 cathode I I 10 IO 9 8 8 7 6 6 6
- d’après l’unité choisie pour l’intensité du courant dans le pont (0,20 ampère).
- Pendant les 3 minutes on observe l’échelle toutes les 15 secondes et on note l’indication. Au bout de 10 minutes environ, comme on ne remarque plus de variation de résistance de la paire du réseau, on interrompt le courant, puis on le dirige dans un sens opposé de manière à ce que la lame de platine soit maintenant la cathode. L’échelle est alors observée comme ci-dessus toutes les 15 secondes. Les nombres successifs 1,2... 10 placés en tête des dernières colonnes indiquent combien il s’est écoulé de fois 15 secondes depuis le commencement de l’observation. Pour les autres combinaisons on procède de la même façon ; toutefois dans la dernière on se sert non pas de platine recouvert par la galvanoplastie, mais d’une lame d’argent chimiquement pur de 0,4 millimètres d’épaisseur.
- Comme le but de ce travail est de reconnaître la quantité de chaleur dégagée à ia surface de de séparation d’un métal et d'un liquide, il est évident que l’on doit observer l’action immédiatement et non l’action ultérieure, c’est-à:dire la première élévation de température, parce qu’en-suite a lieu une perte importante de chaleur. C’est pour cette raison qu’en général l’expérience est conduite de telle sorte que le courant étant envoyé pendant 10 minutes dans l’électrolyte dans des directions variant toutes les minutes, l’électrode où se trouve la paire de réseaux devienne alternativement pendant une minute chaque fois l’anode ou la cathode. Dans chaque minute il y a toujours 4 observations effectuées après des intervalles de 15 secondes,
- Dans toutes les recherches suivantes on se sert, à moins d’indication spéciale, d’une même électrode de platine. Cette lame pèse 4,05 grammes ; elle est d’abord recouverte du métal que l’on veut étudier, de manière que le dépôt ne dépasse jamais 4 0/0 du platine. Cette mesure à lieu pour que l’appareil ait toujours la même construction afin de permettre de calculer les quantités relatives de chaleur à l’aide des élévations de température.
- Résultats généraux.
- A l’exception d’un seul cas expliqué ultérieurement, celui de l’argent en contact avec du nitrate d’argent, il se produit toujours un échauf-fement à l’anode par la fermeture du courant. Il y a de même à la cathode toujours un échauffe-ment, mais il est plus petit qu’à l’autre électrode.
- Dans la disposition de recherche indiquée précédemment, où après chaque minute le courant change de direction de telle façon que la paire de réseaux se trouve alternativement et de minute en minute à l’anode ou à la cathode, on constate par l’observation de l’échelle qu’à l’exception de l’argent dans la dissolution de son azotate la paire de réseaux éprouve Un échauffement à l’anode et un refroidissement à ïâ cathode.
- En exprimant réchauffement comme le refrofc disserrient par les parties d’échelle observées et portant ces parties côrrirhë ordonnées sur un âkê où les abscisses sont des temps on obtient unë représentation graphique de la variation de température, Une augmentation de l’ordonnée, ou, ce qui revient au même, une ascfension dè la coufbë indique une augmentation de température, tandi§ qu’une courbe descendante est l’indice d^H abaissement de température.
- En faisant varier soit l’intensité du cou rà rit d’électrolyse, soit la concentration de la dissolution, les recherches portèrent Stif le cadmium; ïê zinc, le cuivre et le nickel dans la dissolution des sulfates correspondants, sur lé platine dâhs unë dissolution étendue d’acide sülfuriqUe Ou azotitjtië et dans des dissolutions de sulfate de potasse, de bromure et d’iodure de potassiurii, et enfin dé chlorure de sodium sur l’argent dans une solution d’azotate d’argent. Pour se rendre compte dé la marche de réchauffement et dü réfroîdissëméiîi et afin de comparer entre elles lés fécfiëfcHës effectuées sur les différentes combinaîâOhs elles
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- sont réunies en tableaux et représentées par des courbes. Le tableau suivant contient quelques-unes de ces valeurs. L’intensité de courant i est donnée comme dans le tableau précédent en parties de l’échelle du galvanomètre. Les therin >-mètres I et II donnent la température de l’air a n-biant et celle de l’électrolyte au commencem :t et à la fin de chaque expérience, dont la durée :st de 10 minutes.
- Les % observés donnent les valeurs des ordonnées à la fin de la dixième minute. Cette grandeur % ne paraît suivre aucune loi dans la comparaison superficielle des courbes entre elles, car dans la combinaison du cadmium et de la dissolution du sulfate de cadmium ou dans celle du cuivre et de la dissolution de sulfate de cuivre, la valeur de ç devient en apparence arbitrairement positive ou négative; cependant si l’on a égard pour chaque recherche à la variation du thermomètre II on voit que ^ est dans une complète dépendance avec la variation de température qui se produit au sein de l'électrolyte. En remarquant que le thermomètre II établi au milieu entre deux électrodes
- Combinaison i Therm. I Therm. II l obs ? cale.
- Cd 264 23 -23 23,1—23,4 160 80 - 85 57
- 1 Cd SO4 : 5 0/2 147 78 23,3—23,' 24,1-23,8 23,3 23,4 23,7—23,5 52 — I0->
- 295 22 —22,3 23,2—23,5 1 l8 '57
- 2 Cu S04 : 5 0/0 235 IOO 22,3—22,2 22, 1—22 23,5—23,5 23,4-23,3 — 20 — 65 0 — 52
- Pt 341 3.8 24, 1—24,2 24 —2<j,l 26 —25,7 — 160 — '57 - >05
- 3 H SO4 : 5 0/0. 25,'—24^9 — 90
- Ni 268 21,6—2., 7 20,1—20,6 205 10 262
- 4 Ni SO4 : 100/0 '37 2oj 9—20; 9 20.8—20,9 52
- Ni '5' 94 22,4*—22,4 22,2—22,5 130 55 '57 52
- 5 Ni SO4 : 2 0/0 22,5—22', 4 21 ,9—22
- Pt 305 22,5—22,6 22,3—22,6 205 '57
- K SO4 : 5 0/0. .78 22,6—22,6 22 —22,1 34 52
- Pt 3°5 180 20,7—20,8 21 —21,3 142 — 25 *57 0
- 7 Kl : 50/0.... 20^8—20 J 8 21,4-21,4
- 4 30 120 [9,8—20, 2 20,3—20,8 25° 60
- 8 AgAz O3 :2 0/0 19,'5—19,'6 20 ^—20,' I 52
- donne la variation de température que l’électrolyte éprouve du commencement à la fin de l’expérience à l’endroit où se tient lo thermomètre et que les réseaux prennent part, comme étant bons conducteurs, à cette variation de température, il est évident qu’en dehors des va4’iations locales aux-
- quelles sont soumis les réseaux par la variation du courant, les variations de température de l’électrolyte sont fournies par la paire de réseaux.
- L’augmentation ou la diminution de température du thermomètre II peut donc être calculée à l'aide de la paire de réseaux. Dans cette direction et en se rappelant que 527 parties de l’échelle correspondent à i° centigrade on a pu calculer ainsi les valeurs de ^ citées dans la dernière colonne; on peut remarquer la concordance existant entre les va'eurs de
- En comparant les variations de température de l’électrolyte avec les variations de température des réseaux on voit que l’ordonnée extrême de toutes les courbes est identiquement nulle, ou, en d’autres termes, si l'on dirige un courant dans deux sens différents, les alternances étant d’égale durée, on trouve que la quantité de chaleur dégagée à l’une des électrodes est identiquement nulle ou que réchauffement à l’anode est de même grandeur que le refroidissement à la cathode.
- Un autre point de grande importance est celui de la considération de la marche du phénomène pendant l’élévation de température à l’anode dans une minute et pendant la diminution dans la minute suivante.
- Pour chacune des combinaisons du cadmium et de son sulfate ou du nickel et de son sulfate on trouve une grande concordance entre l’ascension de la première branche (anode) et la descente de la seconde branche (cathode); mais, à part cette ressemblance entre les deux courbes, les premières branches diffèrent totalement entre elles, ainsi que les secondes. Dans 1, la marche de réchauffement comme celle du refroidissement est presque rectiligne, tandis que dans 4, pendant les 15 premières secondes de la minute d’échauffement, celui-ci est beaucoup plus grand que dans le reste de la minute.
- Si dans cette combinaison 4 on change le sens du courant, il se produit bien en définitive un refroidissement; pourtant on remarque dès le commencement une rapide élévation de température, puis une diminution très prompte, qui se ralentit ensuite peu à peu. On ne peut donc pas dire pour 4 comme pour 1 que le dégagement de chaleur est indépendant du temps. La différence avec 1 et la dépendance du dégagement de chaleur et du temps sont encore bien plus fortes pour la combinaison 7.
- On peut donc distinguer plusieurs types de
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- courbes; nous les ramènerons au nombre de quatre.
- Premier type. — Dans ce groupe nous trouvons le cadmium en contact avec la dissolution de son sulfate et le zinc avec son sulfate. Dans ce groupe
- Fig. 3
- les deux actions, aussi bien réchauffement que le refroidissement, sont constantes et indépendantes du temps.
- La marche du phénomène pendant 4 minutes peut se représenter par la figure 3. La branche ascendante (A : anode) montre la régularité de réchauffement tandis que la branche descendante prouve la régularité du refroidissement. L’ordonnée extrême a est une mesure de réchauffement produit à l’anode au bout d’une minute. Les développements de chaleur locale se détruisent et sont d’après les précédents tableaux proportionnels à l’intensité du courant ; la concentration n’a aucune influence sur le phénomène.
- 2e type. — L’échauffement comme le refroidissement ne sont plus alors indépendants du temps (fig. 4). Dans ces deux actions la marche du phénomène est beaucoup plus rapide en com • mençant une minute qu’en la finissant; en dernier lieu elle tend même vers une valeur nulle. Si p désigne la grandeur de l’élévation de température après 15 secondes, on a pour ce groupe
- Fig. 4
- P > -. A ce type appartiennent les combinaisons 4
- du cuivre dans la dissolution de son sulfate et du platine dans l’acide sulfurique étendu.
- 3e type. — A l’anode le phénomène se comporte comme dans le 20 type. Cependant dès la fermeture du courant l’échauffement est beaucoup plus
- intense (fig. 5); le rapport est encore plus grand
- que dans le cas précédent. Dès la fin de la première minute le dégagement de chaleur est égal ou dans quelques cas plus petit que la perte de chaleur.
- C’est surtout pendant la seconde minute que le phénomène est curieux ; il se produit immédiate-
- Fig. 5
- ment après un changement de direction du courant une prompte élévation de température dont la grandeur et la durée varient avec l’intensité du courant employé.
- Après ce court instant, la température diminue encore plus rapidement que dans le cas précédent. Ces phénomènes furent observés pour les combinaisons du nickel avec son sulfate et du platine avec l’un des sels suivants : chlorure de sodium, sulfate de potasse, bromure de potassium ou avec de l’acide nitrique étendu.
- 4e type. — La marche de l’élévation de température à l’anode est assez régulière et a beaucoup d’analogie avec celle qui a lieu pour le 2e type. Mais, comme on le voit sur la figure 6, après le changement de la direction du courant, lorsque l’électrode où se trouvent les réseaux est devenue la cathode, il se produit d’abord une courte diminution de température, puis une rapide élévation également de courte durée, à laquelle fait suite l’abaissement final de tenipérature. Les durées et les grandeurs des deux premières variations de
- Fig. s
- température (S et y) sont entièrement déterminées pour une intensité de courant donnée.
- En général la branche correspondant à l’anode est beaucoup plus régulière que celle qui correspond à la cathode. Les grandeurs des ordonnées a, p, y et 8 paraissent caractériser chaque fois le phénomène. L’ordonnée la plus importante est évidemment a, qui donne l’élévation de température à l’anode ou la diminution à la cathode pendant toute la durée d'une minute.
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- 292
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Résultats particuliers.
- Il faut montrer comment l’on peut déterminer a, p, y et S à l’aide des valeurs observées des parties d’échelle.
- Désignons par la partie d’échelle observée au
- commencement, et par a2, a3, at.... les valeurs
- observées après les 4e, 6e, 8e minutes et par bu b2,
- b3..... les parties d’échelle observées à la fin des
- :re, 2e, 3e.... . minutes (anode); on voit facilement
- Fig. 7
- CL-g
- sur la figure 7 correspondant au premier type que l’on a :
- * Cl 1 + <72
- ai = b\----------
- 2
- , et $ ci 3
- «2 .= 02---------
- 1 v
- a = —2- a„ 11
- Si en outfë x désigne Une fraction de deux
- Fig. 8
- Cl h -I- Cfn .1. 1
- ! „ ! fa \ -f ctn I- 1 , . . . \
- sss — 0 — — (-----------------------Ct± #3+ • • • *4' ctn )
- n n \ 2 /
- minutes, on a d’après la figure 8, qui correspond au 2e type :
- Pi -- Ci — a\ — (a2 — ai) x P2 = Câ — a2.— ((73 — ai) x
- p„ = C„ — a„ — (an + 1 — au) x
- P = — 2 p„ = — S C„ — — S a„ — ~(a«. i- 1 — a ' n r n n n ‘
- §i rien n’est indiqué, comme B signifie la valeur de l’ordonnée, après 15 secondes on a x — 1/8.
- Enfin on a y = 0+6, où s désigne la partie a d’échelle de laquelle croît encore a dès le changement de direction du courant ; de même § = «— -p, où 4 désigne ia différence des parties
- de l’échelle avant et après la soudaine diminution de température.
- Cadmium dam la dissolution de son sulfate.
- Concentration i a a/l Moyenne
- ( 342 90 0,251
- 10 0/0 < 227 69 0,250 0,250
- ( 137 34 0,249
- j 264 59 0,243 0,228
- 5 147 34 0,231
- 78 18 0,231
- / 212 58 , 0,220
- 2 1/2 j 106 23 0*215 0,218
- ( 56 12 0,217
- La grandeur «qui mesure l’élévation de température observée à l’anode est proportionnelle à la quantité de chaleur dégagée. La dernière colonne, qui est la moyenne de^, montre conformément à la théorie que le dégagement de chaleur locale est proportionnel à l’intensité du courant. Plus la concentratien est faible, plus la chaleur dégagée est faible, comme on le voit encore par la dernière colonne.
- Dans le tableau indiquant les recherches effectuées sur le cuivre en contact avec la dissolution de son sulfate on voit encore que les dégagements de chaleur locale sont proportionnels à l’intensité du courant et diminuent avec la concentration.
- Cuivre dans la dissolution de son sulfate.
- Concentration i a/i P/l' 4 P/*'
- 1 328 0,198 0,067 0,268
- 10 0/0 >. 24s 0,191 o*o(56 0,261
- ( 82 0,194 6,061 0,244
- \ 295 0,179 6,059 0,230
- 5 225 0*182 9,060 0,240
- t 100 0,180 0,058 0,232
- , . ( 283 0,147 0,046 0,182
- 2 1/2 j 159 0,157 0,044 0,176
- ( 65 0,153 0,046 0,144
- T
- La dernière colonne donne la valeur de ce que serait l’élévation de température si elle avait été régulière de o à p et à ia fin de la minute. La diffé-i p a ...
- rence entre 4 j et est encore plu? importante
- pour le platine en contact avec l’acide sulfurique étendu que pour la précédente combinaison:
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITE
- Les tableaux relatifs aux combinaisons du 3e type montrent que y, c’est-à-dire le prompt dégagement de chaleur après le changement de la direction du courant (cathode), dépend de l’intensité du courant et croît dans le même sens, à l’exception des combinaisons du platine avec le sulfate de potasse ou le bromure de potassium où les deux variations se font en sens opposé. Dans la combinaison du platiné avec la dissolution de sel marin on obtient de remarquables dégagements et absorptions de la chaleur.
- Pour l’argent en contaét avec la dissolution de son nitrate on constate un refroidissement à l’anode et un échauffement à la cathode; il n’est cependant pas nécessaire de créer dans ce cas un type spécial, car réchauffement comme le refroidissement donnent des courbes presque rectilignes, de sorte que la courbe rentre dans le Ier type.
- Conclusions.
- La quantité de chaleur dégagée à l’anode est égale à la chaleur absorbée à la cathode, en sorte que dans un électrolyte la chaleur de transport ne produit que des variations locales de température se détruisant au sein même de l’électrolyte.
- En comparant entre elles les valeurs de ? obtenues pour chaque combinaison, on voit que l’élévation de température, c’est-à-dire la quantité de chaleur dégagée, est proportionnelle à l’intensité du courant. De plus, le dégagement de chaleur est en général d’autant plus faible que la concentration est plus faible.
- L’ébullitiort préliminaire de l’eau de la dissolution a une action différente suivant les cas; elle produit un plus grand dégagement de chaleur pour le sel marin, l’acide azotique faible, le bromure de patassium et l’iodure de potassium et au contraire un moindre dégagement pour le sulfate de potasse et l’acide sulfurique étendu.
- La marche inverse, quoique régulière, du phénomène pour l’argent en contact avec la dissolution de son nitrate trouve son application dans ce fait découvert par Bouty que le courant thermo-électrique- produit dans ce cas a une direction opposée à celui produit par les autres métaux en contact avec la dissolution d’un de leurs sels.
- Développement magnéto-optique d’électricité par Samuel Sheldon (')
- En expérimentant les effets du courant alternatif sur la direction du plan de polarisation de la lumière, on a obtenu des résultats de nature à faire essayer de renverser les conditions de l’expérience de Faraday. Bien que les essais soient encore incomplets, le peu qui a déjà éié réalisé semble mériter publication.
- On sait que lorsqu’un tube iempli de sulfure de carbone est traversé par un rayon de lumière polarisé et dirigé suivant les lignes de forces d’un électro-aimant, le passage du courant dans l’élec-tro-aimant fait tourner le plan de polarisation de la lumière émergente. Le sens de la rotation coïncide avec celui du courant et sa valeur dépend de l’intensité du courant. En renversant le sens du courant, le plan de polarisation tourne d’une égale quantité en sens opposé ; un courant alternatif produirait ainsi un rapide va et vient du plan de polarisation de la lumière.
- Dans ces conditions, puisqu’une différence de potentiel produit une pareille rotation du plan de de polarisation, pourquoi une rotation rapide du plan de polarisation de la lumière ne produirait-elle pas inversement une différence de potentiel aux bornes de l’enroulement? Une rotation continue du plan de polarisation produirait un courant continu d’électricité et une oscillation du plan un courant alternatif. Les expériënces réalisées justifient cette dernière supposition.
- L’enroulement employé entourait un tube de laiton mince fermé à ses extrémités par des glaces parallèles et rempli de sulfure de carbone. La longueur du tube était de 17,6 centimètres et son diamètre de 2^3 centimètres. L’enroulement en fil de cuivte de 0,85 millimètre de diamètre, couvert de soie deux fois, avait une longueur de 15 centimètres et un diamètre extérieur de 4,5 centimètres; sa résistance était de 7,21 ohms.
- On à commencé par faire une mesure quantitative de l’effet de Faraday de la façon suivante :
- L.a lumière d’une lampe à incandescence, après avoir traversé un large nicol polariseur, puis le sulfure de carbone dans le tube intérieur à l’enroü-lement, était reçue à l’émergence par un nicol analyseur réglé pour l’extinction. En faisanfpasser un courant électrique d’intensité connue, il fallait ré-
- • (*) American Journal of Science andPhiloso-phical Magazine'.
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- gler de nouveau et faire tourner le nicol analyseur pour conserver l’extinction. (Dans la limite des essais, la rotation était proportionnelle à l’intensité du courant. D’après la moyenne des mesures on a observé qu’un courant de i ampère exigeait une rotation de 78 minutes de l’analyseur. Il faudrait ainsi 278 ampères pour faire tourner le plan de polarisation de la lumière de 360° si la proportionnalité entre l’intensité et la rotation se maintenait.
- Si nous observons maintenant qu'un rayon de lumière polarisé rectiligne se compose de deux rayons opposés polarisés circulaires, une molécule d'éther dans le sulfure de carbone décrit alors une oscillation périodique simple dans un plan.
- Le mouvement en ligne droite e?t la résultante de deux rotations opposées de même période et de tpême amplitude.
- Quand on crée ensuite un champ magnétique, la particule subit un déplacement électrique circulaire instantané qui se traduit par un retard de l’une des composantes du mouvement et par une avance de l’autre. La direction d'oscillation éprouve en somme une rotation et prend une nouvelle position. Le déplacement doit être instantané, car s’il était continu, la direction d’oscillation continuerait de tourner et l’analyseur ne pourrait être ramené à l’extinction.
- Si, au lieu de laisser le champ magnétique produire ce déplacement circulaire, on superpose une troisième composante aux deux rotations existantes, on pourra développer un champ magnétique et une force électromotrice pourra être induite dans l’enroulement entourant le champ. On pourrait obtenir un tel résultat en faisant tourner le nicol polariseur. 11 faudrait que la vitesse de rotation fût très grande; et, s’il faut 278 ampères (une force électromotrice agissante de 2 000 volts) pour faire tourner le plan de polarisation de 360°, il faudrait pour produire la force électromotrice correspondante que le polariseur put tourner avec une rapidité du même ordre de grandeur que les vibrations de la lumière.
- Mais on ne peut guère faire tourner un nicol à plus de 200 tours par seconde. Au delà de cette vitesse, la force centrifuge, en raison de la tension produite, altérerait le fonctionnement du polariseur. La vitesse de 200 tours par seconde avec l'appareil employé pouvait développer une force électromotrice de peut-être 0,000000001 volt, ne produisant qu'un courant trop faible pour qu'au-
- cun galvanomètre de mon laboratoire le pût manifester. C’est pourquoi on a fait'usage, à la place, de la sensibilité extrême du téléphone et de l’oscillation du plan de polarisation de la lumière plutôt que de la rotation.
- L’appareil était disposé de la façon suivante :
- La lumière d’une lampe à arc, après avoir traversé un fort nicol, était réfléchie sous un angle très obtus par un petit miroir mobile et passait ensuite au travers du sulfurede carbone et de l’en-roulemant sus-indiqué.
- Les extrémités de l’enroulement aboutissaient trois étages plus bas, dans une autre partie du bâtiment, à un téléphone et à un commutateur.
- Le miroir (10x30 millimètres) était fixé à une pièce de laiton mobile autour d’un arc sensiblement parallèle au rayon lumineux; cette pièce était reliée par un excentrique et un engrenage à la transmission principale de l’atelier. Le dispositif était tel que le miroir oscillait d’environ 450 environ 300 fois par seconde. Le plan de polarisation variait aussi d’environ le double, ou de 90° dans le même temps. Quand le miroir oscillait dans l’atelier, l’oreille placée au téléphone r l’autre bout du circuit distinguait parfaitement un son qui pourtant était à l’octave au dessus du mouvement du miroir. En rompant le circuit on cessait d’entendre le son, en le rétablissant il redevenait perceptible.
- A la vitesse de 200 tours par seconde le son n’était pas aussi aisément distingué ; mais en fermant le circuit on entendait ce bruit particulier de friture si commun sur les circuits téléphoniques.
- Au cours des expériences le miroir se brisait fréquemment par la rapidité de la vibration; mon préparateur, M. Baker, réussissait à le remplacer rapidement, ce dont je le remercie,ainsique deson concours pour la construction et l’arrangement de l’appareil.
- Après la publication ci-dessus de M. Sheldon, l’Electrician de Londres a inséré (*) une lettre de M. G. M. Minchin, du collège Cooper’s Hill, qui déclare avoir jadis essayé vainement de parvenir au résultat annoncé par M. Sheldon. Le but que M. Minchin avait poursuivi — sur une plus petite échelle, il est vrai que M. Sheldon — et sans l’atteindre, paraissait illusoire à plusieurs de ses amis scientifiques.
- (') Le 10 octobre dernier.
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- VARIÉTÉS
- LE PLATINE
- DANS L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE
- Depuis un an le cours du platine s’est élevé progressivement; à la fin de 1889 le prix du métal fondu et laminé ne dépassait pas 1000 à 1100 francs par kilog,; aujourd’hui ce prix atteint 2 750 francs et tend encore à monter. 11 n’y a pas deux ans le platine avait pu être vendu 900 francs le kilog. ; son prix aurait donc plus que triplé depuis cette époque.
- Cet évènement commercial de hausse d’un métal aussi précieux que le platine par l’ensemble de ses propriétés intéresse vivement un certain nombre d’industries électriques sur lesquelles .nous voulons attirer l’attention ; aussi nous proposons-nous d’examiner les causes de cette hausse du platine.
- L’élévation de prix pouvait s’expliquer par une diminution dans la production; en effet les mines de platine pouvaient s’appauvrir. Or il paraît qu’il n’en est rien; les pays d’extraction ont constamment fourni à la métallurgie du platine, très sensiblement la même quantité chaque année et jusqu’ici suffisante pour satisfaire les besoins de l’industrie.
- La quantité de métal fabriqué annuellement ne dépasse pas 280033000 kilog., provenant pour les trois quarts du minerai de l’Oural. Les mines de Nischne-Tagilsk, sur le versant oriental des monts Ourals, exploitées depuis 1823, sont encore le plus grand centre de l’exploitation du platine en Europe.
- On exploite ailleurs, en Colombie (Choco), en Australie, au Pérou, au Canada, etc., des gisements moins importants jusqu’à présent que ceux de l’Oural.
- Une production annuelle aussi restreinte suffisait cependant aux emplois industriels du platine, limités comme on sait à un petit nombre d’applications.
- La première de celles-ci est la construction des
- alambics en platine destinés à la concentration de l’acide sulfurique. Le poids de ces alambics, atteignait quelquefois 50 à 75 kilogs représentant une somme d’argent importante. Dans ces dernières années, on était parvenu à réaliser la concentration de l’acide sulfurique dans des appareils ou le platine entrait pour un poids moindre et ces perfectionnements avaient amené une baisse momentanée sur le prix du métal.
- La petite industrie chimique, les laboratoires demandent au platine les vases, capsules, creusets ou cornues nécessaires aux manipulations et aux analyses.
- L’orfèvrerie et la bijouterie emploient aussi le platine pur ou allié; les dentistes font usage d’un alliage de platine et d’une petite quantité de cuivre pour le montage des dents.
- Le platine entre encore dans la construction de quelques instruments de physique. Il a servi à fabriquer les étalons de mesures de poids et de longueur établis avec rigueur par la commission internationale des poids et mesures. On a pu fondre par cet usage en 1874 au conservatoire des arts et métiers, en une seule fois un lingot de 300 kilogs de platine allié à 10 0/0 d’iridium; l’iridium étant encore plus inaltérable et moins fusible que le platine.
- A ces applications sont venues s’en ajouter d’autres. On a employé le platine dès l’origine à la fabrication des lampes à incandescence. Ce sont, comme on le sait, des fils de platine, soudés dans l'ampoule de verre de la lampe, qui servent de support aux filaments de charbon. Le platine est précieux dans cet emploi, non seulement à cause de son inaltérabilité et de sa fusibilité à température élevée, mais encore parce qu’il est le seul métal qui se soude facilement au verre, et dont les dilatations par la chaleur sont assez semblables à celles du verre pour n’avoir pas à craindre de rupture par ce fait. Les fils de platine qui supportent le charbon incandescent, traversent le verre auquel ils sont soudés et viennent se relier aux conducteurs métalliques extérieurs.
- Or la fabrication des lampes à incandescence a pris un grand développement. D’importantes usines ont été créées et produisent un nombre de lampes d’autant plus considérable qu’on sait qu’au bout d’un certain nombre d’heures de service, les lampes perdent de leur pouvoir éclairant et doivent être remplacées.
- On pourra se faire une idée de ce qu’il a fallu de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fils de platine pour confectionner les lampes è incandescence, quand on saura par exemple qu’en avril dernier aux Etats-Unis, il y avait 3000000 de lampes environ en service courant; en Angleterre on en comptait 300 000, dans les autres paysd’Eu-rope des nombres analogues sans doute. On voit que le platine engagé dans cette nouvelle industrie de l'éclairage doit être représenté par un poids reepectable et que cette seule fabrication doit être la cause de la hausse du platine sur laquelle nous attirons l’attention. 11 est vrai que la spéculation a pu profiter des demandes nombreuses pour exagérer le prix du métal précieux.
- Quoiqu’il en soit, le prix de fabrication des lampes se trouve atteint par cette hausse; aussi propose-t-on depuis quelque temps des dispositions permettant de se passer de platine. On a essayé certains métaux pour le remplacer; on avait parlé d’un alliage de fer et de nickel qu’on saurait souder directement au verre.
- D’autres industries ont besoin de platine, en particulier les industries électro-chimiques. En électrolyse, en effet, à moins de faire des dépôts métalliques, les électrodes doivent être inattaquables. Les anodes surtout devront être en métal inoxydable. Le platine ou l'or sont tout indiqués; le platine, moins cher, a été jusqu’ici préféré.
- Le platine présente même un avantage sur l’or: c’est que si l’électrolyte donne du chlore parmi les produits de sa décomposition, le platine n’est pas attaqué, pourvu que la solution ne s’échauffe pas sensiblement.
- Parmi les industries électro-chimiques qui emploient le platine comme électrodes, nous citerons le blanchiment électrolytique, qui est en train de s’introduire dans l'industrie. Les anodes des élec-trolyseurs destinés à la préparation du liquide décolorant sont constituées par une résille de fils de platine.
- La fabrication du chlorate de potasse par électrolyse a eu recours au platine pour construire ses électrodes. 11 en est de même dans la fabrication de l’hydrosulfite de soude par électrolyse, hydrosulfite qui sert au blanchiment de la laine et qui* paraît-il, donnerait des premiers résultats intéressants et pleins d’avenir.
- Si l’industrie électro-chimique doit réussir, il faudra ou trouver de nouvelles mines de platine pour arriverà lui fournir son matériel, ou chercher un corps capable de remplacer le platine.
- Des recherches de nouveaux gisements sont
- faites dans divers pays. On a signalé dernièrement la découverte des mines de Las Yedras dans l’état de Sinaloa au Mexique. Quant aux essais faits pour découvrir un corps conducteur inaltérable qu’on pouvait substituer au platine, ils n’ont pas manqué.
- La plupart du temps c’est par le charbon de cornue ou des agglomérés de charbon qu’on a voulu remplacer le platine. Le charbon est le seul corps qui puisse être employé dans les électrolyses en fusion ignée quand il se produit du chlore ou des halogènes, 11 ne s’altère pas sensiblement dans un sel fondu. Au contraire dans des électrolyses en sels dissous le charbon se désagrège ; on n’eçt pas encore parvenu à faire des électrodes de charbon non poreux. Les efforts pour arriver à la réalisation d’électrodes en charbon d’une certaine durée ont été jusqu’ici infructueux.
- On a bien songé à se servir de métaux communs recouverts de platine. Le platinage galvanique donne un bon dépôt auquel on peut donner telle épaisseur que l’on veut ; malheureusement des lames ainsi platinées ne peuvent convenir comme électrodes: le platine se détache rapidement.; le métal déposé par la pile doit être suffisamment poreux pour que le liquide du bain électrolytique attaque le métal sous-jacent, qui est du cuivre dans les essais auxquels nous faisons allusion. Au lieu de platiner des métaux, on a essayé de pla-tiner du verre où de la porcelaine; les électrodes ainsi faites n’ont pas donné de meilleurs résultats que les précédentes.
- Seul le platine plaqué paraît, d’après nos renseignements personnels, se comporter comme le platine pur dans les électrolyses, mais la fabrication du plaqué de platine est difficile et n’est pas résolue industriellement.
- On a aussi préconisé des anodes inattaquables faites de lames de cuivre recouvertes d’un dépôt très adhérent de peroxyde de plomb obtenu par l’électroiyse d’une solution delitharge dans la potasse; les lames à recouvrir étant placées au pôle positif. Ces anodes ont été essayées dans un élec-trolyseur de solution de chlorures destiné au blanchiment. Jusqu’ici cependant, dans les industries électriques comme dans la fabrication des lampes à incandescence, le platine n’a pas été pratiquement remplacé.
- A. Rigaut.
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- FAITS DIVERS
- M. Sylvanus Thompson ne veut point en démordre. Il continue à attribuer à M. Sturgeon l’invention de l’électro-ai-mant, mais il ajoute, un peu plus bas, quelques mots qui indiquent qu’il ne s’occupe que de l'invention de l’électroaimant en fer à cheval. L’invention de l’électro-aimant droit ne le préoccupe que médiocrement !
- Si l’aimant en fer à cheval n’avait point existé déjà, c’eût été une invention que de courber la tige polaire de l’électroaimant et de placer les deux centres d’action dans le voisinage l’un de l’autre. Mais comme l’aimant en fer à cheval existait bien avant la merveilleuse découverte d’Ampère et d’Arago, une-fois l’électro-aimant droit créé par un acte génial, l’idée de M. Sturgeon était presque aussi naturelle que celle du fil à couper le beurre. On pourrait citer à propos de la réclamation de priorité du professeur Sylvanus Thompson en faveur de son client le titre de la fameuse comédie de Shakespeare, Mucb ado about notbing.
- Les succès obtenus sur la scène parisienne avec le flambeau A’Ascanio ont attiré l’attention des Américains, qui ont cherché à faire mieux. Oh a organisé à New-York une sorte de parade de chanteurs teints avec du jus de réglisse, qui portent chacun un flambleau et se livrent à toutes sortes d’évolutions bizarres. Mais au lieu de mettre à chacun dans sa poche son générateur à lumière, on tire l’énergie de dynamos fixes. Les communications sont données par des morceaux de cuivre incrustés dans le plancher de la scène, et le courant pénètre dans le flambeau que porte chaque figurant par ses bottes. Nous ne pouvons apprécier à distance si le jeu vaut la chandelle électrique.
- Le Casino de Paris offre aux spectateurs la vue d’un feu d’artifice électrique obtenu de la façon suivante. Un panneau supporte des lampes à incandescence de différentes couleurs et distribuées suivant les effets à obtenir. A l’aide d’un commutateur à clavier on lance le courant dans certaines séries dont l’alignement et la coloration rappellent, mais de bien loin, le phénomène de l’éclair.
- Le conseil de la Société des ingénieurs civils de Londres a donné un excellent exemple, qui pourrait être fructueusement suivi par les institutions analogues. Il a publié une liste des sujets sur lesquels on 'entendrait avec plaisir les électriciens.
- M. Leipsius a eu l’heureuse idée de construire une sorte d’eudiomètre dans lequel il fait agir non pas l’étincelle voltaïque, mais l’arc obtenu par le passage d’un courant passant entre des électrodes de charbon. On a fait ainsi un
- grand nombre d’expériences sur de; substances gazeuses Les réactions se manifestent par des colorations dans l'intérieur du tube dç verre et par des changements de volume. On constate ces derniers par des déplacements de h colonne mercurielle. Les applications de cet appareil intéressant sont trop nombreuses pour que nous puissions les résumer ici.
- Dans son numéro du 19 octobre, 1 ’Elettricita donne sur l’organisation du chemin de fer de Flortnce-Ficsole des détails qui montrent bien qu’on ne doit pas attribuer à un vice de construction la catastrophe que nous avons enregistrée. Chaque voiture, qui contient 24 places, sans aucune distinction de classe, est pourvue de deux dynamos indépendantes de 15 chevaux. Chaque moteur est clàveté sur un axe et susceptible de marcher en avant ou en arrière.
- Le conducteur se tient sur la plateforme d’avant; il a sous la main le régulateur et un frein puissant, sur lequel il peut agir instantanément.
- La longueur de la voie est de 5000 mètres et la différence de niveau de 250 mètres. Mais la pente est plus forte qu’on ne le croirait d’après les nombres précédents. En effet, la voie est à peu près horizontale depuis la place Saint-Marc, à Florence, jusqu’à Saint-Gervais, à Fiesole, où se trouve la station centrale. Toute la pente est accumulée dans la seconde moitié, ce qui lui donne une valeur moyenne de 55 millimètres.
- La compagnie possède 24 voitures toutes semblables.
- L’incendie qui a éclaté à l’usine de la IVestern Telegrapb Union à Boston est résulté du croisement de deux fils électriques passant à trop faible distance. On a peine à se rendre compte des circonstances qui ont pu produire une telle négligence dans un établissement d’une pareille importance.
- Un groupe de médecins et de chirurgiens de Philadelphie . vient de fonder une société d’électrothérapeutique dont le but est d’étudier les applications, jusqu’ici quelque peu empiriques, de l’électricité à l’art de guérir.
- M. Frank A. Perret vient de terminer un petit bateau en forme de pirogue pouvant contenir deux personnes et mû par l’électricité. Un moteur électrique fonctionnant avec 40 ampères sous ro volts actionne les roues à aube dont est muni ce bateau.
- Les usines d’Oerlikon (Zurich) ont traité pour le droit de construction en Suisse de tramways électriques système Lineff. _ ____
- VElectrical Review nous apprend, dans son numéro d’octobre que les cours d’électricité établis par la Cité de Londres en faveur des adultes ont un succès remarquable. Le
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- üyô La itutèm ÉLËCfkïQüË
- nombre des élèves est de 596 et comprend plusieurs centaines d’ouvriers employés pendant la journée par les grandes ‘compagnies électriques de la métropole britannique.
- - Les ouvriers-élèves ont formé une association fraternelle, 'qui dure depuis six ans, et a eu à la fin d'octobre son banquet annuel. Ces faits montrent combien la création d’une chaire spéciale d’électricité au Conservatoire des Arts et Métiers est indispensable.
- ’ On nous écrit du Dominion que les effets du bill Mac Kinley né tarderont à se faire sentir que parce que l’on remet à la débâcle des lacs la campagne de contrebande qui s’organise et dans laquelle l’électricité jouera un rôle considérable.
- En etfet, les bateaux électriques conviennent admirablement à la navigation des lacs et des grands fleuves. Us ont en outre l’avantage de « glisser mystérieusement dans la nuit sombre » et de déjouer la surveillance des douaniers. Une partie du cours du Saint-Laurent, le lac Ontario, le lac Erié, le lac Huron et l’île du Grand-Mantaubin, la rivière Sainte-Marie, le lac Supérieur et les îles du Michipicaton, de Saint-Ignace et l’île Pie, la rivière Pigeon, le lac La Croix, le lac Pluvieux et la rivière Pluvieuse, enfin le lac des Bois seront très favorables à cette industrie « fin de siècle ». Pour les États du Pacifique, on a jeté lès yeux sur l’île Vancouver, admirablement située pour tirer parti du détroit de Juan de Fuca et du détroit de Georgia.
- Sur la frontière méridionale on aura à attendre moins longtemps. En effet, les électroscaphes de Cuba et des Bohamos n’ont pas besoin que l’hiver ait fait place au printemps pour tenter des débarquements en Floride. Les îles Berry, les îles Cays, les îles Anguillas, etc., etc., jusqu’ici dédaignées des navigateurs, presque désertes ou peuplées des descendants des flibustiers et d’indiens encore sauvages, vont peut-être devenir le centre de la navigation électrique.
- Dans la dernière séance de l’Académie de médecine, M. le docteur A. Fort a communiqué un cas des plus curieux.
- Il s’agit d’une jeune fille âgée de 19 ans, atteinte d’un rétrécissement infranchissable de l’œsophage, survenu à la suite de l’ingurgitation d’un liquide corrosif. Aucun aliment liquide ou solide ne pouvant passer, la malade, léduite à l’état de squelette, était moribonde et ne pesait que 8=1 livres. Le docteur Fort l’ayant soumise à son procédé d’électrolyse l’a guérie radicalement en sept semaines.
- Mlle L... mange à table et prend toutes sortes d’aliments ans, exception. Elle a augmenté de 35 livres et elle a retrouvé son entrain et sa gaîté d’autrefois.
- Ce procédé consiste à détruire les tissus malades ou cicatriciels qui gênent les fonctions normales d’un organe à l’aide d’un courant électrique.
- Cette méthode tend à se généraliser de plus en plus, car elle n’est nullement douloureuse, et elle évite souvent les opéra- j
- fions sanglantes. Elle a déjà donné d’excellents résultats à la Policlinique de Paris, entre les mains du docteur Braine.
- Le XIX* Siècle a publié ces jours-ci, sous la rubrique les Cadavres dorés, un article sur la métallisation galvanique des cadavres en vue d’assurer leur conservation.
- Le docteur Variot aurait, paraît-il, imaginé lin procédé pratique de métallisation et doit présenter sous peu à l’Académie des sciences un cadavre d’enfant entièrement doré par sa méthode.
- L’idée du docteur Variot n’est pas nouvelle ; en 1840 le Français Soier av;, it déjà fait des essais de métallisation de cadavres; le docteur Gannal, le célèbre embaumeur, possède encore actuellement le corps d’un enfant métallisé il y a cinquante ans par les procédés de Soier.
- La conservation de la forme n’a pu être obtenue, les chairs se sont resserrées ; la pellicule métallique qui les recouvrait s’en est détachée et s’est écaillée en certains endroits. Le docteur Variot ne serait-il pas plus heureux que Soier* cette nouvelle manière de faire des momies dans une saumure électrique n’en semblerait pas moins d’une sérieuse application.
- Éclairage Électrique
- A ajoutèr à la liste déjà longue des petites localités qui se sont offert ou qui vont s’offrir la lumière électrique :
- 1" Finalmarino, bourg en Ligurie, où 6 lampes à arc et 20 lampes à incandescence, actionnées par une turbine, viennent d’être installées par le Tecnomasio Italiano;
- 2' Brugg, village en Suisse, fréquenté par les touristes, dont le conseil a décidé l’établissement d’une station communale de force et d’éclairage.
- Les difficultés inhérentes à la préparation des filaments de carbone pour les lampes à incandescence ont suggéré à des électriciens de revenir à la lampe à incandescence primitive. On se rappe’le qu’au début le filament était formé par un fil de p’atine; mais le point de fusion de ce métal étant très voisin de la température à laquelle la lumière blanche se, produit, la plus faible augmentation de courant brisait le filament. Cet inconvénient n’existerait pas avec l’iridium, dont la température de fusion est bien supérieure à 2000" C, l’on étudie aujourd’hui le moyen de préparer des filaments de ce métal.
- Voici un procédé indiqué par le Scientific American : On dessine sur une plaque de die l’empreinte du filament, et l’on recouvre le tracé de plombagine. Ce moule est suspendu dans un bain galvanoplastique d’iridium en employant des conducteurs en fer. Quand le dépôt d’iridium e suffisamment épais, on détache le filament métallique que l’on nettoie avec soin.
- La lampe peut brûler dans l’air, mais il est préférable
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- JÔÜkNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ m
- d’enfermer le filament dans une ampoule dans laquelle on a fait le vide.
- Le nouveau crime de Londres a forcément appelé l’attention sur les horreurs de Clerkenwell. Plusieurs journaux font remarquer à cette occasion que les auteurs de ces atrocités choisissent fatalement comme théâtre de leurs horribles exploits des ruelles t'ès mal éclairées par des becs de gaz parfaitement insuffisants.
- Nos confrères de l’autre côté du détroit en tirent la conclusion facile à comprendre, que le meilleur remède à apporter aux exploits de Jacques PEventreur est d’avoir recours à l’éclairage électrique. Pour faire reculer le crime, apportez plus de lumière!
- La ville, le Casino et le Palais de Monaco vont être éclairés à l’électricité. La concession a été donnée à la Société Lombard-Guérin et C1', de Lyon, pour tout el’étendue de la Principauté, environ un secteur de Paris. Le Gouvernement a imposé aux concessionnaires la livraison annuelle de 50000 heures d’éclairage de lampes à 10 bougies, à titre gracieux. Le courant sera produit par des machines alternatives à une pression n’excédant pas 3000 volts, et réduit à 120 par des transformateurs.
- L’administration du Palais-Royal s’est réservé le droit de fermer à clef l’escalier qui fait communiquer la cour des Princes à l’usine souterraine. Cette précaution, dont le but est d'empêcher l’invasion de l’établissement par le public, a été fatale aux deux chauffeurs.
- Le 20 octobre, à 10 heures du soir, il se produisit une fuite de vapeur à la suite de la rupture d’un boulon. Les chauffeurs voulurent fuir, mais ils étaient emprisonnés dans une salle inondée d’un fluide brûlant. Il fallut que les malheureux attendissent que des passants, attirés par leurs cris, eussent couru chez le girdien qui avait emporté les clefs de l’escalier dans sa poche. Un de ces infortunés expira en arrivant à l’hôpital, où il fut transporté en toute hâte. Quant à l’autre, il est dans un état très grave.
- Ségovie est maintenant pourvue de l’éclairage électrique. L’installation, faite par l’ingénieur espagnol M. Horacio Bentabol, utilise comme force motrice une chute d’eau actionnant une turbine de 200 chevaux.
- Actuellement 600 lampes à incandescence sont en service.
- Dans une réunion de l’Association des gaziers de l’est de l’Angleterre on a agité la question de maintenir et d’accroître l’emploi du gaz d’éclairage pour faire face aux progrès croissants de l’éclairage électrique. On a proposé d’abord l’abolition de cette coutume qui consiste à deman* der au client avant la livraison du gaz une somme de ga-
- rantie à titre de provision. Ensuite on supprimerait les frais de compteurs et de branchements, onéreux surtout et injustes pour les petits consommateurs, puisque le prix de l’entretien du compteur et du branchement est pour eux souvent aussi élevé que celui du gaz consommé.
- Quand la Compagnie parisienne du gaz cherchera-t-elle à faire de même? Elle a tout à gagner en diminuant le prix du gaz et en supprimant les frais accessoires de provision et de compteur.
- D’après une statistique allemande, les stations centrales électriques étaient en 1889 au nombre de 21 dans tout l’em-
- 'Allemagne, savoir, celles des villes de :
- Barmen .... avec 600 chevaux.
- Berlin .... — 10,000 —
- Brunswick .... — 2,000 —
- Brême ,... — 600 —
- Breslau .... — 500 —
- Cologne .... — 500 —
- Darmstadt .... — 450 —
- Dresde .... 500 —
- Eberstadt .... — IOO —
- Elberfeld .... — 325 —
- Ems .... IOO —
- Francfort .... — 1,000 —
- Gœrlitz .... — 450 —
- Halle .... — 550 —
- Hambourg .... — 1,200 —
- Kœnigsberg.... .... — 300 —
- Lubeck .... 300 —
- Magdebourg ... .... — 500 —
- Mulhouse .... — 300 —
- Olmiitz .... — 300 —
- Strasbourg .... — 400 —
- Télégraphie et Téléphonie
- On vient de faire à l’Office impérial des postes d’Allemagne des expériences à l’effet de constater s’il est possible de faire usage des câbles télégraphiques sous-marins pour le service téléphonique. Ces expériences ont parfaitement réussi. Les paroles échangées entre Héligoland et Cuxhaven (75 kilomètres de distance) ont été parfaitement comprises des deux côtés.
- M. Jules Roche a présenté au conseil des ministres un projet de loi ayant pour objet la pose d’un câble entre Marseille et Oran.
- Les ministres se sont également occupés de la nécessité d’établir un nouveau câble entre la France et le Danemark, pour parer aux interruptions qui se produisent trop fréquemment et éviter d’être, le cas échéant, sous la dépendance d’autres pays,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Il y a à l’heure actuelle onze communes des environs de Paris en état de converser par fil téléphonique avec les Parisiens. Ce sont : Asnières, Bellevue, Choisy, Enghien, Issy, Montmorency, Puteaux, Saint-Denis, Saint-Germain, Su-resnes et Versailles.
- D’ici la fin de l’année Clichy, le Raincy, Ivry et Saint-Cloud seront également reliés téléphoniquement à Paris. Enfin Créteil, Saint-Maur, Corbeil, Maisons-Laffite, Juvisy, Saint-Maurice et Poissy sont en instance auprès des bureaux de la rue de Grenelle pour obtenir leur rattachement au réseau de Paris.
- Voici quel est aujourd’hui l’état des communications téléphoniques en France :
- Vingt-huit villes des départements sont actuellement pourvues du téléphone municipal. Ce sont : Lille, Armentières, Roubaix-Tourcoing, Halluin, Dunkerque, Fourmies, Calais, Boulogne-sur-Mer, Amiens, Saint-Quentin, Rouen, Dieppe, Le Havre, Elbeuf, Caen, Reims, Nancy, Troyes, Besançon, Marseille, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Limoges, Nice, Cannes, Bordeaux, Nantes.
- En Algérie : Alger et Oran.
- Lignes en construction : Dijon, Vienne, Douai, Valenciennes (aujourd’hui achevées ou sur le point de l’être), Sedan, Mézières, Menton, qui seront ouvertes dans deux mois.
- Lignes à l’étude : Somain-Denain, Arras, Fécamp, Orléans, Le Mans, Roanne, Mazamet, Toulouse, Montpellier, Nîmes, Hyères, Cette, Béziers.
- Les villes pourvues de réseaux interurbains sont :
- Réseaux construits : Lille à Roubaix-Tourcoing et à Dunkerque.
- En construction : Lille à Valenciennes, à Calais et à Fourmies; Lyon à Saint-Etienne; Dieppe à Rouen; Caen à Ouis-treham; Bordeaux à Pauillac; Marseille à Nice.
- A l’étude : Bolbec à Rouen ou au Havre; Le Havre à Fécamp; Lyon à Vienne et à Villefranche ; Bordeaux à Arca-•hon; Nîmes à Montpellier et à Cette; Marseille à Aix et à Avignon; Menton à Nice.
- Sept villes sont reliées téléphoniquement à Paris. Ce sont : Lille, Rouen, Le Havre, Elbeuf, Reims, Lyon et Marseille.
- A l’étranger, une seule capitale : Bruxelles.
- Quatre projets sont, en outre, en construction ou à l’étude : Paris à Amiens-Arras-Lille; Paris à Saint-Quentin; Paris à Orléans; Paris à Troyes.
- L’Administration des Postes et Télégraphes a ouvert le i" novembre le réseau téléphonique urbain de la ville de Dijon, qui compte déjà 9 abonnés.
- La section française de la ligne qui doit relier téléphoniquement Paris à Londres est terminée. Cette section est aérienne. Elle se compose, comme la ligne téléphonique de Paris à Marseille, de deux fils de bionze courant parallèlement et croisés, de distance en distance, pour atténuer les
- effets d’induction. Le téléphone et le télégraphe devant être employés simultanément, les deux fils déjà posés vont être utilisés en les raccordant à Paris, l’un pour la communication télégraphique Londres-Marseille, l’autre entre Londres et Rome.
- On lit dans les journaux le communiqué suivant :
- « L'Administration des Postes et des Télégraphes, préoccupée de la nécessité d’améliorer le plus possible la transmission des télégrammes circulant dans l’intérieur de Paris et de mettre à la disposition du public un nouveau moyen de correspondance rapide pour l’expédition et la remise à domicile de communications urgentes, a eu la pensée d’utiliser, dans ce but, les lignes du réseau téléphonique.
- « Depuis le 3 novembre dernier, un nouveau servira été inauguré à titre d’essai dans les huit bureaux qui sont chargés aujourd’hui de la distribution des télégrammes dans la partie de la ville comprise entre la Seine et les grands boulevards.
- « Moyennant une taxe de 50 centimes par cinq minutes, toute personne peut, à partir d’une cabine téléphonique quelconque, et tout, abonné à partir de son domicile, téléphoner directement à l’un de ces huit bureaux le message qu’elle désire, faire parvenir à une adresse comprise dans le rayon de distribution de ces bureaux.
- « Le texte de ces messages ne doit pas excéder 100 mots.
- « Cette nouvelle facilité, dont l’application sera rendue définitive et étendue à tout Paris, si cet essai indique qu’elle est appréciée, ne peut manquer d’être bien accueillie par le public. »
- Il est hors de doute que ce nouveau service sera fort apprécié du public, mais il faudrait, pour que l’Administration pût juger de la réussite de l’essai, qu’il fût étendu à tous les bureaux de Paris; autrement le public, ne sachant pas toujours si tel ou tel bureau fait partie de la nouvelle catégorie, sera moins porté à se servir de ce nouveau moyen de communication rapide.
- Il serait surtout utile d’étendre cc genre de dépêches à la banlieue où, on le sait, les messages mettent actuellement si .longtemps à parvenir. 11 y a plus ; dans beaucoup de petites localités du département de la Seine on ne trouve pas de bureau de poste, parce que la population n’est pas assez considérable pour qu’une buraliste spéciale y trouve de l’occupation. Mais ne pourrait-on pas installer dans ces petites localités un téléphone dont on confierait la garde à un habitant de la localité, à la débitante de tabac par exemple. Comme le maniement du téléphone n’exige aucune connaissance spéciale, et comme l'installation n’entiaîne que des frais minimes, on pourrait ainsi faciliter au public l’envoi rapide de dépêches même dans de toutes petites localités
- Imprimeur-Gérant : V. Nory
- Imprimerie de La Lumière Électrique — Paris. )i, boulevard des Italiens.
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNÉLIUS HERZ
- XI)P ANNÉE (TOME XXXVIII) SAMEDI 15 NOVEMBRE 1890 Nu 46
- SOMMAIRE. — Étude géométrique élémentaire des transformateurs à courants alternatifs; A. Palaz. — Des appareils transmetteurs à distance; E. Dieudonné. — La session de l’Association britannique à Leeds; P.-H. Ledeboer. — Un nouveau galvanomètre; F. Lfconte. — L’Exposition d’Edimbourg; C. Féry. — Chronique et revue de la presse industrielle : Ampèremètres et voltmètres universels Goolden et Evershed. — Pile au chlorure d’argent Allison. — Commutateur Strode et Gill. — Canalisatioti Jacob frères. — Bronzage galvanique du fer et de 1 acier. — Sur la force hydraulique employée comme moteur des dynamos pour la production de la lumière électrique. — Revue des travaux récents en électricité : Société internationale des électriciens (séance du 5 novembre 1890). — Appareil au moyen duquel ont été exécutées des expériences sur l’action électrodynamique de diélectriques en mouvement, par M. Rœntgen. — Variétés : Applications de l’électricité à la mar.'ne. — Faits divers.
- ETUDE GÉOMÉTRIQUE ÉLÉMENTAIRE
- DES TRANSFORMATEURS
- A COURANTS ALTERNATIFS
- La.théorie analytique des transformateurs à courants alternatifs n’est pas encore donnée d’une manière complète et définitive. Les facteurs qui entrent dans cette théorie sont eux-mêmes fonction des éléments du transformateur, el la nature de ces fonctions n’est pas assez simple pour permettre une théorie analytique dont les résultats aient une valeur pratique réelle. On arrive à des formules très compliquées qui ne donnent en outre qu’une première approximation.
- . La théorie géométrique des transformateurs peimet par contre de donner une solution approchée très simple du problème. M. Kapp est le premier qui ait donné une théorie géométrique complète. M. Rechniewski a exposé cette théorie et les détails de construction des transformateurs dans une série d’articles publiés dans ce recueil (’). En outre M. Jacquin a également exposé dans ce journal (2) la théorie des caractéristiques des trans-
- (i) La Lumière Électrique, vol. XXV, p. 610; vol. XXVI, p. 120; vol. XXVI1, p. 518; 573, 617. "*
- . (’) La Lumière Electrique, vol. XXXIV, p. 201.
- formateurs. 11 semble donc que la question ait été exposée d’une manière suffisante.
- Si donc nous y revenons ici, c’est que la théorie des transformateurs et la prédétermination de Jèurs éléments nous paraît être une de ces questions encore peu connues de la généralité des électriciens et sur laquelle on ne saurait trop insister en étudiant tous les travaux intéressants auxquels elle peut donner lieu.
- Parmi ces derniers, une étude que M. Stein-mètz a publiée récemment (*), nous a paru mériter une mention spéciale parce qu’elle est dépourvue de tout appareil mathématique et qu’elle-présente un caractère de simplicité et d’originalité très intéressant. Dans les pages qui vont suivre nous avons analysé aussi exactement que possible les déductions de M. Steinmetz en les abrégeant où cela pouvait se faire sans difficulté et en les complétant où cela nous a paru nécessaire.
- Comme la plupart de ceux qui se sont occupés de la théorie des transformateurs et machines à courants alternatifs, M. Steinmetz admet que tous les éléments du transformateur (forces électromo-tnces, intensités de courant, flux de foi ce, etc.) varient avec le temps suivant la loi sinusoïdale simple et ont tous la même période,
- (*) Elektroiechnhche Zeitschrift, n” 13, 14, 15 ct 16; 1890.
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- Cette hypothèse est avec une grande approximation conforme à la réalité. Les alternateurs actuels engendrent des courants dont les variations se rapprochent beaucoup de la sinusoïde simple, et d’ailleurs l’influence de la self-induction des diverses parties du circuit tend à rapprocher de plus en plus ces variations de la forme théorique.
- Nous ne considérerons que le cas des transformateurs à circuit magnétique fermé.
- Soient :
- / la longueur moyenne du circuit magnétique ;
- S la section du fer ;
- n le nombre de tours de l’hélice primaire du transformateur;
- i l’intertsité du courant primaire au temps t;
- I l’intensité maxima du courant primaire ; ix Ij les mêmes quantités pour le circuit se-cpndaire.
- e la force électromotrice réelle du circuit primaire du transformateur ;
- et la force contre-électromotrice induite dans le circuit primaire ;
- ea la force électromotricé extérieure (différence de potentiel aux bornes du transformateur) du
- circuit primaire ;
- E, E,' et E„ les valeurs maxima de ces quantités; la force électromotrice du circuit secondaire ;
- ea la tension aux bornes du circuit secondaire du transformateur ; _
- Ejet Ea les valeurs maxima de ces quantités ;
- r la résistance du circtiit primaire entier ;
- R celle des spires primaires du transformateur;
- fi et Rj les quantités correspondantes du circuit secondaire.
- Comme il s’agit de donner un exposé complet d’une théorie géométrique, le plus simple est de considérer un exemple numérique. C’est ce qu’a fait.M. Steinmetz. Afin de donner aux facteurs qui représentent les pertes diverses dans le transformateur une importance assez grande pour qu’elles deviennent bien apparentes dans les diagrammes, il convient de prendre des données peu favorables, beaucoup moins bonnes que celles qui sont la base des constructions pratiques.
- En outre, afin de simplifier les constructions, il confient de faire d’abord abstraction des actions perturbatrices. C’est ainsi qu’on négligera d’abord complètement l’hystérésis et qu'on considérera le cas où le transformateur fonctionnant en pleine charge, le circuit secondaire est aussi à son maximum de charge, sans autre self-induction que
- celle du transformateur lui-même (circuit d’éclairage à incandescence).
- M. Steinmetz part de là force électromotrice du circuit secondaire. Admettons que la force électromotrice effective Eleff de ce circuit supposé en pleine charge soit de 100 volts, la force électromotrice maxima Ej sera
- El = Elefl. = 141,4 volts
- Si l’on suppose que le courant fait 100 oscillations complètes à la seconde, on aura T = 0,01 s.
- Il est facile de calculer le flux de force magnétique nécessaire à la production de cette force électromotrice. On a en effet
- { = Z sin t )
- Z étant le flux maximum. La force électromotrice induite dans les «1 spires du circuit secondaire est alors
- et
- d ? „ 2 it
- ni -j-. = m Z -=r cos a t i
- dont la valeur maxima (pour t = 0) est
- Ei= «1 Z (unités C.G.S.)
- OU
- .. îiuiiZ . h, =--^-- IO-8 volts.
- 11 en résulte donc
- T. E,. 108 _ n c
- Z =---------(unîtes C.G.S.)
- 2 71 n\
- On obtient ainsi
- Z = 250000 unités C.G.S.
- Le flux total maximum à travers le noyau de fer est donc de .150000 unités C. G. S. On en déduit la section S du noyau en partant de la valeur maxima que l’on veut donner au flux d’induction du noyau. Soit B cette valeur, on aura
- S-^cm*).
- Admettons pour B une valeur moyenne, 5 000 unités par exemple. Nous aurons :
- L’intensitq effective Ilcff maxima du courant secondaire du transformateur étant donnée par le nombre de lampes à alimenter, par exemple, on
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- ’3o3
- JOURNAL UNIVERSEL D‘ÉLECTRICITÉ
- en déduit immédiatement la résistance du circuit secondaire
- — ^
- Il eff.
- Soit Iieir=5oampères; il en résulte rx — 2 ohms.
- On sait qu’en première approximation les courants primaires et secondaires sont dans le rapport inverse des nombres de tours n et nx ; on a donc en première approximation
- «i
- I ®ft\ — 11 eft*.
- n
- Supposons n = 150 et nx — 90 on aura Ieff = 30 ampères.
- Ces intensités étant déterminées on en déduit les sections des fils primaires et secondaires et la longueur l du noyau de fer de manière à obtenir une surface de refroidissement suffisante.
- Admettons que / = 60 centimètres.
- Soit p. la perméabilité du fer; la résistance magnétique spécifique est - et la résistance totale du circuit magnétique est
- La force magnétomotrice F se déduit de la formule
- d’où •
- Désignons par F„ le nombre maximum d’ampères-tours; à un moment donné t, on a :
- f. = F.sin(^f),
- en comptant le temps à partir du moment où f0 — o.
- f. = 3 400 sln LJL t /, = 2 400 sin (200 ut)
- Posons:
- à une période complète t = T correspond l’angle 9 = 360°.
- 11 est alors facile de représenter graphiquement les ampères-tours excitateurs à l’aide des coordonnées polaires.
- Prenons la droite OÂ (fig. 1) comme axe initial, origine des angles; au point O portons sur une perpendiculaire la longueur ÔF0 = F„ à une échelle déterminée et décrivons la circonférence sur OF0 comme diamètre.
- Pour chaque angle 9 = AOH, correspondant au
- temps t~~~ T, les ampères-tours correspondants sont représentés par la longueur Of0 coupée sur le rayon OH par la circonférence OF„. En effet dans le. triangle OF0f0, l’angle F0 est égal à 9 et l’on a :
- c’est-à-dire
- F = ZR,
- F =
- L* B.S-UH
- \L O [). O
- • La force magnétomotrice F = o,4itN0/0, N0r0 étant le nombre d’ampères-tours excitateurs qui résultent de l’action simultanée des circuits primaire et secondaire. On a donc :
- Prenons pour perméabilité une valeur égale à 100; cette valeur est beaucoup trop faible (6 à .10 fois) pour une induction de 5 000 et pour les bonnes qualités de fer' doux. Mais en calculant avec cette Valeur on accentue l’importance des pertes dans les diagrammes.
- On obtient alors :
- F. = N
- 5000.60
- = -------— = 24 00 amperes-tours
- 1,25.100 *
- comme valeur de la force magnétomotrice.
- Q f, o F.
- sin 9
- donc
- O f, =0 F, sin 9 = F„ sin t ^
- Sur la figure on a pris 0,003 mm. pour 1 ampère; par conséquent F„ =2400 [ampères-tours = 12 mm.
- Les variations de la force magnétomotrice f, se déduisent immédiatement de la figure
- 0 II pour 9=o ou / = 0
- /. = F, 9 = 90“ t = z 4
- 0 II < 9 = ib’O"
- /. = — F, 9 = 270’ HH "N II
- S, II 0 9 = ;6o° t = T -
- On peut représenter de la même manière les variations de la force électromotrice ex du circuit secondaire; celle-ci est maxima lorsque la va*-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- riation de f0 est la plus rapide, c’est-à-dire pour 0=180?; on a alors Et= 141,4 volts (et —E! pour 0 = o°).
- Construisons à l’échelle de 0,2 mm. pour 1 volt et 40 mm. pour 1 ohm ; portons sur la partie négative de OA (9= 180°) une longueur OEt = Ej = 141, 4 volts = 28,3 mm. et décrivons la circonférence sur OE! comme diamètre. Celle-ci coupe sur chaque rayon issu de O la force éloctromo-trice secondaire el = 0 ex.
- Pour 0 = AOH, on a, par exemple :
- ex = O x'i = — 22,7 mm. = — 113,5 volts.
- Quant à l’intensité maxirna du courant secondaire, on a :
- , Ëi 141.4
- h = — = — = 70,7 amperes.
- Pour plus de précision, au lieu de porter les ix à l’échelle de 0,005 mm. pour 1 ampère, prenons une échelle 100 fois plus grande, c’est-à-dire
- 0,5 mm. par ampère; Ij sera alors représenté par OJi = 35-35 nam.
- Pour 0 = AOH, on a ix — ~ 28,5 mm., c’est-à-dire ix — — 57 ampères,
- Les ampères-tours du circuit secondaire sont alors
- Fi = »i II = 90 x 70,7 =6363 ampères-tours.
- A l’échelle de 0,005 mm. par jfmpère, cette excitation est représentée par Upe longueur OFi= 31,82 mm. Cette excitation secondaire étant connue on peut déterminer ensülte l’excitation primaire en s’appuyant sur la cdfnposition des mouvements pério liques : « DeUX mouvements sinusoïdaux représentés comme phase et comme intensité par deux radiales OC èt OB (fig. 2) se composent en un mouvement sthusoïdal dont la phase et l’intensité sont représentées par la diagonale OD du parallélogramme formé sur OB et OC. »
- Par conséquent en menant dans le diagramme de la figure 1, OF parallèlement et égal à Fj F0, on obtient la représentation pratique de l’excitation primaire maxirna et la phase correspondante J/ — AOF. On trouve ainsi OF = F = 34 mm., ce qui correspond à F = 6800 ampères tours et ^ = 20°,6.
- La circonférence décrite sur OF comme diamètre coupe sur chaque radiale OH l’excitation primaire f=,Of.
- Soit r = 2,5 ohms la résistance du circuit primaire, on a pour l’intensité primaire maxirna :
- . F 6 800 = « = "T50 = 45,4amp-res*
- Elle est représentée par la circonférence décrite sur OJ = 1001 = 22,7 mm.
- L’intensité piimaire effective est alors
- lefr. = => 33,3 ampères.
- Quant à la force électrornotrice prirrtaire maxi-ma, on a
- E = 68 volts,
- U
- Elle est représentée par
- OE = 68.0,2 = 13,6min.
- Cette force électromotrice est la résultante de la force électromotrice extérieure (différence de po-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 3o5
- tentiel aux bornes, force éleciromotrice de la dynamo), et de la force contre-électromotrice E, indûite dans le circuit primaire du transformateur,
- _ 2 itn z
- E( = —y—;
- or
- n = 150, Z = 250000, T = 0,01 ;
- on a donc
- E, -235,5 volts.
- Cette force électromotrice est représentée par : O E, = 235,5.0,2 = 47,1 mm.
- A l'àide du parallélogramme des mouvements périodiques, on obtient la force électromotrice extérieure maxima Ec et sa phase AOE0 = tp, savoir OEa parallèle et égale à E*E; c'est-à-dire savoir OEe = 58,5 mm.
- On a donc :
- E. — 5^>5 ^ =292,5volts;
- <f — 4", 5.
- La tension moyenne effective aux bornes du circuit primaire est donc :
- " E, cff. = —! = 207 volts.
- V 2
- Il est utile de contrôler les résultats du dessin par le calcul, d’autant plus que les formules à employer sont très simples.
- Les principaux éléments qu’on déduit du dessin smt F, E0> et les angles ^ et tp.
- Or on a dans le triangle Fi O FOI
- Fl F> = JÔT* + FjO,*,
- c'est-à-dire
- et
- F — v F.* + Fi*,
- tang
- OF, _ F. F, O Fi •
- En outre dans le triangle rectangle E,- KE on a :
- E, E =* >/ë7k*Tkë*.
- Or,
- E, K - E, O +• O K = E, O 4- O E cos E, K — E, -f- E cos
- K E — O E sin 4 = E sin >j/.
- Donc
- E, — E| E = VtE, + E cos ip)* +- (E sin «Jo*
- et
- . KE
- tang ç = =
- E sin t|/
- E, K E, 4- E cos 4
- Un simple exan.en de la figure 1 montre que ce n’est pas l’angle qui représente exactement la différence de phase entre la force électromotrice secondaire et la force électroinotrice primaire, mais plutôt l’angle 1800 — Il faut prendre de même 1800 — tp au lieu de tp.
- La différence de phase entre le courant primaire et la force électromotrice primaire" est :
- «j; — ç=l6*,l.
- On peut calculer ensuite la tension aux bornes de l’hélice secondaire du transformateur, dont la résistance est R,. Soit Rj = 0,3 ohm.
- Fig. S
- La perte de tension dans l’hélice secondaire du transformateur est :
- E'i = I, Ri = Fi ^ = 141,4 ^ «=2i,2V0lts.
- Elle est représentée par la circonférence de diamètre O Ei/ = 2i,2 x 0,2 = 4,24mm.
- Portons à partir de Et et du côté de O la longueur Ei Ea — O E/ ; la longueur O Fa représente la valeur maxima de la tension aux bornes du transformateur, savoir :
- E. = O E„ «= 24 mm. = 120 volts.
- Il en résulte :
- E„ «fr. = =r! 80 volts
- comme tension moyenne aux bornes.
- De cette manière le problème des transformateurs est résolu d’une manière complète à l’aide de constructions géométriques aussi simples que possible.v
- On peut obtenir lès valeurs de tous Içs éléments pour une époque quelconque t correspondant à
- l’angle 0 = y ? = AOH.
- et
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- 2o6'
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Par exemple, pour t — 0,001 s, on obtient 6 = 36° = AOH et on déduit aisément :
- c, = .50 mm. = 250 volts.
- et —— 37 mm. = — 185 —
- <5 = + 13 nim. = 65 —
- f; , , . =; —, 23 mm. = — us —
- , ; ; {a= -39,5 mm. = — 97,5 —
- «',«= — 3,3 mm. = — 17,5 —
- 100 i — 22 mm.;i= 44 ampères.
- 100/1= — 28,5 mm.; n= — 57 —
- f s 33 mm. = 6 600 ampères-tours.
- fi ~ — 25,5 mm. = — 5 100 —
- ' ' /•/„ = + 7,5 mm. =.-t- 1 500 —
- II est intéressant de constater sur les résultats précédents que le courant primaire et le courant secondaire sont de directions opposées pendant la plus grande partie du temps (16/17); ils n’ont le même sens que pendant un angle de 20°,6, soit entre 0 = 900 et 0 = 1 io°,6.
- Quant à la force électromotrice primaire et à la force électromotrice secondaire, elles n’ont la même direction que pendant un angle de 4°,5.
- Il faut remarquer que ces valeurs sont considérables comparées à celles destransformateurs pratiques; cela provient des données défectueuses dont nous sommes intentionnellement parti.
- Influence de l’hystérésis. — Dans les constructions qui précèdent il n’a pas été tenu compte des pertes dues à l’hystérésis. Pour que la théorie géométrique soit complète, il faut la faire intervenir dans les diagrammes.
- En effet, la perte d’énergie par l’hystérésis est du même ordre que celle due à réchauffement des fils; elle est donc loin d’être négligeable. Avec des inductions un peu élevées réchauffement produit par hystérésis peut produire des températures dangereuses pour l’appareil.
- Tous ceux qui ont tenu compte de l’hystérésis dans la théorie des transformateurs, MM. Ferraris et Kapp les premiers, admettent que son effet peut être assimilé à celui d’un courant de Foucault, ou, si le fer est infiniment divisé, à celui d’un courant tertiaire circulant dans un conducteur de résistance déterminée enroulé comme circuit secondaire et fermé sur lui-même.
- L’intensité de ce courant et la résistance du circuit sont déterminés par la condition que réchauffement qu’il produit soit le même que celui produit par l’hystérésis.
- M. Steinmetz procède à peu près de la même manière. Il ajoute au courant circulant dans le circuit secondaire un courant idéal constant* H. Posons :
- lu = Il + H..
- Nous aurons :
- /il = i\ + H.
- Ce mode de faire est différent de celui de Kapp et au premier abord plus compliqué, puisque l’effet de ce courant tertiaire idéal dépend de la résistance du circuit secondaire entier. Dans le système de Kapp la résistance du circuit tertiaire reste constante, l’intensité du courant tertiaire seule est variable. M. Steinmetz, par contre, est forcé de faire varier l’intensité H du courant imaginaire à mesure que la résistance du circuit secondaire varie. H doit diminuer quand augmente.
- Supposons H = 10 ampères. Comme la résistance du circuit secondaire en pleine charge est de 2 ohms, cela correspond à une perte de 200 watts par seconde ou de 2 watts par inversion de courant. Or le-volume total du fer est de 60 x ^>0 =
- 2
- 3000 cm3. Cette perte est donc de ------watts par
- v r 3000 r
- centimètre cube ou de 0,0007 watt = 7000 ergs. D’après les mesures d’Ewing, c’est la perte correspondant à l’hystérésis à longue période pour une induction de 12000 unités environ. On sait que pour les cycles rapides (T = 0,01 sec.) cette perte doit être augmentée de 40 à 50 0/0 ou l’induction correspondante diminuée d’autant. Cette perte correspond donc à une induction de 7000 à 8000 unités.
- Dans les figures suivantes on a supprimé les cercles des diagrammes et on s’est borné à tracer leur diamètre qui représente les valeurs maxi-ma des éléments et dont l’inclinaison donne la phase.
- Soit OH = 100, H = 5 mm. le diamètre du cercle qui représente la perte produite par le courant idéal remplaçant l’hystérésis (fig. 3).
- Le courant secondaire idéal est alors
- I11 = h -r H = 70,7 + 10 = 80,7 ampères,
- et cette valeur amplifiée 100 fois (100 lu) est représentée par O Fn = 40,35 mm.
- On obtient ensuite l'excitation du courant imaginaire égale à H nt et représentée par OF01 = 4,3 mm. = 900 ampères-tours. 11 en résulte
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- 307
- pour l’excitation idéale secondaire complété Fn = O'Fn = .36:3 mm. = 7260 ampères-tours.
- On en déduit alors l’excitation du courant primaire :
- F = O F = 38 mm. = 7 600ampères-tours et l’intensité primaire maxima
- I = 50,7 ampères;
- On obtient ensuite comme précédemment :
- La force électromotrice résultant du circuit primaire
- E =OE = 15,2 mm. = 76 volts;
- la force électromotrice extérieure du circuit primaire
- E, = O E, =61 mm. = 305 volts
- et les deux différences de phases.
- -J/ = i8‘
- <P = 4° A
- Influence de la résistance du circuit secondaire, —r Dans ce qui précède on a supposé que le transformateur était en pleine charge et le circuit secondaire à son débit maximum correspondant à une résistance secondaire totale rx de 2 ohms. Nous voulons étudier maintenant l’influence d’une variation de sur les éléments de fonctionnement du transformateur.
- Supposons que la résistance du circuit secondaire entier augmente à partir de la limite inférieure 2 ohms jusqu’à l’infini (circuit ouvert). Dans ce cas 1 inter site maxima It du courant secondaire diminue de li à o. Le point L se déplace sur OIi depuis le point Ji au point Oitandis que le courant idéal se déplace de Fi, à H.
- Par conséquent Fx se déplace sur O Fj de Fi à O, et Fn de F„ à F0i (fig. 3). La droite F0 Fi tourne autour de F0 de la position F0 Fj à FeO; la droite F0Fn de F0 Fn à F„ Fot et O F tourne autour de Ô, de OF à OF”, pendant lequel mouvement F se déplace sur une droite horizontale FF"3.
- F, F, E
- HF5i O
- Fig S
- Le point 1 (non marqué sur la figure) se meut également sur une droite horizontale et l’intensité du courant primaire diminue lorsque r^ augmente jusqu’à une valeur minima correspondant au circuit secondaire ouvert.
- La différence de phase du courant primaire par rapport au courant secondaire augmente de ^ = 18° à <J/“ = 700.
- La force électromotrice primaire E (résultante de E0 et de E,) se meut aussi sur une horizontale de E à E" en diminuant de OE = 15,2 mm. = 76 volts à O En = 5 mm. = 25 voltà. La droite E,- E tourne aussi d’une certaine quantité ainsi que OE0 par suite du déplacement de Ee en E*.
- La différence de phase <p entre la force électromotrice primaire et la secondaire augmente alors de o°,2 seulement en passant de 4^4 à 4°,6. Elle j reste donc à peu près constante, tandis que ladif- i férence de phase entre le courant primaire et la force électromotrice primaire ^-<p passe de J3°,6 à 6,°,4.
- La force électromotrice primaire extérieure E0
- diminue et devient OE“ =48 mm. = 240 volts au lieu de OE0 = 61 mm. = 305 volts. Un transformateur possédant ces constantes serait très mauvais; nous répétons que ces données ont été choisies pour atteindre ce résultat.
- Pour maintenir constante la force électromotrice du circuit secondaire, pendant que la résistance secondaire augmente, il faut-que la force électromotrice primaire diminue de 305 à 240 volts et que les phases se déplacent.
- L’épure complète donnerait facilement quelle régulation de la dynamo il faut réaliser pour obtenir une force électromotrice secondaire constante.
- Si c’est la force électromotrice primaire (celle de la dynamo) qui est maintenue constante, la force électromotrice secondaire augmente avec la résistance rx. II est facile d’obtenir la valeur de cette augmentation (fig. 4) pour le cas du circuit ouvert (r: = ») en augmentant tous les éléments du
- • . U
- circuit secondaire dans le rapport de telle ma-
- E-o
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 3o$
- nière que O E</ = OE0. Dans notre cas cette aug- I Mais si E0 reste constant, sa phase se déplace de mentation est de 27 0/0. <p à<p“ ; la force électromotrice primaire résultante
- Fi F'
- E se déplace de E en E' ; 1 de 1 en 1', et la tension aux bornes du secondaire monte de Ea == 120 volts à E a — E/ = 180 volts.
- Ces transformations sont effectuées dans la figure 4 en faisant OE0 = O E01 puis en menant E0 E parallèlement à E* E; E'„ F'0, E? F0, etc.
- Le réglage du circuit secondaire à potentiel
- constant Ea s’obtient aussi facilement à laide de la même méthode. 11 suffit pour le circuit secondaire ouvert de diminuer toutes les quantités dans F
- le rapport (dans notre cas de 15 0/0). C’est ce,
- Ei
- qui est réalisé dans la figure 5.
- La force magnétomotrice résultante diminue
- F. F
- —o*-o^--
- E, E*<'
- Fig. 5
- alors de F„ F0", ce qui correspond à une diminution du flux d’induction Z de 250000 à 212500 unités, etc.
- La ligne E0 E0" donne alors le réglage de la dynamo qui doit produire une tension constante dans le circuit secondaire.
- On peut interpréter ce résultat comme suit :
- Il est possible de maintenirconstante la différence de potentiel aux bornes du circuit secondaire du transformateur en réglant la dynamo génératrice de manière que la tension primaire Ec varie de E0
- à E0" pendant que le courant primaire varie de*
- I à I'.
- . Influence de la résistance du circuit primaire. — Nous avons désigné par R la résistance de l’hélice primaire du transformateur et par r la résistance du circuit primaire entre les deux points où règne la différence de potentiel E« Supposons que r varie entre R et rs, rs désignant la résistance totale du circuit primaire, Ë0 varie alors entre Eco et E0J. ; E* entre E“„ et Et>, etc. (fïg. 6).
- La droite OEe donne alors la valeur et la phase de la différence de potentiel en un point quelconque du circuit. OE00 donne la valeur et la phase de la tension aux bornes de l’hélice primaire, tandis queOEM donne la valeur et la phase de la différence de potentiel aux bornes de la dynamo.
- La droite E„„ E?» peut donc représenter l’état de la ligne pour la marche à vide du transformateur.
- La différence de phase entre le courant primaire et la force électromotrice est représentée par l’angle E0 O F. Un simple coup d’œil jeté sur la figure montre que dans le circuit primaire d’un
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3og
- T
- transformateur lé décalage du courant contre la force éléctromotrice n’est pas constant, mais varie d’un point à l’àutfe; il est maximum (<|>— <p00) aux bornes de l’hélice primaire du transformateur
- et dimipue en s’approchant des bornes de la dynamo où il est minimum («f — <pos).
- Influence du nombre des tours de fil n et nx. — La
- figure 7 montre les variations des éléments du transformaient lorsque n et ni varient, le rapport — restant toutefois constant.
- »i
- Les constructions de la ligure 7 se rapportent aux valeurs suivantes de n et de nx :
- 75 «1 = 45
- 150 9°
- 300 180
- On suppose en outre que les résistances R et R! des hélices primaire et secondaire restent invariables ainsi que la résistance magnétique du noyau de fer.
- La figure 7 montre que lorsque le nombre des tours n et nx augmente, les points F se déplacent vers le bas suivant la courbe FF, ainsi que E, E", E0 et E“, tandis que les points F,, Fo1 et Fc se rapprochent de O. 11 en résulte une diminution des différences de phases <p, et — <p).
- Le transformateur a de cette manière un meilleur rendement et une plus grande capacité; de telle sorte qu'il peut être avantageux d’augmenter le nombre de tours aux dépens de la résistance.
- A mesure que n et nx augmentent, le coefficient
- p
- de transformation se rapproche de —.
- Ei nx
- Mais la perte pendant la marche à vide (r1=ao) diminue rapidement à mesure que n et nx augmentent, ce qui est un avantage sur lequel on n’insiste pas assez. On devrait toujours donner la perte à vide en 0/0 de la perte en pleine charge.
- Auto-règulation du transformateur pour courant constant. — Si le transformateur doit fournir un
- courant secondaire constant, il faut que I, et Ft soient constants (fx constant), tandis que E! doit augmenter proportionnellement avec rx.
- F„ = O F„ augmente aussi proportionnellement à rx, ce qui produit aussi une augmentation de F0, de telle manière que la droite Fc Fo1 reste toujours parallèle à elle-même.
- La perte par hystérésis est alors O F„lt c’est-à-dire proportionnelle à Z2.
- On a Fn = F( -f- F«i; l’intensité secondaire imaginaire augmente donc avec Fot, c’est-à-dire avec rx.
- F se déplace sur la droite / parallèle à F0F01, laquelle est d’autant plus près d’être perpendiculaire à O A que l’hystérésis du fer est plus faible.
- E et I se déplacent sur des parallèles à / tandis que E0 se déplace sur^e et augmente à peu près proportionnellement à rx.
- La différence de phase (p reste à peu près constante tandis que | augmente-rapidement avec r'..
- On voit donc que le courant primaire, dans les transformateurs à faible hystérésis Foi (où }x ex i sont à peu près perpendiculaires sur OA) est à peu près constant pour de faibles valeurs de rx et cela d’autant plus que Foi est faible, ce qui a lieu lorsque la résistance magnétique du transformateur est faible.
- Par conséquent lorsque rx est au-dessous d’une certaine limite, la régulation à courant secondaire constant exige un courant primaire constant.
- Dans la figure 8 on a représenté graphiquement les principaux éléments pour rx = 1, 2 et 4 ohms.
- Dans la figure 9 on a étudié le cas“où le courant primaire est maintenu constant.
- Les points J, E et F se meuvent sur des circon-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 3;ô
- férences ayant leur centre en O ; FF„ reste horizontal et la droite F„Foi parallèle à elle-même.
- La force magnétomotrice secondaire est représentée par'la longueur FB; elle est nulle pour rx
- =: 30, et pour de faibles valeurs de d’autant plus constante que OF" est près d’être perpendiculaire à OA. Quant à E0, il se déplace sur la ligne CO.
- /_ -/-< --i i . /
- F„ F,
- Influence d'une self-induction dans le circuit secondaire. — Dans ce qui précède on a supposé que le circuit secondaire était dépourvu de self-induction. Si nous abandonnons cette restriction, il faut calculer l’effet de la self-induction qui produit, comme on sait, une différence de phase entre le courant secondaire et la force électromotrice secondaire.
- Pour cela nous envisageons la self-induction du circuit comme étant formée d’un circuit magné-
- Fig. 10
- tique fermé, de résistance R2 sur lequel sont enroules m tours de fil. La force magnétomotrice
- exigée par la production du flux total d’induction Z2 est égale à R2 Z2.
- Ou en ampères-tours
- f2 = —
- 0,4 TZ
- Ce flux d’induction Z2 induit la force contre-électromotiice
- e __2 it m Zî
- représentée par la droite 0^2 (fig. io). L’intensité du courant est alors
- et la force électromotrice secondaire résultante est
- Celle-ci est la résultante de la force contre-électromotrice £2 et de la force électromotrice extérieure qui se déduit du parallélogramme O^iee0. L’angle w = e0 Oe est la différence de phase produite par ce circuit magnétique.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRJCITË 3ii
- Cet angle w étant déterminé, la construction du diagramme figure 11 se fait comme suit : on porte d'abord 0Fo = Fo; OEj — Et, et on porte à partir de OE, l’angle o>; en abaissant la perpendiculaire Ei En on obtient la force électromotrice
- résultante du circuit secondaire En = OEn. On en déduit ensuite les autres éléments F, Ij et lt Et E Si l’angle a> varie par suite d’un changement dans le self-induction du circuit secondaire, le point Elt se meut sur la demi-circonférence dé-
- crite sur OEj; il tend à se rapprocher de O pour une self-induction très grande. Les autres points Flf Ji, etc. se meuvent également sur des demi-circonférences.
- La self-induction du circuit secondaire augmentant, l’angle u> augmente de o (self-induction nulle) à 90° (self-induction infiniment grande).
- L’angle «j/ augmente à partir de la valeur mini-ma | jusqu’à 90° ; l’angle cp augmente à partir d’une valeur minima jusqu’à un maximum et diminue ensuite jusqu'à 9
- La différence <p — 9 augmente d’abord lentement, puis beaucoup plus vite.
- Ce qui précède montre donc les grands avantages des diagrammes basés sur les coordonnées polaires.
- Afin de constater d’une manière plus complète encore les avantages de cette méthode, il faut l'appliquer à un transformateur usuel dont les éléments sont combinés de manière à fournir un bon rendement.
- Dans ce cas il faut faire les constructions à une échelle un peu grande afin que les divers éléments ressortent bien, car dans un bon transformateur les différences de phases 9 et ^ sont très faibles et les pertes également.
- Une combinaison de la méthode graphique et du calcul fournit de précieux résultats, le calcul complétant les indications du dessin dans le cas assez fréquent où les points d’intersection des droites en présence son mal déterminés.
- Cet article étant déjà trop long, nous avons renoncé à donner les détails du calcul et du gra-
- phique d’un transformateur dont les données sont empruntées à la pratique. Ceux de nos lecteurs que cela intéresse pourront faire eux-mêmes cette application et ils se convaincront encore mieux ainsi de la simplicité et des avantages de la méthode de M. Steinmetz.
- A. Palaz.
- DES APPAREILS TRANSMETTEURS
- A DISTANCE
- Au nombre des questions mises en concours par la Société d’encouragément pour l’industrie nationale figurait celle de la transmission à distance des indications d’un baromètre ou d’un mano mètre.
- Les difficultés qui entourent la solution d’un tel problème sont grandes. Lorsqu’il s’agit de la transmission à distance des indications du niveau de l’eau, par exemple, on dispose généralement d’une force relativement considérable ; il est assez aisé de grandir l’effet de l’énergie disponible par la simple augmentation des dimensions du flotteur. Nous avons eu l’.occasion d’étudier dans ce recueil un certain nombre de dispositifs réunissant les meilleures qualités exigées de ce genre d’instrument.
- Ces systèmes ne sont pas applicables aux appareils délicats qui, par leur constitution propre, ne sont doués d’aucune énergie utilisable, tels que
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- les manomètres, les baromètres ou les boussoles.
- Celui que MM. Richard frères ont soumis à l’examen de la commission semble répondre à toutes les conditions du programme. Un prix de deux mille francs lui a été décerné.
- Le système est protégé par un brevet qui remonte déjà à l’année 1886, mais depuis cette époque les constructeurs lui ont apporté de profondes modifications qui l’ont élevé à un très haut degré de perfection.
- Ces améliorations ont eu pour objet de supprimer les émissions de courant qui se produisent lorsque les contacts d’envoi sont mal établis, émissions qui ont pour effet de détruire toute concordance entre les postes transmetteurs et récepteurs.
- Ce modèle est maintenant très répandu dans les observatoires et dans l’industrie.
- Une des applications les plus intéressantes est celle de la tour Eiffel, au faîte de laquelle on a placé des instruments météorologiques qui envoient au bureau central météorologique de France les indications qu’ils recueillent à 300 mètres au-dessus du sol.
- Suivant les distances qui séparent les deux postes, les appareils sont reliés par quatre ou deux fils ou même par un seul.
- Le synchronisme exact des deux postes en relation a été obtenu par une dépendance réciproque des deux appareils en vertu de laquelle l'un ne peut déplacer son aiguille que si l’autre le lui a permis en se déplaçant de la même quantité.
- Le baromètre, le thermomètre ou la boussole dont on veut transmettre les indications étant munis d’une aiguille indicatrice, l’extrémité de celle-ci est embrassée par une fourche dont les deux bras lui laissent un peu de jeu. Le levier qui porte cette fourche est placé un peu en avant de l’aiguille de façon que levier et aiguille se meuvent tous deux dans des plans parallèles, mais sans pouvoir se quitter puisque les bras de la fourche solidarisent leur mouvement. Le cavalier chevauchant ainsi l’aiguille est constitué par deux, pièces de platine isolées l’une de l’autre, formant contact avec l’aiguille; à gauche quand elle se dirige dans un sens, à droite dans le sens opposé. Le jeu laissé entre l’aiguille et chaque bras de la fourche lui permet de rester au milieu sans contact lorsqu'elle est immobile <Tig. 1.)
- L’aiguille du transmetteur est reliée à un des
- pôles d'une pile, chacun des côtés de la fourche aux fils d’entrée de deux électro-aimants distincts placés au récepteurs, les deux fils de sortie à l’autre pôle de la pile.
- Les connexions entre les deux postes étant ainsi établies, le fonctionnement des appareils est
- Fig. 1. — Appareil transmetteur.
- facile à suivre. L’aiguille indicatrice oscillant vers la droite ou vers la gauche se mettra en contact avec un des bras du cavalier et fermera le circuit de la pile sur l’un des deux électro-aimants correspondant du récepteur (fig. 2.) L’armature déclenchée commande un rouage d’horlogerie qui agit sur une des roues d’un engrenage différentiel dont le pignon meut le style enregistreur.
- Simultanément, le rouage déclenché complète, au moyen d’un doigt tombant dans un godet de mercure, le circuit d’une seconde pile indépendante de la première.
- Le courant retourne au transmetteur, passe dans un électro-aimant qui déplace alors la fourche d’une quantité égale à son déplacement antérieur de façon à remettre l’aiguille principale dans la ligne médiane de la fourche.
- On comprend la nécessité de la présence de deux électro-aimants au transmetteur répondant" aux deux mouvements alternés possibles im-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 313
- primés par l’un ou l’autre des rouages du transmetteur.
- Un interrupteur automatique fonctionne après chaque renvoi du courant par le récepteur.
- Essayons de pénétrer un peu dans les difficultés rencontrées dans la réalisation d’un tel système.
- Lorsqu’on approche très délicatement deux pièces métilliques l’ur.e .Je l’autre pour fermer un
- circuit d’un courant dont la tension est peu élevée, les deux pièces commencent par se toucher faiblement. Si dans le circuit est intercalé un électro-aimant, son armature accomplit une série de vibrations jusqu’au moment où le contact des pièces est franchement établi et assuré.
- Les vibrations avaient pour effet de faire passer plusieurs dents à la roue commandant le style du
- Fig. 2. — Appareil récepteur-enregistreur.
- récepteur avant même de renvoyer le courant qui devait déplacer la fourche, 11 était donc impossible de compter sur le synchronisme des appareils.
- Frappés de ces inconvénients, MM. Richard cherchèrent à y obvier. Le remède fut trouvé en plaçant au poste récepleur un servo-moteur formé d’un double rouage d’horlogerie, son déclenchement étant actionné par les armatures mobiles au moyen d’une sorte d’échappement à cheville. Ce rouage joue un double rôle — avantage à apprécier — c’est-à-dire qu’il a aussi pour mission d’établir le contact qui renvoie le courant au transmetteur pour y déplacer la fourche après l’effet d’indication obtenu au récepteur.
- Il eût été, en effet, très téméraire de se fier au mouvement des armatures des électros pour l’établissement de ce contact. C’est au rouage qu’incombe l’exécution de ce travail dont, au surplus, il s’acquitte d’une façon très sûre attendu qu’il n’a
- qu’à dépenser une partie de la somme considérable d’énergie emmagasinée par son ressort.
- Si le style du récepteur ne se meqt pas synchroniquement avec l’aiguille du transmetteur, celle-ci est immédiatement immobilisée, quelle que soit l'énergie de son moteur. Comme exemple supposons l’appareil placé sur un thermomètre et qu’au moment où il marque io degrés il y ait rupture de fils; alors tout se trouve soudainement arrêté, transmetteur et récepteur restent fixés à io degrés, quelle que soit la température qu’atteigne ensuite le premier. A l’instant du rétablissement des communications normales, si la température s’est élevée à 23 degrés le transmetteur gagnera le point 230 en même temps que le récepteur.
- De plus, il est toujours possible de s’assurer du poste récepteur si l’appareil est en bon état.de fonc-tionnement sans avoir à se déranger. Il suffit, par simple pression du doigt sur l’une des armatures,
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- des électros pour libérer le rouage de ce côté et déplacer le style enregistreur; mais comme on déplace également la fourche du transmetteur, celui-ci émet immédiatement un courant qui remet tout en place.
- Le système de transmission à trois fils qui a été décrit dans ce journal dans le courant de l'année dernière ne réunit pas les qualités de celui dont il vient d’être question, en ce sens que lors d’un raté, éventualité toujours possible avec l’emploi des courants électriques, le récepteur se trouvera en avance ou en rétard de cette même quantité. Le nouveau dispositif d’aiguille accompagnée d’une fourche a permis d’enregistrer à distance la température par dixième de degré et la pression barométrique par cinquième de millimètre. C’est une combinaison extrêmement heureuse; nous en montrerons d’autres dont sont coutumiers ces habiles constructeurs lorsque nous aborderons prochainement l’étude d’instruments d’autres genres sortis de leurs ateliers.
- E. Dieudonné.
- la SESSION
- DE L’ASSOCIATION BRITANNIQUE
- A LEEDS p)
- Parmi les communications les plus intéressantes présentées à la session de Leeds, il faut citer en premier lieu deux mémoires de M. Thomson relatifs aux courants alternatifs circulant dans des conducteurs métalliques; vu l’importance du sujet nous donnons une reproduction de ces documents aussi exacte que possible.
- SIR WILLIAM THOMSON
- Sur les courants alternatijs circulant dans les conducteurs parallèles en matière homogène ou hétérogène.
- L’auteur, en présentant ce mémoire, dit qu’il a l’intention d’en publier prochainement dans le Phi-losophical Magazine les développements mathématiques; il ne donne actuellement que les conclusions.
- i° Supposons que deux ou plusieurs conduc (*)
- teurs rectilignes, parallèles, de longueur infinie, sont parcourus par des courants alternatifs, et considérons les extrémités assez éloignées pour que les courants ne soient passensiblement déviés de la ligne droite. Les conducteurs considérés doivent former un ou plusieurs circuits fermés et par conséquent les quantités totales d’électricité qui traversent la section normale en sens contraire, dans l’unité de temps, seront égales entre elles.
- Cette condition se confond avec celles déjà énoncées que les lignes de courant doivent être parallèles et rectilignes et que les quantités totales d’électricité traversant en direction opposée une section normale doivent être nulles.
- 20 Supposons que la période d'une alternance soit très grande par rapport au temps que met la lumièreàtraverserunedistanceégaleau plusgrand diamètre de la section transversale de l’ensemble des conducteurs.
- 30 On suppose la longueur des conducteurs et leur résistance suffisamment faibles pour que les quantités d’électricité déposées sur les surfaces limites et enlevées à ces mêmes surfaces en raison, le long des conducteurs, des forces électrostatiques nécessaires à la production des alter-. nances des courants soient négligeables relativement à la quantité totale d’électricité circulant dans chaque direction pendant une demi-période. Cette supposition écarte certains problèmes pratiques importants de télégraphie et de téléphonie, le problème des longs câbles sous-marins par exemple, mais elle comprend le problème de l’éclairage électrique par courants alternatifs transmis à haute tension, à travers de grandes distances, comme de Deptford à Londres.
- M. Thomson donne à ce propos l’exemple suivant : Dans le cas de câbles sous-marins ou de circuits métalliques formés de deux fils .parallèles isolés et situés à des distances n’excédant pas quelques centaines de fois leur diamètre, l’expression numérique de la capacité électrostatique de chaque conducteur, l’autre étant au potentiel zéro, est comprise entre 2 et 0,1 ; pour une comparaison approximative, on peut regarder ce nombre comme assez petit par rapporta l’unité. Dans cette hypothèse la condition énoncée plus haut exige que la moyenne proportionnelle entre la vitesse qui exprime en mesure électromagnétique la résistance d’un des conducteurs et la vitesse d’un corps qui parcourt la longueur du conducteur dans un temps égal à la demi-période
- (*) La Lumière Electrique du 1" novembre 1890, p. 210.
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- 215
- d’une alternance soit très petite par rapport à là vitesse de la lumière.
- 4° Le calcul général renferme aussi bien le cas d’un nombre quelconque de circuits séparés composés de conducteurs parallèles qüe celui d’un circuit simple, mais pour plus de simplicité M. Thomson suppose que les extrémités du système des conducteurs sont reliées de telle façon que l’ensemble forme un circuit simple de deux conducteurs parallèles.
- Fig. i et 2
- Ce système peut être formé soit de deux conducteurs parallèles (fig. i), soit d’un système où
- Fig.
- l'un d’eux entoure l’autre (fig. 2). Les conducteurs peuvent être simples ou en arc multiple.
- 50 On imagine que chaque conducteur est homogène comme matière et section d’un bout à l’autre, mais pas nécessairement homogène dans les différentes parties de la section. Ainsi les deux conducteurs ou les différentes parties de chacun d’eux peuvent être constitués de métaux différents; chaque conducteur ou partie de ce conducteur peuvent aussi être faits de deux métaux (comme du fer et du cuivre, ou du fer et du plomb) disposés parallèlement et soudés ensemble.
- 6° Soient A et A' les aires des sections transversales. Les différentes portions de A sont reliées tnétalliquement à leurs deux extrémités; elles sont donc au même potentiel à une extrémité et à un potentiel différent à l’autre extrémité; il en est de même pour A'. L’homogénéité des matières et des sections transversales le long des conducteurs et l’uniformité du courant total, supposée au n°3, exigent que les différentes parties de A situées dans la même section se trouvent au même poten-
- 3
- tiel. et cela quoique A renferme plusieurs parties isolées, de même que A'. Si, comme dans les figures 1 et 2, toutes les parties de A et celles de A' sonren communication métallique, ceci nécessiterait un potentiel uniforme pour A et pour A', même sans la restriction de notre sujet parle n° 3.
- 7° L’analyse mathématique appliquée à ce sujet conduit à des résultats dont nous énumérerons les plus importants.
- 1, Lorsque la période d’une alternance est grande
- par rapport à 400 fois le carré de la plus grande épaisseur et du plus grand diamètre de l’un quelconque des conducteurs, multiplié par sa perméabilité magnétique et divisé par sa résistance spécifique, l’intensité du courant est distribuée à travers chaque conducteur inversement à la-résistance électrique de celui-ci; la phase d’alternance du courant est la même que la phase de la force électromotrice, et le courant qui traverse chaque aire infinitésimale de la section transversale
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- se déduit de la force èlectromctrice à chaque instant simplement d’après la loi d’Ohm.
- H. Lorsque la période est très petite par rapport à la quantité précédente, le courant est confiné dans une bande très mince des conducteurs. L’épaisseur de cette bande est directement proportionnelle à la racine carrés du quotient qu’on obtient en divisant la résistance spécifique par la perméabilité magnétique de la substance en différentes parties de la surface. La quantité totale du courant par unité de largeur de la surface est indépendante de la matière, et, excepté dans les cas qui nous occuperont plus loin (à la fin du n° 11), elle varie dans chaque section proportionnellement à la densité électrique superficielle de l’électrisation statique induite par la force électromotrice qu’on applique aux extrémités afin de maintenir le courant. La distribution de cette densité électrique est semblable dans toutes les sections transversales, mais la grandeur absolue, en des points correspondants de la section, varie le long du conducteur proportionnellement à la différence de potentiel entre A et A' ; cette différence est zéro à une extrémité, dans le cas particulier où les conducteurs sont reliés à travers une résistance négligeable d’un côté, tandis que la force électromotrice est appliquée par une dynamo alternative de l’autre.
- La distribution superficielle du courant élec-tiique est uniforme pour toute la longueur des conducteurs, et ce n’est que la distribution en différentes parties de la section transversale qui varie comme la densité électrique.
- La proportionnalité de la densité superficielle du courant à la densité électrique indiquée plus haut n’a plus lieu chaque fois que les conditions sont telles que la distance qu’il faut franchir pour trouver une différence sensible dans la densité électrique n’est pas très grande, comparée à l’épaisseur de la bande à travers laquelle l’électricité circule.
- Un cas de ce genre est représenté figure 3, dessi née à l’échelle, pour des courants alternatifs dont la période est 1/80 de seconde, et dans des tiges rondes en cuivre de 6 centimètres de diamètre. Les espaces entre les surfaces limites extérieures et les circonférences tracées à l'intérieur sont ce qu’on peut appeler l’épaisseur conductrice^), soit
- (t) M. Thomson se sert de l’expression « Mhoic thickness » épaisseur en mhos, anagramme du mot ohm. Voir Collected Papers, vol. III, art. Cil,'sec. 35.
- 0,714 centimètre pour du cuivre ayant une résistance spécifique de 1611 centimètres carrés par seconde.
- La solution complète d’un cas de ce genre représenté figure 3 appartient à la grande classe des cas inteimédiaires entre I et 11; on ne pourrait en obtenir la solution qu’à l’aide de mathématiques ranscendantes d’une nouvelle espèce. Mais, sans faire la solution complète, on peut voir facilement comment le maximum de l'intensité du courant par rapport au temps diminue de la surface à l’intérieur et sera, à un point quelconque des circonférences intérieures, environ la moitié ou le tiers de ce qu’il est au point le plus voisin de la limite, et que pour des points de la surface distants de B B' de la moitié de l’épaisseur conductrice, ou de une fois, ou de deux fois cette épaisseur, l’intensité du courant sera beaucoup plus faible qu’elle ne l’est en B B'.
- III. Dans le cas n° I la chaleur engendrée dans l’unité de temps en différentes parties des conducteurs est ^inversement proportionnelle à la résistance spécifique de la substance, et directement proportionnelle au carré de l’intensité totale du courant à un instant quelconque. Dans le cas n° II, la moyenne par rapport au temps de la chaleur engendrée par unité de temps est proportionnelle à la valeur moyenne par rapport au temps du carré du courant par unité de largeur
- Fig. 4
- multipliée par la racine carrée du produit dé la résistance spécifique par la perméabilité magnétique.
- IV. Comme exemple du n° III, soit A le conducteur en forme Je ruban, comme sur la figure 4, ce conducteur étant entouré d’un tube, dont la plus faible distance à A est un nombre considérable de fois la largeur de A. L’épaisseur de A doit être suffisante pour satisfaire à la condition 11 et la largeur doit être grande par rapport à l’épaisseur. Pour du cuivre transportant des courants alternatifs d’une fréquence de 80 périodes par seconde, ces conditions sont remplies pratique-
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- ment par une barre plate de 4 centimètres d’épaisseur et de 30 à 40 centimètres de largeur. Le courant est confiné principalement dans deux bandes pénétrant à de faibles distances à l’intérieur des deux côtés. Pour du cuivre à une fréquence de 80 périodes par seconde le maximum de l’intensité du courant à la surface par rapport au temps sera d'environ e% ou7,14 de ce qu’elle esta l’inté-' rieur, à une distance de 1,43 cm. de la surface. La' quantité du courant par unité de largeur, ou, comme nous pouvons l’appeler, la densité superficielle du courant dans chaque bande, est déterminée par la solution bien connue du problème relatif à la densité superficielle d’un ellipsoïde conducteur électrisé et non soumis à l’influence d’un autre corps électrisé. Il nous faut considérer un ellipsoïde dont le grand axe est infini, dont l’axe moyen est la largeur de notre conducteur plat, et dont le petit axe est infiniment petit. Dans ces conditions la densité électrique est inversement proportionnelle à \/OB2 — OP2. La con-struction graphique de la figure montre PQ = >/OB2— OP2; il s’ensuit que le maximum delà densité superficielle du courant par rapport au temps est inversement proportionnel à PQ:
- La valeur infinie qu’on trouve dans le problème électrique pour la densité électrique sur le conducteur parfait ne se présente pas dans le problème du courant électrique, en raison des coins rectangulaires ou arrondis de la barre de cuivre : cette question, bien que présentant un intérêt considérable, n’est pas traitée dans le présent mémoire. il suffit de dire qu’il n’y a pas de valeur infinie, même si les surfaces limites ont des angles mathématiques.
- V. Exemples des cas I et II. — Supposons que A consiste en trois fils circulaires C, P et F, respectivement en cuivre, en plomb et en fer. Dans'les conditions n° I, les quantités totales du courant et celles de la chaleur engendrée par unité de temps seront inversement proportionnelle» aux résistances spécifiques. Dans les conditions n° II, si les centres des trois sections circulaires forment un triangle équilatéral, les quantités de chaleur engendrées seront directement proportionnelles aux racines carrées des résistances spécifiques de C et de P; quant à F, elles seraient comme la racine carrée du produit de la résistance spécifique par la perméabilité magnétique, si cette perméabilité était constante et si la résistance visqueuse ou de
- frottement correspondant à un changement d’aimantation n’existait pas dans les circonstances actuelles. Il est probable que cette dernière hypothèse est approximativement vraie, avec une perméabilité de 1/80 pour de l’acier, .d’après lord Rayleigh, si le courant est assez faible pour que la plus grande force magnétisante agissant sur le fer soit inférieure à o, 1 C. G. S.
- VI. La quantité totale transportée dépendant de la superficie, d’après le problème électrostatique décrit au n° 11, cette loi justifie les assertions de Snow Harries, et montre l’erreur de ceux qui, se fondant sur la loi d’Ohm, critiquaient lestubesou les bandes qu’il préconisait comme conducteurs de paratonnerres ; mais cette même loi ne l’autorise pas à les mettre à l’intérieur d’un navire, au lieu de leur faire traverser le pont et de les faire descendre en bas des côtés. L’indépendance entre les quantités totales de courant et la matière, soit fer, soit un métal non magnétique, semble être en parfait accord avec les expériences et doctrines de M. Lodge sur la « route alternative» et les conducteurs de paratonnerres. Le cas des courants alternatifs n’est évidemment pas exactement celui des décharges de la foudre, mais on en déduit par les méthodes de Fourier, les conclusions des nos II et V, que les décharges soient oscillatoires ou non, pourvu qu’elles soient aussi brusques que nous avons lieu de croire celles de la foudre.
- SIR WILLIAM THOMSON
- Sur du cuivre anti-efficace' dans des conducteurs
- parallèles ou dans des conducteurs enroulés pour
- courants alternatifs. -
- 1. On sait qu’en donnant trop d’épaisseur aux conducteurs d’un circuit on ne profite pas de la conductibilité totale du métal — disons du cuivre— avec les courants alternatifs. Lorsque le conducteur est trop épais, on est en présence d’un excès de cuivre relativement sans effet ; mais, à ma connaissance, on suppose généralement que plus on augmente l’épaisseur du conducteur plus on augmente la conductibilité totale; on suppose donc qu’une très grande épaisseur ne peut pas faire plus de mal que d’ajouter du cuivre comparativement peu actif à~celuT qui est le plus efficace pour transporter le courant.
- On pourrait cependant s’attendre à obtenir une augmentation réelle de la résistance parce qu’on
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- sait que la présence du cuivre dans le voisinage d’un circuit parcouru par des courants alternatifs a pour effet une augmentation virtuelle de la résistance apparente du circuit, à cause de la chaleur développée par les courants qui y sont induits. N'est-il pas possible qu’une influence anti-effective, comme celle produite par du cuivre ne faisant pas partie du circuit, soit exercée par du cuivre faisant partie du circuit lorsque le conducteur est trop épais ? En soumettant la question à l’analyse mathématique, M. Thomson a trouvé qu’il faut répondre affirmativement et qu’il y a augmentation de la résistance effective lorsque le conducteur est trop épais ; spécialement dans des bobines comportant plusieurs couches de fil enroulées en série sur un noyau cylindrique ou
- Fig. 6
- plat, comme cela arrive dans différentes formes de transformateurs.
- 2. Dans la figure 5, on a représenté la bobine secondaire d’un transformateur consistant en fil solide carré en trois couches. Pour simplifier on peut supposer que la longueur mesurée le long de l’axe est infinie et que l’axe est rectiligne ; l’uniformité qu’implique cette hypothèse est réalisée dans une application pratique, dans cette excellente forme de transformateur qui consiste en un noyau de fer en forme de tore, couvert complètement de fils primaires et secondaires.
- Pour simplifier l’investigation, on suppose que l’épaisseur totale des trois couches est faible par rapport au rayon de courbure des surfaces cylindriques sur lesquelles le fil est enroulé ; mais si
- cette condition n’est pas réalisée on obtient facilement la solution, pour des cylindres à base circulaire par les fonctions de Fourier et de Bessel. Peu importe, pour notre question, ce qu’il y a à l'intérieur de la bobine n° 3, et nous pouvons supposer qu’il ne s’y trouve que de l’air.
- La figure indique cependant un noyau de fer et un espace qui pourrait être occupé par la bobine primaire s’il s’agit d’un transformateur, ou notre bobine A A A A peut être la bobine primaire d’un transformateur ayant la bobine secondaire et le noyau placés à l’intérieur, tandis que le courant alternatif est maintenu à ses extrémités par une force électromotrice extérieure agissant dans un axe entre ses extrémités à l’extérieur. Les résultats actuels sont applicables indifféremment à tous ces cas ; tout ce qu’il faut c’est que lâ quantité de courant soit donnée à chaque instant et qu'elle soit uniforme pour toute la longueur du conducteur enroulé.
- 3. Cette dernière condition est assurée par l’isolation entre les différentes couches de la bobine à moins qu’on ne considère une bobine tellement longue que la quantité d’électricité nécessaire pour le changement de l’électrisation statique se manifestât au point de retirer ou d’ajouter du courant à la bobine.
- 11 est excessivement curieux et intéressant de considérer l’électrisation statique éntrant en ligne de compte pour maintenir des courants alternatifs dans une bobine comme celle présentée figure 5 ; mais on ne s’en occupera pas maintenant, car dans tous les cas que présente la pratique, les quantités sont infiniment petites par rapport à la quantité totale d’électricité circulant dans un sens ou dens l’autre pendant la demi-période.
- 4. Dans la figure 5 la section des fils est représentée comme carrée; mais cette forme n’est.pas nécessaire, et dans la pratique un ruban rectangulaire serait sans doute préférable pour certaines dimensions de bobines. On suppose que l’épaisseur de l’isolement entre les carrés ou rectangles successifs dans chaque courbe est infiniment petite par rapport à la largeur du rectangle; mais l’épaisseur de l’isolement entre les couches nécessaires, ce qui est indifférent dans les calculs, peut être quelconque; dans la pratique, cette épaisseur sera nécessairement, comme le montre le dessin, beaucoup plus considérable que l’isolement entre deux portions successives du fil dans chaque couche.
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- 5. L'analyse mathématique complète que j’espère, dit Sir William Thomson, publier prochainement dans le PMlosophical Magazine renferme une investigation relative à la self-induction de la bobine, avec ou sans noyau intérieur; mais actuellement je donnerai simplement les résultats pour ce qui concerne la résistance effective, ou la génération de chaleur à l’intérieur du fil de la bobine A A A A, résistance qui, comme je l'ai dit plus haut, est indépendante de tout ce qu’il y a à l’intérieur et du mode de production du courant alternatif, pourvu simplement que la quantité totale d’électricité traversant la section du fil par unité de temps soit donnée à chaque instant.
- 6. Je donnerais d’abord, pour faciliter l’expression de ce résultat, un aperçu général de la solution du problème de la diffusion laminaire d’une variation harmonique simple appliquée au cas de courants électriques dans un conducteur homogène. Supposons donnée la force magnétique variant périodiquement dans l’air ou dans une autre substance isolante au voisinage d’une portion S de la surface d'un conducteur assez petite pour que nous puissions la considérer comme plane. Décomposons cette force magnétique en deux composantes, l’une perpendiculaire à S, qu’on peut négliger comme étant sans influence par rapport aux courants que nous allons considérer; l’autre, parallèle à S, que nous appellerons la composante effective et que nous désignerons par Y. Par un point quelconque O de S menons trois droites rectangulaires O X, OY, OZ : OY et OZ sont situés dans la surface S et O X est parallèle à la direction de la composante effective Y de la force magnétique.
- Soit la valeur de Y au moment t :
- «» m» 2 7t /
- Y = M cos -J-»
- expression dans laquelle M désigne une constante et T la période de l’alternance. La force magnétique variable Z, quelle qu’en puisse être la cause, donne naissance à des courants parallèles à OZ dans le conducteur, ce qui est exprimé par la formule suivante pour y* l’intensité du courant à la distance X du plan S, pourvu que T soit assez petit pour remplir la condition énoncée plus loin :
- équation dans laquelle X désigne ce que nous
- pouvons appeler la longueur d’onde d'une impulsion; cette longueur est donnée en fonction de T, la période d’une impulsion, ainsique de petn, résistance spécifique et perméabilité de la substance, par la formule :
- Pour le cuivre on a n = 1 et p = 1611 centimètres carrés par seconde; ainsi, pour 80 périodes par seconde on aurait X = 4,49 ou environ 4 1/2 centimètres. Pour que l’expression de y soit approximativement vraie, il est nécessaire, en premier lieu, que X soit petit par rapporté la distance qu’il faut franchir, dans une direction quelconque de la surface S, avant de trouver une déviation quelconque par rapport au plan tangent, à travers O, laquelle soit comparable avec X. En second lieu, il faut, pour une bonne approximation, queX soit si petit que l’on puisse parcourir à l’extérieur, dans une direction quelconque à partir de O, un espace égal au moins au double de X, sans rencontrer quelque part la surface limite du conducteur.
- Si, par exemple, la surface est un disque plein, cette condition exige que l’épaisseur soit plus que le double de X. Mais (puisque e — * est moindre que 1/23) la formule donne une bonne approximation, exigeant seulement que, pour l’épaisseur du disque à l’intérieur, à partir de S, la correction n’excède pas 4 0/0, même si l’épaisseur du disque n’est pas supérieure à X. Lorsque cette épaisseur est moindre que 2 X, nous pouvons considérer les ondes du courant électrique comme voyageant vers l’intérieur à partir de ses deux côtés, et comme étant toutes les deux sensiblement au milieu du disque, et on trouve facilement la solution complète du problème par la méthode des images. Mais l’investigation analytique directe, par laquelle sont remplies les conditions convenables de relation avec la force magnétique des deux côtés du disque est la manière la plus convenable de résoudre le problème et c’est ainsi que l’on a obtenu les résultats indiquas plus loin.
- 7. La petitesse de l’espace occupé par l’isolement des tours successifs de chaque couche de la bobine AA A A et l’égalité du courant total qui les traverse s’opposent à toute distribution^ui se produirait aux faces contiguës, et permettent de traiter le problème comme si, au lieu d’une rangée de carrés ou rectangles, on avait un disque continu formant chaque bande. La faiblesse de
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- l’épaisseur de ce disque par rapport au rayon de la surface cylindrique à laquelle elle est courbée permet, comme nous l’avons dit plus haut, de traiter mathématiquement, sans erreur appréciable, le cas d’un disque infini limité par deux plans parallèles.
- J’ai trouvé ainsi une expression pour l’intensité du courant à un point quelconque situé dans le métal de l’une quelconque des couches d’une bobine d'une, deux, trois ou plusieurs couches, et j’en ai déduit une expression pour la quantité de chaleur dégagée par unité de temps, à un instant quelconque par unité de largeur dans l’une quelconque des couches.
- Je n’ai pas besoin de citer actuellement la première expression. Voici la seconde : Désignons par q la valeur dynamique moyenne, par rapport au temps, de la chaleur dégagée par unité de temps à différents instants de la période, par unité de largeur et unité de longueur dans la couche N° i, comptée de l’extérieur de la bobine; désignons par â la valeur moyenne, par rapport au temps, du carré du courant total par unité de largeur, et par a l’épaisseur de la couche, nous avons :
- où
- 2 0. , — 20 e 4- a sm 2 fc — e
- *» a — 2 0
- e" — 2 cos 2O + 0
- + 2l(t—1)
- 0 • „ — 0 e — 2 sm 0 — e
- 0**+ 2 cos 0 + e ®
- et
- 2 it a X
- 8. Les résultats numériques inscrits dans le tableau suivant ont été calculés et la représentation graphique figure 6 a été donnée par M. Mac-lean.
- Tableau des valeurs de 0.
- 16 6 7t i = 1 / = 2 * = 3 i = 4
- I 5,"3 5,118 5,127 5,'4i
- 2 2,553 2,592 2,669 2,786
- 4 1,3>6 1,634 2,270 3,224
- 6 0,0854 ',997 4,019 7+53
- 8 0,9'73 2,993 7,'43 '3,37
- 10 0,9452 4,062 10,30 19,65
- 1 2 0,9822 4,889 12,73 24,48
- >4 5,276 '3,83 26,66
- l6 1 ,002 5,362 14,08 27,16
- X) “ 5,000 1 5,06 25,00
- 9. Nous voyons à l'inspection de ce tableau et
- des courbes que chaque courbe présente un minimum de distance à l’axe des abscisses, et que chaque courbe a une asymptote horizontale parallèle à l’axe des abscisses pour 0 = oo.
- En examinant les formules, nous voyons en effet qu’il y a dans l’expression de © une succes-
- sion infinie de minima et de maxima ; mais nous ne regardons comme sensibles que le premier minimum et le maximum suivant, qui sont compris entre les limites des variations de ©. Dans
- le cas où i = i la formule donne 0 = I % pour le
- premier minimum.
- Les courbes montrent que, lorsque i = 2, 3, 4, le premier minimum est — = 4 1/2, 3 et 2,6.
- 7T
- L’épaisseur qui correspond à 0 = w, si les demi-longueurs d’onde de la perturbation électrique, qui, comme nous l’avons vu, est pour le cuivre 2,244 centimètres lorsque la fréquence des alternances est de 80 périodes par seconde, et dans ces conditions l’épaisseur qui donne le moindre développement de chaleur dans la i,e, 2e, 3e et 4e couche est respectivement 11,22, 6,31, 4,21 et 3,65 millimètres. Une quantité quelconque de cuivre continu en sus de ces épaisseurs dans une quelconque des couches ne sera pas seulement pas ou peu efficace, mais serait positivement anti-efficace. Même avec une épaisseur aussi faible que 2,8 millimètres pour le cuivre et une fréquence de 80, la deuxième ligne du tableau (correspondant à un seizième de la longueur d’onde) montre dans les ire, 2e, 313 et 40 couches des pertes de 0.3 0/0, 2 0/0, 5 0/0 et 10 0/0 en
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- sus de celle due à la vraie résistance, si tout le cuivre est efficace.
- Lorsque les dimensions choisies pour le transformateur et l’énergie totale nécessaire sont telles que l’épaisseur de 2 \{2 millimètres dans la direction perpendiculaire aux couches n’est pas suffisante, on peut y remédier en prenant des fils séparés ou tordus ensemble, avec un faible isolement de vernis ou de cire blanche.
- Une très faible résistance entre les différents fils ainsi tordus ensemble devrait suffire pour forcer le courant à parcourir presque entièrement chaque fil et empêcher la perte sensible qui fait l’objet de la présente communication.
- P.-H. Ledeboer.
- (A suivre.)
- UN NOUVEAU GALVANOMÈTRE
- Les principes de construction des voltmètres et ampèremètres forment déjà une longue nomenclature. En voici je crois un de plus. — M’inspirant d’une disposition imaginée par mon père pour un appareil spécial, j’empile des disques de fer en interposant des ressorts (fig. 1) ; ces ressorts doivent être tels que les faces de deux disques voisins ne soient pas distantes de plus de 2 millimètres environ. Entourons la pile de disques d’une bobine d’un diamètre suffisant pour éviter les contacts. Le courant lancé dans la bobine produit dans les pièces de fer des pôles disposés de la même manière; si la face supérieure du premier est un pôle N, la face supérieure du deuxième sera aussi un pôle N, et les faces inférieures seront des pôles S.
- On voit immédiatement que les faces opposées doivent s’attirer et produire un abaissement de la colonne. Quand le courant cesse, les ressorts remettent les disques dans leur position primitive.
- Remarquons que si un instrument contenant comme organe essentiel un ressort est souvent défectueux, une machine composée avec un grand nombre de ressorts peut devenir très bonne. En outre le sectionnement des rondelles réduit le magnétisme rémanent. Le résultat de ce s deux observations c’est que l’appareil que je viens de décrire donnerait probablement des indications concordantes.
- Le premier galvanomètre employé se composait de rondelles de fer ordinaires, de 2 millimètres d’épaisseur et de 35 millimètres de diamètre; elles étaient séparées par de nombreuses rondelles analogues en papier d’emballage; l’élasticité du papier servait de ressort. Cet appareil fonctionnait assez bien.
- Pour amplifier les déplacements, je place sur la colonne un poids suffisamment lourd, par exemple une masse de plomb; j’y fixe une tige verticale; à l’extrémité de cette tige s’articule un levier
- Fig. 1
- dont le point fixe est en F (fig. 1); l’extrémité du levier se meut sur un cadran gradué. — II est plus logique, lorsque l’écrasement de la colonne devient considérable, d’employer une tige A à crémaillère et de remplacer le levier par un pignon entraînant une aiguille indicatrice.
- Un autre appareil, composé d'e gros disques en -fonte (épaisseur 8 millimètres, diamètre 65 millimètres) a donné d’assez bons résultats. J’ai entouré la pile formée par 18 de ces disques d’une bobine en bois sur laquelle était enroulée une grande quantité de fil. Les disques reposaient librement les uns sur les autres, et l’écrasement de a colonne sous l’influence du courant se produisait dans un sens absolument vertical.
- Dans une première série d’expériences, les ressorts interposés étaient de simples tronçons découpés dans un tube de cet excellent caoutchouc noir si estimé des physiciens. La hauteur de ces cylindres évidés (fig. 2) était à très peu près la même (2 millimètres environ); je les disposai à plat sur chaque disque de fonte suivant les trois [ sommets d’un triangle équilatéral; la colonne fut
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- surmontée d'un disque en plomb entraînant le levier amplificateur dont j’ai parlé tantôt.
- Le rapport était égal a —.
- J’avais à ma disposition, pour ces expériences,
- Fig. *
- une installation à voltage variable, et une série de voltmètres industriels.
- Sur la figure 3, la ligne polygonale inférieure montre les déplacements de l’aiguille; un millimètre horizontalement représente un volt; 2 millimètres verticalement représentent un millimètre de déviation de l’extrémité de l’aiguille. On voit que les déviations croissent proportionnellement aux volts observés, entre 27 et 53 volts. Le point extrême correspond à une déviation de 18 millimètres obtenue avec 57 volts aux bornes de la bobine; de sorte que l’écrasement de la colonne peut être évalué à 2 millimètres; la hauteur totale de la colonne était de 185 millimètres.
- J’ai essayé d’autres ressorts; j’ai interposé des ressorts d’acier (ressorts d’horloge) larges de 1 centimètre, coupés à la longueur de 12 à 13 millimè-
- Fig. 3
- très, et courbés. J’ai obtenu le diagramme supérieur figure 3. Le point extrême correspond à une déviation du bout de l’aiguille de 8 millimètres, obtenue pour 50 volts.
- Le magnétisme résiduel de l’acier est une objection à l’emploi de ce métal dans un galvanomètre.
- On pourrait, avec plus de raison, employer des ressorts en bronze ou en laitoh dur.
- On observe que les déviations sont à peu près deux fois moindres pour l’appareil monté avec ressorts d’acier. C’est que ces ressorts résistent mieux que le caoutchouc à l’écrasement. Je crois que la courbe supérieure monterait encore avec le voltage pendant un certain temps. Au contraire, la courbe inférieure ne tarderait pas à devenir horizontale, l’écrasement maximum étant obtenu plus tôt avec le caoutchouc; la dernière indication rapproche déjà la courbe de l’horizontale.
- On peut se demander comment fonctionnerait un appareil analogue construit avec des disques très minces. Pour réaliser cet appareil j’ai fabriqué à l’emporte-pièce des rondelles en tôle de 0,3 millimètre d’épaisseur et de 20 millimètres de diamètre. Après en avoir empilé 60 en interposant
- Fig. 4 et 5.
- du papier buvard épais la hauteur de la colonne était de 65 millimètres. La pile était installée dans une éprouvette en verre sur laquelle étaient enroulés 150 tours de fil de 1 millimètre. Le courant de4 piies au bichromate a produit un abaissement de la colonne que j’ai pu évaluer à 0,5 millimètre. Ce résultat n'est pas brillant. On obtiendrait de meilleures déviations en employant comme ressorts des rondelles de flanelle ou de papier ordinaire.
- Pour obtenir des écrasements plus considérables, l’idée la plus élémentaire est d’augmenter la hauteur, le nombre de disques empilés. Mais à mesure que la hauteur delà pile augmente, sa stabilité diminue, et cela, assez rapidement, à cause des ressorts interposés. On peut en partie éviter cet écueil en se servant de rondelles évidées suivant un cercle, et empiler les disques en prenant comme axe une tige de verre, par exemple, ou d’un métal bien poli, pour diminuera ytant qpe possible les frottements (fig. 4).
- On pourrait aussi employer trois tiges de verre et des disques percés de trois trous (fig. 5); ceci serait excellent pour la stabilité, mais très çnauvais pour la sensibilité.
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- On augmenterait probablement les effets en employant une couronne de fils de fer ou de petits barreaux de fer doux tapissant l’intérieur de la bobine. Enfin, pour accroître l’attraction magnétique des disques, on peut augmenter les surfaces en regard jusqu'à une certaine limite que je n’ai pas déterminée.
- Mon but n’a pas été, en présentant cet appareil, d’annoncer un nouvel enregistreur industriel; j’ai cru le principe assez intéressant pour pouvoir être soumis à l’examen des électriciens, et je serai heureux si un inventeur parvient à en tirer un jour quelque chose de pratique.
- Je présente en terminant, mes remerciements à M. le professeur Eric Gérard, qui a bien voulu m’accorder l'autorisation d’expérimenter mon appareil à l’Université de Liège et m’aider de ses précieux conseils.
- F. Leconte.
- L’EXPOSITION D’EDIMBOURG (»)
- Avant de quitter la galerie des machines nous allons jeter un coup d’œil sur quelques-uns des principales installations.
- Fig. i. — Dynamo Paterson et Cooper et sa machine à vapeur.
- L’exposition de MM. Paterson et Cooper renferme leurs nouveaux types de dynamos Phénix pouvant être actionnées par courroies ou cordes ; ces machines, sont contrairement au type ancien, à circuit magnétique simple et de la forme type supérieur.
- Un spécimen de ce type est commandé directement par une machine Westinghouse recevant la vapeur sous une pression de 8 kilog. par cm2. Ce moteur est muni d’un régulateur pour l’admission de la vapeur (fig. i).
- Cette maison s’est adonnée à l’appareillage électrique pour les navires ; nous y remarquons entre autre des supports pour lampes en métal argenté, ayant un véritable cachet artistique, qui d’ailleurs n’est pas incompatible avec l’éclairage par l’électricité.
- Nous y voyons aussi un petit moteur électrique destiné à la ventilation dans les steamers et^des reproductions de navires éclairés à l’électricité : (*)
- (*) La Lumière Electrique du 25 octobre 1890, p. 174.
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- le Parisien, de 6000 chevaux, sur lesquels on a prélevé quelques chevaux pour actionner deux dynamos mues par des moteurs à grande vitesse, et qui alimentent 500 lampes.
- La maison a naturellement sa lampe à arc Phénix qui, paraît-il, fonctionne indifféremment sur une distribution à intensité ou à potentiel constant. Dans Je cas où les lampes sont en série, en cas de rupture des charbons, ou pour toute autre cause de solution de continuité dans le régulateur, un levier abandonné par l’électro en série vient fermer le circuit sur une bobine de fil de maille-chort de résistance convenable. Quand les lampes sont en dérivation, elles doivent avoir 65 volts aux bornes, et la bobine de maillechort (qui absorbe dans ce cas environ 15 volts) n’est plus placée en dérivation, mais en circuit avec chaque lampe. Nous avons vu fonctionner ces régulateurs dans plusieurs rues de Londres ; il y en a aussi à The Albert Instüute à Dundee.
- Citons enfin une collection de voltmètres apériodiques magnétiques ainsi que du genre CarJew nouveau modèle et d’ampèremètres industriels (jusqu’à 2500 ampères).
- . Nous trouvons ensuite l’exposition de MM. Car-rick et Ritche, ingénieurs hydrauliciens, qui présentent une série de turbines et autres moteurs hydrauliques destinés à une foule d’usages, et entre autres à la commande de dynamos ; c’est à ce titre que nous nous y arrêtons.
- Cette installation est plus qu’une simple exposition de turbines; ce n’est rien moins que la démonstration d’un nouveau système d’éclairage électrique : un faible courant d’eau, en agissant tout le jour dans une turbine système IVaverley, charge une batterie d’accumulateurs qui le soir peut alimenter une installation importante.
- Ce système n’est pas aussi coûteux qu’il peut le paraître au premier abord, car l’eau qui a servi à actionner le moteur n’est pas souillée, ne touchant, paraît-il, aucune pièce graissée, et peut être employée pour l’alimentation de chaudières à vapeur, de salles de bains, etc., et même pour l’usage de la table.
- Nous avons vu en effet un petit moteur de ce système actionner une dynamo et recevoir pour cela l’eau à une pression de3 à 4 kilog. par cm*; à sa sortie cette eau était envoyée aux bouilleurs des machines de l’exposition.
- L’exposition de Y Electric Construction Corpo- \ ration renferme un modèle de tramway mû par j
- accumulateurs, et approprié par des dispositions spéciales pour marcher sur une voie quelconque ; le moteur électrique est réuni à l’axe par un système particulier d’engrenages.
- Cette disposition, qui a déjà été décrite dans cette revue, est adoptée sur une grande échelle aux États-Unis dans le Sprague System; elle a pour avantage de ne communiquer ni cahots ni vibrations au moteur.
- Cette exposition renferme aussi une dynamo alternative de 1 000 volts et 100 ampères dont le courant esj; ramené à 100 volts par transformateurs, et enfin deux dynamos continues destinées à exciter le champ de l’alternateur, à charger des accumulateurs et à actionner deux moteurs du voisinage dans l’exposition de MM. Singer et C°. Nous y voyons encore différents types d’accumulateurs et la série inévitable des accessoires qu’ils nécessitent : disjoncteurs, etc.
- Nous retrouvons maintenant l'exposition de M. Ernest Scott, de Newcastle, dont nous avons parlé au sujet de l’éclairage électrique général. Nous y remarquons d’abord plusieurs machines à vapeur, dont quelques unesà faible vitesse, pour l’éclairage des navires. Des précautions spéciales sont prises pour éviter les ennuis d’un graissage trop fréquent. Nous trouvons en premier lieu comme dynamo une machine continue à quatre pôles et deux balais (fig. 2); la partie supérieure des inducteurs, facilement démontable, permet d’enlever aisément l’armature. L’induit est un anneau et les lames du collecteur sont isolées au mica. Le constructeur s’est appliqué à faire une machine robuste, pouvant être mise même entre les mains de personnes peu au courant de la conduite des dynamos. Cette machine alimente 200 lampes, dont quelques-unes éclairent l’exposition personnelle de M. Scott et les autres l’usine d’électricité et la section des locomotives et des chemins de fer.
- La machine alternative dont nous avons déjà parlé est représentée figure 3. Elle donne à 1 200 tours 10 à 15 ampères à un potentiel de 1 000 volts. Les inducteurs sont formés de 10 électros disposés radialement et excités par la dynamo précédente à courant continu; l’induit est formé d’un anneau constitué par du fit'dé fer rectangulaire isolé au moyen de papier mince. Sur ce tore sont enroulées 10 bobines induites. Le courant est recueilli j comme à l’ordinaire sur deux bagues isolées. Les j coussinets de ces machines sont faits en un alliage
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- blanc spécial dit antifriction, ce qui en permet un remplacement rapide. Ainsi que nous l'avons dit, cette machine alimente 150 lampes à incandescence.
- Les transformateurs employés pour ramener le potentiel à 100 volts ont, paraît-il, un rendement
- de 97 0/0. Ceux destinés à l’extérieur sont, ainsi que le prescrit le règlement du Boord, of Trade; placés dans des boîtes de fonte à porte étanche, et les fils primaire et secondaire sont isolés sur une base en porcelaine. Ces transformateurs sont à circuit magnétique fermé.
- MM. Woodbouse et Rawson, dont l’exposition est, au point de vue de l’éclairage tout au moins, une des plus brillantes, reçoivent le courant d’une dynamo Elwell Parker située dans l’usine d’électricité.
- Cette exposition renferme quelques appareils ingénieux, entre autres une lanterne pour signaux électriques sur les navires due au commandant Percy Scott. Dans le but d’arriver à une transmission plus rapide des signaux, on effectue ceux-ci n&n par émissions de courant dans la lampe, mais par la manœuvre électrique d’un grand nombre de petits écrans qui cachent la lumière en temps ordinaire. Ces écrans peuvent pivoter autour d’un de leurs côtés verticaux; ils sont commandés par une roue dentée mue elle même par un électro. Des petits ressorts ramènent les écrans à leur po-
- sition primitive aussitôt que le. courant est interrompu. Une sorte de clef Morse est employée pour produire les émissions du courant, qui est dérivé sur la lampe.
- Nous remarquons aussi un tachymètre basé sur un principe nouveau, c’est-à-dire sur l’entraînement d’un disque de cuivre dans un champ magnétique mobile. 11 est, d’après les auteurs, très sensible, n’est pas affecté par les chocs et, ce qui est plus difficile à comprendre, ses indications ne sont pas faussées par les variations de l’aimant qu’il renferme.
- Citons encore un appareil de sûreté pour la charge des accumulateurs et destiné à prévenir les renversement du courant dans la dynamo. 11 consiste essentiellement en un électromoteur placé en dérivation sur les bornes de la machine. Cet
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- appareil commande une armature qui porte deux crochets pouvant fermer le circuit de la dynamo sur la batterie par deux godets à mercure. Lorsque la machine est au repos, un poids maintient les crochets hors des godets ; dès que la force électromotrice de la machine devient suffisante l’ar-
- mature agit et ferme le circuit. Le réglage est tel que la force électromotrice des accumulateurs seuls soit insuffisante pour produire le basculage.
- Le réglage d’un tel appareil nous paraît peu sûr: les variations de résistance de la bobine, qui est toujours traversée par un courant, ainsi que l’aug-
- Fig. 3. — Dynamo alternative de M. E. Scott.
- mentation de la force électromottice des accumu-. lateurs avec la charge doivent le compromettre rapidement, d’autant plus que l’appareil doit être très sensible, devant obéir à une variation de voltage d’un dixième environ. Les appareils de ce genre basés sur les variations du courant de charge, et non sur celle du potentiel aux bornes de la machine, nous semblent beaucoup plus sûrs.
- La maison expose aussi une nouvelle matière isolante incombustible formant le socle de ses appareils électriques industriels : rhéostats, coupe-circuits, etc.
- Gette matière, qui a pour base le ciment de Port-land, résiste également à l’action de l’eau, est bon marché et se moule facilement.
- M. James Pitking, constructeur d’instruments de mesure, expose un certain nombre d’appareils
- dus au capitaine Holden, de l’arsenal de Wolwich.
- Nous passerons rapidement sur un chrono-graphe électrique permettant de déterminer la vitesse des projectiles. La description complète de cet appareil nous entraînerait un peu.loin ; disons seulement que le projectile coupe deux circuits électriques contenant chacun un électro destiné à inscrire au moyen d’un style le moment précis de la rupture. On a pris toutes sortes de précautions pour rendre très petits, et surtout égaux, les retards dus à la self-induction dans les deux appareils^ car les plus petites erreurs dans de telles déterminations sont loin d’être négligeables vu la brièveté du temps à évaluer. 11 serait peut-être possible, au moyen de dispositions spéciales, d’employer le même électro et la même pile pour les deux circuits, ce qui résoudrait la difficulté.
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- Mentionnons aussi une sorte d’aréomètre (‘)très sensible destiné1 à suivre les progrès de la charge ou de la décharge des accumulateurs par les variations dë densité du liquide. Dans le but de rendre les indications visibles de loin, la tige de l'appareil se déplace devant une règle débonite dont la partie inférieure doit effleurer le liquide acidulé (fig. 4). On comprendra qu'il était impossible de graduer la tige même de l’appareil à cause de sa finesse, quand on saura que cet ins-
- Fig. 4. — Aréomètre de Holden.
- trument donne un déplacement de 18 centimètres environ pour une différence de densité de 5 0/0.
- Citons enfin un galvanomètre à réflexion du même auteur, qui n’est qu’une légère modification de notre Deprez-d’Arsonval. Dans le but de rendre le champ plus intense et plus uniforme, l’aimant en U ordinairement employé est remplacé par une série d’anneaux d’acier fendus, aimantés et superposés; la bobine se meut entre les pôles de ces aimants circulaires (fig. 5).
- Nous remarquons dans l’exposition de M. James White quelques instruments de mesurede Sir W. Thomson, entre autres sa balance électrique. Le principe de cet appareil, déjà décrit dans cette revue (2), est bien connu : c’estune soite d’électro-dynanomètre dans lequel la bobine mobile se * (*)
- (•) La Lumière Électrique, t. XXXV, p. 446.
- (*) La Lumière Electrique, t. XXIV, p. 488.
- déplace parajèlement' à elle-même entre deux bobines fixes.
- En réalité l’àppareil est formé de six bobines, dont quatre fixes et deux mobiles, placées à l’ex-
- Fig. 5. — Galvanomètre Holden-d’Arsonval.
- trémité du fléau d’une sorte de balance (fig. 5). Les actions des bobines sont telles qu’elles concourent à faire tourner le fléau dans le même sens. On le ramène à sa position primitive en faisant glisser le long de la tige, qui est graduée, des cavaliers ad hoc dont la position mesure le carré de l'intensité, celui de la force électromotrice ou le produit de ces deux quantités (watts). Pour amener le Courant à la bobine mobile dans la mesure de l2, on emploie une série de petits fils d’argent qui peuvent supporter une densité de courant très éievée et présentent une flexibilité satisfaisante.
- Fig. 6. — Balance de Sir William Thomson.
- La série de ces balances, qui comprend six types portant le nom de la plus petite intensité qu’ils mesurent (du centiampère au kiloampère), suffit pour mesurer des courants de 0,01 à 2500 ampères. La boîte de poids de chaque appareil comprend quatre cavaliers, ce qui permet de disposer de
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- quatre sensibilités différentes. Les balances destinées aux courants alternatifs de 1 à 600 ampères sont construites avec un câble de fils individuellement isolés, pour conserver une distribution régulière du courant dans le conducteur.
- La vitrine de la maison Schuckert ne renferme que ses appareils de mesure bien connus : ampèremètres et voltmètres sans aimant, analogues comme principe à ceux de Hummel construits par M. Fabius Henrion de Nancy; ces appareils peuvent indiquer jusque 1000 ampères ou 1000 volts.
- M. Mac Donald expose un projecteur spécial pour signaux entre les navires; un télégraphe militaire portatif dont les câbles souples sont facilement transportables par les bicyclistes de l’armée, et enfin un appareil permettant de déterminer à distance les indications d’un baromètre ou de tout autre appareil à colonne de mercure.
- Pour cela, un fil de haute résistante est immergé dans le mercure; une clef spéciale agissant à distance permet de mesurer séparément la résistance de la ligne et celle du fil immergé, ce qui permet de déterminer la hauteur de la colonne mercu-rielle..Pour effectuer ces deux lectures, l’opérateur doit pouvoir changer de loin les communications électriques près de l’appareil dont il veut connaître les indications. Ceci s’obtient en envoyant d'abord un courant dans une bobine mobile qui entoure un aimant fixe (fig. 5); cette bobine tourne dans un sens ou dans l’autre, entraînant dans son mouvement un tube de verre courbe renfermant du mercure; c’est ce métal qui produit les liaisons voulues.
- La combinaison est certainement ingénieuse, mais quelle lenteur de mesure, et quelles complications auprès des appareils enregistreurs à distance que nous verrons bientôt dans la section française.
- L’Electrical Engineering Corporation, dont nous avons déjà parlé au sujet du tramway électrique, montre un grand nombre de variantes de ses machines à régulateur pour intensité constante (régulateur Statter et Brunton). Ces dynamos sont employées pour alimenter des arcs en série ou des moteurs électriques.
- Nous y trouvons le type de machine à double circuit magnétique (déjà décrit) employé spécialement au transport de force : tramways de Rome, Via Flaminia, par exemple.
- Les machines à lumière au-dessus de 4000 watts sont à circuit magnétique simple.
- Les types de moindre force sont également à circuit magnétique simple, mais l’inducteur ne porte qu’une seule bobine. Ces deux modèles de machines sont à tambour, le dernier modèle exposé avec son moteur est monté en compound et donne à 1400 tours 60 volts et i8ampères. Cette petite machine a été employée avec succès à l’éclairage des bateaux de plaisance; le cylindre du petit moteur qui l’actionne n’a que 7,5 cm. de large sur 10 centimètres de long.
- Les petits moteurs actionnés par les dynamos dont nous venons de parler sont à circuit magnétique double ; ils sont surtout appliqués aux ascenseurs.
- Un de ces moteurs élève une tonne anglaise ( 1 o r 6 kilog.) à la vitesse de 33 mètres par minute. La réduction de vitesse se fait généralement par engrenages. On' n’interrompt le courant dans le moteur que lorsqu’il ne travaille plus; pour l’arrêter on fa't tourner las balais de 90°; le travail dépensé n’est plus dû qu’à la résistance propre du moteur, la distribution étant à intensité constante; il est alors seulement retiré du circuit.
- Cet ascenseur prend, quand il produit son travail maximum, 50 ampères et 200 volts.
- C. Féry.
- (A suivre.)
- CHRONIQUE ET REVUE
- DK LA PRESSE INDUSTRIELLE
- Ampèremètres et voltmètres universels Goolden et Evérshed (1889).
- On sait que les appareils de mesure construits pour les courants continus ne donnent pas, en général^ cause des phénomènesd'auto-induction des bobines, d’hystérésis, etc., des résultats exacts avec les courants alternatifs. Afin de parer à cet inconvénient, MM. Goolden et Evershed disposent en dérivation sur le circuit principal MM du solé-noïde W, traversé par le courant à mesurer, et parallèlement à W, un solénoïde S, dont on détermine comme il suit l’auto-induction, et qui ne doit produire sur l’appareil aucun effet magnétique direct.
- On commence par comparer les indications de l’appareil avec lès deux genres de courants : continus et alternatifs. Supposons que l’on constate
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- avec les courants alternatifs un retard de 3 0/0, il faudra donner à S une résistance telle qu’il dérive, avec les courants continus, environ 6 0/0 du courant principal MW M. Ceci fait, on replace de nouveau l’appareil dans le circuit alternatif, et on le
- w
- —-------r-VWVWWWWS-----------—
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- s
- Pour les voltmètres, on emploie de préférence un petit transformateur T (fig. 3) avec son secondaire S en série sur W, et son primaire P branché par une résistance R sur la canalisation principale M. Ces liaisons sont établies de manière que l’action de S compense la force contre-électromotrice qui se développe en W, ou que le circuit du solénoïde principal se comporte comme si son coefficient d’auto-induction était nul. Il fonctionne alors non seulement suivant la loi de Ohm, mais en concordance de phases avec celles du potentiel du courant.
- M M
- Fig. 1 et 2. —Ampèremètres et voltmètres Goolden et Evershed.
- règle en diminuant peu à peu la dérivation en S par l’introduction, dans ce solénoïde, d’une âme en fer lamellaire plus ou moins longue.
- On peut aussi atteindre le même résultat par l’emploi d’un transformateur dont le primaire P (fig. 2) est en série avec le circuit principal et le secondaire s’intercale dans un circuit A, enroulé autour du solénoïde principal W de façon qu’il en augmente le champ magnétique effectif. L’induction de P S doit pouvoir produire en A un courant suffisant malgré la force contre-électromo-
- amm
- tmm
- trice induite en A par W, que l’on diminue le plus possible en enroulant A entièrement à l’intérieur de W. Lorsque l’instrument donne avec les courants alternatifs des indications trop élevées, il faut enrouler A en sens contraire de W.
- Pile au chlorure d’argent Allison (1890)»
- L’élément négatif de cette petite pile est une barre de chlorure d’argent C (fig. 1 et 2) ondulée de manière à présenter la plus grande surface à son excitant H, tout en se rapprochant beaucoup
- Fig. 1, 2, 3 et 4. — Pile au chlorure d’argent Allison.
- de son enveloppe en zinc Z. Cette barre est coulée autour d’une tige d’argent B, qui constitue le pôle négatif et traverse, dans une gaîne de caoutchouc, le bouchon en ciment F ; elle dépasse en outre de 3 millimètres environ le bas de la pile et porte un certain nombre de lames d’argent b, qui améliorent la conductibilité du chlorure et achèvent de le relier à sa tige. Le chlorure repose sur une rondelle d’argenté, portée par une plaque de verre D. On coule autour de lui le liquide excitateur (eau salée)épaissi par de l’alumine; on le recouvre ensuite d’un second disque isolant D, à rondelle d’argent^', puis d’une couche de paraffine E, et l’on coule au-dessus du tout un ciment GG. La pile peut être, comme l’indique la figure 4 renfermé*
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- dans un étui O entre deux ressorts, de manière que l’on ferme son circuit en pressant le bouton S de l’un d’eux. ______________
- Commutateur Strode et Gill (1890).
- Avec çet appareil (fig. i à 4) le circuit est ouvert ou fermé entre les bornes TT suivant que le le-
- Fig. i, 2, 3 et 4. — Circuit ouvert; vue par bout; circuit fermé; plan.
- vier C occupe la position figure 1 ou la position figure 3 : ses deux extrémités épanouies s s viennent alors appuyer sur les bornes TT. Le levier S est commandé par une came C, qui l’abaisse malgré le ressort s3, ou le maintient par la butée c4 (fig. 1) dans la position de rupture. Les montants B, qui n’ont à supporter qu'un faible effort, peuvent être construits non en métal mais en ébnnite, de manière à éviter tout danger de mise en court circuit.
- Canalisation Jacob frères (1890).
- Cette canalisation est (fig. 1) en caniveaux de grès à joints biseautés. Les isolateurs, venus avec le
- Fig. 1. — Canalisation Jacob frères, coupe horizontale.
- bas du caniveau ou vissés, sont pourvus de gorges
- d’asséchage g, et reçoivent les câbles nus dans leurs creux//.
- Lorsque les caniveaux sont cylindriques, ils s’assemblent par filetage (fig. 2). L’inventeur ré-
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- Fig. 2. — Canalisation Jacob frères, coupe longitudinale.
- clame pour sa canalisation l’avantage d’un abri parfait contre l’humidité.
- G. R.
- Bronzage galvanique du fer et. de l’acier.
- MM. A.-E. et A.-G. Haswell, de Vienne, ont imaginé un nouveau procédé pour revêtir, par électrolyse les surfaces polies de fer ou d’acier, notamment les canons de fusil, avec un enduit de peroxyde de plomb préservateur de la rouille.
- Les objets décapés sont reliés au pôle positif d’un générateur d’électricité quelconque. Le bain est composé de :
- Nitrate d’ammoniaque......... 20 parties
- — de plomb................. 8 —
- Eau........................ 1000 —
- L’intensité du courant doit être maintenue entre 0,2 et 0,5 ampère.
- A. R.
- Sur la force hydraulique employée comme moteur des dynamos pour la production de la lumière électrique.
- 11 existe à Anvers deux usines où à l’aide de puissantes machines on comprime l’eau à 50 atmosphères; cette eau se rend par des conduites le long des quais et sert à la manutention (au moyen de grues hydrauliques) qu’entraîne le chargement et le déchargement des bateaux, l’ouverture et la fermeture des écluses des bassins ainsi qu’au mouvement des ponts.
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- M. Van Rysselberghe a eu l’idée d’éclairer à la lumière électrique l’une de ces usines (la maison hydraulique située au quai Wallon), et pour cela il a cherché un moteur destiné à employer la pression de l’eau fournie par les accumulateurs. Plusieurs expériences faites sur des turbines d’un petit modèle et autres appareils hydrauliques n’ont donné qu’un médiocre résultat au point de vue du rendement; dans ces appareils la quantité d’eau dépensée pour un travail relativement minime était beaucoup trop considérable, vu la haute pression. 11 a eu l’idée d’employer le classique tourniquet hydraulique et de l’appliquer directement à une dynamo; il a obtenu ainsi un rendement d'environ 50 0/0.
- Voici en quelques mots en quoi consiste l’ap-
- /II/ ’l Il 'llll i
- -------!----1 rhrr
- Fig. 1.— Dynamo actionnée par un moteur hydraulique.
- pareil ressemblant plus au tourniquet hydraulique qu’aux roues Segner, dites à réaction, employées autrefois en Allemagne (deux de ces roues existaient encore il y a quelques années à Zins-weiller (Bas-Rhin) et servaient à alimenter une forge).
- Une masse A en bronze, d’un poids assez considérable, 635 kilogrammes (*) environ, et servant de volant régulateur, porte deux tubes b et c recourbés à leurs extrémités ; ces tubes sont maintenus à l'aide de quatre haubans tels que t,t pour la solidité.
- Les extrémités peuvent être plus ou moins obturées à l’aide d’une petite plaque g maintenue par un ressort r.
- L’ouverture se ferme plus ou moins lorsque la machine tend à aller trop vite; c’est donc un régulateur de vitesse. La vitesse étant très grande, on a enfermé l’appareil dans une caisse circulaire dont
- (*) Pendant la marche le poids sur le pivot n’est plus que de 7 à 8 kilogrammes, et le frottement est très minime à cause de la petite nappe d’eau interposée.
- on ne voit dépasser que les extrémité b et c; la résistance due au mouvement dans l’air est par là beaucoup diminuée.
- La machine électrique Victoria (Schuckert-Mor-dey) à quatre pôles est placée de manière à avoir son axe vertical et directement relié à l’axe du tourniquet.
- Le débit est de 3 litres pour des ouvertures de 0,004 m- de diamètre, le nombre de tours 650 à la minute, la pression utilisée (indiquée au manomètre) est de 40 atmosphères, ce qui ferait :
- T _ PH 3 x 40x io,3?
- 75 = 75 ’
- soit approximativement 16 chevaux.
- L’ampèremètre marquait. 90 ampères.
- Le voltmètre........... 60 volts.
- ce qui donnerait:
- ... El 90x60 . . .
- W = — = -------= 540 kil. = 7,2 ch.
- g 10 ’ "
- Pour 16 chevaux fournis au moteur on recueille plus de 7 chevaux électriques ; c’est donc un bon résultat si on tient compte des perles qu’entraînent les deux transformations successives du travail.
- L’éclairage produit est de 2 lampes à arc dans la salle des chaudières, 2 dans la salle des machines et 150 lampes à incandescence réparties dans les différentes parties de l’établissement.
- On compte pour le prix du mètre cube d’eau comprimée à cette pression 0,11 fr. tout compris, frais de premier établissement, charbon, graissage, personnel, etc. A raison de 3 litres par seconde, la dépense est donc 3 600 sec. x 3 = 10,8 me.
- Le coût est de 0,11 X 10,8= 1 fr. 188, soit environ 1,20 fr. à l’heure. Un point important est que ce moteur marchant très régulièrement ne nécessite aucune surveillance; il est installé depuis une année à l’entière satisfaction. Au moment de l’éclairage un ouvrier se rend dans la petite chambre d’environ 10 à 12 mètres carrés où est située la machine et son moteur; il ouvre la valve d’admission de l’eau, et en moins de 2 minutes la vitesse de régime est acquise ; il referme la porte à clef et ne reparaît que pour l’extinction ; donc, surveillance nulle, personnel nul, miselm marche et arrêt instantanés.
- G. Dirvell.
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- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Société Internationale âes Électriciens.
- Séance du 5 novembre 1890.
- M. G. Roux présente divers systèmes d'indicateurs de l'état de charge des accumulateurs électriques; il rappelle que l’accumulateur étant destiné à recevoir une certaine quantité d’énergie pour la restituer après, il était intéressant de savoir à chaque instant de la décharge quelle était la quantité d’électricité encore disponible.
- Ces appareils de contrôle ont déjà paru sous des formes bien différentes ; ils sont tous fondés sur l’indication de l’état de régime des accumulateurs par la densité du liquide contenu dans la pile secondaire.
- Parmi les indicateurs de charge, on doit mentionner celui de M. Sellon, l’inventeur de l’accumulateur du même nom. M. Sellon a recours à un densimètre ordinaire plongé dans le liquide électrolytique de l’accumulateur, et les variations de densité de ce dernier déterminent le mouvement du densimètre.
- Ce mouvement est enregistré par un appareil automatique; la courbe ainsi obtenue permet de juger de l’état de charge de l’accumulateur.
- Ce procédé, bien que susceptible de donner certaines indications précieuses, n’est pas d’une sensibilité parfaite et manque même d’exactitude. En effet, la densité du liquide électrolytique varie avec l’endroit de l’auge et le niveau où le densimètre est placé; la solution sulfurique tend évidemment à être plus dense dans la partie supérieure que dans la partie inférieure; delà certaines erreurs qu’il était urgentde rectifier, surtout quand il s’agit d’appliquer la méthode à une installation d’une certaine importance.
- Pour parer à l’inconvénient d’inégales densités des liquides dans les vases, on avait pensé aussi à introduire dans la solution sulfurique une série de densimètres gradués pour flotter à des densités différentes. La moyenne des indications fournies par chaque appareil pouvait donner des résultats plus voisins de l’exactitude que le système précédent.
- MM. Crova et Garde avaient proposé de sus-
- pendre les électrodes des accumulateurs à une balance et d’enregistrer ainsi le travail chimique par la variation de poids d’une électrode par rapport à l’autre. Mais ce système, applicable dans de petites installations particulières, était peu pratique pour les grandes applications industrielles.
- M. Roux expose un appareil de son système dont il indique le principe. La construction de ce nouvel indicateur de l’état de charge est basée sur l’observation que la variation de température dans un accumulateur influe peu sur la densité du liquide et qu’en consultant la moyenne des densités observées pendant la marche on peut par des déductions assez exactes, en se servant d’enregistreurs convenables, arriver à l’indication de cet état de charge.
- L’appareil de M. Roux comprend un densi-mètrelesté dont la boule occupe toute la hauteur du liquide contenu dans l’accumulateur; la tige du densimètre est en relation avec un système de leviers équilibrés pouvant se régler avec des contrepoids mobiles. Étant donnée la disposition du densimètre, on constate que celui-ci reçoit la poussée totale de la solution sulfurique et que son indication peut être considérée comme une indication moyenne. Le mécanisme des leviers agit sur une aiguille parcourant sur un limbe des divisions correspondant à la valeur de la poussée subie par le densimètre. Au moyen d’une table de correction appropriée on se renseigne sur la valeur de la charge contenue dans les accumulateurs à un moment quelconque.
- L’ingénieuse disposition adoptée par M. Roux pour son appareil forme un système de mesure appelé à rendre de grands services à l’industrie électrique ; à ce point de vue on ne peut qu’encourager l’inventeur dans ses premières recherches.
- M. G. Dumont expose ensuite les conditions dans lesquelles l’électricité est employée pour assurer la sécurité dans l’exploitation de voies ferrées. Nous voyons d’abord une invention contemporaine des chemins de fer, le télégraphe, s’associer dès le début à leur exploitation. Les premières installations télégraphiques n’avaient d’abord en vue que l’échange des avis prévenant de l’heure du passage.-des trains, de leur régime de marche, leur vitesse, leur avance ou retard, bref de toutes choses relatives au service des chemins de fer; il y a quelque distance de ces débuts obscurs au rôle nouveau joué aujourd’hui par le télégraphe
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- en Amérique, où celui-ci sert surtout à régler la marche des trains. Entre temps, M. Dumont passe en revue les progrès rapides de cette application de la télégraphie ; il fait remarquer que sur les 96200 kilomètres de voies ferrées fournis par les sept grands réseaux français, il n'y a pas moins de 32 600 kilomètres de lignes télégraphiques, correspondant à 5000 postes, dont 2110 servent en même temps à la télégraphie privée. A 30 éléments de pile par poste, on voit qu’il y a près de 150000 éléments affectés spécialement à la télégraphie sur les voies ferrées. Depuis que le télégraphe Morse est venu remplacer l’ancien télégraphe à cadran, il est à constater que, malgré les préférences que dans certains cas on accorde aux communications téléphoniques, le télégraphe n’a cessé de prendre une importance sans cesse plus considérable. C’est que, comme le disait fort bien M. Dumont, le télégraphe Morse laisse une preuve palpable, un document tangible des avis échangés, et ce document peut, dans nombre de cas, particulièrement dans les causes d’accidents, servir d’élément pour établir les responsabilités des agents préposés au service électrique. Peut-être est-ce à cet avantage que le télégraphe conserve l’avance qu’il possède sur le téléphone. Toutefois celui-ci ne pouvait être mis à l’écart dans cette industrie où tant d’inventions peuvent si utilement contribuer à éviter de douloureuses catastrophes. Bien que, sur les voies ferrées les applications téléphoniques restent fort restreintes et se bornent à des communications dans l’enceinte même des grandes gares, on ne compte pas moins de 700 postes téléphoniques en usage dans les principales gares des sept réseaux français.
- En dehors du télégraphe et du téléphone, M. Dumont a retracé nombre d’appareils qui tantôt fonctionnent directement par l’électricité, et d’autres fois ne requièrent cet agent que comme mode.de déclenchement. La Lumière Électrique ayant décrit la plupart des instruments en usage au fur et à mesure de leur apparition, nous nous bornerons à signaler brièvement leurs conditions d’utilisation telles que la pratique les a déterminées, en même temps que, suivant les chiffres du conférencier, nous verrons le développement rapide pris par ces diverses classes d’instruments.
- Certains de ces appareils sont employés tantôt pour contrôler la manœuvre des signaux de gare et de voie, tantôt pour vérifier leur fonctionnement. D’autres ont pour but d’éveiller l’attention
- des agents en service sur la ligne et sur la voie. Enfin quelques-uns sont de véritables contrôleurs automatiques disposés sur les voies pour tenir une espèce de comptabilité du transit et des conditions dans lesquelles il s’opère.
- Il y a dans cet ensemble d'applications électriques matière à longues dissertations. M. Dumont nous a rappelé la première tentative d’adjonction de l’électricité au contrôle du fonctionnement des signaux avancés en amont des gares faite par Poiré et Jousselin en 1857 sur le réseau P.-L.-M. Ce contrôle s’établissait par des commutateurs mus dans la manœuvre, qui déclenchaient des sonneries permanentes. Plus tard on voit s’ajouter à ce perfectionnement des répétiteurs optiques à aiguille Wheatstone, pour le contrôle des feux de nuit, disposition complétant les avis acoustiques fournis par les sonneries. Après, paraît le photoscope, dont 2492 types figurent sur le réseau P.-L.-M. ; ces instruments sont basés sur la dilatation d’un système compensateur acier et cuivre disposé dans la flamme des fanaux et fermant le contact d’une sonnerie dès que cette flamme tend à s’éteindre.
- Les appareils de contrôle des signaux, feux et aiguilles sur les sept réseaux comprennent 13820 sonneries et répétiteurs, et 4620 contrôleurs de passage des trains. Au total 18440 appareils électriques fonctionnant au moyen de 175000 éléments.
- Les contrôleurs, dont le premier en date fut réalisé par M. Chapon, chef du service électrique de P.-L.-M., fonctionnaient d’abord à l’aide d’un commutateur électrique à mercure, à l’emploi duquel on a depuis renoncé pour lui substituer des commutateurs à frottement.
- Le chemin de fer du Nord, prévoyant le cas d’un train qui a franchi le disque barré, réalise un dispositif de sonnerie à grosse cloche avec contact sur la voie. Entre temps les diverses compagnies adoptent différents appareils, sorte de télégraphes à cadran dont les graduations sont remplacées dans certains dispositifs par des macarons où sont mentionnés des signaux conventionnels. Dans cette classe viennent les appareils Jousselin, Bre-guet, Morse et les appareils à guichet. Ces derniers méritent une mention spéciale par suite du perfectionnement réalisé parM. Dumont. On sait que ces appareils, fonctionnant comme de^éritables tableaux indicateurs, exigeaient autrefois un fil par guichet; aujourd’hui on est parvenu à les faire manœuvrer avec un nombre de fils égal au double
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- de la racine carrée du nombre de signaux à transmettre. Ce dispositif ainsi modifié a figuré à l’Exposition de 1889; il constitue un mode de télégraphie recommandable pour les petites distances, puisqu'il ne requiert plus que 18 fils au lieu de 72 qu’il exigeait jadis.
- M. Dumont énumère ensuite les appareils de signaux de voie et les conditions qu’a édictées l'arrêté du 13 septembre 1880 enjoignant la disposition de cloches électriques sur les réseaux à voieunique où circulent plus de six trains par jour. Le conférencier passe en revue le dispositif Siemens et les cloches Leopolder et arrive à des chiffres qui constatent le fonctionnement sur les sept réseaux de 12 400 cloches réparties sur un parcours de 13400 kilomètres. Puis, après une courte mention des appareils auxiliaires à contact fixe, comme celui dénommé crocodile et en usage sur le Nord il y a quelques années, M. Dumont arrive au block-system. Le principe de cette disposition de protection avait paraît-il été conçu par l’ingénieur anglais Cook, qui l’appliqua en 1844 sur la ligne de Yarmouth à Norwick et dont l’efficacité s’étendait sur des portions de voie de 3 à 6 kilomètres. Cette idée fut reprise en 1S52, époque à laquelle parurent les appareils Thiers, modifiés plus tard par Preece en 1862. Enfin en 1872 paraît le dernier perfectionnement de Lartigue, aujourd’hui employé parle Nord, l’Est et là Cie d’Orléans, et auquel sont venus s’adjoindre depuis peu de temps les appareils mécaniques de Morse et les appareils électriques de Sartiaux.
- Les trois compagnies de chemins de fer ci-dessus mentionnées possèdent présentement 1818 kilomètres de voie sur lesquelles le block-system est établi, et cette étendue comporte 832 postes, correspondant chacun à 2160 mètres de longueur de voie protégée.
- La Cie de l’Ouest utilise les indicateurs Régnault, dont 105 postes sont répartis sur200 kilomètres de voie, chaque poste couvrant près de 1900 mètres.
- La Cie P.-L.-M., qui a combiné les appareils Thiers, les sonneries Jousselin, etc., et entreprend des essais sur un type nouveau, possède 2767 kilomètres, comportant 636 postes de block couvrant chacun 3,1/4 kil. de voie.
- Les réseaux du Midi et de l’Etat détiennent 28 postes.
- En résumé, on conclut qu’aujourd’hui, grâce à l’électricité, grâce à ses appareils, il n’existe pas (
- moins de 32685 kilomètres de voies,protégées «n France, comprenant 4 140 kilomètres munis de 1600 postes, dont chacun couvte 2 500 mètresen-viron. 11 y a là un joli résultat à l’actif de l’électricité, aux applications de laquelle il conviendrait de joindre les installations télégraphiques et téléphoniques -et les dispositions dé sonnettes d’alarme, dont certains types, comme celui de Prudhomme sur le Nord, fonctionnent par l’électricité depuis 1865.
- La communication de M. Dumont contient par ses chiffres tout un enseignemèiit.
- . C. Carré.
- Appareil au moyen duquel ont éié exécutées des expériences sur l'action éleÇtrodynamique de diélectriques en mouvemeijt, par M. Rœntgen (i). L
- L’auteurdit qu’il a été amené àéérirece mémoire par la publication, dans le coürarit de juin 1889, d'un travail de MM. Rowland et idutchinson (z). Ces deux-savants pensent que la déviation de l’aiguille magnétique observéei par M. Rœntgen dans ses expériences (3) pouvait être produite par des courants de convection. M. Rœhtgen, au contraire, estime que cette déviation profive l’existence d’une action électrodynamique ekercée par un diélectrique qui, dans un champ électrique homogène, subit un mouvement perperiçjiculaire aux lignes de force.
- 11 croit que la description de son appareil facilitera sa démonstration.
- i° L’appareil de rotation avec le condensateur.
- Les figures 1 et 2 représentent une coupe verticale et un plan de l’appareil; pour ne pas surcharger le dessin, on a, dans le plan, omis le condensateur et une partie du magnéto piètre.
- Les lettres A, B, C, D, E, F représentent un lourd support, venu de fonte avec trôis bras. Au milieu de ce support se trouve l’axe de rotation, GH, qui tourne sur une pointe d’acier susceptible de déplacement, et qui en haut est logé
- (fi D’après un mémoire de W. C. Rœntgen, ddns les Anna-leu dcr Physik und Chaîne, 11" 5, p. 93, 1890.
- (*> Rowland et Hutchinson, Pbilosopbical Màga^tne, t. 27, p. 445, 1889.
- (3) Rœntgen, Bericbtc der Berlimr Akadcmie, i888j p. 23. — IViedainmu's Annalen, t. 35, p. 264, 1888.
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- dans une monture I K, fixée au support par trois vis. La petite pointe d’acier est, Sauf les aimants, la seule pièce de fer qui se trouve dans l’appareil. Si d’aventure on reconstruisait celui-ci, on tâche-
- rait de supprimer cette pièce d’acier. Elle est placée de telle sorte que l’axe ne laisse que très peu de jeu pour un mouvement vertical.
- L’axe de rotation est en bronze. Pour éviter au-
- tant que possible le magnétisme de rotation, cet axe est creux sur toute sa longueur, et d’un côté on l’a évidé longitudinalement ; la fente a été remplie de caoutchouc durci. L’axe reçoit son mouvement d’une petite poulie L en caoutchouc durci, vissée à cet axe, fixée au moyen d’un contre-écrou en ivoire.
- La stabilité de l’axe, malgré la faible épaisseur de celui-ci (0,5 centimètre), est parfaitement suffisante, même lorsque la vitesse de rotation atteint son maximum ; quant au magnétisme de rotation, il est si petit que la déviation du système de l’aiguille asiatique produite par ce magnétisme est, dans le cas le plus défavorable, d’une division de
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- l’échelle (i millimètre). La partie supérieure de l’axe est tout entière en caoutchouc durci; elle est légèrement conique, ce qui permet de poser l’enveloppe qui porte le disque de verre MN qu’il s’agit de faire tourner.
- Cette enveloppe, dans les premières expériences, était en caoutchouc durci; mais lorsqu’on eut trouvé que cette matière, même après avoir été raclée et longtemps traitée par l’acide chlo-
- rhydrique, restait toujours un peu magnétique, on n’a plus employé que des enveloppes en ivoire. L’enveloppe est fixée à l’axe au moyen d’une petite vis d’ivoire.
- Le dessin montre suffisamment comment le disque de verre est réuni à l’axe au moyen d’une vis et d’une broche d’ivoire. Lorsque l’axe était bien ajusté, on ne constatait guère d’oscillation du disque.
- Ôtt a changé plusieurs fois la forme du condensateur au cours des expériences. Le plateau supérieur est un disque de glace, O P, recouvert d’une feuille d’étain sur sa face inférieure; à l’endroit où se trouve le magnétomètre, ce disque a une échancrure circulaire qui permet d’approcher l’aiguille magnétique tout près du disque tournant. L’ouverture est recouverte d’une double feuille d’étain sur la partie inférieure du plateau; cette fermeture était nécessaire, afin que le magnéto-mètre ne pût pas être touché par les courants d’air partant du disque en rotation.
- 11 n’y a aucun contact entre le plateau du condensateur et le magnétomètre.
- Comme l’excentricité de l’aiguille n'était pas la même dans les différentes expériences, il était nécessaire de faire faire, pour chaque position, un plateau de condensateur supérieur particulier.
- La figure 2 montre comment le plateau supérieur est supporté par les trois vis de caoutchouc durci D, E, F, qui permettent d’ajuster le plateau. Le plateau inférieur QR a été changé plusieurs fois. L’auteur a décrit quelques-unes de ses formes. La plus simple est un disque de verre,
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- supporté par les vis en caoutchouc durci D E F, et recouvert sur sa face supérieure d’un anneau en feuille d'étain aussi large que possible; pour donner passage à l’axé de rotation ce disque a en son milieu une ouverture circulaire.
- Fig. 3
- La charge arrive par la vis qui sert aussi pour la communication avec la terre.
- 2. Le magnêtomètre.
- Sur un fort anneau de laiton, ab (fig. i et 2), supporté par trois vis calantes, sont fixés deux supports qui sont reliés en haut par deux bandes horizontales parallèles, cd et ef. Sur ces bandes, dont l’une efzst tectiforme, tandis que l’autre est plane, reposent librement les trois appendices g, b, i d’un plateau circulaire auquel sont reliées les autres parties du magnêtomètre. Le support des tubes h, en laiton, long de 40 centimètres environ, est ûxé sur ce plateau circulaire.
- La monture du miroir est formée d’une chape de laiton; un tuyau métallique conique, placé devant la petite fenêtre/, protège le miroir contre les influences électriques extérieures.
- A ce plateau est adapté un manteau à charnière, mn, protecteur du système des aiguilles; ce manteau est muni, à son extrémité inférieure, de quatre ouvertures ou fenêtres par lesquelles on peut
- apercevoir l’aiguille inférieure, ce qui permet d’opérer l’ajustage. Pendant les expériences ces ouvertures sont fermées par un anneau que l’on a eu soin d’abaisser et qui établit une fermeture hermétique.
- Le fond de la monture se compose d’une plaque de cuivre extrêmement mince; en m et en n sont adaptés des anneaux de cuivre dont le diamètre
- Commutateur
- Roue de Savart
- intérieur ne dépasse que de 1 millimètre la longueur des deux aiguilles; ils servent d’amortisseurs.
- Toute la monture est en cuivre électrolytique.
- Le couple d’aiguilles astatiques est suspendu à un fil de cocon très fin.
- La petite glace très mince o est fixée, par un petit morceau de liège, à un fil d’aluminium, qui en bas est muni d’un léger crochet double; c’est ce crochet qui porte l’aiguille supérieure en m.
- Les aiguilles sont formées par de longs aimants d acier cylindriques, qui ont 1 centimètre d’épais-
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- seur et respectivement 4,65 et 4,74 cm. de longueur; elles sont retenues par des étriers d’aluminium qui sont reliés ensemble par un mince tube capillaire en verre. Leur distance est de 24,5 centimètres.
- Manière d’amener l’électricité au condensateur.
- L’électricité nécessaire à la charge du condensateur est fournie par une machine de Holtz. Chacun de ses conducteurs est relié d’une façon permanente avec l’armature interne d’une bouteille de Leyde qui sert de réservoir; l’armature externe est mise à la terre. Des deux bouteilles l'électricité arrive, par un commutateur, à deux godets de mercure qui sont fixés par des tiges de cire à cacheter sur une
- console de pierre. De là un fil métallique se rend à chacun des deux demi-cercles du condensateur divisé; ou, si l’on se sert du condensateur non divisé, il n’y a qu’un fil mélallique qui se rende de l’un des godets au plateau inférieur du condensateur. Pour établir les communications on se sert de fils de cuivre recouverts de gutta-percha.
- Le commutateur se compose d’un tube de verre recouvert d’une feuille d’étain aux bouts et au milieu; les armatures des extrémités sont reliées ensemble au moyen d’un fil qui passe par le tube; en outre elles sont reliées au conducteur 1 (fig. 5), et l’armature médiane est reliée au conducteur 2. Le tube de verre est supporté par deux étriers adaptés aux bouteilles de Leyde (fig. 6).
- Lorsque le tube est tourné à droite, comme figure 5, le godet 2 est positif, le godet 1 est négatif, Lorsque le tube, est tourné à gauche, l’élec-
- trisation des deux godets change ; par suite celle des deux demi-anneaux change aussi.
- Pour contrôler et même pour mesurer approximativement le potentiel, on se sert des électro-scopes à cadran adaptés aux tiges des bouteilles de Leyde (fig. 6). Ces électroscopes sè composent d’un mince fil d’aluminium auquel est vissée une sphère creuse en aluminium; un fil de verre auquel est fixée une petite masse de verre, mobile, sert de contrepoids. L’axe, formé d’une mince aiguille, est placé dans une boule de laiton et peut se mouvoir facilement.
- Les oscillations du pendule se lisent sur un arc gradué en ivoire et se comparent avec le potentiel mesuré au moyen d’un micromètre à étincelles.
- C. B.
- VARIÉTÉS
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ A LA MARINE
- RÉSULTATS D’EXPÉRIENCES SUR LES GYROSCOPES.—
- LES NOUVEAUX GYROSCOPES. — LA TORPILLE
- GYROSCOPIQUE.
- 11 y a quelques mois, nous avons parlé dans ce journal 0)de l'avenir possible que l’application du gyroscope à la direction des navires en mer ménageait à l’électricité. Si aujourd’hui nous croyons devoir revenir sur cette question, c’est que, armé de nouveaux documents, il nous est possible de constater quel intérêt considérable cette question a soulevé.
- Avec l’adaptation présente aux bateaux sous-marins, ce n’est plus désormais qu'une question de temps pour que nous voyions le gyroscope adopté sur tous les navires, dans le but d’aider à la correction des irrégularités de la boussole.
- Afin de convaincre d’une manière décisive les quelques personnes qui peuvent être réfractaires à cette tentative, feuilletons un peu les procès-verbaux d’expériences faites en mer sur le gyroscope, et nous ne tarderons pas à y découvrir une
- (’) La Lumière Electrique du 15 mars 1890.
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- preuve palpable des immenses services que peut rendre cet intéressant instrument, jusqu’ici trop négligé.
- Pour nous électriciens, il nous suffit d’aider à cette réforme, puisque des divers gyroscopes imaginés en ces derniers temps nous verrons tout à l’heure que ce sont justement ceux actionnés par l’électricité qui sont les plus aptes à fournir des indications précises, et que tout dernièrement l'Académie des sciences a eu à s’occuper du nouveau type de gyroscope électrique de M. G.Trouvé, qui est le meilleur de tous les instruments de ce genre imaginés jusqu’ici.
- Prenons donc au point de vue historique les premières expériences sérieuses faites pour l’application du gyroscope à déterminer en mer, à un demi-degré près, l’angle dont un navire vient sur bâbord ou tribord quand il change de route.
- Voici le gyroscope marin de M. Edmond Dubois, déjà décrit dans ce journal et présenté à l’Académie des sciences en «884.
- Sur décision du ministre de la marine, on fit à partir du 10 novembre 1883, à bord du navire cuirassé le Turenne, pendant les essais de machine, de canon et de vitesse que devait faire ce bâtiment, un série d’expériences sur le gyroscope marin. Cet appareil fut placé sur une plateforme très élevée du navire, située en avant de la tourelle destinée au commandant pendant le combat, et un peu au-dessous d’un compas Thomson bien réglé.
- L’instrument fut solidement établi sur un support à quatre pieds, fixé lui-même à la plateforme. Une cage en verre, avec une fenêtre mobile permettant le réglage de l’appareil, le déclenchement et l’arrêt du mouvement, enveloppait.tout le,système en le mettant à l’abri du vent et de la pluie.
- La commission chargée d’expérimenter le gyroscope pendantles essais comprenait MM. Roulhac de Rochebrune, capitaine de frégate, Alfred Le Fournier, lieutenant de vaisseau et Alheilig, ingénieur des constructions navales.
- Le 11 novembre, les expériences commencèrent. Elles avaient surtout pour but de savoir définitivement si (ainsi que cela paraissait indiqué par des expériences antérieures faites en rade de Brest et au Dépôt, à Paris), le mouvement rapide du tore déterminait bien un plan invariable pendant un temps suffisant pour permettre de comparer le gyroscope à un compas de bord et d’obtenir alors les déviations relatives de ce compas pour les différents caps du bâtiment.
- On doit remarquer que pour ces expériences la commission ne pouvait que profiter des mouvements de giration que le Turenne devait effectuer pour tous ses essais, sans que les mouvements du bâtiment fussent déterminés par les comparaisons que la commission eût désiré faire entre le gyroscope marin et le compas.
- Le compas du Turenne fut réglé le 9 novembre dans la baie de l’Auberlac’h, ainsi que cela a lieu habituellement, et deux jours après on commençait les épreuves en présence de l’inventeur.
- En raison du chemin que le navire parcourait en rade et dans le Goulet, il était impossible de prendre un point de repère à terre pour constater l'invariabilité du plan du tore. On fut donc obligé de comparer les mouvements de l’instrument à ceux du compas Thomson, d’une sensibilité extrême, et n’ayant pour chaque cap du bâtiment que de très petites déviations.
- Une fois le tore réglé c’est-à-dire établi sur ses pivots dans un équilibre indifférent, l’appareil fut mis en mouvement en tournant la manivelle, lentement au début, puis en accélérant progessivement le mouvement du bras, de manière à faire décrire à la manivelle excitatrice environ 14 tours en 8 secondes, ce qui donne au tore un mouvement de rotation d’environ 6 à 7000 tours par minute.
- Chaque fois que l’alidade du gyroscope avait parcouru 300, l’inventeur indiquait par des tops, précédés du mot attention!la déclinaison obtenue et à chaque interruption on notait les indications du compas Thomson.
- Voici le tableau des comparaisons obtenues à chaque 30° du gyroscope, le navire venant sur bâbord.
- Indications «lu compas Indications corrigées de la déviation Ai-cs parcourus Différence avec les arcs de 30* du gyroscope Intervalle de temps écoulé
- Sud 82* Est.... Nord 7o" Est... Nord 40° Est. .. Nord 9" Est.... N ord 23” Est... Nord 53° Est... Nord 84" Ouest Sud 64° Ouest. Sud 78*40 Est.... Nord 71*40 Est... Nord 40*20 Est... Nord 10” Est Nord 20"40 Ouest. Nord 50*40 Ouest. Nord 85*30 Ouest Sud 65*30 Ouest . 29*40 3I°20 30*20 30-40 30*00 34'5° 29*00 —0*20' + 1 "20' -j-o 20' -l-o"4o' 0 •1- 4“5°' — i*6o' 1 sec.3 32 » 41 » 61 » 63 » 54 » I 52 » |
- Le navire vint ensuite sur tribord sans employer le gouvernail, mais en faisant agir les deux hélices j en sens contraire.
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- Voici les résultats obtenus dans la seconde série :
- Indications du compus Indications corrigôoa do la déviation Arcs parcourus Différence avec les arcs do 30* du gyroscope Intervalle do temps écoulé
- Nord 42° Est... Nord 72° Est... Sua 79* Est.... Sud 49" Est.... Sud 20” Est.... Sud 10° Ouest . Sud 40" Ouest.. Sud 69" Ouest.. Nord 42*20 Est... Nord 73*40 Est... Sud 75*20 Est.... Sud 43*40 Est.... Sud 14*40 Est.... Sud 13*20 Ouest. Sud 4i°40 Ouest . Sud 70"20 Ouest. 3I°20 3i’oo 31-40 29*00 28*00 28*20 28*40 +1 "20' + 1° + i"40' — 1 20* 31 sec. 32 » 61 » 63 » 56 » . 57 » 41 »
- De ces deux séries d’expériences il résulte que le tore a tourné pendant 5 minutes 34 secondes pour la première, et durant 5 minutes 41 secondes pour la seconde. Dans chacune de ces séries, le navire a effectué une giration de 2100 sur chaque bord. On voit ainsi qu’il a mis en moyenne 48 secondes à parcourir chaque arc de 30°, c’est-à-dire une seconde et demie pour chaque degré. On comprend dès à présent que les erreurs de lecture du compas Thomson au moment des tops puissent aller jusqu’à 1 ou 2 degrés.
- On doit aussi remarquer que par suite de la non disposition des mouvements du Turenne aux ordres de la commission, les 210° de giration sur chaque bord ont été parcourus de 30 en 30° sans interruption. Dans la pratique, c’est-à-dire dans l’usage qu’on pourra faire en mer du gyroscope, on maintiendra le navire pendant 4 ou 5 minutes au cap indiqué par chaque 30°,
- Le navire ne se maintenant à ce cap que par une série de petites oscillations, on pourra faire plusieurs tops et déterminer alors sûrement l’indication fournie par le compas de route, qui, dans cet intervalle de 4 à 5 minutes, aura le plus souvent reconquis sa stabilité magnétique relativement à la route momentanément indiquée par le gyroscope.
- Pour poursuivre, si besoin est, les comparaisons du compas et du gyroscope, on arrête le tore avec la plus grande facilité en le prenant légèrement entre le médius et le pouce et on le remet ensuite en mouvement pour parcourir les3o°suivants, et ainsi de suite.
- Le 16 novembre, de nouvelles séries d’expériences sont encore faites sur le Turenne. Voici leurs résultats respectifs :
- Numéros
- des
- expériences
- ! 11
- Indications du compas
- Nord 83° Est ....
- Sud 68" Est....
- Sud 40" Est....
- Sud 10“ Est....
- Sud 20" Ouest... Sud 51° Ouest.... Sud 81" Ouest...
- Nord 80" Ouest.. Nord 71" Ouest.. Nord 61 "30 Ouest Nord 52* Ouest.. Nord 44" Ouest.. Nord 35" Ouest.
- Nord 48" Est...
- Nord 68" Est...
- Sud 88" Est....
- Sud 67"3o Est....
- Indications corrigées de ta déviation
- Nord 85“20 Est.., Sud 63°4o Est.... Sud 34*40 Est...,
- Sud 5*20 Est.....
- Sud 22°40 Ouest. Sud 52*40 Ouest . Sud 81*20 Ouest,
- Nord 78"20 Ouest...
- Nord 69° Ouest....
- Nord 59-"30 Ouest... Nord 48*40 Ouest... Nord 41*20 Ouest... Nord 32*30 Ouest...
- Nord 48*30 Est Nord 69*20 Est.. Sud 85° Est.... Sud 63" 10 Est..
- Arcs parcourus Différence avec les arcs du gyroscope de :
- 10e 20° 3o*
- 3i°oo + i"
- 29°00 — — — 1°
- 29*20 — — — 0*40
- 28“00 — — — 2*
- 30*00 — — 0
- 2840 ~ — 1*20
- 902O — 0*40 _„
- 9*3° — 0*30 —
- 1 *50 4- 0*10 — —
- 7*20 — 2°40 — —
- 8*30 — rio —
- 20*50 — + 0-50 __
- 25-40 — + 4"4° —
- 21*50 •+ 1*50
- Ces nouvelles expériences avaient été exécutées en l’absence de l’inventeur, et le tore qui avait été réglé pour les séries antérieures du 11 novembre, n’àvait pas été réglé à nouveau. Dans la pratique, ainsi qu’on le conçoit aisément, il devra être règle ou du moins vérifié avant la mise en marche.
- Quoi qu’il en soit, les séries d’expériences ci-
- dessus accusent 28 différences sur lesquelles 26 s’accordent complètement avec le compas Thomson, ou du moins les divergences que l’on peut remarquer sont dans les limites d’erreur que comporte le mode d’expériences et la rapidité avec laquelle le Turenne effectuait les girations au cours des constatations de la commission.
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- Les deux seuls grands écarts, 4°,40 et 2°,4o, peuvent provenir soit d’une erreur de lecture, soit d'une erreur commise à l’Auberlac’h, dans la détermination des déviations. Ces digressions permises, relatons les principaux passages du rapport ministériel à l’actif du gyroscope Dubois, publié dans la Revue maritime et coloniale.
- « L’appareil de M. E. Dubois, paraît bien réaliser sur un bateau la condition d’avoir un plan invariable d’après lequel on pourrait en marche et au moyen d’une giration relever les déviations relatives d’un compas par rapporta la position initiale d’où il serait parti. 11 resterait alors à trouver la valeur absolue d’une ou plusieurs déviations pour pouvoir construire la courbe de Napier dans sa position réelle, ce qui d’ailleurs se ferait par un transport de cette courbe parallèlement à elle-même du côté des déviations positives ou négatives. »
- Peu après, par décision du ministre de la marine, le gyroscope marin fut placé à bord de l’éclaireur d’escadre le Duchaffaut, qui partit de Brest le 25 janvier 1884 à destination de la Nouvelle-Calédonie et il fut expérimenté à nouveau durant cette longue traversée par M. le capitaine de frégate Lemercier-Mousseaux.
- De ces tentatives on pouvait déjà à cette époque conclure que le gyroscope marin, qui n’est qu’une application pratique du gyroscope de l’illustre Foucault, était devenu pour la marine un instrument des plus précieux, capable de fournir aux navires à la mer ou en rade un plan invariable pendant plusieurs minutes.
- Il était donc possible d’utiliser ce plan invariable pour les changements de route en vue des compas qui dorment ou qui, pour un motif ou pour un autre, ne sont pas convenablement réglés. Enfin, deux gyroscopes placés à bord près d’un compas pouvaient déjà permettre d’obtenir un plan invariable durant un temps relativement considérable. Nous verrons que l’électricité a fait mieux et que le plan invariable n’est plus fugitif, mais bien permanent, avantage précieux que les expériences que nous venons de décrire font plus vivement apprécier.
- Nous avons parlé aussi dans ce journal du gyroscope collimateur de M. le capitaine Fleuriais ; nous rappellerons pour mémoire que cet instrument est ici constitué par une toupie dont la figure
- se rapproche de celle d’un tore ayant son centre de gravité très peu au-dessous de la pointe, et à laquelle on imprime un rapide mouvement de rotation par une soufflerie placée sur la couronne et agissant sur une série d’augets ménagés sur l’équateur.
- Ce gyroscope qui, sur le rapport de M. le vice-amiral de Fauque de Jonquières, a fait décerner à son inventeur par l’Académie des sciences, en 1884, le prix Dupin de 4000 francs, a subi diverses expérimentations qui donnent de précieuses indications sur la voie des applications qui paraissent réservées à l’appareil de Foucault.
- L’expérience du gyroscope collimateur a permis à M. Fleuriais de s’arrêter à un compromis qui définit une période de 50 ou 60 secondes pour la durée maxima d’un demi-tour de précession; la distance de la pointe de la toupie à son centre de gravité et la vitesse de rotation qui lui est communiquée sont réglées en conséquence. U s’ensuit que la durée totale d’une observation de trois contacts (de maxima ou de minima) consécutifs est au plus de deux minutes, et la pratique a fait connaître que l’attention (ici intermittente) d’un observateur peut être à la mer soutenue pendant tout cet intervalle de temps.
- D’autre part, la durée d’oscillation des navires, surtout de ceux qui sont destinés à de lointaines campagnes, n’excède pas 5 à 6 secondes; et si elle va jusqu’à 10 secondes pour les grands cuirassés de construction récente, en revanche, ceux-ci ont beaucoup plus de tranquillité que les autres, c’est-à-dire des mouvements de roulis plus doux et beaucoup moins amples.
- 11 en résulte, pour les uns comme pour les autres, que le rapport entre là durée de la demi-précession et celle du roulis pendulaire est, comme l’expérience l’a du reste prouvé, largement suffisant pour que la compensation ci-dessus requise des effets perturbateurs successifs s’établisse dans la mesure exigée par l’exactitude relative que le navigateur attend de ses observations.
- Cette exactitude n’a généralement pas besoin d’être absolue; il suffit que le navigateur sache quelle marge maxima il doit accorder à l’erreur. C’est ainsi que M. Fleuriais à son retour des mers de Chine sur le cuirassé La Galissonnière qu’il commandait, arrivant de nuit dans les parages d’Ouessant, par un temps brumeux qui ne permettait de voir ni l'horizon de la mer, ni le
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- phare de premier ordre allumé sur le sommet de l’île, mais qui laissait voir les étoiles dans la région supérieure de l’atmosphère, n’hésita pas à se confier aux observations faites avec son instrument pour donner immédiatement dans la Manche et se rendre à Cherbourg, son port de destination, évitant ainsi les chances de mauvais temps qu’une baisse rapide du baromètre faisait présager. Seulement il eut soin, en donnant la route à faire, de s’accorder une marge de 10 à 12 milles marins, comme limite de l’erreur possible de ses observations, mettant ainsi les chances vraisemblables du côté de la sécurité. En fait on reconnut peu après que la position déduite de l’observation avait été exacte à 3 ou 4 degrés près.
- Toute une série d’expériences faites dans la suite à bord du La Galissonnière confirment l’impression développée jusqu’ici, que le gyroscope perfectionné peut être pour la marine un instrument apte à donner une approximation suffisante du lieu. Nous relevons dans ces essais :
- Observations du 26 décembre 1884, par calme plat. L’objet fixe observé était l'horizon de la mer, chaque division du micromètre valait 2'7. On a obtenu pour neuf maxima ou minima consécutifs les valeurs suivantes, enregistrées au tambour du micromètre :
- 89,3; 36,3; 79»6; 42)8; 74,8; 47,6; 69,8; 57,2; 63,2.
- La comparaison des maxima successifs marque le mouvement de redressement de l’axe. Celle d’un maximum avec le minimum qui le suit indique quelle était la double inclinaison de l’axe par rapporta la verticale. En combinant successivement trois observations consécutives, on a obtenu les valeurs suivante de la collimation.
- 1, 2, 3
- 2, 3, 4
- 3, 4; 5
- 4, 5> 6
- 5, 6> 7
- 6, 7, 8
- 7> 8, 9
- 60,4
- 59)6 60,0 60,0 60,0 60,1 59)9
- 60,0
- 60,0
- Les 10 et 11 janvier 1885, on a répété les mêmes observations par grosse mer, le navire ayant des tangages durs et irréguliers selon l’allure, et de violents mouvements de roulis, de 20 à 430 sur les deux bords. Voici quelques-uns des résultats ob-
- tenus, l’œil étant à la même hauteur au dessus de la mer que précédemment :
- i Par '> 2, 3- ... 60,6
- De la passerelle ; 2, 3, 4. ... 58,0
- ' 3, 4, 5- ... 60,0
- ( par 1, 2, 3. ...' 61,1
- De l’extrême arrière 2, 3, 4. • • 59,3
- 3.4,5- ... 60,2
- De la passerelle, le navire par 1, 2, 3. • - 59,9
- commençant à souffrir. 2, 3, 4. • • 59,9
- Il suffit de jeter un coup d’œil sur ce tableau pour constater l’accord surprenant des observations dans des circonstances de temps si défavorables; la concordance des résultats dans les derniers résultats est assurément remarquable.
- En 1886, une commission composée de :
- MM. Valéry, capitaine de frégate, commandant du Milan;
- De Paris de Boisrouvray, enseigne de vaisseau ;
- Pacquer, enseigne de vaisseau,
- fut nommée par le vice-amiral commandant en chef l’escadre d’évolutions, pour procéder à bord du Milan à de nouveaux essais sur le gyroscope collimateur.
- Voici les conclusions de la commission, dans son rapport du 16 septembre :
- « Les premiers essais du collimateur gyrosco-pique à bord du Milan ont été entrepris dans le commencement d’août 1886; cet appareil n’a pas tardé à donner pour les observations de jour et de nuit en rade des résultats d’une véritable précision eu égard au temps écoulé depuis son arrivée.
- « Les observations à la mer avec du roulis ou du tangage se réduisent, à vrai dire, à celles faites sur le Richelieu le 18 août. Elles sont médiocres à la vérité; mais, il y a lieu de tenir compte du peu d’habitude des observateurs; et, aussi, des conditions défavorables dans lesquelles a dû se mettre l’officier muni du gyroscope. Ces résultats ne peuvent donc donner qu’une idée amoindrie de la valeur que l’instrument peut acquérir entre les mains d’un officier exercé.
- « L’expérience du collimateur, limitée par le temps et par le nombre des occasions de l’employer, est encore incomplète (16 septembre 1886); la commission n’entend par suite donner à ses conclusions qu’un caractère provisoire, tout en ex-
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- primant la confiance que ces conclusions ne tarderont pas à être entièrement confirmées par un essai plus complet et plus décisif.
- « Le rapport a été établi en vue d’obtenir l’em-barauement du gyroscope sur certains navires tels que Ylphygénie ou l'un des transports de la Nouvelle-Calédonie, sur lesquels il pourra mieux qüe sur le Milan faire ses preuves comparativement avec lès instruments de navigation employés jusqu’à ce jour.
- « i° Le gyroscope collimateur est basé sur un principe exact; l’application qu’en a faite M. le capitaine Fleuriais est des plus ingénieuses.
- « 20 L’addition de cet appareil au sextant ordinaire n’augmente pas son poids outre mesure.
- « ;i° Le transport de Paris à Toulon et l’emploi qui en a été fait sur le Milan tendent à prouver que l’instrument est peu sujet à se déranger.
- « 40 Le maniement de l’appareil n’offre aucune difficulté sérieuse; son emploi dans la navigation sera délicat en ce sens que l’officier appelé à s’en servir devra acquérir par une pratique suffisante le droit d’avoir confiance dans ses observations. Le collimateur adjoint directement au sextant augmente considérablement les difficultés de maniement de ce dernier instrument.
- Néanmoins, dans l’esprit de la commission, tout officier arrivera à les surmonter avec de la patience et de l’assiduité.
- «50 Avec le gyroscope les observations de jour et de nuit sont également faciles. Une fois l’observateur sûr de lui-même, il n’a plus à craindre les erreurs d’horizon qui se produisent dans certaines circonstances, surtout de nuit, malgré l’emploi des meilleures lunettes. L’appareil nous paraît devoir donner des résultats largement satisfaisants pour les besoins de la navigation. Quand il aura fait ses preuves et inspiré la confiance, son usage s’imposera à la navigation rapide.
- « 6° L’organe le plus délicat du gyroscope est le pivot. On ne saurait trop insister sur la nécessité absolue de l’avoir toujours en parfait état. La commission pense qu’il serait avantageux d’ajouter au mécanisme qui soulève ou abaisse le tore un ressort antagoniste destiné à prévenir les chutes brusques de la pointe du pivot sur le support.
- « 70 Dans le même ordre d’idées, la commission estime que le fanal disposé pour les lectures de nuit serait très avantageusement remplacé par
- une très petite lampe électrique fixée à l’instrument et actionnée par une pile de poche.
- « 11 est probable que ce dispositif, en assurant un éclairage régulier, faciliterait beaucoup les observations et leur assurerait une rapidité qui, dans certains cas, peut être sinon indispensable au moins très avantageuse.
- « 8° Le système de molette graduée qui remplace dans ce gyroscope la vis de rappel des sextants ordinaires est un dispositif dont on ne saurait trop faire l’éloge. Les lectures étant presque aussi faciles de nuit que de jour, elles ne causent aucun retard dans les observations, contrairement à ce qui a lieu si souvent pendant la nuit. De plus, les erreurs de lecture deviennent à peu près impossibles. Tous les cercles et sextants gagneront à être pourvus à l’avenir de cet utile dispositif. »
- Les brillants résultats que nous venons d’énumérer ont été obtenus avec les deux types de gyroscopes que nous avons déjà eu occasion de décrire, savoir : le gyroscope Dubois, que l’on excite mécaniquement par voie d’engrenages, et le gyroscope collimateur Fleuriais, qui s’entretient par une soufflerie.
- Depuis l’apparition de ces deux récents types, nous en avons vu surgir un nombre assez respectable; nous en trouvons quelques-uns dans l’intéressant ouvrage de M. Hopkins intitulé Experimental Science, et publié au commencement de cette année à New-York. Mentionnons les plus intéressants. Voici d’abord le gyroscope pneumatique.
- Ce gyroscope est constitué par un volant assez massif dont les jantes sont taillées en ailettes et présentent leur surface devant l’embouchure d’un tube. Ce tube agit sur les ailettes de manière à provoquer la rotation rapide du volant; cette rotation, parvenueàune certaine vitesse, permetde conserver un régime de marche uniforme, pourvu que la source d’énergie, engendrée par une soufflerie, reste constante. Ce gyroscope est agencé à la façon commune, dans un cadre mobile établi sur pivot, la disposition de la colonne de support est telle que l'introduction de l’air s’y fait librement, sans pour cela empêcher une rotation éventuelle. Cet avantage est obtenu en faisant plonger le tube de soutien dans une colonne creuse et concentrique remplie de mercure à sa partie inférieure.
- Dans un autre type de gyroscope pneumatique, le tore de ces instruments est remplacé par une sphère creuse, très légère, en papier comprimé, en
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- métal ou autre substance. Cette sphère est montée sur un arbre qui la traverse diamétralement, et dont une des extrémités est assujettie mobile entre les deux mâchoires d’un pivot indépendant. La colonne de support est comme tout à l’heure formée d’un double manchon baignant dans le mercure et distribuant l’air dans un conduit à deux branches établies sur le support même de la sphère. Ces deux orifices de sortie sont diamétralement opposés l’un à l’autre; ils agissent en sens inverse; mais leurs deux influences se combinent pour donner le mouvement à la sphère libre, laquelle se met à tourner à des vitesses assez considérables permettant d’étudier sur cet 'appareil la plupart des phénomènes qui s’accomplissent dans un gyroscope ordinaire.
- - Après l’air comprimé voici la vapeur. Dans ce nouvel appareil le volant est plein; il est formé d’une masse pesante convenablement tournée, établie sur un arbre dont l’une des extrémités porte un excentrique relié par une bielle à la tige d’un petit cylindre oscillant. Cet arbre est disposé et équilibré sur un palier faisant corps avec la chaudière; celle-ci est de petite dimension et est chauffée par un réchaud faisant aussi partie de l’appareil, monté lui-même sur un support unique adapté sur pivot. Sur l’équateur de la chaudière sont trois petits picots qui permettent de faire varier les positions du gyroscope et de lui donner diverses inclinaisons. Nous signalons cet appareil à titre de curiosité. Les gyroscopes électriques nous préoccupent davantage, pour diverses raisons dont la principale nous paraît résider dans une indépendance plus complète du tore ou volant, car, comme bien on le conçoit, dans le gyroscope à vapeur tout cet agencement n’est pas sans contrarier la marche de l’instrument : toute cette machinerie est une complication sans grands avantages. En effet, ce gyroscope ne saurait fonctionner sous les vitesses considérables de quatre à cinq mille tours que souvent les autres appareils similaires, même ceux précédemment décrits, atteignent aisément. Et d’autre part il ne saurait être employé pour des expériences prolongées qui, comme, par exemple, l’observation de la déviation du plan terrestre, nécessitent un fonctionnement de plusieurs heures. La provision d’eau est insuffisante pour entretenir la marche au delà d’une demi-heure.
- Les divers gyroscopes électriques que nous
- allons passer en revue ont déjà sur le précédent l’avantage d’être moins bruyants, de fournir une vitesse rigoureusement constante, ét de permettre de procéder à des expérimentations de très longue durée. C’est ce qui a fait sans doute préférer le gyroscope électrique pour l’obtention de la direction et la démonstration de la rotation de la terre.
- Le gyroscope électrique le plus simple consiste en un pivot fixe sur lequel est disposée une barre horizontale; à l’une des extrémités est un volantpe-sant analogue àceux que nous avons vu figurer dans la plupart des gyroscopes décrits jusqu’ici. La face postérieure de ce volant, qui e<;t en bronze, porte encastrée une armature en fer doux formant un ou deux diamètres. En regard de cette armature s’épanouissent les deux pôles d’un électro-aimant assez puissant, dans lequel le courant pénètre par un commutateur automatique disposé sur l’axe. La communication électrique est assurée par le pivot lui-même, et le retour du courant s’effectue par une pointe de platine tournant dans un plan concentrique autour du pivot en matière isolante traversé à son extrémité par le contact qui fait l’introduction. La pointe en platine ainsi disposée baigne dans une petite cuvette remplie de mercure et adaptée sur le support. A l’autre bout de l’arbre, qui d’un côté de l’axe porte comme nous venons de le voir une variété de moteur électrique, est un contrepoids assez pesant que l’on peut faire coulisser de façon à obtenir des inclinaisons en modifiant l’état d’équilibre de l’appareil. Ce gyroscope des plus simples permet de répéter toute une foule d’expériences sur la gravité, la force centrifuge, etc.
- Autrement intéressant est le gyroscope spécial connu aux États-Unis comme gyroscope électrique pour la démonstration du mouvement de rotation de la terre. C’est un dispositif nouveau qui permet d’obtenir toutes les indications relatives à la déviation dans les mêmes conditions que le gyroscope électrique Trouvé, que nous avons analysé dans une précédente étude.
- Ce gyroscope électrique est composé d’un cadre vertical en bronze ou en cuivre, de forme rectangulaire. Ses deux montants reçoivent un arbre qui les traverse d’axe en axe. Sur cet arbre est établi le volant, qui pourrait être tout aussi bien un tore. Ce volant comporte comme précédemment une armature en fer doux sur laquelle agissent les deux pôles de l’électro-aimant placé en regard. L’ensemble du système, tore et cadre,
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- est suspendu à une potence au moyen d’une vis, ou plus heureusement par un fil inextensible. Cette dernière disposition est préférable, parce qu’alors le gyroscope peut exécuter un tour complet sur lui-même, ce qui n’est guère possible dans le cas où la suspension est faite par vis.
- La partie inférieure du cadre porte une garniture isolée munie d’une pointe en platine de faible section plongeant dans une petite coüpe remplie de mercure. Cette pointe a pour effet d’assurer une rigidité apparente à l’ensemble du système, d’atténuer les oscillations et de faciliter la communication électrique. L’armature de cette pointe porte une aiguille assez longue que le moindre déplacement fait courir sur une portion de cercle graduée établie sur le plateau qui sert de support à tout l’appareil. La circulation du courant se fait d’une part par la potence et le cadre de suspension, de l'autre par la pointe inférieure.
- Lorsque le gyroscope est suspendu par fil on dispose entre le support et le cadre un conducteur très fin roulé en spirale et formant une sorte de tube dont le centre est occupé par le fil inextensible. Le passage du courant dans l’électro-aimant est commandé par un petit collecteur disposé sur l’arbre du volant. L’appareil et tous ses éléments sont abrités sous une cloche qui s’adapte sur la platine inférieure et préserve le gyroscope des influences extérieures qui pourraient en fausser les indications.
- L’instrument est complété par un petit niveau d’eau dissimulé dans le plateau et qui, grâce à trois vis calantes, permet de corriger la position de l’instrument au moment des expériences. Ces trois vis sont disposées sur un second plateau plus grand que celui de la cloche et indépendant de celui-ci. Ces deux plateaux peuvent se mouvoir l’un sur l’autre, et une disposition de contacts par cercles concentriques fait que cette mobilité n’interrompt pas la circulation du courant.
- Dans ces conditions, voici comment on se place pour rendre évident le déplacement du plan terrestre se dérobant sous un corps en mouvement et que sa vitesse rend indépendant.
- On fait durant quelques minutes passer le courant dans l’appareil; aussitôt le volant se met en marche; en peu d’instants il atteint son maximum de vitesse ; une fois qu’il semble parvenu à son régime de marche on l’abandonne, c’est-à-dire on le laisse s’orienter; on repère la position de l’aiguille, et, imprimant un déplacement au petit pla-
- teau, on fait coïncider les premières divisions du cadran avec l’aiguille. Puis, l’appareil continuant à fonctionner, on note immédiatement les déplacements successifs fournis par la marche progressive de l’aiguille sur le secteur gradué. 11 est hors de doute que dans cette expérience ce n’est pas le cadre de suspension qui se déplace en entraînant l’aiguille, mais bien la terre qui, dans son mouvement, entraîne tous les objets situés à sa surface : la table, les plateaux, le globe et la potence; seul le gyroscope, tant qu’il est en mouvement, conserve son indépendance absolue et se meut dans un plan qui serait perpétuellement immuable si des circonstances particulières telles que la résistance de l’air, les vices de construction, l’inaptitude des organes à se mouvoir sans résistance aucune n’intervenaient point.
- Dans cette expérience, c’est donc en réalité le cercle divisé qui se déplace sous l’aiguille dépendante d’un système rigoureux fixe. Si l’on procédait à une expérimentation de ce genre à l’un des pôles de la terre, c’est-à-dire sur l’axe même de rotation de notre planète, on observerait très exactement une rotation d’un tour complet en 24 heures. Le petit retard qui pourrait être constaté serait seul imputable aux résistances passives que nous avons énumérées.
- Le gyroscope duplex est une disposition nouvelle donnée au gyroscope simple. Dans ce type on a utilisé les deux joues du tore pour les munir d’armatures perpendiculaires sur lesquelles agissent deux électro-aimants. Cette disposition permet d’obtenir une vitesse plus importante et une plus grande régularité de marche. Le cadre rectangulaire est agencé dans un support en U. Le courant circule par le support et le cadre et fait retour par un des pivots. Ce pivot est isolé et en relation avec un conducteur isolé aussi, se terminant par une pointe de platine qui plonge dans une coupe à mercure placée sur le socle comme dans les gyroscopes précédemment étudiés. Un simple contrepoids accroché au cadre comme il est montré dans la gravure permet de donner une inclinaison quelconque à l’appareil et de lui faire réaliser dans ces conditions une foule d’expériences instructives sur la combinaison des forces.
- Pour être complet, il nous faut parler aussi du gyroscope équatorial. C’est un gyroscope de déclinaison ; c’est la boussole perfectionnée, avec ses causes d’erreur supprimées. Cet appareil ne re-
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- doute ni les aurores boréales ni les perturbations du magnétisme terrestre. Voici comment il est construit :
- Un cadre rectangulaire contenant le gyroscope mû électriquement, comme dans les dispositifs déjà examinés, est suspendu par deux fils inextensibles aux deux extrémités d'un fléau de balance. Les deux prolongements du cadre portent chacun un disque de platine plongeant dans deux petites coupes remplies de mercure. Ces deux coupes sont montées sur une traverse soutenue elle-même par deux bras rigides qui vont s’ajuster sûr le fléau. C’est par ces deux capsules que se fait la circulation du courant, soit par conducteurs fins et souples, soit par les bras de support isolés sur la traverse et sur le fléau et recevant le courant par le pivot.
- En regard des deux disques de contact se trouvent placés :
- l° D’un côté une aiguille légère à même de parcourir sous l’impulsion d’inclinaison de l’appareil toutes les divisions d’un secteur gradué disposé vis-à-vis ;
- 2° D’un autre côté est un petit miroir sur lequel on projette un faisceau de lumière, qui vient s’y réfléchir et amplifier sur une échelle proportionnelle les impulsions reçues.
- Cet instrument étant établi à l’un des pôles, le mouvement du gyroscope n’imprimerait aucune inclinaison au système; régulièrement il conserverait une position invariable peu démonstrative pour notre expérience; c’est donc un dispositif qui ne peut être utilisé que sous les latitudes intermédiaires.
- Dans différents lieux l’aiguille s’incline progressivement de bas en haut à mesure que, faisant fonctionner l’appareil on remonterait avec lui du pôle sud au pôle nord. Cet instrument vérifie les remarquables constatations de Léon Foucault et justifie de la propriété que possède un corps tournant autour d’un axe libre de s’orienter parallèlement à l’axe du monde de manière à prendre une direction nord-sud.
- Comme on le' voit par cet aperçu rapide, le gyroscope primitif de Léon Foucault s’est considérablement modifié. Grâce à l’électricité il peut constituer aujourd’hui un appareil de précision éminemment précieux pour l’astronomie nau-
- tique en même temps que pour nombre d’expériences de physique.
- Une nouvelle communication à l’Académie des sciences nous a montré dans le gyroscope électrique Trouvé un instrument réalisant le desideratum (communication du 25 août 1890). Dans ce nouveau type actuellement soumis aux épreuves de la marine, le tore électromoteur, composé d’un anneau induit genre Gramme, pèse plusieurs kilogrammes ; l’accroissement de la masse du diamètre et de la vitesse du tore a permis d’obtenir un instrument d’une solidité et d’une précision remarquable; les nouvelles conditions de ce gyroscope, dans lequel il faudrait un effort de plusieurs kilogrammes pour faire dévier le plan de rotation, nous garantissent le succès des expériences qu’on lui fait subir et dont nous aurons des nouvelles d’ici peu.
- D’ailleurs, les applications du gyroscope ne restent plus limitées au champ restreint du laboratoire; nous venons de le voir en expérience sur le pont des {navires, et depuis quelque temps il est éprouvé dans les arsenaux dans un but nouveau qui nous réserve de prochaines surprises.
- Se basant sur ce fait qu’un tore pesant peut conserver pendant plusieurs minutes la force, acquise, on a imaginé récemment en Angleterre de remplacer le mécanisme d’horlogerie qui commandait certaines torpilles automobiles par un tore auquel on communique l’énergie par un moteur Parsons. La torpille étant à flot, le tore giroscopique, en dépensant pendant quatre minutes environ la force dont il est doté, fait mouvoir par un pignon adapté sur son arbre deux hélices qui servent à la propulsion de la torpille. Ce ne sont là que des premiers essais, mais les résultats qu’ils ont fournis en faisant se multiplier les expérimentations, laissent pressentir l’utilisation de la merveilleuse propriété du tore gyroscopique de se mouvoir dans un plan perpétuellement invariable pour corriger, régler et commander la marche des nouvelles torpilles automatiques.
- Sous ces diverses considérations le gyroscope mérite d’occuper l’attention des électriciens et des savants, auxquels il vient d’ouvrir un champ d’études et de perfectionnements considérables.
- C. C.
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- FAITS DIVERS
- Dans la nuit du 7 au 8 novembre, les; appareils de variation établis au parc Saint-Maur ont manifesté des • troubles magnétiques d’une amplitude si considérable qu’on n’en a pas observé de comparables depuis le mois de novembre 1889.
- Cette perturbation est surtout remarquable par la rapidité extraordinaire des écarts à son début. Elle a commencé i\ se produire le 7 à 8 heures 48 minutes du soir; à 9 heures la déclinaison avait diminué de 10 minutes, et à 10 heures elle avait atteint son minimum.anormal.
- Le maximum a été observé le 8 à;6 heures* 40 du matin, l’écart total étant de 27 minutes.
- L’allure des variations de l’intensité a été tout à fait différente ; cet élément a commencé par montrer une augmentation qui a atteint son maximum le 8 à 1 heure du matin, tandis que le minimum, beaucoup plus accentué, s’est produit seulement à 1 heure 15 du soir. Pour la composante horizontale^ l’écart a été de 0,001 38 unité C. G. S. soit environ les 9 centièmes de sa valeur. Le 8 à 3 heures du soir la perturbation n’avait plus rien de remarquable ; au contraire, lors de la grande perturbation de novembre 1889 les éléments sont restés troublés depuis le 26 jusqu’au 30. Le 28 entre 10 heures 50 et 11 heures 43 du soir, la déclinaison a diminué de 31 minutes, l’intensité n’a point été affectée d’une manière aussi remarquable.
- La perturbation de novembre 1889 a été étudiée avec un soin particulier, parce qu’elle s’est produite précisément à l’époque du minimum undéccnnal des variations magnétiques. Bien entendu ces deux perturbations ont été constatées l’une et l’autre sur les sept magnétographes établis en France.
- Il n’est pas sans intérêt de faire quelques Remarques supplémentaires à propos de la perturbation de 1890. Le 7 à 1 heure M. Moureaux avait observé l’entrée sur le disque du soleil d’une tache importante entourée de boucles. Au moment de l’observation, faite en profitant d’une éclaircie, les variations magnétiques présentaient une régularité d’allure qui est rarement observée. Depuis plusieurs jours elles suivaient paisiblement l’évolution de la période'diurne.
- Ce qui paraît en contradiction avec les opinions émises par certains physiciens, c’est que la tempête des 5, 6 et 7 novembre concordait avec le trouble magnétique dont on vient de parler.
- Le Gouvernement se préoccupe en ce moment du plus utile de tous les rattachements, de réunir la métropole aux colonies par des câbles sous-marins.
- Au milieu du mois d’octobre est parti de Greenwich un navire électrique chargé de la pose d’un câble rattachant la Martinique à la Guyane hollandaise, puis à Cayenne. U11 autre navire posera le câble de Cayenne au Brésil. D’autre part, on complétera la jonction de la Martinique à Santiago de Cuba, qui se trouve déjà réuni avec l’Europe.
- En même temps on procède à la pose d’un câble ratta-
- chant directement Marseille à Tunis, et immédiatement on rattachera Marseille à Oran.
- Il faut féliciter le ministère des colonie» du zèle dont il fait preuve! Mais sa tâche n’est point terminée, car trois groupes coloniaux importants sont encore en dehors du réseau télégraphique. En Océanie, Taïti ne peut être de sitôt rattaché, mais il n’en est pas de même de la Nouvelle-Calédonie, qui n’est pas à une énorme distance de Sidney. L’annexion la plus pressante est sans contredit celle de la Réunion, de Maurice et de Madagascar, ainsi que des Comores. Ce coin dédaigné de l’Océan Indien représente des intérêts immenses depuis longtemps en souffrance.
- L'Électtic Storage Battery Company de Philadelphie construit des accumulateurs au chlorure, de plomb qui présentent avec ceux de Laurent Cély la plus grande analogie. La matière active provient de la réduction du chlorure de plomb par le courant électrique.
- Voici, d’après VElectrical Enginccr, le procédé de fabrication employé aux usines de Philadelphie.
- Un récipient fermé est rempli de plomb que l’on amène à l’état de fusion; pendant le refroidissement la masse est soumise à une agitation continue qui la transforme en une pondre fine. Le plomb pulvérisé est dissous dans l’acide nitrique et précipité par l’acide chlorhydrique à l’état de chlorure de plomb qui est ultérieurement soumis à des lavages méthodiques, et enfin desséché.
- Le chlorure de plomb, additionné de chlorure de zinc, est fondu et coulé dans des moules qui donneront aux pastilles la forme et les dimensions voulues. Les pastilles sont ensuite disposées par séries dans des cadres spéciaux et entourées d’une garniture de plomb, par injection sous pression de métal fondu.
- La formation des plaques:s’obtient d’une façon à peu près identique qu’à l’usine de la Société pour la transmission de la force : on intercale une plaque d’accumulateur entre deux feuilles de zinc et le couple est plongé dans un bac renfermant du chlorure de plomb dilué. Le courant qui prend naissance décompose le chlorure de plomb et le transforme en plomb spongieux. Après avoir débarrassé la pâte des résidus de chlore, les négatives sont prêtes; les positives sont obtenues en oxydant des négatives dans les conditions ordinaires.
- Cet accumulateur aurait une capacité de 21 ampères-heures par kilogramme de plaques et de 15 ampères-heures par kilogramme de poids total.
- Le Journal de Berne a. commencé dans son io” numéro de 1890 la publication d’un travail approfondi sur les coups de foudre et les orages en Belgique. Il a eu soin de faire remar-i quer que l’ancienne théorie des paratonnerres se trouvfTpIëi-nement justifiée par l’observation des coups de foudre dans le voisinage de la Tour Eiffel, qui a étendu sa protection sur une surface.au moins égale à celle que les anciennes > instructions indiquaient après des années d’épreuves satis-
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- aisantes; il paraît difficile de s’arrêter aux épreuves qui ont été formulées, et de ne pas donner raison aux réfutations que M. Preece a prononcées dans diverses occasions, trop écentes pour qu’on les ait oubliées.
- Un inventeur allemand, M. Siesegang, vient d’imaginer un appareil phonographique qui, paraît-il, reproduit le son avec l’inflexion absolument exacte de la voix. L’inscription se fait sur une bande de papier de la même manière que dans le phonographe Edison ; il en résulte une ligne sinueuse qu’on recouvre aussi exactement que possible avec l’un des conducteurs d’un courant électrique passant par un téléphone; l’autre fil suit le bord de la bande de papier, c’est-à-dire est à une courte distance du premier. Il est facile de comprendre que si l’on promène sur les deux conducteurs un fil de platine placé perpendiculairement au conducteur rectiligne, la résistance opposée au courant passant par les trois fils varie à tout instant suivant l’écartement des deux conducteurs. Il en résulte, dit la Revue industrielle, que les sons inscrits sur le papier sont reproduits identiquement par le téléphone.
- L’influence du courant électrique sur le pouvoir absorbant des solutions salines par les tissus animaux n’est pas encore nettement définie; néanmoins cette médication a trouvé plusieurs applications, et voici une expérience exécutée par les docteurs Ehrmann et Wagner, de Vienne, qui jette un peu de lumière sur la question : elle prouverait tout au moins que la présence d’un courant électrique modifierait la faculté d’absorption suivant que le tissu animal est anode ou cathode.
- Deux verres à expérience furent remplis d’une solution très étendue de bleu de méthylène, et dans chacun d’eux plongeait une électrode en zinc : le circuit a été fermé par l’opérateur, dont les mains étaient immergées dans le liquide. Après dix minutes environ, sous l’action d’un courant de 10 à 20 milliampères, une différence notable existait entre les deux mains, dont l’une était anode et l’autre cathode : la première était recouverte d’un dépôt bleuâtre, tandis que la seconde restait intacte. L’action était plus marquée sur le dos de la main que dans la paume, en raison de la moindre épaisseur des tissus.
- Le Conseil municipal de Paris s’est ému des récents commencements d’incendie causés par les canalisations électriques, et après discussion dans la séance du 7 novembre M. Ch. Laurent s’est fait l’organe de la pensée générale en déposant un vœu aux termes duquel :
- « Le Parlement est invité à voter une loi spéciale assimilant l’industrie de l’électricité à celles qui sont considérées comme dangereuses et soumises à l'incessante surveillance de la Préfecture de police. »
- Le secrétaire général de la Préfecture de police a bien fait observer que, dans l’état actuel des choses, l’administration n’était pas. absolument désarmée et que le décret du 15 mai
- 1888 énumérait les mesures à prendre dans le cas visé; mais cette disposition n’a pas paru suffisamment rassurante, et le vœu de M. Laurent a été adopté.
- M. Georges Villain a présenté dans la même séance la résolution suivante :
- « Considérant que les usines de force motrice construites à Paris pour la production de l’électricité dégagent une grande quantité de fumée, qui constitue une gêne considérable pour la population voisine ;
- « Considérant que le décret d’août 1880 ne permet plus à la Préfecture de police de prescrire les mesures nécessaires pour contraindre les propriétaires de machines à vapeur de brûler la fumée de leurs foyers.
- « Le ConseiI*délibère :
- « L’Administration est invitée à inscrire dans le cahier des charges des compagnies électriques, chaque fois que les concessionnaires présents ou futurs solliciteront une concession nouvelle, l’obligation expresse d’employer des appareils de chauffage brûlant la fumée ou de ne se servir que de combustible ne dégageant pas de fumée. »
- Cette proposition porte, outre la signature de son auteur, celles de MM. Alfred Lamouroux, Hattat, Charles Laurent et Pache. Elle a été renvoyée à la y commission; nous ferons connaître son sort. Mais nous engageons déjà les conces-naires à faire les plus grands efforts pour devancer les mesures que les adversaires de l’électricité provoqueraient peut-être si on leur laissait l’occasion de sévir.
- Notre correspondant de New-York nous donne l’histoire d’un curieux coup de foudre qui se produisit pendant un orage le 17 octobre. Un agent de police s’approcha d’une des boîtes télégraphiques qui sont dans les rues afin de communiquer avec l’un des postes. A peine eut-il touché le manipulateur qu’il tomba comme frappé à mort. On le releva et on le porta dans une maison voisine, où l’on parvint à le rappeler à la vie. Mais il lui resta une grande faiblesse dans les jambès. Nulle part son corps ne présentait la moindre trace de brûlure.
- O11 essaie en ce moment d’établir à Chicago un Institut de science pratique, basé sur le modèle de l’Institut Franklin de Philadelphie.
- Le 1" octobre dernier on a commencé la construction d’une station centrale pour la production du courant nécessaire à l’exploitation des chemins de fer électriques de Boston. La salle des machines aura 58 mèties de long et 45 de large. Elle renfermera 6 moteurs de 1000 chevaux. Les fondations, établies sur pilotis sont terminées, et l’on espère que l’édifice pourra être inauguré le 1" mai 1891.
- Les agitations entretenues en Amérique par les « CheVa-*'
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- liers dû travail » ne pouvaient pas manquer de se faire sentir jusque parmi les opérateurs télégraphistes. Un certain nombre d’esprits remuants ont créé une société secrète, aux progrès de laquelle l'administration de la IVestern Union a tenté de s’opposer. Dans ce but elle a congédié six télégraphistes de la station de Saint-Paul (Minnesota). Tous les autres ont pris parti pour leurs camarades et le service local s’est trouvé interrompu.
- 11 n’y a pas de journal politique qui ne se soit cru obligé de tenir scs lecteurs au courant de l’idée d’Edison de faire entendre des orages magnétiques du soleil, en entourant d’un fil téléphonique les mines de fer d’Ogden, puissant amas de minerai magnétique. Le Temps lui-même commente longuement cette fantaisie dans sa revue scientifique du 28 octobre. Cette feuille, ordinairement plus sagace, ne s’est point aperçue que M. Edison prélude sans doute à son grand roman électrique. En tout cas n’aurait-on pu remarquer que cette idée n’est pas tout à fait nouvelle? Les prêtres égyptiens n’ont pas eu besoin de téléphone pour faire entendre la voix du soleil lorsque les rayons de l’aurore frappaient la statue de Memnon! La réalité antique n’était-elle point préférable au rêve moderne?
- Vers le milieu du mois d’octobre, M. le Président de la République a visité l’observatoire de Montsouris. M. Carnot a écouté avec un vif intérêt les explications que M. Descroix lui a données sur son système de prévision du temps. La théorie du directeur des services météorologiques de cet établissement municipal repose, comme nous Pavons expliqué, sur l’influence que les orages magnétiques du soleil exercent sur les événements météorologiques qui se produisent à la surface de la terre. Comme leurs effets sur le magnétisme terrestre sont instantanés, tandis que les effets météorologiques demandent un certain temps pour faire leur évolution, on comprend que les agitations de l’aiguille aimantée puissent être considérées comme donnant d’utiles symptômes du temps futur.
- Il y a dans la combinaison de M. Descroix quelque chose d’au moins séduisant. L’auteur est le premier à reconnaître que l’interprétation des oscillations de l’aiguille et du profil de la courbe tracée par les magnétomètres laisse encore beaucoup à désirer. Les règles qu’il propose sont encore tout à fait provisoires.
- En outre, il serait indispensable que les observations faites dans d’autres établissements fussent mises à sa disposition, afin qu’il pût les comparer avec celles qu’il recueille lui-même. Ce serait, en effet, le seul moyen de reconnaître ce qu’il y a de particulier à la station ou de réellement universel dans les variations constatées par le magnétomètre.
- Éclairage Électrique
- Nous empruntons le fait suivant à un journal belge; ce
- serait une des rares applications des piles primaires à l’éclai rage électrique.
- La lumière électrique vient d’être placée dans la salle de concerts du Conservatoire royal de Bruxelles.
- Le 18 octobre M. Buffet, ingénieur électricien, dont le système a été adopté parle gouvernement, avait invité quelques personnes, parmi lesquelles se trouvaient MM. le prince de Chimay, ministre des affaires étrangères et membre du conseil d’administration du Conservatoire, Lagassc, ingénieur principal des ponts et chaussées, Gevaert, directeur du Conservatoire, à une expérience qui a été absolument concluante.
- La lumière électrique proiuite à l’aide de la pile de l’invention de M. Buffet est beaucoup plus nette, plus éclatante et plus agréable que la lumière du gaz. Peut-être l’effet en est-il moins décoratif, mais ce luminaire offre ces très gran ’s avantages de faire disparaître tout danger d’incendie et de ne pas répandre une chaleur désagréable.
- Huit lampes de 200 bougies chacune, munies d’un réflecteur, ont été placées; deux d’entre elles se trouvent sur la scène. A l’avenir les musiciens ne seront plus contraints de se servir de bougies indépendamment de la lumière du gaz, insuffisante pour leur permettre de déchiffrer les partitions.
- Une lampe est installée juste au-dessus de la place qu’occupe le chef d’orchestre; enfin, les cinq autres sont réparties dans la salle.
- Les piles sont installées dans la cour de l’établissement ; les accumulateurs ont été établis dans un réduit placé sous la scène et fermé à clef; enfin, le tableau de distribution de l’électricité sera mis sous glace et également fermé, afin d’éviter les accidents.
- 11 est fort probable que d’ici peu de temps tout le Conservatoire sera éclairé à la lumière électrique.
- C’est à souhaiter. Les bâtiments sont actuellement aussi ténébreux qu’un labyrinthe. A partir de 4 heures de l’après-midi, on est obligé de marcher à tâtons pour éviter de se casser le cou, tant l’obscurité est profonde dans les couloirs.
- Une difficulté se présente cependant pour établir l’éclairage électrique d’une manière générale. Une machine de 10 à 15 chevaux est indispensable et ne peut être montée au Conservatoire. O11 sera obligé de l’installer à une assez grande distance de l’établissement, ce qui présente un inconvénient très sérieux.
- La pile électrique Buffet possède un grand avantage : elle est capable d’un débit très soutenu, sans polarisation, avec une réaction économique et des sous-produits immédiatement réalisables ; c’est ce qui la rend préférable, au point de vue de l’économie, à la lumière du gaz. Ajoutons que cette pile ne demande que très peu de manipulations.
- Nous apprenons que la lumière électrique va être introduite dans le camp d’Alderschott, mais nous ignorons si, le ministère delà guerre du Royaume-Uni procèdes cottëTnstal-lation à l’aide de lignes de campagne ou d’une façon permanente spéciale à cette station militaire.
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- Le ministre de la marine vient de prendre des mesures pour familiariser le personnel des arsenaux avec les procédés de l’éclairage électrique, si répandu en marine. Il a décidé que deux contre-maîtres et deux ouvriers électriciens seraient envoyés à Paris par chaque port pour étudier la technologie de l’électricité. De plus, des conférences théoriques et pratiques sur l’électricité à l’usage des officiers de marine sont faites à l’Observatoire de Pars, à partir du mois de novembre ; elles dureront quatre mois et auront lieu deux fois par semaine, les mardis et vendredis.
- Télégraphie et Téléphonie
- Plus heureuse que le grand Frédéric, une riche Allemande vient d’acheter il y a quelques semaines le moulin de Sans-Souci. Cependant il y a encore des juges à Berlin. En effet» la Compagnie Mix et Genest vient de gagner un procès important contre le Ministère des Postes et Télégraphes.
- Entraîné par le courant irrésistible qui porte tout monopole à envahir l’industrie privée, l’administration s’était avi sée d’interdire à MM. Mix et Genest de faire des installations téléphoniques particulières. Le jugement a reconnu à l'industrie privée le droit de placer des téléphones soit entre différentes maisons appartenant au même propriétaire, soit entre des maisons appartenant à des propriétaires différents. Nous connaissons plus d’un pays où les fabricants de téléphones se contenteraient de voir appliquer la jurisprudence des tribunaux de Berlin.
- Le ministre du commetce vient de soumettre Un projet de décret tendant à autoriser le fonctionnement permanent des services téléphoniques à grande distance, qui ne fonctionnent actuellement que de huit heures du matin à neuf heures du soir.
- Pour la période de nuit, le tarif sera réduit de moitié environ et fixé à 50 centimes par 5 minutes.
- Des abonnements d’un mois au moins seront en outre autorisés avec une nouvelle réduction des deux cinquièmes sur le tarif de nuit.
- Le prix sera donc de 30 centimes par 5 minutes, sous cette réserve toutefois que le nombre de minutes stipulé dans l’abonnement ne pourra pas être reporté d’une nuit sur autre.
- L’Administration des postes et télégraphes, en vue d’améliorer les communications entre Paris et les communes les plus peuplées des environs, va faire établir les lignes électriques suivantes :
- De la porte de Clichy à Clichy-la-Garenne;
- De la porte de Saint-Cloud à Saint-Cloud ;
- De la porte de Pantin au Raincy.
- Enfin un réseau téléphonique va être établi à Fontenay-sous-Bois.
- Les enquêtes sont ouvertes dans les communes intéressées
- sur ces différents tracés, à raison des servitudes que la pose des supports imposeia à certains immeubles.
- L’Administration des postes et télégraphes vient d’approuver une convention conclue avec la manicipalité d’Ar-genteuil et tendant à la création d’une ligne téléphonique pour relier cette commune à Paris, à la charge par elle de faire l’avance des frais de premier établissement.
- C’ert dans le Royaume-Uni que la télégraphie a pris son plus grand développement. En moyenne 100 habitants reçoivent 140 télégrammes, d’après la statistique officielle pour l’année 1888. La proportion de la France n’est pas beaucoup moindre, puisque le nombre est de 136. Mais en Allemagne il est incomparablement moins élevé; il n’est que de 35. Ensuite vient l'Italie avec 20 messages Elle est suivie par l’Autriche-Hongrie, qui ne donne que 18. En Russie l’on n’en reçoit que 2 et dans l’Inde 1 seul. N’est-ce pas un sûr indice de la diffusion de la civilisation, de la marche du progrès et une sorte de mesure de l’intelligence?
- La télégraphie se développe à pas de géant sur le territoire du Transwaal. Dans cette vaste contrée, où la population civilisée est excessivement clairsemée, on n’a établi que 9i postes télégraphiques. Mais dans les trois premiers mois de l’année 1889 le trafic télégraphique de ces 31 postes a été de 290000 messages, tant envoyés que reçus. De ce nombre prodigieux la capitale a absorbé juste la moitié.
- Pendant cette période, les recettes faites sur les télégrammes expédiés du Transwaal ont dépassé 300000 francs. On voit que les marchands de diamant de l’Afrique australe font grandement les choses.
- Dans la dernière session du Congrès international de télégraphie, les délégués de l’administration allemande ont demandé l’adoption d'un tarif uniforme pour la correspondance européenne hors des limites de chaque nation. Cette proposition n’a point été complètement repoussée comme dans les sessions précédentes. Elle n’a été que réservée, pour êlfe examinée à nouveau lors de la prochaine réunion. Tous les délégués ont reconnu qu’elle exercerait une immense influence sur le développement du service international.
- Les considérations budgétaires ont seules entraîné un vote négatif. Les administrations ont dû être invitées à étudier isolément quelles seraient les conséquences financières de l’adoption d’une mesure si utile pour le public.
- Imprimeur-Gérant : V. Nory
- Imprimerie de La Lumière Électrique — Paris. 31, boulevard des Italiens.
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- La Lumière Électriçiue
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- directeur : Dr CORNÉLIUS HERZ
- XII* ANNÉE (TOME XXXVIII) SAMEDI 22 NOVEMBRE 1890
- No 47
- SOMMAIRE. — Sur l’exploitation de la gutta-pfercha; Sérullas. — Chemins de fer et tramways électriques; Gustave Richard-— Histoire des batteries secondaires; E. Andreoli. — La session de l’Association britannique à Leeds; P.-H. Ledeboer. — Chronique et revue de la presse industrielle : Câble Glover. — Wattmètre Wilson. — Radiateur électrique Dewey. — Avertisseur d’incendie de VEuropean fire service and tnoior Compati)/. — Isolateurs Ryland. — Voltmètres à indications indépendantes de la 'température. — Revue des travaux récents en électricité : Sur la résistance électrique des métaux, par M. H. Le Chatelier. — Variétés : Le service téléphonique de New-York, par Herbert Laws Webb. — Bibliographie : Traité élémentaire d’électricité pratique, par M. R. Boulvin; A. Manceaux, éditeur, Bruxelles.— Impianti di illuminazione elettrica, par M. E. Piazzoli, Milan, 1891. — Faits divers.
- SUR
- L’EXPLOITATION DE .'LA-' GUTTA-PERCHA
- ÉTAT DE LA QUESTION. — CAUSES DE SA GRAVITÉ. — APERÇUS STATISTIQUES.
- Il n’y a pas encore un demi-siècle que le monde civilisé connaît et utilise les gommes dont le groupe est désigné sous le nom générique de gutta-percha. Dans quelques années pourtant leur exploitation par les indigènes aura pris fin en Malaisie, et cette région est Tunique habitat naturel des espèces végétales qui en fournissent les bonnes sortes. Déjà leur exportation commence à cesser de proche en proche dans les ports malais. La situation économique de la télégraphie sous-marine va devenir critique.
- D’après ce qui se passe, l’entretien des communications électriques transocéaniennes ne tardera pas à coûter des sommes, fabuleuses, et la régularité de leur fonctionnement n’aura bientôt plus rien de certain. Dès maintenant il est même impossible que l’établissement d’un câble de moyenne importance soit capable de satisfaire aux clauses d’un cahier des charges prudemment et sérieusement établi.
- 11 n’est pas surprenant, par conséquent, que
- lors d’une mise en adjudication récente, les deux grandes compagnies françaises se soient retirées devant les conditions imposées par l’Administration des Télégraphes. Ces compagnies ont déclaré que dans le commerce on ne pouvait plus trouver en quantité voulue une gutta-percha répondant aux exigences, d’ailleurs très justes, des ingénieurs de l’Etat. Il ne s’agissait cependant que de la construction de deux câbles destinés à relier simplement le midi de la France au nord de l’Afrique.
- Quant aux câbles immergés dans ces dernières années, ils donneront nécéssairement lieu à des mécomptes sous le rapport de leur fonctionnement et à leur durée. Dans le commerce, en effet, il ne pouvait y avoir assez d’excellentes guttas pour les fabriquer, puisque ce n’était déjà plus qu’accidentellement que les indigènes en récoltaient dans les forêts.
- Depuis 1884, époque à laquelle ont commencé mes missions dans l’extrême Orient, jusqu’en 1889 c’est-à-dire en quatre ans et demi, j’ai pu me rendre compte de la production. Eh bien, de l’intérieur des contrées malaises, où il n’y a jamais eu aucun stock dans cet intervalle, la quantité totale de gutta-percha convenable, non pas en valeur absolue, mais comme apparence, qui est parvenue sur les marchés d’exportation a été beau-
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- coup plus faible que la provision nécessaire annuellement aux besoins de l’industrie électrique européenne.
- Les relevés commerciaux, les documents statistiques sont là pour attester cette situation désastreuse. Encore ne peuvent-ils faire connaître qu'une partie de la réalité; car savoir qu’en telle année il a été exporté telle quantité de gutta de première qualité, ce n’est qu’être en possession d’un renseignement bien relatif; l’important est d'être exactement fixé sur la valeur intrinsèque de cette gomme.
- Or, depuis longtemps il ne sort plus des forêts un seul lot de gutta-percha qui soit pure de tout mélange; cet état de choses, qui n’a fait que s’aggraver avec le temps, ne peut qu’empirer encore, et bientôt tout sera malheureusement fini pour cette question capitale, si des mesures énergiques ne sont pas prises d’urgence. L'explication en est très simple.
- Les chercheurs de gutta rencontrent de plus en plus difficilement un arbre d’une bonne espèce, et s’ils attendaient d’en avoir découvert assez de similaires pour être en mesure d’obtenir un pain vendable, ils risqueraient le plus souvent d’attendre longtemps. Aussi, revenus dans leurs kampongs, c’est-à-dire dans leurs villages-, avec des gommes de qualités très diverses, mais en n’ayant de chaque sorte qu’une quantité insuffisante, se livrent-ils à des mélanges, en général fort habiles,- il faut le reconnaître. Ils ne visent qu’à écouler le plus vite possible le produit de leur récolte et à en obtenir à peu près le prix qu’ils seraient en droit d’espérer si la gomme était exempte de toute falsification.
- D’autre part, les arbres de valeur secondaire ont été exploités de la sorte sur une vaste échelle et ils sont devenus à leur tour de moins en moins communs; si bien que, de mélanges en mélanges, les guttas cotées aujourd’hui comme étant de première qualité n’équivalent pas même aux gommes qui, à l’origine, auraient à peine figuré en troisième ligne. 11 y a plus : suivant les districts et dans une même forêt, selon les hasards de la récolte d’une journée ou d’une semaine, la composition réelle d’une première sorte est éminemment variable.
- Les intermédiaires chinois n’ont de leur côté qu’une préoccupation, celle d’obtenir des types commerciaux; mais on conçoit que vu les mélanges antérieurs les triturations auxquelles ils se
- livrent ne puissent aboutir qu’à un trompe l’œil. 11 est vrai qu’ils ne demandent pas davantage à leurs opérations.
- Les grands négociants européens des centres d’exportation se croient très connaisseurs en cette matière. Ils me semblent en cela se faire quelque peu illusion, car ayant soumis et fait soumettre à leur appréciation des guttas que j’avais récoltées moi-même et des mélanges obtenus en ma présence, j’ai pu facilement me convaincre ainsi de l’incontestable supériorité que les sauvages chercheurs de gommes possèdent sur eux dans la question si complexe de la gutta-percha. .
- Dès lors, en admettant même qu’il n’y eût pas en Malaisie d’intermédiaires entre le naturel et l’Européen pour ce commerce, il serait bien difficile que le diélectrique de l’âme d'un câble quelconque immergé dansces dernières années représentât le latex coagulé d’une espèce végétale donnée, ou seulement un mélange déterminé. Un indigène voulût-il sérieusement obtenir des poires d’une composition toujours identique, qu’il ne le pourrait évidemment pas; aussi les moins mauvaises des guttas commerciales d’aujourd’hui ne peuvent-elles plus satisfaire aux usages de la télégraphie sous marine.
- Il n’y a donc actuellement aucune certitude pour le revêtement des fils d’un câble, et l’industrie a parfaitement raison de ne pas témoigner Une grande confiance dans les échantillons qui lui sont présentés. Du reste, abstraction faite de la perturbation que doivent éprouver les transactions d’après ce qui précède, les mélanges sont souvent difficiles à soupçonner à première vue; on ne s’en aperçoit-que plus tard à la façon anormale dont la gomme s’est comportée.
- Par une longue étude du latex puf de chaque espèce végétale à gutta-percha, j’ai pu arriver à une méthode analytique qui permet de discerner qualitativement les mélanges de produits tout récemment récoltés; mais cette méthode n’a rien de rigoureux au point de vue quantitatif, et elle se trouve complètement en défaut à l’égard des mélanges anciens. Pour ces derniers, les réactions chimiques, les mesures électriques, l’analyse spectrale et l’examen micrographique ne fournissent pas d’indications valables. Dans certains cas, la présence de résines secondaires et les produits de dédoublement de glucosides colorants qui souillent le latex peuvent permettre de déceler l’exis-
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- tence de telle ou telle gomme dans le mélange, mais c’est tout.
- Une gomme constituée comme celle du mirnu-sops balata à peu près exclusivement par l’hydrocarbure fondamental des guttas-percha n’est pas toujours celle qui s’altère le moins vite, tant s’en faut; on le verra plus loin dans cette notice. Mais le fait caractéristique qui ressort de l’examen des guttas, c'est qUè deux magmas exactement les mêmes se comportent parfois déjà très différemment au bout de peu de mois.
- Cette constatation théorique doit nécessairement avoir les conséquences les plus fâcheuses dans la pratique. On ne doit plus s’étonner si deux câbles dans la fabrication desquels sont entrées des guttas commerciales considérées comme pareilles fournissent les résultats les plus opposés. Au bout d’un laps de temps assez court, l’un d’eux pourra très bien être déjà hors de service, alors que l’autre restera intact encore plusieurs années. Pendant; les expériences techniques et les essais même d’une durée de quelques mois, un mélange de guttas peut sembler se comporter très convenablement sans que l’on soit autorisé à en tirer une conclusion favorable.
- Les gommes de mauvaise qualité, même quand elles sont pures, se comportent, à cet égard, comme les mélanges. A côté des oxydations, des polymérisations, il y a dans les modifications d’équilibre moléculaire dont ces substances sont l’objet une intéressante question de microbiologie dont je dirai quelques mots plus loin.
- De nombreux essais ont été tentés en vue de remplacer une matière première de plus en plus rare, de moins en moins reconnaissable, chaque année plus chère et qui est la plus précieuse pour la télégraphie sous-marine ; ils ont tous échoué. Chez aucune des substances préconisées jusqu’ici on n’a trouvé, par exemple, l’inaltérabilité presque indéfinie que présente, quand die est conservée sous l’eau, une gutta-percha préparée sans mélange et de première qualité en valeur absolue. Remarquables parfois au début, leurs propriétés sont dépourvues de stabilité.
- Les électriciens savent les résultats qu’ont donné pour les usages sous-marins la paraffine, l’ozokérite, la nigrite, la kérite, l'isolant Berthoud-Borel, le câble Brooks, la composition Wray, le caoutchouc et le nouveau diélectrique Brooks ; je crois inutile d’insister sur ce point.
- Assurément de ce |qu’un problème n’a pas
- encore pu être résolu, il ne s’ensuit pas qu’il soit insoluble; mais avant d’escompter les progrès hypothétiques de l’avenir, il est prudent de s'en rapporter aux conditions présentes de la science et aux exigences actuelles de l’industrie. En principe, rien ne s’oppose à l’emploi des diélectriques qui viennent d’être cités, ou à celui de conduites remplies de pétrole, pas plus qu'au percement de tunnels sous-marins qui ramèneraient les câbles dans les conditions des fils aériens.
- Toutefois, comme dans l’application, l’essentiel est d’avoir une sécurité suffisante pour la régularité et la durée des communications télégraphiques
- Fig. 3. — Graine mûre de l’arbre à gutta-percha, de Singapore (grandeur naturelle).
- à établir et de ne pas se placer en face de dépenses invraisemblables, fantastiques, le plus sage pour le moment est de s’en tenir à la gutta-percha. Cette gomme, quand elle est réellement de bonne qualité, a pour elle la sanction de l’expérience. Pourquoi s’évertuer à chercher des succédanés douteux, quand on a sous la main le desideratum?
- Tant que le fameux arbre connu dans la science botannique sous le nom d'isonandra-percha ou isonandra-gutta a été considéré comme une espèce éteinte ou plus exactement introuvable7 il était rationnel de lui chercher un remplaçant. Adéfaut de cet arbre et de plantes assez équivalentes, il n’était pas illogique de songer à l’utilisation des
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- propriétés soit d’autres produits naturels soit de composés artificiels plus ou moins résistants aux agents de destruction dans le fond des mers.
- Aujourd’hui que cet isonandra est retrouvé et complètement connu [fig. i et 2] (*), l’état de la question est tout autre. Cette plante est devenue, il est vrai, d’une rareté telle que les défrichements aidant elle est peut-être à la veille cette fois de disparaître à jamais ; toutefois est-il donc impossible d’en sauvegarder l’espèce, de la mettre en culture réglée et de la propager pour en obtenir une source inépuisable d’un diélectrique économique et sûr ?
- L'établissement et le renouvellement d’une communication télégraphique sous-marine ne sont pas une petite affaire. Les difficultés considérables qu’ils ont à surmonter, les désastres qui les menacent et qui ne se bornent pas toujours à la perte des câbles — puisque de 1873 à 1887 quatre navires s'y sont perdus corps et biens — ont été signalés dans l’important traité sur la télégraphie sous-marine publié dans ce journal en 1887-1888.
- Un bâtiment qui a mission d’immerger un Câble ne peut pas évoluer à sa guise et fuir devant le gros temps. Il est à considérer en outre, comme l’a fait remarquer M. Wünschendorff, que des millions sont engagés dans une entreprise de ce genre. L'industrie électrique doit donc se soucier de ne pas multiplier tous ces aléas en employant un isolant dont la valeur persistante n’aurait pas été consacrée par un long et sérieux usage.
- Toutes les guttas-percha ne lui conviennent pas; le type des gommes qu’elle exige, c’est le latex coagulé de l’isonandra-percha, celui qui a servi d’isolant au premier des câbles souterrains et au premier des câbles sous-marins. Malheureusement ce précieux isonandra n’existe plus à vrai dire qu’à l’état de rareté végétale ; il ne croît spontanément qu’en Malaisie, où le vandalisme des indigènes et les pratiques expéditives des planteurs ont fini par l’anéantir presque partout où il existait. Ce sont précisément ces circonstances qui attribuent à l'état de la question toute sa gravité.
- Dxans la zone malaise, l’exploitation des arbres à gutta-percha et les défrichements n’ont cessé depuis près d’un demi-siècle de s’étendre avec
- (*) Graine et fruit mûr récoltés dans Singapore, le 28 juillet 1888, par M. Sérvllas.
- une rapidité vertigineuse. Les naturels ont d’abord abattu les isonandfa-percha dont l’exploitation était la plus avantageuse, c’est-à-dire les sujets adultes. Ils se sont ensuite rejetés sur des arbres de moins en moins âgés, et dans cette voie, pour gagner toujours autant, ils se sont adressés à des espèces de moins en moins bonnes et ils ont falsifié de plus en plus les gommes qu’ils livraient au commerce.
- En coupant les arbres dès qu’ils étaient devenus à peu près exploitables, ils ont empêché ces plantes ou leurs repousses de parvenir à l’âge où elles auraient pu fleurir et donner des graines. Contrairement à l’opinion admise jusqu’ici, ils n’ont pas détruit ipso facto les exemplaires qu’ils ont exploités, mais ils ont en quelque sorte supprimé depuis une quarantaine d’années la reproduction et la multiplication surtout de la meilleure espèce. Ce mode de procéder, on le conçoit, n’en doit pas moins aboutir nécessairement un jour à l’extinction des diverses espèces exploitées, puisqu’un végétal ne peut pas repousser indéfiniment, n’a pas une longévité illimitée.
- Le meilleur producteur, l’isonandra-percha était aussi le plus rare, celui dont l’habitat était le moins vaste, attendu qu’il ne pousse ni près de la nier, ni dans l’intérieur d’un grand pays montagneux, ni dans les bas fonds où l’eau est stagnante, ni sur les collines dont l’altitude dépasse une soixantaine de mètres. Son habitat de prédilection, et pour ainsi dire unique, se trouve dans les ravins peu profonds où l’humidité est persistante et qui lui permettent d’avoir soit ses racines en partie flottantes dans un ruisseau, soit son pivot au-dessus d’un cours d’eau souterrain, dans un sol argileux compact.
- Il a été exploité en premier lieu et d’autant plus rapidement que les endroits où il végétait offraient l’accès relativement le moins difficile et se prêtaient à l’exploitation la moins éloignée, en même temps que la plus fructueuse.
- Une fois que tous les isonandra-percha ont été coupés, les Chinois qui servaient d’intermédiaires pour le commerce des guttas ont trouvé les chemins frayés. A ce moment, la culture fiévreuse du gambier rencontrant justement là des terrains propices, la destruction des forêts au moyen d’incendies calculés a continué l’œuvre des indigènes. Sur quelques points isolés, des coolies maladroits ont été mangés par les tigres que le défrichement gênait dans leur existence; ces accidents ont
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- provoqué des paniques locales qui ont sauvé les dernièrs isonandra-percha ; car à ce moment-là on avait tant planté de gambiers que la culture cessait d’en être avantageuse. La jungle s’est mise à repousser sur les plantations abandonnées, mais partout où le feu avait passé les arbres à gutta n’existaient plus.
- Il est à noter que dans la nature la reproduction des isonandras n’a jamais lieu par graines qu’à de très faibles distances. C’est toujours seulement dans le voisinage des arbres adultes que se rencontrent les plantules; encore la germination d’une graine d’isonandra-percha est-elle un fait très rare dans les forêts.
- Cette circonstance est non seulement due à la règle commune qui régit la multiplication des essences forestières, mais à l’habitat de cette espèce, à la rapidité avec laquelle ses graines perdent leurs facultés germinatives, aux conditions multiples d’une germination difficile et à la convoitise que ses fruits mûrs éveillent particulièrement chez les singes.
- Un mode insensé d’exploitation, mais surtout les défrichements ont été fatâls à l’isonandra-per-cha. Les défrichements, d’ailleurs, ont restreint chaque année davantage l’habitat de toutes les espèces à gutta, et ils se poursuivent plus que jamais. Ainsi, on défriche avec ensemble dans Bornéo pour planter du café, dans Sumatra pour cultiver le tabac, dans la presqu’île de Malacca pour exploiter l’étain. Quant aux îles minuscules, en général peu intéressantes, elles ont été pour la plupart dénudées par les Siamois aux siècles précédents, et dans Singapore, après le gambier, viennent aujourd’hui les cultures maraîchères chinoises, le manioc et le café libéria, sans compter les parcs d’agrément.
- Il existe encore dans les parties centrales de Sumatra, de Bornéo er de la presqu’île de Malacca d’immenses régions mal connues ou inexplorées, mais bien avant d’arriver aux confins de ces contrées montagneuses qui n’ont plus rien d'équatorial on a dépassé déjà la zohe de végétation des arbres à gutta-percha. Enfin, sans parler des grandes cultures néerlandaises, il y a des siècles que l’île de Java ne peut plus être considérée comme un sol vierge.
- Dans tous les parages malais, aujourd’hui dès qu’une essence forestière est exploitée sur un nouveau district, ce dernier voit immédiatement apparaître la race chinoise. La domination euro-
- péenne laisse avec empressement l’intérieur des pays sauvages s’ouvrir de la sorte devant elle. Le Chinois défriche, et il n’y va pas de main morte. Derrière lui s’installent les planteurs occidentaux et s’il y a lieu les compagnies minières. Les forêts disparaissent de tous côtés, la contrée n’est plus fermée à la civilisation ; l’Européen se ruine et le Chinois reste maître en réalité de la situation commerciale; mais partout où croissaient des arbres à gutta, il n’y en a plus.
- Ce n’est pas tout; moins il est resté d’isonan-dras et plus les applications de leurs gommes se sont multipliées. Avec une production en raison inverse de la consommation, il était à prévoir que l’équilibre ne subsisterait pas longtemps ; et, pour le rétablir aujourd’hui on aurait tort de compter sur le hasard ou sur les sauvages de la Malaisie.
- Quelques chiffres suffiront pour donner une idée de cette hécatombe inouïe des végétaux à gutta-percha dans les forêts malaises.
- En 1845, la gutta-percha importée en Europe a été de 9000 kilogrammes. En 1851, elle ne fut pas tout à fait de 14000 kilogrammes; mais en 1855 elle dépassait sensiblement déjà 300000 kilogrammes; il est vrai que l’exploitation venait de commencer dans tout l’archipel. En 1857, toute l’exploitation avait cessé dans Singapore et il parvenait sur le seul marché d'Amsterdam près de 250000 kilogrammes de gutta, qui valait alors sur cette place 3,28 fr. le kilogramme. A partir de cette époque la production a suivi une marche ascendante continue et effrayante jusqu’en 1880.
- En 1879, le total des exportations pour Sumatra représentait un peu plus de 135 000 kilogrammes, et dans ce chiffre ne figurent pas les expéditions faites des portsde Palembang, deSingkel, de Baros, de Sibogaetde Natal, sur lesquelles M.Ten Brume-ler. directeur général des postes et des télégraphes aux Indes néerlandaises n'a pu recueillir de renseignements. La même année, l’exploitation totale en ce qui concernait Bornéo était supérieure à 1300000 kilogrammes, dans lesquels les produits du Bandjermassin entraient pour 370000 kilogrammes environ.
- Simultanément, de Singapore l’exportation était très considérable aussi ; toutefois elle n’y a jamais été, certes, de 60000 picouls (*). Dans ce. chiffre indiqué à M. Wünschendorff, il est évidentàpriori qu’il y a un erratum; mais pour en acquérir la
- C1) 100 kattis = 1 picoul = 62 kilog. 500.
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- preuve matérielle il suffit de consulter les documents officiels concernant les importations en Europe et en Amérique, qui s’accordent du reste avec les relevés statistiques mensuels publiés dans les colonies britanniques des détroits. Sans doute de 1869-1870 à 1879-1880 le mouvement du commerce des guttas-percha avait doublé sur la place de Singapore ; mais à partir de cette dernière époque il a constamment décru. Abstraction faite des 6250 kilogrammes arrivés de Pangkalan dans le courant de l’année 1879 sur ce grand marché et qui sont compris dans la quantité indiquée plus haut comme exportée de Sumatra; sans parler également des lots en somme insignifiants provenant de Siak et d’Assahan (Sumatra), les deux régions dont les produits régissaient alors le marché de Singapore étaient l’état de Padang et celui de Pérak; celles de Malacca et de Selan-gore étaient épuisées; quant à l’état de Quedah il alimentait exclusivement le port de l’île de Penang et n’expédiait que fort peu de guttas.
- En 1870, Malacca et Selangore avaient fourni un peu plus de 100000 kilogrammes et leurs exportations n’avaient pas tardé à devenir nulles. En 1879 et 1880, le Pérak avait été exploité et avait donné une quantité de gutta-percha presque égale à celle qui était sortie de Malacca et de Selangore dix ans auparavant, puis tout avait été dit.
- Trois ans après, par ordonnance du gouvernement colonial anglais, toute exploitation de la gutta-percha était interdite dans les possessions britanniques des détroits; cette ordonnance arrivait un peu tard. Au moment où le massacre s’accomplissait dans le Pérak, il débutait dans l’état de Padang et donnait une proportion d’excellente gutta qui ne dépassait guère le double des exportations deTélok Anson et n’en a jamais dépassé le triple. 11 y a loin de ces chiffres, on le voit, aux trois millions sept cent cinquante mille kilogrammes qui ont été indiqués à M. Wünschen-dorff.
- Tout compte fait (si quelques chiffres manquent comme contrôle aux exportations, ils figurent dans les documents statistiques aux importations), c’est en nombre rond près de deux millions de kilogrammes que les forêts de la Malaisie ont procurés, en 1879 au monde civilisé.
- 11 est certain que dans cette production énorme il y avait des guttas-percha de toutes qualités, voire même des gommes d’une tout autre nature. 11 n’en est pas moins vrai que cette exploitation
- accusant une telle récolte en une seule année a été le dernier coup porté à la production. Aussi les forêts malaises épuisées n'ont elles dès Jors fourni que des gommes problématiques et en proportion rapidement décroissante. 11 n’est pas permis à la télégraphie sous-marine d'espérer qu'une suspension même complète de l’exploitation pendant un certain nombre d’années soit capable de rétablir l’équilibre. En voici la raison : les districts où croissent les bonnes espèces, les terrains favorables à la végétation de ces plantes sont précisément ceux dont les défrichements ont offert le plus d’avantages pour les cultures d’un autre ordre. Dans ces endroits-là il n’existe plus de forêts ; car c’est là tout particulièrement que les planteurs ont eu intérêt à s’acharner à la destruction de la jungle. Un arrêt absolu dans l’exploitation — et cet arrêt sera forcé puisqu’il n’y a presque plus d’arbres en état d’être utilement coupés en vue de l’exploitation de leur latex — ne peut plus avoir pour effet que la réapparition de mauvais producteurs'végétaux.
- Cette situation critique aurait dû être prévue depuis longtemps d’après les conditions du mode barbare d’exploitation. Malheureusement, les conséquences du procédé d'extraction de la gutta par les naturels n’ont attiré sérieusement l’attention des gouvernements européens que lorsqu’il a été trop tard pour y échapper. Jusqu’à ces dernières années on n’a jamais su au juste, comme je le montrerai dans la suite de cette étude, quel était le rendement d’un arbre à gutta-percha. Les indications données à ce propos, notamment par MM. Dennys, Morton, von Gaffron et Schlimmer, bien que dénuées de concordance entre elles, avaient fini par laisser croire à l’exactitude d’une estimation tellement exagérée que le commerce et l’industrie pouvaient en arriver à considérer les ressources des forêts de la Malaisie comme étant inépuisables de cette matière.
- Hélas, il y a loin de la réalité à cette production imaginaire d’un poids de 10 à 40 kattis de suc laiteux pararbre adulte, et comme l’adittrès judicieusement M. le docteur Burck, la conclusion la plus claire de ces opinions est que leurs auteurs n'ont jamais vu d’arbres à gu.tta-percha. Le savant directeur-adjoint du jardin botaniqueet du muséum Buitenzorg, tout en faisant ressortir l’impossibilité de ces rendements fantastiques énoncés d’après les racontars des indigènes, s’est montré lui-même un peu trop optimiste. Ce botaniste admet qu’un
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- arbre de bonne espèce et adulte, c’est-à-dire âgé de 23 à 30 ans et ayant 1,25 m. de circonférence à la base, peut donner d'après le mode d’exploitation actuelle un katti de suc laiteux bien épuré ; il estime à 2/5 de katti le poids de suc qu’un arbre d’une telle espèce est susceptible de fournir quand il n’atteint encore que 60 centimètres de circonférence à hauteur d’homme.
- Au cours de son exploration dans les Padangscbe bovenlanden, M. Burck n’a pu envisager qu’un petit nombre d’arbres, et dans ces conditions il est même étonnant qu’il soit arrivé aussi près de la vérité. Pour des raisons que j’expliquerai en résumant les résultats de mes missions, j’ai dû arracher plus de six mille isonandras de divers âges, tant dans les forêts de pays sauvages, à vrai dire indépendants, que dans les ravins de Boukett Timah, concédés à un Français et qui étaient sur le point d’être entièrement défrichés. Il m’a été possible de suivre sûrement le développement de ces arbres et la marche de leur rendement.
- Or, un exemplaire adulte ayant la circonférence de 60 centimètres notée par M. Burck n’a pas vingt ans et ne fournit pas, tant s’en faut, 200 grammes de latex coagulé et pur. Depuis longtemps les indigènes en sont arrivés à exploiter couramment des isonandras de 11 à 12 ans. Un isonandra d’excellente espèce a presque invariablement une circonférence de 0,90 à 0,92 m., mais jamais de 1,25 m., quand il parvient à l’âge adulte (le tronc est sensiblement cylindrique). A ce moment-là il a vingt-huit ou trente ans (il n’entre en floraison générale que tous les deux ans à partir de là), et c’est alors seulement que son rendement est de 2/5 de katti environ, dans les circonstances ordinaires. Le chiffre de 250 grammes, que M. Burck admet comme moyenne pour ses calculs destinés à estimer le nombre d’arbres abattus annuellement, est donc bien au-dessus de la réalité, à ne considérer que les bonnes espèces; car il n’est pas possible que la moyenne obtenue à leur égard soit supérieure à un poids, de 90 à 120 grammes. Cependant, si l’on tient compte de ces deux faits que les mauvaises espèces dominent singulièrement— surtout depuis plus d’une douzaine d’années — dans l’exploitation, et que le rendement de ces espèces-là est notablement supérieur à celui des autres, le chiffre de 150 grammes par arbre ne doit pas être éloigné de la vérité dans l’établissement d’une moyenne générale; mais ce ne peut être là qu’une supposition.
- M. Burck est allé, en outre, un peu loin peut-être dans l’évaluation de la perte d’isonandras voisins qu’entraînentdans leur chute les exemplaires exploités, quand il les estime à cinq fois le nombre de ces derniers. A cet égard-là encore on ne peut faire que des hypothèses ; mais pour 1879, d’après ce que j’ai vu plus tard du mode barbare d’exploitation, de la nature et du rendement des arbres exploités, comme aussi d’après tous les renseignements que j’ai pu recueillir et les documents qu’il m’a été donné de consulter sur les quantités respectives des diverses catégories de gommes parvenues dans les centres d’exportation à l'époque dont il s’agit, je suis entièrement de l’avis de M. Burck: il est impossible qu’en 1879, durant cette année terrible en Malaisie, le nombre des isonandras abattus dans Bornéo seulement ait été inférieur à 5 millions, sans tenir compte des sujets détruits maladroitement ou nécessairement lors de l’exploitation d’exemplaires voisins.
- D’ailleurs on a une base qui dispense de tous commentaires. La récolte totale en Malaisie a été, d’une façon appréciable, de deux millions de kilogrammes environ cette année-là, A cette époque, il est notoire que les exemplaires adultes étaient depuis longtemps devenus à peu près introuvables pour le chercheur de gutta ; ils avaient presque partout été coupés. Par conséquent, en 1879, et même bien auparavant, les représentants des bonnes espèces n'étaient plus en situation de fournir chacun 250 grammes de gutta, d’après le seul procédé d’extraction usité; tandis que ceux de mauvaise qualité ne pouvaient pas procurer plus de 300 grammes par pied.
- Sans s’attarder à rechercher fort inutilement dans cette production totale de près de deux millions de kilogrammes quelle a pu être la part des isonandras d’espèces supérieures, on est amené à faire cette réflexion : Si la plupart des végétaux exploités ont fourni des produits sans valeur pour la télégraphie sous-marine, c’est qu’alors les producteurs des gommes de bonne sorte avaient été antérieurement abattus ou bien que leur nombre primitif était plus insuffisant dans les forêts qu’on ne le supposait. S’ils étaient au contraire en majeure partie d’excellentes espèces, il devenait évident qu’avec un tel massacre il n’y en aurait pas pour longtemps.
- Quoi qu’il en soit, il est certain que dans les forêts malaises il n’y a presque plus d’isonandras pour fournir désormais au monde civilisé le dié-
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- lectrique de l’âme de ses câbles sous-marins. Tel est, en résumé, le plus clair de l’état de la question.
- Après avoir fait allusion aux recherches accomplies et aux essais tentés dans le but de sauver cette situation qui était à prévoir, M. Wünschen-dorff écrivait il y a trois ans (*) :
- « On peut espérer que tant d’efforts ne resteront pas inutiles et que l’industrie électrique ne se verra pas privée d’un produit que les progrès de la science lui rendent chaque jour plus nécessaire. »
- 11 n’est donc pas sans intérêt de faire connaître le résumé des résultats obtenus jusqu’ici, et pour qu’ils puissent être exactement appréciés, il est bon de retracer en quelques lignes l’historique de la question.
- RÉSULTATS DES RECHERCHES SUR LES ORIGINES BOTANIQUES DE LA GUTTA
- 11 y a deux phases bien distinctes à envisager (2).
- L’une'embrasse toutes les investigations antérieures au Congrès des électriciens réuni à Paris en 1881 ; elle comprend un certain nombre d’explorations d’initiative privée dont les plus importantes ont été celles de MM. Lobb, Oxley, Main-gay, Teysmann, Binnendijk, Beccari, Van Leer et Motley.
- La seconde ne comporte que les recherches demandées par les gouvernements dans l’intérêt de la télégraphie électrique; c’est-à-dire la mission française d’enquête de M. Séligmann-Lui (2e semestre 1881), qui a été le point de départ de mes missions successives (1884-1889); la mission anglaise de M. Wray (Ier semestre i883)etla mission hollandaise de M. Burck (2“*- semestre 1883). Dans cet intervalle cependant un Français, M. Morellet, s’est occupé de la question en Malaisie, mais au point de vue commercial personnel.
- Incidemment (1883-1886), le père Scortichini, mort des suites de son exploration, avait récolté
- (!) La Lumière Electrique, 6 août 1887, n* 33, p. 261.
- (3) En Europe, les spécimens de plantes à gutta-percha récolté^ par les explorateurs en Malaisie ont été soumis à peu près exclusivement aux examens des botanistes Wight, W. Hooker, Bentham, de Vriese, Miquel, Clarke ou Pierre.
- En 1881, M. G.-E.-C. Beauvisage a publié comme thèse de médecine un opuscule intitulé Contribution à l'étude des origines botaniques de la gutta-percha, Paris, imp. Carpentier; mais M. le D' Beauvisage n’est pas allé en Malaisie.
- des spécimens incomplets des diverses espèces à gutta qui croissent dans la presqu’île. Les documents de son herbier, qui se trouve à Calcutta, étaient destinés à une publication de la flore des colonies britanniques des détroits.
- Première période ( 1842-1881).
- Après que M. Montgomerie eut signalé à l'industrie européenne l’existence de la gutta-percha (*), qui figurait dans le commerce chinois à Singapore, et qui étaitoriginairedel’îledece nom, on a longtemps cherché le producteur de cette gomme.
- Cet arbre fut découvert seulement en 1847, dans un ravin des forêts de Boukett Timah (Colline d’étain), au centre de l’île, par un voyageur anglais, M. Th. Lobb, qui le montra au D* 1' Oxley. C’est ce végétal que Sir W. Hooker a décrit (2), dessiné et classé sous le nom d’isonandra-gutta, d’après les spécimens incomplets que MM. Lobb (3 *) et Oxley (‘‘jen avaient successivement adressés au muséum de Kew; ces échantillons ne comportaient aucun fruit mûr.
- La science avait mis la main sur l’isonandra-gutta juste au moment où il n’y en avait presque plus de représentants dans l’île de Singapore. Par suite des défrichements et d’une exploitation insensée, il n’en restait plus que quelques arbrisseaux debout dans les derniers lambeaux de forêts (5). Il est même étonnant que M. Lobb ait pu en trouver encore un exemplaire adulte à ce moment-là. Ce sujet précieux était abattu, du reste, quelques semaines plus tard et avant qu’on eût eu le temps de s’en procurer une seule graine.
- Pendant cinq ans, les Malais ont alimenté de gutta-percha récoltée dans les forêts de Singapore l’industrie européenne, sans qu’on ait pu parvenir à connaître l’arbre qui produisait cette gomme. Il n’y avait cependant qu’à pratiquer des incisions sur les divers représentants de la flore de
- (’) Montgomerie, Bengal medical Bord, 1843; Société royale des arts de Londres, avril 1843; Magazine of science, 1845,
- (*) W.-J. Hooker, . The London Journal of botany, 1847, p. 463-465 et planche XVII.
- i.3) Muséum de Kew, herbier de M. Thomas Lobb, n“ 290.
- (*) Oxley. Gutta-percha. Journal of the indian archipelago
- and eastern Asia, I, 1847; p. 22-29.
- t6) Oxley. Gutta percha Edinburg, New Pbil. Journ., XLIV,
- janvier 1848, p. 286-294.
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- cette île, en somme minuscule. L’arbre à gutta I aurait dû échapper d’autant plus difficilement aux recherches qu’il était très commun en 1843 dans les forêts de Boukett Timah, de Serangong et de Pongol aujourd'hui défrichées, et qu’il n’existe pas dans la flore forestière équatoriale un seul arbre qui attire davantage les regards, en raison de ses feuilles, dont le dessous est revêtu d’un magnifique duvet soyeux et doré. D’ailleurs, les exemplaires abattus, exploités et laissés sur place par les indigènes auraient dû servir d’indication immédiate.
- 11 est assez extraordinaire qu’après avoir passé cinq ans à chercher un trésor végétal on n’ait pris aucune mesure pour sauvegarder l’unique exemplaire adulte enfin découvert!
- L’exploitation de l’isonandra-gutta était alors finie dans Singapore, et dix ans plus tard l’extinction de cette espèce était admise par tous les botanistes. Dans l’intervalle M. Montgomerie avait écrit dans le Journal de l’Archipel indien que l’isonandra-gutta se trouvait partout dans les forêts de Sarawak (Bornéo) et dans la jungle de la presqu’île malaise. 11 avait publié, en outre, qu’il existait dans la Malaisie trois sortes de guttas de même nature, mais de qualités très différentes et distinguées par les indigènes sous les noms de guirek, taban et pertcha.
- M. Oxley était allé plus loin ; il avait indiqué pour Bornéo seulement sept espèces d’arbres à gutta-percha. Les trois meilleures, ajoutait-il, fournissaient la- gutta-taban, et la meilleure des trois était reconnaissable à la couleur jaune de son bois.
- Sur la foi de renseignements fournis par les indigènes, la confusion avait ainsi commencé à se produire et sur les marchés de la Malaisie le nom de gutta-percha avait été bientôt relégué au dernier plan. Cette désignation unique avait cédé le pas à une variété de spécifications malaises, et l’industrie européenne n’avait pas tardé à recevoir des guttas fort différentes sous une dénomination uniforme, tandis que des gommes pareilles lui parvenaient sous des étiquettes disparates.
- C’est dans ces conditions que les explorateurs se sont mis à la recherche de l’isonandra-gutta à travers les forêts de la Malaisie ; et pendant plus de trente ans ils en sont tous successivement revenus avec des documents dépourvus de toute signification. Les collections qu’ils ont faites sous un« infinité de ces indications malaises si variables
- suivant les dialectes et les districts n’ont servi au contraire qu’à rendre cette question de plus en plus obscure. Ces collections, quand elles ont présenté des échantillons botaniques de même aspect, n’offraient aucune concordance entre les gommes présentées comme correspondantes. Le plus souvent elles n’ont été accompagnées d'aucune parcelle du latex coagulé. Les explorateurs, enfin, n’ont jamais rapporté, en fait de spécimens d’iso-nandra, que des feuilles dans leurs herbiers, et ils les ont récoltées tantôt sur un jeune plant, tantôt sur un arbre déjà grand. Or, dans le genre iso-nandra, comme chez beaucoup de plantes équatoriales ou tropicales, la feuille affecte une grandeur et une forme très variables notamment avec l’âge du végétal. Ils n’ont pas constamment pu recueillir personnellement les guttas qu’ils ont montrées. Les arbres adultes étaient indispensables pour élucider la question et ils étaient devenus introuvables. Les collections des voyageurs n’ont donc servi qu’à causer en botanique l’introduction d’espèces nouvelles imaginaires.
- D’autre part, au fur et à mesure que les forêts se sont apauvries, les chercheurs de gommes ont dû s'adresser successivement à des représentants des genres payena, bassia, sideroxylon, chrysophyllum et mimusops. Utilisées d’abord clandestinement pour les sophistications, les guttas de ces arbres ont ensuite concouru assez ouvertement à des mélanges qui en portent aujourd’hui les noms indigènes. De là encore une série de dénominations nouvelles qui ont surgi sur les marchés et dont plusieurs ont pris une part importante dans les transactions. Ainsi pour n'en citer qu’une, le nom malais' du payena Leerii est gueuttascundah; mais les guttas-scundak du commerce ne sont que des mélanges.
- Plus tard, le chercheur de gutta a passé à l’exploitation du sougbi-soughi de Singalang, dans Sumatra (bassia pallida, Burck); du gourhou de Selangore, dans la presqu’île et dans Bornéo (bassia Motleyana, Clarke); du fonou, de Tringa-nou et de Pahang, dans la presqu’île (ganua chrysocarpa, Pierre); des simpor, de Larout et de Pérak, dans tout le sud de la péninsule (sidero-carpus [?] Beccarii, Pierre, ou dichopsis [?] Main-gayi, Clarke).
- Enfin, il est entré dans une nouvelle série de falsifications qui vont aujourd’hui jusqu’à l’utilisation du djeloutong (dyera luxiflora, Clarke), k dans la presqu’île de Malacca, du varingin brin-
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- gin ou djerindjing (urostigma benjaminum, Miquel); dans l’archipel Malais, et du pobon Saoua {mimusops Kauki) à Célèbes.
- De leur côté, les voyageurs et les botanistes signalaient à l’industrie comme succédanés de l’isonandra-percha un chrysopbyllum du Brésil, le mimusops balata des Guyanes, le bassia Parkii du Sénégal et le dicbopsis [?] Krant^ii du Cambodge et de la Cochinchine.
- Pendant ce temps-là, les arbres à gutta-percha continuaient à disparaître de la Malaisie. Le Congrès des électriciens tenu à Paris en 1881 émit un vœu tendant à ce que le gouvernement français prît l’initiative de mesures capables de parer à une catastrophe ; il transmit l'expression de ses craintes à M. le Ministre des postes et des télégraphes.
- La situation économique et la vitalité de la télégraphie sous-marine étaient menacées. D'un moment à l’autre l’industrie électrique pouvait se voir privée de sa matière la plus précieuse. Cette matière rien ne saurait la remplacer dans l’état actuel de la science. Son origine botanique n’était pas exactement connue du monde civilisé : il était donc impossible d’en propager de nouveau le producteur végétal.
- M. Cochery, alors ministre des postes et des télégraphes, envoya immédiatement en mission dans l’extrême Orient un ingénieur du service télégraphique, M. Séligmann Lui.
- (A suivre.)
- Sérullas.
- CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS
- ELECTRIQUES (J)
- On poursuit toujours avec ardeur en Amérique l’application de l’électricité à la locomotion non seulement des tramways, où sa supériorité sur la vapeur et les câbles semble absolument démontrée, mais aussi à celle des véritables trains de cherhins de fer; nous signalons à ce propos un intéressant essai comparatif exécuté, en février 1889, parM.Moss, sur YElevated Railway deNew-
- - (*). La Lumière électrique, 12 juillet 1890.
- York entre un locomoteur électrique et une locomotive ordinaire à vapeur.
- Ces essais ont été exécutés avec un locomoteur électrique de 120 chevaux, pesant environ 10 tonnes, analogue au Benjamin Franklin décrit à la page 80 de notre numéro du 15 avril 1889. Les quatre roues motrices, écartées de 1,80 m., avaient 1,22 m. de diamètre. Le courant faisait retour au travers du rail et des roues motrices afin d’en augmenter l’adhérence, mais sans utilité, le poids du locomoteur étant plus que suffisant pour éviter le patinage sous un effort de traction qui ne dépassait jamais 2 700 kilogrammes.
- Les génératrices, au nombre dequatre, de 50 chevaux chacune, étaient conduites par une machine à vapeur sans condensation, pouvant développer jusqu’à 4oochevaux indiqués ; elles pouvaient être groupées à volonté en série ou en parallèle. Le courant arrivait aux balais des locomoteurs par des câbles de cuivre de 15 millimètres de diamètre boulonnés aux traverses; le retour se faisait par l’un des rails avec joints au cuivre aux éclisses.
- Le train le plus lourd comprenait quatre voitures, pesant 14,5 tonnes. La machine motrice développait en moyenne une puissance indiquée de 177 chevaux. On en recueillait 27 environ, soit 15 0/0, en effort de traction du locomoteur, avec une vitesse moyenne de 15 kilomètres. Au repos du train, la machine motrice indiquait environ 43 chevaux, dont 2 perdus à vaincre ses frottements, et le reste, ou 24 0/0 de la puissance totale, en courants locaux et résistances diverses. La machine motrice développait sa plus grande puissance au démarrage, mais avec une grande
- perteauxréceptrices,dontlapuissanceétait, comme
- celle des locomotives à vapeur, très faible au démarrage, parfois égale à 2 0/0 seulement de la puissance motrice. Ce fait n’a rien d’étonnant : on sait, en effet, que le rendement électrique n’atteint son maximum que pour une certaine vitesse de la réceptrice, égale, dans lecasactuel, à la moitié de celle des génératrices. 11 en résulte que sur les rampes, où la charge augmente en même temps que la vitesse diminue, la génératrice arrive à développer des travaux très considérables et risque de brûler.
- La conclusion de ces essais est que la locomotive à vapeur, à quatre roues couplées, pesant 10 tonnes et à la pression de 10 kilog., dépensait environ 2,70 kil. de coke par cheval ifidiqué, et la machine motrice des dynamos 1,35 kil.. de
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- charbon, ce qui rend le kilogrammètre utile, ou | cher que celui de la locomotive. A la vitesse d’effort de traction électrique, environ 2 fois plus | moyenne de 25 kilomètres, vitesse ordinaire des
- Fig. 1. — Chemin de fer du City and Souih-London, station de Stockwell. D dynamos, H machines hydrauliques,
- A accumulateurs, B chaudières.
- trains, il aurait coûté près de 5 fois plus que la I les circonstances les plus favorables, c’est-à-dire, locomotive. M. Moss en conclut que, même dans | avec plusieurs trains sur la voie se partageant la
- ; } -.-gain "•*.*'
- Fig. 2. — City and South-London Railway. Station de Stockwell, machine motrice et dynamo régénératrice.
- perte des 43 chevaux au repos, cette traction électrique coûterait encore quatre fois plus cher que la traction par locomotive.
- Parmi les chemins de fer électriques récemment établis, l’un des plus intéressants est certainement celui du City and South-London
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- Raihvay. Ce chemin, d’un type entièrement nouveau, va de King-William Street à Stockwell, par un trajet de 6 kilomètres, entièrement sous terre, à une profondeur minimade 12 mètres, dans deux tunnels de 3 mètres de diamètre, parallèles mais légèrement dénivelés de manière à permettre aux voyageurs d’accéder plus facilement aux ascenseurs hydrauliques qui desservent les gares.
- La ligne passe sous la Tamise auprès du Pont de Londres, où la voie montante atteint la station par une rampe de 1/30, tandis que la voie descendante la quitte avec une pente do 1/15, qui facilite singulièrement le démarrage.
- La construction des tunnels a présenté de nombreuses difficultés, qui ont été très heureusement surmontées, grâce aux nouvelles méthodes de construction appliquées par M. J.-H. Greathrad, ingénieur en chef, et par son assistant, M. Mott. Nous ne pouvons ici que signaler ces travaux, dont la description sortirait trop du cadre de ce journal. Les stations, au nombre de quatre, sont desservies par des ascenseurs hydrauliques Armstrong, capables de monter d'un coup, en 30 secondes, 100 personnes, charge maximà d’un train; ils sont alimentés d’eau à 80 atmosphères accumulée à la station de Stockwell par trois pomoes compound de 100 chevaux.
- La station de Stockwell comprend(fig. 1) trois dynamos Edison-Hopkinson actionnéeschacune par une machine à vapeur compound pilon construite par MM. Fowier et O, de Leeds. Ces machines reçoivent leur vapeur de six chaudières du type Lancaschire, timbrées à 10 atmosphères, de 2,15 mètres de diamètre sur 9 mètres de long, avec grilles automatiques Wicar, et réchauffeurs d’alimentation par la vapeur d’échappement. Les machines, à cylindres de 430 et 680 millimètres de diamètre sur 680 millimètres de course, tournent à 100 tours et commandent à 500 tours les dynamos par une courroie articulée (*) de 660 millimètres de large, tendue par un galet qui lui fait embrasser les 3/4 de la pouliedesdynamos (fig. 2). Les volants des moteurs ont 4,20 mètres de diamètre et 710 millimètres de large ; les poulies des dynamos ont 800 millimètres de diamètre. La puissance indiquée de chacune des machines est de 375 chevaux ; la détente peut varier dans chaque cylindre de zéio aux 3/4 de la course, sous l’action d’un régulateur
- Wilson Hartwell très puissant commandant un tiroir de détente (*).
- Les générateurs, du type Edison-Hopkinson perfectionné par MM. Mather and Platt, de Manchester, pèsent 17 tonnes, leur armature 2 tonnes, le cuivre des inducteurs 1 500 kilos et le fer 8 tonnes.
- Leur débit à 100 tours est de 500 volts 430 ampères, leur rendement électrique de 96 0/0 et leur rendement total s’élève à 75 0/0 de la puissance indiquée des moteurs. Chacune des dynamos aboutit à un commutateur relié à la voie par des plombs de sûreté.
- Le courant est amené aux locomoteurs par un rail central à section en U, en acier spécial, posé sur des isolateurs en verre et éclissé avec joints au cuivre comme celui de Bessbrook Newry (2). Le retour se fait par les rails latéraux, mais la voie porte en outre quatre conducteurs en cuivre reliés au rail central, composés chacun de 61 fils de 2 millimètres, isolés au procédé Fowler-Warring et recouverts de plomb. On obtient ainsi un isolement presque parfait. On perd à peine 1 ampère à 500 volts, soit un cheval-vapeur.
- Chaque locomoteur porte (fig. 3) deux réceptrices de 50 chevaux indépendantes, dont les armatures, montées en série, attaquent directement les essieux. La vitesse de rotation est de 190 tours quand on marche à 24 kilomètres. Le locomoteur pèse 10 tonnes. On peut atteindre jusqu’à 40 kilomètres; mais la vitesse normale, y compris les arrêts aux quatre stations de la ligne, est de 24 kilomètres. L’intensité du courant est réglée aux réceptrices par des rhéostats, et sa direction reriversée par un changement de marche. Le courant est pris au rail central par des frotteurs en acier analogues à ceux du tramway de Bessbroock Le matériel comprend 14 locomoteurs électriques construits par MM. Mather and Platt.
- Le train normal est composé de 3 voitures à couloir central, de 2,10 m. de haut sur 9 mètres de long, portées chacune sur deux boggies à quatre roues, et pourvus de freins Westinghouse, dont l’air est accumulé à Stockwell dans le réservoir du locomoteur en quantité suffisante pour 30 arrêts. Chacune des voitures est éclairée par quatre l^pi-pes à incandescence alimentées par le rail central; mais il est possible qu’il faille, pour leur assurer
- (*) La Lumière Electrique, 19 novembre et 10 décembre 1887, p. 375 et 5JO.
- (*) La Lumière Électrique, 23 février 1889, p. 365. (*> La Lumière Electrique, 4 mai 1889, p. 207.
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- plus de stabilité, les relier à une dynamo spéciale ou les alimenter par des accumulateurs. Le train complet pèse 30 à 40 tonnes et porte 100 voyageurs.
- Le chemin de fer électrique souterrain que nous venons de décrire a été inauguré avec un plein succès, et sera bientôt suivi d’une ligne analogue sous Holburn et Oxford-street, où elle pourra s’établir, grâce à la grande profondeur de ses tunnels (12 m.), presque sans frais d’expropriation, sans toucher aux égouts, tuyaux de gaz et d'eau,
- installations électriques, etc., qui encombrent le sous-sol des grandes voies. La solution du City and South-London Railway est donc des plus intéressantes au point de vue des métropolitains analogues à ceux de Paris. Pour elle, les constructions supérieures n'existent pas, la voie passe où elle veut ; elle n’exige particulièrement que trois choses : des stations vivement desservies par des ascenseurs, des voitures très bien éclairées et une ventilation parfaite. Sur la ligne du City and South-London, la ventilation est sans défaut, le train,
- Fig. 3. — City and South London Railway. Locomoteur.
- qui ne dégage aucune fumée, renouvelle l’air comme un piston au travers des puils d’appel constitués par les stations mêmes. La sécurité est presque absolue : la séparation des deux tunnels rend toute rencontre impossible et l’emploi de l’électricité évite tout accident, si improbable qu’il soit, du fait d’une explosion de chaudière, etc. La dépense d’établissement (5 750000 fr. par kilomètre) n'a dans l’espèce rien d’excessif, et la dépense de traction (o fr. 20 par train-kilomètre, maximum garanti par MM. Mather and Platt) paraît des plus modérée (1).
- On voit d’après le rapport précité de M. Moss qu’il reste encore, du moins dans le domaine de
- C1) L'Elevated Railroad de Liverpool, actuellement en construction, sera aussi exploité à l’électricité.
- la pratique, beaucoup à faire pour que la traction électrique puisse lutter économiquement avec la vapeur sur les chemins de fer ordinaires. On sait qu’il n’en est pas de même pour les tramways à câbles, à vapeur et à chevaux, chaque jour dépassés, aux États-Unis du moins, par leur concurrent électrique.
- D’après le dernier recensement de 1890, le développement des tramways de toutes sortes dans 56 villes des Etats-Unis d’une population supérieure à 50000 habitants s’élèverait en effet à 4945 kilomètres, se décomposant comme il suit :
- 3 760 tramways à chevaux.
- 420 — électriques.
- 415 — à câbles. —
- 350 — à vapeur.
- Il faudrait, d’après M. Lowry, président de l'American Street Railway Convention, ajouter à cette
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- énumération au moins 2 500 kilomètres de tramways électriques fonctionnant dans des villes non
- , Fig. 4. — Ampèremètre enregistreur Hulett et Larned.
- comprises dans cette statistique. M. Lowry est absolument convaincu que les tramways électriques
- feront d’ici à très peu de temps complètement disparaître les tramways à chevaux et à vapeur. Les câbles seuls survivront peut-être pour le service de rampes exceptionnelles (1).
- L’une des exploitations les mieux organisées est celle du tramway électrique de Syracuse, N.-Y., type Thomson-Houston, récemment essayée par MM. Hulett et Larned.
- On fit l'essai sur un parcours de 6 kil. 400 avec 7 voitures. Les deux génératrices compoünd de 60 000 watts, reliées en quantité, étaient actionnées par deux moteurs Armington de 80 chevaux. On employa pour l’essai un ampèremètre enregistreur composé (fig. 4) d’un solénoïde S, de 180 millimètres de diamètre, portant 9 kil. de cuivre, traversé par la totalité du courant, et dont l’armature A, de 30 millimètres de diamètre, déplaçait un style P devant un tambour C, mû par un mouvement d’horlogerie. Ce style traçait sur le papier du tambour des ordonnées à peu près proportionnelles aux intensités du courant. Le solénoïde A était équilibré par un ressort R qui s’allongeait de
- Fig. 5. — Dynamo de l’ampèremètre Hulett et Larned.
- 77 millimètres pour un effort de 4,50 kil., c’est-à-dire assez rigide pour annuler l’effet des frottements du style et de son guide G. La circonférence du tambour C mesure 610 millimètres, et il fait un tour à l’heure, ce qui donne une échelle des temps bien assez large pour la netteté des diagrammes.
- Ainsi qu’on le voit par ces diagrammes (fig. 5) les variations de l’intensité étaient souvent très brusques, passant quelquefois en peu de secondes de o à]i5o ampères.
- 1 Les" démarrages fsontf nettement! indiqués'par
- des ressauts très accentués, les courbes et les rampes par la persistance de fortes intensités comme en A B, les pentes et les arrêts par des chutes à zéro.
- Le rendement de la station, rapport de la puissance électrique des génératrices à la puissance indiquée, était en moyenne de 630/0. Son maximum, 82 0/0, correspondait à une puissance indiquée de 108 chevaux; cette puissance tombait souvent à 30 ou 40 chevaux; et le rendement à 400/0. (*)
- (*) Convention de ftuffalo,^octobre 1890.
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- On peut donc estimer à 75 0/0 environ le rendement de la station en pleine charge.
- Le rendement de la ligne, estimé d’après sa perte de charge, était de 91 0/0 en moyenne.
- Le rendement du locomoteur en pleine marche, rhéostat ouvert, était de 75,8 0/0, et son rendement moyen de 65 0/0 environ, avec une perte de
- 10 0/0 au moins par le frottement des mécanismes.
- Le rendement total était donc en moyenne de 370/0:
- 63,8 x 91 x 65 0/0 = 37 0/0,
- très avantageux si on le compare au rendement
- Fig. 6. — Tiuck Robinson à trois essieux.
- de 250/0, attribué par M. Belle au tramway électrique Sprague de Lafayette.
- Le moteur de la station de ce dernier tram
- way était une Corliss de 130 chevaux, à marche lente, actionnant deux dynamos Edison de 30000 watts, non pas directement comme les machines
- Fig. 7. — Voiture à truck Robinson (West-End Road, Boston).
- Armington rapides du tramway de Syracuse, mais par une transmission intermédiaire, et M. Hu-. lett attribue en grande partie l’amélioration du rendement à la supériorité des machines rapides. Leur dépense de charbon s’élevait en moyenne à 2,40 kil. par cheval-heure indiqué, et à 3,80 par cheval élecliique aux génératrices. La tension
- moyenne du courant était de 487 volts, et son intensité de 30 ampères; mais on atteignit parfois des tensions de 500 volts et des intensités de 200 à 225 ampères pendant des périodes très courtes. Sur les rampes et en courbes, la tension tombait parfois à 360 volts.
- La puissance moyenne indiquée aux machines
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- motrices était de 51,4 chev. et le parcours journalier de 158 kilomètres, soit 0,32 chev. par kilomètre.
- C’est aussi au système Thomson-Houston qu’appartient le tramway électrique d'Albany. La station comprend 12 dynamos compound de
- Fig. 8. — Truck à châssis en bois Stephenson.
- Fig. 9 et 10. — Truk Bemis et Pfingst (1889).
- 60000 watts, mues par autant de machines compound à condensation de Mac-lntosh et Seymour. Ces machines font 200 tours et 250 chevaux; elles sont caractérisées par des volants très lourds, 7 000 kil: par paire; elles actionnent les dynamos
- sans transmission intermédiaire. Les chaudières sont du typeBabcox et Wilcox. L’exploitation emploie une trentaine de voitures, qui circulent facilement à des vitesses de 15 kilomètres. On ne leur reproche guère que d’être assez difficilement ac-
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- cessibles à cause de l’élévation de leur plateforme.
- Une partie des voitures des tramways de Bos-
- ton, lignes du West-End, sont pourvues detrucks articulés du système Robinson; la figure 6 représente l’un de ces trucks à trois essieux : un porteur au milieu, et les deux.autres moteurs action-
- Truck Peckham à deux moteurs,
- nés par des dynamos Thomson-Houston de 15 chevaux.
- Ces essieux ont leurs châssis articulés de manière qu’ils peuvent facilement prendre les courbes, et la caisse de la voilure repose sur les deux châssis moteurs par des chevilles ouvrières cen-
- trales. L’essieu porteur central a un jeu radial, et, son châssis peut glisser sous la voiture qu’il supporte par des galets.
- L’empâtement total du truck est de 4,50 m.; il donne (tig. 7) à la longue voiture de 13,50 m. qu’il supporte une grande stabilité. La voiture peut
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- recevoir 60 voyageurs. On en construit actuellement 14 qui pourront porter 150 voyageurs, dont 42 assis. Elles doivent pouvoir circuler à 70 kilomètres sans danger, et franchir des courbes de 7,50 m., de rayon.
- Le truck de M. J. Stepbenson représenté par la figure 8 est presque entièrement en bois, moins sonore que le métal ; il porte les freins
- Fig. 14.— Peckhim, morddge du frein (H G D E B) à patins.
- dont le jeu se trouve ainsi tout à fait indépendant du châssis de la voiture. Les dynamos sont suspendues au truck par trois boulons, dont l’un forme articulation à la cheville ouvrière.
- Les figuresçet 10 représentent le truck récem-
- ment proposé par MM. Bemis et PJingst. Dans cet appareil, le mécanisme très simple du frein (MLKH)est disposé de manière à laisser toute place libre pour l’installation de l’électromoteur sur des traverses articulées E.
- Le châssis du truck repose sur un ensemble de
- Fig. 15. — Peckham. Paliers d’armature à graissage intérieur.
- ressorts mixtes, à boudin et en caoutchouc» très simples et compacts, articulés aüx courts balanciers des boîtes à graisse.
- Fig. 16. — Peckham. Paliers à patins élastiques.
- Les figures i i à 13 représentent en détail le mon-
- Fig. 17. — Chasse-neige électrique des tramways de Saint-Louis.
- tage du truck de M. Peckham. Les arbres des armatures sont creux, avec graissage intérieur des portées (fig. 15), dont les paliers sont (fig. 16) montés sur des patins de caoutchouc. Ces trucks sonf en outre pourvus de freins à patins C (ûg. 14) actionnés par des leviers symétriques très puissants D.
- Le véhicule repiésenté par la figure 17 a une destir,a.ion spéciale; c’est un chasse-neige qui
- accomplit sur le tramway électrique de Saint-Louis trois fonctions : le balayage de la neige au moyen des deux éperons mobiles qui le terminent le brossage des rails au moyen de balais tournants mobiles indépendants, indiqués en noïr sur la figure, et enfin la fonte de la glace des-rails par une aspersion d’eau salée ou de chlorure de calcium, depuis que l’on a défendu l’emploi du chlorure de sodium.
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- Cette dissolution est amenée des réservoirs du chasse-neige sous les roues par des injecteurs convenablement disposés et commandés, ainsi que la levée ou l’abaissement des brosses et des éperons, par des manettes situées entre les réservoirs.
- Gustave Richard.
- (A suivre.)
- HISTOIRE
- DES BATTERIES SECONDAIRES
- Les précurseurs de Planté. — La théorie et la pratique des éléments secondaires de Gaston Planté. — Faure. — Force et Lumière et les cloisonnements Reynier.— Wilson Svvâri et ses plaques à cellules. — Les supports à alvéoles de Volckmar. — Les grillages quadrillés'de Sellon.— Carpentier et de Pezzer, leurs lanières de plomb plisséës et réunies en forme de frange, — Pilleux. — C. Kirchof et sa batterie de 1861.
- 11 est probable que le nom impropre d’accumulateurs qui a été donné aux batteries secondaires provient de la similitude qu’on a voulu établir entre elles et la bouteille de Leyde qui se charge d’électricité. Cette étymologie en vaut bien d’autres ; et, du moment qu’on s’entend et qu’on sait qu’un accumulateur est une batterie secondaire, cela suffit, et on est fixé tout comme on l’est lorsqu’on appelle plaque positive celle qui est peroxydèe (chose que je ferai constamment dans cette étude), alors que d’autres l’appellent la négative et donnent le nom d'anode à la plaque de plomb réduit que j’appellerai la cathode.
- je ne dirai que peu de choses des origines des accumulateurs. Tout le monde sait que Gautherot en !801 a trouvé que les électrodes à travers lesquelles avait passé le courant d’une pile étaient susceptibles de donner du courant, et qu’à cette même époque Erman constata que la plaque positive qu’on retirait de la pile donnait un courant positif tandis que l’autre dégageait un courant négatif.
- Ritter décomposa l’eau au moyen de ces électrodes, puis construisit une batterie secondaire composée de disques qu’il chargeait au moyen d’une pile primaire. Plus tard, il monta de grands éléments et essaya divers métaux., puis s’attacha-
- de préférence à l’emploi du fer carburé et de l’oxyde de manganèse. Deux ans après, en 1805, lzara décrivit dans son Manuel du galvanisme diverses formes de batteries secondaires, mais ce ne fut qu’une vingtaine d’années plus tard que Nobili déposa du peroxyde de plomb au moyen d’une pile, et il fallut attendre Schœnbein pour savoir que le plomb déposé électrolytiquement sur une plaque de plomb était lui-même une source d’électricité, et Grove (1S42) pour apprendre que lorsque des plaques de platine ont décomposé l’eau par l’action électrique et qu’ori a interrompu le circuit de la pile primaire il së produit une recombinaison du gaz et un courant en sens contraire du premier courant.
- Grove et aussi Wheatstone recouvrirent de peroxyde de plomb et d’amalgame de potassium des plaques de platine; et Siemens, lesimitartl, en mit sur des plaques de charbon, mais les uns comme les autres ne firent que des observations. 11 fallut Planté pour entrer dans lu véritable voie et pour indiquer la théorie de l’accumulation ou de la transformation de la force de la pile voltaïque à l’aide des courants secondaires; et le jour où au lieu de piles on eut des dynamos comme source d’électricité, la science et l’industrie des accumulateurs furent créées.
- GASTON PLANTÉ
- Planté, après de longues recherches, avait choisi entre tous les métaux le plomb, parce que le peroxyde formé autour du pôle positif est insoluble et recouvre l’électrode d’une manière permanente sans disparaître peu à peu dans le liquide comme le font les oxydes d’étain, d’argent et de cuivre, Eri outre, il avait constaté l’affinité du peroxyde de plomb pour l’hydrogène en raison du degré élevé de son oxydation, et l’intensité plus intense et d’une durée plus longue du courant secondaire des couples de plomb.
- Le plomb peroxydé décompose l’eau acidulée par l’acide sulfurique en s’emparant de l’hydrogène et tend à devenir le pôle positif d’un couple s’il est en présence de plomb non oxydé; c’est tout le contraire de ce que fait le zinc, qui décompose l’eau dont il décompose l’oxygène et qui dans un couple devient le pôle négatif. -
- D’un autre côté la lame de plomb du pôle négatif est ramenée à l’état métallique sous l’action réductrice de l’hydrogène,
- Dès qu’on ferme le circuit secondaire après la
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- rupture du courant primaire, l’eau étant déc omposée à l’intérieur du couple, l’hydrogène se porte sur la lame peroxydée en même temps que l’oxygène va sur la lame de plomb métallique du pôle négatif, qui de suite s’oxyde légèrement et se ternit.
- La lame positive devient le siège d’un léger dégagement de gaz pendant quelques instants, à cause de l’affinité du peroxyde pour l’hydrogène, qui détermine la formation d’un couple local entre la surface oxydée et le métal sous-jacent et par suite la décomposition de l’eau. La plaque peroxydée s’emparant de l’hydrogène, oxyde la plaque de plomb métallique; et il en résulte un supplément de force électromotrice.
- 11 est superflu d’entrer par le menu dans la description des travaux de Planté sur les batteries secondaires.
- Dans le premier numéro de La Lumière Electrique, le comte Du Moncel disait de Jablochkoff :
- « On lui doit incontestablement d’avoir fait passer la lumière électrique dans les applications courantes. Il est juste de lui réserver dans l’histoire des commencements du nouvel éclairage la place à laquelle il a droit. »
- Ce même langage, nous pouvons le tenir à l’égard de Gaston Planté, qui nous a donné non seulement un admirable instrument de reproduction de l’énergie électrique, mais unethéorie complète et d’une justesse infaillible, qui a servi et sert encore de guide à quiconque veut s’occuper d’accumulateurs.
- Il n’est pas nécessaire non plus de décrire les modifications apportées par Faure dans la construction des électrodes, et la nouvelle direction donnée aux études sur les accumulateurs. Ces choses-là se trouvent dans tous les livres et il n’est pour ainsi dire personne qui ne sache que l’école Faure a suivi l’école Planté, maisque les accumulateurs que Faure avait imaginés en 1881 se sont transformés sous l’impulsion de Swan, Sellon et Volckmar, qui inventèrent le support sur lequel fut fixée la matière de l’anode et d 2 la cathode.
- Le but de cet essai est de mettre devant les yeux dçs électriciens qui n’ont pas pu suivre l’évolution accomplie dans cette branche de l’électricité l’histoire des accumulateurs, les progrès accomplis depuis le temps peu éloigné encore où Planté formait et chargeait des éléments avec des piles Bunsen.
- FAURE
- J’entrerai brusquement en matière et supposerai que chacun connaît la batterie Faure. Je rappellerai néanmoins l’enthousiasme extraordinaire avec lequel on l’accueillit. Quelques savants seulement formulèrent des critiques, tout en faisant des réserves et en affectant d’être guidés par un esprit d’examen consciencieux.
- Le fait est que les physiciens et même la plupart desélectriciens n’en savaient pas beaucoup plus que le commun du public; et que, prudemment, en face de l’inconnu, ou du quasi inconnu, ils cherchaient à ne pas s’engager trop avant, à ne pas se compromettre par des critiques que les faits pourraient plus tard démentir, ou par une approbation que ne justifieraient pas les expériences à venir.
- Les hommes de science, eux aussi, je pourrais même dire eux surtout, ont leur diplomatie. Qu’on lise ce qui s’est écrit en 1878 sur ou plutôt contre les lampes à incandescence, et on comprendra l’engouement des uns et le déchaînement des autres contre les batteries secondaires, portées jusqu’aux nuesparun camp et dénigrées ou niées entièrement par l’autre.
- REYNIER
- Le système Faure est à peine né. II n’y a que quelques semaines peut-être que Reynier a prononcé sa dernière allocution dans laquelle il prône les avantages de la nouvelle batterie, la batterie de l’avenir, et déjà des modifications vont se greffer sur ce procédé, et c’est Reynier qui le premier veut perfectionner, c’est-à-dire faire mieux que Faure. Sans doute, Faure est bon, mais Faure avec Reynier ce sera bien mieux, et pour que le système soit bien effectif, il est indispensable qu’on adopte le cloisonnement poreux de Reynier, et il fait si bel et si bien que la Société Force et Lumière prend le brevet dont je vais donner les traits principaux. Etait-ce réellement un perfectionnement que cette interposition d’une cloison poreuse? Reynier aurait eu de la peine* à le prouver; il s’est sagement dispensé de faire valoir les prétendus avantages de son vase poreux.
- Après avoir rappelé que l’un des caractères essentiels des piles secondaires Faure consiste à retenir contre les parois des électrodes les produits de l’électrolyse, ce qui permet d’accumuler sur ces électrodes une quantité pour ainsi dire illimitée d’énergie électrochimique, Reynier décrit les
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- perfectionnements qu’il a apportés dans le cîoise-ment des électrodes.
- 11 fait un vase poreux au moyen du pliage en quatre, ou du pliage rayonnant d’une feuille de feutre, de flanelle ou de toute autre matière inattaquable par l'électrolyte, et dans chacun des compartiments de ce vase poreux il met une lame de plomb, de zinc ou d’autre métal convenable comme électrode négative; puis, à l’extérieur du vase poreux, il place des lames de plomb, de charbon, de platine comme électrodes positives,' et le tout est mis dans un vase contenant de l'eau acidulée.
- Le couple étant monté il faut le former: il peut y avoir quelquefois avantage à amalgamer les lames de plomb. Reynier, pour sa formation, emploie les procédés Faure ou même ceux de Planté. Son système de montage est surtout celui de sa pile primaire; et suivant lui ses vases poreux appliqués avec un serrage convenable sur les électrodes constituent de véritables cloisonnements étanches qui s’appliquent aux couples à deux ou trois liquides.
- Pour donner de très grandes surfaces aux éléments, il employait comme électrodes des cordes ou câbles formés de fils fins du métal employé, de plomb ou de zinc par exemple, et leur cloisonnement était constitué soit par un guipage de fils de laine ou d’autres matièrés, soit par un ru-ban'de drap, de flanelle, do feutre, etc. enroulé en hélice autour du câble et attaché sur lui à des distances convenables.
- Deux câbles ainsi préparés sont enroulés ensemble et plongés dans l’électrolyte ; ils représentent le couple anode et cathode, et si on veut le former d’après la méthode Faure on doit avant le guipage ou le rubannage le recouvrir des matières destinées à être électrolysées.
- Tel est l’étonnant perfectionnement que la compagnie Force et Lumière adopte, confiante dans les lumières de Reynier, qui avait réellement inventé un moyen d’augmenter et d’intensifier la résistance des piles Faure et Planté. 11 est certain que Planté dut se réjouir beaucoup dans son laboratoire en voyant Reynier habiller de flanelle les couples qu’il se proposait de former; mais ce qui est plus positif encore, c’est que Faure n’éprouva aucune envie de rire lorsqu’il apprit que Reynier se posait ainsi en améliorateur des nouvelles plaques dont la préparation préalable consistait à « ajouter sur deux faces une couche plus ou
- « moins épaisse de matières propres à être rapi-« dement transformées sous l’influence des cou-« rants électriques en une épaisse couche poreuse « de plomb. »
- Ainsi que je l’ai dit, je ne décrirai pas ici les piles Faure; mais je ne saurais me dispenser de donner d’après Faure lui-même la définition de son invention, quêtant d’électriciens ignorent.
- Elle a trait à un moyen économique et expé-ditifpour couvrir les éléments de ces batteries soit en appliquant mécaniquement, ou en déposant galvani-quement, ou en déposant ou en précipitant chimiquement une couche de plomb poreux ou spongieux d’une épaisseur convenable qui permet de dontier à ces batteries une puissance considérable d’absorption et d'emmagasinement de l’énergie électrique.
- Son brevet américain débute par une courte définition à peu près semblable à celle du brevet anglais, qui est suivie d’une digression sur le système Planté, que je traduis parce que dans les brevets de Faure il n’est généralement pas mention de Planté, le créateur des accumulateurs que Faure perfectionnait.
- « Les batteries secondaires de M. Gaston Planté sont bien connues. Elles consistent généralement en plaques ou électrodes de plomb plongées dans un liquide électrolytique composé de 10 0/0 d’acide sulfurique dans de l’eau. La capacité de ces plaques pour l’emmagasinement d’énergie électrique est augmentée par des charges et des décharges successives d’électricité que M. Planté appelle la formation, et qui rendent leurs surfaces plus ou moins poreuses.
- « Mais cette formation est longue et coûteuse; et la capacité pour accumuler ou absorber l’électricité est limitée non seulement par l’épaisseur des plaques, mais encore par la force de cohésion des molécules dont se compose la couche poreuse; de sorte que, si ces molécules viennent à se détacher spontanément lorsque la couche atteint une certaine profondeur, la couche de matière active est réellement très mince alors même que les plaques seraient épaisses et il en résulte une sorte d’impossibilité de faire de ces plaques une application industrielle. »
- Toutes ces difficultés disparaissent grâce à l’in-; vention de Faure qui permet de construire rapidement les électrodes et de leur donner une puissance d’accumulation illimitée.
- Ses électrodes, en effet, ne sont pas faites par la formation de la couche désagrégée ou poreuse
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dans le corps de plaques métalliques mais elles sont produites par l'addition ou l’application d’une couche de matière active, métal, oxyde métallique ou sel métallique qui est, ou qui devient de suite poreuse sur des plaques ou supports qui peuvent être métalliques ou non métalliques.
- Cette matière active s’applique de différentes manières pour obtenir une couche suffisamment épaisse, soit comme une peinture, une pâte, un ciment, soit sous forme de dépôt par action galvanique, par précipitation chimique oü autrement.
- WILSON SWAN
- Le principal défaut des batteries Faure était que la matière active n’était pas solidement fixée sur les plaques. Wilson Swan chercha à faciliter la construction des batteries secondaires au moyen de plaques dont les surfaces étaient plus aptes à retenir le plomb spongieux ou le plomb à l’état de fine division.
- 11 fit des plaques de plomb à cellules ou à rainures dans lesquelles était retenu le plomb spongieux; et son but était de réussir à fabriquer des lames à interstices capables de présenter une grande surface de matière active dans le plus petit espace possible et d’empêcher le peroxyde ou le plomb poreux de se détacher de la plaque comme cela arrive forcément quand on se sert de plaques verticales sur lesquelles est une couche de matière active qui n’est pas retenue et fixée par une substance, une toile, ou un feutre qui l’entoure et la serre.
- Swan ne songeait pas à Faure ; il ne visait, c’est lui-même qui le dit, qu’à préparer des plaques pour batteries secondaires d’après le principe proposé par Planté, mais de façon à diminuer le temps que prenait leur formation.
- 11 mettait du plomb divisé dans les interstices ou rainures de .ses plaques qu’il exposait à l’action combinée de l’acide acétique, de l'acide carbonique et de l’air atmosphérique, comme cela se fait dans la fabrication de la céruse. Cela donnait lieu à une production de carbonate de plomb sur les plaques, et quand l’épaisseur de la couche ainsi produite était assez grande, Swan soumettait les plaques à l’action de l’hydrogène électrolytique en en faisant les cathodes d’un générateur électrique dans un électrolyte convenable.
- Dès que le carbonate de plomb était transformé en plomb métallique, il disposait ses plaques
- comme le faisait Planté pour les charger et s'en servir.
- E. VOLCKMAR
- Le but de Volckmar était de supprimer dans les accumulateurs le vase poreux, cette gloire de Reynier, qui cependant crée une résistance inutile et par conséquent est la cause déterminante d'une perte sensible. Par là, il affirmait qu’il pourrait emmagasiner une énergie chimique considérable dans des piles secondaires d’un faible poids et d’un faible volume.
- Pour arriver à ce résultat, il prenait deux Iqmes de plomb ou de toute autre matière conductrice qui ne détermine pas avec le plomb oq ses composés la formation de couples locaux. 11 perçait ces lames d’une quantité variable de trous qu’il remplissait de grenaille, de limaille, de pouçjre de plomb et préférablement de plomb chimiquement pur.
- Ces lames perforées, il les remplaça presque de suite par des carcasses ou squelettes pourvues d’alvéoles'de forme et de dimension quelconques.
- Ces supports pouvaient aussi être formés d’une feuille de plomb ondulée suivant un profil queD conque.
- Les ondes obtenues au moyen d’estampage formaient de chaque côté autant de rainures ou cellules longues qu’il était facile de remplir de plomb chimiquement pur.
- Enfin, pour donner aux supports le maximum de charge et le maximum de légèreté, Volckmar fondait des plaques ajourées, extrêmement minces et pourvues de rebords d’une hauteur égale à la moitié de l’épaisseur des plaques quand elles étaient achevées. 11 réunissait ensuite deux fie ces plaques bord à bord et formait une capacité communiquant avec l’extérieur par les jours çtes plaques juxtaposées et soudées sur leur périmètre.
- Volckmar fut le premier à construire des accumulateurs dont les électrodes étaient disposées horizontalement et qui sont si à la mode aujourd’hui en Amérique.
- L’avantage qu’il trouvait à cet arrangement était que « si une électrode de même nature venait à se désagréger d’une façon quelconque, les parties désagrégées d’une lame supérieure pourraient tomber sur la lame qui est immédiate-au dessous, et cela sans Je moindre inconvénient, parce que ces particules venant s’ajouter
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- aux matières actives du support sur lequel elles étaient tombées, s'identifieraient avec elles sous l’influence du courant de charge. »
- J’ai cité textuellement ce passage, où Volckmar a omis de prévoir ce qui arriverait pendant la décharge.
- De son temps les plaques ne brillaient pas encore par la solidité, et il n’a pas dû avoir besoin de faire beaucoup d’accumulateurs à plaques horizontales avant de reconnaître que leurs inconvénients étaient grands.
- J’en dirai autant de ses batteries hermétiquement closes et dans lesquelles par un simple renversement, tant à la charge qu’à la décharge, le gaz hydrogène occupait toujours une position inférieure à celle de l’hydrogène.
- 11 vaut la peine de nous arrêter quelques instants sur la batterie secondaire telle que l’envisageait et la comprenait Volckmar, qui, complètement dévoyé, pour ainsi dire immédiatement après sa fortune inespérée, devait disparaître presque aussitôt en se suicidant.
- « Mes lames ainsi préparées et appropriées sont pressées par un des moyens quelconques connus et placées ensuite parallèlement ou autrement dans un vase de bois ou de toute autre matière convenable, doublée ou non de plomb et dent le fond pourra être garni d’un isolant (feuille de caoutchouc, etc.), ce vase est rempli d’eau légèrement acidulée. J’ai soin de séparer ou d’isoler les deux lames de plomb, soit par un ruban de caoutchouc, des lamelles de bois, etc., soit par de la toile, du drap, du papier spécial, du carton, de l’amiante ou toute autre matière très poreuse peu conductrice, de façon qu’il ne puisse se produire de contact métallique entre les deux lames ainsi disposées. Je soumets alors la pile à un courant électrique énergique, afin de la former rapidement, ce qui peut se faire sans aucun danger.
- « En effet le plomb mécaniquement ou chimiquement divisé, placé dans les trous, est maintenu dans les cellules et contre leurs parois et ainsi ne peut ni tomber ni se désagréger.
- « La formation pourra être très rapide, car l’état de division dans lequel se trouve le plomb permettra sa peroxydation et sa réduction quasi immédiates.
- « La pile sera d’autant meilleure que le plomb divisé sera choisi plus pur et rendu plus adhérent par pression dans l’intérieur des cellules, contre leur parois. »
- Le passage ci-après montre combien grandes
- étaient ses illusions sur les avantages que présentaient ses électrodes :
- « Ce mode de fabrication est très économique, puisqu’il ne donne lieu à aucune perte de métal et à aucune refonte des déchets obtenus par la perforation ; il a en outre l’avantage de donner à la carcasse des plaques une grande légèreté.
- « Afin d’éviter la déformation des ondes pendant la manipulation des plaques, je soude sur les côtés latéraux, c’est-à-dire perpendiculaires aux ondes, des bandes de plomb destinées à en augmenter la résistance et à donner plus de raideur à l’ensemble.
- « Je puis sous un même volume et à poids égal obtenir une pile d’une plus grande énergie. Ceci est très important pour les appareils transportables destinés à la production de la force et de la lumière.
- « 11 est inutile de dire que quel que soit le mode de fabrication des supports, les plaques une fois garnies sont soumises à une légère compression dans le but de faire adhérer le plomb dans l’intérieur des ondes et cellules longues, et contre leurs parois.
- « Je mentionne également que les parois latérales des récipients à liquide conducteur sont pourvues de rainures, glissières ou coulisses, rapportées ou non, dans lesquelles les plaques sont maintenues solidement et se meuvent à volonté sans pouvoir détériorer celles qui se trouvent immédiatement à côté.
- « Cette disposition, à laquelle je puis ajouter pour ies piles de grandes dimensions un système mécanique de levage des plaques (crochets, chaînes, poulies, treuils, etc.), me permet à un moment donné, et pour une raison quelconque, d’enlever et de remplacera volonté diverses plaques sans que pour cela la pile en souffre aucunement. »
- J. SCUDAMORE SELLON
- Il me reste à parler des grillages Sellon. Je le ferai plus tard et abandonnerai pour cet électri cien l’ordre chronologique, afin de ne pas morceler son œuvre et de montrer d’un coup les transformations de ses plaques et de celles de Volckmar. J’en ferai autant pour d’autres systèmes importants, qui ne seraient pas compris comme ils le méritent si je ne les présentais pas dans leur ensemble.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CARPENTIER ET DE PEZZER
- Volckmar fut, je crois, le premier qui mit chaque anode entre deux cathodes, de façon à utiliser d’une façon plus efficace, les deux surfaces de la plaque peroxydée. J. Carpentier et O, de Pezzer ont été les premiers à donner à leur négative une épaisseur moindre que celle de la positive. Ils avaient remarqué que si on coupe une plaque poreuse, on la trouve réduite dans toute sa section, tandis qu’il n’en est pas ainsi quand on tranche la plaque positive qui entre deux couches superficielles de peroxyde a une section médiane qui est inerte. C’est ce qui les conduisit à modifier les dimensions de leurs électrodes, et ils expliquaient ainsi leurs raisons :
- « Dans les accumulateurs électriques dans lesquels d’égales surfaces de plomb sont employées, il se forme sur la plaque négative un sous-oxyde tel que Pb2 O et quand la plaque est complètement peroxydée il reste sur la plaque positive un peroxyde PbO2 qui n’est pas réduit et qui par conséquent n’est pas utile. C’est pour rendre plus légers et plus simples les accumulateurs que nous en proportionnons l’épaisseur des plaques et leur surface de façon à éviter la présence de toute matière inerte.
- « Dans ce but, notre négative esttrès mince et la positive a une surface d’environ la moitié de la cathode, mais est deux fois plus épaisse qu’elle. »
- Dès son apparition, cet accumulateur fut salué par l'approbation générale des électriciens et La Lumière Électrique lui consacrait un élogieux article que je reproduis ci-après.
- Mais l'électricité va vite et les progrès réalisés par les inventeurs du jour sont presque toujours surpassés et mis de côté par ceux du lendemain :
- « Le nouvel appareil est construit de h manière suivante : des bandes étroites de plomb, larges de io ou 15 millimètres et longues de 500, étant obtenues par le découpage de feuilles d’une épaisseur convenable, on les fait passer entre les rouleaux d’une machine à plisser obliquement les étoffes; elles en sortent ondulées. On plie chacune d’elles en deux, puis on juxtapose un grand nombre de lanières semblables, plat sur plai. On réunit par une soudure autogène les bouts libres, et on forme ainsi de véritables franges.
- « Ces franges sont introduites à la place du (
- charbon et du zinc, dans un élément de Bunsen, du type rectangulaire dit modèle de Ruhmkorff; elles remplissent, l’une le vase poreux, les autres des intervalles compris entre le vase poreux et les parois du vase extérieur. Les deux vases sont d’ailleurs remplis d’eau acidulée par l’acide sulfurique.
- « Les bouts agglomérés par les soudures sont en haut ; les plis en bas. Des lames soudées à la partie supérieure servent d’électrodes : positives à l’intérieur du vase poreux, négatives à l’extérieur. De cette manière, l’électrode négative a comme dans la première disposition une surface double de celle de l’électrode positive.
- « Pour observer les conditions d’épaisseur indiquées précédemment, les lanières positives onl 0,5 mm. d’épaisseur et 15 de Largeur; les lanières négatives ont 0,25 mm. d’épaisseur et iode largeur.
- « Les ondulations de chaque lanière faisant avec ses bords un angle de 450, après le ploiement, l’inclinaison des rigoles est alternée sur les deux moitiés amenées au contact. Cette disposition mainlient et limite l’écart des parties voisines.
- « Les canaux dont elle ménage l’existence assurent l'action de l’électrolyse sur tous les points et leur pente garantit le dégagement des gaz au moment où ils commencent à se former, comme cela a d’ailleurs été déjà obtenu par quelques dispositions analogues.
- « MM. de Pezzer et Carpentier disposent aussi leur appareil dans des auges à deux compartiments.
- « La présence du vase poreux dans l’accumulateur semble au premier abord être un inconvénient, mais des mesures faites par les inventeurs leur ont démontré que la résistance de leur couple n’est pas plus grande que celle des accumulateurs connus.
- « 11 serait possible que l’introduction du vase en terre rouge très poreuse n’augmente pas sensiblement la résistance et cela coïnciderait avec une observation faite par M. F.. Reynier sur des vases poreux en papier parchemin et d’après laquel la résistance est sensiblement la même avec plusieurs épaisseurs de papier qu’avec une seule. 11 se pourrait aussi que la résistance du vase poreux soit compensée par l’énorme développement des surfaces de plomb (plus d’un mètre carré de surface positive.
- « D’autre part, l’emploi de vase poreux a d’après les auteurs une autre raison d’être; les couples secondaires, soumis à un service continuel sont
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- menacés de réunions cristallines entre les lames, dangereuses causes de destruction. Les membranes comme le feutre, la toile, l'amiante s'opposeraient à ces réunions si elles ne favorisaient les végétations parasites en leur fournissant un point d’appui, un développement contre lequel leur consistance ne leur permet point de réagir.
- « Les parois en terre cuite agissent à l’inverse, et par suite dans un sens purement favorable ; enfin le cloisonnement retient sur les lames ou dans le champ de leur action les parcelles d’oxyde détachées et entraînées par la pesanteur. »
- PILLEUX.
- Une des premières tentatives de modification des couples secondaires Planté fut celle de Pilleux, dans laquelle au lieu de deux plaques il n’y en avait qu’une à double emploi, c'est-à-dire dont l’une des surfaces agissait comme anode et l’afutre comme cathode. Il ne reste de traces de cet accumulateur que dans La Lumière Électrique du 11 juin 1881, qui publia la note suivante :
- « Il disposait cette lame en appliquant contre elle des électrodes pour en prendre la polarité. Ne cherchant pas à avoir de l’électricité de quantité, mais seulement de l’électricité de tension, il a réduit la surface des lames de plomb à celle d’une sorte de plat métallique auquel il donnait une forme légèrement creuse, pour y déposer, comme dans les piles du même genre de M. Marié-Davy, une pâte claire de sulfate de plomb, aiguisée avec de l’acide sulfurique, à laquelle était superposée, avec l’intermédiaire d’un morceau de toile, une autre pâte d’oxyde de plomb, combinée à du vinaigre. Avec cette disposition, la pile doit avoir au moins deux éléments, mais on peut en superposer un très grand nombre, comme dans la pile à colonne de Volta, et chaque lame joue alors le rôle de la double rondelle zinc et cuivre de cette dernière pile. M. Pilleux n’a pas encore eu le temps d’étudier les avantages de sa pile, mais il croit qu’il faut une certaine tension pour la charger, et que, avec des machines d’induction d’une grande tension, comme celles de M. Méritens, on pourrait parvenir à accumuler assez d’électricité pour produire un arc voltaïque. »
- Le temps a fait justice de la batterie Pilleux. Cette histoire des accumulateurs n’est en partie que le récit de beaucoup d’insuccès et de disposi-
- tifs d’appareils destinés à supplanter tout ce qui avait été fait ou rêvé auparavant.
- CHARLES KIRCHOE
- Dès 1861, Charles Kirchof, de New-York, avait imaginé ce qu’il appelait une méthode pour re-cueillir, retenir et régénérer l’électricité produite par une source quelconque d’électricité, et aussi pour transformer les courants inconstants et de courte durée en un tout complet, constant et identique au courant qu’on produirait par n’importe quel autre moyen et qu’on pût utiliser quand on le voudrait pour toutes lesapplications de l’électricité.
- « Cette méthode, disait-il, est entièrement nouvelle. Rien de pratique n’est sorti des inventions, des recherches et des expériences de Ritter et de Grove sur leurs piles, de Poggendorff sur son appareil à polarisation, de Whcatstone sur ses électrodes peroxydées (plus tard combinées avec un amalgame de zinc et de potassium), de Faraday, de Schoenbein et de Davis sur la polarisation ; et ni Poggendorff ni Muller n’ont abouti à rien de sérieux dans leurs recherches sur les courants secondaires.
- « Les principessur lesquels je me base diffèrent entièrement des leurs, et les voici.
- « Les courants électriques qui possèdent une certaine proportion d’intensité, de quantité et de résistance, ou les tensions des deux électricités contraires, en rétablissant leur équilibre ne traversent jamais un liquide électrolytique sans le décomposer partiellement, et les équivalents des éléments séparés étant proportionnels à l’activité du courant, ou bien entourent les électrodes, ou bien s’échappent sous forme de gaz, ou bien subissent une nouvelle combinaison chimique, et vice versa.
- « En outre, deux électrodes de caractère différent ou entourées ou recouvertes de substances différentes sont excitées par des liquides conducteurs et semblables, ou par des solutions de nature semblable et susceptibles de dissoudre au moins une des électrodes; mais si elles sont placées dans des liquides différents qui donnent lieu à un composé chimique liquide, il se produit un courant électrique proportionnel à la différence de leur caractère électrochimique. Ainsi donc, lorsqu’un courart a décomposé une certaine partie de l’électrolyte ou des électrolytes, et par conséquent troublé l’équilibre électrochimique, leurs éléments séparés (ou
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- leurs nouvelles combinaisons) restant en contact j avec les électrodes sont disposés A restituer l’équili-libre primitif par une nouvelle combinaison; et il se produit tin courant contraire, à moins qu’il n’y ait des actions locales.
- «J’appelle générateur tout appareil composé d’électrodes dans un électrolyte dont l’arrangement permet de recueillir, de réunir, d’emmagasiner et de conserver l’électricité générée par une source quelconque d’électricité, et, outre les usages que j’ai indiqués, il peut être employé à contrebalancer d’autres courants traversant le même courant, dans une direction contraire, et à leur résister.
- «Mon générateur se compose d’un vase en verre dans lequel, suspendues à un couvercle, sontdeux feuilles de platine qui s’écartent l’une de l’autre à un certain angle de divergence. Ces lames sont perforées et ont été rendues rugueuses au moyen de papier de verre. Elles sont isolées l’une de l’autre au moyen d'un tube de verre.
- « L’électrolyte se compose de 6 parties en poids de nitrate de plomb, de 2 d’acétate de plomb et d’une de nitrate de potasse dissoute dans 8 à 10 parties en poids d’eau.
- « Cette solution étant filtrée, on y ajoute 4 parties d’acide acétique commercial, 22 0/0; 1 d’acide nitrique et à peine 1/11 de nitrate ou d’acétate de fer ou de zinc.
- « Si on relie les plaques aux deux pôles d’un générateur d’électricité, la plaque positive se couvrira d’un dépôt noir de peroxyde de plomb; et sur la négative il se déposera du plomb cristallisé; et ce peroxyde sera à la fois le meilleur élément négatif qui existe et un excellent conducteur. On peut remplacerle platine par du plomb amalgamé. »
- Sans me livrer à la traduction textuelle du long mémoire de Ch. Kirchof qui a trait à ses dispositifs spéciaux pour ouvrir et fermer le circuit, pour régler la charge et la décharge et pour utiliser les appareils de Muller et de Poggendorf, je ferai simplement ressortir l'imperturbable aplomb avec lequel Kirchof bâtit son propre piédestal et s’y installe sans façon.
- « Tous les arrangements sans nombre auxquels on a eu recours pour combiner les impulsions séparées de façon à leur donner l’apparence d’un courant constant et continu ont échoué jusqu’à présent, et pas un des savants du monde civilisé n’a été capable jusqu’à ce jour de démontrer la possibilité d’obtenir un courant continu et constant,
- ] et par conséquent ma méthode est la seule qui permette de recueillir les courants au moyen d’un régénérateur, de les réunir, de les transformer de les condenser en un seul courant et de le reproduire de nouveau. »
- N’en déplaise au modeste Kirchoff, son dépôt électrolytique de peroxyde de plomb avait été indiqué vers 1844 par Becquerel dans les Comptes rendus de VAcadémie des sciences, et quant à recueillir les courants secondaires, Gaston Planté l’avait fait antérieurement à 1860, époque à laquelle il commençait ses recherches sur la polarisation voltaïque pour des expériences qu’il fit sur sa batterie secondaire à l’Académie des sciences.
- J'ai exhumé cette batterie de Kirchof comme un document curieux et inconnu de l’histoire des batteries secondaires, non pas pour faire valoir les théories de l’électricien américain plus qu’elles ne le méritent, mais pour démontrer que ce n’est pas Faure qui le premier a revendiqué dans la construction des accumulateurs le droit de déposer galvaniquement du plomb peroxydé sur la plaque positive et du plomb cristallisé sur la négative, dans le but d’obtenir un courant secondaire. Du reste, il existe des preuves que G. Planté -a fait des expériences dans cette direction et qu’il en a publié les résultats entre autres dans Les Mondes en 1872.
- E. Andreoli.
- {A suivre).
- LA SESSION
- DE L’ASSOCIATION BRITANNIQUE
- A LEEDS d)
- L’établissement et la réalisation des étalons électriques faisant partie des attributions de l’Association britannique, il est tout naturel que ce sujet soit traité d’une manière détaillée ; aussi le rapport du comité des étalons électriques occupe-t-il une place importante parmi les communications.
- Ce rapport, pour ce qui concerne l’étalon de résistance, comporte les communications de M. Fitz-patrick sur la résistance spécifique du cuivre
- d) La Lumière Electrique, 15 novembre, p. 314.
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- et de M. Glazebrook sur la variation de certains étalons de résistance.
- On peut y ajouter une autre communication de M. Glazebrook sur les déterminations récentes de la résistance absolue du mercure et celle de M. Jones sur la détermination de l’ohm.
- Ce même rapport contient d’autre part une communication de M. Glazebrook sur les condensateurs à lames d’air.
- M. GLAZEBROOK
- Déterminations récentes de la. résistance absolue du mercure.
- M. Glazebrook fait d’abord remarquer l’opportunité de la discussion de ce sujet puisque deux membres étrangers de la commission internation-nale, M. Mascart et M. Rowland, sont présents, ce qui donne un intérêt particulier à ces discussions.
- Le problème de la détermination de la résistance absolue du mercure comporte deux séries d’expériences différentes ; celle de la détermination de la résistance absolue d’un certain fil et la comparaison de la résistance de ce fil avec celle d’une colonne mercurielle. Cette dernière expérience ne présente pas de sérieuses difficultés; la méthode adoptée ne varie guère et les résultats sont concordants.
- En passant en revue les différentes méthodes expérimentées, on trouve des résultats quelque peu différents, mais qui se resserrent peu à peu dans des limites plus étroites.
- I. — Méthode de Kircbboff.
- Elle a été employée par Weber, Rowland et Glazebrook.
- La formule est
- 4 w _M a R x p'
- M étant le coefficient d’induction mutuelle des deux bobines, T la durée d’oscillation de l’aiguille du galvanomètre, a la déviation due au courant primaire, (3 l’impulsion due au courant induit, b un rapport dépendant des constantes des galvanomètres ou des résistances.
- Les résultats sont les suivants :
- Rowland........................... 106,29
- Mascart.......................... 106,33
- Glazebrook........................ 106,29
- H.-F. Weber...................... >05,37
- IL — Méthode de Weber.
- La formule approximative est
- _ _ 2 it G 4 it3 N N'
- K - —j-p— T p “A'
- G étant la constante de galvanomètre, g la surface de l’inducteur, a le rayon de l’inducteur, A celui du galvanomètre, N et N' le nombre de tours. La principale difficulté consiste dans l’ajustement de l’axe et dans l’évaluation de l’influence de la durée du courant. Voici les résultats obtenus :
- Mascart....................... 106,37
- Wiedemann..................... 106,19
- 111. — Méthode de VAssociation britannique.
- On a
- R = ri2 N2 a cotg 9.
- M. Wiedemann a mis en évidence les difficultés sutvantes :
- i° Correction due à la self-induction ;
- 20 Établissement du niveau ;
- 3° Défaut de stabilité, etc.;
- 4° Faiblesse du moment magnétique.
- M. Glazebrook répond à ces objections :
- i° On peut effectuer la correction;
- 20 Cette difficulté est commune à plusieurs autres méthodes ;
- 3° On peut éliminer ces effets en expérimentant sur des circuits ouverts;
- 40 La théorie des corrections est très simple ; il
- suffit de connaître On trouvé par cette méthode :
- Rayleigh...................... 106.24
- Weber......................... 106,16
- IV. — Méthode de Foster et Lippmann.
- Cette méthode, qui consiste à faire tourner une petite bobine à l’intérieur d’une bobine théori-quementde longueur infinie, conduità la formule:
- R = 2 712 Q ~ cotg 9 N N' .
- M. Wuilleumier ('), qui a employé dernière-
- (<) La Lumière Electrique, t. XXXVII, p. 125.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- ment cette méthode a trouvé comme résultat 106,27.
- V. — Méthodes d’amortissement.
- Lorsqu’un aimant oscille à l'intérieur d’une bobine fermée sur elle-même, l’amortissement dépend de la résistance de la bobine.
- La formule de première approximation est
- •n TC ! M + X3 K — — — O ., . :— •
- 2 t H X — X„
- Par suite des dimensions des bobines il faut comparerGà la constante d’une autre bobine; soit h le rapport, on aura
- „ 1 2 11* N* b* n* + >* , .
- R= — -ait-
- A est le rayon de la bobine étalon, N le nombre de tours, a la déviation produite par l’aimant dans la première position de Gauss et r la distance.
- La plus grande cause d’érreur est ici l’incertitude sur" la distribution du magnétisme de l’aimant oscillant. On a obtenu les résultats suivants :
- H. F. Weber. >04.77
- Dorn 106,23
- Wild 106,03
- Kohlrausch .. 106,32
- VI. — Méthode de Loren[. -
- R = n M.
- La grande difficulté consiste dans le calcul de M ; ce calcul est toutefois plus facile que dans la mé-
- thode n° 1.
- On a trouvé :
- Rayleigh 106,24
- Rowland 106,29
- Lorenz >°5,93
- VI i. Méthodes de Roiti et Himstedt.
- «étant le nombre d’interruptions par seconde, M le coefficient d’induction mutuelle. La grande incertitude est causée par le grand nombre d’interruptions de courant par seconde.
- On a trouvé ainsi :
- Roiti........................ 105,89
- Himstedt..................... 105,98
- VIII. — Méthodes calorimétriques.
- Ces méthodes ne peuvent guère fournir de résultats exacts.
- Pour ce qui concerne les résultats généraux, on peut d’abord rejeter sans crainte toutes les expériences antérieures à 1882.
- Les résultats de M. H.-F. Weber sont tous très faibles, ce qui provient probablement de ce qu’au lieu d’avoir comparé directement la résistance à une résistance mercurielle il s’est servi à cet effet d’une caisse de résistance de 10 unités Siemens. Les méthodes de Roiti et Himstedt sont sujettes à la critique.
- Les expériences de Lorenz ne peuvent pas, d’après M. Glazebrook, supporter une critique rigoureuse; on ne possède d’ailleurs que les résultats publiés par Lenz.
- On obtient donc finalement la liste suivante :
- Lord Rayleigh.................. 106,23
- Mascart........................ 106,33
- G. Wiedemann................... 106,19
- Rowland........................ 106,32
- Kohlrausch..................... 106,32
- Glazebrook..................... 106,29
- Wuilleumier.................... 106,27
- Moyenne............. 106,28
- Si l’on prend pour la valeur de la résistance de 100 centimètres de mercure en unités B A 0,9535, les résultats de lord Rayleigh seraient 106,27 et 106,30, moyenne 106,29 au lieu de 10621 et 106,24 moyenne 106,23 du tableau précédent.
- Or) peut y ajouter en outre les valeurs obtenues par Strecker( 1885) 106,32, Hutchinson( 1889)106,30 et Salvioni (1890) 106,33, dont Ja moyenne est 106,32. Ces valeurs n’ont pas été obtenues par comparaison directe avec une résistance de mercure, mais en acceptant pour la valeur de la résistance B A 0,98656 ohm. En tenant compte de ces résultats on arriverait à une moyenneégaleà 106,30, et il paraît certain que cette valeur ne diffère que d’un ou deux dix-millièmes de la valeur exacte.
- M. GLAZEBROOK.
- Sur les valeurs de certains étalons de résistance.
- Cette communication se rapporte à la résistance des bobines préparées pari’Association britannique.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 379
- Trois étalons, marqués F, G et H, en alliage platine-argent, et dont les coefficients de température sont très faibles ont subi des variations assez notables depuis l’année 1888, époque où ces variations étaient inappréciables. Les variations ont été observées après que les bobines ont été plongées dans la glace fondante; les erreurs atteignent actuellement de 2 à 6 dix-millièmes d’ohm.
- L’auteur fait observer qu’il est nuisible aux bobines de les plonger dans la glace fondante ou de les chauffer, ce qui tient probablement à la contraction de la paraffine. M. Fleming croit qu’il serait préférable de se servir de substances liquides, comme le pétrole. 11 regrette d’ailleurs qu’on ait pris pour la fabrication des étalons des alliages au lieu de métaux purs.
- De deux étalons de l’ohm légal l’un n’a pas subi de modifications appréciables, tandis que la variation est de 0,0004 ohm pour l’autre.
- Les coefficients de la variation avec la température ont également varié légèrement pour plusieurs bobines.
- M. FITZPATRICK.
- Sur la résistance électrique du cuivre.
- L’auteur s’occupe de la résistance du cuivre pur et cherche à vérifier les résultats obtenus par Mat-thiessen de 1860 à 1864; mais au lieu de rapporter la conductibilité de cuivre à celle de mercure, dont la résistance en mesure absolue est maintenant connue à moins d’un millième près, l’auteur la rapporte à l’unité britannique (B A) et il n’est pas facile de faire le calcul de réduction.
- Matthiessen a déterminé la résistance d’un fil de cuivre ayant un mètre de long et pesant un gramme, puis celle d’un fil ayant un mètre de long et un diamètre d’un millimètre; les deux mesures, comme le fait constater M. Fitzpatrick, ne concordent guère. La différence est considérable, ce qu’il faut attribuer à la valeur du poids spécifique et la valeur de la résistance du fil d’argent qui a servi de terme de comparaison, et non au degré de pureté du cuivre.
- Les valeurs obtenues par M. Fitzpatrick pour la résistance spécifique à i8°C varient de 1776 a 1724 pour des fils étirés durs et de 1745 à 1688 pour des fils recuits; la valeur de la résistance du fil de Mathiessen était de 1766. Les fils dont s’est servi M. Fitzpatrick ont été préparés par plusieurs maisons et certains par lui-même. Toutes les précau-
- tions ont été naturellement prises pour obtenir du cuivre aussi pur que possible.
- Plusieurs échantillons de fil ayant un poids spécifique de 8,90 ont une résistance identique à celle indiquée par Matthiessen, qui toutefois n’a pas exprimé cette résistance en valeur absolue. D’après M. Fleming Jenkin et M. Fitzpatrick, cette résistance, celle d’un centimètre cube de cuivre, serait en unités B A 1652.
- M. J. V. JONES.
- . Sur la détermination de l’ohm.
- L’auteur cite d’abord un passage de lord Rayleigh qui préconise la modification de la dernière méthode de Lorenz comme pouvant donner les meilleurs résultats.
- C'est donc delà méthode de Lorenz que l’auteur s’est servi. 11 a trouvé pour la valeur de la résistance spécifique du mercure à o° C le nombre 94067, avec une erreur probable de ± 10. D’après ce nombre la valeur de l’ohm serait 106,307 centimètres, avec une erreur probable de ± 0,012.
- La méthode de Lorenz consiste, on de sait, à faire tourner un disque de cuivre à l'intérieur d’une bobine créant un champ magnétique; on prend les contacts sur l’axe et sur la circonférence du disque; en établissant convenablement les connexions et en donnant des valeurs appropriées à la résistance et à la vitesse de rotation on peut arriver à équilibrer le courant produit par la rotation du disque. La formule devient dans ces conditions
- R = n M,
- n étant le nombre de révolutions du disque par seconde et M le coefficient d’induction mutuelle entre la bobine et la circonférence du disque.
- M. Jones propose une nouvelle formule pour ce coefficient d’induction. En intégrant directe-,, . rdsds'
- ment 1 expression J — ccs e pour un cercle et
- une hélice dont les axes coïncident, il obtient
- M= —8//ir
- A a A + a
- 2(->r
- 2,4,6,
- m—1___1 / x \2m
- . 2 m —2/H +1 \A+i/)
- P».
- où A est rayon de la section circulaire du cylindre déterminé par l’hélice,
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- 38o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- a le rayon du cercle,
- 11 le nombre de tours de l’hélice,
- 2x la longueur de l’hélice mesurée le long de l’axe.
- Pour P,„ on a l'expression
- On a trouvé ainsi les nombres suivants :
- c, = 0,0030514 microfaiad.
- C<l — 0,0031258 —
- C;i — 0,0033288 —
- __ I ~ cos 20 rfO 2 m +• 1
- " / (1 — c% sin2 0) 2 ’
- avec
- c _ 2 \jk a *
- A + a
- M. Jones prend comme résistance une auge remplie de mercure, et pour se débarrasser de l’incertitude provenant de la capillarité il fait deux expériences en remplissant l’auge plus ou moins de mercure.
- Nous n'entrerons pas dans le détail des expériences; nous nous contenterons de donner les conclusions du mémoire.
- I. 11 est temps actuellement de procéder à une nouvelle détermination de l'ohm ; détermination qüi doit être considérée comme définitive pour ce qui concerne les applications pratiques de l’électricité.
- II. La méthode à adopter pourrait être avantageusement celle de Lorenz, la résistance spécifique du mercure étant obtenue directement par la méthode différentielle indiquée plus haut.
- III. La bobine ne doit comporter qu’une seule couche de fil, et le coefficient d’induction mutuelle entre cette bobine et la circonférence du disque tournant doit être calculé d’après la nouvelle formule.
- M. GLAZEBROOK
- Sur des condensateurs à lames d’air de l’Association britannique.
- La commission des étalons électriques a exprimé en 1887 l’opinion qu’il serait utile de procéder à la construction d’un condensateur à lames d’air. M. Muirhead a exposé un condensateur consistant en un certain nombre de cylindres concentriques en laiton, isolés par des baguettes de verre; ce condensateur qui paraissait posséder de bonnesvqualités a été essayé avec deux autres condensateurs du même constructeur.
- La capacité de chacun de ces trois condensateurs a été mesurée à plusieurs reprises à l’aide d’un commutateur vibrant.
- Ces capacités restent constantes d’un jour à l’autre et l’erreur dans la mesure n’excède pas
- , malgré la faiblesse de la capacité.
- Les trois condensateurs ont ensemble une capacité de 0,009566 microfarad : on les a comparés à un condensateur à mica de 1 microfarad ; le
- rapport des capacités était donc d’environ . On
- a trouvé que la capacité de ce condensateur variait d’environ 2 0/0 d’après la méthode employée. Ainsi, pour trois condensateurs à mica on a trouvé les nombres suivants :
- Par la méthode du commutateur
- 0,9690
- 0,4934
- 0,09=143
- Par comparaison directe sans commutateur
- 0,9868
- 0,4994
- 0,09644
- Ce résultat rend évidente la nécessité de construire des condensateurs à lames d’air. On a adopté la forme proposée par M. Muirhead. La capacité de chaque nouveau condensateur était d’environ 0,02 microfarad, c’est-à-dire 6 fois celle des condensateurs précédents.
- Ces condensateurs, représentés en figure 1, consistent en 24 tubes cencentriques. Le tube extérieur mesure environ 80 centimètres de haut et 15 centimètres de diamètre extérieur ; le diamètre de chaque tube diminue d’environ 12 millimètres; les tubes ont 0,8 millimètre d’épaisseur, et l’espace d’air compris entre deux tubes est de 2,5 mm., mais cet espace varie légèrement d’un tube à l’autre. Les tubes sont, comme le montre la figure, supportés par une monture en laiton où ils sont maintenus par des vis. Le cône supérieur avec les tubes est supporté par la boîte extérieure du condensateur, tandis que le cône inférieure est supporté par trois pièces en ébonite, dont dépend principalement l’isolement de l’appareil. On dessèche l’intérieur à l’aide de l’acide sulfurique. Le tout est protégé d’ailleurs contre la poussière par une boîte extérieure.
- On a d’abord essayé si ce condensateur fuyait, et on a trouvé qu’il conservait si peu sa charge
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 381
- que l’électricité fournie par une machine statique le traversait absolument : on ne pouvait pas le charger au potentiel de cette source. Avec une source à faible potentiel, 75 volts, la fuite par minute était d’environ 0,1 0/0 pour l'un des condensateur et dix fois cette valeur pour l’autre. Avec du chlorure de chaux la fuite était plus considérable et n’a pas pu être réduite à moins de 0,8 0/0
- chargé n fois par seconde, on a
- *[
- 11 c =
- {a 4- c A- (J 4** b H- d
- j
- ci['
- __________________ 1 r, +__________ja__________
- c (a + b H- cl) JL d (a + c + g)
- Dans la plupart des expériences, on avait
- Fig. I. — Condensateur à lames d’aii.
- par minute ; lorsque les condensateurs étaient fermés pendant quelque temps ces fuites atteignaient de 3 à 8 0/0 par minute. Avec de l'acide sulfurique, et après nettoyage, on a pu réduire la fuite à 0,2 0/0 pour le condensateur n° 1 et à 0,60/0 pour le n° 2.
- La méthode de comparaison est celle que M. Glazebrook à décrite autrefois (>).
- Si C est la capacité du condensateur qui est
- a = 10 b = 18
- d — 1000 g = 17600
- ohms légaux.
- La résistance de la branche c variait de 6000 à 15000 ohms.
- Considérant ces valeurs on peut simplifier la formule et écrire
- cd f , + ----11A---1
- On a employé pour les mesures le commutateur vibrant décrit par M. Thomson (1), puis on a remplacé ce commutateur par un commutateur rotatoire, qui avait été disposé par MM. Thomson et Searle dans leurs expériences sur la valeur de v. Ce commutateur est actionné par un moteur à eau. Deux ressorts sont respectivement en contact avec les deux moitiés du commutateur et pendant la rotation un balai communique alternativement avec ces deux moites. Un disque en fer sert de volant pour régulariser le mouvement. Pour voir si le mouvement était régulier, on a employé la méthode stroboscopique’; on s’est servi à cet effet d’un électro-diapason faisant 64 vibrations par seconde.
- On avait tracé sur ce disque un nombre de cercles concentriques partagés chacun en un certain nombre de divisions. On maintenait le mouvement stable à l’aide d’une corde passée dans une gorge à côté du disque. On sait qu’avec un peu d’habitude on arrive ainsi à maintenir le mouvement parfaitement uniforme.
- Le galvanomètre employé, construit au laboratoire, avait une résistance de 17000 ohms et une durée d’oscillation de 7",2. Une division de l’échelle (l’auteur ne dit pas quelle est la grandeur de ces divisions) correspond à 0,83 x io-M unités C. G. S. ; la décharge brusque d’une quantité
- P) philosophici.il Magazine, août 1SS4.
- p) Pbilosophical Magazine, août 1884.
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- 382
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- d’électricité à io-10 unités C. G. S. produirait une déviation d’une division.
- Comme exemple du degré d’approximation qu’on peut obtenir par cette méthode, M. Glaze-brook cite quelques expériences; la moyenne ne
- diffère des extrêmes que de ——.
- n 5000
- P.-H. Ledeboer.
- (A suivre.)
- CHRONIQUE ET REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE
- Câble Glover (1889).
- Ce cable, spécialement destiné aux lignes téléphoniques, a pour but de détruire les effets d’induction mutuelle des différents fils téléphoniques
- Câble Glover.
- voisins les uns sur les autres. 11 est constitué par un conducteur central a isolé, entouré de fils c dont la section totale égale celle de a, et qui sont eux-mêmes revêtus d’une enveloppe isolante.
- Wattmètre Wilson (1889).
- L’appareil comprend deux parties essentielles : un électrodynamomètre ou un ampèremètre B, dont l’aiguille j se meut entre les contacts it et 4 des électros Ex E2, et un solénoïde à trembleur A, qui fait tourner le plateau C et l’arbre a' avec une vitesse proportionnelle à la tension du courant à mesurer. L’axe a' porte un second plateau b, sur lequel roulent les deux cônes c, et c2, fous sur l’axe d, avec lequel un embrayage e les met l’un ou l’autre en prise, suivant que l’armature fest attirée par Ex ou par E2.
- Tant que l’aiguille j reste dans sa position moyenne, aucun des électros Ex E2 n’est excité, et la roulette r du totaliseur reste immobile dans la position correspondant à l’allure normale du courant; mais dès que l’aiguille/ fait contact en i ou en i2, le galet monte ou descend sur£, en même temps que la rotation de d ramène l’aiguille / dans sa position moyenne. Les tours de r, totalisés
- par le mécanisme D, indiquent le nombre de watts passés par l’appareil.
- Pour les courants alternatifs, il faut remplacer les
- Fig. 1. — Wattmètre Wilson; plan.
- électros Ex E2 par un solénoïde à ressort de rappel.
- Lorsqu'on emploie en B, au lieu d’un ampèremètre, un éloctrodynamomètre dont l’aiguille se
- Fig. 2. — Wattmètre Wilson ; vue par bout.
- déplace proportionnellement aux carrés des intensités, on peut, pour rendre les indications du compteur proportionnelles aux intensités, donner à la poulie p un profil en spirale.
- Radiateur électrique Dewey (1890).
- L’électricité, amenée par lestâblesW' (fig. 1 et 2), traverse en série une suite de lames de tôle B,
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 383
- enfermées dans une boîte en bois, et suspendues à des parois réfractaires D D', dont l’une D est mobile, de manière à laisser aux lames toute liberté
- Fig. 1
- de se dilater. Ces lames, suffisamment écartées pour assurer la circulation de l’air et éviter la mise
- D'
- OOO OOO OOOOOOOOOOOOOO !° 00 0 000 00 0*0000000000 >° O O OOOOOOOOOOOOOOOOOO j°
- ooooooooooooooootfooo îo
- OOOOOOOOOOOOOOOOOOOO ! O O O OOO OOOOOOOOOOOOOO)0 OOOOOOOOOO OO OOO OOO 0-0 !0
- Fig. S
- ^5.
- en court circuit par leur contact, sont perforées de manière à augmenter leur résistance.
- Lorsqu’on emploie ces radiations comme chauf-
- Fig. 3
- frettes dans un wagon, on les munit (fig. 3) d’un commutateur E, pourvu d’un ressort d, dont le frottement l’empêche de se refermer par les trépidations du train.
- Avertisseur d’incendie de 1’ « European fire service and motor Company » (1890).
- Cet appareil comprend trois parties essentielles: un mouvement d’horlogerie B A, un double circuit GF et une série de thermostats 1 b 12 placés aux points menacés d’incendie.
- Le circuit F G comprend, outre ces thermostats, un électro E, enroulé en sens contraire par une dérivation G3F, qui comprend en outre un second électro M.
- En temps ordinaire, "comme sur la figure, le courant passe par les thermostats et non par les électros beaucoup plus résistants de leurs avertisseurs 1,2,3; l’électro E se trouve paralysé par l'action contraire des^enroulements, et son arma-
- ture D arrête la roue A par sa butée sur le taquets. Lorsque l'un des thermostats chauffe, au con-
- Fig. 1. — Avertisseur d’incendie de l’European fire servtte and motor Company.
- traire, et rompt le circuit, le courant passe par son avertisseur, et l’électro E, déneutralisé par la coupure du fil G3, attire son armature qui permet à la roue A de tourner de l are cb. Ce mouvement fait
- Fig. 2 et 3. — Détail d’un annonciateur.
- passer devant l’interrupteur H les taquets B', et partir la sonnerie centrale P. Le levier N, lâché par l’électro M, coupé du circuit, et ramené par le ressort p, s’engage sous le levier C et le maintien dans sa position d’alarme.
- Si la température augmente encore au point que le thermostat ferme son contact supérieur, l'élec-tro M, replacé dans le circuit, déclenche C que
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ?84
- l’électro E, de nouveau neutralisé, laisse retomber en permettant à A d’achever sa révolution. Ce mouvement, qui fait faire trois tours à B, donne, par B', trois fois le signal « au feu » en P.
- Les figures 2 et 3 représentent le détail d’un annonciateur 1, mobile autour de l’axe r et supporté en temps ordinaire par une projection P3de l’armature de l’électro 0„ laquelle vient se loger sous une butée s de 1.
- Fig. 1 et 2. — Isolateurs
- bobiheà en verre a enclavées dans les pinces à ressorts c et traversées par le fil B. Cette disposition! permet d’enlever ou de poser très facilement les isolateurs.
- G. R.
- Voltmètres à indications indépendantes de la température.
- La plupart des voltmètres industriels reposent sur l’action d’un soiénoïde sur un organe mobile en fer doux. Le voltmètre n’est qu’un ampèremètre mesurant l’intensité du courant qui circule dans une résistance déterminée absolument invariable.
- S’il faut dans l’étalonnage de l’appareil tenir
- Dès que l’électro attire son armature autour de l’axe p3, la plaque de l’annonciateur tombe. Dès que cette attraction cesse, un ressort rappelle l’armature à sa position primitive.
- Isolateurs Ryland (1889).
- Ces isolateurs sont constitués (fig. 1 et 2) par des
- id plan et coupe x-x (fig. 1).
- compte des variations de la température extérieure ; il faut aussi, et dans une plus grande mesure encore, que les variations de température produites par le passage prolongé du courant aient un effet insensible sur les indications de l’instrument; pour cela il faut déterminer réchauffement limite du soiénoïde au-dessous duquel une augmentation de résistance est sans effet appréciable.
- Pour satisfaire à cette condition, il faut que le courant maximum du voltmètre soit très faible, mais on a alors un champ magnétique peu puissant, ce qui entraîne une construction très soignée et délicate des pièces mobiles de l’appareil. En outre, de faibles champs magnétiques donnent une importance trop considérable aux phénomènes de magnétisme rémanent.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÊLECTRICITÊ * 385
- C’est pourquoi il y a maintenant une tendance à construire des voltmètres fonctionnant avec un courant plus intense correspondant à une meilleure utilisation du fil de la bobine. Mais cette méthode suppose que l'appareil est construit de manière que ses indications soient indépendantes de la température, car ce dernier élément varie alors entre des limites assez étendues depuis le commencement de la mesure jusqu’au moment du régime permanent.
- L’indépendance des indications d’un voltmètre de la température a été déjà réalisée par plusieurs constructeurs. M. Swinburne a donné en 1886 (*) une disposition permettant d’atteindre ce résultat.
- Dernièrement M. Cahle a soumis cette question au calcul, dans un article de /’Elehtrotechnische Zeitschrift (p. 270, 1890). 11 a considéré le cas où la bobine est à enroulement différentiel, ce qui
- r, et,
- ---vA/WWWWV——
- —±----- HVWvVWVVWV'-j -----
- ri ct2
- Fig. 1
- permet d’avoir des courants relativement intenses et d’obtenir une compensation exactedes effets de la température. Voici en résumé la méthode de calcul et les résultats de ce physicien.
- L’action d’un solénoïde dépend du nombre des ampères-tours; elle est donc constante, même avec des températures variables, si ce nombre ne varie pas.
- Considérons un solénoïde différentiel portant deux enroulements égaux; la fin du premier est reliée au commencement du second et réciproquement (fig. 1). Dans ce cas on peut, à un facteur près, représenter par P l’action de ce solénoïde en posant
- P —n (ii — h).
- Dans cette formule n est le nombre de tours de chaque enroulement, ix l’intensité du courant dans le premier, et z2 dans le second. Soient rx et r2 les résistances des deux enroulements, e la différence de potentiel aux bornes, déterminée par les
- limites entre lesquelles l’appareil doit fonction ner; on a
- A la température tx on aura
- aj et a2 étant les coefficients de variation des deux enroulements avec la température, supposée la même pour les deux.
- Pour que l’appareil soit insensible aux variations de la température il faut avoir P = P,, c’est-à-dire
- L-±)-eu(_________!____________L____Y
- ri r2/ V’i (1 ±1 ait) n (i ± as t)}
- En négligeant les termes renfermant t2, on obtient
- I I ____ 1 rp ai t ! qz a2 t _
- ri n ri n ’
- d’où il résulte après quelques réductions
- r2 ai = ri a-i,
- c’est-à-dire
- ri _ ai r-i ~~ aj '
- Les résistances des deux enroulements doivent donc être dans le même rapport que leurs coefficients de variation avec la température.
- Cette condition permet d’écrire
- On peut donner à cette formule une autre forme en introduisant les dimensions de la bobine et les constantes des métaux employés.
- Soient 3 la densité maxima du courant qui circule dans la bobine, s la section, p la résistance spécifique du cuivre, on a
- „ __ i
- (*) La Lumière Electrique, vol. XXVI, p. 237.
- Soit en outre K une constante déterminée par
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- 385
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- réchauffement maximum de l’appareil; on aura en négligeant les influences secondaires, ce qui d’ailleurs est justifié par le fait que les bobines considérées sont toutes semblables :
- Cette formule permet de déterminer quels sont
- rAAAA/WWVWVi <xz |
- Fig. S
- dis que l’autre partie de l’enroulement principal à faible coefficient thermique (et à haute résistance spécifique) est enroulée à part sur une bobine spéciale inerte.
- La disposition de cet enroulement est donnée par la figure 2. La résistance de la partie conductrice active de l’enroulement principal est désignée par ru son coefficient thermique par arrêta désignent les mêmes quantités pour la partie inerte de l’enroulement principal.
- Dans cet arrangement, la partie active des deux enroulements est formée uniquement de métal bon conducteur, ce qui permet d’employer une densité Je courant élevée.
- Nous supposons que les trois parties de l’enroulement sont à la même température; cette condition est réalisable pour les enroulements actifs, mais seulement d'une manière approchée pour l’enroulement inerte; cette différence n’a pas une grande importance sur le résultat final par suite du faible coefficient thermique de l’enroulement inerte.
- Dans les formules précédentes, il faut donc
- remplacer rx par r-j- et ai par
- *r -f airx
- r + ri
- et l’on
- obtient ainsi
- les métaux avec lesquels on obtient l’action électrodynamique maxima. 11 suffit de remarquer que K est une constante ainsi que nslt au moins entre des limites très rapprochées.
- Pour que P soit maximum il faut que pj et —
- a2
- soient minimum. Il faut que l’enroulement principal ait la plus haute conductibilité et que son coefficient de variation avec la température soit aussi petit que possible par rapport à celui de l’enroulement compensateur.
- Malheureusement on ne connaît pas de métal remplissant les conditions auxquelles l’enroulement principal doit satisfaire (haute conductibilité et faible coefficient de variation thermique). On est forcé de composer l’enroulement principal de deux parties, l’une à faible coefficient thermique et haute résistance spécifique, l’autre à coefficient thermique élevé et faible résistance.
- L’arrangement qui tient le mieux compte de toutes ces circonstances consiste à enrouler ensemble la partie de l’enroulement principal à coefficient thermique élevé (et à faible résistance spécifique) et l’enroulement compensateur, tan-
- r + i‘i _ a r 4- ai n
- ~ (r + rt) 1x2'
- L’enroulement de labobineactiveétantdéterminé et les métaux à employer étant choisis, il faut considérer ru rz, a, ax et a2 comme connus. Cette formule sert à déterminer r, c’est-à-dire la résistance de la bobine inerte qui rend les indications de l’appareil insensibles aux variations de température.
- On trouve ainsi :
- r = -— r.2 — n +
- 2 Gt2
- vW0‘-
- La valeur de r étant déterminée, il s’agit de calculer la section des fils à employer, de manière que l’action P de la bobine active, c’est-à-dire
- P = e 11 (-~ + -)
- \r + ri n/
- soit un maximum.
- Soient S la section de la bobine active, st et s2 celles de l’enroulement principal et de l’enroulement compensateur; le nombre de tours dé fil n
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- JOURNAL UNIVERSEL ^ELECTRICITE
- 387
- est, abstraction faite de l’épaisseur de l’isolant, s ^ s
- SI + 5î ; pl . J Ps
- n ' n
- S rt
- T n Pl + Pi
- Dans cette formule, l représente la longueur des enroulements rx et r2.
- Pour simplifier la suite des calculs, nous supposons que le coefficient de variation thermique de la bobine inerte est si faible que l’on peut envisager sa résistance comme constante.
- L’équation de condition devient alors :
- n =
- H ==
- r + n
- ai n
- d’où
- ri y + n) as’
- r + rt = i/~ n ri-
- V “2
- On obtient alors en remplaçant n et r + rx par leur valeur :
- p =
- p =
- résistance de la bobine inerte qui compense les effets de la température sur les indications de l’appareil.
- La maison Hartmann et Braun construit les bobines de ces appareils d’après les principes qui précèdent.
- Pourla partie active de l’enroulement principal, elle a choisi le cuivre, et pour la partie inerte un alliage de nickel et de cuivre, ou mieux encore un alliage de cuivre et de manganèse. Quant à l’enroulement compensateur, il est constitué par du fil de fer doux que sa résistance spécifique et son coefficient thermique élevés recommandent spécialement.
- Quant à la densité maxima du courant dans
- Pour obtenir le rapport — qui rend P maxi-
- r i
- mum, il suffit d’égaler à zéro la dérivée de P; on obtient ainsi
- le fil de cuivre, la maison Hartmann et Braun admet 3,5 ampères par millimètre carré. L’élévation de température qui en résulte n’a pas d’influence fâcheuse sur l’isolement de l’appareil.
- ri
- rt
- Or, on a
- et* pi
- V(
- p* oi\ ai pl aa/ as'
- rt = pi
- l
- si
- et
- rt = pa
- l
- si"
- On obtient ainsi en remplaçant rx et r2 par leur valeur et en simplifiant
- “t Pî + a El J(l1 + £l\ « ,
- ai pa pa V \pi «2/ aa
- En choisissant des fils dont le rapport des sections est égal à celui qui est donné par cette.formule, on obtient le solénoïde à action maxima; en calculant ensuite r par la formule, on connaît la
- La maison Siemens et Halske construit également un voltmètre dont les indications sont à peu près indépendantes de la température ; mais la combinaison des enroulements est différente de celle qui précède.
- Donnons d’abord la description de l’instrument.
- 'Comme dans la plupart des voltmètres industriels, l’intensité du courant, et par là la différence de potentiel, est mesurée par l’attraction dans la direction de son axe d’une bobine sur une pièce de fer doux. Pour que celle-ci soit constamment située dans un champ magnétique de même intensité, il faut que ses mouvements soient très faibles afin que la bobine n’ait pas des dimensions exa-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- gérées. Comme la pièce de fer doux ne doit subir qu’un mouvement de translation dans le sens de sa longueur, afin d’éliminer l’influence du magnétisme rémanent, il faut deux axes pour transmettre le mouvement à l’aiguille et l’amplifier.
- Le champ magnétique d’une bobine étant maximum dans le voisinage des parois, la pièce de fer doux mobile est formée (fig. 3 et 4) par deux tiges a et a' fixées ensemble et placées très près des parois de la bobine; ces tiges sont toujours suspendues verticalement à l’axe b, qui se meut dans le cadre c; celui-ci se meut autour de l’axe d et il est maintenu en équilibre indifférent par le contrepoids*?. L'aiguille / est reliée au cadre et à l’axe d et prend au repos la position verticale. Son poids forme donc la résistance mécanique que doivent vaincre les actions magnétiques du courant.
- La sensibilité de l’appareil se règle en déplaçant
- Fig. 4
- le poids g sur la partie de l’aiguille opposée au cercle gradué.
- Le poids de l’équipage mobile est ainsi réduit à son minimum; les erreurs provenant du magnétisme rémanent ne dépassent pas quelques millièmes, même dans la partie supérieure de l’échelle. La dépense denergie dans la bobine active ne dépasse pas 1 à 1,5 watt.
- Le voltmètre de Siemens et Halske est caractérisé extérieurement par la position verticale de l’aiguille au repos et la dissymétrie de l’échelle. L’appareil est enfermé dans une boîte circulaire de 17 ou 25 centimètres de diamètre suivant le modèle; un bouton situé en haut et à gauche de l’instrument sert à arrêter l’aiguille.
- Ce voltmètre peut être facilement combiné avec un enregistreur photographique. Une chambre noire renferme un mouvement d’horlogerie qui fait tourner autour d’un axe horizontal, une fois en douze heures, un disque placé devant la paroi antérieure de l’appareil ; cette paroi est percée d’une fente qui correspond au rayon vertical du disque.
- La lumière qui passe à travers cette fente n’agit que sur un rayon du disque. Cette fente est en outre pourvue d’un couvercle mobile dans le sens de la longueur et dont le déplacement est commandé par le voltmètre. Si l’on recouvre le disque d’un papier sensible, une partie plus ou moins grande sera atteinte par la lumière. Par exemple si la tension a été constante pendantdouze heures, la partie impressionnée du papier sensible a la forme d’un cercle concentrique au disque. Les variations de tension se traduisent par des variations dans la circonférence concentrique.
- Le voltmètre de Siemens et Halske est très peu sensible aux actions magnétiques extérieures, car dans cet appareil les pièces mobiles se meuvent dans le sens des lignes de force du champ de la bobine. Or ce mouvement de translation n’est influencé que par des masses magnétiques très voisines, tandis qu’un mouvement de translation perpendiculaire aux lignes de force est fortement influencé, même par des masses magnétiques éloignées.
- L’influence de la température sur les indications du voltmètre est compensée, du moins dans une certaine mesure, grâce à une résistance inerte, insérée dans le circuit du voltmètre.
- La bobine active est enroulée de fil de cuivre; la bobine auxiliaire est enroulée de fil de nicke-line. La résistance de la première est faible,tandis que celle de la seconde est très élevée. Une élévation de température produit une augmentation très faible de la résistance de la bobine de cuivre par rapport à celle du circuit total du voltmètre; la même élévation de température produit aussi une faible augmentation de résistance de la bobine auxiliaire par suite du faible coefficient thermique de celle-ci. En choisissant convenablement les rapports des deux résistances, cuivre et nir.keline, on peut rendre minima l’augmentation de la résistance totale avec la température, mais on ne peut pas l’annuler. Voici comment on peut calculer ces résistances.
- Désignons par W le travail dépensé dans l’une des bobines,
- e la différence de potentiel,
- r la résistance,
- A t l’augmentation de température produite par le travail continu W,
- « le coefficient de variation thermique de la résistance.
- Affectons ces lettres de l’indice 1 ou 2 suivant
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 28g
- qu’elles se rapportent à la bobine de cuivre ou à] celle de nickeline, nous aurons :
- \
- W = Wi + Wî, ;
- ( = «2, |
- r — ri + r2. 1
- i
- La dépense d’énergie Wi dans la bobine dej cuivre est constante ainsi que l’élévation de tem-| pérature A correspondante. I
- Le taux en pour cent de l’augmentation de lai résistance de l’instrument est donc j
- ioo A r r
- Pi n A t\ + ota A /g rt + r%
- ou en posant
- t'i
- n
- X
- IQO A r ___ ai A t, r at. X. A ti
- r l + X
- Pour trouver le minimum de cette augmentation, il suffit d'égaler à zéro la dérivée par rappoit à X.
- On obtient ainsi
- i
- *' +i) dàtî
- “2 [dX •
- 11 est facile de déterminer expérimentalement!
- les quantités du second membre de cette formule; et de calculer X. !
- On obtient alors
- puisque ’ et
- Wii=>. Wi, w = (i j- ).) Wi.
- On a, en outre
- donc il en résulte
- w
- U +>) W,»
- 1 + ).
- Ces formules déterminent [complètement les' enroulements des deux bobines de l’appareil.
- Remarquons que ce mode d’ènroulement n’an-nulle pas complètement l’effet de réchauffement de l’appareil, mais qu’il le réduit simpJeméjat à un minimum.
- * i
- Dans le voltmètre de M. Imhoff que construit la maison Einstein et Cle, de Munich, l’influencerde la température est réduite à son minimum de;la même manière que dans le voltmètre de Sieméhs et Halske par l’emploi d'une bobine active enroulée de cuivre et d’une bobine inerte enroulée1 de fil de nickeline. Cet appareil n’offre rien de particulier dans cette direction.
- Son originalité réside surtout dans" l'équipage mobile. Dans la plupart des voltmètres actuels la partie mobile est formée d’une pièce de fer doux. Dans les uns cette pièce de fer doux est attirée
- par l’action du solénoïde soit dans la direction de l’axe soit contre les parois. Dans les autres Je solénoïde aimante plus ou moins directement des pièces de tôle en fer doux dont l’action sur la partie mobile s’ajoute à,celle du solénoïde. ;
- M. Imhoff a voulu réunir les avantages des deux systèmes et obtenir avec le même nombre d’ampères-tours Une action dynamique beaucoup plus considérable. Voici comment ce résultat est atteint (fig. 5.)
- Une pièce de tôle E en forme d’arc de cercle sur laquelle est fixée l’aiguille est montée excentriquement sur l’axe a à l’intérieur de la bobine S ; vis-à-vis de E, et dans le même plan se trouve une seconde pièce de tôle Ex. Sous l’action du courant ces deux pièces de tôle s’aimantent également et se repoussent; la pièce mobile E en s’approchant de la position indiquée en pointillé sur la figure subit aussi l’action directe du solénoïde S, laquelle
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 3go
- augmente en même temps que la déviation de l’aiguille.
- Ce renforcement de l’action exercée sur la pièce mobile produit donc une augmentation de sensibilité à mesure que les indications de l’instrument deviennent plus élevées. Cette propriété est très utile lorsqu’il s’agit de contrôler la tension d’un circuit d’éclairage, par exemple. L’intervalle entre les divisions de l'échelle augmente alors graduellement de 95 à 110 volts, par exemple.
- A. 1».
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉGENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur la résistance électrique des métaux, par M. H. Le Chatelier ;')•
- J'ai montré dans une communication précédente le parti que l’on peut tirer des déterminations des résistances électriques pour l'étude, aux températures élevées, des’ transformations moléculaires des métaux. Je me propose aujourd’hui d’étendre les applications de cette méthode à une nouvelle série de métaux et alliages.
- Les métaux qui ne présentent aucune transformation moléculaire avant leur fusion possèdent des résistances électriques dont la variation est une fonction linéaire de la température. En voici quelques exemples :
- Résistance, en ohms, de fils de i mm. de diamètre.
- Pt.......................... 0,140 + 0,00032s t
- Pt + 10 pour 100 Rh......... o,335 + 0,000350 t
- Cu........'................. 0,032 + 0,000101 t
- Cu + 10 pour 100 Sn......... 0,150 + 0,000109 *
- Cu + 20 pour 100 Ni......... 0,420 + 0,000110 i
- Ag......................... 0,023 + 0,000105 t
- On remarquera que le cuivre, l’argent et leurs alliages ont un coefficient d’accroissement sensiblement identique et voisin de 0,000 105 ; celui du platine et de ses alliages est trois fois plus grand. D’une façon générale, l’introduction de petites quantités de matières étrangères dans un métal élève sa courbe de résistance en la déplaçant parallèlement à elle-même.
- L’argent a donné lieu à une particularité intéressante. Quand on l’a chauffé dans l’oxygène, sa couibe de résistance est restée parfaitement rectiligne, ses propriétés mécaniques n’ont pas été modifiées et son point de fusion a été trouvé égal à 9450, température pratiquement identique à celle de 9540 donnée par M. Violle. Quand on l’a chauffé, au contraire, dans l’hydrogène, toutes ses propriétés se sont modifiées à partir de 650° ; lu résistance électrique s’est accrue plus rapidement que dans l’oxygène ; le métal, après refroidissement, possédait une fragilité extrême: on ne pouvait plier sans les rompre des fils de 0,25 millimètre de diamètre. Enfin, le point de fusion s’est abaissé à 9150. Le métal prend un aspect
- Fig. 1
- terne qui rappelle celui du palladium obtenu par la décomposition de son hydrure. Ces faits montrent que l’argent absorbe l’hydrogène au rouge. Je me suis assuré que la quantité d’hydrogène absorbée est insuffisante pour former une combinaison définie et que le métal n’en retient pas, après refroidissement, une quantité appréciable.
- Un grand nombre de métaux présentent, comme le fer, des transformations moléculaires brusques, se produisant à des températures bien déterminées. Les résistances électriques éprouvent à ces températures des variations brusques dans leur loi d’accroissement. Mais leur valeur absolue n’éprouve aucun changement en passant par un point de transformation , comme elle le fait aux points de fusion. Les courbes ci-jointes donnent différents exemples de ces phénomènes. Le plus net a été observé avec un alliage de composition Cu = 70, Ni — 18, Fe = 11. Les tempé-
- Comptes rendus, t. CXI, p. 454.
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- JOURNAL UNIVERSEL UÉLEC TRICITÊ
- 3g i
- ratures de transformations moléculaires trouvées ont été, pour les trois métaux suivants :
- Laiton Alliage
- Zn à 38 pour iqo de Zn Cu-Fe-Ni
- 360’ 720" 690*
- J’ai constaté directement sur le laiton que la transformation est accompagnée d’une absorption de chaleur latente considérable.
- Quelques alliages présentent des transformations moléculaires progressives, qui rappellent par leur allure celles que l’on observe dans les équilibres chimiques des solutions salines, dans les solutions de sels de chrome, de chlorure de cuivre, etc. La transformation n’est pas brusque, mais s’effectue, pour la majeure partie, dans un intervalle limité de température. Tel est le cas du bronze d’alüminium légèrement siliceux, dont la transformation se produit entre 550° et 650°. C’est au-dessous de cette dernière température que doit s’effectuer la trempe du métal. Mais c’est surtout
- O 200
- Cu 50............... \ 0,465 0,480
- Ni 24.................... 0,495 0,513
- Z11 25..................) 0,514 0,527
- Çii 66..................\
- Ni 11 ..................! 0,285 0,308
- Z11 22..................)
- Cu 81............... ) u
- Ni 18....:...............I0’485 °’497
- dans le maillechort et les alliages de cuivre-nickel que cette particularité se présente à un haut degré. Lorsqu’on échauffe ces alliages, leur résistance décroît considérablement de 300° à 5000. Pour observer ce phénomène, il est indispensable de prendre un métal recuit et refroidi avec une lenteur extrême. On ne peut éviter la trempe du maillechort d’une façon à peu près complète qu’en mettant plusieurs heures à lui faire franchir l’intervalle de température de 500° à 300°. La présence de petites quantités de matières étrangères semble également s’opposer à la transformation ; son amplitude, en tout cas, varie considérablement d’un échantillon à l’autre et peut même s’annuler complètement, comme dans l’échantillon Cu-Ni 20 0/0, dont la résistance a été indiquée au début de cette note.
- Les chiffres suivants se rapportent à trois échantillons choisis parmi une douzaine qui ont été expérimentés : *
- 3oo 400 5oo 700 900
- 0,505 0,520 0,518 0,530 0,552
- 0,527 0,525 0,518 0,530 o,552
- o,537 0,525 00 0 0,530 0,552
- 0,320 o,330 0,338 o,352 0,390
- 0,500 0,492 0,475 o,473 0,492
- Le premier de ces alliages est celui qui a donné la transformation la plus accentuée. Les trois séries de mesures ont été prises à réchauffement sur des échantillons refroidis avec des vitesses différentes et, par suite, inégalement trempés.
- Ces expériences donnent la raison de ce fait, déjà signalé, que les résistances-étalons en maillechort s’altèrent à la longue; la grandeur de leur résistance s’élève. Cela tient à ce que les fils employés sont toujours partiellement trempés et se recuisent spontanément sous l’influence de faibles variations de température, d’actions mécaniques ou simplement du temps. On observe avec les
- Teneur en nickel
- pour 100 Température o 200
- Montante..... 0,36 0,45
- 5............(Descendante... 0,36 0,54
- Montante..... 0,98 1,15
- Descendante... 0,98 0,81
- Mont, et desc.. 0,59 0,84
- Monti et desc.. 0*46 o>8o
- fils d’acier trempé un recuit spontané analogue, qui se manifeste par une variation de résistance de signe contraire.
- Je donnerai dans un de.rnier tableau les résultats obtenus avec les alliages de fer et de nickel. Certains d’entre eux présentent, à réchauffement et au refroidissement, des résistances différentes, c’est-à-dire que les transformations produites par l’élévation de température ne sont pas immédiatement réversibles; elles ne se produisent au retour que lorsque la température est revenue au voisinage de la température ambiante.
- Points
- de
- 4oo 600 800 1000 transformation
- 0,59 0,90 .,38 1,50 680“ et 830"
- 0,77 ',33 i,45 1,50 _ 600’
- 1,30 1,42 ',5i ',55 néant
- 1,10 1,42 ',5< ',55 550-
- 1,04 1,10 ','3 .,.8 400”
- ','4 1,28 1,32 1,36 460°
- 35...
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 3çj2
- On remarquera que le fer, le nickel et leurs alliages présentent aux températures supérieures à celle de transformation une loi de variation de la résistance électrique qui est analogue à celle du platine et de ses alliages. Aux températures inférieures la loi de variation [est, au contraire, infiniment plus rapide.
- VARIÉTÉS
- Le service téléphonique de New-York, par Herbert Laws Webb.
- 11 y a relativement peu de personnes qui se fassent une idée suffisante de l’amplitude du système téléphonique dans une grande ville comme New-York; il y en a encore moins qui aient eu l'occasion d’apprécier en connaissance de cause les énormes difficultés que les ingénieurs des téléphones ont eu à surmonter pour perfectionner sans cesse leur service au grand profit du public.
- On n’apprendra pas sans surprise à quel degré de perfection le Metropolitan Telephon et la Tele-grapb Company ont porté leurs méthodes et leurs dispositions techniques; quelle profonde différence existe entre l’état réel de la téléphonie à New-York et l’état fâcheux annoncé par certains journaux.
- Au cours des dernières années l’énorme installation de la Compagnie métropolitaine a été graduellement modifiée et complètement transformée; je ne m’avance pas trop en assurant que les bâtiments nouvellement construits renferment tout ce qu’il y a de mieux en fait d’appareils et que l’installation est la perfection même.
- Commençons par le bâtiment de Cortland Street, n° 18, celui qu- l’on désigne familièrement par le nom de Téléphoné headquarter (quartier général du téléphone); nous y trouvons un tableau de commutation switchboard pour 6000 clients. Ce bureau a reçu les abonnés desservis précédemment par les bureaux des rues John, Pearl, Nassau et de la New Street. Tout récemment un des anciens bureaux, celui de Murray Street, a été abandonné; ses abonnés ont été renvoyés à Cortland
- Street ainsi qu’au bureau de SpringStreet et Broadway. Ce service va être réinstallé sur des plans entièrement nouveaux, dans un bâtiment modèle érigé par la Compagnie métropolitaine au coin des rues Spring et Wooster.
- Le bureau de Cortland Street, le plus grand bureau à commutations multiples qu’il y ait au monde, a fonctionné pendant deux ans environ; il a maintenant plus de 3 800 abonnés, et la plupart des lignes sont à circuit complètement métallique.
- Le nombre moyen de communications entre les abonnés effectué à ce bureau est de 48236, et la moyenne pour toute la ville est de 1036215980/0 de ces communications sont effectuées entre 8 heures du matin et 6 heures du soir. 11 y a actuellement, à Cortland Street 128 opératrices; chacune d'elles pourvoit à quatre ou cinq cents appels d’abonnés par journée de dix heures. Le tableau de commutation a très bien fonctionné depuis qu’on l’emploie; quelques petites modifications, en augmenteront encore prochainement l’efficacité.
- La partie la plus intéressante de ce bâtiment pour les lecteurs d’un journal spécial est celle où ne pénètrent que relativement peu de visiteurs. Dans le sous-sol se trouvent les câbles, qui s’en vont suivre des chemins tortueux jusque dans les faubourgs de New-York et qui se relient avec les huit étages du bureau de communications. L’aspect actuel n’est pas propre à faire une impression favorable sur l’homme du métier. D’après le plan primitif, les pôles des câbles devaient être reliés aux tableaux de commutation par l’intermédiaire d’un tableau de distribution qui garnit les murs de la chambre d’opération en arrière de ces tableaux.
- Le tableau de distribution consisie en une série de cadres en bois, placés à des distances cofi-venables pour faciliter le maniement des fils; au dessus de ces cadres sont disposés les parafoudrès et les bobines de résistance. La distribution est effectuée au moyen de conducteurs où des para-foudres se rendent, par ces cadres, à la partie voulue du tableau de commutation; quant à la connexion avec lé système de conducteurs du tableau lui-même, elle se fait au moyen de fils qui courent dans des auges sous le plancher et qui arrivent au dos du tableau.
- Le système souterrain cependant s’est développé si rapidement qu’une grande partie du travail d’in-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRJ.CITÉ
- terconnexion nécessité par de nouveaux câbles souterrains, par les changements d’adresse des abonnés, etc., a dû être faite dans le sous-sol.
- Dans ces derniers temps, on s’est mis sérieusement à étudier comment on pourrait arriver à opérer l’intercommunication sans confusion et sans ennuis pour les personnes intéressées. Les recherches dirigées par des ingénieurs du téléphone ont conduit à l'invention et au développement du système de distribution de Hibbard.
- M. Hibbard a résolu d’une façon très simple les difficultés de l’interconnexion, et son système de distribution est déjà en usage à Philadelphie, à Boston, à Baltimore, à Albany, etc.
- Commençons par donner une idée générale du cadre. Le mot anglais board, qui désigne cet appareil, a pris ici un sens conventionnel. 11 désigne un cadre construit en tuyaux de fonte, comme les tuyaux de gaz, et en tiges de fer longues et étroites. Sur les parties verticales du cadre reposent les bases en caoutchouc vulcanisé auxquelles sont attachés les appareils connecteurs; sur ces mêmes parties verticales reposent également des barres transversales sur lesquelles s’appuient les fils connecteurs qui traversent le cadre d’un côté à l’autre. 11 est évident que si de chaque côté du cadre nous avons un certain nombre de bandes en caoutchouc vulcanisé pourvues de plaques métalliques auxquelles des fils de fer soient constamment reliés, il sera très facile de relier deux fils quelconques aboutissant à un côté du cadre avec deux fils quelconques aboutissant à l’autre côté; il suffira de faire passer deux fils à travers les cadres au milieu du châssis.
- Voici quelle sera la disposition du sous-sol à Cortland Street lorsque le nouveau tableau de distribution sera en place.
- Au-dessus des bouts des câbles en fer qui se trouvent dans le sous-sol et qui constituent les pôles de ces câbles seront placées des bandes de caoutchouc vulcanisé, pourvues du nombre convenable de parafoudres de Hibbard, et les câbles seront reliés d’une façon permanente à ces para-foudres; tous les joints seront soudés. Des câbles courts se rendront des parafoudres aux bandes de connexion sur le tableau de distribution; de cette façon les câbles souterrains s’étendront directement jusqu’à l’un des côtés du tableau de distribution ; les seules pièces intermédiaires de l’appareil sont les parafoudres.
- Gomme on peut facilement faire une interrup-
- tion à ce point en enlevant le plomb fusible, il est facile d’essayer une ligne quelconque, dans n’importe quel sens, lorsqu'on soupçonne un dérangement dans le fil d’un abonné.
- De même on posera des câbles allant du tableau de commutation aux bandes placées de l’autre côté du tableau de distribution. Ces câbles sont soudés directement aux pôles du tableau de commutation placé dans la salle de manipulation, ainsi qu’aux appendices métalliques adaptés aux bandes de caoutchouc vulcanisé du tableau de distribution ; les conducteurs appartenant aux différentes fiches seront disposés dans l’ordre convenable, la fiche n° i étant la première qui soit rattachée à la première bande.
- Cette disposition revient pratiquement à transporter les pôles du tableau de commutation aux pôles d’un côté du tableau de distribution. Les pôles des câbles souterrains et les pôles du tableau de commutation se trouvent donc face à face, ou plutôt dos à dos; ils ne sont séparés que par le cadre en fer. Pour relier deux fils quelconques d’un câble souterrain quelconque à une fiche d’une partie quelconque du tableau de commutation, il suffit de faire passer deux conducteurs à travers le cadre, en faisant à chaque bout les rattachements nécessaires. Ce sera la seule interconnexion existant entre la ligne d’un abonné et la fiche nécessaire pour un changement n’importe où.
- 11 est facile de voir que cette manière d’opérer simplifie notablement les choses et permet de faire un nombre quelconque de changements entre des lignes et leurs fiches avec le minimum de dépense de temps et de travail et le maximum de certitude.
- Le cadre de Cortland Street aura 12 mètres de long, 2 mètres de hauteur et 1 mètre de largeur. 11 aura treize plans séparés sur lesquels passeront les fils d’intercommunication. Tous les fils d’intercommunication seront recouverts de caoutchouc et tressés deux par deux.
- Le cadre peut desservir 154 câbles souterrains, soit 7700 fils doubles. Les conducteurs d’intercommunication ne traverseront jamais le cadre diagonalement, mais, quand il faudra faire communiquer un point situé en haut d’un côté du cadre et un point situé en bas de l’autre côté, on se servira d’une barre de connexion qu’on fait manœuvrer d’une manière convenable et de telle sorte que les ouvertures au front du cadre ne soient jamais obstruées par les conducteurs d’in-
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- tercommunication, dont le nombre maximum dans un plan quelconque sera de 200 paires environ.
- On commencera très prochainement le travail de placement dans le tableau de distribution. On peut, d’après la description qui précède, se faire une idée de l’importance de la tâche entreprise, impliquant la réorganisation entière de tous les rattachements entre les câbles souterrains et le tableau, ainsi que l’établissement de quelques dizaines de mille de nouveaux rattachements.
- Le système souterrain de la Metropolitan Company a pris un merveilleux développement à New-York. 11 y a environ 300 câbles souterrains séparés en fonctionnement entre les différents bureaux. Chacun d’eux contient cinquante paires de conducteurs tressés; cela fait en tout 232 kilomètres de conducteurs.
- Le bureau de Cortland Street est naturellement celui qui a le plus grand nombre de câbles; car sur les 300 il n'y en a pas moins de 140 qui se terminent à ce bureau. Les câbles diffèrent beaucoup de longueur. Quelques-uns n’ont que quelques centaines de pieds; ils se rendent aux bâtiments de Cortland Street ou du voisinage; ils aboutissent aux toits et s’étendent jusqu’aux bureaux des abonnés au moyen de fils aériens. 11 y a nombre de câbles dont la longueur dépasse un kilomètre et demi ; le plus long est celui qui se termine à un poteau de la 590 rue et 10e avenue ; il mesure 8721 mètres.
- Tous les câbles employés satisfont à une série de conditions électriques et mécaniques; chaque câble est essayé en ce qui concerne son isolement, la résistance du conducteur et sa capacité inductive, avant d’être accepté par la compagnie et mis en service. On conserve les résultats détaillés de tous ces essais, de sorte que l’on peut être renseigné sur l’existence de chaque câble depuis le moment où il a été mis en place. 11 y a dans le bureau de Cortland Street une salle d’essais où se trouvent les instruments de mesure les plus modernes.
- Des conducteurs partant de cette salle vont rejoindre la tête des câbles.
- A part Cortland Street, la Compagnie, lorsqu’elle a voulu perfectionner son installation pour se tenir au niveau des progrès réalisés dans l’art de l’ingénieur téléphoniste, a procédé d’une façon très expéditive ; elle a complètement abandonné ses anciens bâtiments et a amené les con-
- ducteurs dans les nouveaux bâtiments, qu’on peut appeler des établissements modèles au point de vue de la téléphonie.
- Inutile de dire que toutes les nouvelles installations ne fonctionnent qu’avec des circuits entièrement métalliques. Bientôt New-York sera doté d’un ensemble de bureaux pourvus de tout ce que le talent des ingénieurs a pu inventer et réaliser pour établir dans cette grande ville un service efficace de communication téléphonique.
- Dans les nouveaux bureaux que l’on vient d’installer ou que l’on esten train d’installer, on trouve des méthodes plus progressives, des appareils plus perfectionnés que dans bien d’autres établissements techniques. Qu’on se représente le prix d’un bâtiment téléphonique à huit étages et d’un tableau de commutation multiple pour 3 ôooabon-nés, le prix du tableau de distribution, des moteurs, des générateurs et des piles, le prix des milliers de fils qu’il y a à l’intérieur du bâtiment et des milliers de câbles souterrains; qu’on évalue les frais d’entretien ; qu’on évalue les appointements d’un personnel qui remplirait un théâtre de grandes dimensions: alors on verra combien de dépenses incombent aux compagnies de téléphone et on reconnaîtra que si elles réalisent des bénéfices, ce n’est pas sans exposer des capitaux considérables.
- C. B.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité élémentaire d’électricité pratique, par M. R. Boulvin.
- — A. Manceaux, éditeur, Bruxelles.
- Nous sommes un peu en retard pour rendre compte de ce volume paru il y a quelques mois; cela tient à des circonstances prépondérantes dont auteur et éditeur voudront bien nous accorder le bénéfice.
- 11 est pourtant intéressant, ce livre.
- L’auteur, professeur d’électrotechnique à l’école industrielle de Bruxelles, s’est appliqué à réunir dans les pages d’un traité méthodique les développements qu’il a cru devoir donner à son cours. S’adressant à une catégorie particulière d’auditeurs et de lecteurs, qu’une gymnastique mathématique trop échevelée effraye et rebute dès le
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLEGTRICITE ,395
- débutj il a'dégagé son œuvre des formules encombrantes pour s’attacher principalement à des démonstrations claires, facilement saisissables et laissant dans la mémoire une efficace empreinte.
- Combien d’électriciens il y a encore, parmi le grand nombre de ceux que l’industrie électrique emploie, à qui font défaut les notions simples, précises des lois qui régissent les phénomènes s’accomplissant sous leurs yeux. Si oh se trouve simplement en présence de certains cas d’ignorance, le remède s’administre facilement; mais souvent ce manque desavoir est doublé de préjugés, d’idées fausses dont il devient malaisé de se débarrasser. Pour frayer une voie aux connais-, sances plus exactes, il faut fréquemment avoir: recours à la comparaison des phénomènes d’une autre espèce. C’est ce que n’a pas manqué de faire l'auteur du petit traité que nous allons examiner brièvement.
- Le premier et le second chapitre traitent des propriétés des corps électrisés et de la distribution de l’électricité à la surface des conducteurs. Le chapitre lll expose ies,notions de potentiel, de force électromotrice et de capacité qui sont utilisées dans les trois chapitres suivants à l’examen des phénomènes d’électrisation par influence, à l’étude des machines productrices d’électricité à haute tension et de leurs effets.
- L’étude du magnétisme est, à notre sens, un peu écourtée. C’est un objet assez important pour exiger certains développements se rapportant notamment aux filets et feuillets magnétiques, à l’énergie magnétique d’un feuillet et d’un champ, et à l’énergie relative de deux feuillets. La théorie de Hughes sur la constitution des aimants est inscrite dans ce chapitre.
- Le suivant examine les propriétés des courants, indépendamment des causes qui les produisent; en d’autres termes, on y considère ce qui se passe dans un conducteur lorsque ses extrémités sont maintenues à des potentiels différents. Vient ensuite le chapitre ayant trait à l’électromagnétisme suivi de celui traitant des unités pratiques employées en électricité.
- Les piles hydro et thermo-électriques font l’objet du chapitre XI. Les principaux types de générateurs y sont passés en revue. L’auteur y expose les conditions de maximum de rendement et le procédé général de détermination de la consommation des constituants dans une pile.
- Quatre chapitres consécutifs sont consacrés aux
- propriétés des • galvanomètres, à la mesure des intensités des courants, à celle de la résistance des milieux qu’ils traversent et enfin à celles de leurs forces électromotrices. Diverses méthodes y sont indiquées. Le chapitre XV vise plus spécialement les mesures à faire dans un laboratoire industriel.
- Nous adresserons au chapitre de l’induction le reproche que nous faisions à celui du magnétisme, dont l’étendue n’est pas en rapport avec la haute importanc.edu sujet. 11 nous semble que quelques applications des lois de l’induction n’y auraient pas été déplacées. Sans aucun doute, cette lacune sera comblée dans une édition ultérieure.
- Les machines dynamo-électriques a courant continu et à courants alternatifs sont étudiées dans les chapitres XV11I et XIX.
- Les différents modes d'utilisation dès courants à l’éclairage électrique sont expliqués au cours du chapitre XX, qui renferme aussi les types principaux des lampes à arc.
- Sont réunies dans un même chapitre, les études sur l’électrochimie, la galvanoplastie, les accumulateurs avec leur capacité et leur rendement.
- Quant aux moteurs électriques, l’auteur s’est borné aux seuls moteurs à courant continu. 11 existe cependant aussi des moteurs à courants alternatifs qu’on range, d’après leur constitution, en trois catégories distinctes : les moteurs à flux inducteur constant, les moteurs à flux inducteur périodique et les moteurs à flux inducteur tournant.
- Ces trois genres d’appareils sont extrêmement dignes d’intérêt, surtout en présence de l’accroissement progressif des distributions d’énergie dues aux courants alternatifs. Bien que l'étude de ces moteurs soit encore complexe, si le nombre des applications à l’industrie est pour ainsi dire nul, ils doivent toutefois solliciter l’attention et les recherches.
- Les deux derniers chapitres de l'ouvrage sont dévolus l’un au transport et à la distribution de l’énergie électrique, au cours duquel défilent les divers modes de distribution, soit directe, soit indirecte à l’aide des transformateurs et des accumulateurs; l’autre à la télégraphie et à la téléphonie.
- L’impression qui nous reste, après ce voyage rapide à travers les 400 pages de~ce volume, est excellente. Sous son allure et son format modestes il contient de très judicieuses explications qu’on ne
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- rencontre pas dans bon nombre de gros volumes fort ornés d’images dont la librairie nous inonde. 11 n’est pas exempt de légers reproches de détail ; à ceux que nous avons déjà faits nous en ajouterons un relatif aux figures intercalées dans le texte. Elles gagneraient en clarté, la lecture du schéma serait singulièrementfacilitée si elles étaient effectuées à une échelle un peu plusgrande et surtout si les lettres appelées dans le texte s’y trouvaient dans leur intégralité. Terminons par un sincère éloge adressé à l’ensemble d’un ouvrage qui rendra des services précieux aux personnes qui le consulteront.
- E. Dieudonné.
- Impianti di illuminazione elettrica, par M. E. Piazzoli.
- Milan, 1891.
- , Ce petit manuel, destiné aux personnes chargées des installations électriques, nous paraît très bien conçu. Une énumération rapide des chapitres fera juger du plan de l’ouvrage.
- Dans le chapitre 1, l’introduction, nous trouvons un court résumé des principales définitions et des lois fondamentales qui régissent l’électricité. Quelques tables renferment les données principales relatives aux résistances, etc.
- La machine dynamo-électrique est traitée dans les chapitres II, III et IV. Le premier renferme à peu de choses près l’exposé classique qu’on trouve dans la plupart des traités modernes. Puis on s’occupe de l’installation de la dynamo, de la transmission, de la mise en marche, du réglage des balais, de la vérification des circuits, et des défauts qui peuvent se produire. On décrit enfin les différentes manières d’accoupler les dynamos, en série et en dérivation, enfin les différentes particularités qui peuvent se produire dans chaque cas.
- Pour ce qui concerne les machines à courants alternatifs on trouve décrite la manière de les accoupler en quantité, sujet encore peu familier aux électriciens. A la fin de ces chapitres l’auteur donne plusieurs tableaux renfermant les données principales relatives aux machines Thomson-Houston, Edison, Thury, Gramme, Crompton, Siemens et Ganz.
- Dans le chapitre V, relatif aux piles et aux accumulateurs, l’auteur produit d’abord un tableau des constantes des piles. Nous regrettons de ne pas trouver dans ce tableau quelques données sur
- l'énergie que ces piles peuvent fournir ou sur la polarisation en circuit fermé; on a cependant actuellement des données positives sur la plupart de ces piles. On trouve ensuite quelques renseignements sur les piles secondaires, des tableaux relatifs aux accumulateurs E. P. S., les dispositions des circuits et leur installation.
- Le chapitre VI renferme la description des lampes à arc et à incandescence: l’auteur se borne à décrire le principe de ces lampes sans entrer dans les innombrables détails de leur exécution; des tableaux renfermant la plupart des données dont on peut avoir besoin sont joints au texte, dont une partie est consacrée aux modes de montage.
- Les conducteurs sont traités dans le chapitre suivant; après quelques tableaux numériques, l’auteur s’occupe successivement des conducteurs aériens, des conducteurs souterrains et des canalisations à établir à l’intérieur des maisons.
- Dans le chapitre VIII, « Appareils auxiliaires », on trouve d’abord la description des plombs de sûreté employés dans l’éclairage, puis des paratonnerres, des commutateurs, etc.
- En dernier lieu vient un chapitre consacré au calcul des conducteurs et aux systèmes de distribution. Cette partie de l’ouvrage est assez développée ; on y rencontre deux diagrammes donnant à l’échelle, le premier la relation entre l’intensité du courant, la perte kilométrique en volts et le diamètre des conducteurs, et le second des prix relatifs des conducteurs correspondant à différentes distances avec des tensions et des systèmes différents. On a réuni dans ce même chapitre des renseignements relatifs à la distribution par transformateurs pour courants alternatifs, par courants continus et par accumulateurs.
- Un index alphabétique à la fin de l’ouvrage facilite les recherches.
- En somme, le plan de l’ouvrage nous paraît bien conçu, l’exécution ne laisse rien à désirer, et l’auteur possède bien les différentes parties qu’il a traitées, ce qui est l’essentiel dans un manuel de ce genre. S’il existe quelques lacunes, elles seront faciles à combler dans une nouvelle édition; un lecteur attentif le fera d’ailleurs de lui-même.
- Nous résumerons d’un mot notre opinion sur cet ouvrage : on en appréciera d'autant plus la valeur qu’on s’en servira davantage.
- P. L.
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- FAITS DIVERS
- Les cours suivants ont lieu, pendant la saison d’hiver, à la section pour les électriciens de l’Association philotechnique, sous la direction de M. Zetter.
- Dessin linéaire, le lundi, de 8 heures 1/2 à 10 heures, par M. Albert Leroy.
- Eclairage électrique, le mardi, de 8 à 9 heures, par M. A. Larnaude.
- Technologie (2” partie), le mardi, de 9 à 10 heures, par M. Lebeau.
- Télégraphie et téléphonie, le mercredi, de 9 à 10 heures, par M. L. Naud.
- Physique (2’ année), le jeudi, de 8 à 9 heures, par M. Georges Margaine.
- Chimie, le jeudi, de 9 à 10 heures, par M. Bullier.
- Mécanique, le vendredi, dé 8 à 9 heures, par M. Léonce Dariac.
- Electricité et magnétisme appliqués aux machines, le vendredi, de 9 à 10 heures, par M. Ch.- Reignier.
- Mathématiques, le samedi, de 8 à 9 heures, par M. Bary.
- Electricité, le samedi, de 9 à 10 heures, par M. Bergé.
- Ces cours, qui sont gratuits, se font à l’Ecole de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris, 4.!, rue Lho-mond. Ils sont accompagnés d’expériences et de projections.
- C’est probablement en 1839 qu’a eu lieu l’inauguration de la première locomotive électrique. Cet appareil a fonctionné .pour la première fois sur un rail circulaire dans l’intérieur d’Egyptiaq-HalI, à Londres. L’inventeur, qui se nommait Davidson, s’intitulait membre de la Société des arts d’Ecosse.
- Cette machine faisait partie d’une exhibition de toutes les curiosités électriques du temps, à laquelle on était admis moyennant le paiement de la somme modique de 1 fr. 25. Ce n’était pas, comme on pourrait le croire, un simple jouet mais un objet massif pesant 5000 kilogrammes. Elle emportait 40 grands éléments d’une pile constante.
- Cette locomotive traînait* un wagon de la taille de ceux que l'on employait alors sur les voies ferrées, et renfermait plusieurs caisses dans lesquelles des voyageurs pouvaient prendre place. Le mécanisme était un simple va et vient, du système Page. 11 était tout à fait différent, autant qu’on en peut juger par la vignette du prospectus, de celui qu’employa Jacobi l’année suivante, lorsqu’il inaugura sur la Néva la navigation électrique.
- Le comte Poullot a failli être victime d’une explosion qu’il a provoquée en approchant une allumette enflammée d'un accumulateur en service à bord de son yacht. Cet accident ne paraît pas indiquer que ce membre de l’aristocratie britannique soit un aussi bon électricien que lord Rayleigh. Il vient en outre de donner au Daily Telegraph l’occasion de
- montrer que les notions les plus élémentaires de physique sont bien peu répandues dans la grande presse anglaise.
- En effet, ce journal a publié un article dans lequel on exprime la plus vive surprise en enregistrant un fait pourtant des plus simples et des plus regrettables. L’hydrogène qui s’échappe ainsi est autant de perdu pour l’accumulateur.
- L’élévation du prix du platine est une des plaies de l’électricité contemporaine. Aussi enregistrons-nous avec empressement une nouvelle donnée par le Ballarat Courier. Cette feuille d’Australie nous apprend que des échantillons de minerai recueillis dans la chaîne des monts Otunz donnent 62 kilogrammes par tonne de platine pur, et que ce minerai est en abondance dans le district où régnerait la plus vive effervescence.
- Espérons que cette nouvelle recevra bientôt sa confirmation par... une diminution dans le prix dû platine.
- On nous apprend que le conducteur du tramway électrique de Florence-Fiesole qui a oublié de faire agir l’électricité sur le frein et occasionné la mort de tant de personnes était un pauvre diable de manoeuvre à qui l’on donnait 2 francs par jour, et dont les fonctions duraient depuis 6 heures du matin jusqu’à 10 heures du soir.
- Les autorités judiciaires ont mis le coupable en état d’arrestation, mais devrait-on laisser en liberté les administrateurs qui confient la vie des voyageurs à des agents si misérablement payés, et offrant par conséquent si peu de garantie de capacité et d’intelligence ?
- Nous trouvons dans V Elektrotechnische Zeitschrift l’indication d’un procédé électrolytique pour séparer l’arsenic du cuivre. Si l’on fait passer le courant fourni par 4 à 6 éléments Meidinger à travers une solution d'un arséniate rendue alcaline au moyen d’ammoniaque, il ne se produit ni séparation de l’arsenic ni réduction de l’acide arsenique; tandis qu’avec une dissolution d’un sel de cuivre traitée de la même façon il y a séparation complète du cuivre. C’est cette différence d’action qui est utilisée. Les expériences ont porté sur des solutions dosées d’avance, et après 24 heures on a pu constater par une pesée que tout le cuivre était bien déposé.
- M. Planté avait employé ses batteries secondaires pour reproduire en petit le phénomène de la foudre globulaire. M. von Lepel vient de démontrer qu’on peut l’obtenir aussi au moyen de l’électricité statique donnée par une machine d’influence.
- Deux fils de cuivre minces, partant des pôles d’une puissante machine, étant maintenus à une certaine, distance des faces opposées d’une plaque de mica, d’ébonite ou de verre, on voit apparaître de petites boules lumineuses rouges qui se meuvent çà et là, tantôt lentement, tantôt rapidement, restant immobiles quelquefois. Les effets les plus remar-
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- quables sont obtenus avec une plaque de verre ou un disque de papier, frottés de paraffine.
- M. von Lepel croit que ce sont de petites particules liquides ou des poussières qui sont les véhicules du phénomène lumineux. Un léger courant d’air suffit à faire disparaître les sphérules, qui s’évanouissent en laissant entendre un léger sifflement; l’expérimentateur fait, en outre, remarquer que ce sont là des phénomènes de faible tension; quand on augmente celle-ci, on n’obtient plus de boules lumineuses, mai? la décharge habituelle en étincelle.
- On voit de temps en temps se produire dans des journaux dits scientifiques des annonces analogues à celle qui a couru dans toute la presse politique à propos de la découverte d’un physicien de Genève ayant trouvé le moyen d’alimenter 500 incandescences avec un cheval-vapeur.
- Voici ce qu’on lit dans le National Scientist de Londres :
- « L’appareil se compose d’une sphère en cuivre de 40 centimètres de diamètre, installée dans une sphère en zinc ayant 59 centimètres de diamètre. Les deux sphères tournent ensemble, mais en sens contraire, à une vitesse de 500 tours par minute.
- « Dans ces conditions, il ne se produit aucun phénomène électrique appréciable; mais, dès que l’on introduit dans le vide existant entre les deux sphères de la vapeur d’eau à la tension de 6 atmosphères, il se forme un courant électrique d’une puissance prodigieuse et dont l’intensité augmente proportionnellement à la vitesse de la rotation et à la pression de là vapeur.
- « Les essais faits en ce moment causent, paraît-il, dans le monde scientifique, une véritable stupéfaction. »
- De cette stupéfaction profonde nous n’avons point été assez heureux pour trouver la moindre trace dans aucune feuille sérieuse d’outre-Manche.
- On sait que Chicago est coupé dans toute son étendue par un système de canaux mettant en communication le lac Michigan avec le Mississipi. C’est ce qui fait que dans le centre des affaires on ne compte pas moins de seize ponts tournants, manœuvré* par des moteurs à vapeur. Ces machines, encombrantes et coûteuses, parce qu’il faut toujours les conserver sous pression, seront remplacées par des dynamos mises en action par un courant produit par les stations de lumière. Cette transformation si désirable sera accompagnée d’üné extension de l’éclairage électrique qui, par mesure générale, est adopté indistinctement pour tous les ponts.
- On entendra longtemps parler de l’Exposition d’Edimbourg dans les cours de justice. Les entrepreneurs qui ont construit l’édifice, auxquels on doit encore une somme de 225000 francs, ont demandé la nomination d’un liquidateur judiciaire. Le fonds de garantie, qui s’élève à 650000 lrancs, a été hypothéqué à une banque pour l’avance d’une somme de 500000 francs. Le montant des dettes est estimé à
- 4075000 francs, indépendamment de ces avances. En dehois du fonds de garantie, qui est presqu’entièrement absorbé, la compagnie ne possède qu’un édifice destiné à être démoli, et dont les matériaux ne sautaient offrir une grande valeur.
- Pendant qu'on procédait à l’inauguration du chemin de fer électrique souterrain de Londres, on mettait la dernière main à la construction d’une voie, qui n’est pas beaucoup moins remarquable; nous voulons parler du nouveau tunnel construit sous la Mersey. Sa longueur sera d’un peu moins de 2 kilomètres, sa largeur de 5,72 mètres, et sa pente de 1/40. Il sera éclairé électriquement et, pour augmenter économiquement l’éclat de la lumière, revêtu de briques d’émail de couleur blanche.
- Comme il destiné au passage des voitures, la traction électrique n’y sera point organisée. On y a établi à chaque extrémité deux monte-charges pour les voitures et un ascenseur pour les piétons.
- M. Charles R. Cross, professeur à l’Académie américaine des arts, est parvenu à mesurer avec un microscope d’un pouvoir grossissant de 940 diamètres la longueur absolue dés plaques d’un microphone transmettant un son. Les plus grandes excursions compatibles avec une émission convenable ont été de 000,004" de millimètre. L’auteur à publié lé détail de sa méthode opératoire.
- Un reporter s’est présenté dernièrement chez M. Daudet et lui a demandé ce qu’il pensait des mérites respectifs de la . crémation et de l’enterrement. « Je trouve tous deux également désagréables », a répondu spirituellement notre confrère. Nous doutons qu’il soit en réalité bien nécessaire de l’interroger pour connaître son opinion sur la galvanisation cadavérique, procédé d’embaumement imaginé, comme nous . l’avons rapporté, par un inventeur macabre.
- Lés préparatifs de l’Exposition de Francfort continuent sur une grande échelle. MM. Siemens et Halske sont en train de construire une dynamo à courants alternatifs employant une force motrice de 400 chevaux-vapeur. On construit égale- • ment des transformateurs de toutes espèces, parmi lesquels figure un appareil donnant une tension de 4000O volts, dont on se servira pour l’épreuve de l’isolement des câbles desti nés à la télégraphie sous-marine.
- Dans la dernière semaine d’octobre, il s’est produit à Newcastle un incident singulier. Le couvefde d’une boîte en fonte destiné à la manœuvre d’un conducteur d’électricité a fait explosion dans une des rues. Plusieurs passants ont été précipités à terre, mais heureusement sans recevoir aucune blessure sérieuse. Us en ont été quittes pour la peurj et pour quelques contusions sans importance. Lés ennemis de l’éléc-
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- tricité s’appiêtaient à demander au conseil municipal des mesures restrictives lorsqu’on s’aperçut que c’était le gaz qui était la seule cause de l’accident.
- Les conduites voisines étaient en mauvais état et laissaient filtrer dans le sol de l’hydrogène carboné, qui avait trouvé sa route vers la boîte, et en avait échauffé l’air. Dans ce cas
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- l’électricité avait joué un rôle utile en avertissant de ce qui se passait, et en écartant par conséquent de plus grands malheurs.
- Le Collège municipal de Finsbury a décidé que M. Thomas Bolas ferait une série de conférences sur le caoutchouc et la gutta-percha. Le conférencier étudiera ces substances au point de vue de leur histoire naturelle, leurs propriétés physiques, les moyens d’en reconnaître les falsifications, et les manipulations auxquelles on doit les soumettre dans les divers emplois industriels auxquels elles sont destinées.
- Les lectures auront lieu tous les huit jours, depuis le mercredi 12 novembre jusqu’à la fin de l’année. On pourra se procurer au Collège de Finsbury un résumé des conférences.
- La Convention des tramways électriques a tenu sa session de i89oà Buffalo. Les débats se sont terminés par une excursion aux travaux du tunnel du Niagara. Il y a eu à cette occasion une Exposition des différents objets relatifs à cette industrie, si énergique aux Etats-Unis et si languissante en France. Nous ne pouvons entreprendre la description complète de cette accumulation de produits curieux ; nous nous contenterons d’en signaler quelques-uns.
- On remarquait une carte géante des Etats-Unis, sur laquelle on avait marqué par des traits énormes le parcours des 120 lignes électriques actuellement, construites et fonctionnant d’après le système Edison. Un wagon-salon électrique ornementé par la maison Pullman excitait d’autant plus l'attention qu’il symbolisait la fusion récente qui vient de s’accomplir entre cette immense entreprise.et la maison Westinghouse. II portait un frein à air comprimé de ce système et deux moteurs électriques sortis des ateliers de Pittsburg.
- La Compagnie Thomson-Houston exposait pour la première fois ses balais et ses charrues à neige, dont l’expérience sera un des événements du prochain hiver.
- La Compagnie new-yorkaise de l’isolement et dès conduits souterrains exposait des tubes en papier imprégné d’une épaisse couche de goudron, construits pour porter l’électricité le long du réseau de la Compagnie de Minnéapo-lis, dont le développement est de 240 kilomètres, comme nous l’avons indiqué.
- Parmi les spécialités intéressantes nous citerons :
- I* Un curseur léger en bronze d’aluminium, pour communiquer le courant des conducteurs aériens aux locomoteurs électriques. Cet appareil est présenté par une compagnie électrique de Bridgeport (Connecticut) ;
- 2” Un système imaginé par M. Hanna, de Minneapolis, pour chauffer électriquement les wagons;
- y Des fanaux électriques d’une forme particulière, pour lo-
- comotives, présentés par une compagnie de Syracuse (Etat de New-York);
- 4' Des supports élégants et solides pour lignes aériennes, par M. Samuel Sarrel, qui n’a pas besoin d’être prophète dans son pays, car on vient dé lui commander d’un seul coup 6000 de ces appareils.
- On s'est beaucoup plaint à Birmingham de petites irrégularités survenues dans le service d’un tramway dont nous avons mentionné l’inauguration. Il paraît que ces regrettables incidents doivent êtie attribués à une cause que l’on avait regardée comme insignifiante. La ligne ayant été placée dans ' une rue pavée en bois, l’excessive humidité de la saison a produit un changement appréciable dans la largeur de la voie, et amené des frottements de la jante des roues sur les rails. On compte remédier à cet inconvénient inattendu en augmentant la production d’énergie électrique.
- L'Electrical Engineer nous apprend que le procédé électrique de M. Wilhelm Schœneis, pour obtenir du cobalt et du nickel chimiquement pur, est employé avec succès dans les montagnes du Hertz, aux forges de Silberhoffnung, à Beierfeld. Il en tire la conclusion que le prix de l’oxyde de cobalt ne va point tarder à subir une réduction sensible.
- Éclairage Électrique
- On n’imitera point à Chicago ce qui s’est fait au Champ-de-Mars, où l’électricité avait dispersé ses merveilles dans une multitude d’endroits différents. Comme nous l’avons prévu, on réunira toutes les expositions électriques dans un bâtiment unique, placé au milieu du parc du front du lac. On 11’a encore rien ariêté ni sur les dimensions ni sur l’architecture de ce palais, mais il est déjà certain qu’on fera de grands efforts pour le rendre lé clou principal de la Foire du Monde. La proposition acceptée avec enthousiasme est due à M. H. de Young, un des représentants de la Californie.
- On nous communique des détails sur l’éclairage que l’on établit en ce moment au palais impérial de Vienne. Il sera réellement digne d’un grand monarque, car il se composera de 8000 incandescences de iô bougies. Les installations, fort luxueuses, seront faites par la maison Egger. Le courant sera fourni par la station de la Société internationale.
- On nous apprend que l’éclairage du palais royal de Pesth subira une transformation analogue. Evidemment les Hongrois auraient quelque droit de croire qu’on manque d'égards pour la couronne de saint Etienne si on laissait le gaz éclairer les salons de cette résidence.
- Si l’on en croit VE/ectrical Engincdr, les compagnies écossaises ont adopté une politique toute différente de celle de la Compagnie parisienne; elles ont fait subir à leur hydro-
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- gène carboné une augmentation. Celle d'Aberdeen demande 11) de centime de plus par mètre cube, celle de Dundee 2/} de centime, et celle d’Edimbourg 1 centime.
- Quoique légère, cette augmentation ne sera point acceptée sans résistance. Déjà on parle à Aberdeen de prendre des mesures pour l’adoption immédiate de l’électricité.
- A Londres, les autorités municipales se font remarquer par leur zèle en faveur du progrès de la lumière électrique. Le bureau des travaux du Strand a admis en principe une proposition demandant la construction d’un tunnel spécial pour renfermer les conduites d’eau et de gaz, ainsi que les fils électriques. On va soumettre à tous les bureaux particuliers de chaque paroisse un projet de pétition au Conseil général du comté de Londres afin que celui-ci en provoque l’adoption par le Parlement.
- On a inauguré l’éclairage électrique dans le nouvel hôpital qui vient d’être construit à Berlin. C’est le premier hôpital éclairé par l’électricité. Pour assurer un éclairage constant à l’abri des accidents, on a établi une double canalisation.
- A Stockholm, la compagnie du gaz n’a pas commis la faute de chercher à étouffer le développement de la lumière électrique. Elle a demandé et obtenu l’autorisation de construire une station centrale, qui coûtera environ trois millions.
- L'Electn'cal Engineer prétend savoir que le sénat de Hambourg a été consulté sur l’opportunité d’introduire le système Popp dans la ville, et que l’avis de la commission n’est point favorable.
- On annonce l’inauguration immédiate de l’éclairage électrique établi à Brighton par le conseil municipal. Ce progrès a été le signal de violentes polémiques dans la presse locale. Il faut espérer que l’éclat des rayons sera suffisant pour mettre un terme à toutes ces colères.
- Un rapport signé par Sir William Thomson et lord Rayleigh justifie complètement la lumière électrique du reproche qu’on avait imaginé de lui adresser de ne point porter aussi loin que le gaz en temps de brume. Il est vrai que les rayons de haute réfringence, dont l’abondance est extrême dans la lumière électrique, sont arrêtés beaucoup plus rapidement que ceux produits par le gaz. Mais malgré la perte considérable qu’elle éprouve dans les premiers moments, il lui reste une partie pénétrante qui possède une intensité bien
- supérieure à tout l’ensemble du rayonnement du gaz, de sorte que, somme toute, elle est visible à une distance beaucoup plus considérable.
- Télégraphie et Téléphonie
- On sait qu’un régiment de la garde de la reine d’Angleterre ayant donné des marques d’insubordination a été envoyé en garnison aux Bermudes. Cet exil a été l’occasion d’un nouveau pas dans l’extension du réseau télégraphique universel. La Compagnie India Rubber a reçu l’ordre d’établir un câble reliant la ville de Nassau à la ligne de Baha-ma, récemment établie pour l’extension des prévisions météorologiques.
- La dépense, qu’on n’aurait pas faite de longtemps sans cette circonstance, s’élève à 625000 francs. Le télégraphe doit être en fonction au printemps prochain. Le prix du mot sera de 2 fr. 50 pour l’Angleterre et de 62 cents 1/2 pour les Etats-Unis.
- En Suède, le service des téléphones est indépendant de l’Administration centrale des postes et télégraphes; il a pris dernièrement une extension assez importante en se rendant acquéreur de réseaux exploités par des compagnies particulières; l’une d’elles, la Elkistuna Téléphoné Company, comptait 150 abonnés. Elle a cédé son matériel et ses droits pour une somme de 23500 kreutzers, augmentée de 60 kreutzers par poste d’abonné.
- On pose en ce moment dans les rues de Berlin des tuyaux en fonte destinés à recevoir les fils souterrains téléphoniques. Le réseau en cours comportera 41200 mètres de tuyaux d’un diamètre variant de 0,20 à 0,40 suivant le nombre de câbles à y placer, 20 à 90. Aux points de croisement de rues à grande circulation sont placées des caisses en fonte avec galeries maçonnées. Les câbles sont armés et contiennent chacun 28 conducteurs en cuivre, isolés avec de la filasse de coton préparée d’une façon paiticulière et protégés contre les effets réciproques d’induction par des bandes, d’étain. 400 chambres maçonnées ont été établies pour permettre la pose des câbles et leur vérification ultérieure.
- Les dépenses pour le réseau téléphonique souterrain ainsi constitué sont évaluées à 1863000 marks (2328750 francs), dont 1254000 (1567500 francs) pour la fourniture et la pose des tuyaux en fonte, et le reste pour la fourniture et la pose des câbles.
- Imprimeur-Gérant : V. Nory
- Imprimerie de La Lumière Électrique — Paris | 31, boulevard des Italiens,
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNÉLIUS HERZ
- XII» ANNÉE (TOME XXXVIII) SAMEOI 29 NOVEMBRE 1890
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- SOMMAIRE. — Préparation électrique du fluor; Henri Moissan. —Sut l’exploitation de la guttâ-percha; Sérullas. — Chemins de fer et tramways électriques; Gustave Richard 1 — Etude comparée sur la (faction électrique et sur la traction animale des tramcars; Paul Gadot. — Histoire des batteries secondaires; Ë. Andreoli. — Chronique et revue de la presse indus^ trielle : Parachute pour fils suspendus de Gould et Gottschalk. — Appareil enregistreur de Clark pour le trafic des lignes téléphoniques interurbaines. — Nouvelle dynamo à disque. — Rapport présenté par M. G. Sciama au nom de la commission des douanes de la chambre syndicale des industries électriques. — Accumulateur multitubulaire Tommasi. — Emploi d’accumulateurs pour la galvanoplastie. — Revue des travaux récents en électricité : Société française de physique, réunion du vendredi 21 novembre 1890. — Sur un nouveau galvanomètre pouvant servir d’ampèremètre ou de voltmètre, par M. Hulin. — Variétés : La fabrication du fil isolé à la kérite. — Faits divers.
- PRÉPARATION ÉLECTROLYTIQUE
- DU FLUOR
- On savait depuis longtemps que l’acide fluor-hydrique anhydre ainsi que les corps de composition analogue ne conduisaient pas le courant électrique. Les recherches d’Humphry Davy, de Faradey et celles de M. Fremy l’avaient établi d’une façon certaine.
- Nous avons démontré il y a plusieurs années que l’acide fluorhydrique bien exempt d’eau dissolvait avec facilité le fluorure de potassium. Le liquide ainsi obtenu était bon conducteur de l’électricité. L’électrolyse devenait donc possible : c’est en employant cette méthode que nous avons pu, après de longs tâtonnements, isoler le radical des fluorures.
- On sait, en effet, qu’en faisant passer un courant électrique dans un mélange d’acide fluorhydrique et de fluorure alcalin, on obtient au pôle positif le gaz fluor et au pôle négatif un dégagement d’hydrogène.
- Dans nos nouvelles recherches, ayant eu besoin d’un dégagement assez considérable de fluor, nous avons donné à notre appareil des dimensions assez grandes. Le tube en U en pla-
- tine dans lequel se produit l’électrolyse a une capacité de 160 centimètres cubes, et il peut contenir pendant la préparation environ ioo centimètres cubes d’acide fluorhydrique. La disposition des bouchons indiquée par la figure i restait la même que dans l’appareil employé dans nos précédentes recherches. Les électrodes étaient en platine pur, ce métal ne s’attaquant pas beaucoup plus vite que l’alliage platine et iridium. L’extrémité de chaque tige était renforcée pour résister plus longtemps à l’usure.
- Il était indispensable dans ces nouvelles expériences d’obtenir du fluor absolument pur, c’est-* à-dire bien débarrassé des vapeurs d’acide fluorhydrique qu’il entraîne au moment desaformation, Pour obtenir ce résultat, nous avons disposé à la suite de l’appareil à électrolyse un petit serpentin de platine (fig. 2), servant de condensateur et maintenu dans du chlorure de méthyle à aussi basse température que possible, environ — 50°. Comme l’acide fluorhydrique bout à I9°,5, la presque totalité de ce composé sera retenue à l’état liquide au fond du serpentin; le gaz fluor n’entraînera que la faiblequantité d’acide correspondant à la tension de vapeurs de l’acide fluorhydrique à — 5o° ; c’est-à-dire à une température inférieure de 70° à son point d’ébullition. A lasuitedece petit serpentin, oh plaçait deux tubes de platine remplis de fragments
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- de fluorure de sodium fondu, sel qui n’attire pas l’humidité et qui doit être préféré au fluorure de potassium. Ce composé s’empare de l'acide fluor-
- Fig. i. — Préparation du fluor. Coupe de l’appareil.
- hydrique à la température ordinaire avec une grande énergie en formant un fluorhydrate de fluorure.
- Les différentes parties de l’appareil sont réunies entre elles au moyen d’écrous et de vis de serrage éntre lesquelles sont écrasées des rondelles de plomb. Aussitôt que le fluor est au contact de ce métal, l’attaque se produit à froid et le plomb ne tarde pas à se recouvrir d’une couche blanche de fluorure de plomb. L’aspect de ce fluorure de plomb rappelle celui de la céruse préparée par le procédé hollandais. Et comme la rondelle augmente beaucoup de volume en se transformant en fluorure on arrive facilement, surtout pour les tubes de petit diamètre, à avoir une fermeture hermétique.
- Ce procédé ne pouvait plus être employé lorsqu’il s’agissait d’un appareil qu’on devait fermer et peserensuite, ou lorsquele platine pouvait s’échauffer, comme dans la préparation des fluorures de carbone. On utilisait alors des rondelles découpées dans de la mousse d’or, mousse poreuse obtenue par l’action ménagée de l’acide sulfureux sur une solution de chlorure d’or.
- La pile employée était la pile Bunsen ; vingt-cinq
- éléments étaient montés en série, et le courant, avant d’arriver à l’appareil, traversait un ampèremètre et un voltmètre.
- Le fluor obtenu dans ces conditions possède toutes les réactions que nous avons indiquées dans nos études de ce métalloïde. Il ne produit pas de fumées dans l’air sec et il peut être conduit au moyen de petits tubes flexibles en platine dans les appareils destinés à le recevoir.
- Cherchons maintenant à nous rendre compte de la façon dont se produit cette électrolyse. Nous avions pensé au début de ces recherches que sous l’action du courant le fluorure de potassium en solution dans l’acide fluorhydrique se dédoublait en donnant au pôle positif du fluor gazeux et au pôle négatif du potassium :
- K Fl = K + Fl.
- En vertu d’une action secondaire le potassium mis en liberté au pôle négatif décomposait l’acide fluorhydrique et dégageait un volume d’hydrogène correspondant à celui du fluor :
- K + H Fl = K Fl + H.
- Mais il suffit de suivre attentivement la décomposition au moyen d’un voltmètre et d’un ampèremètre placés dans le circuit pour voir que cette préparation n’est pas aussi régulière que la formule précédente semble l’indiquer. En effet, avec notre nouvel appareil, au début de l’électro-lyse la décomposition est irrégulière, saccadée et elle ne semble acquérir une régularité relative qu’après une ou deux heures de marche. Si l’on démonte alors l’appareil, on voit très nettement que la tige en platine sur laquelle le fluor se dégage est fortement corrodée. On trouve aussi au fond du liquide une boue noire que nous avons prise d’abord pour du platine métallique et qui, à l’analyse, nous a donné, pour un équivalent de potassium, un équivalent de platine.
- De plus, il est facile de remarquer que l’acide fluorhydrique contient en solution une petite quantité de fluorure de platine. En réalité, l’élec-trolyse est plus compliquée que nous ne le jugions au début; le mélange d’acide et de fluorure alcalin fournit bien au pôle positif du fluor, mais ce corps gazeux attaque le platine, produit du fluorure de platine et ce n’ést que lorsque la solution en renferme une petite quantité que l'électrolyse prend une certaine régularité. Ainsi l’acide fluorhydri-
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- que, après un certain temps, contient en solution du fluorure de potassium et du fluorure de platine; l’électrolyse de ce mélange salin donne alors au pôle négatif un composé complexe renfermant à la fois du platine, du potassium et du fluor.
- On comprend que ces différentes actions secondaires retirent à l’électrolyse de l’acide fluo-rhydrique une constance et une régularité qui se présentent dans d’autres décompositions éleclro-ytiques.
- Le fluor obtenu au moyen de ce nouvel appareil possède toutes les réactions que nous avons ’ indiquées précédemment. Il ne produit pas de fumées dans l’air sec, et il peut être conduit, au moyen de petits tubes flexibles en platine, dans ; les appareils destinés à le recevoir. Nous nous sommes assuré tout d’abord que le platine à la •' température ordinaire n’est pas attaqué par le fluor. Nous avons reconnu que jusqu’à ioo°, sous ' forme de fils ou de lames, ce métal résiste parfai-J
- Fig. 2. — Ensemble de l'appareil pour la préparation du fluor.
- tement à l’action du fluor pur. Au contraire, entre 5000 et 6oo° l’attaque sé produit avec facilité, et il se forme un bifluorure de platine.
- Ce sel possède la propriété importante de se dédoubler en fluor et en platine par une simple élévation de température. Il est certain que le jour où l’on saura préparer par une voie détournée ce fluorure de platine ou le fluorure d’or qui lui est analogue, on possédera une préparation chimique du fluor.
- Le fluor pur n’attaquant pas le platine à la température ordinaire, il devenait possible de déterminer quelques-unes de ses constantes physiques.
- Densité. — Pour obtenir la densité de ce nou-
- veau corps simple gazeux, nous nous sommes servi de petits flacons analogues à ceux employés par M. Berthelot pour la détermination des chaleurs spécifiques des liquides, et dont la forme rappelle celle de l’appareil à densité de Chancel (fig. 3). Nous n’insisterons pas sur les détails de cette expérience. Trois déterminations nous ont fourni les chiffres 1,262; 1,265 î 1^70. Nous adopterons donc d’après ces recherches le chiffre moyen de 1,265.
- La densité théorique du fluor obtenue en multipliant la densité de l’hydrogène 0,06927 par l’équivalent du fluor 19, est de 1,316; elle est donc-plus élevée de 0,05 que la densité expérimentale. Nous ferons remarquer, à propos de cette différence, que dans nos recherches antérieures sur .le»
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- trifluorure de phosphore nous avions trouvé déjà une densité plus faible, ce qui pourrait peut-être laisser supposer que la détermination de l’équivalent du fluor a fourni un chiffre un peu élevé.
- Nous nous occupons en ce moment de vérifier ce dernier point.
- Nos expériences ont été faites avec une balance qui accusait aisément 0,0005 avec 70 grammes dans chaque plateau. De plus, le flacon de platine présente cet avantage de mettre rapidement le gaz qu’il contient en équilibre de température avec l'air contenu dans la cage de la balance. Desexpé-
- Fig. 3.— Flacon en platine pour prendre la densité du fluor.
- riences comparatives, faites dans nos appareils avec différents gaz, nous ont fourni des résultats très exacts que nous attribuons justement à ces conditions expérimentales.
- Couleur du fluor. — Cette expérience a été faite dans un tube de platine d’un mètre de longueur, fermé par des plaquettes de fluorine tout à fait transparente. Deux ajutages de platine soudés près des deux extrémités permettent l’entrée et la sortie du gaz. L’appareil est d’abord séché avec soin, puis légèrement incliné et rempli par déplacement de gaz fluor jusqu’à ce que le silicium froid prenne feu à l’extrémité de l’autre ajutage. Les deux petits tubes d’arrivée et de sortie sont alors fermés par des cylindres de platine ajustés à frottement doux.
- Pour se rendre compte de la couleur du gaz, il suffit de regarder une surface blanche, en jugeant par comparaison, au moyen d’un tube de verre rempli d’air, de même longueur et de même diamètre, recouvert de papier noir et fermé par deux lames de verre à faces parallèles.
- Sur une épaisseur de 1 mètre et même de 0,50 m., le fluor possède une couleur jaune verdâtre très nette, beaucoup plus faible que celle du chlore vu sous la même épaisseur. La teinte d’ailleurs diffère de celle du chlore en ce qu’elle approche davantage du jaune. Examiné au spectro-scope, sur une épaisseur de 1 mètre, le fluor ne nous a pas présenté de bandes d’absorption.
- Spectre du fluor. — Dans un important travail sur les spectres des métalloïdes, M. Salet avait indiqué l’existence de cinq raies rouges attribuables au fluor. Il avait déterminé leur position en comparant les spectres du fluorure et du chlorure de silicium.
- Nous avons dans cette étude du spectre du fluor fait jaillir l’étincelle d’induction au milieu du fluor gazeux, et en employant des électrodes d’or et de platine. Notre spectroscope était à trois prismes afin d’obtenir un spectre très étendu et l’étincelle était fournie par une bobine très forte munie de d'eux condensateurs.
- En comparant les résultats obtenus avec le fluor, avec l’acide fluorhydrique, avec le fluorure de, silicium, avec le trifluorure de phosphore et enfin avec le tétrafluorure de carbone, nous sommes arrivé à des résultats d’une grande netteté.
- J’ajouterai que le spectre fourni, en particulier, par le tétrafluorure de carbone est très beau et très étendu.
- Le fluor est caractérisé par un ensemble de raies rouges, au nombre au moins de treize, placées entre les longueurs d’onde 749 et 623. Outre ces raies on obtient plusieurs bandes dans le jaune et surtout dans le violet; ces bandes sont assez larges et peu nettes; elles se rencontrent dans plusieurs des composés gazeux dont nous venons de parler, et surtout dans le spectre de l’acide fluorhydrique.
- La position des raies rouges nous semble d’autant plus intéressante qu'on les rencontre dans une partie du spectre où jusqu’ici aucün corps simple connu n'avait donné de raies.
- En résumé, par suite de l’ensemble de ses propriétés, le fluor se place nettement en tête de la famille naturelle : fluor, chlore, brome, iode. Sa densité est normale. 11 est coloré. 11 donne avec l’hydrogène un acide analogue à l’acide chlorhydrique. Il fournit avec les métaux des combinaisons le plus souvent comparables aux composés chlorés. Avec les métalloïdes il donne aussi des
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- produits similaires, mais qui tous tendent à occuper l'état gazeux. Exemple : le fluorure de silicium, les fluorures de phosphore et les fluorures de carbone.
- Lorsque le fluor se combine aux métalloïdes, il fournit des corps plus volatils que les composés correspondants chlorés. Au contraire, lorsqu’il s’unit aux métaux, il donne des produits dont le point de fusion est plus élevé que celui des chlorures correspondants. C’est là un fait qui ressort nettement de l’ensemble de nos études sur les composés fluorés. Nous le mettons en évidence dans les deux tableaux suivants, qui donnent les points de fusion des fluorures et des chlorures métalliques et les points d’ébullition des chlorures et des fluorures de métalloïdes.
- A la température ordinaire :
- Trichlorure de phosphore.............. Liquide.
- Pentachlorure de phosphore.......... Solide.
- Oxychlorure de phosphore.;............ Liquide.
- Chlorure de silicium.................. Liquide.
- Chlorure de bore...................... Liquide.
- Chlorure de soufre.................... Liquide.
- Trifluorure de phosphore ...;.......... Gazeux.
- Pentafluorure de phosphore............. Gazeux.
- Oxyfl'uorure de phosphore.............. Gazeux.
- Fluorure de silicium.................. Gazeux.
- Fluorure de bore.................... Gazeux.
- Fluorure de soufre.................. Gazeux.
- Points de fusion des fluorures métalliques :
- Chlorure de potassium..................... 738"
- — sodium...................... 772°
- '— rubidium.'........................ 719°
- — calcium....................... 719°
- — strontiim..................... 825°
- — lithium....................... 598"
- — argent........................ 260“
- Fluorure de potassium......................789”
- — sodium........................ 902”
- — rubidium...................... 753"
- — calcium ...................... 902"
- — strontium..................... 902°
- — lithium...................... 801 •
- — argent........................ 450°
- En même temps que ces analogies, il existe aussi des différences que nous rappellerons.
- Le fluorure de calcium semble se rapprocher plutôt de l’oxyde de calcium que du chlorure. Le fluorure d’argent est très soluble dans l’eau, tandis que le chlorure d’argent est insoluble. Enfin,
- les chaleurs de neutralisation de l’acide fluorhy-drique par les oxydes métalliques, déterminéés par M. Guntz, sont plus voisines des sulfates qife des composés chlorés. De telle sorte que, tout en se rapprochant bien du chlore, le fluor semble conserver aussi quelques analogies avec l’oxygène.
- L’action du fluor sur le charbon vient encore confirmer cette manière de voir. En effet, le charbon de bois bien sec brûle dans le fluor, comme il le fait dans l’oxygène, en produisant un corps gazeux qui est un fluorure de carbone.
- Si l’on compare maintenant les séries similaires de composés organiques fluorés et chlorés, tels, par exemple, que les premiers éthers de la série grasse, on voit tout de suite que les propriétés de ces corps sont assez voisines, mais que les points d’ébullition des composés fluorés sont toujours beaucoup moins élevés.
- Nous ajouterons que l’action du fluor libre sur les composés organiques hydrogénés ne peut pas être comparée à l’action du chlore. En effet, les réactions qui se font avec le fluor sont tellement brutales qu’il ne se produit pas de composés intermédiaires, et que l’on arrive le plus souvent aux produits ultimes, tejs que l’acide fluorhy-drique et les fluorures de carbone.
- Nous citerons comme exemples Taction du fluor sur l’éthylène, le formène et le chloroforme.
- On voit donc que si le fluor doit être placé d’une façon indiscutable en tête de la famille du chlore, néanmoins, par quelques-unes de ses propriétés, il se rapproche un peu de l’oxygène.
- Mais ce qui nous paraît le plus important à signaler, c’est l’activité chimique de ce nouveau corps simple. 11 n’y a pas d’élément connu qui nous présente des réactions aussi énergiques.
- En effet, le fluor se combine directement à l’hydrogène et au carbone sans l’intervention d’une énergie étrangère, et sa chaleur de combinaison avec l’hydrogène, déterminée par M. Bér-thelot et l’auteur de cet article, est supérieure à celles de tous les autres hydracides.
- S’il était besoin d’un nouvel exemple pour démontrer cette énergie, il suffirait de rappeUr que le fluor décompose 1 eau à la température ordinaire en fournissant de l’ozone assez concentré pour apparaître avec la belle couleur bleue indiquée par MM. Hautefeuille et Chapuis. Son action si énergique sur le silicium et sur tous lès
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- ' métalloïdes avait d’ailleurs été mise en évidence dans des recherches précédentes.
- De tous les corps simples connus, le fluor est donc celui qui présente indiscutablement la plus grande énergie chimique.
- Henri Moissan.
- sur
- L’EXPLOITATION DE LA GUTTA-PERCHA (»)
- RÉSULTATS DES RECHERCHES SUR LES ORIGINES DE LA GUTTA-PERCHA
- Deuxième période (1881-1889).
- a). Missionde M. Séligmann-Lui. — Elle consistait à « rechercher le moyen de créer en Cochinchine le commerce de la gutta-percha ». Si les arbres qui fournissaient cette gomme étaient «indigènes sur notre colonie » il s’agissait pour cet ingénieur <« de les faire connaître et d’en organiser l’exploitation ». Au cas contraire, il aurait à se rendre « dans les pays de production » afin «d’y chercher de jeunes* plants que l’on tenterait d’acclimater sur notre territoire ».
- C’est en face de là seconde de ces deux hypothèses (1 2) que M. Séligmann s’est vu placé. Le ministère ne pouvait pas avoir eu la pensée de lui demander d’urgence d’élucider en quelques semaines des origines botaniques sur lesquelles tant d’explorateurs, pendant plus d’un tiers de siècle, avaient successivement essayé en vain d’arriver à la certitude d’une donnée quelconque. Et
- (1) La Lumière Electrique, 22 novembre 1890, p. 351.
- (2) La première hypothèse reposait uniquement sur l’interprétation donnée à un court mémoire scientifique publié par M. Pierre dans le Bulletin du Comité agricole et industriel de la Cochinchine (1872) « sur une espèce d’isonandra » dont la gomme était « analogue à la gutta-percha ».
- Cet arbre est connu sous le nom un peu vague de thior, dans le Cambodge; il croît aussi dans certaines forêts montagneuses de la Cochinchine, où M. Pierre l’avait examiné ep 1865.
- En 1870, M. Le Faucheur, qui faisait rechercher les arbres à gutta-percha par des Malais — singulier moyen pour arriver à les trouver — n’a réussi en Cochinchine et au Cambodge, et malgré les indications fournies par M. Pierre, qu’à mettie la main sur une sorte de ficus nommé chereer.
- •' La gomme de l’arbre rencontré sous le nom de cherey-tom'
- cependant c’était là ce qu’il faisait en disant à l’un de ses ingénieurs d’aller chercher de jeunes plants à gutta-percha. Lesquels et où les prendre? Dans le monde civilisé personne n’en savait rien. S’en enquérir auprès des indigènes de la Malaisie? Mais une pléiade de botanistes distingués, et parmi eux un explorateur tel que Teysmann, qui parlait les idiomes du pays, qui était resté longtemps directeur du jardin botanique de Buiten-zorg et qui avait joui d’une certaine autorité sur les naturels, n’avaient jamais pu parvenir à rien savoir de précis. Malgré tous leurs efforts persévérants, à une époque où il y avait encore beaucoup d’arbres à gutta-percha dans les forêts malaises ils avaient échoué!
- La mission confiée à M. Séligmann ne pouvait donc pas avoir le caractère d’une exploration décisive, définitive. Elle ne devait être, à vrai dire, qu’une enquête, une excursion préliminaire. Il lui était impossible évidemment de résoudre la question; son but considéré au-delà des limites de la marche à suivre pour arriver à une solution pratique n’aurait été que celui d’une mission invraisemblable.
- Aussi M. Séligmann n’a-t-il eu à se rendre que dans une seule forêt de Sumatra. 11 y est allé non dans l’intention d’y envisager le problème au point de vue botanique, mais en vue de tâcher simplement d’y rencontrer une sorte d’arbre susceptible de fournir un latex qui fût une gutta convenable pour les usages de la télégraphie et d’indiquer ensuite ce latex comme point de repère, avec la feuille comme premier indice. Dès lors, au lieu d’avoir à chercher un isonandra d’espèce déterminée, la mission française qui serait ultérieurement chargée de résoudre pratiquement la
- dans la vallée de Kam-Chay, en 1881, par M. Séligmann-Lui, et qu’il a rapportée comme étant bien celle du thior de M. Pierre, a été analysée par M. Jungfleisch, qui n’y a pas constaté la moindre trace de l’hydrocarbure fondamental des guttas-perchas.
- Les échantillons du thior envoyés à Paris par M. Pierie ont été soumis (1875) à l’appréciation industrielle de MM. Rat-tier, Guibal et Leverd. M. Guibal 11e s’est pas montré défavorable à cette gomme « qui se rapprochait beaucoup de la gutta-percha »; M. Leverd a estimé « qu’elle était sans valeur » comme gutta-percha. Quant à M. Rattier, il a déclaré que cette substance « ne serait pas utilisable, parce qu’elle était cassante et adhérente ». Un morceau de l’un de ce s échantillons qui était resté dans la réserve des produits adressés à l’Exposition permanente des colonies m’avait été remis; il n’était nullement une gutta-percha. >
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- question, n’aurait plus qu’à s’adresser à un arbre à latex donné sous un nom local indiqué et dans une forêt désignée.
- Dans ces conditions, M. Séligmann n’avait pas à essayer de découvrir un exemplaire adulte de l’espèce voulue. Il pouvait se contenter d’un sujet plus jeune, ou d’une repousse de la souche d’un arbre antérieurement exploité. Trouver une forêt propice à cet égard devenait singulièrement moins difficile; il n’y avait qu’à se rendre avec discernement sur un district que les indigènes eussent céssé plus ou moins récemment d’exploiter. Les chercheurs de gutta opérant alors plus loin, temporairement — et pour eux l’avenir n’existe pas — ils ne devaient plus attacher d’importance à un tel district. En procédant de la sorte, on peut obtenir de ces naturels les indications qu'ils ne donneraient pas autrement, en raison de leur intérêt personnel.
- M. Séligmann a été amené logiquement à prendre comme objectif de son excursion le haut pays d’Assahan, dans Sumatra ; c’est précisément pour n’avoir pas agi au hasard que ses recherches ont abouti d’emblée (1).
- Sur le marché de Singapore, il a comparé les diverses sortes de guttas du commerce; il s’est renseigné à l’égard de leurs provenances et il est allé dans Sumatra directement aux centres d’exportation les plus rapprochés. Là, il a cherché les points d’où ces gommes descendaient de l’intérieur du pays. A ces endroits il y avait nécessairement des rivières, car dans les régions malaises tout trafic un peu considérable se fait à l’aide de praos ou de sampans (2). M. Séligmann a remonté l’une de ces rivières, puis l’un de ses affluents, et en suivant ainsi en sens inverse le chemin que
- (* *) Le 29 novembre 1881, M. Séligmann-Lui était dans le port d’Assahan (Sumatra). Le 4 décembre suivant, il arrivait à Passir Manogueh et pénétrait dans une forêt voisine; il y trouvait une gutta-percha excellente, et le 6 décembre il repartait pour Assahan, d’où il s’embarquait le 10 du même mois pour Benkalès.
- (*) Ce sont les noms de petites embarcations malaises. Pour les Malais de la presqu’île, le prao est plutôt l’analogue des jonques chinoises, ou même du petit bâtiment qui peut servir au cabotage; le véritable navire est un kapal. Quant au sampan, c’est une sorte de canot en majeure partie recouvert par une voûte très basse faite avec des nattes que fixent des arceaux en bois. Les péripéties et les agréments d’un voyage de quelques jours sur les rivières des solitudes malaises et dans ces sampans ont été très fidèlement esquissés par M. Séligmann (page 18 de son Rapport, paru en 1883 dans les Annales télégraphiques).
- prenaient les guttas pour parvenir au port correspondant, il est arrivé jusqu’à la forêt de Singga-loungan, en territoire indépendant, derrière le kàmpong de Passir Manogueh, point extrême du district d’Assahan, sur la rivière Ayer-Siloh.
- Dans cette forêt, M. Séligmann notait six sortes d’arbres appelés mayangs, qu’il était aisé de distinguer sûrement les uns des autres. Celui qui fournissait une gutta de premier ordre lui avait été désigné sous le nom de mayang taban derrian; on pouvait sans hésitation, en toute sécurité, l’introduire en Cochinchine. L’arbre à gutta batou donnait une gomme de qualité secondaire, et les autres sortes végétales ne sécrétaient que des produits sans valeur (1). Après s’être procuré des rameaux et des échantillons du latex coagulé de ces diverses plantes, pendant que les sauvages lui cherchaient quelques jeunes sujets de chacune d’elles, il revenait à Assahan, muni d’une collection qui comportait une cinquantaine de plantules destinées aux premiers essais dans notre colonie indo-chinoise. Ensuite à Siak (Sumatra) il passait un marché pour l’envoi ultérieur de cinquante pieds à gutta seundeh et il emportait lui-même une dizaine de plants afin de se rendre compte des meilleures conditions de transport. Enfin, dans un kampong situé sur le petit fleuve de Siak, et près des montagnes, à Pakan Barhou, qui est un point de rencontre des naturels du haut pays avec les traitants chinois, il concluait un autre marché à l’égard de cinquante plants à « gutta taban » que les indigènes devaient aller rechercher dans les forêts, à six journées de marche au moins dans les montagnes, et pendant ce temps-là il revenait à Singapore, d’où il allait en Cochinchine.
- L’administration du jardin botanique de Saigon ayant malheureusement égaré tous ces plants lors de leur arrivée dans l’Indo-Chine française, le gouvernement de cette colonie en fit demander d’autres au consulat de France à Singapore. Notre consul, fort embarrassé, se décida à s’adresser au gouvernement des colonies britanniques des Détroits ; il insista même à tel point que ce gouvernement désira être renseigné pour son propre compte sur l’état réel d’une question dont l’importance et la gravité lui étaient signalées par l’agent d’une puissance étrangère. Telle fut l’origine de la mission anglaise dans l’état de Pérak.
- (’) Ces sortes lui ont été désignées sous les noms suivants : helou.lt djerindjing, korsik, et kalihara ou karias.
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- b) Mission de M. IVray. — Le directeur du muséum de Taïping (province de Larout) était mieux que personne en situation de répondre au désir du gouvernement anglais. Botaniste et chimiste, il parlait admirablement la langue malaise; sa résidence était pour ainsi dire à la lisière des forêts, sur le versant occidental de la chaîne de montagnes qui ferme à l’ouest la longue vallée de Pérak. C’était par le fleuve de ce nom qu’en 1879 et 1880 les meilleures guttas du pays descendaient jusqu’à Telok Anson pour y être exportées sur Siri-gapore.
- M. Wraya recueilli des spécimens presque complets des diverses espèces à gutta qui croissent dans l’état de Pérak. Il est juste de reconnaître qu’il disposait d’une latitude de temps, de facilités de transport, de ressources budgétaires et d’une autorité absolue sur les indigènes, en un mot de moyens d’action qui auraient fait défaut dans Sumatra à M. Séligmann.
- Tous ces spécimens, consistant en rameaux, fleurs, fruits, bois, écorce et gutta, que le directeur du muséum de Taïping a envoyés le 30 mai 1883 au muséum de Kew et à Calcutta, avaient été récoltés en plusieurs exemplaires. C’est ainsi qu’il a été possible d’en faire figurer une collection au nouveau musée du chef-lieu de la province de Larout, et d’en offrir une autre à Madame Errington Delacroix. M. Wray m’a également donné trois des échantillons botaniques qui figuraient dans son herbier.
- A peu près ignorée en France, cette remarquable mission est très imparfaitement connue à Java, bien que le rapport qui la concerne ait été publié en décembre 1883. Ni M. Burck ni M. Pierre n’en ont fait mention : en 1884, le directeur-adjoint du jardin deBuitenzorg a parlé de l’arbre à gueutta taban mèrah de M. Brau de Saint-Pol Lias d’après M. Beauvisage; en 1885, le directeur honoraire du jardin de Saigon a donné des descriptions très-sommaires (') de cette plante et de celle à gueutta taban soutra d’après des échantillons inexactement attribués à M. Errington Delacroix, qui n’a pas même su correctement en lire les étiquettes à M. Pierre.
- La connaissance réelle de ces deux arbres, producteurs d’excellentes guttas, est due pourtant à MfWray. Sauf les fruits mûrs et les graines de
- (*) Bulletin de la Société linnèenne de Paris, n* 63, p. 498.
- la première de ces deux plantes, spécimens qui ont fait défaut à ce botaniste et que j’ai réussi à me procurer dans les forêts en 1887, toute la série des échantillons relatifs à ces espèces, que j'avais récoltés l'année précédente, avaient été antérieurement obtenus par le savant explorateur anglais.
- M. Brau de Saint-Pol Lias n’avait rapporté que des feuilles insignifiantes. Quant à la collection offerte sous le nom d’Errington Delacroix au muséum d’histoire naturelle de Paris, elle a été faite par M. Wray. Les échantillons de la première des deux espèces excellentes mèrah et soutra proviennent d’Oulou-Plouss; ceux de la seconde sont originaires d’Oulou-Kénéring^). A Paris une récompense honorifique a été décernée à l'occasion de cette importante exploration ; mais pour l’obtenir on a dissimulé au ministère de l’instruction publique le nom du véritable voyageur.
- Le sympathique/explorateur anglais qui a été victime de ce singulier procédé a fait avec moi une excursion en forêt et il a mis obligeamment à ma disposition ses documents et la publication en anglais du rapport relatif à sa mission.
- En dehors des deux espèces à gutta mèrah et soutra, toutes celles mentionnées dans ce rapport sont indiquées comme utilisées exclusivement pour la falsification (2).
- Avant de pénétrer sur le versant oriental de la presqu’île de Malacca par les hautes régions de la rivière de Pahang, j’ai parcouru à peu près en tous sens l’état de Pérak, dont j'ai exploré toutes les forêts où croissent des plantes à gutta. Les renseignements que M. Wray m’avait communiqués sur ses pérégrinations m’ont permis de voir tous les endroits où il avait découvert des arbres adultes dans les districts de Kénéring, de Plouss, de Kinta, de Kampar et de Changkat-Serdang. Par-
- 0) La fleur qui faisait partie de l’échantillon avait été cueillie à Changkat-Serdang.
- (2) Ce sont les arbres : gueutta-seundeh (Sapetang et rivière Buto) ou payena Leerii (il y en a deux variétés dans la province de Larout); à taban pouteh (forêt de Larout, Kouala-Kangsar, Hipoh. Je l'ai trouvé à Lahat, à Kliant-Lalang, vers Oulou Sounghei Raya, àDjouang, près Gounong-Tchabang, à Tapa, vers Oulou Pahang, etc.) ; à taban tchaier (cascade de 1 arout) dans Perak et dans les états de Pahang et de Pa-tani fil y a plusieurs variétés de cette sorte); à simpor(Oulou Kénéring ; elle se rencontre à Oulou Plouss, à Oulou Kampar, à Changkat-Serdang, Slem, etc.) ; autre espèce de simpor cascade de Larout). et à djeloutong et gourhou (Larout).
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- tout, pour sa mission, le directeur du muséum de Taîping avait fait abattre ces divers arbres; plusieurs des forêts qui les recélaient ont, du reste, disparu depuis cette époque.
- A la suite de l’exploration accomplie par M. Wray, le gouvernement des colonies britanniques des Détroits s’est borné à publier cette ordonnance assez illusoire en vertu de laquelle toute exploitation des espèces végétales à gutta-percha était rigoureusement interdite aux indigènes dans toute l’étendue de l’état de Pérak. Cette interdiction faisait dire aux Malais qui, en 1886, me parlaient de l’exploration de M. Wraÿ : « La Compagnie — c’est ainsi que les indigènes désignent toujours le gouvernement anglais — la compagnie nous défend de couper ces arbres-là, pour qu’elle puisse se procurer leurs graines dans l’avenir, et chaque fois qu’elle en découvie un, elle s’empresse de l’abattre, pour voir comment il est fait. »
- c). Mission de M. Burck. — Les propositions de M. Séligmann à son retour en France et au sujet de l’envoi d'une grande mission française dans Sumatra pour y récolter les éléments des plantations à essayer en Cochinchine étaient d’une exécution subordonnée, bien entendu, à l’assentiment préalable de la Hollande.
- L’autorisation demandée de Paris par l’organe du département des affaires étrangères ne fut pas accordée. Le gouvernement de La Haye répondit que les sauvages Bataks étaient divisés en tribus continuellement en guerre entre elles ; le gouverneur général des Indes néerlandaises avait fait savoir qu’il y aurait un sérieux danger pour une mission à s’aventurer dans l’intérieur du pays. Le massacre des explorateurs français serait fort à craindre et la Hollande ne pouvait pas s’exposer à en assumer la responsabilité morale. Elle aurait certainement à regretter d’avoir laissé pénétrer . chez elle des étrangers qu’elle aurait été impuissante à protéger.
- Au même moment, M. l’inspecteur général des postes et des télégraphes à Batavia avait été chargé de recueillir tous les documents relatifs à la gutta-percha et cela en vue de l’expositition internationale qui devait avoir lieu prochainement à Amsterdam. Les renseignements qu’il avait fournis venant à l’appui des considérations que le gouvernement français avait fait ressortir, la mission que devait accomplir dans les padangsche bavenlanden la, directeur adjoint du jardin de
- Buitenzorg, fut décidée. Il est à présumer qu’alors les Bataks étaiént momentanément d’accord entre eux.
- Au cours de son exploration, M. Burck a distingué quatorze espèces d’arbres à gutta-percha (}), parmi lesquelles il en a signalé deux seulement de nature à être intéressantes : le Niatouh balam tembaga, d’Ampaloo(Halaban) espèce qu’il a indi-, quée comme nouvelle et de la plus grande valeur; puis le Payena Leerii, arbre très connu déjà et dont la gutta ne venait qü’en seconde ligne, mais en l’emportant sur toutes les autres sortes exploitées dans les régions des plateaux supérieurs de Padang.
- M. Burck,/ qui a rapporté au muséum de Java les fleurs et la gutta du niatouh balam tembaga d’Ampaloo, en même temps que 75 plantules sous ce nom là (3), n’a pu parvenir à en découvrir enfin un exemplaire adulte et en floraison que dans les forêts situées entre Sialang et Glougour, région très peu habitée et que la Hollande venait de soumettre récemment à sa domination. Encore, pour réussir à trouver cet unique exemplaire adulte, lui a-t-il fallu explorer ces forêts pendant une semaine. Partout ailleurs, il n’avait vu « de tous côtés que d’énormes troncs abattus », et on lui avait «certifié que dans les laras Sidjoungjoung où la population indigène se livrait à l’exploitation de la gutta-percha on ne trouverait plus un seul arbre adulte. »
- Je me bornerai ici aux courtes indications qui précèdent, parce que j’aurai à revenir à diverses reprises sur les résultats de cette'mission capitale.
- M. Burck a en effet une haute autorité en matière d’arbres à gutta-percha, 11 a décrit comme botaniste ce qu’il a récolté lui-même dans les forêts et ce qu’il a pu longuement étudier dans le magnifique jardin de Buitenzorg. (*)
- (*) Voici les noms indigènes de ces espèces, dont M. Burck a donné plus tard (1885) dans son mémoire sur les sapotées des Indes néerlandaises des descriptions botaniques, incomplètes pour certaines d’entre elles; toutes portent le nom de niatouh balam, qui signifie arbre à suc laiteux :
- Tembega, de H ilaban ; bringin, tembaga, de Soupayang; dourian, de Soupayang; dourian, de Halaban; dourian, de Kayou-Tanam; pissang, de Halaban; bindalou de Halaban; bindalou, du mont Sagoh ; selindit, pipit, trois niatouh balam sans noms spéciaux, à Pouar-Datar, à Laboueï et à Am-paloo; enfin un niatouh balam, sans désignation-particulière, à Glougour. Le bringin n’est autre que le Payena Leerii.
- (2) Mises d’abord dans le jardin de Buitenzorg, ces plantules ont été transportées plus tard dans celui de Tjikeumeuk.
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- d) Mes missions. — Le gouvernement hollandais n’avait pas cru pouvoir autoriser une grande mission française à aller récolter des plants à gutta-percha chez les sauvages Bataks. Alors le gouvernement de la Cochinchine en avait fait demander aussi à notre consul à Batavia pour les premiers essais qu’il avait en vue.
- A la suite de l’exploration de M. Burck, il devait recevoir des plantules de l’espèce « découverte par ce botaniste dans les forêts d’Ampaloo sous le nom de niatouhbalam tembaga », mais le jardin de Buitenzorg lui avait expédié à la place et « de préférence», 25 plantules de «la meilleure variété connue : Ylsonandra de Hooker?». La direction in térimaire du jardin de Saigon était étrangère aux questions les plus usuelles de botanique et à plus forte raison à tout ce qui concernait celle des origines des guttas-perchas. Il lui était donc difficile de savoir que l’unique fruit du fameux Isonandra de Singapore qui eût jamais été récolté à la surface du globe avait été cueilli bien avant sa maturité, en 1847. Il lui était impossible de songer à se demander comment le jardin de Buitenzorg avait trouvé le moyen d’en faire germer au moins 25 en 1884, alors que personne au monde n’avait jamais pu, depuis 36 ans, voir un seul exemplaire adulte de cette espèce!
- A sa demande, la direction de l’Intérieur avait fait traduire et publier à Saigon une copie du rapport adressé, le 4 janvier 1884, au gouvernement général des Indes néerlandaises par M. Burck.
- La traduction de ce rapport si remarquable était vraiment étonnante, et par les contradictions qu’elle y avait introduites elle aurait eu pour but d’embrouiller la question aux yeux du gouvernement de la Cochinchine qu’elle n’aurait pas mieux réussi.
- J’étais alors à Saigon ; je ne pouvais pas laisser ignorer à ce gouvernement colonial la valeur négative des plants qu’il avait reçus tant de Singapore que de Java. Il croyait avoir des plantules de la meilleure espèce a gutta-percha pour les essais de culture que j’avais à suivre et auxquels la direction du jardin botanique de Saigon était censée se livrer d’après tous ses rapports administratifs.
- he jardin de Singapore, si bien placé cependant pour obtenir moins difficilement que tout autre l’isonandra qui croissait dans l’île de ce nom, n’avait pas pu se le procurer. Le seul plant qu’il possédait sous l’étiquette d’Isonandra percba avait
- été rapporté de la presqu’île de Malacca par le Dl> Maingay : il n’avait donc aucune authenticité. Son étiquette était due à ce que de 1848 à 188r tous 1 es explorateurs en Malaisie ont cru successivement avoir retrouvé l’arbre de Hooker quelque part. Il était déjà surprenant que le jardin de Buitenzorg eût été plus heureux que celui de Singapore.
- Mais de 1853 à 1856, et de divers points de l’archipel malais, le jardin botanique de Java, dont Teysmann était alors le directeur, avait reçu des plantules à gutta-percha. Ce botaniste les enregistrait invariablement comme « Is. gutta, Hookerii, Singapore ». Teysmann se donnait un mal inouï pour essayer de mettre dans les forêts néerlandaises la main sur un arbre qui pût être reconnu comme étant bien celui de Hooker. Il notait soigneusement la provenance de la moindre feuille récoltée quelque part et qui était susceptible d'offrir une concordance avec celles qui figuraient dans l’herbier de Kew. Il aurait été pour le moins étrange qu’un tel savant eût précisément passé sous silence la réception des deux seules plantules qui pouvaient avoir une authenticité sérieuse. 11 aurait été plus que bizarre de sa part de ne pas faire connaître et de ne pas conserver le certificat d’origine de ce trésor végétal.
- Ce n’était pas tout; il y avait deux circonstances qui étaient significatives.
- i° Les exemplaires adultes qui venaient de fleurir et de fructifier pour la première fois, en 1883, sous le nom d’is. gutta dans le jardin de Buitenzorg provenaient évidemment de graines qui n’avaient pas dû être mûres et germer avant 1853 (elles n’avaient mûri et germé vraisemblablement qu’en 1855).
- 20 II était avéré que déjà en 1847, il n’y avait plus aucun exemplaire adulte et partant plus de graines d’isonandra dans les forêts de Singapore. M. Burck était d’ailleurs l’un des botanistes qui avaient le plus insisté sur ce point.
- En parlant du véritable Is. gutta qui aurait pu être le seul terme de comparaison valable, rigoureux, mais qui n’avait pu être « exactement et complètement décrit», ce savant botaniste a même pris la précaution d'ajouter : « Je crois donc avoir suffisamment démontré que l’on n’a trouvé cet arbre nulle part, si ce n’est à Singapore, où à l’heure présente il n’existe plus ». Aujourd’hui que l’isonandra des forêts de Singapore est retrouvé la question est tranchée. Celui du jardin botanique de Buitenzorg est apocryphe.
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- Les essais à Saigon n’avaient lieu que de nom ; j’avais été chargé de les suivre dans l’intérêt de la télégraphie électrique, ce qui avait été bien simple. Les plantules dues à M. Séligmann n’existaient plus ; celles reçues des colonies britanniques des Détroits et des Indes néerlandaises n’étaient pas d’espèces convenables; les essais dont elles auraient été l’objet n’auraient pu être ni très intéressants ni fort concluants.
- Finalement et de concert avec le département des Postes et des Télégraphes, le sous-secrétariat d’État des Colonies me chargeait d’aller dans la presqu’île de Malacca chercher des plants de la meilleure espèce pour la création des pépinières projetées.
- Au cours d’une longue exploration préalable, j’avais trouvé dans les forêts des sauvages Sa-kèies, sur des territoires indépendants, un assez grand nombre d’exemplaires adultes qui apparte naient aux sortes taban mérab et taban sontra, exploration à la suite de laquelle, étant épuisé, anémié et atteint d’une affection du foie, j’étais rentré en France presque mourant de la fièvre des bois.
- A peine rétabli je retournais dans la péninsule malaise ; puis, avec beaucoup de difficultés et à grands frais, j’en rapportais à Singapore tous -les plants voulus; mais pendant que j’en informais le gouvernement de laCochinchineetquej’attendais sa réponse, je retrouvais dans les ravins de Bou-kett Timah les exemplaires authentiques et en floraison de Y Isonandra-gutta HookeriiC1). Je m’empressais d’en faire part à Saigon, et M. le Gouverneur, en présence de ce résultat, refusait tous les plants que je m’étais procurés dans l’intérieur de la presqu'île; il ne voulait plus que des Isonandra-gutta originaires des forêts de Singapore; en outre, il m’imposait l’obligation de justifier de leur identité devant une commission à Paris!
- M. le gouverneur finit par se contenter, fort heureusement pour moi, du témoignage de M. de Lanessan, député de la Seine, qui était alors en mission politique dans l’extrême Orient. Lors de son passage à Singapore, le savant professeur agrégé de botanique près la Faculté de médecine
- (') Le 10 avril 1887, M. Foëx, aujourd'hui vice-résident à Madagascar, qui gérait alors le consulat de France à Singapore, voulut bien se rendre avec moi dans la forêt de Bou-kett Timah. Mes missions ont toujours trouvé d’ailleurs auprès de lui une sympathie efficace et une intervention patriotiquement dévouée.
- de Paris voulut bien se rendre avec moi à Bou-kett Timah, et à son retour de Buitenzorg rassurer M. le gouverneur Filippini.
- J’avais retrouvé un trésor végétal vainement recherché par tant d’explorateurs à travers la Malaisie, depuis quarante années. Cette malencontreuse découverte m’aurait coûté cher sans M, de Lanessan ; elle ne m’a pas moins mis dans la dure nécessité de recommencer dans Singapore à mes risques et périls (*) toute une mission si péniblement menée à bien dans les forêts sakèïes.,
- En dépit de toutes mes supplications, les Isonan-dra gutta qu’il m’a été donné ainsi de porter en Cochinchine au début de la saison sèche ont été transplantés là où ils ne pouvaient pas vivre convenablement; mais il y a plus: « faute d’un nombre suffisant de coolies», ils ont été privés de tous les soins qui leur étaient nécessaires dans les premiers temps qui devaient suivre leur transplantation. 11 est inutile d’ajouter que ces soins je les avais méticuleusement indiqués avant mon de-part.
- J’ai eu ensuite mission de procéder à une récolte des graines de l’Isonandra gutta, dans les forêts de Singapore; mais le ministère m’a refusé l’adjoint que j’avais sollicité, et en achevant cette récolte j’ai été subitement atteint d’une dysenterie aiguë qui est devenue bientôt chronique. Je m’obstinai à lutter tant que le résultat final de ma mission n'était pas assuré. Les médecins déclarèrent que j’étais mortellement frappé ; le consul de France en avisait le ministère, et par dépêche télégraphique un congé m’était notifié d’urgence.
- En France, où j’ai pu parvenir à temps, ma mission a été supprimée. Toutes les plantules qiie j’avais fait germer dans Singapore ont été abandonnées par le gouvernement français, qui dès lors a cessé de s’occuper de la question.
- (') Le 21 décembre 1887, à l’issue de la facile mais coûteuse réédition de cette mission, M. le gouverneur général de l’Indo-Chine m’en a fait indemniser. En janvier 1888, un rapport des plus élogieux, dans lequel le gouvernement de la Cochinchine signalait le succès complet de la tâche qui m’avait été confiée et le dévouement dont j’avais fait preuve, parvenait au sous-secrétariat des colonies. Ce rapport ne fut pas communiqué à l’administration des télégraphes, qui concourait cependant aux frais de ma mission, et qui en juin 1890 ignorait encore que celle-ci eût été supprimée le 21 septembre 1889.
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- CONCLUSION PRATIQUA DES RECHERCHES OFFICIELLES
- L’enquête sommaire confiée à M. Séligmann par le ministère des postes et des télégraphes de France avait eu comme conséquence non seulement d’imprimer une vive impulsion aux recherches sur les origines des guttas-perchas, mais de faire entrer enfin ces investigations dans la voie qu’elles auraient dû suivre dès la première heure. Avant cet ingénieur, en effet, aucun explorateur n’avait paru se douter qu’au point de vue des résultats pratiques l’essentiel c’était le latex.
- Partageant l’erreur qui avait cours en Europe et qui subsiste trop généralement encore, c’est-à-dire croyant qu'il existait une substance déterminée, une espèce chimique qui s’appelait la gutta-percba, ils s’étaient tous bornés à tour de rôle à en chercher le producteur végétal dans les forêts. Au lieu d’avoir comme objectif un arbre dont le latex coagulé devenait une gomme douée de l’ensemble des propriétés requises pour son application la plus délicate, autrement dit dans son emploi aux usages de l’industrie électrique, ils n’avaient songé qu’à élucider une question botanique. C’était ainsi qu’ils s’étaient heurtés à une difficulté de plus en plus insurmontable.
- Ils avaient successivement essayé de découvrir Y arbre à gutta-percba, et ce mythe était représenté pour eux par l’Isonandra de Hooker, mais pour établir l’identité de cet arbre, il leur fallait des éléments botaniques que les exemplaires adultes pouvaient seuls fournir, et les indigènes de la Malaisie leur semblaient avoir rendu de tels exemplaires introuvables.
- Si dès le début, les explorations avaient abordé le problème par le côté du latex, elles ne seraient pas restées stériles durant tant d’années. Les isonandras parvenus à l’âge adulte pouvaient être devenus introuvables dans les forêts, mais leurs jeunes représentants et leurs repousses sur les souches des sujets exploités subsistaient. Dans l’organisme végétal de toutes ces repousses et de tous ces arbrisseaux il y avait un latex, et ce latex évidemment était loin de se trouver le même chez tous les arbres à gutta-percha, puisque l’industrie recevait des gommes tellement différentes les unes des autres que le commerce en était arrivé à ne plus s’y reconnaître. Par conséquent, il devait y avoir des mélanges ou tout au moins diverses guttas-perchas.
- Seul entre toutes ce s gommes, le type utilisé en premier lieu avait présenté toutes les qualités voulues ; il avait pour lui la sanction de la pratique. C’était, il est vrai, celui qui répondait aux arbres de Singapore ; mais ces arbres étaient demeurés imparfaitement connus, et ils étaient considérés comme entièrement détruits sur cette île. Dans ces conditions, ce ffétait pas les mêmes arbres qu’il fallait s’évertuer à chercher à travers la Malaisie ; c’était une gutta-percha analogue à la leur.
- La première et longue période des recherches n’avait abouti qu’à compliquer la question, et c’est avec raison qu’essayant de coordonner les faits qui s’y rattachaient, M. Beauvisage a pu dire, en 1881 : « Dès le début de l'histoire de la gutta-percha, nous ne trouvons qu’obscurité et confusion quant à son origine botanique. Cette obscurité et cette confusion ne feront que s'accroître à mesure que nous avancerons dans cette étude. »
- Si on laisse de côté tout ce qui concerne les végétaux producteurs de gommes dépourvues d’intérêt pour la télégraphie sous-marine, on peut considérer que durant la seconde période (celle des missions officielles), le problème a reçu une solution qui suffît dans la pratique. Des exemplaires adultes de tous les arbres qui sécrètent d’excellentes guttas ont été trouvés. Les gommes de ces divers arbres ont été récoltées en même temps que les spécimens botaniques, et ces arbres on sait où les prendre.
- Il n’existe plus, à vrai dire, que des discussions sur des questions de dénomination, de classification botanique et des divergences d’appréciation sur des points tout à fait secondaires.
- Les seuls arbres de la Malaisie qui secrétent un latex donnant par coagulation une gutta-percha excellente sont :
- L’lsonandra-percba ou isonandra-gutta Hooherii, des forêts de Singapore; puis les arbres distingués sous les noms de Gueutta-taban mêrab dans la presqu’île de Malacca, de Niatoub balam tembaga, à Ampaloo (Halaban), dans Sumatra, de Mayang taban dourrian, à Singgaloungan (Assahan), dans Sumatra, et de Gueutta-taban soutra dans la péninsule; enfin un arbre que je décrirai prochainement et qui ne diffère guère des précédents, mais dont le tronc s’appuie sur de nombreuses racines aériennes.
- Les constatations et les conclusions des quatre
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- chargés de missions ont été concordantes sur tous les points essentiels.
- Ces plantes sont-elles réellement toutes d’espèces botaniquement distinctes? Non. Existe-t-il des différences très sensibles entre leurs guttas respectives ? Pas davantage. Est-il permis d’envisager simplement alors ces arbres comme autant de variétés d’une seule espèce ? Oui, du moins, en ce qui concerne plusieurs d’entre eux.
- Dans les forêts, un explorateur peut-il, avant tout, les distinguer sûrement de tous les autres végétaux à gutta-percha ?
- 11 y a un moyen pratique et absolument certain qui le permet. 11 est basé sur les deux faits suivants :
- i° Tout latex qui est une gutta-percha de premier ordre se coagule presque instantanément lorsqu’il s’échappe d’une incision faite dans l’écorce, et ce latex concrété fournit une gomme rigide, nerveuse après refroidissement, quand il a été trituré pendant deux ou trois .minutes dans l’eau chaude. 11 n’y a parmi les sapotées que quelques représentants du genre isonandra dont le latex se comporte de la sorte, et le dessous des feuilles de ces isonandra est revêtu d’un fin duvet soyeux et doré chez les jeunes sujets ou sur les pousses nouvelles. Plus tard, ce duvet devient souvent cuivré ou rouge fauve ; parfois même il finit par disparaître et le dessous de la feuille est alors glabre et pâle ou grisâtre sur les branches anciennes des grands arbres ; mais tout isonandra, adulte ou non, offre toujours beaucoup de feuilles dorées ou cuivrées en dessous ; il est donc très facile de les prendre comme base d’un examen.
- 2° Toute feuille normale qui a le dessous doré comme il vient d’être dit et qui appartient à un arbre sécrétant un latex à peu près instantanément coagulable offre de chaque côté de la nervure principale de 22 à 32 nervures secondaires, très délicates et à peine visibles c’est-à-dire entièrement noyées dans le parenchyme. Peu importe la variation que subit dans sa grandeur et dans sa forme la feuille, selon l’âge du végétal.
- Les deux caractères précédents, qui concernent l’un le latex et l’autre la feuille, ne se rencontrent simultanément, dans le règne végétal, que dans le genre isonandra, et l’espèce qui les présente est à coup sûr productrice d’une gutta-percha tout à fait supérieure.
- Sérullas.
- {A suivre.)
- CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS
- ÉLECTRIQUES Q)
- Les électromoteurs des tramways électriques, soumis à un service exceptionnellement rigoureux et pénible, à des variations de puissances excessives, et exposés à toutes les intempéries doivent être construits, cela va sans dire, avec un soin, une précision et une solidité à toute épreuve pour pouvoir à la fois présenter une sécurité suffisante, qui dispenserait de l’emploi de deux dynamos par locomoteur, et n’exiger qu’un entretien peu dispendieux. M. Lowry a fourni au sujet de cet entretien, dans son adresse présidentielle à la réunion de 1 ’ American Street-Tramway Convention, de Buffalo, quelques renseignements très-intéressants.
- Voici, par exemple, l’analyse de l’entretien de quatre dynamos locomotrices Sprague de 30 chevaux pendant le semestre d’avril-octobre 1890. Le parcours journalier de chacun de ces locomoteurs était de 165 kilomètres, avec une rampe de 9 0/0 sur ^70 mètres, une de 5 0/0 sur 90 mètres, et une de 8 0/0 sur 90 mètres aussi.
- Partie mécanique.
- Francs
- 3 pignons intermédiaires en bronze à 70 francs.. 210
- 3 — en acier à 45 francs .... 145
- 8 pignons d’armature en acier à 35 francs....... 280
- 4 transmissions intermédiaires à 55 francs....... 220
- 2 axes principaux à 80 francs................... 160
- 6 coussinets à 22,50 francs...................... >35
- 8 paliers à 22,50 francs......................... >80
- 12 paliers d’armature à 14 francs,............... 168
- Total.............................. 1 498
- Partie électrique.
- 180 balais en charbon à 0,50 francs.............. 90
- 6 roues de trolley à 6,25 francs............... 37,50
- 3 inducteurs à 100 francs...................... 300
- 6 armatures séparées à 175 francs............. 1 050
- Total............................. 1 477,50
- Main-d’œuvre.
- 2 mécaniciens ajusteurs à 250 francs par mois.. 3 000
- Total........................... 5075,50
- Soit, en moyenne, 8,10 francs par voiture et par jour.
- (*) La Lumière Électrique, il novembre 1890, p, 360*
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- On voit que la partie mécanique exige, dans ce cas, au moins autant d’entretien que la partie électrique.
- Les mises hors de service, arrêt, etc. attribuables à la partie mécanique sont aussi plus nombreux que du fait de l’électricité, du moins avec le sys-
- Fig. 20. — Enroulement Edison-Eickmeyer. Ensemble de l’armature.
- tème Thomson-Houston, comme l'indique le [tableau suivant :
- Avaries
- Locomoteurs m —
- Époque de l’année en service électriques mécaniques
- 4 jours, juillet 1890.... 150 à 200 0 .58
- 7 jours, août 1890 i5o '7 55
- 7 jours, septembre 1890 150 '5 24
- Total 32 237
- Il résulte de ce tableau que l’on devrait pouvoir compter en moyenne, par voiture, sur un service de ioo jours sans accident électrique.
- L’un des derniers perfectionnements aoportés
- Fig. 21, — Détail d’une spire.
- par la Compagnie F.dison-Sprague aux locomoteurs électriques est le remplacement de l’enrou-iement Siemens, exposé à se brûler principalement à cause de l’usure des isolants aux extrémités de l’armature, par l’enroulement Eichemeyer. Cet enroulement est constitué par une série de spires (fig. 20 et 21) rigoureusement calibrées, facilement interchangeables et serrées sur les fonds plats de l’armature par des coins en bois qui en empêchent tout glissement. On obtiendrait ainsi des armatures extrêmement durables.
- L’enroulement des armatures Short, analogue à celles de Brush, est aussi très facile à bobiner et à entretenir.
- L’électromoteur multipolaire de M. Pillsbury,
- représenté par les figures 22 et 23, est à marche suffisamment lente pour pouvoir attaquer par un seul jeu de pignons l’essieu du locomoteur. L’armature C est fixe|; l’inducteur à six pôles F F' est
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- KtURNAL UNIVERSEL D\ÉLECTRICITÉ
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- mobile et protégée par une enveloppe en tôle ; il porte les commutateurs + —* sur lesquels tournent les balais de charbon BB\ Les pôles impairs i, 3, 5 de l’inducteur sont excités par l’enroulement F et les autres par F', ce qui permet, avec les courants alternatifs.de renverserles lignes de force dans les enroulements de l’armature au lieu de les magnétiser d’abord puis de laisser en-
- suite leurs noyaux se démagnétiser naturellement. On obtient ainsi un moteur plus énergique. L'armature de cette dynamo, entièrement à l’abri de l’humidité, a ses fils solidement maintenus entre les dents A A' de manière qu’ils ne peuvent pas glisser ; on évite ainsi deux des principales causes de brûlure des armatures sur les tramways.
- Les arbres des armatures Fdesdeuxdynamos du locomoteur Dummer sont (fig, 24 à 26) fixés aux extrémités de balanciers g, calés sur l’essieu mo-
- teur, qu’ils entraînent par le roulement de leurs pignons dans les engrenages intérieurs fixes G G. Les dynamos tournent donc avec les roues motrices sans augmenter le frottement de leur essieu; elles reçoivent le courant des balais K et des deux collecteurs/.
- Les locomoteurs de M. Currie portent chacun deux dynamos BC (fig. 27) et un accumulateur SB. Les armatures des dynamos sont conjuguées par un embrayage électromagnétique E. Le courant est fourni par les câbles L L'. Dans la position indiquée du commutateur S, le courant passe de L à la
- dynamo C, puis à l’accumulateur. La dynamo C tourne seule, avec E débrayé, sans entraîner B, et l’accumulateur se charge.
- Si le train est au repos, la dynamo C, sans résistance, tourne très vite, et développe une force contre-électromotrice telle que l’accumulateur n’est chargé que par un faible courant.
- Au démarrage on tourne S! de manière que le courant passe dans la dynamo B suivant l4, 4, 4, en même temps que le courant de l’accumulateur excite par 4, 4 l’électro de l’embrayage E, qui entre en prise et relie les armatures de C et de B. La vitesse de C diminue dès lors graduellement, à mesure qu'il vient en aide à B, et l’intensité du courant y augmente jusqu’à ce que les deux armatures
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- aient atteint ia même vitesse correspondant à leur allure normale, sans aucun choc, par le frottement de l’embrayage E. A l’arrêt, on diminue graduel-
- Fig. 28 et 29. — Foote (1889). Embrayage électromagnétique.
- lement l’intensité du courant en B par le rhéostat Sa, jusqu’à l’annuler et débrayer E, ce qui permet
- Fig. 30. — Foote. Détail d’une face de l’embrayage.
- à C de repartir avec toute sa vitesse en rechargeant l’accumulateur.
- On peut aussi, par le commutateur S, placer les deux dynamos en quantité dans le circuit de l’accumulateur seul, ou, ep cas d’un coup de collier, dans les deux circuits à la fois. L’accumulateur
- agit ici comme une sorte de réserve chargée par
- Fig. 31. — Locomoteur Foote.
- Fig. 32-35. — Mower (1890). Train réducteur, plan, coupe longitudinale et détail du train suivant x-x et y-y (fig. 33).
- le circuit extérieur L L' quand la dépense du train
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- est faible, et venant à son secours quand son travail augmente.
- M. Foote emploie aussi pour ses locomoteurs
- un embrayage électrique représenté par les figures 28 à 30. Dans ce dispositif, l’arbre A est fixe, et l’armature fait tourner autour de lui la gaine B, qui entraîne à rainure et languette deux électros D
- iiiiiiiiii
- Fig. 36. — Mower. Train réducteur (2‘ type), coupe longitudinale.
- reliés au circuit par les balais E et les collecteurs F. Lorsque le courant y passe, ces deux électros viennent se caler par leurs fa<:e§ sur celles de la pou-
- Fig. 57-39. — Détail et vue x'-x' (fig. 37), frein serré et frein desserré.
- lie ou du pignon en fer C, qui les entraînent par frottement.
- Ces faces sont, afin d’augmenter l’adhérence, segmentées comme en a. Le locomoteur représenté par la figure 31 perte deux de ces embrayages C et C, que l’on met alternativement en prise par le commutateur^), suivant que l’on veut actionner l’essieu moteur rapidement par N ou lentement par N'. Au repos, les deux embrayages sont dé-
- brayés et la dynamo peut facilement se lancer pour le démarrage. On peut, grâce à cette dispo-
- Fig. 40 et 41. — Embrayage hydraulique Wenstrom.
- sition, conserver constamment, à ,1a dynamo une vitesse peu différente de sa vitesse de régime ou de rendement maximum.
- L’armature de l’électromoteur de M. Moiver est
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- (fig. 32-35) enfilée directement sur un tube b, autour de l’essieu moteur, relié à ce manchon par
- Fig. 42. — Changement de marche Baldwin.
- un train d'engrenages réducteurs. Les inducteurs aiy a5, suspendus au châssis par des ressorts, sont
- attachés à une enveloppe cylindrique, également enfilée sur l’essieu, et qui protège tout l’ensemble du mécanisme.
- Le train réducteur est représenté en détail par les figures 34 et 35 ; il se compose d’un pignon &6, fixé au disque immobile b3, et d’un balancier b3, calé sur b, et entraînant autour du pignon bG, avec la vitesse de l’armature, les deux pignons b12, solidaires des pignons bn, en prise avec la roue b15, calée sur l’essieu. Si le pignon b6 a, par exemple, 32 dents et b15 34 dents, l’essieu tournera de deux dents seulement par tour de l’armature. Ce train réducteur, soigneusement enfermé, tourne dans un bain d’huile d.
- On retrouve les principaux éléments de ce mécanisme dans la disposition représentée par les figures 36-39, mais avec cette différence que le
- disque b3 et son pignon bB, au lieu d’être immuablement fixes, ne le deviennent que si l’on serre sur leur annexe c' un frein à bande c2 \ tant que ce frein n’est pas serré, l’essieu ne tourne pas.
- Le serrage s’opère en tournant la tige c5 des mâchoires c3à du frein, de manière que la came cs vienne, en passant de la position figure 39 à la position figure 38, rapprocher ces mâchoires c3, c,4. Le démarrage s’opère ainsi sans secousse, par le serrage progressif du frein c2 (1).
- On obtient aussi un démarrage très doux au moyen de l’embrayage hydraulique de Wenstrom. Le prolongement d de l’arbre moteur porte (fig. 40 et 41) une palette coulissante p autour de laquelle (*)
- (*) Voir dans La Lumière Electrique, 6 juillet 1890, p. 13; Le train réducteur de Main.
- tourne, comme le ferait l'enveloppe d’une pompe
- Fig. 46. — Commutateur Immisch. Ensemble du circuit.
- rotative une boîte cylindrique excentrée, entraînée
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- U
- Fig. 47 et 48. — Immisch. Détail des contacts.
- Fig- 49 et 5°- Commutateur Immisch (2* type). Vue de face et coupe diamétrale.
- lO-zP-
- A
- \ 1 i ! !
- i J x
- " i|L
- Fig. 53 et 54. — Immisch. Changement de marche.
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- par le pignon moteur. Tant que le robinet r est ouvert, l’eau ou l’huile qui remplit cette boîte passe librement d’un côté à l’autre de la palette et le pignon tourne fou sur son arbre, qu’il entraîne au contraire graduellement à mesure que l’on fermer.
- La transmision de M. G. Baldwin représentée par la figure 42 permet de changer la marche de l’essieu A sans faire même varier la vitesse de la dynamo qui commande la roue D, folle sur A, et solidaire du pignon C. Le pignon à denture intérieure I, le plateau E, la roue H sont aussi fous sur A. Pour démarrer, on serre le frein G, on embraye le plateau E avec A par l'embrayage L M, puis on serre le frein K, d’un coup de levier qui desserre en même temps G. Les pignons FF roulent alors dans l’engrenage I, fixé par son frein, et entraînent l’essieu par leur plateau E et l’embrayage intérieur M. Pour arrêter il suffit de desserrer K. Pour changer la marche on embraye par M' le plateau 1 avec A, et l’on serre G, de sorte que les pignons F F entraînent 1 et l’essieu en sens contraire de sa rotation primitive.
- Les commutateurs spécialement étudiés par M. Immisch pour les locomoteurs électriques se distinguent par quelques détails ingénieux.
- Ces appareils se composent essentiellement de deux parties distinctes : un interrupteurde courant ou coupe-circuit proprement dit et les commutateurs, enclenchés avec l’interrupteur de manière qu’ils ne peuvent fonctionner qu’à circuit ouvert.
- Les figures 43-4? représentent un appareil constitué par un coupe-circuit A et deux commutateurs C D, l’un pour les accumulateurs, par exemple, l’autre pour les moteurs.
- Le coupe-circuit A, qui interrompt ou rétablit graduellement le circuit par les touches 1, 2, 3, 4, (fig. 46) porte une came F, qui commande parla barre G les enclenchements G' G' des commutateurs, de manière qu’ils ne peuvent fonctionner qu’après l’ouverture du circuit.
- Ainsi qu’on le voit sur la figure 46, le déplacement du levier c vers la droite ou vers la gauche accouple les accumulateurs X X en série ou en quantité, ralentit ou accélère la marche du moteur, dont le levier d change la marche.
- Les commutateurs sont protégés de la poussière par les recouvrements h. Leurs contacts M sont en cuivre élastique; ils sont fixés à des ardoises O, faciles à enlever pour les réparations. Les bornes Q sont constituées par une rondelle de plomb serrée par un écrou.
- Le dernier contact 4 de l'interrupteur A porte une touche de charbon R (fig. 47 et 48)qui reçoit le courant d’une butée d’acier S, montée sur un levier T. Lorsque A vient sur 4, son taquet a' soulève T et rompt le circuit en SR. Afin de rendre la rupture
- X
- X
- X
- ' '
- X'
- Fig. 51 et 52. — Immisch. Manœuvre des commutateurs, schéma des circuits.
- du circuit aussi rapide que possible, le levier A est fou sur l’axe E, qui porte un bras U, à taquet u, pris dans la coulisse V de A, et frotte contre un ressort W.
- Lorsque l’on tourne E de manière à faire passer A du contact 1 au contact 4, le taquet Vattaque A par
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- le fond de sa coulisse, puis le repousse vivement par l’action du ressort tendu W, jusqu’au contact 2... et ainsi de suite jusqu’en 4.
- Le ressort Y assure le contact de S sur R avant que A ne vienne sur 4, et le ressort F' assure le maintient de A sur ses touches par sa prise dans les encoches du disque F solidaire de A.
- Dans la modification représentée par les figures 49 et 50. le bras C de l’interrupteur à rhéostat se
- ^ !
- —z
- Fig. 55 et 56. — Immisch. Détail du changement de marche.
- promène sur des touches conjuguées par des barres D. Ce bras porte au pivot E une tige d’acier F,qui passe à chaque contact sur leurs tiges I avec un frottement déterminé par le ressort G. Lorsque C passe de 4 à 5, par exemple, F lâche I5 et passe vivement sur I.(> par l’impulsion que G lui imprime autour de E avant que C n’arrive sur 4 ; les étincelles de rupture ne jaillissent ainsi qu’entre F et les tiges 1, faciles à remplacer.
- Le disque J, fou sur B, porte deux contacts L Li, mobiles sur les touches 699. disposées de manière à permettre d’accoupler à volonté en quantité ou
- en série les accumulateurs X, X, (fig. 5 1 et 52) ou aux touches 10 à 14 (fig. 53 et 54) dans le cas d’un changement de marche.
- Lorsque le levier C et le disque J sont dans leur position médiane, correspondant à la rupture du circuit, l’ancre M de J (fig. 50 et 55), mobile autour dew3 est rendue, par sa butée sur le disque fixe N, solidaire du rochet c' du levier C, de sorte que ce levier entraîne J et L L' dans son mouvement et détermine la marche du moteur. Cette détermination a lieu avant que le levier C n’ait tourné suffisamment pour fermer le circuit sur son premier contact 5.
- En ce moment, C marchant de gauche à droite, par exemple, M vient buter (fig. 56) sur la dent «'du disque fixe N, qui immobilise ainsi le changement de marche J, incapable de suivre C dans cette direction. En même temps, l’enfoncement de m' en n dégage c’ de M, et permet au levier C de continuer sa rotation.
- En outre l’ouverture a (fig. 50) est disposée de manière que l’on ne puisse en retirer le carré de la manivelle de manoeuvre de B que si le circuit est rompu. Comme il y a un de ces commutateurs à chaque extrémité du tramway et une seule manivelle, le commutateur inactif est forcément dans la position de rupture.
- Gustave Richard.
- (A suivre.)
- ÉTUDE COMPARÉE
- SUR LA TRACTION ÉLECTRIQUE
- ET SUR LA TRACTION ANIMALE
- DES TRAMCARS (4)
- Dans l’étude d'une exploitation de tramways, la question de traction est capitale; on ne saurait donc l’étudier avec trop de soins.
- Un des premiers points à résoudre, et qui est certainement le plus important — au point de vue technique et des conséquences qu’il a de tous genres — c’est la détermination de l’effort moyen de traction par tonne traînée sur le parcours considéré, en comprenant toutes les circon-
- (•) La Lumière Electrique, t. XXXVI, p. ioi, 168, 216, 268, 316 et 372.
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- stances : comme paliers, rampes, descentes, lignes droites et lignes courbes, allures diverses, arrêts et. démarrages probables, etc., etc.
- Une fois fixé, aussi bien que faire se pourra, sur ces circonstances, il faudra tracer la courbe des efforts aux vitesses normales acceptées, tant pour l’aller que pour le retour du trajet étudié, et en dégager l’ordonnée moyenne ou effort moyen par tonne traînée. Dans ces calculs préliminaires il est bon de compter largement afin de ne pas avoir de mécomptes dans l’exploitation ultérieure.
- Cette courbe des efforts est en général très mouvementée, et l’effort moyen très différent d’une ligne à l’autre, lors même qu’il s’agit des divers trajets d'une même ville.
- A première vue, et dans les trajets courants des villes, c’est-à-dire comportant des rampes ou descentes généralement admises, on pourrait être tenté de croire que l’effort moyen par tonne, si l’on comprend l’aller et le retour, varie dans des limites aseez restreintes, les rampes dans un sens devenant des descentes dans l’autre et vice versa, mais il n’en est rien.
- En effet, pour fixer les idées, supposons par exemple que pour traîner à une certaine allure une tonne en palier et en ligne droite sur une voie de tramway bien entretenue, avec des rails Marsillon, l’effort soit de 6 kilog. ; pour traîner le même poids sur une rampe de 14 millimètres par mètre, par exemple, toutes choses égales d’ailleurs, il faudra un effort de 6 + 14 = 20 kilog.
- Au retour la rampe de 14 millimètres deviendra descente, et chaque tonne traînée sera sollicitée par un effort de 14 kilog., mais comme par hypothèse un effort de 6 kilog. est suffisant pour donner la vitesse voulue à la voiture, il faudra donc que le cocher fasse usage du frein et que ce frein absorbe en pure perte le travail correspondant aux 8 kilog. restant sur les 14, afin d’empêcher que l’allure ne s’accélère, ce qu’elle ferait d’une manière constante sans le frein. En pratique même il arrive plutôt qu’on fait absorber un peu plus au frein, quitte à faire travailler un tant soit peu le moteur.
- 11 n’y aura donc pas compensation, car l’effort ayant été de 20 kilog. à l’aller, et de zéro au retour, l’effort moyen ressort donc à 10 kilog. avec cette inclnaison de 14 millimètres par mètre, tandis qu’on devrait avoir seulement 6 kilog. s’il y avait eu compensation.
- Théoriquement la compensation n’aurait lieu que si les descentes n’avaient jamais une inclinaison supérieure à celle qui est capable de fournir l’allure voulue, afin que le frein n’ait jamais à absorber de travail et devienne conséquemment inutile.
- Plus les inclinaisons seront supérieures à ce que l’on peut appeler l’inclinaison d’équilibre, plus l’effort moyen dépassera l’effort moyen normal en palier.
- Nous ne saurions trop rappeler qu’en pratique une foule d’aufres circonstances font encore varier l’effort moyen : l’état de la voie, les courbes, les différences d’allure, les démarrages, les arrêts brusques forcés, etc., ces derniers en tous cas nécessitant l’usage de freins et conséquemment une perte de travail.
- A titre de renseignement nous donnons ci-après un tableau d’expériences, déjà un peu anciennes puisqu’elles datent de 1877 et 1878, sur les efforts de traction par tonne traînée sur diverses lignes de tramways de Paris.
- Ces essais ont élé faits par la Compagnie générale des omnibus. On lestait les voitures avec des sacs de manière à ce que tout l’ensemble, c’est à-dire y compris le poids de la voiture elle-même, pesât 6000 kilogrammes; l’allure était celle des voitures en service normal; on arrêtait à tous les bureaux de correspondance, et enfin on faisait un trajet aller et un trajet retour.
- Ces essais ont donc été faits presque dans les
- Désignation des lignes Longueur de - lu ligue Longueur des deux parcours aller et retour Effort moyen par tonne traînée sur les deux parcours aller et retour
- Louvre à Vincennes métros métrés kilogs
- 8 045 16 090 10,412
- Villette à l'Etoile 7 365 14 750 '2,493
- Villette au Trône Cours de Vincennes aux 4 5'o 9 020 11,656 '
- Halles s 376 10 752 8,541
- Gare de l'Est à Montrouge. La Chapelle au Square 6 170 12 340 9,056
- Monge 6 228 12 456 11,730
- Saint-Ouen à la Bastille... 6 8iq 13 638 13,130
- Passy au Louvre 6 225 12 450 ",373
- Louvre à Charenton 8 153 16 306 8,290
- Bastille au pont de l’Alma. Gare d’Orléans au pont de 5 3“ 11 044 8,232
- l’Alma 5 560 11 120 6,466
- Muette à la rue Tronchet. 5 520 11 040 10,525
- mêmes circonstances qù’en service ordinaire'; il y a cependant à signaler l’omission des arrêts et des
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- démarrages pour voyageurs isolés et autres causes, entre les bureaux de correspondance, ce qui en service courant augmenterait peu, mais non d’une manière négligeable, les efforts moyens de traction par tonne traînée.
- L’examen de ce tableau — où l’on voit que l’effort moyen par tonne traînée varie de 6,466 kilog. (ligne de la gare d’Orléans au pont de l’Alma) à 13,130 kilog. (ligne de Saint-Ouen à la Bastîîle) — montre avec quel soin on doit se rendre compte pour chaque trajet de l’effort de traction, — puisque de cet effort découlent directement l’estimation et la variation de presque toutes les dépenses de la traction pure, et indirectement celles de plusieurs autres dépenses d’administration, etc.
- Paul Gadot.
- histoire
- DES BATTERIES SECONDAIRES (»)
- Le procédé électrométalkirgique de Keith et sa batterie à solution de sels de plomb. — Le marquis Tommasi. — Les plaques gaufrées de Kabatli De Changy. — La pile secondaire Jablochkoff au pélrole et à plaques d’argent. — Maiche et l’électrolyse du sel ammoniac. — Muirhead. — Al. Watt Grout et E. Jones, leur charbon combiné au plomb poreux. — L’accumulateur Pillans-Laurie à l’iodure et au chlorure de zinc en solution, avec électrodes de zinc et de cuivre. — Edison ; la pile au plomb entièrement adjointe à une source mécanique d’électricité. — French Saint-Georges recourt au chromate de plomb.
- N. S. KEITH
- En 1878, N. S. Keith, de Brooklyn, avait découvert un procédé électrolytique pour affiner le plomb dont on trouve la description dans tous les traités de métallurgie.
- De 1878 à 1883 il appliqua son procédé électrométallurgique aux batteries secondaires. Son accumulateur genre Planté était basé sur l’oxydation et la réduction du plomb, et Keith débutait en disant que l’objet qu’il avait en vue était le bon marché, la facilité de fabrication, l’augmentation de la capacité électrique, etc.
- (') La Lumière Electrique du 22 novembre 1S90, p. 569.
- La matière active de son anode était du plomb finement divisé qu’il avait déposé électrolytique-ment. Celle de sa cathode était du plomb spongieux déposé de Ja même manière, et les deux électrodes (ou une seule électrode parfois) étaient dans une enveloppe poreuse.
- La puissance et la capacité d’une batterie secondaire, disait-il, dépendent de la quantité de plomb spongieux et de peroxyde qu’on peut déposer et fixer 5,111' les électrodes.
- Il se servait d’une solution neutre ou alcaline de sel de plomb, tel que l’acétate ou le nitrate. Il y plaçait ses électrodes de plomb enveloppées dans un sac et faisait passer le courant dans la solution de façon à obtenir d’un côté du peroxyde, et de l’autre ce qu’il appelait un sous-oxyde en se motivant sur ce qu’il y a tant de degrés différents dans l’oxydation du plomb qu’il est difficile de dire en présence duquel on se trouve.
- L’observation qu’il fait, et sur laquelle il insiste, est que les plaques poreuses sont électro-positives vis à vis des plaques peroxydées, et que les plaques qui sont électro-positives quand elles sont traversées par le courant deviennent électro-négatives dès qu’elles ne sont plus sous l’action du courant; et réciproquement pour les plaques électro-négatives.
- Les électrodes une fois prêtes, il les disposait dans une solution composée de 1 partie d’acide sulfurique et de 10 à 12 parties d’eau.
- Et voici comment il établissait la différence qu’il trouvait entre ses batteries et celles de Planté :
- « Je n’ignore pas qu’on a formé avant moi du peroxyde de plomb sur des électrodes de plomb au moyen du courant électrique, notamment dans le cas des batteries bien connues de Planté; mais ces oxydes étaient formés du plomb des électrodes elles-mêmes par voie de décomposition de l’eau sur leurs surfaces, tandis que moi je les dépose d’une solution de plomb dans laquelle elles sont immergées.
- « Dans la batterie Planté, l’oxyde n’est formé, même en petite quantité et pour des usages presque sans importance, qu’après de nombreuses opérations successives de charge et de décharge qui sont longues et dispendieuses; mon procédé me permet de former une plaque et de lui donner toute la capacité désirable en une seule opération. »
- PendantqueKeithétaitentrain de démontrerque ses plaques ne se préparaient pas comme celles de
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- Planté, il aurait pu imiter Brush qui, en 1883, faisait ressortir la différence de ses électrodes et de celles de Kirchof qui, lui aussi, et bien avant Keith, déposait du plomb de sa solution.
- F. TOMMASI
- On ne parla pas très longtemps de l’accumulateur Tommasi, et c’est un fait digne de remarque que le silence dédaigneux que des électriciens qui se sont occupés de piles secondaires gardent dans leurs livres sur la batterie Tommasi qui, si elle avait été bien comprise, bien exploitée et travaillée, aurait peut-être fait surgir des améliorations qui l’auraient rendue industriellement applicable.
- 11 ne faut oublier ri les disparus ni les vaincus. Chacun, dans la mesure de son talent et de ses forces, fait quelque chose, crée quelque Chose. Le marquis Tommasi, si nous nous en souvenons bien, a été le premier qui chercha à utiliser la force de rotation des essieux de chemins de fer pour actionner une dynamo placée dans le train et en envoyer le courant aux lampes installées dans les wagons.
- Quant à sa batterie, qui-a disparu il y a déjà longtemps, voici la description, qu’il en a faite lui-même et qui mérite d’être connue, attendu que nous aurons l’occasion de voir bien des électriciens s’inspirer de l’accumulateur Tommasi pour faire le leur :
- << La quantité d’électricité accumulée dépend surtout de la surface attaquée par lé courant et de l’épaisseur de la couche de peroxyde formée. De plus, la promptitude de la charge d’un élément secondaire dépend du plus ou moins de facilité aveclaquelle le métal sera attaqué et rendit spongieux.
- « Cet élément secondaire est composé d’une plaque de plomb d’environ 2 millimètres d’épaisseur et de hauteur et de largeur convenables. Cette plaque est venue de fonte avec des cloisons de même épaisseur ou à peu près, faisant un angle de 30 à 400 avec son plan.
- « Ces cloisons ont à peu près 35 millimètres de largeur et une longueur en rapport avec les dimensions de l i plaque, de manière que celle-ci forme une étagère fermée, à rayons multiples de 35 mil-mètres environ de profondeur. Les cloisons sont en nombre suffisant pour laisser entre elles uli espace vide de 5 millimètres environ.
- « Deux étagères semblables sont placées en face l’une de l’autre et séparées au moyen de taquets par un espace d’un centimètre environ; elles sont contenues dans une boîte en caoutchouc durci.
- « Les espaces vides entre lescloisonsou les rayons de l’étagère sont remplis avec des feuilles de plomb laminé de 1/12 de millimètre d’épaisseur; ces petites feuilles sont'placées régulièrement ou irrégulièrement; le vase est rempli avec de l’eau acidulée d’acide sulfurique au 1/10 et l'élément se charge comme un élément Planté ordinaire.
- « Grâce à la ténuité extrême des lames de plomb qui sont placées respectivement entre les cloisons, la surface attaquée est extrêmement grande et le métal facilement dissous. Le plomb est déjà à 1 état presque spongieux avant le chargement du couple. Grâce à l’inclinaison des cloisons sur les plaques, le peroxyde formé ne peut pas tomber au fond du vase.
- « Une autre disposition consiste à supprimer les petites feuilles minces de plomb qui sont mises dans les intervalles des cloisons et à réduire l’espace entre les cloisons de 5 à 2 millimètres et à faire les deux plaques avec leurs cloisons en un alliage de plomb et d’étain.
- « Dans ces conditions, on traite séparément chaque étagère pour extraire l’étain de l’alliage et laisser un seul métal poreux dont les pores remplaceraient l’étain qui existait avant son extraction. On place l’une après l’autre chacune de ces pièces au pôle positif d’un bain d’eau acidulée d’acide sulfurique au 1/10 et l’on y fait passer le courant. Tout l’étain de l’alliage disparaît et il reste un métal de plomb spongieux dans toute son épaisseur qui constitue le meilleur élément secondaire et le plus promptement chargé qui puisse se faire.
- « Enfin, on remplit les intervalles entre les cloisons des plaques avec de la limaille fine de plomb. ou mieux encore avec le plomb précipité d’un de ses sels par le fer, le %inc et le cuivre. Cette préparation, connue sous le nom d'arbre de Saturne, procure le métal le plus divisé et le plus perméable que l’on puisse avoir; elle ne rentre en rien dans la galvanoplastie du plomb et je m’en réserve dans le présent brevet l’emploi exclusif pour la pile secondaire. »
- Les traits caractéristiques de cette pile secondaire sont, comme on l’a vu :
- La forme en étagère avec cloisons inclinées donnée
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- aux plaques métalliques plongées dans l’eau acidulée ;
- L'emploi de feuilles de plomb laminé à l’infini dans les espacesvides entre les cloisons, ces feuilles étant disposées régulièrement ou irrégulièrement, l’emploi du métal spongieux produit par la décomposition électrique d'un alliage de plomb et d'étain ;
- L’emploi du métal obtenu par la préparation dite arbre de Saturne, dans les cloisons;
- La combinaison des étagères à cloisons inclinées avec des feuilles métalliques laminées très minces.
- Ce système avait sa valeur comme nouveauté et comme application électro-chimique, et j’ai tenu à le sortir de l’oubli parce qu’il mérite plus d’être connu que bien d’autres accumulateurs qui ne se distinguent ni par le principe sur lequel ils sont basés ni par les qualités que leur assure leur construction. On a vu plus haut comment Keith traitait électro-métallurgiquement le plomb de ses batteries secondaires. La manière dont Tommasi faic son plomb poreux est non seulement ingénieuse, mais expéditive, et donne des résultats très efficaces. Sans doute ce procédé de réduction était connu (on n’a qu’à se reporter aux travaux de Becquerel (1) et à sa pile au sulfate de plomb réduite par le zinc que Duhamel a décrite), mais Tommasi a été le premier à l’appliquer aux batteries secondaires, et plusieurs électriciens le firent •après lui, parmi lesquels Edison, qui a échoué en voulant, lui aussi, utiliser l’arbre de Saturne.
- KABATH
- L’accumulateur Kabath fit beaucoup parler de lui à une certaine époque; il relève directement des éléments Planté, mais il offre plus de surface parce que ses électrodes de plomb mince enfermées dans un cadre en plomb perforé sont gaufrées et empilées les unes sur les autres de façon à ce que l’électrolyte circule. Les défauts qu’on lui a reprochés sont que le plomb en se peroxydant se gonflait, rapprochait les lanières et supprimait l’avantage de la grande surface; et que les plaques étant très minces, la résistance augmentait et l’appareil était mis hors d’usage.
- Comme Planté, Kabath se servait d’acide nitrique pour activer la formation ; il en ajoutait i/ioo
- (i) Becquerf.l, Comptes rendus,\8y], 1S46.
- à l’eau acidée d’acide sulfurique, et cela toutes les 20 heures, pendant les 200 premières heures de formation, qui avait lieu aussi par une série de charges et de décharges en sens inverse.
- Le type Kabath a été décrit à satiété dans tous les livres d’électricité. 11 a fait son temps ; il est connu de chacun. Je ne parlerai pas de cet accumulateur, que j’appellerais volontiers antédiluvien, mais qui fit grande sensation à l’époque primitive où il parut. J’aurai l’occasion de revenir sur les accumulateurs Kabath quand je décrirai le type qu’il a baptisé du nom de Briquette et qu'il a breveté en Italie avec Rognatta en 1885. La caractéristique de ce type Briquette, c’est que la quantité de courant est très faible, ce qui le rend applicable aux téléphones, télégraphes, etc. On voit que Kabath a abandonné les rêves de l’application de ses batteries à l’éclairage, à la traction, etc.
- DE CHANGY
- 11 y a beaucoup d’imagination dans la construction de la pile secondaire Changy; parmi les moyens indiqués, quel est le meilleur, quel est le bon ? On va en juger.
- Dans le principe, elle se composait de bioxyde de plomb, de bioxyde de manganèse, de bioxyde de baryum, de bioxyde de fer, de permanganate de potasse.
- Ces substances étaient mises à l’état de bouillie dans des sacs en papier parcheminé ou dans des vases poreux dans lesquels était une électrode de charbon de cornue, et le tout était plongé dans un vase contenant un liquide acidulé au 10e d’acide sulfurique, ou une solution de sel ammoniac au 20e.
- Les deux électrodes étaient en charbon. Donc destruction lente de l’anode avec mauvais contact et action locale dans la bouillie.
- Peu de temps après, ces électrodes furent remplacées par de la grenaille de plomb et de petits morceaux de charbon.
- Dans les deux compartiments d’un vase au milieu duquel était un diaphragme poreux on mettait de la grenaille jusqu’aux bords, et au milieu de ces cellules pleines de grenaille était plongée une lame de plomb.
- En 1882, ce procédé fut modifié de la façon suivante. La grenaille spéciale qui était employée était appelée éponge de plomb; la séparation des
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- deux pôles avait lieu au moyen de feutre contourné en S et replié sous les électrodes de façon à former sac, et deux plaques de plomb sur lesquelles s’effectuait la prise de courant s’appuyaient sur le feutre pour le maintenir rigide.
- Ce n’est pas encore tout; un autre perfectionnement consistait à découper dans une toile métallique de plomb des plaques, qui étaient disposées dans un vase comme les plaques Planté. Puis ce fut abandonné pour l’agglomération de la grenaille ou de l’éponge pour n’en former qu’une plaque dans laquelle se trouvait un nombre infini de cellules et qui présentait une sorte de porosité; et enfin les plaques furent composées non seulement de plomb de chasse ou d’éponge de plomb, mais de rubans, planures, tournures, ébarbures, déchets tassés les uns contre les autres ou comprimés.
- Tout cela, c’est le tâtonnement de l’enfance de l’art. On a vu Planté produire des courants secondaires à l’aide de plaques de plomb; on suit ses traces et on cherche à trouver d’autres plaques qui soient supposées avoir des avantages que l’expérience n’a pas sanctionnés cependant et qui doivent être formées comme les plaques Planté. Quant à la capacité de ces plaques, il n’en a jamais été parlé. Etaient-elles moins lourdes que les éléments Planté? Coûtaient-elles moins cher? C’est peu probable, ou plutôt ce n’est pas probable.
- P. JABLOCHKOFF
- L’histoire des batteries secondaires est un peu celle des aberrations de l’esprit humain ; nous verrons au courant de ces articles combien l’ingéniosité des uns a été extravagante et combien la folle du logis, l’imagination sans les conseils de la science, s’est donné carrière dans les champs de l'inconnu et de l’impossibilité, tandis que, d’autre part, la majorité des faiseurs de batteries seçondaires n’est composée que de serviles imitateurs, d’adaptateurs et de plagiaires.
- Jablochkoff, partant de cette théorie (?) que dans toutes les batteries secondaires la polarisation est due au dépôt de bulles de gaz résultant de la décomposition de l’électrolyte disait que Planté, afin d’augmenter la puissance de la batterie, avait déposé sur le plomb une couche d’oxyde qui rendait la surface de la plaque rugueuse et poreuse. Les pores, par conséquent, augmentaient la surface
- des plaques, mais ne changeaient pas la capacité de polarisation des électrodes, et il a été prouvé que les surfaces polies se polarisent plus fortement que les autres.
- 11 ne semble pas, prima facie, que Jablochkoff ait bien vu quel était le but de Planté quand il oxydait d’un côté et réduisait de l’autre des plaques de plomb. Quant aux bulles de gaz, la question a été jugée depuis longtemps.
- Le système Jablochkoff mérite d’être décrit à cause de son étrangeté. J’en parle quoi qu’il soit mort-né. 11 consistait à polariser les électrodes en les couvrant d’huile ou d’autres corps gras, mais préférablement d’hydrocarbure et de pétrole. S’il avait réussi, Jablochkoff aurait sans doute établi une station électrique à Bakou, d’où il aurait envoyé des courants puissants dans toute la Russie. Son raisonnement était que ces corps retiennent les charges électriques sur les électrodes et fonctionnent à peu près comme les couches huileuses et résineuses dont sont couvertes les surfaces des électrophones et des condensateurs statiques d’électricite.
- Ses plaques, qui étaient en bel et bon argent massif, ce qui n’est pas prodigieusement économique, étaient plongées dans de l’eau et de l’huile, 11 proposait de remplacer l’eau par une solution ammoniacale et faisait ressortir l’avantage qu’il y avait dans la grande résistance de sa batterie, dont la décharge s’effectuait beaucoup plus lentement.
- On se faisait évidemment de singulières idées, il y a une dizaine d’années, sur les batteries secondaires.
- L. MAICHH
- , Maiche, on s’en souvient peut-être, fut pris à partie par Reynier d’une façon assez violente : << A l’Exposition de 1881, M. Maiche annonçait la régénération électrique des piles Leclanché : en fait, c’était proposer un accumulateur zinc-manganèse ; mais il n’y avait là qu’une indication. Le couple secondaire zinc-manganèse semble propre à fournir, moyennant des dispositifs appropriés, un bon accumulateur, mais les piles très résistantes de Leclanché n’en sauraient être le type. D’ailleurs, M. Maiche, commettant un singulier contre sens, avait affiché la suppression des accumulateurs ! et la forme de cette réclame n’était point faite pour retenir l’attention des électriciens sérieux. »
- Maiche cependant ne prétendait pas faire , des
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- accumulateurs. 11 disait simplement, ce qui est parfaitement vrai, qu’en envoyant dans une batterie galvanique un courant électrique dans un sens inverse à la direction du courant engendré il produisait sur les corps décomposés par le^ premier courant une action contraire qui les reconstituait.
- La régénération électrolytique de l’acide chro-mique, celle des chlorures, etc., sont choses bien connues, et il n’est pas douteux que Maiche ait dit vrai quand il a parlé.de la régénération des piles au peroxyde de manganèse dans une solution de sel ammoniaque.
- Seulement on ne peut qu’être en désaccord avec lui en ce qui touche l'innocuité de cette opération, qui pourrait bien décomposer violemment les imprudents qui voudraient envoyer pendant quelques heures, comme le conseille Maiche, un fort courant de dynamo dans une solution de sel ammoniac.
- Rien n’est dangereux comme l’électrolyse du chlorure d’ammonium, surtout quand il est en solution assez concentrée, ainsi que c’est le cas avec les piles, et il y a bien des années déjà Spragüe dans son livre intitulé Electricity, its théories, sources and applications disait : « Le chlorure d’ammonium se décompose en ammonium N H4, qui se résout en N H3 + H à la cathode, et en Cl à l’anode, et le chlore réagit partiellement sur le sel et forme des gouttes de chlorure d’azote, qu’on ne peut manipuler qu’avec la plus grande difficulté, N H4 Cl +6 Cl = 4 H Cl + N Cl3. Je donne cette formule pour simplifier la chose, mais personne ne sait ce que c’est que le chlorure d’azote. Les uns disent que c’est réellement H Cl2 N4 Cl3 N, mais son analyse présente beaucoup de difficultés et très peu de charmes. »
- A. MUIRHEAD
- Parmi les essais abandonnés, je citerai celui de A. Muirhead (de la maison Latimer-Clarke et Muirhead, bien connue de tous les électriciens), qui voulait, lui aussi, se servir de feuilles très minces de plomb, d’étain ou d’alliage de plomb et de manganèse, qu’il mettait en communication, les plaques paires avec un des pôles d’une dynamo, les plaques impaires avec l’autre pôle. C’était une réédition du procédé Planté qui avait été abandonné parce que les feuilles minces des
- positives se recroquevillaient et formaient des courts circuits et que ces éléments péchaient par le manque de durée et de solidité.
- DeMéritens, lui aussi, dutrenonceràcedispositif, qui en 1886 fut repris en Angleterre avec autant, pour ne pas dire plus d’insuccès. Muirhead eut recours pour empêcher les courts circuits à l’interposition de feuilles de papier trempées dans la glycérine ou de papier parcheminé, mais la résistance était tellement grande qu’il fallut y renoncer. Je ne parle qu’en passant de l’idée qu’il avait eue de revêtir ses plaques positives d’oxyde de plomb et de peroxyde de manganèse et ses négatives de nitrate de plomb. Pour un électricien comme Muirhead l’idée était assez pauvre.
- A. WATT
- L’auteur de YElectro déposition of Gold and Silver, Alexandre Watt, lui aussi, chercha à faire des accumulateurs.
- 11 suffira d’en lire la description abrégée pour se rendre compte de l’insuffisance du procédé, au point de vue théorique et pratique.
- 11 couvrait des plaques de plomb d’un mélange d’hydrate de chaux, de peroxyde de manganèse et de chlorure de sodium ou de magnésium, ou bien de ce sous-produit de la fabrication du chlore qu’on appelle la boue de Weldon. 11 se servait d’un vase poreux. Au lieu de plomb il voulut recourir au charbon et au sulfate de manganèse, qui formait du peroxyde de manganèse à l’anode. Mais ce moyen ne lui donna que des résultats peu encourageants.
- Un second procédé sur lequel il faudrait de grandes expériences consistait à avoir des couches alternatives de charbon et de peroxyde de manganèse granulé, disposées verticalement et séparées par des diaphragmes de laine .ou de feutre. Son électrolyte était une solution de chlorhydrate d’ammoniaque ou de sel marin. Celui-là aussi était un véritable accumulateur de résistance. Le reste de ses autres dispositifs est une adaptation des piles Leclanché. Maiche, on vient de le voir plus haut, avait pensé à utiliser le manganèse et le sel ammoniac.
- Sans doute il ne fut pas satisfait, et pour cause, des résultats qu’il obtenait, caf" en 1882 il eut I l’idée que d’autres eurent aussi sans plus de suc-] cès que lui de faire un alliage de plomb et de zinc
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- ou de métal électro-positif par rapport au plomb, qu’il obtenait sous forme de métal granulé en le versant dans de l'eau froide, comme du vulgaire plomb de chasse, ou en le désagrégeant au moyen d’un jet de vapeur surchauffée pour en faire une masse fibreuse et pour ainsi dire laineuse. De ce métal ainsi préparé il fabriquait des plaques ou des blocs qu’il comprimait, et au moyen d’acide il dissolvait lezinc pour arriver à donner au plomb une certaine porosité.
- Rien de pratique, comme on le voit, dans cet accumulateur de l’auteur de Y Électro-métallurgie, etc.
- Pour en finir avec cette batterie, je dirai que Watt se servait comme électrolyte d’une solution aqueuse d’acide sulfurique, d’acide phosphorique ou d’acide borique, soit seuls, soit mélangés.
- GROUT ET E. JONES
- Vers la fin de décembre 1881, Groûtet E. Jones, de Londres déposèrent une demande de brevet pour batteries secondaires ou de polarisation pour Vemmagasinement de l’énergie électrique qui a, je crois, passé inaperçue de tous, mais qu’en fidèle historien je vais décrire, afin de pouvoir bien montrer que presque tous les systèmes de batteries proposés, brevetés, ou soi-disant inventés, n’ont été que des pastiches des batteries que les électriciens de 1881-82 et 1883 ont trouvées, et sur lesquelles d’autres ont voulu jouer des variations plus ou moins originales. Ceux qui sont venus après les électriciens de 1881 à 1883 ont profité des leçons de leurs prédécesseurs et surtout de leurs échecs. Ils ont recueilli d’emblée les fruits de l’expérience des électriciens qui avaient créé les accumulateurs et qui en même temps en ont créé l’outillage, les appareils, les accessoires, en un mot toute la branche industrielle. Grout et Jones ont eu beaucoup d’imitateurs, et cela tient probablement à ce que le principe de leur accumulateur, quoique faux, était très séduisant etsejn-blait facile à réaliser.
- Dès les premiers jours des accumulateurs, l'attention s’est portée sur le rôle du charbon comme anode ou comme cathode, mais surtout comme anode, soit seul, soit en combinaison avec un autre corps métallique ou non, et à partir de ce temps la kyrielle des accumulateurs à charbon s’est allongée de toutes sortes de combinaisons plus ou
- moins ingénieuses, plus ou moins heureuses, dans lesquelles l’ingrédient principal était le charbon. J’entrerai plus tard dans la discussion relative à l’emploi du charbon au pôle positif, pour démontrer l’erreur dans laquelle on est tombé.
- Avant Grout et Jones, le D1’ Siemens avait cherché à combiner le charbon et le plomb, en plongeant des blocs de charbon de bois ou de cornue dans une solution d’acétate de plomb ou autre sel de plomb, et en réduisant le sel de plomb à l’état métallique dans les pores du charbon en le soumettant à la chaleur rouge dans un vase clos, mais il n’y avait que peu do métal en combinaison avec le charbon, et encore n’était-ce qu’à la surface.
- Grout et Jones ne virent dans le système Siemens que le défaut matériel et non le vice fondamental de l’union du plomb et du charbon, et ils se mirent à fabriquer des plaques de plomb et de charbon à la façon dont on fabrique du charbon électrique. Ils prenaient de la farine, de l’amidon et des matières végétales ou animales susceptibles d'être carbpnisées qu’ils mélangeaient avec un sel de plomb; ils en faisaient une pâte avec de l’huile, du sirop ou toute autre substance agglutinante et capable de produire une masse plas- -tique qu’on pût mouler. Us séchaient, puis chauffaient cette masse et réduisaient le sel ou l’oxyde de plomb à l’état métallique dans les pores du charbon et obtenaient ainsi une surface très large et d’un grand effet pour l'action chimique.
- Déjà on songeait à la porosité, et quand ils voulaient une plaque ou un bloc très poreux, ils faisaient leur pâte de farine et d’oxyde de plomb avec du levain ; ils la laissaient fermenter, puis la faisaient cuire et carboniser.
- D’autres fois, ils faisaient une pâte un peu plus liquide dont ils couvraient au pinceau du papier, de la toile ou d’autres substances qu’ils pliaient ou roulaient et carbonisaient ensuite. Ils atta-_ chaient une certaine importance à l’emploi de la poudre de charbon métallisé qu’ils préparaient en mélangeant un sel de plomb avec du charbon de bois, de la sciure de bois carbonisée, et ils soumettaient le tout à une chaleur réductrice en vase clos, car d’après eux le charbon métallisé avait une puissance énorme d'absorption d’oxygène et d’autres gaz, telle que dans certains cas le métal prenait feu si on l’exposait à l’air.
- On voit que Grout et Jones n’étaient pas encore bien au courant des phénomènes qui se produi-
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- sent dans les plaques de plomb réduit ou dans les plaques positives que travaille iniérieurement et rapidement une action locale.
- La seconde partie du système Grout et Jones consistait à prendre une plaque ou un bloc de charbon ou de plomb comme conducteur qu’ils enfouissaient dans de la poussière de plomb, ou autour duquel ils entassaient une masse de plomb réduit en poudre ou en grains; de cette façon ils avaient une électrode à grande surface qu’ils pouvaient facilement former et charger. Cette poussière de plomb, ils l’obtenaient en faisant fondre du plomb auquel ils ajoutaient de la poudre de charbon; le mélange était constamment brassé et trituré jusqu’à refroidissement, et à la fin de l’opération on avait de la poudre de plomb.
- Nous retrouverons bien des fois reproduite cette idée d’un conducteur noyé dans du plomb réduit; et plus d’un réinventera cette façon de faire du plomb en poudre.
- PILL1ANS-LAURIE
- Notons en terminant la revue des batteries secondaire de 1881 l’idée de Pillans-Laurie de construire un accumulateur dont l’électrolyte était une solution d’iodure de zinc. Ses électrodes étaient l’une de zinc et l’autre de charbon. Quand le courant de charge passait, il déposait du zinc sur le zinc et l’iode se dégageait sur le charbon. Laurie laissa tomber son brevet en déchéance, mais à plusieurs reprises l’idée de déposer sur l’électrode le métal de l’électrolyte pendant la charge et de la faire rentrer en solution pendant la décharge a été mise en application par d’autres électriciens.
- Il avait aussi songé à utiliser le chlore et il semble qu’il ait travaillé l’accumulateur au chlore beaucoup plus que celui à l’iode. C’est donc lui que nous devons considérer comme le premier qui ait utilisé les sels halogènes. Au milieu de tant de soi-disant inventions et d’appareils sans la moindre originalité, Laurie est certainement le seul qui soit entré j usqu’à présent dans une voie nouvelle.
- Dans sa batterie au chlore, ses deux électrodes étaient en cuivre et son électrolyte était une solution de chlorure de zinc.
- Sous l’action du courant primaire le zinc allait se déposer à la cathode, et il se dégageait du chlore
- à l’anode qui formait du chlorure cuivreux sous forme d’un précipité blanc insoluble.
- Dans ces conditions-là, la batterie état chargée et donnait son courant secondaire jusqu’à complète transformation du zinc de la cathode en chlorure de zinc et reconstitution du cuivre qui était en combinaison avec le chlore pour faire du chlorure cuivreux.
- Cette décomposition et cette recomposition se reproduisaient à chaque charge et décharge de l’accumulateur.
- 11 fallait empêcher la diffusion du chlorure de cuivre qui, s’il avait été en contact avec le zinc, aurait été réduit. Laurie eut recours au papier parchemin. Nous verrons à quel artifice eurent recours Fichet et Nodon pour obvier à cette diffusion.
- EDISON
- Edison, qui depuis a renié les accumulateurs, leurs plaques et leurs électrolytes, imagina en 1882 un système perfectionné de distribution de l’électricité pour l'éclairage, la force motrice et autres destinations qui était basé sur l’emploi des accumulateurs, et dont je vais donner quelques fragments :
- Afin d’employer un courant de haute tension dans les conducteurs principaux, des piles secondaires sont placées entre les lampes et la source d’énergie électrique, ces piles secondaires étant d’abord chargées par la source d’énergie et ensuite déchargées dans les lampes, moteurs ou autres dispositifs de transformation. Une pile secondaire peut se placer dans chaque maison ou bâtiment, et ces piles secondaires sont reliées en série dans un ou plusieurs circuits principaux, ou bien peuvent être disposées en arc multiple.
- Pour empêchér une perte d’énergie, on se sert d’un dispositif automatique pour rompre le circuit de chargement de chaque pile secondaire et fermer simultanément le circuit aux lampes alimentées par cette pile, lorsque la pile est complètement chargée, sans rompre le circuit des autres piles secondaires chargées par les mêmes conducteurs principaux. Le même dispositif automatique ouvre également le circuit des lampes et fermera le circuit de chargement par la pile secondaire, lorsque cétte pile secondaire a été déchargée à un degré déterminé.
- Ce dispositif automatique peut être un fléau
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- ou balancier supporté ou suspendu par le centre, portant un poids à une extrémité, et une électrode d’un vase ou cellule électrolytique à l’autre extrémité, ayant de préférence des électrodes de %inc amalgamé immergées dans une solution de sulfate de %inc.
- Le chargement de la pile secondaire produit un dépôt sur l’électrode suspendue de la cellule qui, lorsque la pile est complètement chargée, contrebalance le poids et fait basculer le fléau en rompant le circuit de chargement de la pile aux cuvettes de mercure, et en complétant le circuit des lampes aux autres cuvettes à mercure et également le circuit par un électro-aimant qui déplace un levier fermant une dérivation autour de l’appareil. La décharge de la pile secondaire fait partir le métal de l’électrode suspendue de la cellule jusqu’à ce que le poids la contrebalance et que le fléau bascule en rompant le circuit des lampes, en complétant le circuit de chargement par la pile, et en rompant le circuit de l'aimant, et fermant la dérivation, et en établissant le circuit d’un autre électro-aimant qui ouvre le circuit dérivé.
- Le langage d’Edison était celui-ci (il est essentiel qu’on écoute ce grand électricien développer sa théorie sur un sujet que plus tard il regretta sans doute d’avoir abordé) :
- L’<adjonction des piles secondaires à une source mécanique d'électricité, objet principal de mon invention, peut se prêter même à d’autres combinaisons dont je vais maintenant donner la description.
- 11 s’agit toujours d‘utiliser des courants de haute tension sur les conducteurs principaux d’un système de distribution électrique alimentant des lampes ou autres récepteurs disposés dans des circuits à arc multiple ou indépendant, et exigeant un courant de faible tension en vue de réaliser une grande économie dans la quantité de métal exigée pour les conducteurs principaux.
- J’obtiens ce résultat par l’emploi des piles secondaires placées entre le générateur électrique et les lampes, ces piles étant disposées en série de deux, ou davantage, et mises automatiquement, par des cylindres commutateurs, en connexion avec le générateur et les lampes, alternativement ou successivement, et les éléments ou cellules de chaque pile chargées en intensité et déchargées en quantité.
- De cette manière, un courant de haute tension
- peut être employé pour charger les piles, tandis qu’elles se déchargeront en quantité en donnant la force électromotrice réduite voulue.
- Les conducteurs principaux sont de préférence reliés sur le principe de l’arc multiple, et les piles secondaires placées dans chaque local sont disposées dans un circuit à arc multiple partant des conducteurs principaux,, de telle sorte que chaque série de piles secondaires sera indépendante de toutes les autres dans le système. Le circuit de chaque série de piles est muni d’une aiguille ou commutateur régulateur de circuit, pour ouvrir ou fermer le circuit à volonté.
- Les lampes alimentées par chaque série de piles secondaires sont, de préférence/disposées dans des séries à arc multiple, et, étant constamment en connexion avec une pile secondaire, elles restent allumées jusqu’à ce que le circuit soit rompu.
- Ce qui a dégoûté probablement Edison des accumulateurs, c’est le résultat déplorable qu’a donnésabatteriesecondaire à plomb arborescent et homogène dans toute sa masse et à plomb métallique filamenteux qui, d’après lui était de beaucoup supérieure aux autres batteries. Laissons-le nous expliquer lui-même son système :
- Jusqu’ici, dans les piles secondaires, les électrodes ont été formées de plaques de plomb simple ou de plaques de plomb sur lesquelles est fixé de l'oxyde de plomb, au lieu de plaques de plomb portant chimiquement du plomb métallique précipité; mais toutes ces constructions ont des défauts qui en diminuent beaucoup l’efficacité.
- Les plaques de plomb simple présentent une très petite surface et par suite ont une faible efficacité, et il devient nécessaire pour cette raison de diminuer la surface des plaques à oxyder jusqu’à une très grande profondeur.
- Cette couche épaisse d’oxyde s’effrite, se détache en certains endroits des plaques, en produisant un mauvais contact et une forte résistance, en rendant des parties de l’oxyde inertes et en diminuant considérablement l’efficacité de la pile.
- Avec la seconde construction, celle de l’oxyde fixé aux plaques de plomb, l’oxyde se détache également des plaques de plomb, d’où il résulte un mauvais contact, une forte résistance, des parties inertes et une perte d’énergie. Le plomb spongieux ou précipité chimiquement, porté par les plaques de plomb, est également sujet à la même objection, le plomb précipité ne formant pas partie intégrante des plaques, ou bien les particules du
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- plomb n’étant pas bien agrégées l’une avec l’autre, et se détachant des plaques en service.
- Mon invention a donc pour but la production des électrodes de plomb métallique pour piles secondaires, sans emploi de plomb précipité chimiquement ou de sels et de composés de plomb; ces électrodes forment un tout homogène et présentent une surface excessivement grande, en produisant une pile d’une grande efficacité par une petite réduction en oxyde delà surfacedu plomb; ces électrodes n’ont pas les inconvénients mentionnés ci-dessus.
- On obtient ce résultat en construisant chaque électrode ou la surface exposée de celle-ci en plomb métallique arborescent homogène. On obtient le plomb à cet état en versant du plomb fondu d’une certaine hauteur dans l’eau ou dans de la matière en poudre telles que de la craie ou des chaux pulvérisée, ou en soufflant de l’air à travers le plomb fondu. La cristallisation du plomb étant troublée au moment où il tombe, le plomb affecte l’état arborescent qui présente une grande surface. Ce plomb arborescent homogène peut être soudé à des plaques de plomb en fondant les surfaces des plaques et en pressant sur elles du plomb arborescent. Le plomb arborescent est ainsi rendu solidaire des plaques qui le portent. Les plaques servent à établir la connexion. On peut encore laisser tomber le plomb fondu sur des plaques d’une certaine hauteur; il se soude aux plaques et prend sur celles-ci la forme arborescente.
- Les électrodes peuvent être également faites entièrement de plomb métallique arborescent, et on peut les construire ainsi en versant du plomb fondu dans des baquets; on y fixe des oreilles pour établir les connexions en les martelant, en les soudant avec le plomb arborescent. Cette disposition d’électrode est entièrement percée d’ouvertures, et a pour avantage, dans une pile, de mettre les côtés des électrodes extérieures en action, ce qui augmente l’action de la pile.
- On peut de même employer des fils de plomb métallique auquel je donne le nom de plomb filamenteux ou fibreux. Ce plomb filamenteux est tissé, tressé ou contourné en nattes dont les bords sont rendus massifs par la compression ou la chaleur, ou à la fois par la chaleur et la compression, de façon que la natte conserve sa forme ; cette natte peut encore être rendue massive suivant des lignes transversales au centre de la natte.
- L’électrode peut être une simple natte ou bien
- un certain nombre de natles peuvent être superposées et le tout est fixé ou assemblé sur les bords par compression, ou par la chaleur, ou les deux et aussi à volonté suivant une ou plusieurs lignes transversales.
- On peut obtenir le plomb filamenteux de toute autre manière convenable. Un moyen facile consiste à monter un bloc de plomb métallique sur un tour et de tourner et détacher un fil de plomb en spirale sur la périphérie du bloc au moyen d’un outil à avancement régulier.
- Plomb fibreux, plomb arborescent, plomb à l’état de fusion projeté dans l’eau, etc., tout cela ne vaut pas grand’chose, et il est venu tout simplement à l’esprit de beaucoup de gens qui ont voulu faire des batteries, et qui n’ont que ce point de commun avec Edison, que leur procédé plom-bifère ressemblait au sien et ne valait pas mieux.
- FRENCH SAINT-GEORGE
- Il est heureux que French Saint-George ait abandonné son projet de construction de batteries secondaires; il est vrai que quand même il ne l’aurait pas abandonné, le résultat eût été le même, carde rien on ne fait rien. Imaginez-vous que chaque électrode de cette batterie était composée d’une plaque de charbon ou de métal, séparée de l’autre électrode par une cloison poreuse, et plongeant dans une pâte de chromate de plomb ou d’un autre sel facilement oxydable et désoxydable.
- Evidemment, on ne pouvait rien attendre d’une batterie au chromate de plomb. Si Saint-George avait lu les Recherches sur l’Électricité de Planté, il aurait compris que le chromate de plomb forme une gaîne peu conductrice et il se serait dispensé de breveter sa batterie.
- {A suivre).
- E. Andreoli.
- chronique et revue
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE
- Parachute pour fils suspendus de Gould et Gottschalk (1890).
- Avec cette disposition, les deux moitiés du con-*
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- ducteur rompu en a, par exemple, tombent des attaches sur les poteaux, et sont complètement
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- séparées, de sorte que leur contact ne présente plus aucun danger.
- G. R.
- Appareil enregistreur de Clark pour le trafic des lignes téléphoniques interurbaines (’).
- Cet appareil est destiné à enregistrer les différentes phases du service sur une ligne téléphonique interurbaine et à permettre ainsi une étude exacte de la répartition du trafic sur les diverses heures de la journée, de la durée de chaque conversation, du temps écoulé entre l’appel de l’abonné et le moment où la communication est établie.
- L'appareil consiste essentiellement en une bande de papier qui se déroule à une vitesse uniforme sous l’action d’un mouvement d’horlogerie. La bande passe entre une roue encreuse et plusieurs pointes inscriptrices ; ces pointes sont commandées par autant d’électro-aimants.
- Par exemple, au moment ou l’abonné demande la communication une des pointes est actionnée et elle marque un signe particulier sur la bande de papier. Dès que la communication est établie c’est une seconde pointe qui s’appuie contre la bande de papier aussi longtemps que la communication n’est pas interrompue; elle trace ainsi une ligne continue qui donne la durée de la com-
- (l) Elecirical IVorld, vol, XVI, p. 234,-1890.
- munication. L’intervalle entre le signal d’appel et le trait continu représente le temps écoulé entre l’appel et le moment où la communication demandée a pu être établie.
- La pointe qui inscrit le signal d’appel est actionnée par un électro-aimant,.qui est fermé en circuit local pendant la durée de la chute de l’annonciateur; celle qui inscrit la durée de la conversation est commandée par un autre électro-aimant dont le circuit est fermé par la fiche qui sert à établir la communication entre l’abonné et la ligne.
- Sur ce même principe on peut combiner de nouveau organes inscripteurs pour enregistrer d’autres éléments du trafic téléphonique.
- A. P.
- Nouvelle dynamo à. disque.
- Dans les dynamos à disque ne contenant pas de fer dans l’induit la dépense pour l'excitation du champ inducteur est d’autant plus considérable que l’entre-fer et l’épaisseur du disque sont plus grands.
- Ainsi, dans les alterneurs de Ferranti le champ absorbe environ 1/25 de la force nominale de la machine, précisément à cause de l’absence du fer dans les noyaux des bobines induites. Les dynamos alternatives Ganz et Westinghouse et la machine à disque Brush ont, au contraire, leurs éléments induits enroulés autour d’un noyau de fer qui diminue de beaucoup la résistance magnétique du circuit inducteur.
- 11 faut dire que dans les machines à courants alternatifs la présence du fer dans les organes en mouvement détermine des phénomènes d’hystérésis et des courants parasites qui compensent presque toujours par le travail perdu qu’ils représentent l’économie que l’on a pu réaliser sur l’excitation.
- On doit donc tendre, autant que possible, tout en diminuant la résistance du circuit magnétique, à éviter ces pertes dues aux courants de Foucault d’une part et à l’hystérésis d’autre part.
- M. de Mendizabal, de Saragosse, nous adresse une étude de dynamo faite dans ce sens qui nous paraît très rationnelle. L’auteur préconise surtout son type de machine à disques multiples montés, bien entendu, sur le même arbre moteur. Ces disques n’offrent absolument rien de particulier;
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- c'est à peu près des armatures Ferranti, pourvues de noyaux de fer divisés en sections très minces dans le sens des lignes de force et isolées les unes des autres, comme dans les machines Rech-newsky.
- Seul le système inducteur présente une grande originalité, en ce sens qu’il est disposé suivant les rayons des cercles dont les plans sont parallèles à ceux des disques, et est formé au moyen de bagues de cuivre formant âme conductrice et sur lesquelles on enfile tout une série de petites rondelles en fer isolées les unes des autres.
- Nous ne pouvons pas donner d’autres détails
- sur cette machine qui, d’après son auteur, aurait donné de très bons résultats aux essais.
- Rapport présenté par M. G. S clama au nom de la commission des douanes de la chambre syndicale des industries électriques.
- (extraits)
- Nous relevons les passages suivants dans le rapport présenté par M. G. Sciama au nom de la commission des douanes sur les nouveaux tarifs à établir lors du renouvellement des traités de commerce.
- Prix moyen de l’heure des différents corps de métier.
- Bon ouvrier ajusteur .. — tourneur.. — horloger.. Manœuvre Belgique Allemagne Suisse France
- Berlin Silésie Dantzig
- °,45 à-0,50 0,150 à 0,60 o,ra à 0,60 0,25 à 0,35 4» 0,55 à 0,70 o,co a 0,80 » 0,30 à 0,40 0,40 à 0,55 0,50 à 0,60 » 0,25 à 0,35 0,30 à 0,45 o,35 à 0,45 » 0,25 à 0,45 0,30 à 0,45 0,40 à 0,50 0,50 à 1 » 0,20 à 0,30 0,65 à 0,90 0,70 à i-'» 0,70 à 1 » o,45 à 0,55
- Signalons d’abord un intéressant tableau du prix de la main-d’œuvre en différents pays.
- Ce tableau montre que la main-d’œuvre en France est 50 0/0 plus chère que la main-d’œuvre en Belgique;
- 40 à roo 0/0 plus chère que la main-d’œuvre en Allemagne, selon les provinces ;
- Et 1000/0 plus chère que la main-d’œuvre en Suisse.
- Voici les passages les plus importants relatifs aux différentes parties de l’industrie électrique.
- Appareils de télégraphie et de téléphonie. — Ces industries appartenant actuellement à l’État ou aux grandes compagnies de chemins de fer échappent à la concurrence étrangère. D’ailleurs jusqu'ici les appareils téléphoniques créés par les constructeurs français sont beaucoup plus perfectionnés que ceux des pays étrangers et n’ont jamais eu à lutter, en France, contre la concurrence étrangère.
- Appareils de mesure. — Ces appareils ne paraissent également pas susceptibles d’être tarifés. Outre, en effet, que leur prix n’entre guère en considération avec la perfection de leur construction, la commodité de leur emploi et l’approximation scientifique de leurs lectures, ils se recommandent surtout à l’acheteur par l’ingéniosité des
- dispositions adoptées bien plus que par leur bon marché relatif. L’application d’un droit à l’entrée est donc inutile ; elle serait du reste difficile, car ces appareils rentrent dans la catégorie des instruments de physique, que, de temps immémorial et d’une . façon générale, tous les états ont laissé passer en franchise dans l’intérêt des études du pays.
- Sonneries domestiques et accessoires. — Il en est de même pour les sonneries domestiques et leurs accessoires, malgré que le droit de 15 francs par 100 kilos qui leur est actuellement appliqué — et qui représente pour une sonnerie courante de 7 centimètres, pesant environ 300 grammes et valant entre 2,50 fr. et 3,50 fr., la somme o,o4ôfr., ou 2 0/0 — soit absolument dérisoire. '
- La fabrication française n’a guère à craindre la concurrence -étrangère dans cette industrie, que n’exploitent plus, comme autrefois, des ateliers spéciaux, mais bien des ouvriers travaillant en chambre et pouvant produire à bien meilleur compte. Dans le chiffre de 2,50 fr. indiqué plus haut et pratiqué couramment dans le commerce, les pièces métalliques entrent en effet pour 0,80 fr. environ, le fil de cuivre recouvert de soie entourant les électros pour 0,50 fr., et la main*
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- d’œuvre de montage pour 0,40 fr. seulement, soit un total de 1,70 fr. L’ouvrier peut donc livrer au marchand la sonnerie terminée au prix de 2 francs, en ayant 15 0/0 de bénéfice, et le marchand, en la revendant 2,50 fr., gagne encore 20 0/0.
- Dans ces conditions il est bien difficile à l’article allemand ou belge de venir faire concurrence en France ; les faux frais de transport, d’agence et de douane combleraient bien vite la faible différence de prix de revient qui pourrait être réalisée.
- Il faut, en outre, remarquer que la clientèle française réclame presque exclusivement la boîte de sonnerie en acajou. Or, les Allemands n’emploient pas l’acajou, qui leur revient très cher, et le remplacent partout par le noyer ou même par le bois blanc verni, d'un aspect beaucoup moins décoratif.
- Machines dynamo-électriques. — On peut difficilement, vu la multiplicité et la variété des types, fixer les proportions moyennes de matières et de main-d’œuvre qui constituent le prix de revient d’une machine dynamo. Telle, plus lourde, sacrifie à la facilité de la construction et à sa simplicité, un poi ls assez considérable de fonte et de fer. Telle autre, au contraire, beaucoup plus légèie, exige des frais de main- d’œuvre plus élevés. Pour permettre cependant la comparaison, nous prendrons comme type la machine de Gramme, répandue dans le monde entier, dont le brêvet est tombé dans le domaine public depuis 1884, et dont, par conséquent, les constructeurs ont varié les formes et les proportions à l’infini.
- Si l’on analyse le prix de revient d’une dynamo Gramme de moyen modèle, c’est-à-dire d’une puissance de 45 chevaux environ, on trouve que les matières représentent environ 1 600 francs et la main-d’œuvre 600.
- Ces matières se divisent à peu près de la façon suivante :
- Fonte........................ 40 0/0
- Fer ........;.................. 40 0/0
- Cuivre....................... 20 0/0
- Or> nous avons indiqué au début de ce rapport qu^e le prix de revient de la fonte, du fer et du cuivre pouvait être évalué en France 10 0/0 plus cher qu’à l’étranger, et nous avons établi en même temps que la main-d’œuvre variait de 40a 1000/0, selon qu’il s’agissait des différentes provinces de l’Allemagne, de la Belgique et de la Suisse.
- La dynamo qui coûte 1 600 francs de matières en France coûtera donc à l’étranger, de ce chef, d’abord 160 francs de moins; sur son prix de main-d’œuvre de 600 francs chaque pays fera, en outre, les économies suivantes :
- La Suisse..................... 300 francs.
- L’Allemagne...... De 180 fr. à 300 —
- La Belgique................... 200 —
- Et la différence du prix total sera de :
- 460 pour la Suisse.
- 383 en moyenne pour l’Allemagne.
- 369 pour la Belgique.
- Or, le prix de vente commercial d’une semblable machine est de 3500 francs environ. Le calcul conduit donc à l’établissement d’un droit minimum de 10 0/0 sur la valeur de la machine.
- Un calcul identique appliqué à une machine du genre Edison de même puissance donne des chiffres presque semblables.
- Les matières entrent, dans la machine pour un total de 1850 francs, et la main-d’œuvre pour' un chiffre de 500 francs. Le droit s’établirait : 185 -f 150 à 250 = 335 à 435 francs, soit en moyenne 383 francs, ou 10 0/0 du prix de vente.
- Que si l’on détaille de même un modèle Gramme de puissance plus faible, 15 chevaux par exemple, les résultats concordent encore. Le prix de vente commercial de cette machine est de 1700 francs, le coût de la matière de 700 francs environ, celui de la main-d’œuvre de 300 : le droit se calculerait donc : 70 + 90 à 15 0 = 160 à 220francs, soit en moyenne 190 francs, ou 11 0/0 du prix de vente.
- On arrive ainsi, de toute manière, à démontrer qu’en taxant à l’entrée les machines dynamo d’un droit ad valorem de 10 0/0 on ne fait que rétablir l’équilibre entre le prix de revient moyen de ces appareils en France et dans tous les pays concurrents. Ce droit, qui est actuellement de 6 francs par 100 kilos, soit sur une machine de 45 chevaux, qui pèse 2000 kilos environ, de 120 francs, est tout à fait insuffisant. Ajoutons que par leur proximité des régions industrielles du Nord et des bassins du Rhône et de la Loire les constructeurs de la Belgique et de la Suisse ont en outre un avantage sur le principal centre producteur de dynamos, qui est Paris, et bénéficient
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- de la différence des trajets pour une marchandise lourde et fragile, c’est-à-dire coûteuse de transport.
- En se basant sur tous ces éléments, les maisons de construction qui ont déposé à l’enquête, la Société Gramme, MM. Sautter et Harlé, la maison Breguet, la Compagnie Continentale Edison et la Société « L’Éclairage Électrique », ont été unanimement d’avis qu’il y avait lieu d’établir sur les machines magnéto et dynamo-électriques un droit d’entrée, et que ce droit devait être au moins de 10 0/0 de la valeur de la machine. Pour éviter toute confusion dans l’application de ce tarif, ne seraient considérées comme machines industrielles susceptibles d’être taxées que les dynamos pesant plus de 10 kilos; les autres continuant à entrer en franchise comme appareils de physique.
- Lampes à arc ou régulateurs. — Le droit établi sur les lampes à arc en 1886, et qui correspond à leur assimilation aux ouvrages en cuivre, est pour ainsi dire nul. En supposant, en effet, que ces appareils arrivent complets à la frontière, et en admettant pour leur poids net le chiffre de 10 kilos, on trouve qu’ils sont frappés d’un droit de 2 francs, soit pour une valeur moyenne de 150 francs à peu près 1,33 0/0.
- Le prix de revient moyen d’un régulateur peut se décomposer ainsi :
- Matières.................... 35 francs.
- Main-d’œuvre................ 60 —
- 95 francs.
- En établissant toujours sur la même base notre calcul, mais en tenant compte que les ouvriers utilisés dans la fabrication de ces appareils doivent être dans tous les pays d’une habileté particulière, et que par conséquent la différence de salaire n’est guère entre la France et les autres pays de plus de 25 0/0, on trouve que l’économie réalisée à l’étranger est de :
- Matières........................ 3 ff- 5°
- Main-d’œuvre...................... 15 »
- Total................... 18 fr. 50
- Le droit compensateur devrait donc être de 18,50 francs pour une marchandise valant 150 fr., soit 12 0/0.
- La Société Gramme, la Société Cance et M. Bar-
- don, consultés, ont admis que ce droit pouvait être abaissé à 100/0, mais était strictement nécessaire.
- Lampes à incandescence. — C’est surtout le marché des lampes à incandescence et de6 crayons pour lampes à arc que la concurrence étrangère a écrasé depuis trois ans avec une persévérante progression.
- Vendue tout d’abord 6 francs avec 20 0/0 de remise pour de grandes quantités, la lampe descendait à 5 francs dès 1883. En 1886, on l’obtenait à 3,50 francs; à 3,10 francs en 1887; à 3 francs en 1888; à 2,50 francs en 1889, et l’on peut actuellement en avoir de tous genres depuis 1,80 franc jusqu’à 2,25 francs. Dans ces conditions, il est impossible aux fabricants français de réaliser le plus faible bénéfice, à moins d’une production minima de 300000 lampes par an, soit 1000 par jour.
- Les causes de cet avilissement extraordinaire des prix sont diverses. L’Allemagne, dont la consommation est considérable, protégée par un droit de 12 0/0, paie encore la lampe 2 marcks, soit 2,50 francs. Grâce à ce taux rémunérateur et à l’importance du marché intérieur, les usines, en forçant leur production, abaissent par cela seul le prix de revient unitaire et peuvent exporter des quantités considérables, dont le prix de vente, quel qu’il soit au-dessus du taux de 1 franc — dont on verra la justification plus loin — constitue un bénéfice net pour elles.
- Le coût d’une lampé, qui ne varie pas beaucoup d’un système à un autre, peut en effet s’évaluer à Paris :
- Matières »..................... o fr. 65
- Main-d’œuvre................. o fr. 75
- Total ............. 1 fr. 40
- Or, dans cette fabrication, si le prix de matière diffère peu à l’étranger ou en France, la main-d’œuvre passe du simple au double. C'est en général à des femmes que sont confiées les diverses manutentions du travail, ou à des ouvriers souffleurs, dont les salaires en Allemagne, en Belgique et en Italie sont plus de moitié moindres que chez nous. En taxant donc à 0,40 franc par lampe la différence de main-d’œuvre, on est' certainement au-dessous de la vérité. 11 en résulte que le
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- prix de revient de la lampe s’abaisse à i franc, frais généraux non compris, tandis qu'il est en France de 1,40 franc. Si à ce chiffre on ajoute 0,45 franc pour les frais généraux, calculés sur une production moyenne de 300000 lampes par an, production importante pour la France et très médiocre pour l’Allemagne, on reconnaît que tout chiffre de vente au-dessous de 1,85 franc ne peut être rénumérateur; d’un autre côté, en partant du prix de vente moyen de 2 francs pratiqué actuellement, et en mettant en regard la différence de main-d’œuvre de 0,40 franc, on déduit que le droit compensateur à établir doit être de 20 0/0 de la valeur de la lampe.
- Crayons pour lampes à arc. — Les doléances des fabricants de crayons pour lampes à arc sont plus vives encore que celles des fabricants de lampes, et il est hors de conteste que sur cet article également la concurrence de l'Allemagne a rendu la lutte pour ainsi dire impossible.
- Les chiffres suivants permettent d’en juger. Le prix de revient du charbon de 10 millimètres s’établit ainsi en France :
- Matières ....*.. ;.........; o fr. 11
- Main-d’œuvre . o fr. 24
- Total............... o fr. 35
- rton compris frais généraux et bénéfices.
- Of, par grandes quantités, les maisons allemandes le vendent 0,28 franc le mètre (contrat passé avec un important établissement de Paris), soit 7 centimes au-dessous du prix de revient brut en France!
- Le coût du charbon de 12 millimètres dans les mêmes conditions est de 0,43 franc ; le prix de vente courant par quantités médiocres est de 0,37 franc.
- Il en résulte que l’importation allemande représente, au dire des principaux fabricants, MM. Carré, Lévy et Lacombe, un chiffre minimum de 500000 francs, soit la moitié de la production totale française ! On peut même s’étonner, eh présence des chiffres mis ainsi en regard, que là proportion des crayons allemands ne soit pas plu& élevée, surtout si l’on songe que devant une lutte aussi désastreuse certains industriels, et des plus considérables, ont préféré renoncer à leur fabrication que de la continuer dans ces conditions.
- Comme nous l’expliquions pour les lampes à incandescence, ce bas prix provient non seulement de la différence de main-d’œuvre, mais encore du droit élevé mis par l’Allemagne à l’entrée de ces produits. Ce droit, qui est de 37,50 francs par 100 kilos, représente environ 15 o/o de la valeur.
- La comparaison des prix de revient des deux modèles de charbon courant, les modèles de 12 millimètres et de 10 millimètres s’établit ainsi :
- CHARBON DE 12 MILLIMfeTRES \
- France Allemagne
- Matière 0 fr. 16 Matière 0 fr. 12
- Main-d’œuvre 0 fr. 27 Main-d’œuvre 0 fr. 15
- Total 0 fr. 43 Total 0 fr. 27
- Différence : 0 fr. 16. — Prix de vente moyen : 0 fr. 55.
- CHARBON DE FO MILLIMÈTRES
- France Allemagne
- Matière 0 fr. 11 Matière .... 0 fr. 10
- Main-d'œuvre 0 fr. 24 Main-d’œuvre 0 fr 13
- Total 0 fr. 35 Total.. 0 fr. 23_
- Différence : o fr. 12. — Prix de vente moyen : o fr. 45.
- En appliquant donc toujours les mêmes bases d’évaluation, on arriverait à un droit protecteur d’environ 30 0/0.
- C’est ce que réclament énergiquement les fabricants; mais ici encore votre commission a reculé devant un chiffre aussi élevé. Elle a craint de porter préjudice à l’éclairage par régulateurs, dont l’exploitation se trouverait ainsi sensiblement plus coûteuse; et elle vous propose, pour concilier tous les intérêts, d’établir, comme pour les lampes à incandescence, un droit d’entrée de 20 0/0.
- Les charbons entrent actuellement pour ainsi dire en franchise, vu qu’assimilés ap noir de fumée ils acquittent une simple taxe de 1 fr. 25 par 100 kilos, trente fois moins qu’en Allemagne!
- Accumulateurs. — Les accumulateurs paient pour le moment à l’entrée, comme plomb laminé en feuilles, un droit de 3 francs par ino kilos, soit 1,5 0/0. Malgré le peu d’importance de ce droit, la concurrence étrangère n’a jusqu’ici trouvé faveur que grâce à la supériorité de ses produits. Depuis deux ans des progrès considérables ont été réalisés dans la fabrication française, et l’importation
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- s’est beaucoup ralentie: elle n’a plus de chance de réussite aujourd’hui qu’en diminuant ses prix. Or il semble que nos constructeurs puissent lutter presque à armes égales avec leurs rivaux dans cette industrie, où, pour un prix de vente actuel de 2 fr. 25 par kilo, le prix de revient moyen de la matière n’est que de o fr. 70 et le coût de la main-d’œuvre o fr. 35.
- Cependant les arguments que nous avons développés sur la différence des prix de matière et de main-d’œuvre, et qui ici, par comparaison avéc la Belgique, centre important de fabrication, font ressortir l’équité d’une prime de 0,24 fr. par kilo, nous conduisent à vous proposer un droit d’entrée de 10 0/0, surtout pour tenir la balance égale entre ces appareils et tous les autres éléments de l'éclairage électrique que nous désirons protéger.
- Câbles électriques. — L’industrie spéciale des câbles électriques lutte contre la concurrence étrangère beaucoup plus aisément. Le prix de la matière isolante, gutta ou caoutchouc, représente en effet, dans les modèles les plus courants, environ sept fois le coût de la main-d'œuvre, et cette matière est pour tous les pays d’Europe un produit d’importation dont la valeur ne varie pas d’une région à l’autre. La différence des salaires est donc le seul facteur qui indue sur le prix de revient, et il ne peut y infiuer que très médiocrement.
- Si l’on compare les éléments de fabrication de plusieurs câbles d’usages ou d’isolationstrès divers: câbles pour téléphones ; câbles pour dérivations, pour circuit principaux, de moyenne et de forte section dans les installations d'éclairage électrique, on reconnaît que la main-d’œuvre oscille entre 8 et îo 0/0 du prix de vente courant ; et, en admettant unè différence de moitié dans le prix des salaires des pays concurrents, comme la Belgique et l’Allemagne, on en déduit qu’un droit de douane de 4 à 5 0/0 est suffisant pour rétablir l’équilibre.
- C’est ce chiffre queja Société générale des Téléphones et la maison Menier nous ont demandé comme protection équitable.
- Nous ajouterons que la Belgique impose nos câbles à l’entrée d’un droit de 10 0/0, et que la taxation en France, qui était autrefois prohibitive puisqu’elle atteignait 200 francs les 100 kilos est aujourd’hui insuffisante et injuste. Insuffisante parce que le droit actuel de 20 francs les 100 kilos
- ne représente pas plus de 2 à 3 0/0, selon les modèles ; injuste parce qu’il ne tient aucun compte de l’enveloppe, dont l’importance peut décupler la valeur du câble, et que, par exemple, pour un câble télégraphique où le poids de la gutta par mètre est égal au poids du cuivre le droit d’entrée sera le même que pour un câble en cuivre nu, bien que le prix du premier soit cinq fois le prix du second.
- Pièces détachées. — Il nous reste à considérer les machines dynamo-électriques et les régulateurs qui, démontés au lieu d’origine et introduits par fractions sous des rubriques diverses, pourraient tourner le tarif. Nous croyons que ce danger, pour les machines dynamo, est facile à éviter en imposant les induits de machines importés isolément, ainsi que les bobines pleines ou vides en métal, entourées de fil de cuivre isolé, d’un droit double du droit établi sur les machines entières.
- Conclusion. — En résumé, votre Commission, Messieurs, vous propose, après enquête approfondi de la situation de l’industrie électrique, d’adopter le projet de taxation suivant pour être inséré au Tarif général des douanes, qui doit être promulgué le Ier février 1892, et de donner mandat à votre bureau d’en poursuivre avec une énergique persévérance l’acceptation par les pouvoirs publics.
- Tableau résumé des droits minima à établir à partir du
- 1" février 1892, sur les appareils électriques suivants :
- Machines dynamo-électriques' pesant plus de 10 kil. 10 0/0
- Lampes à arc diles régulateurs...................... 10
- Lampes à incandescence.............................. 20
- Crayons pour lampes à arc........................... 20
- Accumulateurs....................................... 10
- Câbles électriques................................. 5
- Induits de machines dynamo.......................... 20
- Bobines pleines ou vides, en métal, entourées de
- fil de cuivre isolé............................ 20
- Pièces travaillées en cuivre, pesant moins de 1 kilo, numérotées ou marquées, ajustées ensemble ou démontées, pour appareils électriques, les 100 kil. 150 fr.
- Accumulateur multitubulaire Tommasi.
- Les conditions pratiques que doit remplir un accumulateur sont les suivantes:
- 1° 11 faut qu’il puisse emmagasiner la plus
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- grande quantité d’électricité sous le plus petit volume possible et avec lé moindre poids;
- 2° La charge doit se conserver longtemps sans perte ;
- 3° Il faut que l’accumulateur ait un bon rende-
- ment, c’est-à-dire qu’il restitue la plus grande partie de l’énergie dépensée dans le travail chimique;
- 4° Les matières actives (oxyde de plomb, plomb, etc.) appliquées sur les électrodes ne doivent pas se détacher;
- Fig. i. — Accumulateur multitubulaire Tommasi.
- ThîîNRji.V-ffS Fig. 2, —Electrode tubulaire.
- 5° Les soudures et contacts doivent être inoxydables;
- £° Il faut autant que possible que les électrodes soient indépendantes les unes des autres, de manière à permettre leur remplacement sans être obligé pour cela de démonter l’accumulateur et d'interrompre sa marche.
- Ces conditions semblent réalisées dans un nouvel accumulateur imaginé récemment par M. Do-
- nato Tommasi, docteur ès sciences et chimiste, qui s’est appliqué à l’électrochimie depuis quelques années.
- Ce nouveau système d’accumulateur est principalement caractérisé par la disposition des électrodes, qui sont tubulaires au lieu d’êtie constituées par des plaques comme dans les accumulateurs ordinairement employés. La figure i représente l'ensemble d’un accumulateur multitubulaire Tommasi.
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- Chaque électrode est formée d’un tube perforé ou à mailles, fermé à un bout par une petite plaque en matière isolante et d’une tige métallique vissée dans la bague isolante et placée dans l’axe du tube comme le montre la figure 2.
- La tige qui sert de support est munie d’une tête de suspension qui servira de contact. Au lieu d’employer des tubes cylindriques, on peut se servir de tubes prismatiques comme celui de la figure 2. Ceux-ci offrent l’avantage de prendre moins de place dans le récipient d’eau acidulée.
- Le groupement des électrodes se fait de diverses manières, par lignes ou séries alternativement
- positives et négatives. Les électrodes d’une même ligne sont suspendues par la tête sur les bords d’une rainure pratiquée dans le couvercle du récipient d’acide (fig. 1). L’introduction ou l’enlèvement a lieu par une ouverture ad hoc située au bout de la rainure.
- Dans chaque accumulateur, les couvercles conducteurs de même signe sont reliés entre eux, de sorte que chaque accumulateur ne porte que deux bornes.
- Dans l’espace annulaire compris entre le tube percé de trous et le conducteur central de chaque électrode, on met les matières actives ordinaires
- Fig. — Formes diverses des électrodes.
- des accumulateurs (plomb spongieux, oxyde puce de plomb, minium, litharge) de telle sorte que le tube ne sert que de support à ces matières et peut être fait de telle substance que l’on voudra, pourvu qu’elle soit inattaquable.
- On se sert de plomb ou mieux de plomb anti-monié pour faire ces tubes. Les tiges centrales des électrodes peuvent prendre différentes formes représentées dans la figure 3.
- M. Tommasi résume ainsi les principaux avantages de son accumulateur :
- i° Au point de vue de sa constitution :
- Le courant passe entièrement à travers la matière active de la surface du tube à la tige centrale ou inversement.
- On peut employer pour la formation et la charge des électrodes des courants intenses sans craindre la chute de la matière active, ni le foisonnement (lire : action de gondoler) des électrodes.
- La quantité de matière active et partant la capacité est portée au maximum par la disposition en tubes.
- D’autre part, l’action chimique du courant est uniforme dans la masse des produits en réaction.
- On a pu employer des courants de 50 à 60 ampères par kilogramme d’électrode sans provoquer le moindre déplacement du contenu des électrodes. Ce ne sont pas là certes dès conditions pratiques, puisqu’avec 50 à 60 ampères il y a échauf-fement de toute la masse, mais ces expériences prouvent qu'on peutfpratiquement allar bien au-
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- la lumière électrique
- delà de i ampère par kilog. qu’on emploie dans les accumulateurs ordinaires.
- En effet, avec les dispositions de M. Tommasi on n’a à craindre ni déformation des électrodes, ni dispersion des matières actives, même par des intensités assez considérables.
- 2° Au point de vue de la durée :
- Les accumulateurs multitubulaires n’ayant pas de soudures, on n'a plus à redouter les ruptures qui proviennent de l’altération de celles-ci. De plus, la mise hors de service de l’appareil ne peut se produire par la chute des matières actives.
- Enfin les électrodes peuvent se remplacer une à une, même pendant la marche.
- 3° Au point de vue de l’emploi de ces accumulateurs, les avantages sont non moins nombreux, rpais le plus saillant de ceux-ci est un transport commode, puisque les électrodes chargées peuvent être retirées, conservées et transportées ensuite dans la cuve d’eau acidulée. On évite ainsi le transport d’une cuve pleine de liquide corrosif.
- 11 serait intéressant d’avoir des données quantitatives sur ces nouveaux accumulateurs. On nous les a promises ; ces nombres viendront confirmer tous les avantages que nous venons d’énumérer.
- A. R.
- Emploi d'accumulateurs pour lagalvanoplastiet1).
- Longtemps avant de servir au transport de la force et à l'éclairage, l’électricité était employée pour la production de dépôts galvanoplastiques. On empruntait l’électricité à des batteries primaires. Inutile de dire combien ces sources de courant étaient incommodes.
- Les perfectionnements des dynamos profitèrent à la galvanoplastie ; au fur et à mesure que leur usage se répandit dans la pratique, l’art de la production des dépôts métalliques sur des surfaces conductrices trouva là des sources de courant plus économiques, plus puissantes et d’une exploitation plus facile.
- A la vérité, on rencontra certaines difficultés, dans l’emploi de ces machines. C’est que les di-
- verses opérations galvanoplastiques exigent des courants d’une certaine densité ; il faut, en outre, que cette densité reste constante, Or l’emploi des dynamos ne permettait pas toujours de réaliser ces conditions.
- L’emploi d’accumulateurs devait donc être extraordinairement avantageux. Une de leurs propriétés, en effet, est la constance de l’émission de leur courant.
- Étant donnée l’importance de cette application, nous empruntons à un rapport du D" P. Schoop, de Zurich, les détails suivants sur l’installation de l'établissement de galvanoplastie de Benzin-ger et O-, à Einsiedel, en Suisse.
- Les sources de courant, pour cette exploitation, ont été jusqu’à présent deux dynamos, chacune de 400 ampères et d’environ 1,5 volt. Une de ces machines sert de réserve. Les 12 bains remplis de solution de sulfate de cuivre à 210 Baumé ont les dimensions suivantes : 1,25 m. de longueur pour 0,7s m. de largeur et 0,90 m. de hauteur. Ces récipients forment 2 groupes, chacun de 6; les 6 récipients de chaque groupe sont réunis en quantité au moyen de fortes bandes de Cuivre et les groupes sont réunis en série. Au-dessus de chaque bain, 11 tiges de cuivre reposent transversalement sur le conducteur de cuivre positif ou négatif respectivement ; de ces 11 tiges de cuivre, il y en a 6 qui portent les anodes et 5 qui portent les cathodes. Ces tiges transversales sont isolées de l'un des conducteurs de cuivre au moyen d’isolateurs de verre. Les anodes consistent en plaques de cuivre de 3 à 5 millimètres d’épaisseur. Les cathodes sont des plaques de plomb de 2,5 millimètres d’épaisseur, et la surface de ces plaques est recouverte de cire, sauf aux endroits où sont fixées les pièces à traiter. La distance entre les plaques de cuivre et les plaques de plomb est de
- 3.5 à 5 centimètres. La tension aux pôles de chaque bain est maintenue entre 0,8 volt et 1 volt. L’élec-trolyse dure, chaque fois, de 12 à 24 heures, et l’épaisseur de la couche précipitée est de 0,75 à
- 1.5 millimètre. Comme la tension s’obtient constante, la densité dépend de la surface des électrodes.
- Dans la nouvelle installation, l’une des dynamos sert, pendant 12 heures par jour, à alimenter directement les bains électrolytiques. Quant à la dynamo de réserve, elle sert maintenant à charger
- (#) Elektrotechnischer Ançeiger, 13 novembre 1890.
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- une batterie d’accumulateurs, au moyen de laquelle le travail continue pendant la nuit.
- Pour les divers modes d’insertion nécessaires, la fabrique de machines Oerlikon a adopté les dispositions que représente la figure i.
- Sur le trajet négatif des conducteurs qui partent des accumulateurs sont insérés de part et d’autre les ampèremètres A et A', les résjstances R et R'. Ces dernières servent à régulariser l’intensité des courants de décharge des deux accumulateurs. Ces résistances sont formées chacune d’un tube de fer de 2 centimètres de diamètre et 0,90 m. de longueur, dont une extrémité est reliée à l’am-
- Fig. 1. — Diagramme des connexions. — Fig. 2. — Coupe-circuit. automatique.
- pèremètre et l’autre extrémité à un pôle de cuivre, qui se déplace sur les tuyaux et qui de son côté communique avec le câble conducteur négatif des accumulateurs. En F et F' se trouvent des pièces de plomb insérées dans le conducteur positif des accumulateurs. Dans la branche positive du conducteur de charge est, en outre, adapté un coupe-circuit automatique U, qui est. reproduit à part à droite et en bas de la figure. Ce coupe-circuit contient un noyau de fer S, entouré par les fils C. Le courant entre en E, et en L il pénètre dans le tube de cuivre T. Ce tube est fermé à sa partie inférieure par un bouchon de cuivre qui est relié par un câble à une pièce de contact du commutateur C.
- I A l’intérieur de ce tube de cuivre sé trouve un petit piston de fonte qui peut facilement y exécuter des mouvements de va-et-vient.
- Voici comment fonctionne cet appareil. Que, pour une cause quelconque, l’intensité du courant descende au-dessous d’une certaine valeur, le noyau magnétique abandonne le piston de fer; celui-ci prend, dans sa chute, une certaine quantité de force vive et fait sauter le bouchon de contact qui se trouvait dans le tuyau, de sorte que la communication inférieure est rompue.
- Ce système automatique conviendrait pour les accumulateurs, en raison de la simplicité de son installation et de la sûreté de son fonctionnement.
- Les accumulateurs employés proviennent de la fabrique Oerlikon et présentent quelques particularités.
- Le courant arrive aux plaques de plomb de la manière suivante: pour les plaques négatives, le courant arrive au milieu, tandis que les plaques positives sont reliées, à leurs quatre coins extérieurs, avec les bandes de plomb qui conduisent le courant. Les avantages de cette disposition ne sont . que peu sensibles quand on charge faiblement ou quand on prend peu de courant; mais ils sont très accusés lorsqu’on élève la charge ou lorsque l’on consomme beaucoup de courant. La batterie d’accumulateurs contient 55 plaques positives et 56 plaques négatives, carrées, de 28 centimètres de côté et 5 millimètres d’épaisseur. Le poids total du plomb est de 105 kilogrammes. Les plaques se trouvent dans des caisses de bois revêtues de plomb. La capacité des batteries est de 2200 ampère-heures. L’électrolyte est un mélange d’acide sulfurique étendu avec du silicate de soude ou du silicate de potasse. L’emploi de cette masse, qui prend une consistance gélatineuse, a été récemment breveté sous cette forme, ainsi qu’avec un mélange d’amiante et de silice pulvérulente.
- La résistance intérieure de ce liquide n’est guère plus grande que celle de l’acide sulfurique étendu, seulement la charge doit s’opérer autrement. Lorsqu’on emploie pour électrolyte l’acide sulfurique étendu, il faut charger à courant constant ; avec cette matière gélatineuse, il faut charger à tension constante (à 2,15 volts environ). 11 y a certainement beaucoup d’applications des accumulateurs pour lesquelles l’emploi de ce mélange gélatineux présente des avantages; quant aux frais, ils ne sont pas bien plus élevés que quand on em-» ploie de l’acide sulfurique.
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- On peut être surpris de ce que l’on ait pris un brevet pour le mélange gélatineux d’acide sulfurique et de solution de silicate, surtout si l’on considère que ce mélange est déjà employé depuis longtemps pour ce que l’on appelle les piles sèches. 11 est certain que ce mélange, employé dans des accumulateurs, notammentquandceux-ci doivent être transportés, présente des avantages sur l’acide sulfurique. D’après des expériences récentes, l’emploi «du mélange gélatineux n’augmente pas beaucoup la résistance intérieure des accumulateurs. 11 faut, en tout cas, viser à la charge avec tension constante, et on pourrait la recommander même pour l’emploi de l’acide sulfurique.
- On croit généralement aujourd’hui qu’il est très avantageux de surcharger les accumulateurs, c’est-à-dire de leur amener un excès de courant après la charge. Le principe qui inspire cette manière de procéder peut être théoriquement exact, mais on constate dans la pratique que ce système n’est pas favorable à la conservation des accumulateurs.
- L’effet principal de la plupart des accumulateurs provient de ce qu’on appelle la masse active. Dès que le courant de charge n’a plus d'action chimique à accomplir, il se produit, comme on le voit, un violent dégagement de gaz sur les plaques ; on dit que cela montre que les plaques n’absorbent plus de courant. Par suite de ce dégagement de gaz, la masse active se désagrège et se détache peu à peu. 11 faut tâcher d’éviter cet enlèvement mécanique, et il est facile d’y parvenir en chargeant à tension constante au lieu de charger à courant constant. Quant à la valeur de la tension à employer, les 2,15 volts indiqués plus haut paraissent être insuffisants.
- Les avantages généraux constatés en faveur de l’emploi du mélange gélatineux, c’est que la charge persistait longtemps et restait constante, mais la tension de décharge était notablement moindre qu’avec l’acide sulfurique étendu. Cela tenait sans doute en partie à ce que l’acide sulfurique ajouté au mélange n’avait pas été pris assez concentré, car il faut observer que la tension de l’accumulateur dépend essentiellement de la quantité d'acide sulfurique qu’il contient, ainsi que l’ont montré des expériences approfondies, et le mélange détermine une trop forte dilution de l’acide.
- C. B.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉGENTS EN ÉLECTRICITÉ
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- Réunion du vendredi 21 novembre 1890.
- i° Recherches de thermo-électricité, par MM. Chas-sagny et H. Abraham.
- 20 Expérience de M. T. Argyropoulos montrant les vibrations d’un fil de platine maintenu incandescent par un courant électrique sous l’influence des interruptions successives de ce courant, présentée par M. Ph. Pellin.
- Les recherches de thermo-électricité entreprisés par MM. Chassagny et H. Abraham sont exposées à la Société par ce dernier. Elles ont surtout pour objet la comparaison d'une série de couples formés des mêmes métaux et la variation de la force électromotrice d’un couple avec l’écart des températures entre les soudures. Ce qui fait leur intérêt, c’est la preuve qu’elles apportent de la précision considérable que l’on peut réaliser dans l’emploi des couples thermo-électriques judicieusement disposés.
- La méthode mise à profit pour la mesure des forces électromotrices des couples thermo-électriques est la méthode dite d’opposition, qui jusqu’ici cependant ne semblait pas commode avec ces couples. Cet inconvénient n’existait en réalité qu’en apparence. Pour le faire disparaître,11 suffit de prendre pour force électromotrice d’opposition celle qui se trouve aux deux extrémités d’une portion du circuit extérieur d’une pile étalon.
- L’étalon de force électromotrice employé est l’élément Gouy : zinc, sulfate de zinc, oxyde de mercure, mercure. Au cours des expériences, cet étalon de grandes dimensions reste constamment fermé sur une résistance de 10000 ohms, et c’est la force électromotrice prise aux extrémités d’une fraction de ces 10000 ohms qu’on oppose à celle qui fait l’objet de la mesure. Primitivement l’élément Gouy était fermé chaque fois 4 ou 5 heures avant les mesures; actuellement il est maintenu fermé d’une manière permanente.
- On sait que la forcé électromotrice de cet étalon varie très peu avec la température; cependant, pour éviter toute erreur de ce chef, on le plaçait dans une cave à température constante. La force [ électromotrice de l’élément Gouy était elle-même j mesurée à l’aide de quatre éléments Latimer Clark,
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- dont les forces électromotrices étaient respectivement, en valeurs relatives : 6359, 6360, 6366, 6369. On a ainsi pu constater, en mesurant sa force électromotrice immédiatement avant et après chaque série de déterminations, que l’élément Gouy reste rigoureusement constant pendant la durée des mesures. Les éléments Latimer Clark étaient également maintenus à température constante.
- L’instrument de zéro employé était un galvanomètre Thomson dont la sensibilité, déjà considérable, avait encore été exagérée. Le fil de suspension avait été, en effet, choisi avec soin dans un cocon et pris aussi long que possible ; en outre, l’équipage magnétique était complètement asta-tique. Dans ces conditions, l’appareil était assez
- sensible pour apprécier le-----!----de volt dans
- une résistance de 100 ohms, c’est-à-dire le
- ——î----------d’ampère. Enfin, ce galvanomètre
- 2 000 000 000
- était placé à l’intérieur d’une enceinte en tôle douce, pour éviter toute perturbation magnétique provenant de l’extérieur.
- Les boîtes de résistances qui ont figuré dans les mesures ont été étalonnées avec le plus grand soin. Pour cela, MM. Chassagny et Abraham déterminaient d’abord la valeur exacte des dizaines d’ohms et d'une centaine dans chaque boîte par comparaison avec dix résistances, prêtées complaisamment par M. de Nerville, d’une valeur de 10 ohms chacune. Puis ils comparaient les autres résistances de la même boîte à celles-ci. Ils ont
- pu ainsi connaître à —î- près la valeur de l’une v 500
- quelconque des résistances de la boîte.
- Les couples thermo-électriques étaient réalisés avec des fils métalliques toujours pris à une même bobine pour chaque métal. Lés soudures étaient faites à l’étain ; on évite ainsi toute altération des fils au voisinage de la soudure. La soudure à l’argent donnerait de moins bons résultats. Les soudures sont engagées dans des masses cylindriques de cuivre, d’où émergent les fils. Ceux-ci sont séparés l’un de l’autre et de l’extérieur par des tubes de verre concentriques ; l’un des fils est dirigé suivant l’axe commun de ces tubes, l’autre passe dans l’espace annulaire compris entre deux tubes. La masse de cuivre qui encastre la soudure est adaptée aux tubes de verre soit à l’aide d’un anneau de caoutchouc soli-
- dement ficelé sur le cuivre et sur le verre, soit à l’aide de montures à vis, soigneusement préparées par M. Golaz. Dans les deux cas la fermeture est absolument hermétique. On élimine ainsi les dérivations et les actions chimiques qui pourraient prendre naissance dans les bains liquides en contact avec les soudures ou les fils. De plus, les masses de cuivre servent à amener la chaleur aux soudures, qui se trouvent ainsi chauffées identiquement.
- MM. Chassagny et Abraham ont reconnu qu’il était indispensable, pour la concordance des mesures, d’assurer l’isolement des différentes pièces qui participaient à une même détermination. Aussi les précautions les plus grandes ont-elles été prises dans ce but.
- Les fils étaient entourés d’une triple couche de soie et enduits de gomme laque sur tout leur parcours. Les boîtes de résistances étaient protégées par une enceinte feutrée contre toute action extérieure. L’étuve destinée à la soudure chaude et l’enceinte à glace destinée à la froide étaient toutes deux placées sur des cales en paraffine. Les contacts auxiliaires étaient maintenus par paires à la même température. Enfin, avant de passer aux mesures, on s’assurait qu’aucune force électromotrice n’existait dans le circuit, quand les soudures étaient toutes à la même température. Aucune précaution n’était donc négligée.
- La comparaison des couples thermo-électriques de mêmes métaux a donné un premier résultat très remarquable à MM. Chassagny et Abraham. Plusieurs de ces couples, mis en marche pendant des temps complètement différents, ont présenté des forces électromo'trices presque identiques;
- leur écart est inférieur à —• Cette constance 10000
- dans la force électromotrice est loin d’être aussi prononcée pour les couples hydro-électriques. Ce résultat permet aux auteurs de proposer les éléments thermo-électriques comme étalons de force électromotrice. L’importance n’en échappera personne.
- Ces expériences rencontrent une vérificatio précieuse dans l’exactitude avec laquelle les nom bres obtenus satisfont à la loi des métaux interme diaires. La force électromotrice du couple fer-cuivre, donnée par ces mesures entre la température de la vapeur d’eau bouillante et celle de la glace fondante, est de 0,00076556 v.; dans les mêmes conditions, celles du couple platine rho-
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- dié (io o/o) -cuivre est de 0,00013764; et celle du couple fer-platine rhodié (10 0/0) est de 0,00062798 v. En retranchant la seconde de la première, on doit retomber sur la troisième, d'après la loi des métaux intermédiaires. Le nombre donné par cette opération est 0,00062792 v. On voit par là quel degré de précision ont su atteindre les auteurs. Ce résultat sert également de contrôle pour l’étalonnement de la boîte de résistance.
- La variation de la force électromotrice thermoélectrique, avec l’écart des températures entre les soudures, n’a pas été étudié avec moins de soin. MM. Chassagny et Abraham ont d’abord essayé de relier la force électromotrice thermo-électrique E*0, propre à un couple dont les soudures sont à o° et à t°, à la température t, par une formule parabolique. Mais ils y ont renoncé bientôtàcause du peu de précision offert par de telles formules pour les nombres compris entre les déterminations choisies pour le calcul des coefficients. La formule suivante :
- _ , a t -i- b t'2 c t3
- E-------35+1—
- leur a fourni des résultats beaucoup plus précis. Pour le couple fer-cuivre, auquel s’applique cette formule, les coefficients ont pour valeur :
- a= 10—3.3,5660, b = 10—7 .«,3283, c = — 10-8.3,7650.
- Le tableau suivant rend compte du degré d’exactitude que cette formule comporte :
- Valeurs de *
- Température t observées calculées
- volts volts
- IOO“ 0,0010932 0,01)10932
- 65-,13.... 0,0^7656 0,0007655
- 32-,49.... O,OOO4043 0,0004045
- I5*,i8.... 0,0001981 0,0001980
- La concordance entre les valeurs observées et calculées pourE</ est presque parfaite. Ce résultat conduit tout naturellement à remettre en faveur l’emploi des couples thermo-électriques pour la mesure des températures. Se plaçant à ce point de vue, MM. Chassagny et Abraham estiment qu'entre o° et ioo°, intervalle de températures où leurs
- expériences ont été effectuées, l’emploi d’une pile thermo-électrique permet d’évaluer une température à ~ de degré près. La température est d’ailleurs donnée presque instantanément par ces piles, et la quantité de chaleur qu’elles absorbent pour se mettre en équilibre de température avec le milieu ambiant est tout à fait négligeable. C’est là un résultat très important au point de vue de la calorimétrie, comme le fait remarquer M. Lipp-mann.
- Le seconde communication se rapporte à une curieuse expérience décrite par M. T. Argyro-poulos, professeur à l’Université d’Athènes. A vrai dire, c’est plutôt la répétition de cette expérience qu’une communication. M. Pellin, qui se présente pour le professeur athénien, la reproduit devant les membres de la Société.
- Cette expérience consiste à faire passer dans un fil en platine de 60 centimètres de longueur et de 0,03 cm. de diamètre un courant électrique capable de le porter au rouge vif.
- On constate alors que la courbe formée par le fil de platine n’est plus une chaînette; en certains points, le fil se relève avant d’arriver à sa position d’équilibre. Si alors on met en mouvement un interrupteur de Foucault placé dans le circuit, on constate que le fil contracte en général un mouvement irrégulier de haut en bas. En étirant plus ou moins le fil au moyen des tenseurs qui le pincent à ses deux extrémités, il est facile de lui faire prendre un mouvement de vibration analogue à celui des cordes vibrantes. Le fil qui a servi à M. Pellin vibrait soit comme une corde ne présentant qu’un ventre sans nœud entre ses extrémités, soit comme une corde ayant trois ventres et deux nœuds entre ses points de suspension. Pour obtenir un plus erand^nombre de ventres et de nœuds, un fil ae platiné plus long serait nécessaire.
- A. R.
- Sur un nouveau galvanomètre pouvant servir d’ampèremètre ou de voltmètre, par M. L. Hulin l1).
- Imaginons une bobine dont la section est PQ. Un équipage de fer doux AOO'B ayant la forme
- (*) Journal de physique, t. IX, p. 510.
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- d’un rectangle incomplet est mobile autour de l'axe 00', excentrique à la bobine. Lorsqu’un courant circule dans l’appareil, le fer doux s’aimante et, par raison de symétrie, l’équipage tend à se placer dans le plan qui contient l’axe de rotation OO' et l’axe xy de la bobine.
- On oppose à ce déplacement une force antagoniste convenable (ressort, contrepoids). Des modifications faciles à imaginer permettent d’approprier cet appareil à des usages variés.
- Un ampèremètre de ce genre, où la bobine PQ est remplacée par une simple barre de cuivre recourbée en cercle, sert journellement, à l’usine
- électro-métallurgique de Froges, à la mesure de courants dont l’intensité atteint 6000 ampères.
- VARIÉTÉS
- LA FABRICATION DU FIL ISOLÉ
- A LA KÉRITE
- Nous empruntons les renseignements suivants à un assez long article, récemment publié dans une revue américaine (1).
- Cette fabrication a été créée de toutes pièces par M. Austin Goodyear Day, né à West Springfield, Massachusetts, en 1824. D’abord employé dans la fabrique de caoutchouc de son cousin,à Woburn, il avait assisté aux premiers essaisde vulcanisation faits par M. Hayward pour M. Goodyear. En 1853, il avait inventé un procédé pour la purification du
- d) Tbe electrica/ Eugineer, de New-York, du 12 novembre 1890.
- caoutchouc brut, ce qui avait permis d’utiliser des caoutchoucs de l’Afrique et des Indes, généralement impurs, et d’échapper au monopole de fait dont avait bénéficié jusqu’alors le caoutchouc du Brésil. En 1854 enfin, il s’était établi à Seymour (Connecticut) où se trouvent actuellement les ateliers pour la fabrication de la kérite. Cependant la consommation augmentait toujours. M. Day se préoccupa de trouver un composé qui pût remplacer le caoutchouc, tout en coûtant bien moins cher. 11 réussit à fabriquer un produit auquel il donna le nom de kérite. En 1872, après un voyage en Europe pendant lequel il s’était mis au courant de l’industrie des fils et des câbles isolés, il se mit à organiser sa fabrique.
- Aujourd'hui, le fil isolé à la kérite est si connu en Amérique que le mot kérite est à peu près devenu synonyme de fil isolé.
- Pour fabriquer ce fil, on commence par mélanger, dans de vastes chaudières, les diverses matières dont se compose la kérite brute. Quelles sont ces matières? Sur ce point l’auteur de l’article ne se compromet pas : « 11 y en a plusieurs, nous dit-il, mais il n’est guère nécessaire ni opportun de spécifier quel en est le nombre, ni ce qu’elles sont, ni en quelles proportions il faut les mélanger pour obtenir le résultat désiré. 11 suffira de dire qu’on les incorpore complètement, pendant plusieurs heures, à une haute température. »
- Lorsque le mélange est au point voulu, les hommes le font passer dans un autre chaudron où il est soumis, pendant quelque temps, à l’action d’une température différente, puis on laisse refroidir. 11 se produit une combinaison chimique de laquelle résulte la kérite. On coule en plaques que l'on roule et que l’on range dans des locaux bien secs.
- D’autre part, on traite le caoutchouc qui doit être incorporé avec la kérite. La machine à nettoyer le caoutchouc se compose de deux lourds rouleaux d’acier, garnis de saillies, disposées de telle sorte que celles de l’un des rouleaux ne rencontrent pas celles de l’autre.
- Les impuretés s’éliminent pendant le passage du caoutchouc entre ces deux rouleaux. En sortant de là, il resseitible à de grandes peaux de crocodiles. On le suspend dans un local chaud où on le laisse jusqu’à ce qu’il soit complètement sec.
- Au moment convenable, on apporte le caoutchouc et la kérite dans la chambre de calandrage et on les unit indissolublement par l’action de
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- cylindres chauffés à la vapeur. On donne au caoutchouc de la mollesse et de la plasticité en le faisant passer un certain nombre de fois entre les cylindres, et l'on traite la kérite brute de la même manière; alors on les rapproche et on répète l’opération jusqu’à ce que le tout ne forme plus qu’une masse, chocolat foncé, parfaitement homogène.
- On porte alors le composé isolant dans la partie de l’atelier où l’on recouvre les fils. Un ouvrier le coupe en longues bandes et l’introduit dans une espèce de filière où il se débarrasse de toutes les particules de matières étrangères qu’il peut avoir ramassées ça et là.
- Un ouvrier transporte alors à la machine à couvrir la matière qui vient de sortir de la filière comme un paquet de vers. Le corps de la machine est à angle droit avec la direction qu’a prise le fil en la traversant, et sur une longueur de quelques centimètres le fil métallique se recouvre d’une enveloppe bien adhérente de matière isolante.
- Voici quelle est la disposition :
- Le fil'métallique préalablement étamé s’enroule sur un tambour de fonte, de 1,20 mètre de (diamètre environ, installé immédiatement en arrière de la machine à couvrir. Celle-ci consiste en un cylindre dans lequel on introduit le composé étiré. A l’intérieur de ce cylindre, la matière étirée s’avance sous l’action d’une vis, jusqu’à ce qu’elle atteigne un autre cylindre, plus petit, attaché à angle droit au cylindre principal.
- Le fil métallique entre dans la petite chambre par un petit trou, et il en sort, au bout opposé, par un orifice circulaire; c’est ce qui règle la quantité de matière isolante à appliquer.
- Le fil métallique passe ensuite dans une courte auge en bois, et il va s’enrouler dans la bassine à vulcaniser. Cette bassine est en fer; elle a environ 2,75 mètres de longueur et 15 ou 20 centimètres d’épaisseur; elle est montée sur un petit trolley, de telle sorte que les hommes qui enroulent le fil peuvent, sans grand effort, faire tourner tout le temps cette bassine, cé qui facilite beaucoup leur travail. Le fil, au fur et à mesure qu’il s’enroule, se recouvre de talc en poudre et il est alors prêt à être Vulcanisé.
- Les bassines de fer de ce genre tiennent plusieurs kilomètres de fil. L’operation se fait très rapidement.
- Dans l’organisation de ce travail, on n’a pas
- perdu de vue un des axiomes les plus importants de la fabrication des fils isolés : c’est que toute; main qui touche le fil peut l’endommager, et que, si le fil passe par beaucoup de mains,- on ne sait à qui attribuer la responsabilité des défectuosités. Dans la fabrication du fil à la kérite, les manipulations sont réduites au strict minimum. De là machine à couvrir le fil passe, par une auge garnie de poudre, dans la bassine à vulcaniser; la bassine étant mise en rotation à la main, il ne se produit pas d’effort appréciable, sur le fil encore fragile qui vient de prendre forme, et l’homme n’a qu’à le guider de façon à maintenir les tours à quelque; distance les uns des autres.
- Après un peu de pratique, on devient assez adroit pour guider le fil en le touchant à peine. Les appareils par lesquels passe le fil sont pourvus de chemises de vapeur, de sorte que la matière reste molle, plastique, et n’est pas exposée à se fendre.
- Quand on a enroulé assez de fil dans la bassine, on fait passer cette dernière, en faisant marcher son trolley, dans la chambre à vulcaniser.
- Ici on fixe un couvercle sur la bassine et on la fait entrer dans une vaste chambre à vulcaniser, en briques, revêtue de fer et pourvue d’un lourd chapiteau en fer solidement boulonné avec la chambre. On fait passer de la vapeur sèche dans la chambre à vulcaniser, pendant plusieurs heures, au bout desquelles la fabrication du fil isolé à la kérite est complète. On enlève alors la chaudière et l’on enroule le fil sur des dévidoirs que l’on plonge dans une auge étroite placée contre la chambre d’essais, mais en dehors. On essaie alors le fil au moyen d’un galvanomètre à réflexion, très sensible, et d’une pile de 200 volts environ, avant d’en faire des câbles ou de l’expédier.
- La plus grande partie du fil arrivé à cette phase est encore entourée, pour jflus de sûreté, de tresses et d’un composé préservatifLLêsfappareils qui servent à ces opérations sont connus.
- L’usine de Seymour fabrique aussi un ruban spécial constitué par de la toile et de la kérite intimement réunies sous l’influence de la pression et sous celle de la chaleur produite par de la vapeur. Ce ruban est indispensable pour faire des joints sur les fils vulcanisés isolés. 11 possède Ja propriété de se vulcaniser spontanément par exposition au soleil et à l’atmosphère.
- C. B.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLEC TRT CITÉ
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- FAITS DIVERS
- A l’occasion de la visite des membres de l’Institut anglais du fer et de l’acier, les habitants de Chicago ont publié un volume dans lequel on a décrit les différentes industries de cette ville.
- Les détails que nous y trouvons sur la Western electric Company permettent déjuger du développement extrême pris par la fabrication des spécialités électriques. Le bâtiment qui renferme les ateliers forme un rectangle ayant ioo mètres de long et 50 mètres de large.
- Le développement total des planchers des 6 étages est de 20000 mètres carrés. Le nombre des ouvriers est de iioo, le montant des salaires payés chaque semaine est, en moyenne, de 55000 francs, et la valeur des objets sortant de l’usine pendant chaque période hebdomadaire de 950000 francs.
- Nous avons à enregistrer de nouveaux accidents. Le 21 novembre, un contre-maître de la Compagnie électrique d'East-River, à New-York, est tombé pendant qu’il exécutait une réparation à un fil suspendu. Sa chute a été arrêtée par d’autres fils voisins de celui dont il s’occupait. Mais son corps ayant fait plusieurs courts circuits, il a été foudroyé. Lorsqu’on est parvenu à le retirer de cette position terrible le malheureux res[ irait encore, mais malgré tous les secours il n’a pas tardé à rendre le dernier soupir.
- D’autres catastrophes sont dues non-seulement à l’imprudence et à la maladresse des opérateurs, mais à leur ignorance.
- Dans son numéro du 15 novembre la Nouvelle Presse libre, de Vienne, raconte qu’un employé de la station centrale de Temesvar a eu la fatale pensée de toucher les deux balais d’une dynamo. Le courant a passé par ses bras, et toutes les lampes se sont éteintes. Lorsque l’on a arrêté la machine, la victime avait succombé. Les mains étaient tellement crispées qu’il a fallu employer la force pour lui faire iâcher prise.
- Le même jour, la station centrale Ferranti, à Grovesnor Gallery devenait la proie des flammes. D’après le compte rendu officiel, voici comment l’accident a été produit par un ouvrier chargé de mettre en action un transformateur :
- L’homme n’avait point assez de sang-froid pour une opération de ce genre. Hésitant à mettre la communication, il se produisit un petit arc. Au lieu de pousser le levier, il revint en arrière et rompit le contact. L’échauffement des surfaces et la pression de 5000 volts se combinant, l’arc se maintint. La flamme se répandit sur le bois et mit le feu au plafond, qui était formé de poutres goudronnées, afin de protéger la station contre l’humidité du réservoir formant le toit. En vingt minutes tout était détruit. L’ouvrier ne manquait pas de moyens pour arrêter les suites de sâ première négligence.
- En effet, la communication qu’il avait mise était seulement
- destinée au service d’un transformateur, tandis qu’il y avait à un mètre de distance une clef commandant d’un seul coup toute la série. Quoique trop effrayé pour se servir de cet organe, il avait encore à sa disposition un autre moyen de salut, c’était la clef de sûreté qui se trouve à l’extrémité dè la station, et à l’aide de laquelle il pouvait couper tout le courant de Deptford. Il pouvait encore signaler à Deptford d’arrêter le courant, mais on le fit plus tôt qu’il n’eût été possible si l’on avait attendu ses signaux. En effet, on s’aperçut bien vite par les ammètres et les voltmètres qu’il était arrivé quelqu’accident à Londres.
- D’après les journaux de Londres, la valeur des appareils détruits est de 4 à 500000 francs, et elle n’est couverte par aucune assurance.
- Les accidents précédents viennent s’ajouter à la longue nomenclature de tous ceux qui prouvent de quelle importance il est de donner une instruction technique aux ouvriers employés par les compagnies d’électricité. C’est afin de pourvoir à ce besoin urgent que le gouvernement français a créé une chaire spéciale au Conservatoire des Arts et Métiers.
- M. Bernardoss, l’inventeur de la soudure électrique, et M. Karovine, architecte, viennent de proposer au gouvernement russe le projet de soudure des débris de la fameuse cloche historique « Tsar-Cloche », et son installation sur un bâtiment colossal, aussi projeté par ces messieurs, qui aura 175 mètres de hauteur et 100 mètres de largeur de base.
- Cette construction est évaluée 15 millions de francs.
- Ce clocher, de style russe, aura la forme d’une cloche allongée; il contiendra à sa base un musée; au milieu la « Tsar-Cloche »; au dessus de cette dernière une église à sept autels, enfin une tour. Le plafond, au-dessous de la cloche, représentera le globe terrestre, dont le centre sera Moscou.
- D’après VEngineering and_ Building Record, la Bennet Àmalgamator C°, de Denver, emploie pour desservir l’un de ces amalgamateurs, un excavateur mû par l’électricité.
- Cet appareil, qui est du type à cuiller, est employé à creu-ser des terrains d’alluvion qui contiennent des paillettes d’or. Il porte deux moteurs électriques, l’un de 25, l’autre de 15 chevaux, qui commandent respectivement les mouvements de translation et d’orientation, et celui de la cuiller.
- Une autre machine de 25 chevaux est également montée sur le truck et actionne le transporteur et Pamalgamateur. Lé courant électrique est fourni par une dynamo de 100 chevaux commandée par une turbine et établie à 3 kilomètre du chantier.
- Le département de la guerre, en Belgique, a nommé une commission pour étudier l’emploi des projecteurs en vue de la défense des forts de la Meuse. La Société de la Meuse a construit des projecteurs électriques renfermés dans des tou- '
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- relies blindées qui protègent en même temps le personnel affecté à ce service; le courant est envoyé à la lampe par une dynamo actionnée par un moteur à gaz.
- Les conclusions de la commission relatives à l’adoption des appareils de la Société de la Meuse ne sont pas encore connues.
- La Compagnie anglaise European Edison Phonograph, Tourni and C°, qui a acheté le droit d’exploitation du phonographe perfectionné d’Edison, vient d’organiser une réclame originale monstre. Elle a organisé plusieurs expéditions ambulantes qui vont de pays en pays pour faire des démonstrations publiques de l’invention du Yankee ingénieux.
- Une de ces expéditions-réclames vient d’arriver à Saint-Pétersbourg. M. Arnold L. Guillire, membre de cette expédition, assure que cette tournée à Saint-Pétersbourg est la première. A la séance donnée par cette expédition, on reproduisait, entre autres pièces, les détails de commandement militaire d’un bataillon, la musique militaire, la marche, les commandements des supérieurs et des subalternes, etc.
- La pièce la plus réussie était la reproduction de l’orchestre militaire du régiment prussien portant le nom de l’Empereur Alexandre III.
- 11 va se produire à Chicago une lutte fort intéressante, surtout au moment de l’inauguration à Paris du funiculaire de Belleville. Une des principales compagnies à traction de câbles de la ville des jardins a pris la résolution de transformer son matériel et d’adopter l’électricité. Elle va faire marcher sur une des principales lignes de son réseau une voiture à accumulateurs construite par une société de New-York et une autre de Philadelphie.
- Quelques télégraphistes des Etats-Unis ont cédé aux conseils des Chevaliers du travail et se sont affiliés à une société dans le but d’organiser des grèves et d’imposer des lois au capital. Les compagnies ayant été mises au courant de ce, qui se passe ont commencé une sorte de croisade pour épurer leur personnel. Les employés convaincus d’affiliation sont partout remerciés.
- Le lieutenant Flske, de la marine nationale des Etats-Unis, demande que l’on crée un corps spécial d’électriciens destiné au service de l’armée navale aussi bien qu’à celui de l’armée de terre.
- Il paraît que l’électricité peut faire concurrence au docteur koch pour la guérison de la tuberculose. En effet, suivant un chimiste de Vienne, le bacile virgule ne résiste pas aux fumées d’acide cyanhydrique qu’on respire dans les salles où l’on exécute la dorure et l’argenture par la pile. Ces établissements remplaceraient avec avantagé les hangars de la
- Compagnie parisienne, où les malades viennent respirer les émanations sortant des masses de sciure de bois qui ont passé par les épurateurs.
- Des perforatrices électriques sont employées avec succès dans les chantiers de Hull où l’on construit VEndymion et le Saint-Georges, vaisseaux cuirassés de la flotte britannique. Des trous de 60 millimètres de diamètre et de 45 millimètres de profondeur sont percés dans la tôle d’acier qui forme les boucliers en 20 minutes, tandis qu’à Deptford il faut deux hommes travaillant 5 heures.
- Le contrat pour la pose des lignes sous-marines qui réuniront l’Espagne à ses établissements de la côte du Maroc a été accordé à la maison Pirelli, de Turin. Le prix est fixé à 4000 francs par mille de câble; il est payable en dix années, par annuités égales, et pendant ces dix années la compagnie concessionnaire doit entretenir à ses frais les lignes dont elle a entrepris la pose.
- The Lattcet, de Londres, commente les résultats d’une statistique publiée par les journaux médicaux français, et proteste contre le déplorable éclairage des trains du métropolitain et des lignes suburbaines de Londres. Les voyageurs sont la plupart obligés d’employer le temps du trajet à lire, et les efforts qu’ils font nuisent beaucoup à l’état de leur vue. The Lancet déclare que l’éclairage électrique des voitures est le seul remède à cet état de choses ; ne serait-il pas curieux qu’un abus véritable signalé à Paris donnât lieu à une réforme à Londres?
- Le 17 avril 1890, la société philosophique de Philadelphie a tenu une séance solennelle en l’honneur de Benjamin Franklin, mort dans cette ville le 17 avril 1790. Un grand nombre de discours ont été prononcés et recueillis dans une publication spéciale. Nous y voyons que l’illustre inventeur des paratonnerres n’a pas publié moins de 221 mémoires scientifiques occupant 900 pages in-8“, dont la majeure partie ont trait à l’électricité.
- Ses publications ont commencé en 1737, lorsque l’auteur avait 31 ans, et il les a continuées sans interruption pendant 53 ans, puisqu’il a encore écrit sur les sciences dans l’année de sa mort, à l’âge de 84 ans.
- Dans son numéro du 8 novembre le Telegraphista Espanol proteste contre les accusations lancées à différentes reprises contre le lieutenant Péral, inventeur du torpilleur submersible dont il a été si souvent question ; notre confrère publie à la suite de son article un rapport adressé par cet officier au Ministre de la marine de Madrid sur les évolutions exécutées à bord du Colon, et qui tendent à prouver que les moteuts
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- électriques employés pour assurer la submersion ont parfaitement réussi.
- Le navire est resté fort longtemps en station à une profondeur de 10 mètres au-dessous de la surface de la mer. Les vagues étaient si parfaitement transparentes qu’il n’a pas été une seule fois nécessaire d’allumer les lampes à incandescence destinées à l’éclairage de cet intéressant bâtiment, dont les expériences seraient suivies par tous les électriciens si le mystère dont on les environne n’était pas pour ainsi dire impossible à pénétrer.
- On nous apprend qu’à Balbouk ^Sibérie), dans les usines Miassky, des expériences sont faites en vue de l’extraction de l’or au moyen de l’électricité. L’usine a acheté une grande dynamo et s’est asruré le concours d’un spécialiste électricien.
- Il n’est point hors de propos d’appeler l’attention sur l’intérêt tout particulier que les journaux des Etats Unis semblent prendre au développement de la navigation électrique en Europe. Ils signalent l’extension des opérations maritimes des stations d’éclairage des environs d’Edimbourg, où les yachts électriques pourront dorénavant remplir leurs accumulateurs. Us nous apprennent même qu’une station d’éclairage des environs de Paris vient de proposer d’établir un centre de navigation sur les bords de la Seine. Ne verraient-ils plus dans ces charmants bateaux que des moyens d’éluder les nouvelles lois douanières ?
- Les cours du Collège de France recommenceront le r" décembre,
- M. Marcel Deprez, professeur suppléant, étudiera les machines thermiques et recherchera les moyens d’augmenter soit leur puissance spécifique, soit leur rendement économique; les mercredis à 1 heure de l’après-midi.
- M. d’Arsonval traitera des applications physiologiques et médicales de l’électricité ; les mercredis et vendredis à 4 heures 1/2.
- L’hydrosulfite de soude est un sel peu répandu dans le commerce des produits chimiques ; il est presque exclusivement employé dans l’industrie de la teinture, soit à décolorer les bains d’indigo, soit à blanchir la soie et la laine. Presque toujours on le prépare sur place par le procédé Schutzeriberger, qui consiste à faire réagir le zinc sur une solution de bisulfite de soude. Ces manipulations sont longues et le bain revient à un prix assez élevé.
- M. Villon a décrit un procédé électrolytique plus rapide et surtout plus économique que le premier. On réduit le bisulfite de soude par l’hydrogène électrolytique : 88 kilogrammes de bisulfite de soude exigent, pour être entière-rement transformés, 3 kilogrammes d’hydrogène au lieu de 2 kilogrammes, chiffre théorique.
- L’opération se fait dans une cuve en bois de sapin divisée
- en deux compartiments pat une cloison poreuse en terre de pipe : l’un renferme les électrodes négatives en charbon qui plongent dans y>o litres d’une solution de bisulfite de soude marquant 35” Baumé ; les électrodes positives baignent dans de l’acide sulfurique étendu de 10 fois son volume d'eau.
- La cuve est hermétiquement fermée et on laisse passer le courant jusqu’à ce qu’il se soit formé 4 kilogrammes d’hydrogène : celte opération correspond à une dépense moyenne de 350 chevaux-heure.
- La préparation de 300 litres d’hydrosulfite de soude revient à 6 fr., et pour blanchir 100 kilogrammes de laine il faut une dépense de 5 fr., tandis que la même opération par l’ancien procédé coûte environ 13,50 francs. Il y aurait économie de 50 0/0 en moyenne à employer le bain d’hydrosulfite préparé par l’électrolyse ; c’est là du moins ce qu'affirme M. Domergue.
- Le chargé d’affaires d’Angleterre au Paraguay apprend à ses compatriotes que la république de l’Uruguay, un état souverain de quelque importance, est encore isolé télégraphiquement du monde entier. C’est sûrement le seul pays civilisé qui se trouve encore dans ce cas.
- La lacune à combler s’étend entre la ville de Corientes, dans la république Argentine et le réseau intérieur du Paraguay. Il est probable que le gouvernement de l’Assomption accepterait des propositions raisonnables si elles lui étaient adressées par une maison sérieuse.
- Éclairage Électrique
- Si l’on en croit une information publiée par VElectrical Rewicw, il y avait en Allemagne à la fin de l’année 1889 21 stations d’éclairage électrique qui posséderaient un effectif d’environ 20 000 chevaux dont la moitié serait employée à Berlin, et le reste réparti dans 20 autres villes.
- Nous n’avons pas en ce moment sous la main les éléments nécessaires pour savoir quel était à la même époque l’état de l’éclairage électrique en France ; mais nous croyons que la développement de cette industrie est si rapide en ce moment que nous ne tarderons point à rattraper le temps perdu et à conquérir* sous ce point de vue essentiel* un rang digne de la France.
- Il s’est formé à Chicago une nouvelle compagnie électri* que dans le district récemment annexé d’Hyde-Park. L’entreprise est considérable, puisqu’on construit une station centrale pour 10000 lampes de lôbougies. Elle a failli échouer à cause de l’opposition de l’administration municipale, qui ne veut point accorder d’autorisation pour placer des fils sur des poteaux.
- En effet, les maisons sont tellement espacées les unes des
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- autres que la compagnie a besoin d’un circuit de 40 kilomètres, qui eût entraîné une immense dépense, si on avait dû le construire en souterrain.
- La compagnie n’a trouvé qu’un seul moyen pour se tirer de ce mauvais pas. Elle s’est entendue avec les propriétaires riverains. Partout les poteaux sont sur des propriétés particulières. Lorsqu’il faut franch'r une voie publique, on donne aux supports une élévation suffisante, qui dans certains cas peut aller jusqu’à plus de 20 mètres.
- Un organe dû gaz publié de l’autre côté de l’Atlantique contenait récemment l’avis suivant :
- « Maintenant qu’une partie considérable de Montréal est éclairée par la lumière électrique, il s’agissait de décider de l’emploi que l’on ferait des candélabres, lesquels appartenaient à la ville. Quelques conseillers municipaux proposaient de vendre ce matériel comme vieille ferraille. Mais le conseiller Stephan obtint de les laisser en place, afin de ne pas se trouver à la merci de la compagnie électrique. »
- Voilà certainement qui est sage, mais peu efficace et ne donnera qu’une médiocre satisfaction aux actionnaires dépossédés. Des gens simples comme les conseillers de Montréal n’ont pas imaginé de procédé pour donner une vie factice à leur compagnie gazière en prolongeant sa concession et en associant à ses bénéfices la population entière.
- Un des principaux journaux industriels d’Angleterre, Iron and Coal Trade’s Review, a dressé un bilan de l’éclairage d’une mine de houille produisant 1000 tonnes par jour. Les frais d’installation sont plus élevés lorsque l’on veut employer l’éclairage électrique que si l’on se contente du gaz ou de l’huile. En effet, ils ressortent, suivant les calculs de notre confrère à 5000 francs, tandis que l’installation du gaz ne coûte que 3750 francs, et que les lampes à huile ne représentent qu’une dépense de 2000 francs. Mais il suffit d’une courte période d’exploitation pour rattraper cette légère différence.
- En effet, les frais annuels ne montent qu’à r 500 francs avec l’électricité, tandis qu’ils sont de 3500 francs avec l’huile et de 3825 francs avec 1^ gaz, en le comptant à 10 centimes le mètre cube.
- L’édairage électrique vient de faire son apparition dans les îles Canaries, à Santa-Cruz de Ténériffe.
- L’initiative en revient à M. Diaz, grand fabricant de pain de cette ville, rue de la Candelaria, un nom prédestiné comme on le voit.
- Les habitants de l’île sont dans l’admiration.
- On nous apprend que la société d’éclairage au gaz de Saint-Pétersbourg a l’intention d’installer des stations centrales d’éclairage électrique, en employant des moteurs à gaz. Elle espère augmenter de cett anière la consomma-
- tion du gaz, qui a diminué notablement par suite du développement considérable de l’éclairage électrique de la capitale russe.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le nombre des abonnés au téléphone diminue tous les jours à Kyeff (Russie). La cause tient au prix élevé de l’abonnement : 450 francs par an. En Finlande (Russie), le prix de l’abonnement est de 50 francs par an ; l’abonné paye une fois 150 francs pour l’installation. Une pétition collective va être signée pour demander à la société une diminution du prix de l’abonnement.
- Une société d’actionnaires, composée de capitalistes français et belges, entreprend la construction d’un téléphone entre Varsovie (Russie) et Berlin.
- Le représentant de cette société est un ingénieur français, M. Albert Carchall. On pense que la construction coûtera 9 millions de francs. Cette société a proposé au gouvernement russe le projet de tarif suivant : 6 francs pour la première minute de conversation; pour chaque minute suivante une réduction de 25 0/0 par rapport à la précédente : 10 fr. 50 pour 2 minutes, 11 fr. 60 pour 3 minutes, et ainsi de suite. M. Carchall propose au gouvernement russe de lui céder le téléphone après un certain nombre d’années, si son tarif est autorisé.
- Le numéro du 9 octobre de l'Elettricita de Turin renferme une statistique du service télégraphique italien. Aux détails que nous avons déjà donnés, nous en ajouterons quelques-uns. Le personnel se compose de 3953 employés, dont les appointements s’élèvent en moyenne à 2500 francs. Les dépenses de toute nature nécessitées par l’exploitation se sont élevées pendant l’année 1888 à un peu plus de 13 millions de francs et lés recettes à 14700000 francs, ce qui a laissé un bénéfice d’environ 1 700 oco francs, quoique l’on ait dépensé 600 000 francs en travaux neufs ou en améliorations.
- On peut dire que le Morse est d’un usage presque universel en Italie; en effet, sur près de 4000 appareils que renferment les offices royaux, il n’y a qu’une centaine de Hughes, et 63 de tous les autres systèmes.
- Le nombre des bureaux du gouvernement était de 2437. On. comptait en outre 1349 bureaux de chemin de fer et 40 bureaux du service sémaphorique. Le nombre des bureaux ayant le service de jour et de nuit était de 243 dans toute la péninsule.
- Imprimeur-Gérant : V. Nory
- Imprimerie de La Lumière Électrique — Paris. 31, boulevard des Italiens.
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNÉLIUS HERZ
- Xll° ANNÉE (TOME XXXVIII) SAMEDI 6 DÉCEMBRE 1890
- No 49
- SOMMAIRE. — La rotation.des planètes produite par l’action électrodynamique du soleil; Ch.-V. Zenger. — Chemins de fer et tramways électriques; Gustave Richard. — Sur l’exploitation de la gutta-percha; Sérullas. — Nouveaux parafoudres et appareils de sûrelé pour les circuits électriques; A. Palaz. — La session de l’Association britannique à Leeds; P .-H. Ledeboer. — Chronique et revue de la presse industrielle : Eclairage électrique à Angers. — La plus grande usine d’électricité du monde, par A.-C. Shaw. — Couplage des dynamos à courant alternatif, par Emilio Piazzoli. — Accumulateur Pepper.—Cuve électrolytique Hopkinson-Appleton.— Chauffage électrique Carpenter.—Accumulateurs Reckenzaun. Trieur magnétique Hobson. — Avertisseur d’incendie W. Hart. — Revue des travaux récents en électricité : Quelques expériences sur la vitesse des perturbations électriques et leur application à la théorie de la décharge striée à travers les gaz, par J,-J. Thomson. — Sur les équations fondamentales de l’électrodynamique pour les corps en mouvement, par H. Hertz. — Sur la résistance électrique du bismuth dans un champ magnétique, par A. Leduc. — L’effet de la pression sur la conductibilité électrique des liquides, par C. Barus. — Correspondance : Lettre de M. Henri Besson. — Faits divers.
- LA ROTATION DES PLANÈTES
- PRODUITE
- par l’action électrodynamique du soleil.
- A plusieurs reprises depuis 187811) j’ai montré que les phénomènes astronomiques et météorologiques qu’on n’a pu attribuer à l’action de la gravitation universelle ou delà pesanteur s’expliquent, au contraire, aisément par la théorie électrodynamique du soleil, théorie que j’ai proposée depuis 1878.
- On m’a présenté beaucoup de controverses et d’objections, sans qu’on ait tâché de réfuter cette théorie par la seule voie admissible, c’est-à-dire par des expériences bien faites. Je me suis proposé de prouver par cette voie, qui seule est sûre et concluante, que les phénomènes d’attraction et de répulsion observés dans les mouvements de corps célestes, dans les mouvements tourbillonnaires de l’atmosphère et dans les mouvements sismiques de notre globe peuvent être reproduits par l’action électrodynamique de puissants élec-
- f1) Comptes rendus du Congrès international de météorologie, Paris, 1878.
- tro-aimants, ou parles décharges énergiques d’une machine électrique quelconque.
- En 1885 j’ai décrit les phénomènes tourbillonnaires produits dans une cloche de verre remplie de fumée blanche provenant de la combustion du magnésium lorsqu’on fait un vide partiel obtenu avec une machine pneumatique I1).
- J’ai déduit de cette expérience l’opinion que les grandes perturbations atmosphériques tourbillonnaires, les cyclones, les typhons et les tor-nados sont très probablement d’origine électrique, et que l'électricité atmosphérique est la cause et non l’effet de ces intenses mouvements tourbillonnaires. La périodicité de 13 jours, à peu près, que l’on constate dans les orages cycloniques, les cyclones et les typhons m’ont conduit à admettre l’origine solaire des hautes tensions électriques constatées dans les couches supérieures de l’atmosphère terrestre. Ayant démontré la même périodicité (2) pour les orages magnétiques, dont l’origine solaire est à présent généralement reconnue, et pour les aurores boréales qui très souvent les accompagnent, j’ai été conduit à soupçonner une pareille périodicité dans les mouvements sis- (*)
- (*) La météorologie du soleil et son système planétaire, Vienne, 18S5.
- (s) Comptes rendus, 27 janvier 1890.
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- LA LU MIL KL' ÉLECTRIQUE
- miques et dans les éruptions volcaniques, qui ne semblent être autre chose que l'effet de trombes ignées formées sous l’influence électrodynamique du soleil sur le noyau fluide de la terre, et en agissant ces orages de l’océan igné produisent à leur tour un contre-coup sur la croûte solidifiée et rugueuse du globe.
- Cette périodicité une fois constatée, tous les grands mouvements de l’atmosphère et de l’intérieur du globe se trouvent régis par une récurrence identique, savoir la durée d’une demi-rotation du soleil. Ces phénomènes manifestent leur origine électrique, et, l’on voit qu’ils sont produits par l’induction électromagnétique et par la décharge directe de l’électricité entre le soleil et la terre à travers l’espace interplanétaire.
- Pendant l’Exposition universelle de 1889, j’ai démontré avec mon appareil à trois électro-aimants agissant sur une sphère de cuivre rouge creuse suspendue par un fil de soie et mise en rotation par la torsion de ce fil qu’on peut reproduire sous l’action d’un, de deux ou de trois pôles les mouvements orbiculaires des planètes autour du soleil, circulaires, elliptiques, plus ou moins excentriques, et que l’on peut même reproduire les phénomènes de perturbations planétaires.
- C’est avec cet appareil qu’on peut résoudre les problèmes de l’action de trois corps (*) et dessiner les orbites ainsi décrites.
- Pour combler les lacunes de ma théorie électrodynamique des mouvements dans le système solaire, il me restait encore à imiter la rotation des planètes autour de leur axe par l’action électrodynamique.
- Or je suis parvenu (2) à ce résultat par la rotation d’un globe de verre sous t’influence des décharges d une machine électrique de Wimshurst. J’ai déformé dans la direction de son diamètre vertical une sphère de verre creuse argentée, telle qu’on l’obtient dans le commerce, et j’ai placé un axe d’acier dans la cavité conique ainsi obtenue.
- L’axe est fixé sur un support en bois et isolé de la table par un cylindre creux en verre. En plaçant la sphère creuse entre les boules de l’excitateur de la machine de Wimshurst (fig. 1), de manière que ces boules soient à la distance de plusieurs centimètres de la surface de la sphère creuse, ce qui est indispensable pour éviter la for-
- mation d’étincelles, on obtient la rotation de la sphère autour de son axe vertical.
- On fait en.sorte que la droite qui joint les centres des boules de l’excitateur ne passe pas par le centre de la sphère de verre. Quand on commence à tourner la manivelle de la machine électrique, la sphère commence à entrer en rotation, et son mouvement devient tout à fait uniforme quand on tourne uniformément la manivelle ; plus on
- Fig. 1
- tourne vite, plus vive devient la rotation ; on peut ainsi faire obéir ce mouvement rotatoire à la main de l'expérimentateur.
- Cette rotation d’une sphère creuse sous l’influence des deux pôles d’une machine électrique confirme d’une manière surprenante mes vues sur l’origine des mouvements célestes que j’ai exprimées dans la note « Etudes astrophilogra-phiques (*) ».
- 11 est très vraisemblable que le soleil se comporte comme une machine dy namo-électrique énorme agissant sur les corps situés dans son voisinage, comme le sont les différentes planètes de son système. L’énergie du soleil se manifeste donc en déterminant tous les mouvements dans l’espace interplanétaire, à la surface et à l’intérieur des planètes mêmes. Les révolutions de ces dernières, comme celles des comètes et des météorites, ne sont
- (*) Comptes rendus, 2 septembre 1889. Çb Comptes rendus, 3 novembre 1890.
- (*) Comptes rendus, 27 août 1883.
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- Que les mouvements résultant des actions des pôles dynamiques de cette énorme source d’énergie.
- Mais ces reproductions par l’électricité des mouvements cycloniques terrestres et des mouvements planétaires orbiculaires et rotatoires ne me sembleraient pas encore être assez concluantes pour permettre de remplacer par des lois électrodynamiques celles de la gravitation universelle, s’il n’était pas possible de reproduire également par l’action électrodynamique les phénomènes d’activité observés à la surface du soleil.
- C’est ce que j’ai pu accomplir tout récemment par deS décharges électriques dans un espace rempli de poussières et sur des plaques de verre enfumées (1).
- . Le moyen que j’ai employé me paraît encore plus concluant que l’action de décharges électriques sur des plaques photographiques imaginé par M. Trouvelot. La mobilité absolue des particules de noir de fumée m’a permis de suivre les lignes de force électrique pendant les décharges et j’ai pu ainsi montrer que la décharge produit deux mouvements tourbillo'naires dextrorsum et sinistrorsum, qui en se réunissant détruisent toute manifestation de l’énergie provenant de la décharge.
- Quand on enfumedes plaques deverre couvertes au milieu d’une feuille d’étain circulaire, et qu’on décharge la boule positive de l’excitateur contre le disque, les lignes de force électrique dessinent en blanc sur fond noir toutes les apparences des protubérances solaires, sous forme de langues, de flammes et de colonnes recourbées et souvent en forme de spirale.
- L’image ainsi obtenue est pour ainsi dire la représentation d’une éclipse totale du soleil, le disque d’étain représentant la lune couvrant le soleil, entouré aux bords des protubérances qui se projettent dans l’espace.
- Si l’on remplace le disque mince d’étain par un disque épais de cuivre rouge, les lignes de force provenant du bord le plus éloigné de la surface de noir de fumée deviennent plus ou moins inclinées vers cette surface, et le-résultat est une zone diffuse blanchâtre rappelant tout à fait par sa forme et par sa texture la couronne solaire, et même avec les protubérances qui sont projetées sur elle.
- (*) La Lumière Electrique, 8 novembre 1S90.
- En enfumant une sphère creuse de verre et en dirigeant les décharges positives sur la surface noircie, on obtient en blanc sur le fond noir la représentation des taches solaires. On reproduit les mouvements tourbillonnaires, on reconnaît,les grains de riz, les languettes et les spirales, comme nous les voyons dans la pénombre et les ponts qu’on observe dans l’ombre des grandes taches cycloniques du soleil.
- Si l’on prend au lieu d’une plaque de verre enfumée un miroir argenté dont la couche d’argent est protégée par un vernis, les décharges dessinent non seulement des taches; mais par des décharges latérales on obtient des groupes de taches tantôt grandes et tantôt petites se suivant comme elles paraissent en réalité sur la surface du soleil en temps de grande activité explosive.
- C/est pourainsi dire l’ensemble des phénomènes solaires produits artificiellement sur de minces couches mobiles de noir de fumée ou d’argent par les décharges électriques puissantes d’une machine électrique Wimshurst ou par la bobine Ruhmkorff. Dans une note sur la périodicité des comètes (*), j’ai dit :
- « Nous pouvons expliquer la formation des comètes par des explosions énormes chassant Ds matières des protubérances à des centaines de milliers de kilomètres de la surface du soleil.
- « Les chocs doivent se propager au bord de la couronne et chasser la matière, peut-être météorique, de la couronne devant elle.
- « Supposons d’ailleurs que des météorites assez grosses se meuvent autour du soleil, près des bords de la couronne. Leur attraction peut être supérieure à l’attraction solaire; il peut se produire ainsi une agglomération de la matière coro-nale autour du noyau météorique et la tête de la comète peut prendre naissance, mais l’attraction et le mouvement de la masse ainsi agglomérée peuvent entraîner de la poussière météorique et des particules minimes de la matière coro-nale, ou c’est ce qui produit la chevelure et la queue. La résistance des chocs perpétuels du noyau contre la matière météorique dont le voisinage du soleil fourmille fait rapidement croître l’étendue de la queue et produit l’apparence contournée des queues commétaires. »
- La réussite de mes expériences électriques m’a
- C1) Comptes rendus, mars 1883.
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- LA LÜMÏÈRE ÉLECTRIQUE
- donné l’idée de reproduire les mêmes phénomènes par des décharges électriques contre une surface rugueuse, par exemple contre la surface enfumée du papier à filtrer de Suède.
- Si les décharges sont perpendiculaires, on obtient en blanc l’image du noyau de la comète, entourée de la chevelure en gris plus ou moins foncé.
- Mais si les décharges sont lancées obliquement à la surface enfumée du papierde Suède, on obtient ainsi la queue en forme contournée. On voit de plus une trace sombre ou noire séparant souvent la tête de la queue et traversant celle-ci comme dans les grandes comètes à des distances considérables du noyau brillant.
- C'est une nouvelle preuve qui contribue à faire mieux comprendre les phénomènes énigmatiques
- des formes de queues cométaires, de leu r croissance rapide au voisinage du soleil, des répulsions qu’elles subissent, des changements rapides de luminosité qu’elles éprouvent, des éclairs qu’on a aperçus dans la queue de la comète de 1881, et enfin d’une multitude d’autres phénomènes tout à fait inexplicables par la seule attraction universelle.
- Ch.-V. Zenger.
- CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS
- ÉLECTRIQUES (*)
- Les figures i et 2 représentent une modification du locomoteur à deux armatures indépendantes de
- MM. Hophinson et Grindle, adopté sur le City and South London Railway (*).
- Les deux armatures aa, complètement indépendantes, sont actionnées par un même circuit magnétique (bt b2b3d c e); on peut les accoupler en série ou en quantité, arrêter l’une d’elles pendant que l’autre marche encore. Elles attaquent leurs essieux par des bielles l, croisées pour en augmenter la longueur. Les boîtes à graisse sont alors inclinées de manière à réduire au minimum les variations de l’écartement des axes dus
- au fléchissement des ressorts. On obtient, grâce à cette disposition des armatures, les mêmes avantages de sécurité qu’avec deux dynamos complètes, une diminution du poids du locomoteur et de l’encombrement des dynamos. La transmission par bielles a l’avantage de permettre d’abriter complètement les armatures.
- Les balais des collecteurs sont ici constitués (fig. y, 4 et 5) par des charbons de lampes à arc ff, encastrés dans des demi-tubes gg montés sur des demi-tubes glissières b b. Ces glissières sont fixées
- i1) La Lumière Electrique, 22 et 29 novembre, p. 360 et 413.
- (!) La Lumière Electrique du 22 novembre, p. 360.
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- sur des lames ii articulées en kj, et appuyées par r très facilement les charbons ff, que l’on enlève un ressort p sur le collecteur. On peut remplacer'! avec leur tube sans déranger les lames ii.
- Fig. 3, 4 et n. — Collecteur à balais de charbons Hopkinson-Grindle. Coupe diamétrale, vue par bout et plan-coupe par les
- glissières g.
- Les manivelles B, équilibrées en b2, des dynamos j quent les manivelles E des essieux D directement A A du locomoteur Peacock et Lange (ûg.6 et 7)atta- I par un jeu de bielles croisées C C. Les dynamos
- 1 !.. lüî.lliilîiîi*u i. .ii:
- Fig. 6 et 7. — Peacock et Lange (1890). Locomotive à châssis indépendant.
- sont portées par un châssis K, indépendant du châssis principal F, et reposant sur les essieux.
- Le châssis du moteur de 30 chevaux de VUnited Electric Traction C° représenté par la figure 8
- est aussi indépendant de celui de la voiture et articulé au milieu de l’essieu porteur par un maillon qui lui assure un jeu suffisant pour le passage en courbes, la flexibilité des ressorts, etc. L’essieu
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- moteur est attaqué, comme l’indique la figure 8, | montés sur un cercle en bronze représenté en par un train de pignons en acier. Les balais sont | détail par la figure 9. Ils sont en un charbon spé-
- cial, et ajustables suivant trois directions. L’armature du type Gramme à sections faciles à remplacer peut elle-même se retirer aisément pour les
- limètre. L’enroulement est en compound et le démarrage s’opère très doucement au moyen d’un rhéostat. Ce type d’électrolocomoteur se répand
- Fig. 9.— United Electric Traction C". Détail des porte-bala:s.
- * réparations ; toutes les pièces du moteur sont interchangeables et calibrées, dit-on, au È de mil-
- F:g- 10.— Dean (1890). Locomotive à transmission par cordes.
- beaucoup aux Etats-Unis. On en construit à peu près un par jour dans les ateliers de l’United C°, à Jersey-City (1).
- (1) Elecfrical'Engitleer. 1" octobre 1890.
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- La transmission du locomoteur de M. Dean consiste (fig. 10) en une série de câbles continus/ passant au-dessous du tambour D, mû par la dynamo F, aux tambours des essieux CC' et tendus par des galets KK’ repoussés par les ressorts ii". C'est une des solutions élégantes des
- transmissions par cordes peu employées aujourd'hui.
- La question des locomoteurs électriques est d’ailleurs actuellement étudiée aux États-Unis dans un si grand nombre d’ateliers qu’il s’y produit
- Fig. 11. — Truck Tripp'à coussinets antifriction.
- Fig. 12. — Truck Brill à châssis étagé.
- presque chaque jour des modifications de détail intéressantes, principalement dans la construction des châssis. Nous citerons comme exemple le nouveau truck de la Tripp Manufacturing C?, représenté par la figure 11, et celui de Brill (fig. 12). Les figurés 1 i.et 12 sont suffisamment claires pour faire comprendre d’elles-mêmes la disposition d’ensemble de ces appareils. Il me suffira de faire remarquer la légèreté et la simplicité du truck de Tripp, sur les montants duquel on n’a plus qu’à poser la voiture ; on sait que les bottes à graisse de cet appareil sont pourvues de galets antifriction (!). Quant au truck de Brill, sa disposition en
- O) La Lumière Électrique, 5 avril 1S90, p. 17.
- gradins permet d’en abaisser notablement le marche-pied, ce qui facilite l’accès de la voiture.
- La disposition du trolly pour tramways à câbles suspendus de M. Hoydt est (fig. 13) des plus simples. Le galet 1 tourne entre deux gardes élastiques NN formant fourche de chaque côté du câble et pouvant s’abaisser au passage des suspensions. Le tout peut pivoter dans la tigeD, d’un jeu réglé par lavis F.
- Nous avons décrit à la page 13 de notre numéro du 5 octobre dernier le train réducteur de M. Main; ce train a été adopté (fig. 14) pour les tramways à accumulateurs de la River and Rail Electric Company. La voiture représentée par les
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- figures de la page 230 de notre numéro du Ier no-
- Fig. — Hoydt. Trolly à fourche élastique articulée (,1890)
- vembre dernier a 7 mètres de long; elle peut re-
- cevoir sous les banquettes 84 accumulateurs, 42 de chaque côté, montés six par six dans des chariots à roulettes dont la manœuvre est facile. Des contacts à ressort convenablement disposés rom-
- Fig. 15. — Accumulateur Main. Plaque positive.
- pent ou rétablissent automatiquement le circuit des accumulateurs enlevés ou remplacés. Le remplacement complet des accumulateurs d’une voiture n’exige guère plus d’une minute.
- Fig. 14. — River and Rail Electric C‘. Locomoteur à transmission Main.
- Les plaques positives et négatives des accu- 1 figures 15 et 16. Les plaques'positives n'ont pas mulateurs de Main sont représentées par les J de matière active poreuse; elles sont compo-
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- sées d’un grand nombre de feuilles de plomb maintenues par des rivets entre des lames de
- Fig. 16. — Accumulateur Main. Plaque négative.
- plomb plus fortes et percées d’une quantité de
- trous (quatre par centimètre carré.) Les plaques négatives, en zinc de 3 centimètres d’épaisseur, sont percées de grands trous et placées entre des plaques de cuivre percées et amalgamées comme elles. Ces plaques sont superposées horizontalement ; le cuivre agit comme conducteur et le zinc ne s’use que très peu. Pendant la formation, les feuilles de plomb se transforment en un oxyde dur cristallin plus durable et mieux maintenu que celui des plaques cellulaires. O11 emploie comme liquide une dissolution de sulfate de zinc; chaque pile pèse 20 kilog. et donne une force électromotrice de 2 volts 1/2.
- Le moteur est une dynamo Main (*) à quatre
- Fig. 17. — Chamberlain. Manipulation des accumulateurs, vue par bout.
- pôles, de 0,60 m. de diamètre et pesant 400 kilog. ; il tourne à 800 tours.
- La manipulation des accumulateurs s’effectue d'une manière différente à l’Union Electric Traction Company, au moyen de treuils disposés, ainsi que
- l’indiquent les figures 17 et 18, à peu près comme les presses hydrauliques de M. Dickinson (2), de
- (*) La Lumière Électrique, 19 mars et 28 juillet 1888, p. 307 et 167.
- (a) La Lumière Llectrique, 5 juillet 1890, p. 16.
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- chaque côté du train. Ces treuils mus par l’électricité occupent avec leur équipement une surface de 7,20 m. x 2,10 m. et peuvent suffire à un service équivalent à celui de 150 chevaux, dont l'écurie occuperait 600 mètres carrés environ. On voit sur la figure 16 comment s’opère à droite le char-
- gement du train et à gauche son déchargement. La manœuvre est effectuée par deux hommes : un de chaque côté, sur les plateformes latérales, lesquelles suivent les mouvements des plateaux transbordeurs,de manière qu’ils soient toujours à la portée des manipulations. M. Chamberlain, l’in-
- Fig. 18. — Chamberlain. Manipulation des accumulateurs, vue de côté.
- venteur de ce transbordeur, a, d’autre part, adopté pour l’accouplement des éléments d’accumula-
- Fig. 10. — Chamberlain. Accouplement d’accumulateuts.
- teurs le système très simple représenté par la figure 19, où les lames des pôles sont pressées l’une sur l’autre par une vis d’ébonite. La vis appuie par l’intermédiaire d’une plaque en caoutchouc dur, et coince dans un étrier de même matière, qui donne un serrage élastique très stable.
- Les accumulateurs A des tramways de M. HoltQ) sont suspendus (fig. 20 et 21) à des appliques B, maintenues par des agrafes G, que l’on tourne après l’introduction de l’accumulateur et l’approche de l’agrafe, qui se trouve ensuite immobilisée par le pêne à ressort H. Le courant passe de la borne J de l’accumulateur à la borne K du locomoteur par CGE. La rotation de l’agrafe G autour du boulon F s’effectue très facilement au moyen d’une clef spéciale.
- Les tramways à accumulateurs sont aux États-Unis bien moins répandus que ceux à conducteurs aériens ou souterrains, bien que leur exploitation soit encore considérée comme préférable par quelques électriciens. (*)
- (*) l.a Lumière Électrique, s octobre 1890, p. 15.
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- Voici par exemple d’après M. Bâtes, président de 1 ’Accumulator Company, quelques renseignements sur les frais probables de l’exploitation d’un réseau de tramways avec accumulateurs Edco.
- Ce réseau serait desservi par 50 voitures à 5000 francs l’une (250000 francs) portant chacune deux dynamos à marche lente de 15 à 20 chevaux et comprenant : Machine motrice de 500 chevaux à triple expansion : 62500 francs; Chaudières :
- Fig. 20 et 21.— Attaches d’accumulateurs Holt.
- 50000 francs; Accumulateurs, dynamos et accessoires des voitures: 1 245000 francs; Dynamos,etc. de la station centrale : 642000 francs. Total général : 2250000 francs, soit environ 45000 francs par voiture, non compris la voie et les bâtiments.
- Entretien et amortissement annuel.
- Francs
- Force motrice (vapeur) à 10 0/0 l’an............ >1,250
- Voitures 10 0/0................................. 25,000
- Électricité, non compris les accumulateurs à 100/0 107,500
- Accumulateurs, 200/0.......................... 158,500
- Transbordeurs, 5 0/0............................. 1,000
- Total par an............................. 307,250
- par an et par voiture.............. 6,060
- par voiture et par jour............ 16 60
- par voiture-kilom., à 190 kil. par jour.' 9
- Force motrice par jour.
- Force nécessaire............................ 500 chevaux.
- Temps nécessaire pour accumuler cette force. 18 heures.
- Total des chevaux-heu es.................... 9,000
- Charbon par cheval-heure avec triple expansion 0,910 kilog.
- Charbon par jour............................ 8,16 tonnes.
- Dépense de charbon à 40 francs la tonne..... 135 francs.
- Main-d’œuvre par jour.
- Francs
- Un chef mécanicien.............................. 20
- Deux aides à 12,50 fr........................... 25
- Deux chauffeurs à io fr......................... 20
- Deux aides à 7,50 fr............................ 15
- Six transbordeurs à 7,50 fr..................... 45
- Un électricien................................. 20
- Deux aides à 12,50 fr........'.................. 25
- Un conducteur de dynamos........................ 15
- Total de la main-d’œuvre............ 185
- Fournitures diverses par jour.
- Eau par jour.................................... 25
- Huile.......................................... 14
- Divers.......................................... 14
- Total................................ 53
- Récapitulation.
- Charbon par jour............................... 135
- Main-d’œuvre par jour.......................... 185
- Fournitures par jour............................ 53
- Total par voiture-jour............~ 373
- Entretien par voiture-kilomètre............... 3.70 cent.
- Exploitation par voiture-kilomètre............ 9
- Entretien et exploitation parvoiture-kilomètre. 12,70
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- Cette dépense serait certainement moindre en France, où le prix du charbon et de la main-d’œuvre sont moins élevés ; mais d’autre part on réaliserait peut-être difficilement le parcours journalier de 190 kilomètres que suppose M. Bâtes, à iâ vitesse de 25 kilomètres à l’heure.
- A côté de cette évaluation, compétente sans aucun doute, mais hypothétique, de M. Bâtes. M. Neftel, de YUnited Electric Traction C°, de New-York, est venu apporter à la réunion de Chicago le résultat de l’exploitation d’un service de voitures à accumulateurs sur la Madison avenue, à New-York.
- Chacune de ces voitures porte 108 accumula-
- Fig. 22. — Voie soutt rraine Lynch (1890) à caniveaux en grès.
- teurs Julien, d’un poids total de 1 600 kilos; elles marchent provisoirement avec des dynamos Thomson-Houston. La dépense totale monte à o fr. 30 par voiture kilomètre. On compte au chargement 8 chevaux par voiture, et il faut 1 heure et demie pour charger une batterie d’accumulateurs capable de fournir un parcours de 65 kilomètres en palier. Les plaques positives durent 3 ans et les négatives presque indéfiniment.
- La voie du tramway de M. Lynch est assainie (fig. 22) par un drain en grès f, qui supporte et isole parfaitement le conducteurs dans la rainure H des contacts du locomoteur. Le drain est en deux parties : le bas en longs raccords pleins f. et le haut en courtes tuiles percées pour le passage de l’eau et des boues, que l’on recueille dans des puisarts placés le long du drain à des intervalles réguliers.
- x Gustave Richard.
- sur
- L’EXPLOITATION DE LA GUTTA-PERCHA (*)
- CONCLUSION PRATIQUE DES RECHERCHES OFFICIELLES (suite).
- Un voyageur qui n’a pas le loisir de séjourner très longtemps ou de revenir à sa guise dans une forêt au sein de laquelle il aurait trouvé par hasard un arbre adulte à gutta-percha ne doit pas espérer en connaître sûrement l’espèce botanique. Les époques normales de l’éclosion des boutons floraux et de la maturité des fruits sont séparées, en effet, par un trop long intervalle de temps, et les floraisons générales n’ont lieu que tous les deux ans. La masse de nouveaux bourgeons floraux se manifeste six mois après une maturité de graines. Par groupes de six au maximum et de trois ou quatre le plus souvent, les boutons se forment au bout de trois mois à partir de l’apparition des bourgeons ; ils se développent surtout au début avec une très grande lenteur et ils mettent environ neuf mois avant d’éclore ; leur épanouissement régulier se produit pendant la nuit et il n’est pas rare que-la corolle éphémère tombe dans la matinée suivante. Enfin, il faut, en outre, six mois pour qu’un fruit noué soit mûr.
- Voilà pourquoi il m’a paru essentiel de chercher un moyen pratique qui permît à un voyageur suffisamment expérimenté de savoir immédiatement si une plante — adulte ou non — qu’il rencontrait dans les forêts était un isonandra producteur d’une gutta-percha susceptible d’être d’un emploi convenable pour la fabrication des câbles sous-marins. Il ne s’agissait pas d’une méthode scientifique exigeant l’examen du latex et des coupes de la feuille sous le microscope. Le moyen à indiquer devait nécessairement dériver d’une telle étude préalable pour offrir un caractère de certitude absolue; mais il ne devait consister qu’en un procédé très simple, expéditif et d'une nature vulgaire.
- Ce procédé qui repose sur la simultanéité de ces deux propriétés : d’un côté, pour une feuille lancéolée, dont le dessous est recouvert d’un soyeux duvet doré, de présenter un nombre total de 44 à 64 nervures secondaires, délicates, régulières et
- 0) La Lumière Electrique du 22 et *9 novembre 1890, p. 351 et 406,
- (A suivre.)
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- complètement noyées dans sa substance ; d’autre part, pour un latex de se coaguler aussitôt après son exsudation, est l’application d’une règle qui ne souffre aucune exception.
- 11 n’en est pas d’autre qui puisse être à la fois plus élémentaire et d’une certitude aussi entière. Je suppose, bien entendu, que l’explorateur appelé à l’appliquer ait d’abord appris à distinguer sûrement dans les forêts un latex qui soit une gutta-percha et un arbre qui soit un isonandra à feuilles dorées.
- Ce moyen commode ne permet pas de différencier entre eux les divers producteurs qui fournissent des gommes à peu près équivalentes et d’un emploi tout à fait convenable dans la télégraphie sous-marine ; mais dans cet ordre d’idées, il y a des points de repère qui ne permettent pas à un œil exercé de s’égarer et que je ferai connaître dans le cours de ce travail succinct. D’ailleurs, l’essentiel est de reconnaître nettement un ensemble d’une demi-douzaine d’isonandras dont cinq sont précisément ceux à la culture desquels les missions officielles ont conclu.
- Le rapport de M. Séligmann sur sa mission et celui de M. Wray sur la sienne avaient fait ressortir la nécessité d’entreprendre sans tarder une culture réglée des plantes à gutta-percha et d’en confier le soin à une personne compétente.
- Le rapport de M. Burck est venu apporter exactement la même conclusion en se montrant aussi affirmatif et plus pressant encore.
- Dans mes rapports sur mes missions successives je n’ai pu malheureusement qu’accentuer davantage la nécessité et l’urgence de cette mesure à prendre.
- Cette concordance devrait peut-être éclairer suffisamment les gouvernements que paraît intéresser la question, d’autant plus que la progression pessimiste dans l’appréciation exacte de la situation est tout simplement la conséquence fatale de l’aggravation produite par le temps qui s’écoule. Qu’un chargé de mission n’aille que dans quelques mois en Malaisie, et il en reviendra vraisemblablement avec cette conclusion finale : il est trop tard.
- Les gouvernements français, anglais et hollandais ont successivement demandé à leurs chargés de mission ce qu’il y avait à faire pour sauver cette situation, et la même réponse leur a été faite.
- La seule divergence qui se soit produite réside
- dans le nom de l’arbre à cultiver et à propager.
- M. Séligmann a indiqué le mayang taban dour-rian, de Singgaloungan, dans Sumatra.
- M. Wray a signalé les arbres à gutta taban mèrab et à gueatta taban soutra de l’état de Pérak, dans la presqu’île de Malacca, c’est-à-dire deux sortes d’arbres tellement voisines que les chercheurs de gutta n’en font pas la différence partout.
- M. Burck a proposé le niatoub balam tembaga, d’Ampaloo (Halaban), dans les padangsche boven-landen.
- Enfin, il m’a semblé rationnel de donner la préférence à YIscmandra-percha ou Isonandra-gutta Hooker, dès l’instant qu’après tant d’années passées à sa recherche il était enfin retrouvé. L'arbre de Singapore offrait en effet toutes les garanties désirables; il n’était pas comme producteur de gutta-percha un nouveau venu.
- L’industrie électrique, les usines qui fabriquent des câbles sous-marins savaient qu’elles pouvaient utiliser sa gomme en toute confiance. Aucun autre isonandra (palaquium ou dichopsis, peu importe le nom) n’offrait un tel avantage, cette certitude absolue dans la stabilité des propriétés d’un latex coagulé dont la valeur était éprouvée.
- On doit donc, ce me semble, donner la préférence à la plante dont on est sur; mais en réalité, les divergences que je viens de rappeler sont d’une importance d’autant moins capitale qu’elles portent sur des arbres sensiblement équivalents qui ont été trouvés pour ainsi dire aux quatre coins de la Malaisie sous des noms indigènes locaux, et qui sont peu différents au point de vue de leur utilisation.
- La Malaisie est leur unique habitat, les dénominations malaises ne sont pas d’une fixité absolue, tant s’en faut, et l’étude comparative de ces arbres prouve que souvent il n’y a que des variétés là où des botanistes avaient noté provisoirement des distinctions spécifiques.
- ZONE DE VÉGÉTATION DES ARBRES A GUTTA-PERCHA.
- Ce côté de la question est d’un très grand intérêt, tant pour apprécier l’étendue des sources de la production actuelle qu’en vue de l’introduction et de la propagation de la meilleure espèce dans des régions où l’absence de plantes à gutta-percha semble être au premier abord une anomalie.
- Seul pourtant M. Séligmann l’a envisagé, mais
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- sommairement, dans son rapport de mission (pages 43 et 44). Les indications générales qu’il a données à cet égard sont présentées sous une forme de nature à les faire paraître un peu trop exclusives.
- D’après la nomenclature des contrées qui lui ont été signalées à Singapore comme produisant de la gutta-percha, cet ingénieur délimite de la manière suivante l’aire géographique de production.
- i° Le sud de la presqu’île de Malacca jusqu’au petit port de Tringanou, situé sur la côte orientale et qui serait dans la péninsule le point commercial le plus éloigné de l’équateur. Encore, tout en enregistrant les constatations de M. Murton et de M. Brau de Saint-Pol Lias sur lé versant occidental, M. Séligmann semble-t-il émettre des doutes a l’égard de l’existence des isonandras en proportion sérieuse sur ce versant. C’est du moins ce qui ressort de cette phrase de son rapport : « 11 ne serait pas impossible que la chaîne de montagnes qui traverse toute la péninsule malaise du nord au sud, et qui abrite la côte occidentale contre la mousson du nord-est, ait pour effet de modifier le climat et de le rendre moins favorable que celui de l’autre versant à la croissance des guttifères. »
- 2° La côte orientale de Sumatra, depuis le troisième degré de latitude nord environ (') jusqu’à la province de Palembang et aux districts lampongs dans l’hémisphère sud, et à l’exclusion de toute la côte occidentale de cette grande île, mais en y joignant les îles voisines, Bangka et l’archipel de Riow.
- 30 La presque totalité de Bornéo, sauf la partie la plus septentrionale.
- En somme, conclut M. Séligmann, d’après les considérations qui viennent d’être résumées, si l’on jette les yeux sur une carte, on constate que de toute cette région où se rencontrent naturellement les guttifères, les points extrêmes sont
- \') Cette limite est trop restreinte. En effet, dans Atchiu, c’est-à-dire vers la pointe de Sumatra, j’ài trouvé l’arbre à. gueulta taban mérah; de très bonnes gommes en sont exportées sur Pinang, où les Chinois les triturent d’une façon dont M. Arthur Hardouin et.moi nous n’avons pu surprendre que la fin et le début édifiants, et dont j’aurai l’occasion de parler à propos des falsifications usitées en Malaisie,
- compris entre le 6e degré de latitude nord et le 6e degré de latitude sud. La plus grande partie des terrains de production, ajoute-t-il, sont situés dans une zone qui s’étend de 4 degrés seulement de part et d’autre de l'équateur. « On est ainsi amené à considérer la cinquième parallèle comme une limite moyenne de l’habitat normal des plantes à gutta. Sous cette latitude, en outre des terres citées plus haut, quelles autres rencontrons-nous où l’on puisse rechercher ces arbres devenus trop rares ? Çélebes, Djilolo, les Moluques et une partie de la Nouvelle-Guinée...La vérité est que les
- espèces asiatiques, et en particulier les mayangs, n’existent plus dans ces îles, où règne la végétation d’un monde tout différent ».
- Cette dernière conclusion est basée sur le défaut d’exportation de guttas de ces dernières îles et plus particulièrement de Célèbes. M. Séligmann admet comme réel ce défaut d’exportation, dont les travaux du naturaliste Wallace rendraient très bien compte.
- L’aire graphique de production à la surface du globe serait par conséquent réduite à une partie de la Malaisie comprise entre les deux parallèles de 6°. Présentée de la sorte, cette délimitation est susceptible, je le crains, de se prêter à une interprétation inexacte ; car, d’un côté les versants occi-déntaux de la presqu'île de Malaisie et de Sumatra ne sont pas moins riches en isonandras que les versants orientaux, et d’autre part la zone de végétation des plantes à gutta-percha n’est pas tranchée au nord et au sud par des lignes planes aussi idéales que celles de parallèles géographiques. Les cercles conventionnels qui marquent les latitudes sont loin de coïncider avec le tracé des courbes climatologiques. D’ailleurs quand un ingénieur indique deux lignes limites d’un habitat de plantes, il est bien évident que dans sa pensée il s'agit de courbes thermiques; mais ces dernières elles-mêmes ne sauraient être considérées que comme des barrières approximatives.
- Aussi semblerait-t-il préférable d’être moins précis. Cependant si, au lieu de se servir de l’expression de parallèles géographiques, on emploie celle de lignes isothermes, je ne vois plus aucun inconvénient à reprendre le mode de délimitation indiqué par M. Séligmann-Lui. En considérant en effet, sur toute la sphère terrestre, les deux courbes isothermes qui sont de chaque côté à 6° de l’intersection des équateurs géographique et., thermique à Célèbes, on constate que l’intervalle
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- compris entre ces deux lignes renferme toute la Malaisie et toutes les terres où croissent les plantes à gutta-percha bonne ou mauvaise.
- La réalité est que dans les conditions cosmiques actuelles les bonnes espèces n’existent qu’en Malaisie. Le privilège exclusif de cette région n’a rien de surprenant, puisqu’elle occupe une situation unique à la surface du globe. Il est même fort naturel qu’avec unetelle situation elle ait certains représentants de sa flore qui ne puissent se rencontrer nulle part ailleurs à l'état de croissance spontanée.
- La Malaisie est caractérisée par l’uniformité des saisons, ou mieux par l’absence de saisons bien tranchées. La régularité de la température d’un bout de l’année à l’autre dans l’archipel malais et dans les anciennes contrées insulaires reliées aujourd’hui au continent asiatique pour constituer la partie méridionale de la presqu’île de Malacca est remarquable. L’humidité considérable, pour ainsi dire constante et le ciel brumeux de cette région équatoriale répondent en outre aux conditions de végétation des isonandras. La météorologie et la climatologie spéciales du vaste archipel malais sont simplement le résultat de sa position exceptionnelle dans la région des moussons ; l’une des deux intersections de l’équateur géographique avec l’équateur thermique se trouve dans ce groupe insulaire ; l’autre intersection se rencontre par 1570 de longitude occidentale, en plein Océan pacifique. Sans doute les îles septentrionales de cet archipel qui se sont déjà soudées de proche en proche à la presqu’île de Malacca sont devenues géographiquement continentales et parties intégrantes de l’Indo-Chine ; maisjusqu’à l’isthme de Kra (!) elles ont conservé, en somme, leurs caractères antérieurs. L’époque, d’ailleurs, n’est pas très éloignée où l’île de Singapore ne sera plus séparée de Djohore et où l’île de Sumatra sera reliée au continent asiatique par un isthme qui fermera le détroit entre Singapore et Siak.
- Si l’on suit de l’est à l’ouest la courbe de l’équateur thermique, en partant de Célèbes, on voit que cet équateur passe dans l’hémisphère nord en traversant d’abord l’île de Bornéo, le sud de la péninsule malaise, de Pahang à Pérak, et vers Atchin la côte septentrionale de Sumatra, puis la
- (') Kra est le nom que les Malais donnent à l’espèce simienne du nord de Pérak; à partir de là, dans le sud, un singe est appelé mouniet.
- pointe de l’indoustan, mais en laissant Ceylan au sud.
- Apaitirdelà il s’infléchit plus encore vers le nord jusqu'à l’approche du parallèle de 150, dans le golfe d’Oman, et s’abaisse ensuite entre Oboket Berbera sur le continent africain.
- Après avoir traversé l’Afrique du golfe d’Aden à celui de Guinée, il franchit plus près de l’équateur géographique l'Océan atlantique pour arriver à l’Amérique du Sud.
- Là, il passe successivement par le nord des Guyanes, du Venezuela et des États de Colombie pour rentrer dans l’Océan pacifique par le golfe de Panama. Il croise l’équateur géographique sur cet océan et s’abaisse dans l’hémisphère sud presque jusqu’aux îles Salomon, pour revenir à Célèbes après avoir frisé seulement la pointe nord de la Nouvelle-Guinée.
- En dehors des régions absolument continentales, l’équateur thermique ne traverse qu’un seul groupe de terrés insulaires : l'Archipel malais; il passe par une seule péninsule, dont les différentes contrées, d’ailleurs, ont conservé, au sud de l’isthme de Kra, leur ancienne physionomie d’îles malaises : la presqu’île de Malacca.
- Sur tous les points de l’équateur thermique, les plantes à gutta-percha croissent spontanément; mais les régions continentales ne présentent que les mauvaises espèces. On rencontre, par exemple, des payena dans le sud de l’indoustan ; le bassia Parhii en Afrique; 1 e mimusops balata en Guyane, au Vénézuela et dans la Colombie.
- En ce qui concerne la Malaisie, il est à noter qu’elle comporte aussi-l’une des deux intersections de l’équateur géographique avec l’équateur magnétique ; l’autre intersection est sur l’Océan atlantique, ainsi que l’indiquent les courbes de Duperrey. Peut-être cette circonstance a-t-elle aussi quelque influence sur la végétation des régions malaises. En tous cas, l’état de nos connaissances ne permet, pour le moment, de la signaler que comme une simple remarque sans autre importance que celle susceptible de s’attacher à un fait curieux.
- Voilà donc la ligne principale sur laquelle on peut suivre les patries des plantes à gutta-percha, qui dès lors sont bien équatoriales. Mais à la surface du globe une zone de végétation n’est pas limitée à une courbe ; or, on constate qu’il y a des isonandras dans tout l’Archipel malais et dans toute la partie de la presqu’île de Malacca qu
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- s’étend au sud de l’isthme de Kra, c’est-à-dire entre les lignes isothermes qui .passent sur chaque hémisphère à une distance de 6° du point où l’équateur thermique coupe en Malaisie l’équateur géographique comme il a été dit plus haut.
- II est donc permis d’admettre que dans la région des moussons certaines parties encore péninsulaires et les îles comprises dans la zone approximativement limitée par ces deux lignes isothermes ont pu se trouver autrefois — et en tout cas peuvent devenir— les habitats des isonandras. En tenant compte (cela va de soi) de conditions défavorables particulières à tel ou tel point isolé dans la région dont il s’agit, conditions spéciales qui existent dans plusieurs îles malaises et dont il est facile de se rendre compte à priori, cette conclusion ne saurait être sérieusement contestée par personne.
- Eh bien, dans l’hémisphère boréal la zone de végétation possible des espèces envisagées n’englobe que les petites îles françaises situées à l'ouest et au sud de la Cochinchine, les contrées de la chaîne de J’Éléphant, sur le golfe de Siam, dans le sud-ouest du Cambodge, le massif du Binh-Thûan,’du côté de la mer de Chine, et le sud des îles Philippines (Palawan et Mindanao). Dans l’hémisphère austral, la superficie de cette zone est autrement étendue, puisque la ligne isotherme qui passe par le détroit de la Sonde —entre Sumatra et Java — s’infléchit singulièrement vers le sud, en allant de l’est à l’ouest pour passer par les îles Maurice et de la Réunion, puis effleurer le nord de Madagascar. Malheureusement, de ce côté-là les terres sont excessivement rares ; c’est le domaine de l’Océan Indien, d’où émergent seulement çà et là quelques îles minuscules, comme celles du groupe des Seychelles.
- 11 n’en est pas moins vrai que tous les espaces terrestres qui viennent d’être indiqués offrent des endroits propices à la végétation des isonandras. Ce n’est pas là une opinion que j’émets uniquement d’après les dires d’autres voyageurs ; car, en ce qui se rapporte à l’hémisphère sud, une mission scientifique m’a mis à même d’en parler de visu; l’ai séjourné plus d’un an dans l’île de la Réunion, je connais toute l’île Maurice et je suis descendu aux Seychelles. A l’égard de l’autre hémisphère, je crois que mes missions relatives aux guttas-perchas m’autorisent à formuler une opinion en pleine connaissance de cause. Je ne suis allé ni à Palawan ni dans Mindanao, mais je ne
- î présume pas qu’il puisse en résulter une objection bien grave ; c’est en effet dans ces deux îles que M. Blanco a précisément trouvé à l’état de croissance spontanée les isonandras qui ont servi à lui faire introduire en botanique son genre Palaquium dans sa Flore des Philippines.
- Encore insulaires à une époque relativement récente (car les alluvions du Mékong suivent une progression rapide) les montagnes de Kam-Chay, et — sur une faible profondeur dans l’intérieur de la presqu’île cochinchinoise —la chaîne qui borde du côté de la mer de Chine la partie méridionale du Binh-Thûan ont gardé à peu près l’aspect que présentent également par la flore les massifs de Pérak, de Quédah, de Pahang, de Patani, de Ke-lantan et de Tringanou dans la presqu’île de Ma-lacca. Plusieurs des îles devenues françaises auxquelles j’ai fait allusion plus haut ont été défrichées aussi durant les siècles précédents et il ne serait pas étonnant qu’elles eussenf auparavant servi d’habitats, naturels aux isonandras.
- Dans l’île de la Réunion ces arbres vivraient très bien, attendu qu’ils y trouveraient des conditions de végétation beaucoup plus favorables qu’à l’île Maurice. Or, dans cette dernière, le jardin des Pamplemousses possède justement l’arbre qui a servi au botaniste Wight à créer le genre Isonandra, et Ylsonandra gutta Wight, y prospère à merveille. Je ne vois donc aucune raison plausible pour que cet arbre introduit il y a déjà plus de dix ans dans l’ancienne île de France ne continue pas à y végéter de même.
- Quant à la crainte que pourraient faire concevoir les cyclones, elle ne saurait être fondée, attendu qu’il existe, ce me semble, des forêts séculaires d’arbres les plus divers et parfois d’une végétation des plus délicates dans l’île de la Réunion. En Malaisie s’il n’y a pas de cyclones c’est uniquement parce que les ouragans y sont désignés sous le nom de typhons par les Européens comme par les Chinois. Cela à part, il n’y a aucune différence entre un cyclone et un typhon, si ce n’est dans le sens de leur rotation.
- Sans doute les tempêtes qui balayent l’atmosphère de la merde Chine (absolument comme par leur mouvement ondulatoire elles se propagent sur l’Océan indien) rencontrent la majeure partie de l'archipel malais, moins exposée à leur furie que ne sauraient l’être de petites îles isolées à la surface des mers ; mais quand leur centre passe sur Bornéo, Sumatra et le sud de la presqu’île de Ma-
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- lacca, les crêtes de ces régions-là n’en sont pas moins ravagées. Ce n’est pas à cause de l’absence de tempêtes ou du défaut de violence extrême des ouragans que les habitats naturels des isonandras se trouvent épargnés; c’est en raison de leur situation que ces endroits sont préservés. Les arbres à gutta croissent abrités par des collines ou même par de hautes montagnes et protégés par la masse touffue des essences forestières parmi lesquelles ils vivent.
- Ce n’est donc pas la possibilité d’étendre la zone de végétation normale des plantes à bonne gutta-percha qui pourrait paraître extraordinaire ; c’est au contraire leur absence sur certains points de la Malaisie.
- Ainsi Célèbes, où se trouve justement la seule intersection terrestre des deux équateurs thermique et géographique, devrait être l’île la plus peuplée d’lsonandra gutta Hookerii ; non seulement il n’en est pas ainsi, mais il n’y en a pas.
- Pourquoi cette anomalie ?
- M. Wallace a constaté que la flore et la faune dans Célèbes n’étaient plus les mêmes qu’à Bornéo. Par suite de phénomènes qui ne datent certes pas d’aujourd’hui, mais dont notre époque peut Continuer à suivre la manifestation, Célèbes n’est en réalité que nominalement une région malaise.
- M. Teysmann y a trouvé des isonandras, mais qui sont de très-mauvais producteurs. De même que l’arbre à gutta-percha de Singapore, les autres bonnes espèces n’existent pas dans cette île qui semblerait devoir être, au contraire, leur habitat de prédilection. 11 est impossible d’en trouver l’explication en dehors d’une action géologique, comme l’a fait remarquer M. Séligmann.
- L’immense étendue future du continent australien se manifeste déjà sur de nombreux points; mais vers la Malaisie il est même devenu possible d’indiquer, quels en seront les contours dans un avenir assez lointain. Les transformations cosmiques dont les îles de la Sonde sont le théâtre à notre époque nous permettent d’assister à une phase d’une évolution qui modifiera profondément l’équilibre existant à la surface de la croûte terrestre. Les fréquents tremblements de terre aux Philippines et la récente catastrophe survenue à Krakatao sont des phénomènes liés à l’émergence de terres destinées à l’accroissement de deux continents.
- En Malaisie, de nouvelles régions continentales
- sont en voie de formation, et par suite de cette évolution l’Asie et l’Australie ne seront plus séparées que par un détroit dont l’extrémité sud se trouvera entre les petites îles Bali et Soumbaya.
- A l’est de ce détroit, Célèbes sera une terre de l’Australie continentale, tandis que l’île de Bornéo sera reliée aux Philippines, à Java, à Sumatra, à la presqu’île de Malacca et à la Cochinchine. 11 n’est donc pas surprenant que le naturaliste Wallace ait constaté une différence nettement tranchée entre Bornéo et Célèbes au point de vue de la flore et de la faune, qu’il a reconnues être asiatiques pour la première de ces deux îles et australiennes pour la seconde.
- De formation plus récente, cette dernière a vraisemblablement revêtu dès son origine les caractères différentiels de l’Australie tropicale. L’Iso-nandra-percha et les représentants des espèces voisines auraient cessé, dit-on, de pouvoir croître dans Célèbes, où règne effectivement la végétation d’un monde différent. Or, sur la majeure partie de cette île ces plantes pourraient être très aisément acclimatées; elles y pousseraient à merveille. Il ne serait donc pas rationnel qu’elles s’y fussent éteintes; elles n’ont jamais dû y exister, à moins d’admettre qu’à une certaine époque, une modification climatérique, temporaire les ait fait disparaître. Dans une question de cette nature, il faut tenir compte des deux conditions de milieu : la radiation et l’aliment ; à cet égard les constatations de M. Wallace ne seraient-elLs pas significatives? Les êtres que l’isonandra-percha, par exemple, aurait trouvés autour de lui n'auraient-ils pas été déjà défavorables à son développement spontané? Cette plante n’aurait-elle pas demandé alors, comme aujourd’hui peut-être, une faible protection au début de sa lutte pour l’existence?
- LES CONFUSIONS PROVOQUÉES PAR LES DÉNOMINATIONS INDIGÈNES
- La multiplicité des noms donnés aux arbres à gutta-percha par les naturels de la Malaisie, non seulementà cause desdifférences entre les idiomes, mais aussi d’après des coutumes locales, n’a pas peu contribué à dérouter les voyageurs européens et l’industrie. Elle n’est même pas étrangère aux divergences qui subsistent encore. Jusqu’à présent une synonymie d’ensemble n’a pas été établie ; le commerce des guttas fera peut-être son profit des renseignements ci-après, qui sont précis à cet égard.
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- - Le mot gutta, qui se prononce guétab (langue sunda), gota (batak), gueutta (presqu’île de Malacca), gatta (Macassar)et guitta (idiome dayak), n’a en Malaisie que le sens absolument général de gomme, de glu, que complètent des qualificatifs tels que soutra, pouteh, mèrah, tembaga, dourrian, becou, tcbaier, batou, hampoutcha (’) ou pertcha.
- Ce dernier (pertjab, perdja ou peurtcba) ne désigne nullement Sumatra (Soumettra), comme l’avaient cru tous les explorateurs, sauf M. Wray. (Le nom malais de cette île est Perxa, qui signifie le monde, la partie terrestre habitée.) Pertcba veut -dire chiffon, lambeau d’étoffe et caractérise exactement des gommes qui avant tout traitement par l’eau chaude présentent l’aspect de chiffons à demi-réduits en pâte et comprimés. Il n’est, pas étonnant que cette qualification, qui n’appartient pas au malais vulgaire, ne soit pas employée par ,1’indigène des forêts. La prononciation perka n’a été imaginée et n’est connue qu’en France.
- Quant au mot arbre, il se traduit par pohob dans la presqu’île de Malacca, et pokok ou pobon dans l’archipel. Un arbre à suc laiteux est indiqué par cètte propriété, mais auparavant on remplace le substantif arbre par celui de bois, et l’on dit ainsi : kayou soussou dans la péninsule; niatoub balam ou bayou balam dans Sumatra comme dans Bornéo; bayou dadaou, ou simplement dadaou, surtout dans les petites îles situées entre Sumatra et Singapore. Kayou ou hadjou est dans la langue malaise le numérique de l’arbre.
- Balam désigne d’une manière générale une plante à suc laiteux, et un arbre très élevé dont la cime est à peine visible, ou bien qui est employé comme bois de construction.il s’applique en outre aux arbres sur lesquels s’abattent de préférence les sauterelles; d’ailleurs, dans Java, balam signifie aussi sauterelle. Dadaou, bien que rarement employé en dehors de Bangka et de l’archipel de Riou, est connu à peu près partout en Malaisie; il se dit de tous les végétaux à suc laiteux; l’étymologie en est dadi (lait caillé). Le nom malais du lait est soussou, prononcésoussoh dans une partie de l’archipel.
- Mayang spécifie encore moins un arbre à gutta-percha ; il ne caractérise pas même un végé-
- (’) Gueutta Kampoutcha signifie gomme du Cambodge; c’est celle que nous désignons si malencontreusement sous le nom de gomme-gutte, qui est tout simplement un pléo-
- tal à suc laiteux ; c’est un mot assez couramment employé dans sa véritable signification, celle de spadice de la fleur du palmier, de grappe, à’épi de grain ; ce n’est que par extension que les Bataks du nord et du nord-ouest de Sumatra, par exemple, l’appliquent aux arbres à fleurs en grappe ou cyme.
- Mayang et bayou soussou, niatoub balam ont seulement un sens précis comme arbres à gomme lorsqu’ils sont accompagnés du mot gutta, que les indigènes de l’archipel sous-entendent en le remplaçant par des qualificatifs destinés à caractériser l'arbre auquel ils s’appliquent. Dans la presqu’île de Malacca le mot gutta n’est jamais sous-entendu.
- Avant de spécifier ainsi la sorte de gutta-percha dont ils parlent, les Malais ont l’habitude dans cette péninsule, dans la partie occidentale de Bornéo, dans le nord et la région est de Sumatra, d’indiquer tout d’abord par un qualificatif si la gutta-percha est de bonne qualité. C’est dans ce but qu’ils emploient le mot taban', dans quelques districts dé Pahang et de Patani les indigènes prononcent ou disent téban ; les deux mots n’ont pas la même signification dans la langue malaise,, et les naturels qui se servent de la seconde de ces prononciations n’ont jamais su m’en donner l’explication.
- Teban est employé à l’égard de tout arbre qui doit être abattu, et assez ordinairement dans une localité de celui qu’on y coupe de préférence aux autres, qui vaut surtout la peine d’une exploitation. Le mot taban ou taba, attribué à un végétal, signifie le roi des arbres, dans le rayon, bien entendu, des forêts que connaît l’indigène. C'est assez dire que ce mot n'a qu’un sens des plus relatifs. S’il n’est pas accompagné du mot gutta, il devient encore plus vague ; ainsi plusieurs belles plantes de la famille des mémispermées sont taban pour les Malais.
- Dans tout l’état de Pérak, dans Pahang et Que-dah, les chercheurs de gutta ont un moyen expéditif de faire la distinction entre les bonnes sortes d’arbres à gutta-percha et les mauvaises; toutes celles qu’ils exploitent sont des gueutta taban, parce que dès l’instant qu’ils les vendent elles sont bonnes à leur point de vue. 11 en est de même dans Saraouak (Bornéo) ; mais dans l’est de Sumatra, chez les tribus batakes, l’espèce taban n’est bien que la meilleure. Sur la côte occidentale de Sumatra, dans les Padangsche bovenlanden, les na-
- nasme.
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- turels sont de l'avis de ceux de Bornéo; seulement Us ne voient pas la nécessité d’employer un mot qu’ils considèrent comme applicable à toutes les sortes exploitées. Ils se contentent de qualificatifs qui distinguent les sortes entre elles.
- Pour cette distinction, leurs qualifications sont aussi logiques et aussi nettes qu’elles sont générales dans la presqu’île; les gultas représentant un latex dont la coagulation est plus ou moins lente (et qui par conséquent tout en étant bonnes pour les Malais ne valent absolument rien pour les usages de l’industrie électrique) sont désignées sous la dénomination unique de gueutta taban tchaïer, c’est-à-dire littéralement gomme de première qualité liquide. Le produit du payena Leerii y est désigné sous le nom deguttaseundek comme dans toutes les autres contrées de la Malaisie, où l’on prononce, suivant les pays, sundi, soungui, soundeb, souni, et qui s’appelle tandouh à Palem-bang^). Je ne parle pas des simpor de la presqu’île, qui ne servent qu’aux fraudes les plus grossières comme les djeloutong.
- 11 n’y a que deux sortes de guttas vraiment supérieures qui puissent être exploitées dans la péninsule ; car la troisième qui les vaudrait à peu près est le produit d’un arbre excessivement rare. Les Malais n’auraient aucun intérêt à la différencier des deux autres. Dans quelques districts de Pérak et de Pahang ces deux sortes sont connues sous une seule dénomination, celle de boncou ou becou (nœud, bourrelet), à cause des gouttelettes qui se concrètent immédiatement lors de l’exsudation du latex, en formant par leur accumulation une sorte de bourrelet contre l’incision faite dans l’écorce.
- Dans le langage, ils différencient ces deux sortes par la couleur de la gutta, qui est particulière à l’une des deux et qui est rouge (mérab), s’ils désignent l’autre par une qualité qui appartient également à la première, mais qui ne lui est commune avec aucune autre, celle de soie, soyeux (soutra), c’est pour éviter toute confusion avec une sorte blanche (pouteb) comme elle, mais qui n’est pas boucou et qui est moins mauvaise pourtant que les tchaïer.
- (') Lepayena leerii, dont le nom se prononce encore, mais dans quelques rares districts, sandcb, porte également d'autres noms, tels que ceux de tandjong (mot qui signifie pointel, de pipit dctjahee, de koulan (à Bangka) et de bringin, ba-ringin ou waringin, dénomination qui l’a fait plus d une fois confondre avec Yurostigma bmjaminum.
- Il est regrettable que dans l'archipel les noms manquent de cette logique, de cette précision et de cette universalité que l’on trouve au nord de l’équateur; mais cela tient à une diversité beaucoup plus grande de peuplades, à un défaut d’homogénéité du langage et des habitudes. Chaque contrée emploie des désignations qui lui sont propres et qui se retrouvent un peu partout pour certaines d’entre elles, parce qu’elles sont l’expression de tel ou tel signe qui frappe plus qu’un autre l’esprit d’un être primitif.
- Ainsi, les mots tembaga (cuivre, cuivré) en raison du reflet que présente le dessous de la feuille, ou tumbaga (ou tumba, lance) à cause de sa forme; dourrian ou derrian (plante dont la feuille offre une ressemblance frappante avec celle de l’arbre si connu dans les pays chauds par son fruit comestible très estimé, sont très-communs. Ils sont surtout les qualificatifs des bonnes espèces.
- Il est évident que. les indigènes, suivant les districts ou même selon les localités, peuvent très bien, d’après la signification et la portée de ces noms-là, appeler dourrian l’arbre qui est qualifié tembaga par des habitants d’endroits voisins, ou inversemement. Il est naturel que des confusions puissent se produire aussi pour d’autres spécifications d’une nature aussi générale. Il est très compréhensible que les explorateurs en aient rapporté en Europe de nombreux éléments contradictoires. Encore dans ce résumé n’ai-je pas l’intention de parler des noms fantaisistes imaginés pour des mélanges de gommes.
- Toutes ces dénominations de soudou, sir ah, la-bouei, ampaloo, selindit, bindalou (ou pindalou), pipit, hayou-arou, batou,' kartas, etc., ne sont que des noms banals donnés par des indigènes pour répondre à l’insistance d’explorateurs ou d’intermédiaires commerciaux, insistance qu’ils ne pouvaient satisfaire. Les Malais ne procèdent pas différemment pour les noms géographiques; quand on les questionne avec trop de persistance, ou ils ne répondent plus rien du tout, ou bien ils donnent comme réponse ce qui leur traverse l’imagination; cela dépend chez eux de l’inspiration du moment. Ainsi, que peuvent répondre les Bataks à qui l’on demande comment se nomme cette espèce degutta qui est dure? Naturellement, la réponse esta prévoir, elle est : gutta-batou(dur, pierre). Et cette autre sorte qui ressemble à une I agglomération de feuilles de carton? Elle est J Kartas (feuille de papier, carton, etc.).
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- Ces malheureux indigènes savent très bien distinguer les unes des autres les sortes de gutta; mais cela ne veut pas dire qu’ils aient toujours songé à les appeler différemment; comme ils les exploitent toutes et les vendent mélangées, elles sont toutes plus ou moins dourrian ou tembaga ; si on insiste pour en savoir davantage, alors ils s’en tirent selon leur coutume.
- Rien qu’à voir, par exemple, la généralité extraordinaire des noms de leurs kampongs, on doit être immédiatement fixé. Tout village nouveau est un kampong barbou (nouveau) et il y a souvent trois, quatre, cinq, six villages sur la même voie qui sont tous « barhou » bien que le premier ne le soit plus depuis longtemps.
- M. Burck a déduit de ses recherches dans l’herbier de Buitenzorg et dans les forêts des Pa-dangsche bovenlanden que le même arbre portait quelquefois des noms différents dans la même forêt. M. Séligmann, au contraire, a fait ressortir l’uniformité des dénominations tout le long des côtes de Sumatra. C’est d’ailleurs l’une de cesdeux manières de voir : absence complète ou certitude absolue des désignations indigènes qu’ont adoptée tous leur devanciers.
- Entre ces deux opinions extrêmes, il y a place pour la réalité. Les mêmes arbres peuvent porter des noms distincts dans le même district, mais dans une même forêt je n’ai jamais vu qu’il en fût sérieusement ainsi, à moins que ces noms n’y fussent demandés à des chercheurs de gutta originaires de pays différents.
- Dans la traduction française du rapport de M. Burck se trouve (page 34) cette phrase bien exacte : «... S’il reste aux chercheurs de gutta quelques doutes quant à l’espèce, une simple incision dans leur tron'c fait couler entre leurs doigts le suc laiteux dont ils peuvent constater la qualité; en outre ils savent sans erreur déterminer l’espèce à la couleur du tronc, à l’épaisseur de l’écorce, au plus ou moins de dureté du bois. »
- LE MODE ACTUEL D’EXPLOITATION DES ARBRES A GUTTA-PERCHA.
- Dans toutes les forêts de la Malaisie, le procédé pour l’extraction d’une gutta-percha est pareil, sauf en ce qui concerne les mauvaises espèces végétales. 11 est barbare en lui-mcme, insensé en apparence et il doit nous apparaître comme étant « d’un vandalisme incroyable», pour me servir de
- l’expression employée par M. Burck ; mais il est tel seulement à l’égard des sortes productrices d’excellentes gommes, car en maints endroits les autres guttas sont l’objet d’un mode rationnel d’exploitation, et il n’y a rien là de bizarre au fond.
- Les arbres dont le produit n’a aucune valeur intrinsèque en tant que gutta-percha ne fournissent, et en assez forte proportion, par incision de leur écorce, qu’un latex coagulable après plusieurs heures, quand il n’est pas encore liquide le surlendemain. Il est donc possible d’utiliser pour la récolte de ce latex le mode généralement usité pour celle des caoutchoucs et qui ne donnerait aucun résultat s’il était appliqué aux producteurs des guttas-perchas de bonne qualité.
- En raison de la coagulation immédiate du latex, qui ferme bientôt la plaie causée par une incision pratiquée dans leur écorce, ces derniers ne sauraient fournir qu’une quantité absolument dérisoire de gomme; j’ai pu m’en convaincre par de nombreuses expériences faites dans diverses conditions. Par suite de la marche ascendante du latex dans l’organisme végétal, il faut de toute nécessité abattre l’arbre, à moins d’avoir recours à un procédé qui m’a très bien réussi et qui serait éminemment industriel pour nous, étant donné le niveau de nos connaissances scientifiques, mais qui n’est pas à la portée de tribus sauvages ou à peine ouvertes à la civilisation.
- Si l’on pratique des incisions dans l’écorce en commençant par la partie inférieure du tronc, elles ne donnent chacune qu’un minime bourrelet de gutta; entre elles le suc est perdu pour la récolte, et qui plus est, la presque totalité du latex va s’accumuler dans les branches. Opérées en sens inverse, c’est-à-dire en allant de haut en bas, le résultat est en somme le même, puisque le latex en se coagulant ne tarde pas à fermer la blessure faite au tronc. Par une incision initiale circulaire pratiquée sous la naissance des plus basses branches, on n’obtient pas un meilleur rendement, la portion du suc perdu pour la récolte entre les incisions suivantes est un peu moins faible, voilà tout. Quant à dépouiller de son écorce le tronc de l’arbre vivant, il n’y faut pas songer. Je l’ai fait sur une vingtaine d’exemplaires vigoureux, ils en sont tous morts.
- Abstraction faite des difficultés que présente une exploitation par des incisions qui doivent aller jusqu’à des hauteurs assez considérables au-des-
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- sus du sol (ce qui détermine dans certains districts les indigènes à abattre les mauvaises espèces comme les bonnes) il n’y a donc qu’à faire tomber l’arbre. Les naturels connaissent très bien ce fait de la marche ascendante du suc; aussi, dès qu’ils ont coupé un exemplaire, s’empressent-ils de séparer le tronc vers le point d’insertion de l’une des basses branches, et après avoir procédé à partir de là aux incisions sur ce tronc coupé ils en enlèvent l’écorce pour recueillir encore un peu de gutta.
- Malheureusement, de quelque manière qu’on opère, la récolte ne donne jamais qu’une très minime quantité de la totalité du suc contenu dans l’organisme végétal. A cet égard, j’ai pu arriver à une conclusion certaine, puisque pour porter en Cochinchine des souches pourvues de racines j'ai dû abattre des milliers d’arbres. J’en ai donc profité pour me rendre compte analytiquement dans mon laboratoire, lors de mon retourà Singa-pore, de la distribution du latex et de ses proportions réelles dans les différents membres de la plante au moment qui suit leur sectionnement.
- Le procédé suivi dans les forêts malaises pour l’exploitation des bonnes espèces à gutta-percha est barbare; mais vu l’état des connaissances que possèdent les naturels qui l’emploient et les moyens dont ils disposent, il n’a rien d’illogique. Dans ses conséquences, il est en réalité désastreux: mais les indigènes s’en soucient peu ; ils envisagent d’abord les bénéfices immédiatement réalisables. Cependant ils se rendent bien compte de l’avantage qu’aurait pour eux l’emploi d’un procédé qui leur procurerait d’année en année une récolte sur le même arbre; la preuve en est que pour les mauvaises espèces végétales ils ne sacrifient pas partout l’exemplaire exploité et que nulle part ils n’abattent les kadjai ou karet, les guetab guitan et les ngarit qui leur fournissent du caoutchouc. Au lieu de monter dans les arbres à gutta-percha, ils les coupent, parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement avec avantage.
- Dans ces dernières années, l’intérieur de la presqu'île de Malacca recélait encore du côté de Pahang et de Patani quelques exemplaires d’arbres à gutta- mérah et à gutta-soutra, qui étaient gigantesques; j'en ai vu exceptionnellement, et leur exploitation n’était pas l’affaire d’une minute. Voici comment elle avait lieu. 1
- L’un de ces géants étant trouvé, ce qui notait J
- déjà pas très facile, les indigènes établissaient auprès de lui un échafaudage avec de jeunes arbres liés ensemble au moyen de longues racines ad-ventives (les Malais ne se servent jamais de cordes dans les forêts, et les liens qu’ils font sont extrêmement solides).
- Cet échafaudage était destiné à soutenir dans une position inclinée le tronc de l’arbre à gutta une fois coupé.
- L’abat âge de cet arbre avait lieu immédiatement au-dessus des arcs boutants et au moyen d’une petite hache appelée bêliong Ç); puis toutes les branches étaient coupées, à l’exception de la partie inférieure des plus grosses, et à partir de là ils pratiquaient en descendant, et tout autour de l’écorce, des entailles de 2 centimètres de largeur et à des distances de 30 à 40 centimètres.
- Dans l’exploitation de ces arbres-là, les naturels ne prenaient pas la peine d'enlever l'écorce restée entre les incisions; ils avaient récolté toute la gutta que pouvaient fournir le tronc et les grosses branches. Dans l’ensemble des jeunes pousses de l’un de ces exemplaires qui venait d’être exploité devant moi j’ai trouvé plus tard, à l’analyse, quinze fois environ la quantité de gutta que les indigènes avaient récoltée, et dans l’ensemble des feuilles un peu plus de vingt-deux fois cette proportion. Ce ne sont là que des chiffres approximatifs, car si je suis sûr au 1/10 de milligramme des pesées que j’ai faites avec ma balance de précision, il n’en est pas de même d’un poids de gutta que j’ai été réduit à peser par fractions à l’aide d’une petite balance chinoise.
- La gomme une fois récoltée était mise dans l’eau chaude, pétrie à plusieurs reprises, tirée de cette eau au bout de cinq ou six minutes, puis étalée en lames extrêmement minces, translucides, d’où les impuretés étaient chassées avec la plus grande facilité par un moyen très simple :
- D’une main un indigène tenait une des feuilles de gutta, et de l’autre il en faisait sortir tous les corps étrangers à l’aide de petits coups secs. Inutile d’ajouter que cette précaution était simplement de circonstance et pour me donner une haute idée de leurs scrupules. Us devaient évidemment après mon départ faire bouilir de nouveau
- (>,) Dans Sumatra, la hachette est appelée lctding; c’est celle dont ils se servent pour tracer des demi-cercles à des dis-1 tances de 30 à 50 centimètres sur le tronc abattu avec une j hache plus grande qu’ils nomment beliong ou balioung.
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- cesgommesavec des fragments d’écorce dugueutta taban mérah, qu’ils ont toujours en réserve pour colorer les guttas d’autres sortes, et y introduire non plus des poussières, mais de vrais morceaux de bois ou même des cailloux.
- Ce n’est pas là unepurehypothèse;il$envoyaient toujours, disaient-ils, des gommes rigoureusement pures, mais à Pahang elles arrivaient invariablement avec des cailloux dans l’intérieur.
- Sérullas.
- {A suivre.)
- NOUVEAUX
- PARAFOUDRES ET APPAREILS DE SÛRETÉ
- POUR LES CIRCUITS ÉLECTRIQUES
- L’extension toujours croissante des réseaux de distribution électrique ainsi que des réseaux téléphoniques donne de plus en plus d’importance aux appareils de sûreté destinés à protéger les lignes soit des effets de la foudre, soit des effets de courants intenses, etc. Aux États-Unis, par exemple, où le développement de l’industrie électrique est si accentué, il ne se passe pour ainsi dire pas de semaine sans qu’un brevet soit pris pour un nouvel appareil de sûreté (lightning arrester, ligbtning protector, etc). Ces appareils de sûreté sont de natures diverses, suivant le genre de protection qu’ils doivent réaliser.
- 11 y a, par exemple, des appareils destinés à préserver les lignes et les appareils des décharges de l’électricité atmosphérique, ou de l’action des courants dérivés provenant de lignes à haut potentiel; puis des appareils qui ont pour but de protéger les personnes peuvant être en contact accidentel avec des lignes à courants intenses, etc.
- Nous voulons donner la description des principaux appareils de sûreté qui ont vu le jour en Amérique dans ces derniers temps pour bien montrer l’importance qu’on attache à ces accessoires et l’ingéniosité dépensée dans leur combinaison.
- fi faut remarquer que les appareiis de sûreté sont plus nécessaires aux États-Unis qu’en Europe. Dans le premier pays, en effet, les lignes aériennes sont encore en majorité et les fils des divers réseaux se croisent et s’entrecroisent fré-
- quemment. Dans ces conditions, il suffit qu’un fil soit rompu et tombe sur ceux d’un autre réseau pour produire des accidents graves. Ces accidents sont particuliérement fréquents sur les lignes téléphoniques; aussi le plus grand nombre des appareils protecteurs sont-ils combinés en vue de protéger les postes téléphoniques.
- L’appareil de sûreté de Maxwell sert aussi bien de parafoudre contre les décharges atmosphéri-ques que contre les courants parasites intenses. 11 est employé surtout dans les réseaux téléphoniques, pour la protection des appareils des abonnés ou des bureaux centraux.
- La figure i donne la perspective de cet appareil. Il se compose d’un électro-aimant dont l’armature est terminée à une extrémité par un coin
- Fig. i. — Appareil de sûreté de Maxwell.
- muni d’aspérités. Deux fils fins sont tendus entre deux ressorts et le bloc de l’électro-aimant; l’un d’eux est relié directement à l’une des bornes et l’autre à l’autre borne à travers l’électro-aimant. Les deux ressorts sont reliés aux deux bornes. L’appareil à protéger est intercalé entre les bornes près.de l’électro-aimant et les fils de ligne entre les autres bornes.
- L’action de cet appareil est multiple.
- Si le courant parasite ou la décharge atmosphérique est très intense et très rapide, les fils fins sont fondus, le circuit interrompu et l’appareil mis hors circuit.
- Si le courant parasite est intense, mais de longue durée, l’armature de l’électro-aimant est attirée; le coin s’engageant entre les deux fils fusibles établit ainsi un court circuit permanent. Si l’intensité du courant parasite augmente encore, le courant dérivé qui traverse l’électro-aimant attire davantage l’armature, dont le coin s’enfonce plus profondément entre les deux fils fusibles. Le pas-
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- sage des aspérités du coin sur les fils produit des étincelles et même un arc voltaïque qui fond ces fils et interrompt ainsi complètement le circuit.
- Pour remettre l’appareil en mesure de fonctionner il suffit de remplacer les deux fils fusibles.
- Le protecteur de Sanford est basé sur un principe tout différent de celui de Maxwell. Tandis que ce dernier a comme avantage principal de n’introduire qu’une seule bobine dans le circuit, l’appareil de Sanford en exige trois. Ce grand nombre de bobines est choisi afin que l’appareil puisse fonctionner entre des limites étendues. Il doit agir sans être détruit pour des courants parasites faibles et pour des Courants très intenses. C’est un avantage sur l’appareil de Maxwell, dans lequel il faut remplacer chaque fois les fils fusibles. Par contre cet appareil n’est pas sensible aux
- Fig. 2. — Protecteur de Sanford.
- décharges atmosphériques, qui agissent surtout par leur action calorifique.
- La figure 2 donne une vue de l’appareil protecteur de Sanford, qui comprend trois électro-aimants reliés en série entre eux et avec l’appareil à protéger; le modèle représenté dans la figure est destiné aux réseaux téléphoniques à simple fil.
- La borne 1 est reliée" à la ligne, la borne 2 au poste téléphonique et la borne 3 à la terre.
- La bobine 3 est enroulée de fil fin pouvant supporter un courant maximum de 4 ampères; la bobine 2 est enroulée de fil assez fort pour supporter un courant de 15 à 20 ampères, tandis que la bobine 1, enroulée de ruban de cuivre, peut sup porter 200 ampères.
- Chaque électro-aimant a une armature indépendante dont l’axe est en communication métallique avec le circuit reliant les bornes 2 et 1 ; vis-à-vis des armatures se trouve une bande de cuivre reliée à la terre par la borne 3.
- . L’action de l’appareil est la suivante.
- Supposons d’abord un courant parasite faible’ de 0,3 ampère, par exemple; ce courant traverse les électro-aimants 1 et 2 sans les actionner, mais il excite l’électro-aimant3; son armature est alors, amenée au contact avec la bande de cuivre reliée à la borne 3, et par ce contact un court circuit à la terre est établi devant le poste téléphonique.
- Si l’intensité du courant parasite dépasse 4 ampères, l'électro-aimant 1 est actionné; son armature vient en contact avec la bande de cuivre 3 et établit ainsi un circuit à la terre devant la bobine n° 3 et le poste téléphonique.
- Enfin lorsque l’intensité du courant parasite dépasse 20 ampères, c'est l’électro-aimant n° 2 qui entre en jeu; son armature touche la bande de cuivre de.la borne 3 et met ainsi les bobines 1 et 3 et le poste léiéphonique hors de l’atteinte du courant destructeur.
- Dans le cas où le courant parasite a dès le début une intensité supérieure à 20 ampères, l’intervention de la bobine 2, la mise en action successive des bobines 3, 1 et 2 se fait si rapidement que ces bobines et le poste protégé ne peuvent pas être endommagés.
- Cet appareil de sûreté est très ingénieux, mais il a le grand inconvénient d’intercaler dans le circuit téléphonique trois électro-aimants dont l’influence perturbatrice sur les transmissions téléphoniques n’est pas négligeable. Par contre le poste téléphonique est de nouveau mis en communication avec la ligne aussitôt que le courant perturbateur a disparu, et l’appareil est prêt à fonctionner de nouveau.
- Un autre inconvénient de cetappareil résulte de ce que le circuit sur lequel le courant parasite circule n’est jamais interrompu ; par conséquent, si le courant perturbateur ne peut exercer de dégâts sur les appareils eux-mêmes, il peut agir sur la ligne et sur les connexions qui précèdent le protecteur automatique.
- Le protecteur Rich comporte, comme l’appareil de Maxwell, une seule bobine d’électro-aimant et un fil fusible. 11 est représenté par la figure 3 ; le modèle en question est combiné pour les circuits téléphoniques à un fil.
- La borne A est reliée à la ligne, tandis que B est en communication avec le poste téléphonique et C avec la terre.
- Lorsqu’un courant passe dans le fil de ligne, il traverse un des fils fusibles, puis les spires de
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- l'électro-aimant, son armature, le contact de repos et le poste téléphonique; si ce courant dépasse une certaine limite, l’électro-aimant est actionné, son armature est attirée et rompt le circuit avec le poste téléphonique, tout en établissant une mise à la' terre.
- Au moment où le courant perturbateur cesse, l’armature de l’électro-aimant revient à sa position de repos et replace ainsi le poste téléphonique dans le circuit.
- Si l’intensité du courant perturbateur dépasse une limite déterminée, le fil fusible fond et le circuit est ainsi complètement interrompu.
- Comme le montre la figure 3, l’appareil comporte trois'fils fusibles, dont deux constituent une réserve en cas de fusion du fil actif. La simple manœuvre d’un commutateur permet d’insérer l’un ou l’autre de ces fils dans le circuit.
- Cet appareil présente sur celui de Sanford
- Fig. 3. — Protecteur de Rich.
- j’avantage de mettre le peste téléphonique complètement hors du circuit au lieu d’établir simplement une mise à la terre du circuit sans l’interrompre. Comme celui de Maxwell, il est aussi sensible aux décharges atmosphériques, à condition que le fil fusible soit assez ténu.
- Tandis que les protecleurs précédents reposent tous sur l’action d’un ou de plusieurs électro-aimants, combinée ou non avec celle d’un fil fusible, le protecteur de Bain est dépourvu de tout électro-aimant et par conséquent de self-induction; cette particularité est très importante pour les réseaux téléphoniques.
- 11 repose sur l’emploi combiné d’un parafoudre à peigne et d’un fil à haute résistance, mais non facilement fusible (fig. 4).
- Le fil de ligne est attaché à la borne 1, tandis que l’appareil à protéger est relié à la borne 2, en communication métallique avec le bras a. La moitié inférieure du peigne est reliée à la terre de l’appareil téléphonique.
- Dans la position de repos, le bras a est dans la position verticale de la figure et le circuit métallique est établi entre les bornes I et 2 à l’aide du fil f, des bras b et a.
- Le bras coudé bc est mobile autour de l’axe e où un ressort tend à le presser constamment contre l’arrêt supérieur r; la tension de fil f fait équilibre à ce ressort.
- Si un courant parasite un peu intense traverse le fil, celui-ci s’échauffe; il s’allonge alors et le bras b vient buter contre l’arrêt r, abandonnant ainsi le bras a, qui, sous l’influence du poids suspendu à un cordon enroulé sur son axe, fait trois quarts de tour et vient s’arrêter contre là goupille isolée t. De cette manière le circuit est interrompu entre les bornes 1 et 2.
- Lorsque le circuit est interrompu, le fil de fer
- se refroidit et en agissant sur le levier coudé bc tire le bras c en arrière; la goupille t abandonne alors le bras mobile a, qui vient buter contre l’extrémité du bras c. Le circuit est ainsi rétabli et l’appareil se trouve prêt à fonctionner de nouveau.
- Le parafoudre à peigne a pour but d’augmenter l’efficacité de l’appareil en le rendant apte à dériver les décharges statiques, qui produisent alors des étincelles entre les deux moitiés du peigne p. .
- Le Perfect Protector, parafoudre, est aussi une combinaison d’un électro-aimant et d’un parafoudre à peignes. On Sait que si une décharge d’électricité atmosphérique a lieu entre les peignes d’un parafoudre placé sur une ligne à courant intense, ce dernier suit presque toujours le chemin frayé par la décharge statique.
- Le parfait protecteur, puisque tel est son nom,
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- rompt le circuit établi entre les peignes du para-foudre au moment même où le courant de la ligne commence à circuler dans la dérivation ainsi établie.
- Une des bornes de l’appareil est reliée à la ligne, l’autre à la terre. Entre les deux bornes se trouve un circuit constitué par les spires d’un électroaimant à fil épais, par l’armature de l’électro-aimant et le peigne inférieur du parafoudre. L’armature de l’électro-aimant porte à une extrémité le peigne supérieur du parafoudre, à l’autre un contrepoids.
- En temps ordinaire, le circuit de mise à la terre est interrompu, le peigne mobile étant à une distance très faible du peigne fixe. Lorsqu’une décharge statique a lieu, des étincelles se produisent entre les dents du parafoudre. Si le courant de ligne ne suit pas le chemin frayé par l’étincelle, le fonctionnement de l’appareil est terminé. Mais si le courant de ligne suit ce chemin, il traverse l’électro-aimant, qui attire son armature et relève le peigne supérieur jusqu’à une distance pour laquelle la formation d'un arc voltaïque n’est plus possible.
- Ce protecteur est donc uniquement destiné aux circuits à courants intenses.
- Avant de construire le protecteur de Bain pour les lignes téléphoniques, la Central eledric Coin-pany de Chicago a construit un appareil de sûreté pour les dynamos composé d’organes à peu près identiques. Le fil de fer tendu est alors remplacé par un électro-aimant (fig. 5).
- Cet appareil se place sur chacune des bornes de la machine, les bornes de l’appareil étant reliées au circuit et à la terre.
- Le parafoudre est formé par deux peignes en charbon de cornue.
- Si une décharge atmosphérique frappe la ligne, il se produira une ou plusieurs étincelles entre les peignes du parafoudre. Si le courant de la dynamo veut suivre le chemin ainsi frayé, l’élec-tro-aimant est actionné et son armature est attirée; son extrémité inférieure abandonne alors l’extrémité du bras, mobile autour d’un axe sous l’influence d’une corde et d’un poids moteur. Le circuit de mise à la terre est alors interrompu et l’armature et son bras reviennent dans leur position de repos.
- Après un tour complet, le bras revient buter contre l’encoche, revenue à sa position initiale,
- et l’appareil est prêt à fonctionner de nouveau.
- Si l’arc voltaïque formé entre les deux peignes de charbon persiste, l’appareil continue à fonctionner et les interruptions successives du circuit finissent par produire rapidement l’extinction définitive de l’arc.
- Une manivelle sert à remonter le poids moteur lorsqu’il est arrivé au bout de sa course.
- Parmi les parafoudres atmosphériques propre-
- Fig. ÿ. — Appareil de sûreté de la Central Electric Company.
- ment dits, il faut mentionner celui qui est connu sous le nom de Ra^le Daqyle ligbtning protector. Il repose sur le principe bien connu d’offrir à la décharge d’électricité atmosphérique un court intervalle entre deux pièces métalliques dont l’une est reliée à la ligne et l’autre à la terre. Son originalité réside surtout dans le choix des pièces entre lesquelles l’étincelle doit éclater.
- Une sphère métallique reliée à la ligne est suspendue verticalement à une distance très faible d’un disque horizontal en communication avec le sol. Le tout est enfermé dans une boîte qu’on peut, par exemple, fixer au poteau sur lequel le fil à protéger est placé.
- Si une décharge électrique frappe le fil, une
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- étincelle éclate entre la sphère et le disque et fraye ainsi à-la foudre un passage direct vers la terre sans dommage pour la ligne et les appareils situés au-delà du poteau.
- Ce parafoudre repose donc sur le même principe que le parafoudre à plaques ou à pointes. Mais il doit être moins sensible que ce dernier, puisque la distance explosible correspondant à une différence de potentiel déterminée est. plus faible entre deux surfaces striées ou munies de pointes qu’entre une sphère et un plan. Mais il est prêt à servir après chaque décharge, d’autant plus que l’étincelle qui éclate entre le disque et la sphère imprime à celle-ci de petits mouvements vibratoires autour du fil de suspension.
- Pour terminer cette énumération d’appareils de protection des lignes électriques, mentionnons celui qu’emploie la Thomson-Houston electric Company dans ses circuits à courants alternatifs et à transformateurs.
- Dans la distribution à courants alternatifs, il faut surtout veiller à ce que la tension élevée du circuit primaire ne puisse pas se transmettre d’une manière ou djune autre au circuit secondaire qui est à la portée des abonnés.
- Pour qu’un accident de personne puisse avoir lieu, il faut que les trois conditions suivantes soient satisfaites simultanément :
- i° Le circuit primaire doit avoir un contact avec le sol ;
- 2° Les circuits primaire et secondaire du transformateur doivent être en contact;
- 3° La personne en danger doit être à la fois en contact avec le circuit secondaire et avec le sol.
- La première condition est celle qui se rencontre e plus souvent; mais la présence d’un défaut de ce genre est facile à constater.
- La seconde est peu fréquente, puisqu’elle exige une détérioration du transformateur.
- Quant à la troisième, elle est très rare.
- L’appareil imaginé par la Thomson-Houston Company a pour but de rompre le circuit secondaire lorsqu’un contact accidentel se produit entre le circuit primaire et le circuit secondaire.
- 11 consiste essentiellement en trois plots métalliques i, 2 et 3, reliés le second à la terre, le premier et le troisième aux bornes du circuit secon-
- daire du transformateur. Le plot du milieu porte une lame de cuivre transversale qui est fortement pressée contre les plots extrêmes i et 3, dont elle est séparée par une mince feuille de papier spé cial.
- Si la différence de potentiel entre la terre et le circuit secondaire dépasse ses limites normales, il se produit des étincelles entre les blocs 1 et 3 et la lame de cuivre 2, au travers du papier; ces étincelles perforent le papier; il en résulte un contact direct entre le plot 2 (terre) et les plots 1 et 3 (circuit secondaire). Le circuit secondaire étant ainsi .mis à la terre, l’intensité du courant augmente et fond les fils de sûreté des coupe-circuits, en mettant ainsi toute l’installation de l’abonné hors circuit.
- A. Palaz.
- LA SESSION
- DE L’ASSOCIATION BRITANNIQUE A LEEDS C1)
- M. PREECE
- Sur la forme à donner aux câbles sous-marins pour la téléphonie à grande distance.
- M. Preece reproduit dans cette communication un calcul établi par M. Kempe à l’occasion de l’établissement de la ligne téléphonique entre Paris et Londres.
- On sait que la netteté de la transmission de la parole dépend du facteur K R, K étant la capacité ét R la résjstance de ligne. Lorsque ce produit dépasse une certaine valeur la parole n’arrive plus distinctement.
- Dans la ligne téléphonique entre Buenos-Ayres et Montevideo, distants d’environ 300 kilomètres, avec un câble sous-marin de 45, le produit K R atteint le chiffre 10400, et cependant on peut communiquer sans aucune difficulté.
- Pour la ligne Paris-Londres le produit K R, fixé d’abord à 7500, n’atteindra que 5900, par suite de la grosseur du conducteur employé entre Paris et Calais; la transmission doit donc être excellente.
- Le calcul de M. Kempe consiste à chercher à
- (') La lumière Electrique du 22 novembre 1890, p. 376.
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- rendre minimum le diamètre du diélectrique du câble, en faisant varier le diamètre du conducteur et en assignant une valeur constante au produit K R.
- On a
- KR = (c + i/)(r + p),
- r étant la résistance totale de la ligne aérienne, p celle du câble, c et c' les deux capacités.
- Si D est le diamètre du diélectrique du câble et x celui du conducteur, on a
- a
- P x*
- et
- i D.
- log nep -•
- On trouve pour la valeur de x qui rend D minimum,
- _ Vb + A C +- Vb + A C + 2 BC * s/ïB
- avec
- L’emploi de cette formule a guidé pour fixer approximativement les dimensions de l’isolement et de l’âme du câble.
- Ce câble sera à quatre conducteurs formés chacun de 7 fils; la résistance du câble doit être comprise entre 7,632 et 7,478 ohms à la température de 240 C, la capacité ne doit pas excéder 0,3045 microfarad et l’isolement ne doit pas être inférieur à 500 mégohms, le tout par mille marin de 1852 mètres.
- Sur les propriétés de F acier employé dans les aimants permanents.
- M. Preece rappelle qu'il a fait remarquer il y a quelque temps qu’actuellement l’acier employé en Angleterre pour constituer des aimants n’est pas comparable à l’acier que l’on trouve à cet effet en France. Pour savoir au juste à quoi s’en tenir relativement à cette question, l’auteur a fait de nofnbreux essais d’aciers de différents fabricants anglais et français (Marchai et Clémandot).
- Les barres avaient une longueur de 10 centimètres et une section de 1 centimètre carré; la méthode employée était celle du magnétomètre. Pour aimanter les barres M. Preece s’est servi
- I’ d’un électro-aimant à une seule bobine, arrangée j de telle façon qu’on pût serrer le barreau à essayer entre les pièces polaires ; la bobine avait i 136 tours d’un fil de 5 millimètres. Pour aimanter les barreaux, on a, dans une première série, appliqué un courant de 100 ampères (13600 ampères-f tours) pendant 30 secondes, et dans une seconde ; série un courant de 325 ampères (44200 ampères-, tours) pendant 30 secondes. En général ce second : courant n’aimanta pas les barreaux plus forte-i ment que le premier.
- On a obtenu ainsi les valeurs suivantes pour l'induction magnétique :
- induction
- Maxîma Moyenne
- Marchai 2835 2540
- Clémandot. 2362 2265
- Allevard (trempé à l’eau) 1879 1660
- Ashforth 1779 1704
- Jowitt 1745 1503
- Wall 1889 *5*9
- Saunderson 1610 *435
- Allevard (trempé au mercure) ' 1528 ui s
- Crcwe 1436 1391
- Vickers 1297 1174
- D’après M. Preece, la supériorité des aimants
- français doit être attibuée surtout aux procédés de trempe.
- SIR W. THOMSON.
- Sur la manifestation de l’électricité de contact à l’aide d'un électromètre à plusieurs plateaux superposés.
- L’existence de l’électricité de contact en dehors de toute action chimique est un sujet qu’on a discuté souvent, mais actuellement on a complètement admis cette action. Pour rendre tangible cette action on peut employer un électromètre à plusieurs plateaux superposés : dans l’appareil employé il y a 20 plateaux et un nombre correspondant d’aiguilles. L’instrument est disposé de façon à mesurer la différence de potentiel entre les deux métaux, laiton et aluminium ; le fil de suspension est en platine iridié.
- Pour obtenir une action bien visible il faut que les métaux soient fraîchement polis.
- MM. SWINBURNE ET BOURNE.
- Sur l’essai du fer.
- La méthode employée par les auteurs consiste à étirer en fils le fer qu’il s’agit d’essayer, d’enrouler
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- ce fil de façon à former un anneau ou tore comme dans la méthode de Rowland et de déduire la perméabilité de la mesure du coefficient d’induction mutuelle entre deux fils enroulés transversalement sur le tore. Au lieu d’employer à cet effet un galvanomètre balistique, les auteurs ont adopté un commutateur tournant et un dispositif à coefficient d’induction variable, ce qui leur a permis d’obtenir une méthode de réduction à zéro.
- Pour mesurer la perte due à l’hystérésis, ils font usage“de la bobine qui a servi pour la perméabilité, mais ici l’enroulement secondaire devient inutile. La perte d’énergie est mesurée à l’aide d’un voltmètre, qui donnait une torsion de 2 degrés par watt sur une résistance sans induction, une résistance de 2900011ms étant intercalée dans le circuit de la bobine à fil fin.
- MM. Swinburne et Bourne montrent plusieurs courbes obtenues par cette méthode avec différents échantillons de fer; les courbes de perméabilité ne présentent pas des différences considérables; ainsi pour une force magnétisante H = 60, on obtient des inductions B variant de 17000 à 19000. Quant à la perte d’énergie, les auteurs
- donnent des courbes représentant fEd Q, ou, ce
- qui revient pratiquement au même, J 1 d H :
- d’après leur opinion la première expression est préférable à la seconde.
- Notons encore que d’après eux les variations des courants et des forces électromotrices ne peuvent pas être présentées par des harmoniques, et que la tension fournie par un alternateur en pleine charge monté lentement et tombe brusquement à chaque demi-période.
- La nécessité d’étirer en fil le fer à essayer et l’arrangement de la bobine avec ses deux enroulements compliquent, d’après nous, quelque peu cette méthode et en rendent l’application assez difficile dans la pratique courante.
- M. SWINBURNE Sur le vide très parfait.
- Dans cette communication M. Swinburne indique la supériorité de la pompe à mercure de Geissler sur celle de Sprengel pour obtenir un vide parfait.
- Si les propriétés de l’appareil de Geissler ont été méconnues, cela tient, d’après l’auteur, probablement aux grands soins dont il faut l’entourer
- pour obtenir de bons résultats, et il attribue les imperfections du vide qu’on obtient le plus souvent aux traces d’humidité qui peuvent se trouver dans le réservoir; l’auteur décrit une nouvelle combinaison consistant principalement en trois réservoirs superposés et fermé par des soupapes.
- M. Swinburne présente ensuite quelques remarques sur la jauge de Mac-Leod pour mesurer le degré du vide, et il montre combien les indications de cet appareil peuvent induire en erreur. Cette erreur est due, d'après l’auteur, principalement à la tension de la vapeur de mercure, tension qui d’après Régnault serait de50 mil-lionnièmes, mais qui d’après Ramsay ne serait que de 0,25 millionnièmes de la pression atmosphérique ; pour des vides très parfaits cette pression intervient donc d’une manière réelle.
- En disposant deux jauges de Mac-Leod arrangées de telle façon que l’une puisse recevoir plus de vapeur de mercure que l’autre, M. Swinburne a constaté des différences considérables dans les indications de ces appareils.
- M. SHENSTONE
- Nouveaux dispositifs pour maintenir le vide.
- M. Shenstone entoure la partie rodée des deux tubes qui s’adaptent l’un à l’autre d’une espèce de godet dans lequel il met du mercure ou une substance destinée à arrêter l’air.
- Nous ne retiendrons que la remarque suivante, relative à l’emploi du silicate de soude comme substance lubrifiante. Cette substance aurait une tendance à effectuer la soudure entre les deux portions du verre, tandis que l’acide phosphorique sirupeux donnerait de bons résultats à tous les points de vue..
- M. GRIFFITHS
- Sur la comparaison d'un thermomètre en platine avec des thermomètres à mercure à de basses températures.
- l.’auteur a construit comme thermomètre une petite bobine en fil de platine, le fil ayant une longueur de 1,42 m. et un diamètre de 13/100 de millimètre. La spirale avait une longueur de 38 millimètres et à o° C une résistance de 13,5 ohms. Le diamètre extérieur du tube était de 7,6 mm. On a fait le vide dans le tube après l avoir chauffé et on a placé l’extrémité ouverte sur l’anthracite fondue qui montait dans le tube jus-
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- qu’au niveau de la petite bobine. Après refroidissement le tout formait une masse solide; la spirale était parfaitement sèche et placée dans le vide. Pour obtenir la température à l’aide de cet appareil on se sert de la formule
- et
- '3>52l9
- 4,6811
- R100 ,
- -Ro“= '^62'
- En déterminant des points intermédiaires à l’aide de la tension de vapeur de Régnault, on a trouvé que la courbe satisfait à l’équation
- y = 0,018795 t— 0,0001991 t3 + 0,0000001115 t3.
- Les résultats des comparaisons avec des thermomètres étalonnés à Kew ont montré :
- i° Que des thermomètres qui ne comprennent ni le point o ni le point 100 peuvent être calibrés à l'aide de la courbe indiquée par l’auteur;
- 20 Que le calibrage d'un thermomètre à mercure peut se faire rapidement ;
- 5° Que le thermomètre à platine, construit convenablement, peut servir d’étalon à l’aide duquel on peut déterminer les changements qui ont lieu dans le thermomètre à mercure ;
- 40 Que comme les indications du thermomètre à platine sont indépendantes de la quantité dont la tige est immergée, on peut l’employer pour graduer des thermomètres partiellement immergés, comme on s’en sert habituellement.
- P.-H. Ledeboer.
- {A suivre.)
- CHRONIQUE ET REVUE
- La dynamo compound est du type multipolaire système Desroziers. Elle donne, à la vitesse de 650 tours, un courant de 450 ampères et 70 volts.
- Montée sur chariots tendeurs elle est reliée par courroie à un moteur spécial type pilon de 50 chevaux, construit également par la maison Breguet; la pression de la vapeur est de 5 kilos, et la vitesse du moteur de 350 tours.
- Le groupe moteur et dynamo, sans transmission intermédiaire, grâce à la grande vitesse du moteur et à la vitesse réduite de la dynamo Desroziers, présente sur la conduite de la dynamo par le moteur principal de l’usine l’avantage d’assurer une régularité et une indépendance complètes à la lumière.
- D’après les indications de la maison Breguet, la dépense en charbon n’est pjs sensiblement plus élevée avec ce type de moteur à grande vitesse, le système de distribution étant combiné de telle sorte que la vapeur subit une très longue détente. Tous les organes en mouvement sont lubrifiés automatiquement.
- Les lampes et la canalisation sont reliées à la dynamo par l’intermédiaire d’un tableau de distribution à 23 directions. Les 23 circuits sont montés en dérivation sur les pôles de la machine.
- Les lampes à arc sont des régulateurs dynamo Breguet.
- Ces régulateurs comportent pour tous organes une petite dynamo traversée par le courant de la lampe. Ce moteur agit par un pignon sur la crémaillère porte-charbon et assure à la fois l’allumage et le réglage. 11 n’y a donc dans la lampe que deux pièces en mouvement : la crémaillère porte-charbon et l’arbre du moteur. Ces mouvements sont extrêmement faibles— un tour du moteur par heure environ — de sorte que l’ensemble constitue une lampe sans aucun réglage de ressort ou autre pièce.
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE
- Eclairage électrique à. Angers.
- Depuis le mois d’août dernier une nouvelle application de l’éclairage électrique a été faite dans les filatures de la maison Max-Richard, Segris, Bordeaux et Cie, à Angers.
- L’installation actuelle, faite par la maison Breguet, comprend 202 lampes à incandescence et 19 foyers à arc de 10 ampères.
- La plus grande usine d’électricité du monde, par A.-C. Shaw (’>.
- A propos du meeting des compagnies de tramways électriques, il ne sera pas sans intérêt de donner quelques renseignements * sur la grande installation en voie d’exécution pour la compagnie des tramways du West-End, à Boston.
- Les fondations des constructions furent commencées le 1e1’ octobre 1889; une année s’est
- (!) The Electrical Bngincer de New-York, 15 octobre 1S90.
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- donc déjà écoulée, ce qui ne semble pas trop long quand on songe à la nature défavorable du terrain et aux dimensions énormes des piliers. Le travail de fondation est maintenant complètement terminé ; environ 8 000 pilotis ont été enfoncés et l’on a exécuté environ 35 000 mètres cubes de maçonnerie. Le local destiné aux chaudières a été construit pour 6500 chevaux-vapeur, mais on pourra produire assez de vapeur pour une capacité de 13 000 chevaux.
- Les dimensions du bâtiment sont de 48,2 mètres sur 24, et six batteries de chaudières Babcock et Wilcox de 500 chevaux vont y être installées. Les murs en briques sont hauts de 10 mètres. La cheminée repose sur une base de 6 mètres carrés, et forme d’abord un massif s’élevant à 10 mètres w-dessus des fondations. Elle atteint actuellement une hauteur de 63 mètres, à laquelle son diamètre est de 6 mètres, tandis qu’il mesure 8,73 mètres à la base. Sa hauteur définitive sera de 82,5 mètres.
- Le local des machines a été prévu pour six moteurs de 1000 chevaux, actuellement en construction chez E. P. Allis et 0% de Milwaukee, et qui seront placés par trois de chaque côté de la salle, leurs volants se faisant face. Chaque machine sera placée sur des fondations composées de 4 mètres cubes de solide maçonnerie, 3 mètres cubes de briques et d’une dalle en pierre de 50 centimètres d’épaisseur. La salle des machines a une longueur de 58 mètres et une largeur de 50. L’un de ses murs n'est que provisoire, car on a l’intention d’installer plus tard 7 machines semblables aux premières, cette augmentation ne devant pourtant avoir lieu avant deux ou trois ans.
- La toiture a dû être terminée pour le Ier décembre, date où l’on comptait commencer l’installation des machines et des chaudières, et l’on espère pouvoir faire fonctionner quelques-unes des machines vers le mois de mai 1891. Les travaux sont poussés très activement et attirent l’attention d’un grand nombre de visiteurs de toutes les parties du monde. A. H.
- Couplage des dynamos à. courant alternatif, par Emilio Piazzoli (')•
- Les dynamos à courant alternatif sont, au point de vire pratique, impossibles à accoupler en série, parce qu’elles tendent à annuler leurs courants en prenant des phases opposées.
- (i) lmpianti di ilIumina{ione elettrica, Milan 1890. Voir La Lumière Electrique, 1. XXXV, p. 437, et t. XXXVI, p. 206.
- Le couplage en quantité est, au contraire, possible, puisque lorsqu’au moment de l’accouplement les phases sont concordantes (en d’autres termes, si des balais correspondants il part à cet instant des courants dans la même direction), et que les inversions des dynamos sont approximativement égales, il se produit une tendance très prononcée à la coïncidence des phases. Cette tendance persiste tout le temps que la dynamo fonctionne et que les deux courants s’ajoutent.
- Dans la pratique il s’agit donc de profiter du mouvement de coïncidence pour établir l’accouplement; il est évident que ce moment revient à intervalles rapprochés, de même que deux systèmes de vibrations à peu près égaux donnent lieu à chaque instant à des interférences. Les dynamos devront avoir des phases approximativement concordantes; elles devront être construites de la même manière, être excitées toutes deux par une excitatrice unique, ou par des excitatrices disposées entre elles en quantité et avoir la même vitesse.
- Si l’on réunit les fils correspondants de deux dynamos à courant alternatif, les conducteurs servant à cette jonction ne seront pas traversés par un courant si les tensions des deux dynamos sont égales et de même sens dans les conducteurs correspondants de ces deux machines, ce qui a lieu pour la figure 1 ; si une lampe A était intercalée dans le fil de jonction, cette lampe ne s’allumerait pas.
- Mais comme les alternances ne sont pas complètement d’accord cet état ne durera que quelques instants, et au bout d'un certain temps le courant, dans les conducteurs correspondants, sera dirigé en sens contraire, comme dans la figure 2; c’est-à-dire que les dynamos seront réunies en tension et que la lampe A s’allumera par l’effet d’une tension double de celle fournie isolément par chaque dynamo.
- L’accouplement entre les conducteurs devantse faire quand le courant y circule dans le même sens, on pourra réunir respectivement les conducteurs at avec a2 et bt avec b2, dans le cas de la figure 1, et Æi avec b2, b% avec a2, dans le cas de la figure 2.
- Comme les courants alternatifs produits par les dynamos que, dans la pratique, on accouple en quantité sont à haute tension, on doit éviter de réunir directement une lampe aux conducteurs, j mais il vaut mieux réduire à basse tension le coq-
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- rant primaire que de s’en servir pour alimenter l’appareil indicateur de phases.
- La réduction se fait au moyen d'un petit transformateur, de l'indicateur de phases, dans la construction duquel on utilise ce fait-ci : deux courants alternatifs, de phases différentes agissant par induction simultanément sur un troisième circuit peuvent dans certaines circonstances affaiblir leurs actions inductrices et même lesannuler. C’est donc un transformateur à courants alternatifs pourvu de trois enroulements. Les deux premiers sont parcourus respectivement par des courants provenant des deux machines qu’il faudra accoupler en quantité, et le troisième (l’enroulement secondaire) amène le courant qui y a été produit par induction dans l’appareil indicateur,
- lampe ou voltmètre. A certains moments il arrivera que les courants primaires parcourront les deux enro ilements en sens inverse ou que leren-forcément de l’un des courants coïncidera avec l’affaiblissement de l’autre et que, par conséquent, les actions inductrices s’annuleront; alors il ne se produira pas de courants induits dans l’enroulement secondaire, du moins si les tensions des deux dynamos sont égales.
- La lampe A s’éteindra donc lorsque les deux dynamos auront la même tension et lorsque les courants partant de a1 et b2, ainsi que de bt et a2 seront de même sens; et alors, avec deux interrupteurs i iu on pourra réunir les conducteurs avec h2 et a2 avec bu en réalisant le couplage en quantité des deux dynamos. S’il y avait un
- Fig. 1. — Dynamos à phases discordmtes. La lampe A s’allume. — Fig. 2. — Dynamos à phases concordantes. La lampe A ne s’allume pas. — Fig. 3. — Principe de l’indicateur de phases.
- plus grand nombre de dynamos, on n’aurait qu’à étendre la méthode indiquée.
- Dans la pratique, avant la réunion des dynamos il faut qu’elles travaillent séparément avec la même énergie. En conséquence, on aura un cadre de résistance, afin d’opérer d’une manière analogue à celle suivie pour les dynamos en dérivation.
- Voici donc comment on procédera pour amener une dynamo 2 au circuit alimenté par la dynamo 1 :
- On mettra en marche la dynamo 2; on y lancera le courant excitateur provenant de la dynamo ou des dynamos accouplées en quantitéqui excitentla dynamo 1 ; on allumera sur le cadre autant de lampes qu’il y en a dans le circuit de la dynamo 1 ; le nombre des lampes à allumer sera indiqué par les ampèremètres; les dites lampes ne seront
- pas en dérivation, mais elles seront groupées en tension pour ne pas être brûlées par le courant. On établira le circuit de l’indicateur de phases, et pour éteindre la lampe correspondante on fermera l’interrupteur bipolaire qui réunit la dynamo 2 au circuit externe. Enfin on éteindra peu à peu les lampes du cadre.
- Ordinairement, toute dynamo à courants alternatifs est munie d’une excitatrice, laquelle n’est qu’une petite dynamo avec accouplement en dérivation; par conséquent, pour exciter la dynamo 2 au moyen de la même excitatrice que la dynamo 1, on aura soin, avant d’effectuer l’accouplement, d’accoupler les excitatrices et celles-ci auront besoin d’un cadre de résistance pour que l’entrée en fonction de l’excitatrice 2 ne dérange pas la tension du courant excitateur, ce qui naturellement amènerait un dérangement dans la tension des courants alternatifs.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Dans le système Ganz (Zipernowski) chaque excitatrice a un régulateur à main, que l’on manœuvre quand il le faut; quant au circuit excitateur, il a un régulateur automatique, simple et
- ingénieux, qui, fonctionnant tout seul, aide l’opérateur, et qui pendant la marche maintient parfaitement la fixité de la lumière.
- Après tous ces détails, la légende suivante suf-
- 'ig. 4. — Dispositif général pour le couplage en quantité de 3 dynamos à courants alternatifs.
- fira pour montrer une installation de dynamos à courants alternatifs.
- La figure 4 est schématique. Elle résume l'in-
- stallation d’une usine pourvue de trois dynamos à courants alternatifs et de trois excitatrices avec tous les détails pour leur accouplement respectif (système Ganz).
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- i, 2, 3. Dynamos à courants alternatifs,
- ' 4, 5, 6. Dynamos excitatrices,
- 7, 8, 9. Rhéostat à main, à mouvement commun et séparé pour l’excitation de 1,2, 3.
- 10, 11, 12. Rhéostats à main pour l'excitation de 4, 5,6.
- 13, 14, 15. Commutateurs doubles pour les courants primaires des dynamos 1, 2, 3.
- 16, 17, 18, 19, 20, 21. Commutateurs doubles pour les courants d’excitation des dynamos 1, 2, 3.
- 22, 23, 24. Commutateurs doubles pour les courants excitateurs des dynamos 4, 15, 6.
- 25. Commutateur pour accoupler en quantité les dynamos excitatrices 4, 5, 6.
- 26. Commutateur pour le voltmètre des excitatrices 4, 5, 6.
- 27. Commutateur pour le voltmètre des alternateurs 1, 2, 3.
- 28. Commutateur pour la comparaison des phases.
- 29. Lampes indicatrices des phases.
- 30. Commutateur double pour accoupler en quantité les dynamos 1, 2, 3.
- 31. Grand rhéostat pour mettre en mouvement une machine à courant alternatif. - ,
- 32. Ampèremètre pour le courant principal.
- 33. Voltmètre pour la tension secondaire. . ,.
- 34. 35> 36- Ampèremètres pour le courant primaire des dynamos 1, 2, 3.
- 37, 38, 39. Ampèremètres pour les courants excitateurs.
- 40. Voltmètre pour les dynamos 4, 5, 6.
- 41. Voltmètre pour les dynamos 1, 2, 3.
- 42. Régulateur automatique.
- 43. Appareil avertisseur.
- 44. Résistance additionnelle pour 43 et 51.
- 43. Transformateur pour éclairage de l’usine.
- 46. Egalisateur pour 45.
- 47. Résistance pour 46.
- 48. 49. Transformateurs pour la comparaison de la tension et des phases.
- 50. Transformateurs pour 33 et 42.
- 51. Egalisateur pour 50.
- 52. Parafoudres.
- 53. 54. Conduite principale.
- 5,5, 56. Conduite pour les lampes.
- 57; 59) 61. Conducteurs primaires provenant des dynamos à courant alternatif.
- 63, 64, 65, 66, 67, 68. Conducteur des excitatrices.
- 69, 71, 73. Conducteurs pour l’excitation du champ magnétique des dynamos à courant alternatif.
- 75) 77) 79. Conducteurs des champs magnétiques des excitatrices.
- 81, 82. Conducteurs pour le grand rhéostat 31.
- C. B.
- Accumulateur Pepper (1890).
- On commence par couler la matière active A de ces plaques sur un noyau fusible B (fig. 1) pourvu de rayons b b ou d’un secteur a2 (fig. 4 et 5); on
- Fig. 1 à 5. — Accumulateur Pepper.
- fond ensuite ce noyau, qui laisse au coin de la plaque une cavité telle, par exemple,que A' aaz. On assemble ensuite les plaques deux par deux dans des moules CC (fig. 2), et l’on coule dans leur creux CC A' de l’alliage d’imprimerie, qui constitue ainsi des attaches solides et parfaitement adhérentes, sans aucune solution de continuité avec la plaque.
- C. R.
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- LA lumière électrique
- Cuve électrolytique Hopkinson-Appieton. i composition du bain uniforme en l’agitant par Cette disposition a pour objet de maintenir la ' une injection d’air comprimé au travers de tuyaux
- Cuve électrolytique Hopkinson-Appieton (1889).
- perforés a a, disposés au fond de la cuve. On peut, grâce à cette agitation, employer des dynamos puissantes, et réaliser des dépôts métalliques épais parfaitement uniformes ou, dans les
- bains deteinture, descolorationsabsolumentunies.
- Chauffage électrique Carpenter (1890).
- Le principe de ce mode de chauffage est facile à
- Fig. i, 2 et 3. — Four de cuisine électrique Carpenter; plan, détail des circuits et coupe 3-3 agrandie.
- comprendre d’après les figures 1, 2 et 3, qui en L’électricité est employée à chauffer des sortes représentent l’application à un four de cuisine. de filigranes en métal E, de formes variées, pris
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- entré un carton d’amiante épais D et une feuille de mica F, qui en transmet la chaleur aux plaques B du four. Sous le carton d’amiante se trouve une couche épaisse d’un isolant G, qui empêche la chaleur de se dissiper autrement que par la plaque B. Cette plaque est en plusieurs pièces, K H, à joints linéaires 1, disposées de manière à pouvoir se maintenir facilement à des températures différentes, rectangulaires ou circulaires comme en J.
- 11 est facile de disposer sous ces plaques les résistances E en quantité ou en série de manière à produire les feux les plus variés.
- On retrouve la même disposition générale des éléments de ce chauffage dans le rouleau de ca-lendre électrique B, représenté par la figure 4, au filigrane cylindrique duquel le courant arrive par les balais RQ.
- Dans le fer à repasser représenté par la figure 5,
- Fig. 4. — Calendre électrique Carpenter. — Fig. 5. — Fer à repasser électrique Carpenter.
- le courant arrive au filigrane par le jeu de bornes isolées T, relié au circuit par un embroche-ment à ressort facile à détacher.
- Accumulateurs Reckenzaun (1889).
- M. Reckenzaun propose d’utiliser pour la formation des plaques, ou mieux de la substance active des plaques d’accumulateurs, les propriétés oxydantes de l’arc ou de l’étincelle électrique promenés à l’air libre sur des surfaces métalliques. A cet effet, il relie la plaque de plomb à oxydera l’un des pôles d’une dynamo, dont l'autre pôle aboutit à une pointe qu’il promène à la surface de la plaque, en faisant jailir soit un arc, soit une série d’étincelles.
- M. Reckenzaun ajoute que ces effets d’oxydation, plus accentués avec l'arc qu’avec les étincelles,
- seraient encore augméntés considérablement si l’on opérait dans une atmosphère d’oxygène. On peut enfin, en choisissant convenablement la matière de la pointe conductrice et en recouvrant la plaque de certains enduits, produire d’autres composés que des oxydes. Quant aux oxydes mêmes, ils diffèrent, avec les courants continus du moins, suivant que la plaque de plomb est positive ou négative ; l’oxyde est brun dans le premier cas, jaune dans le second, mais toujours poreux.
- D’autre part, l’intensité du courant ne doit pas être trop forte. Avec une plaque mince, il suffit de 2 ampères à 40 volts. On arrive très vite^ déterminer pour chaque épaisseurde plaque l’intensité, la tension et la longueur d’arc les plus convenables, que l’on peut ensuite maintenir constantes par un procédé quelconque de régularisation automatique.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Ce procédé permet de disposer les parties actives aux points de la plaque que l’on veut, en laissant inattaquées les surfaces nécessaires pour l’encadrement, les attaches, etc.
- rant passe en H, mais en quantité insuffisante
- Trieur magnétique Hobson (1889;.
- Le fonctionnement de cet appareil est le suivant. Après que la vis D a rempli la cuillère G, la carne I de la roue J la laisse tomber dans la position indiquée en pointillé sur la figure 2, et déverser sa matière sur le plan magnétique A, avec aimants B, secouée par l’excentrique Q. La matière débarrassée de son fer tombe en S, puis la brosse N, ramenée en avant parle balancier O, rejette le fer dans la trémie M, et une nouvelle opé-
- £ E b
- Fig. 1. — Avertisseur d’incendie Hart.
- pour faire partir son signal, tandis que l’électro avertisseur 1 donne le signal d’un dérangement.
- G. R.
- Fig. 1 et 2. — Trieur Hobson.
- ration recommence. Un barrage L règle l’écoulement de G sur A.
- Avertisseur d’incendie W. Hart (1890).
- Dans ce système, le circuit comprend deux électros H et 1, dont l’un, H, est cinq fois plus résistant que l’autre. Lorsque l’un des thermostats B, par exemple, fait contact en E, il ouvre le circuit de 1 et le ferme sur H, qui donne le signal du feu. Lorsqu’il se produit dans le circuit une perturbation autre que le contact d’un thermostat, une mise en court circuit, par exemple, le coü-
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Quelques expériences sur la vitesse de transmission des perturbations électriques et leur application à. la théorie de la décharge striée à travers les gaz, par J.-J. Thomson (*).
- La vitesse de transmission d’une impulsion électrique le long d’un fil est, d’après la théorie de Maxwell, égale à la vitesse avec laquelle la lumière traverse le diélectrique qui entoure le fil. L’office du fil semble être simplement de guider la décharge, dont la vitesse de .propagation est fixée par la nature du diélectrique.
- Cette théorie a été vérifiée grossièrement pour l’air par l’observation autour d’un fil de la longueur des ondulations produites par un excitateur électrique. Pour soumettre la théorie de Maxwell à une épreuve plus complète et pour mettre en évidence l’influence du diélectrique et le rôle secondaire joué par le conducteur, l'auteur a fait quelques expériences ayant pour but de comparer la vitesse de transmission d’impulsions électriques le long de fils entourés de divers isolants.
- Le fil A B, qui guide la décharge, se divise en B
- (l) Pbil. Mag., août 1890,
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- en deux branches B L, B M dont les extrémités LM sont reliées à un micromètre à étincelles ; la distance explosive dépendra du rapport des longueurs des (ils B L, B M. Si ces fils sont plongés dans l’air, la distance est minima quand ils sont égaux, quelle que soit leur matière ou leur section. Un calcul facile montre que quand les fils sont environnés par des diélectriques différents le rapport des longueurs correspondant au mini- ' mum de la distance explosive est égal au rapport des vitesses de transmission le'long des fils.
- Pour comparer la vitesse le long d’un fil entouré d’air à la vitesse le long d’un fil entouré de paraffine ou de soufre, on plaçait l’une des branches B M, isolée, à l’intérieur d’un tube de laiton relié au sol. On remplissait le tube de paraffine ou de soufre fondu qu’on laissait ensuitetse solidifier. L’expérience a montré que les vitesses le long des fils entourés d’air, de paraffine et de soufre sont approximativement proportionnelles à l’inverse de la racine carrée du pouvoir inducteur de ces diélectriques.
- Vitesse de transmission le long des électrolytes.
- En intercalant sur l’une des branches une auge électrolytique remplie de sulfate de zinc, avec des électrodes de même métal, on a constaté que le minimum de la distance explosive correspondait à l’égalité des deux longueurs BL, BM ; la vitesse de propagation est donc la même le long d’un électrolyte et le long d’un fil.
- Substituons au voltmètre un œuf électrique ; la distance explosive semble être indépendante de toute modification du rapport des longueurs B L et B M. L’auteur ne croit pas que la cause de ce fait soit dans une différence entre la vitesse de la décharge dans l’air ou dans le vide, mais dans le retard qu’elle subit aux électrodes; c’est d’ailleurs ce qu’ont prouvé d’autres expériences, encore incomplètes. D’autre part la vitesse considérable avec laquelle se propage la décharge dans un gaz raréfié nous interdit d’admettre que l’électricité soit transportée par des atomes chargés qui se meuvent avec cette vitesse : l’énergie cinétique à communiquer à ces atomes serait plus grande que l’énergie potentielle des électrodes.
- M. Thomson pense que la conduction de l’électricité se produit par l’intermédiaire des atomes de la substance que traverse la décharge ; toute la suite du mémoire est consacrée à montrer qu’on explique ainsi la rapidité de la propagation de la
- décharge et quelques-uns de ses caractères les plus frappants, entre autres la stratification.
- Avant que le champ électrique soit assez intense pour qu’une décharge se produise, le gaz est polarisé ; les molécules forment des chaînes analogues aux « chaînes de Grotthus » dans l’électrolyse. Supposons que lorsque l’intensité du champ croît ce ne soient pas seulement les molécules immédiatement voisines de l’électrode qui se divisent, mais que la décomposition des molécules s’étende sur une longueur appréciable de la chaîne. Les atomes électrisés positivement en nombre N s’attacheront à l’électrode positive, et au bout d'un temps T la chaîne reprendra son état moléculaire initial. Si V est la vitesse de propagation de la vitesse, N atomes négatifs se trouvent alors situés le long de la ligne de décharge, à une distance VT de l’électrode négative; ces atomes libres agiront comme une nouvelle électrode négative, et il se formera ainsi, à la suite l’une de l’autre, une série de chaînes de Grotthus de longueur V T ; dans chacune de ces chaînes la décharge se propagera avec la vitesse de la lumière.
- La façon dont se comporte une décharge striée dans un champ magnétique semble prouver qu’elle est formée d’une série de décharges séparées ; chaque strie est soumise à une rotation ou à une déformation (Spôttiswoode et Moulton).
- 11 est facile de se rendre compte de l’augmentation de la distance des stries avec le diamètre du tube. D’autre part, si on admet que le temps T de recombinaison des atomes est de l’ordre de celui que met une particule animée de la vitesse moyenne des molécules pour franchir la demi-distance moléculaire moyenne, on trouve pour la distance des stiies 6 millimètres, quantité qui est absolument du même ordre que celle que l’on observe.
- Que se passera-t-il si la distance des électrodes est moindre que VT? Dans ce cas la décharge ne peut se propager d’une électrode à l’autre avec la vitesse V sans une augmentation considérable de la vitesse des atomes et par suite de la force électromotrice nécessaire pour produire la décharge. Mais si, au lieu de prendre entre les électrodes la ligne de force rectiligne, nous considérons une des lignes courbes plus longue dont la longueur soit VT, la résistance le long de cette ligne sera plus faible que le long de la ligne droite. Des exemples très frappants de cet effet ont été signalés par Hittorf et d’autres auteurs.
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- Si X est la longueur d’une strie qui fonctionne comme un voltmètre, F la force électromotrice, w l’accroissement d’énergie chimique due aux changements d’état que produit le passage de l’unité d’électricité, on a
- FX=w.
- Si donc on peut diminuer la distance des stries sans modifier l’action chimique, l’intensité de la force électromotrice nécessaire pour produire la décharge augmentera. Or, pour une même pression, la distance des stries est plus grande dans un tube large que dans un tube étroit, et Hittorf a observé que pour une même pression de mercure la force électromotrice variait dans le rapport de 11 à 3, pour des tubes dont le diamètre était de 1 et 11 centimètres.
- Quant aux phénomènes qui se produisent au voisinage de l’électrode positive, ce ne sont, d’après cette théorie, que des modifications d’une des stries produites par la présence du métal.
- Les expériences de Hittorf montrent que le potentiel varie brusquement au voisinage de la cathode. Si nous appelons K cette variation, que nous attribuerons à la première strie, la différence de potentiel sera, s’il y a n stries,
- V=K + «ui;
- cette égalité équivaut à une relation linéaire entre V et la distance des électrodes, dans le cas où elles sont planes. Paschen, en opérant avec deux sphères de 1 centimètre de rayon, a trouvé une relation qui est sensiblement de cette forme.
- La courbe qui représente l’intensité du champ en fonction de la distance explosive est une hyperbole équilatère ; ce résultat est d’accord avec les expériences faites par le D1' Liebig sur l’air, l’hydrogène, l’acide carbonique, leformène.
- Enfin, si les dimensions des électrodes sont petites en comparaison de la distance explosive, la relation entre le potentiel et la distance n’est plus linéaire. L’auteur explique comment la distance explosive sera plus grande pour les petites électrodes que pour les grandes et croîtra plus rapidement avec la différence de potentiel ; il remarque également que, dans ce cas, le maximum de la force électromotrice est plus grand que dans un champ uniforme.
- C. R.
- Sur les équations fondamentales de l’électrody-
- namique pour les corps en mouvement, par
- H. Hertz (').
- Il y peu de temps (2), j’ai exposé une nouvelle théorie des phénomènes électrodynamiques pour les corps immobiles, conforme à celle de Maxwell mais présentant un ordre beaucoup plus systématique. Cette idée fut alors émise que l’action de la force magnétique ou électrique dépend en chaque point de l’état du milieu ambiant et que les causes provoquant ou détruisant cet état ne doivent provenir que de l’action de parties voisines et non d’actions à distance. 11 fut enfin admis que l’état électrique et magnétique de tout point d’un milieu est entièrement déterminé par une grandeur dirigée unique. L’introduction du potentiel fut complètement évitée dans toutes les équations fondamentales.
- 11 se pose maintenant la question de savoir s la même théorie peut servir à trouver la marche des phénomènes électrodynamiques dans les corps en mouvement. Nous devons tout d’abord remarquer que si nous parlons du mouvement d’un corps c’est toujours du mouvement de la matière pondérable qu’il s’agit. D’après nos notions, les mouvements de l’éther peuvent ne pas être sans influence, mais nous n’avons aucune connaissance à ce sujet. Nous avons déjà dit que sans l’introduction d’hypothèses arbitraires sur le mouvement de l’éther il est impossible de résoudre la question proposée. En outre, le petit nombre d’indications que nous possédons sur le mouvement de l’éther nous fait présumer que la question posée, prise à la lettre, ne peut être résolue, Il paraît ressortir notamment de ces indications que l’éther se meut à l’intérieur de la matière sensible d’une manière indépendante de celle-ci; seulement cette considération est inutile en présence de ce faitque nous ne pouvons entraîner l’éther en dehors d’un espace fermé. Si nous voulons adapter cette conception à notre théorie, nous devons considérer l’état électromagnétique de l’éther et celui delà matière pondérable en chaque point comme indépendants l’un de l’autre. Les phénomènes électromagnétiques dans les corps en mouvement appartiendraient alors à cette classe (*)
- (*) H. Hertz, IVied. Ann., t. 41, p. 369.
- (s) H. Hertz, La Lumière Electrique, X. XXXVII, p. 137, 188 et 239; tVied.’Ann., t. 40, p. 577.
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- de phénomènes qui nq peuvent être traités sans l’introduction de deux grandeurs dirigées pour l’état électrique aussi bien que pour l'état magnétique.
- Il en est tout autrement si nous nous limitons aux phénomènes électromagnétiques que nous avons exposés jusqu’à présent avec sûreté. Nous supposerons que dans cette classe de phénomènes il ne s’en trouve aucun nous obligeant à admettre que le mouvement de l'éther est indépendant de la matière pondérable à l’intérieur de laquelle il se meut. Les principes établis sur une telle théorie ne nous conduiront pas avec certitude à la seule réponse exacte à une question donnée mais seulement aux réponses possibles, c’est-à-dire à celles qui ne sont contraires ni aux faits d’expérience ni aux notions acquises à propos des corps immobiles.
- Nous supposerons donc que le milieu ambiant possède en chaque point une seule vitesse déterminée et nous désignerons par a, p, y les composantes de cette vitesse suivant les axes des x, y et Nous considérerons ces grandeurs partout comme finies et variant d’une manière continue d’un point à un autre. 11 est vrai qu’il peut se présenter des variations discontinues, mais nous les traiterons comme de promptes variations ordinaires. En outre, nous admettrons qu’aucune discontinuité ne peut provoquer la formation d’un espace vide et nous exprimerons ceci en disant
- que les trois différentielles et ^ restent
- partout finies et continues. Quand il se trouve de la matière pondérable dans l’espace, le mouvement de cette matière est complètement déterminé par la connaissance des grandeurs a, p et y. S’il n’y a pas de matière pondérable dans un certain endroit de l’espace, nous pouvons donner à a, p et y des valeurs arbitraires, pourvu qu’elles soient d’accord avec celles des mouvements donnés à la limite de l’espace vide et qu’elles soient du même ordre de grandeur. Nous pourrons prendre, par exemple, pour a, p et y les valeurs qu’ont ces grandeurs dans l’éther se mouvant dans un gaz quelconque. Nous donnerons à la force magnétique et à la force électrique le même signe pour la matière en mouvement que celui que nous donnions quand la matière était en repos. La polarisation magnétique pu la polarisation électrique reviennent pour nous à considérer l’état d’un deuxième milieu. Aussi les lignes de force
- le long desquelles s’exercent cette polarisation n’offriront pour nous aucune nouvelle signification.
- i° Établissement des équations fondamentales pour les corps en mouvement.
- En chaque point d’un corps au repos la variation de l’état magnétique n’est déterminée que par la distribution simultanée de la force électrique dans le voisinage du point. Dans un corps en mouvement, il se superpose à cette première variation une seconde variation provenant de la perturbation éprouvée par le voisinage du point. Nous établirons que l'influence du mouvement est telle que si elle agissait seule la matière suivrait les lignes de force magnétique du champ. En d’autres termes, si nous supposonsà un instant donné l’état magnétique d’une substance déterminé en grandeur et en direction par un système de lignes de force, alors un système de lignes de force menées par les points matériels du champ représenterait même en un instant ultérieur l’état magnétique du champ en grandeur et en direction, si toutefois l’influence du mouvement était la seule influence exercée. La même chose a lieu pour la variation produite par le mouvement sur la polarisation électrique.
- Pour représenter ces notions nous imaginerons pendant un élément de temps dt un petit élément de surface situé à l’intérieur de la matière en mouvement et placé au commencement du temps dt parallèlement aû plan des jyç; pendant le mouvement il subit le même déplacement et la même torsion que la matière. Nous supposerons que la densité des lignes de force magnétique est telle qu’au commencement du temps dt l’élément de surface considéré soit traversé par un nombre L' de ces lignes. Partout et à chaque instant le nombre de lignes de force coupant le même élément de surface considéré successivement comme parallèle aux plans desjsç, xç et xy sera représenté par L', M', N’.
- Le nombre de lignes de force traversant un élément particulier de surface variera pour plusieurs raisons; nous chercherons l’effet produit par chacune de ces raisons. Tout d’abord si l’élément de surface restait immobile dans sa situation primitive, la variation du nombre de lignes de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- force serait ^ dt, en désignant par ~ la vitesse al al
- de variation en un point donné du nombre de lignes rapporté à l’axe desjy^.
- Si, au contraire la surface se déplace avec la vitesse a, p, y d'un endroit à un autre où la valeur de L' est différente, la vitesse de la variation correspondante est :
- d L' dx
- adU . d L'\ ,,
- p -37+ Y
- Si maintenant, le plan de l'élément tourne autour de l’axe des z avec une vitesse ~ et autour ^ d y
- de l’axe des y avec une vitesse la variation du
- d £
- nombre de lignes de force sera :
- - (M'gfi)*-
- Enfin, si la vitesse du nombre de lignes de l’élément est ^ + Nr ce nombre croît de : d y d%
- Si chacune de ces variations est infiniment petite, leur somme représentera comme on sait la variation vraie à des infiniment petits du second ordre près. Nous représenterons cette somme d’une autre manière, d’abord par la variation produite par la force électrique située au voisinage de l’élément et ensuite par la variation produite par le mouvement en supposant que chacune de ces causes existe seule.
- D’après les lois établies pour les corpsau repos, le montant de la première variation est :
- 1 (dl
- A \dy
- dYs
- ~d{/
- dt ;
- la seconde est identiquement nulle. La première
- représente donc seule déjà la variation totale.
- Ecrivons alors que les deux valeurs obtenues pour
- la variation totale sont égales, divisons les deux
- membres par dt, multiplions les par A, puis re-
- , , dM' . rfN' . .
- tranchons y a ------\- a —— et nous obtiendrons
- x dy ' d%
- les deux systèmes suivants de trois équations.
- , /d\J , dW , JN'\1 dZ dY
- a dv dç/J.dy d{
- A[f
- , 0 ZdU . dW , rfN'xl dX dZ ^ \ dx dy dç )\ d{ dx
- A["+ l>Ni
- ^ ‘ \\dx^ dy ^ dç J J dx dy \dX! , d
- AL w + i^x'-“Y'):
- di
- («Z' - TX')
- +
- fdX! , dV dl'\\ dM d N 01 \dx dy rff/J rff dy ^ 71 U
- [ï + i (rY'-pz')-^(px'
- a Y')
- dç V1 " ' dx
- . u fdX' , dY' , dl'\\ rfN dL
- + + +^)J =dï~T{-4*Av
- A[f + SwZ' -M-f/lf'-tl’!
- Y \ dx dy dç JJ
- dL_cm
- dy dx
- — 4 iz A w
- Les constantes de ces relations doivent être considérées comme des fonctions du temps et de l’état variable de la matière en mouvement. Toutes ces équations sont indépendantes du système choisi des coordonnées, ce dernier pouvant ne pas être en repos absolu dans l’espace. Nous pouvons donc transformer nos équations relatives à un système donné en d’autres de même forme relatives à un autre système de coordonnées tel que a, g, y désignent les composantes de la vitesse relative rapportées au nouveau système et que les constantes dépendant de la direction s’y rapportent aussi à chaque instant.
- Nous pouvons conclure de cela que le mouvement absolu d’un système de corps rigides n’a absolument aucune influence sur n’importe quel phénomène électrodynamique intérieur, pourvu que tous les corps présents, y compris l’éther, prennent part au mouvement. De plus, même si une partie seulement du système en mouvement se meut comme un corps solide, les phénomènes qui peuvent avoir lieu à l’intérieur de cette partie se passent exactement de la même manière que dans un corps au repos. Quoique le mouvement n’ait aucune influence directe sur cette partie, il peut en avoir une sur l’autre partie du système où il y a une torsion des éléments, et cette perturbation peut enfin réagir en produisant des effets secondaires dans le domaine où se trouve la partie qui s’est mue à la façon d’un corps solide.
- Ainsi, par exemple, en déplaçant promptement
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ .
- 49 J
- une masse métallique dans un champ magnétique, ce mouvement, d’aprcs nos équations, a un effet immédiat, c’est-à-dire simultané, seulement sur la surface et autour de la masse métallique en provoquant la formation de forces électriques qui réagissent alors sur l’intérieur de la masse considérée pour y produire les courants nommés courants d’induction.
- Les équations établies ci-dessus sont analogues et atteignent à peu près le même but que celles employées par Helmholtz pour déterminer les relations des forces électriques et magnétiques dans les corps en mouvement. Elles nous donnent les valeurs successives de la polarisation en tout point fixe de l’espace, ou, en d’autres termes, en chaque particule matérielle elles permettent de déduire la marche des phénomènes de l'état électromagnétique actuel et du mouvement dans le voisinage du point considéré. C’est la signification physique de notre système. On peut encore dire que les seconds membres de nos équations représentent la vitesse de variation de la polarisation, les premiers indiquant la marche de la force induite, de sorte que le second membre paraît être la cause du premier.
- D’ailleurs, d’après l’état de nos connaissances, la polarisation et sa variation sont toujours clairement déterminées avant la force correspondante. Ces considérations nous permettent d’éluder une 'difficulté qui se présente très souvent; les vitesses de variation de la polarisation, qui ne permettent pas en général de déterminer exactement les forces, nous donnent ici leur somme totale. Il reste ensuite à préciser si ces forces sont électrodynamiques ou magnétiques. Bien qu’une telle distinction ne soit pas possible, il n’est pas sans intérêt de montrer comment les forces partielles introduites par notre théorie sont contenues dans les membres isolés de nos équations.
- A cet effet décomposons les forces sous la forme :
- X=.Xi + X2 etc.,
- et posons :
- Xi = A (yM' — pN') Yt = A («N' — yL') Zi = A (pL' — aM')
- L = Li + L2 etc.,
- Li = A (pZ' - y Y') Ml = A (yX' — al') N1 = A(aY' —pX'),
- Nous obtiendrons alors les équations en X2, Y2, Z2, L2, Mo et N2 en chassant les deux derniers termes des seconds membres des équations en X,
- Y, Z, L, M, et N. En conséquence, la résultante de Xlf Yi, Z, peut être considérée comme une force électrique produite par le mouvement d’un corps dans un champ magnétique. Elle est perpendiculaire à la direction du mouvement; dans un sens plus étroit, c’est la force électromotrice induite par le mouvement. La distinction de cette force de la force totale n’aurait aucune signification physique, puisque, d’après nos conceptions, le champ magnétique peut posséder un mouvement relatif à l’intérieur d’un corps sans qu’il en résulte quelque chose.
- Quant aux forces Lu Mlf Ni elles doivent surtout être remarquables dans les corps mauvais conducteurs se mouvant à l’intérieur d’un champ électrique, mais ceci n’a pas encore été vérifié par l’expérience.
- En faisant les mêmes remarques sur la résultante de L2, M2, N2 nous verrons qu’elle est fonction
- , . dX' fdX' , dT , dZ!\
- des grandeurs ^
- En faisant identiquement nulle ces dernières grandeurs, il reste une partie de la force ne produisant pas de phénomènes électrodynamiques. Ses composantes possèdent nécessairement un potentiel qui représente la force exercée à distance servant à mesurer la masse magnétique considérée dans les anciennes théories. Une seconde partie de la force est donnée par cette partie de la fonction ne disparaissant qu’en même temps que les quantités u, v, w. Elle contient la force magnétique s’exerçant à distance et produisant le courant électrique proprement dit. Nous obtiendrons seulement la partie électrodynamique des forces L2, M2i N2 en remplaçant dans les secondes parties la grandeur 4w Au par la grandeur
- . , . dX! , . (dX' , dV , rfZ'\
- 4* A» + A -5T + A« va^ + -3j--l rffj*
- et de même pour v et w. Tout ceci revient à dire que la production d’un courant par une force magnétique à distance correspond à une variation de polarisation électrique, puis à une convection du mouvement d’une certaine quantité d’électricité vraie. Cette dernière partie trouve sa confirmation complète dans les expériences connues de Row-land.
- Considérons enfin les forces X2, Y2, Z2. On peut tout d’abord en séparer une partie, indépendante des variations temporaires du système, possédant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- un potentiel et pouvant être regardée comme une force électrostatique agissant à distance. Des orces électrodynamiques restantes on peut sépa-i er, on peut, distinguer une seconde partie, ne devenant nulle identiquement qu’en mêmetemps
- que
- dU dW rfN
- -TT-, -TT-et représentant la force d’in-
- dt dt dt
- duction engendrée par la variation d’un moment magnétique. Il reste enfin une troisième partie qui peut être considérée comme une force électrique engendrée par un mouvement par convection de magnétisme et qui peut être utile dans l’explication des phénomènes d’induction unipolaire.
- 2° Mouvement des aimants et des corps chargés èlectrostatiquement.
- Comme causes distinctes de la polarisation électrique ou magnétique, nous trouvons premièrement les forces électriques ou magnétiques et secondement le mouvement des corps pondérables. La première cause seule, d’après ce que nous avons vu à propos des corps en repos, ne produit aucun déplacement d’électricité dans les corps mauvais conducteurs, ni de magnétisme en général. La dernière cause seule produit bien un déplacement d’électricité et de magnétisme dans l’espace en repos, mais elle ne peut produire aucun déplacement dans la matière en mouvement, puisque cette matière se meut avec les lignes de force dont les extrémités libres peuvent être considérées comme de l’électricité ou du magnétisme vrais. Donc si les deux causes existent ensemble il ne peut y avoir de mouvement, par rapport aux points matériels d’un corps, du magnétisme ou de l’électricité. On peut donc dire que dans ces circonstances l’électricité et le magnétisme paraissent invariablement liés aux particules des corps dans lesquels ils se trouvent.
- Pour traduire ceci analytiquement, différen-tions les équations précédentes par rapport à xy % et multiplions-les par l’élément de volume d t considéré comme immobile et auquel se rapportent L', M', etc. Nous désignerons par dx' l’élément de volume qui à chaque moment renferme lâ matière contenue dans dx et nous représenterons par de' et dm' les quantités d’électricité' et de magnétisme réels contenus^dans cet élément : L", M", etc.
- Nous obtiendrons alors :
- r d (dV , dW , dW\ , d fd\J , dW , rfN'\ L dt dy d\) a dx dy dç )
- , - ± (cnj_ rfjvr d_
- dy \ dx dy ^ d{ J + ^ dç \ dx ^ dy
- ^ \dx ^ dy^ d?/ \dx + dy + d{ )J d V/dL" , d-W , rfN’\ , ,1 dm'
- = dt L(.7/7 + -dï + KF) d*\ = ^KT=0'
- (dV t dW t rfN'j
- l'd (dX' dY' . dZ'\ , d IdX' , dY' , dZ'\ ITt \KF + 77 + WJ + “ dï \77 + KF + d~;J
- , - ± Id\' , dY' dZ'\ d fdX' d Y' dZ'\
- ’ dy \ dx dy dç) T dç\dx dy dç )
- ^ \dx + ,
- + £)(:
- c!ï
- dv
- dt L\ dx dy
- d{.
- dY"
- dX' , dY’dZ'\-\ ,
- iZ"\ , .T de' dï)dT]=4*-dt
- (du
- du dv dw + dÿ + ;rff
- )•
- 3° Induction dans un circuit fermé.
- Les plus grandes vitesses que nous puissions communiquer aux corps qui nous environnent, sont encore si petites par rapport à la vitesse de la lumière dont l’inverse multiplie les valeurs de «, p et y dans nos équations que le seul cas pouvant être soumis à une étude exacte est celui de l’induction produite par le mouvement dans un circuit fermé. Considérons un élément de surface &/ non fermé et lié invariablement aux particules du circuit; soit s la courbe limitant cette petite surface.
- Désignons par l le nombre de lignes de force magnétiques coupant cette surface à un moment déterminé. Comme causes provoquant une variation de l nous Voyons premièrement les forces électriques et secondement le mouvement du cir-, cuit. Si la première cause agissait seule, la vitesse de la variation de l multipliée par A serait égale à l’intégrale de la force électrique prise sur tout le contour s, le sens de l’intégrale étant celui des aiguilles d’une montre pour un observateur placé du côté de la normale positive. Si le mouvement agissait seul, il n’y aurait pas de variation de L Enfin, dans le cas réel où les deux causes sont réunies l’intégrale précédente est égale à la vitesse de variation du nombre des lignes de force magnétique multplié par A.
- Désignons par n',x, n' ,y, nles angles de la
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- normale à un élément dm' de la surface m' avec les axes et par h", M", N' les valeurs de L', M', N' pour cet élément. Les mêmes symboles non primés seront les valeurs initiales. Nous avons successivement :
- Tt <<to'cos M'> “ dw [( + jj) cos 11 >x
- «< î]
- cos n, y
- ^ (dw' cos 3,) = dw j^— ~ cos ;/, x
- + (ë + 5r)cosw^“$co,"'î]
- (rfît/ COS //', 0 = rfî£) COS M, X
- rfp , fda. , dS\ 1
- -^cos^+^ + ^j cos /,, fj
- De ces équations nous tirons :
- dl' d e
- 7t = dt J cos n'! x + ^’ cos n'>y + N" cos u', 0 dw'
- m dU dx + P dh' dy 4- <*L’\ COS M, x dw
- ç(dW + a dW + P dW + dM' v , v dw
- J\dt dx dy 1 cos n
- r(dW + a rfN' + P dN' + dW' \ , { dw
- f\ dt dx dy Y dN J cos n
- + fL' d + ÿ)cjs «»»* div ~ S l'txcos ydw
- —S ^'^xC0S,,Jdw—f M' ^cos nÿcdw
- +/M'(£+^)cosH^rfw
- —JfA’ ^ïcosiirfdîv—J W~cosn,xdw - J N'^jcos H, y dw
- + /N' (M + 7b)cos n^du'-
- D’où, à l’aide des premières équations
- . dl Ætdl dY\ , /dX
- A5/“/Lfe_5?) cosw>*+Ur
- dZ\
- dX)cosn>y
- + “ J}) C0S f] dw==f &dx + Y//)/ + Zrff).
- Ces équations permettent d’étudier toutes les lois de l’induction, les phénomènes d’induction unipolaire et ceux que présentent les corps à trois dimensions.
- Elles nous permettent encore d’énoncer le principe général de l’induction sous une forme très élégante : La force électrique induite dans une courbe fermée quelconque s est égale au nombre de lignes de force magnétiques qui sont coupées
- dans l’unité de temps par la courbe s, multipliée par A.
- A. C.
- {4 suivre.)
- Sur la résistance électrique du bismuth dans un champ magnétique, par A. Leduc (•).
- Je me suis proposé de trouver une formule permettant de calculer la résistance Rm,< d’un fil de bismuth placé dans un champ magnétique de valeur M, à la température t°, en fonction de sa résistance R0 à o° hors du champ.
- La résistance à t° hors du champ s’exprime bien, dans tous les cas que j’ai rencontrés, par la formule
- R, * R0 (i + ht + mt* + nt3), avec des valeurs des coefficients qui varient beaucoup selon la nature de l’échantillon.
- Sous l’influence du champ, l’unité de résistance subit une augmentation Z, donnée par l’équation hyperbolique
- Z2 + pZ — a M2 = o,
- de sorte que l’on a finalement, si l’on appelle b — ~ le demi-axe réel de l’hyperbole,
- Rm, = Ro (i + M + mt1 + ni3) (i — b + Jb* + «M2). (b
- 11 me restait à examiner l’influence de la température sur les coefficients a et b.
- Mes expériences (2) ont porté principalement sur trois échantillons de nature différente :
- L’un est un filament obtenu par l’électrolyse du nitrate; les deux autres sont des fils contournés en spirale double obtenus en coulant le bismuth fondu dans des tubes portés au bain d’huile à 280°, puis lentement refroidis. Le métal de l’un est le bismuth pur du commerce; l’autre a été préparé spécialement pour moi, au moyen du sous-nitrate pharmaceutique : celui-ci a été dissous dans l’acide nitrique pur, puis l’oxyde précipité par l’ammoniaque pure a été réduit par le cyanure de potassium.
- L’ensemble des résultats est à peu près le même pour ces trois échantillons, mais la sensi-
- (!) Comptes rendus, t. CXI, p. 737. j (2i Exécutées au laboratoire de recherches physiques de la Sorbonne.
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- bilité au magnétisme du troisième est supérieure de io o/o environ à celle du premier et de 15 0/0 à celle du deuxième. D’ailleurs, sa résistance hors du chalbp présente un minimum vers 230.
- Je ne parlerai que de cet échantillon, que je considère comme le plus pur et dont j’ai pu élever la température jusqu’à 1600, et même au delà, dans une petite étuve à double enveloppe au moyen d’un courant d’eau, puis de vapeur d’alcool, d’eau, d’alcool amylique, d’essence de térébenthine et d’huile lourde de houille.
- L’étuve était placée entre les surfaces polaires de l’éleclro-aimant, distantes de 2 centimètres, de sorte que le champ a pu atteindre 9000 C. G. S.
- Les coefficients a et S varient tous deux avec la température, comme l’indique le tableau ci-dessous. 11 en résulte que le rapport des valeurs de Z observées dans un même champ à deux températures fixes varie avec la valeur de ce champ. L’influence de la température diminue légèrement quand le champ augmente.
- t. 18" 44",7 100” 130",8 157", 5
- a. iot1................. 221 143 55 33 22
- p. io3.................. 263 275 301 316 342
- Les valeurs de p sont données avec une approximation suffisante par la formule
- p = 0,258 <1 + 0,000907./ + 0,00000723./2)- (2)
- Celles de a x io11 sont fournies à une demi-unité près, c’est-à-dire au degré de précision que comporte la détermination de a par la formule a x 10" = 288.5(1 +0,01455 t + 808.10-7 ** — 163. io—9 i3). (3)
- Mais cette équation indique vers 165° une inflexion de la courbe que l’expérience ne paraît pas confirmer. D’après elle, a s’annulerait vers 20 90.
- Nos résultats sont tout aussi bien représentés par l’équation
- a. 1011 = 288,5 (1 — 0,0145 t + 819.107 /* — 194.10-7 /»
- + 141.10-1**9, (4)
- qui a l’avantage de n’indiquer de points d’inflexion et de maxima ou minima qu’au-dessus de 1500° ou à très basse température.
- D'après cette équation, a s’annulerait vers 261°. Malgré le caractère tout à fait empirique de cette fonction et l’incertitude qui règne sur la détermination de ses coefficients, je considère comme certain que a s’annule et que, par conséquent, l’influence du magnétisme s’évanouit au point de fusion du bismuth.
- Quoi qu’il en soit, la résistance de notre échantillon peut être calculée entre les limites de nos expériences au moyen de la formule (1), avec l’aide des formules (2) et (3), et probablement à toute température inférieure au point'de fusion au moyen des formules (1), (2) et (4).
- Ajoutons que l’on a, dans le cas présent,
- h =3 — 57.10-6, m = 125.10-7,
- n = — 10-8.
- N. B. — Dans l’application de la propriété du bismuth à la mesure des champs magnétiques, il suffira de connaître les variations de a et & à la température ordinaire, et l’on pourra les exprimer par des formules binômes.
- Ainsi, dans le cas actuel, si l’on exprime Z en millièmes, comme je l’ai fait antérieurement, il suffira de prendre
- a = 0,00231 [1 — 0,0153 (/ — 15)], b — 131 [1 + 0,0011 (Z — 15)],
- de sorte que la tare d’un fil de bismuth destiné à cet usage ne nécessitera que quatre mesures de Z faites dans deux champs connus, vers io°et20°, par exemple.
- L'effet de la pression sur la conductibilité électrique des liquides, par C. BarusQ.
- 1. — En soumettant du mercure ordinaire à des pressions comprises entre 10 et 400 atmosphères, j’ai observé que la diminution de la résistance spécifique R lorsque la pression P croît isothermi-quemènt est
- — ^ = 30x io-« s P.
- En appelant v le volume, d’après les résultats de Grassi et autres, on a
- — — = 3 x 10-8 s p.
- Par conséquent
- SR 8 î)
- R v
- Si 0 représente la température, les résultats approchés qui suivent s’appliquent, à pression
- (*) American Journal of science, septembre 1890.
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- constante, aux températures et pressions ordinaires
- S R'
- -^7- = 800 x io-c £ à ,
- £ V
- — = 180 x 10-0 go
- v ’
- et par suite
- £ R' R'
- : 4)4 — •
- Ces formules représentent la résistance électrique en fonction des données thermiques.
- II.— En soumettant en second lieu une solution concentrée de sulfate de zinc à des pressions comprises entre 10 et 150 atmosphères, j’ai obtenu avec une moindre précision, isothermique-ment :
- — = 50 x 10- 6 6 P .
- K
- Les autres relations correspondantes à celles ci-dessus peuvent être évaluées :
- 8 v v
- = 50 x 10-® 8 P
- 5 R' R'
- 0,04 8 0,
- et
- En
- — = 200 £0 .
- L’ordre et le signe des principales grandeurs diffèrent ici de ce qu’ils sont avec le mercure. Pour ce motif les évaluations faites permettent de faire les remarques suivantes.
- III. — Les liquides étaient comprimés dans des tubes capillaires en verre et une correction faite pour la variation de volume du tube. Avec le mercure j’ai employé un piézomètre tubulaire en acier avec tubes capillaires en verre. Dans plusieurs expériences le tube d'acier était entouré d’une circulation d'eau, mais on n’a pas observé que ce fût une précaution essentielle.
- Pour être bref, je résumerai mes résultats dans un diagramme. J’ai fait avec le mercure huit séries de mesures en employant deux manomètres Bourdon différents pour évaluer les pressions; l’un était gradué de zéro à 80 atmosphères, l’autre de zéro à 1000. L’épure sur laquelle les différentes valeurs obtenues sont portées indique l’accord satisfaisant des deux manomètres, à défaut duquel il y aurait eu divergence manifeste entre les sé-
- ries 1 à 6, obtenues avec le premier manomètre, et les séries 7 et 8, obtenues avec le second.
- L’épure est facile à comprendre. Les abscisses représentent les pressions en atmosphères ou la diminution relative du volume. Les ordonnées sont les diminutions relatives correspondantes de la résistance électrique. Les courbes de compression sont en lignes pleines et peuvent être évaluées en pression ou en diminution de volume.
- 300X10 *
- -0,002
- -0,004
- -0,006
- -0,008
- Pig -
- Les courbes des variations thermiques de résis-sont ponctuées et ne peuvent être
- évaluées qu’en diminution de volume. Toutes les lignes sont presque linéaires pour des pressions inférieures à 400 atmosphères.
- IV. — L’inspection du diagramme fait voir immédiatement que pour faire coïncider les lignes de compression et de température il faut faire tourner la première autour de l’origine en sens inverse des aiguilles d’une montre. L’angle de rotation est considérablement plus grand avec la solution de sulfate de zinc qu’avec le mercure. Il
- tance
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- suit de là ce résultat remarquable que dans le cas du métal comme dans celui de l’électrolyte la compression isothermique correspond à une diminution de la résistance sensiblement proportionnelle à la pression ; d’où l’on déduit que l’effet immédiat produit par une élévation de tempéra-
- ture -g-------est une diminution de la résis-
- K K
- tance spécifique tant dans le cas du métal (Hg) que dans celui de l’électrolyte (Zn SO4 -j- Aq). Ceci implique une ressemblance particulière entre la conductibilité métallique ou électrolytique, à cet égard.
- V. — La formule de J.-J. Thomson pour la résistance spécifique est
- que t et m ne sont pas indépendants — que l’influence sur la résistance R d’une variation du nombre de molécules intéressées décroît rapidement avec le nombre total de ces molécules m; c’est-à-dire que la valeur numérique de l’effet électrique immédiat dû à la température^1— ^est
- moindre pour le métal que pour l’électrolyte. Cette conclusion s’accorde également avec les chiffres indiqués.
- VI. — Pour les solides je n’ai trouvé de chiffres acceptables que dans le cas du cuivre; d’après Chwolson (4)
- 5R , .
- R~ ~ X.o-oSP;
- en supposant, pour fixer les idées, que p, K et q sont des constantes, m est le nombre de molécules mises en jeu par unité de volume et par unité de temps, x la distance parcourue par les molécules partielles marchant à la vitesse moyenne c pendant le temps t pris pour variable. Evidemment x n’est pas indépendant de m. Si l’on considère seulement les molécules actives et qu’on les suppose symétriquement distribuées et se mouvant parallèlement,
- X =
- par conséquent
- R = ing?
- K c ‘
- Ceci est d’accord avec les chiffres ci-dessus.
- La diminution isothermique du volume — ^ par
- la pression diminue x seul. La diminution du volume à pression constante par le refroidissement fait décroître à la fois x et c. Par suite la diminution de la pression est plus grande dans le premier cas (celui de la compression isothermique). Finalement dans les conditions indiquées on obtient par différentiation partielle
- cl R _ 4 it P Q , V t
- cl m 3 K V »>’’
- D’où l’on peut conjecturer — conjecturer parce
- d’après les tableaux d’Everett
- 8 v ,
- -----= o,6 x io— S P ;
- v 7
- par suite
- 6 R __ 8 v
- ~ 2 ~v ’
- D’un autre côté
- et
- 8 R' R'
- — 0,004 8 ®
- 8b
- v
- — 52 X 10-6 8 6,
- et par conséquent
- et par suite
- 8 R 8 R-‘
- R R'
- est négatif pour le métal solide.
- En se reportant au paragraphe V il semble que d R
- passe probablement par zéro et devient négatif à mesure que le chemin offert au passage du courant s’accroît indéfiniment.
- E. R.
- (!) Chwolson. Car fs Rcp., t. XIV, p. 26, 1878. Pour le mercure les seuls bons résultats que j’aie trouvés sont dus à Lorenz (.Stuttgart, 1882), mais ils ne sont malheureusement pas appropriés.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ .
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- CORRESPONDANCE
- Paris, le 22 novembre 1890,
- Monsieur le Directeur,
- Dans le numéro de ce jour de La Lumière Electrique, je lis à l’article « Faits divers » que le nouvel hôpital de Berlin est le premier établissement de ce genre éclairé à l’électricité.
- Permettez-moi de vous dire que depuis l’année 1882 l’hôpital de Lausanne possède l’éclairage électrique, qui a été installé par la Société suisse d’électricité de Lausanne.
- Le courant est produit par trois dynamos Edison de 5000 watts, construites par la Société genevoise de physique mises en mouvement par des turbines accouplées directement sur l’arbre des dynamos. Ces turbines font environ looo tours par minute et reçoivent l’eau de la conduite générale de la ville, sous une pression de 110 mètres.
- Veuillez agréer, etc.
- Henri Besson,
- Chef électricien au Palais-Royal.
- FAITS DIVERS
- La Compagnie du chemin de fer électrique souterrain de Londres n’a pas encore mis en activité sa ligne de la rive droite, et déjà elle est en instance pour obtenir du Parlement un nouveau bill. Elle demande l’autorisation de construire sur la rive gauche une ligne d’un développement encore plus considérable et allant du terminus de la Cité à Jonhston.
- Le Conseil municipal de Paris a constitué la commission du compteur électrique sous la présidence de M. Mascart. Elle se compose de cinq membres, trois électriciens et deux membres du: Conseil.
- Les froids rigoureux qui à Paris ont suivi le grand orage de neige du 27 novembre ont amené la congélation totale des prises d’eau du bois de Boulogne. En conséquence, le club des patineurs a conçu le projet d’une grande fête de nuit, dans laquelle la lumière électrique doit .jouer un rôle considérable. Le Figaro du i"r décembre annonce les préparatifs d’un genre de divertissement qu’on n’a pu encore donner à Paris depuis que la lumière électrique est en quelque sorte sortie de ses langes, Mais les incertitudes du climat parisien sont telles qu’au moment où nous écrivons ces lignes nous ignorons encore si nous pourrons avoir cette année ce dédommagement aux rigueurs de l’hiver.
- Si l’on tient compte de notre situation climatérique, on voit qu’il serait prudent de faire tous les préparatifs d’avance,
- afin d’être à même de saisir rapidement l’occasion chaque fois qu’elle se présente.
- Suivant l'Electrical Review, un journal de Montréal raconte le fait suivant :
- Le yo octobre au matin, à 10 heures 27 minutes, un télégramme fut envoyé à la Bourse de Londres pour donner un ordre; à cause de la différence des longitudes la Bourse de Londres était encore ouverte. L’ordre fut exécuté, et le négociant de Montréal en reçut l’avis à 10 heures 40, treize minutes seulement après l’envoi de son message.
- 11 est probable que jamais pareille rapidité n’a encore été observée dans la pratique.
- Un savant qui vient de parcourir les parties centrales de la France pour une exploration magnétique nous a fait de grands éloges de l’éclairage à incandescence établi à Mende, seul chef-lieu d’un département français qui n’ait jamais connu l’éclairage au gaz. Cette circonstance s’explique par la difficulté extrême avec laquelle les houilles ariivaient dans cette charmante petite ville de 5 à 6000 habitants, bâtie à une altitude d’environ 7 à 8000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
- L’électricité est produite dans une station centrale, mais quelque jour, peut-être prochain, on la demandera à l’un des ruisseaux qui tombent dans le Lot, peut-être au Lot lui-même.
- Au milieu de la nuit du io au 11 novembre il est arrivé aux trains qui conduisent à Londres les passagers de la malle d’Afrique débarqués, quelques heures auparavant à Portsmouth, un accident qui rappelle les plus terribles catastrophes dont l’histoire des cheqains de fer fasse mention.
- La locomotive en ayant rencontré une autre à la suite d’une erreur d'aiguille, six voyageurs ont été bridés vifs et ont péri en poussant des cris déchirants. Comment ne point faire remarquer que dans les circonstances les plus déplorables les voies électriques ne sauraient être le théâtre de si épouvantables tragédies ! Quelle que soit l’ignorance et la maladresse des employés de compagnies trop économes et trop peu difficiles dans le recrutement de leur personnel, on ne saurait admettre qu’il surgisse de si atroces complications.
- On nous signale un nouveau procédé de tannage avec le concours de l’électricité, dû à M. Grotli, de Londres. La cuve dans laquelle on immerge les peaux est fixe, au lieu de tourner comme dans le procédé de Worms et Balé. Les peaux, attachées sur des supports convenables, sont mises en mouvement pendant qu’on fait passer le courant électrique destiné à forcer la solution tannique à filtrer par osmose au
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- travers de la peau. On n’emploie pas d’essence de térébenthine comme dans le procédé cité plus haut.
- On remplace dans beaucoup de cas les va?es poreux des piles Leclanché par un aggloméré composé des mêmes éléments, c’est-à-dire de graphite et de bioxyde de manganèse; on diminue de ce fait la résistance intérieure. La fabrication des agglomérés, comme celle des charbons factices, demande un outillage important de presses et de fours à recuire. La formule employée varie, mais la suivante donne de bons résultats :
- Bioxyde de manganèse.......... 40 0/0
- Graphite...................... 44 —
- Goudron......................... 9 —
- Soufre....................... 0,6 —
- Eau.......................... 0,4 —
- • On commence par réduire ce mélange à l’état de poudre très fine que l’on place ensuite dans des moules où on lui fait subir une très forte compression. On chauffe la masse à une température de 350” C. environ, ce qui a pour effet de chasser l’eau ainsi que les parties les plus volatiles du grou-dron. Une partie du soufre se combine avec les produits de la distillation, et le reste s’allie aux résidus non volatils, pour les rendre plus fixes, par un procédé analogue à celui de la vulcanisation du caoutchouc
- La pile Allison au chlorure d’argent est formée d’une plaque d’argent ondulée et recouverte de chlorure fondu. A la partie inférieure, cette tige est munie d’un certain nombre de petites lames quijiendent plus parfaite la conductibilité du chlorure et sa liaison avec la tige. L’élément positif est une enveloppe en zinc et le liquide excitateur une solution d’eau salée épaissie par l’alumine.
- M. Preece a été chargé par le gouvernement britannique de présenter un rapport sur l’éclairage électrique de Gibraltar et de Malte. Il s’est rendu sur place à bord du Mirsapore.
- Des essais ont été faits récemment sur le chemin de fer local Hildburghausen-Haldberg-Friedrichsall, en service depuis deux ans, pour l’emploi de l’électricité comme force motrice. Ce chemin de fer n’a pas moins de 30 kilomètres de longueur et présente des rampes assez fortes; néanmoins es essais faits avec des voitures à accumulateurs ont été des plus satisfaisants.
- Une application considérable de transmission de force par électricité pour le peicernent de tunnels se prépare’ sur la section de Santa-Rosa (Chili) à Mendoza (République Argen-
- tine) du chemin dt fer Transandin, en construction. Cette section traverse les Andes par une série de tunnels, dont le plus élevé, à l’altitude de 3192 mètres, est à percer dans des roches très dures, qu’on attaquera au moyen de machines perforatrices. On ne peut guère songer à la vapeur dans cette région ; en l’état actuel des choses, le chàrbon y reviendrait à un prix énorme. Il n’y a pas de forces hydrauliques directement disponibles aux entrées du tunnel. On a donc pris le parti d’employer des chutes d’eau distantes et d’en transmettre la force jusqu’au tunnel par l’électricité.
- Sur le versant chilien, on dispose d’une hauteur de 180 mètres d’eau à un peu plus de 3 kilomètres de distance. On l’emploiera à faire marcher 12 turbines Girard de 80 chevaux, à 700 tours par minute ; chaque turbine actionnera une dynamo de 400 volts et 135 ampères.
- A Juncalillo et à Calavera, localité à la tête du tunnel, le courant est reconverti en force par 10 moteurs de 60 chevaux marchant à 600 tours et actionnant des compresseurs qui compriment l’air à 6 atmosphères dans les perforatrices. Sur le versant argentin les dispositions sont analogues, mais la chute d’eau n’est que de 120 mètres.
- Une disposition accessoire, d’une grande utilité, qui fait partie du plan sera le raccordement téléphonique des deux stations. '
- Le premier chemin de fer électrique au Mexique vient d’être mis en service entre Laredo et Nuevo-Laredo.
- MM. Earle, constructeurs de navires en Angleterre, viennent de mettre en fonctionnement dans leurs ateliers une machine destinée à percer des trous de boulons dans des plaques de blindage en acier de 62 millimètres d’épaisseur. Aucune de ces plaques n’ayant une surface plane, le perçage à la main ou à la machine ordinaire était très difficile.
- La perceuse employée repose sur trois pieds munis chacun d’électro-aimants puissants pouvant porter une masse de fer d’une demi-tonne. On met la machine en place sur la plaque et on lance le courant dans les électro-aimants : l’adhérence puissante qui en résulte suffit pour maintenir l’appareil, qui porte un petit moteur destiné à actionner le porte-outil. On arrive ainsi à percer un trou de 60 millimètres de diamètre en moins de 20 minutes.
- On se préoccupe de plusieurs côtés des moyens d’empêcher le retour de catastrophes analogues à celles que nous avons si souvent été appelés à signaler. C’est dans ce but que le professeur Hertry Marton a essayé de résumer dans sept règles les précautions que doivent prendre les ouvriers employés dans les stations de lumière électrique.
- Nous croyons qu’il serait préférable que les ingénieurs rédigeassent des instructions spéciales à chaque cas particulier, et s’assurassent par eux-mêmes qu’elles ont été bien comprises par leurs subordonnés»
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- Ne serait-il point également utile de rédiger un traité tout à fait élémentaire, où les règles indiquées par M. Henry Mar-ton et toutes les autres analogues seraient développées?
- L’Electrical Engineer du 28 novembre nous apprend que le Boarding Trade fait procéder à des expériences d’un nouveau système de signaux électriques transmis à l’aide d’un troisième rail, et indiquant aux mécaniciens si la route est libre ou si elle est encombrée.
- Rendre l’avertissement tout à fait indépendant de l’état de l’atmosphère est un progrès fort désirable et tout à fait décisif, s’il est prouvé toutefois que le signal dans lequel on doit avoir une confiance absolue ne saurait lui-même être mis en défaut.
- Une mine d’argent du Colorado, située dans les environs de Tellaride, vient de décider la construction d’une turbine de 100 chevaux pour remplacer la vapeur dans toute son exploitation.
- L’entrée de cette mine se trouve sur le sommet d’une montagne de 700 mètres d'élévation, de sorte qu’il est très difficile d’y conduire la quantité de charbon nécessaire à la production de vapeur. La compagnie Westinghouse est chargée de la construction.
- Nous trouvons dans le Western Electrician une déclaration de principes faite à Chicago par M. Gardner C. Sims, président du Comité d’électricité et des applications de l’électricité à l’exposition universelle.
- M. Sims fait remarquer que l’on économisera une somme considérable si l’on emploie d’une façon absolue l’électricité à transmettre l’énergie dans toutes les parties de l’exposition au lieu d’avoir recours aux procédés usités dans les opérations mécaniques ordinaires. Il pense que les économies ainsi réalisées pourraient être employées à acquérir des installations électriques que l’administration revendrait après la fermeture, et qui réaliseraient encore les 3/4 de leur valeur primitive. Il estime que cette opération pourrait porter sur une somme d’environ 4 millions de francs.
- Il voudrait, contrairement à ce qui s'est fait au Champ-de-Mars, que tous les chemins de fer établis dans l’intérieur de l’exposition fussent mus par l’électricité, et qu’au lieu d’être en tunnels ils fussent établis sur des colonnes, des remblais, etc., etc. Il voudrait même, idée fort originale, que tous les mécanismes exposés dans la salle des machines fussent mis en mouvemeut par l’électricité, ce qui dispenserait de l’obligation d’entretenir du feu et d’engendrer de la vapeur dans cet édifice, et contribuerait considérablement à la propreté et même à l’intérêt de l’exposition. Les visiteurs seraient délivrés du bruit, de la chaleur, des mauvaises odeurs, etc., qui les gênaient dans la salle des machines du Champ-de-Mars.
- Un Congrès des électriciens russes aura lieu au commencement de 1891.
- La Réforme du 10 novembre nous apprend que le chemin de fer électrique de Florence-Fiesole vient encore d’être le théâtre d’un accident.
- Il y a eu une rencontre de deux voitures qui se trouvaient sur la même voie. Les proportions de l’accident ont été assez minimes : un voyageur a été légèrement blessé, et deux autres contusionnés. Mais le journal italien raconte l’accident avec une certaine ostentation en le faisant précéder d’un titre à sensation écrit en grosses capitales : Encore un nouvel accident sur le chemin de fer électrique,
- Mais, comme pour montrer la partialité dont on fait preuve vis-à-vis de la force à laquelle appartient l’avenir, le même journal publie dans le même numéro, sans titre et sans commentaires, une rencontre de deux locomotives, qu eut lieu le 8 novembre sur la nouvelle ligne de Ligurie.
- Éclairage Électrique
- La Société générale des chemins de fer de l'Empire russe vu les fréquents incendies dans les trains de la ligne de Varsovie, vient de proposer aux chefs d’exploitation de cette ligne d’étudier les mesures nécessaires pour remplacer l’éclairage actuel au moyen du pétrole par un autre mode moins dangereux. Le conseil de ladite société vient d’autoriser Mo James Lyton, (.ingénieur américain, à commencer à ses frais les expériences d’éclairage électrique des trains sur les lignes Nicolaïew (Pétersbourg-Moscou) et Pétersbourg-Varsovie.
- Il est intéressant de remarquer qu’il y a deux ans les représentants de la Société des chemins de fer russes soulevèrent cette question au Congrès international des chemins de fer de Bruxelles et déclarèrent dans leur rapport que l’éclairage électrique des trains -en Russie présente un luxe hors ligne. Leur avis prévalut.
- La ville de Bombay a publié un cahier des charges pour l’éclairage électrique. Mais il paraît que la capitale d’une riche résidence est bien ménagère de ses roupies, car I’Electrical Engluer nous apprend qu’elle ne donne pas ce précieux document. On peut se le procurer moyennant le paiement d’une livre steiling. En outre, l’éclairage n’aura pas lieu les soirs où il y aura de la lune. Le ciel de l’Inde est s rarement nuageux que l’économie est certainement tentante.
- Les journaux de Chicago arrivés à Paris par le dernier' courrier renfermaient l’explication d’un fait singulier que nous avions annoncé non sans quelque surprise. 11 s’était formé dans cette ville une compagnie dans le but d’y transporter les gaz naturels de l’Indiana. On avait commencé la
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- pose d’une conduite de près dé 300 kilomètres de longueur, et dont le diamètre devait être suffisant pour débiter 8 millions de mètres cubes par 24 heures. Mais les travaux ont été subitement interrompus.
- La cause de ce grave évènement industriel est la diminution considérable constatée dans la pression du gaz naturel servant déjà à l’alimentation des 1200 fours à puddler de Pittsburg. La compagnie qui fournit la ville a signifié aux maîtres de forges qu’ils eussent à reprendre le charbon. Certaines personnes prétendent que ce retour à l’ancien combustible donnera lieu à une consommation quotidienne de 35 000 tonnes de houille.
- Ces incidents semblent montrer une fois de plus qu’il n’y a point de dépôt naturel de combustible qui ne s’épuise, et que les seules sources durables d'énergie sont les chutes d'eau, que l’électricité permet d’employer dans Je vastes proportions.
- Breslau va être pourvu de l’éclairage électrique au commencement de l’année prochaine. La maison Siemens et Halske, de Berlin, a établi un réseau de câbles d’une longueur de plus de 30 kilomètres pouvant alimenter 8 500 lampes de 16 bougies. Les câbles sont placés sous trottoir à 60 centimètres de profondeur et recouverts de madriers polir les préserver des actions mécaniques. Le système de distribution adopté est celui à trois fils.
- M. Crégier, maire de Chicago, a annoncé dans un message au conseil municipal l’intention de demander la création de plusieurs services publics, l’éclairage au gaz et à l’électricité, le chauffage, le transport des dépêches et des paquets par tubes pneumatiques et même, si l’opération est reconnue praticable, l’établissement d’un système de tubes pour l’expulsion de la fumée.
- Mais la ville ne pourra se livrer à ces spéculations multiples sans y être autorisée par la législature de l’Illinois. On nous dit que l’autorisation sera difficilement accordée, à moins que les derniers événements électoraux ne produisent un changement total dans l’opinion des législateurs. En effet, ceux-ci appartiennent en majorité à l’opinion républicaine, tandis que les conseillers municipaux sont presque tous du parti démocratique.
- La Compagnie continentale Edison de Paris a obtenu la concession de l’éclairage de l’Exposition de Moscou. La force motrice employée pour mouvoir les dynamos sera, dit-on-fourniepar trois machines de 150 chevaux chacune. L’illumination de fontaines lumineuses fait certainement paitie du programme.
- Nous sommes heureux d’apprendre que dès le 26 novembre deux des principales lignes d’éclairage alimentées par la station Ferranti à Grosvenot Gallery ont repris leur service;
- onze jours après l’incendie, plus de 30000 lampes ont pu être allumées de nouveau. On ajoute que la ligne de Saint-James, qui reste à rétablir, a dû être remise en activité v avant la fin du mois.
- Cetts catastrophe ne se reproduira point, parce que l’administration de cette usine importante a profité naturellement de l’occasion pour mettre la station à l’abri de l’incendie. Il est bon d’ajouter que cette transformation aurait été effectuée depuis longtemps si l’on n’avait reculé devant la nécessité d’interrompre le service pendant une ou deux fois 24 heures.
- Cette expérience constante doit profiter à tous les électriciens, pour bien les convaincre de la nécessité absolue de ne point laisser dans les installations de parties dont on reconnaît soi-même la défectuosité.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le câble de Paramaribo à la Martinique, fabriqué par la Compagnie générale des téléphones, vient d’être embarqué et doit être posé avant la fin de l’année.
- L’Easterti Telegraph C” a placé pour le compte du gouvernement turc une ligne télégraphique sous-marine entre Perim et Sheik Seyd.
- Aucune des offres parvenues au gouvernement espagnol pour la construction des lignes télégraphiques entre la péninsule et les possessions espagnoles de la côte nord de l’Afrique n’a été acceptée. Par décret royal, il a été décidé que de nouvelles offres seront reçues, à des conditions un peu différentes des premières.
- Le réseau téléphonique de Stuttgart a pris une telle importance que l’administration se voit obligée de renoncer aux fils aériens et de poser des câbles souterrains.
- Le Ministre du commerce vient de prendre un arrêté fixant l’étendue du réseau d’Asnières, qui comprendra, en outre du périmètre de cette commune, celui de Colombes, de Bois-Colombes et la partie nord de la commune de Courbevoie.
- Les abonnés n’auront plus à payer par kilomètre de fil qu’une somme de 150 francs au lieu de 250 francs.
- La création d’un réseau téléphonique annexe à celui de Bordeaux a été autorisée à Pauillac (Gironde).
- Imprimeur-Gérant : V. Nory
- Imprimerie de La Lumière Électrique — Paris. 31, boulevard des Italiens.
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNÉLIUS HERZ
- XII* ANNÉE (TOME XXXVIII) SAMEDI 13 DÉCEMBRE 1890 No 50
- SOMMAIRE. — Nouvelles expériences de téléphonie militaire ; P. Marcillac. — L'Exposilion d’Edimbourg; C. F éry. — Chemins de fer et tramways électriques; Gustave Richard. — Histoire des batteries secondaires; E. Andreoli. — Sur l’exploitation de la gutta-percha ; Sérullas, — Chronique et revue de la presse industrielle : Le tramway électrique de Boston. — Comparaisons de plusieurs piles sèches, par M. Krehbielh. — Revue des travaux récents en électricité : Le problème de la téléphanie (vision à distance), d’après M. Henri Sutton. — L’électrolyse par les courants alternatifs, par le Dr Guglielmo Mengarini. — Sur les équations fondamentales de l’electrodynamique pour les corps en mouvement, par H. Hertz. — Correspondance : Lettre de M. Wunschendorff. — Lettre de M. Sérullas. — Faits divers.
- NOUVELLES EXPÉRIENCES
- DE TÉLÉPHONIE MILITAIRE
- On sait que l’usage du vélocipède a été introduit avec un certain succès dans l’armée française et que, dans des conditions normales, ces appareils ont rendu de bons services, sans que leurs conducteurs aient eu la prétention de remplacer la cavalerie.
- , Si nous en croyons certains organes étrangers, des expériences faites en Russie ont fourni des résultats tels que celui-ci :
- Trois hommes ont franchi en 132 heures, en touchant à Simféropol, Balaklava, Sébastopol, etc., une distance d’environ 700 kilomètres. L’officier et les deux chasseurs de forteresse avaient chacun 15 kilogrammes de bagages. Citer Balaklava, c’est rappeler le terrain mouvementé, bizarre, inoubliable où la cavalerie anglaise de lord Cardigan trouva son tombeau; c’est dire aussi les difficultés de manœuvre pour un vélocipède.
- Mais c’est en même temps prouvèr qu’un appareil qui fonctionne ainsi, peut devenir mieux qu’un passe-temps.
- Tout récemment nous avons fait connaître f1)
- (J) La Nature, 15 novembre 1890, p. 369.
- un type de vélocipède allant aussi bien sur l’eau que sur terre sans qu’il soit nécessaire de lui faire subir une transformation quelconque. Voici le principe de l’appareil. C’est un tricycle dont les roues, au lieu d’être à jour, sont formées de trois grandes lentilles biconvexes en tôle, creuses et bien étanches, et munies extérieurement de petites palettes en cuivre.
- Le mouvement est identique à celui des bicyclettes. Sur route, ces roues creuses agissent comme les roues ordinaires, et l’instrument peut atteindre une vitesse de .15 à 20 kilomètres à l’heure; dans l’eau, les roues deviennent des flotteurs et, grâce à leurs palettes, servent aussi de piopulseurs fournissant, suivant les courants, le vent, etc., une marche de 4 à 7 kilomètres à l'heure (1).
- Des expériences très concluantes ont été faites en rade de Marseille par divers temps : nous n’en citerons que deux : l’une pour donner une idée de la navigabilité de l’appareil, l’autre pour indiquer son application à la téléphonie ou télégraphie de campagne. Dans la première, deux ve-locemen éprouvés, transportés en bateau à 4 kilomètres au large, montèrent et actionnèrent suc-
- (') L’inventeur est un mécanicien de la marine de corn merce, M. Romanes.
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- cessivement l’appareil, avec plein succès, pendant deux heures environ, par des fonds de 25 à 35 mètres O. Dans la seconde expérience, on posa un câble volant dit « câble de campagne ».
- Les constructeurs ayant bien voulu en effet nous confier leur vélocipède, l’idée nous vint de l’employer à des expériences de télégraphie militaire. La donnée était la suivante :
- Une troupe dépourvue d’équipage de pont doit traverser une rivière ou un lac et maintenir ses communications électriques avec son centre de commandement.
- Ecartons tout d’abord le cas, assez rare d'ailleurs, où le fleuve n’est ni trop profond, ni trop rapide, ni trop large, ni trop inégal au fond pour empêcher un déroulement de câble de campagne opéré à la main par des hommes des sections télégraphiques. — En général, même pour un cours d’eau moyen, ces conditions favorables ne se trouvent pas réunies.
- Le Rhône et la Durance étant éloignés en moyenne de 40 à 50 kilomètres de Marseille, la mer restait seule indiquée comme champ d’expériences. Le 23 novembre dernier, à la suite de la grande baisse barométrique du 22, le vent sou-flant en tempête et la mer étant démontée, les essais furent faits. 11 était évident que si dans des conditions aussi détestables il était possible de poser 100 ou 200 mètres de câble et de percevoir les signaux échangés entre le vélocipède et la terre, on pouvait en déduire la possibilité de traverser une rivière et d’assurer la communication permanente entre un détachement d’avant-garde privé de bateaux et son centre d’action. ,
- Ordre des essais. — L’appareil, mis à l’eau au milieu de rochers, dans une sorte de bassin recevant par le milieu la houle du large, se comporte très bien. Sur l’essieu principal est fixée une grande équerre en U soutenant une bobine de câble léger (cuivre étamé sous gutta et double tresse).
- En se tenant debout à la lame, le tangage éprouvé ne fatigue pas : c’est le mouvement d’un cheval doux au trot. Le câble se déroule régu-
- (') Pour préciser, nous dirons que l'un des opérateurs-constructeurs, M. Rousseau, manœuvra près d’une heure en tous sens, à 3 milles de la côte : après quoi, le second, M. Lafleur, fut abandonné en mer et revint dans le port de Marseille, après avoir coupé le sillage de trois grands paquebots et fait environ 5 kilomètres en 49 minutes.
- lièrement avec une légère incurvation due à la dérive et s’enfonce lentement, sans former de coques, grâce à un frottement voulu et calculé de l’axe, destiné à empêcher un déroulement trop rapide.
- Une des extrémités du câble, celle du rivage, est reliée à un téléphone qui prend terre, par un poinçon de fer, dans le sable humide; l'autre bout, happé sur le tambour de la dérouleuse que porte le vélocipède nautico-terrestre, déborde les joues de labobine et s’enroule en un boudin extérieur. Une fois le câble déroulé à la longueur que l’on veut, on stoppe, on saisit le boudin et on amène le fil à une planchette d’essais fixés sur le milieu du gouvernail que dirigent les mains du vélocipédiste.
- Cette planchette, de 0,10 m. sur 0,06 m. porte un petit manipulateur de sonnerie à trois directions. On fixe le bout libre du câble au fil d’entrée d’un téléphone-montre M dont l’autre borne
- Fig. 1
- est reliée à la borne de ligne L. On rattache à la borne de pile P le pôle positif d’un élément flottant que l’on jette à la mer. Enfin on met la borne T à la terre par le massif du vélocipède (fig- 0-
- Il ne reste qu’à manipuler en signaux Morse, ou à parler au téléphone. En temps normal, cette dernière solution semblerait la plus rationnelle; mais il faut remarquer d’une part que. toute conversation se propage fort bien au loin sur l'eau, et que, d’autre part, la voix humaine serait certainement couverte par le bruit du canon et même de la fusillade que le téléphone percevrait et mêlerait aux paroles, de façon à les rendre inintelligibles. D’où la nécessité du Morse avec ses espacements réguliers et sûrs, qu’une oreille exercée distingue sans peine au milieu de vingt autres bruits. Mais un récepteur Morse est lourd, peu commode à porter; un parleur occupe une certaine place, a besoin de réglage et ne possède qu’une sensibilité limitée.
- Un téléphone-montre, au contraire, permet de lire au son, n'a pas besoin de réglage, pèse fort peu, se place dans une poche de dolman et peut
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- s’attacher au besoin à la jugulaire d'une coiffure militaire pour rester, en permanence appliqué à l’oreille du télégraphiste d'avant-poste.
- Avec le dispositif que nous indiquons et que nous avons monté en pleine eau, malgré la bourrasque, en quelques secondes, avec quelques coups de tourne-vis, il a été possible de transmettre et de recevoir très nettement, malgré le sifflement du vent et le bruit des vagues qui empêchaient toute audition de paroles criées à pleins poumons. Il nous a paru même que le fracas de l’eau entendu d’aussi près et le fouettement des embruns étaient, au point de vue de l’ouïe, plus puissants et plus gênants peut-être que celui de détonations d'armes à feu et que, par conséquent, l’expérience était concluante.
- Au point de vue nautique, nous dirons qu’il
- Fig. S
- suffit de tenir solidement le gouvernail d’une main pour assurer la direction, l’autre main restant libre pour la manipulation. Au point de vue électrique, il faut ajouter qu’en embrochant les deux téléphones dans le circuit, le manipulant et son correspondant perçoivent simultanément les signaux.
- C’est un moyen de contrôle pour le premier, qui peut corriger sa propre manipulation s’il comprend que sa transmission n’est pas parfaite ; c’est aussi une façon d’être assuré que le câble n’est pas isolé. En rivière, un élément Leclanché suffira à la correspondance. Sur mer, en raison de la composition du liquide, nous nous sommes borné à employer le type suivant, bien connu en principe.
- Deux petits charbons à lumière cc(fig. 2), reliés métalliquement, sont fixés dans des entailles pratiquées de part et d’autre de deux morceaux de liège EE'. Un fil de zinc de 1 millimètre de diamètre et de 0,10 m. de long Z passe au tra-
- vers du liège, entre les charbons. 11 est prolongé par un .fil métallique portant une lame de cuivre U.
- On fixe le rhéophoredes charbons à la planchette d’essais, et on jette l’élément à l’eau. La plaque de terre du zinc, servant de lest, maintient l’élément vertical. Un seul couple suffit. On évite ainsi l’ennui d’emporter une pile.
- Il nous semble démontré par l’essai que nous avons tenté que, puisqu’il est possible de manœuvrer sur une mer mauvaise, de dérouler un câble, d'établir les communications, de transmettre et de naviguer en tirant le fil après soi, il doit être possible d’effectuer une opération identique en rivière ou sur un lac, soit pour le service militaire, soit pour relier à un moment donné des équipes d’ouvriers travaillant sur les rives opposées d’un cours d’eau et ne possédant ni pont, ni bac, ni bateau. Il n’est pas aisé de transporter un bateau sur les chemins, de le mettre à l’eau, de poser un fil et de recharger ensuite l’embarcation sur un chariot. Il est facile au contraire de transporter un vélocipède nautique, puisqu’il roule également sur terre, qu’il porte son cavalier comme un cheval ou navigue comme un canot.
- P. Marcillac.
- L’EXPOSITION D’EDIMBOURG O
- MM. John Musgrave and Sons exposent une très belle dynamo à circuit magnétique simple et directement couplée à un moteur spécial dit « Globe compound Engine» (fig. 1). Cette machine dont les inducteurs, sont compoundés^ donne à la faible vitesse de 300 tours par minute 37750 watts. On voit bien ici l’avantage des grosses machines ne nécessitant qu’une faible vitesse, désirable autant au point de vue mécanique qu’électrique, les pertes par hystérésis et courants de Foucault croissant très vite avec ce facteur.
- La maison Norman and Sons expose également deux types de dynamos ; la « Norwich », type D, de forme très massive (fig. 2), est destinée aux services chargés où une marche de longue durée est nécessaire. L’âme de l’induit est formée de tôles minces isolées et dentées, et percées au cen-
- (4) La Lumière Électrique des 11 et 2ÿ octobre et 15 novembre, p. 55, 174 et 323.
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- tre d’un trou hexagonal pour recevoir l’axe d’acier. Le grand nombre des dents de l’armature, ce qui les fait très étroites et très rapprochées, et l’entrefer relativement considérable de cette machine évitent en grande partie les inconvénients des
- noyaux dentés, qui échauffent généralement lés pièces polaires quand elles sont massives, et produisent souvent un son dû aux aimantations et désaimantations rapides. Ce large entrefer a aussi l’avantage de donner une meilleure ventilation
- Fig. 1. — Dynamo et moteur Musgrave.
- à l'induit, dans lequel, à cause de l'étroitesse des dents, le fil est pour ainsi dire noyé dans une masse de fer et se refroidirait difficilement.
- Dans le type des mêmes constructeurs repré-
- [Fig. 2. — Dynamo Norwich, type supérieur.
- senté figure 3, conçu dans un but différent, on a employé, contrairementauxhabitudes anglaises, de la fonte pour les inducteurs. Cette fonte est d’ailleurs de qualité spéciale et présente une grande perméabilité magnétique; il paraît même que, la question de prix mise à part, cette fonte est préférable au fer quand on ne s’occupe pas du poids. Cependant il nous semble que de plus gros in-
- ducteurs nécessitant une plus grande longueur de fil, doivent produire de ce chef une augmentation de dépense pour l’excitation.
- La « Brush Electric C° » exposé un alternateur Morday démonté pour en fairë mieux voir la
- Fig. 3. — Dynamo Norwich, type central.
- construction. Cette machine a déjà été décrite dans cette revue (’) ; nous n’y retiendrons pas. Nous rencontrons aussi dans la mime exposition quelques types de tranformateurs à circuit fermé.
- M. Swinburne expose quelques pas plus loin son transformateur dit Hérisson, (fig. 4) qui est bien connu des lecteurs de La Lumière Électrique ;
- (‘) La Lumière Electrique, 9 juin 1888,
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- ses avantages résident surtout, croyons-nous, dans son bas prix.
- Citons, toujours au point de vue des courants alternatifs, l’exposition très originale de MM. Ran-kin et Kennedy.
- Nous y trouvons d’abord leur moteur à courants alternatifs (fig. 5.) Le principe de ce genre d’appareils a été donné dans un des derniers
- Fig. 4. — Transformateur Swinburne.
- articles de notre collaborateur M. G. Richard. Les inducteurs lamellés sont seuls parcourus par le courant, et les champs magnétiques produits par les deux paires d’inducteurs sont à chaque ins-
- Fig.r5. — Moteur [à courants alternatifs Rankin et Kennedy.
- tant erl retard l'un sur l’autre. 11 en résulte que l’induit, formé de deux bobines dont les spires traversées par le même courant sont tordues de 900, est parcouru par des courants induits qui agissent à chaque instant pour produire la rotation dans un sens déterminé.
- Mentionnons aussi le fer à repasser électrique.
- Cet appareil n’est autre chose qu’une sorte de transformateur sans circuit secondaire. Il est formé de tôles minces A isolées les unes des autres (fig. 6) et recevant le courant dans un circuit
- primaire B ; le fer à repasser étant posé sur une feuille de mica ferme le circuit magnétique et constitue, le circuit secondaire.
- Les courants intenses qui prennent naissance dans sa masse, et surtout l’hystérésis considérable de la fonte, ne tardent pas à le porter à la température désirée quand un courant de 50 ampères traverse le fil primaire. Il est toujours très curieux
- de constater les effets calorifiques produits ainsi par ce réchaud jfroid d’un nouveau genre, car réchauffement de la partie lamellée de l’appareil est peu sensible.
- La même exposition renferme également une
- Fig. 7. — Coupe-circuit automatique.
- machine alternative qui ne s’écarte pas d’une manière bien sensible des types connus; nous ne la décrirons donc pas. Cette dynamo est accompagnée de son excitatrice à courant continu.
- Les électriciens anglais semblent se préoccuper maintenant plus sérieusement qu’autrefois des appareils accessoires de sûreté.
- La bonne marche d’une installation dépend souvent en grande partie de la régularité de leur fonctionnement. Pourn’en donnerqu’un exemple, les coupe-circuits qui se faisaient ordinairement
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- en fils d’alliage fusible sont pour la plupart remplacés par des appareils magnétiques, ayant l’avantage de dépenser moins d’énergie, d’être plus sensibles, et surtout de ne pas nécessiter le remontage du fil fondu. Nous citerons deux modèles de ces appareils que nous avons vus fonctionner avec beaucoup de précision, et qui nous semblent bien étudiés.
- Dans ces deux appareils l’attraction magnétique est seulement employée à produire le déclenchement d’une pièce qui, en tombant, rompra le circuit. Dans le modèle représenté figure 7, la plaque de fer doux B, attirée par l’électro, soulève avec elle un crochet qui, aussitôt qu’il a quitté la
- Fig. 8. — Coupe-circuit Prentice.
- palette A, permet à cette pièce de tomber; par surcroît de précaution, un plomb fusible est placé sur l’appareil ; ce fil ne serait fondu que si par suite de quelque avarie l’appareil magnétique venait à manquer.
- On voit que dans le fonctionnement de ce coupe-circuit le crochet qui retient la palette doit glisser sur elle avant de la quitter; quoique l’effort à produire ainsi soit très faible, M. Prentice a combiné un appareil n’ayant pas cet inconvénient (fig. 8). Une masse P, en équilibre presque instable, maintient les crochets plongés dans les coupes de mercure qui amènent le courant ; dès que celui-ci dépasse la limite assignée (qui peut être léglée par la vis V) une légère attraction de l’électro suffit pour faire basculer P, qui, en tombant, acquiert une force vive suffisante pour retirer franchement les crochets des godets à mercure.
- Dans ces deux appareils c’est l’électricien qui, j en remontant le poids tombé, emmagasine l’énergie nécessaire au fonctionnement suivant. j
- Dans l’appareil représenté figure 9, un fil de cuivre A B, traversé par le courant, coupe le fil végétal C aussitôt que sa température atteint une valeur suffisante ; le poids P tombant alors rompt le circuit entre deux pièces de cuivre.
- Nous ne savons si les échauffements répétés auxquels est soumis le fil végétal ne le dénaturent pas à la longue, et ne compromettent pas ainsi la
- Fig. 9. — Coupe-circuit automatique.
- sûreté du réglage. Nous ne voyons guère d’ailleurs l’avantage d’un semblable appareil surlesfils fusibles ordinaires.
- Avant de quitter définitivement les sections anglaises, nous allons donner la description d’un nouveau téléphone qui, quoique non électrique, repose sur un principe assez intéressant .sapeur mériter une description.
- L’appareil étant réversible est entièrement syfné-
- Fig. 10. — Téléphone non électrique.
- trique, nous nous contenterons de décrire un des postes.
- La partie principale-est une plaque métallique portant 8 petits blocs de cuivre reliés entre eux par des ressorts à boudin; ces blocs portent en outre deux autres ressorts tenus par une extrémité seulement (fig. 10). La plaque est percée d’un trou en son centre pour le passage du fil métallique reliant les deux postes, et elle est maintenue j par ses bords dans une sorte de boîte ronde, ser-| vant de caisse de résonnance. Le fil de cuivre de I 1,5 mm. qui sert à la propagation du son est fixé
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- à une pièce métallique A qui reçoit les vibrations de la plaque par l’intermédiaire d’une rondelle de cuir L. Pour appeler, il suffit de frapper sur le bouton métallique A.
- On se sert de l’appareil à la manière des tuyaux acoustiques, le même appareil servant de transmetteur et de récepteur.
- Ce n’est, comme on le voit, qu’une heureuse modification du téléphoné à ficelle; les nombreux petits ressorts à boudin renfermés dans l’appareil agissent, paraît-il, comme résonnateurs, et constituent l’originalité du système. En fait, la parole est très nettement reproduite; mais les vibrations des ressorts continuant après l’émission de la voix produisent une imitation de l’écho qui prend naissance dans les grandes salles dont les murs sont nus.
- LA SECTION FRANÇAISE
- *
- Nous arrivons maintenant à la section française d’électricité, qui mérite une mention toute particulière. La France était en effet, de toutes les nations étrangères qui avaient exposé à Edimbourg, la seule ayant sa section spèciale pour l’électricité.
- La salle qui avait été mise à la disposition de nos exposants mesurait environ 30 mètres de longueur sur 20 mètres de largeur.
- Elle avait été aménagée avec beaucoup de goût par M. Albert Révérend, ingénieur, le rédacteur bien connu du Bulletin de l'électricité.
- M. Révérend a été aidé dans la tâche difficile d’organisateur, dont il s’est brillamment tiré, par deux jeunes collaborateurs : M. H. Mauger, secrétaire, et M. L. David, ingénieur, chargé des détails de l’installation de la section.
- Avant de commencer notre description, nous allons donner les noms des exposants qui, nous devons le dire, ont très bien soutenu chez nos voisins d’outre-Manche la réputation justement méritée de l’industrie électrique française.
- Voici la liste telle qu’elle figurait dans le catalogue officiel :
- Ministère français des Postes et Télégraphes.
- C. Artus. — Huiles spéciales pour dynamos.
- Emile Baudot. — Télégraphe imprimeur à transmission multiple.
- De Branville. — Téléphones, microphones, etc.
- E.-H. Cadiot. — Charbons pour lampes à arc et pour piles. A. Carue. — Câbles électriques.
- J. Carpentier. — Instruments demesureet de démonstration. Chatéau père et fils. — Horloges électriques, téléphones et microphones Ochorowitz-Herpolhodographe.
- E. Clémançon. — Dynamos, accumulateurs, lampes à arc et à incandescence, appareillage pour les théâtres. Compagnie continentale Edison. — Dynamos.
- Compagnie des chemins de fer de l’est. — Sémaphore système Dumont.
- Compagnie des chemins de fer du nord.—Cabestan électrique, aiguilles électriques,
- Compagnie des compteurs a gaz et électriques Cauderay et Frager. — Compteurs électriques.
- H. Fontaine. — Lumière électrique, électrolyse, transmission de force.
- Fortin-Hermann. — Câbles téléphoniques.
- Hillairet. — Dynamos, transmission de force.
- Lacombe et C'". — Charbons pour lumière électrique et piles.
- Menier. — Fils et câbles électriques, caoutchouc et gutta-percha.
- Mildé fils. — Téléphones, microphones. Plans des stations du Havre et Poitiers, etc.
- Mouchel. — Cuivre pur de haute conductibilité.
- Postel-Vinay. — Télégraphie, téléphonie, lumière électrique, appareils de sécurité pour chemins de fer, instruments pour navires, etc.
- Richard frères . — Enregistreurs et appareils de mesure et de contrôle pour tous usages.
- Sautter-Harlé. — Projecteurs électriques, éclairage des côtes, dynamos.
- Cance. — Lampes à arc (éclairage de la section).
- Société Decauville. — Matériel de traction, tramway électrique.
- Société anonyme de l’éclairage électrique. — Dynamos Rechniewski, bougies Jablochkoff.
- Société anonyme pour le travail électrique des métaux. — Accumulateurs Laurent-Cely.
- Société générale des téléphones. — Appareils téléphoniques et télégraphiques, câbles, etc,
- Société Gramme. — Dynamos pour tous usages.
- Société l’Electrochimie. — Fabiication du chlorate de potasse par électrolyse.
- Clerc et Mildé. — Régulateurs électriques.
- Société d’exploitation des cables électriques (Berthoud et Borel). — Conducteurs électriques armés et autres.
- H. Clerac. — Galvanomètres.
- Brahic et Belz. — Transmetteurs automatiques.
- Deriès et Bayol. — Instruments de mesure.
- Petit. — Avertisseurs d’incendie électriques.
- Willot. — Relais télégraphiques.
- Farjou. — Relais télégraphiques.
- De Boyères. — Electricité médicale.
- Quelques-uns des noms figurant dans cette liste nous dispenseront de description; en effet,la plupart des appareils exposés qui présentaient un intérêt réel aux étrangers, n’en auraient plus pour nos lecteurs, tenus pas à pas par cette revue
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- au courant des progrès de l’industrie électrique française.
- D’autres exposants, quoique présentant des appareils très ingénieux et dignes d’être remarqués ne pourront trouver place ici, parce qu’ils s’éloignent trop du cadre purement électrique dans lequel nous devons rester.
- Disons d’abord que la salle était éclairée au moyen de lampes Cance à 55 volts marchant par deux en tension. Ces lampes recevaient le courant de la machine King-Brown, dont nous avons parlé au début de ces notes.
- Le tableau de distribution envoyé par la maison Cance et qui comprenait ses appareils bien connus de réglage et de mesure — rhéostats, ampèremètres, voltmètres,indicateurs de courant — avait été très habilement mis à profit par M. David, qui pouvait à volonté, par une simple manœuvre de commutateur, allumer les lampes à arc de la salle, celles à incandescence de l’exposition de MM.Cauderay et Frager dessinant en feu le soir la came de leur compteur,ou éclairer l’intéressante exposition de M.Clé-mançon, qui représentait un véritable théâtre avec sa herse, ses portants, etc., et dans les coulisses duquel le visiteur était initié aux différents moyens employés pour produire sur la scène les effets lumineux les plus divers par la manœuvre de lampes à verres colorés.
- Enfin, pendant le jour, la machine était mise par un autre commutateur sur une batterie d'accumulateurs Laurent-Cely, destinés à quelques transports de force dans la section même, ou servant au besoin de renfort à la machine pendant les coups de feu.
- C. Féry.
- M suivre.)
- pour pouvoir franchir les supports du câble. Ce cylindre développerait dans le câble F une force contre-éleclromotrice opposée aux courants alternatifs de la génératrice A telle que le câble peut être considéré comme virtuellement coupé sur toute la longueur recouverte par C, et que les courants sont obligésde passer de c à c' au travers.
- Pig. i._ Dewey (1890). Tramway à contact auto-inducteur.
- du locomoteur. On peut employer sur le locomoteur une réceptrice à courants continus en ajoutant un rectificateur ou redresseur de courants R et munirle cylindre E d'un enroulement 1 permettant
- Fig. 2. — Dewey. Cylindre auto-inducteur, vue par bout.
- d’en faire varier la force contre-électromotrice qui est d’autant plus grande que l’on intercale plus de résistances, par V, dans le circuit de 1. Dans son système de tramway en série, M. Munro
- CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS
- ÉLECTRIQUES (1)
- Le système proposé par M. Dtwey et représenté par les figures I et 3, est théoriquement très simple. Le locomoteur frotte sur le câble conducteur par deux galets cc', entre lesquels se trouve intercalé un cylindre lamellaire de fer doux c fandu (*)
- (*) La Lumière Electrique, 22 et 29 novembre et 6 décembre, p. 360, 413 et 454.
- Fig. 3 et 4. — Dewey. Locomoteur à courants redressés.
- emploie deux conducteurs A et B (fig. 5 à 9), réunis l’un aux stations impaires 1. 3... et l’autre aux stations paires 2. 4... Supposons qu’il y ait un train prêt à partir à chaque station, aucun ne pourra partir, puisque le circuit est rompu à toutes les stations avant que tous les conducteurs n’y aient fermé ce circuit sur leurs locomoteurs : Tous les trains partiront donc en même temps, et chaque mécanicien pourra, en interrompant le circuit, arrêter tous les autres locomoteurs en cas d’accident au sien.
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- En figure 8, on voit à chaque station un commutateur S, qui përmet de relier entre elles les différentes sections de B. Tant qu’il se trouve un locomoteur sur une section donnée, l’aiguille précédente est ouverte, comme en SS2S3, de sorte que le courant ne peut passer de cette section à l’autre de B que par le moteur, la section correspondant;
- de A, puis le lien G de la station suivante. Lorsqu’il ne s’y trouve pas de locomoteurs, les aiguilles de ces sections Si...S4 sont fermées,de sorte que le courant y passe librement d’une section de B à l’autre. A l’origine du circuit, l’aiguille S5 relie B à A quand il n’y a pas de locomoteur dans la section correspondante.
- A
- i
- W
- Moteur
- Fig. 5 à 9. — Munro. Tramways en série (i88q).
- Au lieu de rompre le circuit de la section correspondante comme en figures 5 et 6, quand on y arrête un train, et d’immobiliser ainsi tous les autres trains, on peut mettre cette section en court circuit.
- On peut le faire au moyen d’aiguilles placées sur la voie et disposées de manière à rétablir la continuité entre les sections non occupées par des locomoteurs. En figure 7, par exemple, les aiguilles SS des sections occupées sont ouvertes, tandis que les.
- aiguilles S0S0 des sections non occupées sont fermées. Ces aiguilles peuvent être manœuvrées automatiquement par les locomoteurs, mécaniquement à leur passage, ou, après leur passage, par l’électricité. Dans le dispositif représenté par la figure 9, ces aiguilles sont manœuvrées par la différence de potentiel qui se produit entre les rails A et B des sections inoccupées. Lorsqu’il n’y a pas de véhicule dans sa section, l’électro très résistant H attire son armature C, qui forme con-
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- tact sur l’enroulement à faible résistance L. A | partir de ce moment, il ne passe presque pas de
- Fig. io à 13. — Swart (1890). Aiguillage électrique,, coupe longitudinale, plan, détail de la pédale, schéma des circuits.
- Fig. 14-15. — Boynton (1890). Voie aérienne, élévation, plan.
- courant en H, mais l’attraction de L suffit juste à | retenir le contact, qui se rompt dès qu’un moteur
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- pénètre dans la section. On peut aussi, comme l'a proposé M. Swart, commander électriquement les aiguilles de direction de la voie. Ainsi qu’on le voit sur les figures io à 13, où l’on a indiqué en n le câble et en m le trolly du locomoteur, l'ai-
- Fig. 16. — Détail d’une colonne et d’un rail.
- guille D sera déplacée dans un sens ou dans l’autre suivant que son levier sera attiré par l’électro I ou par V, c’est-à-dire suivant que le balancier aimanté K, attiré ou repoussé par l’élec-tro L, fermera le circuit sur a ou sur a'.
- L’électro L est, comme l’indique la figure 12 suspendu au locomoteur de manière à pouvoir être éloigné ou rapproché de la voie par la pédale P' quand on veut le faire agir, et le locomoteur porte en outre un commutateur / (fig. 12) et S (fig. 13)
- qui permet de changer à volonté la polarité de L, de façon qu’il attire ou repousse K.
- M. Boynton s’est principalement préoccupé, dans l'établissement de son système, de la construction d’une voie aérienne légère, économique et stable. Cette voie a la forme générale d’une poutre treillagée, renforcée par des arceaux f et
- Détail d’un rail et de son câble.
- supportée par des colonnes en même temps que maintenue par leurs boucles C, auxquelles sont amarrés les tirants g' (fig. 14 et 15). Les rails-guides latéraux A2 sont constitués (fig. 16) par
- Fig. 18. — Electrical Engineering C“. Telphérage, passage en courbes.
- des longrines en bois fendues pour encastrer les conducteurs H dans une fourrure de plomb L On peut facilement tripler ou doubleLces voies sur une seule file de colonnes.
- L’Electrical Engineering Corporation avait exposé à Edimbourg un petit telphérage électrique,
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- mentionné par M. Féry dans La Lumière Électrique du 11 octobre dernier, et dont les figures 18 à 23
- Passage du rail courbe R au câble d’acier / de la |voie droite.
- Fig. 19.
- représentent les principaux détails. En courbes, la voie est formée d’un rail rigide supporté par des
- Fig. 20. — Support du câble d’acier#
- corbeaux, en fer et *fonte P. Les véhicules sont librement suspendus en M aux ressorts H et T;
- Fig. 21. — Transmission du moteur à l’axe c (fig. 22) au x trolly.
- chacun d’eux peut porter quatre voyageurs. En ligne droite, le rail rigide est remplacé par un câble d’acier tendu / (fig. iy), raccordé au rail R
- par un sabot C, et supporté à certains intervalles par des poinçons s (fig. 20).
- La figure 21. indique la transmission par chaîne sans fin du locomoteur au trolly du telphérage dont les deux roues sont accouplées (fig. 22) par une deuxième chaîne. Dans les premiers appareils le courant était amené du câble c au loco-
- Fig. 22. — Accouplement des roues du trolly.
- moteur par un galet G (fig. 23) appuyé sur le câble, ce qui occasionnait, quand le câble était trop tendu, des ruptures aux isolateurs ; actuellement ce galet passe sur le câble peu tendu et l’on évite ainsi tout accident (I).
- On se préoccupe toujours beaucoup aux États-Unis des transporteurs électriques à voie aérienne, que l’on peut considérer comme un développement du telphérage; tel est, par exemple, le système
- Fig. 23.— Galet de contact équilibré.
- actuellement exposé à Saint-Louis par la Unicycle Electric Elevât ed Railroad C° (fig. 24 et 25). Les voitures reposent par des galets sur les plateformes à ressort de trucks à cinq roues, dont une, motrice, roule sur le rail central, et dont les quatre autres guident |e châssis par leur appui sur les deux autres rails (2).
- Nos lecteurs connaissent déjà les transporteurs
- (!) The Engineering, 11 juillet 1890.
- - (s) La Lumière Electrique, 27 septembre 1884, p. <\qc (description du tramway électrique Lartigue).
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- Fig. 26. — Dolbear et Williams. Transporteur électrique. Ensemble du système.
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- de MM. Dolbear et Williams (J); ce système a été essayé à Boston en octobre dernier sur une voie expérimentale de 900 mètres de long, dont les figures 26 et 27 donnent une idée suffisante. Le
- Fig. 25. — Unicycle Railway. Détail du truck.
- transporteur a 250 millimètres de diamètre, 3,60 m. de long, et pèse 170 kilog.; il passe au travers d’une série de solénoïdes de 275 millimètres de diamètre
- intérieur, espacés de 1,80 m., et constitués chacun par 10 kilomètres de fil n° 14 B. W. G. Le courant, d’un potentiel de 1000 volts, est fourni par une dynamo Edco de 20 chevaux; l’un des pôles de la dynamo est relié au rail inférieur et l’autre à un câble, que le passage même du
- Fig. 27. — Dolbear et Williams. Détail du transporteur.
- transporteur relie successivement aux différents solénoïdes.
- Le transporteur peut facilement franchir des courbes très raides, en rampe de 8 0/0, à une vitesse de 50 kilomètres. On-considère, en somme, les résultats encore incomplets de ces essais comme très encourageants.
- Le transporteur de M. MeynaJier, de Taunton, fonctionne aussi à l’aide d’une série d’impul-seurs B (fig. 28 à 41), mais au moyen de courants alternatifs.
- Le transporteur A est constitué par une carcasse en brônze entourée de lames de fer a, enveloppées d’un enroulement au qui constitue le secondaire
- d) La Lumière Électrique, 7 septembre 1889 et ia avril 1890, p. 468 et 66.
- d’un transformateur dont le primaire est formé par l’un des enroulements des impulseurs B, à noyau b en fer lamellaire. Les enroulements B sont reliés à l'un des pôles Lx de l’alternateur D, de sorte qu’il y circule des courants alternatifs dès qu'un transporteur A y passe avec son enroulement a fermé, mais, tant que A n’y passe pas, la force contre-électromotrice due à b empêche toute circulation du courant en B.
- L’enroulement ax de A est composé de plusieurs sections reliées à des électrodes ait qui les ferment
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- successivement sur L par a3 dès que A dépasse le milieu de B, qui communique ainsi à A une
- ... —
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- Fig. 29. — Coupe 2 2 (fig. 28;.
- Le locomoteur glisse sur les barres g par si* paires de patins / (fig. 34 à 37) disposés de manière à tie porter qu’alternativement. C’est ainsi
- Fig. 35. -— Détail du graissage des glissières.
- qu’en figure 38, les patins / seuls supportent le locomoteur sur g', mais, à une certaine distance.
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- • Fig. 30 et 31. — Coupes 3-3 et 4-4 (fig- D-
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- [ Fig. 32-34. — Détail du graissage des glissières.
- impulsion plus énergique que_|si |cesl*sect'ions étaient fermés tout letemps.
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- Fig. _,8 à 41.— Variante des circuits.-
- les guides g se dérobent, et ce sont (fig. 39) les patins /, /2 qui portent sur gt et g2, et ainsi de suite, dej sorte que la rotation lente du locomo-
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- teur autour de son axe l’amène à porter successi-vementsurses différentesglissières, qui se trouvent ainsi moins sujettes à s'échauffer. Ces glissières sont pourvues de réservoirs d’huile / (fig. 32) qu’ils laissent s’écouler sur les guides g par /* quand ils s’y appuient.
- On peut évidemment modifier d’un grand nombre de manières les enroulements a' et B.
- En figure 38, B est toujours relié à la dynamo D, et a! est constitué par une série d’anneaux de cuivre isolés les uns des autres; les courants de D passent en B aussitôt que l’un des anneaux a franchit le milieu de B.
- En figure 39, B est relié en dérivation à D et
- Fig. 36 et 37. — Alternance des glissières.
- est constitué par deux séries de neuf enroulements chacune, l’une des séries étant formée des enroulements impairs et l’autre des pairs bobinés en sens contraire des impairs. Le circuit moteur se ferme sur la série impaire dès que le premier enroulement entre en B, et reste fermé jusqu’à ce que le locomoteur y passe de moitié, après quoi le courant, rompu sur les enroulements pairs, se ferme sur les impairs, de sens tel que B repousse le locomoteur au lieu de l’attirer.
- Dans la disposition représentée par la figure 40, B n’est pas relié au circuit LL de D, mais fermé sur lui-même, de sorte qu’il ne s’y produit que des courants induits. L’enroulement au qui est unique, a ses extrémités reliées aux électrodes Lorsque ces touches viennent au contact des balais a3, les courants alternatifs de L passent en au et en induisent en B.
- Enfin, en figure 41, l’emoulement B et les balais a3 sont reliés à LL, et le locomoteur porte une série d’enroulements a', successivement reliés à L L par leur contact ataz avec les balais aza%.
- Gustave Richard.
- HISTOIRE
- DES BATTERIES SECONDAIRES (*)
- La pâte d’oxyde de plomb et de plâtre de Starr. — Blanchard met de la grenaille de plomb entre des feuilles de plomb concentriques. — L’emploi du soufre par Schultze. — Beerman, Taylor et King. — Encore le chrome, Woods. — Le mélange polyoxyde de Mori et sa couche de peroxyde de plomb. — Sir. Charles Bright, carbonate le plomb, puis peroxyde au chlore. — L’élément bi-métalllque de Mon-nier. — Boettcher dépose du zinc. — Aron imprègne de plomb de la laine, du crin, etc. — Les batteries aux électrodes en cuir d’Hammond et de Goldenberg. — Leuchs, son électrolyte alcalin et son dépôt de zinc. — Muirhead électrolyse une solution de protoxyde de plomb.— Brush; sa pile primaire à l’oxychlorure de plomb l’amène à construire une batterie secondaire; A sa formation de plaques; B son dépôt galvanique de plomb spongieux; C sa réduction de l’oxyde de plomb par l’oxyde de carbone ou d’hydrogène ; D son procédé électrique pour préparer ses électrodes; E comment Brush à l’or pur allia un vil métal.
- H. STARR.
- Les électrodes de l’Américain Eli Starr sont d’une seule pièce, sans support ni conducteur, et par conséquent si l’anode était en peroxyde pur, elle laisserait à désirer sous le rapport de la conductibilité; or, comme c’est une masse plastique d’oxyde de plomb et déplâtré ou de pierre artificielle délayée dans l’eau, qui après avoir été moulée est comprimée et séchée, la résistance des éléments est nécessairement très grande, d’autant plus que Starr fait sa pâte d’un mélange à parties égales de litharge et de plâtre. Le fond de l’invention, c’est une sorte de ciment à base d’oxyde de plomb qui prend et sèche vite. La seule originalité de sa batterie en.plâtre, c’est qu’il recouvre galvanique-ment de cuivre ou de plomb son électrode. Mais Starr ne nous dit pas comment il procède, ce qui n’est pas sans avoir son importance; en outre, à quoi bon cette couche métallique sur la lame négative, et si c’est pour en couvrir la positive, quel effet désastreux que cette pellicule de cuivre!
- V. BLANCHARD.
- Virgil Blanchard, de New-York, combine deux électrodes formées de feuilles de plomb disposées con-
- (>) La Lumière Electrique des 22 et *9 novembre 1890, p.369
- et 423.
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- céntriquement, et dont les espaces libres sont remplis de plomb granulé ou d’oxyde ou de peroxyde de plomb.
- L’un des arrangements représente l’anode et l’autre la cathode; entre les deux est l’électrolyte. Ge tassement de grenaille de plomb nous est connu ; il pèche par un mauvais contact et il est à peine nécessaire de critiquer ce système. Avant de quitter Blanchard, je rappellerai qu’il est l’auteur d’une dynamo dont on disait alors grand bien, et d’un mode de construction d’électro-aimants formés de rondelles de cuivre ajustées les unes contre les autres et séparées par des feuilles de papier isolant qui est en beaucoup de points semblable au dispositif adopté plus tard par Gaulard pour ses générateurs secondaires.
- O. SCHULTZE.
- A plusieurs reprises on a voulu et on veut encore faire jouer au soufre un rôle bienfaisant dans les éléments secondaires, mais je ne sache point que cette combinaison ait répondu à l’attente. Otto Schultze, de Strasbourg, préparait ses électrodes de plomb ou d’autre métal ou même de charbon en les recouvrant de soufre qu’il faisait chauffer pour produire sur le plomb, par exemple, du sulfure de plomb, de façon à avoir une surface très poreüse. En chargeant, il trouvait que sous l’influence du courant le soufre se séparait, une partie à I’étàt pur, l’autre en combinaison avec l’hydfogène, et il ne restait qu’une plaque poreuse en combinaison avec l’hydrogène et une autre avec l’oxygène. Otto Schultze ne nous a rien dit de ce qui se passait dans l’électrolyte rempli de soufre; cela eût été intéressant à savoir.
- BEEMANN, TAYLOR ET KING
- Dès qu’on voit qu’une batterie est l’œuvre de deux ou trois électriciens, il est certain que de leur collaboration il sortira quelque chose de compliqué. Tel est le cas de Beeman, Taylor et King, qui prennent des bandelettes de matière isolante qu’ils couvrent de métal combiné avec du plomb ou des sels de plomb. Beaucoup de détails sur le dispositif, mais rien qui indique la façon dont on pourrait arriver à fabriquer les électrodes.
- T. WOODS
- La principe dont s’écarte Tenison Woods, c’est celui qui consiste à accumuler la force en transformant l’oxyde de plomb des plaques en peroxyde ou en sous-oxyde, de sorte que l’action secondaire n’a lieu qu’autant que la différence entre ces deux oxydes n’est pas revenue au niveau. En d’autres termes, la force d’accumulation est limitée dans les batteries ordinaires par la capacité de l’oxyde pour absorber l’oxygène et par la nature relativement électropositive et négative du peroxyde et du sous-oxyde de plomb.
- Woods se sert d’oxydes qui ont une grande capacité pour absorber l’oxygène. Ses électrodes sont en charbon, ou en alliage de fer et de chrome, qu’il recouvre d'une couche de sexquioxyde de chrome mélangé avec de l’acide chromique, qui contient presque la moitié de son poids en oxygène. Sous l’action du courant de charge on a d'un côté de l’acide chromique et de Vautre du protoxyde de chrome, et il se produit en décharge un très puissant courant, jusqu’à ce que l’acide chromique ait rendu son oxygène au protoxyde. Woods disait, qu’il obtenait également de très beaux résultats en se servant d’acide permanga-nique ou de permanganate alcalin ou de peroxyde et de sous-oxyde de cuivre, je ne demanderais pas mieux que de me rendre à ses raisonnements, mais j’aime encore mieux m’en rapporter à ce que dit Planté au sujet des différents voltamètres en cuivre, etc.
- MORI
- Ce qui plaît dans le couple secondaire de Mori, de.Leeds, c’est qu’il n’en dit pas long et qu’on voit de suite par où le bât le gêne, ou du moins doit le gêner.
- 11 a deux manières de procéder; il n’en recommande aucune d'une façon particulière ni mêmegé-nérale ; en cela il mérite notre approbation entière,
- La première consiste à disposer de la façon ordinaire dans un vase contenant une solution d’acide sulfurique des pl ques de plomb ou d’un amalgame ou mélange de plomb, d’oxyde de plomb, de peroxyde, de manganèse [et d’antimoine.'
- Ces plaques présentent à la surface des cellules dans lesquelles on met un badigeon de peroxyde de plomb,[et on enveloppe le tout \d’une feuille mince de plomb.
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- La seconde manière ressemble à la première, avec cette seule différence que les électrodes sont séparées par des diaphragmes poreux. 11 est évi dent qu’elle vaut moins encore que la première, qui ne vaut rien du tout.
- SIR CHARLES BRIGHT
- Diminution dans le poids et le volume, action plus énergique, augmentation de la capacité, simplicité et économie dans la construction et dans la formation des batteries, tel était le programme de sir Charles Tilston Bright, qui divisait chacun de ses éléments en deux parties au moyen d’une cloison poreuse. Chaque compartiment était à peu près rempli de grenaille de plomb au milieu de laquelle plongeait une plaque de plomb. L’électrolyte était une solution d’acide sulfurique.
- 11 couvrait le plomb de peroxyde en l’exposant aux vapeurs chaudes d'acide acétique et d’acide carbonique, ce qui donnait lieu à du carbonate de plomb, puis il le traitait au chlore, à la façon de la chaux dont on fait du chlorure de chaux.
- Ce peroxyde il le mélangeait à la grenaille pour en remplir les inlerstices. Malheureusement le peroxyde, surtout en poudre, ne forme guère de bons contacts, et il n’est jamais sorti rien de bon de cette batterie de sir Charles Bright, qui, un jour que Gaulard lui écrivait pour s’en rapporter à lui comme arbitre, lui répondit qu’il n’avait pas le temps de s’occuper de ces questions et que tout ce qu’il pouvait faire c’était de se reporter au brevet qu’il avait pris, lui, sir Charles Bright, bien des années auparavant, pour un générateur secondaire.
- MONN1ER
- L’accumulateur Monnier est analogue à celui d’Edison, avec cette différence toutefois qu’il procède non pas par fusion du plomb seulement mais par fusion d’un mélange de plomb et de zinc, de plomb et de sodium, de plomb et de mercure, les métaux autres que le plomb étant ensuite éliminés. Les difficultés pour faire une masse homogène d’un métal lourd comme le plomb avec un métal léger comme le zinc ne sont pas minces. C’est évidemment pour cette raison que l'accumulateur Monnier n’a pas vécu.
- En citant la description de cette batterie, je dois
- dire que son auteur n’est pas M. Dimitri Monnier, professeur d’électricité à l’École Centrale, mais un chimiste genevois. Le procédé qu’il employait était l’alliage, le mélange ou l'amalgame de deux métaux, dont l’un était éliminé ultérieurement de la masse, de façon que .le métal restant, se trouvant dans un état complet de porosité, la densité de cette masse pùt varier suivant la proportion dans laquelle les deux métaux avaient été alliés, mélangés ou amalgamés.
- Grâce à cette porosité du métal, disait-il, l’action de l’électrolyse peut se porter dans toute l’épaisseur du métal formant les électrodes positive et négative, et, par conséquent, augmenter pour ainsi dire indéfiniment la surface métallique exposée à l’action de l’électrolyse.
- Le métal accessoire, destiné à disparaître de la masse, peut aussi bien être enlevé par la voie de l’électrolyse que par la voie chimique ou par la chaleur.
- Je coule en plaques l’alliage de plomb et y inc; ces plaqués peuvent avoir une forme quelconque et sont soumises au traitement suivant : le zinc est préalablement enlevé de la masse des plaques par l’action d'un acide, tel que l’acide sulfurique dilué; la petite quantité qui est encore contenue dans la masse de plomb disparaît pendant la première opération de formation des couples des accumulateurs, qui sont composés de deux ou plusieurs plaques, formées chacune de métal poreux, contenues dans un vase rempli d’un liquide conducteur, par exemple de l’acide sulfurique dilué.
- L’avantage de l’accumulateur ainsi fabriqué est de présenter sous une masse relativement faible une surface de plomb métallique extrêmement considérable, de façon que l’oxyde et le peroxyde qui se forment sur toute cette surface soient en même temps enveloppés dans un tissu de plomb métallique qui contient toute la masse conductrice, même lorsque l’accumulateur est arrivé à un état de formation avancé. Les oxyde et peroxyde de plomb acquièrent ainsi une . cohésion absolue avec le plomb métallique, ce qui rend très grande la durée des accumulateurs.
- L’épaisseur des plaques négatives ou positives peut n’être pas la même et l’on peut prévoir le cas où une des électrodes seulement sera formée par ce procédé, l’autre pouvant être soit une simple masse de plomb métallique, soit une masse de plomb métallique couverte par un oxyde ou un sel insoluble de plomb.
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- E. BOETTCHER
- Le D*' E. Boettcher, de Leipzig, avait pour électrolyte une solution composée de partie de sulfate de fine dans 3 parties d’eau. Pour anode il avait une mince feuille de plomb de 0,05 millimètre qu’il avait plissée dans le sens de sa longueur, de façon à avoir une plus grande surface, et qu’il avait préparée dans une émulsion aqueuse de litharge et de sulfate de %Lnc. Sa cathode était de ginc ou de plomb. Quand le courant de charge passait, le zinc se déposait sur la plaque de zinc, mais l’acide sulfurique dégagé dans la solution (1 0/0 d’acide pour 10 d’eau) n’attaquait pas le zinc, et l’oxygène dilué à l’anode formait une couche légère de peroxyde. En fermant le circuit, le zinc rentrait en solution et il se reformait du sulfate de zinc, tandis que le peroxyde de plomb se réduisait. Quelques charges et décharges suffisaient pour mettre l’élément en état de parfaite formation. Boettcher disait que ces accumulateurs avaient une force électromotrice égale à celle de 2,2 piles Daniell.
- Les accumulateurs Boettcher figuraient à l’exposition de Vienne de 1883, et A. Guérout en disait dans La Lumière Électrique, t. X, p. 146, ces quelques mots :
- « Les lames de zinc recourbées en forme d’U entourent le plomb disposé sous forme de lame ondulée et en sont séparées par du papier parchemin. Le tout forme un ensemble fort atialoguè à la pile de Wollaston.
- « Quand on charge l’accumulateur, il se forme du peroxyde de plomb, qui à la décharge se convertit en protoxyde.jMais dès que cette conversion est terminée le protoxyde de plomb, le zinc et le sulfate de zinc forment un nouveau couple qui prolonge la durée du courant.
- « Cet accumulateur doit avoir une capacité d’em-magasinement plus grande que ceux à plomb seul, mais il n’a pas été fait à ce sujet de mesures exactes. »
- Et il ajoutait :
- « Cet appareil présente comme particularité l’emploi du zinc et il est possible qu’il y ait là une cause d’accroissement de la puissance d’emmaga-sinement du couple. »
- J’ai décrit plus haut la batterie Laurie, dans laquelle deux électrodes séparées par du papier parchemin décomposaient une solution de chlorure ou d’iodt’*7* de zinc. Le principe est le
- même. Plus tard, Boettcher adopta pour anode une plaque compacte de peroxyde de manganèse.
- H. ARON.
- M.Aron eut l’idée à’imprégner [d’un composé chimique de plomb des substances capillaires par immersion, frottement ou pression d’air, et d’enrouler ces substances capillaires autour des deux plaqu es de sabatterie.
- Ses plaques étaient en plomb. Les susdites substances capillaires étaient cousues sur le plomb ; et on trempait le tout dans la préparation chimique, de façon à couvrir les plaques et leur enveloppe d’une ou de plusieurs couches de plomb spongieux. Ses substances capillaires étaient généralement en laine; mais il se servait aussi de crin de cheval, d’amiante, de cellulose, et pour empêcher de sécher les éléments il les remplissait de copeaux de bois ou de pierre ponce.
- HAMMOND ET GOLDENBERG.
- Voici encore une batterie dont la substance active est fabriquée chimiquement. Robert Hammond et L. Goldenberg proposèrent de faire pénétrer dans du cuir ou àeXz peau trempée préalablement à&ns l’acide sulfurique un mélange de roxyde et de sulfate de plomb obtenu par un mélange de minium et d’acide sulfurique. On roulait le tout, et on se servait de crin, ou d’une substance poreuse, comme enveloppe protectrice.
- Une autre combinaison consistait à tremper la peau dans une solution de minium et d’acide acétique; de cette façon l’acide sulfurique dont la peau était imprégnée précipitait le minium sous forme de peroxyde de plomb.
- Enfin ces deux électriciens avaient imaginé de remplacer le cuir par deux plaques, l’une de platine et l’autre de plomb, séparées l’une de Vautre par une cloison poreuse, et sur ces plaques ils appliquaient du plomb poreux.
- Tirons un voile sur ce tableau douloureux.
- G. LEUCHS.
- L’Allemand Georges Leuchs, qui, dansles piles primaires au charbon et au manganèse,avait substi tuéla potasse et la soude caustiqueau sel ammoniac
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- de la solution, avait trouvé là un moyen efficace de régénération de sa solution alcaline en l’agitant avec du protoxyde de zinc. Ses électrodes étaient l’une un charbon, l’autre un zinc à grande surface, et il assurait que ces piles primaires pouvaient servir comme piles secondaires.
- D’autres fois il modifiait l’électrolyte en mélangeant du bicarbonate à Yalcali caustique, ou bien il combinait un mélange d’hydroxyde de mercure et d’hydroxyde de plomb ou de %inc. Il mettait le zinc en connexion avec le pôle négatif de la source d’électricité et l’autre électrode avec le pôle positif.
- Le zinc se déposait sur la négative, et d’après Leuchs ses couples secondaires conservaient leur charge plus longtemps que tous les autres accumulateurs. Mais pour cette pile comme pour bien d’autres les données nous manquent et nous n’avons que les dires de celui qui la créa.
- A. MUIRHEAD.
- A. Muirhead, qui pendant tant d’années fut à la tête de la maison bien connue Latimer Clark et Muirhead, avait fabriqué en 1882 des éléments secondaires qui, s’ils avaient rempli les espérances qu’on avait conçues, auraient donné un très bon rendement et auraient sans doute été l’objet d'une vaste exploitation en Angleterre et dans les colonies. Il n’y avait pas, il y a quelques années, autant de constructeurs électriciens qu’il y en a aujourd’hui.
- La maison Latimer Clark et Muirhead était très connue, avait une grande influence. Pourquoi l’accumulateür Muirhead n’a-t-il jamais été appliqué industriellement?
- Au lieu de répondre à cette question, examinons le système Muirhead.
- Ce qui frappe tout d’abord, ce qui étonne l’esprit, c’est que Muirhead débute en expliquant que son invention est un perfectionnement dans la préparation et la formation des électrodes du type Planté.
- Tout le monde sait comment se font les éléments Planté, et rien de plus étrange que de voir un électricien comme Muirhead faire entrer dans la catégorie des éléments Planté une préparation de lames de plomb qui n’a rien à faire avec la méthode Planté.
- 11 est vrai que plusieurs autres accumulateurs dont j’aurai à parler seront assimilés de la même
- manière et tout aussi inexactement aux batteries Planté, auxquelles elles ne ressemblent pas.
- Le modus operandi de Muirhead reposait sur le dépôt électrolytique, et comme similitude je dois citer le dépôt de perox3rde appliqué avant lui, pour la première fois, par Becquerel, il y a environ 50 ans, par l’électrolyse d’une solution de plombate de potassium, puis par Kirchoff, etc., qui déposèrent du peroxyde sur l’anode par élec-trolyse.
- Muirhead et ses congénères relèvent de Becquerel et non pas de Planté.
- Il est vrai que Plante avait voulu déposer du peroxyde, mais l’insuccès qui accompagna ses essais l’empêcha dë persévérer dans cette direction du dépôt galvanique de peroxyde et par conséquent les vraies plaques Planté ne ressemblent en rien à celles de Muirhead, qui effectuait la formation des surfaces actives des électrodes en décomposant électriquement une solution contenant du protoxyde de plomb pendant que la solution coulait entre les plaques.
- De cette façon, disait-il, je produis sur les plaques négatives des dépôts de plomb métallique très finement divisé et sur les plaques positives des dé-, pots de peroxyde de plomb.
- Tout d’abord (c’est ce qui réussit le mieux), je fais un dépôt métallique sur toutes les plaques, je prends une grande cuve à galvanoplastie, et je dispose le long de ses parois les plaques de plomb dont je veux faire des électrodes. Entre ces deux rangées de plaques, je mets une longue feuille de plomb qui va d’un bout à l’autre de la cuve de façon à la diviser pour ainsi dire en deux compartiments, mais je prends soin qu’elle ne touche pas le fond de la cuve afin de laisser de l’espace pour D circulation du liquide.
- Je remplis la cuve d’une solution de protoxyde de plomb,
- La proportion est d’environ 10 0/0. Cette solu-tion arrive d’un réservoir et déborde de la cuve pour aller dans une citerne où se trouve toujours de l'oxyde de plomb pour entretenir la solution dans un état de saturation.
- Les plaques sont reliées au pôle positif ; et la grande feuille de plomb centrale l’est au pôle négatif. Dès que le courant passe, il se dépose du plomb métallique sur toutes les plaques ; quand la couche de plomb est suffisante, on retire les plaques du circuit, on vide la cuve; on la remplit avec une solution de sulfate de plomb et d’acide sulfurique;
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- les plaques d’une des deux rangées sont reliées au pôle positif d’une dynamo, et celles de l’autre rangée au pôle négatif; l’électrolyte est maintenu en circulation constante, et, au bout d’un certain temps, on trouve que d’un côté toutes les plaques sont couvertes de peroxyde de plomb, tandis que de l’autre l’aspect du plomb métallique n’a fait que s’améliorer.
- L’opération est alors terminée et on n’a plus qu’à charger les électrodes dans une solution d’acide sulfurique dilué.
- BRUSH.
- Un fait généralement peu connu, c’est que Charles F. Brush (de Cleveland, Ohio) sans être aussi prolifique que son compatriote Edison, a pris une quantité considérable de brevets. Chacun sait ce qu’il a fait comme lampes et comme dynamos; mais on ignore, du moins en France, la part qu’il a prise dans l’industrie des accumulateurs; aussi suis-je forcé de lui consacrer une place spéciale.
- Tout d’abord, il faut que j’attire l’attention sur une pile primaire qu’il avait inventée en 1876 et dans laquelle l’élément négatif était entouré d’oxychlorure de plomb.
- Il est évident que les phénomènes qui se passaient dans cette pile, dont un des éléments était en plomb et l’autre en zinc, ont dû le prédisposer à l’étude des accumulateurs, car l’oxychlorure se réduisait et il se formait un dépôt cristallisé et spongieux sur la plaque de plomb. Quelque étrange que cela puisse paraître, il est tout naturel que celui qui a étudié ce qui se passe dans la réduction ou l’oxydation du plomb dans une pile primaire est prédestiné à des expériences ou à la recherche de la meilleure des batteries secondaires.
- La preuve en est que dans son brevet américain il faisait remarquerqu’il ne se bornait pas à former ses plaques de telle ou telle manière,, mais qu’il se réservait de le faire d’une façon qui lui avait donné de bons résultats et qui consistait à préparer chimiquement ou par réduction électrique le plomb granuleux, spongieux ou poreux.
- 11 ne suffit pas de résu mer ; il serait nécessaire de citer presque textuellement le long exposé du premier brevet de Brush, dont le texte remplirait un numéro de la Lumière Electrique.
- J’attire l’attention sur le début embrouillé de ce
- mémoire et sur certains passages tels que celui qui a rapport à la bonne conductibilité du peroxyde de plomb, celui qui explique le rôle de l’hydrogène sur la plaque négative, celui de l’eau pure qui se forme, etc.
- Division A. — Formation des plaques.
- La méthode ou procédé de formation des plaques ou élément des batteries secondaires, qui constitue l'objet spécial de la division A, évite ou élimine presque entièrement les inconvénients ordinaires qu’on rencontre dans la formation des plaques. Par ce procédé, au moyen de plaques de toute grandeur ou de toute forme, de construction déterminée, on produit finalement ou dans un temps donné, un appareil de capacité beaucoup plus considérable que ce qui a été cru possible antérieurement.
- Le procédé consiste à charger les plaques qui sont destinées à constituer définitivement la batterie d’une manière telle qu’une couche de peroxyde de plomb, d’une épaisseur suffisante, soit formée sur chacune d’elles; ces plaques sont alors associées entre elles de la manière ordinaire, et un courant électrique est amené dans l’appareil de la façon généralement employée pour le chargement; une des plaques reste dans son étal naturel et constitue l’élément oxygène de la batterie, tandis que l’autre a sa charge renversée et en constitue l’élément hydrogène.
- Plusieurs mois de charge continue ou intermittente sont nécessaires lorsqu’on fait exclusivement usage de plaques de plomb ordinaire pour obtenir une couche convenable de peroxyde de plomb. Pendant que les plaques reçoivent leur dépôt de plomb peroxydé, elles peuvent être chargées d’une manière continue, ou (et ceci est également utile) elles peuvent être chargées à de courts intervalles, dont la durée peut être augmentée au fur et à mesure des opérations, permettant ainsi à Faction locale entre le peroxyde de plomb déjà formé et le plomb métallique de continuer l’oxydation pendant l’interruption du courant.
- Entre autres avantages, ce procédé de formation produit une capacité déterminée dans l’appareil en voie de formation, dans un temps beaucoup plus court que celui du procédé de formation communément employé, car les deux plaques sont attaquées simultanément par l’oxygène, qui est l’agent actif de la modification ou du développement des plaques.
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- Ce procédé de formation des plaques de batteries secondaires est non seulement applicable aux plaques plates ou pleines, employées généralement, mais également aux plaques plissées, côtelées, cloisonnées, perforées, sillonnées de rainures ou façonnées de toute autre manière, et spécialement aux plaques ondulées, pleines ou façonnées, ou remplies de plomb réduit, spongieux ou poreux, ainsi qu’on le verra décrit plus loin.
- Division B. — Application au dépôt galvanique
- d’une couche métallique sur les plaques avant leur
- formation.
- En préparant les plaques, le plomb poreux y est déposé au moyen de l’action électrique ordinaire de la galvanoplastie dans une solution galvanoplastique alcaline d’un oxyde de plomb ou d’ufie solution de plomb équivalente, pouvant produire un dépôt adhèrent et non un dépôt spongieux sans adhérence dont l’efficacité est considérablement inférieure au premier comme enduit pour batteries secondaires.
- Les plaques plissées, côtelées, sillonnées de rainures circulaires ou perforées peuvent recevoir et facilement retenir la couche adhérente, et les plis ou autres espaces ou cavités des plaques peuvent être entièrement remplis par le dépôt! Dans les procédés ordinaires de la galvanoplastie, l’intérieur des cellules, des cavités ou des plis reçoit un dépôt moins considérable que les parties les plus exposées. Brush écarte cette difficulté en remplissant ces sillons ou cavités, un côté après l’autre, de protoxyde ou autre sel de plomb, soit sec, soit à l’état de pâte formée au moyen d’eau ou d’une solution saline.
- La plaque est plongée dans une solution de soude ou de potasse caustique, ou d’un autre alcali, quand on a déposé du protoxyde de plomb dans les sillons; puis elle est mise en présence d’une plaque de plomb. Un courant provenant d’une source extérieure est introduit dans l’appareil, dans la direction voulue, jusqu’à ce que l’oxyde de plomb qui se trouve dans les sillons soit épuisé et que son métal se soit déposé sur les côtes et le fond des sillons.
- On peut employer d’autres métaux que le plomb pour recevoir ce dépôt de plomb, l’or, le platine, par exemple, et dans ce cas l’élément oxygène de la batterie, s’il est complètement peroxydé, ne peut perdre sa charge par l’action locale spontanée décrite dans la division A.
- Le carbone ou même le cuivre peut être employé comme plaque nu élément hydrogène de la batterie pour recevoir le dépôt métallique.
- Division C. — Production sur les plaques d’une couche de métal poreux par l’action des ga% réducteurs et à basse température.
- Dans la préparation ou le recouvrement des plaques, le plomb poreux peut être amené directement à l'état d’oxyde du métal au moyen d’une atmosphère ou d’un courant d’oxyde de carbone ou d’hydrogène à une température basse qui ne peut fondre le métal réduit.
- Chacun de ces gaz produira rapidement la réaction, et on peut les employer purs, ou mélangés avec tout autre gaz neutre, tel que l’azote. Les plaques rendues chimiquement propres sont placées horizontalement et recouvertes d’une couche suffisante d’oxyde de plomb, soit à l’état sec, soit, préférablement, sous forme de pâte faite au moyen d’eau, ou d’un liquide tel que l’acide nitrique, qui dissout partiellement l’oxyde, et, par l’évaporation, laisse ce dernier se déposer sous une forme adhérente compacte. On peut employer du nitrate de plomb pour former la pâte d’oxyde de plomb, qui peut être fondu préalablement ou utilisé sous forme de poudre, soit fine, soit granuleuse.
- Une plaque de plomb recouverte ainsi d’une couche épaisse d’oxyde de plomb en poussière granuleuse peut la conserver adhérente à sa surface au moyen d’une plaque de fer plate, fixée parallèlement au moyen d’une pression hydraulique ou autre. Lorsqu’on fait usage de plaques ondulées ou côtelées, les sillons ou espaces qui existent entre les côtés peuvent être remplis d’oxyde de plomb.
- L’oxyde peut être fondu et versé en couches minces sur les plaques, qui doivent être refroidies avant que la fusion des plaques ne se produise; ou bien, les plis ou les sillons des plaques sont remplis d'oxyde fondu. Lorsqu’on emploie d’autres plaques que les plaques de plomb telles par exemple que des plaques d’or ou de platine, elles peuvent être trempées dans l’oxyde en fusion qui y adhérera lorsqu’elles seront retirées.
- Antérieurement à l’application d’une couche d’oxyde de plomb, les plaques peuvent être enduites d’une couche préliminaire d’oxyde, au moyen d’un courant électrique dans unebatterie en charge; cette couche d’oxyde aide à l'adhérence de la couche principale de métal réduit.
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- Lorsque les plaques ont été recouvertes d’oxyde, elles sontdéposées, suffisamment séparées les unes des autres, dans un récipient ou chambre convenable, où elles sont portées à une température suffisamment élevée et exposées pendant le temps nécessaire à Y action des ga% réducteurs.
- La couche de métal poreux ainsi produite possède des qualités différentes de celles du plomb spongieux ou du plomb adhérent déposé électriquement et décrit dans la division B ; elle peut être considérée comme ayant un caractère intermédiaire entre les deux, présentant la plupart des avantages du dernier, tout en évitant les inconvénients du premier.
- Division D. — Autre mode de construction emprunté aux divisions précédentes.
- Les éléments de la batterie secondaire décrits dans la division D se composent d’une masse de plomb métallique et d’oxyde de plomb intimement mélangés, pressés ou unis en une masse compacte et fortement cohérente. Pour former cette masse, Brush prend du plomb métallique pulvérisé, granulé, précipité ou dans un autre état de division excessive ; et il oxyde la surface des particules de plomb, soit par Y exposition de l’air soit par un procédé artificiel d’oxydation,ou d’application ; ou bien il- prend des particules de plomb métallique et d’oxyde de plomb, et produit un mélange parfait de ces deux corps. Dans ces deux cas, le plomb métallique et Y oxyde de plomb sont mélangés intimement.
- On soumet le mélange à une forte pression hydraulique, et la masse ainsi formée se compose de plomb métallique contenant de petites veines d’oxyde de plomb qui se ramifient et, s’étendant partout, facilitent l’action électrique dans la formation des plaques. La masse de plomb et d’oxyde peut être comprimée dans des moules qui lui donneront la forme requise des éléments ou bien elle peut être transformée en barres, feuilles, blocs, bandes, fils, etc., et être manipulée ensuite pour former ou construire tout genre d’élément. Cette masse peut constituer le corps entier de l’élément de la batterie ou bien former la couche ou la couverture active d’un noyau ou corps conducteur d’électricité formant un support convenable.
- Ce noyau ou corps conducteur peut être en plomb, en feuille ou autrement; en métal inoxy-
- dable, tel que l’or ou le platine; on en rend la surface rugueuse, on la couvre de stries ou on la perce de trous, afin d’assurer une adhérence parfaite entre le noyau et la masse métallique, qu’on soumet à une forte pression.
- Les éléments de batteries secondaires montés de cette façon sont parfaitement appropriés pour être formés d'après le procédé décrit dans la division A.
- Division E. — Alliage de plomb et d’or ou de platine sur un support.
- La division E se rapporte à une plaque ou élément de batterie secondaire de forme quelconque, composée d’un noyau servant de support et. d’un alliage de plomb et d’une matière inoxydable ou de tout autre alliage de ces matières (or, platine) appliquée, jointe ou retenue d’une façon effective sur ce noyau de façon à obtenir le maximum de matière active et le minimum de matière inerte nécessaire pour former le support conducteur et inactif de l’élément.
- Cette division du brevet Brush se rattache surtout aux éléments formés de bandes de plaques, de fils ou de filaments très fins.
- Il ne serait pas juste de donner une opinion sur les débuts d’un électricien tel que Brush dans une industrie, dans une science absolument inconnue. S’il s’était arrêté là, je n’hésiterais pas à faire suivre de réflexions et de commentaires cet exposé du système Brush, qui embrassait non seulement la fabrication des plaques,, mais leur montage et les appareils automatiques pour charger, mesurer et enregistrer les quantités d’énergie électrique dépensées pendant la charge.
- Il est curieux de relever dans la longue liste des cinquante-six revendications de Brush celles qui constituent d’après lui sa propriété d’inventeur.
- Les batteries secondaires venaient à peine d’être découvertes (rappelons-nous que nous ne sommes encore qu’en 1882), et chaxun déjà y mettait son pied de conquérant en disant : « Ceci est à moi, et ceci encore », sans s’inquiéter si l’acte de possession n’était pas un acte d’usurpation.
- Qui trop embrasse, mal étreint.
- (A suivre.)
- E. Andreou.
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- SUR
- L’EXPLOITATION! DE LA GUTTA-PERCHA (*)
- LE MODE ACTUEL D’EXPLOITATION DES ARBRES A GUTTA-PERCHA (suite).
- Après avoir participé à la récolte des précieux spécimens du premier arbre à gutta-percha dont le monde civilisé ait eu connaissance, M. Oxley a été ensuite l’explorateur qui a le plus contribué à embrouiller la question des origines et de l’exploitation de cette gomme. Au lieu de ne donner comme certaines que des indications vérifiées par ses observations personnelles, il a publié une série de renseignements que les indigènes lui faisaient accepter avec une surprenante facilité. Lui qui avait vu Xlsonandra de Singapore, lui qui avait récolté plus d’un échantillon de gulta sur des réorésentants de cette espèce, et qui devait savoir que leur latex se coagulait immédiatement, lui enfin qui écrivait que tous les arbres étaient abattus pour leur exploitation, adressait, à un journal-scientifique un mémoire où se trouvaient des phrases dans le genre de celles-ci :
- « Les natifs obtiennent la gutta en faisant dans les arbres des incisions espacées de i8à20 pouces; le lait est reçu en sortant de l’incision dans des récipients en bambous....La quantité de gutta obtenue
- de chaque arbre varie de à \2 hattis et il faut io arbres pour avoir une pièce de cette substance. »
- Si un homme de science, qui a été en situation de se rendre compte de la réalité par lui-même, renseigne de la sorte les savants de l’Europe, qui ont certes d’autres soucis que ceux d’aller contrôler des assertions à des milliers de lieues au-delà des mers, on ne doit plus s’étonner de lire dans nos traités scientifiques, par exemple que l’iso-nand.ra percha pousse exclusivement en Chine ou que la gutta-percha nous arrive toujours des forêts de Singapore et qu’elle y provient non seulement de cette espèce, mais du sapota Mulleri (2).
- (i) La Lumière Electrique, 22 et 29 novembre et 6 décembre 1890, p. 351, 406 et 462.
- (2; Le premier de ces renseignements figure clans un grand traité français de chimie publié en collaboration par deux savants'illustres ; l’autre se trouve dans le Dictionnaire de l'électricité, actuellement en cours de publication à Paris. Le Dictionnaire de chimie contient des indications d’une exactitude analogue sur les origines botaniques de la gutta-percha.
- Après M. Oxley, divers voyageurs, entre autres le capitaine Lingard, le Dr O’Rorke et M. James Collins, ont donné sur l’extraction de la gutta-percha des notes où ils ont confondu les arbres qui fournissent cette gomme avec ceux qui produisent le caoutchouc. Ils ont apporté pêle-mêle des indications qui s’appliquent tantôt à l’exploitation de ces derniers, tantôt à la récolte du latex des autres. Les journaux, les revues, les encyclopédies ont reproduit leurs assertions, qui, à côté de détails fort exacts, présentent des renseignements puisés aux sources les plus suspectes et absolument contraires à la réalité.
- Le capitaine Lingard a relaté des expériences faites devant lui, sur ses instances, et dont le résultat ne peut s’appliquer qu’à des arbres à caoutchouc ou à des végétaux dont le suc reste un certain temps liquide, c’est-à-dire ne vaut absolument rien, ou bien encore à des plantes qui secrétent des résines. La relation de ces expériences, qui a été publiée plus tard dans VIndia-rubber and Gutta percha journal, en 1885, se trouve reproduite (page 131) dans la «Compilation de toutes les informations sérieuses relatives au caoutchouc et à la gutta-percha ». Cette brochure a été publiée à Colombo (île de Ceylon), en 1887, par MM. A. M. et J. Ferguson (*).
- En 1859, Ie Dr O’Rorke, qui a été le médecin d’une expédition belge autour du monde, a publié une brochure dans laquelle on lit : « La sève laiteuse
- (*) Ce voyageur dit, par exemple, qu’un arbre abattu peut fournir a en une matinée 40 à 60 livres anglaises de suc, qui produisent 10 livres de gutta solide si les branches ont été exploitées en même temps que le tronc ». Or, par n’importe quel procédé, aucun arbre à gutta-percha — fût-il centenaire — ne peut fournir, tant s’en faut, un tel rendement, attendu qu’après son exploitation du tronc et des grosses branches par les indigènes, dans toutes branches secondaires et dans les tiges, l’analyse chimique d'un taban merah 11e fournit guère que 4 à 3 kilogrammes de gutta-percha pure. Un taban tcbaier de même âge environ donne un suc très étendu et une gomme impure qui dépasse ce chiffre, mais qui ramenée à l’état de gutta-percha réelle (hydrocarbure fondamental et produit de son oxydation) lui est de beaucoup inferieure. L’expérience est d’autant moins difficile à faire que les isonandras ne sont nullement touffus comme les ont figurés certains dessins fantaisistes; ils présentent surtout de petits bouquets de feuilles qui se dressent aux extrémités des branches et des rameaux, ce qui leur donne une maigre apparence à côté du feuillage moins beau mais plus luxuriant de leurs voisins dans les forêts. Après avoir détaché l’écorce, il est aisé d’enlever, de râcler à la loupe toutes les parties corticales ou ligneuses susceptibles de contenir de la gutta.
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- d'un arbre à gutta-percha ainsi recueillie (dans une coquille, la spathe d’un palmier ou tout autre vaisseau) est collectée dans des bambous, transportée dans les cases et enfin concentrée par l’ébullition jusqu’à consistance convenable. Ce procédé, très rapide lorsqu’il s’agit d’opérer sur de grandes quantités, n’est pas indispensable, car on trouve au bout d’un certain temps sur les arbres abattus et abandonnés de petites portions de gutta en larmes très pures,.qui ont acquis, par une dessication lente à l’air, la consistance nécessaire. »
- De toutes les assertions dues aux voyageurs et que j’ai eu la patience de collectionner comme tout ce qui se rapporte à l'historique des guttas-perchas et à leur statistique, celle que je viens de reproduire est, il est vrai, la plus extraordinaire. Je l’avais lue dans plusieurs recueils, mais sans avoir jamais pu réussir à connaître le nom de son auteur, qui n’était cité nulle part. Si j’y suis enfin parvenu, c’est grâce à l’érudit bibliothécaire de l’Ecole supérieure de pharmacie de Paris, M. le docteur Dorvaux, qui a su mettre la main sur ie mémoire de M. O’Rorke (J).
- D’après M. J. Collins, quand la gutta-percha est récoltée on en fait des rubans dont on forme des pelotes, qui arrivent sans aucune préparation dans les centres d’exportation, où elles sont connues sous le nom de gutta mountah. 11. n’y a que les caoutchoucs qui soient expédiés de la sorte des forêt's (2).
- Je ne veux pas multiplier les citations ; celles qui précèdent suffisent pour montrer le peu de créance qui doit s’attacher à tous ces renseignements de voyageurs mal renseignés eux-mêmes. D’ailleurs, il ne faudrait pas supposer que tant
- (') Dr O’Rorke. — Mémoire sur les sucs laiteux végétaux ournissant les diverses sortes de caoutchoucs, la gomme extensible de kattimundoo, la gutta-percha et la résine de balata (extrait du tome III du Recueil des travaux de la Société d’émulation pour les études pharmaceutiques ; Paris, imp. Pillet fils aîné, 1859). Je n’aurais pas songé, je l’avoue, à feuilleter le recueil de cette Société, dont l’existence a été de si courte durée.
- M. le Dr Dorvaux a pu acquérir aussi pour la bibliothèque dont il est le conservateur la brochure de M. Fergu-son et aussi le mémoire original de S. Bleekrode, en hollandais, mémoire dont je ne connaissais que la traduction, parue dans les Annales des sciences naturelles, 4“ série, t. VII, cahier 4.
- (b Le journal hollandais De Indische Mercur a publié dans le numéro 'du 20 mars 1886 (page 144) un long article anonyme sur l’exploitation de la gutta-percha. (Inzameling
- d’explorateurs, botanistes très distingués pour la plupart, aient successivement fait preuve d’impéritie ou de naïveté. Ils ont dû se donner, au contraire, un mal inouï pour obtenir les quelques indications justes qu’il se sont procurées.
- Quand on a eu la faculté de passer plusieurs années à étudier aux frais d’un gouvernement une question dans des contrées reculées, il n’est pas impossible d’en revenir les mains pleines de documents précis; mais le vaillant explorateur qui, avec des ressources le plus souvent insuffisantes n’a dû que passer avant-coureur de la civilisation ebqui parfois tombe victime de son dévouement à la science laisse fatalement derrière lui des observations contestées, contredites, peut-être même reconnues bizarres; qu’importe! son œuvre, pour avoir été entachée d’erreurs, n’en a pas moins été utile et c’est toujours avec respect que son souvenir doit être évoqué.
- Sans doute, je suis bien obligé de signaler l’inexactitude de tous les renseignements que l’observation directe des faits ne permet pas d’admettre. Malheureusement le nombre des indications eri onnées est tel que leur relevé peut paraître, à tort, empreint d’un parti pris de critique, assurément très loin de ma pensée.
- Le procédé réel d’exploitation des arbres à gutta-percha qui secrétent un latex immédiatement coagulable est resté mal connu jusque dans ces derniers temps, parce que les véritables chercheurs de gommes croient avoir intérêt à le dissimuler.
- Leurs propres explorations ne sont pas toujours fructueuses. Un explorateur qui ne représente pas l’autorité gouvernementale exercée dans ces parages, ou qui ne fait que passer' dans les forêts, ne
- en Bereiding van gutta percha) dont je dois la communication à l’obligeance de M. Ledeboer. Dans cet article il est dit :
- i° Qu’un arbre parvenu à l’âge adulte, c’est-à-dire à 30 ans, et de la meilleure espèce, fournit 2 ou 3 livres anglaises de gutta-percha ;
- 2° Qu’un arbre de 100 à 140 pieds de hauteur jusqu’aux branches peut en donner 50 à 60 livres, mais qu’on perd 25 à 30 0/0 du poids de la gomme par le fait de sa dessication au bout de six mois ;
- 3" Qu’entre les diverses variétés de producteurs végétaux il y a des différences de 20 0/0 au maximum comme rendement.
- Ces détails et une citation anglaise relative à la gutta-mountah montrent que tous ces renseignements ont été empruntés à M. James Collins.
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- peut pas apprendre grand’chose et il ne peut rien voir du mode d’extraction du latex des isonan-dras, surtout des meilleurs.
- Ce procédé, tel que je l’ai précédemment décrit en quelques mots et comme le hasard m’a permis de le voir effectuer pour les taban merah et soufra par les chercheurs de gutta eux-mêmes, durant mon long séjour dans les régions malaises, est bien le même que celui employé par les indigènes qui ont accompagné M. Wray dans Pérak et M. Burck dans Sumatra.
- C'est celui auquel les Malais ont eu recours lorsque l’explorateur anglais a voulu faire couper dans Oulou Plouss le pohoh gueutta taban merah qui lui a procuré les très jeunes fruits de cette espèce végétale. Cet exemplaire atteignait un diamètre de 5 pieds et demi et une hauteur de près de 150 pieds; il avait d’épais arcs-boutants qui s’élevaient à 8 pieds au-dessus du sol et s’écartaient jusqu’à 5 pieds du tronc.
- C’est également en dressant un échafaudage au-dessus des élargissements en forme de lames verticales qui étaient à la base du tronc que les Malais de M, Burck purent abattre dans l’épaisse forêt du mont Sagoh le niatouh balam bindalou décrit sous le nom de Palaquium Vrieseanum par ce botaniste. Cet échafaudage avait 16 pieds de haut, et à l’endroit où avait commencé le jeu de la hache l’arbre offrait encore 2,20 mètres de circonférence.
- L’isonandra le plus colossal — un teban merah — que j’aie vu abattre par des Dayaks dans Oulou Pahang, à l’est du massif de Gounong Radjah, mesurait 1,18 mètre de diamètre à 3,50 mètres au-dessus du sol.
- De tels géants sont extraordinairement rares et M. Burck a eu raison de dire qu’on les rencontrait dans les forêts où la population ne se livrait pas à l’exploitation de la gutta. Le hasard m’a mis en présence d’un fait exceptionnel : à ce moment là des escouades de Dayaks venaient d’arriver de Bornéo pour récolter cette gomme dans l’intérieur de Pahang, dans les contrées où existaient encore des forêts vierges.
- Ces indigènes de l’archipel avaient été enrôlés dp même que les Javanais engagés par les planteurs partent par escouades de Batavia pour être affectés aux plantations de café ou de manioc dans Singapore et de tabac du côté de Delhi (Sumatra).
- Les Dayaks chercheurs de gutta envoyés par
- groupes dans Oulou Pahang avaient reçu des avances en argent, en nourriture (du riz) et en outils (beliongs, ladings et parangs). Ces avances devaient leur être décomptées à l’issue de la campagne. Les bailleurs de fonds qui avaient organisé les groupes d’indigènes que j’ai rencontrées n’ont pas dû ,soit dit en passant, faire une mauvaise opération, comme cela se produisait malheureusement pour les expéditions faites dans l’archipel dont les forêts étaient fouillées depuis si longtemps.
- J’ai pu voirie vrai procédé d’exploitation parce que les mandors placés à la tête des Dayaks étaient grands fumeurs de cigarettes et que le whisky leur semblait délicieux. Sans doute ils étaient musulmans, mais en parlant très couramment la langue malaise il n’était pas difficile de délier la leur et de gagner leur confiance en leur faisant comprendre que le whisky était un excellent préservatif contre la fièvre des bois, en un mot une médecine (obat). Or les Malais, Javanais ou autres en situatiçn de faire des mandors savent à merveille qu’avec le ciel il est des accomodements; on parvient vite à mettre leur conscience à l’abri, et cela fait ils sont les premiers à demander « un peu de médecine », euphémisme qui lève tout scrupule chez eux.
- 11 m’a été possible de suivre ainsi les opérations relatives à la récolte de la gutta et de constater que les Dayaks connaissaient admirablement la question et savaient surtout tirer le plus habile parti de leur grande supériorité à cet égard sur les acheteurs et sur les consommateurs.
- Toutefois, je n’ai pas rencontré chez ces chercheurs de gutta le préjugé populaire qui a été signalé et d’après lequel l’exploitation ne devrait avoir lieu qu’à l’époque de la pleine lune. Je n’ai pas constaté davantage les pratiques superstitieuses dont M. Burck a parlé. Ces groupes dayaks n’étaient pas accompagnés d’une personne possédant le limon pour conjurer les esprits qui se montrent d’après eux dans les forêts (esprits des parents morts) ; avant de se mettre au travail ils ne procédaient à aucune offrande expiatoire. Cependant le chevelu de certaines lianes et les soies que les sangliers avaient laissées accrochées aux plantes épineuses dans ce fouillis inextricable que présentent les forêts vierges leur causait une visible terreur.
- En ce qui concernait l’époque jugée comme propice pour la récolte par les indigènes que
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- j'ai vus à l’œuvre, c’était celle qui suivait immédiatement la saison des pluies, et les raisons qu’ils en donnaient étaient très justes : au milieu ou à la fin de la saison sèche le suc laiteux est en plus minime proportion ; le latex est en outre moins fluide. Dans les mois pluvieux, les averses qui surviennent quand un arbre abattu est exploité font perdre la majeure partie de la récolte; elles provoquent dans le peu qu’il en reste l’introduction de détritus qui abaissent considérablement la valeur du produit.
- Je signalerai la méprise commise à ce propos à l’égard de Pahang par les Dayaks ou par leurs bailleurs de fonds; quand j’assistais à leurs opérations ce n’était pas la meilleure saison, Pahang n’étant pas du même côté de l'équateur que Bornéo. 11 est vrai que l’expression «saison des pluies» appliquéàe la Malaisie est d’une valeur plus que relative; mais j’ai voulu plus tard me rendre compte par des expériences comparatives de l’importance que pouvait avoir une considération de ce genre-là et j’ai reconnu qu’en effet, elle n’était pas à dédaigner.
- C’est surtout dans la forêt de Boukett. Timah que j'ai pu m’en convaincre sur l’Isonandra percha, à 1a. suite d’une période où — circonstance rare — il n’était pas tombé une seule averse depuis deux mois et où la sécheresse avait mis les ravins dans des conditions tout à fait inusitées.
- Les chercheurs de gutta ont donc raison de préférer une époque à une autre pour l’exploitation à laquelle ils se livrent.
- Ils savent aussi découvrir, avec une merveilleuse adresse, dans l’endroit le plus épais, l’arbre qui les intéresse; mais maintes fois ils reviennent à la hutte commune sans avoir rien trouvé. Ils sont obligés de s’abriter par groupes dans un endroit d’où ils rayonnent ensuite pendant quelques jours au sein des dernières forêts qui soient exploitables et à proximité desquelles il n’existe aucun kampong.
- A diverses reprises j’ai vu les Dayaks faire fausse route, et sans leur en donner la raison je leur prédisais l'insuccès de leurs recherches dans un coin deforêt. Cette prédiction, dontla réalisation les surprenait, était basée sur une constatation assez singulière. Le fait est-il d’une généralité rigoureusement absolue? Je ne peux évidemment pas l’affirmer; mais j'ai tant parcouru les forêts à gutta que je crois bon de le faire connaître, car il peut être une indication de nature à épargner bien des
- fatigues et des recherches infructueuses à un explorateur.
- Dans certain esparcelles des forêts malaises, des sangsues presque filiformes pullulent. Ces sangsues vous viennent des troncs d’arbres pourris, des feuilles d’arbrisseaux, etc.; vous ne les sentez pas, puis tout à coup (comme cela m’est ariivé bien des fois) vous éprouvez une sensation de défaillance ; vous avez des centaines de petites ventouses sur le corps, et il n’est pas facile de mettre fin à cette saignée C).
- Dans aucun des endroits où j’ai trouvé des tabans, soit merah soit soutra, pas plus que dans les massifs où j'ai vu l'isonandra percha, il n’y avait de sangsues. Je l’ai fait remarquer à M. Emile Hardouin dans Kinta, là où se trouvent les mines d’étain de Klian-Lalang.
- Dans la forêt de ce nom, il y avait des sangsues d’un côté et des isonandras de l'autre; la configuration du terrain et l’habitat paraissaient semblables; pourtant les dominantes de la flore n’étaient pas tout à fait les mêmes.
- A Boukett-Timah (Singapore), j’ai trouvé un exemple encore plus frappant ; dans le milieu de cette forêt, une véritable pépinière naturelle d’iso-nandras-perchas adultes circonscrivait une jungle où y il avait des sangsues et pas un arbre à gutta-percha. Le gérant du consulat de France, qui m’a souvent accompagné, a pu se convaincre de ce genre d’exclusion bizarre, en apparence du moins, et que je me borne à signaler.
- Presque tous les renseignements publiés par M. J. Collins et acceptés comme bons d’après ses notes successives sur l’exploitation des arbres à gutta-percha sont inexacts. J’en ai déjà noté plusieurs; voici, sur d’autres points, quelques contre-indications qui n’ont pas été obtenues par ouï-dire et qui montreront que ce naturaliste n’a
- C1) Le seul préservatif serait de s’enduire le corps dé la substance huileuse par exemple dont se servent les tribus Kourgues dans l'Indoustan (entre le Mysore et Mangalore). Malheureusement ce procède n’est bon que pour les gens habitués comme les Indiens à être luisants de la tête aux pieds. Quant à l’emploi d’une décoction de tabac employée en friction préalable, il n’est pas sérieux, car pour arriver aux emplacements où existent des arbres à-gutta-percha adultes il faut souvent traverser des ravins, des marécages pleins de sangsues ; sans aller très loin, j’ai dû me mettre dans l’eau jusqu’à la poitrine vers Hipoh, après avoir traversé la forêt de Kouala Kangsar. Dans ces conditions, la friction préliminaire perd tout son effet.
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- jamais eu la possibilité d'assister à l’extraction de la gomme dont il parle.
- Le Chinois ne récolte nulle part cette substance; il n’en est que le collecteur commercial, intermédiaire en Malaisie entre le natif et l’Européen.
- Le latex qui s’écoule n’est pas reçu dans des baquets ou dans des trous pratiqués sur le sol. M. Collins, il est vrai, ajoute qu’en procédant de cette seconde manière on perd 30 % du produit; il aurait pu dire que si les indigènes agissaient de la sorte ils en perdraient les trois quarts. C’est le caoutchouc qui est reçu parfois dans des cavités sablonneuses.
- Malaxé avec l’eau froide, le latex des bonnes espèces ne devient pas filandreux, et sa coagulation n’est pas accélérée par un tel traitement initial.
- Cette opération ne se fait pas, parce qu’elle n’a auçune raison d’être; elle serait superflue. Encore moins laisse-t-on cette gomme pendant un mois dans l’eau, ce qui n’aurait pas d’inconvénient, puisque la gomme serait de la sorte à l’abri des altérations, mais ce qui serait pour les chercheurs de gutta une inutile perte de temps, alors qu’ils ne songent qu’à bénéficier le plus tôt possible de leur récolte. La préparation au moyen du traitement par l’eau chaude est immédiat; il a lieu quand l’indigène rentre dans la case où il couche.
- Jamais il n’ajoute au latex de la noix de coco, du sel marin ou du citron, ni autre chose. D’ailleurs les cocotiers ne sont pas toujours à proximité des arbres exploités. Sans doute il y en a dans beaucoup d’endroits, comme dans Oulou Kinta; dans certains districts, comme à Batang Padang (Pérak), et de l’autre côté du massif montagneux, dans Oulou Pahang, il y a même des cocotiers nains qui ne croissent que dans les montagnes ; mais quand l’indigène trouve des cocos il commence par les manger. Le sel marin, dans ces contrées reculées, a une très grande valeur et il n’y a pas de citronniers. C’est encore pour le caoutchouc que dans les endroits où ce procédé est pratiqué l’on ajoute des ingrédients tels qu'un suc acide pour hâter la coagulation de la masse laiteuse. Pourquoi l’indigène ajouterait-il n’im-porle quoi au latex d’un isonandra de bonne qualité, puisque ce suc se concrète immédiatement ?
- Enfin, ce n’est pas uniquement par excès de méfiance que les Chinois opèrent la fusion des masses de gutta-percha qu’ils achètent d’un indi-
- gène ; ce n’est pas pour voir s’il y a des impuretés, ils en sont sûrs; c’est pour en ajouter avant de revendre les gommes à l’Européen, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire sous une autre forme.
- En égard à ces fraudes dont a parlé M. Collins, et qui auraient lieu au moyen de l’introduction de sagou, de sciure de bois, d’écorce, d’argile et de cailloux dans de petits blocs de gomme qui sortent des forêts, elles sontexactes. La seule remarque que je ferai à leur sujet est que les chercheurs de gommes préfèrent les impuretés qui ont la plus forte densité.
- Quant aux incisions, elles sont bien d’une longueur de 2 à 3 centimètres et espacées de 25 à 40 centimètres ; j’ajouterai qu’elles sont généralement inclinées sur l’axe du tronc. Elles forment sur le demi-cylindre supérieur de l’arbre abattu les fragments d’une courbe héliçoïdale, tandis que le demi-cylindre inférieur reste intact, C’est cette dernière circonstance qui permet la continuation du mouvement ascensionnel du latex vers le sommet de l’exemplaire exploité.
- Souvent aussi l’écorce est frappée avec un morceau de bois entre les incisions ; dans ce cas, l’expulsion du latex par ces dernières est beaucoup facilitée. C’est ainsi qu’opéraient les Dayaks dont j’ai parlé précédemment.
- Mais le procédé pour la récolte d’une gutta-percha dépend de la catégorie de l’arbre exploité. Le mode d’opération ne varie, d’ailleurs, dans "ses parties essentielles, que d’après le degré de fluidité du suc.
- a) Exploitation des bonnes espèces végétales. — Pour la télégraphie sous-marine, les seuls arbres utilisables sont ceux dont le latex est rapidement coagulable même durant la saison où ce dernier est le moins épais. Le traitement qui doit leur être appliqué pour en obtenir la gomme est indiqué par cette propriété; il est basé, comme je viens de le montrer, sur la difficulté d’écoulement du suc lactescent. 11 ne peut qu’être en somme le même partout.
- L’exsudation ne dure pas une heure; on pourrait même sans inconvénient la considérer comme terminée au bout d’une demi-heure. Cependant, la gutta, bien qu’étant d’une exsudation lente et d’une coagulation rapide, n’en coule pas moins, surtout au début, en dehors des incisions; non seulement elle file en goutelettes sur l’écorce, mais il en tombe sur le sol.
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- Vu le rendement minime que procure la récolte de la gomme d’un arbre de bonne sorte, l’indigène tâche d’en perdre le moins possible. Aussi, sous le tronc de l’exemplaire exploité, dispose-t-il des écorces et le plus souvent une série de larges feuilles pour recevoir le latex qui tombe à terre.
- . b) Exploitation des mauvaises espèces. — Le principe est différent; car elle doit avoir, au contraire, pour but d’éviter la perte d’une proportion notable d’un latex qui s’écoule très liquide des incisions pratiquées sur le sujet abattu.
- Tous les chercheurs de gutta n’abattent pas ces ces arbres-là, et si le tprocédé appliqué pour la récolte-du caoutchouc n’est pas employé partout, cela tient à ce que les isonandras à gomme liquide — à gueutta tcbaier, comme disent les indigènes de la presqu’île de Malacca — ne fournissent pas autant de latex que les ficus, par exemple.
- Ce sont les produits de mauvaises espèces que les Dayaks, les Bataks, les Sakèîes, jles Mantras et les Semangs emportent liquides jusqu’à leurs cases ou à leurs campements. Les autres, au moment de la récolte, sont toujours mis dans des sacs fabriqués avec la sparthe du Penang.
- Chez les Sakèies les récipients sont faits d'écorces d’un arbre nommé trab, écorces qui dans les districts les plus reculés constituent les ceintures que ces naturels portent pour tout vêtement (1).
- Rarement les guttas lentes à se concréter sont abandonnées sur place à la coagulation. Dans les endroits où cette pratique déplorable est usitée, la qualité de toutes les guttas récoltées s’en ressent à cause des mélanges qui ont lieu.
- Le lait qui se concrète de la sorte subit en effet, une fermentation à laquelle viennent s’ajouter toutes sortes de détritus. Du reste, il y a un autre côté désavantageux, s’il survient une averse, une partie de la récolte est perdüe tandis que l’autre est gâtée.
- Sans doute cette manière de procéder est exceptionnelle, mais ce qui l’est beaucoup moins, c’est l’incurie qui préside à l’exploitation. (*)
- (*) Ces ceintures, dont j’ai rapporté divers spécirpens, sont préparées au moyen de larges bandes d’écorces, qui sont applaties à coup de gros morceaux de bois et ornées de grossiers dessins jaunes, rouges et noirs. Les femmes portent des peignes en bambou sur lesquels sont tracés de rudimentaires arabesques; elles ont le nez et les oreilles traversées par des sortes de longues épingles également en bambou ; j’ài une collection de ces parures primitives.
- CONDITIONS DE VÉGÉTATION DES ISONANDRAS.
- Avant de les résumer, je retracerai les données que j’ai dû acquérir pour satisfaire aux exigences du programme qui m’avait été imposé. Pour l’entreprise et la réussite d’une culture réglée, elles peuvent être de quelque secours au point de vue de la dose de vitalité des plants, de leur multiplication et même de leur transport à de grandes distances ; transport dont le mode est essentiellement différent suivant qu’il s’agit de souches de vieux arbres ou bien de plantules.
- Caractères de mon programme pour 1886-87.
- Introduire, transplanter et acclimater des milliers de marcottes ou les souches vigoureuses d’une centaine d’arbres revenait évidemment au même point de vue final. D’un côté c’était opérer le marcottage dans les forêts de la Malaisie ; de l’autre c’était procéder tranquillement à la reproduction en Cochinchine.
- Dans le premier cas, on n’avait qu’un certait nombre limité de plantules, mais sans posséder les arbres qui les aurait fournies. D’après leur nature, elles ne représenteraient, pendant plusieurs années, qu’une unité.
- Dans le second cas, grâce aux souches mères, la multiplication des plants devenait possible ; elle aurait lieu d’une manière continue et sûre. Avec ces souches, l’opération et les soins ultérieurs à donner jusqu’au moment du sevrage de la marcotte seraient faciles ; ils auraient lieu à hauteur d’homme, et non à une vingtaine de mètres en moyenne au-dessus du sol.
- Pour les repousses des arbres destinés à servir de plantes mères il était aisé d’empêcher l’élévation du tronc en provoquant leur végétation sous forme de têtards.
- Par contre, et surtout à une telle distance de leur habitat naturel, la transplantation de ces arbres plus ou moins mutilés était de nature à paraître autrement plus scabreuse que la prise et le transport de marcottes. 11 était même à craindre qu’elle ne fût impraticable.
- Difficultés de son exécution.
- Malgré toutes les probabilités qui ressortaient de mes observations dans les forêts du pays Sakèie et
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- du haut Pérak, avant 1887, je ne pouvais prendre que sous certaines réserves la responsabilité d’exécuter le programme fixé par M. le Gouverneur.
- 1° Les phénomènes que j’avais observés étaient à examiner de près, au point de vue des conditions de leur production naturelle et de leurs conséquences.
- 20 La reprise de végétation des arbres, d’après mon programme, exigeait un voyage d’essai de l’intérieur de la presqu’île de Malacca jusqu’à Singapore. Je devais en effet, m’assurer de la possibilité et ensuite de la certitude de la réussite. Il fallait non seulement que le transport de souches de vieux arbres n’exerçât pas sur elles une influence fatale, mais qu’il ne dépassât pas mes moyens d’action.
- Les constatations que j’avais à faire pour être sûr de la possibilité de ce transport exigeaient des expériences en pleine forêt, et la certitude de la reprise de végétation ne pouvait être acquise, avant de porter les plants mutilés et d’un certain âge en Cochinchine, que par l’installation provisoire d’une pépinière dans l’île de Singapore.
- Pour des raisons que j’avais développées dans un de mes rapports, tous les arbres devaient suivre le même chemin une fois arrivés au point où les affluents du Pérak devenaient navigables. Je ne pouvais éluder ni la traversée complète de l’état de ce nom ni les essais dans Singapore.
- 11 m’était impossible de redescendre avec les plants sur le versant oriental de la presqu’île de Malacca.
- Ce qui eût été praticable à l’égard de marcottes cessait de l’être dès l'instant qu’il s’agissait de souches d’arbres.
- Je n’aurais trouvé vers la côte aucun petit bateau chinois faisant le cabotage dans ces parages du golfe de Siam. Les praos malais, à supposer que j’eusse été assez heureux pour en rencontrer par hasard, n’auraient pas permis (vu leur construction et leur aménagement rudimentaire) un transport prudent des arbres.
- s Réussite du transport des arbres.
- Je n’entrerai pas dans les détails des études et des expériences de contrôle que j’ai dû faire pour tourner les différentes difficultés dont je viens de
- parler. En pareil cas le résultat est l’essentiel. D’ailleurs, comme ces détails pouvaient avoir à un moment donné leur intérêt et leur utilité dans la pratique, j’en ai fait l’objet d’une note que j’ai remise à l’administration de la Cochinchine.
- Dans le résumé suivant, je me contenterai d’indiquer les constatations qui ont servi de point de départ à mes recherches. En quelques mots j’indiquerai le mode et les résultats du transport des arbres.
- a). Mes constatations dans les forêts. — En 1886, j’avais été frappé de plusieurs faits qui précisément étaient de nature à me faire espérer la réussite du programme qui m’était imposé en 1887. Ils étaient, je dois le dire, en contradiction formelle avec les opinions des explorateurs en général et avec les assertions des savants botanistes de Buitenzorg ; ils n’en sont pas moins exacts ; je les ai scrupuleusement contrôlés.
- i0 Reprise. de végétation des arbres coupés. — Tous les arbres qui sont coupés dans les contrées de la presqu’île de Malacca, en vue de l’exploitation de leur gutta [à 1 mètre au maximum au dessus des-arcs-boutants de leurs racines] donnent lieu à de nombreux bourgeons, à de vigoureuses repoussées, même quand ils ont été fendus maladroitement jusqu’aux racines. Moins la section est nette et plus la reprise est rapide; l’examen du tissu cellulaire rend très bien compte de cette anomalie.
- 20 Bouturage naturel des plantes à gutta-percba. — Contrairement à l’assertion du savant directeur-adjoint du jardin botanique de Buitenzorg, le bouturage d’un isonandra n’est nullement irréalisable. D’abord la grande propension que les espèces de ce genre ont à émettre des racines ad-ventives semblerait a priori être en désaccord avec cette assertion ; mais il y a plus : dans les forêts, la nature opère un véritable bouturage aussi bien des bonnes espèces que des mauvaises. J’en citerai seulement un exemple. En 1886, sous une très légère couche d’humus et de terre glaise, qui formait le tablier d'un pont jeté au-dessus d’un ravin par les Malais, dans le haut Pérak, pour le passage des éléphants, j’avais vu un tronc d’arbre à gutta-percha, — figurant là par hasard comme traverse, — qui avait émis des bourgeons et donné de magnifiques pousses nouvelles à ses
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- deux extrémités. Sur la terre mise pour recouvrir les traverses les détritus végétaux n’avaient pas tardé à s’accumuler.
- Ces pousses dataient de cette année là. En 1887, elles avaient admirablement prospéré; sur deux d’entre elles il y avait eu formation d’un bourrelet et naissance de radicelles, grâce aux conditions spéciales dans lesquelles elles se trouvaient; dans le tablier même du fpont, le gros tronçon d’arbre qui les portait avait émis des racines. Plus tard, à Singapore, dans les ravins de Boukett Timah, le consul de France et moi nous devions être témoins d’un fait analogue.
- 30 Végétation asseç fréquente des tahan mérah et soutra avec leurs racines flottantes dans l’eau. — Ces espèces végétales non seulement se trouvent souvent ainsi en Malaisie; mais c’est dans ces conditions qu’elles paraissent douées de la végétation de beaucoup la plus puissante. En 1887, j’ai voulu me rendre compte des causes de cette particularité, qui était pour moi d’autant plus étrange que j’avais rencontré sur les pentes des collines et à une assez grande distance de tout ruisseau des exemplaires de haute taille et d’une vigueur remarquable. C’était même cette dernière situation qui, d’après M. Burck, aurait dû être la condition sine quâ non de leur existence (rapport de M. Burck, p. 21 § 3).
- Cependant M. Séligmann avait fait dans Sumatra une constatation à cet égard, identique aux miennes dans la presqu'île de Malacca. En outre, dans le haut Pérak, un vieux chercheur de guttas m’avait affirmé que les taban en question ne vivaient bien que s’ils avaient les pieds dans l’eau. 11 était essentiel pour moi de vérifier si ces arbres réellement ne pouvaient végéter autrement.
- Tous les arbres qui semblaient croître sur un sol absolument sec vivaient, en effet, au-dessus d’un cours d’eau souterrain; chaque fois que j’en déracinais un je constatais que ce soi n’était dur qu’à la surface; il y avait là constamment — entre l’argile compacte et le sous-sol granitique — une sorte de drainage naturel. Maintes fois en sondant le terrain je rencontrais presque aussitôt la roche de granit où s’accrochaient les racines comme le lierre à un tronc d’arbre et sous une couche argileuse à peu près nulle.
- Dans les forêts de Boukett Timah (Singapore) je devais rencontrer la végétation de l’Isonandra
- de Hooker exactement dans les mêmes conditions.
- Bref, toutes mes recherches dans les forêts sur les deux conditions de milieu — la radiation et l’aliment — nécessaires à la vie des espèces du genre palaquiunt‘ dont il s’agit n’ont pas tardé à me démontrer que l’optimum de végétation de ces espèces exigeait de la chaleur, de l’ombre et de l’eau. Ces recherches ont abouti à des constatations qui permettaient la réalisation du transport des arbres. Ces derniers, en effet, non seulement pouvaient être coupés, mais mutilés et transportés dans l’eau jusqu’à Singapore.
- b) Mode de transport des arbres. — Après avoir été chargés à dos d’élépharit pour traverser les forêts, les arbres, dès qu’ils arrivaient aux endroits où les rivières devenaient navigables, étaient placés debout et serrés les uns contre les autres dans des bacs, autant que le permettaient, bien entendu, le volume et l’enchevêtrement délicat des jeunes racines conservées. Ces bacs n’étaient autres que de grandes caisses doublées de zinc et que reçoit couramment le commerce chinois de Pérak. Ces caisses, je me les procurais principalement à Go-ping, c’est-à-dire aux confins du territoire des Sakèïes.
- Elles étaient convenablement remplies d’eau recouverte d’une couche de mousses et de fougères ; dans le fond il y avait un léger lit d’humus et de sable. Pour les transbordements, l’eau était enlevée au moyen d’un siphon et remplacée aussitôt après. Toute une collection de plantes ornementales des forêts protégeait en les dissimulant les souches à gutta-percha.
- Voilà, en résumé, comment j’ai pu effectuer le transport des arbres, en réduisant au minimum leur volume et leur poids.
- c) Résultats de ce transport. — Les plants sont tous arrivés à bon port à Singapore, où leur transplantation dans de nouvelles caisses n’a pas tardé à donner les résultats les plus satisfaisants. De ma pépinière de Kampong Barouh au quai d’embarquement de la compagnie des Messageries maritimes le charroi était facile ; le transport en Cochinchine n’était plus qu’une question d’argent.
- Dans cette pépinière, les souches émettaient de nombreux bourgeons au bout d’une trentaine de jours. 11 arrivait parfois que les premières feuilles se flétrissaient et même que certaines pousses
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- s’étiolaient, mais bientôt de nouveaux bourgeons apparaissaient.
- Trois mois après, chaque souche des plantes mêrah et souira ne présentait pas moins d’une vingtaine de jeunes tiges d’une grande vigueur; des feuilles avaient atteint leur développement normal et la ramification des pousses originelles commençait; beaucoup de bourgeons axillaires s’étaient manifestés. Le développement des racines était très lent.
- Sérullas.
- (A suivre.)
- CHRONIQUE ET REVUE
- DK LA PRESSE INDUSTRIELLE
- Le tramway électrique de Boston.
- On sait qu'on est en train d’établir à Boston le plus vaste réseau de tramways électriques qui soit au monde.
- Dans notre dernier numéro, nous avons donné, sous le titre La plus grande usine d'électricité, quelques renseignements sur l’usine qui desservira le réseau de tramways électriques actuellement en voie d’établissement à Boston. Nous pouvons compléter ces renseignements d’après une correspondance qu'on nous adresse de cette ville sous la date du 22 novembre.
- La compagnie concessionnaire, la West End Street Railway C°, possède actuellement 204 kilomètres de voie en exploitation et 209 en construction ; elle aurait ainsi en tout 413 kilomètres de tramways électriques système Thomson-Houston.
- Pour donner une idée de cette installation, on peut citer les chiffres suivants :
- Nombre de voitures fermées........ 164
- — — ouvertes.... 173
- — — auxiliaires... 169
- Nombre des voitures actuellement en service;............ 506
- Les voitures parcourent journellement 20000 kilomètres et transportent 84301 personnes. Le parcours moyen, par voiture, est de IS3 kilo- j mètres.1
- La capacité des usines est en ce moment de 9 machines actionnant 45 dynamos génératrices de courant avec 4 330 chevaux-vapeur.
- Les usines actuellement en construction renfermeront 9 machines et actionneront 34 dynamos avec une consommation de 13 600 chevaux, ce qui portera le total à 17900 chevaux-vapeur.
- La force électromotrice employée est de 520 volts. La plus forte rampe est de 5,44%» Le rail est du type de 34 kilos.
- L’été dernier, les directeurs de cette ligne ont donné une fête dans un des grands jardins de Boston, où se trouvait une foule de 10000 personnes. Tout ce monde a pu être transporté en 28 minutes; on a employé à cet effet 108 tram-cars électriques.
- L’électricité a donné jusqu’ici pleinement satisfaction ; on se propose d’établir, à Boston, un chemin de fer sur arcades, comme celui de New-York, mais qu’on actionnera également à l’aide de l’électricité.
- Notre correspondant ajoute que malgré l’étendue du réseau de Boston, cette ville n’est pas celle qui possède le réseau le plus vaste. En effet, la ville de Colombus, dans l’Ohio, établit en ce moment 552 kilomètres de tramways électriques, système Edison.
- A Minneapolis, on construit 330 kilomètres de voie électrique. En dehors de cela, il y a plus de 300 villes possédant de 10 à 150 kilomètres de voie électrique.
- L.
- Comparaisons de plusieurs piles sèches, par M. Krehbiehl.
- Depuis quelques années les constructeurs cher- . chent à réaliser des piles dites piles sèches, dans lesquelles le liquide excitateur est remplacé par une masse plus ou moins compacte saturée par l’électrolyte. On emploie le plus souvent, pour produire cette masse, de l’hydrate de chaux, de la craie, de l’argile, des silicates qui prennent une consistance plus ou moins gélatineuse sous l’in- -fluence du liquide excitateur.
- Le nombre de ces piles sèches ne se compte plus ; chaque année on constate,, dans le relevé des brevets, l’apparition de nouvelles combinaisons. Mais un grand nombre ne sortent jamais de la période d’essai et quelques-unes seulement ont
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- plus ou moins réussi à pénétrer peu à peu dans les applications.
- Les mesures précises relatives aux piles sèches font défaut, si l’on fait, bien entendu, abstraction des. prospectus des fabricants. Mentionnons cependant que La Lumière Électrique a publié dans le temps des analyses de mesures faites par M. Voiler à Hambourg sur l’élément Wolff et par M. Carpenter sur l’élément Gassner.
- .D’ailleurs rien n’est aussi difficile que d’obtenir des résultats concordants dans la mesure des éléments d’une pile. Car il ne faut pas oublier que ces éléments sont essentiellement variables. La force électromotrice, par suite de la polarisation, est unp fonction non-seulement du temps, mais aussi de l’intensité du courant ; il en est de même de la résistance.
- La mesure de ces éléments offre donc des difficultés réelles si l'on tient à avoir des résultats concordants. La détermination de la. force électromotrice s’effectue avec assez de facilité en employant l’électromètre. Quant à la mesure de la résistance intérieure, les méthodes classiques de Mance, de Bèetz, etc. rie donnent jamais des résultats aussi précis que la méthode téléphonique de Kohl-rausch. Aussi cette méthode doit-elleêtre employée de préférence à toute autre dans les recherches relatives aux piles, d’autant plus que le dispositif expérimental peut en être considérablement simplifié.
- M. H. Krehbiehl a fait une étude comparative intéressante d’un certain nombre de piles sèches construites en Allemagne ; ses mesures ont été effectuées au laboratoire de l’Université deMunich; elles forment un complément très utile de nos connaissances sur les piles sèches et leurs éléments ; aussi voulons-nous les analyser d’assez près.
- Les mesures de M. Krehbiehl ont porté sur les points suivants :
- i° Variations de la force électromotrice de l’élément au repos;
- 2° Variations de la force électromotrice avec la température;
- 3° Détermination de la résistance intérieure;
- 4° Variations de la force électromotrice et de l’intensité du courant pendant la fermeture du courant et augmentation de la force électromotrice après la rupture du circuit dans les deux cas suivants :
- a) Avec une intensité de courant considérable (décharge dans un circuit de 3 ohms).
- b) Avec une faible intensité de courant (décharge dans un circuit de 50 ohms).
- Mentionnons avant d’aller plus loin la méthode adoptée par M. Uppenborn à la station d’essais électriques de Munich.
- L’étude des variations de la force électromotrice se fait d’abord sur un circuit de .100 ohms et l’on observe les variations de la force électromotrice de minute en minute jusqu’à ce qu’elle soit devenue constante. On ouvre alors le circuit et on détermine l’augmentation graduelle de la force électromotrice qui suit cette rupture du circuit.
- Les observations sont ensuite continuées de la même manière sur des résistances de 50, 10, 3 et 1 ohm.
- Il est en outre très utile de déterminer la courbe de la force électromotrice de polarisation, qui montre combien les résultats donnés par les méthodes de mesure fondées sur la loi d’Ohm peuvent être erronnés.
- Cette manière de procéder permet de constater immédiatement quelle est la résistance extérieure qui convient le mieux à l’élément étudié.
- M. Krehbiehl s’est rapproché autant que possible de ces instructions en mesurant les variations de la force électromotrice de l’élément mis en circuit sur deux résistances de 3 ohms et de 50 ohms.
- Pour déterminer un élément important entre tous, savoir la capacité de la pile en ampères-heures, en se plaçant autant que possible dans les conditions de la pratique (de la pratique téléphonique, par exemple), M. Uppenborn a construit un contact spécial dont voici la description.
- Un mouvement d’horlogerie porte sur l’axe des minutes un disque métallique pourvu sur son bord d’un nombre déterminé de segments en matières isolantes dont Ia' longueur est calculée suivant les conditions que l’on veut réaliser. Un balai métallique frotte sur le bord du disque.
- Dans le modèle employé parM. Uppenborn, la décharge de l’élément dure 5 minutes, après quoi le circuit est interrompu pendant 10 minutes ; ce résultat est atteint en donnant aux quatre segments isolés un angle au centre de 6o°, les segments conducteurs correspondant à un angle de 300. Le circuit renferme en outre un voltamètre à sulfate de cuivre ; l’augmentation de poids de l’électrode donne immédiatement lé nombre d’ampères-heures.
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- Toutes les valeurs de la force électromotrice ont été obtenues par comparaison avec l’élément Lati-mer-Clark, dont la force électromotrice avait été déterminée au préalable et trouvée égale à 1,407 volt., (lord Rayleigh donne 1,434 volt.) Comme coefficient de variation thermique, M. Krehbiehl a adopté la valeur 0,08 0/0 par degré donnée par Helmholtz.
- Les mesures de M. Krehbiehl ont porté sursix éléments différents, dont la description sommaire suit, avec quelques indications sur leur nature et leur construction pour autant qu’il a été possible de se les procurer.
- i° Pile sèche Hellesen. — Dimensions : longueur 8 centimètres, largeur 8 centimètres, hauteur 16 centimètres. L’élément proprementdit est entouré d’une boîte dont les dimensions sont données ci-dessus. L'intervalle entre l’élément et l’enveloppe est rempli d’une masse hygroscopique qui a pour but de dessécher les gaz humides qui s’échappent de l’élément et qui pourraient compromettre l’isolation de la pile ou en détruire les parties métalliques. Aucun détail sur la composition de la pile.
- 20 Pile sèche Bender. — Forme cylindrique de 8 centimètres de diamètre sur 17,3 cm. de hau-
- lange de quantités équivalentes d’hydrate de potassium ou de natrium et de permanganate correspondant; ce mélange est broyé avec de l’hydrate de chaux (oxyde de magnésium ou oxyde de zinc) de manière à faire une pâte compacte.
- L’électrode extérieure, qui ne s’use pas, est con-
- teur. Le vase extérieur en zinc forme une des électrodes. La masse active est un mélange de chte*» rure d’ammonium avec de la craie et du chlbrtffe de calcium. L’électrode de charbon de coriftle est creuse et contient un noyau de charbUrt de bois destiné à absorber les vapeurs d’auwtioniaque qui peuvent se former et à supprimer ainsi la polarisation.
- 3° Pile sèche Thor. — Forme cylindrique de 8 centimètres de diamètre sur 12,5 cm. de hauteur. Le vase extérieur est en verre.
- 4° Pile sèche Gassner. — Forme cylindrique de 8 centimètres de diamètre sur 18 centimètres de hauteur. Le vase extérieur en zinc forme une électrode, l’autre est en charbon,
- 5° Pile sèche Jenisch. — Forme rectangulaire, longueur 9,5 cm., largeur 5 centimètres, hauteur 16 centimètres.] Le vase extérieur est en zinc.
- 6° Pile régénératrice Wolfschmidt et Brehm. — Dimensions : longueur 7 centimètres, largeur 6 centimètres, hauteur 11 centimètres.
- La charge de cet élément consiste en un mé-
- stituée de manière à augmenter la surface active; à cet effet elle est formée par un récipient en fonte de fer à deux parois dans l’intervalle desquelles plonge l’électrode en zinc, en forme d’U. La régénération de l’élément et le remplacement de l’humidité sont produits par un tube dé verre
- TABLEAU I. — Force ilectromotrice en volts.
- Numéro de l’élément Hellesen (i) Bender Thor (2) Gassner (3) Jenisch (4) Wolfschmidt (5)
- I * 1,414 1,491 1,474 1,474 1,335 l,6l8
- 2 , i,4?o ',474 1,465 1,462 1,330 1,620
- 3 1,415 1,476 1,48^ 1,459 1,422 1,607
- 4- 1,409 1,484 1,488 1,462 1,630
- Moyenne ',415 1,481 1,478 1,464 — 1,619
- (1) L’élément Hellesen a été étudié par l’Institut de physique impérial, qui a trouvé une force électromotrice de 1,65 volt, tandis que la station d’essais de Munich a trouvé 1,39 volt.
- (2) La station d’essais de Munich a étudié deux éléments Thor et a trouvé une force électromotrice de 1,53 volt pour l’un et de 1,48 volt pour l’autre;
- (3) Carçenter a trouvé 1,317 et 1,52 volt pour les deux éléments qu’il a étudiés.
- (4) L’élément n“ 3 n’a été utilisé que fort peu de temps avant la mesure de la force électromotrice.
- (5) L’Institut de physique de Berlin a trouvé 1,8 volt.
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- fixé dans le couvercle, qui permet l'accès de l’air et le passage des gaz développés dans l’élément; en outre ce tube est garni de sels très hygroscopi-
- ques qui absorbent l’humidité de l’air pour la transmettre à la masse active de l’élément.
- Voici, résumées dans le tableau i,les valeurs de
- TABLEAU II. — Force êlectromotrice en volts.
- Température Helîesen Bender Thor Gassner Jenisch Wolfschmidt
- 0“ 1,405 U471 ',497 1,450 1,418 1,697
- *5" 1,404 1,467 1,495 ',453 1,413 1,680
- 30* ..... 1,404 1,464 ',495 1,462 1,410 1,659
- la force électromotrice de quatre éléments de chaque espèce, sauf pour l’élément Jenisch.
- De tous les éléments étudiés, c'est celui de Wolfschmidt qui a la force électromotrice la plus
- élevée ; ceux de Hellesen et de Jenisch ont la force électromotrice la plus faible.
- Les résultats du tableau i ont été ramenés à la température uniforme de 150, grâce aux mesures
- TABLEAU III. -- Résistance intérieure en ohms.
- Numéro de l’élément Hellesen (1) Bender Thor (2) Gassner Jenisch Wolfschmidt (3)
- I 0,165 0,486 1,135 0,161 0,490 0,465
- 2 0,081 0,430 0,599 0,118 0,096 0,962 0,667
- 3 0,066 0,339 0,685 o,447 0,415 o,470 0,468
- 4* 0,068 0,270 0,105
- Moyenne 0,067 0,512 0,358 0, 100 0,415 0,473
- (1) L’Institut de physique de Berlin a trouvé 0,1 ohm, la station d’essais de Munich 0,117 ohm. (2) La station de Munich a trouvé 0,113 et 0,128 ohm pour deux éléments. (3) L’Institut de physique de Berlin a trouvé 0,1 à 0,3 ohm.
- renfermées dans le tableau II et qui ont été effectuées aux températures de o°, 150 et 300.
- D'ailleurs cette réduction a été très faible, car la variation de la force électromotrice avec la tempé-
- rature est très faible pour tous ces éléments, sauf pour celui de Wolfschmidt, pour lequel la diminution de force électromotrice est égale à celle de l’élément Latimer Clark (0,08 0/0 par degré).
- TABLEAU IV. — Résistance intérieure en ohms.
- Après Hellesen Bender Thor Gassner Jenisch Wolfschmidt
- 0 heuic 0,066 0,339 0,447 0,096 0,415 0,479
- 1/2 heure 0,071 o;335 0,514 0,099 0,416 0,488
- 1 heure 0,074 0,338 0,560 0,099 0,420 0,507
- 4 heures 0,087 0,336 0,768 0, 103 0,434 0,527
- 8 heures 0,096 0,336 0,970 0,103 0,452 0,527
- 12 heures 0,105 0,340 1,170 0,103 0,471 0,530
- 36 heures 0,172 0,375 1,33° 0,105 0,511 0,531
- Le tableau III donne, les valeurs de la résistance intérieure de ces éléments ; il faut remarquer que les éléments 3 et 4 n’ont jamais été en circuit fermé, la moyenne des résistances intérieures de
- ces éléments a été prise comme valeur normale pour chucun d’eux.
- Quant aux variations de la résistance intérieure avec la durée de la fermeture du circuit, on con-
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- State qu’elle augmente assez rapidement, sauf dans t La partie la plus intéressante des recherches de l’élément Gassner (tableau IV). I M. Krehbiehl se rapporte à la diminution de la
- TABLEAU V. — Force èlectromotrice en volts.
- Après Hellesen Bender Thor Gassner Jenisch Wolfschmidt
- volts 0/0 volts 0/0 volts 0/0 volts 0/0 volts 0/0 volts 0/ 0
- 0 minute 1,420 IOO ',474 1,461 100 1,465 IOO 1,462 IOO 1,330 IOO 1,626 IOO
- 2 minutes. 1,4°5 98,9 99,1 • 1,443 98,5 3,439 98,4 1,187 . «9:3 ',494 92,2
- 10 minutes i,399 f ' ,446 — 1,425 — 1,431 — 1,070 — 1,314 —*
- 30 minutes :',397 98,0 1,429 96,3 Cire 1,407 — ',427: — 0,969 — 1,276 —
- 60 minutes 1,39* 1,419 1,390 uit ouve, 94,9 H 1,424 97,3 0,940 : 70,7 ',245 76,9
- 2 minutes ',394 98,2 ',43* 97,i ',393 95,' 1,432 97,9 .0,982 73,8 1,318 81,4
- 60 minutes 1,402 — 1,441 ',4°7 — ',449 1,180 1,561 —•
- 24 heures, 1,411 99,4 ',457 98,8 1,432 97,7 1,456 99,6 ' >326 99,7 1,617 99,8
- force électromotrice en circuit fermé de grande résistance (50 ohms) et de faible résistance (3 ohms). Le tableau V donne les variations de la force
- éléctromotrice des éléments mis en circuit sur 50 ohms (force électromotrice au début = 100). On voit que la diminution de force électromotrice
- TABL.EAU VI. — Force èleciromotrice en volts.
- Après Hellesen Bender > Thor Gassner 2 Jenisch . . Wolfschmidt
- volts 0/0 volts 0/0 volts 0/0 volts 0/0 , volts 0(0 volts 0/0
- 0 heure 1,379 IOO ',371 IOO 1,560 IOO ',373 IOO 1,286 IOO 1,000 IOO
- 1 heure ',347 97,7 ',327 96,8 1,295 95,2 1,266 92,2 0,859 66,8 0,542 54,2
- 24 heures 1,260 — 1,240 — ',173 — 1,115 — o,SQ4 — 0,307
- 96 heures 1,207 87,5 1,192. oc ',033 76,6 0,842 61,3 0,436 33,9 0,286 28,6
- Circuit ouvert.
- 24 heures 1,297 94,i 1,280 93,4 1,169 86,0 1,071 78,0 0,950 0,4.2 41,2
- pendant 60 minutes est très faible, sauf pour l’élément Wolfschmidt.
- Après cette première fermeture de 60 minutes
- chaque jour, pendant 25 jours consécutifs, on mettait l’élément en circuit sur 50 ohms en se bornant à faire des mesures de huit en huit jours
- TABLEAU VII
- Numéro de la clôture du circuit Hellesen Bender Thor Gassner Jenisch Wolfschmidt
- ampères- heures 0/0 ampères- heures 0/0 ampères- heures 0/0 ampères- heures 0/0 ampères- heures 0/0 ampères- heures 0/0
- I \ 9 17 25 0,0279 0,0274 0,0271 0,0270 IOO 98,1 96,9 96,7 0,0284 0,0276 0,0272 0,0267 IOO 97,0 95,6 93,9 0,0280 0,0267 0,0264 0,0260 IOO 95.2 94.2 82,7 0,0285 0,0270 0,0268 0,0257 IOO 95,9 94,o 90,3 0,0197 0,0189 0,0186 0,0182 106 96,0 94.2 92.2 0,0260 0,0243 0,0147 0,0109 IOO 93,4 56,6 42,1
- seulement. Enfin une fermeture de 96 heures 1 résistant. Le tableau VI donne les variations de la sans interruption et deux autres de 60 minutes force électromotrice pendant et après la décharge terminèrent les essais de décharge sur un circuit J de 96 heures.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- Les divers éléments ont accusé les nombres suivants d'ampères-heures :
- ' Fermeture
- Fermeture de 06 heures et Dernière fermeture
- de 06 heures 26 de 60 min. de 60 minutes
- Hellesen..... 2,3915 3,0735 0,0267 ou 95,6 0/0
- Bender......... 2,3400 3,0260 0,026a 92,1
- Thor........... 2,1435 2,8114 0,0242 86,4
- Gassner...... 1,9374 2,6168 0,0236 83,2
- Jenisch....... 1,0347 i,5°52 0,0183 92,8
- Wolfschmidt.. 0,5967 1,0754 0,0058 22,4
- Le pour cent de la dernière colonne se rapporte
- à la première décharge de 60 minutes. En outre le tableau VII donne le nombre d’ampères-heures accusés en 30 minutes après la ire, 9e, 17e, et 25e décharge.
- Les variations de la force électromotrice pour les éléments mis en circuit sur une faible résistance (3 ohms) déterminée sur les éléments n° 3, et 4 sont évidemment plus considérables que
- Fig.
- lorsqu’ils sont en circuit sur 50 ohms. L’arrangement des mesures a été le même que précédemment. On a fait 25 décharges sur 3 ohms à des jours différents, puis on a terminé par une décharge continue de 24 heuies.
- Les résultats de ces essais montrent que les éléments Jenisch et Wolfschmidt ont seuls une forte diminution de force électromotrice, tandis que les autres éléments se sont comportés beaucoup mieux. La figure 1 représente les variations de la force électromotrice avec le temps, l’élément étant en circuit sur 3 ohms seulement.
- Si l’on tient compte du rendement des éléments en ampères-heures, le tableau VIII permet de tirer les mêmes conclusions que le tableau VII. Ce tableau VIII renferme le nombre d’ampères-heures débités par chaque pile en 30 minutes à la irc, 9e, 17e et 25e mesure. Quant au rendement en ampères-heures pendant la fermeture de 24 heures et
- 1
- pendant la durée'totale de mise en circuit, il est donné par les^valeurs suivantes :
- En 24 heures Total
- Hellesen...... 5,0792 amp.-tieures. 9,9432 amp.-heures
- Bender.......... 4,9898 — 9,4495 —
- Thor........ 3,4552 — 7,4ooi —
- Gassner....... 2,6670 — 6,3678 —
- Jenish.......... 1,2236 — 3,2499 —
- Wolfschmidt.. 1,6168 — 2,9959 —
- Nous avons cité dansXce résumé un grand nombre de résultats ; ’cela était nécessaire par suite de la nature particulière du sujet et aussi parce que les'données exactes" et impartiales sur les piles sèches sont très rares.
- Decequi précèdeil résulte doncqueles éléments Jenisch et Wolsfchmidt sont loin d’avoir des qualités équivalant à celles des éléments Helleser ouîBender. Ces derniers peuvent rendre des services utiles dans bien des cas, dans les installa-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- TABLEAU VIII
- Numéro de la clôture [ du circuit Hellesen Bender Thor Gassner Jenisch Wolfschmidt
- ampères- heures 0/0 ampères- heures 0/0 ampères- heures 0/0 ampères-» heures 0/0 ampères* heures 0/0 ampères- heures 0/0
- I 0,2120 100 0,1959 100 0,1959 100 0,1943 100 0,0861 100 O.OQ48 100
- 9 0,2015 95,0 O,1801 9<,9 0,1656 84.5 0,1585 81,6 0,0823 95,6 0,0612 64,6
- >7 0,1872 88,5 0,1761 89,0 0,1495 76,3 0,1308 67,3 0,070*7 92,6 0,0401 42,3
- 25 0,1779 »3>9 o,1619 82,6 0,1206 61,6 0,1138 58,6 0,0762 88,5 0,0316 33,3
- tions de sonneries et de téléphonie aussi bien que dans les mesures de laboratoire.
- A. P.
- REVUE DES TRAVAUX
- Le problème de la téléphanie, d’après M. Henri, Sutton.
- Les découvertes de Graham Bell, de Hughes et de Van Rysselberghe fournissent actuellement une solution si satisfaisante de l’audition à distance qu’on trouverait presque naturel d’y joindre, comme un agréable, complément, la vision à distance. La question cependant n’a encore rien perdu de son caractère absolument hypothétique ; les inventeurs qui s’y sont attaqués étaient pour la plupart plus audacieux que savants. Personne, croyons-nous, n’avait compris et posé le problème de la vision à distance comme vient de le faire M. Henri Sutton, dont nous reproduisons l’intéressant article, en adoptant l’appellation de télé-phanie qu’il propose.
- Nous ne hasarderons qu’une simple question. N’est-il pas improbable qu’on puisse, par transmission électrique, réaliser la téléphanie si la lumière elle-même est une forme de l’énergie électrique au travers de certains milieux?
- L’art de la téléphonie est simple relativement à la téléphanie ; il s’agit de transmettre une série d’ondes de fréquence et de longueur variées, et le caractère consécutif du son se prête de lui-même admirablement à la transmission électrique. La téléphanie, au contraire, rencontre dès le début une grosse difficulté préliminaire : c’est d’une surface ou d’un plan qu’il s’agirait d’observer toute l’apparence et l’aspect, variables à tout instant.
- Le problème se présente ainsi : trouver un procédé pour que les aspects variés d’une surface plane déterminent une succession de courants
- électriques, et, au moyen de ceux-ci reconstituer, pour ainsi dire, une épreuve de la surface originelle. C’est-à-dire, voici une image optique qui se présente comme une surface, traduisez-lâ en une suite de courants électriques successifs, et par l’effet de ceux-ci obtenez l’impression d’une surface ayant les caractères de l’image primitive.
- En somme, deux images instantanées et une succession de courants électriques ayant une certaine durée, pour obtenir malgré cette opposition une impression instantanée de l’esprit. Avant de montrer comment aborder ce problème d’apparence impossible, j’exposerai un moyen probable de transmettre une image photographique.
- Si l’on fait sur papier épais ce que les photographes opérateurs appellent le négatif d’un portrait, qu’on le transporte photo-lithographique-ment sur zinc et qu’on utilise ce dernier pour la transmission par un télégraphe autographique, le résultat voulu sera atteint. En fait, si l’on applique notre connaissance de la gravure en taille-douce à la télégraphie on possède le moyen de transmettre télégraphiquement le portrait photographique de quelqu’un.
- Avec un cliché négatif on peut obtenir l’impression sur zinc ou sur cuivre sensibilisé à l'albumine ou au bitume et débarrassé ensuite, suivant le cas de l’albumine ou du bitume en excès par lavage à l’eau ou à la térébenthine; en plaçant après développement la plaque sous le style d’un télégraphe autographique quelconque, on obtiendra au récepteur le fac-similé du portrait. J’ai employé l’expression de cliché négatif parce que c’est une appellation commerciale; en réalité il faudrait un cliché positif.
- Mais on peut aller plus loin ; au lieu de recevoir le fac-similé sur papier chimique, comme dans le télégraphe autographique de Caselli, on peut se servir du style récepteur pour perforer à l’aide de l’étincelle électrique une feuille de
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 53g
- papier mince (au moyen d'une bobine d’induction en fonctionnement continu, mais introduite en circuit par le courant transmis). En passant alors sur le papier perforé et placé sur une pierre ou une plaque de zinc un rouleau chargé d’encre grasse
- on aura un cliché d’imprimerie; le portrait sera transmis et reproduit pour l’impression électro-photographiquement et mécaniquement.
- Tout ceci pourtant n’est point delà téléphanie; il s’agirait pour celle-ci de transmettre l’image des
- Fig. 1 et 8
- objets en mouvement tels qu’on les voit dans la chambre photographique, à la coloration près.
- J’ai consacré plusieurs années à l’étude du problème et j’ai imaginé il y a cinq ans le sys-
- tème suivant, ainsi que mes amis de Victoria en peuvent témoigner. Mon système pourra servir à ceux qui cherchent dans le même^ sens et je pense qu’il offre avec une approximation suffi-
- sante la solution de ce problème difficile. En tout cas, s’il n’est pas sous sa forme actuelle la solution réelle, je pense que c’est dans cette direction que la solution de la téléphanie pourra se rencontrer.
- Transmission. — Un objectif photographique rapide L (fig. i et 5) produit en A A une image aérienne fortement éclairée.
- Un disque léger jD D de métal (fig. 1, 2 et 3)
- tourne à une vitesse constante d'au moins 65° tours à la minute, réglée par une roue phonique Lacour et un diapason comme dans le télégraphe
- multiple de Delany.
- Une plaque de verre ou d’un isolant quelconque G (fig. 1, 3 et 5) supporte à sa surface deux pièces triangulaires de métal SS, séparées l’une de l’autre par un intervalle entre lequel se trouve en G unjpeu de noir de fumée ou de sélénium, dont la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- résistance électrique peut changer par la lumière. Le noir de fumée comprimé est probablement la matière la plus convenable.
- Le disque D D présente une série de trous i, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8 disposés en spirale à partir de son centre; ces trous doivent être en grand nombre et chacun cependant doit être seul à son tour dans le champ de l'image AA.
- La lentille RL (fig. 1 et 5) est la partie la plus importante de la transmission. Je la nomme la lentille réglante ; cette lentille reçoit sur sa face plane l’image aérienne donnée par l’objectif L, et sa distance focale est telle que tous les rayons qui
- lui parviennent au travers du disque perforé convergent en un point ou foyer C; elle a pour fonction d’amener successivement chacun des rayons entre les extrémités du circuit formé par Si Ej, C, E, S.
- Sous l’influence de la lentille réglante l’image entière AA agit sucéssivement et faitjvarier la résistance de C suivant l’éclairement ou l’ombre des points de l'image. On résout ainsi le gros problème de la traduction d’une image plane en une suite de courants d’intensité variable, en amenant successivement C sous l’influence de l’image entière en un dixième de seconde, en
- reconstruisant l’image à l’arrivée pendant le même temps, la persistance de la vision donnera l’impression d’une image unique.
- Réception. — La source artificielle de lumière S (fig. 4 et 5) fournit un rayon dirigé par la lentille L au travers de deux prismes de nicol P A et de la lentille M qui, amplifié par MM, est reçu par l’oculaire E. Il faut absolument que le rayon soit reçu par l’intermédiaire d’un système optique ; la présence d’un écran diffusant en XX serait fatale en raison de la nature délicate de l’effet cherché.
- Un disque perforé DD (fig. 4) semblable à celui de la transmission tourne synchroniquement avec lui.
- Les excitateurs K K (fig. 4. 5 et 6) laissant entre eux un petit espace sont placés dans une cuve à sulfure de carbone S. En faisant tourner le
- nicol P à 4ls0. on le règle à la position d’extinction.
- L’excitateur K K fait partie du circuit secondaire du transmetteur — c'est-à-dire de la ligne. L’effet électrostatique produit sur le sulfure dé carbone sous l’aclion des courants induits par la transmission est de nature à faire tourner d’une quantité variable le rayon polarisé, et par suite une quantité variable de lumière arrivera à l’œil en E.
- 11 est évident que les éclats variables seront vus en position semblable à celle de l’image primitive en raison du synchronisme des disques.
- La réception est donc fondée sur la découverte du Dr Kerr de la rotation du plan de polarisation de la lumière produite par un champ électrostatique agissant sur un milieu.
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- »
- ' Il ne me semble pas faire doute que les courants électriques induits agiront en un dixième de seconde et la question est de savoir si l’action déterminée en 00 suffira à produire un effet observable ou qui puisse le devenir en faisant traverser à la lumière soit, comme sur la figure 5, une cuve, soit un tube de sulfure de carbone d’une certaine longueur. En admettant qu’ainsi la téléphanie est fondée sur un principe juste, il reste à savoir si les effets quantitatifs des phénomènes physiques utilisés sont suffisamment grands.
- Je pense que le transmetteur peut être considéré comme assez bon dans l'état actuel de nos Connaissances et qu’il pourrait réussir. 11 offre des chances de succès.
- Quant aü récepteur, c’est une question de grandeur ; la quantité de lumière nécessaire pour impressionner l’œil peut être fort petite quand elle est reçue par des appareils optiques, en fait beaucoup trop petite pour produire aucun effet sur un écran ; et une quantité de lumière insuffisante pour produire aucun éclairement visible peut donner quand on la reçoit par un oculaire l'impression d’un point lumineux.
- Je regrette mon inhabileté à citer pour le moment le nom de l’inventeur du disque tournant; à part cela l’ensemble du projet est original, et je l’ai imaginé à Ballarat (Victoria).
- E. R.
- - I/électrolyse par les courants alternatifs, par le D' Guglielmo Mengarini (’).
- Dans ce mémoire le docteur Mengarini étudie une question qui depuis quelques années a pris, par suite de ses applications, une grande importance. Après l’examen des faits généraux, connus depuis longtemps, ou étudiés récemment par MM. Maneuvrier et Chappuis et MM. Ayrton et Perry, il compare les diverses théories qu’on a proposées pour les expliquer. Le résultat très intéressant de sa discussion c’est qu’il n’est pas nécessaire de recourir à de nouvelles hypothèses pour rendre compte des faits connus.
- Pour faire la théorie, l’auteur considère d’abord le cas où il ne se produit pas d’électrolyse : l’intensité du courant variant suivant une loi sinu- (*)
- (*) Reale Accademia dei Lincei.
- soïdale, la force électromotrice de polarisation obéira à la même loi, ainsi que la différence de potentiel aux pôles du voltmètre. Il y aura Seulement une différence de phase entre les deux phénomènes : l’insertion d'un voltmètre produit le même effet què celle d’un conducteur possédant une self-induction.
- Si la polarisation peut devenir assez forte pouf que l’électrolyse ait lieu, la partie supérieure de la courbe sinusoïdale qui représente la variation de cette force électromotrice sera lemplacée par'une droite. L’étude attentive des courbes permettra de prévoir toutes les particularités du phénomène, que des expériences simples mettront ensuite en évidence.
- C’est sur ce double fondement que sont basées les conclusions suivantes :
- i° Dans un voltmètre traversé par des courants alternatifs, la polarisation produit une différence de phase entre la différence de potentiel aux pôles et l’intensité du courant.
- 20 La décomposition électrolytique ne se manifeste’ que si la polarisation peut, pendant une période, atteindre une valeur limite déterminée, qui dépend de la nature de l’électrode et de l'électrolyte et de la densité du courant sur chaque électrode.
- 30 Si, pendant le même temps, deux courants, l’un direct, l’autre alternatif, font passer dans ce voltmètre la même quantité d’électricité, le rapport des quantités d’électrolytes décomposées sera égal à la fraction de la durée de la période pendant laquelle l’électrolyse a pu avoir lieu. ;
- 40 En diminuant la densité du courant sur l’une des électrodes à la surface de laquelle on voit apparaître les produits de la décomposition électrolytique, on diminue ainsi la polarisation, et on peut faire cesser l’apparition de ces produits.
- 30 Si on augmente la rapidité des alternances d’un courant sans modifier l’intensité ni la densité, la polarisation diminue de plus en plus, et on peut la rendre inférieure à la limite nécessaire pour l’apparition des produits de l’électrolyse.
- 6° L’énergie électrique dépensée dans Un voltmètre traversé par des courants alternatifs est inférieure au produit de la valeur moyenne du carré de l’intensité par la valeur moyenne du carré de la différence de potentiel aux élecfrodesT Un voltmètre se comporte dans ces conditions comme un conducteur métallique qui possède une self-induction.
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- 7® La différence entre l’énergie réelle et l’énergie apparente dépensée dans le voltmètre est d'autant plus petite que la quantité d’électrolyte décomposée pour une même densité de courant et un nombre déterminé d’alternances est plus grande.
- Enfin l’expérience a montré que :
- 8° Dans un voltmètre à eau acidulée ou qui contient des solutions salines, la quantité d’électrolyte décomposée à une électrode donnée, pour une valeur déterminée de la densité de courant sur l’autre électrode et du nombre d’alternances, va en croissant quand il y a une recombinaison évidente du gaz tonnant sur l’autre électrode. Par suite de cette recombinaison un courant direct se superpose au courant alternatif, dont il modifie le caractère.
- 9° Les courants alternatifs peuvent produire la décomposition des sels fondus, et cette décomposition obéit à la loi de la densité de courant.
- io° Après qu’un voltmètre à électrodes de pla tine ou d’or a été traversé par un courant alternatif, on y constate l’existence d’une polarisation assez durable.
- il® On peut tirer parti de cette polarisation pour utiliser le voltmètre à redresser un courant alternatif, qu’il transforme en une suite de courants directs de courte durée qui se succèdent à intervalles rapides.
- 12° Pendant l’électrolyse, les électrodes, même d’or ou de platine, sont fortement attaquées et se détruisent en peu de temps.
- Ajoutons que les faits nouveaux qu’apporte l’auteur avaient été observés d’abord dans l’élec-trolyse produite par un courant direct convenablement renversé, ce qui démontre irréfutablement qu’au point de vue qui nous occupe on ne peut établir aucune différence spécifique entre les courants directs et les courants alternatifs.
- Nous ne croyons pouvoir mieux faire en terminant que de reproduire les termes mêmes du rapport de M. Blaserna.
- « Ce travail est conduit avec soin et contient non seulement une série de faits nouveaux ou mieux étudiés sur un sujet encore vivement controversé, mais encore une explication de ces faits fondée uniquement sur des notions existant déjà dans xla science, et qui les fait tous rentrer dans les idées ordinaires. »
- C. R.
- Sur les équations fondamentales de l’électrody-
- namique pour les corps en mouvement, par
- H. Hertz {Suite) (l).
- 4° Surface de glissement.
- Les constantes électrodynamiques peuvent varier d’une manière discontinue à la surface de séparation de deux corps hétérogènes sans que les composantes de la vitesse a, p, y vers cette surface éprouvent une discontinuité simultanée de variation. Comme surfaces agissant ainsi nous pouvons considérer celles qui séparent un corps solide d’un liquide ou bien deux liquides entre eux ; nous sommes libres de supposer aussi que le passage d’un corps à l’éther ambiant possède la même propriété. La production d’un mouvement continu ne donne lieu à aucune considération relative à cette surface ; l’état des points matériels de chaque côté de la surface est donné par les mêmes équations que pour les corps en repos.
- Les phénomènes sont tout différents dans le cas de surfaces vers lesquelles les composantes de la vitesse éprouvent des variations discontinues. D’après une remarque faite précédemment, la composante de la vitesse parallèle à la surface peut seule présenter une discontinuité de variation; aussi nous désignerons ces surfaces par le nom de surfaces de glissement. Elles peuvent séparer deux corps solides en contact ; dans notre ignorance des vrais phénomènes il est aussi plausible et plus commode d’admettre que la surface de séparation d’un corps et de l’éther est une surface de glissement.
- Comme nous le remarquons encore dans l’introduction, nous pourrons considérer une surface de glissement comme le cas limite d’une couche de passage dans laquelle les mouvements et les constantes électrodynamiques varient très promptement, mais toutefois d’une manière continue. Il est suffisant, pour déterminer les actions exercées vers cette surface, d’astreindre la transition à certaines conditions. Nous supposerons qu’aucune grandeur n’est infinie, même dans la couche de passage; nous ferons aussi abstraction de l’existence de forces électromotrices dans la surface de glissement.
- Transportons l’origine des coordonnées en un point quelconque d’un élément prisdans la couche
- (!) La Lumière Électrique du 6 décembre 1890, p. 488.
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- de passage et supposons que l’origine se meuve avec ce point. Plaçons l’axe des % perpendiculairement à l’élément, la perpendicularité se conservant pendant le mouvement. Le plan de xy est alors toujours tangent à l’élément considéré. Nous supposerons enfin que les grandeurs
- X, Y, Z, L, M, N X', Y', Z', L', M', N' u, v ,w, a!, p , x
- restent finies vers la surface de glissement, ainsi que leurs dérivées par rapport à x ou à y, et ainsi que les dérivées par rapport à t de
- X', Y', 11, U, M', N'.
- Nous ne pouvons, au contraire, admettre que les dérivées par rapport à ç ne sont pas infinies, à d y
- l'exception de qui, d'apres nos remarques, reste
- toujours fini. D’après cela y est infiniment petit dans toute la couche de passage. Multiplions maintenant la première et la troisième équation du chapitre I, par d%; intégrons par rapport à \ à travers toute la couche de passage en remarquant que par suite du court chemin d’intégration, l’intégrale de toute valeur finie disparaît complètement. Nous obtiendrons alors les quatre équations suivantes, l’indice i se rapportant à l’un des côtés de la surface de glissement et l’indice 2 à l’autre côté :
- Y* Yj =
- X* — Xi = — kf* N' dy.
- M2 — Mi == — A/^Z' dy.
- Ls — Ll = -A/V ^ dy.
- Ces équations donnent les relations qui existent à la surface limite entre les composantes tangen-tielles des forces. Les composantes normales sont reliées par les mêmes conditions que pour les corps en repos; c’est-à-dire que la densité superficielle du magnétisme vrai vers la surface de glissement ne peut varier que par convection et que la densité de l’électricité vraie ne peut varier que par convection ou par un courant proprement dit. Si l’élément considéré dans la couche de passage ne contient pas de vrai magnétisme ni d’électricité vraie, Z' et N' sont alors constants dans toute cette
- couche; les équations du dernier système prennent alors la forme
- X2 —Xi = AN'(Pi-pa> Yj — Yi = A N' (aj — ai)
- 1-2 — Li = A 11 (p2 — Pi) M2 — Mi = A 11 (ai — a»)
- Ces équations sont applicables, par exemple, au cas où l’on aurait un corps solide tournant autour d’un axe fixe et entouré complètement d’un autre corps très voisin. Si le système est soumis à une distribution de force magnétique répartie symétriquement autour de l’axe de rotation, il n’y a aucun sujet de production de force électrique aussi bien dans l’intérieur du corps tournant que dans l’intérieur de la masse environnante.
- Ces forces manquent donc si la distribution magnétique est limitée à, l’intérieur de l'un ou de l'autre des deux corps, mais si les lignes de force traversent les surfaces de glissement de ces corps il se développe alors vers ces surfaces les forces électromotrices indiquées par les équations précédentes. Ces forces se propagent ensuite dans l’intérieur des corps poury produire une certaine tension engendrant un courant électrique.
- Si les corps considérés sont mauvais conducteurs et sont soumis à l’influence de forces électriques réparties symétriquement autour de l’axe de rotation, le mouvement produit alors en vertu des précédentes équations une excitation magnétique. Ces dernières sortes d’action n’ont pas encore été constatées avec sûreté comme les premières; toutefois elles sont rendues fort probables par les recherches de Rœntgen (*).
- Dans le cas général où une couche de magnétisme vrai et de vraie électricité est répandue sur la surface de glissement, la ^connaissance de la densité superficielle ne suffit plus pour permettre d’intégrer les précédentes équations; il faudrait maintenant savoir dans quelle mesure l’électricité et le magnétisme participent dans la couche de transport au mouvement des corps mobiles. Les expériences de Rowland sur le mouvement d'un disque électrisé nous donnent bien quelques indications, mais elles ne sont pas suffisances pour résoudre ce problème général.
- 5 0 Conservation de l'énergie.
- Nous supposerons que le passage décrétât initial à l’état final se fait en deux parties pendant
- (*) Rœntgen, IViecl. Ann., t. XXXV., p. 264.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- chaque élément de temps. Dans la première partie les particules matérielles passent de la position primitive à la position finale en entraînant les lignes de force dans leur mouvement. Dans la seconde partie les forcesélectriquesel magnétiques produites exercent maintenant leurs actions et déterminent l’état électromagnétique final. La variation totale éprouvée par l’énergie électromagnétique du système pendant la transition complète est la somme dis variations relatives à chaque partie. Les phénomènes produits pendant la seconde partie sont les mêmes que pour les corps en repos. Mais pendant la première partie l’énergie électromagnétique de chaque particule matérielle du système varie pareillement; il reste donc à trouver la cause dé la persistance de cette énergie diminuée ou l’origine d’une augmentation d’énergie.
- Dans le domaine des faits accessibles à l’expérience on peut assurer en toute certitude que l’énergie existant dans tout système entièrement électromagnétique est exactement compensée par le travail mécanique effectué pendant l'élément de temps considéré par les forces pondéromo-trices électriques et magnétiques du système. Mais Ce principe ne suffit pas pour déterminer les forces pondéromotrices à l’aide des variations calculables de l’énergie électromagnétique. Aussi nous sommes obligés d’admettre quelques hypothèses indiquées par aucun fait d’expérience.
- ' La première hypothèse étend le principe indiqué pour tout système entièrement électromagnétique à chaque particule matérielle de ce système. La seconde hypothèse admet qu’une partie quelconque du système ne peut exercer sur le reste du système aucune force autre que les pressions qui sont développées à la surface de l’élément de là première partie sur l’élément de la seconde partie en contact et qui en chaque point de la surface du contact sont indépendants de l’état électromagnétique au voisinage du point.
- ‘ A l’aide de la première hypothèse, ces pressions sont complètement déterminées. Considérons pendant l’élément de temps dt l’énergie magnétique d’une particule matérielle dont le volume variable estii;' pendant le cours de l’élément de temps et d t au commencement de cet élément. Faisons coïncider l’origine du système des axes coordonnés avec l’un des points matériels de l’espace dt\ Si cet élément de volume se mouvait comme un corps solide, en entraînant avec lui les
- lignes de force correspondantes, son énergie totale ne varierait pas. La variation de cette énergie doit donc, en général, être une fonction de la torsion éprouvée par dx' pendant le mouvement; le problème consiste ainsi à représenter soüs cette forme chaque variation.
- La polarisation ne varie pas seule par l’effet de la torsion ; les constantes magnétiques éprouvent aussi un changement. Pour traduire par le calcul toutes ces variations nous devons désigner plusieurs .quantités. Définissons d’abord, en même temps que les constantes [/., une suite de constantes données par les équations :
- L'L + M'M -f N'N = Pu L« + 2(iiîLM + etc.,
- U L + M'M + N' N - i/n L'* + 3 ix'iî LM + etc.
- Les constances (/ sont donc les coefficients de L', M', N' dans les fonctions linéaires de ces grandeurs donnant l’expression des forces. Appelons %, tj, Ç les déplacements éprouvés par le point dont les composantes de la vitesse sont a, y. Les grandeurs suivantes
- sont alors les composantes de la torsion de l’élément d t' dans lequel ont lieu les déplacements X, Tj, Ç. Les constantes sont fonctions de ces grandeurs et dépendent en outre des rotations rx, r2, fz éprouvées par l’élément en même temps que la torsion. Comme pendant l’élément de temps dt les grandeurs xx, xy aussi bien' que les rotations sont infiniment petites, la relation précédente est linéaire; elle est connue dès que les dérivées des .par rapport à ru r9, r3, xx, xy, etc., sont données. Les dérivées par rapport aux trois premières quantités sont ainsi calculables à l’aide des valeurs correspondantes des (*'. 11 n’en est pas
- de même pout les dérivées par rapport à xx>xy, etc.
- et nous devons admettre vantes sont données : que les grandeurs sui-
- d u'm , d u/u , ,
- d ia'u , d {jl'i 2 , ,
- -rf— = (a 12,12, etc.
- Toutes ce s nouvelles constantes ainsi définies caractérisent les propriétés magnétiques de l’élément remplissant l’espace d t' pendant son état de déformation momentanée ; aucune de ces con-
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
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- stantes ne peut être déduite des qualités magnétiques connues de l’élément. Par une orientation convenable du système d’axes coordonnés employé on peut diminuer le nombre de ces constantes; on peut aussi effectuer une diminution s’il y a des rapports de symétrie relatifs aux axes choisis.
- Dans le cas le plus simple, où la 'substance est isotrope dans l'état initial et pendant la déformation, dans un liquide, par exemple, le nombre des nouvelles constantes se réduit à une seule, qui, jointe à l’une des constantes de magnétisation, suffit pour déterminer complètement les propriétés magnétiques. Il n’est d’ailleurs pas invraisemblable que dans le cas général on ne puisse trouver de relations permettant de réduire considérablement le nombre des constantes.
- Nous pouvons maintenant chercher la variation pendant l’unité de temps de l’énergie totale contenue dans l’espace d ?' et nous obtenons successivement les expressions suivantes :
- d_
- dt
- (L' L + M' M + N'
- = 8^[r/T5(i'/llL'2
- N) d r']
- 4- 2 (d'ig L' M' + etc.)
- + (L' L + M' M + N' N)^ dx'
- "Si*
- L dt + M dt:
- ] '
- + »f)-
- * etc-)
- + (L'L+M’M+N' N, (g + $ + £)]
- K
- I- L'2 + 2 L' M' -f-etc
- Les grandeurs
- d L' dW d N' dt’ dt ’ dt
- sont données par
- les équations :
- du
- dt
- dW
- dt
- dW
- dt
- 1 da , ... du.
- + M 5? + N ^
- + N' ^ + L' ^ dç d x
- + L' p + M' ^ dx dy
- En outre pour les grandeurs
- d ;j. j i
- d t
- dy-'n
- dt
- d\s!\ 1
- dx.
- dx
- dy!_« dx,
- dt T dxv dt ^ , '
- dp!a dr\
- dn
- dt
- + etc.
- - Av, g + (g + *)+ CIC.
- On trouverait des expressions analogues pour
- du!
- •^p,etc. En remplaçant dans le second membre
- de l’expression de l’énergie les grandeurs
- d L' dt
- etc.,
- par leurs nouvelles valeurs, ce membre devient alors une fonction homogène dés nouvelles dérivées de a, p, y par rapport à x, y, £. Ordonnons alors cette fonctions de telle sorte qu’elle apparaisse comme une fonction linéaire des six vitesses
- de déformation ^ etc., et des trois
- dx dy dx
- vitesses de rotation - (~ — ~\, etc. ; nous re-2 dtX J
- marquerons que les coefficients des trois vitesses de rotation doivent disparaître identiquement, puisqu'un mouvement d’une partie du corps analogue à celui d’un corps rigide ne produit aucune variation de la quantité d’énergie. En éliminant donc les termes contenant les vitesses de rotation et en divisant par dt, pour ramener à l’unité de volume, nous obtenons finalement l’équation suivante :
- ki [iî<L'L+M'M+N'N)*']
- l ti, fi
- = ïï Tx (U L~M'M—N' N+ v’0,11 L'‘+2|«'i!,u L'M'+etc.) + (—L'L+M'M—N'N+|/n,22 L'2+2|j/i2,22 L'M'+etc.)
- + 5— -r^(—L'L—M'M + N'N+(a'u,33 L'2+2n'i2,33 L'M'+etc.)
- O TZ Cl-Ç
- + ^ (N' M + M'N + (j/x 1,23 L'2 + 2 ji'12,23 L'M'+etc.)
- + + (L'N +N'L+[/nj3L'2 +2ji'12,13L'M'+etc.)
- 4- + (M'L+LM'+[j.'ii,i2L'2 + 2[i.'i2,i2L'M' + etc.)
- Les coefficients des vitesses de déformation situés dans le second membre, pris négativement, nous donnent les composantes delà pression avec laquelle la matière magnétiquement troublée tend à augmenter la déformation. En appelant, comme le fait Kirchoff, Xx, Xy> X~ les composantes de la pression exercée par la matière de l’élément dx sur une section menée perpendiculairement à l’axe des x, et en étendant ce symbole aux deux autres axes, l’expression _ __
- + Y,
- X, ~ + Y, *dx J
- fdy dy\ Wr dy)
- +
- X,
- dj cl X
- ÿ + z. cil
- cl y - d y
- +
- da\
- d{)
- + X,
- 'd a rfg\ ,dy + dx)'
- a a'
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- représente le travail mécanique effectué par les particules matérielles de l’élément d t ramené à l’unité de temps et à l’unité de volume. D’après nos hypothèses, ce travail mécanique est égal à l’énergie magnétique perdue par suite de la déformation. Chaque composante de la pression est une fonction quadratique homogène des trois composantes de la force magnétique agissante et des trois composantes de la polarisation magnétique agissante. Par des considérations analogues, on obtient des expressions tout à fait semblables pour les pressions exercées par une perturbation électrique. La, pression totale est égale à la somme des pressions électriques et magnétiques.
- Nous ferons plusieurs remarques au sujet des valeurs trouvées pour les pressions pondéromo-trices. La première remarque concerne la différence entre notre système de pression et celui donné par Maxwell dans le cas général et dans lequel la force et la polarisation ont des directions différentes. Les formules de Maxwell paraissent tout d’abord plus simples, car elles ne tiennent pas compte de la déformation du milieu. Une différence plus importante consiste en ce que les composantes des pressions que nous désignons par les symboles Xy et Xx ont pour Maxwell des valeurs différentes et pour nous des valeurs identiques. D’après notre système chaque partie abandonnée à elle-même change de forme, tandis que dans le système de Maxwell elle éprouve simplement une rotation. La seconde remarque est relative à la simplification introduite par nos formules dans le cas d’un corps isotrope qui reste isotrope dans ses déformations, c’est-à-dire dans le cas d’un liquide. Le système des constantes jx' se
- réduit ici à une constante u.' = -. En désignant
- f*
- par 8 la densité du liquide nous avons :
- H'il.ll = |j/i
- ,22 = Î2.'33,33 = —
- d lOg 8 [2,srflogô’
- Les trois composantes de la pression deviennent alors :
- X, = (— L2 + M2 + N2)-
- O 7t
- d (A
- ; (L2 + M2 4- N2),
- JL
- Z, = —• (L2 + M2 — N2)
- Y2=^L2-M2 + N2>-8^,og6
- d (2,
- ü % d log S
- (L* -J- M2 + N2),
- 8it
- X„ =----—LM,
- J 4 7t
- x,
- 8 71 d log 8 1*
- (L2 4- M2 4- N2),
- 4 7t
- N L,
- Y. =
- .JL
- 4 ic"
- MN.
- La troisième remarque est relative à la question desavoir jusqu’à quel point les résultantes des pressions déduites de nos hypothèses s’accordent avec les forces mécaniques observées expérimentalement sur les corps soumis à une excitation électromagnétique. Nous remarquons d’abord que toutes nos observations se limitent aux cas de systèmes infiniment voisins de l’état statique ou stationnaire. Mais pour de tels systèmes le principe de la conservation de l’énergie est suffisant pour calculer la grandeur des composantes de la force mécanique exercée à l'aide de la perte de l'énergie électromagnétique produite pendant le mouvement, et comme nous l’avons démontré ces forces ainsi calculées concordent avec les forces observées.
- Nous devons en outre rappeler que les pressions électrodynamiques sont beaucoup trop faibles pour produire des déformations appréciables d’un élément de volume d’un corps solide. Nous pouvons donc en général nous contenter des dernières formules, qui se simplifient encore davantage en remarquant que la constante ix varie très peu avec la densité. Dans ce cas la force produisant un déplacement fini du corps est la résultante des pressions :
- X, = (— L2 4- M2 4- N2),
- O 71
- Yÿ = JL (L1 - M2 4- N2),
- X, (L2 4- M2 — N2),
- O TC
- xs=-f LM, X, = -JLnL, Y. =----------------------— M N.
- 4 21 4 n * 4 n
- Ce système simplifié est le même que celui de Maxwell, qui en a démontré la concordance avec les forces réellement observées entre les aimants, les courants stationnaires et les corps électrisés..
- Je ferai remarquer que ma théorie tire sa valeur surtout d’un ordre systématique : elle admet plusieurs restrictions qui ne sont guère vraisemblables. Une théorie exacte devrait supposer qu’en chaque point l’état de l’éther est différent de celui de la matière environnante, mais unetelle théorie demanderait beaucoup de temps et un grand nombre de nouvelles hypothèses.
- A. C.
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- CORRESPONDANCE
- Paris, le 1" décembre 1890.
- Monsieur le Directeur,
- Dans un article sur l’exploitation de la gutta-percha publié dans; le; n’ 47 de La Lumilre Electrique, M. Sérullas a contesté le poids de 60000 piculs auquel j’ai évalué, dans mon Traité sur la télégraphie sous-marine, la quantité de cette gomme qui a été exportée du port de Singapore en 1881. M. Sérullas estime de son côté que la production totale de gutta-percha pour l’année 1870 n’a pas dû dépasser 2000000 de kilogrammes, soit 30000 piculs.
- Or, d'après le tableau n* 2 annexé au rapport officiel que M. Séligmann-Lui a adressé au Ministre des postes et des télégraphes, à la suite de’la mission dont cet ingénieur avait été chargé dans l’archipel malais, en 1881-1882, les poids de gutta-percha exportée par le port de Singapore en 1881 ont
- été :
- A destination de l’Angleterre de........ 60,535 piculs.
- — du resté de l’Europe de. «,337 —
- — des Etats-Unis de........ 179 —
- Total.......... 62,051 piculs.
- ou trois millions huit cent soixante-dix-huit mille kilogrammes.
- Pendant les 12 ans qui ont précédé, le mouvement d’exportation de la gutta-percha par le port de Singapore a
- été de :
- 50,729 piculs en..................... 1880
- 1 • 55,9>° — ...................... l8/9
- 27>567 — 1878
- 25,330 — 1877
- 17,079 — f'76
- 14,662 — 1875
- 21,667 — 1874
- 36,845 — 1873
- 34,592 — '872
- 26,033 — 1871
- 31,713 — 1870
- J’ajouterai que ces renseignements, sans avoir un caractère d'authenticité absolue, impossible à trouver en pareille matière, ont été recueillis à Singapore même, aux sources les plus autorisées, par M. Séligman-Lui, et que tous les documents auxquels je me réfère ici ont été publiés dans les Annales télégraphiques, 3’ série, volume X, année 1883.
- Espérant que vous voudrez bien porter les explications ci-dessus à la connaissance des lecteurs de votre estimable journal, veuillez agréer, etc.
- WUNSCHENDORFF.
- Monsieur le Directeur,
- Je me proposais de résumer dans des tableaux statistiques les fluctuations subies par le commerce des guttas-perchas, depuis l’époque de l'introduction de ces gommes dans les
- ti'aivsaclions européennes jusqu’en 1890. Aussi;dans le n*-47 de La Lumière Electrique, avais-je simplement donné quelques chiffres en nombres ronds, à titre d’aperçu pour l’e*-posé de la situation actuelle de la question des guttas. ;
- C’est à ce propos que j’ai dit : En 1879, le total des quantités de guttas perchas exportées de Sumatra a représenté plus de 135000 kilogrammes;' la même année leur exploitation dans Bornéo a été supérieure à 130000 kilogrammes et, simultanément, l'exportation en a été aussi très considérable dé Singapore, mais sans y avoir atteint 60000 piculs en aucune année. .
- •*
- Le 6 août 1887, dans le n’ 32 de La Lumière Electrique, p 260, M. Wunschendorff a noté d’abord qu’en 1881 Bornéo a livré au commerce environ 21 000 piculs de gutta, et ensuite que cette année-là plus de 60000 piculs de cette gomme ont été exportés de Singapore. > .
- Or, les 21 000 piculs indiqués ainsi pour Bornéo doivent être compris — presque en totalité — dans les 60000 piculs comptés au profit de Singapore. Présenté sans aucune explication, le double renseignement reproduit par M. Wunschendorff ne pouvait donc pas avoir sa signification réelle; mais dès l’instant que le savant auteur du Traité de télégraphie sous-marine a puisé le second de ces deux chiffres dans le tableau n* 2 annexé au rapport de M. Séligmann, l’erreur qu’il a commise devient explicable.
- M. Séligmann, n’ayant pas parlé des exportations faites de Bornéo et de Sumatra, a pu sans aucun inconvénient dresser un tat leau conforme, en effet, aux documents statistiques publiés dans les colonies britanniques des Détroits. Ce relevé, que je connais très bien depuis le jour où il a paru, je suis loin d’en contester l’exactitude, puisque j’ai l’intention de le compléter jusqu’ennSqo, mais uniquement pour indiquer un mouvement commercial et nullement les chiffres des exportations.
- Ainsi, dans les trois années, qui ont suivi celle de 1882, dans le courant de laquelle s’est arrêté le relevé publié par M. Séligmann, les quantités de guttas-perchas expédiées par Singapore et Penang sur l’Angleterre ont été :
- 1883.... .. 58.706 cwts, d’une valeur de 425.813 liv. sterl
- 1884.... .. 57.66g — — 416.394 —
- 1885.... .. 50.800 — — 323-518 “
- Comme renseignements complémentaires à l’égard de ces trois années-là je pourrais même ajouter :
- Total des impor- cwts liv. sterl 1883 62.800 476.881 1884 62.713 462.746 1885 ' '53-8>9 347-«33
- tâtions en Angleterre ...... moyennes : du prix J 150'* 147rf ,a9J
- Total des réex- par cwts ( cwts 1 liv. sterl 9.862 81.019 7.687 56.693 9.666 70.656
- portations par l’Angleterre... moyennes / ' du prix J 170'’ HT* 146'*
- .Consommation en Angleterre. par cwts ( | en cwts .... 53-938 55.025 44.228
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Toutefois, la majeure partie des gommes qui ont fait l’objet de ces chiffres ont été fournies par les Indes néerlandaises.
- le total de 55910 piculs (1879) et celui de 62051 (H&O sont donc, énormément au dessus des chiffres qui doivent, être comptés pour Singapore, quand on indique parallèlement le mcftitaBt, des exportations dues soit à Bornéo soit à Sumatra.
- Le marché de Singapore reçoit et expédie sur l’Europe et sous le nom de guttas-perchas toute une série de produits qui peuvent être rangés ep deux catégories, suivant leur nature :
- r Les gommes qui méritent plus ou moins ce nom, mais dont il est impossible de dire la composition, et qu’il faut bien accepter comme guttas-perchas;
- 2* Les gommes qui sont reçues et expédiées sous des noms qui désignent nettement des caoutchoucs. En les laissant figurer dans son tableau n* 2, M. Séligmann a eu le soin d’en indiquer la nomenclature dans son tableau n* 1, qui établit en outre catégoriquement que Sumatra et Bornéo alimentent le marché de Singapore.
- En dehors des gommes qui lui arrivent de Pahang, ce marché reçoit une portion des guttas de Sumatra et la presque totalité de celles de Bornéo.
- Les statistiques néerlandaises comptent à leur profit des guttas-perchas que les statistiques des détroits portent de leur côté à l’actif de leurs exportations.
- Veuillez agréer, etc.
- E. Serullas.
- FAITS DIVERS
- La Société Royale de Londres a tenu à l’anniversaire de la Saint-André sà séance solennelle et procédé à la nomination de sir William Thomson pour remplacer M. Gabriel Stokes. Tous les électriciens doivent saluer avec empressement l’élévation de cet homme illustre à la première dignité scientifique d’Angleterre. Les électriciens n’ont pas non plus été oubliés dans la distribution des médailles. La médaille Rhumfort a été décernée au D' Hertz pour ses recherches sur les radiations électro-magnétiques, et le Dr John Hopkins a obtenu une médaille royale pour ses recherches d’électricité et de magnétisme.
- Les deux lauréats ont assisté au banquet qui, conformément à la tradition, a couronné la fête. Ils ont l’un et l’autre répondu au toast dans lequel l’honorable président a porté la santé des tnêdaillistes.
- Le Caffaro nous apprend qu’on s’occupe beaucoup en Italie d’un nouvel avertisseur d’incendie, et d’un nouveau thermomètre avertisseur. Ces appareils qui maiChent par l’électricité, ont été expérimentés le 3 décembre dernier à l’arsenaljde Gênes, en présence du sous-directeur d’artillerie
- de la division territoriale et d’un grand nombre d’officiers.
- A la suite des expériences, qui ont été satisfaisantes, les inventeurs, M. le baron de Rieberstein, et M. Enrico Fois ont fait hommage au roi d’Italie des instruments expérimentés.
- Outre radeesse télégraphique reçue d’Europe à l'occasion du 40” anniversaire de son mariage, Cyrus Field a reçu un grand nombre de cadeaux. Un des plus remarquables est une canne faite avec un morceau de bois de teck qui était entré dans la coque du Great Eastern. Sur la pomme on a gravé l’image du Great E a stem, et une incription relatant cette circonstance.
- Le bruit s’était répandu que M. Edison avait trouvé le moyen de tirer directement l’électricité du chatfeQfQK Mais nous trouvons dans YElectrical World An 11 novemb** Ifc récit d’une interwiev publiée par un reporter américain, qui dément cette assertion, à laquelle nous n’avons jamais pour notre part. M. Edison se borne à montrer avec beaucoup de verve combien il serait à désirer qu’une semblable découverte, pût être faite et qu’elle serait la gloire de l’inventeur qui parviendrait à la réaliser.
- Dans une longue revue des mesures d’électricité publiée dans le même numéro de YElectrical World, M. Shand insiste sur le caractère d’appareils qui ont fait récemment leur apparition, et dont le principe lui paraît digne de fixer l’attention des praticiens. On dérive du courant principal une fraction définie à laquelle on fait exécuter un travail de rotation continue, en créant des résistances telles que le mouvement n’aille point en s’accélérant mais marche avec une vitesse uniforme.
- L’administration de l’exposition de Chicago a constitué un .comité des cérémonies, qui a déjà reçu un grand nombre de communications. Une des idées qui ont le plus de chances d’être adoptées est celle d’une procession des quatre siècles, combinaison émise par le major Frank Godrom, du Massachussets. L’électricité figurera naturellement dans la partie consacrée au XIX* siècle, où l’on verra figurer les grandes inventions qui lui créent une place à part dans l’histoire. Mais elle sera également représentée dont le XVIII” et symbolisée par Benjamin Franklin, dans les travaux, quoique postérieurs à ceux de Gray et de du Fay, remontent presque à l’origine de l’électricité scientifique moderne.
- La Société d’exploitation des tramways de Halle (Saxe) a transfoimé complètement son matériel, et adopté le système de traction électrique de 1 ' Allgemeine Elektricitaets Geselt-schaft. Le courant produit par une station centrale est amené au moteur par un conducteur aérien.
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- Trente-quatre voitures assurent le trafic de cette ligne, dont le développement est de 6,5 kilomètres.
- La production de l'arc voltaïque entre les deux baguettes de charbon d’un régulateur provoque un transport de molécules de carbone. Une partie des molécules suit le trajet de l’arc, l’autre est projetée latéralement, et ce transport en-tratne une augmentation d’usure des charbons.
- Pour s’opposer à cette déperdition, M. Hazeltine entoure le charbon supérieur d’une bague en argil; réfractaire dont le bord inférieur affleure l’arc. Un système de poulies fait descendre cet anneau au fur et à mesure que le crayon s’avance.
- L’Electrical IVorld, de New-York, auquel nous empruntons ces détails, publie deux reproductions de crayons positifs, dont l’un a servi avec l’appareil Hazeltine et l’autre dans les conditions ordinaires. Le premier n’est rongé qu’au sommet, tandis que le second est taillé en cône.
- Il est probable que l’anneau d’argile doit-être fréquemment remplacé, et nous nous demandons si la complication de la lampe, et la dépense de l’anneàu protecteur compensent l’usure anormale telle qu’elle a été définie plus haut.
- Un coiffeur du boulevard des Capucines a eu l’heureuse idée d’introduire la Iqmière électrique dans ses salons capillaires, qui sont fort élégants et qui comptent parmi les plus suivis de tout Paris. Mais voulant allumer ces jours derniers une lampe à incandescence pour tailler les cheveux d’un client avec, plus de précision, il ne prit pas la peine de quitter les ciseaux dont sa main était armée.
- En tournant le robinet il perfora sans y faire attention l’enveloppe isolante d’un des fils. Aussitôt s’établit un court circuit entre le fil et la terre par l’intermédiaire de son corps et des ciseaux. Si la tension avait été suffisante, notre homme était perdu et tombait foudroyé. Mais il en fut quitte pour une brûlure très profonde faite par son outil, qui fut instantanément porté au rouge.
- Ce coiffeur ignorant aurait succombé qu’il serait difficile de mettre sa catastrophe sur le compte de l’électricité. Cependant ne se serait-il pas trouvé des amis du gaz pour la charger ee ce méfait?
- Nous trouvons dans le XIV’ volume des prûceedings de l’Académie américaine des sciences et des arts un mémoire de M. C.-C. Hutchins sur la lumière rayonnée par la lune. L’auteur est parvenu à l’évaluer numériquement avec une pile thermo-électrique nickel et fer composée d’un seul élément. Il annonce qu’en n’ayant pas recours' à une série de couples il a augmenté beaucoup la sensibilité de l’appareil dont il s'est servi pour mesurer l’intensité du rayonnement calorifique de notre satellite. Pour obtenir des effets dont l’énergie ne fût pas trop minime il a placé son élément au point où les astronomes placent l’œil pour inspecter les astres.
- En opérant ainsi il a trouvé pour la pleine lune une valeur égale à la 184,560* partie de là chaleur rayonnée du soleil-, c’est-à-dire supérieure à la fraction de la lumière qu'on lui attribue généralement. Cette circonstance peut s’expliquer par la durée de l’insolation à^.laquelle les substances rocheuses qui constituent la partie orientale du globe lunaire ont été soumises lorsque l’astre est dans son plein.
- Les observations spéciales ont été faites durant l’éclipie du 28 janvier 1888, qui se présentait dans des conditions favorables en Amérique. Elles ont constaté que le rayonnement calorifique ne diminuait que très peu pendant que la lumière disparaissait entièrement. Cette circonstance n’a rien que de conforme avec les idées que l’on doit se former de la manière dont le calorique est accumulé par une surface solide exposée à une énergique insolation pendant un grand nombre d’heures. Mais nous devons ajouter que ces idées seraient en contradiction formelle avec celles que l’on a jusqu’ici adoptées le plus généralement.
- Le transport de force par l’électricité pour les besoins de l’agriculture a été appliqué cette année en Espagne dans les grandes cultures de San-Isidoro, près Aranjuez. L’ingénieur Gordillo a utilisé un cours d’eau pour produire la force motrice.’ au moyen de turbines faisant de 1000 à 1500 tours par minute. Les dynamos employées sont du type Edison, construites par Siemens et Halske.
- La machine transmetteuse reçoit une force qui ne dépense pas 25 chevaux et donne un courant de 30 ampères avec 700 volts. La dynamo réceptrice qui commande les machines agricoles utilise 60 0/0 de la force transmise,
- D’après la Electridad, cette installation est un modèle d’une exploitation avec emploi et transport de force motrice, et la seule qui ait été faite jusqu’ici en Espagne.
- Éclairage Électrique
- La station d’électricité de Redclift (Colorado), dont nous avons déjà parlé, est en pleine activité. Elle est surtout reremarquable par la manière dont l’eau agit sur les roues hydrauliques. En effet, celle-ci descend par un tube d’une hauteur de 170 mètres, et produit par conséquent *on effet avec une poussée directe de 17 atmosphère.
- Décidément le troisième continent veut effacer ses deux aînés par le luxe et la puissance de ses installations électriques. La station d’électricité en construction à Melbourne aura trois salles de machines, longues de 40 mètres et larges de 18. La puissance des moteurs sera de 12000 chevaux et la capacité lumineuse de 200000 lampes à incandescence. La fumée sera conduite dans l’atmosphère par des cheminées de 60 mètres de hauteur*, ayant 3 mètres de diamètre à l’altitude extrême.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Parmi les dispositions que l’on nous signale, mentionnons l’idée de placer les machines sur des rails et de les mouvoir avec des écrous, de manière à obtenir sans avoir besoin de les arrêter la tension des courroies.
- VElectrical World, de New-York, donne quelques chiffres corcefnant le développement de l’industrie électrique aux Etats-Unis. Voici le nombre de lampes et de moteurs instal-
- lés dans, ce pays de progrès :
- Lampes à arc, environ.................. 235,000
- » à incandescence, environ.... 3,000,000 Moteurs électriques, environ............ r8,oco
- Le nombre des chemins de ter électriques en exploitation ou en construction est d’environ 300, la longueur des lignes d’environ 450 kilomètres, le nombre des voitures d’environ 2 500. On peut évaluer la force appliquée pour l’éclairage à 475000 chevaux-vapeur, celle appliquée pour la distribution de la force par moteurs électriques à 75000 environ, les chemins de fer électriques étant compris dans ce dernier chiffre.
- 4-
- La station de production d’énergie électrique de Saint-Pancras, à Londres, dont la première pierre a été posée au commencement du mois, contiendra neuf dynamos à basse tension et deux à haute tension. Ces dynamos seront commandées directement par des machines à triple expansion et à condensation.
- " L’éclairage des rues du district de Saint-Pancras sera obtenu par 19 lampes de 500 watts alimentées par le courant à haute tension i
- " Les dynamos à basse tension sont destinées au circuit des lampes à incandescence: la distribution sera effectuée d’après le système à trois fils, en donnant une différence de potentiel de no volts aux bornes des lampes; le courant à basse tension devra suffire à l’alimention de 10000 lampes à incandescence de 16 bougies anglaises.
- Pendant les périodes de consommation minima, le courant sera fourni par six batteries d’accumulateurs pouvant alimenter 900 lampes à incandescence.
- Le projet actuel comporte une longueur de conducteurs de 8 kilomètres, susceptible de pouvoir alimenter 25000 lampes à incandescence de 16 bougies, de telle sorte que dans l’avenir on puisse doubler l’installation de la station génératrice sans avoir* à poser de nouveaux conducteurs.
- Deux sociétés d’électricité, l’une anglaise et l’autre allemande, ont obtenu des concessions de secteurs à Madrid. La première distribuera par courants alternatifs et a reçu des souscriptions d’abonnement pour 6000 lampes; la seconde emploiera les courants continus et est assurée aujourd’hui d’un service minimum de 11000 lampes. La station de la société allemande aura une capacité de 22000 lampes, que l’adjonction d’accumulateurs Tudor permettra de porter à 40000.
- La population madrilène se montre très favorable au nouveau mode d’éclairage et attend impatiemment l’installatioh définitive de la canalisation.
- Dans plusieurs maisons de rapport de Berlin on a appliqué un système d’éclairage électrique momentané du vestibule et de l’escalier pour les locataires qui rentrent le soir après l’extinction des lumières. Au moment où la porte de la rue s’ouvre, le vestibule d’entrée s’éclaire pendant le temps nécessaire pour le parcourir, puis la première volée de l’escalier, puis la seconde et ainsi de suite. L’idée est très ingénieuse, mais il paraît que le fonctionnement de l’appareil n’est pas très satisfaisant, ce qui serait dû, d’après VElektrotechnischer Ançeiger, à ce que le courant n’est produit que par une pile.
- Télégraphie et Téléphonie
- Un arrêté ministériel autorise la création d’un réseau téléphonique annexe de Paris dans les communes de Bou-logne-sur-Seine, Créteil (Seine) et Rueil (Seine-et-Oise).
- La Compagnie Great Northern Telegraph vient d’établir un nouveau câble sous-marin entre l’Angleterre (Newcastle upon Tyne) et la Suède (Gothenbourg). Le câble forme donc la troisième ligne télégraphique établie par la Compagnie entre les deux pays, dont elle relie directement les territoires, tandis que les deux anciens touchent respectivement en Danemark et en Norwège.
- La longueur totale du nouveau câble est de 510 milles nautiques environ; il a été fabriqué dans les ateliers de la compagnie Telegraph Construction and Maintenance à Londres et a été immergé avec un plein succès pendant les journées du 16 au 21 novembre dernier.
- Le service des télégraphes du gouvernement russe étudie lg construction d’une ligne télégraphique le long de la mer Blanche, de Kala à la frontière norwégienne. Il n’y a pas d’autre moyen de communication dans cette région, jusqu’à présent, qu’un service postal deux fois par semaine.
- Un arrêté ministériel autorise la création d’un réseau téléphonique à Juvisy (Seine-et-Oise).
- Ce réseau comprendra, en outre du territoire de la commune de Juvisy, les communes d’Athis, Ablon, Draveil, Mo-rangis, Grigny, Savigny, Viry, Vigny, Vigneux, Morsang, Ris.
- Imprimeur-Gérant : V. Nory
- Imprimerie de La Lumière ÉlectriqUë — Paris. 31, boulevard des Italiens.
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Electricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNELIUS HERZ
- Xll° ANNÉE (TOME XXXVIII) SAMEDI 20 DÉCEMBRE 1890 No 51
- SOMMAIRE. — Indicateur électrique de route pour navires; Ch. Haubtmann. — De l'utilisation des courants continus de haute tension; Frank Géraldy. — Histoire des batteries secondaires; E. Andreoli.— L’Exposition d’Edimbourg; C. Féry. — Sur l’exploitation de la gutta-percha; Sérullas. — Chronique et revue de la presse industrielle : Compteur Elihu Thomson. — Ampèremètre Walker. — Dosage des nitrates par électrolyse. — Avertisseurs électriques des appareils à distillation fractionnée de MM- Claudon, Morin et Wiesnegg. — Etude de la dynamo Stanley à courants alternatifs, pour lampes à arc, par MM. Torey et Walbridge. — Le développement de la traction par accumulateurs. — Revue des travaux récents en électricité : Société internationale des électriciens (séance du 3 décembre 1890). — Variations de conductibilité sous diverses influences électriques, par M. Edouard Branly. — Solution d’un problème géométrique de magnétisme, par M. T.-F. Blakesley. — Bibliographie : Dictionnaire d’électricité et de magnétisme, par J. Lefèvre; Paris, J.-B. Baillère et fils, éditeurs, fascicules î, 2. —* Faits divers.
- INDICATEUR ÉLECTRIQUE DE ROUTE
- POUR NAVIRES
- Tout le monde sait combien est dangereuse la navigation sur la Manche et la partie nord de l’Atlantique, pendant la saison d’hiver, à cause des brouillards.
- Ceux-ci empêchent souvent les hommes de quart d'apercevoir de la passerelle l’avant du navire, et on conçoit facilement avec quelle prudence on doit marcher afin d’éviter le plus possible les accidents.
- Les moyens que l'on emploie le plus généralement pour signaler la présence de plusieurs navires dans les mêmes parages sont les signaux sonores : cloches, sifflets, sirènes, etc.; mais aucun langage conventionnel, si nous pouvons nous exprimer ainsi, n’a encore été adopté.
- Ainsi, par exemple, sur la ligne de paquebots de Calais à Douvres, pendant les traversées s’effectuant par un temps de brume, un. homme est chargé de mettre en action un sifflet à vapeur toutes les cinq minutes. Si, dans cet intervalle, on perçoit le sifflet d’un autre navire, on stoppe immédiatement, et on indique parquatre coups de sifflet consécutifs que l’on va obliquer à gauche de la route que l'on suit généralement.
- De son côté, l’autre navire, s’il vient en sens inverse, oblique également sur sa gauche, de sorte qué les deux navires dévient en sens opposé de leur direction normale, dans le but d’éviter une collision. Mais il faut bien remarquer que rien n’est plus difficile à apprécier que la position d’un navire pendant la brume, en ne se fiant qu’à la direction d’où semble venir le son.
- Tel signal que l’on croit venir d’un bateau placé à votre gauche émane précisément du côté opposé, par suite d’un phénomène que les marins ont constaté depuis très longtemps déjà.
- D'autre part, si les deux navires, au lieu de suivre des directions parallèles, marchent perpendiculairement, ou dans des directions qui se croisent, les chances de rencontre se multiplient singulièrement, puisque non seulement ni l’un ni l’autre ne sont fixés sur leur position réciproque, mais encore sur leur sens de marche.
- Dans ces derniers temps, on a proposé à l’Amirauté anglaise un code de signaux pour les temps de brouillard capable de renseigner les navires entre eux sur la route qu’ils suivent et d’éviter ainsi un grand nombre de sinistres.
- On emploierait, d’après ce code, un langage conventionnel analogue à l’alphabet Morse, c’est-à-dire des traits et des points. On adopterait une origine des directions de marche, qui serait celle
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- sud-nord, par exemple, et chaque navire indiquerait dans ce langage l’angle que la direction qu’il suit fait avec l'origine.
- Pour donner un degré de précision plus rigoureuse à ces indications, on décida que les signaux conventionnels seraient transmis en degrés d’angle et auraient la signification suivante :
- Coup de sifflet ou de sirène prolongé, 90°;
- Coup de sifflet moyen, puis un coup sec, io° ;
- Coup de sifflet court, i°;
- Durée de l’émission du son prolongé, 15";
- — du son moyen, 7";
- — du son court, 3".
- D’après ce système, un navire courant de O. 1/4 N.-O. à E. 1/4 S.-E., direction qui correspond à 281° 15 du compas, devra siffler ainsi qu’il suit :
- i° 3 coups prolongés,
- 20 i coup moyen,
- 30 1 coup court,
- séparés les uns des autres par un temps d’arrêt très restreint.
- Les navires croisant dans les mêmes parages, avertis mutuellement des directions qu’ils suivent, peuvent diminuer de beaucoup les risques de collision si les signaux que nous venons d’indiquer sont effectués convenablement.
- Dans l’esprit du projet présenté à l’Amirauté le sifflet doit être, faute d’appareil automatique, manœuvré à la main dès que la brume empêche de voir à moins d’un mille.
- On conçoit sans peine que la manœuvre d’un appareil aussi important, confié à la vigilance d’un homme exposé à des distractions, ne laisse pas que d’être un grave inconvénient; aussi a-t-on songé à disposer un mécanisme de commande automatique du signal sonore ne dépendant que de la boussole, ou tout au moins de la direction de celle-ci.
- Le gyroscope de Foucault donne une excellente solution à la question. On sait qu’un gyroscope bien équilibré dont le tore tourne à 3 ou 400 tours par seconde offre une grande résistance lorsque l’on veut faire varier d’azimut le plan de rotation de ce tore. 11 n’y a donc qu’à orienter ce plan dans la direction du nord vrai et à mettre l’appareil en mouvement pour se rendre compte des déviations du navire. Tel est à peu près le gyroscope de
- M. Trouvé, que l’on a pensé à modifier de la manié! e suivante.
- Sur la couronne portant l’axe du tore on a fixé un cercle cylindrique A (fîg. 1) disposé en sections métalliques communicantes et en sections isolées, de manière qu’en considérant une quelconque des génératrices du cylindre on rencontre une combinaison différente de parties métalliques et isolées. Toutes les parties métalliques communiquent entre elles, et les isolements sont simplement formés en creusant des rainures dans la
- fl 0
- Fig. 1. — Ensemble de l’appareil automatique.
- masse du cercle et en coulant de la matière isolante dedans. Un frotteur placé à la partie supérieure du cercle est en communication avec un pôle d’une petite dynamo.
- Sous l’ensemble du gyroscope proprement dit est installée une boîte B contenant un mouvement d’horlogerie mettant en action la roue à cames C, qui opère un tour complet en 10 minutes.
- Cette roue à cames est prise dans un cylindre de cuivre et découpée comme il suit sur le tiers environ de la circonférence de la base :
- i° 3 grandes cavités;
- 20 8 cavités moyennes suivies chacune d'une petite;
- 30 9 petites cavités.
- Puis, sur la base inférieure du cylindre et entre
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- chaque cavité des n°s i, 2 et 3 des blocs formant saillie ont été rapportés et font par leur passage sur le levier à mouvement de sonnette D avancer d’un cran la roue H.
- Cette roue est calée sur le même axe qu’un pignon commandant la roue de renvoi h, qui a prise sur la crémaillère R.
- Cette crémaillère fait partie du levier de contact P qui, par un ressort antagoniste, tend à venir s’appliquer sur la couronne A du gyroscope toutes les fois qu’il se présente une cavité dansJa roue des cames C.
- Ce levier est en connexion avec l’autre pôle de la petite dynamo. Chaque fois qu’il viendra s’appliquer sur la couronne A on fermera donc le courant, et si un électro-aimant est placé dans le circuit son armature se trouvera attirée.
- Si on commande à l’aide de cette armature la soupape de retenue soit d’un sifflet à vapeur, soit d’une sirène de Holmes, ainsi que le font MM. Sautter-Lemonnier, on conçoit immédiatement que l’on pourra par ce moyen opérer tous les signaux du langage conventionnel que nous avons exposé plus haut.
- En effet, la marche automatique de l’appareil s'effectue ainsi : la came maintient pendant un certain temps le levier P éloigné de la couronne A. Lorsque la première grande cavité se présente devant lui, il s’applique immédiatement sur cette couronne, et s’il trouve un contact métallique, le courant de la dynamo se ferme et fait produire un signal. Le contact de la couronne et du levier est rompu par suite de la rotation de la came, mais le levier coudé D a rencontré un bloc qui a fait effectuer la rotation d’un cran de la roue H, la crémaillère a légèrement .descendu, et le contact du levier P est maintenant un peu plus bas. Quand il viendra se réappüquer sur la couronne A lors du passage de la seconde cavité, il rencontrera soit un contact métallique, soit une partie isolée; dans ce dernier cas, le courant ne se fermera pas et aucun signal ne sera effectué, et ainsi de suite jusqu’au bas des génératrices de la couronne A, endroit où il se produira un déclenchement qui fera remonter la crémaillère à sa position initiale, et qui correspond à la fin des découpures de la came C.
- L’ensemble de l’appareil, étant monté sur une suspension à la Cardan et relié à sa partie inférieure à une forte lentille de pendule, estindépen-dant des mouvements de roulis du bateau, qui,
- du reste, sont toujours presque nuis en temps de brouillard.
- Ch. Haubtmann.
- sur l’utilisation industrielle
- DES COURANTS CONTINUS
- DE HAUTE TENSION <*).
- Les installations de la Société four la transmission de la force par l'électricité.
- Lorsqu’il s’agit de déterminer l’unité dynamomécanique à choisir pour la constitution d’une usine d’électricité, on doit tenir compte de deux conditions contraires. 11 faut, d’une part, que les machines travaillent toujours dans leur meilleur rendement, c’est-à-dire à marche pleine. En raison des variations de la force totale à produire, il faudrait alors prendre pour unité la plus petite de ses valeurs; par exemple, si l’usine dans son plein service doit engendrer mille chevaux, et dans son moment de moindre action n’en a que cent à fournir, on prendrait pour unité la machine de cent, chevaux et l’usine comprendrait dix de ces unités. Mais, d’autre part, il convient de diminuer autant que possible les frais de personnel et de graissage, car ces frais augmentent avec le nombre de machines; il faudrait donc, au contraire, prendre une seule machine pouvant fournir toute la puissance demandée.
- Entre ces solutions extrêmes, généralement inacceptables toutes les deux, l’ingénieur devra se déterminer en tenant compte des nombreuses conditions du problème, savoir, par exemple : conditions des services de l’usine, types de machines offerts par la fabrication, nécessités locales, etc.
- Dans les installations électriques il y a deux unités à choisir : la machine dynamo-électrique etla machine à vapeur motrice. Pour la décision économique dont il s’agit, c’est la dernière qui est la plus importante. En effet, une unité dynamoélectrique qui ne travaille pas dans son plein perd sans doute de son rendement, mais dans une proportion assez faible, tandis que la machine à vapeur dans le même cas arrive à des rendements
- (i) La Lumière Electrique du 8 novembre 1890, p. 2-4.
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- très médiocres, tout en occasionnant toujours des dépenses importantes de personnel et de graissage. L’unité vapeur ne peut donc être trop réduite.
- Dans l’usine de Saint-Ouen, l’unité motrice est formée de deux machines d’une puissance de 125 chevaux nominaux chacune, couplées sur un même volant, et donnant ainsi un groupe de 250 chevaux. Ces machines fournies par la maison Le-couteux et Garnier, sont du type Corliss. Hiles marchent à 65 tours par minute. Ce sont de très bons appareils.
- Cette unité motrice déterminée, il semble que, logiquement, on eût dû lui adapter une machine génératrice électrique de même puissance. 11 n’est pas douteux que si l’usine de Saint-Ouen était à refaire nous procéderions ainsi. Mais on ne doit pas oublier qu’en 1887, époque de sa conception, les gros types de machines dynamo-électriques qui nous paraissent aujourd’hui tout simples n'existaient pas encore; et M. Marcel Deprez lui-même qui, en 1889, exposait une machine de 500 chevaux, était dans la mesure raisonnable en s’arrêtant à 100 chevaux trois années auparavant.
- Chaque groupe de machines à vapeur a donc reçu deux machines dynamo-électriques, qu’il conduit au moyen d’une transmission intermédiaire. L’ensemble ainsi constitué a figuré à l’Exposition de 1889; nous en avons donné la description (J).
- L’usine de Saint-Ouen comprend quatre de ces ensembles. Mais il faut dire immédiatement que tout n’y marche pas à haute tension. Dès l’organisation première de l’usine, il se produisit dans le voisinage des demandes de courant direct pour divers usages; afin d’y faire face on ajouta aux machines prévues, qui ne donnaient qu’une puissance de 800 chevaux, des machines à basse tension de deux systèmes que la Société possédait, de manière à absorber les 200 chevaux-vapeur restant libres sur les machines motrices, et on dut même transformer l’une des machines Deprez en machine à basse tension ; l’usine possède actuellement 700 chevaux haute tension, fournis par sept machines dynamo, et 300 chevaux basse tension fournis par quatre machines dynamo, dont une a deux anneaux.
- Nous laissons de côté les machines à basse tension; nous dirons seulement qu’elles travaillent
- (b La Lumière Electrique 21 décembre 1889, p. 351.
- toutes réunies en quantité, et qu’elles envoient leur courant dans une batterie d’accumulateurs qui achève de régler le potentiel en formant réservoir commun. C’est la disposition adoptée dans toutes les usines d’éclairage organisées par la Société. Nous aurons sans doute occasion d’y revenir dans une description complète du système de distribution qu’elle a adopté.
- Ainsi que nous l’avons dit, les machines génératrices à haute tension travaillent également en quantité.
- C’est là un des points nouveaux de cette installation; on n’avait jamais jusqu’ici essayé cette combinaison, et cette application est encore la seule de cette forme qui existe. La mise en quantité des machines exige qu’on soit tout à fait maître de leur marche, qu’on les puisse régler avec une entière précision ; ces conditions n’avaient pas été exactement réunies dans les installations de haute tension jusqu’ici mises en marche. Pour les réaliser il a fallu en effet recourir à diverses dispositions que nous allons décrire. La première, que nous avons d’ailleurs constituée en I règle générale dans toutes nos usines, c’est que l’excitation des champs magnétiques est demandée à une source indépendante des machines. A Saint-Ouen les machines à haute tension reçoivent l’excitation de leur champ des accumulateurs et des machines à basse tension. Cette disposition, qui a toujours été employée par M. Marcel Deprez, a d’importants avantages. Au point de vue de la sécurité d’abord, elle restreint le courant de haute tension aux seuls anneaux induits dans lesquels il s’engendre, en sorte qu’il suffit de bien isoler ceux-ci, les inducteurs pouvant l’être avec un peu moins de perfection. .
- Au point de vue du réglage, celte opération peut se faire avec les rhéostats ordinaires. et les simples procédés usités pour les machines à basse tension, et sans plus de danger, ce qui est fort précieux, Chaque machine porte donc deux circuits distincts, l’un sur ses inducteurs, émanant de la source à basse tension; l’autre partant de ses anneaux induits et se rendant au circuit d’utilisation.
- Ces deux circuits passent par u-n tableau de service sur lequel se réalisent toutes les opérations de mise en marche et de réglage, tableau dont la description nous donnera occasion d’énumérer les opérations tout en les expliquant.
- A chaque machine correspond une section du
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- ableau général; la figure i donne la représentation géométrique d’une de ces sections; la figure 2, sa représentation perspective. Le tableau général de Saint-Ouen comprend donc sept de ces sec-
- ‘flc'sisiance N
- Fig. 1. — Tableau de distribution à haute tension.
- tions juxtaposées. Le long de tout cet ensemble courent quatre barres conductrices isolées; deux forment le circuit général d'excitation; elles sont devant le tableau ; une seule est représentée en M (fig. 1). Sur cette barre est intercalé un rhéostat que l’on manie au moyen d’un contact glissant
- sur des touches placées sur le couvercle. Dans ce même circuit se trouvent l’interrupteur 1 et l’ampèremètre A, placés en haut du tableau ; les deux autres constituent le circuit général de haute tension. Après avoir reçu sur chacune des sections les courants émanant de chaque machine, elles vont à l’extrémité du tableau rejoindre les circuits de transport. Ces barres, et généralement tous les conducteurs où passent les courants de haute tension, sont placées derrière le tableau, hors de tout contact possible. Elles sont indiquées en P, Q, à la figure 1.
- Les conducteurs venant de la machine à haute tension sont disposés comme il suit :
- Le câble positif -f- que l’on voit à droite (fig. 1) se rend à un commutateur à deux directions C, de là au rhéostat à liquide Rh placé derrière le tableau.
- De là il passe dans une barre de maillechort formant shunt, sur laquelle est placé en dérivation l’ampèremètre A, qui donnera l’intensité du courant fourni; enfin, il va rejoindre la barre générale positive Q. Le câble négatif, que l’on trouve à gauche en bas de la figure, se rend à un interrupteur IN, de là traverse un électro-aimant R, appareil de sûreté dont l’utilité sera expliquée plus bas, puis va rejoindre la barre générale négative P.
- Pour achever la nomenclature des organes de ce tableau, il reste à dire qu’à droite en haut est placé un mesureur de potentiel; nous avons employé des voltmètres Deprez à aimant avec interposition d’une résistance de 80000 ohms; actuellement nous préférons, pour la simplicité et le bon marché, les électromètres Carpentier. Quoi qu’il en soit, l’appareil placé surV est rattaché au commutateur à deux directions C, et, par le jeu de cet appareil, il peut être placé soit sur le circuit général pris sur les barres P Q, soit sur le circuit de la machine.
- L’exposé des opérations à faire pour mettre une machine en service va nous montrer l’usage de ces divers appareils et faire ressortir leur efficacité.
- Dans la position de repos, la machine est complètement séparée du tableau. L’interrupteur IN est dans la position BIN et coupe le conducteur négatif; le rhéostat à liquide est relevé dans la position Rh. Le secteur denté qui le conduit est relevé avec lui dans la. position S.
- D’autre part, le circuit d’excitation est coupé à l’interrupteur I.
- Supposons; qu’il s’agisse de mettre en circuit hj.
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- machine : bien entendu le système est déjà en marche et les barres P Q ont entre elles la différence de potentiel d’environ 2400 volts à laquelle le transport fonctionne d’ordinaire actuellement.
- L’agent ferme d'abord l’interrupteur I, donne ainsi l'excitation du champ. 11 s’assure au moyen de l’ampèremètre A que l’intensité absorbée par cette excitation est bien normale : il pousse alors
- Fie. 2. — Tableau de distribution.
- l’interrupteur 1 N, dans la position B'IN fermant ainsi le câble négatif de la machine.
- xLe commutateur de droite C est dans la position B; en sorte que l’électromètre V indique le potentiel des barres PQ; l’agent observe ce potentiel, puis met le commutateur dans la position B', c'est-à-dire sur la machine; il fait alors
- mettre celle-ci en mouvement. Lorsqu’elle a atteint sa vitesse, il saisit la manivelle, qui agit sur le sec-teurS,et commence àabaisser le rhéostat à liquide.
- Aussitôt que cet appareil touche l’eau, il s’arrête un instant; l’électromètre V indique alors le potentiel de la machine; l’agent s’assure que ce potentiel est bien égal à celui qu’il vient de constater
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- sur les barres P Q; s’il en est autrement, il agit sur le rhéostat d’excitation M jusqu’à ce que ce résultat soit atteint. Alors il continue d’abaisser le rhéostat R h, tout en observant les appareils, et si rien d’anormal ne se manifeste il le met à fond dans la position Rh', fermant ainsi le câble positif de la machine sur les barres P Q.
- Pendant cette dernière opération, l’électro-mètre V n'a pas dû bouger, le potentiel n’étant pas modifié par la rencontre d’un potentiel égal; l’ampèremètre A a dû également rester à peu près immobile, la machine ne pouvant donner d’intensité, puisqu’elle entre dans le circuit sans différence de potentiel. La machine est donc mise en circuit mais non en charge.
- Il suffira, pour achever, d’agir sur le rhéostat d’excitation M de manière à faire monter le champ magnétique de la quantité nécessaire. L’entrée d'une machine nouvelle peut entraîner une correction sur le champ magnétique des machines déjà en travail sur le circuit;^ en pratique cette correction est légère et s’opère après la mise en charge.
- Comme on le voit, la manœuvre est ramenée aux procédés employés avec les courants de basse tension. Mais la présence du rhéostat à liquide permet d’opérer d’une façon graduelle, de ne donner les fermetures qu’à travers les résistances, en sorte que la manœuvre peut être observée et à chaque instant interrompue si quelque chose d’anormal se manifeste.
- La seule condition c’est qu’on opère bien avec les précautions et surtout dans l’ordre indiqués.
- On a voulu assurer ce point par des dispositifs automatiques.
- La première opération est l’excitation du champ magnétique. Dans ce tableau, tel qu’il vient d’être décrit, rien n'oblige à commencer par la fermeture de l'interrupteur 1, mais si l’agent l'avait oubliée il en serait forcément averti au moment de la fermeture du rhéostat R h par l’immobilité de l’éiec-tromètre V.
- Néanmoins, dans les tableaux faits pour les stations réceptrices, ainsi que dans ceux qui seront construits à l’avenir, on a évité cette possibilité d’erreur. A cet effet l’interrupteur l’N porte liée à sa manette une réglette de bois DE, qui se meut horizontalement de gauche à droite et de droite à gauche en suivant la manette.
- On a transporté l’interrupteur I à côté de l’interrupteur IN et relié la manette du premier à la
- règle D E formant alors bielle de liaison. Dans ces conditions, en fermant le câble négatif on ferme en même temps le champ magnétique; la manœuvre est simplifiée et toute erreur évitée.
- La règle D E a encore une autre utilité. 11 faut que le câble négatif aboutissant au commutateur IN soit fermé le premier, afin que le rhéostat à liquide seul puisse donner le courant. Si l’on examine le tableau, on remarquera que dans la position de repos, le secteur S qui conduit le rhéostat est relevé; en même temps, l’interrupteur IN étant placé à droite en D'IN, la réglette
- PlM S
- Fig. 3. — Appareil de sûreté.
- est également repoussée’vers la droite dans la position D’E'. Ainsi placée elle passe sous le secteur S, en sorte qu’il est impossible de mouvoir celui-ci et de l’abaisser vers la position S' avant d’avoir repoussé la règle vers la gauche, et par conséquent opéré la fermeture du câble négatif et du champ magnétique.
- Il nous reste à parler des appareils de sécurité.
- En réalité le seul accident auquel on doive parer est l’élévation excessive du courant dans les machines. Elles sont défendues contre cet accident par un plomb fusible. Toutefois celui-ci présente cette particularité que sa fusion ne rompt pas le circuit comme elle le fait dans les systèmes à basse tension; cette rupture serait, ainsi que nous l’avons expliqué, difficile et dangereuse.
- La fusion du plomb introduit une résistance liquide; à cet effet le fil fusible réunit deux plaques
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- de tôle,immergées dans une cuve d’eau à distance convenable. La rupture du fil met en circuit les plaques et le liquide qui les sépare. Cet appareil fonctionne convenablement, toutefois, comme tous les coupe-circuits fusibles, avec une certaine inertie. On en a introduit un autre.
- L’accident peut provenir d'un arrêt de la machine ou d’une suppression de son champ magnétique entraînant le renversement du courant. Dans ce cas, avant le renversement il y a diminution et passage par une valeur nulle.
- Nous avons dit que le fil amenant le câble négatif passe autour d’un électro-aimant R. Celui-ci constitue un relais. 11 est représenté en détail (fig- 3)-
- L’électro-aimant A porte une armature B mobile autour d'un axe O ; lorsque l’électro est excité, cette armature est fortement retenue dans sa position par l’attraction des deux pôles N et S, mais si l’électro se désaimante, l’action du ressort antagoniste C relève aussitôt l’armature.
- Dans ce mouvement un .doigt d’ivoire M fixé à l’armature vient frapper le petit ressort flexible D et le met en contact par la vis F avec la pièce E.
- Ce contact ferme le circuit d’un électro-aimant D (fig. 2), lequel est placé sur le circuit de basse tension afin qu’on puisse à coup sûr lui demander un effort notable. 11 agit sur une armature K. Lorsque celle-ci est attirée, elle détache le rhéostat de sa manette O, au moyen d’un déclenchement ; celui-ci, sous l’action de son contrepoids, se lève aussitôt et coupe le circuit. On voit que le circuit ne peut rester fermé si le courant de haute tension devient nul. Cet appareil fonctionne très bien; il rompt avec certitude lorsque l’intensité descend au-dessous de 1/2 ampère.
- On se propose d’employer un moyen semblable pour parer directement à la surélévation du courant. A cet effet, à côté de l’électro D, on en placera un second directement excité par le courant de haute tension, et disposé de façon qu’il attirera la palette K si son circuit reçoit une intensité trop élevée.
- Dans ces conditions le rhéostat s’ouvre dès que le courant s’écarte trop de sa valeur normale soit dans un sens, soit dans l'autre, et avec toute la rapidité désirable, en sorte que la machine est très bien garantie contre tout événement.
- Frank Géraldy.
- {A suivre.)
- HISTOIRE
- DES BATTERIES SECONDAIRES (*)
- Gérard Lescuyer emploie une solution de plombite ou de plombate alcalin — Maxwell Lyte se sert du procédé Bœtt-cher pour peroxyder ses anodes. — Kingzett et sa théorie sur l’emploi du minium au pôle positif. — Il se sert de chlore pour peroxyder sa solution alcaline et sa plaque de fer recouverte de peroxyde. — Woodward et son plomb fondu au sel ; sa pâte d’oxyde en morceaux noyés dans du plomb fondu. — Rankin Kennedy réduit le PbOa. — Sa-vidio, imitation Sellon Volkmar. — Tribe fait une plaque massive de peroxyde. — Ses supports sulfurés. — Caron et les tissus carbonisés. — Deux pas en arrière. — Perce-val et Leclanché faisaient des accumulateurs au charbon en 1866.
- GÉRARD LESCUYER.
- Gérard Lescuyer, lui aussi, a appliqué à la formation des couples secondaires le principe démontré par Becquerel de la production de peroxyde de plomb à l’anode et de la réduction de sa cathode dans une solution de plombate de plomb. Voici sa théorie et la description de son système.
- La plupart des sels dont le radical est un oxyde jouant le rôle d’acide sont des oxydants énergiques. J’ai appliqué cette remarquable propriété à la formation des couples secondaires.
- Dans un bain électrochimique contenant un ou plusieurs de ces sels, je remplace l’anode soluble par le couple à former. Les deux pôles de ce couple étant réunis entre eux sont attachés au pôle positif de la source d’électricité destinée à décomposer le bain, et au pôle négatif je place une plaque d’un métal quelconque.
- Sous l’action du courant le pôle négatif se métallisé, tandis que le plomb formant l’anode s'oxyde rapidement, tant aux dépens de l’eau du bain qu’aux dépens du sel décomposé, dont l’oxygène se porte au positif; l’application de la chaleur augmente ces effets.
- Les manganates, les ferrâtes, les éhromates alcalins, leszincates, les stannates, les antimoniates, etc., possèdent cette propriété; mais ceux de ces sels dont l’emploi est le plus commode sont les plombâtes et les plombites.
- Généralement, je me sers par économie du plombite de soude ou de potasse, que je prépare de la manière suivante :
- (’) La Lumière Électrique, 22 et 29 novembre et 13 décembre, p. 369, 423, 516.
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ t 55g
- Dans une lessive alcaline pesant 32 à 350 Baumé, je dissous à l’ébullition 15 à 20 grammes de massicot ou de litharge par litre; lorsque cette combinaison est faite, le bain est bon à employer aussitôt que sa température est descendue vers 70° C environ ; je plonge alors le couple secondaire que je rattache au positif de la source d’électricité; je me sers de la marmite elle-même comme négatif.
- Immédiatement l’action commence :
- Les parois de la marmite se recouvrent de plomb en mousse sans adhérence et les lames de plomb composant lé couple se recouvrent d’une couche d’un beau rouge, qui est du plombate de protoxyde de plomb ou minium. Si la température du bain s’abâisse jusqu’à 150 C environ, ce n’est plus du minium qui se forme au positif; la couche est brûne, et c’est alors de l'acide plombique que l’on obtient.
- Là méthode à chaud est la plus rapide; quelques heiires, trois ou quatre au plus, suffisent pour transformer à cœur une lame de plomb ayant jusqu’à 2 millimètres d’épaisseur. L’oxyde ainsi formé est cristalliné et il adhère très fortement au plomb, l’entourant comme une gaîne.
- Si, pendant que ces effets se produisent, on élève de nouveau la température du bain jusqu’à l’ébullition, l’oxyde formé se dissout et le plomb est attaqué, diminué d’épaisseur jusqu’à disparaître lui-même si le volume du liquide est suffisant; i 1 -est donc nécessaire de ne pas dépasser la température que j’ai indiquée.
- Cependant, ce phénomène permet de reconstituer le bain, car en renversant le sens du courant et en plaçant au lieu du couple une très petite plaque métallique, le plomb en mousse qui s’était dans le premier cas déposé sur les parois s’oxyde à son tour et se redissout dans le bain, qui est alors prêt à recommencer une nouvelle oxydation.
- lin petit excès de massicot ou de litharge n’est pas nuisible; il permet au contraire de compenser les pertes et de maintenir toujours le bain à saturation. L’oxyde formé à l’anode est de l’acide plombique; il a un aspect velouté tout particulier et il adhère très fortement au plomb.
- Dans ce dernier cas, l’opération est plus longue et demande au moins 10 à 12 heures de charge. Le courant nécessaire n’a pas besoin d’être intense, le bain étant très bon conducteur.
- Lorsqu’on juge la couche d’oxyde suffisante, on retire le couple du bain et on le plonge dans une terrine d’eau froide ou chaude, que l'on renou- ,
- velle deux ou trois fois, de manière à éliminer les dernières traces d’alcali. On peut également faire ce trempage dans une eau légèrement acidulée qui sature la soude restante.
- On lave ensuite à l’eau ordinaire.
- Le bain doit être maintenu dans un grand état de propreté; il faut éviter qu’aucune matière organique n’y tombe, car elle en provoquerait la décomposition. 11 est bon de remarquer que certains caoutchoucs très sulfurés provoquaient la formation de sulfures qui détruisaient immédiatement le bain.
- Par ce procédé si simple, Gérard Lescuyer pouvait former en moins de trois heures un couple composé de deux lames de plomb de 1 mètre de long sur 20 centimètres de large, qui en 20 minutes emmagasine à la première charge un courant de 45 ampères.
- F. MAXWELL LYTE
- Avec Farnham Maxwell Lyte nous voyons paraître la fabrication du peroxyde de plomb au moyen de sels solubles et spécialement de chlorure de plomb:
- C’est lui qui a introduit dans la préparation du peroxyde la méthode d’oxydation artificielle, c’est-à-dire non électrolytique, en mettant à profit les données que lui avaient fournies les expériences de Boettcher. Avant moi, disait-il, on a fabriqué des peroxydes métalliques en ajoutant du chlore à des solutions de sels, métalliques, mais moi je les fabrique en me servant d’une solution ou plutôt d’une crème de chlorure de chaux à laquelle j’ajoute de la chaux éteinte pouf empêcher que l’acide chlorhydrique qui se forme pendant la réaction n’attaque le peroxyde et qu’il n’y ait un dégagement de chlore.
- Le mélange d’hypochlorite de calcium et de chaux se fait dans deux équivalents de chlorure de chaux pour un de chaux, ce qui représente à peu près 3 à 3 livres 1/2 (de 453 grammes) par gallon (4 litres 54) d’eau.
- La solution de chlorure de plomb se prépare dans les proportions de deux équivalents de chlorure de plomb pour deux équivalents de chaux. La quantité d’eau bouillante dans laquelle elle se fait est de quatre fois le poids du- sel de plomb. On y ajoute la solution de chlorure de chaux, on broie et on fait chauffer jusqu’à l’ébullition.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- Le chlorure de plomb est décomposé; il se forme du peroxyde, qui se précipite et qu’on filtre, puis qu’on lave avec de l’acide nitrique dilué.
- Je ne dis pas qu’il y ait eu autre chose qu’une coïncidence, mais je tiens à démontrer l’étrange ressemblance qui existe entre le procédé Boettcher et celui que Maxwell Lyte revendiquait comme son invention. Je ne retrouve pas en ce moment le premier mémoire du chimiste allemand décrivant la façon dont il transformait le chlorure de plomb au moyen de chlorure de chaux, mais la traduction du commencement de son second mémoire que je puise dans le Dingler’s Polytech-nisches Journal de 1859 — et il y en a un troisième — démontre suffisamment ses droits de priorité.
- « Après avoir constaté que le chlorure de plomb récemment précipité se décompose en bouillant avec une solution de chlorure de chaux, et pouvait être transformé en peroxyde de plomb, et avoirannoncé depuisun moyen encore plus convenable pour préparer cet oxyde par traitement d’une solution d’acétate de plomb par le chlorure de chaux, j’avais cru devoir avancer que pour procurer un produit d’une plus grande pureté il y avait avantage à ce que la solution d’acétate de plomb ne fût pas traitée immédiatement en une seule fois par le chlorure de chaux. J'ai la satisfaction d’annoncer un mode de préparation encore plus simple et plus économique, qui permet d’obtenir un produit qu’on peut considérer comme chimiquement pur et qu’on se procure ainsi :
- « On verse de l’acétate neutre de plomb broyé en poudre extrêmement fine dans une capsule en porcelaine, avec un excès d’une solution de chlorure de chaux filtrée et parfaitement limpide. On chauffe le mélange en agitant jusqu’à la plus vive ébullition et on continue ainsi à faire bouillir jusqu’à ce que les vapeurs qui s'élèvent aient une odeur non plus de chlore, mais d’acide acétique. Arrivé à ce point l’acétate de plomb doit être transformé complètement en peroxyde de plomb. 11 est facile de s’en assurer en ajoutant à un petit échantillon filtré de la liqueur quelques gouttes d’une solution d’hydrogène sulfuré. Si la liqueur brunit ou s’il y a précipitation de sulfure noir de plomb, la capsule en porcelaine contient encore de la solution de chlorure de chaux, et il faut encore continuer pendant quelque temps à chauffer le tout. »
- KINGZETT.
- D’après Kingzett, le minium pouvait être employé à l’électrode où se dégage l’oxygène pendant la charge ; mais à celle où se libère l’hydrogène, il devait être remplacé par du sulfate, du chlorure, par de l’oxychlorure de plomb ou mieux encore par une pâte de litharge et d’acide sulfurique.
- De cette manière, il fallait moins d’hydrogène pour réduire le plomb.
- Pb2 03 (minium) + 3 H2 = 2 Pb -J- 3 H2 O.
- 2 P b O (litharge) + 2 H2 = 2 Pb -j- 2 H2 O.
- En outre on évitait tout mélange de peroxyde avec le plomb réduit.
- Quand il se servait de chlorure de plomb, il remplaçait dans l’électrolyte l’acide sulfurique par l’acide chlorhydrique.
- Il formait ses plaques sans renverser le courant.
- Au lieu de couvrir ses électrodes de sels de plomb, il les plaçait dans les sels de plomb, dans un sac ou dans un compartiment de vase à cloison poreuse/ce qui indique de suite combien la prise de contact devait être défectueuse.
- Si par hasard une batterie était épuisée faute de peroxyde de plomb, imitant Maxwell Lyte il versait de l’hypochlorite de calcium dans le compartiment au plomb peroxydé et produisait du peroxyde qui revivifiait la batterie. A ce sujet il faisait remarquer qu’on pouvait monter une excellente batterie primaire en mettant du minium et du chlorure de chaux en contact électrique avec du plomb réduit ou précipité chimiquement.
- Ces détails montrent évidemment que la batterie Kingzett était mal conçue et qu’elle ne pouvait être susceptible d’aucun usage. Mais il est instructif de suivre ces travaux de chercheurs qui, la plupart chimistes, cherchaient dans les combinaisons connues des moyens de surpasser les résultats des accumulateurs Planté, Faure, Sellonjet Volckmar. 11 ne faut pas trop dédaigner les erreurs et les tâtonnements de cette époque.
- Substituant une solution alcaline de potasse ou de soude caustique ou bien de sulfate de soude à l’électrolyte ordinaire d’acide sulfurique, Kingzett crut qu’il serait à même de se servir, comme support de ses anodes, de fer, de fer-blanc ou de charbon, ou même d’oxyde de fer. Sa matière active était du minium ou du peroxyde à l’anode et de la litharge à la cathode. En charge, il employait une anode de fer tout aussi bien qu'un support
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- de fer noyé dans un oxyde de plomb. L’accumulateur au fer réalisait donc tout ce qu’on peut attendre : la solidité, la légèreté et le bon marché.
- Kingzett avait compris, cependant, que le fer en contact avec un oxyde de plomb n’était pas aussi insensible qu’il l’avait d|f à l’action de l'oxygène ; aussi revêtait-il ses supports de plombagine, de plomb métallique ou d’oxyde de fer. Quant à ses oxydes de plomb, il les gâchait avec du plâtre et de la glycérine, avec addition de charbon en grains ou en tout petits morceaux et de limaille de fer.
- WOODWARD.
- L’idée de recourir à la fusion et à la coulée du plomb et de ses alliages pour en faire des électrodes s'imposait comme une suggestion forcée, mais les difficultés contre lesquelles on avait à lutter étaient d’une nature compliquée, etles essais d’électrométallurgie ou de pyro-électricité furent couronnés d’un si maigre succès qu’on renonça aux procédés métallurgiques, qui ne faisaient que compliquer le problème.
- Woodward, qui s’était proposé défaire des plaques, tablettes, blocs ou cylindres de plomb poreux ou spongieux, eut recours au sel marin, dont il mettait une certaine quantité dans un moule dans lequel il versait du plomb fondu.
- 11 calculait qu’il aurait par là dans la masse métallique un corps répandu uniformément et qui une fois en contact avec de l’eau se fondrait, et en abandonnant le plomb laisserait un bloc de plomb poreux ou spongieux qui servirait merveilleusement à la fabrication d’électrodes pour les batteries. Ni comme métal spongieux ni comme métal facilement peroxydable ce mélange de plomb fondu avec du chlorure de sodium n’a répondu aux espérances de Woodward, qui ne connaissait peut-être pas beaucoup plus la métallurgie du plomb que les batteries secondaires.
- S’il avait consulté l’ouvrage de Berthier sur le traitement des minerais par la voie sèche, il y aurait trouvé très certainement des indications précieuses sur l’emploi du sel en fusion avec le plomb ou les sels de plomb et sur les résultats qui en découlent. En outre, que faisait-il du chlore rémanent, du chlorure de sodium ? Le plomb ne se peroxyde pas bien quand il est contaminé par le chlore.
- La seconde tentative qu’il fit pour utiliser la
- coulée du plomb en fusion ne fut guère plus heureuse que la première.
- Au lieu de mettre l'oxyde de plomb pur sur un support, Woodward fit une pâte d’oxyde et d’eau sucrée, qu’il coupait en morceaux et plaçait dans un moule où il coulait du plomb fondu. On a reproduit bien des fois sous différentes formes cette idée d’encastrer les morceaux de matière active dans du plomb fondu, mais en aucune occasion ce système n’a donné le moindre résultat satisfaisant, soit à cause de la difficulté dans la fonte et la coulée, soit à cause du poids mort considérable constitué par le plomb dans lequel était sertie la matière active, soit enfin à cause du peu de matière active emprisonnée dans le réseau de plomb.
- RANKIN KENNEDY.
- Avant de s’exercer dans l’art des générateurs secondaires Rankin Kennedy avait voulu, lui aussi, faire une batterie secondaire.
- 11 prenait des récipients en bois ou en matière isolante capables de contenir une solution acidulée d’acide sulfurique ou de tout autre acide. Dans cette solution il mettait des plaques de plomb, d’étain, de fer ou de tout autre métal, ou bien de charbon conducteur, préparées de telle façon qu’après avoir été chargées par le courant d’une dynamo pour faire emmagasiner aux unes de l’oxygène, disait-il, aux autres de l’hydrogène, lorsque ces plaques sont ainsi chargées, elles sont capables de fournir un courant électrique.
- Rankin Kennedy prenait de grandes feuilles de plomb dans lesquelles il découpait des plaques d'une dimension convenable et qu’il préparait comme dans les ateliers de galvanoplastie, c’est-à-dire qu’il décapait et nettoyait. Il les mettait au fond d’une grande cuve plate et les couvrait d'une couche de peroxyde ou bioxyde de plomb.
- La cuve étant alors remplie d’acide sulfurique dilué (i partie d’acide et io d’eau), il suspendait une plaque de plomb à quelques pouces au-dessus de la première. Les deux plaques étaient alors reliées, celle du bas au pôle positif, celle du haut au pôle rçégatif d’une dynamo actionnée par une force mécanique envoyant son courant à travers Vélectrolyte de la plaque du dessus à la plaque du dessous.
- 11 disait que la force du courant était réglée de telle façon qu’il se formait sur la plaque du des-
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- sous un dépôt à grains serrés de plomb poreux et il le prolongeait jusqu’à ce que le dépôt eût une épaisseur d’un seizième de pouce, tandis que les plaques d’en haut devenaient rugueuses et se couvraient d’oxyde et de sulfate de plomb.
- C’était une singulière idée que celle de mettre du peroxyde de plomb sur une plaque de plomb pour le réduire.; Bientôt Rankin Kennedy revendiqua le droit d’avoir recours à des solutions de nitrate, de sulfate, ou d’acétate de plomb pour fabriquer son plomb poreux.
- Les plaques de plomb recouvertes de plomb spongieux étaient peintes d’une couche de peroxyde de plomb délayé avec de la glycérine et de l’eau. Sur les autres, il appliquait une couche de sulfate et de peroxyde. Puis les électrodes étant disposées parallèlement dans la boîte et séparées par une feuille de tissu ou de papier non conducteur, il joignait la plaque positive sur laquelle était le plomb poreux au pôle négatif de la dynamo, et la plaque négative au pôle positif, de sorte que l’hydrogène se conduisait sur la première et l’oxygène sur l’autre.
- E. SAVIDIO.
- L’Italie n’a guère produit d’électrochimisles qui se soient consacrés à cette étude, à laquelle on aurait cru que se serait passionné le pays classique de Volta, de Galvani et de tant de chimistes distingués.
- E. Savidio est le seul qui en 1881 et 1882 ait fait une batterie secondaire, et je suis contraint de n’en parler que sommairement, attendu que ce n’est qu’une imitation des systèmes Swan, Sellon et Volckmar, compliquée d’une feuille de papier percée de trous sur la couche d’oxyde.
- C’est une chose digne de remarque que l’abstention de presque tous les pays en ce qui concerne cette question des batteries secondaires. L’Amérique n'a en 1882, 1883 et 1884 que très peu d’électriciens qui s’en occupent, la Russie n’en a pas, l’Espagne non plus. La Hollande ne nous donne que Khotinsky; les pays où on parle la langue allemande nous ont fourni Epstein et deux ou trois autres constructeurs de batteries. Voilà tout le bilan de 1882, dont je suis en train de passer la revu^.
- TRIBE.
- . L’électricien Tribe appartient à l’école de ceux
- qui ne veulent pas appeler la plaque peroxydée autrement que la négative. Néanmoins, pour lui comme pour les autres, je continuerai, afin d’éviter toute confusion, à appeler négative la plaque en plomb poreux, et positive celle au peroxyde.
- Le trait caractéristique de son accumulateur était la préparation d’une plaque composée de peroxyde à l’état de compression et à l’état solide, ou de peroxyde non comprimé, non solidifié, qu’il mettait dans un vase perforé ou spongieux.
- 11 prenait un châssis rectangulaire à rainures dont trois côtés étaient faits de substance non conductrice et non attaquable par l’acide sulfurique. Le quatrième côté formait la partie conductrice du cadre et était couvert d’une substance isolante à l’endroit où il était en contact avec le liquide sans l’être avec le peroxyde de plomb.
- Dans ce cadre il plaçait sa poudre de peroxyde de plomb, soit sèche, soit humectée d’eau ou d’acide sulfurique dilué et il la soumettait à une forte pression. Ou bien il mélangeait de la li-tharge et du sulfate de plomb avec son peroxyde, et après avoir comprimé cette pâte il la convertissait en peroxyde de plomb par voie électrolytique; ou bien enfin il mettait un noyau, une « âme » de peroxyde de plomb entre deux couches dé sel de plomb que l’électrolyse transformait en peroxyde.
- Cette plaque massive de peroxyde de plomb était alors enfermée dans du parchemin végétal ou artificiel, dans un vase poreux ou dans du feutre.
- Comme on le voit, le professeur Tribe ne s’occupait que de la plaque positive. Mais ce qui saute aux yeux dans son système, c’est la grande résistance d’une plaque massive de peroxyde de plomb emprisonnée dans une gaîne poreuse. Combinée avec le manque de conductibilité d’une plaque solide comprimée de peroxyde, cette résistance condamne l’accumulateur Tribe. C’était bien la peine d’avoir écrit un beau livre sur les batteries secondaires!
- Un autre moyen auquel A. Tribe eut recours pour fabriquer des accumulateurs consistait à employer des plaques de fondation ou supports qui avaient été plus ou moins convertis en sulfures, arséniures, phosphures ou autres composés d’un caractère électro-négatif, au lieu de composés électro-positifs par rapport a la matière active avec
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- laquelle ils étaient en contact et qui causaient des circuits locaux et par suite une perte de l’énergie emmagasinée et la destruction des supports.
- Tribe changeait son plomb en sulfure ou en oxyde en le mettant en contact avec du soufre fondu et en le faisant chauffer au-dessous de son point de fusion, ou bien il le mettait dans une solution de soufre qu’il faisait chauffer de façon à sulfurer la surface du métal. D’autres fois le plomb était soumis à des vapeurs de soufre jusqu’à ce qu’il fût à la surface entièrement converti en sulfure. Ou bien encore, il mettait ensemble du plomb et du soufre en fusion.
- Quant à l’oxydation qui devait protéger ses supports, il l’obtenait par électrolyse, et il prenait soin de couvrir d’une substance isolante les parties des supports qui n’étaient pas en contact "avec le peroxyde de plomb.
- Tribe n’a rien fait de son accum ulateur. Mais nous retrouverons dans d’autres systèmes de batteries l’application de ce principe d’une couche intermédiaire entre le support et la matière active dont la nature et l’objet sont d’empêcher toute action locale.
- Plus tard Tribe adopta la manière suivante pour fabriquer ses éléments. Dans un cadre il mettait une pâte de peroxyde et d’oxyde ou de sulfate de plomb délayés dans de l'eau et de l’acide sulfurique, ou bien cette pâte il l’appliquait sur un noyau central de peroxyde et d’un des sels de plomb que je viens de mentionner. Il comprimait sa plaque, la laissait se prendre et se consolider, puis il l’enveloppait d’un tissu quelconque et la réduisait suivant les règles de l’art. En somme on est obligé de convenir que M. Tiibe, dont le nom fait autorité en matière de théorie des piles secondaires a été moins heureux dans la pratique.
- Malgré ce dossier déjà volumineux notre sujet est loin d’être épuisé; la nomenclature est longue des inventeurs ayant apporté ou cru apporter de nouveaux matériaux à l’établissement des accumulateurs, qui actuellement rendent de si grands services à l’industrie électrique. Aussi avons-nous l’intention de reprendre cette étude dans un autre volume de ce recueil.
- E. Andreoli.
- L’EXPOSITION D’EDIMBOURG O
- LA SECTION FRANÇAISE
- Après ce coup d’œil rapide, voyons maintenant avec un peu plus de détail les parties les plus intéressantes de l’exposition. Nous trouvons d’abord la très remarquable installation de la Société générale des téléphones (voir le plan de la section, figure i), dans laquelle se voient des spécimens de la plupart des appareils téléphoniques et autres sortant de ses ateliers de Grenelle, ainsi que des câbles électriques et téléphoniques bien connus de l’usine de Bezons.
- Le matériel employé dans les postes centraux est représenté d’abord par une grande rosace, reproduction exacte de celles en usage à Paris, et qui permettent de grouper avec ordre les fils multicolores qui de tous les points de la capitale convergent au bureau central. Puis, les commutateurs avec leurs jach-knives et leurs annonciateurs, dont le type le plus nouveau ne renferme pas moins de 49 numéros par case. A la partie inférieure sont les conjoncteurs permettant au même bureau de mettre en communication les abonnés de bureaux différents; le commutateur porte aussi les différents appareils auxiliaires tels que les sonneries de jour et de nuit, les commutateurs de pile, clefs d’appel, etc.
- Un tableau mural peint en grandeur naturelle donne d’ailleurs au visiteur une idée très nette de l’intérieur d’un poste central et de l’animation qui y règne.
- Après les appareils du bureau central, nous arrivons à ceux des abonnés, qui sont une heureuse combinaison du récepteur Ader et du microphone Berthon. Ce dernier, d’une forme très réduite, se piête aux usages les plus variés. On l’a disposé à l’aide d’une poignée métallique et d’un récepteur Ader sous la forme d’un appareil qui permet d’avoir à la fois le transmetteur devant la bouche et le récepteur à l’oreille; c’est la forme adoptée exclusivement pour les employées des bu reaux centraux de la société. L’usage de ce transmetteur l’a fait adopter depuis par beaucoup d’abonnés; combiné à une sonnerie magnétique
- () La Lumière Electrique, du 13 décembre 1S90, p. 303.
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- bÔ4
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- il constitue un appareil parfait, qui se répand d’ailleurs rapidement à l’étranger (fig. 2).
- Rappelons que le microphone Berthon est constitué en principe par deux plaques circulaires de charbon; la communication électrique entre ces deux plaques est formée par un charbon spécial granulé, dont les petits morceaux ne dépassent pas la grosseur d’une tête d’épingle. La plaque supérieure reçoit directement la parole et entre en vibration; les multiples contacts ainsi produits constituent un excellent transmetteur qui a le grand avantage de ne nécessiter aucun réglage.
- Citons aussi l’intéressante application de cet
- appareil à la marine (fig. 3) pour remplacer les anciens porte-voix. Ces appareils, bien étudiés en vue de cette application spéciale, sont employés sur les grands paquebots de la Compagnie gén é-rale transatlantique, sur un grand nombre de cuirassés français et leur emploi s’étend même aux torpilleurs.
- Des postes spéciaux très légers (7 kilogrammes) établis au point de vue des applications militaires sont aussi exposés. Dans une seule boîte se trouvent l’appareil Berthon-Ader, trois éléments à l’agar-agar et une sonnerie magnétique (fig. 4). Cette dernière est actionnée par un petit naoteur
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- Fi1;. 1. — Plan de la section fiançaise.
- magnétique à bobine Siemens en navette. L’entraînement de cette armature est produit par un frottement tel que pendant la rotation il y a à certains moments de légers glissements, de sorte que l’effort à produire est constant.
- Des postes spéciaux, à bobine d’induction et à vibrateur, sont également employés dans la cavalerie. Toujours au point de vue militaire, nous remarquons un poste Morse portatif, qui nous paraît être réduit au minimum de poids et de volume. Mentionnons aussi l’application du transformateur à circuit magnétique fermé aux appareils téléphoniques; cette innovation a permis de parler et de sonner au moyen du même appareil, ce transformateur ayant une plus grande puissance que l’ancienne bobine employée. Nous rencontrons également les nombreux modèles d’appa-reils^mpioyés en télégraphie : parleurs, relais, etc. ] et une jolie collection de câbles pour lumière, transport de force, téléphonie, etc.
- La Compagnie du chemin de fer du Nord a envoyé une batterie de 65 accumulateurs Laurent-
- Cély, construite par la Société pour le travail électrique des métaux, type n° 1.
- Chaque accumulateur, qui pèse 18 kilogrammes, est formé de 7 plaques carrées (3 positives et 4 négatives) de 20 centimètres de côté. Le régime normal de charge est de 9 ampères et peut être poussé à 36 ampères.
- La décharge se fait normalement à 18 ampères et peut atteindre 54 ampères; la durée utile de la décharge à 18 ampères étant de 9 a 10 heures, l’accumulateur peut fournir 160 ampères-heures, soit 9 ampères par kilogramme de plaques.
- Malgré un long voyage et les conditions peu favorables résultant inévitablement d’une installation provisoire, la batterie a fonctionné parfaitement et n’a donné lieu à aucun ennui.
- La même Compagnie expose deux appareils mus par l’électricité. D'abord son cabestan électrique déjà décrit dans ce journal. Une pédale permet de le mettre facilement en mouvement et même d’en graduer la vitesse. Ceci s’obtient en intercalant dans le circuit du moteur des résis-
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- tances variables. La pédale en s’abaissant n envoie d'abord dans le moteur qu’un courant assez faible, tout le rhéostat étant en circuit ; en continuant le mouvement de descente, la résistance est diminuée progressivement jusqu’au moment où le moteur, dont la vitesse s’accélère, développe une force contre-électromotrice suffisante. Cette disposition évite ainsi de dépasser la densité de courant assignée par le constructeur, ce qui se
- produirait si l’on fermait directement le circuit sur le moteur au repos; elle atténue aussi fortement la violence de l’extra-courant de rupture.
- Une autre application très intéressante, mais qui cependant n’a pas encore reçu la sanction d’une pratique prolongée, est un aiguillage à distance au moyen de l’électricité. Une sorte de vis saris fin directement montée sur l’axe d’un petit moteur Hillairet produit l’aiguillage; un simple commutateur permet le changement de marche. Ces deux appareils reçoivent le courant de la batterie d’accumulateurs dont nous avons précédemment parlé.
- La vitrine de M. Château renferme deux appa-
- reils de démonstration dont la description nous entraînerait trop loin et qui font grand honneur à son habileté de constructeur.
- Fig. 3. — Appareil de marine.
- Ce sont un platiigraphe et un herpolodographe, appareils réalisant matériellement deux théorèmes de mécanique démontrés par M. Darboux.
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- Nous y retrouvons également une collection des appareils téléphoniques du Dr Ochorowitz, ainsi que différents enregistreurs dont quelques-uns recourent à l’électricité pour l’inscription des phénomènes qu’ils mesurent.
- Nous arrivons maintenant à la très belle vitrine de MM. Richard frères, qui exposent une collection complète de leurs appareils enregistreurs et de mesure. 11 est impossible de décrire tous les appareils qui y figurent, car il n’est guère de phé-
- Fig. 4. — Poste complet Berton-Ader.
- nomènes dont ces habiles constructeurs n'aient pu garder la trace au moyen de leurs ingénieuses dispositions ; un grand nombre étant d’ailleurs déjà bien connus, nous ne mentionnerons que les plus nouveaux.
- Citons d’abord un anémomètre enregistreur nouveau modèle qui indique la direction et l’espace parcouru par le vent. La netteté des diagrammes obtenus, l’avantage de ne changer la feuille que tous les huit jours et son bas prix le rendent précieux pour les stations météorologiques de seconde importance.
- * Nous y retrouvons aussi plusieurs applications
- du principe de la manœuvre à distance des appareils à aiguille qui a valu aux frères Richard la récompense de 2000 francs de la Société d’encouragement. La description du principe de cet appareil ayant fait le sujet d’un article récent paru dans ce journal, nous ne nous y arrêterons pas.
- Le cinémomètre, ou indicateur de vitesse enregistreur, repose également sur un principe très ingénieux:
- Le plateau T (fig. 5) tourne en fonction du temps au moyen d'un mouvement d’horlogerie. Supposons que la roue E tourne en fonction de l’espace parcouru; cette roue entraînera la tige filetéerô formant crémaillère, en éloignant la roulette r du centre du plateau T ; mais il se produira rapidement un état d’équilibre qui sera atteint quand le mouvement apparent des spires de la
- tige filetée sera égal à la vitesse de déplacement des dents de la roue E.
- La vitesse est donc donnée par la distance a du centre du plateau à la position d’équilibre de la roulette.
- On peut en effet écrire, à un facteur constant près :
- sxT = E
- d’où
- E
- a"T’
- c’est-à-dire. V.
- Ce principe a été appliqué à plusieurs appareils; tel est, par exemple, Yindicateur de vitesse à cadran qui peut être rendu enregistreur. La poulie dont on veut connaître la vitesse actionne à la fois la roue E et un régulateur de vitesse isochrone dû à M. Napoli et qui commande la roue T. Les déplacements longitudinaux de l’axe de la roulette sont transmis par une disposition mécanique très simple à une aiguille se déplaçant sur un cadran.
- Les anèmo-cinèmographes reposent aussi sur ce principe; la vitesse du vent est transmise par le moulinet moteur à la roue E, et le plateau T est mû par un mouvement d’horlogerie. Pour éviter tout glissement et pour ne pas employer
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- des pressions trop grandes de la roulette sur le plateau, les constructeurs ont été amenés à faire commander par le premier plateau T un second plateau tournant en sens contraire et qu’un ressort tend à rapprocher du premier. La roulette est ainsi pressée entre les deux surfaces, et le ressort tendant toujours à les rapprocher les différences de parallélisme n’ont plus ainsi d’importance.
- Parmi les baromètres enregistreurs exposés, citons le statoscope, permettant d’apprécier les variations infinitésimales de la pression atmosphérique. 11 se compose d’un réservoir d’air étanche d’une certaine capacité et d’un manomètre sensible à — de millimètre d’eau, soit à — de mil-io 130
- limètre de mercure.
- Pour faire une lecture, on ferme le robinet qui met ordinairement le réservoir en communication avec l’air; immédiatement les plus petites variations de pression peuvent être mesurées. Ces variations doivent être ajoutées ou retranchées de la pression lue au baromètre au moment où l’on a fermé le robinet, si on ne se contente pas de faire des mesures relatives.
- Quoique les observations qu’on fait généralement avec cet appareil soient toujours très courtes, le réservoir.d’air est enfermé dans une caisse de bois capitonnée de matière peu conductrice, de façon à pouvoir négliger les variations de la température, qui, vu la sensibilité de l’instrument, prendraient une grande importance. Son nom lui vient de son emploi dans l’aérostation pour savoir si le ballon monte ou descend. Ce baromètre spécial fournit des diagrammes très intéres-santsde la pression pendant les orages.
- L'emploi des appareils enregistreurs étant maintenant réglementaire dans la marine, MM. Richard ont imaginé, pour les soustraire aux secousses et trépidations des bâtiments, une sorte de suspension élastique à la Cardan qui se fixe au plafond de la cabine.
- Le contrôleur de courant électrique n’est autre chose qu’un compteur de temps (heure-mètre) dans lequel un galvanomètre déclenche un mouvement d’horlogerie lorsque l’intensité dépasse la valeur maxima assignée.
- Les entrepreneurs qui ont posé des câbles avec garantie peuvent ainsi savoir si le câble a été surmené et pendant combien de temps il a livré passage à un courant trop fort.
- Nous voyons enfin les bien connus ampèremètres et voltmètres enregistreurs, si employés dans les stations centrales d’électricité. Le principe sur lequel ils reposent est aussi utilisé dans des galvanomètres à mesure directe, également destinés aux stations électriques; ces appareils n’ont pas moins de 18 centimètres de diamètre et l’extrémité de l’aiguille décrit près de 40 centimètres quelque soit l’étendue des indications demandées.
- Etant construits sans aimants, ces ampèremètres sont toujours comparables à eux-mêmes, et grâce à leurs grandes dimensions ils permettent de surveiller de tous les points d’une salle la marche des machines.
- Nous pQurrions composer un article tout entier de la description des appareils exposés; citons seulement les enregistreurs de la vitesse des trains (Compagnies d’Orléans et de Paris-Lyon) les cbro-électriques et astronomiques, un coTM/tfm-instantané pour mesurer le débit du gaz d’éclairage, un pyromètre à circulation d’eau, un densi-métre enregistreur inscrivant les variations absolues de la densité indépendamment de la température, ëtc. .
- Comme machines dynamo exposées dans la section, citons une Gramme type supérieur, de 30000 watts, et une machine construite par la maison Postel-Vinay, dynamo à double circuit magnétique et à inducteurs compoundés. 11 nous a malheureusement été impossible d’obtenir aucun renseignement numérique ni aucun détail sur la construction de cette machine, qui semble bien étudiée au point de vue mécanique.
- L’exposition voisine,indiquée«Télégraphe» sur notre plan, renferme entre autres appareils un ingénieux avertisseur d’incendies système Petit, construit par la maison Breguet, déjà décrit, et qui est employé sur une grande échelle à Paris.
- La maison Sautter-Harlé avait exposé un projecteur type de marine identique à ceux qu’elle livre maintenant aux différentes marines militaires (fig. 6).
- L’optique est formé d'un miroir aplanétique système Mangin. Rappelons que ces miroirs en verre argenté sont formés de deux surfaces sphériques non parallèles ; l’aberration est corrigée par la réfraction due à la première surface convena^ blement calculée. On sait en effet qu’il est pratiquement impossible de construire dans l’industrie les surfaces paraboliques qui produisent par une seule surface un aplanétisme parfait.
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- L’étranger, tributaire de la France pour cette fabrication, a fait dans ces dernières années de nombreux essais pour s’en affranchir.
- Des miroirs simplement sphériques ont été essayés en Angleterre; l’Allemagne a fabriqué des miroirs paraboliques, mais, sans doute à cause de défauts dans la construction, ils n'ont pas donné de bons résultats. Une bonne surface sphérique est d’ailleurs pour cet objet d’un meilleur usage qu’une surface parabolique inexacte.
- On se fera une idée de la perfection des miroirs
- Fig. 6. — Projecteur Sautter-Harlé.
- Mangin quand on saura qu’un appareil dont le foyer est les 2/3 du diamètre a une aberration d’un ordre de grandeur bien inférieure aux dimensions de l’arc électrique lui-même qui sert de foyer lumineux.
- La distance focale du projecteur exposé n’est que les 3/5 du diamètre du miroir; ce court foyer donne une grande puissance à l’appareil.
- On braque le tambour dans toutes les directions au vmoyen d’un double mouvement à vis tangentes.
- Ces détails mécaniques se voient très bien sur la figure.
- Ce projecteur, y compris son disperseurlenticu- |
- laire, remarquable par sa légèreté, estconstruit en tôle d’acier.
- Le War-Ojfice anglais exposait de son côté un grand projecteur Mangin pour la défense des côtes; cet appareil, de 90 centimètres de diamètre, a été construit récemment dans les ateliers de la maison Sautter-Harlé.
- Ce type d’appareils, porté sur un chariot à galet roulant sur rails est considéré maintenant en An -gleterre comme un auxiliaite indispensable de la défense fixe des ports et des passes; il est trois fois plus puissant que le projecteur Marine.
- Nous rencontrons dans l’exposition de M. de Branville les différents types de la pile à oxyde de Cuivre, bien connue, de MM. Lalande et Chaperon ; cette pile paraîtra prochainement sous une disposition nouvelle. L’oxyde de cuivré sera disposé dans l’élément sous forme d’un aggloméré.
- Remarquons aussi une collection très nombreuse de téléphones et microphones : citons les postes d’Arsonval et P. Bert, dont un grand modèle est en usagesurla ligne de Paris à Marseille^ les postes Sieur, Pollard, Colson, Aubry, que nous ne faisons que rappeler, ces appareils ayant été décrits lors de leur apparition. Mentionnons aussi les tableaux centraux et jles appareils d’appel, les appels et sonneries Abdank.
- Enfin nous trouvons les galvanomètres apériodiques de d’Arsonval et le nouveau galvanomètre Wiedemann-d’Arsonval. Cet appareil peut être rendu différentiel ou employé dans certains cas comme balistique : l’équipage mobile est formé d’un petit aimant entouré par une sphère massive de cuivre rouge destinée à amortir ses oscillations. Deux bobines qui peuvent en être approchées ou éloignées reçoivent le courant à mesurer.
- La vitrine de la société Decauville renfermait à une échelle très réduite les modèles de son chemin de fer à voie étroite. Nous avons également retrouvé dans la galerie des machines une des petites locomotives si remarquées à l’Exposition du Champ-de-Mars l’année dernière.
- Dans le disque Dumont, employé par la Compagnie des chemins de fer de l’Est, la manœuvre ne se fait pas mécaniquement au moyen de fils métalliques; on emploie le courant de quelques Le-clanché, qui en produisant le déclenchement d’un
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- poids très lourd mettent le disque en mouvement.
- Tant que le courant passe, le disque est blanc et la voie est libre ; quand il cesse de circuler le disque tourne, il se montre rouge et la voie est fermée, detelle sorte qu’en cas de non fonctionnement du système électrique — batterie épuisée fil coupé, etc. — la voie se ferme d’elle-même. Il n’en résulte que de simples retards et on est à l’abri d’accidents.
- La bibliothèque de la section contenait un grand nombre de publications et journaux français d’électricité.
- Citons :
- Le Bulletin de l'électricité de M. A. Révérend,
- Les Comptes rendus de la société des Electriciens,
- Le Dictionnaire d’électricité de M. Dumont,
- Le Plan du laboratoire central d’électricité et une collection photographiée de cet établissement.
- L’exposition des Postes et Télégraphes, très complète, renfermait 4 Hughes, une installation de Baudot double et une de Baudot quadruplera vitrine de câbles de la maison Menier, un appareil Morse portatif, l’avertisseur d’incendies de M. Digeon et celui de Breguet, enfin le tableau de M. Picard pour l’utilisation des dynamos à la transmission télégraphique.
- Nous y remarquons aussi une boîte de résistances originale : chacune des unités de la boîte, unités, dizaines, centaines, etc., est commandée par une manette se déplaçant sur un cadran gradué de o à 10. Si nous faisons tourner la manette des unités d'un tour, par exemple, la manette des dizaines avancera d’une division, et après 10 tours des unités elle aura parcouru ses dix divisions et sera revenue par conséquent au zéro, la manette des centaines aura alors avancé d’une division, etc.
- Le principe, comme on voit, est tout à fait analogue à celui des compteurs de tours.
- Nous ne décrirons pas l’exposition de M. Clé-mançon, dont nous avons déjà parlé; d’ailleurs la plupart des appareils exposés ont déjà trouvé place dans ce journal (1). M. Clémançon exposait quelques types de régulateurs « Alpha », qu’il construit maintenant. Rappelons que dans cette lampe c’est un petit moteur à anneau qui est
- (*) La Lumière blectrique, 4 août 188S, p. :i,|.
- chargé du rapprochement des charbons quand la résistance de l’arc augmente et de leur écartement lors de l’allumage.
- Les commutateurs de ce constructeur présentent aussi une particularité. En général la section de passage du courant entre les pièces métalliques de ces appareils est peu différente de celle du Conducteur qui amène le courant. Il y a là évidemment une faute à cause de la grande augmentation de résistance en ce point. M. Clémançon livre passage au courant par de grandes surfaces qui ne glissent pas l’une sur l’autre, le contact est produit par une simple pression normale par un ressort puissant.
- La maison Mildé exposait en outre de ses appa-
- Fig. 7 et 8
- refis télepnoniques bien connus de très intéressants plans de ses installations d’éclairage du Havre, Poitiers et de la rue Montmartre.
- La société Cauderay-Frager exposait en plus de ses anciens types de compteurs un compteur enregistreur dont la description nous entraînerait un peu loin et le nouveau type de compteur Frager dont le moteur électrique a été modifié. On se rappelle que ce moteur était for'mé d’une pièce de fer supportée par l’axe et portant six ailettes;cette pièce tournait dans une enveloppe creuse, également munie de six ailettes de fer. Une bobine polarisait l’ensemble des deux pièces quand elles étaient dans la position indiquée par la figure 7. Il résultait de cette attraction un mouvement alternatif entretenu par des contacts électriques.
- Le nouveau moteur est constitué par un tore fendu (fig. 8) moitié fer et moitié cuivre, dont la partie fer plonge à demi dans une bobine cintrée.
- L’attraction de ce noyau de fer par la bobine produit le mouvement. Ce système engendrejia-raît-il une force plus considérable que le précédent.
- Enfin la maison Cance, qui fournissait l’éclairage de la salle, avait envoyé ses différents systèmes de lanpes; l’une d’elles était destinée à ab-
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- sorber 50 ampères, d’autres prenaient 23 ampères, et l'éclairage ordinaire était produit par des lampes en série de deux sur 110 volts.
- Nous arrêtons ici cette trop longue description. Qu’on nous permette encore cependant, avant de terminer, de remercier en notre nom personnel et aussi en celui du jury tout entier, dont nous sommes sûr d’exprimer les sentiments, le comité local de son excellente réception et en particulier MM. Bafty et Granstone de la charmante promenade qu’ils avaient organisée pour nous au pont du Forth.
- Nous y avons admiré non seulement ce magnifique travail de l’industrie moderne, mais aussi les beautés d’un pays dont nous conserverons toujours le meilleur souvenir.
- C. Féry.
- SUR
- L’EXPLOITATION DE LA GUTTA-PERCHA O
- Pour explorer les ravins de Boukett-Timah, j’avais compté mettre à profit mon séjour forcé dans l’île de Singapore pendant l’intervalle de temps qui s'écoulerait entre la transplantation des souches des isonandras que j’avais coupés dans les forêts sakèies et le moment de la reprise complète de leur végétation dans une pépinière provisoire à Kampong-Barhou.
- Dans toutes les forêts où j’avais constaté une exploitation antérieure de la-gutta-percha, j’avais vu des repousses sur les souches des arbres abattus en vue de la récolte de cette gomme.
- C’était précisément cette circonstance qui m’avait fait considérer comme certaine la survivance de l’isonandra-percha dans Singapore.
- 11 était notoire que toute exploitation de l’iso-nandra avait cessé dans cette île avant 1857; le docteur Oxley était le dernier naturaliste qui fût retourné dans la jungle de Boukett-Timah ; il s’y était rendu peu de semaines avant sa rentrée définitive en Europe, au mois de juillet 1856.
- La réussite du transport des souches d’arbres à gutta-percha et — malgré leurs mutilations — la reprise de végétation de ces taban mérah et taban
- (1) La Lumière Electrique du 13 décembre 1S90, p. 554.
- soutra m’avaient démontré la facilité non seulement de leur propagation rapide dans leurs habitats naturels mais de leur culture et de leur multiplication loin de ces habitats. La découverte des derniers survivants authentiques de 1 'isonàndrâ percha devait bientôt me permettre d’acquérir une connaissance complète de ce précieux producteur végétal.
- De même que M. Wray et M. Burck, j’avais réussi à observer dans les forêts les diverses sortes à l’état adulte, et nous sommes jusqu’ici les seuls explorateurs qui soyons parvenus à ce résultat capital. Mais ce n’était pas suffisant : il aurait fallu suivre dans des conditions absolument normales la croissance d’une plante à gutta-percha de première qualité. Pour cela, une véritable installation dans une forêt inexploitée eût été nécessaire et cette installation eût dû comporter des appareils de chimie, des instruments de mesure, de micrographie, etc., un véritable laboratoire, en un mot. Ce n’était pas pratique; mais la forêt de Boukett-Timah allait se prêter au delà de toute espérance à cet ordre de recherches, car si je comptais y retrouver l’arbre de Hooker, j'étais loin de supposer qu’il s’y trouvait à profusion.
- Impossibilité de cette étude dans un jardin botanique.
- Pendant des années, les explorateurs en Malaisie avaient doté de plantules plus ou moins à gutta-percha le jardin botanique et les jardins d’essais des Indes néerlandaises. De toutes les richesses que Buitenzorg avait ainsi reçues (plus particulièrement de 1852 à 1857, grâce à M. Teys-mann) quelques pieds de véritables isonandras avaient résisté, grandi, survécu, et M. Burck pouvait les étudier à loisir, mais non pas à sa guise. 11 ne fut permis à ce savant botaniste de se livrer qu’à une étude imparfaite à leur égard.
- En effet, les conditions de vitalité d’un isonan-dra cultivé dans un jardin ne diffèrent nécessairement de celles de sa croissance spontanée au sein des forêts. Rien ne prouve qu’il n’y ait pas une modification dans le régime de son latex. Avant tout, c’est un trésor végétal sur lequel on n’ose pas tenter des expériences indispensables qui pourraient l'anéantir; et la preuve, c’est que M. Burck a dû s’arrêter dans cétte voie au point le plus intéressant.
- Deux exemplaires d’un prétendu isonandra-
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- percha Hooker se trouvent à Buitenzorg. Sur l’un, qui avait 1,26 mètre de circonférence en 1884, le directeur-adjoint de ce jardin a voulu faire une expérience dont la réussite aurait eu une portée considérable; mais sa prudente sagacité lui a conseillé de ne pas la poursuivre.
- La souche d’un sujet exploité contient une proportion de gutta-percha qui esl perdue pour la récolte; il était permis de penser à priori que l’incision de l’écorce du tronc sans sacrifier l’arbre permettrait de récupérer la majeure partie de cette gomme inutilisée. Le tronc coupé se trouve traité presque couché sur le sol et il n’est incisé que sur le demi-cylindre supérieur ; les limites extrêmes des bandes d’écorce enlevées sont indiquées par les génératrices qui sont les lignes de contact des deux plans tangents verticaux. 11 était logique de présumer qu’en pratiquant des incisions sur toute la circonférence de l’arbre on augmenterait considérablement, si on ne la doublait pas, la quantité du produit obtenu. M. Burck a voulu s’en assurer sur l’exemplaire dont il est question dans le paragraphe précédent.
- Or, voici à quoi son expérience a dû se réduire :
- « J’ai fait pratiquer des incisions, dit-il dans son rapport, et j'en ai obtenu 140 grammes de suc ; je devais agir avec d’autant plus de prudence que j’ignorais encore comment et jusqu’à quel point l’arbre pourrait supporter l’opération et que je ne voulais nullement sacrifier l’arbre, qui est d’une extrême valeur pour le jardin. Ces motifs me portèrent à ne faire d’incisions que sur une partie de sa circonférence, et par le calcul j’ai pu conclure, etc. »
- Dans ce cas, sur des balam tembaga qu’il aurait saignés dans la forêt de Halaban lors de son exploration à travers les Padangsche bovenlanden, M. Burck aurait pu conclure tout aussi bien, et même beaucoup mieux, que dans le jardin de Buitenzorg. Toutefois, en pareil cas, ce n’est pas assez que de raisonner par induction ; il faut des données basées sur des constatations précises et complètement en dehors du domaine des hypothèses.
- Si je n’avais pas retrouvé dans la jungle de Boukett-Timah, à proximité de mon laboratoire, plusieursmilliersd’zsowÆwinrs-^m^tfsadultes, dernier lotsérieux qui eût échappé aux défrichements, je n’aurais jamais pu atteindre un résultat expérimental beaucoup plus certain que celui obtenu par le directeur-adjoint du jardin de Buitenzorg. Si je n’avais pas rencontré un vaste champ natu-
- rel pour des expériences d’une réalisation pratique, je ne serais pas en mesure de dire aujourd'hui que les incisions circulaires elliptiques ou en courbes héliçoïdales continues depuis la naissance des plus basses branches jusqu’aux arcs-boutants des racines ne répondent pas dans l’application aux prévisions théoriques à l’égard d’une espèce végétale dont le latex est rapidement coagulable.
- Pour se rapprocher de ces prévisions, il faut enlever circulairement l’écorce, et si on le fait par exemple sur une largeur d’un mètre, immédiatement au-dessus des arcs-boutants, le tronc se dessèche et périt. Les arcs-boutants restent vivaces, bien entendu, mais l’arbre est mort pour une exploitation prochaine. La vigueur de sa base devient considérable ; on voit naître de nombreux bourgeons à quelques centimètres au-dessus de la partie écorcée cylindriquement, de nouvelles branches se forment par groupes tout autour de l’arbre entre la limite inférieure de cette partie-là et ses racines ; les arcs-boutants servent souvent aussi de point de départ à des tiges. Au lieu d’avoir un tronc d’arbre ultérieurement exploitable encore, on n’a plus qu’une souche vivante, et le but que l’on s'est proposé n’est pas atteint.
- Cause de la difficulté du bouturage et du marcottage ordinaire.
- Quant aux incisions ordinaires, c’est-à-dire d’une largeur de 2 ou 3 centimètres seulement, elles peuvent être circulaires sans être fatales au tronc; judicieusement pratiquées, elles n'atteignent que momentanément sa vigueur, parce que les lèvres de la plaie peuvent se rapprocher. Les isonandras sont doués d’une grande dose de vitalité.
- Un rameau coupé conserve sa fraîcheur et ses bourgeons continuent à prospérer en apparence pendant plus d’un mois quand son extrémité est plongée dans une eau fréquemment renouvelée, ou mieux dans un vase qu’alimente une veine liquide de très faible section et qui présente un orifice d’écoulement de même surface.
- Une portion de branche dépouillée de toutes ses feuilles, fichée en terre sur le bord d’un ravin .riche en humus et dans un endroit où l’eau suinte ou coule avec une très faible vitesse, émet des bourgeons, donne des rameaux qui peuvent dépasser en longueur une vingtaine de centimètres. Les
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- tiges de ces rameaux restent très minces, leurs feuilles développées sont petites ; ces membres atrophiés disparaissent pour être remplacés par d’autres qui semblent destinés à réussir, mais qui ont le sort des premiers.
- J'ai recueilli un nombre considérable d’expériences à ce sujet : souvent les branches qui avaient toutes les apparences d’une existence appelée à se prolonger présentaient ces phénomènes physiologiques pendant cinq ou six mois; puis la vie s’éteignait chez eux, car jamais il ne s’était développé les moindres radicelles. Dans des caisses dont l’eau pouvait s’écouler, de telles branches arrosées trois fois par jour et en pluie fine et abondante, dès l’apparition des bourgeons, se comportaient de la même manière, à condition d’être protégées contre l’action directe des ardeurs du soleil.
- Toutes les expériences montrent la difficulté qu’éprouve la fraction d’un membre d’isonandra de bonne espèce à émettre des racines. 11 est tout naturel queM. Burck, au cours de son exploration, n’ait pu réussir aucune des boutures qu’il a essayées. J’ai échoué comme lui devant cette résistance qu’oppose au bouturage une telle plante. 11 y a là une question de latex non pas insoluble, mais qui est à tourner.
- La facilité de bourgeonnement de la plante explique l’innocuité relative des incisions étroites ; mais elle n’est pas suffisante pour attribuer une réussite générale au mode de multiplication qu’employaient mes jardiniers javanais, c’est-à-dire leur tjanghohhans, et qui n’est au fond qu’un marcottage ordinaire. Comme pour le bouturage l’explication de la difficulté à laquelle on se heurte réside dans la coagulation presque instantanée du latex; les étroites cicatrices pratiquées pour l’obtention des marcottes, de même que la section d’une branche en vue d’en faire une bouture, se trouvent immédiatement fermées.
- 11 y a pourtant un moyen de reproduction très simple, d’une réussite constante, et qui a l’avantage inestimable de s’appliquer aux tiges tout récemment émises, alors que les marcottes ordinaires exigent des pousses de deux ans au moins et ne réussissent qu’à certaines conditions. Dans ce résumé il me serait impossible de le faire suffisamment comprendre, attendu que je ne saurais développer des considérations de morphologie générale, présenter toute une étude de la cellule d’un isonandra.Je me bornerai donc à énoncer un
- seul fait, ce qui simplifiera d’autant plus la question de la propagation des arbres à bonne gutta-percha : rien de plus aisé que de provoquer sur les membres de ce s arbres la multiplication des bourgeons, et une durée d’un mois suffit très régulièrement pour que les bourgeons apparaissent sur une branche coupée ou sur la tige taillée d’un jeune plant comme sur la souche d’un grand arbre abattu.
- f t
- Altitudes auxquelles croissent les Isonandra.
- Les stations qui correspondent à la végétation de ces sortes d’arbres ne sont pas absolument les mêmes au point de vue de l'altitude ; mais en y regardant de très près on constate que les différences sont moins notables et moins tranchées que ne pourrait le laisser croire un examen superficiel, Le défaut de similitude à cet égard paraît assez difficile à définir ; on rencontre souvent ces plantes pêle-mêle dans les forêts, sauf Xisonandra-percha. Cette sorte, qui est celle des forêts de Sin-gapore, semble croître un peu plus bas que les autres. C’est entre une vingtaine et une soixantaine de mètres au-dessus du niveau de la mer qu’elle prospère. Du côté de la mer, sa zone commence à peu près où finit celle du payena Leeri.
- Le taban mèrab vit plutôt à une distance beaucoup plus grande des côtes, par exemple à l’intérieur de Pérak ou de Pahang, de Patani, de Kelantan ou de Quedah, dans la presqu’île; de Saraouak, dans Bornéo ; des régions batakes de Padang. de Siak et d'Xssahan, dans Sumatra ; dans les plaines couvertes de jungles,à une petite distance des montagnes. Tous ses habitats sont en réalité de 50 à 200 mètres au-dessus du niveau de la mer.
- Le niatoub balam tembaga de Halaban, le taban soutra de Pérak et le mayang dourrian d’Oulôu-Assahan ont des stations parfois plus élevées, mais que j’ai trouvées ordinairement entre 150 et 200 mètres, et que je n’ai pas vues au-delà de 300. Entre ces limites-là, ces trois plantes préfèrent les pentes de collines un peu élevées ou de montagnes de médiocre altitude. La première existe au-dessus de 300 mètres dans les Padangscbe bovenlanden.
- Le taban mérab à racines aériennes ne se trouve que dans les habitats les plus bas du taban mérah proprement dit, et je ne l’ai vu sur aucune colline, ni sur un sol très incliné ; c’est la sorte qui
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- se plaît dans les fonds où peut cependant avoir lieu l’écoulement des eaux. 11 est d’ailleurs très rare. Cependant deux fois je l’ai rencontré dans des endroits adultes dont le sous-sol rocheux était sensiblement horizontal et vers des ruisseaux qui étaient à une altitude de près de 150 mètres, i
- Parmi les mauvaises espèces, les taban tchaier vivent plus particulièrement à des altitudes comprises entre 200 et 250 mètres, tandis que le taban pouteb de la presqu’île de Malacca, qui est d’une espèce moins inférieure, ne semble pas pouvoir végéter aussi bas; l’échelle de ses altitudes va plutôt de 500 à 900 mètres, tel que je l'ai constaté, par exemple au-dessous du Bungalow, de Larout et dans le sol des montagnes couvertes de forêts entre Kouala-Kangsar et Hipoh.
- Quant, aux cinq sortes qui seules méritent, avec celles de Singapore, l’attention de l’industrie électrique, il n’est pas étonnant qu’elles se trouvent côte à côte en divers endroits, d’après les chiffres que je viens d’indiquer.
- Similitude de toutes les autres conditions de croissance.
- Cette question d’altitude mise à part, les conditions de milieu pour la croissance des six isonan-dras producteurs convenables pour la fabrication des câbles sous-marins sont pareilles.
- Les distinctions établies à ce sujet par Jes explorateurs qui n’ont été à même d’en juger que d’une manière exceptionnelle et sur des points isolés ne sont pas réelles.
- Si dans Singapore il n’y a que l’isonandra percha, c’est parce que l’île est un peu trop basse et que le seul point où pourraient croître les autres sortes est balayé par tous les vents, à l’entrée orientale du détroit de Malacca, dans cette contrée de la zone des moussons.
- Le climat de l île est un peu trop maritime, et c’est précisément le défaut d’abri de cette île minuscule contre les courants atmosphériques qui est la cause de sa remarquable salubrité.
- Partout en Malaisie les coolies employés aux défrichements et les assistants des planteurs ou les agents des compagnies minières qui les surveillent sont atteints de la fièvre des bois, tandis que dans Singapore ils en sont' indemnes, A Djohore, extrémité sud.de la péninsule, qui n’est
- plus séparée pourtant de cette île que par un étroit chenal, il n’en est déjà plus de même.
- En raison de conditions climatériques absolument locales, sur la partie supérieure des versants de la petite montagne qui émerge au centre de Singapore on ne trouve pas plus l’isonandra de Hookerqueles autres, et pourtant à cette altitude-là, dans la forêt de Larout, côte occidentale de la presqu’île, je les ai tous vus en quelque sorte juxtaposés, y compris l’arbre de Singapore.
- A quelques mètres les uns des autres, ces divers exemplaires, tous adultes et d’une belle végétation, sont bien une preuve de la similitude des conditions de milieu qui les concernent.
- L’île principale de l’archipel de Riouw est l'habitat qui, avec la pointe est de Djohore, au sud de la péninsule, se rapproche le plus de Singapore pour la croissance des arbres à gutta-percha ; cependant d’autres espèces peuvent y végéter très bien, seulement elles n’y poussent pas toutes comme à Larout, parce que les conditions topographiques et les courants atmosphériques s’y opposent.
- Sol nécessaire aux Isonandra.
- Les terrains sur lesquels croissent les arbres à gutta-percha sont partout les mêmes en Malaisie; il me semble donc préférable de prendre comme exemple la presqu’île de Malacca, que j’ai plus particulièrement explorée pendant plusieurs années, et dans cette péninsule la région que je connais la mieux, celle de Pérak, ce pays de l'étain, du métal blanc, comme l’indiqu'e son nom.
- Le versant oriental, où se trouvent les états de Pahang, de Patani, de Kelantan, de Triganou, etc. est le pays de l’or. Le soulèvement du massif central qui partage longitudinalement la presqu’île se continue sous la mer pour émerger de nouveau en traversant Bornéo.
- La caractéristique géologique de l’état de Pérak est la prédominance des terrains granitiques qui constituent les grandes chaînes de la presqu’île; sa formation comprend trois groupes : les terrains d’éruption, constitutifs des massifs montagneux; les terrains de sédiment, qui, à de rares intervalles, se montrent par lambeaux détachés; enfin les terrains de transport, qui recouvrent totalement les plaines.
- Des roches granitojdes représentent les terrains
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- d’origine ignée du premier groupe. Leur texture n’est pas partout la même ;, du côté de la mer elle est grossière et le feldspath y est l’élément prédominant.
- Dans ce feldspath sont empâtés des cristaux de quartz vitreux, et de petits cristaux d’une tourmaline brune qui tapissent surtout les surfaces des fissures y sont assez abondants; on y rencontre dés paillettes de pyrite de fer, mais ce n’est] qu’ac-cidentellement.
- En s’avançant à l’est, c’est-à-dire vers l’intérieur de la presqu’île, dès le premier massif montagneux le granit se modifie ; il passe à l’état porphyroïde, et il en résulte une physionomie particulière pour lès surfaces exposées à l’air.
- L’influence des agents atmosphériques s’est d’abord exercée sur les petites masses répandues dans la pâte granitique et dont la décomposition a mis à nu les gros cristaux; ceux-ci, plus durs, font saillie, mais leurs arêtes se sont peu à peu émoussées, puis effacées.
- Ces roches renferment des proportions encore plus fortes de mica noir et de tourmaline brune; les cristaux de cette dernière sont plus volumineux.
- Le même caractère porphyroïde se rencontre non seulement dans toute la longueur de la première chaîne, qui est celle des provinces de Larout et de Wellesley, mais aussi dans les deux autres massifs principaux du pays; on les trouve encore au milieu des vallées et des plaines à certains points d’affleurement. Des filons de quartz traversent tous ces granits, les parcourent en tous sens; ce sont les véritables gîtes de l’étain.
- Des grès, des calcaires, des schistes chloriteux et des talcs-schistes représentent les terrains de sédiment; -il n’y a pas de fossiles dans ces grès, qui forment une foule de petits îlots assis sur le granit.
- Les terrains de transport sont les seuls exploités pour l’étain. Derrière les alluvions les plus anciennes qui deviennent le domaine des plantations dès que les terrains rocheux commencent à émerger des épaisses couches qui constituent ce s terrains de transport, on voit apparaître les forêts
- où se trouvent les arbres à gutta-percha.
- \
- Présence indispensable d'une eau non stagnante.
- Ces plantes ne se trouvent que sur ces terrains-là, et leurs racines ne se développent jamais dans {
- un riche humus, comme l’ont dit plusieurs explo* rateurs. Quand elle ne file pas presque à la sur-face d’une roche, dans une très mince nappe d’eàu, cette racine pivotante s’enfonce, au contraire — et c’est le cas tout à fait général — dans une terre glaise, dans un sol compact qui présente une proportion insignifiante de détritus végétaux.
- Dans les forêts les isonandras croissent toujours au-dessus d’une nappe d’eau courante souterraine, quand ils ne sont pas sur le bord d’un ravin où leurs racines trouvent l’humidité considérable qui leur est nécessaire, quand leurs racines ne baignent pas ou même ne sont pas en majeure partie flotantes dans l’eau.
- Je l’ai déjà fait remarquer, mais je crois utile de mieux préciser par de nouveaux détails sur cette condition sine quâ non de leur végétation.
- Souvent sur le flanc d’une colline et à une hauteur de dix, quinze, vingt mètres au-dessus du lit d’un ruisseau, dans un ravin, on rencontre des arbres à gutta par groupes de quatre ou cinq sur un terrain sec; cette circonstance ni’a longtemps induit en erreur comme tous mes devanciers. Le jour où j’ai dû arracher les souches que j’avais' à me procurer, j’ai eu l’explication de ce fait, qui a provoqué des distinctions basées sur une apparence trompeuse. Après avoir déraciné plus d’un millier d’arbres dans diverses localités sans avoir constaté une seule exception, je me suis cru autorisé à admettre qu’il n’y avait pas d’isonandra qui vécût sans avoir ses racines alimentées par une eau courante.
- Constamment quand le sol est sec superficiellement, sous une couche toujours insignifiante d’humus on arrive invariablement à trouver la racine pivotante de l’isonandra dans une couche absolument détrempée, et en faisant une tranchée jusqu’à la roche, en nettoyant ensuite la surface de cette roche, on voit bientôt l’eau suinter et couler sur elle.
- Il est à. noter que si la racine a besoin de puiser une humidité énorme dans le sol, la réalisation de cette condition nécessaire n’est pourtant pas suffisante ; il faut en outre que les feuilles et les bourgeons soient plongés dans cette atmosphère d’un degré hygrométrique élevé qui caractérise les habitats naturels des plantes à gutta-percha, cette humidité accablante dont on éprouve assez exactement la sensation quand on pénètre, au moment d’un abondant arrosage, dans une serre-chaude
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- affectée à la conservation des espèces d’une origine équatoriale.
- Conséquences de cette condition de végétation.
- Voilà pourquoi [le pivot — racine principale d’une plante à gutta-percha — présente si fréquemment une courbure considérable et parfois même se termine presque à apgle droit avec le tronc. Le phénomène est dû à la situation de la ligne de plus grande pente de la nappe d’eau souterraine par rapport à la projection de l’axe de ce tronc.
- C'est ce qui explique aussi la juxtaposition des guttifères en des places où ils ne sont quelquefois qu’à des distances irrégulières de 1 à 5 ou 6 mètres les uns des autres, la végétation par groupes d’isonandras qui ne sont pas toujours d’une seule espèce. Quand on rencontre dans un coin de forêt un arbre à gutta-percha, on est sûr qu’il n’est pas isolé.
- Bien des fois dans un même groupe les arbres sont d’âges très différents, et non loin de là subsistent des arbres adultes ou les repousses d’exemplaires précédemment exploités. Entre ces derniers et les jeunes sujets, il y a des espaces où les graines auraient dû tomber et germer plus logiquement, mais où il n’existe*\aucun isonandra. Les arbres ne sont pas réunis comme ils le seraient si leur naissance avait été due à une accumulation de graines sur un point donné de préférence aux endroits voisins; non, ils sont échelonnés sur le parcours d’une nappe d’eau, et ce sont les circuits de cette dernière qui motivent le groupement des arbres.
- C’est encore pour la même raison que dans le voisinage d’un arbre adulte on trouve de frappantes inégalités dans le mode de croissance des plantules.
- La tige, toujours mince d’ailleurs et sans ramification, se montre élancée chez les unes, avec un pivot très court et un chevelu déjà fortement accentué; c’est que le pivot a trouvé presque immédiatement l’humidité. Chez les autres, c’est l’inverse : la tige est courte, chétive, et le pivot atteint un développement démesuré; la tige n’a que 25 à 30 centimètres, tandis que le pivot mesure de 50 à 80 centimètres. Le cas le plus ordinaire est celui de la prédominance considérable du pivot sur la tige comme longueur.
- Quand la nappe, presque à (leur de terre, glisse 1
- à ciel ouvert sur une bande rocheuse à nu près d’une plantule, le pivot de celle-ci s’allonge en suivant la direction de l’eau et en adhérant à la roche dénudée.
- Si la nappe reste souterraine, mais que la racine n’ait pas trop de chemin à parcourir pour arriver jusqu’à elle, le pivot peut se contenter de profiter de la fraîcheur atmosphérique, de bénéficier des rosées abondantes et des pluies, qui ne pénètrent jamais beaucoup le sol argileux compact dans lequel il s’enfonce, et la plantule est sauvée.
- Dès que le niveau du courant d’eau est à une trop grande profondeur, la racine est malgré les pluies condamnée à périr; si considérable qu’elle puisse être, l’humidité que lui fournit indirectement l’atmosphère est insuffisante.
- Parmi les plantules il n’est pas rare de rencontrer dans les forêts des sujets souffreteux dont la tige minuscule offre un bourgeon terminal qui semble desséché; la vie se retire de cette tige avec une lenteur extraordinaire, mais elle s’éteint fatalement. Que cette plantule soit arrachée, et l’on constate que le pivot sec ne s’allonge plus qu’avec une difficulté inouïe et qu’il est hors de proportion avec la tige; il n’a rencontré aucune nappe d’eau.
- Ce fait n’est pas l’une des moindres causes de la lenteur de la reproduction et de la propagation des espèces à gutta-percha dans les forêts malaises.
- C'est toujours pour le même motif que le développement des plantules est en lui-même extrêmement lent durant les premières années.
- 11 ne faut pas chercher ailleurs l’explication de l’insuccès constant qui a découragé les essais de leur culture en Malaisie. L’anéantissement des sept plantations créées dans Singapore, en 1848, à Claymore, à Tanjong-Pagar, àSerangong et à Ké-lung; le sort à peu près semblable subi dans Bornéo par les pépinières établies dès 1853 à Pon-tianak, à Manpaoua et à Soukadanak, qui étaient pourtant des habitats naturels des isonandras; le résultat également négatif des tentatives de culture en 1856, dans Sumatra, à Bentam.à Préanger et à Bloran; enfin la végétation si pénible des plants à gutta-percha dans un jardin botanique mal situé pour eux et malgré tous les soins intelligents qui leur sont donnés n’ont pas d’autre cause.
- Dans le jardin de Saigon, quelques plantules de mauvaises espèces subsistaient encore en 1888;
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- pour qu’elles n’y fussent pas déjà mortes alors, il fallait toute la vitalité dont la nature a pourvu les isonandras.
- Elles ne grandissaient pas ; en quatre ans je les avais vues à de rares intervalles de temps, mais elles n’avaient pas pu croître seulement de 10 centimètres ; tandis que les pieds d’isonandra percha, que j’ai rapportés en revenant de Singapore, lors du congé qui m’avait été accordé en 1889, plantules que j’avais mises dans des serres portatives méthodiquement installées et logiquement arrosées, ont étonnamment prospéré pendant leur voyage sur mer.
- J’étais pourtant bien malade et je ne pouvais m’en occuper comme je l’aurais voulu ; mais l’installation de mes serres avait été combinée de manière à représenter non seulement un diminutif exact de l’habitat de ces plantes, mais — grâce à l'adjonction d’un ensemble de dispositions spé-cialfes — l’optimum de végétation d’après mes observations dans les forêts et mes expériences de laboratoire. Lors dé leur débarquement en hiver à Alger, toutes ces plantules étaient d’une végétation superbe; elles avaient grandi de 12 à 15 centimètres pendant une traversée qui avait duré 38 jours et s’était effectuée dans les conditions les plus défavorables (1).
- Radiations convenables.
- Les producteurs de bonnes guttas veulent pour leur développement une température qui ne présente que de faibles écarts d’un bout de l’année à l’autre et qui soit d’une moyenne annuelle de 27 à 28° centigrades. Leur optimum de végétation est entre 28° et 290, mais les deux températures critiques inférieures pour ces plantes sont relativement assez basses; la vie n’est suspendue chez elles qu’entre 150 et 160; elle n’est supprimée qu’entre 8° et 90, et si l’abaissement de température ne dure que deux ou trois heures, la plante ne meurt pas à 70; elle résiste parce que, malgré les indications enregistrées par le thermomètre,
- (*) J’ai dû faire cette traversée à bord du Jason, navire de commçrce de Y Océan Steamsbip C", de Liverpool. J’étais tellement malade que je n’ai pu profiter de la réquisition que le consul de France à Singapore avait été invité à me délivrer et qu’aucun paquebot poste n’avait consenti à mon embarquement, que j’ai dû exclusivement à l’amical dévouement de M. de Garcimartin, consul d’Espagne.
- elle continue à vivre à une température supérieure à celle du milieu ambiant.
- En dehors de la température ambiante et de l’humidité, la radiation lumineuse est naturellement très importante pour la vitalité et pour la croissance des isonandras.
- En ce qui concerne cette radiation, il est inexact de soutenir « que les plantes à gutta-percha cherchent le soleil et que la preuve en est dans l’élévation des exemplaires, qui tendent à dépasser en hauteur les arbres voisins. » M. Raoul, le pharmacien de marine qui a émis cette opinion, n’est jamais entré, il est vrai, dans n’importé quelle forêt malaise ; il n’a jamais vu, par conséquent, aucun isonandra ni grand ni petit dans son habitat naturel.
- La masse du feuillage d’un arbre de ce genre-là ne reçoit, au contraire, la lumière solaire que tamisée par les représentants de la dore environnante. Quand par exception il n’en est pas ainsi, c’est isolément en vertu de l’un de ces acclimatements dont M. Raoul nie la possibilité.
- Il était impoftant de savoir j’usqu’à quel point on pourrait étendre la zone d’acclimatation de Yisonandra-percha sans en modifier le latex et sans retarder sensiblement la durée du cycle de végétation. Par conséquent, j’ai dû entreprendre des expériences dans des serres portatives d’un modèle nouveau et très commode pour une étude scientifique.
- Comme les isonandras végètent en Malaisie sous des radiations lumineuses de faible réfrangibilité qui en très peu de points, hors de la Malaisie, se rencontrent associées à l’optimum des radiations thermiques que j’ai notées plus haut, le vitrage de ces serres est double. L’espace vide qu’il présente m’a permis l’étude des plantules, des marcottes et des souches d’arbrisseaux sous des radiations déterminées, en ayant recours à la méthode des écrans liquides.
- Il est facile de suivre ainsi sous une radiation exclusive, sous telle ou telle partie du spectre, la végétation des plantes à gutta-percha pour une température donnée et dans une atmosphère d’une composition voulue, susceptible d’être renouvelée d’une manière réglée.
- Je me propose de publier ultérieurement les résultats des diverses séries de ces expériences, en même temps que les données soit théoriques soit pratiques de mes observations de longue haleine dans la forêt de Boukett-Jimah et de mes essais
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- dans la pépinière que j’avais temporairement établie d’abord à Kampong Barouh et ensuite du côté deSerangong. L’isonandra-percha, qui n’était hier encore qu’un mythe, sera nécessairement demain une plante aussi entièrement connue que les représentants les plus vulgaires de la flore européenne.
- l’isonandra-percha ou isonandra gutta hooker
- En attendant, il me semble qu’un guttifère dont le latex a permis à la télégraphie sous-marine d'exister vaut bien une courte monographie, car, seulement depuis un demi-siècle, des sommes dépassant un demi-million de francs — d’après des chiffres authentiques qui figurent dans mes notes — ont été dépensées pour aboutir à le découvrir, le laisser perdre, le rechercher, le retrouver et n’en rien faire.
- Cet arbre, à l’existence duquel se rattache le passé et se trouve lié dans l’étatde la science l’avenir des câbles, a été en réalité l’objectif de tous les botanistes explorateurs en Malaisie.
- C’est pourtant de ce côté-là que toutes les recherches sont restées infructueuses de 1848 à 1887.
- Voici, d’ailleurs, à quoi se réduisent exactement, durant quarante ans, les constatations et les matériaux qui ont fait considérer comme autant de patries de cet isonandra Bornéo, Sumatra, Bangka, Riouw, Célèbes et la presqu’île de Ma-lacca :
- Bornéo. — Une assertion de James Brooke, devenu radjah de Saraouak, et une affirmation attribuée à M. Motley, mais contre laquelle cet explorateur a catégoriquement protesté.
- Des feuilles qui proviennent de Sampit et qui sont dans l’herbier de Kew.
- Quelques feuilles récoltées par M. Teysmann à Soukadanah, vers la côte sud-ouest de l’île ; elles figurent comme getab dourian dans l’herbier de Buitenzorg, sous les numéros 14600 et 14 608.
- Des rameaux ne comportant que des feuilles et rapportés sous le nom de guetah elong du nord-ouest de l’île par M. Burbidge et du sud-est par M. Cari Bock. Ils ont été l’objet à Kew d’un rapport de M. Treacher.
- Sumatra. •— Des tiges avec feuilles, coupées dans les forêts de Louhou-Along par M. Teysmann.
- Bangka. — Des plantules apportées à Buiten-
- zorg sous la désignation de dadaouw serodja, en 1853 et qui, ayant fleuri en 1883, ont pu être déterminées. (C’est l’espèce P. Treubii, var. fi par-vifolium Burck.)
- Riouw. — Plusieurs feuilles récoltées à Linggah et à Bientang, sous le nom de guetah taban, par M. Teysmann également.
- Célèbes. — Exclusivement des assertions prêtées à M. Motley comme pour Bornéo, Palaouan, Balabao et Magindanao.
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- Fig. 1. — 1, rameau en floraison récolté à Boukett-Timah (Singapore) au commencement de février 1847 ; 2, fleur épanouie, le bouton floral figure sans numéro; 3, 4 et 5, calice avec le style et coupes; 6, étamine; 7 et 8, tout jeune fruit et coupe (d’après sir William Hooker).
- Presqu’île de Malacca. — Plusieurs spécimens botaniques incomplets recueillis par M. Maingay dans les forêts de Malacca et de Selangore.
- Une tige représentée par M. Murton, mais n'ayant aussi que des feuilles, et qui provenait de l’état de Pérak.
- Enfin, les échantillons botaniques rapportés des forêts de Lahat (Pérak) par M. Brau de Saint-Pol-Lias sous le nom de gueutta taban mer ah, et qui appartiennent en réalité au taban soutra. L’autre arbre n’y existe pas ; M. Wray et moi, successive-
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- ment, nous l'avons cherché sans succès à Lahat, où les investigations étaient aisées.
- Pour compléter cette nomenclature, qui n’est ni longue ni bien probante, il convient d’ajouter que deux explorateurs ont tenu à comparer les feuilles récoltées par eux avec celles des isonan-dras qui existaient à Singapore dans une propriété de M. Oxley.
- MM. Maingay et Collins ont pu constater ainsi que de part et d’autre les feuilles étaient semblables. En admettant qu’une telle comparaison eût été — ce qui ne saurait être — de nature à autoriser une opinion, elle n’aurait pas été fort concluante pour une identité botanique. En effet, MM. Maingay et Collins avaient été induits en erreur. Les arbres qui se trouvaient à Oxley-Hill étaient originaires de la presqu’île; ils en avaient été importés sous le nom de gueutta taban. Ceux qui venaient de Boukett-Timah, et qui d’ailleurs n’existaient déjà plus, avaient été transplantés dans l’autre propriété de M. Oxley, à Claymore (').
- Sérullas.
- (A suivre.)
- CHRONIQUE ET REVUE
- DR LA PRESSE INDUSTRIELLE
- Compteur Elihu Thomson (1890).
- Le compteur représenté par la figure 1 consiste essentiellement en un électromoteur monté sur un axe, que son armature A fait tourner malgré la résistance d’un disque de Foucault en cuivre M, passant entre les pôles d’un aimant. Les inducteurs K sent assez gros pour pouvoir être traversés sans échauffement par la totalité du courant à mesurer ; l’armature A, sans fer et à fils fins, est traversée par une faible dérivation du courant que règle une résistance R. Un commutateur C, aussi doux que possible, redresse les courants. Le travail résistant du disque de Foucault M étant
- (i> L’ancienne propriété de M. Oxley, située sur Little’s-Hill, à Tanglin, aux abords de la ville de Singapore, a été acquise par les Missions catholiques étrangères, puis morcelée et coupée par le chemin d’Oxley-Hill et par la route appelée River Valley Road. Il y a longtemps qu'il n’existe plus là aucun arbre à gutta-percha.
- à peu près proportionnel à sa vitesse, cette vitesse est réciproquement proportionnelle à l’énergie électrique du courant enregistrée en D.
- Dans la disposition représentée par la figure 2,
- Fig. 1, 3 et 3. — Compteur E. Thomson.
- les inducteurs à gros fils KK' sont en série sur le circuit principal, et l’armature est en dérivation, ainsi que les enroulements à fils fins TT’, qui font frein autour du cylindre de cuivre M. Lorsque le potentiel augmente, l’armature tend à tourner plus vite, mais la résistance de M augmente aussi du fait seul de l’accroissement du potentiel et elle
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- empêche d’accélérer A, de sorte que cet appareil, pratiquement insensible aux variations du potentiel, ne mesure que l’intensité du courant, dont l’appareil (fig. 1) mesure l’énergie.
- Le disque M de l’appareil représenté par la figure 3 tourne devant les pôles des inducteurs K, dont la puissance retardatrice ou l’action de frein augmente avec l'intensité du courant, de sorte
- 2 L’ ' •
- P Q
- Fig 4. — Compteur oscillant, vue de face.
- que le compteur enregistre desdépenses d’énergie électrique proportionnellement plus élevées avec les courants faibles, lorsqu’on n’emploie, par exemple, que quelques lampes. Il peut servir pour les cas assez nombreux, paraît-il, en Amérique, où l’on convient de payer plus cher les services supplémentaires du soir ou du dimanche.
- Les figures 4 et 5 représentent un autre compteur, dans lequel le moteur est constitué par deux solé-noïdes S S', traversés par un courant sensiblement invariable, et oscillant dans le solénoïde fixe D avec une vitesse d’autant plusgrande qu’il est tra-
- versé par un courant plus intense. Le mouvement d’oscillation du pendule L, qui porte les solé-noïdes SS', est entretenu par un commutateur L', à godets de mercure V V', et dont le balancier oscille autour d’un axe p, indépendant de l’axe P du pendule L. Cet axep porte à cet effet deux touches//, que le balancier L vient heurter successivement aux extrémités de ses courses. Le commutateur
- Fig. 5. — Compteur oscillant, coupe verticale.
- bascule alors vivement, entraîné par le contrepoids W.
- La marche des courants est maintenant facile à suivre sur la figure 6, où l’on voit comment les extrémités intérieures des solénoïdes SS', sont reliées entre elles, et, par l’axe P, à la borné b du compteur, tandis que leurs extrémités extérieures aboutissent séparément à chacun des bras du commutateur dont les coupes VV' sont reliées entre elles et à la borne a.
- Dans l’état figuré, le solénoïde S, seul en circuit, est repoussé par D vers la gauche, jusqu’à ce que vers la fin de cette oscillation le pendule L vienne
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- faire basculer W vers la droite et fermer par V' le circuit sur S, que D repousse aussitôt vers la droite. Les oscillations du pendule L sont ainsi continuellement entretenues entre des limites fixées par les tampons élastiques Z Z', et transmises au compteur T.
- Dans cet appareil, le disque ou le cylindre de Foucault est remplacé par une plaque de cuivre C,
- Fig. 6. — Compteur oscillant, schéma des circuits.
- oscillant avec L entre les pôles des aimants H H.
- On peut évidemment varier indéfiniment les détails de cet appareil sans en changer le principe. C’est que, dans la variante représentée par la figure 7, les solénoïdes sont disposés par couples (SD) (S'D') aux extrémités d’un balancier perpendiculaire à l’amortisseur L, dont les plaques GC' passent entre les pôles des aimants HH'.
- Dans la disposition représentée par la figure 8, les enroulements D D' sont alimentés par le circuit secondaire d’un transformateur dont le primaire est dans le circuit du courant à mesurer, et le so-lénoïde fixe S est en dérivation sur ce courant. On
- peut ainsi obtenir, dans le secondaire B2 et en D D', tel potentiel que l’on veut, augmentant par exemple avec la charge en G2. ;
- Nous avons, jusqu’ici, considéré comme inva-
- Fig. 7. — Compteur à balancier.
- ô oTç 6 A A
- ^1__i_i... i :
- Fig. 8. — Compteur à transformateur.
- Fig. 9.— Compensateur.
- riable l’action du champ magnétique des aimants permanents H sur le disque bu la palette de cuivre qui le traverse; en réalité, cette action varie un, pbu avec la température; elle diminue quand la
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- température s’élève parce que les pôles des aimants s’écartent un peu, et que la conductibilité du disque décroît avec la température; en outre, le frottement des balais (fig. i) varie aussi avec la température. Afin de compenser ces effets de la température, on peut articuler (fig. 9) l’un des aimants N en n, de manière que la dilatation de la chaîne 4, fixée en 5, l'écarte du centre du disque de cuivre, et augmente ainsi son action retardatrice.
- Ampèremètre Walker (1890).
- Cet appareil très simple se compose d’une armature circulaire en fer doux B, reliée à son centre C par un bras & mobile dans un solénoïde à
- Fig. 1. — Ampèremètre Walker.
- bobine étagée traversée par le courant à mesurer. On arrive, en graduant par tâtonnement cette bobine et en déplaçant le contrepoids E, à.rendre les déviations de l’aiguille C proportionnelles à l’intensité du courant. Les deux extrémités f et g de l’armature, dont l’une est attirée et l’autre repoussée par le solénoïde, peuvent être au besoin reliées par un arc en laiton.
- G. R.
- Dosage des nitrates par électrolyse.
- On s’était servi du couple zinc-cuivre de Gladstone et Tribe pour analyser les nitrates. L’acide *
- nitrique est transformé, en présence de ce couple, en ammoniaque qu’on sait très facilement doser. MM. W. Williams et Blunt avaient même institué une méthode fondée sur l’emploi du couple zinc-cuivre, permettant le dosage des traces des nitrates contenues dans les eaux courantes (Journal of Chemical Society, 1881 ; Analyst, 1881).
- L’Electro-Techniker vient de décrire une nouvelle méthode d’analyse des nitrates dans laquelle on utilise le matériel ordinaire des dosages électrolytiques. Cette méthode repose comme la précédente sur la transformation de Az O3 H en Az H3 à l’aide du courant électrique en présence d’un sel de cuivre.
- La solution du nitrate est placée dans le creuset de platine de l’appareil électrolytique avec une quantité suffisante de sulfate de cuivre pur. On acidulé par l’acide sulfurique dilué. On électrolyse avec un courant de 1 à 2 centimètres cubes de gaz tonnant par minute, le cuivre se précipite; quand le cuivre est entièrement précipité, l’acide nitrique est converti en ammoniaque et il suffit de doser celle-ci dans la liqueur par les procédés ordinaires.
- La quantité de cuivre à ajouter est environ la moitié de ce qu’on présume que la liqueur contient de nitrate.
- Cette méthode peut être commode dans des essais industriels.
- A. R.
- Avertisseurs électriques des appareils à. distillation fractionnée de MM.. Claudon, Morin et Wiesnegg.
- La figure 1 représente l’appareil à distillation fractionnée de laboratoire, se composant du fourneau A, d’une chaudière B, de la colonne C, d’un émousseur-analyseur D, du réfrigèrent E. En K se trouve le manomètre avertisseur dont la fig. 2 (en A) donne le détail. Le manomètre est en verre. Une pièce de cuivre, mastiquée à la partie supérieure, livre passage à une tige terminée par un fil de platine; une vis de serrage permet delà fixer à une distance variable de la surface de mercure du manomètre. Deux bornes communiquent l’une d’une façon permanente avec le mercure, Tautre avec la tige. On attache à ces deux bornes des fils en communication avec une pile et une sonnerie.
- * Lorsque les réglages de gaz et d’eau sont effec-
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- tués, et que le régime de la distillation est établi, on fixe l’extrémité inférieure delà tige à fil de platine à un millimètre environ au-dessus de la surface de mercure, de telle sorte que le moindre
- excès de pression établisse la communication avec la sonnerie et avertisse l’opérateur de modifier ses réglages.
- En F, sur la figure f, on voit une éprouvette-
- •-1
- Fig. i. — Appareil de distillation à avertisseur électrique.
- Fig. 2. — Détails.
- jauge qui permet d’examiner à chaque instant la nature et la densité du produit distillé (fig. 2 en B).
- En G (fig. l) se trouve un avertisseur électrique de flacon-plein. 11 est formé d’un tube de verre percé à la poutre latérale et inférieure (fig. 2 en C) et assujetti sur le goulot du flacon dans lequel on recueille les produits de la distillation.
- Un flotteur de verre peut glisser dans ce tube. Le liquide distillé arrive par un entonnoir soudé latéralement au tube.
- Auxdessus du tube, deux bornes isolées sont supportées sur deux pièces d’ébonite. Chacune de ces pièces porte une lame mince de platine comme le représente la figure 4. Lorsque le flacon est plein, l’extrémité de la tige du flotteur vient déterminer le contact des deux lames de platine que
- les bornes mettent en communication avec une pile et une sonnerie.
- A. R.
- Etude dé 1% dynamo Stanley à courants alternatifs, pour lampes à arc, par MM. Torey et Wal-bridge fl),
- Avant d’entrer dans le cœur du sujet que nous avons l’intention d’exposer, c’est-à-dire l'étude de la dynamo de Stanley à courants alternatifs pour lampes à arc, nous commencerons par décrire sommairement ce type de machine tout récent et absolument nouveau.
- fl) Mémoire lu à Y American histitute of Elcctrical Eiigi• netrs, à New-York, le 21 octobre 1890.
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- Cette dynamo, inventée par M. Stanley, perfec-lionnéé par M. Schrnid, est exploitée par la compagnie Westinghouse.
- Par ses traits généraux elle rappelle la dynamo Westinghouse à courants alternatifs et à potentiel constant. Le bâti, les pièces polaires, l’enroulement des électros sont les mêmes pour une dynamo donnée, qu’elle soit à intensité constante ou à potentiel constant.
- La différence entre telle ou telle dynamo consiste entièrement dans la forme et dans l'enroulement des armatures. Les figures 12 et 13, représentant, en diagrammes des demi-sections de la machine, nous aideront à comprendre l’armature, qui est construite en minces plaques de fer découpées à l’emporte-pièce selon la forme indiquée sur ces figures.
- Les noyaux de l’armature correspondent à un nombre égal d’électro-aimants inducteurs; ces noyaux font saillie, comme le montrent les figures 12 et 13.
- Les saillies servent autant à empêcher les bobines de glisser hors des noyaux qu’à régulariser l’intensité du courant produit. Les bobines de l’armature sont reliées en série, et les extrémités sont reliées aux deux anneaux du collecteur, sur lequel portent les balais servant à la prise du courant.
- Les bobines inductrices sont aussi en série; elles sont rattachées de telle sorte que les pôles présentés à l’armature soient de polarité alternative. Ces électros sont excités par ùnè excitatrice enroulée en dérivation. On voit donc que la dynamo consiste simplement en un nombre pair de bobines inductrices correspondant au nombre de pôles qu’il y a dans la machine (les dites bobines réunies en série), et en un nombre égal de bobines d’armature également réunies en série. Cette association de bobines, si simple, sans aucun appareil régulateur extérieur, permet d’obtenir un courant constant pour toutes les charges, depuis le court circuit jusqu'au débit maximum de la machine; ce fait peut paraître incroyable, mais il est réel.
- M. Stanley avait envoyé une installation complète de 40 lampes à l’université Cornell.
- Nous nous sommes proposé de montrer comment se produit le réglage, de déterminer le débit électrique de la machine, puis de calculer le rendement de la dynamo, d’après ce débit et d’après les diverses déterminations électriques afférentes à la dynamo*
- L’alternateur était monté sur un dynamomètre étalonné directement en watts, à la vitesse de 1000 révolutions employée dans nos expériences. Nous avons cherché à obtenir un nombre considérable de valeurs instantanées de la force électromotrice et intensités des courants, pour le circuit extérieur et pour le courant excitateur, afin d’être à même d’indiquer par des courbes la marche de la dynamo à une partie quelconque d’une révolution de l’armature. A cet effet, nous avons fait marcher la dynamo tantôt en court circuit, tantôt en lui faisant alimenter 5, 10, etc., jusqu’à 40 lampes; en marche normale, à 1000 tours, elle produit un courant d’environ 10 ampères. ;
- Afin d’obtenir des valeurs de la force électromotrice, on a pris la pression directement aux bornes de 10 lampes, et pour de faibles pressions on a attaché des fils auxiliaires aux bornes de la dynamo. Chaque fois qu’on a pris les valeurs instantanées de la force électromotrice, on a pris en même temps, à l’aide de la méthode de la « chute de potentiel », les valeurs correspondantes de l’intensité du courant des lampes et du courant excitateur. A cet effet nous avons pris la différence de potentiel aux extrémités de fils sans induction, comme cela est indiqué sur la figure 1.
- Les extrémités des trois paires de fils auxiliaires étaient reliées aux contacts du commutateur à trois directions, de telle sorte qu’en plaçant le commutateur, sur une paire de contacts, quelconque on pût mettre ces fils en circuit avec une ligne dans laquelle se trouvaient un condensateur et le contact tournant ou appareil à commutation au moyen duquel on chargeait le condensateur. - ’
- Le contact tournant était analogue à celui décrit en détail par M. Ryan dans son article sur les transformateurs C1).
- 11 se composait essentiellement d’une lame de couteau en acier, fixée par une pince en bois au bout du collecteur de l’armature et tournant avec lui sur un cercle d’une vingtaine de centimètres de diamètre. Le contact du couteau était dans la direction du centre de l’une des bobines de l’armature. Sur un cadre, au même bout de l’armature, était assujetti un demi-cercle en bois, à là périphérie duquel il y avait une échelle divisée en millimètres. Au centre du demi-cercle pivotait un
- (l) La Lumière Electrique, t. XXXV, p. 233, et t. XXXVII p. 328. -
- 36
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- bras portant un porte-balai, dans lequel il y avait un ressort en acier. Le porte-balai était ajusté de telle sorte que le tranchant du couteau tournant prît contact avec le ressort plusieurs fois par seconde. Le bras portant ce ressort pouvait être arrêté n’importe où l’on voulait, et sa position pouvait être signalée sur l’échelle au moyen d’un index. (D’autres expérimentateurs ont éprouvé beaucoup d'inconvénients par suite de la rupture du ressort. Quant à nous, nous y avons obvié entièrement en plaçant un morceau de mince bourrelet en caoutchouc au-dessus du ressort, à l’endroit où il était maintenu dans le porte-balai.)
- Grâce à la disposition indiquée, le condensa-
- Fig. î,— Schéma des communications. A ampèremètre; V voltmètre.
- teur placé en série pouvait être amené à une différence de potentiel égale à celle existant entre le ressort et le bord du couteau.
- Comme le montre le schéma des communications (fig. i), le circuit des lampes était emprunté directement à un seul balai ; il se rendait directement à un ampèremètre Westinghouse par un commutateur, ce qui permettait de relier au circuit, quand on le voulait, une balance de Thomson ou un ampèremètre de gravité.
- De l’ampèremètre Westinghouse le courant se rendait, par la résistance non inductrice, au commutateur à court circuit de la dynamo, auquel se rattachait directement l’autre extrémité du fil de la dynamo.
- Le courant excitateur était mesuré au moyen d’un ampèremètre à gravité de Ryan, et un voltmètre du type Hartmann et Braun indiquait le potentiel aux bornes des électros. *
- Le bras de l’appareil à commutation étant fixé à n’importe quelle position voulue, nous ajustions le ressort de telle sorte que le couteau tournant prît contact; alors nous mettions le commutateur sur l’une quelconque des trois paires de fils pour les circuits desquels nous désirions obtenir des valeurs instantanées.
- Le condensateur, d’un demi-microfarad, était relié de telle façon qu’on pouvait le Charger en fermant une clef.
- En ouvrant, au contraire, cette clef et en en fermant une autre sur le circuit du galvanomètre on obtenait la décharge du condensateur à travers le galvanomètre et on observait la déviation.
- Le galvanomètre employé avait une résistance de 5 ooo ohms. Il consistait en une bobine d’un galvanomètre de marine de sir William Thomson, dans laquelle était suspendu un petit miroir concave, à l’envers duquel étaient fixés plusieurs petits aimants constituant l’aiguille. La force directrice était obtenue à l’aide d’un grand aimant en fer à cheval.
- Une fente étroite était ménagée dans un écran derrière lequel était une lampe à incandescence. Grâce à cette fente, une image d’une partie du filament tombait sur le miroir du galvanomètre. De là elle était réfléchie à l’écran, sur lequel il y avait une échelle graduée. On pouvait placer une boîte de résistance en dérivation par rapport au galvanomètre, de sorte que la lecture de la déviation de l’aiguille était équivalente, quand on le désirait, à la lecture de la force électromotrice.
- Quand on opérait des lectures de courant, on* faisait passer la charge du condensateur par le galvanomètre. On étalonnait celui-ci pour la force électromotrice en mettant le condensateur et un instrument à potentiel faisant fonction d’étalon en dérivation sur une batterie d’accumulateurs donnant environ 120 volts. On notait alors le nombre de volts, ainsi que la déviation correspondante de l’aiguille.
- Quant aux étalonnages pour l’intensité des courants, on les effectuait en faisant marcher l’excitatrice seule et en faisant passer le courant par deux des résistances non inductrices, en déterminant l’intensité de ce courant au moyen d’un ampèremètre et en observant la déviation correspondante de l’aiguille du galvanomètre pour chaque résistance non inductrice.
- Maintenant que nous avons décrit la dynamo, les instruments et les méthodes, arrivons à ce qui
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- est le plus intéressant, c’est-à-dire aux résultats obtenus. Pour que l'on puisse suivre plus facilement les courbes, nous allons en donner une brève explication.
- Les nombres de la ligne zéro commençant
- w ir
- Witts tinp.
- 80 8
- 60 6
- 20 2
- 0 0
- 20 2
- 60 6
- 80 8
- Fig. 2 — Court circuit.
- l’autre des sinusoïdes. L’intensité s’élevant presque d’accord avec la force électromotrice, il n'y a pas de retard appréciable. La courbe du courant de l’excitatrice, dans ce cas comme dans tous les
- w II'
- Fig. 4. — Cinq lampes à arc.
- par 5 correspondent aux divisions de l’échelle du demi-cercle en bois, qui est une partie de l’appareil à commutation.
- Au-dessous de chaque figure on trouve la reproduction des pièces polaires, montrant la position relative des courbes par rapport aux pôles.
- cas, présente une forme ondulée. La figure 12 montre la position de l’armature relativement aux pôles, lorsque la force électromotrice est zéro et que la machine fonctionne en court circuit.
- Dans toutes ces figures, la courbe désignée
- w ri’
- Fig. j). — Cinq lampes à incandescence.
- Dans toutes les courbes le mouvement de l’armature relativement aux pôles est de gauche à droite.
- La figure 2 représente la marche de la dynamo en court circuit. Les courbes de la force électromotrice et de l'intensité se rapprochent l’une et
- w r
- 4 8 12 16 - 20 24
- Fig. 5. — Dix lampes à arc.
- par E représente la source électromotrice aux bornes de la dynamo, la courbe 1 l’intensité du courant, 1' le courant de l’excitatrice, et W l’énergie du courant produit. Des échelles correspondantes en volts, en ampères et en kilowatts se trouvent à droite et à gauche des figures.
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- La figure^ représentant les courbes pour le cas où la dynamo alimente cinq lampes à arc offre un changement radical de la force électromotrice,
- Les courbes, pour tous les nombres de lampes à arc alimentées par la dynamo/ sont de formes tout à fait similaires, comme ofl le verra en se reportant aux figures 5,6, 7 et 8; Cependant, au
- w 1 £
- “i,“ Volts
- 1600
- 1200
- 800
- 400
- 0
- 400
- 800
- 1200
- 1600
- 4 8 12 16 20 24
- Fig. 6. — Vingt lampes à arc.
- qui maintenant se rapproche plus souvent d’un rectangle que d'une sinusoïde et qui, immédiatement après avoir passé les zéros, offre des pics très aigus. Dans ce cas, l’intensité continue à s’élever après que la force électromotrice a commencé à baisser, et par conséquent l’intensité retarde un peu par rapport à la force électromo-
- watts
- 40 16
- 30 12
- 10 4
- 30 12
- 40 16
- Fig. 7. — Trente lampes à arc.
- volts
- 2000
- 1500
- 1000
- 500
- 0
- 500
- 1000
- 1500
- 2000
- trice. 11 s’est produit aussi un déplacement des zéros.
- En comparant la courbe de la force électromotrice avec la courbe relative au court circuit, on voit que le premier zéro vu se trouve à 6,35 au lieu de 6,85.
- w ri’
- 40 12
- Fig. 8. — Quarante lampes à arc.
- fur et à mesure que le nombre des lampes augmente, les'zéros se présentent plus tôt relativement aux pôles, et le retard de l’intensité augmente légèrement.
- La figure 9 montre le rendement de la dynamo en pleine charge; le rendement est compris entre 93 et 94 0/0, tandis que pour la moitié de cette charge, le rendement est de 92 0/0.
- La figure 10 réunit des courbes très intéres-
- Fig. 9. — Rendement.
- santés; elle donne les formes et les valeurs de la force électromotrice pour 40 lampes, 30 lampes, 20 lampes et 10 lampes, la position de ces courbes par rapport aux pôles, ainsi qüe la position des zéros de la force électromotrice quand la dynamo est en court circuit.
- Les figures 13 et 12 montrent respectivement les positions de l’armature relativement aux pôles pour le cas où la dynamo marche à pleine charge
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- et pour le cas où elle est en court circuit.
- Une circonstance évidemment intéressante, c’est qu’au moment où la dynamo marche à pleine charge on peut la mettre en court circuit sans lui faire éprouver le moindre dommage, et
- Fig. 10. — Force électromotrice. I, quarante lampes; II, trente . lampes; III, vingt lampes; IV, dix lampes; AA, zéros relatifs au court circuit.
- qu’on peut la faire marcher en court circuit indéfiniment.
- Ce qui prouve que la dynamo se règle avec une grande facilité, c’est que quand on la met
- W I £
- 400 8
- 200
- 200 4
- 400 8
- 000 12
- 800 16
- Fig. il. — Une paire de charbons réglés à la main.
- en court circuit l’ampèremètre n’indique qu’un léger accroissement de courant. La forme particulière de la courbe de la force électromotrice pour lampes à arc nous a conduits à rechercher la cause de cette forme. Pour cela nous avons fait marcher la dynamo de plusieurs façons, comme il suit :
- D’abord, avec une résistance non inductrice de cinq grandes lampes à incandescence, mais sans
- lampes à arc en circuit ; chaque lampe consommait environ la même quantité d’énergie qu'une lampe à arc;
- Finalement, avec seulement une résistance inductrice consistant en solénoïde ayant 440 tours de fil n° 10.
- Les courbes furent dans les deux cas similaires.
- to \>
- Fig. 12. — Court circuit. Position relative des noyaux de l’armature par rapport aux électros lorsque la force électromotrice est zéro.
- Elles se rapprochaient de la sinusoïde, ce qui prouve que la forme rectangulaire est due uniquement à l’action de l’arc.
- La figure 3 montre les courbes obtenues avec les lampes à incandescence.
- Pour mieux déterminer cette action sans autre résistance dans le circuit, nous avons pris une
- Fig. 13. — Pleine charge. Position relative des noyaux de l’armatifre par rapport aux électros lorsque la force électromotrice est zéro.
- disposition au moyen de laquelle une lampe à arc pouvait être réglée à la main à l’aide d’un voltmètre à fil chaud.
- Pour une lampe dans des conditions normales nous n’avons pas pris de courbe avec laquelle il nous fût possible de comparer celle prise de la manière ci-dessus ; mais cette dernière (fig. 2) a des revirements de force électromotrice considé-
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- râbles et abrupts immédiatement avant et après le passage des zéros.
- La théorie que l’on avance pour expliquer l'élévation de la force électromotrice dans toutes les courbes de lampes à arc est que, quand l’arc se rompt, le courantd'air froid, en ajoutant de la résistance au circuit, empêche l’arc de se reformer jusqu’à ce que le potentiel soit monté à un point bien plus élevé que celui nécessaire pour maintenir un arc une fois formé. Afin de contrôler cette théorie, nous avons essayé de chauffer un arc au moyen d’une flamme d’alcool et d’empêcher ainsi dans une certaine mesure le courant d’air froid. Ce moyen de chauffage n’a pas réussi, de sorte que le résultat n’était pas ce qu’on aurait pu désirer.
- Comme je l’ai déjà dit, nous n’avions pas de courbe de lampe à arc avec laquelle il nous fût possible de le comparer, mais, en comparaison avec la seule lampe réglée à la main les angles aigus de la force électromotrice étaient notablement modifiés. On ne peut affirmer cependant si
- ce fait était dû à l’action des bobines régulatrices de la lampe ou à l’action de la flamme.
- La courbe de l’intensité, en tout cas, se rapproche d’une sinusoïde, mais elle est toujours un peu plus abrupte à gauche et au milieu, le sens de la rotation étant de gauche à droite. Le retard de l’intensité, tout en étant magnétisant, au point de vue pratique, en court circuit ou pour toute charge autre que des lampes à arc, augmente légèrement lorsqu’on ajoute des lampes à arc. Pour 40 lampes, il est d’environ 4M/a 0/0 du temps d’une alternance.
- La forme ondulatoire du courant excitateur est probablement causée par la variabilité de la résistance du circuit magnétique, résultant de l’alterna-tivité avec laquelle les noyaux et les saillies de l’armature se rapprochent des pôles ou s’en éloignent.
- Nous avons trouvé des valeurs de la force électromotrice et du courant en prenant la racine carrée du carré moyen de 36 ordonnées d’une courbe représentant un cycle complet.
- Résultats des expériences.
- Court circuit 5 lampes à incandescence. 5 — arc 10 — arc 20 — arc... 30 — arc 40 — arc 1 p. de charbons. Racine carrée du carré moyen de J!a force électromotrice Volts réels pur lumpe Racine carrée du carré moyen du courant Volts effectifs par lampo Watts électriques moyens Excitation Watts Watts moyens obtenus par le dynamomètre Rendement
- K3’” 289 285 I IOO 42 57,8 57 55 42 9,78 10,32 9,98 io/7 10,36 9,82 8,86 59,3 5° 4^3 4i 35,5 33 3 060 2 300 5 7°o 10 000 16 000 3i4 155 ,58 165 190 190 204 240 1 780 3 9°° 3 5«4 6 630 10 680 12 120 16 950 75.3 % 66,6 83,5 92.3 93,2
- Bien que le retard de l’intensité sur la force électromotrice fût très faible, le produit des valeurs du courant par la force électromotrice, obtenu comme plus haut, ne donne pas les watts. On a obtenu ces watts en construisant une courbe dont les points étaient les produits des valeurs instantanées de la force électromotrice et du courant, puis en intégrant au moyen d’un planomètre.
- En divisant par l’intensité les valeurs des watts ainsi obtenues, nous obtenions pour la valeur de la force électromotrice un nombre de volts qui était ^ordinairement, inférieur de 7 volts par lampe, à la valeur correspondante obtenue au moyen de la racine carrée du carré moyen.
- Gette différence était due sans doute auxyaleurs extrêmement élevées que présentait la force élec-
- tromotrice lorsque le courant était très faible, le travail négatif étant négligeable. Pour distinguer entre ces deux valeurs nous avons qualifié de réelle la valeur obtenue au moyen de la racine carrée du carré moyen, et à’effective celle obtenue par la seconde méthode, cette seconde force électromotrice étant seule efficace quant à la production du travail sur le circuit.
- Nous nous demandons avec une grande incertitude si la racine carrée du carré moyen obtenue au moyen des courbes rectangulaires de force électromotrice pour des lampes à arc donne bien la force électromotrice réelle; c’est faute d’un meilleur terme que nous avons qualifié d'efficaces les forces électromotrices fournies par les valeurs ainsi obtenues,
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- Pour le courant des lampes à arc nous avons admis que la racine carrée du carré moyen était une valeur exacte. S’il n’en est pas réellement ainsi, la valeur ainsi trouvée est, à n’en pas douter, très approximativement correcte, puisque lès courbes du courant sont, au point de vue pratique, des sinusoïdes.
- Les valeurs exactes de la force électromotrice ou de l’intensité ont toutefois peu d’importance, sauf au point de vue de l’intérêt scientifique, puisque la dépense électrique en watts est connue, celle-ci étant seule nécessaire pour la détermination du rendement.
- Pour conclure, nous pouvons nous borner à affirmer ce qu’a montré notre étude, à savoir que la dynamo non-seulement donne un rendement considérable et est très facile à régler, mais que c’est, comme nous l'avons dit en commençant, un type de machine entièrement nouveau et intéressant.
- C. B.
- Le développement de la traction par accumulateurs (»).
- Le moment est certainement venu de passer en revue l’évolution de la traction par accumulateurs. Le premier essai en a été tenté à l’Exposition de Paris de 1881. Deux voitures parcouraient le trajet compris entre lâ place de la Concorde et le Palais de l’Industrie. Celase passait peu detèmpsaprès l’introduction en Europe de l’accumulateur par Faure et Julien. L’expérience fut reprise en (883 par Julien, qui mit une voiture à accumulateurs en service à Bruxelles. Cette mêrhe voiture figura en 1885 à l’Exposition internationale d’Anvers. Elle attira l’attention à un tel point et semblait si bien accomplir son travail qu’elle fut récompensée du premier prix, comme la méthode de traction pour tramways la meilleure et la plus économique ;de celles connues jusqu’alors.
- Encouragée par cet accueil favorable et poursuivant ce qüi avait été fait à Anvers, YElectric Power Storage Company construisit et mit en service à son usine de Millwall, en Angleterre, une ou plusieurs voitures munies d’accumulateurs. Dans lâ première moitié de 1885, M. Bauer, maintenant à la compagnie Pullmann, fit quelques essais sur Une semblable voiture, à Baltimore, avec plus ou moins de succès. En octobre 1886, la trac-
- (*> The Bhctricàl Engineer, 15 octobre 1890.
- tion par accumulateurs captiva de nouveau l’attention des ingénieurs américains par le fonctionnement d’une voiture Julien à New-York, 8e avenue. Cette voiture fut plus tard transférée sur la ligne Madison, 40 avenue, laquelle, en acquérant peu à peu de nouvelles voitures, constitua en 1889 la plus grande installation de ce genre.
- Cet exemple fut bientôt suivi en Angleterre par l’F.lectrical Construction Company, qui installa à Birmingham douze voitures à accumulateurs. Elle construisit une grande station spécialement affectée au service des accumulateurs, et son ingénieur, M. Pitchard, rapporte que le service est tout à fait régulier. L’année dernière la traction par accumulateurs a encore progressé. M. Whar*-ton a maintenant en service à Philadelphie cinq ou six voitures. Une autre compagnie fait fonctionner quatre voitures à Beverley, Mass., avec le plus grand succès.
- Enfin d’autres voitures sont en service à la Nouvelle-Orléans, à indianopolis, à Toledo, à Washington, etc. 11 y en a quatre à Paris, et l’on se proposerait d’augmenter ce nombre.
- En un mot, il y a en service actuel 20 voitures en Angleterre, 10 à New-York, 4 à Beverlay, 5 à Philadelphie, 2 à Washington, 2 à Indianopolis, f à Toledo, 4 à Paris, 12 à la Nouvelle-Orléans, et à peu près 6 autres voitures disséminées sur le continent, ce qui fait en tout 66 voitures. Cela représente à peu de chose près le nombre de voitures électriques du système à conducteurs aériens existant il y a un peu moins de trois ans.
- L’un des principaux obstacles au développement de la traction par accumulateurs fut le grand nombre de contestations et de réclamations de priorité relatives aux accumulateurs. Aujourd’hui il semble qu’il n’y ait plus à s’occuper que d’une seule question se rapportant à ce mode de traction, c’est celle de son économie relative. Le seul élément important à ce point de vue est la durée de la batterie. Les plaques d’accumulateurs négatives telles qu’elles sont fabriquées actuellement peuvent durer dix ans. Les plaques positives durent moins longtemps. Si on peut les garder en service pendant six mois, il n’est pas douteux que la traction par accumulateurs soit aussi économique que la traction par chevaux s’il y a de 10 à 20 voitures en servicej et plus économique que celle-ci si le nombre de voitures dépasse 20.
- Les difficultés mécaniques ont été entièrement résolues, et par d’ingénieuses dispositions pn sait
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- charger les batteries de la façon la plus rapide et la plus commode.
- Les plaques positives coûtent actuellement environ 3000 francs; elles peuvent être obtenues à un prix bien inférieur] lorsqu’on les prend en grandes quantités. Elles peuvent durer environ un an. 11 faut remarquer que plus le service d’un accumulateur est continu et plus longue est sa durée. Rien n’est plus nuisible qu’un service intermittent.
- On peut estimer à 10 centimes par voiture et par kilomètre le prix afférent à l’entretien de la batterie. Il reste de 20 à 25 centimes pour la dépense de vapeur et l’entretien des moteurs et des transmissions. On peut décomposer comme suit ces diverses dépenses :
- Centimes par voiture et par kilomètre
- Energie électrique fournie aux bornes de
- la batterie............................... 7
- Entretien des moteurs et transmissions... 7
- Entretien des accumulateurs.................. 10
- Frais divers............................... 3
- Total....................... 27
- Soit environ 30 centimes par voiture et par kilomètre.
- Le coût de la traction par chevaux dans les grandes villes est de 35 centimes par kilomètre; donc en faveur de la traction par accumulateurs une différence de 5 centimes. En ajoutant à cela une plus grande régularité dans le service obtenu, les avantages de ce dernier mode de traction sont indiscutables.
- A. H.
- 1. L’Exposition de Moscou. — 11. L’électricité au théâtre. — III. Un nouveau compteur électrique.
- M. Fontaine, pi ésident, donne communication
- d’une note relative à l’Exposition française de Moscou pour 1891.
- Cette exposition s’ouvrira le 13 mai 1891 pour fermer le 27 novembre.
- Les locaux seront constitués par huit grands pavillons reliés entre eux par des galeries et représentant une surface de 35 000 mètres carrés.
- Ces bâtiments sont ceux où eut lieu l’Exposition russe de 1882.
- Une commission a été organisée par M. Mas-cart afin de pourvoir à l’installation et à la direction des services administratifs.
- Suivant les dispositions adoptées en 1878 et 1889, à Paris, chaque classe aura à sa tête un comité devant se charger de l’admission et de l’installation des exposants.
- Actuellement, des entrepreneurs français sont déjà engagés pour la remise en état du palais, réfection qui devra être terminée à fin février prochain. Dès éettë époque, les exposants pourront prendre possession de leurs places et ils devront être prêts à la date fixée pour l’ouverture.
- Les dépenses de décoration générale restant à la charge de l’administration de l’Exposition, les exposants n’aurant à acquitter que la location des espaces occupés par eux, c’est-à-dire :
- 50 francs par mètre linéaire ou carré de surface et 75 francs par mètre carré de surface adossée.
- Ces prix seront doublés pour les exposants désireux de jouir du droit de vente.
- Au cas où les recettes de toute nature seraient supérieures à deux millions, le partage des bénéfices aura lieu entre les banquiers fournisseurs des fonds et les exposants.
- Etant donné le caractère essentiellement français de cette Exposition, M. le président engage vivement nos compatriotes constructeurs électriciens à apporter dans la capitale commerciale de l’empire russe le fruit de leurs travaux.
- L’affaire est entièrement patriotique ; elle permettra aux consommateurs russes de juger et d’apprécier la qualité de nos machines et appareils à sa juste valeur.
- L’ordre du jour appelle ensuite l’attention sur une communication de M. Max de Nansouty relative aux applications de l’électricité à l’art théâtral. Notre confrère s’efforce de retracer les di-
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉGENTS EN ÉLECTRICITÉ
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS Séarce du 3 décembre 1890.
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- verses phases de l’électricité à travers nos salles de spectacle; il nous montre l’arc voltaïque pénétrant dès le début sur la scène pour y remplacer les éléments pyrotechniques à l’aide desquels on parvenait si difficilement autrefois à réaliser certains effets de lumière; puis il nous montre régulateurs et lampes à incandescence passant des coulisses à la salle, des frises au foyer et tendant à remplacer l’éclairage au gaz, qu’une série de catastrophes survenues presque coup sur coup ont en partie discrédité, à tort ou à raison. II est un fait commun, c’estque toute une statistique de sinistres recueillis en moins d’un quart de siècle viennent justifier l’appréhension du public ordinaire de nos salles de théâtre.
- En 1873, l’incendie du théâtre des Célestins, puis de l’Opéra à Paris; puis en 1875, du théâtre de Brooklyn à New-York et du théâtre des Arts à Rouen; puis, en 1879, du théâtre de Montpellier, en 1881 de l’élégante salle de Nice, en décembre de la même année du Ring-Theater de Vienne, et plus récemment encore l’épouvantable catastrophe de l’Opéra-Comique à Paris ont semé l’alarme dans la clientèle habituelle des théâtres. II en est résulté dans tout le monde civilisé un état d’esprit général qui tend à imputer à l’éclairage au gaz la plupart de ces sinistres qui firent tant et tant de victimes. M. Max de Nansouty, tout en paraissant se rallier à l'idée de M. Ch. Garnier, qui envisageait l’incendie comme la destinée de tout théâtre, expose une série d’observations qui tendent à démontrer l’exactitude de ce fait.
- Il nous faut convenir que dans les conditions présentes on n’a guère pris de précautions pour diminuer le danger d’incendie; les mêmes causes subsistant en partie dans tous les théâtres. La scène avec ses frises, ses portants, ses coulisses, son plancher et toute sa machinerie en bois de charpente constitue un véritable bûcher éminemment inflammable, au milieu duquel on croit pouvoir toujours faire circuler impunément la flamme; dans beaucoup de salles parisiennes les herses et les rampes accolées aux toiles font scintiller leurs flammes à quelques centimètres de corps combustibles par excellence qui, au moindre caprice d’un courant d’air imprévu, prennent contact avec la flamme et communiquent le feu à tout cet amas de matériaux inflammables qui constitue la scène.
- Les quelques procédés chimiques essayés en ces derniers temps ont donné des résultats très
- douteux; l’ignifugeage des bois, des charpentes et des tentures ne suffit qu’à moitié à inspirer quelque confiance, attendu que les décors ne peuvent supporter convenablement un traitement analogue; l’adoption de l’électricité permet d’arriver beaucoup plus aisément à un meilleur résultat.
- La distribution et le réglage de la lumière par incandescence sont rendus beaucoup plus faciles qu’ils n'étaient avec le gaz, et les chances d’incendie sont considérablement moindres. Toutefois, les causes de danger se trouvant diminuées, il ne s’ensuit pas qu’il n’existe plus d’autre péril, étant donnée la grande combustibilité des matériaux amassés sur et sous les scènes théâtrales.
- M. de Nansouty a été conduit à retracer ensuite les diverses tentatives faites ces dernières années pour remplacer le bois parle fer dans la construction des nouveaux théâtres, si, dans certaines conditions les architectes ont pu souvent agir à leur guise, il n’ont pu imposer le métal dans les dessous de scène. Là ils se sont heurtés inévitablement aux machinistes, très hostiles à cette réforme, et qui, pour diverses raisons préfèrent le bois, qu’ils peuvent façonner à volonté, au fer, qui est réfractaire à leur génie inventif; et en effet c'est le bois qui continue à dominer sous les planchers de scène, c’est par son moyen que les machinistes réalisent ces merveilles décoratives qui contribuent tant à donner aux décors l’apparence de la réalité que l’on cherche de plus en plus à obtenir.
- L’électricité a donc une carrière toute tracée dans nos théâtres; elle peut fournir toute une catégorie d’applications diverses qui, ensemble ou isolément, peuvent rendre de grands services et parfois conjurer une catastrophe. Nous les classerons volontiers ainsi :
- L’éclairage.
- La transmission d’énergie.
- Dans la voie de l’éclairage il a été beaucoup fait en ces derniers temps, et il n’est guère à présent de salles de spectacle parisiennes qui soit dépourvue de la lumière électrique; celle-ci a remplacé le gaz dans ses multiples applications; même elle a permis d’obtenir des effets d’un réalisme puissant que l’on n’avait pu espérer jusqu’ici. A ce propos, M. de Nansouty a fourni des renseignements très instructifs sur le rôle-de l’électricité, en tant que lumière, dans un théâtre construit en 1888 à Chicago (1).
- t1) La Lumière Électrique, t. XXXVI, p. 431,
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- Dans le même ordre d’idées, M. Max de Nan-souty a présenté divers types de bijoux électriques bien connus des électriciens qui ont dans cette application très limitée réservé une place à l'électricité parmi les accessoires de théâtre servant à l’obtention de certains effets scéniques.
- L’électricité a encore autre chose à faire que d’être agent lumineux; elle a une autre place tout indiquée dans la machinerie théâtrale. M’est-elle pas toute désignée pour accomplir elle-même ces manœuvres pénibles que l’on exécute à bras d’homme dans ies pièces à grand spectacle; n’est-elle pas capable de suppléer très aisément à ces travaux difficultueüx pour lesquels on n’a guère de moyens d’action?
- Comme transmetteurs d’énergie mécanique dans les théâtres on ne voit guère qüe :
- Les moyens manuels,
- Les moyens hydrauliques,
- L’emploi de l’air comprimé,
- L’adjonction de l’électricité.
- Les moyens manuels ont fait leur temps; il importerait-désormais d’épargner à l’homme ces fatigantes manœuvres que l’on exécute encore à la main dans nombre de dessous.
- L’emploi de l’eau sous pression est la seule grande application qui ait pénétré sur la scène; il est. vrai que le caractère de sécurité de l’agent employé en réclamant la présence perpétuslle, rien n’était plus simple que-d'imaginer de lui faire accomplir incidemment une besogne indépendante de l’alimentation de l’appareil de grand secours.
- L’air comprimé n’a pas trouvé place là où l'eau était indiquée; mais l’électricité qui, elle aussi, figure déjà dans l’immeubie, n’aura pas à se heurter aux obstacles que rencontre l’air comprimé. Comme le faisait remarquer M. de Nansout}', la scène d’un théâtre est assez comparable au pont d’un navire au moment du branle-bas. Dans les deux cas on se trouve avoir besoin de transmettre à certains organes une série de mouvements difficiles à obtenir par des manœuvres manuelles. Dans les grands cuirassés on avait imaginé d’établir une distribution de vapeur dans certaines parties du bâtiment et de faire ainsi manœuvrer à distance les lourdes pièces d’artillerie et les cabestans. Les progrès de l’électricité ont fait renoncer aux services de la vapeur. La facilité de distribution et de mise en marche des moteurs électriques, a séduit les ingénieurs des constructions navales; et
- sur une petite échelle le pont d’un navire présente une série d’applications du transport électrique de la force dans divers services. L’électricité servait déjà à entretenir les feux puissants des projecteurs; ce n’était guère compliquer la machinerie que d'exiger d’elle de promener ses conducteurs dans l’entrepont et de distraire Une partie de la force pour la mise en marche de certains engins.
- M. de Nansouty a compris que les conditions étaient les mêmes aü théâtre et que là où l'électricité avait aussi des foyers, elle pouvait seconder très avantageusement les efforts des machinistes dans certaines de leurs manœuvres. À ce propos, le conférencier a montré par projections un heureux exemple de ce genre, qui a permis récemment de donner à Chicago le spectacle très original d’une course de chevaux en plein théâtre.
- Cet effet a été obtenu en disposant un plancher à lames dont les deux extrémités sont réunies et passent entre deux tambours placés de chaque côté de la scène; l’un de ces tambours, mû électriquement entraîne le plancher d’un mouvement déterminé, les chevaux sont lancés dans une direction inverse et une toile de fond se déroulant sous une vitesse proportionnelle à celle dont le plancher est animé fournit l’illusion panoramique. Dans ces conditions, grâce aussi à un artifice de Soufflerie agissant des coulisses sur les vêtements des jockeys, on arrive â donner ainsi, en plein théâtre, l’illusion d’une course de chevaux qui offre tout autant d’émotions pour les sportmen que ce spectacle pourrait séduire qüe quelque course sur un hippodrome de banlieue; ici comme en plein air, les chevaux ont àatteindre autant de vitesse, puisqu’ils cherchent à se devancer dans des conditions rigoureusement identiques.
- M. E. Meylan présente ensuite un compteur d’énergie électrique de son système en collaboration de M. C. Rechniewsky. Le principe de l'appareil repose sur l’emploi d’un wattmètre associé à un instrument enregistreur. C’est sur ce dernier point que ce compteur est différent des autres systèmes connus jusqu’à présent. En effet, l’appareil enregistreur doit posséder plusieurs qualités qu'il est fort difficile de concilier. C’est ainsi que ce mécanisme doit ne donner lieu à la production d’aucune étincelle de rupture, ce qui détériorerait énormément les pièces qui en seraient le siège.
- En second lieu, le mécanisme moteur doit se mettre en route dès que l’on veut faire une lecture
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- et conserver une vitesse d’une constance absolue. Jusqu'à présent la solution du problème avait été obtenue au moyen de mouvements d’horlogerie; malheureusement, comme le fait remarquer l’inventeur, dans ses expériences personnelles, il n’a jamais pu rencontrer de compteur se mettant en route à chaque lecture; le plus souvent on obtient des ratés au départ, ce qui fausse évidemment les observations, quand cela ne les rend pas impossibles.
- Pour obvier à tous ces défauts, l’auteur a eu recours à la machine dynamo comme mécanisme moteur de son compteur.
- 11 a, en effet, disposé dans son appareil un petit moteur électrique mis en mouvement par une dérivation du courant passant dans le compteur.
- Ce moteur, constitué par Un anneau Gramme genre disque, est enroulé en série, pour éviter de donner aux inducteurs une résistance trop grande. On comprend que ce dispositif, au point de vue mécanique, n’offre pas de point mort et part dans toutes les positions que peut occuper la machine, tout raté est donc évité, et toute étincelle aussi, étant donné que l’on maintient la vitesse du moteur constante par l’emploi d’un pendule conique; et on n’a plus à redouter que des variations brusques d’énergie agissent d’une façon fâcheuse sur l’allure de la petite dynamo.
- Depuis dix-huit mois que ce moteur est en expérience, il paraîtrait que les résultats, au point de vue de la mesure, seraient satisfaisants.
- M. Arnoux prend ensuite la parole pour expliquer quelques indications fournies par les indicateurs d’état de charge des accumulateurs, dont il avait expliqué le fonctionnement au cours de la dernière réunion, et que cette fois il avait installés dans la salle des séances.
- Variations de conductibilité sous diverses influenoes électriques, par M. Édouard Branly (b-
- Dans un certain nombre d’expériences, j’ai pris comme conducteur une -couche très mince de cuivre porphyrisé, étendue sur une lame rectangulaire de verre dépoli ou d’ébonite de 7 centimètres de longueur et 2 centimètres de largeur.
- {') Extrait des Comptes rendus, t. CXI, p. 785.
- Cette couche, polie avec un brunissoir, prend une résistance qui peut, varier de quelques ohms à plusieurs millions, pour un même poids de métal. La communication avec un circuit est établie par deux étroites bandes de cuivre, parallèles aux petits côtés du rectangle de la lame et appliquées au moyen d’une vis à mouvement lent. Quand on soulève les deux bandes de cuivré, là lame se trouve entièrement isolée de toute communication.
- J’ai employé aussi comme conducteurs de fines limailles métalliques, de fer, aluminium, antimoine, cadmium, zinc, bismuth,etc., quelquefois mêlées à des liquides isolants, La limaille est versée dans un tube de verre ou d’ébonite, où elle est comprise entre deux tiges métalliques.
- Si l’on forme un circuit comprenant un élément Daniell, un galvanomètre à long fil et le conducteur métallique, plaque d’ébonite cuivrée ou tube à limaille, il ne passe le plus souvent qu’un courant insignifiant; mais il y a une diminution brusque de résistance accusée par une forte déviation, quand on vient à produire dans le voisinage du circuit une ou plusieurs décharges électriques. Je fais usage, à cet effet, soit d’une petite machine dé Wimshurst, avec ou sans condensateur, soit d’une bobine de Ruhmkorff, soit de l’excitateur qui m’a servi dans l’étude des déperditions positive et négative par la lumière (Comptes rendus, séances des 8 et 28 avril 1890). L’action diminue quand la distance augmente, mais elle s’observe très aisément et sans précautions spéciales à quelques mètres de distance. En faisant usage du pont de Wheatstone, j’ai pu constater cette action à plus de 20 mètres, alors que l’appareil à étincelles fonctionnait dans une salle séparée du galvanomètre et du pont par trois grandes pièces et que le bruit des étincelles ne pouvait être perçu.
- Les variations de résistance sont considérables avec les conducteurs que j'ai cités ; elles sont, par exemple, de plusieurs millions d’ohms à 2000 ou même à 100, de 150 000 à 500 ohms, de 50 à 35, etc. La diminution n’est pas passagère, elle persiste parfois plus de vingt-quatre heures. Dans un premier examen' du phénomène, je n’ai pas suivi les modifications de la substance sensible abandonnée à elle-même après l’action^de l’étincelle.
- Voici un autre mode d’expérimentation qui confirme les résultats du précédent. Les électrodes d’un électromètre capillaire sont reliées aux deux
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- pôles d’un élément Daniell à sulfate de cadmium. Le déplacement du mercure, qui a lieu quand on ouvre la clef à court-circuit, ne se produit plus que très lentement quand on intercale entre l’un des pôles de l’élément et l’électrode correspondante de l’éleclromètre une plaque d’ébonite cuivrée très résistante. Mais, quand on fait jaillir les étincelles de l’excitateur, le mercure est vivement lancé dans le tube capillaire, par suite de la diminution brusque de la résistance de la plaque.
- L’examen des conditions à remplir pour produire le phénomène et la recherche de sa cause m'ont conduit aux résultats suivants :
- i° Pour que l’action ait lieu, il n’est pas nécessaire que le circuit soit fermé.
- 2° Le passage d’un courant induit dans la substance sensible produit le même effet qu’une étincelle à distance.
- 3° Avec une bobine d’induction à fils égaux, dont le fil induit est fermé sur un tube à limaille et un galvanomètre on a constaté qu’en fermant et en ouvrant le circuit inducteur à intervalles réguliers la déviation du galvanomètre lors de- la fermeture et de l’ouverture du circuit augmente graduellement, ce qui indique une diminution correspondante de la résistance de la limaille.
- 4° En opérant avec des courants continus, le passage d’un courant fort rend la substance sensible plus apte à transmettre un courant faible.
- Notons, en terminant, que dans tous ces essais l’emploi des plaques d’ébonite recouvertes de cuivre ou de mélange de cuivre et .d’étain était moins commode que l’emploi des limailles ; en effet, avec les plaques cuivrées, je n’ai pas réussi à rétablir à volonté la résistance primitive après l’action de l’étincelle ou après l’action d’un courant, tandis que, avec les tubes à limaille, on supprime à peu près complètement la variation de résistance par divers procédés, notamment en frappant quelques petits coups secs sur la tablette qui supporte le tube.
- Solution d’un problème géométrique de magnétisme, per M. T. F. Blakesley.
- L’auteur s’est proposé le problème suivant : Etant donnés les deux pôles d’un aimant et une ligne droite coupant à angle droit son axe, déter-
- miner en quel point de cette droite sa direction est parallèle au champ produit. La solution offre un certain intérêt parce que, si le point est connu expérimentalement, la distance virtuelle de l’aimant pourra être déterminée. En outre, la question a une certaine importance pratique, comme étant liée à celle de la déviation du compas dans certains cas.
- Soit A B (fig. i)un long barreau aimanté uniformément, et soit A son pôle nord, B son pôle sud, et OD son plan équatorial. Le champ en P est toujours parallèle et dans le sens de A B, que l’auteur appelle la direction positive.
- Supposons enlevée la longueur CD, laissant un
- Fig. 1
- vide dans la partie équatoriale ; un pôle sud existera en C et un pôle nord en D, et ces pôles produiront en P un champ négatif parallèle à D C.
- Le champ résultant sera négatif ou positif, suivant que P sera voisin ou éloigné de 0.11 y a donc un point où le champ disparaît, où, par conséquent, deux barreaux A G et D B ne produiraient pas de déviation du compas, quelle que soit la situation du navire portant le système.
- Un pareil couple d’aimants permanents produirait ce qu’on appelle une déviation hémi-circulaire sur une aiguille de boussole située à une distance quelconque de O, sauf au point critique ; c’est-à-dire que dans un demi-cercle la déviation serait orientale, dans l’autre elle serait occidentale et s’intervertirait en passant le point critique.
- Si les barreaux AC et DC étaient en fer doux et susceptible de s’aimanter sous l’influence de la composante horizontale H du magnétisme terrestre, l’effet général serait une direction de déviation qui changerait de signe dans chaque quadrant; la déviation serait la même dans les
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- quadrants en opposition, et son signe, pour chaque paire da quadrants, dépendrait de la situation du compas relativement au point critique.
- Le point critique est nettement un point où le champ dû aux deux aimants A C et D B seuls seraient entièrement suivant GP, c’est-à-dire à angle droit, avec l’axe de l’aimant. Soient M et N (fig. 2) les pôles d’un aimant et P un point à la distance de D de O, O étant situé sur l’axe de l’aimant et P O perpendiculaire sur O M N. Supposons que O M — m, O N = n, et que P représente la valeur numérique de chaque pôle M ou N.
- La condition, pour que la composante parallèle à l’aimant produite en P par le pôie P, situé en M,
- • p-
- d "m N'
- Fig. 2
- soit égale et opposée à celle produite par le pôle P situé en N est
- m n (iX
- — (Jt +^5)3 fi' (,)
- et permet de déterminer d.
- Cette équation peut être transformée comme suit :
- d% 3 da i m% 4- ft% __
- 2 mn 4* 2 tnn 4' 2 m u
- La solution de cette équation est facile, par comparaison avec les formules de la trigonométrie hyperbolique.
- cosh3 6 — - cosh 0 — - cosh 30 = 0 (3)
- 4 4
- car en faisant
- les tables de sinus et cosinus hyperboliques de l’auteur que la Société a publiées.
- En considérant inversement le problème, on peut déterminer la distance virtuelle des pôles.
- Pour réaliser pratiquement l’état de choses envisagé, plaçons une petite aiguille de magnéto -mètre dans le méridien et cherchons la direction de son axe par la condition qu’un long aimant situé dans la même direction n’affecte pas sa position d’équilibre; plaçons ensuite cet aimant ou un autre à angle droit et déplaçons-le dans le sens de sa longueur jusqu’à ce que le magnétomètre reprenne sa position primitive.
- On connaît alors d, et aussi ni et n, puisque Ja distance du milieu de l’aimant perpendiculairement à l’axe de l’aiguille du magnétomètre est 1
- __m -f- n
- 2
- La distance entière mn = 2 a peut se tirer des équations (4) et (5) car,
- m — u__ 2 a
- m + 11 ~ 21
- OÙ
- L = y cosh 3 0 + 1 d 4 cosh 0 ’
- fonction que les tables permettent facilement de déterminer.
- Les expériences de ce genre montrent que la distance virtuelle entre les pôles se rapproche'rapidement de la longueur entière de l’aimant à mesure que celle-ci augmente.
- L’expression du champ dans les circonstances indiquées est
- 4M cosh8 0
- rf3 (4 cosh8 0 — I)3»3’
- où M désigne le moment/» (n—m).
- Cette expression peut se simplifier en choisissant d de façon qu’on ait
- cosh* 0 = -.
- 4
- a . , 3 «
- = j = tangh =^-
- on a
- /M* + «2
- d*
- cosh 3 0,
- i cosh 0.
- (4)
- (5)
- En sorte que p peut se trouver facilement par
- L’intensité du champ est alors
- O3’
- comme
- cosh 0
- _ Û
- cosh ) 0 = V5;
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- d’où
- d
- J
- cosh j 9 -1- i _ (\fi> + i \i 4 cosh 6
- (t+t) 2 = 0,850651 ••
- Dans la discussion qui suit cette communication, le professeur Perry n’aime pas revenir à l’idée des pôles magnétiques dans le cas des aimants; il suggère que le problème proposé par M. Blakesley pourrait être facilement résolu à l’aide des diagrammes de lignes de force à grande échelle telles qu’en a donné Maxwell; il suffirait de mener par l’axe de l’aimant une ligne perpendiculaire à l’axe et de déterminer le point de contact avec une ligne de force.
- A ceci, l’auteur réplique qu’il serait extrêmement difficile de déterminer le point de contact avec quelque exactitude.
- Le professeur S.-P. Thompson ne pense pas qü’il existe rien de tel qu’une distance définie entre les pôles d’un aimant, mais que cette distance dépend absolument des conditions particulières de l'expérience. 11 est arrivé à cette conclusion par des expériences où il a observé les déviations d’un magnétomètre avec deux séries différentes d’aimants. Les résultats des deux séries de déterminations lui ont donné deux valeurs différentes de la distance virtuelle des pôles de l’aiguille du magnétomètre.
- Le professeur Ayrton pense que l’expression « pôle d’un aimant » n’est définie que si les conditions particulières de l’expérience le sont elles-mêmes.
- Le professeur S.-P. Thompson considère que le pôle magnétique peut avoir une situation définie pourvu que l’aimant ne soit soumis à aucune influence extérieure, parce qu’alors la distribution superficielle du magnétisme est définie. La distribution cependant ne serait pas interne, sauf dans le cas d’un barreau long et épais.
- M. Bailey pense que la vraie manière d’envisager la question est qu’au voisinage d’un point les lignes de force ressemblent à celles que produirait un couple de pôles occupant une situation déterminée, tandis que le champ au voisinage d’un autre point ressemble à celui que produirait un couple de pôles situés différemment.
- G. W. de T.
- BIBLIOGRAPHIE
- Dictionnaire d'électricité et de magnétisme, par M. J. Lefèvre.
- — Paris, J.-B. Baillière et fils, éditeurs. Fascicules 1, 2
- Ce dictionnaire, dont les deux premiers fascicules, la moitié de l’ouvrage, ont actuellement paru, nous semble destiné aux gens instruits qui désirent savoir où en sont les applications dé l’électricité. De très belles et très nombreuses figures intercalées dans le texte en rendent la lecture facile et compréhensible. . , '.
- Ce livre sera également consulté avec fruit par les gens du métier; mais un livre de ce genre est très difficile à faire; il faut en effet avoir des connaissances très-étendues et très variées.
- L’auteur, professeur à l’École des sciences de Nantes, a-t-il manié et examiné avec soin tous les différents appareils qu’il décrit ? Ceci est surtout nécessaire pour une science comme l’électricité, qui progresse avec tant de rapidité qu’on trouve dans les publications périodiques la description de beaucoup de choses qui n’ont jamais servi. Aussi les ingénieurs familiarisés avec les innombrables applications de l’électricité pensent-ils que l’auteur du Dictionnaire d’électricité a,pu quelquefois accueillir des applications nouvelles avec un excès de bienveillance.
- Certains articles nous ont paru un peu courts et demanderaient un développement plus considérable, comme par exemple électro-aimant. On sait actuellement construire les aimants comme on construit des machines à vapeur, c’est-à-dire qu’on sait calculer suivant l’usage auquel l’aimant est destiné les quantités de fer et de cuivre qu’il faut employer et leurs dimensions. Il aurait été utile que l’auteur en dît quelques mots.
- Nous croyons qu’il sera facile de combler ces lacunes dans un supplément que l’auteur ne manquera pas de placer à la fin du quatrième fascicule et nous sommes assuré que ce dictionnaire rendra alors des services à beaucoup de monde.
- L’édition est d’ailleurs très soignée et les figures sont pour la plupart parfaitement exécutées.
- P. L.
- C1) L'ouvrage paraîtra en quatre fascicules et formera un volume grand in-8" de 1000 pages à 2 colonnes, avec 1000 figures.
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- FAITS DIVERS
- Dans son numéro du i" novembre YElectrical IVorld se plaint avec une grande amertume de la manière dont les hommes politiques qui pullulent au conseil municipal de New-York cherchent dans les questions électriques un moyen de se faire une position illégitime aux dépends des intérêts de la ville et du progrès.
- Comme rien ne peut être plus nuisible et plus encombrant, nous enverrons à notre confrère nos plus sincères sentiments de condoléance, car nous partageons toutes les indignations qu’il exprime si éloquemment. Comme lui nous estimons que la science n'a point d’autre parti que celui de la vérité.
- Nature, de Londres, nous donne une nouvelle aussi intéressante qu’inattendue. On sait que depuis l’année 1870 les avis en prévision du temps sont rédigés par le Signal Corps, dont le quartier général est à Washington, et que ce régiment scientifiqne est chargé de la pose, de l’entretien et de la manœuvre du réseau des télégraphes de l’Etat.
- L’organisation établie par le Congrès à la suite des démarches du général Myers vient d’être transformée de fond en comble. Le service des avertissements est transféré au bureau de l’agrieulture. Nous ignorons encore si l’administration télégraphique proprement dite a le même sort. 11 n’est pas superflu d’ajouter que tous les soldats, sergents et officiers chargés des observations sont transformés en fonctionnaires civils et cessent de faire partie de l'armée fédérale.
- Le général Myers avait fondé le Corps des signaux pendant la guerre de la sécession, sur les champs de bataille. II lui donna un immense développement, car à la date de sa mort le Corps des signaux se composait de 500 hommes, occupant 300 stations réparties sur toutes les parties de l’Union et en communication télégraphique les unes avec les autres, soit directement, soit par l’intermédiaire de Washington.
- Ce savant officier fit plusieurs fois le voyage de Paris pour populariser en Europe le système des avertissements télégraphiques auquel il appliquait les principes défendus à diverses reprises par Le Verrier, qui approuvait hautement ses efforts et aimait à citer le Signal Corps comme un modèle d’organisation scientifique.
- Le général Myers mourut en 1S80, à l’âge de 53 ans. Il fut remplacé par le général Hazen, qui mourut à son tour en 1887. On lui donna pour successeur le lieutenant Greely, qui avait commandé la malheureuse expédition polaire du fort Conger et qui fut élevé au grade de général avec une rapidité sans exemple dans les armées européennes.
- Nous ne pouvons apprécier en ce moment la mesure qui vient d’être prise. Nous espérons qu’elle aura pour effet non point de restreindre, mais de développer l’organisation d’un corps qui a rendu de grands services aux progrès d’une des
- applications les plus utiles de la télégraphie, et qui était chargé de procéder à la pose des lignes électriques dans des régions arides ou encore sauvages où l’industrie privée n’en avait pu établir avec un profit suffisamment rénumérateur.
- Parmi les chemins électriques récemment inaugurés en Amérique et qui méritent à un degré quelconque l'attention, on nous signale la ligne que MM. Westinghouse ont établie à Greensbourg,en Pensylvanie. Cette ligne, qui joint la station du chemin de fer au village de Hempfield, ne possède point un développement de plus de 4300 mètres à vol d’oiseau, mais elle franchit successivement huit collines avec des ’ pentes de 10 0/0 et des courbes nombreuses, dont quelques-unes n’ont pas plus de 16 mètres de rayon.
- Les machines ont été établies dans le voisinage d’Hemp-fièld, auprès de la colline la plus élevée et la plus rapide. Inutile de dire que les freins sont très commodes à manier, très énergiques et que les voyageurs n’ont point à redouter une nouvelle édition du désastre de Florence.
- Ueber Land und Meer, revue allemande de voyages, publie une description détaillée d’un nouvel appareil de projection imaginé par le docteur Stricker, professeur à l’Université de Vienne. On place i’objet à la partie centrale d’un tube en U ; à l’une des extrémités on dispose une lampe électrique et à l’autre une lentille destinée à grossir l’objet et à le projeter sur un écran. Cette combinaison optique, assez analogue à plusieurs autres déjà tentées avec un certain succès, parait avoir donné de bons résultats. L’inventeur lui a donné le nom à'episcopus.
- Le câble téléphonique sous-marin qui permettra aux Parisiens de lier conversation avec les habitants de Londres sera achevé vers la fin de ce mois. 'De l’usine des frères Siemens, où s’en est faite la construction, il sera hissé à bord du steamer le Monarch qui procédera à son placement dans la première moitié de janvier. Les points d’atterrissement sont fixés dans la baie de Sainte-Marguerite, près de Douvres, et à Sangatte, près de Calais.
- Le système de conducteurs suspendus continue à être en faveur en Amérique pour les chemins de fer électriques. Dans son numéro du 22 novembre, VElectrical IVorld insiste sur les avantages considérables qui paraissent résulter de l’emploi de poulies en aluminium pour saisir le courant et le conduire à la terre. Le prix considérable du métal est plus que compensé par les avantages résultant d’une diminution énorme du poids, qui est environ trois fois moindre.
- En effet, la densité du cuivre ne s’élève jamais jusqu’à 9 et celle de l’aluminium varie généralement de 2,7 à 2,8. La
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- poulie en aluminium qui, comme nous l’avons rapporté, a figuré à l’Exposition du Congrès de Buffalo, ne pesait pas plus d’un kilogramme.
- L’ouverture de l’Exposition française de Moscou aura lieu le l" mai prochain. Les travaux sont déjà très avancés, L’industrie électrique française tiendra à être dignement représentée dans cette exposition en Russie.
- Un commencement d’incendie heureusement sans gravité fi pris naissance la semaine dernière au théâtre de la Comédie, à Madrid, par suite de la fusion d’un conducteur électrique.
- • Nous recevons de Chicago le premier numéro de l’Exposition universelle illustrée, dans lequel se trouvent les portraits du directeur de l’Exposition, de ses principaux collaborateurs et de tous les membres de la commission nationale., Ces portraits sont accompagnés de notices assez étendues, sur lesquelles nous nous réservons le cas échéant de revenir.
- Ce numéro, exécuté d’une façon très remarquable, comprend aussi un certain nombre de projets choisis parmi ceux qui ont quelque chance d’être acceptés. La plupart se distinguent par leur bizarrerie et le désir immodéré de renouveler le succès de la Tour Eiffel. Cependant il y en a deux qui, s’ils sont exécutés, devront à l’électricité la majeure partie de leur originalité, et sur lesquels nous devons par conséquent attirer un instant l’attention de nos lecteurs.
- Nous indiquerons en premier lieu un monument dont la coupole serait formée par un hémisphère de 120 mètres de diamètre. L’intérieur serait consacré à une salle de réunions et de conférences. II serait éclairé par une lampe unique suspendue au centre et simulant le soleil. Ce soleil artificiel serait au milieu d’un immense planétaire dépassant tout ce que l’on a rêvé de plus gigantesque.
- En second lieu, nous dirons quelques mots d’une autre lampe monstre, qu’on destine à l’éclairage de l’exposition agricole, qui occupera une portion du parc Washington. La lampe serait à plus de 900 mètres du sol, trois fois la hauteur de la Tour Eiffel, La colonne qui la supporterait serait creuse et renfermerait huit ascenseurs.
- Les directeurs de l’Exposition de Chicago sont revenus sur la décision en vertu de laquelle la partie électrique devait être placée dans le Front du Lac. Ils ont décidé que là salle des machines sera construite dans le parc Washington, où espace ne lui manquera pas. En outre, on sera débarrassé des hautes cheminées, qui n’ont rien de décoratif, et surtout des épais panaches de fumée qui les surmontent.
- Nous trouvons dans le numéro du 1$ novembre Ael'Elec-trical IVorld la description de. deux objets originaux susceptibles d’être employés dans l’éclairage électrique. Le pre-
- mier est une poulie autour de laquelle on fait passer un fil double tenant en suspension une lampe à incandescence. Comme la lampe est équilibrée par un contrepoids, on peut la garder indéfiniment à une hauteur quelconque. Nous avons vu fonctionner à Paris ce dispositif, qui est d’une très grande commodité.
- Le second est un tube en matière isolante dans l’intérieur duquel le charbon négatif descend à mesure qu’il s’use. Les parties voisines du cratère sont toujours portées à une température très vive, comme avec la disposition ordinaire. La chaleur même de ces parties est un peu plus considérable, bien qu’elles soient soustraites au rayonnement extérieur, mais comme elles ne se trouvent point en contact avec l’air, elles ne sont point l’objet d’une combustion constante. Somme toute la consommation de carbone paraît moindre, Des photographies qui accompagnent l’article paraissent donner raison à cette manière de voir.
- On nous écrit de Nijni-Novogorod qu'on exploite depuis quelque temps dans cette ville sur une assez vaste échelle, les procédés électrométallurgiques de raffinage du cuivre.
- La transformation du réseau électrique de New-York a été si rapide que depuis le 1" janvier 1889 on a placé sous terre dans la métropole américaine 28 000 kilomètres de conducteurs.
- Les gouvernements de Queensland et de la Nouvelle-Zélande ont refusé de souscrire la garantie collective accordée par les autres colonies australiennes à la Compagnie orientale. En conséquence de ce refus, cette Société a déclaré que les deux états réfractaires ne jouiraient point de la réduction de tarif accordée à Victoria, la Tasmanie, efc., etc.
- La conduite de la Compagnie est parfaitement justifiée en . droit. En fait, il reste à savoir comment elle pourra empêcher une agence établie soit à Sidney soit à Melbourne de recevoir sous un nom supposé les dépêches transocéaniques en destination du Queensland ou de la Nouvelle-Zélande et de les télégraphier ultérieurement à leur destination définitive au tatif international.
- Le torpilleur anglais Serpent s’est perdu corps et biens suf les côtes de Biscaye, au milieu du mois de novembre. Plusieurs matelots qui se trouvaient de quart sur le pont au moment du naufrage, et qui avaient par bonheur revêtu une ceinture de sauvetage, ont échappé au sinistre et donné quelques détails sur la catastrophe. Certaines personnes ont tiré des renseignements recueillis la conclusion que la catastrophe a été amenée par un affolement des aiguilles de la boussole, tirées de leur ligne d’orientation normale par une perturbation locale analogue à celle que M. Moureaux
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- a relevée dans les environs de Paris, et dont l’existence n’avait point été signalée.
- D’autres, à'l’opini'on desquelles nous nous rallierions plus volontiers, estiment que l'on doit plus particulièrement faire reposer cette responsabilité sur le peu de pénétration du .phare voisin du lieu du naufrage, qui est encore à l’huile, au lieu d’avoir été transformé par l’application de la lumière électrique.
- Ce n’est pas seulement à Paris que l’on cherche à exploiter contre la lumière électrique les moindres incidents auxquels donne lieu son emploi.
- Dans la séance du conseil du comté de Londres un membre a demandé l’institution d’une enquête à propos d’un incendie occasionné par un fil qui aurait chauffé, mais après l’échange de quelques remarques, la proposition n’a pas eu de suite.
- Un télégramme arrivé d’Amérique le 25 novembre apprend que la Cour suprême des Etats-Unis a repoussé l’intervention des amis de l’assassin japonais Jurgo, condamné à subir l’électrocution. Le nouveau mode de supplice a été reconnu une seconde fois conforme à la’ constitution fédérale. Il recevra prochainement son application dans la prison de Sin-Sin. Nous saurons donc bientôt dans quelle limite il a été tenu compte des réclamations contenues dans le rapport sur l’exécution de Kemmler, et dont nous avons indiqué la nature.
- Le Club des patineurs de Vienne a publié un avis portant qu’il a l’intention de donner le 26 janvier 1891 une grande fête. La lumière électrique figurera naturellement à cette réunion, qui sera tort pittoresque, si le temps s’y prête.
- Mais, sans doute afin d’augmenter leurs chances de réussite, les membres de ce club engagent leurs correspondants à leur envoyer des renseignements sur les lacs et étangs qui seraient complètements glacés. L’emploi des appareils loco-mobiles à lumière seia donc, suivant toute probabilité, in-complèment indispensable.
- Éclairage Électrique
- M. Dritrrtond, ingénieur électricien des mines de diamants de De Beer, a si bien réussi dans l’éclairage des galeries que le nombre de lampes à incandescence qui était primitivement de 100 a été porté à 200, et qu’il a été chargé d’établir un éclairage de 100 lampes dans les galeries de la mine de Kumberley.
- La principale difficulté dans ces installations volantes a été de protéger les fils contre la chute des gouttes d’eau qui tombent du toit des galeries. Pour arriver à ce résultat, M. Drumond a imaginé d’employer comme réflecteurs les isolateurs en verre qui supportent les fils. 11 en résulte que l’eau qui tombe est immédiatement vaporisée, et que l’isole-
- ment reste parfait en dépit de l'humidité de l’atmosphère et même de la chute de l’eau. C’est la lumière qui se trouve protégée et entretenue par la lumière elle-même. Il n\st pas inutile d’appeler l’attention sur cet emploi intelligent de la chaleur développée dans les lampes en même temps qu’elles servent à l’éclairage.
- Dans une précédente séance, le conseil municipal de Char-leville avait accordé l’autorisation à un entrepreneur d’éclairage électrique d’établir ses appareils en se servant de la voie publique, tout en exigeant de lui un cautionnement et certaines garanties destinés à protéger les intérêts.de la ville dans le cas où la compagnie du gaz lui créerait des difficultés. Cette compagnie s’est en effet émue de la décision et a adressé au conseil de. préfecture un mémoire dans lequel elle conteste à la municipalité de Charleville le droit de donner à qui que ce soit l’autorisation d’établir l’électricité dans la ville par les voies aériennes ou autres et conclut à une demande de dommages-intérêts, l’éclairage de la ville lui étant dévolu par suite d’un contrat passé antérieurement.
- Ce document est venu en lecture dans la séance du conseil municipal du samedi 8 novembre. Après un débat assez vif, dans lequel les chances d’un procès avec la compagnie gazière ont été discutées et faite la communication d’une pétition signée par près de deux cents négociants de Charleville demandant à être éclairés à l’électricité, la plupart ayant d’ailleurs déjà fait exécuter des travaux préparatoires, le conseil municipal, se rangeant à l’avis déjà émis que les particuliers ne peuvent être liés par le traité existant entre la compagnie du gaz et la ville, autorise le maire à défendre devant le conseil de préfecture et accorde à la majorité l’autorisation à l’entrepreneur de continuer ses installations, à la condition que le cautionnement exigé précédemment soit versé dans la quinzaine et qu’il signe dans le même délai les garanties exigées, avec caution à l’appui.
- Télégraphie et Téléphonie
- La multiplication des lignes transatlantiques devient utiê impérieuse nécessité à cause du développement inattendu que prend la télégraphie intercontinentale.
- En effet, les messages entre Londres et New-York sont si nombreux pendant certaines heures que les télégrammes pour les autres destinations qui arrivent pendant ce coup de feu doivent subir de longues attentes. Si les lignes étaient libres, il suffirait d’un quart d’heure pour échanger un télé* gramme avec Sidney; mais, dans l’état actuel des choses, chaque transmission prend au moins trois heures.
- L’un des derniers steamers partis pour le Congo, la Vilté de Romanaho, de- la Compagnie Wolford, d’Anvers, a. emporté tout le matériel nécessaire à l’installation de la prë:
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- mière ligne téléphonique qui va être placée le long du chemin de fer du Congo.
- Les fils nécessaires à la construction de la ligne sont en bronze phosphoreux et les appareils sont du système De-Jongh avec sonnerie magnéto, construits dans les ateliers de Mourlon, à Bruxelles. Ce modèle a été adopté, après un concours, par l'administration des télégraphes belges pour ses lignes particulières et ses réseaux.
- Le ministre du commerce vient d’autoriser la création de bureaux télégraphiques dans les communes de la Bastide-d’Anjou (Aude); Sarrola-Carcopino (Corse); Yffiniac (Côtes-du-Nord); Moncrabeau (Lot-et-Garonne); Saint-Martin, Saint-Agnan (Drôme); Sandricouit(Oise); Büssières (Haute-Marne); Milly (Manche); Montigny, Saint-Erme, Ramécourt (Aisne); Adissan (Hérault); Cestas (Gironde) ; Mont-Saint-Quentin (Somme); Saint-Gérand, Theneuille (Allier); Chapelle-d’Huin (Doubs); Villennes, Bourron (Seine-et-Oise); Herry (Cher); La Ronde (Charente-Inférieure); Chevry-Cossigny (Seine-et-Marne).
- Une troisième ligne télégraphique, longue de 2000 kilomètres, va réunir Rome et Berlin à travers la Bavière et le Tyrol. Le fil aura un diamètre de 3 millimètres et sera en bronze phosphoré ou silicié.
- L’Islande est menacée de dépopulation par suite des progrès que prend l’émigration au Canada. Cependant on nous apprend que le téléphone vient de faire son apparition dans cette île, qui mérite si bien son nom (Islande veut dire terre de glace). On l’a établi entre la capitale, Reykjavik, et Hat-nôr-Firlh, à une distance de 8000 mètres.
- Cette inovation a excité une grande émotion et il paraît que l’usage ne tardera point à s'en étendre, la population étant excessivement clairsemée et bien à même d’apprécier tous les avantages de cette invention merveilleuse. Le téléphone a été si facilement naturalisé qu’au lieu de lui conserver son nom savant tiré du grec on l’appelle familièrement hjtodheri mot formé de radicaux appartenant à la langue islandaise.
- Voici quelques détails sur le nouveau câble que la compagnie Telegraph Construction a construit dans ses ateliers de Woolwich et qui a été enroulé dans les cales de son steamer Seine, pour réunir Newbiggin, près de Newcastle, à Malstrand, sur la côte suédoise.
- Le fil est composé de sept bandes de cuivre pesant 90 kilos par mille marin et l’isolement est donné par 90 kilos de gutta-percha. 11 y a deux échantillons pour le câble de mer profonde. Le premier, qui pèse 3 tonnes 75 par mille, est protégé par 12 fils de fer galvanisé d’un diamètre de 4,2 millimètres ; l’autre, protégé par 17 fils dont le diamètre n’est que de 2,3 millimètres, ne pèse que 2 tonnes 5.
- Le câble de terre pèse 15 tonnes. Il porte deux armatures ; l'extérieure se compose de 14 fils de 7,5 millimètres, et l’intérieure de 12 fils de 4 millimètres. Il y a deux modèles de câble intermédiaire, l’un du poids de 10 tonnes, et l’autre de 5 tonnes.
- La longueur totale du câble est de 550 milles nautiques.
- On vient d’installer le téléphone dans un hôpital de New-York. Les salles de malades ont été réunies au parloir par des fils, de telle sorte que les malheureux malades atteints de maladies infectieuses peuvent communiquer avec ceux qui viennent les voir sans danger pour ces derniers.
- L’activité des communications téléphoniques a augmenté tellement à Chicago que l'Exchange de cette ville ne sait plus où donner de la tête. Afin de venir en aide aux dames chargées de donner les communications, la compagnie s’est adressée à M. J.-J. O’Connel, son ingénieur. Cet électricien a imaginé un tableau supplémentaire de renfort. Grâce à cette addition, les dames téléphonistes n’ont qu’à indiquer les lignes qu’elles trouvent occupées lorsqu'on les prie de donner la communication, et elles n’ont plus besoin de s’inquiéter de leur surveillance.
- C’est seulement lorsque ce système aura fonctionné pendant quelque temps qu’on pourra se faire une idée du mérite de la combinaison. Mais nous la citons aujourd’hui afin de montrer qu’il y a quelque chose à faire pour assister les employés pendant l’inévitable coup de feu qui se produit partout aux heures d’affaires.
- M. Jules Roche a décidé que l’étendue du réseau téléphonique de Saint-Cloud comprendrait la commune de Garches (Seine-et-Oise).
- Le ministre a approuvé la convention intervenue entre l'Etat et la ville de Courbevoie pour l’établissement d’une communication téléphonique interurbaine entre cette localité et Paris.
- il a, en outre, approuvé la convention conclue avec la ville de Saint-Ouen (Seine) pour l’établissement d’une communication téléphonique interurbaine entre cette localité et Paris.
- Le ministre a approuvé également la convention intervenue entre l’Etat et la chambre de commerce de Saint-Quentin pour l’établissement d’une communication téléphonique entre cette ville et Paris. Il a fixé à 1 franc la taxe de conversation téléphonique interurbaine entre Saint-Quentin et Paris.
- Imprimeur-Gérant : V. Nory
- iiüpumL-ne de La Lumière Électrique. — Paris 31. boulevard des Italiens, 31,
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 31, Boulevard des Italiens, Paris
- directeur : Dr CORNÉLIUS HERZ
- XII* ANNÉE (TOME XXXVIII) SAMEDI 37 DÉCEMBRE 1890 No 52
- SOMMAIRE. — Appel-papillon pour les lignes sous-marines; Marcillac. — Sur l’utilisation industrielle des courants continus de haute tension; Frank Géraldy. — Sur les rhéostats industriels; A. Hess. — La session de l’Association Britannique à Leeds; P.-H. Ledeboer. — Sur l’exploitation de la gutta-percha ; Sérullas. — Chronique et revue de la presse industrielle : Accumulateurs à lithanode Fitzgerald et Hongh. — Accumulateur Jacquet frères. — Accumulateur Johnson et Holdrege. — Sur le redressement des courants alternatifs dans les circuits à self-induction. — Revue des travaux récents en électricité : Sur la mesure des températures atteintes par des fils parcourus par des courants électriques, et de leur coefficient de conductibilité externe, par le professeur Pietro Cardani. — Correspondance : Lettre de MM. Pirelli et C*. — Faits divers. — Table des matières.
- APPEL-PAPILLON
- POUR LIGNES SOUS-MARINES
- Chacun connaît aujourd’hui les rappels de nuit. Avec un co’urant suffisamment énergique, on obtient des frappements de la palette nets, franchement accusés, c’est-à-dire de bons contacts, et par suite des appels de sonnerie très perceptibles. Mais si l'on suppose des courants assez faibles pour ne déplacer qu’avec peine un petit cadre galvanométrique mobile tel que celui de l’appareil dit siphon recorder, et si l’on considère surtout que la pièce mobile remplaçant la palette est un tube de verre d’un demi-millimètre de diamètre extérieur, on conçoit l’impossibilité d’obtenir de bons contacts et, par conséquent, des appels sûrs.
- Il en résulte que sur un câble sous-marin les employés sont tenus de veiller constamment au déroulement de la bande de papier dü récepteur, faute de pouvoir mettre leur poste sur sonnerie, et que cette surveillance permanente, déjà fastidieuse le jour, devient la nuit une véritable fatigue.
- Il y a un autre inconvénient au point de vue économique : c’est qu’en l’absence de tout avertisseur indiquant que le correspondant va transmettre, il est nécessaire de laisser marcher con-
- stamment, de nuit et de jour, l’appareil d’entraînement. Il y a donc usure rapide du dérouleur et consommation excessive de bandes de réception, qui sont formées d’un papier spécial de fabrication délicate et de prix assez élevé.
- MM. Rouch et Hautreux, agents du service français des câbles d’Algérie, ont obvié d’une façon heureuse à ces inconvénients avec leur appel de nuit rappelant quelque peu les régulateurs à papillon que les horlogers suisses avaient adaptés à un certain nombre de pendules qui attiraient les regards à l’Exposition d’électricité de 1881. Leur appel-papillon comprend, comme pièces essentielles, une petite ailette L en clinquant, extrêmement légère, suspendue par un fil métallique rigide F, également très léger, à un axe H soutenu par une petite fourchette horizontale H G, supportée elle-même par une colonnette verticale en laiton. En arrière de cette colonne s'en trouve une seconde D, isolée électriquement de la première. La colonnette D s’infléchit en forme de potence et porte à l’extrémité de son bras horizontal E une vis de contact. En regard de cette vis-butoir oscille le bout libre de la tige de suspension du papillon. 11 va sans dire qu’à l’état de repos la tige se trouve un peu éloignée de la vis de contact. Un des pôles d’une pile locale aboutit à la colonne G; la colonnette D est reliéeà
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- une sonnerie. Si l’on écarte le papillon de la verticale il bat à la façon d’un pendule, la tige F frappe à plusieurs reprises contre la vis-butoir, le courant suit les pièces G F E D et actionne la sonnerie d’appel. Ce déplacement du papillon est produit par le siphon enregistreur contre lequel on place le petit pendule lorsqu'on veut arrêter le déroulement du récepteur et rester dans la position d’attente.
- L’appel-papillon pouvant gêner, sinon diminuer, les mouvements du siphon lorsque le recorder travaille, toutes les pièces de cet appareil accessoire ont été montées sur une petite tablette indé-
- c
- fig. i
- pendante que l’on rapproche ou éloigne à volonté à l’aide d’un train de coulisses et de vis dont on conçoit aisément les dispositions de détail.
- La figure ci-jointe représente le recorder au repos.
- Entre les branches B B' de l’aimant permanent, on aperçoit l’encreur A rempli d’une solution de bleu d’aniline, dans lequel plonge l’extrémité postérieure du siphon S S. On voit en C les fils de suspension du cadre galvanométrique mobile placé entre les branches de l’aimant en arrière de l’encrçur. La partie antérieure du siphon s’avance jusque sur la selle en cuivre qui supporte la bande de papier réceptrice P.
- Au premier courant envoyé par le correspondant, le siphon se porte à droite ou à gauche du zéro, c’est-à-dire du milieu de la bande P. 11 heu/f
- à plusieurs reprises le papillon, qui oscille et ferme le circuit de la pile de la sonnerie de nuit. On déclenche le levier du dérouleur, on fait glisser en arrière la planchette de l’appel-papillon de façon à ne point gêner les mouvements du siphon et la réception s’opère. Mis en essai depuis quatre ans, l’appel-papillon a constamment fourni un bon service ; une pareille période d’essai est une consécration.
- Cet appareil, qui ne serait sur une ligne ordi-’ naire qu’un accessoire de peu d’importance, est d’une grande utilité sur des câbles d’une certaine longueur, puisqu’il assure que l’appel sera entendu à toute heure de jour ou de nuit. Or, les stations lointaines auxquelles aboutissent presque toutes les lignes sous-marines se trouvent (pour ne parler que de l’Egypte, l’Inde, Zanzibar, la Cochinchine, le Tonkin, la côte occidentale d’Afrique, l’Amérique du Sud, etc.) à des longitudes et sous des latitudes telles que, d’une part, à l’heure où normalement on dort profondément en France on se lève à Calcutta et l’on clôture la Bourse à la Havane, et que d’autre part, en raison delà température excessive du pays, les rares employés de ces stations exotiques sont enclins aux longs sommeils. En sorte que, dans le premier cas les heures d’activité d’un pays correspondent aux heures de sommeil d’un autre, et que, dans le second cas, pour des causes purement physiques inhérentes au climat, les télégraphistes européens énervés, anémiés, sont exposés, à moins d’une surveillance permanente, à laisser un télégramme de grande importance se perdre ou éprouver un retard de plusieurs heures faute d’un appel énergique.
- Il, est déjà fâcheux qu’une dépêche commerciale s'égare ou arrive trop tard, mais le fait devient très grave à un moment donné s’il s’agit d’une dépêche d’intérêt général. Dans nos escales d’extrême Orient ou dans nos colonies d’Afrique, entourées de peuplades hostiles toujours prêtes à des mouvements dont la répression ne peut admettre de pitoyables atermoiements qui les laissent se transformer en révolte, tout retard peut avoir de telles conséquences qu’il est bon qu’à défaut de l’employé l’appareil veille.
- P. Marcillac.
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- sur l’utilisation industrielle
- DES COURANTS CONTINUS
- DE HAUTE TENSION (*i
- Les installations de la Société pour la transmission de la force par l’électricité.
- Nous avons dit que le centre générateur à haute tension décrit dans nos précédents articles fournissait la puissance à quatre stations réceptrices, savoir : les centres d’Asnières, de Saint-Denis, et, dans Paris, les deux usines du Nord et du boulevard Barbés.
- Les lignes conductrices reliant ces usines au centre générateur sont complètement aériennes pour Asnières et Saint-Denis; elles sont formées de cuivre généralement nu, porté sur des poteaux de bois par des isolateurs en porcelaine à double cloche. Conformément aux règlements administratifs, le câble est isolé dans tous les points où il se rapproche de locaux habités ou rencontre d’autres lignes électriques.
- La ligne d’Asnières, dont la longueur est de 2,5 kilomètres, se compose d’un câblealleret d'un retour, d’une section de 38 millimètres. La ligne de Saint-Denis, dont la longueur est de 3,5 kilomètres, se compose de deux câbles aller et de deux câbles retour dont la section est également de 38 millimètres. Les deux usines de Paris ont entre Saint-Ouen et l’entrée dans Paris jusqu’à un point dit le pont Marcadet une ligne commune formée de six câbles, trois aller et trois retour, présentant la même section de 38 millimètres. La longueur de cette ligne, qui est aérienne, est de 7,5 kilomètres.
- Au pont Marcadet, cette ligne générale entre dans une petite cabine où se trouve un tableau de combinaison. Là les six fils peuvent être groupés à volonté de manière à desservir au mieux les deux lignes qui, partant de ce point, vont aboutir aux deux usines rattachées. Ces deux lignes comprennent également chacune six câbles. Celle qui se dirige vers l'usine du boulevard Barbés devient souterraine aussitôt après le point de dérivation. Elle est formée de câbles isolés, portés par des isolateurs en porcelaine dans un caniveau de béton et de cimênt. La ligne allant à l’usine du Nord suit quelque temps aériennement la voie
- 0) La Lumibre Electrique- du 20 décembre 1S90, p. 553.
- du chemin de fer en s'appuyant sur le mur de soutènement, puis devient souterraine. Elle est alors formée de câbles isolés posés dans des rainures en bois soigneusement isolé. On a adopté ce système, la place manquant pour établir un caniveau. L’isolation de toutes les lignes aériennes est excellente. On est également très satisfait de la ligne souterraine en caniveau. La ligne en conduits de bois est un peu moins bonne, sans aller néanmoins jusqu’à donner aucune inquiétude.
- Les stations réceptrices renferment, ainsi que nous l’avons dit, des groupes transformateurs comprenant une machine réceptrice mettant en mouvement des machines génératrices à basse tension. Les machines réceptrices sont toutes du même type ; elles sont semblables aux génératrices. Pour les machines à basse tension on trouve au contraire une assez grande variété, la Société ayant utilisé des machines qu’elle possédait. Chacune des machines d’Asnières conduit une machine MD à deux anneaux semblable à elle-même, enroulée seulement de gros fil. Le système tourne à 550 tours. La perte du voltage est d’environ 150 volts. Les deux machines réceptrices à basse tension sont accouplées bout à bout au moyen d’un plateau Raffard. L’usine possède deux de ces groupes transformateurs.
- A Saint-Denis, les réceptrices conduisent des machines à deux anneaux auxquelles elles sont réunies par des courroies. Les conditions de vitesse et de voltage sont les mêmes. L’usine a trois groupes.
- A l’usine du Nord, chaque réceptrice mène deux machines Edison, une à chaque extrémité de son axe ; la vitesse imposée par les machines Edison est de 750 tours; pour l’obtenir on a changé l’enroulement des réceptrices, de manière à diminuer dans la proportion nécessaire leur force électromotrice par tour. L’usine possède trois groupes.
- A l'usine du boulevard Barbés, la disposition est la même qu’à celle du Nord, pour deux groupes; un troisième conduit des machines type Gramme de la maison Breguet.
- Cette variété montre bien la souplesse de ce système et comment il se plie sans difficulté à toutes les nécessités de la pratique. ------
- Dans chaque usine les groupes récepteurs sont placés en dérivation. Ils sont reliés à la ligne pour un tableau semblable à celui qui a été décrit par
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- le centre générateur. L’organe essentiel est toujours le rhéostat à liquide. Son usage permet de mettre lentement en marche le groupe qu’on veut introduire, de manière à faire cette manœuvre en toute sécurité; il permet aussi, en opérant graduellement, de régler simultanément les machines d’un poste et d’empêcher que l’introduction d’un nouveau groupe n’amène un ralentissement dans la marche de ceux qui sont déjà en service sur le même réseau. Cette opération s’accomplit journellement sans la moindre difficulté.
- Tout cet ensemble, il faut le répéter, marche tous les jours et fait son service industriel avec la plus parfaite régularité. Les stations réceptrices sont reliées téléphoniquement à l’usine centrale et l'avertissent généralement de leurs manœuvres; toutefois cela n’est nullement nécessaire, et il arrive très bien qu’on opère sans prendre ce soin. La mise en service d’un groupe récepteur amène dans l’usine centrale un abaissement de potentiel de 40 à 60 volts, abaissement assez petit pour ne pas causer de trouble dans le service général, et cependant assez notable pour qu’on ne puisse rester sans l’apercevoir et le faire disparaître par un réglage.
- Nous nous garderons de dire que cette installation n’a pas éprouvé d’accidents ; ce serait inexact d’abord, et ensuite ce ne serait pas un éloge : les praticiens savent qu’une installation est sûre seulement lorsqu’elle a fait la preuve expérimentale qu’elle peut résister aux accidents.
- C’est le cas de celle-ci ; depuis sept mois qu’elle a commencé sa marche, elle a eu, au contraire, des acoups de tout genre : courts circuits occasionnés dans la ligne par des tempêtes, coups de foudre, etc. Les appareils automatiques ont donné ce qu’on en devait attendre, et la facilité avec laquelle on a surmonté les difficultés et réparé les petits dégâts occasionnés a donné la mesure de la solidité du système et de la grande sécurité qu’il présente.
- La Société pour la transmission de la force a créé le premier exemple d’utilisation industrielle des courants de haute tension ; elle est arrivée sans conteste à un résultat très complet et qui mérite une place dans l’histoire des progrès de l’électricité.
- Frank Géraldy.
- sur
- LES RHÉOSTATS INDUSTRIELS
- Notre article du 5, juillet dernier sur l’erreur économique que l’on commet en cherchant des alliages de haute résistance spécifique et ordinairement de prix élevé pour l’établissement des rhéostats industriels a réussi à attirer l’attention des électriciens, sinon à les convaincre tous.
- M. Hospitalier, après avoir reproduit et favorablement commenté nos conclusions dans YElec-tricien du 19 juillet, a accueilli dans le numéro du 6 septembre une critique de M. Maurice Kœchlin, qui pourrait faire illusion. Nous ne nous sommes dispensé jusqu’ici d’en faire voir l’exacte portée que parce que des circonstances indépendantes de notre volonté nous y avaient obligé.
- Avant tout, nous, devons un avertissement au lecteur. Envoyant M. Kœchlin s’abriter, pour nous confondre, derrière l’autorité respectable et respectée de Péclet, on pourrait être tenté de croire que le traité classique de cet auteur contient en quelque appendice une étude sur la radiation ou le rayonnement des fils métalliques; après examen, nous ne pensons pas qu’on y puisse découvrir rien de semblable. 11 y est question. 1.1, p. 362, d’un «tuyau chauffé intérieurement par la vapeur et exposé à l’air », « d’un vase plein d’eau chaude », etc., etc.; p. 365 « du refroidissement des corps dans l’air sous les pressions ordinaires et dans des enceintes ternes »; un peu plus loin, «du refroidissement de sphères et de cylindres de laiton mince remplis d’eau chaude » (et dont les diamètres variaient de 5 à 30 centimètres) ; p. 369, « du refroidissement de cylindres de fer étirés remplis de mercure ».
- Le plus faible diamètre des tubes expérimentés par Péclet était de 3 centimètres et il a soigneusement et expressément indiqué que ses résultats ne valent que dans les limites de ses expériences. Ceci déjà peut servir à nous justifier d’avoir pris pour base de nos calculs et de nos conclusions les expériences de M. Kennelly qui s’y rapportaient le plus et nous autorise à discuter les faits avant de réfuter les chiffres.
- Car c’est à la méthode que M. Kœchlin s’atta^ que d’abord :
- « Le raisonnement de M. Hess, dit-il, conduit à
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- des résultats que la pratique ne saurait jamais vérifier; ainsi un fil de 0,083 cm. en cuivre, recevant un courant de 20 ampères, serait, d’après lui, chauffé seulement à 100 degrés au-dessus de la température ambiante. Or un fil de 0,083 cm. de diamètre a une section de 0,5 mm2, ce qui donnerait une densité de courant de 40 ampères par mm2. Dans ces conditions, le fil serait vite hors de service, s’il n’était pas volatilisé instantanément. Nous avons voulu vérifier le fait, et il nous a été impossible d’éviter la fusion du métal. »
- A ce sentiment de M. Kœchlin je commencerai par opposer le fait expérimental résultant des observations de M. Kennelly (x) :
- Un fil de cuivre de 0,0904 cm. de diamètre, traversé par un courant qui l’échauffait à 100 degrés au-dessus de la température ambiante (250), perdait par rayonnement et par convection une puissance calorifique de 0,17 watt par centimètre de longueur. La résistance du fil en question étant à la température de 1250 de 0,0003738 ohm par centimètre de longueur, l’intensité de courant qui le traversait en développant 0,17 watt était
- T /* * °,I7
- I = V/ ——~—- =21,3 amperes V 0,000375s ^ 1
- et correspondait à une densité d’environ 33 ampères par millimètre carré de section.
- Ensuite, je rappellerai que M. Preece, dans une communication récente à la Royal Society de Londres (2), a donné uneformule pour apprécier l'élévation de température des fils conducteurs traversés par des courants intenses; le calcul s’accorde avec les expériences deM. Kennelly, surtout pour les fils d’un diamètre supérieur à 1 millimètre (les fils d’un diamètre inférieur s’échauffant moins que la formule de M. Preece ne l’indique). Pourtant, en l’appliquant à l’expérience précitée de Kennelly, elle indique
- , / IOO-----0-2 >
- I = 2550 y —0,0904 1 =21,2 amperes
- pour le courant élevant de 100 degrés au-dessus
- (>) Le compte rendu des expériences de M. Kennelly, présenté au congrès américain de Niagara Faits, en août 1880, a été publié dans La Lumière Electrique, t. XXXV, p. 38, 137 et 384.
- (*) La Lumière Electrique, t. XXXVI, p. 488.
- de la température ambiante le fil de cuivre noirci de 0,0904 centimètre de diamètre.
- Quant au fil de 0,083 centimètre qui nous a servi d’exemple et suscite la critique de M. Kœchlin, le courant qui d’après la formule de M. Preece élèverait sa température de 100 degrés au-dessus de la température ambiante serait
- I = 2530 ^X o,o8 33!2 = 18,6 ampères.
- Et s’il est vrai que la formule suppose le fil noirci, il est vrai également que le diamètre du fil est notablement inférieur à 1 millimètre.
- Au surplus, M. Preece, dans une communication antérieure (]) avait déterminé expérimentalement les constantes de fusion des fils conducteurs de différents diamètres; sa formule à ce sujet indique pour le fil de cuivre de 0,083 cm- de diamètre
- I = 2530 x 0,0833/2 = 60,5 ampères
- comme courant de fusion.
- II est probable que M. Preece serait surpris comme nous-même de la facilité avec laquelle M. Kœchlin a réussi à fondre avec 20 ampères un pareil fil; j’ai répété plusieurs fois l’expérience sans endommager aucunement mon fil.
- J’ai eu récemment l'occasion de faire de nouvelles expériences avec des fils plus fins que ceux employés par M. Kennelly. Mes résultats, obtenus à la température d’environ 200 C, sont consignés dans le tableau suivant, où figurent également les valeurs calculées en faisant
- h = 0,06866 | i)OQ77‘ — 1 | watts par centimètre carré, c = ^0,00079 4- °’00°3^6\ J. wa{ts par centimètre carré.
- La valeur c de la convection s’appliquait dans les expériences de M. Kennelly à des fils de diamètre fort différent (0,0904 et 0,3416 cm.); cette valeur représente mieux nos expériences sur les fils de cuivre de faible diamètre que l’expression moyenne résumant l’ensemble de ses expériences, dont nous nous sommes servi précédemment pour les fils d’un diamètre moyen.
- (*) Royal Society, 15 mai 1888.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Tableau des intensités de courant en fonction des élévations de température qu'elles produisent dans des fils de cuivre nus, suspendus en l'ait (température ambiante = 20‘).
- Dhim.—c ,oo85cm. Diam. = 0,021 cm. Diamètre- =5.0,080 cm.
- Élévation de température en degrés C. Intensité en amp. Intensité en amp. Inteusité en ampères
- observée culoulée observée calculée observée calculée
- 7 0,47 - - - 5,10 6,60
- 17 — — . *,99 2,02 — —
- 32 — — . 3, os 2,76 9,*5 11,30
- 36 5° 1,02 1,15 — —— ——
- 3,49 3,30 12,30 14,00
- 80 — — 4,01 4,00 — —
- 85 >,55 1,58 — ’ — — —
- 110 — —— — — 18,50 19,30
- 131 — — 4,80 4,82 —
- 134 1,85 — — — — —
- 175 — — — — 22,00 22,20
- 200 2,20 2,21 — — — —
- 284 — 5 >90 6,00 — “
- 325 2,55 —• — — — —
- 460 2,80 2,80 — — — —
- 540, — — 7,30 6,9° — —
- Température de fusion. 3,20 - 9,io - - —
- Relativement à la comparaison du maillechort et du cuivre, nous avons voulu aussi apporter à M. Kœchlin une réponse de fait ; la voici :
- Nous avons placé à la suite l’un de l'autre dans un même circuit deux fils, l’un de cuivre de 0,083 centimètre de diamètre, l’autre de maillechort de 0,25 centimètre de diamètre et nous avons constaté, en les faisant traverser par un courant assez intense pour chauffer très fortement le fil de maillechort, que la température de celui de cuivre demeurait notablement inférieure.
- Cette expérience, d’une simplicité rudimentaire et très facile à répéter, convaincra, nous l’espérons, les plus sceptiques et les lecteurs qui n’auraient pas le loisir de nous suivre jusqu’au bout de la réponse aux calculs de M. Kœchlin.
- Pour ces derniers, nous dirons encore auparavant que l’avantage industriel des rhéostats en dérivation nous semble évident, ainsi que la commodité de ceux en toile métallique, que M. Picou a vulgarisés jadis dans l’appareillage électrique des théâtres. Nos calculs font d'ailleurs ressortir tout particulièrement l’avantage de la disposition en dérivation ; car à côté de ce fait géométrique de la plus grande surface par unité de masse, nous montrons que le refroidissement par unité de surface est beaucoup plus considérable dans Jes
- fils fins et que ce dernier fait est de première importance.
- Mais revenons à la question principale, à savoir l’équation susceptible de faire juger la valeur relative du cuivre ou du maillechort pour un rhéostat à fil unique, et voyons les calculs de M. Kœchlin :
- Les formules qui ont servi de point de départ sont :
- 5
- Ru* d* 4* a
- et
- d* =
- u* (& -+• c)
- l».
- En apparence il semble qu’on peut éliminer d et exprimer/» comme l’a fait M. Hospitalier dans son article du 19 juillet :
- P =
- R s
- a1»3
- 4 1» )*/3
- n* (fc + ç) ) *
- (I
- et comparativement pour deux fils de même résistance et de nature différente traversés par un courant égal
- p_ f&'+ s''}1»38 /g\»/3
- P' = L k -t- c J 8' \*v
- (a)
- Celte formule est identique à celle à laquelle parvient M. Kœchlin, les lettres kh' et cc' représentant respectivement pour chaque conducteur les coefficients de radiation et de convection.
- En réalité, lé diamètre d du fil ne disparaît ni dans la formule (1) ni dans la formule (2); c’est ce qui nous avait empêché de les donner, attendu que la convection c est fonction du diamètre du fil.
- M. Kœchlin néglige précisément ce point capital, d’où provient son erreur principale.
- Où prend-il en effet dans Péclet : « En admettant un espace fermé, f — 4 »? tandis que Péclet donne pour le rayonnement (lé mot convection ne figure pas dans l’ouvrage) de cylindres horizontaux la formule
- A = 2,058 +
- 0,0382
- dont l’analogie de forme avec celle de M. Ken-nelly (qui nous sert) est au contraire frappante.
- Ainsi M. Kœchlin n’applique même pas les formules de Péclet dont il se réclame.
- Que dire d’ailleurs de son calcul numérique et comment s’y reconnaître. 11 donne
- m r + n f— 10,652 »» = 1,62 « = «' = 1,61 f = f =* 4
- tn’r'-\- n'f'= 9,032 r = 0,16 r'= 0,36,
- ce qui est contradictoire.
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- JOURNAL UNIVERSEL D‘ÉLECTRICITÉ
- 607
- M. Kœchlin écrit la fonction exprimant la perte de chaleur sous la forme :
- <p = m r + n f,
- et dans une note il indique d’après Péclet :
- 0/ T — 6
- m = a f a —
- avec a =3 1,0077
- et « = ( T —0,1.232.
- Le premier terme se rapporte au rayonnement, le second à la perte due au contact de l’air, T — 6 étant la différence de température, que nous avons appelée/, etô la température non absolue (parce qu’il faudrait compter à partir de — 2730), mais la température en degrés centigrades comptés à partir de zéro du milieu environnant.
- Pour le facteur r, M. Kœchlin prend d’après Péclet (p. 373) r = 0,16 pour le cuivre; pour le maillechort il prend r'— 0,26. Nous ne savons d’où provient ce dernier nombre; le mot maillechort ne se trouve pas dans le traité de Péclet, ni aucune indication d’alliage qui y ressemble. Nous n’insisterons pas davantage sur ce point, qui est en somme secondaire, car dans la plupart des cas le rayonnement est très petit devant la convection ; mais nous ferons remarquer qu’il n’est pas permis d'affirmer en se basant sur l’autorité de Péclet que le rayonnement du maillechort est le double de celui du cuivre, pour l’excellente raison que cet auteur ne parle pas du tout de cet alliage.
- Pour le cuivre le premier terme donne, tout calcul fait, 1,61 ; ce nombre ne découle pas des valeurs précédemment indiquées de m et de r, mais se trouve tout calculé dans Péclet (p. 374) ; expliquer pourquoi l’on ne trouve pas le même nombre par le calcul direct nous entraînerait trop loin; il suffit d’ailleurs déliré Péclet pour voir qu’il y a une concordance parfaite entre ses formules.
- Le terme relatif à la convection est de la forme nfavecn = (T—ô)1’23'2^ ioo 1,233=29i. M. Kœchlin prend d’après Péclet n = 1,61 dans le tableau de la page 377; la différence doit être attribuée à une raison analogue à celle de tout à l’heure. On trouve dans Péclet, pour 1000
- u/= 1,61 R'.
- Maintenant M. Kœchlin pose / ou K'= 4, toujours, dit-il, d’après Péclet.
- Cette constante/, ou plutôt K', ne se rapporte nullement à un espace fermé ; c’est une grandeur d'une espèce toute différente, et nous n’essayerons pas d’avantage d’expliquer le calcul de M. Kœchlin.
- On trouve dans Péclet plusieurs tableaux renfermant les valeurs de K' (/) pour différents cas qui peuvent se présenter. Cette quantité dépend du diamètre et de la hauteur du cylindre considéré. Péclet traite spécialement le cas de cylindres placés verticalement à l’air libre. Voici la formule qu’il indique :
- r étant le rayon du cylindre et h la hauteur. Ces formules ne sont pas exprimées en unités quelconques; au contraire, si l’on exprime r et b en mètres, on trouve la perte de chaleur en grandes calories (kilogrammes-degrés C.) par mètre carré et par heure.
- Pour être précis, donnons donc en ces unités la perte de chaleur d’un cylindre de cuivre placé vër-ticalement, maintenu à une différence de température de ioo°au-dessus delatempératureambiante. Nous supposerons cette dernière température à une vingtaine de degrés ; cette température introduit une petite correction qui n’a pas d’intérêt pour le cas qui nous occupe.
- Péclet indique dans ces conditions laYormule
- M = 161
- | °,>6 +
- h
- o,034S
- )(
- 2,43 +
- o,875«\ \ yjb ) P
- M étant le nombre de grandes calories émises par heure et par mètre carré de surface, r et b étant exprimés en mètres et la différence de température étant de 100“.
- Cette formule ne donne lieu à aucune ambiguïté ; on ne peut l’interpréter que d’une seule manière. Voyons donc comment M. Kœchlin a pris les valeurs de coefficients qu’il avance dans son article. D’abord, au lieu de rapporter M à ioo°, on peut prendre M pour i°, sauf à multiplier ensuite par 100; on aurait alors 1,61 au lieu de 161. C'est ce que fait M. Kœchlin, et c’est ainsi qu’il trouve m — 1,61 et n — 1,61, ceci d’ailleurs en parfait accord avec Péclet.
- Quant au terme dû au contact de l’air, comm
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- M. Kœchlin écrit f— 4, nous tâcherons de voir dans quelles conditions il se place. 11 faut avoir
- «-(«-+T)(w+a$0-
- On peut assigner à h différentes valeurs ; Péclet ne va pas plus loin que b== 10 mètres; si pour la simplicité nous prenons h= 1 mètre, il vient
- 4 = (0,126 + x 3,3,
- d’où
- r — 0,00505 mètre,
- ce qui correspond à un diamètre de 1 centimètre.
- Si l’on avait supposé le cylindre de longueur indéfinie, on devrait avoir
- 4 = (0,126 + X 2,43,
- la même intensité produirait la même température. Nous supposerons pour les coefficients de rayonnement les nombres admis par M. Kœchlin : 0,16 pour le cuivre; 0,26 pour le maillechort.
- Dans le cas de cylindres placés verticalement l'équation à résoudre est la suivante :
- 0,16 + (0,126 + x 3,3
- 0,26 + (0,126 + x 3,3
- Pour un fil de cuivre de 0,083 Cm« de diamètre, il viendra r' = 0,000415 ; et l'on trouve par voie d’approximations successives
- r = 0,000996 mètre.
- Le diamètre du fil de maillechort serait donc de 0,2 cm., et le rapport des diamètres serait 2,4. Quant au rapport des poids, comme on a
- d’où r = 0,0014 m. et d = 0,0028 m.
- En supposant au cylindre une longueur de 10 mètres, on trouverait r = 0,00212 m., d’où D =0,00424 m. On le voit, M. Kœchlin suppose que le cylindre de 10 mètres de long a un diamètre de 0,42 cm.
- Rappelons d'abord que la plus faible épaisseur des cylindres sur lesquels Péclet a expérimenté est de 3 centimètres, et qu’il dit lui-même expressément que ses formulesrte sont applicables qu’entre certaines limites. Mais il y a plus : si l’on examine attentivement le traité de Péclet, on constate que les nombres qui y sont indiqués sont beaucoup plus conformes à nos résultats qu’à ceux de M. Kœchlin. C’est ce que nous tâcherons de montrer.
- Pour conserver des formes géométriques quelque peu semblables à celles sur lesquelles Péclet a expérimenté, nous assignerons aux cylindres une longueur de 1 mètre.
- Nous pouvons écrire le rapport des diamètres sous la forme :
- En partant de cette formule nous pouvons calculer au moyen des équations de Péclet, supposées applicables dans ces conditions, le rapport des diamètres de deux fils, l’un de cuivre, l’autre de maillechort, de même résistance, et dans lesquels
- il vient
- i 1
- p _ f9'Ÿ s,6 ( 26 y P’ W 8,9Wl45/’
- P
- p, = 3,02.
- Avec des cylindres placés horizontalement Péclet obtient
- K'= 2,058+2^.
- 11 faut alors résoudre
- I, , o , 0,0582 0,16 + 2,058 +
- 0,26 + 2,058 -|-
- I
- 1
- S
- Le résultat que l'on obtient ainsi est égal au précédent.
- Ce résultat est tout différent de celui obtenu par M. Kœchlin; en donnant à la hauteur des cylindres des valeurs différentes on aurait obtenu d’autres résultats. Ceci montre tout simplement l’erreur qu’on commet en appliquant ces formules à coefficients numériques dans des cas pour lesquels elles ne sont pas faites; en d’autres termes, il est dangereux d’opposer des calculs de formulaire à des résultats déduits d’expériences de physique.
- M, Kœchlin nous a fait dans sa critique une
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- objection se rapportant au montage des rhéostats dans la pratique. Il admet qu’un rhéostat exige un nombre de bornes à peu près proportionnel à la longueur du fil qui le constitue. D’ordinaire, on sectionne un rhéostat en un certain nombre de subdivisions de résistance exigeant un nombre égal de bornes, et s’il y a lieu de maintenir le fil par d’autres attaches il est tout indiqué d’employer à cet usage des pièces moins coûteuses que dès bornes.
- Mais puisque — et cela d’après nos calculs, que nous croyons devoir maintenir—le rapport des longueurs des deux fils est près de l’unité, cette question est sans importance.
- En résumé, si les conclusions de M. Kœchlin sont si différentes des nôtres, c’est surtout parce que nous envisageons très différemment les valeurs à attribuer à la convection. M. Kœchlin semble supposer celle-ci indépendante des dimensions des fils; tandis que nous sommes obligé d'admettre comme résultat d’expérience que la convection est fonction du diamètre des fils. 11 faut remarquer combien la perte due au contact de l’air est supérieure à celle due au rayonnement; ainsi, le coefficient de radiation du maillechort fût-il le double de celui du cuivre que cela ne changerait en rien nos conclusions. D’après les calculs précédents, si le coefficient de rayonnement est o,i6 ou 0,26, le coefficient de convection est-quelque chose comme 8, et d’après ces nombres on peut absolument négliger le rayonnement.
- Nous espérons convaincre par les considérations qui précèdent de l’exactitude de nos raisonnements. Parti d’une série de faits expérimentaux, nous ne pouvions, en suivant un mode de calcul rigoureux, arriver qu’à des con clusions vérifiables par la pratique.
- A. Hess.
- LA SESSION
- DE L’ASSOCIATION BRITANNIQUE
- A LEEDS (i)
- M. EWING.
- Sur la théorie moléculaire du magnétisme induit.
- Cette communication serait, d’après M. Lodge, le mémoire le plus important de ceux présentés
- (i) La Lumière Electrique du 6 décembre 1890, p. 476.
- à l’Association pendant la session de Leeds. En voici d’après cet auteur une courte analyse.
- On considère le plus souvent d’après les idées d’Ampère les aimants comme constitués par un assemblage de petits aimants dont les pôles sont orientés suivant une certaine direction, tandis que dans le fer non aimanté ces pôles ont des directions quelconques. On a montré par plusieurs déductions que cette manière de considérer les aimants est très probablement exacte.
- Toutefois, pour ce qui concerne le magnétisme induit, c’est-à-dire l’aimantation due à l’action d’un champ magnétique, il règne une grande incertitude sur le mode d’action. Lorsqu’on soumet une substance magnétique à l’aimantation une certaine portion du magnétisme produit est permanent, tandis qu’une autre portion est temporaire; on peut exprimer ce fait en disant que lorsque les molécules sont dirigées dans une certaine direction et lorsque l’effort vient à disparaître une certaine partie des molécules reprend les positions primitives tandis que d’autres maintiennent ces positions, à moins que l’effort n’ait été très faible ou le fer très doux.
- La manière dont le fer se comporte est analogue aux effets dus à l’élasticité ; il y a déformation permanente aussitôt que la limite d’élasticité est atteinte. Les choses se passent sans doute ainsi. Les molécules sont fixées dans leurs positions par quelque chose d’analogue au frottement, avec une certaine liberté de céder à de petites forces.
- Weber et Maxwell ont soumis à des investigations théoriques la manière dont des molécules aimantées doivent se comporter en partant des hypothèses relatives aux corps élastiques solides; mais ils n’ont pas développé l’hypothèse que ces molécules puissent se mouvoir d’une manière entièrement libre au lieu d’être sollicitées par des forces mécaniques arbitraires. Cette hypothèse a été abordée expérimentalement, brillamment et avec plein succès par M. Ewing. 11 a pu arriver à imiter la plupart des faits observés en se servant simplement d’aiguilles aimantées mobiles sur des axes.
- On connaît l’aspect de la courbe d’aimantation, ou, ce qui revient au même, de la caractéristique d’une dynamo. Cette courbe se compose à peu près de trois droites dont la première fait un angfe-assez petit avec l’axe des abscisses, force aimantante ou courant qui produit l’aimantation. La seconde partie est presque verticale ou parallèle à l’axe des
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ordonnées représentant l’aimantation produite, tandis que la troisième partie est faiblement inclinée sur l'axe des abscisses.
- , Dans la première partie la susceptibilité magnétique est faible ou reste en dedans des limites de l’élasticité, et lorsqu’on supprime la force, les choses reviennent à l’état primitif. A partir de là, l’équilibre devient instable, l’aimantation augmente à peu près proportionnellement avec la force d’aimantation et cette aimantation persiste lorsqu’on supprime la force; c’est un état d’équilibre visqueux. A cet état en succède un autre où les forces redeviennent élastiques et ne permettent plus d’obtenir une aimantation permanente; on n’obtient plus qu’une augmentation de l’effet temporaire.
- -• La première portion de la courbe ou de la ligne droite correspond à l’effet de très faibles forces d'aimantation : la seconde à la période d’aimantation proprement dite, et la troisième à l’état de saturation.
- M. Ewing a pu imiter tous ces différents états à l’aide d’aiguilles aimantées. D’abord, lorsque ces aiguilles sont distribuées d’une manière quelconque, elles s’orientent d’une certaine façon en se neutralisant mutuellement, de façon qu’elles n’exercent aucune action extérieure. Puis, lorsqu’on fait passer autour d’elles un faible courant, elles dévient un peu, mais elles reviennent à leurs positions initiales aussitôt que l’action extérieure cesse de s’exercer. En augmentant progressivement le courant, les aiguilles s’orientent suivant une direction nouvelle et produisent un effet magnétique extérieur, ce qui correspond à la seconde partie de la courbe. Finalement, lorsque les aiguilles ont ainsi pivoté sur leurs axes, on peut les dévier un peu plus vers la direction qui se trouve en angle droit sur le courant aimantant, mais seulement d’une manière temporaire, comme soumises à une force élastique; elles reviennent lorsque le courant cesse aux positions qu’elles occupaient précédemment.
- Il n’est pas nécessaire de suivre en détail le procédé du renversement de l’aimantation. 11 suffit de dire qu’on peut imiter ainsi tous les phénomènes dépendant de l’hystérésis et beaucoup d’autres encore.
- Cette conception, qui ramène le problème à l’action de forces mutuelles, sans l’intervention de l’élasticité ou de la viscosité du milieu, simplifie énormément le problème du magnétisme, puis-
- qu’il n’intervient plus aucune espèce de frottement ou de force mal déterminée. La nouvelle théorie ne se borne pas seulement au magnétisme, car on peut espérer qu’elle expliquera un jour les propriétés des corps solides. En effet, les molécules d’une substance magnétique se comportent comme si elles étaient élastiques, elles prennent un état visqueux et semblent n'occuper de nouvelles positions que par un espèce de frottement s’exerçant entre solides. Ces propriétés ne sont nullement constatées; mais, au lieu d’explications vagues, on nous mnntre, au moins pour ce qui concerne le magnétisme, ce qu’il faut entendre par élasticité, par viscosité et par frottement. La manière dont se comportent les solides est ramenée à l’action de forces moléculaires libres, agissant les unes sur les autres, comme des forces polaires simples dont on peut calculer l’effet.
- Pour des susbtances diamagnétiques, il peu* exister d’autres forces polaires, dues par exemple au milieu cristallisé et qui prennent la place des forces magnétiques.
- D’après M'. Ewing, lorsqu’une substance prend l’état liquide ou pâteux, chaque molécule commence à tourner sur son axe, tout phénomène de polarité disparaît et avec lui toutes les propriétés des corps solides.
- On ne peut pas présumer qu’on arrive à expliquer ainsi complètement tous les phénomènes magnétiques, mais on a fait un pas considérable vers l’explication de la structure des solides, et on peut espérer utiliser des progrès considérables dans la dynamique des solides par l’introduction de forces bien définies et calculables.
- M. TROUTON.
- Sur la détermination expérimentale des longueurs d’onde dans les diélectriques.
- Les expériences de M. Hertz sur les ondulations électriques ont ouvert la voie à une série d’expériences nouvelles; celles de M. Trouton ont pour but de déterminer la longueur d’onde dans les corps diélectriques. L’auteur se sert d’une bobine de Ruhmkorff pour produire les ondulations ; il les fait réfléchir sur une surface de zinc, et il les examine de la manière ordinaire à l’aide d’un résonnateur ; on peut trouver ainsi les nœuds et les ventres des ondulations.
- Puis il place devant la surface réfléchissante diverses feuilles de substances diélectriques, me-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- surant environ 30 centimètres sur 60, avec une épaisseur de 3 à 6 centimètres.
- L’introduction de ces diélectriques déplace la position des nœuds et des ventres, ce qui permet de déterminer la longueur d’onde de la substance introduite.
- M. Trouton a trouvé pour la poix 1,70, d’accord avec les expériences de M. Hertz ; pour la paraffine, le soufre, le platine, l’auteur a trouvé des valeurs oscillant entre 3 et 4.
- Ces résultats sont difficiles à admettre ; les erreurs proviennent probablement de ce que le réflecteur employé avait de trop faibles dimensions par rapport à la longueur d’onde.
- M. DU BOIS.
- Sur le passage de la lumière à travers les métaux.
- On dépose par I’électrolyse ou par des décharges d’électricité statique une mince couche de métal sur une lame de verre,.Par l’emploi d’une pointe formant anode disposée près de la lame, on arrive à former des dépôts dont l’épaisseur décroît et qui forment des espèces de lentilles, l’épaisseur maxima étant toujours suffisante pour laisser traverser la lumière.
- Par l’emploi des acides on peut arriver à former ainsi des prismes à angle très aigu, à travers lesquels la lumière passe, et on mesure la déviation. L’indice de réfraction, pris dans le sens ordinaire du mot, est inférieur à l’unité pour le cuivre, l’argent et l’or, tandis que le fer et la plupart des autres métaux ont un indice de deux ou trois et variant avec la longueur d’onde de la lumière employée.
- M. Thomson fait remarquer qu’il serait préférable d’employer au lieu de ces prismes, dont l’épaisseur est moindre qu’une longueur d’onde, ce qui ne permet pas d’appliquer les lois ordinaires de la réfraction, des surfaces minces d’épaisseur uniforme et de mesurer à l’aide d'une méthode d’interférence le retard ou l’accélération de la lumière qui les traverse.
- SIR W. THOMSON.
- Méthode pour déterminer en valeur absolue la susceptibilité magnétique des corps diamagnètiques ou
- faiblement magnétiques.
- M. Thomson place les corps en forme de prismes, de cubes ou de fils dans un champ magnétique intense ; il n’y a qu’une partie du
- corps qui soit située dans le champ magnétique. M. Boys pense qu’il n’est pas nécessaire de produire des champs de 5000 unités; il a construit des instruments assez délicats pour pouvoir constater une force d’un is/ioooe de millionième de milligramme agissant à l’extrémité d’un levier de 2,5 cm. On 11e sait pas si la susceptibilité diamagnétique dépend de l’intensité du champ magnétique.
- M. o’SHF.A.
- Sur les propriétés magnétiques de l'acier manga-nifère.
- Lorsque l’acier manganifère s’oxyde il devient magnétique, ce qui tient, d’après les explications de l’auteur, à ce que l’alliage se trouve détruit et que le fer reprend ses propriétés ordinaires.
- M. RUCKER.
- Sur les perturbations magnétiques en Angleterre.
- M. Rucker a entrepris avec M. Thorpe la détermination des éléments magnétiques en Angleterre; ces mesures mettent en évidence l'existence de deux systèmes magnétiques situés à l’intérieur de la croûte terrestre, double cause des irrégularités dans les éléments magnétiques.
- M. Thorpe a trouvé que le centre apparent d’une des perturbations est situé sur l’une des îles Hébrides. Dans le pays de Galles le centre ne paraît pas être aussi loin au-dessous de la surface de la terre. 11 est probable que ces actions sont dues à l’existence de roches magnétiques.
- M. MASCART.
- Sur les perturbations magnétiques en France.
- M. Mascart constate qu’il y a actuellement en France six stations pourvues d’appareils enregistreurs et plus de 200 autres stations. Les observations quant aux perturbations concordent avec celles faites en Angleterre; une des lignes passant par Dieppe coïncide d’une manière remarquable avec le prolongement de la ligne Chichester-Reading.
- M. W. OSTWALD.
- Sur l’action de membranes poreuses en êtectrolyse.
- Les membranes en parchemin laissent passer certains sels et non d’autres. M. Ostwald suppose
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- que ce n’est pas le sel qui traverse la cloison, mais les ions. Par exemple, des diaphragmes imprégnés de ferrocyanure de cuivre laissent passer le chlorure de potassium parce qu’elles se laissent traverser par les ions CI et K, mais elle est imperméable au chlorure de barium, à cause de l’ion Ba.
- M. Ostwald reproduit quelques expériences à l’appui de sa thèse ; la communication est suivie d’une longue discussion entre plusieurs membres et dont l’examen nous entraînerait trop loin.
- MM. BARR ET STROUD.
- Une nouvelle lanterne de projection.
- La lanterne dont on se sert ordinairement dans les cours publics nécessite qu’on fasse l’obscurité dans la pièce; elle demande d’ailleurs l’assistance d’un aide, et on ne peut pas toujours satisfaire à cette exigence.
- La lanterne proposée par les auteurs peut être manipulée par le conférencier lui-même’; il suffit de diminuer un peu la clarté qui règne dans la salle, sans faire l’obscurité complète. On fixe un écran, légèrement incliné, au-dessus du tableau noir; des lampes à incandescence sont fixées de telle façon contre le plafond que la table à expériences et les tableaux sont bien éclairés tandis que l’écran reste un peu dans l’obscurité. La lanterne permet la projection horizontale aussi bien que la projection verticale. Pour projeter des images prises dans des livres, on emploie un support spécial arrangé pour pouvoir maintenir le livre en place.
- Dans la notice relative à cette lanterne, nous n’avons pas pu découvrir ce qu’il y a de réellement nouveau dans le dispositif.
- M. Lodge dit qu’il arrive à faire des projections sans faire l’obscurité à l’aide d’un tableau transparent. Rappelons que l’emploi de ces tableaux transparents n’est pas nouveau; il en existe plusieurs à Paris, notamment à l’Ecole supérieure de pharmacie.
- M. STARLEY.
- Sur les Accumulateurs.
- Pour éviter la formation du sulfate de plomb sur les plaques d’accumulateurs, il suffit, d’après l’auteur, d’ajouter une petite quantité de carbonate de soude à l’eau acidulée; on peut alors abandonner les éléments pendant un temps con-
- sidérable sans aucun danger. Cette méthode a été appliquée à une série de 22 accumulateurs E.P.S., de 350 ampères-heures qui offraient un commencement de sulfatation. On se sert de cette batterie depuis cinq ans ; elle est encore en parfait état.
- M. KAPP.
- Tramway électrique système Linefj.
- Nous avons donné une description de ce système (* *) et publié des extraits du rapport de M. Kapp. Ceci nous dispense de reproduire la communication mentionnée, qui ne renferme pas de renseignements nouveaux, sauf que M. Linefif a amélioré l’isolement de la ligne.
- M. HIGGINS.
- Télégraphe imprimeur.
- Ce télégraphe, inventé il y a une dizaine d’années, a été l’objet de perfectionnements successifs ; on l’emploie actuellement dans la pratique.
- La vitesse piaxima qu’on peut réaliser est de 1800 à 2000 mots par heure, et on peut en recevoir 5000 sans faire attention au fonctionnement de l’appareil.
- En dehors des communications dont nous avons parlé on en a présenté certaines autres qu’il serait difficile de résumer aussi rapidement.. MM. Lodge et Fitzgerald ont fait sur les sujets suggérés par Maxwell et Hertz certaines études relatives à la théorie de l’électricité qu’il faudrait reproduire avec des notes explicatives assez longues pour être comprises par les personnes auxquelles ces sujets ne sont pas tout à fait famil-liers.
- P.-H. Ledeboer.
- SUR
- L’EXPLOITATION DE LA GUTTA-PERCHA (2)
- L’iSONANDRA PERCHA OU « I. GUTTA HOOKER ».
- Grâce à un tel défaut de signification des spécimens récoltés, moins il restait dTsonandra debout dans les forêts, plus la botanique en faisait naître»
- (!) La Lumière Électrique, 5 octobre 1890, p. 15.
- (*) La Lumière Èlectriqm, 20 décembre 1890, p. 570.
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- Au fur et à mesure que ces forêts s’éclaircissaient, les éléments d’appréciation devenaient de plus en plus rares et vagues, les termes de comparaison étaient de moins en moins valables; la question ne pouvait que s'obscurcir.
- 11 serait trop long et sans intérêt d’énumérer ici les espèces provisoirement créées comme conséquence fatale de cette incertitude et de ces confusions croissantes, toutes calquées les unes sur les autres et que peut très fidèlement résumer l’exemple suivant :
- „ I. Gutta var. oblongifolia, de Vriese. — En 1856, une plantule, c’est-à-dire une tige pourvue exclusivement d'une demi-douzaine de feuilles, est apportée de la côte occidentale de Bornéo à Bui-tenzorg ; elle est expédiée à M. de Vriese, professeur de botanique au jardin de Leyde. Ce savant consulte le célèbre directeur des jardins royaux de Kew pour savoir si cette plantule n’appartiendrait pas à l’espèce trouvée dans Singapore en 1847. Il ne faut pas oublier que les seuls spécimens connus de cette espèce étaient représentés par une branche cueillie sur un exemplaire adulte, et que les feuilles d’un jeune pied ne sont nullement comparables comme grandeur et comme forme à celles d’un sujet âgé.
- Ces dernières ne sont plus régulièrement elliptiques, mais affectent au contraire le contour d’une section passant par le grand axe d’un ovoïde; elles sont considérablement moins longues et beaucoup moins lancéolées, avec une pointe singulièrement plus courte. Enfin il est bon surtout de retenir que des feuilles — unique terme de comparaison dans le cas dont il s’agissait — étaient absolument insuffisantes pour une détermination botanique, pour une distinction spécifique indiscutable.
- Sir William Hooker, ainsi consulté, déclare que cette plantule est bien de l'espèce I. gutta, Hooker, en faisant cependant remarquer que les feuilles ne sont pas les mêmes (').
- M. de Vriese le décrit alors en lui donnant le nom d7. Gutta var. oblongifolia, de Vriese (2).
- (*) W.-H. De Vriese. —Sur le commerce de la getah pertjah et de l’origine de cette matière* Leiden, Sythof, 1856.
- Dans cette étude, tous les mots que j’écris avec leur prononciation figurée en français par ou s’écrivent oe en hollandais et u en anglais et en allemand, etc., comme en malais.
- (*) W.-H. De Vriese. — De getah pertja boomen Dan Ne-dérl., etc. Juin bouwflora III, 1856, p. 225-226.
- Quelque temps après, M. Teysmann découvre sur la côte occidentale de Sumatra des plants qui y portent le même nom indigène de niatouh ba-lam tembaga, mais qui lui semblent être d’espèces différentes. Pour lui, les plants qu’il a trouvés à Loubou Along seraient 17. gutta, Hooker; et les autres la variété oblongifolia, de Vriese. Pour s’en assurer il en envoie des feuilles en Europe (1).
- L’éminent botaniste Miquel les reçoit et après examen publie une note où il indique celles de Loubou Along comme appartenant bien au véritable arbre de Hooker, mais les autres comme étant d’une variété nouvelle, à laquelle il attribue le nom d7. gutta var. B. Sumatrana, Miquel (2).
- Les années s’écoulent; en 1881, M. Beauvisage, dont la manière de voir est approuvée par M. Burck, fait ressortir l’impossibilité de classer sérieusement des plantes dans de telles conditions et d’admettre qu’un végétal inconnu est une variété d’un autre lorsque les spécimens soumis aux recherches sont aussi incomplets. D'après cette opinion très-juste, il estime que les deux variétés indiquées par MM. de Vriese et Miquel doivent être d’une espèce nouvelle qu'il indique sous le nom de Di-chopsis nov. spec., Beauvisage (3).
- En 1883, M. Burck découvre dans les Padangs-che buvenlanden, entre Sialang et Glouglour un niatouh balam tembaga adulte très différent de celui qu’il a observé dans le district de Soupayang. Les deux variétés d’I. gutta qui portent les noms de MM. de Vriese et Miquel sont tout à fait semblables pour lui, seulement elles sont d’une espèce nouvelle, celle du niatouh balam de Sialang-Glougour, autrement dit du Palaquium oblongifo-lium, Burck (f).
- Ç1) Teysmann. — Nat. Tijdsch. van Ned. Indie, I en II.
- (* *) Miquel. — Flora van Ned.Ind., II, p. 1038; Suppl. Sumatra, p. 581.
- (3) Beauvisage. — Contribution à l'étude des origines bota niques de la gutta-percba. (Thèse, Pans, 1881).
- (4) Burck. — Rapport sur sa mission (traduction française, publiée à Saigon en 1885), p. 15-17. — Mémoire sur les sa-potées des Indes néerlandaises, p. 25. Dans le premier de ces deux travaux le niatouh balam tembaga de Halaban (Sialang-Glougour) est décrit sous le nom de Dichopsis oblongifolia, Burck.
- Ma note, parue dans le numéro du 15 septembre 1890 des Comptes rendus de l'Académie des sciences, a ^indiqué pourquoi j’ai conservé aux arbres à bonne gutta leur nom générique primitif d’tsonandra. Bentham et M. Clarke leui ont appliqué le nom de Dichopsis/ MM. Bâillon, Burk et Pierre, celui de Palaquium.
- Or, les genres Dichopsis et Palaquium sont exactem les
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- En 1885, M. Pierre décrit sommairement une plante à gutta qu’il a reçue sous le nom de gutta taban soutra, et dont les échantillons proviennent de l’état de Pérak. Ce botaniste pense que la variété oblongifolia, de Vriese, est le P. oblongifolium Burck, mais que l’I. Gutta, var. B. Sumatrana, Miquel, devra probablement être rattachée comme variété à l’espèce nouvelle palaquium formosum, Pierre (’).
- C’est cette espèce que M. Clarke, sur des spécimens identiques à ceux donnés à M. Pierre et provenant du même exemplaire adulte, avait antérieurement désignée comme Dichopsis spec. nov. Clarke (2).
- je ne me permets aucune appréciation. Je me borne à raconter des faits dont j’indique en note les preuves à l’appui.
- Toutes ces confusions n’ont pu se produire qu’à la faveur de l’insuffisance extrême des échantillons botaniques sur lesquels ont reposé les essais de détermination.
- Si, dans mes recherches au sein des forêts malaises, j’ai été plus heureux que les explorateurs qui m’avaient devancé, c’est grâce à eux, à leurs notes demeurées manuscrites, à leurs rapports, à leurs publications, et aux indications inscrites dans les herbiers. Ayant pu procéder à une époque propice —ce qui leur avait été impossible — j’ai procédé à coup sûr.
- En effet, puisque j’avais vu les Isonandra exploités repousser dans les forêts, et que les quelques exemplaires cultivés à Buitenzorg parvenaient à l’état adulte vers l’âge de 30 ans, il n’y avait qu’à dresser autant que possible une liste des districts non défrichés et où l’exploitation avait notoirement cessé depuis un tel laps de temps au moins.
- C’était évidemment ces endroits-là qu’il fallait explorer ; les localités encore intactes n’existaient * (*)
- mêmes et les Isonandra, au fur et à mesure qu’ils ont été mieux étudiés, ont dft y être tous transportés. En effet, il ne resté plus dans la flore malaise que deux Isonandra douteux qui sont très mal connus. Il n’est donc pas très urgent d’adopter la création d’un genre nouveau dont le seul résultat a l’inconvénient de débaptiser une plante aussi renommée que l’Isonandra-percha.
- (tfPiERRE. — Plantes à gutta-percha (Bulletin mensuel de la Société linnèenne de Paris, 1885, p. 499 et 505).
- (*) Clarke. — Hook. Flora of Brit. Ind. Etude des spécimens récoltés par M. Wray dans l’Etat de Pérak. Renseignements obligeamment donnés à M. Sérullas par M. Cantley, directeur du Jardin botanique de Singapore.
- plus que chez les tribus les plus reculées des peuplades sakèies et batakes; il était bon cependant de les visiter aussi ; mais c’était d’un résultat beaucoup moins certain.
- Voilà la méthode bien élémentaire que j’ai suivie et qui m’a permis de former, sur le genre Isonandra, un herbier autrement plus riche et complet que l’ensemble des collections, antérieures, y compris celles si péniblement amassées sans beaucoup de profit pour la science et pour l’industrie, à Buitenzorg, à Leyde et à Kew.
- Mes devanciers étaient allés là où il était avéré qu’il existait encore des isonandras, tandis que je me suis rendu dans les endroits où il était convenu qu’il n’y en avait plus. Ce n'est pas autrement que j’ai retrouvé l’arbre de Hooker.
- Oxley avait publié un renseignement très exact en disant qu’en 1857 l’exploitation avait définitivement cessé dans Singapore. Les défrichements, comme je l’ai dit, s’étaient arrêtés vers les ravins de Boukett-Timah, par suite d’accidents qu’avaient causés la présence de quelques tigres et en raison de la défaveur qui avait frappé les plantations de gambiers. Sur ces plantations abandonnées, la jungle avait repoussé sans aucun isonandra ; aussi ’ le Dr Oxley, en pénétrant dans cette zone extérieure, n’en avait-il pas trouvé ; il n’avait pas songé à se renseigner sur l’étendue des cultures préexistantes, sinon il eût aisément acquis la preuve qu’au centre toute l’ancienne forêt vierge avait été épargnée par les Chinois.
- Ce vaste territoire abandonné avait été repris aux Chinois par le gouvernement anglais et concédé à un planteur français ; mais il me semblait logique de ne pas l’explorer avant 1887 pour être bien sûr qu’aucun isonandra, aucune repousse de cette espèce n’y avait moins de 30 ans. En attendant de la sorte (puisque j’en avais le loisir), j’étais bien certain de ne trouver que des exemplaires adultes. C’est ce qui est arrivé.
- Dans la note que le célèbre botaniste M. du Chartre, vice-président de l’Académie des sciences de France, m’a fait l’honneur de présenter à cette Académie dans sa séance du 15 septembre i8l,o, j’ai complété la description de l’iso-nandra de Singapore.
- Distinction des bonnes espèces entre elles.
- Dans un précédent article, j’ai indiqué un moyen de distinguer sûrement de tous les autres
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- sonandràs les six producteurs de guttas-perchas utilisables dans la fabrication des câbles sous-marins. J’ai résumé dans le tableau suivant les différences que présentent entre elles ces six sortes de plantes, différences qui sonttrès faibles, comme on pourra le constater :
- Je me borne à faire connaître ici un procédé expéditif, basé sur l’aspect de l'arbre, sur un examen très sommaire de sa gutta et sur la couleur de sa feuille.
- Le tronc du taban mérah et celui d'un taban étudié seulement par moi, qui ne s’en différencie guère que par des racines aériennes sont, comme leur bois, d’un rouge brun beaucoup plus foncé que chez les quatre autres sortes.
- L’écorce de l’isonandra-percha ferait même ressembler plutôt ce dernier, mais avec une teinte moins claire, à celui d’un platane. Le bois de l’arbre de Singapore est jaune.
- Les filets des étamines sont de deux longueurs qui alternent.
- Les arcs boutants des racines sont à profil extérieur concave. Le Le tronc présente parfois des échanciures ovales à la place où furent les premières branches , caractère normal pour le taban soufra.
- Is jnandra peicha, ou Gutta Hooker (de Singapore).
- Fleur d’un vert réséda.
- Les filets des é-taminessonttous égaux.-
- Lelatex coagulé et sans impuretés
- Colore très fortement l’eau chaude en beau rouge, par suite du dédoublement d’un glucoside. La coloration de la gutta, qui est d’abord d’un rouge brun, se fonce à l’air ou dans des traitements successifs par l’eau chaude. Les fc illes sont toujours très régulièrement elliptiques.
- L’arbre n’a pas de racines aériennes, les arcs boutants de ces racines sont en forme d’épaisses lames verticales et à profil extérieur convexe.
- Les racines de l’ai-bre sont aéiienn-s.
- Colore faiblement, comme celui del’isonandra-percha, l’eau chaude en rouge saturne. La gutta a un peu l’aspect d’un marbre ou d’un savon présentant des veines de couleur orangé pâle. Le veiné devient jaune brun clair à l’air ou après plusieurs traitements successifs par l’eau chaude.
- Gueutta taban mérah (de la presqu’île).
- Fleur blanche.
- Taban mérah var. f. Fleur blanche (de M. Sérullas).
- M lyang taban der-rian (de M. Sé-ligmann-Luij.
- Fleur blanche.
- Ne colore pas l’eau chaude.
- Niatouh balain tem- I Fleur blanche. baga(deM. Burck) 1
- Gueutta taban sou- 1 Fleur rouge pâle, tra (de M. Wray). |
- Les essais de plantations dans Singapore.
- L’isonandra-percha était à peine découvert que plusieurs créations de plantations eurent lieu simultanément, en 1848, dans les colonies des Détroits. Malheureusement, le seul exemplaire adulte qui aurait pu servir à leur extension rapide et sûre n’avait pas été préservé; on l’avait laissé couper. Sauf pour les pépinières établies par le Dr Oxley et par José d'Almeida, les plants furent procurés par des Malais qui ne se firent pas faute-
- de vendre des plantules absolument étrangères à l’espèce végétale qu’il s'agissait de propager. En outre, dans les colonies équatoriales, l’Européen ne songe pas à faire souche; son installation n’y est que temporaire et il n’attache pas d’importance aux entreprises industrielles de longue haleine; il lui faut une rénumération rapide de ses efforts.
- Aussi, devant la culture d’un arbre d’une lenteur de croissance relativement grande pour un pays de la zone toride, le premier moment d’en-
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- gouement une fois passé, l’indifférence reprit-elle bien vite le dessus.
- Les plantations furent successivement abandonnées et vendues à mesure que leurs possesseurs rentraient en Europe. Voici leur nomenclature complète, avec les noms des propriétaires qui les avaient établies dans l’île de Singapore :
- A Claymore
- A Tandjong Pagar (2250 arbres)....................
- A Tandjong Pagar (2250 arbres ....................
- A Serangong (4000 arbres). A Kalang (Kélung).......
- Les acquéreurs de ces sept propriétés furent des Chinois, qui n’eurent rien de plus pressé que de faire disparaître les pépinières qu’elles comportaient.
- En 1888, il restait cependant quelques exemplaires adultes de la plantation créée à Serangong par sir José d’Almeida; mais on rasait à ce moment-là les derniers bouquets d’arbres qui avaient échappé par miracle aux défrichements. Presque tous les /. percha y avaient fait place depuis longtemps aux cultures de manioc dépendantes de l’usine de tapioca de Trafalgar Estate.
- Quant aux deux pépinières des prétendus arbres de Hooker à Tandjong Pagar, elles avaient été le résultat de la plus incroyable erreur. Le Malais qui en avait fourni les éléments ne s’était pas mis en grands frais d’imagination pour se procurer quelque chose de très ressemblant; il s’était borné à'livrer des Ficus religiosa. Tous les Européens qui sont allés dans l’île de Singapore, du quaides Messageries maritimes à la ville par l’ancienne route, ont pu les voir. Ces ficus sont toujours existants, et à une cinquantaine de mètres, en raison du reflet du dessous de leurs feuilles comme d’après le port de celles-ci, ils peuvent à la l igueur être pris pour des isonandras par des personnes qui n’en ont guère examiné et qui n’en connaissent pas le latex. Ce qu’il y a de plus extraordinaire, c’est que les deux planteurs qui ont été les victimes de cette supercherie furent précisément le botaniste qui a signalé l’existence des guttas-perchas au monde civilisé et le frère du docteur
- qui en apporta le premier échantillon authentique en Europe.
- A Kaléas, à Kélung, je n'ai plus rien trouvé; tout était anéanti. Mais il est probable que M. W. Mont-gomerie pour son autre plantation établie sur ce dernier point avait dû s’adresser au même Malais que pour la première et que son voisin M. Robert Burns en avait profité.
- « Comment se fait-il, a écrit M. Beauvisage en 1881, dans sa thèse et à propos de toutes cette dernière plantation, qu’il soit difficile de se procurer les fleurs et les fruits d’un arbre (17.percha) que l’on devrait trouver partout? »
- Ce que je viens de dire à propos des plantations établies à Tandjang Pagar en explique vraisemblablement le motif.
- Des deux pépinières faites à Claymore il ne reste absolument rien. J’en suis sûr, puisque pour celles-ci comme pour les cinq autres j’ai eu à ma disposition les documents de l’époque, les anciens plans de propriétés et que j’ai visité les endroits indiqués.
- Des sept plantations établies en 1848 dans Singapore — les seules qui aient jamais eu lieu dans les colonies britanniques des Détroits, — celle qui a disparu la première a été justement celle que le Dr Oxley s’était donné la peine d’installer et dont tous les exemplaires provenaient de la forêt de Boukett Timah.
- La pépinière forestière gouvernementale assez récemment créée près du jardin botanique comprend trois arbrisseaux à gutta-soutra apportés dé la presqu’île et plusieurs pieds à gutta-pouteh de même origine.
- Les cultures néerlandaises.
- 11 y a longtemps que le gouvernement néerlandais a songé à l’établissement de plantations d’arbres à gutta-percha.
- Bornéo. — Les premiers essais de culture réglée ainsi entrepris remontent à 1853. Ils ont eu lieu simultanément, mais sans aucun succès, dans trois régions : Pontianak,Manpaoua et Souka-danah. Les plants avaient été placés dans des terrains trop bas, trop marécageux; aussi sont-ils morts en très peu de temps. A diverses reprises, cette triste expérience a été recommencée à Sambas.
- Dans les Indes néerlandaises on avait retenu ce que le D1’ Oxley avait écrit' des conditions de
- MM.
- Dr Oxley;
- José d’Ameida;
- W. Montgomerie ;
- Joaq. d’Almeida; Sir José d’Almeida; W. Montgomerie ; Robert Burns.
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- végétation, de l’I. gutla, HooKer; mais les fonctionnaires chargés de choisir les emplacements ignoraient sans doute que l'expression «humidité persistante » par exemple, ne signifiait pas « eau stagnante ».
- Avec des notions suffisamment exactes sur les arbres qui étaient à cultiver, tous ces échecs auraient été assurément évités. II aurait fallu pouvoir confier l’installation et la surveillance des plantations à une personne très au courant de la question et surtout éviter de charger de tels soins des contrôleurs administratifs comme cela a eu lieu.
- Gette manière de voir est d’ailleurs exactement celle de la direction du jardin de Buitenzorg. Dans son rapport en date du 10 janvier 1884, M. Burck n’a pas tenu un autre langage.
- Java. — Ce que je viens de dire des essais de plantations dans Bornéo peut s’appliquer aux premières tentatives de culture faites à Java, où elles ont commencé trois ans plus tard.
- Le 3 mars 1856, deux mille plantules d’un niatouh balam furent reçues de la côte occidentale de Bornéo au jardin de Buitenzorg. Tous ces plants étaient arrivés sains et saufs par les soins du lieutenant-colonel Andriessen. M. Teysmann en fit envoyer 800 dans la résidence de Bantam ; 800 dans celle de Prèanger et 400 au contrôleur dèPourakerta. On n’a jamaispu savoir ce qu’étaient devenus ceux de Bantam et de Prèanger ; quant aux 400 autres, ils avaient été plantés le 21 août 1856 au hameau de Bloran, ressort de la dessa Tipar, district de Djambou, résidence de Poura-kerta.
- Des 400 plants de Bloran, il en restait 77, d’apparence assez chétive. Cependant, et c’est là un résultat important pour le gouvernement de Java, plusieurs d’entre eux ont commencé dès l'âge de 28 ans à donner des graines, en 1883, et ils en ont fourni déjà une certaine quantité, mais insuffisante pour une propagation rapide de leur espèce.
- Pépinières de Tjiheumeuk. — Leur création est due à l’initiative du directeur actuel du jardin de Buitenzorg, M. Treube, l’éminent botaniste, membre-correspondant de l’Académie des Sciences de l’Institut de Francè. C’est là qu’ont été transportées les 73 plantules du niatouh balam tem-baga d’Ampaloo (Halaban) récoltées en 1883 par M. Burck, lors de sa mission dans Sumatra.
- Les plantations néerlandaises (‘) comprennent une proportion importante de plantules d'une espèce appelée « niatouh (?)» et dont les graines ont été envoyées par un résident, M. Ecorna Verstege. M. Burck ne pense pas « que son produit puisse être compté parmi ceux d’une qualité supérieure. » A la culture de ce niatouh il conviendrait d’en ajouter d’autres d’une valeur analogue. Le fond de ces plantations est formé par les six espèces que M. Burck a décrites sous les noms de palaqniim-gutta (qui n’est pas du tout l’arbre de Singapore) P. oblongifolinm, P. borneense, P. Treubiæ, id. var. B. parvifolium et payetia Leerii ; ce sont même les seules espèces auxquelles une extension assez lentement croissante ait été accordée depuis 18S3, époque à laquelle cependant il y en avait déjà 1200 exemplaires (2).
- .11 est à regretter très vivement qu’une culture réglée comporte ainsi la juxtaposition d’espèces fort différentes au point de vue de la valeur du latex.
- Une seule parmi toutes ces espèces, le pala-quium oblongifolinm, pourra donner une gomme sérieusement utilisable dans la télégraphie sous-marine. Cette promiscuité est de nature à inspirer des craintes, à donner lieu, par exemple, dans l’avenir à des erreurs, le jour où tous ces arbres seront simultanément rnis en exploitation pour leur gutta.
- Très probalement, le gouvernement néerlandais aura pensé qu’il était préférable de ne pas commencer par éparpiller la culture, et que pour leur surveillance il était plus avantageux de les avoir sous la main et, d’autre'part, il ne disposait peut-être pas en proportion suffisante des éléments voulus pour la création rapide de vastes plantations en s’adressant exclusivement à la meilleure espèce. Probablement aussi le directeur du jardin botanique de Java aurait-il éprouvé au début quelques difficultés pour la multiplication des plants.
- Collection de Buitenzorg. •— Elle est très riche et surtout très variée. Chaque année de nouveaux exemplaires y deviennent adultes. Les industries
- p) Il y aurait également une petite plantation à Tjigou-rouk. J’en parle au conditionnel p.rce '.pie je ne la connais que d’après les indications très vagues publiées à son sujet par un journal.
- I! doit y en avoir actuellement q ou 5 mille.
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- qui n’ont pas besoin comme la télégraphie sous-marine d’une gutta exceptionnelle peuvent donc être à peu près rassurées.
- Quant à cette dernière industrie, elle n’a pas grand’chose à attendre des cultures qui se poursuivent à Java.
- Les tentatives de cultures en Cochincbine.
- IJ ne faudrait pas juger de leur avenir d’après leur passé. Elles ont été si mal comprises à Saigon que je préfère ici les passer sous silence.
- CONCLUSIONS
- Scientifiquement, on aura mis un demi-siècle (1842-1891) à élucider une question qui aurait pu être résolue en quatre ou cinq ans. Au point de vue botanique, ce n’est plus qu’une affaire de classification. Pour le côté chimique, comme l’a dit l’un des maîtres de la chimie organique, M. Jung-fleisch ;• ce qui a été écrit sur la gutta-percha est entièrement à refaire ; mais les travaux de ce professeur, dont les précieux conseils m’ont guidé dans l’accomplissement de mes missions, ne tarderont pas à apporter la lumière à cet égard.
- Pratiquement, rien n’a encore été réalisé, mais il est à espérer que les efforts accomplis depuis dix ans — efforts qui ont été le corollaire de la réussite et des conclusions de la mission d’enquête de M. Séligmann-Lui — ne resteront pas stériles et que l’on n’échouera pas volontairement en arrivant au port, pour me servir de l’expression de M. Riche, le savant éminent chargé du rapport sur la gutta-percha à VExposition universelle de 1889, et à qui mes missions doivent tant.
- Sérullas.
- CHRONIQUE et revue
- PB LA PRESSE INDUSTRIELLE
- Accumulateurs à, lithauode de Fitzgerald et Hough (1889).
- Nos lecteurs connaissent depuis longtemps les
- accumulateurs à lithanode de M. Desmond Fitzgerald Le perfectionnement récemment apporté à ces accumulateurs par MM. Fitzgerald et Hough dérive des observations suivantes.
- Lorsque, pour la plaque négative — anode au chargement — on imprègne dans la lithanode du du plomb ou un alliage de plomb, de manière que ce métal soit presque entièrement recouvert parla lithanode, elle la protège presque tout à fait de toute action locale, et les plaques ainsi constituées sont plus solides et plus durables que les plaques ordinaires au minium avec cadre de plomb. Quand aux plaques positives, constituées par l’application de la lithanode sur plomb, la lithanode ne se désagrège pas par sa réduction et ne tombe pas, comme les pâtes de litharge, au fond des auges.
- Sur les plaques négatives, la lithanode doit être aussi dense, aussi peu poreuse que possible, afin de protéger le plomb des actions locales pendant le chargement, mais il ne faut pas que cette imperméabilité de la lithanode empêche sa transformation en peroxyde de plomb. Pour cela, il est nécessaire de la transformer en partie avant son application sur le plomb, ou de la rendre plus conductrice par une addition de peroxyde de plomb électrolytique.
- Comme exemple de formation de plaques de ce genre, MM. Fitzgerald et Hough citent les deux types suivants.
- A. Après avoir revêtu les supports en plomb d’une couche de peroxyde électrolytique puis, sous pression hydraulique, d’un enduit de lithanode, on laisse durcir la lithanode, puis on la rend conductrice en la frottant encore humide de lithanode en poussière complètement chargée. On forme ensuite la plaque en l’électrolysant comme anode dans un bain de sulfate de magnésie. On peut ajouter encore une seconde couche de lithanode, que l’on traite comme la première.
- B. On mélange du peroxyde de plomb électrolytique en poudre fine à 90 ou 85 0/0 de lithanode,
- (9 Lumière Electrique, 21 novembre 188s, p. 372; 31 juillet 16 octobre 1886, p. 225 et 129; 19 mars, 4 juin 1887, p. 584 et 481.
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- type de 1886, ne dégageant pas d’ammoniaque comme la lithanodede 1885, puis on opère comme précédemment.
- C. Le support de plomb est enfermé entre deux plaques de lithanode complètement peroxydée, et l’on remplit l'intervalle entre ces plaques du mélange B, humecté d’eau, puis on procède comme en A.
- D. Pour la fabrication des plaques positives, on
- peut employer une lithanode quelconque sur support de plomb préalablement revêtu d’une couche de peroxyde par électrolyse, mais il ne faut comprimer que très peu la lithanode avant sa prise.
- Accumulateur Jacquet frères.
- Les plaques de cet accumulateur ont, bien qu’elles soient coulées d’une seule pièce, leurs
- l_____________
- 1-ig. 1 et 2. — Accumulateur Jacquet frères
- barreaux à section en forme de queue d’hirondelle disposés de manière à retenir fortement une grande quantité de matière active. A cet effet, le moule est constitué (fi g. 1 et 2) par deux châssis A et B, assemblés par une charnière et serrés par des boulons sur deux fourrures en acier a et b, qui déterminent le contour et l’épaisseur de" la plaque à couler.
- Dans les châssis A et B glissent deux plateaux CetD, portant chacun en relief et en creux le dessin des demi-losanges de la plaque dont ils ré servent les nervures par leur emboîtement. Le
- plan de glissement SS de ces emboîtements doit être parallèle à l’intersection des faces mïni symétriques des faces mn par rapport au plan de la plaque.
- En pratique, on abat les angles kk de manière à leur substituer des facettes JJ, plus résistantes. Les plateaux s’écartent au moyen des vis V VL
- Pour les grandes plaques, on remplace les fourrures a b par des plaques épaisses get h (fîg. 4), qui servent de guide aux saillies des plateaux C’ etD', après l’enlèvement desquels la plaque reste entièrement emprisonnée et maintenue entre g
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- et h sans pouvoir se déformer lorsqu’on la retire
- Fig. 3 et 4
- en ouvrant le châssis A' B'. G. R.
- Accumulateur Johnson et Holdrege (1890).
- L’objet principal de cette invention est de réduire le plus possible le poids mort ou le poids de matière inactive des accumulateurs.
- L’accumulateur représenté par les figures i et 2 a sept plaques; les plaques extérieures i et 7 ont 6 millimètres d’épaisseur et les autres 12 millimè-
- Fig. i et 2.
- res ; la matière active y est déposée en bandes de 140 xmillimètres de long sur 20 millimètres de large et 12 millimètres d’épaisseur. L’enveloppe de plomb des plaques intermédiaires est formée de deux fonds de 1 millimètre environ d’épaisseur, eu forme d’auge plate renforcée par des nervures# (fig. 4) qui les divisent chacune en sept compa
- ments. Chaque plaque est constituée par la superposition de deux de ces auges A, soudées suivant une nervure et remplies de matière active que l’électrolyte pénètre au travers des perforations des fonds indiquées sur la figure 4. Ces plaques ont
- A
- A3 A3 Fig. 3
- environ 150 millimètres de haut sur 140 de large, et 14 millimètres d’épaisseur. Un accumulateur composé de sept de ces plaques fournit environ 200 ampères-heures, ou, d’après les inventeurs, au moins 20 ampères-heures par kilogramme, chiffre très élevé.
- La moindre épaisseur des plaques extrêmes 1 et 7 ne diminue pas la puissance de l’accumulateur et diminue son poids. Les nervures des auges assurent la rigidité des plaques, en même temps que leur contact en augmente la conductibilité, que l’on peut encore accroître en laissant aux trous des fonds leurs bavures de poinçonnage repoussées vers l’intérieur dans la matière active.
- Les plaques sont suspendues par des tiges R à
- une hauteur au-dessus du fond de l’auge suffisante pour les préserver de tout danger de mise en court-circuit par les déchets accumulés. Les plaques paires sont reliées à la bande d par leurs bras du et les impaires à la bande d2 parles brasrf3.
- Les plaques représentées par la figure 5 ont leurs éléments fabriqués à la filière, en longues bandes que l’on découpe ensuite aux longueurs
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- voulues après avoir raboté les nervures, comme en XX, sur une certaine longueur de chaque côté de la ligne de coupe-g, dont on relève ensuite les bords plats pour constituer deux des rebords de l’élément. Les plaques sont alors constituées :
- les intermédiaires (fig 6) par la juxtaposition de deux de ces éléments A A, et les extrêmes par la juxtaposition d’une feuille de plomb à un élément. Les fonds de ces plaques sont aussi per-
- forés, comme ceux des précédentes', pour la circulation de l’électrolyte au travers de la matière active. On peut aussi constituer les plaques par l’as-
- Fig. 7
- semblage d’un certain nombredetubesen plomb A (fig. 6) fendus suivant leur longueur, remplis de matière active, puis percés de trous de circulation et fermés aux deux bouts.
- La figure 7 représente une modification des plaques dans laquelle on a assuré la circulation du liquide par des orifices au travers de la matière
- active elle-même b, dont on remplit la plaque par un tassage autour des noyaux c (fig. 8), que l’on retire ensuite. On diminue par cette opération le poids de la matière active, mais on augmente beaucoup l’étendue de ses surfaces en contact avec l’électrolyte et leur conductibilité : il en résulte que l’on peut employer un courant plus puissant
- Fig. 8
- pour charger l’accumulateur, et en obtenir un courant plus intense à la décharge.
- G. R.
- Sur le redressement des courants alternatifs dans les circuits à self-induction.
- On sait que rien n’est plus facileque de transformer un courant alternatif en un courant de direction constante à l’aide d'un commutateur fonctionnant synchroniquement avec les oscillations du courant.
- Ce mode de faire a été employé très fréquemment dans les applications. 11 suffit de rappeler que les courants fournis par les machinesà double T de Wilde et de Siemens sont des courants ondulatoires, c’est-à-dire des courants alternatifs redressés. Mentionnons encore que les courants redressés des machines actuelles à courants alternatifs servent très fréquemment à exciter les électro-aimants inducteurs des machines ou des moteurs (moteurs Ganz et Patten,.par exemple). Mais l’emploi des courants alternatifs pour l’excitation des électro-aimants a échoué jusqu’à maintenant, par suite de l’influence énorme de la self-induction, si considérable dans ce cas.
- L’excitation des machines alternatives à l’aide de courants redressés par un commutateur synchronisé, loin de devenir d’un usage courant, est de plus en plus abandonnée, même pour les | petites machines. On emploie le courant continu fourni par une dynamo excitatrice indépendante (Ganz, Westinghouse, etc.) ou une combinaison de machine à enroulement alternatif et à enroulement continu ; ce dernier consiste ordinairement en deux spires perpendiculaires entre elles (Thom-s in-Houston, Swinburne, etc.) ou en un induit monté sur le même axe (Heisler, etc.). Dans le cas où l’emploi de courants rediessés est indispen-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sable (moteurs synchroniques), on emploie des commutateurs très compliqués.
- La cause de cet état de choses doit être cherchée dans la nature spéciale des courants alternatifs redressés. Ces derniers ont toujours le même sens, mais il varient, durant chaque période du courant alternatif, deux fois entre une valeur minima et une valeur maxima.
- En outre, ces courants redressés sont ondulatoires et produisent, par conséquent dans tous les circuits possédant une certaine self-induction des forces électromotrices de self-induction qui peu-veut atteindre des valeurs considérables ; en particulier, dans les circuits renfermant des électro-aimants dont la self-induction est toujours considérable, ces forces électromotrices perturbatrices sont élevées et se traduisent par des étincelles nombreuses et puissantes au commutateur.
- ' L’étude mathématique des phénomènes d'induction qui sont produits par les courants ondulatoires est donc intéressante, puisque ces courants, dont l’emploi est inévitable dans certains cas, sont les plus faciles à engendrer.
- Voici l’analyse de celle que M. Steinmetz a donnée dans un des derniers numéros de YElek-trotechnische Zeitschrift.
- Comme dans toutes les théories relatives au courant alternatif, on suppose que la force électromotrice de la dynamo alternative est une fonction sinusoïdale simple.
- Comme il ne peut être question ici que d’une première approximation, on fait abstraction des influences perturbatrices des courants de Foucault et de l’hystérésis; cette influence est d’ailleurs peu sensible dans la plupart des machines, et pour en tenir compte, le plus simple est d’introduire dans les résultats du calcul des termes de correction. Ôn néglige aussi l’influence des forces électromotrices extérieures produites, par exemple, dans les machines alternatives par la réaction du courant de l’armature sur le champ magnétique ou par des variations périodiques de la résistance magnétique des circuits.
- Réduit à sa plus simple expression, le problème peut être traité avec assez de facilité.
- La. force électromotrice de la dynamo peut donc être représentée par la formule
- ^ K t f “ E s n —,
- en comptant le temps t à partir du moment où
- la force électromotrice est nulle et en désignant par T la demi-période du courant alternatif.
- La force électromotrice maxima E peut s’exprimer facilement à l’aide de la force électromotrice effective Ecrr ; on a
- E = Eort\ \2.
- Les commutateurs destinés à redresser les courants alternatifs peuvent être classés en deux grandes catégories.
- Dans la première, on peut ranger tous ceux dans lesquels le redressement du courant a lieu à l’aide d’une interruption du circuit, la seconde renfermant ceux dans lesquels ce redressement est effectué par une mise en court circuit du circuit extérieur.
- Cette seconde catégorie se divise à son tour en deux classes, suivant que le court circuit est effectué à l’aide d’un conducteur de résistance o ou à l’aide d’un conducteur de résistance R. En effet, le circuit se compose de deux parties, savoir : la partie située entre la dynamo et le commutateur dans laquelle circule un courant alternatif véritable, et l’autre partie au delà du commutateur et renfermant le circuit à self-induc.tion dans lequel circule le courant redressé de direction constante.
- La commutation du courant peut alors se produire de deux manières. Dans la première, à l’instant où la force électromotrice de la dynamo s’approche de zéro, les deux circuits sont interrompus au commutateur et reliés ensuite en sens inverse au moment où la force électromotrice de cette dynamo a changé de signe. Dans la seconde, au moment où la force électromotrice de la dynamo devient nulle, les deux circuits sont fermés-en court circuit ou à l’aide d’une résistance quelconque et pour un temps très court pendant lequel l’inversion se produit ; aussitôt que cette dernière a eu lieu, le court circuit est enlevé.
- Le premier mode de commutation n’est jamais employé en pratique pour les motifs suivants. Sauf pour les intensités de courant très faibles, la rupture du circuit a lieu au moment où la force électromotrice devient nulle, c’est-à-dire au moment où sa variation et, par conséquent, la force électromotrice d’induction est la plus considé-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- râbles ; cette dernière produit alors des étincelles si nombreuses et si puissantes que le commutateur n’y pourrait pas résister. En outre, l’interruption du circuit produit un arrêt d’aimantation qui est contraire à l’application en vue (excitation des inducteurs d’une dynamo).
- Nous ne nous occuperons pas du second cas, que nous étudierons de la manière la plus générale.
- D’ailleurs, les formules seraient identiques s'il y avait plusieurs électro-aimants placés en série
- ou en dérivation.
- Le flux de force magnétique qui traverse une des spires de l’électro-aimant est alors, d’après la relation :
- Flux de force = F.2!£li^£!ÏËi5™te__, *
- Résistance magnétomotrice’
- 4 u ni P
- (0
- Nous supposons donc que le circuit extérieur et le circuit actif sont fermés à l’aide d’une résistance de court circuit égale à R, à partir du temps t = oau temps t=tl. A l’époque t — tx, la rotation du commutateur enlève le court circuit et réunit le circuit actif et le circuit extérieur en un seul circuit ; à l’époque t = t2, les deux circuits sont de nouveau mis en court circuit à-Laide de la résistance R; à l’époque f =T, enfin, la force électromotrice de la dynamo devient nulle ; après quoi, le court circuit est enlevé à l'époque T + tlf et les deux circuits, réunis en un seul, mais en direction contraire à celle du circuit précédent, etc.
- 11 n’est pas possible de réaliser une commutation instantanée ; aussi le court circuit doit durer un certain temps, savoir (T -j-tt — tz).
- Désignons par i l’intensité du courant ondulatoire redressé circulant dans les électro-aimants du circuit actif, par ia l’intensité.du courant alternatif de la dynamo et du circuit extérieur. Pendant l’intervalle de tt à tz les deux circuits sont réunis, et l’on a i — i0.
- Désignons par :
- et la forme électromotrice induite dans le circuit actif (électro-aimant) ;
- e0 la force électromotrice de la dynamo ;
- e = ë0 -j- et la force électromotrice totale ;
- r la résistance électrique du circuit de l’électro-aimant (circuit actif);
- r0 celle du circuit extérieur (dynamo et ligne);
- R celle du court circuit du commutateur(K — 0 correspond au cas où le redressement du courant a lieu à l’aide d’une mise en court circuit complète);
- n le nombre des spires de l’électro-aimant;
- p la résistance magnétique du noyau de l’électro-aimant.
- Afin de ne pas compliquer le problème, nous supposerons que le circuit actif des courants redressés ne renferme qu’un seul électro-aimant, dont les éléments sont n et p.
- et la force électromotrice, induite dans les n spires, est, exprimée en volts :
- d$
- "-^7 '°-8- (3)
- La force électromotrice résultante est donc
- <7C / d <|>
- e — -e. + et = E. sin Y ~~ n ~dt 10-8 •
- Par conséquent, l’intensité du courant dans la ligne et dans l’électro-aimant pendant que les deux circuits sont réunis, c’est-à-dire entre les temps fi et t2, est donnée par la formule
- { _ ______„________________
- r, + r r.+r ~ (4)
- Pendant la durée du court circuit, c’est-à-dire entre t—tz et t — T -j- t\, l’intensité du courant dans la ligne est
- r, Tl t
- . _ v. _ sm T',
- K ra:I- R /„ + R~ (5)
- et dans l’électro-aimant
- i
- ei
- /* -|“ R
- d<b
- n
- dt
- io—«
- r+R
- (6)
- En éliminant i entre les équations (i) et (4), on obtient l’équation différentielle du flux de force pendant la durée du circuit complet, c’est-à-dire entre t = fi et tz. ; t = T -}- et T -f- f2, etc. ; on a ainsi
- <i>
- 4 st 11
- p </„ + r>
- Te •
- I E„ sin-^—• n
- d <J> dt
- 10—1
- ’)•
- (7)
- On obtient de la même manière l’équation différentielle du flux de force <l> pendant la durée du court circuit, c’est-à-dire entre t = 0 et tu
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- • M LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- t — T et T -f- tu etc., en éliminant i entre les relations (i) et (6). On obtient ainsi
- , 4 ic a2 à <I> . ,,
- . «I> =----------TT- io-s, (S;
- p{r + R, dt ’
- L’intégrale de l’équation différentielle (7) est
- = A sin •— mJ + B e a ^.
- (9)
- Les constantes A, B, co et c se calculent facilement en remplaçant dans l'équation (7) les valeurs
- de lI» et ^ calculées à l’aide de l’équation (g), savoir :
- rf<[> 7î . rn / t
- 777 = ta C0SLt " '"J 5
- — <7 /
- (10)
- L’équation (7) doit alors devenir une équation identique indépendante de t ; elle devient ainsi
- r4 it a E , 4 it A sin « ici ut
- —--------------A cos (o---------------------—— sin
- UP (!’. + O P U". + r> I J 1
- 4 11 /i2 A COS (1) 7t p ('•„ H- O
- ,]B.
- 711
- T
- f, . 4 Tl u'z A COS (JÜ TZ 1 TT t
- Asm M---------------------r.T• cos -r
- p (>\ H- n 1 J 1 + I Aj'ALJL — 14 B. 10- 8 e 17 t = o.
- Pour que cette équation soit indépendante de t,
- il faut que les coefficients de sin ^~,cos™ et e at
- soient nuis séparément.
- On obtient ainsi, pour déterminer les constantes, les trois équations
- 4 n u H ^ 4 it/z2 A sin ro m _
- p V. + O J L b "y p ,/o .}. ,) ' T —
- A sin (o
- 4 TC u* A cos M TC
- p ('„ + O T
- [AJIAIJL- ,1 B=o.
- Lp [r. -I- >1 J
- (n)
- Il en résulte immédiatement :
- 4 it E„
- A =
- V
- /p- (/'. + r.
- n* +
- 16. it! n1
- T1
- (.21
- (ano-1 - ^ r‘3 uï 10—8
- ong iü — ,
- OU
- t,n„ (lALull'iLl) 0 Vp (r. -I- n T J
- p (r, 4- n 10 it
- ---------------= =; cotan g M.
- 4 a n1 l J
- (i,3)
- U B
- Pour déterminer la constante B, il faut connaître le (lux <I>, au moment t — ft. On a ainsi
- ‘I* 1 = A sin pL^ .— «J 4- B c <7^1, (is)
- d'où il résulte
- B = £<1>| — A sin c ü ^ . (16
- On peut alors calculer <I>2, savoir :
- <I'3 = A sin
- (¥-»)
- + B e~
- CT ti
- 07)
- On obtient de même le courant i durant l’intervalle tx à 4, savoir
- -JL- <[. = -JL— 4 it u 4 p: 11
- A sin
- sin (jÈ —J\ 4—?— Be at. \ 4 J 41:11
- (18V
- Quant à l’équation (8), on l’intègre à l’aide de la fonction logarithmique
- 108 - (r R) t — log <I> 4 C , 4 n 11* b
- Il en résulte
- e'n posant
- t - —Cir'/
- (I> = Ce
- ,_____ p (/• 4- Ri 108
- 4T.U*
- (19)
- On détermine C en remarquant que <I> = <I»a pour / = f ; on a ainsi
- <I>o = C <
- a’ t.,
- il en résulte
- T O1 12
- C — <Ir, e ,
- et par conséquent
- <I> = <I>2 e
- • — a’ (/ — ’si
- (20
- On peut alors calculer la valeur de <I> pour /.= T -j- fx ; dans le régime permanent cette valeur de <I> doit être la même que pour t — tx, c’est-à-dire égale à <1>, ; on a donc la condition
- <I>I = «I';! e
- P (T -T h- tî)
- (4 0
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- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 1
- 625
- En remplaçant, danscette équation (22), <I>2 par sa ] ble remplacé B par sa valeur ( 16), on obtient une valeur tirée de (17), dans laquelle, on a au préala- l relation qui permet de calculer 'I^, savoir :
- <i>i = A
- . (-v.it \ — <r'(T + fi) . fr.t, \ s;n ( -Tp------on e — sin ------------u>j
- — a'T + (<r' — 1) (fî — 11)
- or'T + (a1 — a) (i i — 1 \)
- Connaissant <!>,, on peut calculer la valeur de B j leur; on obtient ainsi après quelques simplifica-en remplaçant dans la relation (i6) <l>i par sa va- I tions :
- <7 h
- ""(t-)
- — cr' (.T -}- 11 — 1î) . (tz1\
- — sin I--------w
- — n' T -+- Or' — <t) (t.2 — tx)
- h4)
- Le problème est complètement résolu à l’aide des formules précédentes.
- On a donc pour résumer les résultats suivants :
- 1° Pendant le temps I à A;T -f- ti à T + i.>, etc. :
- a) Le flux de force magnétique
- <I> = A sin + B e * 1 ;
- b) Le.courant
- 0 . . ru ; a, p D —
- 1 — ----. A si 111— — w ----• B<’
- 4 IC H L 1 J 4 1Z II
- (25)
- 2° Pendant le temps de o à de "T.à T -\-U> etc. :
- a) Le flux de force magnétique
- = (T+
- b) Le courant dans l’électro-aimant
- /=_P_ ,T> ) g— 11 '.T -|- /1 — i-ï) .
- 4 r. 11 ' ’
- c) Le courant dans la ligne
- «j IL* r, + r’ ‘ T ’
- 3° Aux époques /,, T ~f 2 T -j- /,, etc.
- (26)
- a) Le flux de force magnétique
- <I>! - A sin + Be~ */|
- b) Le courant dans l’électro-aimant
- i — -A— A sin (4----------B
- c) Le courant dans la ligne
- — ni i
- ____ E„ . 7t /
- ^ r7:" S:" T‘
- 4° Aux époques /2, T -j- /,, etc. : a) Le flux de force magnétique
- <1’2 = A sin + B(i
- ni i
- (27)
- (28
- b) Le courant dans l’électro-aimant
- / = —-— A sin — <i>^ + —-—. B e ° ^
- 4n // \ I J 4r. u
- c) Le courant dans la ligne
- E„ . nh
- '•“rT+ T’S,nT’
- 3° Les formules 27 permettent de calculer l’intensité du courant qui passe dans le court circuit à l’époque tl ; on obtient ainsi pour cette intensité :
- = i — /„ = —— A sin (™-l~ — w 1 -(- —N-1; -e -s- k 4 t. u \ I j 4 n a
- H, . vit
- „„sm -
- (29)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- à l’époque 4» le courant 4 qui passe dans le court circuit est :
- 7*2 = 7
- p
- 4 7t n
- A sin
- (icti
- VT
- (lî
- )
- r + R
- sin
- •k t \2
- ~T '
- P
- 4% t
- B
- — <r 1-i
- (30)
- La différence 4 — 4 donne donc la variation instantanée de l’intensité du courant produite dans la ligne par l’établissement du court circuit; la variation dans les spires de l’électro-aimant est continue par suite de la self-induction de ce dernier.
- Si au moment de la rupture du court circuit un courant circule dans celui-ci, la rupture du circuit par le commutateur doit produire une étincelle d’autant plus forte que le courant interrompu est plus intense.
- Pour que le commutateur fonctionne sans étincelles, il faut que l'établissement et la rupture du court circuit ne produisent aucune variation instantanée de l’intensité du courant; il faut donc satisfaire à la condition que l’intensité du courant dans le court circuit soit nulle aux époques 4 et 4 et principalement à l’époque 4 de l’interruption.
- On doit donc avoir
- 4 =0 et i% — o.
- L’exactitude de ces conclusions est démontrée par des applications pratiques, par exemple le moteur à courants alternatifs Ganz et O. On sait que ce moteur possède deux balais qui sont déplacés l’un par rapport à l’autre jusqu’à ce qu’il ne se produise aucune étincelle au commutateur; alors le commutateur ferme le court circuit à l’époque T + 4 — 4- On peutvarier cette époque en faisant varier la résistance du court circuit R.
- Un résultat important pour les applications découle encore des formules précédentes, savoir que l’intensité moyenne du courant et du flux de force magnétique dans le même circuit sont plus considérables si le courant alternatif est redressé que s’il est laissé sans changement. La
- $ =800004 A
- Fig. 1
- Ces deux relations sont donc les équations de condition du fonctionnement sans étincelles du commutateur synchronique. Ces équations suffisent alors à déterminer les époques 4 et 4, de manière que la constante R peut avoir une valeur quelconque.
- La conclusion qui résulte des calculs précédents peut donc se formuler comme suit: « 11 est possible d’effectuer le redressement de courants alternatifs sans qu’il y ait production d’etincelles au commutateur, même lorsque ces courants redressés sont utilisés pour l’excitation d’électro-aimants puissants. A cet effet, il suffit de déterminer convenablement les époques 4 et 4 de l'établissement et de la rupture du court circuit et de donner aux segments du commutateur et à leur intervalle des dimensions correspondantes. On peut en outre donner au court circuit une résistance quelconque, ç’est-à-dire prendre celle-ci égale à zéro. »
- différence est d’autant plus grande que la self-induction du circuit actif est plus considérable.
- Avec un courant alternatif ordinaire, la selr-induction diminue considérablement l’intensité, du courant, à tel point qu’un électro-aimant peut fonctionner comme un arrêt pour le courant; avec des courants redressés la self-induction n’a qu’une influence très faible; plus la self-indüction est grande, plus la courbe du courant se rapproche d’une ligne droite, ainsi que celle du flux de force.
- C’est ce que montrent les diagrammes des figu res 1 et 2, qui. se rapportent à une installation dont les éléments sont :
- n — 200,
- E„ = 100 volts, r = 5 ohms,
- >\ =10 ohms,
- R r= °, p =0,01.
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- 6vj
- Donc
- puis
- L — 0,05 ;
- T = 0,005 > t\ = 0,0007, /2 = 0,00415 ;
- La figure 2 se rapporte aux mêmes éléments,
- sauf que r„ = 5 ohms P = 0,05 ;
- d’où L =0,01
- et ti = 0,001, f2 — 0,004.
- La courbe f <I> représente la marche du courant
- 0.W2 0,003 72= 0,004 T=0,005Tt-T>0,006
- Fig. a
- et du (lux <I>, la courbe a montre quelle serait l’allure du courant redressé sans la self-induction du circuit, et la courbe b de la figure t montre les variations du courant alternatif supposé circulant dans le circuit de l’électro-aimant.
- Ces courbes représentent avec une grande approximation la marche du phénomène ; mais elles ne sont pas rigoureusement exactes, M. Stein-metz n’ayant tenu compte que d’une manière très approximative du facteur 4 x dans l’expression de la force magnétomotrice d’un solénoïde. Dans nos formules nous avons fait les corrections nécessaires.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur la mesure des températures atteintes par des fils parcourus par des courants électriques, et de leur coefficient de conductibilité externe, par le professeur Pietro Cardani p).
- Historique.
- La détermination de la loi suivant laquelle varie la quantité de chaleur cédée au milieu ambiant par un corps qui se refroidit a été l’objet de nombreuses études expérimentales et théoriques. Mais si l’on veut connaître la quantité moyenne de chaleur cédée par l’unité de surface d’un corps, pendant l’unité de temps et pour une variation de température de 1 degré, quand l’excès de température du corps sur la température ambiante est 0 degrés, si l’on veut, en un mot, connaître le coefficient de conductibilité externe, il faut partir de la vitesse de refroidissement et recourir soit à la formule de Dulong et Petit, qui contient plusieurs constantes dont les différents expérimentateurs ont donné des valeurs peu concordantes, soit, comme on le fait dans la pratique, aux relations empiriques de Péclet, qui ont été établies dans des conditions trop spéciales et beaucoup trop différentes de celles qu’on rencontre ordinairement. .
- En particulier, ces coefficients n'auraient aucune valeur si on voulait les appliquer au cas de fils traversés par des courants électriques, pour déterminer la température qu’ils atteignent.
- On a effectué également de nombreux travaux dans le but spécial de déterminer ces températures; au point de vue industriel, le travail du professeur Forbes (2) est particulièrement important; mais dans la formule qui donne l’excès 0 de température entre le coefficient de conductibilité externe déduit par Macfarlane du refroidissement de sphères de laiton, dans des conditions expérimentales très différentes, et de plus on admet que ces coefficients sont constants, c’est-à-dire que la loi de Newton est vraie.
- Dans les recherches de Weber (3) et de Oels-chlaeger (4) on mesure directement l’élévation de
- (* *) Nuovo Cimcuto, août-septembre iSoof-La Lumière Electrique, t. XII 1SS4, p. 72. (3> La Lumière Electrique, t. XI 1884, p. 130
- (*) La Lumière Electrique, t. XVI 1885, p. 29.
- A. Palaz.
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-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- •B:S
- température par des méthodes plus ou moins rigoureuses et fondées, soit sur la variation de la résistance électrique du fil parcouru par le courant (Weber), soit sur l’intensité du courant que donne une pile thermo-électrique (Oelschlaeger).
- Dans le travail de Weber le coefficient de conductibilité externe est considéré comme constant; d’après celui de Oelschlaeger, l’excès de température 0 serait relié à l’intensité I du courant par une équation parabolique :
- ambiante, la quantité Q de chaleur perdue par le corps pendant l'unité de temps sera
- Q=KS6.
- D’autre part, si cette perte de chaleur est exactement compensée par la quantité Qf de chaleur développée par le courant et qui est, d’après la loi de Joule,
- Q' = — 1» R,
- où c est une constante.
- Les résultats de Forbes et de Weber ne peuvent être considérés que comme approximatifs : s’ils étaient vrais, ils seraient en contradiction avec la loi de Dulong et Petit; la loi de Newton n’étant pas rigoureuse, le coefficient de conductibilité externe ne peut pas être constant : ie calcul montre en effet qu’il est de la forme
- K = /' J in a' Iog il
- d’après les expériences de Dulong et Petit; il doit donc croître avec 0.
- Au contraire le résultat de Oelschlaeger serait très important; si la loi
- o = < is
- était vraie, la variation du coefficient de conductibilité externe devrait être identique à celle de la résistance du fil ; une confirmation de ce résultat ne manquerait pas d'intérêt, surtout si on opérait sur des fils de divers métaux.
- But du présent travail.
- Le but de ce travail est la détermination des coefficients de conductibilité externe par une méthode susceptible d’une grande . précision, et l’étude a été faite sur des fils tendus horizontalement de façon que les coefficients déterminés pussent servira la détermination des températures atteintes par des fils parcourus par des courants électriques.
- Soit K ce coefficient, S la surface rayonnante etO l’excès de température du fil sur la température
- I étant l’intensité du courant en ampères, R la résistance en ohms et Q' étant mesuré en petites calories, on aura Q — Q', et par suite
- Le coefficient K, qui dépend d’un grand nombre de circonstances, se trouve ainsi déterminé directement, si on connaît I, R, S et 0. La partie la plus importante du travail est naturellement la détermination de 0.
- Disposition des appareils.
- Dans les présentes recherches, l’auteur a toujours employé des fils de fer ; ce choix est dû au module d’élasticité très élevé et au très faible coefficient de dilatation de ce métal; nous en verrons plus loin la raison.
- Le fil était tendu horizontalement et fixé entre deux couples de coussinets portés par des supports verticaux robustes. Un des couples était isolé par de Tébonite, ce qui permettait de faire traverser le fil par un courant électrique.
- Ce courant était amené par un gros fil de cuivre; sur l’un d’eux était intercalé un rhéostat, sur l’autre était shuntée une boussole de Weber. On tarait la boussole en faisant passer d’abord le courant dans un voltamètre à azotate d’argent.
- Mesure de la température du fil.
- La partie la plus importante des recherches était la détermination exacte de la température de la corde traversée parle courant; l’auteur a employé une méthode complètement différente de celles qu’on avait suivies jusqu’à ce jour et qui consistaient à déduire la température du fil de la variation de sa résistance électrique.
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- La nouvelle méthode est fondée sur ce principe que le nombre des vibrations d’un fil tendu peut être considéré comme une fonction de sa longueur : toute cause qui produit un allongement du fil, comme, par exemple, une élévation de température, fait diminuer le nombre de vibrations; si donc on a fait une étude préliminaire de la variation du nombre des vibrations du fil avec la température dans des limites assez étendues, il sera possible, dans les mêmes limites, de déduire la température d’un fil parcouru par un courant électrique du nombre de ses vibrations.
- Dans une note publiée l’année dernière dans les Comptes-Rendus de la reale Accademia dei Lincei, l’auteur faisait constater la grande sensibilité de la méthode qui, avec un fil de fer, donnait une différence de plus d’une vibration double sur cent pour une variation de^température d’un degré. Il a perfectionné son appareil pour augmenter la précision.
- Le fil est tendu entre deux grosses barres de fer verticales fixées sur un axe de même métal très épais, la partie inférieure de l’appareil est plongée dans l’eau.
- Le fil est entouré d’une caisse à eau formée de deux parties laissant entre elles un vide prismatique et soutenues indépendamment. Les deux parties de la caisse portent des ouvertures latérales fermées par des fenêtres de verre. On pouvait introduire dans la partie centrale quatre thermomètres dont les réservoirs étaient très voisins du fil.
- On fait vibrer le fil à l’aide d’une sorte de pince formée de deux fils métalliques fins portés par une petite tige de fer. La détermination du nombre des vibrations se faisait par la méthode stro-boscopique ordinaire et à l’aide d’un diapason inscripteur.
- Les séries d'expériences se faisaient alternativement, savoir: i° une série pour la variation du nombre de vibrations avec la température ; 2° une série pour la variation du nombre des vibrations avec le courant, en enlevant la caisse et en laissant la corde libre dans l’air; 30 une série identique à la première, et ainsi de suite.
- Voici quels sont les résultats:
- Si on désigne par N la différence entre le nombre des vibrations du fil à la température initiale t et le nombre qu’il donne à t 9, N est donné par une expression de la forme ae + èe*.
- Pour un fil de 41 cm. de longueur et 0,245mm. de diamètre, on a trouvé
- N = 1,005 6 + 0,01550*
- un second fil de même longueur et de 0,365 mm. de diamètre a donné
- N = 0,94 6 + 0,0085 ®s-
- Passons aux résultats obtenus sur la variation du nombre des vibrations lorsque passe le courant.
- Ce courant était fourni par des accumulateurs, qui donnaient une intensité à peu près constante, ce que l’on constatait par la lecture de la boussole de Weber. On donnait à l’amplitude la valeur la plus petite qui permît la vision nette des ondes stationnaires en lesquelles le fil paraissait divisé • d’ailleurs des expériences préliminaires avaient montré que l’amplitude de l’oscillation n’influe pas sur le nombre des vibrations, même quand la corde est traversée par un courant. Ce point est important à établir et il méritait peut-être que l’auteur s’y étendît un peu plus qu’il ne l’a fait; on se rappelle l’expérience classique qui consisté à faire vibrer énergiquement un fil métallique traversé par un courant intense: aux venlres, par suite du contact constamment renouvelé avec l’air ambiant, la température s’abaisse et le fil reste sombre, tandis qu’il rougit aux environs des nœuds.
- Il eût été bon de montrer plus complètement qu’il ne se produit pas, toutes proportions gardées, un effet analogue.
- Du nombre N, correspondant à chaque valeur de la déviation A de la boussole de Weber on déduit un nombre 9 correspondant, et l’on trouve, pour le fil n° 1, la relation
- 81 = 0,00376 A2 — 0,000 000 0222 A*;
- pour le fil n° 2.
- di'= 0,0014037 A2 — 0,000000001 3657 AL
- On peut faire à la méthode une objection de principe ; s’il existe réellement, comme l’a prétendu Edlund, une dilatation galvanique, la variation du nombre de vibrations ne tient pas uniquement à l’élévation de température produite par le courant
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- Pour trancher la question, l’auteur a fait passer dans le fil un courant qui devait produire un excès de température de io° au-dessus de la température ambiante 46°5, d'après le nombre des vibrations, et il a constaté qu’un morceau de paraffine mis en contact avec le fil fondait.
- Le point de fusion de la paraffine étant 56°5, la température évaluée n'est donc pas inférieure à la température réelle, comme elle le serait s’il y avait une dilatation galvanique sensible.
- Mesure de la température de la corde.
- La valeur de la résistance du fil variait pour deux raisons : 1° par suite du changement de température; 2° par suite du changement de tension ; l’auteur a déterminé directement les vibrations, au moyen d’un pont de Siemens et Halske disposé de façon à déterminer le millième d’ohm.
- Les expériences étant faites comme célles qui servaient à déterminer la variation du nombre des vibrations avec la température; le fil était entouré de la caisse où l’on versait l’eau chaude et la mesure se faisait pendant que la température s’abaissait lentement.
- Résumé et conclusions.
- Des données qui précèdent on peut déduire le coefficient cherché; on constate qu’il va croissant avec la différence Gx des températures; pour le fil i, dont la surface rayonnante est de 315,5 mm2, K varie de
- à
- 0,00001793 pour 61 =t 3,35 0,00002365 — 61 = 48,8 ;
- mêtnes que ceux de Dulong et Petit s’il avait employé des fils ayant le diamètre des boules qui ont servi à ces deux physiciens.
- Les expériences qu’on vient de décrire confirment d’autre part les résultats obtenus par des voies si différentes par MM. Rivière et Forbes, mais quelle est la loi de variation de K avec le diamètre du fil ?
- M. Rivière se borne à dire que le refroidissement par l’air n’est pas proportionnel à la superficie, mais serait plus grand pour des fils de plus petit diamètre. D’après Forbes, le courant nécessaire pour porter à une température donnée des fils de rayons différents, au lieu d’être proportionnel à la puissance | du rayon (comme cela
- résulterait de l’application simultanée des lois de Joule et de Newton, si on exprime la section du fil et sa résistance en fonction du rayon,) est proportionnel au rayon lui-même; toutefois cette loi a été déduite de la mesure des courants nécessaires pour fondre de la cire placée sur divers fils, méthode certainement peu rigoureuse.
- Des nombres donnés par l’auteur on déduit que, pour réaliser un excès de température de 490, par exemple, il faut des courants qui donnent dans la boussole de Weber des déviations de 119,2 pour un fil de 0,245 millimètre de diamètre et 191,0 pour un fil de 0,365 de diamètre.
- La loi de Forbes ne peut être considérée que comme une première approximation.
- Enfin, si nous comparons la formule de Oels-chlaeger
- 8 = cls
- à celle que l’auteur a déduite de ses expériences,
- pour le fil 2 (surface : 470,1 mm2), K varie de 0,0000 1457 pour 81= 5,4
- à
- 0,00001772 — 81 = 48,5.
- Sous ce rapport les résultats de l’auteur s’accordent avec ceux de Dulong et Petit ; ils en diffèrent 'notablement en ce que la variation de K avec 9, au lieü d'être la même dans les deux fils, est beaucoup plus grande avec le fil 1 qu’avec le fil 2.
- L’auteur pense que ses résultats seraient les
- 8= al* — J I*,
- le coefficient b étant très petit, là loi de Oels-chlaeger doit être considérée comme suffisamment exacte pour de petits excès de température.
- Le petit nombre d’expériences faites par l'auteur ne lui permet pas d’énoncer d’une façon ferme de loi nouvelle ; il se propose à l'aide de sa méthode, certainement plus sensible qu’aucune de celles employées jusqu’ici à la détermination des températures, d’étudier différentes questions relatives à la valeur de K.
- C. R.
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- CORRESPONDANCE
- Milan, le 12 décembre 1890.
- Monsieur le Directeur,
- Nous nous permettons de vous envoyer les rectifications suivantes, relativement au contrat pour la pose des lignes sous-marines qui réuniront l’Espagne à ses établissements de la côte du Maroc, mentionné à la page 448 du n° 48 de La Lumière Electrique :
- r Notre maison, qui est la concessionnaire, est de Milan et non de Turin ;
- 2° Le prix fixé par mille de câble est de 3 960 pesetas, et non 4000 francs;
- y Nous n'aurons pas à entretenir les lignes à nos frais pendant cEx années, mais nous devrons en garantir le bon fonctionnement pendant la première année seulement.
- Veuillez agréer, etc.
- PlRHLLI BT O
- FAITS DIVERS
- Le Comité des fêtes de l’Industrie et du Commerce parisiens avait commencé à organiser la semaine dernière une fête de patinage qui devait avoir lieu dimanche au bois de Boulogne. M. Alphand avait pris la direction des travaux auxquels on a travaillé jour et nuit de lundi à vendredi. A cause dès courtes journées de cette saison, l’électricité avait été appelée à fournir l'éclairage d’une partie du bois de 4 à 9 heures du soir.
- Quatre cents ouvriers ont travaillé à cette installation; tout autour du grand lac et dans les avenues avoisinantes on avait établi des mâts surmontés de potences avec isolateurs où devaient être suspendus les 180 régulateurs Thomson-Houston qui auraient servi à l’éclairage. Les conducteurs partaient des communs du Pavillon Chinois, dans les remises desquels ont avait amené 2 dynamos Thomson-Houston. Le dégel survenu vendredi a interrompu ces travaux et fait reculer l’organisation de cette fête aux prochaines gelées.
- La presse électrique continue à prendre de grands développements à l’étranger. On nous annonce de Londres la publication d’un organe populaire à 10 centimes (un penny) le numéro hebdomadaire. A Berlin, VEtektroiecknischen An^eiger, qui paraissait déjà deux fois par semaine, vient d’augmenter sa périodicité de moitié. En annonçant cette nouvelle à ses abonnés, M. Arthur Wilke déclare qu’il n’en restera pas là. Il <( espère que bientôt ses abonnés pourront recevoir tous les jours leur journal électrique à l’heure du déjeuner ».
- Cette perspective nous rappelle qu’il y a eu à Paris en 1855 un journal scientifique quotidien nommé la Science. 11 fut fondé et dirigé pendant quelque temps par M. Auguste Blum, ancien élève de l'Ecole polytechnique, mais il cessa bientôt de paraître. M. Du Moncel en fut un des principaux collaborateurs.
- En ce moment où plusieurs physiciens cherchent à trouver dans l’observation des phénomènes du magnétisme terro-solaire un moyen de prédire les vicissitudes des saisons, i n’est point hors de propos de rappeler que la première idée de ces liaisons appartient à notre collaborateur, M. Zcnger, de l’Ecole polytechnique de Ptague. C’est à partir de 1875 qu’il a indiqué dans les journaux les jours des orages, des cyclones et des perturbations magnétiques. L’année suivante, en 1876, il a commencé à développer sa théorie, basée sur la considéiation de»la période électrodynamique du. soleil.
- Plus modéré que le Bureau électrique de la ville de New-York, le Boargof Tracte d’Angleterre n’a pas interdit complètement l’usage des fils aériens, mais à la fin de l’année 1889 il a adop'é deux règlements importants. Dans le premier il ordonne que les fils suspendus soient entourés d’une couche isolante d’une épaisseur unifoime de 2,53 mm., quel que soit leur diamètre. Bien entendu la composition de la matière isolante doit être approuvée par les experts de l’administration. Dans le second règlement le Bureau a décidé que certaines règles présideraient à la suspension et que dans certains cas les fils conducteurs devraient être attaches à l’aide de cordages à des fils de consolidation.
- Ces deux règlements sont en ce moment attaqués par les principales compagnies anglaises, qui soutiennent que l'épaisseur imposée est trop grande pour les fils de petit diamètre, et que les fils de consolidation sont plus nuisibles qu’utiles en temps de vent et de neige. -Les compagnies ont adressé une pétition au Board of Tradc, offrant d’exécuter des expériences et présentant des observations à l’appui de leur assertion.
- Le Bulletin du Muséum de {oologie comparative de Har vard College contient un article du plus haut intérêt sur la vitesse avec laquelle poussent les coraux dans le fond de la mer. Ces observations relatées ont été faites sur des câbles qui ont séjourné un temps connu au fond de la mer, et ont été recouverts d’une couche dont l’épaisseur a pu être exactement déterminée. O11 a ainsi démontré l’inexactitude des notions acceptées par la science. Un naturaliste célèbre nommé Vcrril avait déclaré que Yorbicella annularis met 64 ans à former une couche de 20 centimètres. En 7 ans les câbles de la Havane ont été recouverts de 7 centimètres,
- En supposant, ce qui n’est pas probable, que les embryons se soient précipités sur le câble dès le premier jour de l’immersion, la vitesse d’accroissement est donc déjà triple de celle qui était admise. Le temps nécessaire pour la forma-
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- tion des îles de la mer du Sud, qu’on a calcule d’après des données analogues à celles qu’avait employées M. Verril, doivent donc être diminuées dans une proportion considérable.
- M. Tissandier vient de publier à la librairie Launette deux grands volumes in-40 richement illustrés et fort importants sur l’histoire des ballons. L’auteur termine naturellement son ouvrage par un examen assez étendu des divers moyens employés pour réaliser la direction des ballons. II reconnaît, comme nous l’avons déclaré nous-même, que la vitesse de
- mètres par seconde obtenue à l’aide de l’électricité n’est point suffisante pour être employée en pratique. 11 ajourne donc les recherches à faire dans cette direction à l’époque où de nouveaux progrès importants auront été faits dans l’organisation d'un moteur léger. Mais quand cette hypothèse, dont il n’est point possible de déterminer actuellement la date, aura été réalisée, M. Tissandier se demande si le plus lourd que Vair ne viendra pas alors faire concurrence au dirigeable.
- U est bon d’ajouter que l’électricité ne paraît exclue qu’à cause du poids considérable nécessaire pour accumuler ou produire un cheval-heure. Dans le cas où un allègement important se trouverait obtenu par les électriciens, indépendamment du prix de revient, les expériences du Point-du-Jour ou de Meudon pourraient être reprises.
- Toutefois, M. Tissandier a soin de faire remarquer que les organes mécaniques à l’aide desquels on agit sur Pair ont aussi bien que le moteur lui-même besoin d’éprouver un allègement considérable. Les recherches de ce genre aussi difficile que les autres ne comptent pas parmi celles dont nous nous occupons dans ce recueil.
- Dans un de ses derniers numéros, le Scientific American publie un article détaillé sur la construction du tunnel de l’Hud-son, gigantesque travail qui se continue depuis longtemps après avoir éprouvé des interruptions de plusieurs natures. Le premier ingénieur, M. Higgins, avait imaginé, comme on le sait, de faire obstacle à la rentrée de l’eau dans le tunnel en employant uniquement de Vair sous une pression aussi considérable que les ouvriers peuvent le supporter.
- Ce procédé ingénieux a été trouvé insuffisant à cause de la négligence avec laquelle les ouvriers s’éclusent d’air en entrant dans les chantiers. On a dû avoir recours au bouclier de Brunei, que l’on a pourvu de lames tranchantes et de fenêtres. On pousse en avant cet appareil à l’aide d’un système de presses hydrauliques d’une prodigieuse puissance. Mais on n’a pas renoncé à l’emploi de l’air comprimé, de sorte que l’on a réuni les deux modes de protection après avoir fait du bouclier une arme offensive en même temps que défensive.
- Il résulte de cette circonstance que l’emploi de la lumière électrique est en quelque sorte obligatoire dans ce genre de travaux. En effet, tout autre mode d’éclairage donnant naissance à un dégagement de chaleur et viciant Vair ambiant
- serait des plus dispendieux et des plus incommodes. L’électricité sera donc associée au succès qui couronnera certainement tant d’efforts. C’est en partie à son intervention que Von devra la construction d’un passage sous-marin de plus de 4 kilomètres de longueur, qui annexera réellement New-Jersey à la grande agglomération new-yoïkaise.
- Un télégramme de New-York, en date du 3 décembre, nous annonce qu’un grand nombre d’habitants influents et d’électriciens ont célébré les noces d’or de M. Cyrus Field, le célèbre promoteur de la pose du premier câble atlantique. Un grand nombre d’Anglais de distinction ont envoyé au héros de la fête des télégrammes de félicitation.
- On peut dire que les sept câbles aujourd’hui en activité ont contribué à rendre hommage à l’homme éminent qui, suivant l’expression de Bright, « a complété l’œuvre de Colomb, car avec son câble il a obligé le nouveau continent à mouiller bord à bord à côté de l’ancien monde ».
- Il est bon de rappeler à cette occasion que depuis le 27 juillet 1866 la communication télégraphique entre les deux continents n’a point été interrompue un seul instant, et que le 27 juillet prochain les deux moitiés du monde civilisé pourront célébrer leurs noces d’argent, consommées sous les espècês de l’électricité et sous les auspices de M. Cyrus Field.
- Le lundi 15 décembre, M. Marcel Deprez, membre de l’Institut et, comme on le sait, un de nos plus savants collaborateurs, a inauguré le cours d’électricité industrielle créé par un décret récent. On n’a pas oublié que M. Marcel Deprez a été nommé à cette chaire par le ministre du commerce et de l’industrie, après avoir été désigné à son choix à l’unanimité des suffrages par ses collègues de l’Institut et par les professeurs du Conservatoire.
- L’annonce des débuts de M. Deprez avait attiré une immense affluence d’auditeurs. Le vaste amphithéâtre dans lequel il portait la parole n’était point, assez vaste.
- Avant d’entrer dans le vif de la question, M. Deprez a commencé par rappeler rapidement les propriétés générales de Vélectro dynamique et du magnétique.
- Il s’occupera ensuite de la détermination des éléments d’une machine devant satisfaire à des conditions données. Il passera ensuite à l’ctude des machines à courant continu des divers systèmes et à haute tension. II s’occupera en troisième lieu des instruments servant à mesurer et à régler l’intensité des courants. Cette partie importante et délicate ayant été traitée avec tous les développements qu’elle comporte, je professeur examinera les appareils de sécurité, de transmission de la force, les moteurs électriques, et il terminera par la canalisation électrique.
- Par une heureuse coïncidence, M. Henry Becquerel, chargé du cours de physique générale appliquée aux arts, s’occupera
- exclusivement de la théorie de l'électricité pendant le Ier se*
- *
- mestre.
- Les cours de M. Becquerel ayant lieu les mercredis et les
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- samedis, à 5 heures du soir, pendant que ceux de M. Deprez ont lieu les lundis et les jeudis, à la même heure, les électriciens parisiens pourront avec un égal fruit suivre l’un et l’autre.
- Il n’est pas sans intérêt d’ajouter que le Gouvernement a créé, .en mjsme temps que le cours d’électriqité industrielle, un cours de métallurgie, confié M. Le Verrier, le fils de l’illustre astronome qui fut une des gloires de la France.
- 11 n’est pas hors de propos d’ajouter que la fabrication du rubis oriental organisée par M. Frémy au Muséum de Paris, a produit des résultats remarquables, mis sous les yeux de l’Académie des sciences dans sa séance du 10 novembre. Les résultats sont tels qu’on peut espérer que le corindon pur artificiel, c’est-à-dire la matière première d’où l’on tire l’alu-minium, sera employé dans un avenir plus ou moins prochain à la fabrication de coussinets de dynamos, comme on le peut déjà faire dans l’horlogerie de précision pour monter les ressorts.
- Des télégrammes de Valparaiso nous apprennent que le Silverstown, navire câblier de la Compagnie India Rubber, est arrivé à Valparaiso le rr décembre. Ce bâtiment va procéder à la pose de la ligne de Lima à Iquique et à Valparaiso. Cette double opération comblera la lacune qui existe dans la grande ligne américaine des côtes du Pacifique.
- C’est incontestablement un acheminement indirect à rétablissement de la ligne de San-Ftancisco en Australie, grand travail dont les concessions récentes de la Compagnie orientale ont pour but unique de reculer l’exécution désormais inévitable.
- Le yacht Electro, du port de New-York, justifie admirablement son nom par la multitude de services que l’électricité est appelée à rendre à son bord. Parmi ces applications nouvelles nous citerons l’emploi de l’étincelle pour tirer des salves dans les régates, et des moteurs et des dynamos pour produire 73 kilogrammes de glace .par jour.
- L’éclairage de ce splendide navire se compose de .150 lampes à incandescence de 16 bougies et d’un fanal qui en reçoit 1000. Il appartient à M. Gerry, amiral de la flotte des yachts de NewrYork, et rapporteur de la loi qui a aboli la pendaison pour la remplacer par les exécutions électriques.
- Les recherches exécutées par le docteur Koch, de Berlin, sur la guérison de la phtisie ont suscité des réclamations de la part d’un officier de santé pratiquant à Estssac. M. Mathieu prétend guérir ses malades avec des doses de 30 grammes d’électricité blanche. Il présente à l’appui de ses demandes de priorité des certificats de nombre de personnes prétendant avoir .été guéries par lui. Mais il omet prudemment d’indiquer le moyen dont il se sert pour mettre l’électricité en bouteille... qui ne soit pas de Leyde.
- Toute espèce de science et de théorie philosophique ou politique a des charlatans d’un genre spécial attaché, à la discréditer. C’est ainsi, comme l’a remarqué un philosophe, que toute espèce de plante nourrit des parasites. L’électricité préoccupe trop vivement l’attention pour échapper à la loi générale. UElectrical Review nous apprend qu’un médecin de Londres fait en ce moment des annonces et des affiches pour apprendre au monde savant et surtout au monde crédule qu’il a découvert une électrode qui donne la vue aux aveugles et l’ouïe aux sourds.
- Le directeur de la compagnie électrique de Strondsbourg (Pennsylvanie) a eu l’idée de faire chaque jour un choix des diverses espèces d’insectes trouvés morts dans les globes des lampes à arc. 11 est arrivé de la sorte à se constituer une très nombreuse collection dans laquelle figurent un grand nombre d’individus rares et précieux.
- L’installation de Penrcgistremeni électrique des indications de? instruments météorologiques de la Tour Eiffel est complète; les physiciens du bureau central peuvent suivre d’une fafon continue les indications qu’ils donnent. On en a fait une première application dans l’observation de la grande tempête des 24 et 25 novembre.-, M. Mascart a pu annoncer à l’Académie des sciences dans sa séance du 23 que le matin même la vitesse du vent à une hauteurs de 300 mètres avait été de 300 mètres pas seconde c’est-à-dire telle que la moitié des cheminées de Paris eussent été détruites et renversées dans les rues si l’on avait eu une vitesse aussi terrible au niveau des toits.
- Éclairage Électrique
- On nous annonce que la lumière électrique va expulser le gaz des salons de Mme Tussaud, à Londres, c’est-à-dire de la salle d’exhibition la plus ancienne et la plus célèbre de toute l’Europe. Le service sera fait par deux dynamos et deux machines à gaz de 25 chevaux chacune. L’établissement emploiera aussi des batteries d’accumulateurs.
- La ville de Blackpool se propose d’élever une tour Eiffel d’une hauteur de 160 mètres, qui sera terminée par un phare électrique d’une grande puissance. Une innovation qui transformerait le caractère de ces imitations -sur une immense échelle du monument du Champ-de-Mars serait de compenser par une augmentation d’éclat lumineux ce que l’on perd en hauteur, et d’utiliser la lumière ainsi produite à l’éclairage du voisinage dans un rayon beaucoup plus grand qi-e
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- la hauteur. L’ancienne idée des soleils électriqiiès.çh’gés dans ’ les grandes villes semble devoir être ressuscitée par cette ambition de construire des monuments d’une très grande | hauteur. 1 • :
- Le Conseil municipal de la ville de Manama a signé un contrat pour rétablissement de 43 lampes à arc destinées à l’éclairage des rues. La compagnie a déjà recueilli des souscriptions pour 300 incandescences.
- La maison Siemens et Halske commencera au printemps prochain la construction d’une station centrale de 14000 lampes à Copenhague. On espère que l’usine sera prête à fonctionner pour l’hiver. *
- La station, établie au centre de la ville, comprendra sept chaudières multitubulaires et trois machines à vapeur; chacune de ces dernières actionnera deux dynamos compound,
- ( couplées deux à deux en série. Leur capacité totale sera de 611 kilowatts.
- La distribution se fera d’après le système à trois fils, avec feeders. Aux centres de distribution, la perte de charge sera de 28 volts, et, de chaque 'centre de distribution à la dernière lampe, la ligne absorbera encore 3 volts. Les lampes seront du type 1 to volts, et, par suite la tension aux bornes du tableau sera de 251 volts.
- Le matériel de l’usine sera utilisé la journée à charger les accumulateurs Tudor, susceptibles de fournir un courant de 250 ampères. Postérieurement, on ajoutera d’autres batteries pour subvenir à la consommation quotidienne de lumière et de force.
- Télégraphie et Téléphonie
- Les conducteurs souterrains du réseau téléphonique de Philadelphie sont renfermés depuis dix-huit mois dans des conduites en fibres de ligneux, agglomérées et. durcies. Cette canalisation d’un nouveau genre aurait donné toute satisfaction, si nous en croyons XElectrical Eugiiieer, de New-York.
- La matière première, bois fibreux, est décortiquée, réduite en fibres aussi longues que possible, que l’on débarrasse des gommes et sucs divers qu’elle renferme toujours, puis moulée à la presse hydraulique. On lui communique la dureté et la résistance aux agents destructeurs, gaz, humidité, par un traitement chimique tenu secret.
- l^e produit ainsi obtenu présente une résistance à la traction de 100 kilogrammes par centimètre carré, résiste à une température de 200 degrés, et a une densité égale au quart de celle du fer.
- Les conduites'se font de toutes dimensions; on réunit les extrémités des tubes au moyen de bagues facilement démontables.
- Les réseaux souterrains de Détroit et de Philadelphie cm ploient environ 70 kilomètres de ces conduites.
- Le cercle de l’Union artistique de Paris est en train de s’efforcer de justifier son titre d’une façon complète. En effet, on le rattache en ce moment à l'aide d’un théâtro-phone avec les principales scènes parisiennes. Les appareils, dont là construction est poussée avec une grande activité, seront bientôt en étal de servir aux auditions.
- Le Petit Journal annonce, dans son numéro du 24 no*, vembre que l’administration anglaise s’étant chargée de la pose du nouveau câble sous-marin destiné aux communications téléphoniques entre Paris et Londres et n’ayant point commencé les opérations la ligne ne pourra être mise à la disposition du public avant le 1" février prochain.
- L’administration allemande a été beaucoup plus rapide pour l’établissement d’un service téléphonique entre Héligo-land et le port de Cuxhaven. En effet, nous trouvons dans les journaux anglais la confirmation de la nouvelle que nous avons déjà donnée de l’ouverture de cette ligne sous-marine, dont la longueur est de 75 kilomètres.
- D’après XElectrical Revieic. une compagnie française a obtenu une concession du gouvernement rüsse pour la construction d’un système de téléphone entre Saint-Pétersbourg, Moscou, Varsovie et Berlin. Le prix des communications seia de 8 francs pour la première minute et 4 francs pour les autres.
- On dit que le prix des communications de Paris à Londres sera de 20 francs par cinq minutes.
- VEasteru Telegraph Company augmente son réseau dans une proportion considérable. Elle vient de poser un c^ble de Suez à Aden, sur une distance de 1400 milles, et de doubler son câble de Madras à Penang, sur une distance de V500 milles. Au mois de mai prochain, un troisième câble sera placé d’Aden à Bombay, sur une distance de 2000 milles. En outre, comme nous l’avons indiqué, des négociations sont en train pour la charger de la pose du câble de Madagascar et de sa liaison avec le réseau de la Compagnie orientale d’Afrique à Zanzibar.
- Il y a maintenant tiois câbles de Londres en Australie, mais les efforts faits pour accélérer le service n’empêchent pas les négociations de se continuer pour organiser la ligne du Pacifique, le câble direct d’Australie au Canada.
- Imprimeur-Gérant : V. Nory
- impmnene de Là Lumière Électrique. — Paris boulevard des Italiens, 31,
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- T-AJBUjIEI IDES MATIERES
- DU
- TOME TRENTE-HUITIÈME
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- TABLE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Pages
- Accumulateur à cadre de cuivre Fitzgerald. 227
- — à lithanode Fitzgerald et Hough................. 618
- — électriques (système d’indicateurs de l’état de
- charge des), par G. Roux........... .......... 332
- — et régulateur Dujardin.......................... 280
- — Héring............................................ 86
- — Jacquet frères.................................. 619
- — Jarman.......................................... 227
- — Johnson et Holdrege............................. 620
- — (manipulation des) Chamberlain.................. 459
- — multitubulaire Tommasi.......................... 437
- — Pepper.................................... 282 483
- — Péral........................................... 279
- — pour tramway électrique Holt.................... 461
- — (pile thermo-électrique faisant fonction' d’), par
- M. Waltenhofen................................ 274
- — pour tramway électrique Main.................... 458
- — Reckenzaun...................................... 485
- — (sur l’emploi des) pour la galvanoplastie, par le
- D'Schoop....................................... 440
- — (traction par)..............'................... 589
- Action électrodynamique du soleil (la rotation des
- planètes pari’). — Ch. y. Zenger............... 451
- Aiguillage pour tramway électrique Swart.............. 510
- Aimantation transversale par les aimants (expériences
- d’). — C. Dcchanne...................... 151, 213
- Aimants (sur les) permanents, par M. Preece........... 477
- Air comprimé pour la distribution de l’énergie (emploi de 1’)............................................. 274
- Aluminium et son électrométallurgie. — Gustave
- Richard........................................ 201
- Ampèremètre enregistreur pour tramway électrique.
- —• Hulett et Larned............................ 364
- pjg*.
- — et voltmètres universels Goolden et Evershed.... 328
- — L. Hulin...................................... 244
- — Walker........................................ 581
- Analogie pneumatique du pont de Wheatstone........... 92
- Appareil de sûreté de la «Central electric Company» 475
- — — Maxwell....................... 472
- — — pour les circuits électriques
- (nouveaux parafoudres et). — A. Palaç........ 472
- — électriques pour remettre à l’heure les horloges,
- par M. Pouchard............................... 132
- — électrolytique Gerrish-Farmer.................. 278
- — électrométallurgique Kiliani................... 203
- — enregistreur de Clark.......................... 432
- -- Hughes (sur le développement de la translation
- avec P). — E. Zetçscbe....................... 111
- — transmetteurs à distance. — È. Dieudonné...... 311
- — — de MM. Richard frères............ 312
- Appel pour lignes sous-marines. — P. Marcillac.... 601
- Applications de l’électricité à la marine............ 338
- — — au théâtre............. S91
- Armature à cadre Siemens et Halske................... 127
- — à limaille de Castro........................... 160
- — pour dynamo Atkinson........................... 127
- Association Britannique à Leeds (la session de 1’)..
- P. H. Ledeboer... 171, 210, 314, 376, 476 609 Assurance pour les usines de lumière électrique
- (nouveaux réglements d’).................... 79
- Avertisseur d’incendies W. Hart................... 486
- — — ........................ 383
- — pour appareils de distillation................. 581
- B
- Balai pour dynamo de M. Andersen.................117
- — — Killingworth-Hedges...... 1I7
- p.637 - vue 637/650
-
-
-
- 638
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- Pages
- Batteries secondaires (histoire des). — E. Andrèoli
- 369, 423, 516 558
- Bibliographie :
- Traité élémentaire d’électricité pratique, par M. R.
- ' Boulvin. — E. Dieudonné._......................... 394
- Dictionnaire d’électricité et de magnétisme, par
- M. J. Lefèvre.................................. 596
- Manuel pour monteurs électriciens, par M. E.
- Piazzoli......................................... 396
- Bismuth dans un champ magnétique (sur la résistance
- électrique du), par A. Leduc................... 493
- Blanchiment électrique de la pâte à papier......... 63
- — par l’électrolyse (préparation des agents de). —
- A. Rigaut....................................... 59
- Bronzage galvanique du fer et de l’acier, par Has-
- well........................................... 33°
- C
- Câble Glover....................................... 382
- — électriques (isolants pour) Heyl............ 140
- — entre le Pérou et le Chili................. 273
- — sous-marins pour la téléphonie à grande distance,
- par M. Prece............................... 476
- Canalisation électrique Scott...................... 221
- — Heaviside et Jackson........................ 225
- — Johnson et Phillips......................... 226
- — Jacob...................................... 330
- Cémentation électrique. — E. Thomson............... 262
- Chalumeau électrique................................ 31
- Chasse-neige pour tramway électrique............... 368
- Chauffage électrique Carpenter..................... 484
- Chemins de fer et tramways électriques. — Gustave
- Richard..................... 360, 413, 454, 508
- — de fer du City and South-London............. 361
- Commutateur automatique Swinburne........,........ 157
- — • Marcher et Erneke......................... 226
- — pour tramway électrique Immisch............. 418
- — Strode et Gill............................. 330
- Compteur électrique Batault........................ 228
- — — E. Thomson..............;........ 578
- — — Shepard.......................... 281
- Condensateurs à lames d’air (sur des), par M. Glaze-
- brook...................................... 380
- Conductibilité électrique des liquides (effet de la
- pression sur la), par C. Barus............. 494
- (Variations de) sous diverses influences électriques,
- par M. Ei Branly........................... 593
- Considération sur les piles, par W. Hankel........ 185
- Page»
- Corps humain (de l’effet du courant continu et du
- courant alternatif sur le), par M. J. Swinburne. 211 — — (effets relatifs du courant des courants
- continus sur le), par MM. Lawrence et Harries. 212 Correspondance :
- Lettre de M. Henri Besson........................ 497
- — M. Ch. Haubtmann....................... 197
- — M. Pouchain............................ 47
- — M. Wunschendorff....................... 1547
- — M. Sérullas...................:............. 547
- — MM. Pirelli et C°.............................. 631
- Coupe-circuit Prentice.............................. 506
- — — automatique.............................. 505
- Courants alternatifs (l’électrolyse par les), par Menga-
- rini.......................................... 541
- — alternatifs (moteür à) Rankin et Kennedy....... 503
- — — (couplage des dynamos à), par Emilio
- Piazzoli...................................... 480
- — alternatifs (des transformateurs à). — A. Palaç. 301
- — — (sur le redressement des). — A Palaç. 621
- — — étude expérimentale, par MM. Torey
- et Walbridge.................................. 382
- — — (sur les), par Sir W. Thomson........ 314
- — -- (sur le cuivre anti-efficace pour les),
- par Sir W. Thomson............................ 317
- — continus de haute tensionfsur l'utilisation indus-
- trielle des). —, Frank Gèraldy. 7, 128, 234,
- 553 6°3
- — électrique sur le frottement des surfaces glis-
- santes (sur l’influence du), par Louis Smidt.... 26
- — telluriques (sur les). Observations faites à l’obser-
- vatoire du Vésuve. — L. Palmieri................ 51
- Couplage des dynamos à courant alternatif, par Emilio Piazzoli............................................ 480
- Couveuse électrique pour enfants. — P. Marcillac.. 265 Cuivre anti-efficace pour courants alternatifs, par Sir
- W.‘Thomson.................................... 317
- Cuve électrolytique Hopkinson-Appleton................. 484
- Creuset électrique Colby............................... 203
- — — Parker............................... 204
- D
- Décharges des machines d’induction et éclairs,'par
- M. E. Trouvelot.............................. 142
- Décor (le) de Jeanne d'Arc............................ 45
- Défaut sur un circuit d’éclairage (localisation rapide
- d’un). — Hemi IVilbrant....................... 25
- Détails de construction des machines dynamo. —
- Gustave Richard....................... 117, 157
- Développement de l’industrie électrique en Suisse. 180
- p.638 - vue 638/650
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 62
- 9
- Pages
- Dispositif pour maintenir le vide. — Shenstone...... 478
- Distribution de l'énergie emploi de l’air comprimé
- pour la)...................................... 274
- Dosage des nitrates par électrolyse................... 581
- Durée des lampes à arc (sur le rendement et la) Marks. 10 Dynamo à disque Mendizabal........................... 432
- — alternative E. Scott........................... 326
- — — Siemens et Halske....................... 126
- »
- — Paterson et Cooper............................. 323
- — pour tramway électrique Pillsbury.....’...... 414
- — Slattcr....................................... 58
- — Norwich........................................ 504
- — et moteur Musgrave............................. 504
- — Stanley. Etude expérimentale................... 582
- E
- Eclairage électrique à Angers......................... 479
- — — à Paris (statistique de 1’)..... 229
- Eclairs et décharges des machines d’induction, par
- M. E. Trouvelot................................. 142
- Effet' du courant continu et du courant alternatif sur
- le corps humain, par M. J. Swinburne............ 211
- — relatif des courants alternatifs et des courants
- continus sur le corps humain, par MM. Lawrence et Harries................................. 212
- Electricité à la « Gran Plaza *. — IVHfrid de Fott-
- vielle........................................... 194
- — (développement magnéto-optique d’) Sheldon. . 293
- — (démonstration de 1’) de contact à l’aide d’un
- électromètre à plusieurs plateaux superposés
- W. Thomson................................ 477
- Electrolyse par fusion ignée du fluorure d’aluminium, par M. Minet................................. 283
- — par les courants alternatifs. — Mengarini.. 341
- — (préparation de i’hyposulfite de soude par), par
- M. Villon.................................. 231
- — (préparation des agents de blanchiment pat). —
- À. Rigaut.................................. 59
- — dosage des nitrates......................... 581
- Electrolyseur Hermite............................. 61
- Electrolytique du fluor (préparation). — Henri
- Moissai.................................... 401
- — du sodium (fabrication) Grabau............ 205
- — (purification) du chlorure double d’aluminium
- Castner.................................... 205
- Electrométallurgie (l’aluminium et son).— Gustave
- Richard.................................... 201
- Electromètre à plusieurs plateaux superposés W.
- Thomson .................................. 477
- Electromoteur à commutateur fixe Duncan et Car-
- penter....................................... 164
- Pages
- — de la Giant Electric motor C‘................. 165
- — Groswith................................. 167
- — lamellaire E. Thomson.................... 161
- — pour tramway électrique Currie........... 415
- ---- — — Dummer....................... 415
- — régulateur E, Thomson.................... 163
- Electrothermique (réfrigèrent) Dewey.................. 87
- Embrayage hydraulique pour tramway électrique
- Wenstrom..................................... 417
- Enclume électrique Ë. Thomson........................ 263
- Energie chimique à l’aide de la force clectromotrice
- (sur la mesure de 1’), par G. Gore.......... 33
- — (emploi de l’air comprimé pour la distribution
- de 1’)...................................... 274
- Enregistreur des votes (le scrutin électrique). —
- P. Le Goa^iou........................... 207
- Enroulement de dynamo Edison-Eickmeyer............... 414
- Equations fondamentales de l’électrodynamique pour
- ies corps en mocvement, par H. Hertz... 488 542
- Essai du fer,-par MM. Swinburne et Bourne........... 477
- Etalons de résistance, par M. Glazebrook............. 378
- Etudes sur les décharges électriques dans des espaces
- remplis de poussières. — Ch. Zenger..... 251
- Expériences d’aimantation transversale par . les aimants. — Cb. Decharme........................... 151 215
- — sur l’action électrodynamique, par M. Rœntgen. 334
- Exploitation d’un réseau de tramways avec accumulateurs. — Bâtes............................. 461
- — (sur 1’) de la gutta-percha. — Scrullas 351, 406,
- 402, 524 570
- Exposition d’Édimbourg. — C. Féry. 55, 174, 323,
- 5°) 563
- — de Moscou................................ 590
- F
- Fabrication du fil isolé à la kérite................. 445
- — électrolytique du sodium, Grabau................. 205
- Faits divers :
- Accident causé par la foudre........................ 48
- Accident de chemin de fer.......................... 497
- — dû à l’électricité....................... 447
- Adjudication à l’administration espagnole des Postes
- et des Télégraphes............................... 248
- Accumulateurs au chlorure de plomb................. 347
- Agitation des télégraphistes en Amérique.......... 348
- Aggloméré pour piles Leclanché..................... 498
- Appareil phonographique........................... 348
- — de projection............................. 597
- — pour compter le nombre de particules de
- poussière renfermées dans un centimètre cube . d’air....................................... 47
- p.639 - vue 639/650
-
-
-
- 640
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- Pages
- Application de l’électricité à la médecine........... 398
- — domestiques de l’électricité................. 249
- Avertisseur d’incendies............................... 548
- Bateaux électriques................................... 298
- Bateau mû par l’électricité........................... 297
- Brochure relative à Lucien Gaulard................... 198
- Bicyclettes mues par le moteur Perret................ 99
- Bureau d’informations météréologiques aux États-
- Unis........................................... 597
- Canalisations électriques à Paris.................... 348
- Chasse-neige électrique............................... '48
- Captation des forces naturelles du Missouri............ 48
- Cas de foudre globulaire............................. <47
- Catastrophe du tramway de Florence................... 97
- Chemin de fer électrique à Breslau.................... 249
- — — à Liverpool.................. 48
- — — en Allemagne................ 498
- — — au Mexique.................. 498
- — — de Salzbourg................. 98
- — souterrain à Londres....... 47
- — — — — 398) 497
- — — en Amérique.......... 148 597
- — de Florence-Fiesole......... 297, 299
- — du Mont-Cenis....................... 249
- Choc électrique de 2000 volts......................... ,98
- Conducteurs aériens en Amérique....................... 597
- Conférences sur le caoutchouc......................... 399
- Concours de compteurs électriques à Paris............. 497
- Conseil de la Société des ingénieurs civils........... *97
- Construction du Métropolitain......................... 147
- Corps spécial d’électriciens.......................... 448
- Coup de foudre à New-York........................... 348
- — dans un nid de perdrix.............. 97
- — et les orages en Belgique........... 347
- Cours de l’Association philotechnique.......... 147, 397
- — aux Arts-et-Méiiers........................... 632
- ___ d’électricité établis par la Cité de Londres.... 297
- — du Collège de France.......................... 449
- — de la Faculté des Sciences.................... 247
- Coussinets.pour dynamos............................... 632
- Développement des spécialités électriques à Chicago 447
- Direction des ballons................................ 632
- Distribution des courants électriques................. 198
- — médailles à la Société royale de Londres 548
- Droit d’affichage dans [l’intérieur des bureaux de poste 247 Eclairage électrique à Chicago........................ 398
- — .— de Gibraltar et de Malte....... 498
- s — des trains..................................... 448
- Ecole polytechnique de Zurich; enseignement électrotechnique....................................... 97
- Electrocution en Amérique............................ 399
- Elévation du prix du platine.......................... 397
- Emploi de lames de charbon comme brosses pour dynamos........................................... 198
- Pages
- Emploi de l’électricité dans une mine d’argent...... 499
- — projecteur pour la défense des forts.... 447
- Eudiomètre............................................ 297
- Etincelle électrique dans l’oxygène sec..'.......... 198
- Excavateur mû par l’électricité....................... 447
- Exploitation d’un nouveau minéral..................... 148
- — du phonographe......................... 448
- Explosion de gaz à Berlin........................... 247
- — , provoquée par des accumulateurs........... 397
- Exécution de Kemmler................................ 247
- Exposition à Palerme................................... 48
- — de Chicago.. 48, 97, 147, 198, 249, 499, 548
- — d’Edimbourg............................... 398
- — de Francfort.............................. 398
- — internationale d’électricité à Lyon..... 147
- — française de Moscou....................... 598
- Exploration magnétique de la France................... 407
- Extraction de l’or au moyen de l'électricité........ 449
- Fabrication de la soude par le traitement électrolytique.............................................. 98
- Feuilles des arbres (photographie des)............. 249
- Feu d’artifice électrique............................. 297
- Fils électriques pour l’éclairage et la téléphonie à
- Pittsbourg......................................... 199
- Fils télégraphiques à New-York........................ 197
- — à lumière en Angleterre.....................198, 631
- — téléphonique à New-York.......................... 197
- Flambeau d’Ascanio.................................. 297
- Funiculaire de Belleville............................. 448
- Force motrice de 20000 chevaux à Héléna............. 98
- — utilisable à Paris...................... 47
- Fréquence de la foudre au même endroit.............. 49
- Galvanisation cadavérique............. ............. 398
- Guérison de la tuberculose.......................... 448
- Hydrosulfite de soude (préparation de 1’)............. 449
- Incendie d’une usine électrique à Boston.............. 297
- — au théâtre de Madtid............. ............... 59S
- Incident singulier à Newcastle....................... 398
- Influence du courant électrique sur le pouvoir absorbant des solutions salines........................... 348
- Installation du secteur Popp.......................... 2A7
- Insectes brûlés par une lampe à arc................. 48
- Institut de sciences pratiques à Chicago.............. 348
- Lumière rayonnée par la lune.......................... 549
- Machine à percer des trous de boulons............... 498
- Mémoire de M. Jansen sur son ascension en traîneau au sommet du Mont-Blanc.......................... 97
- Mesure d’un arc géodésique............................ 147
- Métallisation galvanique des cadavres................. 298
- Minerais de fer insensibles à l’action magnétique... 248
- Moteur électrique capable de transporter un train à
- la vitesse de 200 kilomètres à l’heure........... 98
- Moyen de prédiction du temps.......................... 197
- Naufrage d’un torpilleur.............................. 598
- Navigation électrique................................. 446
- p.640 - vue 640/650
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ELECTRICITE
- 641
- Pages
- No.uvelle mesure de l’arc du méridien................ 148
- Nouvel appareil électrique............................ 548
- Nouveau système d’annonces.............................. 47
- — — de signaux électriques................ 499
- Observations sur les derniers orages.................... 98
- — — éclairs............................... 47
- Orages magnétiques du soleil.......................... 349
- — de neige à Paris............................ 497
- Perforatrices électriques............................ 448
- Pile au chlorure d’argent............................ 498
- Purification des eaux d’égout........................ 47
- Piège électrique destiné aux rats...................... 49
- Première locomotive électrique....................... 397
- Production de la chaleur par l’électricité............ 148
- Prix de revient de la transmission de l’énergie par
- d'Verses méthodes.................................. 197
- Procédé électrolytique pour séparer l’arsenic du
- cuivre............................................. 397
- Procédé électrique pour obtenir du cobalt et du nickel 599 •— pour la fabrication des lampes à incandescence............................................... 247
- Procédé de tannage avec le concours de l’électricité. 407
- — pour produire électriquement du fer forgé
- en partant de la fonte.............................. 99
- Production de l'électricité au moyen du charbon... 548
- — de l’arc voltaïque...................... 549
- — du phénomène de la foudre globulaire.. 397
- — du courant électrique................... 398
- Protection des édifices par les paratonnerres......... 149
- Pose des lignes sous-marines.......................... 448
- Raffinage électrique du cuivre........................ 598
- Rapidité d’installation des lignes électriques en Amérique............................................... 198
- Rapidité de transmission télégraphique................ 497
- Rapport entre les tremblements de terre et les perturbations de l'aiguille aimantée................ 248
- Rapport sur l’exécution de Kemmler...................• 149
- Rattachement de la métropole aux colonies par des
- câbles sous-marins................................. 347
- Règles pour les ouvriers employés dans les stations
- de lumière élecirique.............................. 498
- Règles pour la pose des fils électriques............... 97
- Remplacement des piles primaires...................... 147
- Réseau électrique de New-York......................... 598
- Résistance spécifique de plusieurs alliages........... 197
- Service météorologique à l’observatoire de Mont-
- souris ............................................ 349
- Session de la convention des tramways électriques
- en Amérique....................................399
- Société d'électrothérapeutique, à Philadelphie....... 297
- Soudure électrique.................................... 447
- Station centrale pour le chemin de fer électrique de
- Boston....................................... 248 34^
- Supériorité des aimants français.................... 247
- Télégraphe au Paraguay................................ 449
- Page»
- Télégraphistes aux États-Unis (Grève des).......... 448
- Thermomètre avertisseur............................. 548
- Tour Eiffel à Chicago............................... 598
- Transmission de force par l’électricité..... 349 498
- Tramway électrique à Birmingham..................... 399
- — — à New-York....................... 197
- — — de Glasgow........................ 97
- — .— de Florence-Fiesole.............. 397
- — — de Pazzalo à Lugano.............. 248
- — — de Halle......................... 548
- — — système Lineff................... 297
- Troubles magnétiques................................ 347
- Torpilleur submersible.............................. 448
- Tunnel (le) de l’Hudson............................. 632
- Eclairage électrique:
- à Charleville....................................... 599
- à Monaco............................................ 299
- à Santa-Cruz de Ténériffe........................... 450
- au lycée Louis-le-Grand............................. 200
- des arsenaux...................................... 350
- de Cologne.................................... ... 199
- delà cité de Londres................................ 150
- des chemins de fer russes........................... 459
- de l’église de Brixton............................. 49
- de Montréal........................................ 450
- de la ville de Bombay.............................. 499
- de la ville d’Edimbourg............................. 149
- du tunnel des Batignolles........................... 200
- d’une mine de houille............................... 450
- — à Scranton.................................... 50
- des mines à diamants................................ 299
- en Allemagne........................................ 449
- du palais impérial de Vienne.............:......... 390
- de l’Exposiiion de Moscou........................... 500
- à Berlin...................................... 400 550
- à Breslau......................•................... 500
- à Brighton.......................................... 400
- à Chicago........................................... 399
- à Finalmarino, à Brugg.............................. 298
- à Londres .......................................... 299
- à Mexbro, petite ville du Yorkshirc................ 249
- à Panama.............................:............. 634
- Accident au Palais Royal............................ 299
- Adoption de l’électricité à Aberdeen................ 400
- Application de l’éclairage électrique............... 200
- — des piles primaires à l’éclairage électrique. 349 Concession de secteurs d’éclairage électrique à Madrid............................................. 550
- Compagnie électrique à Chicago...................... 449
- Création de services publics à Chicago.............. 500
- Développement de l’industrie électrique aux Etats-
- Unis ............................................ 550
- Expériences d’électricité............................ 99
- Incident boulevard des Capucines..................... 49
- p.641 - vue 641/650
-
-
-
- 643
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages
- Incendie dans les caniveaux pratiqués sur les boule-
- vards........................................... 4•)
- Installation de l’éclairage électrique de Ninove... 199
- Introduction du système Popp à Hambourg............ 400
- Ligne d’éclairage de la station Ferranti........... 500
- Lumière électrique à Stockholm............................... 400
- — à Zurich................................... 200
- — au camp d’Alderschott...................... 349
- — dans l’Iadhm............................... 249
- •— en temps dî brume................ 40
- Préparation de filaments de carbone........................... 298
- Progrès de l’éclairage électrique............................. 299
- — de la lumière électrique à Londres.......... 400
- Réduction du prix du gaz...................................... 249
- Stations centrales d’éclairage électrique à Saint-Pétersbourg............................................ 450
- — — — à Copenhague 634
- — — électriques en Allemagne.... 299
- — d’électricité de Melbourne............................ 549
- — — de Radcliff.............................. 549
- — de production d’énergie électrique de Saint-Pancros................................... 550
- Suspension de lampe à incandescence........................... 598
- Transport dés gaz naturels de I’Indiana....................... 499
- Télégraphie et Téléphonie :
- Adjudication pour la pose des câbles entre l’Espagne et l’Afrique............................. 150
- Bureau central météorologique.................................. 99
- Bureaux télégraphiques (nouveaux) en France........ 600
- Câble de Paramaribo à la Martinique........................... 500
- — sous-marin entre l’Arigleterré et la Suède..... 550
- — 'reliant la ville de Nassau à la ligne de Bahama.. 400
- — — l’Angleterre à la Suède.............................. 600
- Cabines téléphoniques publiques............................. 150
- Communications entre Paris et les communes des
- environs....'.............................................. 350
- Compagnie américaine dû téléphone à longue distance.......................................... 130
- — téléphonique en Belgique............................... 250
- Congrès international de télégraphie.......................... 250
- Convention nationale des téléphones en Amérique.. 50 Dérangement d’un câble par un tramway électrique. 100 Développement des compagnies d’aérostiers......... 200
- Direction générale des postes et télégraphes de l’Espagne.......................................... 150
- Emploi des câbles télégraphiques sous-marins pour
- le service téléphonique.................................. 299
- —s du téléphone........................................... 200
- — — dans un procès....................... 100
- Encombrement des lignes transatlantiques...................... 599
- Etat des communications téléphoniques en France. 300
- Exposition électrique à Francfort............................. 250
- Fils téléphoniques entre Arras et Lille....................... 250
- Page»
- Fils téléphoniques souterrains à Berlin.......... 400
- Fonctionnement permanent des services téléphoniques à grande distance......................... 330
- Lignes télégraphique entre la péninsule et les possessions espagnoles........................... 500
- — — sous-marine entre Périm et
- Sheik-Seyd..................................... 500
- — — Rome-Berlin....................... 600
- — téléphonique d’Argenteuil.................... 350
- — — entre Manchester et Londres..... 50
- — — entre Paris et Londres.. 300, 597, 634
- — — Vienne-Prague.................... 200
- Nouveau bureau central des téléphones.............. 50
- — moyen de correspondance rapide à Paris. 300
- — réseau téléphonique en France............. 50
- Phares flottants changés en stations télégraphiques. 99
- Piles primaires et dynamos......................... 99
- Pose d’un câble entre Marseille et Oran.......... 299
- Poteaux télégraphiques dans la colonie de Queensland........................................... 150
- Projet d’Edison................................... 250
- Procès de MM. Max et Genest....................... 330
- Progrès de l’electricité au Japon................. 50
- Réseau télégraphique à Juvisy..................... 550
- — téléphonique des environs de Paris...600
- — — — de Philadelphie.. 634
- — téléphonique d’Asnières .................. 500
- — à Bordeaux.............................. 500
- — à Fourmies.................................. 50
- — à Asnières................................. 30
- — de la ville de Dijon ................... 300
- — de Paris et les communes suburbaines.... 550
- — transocéanique............................ 634
- — de Saint-Denis............................. 200
- — de Stuttgart............................... 500
- Statistique du service télégraphique italien..... 450
- Service des téléphones en Suède................... 400
- Système d’appel téléphonique de Chicago............ 50
- Télégraphie au Transwaal........................... 350
- — dans le Royaume Uni.................... 350
- — en Chine............................... 250
- — du gouvernement russe.................. 550
- — en Australie........................... 598
- Téléphone aux environs de Paris.................... 300
- — en Espagne.............................. 150
- — entre Madrid et la résidence royale de la
- Granja........................................... 30
- — en Russie.............................. 450
- — entre Varsovie et Berlin................ 450
- — mécanique............................... 250
- — au Congo................................ 599
- — en Islande.............................. 600
- — dans un hôpital à New-York............ 600
- — à Chicago............................... 600
- Vol de fils téléphoniques......................... 250
- p.642 - vue 642/650
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 643
- Pages
- Fer à souder électrique Miner......................... 32
- — à repasser électrique........................... >05
- — et de l'acier (.bronzage galvanique du) Haswell.. 330
- Filière téléphonique. — P. Le Goaçiou.................1. 270
- Fluor (préparation électrolytique du). — Henri Moisson...................................................... 401
- Fluorure d’aluminium (électrolyse par fusion ignée
- du), par M. Minet............................... 283
- Force électromotrice dans les couples hydro-électri-
- qiies, Pagliani................................. 235
- — électromotrice induite (une règle pour déterminer
- le sens de la). — Ad. Perrin..................... 19
- — électromotrice (sur la mesure de l’énergie chimi-
- que à l’aide de la), par G. Gore................. 33
- — hydraulique (sur l’emploi de la). — G. DirveJl.. 330
- Forge à souder Coffin................................ 263
- — électrique......................................... 31
- G
- Galvanomètre Holden-d’Arsonval...................... 327
- — pouvant servir d’ampèremètre ou de voltmètre
- L. Hulin.................................... 444
- — (nouveau). — F. Leconte....................... 321
- Galvanoplastie (emploi d’accumulateurs pour li),
- par le D' P. Schoop.......................... 440
- Gutta-percha (sur l’exploitation de la). — Sérullas
- 35', 4o6, 462, 524, 570, 612
- Gyroscopes (nouveaux;............................... 338
- — (application à la navigation). — Cb. Haubtmann. 531
- H
- Haute tension (sur l’utilisation industrielle des courants continus de). — Frank Gèraldy. 7, 128
- 251, 553 603
- Horloges (appareils électriques pour remonter et re-
- mettre à l’heure les) par M. Pouchard.... 132
- Hydrosulflte de soude par électrolyse (préparation
- de 1’) par M. Villon..................... 231
- I
- Indicateurs de l’état de charge des accumulateurs
- G. Roux....................................... 332
- — électrique de Sir William Thomson.............. 178
- — — de route pour navires. — Cb. Haubtmann................................................. 551
- Indication de marche des vaisseaux. — Macdonald. 231 Industrie électrique en Suisse (développement de 1’). 180
- — — (le platine dans 1’). — A. Rigaut. 295
- — — (rapport sur les) de M. G. Sciama. 433
- n 3
- Page
- Influence de la tension électrique sur l’isolation des
- câbles. — A. Palaç.............................. 67
- — du courant électrique sur le frottement des sur-
- faces glissantes, — Louis Smidt................. 26
- Isolant Cheever......................................... 229
- — Heyl pour câbles électriques..................... 140
- Isolateur Englund....................................... 278
- — Sharp........................................... 278
- — Ryland (1889).................................... 384
- Isolation des câbles (influence de la tension électrique
- sur 1’). — A. Palaç............................. 67
- K
- Hérite (fabrication du fil isolé à la)............... 443
- L
- Lampes à arc par Gustave Richard, Crampton et Es-
- singer................................. 10 71
- — — Fischinger............................. 72
- — — Bouît................................. 75
- — — Blakmore............................... 76
- — — étude expérimentale................... 582
- — différentielle Kent............................ 73
- — — Rider............................. 74
- — — Anderson.......................... 75
- Liquide (constitution du) chronique des piles du commandant Renard....................................... 177
- Localisation rapide d’un défaut sur un circuit
- d’éclairage. — Henri tVilbrant................ 25
- Locomoteur pour tramway électrique Main............. 458
- Locomotive de TUnited Electric Traction C*.......... 456
- — pour tramway électrique Dean.................. 456
- — — — Hopkinson etGrindle.. 454
- — — — Peacock et Lange....... 455
- Lumière employée à Paris (statistique de la quantité de) par M. Fontaine.............................. 88
- M
- Machines à quatre pôles de la Société générale d’élec-
- triciié de Berlin........................... 1^8
- — à vapeur et des turbines (réglage de la vitesse
- des). — N.-J. Raffard....................... 208
- — dynamo (détails de construction des). — Gus-
- tave Richard............................ 117 157
- — compound Robey.................................
- Magnétisme (solution d’un problème géométrique
- de), par M. Blakesley.......................
- Magnéto-optique d’électricité (développement). — Sbeldon...............................................
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-
-
-
- 644
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages
- Manipulation des accumulateurs Chamberlain........... 459
- Marche des vaisseaux (indication de) Macdonald....... 231
- Marine (application de l'électricité à la)............. 338
- Marteau électrique Van Depoele......................... 141
- Matériel téléphonique (nouveau). — P. Marcillac.. 22
- Moteur dynamo Blalhy................................... 167
- — — Lahmeyer................................... 160
- — Immisch....................................... 57
- — à courants alternatifs Rankin et E. Kennedy.... 505
- — et dynamo Musgrave.............................. 504
- N
- Niagara (inauguration des travaux du). — IV. de Fon-
- vielle.......................................... 144
- O
- Ohm (sur la détermination de 1’) par M. J.-V. Jones... 379 — (vérification expérimentale de la loi d’) par M. Alfred Mayer......................................... 41
- P
- Parachute pour fils suspendus Gould et Gottschalk. 430 Parafoudres et appareils de sûreté pour les circuits
- électriques. — A. Pa/aç........................ 472
- Piano électrique.— Ensenmann........................... 239
- Pile au chlorure d’argent Allison....................•. 329
- — avec la température (variation de la force électro-
- motrice des) Gockel........................... 240
- — continues de sir William Vavasour............... 222
- — (considération sur les) Hankel.................. 185
- — (le liquide chromique des) du commandant Re-
- nard.... i..................................... 177
- — sèches par M. Krehbiehl......................... 532
- — sèche (sonnerie à) de Hathaway.................. 140
- — thermo-électrique de Guelcher (mesures faites sur
- la). — F. Uppenborn........................... 95
- ____ — faisant fonction d’accumulateur,
- par M. Waltenhofen........................... 274
- Platine (le) dans l’industrie électrique. — A. Rigaut. 295 Pont de Wheatstone (sur une analogie pneumatique
- du)............................................. 92
- Poste téléphonique Berthon-Ader........................ 565
- Pression sur la conductibilité électrique des liquides,
- v (l’effet de la) par C. Barus................... 494
- Problème géométrique de magnétisme, pur M. Bla-
- kesley......................................... 504
- Production minérale (état comparatif de la). — A. Minet..................................................... roi
- Projecteur Sautter-Harlé............................... 568
- , Page»
- Protecteur Bain............................... 474
- — de Sanford................................ 473
- — Rich.................................. 473
- R
- Radiateur électrique Dewey (1890).................. 382
- Radiométrie M. Trémaux et M. Bennett............... 92
- Recherches de thermo-électricité, par MM. Chassa-
- gny et H. Abraham..................... 143 442
- Réfrigèrent électro-thermique Dewey.................. 87
- Réglage de la vitesse des machines à vapeur et des
- turbines. — N.-J. Raffard.................... 208
- Régulateur et accumulateur Dujardin.................. 280
- — pour dynamo Houghton......................... 119
- — — Bradford....................... 119
- Rendement et durée des lampes à arc. — Marks.... 10
- Résistance absolue du mercure, par M. Glazebrook. 377
- — électrique des métaux (sur la), par M. H. Le Cha-
- telier....................................... 390
- — — du bismuth dans un champ magnétique, par A. Leduc................................ 493
- — — du cuivre, par M. Fitzpatrick....... 379
- Rhéostat Thomson Houston............................. 259
- — industriels (sur les), A. Hess... ........... 604
- Rotation des planètes produites par l’action électro-
- dynanrique du soleil. — Cb.-V. Zenger...... 451
- S
- Scrutin électrique. Enregistreur de votes. — P. Le
- Goaçiou...................................... 207
- Service téléphonique de New-York, par Webb........... 392
- Session- rie l’Association Britannique de Leeds. —
- P.-H. Ledeboer.... 171, 210 314, 376, 476 609
- Société internationale des électriciens.— C. Carré.'332 590
- — française de physique, réunion du 21 novem-
- bre 1890..................................... 442
- — générale d’électricité de Berlin (machine à quatre
- pôles de la)................................ 138
- Sonnerie à pile sèche de Hathaway................... 140
- — électrique Graves et Stewart.................. 278
- Soudeur de 40000 watts Thomson-Houston. ............ 258
- Soudure électrique çla). — G. Richard............... 236
- — — Coffin............................... 28
- Stations centrales (transformateurs à courant alternatif
- dans les), par F. von Siegroth............... 183
- — — Powler............................... 264
- Statistique de la quantité de lumière employée à
- Paris, par M. Fontaine........................ 88
- — de l’éclairage électrique à Paris............. 229
- Suspension pour lampes à arc Strode et Gill......... 78
- Systèmes (effet de) semblables de grandeur différente
- Moon......................................... 232
- p.644 - vue 644/650
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ELECTRICITE
- 645
- Télégraphe imprimant de Scott.................... 227
- Téléphanie (le problème de la>, par Sutton....... 538
- Téléphone non électrique......................... 506
- Téléphonie à grande distance (câbles sous-marins
- pour la), par Preece...................... 476
- — militaire. — P. Marcillac................. 301
- Téléphonique (nouveau matériel). — P. Mardi lac.. 22
- Telphérage (ligne de).........................38, 311
- Températures (mesure des) des fils parcourus par
- des courants électriques, par M. Cardani...... 627
- Thermo-électricité (recherches de), par MM. Chas-
- sagny et H. Abraham................... 143 442
- Thermomètre en platine Griffith................... 478
- Théorie des transformateurs, par M. Steinmetz.... 301
- Traction électrique par accumulateurs (sur la). —
- Paul Gadot............................... 42 1
- — par accumulateurs.......................... 589
- Tramcar électrique.................... .......... 174
- Tramway automobile à batterie amovible Main.... 229
- — électrique de Boston....................... 552
- — — et chemins de fer. — G. Richard. 360,
- 4 <3, 454
- — en série Munro............................. 309
- Tramways électriques :
- Truck Trip................................... 437
- — Brill....................................... 457
- Trolly Hoydt.................................. 438
- Locomoteur Main................................. 438
- Locomotive Dean............................... 456
- — de l'United Electric Traction C°. 456
- — Peacock et Lange.................. 453
- — Hopkinson-Grindle................. 454
- Accumulateur Main............................. 458
- Armature Edison-Eickmeyer..................... 414
- Changement de marche. — Baldwin............... 418
- Commutateur Immisch........................... 41S
- Dynamo Pillsbury.............................. 414
- Electromoteur Dummçr.......................... 413
- — Currie............................ 415
- — Foote............................. 416
- — Mower............................. 416
- Embrayage Wenstrom............................ 417
- Transformateur à limaille. — De Castro........... 150
- — (emploi de) à courants alternatifs clans les sta-
- tions centrales........................... 183
- — à courants alternatifs (des). — A. Pa/aç... 301
- — de 40 000 watts Thomson.................... 237
- — en série Westinghouse...................... 158
- Page
- Transformateur pour dynamo Swinburne......... 157
- — Swinburne.............................. 32 505
- Translation avec l’appareil Hughes (sur le développement de la). — E. Zctçsche.............. 111
- Transmetteurs à distance (des appareils). — E. Dieu-
- donné ................................... 311
- Transporteur électrique Dolbear et Williams...... 513
- — pour tramway électrique Meynadier...... 514
- Trieur électro-magnétique Bail et Norton......... 282
- — magnétique Hobson...................... 486
- Trolly pour tramway électrique Hoydt............. 458
- Truck à châssis pour tramway électrique Stephenson. 366
- — — — Bemis et Pfingst. 366
- — — — Brill............ 437
- — — — Tripp............ 457
- — — -- Peckham.......... 367
- — — — Robinson......... 365
- Turbines (réglage de la vitesse des machines à vapeur et des). — N.-J. Raffard............. 208
- U
- Unicycle Railway........................................ 313
- Usine d’électricité du monde (la plus grande), par
- A.-C. Shaw..................................... 479
- Utilisation industrielle des courants continus de haute tension. — Frank Gèraldy .. 7, 128, 254, 533 603
- V
- Variation de la force électromotrice des piles avec la
- température, par Gockel..................... 240
- Vérification expérimentale de la loi d’ohm, par
- M. Alfred Mayer...........'................. 41
- Vibration d’un fil de platine maintenu incandescent
- par un courant électrique Argyropoulos...... 234
- Vide très parfait (sur le), par M. Swinburne......... 478
- Voie souterraine pour tramway électrique Lynch...... 463
- Voiture à truck pour tramway électrique. — Robinson .............................................. 365
- Voltmètre Wilson.................................... 382
- Voltmètres à indications indépendantes de la température. Cable........................................ 384
- — et ampèremètres universels Goolden et Evershed. 328
- — de M. Imhoff.................................. 389
- — indépendant de la température Siemens et Halske. 383
- — . — — Hartmann et Braun. 388
- — L. Hulin..................................... 444
- p.645 - vue 645/650
-
-
-
- TABLE PAR NOMS D’AUTEURS
- A
- Page*
- Abel (Sir Frédéric). — Sur les applications de l’électricité............................................ 171,
- Abraham (H.). — Recherches de thermo-électricité.
- 145 442
- Allison. — Pile au chlorure d’argent............. 329
- Andersen. — Balai de dynamo...................... 117
- Andreoli (B.). Histoire des batteries secondaires. 369,
- 423, Ç16 558
- Anderson. — Lampe différentielle.................... 75
- Argyropoulos.—Vibration d’un fil de platine maintenu incandescent par un courant électrique.
- 234 442
- Aï-son val (D’). — Galvanomètre.................... 327
- Atkinson. — Armature pour dynamo.................... 127
- B
- Bain. — Protecteur électrique............................ 474
- Baldwin. — Tramway électrique............................ 418
- Bail. — Trieur électro-magnétique........................ 282
- Barus (C.). — L’efftt de la pression sur la conductibilité électrique des liquides........................... 494
- Batault. — Compter r électrique....................... 228
- Bâtes. — L’exploitation d'un réseau de tramways avec
- accumulateurs .................................. 461
- Bemis. — Truck pour tramway électrique................... 366
- Bennett. — Radiométrie................................. 92
- Besson (Henri). — Correspondance......................... 494
- Page*
- Blakesley. — Solution d’un problème géométrique
- de magnétisme.............-............... 394
- Blakmore. — Lampe à arc........................... 76
- Blatby. — Moteur dynamo............................. 168
- Bois (du). — Passage de la lumière à travers les métaux........................................ 611
- Boult. — Lampe à arc................................ 75
- Bourne. — Sur l’essai du fer...................... 477
- Boulvin. — Traité élémentaire d’électricité pratique. 394
- Boynton. —Tramway électrique....... .............. 510
- Bradford. — Régulateur pour dynamo................. 119
- Branly (E.). — Variation de conductibilité sous diverses influences électriques....................... 593
- Braun. — Voltmètre indépendant delà température.. 385 Brill. — Truck pour tramway électrique............. 457
- C
- Cahle. — Voltmètres à indications indépendantes de
- la température............................. 384
- Gardant. — Mesure des températures des fils parcourus par un courant électrique............. 627
- Carpenter. — Chauffage électrique.................... 484
- — Electromoteur à commutateur fixe.............. 164
- Carré (C.). — Société internationale des électriciens. 332 Gastner. — Purification électrolytique du chlorure
- double d’aluminium........................... 205
- Castro (de). — Armature à limaille................. 160
- — Transformateur à limaille..................... 159
- Chamberlain. — Manipulation des accumulateurs... 459
- Chatelier (H. Le). — Sur la résistance électrique
- des métaux.................................. 390
- p.646 - vue 646/650
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- 647
- Pages
- Chassagny. — Recherches de thermo électricité. 143 442
- Cheever. — Isolant................................. 229
- Clark. — Appareil enregistreur..................... 432
- Coffin. — Forge à soudure.......................... 263
- — Soudure électrique............................... 28
- Colby. — Creuset électrique........................ 203
- Cooper. — Dynamo................................... 323
- Grampton. — Lampe à arc.............................. 7>
- Currie. — Electromoteur pour tramway électrique... 415
- D
- Dean. — Locomotive pour tramway électrique......... 456
- Decharme (C.). — Expériences d’aimantation transversale par les aimants........................ 151 213
- Depoele (Van). —Marteau électrique................... 141
- Dewey. —Radiateur électrique (1890)-................ 382
- — Réfrigérant électro-thermique.................. 87
- Dieudonné (B.). — Appareils transmetteurs à distance........................................ 311
- — Bibliographie................................ 393
- Dirvell (G.). — Force hydraulique (sur l’emploi de la).
- Dolbear. —Transporteur électrique................... 513
- Dujardin. — Accumulateur et régulateur.............. 280
- Dummer. — Electromoteur pour tramway électrique. 415 Duncan. — Electromoteur à commutateur fixe......... 164
- E
- Edison. — Enroulement de dynamo............. 414
- Eickmeyer. — — .............. 4>4
- Englund. — Isolateur électrique............. 278
- Bnsenmann. — Piano électrique............... 239
- Erneke. — Commutateur...................... 226
- Essinger.— Lampe à arc........................ 7*
- Evershed. — Ampèremètres et voltmètres universels. 328 Ewing. — Théorie moléculaire du magnétisme induit. 609
- F
- Farmer (G.;. — Appareil électrolytique.................... 278
- Pages
- Féry (C.). L’Exposition d’Edimbourg. 55, '164, 323,
- W 563
- Fischinger. — Lampe à arc............................... 72
- Fitzgerald, — Accumulateur à cadre de cuivre... 22^7
- — — à lithanode................... 618
- Fitzpatrick. — Sur la résistance électrique du cuivre................................................... 379
- Fontaine. — Statistique de la quantité de lumière employée à Paris........................................ 88
- Fonvielle (W. de). — Inauguration des travaux du
- Niagara...................................... 144
- — Electricité à la « Gran Plaza »............... 194
- Foote- — Tramway électrique............................ 416
- G
- Gadot (Paul). — Sur la traction électrique par accumulateurs..................................... 421
- Géraldy (F.). — Sur l’utilisation industrielle des courants continus de haute tension. 7, 128, 254
- 553» 603
- GUI. — Commutateur................................. 330
- — Suspension pour lampes........................... 78
- Glazebrook. — De la résistance absolue du mercure. 377
- — Etalons de résistance........................... 378
- — Sur les condensateurs à lûmes d’air..........." 380
- Glover. — Câble téléphonique......................... 382
- Goaziou (P. Le). —Le scrutin électrique enregistreur
- de votes...................................... 207
- — Filière téléphonique............................ 270
- Gockel. — Sur la variation de la force électromotrice
- des piles avec la température................. 240
- Goolden. — Ampèremètres et voltmètres universels.. 328 Gore (G.). — Sur la mesure de l’énergie chimique à
- l’aide delà force électromotrice............... 33
- Gould. — Parachute pour fils suspendus............... 431
- Gottcbalk. — — ............ 431
- Grabau. — Fabrication électrolytique du sodium... 205
- Graves. —Sonnerie électrique.......................... 278
- Griffiths. — Thermomètre en platine................... 478
- Grindle. — Locomotive pour tramway électrique.... 454 Groswith. — Electromoteur............................. 167
- Guet cher. — Mesures faites sur la pile thermo-électrique de.............................................
- H
- Halske. — Armature à cadre
- ,27
- p.647 - vue 647/650
-
-
-
- 648
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages
- — Dynamo alternative........................... 126
- — Voltmètre indépendant de la température...... 3S5
- Hankel (W.). — Considération sur les piles.......... 185
- Hart (W.). — Avertisseur d’incendies................ 486
- Harries. — Effets relatifs des courants alternatifs et
- des courants continus sur le corps humain... 212 Hartmann. — Voltmètre indépendant de la température................................................. 385
- Haswell. — Bronzage galvanique du fer et de l’acier. 330
- Hathaway. — Sonnerie à pile sèche (de).............. 140
- Haubtmann (Ch.). — Indicateur électrique de route
- pour navires................................ *>51
- Heaviside. — Canalisation électrique...;............. 225
- Héring. — Accumulateur................................ 86
- Hedges. — Balai pour dynamo.......................... 117
- Hermite. — Electrolyseur.............................. 61
- Hertz (H.). — Sur les équations fondamentales de l’électrodynamique pour les corps en mouvement..................................... 488
- Hess (A.). — Sur les rhéostats industriels.......... 604
- Heyl. — Isolant pour câbles électriques.............. 14°
- Hobson. —Trieur magnétique........................... 486
- Holt. —Accumulateur pour tramway électrique... . 461
- Holden. — Galvanomètre.............................. 32 7
- Hopkinson. — Locomotive pour tiamway électrique. 454
- Hopkinson-Appleton. — Cuve électrolytique........... 484
- Houghton. — Régulateur pour dynamo.................... n6
- Houston. — Dynamo de 40 000 watts................... 258
- — Rhéostat...................................... 259
- — Soudeur de 40000 watts........................ 258
- Hoydt. — Trolly pour tramway électrique.............. 458
- Hulett. — Ampèremètre enregistreur pour tramway
- électrique................................... 364
- Hulin (li-)-. — Sur un nouveau galvanomètre pouvant
- servir d’ampèremètre ou de voltmètre......... 444
- 1
- ImhofF. — Voltmètre.............................. 389
- Immisch. — Commutateur pour tramways électriques ............................................ 4'8
- — Moteur........................................ 5/
- J
- Jackson. — Canalisation électrique.................... 225
- Jacob. — Canalisation................................. 35°
- Jacquet. — Accumulateur............................. 619 .
- Jarman. — Accumulateur................................ 227
- Pages
- Johnson. — Canalisation électrique................... 226
- — Accumulateur.,................................ 620
- Jones (J.-V.). — Sur la détermination de l’ohm..... 379
- K
- Kent. —Lampe différentielle......................... 73
- Kiliani. — Appareil pour la production de l’aluminium......................................,... 203
- Krehbiehl. — Etude sur les piles sèches............. 532
- L
- Lahmeyer. — Moteurs-dynamos............................. 160
- Lange. — Locomotive pour tramway électrique.......... 455
- Larned. — Ampèremètre enregistreur pour tramway
- électrique..................................... 364
- Lawrence. — Effets relatifs des courants alternatifs
- et des courants continus sur le corps humain. 212
- Leconte (F.). — Un nouveau galvanomètre................. 321
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